Résultats : 21474 texte(s)
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16001
p. 233-234
AUTRES BALS A LA COUR.
Début :
Il y a eu, pendant ce Carnaval, plusieurs Bals particuliers à la Cour. [...]
Mots clefs :
Jeunesse, Carnaval, Maréchale de Duras
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texteReconnaissance textuelle : AUTRES BALS A LA COUR.
AUTRES BALS A LA COUR.
Il y a eu , pendant ce Carnaval ,
plufieurs Bals particuliers à la Cour.
Entre-autres, il y en avoit reguliérement
chaque femaine , chez Madame la Princeffe
de GUIMENÉ , où danfoit la
plus brillante Jeuneffe . Le Mardi
dernier jour du Carnaval , Madame
la Maréchale de DURAS en donna un
pour les Dames qui n'étoient plus dans
l'ufage de danfer. La plupart des Dames
& des Seigneurs qui formoient ce Bal
étoient Pères & Mères de ceux qui danfoient
cette même nuît à l'autre Bal.
Vers 5 heures du matin , toute la Jeuneffe
qui avoit danfé chez Mde la Princeffe
de GUIMENÉ fe rendit chez
Mde la Maréchale de DURAS , & les
deux Bals fe trouvant réunis , les Pères
danferent avec leurs filles , & les fils
avec leurs mères . Ce dernier Bal dura
jufqu'à 10 heures du matin.
On fit à cette occafion la Chanfon
fuivante :
AIR Monfeigneur , vous ne voyez rien dans
Annette & Lubin ) ou Dodo , l'Enfant dormira
tantôt.
A moi , charmant Anacreon;
234 MERCURE DE FRANCE .
J'invoque aujourd'hui ton génie.
Des Jeux prolonger la faifon ,
C'eft ajouter à notre vie.
Appellons ici la gaîté ,
L'innocence & la liberté.
氰
Enfans de quinze ans ,
Laiffez danfer vos Mamans.
Conviens , Amour , qu'ici des ans
Tu méconnoîtrois l'intervalle :
La moins jeune de ces Mamans
Peut de fa fille être rivale.
Appellons , &c.
Belles , qui formez des projets ,
Trente ans eft pour vous le bel âge
Vous n'en avez pas moins d'attraits 3
Vous en connoiffez mieux l'ufage .
C'est le vrai noment d'être heureux :
On plait autant , on aime mieux.
Enfans , & c .
Croyez - vous que le Dieu malin ,
Dont je chéris & crains la flâme ,
Allume aux rayons du matin
Le flambeau qui brûle notre âme ?
Son feu , fi je l'ai bien fenti ,
Reflemble aux ardeurs du Midi.
Enfans , &c.
Il y a eu , pendant ce Carnaval ,
plufieurs Bals particuliers à la Cour.
Entre-autres, il y en avoit reguliérement
chaque femaine , chez Madame la Princeffe
de GUIMENÉ , où danfoit la
plus brillante Jeuneffe . Le Mardi
dernier jour du Carnaval , Madame
la Maréchale de DURAS en donna un
pour les Dames qui n'étoient plus dans
l'ufage de danfer. La plupart des Dames
& des Seigneurs qui formoient ce Bal
étoient Pères & Mères de ceux qui danfoient
cette même nuît à l'autre Bal.
Vers 5 heures du matin , toute la Jeuneffe
qui avoit danfé chez Mde la Princeffe
de GUIMENÉ fe rendit chez
Mde la Maréchale de DURAS , & les
deux Bals fe trouvant réunis , les Pères
danferent avec leurs filles , & les fils
avec leurs mères . Ce dernier Bal dura
jufqu'à 10 heures du matin.
On fit à cette occafion la Chanfon
fuivante :
AIR Monfeigneur , vous ne voyez rien dans
Annette & Lubin ) ou Dodo , l'Enfant dormira
tantôt.
A moi , charmant Anacreon;
234 MERCURE DE FRANCE .
J'invoque aujourd'hui ton génie.
Des Jeux prolonger la faifon ,
C'eft ajouter à notre vie.
Appellons ici la gaîté ,
L'innocence & la liberté.
氰
Enfans de quinze ans ,
Laiffez danfer vos Mamans.
Conviens , Amour , qu'ici des ans
Tu méconnoîtrois l'intervalle :
La moins jeune de ces Mamans
Peut de fa fille être rivale.
Appellons , &c.
Belles , qui formez des projets ,
Trente ans eft pour vous le bel âge
Vous n'en avez pas moins d'attraits 3
Vous en connoiffez mieux l'ufage .
C'est le vrai noment d'être heureux :
On plait autant , on aime mieux.
Enfans , & c .
Croyez - vous que le Dieu malin ,
Dont je chéris & crains la flâme ,
Allume aux rayons du matin
Le flambeau qui brûle notre âme ?
Son feu , fi je l'ai bien fenti ,
Reflemble aux ardeurs du Midi.
Enfans , &c.
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Résumé : AUTRES BALS A LA COUR.
Pendant le Carnaval, plusieurs bals ont eu lieu à la Cour. Chaque semaine, un bal se tenait chez Madame la Princesse de Guiméné, attirant la jeunesse la plus brillante. Le Mardi gras, Madame la Maréchale de Duras a organisé un bal pour les dames qui ne dansaient plus, principalement les parents des participants du bal de Madame de Guiméné. Vers 5 heures du matin, la jeunesse du premier bal s'est rendue chez Madame de Duras, réunissant ainsi les deux bals. Les pères ont dansé avec leurs filles et les fils avec leurs mères. Ce dernier bal a duré jusqu'à 10 heures du matin. Une chanson a été interprétée, invitant à la gaieté, l'innocence et la liberté, et soulignant que l'âge de trente ans est le bel âge pour les femmes. La chanson encourageait également les enfants à laisser danser leurs mères et mettait en avant la beauté et l'expérience des femmes plus âgées.
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16002
p. 235
De Moscou, le 12 Janvier 1763.
Début :
PLUSIEURS Puissances ont fait à cette Cour des représentations en faveur du Prince Charles de [...]
Mots clefs :
Puissances, Prince, Majesté impériale
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texteReconnaissance textuelle : De Moscou, le 12 Janvier 1763.
De Mofcou , le 12 Janvier 1763 .
PLUSIEURS LUSIEURS Puiffances ont fait à cette Cour des
repréſentations en faveur du Prince Charles de
Saxe au fujet de la Courlande ; mais elles ont été
fans fuccès , & Sa Majefté Impériale a fait expédier
par fon Ministère le referit fuivant , qui a été
envoyé à plufieurs de fes Miniftres dans les Cours
Etrangères
La réponse que la Cour de Ruffie a donnée au
Comte de Mercy , & qu'elle donnera à toutes les
Puiffances qui voudront s'intéreffer pour le Prince
Charles de Saxe , contient la Déclaration fuivante :
L'Impératrice n'ayant pu découvrir aucune
raifon valable pour dépouiller le Duc Erneft-
Jean & fes héritiers des Duchés de Courlande &
de Semigalle , ne pouvoit fans bleffer les droits
de l'équité , s'empêcher de le reconnoître pour
Duc légitime , & de defirer qu'il fût rétabli dans
la poffeffion entière de ces Duchés , d'autant que
ce foit le voeu unanime de prèfque toute la No.
bleffe de Courlande , & que , conformément aux
Pacta fubjectionis , le Duc Erneft-Jean profelle
la Religion Luthérienne & non la Romaine .
D'ailleurs , Sa Majesté Impériale eſt bien éloignée
de vouloir déroger aux droits de les voisins ,
& par conféquent de vouloir agir en aucune manière
contre les droits & privilèges de la Courlande
, Provinces voisines & limitrophes de fon
Empire.
PLUSIEURS LUSIEURS Puiffances ont fait à cette Cour des
repréſentations en faveur du Prince Charles de
Saxe au fujet de la Courlande ; mais elles ont été
fans fuccès , & Sa Majefté Impériale a fait expédier
par fon Ministère le referit fuivant , qui a été
envoyé à plufieurs de fes Miniftres dans les Cours
Etrangères
La réponse que la Cour de Ruffie a donnée au
Comte de Mercy , & qu'elle donnera à toutes les
Puiffances qui voudront s'intéreffer pour le Prince
Charles de Saxe , contient la Déclaration fuivante :
L'Impératrice n'ayant pu découvrir aucune
raifon valable pour dépouiller le Duc Erneft-
Jean & fes héritiers des Duchés de Courlande &
de Semigalle , ne pouvoit fans bleffer les droits
de l'équité , s'empêcher de le reconnoître pour
Duc légitime , & de defirer qu'il fût rétabli dans
la poffeffion entière de ces Duchés , d'autant que
ce foit le voeu unanime de prèfque toute la No.
bleffe de Courlande , & que , conformément aux
Pacta fubjectionis , le Duc Erneft-Jean profelle
la Religion Luthérienne & non la Romaine .
D'ailleurs , Sa Majesté Impériale eſt bien éloignée
de vouloir déroger aux droits de les voisins ,
& par conféquent de vouloir agir en aucune manière
contre les droits & privilèges de la Courlande
, Provinces voisines & limitrophes de fon
Empire.
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Résumé : De Moscou, le 12 Janvier 1763.
Le 12 janvier 1763, plusieurs puissances ont demandé à la Cour impériale de soutenir le Prince Charles de Saxe pour la Courlande, mais sans succès. L'Impératrice a répondu par l'intermédiaire de son ministère aux divers ministres des cours étrangères. Cette réponse, adressée au Comte de Mercy et destinée à toutes les puissances intéressées, affirme que l'Impératrice n'a trouvé aucune raison valable pour priver le Duc Ernest-Jean et ses héritiers des Duchés de Courlande et de Semigalle. Elle reconnaît donc le Duc Ernest-Jean comme Duc légitime et souhaite son rétablissement dans la possession entière de ces duchés. Cette décision est soutenue par le vœu unanime de presque toute la noblesse de Courlande et par le fait que le Duc Ernest-Jean professe la Religion Luthérienne, conformément aux Pacta subjectionis. L'Impératrice affirme également respecter les droits des voisins et des provinces limitrophes de son Empire.
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16003
p. 236
De WARSOVIE, le 15 Janvier 1763. DÉCLARATION de l'Impératrice de Russie sur les Affaires de Courlande.
Début :
L'Impératrice de toutes les Russies, en montant sur le Trône, croyoit ne pouvoir donner [...]
Mots clefs :
Médiation, Impératrice, Sénat
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texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 15 Janvier 1763. DÉCLARATION de l'Impératrice de Russie sur les Affaires de Courlande.
De WARSOVIE , le 15 Janvier 1763 .
DÉCLARATION de l'Impératrice de Ruffiefur les
Affaires de Courlande .
»L'Impératrice de toutes les Ruffies , en montant
fur le Trône , croyoit ne pouvoir donner
» des marques plus éclatantes du defir qu'Elle a
> d'entretenir l'amitié & le bon voifinage du Roi
» & de la République de Pologne , qu'en rendant
>> la liberté à ceux pour qui le Roi & le Sénat l'a
>> voient demandée tant de fois & avec tant d'inf-
>>tances fous le règne de l'Impératrice Elifabeth .
C'eft d'après ces confidérations que Sa Ma-
» jeſté Impériale a accordé la liberté au Duc Er
»neft - Jean de Courlande , & qu'Elle a interpofé
en mêmetemps fa médiation auprès de Sa Ma-
» jefté le Roi de Pologne , pour qu'il lui plût de
>> rétablir ce Duc dans ces Duchés , & de lui ren-
>>dre les domaines dont il avoit dégagé lui- même
» une partie , & dont l'autre lui a été cédée par
» l'Impératrice Anne , de glorieufe mémoire.
>> Plus cette démarche étoit fondée fur la rai-
» fon & l'équité , moins Sa Majesté Impériale
pouvoit croire qu'on la regarderoit , ainfi qu'on
» l'a fait dans la réponſe du Roi du 3 Septembre
» dernier , comme une ufurpation fur les droits
» Suzérains du Roi & de la République ; car
» peut-on dire avec quelque fondement que
celui qui , fur l'affaire en queſtion , en fait la
réquisition au Suzerain même , ufurpe ou con
≫ tefte fes droits ? Se peut- il qu'on interpréte fi
>>peu favorablement ce qui a été demandé de la
» part de la Ruffie avec tant de juftice & d'égards?
>>
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
DÉCLARATION de l'Impératrice de Ruffiefur les
Affaires de Courlande .
»L'Impératrice de toutes les Ruffies , en montant
fur le Trône , croyoit ne pouvoir donner
» des marques plus éclatantes du defir qu'Elle a
> d'entretenir l'amitié & le bon voifinage du Roi
» & de la République de Pologne , qu'en rendant
>> la liberté à ceux pour qui le Roi & le Sénat l'a
>> voient demandée tant de fois & avec tant d'inf-
>>tances fous le règne de l'Impératrice Elifabeth .
C'eft d'après ces confidérations que Sa Ma-
» jeſté Impériale a accordé la liberté au Duc Er
»neft - Jean de Courlande , & qu'Elle a interpofé
en mêmetemps fa médiation auprès de Sa Ma-
» jefté le Roi de Pologne , pour qu'il lui plût de
>> rétablir ce Duc dans ces Duchés , & de lui ren-
>>dre les domaines dont il avoit dégagé lui- même
» une partie , & dont l'autre lui a été cédée par
» l'Impératrice Anne , de glorieufe mémoire.
>> Plus cette démarche étoit fondée fur la rai-
» fon & l'équité , moins Sa Majesté Impériale
pouvoit croire qu'on la regarderoit , ainfi qu'on
» l'a fait dans la réponſe du Roi du 3 Septembre
» dernier , comme une ufurpation fur les droits
» Suzérains du Roi & de la République ; car
» peut-on dire avec quelque fondement que
celui qui , fur l'affaire en queſtion , en fait la
réquisition au Suzerain même , ufurpe ou con
≫ tefte fes droits ? Se peut- il qu'on interpréte fi
>>peu favorablement ce qui a été demandé de la
» part de la Ruffie avec tant de juftice & d'égards?
>>
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : De WARSOVIE, le 15 Janvier 1763. DÉCLARATION de l'Impératrice de Russie sur les Affaires de Courlande.
Le 15 janvier 1763, l'Impératrice de Russie, souveraine des Ruffies, a publié une déclaration concernant les affaires de Courlande. Elle a exprimé son souhait de préserver l'amitié et le bon voisinage avec le Roi et la République de Pologne. Pour ce faire, elle a accordé la liberté au Duc Ernest-Jean de Courlande, répondant ainsi aux demandes répétées du Roi et du Sénat polonais sous le règne de l'Impératrice Élisabeth. L'Impératrice a également intercéédé auprès du Roi de Pologne pour rétablir le Duc dans ses duchés et lui rendre les domaines qu'il avait dégagés ou qui lui avaient été cédés par l'Impératrice Anne. L'Impératrice a jugé injustifiée la réponse du Roi de Pologne du 3 septembre, qui interprétait cette démarche comme une usurpation des droits suzerains du Roi et de la République. Elle a souligné que sa demande, faite avec justice et égards, ne pouvait être considérée comme une atteinte à ces droits. Les détails des nouvelles politiques seront publiés dans le prochain Mercure.
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16004
p. 237
PRIX des Grains pendant la fin de Février.
Début :
FROMENT (le septier ) a varié de 12 à 16 liv. Seigle, de 8 liv. 5 sols à 8 liv. 15 sols. [...]
Mots clefs :
Grains, Fourrages, Froment
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texteReconnaissance textuelle : PRIX des Grains pendant la fin de Février.
PRIX des Grains pendant la fin dø
Février.
FROMENT ( le feptier ) a varié de 12 à 16 liv.
Seigle , de 8 liv.s fols à 8 liv. 15 föls.
Orge, de 9 liv. 10 à 10 liv. 10 f.
Avoine , de 16 liv. à 18 liv . 10 f
Avoine en Banne , de 16 liv. à 16 liv. 10L
Menus Grains.
Lentilles ( le fepsier. ) de 28 liv. à 54 liv.
Haricots , de 27 à 39 liv.
Poids verds , de 20 liv. à sa liv.
Poids gris , 20 liv.
Féveroles , de 13 liv. à 14 liv.
Féves de Marais , 24 liv.
Féves Suiffes , 28 liv . à 44 liv.
Vefce , de 16 liv . à 17 liv . 10 f.
Bours & Aufs.
Beurre d'Iffigni ( le cent . ) 85 liv.
Beurre de la Ferté , 63 liv.
OEufs de Gournai ( le millier. ) 48 liv. De Long
jumeau , 39 liv. D'Arras , 38 liv.
Fourrages.
Le foin ( le cent ) 34 liv.
La Paille , 16 liv.
Février.
FROMENT ( le feptier ) a varié de 12 à 16 liv.
Seigle , de 8 liv.s fols à 8 liv. 15 föls.
Orge, de 9 liv. 10 à 10 liv. 10 f.
Avoine , de 16 liv. à 18 liv . 10 f
Avoine en Banne , de 16 liv. à 16 liv. 10L
Menus Grains.
Lentilles ( le fepsier. ) de 28 liv. à 54 liv.
Haricots , de 27 à 39 liv.
Poids verds , de 20 liv. à sa liv.
Poids gris , 20 liv.
Féveroles , de 13 liv. à 14 liv.
Féves de Marais , 24 liv.
Féves Suiffes , 28 liv . à 44 liv.
Vefce , de 16 liv . à 17 liv . 10 f.
Bours & Aufs.
Beurre d'Iffigni ( le cent . ) 85 liv.
Beurre de la Ferté , 63 liv.
OEufs de Gournai ( le millier. ) 48 liv. De Long
jumeau , 39 liv. D'Arras , 38 liv.
Fourrages.
Le foin ( le cent ) 34 liv.
La Paille , 16 liv.
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Résumé : PRIX des Grains pendant la fin de Février.
Le document détaille les prix des grains, légumineuses, produits laitiers, œufs et fourrages à la fin février. Le froment varie entre 12 et 16 livres, le seigle entre 8 livres 6 sols et 8 livres 15 sols. Les lentilles oscillent entre 28 et 54 livres. Le beurre d'Issigny coûte 85 livres le cent, tandis que les œufs de Gournay valent 48 livres le millier. Le foin est à 34 livres le cent et la paille à 16 livres.
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16005
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu , par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure de Mars 1763 , & je n'y ai rien [...]
Mots clefs :
Chancelier, Impression
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBAT 10 N.
J'ai lu , par ordre de Mónſeigneur le Chancelier, ' AI
le Mercure de Mars 1763 , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreſſion. A
Paris , ce 28 Février 1763. GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Mónſeigneur le Chancelier, ' AI
le Mercure de Mars 1763 , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreſſion. A
Paris , ce 28 Février 1763. GUIROY.
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16006
p. 238-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE. ARTICLE PREMIER. L'HYVER, Poëme. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ARTICLE PREMIER.
L'HYVER , Poëme. Pages
LETTRE de Mlle *** à Madame... fur
l'Emile de M. Rouffeau.
COUPLETS à l'occafion d'un Ballet des Elémens
, à une Salamandre
.
ÉPIGRAMME .
VERS fur le mariage de Mlle de Dromefnil
avec M. le Marquis de Belfunce.
ENVOI.
L'Amour & l'Hymen réconciliés , Conte Epithalamique.
VERS fur le Tableau du Ror , repréſenté
par les VERTUS .
CRISTALLIDE la Curieufe , Conte tiré des
Mille & une Nuits. I
22
23
24
25
26
35
ibid.
VERS après une grande maladie de l'Auteur. 39
ODE Anacréontique.
VERS à une jeune Demoiselle..
ibid.
40
PRÉCIS hiftorique fur la vie de Raimond Lulle . 41
VERS à M. le Chevalier de Chatelus, fur ceux
MARS. 1763.
239
qu'il a préfentés à Mgr le Prince de Condé. 45
ANGELIQUE , Anecdote.
POUR le Portrait de Mlle ....
A Son Alteffe Royale Mgr le Duc de Savoie,
en lui fouhaitant la bonne année.
VERS.
AUTRES.
ENIGMES.
LOGOGRYPHES.
47
58
19
ibid.
60
61 & 62
62 & 63
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES .
MÉTHODE de M. Keyfer pour l'adminiſtration
de fes dragées dans le traitement
des Maladies vénériennes .
DISCOURS prononcé dans l'Aca lémie Françoife
, à la réception de M. l'Abbé de
Voifenon.
LES après-foupers de la Campagne,
LETTRE fur un Poëme Latin, de M. de Maffac
, à M. de Mont.
64
71
76
77
80
88
89 & fuiv.
A l'Auteur du Mercure , fur un Plagiat.
LETTRE à M. De la Place , fur un Jetton
frappé en 1606.
ANNONCES de Livres.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES -LETTRES.
ACADEMIE S.
EXTRAIT du Mémoire lu à l'Affemblée publique
de l'Académie Royale des Sciences ;
par M. de Parcieux.
GEOMETRI E.
EXTRAIT de la Séance publique de l'Académie
des Sciences , Arts & Belles - Lettres
de DIJON.
ÉCOLE Royale Vétérinaire , établie à Lyon
fous la direction de M. Bourgelat.
99
117
128
129
240 MERCURE
DE FRANCE .
ART. IV . BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
CHIRURG I E.
LETTRE d'un Éléve en Chirurgie de l'Ho-
PITAL DE LA Charité , à l'Auteur du
Mercure , fur l'Opération de la Taille.
ARTS AGRÉABLES.
PEINTURE.
LETTRE de M. Delalande , de l'Académie
des Sciences , à M. De la Place.
MUSIQUE.
133
141
148 SUPPLEMENT à l'Article des Piéces fugitives
SUITE de la Traduction de Mal- à-propos
ou l'Exil de la Pudeur , Poëme Grec.
A Mad... L. D. .. De......
ART. V. SPECTACLES.
SPECTACLES de la Cour à Versailles.
SPECTACLES DE PARIS.
149
174
174
OPERA.
COMÉDIE Françoiſe.
178
181
OBSERVATIONS fur Dupuis & Des Ronais .
LETTRE de M. de Saint Foix à M****.
201
205
COMÉDIE Italienne . 208
CONCERT Spirituel.
211
ART. VI. BALS de la Cour.
212
ART. VII. Nouvelles Politiques. 235
ART. VIII . Economie & Commerce. 236
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ARTICLE PREMIER.
L'HYVER , Poëme. Pages
LETTRE de Mlle *** à Madame... fur
l'Emile de M. Rouffeau.
COUPLETS à l'occafion d'un Ballet des Elémens
, à une Salamandre
.
ÉPIGRAMME .
VERS fur le mariage de Mlle de Dromefnil
avec M. le Marquis de Belfunce.
ENVOI.
L'Amour & l'Hymen réconciliés , Conte Epithalamique.
VERS fur le Tableau du Ror , repréſenté
par les VERTUS .
CRISTALLIDE la Curieufe , Conte tiré des
Mille & une Nuits. I
22
23
24
25
26
35
ibid.
VERS après une grande maladie de l'Auteur. 39
ODE Anacréontique.
VERS à une jeune Demoiselle..
ibid.
40
PRÉCIS hiftorique fur la vie de Raimond Lulle . 41
VERS à M. le Chevalier de Chatelus, fur ceux
MARS. 1763.
239
qu'il a préfentés à Mgr le Prince de Condé. 45
ANGELIQUE , Anecdote.
POUR le Portrait de Mlle ....
A Son Alteffe Royale Mgr le Duc de Savoie,
en lui fouhaitant la bonne année.
VERS.
AUTRES.
ENIGMES.
LOGOGRYPHES.
47
58
19
ibid.
60
61 & 62
62 & 63
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES .
MÉTHODE de M. Keyfer pour l'adminiſtration
de fes dragées dans le traitement
des Maladies vénériennes .
DISCOURS prononcé dans l'Aca lémie Françoife
, à la réception de M. l'Abbé de
Voifenon.
LES après-foupers de la Campagne,
LETTRE fur un Poëme Latin, de M. de Maffac
, à M. de Mont.
64
71
76
77
80
88
89 & fuiv.
A l'Auteur du Mercure , fur un Plagiat.
LETTRE à M. De la Place , fur un Jetton
frappé en 1606.
ANNONCES de Livres.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES -LETTRES.
ACADEMIE S.
EXTRAIT du Mémoire lu à l'Affemblée publique
de l'Académie Royale des Sciences ;
par M. de Parcieux.
GEOMETRI E.
EXTRAIT de la Séance publique de l'Académie
des Sciences , Arts & Belles - Lettres
de DIJON.
ÉCOLE Royale Vétérinaire , établie à Lyon
fous la direction de M. Bourgelat.
99
117
128
129
240 MERCURE
DE FRANCE .
ART. IV . BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
CHIRURG I E.
LETTRE d'un Éléve en Chirurgie de l'Ho-
PITAL DE LA Charité , à l'Auteur du
Mercure , fur l'Opération de la Taille.
ARTS AGRÉABLES.
PEINTURE.
LETTRE de M. Delalande , de l'Académie
des Sciences , à M. De la Place.
MUSIQUE.
133
141
148 SUPPLEMENT à l'Article des Piéces fugitives
SUITE de la Traduction de Mal- à-propos
ou l'Exil de la Pudeur , Poëme Grec.
A Mad... L. D. .. De......
ART. V. SPECTACLES.
SPECTACLES de la Cour à Versailles.
SPECTACLES DE PARIS.
149
174
174
OPERA.
COMÉDIE Françoiſe.
178
181
OBSERVATIONS fur Dupuis & Des Ronais .
LETTRE de M. de Saint Foix à M****.
201
205
COMÉDIE Italienne . 208
CONCERT Spirituel.
211
ART. VI. BALS de la Cour.
212
ART. VII. Nouvelles Politiques. 235
ART. VIII . Economie & Commerce. 236
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, organisée en plusieurs sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', inclut des poèmes, des lettres, des couplets, des épigrammes, des contes et des œuvres inspirées des 'Mille et une nuits', ainsi que des énigmes et des logogriphes. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', contient des méthodes médicales, des discours académiques, des lettres littéraires et des annonces de livres. La troisième section, 'Sciences et Belles-Lettres', comprend des extraits de mémoires académiques et mentionne l'École Royale Vétérinaire de Lyon. La quatrième section, 'Beaux-Arts', est divisée en 'Arts utiles' et 'Arts agréables', incluant des lettres sur la chirurgie, la peinture et la musique. La cinquième section, 'Spectacles', détaille les spectacles de la cour à Versailles, les spectacles parisiens, l'opéra, la comédie française, la comédie italienne et les concerts spirituels. Les dernières sections traitent des bals de la cour, des nouvelles politiques, ainsi que de l'économie et du commerce.
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16007
p. 240
« De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise.
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16008
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
LE Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, Greffier Commis [...]
Mots clefs :
Greffier, Commis, Libraires des provinces ou des pays étrangers, Poste
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texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch à côté du
Sellier du Roi.
,
C'est à lui
que l'on prie d'adrefer
,
francs
de port , les paquets
& lettres
,
pour remettre
, quant à la partie litté- raire , à M. DE LA PLACE
, Auteur du Mercure
.
"
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piéce.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte ,
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port. !
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir , ou qui prendront les frais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raifon de 30 fols
parvolum , c'est- à- dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers , qui voudront faire venir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On Supplie les perfonnes des provinces
d'envoyer par la pofte , en payant
le droit , leurs ordres , afin que le payement
enfoit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affranchis
, refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à annoncer
, d'en marquer le prix.
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a jufqu'à
préfent quatre - vingt -neuf volumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante-douziéme.
LE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch à côté du
Sellier du Roi.
,
C'est à lui
que l'on prie d'adrefer
,
francs
de port , les paquets
& lettres
,
pour remettre
, quant à la partie litté- raire , à M. DE LA PLACE
, Auteur du Mercure
.
"
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piéce.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte ,
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port. !
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir , ou qui prendront les frais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raifon de 30 fols
parvolum , c'est- à- dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers , qui voudront faire venir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On Supplie les perfonnes des provinces
d'envoyer par la pofte , en payant
le droit , leurs ordres , afin que le payement
enfoit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affranchis
, refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à annoncer
, d'en marquer le prix.
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a jufqu'à
préfent quatre - vingt -neuf volumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante-douziéme.
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le document est un avertissement concernant la distribution et l'abonnement au Mercure, une publication périodique. Le Bureau du Mercure est situé chez M. LUTTON, avocat et greffier, rue Sainte Anne, Butte Saint Roch. Les paquets et lettres doivent être adressés à M. LUTTON, qui les transmettra à M. DE LA PLACE, l'auteur du Mercure. Le prix de chaque volume est de 36 sols, mais un abonnement pour seize volumes coûte 24 livres à Paris. Pour les personnes de province, le coût est de 32 livres pour seize volumes, avec livraison gratuite. Ceux qui préfèrent prendre en charge les frais de port paieront 24 livres pour seize volumes. Les libraires des provinces ou des pays étrangers doivent écrire au Bureau pour obtenir le Mercure. Les personnes des provinces sont priées d'envoyer leurs ordres par la poste, en payant le droit à l'avance. Les paquets non affranchis seront rejetés. Les envois de livres, estampes et musique doivent indiquer le prix. Le Nouveau Choix de Pièces tirées des Mercures, également par M. DE LA PLACE, est disponible au Bureau du Mercure. Le format, le nombre de volumes et les conditions sont identiques à ceux du Mercure, avec quatre-vingt-neuf volumes publiés à ce jour. Une table générale des matières est disponible à la fin du soixante-douzième volume.
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16009
s. p.
ODE SUR LA STATUE ÉQUESTRE DU ROI.
Début :
CIEL ! quel Colosse admirable [...]
Mots clefs :
Amour, déité, Lyre, Immortalité, Art, Éloquence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SUR LA STATUE ÉQUESTRE DU ROI.
ODE
SUR LA STATUE ÉQUESTRE
CIBLI
DU ROI.
L ! quel Coloffe admirable
S'offre aux yeux des Citoyens ?
Une Déité femblable
Au Soleil des Rhodiens.
D'amour , de reconnoiffance
?
I. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Je fens mon coeur enflammé ;
Je vois l'Aftre de la France :
C'eft LOUIS LE BIEN - AI MÉ.
Erato , daigne paroître !
Viens !J'implore ton fecours !
Je veux célébrer mon Maître
Sur la Lyre dès Amours.
Paris ! jufques dans les nues ,
Éléve ce Grand BOURBON ;
Tu lui dois plus de Statues
Que Cecropie à Solon.
( a ) Fils célébre de Philippe !
Ton fuffrage fi vanté ,
A Praxitelle , à Lifippe
Donna l'Immortalité.
Sur les traces de leur gloire
S'avancent d'un pas égal ,
Vers le Temple de Mémoire ,
( b ) Goor , Bouchardon & Pigal.
15
(a ) Alexandre le Grand ordonna que fes Portraits
feroient peints par le feul Apelle ; les Statues
fculptées par Praxitelle , & jettées en fonte
par Lifippe , à caufe de l'excellence de ces deux
Artiſtes.
( b ) La Statue du Roi eft du travail du fieur
Goor, fur les deffeins du fieur Bouchardon , qui
dans fon Teſtament , fait fix mois avant la mort,
defira que le fieur Pigal fût fon Succeffeur dans
cet Ouvrage
.
1
AVRIL. 1763. 7
(c ) Une charmante, Bergère ,
Que le Dieu des coeurs guidoit ,
Defina d'une main chère ,
Un Amant qu'elle adoroit;
Ainfije te vois , France !
Retracer dans ce grand jour ,
La parfaite reflemblance
De l'objet de ton amour.
Des Arts , l'Amour eft le maître ,
Par eux il peut nous charmer ;
Si l'efprit leur donna l'être
L'Amour fçut les animer .
Nous lui devons la Sculpture ,
L'Eloquence , les Concerts ,
Le Pinceau , l'Architecture ,
l'Art d'Uranie & les Vers.
Louis ! leur troupe timide
Vole autour de ta Grandeur ;
Sois leur afyle , leur guide ,
Leur ami , leur défenfeur.
Les Rois qui les protégerent
Sont encor chers aux mortels ;
C'eſt par là qu'ils mériterent
Des Monumens éternels.
( c ) Une Bergère , dit Pline , inventa le Def
feing en traçant fur un mur , avec du charbon ,
les contours de l'ombre de fon amant
A iv
& MERCURE DE FRANCE.
Clio , ta plume Içavántės do on ( 0)
A confacré leurs exploits !
La jeune Erato nous vante
L'aménité de leurs Loit. pusma f
Sur les Bronzes d'Italie, dov sebua
Les Céfars nous font préfens. DISK
C'est ainsi que le Génies lion sticking ol
Brave l'injure des temps. blad
( d ) HENRY ! fur ta Face augufte
Je contemple ta Bonté.
I
A tes traits , LouÍS LE JUSTE
Je reconnois l'Équité.
LOUIS LE GRAND , ta nobleffe
21192
Nous annonce tes hauts faits .
ROI BIEN- AIME ! la Sageffe
Sur ton Front grava fés traits .
Vous , dont la Mufe fertile
Fait revivre les Heros !
Chantres du terrible Achille ,
Sans vos pénibles travaux ,
Aux bords de la Mer Égée ,
Son nom voilé par l'oubli ,
Dans les tombeaux de Sigée
Refteroit enſeveli.
1
(d ) Cette Strophe eft adreffé e aux quatre Sta
Lues Equeftres des Rois BOURBON <STRONG
AVRIL. 1763.¨¨
Troupe aveugle de Barbares !
Dont les flambeaux deftructeurs
Confumoient les OEuvres rares
De tant d'efprits créateurs :
Les Préjugés , l'Ignorance ,
L'Esclavage , le Mépris ,
Sont la jufte récompenſe
De vos forfaits inouis.
Nations ! Villes célèbres !
Les Ouvrages de vos mains
Ont diffipé les ténébres ,
Si fatales aux humains.
Memphis , Athènes , Palmire ,
Rome , Florence , Paris !
Vos noms illuftrent l'Empire
Que Pallas vous a remis.
( e) Grand Préfet ! (f) Sages Édiles ,
D'un Roi , Père des Français ,
Dans la Reine de nos Villes ,
Eternifez les bienfaits.
g) Marigni ! que de merveilles
Vont éclore fous tes yeux !
Tu protéges , tu réveilles
Les mortels ingénieux .
( c ) M. le Prévôt des Marchands.
(f MM. les Echevins.
(g M. le Marquis de Marigni , Surintendant
des Bâtimens , &c. A. v
10 MERCURE DE FRANCE .
Dieu des rives du Méandre ,
Sur mon coeur régle ma. voir !
Jeune encor , daigne m'apprendre
A chanter nos dignes Rois !
L'amour feul de la Patrie
Soutient mon foible talent :
Prête-moi ton harmonie ,
Pour l'unir au Sentiment .
Par le Chevalier DE VIGUIER , Mousquetair
du Roi dans la premiere Compagnie .
SUR LA STATUE ÉQUESTRE
CIBLI
DU ROI.
L ! quel Coloffe admirable
S'offre aux yeux des Citoyens ?
Une Déité femblable
Au Soleil des Rhodiens.
D'amour , de reconnoiffance
?
I. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Je fens mon coeur enflammé ;
Je vois l'Aftre de la France :
C'eft LOUIS LE BIEN - AI MÉ.
Erato , daigne paroître !
Viens !J'implore ton fecours !
Je veux célébrer mon Maître
Sur la Lyre dès Amours.
Paris ! jufques dans les nues ,
Éléve ce Grand BOURBON ;
Tu lui dois plus de Statues
Que Cecropie à Solon.
( a ) Fils célébre de Philippe !
Ton fuffrage fi vanté ,
A Praxitelle , à Lifippe
Donna l'Immortalité.
Sur les traces de leur gloire
S'avancent d'un pas égal ,
Vers le Temple de Mémoire ,
( b ) Goor , Bouchardon & Pigal.
15
(a ) Alexandre le Grand ordonna que fes Portraits
feroient peints par le feul Apelle ; les Statues
fculptées par Praxitelle , & jettées en fonte
par Lifippe , à caufe de l'excellence de ces deux
Artiſtes.
( b ) La Statue du Roi eft du travail du fieur
Goor, fur les deffeins du fieur Bouchardon , qui
dans fon Teſtament , fait fix mois avant la mort,
defira que le fieur Pigal fût fon Succeffeur dans
cet Ouvrage
.
1
AVRIL. 1763. 7
(c ) Une charmante, Bergère ,
Que le Dieu des coeurs guidoit ,
Defina d'une main chère ,
Un Amant qu'elle adoroit;
Ainfije te vois , France !
Retracer dans ce grand jour ,
La parfaite reflemblance
De l'objet de ton amour.
Des Arts , l'Amour eft le maître ,
Par eux il peut nous charmer ;
Si l'efprit leur donna l'être
L'Amour fçut les animer .
Nous lui devons la Sculpture ,
L'Eloquence , les Concerts ,
Le Pinceau , l'Architecture ,
l'Art d'Uranie & les Vers.
Louis ! leur troupe timide
Vole autour de ta Grandeur ;
Sois leur afyle , leur guide ,
Leur ami , leur défenfeur.
Les Rois qui les protégerent
Sont encor chers aux mortels ;
C'eſt par là qu'ils mériterent
Des Monumens éternels.
( c ) Une Bergère , dit Pline , inventa le Def
feing en traçant fur un mur , avec du charbon ,
les contours de l'ombre de fon amant
A iv
& MERCURE DE FRANCE.
Clio , ta plume Içavántės do on ( 0)
A confacré leurs exploits !
La jeune Erato nous vante
L'aménité de leurs Loit. pusma f
Sur les Bronzes d'Italie, dov sebua
Les Céfars nous font préfens. DISK
C'est ainsi que le Génies lion sticking ol
Brave l'injure des temps. blad
( d ) HENRY ! fur ta Face augufte
Je contemple ta Bonté.
I
A tes traits , LouÍS LE JUSTE
Je reconnois l'Équité.
LOUIS LE GRAND , ta nobleffe
21192
Nous annonce tes hauts faits .
ROI BIEN- AIME ! la Sageffe
Sur ton Front grava fés traits .
Vous , dont la Mufe fertile
Fait revivre les Heros !
Chantres du terrible Achille ,
Sans vos pénibles travaux ,
Aux bords de la Mer Égée ,
Son nom voilé par l'oubli ,
Dans les tombeaux de Sigée
Refteroit enſeveli.
1
(d ) Cette Strophe eft adreffé e aux quatre Sta
Lues Equeftres des Rois BOURBON <STRONG
AVRIL. 1763.¨¨
Troupe aveugle de Barbares !
Dont les flambeaux deftructeurs
Confumoient les OEuvres rares
De tant d'efprits créateurs :
Les Préjugés , l'Ignorance ,
L'Esclavage , le Mépris ,
Sont la jufte récompenſe
De vos forfaits inouis.
Nations ! Villes célèbres !
Les Ouvrages de vos mains
Ont diffipé les ténébres ,
Si fatales aux humains.
Memphis , Athènes , Palmire ,
Rome , Florence , Paris !
Vos noms illuftrent l'Empire
Que Pallas vous a remis.
( e) Grand Préfet ! (f) Sages Édiles ,
D'un Roi , Père des Français ,
Dans la Reine de nos Villes ,
Eternifez les bienfaits.
g) Marigni ! que de merveilles
Vont éclore fous tes yeux !
Tu protéges , tu réveilles
Les mortels ingénieux .
( c ) M. le Prévôt des Marchands.
(f MM. les Echevins.
(g M. le Marquis de Marigni , Surintendant
des Bâtimens , &c. A. v
10 MERCURE DE FRANCE .
Dieu des rives du Méandre ,
Sur mon coeur régle ma. voir !
Jeune encor , daigne m'apprendre
A chanter nos dignes Rois !
L'amour feul de la Patrie
Soutient mon foible talent :
Prête-moi ton harmonie ,
Pour l'unir au Sentiment .
Par le Chevalier DE VIGUIER , Mousquetair
du Roi dans la premiere Compagnie .
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Résumé : ODE SUR LA STATUE ÉQUESTRE DU ROI.
Le poème 'ODE SUR LA STATUE ÉQUESTRE DU ROI' a été publié en avril 1763. Il célèbre la statue équestre du roi Louis XV, comparée à une divinité et au soleil des Rhodiens. L'auteur exprime son admiration et sa reconnaissance envers le roi, qu'il nomme 'LOUIS LE BIEN-AIMÉ'. Le poème met en avant les artistes Goor, Bouchardon et Pigalle, impliqués dans la création de la statue. Il souligne l'importance des arts, inspirés par l'amour, et leur rôle dans la célébration des rois protecteurs des arts. Des figures historiques comme Alexandre le Grand et Pline sont mentionnées, soulignant l'impact durable des œuvres d'art. Le texte critique les barbares destructeurs et loue les villes célèbres pour leurs contributions culturelles. Le poème est dédié aux autorités de Paris, notamment le Prévôt des Marchands, les Échevins et le Marquis de Marigni, et exprime le désir de célébrer dignement les rois de France.
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16010
p. 10
LOUIS XV.
Début :
Son règne à jamais mémorable [...]
Mots clefs :
Règne, Amour, Monument, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOUIS XV.
LOUIS. X V.
Son règne à jamais mémorable
Des fiècles à venir fera l'étonnement.
L'Amour de fes Sujets pofa ce Monument ,
Attendant que l'hiftoire en fonde un plus durable.
PIRON.
Son règne à jamais mémorable
Des fiècles à venir fera l'étonnement.
L'Amour de fes Sujets pofa ce Monument ,
Attendant que l'hiftoire en fonde un plus durable.
PIRON.
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16011
p. 10-12
LE POETE PHILOSOPHE.
Début :
LONGTEMPS obscurci d'orages [...]
Mots clefs :
Doux, Zéphire, Ruisseau, Mensonges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE POETE PHILOSOPHE.
LE POETE PHILOSOPHE.
LONGTEMPS
ONGTEMPS obfcurci d'orages
Le Ciel , enfin , fans nuages
Reprend la férénité ? .
Et la terre que décore
A l'envi Cérès & Flore ,
Préfente à l'oeil enchanté
Richeffe enfemble & Beauté .
AVRIL. 1763. II
Zéphir agitant fes aîles
Autour des roſes nouvelles
Où brille un doux incarnat
Fait fentir à l'âme émue
Le plaifir de l'odorat
Joint à celui de la vue.
Sous ces arbres en berceau ,
Quel doux murmure m'attire !
C'eft le bruit d'un clair ruiffeau
Baignant la fleur qui fe mire
Dans le criftal de fon eau.
Je vois d'un rameau fur l'autre
Voltiger l'ardent moineau
Dont l'amour vaut bien le nôtre ,
Et le tendre tourtereau
De la conftance l'Apôtre.
Aujourd'hui pourtant l'on dit
Que ce fut bien à crédit
Qu'on lui donna cette gloire ;
Car dans ce fiécle maudir
Sans preuve on ne veut rien croire.
Moi qui ne doute de rien
Your mon falut & fais bien ,
Je croirois la tourterelle
Des gens conftans le modéle ,
Si je n'affignois le prix
A nos Femmes de Paris,
Fidéles à ce qu'ils fentent
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
Les oiſeaux amoureux chantent is
Et n'engagent point, leur foi : 1. SOÁ
De nature c'eft la loi.
Ils n'ont garde d'aller faire
Pardevant .... .... ou Notaire
Le ferment d'aimer toujours
Ce qui peut ceffer de plaire.
Hélas ! leurs tendres amours ,
Ce ruiffeau , ce doux ombrage , i
Tout à mes yeux dans ce bois
Retrace l'heureux boccage
Où, pour la premiere fois ,
Thémire écouta ma peine ;
Thémire ayant en ſa fleur
D'une roſe la couleur ,
Du Zéphir la douce haleine ,
Des cheveux qui fans deffein
Tomboient en boucle d'ébene
Sur l'albâtre de fon fein.
Temps heureux des doux menfonges !
Age fi court du bonheur ,
Que font devenus tes fonges !
Le temps cruel précepteur
Nous donne l'expérience ;
Fatal arbre de fcience ,.
Qui des douces voluptés.
Rompt l'illufion & chaffe
Les plaifirs qu'elle remplace
Par de dures yérités !
LONGTEMPS
ONGTEMPS obfcurci d'orages
Le Ciel , enfin , fans nuages
Reprend la férénité ? .
Et la terre que décore
A l'envi Cérès & Flore ,
Préfente à l'oeil enchanté
Richeffe enfemble & Beauté .
AVRIL. 1763. II
Zéphir agitant fes aîles
Autour des roſes nouvelles
Où brille un doux incarnat
Fait fentir à l'âme émue
Le plaifir de l'odorat
Joint à celui de la vue.
Sous ces arbres en berceau ,
Quel doux murmure m'attire !
C'eft le bruit d'un clair ruiffeau
Baignant la fleur qui fe mire
Dans le criftal de fon eau.
Je vois d'un rameau fur l'autre
Voltiger l'ardent moineau
Dont l'amour vaut bien le nôtre ,
Et le tendre tourtereau
De la conftance l'Apôtre.
Aujourd'hui pourtant l'on dit
Que ce fut bien à crédit
Qu'on lui donna cette gloire ;
Car dans ce fiécle maudir
Sans preuve on ne veut rien croire.
Moi qui ne doute de rien
Your mon falut & fais bien ,
Je croirois la tourterelle
Des gens conftans le modéle ,
Si je n'affignois le prix
A nos Femmes de Paris,
Fidéles à ce qu'ils fentent
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
Les oiſeaux amoureux chantent is
Et n'engagent point, leur foi : 1. SOÁ
De nature c'eft la loi.
Ils n'ont garde d'aller faire
Pardevant .... .... ou Notaire
Le ferment d'aimer toujours
Ce qui peut ceffer de plaire.
Hélas ! leurs tendres amours ,
Ce ruiffeau , ce doux ombrage , i
Tout à mes yeux dans ce bois
Retrace l'heureux boccage
Où, pour la premiere fois ,
Thémire écouta ma peine ;
Thémire ayant en ſa fleur
D'une roſe la couleur ,
Du Zéphir la douce haleine ,
Des cheveux qui fans deffein
Tomboient en boucle d'ébene
Sur l'albâtre de fon fein.
Temps heureux des doux menfonges !
Age fi court du bonheur ,
Que font devenus tes fonges !
Le temps cruel précepteur
Nous donne l'expérience ;
Fatal arbre de fcience ,.
Qui des douces voluptés.
Rompt l'illufion & chaffe
Les plaifirs qu'elle remplace
Par de dures yérités !
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Résumé : LE POETE PHILOSOPHE.
Le poème 'Le Poète Philosophe', daté d'avril 1763, célèbre la beauté de la nature au printemps. Il met en scène des roses, le murmure d'un ruisseau et les chants des oiseaux. Le poète exprime son émerveillement face à cette nature vivante et évoque les amours des oiseaux, qu'il compare à la constance des femmes parisiennes. Il se remémore un moment heureux passé avec Thémire, une figure féminine idéalisée. Le poème se conclut sur une note mélancolique, soulignant la brièveté du bonheur et l'expérience amère apportée par le temps. Le poète regrette la perte des illusions douces, remplacées par des vérités dures.
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16012
p. 13
VERS sur un Portrait donné à Mlle DANGEVILLE.
Début :
TITON à sa Filleule aimable [...]
Mots clefs :
Portrait, Peintre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS sur un Portrait donné à Mlle DANGEVILLE.
VERS fur un Portrait donné à Mlle
DANGEVILLE.
TITON àfa Filleule aimable
A légué de Duclos le Portrait admirable :
Titon par un fi digne choix ,
Fait quatre éloges à la fois.
P. D. S. A. Peintre
Nota Le Portrait de Mlle Duclos , une des
plus grandes Actrices qu'il y ait eu dans le Tragique
, peint par le célébre Largilliere , vient
d'être légué par l'illuftre M. Titon du Tiller ,
Auteur du Parnaffe François , à l'inimitable
Mlle Dangeville fa Filleule , dont les rares talens
dans le Comique font portés au dernier
degré.
DANGEVILLE.
TITON àfa Filleule aimable
A légué de Duclos le Portrait admirable :
Titon par un fi digne choix ,
Fait quatre éloges à la fois.
P. D. S. A. Peintre
Nota Le Portrait de Mlle Duclos , une des
plus grandes Actrices qu'il y ait eu dans le Tragique
, peint par le célébre Largilliere , vient
d'être légué par l'illuftre M. Titon du Tiller ,
Auteur du Parnaffe François , à l'inimitable
Mlle Dangeville fa Filleule , dont les rares talens
dans le Comique font portés au dernier
degré.
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Résumé : VERS sur un Portrait donné à Mlle DANGEVILLE.
Le texte relate un legs de M. Titon du Tiller, auteur du 'Parnasse Français', qui a légué un portrait de Mlle Duclos, réalisé par Largillière, à sa filleule Mlle Dangeville. Mlle Duclos est célèbre pour ses talents tragiques, tandis que Mlle Dangeville excelle dans le comique. Le texte met en lumière les mérites artistiques de ces deux actrices françaises.
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16013
p. 13-14
CONSEILS d'une Mère à sa Fille.
Début :
OCTAVE te recherche, & le vieil Alcidon [...]
Mots clefs :
Utile, Agréable, Maître, Esclave
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONSEILS d'une Mère à sa Fille.
CONSEILS d'une Mère à fa Filie.
OCTAVE te recherche , & le vieil Alcidon
De fes biens & de lui , voudroit te faire don ;
L'un eft jeune , agréable , & l'autre fort utile,
Et pour un jeune coeur le choix eft difficile .
Alcidon eft modefte , & riche , & généreux :
Ton Octave n'a rien , mais il eft amoureux.
J'aimerois Alcidon ; tu dois aimer Octave.
14 MERCURE DE FRANCE.
Ma Fille c'eſt pour toi : fans contrainte choifis
Le printemps & fes fleurs , ou l'automne & fes
fruits .
Prends jeune Maître , ou vieil Efclave.
OCTAVE te recherche , & le vieil Alcidon
De fes biens & de lui , voudroit te faire don ;
L'un eft jeune , agréable , & l'autre fort utile,
Et pour un jeune coeur le choix eft difficile .
Alcidon eft modefte , & riche , & généreux :
Ton Octave n'a rien , mais il eft amoureux.
J'aimerois Alcidon ; tu dois aimer Octave.
14 MERCURE DE FRANCE.
Ma Fille c'eſt pour toi : fans contrainte choifis
Le printemps & fes fleurs , ou l'automne & fes
fruits .
Prends jeune Maître , ou vieil Efclave.
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Résumé : CONSEILS d'une Mère à sa Fille.
Une mère conseille sa fille sur le choix entre deux prétendants : Octave, jeune et amoureux, mais sans biens, et Alcidon, âgé, riche et généreux. Elle exprime sa préférence pour Alcidon tout en suggérant d'aimer Octave. La fille doit choisir entre jeunesse et maturité, symbolisées par le printemps et l'automne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16014
p. 14-46
ABBAS ET SOHRY, NOUVELLE PERSANNE.
Début :
ABBAS , Roi de Perse, fut, comme tant d'autres Potentats, surnommé le [...]
Mots clefs :
Princesse, Eunuque, Portrait, Charmes, Pouvoir, Peinture, Tableau, Esclave
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texteReconnaissance textuelle : ABBAS ET SOHRY, NOUVELLE PERSANNE.
ABBAS ET SOHRY ,
NOUVELLE PERS ANNE.
ABBAS , Roi de Perfe , fut , comme
tant d'autres Potentats , furnommé le
Grand, pour avoir fait de grands maux
à fes Voifins. Il aimoit paffionnément
les femmes & la guerre . Il la faiſoit
autant pour peupler fon Sérail que pour
accroître fes Etats . Tout Roi dont la
femme étoit belle & le Royaume voifin
de celui de Perfe , devoit alors fonger
à défendre l'une & l'autre. Du refte ,
Abbas étoit auffi prompt à fe refroidir
qu'à s'enflammer , & en amour comme
en guerre , une conquête achevée lui
en faifoit bientôt defirer une nouvelle .
Il y avoit alors dans le Pays d'Imirete
, ( c'eft l'ancienne Albanie ) une
Nota. Le fonds de ce Conte eft vrai , & tiré
des Voyages de Chardin . Sohry eſt auffi connue ,
auffi célébre en Perfe, que la belle Agnès l'eft en
France.
AVRIL. 1763. IS
jeune Princeffe , nommée Sohry , &
foeur du Souverain de cette Contrée. ,
Sohry étoit plus belle qu'on ne le peut
décrire , même en ftyle oriental . C'eſt
elle que les Poëtes Perfans ont depuis
chantée à l'envi. Mais l'hyperbole , qui.
leur eft fi familière , fe trouva dans ,
cette rencontre au - deffous de la réalité.
Il fut , pour cette feule fois , hors de,
leur pouvoir d'outrer un Sujet.
L'admirable Sohry vivoit fous la tutelle
d'une mere qui l'égaloit prèfque .
en beauté , & ne la furpaffoit que de
trois luftres en âge : c'eft-à -dire qu'elle
n'avoit guéres que trente ans. Cette
Princeffe après avoir été Reine s'étoit
faite Religieufe ; état qui dans cette
contrée n'oblige point à s'enfermer dans .
un Cloître. On refte dans fa maiſon ,
& l'on eft libre d'en fortir fans que pour
cela aucun des voeux reçoive , ou foit.
censé avoir reçu nulle atteinte.
Sohry , que nul voeu pareil n'enchaînoit
, gardoit cependant une folitude
plus rigoureufe. Elle habitoit & ne quittoit
point certain Château inacceffible à
tout étranger. J'en excepte le Prince de
Georgie à qui , felon l'ufage de ces
lieux , la Princeffe étoit fiancée depuis
l'âge de cinq ans. Déja même il auroit
16 MERCURE DE FRANCE.
dû être fon époux , fi une guerre fanglante
qui l'occupoit , & la connoiffance
qu'il avoit du caractère d'Abbas , n'euffent
retardé le moment de cette union.
A cela près , les charmes de Sohry n'étoient
guères connus que de fa mère
du Roi fon frère & des femmes qui la
fervoient. Ces femmes , à l'exception
d'une feule , ignoroient même fa qualité.
Tant de précautions avoient pourbut
de dérober cette jeune merveille
aux pourfuites du Roi de Perfe , qui
avoit l'ambition de ne peupler fon Sérail
que de Princeffes. On eut même
recours à un autre moyen , beaucoup
plus infupportable pour cette captive
que la folitude la plus trifte. Ce fut de
publier que fon extrême laideur obligeoit
de la fouftraire à tous les regards.
Ce bruit trouva peu d'incrédules.
On fe fouvint qu'il avoit déja fallu en
ufer ainfi à l'égard d'une foeur aînée de
la Princeffe ; objet réellement auffi difforme
que Sohry étoit féduifante . On
avoit même depuis publié la mort de
cette première captive , qui néanmoins
éxiftoit toujours. La raifon de ce procédé
, c'eft que chez cette nation , la
laideur eſt un opprobre , & qu'elle n'eft
pas moins rare dans ces heureuſes conAVRIL.
1763. 17
#
trées , que l'extrême beauté dans quel
ques autres.
Quant à Sohry , elle ne fe conſoloit
point de l'injure qu'on faifoit à fes charmes.
Elle ignoroit que quelqu'un fongeât
aux moyens de détromper , à cet
égard , & le Public ; & furtout le Roi
de Perfe . C'étoit Zomrou , ancien Miniftre
du feu Roi d'Imirette , & qui d'abord
avoit efpéré de devenir beau - père
du Roi regnant. Las d'efpérer en vain
il pria ce Prince d'époufer fa fille , ou
de ne point vivre avec elle comme s'il
l'eût époufée. Difvald , c'eft le nom du
Roi , répondit en Souverain abfolu
& Zomrou fe retira en Sujet mécon-,
tent.
>
Il crut , toutefois , de voir encore diffimuler
; mais au fond il ne refpiroit
que vengeance , & choifit Abbas pour
fon vengeur. Il fongea à tirer parti du
caractère de ce Prince. La faveur où il
s'étoit maintenu jufqu'alors à la Cour
d'Imirette , l'avoit mis à portée de s'inftruire
de ce qui étoit un mystère pour
tout autre Particulier ; il fçavoit que la
laideur de Sohry n'étoit que fuppofée ,
& il fçavoit de plus le motif de cette
fuppofition . Il fait part at Sophi de toutes
fes découvertes , s'efforce d'exagérer
f
18. MERCURE DE FRANCE .
C
les charmes de Sohry , & trace un por-,
trait bien inférieur encore à fon mo-"
déle. En un mot , il n'épargne rien pour
irriter Abbas contre le frère , & l'enflam-.
mer vivement pour la foeur.:
Ce moyen bifarre a tout le fuccès
qu'il pouvoit avoir Abbas comptoit
parmi fes Eunuques , un Italien qui pour
entrer au Sérail n'avoit pas eu befoin
de changer d'état. C'étoit un de ces
Etres anéantis dès leur naiffance , & à
qui , pour tout dédommagement , l'art
procure un fauffet plus ou moins aigre .
Ce Chantre involontaire avoit dès- lors ;
fçu joindre la Peinture à la Mufique.
Il alloit tour-à-tour du lutrin au chevalet
; il paffoit d'une dévote Ariette au
Portrait d'une Beauté galante . Mais il
trouva que ces travaux réunis ne rapprochoient
point de lui la fortune. II
réfolut de la chercher dans d'autres climats
. Ses voyages , le hafard , ou fa deftinée
, le conduifirent jufqu'à Ifpahan .,
Là , fa qualité d'Eunuque lui procure.
l'avantage de s'attacher au Roi de Perfe ,.
& le caractère de ce Prince lui fournit .
bientôt l'occafion de déployer tous festalens.
Déjà plus d'une fois ce nouveau confident
lui avoit fait connoître les plus .
}
AVRIL. 1763. 19.
belles Princeffes des pays voifins , fans,
que pour cela Abbas eût été obligé de
quitter fa Cour. Il fut queftion d'ufer
d'un ftratagême à -peu-près femblable.
auprès de la Princeffe d'Imirette . Voilà
l'Eunuque encore une fois déguifé en
femme , & conduit en diligence jufqu'à
la Capitale de cette contrée. Il y voit
Zomrou , & en tire certains éclairciffemens
indifpenfables . Quant au furplus
, Abbas l'avoit mis à portée de
furmonter bien des obftacles , ou ce
qui revient au même , l'avoit mis en
état de prodiguer l'or. Il le prodigua &
féduifit tous ceux dont il crut avoir be--
foin. Mais nul d'entr'eux ne pénétra fes
vues . Il fe garda bien , furtout , de nommer
la Princeffe à ceux qui avoifinoient
fa demeure , inftruit d'avance , que ni
eux , ni même la plupart des femmes.
qui la fervoient , ne la connoiffoient
fous ce titre. Au furplus , il apprit que
la jeune Solitaire paroiffoit affez fouvent
à certaine fenêtre , donnant fur une plaine,
vafte & riante. Il fut charmé de la découverte
, fe rendit au lieu indiqué ,
& trouva , de plus , un petit bofquet
propre à favorifer fon deffein. Il étoit,
peu diftant de la fenêtre dont il vient
d'être parlé. L'Eunuque toujours dé20
MERCURE DE FRANCE.
guifé y entra , s'y plaça de maniere à
n'être vu qu'autant qu'il le voudroit
& attendit que la Princeffe daignât ellemême
fe laiffer voir.
1
Elle n'avoit fur ce point aucune répugnance
; chofe affez croyable dans
une jeune Beauté. Souvent même en
contemplant fes charmes dans une glace
, elle gémiffoit de les contempler feule
. Les jardins où elle ne trouvoit pour
toute compagnie que des fleurs , des
ftatues & des femmes , lui devenoient
infipides. Elle n'y jetroit les yeux , ou
ne les parcouroit que par défoeuvrement.
L'Eunuque fans quitter fon embufcade
, fongeoit aux moyens de l'attirer
du côté de la plaine. Il y réuffit avec
le fecours de quelques ariettes Italiennes
, qu'il fe mit à chanter de fon mieux ,
& fort bien. A peine fes accens eurent
frappé l'oreille de la Princeffe , qu'elle
accourut vers fa fenêtre favorite . Ellemême
étoit fort empreffée de voir la
Cantatrice étrangère , car elle jugea, quoiqu'à
regret , que cette voix ne pouvoit
être que celle d'une femme . De fon côté,
l'Eunuque fe tenoit à l'entrée du bofquet,
& là fans être vu trop à découvert ,
& fans difcontinuer de chanter, il tira fes
crayons & déſſina la Princeffe , qui enAVRIL.
1763.
21
chantée de fa voix , ne fongeoit ni à
l'interrompre , ni à difparoître. Déjà
même l'efquiffe du Portrait étoit achevée
, & l'Eunuque chantoit encore
étoit encore écouté . Il crut en avoir
affez fait pour le moment , renferma fes
crayons , & mit fin aux ariettes . Alors
la Princeffe donna ordre que la prétendue
Chanteufe lui fût amenée. C'étoit
ce que demandoit l'Agent travefti.
Il eft introduit auprès d'elle , gracieufement
accueilli , loué fur fa voix ; &
obligé de répondre à une foule de queftions.
?
Il les avoit prévues en partie , & ne
fut embaraffé par aucunes. Sohry lui
demanda entre autres chofes , fi les
Princeffes de fon Pays étoient belles
& les Princes fort galans ? Madame , répondit
la fauffe Italienne , aucune de ces
Princeffes ne vous égale en beauté ,
& tous les Princes de la terre deviendroient
galans , deviendroient paffionnés
, s'ils avoient le bonheur de vous
voir un feul inftant, Sohry ne répondit
rien à ce difcours , mais elle foupira ,
L'Eunuque étoit trop habile pour ne pas
entrevoir la caufe de ce foupir. Etre la
plus belle perfonne de l'Orient & paffer
pour la plus laide , n'avoir que dix22
MERCURE DE FRANCE.
huit ans & pas l'ombre de liberté ; ne
compter qu'un adorateur , qu'on ne voit
que rarement , qu'on n'aime que fort
peu , & ne pouvoir efpérer qu'un autre
le remplace : à coup fùr on foupireroit
, on gémiroit à moins ; & Sohry ,
en effet , ne ſe bornoit pas toujours à
foupirer.
Elle propofe à la fauffe Cantatrice de
s'arrêter quelque temps auprès d'elle .
C'étoit ce que l'Eunuque defiroit le plus ;
cependant il diffimula , oppofa quelques
obftacles faciles à lever , & fe conduifit
avec tant d'art qu'il augmenta l'empreffement
de Sohry , & diffipa tous
les foupçons de fes furveillantes. Il céda ,
enfin , & parut n'avoir fait que céder.
Son emploi confifta d'abord à chanter
auprès de la Princeffe , & à lui donner
quelques leçons de Mufique. Elle joignoit
à fes autres perfections , une voix
auffi propre à charmer l'oreille , que
fes
traits l'étoient à charmer les yeux. L'Eunuque
avoit foin de lui chanter les airs
les plus tendres , & c'étoit toujours
ceux qu'elle apprenoit le plus aifément.
Elle vouloit auffi qu'il lui expli
quât les paroles fur lefquelles ces avis
avoient été compofés . Mais le Traducteur
avoit prèfque toujours foin de leur
AVRIL. 1763: 23
donner un fens relatif à la fituation où
fe trouvoit fa charmante éléve , & aux
fentimens qu'il vouloit faire naître en
fon âme. Delà nouveaux foupirs , nouvelles
rêveries , nouvelles queftions. Il
crut l'inftant favorable pour hafarder
'une épreuve d'une autre genre. Ce fut
de placer le Portrait d'Abbas fous les
yeux de la Princeffe d'Imirette .
,
Sohry lui parloit fouvent & de l'ennui
attaché à une folitude perpétuelle ,
& de la difficulté de vaincre cet ennui.
Je ne vois qu'un moyen de l'éviter , &
c'eft à vous que j'en fuis redevable .
Mais on ne peut ni toujours entendre
chanter , ni toujours chanter foi -même.
Il eft , reprit vivement l'Italien d'autres
talens auffi récréatifs que celui - là ,
auffi faciles à acquérir . Si la Mufique
vous fait imiter & furpaffer le chant des
oifeaux de vos bofquets , la Peinture
par exemple , vous apprendroit à imiter
les oifeaux mêmes , & bien d'autres
objets plus intéreffans que des oifeaux.
Eh quoi ? reprit encore plus vivement
Sohry , auriez-vous auffi le talent dont
vous parlez ? Feu mon époux , repliqua
l'intrépide Italien , le poffédoit au plus
haut degré ; je conferve même le Portrait
d'un Prince de Perfe qu'il peignit
24 MERCURE DE FRANCE .
durant le féjour qu'il fit à Ifpahan .
A peine eut-il prononcé ces mots ,
que la Princeffe voulut voir le Portrait,
& à peine l'a -t-il mis en évidence
qu'elle s'en faifit , le fixe avec attention
, paroît s'émouvoir , loue avec exclamation
l'art du Peintre , & admire
encore plus , mais fans en rien dire , les
traits qu'il a imités . Elle s'informe cependant
qui on a voulu repréfenter dans
cette peinture , & file Peintre n'a point
flatté fon modéle ? Je fçais que fon
grand talent fut d'imiter la reffemblance
, reprit l'Eunuque ; mais j'ignore à
qui ce Portrait reffemble. Une mort
fubite empêcha mon époux de m'en
inftruire à fon retour au Caire où il
m'avoit laiffée. Quelqu'un , à qui la
Cour de Perfe eft connue , m'a dit reconnoître
ici les traits du grand Abbas
C'eft ce que je n'ai pu vérifier , & ce
que fans doute je ne vérifierai jamais .
L'Agent d'Abbas n'avoit pas cru devoir
paroître mieux inftruit de peur de
fe rendre fufpect . Il fçavoit d'ailleurs
que cette incertitude ne ferviroit qu'à
irriter l'impatience de la Princeffe , &
que cette impatience une fois fatisfaite
, la conduiroit à un fentiment plus
vif en core. Il ne fe trompoit pas. Sohry
tomba
AVRIL. 1763. 25
tomba dans une rêverie mélancolique
& profonde. Le Portrait qu'elle avoit
en fon pouvoir l'intéreffoit vivement.
Quelle impreffion ne feroit donc pas
fur elle l'objet qui y eft repréſenté ?
Quel dommage fi ce Prince n'exiftoit
plus ! & s'il exiftoit encore , quel plus
grand dommage d'ignorer qui il eſt ,
d'en être ignorée foi-même ? Toutes ces
penfées agitoient fucceffivement la Princeffe
captive. L'Eunuque l'examinỏit &
la devinoit . Elle lui fit une nouvelle
queftion. Cet Art , lui dit-elle , que
votre époux poffédoit fi bien , vous eftil
donc abfolument inconnu ? C'étoit
encore où l'adroit Emiffaire l'attendoit.
Il répondit que , fans y exceller , il s'y
étoit fouvent éffayé avec fuccès. Vous
pourriez donc , reprit la Princeffe , imiter
la figure de ce petit chien ? Vous en
jugerez , repliqua l'Eunuque , en préparant
fes crayons. A l'inftant même il
deflina cet animal , & le jour fuivant ,
il fit voir à Sohry le tableau déja fort
avancé. C'est dommage , lui dit- elle ,
de n'employer vos talens qu'à peindre
des animaux. J'ai une Efclave qui m'amufe
par fes folies , autant qu'une femme
peut en amufer une autre : fa figure
a quelque chofe d'original , & je vou-
I. Vol. B
26 MERCURE DE FRANCE.
drois par votre fecours en conferver la
copie. Volontiers , dit encore l'Eunuque
, à qui cette gradation parut devoir .
être bientôt fuivie d'une plus éffentielle .
Déja il demandoit
à Sohry la permiffion
de faire venir cette Efclave ... Attendez,
ajouta de nouveau la Princeffe ; tout ceci
eft , & doit être un mystère entre nous,
& l'Efclave la plus zélée peut devenir
indifcrette
. Ne pourriez-vous pas , pourfuivit-
elle en rougiffant
un peu, exercer
vos talens fur un autre objet ? Par
exemple , me peindre moi-même au lieu
d'elle Madame , repliqua l'Eunuque
tranfporté de joie , mais toujours habile
à diffimuler , je doute que tout l'effort
de l'Art puiffe aller jufques-là : mais
j'exquifferai de mon mieux ces traits.
que la Nature elle-même auroit peine
à reproduire une feconde fois .
•
Sohry lui demanda enfuite quelle
attitude lui fembloit la plus avantageufe
. Celle , répondit-il , qui vous eſt la
plus ordinaire . Il n'eft pas plus en votre
pouvoir d'être fans grâce que fane
beauté.
L'Eunuque alors commença librement
ce Portrait qui étoit l'objet principal
de fa miffion , & qu'il avoit cru
auparavant ne pouvoir éxécuter qu'à
AVRIL. 1763. 27
>
la dérobée . Le zéle qu'il avoit pour fon
Maître & les facilités que lui donnoit
la Princeffe , firent qu'il fe furpaffa
lui- même dans cette nouvelle occafion
. Il parut avoir peint la plus belle
Perfonne du monde , & n'égala pas
encore fon modéle . Cependant , chofe
affez rare , il fatisfit la Beauté qu'il avoit
peinte. Il fe propofoit de tirer une copie
éxacte de ce Portrait : la Princeffe
lui en épargna la peine . Elle lui permit
d'emporter l'Original dans fa Patrie.
Qu'il ferve , ajouta -t -elle , à m'y faire
mieux connoître que dans la mienne où
je dois toujours vivre ignorée. Elle prononça
ces mots d'une voix tremblante
fes yeux devinrent humides C'en fut
affez pour déterminer l'Eunuque à s'expliquer
un peu plus qu'il n'avoit fait jufqu'alors
; mais , cependant , toujours
par emblême ; forte de langage que fon
art le mettoit à même d'employer à fon
choix. Il n'eut pas le loifir d'en faire un
long ufage. La prochaine arrivée du
Prince de Georgie l'obligea de précipiter
fon départ. Sehry elle-même ne crut
pas devoir s'y oppofer. Mais , en partant
, il la fupplia d'accepter une autre
production de fon art , un tableau dont
elle pourroit voir un jour la répétition
B ij
28 MERCURE DE FRANCE.
au naturel. A ces mots , la fauffe Italienne
préfente à la Princeffe un paquet
bien enveloppé , bien cacheté , & s'éloige
en diligence.
Sohry foupçonne que c'eft quelque
autre Portrait , non moins anonyme
que le premier , dont l'Etrangère vient
de lui faire préfent. Elle rompt l'enveloppe
& voit un tableau compofé de
deux figures. Mais quelle eft fa furpriſe
de reconnoître dans l'une fa propre image
, & dans l'autre celle du Portrait
dont on vient de parler ! Cette derniere
figure étoit repréfentée aux pieds de
celle de Sohry & lui offroit un Sceptre.
Le Prince , d'ailleurs , étoit orné de tous
les attributs du Monarque , & même
du Conquérant. Mais c'étoit là tout ;
rien de plus ne fervoit à indiquer fon
nom. L'Agent d'Abbas s'étoit tenu fur
cette réſerve , ne fe croyant pas autorifé
à en dire plus , & craignant furtout
, d'en dire trop.
C'eſt Abbas ! difoit Sohry en ellemême
; plus d'une raifon me porte à
le préfumer. Mais hélas ! Si c'eft lui ,
que de raifons s'oppofent à fes vues ?
Ne s'expliquera-t-il point trop tard ? Me
fera-t-il jamais poffible de l'entendre ,
ou permis de l'écouter ?
AVRIL. 1763 . 29
Ces réfléxions fe renouvelloient fouvent
dans fon âme , & l'attriftoient
toujours. Cependant l'Eunuque arrive
à Ifpahan ; inftruit le Monarque de ce
qu'il a fait , & l'exhorte à venir luimême
achever un ouvrage fi heureuſement
commencé. Le Portrait de Sohry
étoit pour Abbas une exhortation encore
plus éfficace. Il lui parut fi beau
qu'il le foupçonna d'être un peu flatté.
Le Peintre cependant , lui proteſtoit
qu'en cette occafion , l'art étoit reſté
fort au-deffous de la nature , & cet aveu
ne partoit point d'une fauffe modeftie :
Sohry étoit auffi fupérieure à fon Portrait
, qu'il l'étoit lui-même à toutes
les Beautés dont le Sérail d'Abbas étoit
peuplé.
.
On ne tarda pas à voir paroître à
la Cour d'Imirette un envoyé du Sophy.
Cette ambaffade avoit un double objet
; de demander Sohry au nom d'Abbas
, ou de déclarer la guerre en cas
de refus. Lui-même regardoit ce refus
comme certain. Une haine ancienne ,
& par conféquent ridicule , & par conféquent
implacable , animoit les deux
nations , l'une contre l'autre . De fort
mauvais Politiques les entretenoient dans
ce préjugé ; & leurs Princes , qui fou-
Biij
30 MERCURE DE FRANCE.
vent ne l'approuvoient pas , n'ofoient
éffayer de le détruire .
C'eft , furtout , ce que ne vouloit
point tenter Difvald , frère de Sohry ,
& de plus ennemi perfonnel d'Abbas.
Réfolu de réjetter fa demande , il prend
avec le Prince de Georgie , fon futur
beau-fière , des mefures pour lui réfifter.
On éffaye en même tems de
faire prendre le change à l'Envoyé du
Sophy. On ne lui parle que de la
pré endue laideur de Sohry , & pour
mieux l'en convaincre , on fait paroître
à fes yeux cette four aînée , difforme
à tous égards , & qui n'a rien de commun
avec fa cadette , excepté le nom .
L'Agent d'Abbas étoit fort furpris qu'un
Roi pût fe réfoudre à 'raffembler une
armée pour tenter une pareille conquête.
La vraie Sohry , celle qui occafionnoit
tout ce trouble , en étoit la moins
inftruite . Elle continuoit à vivre &
à s'ennuyer dans la folitude. Le tableau
que lui avoit laiffé l'Eunuque ,
en la quittant , occupoit fouvent fes
regards . Seroit-il bien vrai , qu'Abbas
ne me crût pas auffi affreufe qu'on
le publie Elle fe le perfuadoit de fon
mieux , & à tout évenement cette idéo
AVRIL. 1763. 31
la confoloit . Survint tout-à- coup le
Prince de Georgie occupé lui même
d'un idée fort affligeante pour elle , &
qu'il croit propre à le raffurer. Il
venoit , dis- je , exiger de fa Fiancée
un facrifice qui paroîtra toujours exceffivement
dur à une belle perfonne
, & même à une laide : c'étoit d'écrire
de fa propre main au Roi de
Perfe , qu'elle n'a ni agrémens , ni
beauté. Une telle propofition fit frémir
la Princeffe . Elle trouva que c'étoit
abufer de fa docilité & porter
Pafcendant jufqu'à la tyrannie . Elle gardoit
un morne & froid filence. Taymuras
réitére fa demande , & eft furpris
d'avoir été contraint de le faire .
He quoi ! lui dit-elle enfin , avec beaucoup
d'emotion & de vivacité , ma
réputation de laideur n'eft - elle pas fuffifament
établie ? ne paffai- je pas pour
un modéle de difformité ? Le Roi de
Perfe , reprit-il avec chagrin , n'en paroît
pas bien convaincu. Il vous fait
demander par un Ambaſſadeur , &
il vient lui-même appuyer cette demande
à la tête de cent mille hommes.
Cette réponſe rendit la Princeffe une
feconde fois rêveufe. Le dépit fur fon-
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
vifage parut avoir fait place à d'autres
mouvemens & Taymuras crut même y
remarquer l'empreinte de la joie. Ce
fut une raifon de plus pour infifter
fur la démarche qu'il exigeoit. Eh que
produira ma lettre ? ajouta la Princeffe ;
détrompera- t-elle plutôt Abbas
que les
difcours de toute une Nation ? Une
ligne de votre main , repliqua Taymuras
, en fera plutôt crue que toutes les
bouches de l'Afie. Une femme qui déclare
qu'elle manque de beauté , ne doit
point trouver d'incrédules.
Sohry lui objecta encore que fa main
ne devoit pas être plus connue d'Abbas
que fa figure , qu'il ne pouvoit connoître.
Mais Taymuras lui apprit qu'une
lettre , qu'elle lui adreffoit dans certaine
occafion , étant tombée au pou
voir du Sophy , il connoiffoit & fon
écriture , & leurs engagemens réciproques.
A l'égard de vos charmes , pourfuivit
il , peut-être Abbas a -t- il fait fur
ce point certaines découvertes ; peutêtre
n'eft- ce qu'un foupçon , & c'eft ce
foupçon qu'il faut détruire .
C'étoit là au contraire , ce que Sohry
eût voulu confirmer. Il fallut , pour la
réduire , les ordres abfolus de la Reine
fa mère. Alors elle vit qu'il falloit céAVRIL.
17630
33
der . Hé bien , dit-elle à Taymuras , avec
un mouvement de dépit qu'elle ne put
contenir , voyons comment vous exigez
qu'on tourne cette lettre fingulière ?
Choififfez-en vous-même les expreffions;
je ne ferai qu'écrire fous votre dictée .
Volontiers , reprit Taymuras , & il
commença ainfi :
La Princeffe d'IMIRETTE , au Roi
DE PERSE.
à
ma J'apprends , Seigneur , que vous prétendez
m'arracher à mon pays ,
famille , au Prince qui doit être mon
époux. C'est à quoi vous ne parviendrez
jamais de mon aveu.
...
La Princeffe avoit écrit , fans interruption
, tout le commencement de
cette phrafe ; mais elle fe fit répéter la
fin jufqu'à trois fois . Taymuras pourfuivit
en ces termes :
Je dois même vous répéter ce que la
Renommée a dû vous apprendre ;
fuis peu digne de cet excès d'empreffement..
Ces derniers mots parurent encore
embarraffer Sohry. Eft -ce bien là ce
que vous avez voulu dire ? demandatelle
au Prince en rougiffant, Précifé-
B v
34 MERCURE DE FRANCE.
ment , reprit-il ; & il répéta les mêmes
expreffions aufquelles il ajouta celles
qui fuivent :
J'ai moins d'attraits que la moins
belle des femmes de cette contrée.....
Vous me trouvez donc bien affreuſe ?
interrompit- elle de nouveau .... Ah !
vous n'êtes que trop adorable , reprit
Taymuras. Mais voulez - vous paffer
pour telle dans l'efprit du Roi de Perfe ?
Ah ! s'il eft ainfi , quittez la plume &
montrez-vous ? Sohry , quoique d'une
main tremblante , écrivit donc encore
ce que le Prince venoit de lui dicter.
Elle s'en croyoit quitte ; mais il
ajouta :
C'eft cette entiere privation de char
mes qui m'oblige à fuir tous les regards
; je voudrois pouvoir me fuir
moi-même ·
Chacun de ces mots faifoit friffonner
la Princeffe. L'altération de fon
vifage marquoit celle de fon âme . La
plume lui échappa de la main . En vérité
, Seigneur , dit- elle , en fe levant
avec dépit , j'ignore quand vous tarirez
fur mes imperfections ! Eh , madame
reprit Taymuras , à peine ce porAVRIL.
1763. 35.
trait idéal fuffit pour me raffurer ! Hébien
, ajouta Sohry , toujours fur le
même ton , je vais vous aider à finir
le tableau . A ces mots , faififfant un
miroir elle éxamine fes traits en détails
; & regardant Taymuras d'un
air ironique & fier : commençons , pourfuivit-
elle › par ces yeux : fans doute
qu'il faut les peindre petits , ronds ,
caves , fans efprit , fans activité ? A
merveille ! reprit Taymuras.
4
SOHRY .
Cette bouche , des plus grandes ; ces
lévres , pâles & livides ?
TAYMURAS,
On ne peut mieux !
SOHRY .
Ces dents , noires & mal rangées →
Bon !
TAYMURAS.
SOHRY.
Ce teint , fans blancheur , fans coloris
, fans vivacité ?
TAY MURA S..
: Parfaitement bien !
SOHRY.
Enfin , toute cette phyfionomie,maf
fade & rebutante ?
B- vj
36 MERCURE DE FRANCE.
TAY MEURAS.
Oui ! voilà le Portrait qu'il convient
d'envoyer au Roi de Perfe.
<
Sohry écrivit , en effet , toutes ces
chofes ; mais non fans murmurer contre
celui qui l'obligeoit à les écrire. La
lettre part , eft remife au Sophy & le
jette dans la plus extrême furpriſe. Il
compare cette lettre avec celle qui auparavant
eft tombée entre fes mains.
L'écriture lui en paroît toute femblable.
C'eft , difoit - il , Sohry ellemême
qui s'accufe de laideur : puis - je
refufer de l'en croire ? Mais fi je l'en
crois , l'Eunuque à coup fur , n'eft qu'un
impofteur. Il ordonne qu'on le faffe venir
, & lui prefcrit impérieuſement d'accorder
, s'il le peut , les deux Portraits :
celui qu'il a fait de Sohry en peinture
& celui qu'elle fait d'elle -même par
écrit.
Chaque ligne que lifoit l'Eunuque
ajoutoit à fon étonnement. Il reconnoît
la main de la Princeffe , & ne recon- .
noît aucun de fes traits dans les détails
burleſques dont cette lettre eft remplie .
Ce n'eft pas tout ; arrivent à l'inſtant
même des dépêches de l'Envoyé du
Sophy , dépêches qui femblent confirmer
en tout point les détails de la let
AVRIL. 1763. 37
tre. L'Eunuque , hors de lui-même
tombe aux genoux d'Abbas. Je jure par
le Commentaire d'Aly , s'écrie le Renégat
Italien , que le portrait que j'ai remis
à votre Majefté eft encore bien inférieur
aux charmes de la Princeffe d'Imirette
, & que la peinture qu'elle fait
ici d'elle-même , n'eft que pour vous
faire prendre le change , comme on l'a
fait prendre à votre Miniftre.
Quoi ! s'écria le Sophy indign é , cette
femme me mépriferoit au point de vouloir
que je la cruffe laide ? Il y a peu
d'exemples d'un mépris porté jufques-là .
N'importe, c'est ce qu'il faut vérifier . En
effet , dès le jour même , il donna des
ordres pour faire marcher une armée
nombreuſe vers les frontièresd'Imirette ,
& peu de temps après , il marcha luimême
pour la commander. Il eut foin
de conduire l'Eunuque avec lui pour
deux raifons ; pour le mettre à même de
fe juftifier , ou pour le faire pendre s'il
ne fe juflifioit pas .
On fçut bientôt à la Cour d'Imirette
qu'il falloit ou fe battre , ou trouver au
Roi de Perfe , une Princeffe auffi belle
qu'il fe la figuroit . On s'en tint au premier
parti. Quant à celle dont la beauté
occafionnoit tant de mouvemens , elle
38 MERCURE DE FRANCE.
Qût volontiers approuvé le parti le plus
doux. Il eft rare qu'une femme fache
mauvais gré à tel amant que ce puiffe
être des efforts qu'il fait pour l'obtenir
, & Sohry étoit fort contente que
fa lettre n'eût point ralenti ceux d'Abbas.
qui
Les Rois d'Imirette & de Georgie
avoient réuni leurs forces . Ils s'étoient
retranchés , & attendoient Abbas , quit
ne fe fit pas long- temps attendre. Il les
attaqua fans héfiter. Le combat fut rude
& fanglant. Les deux Rois alliés s'y comporterent
, l'un en Souverain qui défend
fes Etats , l'autre en amant qui défend
fa maîtreffe . Mais les efforts d' Abbas ne
furent pas moins grands , & furent plus
heureux . Il remporta une victoire complette
, détruifit , ou diffipa l'armée ennemie
, & pourfuivit les deux' Chefsjufqu'à
la Ville où le frère de Sohry tenoit
fa Cour.
Inftruit par l'Eunuque Italien que
la Princeffe tenoit la fienne ailleurs
il y marcha fur le champ , tandis que
la meilleure partie de fes troupes bloquoit
la Capitale. Il arrive & apprend
qu'en effet Sohry habite ce fejour. On
conçoit fans peine l'excès de fon impatience
& de fa joie . Il ordonne qu'on
le conduife vers la Princeffe. Il eft obéis
AVRIL 1763 . 39
Mais que voit-il ? Un'objet auffi hideux
qu'il efpéroit le trouver féduifant ,
le vrai modéle du portrait exprimé dans
la lettre qu'il a reçue avant fon départ
; en un mot , la difforme Princeffe
qu'on a déja fait voir à fon Envoyé !
Certains rapports faits aux deux Rois
fur le féjour & le départ de la fauffe
étrangère , les avoit déterminés à ſubſtituerdans
cette même folitude l'aînée
à la cadette. Abbas fit quelques queftions
à fa prifonnière. Les réponfes qu'il
en reçut , augmenterent fon déplaifir.
Elles étoient parfaitement conformes à
la lettre qu'il fuppofoit avoir été écrite
par elle ; & il refte perfuadé que cette
Sohry fi fameufe par fa beauté, ne doit
l'être que par fa laideur. Je n'ai nuk
reproche à lui faire , difoit Abbas , elle
eft encore plus difforme qu'elle ne me
l'écrit. Pour toi , miférable , ajouta - t-il
en parlant à l'Eunuque , ce qui la juf
tifie te condamne : cette exceffive dif
formité eft l'arrêt de ta mort.
Grand Roi ! s'écria l'Eunuque , en
tombant de nouveau aux pieds . dur
Sophy , que votre Majefté me laiffe
éclaircir ce mystère. Il y en a un dans
tout ceci que je ne connois pas . J'ai
eu à peindre & j'ai peint la plus
40 MERCURE DE FRANCE.
belle perfonne du monde : ce n'eft
donc pas celle
que vous voyez. Mais
celle que j'ai peinte exifte , j'en réponds
fur ma tête , que vous ferez le maître.
de me faire enlever demain comme
aujourd'hui . De grâce retournez vers la
Capitale , hatez - en le fiége , la prife.
pourra mettre entre vos mains une capture
encore plus précieuse.
Zomrou eût pû en partie développer
cette énigme.Mais lui-même avoit laiffé.
pénétrer fes deffeins : il étoit gardé à
vue par ordre des deux Rois , depuis le
jour de l'arrivée du Miniftre d'Abbas .
Par cette raiſon , il n'avoit pas été plus
utile à cet Envoyé qu'il ne pouvoit l'être
alors au Sophy même. Abbas prit donc
une double réfolution . Ce fut de preffer
la Ville affiégée , & de faire battre
la campagne par des Emiffaires munis
du Portrait que l'Eunuque avoit tracé .
Le Prince leur ordonna de lui amener
toutes les femmes qui auroient quelque
reffemblance avec ce Portrait . L'Eunuque
ambitionnoit cette commiffion ;
mais Abbas ne lui permit pas de s'éloigner
de lui. Il vouloit s'en fervir à diftin-.
guer la Princeffe , au cas qu'elle fe trouvât
dans la Ville , ou pouvoir venger
fur lui fon chagrin , au cas qu'elle ne
fe trouvât nulle- part.
"
AVRIL. 1763. 41
Le Siége fut pouffé avec tant de vigueur
qu'en peu de jours la Ville n'avoit
plus guéres que la moitié de fes défenfes
& de fa garnifon . Mais le courage
des deux Rois étoit toujours le
même. Ils ne vouloient ni fe rendre
ni livrer la Princeffe qu'Abbas eût préferé
à toutes les Villes de leurs Etats.
Elle n'étoit point d'ailleurs dans la Capitale.
Sohry inconnue & déguisée
habitoit un afyle fi peu fait pour
elle
qu'il n'y avoit nulle apparence qu'on
dût l'y chercher. Là , elle gémiffoit fur
fes charmes qui caufoient l'oppreffion
de fa Patrie. Mais prèfque certaine
qu'Abbas eft celui dont elle adore en
fecret l'image , elle n'ofe le qualifier
d'oppreffeur. Elle fent même qu'il ne
tient qu'à ce léger éclairciffement pour
qu'il foit , à-peu- près , juftifié dans for
âme.
,
Cependant , le péril augmentoit fans
relâche pour la Capitale. D'un inſtant
à l'autre la Place pouvoit être forcée
pillée , faccagée . Le Roi Difvald , réfolu
à tout , excepté à voir fa Maîtreffe
& fa Mère expofées aux fuites qu'entraîne
le fac d'une Ville , prit le parti
de les faire échapper , l'une après l'autre
, par une voie qu'il croyoit füre,
42 MERCURE DE FRANCE .
Mais Abbas avoit pris des précautions
plus fùres encore . Peu d'inftans après
feur fortie on lui amena les deux fugiti
ves.
J'ai déja dit que la mère de Sohry ne
cédoit en beauté qu'à Sohry même.
Il y avoit , de plus , entre elles , cette
forte de reffemblance qui ne fuppofe
pas toujours une entiére égalité de charmes.
Par cette raifon le Portrait qu'avoit
tracél'Eunuque , Portrait bien inférieur
à l'original , reffembloit beaucoup
plus à la premiere qu'à la feconde.
Abbas au premier coup d'oeil s'y
méprit & crur tout l'emblême expliqué.
Les charmes de fa Captive firent même
tant d'impreffion fur lui , qu'il ne fongea
plus à faire d'autres recherches , & que
' Eunuque Peintre lui parut abfolument
juftifié . Mais celui - ci prétendit lui-même
ne l'être pas encore. Il affura fon Maître
que jamais cette Princeffe n'avoit fervi
de modéle au Portrait , en queſtion ,
& qu'à coup für ce modéle exiftoit..
S'il eft ainfi , Madame , reprit Abbas
, en s'adreffant à la mère de Sohry
vous voyez dès à préfent ce qui peut &
doit former votre rançon. Un objet qui
vous reffemble peut feul vous remplacer
auprès de moi. Vous régnerez , dang
AVRIL. 1763. 43
mon Sérail , ou bien la Princeffe votre
fille y occupera le rang qui vous eft
offert. Je ne puis renoncer à l'une que
pour obtenir l'autre.
>
Ce difcours fit frémir la belle prifonnière
. Elle conjura en vain le Sophy de
fe rappeller le voeu par lequel elle s'étoit
liée vou qui ne lui permettoit plus:
de difpofer d'elle- même . Un pareil motif
a bien peu de pouvoir fur l'âme d'un
Sectateur d'Aly. A peine Abbas parutil
y faire quelque attention : Il ne dépend
que de vous , Madame , reprit - il , &
de garder vos voeux , & de combler les
miens. Que l'aimable Sohry vienne jouir
d'un avantage que vous dédaignez , fau
te de le bien connoître . N'efpérez pas
du moins, que je cherche à étouffer l'a
mour le plus fincère & le plus ardent ,
lorfque vous paroîtrez n'écouter qu'une
haine injufte & de vains préjugés .
Abbas , qui n'avoit prèfque pas remarqué
Fatime ( c'eft le nom de la fille
de Zomrou ) l'envifagea lorfquelle commençoit
à murmurer , tout bas , de
cette inattention . Abbas. trouva l'amour
de Difvald parfaitement bien fondé.
Fatime avoit affez de charmes pour l'en--
flammer lui-même , fi elle n'eût pas eu
Sohry pour rivale. Il fongea cepen
44 MERCURE DE FRANCE
dant à faire craindre au Roi d'Imirette
que Sohry n'éffayât trop tard de l'emporter
fur Fatime.
Ce ftratagême lui réuffit. A peine
Difvald eut appris la captivité de fa
mère & de fa maîtreffe , qu'il fongea:
férieufement à les échanger pour fa
foeur. Ce fut dans ce moment là-même ,
que les Emiffaires d'Abbas lui amenerent
une jeune perfonne vêtue en Efclave
, & infiniment plus belle encore
que le portrait qu'il leur avoit confié.
On s'empreffe , on regarde , on admire.
C'eft Sohry ! s'écrie auffitôt l'Eunuque ;
c'eft ma fille ! s'écrie la Princeffe Douairiere
: c'eſt Abbas ! s'écrie en même
temps la prétendue Efclave , & elle s'évanouit.
Abbas , hors de lui - même , ébloui de
tant d'attraits , & ne fachant comment
interpréter cette défaillance & cette exclamation
fubites , ordonne qué les
fecours foient prodigués à la Princeffe.
Lui-même eft le plus ardent à la fecourir.
Au milieu de quelques agitations
inévitables, une boete cachée dans
ſes habits d'eſclave s'échappe & tombe.
Abbas croit la reconnoître , s'en faifit ,
l'ouvre & y trouve fon portrait. A
cette vue , toute fa fierté afiatique difAVRIL.
1763. 45
paroît ; il tombe aux genoux de la fauffe
efclave. Adorable Sohry , s'écria- t- il !
quoi même en fuyant ma perfonne ,
vous fuyiez avec mon image ! Il eſt
donc vrai que vous ne m'évitiez que
par contrainte ? Ah, ceffez de gêner vos
fentimens & daignez - en recueillir les
fruits à peine les croirai - je affez
payés de toute ma tendreffe & de
toute ma puiffance.
Sohry , en ce moment , ouvre les
yeux. Quelle eft fa furprife ! elle voit
fe réalifer la tableau que l'Eunuque
lui a laiffé en la quittant ; elle voit
en perfonne le fuperbe Abbas dans
l'attitude où elle l'a vû tant de fois en
peinture ; elle le voit à fes pieds ! Un
mouvement de joie qu'elle cherche à
cacher une forte de confufion modefte
ajoutent encore à fa beauté.
Survient à l'inftant la Reine fa mère ,
& fa confufion augmente. Mais un
Envoyé du Roi d'Imirette vint mettre
fin à leur embarras réciproque . Il venoit
propofer pour l'échange des deux
premieres captives , celle que le hazard
avoit déja mis au pouvoir du Sophy.
Ce qui n'empêcha pas que l'échange
ne fut accepté , la paix faite , & ce qui
46 MERCURE DE FRANCE .
dit encore infiniment plus , toute femence
de guerre éteinte .
Abbas reffentoit fon bonheur , au
point de vouloir que tous les autres
fuffent heureux . Il acerut les Etats du
Roi d'Imirette , qui époufa Fatime ; il
fit époufer fa propre foeur au Princ eà
qui il enlevoit Sohry : il partagea avec
cette dernière toute fa puiffance &
la laiffa régner fans partage fur fon
âme. L'Eunuque mit fin à fes voyages ;
& Sohry en fixant le coeur de fon Epoux,
afura aux Princes voifins leur repos ,
leurs femmes & leurs Etats .
Par M. DE LA DIXMERIE .
NOUVELLE PERS ANNE.
ABBAS , Roi de Perfe , fut , comme
tant d'autres Potentats , furnommé le
Grand, pour avoir fait de grands maux
à fes Voifins. Il aimoit paffionnément
les femmes & la guerre . Il la faiſoit
autant pour peupler fon Sérail que pour
accroître fes Etats . Tout Roi dont la
femme étoit belle & le Royaume voifin
de celui de Perfe , devoit alors fonger
à défendre l'une & l'autre. Du refte ,
Abbas étoit auffi prompt à fe refroidir
qu'à s'enflammer , & en amour comme
en guerre , une conquête achevée lui
en faifoit bientôt defirer une nouvelle .
Il y avoit alors dans le Pays d'Imirete
, ( c'eft l'ancienne Albanie ) une
Nota. Le fonds de ce Conte eft vrai , & tiré
des Voyages de Chardin . Sohry eſt auffi connue ,
auffi célébre en Perfe, que la belle Agnès l'eft en
France.
AVRIL. 1763. IS
jeune Princeffe , nommée Sohry , &
foeur du Souverain de cette Contrée. ,
Sohry étoit plus belle qu'on ne le peut
décrire , même en ftyle oriental . C'eſt
elle que les Poëtes Perfans ont depuis
chantée à l'envi. Mais l'hyperbole , qui.
leur eft fi familière , fe trouva dans ,
cette rencontre au - deffous de la réalité.
Il fut , pour cette feule fois , hors de,
leur pouvoir d'outrer un Sujet.
L'admirable Sohry vivoit fous la tutelle
d'une mere qui l'égaloit prèfque .
en beauté , & ne la furpaffoit que de
trois luftres en âge : c'eft-à -dire qu'elle
n'avoit guéres que trente ans. Cette
Princeffe après avoir été Reine s'étoit
faite Religieufe ; état qui dans cette
contrée n'oblige point à s'enfermer dans .
un Cloître. On refte dans fa maiſon ,
& l'on eft libre d'en fortir fans que pour
cela aucun des voeux reçoive , ou foit.
censé avoir reçu nulle atteinte.
Sohry , que nul voeu pareil n'enchaînoit
, gardoit cependant une folitude
plus rigoureufe. Elle habitoit & ne quittoit
point certain Château inacceffible à
tout étranger. J'en excepte le Prince de
Georgie à qui , felon l'ufage de ces
lieux , la Princeffe étoit fiancée depuis
l'âge de cinq ans. Déja même il auroit
16 MERCURE DE FRANCE.
dû être fon époux , fi une guerre fanglante
qui l'occupoit , & la connoiffance
qu'il avoit du caractère d'Abbas , n'euffent
retardé le moment de cette union.
A cela près , les charmes de Sohry n'étoient
guères connus que de fa mère
du Roi fon frère & des femmes qui la
fervoient. Ces femmes , à l'exception
d'une feule , ignoroient même fa qualité.
Tant de précautions avoient pourbut
de dérober cette jeune merveille
aux pourfuites du Roi de Perfe , qui
avoit l'ambition de ne peupler fon Sérail
que de Princeffes. On eut même
recours à un autre moyen , beaucoup
plus infupportable pour cette captive
que la folitude la plus trifte. Ce fut de
publier que fon extrême laideur obligeoit
de la fouftraire à tous les regards.
Ce bruit trouva peu d'incrédules.
On fe fouvint qu'il avoit déja fallu en
ufer ainfi à l'égard d'une foeur aînée de
la Princeffe ; objet réellement auffi difforme
que Sohry étoit féduifante . On
avoit même depuis publié la mort de
cette première captive , qui néanmoins
éxiftoit toujours. La raifon de ce procédé
, c'eft que chez cette nation , la
laideur eſt un opprobre , & qu'elle n'eft
pas moins rare dans ces heureuſes conAVRIL.
1763. 17
#
trées , que l'extrême beauté dans quel
ques autres.
Quant à Sohry , elle ne fe conſoloit
point de l'injure qu'on faifoit à fes charmes.
Elle ignoroit que quelqu'un fongeât
aux moyens de détromper , à cet
égard , & le Public ; & furtout le Roi
de Perfe . C'étoit Zomrou , ancien Miniftre
du feu Roi d'Imirette , & qui d'abord
avoit efpéré de devenir beau - père
du Roi regnant. Las d'efpérer en vain
il pria ce Prince d'époufer fa fille , ou
de ne point vivre avec elle comme s'il
l'eût époufée. Difvald , c'eft le nom du
Roi , répondit en Souverain abfolu
& Zomrou fe retira en Sujet mécon-,
tent.
>
Il crut , toutefois , de voir encore diffimuler
; mais au fond il ne refpiroit
que vengeance , & choifit Abbas pour
fon vengeur. Il fongea à tirer parti du
caractère de ce Prince. La faveur où il
s'étoit maintenu jufqu'alors à la Cour
d'Imirette , l'avoit mis à portée de s'inftruire
de ce qui étoit un mystère pour
tout autre Particulier ; il fçavoit que la
laideur de Sohry n'étoit que fuppofée ,
& il fçavoit de plus le motif de cette
fuppofition . Il fait part at Sophi de toutes
fes découvertes , s'efforce d'exagérer
f
18. MERCURE DE FRANCE .
C
les charmes de Sohry , & trace un por-,
trait bien inférieur encore à fon mo-"
déle. En un mot , il n'épargne rien pour
irriter Abbas contre le frère , & l'enflam-.
mer vivement pour la foeur.:
Ce moyen bifarre a tout le fuccès
qu'il pouvoit avoir Abbas comptoit
parmi fes Eunuques , un Italien qui pour
entrer au Sérail n'avoit pas eu befoin
de changer d'état. C'étoit un de ces
Etres anéantis dès leur naiffance , & à
qui , pour tout dédommagement , l'art
procure un fauffet plus ou moins aigre .
Ce Chantre involontaire avoit dès- lors ;
fçu joindre la Peinture à la Mufique.
Il alloit tour-à-tour du lutrin au chevalet
; il paffoit d'une dévote Ariette au
Portrait d'une Beauté galante . Mais il
trouva que ces travaux réunis ne rapprochoient
point de lui la fortune. II
réfolut de la chercher dans d'autres climats
. Ses voyages , le hafard , ou fa deftinée
, le conduifirent jufqu'à Ifpahan .,
Là , fa qualité d'Eunuque lui procure.
l'avantage de s'attacher au Roi de Perfe ,.
& le caractère de ce Prince lui fournit .
bientôt l'occafion de déployer tous festalens.
Déjà plus d'une fois ce nouveau confident
lui avoit fait connoître les plus .
}
AVRIL. 1763. 19.
belles Princeffes des pays voifins , fans,
que pour cela Abbas eût été obligé de
quitter fa Cour. Il fut queftion d'ufer
d'un ftratagême à -peu-près femblable.
auprès de la Princeffe d'Imirette . Voilà
l'Eunuque encore une fois déguifé en
femme , & conduit en diligence jufqu'à
la Capitale de cette contrée. Il y voit
Zomrou , & en tire certains éclairciffemens
indifpenfables . Quant au furplus
, Abbas l'avoit mis à portée de
furmonter bien des obftacles , ou ce
qui revient au même , l'avoit mis en
état de prodiguer l'or. Il le prodigua &
féduifit tous ceux dont il crut avoir be--
foin. Mais nul d'entr'eux ne pénétra fes
vues . Il fe garda bien , furtout , de nommer
la Princeffe à ceux qui avoifinoient
fa demeure , inftruit d'avance , que ni
eux , ni même la plupart des femmes.
qui la fervoient , ne la connoiffoient
fous ce titre. Au furplus , il apprit que
la jeune Solitaire paroiffoit affez fouvent
à certaine fenêtre , donnant fur une plaine,
vafte & riante. Il fut charmé de la découverte
, fe rendit au lieu indiqué ,
& trouva , de plus , un petit bofquet
propre à favorifer fon deffein. Il étoit,
peu diftant de la fenêtre dont il vient
d'être parlé. L'Eunuque toujours dé20
MERCURE DE FRANCE.
guifé y entra , s'y plaça de maniere à
n'être vu qu'autant qu'il le voudroit
& attendit que la Princeffe daignât ellemême
fe laiffer voir.
1
Elle n'avoit fur ce point aucune répugnance
; chofe affez croyable dans
une jeune Beauté. Souvent même en
contemplant fes charmes dans une glace
, elle gémiffoit de les contempler feule
. Les jardins où elle ne trouvoit pour
toute compagnie que des fleurs , des
ftatues & des femmes , lui devenoient
infipides. Elle n'y jetroit les yeux , ou
ne les parcouroit que par défoeuvrement.
L'Eunuque fans quitter fon embufcade
, fongeoit aux moyens de l'attirer
du côté de la plaine. Il y réuffit avec
le fecours de quelques ariettes Italiennes
, qu'il fe mit à chanter de fon mieux ,
& fort bien. A peine fes accens eurent
frappé l'oreille de la Princeffe , qu'elle
accourut vers fa fenêtre favorite . Ellemême
étoit fort empreffée de voir la
Cantatrice étrangère , car elle jugea, quoiqu'à
regret , que cette voix ne pouvoit
être que celle d'une femme . De fon côté,
l'Eunuque fe tenoit à l'entrée du bofquet,
& là fans être vu trop à découvert ,
& fans difcontinuer de chanter, il tira fes
crayons & déſſina la Princeffe , qui enAVRIL.
1763.
21
chantée de fa voix , ne fongeoit ni à
l'interrompre , ni à difparoître. Déjà
même l'efquiffe du Portrait étoit achevée
, & l'Eunuque chantoit encore
étoit encore écouté . Il crut en avoir
affez fait pour le moment , renferma fes
crayons , & mit fin aux ariettes . Alors
la Princeffe donna ordre que la prétendue
Chanteufe lui fût amenée. C'étoit
ce que demandoit l'Agent travefti.
Il eft introduit auprès d'elle , gracieufement
accueilli , loué fur fa voix ; &
obligé de répondre à une foule de queftions.
?
Il les avoit prévues en partie , & ne
fut embaraffé par aucunes. Sohry lui
demanda entre autres chofes , fi les
Princeffes de fon Pays étoient belles
& les Princes fort galans ? Madame , répondit
la fauffe Italienne , aucune de ces
Princeffes ne vous égale en beauté ,
& tous les Princes de la terre deviendroient
galans , deviendroient paffionnés
, s'ils avoient le bonheur de vous
voir un feul inftant, Sohry ne répondit
rien à ce difcours , mais elle foupira ,
L'Eunuque étoit trop habile pour ne pas
entrevoir la caufe de ce foupir. Etre la
plus belle perfonne de l'Orient & paffer
pour la plus laide , n'avoir que dix22
MERCURE DE FRANCE.
huit ans & pas l'ombre de liberté ; ne
compter qu'un adorateur , qu'on ne voit
que rarement , qu'on n'aime que fort
peu , & ne pouvoir efpérer qu'un autre
le remplace : à coup fùr on foupireroit
, on gémiroit à moins ; & Sohry ,
en effet , ne ſe bornoit pas toujours à
foupirer.
Elle propofe à la fauffe Cantatrice de
s'arrêter quelque temps auprès d'elle .
C'étoit ce que l'Eunuque defiroit le plus ;
cependant il diffimula , oppofa quelques
obftacles faciles à lever , & fe conduifit
avec tant d'art qu'il augmenta l'empreffement
de Sohry , & diffipa tous
les foupçons de fes furveillantes. Il céda ,
enfin , & parut n'avoir fait que céder.
Son emploi confifta d'abord à chanter
auprès de la Princeffe , & à lui donner
quelques leçons de Mufique. Elle joignoit
à fes autres perfections , une voix
auffi propre à charmer l'oreille , que
fes
traits l'étoient à charmer les yeux. L'Eunuque
avoit foin de lui chanter les airs
les plus tendres , & c'étoit toujours
ceux qu'elle apprenoit le plus aifément.
Elle vouloit auffi qu'il lui expli
quât les paroles fur lefquelles ces avis
avoient été compofés . Mais le Traducteur
avoit prèfque toujours foin de leur
AVRIL. 1763: 23
donner un fens relatif à la fituation où
fe trouvoit fa charmante éléve , & aux
fentimens qu'il vouloit faire naître en
fon âme. Delà nouveaux foupirs , nouvelles
rêveries , nouvelles queftions. Il
crut l'inftant favorable pour hafarder
'une épreuve d'une autre genre. Ce fut
de placer le Portrait d'Abbas fous les
yeux de la Princeffe d'Imirette .
,
Sohry lui parloit fouvent & de l'ennui
attaché à une folitude perpétuelle ,
& de la difficulté de vaincre cet ennui.
Je ne vois qu'un moyen de l'éviter , &
c'eft à vous que j'en fuis redevable .
Mais on ne peut ni toujours entendre
chanter , ni toujours chanter foi -même.
Il eft , reprit vivement l'Italien d'autres
talens auffi récréatifs que celui - là ,
auffi faciles à acquérir . Si la Mufique
vous fait imiter & furpaffer le chant des
oifeaux de vos bofquets , la Peinture
par exemple , vous apprendroit à imiter
les oifeaux mêmes , & bien d'autres
objets plus intéreffans que des oifeaux.
Eh quoi ? reprit encore plus vivement
Sohry , auriez-vous auffi le talent dont
vous parlez ? Feu mon époux , repliqua
l'intrépide Italien , le poffédoit au plus
haut degré ; je conferve même le Portrait
d'un Prince de Perfe qu'il peignit
24 MERCURE DE FRANCE .
durant le féjour qu'il fit à Ifpahan .
A peine eut-il prononcé ces mots ,
que la Princeffe voulut voir le Portrait,
& à peine l'a -t-il mis en évidence
qu'elle s'en faifit , le fixe avec attention
, paroît s'émouvoir , loue avec exclamation
l'art du Peintre , & admire
encore plus , mais fans en rien dire , les
traits qu'il a imités . Elle s'informe cependant
qui on a voulu repréfenter dans
cette peinture , & file Peintre n'a point
flatté fon modéle ? Je fçais que fon
grand talent fut d'imiter la reffemblance
, reprit l'Eunuque ; mais j'ignore à
qui ce Portrait reffemble. Une mort
fubite empêcha mon époux de m'en
inftruire à fon retour au Caire où il
m'avoit laiffée. Quelqu'un , à qui la
Cour de Perfe eft connue , m'a dit reconnoître
ici les traits du grand Abbas
C'eft ce que je n'ai pu vérifier , & ce
que fans doute je ne vérifierai jamais .
L'Agent d'Abbas n'avoit pas cru devoir
paroître mieux inftruit de peur de
fe rendre fufpect . Il fçavoit d'ailleurs
que cette incertitude ne ferviroit qu'à
irriter l'impatience de la Princeffe , &
que cette impatience une fois fatisfaite
, la conduiroit à un fentiment plus
vif en core. Il ne fe trompoit pas. Sohry
tomba
AVRIL. 1763. 25
tomba dans une rêverie mélancolique
& profonde. Le Portrait qu'elle avoit
en fon pouvoir l'intéreffoit vivement.
Quelle impreffion ne feroit donc pas
fur elle l'objet qui y eft repréſenté ?
Quel dommage fi ce Prince n'exiftoit
plus ! & s'il exiftoit encore , quel plus
grand dommage d'ignorer qui il eſt ,
d'en être ignorée foi-même ? Toutes ces
penfées agitoient fucceffivement la Princeffe
captive. L'Eunuque l'examinỏit &
la devinoit . Elle lui fit une nouvelle
queftion. Cet Art , lui dit-elle , que
votre époux poffédoit fi bien , vous eftil
donc abfolument inconnu ? C'étoit
encore où l'adroit Emiffaire l'attendoit.
Il répondit que , fans y exceller , il s'y
étoit fouvent éffayé avec fuccès. Vous
pourriez donc , reprit la Princeffe , imiter
la figure de ce petit chien ? Vous en
jugerez , repliqua l'Eunuque , en préparant
fes crayons. A l'inftant même il
deflina cet animal , & le jour fuivant ,
il fit voir à Sohry le tableau déja fort
avancé. C'est dommage , lui dit- elle ,
de n'employer vos talens qu'à peindre
des animaux. J'ai une Efclave qui m'amufe
par fes folies , autant qu'une femme
peut en amufer une autre : fa figure
a quelque chofe d'original , & je vou-
I. Vol. B
26 MERCURE DE FRANCE.
drois par votre fecours en conferver la
copie. Volontiers , dit encore l'Eunuque
, à qui cette gradation parut devoir .
être bientôt fuivie d'une plus éffentielle .
Déja il demandoit
à Sohry la permiffion
de faire venir cette Efclave ... Attendez,
ajouta de nouveau la Princeffe ; tout ceci
eft , & doit être un mystère entre nous,
& l'Efclave la plus zélée peut devenir
indifcrette
. Ne pourriez-vous pas , pourfuivit-
elle en rougiffant
un peu, exercer
vos talens fur un autre objet ? Par
exemple , me peindre moi-même au lieu
d'elle Madame , repliqua l'Eunuque
tranfporté de joie , mais toujours habile
à diffimuler , je doute que tout l'effort
de l'Art puiffe aller jufques-là : mais
j'exquifferai de mon mieux ces traits.
que la Nature elle-même auroit peine
à reproduire une feconde fois .
•
Sohry lui demanda enfuite quelle
attitude lui fembloit la plus avantageufe
. Celle , répondit-il , qui vous eſt la
plus ordinaire . Il n'eft pas plus en votre
pouvoir d'être fans grâce que fane
beauté.
L'Eunuque alors commença librement
ce Portrait qui étoit l'objet principal
de fa miffion , & qu'il avoit cru
auparavant ne pouvoir éxécuter qu'à
AVRIL. 1763. 27
>
la dérobée . Le zéle qu'il avoit pour fon
Maître & les facilités que lui donnoit
la Princeffe , firent qu'il fe furpaffa
lui- même dans cette nouvelle occafion
. Il parut avoir peint la plus belle
Perfonne du monde , & n'égala pas
encore fon modéle . Cependant , chofe
affez rare , il fatisfit la Beauté qu'il avoit
peinte. Il fe propofoit de tirer une copie
éxacte de ce Portrait : la Princeffe
lui en épargna la peine . Elle lui permit
d'emporter l'Original dans fa Patrie.
Qu'il ferve , ajouta -t -elle , à m'y faire
mieux connoître que dans la mienne où
je dois toujours vivre ignorée. Elle prononça
ces mots d'une voix tremblante
fes yeux devinrent humides C'en fut
affez pour déterminer l'Eunuque à s'expliquer
un peu plus qu'il n'avoit fait jufqu'alors
; mais , cependant , toujours
par emblême ; forte de langage que fon
art le mettoit à même d'employer à fon
choix. Il n'eut pas le loifir d'en faire un
long ufage. La prochaine arrivée du
Prince de Georgie l'obligea de précipiter
fon départ. Sehry elle-même ne crut
pas devoir s'y oppofer. Mais , en partant
, il la fupplia d'accepter une autre
production de fon art , un tableau dont
elle pourroit voir un jour la répétition
B ij
28 MERCURE DE FRANCE.
au naturel. A ces mots , la fauffe Italienne
préfente à la Princeffe un paquet
bien enveloppé , bien cacheté , & s'éloige
en diligence.
Sohry foupçonne que c'eft quelque
autre Portrait , non moins anonyme
que le premier , dont l'Etrangère vient
de lui faire préfent. Elle rompt l'enveloppe
& voit un tableau compofé de
deux figures. Mais quelle eft fa furpriſe
de reconnoître dans l'une fa propre image
, & dans l'autre celle du Portrait
dont on vient de parler ! Cette derniere
figure étoit repréfentée aux pieds de
celle de Sohry & lui offroit un Sceptre.
Le Prince , d'ailleurs , étoit orné de tous
les attributs du Monarque , & même
du Conquérant. Mais c'étoit là tout ;
rien de plus ne fervoit à indiquer fon
nom. L'Agent d'Abbas s'étoit tenu fur
cette réſerve , ne fe croyant pas autorifé
à en dire plus , & craignant furtout
, d'en dire trop.
C'eſt Abbas ! difoit Sohry en ellemême
; plus d'une raifon me porte à
le préfumer. Mais hélas ! Si c'eft lui ,
que de raifons s'oppofent à fes vues ?
Ne s'expliquera-t-il point trop tard ? Me
fera-t-il jamais poffible de l'entendre ,
ou permis de l'écouter ?
AVRIL. 1763 . 29
Ces réfléxions fe renouvelloient fouvent
dans fon âme , & l'attriftoient
toujours. Cependant l'Eunuque arrive
à Ifpahan ; inftruit le Monarque de ce
qu'il a fait , & l'exhorte à venir luimême
achever un ouvrage fi heureuſement
commencé. Le Portrait de Sohry
étoit pour Abbas une exhortation encore
plus éfficace. Il lui parut fi beau
qu'il le foupçonna d'être un peu flatté.
Le Peintre cependant , lui proteſtoit
qu'en cette occafion , l'art étoit reſté
fort au-deffous de la nature , & cet aveu
ne partoit point d'une fauffe modeftie :
Sohry étoit auffi fupérieure à fon Portrait
, qu'il l'étoit lui-même à toutes
les Beautés dont le Sérail d'Abbas étoit
peuplé.
.
On ne tarda pas à voir paroître à
la Cour d'Imirette un envoyé du Sophy.
Cette ambaffade avoit un double objet
; de demander Sohry au nom d'Abbas
, ou de déclarer la guerre en cas
de refus. Lui-même regardoit ce refus
comme certain. Une haine ancienne ,
& par conféquent ridicule , & par conféquent
implacable , animoit les deux
nations , l'une contre l'autre . De fort
mauvais Politiques les entretenoient dans
ce préjugé ; & leurs Princes , qui fou-
Biij
30 MERCURE DE FRANCE.
vent ne l'approuvoient pas , n'ofoient
éffayer de le détruire .
C'eft , furtout , ce que ne vouloit
point tenter Difvald , frère de Sohry ,
& de plus ennemi perfonnel d'Abbas.
Réfolu de réjetter fa demande , il prend
avec le Prince de Georgie , fon futur
beau-fière , des mefures pour lui réfifter.
On éffaye en même tems de
faire prendre le change à l'Envoyé du
Sophy. On ne lui parle que de la
pré endue laideur de Sohry , & pour
mieux l'en convaincre , on fait paroître
à fes yeux cette four aînée , difforme
à tous égards , & qui n'a rien de commun
avec fa cadette , excepté le nom .
L'Agent d'Abbas étoit fort furpris qu'un
Roi pût fe réfoudre à 'raffembler une
armée pour tenter une pareille conquête.
La vraie Sohry , celle qui occafionnoit
tout ce trouble , en étoit la moins
inftruite . Elle continuoit à vivre &
à s'ennuyer dans la folitude. Le tableau
que lui avoit laiffé l'Eunuque ,
en la quittant , occupoit fouvent fes
regards . Seroit-il bien vrai , qu'Abbas
ne me crût pas auffi affreufe qu'on
le publie Elle fe le perfuadoit de fon
mieux , & à tout évenement cette idéo
AVRIL. 1763. 31
la confoloit . Survint tout-à- coup le
Prince de Georgie occupé lui même
d'un idée fort affligeante pour elle , &
qu'il croit propre à le raffurer. Il
venoit , dis- je , exiger de fa Fiancée
un facrifice qui paroîtra toujours exceffivement
dur à une belle perfonne
, & même à une laide : c'étoit d'écrire
de fa propre main au Roi de
Perfe , qu'elle n'a ni agrémens , ni
beauté. Une telle propofition fit frémir
la Princeffe . Elle trouva que c'étoit
abufer de fa docilité & porter
Pafcendant jufqu'à la tyrannie . Elle gardoit
un morne & froid filence. Taymuras
réitére fa demande , & eft furpris
d'avoir été contraint de le faire .
He quoi ! lui dit-elle enfin , avec beaucoup
d'emotion & de vivacité , ma
réputation de laideur n'eft - elle pas fuffifament
établie ? ne paffai- je pas pour
un modéle de difformité ? Le Roi de
Perfe , reprit-il avec chagrin , n'en paroît
pas bien convaincu. Il vous fait
demander par un Ambaſſadeur , &
il vient lui-même appuyer cette demande
à la tête de cent mille hommes.
Cette réponſe rendit la Princeffe une
feconde fois rêveufe. Le dépit fur fon-
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
vifage parut avoir fait place à d'autres
mouvemens & Taymuras crut même y
remarquer l'empreinte de la joie. Ce
fut une raifon de plus pour infifter
fur la démarche qu'il exigeoit. Eh que
produira ma lettre ? ajouta la Princeffe ;
détrompera- t-elle plutôt Abbas
que les
difcours de toute une Nation ? Une
ligne de votre main , repliqua Taymuras
, en fera plutôt crue que toutes les
bouches de l'Afie. Une femme qui déclare
qu'elle manque de beauté , ne doit
point trouver d'incrédules.
Sohry lui objecta encore que fa main
ne devoit pas être plus connue d'Abbas
que fa figure , qu'il ne pouvoit connoître.
Mais Taymuras lui apprit qu'une
lettre , qu'elle lui adreffoit dans certaine
occafion , étant tombée au pou
voir du Sophy , il connoiffoit & fon
écriture , & leurs engagemens réciproques.
A l'égard de vos charmes , pourfuivit
il , peut-être Abbas a -t- il fait fur
ce point certaines découvertes ; peutêtre
n'eft- ce qu'un foupçon , & c'eft ce
foupçon qu'il faut détruire .
C'étoit là au contraire , ce que Sohry
eût voulu confirmer. Il fallut , pour la
réduire , les ordres abfolus de la Reine
fa mère. Alors elle vit qu'il falloit céAVRIL.
17630
33
der . Hé bien , dit-elle à Taymuras , avec
un mouvement de dépit qu'elle ne put
contenir , voyons comment vous exigez
qu'on tourne cette lettre fingulière ?
Choififfez-en vous-même les expreffions;
je ne ferai qu'écrire fous votre dictée .
Volontiers , reprit Taymuras , & il
commença ainfi :
La Princeffe d'IMIRETTE , au Roi
DE PERSE.
à
ma J'apprends , Seigneur , que vous prétendez
m'arracher à mon pays ,
famille , au Prince qui doit être mon
époux. C'est à quoi vous ne parviendrez
jamais de mon aveu.
...
La Princeffe avoit écrit , fans interruption
, tout le commencement de
cette phrafe ; mais elle fe fit répéter la
fin jufqu'à trois fois . Taymuras pourfuivit
en ces termes :
Je dois même vous répéter ce que la
Renommée a dû vous apprendre ;
fuis peu digne de cet excès d'empreffement..
Ces derniers mots parurent encore
embarraffer Sohry. Eft -ce bien là ce
que vous avez voulu dire ? demandatelle
au Prince en rougiffant, Précifé-
B v
34 MERCURE DE FRANCE.
ment , reprit-il ; & il répéta les mêmes
expreffions aufquelles il ajouta celles
qui fuivent :
J'ai moins d'attraits que la moins
belle des femmes de cette contrée.....
Vous me trouvez donc bien affreuſe ?
interrompit- elle de nouveau .... Ah !
vous n'êtes que trop adorable , reprit
Taymuras. Mais voulez - vous paffer
pour telle dans l'efprit du Roi de Perfe ?
Ah ! s'il eft ainfi , quittez la plume &
montrez-vous ? Sohry , quoique d'une
main tremblante , écrivit donc encore
ce que le Prince venoit de lui dicter.
Elle s'en croyoit quitte ; mais il
ajouta :
C'eft cette entiere privation de char
mes qui m'oblige à fuir tous les regards
; je voudrois pouvoir me fuir
moi-même ·
Chacun de ces mots faifoit friffonner
la Princeffe. L'altération de fon
vifage marquoit celle de fon âme . La
plume lui échappa de la main . En vérité
, Seigneur , dit- elle , en fe levant
avec dépit , j'ignore quand vous tarirez
fur mes imperfections ! Eh , madame
reprit Taymuras , à peine ce porAVRIL.
1763. 35.
trait idéal fuffit pour me raffurer ! Hébien
, ajouta Sohry , toujours fur le
même ton , je vais vous aider à finir
le tableau . A ces mots , faififfant un
miroir elle éxamine fes traits en détails
; & regardant Taymuras d'un
air ironique & fier : commençons , pourfuivit-
elle › par ces yeux : fans doute
qu'il faut les peindre petits , ronds ,
caves , fans efprit , fans activité ? A
merveille ! reprit Taymuras.
4
SOHRY .
Cette bouche , des plus grandes ; ces
lévres , pâles & livides ?
TAYMURAS,
On ne peut mieux !
SOHRY .
Ces dents , noires & mal rangées →
Bon !
TAYMURAS.
SOHRY.
Ce teint , fans blancheur , fans coloris
, fans vivacité ?
TAY MURA S..
: Parfaitement bien !
SOHRY.
Enfin , toute cette phyfionomie,maf
fade & rebutante ?
B- vj
36 MERCURE DE FRANCE.
TAY MEURAS.
Oui ! voilà le Portrait qu'il convient
d'envoyer au Roi de Perfe.
<
Sohry écrivit , en effet , toutes ces
chofes ; mais non fans murmurer contre
celui qui l'obligeoit à les écrire. La
lettre part , eft remife au Sophy & le
jette dans la plus extrême furpriſe. Il
compare cette lettre avec celle qui auparavant
eft tombée entre fes mains.
L'écriture lui en paroît toute femblable.
C'eft , difoit - il , Sohry ellemême
qui s'accufe de laideur : puis - je
refufer de l'en croire ? Mais fi je l'en
crois , l'Eunuque à coup fur , n'eft qu'un
impofteur. Il ordonne qu'on le faffe venir
, & lui prefcrit impérieuſement d'accorder
, s'il le peut , les deux Portraits :
celui qu'il a fait de Sohry en peinture
& celui qu'elle fait d'elle -même par
écrit.
Chaque ligne que lifoit l'Eunuque
ajoutoit à fon étonnement. Il reconnoît
la main de la Princeffe , & ne recon- .
noît aucun de fes traits dans les détails
burleſques dont cette lettre eft remplie .
Ce n'eft pas tout ; arrivent à l'inſtant
même des dépêches de l'Envoyé du
Sophy , dépêches qui femblent confirmer
en tout point les détails de la let
AVRIL. 1763. 37
tre. L'Eunuque , hors de lui-même
tombe aux genoux d'Abbas. Je jure par
le Commentaire d'Aly , s'écrie le Renégat
Italien , que le portrait que j'ai remis
à votre Majefté eft encore bien inférieur
aux charmes de la Princeffe d'Imirette
, & que la peinture qu'elle fait
ici d'elle-même , n'eft que pour vous
faire prendre le change , comme on l'a
fait prendre à votre Miniftre.
Quoi ! s'écria le Sophy indign é , cette
femme me mépriferoit au point de vouloir
que je la cruffe laide ? Il y a peu
d'exemples d'un mépris porté jufques-là .
N'importe, c'est ce qu'il faut vérifier . En
effet , dès le jour même , il donna des
ordres pour faire marcher une armée
nombreuſe vers les frontièresd'Imirette ,
& peu de temps après , il marcha luimême
pour la commander. Il eut foin
de conduire l'Eunuque avec lui pour
deux raifons ; pour le mettre à même de
fe juftifier , ou pour le faire pendre s'il
ne fe juflifioit pas .
On fçut bientôt à la Cour d'Imirette
qu'il falloit ou fe battre , ou trouver au
Roi de Perfe , une Princeffe auffi belle
qu'il fe la figuroit . On s'en tint au premier
parti. Quant à celle dont la beauté
occafionnoit tant de mouvemens , elle
38 MERCURE DE FRANCE.
Qût volontiers approuvé le parti le plus
doux. Il eft rare qu'une femme fache
mauvais gré à tel amant que ce puiffe
être des efforts qu'il fait pour l'obtenir
, & Sohry étoit fort contente que
fa lettre n'eût point ralenti ceux d'Abbas.
qui
Les Rois d'Imirette & de Georgie
avoient réuni leurs forces . Ils s'étoient
retranchés , & attendoient Abbas , quit
ne fe fit pas long- temps attendre. Il les
attaqua fans héfiter. Le combat fut rude
& fanglant. Les deux Rois alliés s'y comporterent
, l'un en Souverain qui défend
fes Etats , l'autre en amant qui défend
fa maîtreffe . Mais les efforts d' Abbas ne
furent pas moins grands , & furent plus
heureux . Il remporta une victoire complette
, détruifit , ou diffipa l'armée ennemie
, & pourfuivit les deux' Chefsjufqu'à
la Ville où le frère de Sohry tenoit
fa Cour.
Inftruit par l'Eunuque Italien que
la Princeffe tenoit la fienne ailleurs
il y marcha fur le champ , tandis que
la meilleure partie de fes troupes bloquoit
la Capitale. Il arrive & apprend
qu'en effet Sohry habite ce fejour. On
conçoit fans peine l'excès de fon impatience
& de fa joie . Il ordonne qu'on
le conduife vers la Princeffe. Il eft obéis
AVRIL 1763 . 39
Mais que voit-il ? Un'objet auffi hideux
qu'il efpéroit le trouver féduifant ,
le vrai modéle du portrait exprimé dans
la lettre qu'il a reçue avant fon départ
; en un mot , la difforme Princeffe
qu'on a déja fait voir à fon Envoyé !
Certains rapports faits aux deux Rois
fur le féjour & le départ de la fauffe
étrangère , les avoit déterminés à ſubſtituerdans
cette même folitude l'aînée
à la cadette. Abbas fit quelques queftions
à fa prifonnière. Les réponfes qu'il
en reçut , augmenterent fon déplaifir.
Elles étoient parfaitement conformes à
la lettre qu'il fuppofoit avoir été écrite
par elle ; & il refte perfuadé que cette
Sohry fi fameufe par fa beauté, ne doit
l'être que par fa laideur. Je n'ai nuk
reproche à lui faire , difoit Abbas , elle
eft encore plus difforme qu'elle ne me
l'écrit. Pour toi , miférable , ajouta - t-il
en parlant à l'Eunuque , ce qui la juf
tifie te condamne : cette exceffive dif
formité eft l'arrêt de ta mort.
Grand Roi ! s'écria l'Eunuque , en
tombant de nouveau aux pieds . dur
Sophy , que votre Majefté me laiffe
éclaircir ce mystère. Il y en a un dans
tout ceci que je ne connois pas . J'ai
eu à peindre & j'ai peint la plus
40 MERCURE DE FRANCE.
belle perfonne du monde : ce n'eft
donc pas celle
que vous voyez. Mais
celle que j'ai peinte exifte , j'en réponds
fur ma tête , que vous ferez le maître.
de me faire enlever demain comme
aujourd'hui . De grâce retournez vers la
Capitale , hatez - en le fiége , la prife.
pourra mettre entre vos mains une capture
encore plus précieuse.
Zomrou eût pû en partie développer
cette énigme.Mais lui-même avoit laiffé.
pénétrer fes deffeins : il étoit gardé à
vue par ordre des deux Rois , depuis le
jour de l'arrivée du Miniftre d'Abbas .
Par cette raiſon , il n'avoit pas été plus
utile à cet Envoyé qu'il ne pouvoit l'être
alors au Sophy même. Abbas prit donc
une double réfolution . Ce fut de preffer
la Ville affiégée , & de faire battre
la campagne par des Emiffaires munis
du Portrait que l'Eunuque avoit tracé .
Le Prince leur ordonna de lui amener
toutes les femmes qui auroient quelque
reffemblance avec ce Portrait . L'Eunuque
ambitionnoit cette commiffion ;
mais Abbas ne lui permit pas de s'éloigner
de lui. Il vouloit s'en fervir à diftin-.
guer la Princeffe , au cas qu'elle fe trouvât
dans la Ville , ou pouvoir venger
fur lui fon chagrin , au cas qu'elle ne
fe trouvât nulle- part.
"
AVRIL. 1763. 41
Le Siége fut pouffé avec tant de vigueur
qu'en peu de jours la Ville n'avoit
plus guéres que la moitié de fes défenfes
& de fa garnifon . Mais le courage
des deux Rois étoit toujours le
même. Ils ne vouloient ni fe rendre
ni livrer la Princeffe qu'Abbas eût préferé
à toutes les Villes de leurs Etats.
Elle n'étoit point d'ailleurs dans la Capitale.
Sohry inconnue & déguisée
habitoit un afyle fi peu fait pour
elle
qu'il n'y avoit nulle apparence qu'on
dût l'y chercher. Là , elle gémiffoit fur
fes charmes qui caufoient l'oppreffion
de fa Patrie. Mais prèfque certaine
qu'Abbas eft celui dont elle adore en
fecret l'image , elle n'ofe le qualifier
d'oppreffeur. Elle fent même qu'il ne
tient qu'à ce léger éclairciffement pour
qu'il foit , à-peu- près , juftifié dans for
âme.
,
Cependant , le péril augmentoit fans
relâche pour la Capitale. D'un inſtant
à l'autre la Place pouvoit être forcée
pillée , faccagée . Le Roi Difvald , réfolu
à tout , excepté à voir fa Maîtreffe
& fa Mère expofées aux fuites qu'entraîne
le fac d'une Ville , prit le parti
de les faire échapper , l'une après l'autre
, par une voie qu'il croyoit füre,
42 MERCURE DE FRANCE .
Mais Abbas avoit pris des précautions
plus fùres encore . Peu d'inftans après
feur fortie on lui amena les deux fugiti
ves.
J'ai déja dit que la mère de Sohry ne
cédoit en beauté qu'à Sohry même.
Il y avoit , de plus , entre elles , cette
forte de reffemblance qui ne fuppofe
pas toujours une entiére égalité de charmes.
Par cette raifon le Portrait qu'avoit
tracél'Eunuque , Portrait bien inférieur
à l'original , reffembloit beaucoup
plus à la premiere qu'à la feconde.
Abbas au premier coup d'oeil s'y
méprit & crur tout l'emblême expliqué.
Les charmes de fa Captive firent même
tant d'impreffion fur lui , qu'il ne fongea
plus à faire d'autres recherches , & que
' Eunuque Peintre lui parut abfolument
juftifié . Mais celui - ci prétendit lui-même
ne l'être pas encore. Il affura fon Maître
que jamais cette Princeffe n'avoit fervi
de modéle au Portrait , en queſtion ,
& qu'à coup für ce modéle exiftoit..
S'il eft ainfi , Madame , reprit Abbas
, en s'adreffant à la mère de Sohry
vous voyez dès à préfent ce qui peut &
doit former votre rançon. Un objet qui
vous reffemble peut feul vous remplacer
auprès de moi. Vous régnerez , dang
AVRIL. 1763. 43
mon Sérail , ou bien la Princeffe votre
fille y occupera le rang qui vous eft
offert. Je ne puis renoncer à l'une que
pour obtenir l'autre.
>
Ce difcours fit frémir la belle prifonnière
. Elle conjura en vain le Sophy de
fe rappeller le voeu par lequel elle s'étoit
liée vou qui ne lui permettoit plus:
de difpofer d'elle- même . Un pareil motif
a bien peu de pouvoir fur l'âme d'un
Sectateur d'Aly. A peine Abbas parutil
y faire quelque attention : Il ne dépend
que de vous , Madame , reprit - il , &
de garder vos voeux , & de combler les
miens. Que l'aimable Sohry vienne jouir
d'un avantage que vous dédaignez , fau
te de le bien connoître . N'efpérez pas
du moins, que je cherche à étouffer l'a
mour le plus fincère & le plus ardent ,
lorfque vous paroîtrez n'écouter qu'une
haine injufte & de vains préjugés .
Abbas , qui n'avoit prèfque pas remarqué
Fatime ( c'eft le nom de la fille
de Zomrou ) l'envifagea lorfquelle commençoit
à murmurer , tout bas , de
cette inattention . Abbas. trouva l'amour
de Difvald parfaitement bien fondé.
Fatime avoit affez de charmes pour l'en--
flammer lui-même , fi elle n'eût pas eu
Sohry pour rivale. Il fongea cepen
44 MERCURE DE FRANCE
dant à faire craindre au Roi d'Imirette
que Sohry n'éffayât trop tard de l'emporter
fur Fatime.
Ce ftratagême lui réuffit. A peine
Difvald eut appris la captivité de fa
mère & de fa maîtreffe , qu'il fongea:
férieufement à les échanger pour fa
foeur. Ce fut dans ce moment là-même ,
que les Emiffaires d'Abbas lui amenerent
une jeune perfonne vêtue en Efclave
, & infiniment plus belle encore
que le portrait qu'il leur avoit confié.
On s'empreffe , on regarde , on admire.
C'eft Sohry ! s'écrie auffitôt l'Eunuque ;
c'eft ma fille ! s'écrie la Princeffe Douairiere
: c'eſt Abbas ! s'écrie en même
temps la prétendue Efclave , & elle s'évanouit.
Abbas , hors de lui - même , ébloui de
tant d'attraits , & ne fachant comment
interpréter cette défaillance & cette exclamation
fubites , ordonne qué les
fecours foient prodigués à la Princeffe.
Lui-même eft le plus ardent à la fecourir.
Au milieu de quelques agitations
inévitables, une boete cachée dans
ſes habits d'eſclave s'échappe & tombe.
Abbas croit la reconnoître , s'en faifit ,
l'ouvre & y trouve fon portrait. A
cette vue , toute fa fierté afiatique difAVRIL.
1763. 45
paroît ; il tombe aux genoux de la fauffe
efclave. Adorable Sohry , s'écria- t- il !
quoi même en fuyant ma perfonne ,
vous fuyiez avec mon image ! Il eſt
donc vrai que vous ne m'évitiez que
par contrainte ? Ah, ceffez de gêner vos
fentimens & daignez - en recueillir les
fruits à peine les croirai - je affez
payés de toute ma tendreffe & de
toute ma puiffance.
Sohry , en ce moment , ouvre les
yeux. Quelle eft fa furprife ! elle voit
fe réalifer la tableau que l'Eunuque
lui a laiffé en la quittant ; elle voit
en perfonne le fuperbe Abbas dans
l'attitude où elle l'a vû tant de fois en
peinture ; elle le voit à fes pieds ! Un
mouvement de joie qu'elle cherche à
cacher une forte de confufion modefte
ajoutent encore à fa beauté.
Survient à l'inftant la Reine fa mère ,
& fa confufion augmente. Mais un
Envoyé du Roi d'Imirette vint mettre
fin à leur embarras réciproque . Il venoit
propofer pour l'échange des deux
premieres captives , celle que le hazard
avoit déja mis au pouvoir du Sophy.
Ce qui n'empêcha pas que l'échange
ne fut accepté , la paix faite , & ce qui
46 MERCURE DE FRANCE .
dit encore infiniment plus , toute femence
de guerre éteinte .
Abbas reffentoit fon bonheur , au
point de vouloir que tous les autres
fuffent heureux . Il acerut les Etats du
Roi d'Imirette , qui époufa Fatime ; il
fit époufer fa propre foeur au Princ eà
qui il enlevoit Sohry : il partagea avec
cette dernière toute fa puiffance &
la laiffa régner fans partage fur fon
âme. L'Eunuque mit fin à fes voyages ;
& Sohry en fixant le coeur de fon Epoux,
afura aux Princes voifins leur repos ,
leurs femmes & leurs Etats .
Par M. DE LA DIXMERIE .
Fermer
Résumé : ABBAS ET SOHRY, NOUVELLE PERSANNE.
Le texte raconte l'histoire du roi Abbas de Perse, connu pour ses conquêtes territoriales et son goût pour les femmes. Il entend parler de la princesse Sohry d'Imirete, réputée pour sa beauté exceptionnelle. Pour la protéger, sa mère et ses proches diffusent la rumeur qu'elle est laide et l'isolent dans un château inaccessible. Zomrou, un ancien ministre jaloux, informe Abbas de la véritable beauté de Sohry. Abbas envoie alors un eunuque italien, doué en musique et en peinture, déguisé en chanteuse, pour approcher Sohry. L'eunuque séduit Sohry par ses talents et lui montre un portrait d'Abbas sans révéler son identité. Intriguée et émue, Sohry tombe en rêverie. L'eunuque peint un portrait de Sohry et lui offre un tableau représentant deux figures, dont un prince aux attributs royaux. Sohry suspecte qu'il s'agit d'Abbas. L'eunuque retourne à Ispahan et informe Abbas, qui décide de se rendre en Imirete. Le frère de Sohry, Difvald, refuse la demande d'Abbas et prépare la guerre. Taymuras, prince de Géorgie, demande à Sohry d'écrire une lettre affirmant son manque de beauté, ce qu'elle fait à contrecœur. Abbas, surpris par la lettre, ordonne à l'eunuque d'expliquer la contradiction entre le portrait et la lettre. Abbas marche vers l'Imirete avec une armée et assiège la capitale après une bataille victorieuse. L'eunuque révèle qu'Abbas a vu l'aînée des princesses, substituée à la cadette. Abbas poursuit la véritable Sohry. Pendant le siège, la mère et la sœur de Sohry tentent de s'échapper mais sont capturées. Abbas, ébloui par la beauté de la mère de Sohry, croit d'abord qu'elle est la princesse. L'eunuque insiste sur l'existence de la véritable Sohry, qui est finalement retrouvée déguisée en esclave. Abbas, reconnaissant son portrait chez elle, comprend qu'elle l'aime en secret. La paix est conclue, et Abbas épouse Sohry, accordant des mariages avantageux à ses alliés pour assurer la stabilité régionale.
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16015
p. 46-47
LES ECOLIERS ET LE BALON, FABLE.
Début :
PAR un beau jour de la semaine, [...]
Mots clefs :
Ignorance, Malice, Demi-savant, Orgueil, Estime, Air
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES ECOLIERS ET LE BALON, FABLE.
LES ECOLIERS ET LE BALON ,
PAR
FABLE.
AR un beau jour de la ſemaine ,
C'eft -à -dire un jour de congé ,
De jeunes Ecoliers en plaine
Un troupeau partagé ,
S'envoyoit , l'un à l'autre , un Balon élastique ;
C'étoit un charme de les voir !
A toi ! ... Fort bien ! .... A moi ! .... Chacun
court & s'applique ,
Ne voulant point faillir au jeu comme au devoir.
AVRIL. 1763 . 47
L'un deux , laffé de l'exercice ,
Par ignorance ou par malice ,
Pique le Balon , l'air s'enfuit ,
Et le faux embonpoint foudain s'évanouit.
Ainfi dans l'orgueil qui l'anime <
Se montre le demi -fçavant :
Tout rempli de fa propre eftime ,
Il s'enfile ! Mais fondez-le il n'en fort que du
venţ
Par M. GUICHARD .
PAR
FABLE.
AR un beau jour de la ſemaine ,
C'eft -à -dire un jour de congé ,
De jeunes Ecoliers en plaine
Un troupeau partagé ,
S'envoyoit , l'un à l'autre , un Balon élastique ;
C'étoit un charme de les voir !
A toi ! ... Fort bien ! .... A moi ! .... Chacun
court & s'applique ,
Ne voulant point faillir au jeu comme au devoir.
AVRIL. 1763 . 47
L'un deux , laffé de l'exercice ,
Par ignorance ou par malice ,
Pique le Balon , l'air s'enfuit ,
Et le faux embonpoint foudain s'évanouit.
Ainfi dans l'orgueil qui l'anime <
Se montre le demi -fçavant :
Tout rempli de fa propre eftime ,
Il s'enfile ! Mais fondez-le il n'en fort que du
venţ
Par M. GUICHARD .
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Résumé : LES ECOLIERS ET LE BALON, FABLE.
La fable 'Les Écoliers et le Ballon' de M. Guichard, datée d'avril 1763, raconte des écoliers jouant avec un ballon élastique. L'un d'eux le pique, le dégonflant. La fable compare cet incident à l'orgueil des demi-savants, qui ne produisent que du vent lorsqu'ils sont interrogés.
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16016
p. 47-49
STANCES fur l'incendie du Palais Episcopal d'AMIENS, arrivé le Dimanche 19 Décembre.
Début :
QUELS cris soudains se font entendre ? [...]
Mots clefs :
Flamme, Prélat, Alarme, Fureur, Prières
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texteReconnaissance textuelle : STANCES fur l'incendie du Palais Episcopal d'AMIENS, arrivé le Dimanche 19 Décembre.
STANCES fur l'incendie du Palais
Epifcopal d'AMIENS , arrivé le
Dimanche 19 Décembre.
Qu
UELS cris foudains fe font entendre ?
Quel nuage obfcurcit les airs ?
Je m'empreffe & je crains d'apprendre
D'où partent ces triftes concerts !
L'airain fonne quelles allarmes !
Chacun tremble , pâlit d'effroi ;
Et parmi tout un Peuple en larmes
Perfonne ne tremble pour foi.
Quel est donc ce nouveau prolige ?
La paix fuit- elle loin de nous ?
La main du Dieu qui nous afflige
Annonce-t-elle fon courroux &
48 MERCURE DE FRANCE.
Mais que vois - je ! un torrent de flâme
Qu'accroît un vent impétueux
Porte la terreur dans les âmes ,
Et frappe la voute des Cieux.
D'un Prélat le Palais augufte
Va- t-il donc être confumé ,
Tandis qu'aux Autels d'un Dieu juſte
D'un faint zéle il eſt animé ?
( a ) C'eſt en vain qu'on veut l'en diſtraire ;
Tous les biens ne font rien pour lui ;
Content du fimple néceffaire
Ses feuls befoins font ceux d'autrui.
Si quelque crainte le tourmente
Et peut redoubler " fon ardeur ,
C'eft que la flamme qui s'augmente
Ne porte plus loin fa fureur.
( a ) L'incendie qu'on avoit d'abord cru peu
dangereux , le manifefta au dehors au moment
qu'on commençoit les Vêpres. Le Prélat qu'on
vint avertir , non feulement ne quitta point
le Service Divin , il refta profterné au pied
de l'Autel jufqu'à la fin du jour , donnant à
tout le Peuple l'exemple édifiant d'une piété
& d'un détachement dignes des Paſteurs des
premiers Siécles . On l'engagea inutilement à
fe repofer. Il ne quitta qu'au moment où la
clôture des portes de la Ville l'obligeait d'en
fortir pour fe retirer à fon Séminaire.
Pour
AVRIL 1763.
Pour fon troupeau feuf il reclame
Le fecours d'un Dieu tout-Puiffant.
C'en eft fait , & déja la flamme
N'a plus qu'an effet languiffant.
7 02011
Oui , Grand Dieu ! c'eft à fes prières ,
Que nous devons ce changement :
Jamais des Saints les coeurs fincères
Ne t'ont imploré vainement.
Seigneur , acheve ton ouvrages i
Que nos voeux, ne ſoient point déçus ;
Que d'un Prélat , ta vive image ,`
Les ans égalent les vertus !
Par M. LELIU.
Epifcopal d'AMIENS , arrivé le
Dimanche 19 Décembre.
Qu
UELS cris foudains fe font entendre ?
Quel nuage obfcurcit les airs ?
Je m'empreffe & je crains d'apprendre
D'où partent ces triftes concerts !
L'airain fonne quelles allarmes !
Chacun tremble , pâlit d'effroi ;
Et parmi tout un Peuple en larmes
Perfonne ne tremble pour foi.
Quel est donc ce nouveau prolige ?
La paix fuit- elle loin de nous ?
La main du Dieu qui nous afflige
Annonce-t-elle fon courroux &
48 MERCURE DE FRANCE.
Mais que vois - je ! un torrent de flâme
Qu'accroît un vent impétueux
Porte la terreur dans les âmes ,
Et frappe la voute des Cieux.
D'un Prélat le Palais augufte
Va- t-il donc être confumé ,
Tandis qu'aux Autels d'un Dieu juſte
D'un faint zéle il eſt animé ?
( a ) C'eſt en vain qu'on veut l'en diſtraire ;
Tous les biens ne font rien pour lui ;
Content du fimple néceffaire
Ses feuls befoins font ceux d'autrui.
Si quelque crainte le tourmente
Et peut redoubler " fon ardeur ,
C'eft que la flamme qui s'augmente
Ne porte plus loin fa fureur.
( a ) L'incendie qu'on avoit d'abord cru peu
dangereux , le manifefta au dehors au moment
qu'on commençoit les Vêpres. Le Prélat qu'on
vint avertir , non feulement ne quitta point
le Service Divin , il refta profterné au pied
de l'Autel jufqu'à la fin du jour , donnant à
tout le Peuple l'exemple édifiant d'une piété
& d'un détachement dignes des Paſteurs des
premiers Siécles . On l'engagea inutilement à
fe repofer. Il ne quitta qu'au moment où la
clôture des portes de la Ville l'obligeait d'en
fortir pour fe retirer à fon Séminaire.
Pour
AVRIL 1763.
Pour fon troupeau feuf il reclame
Le fecours d'un Dieu tout-Puiffant.
C'en eft fait , & déja la flamme
N'a plus qu'an effet languiffant.
7 02011
Oui , Grand Dieu ! c'eft à fes prières ,
Que nous devons ce changement :
Jamais des Saints les coeurs fincères
Ne t'ont imploré vainement.
Seigneur , acheve ton ouvrages i
Que nos voeux, ne ſoient point déçus ;
Que d'un Prélat , ta vive image ,`
Les ans égalent les vertus !
Par M. LELIU.
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Résumé : STANCES fur l'incendie du Palais Episcopal d'AMIENS, arrivé le Dimanche 19 Décembre.
Le 19 décembre, un incendie éclate au Palais Épiscopal d'Amiens. Des cris et des alarmes provoquent la panique parmi la population. Un vent violent attise les flammes, menaçant de détruire le palais. L'incendie, d'abord sous-estimé, s'intensifie durant les vêpres. Le prélat, informé, continue le service divin et reste en prière jusqu'au soir. Il quitte les lieux seulement lorsque les portes de la ville se ferment. Il prie pour la sécurité de ses fidèles et implore l'aide divine. Finalement, les flammes s'affaiblissent, un changement attribué aux prières du prélat.
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16017
p. 49-50
A M. G.
Début :
En lisant les Vers [...]
Mots clefs :
Vers, Larmes, Destin, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. G.
E PITREN
EN
A M. G.
A M.
N lifant les Vers
12
Si remplis de charmes
Que tu m'as offerts ,
J'ai verfé des larmes.
Quoi ! faut-il , hélas !
Qu'un deftin barbare
Jufques au trépas
Tous deux nous fépare !
J'ai vu de nos jours
. Vol.
T
50 MERCURE DE FRANCE
i
S'éclipfer l'aurore
Les Ris , les Amours
Nous fuivent encore.
Enchaînons de fleurs
Leur troupe volage :
Les foucis , les pleurs
Sont-ils de notre âge ?
On tend au bonheur
Par des foins extrêmes :
Quelle aveugle erreur !
Il eſt en nous-mêmes.
Un Lys , un Jaſmin
Vaut une Couronne
Lorfque par ta main
Amour me le donne.
Au cours de nos ans
Quand l'amour préſide ,
Il fixe du temps 1
L'aîle trop rapide.
Le coeur eft preffant ;
Entends fon langage :
Jouir du préfent ,
Eft le lot du Sage.
Par M. B..
EN
A M. G.
A M.
N lifant les Vers
12
Si remplis de charmes
Que tu m'as offerts ,
J'ai verfé des larmes.
Quoi ! faut-il , hélas !
Qu'un deftin barbare
Jufques au trépas
Tous deux nous fépare !
J'ai vu de nos jours
. Vol.
T
50 MERCURE DE FRANCE
i
S'éclipfer l'aurore
Les Ris , les Amours
Nous fuivent encore.
Enchaînons de fleurs
Leur troupe volage :
Les foucis , les pleurs
Sont-ils de notre âge ?
On tend au bonheur
Par des foins extrêmes :
Quelle aveugle erreur !
Il eſt en nous-mêmes.
Un Lys , un Jaſmin
Vaut une Couronne
Lorfque par ta main
Amour me le donne.
Au cours de nos ans
Quand l'amour préſide ,
Il fixe du temps 1
L'aîle trop rapide.
Le coeur eft preffant ;
Entends fon langage :
Jouir du préfent ,
Eft le lot du Sage.
Par M. B..
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Résumé : A M. G.
Le poème de M. B. s'adresse à M. G. et M. A. Il exprime le regret de la séparation imminente et la cruauté du destin. L'auteur valorise les petits plaisirs offerts par amour et critique ceux qui cherchent le bonheur par des moyens extrêmes. Il prône la jouissance du présent comme sagesse.
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16018
p. 51-52
HOROSCOPE du premier Enfant de M. le Marquis D. F. Brigadier des Armées du Roi & C. des G. de la REINE.
Début :
DIGNE Sang de nos demi-Dieux, [...]
Mots clefs :
Événement, Sang, Astrologue, Enfant, Aïeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOROSCOPE du premier Enfant de M. le Marquis D. F. Brigadier des Armées du Roi & C. des G. de la REINE.
HOROSCOPE du premier Enfant de
M. le Marquis D. F. Brigadier des
Armées du Roi & C. des G. de la
REINE.
DIGNE IGNI Sang de nos demi- Dieux ,
De leur amour le premier gage ,
Votre avénement précieux
Fait retentir tout ce Rivage
Des tranfports d'un Peuple joyeux ;
Empreffé de vous rendre hommage.
Sur cet événement heureux
Tandis que tout fur cette plage ,
Signale fon zéle en fes jeux
Qui n'en font qu'une foible image ;
Souffrez qu'interrogeant les Cieur
Un Aftrologue de Village
Faffe en peu de mots de fon mieux
Votre horoſcope en fon langage.
Daignez d'un fouris gracieux
Favorifer ce badinage
Qui bravera les envieux
S'il peut avoir votre fuffrage.
Oui , pour vous , l'efpoir de ces lieux $
L'avenir par moi s'enviſage ,
Grace à mon art mystérieux.
Cij
52 MERCURE DE FRANCE .
De biens , d'honneurs quel aſſemblage
S'offre à mes regards curieux !
Des tems ils percent le nuage.
Je lis configné , d'âge en âge ,
Le deftin le plus glorieux
Qui doit être votre partage.
Tendre fruit des plus charmans noeuds
Aimable enfant , quel avantage
Pour nous comme pour nos Neveux !
Par la douceur & le courage
Que vous avez reçu des Dieux
Vous deviendrez par héritage
Grand & Bon comme vos ayeux,
Quel plus defirable appanage !
Vous ferez adoré comme eux ,
Et nous aimerez: doux préfage ,
Qui comble à jamais tous nos voeux,
Par M. D. L *** Abenné au Mercure
M. le Marquis D. F. Brigadier des
Armées du Roi & C. des G. de la
REINE.
DIGNE IGNI Sang de nos demi- Dieux ,
De leur amour le premier gage ,
Votre avénement précieux
Fait retentir tout ce Rivage
Des tranfports d'un Peuple joyeux ;
Empreffé de vous rendre hommage.
Sur cet événement heureux
Tandis que tout fur cette plage ,
Signale fon zéle en fes jeux
Qui n'en font qu'une foible image ;
Souffrez qu'interrogeant les Cieur
Un Aftrologue de Village
Faffe en peu de mots de fon mieux
Votre horoſcope en fon langage.
Daignez d'un fouris gracieux
Favorifer ce badinage
Qui bravera les envieux
S'il peut avoir votre fuffrage.
Oui , pour vous , l'efpoir de ces lieux $
L'avenir par moi s'enviſage ,
Grace à mon art mystérieux.
Cij
52 MERCURE DE FRANCE .
De biens , d'honneurs quel aſſemblage
S'offre à mes regards curieux !
Des tems ils percent le nuage.
Je lis configné , d'âge en âge ,
Le deftin le plus glorieux
Qui doit être votre partage.
Tendre fruit des plus charmans noeuds
Aimable enfant , quel avantage
Pour nous comme pour nos Neveux !
Par la douceur & le courage
Que vous avez reçu des Dieux
Vous deviendrez par héritage
Grand & Bon comme vos ayeux,
Quel plus defirable appanage !
Vous ferez adoré comme eux ,
Et nous aimerez: doux préfage ,
Qui comble à jamais tous nos voeux,
Par M. D. L *** Abenné au Mercure
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Résumé : HOROSCOPE du premier Enfant de M. le Marquis D. F. Brigadier des Armées du Roi & C. des G. de la REINE.
Le texte expose l'horoscope du premier enfant du Marquis D. F., Brigadier des Armées du Roi et Chevalier des Gardes de la Reine. L'enfant est perçu comme un précieux symbole d'amour, acclamé par un peuple réjoui. Un astrologue rural, utilisant un langage accessible, prédit un destin glorieux pour l'enfant. L'horoscope annonce une vie marquée par des biens et des honneurs, l'enfant étant destiné à hériter de la grandeur et de la bonté de ses ancêtres. Doté de douceur et de courage, il sera aimé et aimera en retour, réalisant ainsi les aspirations de tous. Le texte est signé par M. D. L ***, abbé au Mercure.
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16019
p. 53
A M. le Prince DE SOLRE, fils unique de M. le Prince DE CROY, Lieutenant-Général des Armées du ROI, sur sa guérison de la petite vérole, qu'il a eue à Londres.
Début :
LA Vertu dans ce siécle, hélas ! si négligée, [...]
Mots clefs :
Religion, Amitié, Douleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. le Prince DE SOLRE, fils unique de M. le Prince DE CROY, Lieutenant-Général des Armées du ROI, sur sa guérison de la petite vérole, qu'il a eue à Londres.
A M. le Prince DE SOLRE , fils unique
de M. le Prince DE CROY , Lieutenant-
Général des Armées du Ror ,
fur fa guérison de la petite vérole ,
qu'il a eue à Londres.
LALa Vertu dans ce fiécle , hélas ! fi négligée ,
E la Religion chaque jour outragée ,
A peine réfiftant au torrent de nos moeurs ,
En fecret gémiffoient fur leurs communs malheurs.
L'Amitié dont les feux meurent bientôt fans
elles ,
Par ces mots vint tarir la fource de leurs pleurs :
» Raffurez-vous , Soeurs immortelles ,
>> Vous n'avez point perdu tous vos adorateurs ,
» Le plus zélé vous reſte ; honneur de votre Em-
» pire ,
» Dans l'âge dangereux des frivoles erreurs ,
» Unique efpoir d'un fang , où pour vous tour
reſpire ,
כ כ
Ses exemples partout vont vous gagner des
> coeurs.
Que la joie en ce jour fuccédé à vos douleurs ;
» Raffurez-vous : CROY refpire.
Par M, DES..... C. A. R. de C. C.
de M. le Prince DE CROY , Lieutenant-
Général des Armées du Ror ,
fur fa guérison de la petite vérole ,
qu'il a eue à Londres.
LALa Vertu dans ce fiécle , hélas ! fi négligée ,
E la Religion chaque jour outragée ,
A peine réfiftant au torrent de nos moeurs ,
En fecret gémiffoient fur leurs communs malheurs.
L'Amitié dont les feux meurent bientôt fans
elles ,
Par ces mots vint tarir la fource de leurs pleurs :
» Raffurez-vous , Soeurs immortelles ,
>> Vous n'avez point perdu tous vos adorateurs ,
» Le plus zélé vous reſte ; honneur de votre Em-
» pire ,
» Dans l'âge dangereux des frivoles erreurs ,
» Unique efpoir d'un fang , où pour vous tour
reſpire ,
כ כ
Ses exemples partout vont vous gagner des
> coeurs.
Que la joie en ce jour fuccédé à vos douleurs ;
» Raffurez-vous : CROY refpire.
Par M, DES..... C. A. R. de C. C.
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Résumé : A M. le Prince DE SOLRE, fils unique de M. le Prince DE CROY, Lieutenant-Général des Armées du ROI, sur sa guérison de la petite vérole, qu'il a eue à Londres.
Le texte célèbre la guérison du Prince de Solre à Londres. Il déplore la négligence de la vertu et des valeurs religieuses, tout en soulignant leur résistance. L'Amitié console en affirmant que la vertu et la religion conservent des défenseurs. Le Prince de Croÿ, père du Prince de Solre, incarne ces valeurs. La guérison du Prince de Croÿ est annoncée, invitant à la joie.
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16020
p. 54
LES mêmes Vers traduits en François.
Début :
Tu vois dans ce Portrait un homme dont la France, [...]
Mots clefs :
Portrait, Assistance, Génie, Patrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES mêmes Vers traduits en François.
LES mêmes Vers traduits en François.
T.u vois dans ce Portrait un homme dont la
France ,
Dans des temps rudes & fâcheux ,
Eprouva fifouvent une fûre affiftance ,
Et plus d'un fecours généreux.
Et la Terre , & les Mers fecondant fon génie ,
Il fçut , méprisant le danger ,
Enrichir chaque jour fon heureuſe Patrie
Des dépouilles de l'Etranger.
AVRIL. 1763. 55
Ses fonds plus d'une fois acquitterent la dette
Dufifc affoibli , languiffant
Ils fauverent encor d'une affreuse difette
Le Peuple affamé , gémiſſant.
Par les bienfaits d'un Roi d'éternelle mémoire ,
Que d'honneurs unis à fes biens !
Quoiqu'il ne recherchât que la folide gloire
D'être au rang des bons Citoyens .
Par M. GUILLO DE LA CHASSAGNE ,
Gentilhomme Francomtois ..
T.u vois dans ce Portrait un homme dont la
France ,
Dans des temps rudes & fâcheux ,
Eprouva fifouvent une fûre affiftance ,
Et plus d'un fecours généreux.
Et la Terre , & les Mers fecondant fon génie ,
Il fçut , méprisant le danger ,
Enrichir chaque jour fon heureuſe Patrie
Des dépouilles de l'Etranger.
AVRIL. 1763. 55
Ses fonds plus d'une fois acquitterent la dette
Dufifc affoibli , languiffant
Ils fauverent encor d'une affreuse difette
Le Peuple affamé , gémiſſant.
Par les bienfaits d'un Roi d'éternelle mémoire ,
Que d'honneurs unis à fes biens !
Quoiqu'il ne recherchât que la folide gloire
D'être au rang des bons Citoyens .
Par M. GUILLO DE LA CHASSAGNE ,
Gentilhomme Francomtois ..
Fermer
Résumé : LES mêmes Vers traduits en François.
Le texte rend hommage à un homme ayant soutenu la France durant des périodes difficiles. Il a exploité les ressources terrestres et maritimes, remboursé la dette publique en avril 1763 et secouru la population affamée. Il a reçu des honneurs pour ses actions, cherchant seulement la reconnaissance de bon citoyen. Signé par M. Guillot de la Chassagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16021
p. 55-63
DIALOGUE entre DÉMOCRITE & MOLIERE.
Début :
N'EST-CE pas vous que les sottises des hommes faisoient rire ? [...]
Mots clefs :
Ridicule, Athéniens, Auteurs, Discours, Sottises, Corriger les hommes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIALOGUE entre DÉMOCRITE & MOLIERE.
DIALOGUE entre DÉMOCRITE &
N
MOLIERE.
MOLIER É.
' EST - CE pas vous que les fottifes
des hommes faifoient rire ?
DEMOCRITE.
N'eft- ce pas vous qui faifiez rire les
hommes de leurs fottifes ?
MOLIER E.
Qui ; notre emploi fut très- différent ,
comme vous voyez.
DEMOCRIT E.
Je choifis le moins pénible , celui
en même temps , qui me parut le plus
Civ
$6 MERCURE DE FRANCE.
propre à corriger l'efpéce humaine de
fes travers.
MOLIERE.
L'expérience dut bientôt vous détromper.
Loin que ces ris perpétuels
guériffent les Athéniens de leurs folies ,
ils chargerent , dit-on , Hippocrate du
foin de vous guérir de la vôtre.
DEMOCRITE.
J'avoue que j'ai laiffé mes Compatriotes
auffi extravagans qu'ils l'étoient
d'abord. Mais vous-même , qu'euffiezvous
fait à ma place ?
MOLIERE.
Ce que j'ai fait depuis vous . Au lieu
de me livrer à un rire immodéré , &
dès-lors , un peu ridicule , j'aurois tracé
le tableau des travers qui le provoquoient.
DEMOCRITE.
C'eût été vous- même rifquer le fort
de Zeuxis , qui mourut , à force de
rire , en contemplant certain grotesque
portrait qu'il venoit de tracer.
MOLIER E.
Oh , pour moi , je n'ai jamais ri .
AVRIL. 1763. 57
DÉMOCRITE.
Vous euffiez donc pleuré.
MOLIERE.
Ne diroit- on pas , à vous entendre
que vos Athéniens eurent un brévet
exclufif de ridicule ? Nos François ne
pourront - ils , au moins , prétendre au
parallèle ?
DEMOCRITE.
J'en doute. Figurez-vous une Nation
Tégère , capricieufe , inconféquente ; approuvant
aujourd'hui ce qu'elle blâmera
demain ; fans but , fans réflexion , fans
caractére : changeant avec la même facilité
, de fyftême , de ridicules , de mo--
des & d'amis : une Nation , en un mot ,
qui n'a d'uniformité que dans fon inconftance....
Tels furent mes Compatriotes.
Auriez -vous eu de pareils objets
à peindre ?
MOLIERE,
A-peu-près ..
DÉMOCRITE ,
Par exemple , y eut- il jamais parmi
vous d'étourdi auffi effronté que notre
Alcibiade ?
Cv
58 MERCURE DE FRANCE .
MOLIER E.
Alcibiade eût été parmi nous un
homme à citer , une efpéce de Sage.
DÉMOCRIT E. •
Que dirons nous de ce Peuple qui
s'amufoit à plaindre le chien de cet
infenfé , & qui ne plaignoit pas tant
de maris dont il féduifoit , ou enlevoit
la femme ?
MOLIER E.
J'ai connu certaine contrée où les
maris fupportoient plus facilement ces
fortes d'affronts , qu'un coup donné
mégarde à leur chien .
DEMOCRITE.
par
Qui n'eût pas ri , à ma place , de
voir cette multitude orgueilleufe ériger
une foule de ftatutes aux Orateurs qui
fçavoient le mieux louer fes travers &
Les caprices?
MOLIER E.
Chez nous la multitude ne peut
rien ; auffi n'eft - ce pas elle qu'on loue.
Il eft, en même temps , affez rare qu'un
Grand outre la reconnoiffance envers
ceux qui l'ont le plus flatté. Il fe borne
à trouver l'éloge un peu mince , &
AVRIL. 1763. 59
à oublier jufqu'au nom de l'Auteur .
DEMOCRITE.
N'ai-je pas vû ces mêmes Athéniens
traiter plus mal leurs meilleurs Généraux
que leurs plus mauvais Rhéteurs ,
& bannir des Murs de leur Ville
ceux qui les avoient le mieux défendus
?
MOLIERE.
›
Nos François fuivent une autre méthode.
Ils payent fouvent d'un malin
vaudeville les plus grandes actions
comme les plus grandes fautes , &
nulle difgrace ne les afflige , dès qu'il
en peut naître une épigramme.
DEMOCRITE .
A propos d'épigramme , parlons des
Auteurs mes contemporains. Que de
jaloufies , que de petiteffes dans les
plus Grands! Que de prétentions , que
d'orgueil dans les plus Petits ! Je crois les
voir encore s'agiter , cabaler , s'entremordre,
s'entre-détruire, avec autant de
fureur que les Grecs , & les Troyens ,
autre espéce de foux , combattirent
pour une Beauté déja furrannée ..
Oh certainement , vos Auteurs ont
été plus raisonnables !
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
MOLIER E.
Il femble , au contraire , que vous
ayez voulu les peindre . Mais je pour--
rois ajouter plus d'un trait au tableau .,
Si les Ecrivains modernes font infé--
rieurs aux anciens , ce n'eft pas du côté
de la tracafferie .
DÉMOCRITE.
Paffe encore pour certains Auteurs
& furtout pour les Poëtes. Mais que
dire des Philofophes ? Quelle contrariété
dans leurs difcours , dans leur
conduite , dans leurs fyftêmes ! Chacun
d'eux crée un monde à fa manière
& fe perfuade avoir faifi la vraie. J'ai
auffi , moi-même qui vous parle , bâti
mon Univers. Après quoi , j'ai ri de ce
frêle édifice , comme j'avois fait des
tant d'autres.
MOLIERE..
"
Nous ne manquons pas , non plus ,
de ces fortes d'Architectes . Il n'en eft
aucun qui ne croye avoir bâti fur de
meilleurs fondemens que tous fes rivaux
. Mais , au bout d'un quart de fiécle
, on pourroit dire de ces Monumens
, comme de la Ville de Priam ::
c'est ici ou fut Troye
AVRIL. 1763 .
or
DEMOCRITE.
Une telle manie a dû vous fournir
plus d'une fcène vraiment comique.
MOLIER E..
J'ai refpecté le peu que nous fçavions
d'Aftronomie , c'est - à - dire , tout ce
qui m'a paru démontré fur cette matière.
Mais & peut-être j'eus tort ) je.
ridiculifai dans les femmes ces fortes de
recherches.
DÉMOCRITE . {
Quoi ! parmi vous les femmes s'amufent
à mefurer les Cieux ? J'en félicite
leurs époux . Nos Athéniennes
pour la plûpart , facrifioient à d'autres:
genres de curiofité.
MOLIER E.
Oh ! nous avons auffi des curieufes
de plus d'une espéce..
DÉMOCRITE.
Leurs maris font - ils jaloux ? J'ai beau
coup ri des vaines précautions de certains
époux d'Athenes , éviter cer
tain accident qu'on n'évite guères que
par hafard.
pour
MOLIER E.
De mon temps , plus d'un mari eut le
même. foible ; & moi-même je n'en:
62 MERCURE DE FRANCE.
fus pas exempt. Mais j'eus le courage
de fronder & mon ridicule , & celui
des autres : leçon qui fructifia au point
que
mes fucceffeurs font réduits à fronder
un ridicule tout oppofé.
DÉMOCRITE.
Eft- ce la feule de vos leçons qu'on
ait prife trop à la lettre ?
MOLIERE.
J'en puis citer d'autres . Par exemple
, j'ai ridiculifé , & prèfque à tous
propos , le jargon barbare , le craffeux
pédantifme des Médecins de mon fiécle.
Aujourd'hui c'eft l'élégance de
leurs difcours , de leur parure & de leur
équipage , qui fert de matière aux Sarcafmes
de Thalie. Il en eſt ainfi de
quelques autres travers , qui n'ont fait
que fe métamorphofer en travers non
moins bifarres.
DÉMOCRITE.
Avouez donc , entre nous , que votre
méthode pour corriger les hommes
n'eft pas plus éfficace que la mienne.
MOLIER E.
C'eft ce que je n'avouerai pas. Un
ridicule anéanti , fût-il même remplacé
AVRIL. 1763. 63
par un autre , eft toujours un ridicule
de moins.
DEMOCRITE.
Comment cela ?
MOLIER E.
C'eft que tous deux euffent pu exifter
en même tems. Aux Précieufes ridicu
les , ont fuccédé les Petites -Maîtreſſes.
Mais fi je n'euffe réuffi à diffamer les premieres
, on les verroit marcher de frontavec
les fecondes.
DEMOCRITE.
Que conclure , enfin , de tout ceci ?
MOLIERE
.
Que la fource du ridicule eft intariffable
chez les humains ; qu'on peut
en prévenir les débordemens , mais non
en arrêter le cours : en un mot , qu'un
Moliere y trouveroit toujoursà réprendre
, & un Démocrite toujours à rire.
Par M. DE LA DIXMERIE.
N
MOLIERE.
MOLIER É.
' EST - CE pas vous que les fottifes
des hommes faifoient rire ?
DEMOCRITE.
N'eft- ce pas vous qui faifiez rire les
hommes de leurs fottifes ?
MOLIER E.
Qui ; notre emploi fut très- différent ,
comme vous voyez.
DEMOCRIT E.
Je choifis le moins pénible , celui
en même temps , qui me parut le plus
Civ
$6 MERCURE DE FRANCE.
propre à corriger l'efpéce humaine de
fes travers.
MOLIERE.
L'expérience dut bientôt vous détromper.
Loin que ces ris perpétuels
guériffent les Athéniens de leurs folies ,
ils chargerent , dit-on , Hippocrate du
foin de vous guérir de la vôtre.
DEMOCRITE.
J'avoue que j'ai laiffé mes Compatriotes
auffi extravagans qu'ils l'étoient
d'abord. Mais vous-même , qu'euffiezvous
fait à ma place ?
MOLIERE.
Ce que j'ai fait depuis vous . Au lieu
de me livrer à un rire immodéré , &
dès-lors , un peu ridicule , j'aurois tracé
le tableau des travers qui le provoquoient.
DEMOCRITE.
C'eût été vous- même rifquer le fort
de Zeuxis , qui mourut , à force de
rire , en contemplant certain grotesque
portrait qu'il venoit de tracer.
MOLIER E.
Oh , pour moi , je n'ai jamais ri .
AVRIL. 1763. 57
DÉMOCRITE.
Vous euffiez donc pleuré.
MOLIERE.
Ne diroit- on pas , à vous entendre
que vos Athéniens eurent un brévet
exclufif de ridicule ? Nos François ne
pourront - ils , au moins , prétendre au
parallèle ?
DEMOCRITE.
J'en doute. Figurez-vous une Nation
Tégère , capricieufe , inconféquente ; approuvant
aujourd'hui ce qu'elle blâmera
demain ; fans but , fans réflexion , fans
caractére : changeant avec la même facilité
, de fyftême , de ridicules , de mo--
des & d'amis : une Nation , en un mot ,
qui n'a d'uniformité que dans fon inconftance....
Tels furent mes Compatriotes.
Auriez -vous eu de pareils objets
à peindre ?
MOLIERE,
A-peu-près ..
DÉMOCRITE ,
Par exemple , y eut- il jamais parmi
vous d'étourdi auffi effronté que notre
Alcibiade ?
Cv
58 MERCURE DE FRANCE .
MOLIER E.
Alcibiade eût été parmi nous un
homme à citer , une efpéce de Sage.
DÉMOCRIT E. •
Que dirons nous de ce Peuple qui
s'amufoit à plaindre le chien de cet
infenfé , & qui ne plaignoit pas tant
de maris dont il féduifoit , ou enlevoit
la femme ?
MOLIER E.
J'ai connu certaine contrée où les
maris fupportoient plus facilement ces
fortes d'affronts , qu'un coup donné
mégarde à leur chien .
DEMOCRITE.
par
Qui n'eût pas ri , à ma place , de
voir cette multitude orgueilleufe ériger
une foule de ftatutes aux Orateurs qui
fçavoient le mieux louer fes travers &
Les caprices?
MOLIER E.
Chez nous la multitude ne peut
rien ; auffi n'eft - ce pas elle qu'on loue.
Il eft, en même temps , affez rare qu'un
Grand outre la reconnoiffance envers
ceux qui l'ont le plus flatté. Il fe borne
à trouver l'éloge un peu mince , &
AVRIL. 1763. 59
à oublier jufqu'au nom de l'Auteur .
DEMOCRITE.
N'ai-je pas vû ces mêmes Athéniens
traiter plus mal leurs meilleurs Généraux
que leurs plus mauvais Rhéteurs ,
& bannir des Murs de leur Ville
ceux qui les avoient le mieux défendus
?
MOLIERE.
›
Nos François fuivent une autre méthode.
Ils payent fouvent d'un malin
vaudeville les plus grandes actions
comme les plus grandes fautes , &
nulle difgrace ne les afflige , dès qu'il
en peut naître une épigramme.
DEMOCRITE .
A propos d'épigramme , parlons des
Auteurs mes contemporains. Que de
jaloufies , que de petiteffes dans les
plus Grands! Que de prétentions , que
d'orgueil dans les plus Petits ! Je crois les
voir encore s'agiter , cabaler , s'entremordre,
s'entre-détruire, avec autant de
fureur que les Grecs , & les Troyens ,
autre espéce de foux , combattirent
pour une Beauté déja furrannée ..
Oh certainement , vos Auteurs ont
été plus raisonnables !
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
MOLIER E.
Il femble , au contraire , que vous
ayez voulu les peindre . Mais je pour--
rois ajouter plus d'un trait au tableau .,
Si les Ecrivains modernes font infé--
rieurs aux anciens , ce n'eft pas du côté
de la tracafferie .
DÉMOCRITE.
Paffe encore pour certains Auteurs
& furtout pour les Poëtes. Mais que
dire des Philofophes ? Quelle contrariété
dans leurs difcours , dans leur
conduite , dans leurs fyftêmes ! Chacun
d'eux crée un monde à fa manière
& fe perfuade avoir faifi la vraie. J'ai
auffi , moi-même qui vous parle , bâti
mon Univers. Après quoi , j'ai ri de ce
frêle édifice , comme j'avois fait des
tant d'autres.
MOLIERE..
"
Nous ne manquons pas , non plus ,
de ces fortes d'Architectes . Il n'en eft
aucun qui ne croye avoir bâti fur de
meilleurs fondemens que tous fes rivaux
. Mais , au bout d'un quart de fiécle
, on pourroit dire de ces Monumens
, comme de la Ville de Priam ::
c'est ici ou fut Troye
AVRIL. 1763 .
or
DEMOCRITE.
Une telle manie a dû vous fournir
plus d'une fcène vraiment comique.
MOLIER E..
J'ai refpecté le peu que nous fçavions
d'Aftronomie , c'est - à - dire , tout ce
qui m'a paru démontré fur cette matière.
Mais & peut-être j'eus tort ) je.
ridiculifai dans les femmes ces fortes de
recherches.
DÉMOCRITE . {
Quoi ! parmi vous les femmes s'amufent
à mefurer les Cieux ? J'en félicite
leurs époux . Nos Athéniennes
pour la plûpart , facrifioient à d'autres:
genres de curiofité.
MOLIER E.
Oh ! nous avons auffi des curieufes
de plus d'une espéce..
DÉMOCRITE.
Leurs maris font - ils jaloux ? J'ai beau
coup ri des vaines précautions de certains
époux d'Athenes , éviter cer
tain accident qu'on n'évite guères que
par hafard.
pour
MOLIER E.
De mon temps , plus d'un mari eut le
même. foible ; & moi-même je n'en:
62 MERCURE DE FRANCE.
fus pas exempt. Mais j'eus le courage
de fronder & mon ridicule , & celui
des autres : leçon qui fructifia au point
que
mes fucceffeurs font réduits à fronder
un ridicule tout oppofé.
DÉMOCRITE.
Eft- ce la feule de vos leçons qu'on
ait prife trop à la lettre ?
MOLIERE.
J'en puis citer d'autres . Par exemple
, j'ai ridiculifé , & prèfque à tous
propos , le jargon barbare , le craffeux
pédantifme des Médecins de mon fiécle.
Aujourd'hui c'eft l'élégance de
leurs difcours , de leur parure & de leur
équipage , qui fert de matière aux Sarcafmes
de Thalie. Il en eſt ainfi de
quelques autres travers , qui n'ont fait
que fe métamorphofer en travers non
moins bifarres.
DÉMOCRITE.
Avouez donc , entre nous , que votre
méthode pour corriger les hommes
n'eft pas plus éfficace que la mienne.
MOLIER E.
C'eft ce que je n'avouerai pas. Un
ridicule anéanti , fût-il même remplacé
AVRIL. 1763. 63
par un autre , eft toujours un ridicule
de moins.
DEMOCRITE.
Comment cela ?
MOLIER E.
C'eft que tous deux euffent pu exifter
en même tems. Aux Précieufes ridicu
les , ont fuccédé les Petites -Maîtreſſes.
Mais fi je n'euffe réuffi à diffamer les premieres
, on les verroit marcher de frontavec
les fecondes.
DEMOCRITE.
Que conclure , enfin , de tout ceci ?
MOLIERE
.
Que la fource du ridicule eft intariffable
chez les humains ; qu'on peut
en prévenir les débordemens , mais non
en arrêter le cours : en un mot , qu'un
Moliere y trouveroit toujoursà réprendre
, & un Démocrite toujours à rire.
Par M. DE LA DIXMERIE.
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Résumé : DIALOGUE entre DÉMOCRITE & MOLIERE.
Le texte relate un dialogue entre Démocrite, philosophe grec, et Molière, dramaturge français, sur leurs méthodes respectives pour critiquer les travers humains. Démocrite choisit de rire des folies des hommes, tandis que Molière préfère les représenter dans ses œuvres pour les critiquer. Démocrite reconnaît que ses compatriotes athéniens restent aussi extravagants qu'auparavant, mais Molière affirme que son approche a eu plus d'impact. Ils comparent les ridicules et les travers de leurs nations respectives, avec Démocrite décrivant les Athéniens comme capricieux et inconstants, et Molière reconnaissant des similitudes chez les Français. Ils évoquent également les comportements des écrivains et des philosophes de leurs époques, soulignant les jalousies et les prétentions. Molière mentionne que les ridicules évoluent mais ne disparaissent jamais complètement, et que chaque époque a ses propres travers. Le dialogue se conclut sur l'idée que le ridicule est intarissable chez les humains, et que chaque génération trouvera toujours des sujets à critiquer ou à moquer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16022
p. 64
PORTRAIT de Madame C * * par M. ***.
Début :
CET art séduisant de charmer, [...]
Mots clefs :
Charmer, Grâces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTRAIT de Madame C * * par M. ***.
PORTRAIT de Madame C * *
par M. ***
CET art féduifant de charmer,
Ces éffain de plaifirs qui vole fur vos traces,.
Ces appas enchanteurs qui vous font tant aimer,
Iris , vous les tenez des Grâces .
Toutes trois à l'envi par leurs tendres ace
cords ,
Signalerent votre naiffance ;
Et fur vous avec complaifance ,
Chacune prodigua fes plus riches tréſors.
L'une pour appanage
Vous donna la beauté , les ris & l'enjoûment,
La féconde du Sentiment
Dubon coeur , de l'eſprit a fait votre partage.
Enfin fans le fecours de l'Art ,
De mille heureux taléns vous orna la troifiéme..
Ainfi de vous , belle - C *** ‹
Trois ont fait une quatrième.
par M. ***
CET art féduifant de charmer,
Ces éffain de plaifirs qui vole fur vos traces,.
Ces appas enchanteurs qui vous font tant aimer,
Iris , vous les tenez des Grâces .
Toutes trois à l'envi par leurs tendres ace
cords ,
Signalerent votre naiffance ;
Et fur vous avec complaifance ,
Chacune prodigua fes plus riches tréſors.
L'une pour appanage
Vous donna la beauté , les ris & l'enjoûment,
La féconde du Sentiment
Dubon coeur , de l'eſprit a fait votre partage.
Enfin fans le fecours de l'Art ,
De mille heureux taléns vous orna la troifiéme..
Ainfi de vous , belle - C *** ‹
Trois ont fait une quatrième.
Fermer
Résumé : PORTRAIT de Madame C * * par M. ***.
Madame C * * est célébrée par M. *** pour ses qualités exceptionnelles. À sa naissance, les trois Grâces lui ont offert la beauté, la joie, la sensibilité, la bonté, un esprit vif et de nombreux talents. Ces dons en font une quatrième Grâce, parfaite et admirable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16023
p. 64-65
« LE mot de la premiere Enigme du mois de Mars est la Glace. Celui de la [...] »
Début :
LE mot de la premiere Enigme du mois de Mars est la Glace. Celui de la [...]
Mots clefs :
Glace, Compliment, Prosopopée, Aimer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE mot de la premiere Enigme du mois de Mars est la Glace. Celui de la [...] »
LE mot de la premiere Enigme du
mois de Mars eft la Glace. Celui de la
feconde eft le Compliment. Celui du
premier Logogryphe eft Profopopée ,
dans lequel on trouve Poppée , Ops ,
AVRIL. 1763.
Efope , Pope , Rofée , Ofée , Rofe &
Profe . Celui du fecond eft aimer , dans
lequel on trouve amie , ami , Marie ,
ame , air , mer , rime arme , mare
rame ire , mari , & c.
mois de Mars eft la Glace. Celui de la
feconde eft le Compliment. Celui du
premier Logogryphe eft Profopopée ,
dans lequel on trouve Poppée , Ops ,
AVRIL. 1763.
Efope , Pope , Rofée , Ofée , Rofe &
Profe . Celui du fecond eft aimer , dans
lequel on trouve amie , ami , Marie ,
ame , air , mer , rime arme , mare
rame ire , mari , & c.
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16024
p. 65
ENIGME.
Début :
Je vais t'apprendre mon destin : [...]
Mots clefs :
Fourreau d'épée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Je vais t'apprendre non deſtin :
Fuge s'il est heureux ou déplorable :
Dès que je fuis formé , mon père impitoyable
Me plonge le fer dans le fein.
Je fuis fait pour fervir une fière maîtreſſe
Que pourtant je tiens ,fous mes loix ,
Et qui fouvent pour marquer fa nobleſſe ,
Va du même pas que les Rois.
Si celle que je fers eft richement parée,
Je me reffens de fon fuperbe atour ;
En campagne , en ville , à la Cour ,
Elle a toujours une garde affurée.
Quand je la gouverne , elle eft bien :
M'échappe- t-elle , on la craint d'ordinaire ;
Auffi jamais on ne m'impute rien
De tout le mal qu'elle peut faire.
11 eft vrai que dans fon emploi ,
Pour elle mon fecours eft de peu d'importance ;
Mais du moins elle trouve en moi
Son repos & fon innocence.
Je vais t'apprendre non deſtin :
Fuge s'il est heureux ou déplorable :
Dès que je fuis formé , mon père impitoyable
Me plonge le fer dans le fein.
Je fuis fait pour fervir une fière maîtreſſe
Que pourtant je tiens ,fous mes loix ,
Et qui fouvent pour marquer fa nobleſſe ,
Va du même pas que les Rois.
Si celle que je fers eft richement parée,
Je me reffens de fon fuperbe atour ;
En campagne , en ville , à la Cour ,
Elle a toujours une garde affurée.
Quand je la gouverne , elle eft bien :
M'échappe- t-elle , on la craint d'ordinaire ;
Auffi jamais on ne m'impute rien
De tout le mal qu'elle peut faire.
11 eft vrai que dans fon emploi ,
Pour elle mon fecours eft de peu d'importance ;
Mais du moins elle trouve en moi
Son repos & fon innocence.
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16026
p. 66-67
LOGOGRYPHE.
Début :
Sept lettres peignent ma figure : [...]
Mots clefs :
Écolier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPH E.
SEPT
EPT lettres peignent ma figure :
Voici toute ma découpure.
Ecueil en mers très -dangereux ;
Métal dont on eſt amoureux ;
Source où l'on puiſe les Sciences ;
Séjour des pures confciences ;
Un nom refpecté des François ,
Mais moins connu chez les Génois ;
Un Saint révéré dans l'Eglite ;
Fleuve qu'en France on préconiſe ;
Mets de mode à la Saint Martin ,
AVRIL. 1763 : 67
Qui du Peuple fait le feftin ;
Un Prophéte ; un ton de la game ;
Un brillant ornement de femme ;
Organe utile & des plus apparens ;
Deux Inftrumens de fons bien différens ;
Mais , Ciel ! qu'entends- je ? une cloche maudite
M'appelle , il faut que je te quitte.
SEPT
EPT lettres peignent ma figure :
Voici toute ma découpure.
Ecueil en mers très -dangereux ;
Métal dont on eſt amoureux ;
Source où l'on puiſe les Sciences ;
Séjour des pures confciences ;
Un nom refpecté des François ,
Mais moins connu chez les Génois ;
Un Saint révéré dans l'Eglite ;
Fleuve qu'en France on préconiſe ;
Mets de mode à la Saint Martin ,
AVRIL. 1763 : 67
Qui du Peuple fait le feftin ;
Un Prophéte ; un ton de la game ;
Un brillant ornement de femme ;
Organe utile & des plus apparens ;
Deux Inftrumens de fons bien différens ;
Mais , Ciel ! qu'entends- je ? une cloche maudite
M'appelle , il faut que je te quitte.
Fermer
16027
p. 67
AUTRE.
Début :
Cinq pieds composent mon essence ; [...]
Mots clefs :
Orgue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
CINQpieds compofent mon effence ;
Lecteur , pour me trouver donne - toi patience.
D'abord j'offre à tes yeux un métal ſéduiſant ;
Certain pronom Latin ; un Monstre dévorant ;
Un Adverbe François ; un Oiſeau de paſſage ;
Un endroit où tu fais fouvent plus d'un voyage ;
Enfin , ami Lecteur , fi tu veux raſſembler
Tous mes membres épars , tu peux te rappeller
Que tu me vois fouvent dans un faint domicile ,
Et que je fçais te plaire & t'attacher ,
Surtout lorfqu'une main habile
Sçait me toucher.
CINQpieds compofent mon effence ;
Lecteur , pour me trouver donne - toi patience.
D'abord j'offre à tes yeux un métal ſéduiſant ;
Certain pronom Latin ; un Monstre dévorant ;
Un Adverbe François ; un Oiſeau de paſſage ;
Un endroit où tu fais fouvent plus d'un voyage ;
Enfin , ami Lecteur , fi tu veux raſſembler
Tous mes membres épars , tu peux te rappeller
Que tu me vois fouvent dans un faint domicile ,
Et que je fçais te plaire & t'attacher ,
Surtout lorfqu'une main habile
Sçait me toucher.
Fermer
16028
p. 68
CHANSON.
Début :
COLIN m'a sçu charmer, [...]
Mots clefs :
Charmer, Plaire, Plaisir, Douleur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
COLIN m'a fçu charmer ,
Colin a fçu me plaire.
Hélas ! comment donc faire ,
Pour ne pas trop l'aimer ?
De plaifir , de douleur
Jefens mon âme atteinte ;
Et je ne puis , fans crainte ,
Lui découvrir mon coeur.
Colin m'a fçu charmer , &c.
COLIN m'a fçu charmer ,
Colin a fçu me plaire.
Hélas ! comment donc faire ,
Pour ne pas trop l'aimer ?
De plaifir , de douleur
Jefens mon âme atteinte ;
Et je ne puis , fans crainte ,
Lui découvrir mon coeur.
Colin m'a fçu charmer , &c.
Fermer
16030
p. 69-93
LETTRE à l'Auteur du Mercure Sur les ÉNIGMES & les LOGOGRYPHES,
Début :
Vous ne sçaviez probablement pas Monsieur, que la premiere Enigme du [...]
Mots clefs :
Mot, Lettres, Indiquer, Corps, Combinaisons, Transpositions, Lecteur, Musique, Divisions, Énigmes, Logogriphes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure Sur les ÉNIGMES & les LOGOGRYPHES,
réputées les mem→
bres de ce corps : comme dans cet ancien
Logogryphe Latin , dont le mot
eft mufcatum ; & où par la diffection
du mot , on trouve mus
muftum.
mufca &
Sume caput mus ) , curram : ventrem ( ca ) conjunge
, volabo. ( mufca )
Addepedes ( tum ) , comedes , ( muſcatum ) ;
& fine ventre ( ca ) , bibes. ( muftum ).
Le premier Logogryphe François qui
ait paru dans les Mercures , fe trouve à
la fin du 2 volume de Décembre 1727 .
Il est bien fait , & le Mercure du mois
de Février 1728 , pag. 310 , lui donne
pour auteur le Marquis de la Guefnerie
en Anjou. Cependant au mois de Juillet
fuivant, M. le Clouftier d'Andely p. 1612.
prétendit que les deux premiers qui
avoient paru dans le Mercure , & qu'il
ne cite ni n'indique , font de lui.
Mais il s'en faut bien que ces premiers
Logogryphes , introduits dans les MerAVRIL.
1763. 83'
cures de France il y a environ 35 ans ,
foient les plus anciens dans notre Langue.
J'en connois un du célébre Dufrefni
qui doit avoir au moins 50 ou 60
ans. Je ne fçais s'il fut imprimé en fon
temps dans le Mercure galant : encore
moins s'il eft le doyen des Logogryphes
François ; mais au befoin , il pourroit
leur fervir de modéle. Le voici . Le
mot eft Orange.
Sans ufer de pouvoir magique ,
Mon corps entier en France ( Orange ) a deux
tiers en Afrique. ( Oran ) .
Ma tête ( Or ) n'a jamais rien entrepris en vain ;
Sans elle , en moi tout eft divin . ( Ange )
Je fuis affez propre au ruftique , ( Orge )
Quand on me veut ôter le coeur ( An )
Qu'a vu plus d'une fois renaître le Lecteur,
Mon nom bouleverfé , dangereux voisinage ,
Au Gafcon imprudent peut caufer le naufrage.
( Garone. )
D'après ce Logogryphe & quelques
autres qui ont été goûtés , on en peut
établir les régles. La plupart de celles
de l'énigme lui font communes avec le
Logogryphe , mais le Logogryphe en
a de particulières que voici.
Préfenter d'abord une énigme fort
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
courte fur le mot entier du Logogryphe.
Je dis fort courte , parce qu'elle ne doit
fervir que d'introduction aux énigmes
qui doivent fuivre , fur les divifions ou
combinaiſons du même mot.
On pourroit objecter que l'a uteur
du Logogryphe précédent ne s'eft pas
affujetti à cette régle ; & que fon début
, Mon corps entier en France , n'eſt
pas une énigme ; puifqu'on peut dire
également de toutes les villes & de tous
les lieux du Royaume Mon corps entier
en France , comme il le dit de la
ville d'Orange : mais l'auteur y a fuppléé
avantageufement en ajoutant que
ce corps entier en France a deux tiers
en Afrique : ce qui ne peut plus convenir
qu'au mot Orange , & fait deux
énigmes en un ſeul vers .
Če ne feroit pas abfolument un défaut
, que la petite énigme préparatoire
du Logogryphe fur le mot entier convînt
à deux mots différens ; puifque les
énigmes fuivantes ferviroient à reconnoître
lequel eft le véritable. Il eſt cependant
mieux que l'énigme du début
ne puiffe pas recevoir deux différentes
explications.
Après l'énigme fur le mot entier
viennent les énigmes particulières fur
AVRIL 1763. 85
il
les démembremens & les tranfpofitions
de ce mot. Voici en quoi confifte leur
mérite ; 1º. dans la clarté de l'indication
des fyllabes ou lettres qui par leurs divifions
& combinaifonsforment de nouveaux
mots & donnent lieu aux nouvelles
énigmes. Rien n'eft plus clair
que cette indication dans le Logogryphe
que nous venons de citer. Ma
tete n'a jamais rien entrepris en vain
défigne bien la pre miere fyllabe . Sans
elle en moi tout eft divin : otez Or ,
refte Ange. Les autres mots font pareillement
indiqués fans équivoque :
comme Orge en retranchant la fyllabe
du milieu An , qui fait le coeur du
mot. & c. 2°. Dans la jufteffe de ces
énigmes fubalternes , qui ne doivent
être ni trop claires ni trop bbfcures :
j'ajoute , ni trop longues pour ne pas.
fatiguer l'attention du lecteur. Si une
énigme en forme doit être courte , à
plus forte raifon la briéveté convientelle
aux énigmes dont l'affemblage compofe
le Logogryphe . Elles ont ici toutes
les conditions requife's . 3 ° . Dans le nombre
des énigmes que le mot entier renferme
dans fes divifions. Il eft clair que c'eft
un mérite de plus pour un Logogryphe
, le reſte étant égal , de contenir
86 MERCURE DE FRANCE .
un plus grand nombre d'énigmes.
Il y en a fix dans celui d'Orange ,
quoique le mot n'ait que fix lettres .
L'Auteur auroit pu en tirer un plus grand
nombre d'énigmes , puifqu'il a négligé
les mots Orage , Rage , Age , Gare ,
Argo , &c. Il a fans doute craint
de devenir trop long ou trop confus.
4°. Enfin dans l'art de referrer le
tout dans le moins d'espace poffible , en
évitant les inutilités & les longueurs .
Ici l'auteur a renfermé fes fix énigmes
en neuf vers.
Les mots les plus favorables aux Logogryphes
font ceux dans lefquels on
trouve un plus grand nombre de mots
par de fimples divifions , lefquelles font
beaucoup plus faciles à indiquer que les
tranfpofitions de lettres . Tel eft le mot
Courage , dont les fimples divifons ou
retranchemens feront trouver Cou, rage;
Cour , age; Courge , Cage , Orage. &c.
Ainfi les mots les plus longs, quoiqu'ils
fourniffent d'ordinaire un plus grand
nombre de combinaiſons , font les moins
avantageux pour un Logogryphe. Imagineroit-
on que pour en faire un , on
eût choifi un mot tel que Métamorphofe ,
d'où l'on n'en peut guères tirer d'autre
qu'en fe donnant la torture , & où pour
AVRIL. 1763.
87
e
indiquer le mot , phare , par exemple ,
il faut avertir le Lecteur de raffembler
la 8 , la 9 , la 4 , la 7 & la 2º lettre
& qu'alors il trouvera ce qni fait
lefalu des navigateurs , c'eft ce qu'on
exprimera dans le vers fuivant ou dans
quelque autre auffi harmonieux :
Huit , neuf, quatre , fept , deux : je guide le
Nocher.
C'est au choix heureux de mots de
cette espéce qu'on a l'obligation d'avoir
vû longtemps les Mercures remplis de
Logogryphes dans ce ftyle.
On s'eft enfin laffé de ce langage
barbare , & plutôt que d'indiquer les
tranfpofitions de lettres par leur numé
ro , on a pris le parti de ne les point
indiquer du tout , & de faire dire au
mot entier du Logogryphe ; vous trouverez
en moi un adverbe , une Saiſon ,
un Elément , un Saint , un Pape , un
Empereur , un fleuve , une note de mufique
, &c. fans défigner l'ordre des lettres
qui forment ces mots , ce qui eft
auffi vague & auffi confus , que l'autre
expédient étoit uniforme & faftidieux.
Si les mots trop longs font rarement
propres pour un Logogryphe , les mots
les plus courts offrent quelquefois dans
88 MERCURE DE FRANCE.
un très -petit nombre de lettres un affez
grand nombre de combinaiſons , ce
qui leur donne une forte de grace , parce
qu'on ne s'attend pas à cette fécondité.
Par exemple on vous annonce un
mot de trois lettres , dans lequel on trouve
neuf ou dix mots différens , fur lef
quels on fera neuf ou dix petites énigmes
par diverfes combinaiſons bien indiquées
en devinant le mot ail,vous ferez
furpris d'y trouver lia , ali , lai , ai,
ia , al , la , note de mufique , la , article,
là , adverbe , il article ; & li meſure itinéraire
de la Chine.
Il y a des mots tellement compofés,
qu'en retranchant fucceffivement une
deux , trois , quatre lettres , il refte toujours
un mot entier & enfin une lettre ,
lefquels peuvent fournir matière à autant
d'énigmes,& faire de tout un joli Logogryphe.
Par exemple, canon , par le retranchement
fucceffif d'une lettre , devient
anon , non , on , & la lettre n. Silex
, mot latin , eft dans le même cas ;
on y trouve ilex , lex ex & x , fans
compter file & lis. Dans Avoie , nom
d'une Sainte que porte une rue de Paris
, en fuivant la même méthode , vous
trouverez voye , vie , ie , & l'e muet. Ce
mor a cela de particulier encore , que
> >
AVRIL. 1763. 89
les cinq lettres qui le compofent, font
a , i , o , u. Ces deux derniers Logogryphes
ont été faits & donnés au Mercure
il y a quelques années.
Le mot latin adamas fournit un
exemple encore plus fingulier & peutêtre
unique. En le rognant lettre à lettre
( qu'on me permette cette expreffion )
par le commencement , il deviendra
damas , amas , mas , as & s ; & en lė
mutilant à rebours , adama , adam , ada,
( Princeffe connue dans l'hiftoire ) ad
& a ; mais cela feroit un mêlange bizarre
de mots François , Latins & Efpagnols
qu'il faudroit diftinguer , ce qui
feroit difficile & de plus cauferoit des
longueurs & de l'embrouillement.
Un mot qui a plufieurs anagrames,
peut fournir un Logogryphe par de fim
ples tranfpofitions fans retranchement.
Je connois un Logogryphe dans ce cas
dont le mot eft nacre. On y trouve par
fimple tranfpofition de lettres , crane ,
carne , écran , Nerac , Rance , ( carrière
de marbre ) & ancre. 1
Depuis quelque temps , le défaut ordinaire
des Logogryphes du Mercure
eft de n'être Logogryphes que de nom ;
puiſqu'on y dit au Lecteur préciſement
tout ce qu'il faut pour lui faire trouver
90 MERCURE DE FRANCE.
le mot fans avoir rien à deviner , ce
qui provient de ce qu'on péche contre
la feconde des quatres régles que j'ai
données plus haut & qu'au lieu de faire
des énigmes fur les parties féparées du
mot total , on exprime ces parties par
des fynonymes équivalens à leur nom .
Je n'en chercherai point la preuve plus
loin que dans le Mercure de Janvier
où fe trouve l'énigme du Fiacre. Le
mot du fecond Logogryphe eft Soif:
l'énigme fur ce mot par laquelle on
commence le Logogryphe, eft affez bien
faite , mais trop longue , puifque la
préface d'un ouvrage n'en doit pas
faire prés de la moitié. Si la lecture
de cette énigme préliminaire n'a pas
fuffi pour me faire deviner le mot
Soif, le refte va me l'indiquer fi
clairement, qu'il ne me fera pas poffible
de m'y méprendre. Je pourfuis ma lecture
& je vois que l'on m'annonce que
je trouverai dans le mot que je cherche
, 1 ° . l'objet des foins d'Argus. Eftce
là une énigme ? C'eft comine fi l'on
me difoit,vous trouverez Io ; j'écris donc
Io : voilà déja deux lettres . 2° . Certaine
note de Mufique ; rien ne m'indique encore
laquelle c'eft des fept notes ; je
laiffe donc fon nom en blanc , & je conAVRIL
1763. or
,
inue . 3 ° . Un arbriffeau des plus touf
fus , ce pourroit être if ou bien hour.
Je fufpends mon jugement. Je lis juf
qu'au bout , & le dernier vers m'apprend
que le mot entier n'a que quatre
lettres. Or j'en fçais déja deux , i & o :
je reprens où j'en étois , & je vois 4 ° .
qu'il faut trouver dans le mot entier une
vertu théologale. Laquelle des trois ?
Ce ne peut être que foi , puifque le
mot entier n'a que quatre lettres , &
que i & o que j'ai déja font du nombre .
J'écris donc foi. Je conclus auffitôt que
l'arbriffeau dont j'étois en doute ne
peut être qu'if, puifqu'il fe trouve dans
le mot foi. Il ne manque denc plus
qu'une lettre. 5. Ce dont un chien quand
il peut fe régale. Autant vaudroit dire
un os. Or dans le mot os je trouve la
lettre o que j'ai déja , & de plus la lettres
; celle -ci eft donc la quatriéme qui
me manquoit.J'écris donc os.5º.Un terme
enfin de dédain , de mépris. On ne peut
exprimer plus clairement le mot fi, que
je trouve en effet dans les mots que j'ai
déja. Les quatre lettres du mot font
donc i , o , f & f. J'y cherche la note
de mufique que j'ai laiffée en fouffrance
; & je vois que ce ne peut être que
la note fi. Il ne reste plus qu'à faire un
92 MERCURE
DE FRANCE.
mot avec les quatre lettres trouvées ¿
o,f, s. Quatre lettres ne peuvent s'ar- .
ranger que de vingt- quatre façons différentes
, dont la moitié dans le cas préfent
ne pourroit fe prononcer. Dès les
premiers effais de combinaifons , je
m'apperçois que ces quatre lettres i ,
o, f, s , ne peuvent faire que les mots
fois & foif. Ce dernier mot explique
très-bien l'énigme du début : le mot
du Logogryphe eft donc foif.Toutes ces
opérations fe font beaucoup plus promptement
qu'elles ne peuvent fe décrire ;
enforte qu'à la feconde lecture
avoir rien deviné , je reconnois évidemment
que le mot cherché eft foif, &
que tout ce qu'on m'a dit avec apparence
de mystère , fe réduit à cette propofition
, Lecteur , faites un mot françois
de ces quatre lettres , i , o , f , s ;
or je demande fi c'eft- là un Logogryphe.
J'en dirois prèfque autant de l'autre qui
fuit , dont le mot eft mode , ainfi que'
de la plupart de ceux que je vois dans
les Mercures depuis quelques années.
fans
Il est vrai que fouvent le mot a
plus de quatre lettres, & que quoiqu'elles
me foient toutes indiquées auffi clairement
que fi l'on me les eût nommées ,
il feroit long & pénible d'en compofer
AVRIL. 1763. 93
#
an feul mot.Je me contente alors d'avoir
toutes les lettres du mot, & j'abandonne
fans regret une recherche purement ennuyeuſe
, qui n'éxige que la patience de
former 120 arrangemens différens , file
mot a cinq lettres ; 720, s'il en a fix ; ſept
fois 720 ou 5047 , s'il y a fept lettres
& c,ce qui n'eft plus que l'ouvrage d'un
manoeuvre. Il n'y a que l'utilité ou l'im-
-portance de l'objet , cu une raiſon d'interêt
, qui pût faire furmonter un tra
vail auffi rebutant.
J'ai l'honneur d'être , & c.
bres de ce corps : comme dans cet ancien
Logogryphe Latin , dont le mot
eft mufcatum ; & où par la diffection
du mot , on trouve mus
muftum.
mufca &
Sume caput mus ) , curram : ventrem ( ca ) conjunge
, volabo. ( mufca )
Addepedes ( tum ) , comedes , ( muſcatum ) ;
& fine ventre ( ca ) , bibes. ( muftum ).
Le premier Logogryphe François qui
ait paru dans les Mercures , fe trouve à
la fin du 2 volume de Décembre 1727 .
Il est bien fait , & le Mercure du mois
de Février 1728 , pag. 310 , lui donne
pour auteur le Marquis de la Guefnerie
en Anjou. Cependant au mois de Juillet
fuivant, M. le Clouftier d'Andely p. 1612.
prétendit que les deux premiers qui
avoient paru dans le Mercure , & qu'il
ne cite ni n'indique , font de lui.
Mais il s'en faut bien que ces premiers
Logogryphes , introduits dans les MerAVRIL.
1763. 83'
cures de France il y a environ 35 ans ,
foient les plus anciens dans notre Langue.
J'en connois un du célébre Dufrefni
qui doit avoir au moins 50 ou 60
ans. Je ne fçais s'il fut imprimé en fon
temps dans le Mercure galant : encore
moins s'il eft le doyen des Logogryphes
François ; mais au befoin , il pourroit
leur fervir de modéle. Le voici . Le
mot eft Orange.
Sans ufer de pouvoir magique ,
Mon corps entier en France ( Orange ) a deux
tiers en Afrique. ( Oran ) .
Ma tête ( Or ) n'a jamais rien entrepris en vain ;
Sans elle , en moi tout eft divin . ( Ange )
Je fuis affez propre au ruftique , ( Orge )
Quand on me veut ôter le coeur ( An )
Qu'a vu plus d'une fois renaître le Lecteur,
Mon nom bouleverfé , dangereux voisinage ,
Au Gafcon imprudent peut caufer le naufrage.
( Garone. )
D'après ce Logogryphe & quelques
autres qui ont été goûtés , on en peut
établir les régles. La plupart de celles
de l'énigme lui font communes avec le
Logogryphe , mais le Logogryphe en
a de particulières que voici.
Préfenter d'abord une énigme fort
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
courte fur le mot entier du Logogryphe.
Je dis fort courte , parce qu'elle ne doit
fervir que d'introduction aux énigmes
qui doivent fuivre , fur les divifions ou
combinaiſons du même mot.
On pourroit objecter que l'a uteur
du Logogryphe précédent ne s'eft pas
affujetti à cette régle ; & que fon début
, Mon corps entier en France , n'eſt
pas une énigme ; puifqu'on peut dire
également de toutes les villes & de tous
les lieux du Royaume Mon corps entier
en France , comme il le dit de la
ville d'Orange : mais l'auteur y a fuppléé
avantageufement en ajoutant que
ce corps entier en France a deux tiers
en Afrique : ce qui ne peut plus convenir
qu'au mot Orange , & fait deux
énigmes en un ſeul vers .
Če ne feroit pas abfolument un défaut
, que la petite énigme préparatoire
du Logogryphe fur le mot entier convînt
à deux mots différens ; puifque les
énigmes fuivantes ferviroient à reconnoître
lequel eft le véritable. Il eſt cependant
mieux que l'énigme du début
ne puiffe pas recevoir deux différentes
explications.
Après l'énigme fur le mot entier
viennent les énigmes particulières fur
AVRIL 1763. 85
il
les démembremens & les tranfpofitions
de ce mot. Voici en quoi confifte leur
mérite ; 1º. dans la clarté de l'indication
des fyllabes ou lettres qui par leurs divifions
& combinaifonsforment de nouveaux
mots & donnent lieu aux nouvelles
énigmes. Rien n'eft plus clair
que cette indication dans le Logogryphe
que nous venons de citer. Ma
tete n'a jamais rien entrepris en vain
défigne bien la pre miere fyllabe . Sans
elle en moi tout eft divin : otez Or ,
refte Ange. Les autres mots font pareillement
indiqués fans équivoque :
comme Orge en retranchant la fyllabe
du milieu An , qui fait le coeur du
mot. & c. 2°. Dans la jufteffe de ces
énigmes fubalternes , qui ne doivent
être ni trop claires ni trop bbfcures :
j'ajoute , ni trop longues pour ne pas.
fatiguer l'attention du lecteur. Si une
énigme en forme doit être courte , à
plus forte raifon la briéveté convientelle
aux énigmes dont l'affemblage compofe
le Logogryphe . Elles ont ici toutes
les conditions requife's . 3 ° . Dans le nombre
des énigmes que le mot entier renferme
dans fes divifions. Il eft clair que c'eft
un mérite de plus pour un Logogryphe
, le reſte étant égal , de contenir
86 MERCURE DE FRANCE .
un plus grand nombre d'énigmes.
Il y en a fix dans celui d'Orange ,
quoique le mot n'ait que fix lettres .
L'Auteur auroit pu en tirer un plus grand
nombre d'énigmes , puifqu'il a négligé
les mots Orage , Rage , Age , Gare ,
Argo , &c. Il a fans doute craint
de devenir trop long ou trop confus.
4°. Enfin dans l'art de referrer le
tout dans le moins d'espace poffible , en
évitant les inutilités & les longueurs .
Ici l'auteur a renfermé fes fix énigmes
en neuf vers.
Les mots les plus favorables aux Logogryphes
font ceux dans lefquels on
trouve un plus grand nombre de mots
par de fimples divifions , lefquelles font
beaucoup plus faciles à indiquer que les
tranfpofitions de lettres . Tel eft le mot
Courage , dont les fimples divifons ou
retranchemens feront trouver Cou, rage;
Cour , age; Courge , Cage , Orage. &c.
Ainfi les mots les plus longs, quoiqu'ils
fourniffent d'ordinaire un plus grand
nombre de combinaiſons , font les moins
avantageux pour un Logogryphe. Imagineroit-
on que pour en faire un , on
eût choifi un mot tel que Métamorphofe ,
d'où l'on n'en peut guères tirer d'autre
qu'en fe donnant la torture , & où pour
AVRIL. 1763.
87
e
indiquer le mot , phare , par exemple ,
il faut avertir le Lecteur de raffembler
la 8 , la 9 , la 4 , la 7 & la 2º lettre
& qu'alors il trouvera ce qni fait
lefalu des navigateurs , c'eft ce qu'on
exprimera dans le vers fuivant ou dans
quelque autre auffi harmonieux :
Huit , neuf, quatre , fept , deux : je guide le
Nocher.
C'est au choix heureux de mots de
cette espéce qu'on a l'obligation d'avoir
vû longtemps les Mercures remplis de
Logogryphes dans ce ftyle.
On s'eft enfin laffé de ce langage
barbare , & plutôt que d'indiquer les
tranfpofitions de lettres par leur numé
ro , on a pris le parti de ne les point
indiquer du tout , & de faire dire au
mot entier du Logogryphe ; vous trouverez
en moi un adverbe , une Saiſon ,
un Elément , un Saint , un Pape , un
Empereur , un fleuve , une note de mufique
, &c. fans défigner l'ordre des lettres
qui forment ces mots , ce qui eft
auffi vague & auffi confus , que l'autre
expédient étoit uniforme & faftidieux.
Si les mots trop longs font rarement
propres pour un Logogryphe , les mots
les plus courts offrent quelquefois dans
88 MERCURE DE FRANCE.
un très -petit nombre de lettres un affez
grand nombre de combinaiſons , ce
qui leur donne une forte de grace , parce
qu'on ne s'attend pas à cette fécondité.
Par exemple on vous annonce un
mot de trois lettres , dans lequel on trouve
neuf ou dix mots différens , fur lef
quels on fera neuf ou dix petites énigmes
par diverfes combinaiſons bien indiquées
en devinant le mot ail,vous ferez
furpris d'y trouver lia , ali , lai , ai,
ia , al , la , note de mufique , la , article,
là , adverbe , il article ; & li meſure itinéraire
de la Chine.
Il y a des mots tellement compofés,
qu'en retranchant fucceffivement une
deux , trois , quatre lettres , il refte toujours
un mot entier & enfin une lettre ,
lefquels peuvent fournir matière à autant
d'énigmes,& faire de tout un joli Logogryphe.
Par exemple, canon , par le retranchement
fucceffif d'une lettre , devient
anon , non , on , & la lettre n. Silex
, mot latin , eft dans le même cas ;
on y trouve ilex , lex ex & x , fans
compter file & lis. Dans Avoie , nom
d'une Sainte que porte une rue de Paris
, en fuivant la même méthode , vous
trouverez voye , vie , ie , & l'e muet. Ce
mor a cela de particulier encore , que
> >
AVRIL. 1763. 89
les cinq lettres qui le compofent, font
a , i , o , u. Ces deux derniers Logogryphes
ont été faits & donnés au Mercure
il y a quelques années.
Le mot latin adamas fournit un
exemple encore plus fingulier & peutêtre
unique. En le rognant lettre à lettre
( qu'on me permette cette expreffion )
par le commencement , il deviendra
damas , amas , mas , as & s ; & en lė
mutilant à rebours , adama , adam , ada,
( Princeffe connue dans l'hiftoire ) ad
& a ; mais cela feroit un mêlange bizarre
de mots François , Latins & Efpagnols
qu'il faudroit diftinguer , ce qui
feroit difficile & de plus cauferoit des
longueurs & de l'embrouillement.
Un mot qui a plufieurs anagrames,
peut fournir un Logogryphe par de fim
ples tranfpofitions fans retranchement.
Je connois un Logogryphe dans ce cas
dont le mot eft nacre. On y trouve par
fimple tranfpofition de lettres , crane ,
carne , écran , Nerac , Rance , ( carrière
de marbre ) & ancre. 1
Depuis quelque temps , le défaut ordinaire
des Logogryphes du Mercure
eft de n'être Logogryphes que de nom ;
puiſqu'on y dit au Lecteur préciſement
tout ce qu'il faut pour lui faire trouver
90 MERCURE DE FRANCE.
le mot fans avoir rien à deviner , ce
qui provient de ce qu'on péche contre
la feconde des quatres régles que j'ai
données plus haut & qu'au lieu de faire
des énigmes fur les parties féparées du
mot total , on exprime ces parties par
des fynonymes équivalens à leur nom .
Je n'en chercherai point la preuve plus
loin que dans le Mercure de Janvier
où fe trouve l'énigme du Fiacre. Le
mot du fecond Logogryphe eft Soif:
l'énigme fur ce mot par laquelle on
commence le Logogryphe, eft affez bien
faite , mais trop longue , puifque la
préface d'un ouvrage n'en doit pas
faire prés de la moitié. Si la lecture
de cette énigme préliminaire n'a pas
fuffi pour me faire deviner le mot
Soif, le refte va me l'indiquer fi
clairement, qu'il ne me fera pas poffible
de m'y méprendre. Je pourfuis ma lecture
& je vois que l'on m'annonce que
je trouverai dans le mot que je cherche
, 1 ° . l'objet des foins d'Argus. Eftce
là une énigme ? C'eft comine fi l'on
me difoit,vous trouverez Io ; j'écris donc
Io : voilà déja deux lettres . 2° . Certaine
note de Mufique ; rien ne m'indique encore
laquelle c'eft des fept notes ; je
laiffe donc fon nom en blanc , & je conAVRIL
1763. or
,
inue . 3 ° . Un arbriffeau des plus touf
fus , ce pourroit être if ou bien hour.
Je fufpends mon jugement. Je lis juf
qu'au bout , & le dernier vers m'apprend
que le mot entier n'a que quatre
lettres. Or j'en fçais déja deux , i & o :
je reprens où j'en étois , & je vois 4 ° .
qu'il faut trouver dans le mot entier une
vertu théologale. Laquelle des trois ?
Ce ne peut être que foi , puifque le
mot entier n'a que quatre lettres , &
que i & o que j'ai déja font du nombre .
J'écris donc foi. Je conclus auffitôt que
l'arbriffeau dont j'étois en doute ne
peut être qu'if, puifqu'il fe trouve dans
le mot foi. Il ne manque denc plus
qu'une lettre. 5. Ce dont un chien quand
il peut fe régale. Autant vaudroit dire
un os. Or dans le mot os je trouve la
lettre o que j'ai déja , & de plus la lettres
; celle -ci eft donc la quatriéme qui
me manquoit.J'écris donc os.5º.Un terme
enfin de dédain , de mépris. On ne peut
exprimer plus clairement le mot fi, que
je trouve en effet dans les mots que j'ai
déja. Les quatre lettres du mot font
donc i , o , f & f. J'y cherche la note
de mufique que j'ai laiffée en fouffrance
; & je vois que ce ne peut être que
la note fi. Il ne reste plus qu'à faire un
92 MERCURE
DE FRANCE.
mot avec les quatre lettres trouvées ¿
o,f, s. Quatre lettres ne peuvent s'ar- .
ranger que de vingt- quatre façons différentes
, dont la moitié dans le cas préfent
ne pourroit fe prononcer. Dès les
premiers effais de combinaifons , je
m'apperçois que ces quatre lettres i ,
o, f, s , ne peuvent faire que les mots
fois & foif. Ce dernier mot explique
très-bien l'énigme du début : le mot
du Logogryphe eft donc foif.Toutes ces
opérations fe font beaucoup plus promptement
qu'elles ne peuvent fe décrire ;
enforte qu'à la feconde lecture
avoir rien deviné , je reconnois évidemment
que le mot cherché eft foif, &
que tout ce qu'on m'a dit avec apparence
de mystère , fe réduit à cette propofition
, Lecteur , faites un mot françois
de ces quatre lettres , i , o , f , s ;
or je demande fi c'eft- là un Logogryphe.
J'en dirois prèfque autant de l'autre qui
fuit , dont le mot eft mode , ainfi que'
de la plupart de ceux que je vois dans
les Mercures depuis quelques années.
fans
Il est vrai que fouvent le mot a
plus de quatre lettres, & que quoiqu'elles
me foient toutes indiquées auffi clairement
que fi l'on me les eût nommées ,
il feroit long & pénible d'en compofer
AVRIL. 1763. 93
#
an feul mot.Je me contente alors d'avoir
toutes les lettres du mot, & j'abandonne
fans regret une recherche purement ennuyeuſe
, qui n'éxige que la patience de
former 120 arrangemens différens , file
mot a cinq lettres ; 720, s'il en a fix ; ſept
fois 720 ou 5047 , s'il y a fept lettres
& c,ce qui n'eft plus que l'ouvrage d'un
manoeuvre. Il n'y a que l'utilité ou l'im-
-portance de l'objet , cu une raiſon d'interêt
, qui pût faire furmonter un tra
vail auffi rebutant.
J'ai l'honneur d'être , & c.
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure Sur les ÉNIGMES & les LOGOGRYPHES,
Le texte traite des logogryphes, des énigmes basées sur la manipulation des mots. Il commence par mentionner un ancien logogryphe latin et le premier logogryphe français publié dans les Mercures en décembre 1727, attribué au Marquis de la Guésnerie. Cependant, le Clouftier d'Andely a revendiqué la paternité des premiers logogryphes parus dans le Mercure. Le texte présente ensuite un logogryphe du célèbre Dufresny, daté d'au moins 50 à 60 ans avant la publication, utilisant le mot 'Orange'. Il explique les règles des logogryphes, soulignant l'importance d'une énigme introductive courte et claire, suivie d'énigmes sur les divisions et combinaisons du mot. Le texte critique les logogryphes récents du Mercure, les jugeant trop explicites et manquant de mystère. Il conclut en mentionnant des exemples de mots favorables aux logogryphes et des erreurs courantes dans leur composition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16031
p. 93-96
LETTRE au même sur l'Etablissement d'un Bureau de Consultations pour les PAUVRES.
Début :
ON. trouve, Monsieur, dans le Mercure de Fevrier 1763. l'extrait d'une [...]
Mots clefs :
Consultations , Pauvres, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE au même sur l'Etablissement d'un Bureau de Consultations pour les PAUVRES.
LETTRE au même fur l'Etabliſſement
d'un Bureau de Confultations pour
les PAUVRES.
ON
>
N. trouve , Monfieur , dans le Mercure
de Fevrier 1763. l'extrait d'une
Lettre de M. Marin Cenfeur Royal
qui contient un projet auquel on ne
peut donner trop d'éloges. Il s'agit de
I'Etabliffement d'un Bureau de Con-
-fultations pour les Pauvres . En attendant
que le plan propofé par l'Auteur
puiffe recevoir fon entiere exécution
, le bien public & la juftice due
à l'ordre des Avocats du Parlement de
་
94 MERCURE DE FRANCE.
Paris , femblent éxiger que l'on faff
mention des Confultations de charité,
qui fe donnent tout les Mercredis , dans
leur Bibliothéque , fituée première Cour
de l'Archevêché. L'affemblée eft compofée
de fix ou huit' Avocats , qui font
invités de s'y trouver par une Lettre
de M. le Premier Avocat Général .
Ces Meffieurs écoutent tout ce que les
Pauvres viennent leur expofer ; ils éxaminent
les piéces qui leur font préfentées
; & lorfque les queftions ne font
pas d'une trop longue difcuffion , ils
délivrent fur le champ une confultation
fignée de tous les Affiftans. Si l'affaire
éxige un ample éxamen , on diftribue
les piéces à quelqu'un de la compagnie,
qui fe charge d'en faire le rapport dans
une autre Affemblée.
Vous voyez par-là , Monfieur , qu'il
ne s'agiroit que d'étendre les reffources
de l'Etabliffement déja formé , pour
remplir les vues de M. Marin. Les Confultans
, les livres , le lieu d'aſſemblée
fubfiftent ainfi tous les nouveaux fecours
que des Citoyens généreux voudroient
fournir , pourroient être employés
à la pourfuite des droits reconnus
légitimes,des malheureux qui ne feroient
pas en état d'en avancer les frais.
:
Qu'il me foit permis d'ajouter ici une
AVRIL 1763 . 95
bfervation qui intéreffe également le
-repos des familles , & dont l'objet pourroit
être du reffort de cette Affemblée
refpectable. Ne feroit-il pas poffible de
mettre un frein à la paffion de ces Plaideurs
entêtés qui, malgré l'évidence d'une
mauvaife caufe , ont la funefte manie
de fufciter des procès injuftes avec
d'autant plus de hardieffe , qu'ils n'ont
rien à perdre ? De là il arrive fouvent
qu'un Père de famille , très-malaifé luimême
, fe trouve forcé d'avancer pour
fa défenfe , des fommes qui feront à
jamais perdues pour lui , attendu l'infolvabilité
de fon Adverfaire . Les Etrangers
& les Dévolutaires font obligés en
pareil cas de donner une caution pour
la fureté du recouvrement des frais
que l'on appelle Cautio judicatum folvi.
On pourroit en étendre l'obligation
aux Plaideurs dont je parle , & rendre
le Bureau des Confultations Juge des
cas où cette précaution feroit néceffaire.
S'il eft trifte de ne pouvoir pas obtenir
la reftitution d'un bien far lequel on a
des droits , faute d'être en état d'avancer
quelques argent pour les faire valoir
, il n'eft pas moins fâcheux de perdre
une partie de fa fortune par la né
ceffité de repouffer les atteintes d'un
.
96 MERCURE DE FRANCE.
aggreffeur injufte , fur lequel il n'y
rien à recouvrer.
J'ai l'honneur d'être & c.
Ce 26 Février 1763.
d'un Bureau de Confultations pour
les PAUVRES.
ON
>
N. trouve , Monfieur , dans le Mercure
de Fevrier 1763. l'extrait d'une
Lettre de M. Marin Cenfeur Royal
qui contient un projet auquel on ne
peut donner trop d'éloges. Il s'agit de
I'Etabliffement d'un Bureau de Con-
-fultations pour les Pauvres . En attendant
que le plan propofé par l'Auteur
puiffe recevoir fon entiere exécution
, le bien public & la juftice due
à l'ordre des Avocats du Parlement de
་
94 MERCURE DE FRANCE.
Paris , femblent éxiger que l'on faff
mention des Confultations de charité,
qui fe donnent tout les Mercredis , dans
leur Bibliothéque , fituée première Cour
de l'Archevêché. L'affemblée eft compofée
de fix ou huit' Avocats , qui font
invités de s'y trouver par une Lettre
de M. le Premier Avocat Général .
Ces Meffieurs écoutent tout ce que les
Pauvres viennent leur expofer ; ils éxaminent
les piéces qui leur font préfentées
; & lorfque les queftions ne font
pas d'une trop longue difcuffion , ils
délivrent fur le champ une confultation
fignée de tous les Affiftans. Si l'affaire
éxige un ample éxamen , on diftribue
les piéces à quelqu'un de la compagnie,
qui fe charge d'en faire le rapport dans
une autre Affemblée.
Vous voyez par-là , Monfieur , qu'il
ne s'agiroit que d'étendre les reffources
de l'Etabliffement déja formé , pour
remplir les vues de M. Marin. Les Confultans
, les livres , le lieu d'aſſemblée
fubfiftent ainfi tous les nouveaux fecours
que des Citoyens généreux voudroient
fournir , pourroient être employés
à la pourfuite des droits reconnus
légitimes,des malheureux qui ne feroient
pas en état d'en avancer les frais.
:
Qu'il me foit permis d'ajouter ici une
AVRIL 1763 . 95
bfervation qui intéreffe également le
-repos des familles , & dont l'objet pourroit
être du reffort de cette Affemblée
refpectable. Ne feroit-il pas poffible de
mettre un frein à la paffion de ces Plaideurs
entêtés qui, malgré l'évidence d'une
mauvaife caufe , ont la funefte manie
de fufciter des procès injuftes avec
d'autant plus de hardieffe , qu'ils n'ont
rien à perdre ? De là il arrive fouvent
qu'un Père de famille , très-malaifé luimême
, fe trouve forcé d'avancer pour
fa défenfe , des fommes qui feront à
jamais perdues pour lui , attendu l'infolvabilité
de fon Adverfaire . Les Etrangers
& les Dévolutaires font obligés en
pareil cas de donner une caution pour
la fureté du recouvrement des frais
que l'on appelle Cautio judicatum folvi.
On pourroit en étendre l'obligation
aux Plaideurs dont je parle , & rendre
le Bureau des Confultations Juge des
cas où cette précaution feroit néceffaire.
S'il eft trifte de ne pouvoir pas obtenir
la reftitution d'un bien far lequel on a
des droits , faute d'être en état d'avancer
quelques argent pour les faire valoir
, il n'eft pas moins fâcheux de perdre
une partie de fa fortune par la né
ceffité de repouffer les atteintes d'un
.
96 MERCURE DE FRANCE.
aggreffeur injufte , fur lequel il n'y
rien à recouvrer.
J'ai l'honneur d'être & c.
Ce 26 Février 1763.
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Résumé : LETTRE au même sur l'Etablissement d'un Bureau de Consultations pour les PAUVRES.
La lettre traite de la création d'un Bureau de Consultations pour les Pauvres, un projet annoncé dans le Mercure de février 1763 par M. Marin. Ce projet offre des consultations juridiques gratuites aux personnes démunies. Actuellement, des consultations de charité se tiennent chaque mercredi à la bibliothèque du Parlement de Paris, avec la participation de six à huit avocats invités par le Premier Avocat Général. Ces avocats écoutent les problèmes des pauvres, examinent les pièces présentées et délivrent des consultations signées par tous les assistants. Si une affaire nécessite un examen approfondi, les pièces sont distribuées à un membre de la compagnie pour un rapport ultérieur. L'auteur propose d'étendre cet établissement pour répondre pleinement aux vues de M. Marin. Il suggère également de mettre un frein aux plaideurs entêtés qui suscitent des procès injustes en les obligeant à fournir une caution pour le recouvrement des frais, similaire à la Cautio judicatum solvi exigée des étrangers et des dévolutaires. Cela protégerait les familles contre les pertes financières dues à des procès inutiles.
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16032
p. 96-97
LETTRE à l'Auteur du MERCURE, sur une INSCRIPTION.
Début :
PERMETTEZ-MOI de m'adresser à vous, Monsieur, pour demander des [...]
Mots clefs :
Inscription, Maison, Démolition, Sculptures
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du MERCURE, sur une INSCRIPTION.
LETTRE à l'Auteur du MERCURE ,
fur une INSCRIPTION.
PERMETTEZ-MOI de m'adreſſer à
vous , Monfieur , pour demander des
éclairciffemens fur l'Infcription fuivante
, aux perfonnes qui font verfées dans
la connoiffance des Antiquités & des
Monumens de Paris.
On a reconſtruit depuis un an ou deux
la façade d'une maifon fituée rue S. Martin
, vis-à- vis l'Eglife de S. Julien des
Ménétriers, Avant la démolition , la porte
d'entrée de cette maifon , quoique
de moyenne grandeur , étoit ornée de
fculptures ; & au milieu des figures &
des ornemens , il y avoit au-deffus de
la porte un marbre noir fur lequel
étoient infcrits en lettres d'or ces deux
vers de Juvénal :
Summum crede nefas animam præferre pudori,
Et propter vitam vivendi perdere caufas.
3
II
AVRIL. 1763. *
97
Il s'agiroit de fçavoir quel peut avoir
été le fujet & le motif de cette Infcription
intéreffante , dont il me femble
utile de conferver le fouvenir,
J'ai l'honneur d'être , & c.
Mars 1763.
fur une INSCRIPTION.
PERMETTEZ-MOI de m'adreſſer à
vous , Monfieur , pour demander des
éclairciffemens fur l'Infcription fuivante
, aux perfonnes qui font verfées dans
la connoiffance des Antiquités & des
Monumens de Paris.
On a reconſtruit depuis un an ou deux
la façade d'une maifon fituée rue S. Martin
, vis-à- vis l'Eglife de S. Julien des
Ménétriers, Avant la démolition , la porte
d'entrée de cette maifon , quoique
de moyenne grandeur , étoit ornée de
fculptures ; & au milieu des figures &
des ornemens , il y avoit au-deffus de
la porte un marbre noir fur lequel
étoient infcrits en lettres d'or ces deux
vers de Juvénal :
Summum crede nefas animam præferre pudori,
Et propter vitam vivendi perdere caufas.
3
II
AVRIL. 1763. *
97
Il s'agiroit de fçavoir quel peut avoir
été le fujet & le motif de cette Infcription
intéreffante , dont il me femble
utile de conferver le fouvenir,
J'ai l'honneur d'être , & c.
Mars 1763.
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du MERCURE, sur une INSCRIPTION.
En mars 1763, une lettre demande des éclaircissements sur une inscription découverte lors de la reconstruction d'une maison rue Saint-Martin. Cette inscription, sur un marbre noir, portait deux vers de Juvénal au-dessus de la porte sculptée. L'auteur souhaite connaître le sujet et le motif de cette inscription.
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16033
p. 97-99
HISTOIRE POÉTIQUE tirée des Poëtes François ; par M. l'ABBE B... à Paris chez Nyon, Libraire, quai des Augustins, près le Pont Saint Michel, à l'Occasion ; 1763 ; un volume petit in-12. Avec Approbation & Privilége du Roi.
Début :
L'AUTEUR de ce petit ouvrage, aussi agréable que nécessaire pour l'intelligence [...]
Mots clefs :
Fable, Mythologie, Parnasse, Style
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texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE POÉTIQUE tirée des Poëtes François ; par M. l'ABBE B... à Paris chez Nyon, Libraire, quai des Augustins, près le Pont Saint Michel, à l'Occasion ; 1763 ; un volume petit in-12. Avec Approbation & Privilége du Roi.
HISTOIRE POÉTIQUE
tirée des
Poëtes François ; par M. l'ABBE
B... à Paris chez Nyon , Libraire ,
quai des Auguftins , près le Pont
Saint Michel, à l'Occafion ; 1763 ;
un volume petit in- 12. Avec Approbation
& Privilége du Roi.
L'AUTEUR de ce petit ouvrage , auffi
agréable que néceffaire pour l'intelligence
de la Fable , ne s'eft pas borné
à une fimple expofition de la Mythologie.
Il la met , pour ainfi dire ,
en action ; tout femble fe produire &
agir fous les yeux du Lecteur ; & ,
pour entrer dans quelque détail , on
croit être le temoin des Scènes tragiques
qui affligerent la Ville de Thèbes ;
I. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
>
on croit fe trouver en perfonne au
fiége de Troye ; ce morceau furtout
réunit à la fois , l'intérêt , la force &
la précifion . MM . Corneille , Racine ,
Rouffeau , de la Motte Crébillon
Fontenelle , de Voltaire , Greffet , &c ,
ont fourni les traits de ce tableau. Ce
font ces mêmes Poëtes avec Malherbe
Quinaut , la Foffe , Voiture , Moliere,
Boileau , Campiftron , Danchet , la
Grange , & tout ce que nous avons
eu de plus diftingué fur notre Parnaffe ,
qui ont été la fource où l'Auteur a
puifé la partie agréable de cette hiftoire
doublement poëtique , puifqu'elle
offre tous les traits de la Fable fous
les charmes de la Poëfie . Cette idée
nous a paru très - heureuſe & nous
ofons dire que l'Auteur l'a parfaitement
exécutée. C'eft au Public d'af
furer le fuccès d'un Ouvrage dont l'utilité
ne doit point tarder à fe faire fentir.
Outre les morceaux en Vers dont
nous venons de parler , chaque trait de
la Mythologie eft expliqué en Profe par
l'Auteur , de manière à faire mieux fentir
les morceaux en Vers qui lui fuccédent
, & forment avec cette profe
un tout agréable & piquant . Le ftyle en
eft clair , précis , naturel & foutenu
›
BIBLIO
LYO
THEQUE
99
en-
AVRIL. 1763 .
d'un ton d'intérêt , propre à fixer
tion des jeunes Lecteurs auxquels ce Livre
eft deſtiné. Tout y eft épuré avec
un foin porté jufqu'au fcrupule , & qui
auroit pu nuire à l'Ouvrage ,
attention n'eût pas dû emporter néceffairement
la préférence .
tirée des
Poëtes François ; par M. l'ABBE
B... à Paris chez Nyon , Libraire ,
quai des Auguftins , près le Pont
Saint Michel, à l'Occafion ; 1763 ;
un volume petit in- 12. Avec Approbation
& Privilége du Roi.
L'AUTEUR de ce petit ouvrage , auffi
agréable que néceffaire pour l'intelligence
de la Fable , ne s'eft pas borné
à une fimple expofition de la Mythologie.
Il la met , pour ainfi dire ,
en action ; tout femble fe produire &
agir fous les yeux du Lecteur ; & ,
pour entrer dans quelque détail , on
croit être le temoin des Scènes tragiques
qui affligerent la Ville de Thèbes ;
I. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
>
on croit fe trouver en perfonne au
fiége de Troye ; ce morceau furtout
réunit à la fois , l'intérêt , la force &
la précifion . MM . Corneille , Racine ,
Rouffeau , de la Motte Crébillon
Fontenelle , de Voltaire , Greffet , &c ,
ont fourni les traits de ce tableau. Ce
font ces mêmes Poëtes avec Malherbe
Quinaut , la Foffe , Voiture , Moliere,
Boileau , Campiftron , Danchet , la
Grange , & tout ce que nous avons
eu de plus diftingué fur notre Parnaffe ,
qui ont été la fource où l'Auteur a
puifé la partie agréable de cette hiftoire
doublement poëtique , puifqu'elle
offre tous les traits de la Fable fous
les charmes de la Poëfie . Cette idée
nous a paru très - heureuſe & nous
ofons dire que l'Auteur l'a parfaitement
exécutée. C'eft au Public d'af
furer le fuccès d'un Ouvrage dont l'utilité
ne doit point tarder à fe faire fentir.
Outre les morceaux en Vers dont
nous venons de parler , chaque trait de
la Mythologie eft expliqué en Profe par
l'Auteur , de manière à faire mieux fentir
les morceaux en Vers qui lui fuccédent
, & forment avec cette profe
un tout agréable & piquant . Le ftyle en
eft clair , précis , naturel & foutenu
›
BIBLIO
LYO
THEQUE
99
en-
AVRIL. 1763 .
d'un ton d'intérêt , propre à fixer
tion des jeunes Lecteurs auxquels ce Livre
eft deſtiné. Tout y eft épuré avec
un foin porté jufqu'au fcrupule , & qui
auroit pu nuire à l'Ouvrage ,
attention n'eût pas dû emporter néceffairement
la préférence .
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Résumé : HISTOIRE POÉTIQUE tirée des Poëtes François ; par M. l'ABBE B... à Paris chez Nyon, Libraire, quai des Augustins, près le Pont Saint Michel, à l'Occasion ; 1763 ; un volume petit in-12. Avec Approbation & Privilége du Roi.
L'ouvrage 'Histoire poétique tirée des Poëtes François' a été publié à Paris en 1763 par l'Abbé B. chez Nyon, Libraire. Ce livre, approuvé et privilégié par le Roi, est un petit volume in-12. L'auteur ne se limite pas à une simple exposition de la Mythologie ; il la met en action, permettant au lecteur de visualiser des scènes tragiques comme celles de Thèbes ou du siège de Troye. L'ouvrage intègre des traits des grands poètes français tels que Corneille, Racine, Rousseau, La Motte, Crébillon, Fontenelle, Voltaire, et d'autres. Il combine les éléments de la fable avec les charmes de la poésie, offrant ainsi une histoire doublement poétique. Chaque trait de la Mythologie est expliqué en prose par l'auteur, enrichissant la compréhension des morceaux en vers. Le style est clair, précis, naturel et soutenu, adapté pour captiver les jeunes lecteurs. L'ouvrage est épuré avec un soin extrême, évitant tout élément qui pourrait nuire à son utilité et à son succès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16034
p. 99-103
DE LA SANTÉ, Ouvrage utile à tout le monde ; par M. l'Abbé JAQUİN ; chez Durand, Libraire, rue du Foin ; seconde édition ; 1763. 1 vol . in- 12.
Début :
NOUS ne fimes qu'annoncer la premiere édition de cet Ouvrage utile [...]
Mots clefs :
Santé, Maladie, Tempéraments, Climats, Saisons, Tabac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LA SANTÉ, Ouvrage utile à tout le monde ; par M. l'Abbé JAQUİN ; chez Durand, Libraire, rue du Foin ; seconde édition ; 1763. 1 vol . in- 12.
DE LA SANTÉ , Ouvrage utile à tout
le monde ; par M. l'Abbé JAQUİN ;
chez Durand, Libraire , rue du Foin ;
feconde édition ; 1763. 1 vol . in- 12.
NOUS ous ne fimes qu'annoncer la premiere
édition de cet Ouvrage utile
dont nous promîmes un extrait plus
étendu. Aujourd'hui qu'on vient d'en
publier une édition nouvelle , nous faififfons
cette occafion de le rappeller à
nos Lecteurs , tous intéreffés à le connoître.
Il n'eft pas queftion ici de recouvrer
fa fanté lorfqu'on a eu le malheur
de la perdre , mais de la conferver
, lorfqu'on a l'avantage d'en jouir.
Ce n'est guères que dans les horreurs
de la maladie , que l'on connoît le bonheur
de fe bien porter. Que de regrets
alors fur les excès qui ont empoifon-
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
né les douceurs de nos jours ! C'eft dans
cet Ouvrage que l'on apprendra à les
prévenir. L'Auteur ne préfcrit pas également
à tout le monde les mêmes préceptes
; & avant que de donner fes règles
de fanté , il éxamine les nuances différentes
qui diftinguent chaque individu.
La différence des tempéramens eft
donc d'abord un des points effentiels
fur lefquels il porte fes regards ; il préfcrit
, pour chaque tempérament , les règles
les plus convenables au but qu'il
fe propofe.
,
De l'éxamen des tempéramens, il s'attache
à celui de l'air , des vents des
climats , des faifons & au choix d'une
habitation , toutes chofes néceffaires à
la fanté , & dont il eft , par conféquent ,
très- utile de bien connoître la nature
& les propriétés. De- là l'Auteur paffe aux
alimens dont il fait connoître les diverfes
qualités , & leur influence fur les différens
tempéramens. Ce Chapitre offre
des détails très - inftructifs , & dont on
la fanté les plus grands peut tirer pour
avantages. Le fommeil , l'éxercice du
corps , les éxcrétions & fécrétions font
la matière des trois Chapitres fuivans.
Nous n'en citerons que quelques traits
concernant le tabac. Cette plante n'eft
AVRIL. 1763.
ION
>>
regardée par la plupart de ceux qui en
» font ufage , que comme un pafletemps
agréable & indifférent pour la
» fanté ; mais ils fe trompent. Une pou-
» dre qui irrite & ébranle le 'cerveau ,
» peut- elle paffer pour indifférente ?
" Que le tabac , avec tous fes défagré-
» mens , fa malproprété & fes dangers ,
» fe foit introduit chez le François , cet
» efclave avide de la mode , c'eft ce que
» j'imagine affez facilement. Mais qu'il
ait pu fe perpétuer depuis plus d'un
» fiécle , & parvenir au point de faveur
» où nous le voyons chez ce Peuple
» fi inconftant , c'est ce que je ne con-
» çois pas. Préfenté par l'avidité du
» commerçant , adopté par la mode , for-
» tifié par quelques effets que la bétoine
» auroit opérés , foutenu par la politi-
» que , vanté par le Financier , devenu
» enfin un amufement pour la pareffe
» & une reffource pour la converfation ,
» il eft actuellement au rang de ces be-
» foins de fantaifie , dont on fe prive-
» roit plus difficilement que de réels .
» Mais comment quitter le tabac , dit- on ,
quand on en a une fois pris l'habitude
? n'eft- ce pas s'expoſer à beaucoup
» d'inconvéniens ? il eft un moyen bien
» für pour en ceffer l'ufage fans en être
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
» incommodé ; c'eft de le ceffer peu-à-
» peu.... Quand on veut le quitter , il
» eft bon de commencer dans l'été
» temps où les humeurs fe diffipent facilement
par la tranfpiration infenfible .
" Que les parens capables d'apprécier
» ces réfléxions , apportent toute leur
» attention , pour empêcher leurs enfans
» de contracter une habitude au moins
» inutile , ſouvent dangereufe,& toujours
» onéreufe par le prix du tabac , pour le
» Peuple qui en fume & qui en prend
en poudre .
On voit par cette citation le ton agréable
qui régne dans cet Ouvrage , & la
manière d'écrire de M. l'Abbé Jaquin ,
qui ne peut manquer de lui concilier le
fuffrage de fes Lecteurs , lors même qu'il
combat leurs habitudes & leurs goûts.
Les quatre derniers Chapitres de ce
Volume traitent de la propreté des différens
féxes , âges & états , des caufes
morales qui influent fur la fanté , telles
que les paffions & les affections de l'ame ;
& enfin des dangers auxquels on s'expofe
quand on fait des remédes fans
néceffité. On voit que l'Auteur s'eft
éxactement renfermé dans fon objet ; &
les régles qu'il donne font établies fur
les principes les plus fimples de la PhyAVRIL.
1763. 103
fique , fur les obfervations les plus conftatées
, & fur les expériences les plus
invariables. Il a faifi fcrupuleufement
les plus petits détails ; dans une matière
auffi intéreffante , ils ne peuvent
être regardés comme minucieux. Enfin
on s'apperçoit que le bien public à
été fon unique objet ; & c'eft l'avoir
rempli , que d'offrir des préceptes do
fanté convenables à tous les Lecteurs.
le monde ; par M. l'Abbé JAQUİN ;
chez Durand, Libraire , rue du Foin ;
feconde édition ; 1763. 1 vol . in- 12.
NOUS ous ne fimes qu'annoncer la premiere
édition de cet Ouvrage utile
dont nous promîmes un extrait plus
étendu. Aujourd'hui qu'on vient d'en
publier une édition nouvelle , nous faififfons
cette occafion de le rappeller à
nos Lecteurs , tous intéreffés à le connoître.
Il n'eft pas queftion ici de recouvrer
fa fanté lorfqu'on a eu le malheur
de la perdre , mais de la conferver
, lorfqu'on a l'avantage d'en jouir.
Ce n'est guères que dans les horreurs
de la maladie , que l'on connoît le bonheur
de fe bien porter. Que de regrets
alors fur les excès qui ont empoifon-
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
né les douceurs de nos jours ! C'eft dans
cet Ouvrage que l'on apprendra à les
prévenir. L'Auteur ne préfcrit pas également
à tout le monde les mêmes préceptes
; & avant que de donner fes règles
de fanté , il éxamine les nuances différentes
qui diftinguent chaque individu.
La différence des tempéramens eft
donc d'abord un des points effentiels
fur lefquels il porte fes regards ; il préfcrit
, pour chaque tempérament , les règles
les plus convenables au but qu'il
fe propofe.
,
De l'éxamen des tempéramens, il s'attache
à celui de l'air , des vents des
climats , des faifons & au choix d'une
habitation , toutes chofes néceffaires à
la fanté , & dont il eft , par conféquent ,
très- utile de bien connoître la nature
& les propriétés. De- là l'Auteur paffe aux
alimens dont il fait connoître les diverfes
qualités , & leur influence fur les différens
tempéramens. Ce Chapitre offre
des détails très - inftructifs , & dont on
la fanté les plus grands peut tirer pour
avantages. Le fommeil , l'éxercice du
corps , les éxcrétions & fécrétions font
la matière des trois Chapitres fuivans.
Nous n'en citerons que quelques traits
concernant le tabac. Cette plante n'eft
AVRIL. 1763.
ION
>>
regardée par la plupart de ceux qui en
» font ufage , que comme un pafletemps
agréable & indifférent pour la
» fanté ; mais ils fe trompent. Une pou-
» dre qui irrite & ébranle le 'cerveau ,
» peut- elle paffer pour indifférente ?
" Que le tabac , avec tous fes défagré-
» mens , fa malproprété & fes dangers ,
» fe foit introduit chez le François , cet
» efclave avide de la mode , c'eft ce que
» j'imagine affez facilement. Mais qu'il
ait pu fe perpétuer depuis plus d'un
» fiécle , & parvenir au point de faveur
» où nous le voyons chez ce Peuple
» fi inconftant , c'est ce que je ne con-
» çois pas. Préfenté par l'avidité du
» commerçant , adopté par la mode , for-
» tifié par quelques effets que la bétoine
» auroit opérés , foutenu par la politi-
» que , vanté par le Financier , devenu
» enfin un amufement pour la pareffe
» & une reffource pour la converfation ,
» il eft actuellement au rang de ces be-
» foins de fantaifie , dont on fe prive-
» roit plus difficilement que de réels .
» Mais comment quitter le tabac , dit- on ,
quand on en a une fois pris l'habitude
? n'eft- ce pas s'expoſer à beaucoup
» d'inconvéniens ? il eft un moyen bien
» für pour en ceffer l'ufage fans en être
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
» incommodé ; c'eft de le ceffer peu-à-
» peu.... Quand on veut le quitter , il
» eft bon de commencer dans l'été
» temps où les humeurs fe diffipent facilement
par la tranfpiration infenfible .
" Que les parens capables d'apprécier
» ces réfléxions , apportent toute leur
» attention , pour empêcher leurs enfans
» de contracter une habitude au moins
» inutile , ſouvent dangereufe,& toujours
» onéreufe par le prix du tabac , pour le
» Peuple qui en fume & qui en prend
en poudre .
On voit par cette citation le ton agréable
qui régne dans cet Ouvrage , & la
manière d'écrire de M. l'Abbé Jaquin ,
qui ne peut manquer de lui concilier le
fuffrage de fes Lecteurs , lors même qu'il
combat leurs habitudes & leurs goûts.
Les quatre derniers Chapitres de ce
Volume traitent de la propreté des différens
féxes , âges & états , des caufes
morales qui influent fur la fanté , telles
que les paffions & les affections de l'ame ;
& enfin des dangers auxquels on s'expofe
quand on fait des remédes fans
néceffité. On voit que l'Auteur s'eft
éxactement renfermé dans fon objet ; &
les régles qu'il donne font établies fur
les principes les plus fimples de la PhyAVRIL.
1763. 103
fique , fur les obfervations les plus conftatées
, & fur les expériences les plus
invariables. Il a faifi fcrupuleufement
les plus petits détails ; dans une matière
auffi intéreffante , ils ne peuvent
être regardés comme minucieux. Enfin
on s'apperçoit que le bien public à
été fon unique objet ; & c'eft l'avoir
rempli , que d'offrir des préceptes do
fanté convenables à tous les Lecteurs.
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Résumé : DE LA SANTÉ, Ouvrage utile à tout le monde ; par M. l'Abbé JAQUİN ; chez Durand, Libraire, rue du Foin ; seconde édition ; 1763. 1 vol . in- 12.
L'ouvrage 'De la Santé' de l'Abbé Jaquin, publié en 1763, se concentre sur la prévention des maladies plutôt que sur leur traitement. L'auteur met en avant l'importance de prévenir les excès qui peuvent nuire à la santé. Il adapte ses recommandations aux particularités individuelles, en tenant compte des tempéraments, de l'environnement, des climats, des habitations et des aliments. Le texte explore également les effets du sommeil, de l'exercice, des excrétions et sécrétions, et critique sévèrement l'usage du tabac, le qualifiant de dangereux et coûteux. Les derniers chapitres abordent la propreté en fonction des sexes, des âges et des états de vie, ainsi que les passions et affections de l'âme. L'Abbé Jaquin dénonce également les dangers des remèdes inutiles. Pour établir ses règles de santé, l'auteur s'appuie sur des principes simples de la physique, des observations constantes et des expériences invariables, dans le but de promouvoir le bien public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16035
p. 103-105
TRAITÉ ABRÉGÉ de Physique à l'usage des Colleges ; par M. de SAINTIGNON, Procureur général des Chanoines réguliers de la Congrégation de notre Sauveur, de la Société Royale des Sciences & des Arts de Metz, &c. A Paris, chez Durand, Libraire, rue du Foin, au Griffon ; 1763, avec Approbation & Privilége du Roi. Six volumes in-12.
Début :
QUOIQUE nous ayons déja d'excellens Ouvrages sur la Physique, nous [...]
Mots clefs :
Physique, Inventeur, Abbé, Académicien, Jeunesse
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texteReconnaissance textuelle : TRAITÉ ABRÉGÉ de Physique à l'usage des Colleges ; par M. de SAINTIGNON, Procureur général des Chanoines réguliers de la Congrégation de notre Sauveur, de la Société Royale des Sciences & des Arts de Metz, &c. A Paris, chez Durand, Libraire, rue du Foin, au Griffon ; 1763, avec Approbation & Privilége du Roi. Six volumes in-12.
TRAITÉ ABRÉGÉ de Phyſique à l'ufage
des Colleges ; par M. de SAINTIGNON
, Procureur général des
Chanoines réguliers de la Congrégation
de notre Sauveur , de la Société
Royale des Sciences & des Arts de
Metz , &c. A Paris , chez Durand,
Libraire , rue du Foin , au Griffon ;
1763 , avec Approbation & Privilége
du Roi. Six volumes in- 12.
QUOIQUE nous avons déja d'excelnous
lens Ouvrages fur la Phyfique
croyons que celui - ci ne paroîtra point
inutile. L'Auteur a enfeigné cette fcien-
EW
104 MERCURE DE FRANCE.
ce pendant plufieurs années ; & comme
il a principalement travaillé pour les
jeunes gens , il a donné à fes écrits l'ordre
le plus propre à leur en rendre l'étude
moins pénible , & plus utile dans
l'efpace de temps que l'ón y deftine
ordinairement. Il ne fe donnet pour l'Inventeur
d'aucun fyftême , d'aucune découverte
dans la fcience qu'il a traitée ;
mais on ne lui difputera ni le mérite
d'avoir lu & choifi ni celui d'avoir
raffemblé & mis en ordre ce qui pouvoit
entrer dans fon plan , d'après les
-Auteurs les plus célébres . M. l'Abbé
Nollet , entre autres , lui a été d'un trèsgrand
fecours ; & M. de Saintignon ne
difconvient pas qu'il n'ait fouvent emprunté
jufqu'aux expreffions même de
cet habile Académicien . Parmi les Auteurs
qui ont traité de la Phyfique , les
uns font trop abftraits pour de jeunes
gens , d'autres font trop diffus ; quelques-
uns n'ont pour objet qu'une partie
de cette ſcience ; d'autres fuppofent
dans leurs Lecteurs des connoiffances
préliminaires que l'on n'a pas communément.
Les uns n'ont écrit
que pour
les Sçavans , les autres pour les perfonnes
qui fe contentent d'une connoiffance
fuperficielle. M. de Saintignon a
AVRIL 1763. IOS
eu raifon de croire qu'un cours de
Phyfique deftiné à l'ufage de la Jeuneffe
, devoit tenir une efpéce de milieu
entre les deux dernières claffes , &
être mis à la portée de tout le monde
fans qu'il fût cependant indigne de l'attention
des perfonnes les plus éclairées.
C'eft à quoi nous penfons qu'il eft
heureufement parvenu ; & pour donner
une légère idée des matières qui font
traitées dans cet Ouvrage , il fuffira de
les indiquer.
La matière en général , fes propriétés,
les fenfations qu'elles excitent en nous
par le moyen du mouvement , & le
mouvement lui- même , font le fujet du
premier volume. Le fecond traite de la
pefanteur& de la lumière , le troifiéme,
le quatriéme & le cinquiéme du monde
en général & de fes principales parties
des élémens , des météores , des plantes .
des fontaines , & c ; & le dernier Tome
a pour objet le corps humain & les
différentes fenfations de l'homme . Toutes
ces matières font traitées dans l'ordre
le plus clair & le plus méthodique:
ce qui répond parfaitement au but que
l'Auteur s'eft propofé en travaillant fpécialement
pour les Colléges , aufquels
cet Ouvrage fera d'une très-grande uti-
des Colleges ; par M. de SAINTIGNON
, Procureur général des
Chanoines réguliers de la Congrégation
de notre Sauveur , de la Société
Royale des Sciences & des Arts de
Metz , &c. A Paris , chez Durand,
Libraire , rue du Foin , au Griffon ;
1763 , avec Approbation & Privilége
du Roi. Six volumes in- 12.
QUOIQUE nous avons déja d'excelnous
lens Ouvrages fur la Phyfique
croyons que celui - ci ne paroîtra point
inutile. L'Auteur a enfeigné cette fcien-
EW
104 MERCURE DE FRANCE.
ce pendant plufieurs années ; & comme
il a principalement travaillé pour les
jeunes gens , il a donné à fes écrits l'ordre
le plus propre à leur en rendre l'étude
moins pénible , & plus utile dans
l'efpace de temps que l'ón y deftine
ordinairement. Il ne fe donnet pour l'Inventeur
d'aucun fyftême , d'aucune découverte
dans la fcience qu'il a traitée ;
mais on ne lui difputera ni le mérite
d'avoir lu & choifi ni celui d'avoir
raffemblé & mis en ordre ce qui pouvoit
entrer dans fon plan , d'après les
-Auteurs les plus célébres . M. l'Abbé
Nollet , entre autres , lui a été d'un trèsgrand
fecours ; & M. de Saintignon ne
difconvient pas qu'il n'ait fouvent emprunté
jufqu'aux expreffions même de
cet habile Académicien . Parmi les Auteurs
qui ont traité de la Phyfique , les
uns font trop abftraits pour de jeunes
gens , d'autres font trop diffus ; quelques-
uns n'ont pour objet qu'une partie
de cette ſcience ; d'autres fuppofent
dans leurs Lecteurs des connoiffances
préliminaires que l'on n'a pas communément.
Les uns n'ont écrit
que pour
les Sçavans , les autres pour les perfonnes
qui fe contentent d'une connoiffance
fuperficielle. M. de Saintignon a
AVRIL 1763. IOS
eu raifon de croire qu'un cours de
Phyfique deftiné à l'ufage de la Jeuneffe
, devoit tenir une efpéce de milieu
entre les deux dernières claffes , &
être mis à la portée de tout le monde
fans qu'il fût cependant indigne de l'attention
des perfonnes les plus éclairées.
C'eft à quoi nous penfons qu'il eft
heureufement parvenu ; & pour donner
une légère idée des matières qui font
traitées dans cet Ouvrage , il fuffira de
les indiquer.
La matière en général , fes propriétés,
les fenfations qu'elles excitent en nous
par le moyen du mouvement , & le
mouvement lui- même , font le fujet du
premier volume. Le fecond traite de la
pefanteur& de la lumière , le troifiéme,
le quatriéme & le cinquiéme du monde
en général & de fes principales parties
des élémens , des météores , des plantes .
des fontaines , & c ; & le dernier Tome
a pour objet le corps humain & les
différentes fenfations de l'homme . Toutes
ces matières font traitées dans l'ordre
le plus clair & le plus méthodique:
ce qui répond parfaitement au but que
l'Auteur s'eft propofé en travaillant fpécialement
pour les Colléges , aufquels
cet Ouvrage fera d'une très-grande uti-
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Résumé : TRAITÉ ABRÉGÉ de Physique à l'usage des Colleges ; par M. de SAINTIGNON, Procureur général des Chanoines réguliers de la Congrégation de notre Sauveur, de la Société Royale des Sciences & des Arts de Metz, &c. A Paris, chez Durand, Libraire, rue du Foin, au Griffon ; 1763, avec Approbation & Privilége du Roi. Six volumes in-12.
Le traité 'TRAITÉ ABRÉGÉ de Physique à l'ufage des Colleges' a été rédigé par M. de Saintignon, Procureur général des Chanoines réguliers de la Congrégation de notre Sauveur et membre de la Société Royale des Sciences & des Arts de Metz. Publié en 1763 à Paris, cet ouvrage en six volumes est destiné aux jeunes gens. L'auteur compile et organise les connaissances des auteurs célèbres, notamment l'Abbé Nollet, sans inventer de nouveaux systèmes ou découvertes. Le traité évite les excès des ouvrages existants, qui sont soit trop abstraits, soit trop diffus, ou trop spécialisés. M. de Saintignon vise un équilibre entre simplicité et rigueur, rendant l'ouvrage accessible à tous tout en étant digne des personnes éclairées. Les sujets abordés incluent la matière, ses propriétés, les sensations, le mouvement, la pesanteur, la lumière, les éléments, les météores, les plantes, les fontaines et le corps humain. Chaque volume est structuré de manière claire et méthodique pour faciliter l'apprentissage.
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16035
TRAITÉ ABRÉGÉ de Physique à l'usage des Colleges ; par M. de SAINTIGNON, Procureur général des Chanoines réguliers de la Congrégation de notre Sauveur, de la Société Royale des Sciences & des Arts de Metz, &c. A Paris, chez Durand, Libraire, rue du Foin, au Griffon ; 1763, avec Approbation & Privilége du Roi. Six volumes in-12.
16036
p. 106-109
QUINZE nouvelles Cartes de l'Atlas de M. BUY DE MORNAS.
Début :
C'EST toujours avec un nouveau plaisir, que nous revenons à cet Ouvrage [...]
Mots clefs :
Cartes, Peuples, Antiquité, Géographie, Historiens grecs, Babylone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUINZE nouvelles Cartes de l'Atlas de M. BUY DE MORNAS.
QUINZE nouvelles Cartes de l'Atlas
de M. BUY DE MORNAS.
C'EST ' EST toujours avec un nouveau
plaifir , que nous revenons à cet Ouvrage
important , & en même temps le
mieux éxécuté & le plus parfait que nous
ayons en ce genre . Nous ne fçaurions
trop infifter fur l'exactitude de M. de
Mornas , & de fon Confrère , le fieur
Defnos , à tenir leurs engagemens .
Chaque partie de cette belle & fçavante
entrepriſe paroit régulièrement
au temps fixé dans leur Profpectus ; &
ce n'eft que par l'abbondance des matières
dont nous avons à rendre compte,
que nous avons différé de parler des
quinze Cartes nouvelles qui paroiffent
depuis quelque temps. Le plan de l'Auteur
étant connu par plufieurs de nos
extraits précédens , nous ne ferons
qu'indiquer aujourd'hui les Pays & les
faits mentionnés dans les nouvelles
Cartes. La première , qui eft la trenteuniéme
de la feconde partie , nous offre
les Ifles Britanniques , où l'on trouve
les noms des anciens Peuples , & les
retranchemens faits par les Romains
AVRIL. 1763. 107
du temps de Severe & d'Antonin. La
Germanie ancienne , divifée & fubdivifée
par les Peuples qui l'habitoient
autrefois , eft préfentée dans la trentedeuxiéme
Carte . On voit dans les
cinq fuivantes , la Rhétie , la Norique ,
& l'Illyrie en général ; la Pannonie
la Liburie , la Dalmatie & la Gréce ;
la Salmatie Européenne , la Dace &
la Moefie ; la Macedoine & la Trace ;
l'Epire & la Theffalie avec l'hiſtoire
des différens Peuples qui habiterent
ces Contrés , & des grands événemens
qui les ont rendues célébres dans l'antiquité.
L'Acarnanie , la Locride , &
la Phocide ; la Béothie , la Mégaride ,
l'Attique & le Péloponefe , avec des
obfervations fur leurs principales Villes ,
font la matière de trois Cartes qui
terminent le cours de Géographie ancienne
, que M. de Mornas a rendu
complet en vingt Cartes feulement ; &
il paroît qu'il n'a rien oublié pour rendre
cette defcription digne d'accompagner
fon cours d'hiftoire , foit par
la netteté du burin , foit par l'exactitude
des recherches.
C'eft à la Carte quarante-uniéme ,
que cet Auteur commence à nous ou
vrir le beau fpectacle de l'Univers
E vj
108 MERCURE DE FRANCE .
en nous donnant les differentes épo
ques de Phiftoire ancienne . Il nous
fait connoître combien l'étude de l'hif
toire eft difficille à ceux qui veulent
l'approfondir ou l'écrire. Les principales
caufes de ces difficultés , font la
fombre politique des Rois de l'antiquité
, les mutations , & les différentes
valeurs des mois & des années chez
les Anciens Peuples , le grand nombre
de noms & de titres que portoient les
anciens Rois , la ridicule vanité des
Peuples de vouloir paroître anciens ;
celle des Hiftoriens Grecs , qui cherchoient
plutôt à faire briller leur éloquence
dans leur narration , qu'à dé-
Couvrir la vérité dans leurs récits ;
enfin la perte que l'on a faite des
écrits les plus éxacts fur l'ancienne hiftoire.
Dans les quatre dernières Cartes,
P'Auteur recherche les objets & les
caufes de Pidolatrie ; il traite de
Empire de Babylone , & d'Affyrie ,
de la différence de ces deux Etats dans
leur origine , de la Religion , du Gouvernement
, des Coutumes, Ufages,& c.
de ces deux Nations . Il préfente une
introduction à l'hiftoire d'Egypte , où
décrit l'antiquité de fon Gouverne
mem , fes Loix , fa Religion &c. On
AVRIL. 1763. 109
y voit les lieux où étoient les fameufes
Pyramides, le Labyrinthe , le lac Moris ;
& pour l'utilité de fes Lecteurs , M.
de Mornas a eu foin de faire graver
dans un coin de la Carte , la repréfentation
d'une momie , d'une pyramide
& d'un obélifque .
Tels font les objets de quinze Cartes
que nous annonçons, & qui feront bientôt
fuivies de quinze autres pour fatisfaire
l'empreffement du Public qui
paroît tous les jours goûter de plus en
plus cet Ouvrage. L'Auteur invite les
perfonnes qui ont foufcrit , à retirer
leurs Exemplaires ; & de notre côté
nous croyons qu'on ne peut trop tôt
fe procurer un ouvrage qui préfente
à la fois la Géographie la plus exacte
& un cours complet d'histoire Univerfelle.
On foufcrit chez M. de Mornas ,
rue S. Jacq. auprès de S.Yves , & chez
le fieur Defnos , dans la même rue.
de M. BUY DE MORNAS.
C'EST ' EST toujours avec un nouveau
plaifir , que nous revenons à cet Ouvrage
important , & en même temps le
mieux éxécuté & le plus parfait que nous
ayons en ce genre . Nous ne fçaurions
trop infifter fur l'exactitude de M. de
Mornas , & de fon Confrère , le fieur
Defnos , à tenir leurs engagemens .
Chaque partie de cette belle & fçavante
entrepriſe paroit régulièrement
au temps fixé dans leur Profpectus ; &
ce n'eft que par l'abbondance des matières
dont nous avons à rendre compte,
que nous avons différé de parler des
quinze Cartes nouvelles qui paroiffent
depuis quelque temps. Le plan de l'Auteur
étant connu par plufieurs de nos
extraits précédens , nous ne ferons
qu'indiquer aujourd'hui les Pays & les
faits mentionnés dans les nouvelles
Cartes. La première , qui eft la trenteuniéme
de la feconde partie , nous offre
les Ifles Britanniques , où l'on trouve
les noms des anciens Peuples , & les
retranchemens faits par les Romains
AVRIL. 1763. 107
du temps de Severe & d'Antonin. La
Germanie ancienne , divifée & fubdivifée
par les Peuples qui l'habitoient
autrefois , eft préfentée dans la trentedeuxiéme
Carte . On voit dans les
cinq fuivantes , la Rhétie , la Norique ,
& l'Illyrie en général ; la Pannonie
la Liburie , la Dalmatie & la Gréce ;
la Salmatie Européenne , la Dace &
la Moefie ; la Macedoine & la Trace ;
l'Epire & la Theffalie avec l'hiſtoire
des différens Peuples qui habiterent
ces Contrés , & des grands événemens
qui les ont rendues célébres dans l'antiquité.
L'Acarnanie , la Locride , &
la Phocide ; la Béothie , la Mégaride ,
l'Attique & le Péloponefe , avec des
obfervations fur leurs principales Villes ,
font la matière de trois Cartes qui
terminent le cours de Géographie ancienne
, que M. de Mornas a rendu
complet en vingt Cartes feulement ; &
il paroît qu'il n'a rien oublié pour rendre
cette defcription digne d'accompagner
fon cours d'hiftoire , foit par
la netteté du burin , foit par l'exactitude
des recherches.
C'eft à la Carte quarante-uniéme ,
que cet Auteur commence à nous ou
vrir le beau fpectacle de l'Univers
E vj
108 MERCURE DE FRANCE .
en nous donnant les differentes épo
ques de Phiftoire ancienne . Il nous
fait connoître combien l'étude de l'hif
toire eft difficille à ceux qui veulent
l'approfondir ou l'écrire. Les principales
caufes de ces difficultés , font la
fombre politique des Rois de l'antiquité
, les mutations , & les différentes
valeurs des mois & des années chez
les Anciens Peuples , le grand nombre
de noms & de titres que portoient les
anciens Rois , la ridicule vanité des
Peuples de vouloir paroître anciens ;
celle des Hiftoriens Grecs , qui cherchoient
plutôt à faire briller leur éloquence
dans leur narration , qu'à dé-
Couvrir la vérité dans leurs récits ;
enfin la perte que l'on a faite des
écrits les plus éxacts fur l'ancienne hiftoire.
Dans les quatre dernières Cartes,
P'Auteur recherche les objets & les
caufes de Pidolatrie ; il traite de
Empire de Babylone , & d'Affyrie ,
de la différence de ces deux Etats dans
leur origine , de la Religion , du Gouvernement
, des Coutumes, Ufages,& c.
de ces deux Nations . Il préfente une
introduction à l'hiftoire d'Egypte , où
décrit l'antiquité de fon Gouverne
mem , fes Loix , fa Religion &c. On
AVRIL. 1763. 109
y voit les lieux où étoient les fameufes
Pyramides, le Labyrinthe , le lac Moris ;
& pour l'utilité de fes Lecteurs , M.
de Mornas a eu foin de faire graver
dans un coin de la Carte , la repréfentation
d'une momie , d'une pyramide
& d'un obélifque .
Tels font les objets de quinze Cartes
que nous annonçons, & qui feront bientôt
fuivies de quinze autres pour fatisfaire
l'empreffement du Public qui
paroît tous les jours goûter de plus en
plus cet Ouvrage. L'Auteur invite les
perfonnes qui ont foufcrit , à retirer
leurs Exemplaires ; & de notre côté
nous croyons qu'on ne peut trop tôt
fe procurer un ouvrage qui préfente
à la fois la Géographie la plus exacte
& un cours complet d'histoire Univerfelle.
On foufcrit chez M. de Mornas ,
rue S. Jacq. auprès de S.Yves , & chez
le fieur Defnos , dans la même rue.
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Résumé : QUINZE nouvelles Cartes de l'Atlas de M. BUY DE MORNAS.
Le texte présente une série de quinze nouvelles cartes de l'Atlas de M. Buy de Mornas, reconnu pour son exactitude et sa qualité d'exécution. Ces cartes couvrent divers sujets historiques et géographiques. La première carte, la trente-et-unième, montre les Îles Britanniques avec les noms des anciens peuples et les retranchements romains. La trente-deuxième carte illustre la Germanie ancienne, divisée par les peuples qui l'habitaient. Les cinq cartes suivantes détaillent des régions telles que la Rhétie, la Norique, l'Illyrie, la Pannonie, la Liburie, la Dalmatie, la Grèce, la Sarmatie Européenne, la Dace, la Moésie, la Macédoine, la Thrace, l'Épire, et la Thessalie, fournissant des informations sur les peuples et les événements historiques. Trois autres cartes couvrent l'Acarnanie, la Locride, la Phocide, la Béotie, la Mégaride, l'Attique, et le Péloponnèse, complétant ainsi un cours de géographie ancienne en vingt cartes. La quarante-et-unième carte introduit l'histoire ancienne, soulignant les difficultés de son étude, telles que la sombre politique des rois anciens, les variations des calendriers, et la vanité des peuples et des historiens grecs. Les quatre dernières cartes explorent les causes de l'idolâtrie, l'Empire de Babylone et d'Assyrie, et introduisent l'histoire de l'Égypte, incluant des descriptions des pyramides, du labyrinthe, et du lac Moeris. L'auteur invite les souscripteurs à retirer leurs exemplaires et encourage l'acquisition de cet ouvrage pour son exactitude géographique et son cours complet d'histoire universelle. Les souscriptions sont disponibles chez M. de Mornas et le sieur Defnos, rue Saint-Jacques.
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16037
p. 109-123
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
DICTIONNAIRE domestique portatif, contenant toutes les connoissances relatives à l'œconomie domestique [...]
Mots clefs :
Libraire, Académie, Ouvrage, Imprimeur, Édition, Dynamique, Mouvement, Volumes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
DICTIONNAIRE domeftique portatif
, contenant toutes les connoiffances
relatives à l'oeconomie domestique &
rurale ; où l'on détaille les différentes
110 MERCURE DE FRANCE.
branches de l'agriculture , la manière
de foigner les chevaux , celle de nourrir
& de conferver toute forte de beftiaux
, celle d'élever les abeilles , les
vers à foie ; & dans lequel on trouve
les inftructions néceffaires fur la Chaffe,
la Pêche , les Arts , le Commerce , la
Procédure , l'Office la Cuifine & c .
Ouvrage également utile à ceux qui vivent
de leurs rentes ou qui ont des terres
, comme aux Fermiers , aux Jardi
niers , aux Commerçans & aux Artiſtes.
Par une Société de gens de Lettres . In-
8° . Paris , 1763. Chez Vincent , Imprimeur-
Libraire , rue S. Severin .
,
Nous avons annoncé , l'année dernière
, la première partie du premier volume
de cet Ouvrage utile , contenant
les lettres A & B. Celle que nous annonçons
aujourd'hui , renferme la lettre
C.
LE GENTILHOMME CULTIVATEUR
, ou Corps complet d'Agriculture
, traduit de l'Anglois de M. Hall ,
& tiré des Auteurs qui ont le mieux
écrit fur cet Art. Par M. Dupuy d'Emportes
,
de l'Académie de Florence.
Tome 5. in-4°. Paris , 1763.. Chez
P. G. Simon , Imprimeur du Parlement,
AVRIL. 1763.
rue de la Harpe ; Durand , Libraire,
rue du Foin ; Bauche , Libraire , quai
des Auguftins ; & à Bordeaux , chez
Chapuis l'aîné.
din ,
HISTOIRE DE SALADIN , Sultan
d'Egypte & de Syrie ; avec une Introduction
, ou Hiftoire abrégée de la dynaftie
des Ayoubites fondée par Salades
notes critiques , hiftoriques ,
géographiques , & quelques piéces juftificatives.
Par M. Marin , de la Société
Royale des Sciences & Belles -Lettres
de Lorraine , de l'Académie de
Marſeille , & Cenfeur Royal.
Quis nefcit primam effe hiftoriæ legem , he
quid falfi dicere audeat , deinde ne quid
veri non audeat ?
Cic. de Orat. Lib . II,
Pont
2 volumes in- 12 . Paris , 1763. Chez
Grangé , Imprimeur- Libraire
Notre- Dame , près la Pompé , au Cabinet
de la Nouveauté ; Bauche , quai
des Auguftins ; & Dufour , quai de
Gêvres , à l'Ange Gardien ."
Le fuccès de la première Edition de
cet Ouvrage garantit celui de la feconde.
ESPRIT , Saillies & Singularités du
112 MERCURE DE FRANCE.
P. Caftel. In- 12 . Amfterdam , 1763. Et
fe trouve à Paris , chez Vincent , rue
S. Severin .
Nous rendrons compte avec plaifir
de cet Ouvrage rempli d'idées auffi fingulières
qu'amufantes.
MANDEMENT & Inftruction paſtorale
de Mgr l'Archevêque de Lyon ,
portant condamnation des trois parties
de l'hiftoire du Peuple de Dieu , compofée
par le F. Berruyer, de la Compagnie
de Jefus , des écrits imprimés
pour la défenſe de ladite hiftoire , & du
Commentaire latin du F. Hardouin , de
da même Compagnie , fur le Nouveau
Teftament. In- 12. Lyon , 1763. de
l'Imprimerie & chez Aimé de la Roche ,
Imprimeur de Mgr l'Archevêque & du
Clergé aux Halles de la Grenette ;
chez Claude Cizeron , Libraire , à la
defcente du pont de pierre , du côté de
S. Nizier. Et fe trouve à Paris , chez
Pankoucke , Libraire , rue & à côté de
la Comédie Françoife.
RECUEIL DE PIECES en Profe &
en Vers , lues dans les Affemblées publiques
de l'Académie Royale de la
Rochelle dédié à S. A. S. Mgr. leAVRIL.
1763. 113
Et
e
Prince de Conti , Protecteur de ladite
Académie . Tome 3. in- 8° . A La Rochel
le , 1763. Chez Jérôme Legier , Imprimeur
de l'Académie , au Canton des
Flamands ; & fe trouve à Paris , chez
Merigot Père , quai des Auguftins . Prix,
31. 10 f. broché , 4 1. 10 f. relié.
On trouve chez le même Libraire
l'Ordonnance de la Marine commentée
par M. Valier. In-4°. 2 vol . Prix ,
24 liv. relié.
LE LANGAGE DE LA RAISON ;
par l'Auteur de la jouillance de foimême.
Venitefilii , audite me ; timorem Domini
docebo vos.
Pf. 33. V. II .
Paris , 1763. Chez Nyon , Libraire ,
quai des Auguftins , à l'Occafion .
HISTOIRE Univerfelle , Sacrée &
Profane , compofée par ordre de Mefdames
de France. Tomes 15 & 16. in-
12. Paris , 1763. Chez Louis Cellot
Imprimeur - Libraire Grand'Salle du
Palais , à l'Ecu de France & rue Dauphine.
Ces deux nouveaux volumes ne font
•
114 MERCURE DE FRANCE.
que confirmer la réputation juftement
acquife de leur Auteur ( M. Hardion
de l'Académie Françoife ) dont l'Ouvrage
traduit en Italien fe trouve chez
le même Libraire .
VOYAGE Pittorefque des environs
de Paris , ou defcription des Maifons.
Royales , Châteaux , & autres lieux de
plaifance , fituées à quinze lieues aux
environs de cette Ville . Par M. D ***.
Nouvelle Edition , corrigée & augmentée.
In- 12. Paris , 1763. Chez Debure
Père , quai des Auguftins , à l'Image
S. Paul ; & Debure , fils aîné , même
quai , à la Bible d'or .
MELANGE de Maximes , de Réfléxions
& de Caractères. Par M. Durey
d'Harnoncourt , Licentié en Droit. On
y a joint une Traduction des Conclufioni
d'Amore de Scipion Maffei , avec
le Texte à côté. Nouv. Edition , revue
& corrigée par l'Auteur;in -8 °; Bruxelles,
1763 ; & fe vend à Paris , chez Valleyrefils
, Imprimeur-Libraire , rue de la
vieille Bouclerie , à l'Arbre de Jeffé.
L'Auteur dit , dans fa Préface , qu'il
s'eft propofé les deux grands modéles
qui font nos maîtres dans l'art de peinAVRIL.
1763. 115
dre les hommes , la Rochefoucault &
la Bruyere ; mais fans fe flatter de les
atteindre , & fans s'affujettir à leur manière
, c'est-à-dire à la précifion du premier
, & à la méthode de l'autre. On
trouvera ( dit - il ) ici , comme l'annonce
le titre , des maximes , des réfléxions
& des portraits ; mais ce ne font que
des découpures jettées fans ordre fur
le papier. On a cru que la diverfité qui
fait le prix de ces fortes d'Ouvrages
demandoit cette efpéce de négligence .
On peut comparer , ce me femble , les
écrits de ce caractère à ces bofquets
dont les arbres , plantés irréguliérement
par les feules mains de la Nature , donnent
à la vue un plaifir plus touchant ,
que ces jardins fomptueux , dont tous
les plans font alignés & tirés au cordeau
, & c.
Nous ne tarderons pas à rendre compte
de cet Ouvrage , qui fait honneur
à fon Auteur.
NOUVELLES Obfervations théoriques
& pratiques fur la Goutte , avec
le détail des plantes , &c , qui forment
le reméde fpécifique calmant la goutte ;
dédiées à M. le Marquis de Marigny
Commandeur des Ordres du Roi , Di116
MERCURE DE FRANCE.
recteur général de fes Bâtimens , &c.
Par M. Chavy de Mongerbet , Médecin
des Bâtimens du Roi. On a joint , à la
fin de ce Traité celui des hernies
avec le traitement de ces maladies &
de celles des relâchemens de matrice &
de fondement.
,
Hic non agitur de verbis , fed de rebus.
In-12. Paris , 1763. Chez Michel Lambert
, rue & à côté de la Comédie Françoife.
LA LOUISIADE , ou le Voyage de
la Terre-Sainte , Poëme héroïque . Par
M. Moline , Avocaten Parlement.
Dùmnumerat palmas , credidit eſſe ſenem. Mart.
in-8° . Paris , 1763. Chez Defaint , junior
, à la Bonne-foi.
CONTES MORAUX dans le goût de
ceux de M. Marmontel , tirés de divers
Auteurs , & publiés par Mlle Uncy ; tomes
III & IV , chez Vincent , rue S. Severin.
Nous rendrons compte à la fois de
ces deux nouveaux volumes, & des deux
qui les ont précédés.
ODE SUR LA PAIX , par M. Pioger,
Capitaine de Cavalerie. In -8 °, Paris
1763. Chez Cuiſſart , Libraire , Pont au
AVRIL. 1763. 117
1
1
1
Change , à la Harpe. Nous en rendrons
compte dans le Mercure prochain .
LE BUCHERON , ou les trois Souhaits
, Comédie en un Acte , mêlée d'ariettes
. Repréfentée pour la première
fois par les Comédiens Italiens ordinaires
du Roi , le Lundi 28 Février 1763 ,
in-8° . à Paris , chez Claude Hériffant,
Imprimeur-Libraire , rue Neuve Notre
- Dame , à la Croix d'or . Prix , 1 liv.
4 f. Mufique de M. Philidor. Voyez
L'Article des Spectacles,
NOUVEAUX Elémens de Dynamique
& de Méchanique , par M. Mathon
de la Cour , de l'Académie Royale
des Sciences & Belles - Lettres de
Lyon ; à Paris chez les Frères Periffe ;
& fe trouve à Paris , chez Rollin
rue S. Jacques , vol. in -8 ° de 130
pages avec figures. 2 liv. 10 f. broché,
Les Principes de la Méchanique & de
la Dynamique font abftraits difficiles
, même pour les Géométres ; les
plus habiles n'ont pas dédaigné de s'en
occuper de la manière , ce femble , la
plus élémentaire , & ils ne font pas
toujours d'accord fur les premières vérités
d'où il s'agit de partir.
118 MERCURE DE FRANCE.
L'ouvrage de M. Mathon eft traite
d'une manière nouvelle , & fa méthode
n'avoit point encore paru ; elle fe
réduit à l'équilibre ou à l'oppofition
qu'il y a dans les forces motrices ; jointe
à la réfiftance que l'Auteur fuppofe
dans la matière pour toute efpéce de
mouvement.
Les propriétés de l'équilibre font 1º.
l'égalité qu'il y a néceffairement entre
les fommes des forces oppofées, en quelque
fens que ce foit qu'on les décompofe.
2. L'égalité entre les fommes
des momens oppofés par rapport
à un point quelconque du plan dans
lequel font les directions des forces ,
ou par rapport à un axe quelconque
qu'on peut imaginer à volonté dans le
cas où les directions des forces ne feroient
pas toutes dans un même plan .
M. Mathon tire de ces deux propriétés
plufieurs équations algébriques qu'il
applique aux principaux problêmes de
la Dynamique ; ceux qui ont le plus de
rapport avec les grandes queftions qui
ont ététraitées par les Géométres; il s'agit
par exemple de trouver le mouvement
que recevra un fyftême de corps agité
par des forces quelconques ; de trouver
le mouvement que doivent prendre
L
AVRIL. 1763. 119
?
plufieurs corps frappés à la fois par
un autre ; la plupart des problêmes de
Dynamique viennent fe placer comme
de fimples corollaires des principes lumineux
que l'Auteur y établit tels
font les théories des centres d'ofcillations
des centres de rotations
des plans inclinés , des poulies , des
frottemens ; la charge que fupportent
ces points d'appui , ces léviers
& plufieurs autres queftions importantes
& délicates. Ce Traité quoique fort
court , ne laiffe pas de développer les
élémens de cette Science avec plus de
netteté qu'on ne l'a fait en même
temps qu'il s'éléve à des recherches
très-fçavantes ; on y voit l'efprit mathé
matique , c'eft-à-dire d'ordre, de fimplification
, de déduction , les nouveaux
théorêmes donnés par M. le Chevalier
d'Arcy , y font démontrés d'une ma
nière très-fimple. Et cet Ouvrage paroît
fort néceffaire à ceux qui voudroient
entreprendre de lire feuls ce
qu'ont écrit fur la Dynamique les Auteurs
illuftres qui s'en font occupés , tels
que MM. Bernoulli , Herman , Euler,
Clairaut , d'Alembert , &c .
,
CHARPENTIER , Libraire , quai des
120 MERCURE DE FRANCE
Auguftins , près le Pont S. Michel , à
S. Chryfoftome , a acheté de M. Prault,
petit-fils , les OEuvres de Nivelle de la
Chauffée , de l'Académie Françoiſe ,
nouvelle Edition , corrigée & augmentée
de plufieurs Piéces qui n'avoient
point encore paru . 1763.5 vol. in-12.
petit format. Cette Edition mérite à
toutes fortes d'égards d'être recherchée .
On la doit à un ami de l'Auteur,M . Sablier
, Affocié de l'Académie des Belles-
Lettres de Marfeille. Les OEuvres de
Deftouches , 10 vol . in- 12. petit format.
Les OEuvres de Théâtre de M. de Saint-
Foix , nouvelle Edition revue , corrigée
& augmentée de plufieurs Comédies
4 vol. in-12. 1762 . ,
AVIS AU PUBLIC,
SUR le Mémoire de M. DEPARCIEUX.
Nous avons dit dans notre dernier
Mercure, qu'on n'avoit tiré du Mémoire
de M. Deparcieux , fur le moyen
' d'amener la riviere d'Yvette à Paris ,
à la porte S. Michel , que le nombre
d'exemplaires qu'on vouloit donner ,
& cela étoit vrai ; mais on avoit eu
la précaution de ne pas rompre les
formes ; & voyant que bien des perfonnes
AVRIL. 1763.
121
fonnes le demandoient , on en a tiré
depuis quelques exemplaires qui fe
vendent chez M. Durand , Libraire ,
rue du Foin .
Quelques perfonnes,mais en petit nombre
, ont marqué de l'inquiétude fur le
goût de vafe ou de Marais , dont M.
Dep. parle dans fon Mémoire. Il a'oublié
de faire obferver que l'eau fur
laquelle ont été faites toutes les épreuves
, a été puifée dans le temps que les
feuilles des arbres achevoient de tomber
, encore toutes vertes & pleines de
fuc , qu'elles ne pouvoient manquer de
communiquer à l'eau , joint à ce qu'elle
doit néceffairement enlever des dépôts
qui font dans prèfque tout le cours de
cette rivière , qu'on ne cure jamais
ou que par parties , & de loin en loin
y ayant tels endroits que perfonne du
lieu n'a jamais vu curer ; goût qu'elle
ne prendra plus quand on fera obferver
le réglement pour le curage de la
rivière. Car il ne faut pas être grand
Phyficien pour fentir que l'eau ne peut
avoir ce goût en fortant de la terre &
après avoir été filtrée par un terrein qui
eft prèfque partout de fable vitrifiable
qu'elle lave depuis des Siétles ' ;
terrein de même nature que ceux des
I. Vol. F
>
122 MERCURE DE FRANCE.
hauts de S. Cloud , ville Davré , Ro
quencourt , Meudon , Vanvres Clamart
, Buc , & c. dont les eaux font
pourtant excellentes.
,
Pour ne laiffer aucun doute fur un
projet auffi important pour la Ville de
Paris , M. Dep. fe propofe de lever plus
expreffement toutes ces difficultés , quí
dans le fond ne peuvent guères faire
d'impreffion fur l'efprit des Magiſtrats
éclairés que cela regarde , qui s'en rapporteront
au jugement des perfonnes
capables d'examiner , qui affurent que
l'eau expofée à l'air libre , fans chaleur
& fans mouvement , a entièrement
perdu ce goût au bout de quelques
jours. On pourroit dire d'après cela ,
qu'importeroit-il qu'elle eût ce goût
en fortant de terre , puifqu'elle le perd ?
( fuppofition gratuite. ) Au furplus, c'eft
un goût qu'elle a de commun avec
l'eau de toutes les rivières plus ou
moins fort ; la Seine elle -même n'en
eft pas exempte quand elle eft baffe
en Automne ; on n'y fait pas attention
parce que perfonne n'en parle , &
cela parce que perfonne ne boit l'eau
de la Seine qu'après qu'elle a repofé
dans un réfervoir ou qu'elle a paffé par
une fontaine fablée ; il faudroit dans
AVRIL. 1763: 123
le's comparaifons mettre toujours toutes
chofes égales.
DICTIONNAIRE domeftique portatif
, contenant toutes les connoiffances
relatives à l'oeconomie domestique &
rurale ; où l'on détaille les différentes
110 MERCURE DE FRANCE.
branches de l'agriculture , la manière
de foigner les chevaux , celle de nourrir
& de conferver toute forte de beftiaux
, celle d'élever les abeilles , les
vers à foie ; & dans lequel on trouve
les inftructions néceffaires fur la Chaffe,
la Pêche , les Arts , le Commerce , la
Procédure , l'Office la Cuifine & c .
Ouvrage également utile à ceux qui vivent
de leurs rentes ou qui ont des terres
, comme aux Fermiers , aux Jardi
niers , aux Commerçans & aux Artiſtes.
Par une Société de gens de Lettres . In-
8° . Paris , 1763. Chez Vincent , Imprimeur-
Libraire , rue S. Severin .
,
Nous avons annoncé , l'année dernière
, la première partie du premier volume
de cet Ouvrage utile , contenant
les lettres A & B. Celle que nous annonçons
aujourd'hui , renferme la lettre
C.
LE GENTILHOMME CULTIVATEUR
, ou Corps complet d'Agriculture
, traduit de l'Anglois de M. Hall ,
& tiré des Auteurs qui ont le mieux
écrit fur cet Art. Par M. Dupuy d'Emportes
,
de l'Académie de Florence.
Tome 5. in-4°. Paris , 1763.. Chez
P. G. Simon , Imprimeur du Parlement,
AVRIL. 1763.
rue de la Harpe ; Durand , Libraire,
rue du Foin ; Bauche , Libraire , quai
des Auguftins ; & à Bordeaux , chez
Chapuis l'aîné.
din ,
HISTOIRE DE SALADIN , Sultan
d'Egypte & de Syrie ; avec une Introduction
, ou Hiftoire abrégée de la dynaftie
des Ayoubites fondée par Salades
notes critiques , hiftoriques ,
géographiques , & quelques piéces juftificatives.
Par M. Marin , de la Société
Royale des Sciences & Belles -Lettres
de Lorraine , de l'Académie de
Marſeille , & Cenfeur Royal.
Quis nefcit primam effe hiftoriæ legem , he
quid falfi dicere audeat , deinde ne quid
veri non audeat ?
Cic. de Orat. Lib . II,
Pont
2 volumes in- 12 . Paris , 1763. Chez
Grangé , Imprimeur- Libraire
Notre- Dame , près la Pompé , au Cabinet
de la Nouveauté ; Bauche , quai
des Auguftins ; & Dufour , quai de
Gêvres , à l'Ange Gardien ."
Le fuccès de la première Edition de
cet Ouvrage garantit celui de la feconde.
ESPRIT , Saillies & Singularités du
112 MERCURE DE FRANCE.
P. Caftel. In- 12 . Amfterdam , 1763. Et
fe trouve à Paris , chez Vincent , rue
S. Severin .
Nous rendrons compte avec plaifir
de cet Ouvrage rempli d'idées auffi fingulières
qu'amufantes.
MANDEMENT & Inftruction paſtorale
de Mgr l'Archevêque de Lyon ,
portant condamnation des trois parties
de l'hiftoire du Peuple de Dieu , compofée
par le F. Berruyer, de la Compagnie
de Jefus , des écrits imprimés
pour la défenſe de ladite hiftoire , & du
Commentaire latin du F. Hardouin , de
da même Compagnie , fur le Nouveau
Teftament. In- 12. Lyon , 1763. de
l'Imprimerie & chez Aimé de la Roche ,
Imprimeur de Mgr l'Archevêque & du
Clergé aux Halles de la Grenette ;
chez Claude Cizeron , Libraire , à la
defcente du pont de pierre , du côté de
S. Nizier. Et fe trouve à Paris , chez
Pankoucke , Libraire , rue & à côté de
la Comédie Françoife.
RECUEIL DE PIECES en Profe &
en Vers , lues dans les Affemblées publiques
de l'Académie Royale de la
Rochelle dédié à S. A. S. Mgr. leAVRIL.
1763. 113
Et
e
Prince de Conti , Protecteur de ladite
Académie . Tome 3. in- 8° . A La Rochel
le , 1763. Chez Jérôme Legier , Imprimeur
de l'Académie , au Canton des
Flamands ; & fe trouve à Paris , chez
Merigot Père , quai des Auguftins . Prix,
31. 10 f. broché , 4 1. 10 f. relié.
On trouve chez le même Libraire
l'Ordonnance de la Marine commentée
par M. Valier. In-4°. 2 vol . Prix ,
24 liv. relié.
LE LANGAGE DE LA RAISON ;
par l'Auteur de la jouillance de foimême.
Venitefilii , audite me ; timorem Domini
docebo vos.
Pf. 33. V. II .
Paris , 1763. Chez Nyon , Libraire ,
quai des Auguftins , à l'Occafion .
HISTOIRE Univerfelle , Sacrée &
Profane , compofée par ordre de Mefdames
de France. Tomes 15 & 16. in-
12. Paris , 1763. Chez Louis Cellot
Imprimeur - Libraire Grand'Salle du
Palais , à l'Ecu de France & rue Dauphine.
Ces deux nouveaux volumes ne font
•
114 MERCURE DE FRANCE.
que confirmer la réputation juftement
acquife de leur Auteur ( M. Hardion
de l'Académie Françoife ) dont l'Ouvrage
traduit en Italien fe trouve chez
le même Libraire .
VOYAGE Pittorefque des environs
de Paris , ou defcription des Maifons.
Royales , Châteaux , & autres lieux de
plaifance , fituées à quinze lieues aux
environs de cette Ville . Par M. D ***.
Nouvelle Edition , corrigée & augmentée.
In- 12. Paris , 1763. Chez Debure
Père , quai des Auguftins , à l'Image
S. Paul ; & Debure , fils aîné , même
quai , à la Bible d'or .
MELANGE de Maximes , de Réfléxions
& de Caractères. Par M. Durey
d'Harnoncourt , Licentié en Droit. On
y a joint une Traduction des Conclufioni
d'Amore de Scipion Maffei , avec
le Texte à côté. Nouv. Edition , revue
& corrigée par l'Auteur;in -8 °; Bruxelles,
1763 ; & fe vend à Paris , chez Valleyrefils
, Imprimeur-Libraire , rue de la
vieille Bouclerie , à l'Arbre de Jeffé.
L'Auteur dit , dans fa Préface , qu'il
s'eft propofé les deux grands modéles
qui font nos maîtres dans l'art de peinAVRIL.
1763. 115
dre les hommes , la Rochefoucault &
la Bruyere ; mais fans fe flatter de les
atteindre , & fans s'affujettir à leur manière
, c'est-à-dire à la précifion du premier
, & à la méthode de l'autre. On
trouvera ( dit - il ) ici , comme l'annonce
le titre , des maximes , des réfléxions
& des portraits ; mais ce ne font que
des découpures jettées fans ordre fur
le papier. On a cru que la diverfité qui
fait le prix de ces fortes d'Ouvrages
demandoit cette efpéce de négligence .
On peut comparer , ce me femble , les
écrits de ce caractère à ces bofquets
dont les arbres , plantés irréguliérement
par les feules mains de la Nature , donnent
à la vue un plaifir plus touchant ,
que ces jardins fomptueux , dont tous
les plans font alignés & tirés au cordeau
, & c.
Nous ne tarderons pas à rendre compte
de cet Ouvrage , qui fait honneur
à fon Auteur.
NOUVELLES Obfervations théoriques
& pratiques fur la Goutte , avec
le détail des plantes , &c , qui forment
le reméde fpécifique calmant la goutte ;
dédiées à M. le Marquis de Marigny
Commandeur des Ordres du Roi , Di116
MERCURE DE FRANCE.
recteur général de fes Bâtimens , &c.
Par M. Chavy de Mongerbet , Médecin
des Bâtimens du Roi. On a joint , à la
fin de ce Traité celui des hernies
avec le traitement de ces maladies &
de celles des relâchemens de matrice &
de fondement.
,
Hic non agitur de verbis , fed de rebus.
In-12. Paris , 1763. Chez Michel Lambert
, rue & à côté de la Comédie Françoife.
LA LOUISIADE , ou le Voyage de
la Terre-Sainte , Poëme héroïque . Par
M. Moline , Avocaten Parlement.
Dùmnumerat palmas , credidit eſſe ſenem. Mart.
in-8° . Paris , 1763. Chez Defaint , junior
, à la Bonne-foi.
CONTES MORAUX dans le goût de
ceux de M. Marmontel , tirés de divers
Auteurs , & publiés par Mlle Uncy ; tomes
III & IV , chez Vincent , rue S. Severin.
Nous rendrons compte à la fois de
ces deux nouveaux volumes, & des deux
qui les ont précédés.
ODE SUR LA PAIX , par M. Pioger,
Capitaine de Cavalerie. In -8 °, Paris
1763. Chez Cuiſſart , Libraire , Pont au
AVRIL. 1763. 117
1
1
1
Change , à la Harpe. Nous en rendrons
compte dans le Mercure prochain .
LE BUCHERON , ou les trois Souhaits
, Comédie en un Acte , mêlée d'ariettes
. Repréfentée pour la première
fois par les Comédiens Italiens ordinaires
du Roi , le Lundi 28 Février 1763 ,
in-8° . à Paris , chez Claude Hériffant,
Imprimeur-Libraire , rue Neuve Notre
- Dame , à la Croix d'or . Prix , 1 liv.
4 f. Mufique de M. Philidor. Voyez
L'Article des Spectacles,
NOUVEAUX Elémens de Dynamique
& de Méchanique , par M. Mathon
de la Cour , de l'Académie Royale
des Sciences & Belles - Lettres de
Lyon ; à Paris chez les Frères Periffe ;
& fe trouve à Paris , chez Rollin
rue S. Jacques , vol. in -8 ° de 130
pages avec figures. 2 liv. 10 f. broché,
Les Principes de la Méchanique & de
la Dynamique font abftraits difficiles
, même pour les Géométres ; les
plus habiles n'ont pas dédaigné de s'en
occuper de la manière , ce femble , la
plus élémentaire , & ils ne font pas
toujours d'accord fur les premières vérités
d'où il s'agit de partir.
118 MERCURE DE FRANCE.
L'ouvrage de M. Mathon eft traite
d'une manière nouvelle , & fa méthode
n'avoit point encore paru ; elle fe
réduit à l'équilibre ou à l'oppofition
qu'il y a dans les forces motrices ; jointe
à la réfiftance que l'Auteur fuppofe
dans la matière pour toute efpéce de
mouvement.
Les propriétés de l'équilibre font 1º.
l'égalité qu'il y a néceffairement entre
les fommes des forces oppofées, en quelque
fens que ce foit qu'on les décompofe.
2. L'égalité entre les fommes
des momens oppofés par rapport
à un point quelconque du plan dans
lequel font les directions des forces ,
ou par rapport à un axe quelconque
qu'on peut imaginer à volonté dans le
cas où les directions des forces ne feroient
pas toutes dans un même plan .
M. Mathon tire de ces deux propriétés
plufieurs équations algébriques qu'il
applique aux principaux problêmes de
la Dynamique ; ceux qui ont le plus de
rapport avec les grandes queftions qui
ont ététraitées par les Géométres; il s'agit
par exemple de trouver le mouvement
que recevra un fyftême de corps agité
par des forces quelconques ; de trouver
le mouvement que doivent prendre
L
AVRIL. 1763. 119
?
plufieurs corps frappés à la fois par
un autre ; la plupart des problêmes de
Dynamique viennent fe placer comme
de fimples corollaires des principes lumineux
que l'Auteur y établit tels
font les théories des centres d'ofcillations
des centres de rotations
des plans inclinés , des poulies , des
frottemens ; la charge que fupportent
ces points d'appui , ces léviers
& plufieurs autres queftions importantes
& délicates. Ce Traité quoique fort
court , ne laiffe pas de développer les
élémens de cette Science avec plus de
netteté qu'on ne l'a fait en même
temps qu'il s'éléve à des recherches
très-fçavantes ; on y voit l'efprit mathé
matique , c'eft-à-dire d'ordre, de fimplification
, de déduction , les nouveaux
théorêmes donnés par M. le Chevalier
d'Arcy , y font démontrés d'une ma
nière très-fimple. Et cet Ouvrage paroît
fort néceffaire à ceux qui voudroient
entreprendre de lire feuls ce
qu'ont écrit fur la Dynamique les Auteurs
illuftres qui s'en font occupés , tels
que MM. Bernoulli , Herman , Euler,
Clairaut , d'Alembert , &c .
,
CHARPENTIER , Libraire , quai des
120 MERCURE DE FRANCE
Auguftins , près le Pont S. Michel , à
S. Chryfoftome , a acheté de M. Prault,
petit-fils , les OEuvres de Nivelle de la
Chauffée , de l'Académie Françoiſe ,
nouvelle Edition , corrigée & augmentée
de plufieurs Piéces qui n'avoient
point encore paru . 1763.5 vol. in-12.
petit format. Cette Edition mérite à
toutes fortes d'égards d'être recherchée .
On la doit à un ami de l'Auteur,M . Sablier
, Affocié de l'Académie des Belles-
Lettres de Marfeille. Les OEuvres de
Deftouches , 10 vol . in- 12. petit format.
Les OEuvres de Théâtre de M. de Saint-
Foix , nouvelle Edition revue , corrigée
& augmentée de plufieurs Comédies
4 vol. in-12. 1762 . ,
AVIS AU PUBLIC,
SUR le Mémoire de M. DEPARCIEUX.
Nous avons dit dans notre dernier
Mercure, qu'on n'avoit tiré du Mémoire
de M. Deparcieux , fur le moyen
' d'amener la riviere d'Yvette à Paris ,
à la porte S. Michel , que le nombre
d'exemplaires qu'on vouloit donner ,
& cela étoit vrai ; mais on avoit eu
la précaution de ne pas rompre les
formes ; & voyant que bien des perfonnes
AVRIL. 1763.
121
fonnes le demandoient , on en a tiré
depuis quelques exemplaires qui fe
vendent chez M. Durand , Libraire ,
rue du Foin .
Quelques perfonnes,mais en petit nombre
, ont marqué de l'inquiétude fur le
goût de vafe ou de Marais , dont M.
Dep. parle dans fon Mémoire. Il a'oublié
de faire obferver que l'eau fur
laquelle ont été faites toutes les épreuves
, a été puifée dans le temps que les
feuilles des arbres achevoient de tomber
, encore toutes vertes & pleines de
fuc , qu'elles ne pouvoient manquer de
communiquer à l'eau , joint à ce qu'elle
doit néceffairement enlever des dépôts
qui font dans prèfque tout le cours de
cette rivière , qu'on ne cure jamais
ou que par parties , & de loin en loin
y ayant tels endroits que perfonne du
lieu n'a jamais vu curer ; goût qu'elle
ne prendra plus quand on fera obferver
le réglement pour le curage de la
rivière. Car il ne faut pas être grand
Phyficien pour fentir que l'eau ne peut
avoir ce goût en fortant de la terre &
après avoir été filtrée par un terrein qui
eft prèfque partout de fable vitrifiable
qu'elle lave depuis des Siétles ' ;
terrein de même nature que ceux des
I. Vol. F
>
122 MERCURE DE FRANCE.
hauts de S. Cloud , ville Davré , Ro
quencourt , Meudon , Vanvres Clamart
, Buc , & c. dont les eaux font
pourtant excellentes.
,
Pour ne laiffer aucun doute fur un
projet auffi important pour la Ville de
Paris , M. Dep. fe propofe de lever plus
expreffement toutes ces difficultés , quí
dans le fond ne peuvent guères faire
d'impreffion fur l'efprit des Magiſtrats
éclairés que cela regarde , qui s'en rapporteront
au jugement des perfonnes
capables d'examiner , qui affurent que
l'eau expofée à l'air libre , fans chaleur
& fans mouvement , a entièrement
perdu ce goût au bout de quelques
jours. On pourroit dire d'après cela ,
qu'importeroit-il qu'elle eût ce goût
en fortant de terre , puifqu'elle le perd ?
( fuppofition gratuite. ) Au furplus, c'eft
un goût qu'elle a de commun avec
l'eau de toutes les rivières plus ou
moins fort ; la Seine elle -même n'en
eft pas exempte quand elle eft baffe
en Automne ; on n'y fait pas attention
parce que perfonne n'en parle , &
cela parce que perfonne ne boit l'eau
de la Seine qu'après qu'elle a repofé
dans un réfervoir ou qu'elle a paffé par
une fontaine fablée ; il faudroit dans
AVRIL. 1763: 123
le's comparaifons mettre toujours toutes
chofes égales.
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Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
En avril 1763, le Mercure de France publie plusieurs annonces de livres. Parmi eux, un 'DICTIONNAIRE DOMESTIQUE PORTATIF' traite de divers aspects de l'économie domestique et rurale, édité par une société de gens de lettres. Le 'GENTILHOMME CULTIVATEUR', traduit de l'anglais par M. Dupuy d'Emportes, est annoncé dans son cinquième tome. L''HISTOIRE DE SALADIN' par M. Marin, membre de plusieurs académies, est publiée en deux volumes. D'autres ouvrages mentionnés incluent 'ESPRIT, Saillies & Singularités' de P. Castel, un 'MANDEMENT & INSTRUCTION PASTORALE' de l'Archevêque de Lyon condamnant certains écrits, et un 'RECUEIL DE PIECES' de l'Académie Royale de la Rochelle. Le texte évoque également des publications sur la dynamique, la médecine, la poésie, et des recueils de maximes. Plusieurs de ces ouvrages sont disponibles chez divers libraires à Paris et dans d'autres villes. Par ailleurs, le texte aborde les propriétés de l'eau et sa perception gustative. Il observe que l'eau exposée à l'air libre, sans chaleur ni mouvement, perd son goût au bout de quelques jours. Cette observation remet en question l'importance du goût de l'eau lorsqu'elle sort de terre, car elle le perd rapidement. Le texte considère cette idée comme une supposition gratuite. Il note également que ce goût est partagé par l'eau de toutes les rivières, plus ou moins fortement. Par exemple, la Seine peut avoir ce goût en automne lorsqu'elle est basse, mais cela passe inaperçu car les gens boivent l'eau après qu'elle a reposé dans un réservoir ou passé par une fontaine filtrée. Le texte insiste sur l'importance de comparer des conditions égales pour évaluer ces caractéristiques.
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16038
p. 123-124
ACADÉMIE des Sciences & Belles-Lettres de DIJON.
Début :
L'ACADÉMIE convaincue que la matière importante qu'elle vient de choisir pour [...]
Mots clefs :
Académie, Dijon, Concours, Maladies, Mémoires, Antispasmodiques
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texteReconnaissance textuelle : ACADÉMIE des Sciences & Belles-Lettres de DIJON.
ACADÉMIE S.
ACADÉMIE des Sciences & Belles-
Lettres de DIJON.
L'ACADÉMIE
convaincue que la
matière importante
qu'elle vient de
choifir pour le concours au prix qu'elle
adjugera dans le mois d'Août 1764 ,
ne peut être approfondie
qu'avec un
temps & un travail confidérables
, annonce
dès-à-préfent ce fujet qui confifte
à déterminer la nature des Anti-
Spafmodiques
proprement
dits , à expliquer
leur manière d'agir , à diftinguer
leurs différentes
espéces & à marquer
leur ufage dans les maladies ?
On ne répétera point ici les condiditions
& les formalités que les Auteurs
doivent obferver en envoyant
leurs mémoires à l'Académie ; toutes les
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
Sociétés Littéraires du Royaume les
ont fi fouvent rappellées dans leurs
programmes , que ceux qui fe préfentent
aujourd'hui aux concours Académiques
, n'ont plus befoin probablement
d'en être avertis .
La queftion que propofe l'Académie,
lui paroît fi intéreffante , qu'elle ne
veut point fixer l'étendue des mémoires:
quelque long que foit un ouvrage ,
s'il mérite fon approbation , il aura
droit à fes fuffrages & à la courronne
Académique.
Les paquets affranchis de ports , feront
adreffés à M. Michault , Secré
taire perpétuel de l'Académie , rue de
Guife , à Dijon .
Ils ne feront reçus que jufqu'au
ACADÉMIE des Sciences & Belles-
Lettres de DIJON.
L'ACADÉMIE
convaincue que la
matière importante
qu'elle vient de
choifir pour le concours au prix qu'elle
adjugera dans le mois d'Août 1764 ,
ne peut être approfondie
qu'avec un
temps & un travail confidérables
, annonce
dès-à-préfent ce fujet qui confifte
à déterminer la nature des Anti-
Spafmodiques
proprement
dits , à expliquer
leur manière d'agir , à diftinguer
leurs différentes
espéces & à marquer
leur ufage dans les maladies ?
On ne répétera point ici les condiditions
& les formalités que les Auteurs
doivent obferver en envoyant
leurs mémoires à l'Académie ; toutes les
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
Sociétés Littéraires du Royaume les
ont fi fouvent rappellées dans leurs
programmes , que ceux qui fe préfentent
aujourd'hui aux concours Académiques
, n'ont plus befoin probablement
d'en être avertis .
La queftion que propofe l'Académie,
lui paroît fi intéreffante , qu'elle ne
veut point fixer l'étendue des mémoires:
quelque long que foit un ouvrage ,
s'il mérite fon approbation , il aura
droit à fes fuffrages & à la courronne
Académique.
Les paquets affranchis de ports , feront
adreffés à M. Michault , Secré
taire perpétuel de l'Académie , rue de
Guife , à Dijon .
Ils ne feront reçus que jufqu'au
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Résumé : ACADÉMIE des Sciences & Belles-Lettres de DIJON.
En août 1764, l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Dijon lance un concours portant sur l'étude des antispasmodiques. Le sujet inclut la détermination de leur nature, l'explication de leur mode d'action, la distinction de leurs différentes espèces et l'indication de leur usage dans les maladies. L'Académie souligne la nécessité d'un temps et d'un travail considérables pour approfondir ce sujet. Elle n'impose aucune limite de longueur pour les mémoires soumis, à condition qu'ils soient approuvés. Les auteurs doivent envoyer leurs travaux à M. Michault, secrétaire perpétuel de l'Académie, rue de Guise à Dijon, avant une date limite non précisée. Les conditions et formalités de soumission sont supposées connues des participants.
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16039
p. 124-127
SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Début :
LE 24 Août 1762, l'Académie de Besançon fit célébrer dans l'Eglise des [...]
Mots clefs :
Académie, Prix, Séance, Ordre, Besançon, Discours, Comte
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texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
SÉANCE publique de l'Académie de
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Le 24 août 1762, l'Académie de Besançon organisa une messe suivie d'un panégyrique de Saint Louis à l'église des Pères Carmes. L'après-midi, une séance publique eut lieu pour la distribution des prix. M. de Frafne, Président de l'Académie, prononça un discours soulignant que l'esprit n'est pas toujours également fertile. Le prix d'érudition fut attribué à Dom Berthod, Bénédictin et Bibliothécaire de l'Abbaye de Saint Vincent de Besançon, tandis que l'accessit fut partagé entre Dom Coudret et l'auteur de la dissertation 'Vivit post funera Virtus'. Le prix des Arts fut décerné à M. Perreciot et André Vautheret, ce dernier habitant Four en Franche-Comté. M. Perreciot céda sa médaille d'or à son concurrent, suscitant l'admiration de l'assemblée. La séance se conclut par l'installation du R. P. Pacioudi parmi les associés étrangers de l'Académie, qui fit un discours en latin, auquel M. de Frafne répondit en français. La séance se termina par la lecture des sujets proposés pour les prix de 1763.
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16040
p. 128-129
RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
Début :
M. ATHALIN, Doyen des Professeurs de Médecine en l'Université de Besançon [...]
Mots clefs :
Président, Séance, Académie, Médecine, Parlement, Discours, Récipiendaires
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texteReconnaissance textuelle : RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
RENTRÉE publique de l'Académie de
BESANÇON , du 17 Novemb. 1762,
M. ATHALIN , Doyen des Profeffeurs
de Médecine en l'Univerfité de
Befançon , & Vice-Préfident de l'Académie
, ouvrit la Séance par des regrets
modeftes d'avoir à fuppléer en
l'abſence de M. de Frafne & à remplacer
fes talens dans une occafion , où
il fe flatoit de n'avoir qu'à les admirer
en filence. Il indiqua enfuite le retour de
la paix comme un double fujet d'allegreffe
& pour les bons Citoyens &
pour les Gens dé Lettres , à qui elle
doit fervir d'époque d'une nouvelle
émulation . Delà il paffa à l'annonce des
ouvrages préparés pour cette Séance ,'
dont la lecture fe fit dans l'ordre fuivant.
M. Binétruy de Grand-Fontaine ,
Secrétaire perpétuel , fit l'éloge hiftorique
de M. de Clevans, Marquis de Bou-"
clans , Confeiller Honoraire du Parlement
de Franche- Comté , & de M.
le Baron de Courbouffon , Préfident à
Mortier du même Parlement. M. Rougnon
, Profeffeur de Médecine en l'Unii
AVRIL. 1763. 129
verfité de Befançon difcuta dans fon
difcours de réception , les influences
du climat & de l'air , furtout par rapport
à la Franche-Comté. M. l'Abbé
Camus , Chanoine de l'illuftre Eglife
Métropolitaine de Befançon , développa
dans fon difcours de reception les
caractéres de la vraie grandeur qui difsingue
celui qui n'ufe de fa fortune &
de fon élevation que pour devenir meilleur.
M. Athalin termina la Séance par
la réponse qu'il fit en qualité de Vice-
Préfident aux Complimens des deux
Récipiendaires.
BESANÇON , du 17 Novemb. 1762,
M. ATHALIN , Doyen des Profeffeurs
de Médecine en l'Univerfité de
Befançon , & Vice-Préfident de l'Académie
, ouvrit la Séance par des regrets
modeftes d'avoir à fuppléer en
l'abſence de M. de Frafne & à remplacer
fes talens dans une occafion , où
il fe flatoit de n'avoir qu'à les admirer
en filence. Il indiqua enfuite le retour de
la paix comme un double fujet d'allegreffe
& pour les bons Citoyens &
pour les Gens dé Lettres , à qui elle
doit fervir d'époque d'une nouvelle
émulation . Delà il paffa à l'annonce des
ouvrages préparés pour cette Séance ,'
dont la lecture fe fit dans l'ordre fuivant.
M. Binétruy de Grand-Fontaine ,
Secrétaire perpétuel , fit l'éloge hiftorique
de M. de Clevans, Marquis de Bou-"
clans , Confeiller Honoraire du Parlement
de Franche- Comté , & de M.
le Baron de Courbouffon , Préfident à
Mortier du même Parlement. M. Rougnon
, Profeffeur de Médecine en l'Unii
AVRIL. 1763. 129
verfité de Befançon difcuta dans fon
difcours de réception , les influences
du climat & de l'air , furtout par rapport
à la Franche-Comté. M. l'Abbé
Camus , Chanoine de l'illuftre Eglife
Métropolitaine de Befançon , développa
dans fon difcours de reception les
caractéres de la vraie grandeur qui difsingue
celui qui n'ufe de fa fortune &
de fon élevation que pour devenir meilleur.
M. Athalin termina la Séance par
la réponse qu'il fit en qualité de Vice-
Préfident aux Complimens des deux
Récipiendaires.
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Résumé : RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
Lors de la rentrée publique de l'Académie de Besançon du 17 novembre 1762, M. Athalin, Doyen des Professeurs de Médecine et Vice-Président de l'Académie, ouvrit la séance en regrettant l'absence de M. de Frafne. Il souligna la joie apportée par le retour de la paix, marquant une nouvelle ère d'émulation. La séance se poursuivit avec la présentation des ouvrages préparés. M. Binétruy de Grand-Fontaine, Secrétaire perpétuel, rendit hommage à M. de Clevans, Marquis de Bouclans, et au Baron de Courbouffon, Président à Mortier du Parlement de Franche-Comté. M. Rougnon, Professeur de Médecine, discuta des influences du climat et de l'air en Franche-Comté. L'Abbé Camus, Chanoine de l'Église Métropolitaine de Besançon, développa les caractéristiques de la vraie grandeur, qui se manifeste par l'utilisation de la fortune et de l'élévation pour devenir meilleur. M. Athalin conclut la séance en répondant aux compliments des deux récipiendaires.
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16041
p. 129-131
PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
Début :
L'ACADÉMIE des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de Besançon, distribuera le [...]
Mots clefs :
Prix, Académie, Médaille, Arts, Sujet, Valeur
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
PRIX propofés par l'Académie des
Sciences , Belles - Lettres , & Arts de
BESANÇON , pour l'année 1763. ,
L'ACADÉMIE 'ACADÉMIE des Sciences , Belles-
Lettres , & Arts de Befançon , diftribuera
le 24 Août 1763 trois Prix différens.
Le premier Prix , fondé par feu M. le
Duc de Tallard , eft deſtiné pour l'Eloquence
; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de trois cens cinquante
ivres. Le Sujet du Difcours fera :
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
•
Combien les moeurs donnent de luftre
aux talens ?
Le Difcours doit être à-peu-près d'u
ne demi- heure de lecture. L'Académie
ayant réfervé le Prix de 1762 , en aura
deux de la même efpéce à diftribuer en
1763.
Le fecond Prix , également fondé par
feu M. le Duc de Tallard , eſt deſtiné
pour l'Erudition ; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de deux cens
cinquante livres . Le Sujet de la Differtation
fera :
Comment fe font établis les Comtes
héréditaires de Bourgogne ; quelle fut
d'abord leur autorité , & de quelle nature
étoit leur Domaine ?
La Differtation doit être à- peu près
de trois quarts d'heure de lecture , fans
y comprendre le chapitre de preuves ,
qui devra être placé à la fin de l'Ouvrage.
Les Auteurs qui auront à produire
des Chartres non encore imprimées ,
font priés de les tranfcrire en entier ,
pour mettre l'Académie à portée de
mieux apprécier les preuves qui en réfulteront.
Le troifiéme Prix , fondé par la V
AVRIL 1763
131
12
de Besançon , eft deftiné pour les Arts ;
il confifte en une Médaille d'or de la
valeur de deux cens livres, Le Sujet du
Mémoire fera :
Quelle eft la nature des maladies épidémiques
qui attaquent le plus fouvent
les bêtes à cornes ; quelles en font les
caufes & les fymptômes , & quels font
les moyens de les prévenir ou de les
guérir?
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms à leurs ouvrages , mais feulement
une devife ou fentence à leur choix
ils la répéteront dans un billet cacheté
dans lequel ils écriront leurs noms &
leurs adreffes . Ils enverront leurs ouvrages
francs de port , au fieur Daclin,
Imprimeur de l'Académie , avant le premier
du mois de Mai prochain.
Les ouvrages de ceux qui fe feront
connoître par eux-mêmes , ou par leurs
amis , feront exclus du concours..
Sciences , Belles - Lettres , & Arts de
BESANÇON , pour l'année 1763. ,
L'ACADÉMIE 'ACADÉMIE des Sciences , Belles-
Lettres , & Arts de Befançon , diftribuera
le 24 Août 1763 trois Prix différens.
Le premier Prix , fondé par feu M. le
Duc de Tallard , eft deſtiné pour l'Eloquence
; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de trois cens cinquante
ivres. Le Sujet du Difcours fera :
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
•
Combien les moeurs donnent de luftre
aux talens ?
Le Difcours doit être à-peu-près d'u
ne demi- heure de lecture. L'Académie
ayant réfervé le Prix de 1762 , en aura
deux de la même efpéce à diftribuer en
1763.
Le fecond Prix , également fondé par
feu M. le Duc de Tallard , eſt deſtiné
pour l'Erudition ; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de deux cens
cinquante livres . Le Sujet de la Differtation
fera :
Comment fe font établis les Comtes
héréditaires de Bourgogne ; quelle fut
d'abord leur autorité , & de quelle nature
étoit leur Domaine ?
La Differtation doit être à- peu près
de trois quarts d'heure de lecture , fans
y comprendre le chapitre de preuves ,
qui devra être placé à la fin de l'Ouvrage.
Les Auteurs qui auront à produire
des Chartres non encore imprimées ,
font priés de les tranfcrire en entier ,
pour mettre l'Académie à portée de
mieux apprécier les preuves qui en réfulteront.
Le troifiéme Prix , fondé par la V
AVRIL 1763
131
12
de Besançon , eft deftiné pour les Arts ;
il confifte en une Médaille d'or de la
valeur de deux cens livres, Le Sujet du
Mémoire fera :
Quelle eft la nature des maladies épidémiques
qui attaquent le plus fouvent
les bêtes à cornes ; quelles en font les
caufes & les fymptômes , & quels font
les moyens de les prévenir ou de les
guérir?
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms à leurs ouvrages , mais feulement
une devife ou fentence à leur choix
ils la répéteront dans un billet cacheté
dans lequel ils écriront leurs noms &
leurs adreffes . Ils enverront leurs ouvrages
francs de port , au fieur Daclin,
Imprimeur de l'Académie , avant le premier
du mois de Mai prochain.
Les ouvrages de ceux qui fe feront
connoître par eux-mêmes , ou par leurs
amis , feront exclus du concours..
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Résumé : PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
L'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besançon attribuera trois prix le 24 août 1763. Le premier prix, doté d'une médaille d'or valant 350 livres, récompense l'éloquence sur le sujet 'Combien les mœurs donnent de lustre aux talents'. Le discours doit durer environ une demi-heure. Deux prix seront distribués en 1763, car celui de 1762 a été réservé. Le second prix, fondé par le Duc de Tallard et valant 250 livres, est destiné à l'érudition et porte sur les comtes héréditaires de Bourgogne, leur autorité et leur domaine. La dissertation doit durer environ trois quarts d'heure, sans compter le chapitre des preuves. Le troisième prix, doté d'une médaille d'or valant 200 livres, est destiné aux arts et traite des maladies épidémiques des bêtes à cornes, leurs causes, symptômes et moyens de prévention ou de guérison. Les œuvres doivent être soumises anonymement, accompagnées d'une devise ou sentence, avant le 1er mai 1763. Les candidatures révélées par les auteurs ou leurs amis seront exclues.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16042
p. 132
SÉANCE publique de l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts de PAU.
Début :
M. LE Baron de Navailles Pocyferre, Chevalier d'honneur au Parlement, ouvrit [...]
Mots clefs :
Académie, Discours, Directeur, Sciences, Arts, Parlement
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texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts de PAU.
SÉANCE publique de l'Académie Royale
des Sciences & Beaux - Arts de
PAU.
M. LE Baron de Navailles Pocyferre,
Chevalier d'honneur au Parlement , ouvrit
la féance par un Difcours fur les
avantages que l'on retire à célébrer les
grands hommes. Avantages également
précieux au coeur & à l'efprit. Il étoit
écrit avec goût & avec éloquence.
On fit lecture enfuite d'un Poëme
qui a remporté le Prix. Le Sujet propofé
étoit le Pacte de famille . M. Le
Mefle , de l'Académie des Sciences
Belles-Lettres & Arts de Rouen en eft
l'Auteur.
M. de Bordenave Caffou , Confeiller
au Parlement , & M. Bourdier de Bauregard,
Directeur des Domaines du Roi
en Bearn, qui avoient été élus pour remplir
deux places vacantes, y prononcerent
leur difcours de remercîment. M. le Directeur
( Navailles Pocyferre ) y répondit
au nom de l'Académie. L'Affemblée
étoit brillante & nombreufe , & applaudit
généralement & au Difcours
AVRIL. 1763. 133.
des Récipiendaires & à ceux du Directeur
qui méritoient les plus juftes éloges.
des Sciences & Beaux - Arts de
PAU.
M. LE Baron de Navailles Pocyferre,
Chevalier d'honneur au Parlement , ouvrit
la féance par un Difcours fur les
avantages que l'on retire à célébrer les
grands hommes. Avantages également
précieux au coeur & à l'efprit. Il étoit
écrit avec goût & avec éloquence.
On fit lecture enfuite d'un Poëme
qui a remporté le Prix. Le Sujet propofé
étoit le Pacte de famille . M. Le
Mefle , de l'Académie des Sciences
Belles-Lettres & Arts de Rouen en eft
l'Auteur.
M. de Bordenave Caffou , Confeiller
au Parlement , & M. Bourdier de Bauregard,
Directeur des Domaines du Roi
en Bearn, qui avoient été élus pour remplir
deux places vacantes, y prononcerent
leur difcours de remercîment. M. le Directeur
( Navailles Pocyferre ) y répondit
au nom de l'Académie. L'Affemblée
étoit brillante & nombreufe , & applaudit
généralement & au Difcours
AVRIL. 1763. 133.
des Récipiendaires & à ceux du Directeur
qui méritoient les plus juftes éloges.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts de PAU.
En avril 1763, l'Académie Royale des Sciences et Beaux-Arts de Pau a organisé une séance publique. Le Baron de Navailles Pocyferre, Chevalier d'honneur au Parlement, a inauguré la séance par un discours sur les mérites de célébrer les grands hommes, bénéfiques pour le cœur et l'esprit. Ce discours a été salué pour son goût et son éloquence. Par la suite, un poème sur le Pacte de famille, rédigé par M. Le Mesle de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, a été lu et a remporté le prix. M. de Bordenave Caffou, Conseiller au Parlement, et M. Bourdier de Bauregard, Directeur des Domaines du Roi en Béarn, ont prononcé des discours de remerciement après leur élection pour occuper deux places vacantes. M. le Directeur, Navailles Pocyferre, a répondu au nom de l'Académie. L'assemblée, nombreuse et brillante, a applaudi les discours des récipiendaires et du directeur, jugés dignes des plus grands éloges.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16043
p. 133-142
OBSERVATIONS sur l'Histoire de la MÉDECINE.
Début :
PLUSIEURS Sçavans se sont fait une réputation distinguée, en écrivant historiquement [...]
Mots clefs :
Chirurgie, Médecine, Art, Temps, Livre, Recherches, Collège, Réputation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur l'Histoire de la MÉDECINE.
OBSERVATIONS fur l'Hiftoire de la
MÉDECINE.
PLUSIEURS Sçavans fe font fait une
réputation diftinguée , en écrivant hiftoriquement
fur la Médecine : Daniel le
Clerc & le Docteur Freind ont travaillé
d'une manière digne de la poſtérité.
Les éffais de Bernier , tout fatyriques
qu'ils font , ou peut-être auffi
parce qu'ils font fatyriques , fe font lire
avec pláifir , & joignent l'agrément
à l'inftruction. Nous ne citons pas le
livre de la Métrie , qui n'eft qu'une
invective raiſonnée. Ces Ouvrages fourniroient
à peine quelques matériaux
pour l'hiſtoire de la Médecine en
France. Pour la faire utilement , il
faudroit bien connoître les Auteurs &
leurs travaux ; rappeller quels ont ét
les fyftêmes fuivant lefquels les Prati
ciens ont éxércé dans les différens temps
expofer les progrès fucceffifs de l'art
134 MERCURE DE FRANCE .
les viciffitudes qu'il a éffuyées , le ca
price des différentes opinions d'où la
vie des hommes a dépendu ; marquer ,
fi l'on pouvoit , le fatal enchaînement
des circonftances qui ont donné de la
vogue aux Charlatans , & fait préférer
des affronteurs , à ceux qui méritoient
l'eftime du Public & qui pouvoient fe
rendre dignes de fa reconnoiffance ;
dire enfin quelles fuites malheureuſes a
eues cette confiance mal placée, & faire
voir que la protection qu'on accorde
aux uns aux dépens des autres , eft une
vraie confpiration contre l'humanité
dont les fiécles même qu'on accufe de
barbarie , n'ont pas eu à rougir.
Mais quelles connoiffances , quelles
recherches , quelle fagacité & quel
temps ne demanderoit pas un pareil
travail ! Nous n'en fommes pas dédommagés
par une brochure nouvelle qui
à pour titre Effai hiftorique fur la Médecine
en France. Ce que ce livre contient
de relatif à fon titre , ſe borne
à une lifte des noms & furnoms , des
premiers Médecins de nos Rois ; à celle
des noms & furnoms des Doyens de
la Faculté de Médecine de Paris , depuis
1395 , jufques & compris 1761 ,
élus chaque année le premier Samedi
AVRIL. 1763. 135
après la Touffaint ; ce qui n'eft pas
plus intéreffant , que les loix , les ftatuts
& les ufages de cette Faculté, qu'on
donne en entier , fans obmettre l'article
des fonctions des Bedeaux . On parle
plus au long d'Hippocrate , d'Afclepiade
, & de Galien , que de Fernel , de
Baillou & de Riolan. Eh ! qu'importe
à la Médecine Françoife ce qu'on dit
de S. Charles Borromée , qui dans la
deuxième partie des Actes du premier
Concile de Milan , a défendu aux Moines,
aux Chanoines réguliers & aux Clercs
de faire la Médecine ? L'Auteur de cet
éffai eft fans doute un jeune homme, nou
vellement forti des Ecoles , & qui aime à
tranfcrire du Latin. Il a pourtant bien
fenti que fes Lecteurs pourroient en être
fatigués: on n'approuvera peur-être pas ,
dit-il dans fa préface , plufieurs paffages
Latins dans un ouvrage François : j'écris
furtout pour mes Confrères & pour les
jeunes Médecins qui ne font pas fâchés
de rencontrer du Latin. C'eft ce qui fait
qu'on ne s'eft pas gêné là - deffus , & il
n'y a peut-être pas un grand inconvénient.
Mais ce que l'on auroit dû éviter , c'eſt
une fatyre perfonnelle contre le célébre
Tronchin,Médecin de Genêve , & avoir
un peu plus de modération fur les
136 MERCURE DE FRANCE .
à
Chirurgiens en général , parmi lesquels
il y en a qui font honneur à leur art ,
leur nation & à leur fiécle . C'eſt un
zéle de novice , que la maturité de l'ârendra
quelque jour plus difcret. ge
J'éffayerai de faire connoître l'eſprit
de recherches néceffaires pour écrire
l'hiftoire d'un art , par la difcuffion de
deux points dont il eft queftion dans
la brochure que je viens de citer. L'un
regarde la perfonne de Lanfranc , &
l'autre l'origine de la maladie honteufe
qui eft le fruit de la débauche .
Suivant l'Auteur de l'Effai hiftorique ,
on apprend par les écrits de Lanfranc de
Milan , qui arriva à Paris en 1295 ,
que cette Ville,dont pour lors l'enceinte
étoit peu étendue , avoit néanmoins
un affez grand nombre de Médecins qui
formoit un Collége ou Société qui étoit en
grande réputation. Il ajoute qu'il ignore
fur quel fondement les Auteurs anonymes
d'une efpéce de Factum , fans fignature,
qu'on diftribuoit il y a quelques années
furtivement avec un grand nombre de
cartons , & qu'on avoit décoré du titre
impofant de Recherches fur l'origine &
les progrès de la Chirurgie en Franont
fait Lanfranc de Milan
Membre du foi-difant Collége de Saint
ce >
AVRIL 1763. 137
els
>
Louis ; tandis que cette efpéce de Livre
avance dans un autre endroit que
Jean Pitard qui vivoit vers 1320 , en
étoit le Fondateur. On fe feroit bien
donné de garde , ajoute- t-on , de faire
de Lanfranc un Chirurgien , & furtout
un Chirurgien François , fi l'on avoit
pris la peine de lire fa Chirurgie , trèsbeau
Manufcrit de la Bibliothéque
Royale . En effet , continue l'Auteur
après avoir donné les plus grands éloges
aux Médecins de Paris , Lanfranc
gémit dans plus d'un endroit de l'état
miférable où étoit réduite de fon temps
Ja Chirurgie en France. Il. dit que les
Chirurgiens y étoient prèfque tous
idiots (fçachant à peine leur langue
tous laïques , vrais manoeuvres & fi
ignorans qu'à peine trouvoit- on un Chirurgien
rationel ; qu'ils ne fçavoient
point mettre de différence entre le cautère
actuel & le cautère potentiel , ce
qui étoit caufe qu'en France on ne fe
fervoit plus de cautère .
Dans toute cette injurieufe tirade , il
y a plus de fautes que de mots ; c'eſt ce
qu'il eft facile de prouver. L'Auteur qui
paroît ne connoître que le manufcrit de
la Chirurgie de Lanfranc à la Bibliothéque
Royale , ne fçait pas que cet
138 MERCURE DE FRANCE .
Ouvrage eft public par diverfes éditions
imprimées à Venife & ailleurs en
1490 , 1519 , 1544 & 1553 ; qu'il y en
a même une Traduction Françoife,trèsbien
imprimée en caractères femblables
à ceux d'un Livret qui a pour titre la
Civilité puérile & honnête . Or nous trouvons
dans la lecture même de Lanfranc
où l'on nous renvoye , le contraire de
tout ce qu'on allégue fur cet ancien Auteur
dans l'Effai hiftorique.
Il étoit Chirurgien. Il vint en France
forcément , comme plufieurs autres Italiens
que le malheur des temps chaffa de
leur pays pendant les factions des Guelphes
& des Gibelins. Il s'arrêta à Lyon
où il a exercé la Chirurgie ; il eft venu
à Paris où il a pratiqué & enfeigné cet
art avec la plus grande diftinction : donc
il étoit Chirurgien. La fource de l'erreur
qui a fait croire qu'il étoit ce que
nous appellons préfentement un Médecin
, vient de ce que ce terme étoit employé
alors dans fa vraie fignification .
Medicus , qui medetur. Tout homme
appliqué à la guérifon des maladies.
étoit Médecin ; c'eft pourquoi le Chirurgien
Lanfranc en prend le nom . On
diftinguoit par l'épithète de Phyficien
celui qui donnoit fon application à la
AVRIL. 1763 . 139
Médecine ſpéculativement,qui ne voyoit
ད །། point de malades , ou qui en les voyant
bornoit fes foins à des confeils & à
des avis ; tels font encore aujourd'hui
nos Médecins . Leurs Prédéceffeurs étoient
Eccléfiaftiques , & la plupart Chanoines
de Notre- Dame. Le mot de Chirurgien
étoit auffi une épithéte qui fervoir à défigner
fpécialement le Médecin qui opéroit
de la main , & Lanfranc même ne
fe fervoit pas fubftantivement du terme
Chirurgus , mais de l'Adjectif Cyrurgicus.
De même le mot Phyficus fuppofoit
toujours le fubftantif générique
medicus ; fans quoi le terme auroit
manqué la fignification dans laquelle
on l'employoit ; car la Phyfique a bien
d'autres parties que la Médecine ; &
ceux qui s'y appliquoient étoient certainement
des Phyficiens.
Les Médecins qui formoient à Paris
du temps de Lanfranc un Collége ou
Société en grande réputation étoient les
Pères du Collége de Chirurgie , pour
lequel Jean Pitard , premier Chirurgien
de S. Louis & de Philippe- le- Bel a obtenu
des Statuts & des Loix . Dans le
Chapitre fecond de fa grande Chirurgie
, Lanfranc traite des qualités néceffaires
à un Chirurgien , de qualitate,
140 MERCURE DE FRANCE.
formá , moribus & fcientiâ Cyrurgici . II
éxige de lui beaucoup plus qu'on ne
requiert aujourd'hui du Médecin. Il
établit des régles morales qui montrent
combien on étoit attentif à vouloir que
les Chirurgiens fuffent des Perfonnages
auffi refpectables par leur probité que
par le fçavoir. Au Chapitre XV , du
fpafme qui furvient à une playe , il
parle d'une bleffure à la tête qui avoit
été traitée à Milan par un de fes écoliers
Chirurgien , nommé Oliverius de monte
orphano : il le reprend d'avoir confoli- >
dé cette playe à l'extérieur , avant que
d'en avoir détergé le fond ; & pour ne
pas repéter fon nom , après l'avoir défigné
par le mot fcholaris Cyrurgicus ;
il l'appelle un peu plus bas , ille Medicus.
Que pourroit oppofer à des preuves
auffi convaincantes l'Auteur de l'Ef
fai hiftorique ?
Lanfranc , donne à fon ami Bernard,
les motifs qui l'ont engagé à écrire fur
la Chirurgie : pour l'amour de lui ; propter
amorem tuum , Bernarde cariffime.
Il s'y est déterminé par les prières &
par les ordres des Médecins ; propter
preces præceptaque venerabilium Phyfi
ca Magiftrorum. Il ne faut pas perdre
de vue les termes refpectueux dont il
*
AVRIL. 1763. 141
fe fert dans l'expreffion de ce motif ,
præcepta venerabilium ; & il faut les
comparer à ceux du motif fuivant , qui
eft l'amitié fraternelle qu'il portoit aux
-Eléves en Chirurgie qui le fuivoient
dans l'exercice de cet art pour en apprendre
la pratique fous un auffi grand
Maître : propter fraternum amorem valentium
Medicinae fcolarium , mihi tam
honorabilem facientium comitivam, On
ne voit nulle-part qu'il ait parlé injurieufement
des Chirurgiens , comme on
l'avance ; il dit au contraire formellement
qu'il n'a jamais offenfé perfonne
& qu'il a prié Dieu pour fes perfécuteurs.
Les recherches fur l'origine de la
Chirurgie qu'on appelle une espéce de
Livre , ne font pas de Lanfranc un Chirurgien
François . Elles difent qu'il étoit
de Milan , & qu'il a enfeigné & pratiqué
la Chirurgie à Paris. M. Winflow étoit
Danois & Médecin de Paris. Lanfranc
étoit contemporain de Jean Pitard, que
l'Auteur de l'Effai hiſtorique donne
pour vivant vers 1320. Il eſt mort fort
âgé en 1315. C'est dans la force de l'âge
& au retour de fon voyage de la Terre-
Sainte où il avoit accompagné S. Louis,
qu'il réunit les Chirurgiens en Corps.
1
142 MERCURE DE FRANCE.
Ils formoient une Société dès l'an 1260.
& Lanfranc n'eft venu à Paris qu'en
1295 ; où eft donc la contradiction de
le mettre au nombre des Chirurgiens de
Paris , c'est -à - dire de ceux qui éxerçoient
la Chirurgie dans cette Capitale ?
La fuite au Mercure prochain.
MÉDECINE.
PLUSIEURS Sçavans fe font fait une
réputation diftinguée , en écrivant hiftoriquement
fur la Médecine : Daniel le
Clerc & le Docteur Freind ont travaillé
d'une manière digne de la poſtérité.
Les éffais de Bernier , tout fatyriques
qu'ils font , ou peut-être auffi
parce qu'ils font fatyriques , fe font lire
avec pláifir , & joignent l'agrément
à l'inftruction. Nous ne citons pas le
livre de la Métrie , qui n'eft qu'une
invective raiſonnée. Ces Ouvrages fourniroient
à peine quelques matériaux
pour l'hiſtoire de la Médecine en
France. Pour la faire utilement , il
faudroit bien connoître les Auteurs &
leurs travaux ; rappeller quels ont ét
les fyftêmes fuivant lefquels les Prati
ciens ont éxércé dans les différens temps
expofer les progrès fucceffifs de l'art
134 MERCURE DE FRANCE .
les viciffitudes qu'il a éffuyées , le ca
price des différentes opinions d'où la
vie des hommes a dépendu ; marquer ,
fi l'on pouvoit , le fatal enchaînement
des circonftances qui ont donné de la
vogue aux Charlatans , & fait préférer
des affronteurs , à ceux qui méritoient
l'eftime du Public & qui pouvoient fe
rendre dignes de fa reconnoiffance ;
dire enfin quelles fuites malheureuſes a
eues cette confiance mal placée, & faire
voir que la protection qu'on accorde
aux uns aux dépens des autres , eft une
vraie confpiration contre l'humanité
dont les fiécles même qu'on accufe de
barbarie , n'ont pas eu à rougir.
Mais quelles connoiffances , quelles
recherches , quelle fagacité & quel
temps ne demanderoit pas un pareil
travail ! Nous n'en fommes pas dédommagés
par une brochure nouvelle qui
à pour titre Effai hiftorique fur la Médecine
en France. Ce que ce livre contient
de relatif à fon titre , ſe borne
à une lifte des noms & furnoms , des
premiers Médecins de nos Rois ; à celle
des noms & furnoms des Doyens de
la Faculté de Médecine de Paris , depuis
1395 , jufques & compris 1761 ,
élus chaque année le premier Samedi
AVRIL. 1763. 135
après la Touffaint ; ce qui n'eft pas
plus intéreffant , que les loix , les ftatuts
& les ufages de cette Faculté, qu'on
donne en entier , fans obmettre l'article
des fonctions des Bedeaux . On parle
plus au long d'Hippocrate , d'Afclepiade
, & de Galien , que de Fernel , de
Baillou & de Riolan. Eh ! qu'importe
à la Médecine Françoife ce qu'on dit
de S. Charles Borromée , qui dans la
deuxième partie des Actes du premier
Concile de Milan , a défendu aux Moines,
aux Chanoines réguliers & aux Clercs
de faire la Médecine ? L'Auteur de cet
éffai eft fans doute un jeune homme, nou
vellement forti des Ecoles , & qui aime à
tranfcrire du Latin. Il a pourtant bien
fenti que fes Lecteurs pourroient en être
fatigués: on n'approuvera peur-être pas ,
dit-il dans fa préface , plufieurs paffages
Latins dans un ouvrage François : j'écris
furtout pour mes Confrères & pour les
jeunes Médecins qui ne font pas fâchés
de rencontrer du Latin. C'eft ce qui fait
qu'on ne s'eft pas gêné là - deffus , & il
n'y a peut-être pas un grand inconvénient.
Mais ce que l'on auroit dû éviter , c'eſt
une fatyre perfonnelle contre le célébre
Tronchin,Médecin de Genêve , & avoir
un peu plus de modération fur les
136 MERCURE DE FRANCE .
à
Chirurgiens en général , parmi lesquels
il y en a qui font honneur à leur art ,
leur nation & à leur fiécle . C'eſt un
zéle de novice , que la maturité de l'ârendra
quelque jour plus difcret. ge
J'éffayerai de faire connoître l'eſprit
de recherches néceffaires pour écrire
l'hiftoire d'un art , par la difcuffion de
deux points dont il eft queftion dans
la brochure que je viens de citer. L'un
regarde la perfonne de Lanfranc , &
l'autre l'origine de la maladie honteufe
qui eft le fruit de la débauche .
Suivant l'Auteur de l'Effai hiftorique ,
on apprend par les écrits de Lanfranc de
Milan , qui arriva à Paris en 1295 ,
que cette Ville,dont pour lors l'enceinte
étoit peu étendue , avoit néanmoins
un affez grand nombre de Médecins qui
formoit un Collége ou Société qui étoit en
grande réputation. Il ajoute qu'il ignore
fur quel fondement les Auteurs anonymes
d'une efpéce de Factum , fans fignature,
qu'on diftribuoit il y a quelques années
furtivement avec un grand nombre de
cartons , & qu'on avoit décoré du titre
impofant de Recherches fur l'origine &
les progrès de la Chirurgie en Franont
fait Lanfranc de Milan
Membre du foi-difant Collége de Saint
ce >
AVRIL 1763. 137
els
>
Louis ; tandis que cette efpéce de Livre
avance dans un autre endroit que
Jean Pitard qui vivoit vers 1320 , en
étoit le Fondateur. On fe feroit bien
donné de garde , ajoute- t-on , de faire
de Lanfranc un Chirurgien , & furtout
un Chirurgien François , fi l'on avoit
pris la peine de lire fa Chirurgie , trèsbeau
Manufcrit de la Bibliothéque
Royale . En effet , continue l'Auteur
après avoir donné les plus grands éloges
aux Médecins de Paris , Lanfranc
gémit dans plus d'un endroit de l'état
miférable où étoit réduite de fon temps
Ja Chirurgie en France. Il. dit que les
Chirurgiens y étoient prèfque tous
idiots (fçachant à peine leur langue
tous laïques , vrais manoeuvres & fi
ignorans qu'à peine trouvoit- on un Chirurgien
rationel ; qu'ils ne fçavoient
point mettre de différence entre le cautère
actuel & le cautère potentiel , ce
qui étoit caufe qu'en France on ne fe
fervoit plus de cautère .
Dans toute cette injurieufe tirade , il
y a plus de fautes que de mots ; c'eſt ce
qu'il eft facile de prouver. L'Auteur qui
paroît ne connoître que le manufcrit de
la Chirurgie de Lanfranc à la Bibliothéque
Royale , ne fçait pas que cet
138 MERCURE DE FRANCE .
Ouvrage eft public par diverfes éditions
imprimées à Venife & ailleurs en
1490 , 1519 , 1544 & 1553 ; qu'il y en
a même une Traduction Françoife,trèsbien
imprimée en caractères femblables
à ceux d'un Livret qui a pour titre la
Civilité puérile & honnête . Or nous trouvons
dans la lecture même de Lanfranc
où l'on nous renvoye , le contraire de
tout ce qu'on allégue fur cet ancien Auteur
dans l'Effai hiftorique.
Il étoit Chirurgien. Il vint en France
forcément , comme plufieurs autres Italiens
que le malheur des temps chaffa de
leur pays pendant les factions des Guelphes
& des Gibelins. Il s'arrêta à Lyon
où il a exercé la Chirurgie ; il eft venu
à Paris où il a pratiqué & enfeigné cet
art avec la plus grande diftinction : donc
il étoit Chirurgien. La fource de l'erreur
qui a fait croire qu'il étoit ce que
nous appellons préfentement un Médecin
, vient de ce que ce terme étoit employé
alors dans fa vraie fignification .
Medicus , qui medetur. Tout homme
appliqué à la guérifon des maladies.
étoit Médecin ; c'eft pourquoi le Chirurgien
Lanfranc en prend le nom . On
diftinguoit par l'épithète de Phyficien
celui qui donnoit fon application à la
AVRIL. 1763 . 139
Médecine ſpéculativement,qui ne voyoit
ད །། point de malades , ou qui en les voyant
bornoit fes foins à des confeils & à
des avis ; tels font encore aujourd'hui
nos Médecins . Leurs Prédéceffeurs étoient
Eccléfiaftiques , & la plupart Chanoines
de Notre- Dame. Le mot de Chirurgien
étoit auffi une épithéte qui fervoir à défigner
fpécialement le Médecin qui opéroit
de la main , & Lanfranc même ne
fe fervoit pas fubftantivement du terme
Chirurgus , mais de l'Adjectif Cyrurgicus.
De même le mot Phyficus fuppofoit
toujours le fubftantif générique
medicus ; fans quoi le terme auroit
manqué la fignification dans laquelle
on l'employoit ; car la Phyfique a bien
d'autres parties que la Médecine ; &
ceux qui s'y appliquoient étoient certainement
des Phyficiens.
Les Médecins qui formoient à Paris
du temps de Lanfranc un Collége ou
Société en grande réputation étoient les
Pères du Collége de Chirurgie , pour
lequel Jean Pitard , premier Chirurgien
de S. Louis & de Philippe- le- Bel a obtenu
des Statuts & des Loix . Dans le
Chapitre fecond de fa grande Chirurgie
, Lanfranc traite des qualités néceffaires
à un Chirurgien , de qualitate,
140 MERCURE DE FRANCE.
formá , moribus & fcientiâ Cyrurgici . II
éxige de lui beaucoup plus qu'on ne
requiert aujourd'hui du Médecin. Il
établit des régles morales qui montrent
combien on étoit attentif à vouloir que
les Chirurgiens fuffent des Perfonnages
auffi refpectables par leur probité que
par le fçavoir. Au Chapitre XV , du
fpafme qui furvient à une playe , il
parle d'une bleffure à la tête qui avoit
été traitée à Milan par un de fes écoliers
Chirurgien , nommé Oliverius de monte
orphano : il le reprend d'avoir confoli- >
dé cette playe à l'extérieur , avant que
d'en avoir détergé le fond ; & pour ne
pas repéter fon nom , après l'avoir défigné
par le mot fcholaris Cyrurgicus ;
il l'appelle un peu plus bas , ille Medicus.
Que pourroit oppofer à des preuves
auffi convaincantes l'Auteur de l'Ef
fai hiftorique ?
Lanfranc , donne à fon ami Bernard,
les motifs qui l'ont engagé à écrire fur
la Chirurgie : pour l'amour de lui ; propter
amorem tuum , Bernarde cariffime.
Il s'y est déterminé par les prières &
par les ordres des Médecins ; propter
preces præceptaque venerabilium Phyfi
ca Magiftrorum. Il ne faut pas perdre
de vue les termes refpectueux dont il
*
AVRIL. 1763. 141
fe fert dans l'expreffion de ce motif ,
præcepta venerabilium ; & il faut les
comparer à ceux du motif fuivant , qui
eft l'amitié fraternelle qu'il portoit aux
-Eléves en Chirurgie qui le fuivoient
dans l'exercice de cet art pour en apprendre
la pratique fous un auffi grand
Maître : propter fraternum amorem valentium
Medicinae fcolarium , mihi tam
honorabilem facientium comitivam, On
ne voit nulle-part qu'il ait parlé injurieufement
des Chirurgiens , comme on
l'avance ; il dit au contraire formellement
qu'il n'a jamais offenfé perfonne
& qu'il a prié Dieu pour fes perfécuteurs.
Les recherches fur l'origine de la
Chirurgie qu'on appelle une espéce de
Livre , ne font pas de Lanfranc un Chirurgien
François . Elles difent qu'il étoit
de Milan , & qu'il a enfeigné & pratiqué
la Chirurgie à Paris. M. Winflow étoit
Danois & Médecin de Paris. Lanfranc
étoit contemporain de Jean Pitard, que
l'Auteur de l'Effai hiſtorique donne
pour vivant vers 1320. Il eſt mort fort
âgé en 1315. C'est dans la force de l'âge
& au retour de fon voyage de la Terre-
Sainte où il avoit accompagné S. Louis,
qu'il réunit les Chirurgiens en Corps.
1
142 MERCURE DE FRANCE.
Ils formoient une Société dès l'an 1260.
& Lanfranc n'eft venu à Paris qu'en
1295 ; où eft donc la contradiction de
le mettre au nombre des Chirurgiens de
Paris , c'est -à - dire de ceux qui éxerçoient
la Chirurgie dans cette Capitale ?
La fuite au Mercure prochain.
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Résumé : OBSERVATIONS sur l'Histoire de la MÉDECINE.
Le texte examine l'histoire de la médecine en France, mettant en lumière les contributions de savants tels que Daniel le Clerc et le Docteur Freind. Les œuvres de Bernier, bien que satiriques, sont reconnues pour leur agrément et leur valeur instructive. Le texte critique un ouvrage récent intitulé 'Essai historique sur la Médecine en France', le jugeant insuffisant pour une histoire complète de la médecine. Cet essai se limite à des listes de noms et de lois, manquant de profondeur sur les systèmes médicaux, les progrès et les vicissitudes de l'art médical. Il mentionne des figures historiques comme Hippocrate, Asclépiade et Galien, mais néglige des médecins français importants tels que Fernel, Baillou et Riolan. L'auteur de l'essai est décrit comme un jeune homme récemment sorti des écoles, appréciant la transcription du latin. Le texte critique également une satire personnelle contre le célèbre médecin Tronchin et manque de modération envers les chirurgiens. Il discute ensuite de la figure de Lanfranc de Milan, clarifiant son rôle en tant que chirurgien et son influence sur la chirurgie à Paris. Le texte rectifie les erreurs de l'essai historique concernant Lanfranc, affirmant qu'il était un chirurgien respecté et non un médecin au sens moderne. Il conclut en soulignant l'importance de recherches approfondies pour écrire l'histoire de la médecine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16044
p. 142-147
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Aqueducs, sur les grands Chemins, &c.
Début :
MONSIEUR, L'Histoire des grands chemins de l'Empire Romain de M. Bergier, & le [...]
Mots clefs :
Chemins, Aqueducs, Recherches, Ville, Honneur, Lecteurs, Romains
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Aqueducs, sur les grands Chemins, &c.
LETTRE à M. DE LA PLACE , fur
les Aqueducs , fur les grands Chemins
, &c.
MONSIEUR ONSIEUR ,
,
L'Hiftoire des grands chemins de l'Einpire
Romain de M. Bergier , & le
magnifique projet de donner de l'eau
à Paris par M. Deparcieux , de l'Académie
Royale des Sciences , m'ont fait
naître une idée que je vous prie de
communiquer au Public .
M. Bergier dit dans fon Avertiffement
que plufieurs Savans de différentes Provinces
l'ont aidé à compofer fon Ouvrage
& l'on fent affez que des recherches
auffi immenfes ne peuvent
pas être faites par un feul homme.
AVRIL. 1763. 143
Ces recherches font profondes &
inftructives , & peut-être leur devonsnous
l'attention particulière , & bien
digne de la protection Royale qu'on
apporte aux grands chemins , beaucoup
plus fous ce régne & fous le précédent ,
qu'on n'a fait fous les autres.
Une histoire des aqueducs faits dans
les Gaules par la même nation pour procurer
de l'eau aux Villes , ne pourroitelle
pas avoir auffi fon objet d'utilité ?
au moins pourroit-elle fatisfaire la curiofité
de nombre de Lecteurs d'une manière
très -piquante , & par-là devenir
utile .
Il y a peu de Villes dans le Royaume
fi petites qu'elles foient, où l'on ne trouve
des hommes lettres & fouvent très-érudits.
Il feroit à fouhaiter que dans chaque
canton , où l'on trouve des reftes
d'aqueducs faits par les Romains ou par
d'autres , jufques & compris ceux faits
de nos jours pour procurer de l'eau aux
Habitans des Villes , il fe trouvât quelques
Savans qui vouluffent bien prendre
la peine de faire des recherches
fur ces refpec &tables monumens faits
pour l'utilité publique , ainfi que les
chemins.
On pourroit fuivre le plan de la dif144
MERCURE DE FRANCE .
fertation que M. de Lorme de l'Acadé
mie de Lyon a faite fur les aqueducs
conftruits par les Romains pour procurer
de l'eau à cette Ville , ou s'en faire
une autre fi le fujet l'éxige ; la differtation
de M. de Lorme , a été imprimée
à Lyon , chez Aimé de la Roche , aux
Halles de la Grenette. Il faudroit y joindre
quelques deffeins en figures quand
il en feroit befoin. Ces differtations envoyées
aux Auteurs du Mercure , ou à
l'Académie des Infcriptions & Belles-
Lettres feroient honneur à leurs Auteurs
& plaifir aux Lecteurs , & l'on en feroit
un jour un recueil en confervant à chacun
l'honneur de fon travail.
?
La prife d'eau ou le commencement
des aqueducs , leur route & leur étendue
, la defcription dés reftes tels qu'ils
font , la grandeur & la forme du paffage
de l'eau , la conftruction & la matière
qu'on y employoit , quelle eau
ils portoient de fource ou de rivière
la quantité qu'on en pouvoit prendre
à ces fources ou à ces rivières , fi l'eau
étoit menée à couvert ou à découvert ,
la quantité de pente , le nombre & l'étendue
des vallons à traverfer , avec la
hauteur que devoient avoir les pontsaqueducs
aux endroits les plus bas des
vallons
AVRIL. 1763 . 145
vallons , les montagnes ou rochers coupés
ou percés , & dans quelle longueur ,
&c , font autant de chofes qu'il eft à
fouhaiter qu'on faffe connoître quand
on le verra clairement , ou dire ce qu'on
préfume par tel ou tel indice tâcher
de dire par qui ils ont été faits , quand
on poura le fçavoir ou le préfumer ou
l'établir par quelque recherche hiſtorique.
>
Ces mêmes recherches pourront peutêtre
apprendre , pour quelques aqueducs
comme celles de M. Bergier ont fait
pour quelques chemins , s'ils ont été
faits des fonds publics de l'Etat ou de
la Ville pour laquelle ils étoient faits
ou par la générofité de quelque riche
Citoyen , auxquels il appartient de faire
les grandes chofes , quand ils penſent
affez bien pour fentir qu'un nom refpectable
laiffé à leur poftérité eft bien
plus flatteur & communément plus utile
que trop de grands biens trouvés en
naiffant , dont il ne refte fouvent rien
à la fin de la feconde ou de la troifiéme
génération. Paris en fournit nombre
d'éxemples , on ne les cherche pas
longtemps ; mais il fera toujours difficile
de perfuader aux perfonnes accoutumées
à entaffer millions für millions
I.Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE .
qu'un Particulier n'eft pas plus heureux ,
on pourroit même dire pas plus riche
avec vingt ou trente millions qu'avec
dix , & qu'une médiocre fortune avec
un nom mémorable par quelque belle
action de valeur ou de patriotisme ,
donneroient bien plus d'âme , de fentimens,
de confidération & de fatisfaction
que cet excès de richeffes feul.
Il eft probable que les aqueducs
auront trouvé des bienfaiteurs comme
les grands chemins en ont trouvé,les uns
& les autres étant de la plus grande néceffité.
Ceux qui connoiffent bien l'hiftoire
pourront fur cet objet faire des
découvertes qui intérefferont les Lecteurs
patriotes, ainfi qu'a fait M. Bergier,
pour ce qui concerne les grands chemins.
Ce Sçavant nous apprend , Liv. I.
Chap. XXIV. que plufieurs Citoyens
Romains donnoient des fommes confidérables
pour faire travailler aux chemins;
que les uns donnoient de leur
vivant, d'autres par teftament, les uns des
fommes déterminées , d'autres celles
qui étoient néceffaires pour faire conftruire
à neuf, ou faire paver ou entretenir
une longeur défignée de chemins
; d'autres s'affocioient pour faire
AVRIL. 1763.
un chemin entier qu'ils dédioient à
un Prince chéri ou bien -aimé , auquel
ils donnoient fon nom . Peut- on mieux
flatter un Maître digne de l'affection
de fes Sujets , & lui faire fa cour plus
grandement , qu'en travaillant à tranfmettre
fon nom à la postérité par des
Monumens publics , durables & utiles
qui font connoître à la fois le reſpect ,
l'attachement & l'amour qu'on avoit
pour lui ?
Lacer , affectionné à l'Empereur Trajan
, fit bâtir à fes propres frais un
pont confidérable dans la Ville d'Alicante
, à l'honneur de ce Prince . Les habitans
de la Ville de Chaves en Portugal,
lui en dédiérent un autre.
Un Médecin nommé Décimius , né
de baffe condition , mais avec des fentimens
élevés , nobles & généreux , donna
350 mille fefterces ; & un Chirurgien
oculiſte , nommé Clinicus , 309 mille
fefterces pour être employés au pavé
des chemins fommes avec lesquelles
on devoit faire alors des travaux confidérables.
J'ai l'honneur d'être , & c.
les Aqueducs , fur les grands Chemins
, &c.
MONSIEUR ONSIEUR ,
,
L'Hiftoire des grands chemins de l'Einpire
Romain de M. Bergier , & le
magnifique projet de donner de l'eau
à Paris par M. Deparcieux , de l'Académie
Royale des Sciences , m'ont fait
naître une idée que je vous prie de
communiquer au Public .
M. Bergier dit dans fon Avertiffement
que plufieurs Savans de différentes Provinces
l'ont aidé à compofer fon Ouvrage
& l'on fent affez que des recherches
auffi immenfes ne peuvent
pas être faites par un feul homme.
AVRIL. 1763. 143
Ces recherches font profondes &
inftructives , & peut-être leur devonsnous
l'attention particulière , & bien
digne de la protection Royale qu'on
apporte aux grands chemins , beaucoup
plus fous ce régne & fous le précédent ,
qu'on n'a fait fous les autres.
Une histoire des aqueducs faits dans
les Gaules par la même nation pour procurer
de l'eau aux Villes , ne pourroitelle
pas avoir auffi fon objet d'utilité ?
au moins pourroit-elle fatisfaire la curiofité
de nombre de Lecteurs d'une manière
très -piquante , & par-là devenir
utile .
Il y a peu de Villes dans le Royaume
fi petites qu'elles foient, où l'on ne trouve
des hommes lettres & fouvent très-érudits.
Il feroit à fouhaiter que dans chaque
canton , où l'on trouve des reftes
d'aqueducs faits par les Romains ou par
d'autres , jufques & compris ceux faits
de nos jours pour procurer de l'eau aux
Habitans des Villes , il fe trouvât quelques
Savans qui vouluffent bien prendre
la peine de faire des recherches
fur ces refpec &tables monumens faits
pour l'utilité publique , ainfi que les
chemins.
On pourroit fuivre le plan de la dif144
MERCURE DE FRANCE .
fertation que M. de Lorme de l'Acadé
mie de Lyon a faite fur les aqueducs
conftruits par les Romains pour procurer
de l'eau à cette Ville , ou s'en faire
une autre fi le fujet l'éxige ; la differtation
de M. de Lorme , a été imprimée
à Lyon , chez Aimé de la Roche , aux
Halles de la Grenette. Il faudroit y joindre
quelques deffeins en figures quand
il en feroit befoin. Ces differtations envoyées
aux Auteurs du Mercure , ou à
l'Académie des Infcriptions & Belles-
Lettres feroient honneur à leurs Auteurs
& plaifir aux Lecteurs , & l'on en feroit
un jour un recueil en confervant à chacun
l'honneur de fon travail.
?
La prife d'eau ou le commencement
des aqueducs , leur route & leur étendue
, la defcription dés reftes tels qu'ils
font , la grandeur & la forme du paffage
de l'eau , la conftruction & la matière
qu'on y employoit , quelle eau
ils portoient de fource ou de rivière
la quantité qu'on en pouvoit prendre
à ces fources ou à ces rivières , fi l'eau
étoit menée à couvert ou à découvert ,
la quantité de pente , le nombre & l'étendue
des vallons à traverfer , avec la
hauteur que devoient avoir les pontsaqueducs
aux endroits les plus bas des
vallons
AVRIL. 1763 . 145
vallons , les montagnes ou rochers coupés
ou percés , & dans quelle longueur ,
&c , font autant de chofes qu'il eft à
fouhaiter qu'on faffe connoître quand
on le verra clairement , ou dire ce qu'on
préfume par tel ou tel indice tâcher
de dire par qui ils ont été faits , quand
on poura le fçavoir ou le préfumer ou
l'établir par quelque recherche hiſtorique.
>
Ces mêmes recherches pourront peutêtre
apprendre , pour quelques aqueducs
comme celles de M. Bergier ont fait
pour quelques chemins , s'ils ont été
faits des fonds publics de l'Etat ou de
la Ville pour laquelle ils étoient faits
ou par la générofité de quelque riche
Citoyen , auxquels il appartient de faire
les grandes chofes , quand ils penſent
affez bien pour fentir qu'un nom refpectable
laiffé à leur poftérité eft bien
plus flatteur & communément plus utile
que trop de grands biens trouvés en
naiffant , dont il ne refte fouvent rien
à la fin de la feconde ou de la troifiéme
génération. Paris en fournit nombre
d'éxemples , on ne les cherche pas
longtemps ; mais il fera toujours difficile
de perfuader aux perfonnes accoutumées
à entaffer millions für millions
I.Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE .
qu'un Particulier n'eft pas plus heureux ,
on pourroit même dire pas plus riche
avec vingt ou trente millions qu'avec
dix , & qu'une médiocre fortune avec
un nom mémorable par quelque belle
action de valeur ou de patriotisme ,
donneroient bien plus d'âme , de fentimens,
de confidération & de fatisfaction
que cet excès de richeffes feul.
Il eft probable que les aqueducs
auront trouvé des bienfaiteurs comme
les grands chemins en ont trouvé,les uns
& les autres étant de la plus grande néceffité.
Ceux qui connoiffent bien l'hiftoire
pourront fur cet objet faire des
découvertes qui intérefferont les Lecteurs
patriotes, ainfi qu'a fait M. Bergier,
pour ce qui concerne les grands chemins.
Ce Sçavant nous apprend , Liv. I.
Chap. XXIV. que plufieurs Citoyens
Romains donnoient des fommes confidérables
pour faire travailler aux chemins;
que les uns donnoient de leur
vivant, d'autres par teftament, les uns des
fommes déterminées , d'autres celles
qui étoient néceffaires pour faire conftruire
à neuf, ou faire paver ou entretenir
une longeur défignée de chemins
; d'autres s'affocioient pour faire
AVRIL. 1763.
un chemin entier qu'ils dédioient à
un Prince chéri ou bien -aimé , auquel
ils donnoient fon nom . Peut- on mieux
flatter un Maître digne de l'affection
de fes Sujets , & lui faire fa cour plus
grandement , qu'en travaillant à tranfmettre
fon nom à la postérité par des
Monumens publics , durables & utiles
qui font connoître à la fois le reſpect ,
l'attachement & l'amour qu'on avoit
pour lui ?
Lacer , affectionné à l'Empereur Trajan
, fit bâtir à fes propres frais un
pont confidérable dans la Ville d'Alicante
, à l'honneur de ce Prince . Les habitans
de la Ville de Chaves en Portugal,
lui en dédiérent un autre.
Un Médecin nommé Décimius , né
de baffe condition , mais avec des fentimens
élevés , nobles & généreux , donna
350 mille fefterces ; & un Chirurgien
oculiſte , nommé Clinicus , 309 mille
fefterces pour être employés au pavé
des chemins fommes avec lesquelles
on devoit faire alors des travaux confidérables.
J'ai l'honneur d'être , & c.
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Résumé : LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Aqueducs, sur les grands Chemins, &c.
La lettre adressée à M. de La Place aborde l'histoire des grands chemins et des aqueducs, s'inspirant des travaux de M. Bergier et du projet de M. Deparcieux pour approvisionner Paris en eau. L'auteur propose de compiler une histoire des aqueducs construits dans les Gaules par les Romains, afin de satisfaire la curiosité des lecteurs et de servir l'utilité publique. Il suggère que des savants dans chaque canton où subsistent des restes d'aqueducs entreprennent des recherches sur ces monuments. Ces études pourraient suivre le modèle de la dissertation de M. de Lorme sur les aqueducs romains à Lyon, incluant des descriptions détaillées des aqueducs, leur construction, leur utilisation et leur financement. L'auteur souligne que ces recherches pourraient révéler des informations sur les bienfaiteurs ayant financé ces infrastructures, qu'il s'agisse de fonds publics ou de générosité privée. Il cite des exemples de citoyens romains ayant contribué à la construction et à l'entretien des chemins, mettant en avant l'importance de ces actes de patriotisme et de générosité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16045
p. 148
COUPLETS Sur l'AIR : Laissez danser vos Mamans. SUR l'Elévation de la Statue du Roi ; & sur la PAIX.
Début :
QUELS transports ! quelle émotion ! [...]
Mots clefs :
Roi, Statue, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS Sur l'AIR : Laissez danser vos Mamans. SUR l'Elévation de la Statue du Roi ; & sur la PAIX.
COUPLETS
Sur l'AIR : Laiffex danfer vos Mamans.
SUR l'Elévation de la Statue du Roi ;
& fur la PAIX.
Q
UELS tranfports ! quelle émotion !
En voyant de Louis l'Image ?
Des Enfans de Pygmalion
C'eſt pour nous le plus bel ouvrage ;
Notre Roi s'élève à nos yeux ,
Au moment qu'il nous rend heureux !
Français , bons Français ,
Chantons Louis & la Paix ,
Le laurier croît dans les cyprès ,
Et fa recherche eſt une yvreffe :
L'olivier produit des Sujets ,
Et c'eft d'un bon Roi la richeffe :
LOUIS a les fiens dans fon coeur
Et fa gloire eft dans leur bonheur.
Français , bons Français !
Chantons Louis & la Paix.
Par M. B,,... Auteur de deux petites Piéces de
Vers inférées par erreur dans le Mercure de Mars
fous le nom de Madame B……….. pag. $ 9 & 60 . .....
Sur l'AIR : Laiffex danfer vos Mamans.
SUR l'Elévation de la Statue du Roi ;
& fur la PAIX.
Q
UELS tranfports ! quelle émotion !
En voyant de Louis l'Image ?
Des Enfans de Pygmalion
C'eſt pour nous le plus bel ouvrage ;
Notre Roi s'élève à nos yeux ,
Au moment qu'il nous rend heureux !
Français , bons Français ,
Chantons Louis & la Paix ,
Le laurier croît dans les cyprès ,
Et fa recherche eſt une yvreffe :
L'olivier produit des Sujets ,
Et c'eft d'un bon Roi la richeffe :
LOUIS a les fiens dans fon coeur
Et fa gloire eft dans leur bonheur.
Français , bons Français !
Chantons Louis & la Paix.
Par M. B,,... Auteur de deux petites Piéces de
Vers inférées par erreur dans le Mercure de Mars
fous le nom de Madame B……….. pag. $ 9 & 60 . .....
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Résumé : COUPLETS Sur l'AIR : Laissez danser vos Mamans. SUR l'Elévation de la Statue du Roi ; & sur la PAIX.
Le poème 'COUPLETS' célèbre l'élévation de la statue du roi Louis et la paix. Les auteurs expriment leur admiration pour le roi, comparé à l'œuvre de Pygmalion. La statue symbolise la prospérité et le bonheur des sujets, représentés par le laurier et l'olivier. La gloire du roi est liée au bien-être de ses sujets. Le poème se conclut par un appel à chanter Louis et la paix. L'auteur est M. B.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16046
p. 149
VERS à S. A. S. Mgr le Prince LOUIS DE ROHAN, Coadjuteur de Strasbourg, sur fa convalescence.
Début :
Du trépas Ministre perfide, [...]
Mots clefs :
Prince, Respect, Zèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS à S. A. S. Mgr le Prince LOUIS DE ROHAN, Coadjuteur de Strasbourg, sur fa convalescence.
VERS à S. A. S. Mgr le Prince
LOUIS DE ROHAN , Coadjuteur
de Strasbourg, fur fa convalefcence .
Du trépas Miniftre perfide ,
Un fouffe empoisonné , par fon progrès rapide ,
Alloit vous enlever au printemps de vos jours ;
Mais , du mortel venin pour arrêter le cours,
Votre Compagne & votre Guide ,
Minerve oppoſe ſon Egide,
Et des Cieux la Santé vient à votre ſecours,
Ah! puiffe auprès de vous fe fixer l'immortelle !
PRINCE , fi l'amitié , le reſpect & le zélé
Pouvoient la fuppléer , vous vivriez toujours.
Par M. l'Abbé DANGERVILLE.
LOUIS DE ROHAN , Coadjuteur
de Strasbourg, fur fa convalefcence .
Du trépas Miniftre perfide ,
Un fouffe empoisonné , par fon progrès rapide ,
Alloit vous enlever au printemps de vos jours ;
Mais , du mortel venin pour arrêter le cours,
Votre Compagne & votre Guide ,
Minerve oppoſe ſon Egide,
Et des Cieux la Santé vient à votre ſecours,
Ah! puiffe auprès de vous fe fixer l'immortelle !
PRINCE , fi l'amitié , le reſpect & le zélé
Pouvoient la fuppléer , vous vivriez toujours.
Par M. l'Abbé DANGERVILLE.
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Résumé : VERS à S. A. S. Mgr le Prince LOUIS DE ROHAN, Coadjuteur de Strasbourg, sur fa convalescence.
Louis de Rohan adresse un poème à un prince convalescent après une tentative d'empoisonnement. Minerve et la santé venue des cieux ont protégé et guéri le prince. Le poète souhaite une santé immortelle pour le prince et affirme que l'amitié, le respect et le zèle pourraient assurer son éternité. Le poème est signé par l'Abbé Dangerville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16047
p. 149-150
REGRETS d'un Habitant du Parterre, sur la retraite de Mlle DANGEVILLE.
Début :
O DANGEVILLE ! ô trop digne Mortelle ! [...]
Mots clefs :
Cœur, Regrets, Adieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REGRETS d'un Habitant du Parterre, sur la retraite de Mlle DANGEVILLE.
REGRETS d'un Habitant du Parterre ,
fur la retraite de Mlle DANGEVILLE
.
DANGEVILLE ! & trop digne Mortelle !
Avec qui rien ne peut entrer en parallèle ;
Que de talens ! quel naturel , quel feu
Tuviens de nous montrer dans la Piéce nouvelle:(a)
( a ) L'Anglois à Bordeaux.
Għiij
150 MERCURE DE FRANCE.
Combien d'efprit ! que d'agrémens ! quel jeu
Actrice inimitable & cependant cruelle,
C'est donc là ton dernier adieu
Mon coeur en fait un libre aveu ,
Oui , ce coeur que ta perte touche ,
A fon chagrin ne met point de milieu.
Quand je vois cet Anglois farouche
S'attendrir par degrès , fe foumettre à ta loi , ¡
Je dévore les mots qui fortent de ta bouche :
Mais ce qui plus me charme en toì ,
C'eft cette ardeur , ce zéle pour ton Roi .
De la Marquife * on ne voit plas le Rôle ,
C'eft Dangeville & c'eft fon coeur qui vole
En chantant de la Paix l'ouvrage confommé
Et les bontés de ce Ror BIEN - AIMÉ.
Va , fois conrente , fois heureufe ,
C'eſt l'objet de tous mes fouhaits :
Ta retraite est bien glorieufe ;
Mais fouvien s- toi que pour jamais
Tu mets le comble à d'éternels regrets.
(b ) Mlle Dangeville yjoue le rôle de Marquife,
fur la retraite de Mlle DANGEVILLE
.
DANGEVILLE ! & trop digne Mortelle !
Avec qui rien ne peut entrer en parallèle ;
Que de talens ! quel naturel , quel feu
Tuviens de nous montrer dans la Piéce nouvelle:(a)
( a ) L'Anglois à Bordeaux.
Għiij
150 MERCURE DE FRANCE.
Combien d'efprit ! que d'agrémens ! quel jeu
Actrice inimitable & cependant cruelle,
C'est donc là ton dernier adieu
Mon coeur en fait un libre aveu ,
Oui , ce coeur que ta perte touche ,
A fon chagrin ne met point de milieu.
Quand je vois cet Anglois farouche
S'attendrir par degrès , fe foumettre à ta loi , ¡
Je dévore les mots qui fortent de ta bouche :
Mais ce qui plus me charme en toì ,
C'eft cette ardeur , ce zéle pour ton Roi .
De la Marquife * on ne voit plas le Rôle ,
C'eft Dangeville & c'eft fon coeur qui vole
En chantant de la Paix l'ouvrage confommé
Et les bontés de ce Ror BIEN - AIMÉ.
Va , fois conrente , fois heureufe ,
C'eſt l'objet de tous mes fouhaits :
Ta retraite est bien glorieufe ;
Mais fouvien s- toi que pour jamais
Tu mets le comble à d'éternels regrets.
(b ) Mlle Dangeville yjoue le rôle de Marquife,
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Résumé : REGRETS d'un Habitant du Parterre, sur la retraite de Mlle DANGEVILLE.
Le poème 'REGRETS d'un Habitant du Parterre' exprime la tristesse de l'auteur face à la retraite de Mlle Dangeville, une actrice renommée. L'auteur admire ses talents exceptionnels, son naturel et son esprit, notamment dans la pièce 'L'Anglois à Bordeaux'. Il loue particulièrement son interprétation du rôle de la Marquise, où elle démontre une ardeur et un zèle remarquables pour son roi. Sa performance émeut profondément, même les personnages les plus farouches. L'auteur regrette sa retraite, qualifiée de glorieuse, mais avoue que cette décision laisse un vide incommensurable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16048
p. 150-151
VERS adressés à M. FAVART, le jour de la première représentation de sa Piéce au sujet de la PAIX.
Début :
OUI, je te reconnois à ton nouvel ouvrage, [...]
Mots clefs :
Vers, Paix, Humanité, Histoire, Philosophie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS adressés à M. FAVART, le jour de la première représentation de sa Piéce au sujet de la PAIX.
VERS adreffés à . M. FAVART , le
jour de la première repréfentationide
fa Piéce au fujer de la PAIX.
OUU 1 , je te reconnois à ton nouvel ouvrages.
Favart , il eft digne de toi :
AVRIL. 1763. 151
En Philofophe, en homme ſage ,
De tes talens tu fais emploi ;
Nous devons tous te rendre hommage.
Chacun avec tranſport lira tes vers charmans ;
Le feu de ton génie y grave en traits de flamme
ces beaux fentimens
Ces vertus ,
Qui font l'image de ton âme.
Tu peins l'humanité prodiguant les bienfaits ;
L'amour modefte & vrai , l'amitié tendre & fûre
Les Rois Pères de leurs Sujets ,
Les héros amis de la Paix :
Tout refpire en tes vers l'honneur & la droiture .
Jouis , mon cher Eavart , de tes fuccès heureux;
Ils honorent ton fiécle , en te comblant de gloire;
Ce jour va faire époque dans l'Hiſtoire ;
Et tous les coeurs honnêtes , vertueux,
Seront toujours , pour toi , le Temple de Mémoire.
Par M...
jour de la première repréfentationide
fa Piéce au fujer de la PAIX.
OUU 1 , je te reconnois à ton nouvel ouvrages.
Favart , il eft digne de toi :
AVRIL. 1763. 151
En Philofophe, en homme ſage ,
De tes talens tu fais emploi ;
Nous devons tous te rendre hommage.
Chacun avec tranſport lira tes vers charmans ;
Le feu de ton génie y grave en traits de flamme
ces beaux fentimens
Ces vertus ,
Qui font l'image de ton âme.
Tu peins l'humanité prodiguant les bienfaits ;
L'amour modefte & vrai , l'amitié tendre & fûre
Les Rois Pères de leurs Sujets ,
Les héros amis de la Paix :
Tout refpire en tes vers l'honneur & la droiture .
Jouis , mon cher Eavart , de tes fuccès heureux;
Ils honorent ton fiécle , en te comblant de gloire;
Ce jour va faire époque dans l'Hiſtoire ;
Et tous les coeurs honnêtes , vertueux,
Seront toujours , pour toi , le Temple de Mémoire.
Par M...
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Résumé : VERS adressés à M. FAVART, le jour de la première représentation de sa Piéce au sujet de la PAIX.
Le poème célèbre la première représentation de la pièce de Favart au théâtre de la Paix en avril 1763. L'auteur admire les talents de Favart, ses vers charmants et ses nobles sentiments. Il met en avant l'humanité, l'amour modeste, l'amitié, les rois bienveillants et les héros pacifiques. Les succès de Favart honorent son siècle et seront toujours rappelés par les cœurs vertueux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16049
p. 151
AUTRES.
Début :
TOUJOURS Favart dans ses ouvrages, [...]
Mots clefs :
Esprit, Cœur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES.
AUTRES.
TOUJOURS Favart dans ſes ouvrages ,
A réuni tous les fuffrages :
C'eft un triomphe bien flatteur.
Mais je ne m'en étonne guère;
Avec efprit parler au coeur ,
Au coeur , comme à l'efprit , c'eft être für de
plaire.
TOUJOURS Favart dans ſes ouvrages ,
A réuni tous les fuffrages :
C'eft un triomphe bien flatteur.
Mais je ne m'en étonne guère;
Avec efprit parler au coeur ,
Au coeur , comme à l'efprit , c'eft être für de
plaire.
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16050
p. *152-152
AIR Du Vaudeville de l'Anglois à Bordeaux.
Début :
TON pinceau fçait charmer & plaire ; [...]
Mots clefs :
Paix, Anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR Du Vaudeville de l'Anglois à Bordeaux.
AIR Du Vaudeville de l'Anglois à Bordeaux.
TON ON pinceau fçait charmer & plaire ;
Tu traces avec art
De tout François le cara Aère .
L'Anglois te dit : Favart ,
Touche là ; voici ton falaire.
Tu détruis ma haine à jamais.
Faifons la paix ;
Vive la Paix.
Par M. MARIN,
TON ON pinceau fçait charmer & plaire ;
Tu traces avec art
De tout François le cara Aère .
L'Anglois te dit : Favart ,
Touche là ; voici ton falaire.
Tu détruis ma haine à jamais.
Faifons la paix ;
Vive la Paix.
Par M. MARIN,
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