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1
p. 3052-3056
Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné son agrément pour le Mariage du Prince de Conti avec [...]
Mots clefs :
Duc, Roi, Orateur, Course de traîneaux
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
FRANCE ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , & Gà -
E Roy a donné son agrément pour
le Mariage du Prince de Conti avec
Mademoiselle de Chartres , soeur cadette
du Duc d'Orleans , et de Mademoiselle
de Beaujolois . On a dépêché un Courier
à Rome , pour demander au Pape les
dispenses pour ce Mariage , dont la Cé→
lébration est fixée au 22. Janvier. -
I. Vol. Le
DECEMBRE 1731. 3053
Le Comte d'Ayen , auquel le Roy
'avoit accordé , il y a quelques années , la
Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , en survivance
du Duc de Noailles , son Pere Pere ,
prêta serment le 23 Decembre entre les
mains de S. M , et il est entré en exercice
pour servir conjointement avec son Pere .
Le Roy a accordé au Marquis de Ximenés
, Brigadier de ses Armées , l'agrément
de la Charge de Maréchal General
des Logis , des Camps et Armées de S.M.
Le 10 de ce mois , il y eût une magnifique
Course de Traineaux dans le Parc
de Versailles . Elle étoit composée de dix
Traineaux à un Cheval , dans l'un desquels
étoit le Roy ; d'un autre à quatre
Chevaux , conduit par le Marquis de
Beringhen , premier Ecuyer de S. M ;
d'un à cinq places , tiré par six Chevaux ,
et de celui qui représentoit le Cerf, poursuivi
par
des Chiens , qui étoit à deux
Chevaux. Tous ces Traineaux étoient pa
rez d'Etendarts , de Banderoles , et autres
ornemens . Les Chevaux étoient caparaçonnés
et garnis de Sonnettes et de
Grelots d'Argent . Le Roy , après avoir
fait le tour de la Piece d'Eau , qu'on ap-
II. Vol.
pelle
3054 MERCURE DE FRANCE
pelle des Suisses , monta dans le Parterre
du Château , et passa devant les fenêtres
de l'Appartement de la Reine , devant
celles de l'Appartement du Duc d'Orleans
, où étoit le Duc de Chartres , et devant
celles de l'Appartement des Enfans
de France , où S. M. s'arrêta pour pren
dre Mesdemoiselles de Charolois , de Clermont
, et de la Roche -sur-Yon , qui entrerent
chacune dans un Traineau , conduites
par des Seigneurs de la Cour ; d'autres
Dames entrerent dans le Traineau à
cinq places ; on continua la course autour
du Parc des Jardins , et on se rendit à la
Menagerie .
3
Le 18 Decembre les Chambres du
Parlement assemblées , on reçut M.Talon
Président à Mortier , M. Joly de Fleury ,
Fils de M. le Procureur General , Avocat
General , et Mr. de St. Contest , Avocat
du Roy au Châtelet , Conseiller au Parlement.
Le jour de Noël le feu prit à Estrée
St. Denis , près de Compiegne , et consuma
une Maison considerable , appartenante
au Sr. de Ste Croix , Capitaine
au Regiment d'Auxerrois , qui abbandonna
sa Maison , et la sacrifia pour sauver
tout le Village , dont plusieurs Mai-
II. Vol. sons
DECEMBRE. 1731. 3055
sons étoient déja en feu , et auroient été
consumées infailliblement , à cause du
grand vent qu'il faisoit ce jour - là.
La veille de Noël , le Roy , revêtu du
grand Collier de l'ordre du S. Esprit , se
rendit à la Chapelle du Château de Versailles
, où S. M. communia par les mains
de l'Abbé du Guesclin , Aumônier du
Roy en quartier : S. M. toucha ensuite
un grand nombre de Malades .
Le 25 Decembre , Fête de la Nativité
de Notre Seigneur , le Roy et la Reine
qui avoient entendu trois Messes à minuit
, assisterent le matin à la grande-
Messe , célebrée pontificalement par l'Evêque
de Grasse , et chantée par la Musique.
و
L'aprés- midy , L. M , accompagnées
du Duc d'Orleans , de Mesdemoiselles de
Clermont , et de la Roche- sur-Yon , du
Duc du Maine , &c. entendirent la Prédication
du Pere Boursault , Supérieur
des Théatins lequel termina sa course
de l'Avent avec autant de force et d'applaudissemens
qu'il l'avoit commencée ,
et qu'il l'a toûjours soûtenuë. Tous ses
Sermons lui ont attiré une admiration si
unanime de toute la Cour , et même une
affection si generale de tous ( Grands et
11. Vol. Petits
3058 MERCURE DE FRANCE
Petits , ) que les Personnes les plus âgées
ne se souviennent pas d'avoir jamais vû
un plus grand succés .
L'Orateur eût l'art de répandre dans
son compliment au Roy, des Instructions
si nobles et si chrétiennes, que Sa Majesté
en parut penetrée et ce fut avec tant de
dignité , et d'un stile si pathétique , qu'il
toucha la Royale Education qui est due
aux Enfans de France , que tous les Auditeurs
, à commencer pat tout ce qu'il
ya de plus grand et de plus auguste , ne
pûrent retenir des larmes d'approbation.
et de tendresse , qui font également honneur
et à la bonté du coeur de ceux qui
les ont versées , et à la supériorité de l'esprit
de celui qui les a fait répandre. Ensuite
leurs Majestez assisterent aux Vêpres
chantées par la Musique , &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & Gà -
E Roy a donné son agrément pour
le Mariage du Prince de Conti avec
Mademoiselle de Chartres , soeur cadette
du Duc d'Orleans , et de Mademoiselle
de Beaujolois . On a dépêché un Courier
à Rome , pour demander au Pape les
dispenses pour ce Mariage , dont la Cé→
lébration est fixée au 22. Janvier. -
I. Vol. Le
DECEMBRE 1731. 3053
Le Comte d'Ayen , auquel le Roy
'avoit accordé , il y a quelques années , la
Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , en survivance
du Duc de Noailles , son Pere Pere ,
prêta serment le 23 Decembre entre les
mains de S. M , et il est entré en exercice
pour servir conjointement avec son Pere .
Le Roy a accordé au Marquis de Ximenés
, Brigadier de ses Armées , l'agrément
de la Charge de Maréchal General
des Logis , des Camps et Armées de S.M.
Le 10 de ce mois , il y eût une magnifique
Course de Traineaux dans le Parc
de Versailles . Elle étoit composée de dix
Traineaux à un Cheval , dans l'un desquels
étoit le Roy ; d'un autre à quatre
Chevaux , conduit par le Marquis de
Beringhen , premier Ecuyer de S. M ;
d'un à cinq places , tiré par six Chevaux ,
et de celui qui représentoit le Cerf, poursuivi
par
des Chiens , qui étoit à deux
Chevaux. Tous ces Traineaux étoient pa
rez d'Etendarts , de Banderoles , et autres
ornemens . Les Chevaux étoient caparaçonnés
et garnis de Sonnettes et de
Grelots d'Argent . Le Roy , après avoir
fait le tour de la Piece d'Eau , qu'on ap-
II. Vol.
pelle
3054 MERCURE DE FRANCE
pelle des Suisses , monta dans le Parterre
du Château , et passa devant les fenêtres
de l'Appartement de la Reine , devant
celles de l'Appartement du Duc d'Orleans
, où étoit le Duc de Chartres , et devant
celles de l'Appartement des Enfans
de France , où S. M. s'arrêta pour pren
dre Mesdemoiselles de Charolois , de Clermont
, et de la Roche -sur-Yon , qui entrerent
chacune dans un Traineau , conduites
par des Seigneurs de la Cour ; d'autres
Dames entrerent dans le Traineau à
cinq places ; on continua la course autour
du Parc des Jardins , et on se rendit à la
Menagerie .
3
Le 18 Decembre les Chambres du
Parlement assemblées , on reçut M.Talon
Président à Mortier , M. Joly de Fleury ,
Fils de M. le Procureur General , Avocat
General , et Mr. de St. Contest , Avocat
du Roy au Châtelet , Conseiller au Parlement.
Le jour de Noël le feu prit à Estrée
St. Denis , près de Compiegne , et consuma
une Maison considerable , appartenante
au Sr. de Ste Croix , Capitaine
au Regiment d'Auxerrois , qui abbandonna
sa Maison , et la sacrifia pour sauver
tout le Village , dont plusieurs Mai-
II. Vol. sons
DECEMBRE. 1731. 3055
sons étoient déja en feu , et auroient été
consumées infailliblement , à cause du
grand vent qu'il faisoit ce jour - là.
La veille de Noël , le Roy , revêtu du
grand Collier de l'ordre du S. Esprit , se
rendit à la Chapelle du Château de Versailles
, où S. M. communia par les mains
de l'Abbé du Guesclin , Aumônier du
Roy en quartier : S. M. toucha ensuite
un grand nombre de Malades .
Le 25 Decembre , Fête de la Nativité
de Notre Seigneur , le Roy et la Reine
qui avoient entendu trois Messes à minuit
, assisterent le matin à la grande-
Messe , célebrée pontificalement par l'Evêque
de Grasse , et chantée par la Musique.
و
L'aprés- midy , L. M , accompagnées
du Duc d'Orleans , de Mesdemoiselles de
Clermont , et de la Roche- sur-Yon , du
Duc du Maine , &c. entendirent la Prédication
du Pere Boursault , Supérieur
des Théatins lequel termina sa course
de l'Avent avec autant de force et d'applaudissemens
qu'il l'avoit commencée ,
et qu'il l'a toûjours soûtenuë. Tous ses
Sermons lui ont attiré une admiration si
unanime de toute la Cour , et même une
affection si generale de tous ( Grands et
11. Vol. Petits
3058 MERCURE DE FRANCE
Petits , ) que les Personnes les plus âgées
ne se souviennent pas d'avoir jamais vû
un plus grand succés .
L'Orateur eût l'art de répandre dans
son compliment au Roy, des Instructions
si nobles et si chrétiennes, que Sa Majesté
en parut penetrée et ce fut avec tant de
dignité , et d'un stile si pathétique , qu'il
toucha la Royale Education qui est due
aux Enfans de France , que tous les Auditeurs
, à commencer pat tout ce qu'il
ya de plus grand et de plus auguste , ne
pûrent retenir des larmes d'approbation.
et de tendresse , qui font également honneur
et à la bonté du coeur de ceux qui
les ont versées , et à la supériorité de l'esprit
de celui qui les a fait répandre. Ensuite
leurs Majestez assisterent aux Vêpres
chantées par la Musique , &c.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
En décembre 1731, le roi de France approuva le mariage du Prince de Conti avec Mademoiselle de Chartres, sœur cadette du Duc d'Orléans, et de Mademoiselle de Beaujolais. Une demande de dispenses fut envoyée à Rome pour permettre la célébration prévue le 22 janvier. Le Comte d'Ayen prêta serment pour la charge de Capitaine de la première Compagnie des Gardes du Corps, en survivance de son père, le Duc de Noailles, et commença à exercer conjointement avec lui. Le roi accorda également au Marquis de Ximenés, Brigadier des Armées, l'agrément pour la charge de Maréchal Général des Logis des Camps et Armées. Le 10 décembre, une course de traîneaux se tint dans le parc de Versailles, avec la participation du roi et de plusieurs nobles. Le 18 décembre, de nouveaux membres furent intégrés aux Chambres du Parlement, dont M. Talon, Président à Mortier, et M. Joly de Fleury, Avocat Général. Le jour de Noël, un incendie détruisit une maison à Estrées-Saint-Denis, près de Compiègne, appartenant au Sr. de Ste Croix. La veille de Noël, le roi communia et toucha un grand nombre de malades. Le 25 décembre, le roi et la reine assistèrent à la grande-messe et à la prédication du Père Boursault, Supérieur des Théatins, qui reçut une admiration unanime pour ses sermons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 3056-3057
Vers Latins sur le Portrait de *** [titre d'après la table]
Début :
On sçait assès l'étroite liaison d'amitié qui est, depuis long- temps, entre l'Abbé [...]
Mots clefs :
Abbé, Amitié
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texteReconnaissance textuelle : Vers Latins sur le Portrait de *** [titre d'après la table]
On sçait assès l'étroite liaison d'amitié
qui est , depuis long- temps , entre l'Abbé
de Pompone et l'Abbé de Fourcy , liaison
qu'ils ont cultivée dès leur enfance ,
dont ils avoient pris les Principes chez
Mrs leurs Peres , qui s'aimoiert et s'estimoient
infiniment. L'Abbé de Pomponne
ayant achetté depuis peu une très - jolie
Maison à Nogent sur Marne , où il a
destiné un Appartement à l'Abbé de
11. Vol.
Fourcy
·
DECEMBRE 1731. 3057
Fourcy , il lui demanda son Portrait pour
mettre dans cet Appartement : l'Abbé de
Fourcy , qui en a un fort beau , peint par
Mr. Rigault , il y a 2 ans , et qu'on a
fait graver , en a fait faire une copie ,
qu'il a envoyée à M. l'Abbé de Pomponne,
avec une très- belle bordure
compagnée des Vers suivans :
et il l'a ac-
Hæc sit amicitiæ gratum tibi pignus , amice
Hæc sit et obsequii missa tabella mei .
Illa tibi vultus referat quos semper amasti ,
i
Aut referat potius cur placuere tibi .
Dicat qui fuerit noster , qualisque parentum
•
Vix memori spatio , consociatus amor.
Dicat , et assiduè renovandum dicat , et annos
Qui superent qui jam præteriere , petat.
qui est , depuis long- temps , entre l'Abbé
de Pompone et l'Abbé de Fourcy , liaison
qu'ils ont cultivée dès leur enfance ,
dont ils avoient pris les Principes chez
Mrs leurs Peres , qui s'aimoiert et s'estimoient
infiniment. L'Abbé de Pomponne
ayant achetté depuis peu une très - jolie
Maison à Nogent sur Marne , où il a
destiné un Appartement à l'Abbé de
11. Vol.
Fourcy
·
DECEMBRE 1731. 3057
Fourcy , il lui demanda son Portrait pour
mettre dans cet Appartement : l'Abbé de
Fourcy , qui en a un fort beau , peint par
Mr. Rigault , il y a 2 ans , et qu'on a
fait graver , en a fait faire une copie ,
qu'il a envoyée à M. l'Abbé de Pomponne,
avec une très- belle bordure
compagnée des Vers suivans :
et il l'a ac-
Hæc sit amicitiæ gratum tibi pignus , amice
Hæc sit et obsequii missa tabella mei .
Illa tibi vultus referat quos semper amasti ,
i
Aut referat potius cur placuere tibi .
Dicat qui fuerit noster , qualisque parentum
•
Vix memori spatio , consociatus amor.
Dicat , et assiduè renovandum dicat , et annos
Qui superent qui jam præteriere , petat.
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Résumé : Vers Latins sur le Portrait de *** [titre d'après la table]
Le texte relate l'amitié profonde et durable entre l'Abbé de Pompone et l'Abbé de Fourcy, nourrie depuis leur enfance grâce à l'affection mutuelle de leurs pères. Récemment, l'Abbé de Pompone a acquis une maison à Nogent-sur-Marne et y a réservé un appartement pour l'Abbé de Fourcy. Pour décorer cet appartement, l'Abbé de Pompone a demandé un portrait de l'Abbé de Fourcy. Ce dernier, possédant un portrait peint par Monsieur Rigault et gravé deux ans plus tôt, en a fait réaliser une copie qu'il a envoyée à l'Abbé de Pompone. La copie était accompagnée d'une belle bordure et de vers latins célébrant leur amitié et leur respect mutuel. Ces vers soulignent la valeur de cette amitié et rappellent les liens familiaux et l'affection partagée entre les deux abbés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 3057-3066
Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant appris que l'Infant Don Carlos étoit parti de Seville pour se rendre [...]
Mots clefs :
Infant Don Carlos, Intendants, Séville, Perpignan, Narbonne, Consuls
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Le Roy ayant appris que l'Infant Don
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
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Résumé : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
L'Infant Don Carlos traversa la France en route pour l'Italie, passant par le Roussillon, le Languedoc et la Provence. Le roi de France ordonna aux commandants et intendants de ces provinces de l'accueillir avec tous les honneurs dus à son rang. M. Desgranges, Maître des Cérémonies, fut chargé de l'accompagner jusqu'à Antibes. L'Infant arriva au Ruisseau de Lobregat le 26 novembre et fut accueilli par le Marquis de Cailus et M. de Jallais. Des cérémonies appropriées, incluant des salves d'artillerie et des illuminations, furent organisées en son honneur. À Perpignan, il fut reçu par divers corps de la ville et participa à des activités telles que la chasse et des concerts. Son voyage continua à travers plusieurs villes, dont Narbonne, Béziers, Pezenas, Montpellier, Nîmes, Tarascon, Aix, et enfin Antibes. Dans chaque ville, il reçut des honneurs similaires, incluant des salves de canon, des compliments des autorités locales et des illuminations. Le Grand-Prieur de France le rejoignit à Cannes et lui remit une épée garnie de diamants de la part du roi de France. L'Infant s'embarqua à Antibes le 23 décembre sur les galères d'Espagne. Il exprima sa satisfaction des honneurs reçus en France. Les commandants et intendants des provinces traversées avaient préparé des réceptions somptueuses, avec des tables abondantes et des amusements variés. Marseille, bien que préparée pour sa visite, ne le reçut pas en raison d'un changement d'itinéraire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 3066-3070
Fête à l'Hôtel de Condé, et Vers sur la Duchesse de Bourbon. [titre d'après la table]
Début :
Le 19. de ce mois, il y eut une Fête à l'Hôtel de Condé, où le cœur eut encore [...]
Mots clefs :
Petite vérole, Médecin, Art, Monarque, Duchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fête à l'Hôtel de Condé, et Vers sur la Duchesse de Bourbon. [titre d'après la table]
Le 19. de ce mois , il y eut une Fête
à l'Hôtel de Condé , où le coeur eut encore
plus de part que la pompe et la ma
gnificence que le sujet demandoit . Les
Officiers et domestiques de la jeune Du
chesse de Bourbon universellement secondez
des voeux de la Cour et de la
Ville , firent tirer un Feu d'artifice et
quantité de Fusées volantes , ce qui fuc
terminé par une grande Symphonie , en
réjouissance du rétablissement de la santé
de cette aimable et vertueuse Prin
Messe
DECEMBRE. 1737. 3067
•
EPITRE à M. Chirac, Premier Medecin
du Roy , sur la maniere de traiter la petite
Verole , à l'occasion de la Duchesse
de Bourbon.
Oi
Toi qu'on vit,jeune encor, renverser le Rem
part ,
Que l'usage opposoit aux progrès de ton Art,
Vainqueur des préjugez , pour qui de la Nature ,
Les plus profonds secrets n'ont point de nuie
obcure ,
Chirac , jette les yeux sur le juste tribut ,
Que la France te rend pour prix de son salut.
C'est peu que de veiller sur les jours du Monarque,,
Les Sujets par tes soins échappent à la Parque.
Trop heureux qui te suit dans le nouveau che
min ,
Par où tu fais tomber le ciseau de sa main !
Pour remporter sur elle une double victoire
Un Eleve chéri s'associe à ta gloire ;
De tes sages conseils empruntant le secours;
D'une grande Princesse il prolonge les jours :
Tu t'expliques par lui , c'est par toi qu'il opere ;
Même Laurier couronne et le fils et le pere,
Rival digne de toi , ferme à suivre tes pas ,
Combien à l'Univers il conserve d'appas ! !
Quel respect nous saisit , quel amour nous une
famine ,
1. Vol. Gavj Lors
3068 MERCURE DE FRANCE
Lorsque dans un beau corps habite une belle ame !
Que la vertu pour nous a des charmes puissans !
Elle dispute aux Dieux nos coeurs et notre encens,
Voi ces gerbes de feu s'élancer vers les nuës ;
De leur rapidité les causes sont connues ;
Elles vont à l'envi d'un vol audacieux ,
Du plus cher de feurs dons rendre graces aux
Cieux.
T
Oui , divine Duchesse , un Peuple qui t'adore ,
Şignale ainsi l'ardeur qui pour toi le devore,
Et donnant un champ libre aux transports de son
coeur ,
En celebre à la fois et l'objet et l'Auteur.
Nous l'avons déja vû , cet Eleve si sage ,
Sur ton auguste Epoux commencer son Ouvrage
Te donner par avance un gage de sa foy ,
Quand il sçauva des jours qui devoient être à toi.
Triomphe, heureux Chirac? à l'éclat qui te frapp
Tu ne peux méconnoître un vrai fils d'Esculape..
C'est ta parfaite image ; entre tes nourissons ,
Nul ne porta plus loin le fruit de tes leçons .
Son Ouvrage est le tien ; je vais donc pour ta
gloire ,
De ses nombreux succès consacrer la memoire ::
Muses , secondez- moi du haut du double Mont..
Je commence par vous , Charolois et Clermont.
11, sauva , digne Sang d'un vrai foudre du guerr
Des attraits que le Ciel envioit à la Terre ,
Combien II. Kola
DECEMBRE 1731. 3069.
Combien d'autres sans lui victimes de la mort ,
Auroient vû par sa faux trañcher leur triste sort
Approchez ; du vainqueur ornez le Char insigne,
Aiguillon , Rochechouart , Aumont , Lauraguais;
Ligne ,
Venez vous joindre encor à ce Char glorieux ,
Montauban et Choseuil , et Saint Just , et Puisieux
;
Qu'un soin reconnoissant sur leurs pas vous conduise
,
Vous , Langeac , vous , d'Autroy , vous , Saint
Aignan , vous , Guise ,
Tessé , Colándre , Avray , Blancmenil , Monts
mirel ;
Son Art vous secourut dans un péril mortel.
Dans la jeune saison ! dira l'aigre censure ,
L'honneur qu'on fait à l'Art , n'est dû qu'à la
Nature.
Eh bien , pour la confondre,, accours , et prends
ton rang ,
Toi , dont l'hyver de l'âge, avoit glacé le sang ,
Toi , Lassay , dont les ans rassemblent seize
lustres ;
Quel triomphe est fondé sur des noms plus illustres.
25
Cependant la victoire attachée à ses pas ,
Contre un fleau cruel ne nous rassureroit pas ;
En vain , sage Pilote , il bravoit les orages ,
L'écueil étoit fameux par cent et cent nauffrages,
En vain un jour sinistre entre tant d'heureux
jours
3070 MERCURE DE FRANCE
2
Avoit seul de sa gloire interrompu le cours
Le murmure et la crainte, enfans de l'ignorance,,
Venoient de ses succès affaiblir l'esperance ;
1
Mais quelle sureté n'entra point dans nos coeurs
Quand tu pris soin , Chirac , de calmer nos
frayeurs
Et d'un sage principe approuvant la conduite ,
Des succès de son Art , tu garantis la suite ?
Tu daignas publier devant milfe témoins ,*
Que , des jours précieux confiez à ses soins ,'
Ton coeur se reposoit sur sa prudence extrême ,
que le voir agir , c'étoit agir toi-même.
De ta décision le bruit se répandit ,
Des jours de la Princesse elle nous répondit
Le péril disparut , et ce nouveau Miracle
D'un vrai fils d'Apollon justifia l'Oracle..
à l'Hôtel de Condé , où le coeur eut encore
plus de part que la pompe et la ma
gnificence que le sujet demandoit . Les
Officiers et domestiques de la jeune Du
chesse de Bourbon universellement secondez
des voeux de la Cour et de la
Ville , firent tirer un Feu d'artifice et
quantité de Fusées volantes , ce qui fuc
terminé par une grande Symphonie , en
réjouissance du rétablissement de la santé
de cette aimable et vertueuse Prin
Messe
DECEMBRE. 1737. 3067
•
EPITRE à M. Chirac, Premier Medecin
du Roy , sur la maniere de traiter la petite
Verole , à l'occasion de la Duchesse
de Bourbon.
Oi
Toi qu'on vit,jeune encor, renverser le Rem
part ,
Que l'usage opposoit aux progrès de ton Art,
Vainqueur des préjugez , pour qui de la Nature ,
Les plus profonds secrets n'ont point de nuie
obcure ,
Chirac , jette les yeux sur le juste tribut ,
Que la France te rend pour prix de son salut.
C'est peu que de veiller sur les jours du Monarque,,
Les Sujets par tes soins échappent à la Parque.
Trop heureux qui te suit dans le nouveau che
min ,
Par où tu fais tomber le ciseau de sa main !
Pour remporter sur elle une double victoire
Un Eleve chéri s'associe à ta gloire ;
De tes sages conseils empruntant le secours;
D'une grande Princesse il prolonge les jours :
Tu t'expliques par lui , c'est par toi qu'il opere ;
Même Laurier couronne et le fils et le pere,
Rival digne de toi , ferme à suivre tes pas ,
Combien à l'Univers il conserve d'appas ! !
Quel respect nous saisit , quel amour nous une
famine ,
1. Vol. Gavj Lors
3068 MERCURE DE FRANCE
Lorsque dans un beau corps habite une belle ame !
Que la vertu pour nous a des charmes puissans !
Elle dispute aux Dieux nos coeurs et notre encens,
Voi ces gerbes de feu s'élancer vers les nuës ;
De leur rapidité les causes sont connues ;
Elles vont à l'envi d'un vol audacieux ,
Du plus cher de feurs dons rendre graces aux
Cieux.
T
Oui , divine Duchesse , un Peuple qui t'adore ,
Şignale ainsi l'ardeur qui pour toi le devore,
Et donnant un champ libre aux transports de son
coeur ,
En celebre à la fois et l'objet et l'Auteur.
Nous l'avons déja vû , cet Eleve si sage ,
Sur ton auguste Epoux commencer son Ouvrage
Te donner par avance un gage de sa foy ,
Quand il sçauva des jours qui devoient être à toi.
Triomphe, heureux Chirac? à l'éclat qui te frapp
Tu ne peux méconnoître un vrai fils d'Esculape..
C'est ta parfaite image ; entre tes nourissons ,
Nul ne porta plus loin le fruit de tes leçons .
Son Ouvrage est le tien ; je vais donc pour ta
gloire ,
De ses nombreux succès consacrer la memoire ::
Muses , secondez- moi du haut du double Mont..
Je commence par vous , Charolois et Clermont.
11, sauva , digne Sang d'un vrai foudre du guerr
Des attraits que le Ciel envioit à la Terre ,
Combien II. Kola
DECEMBRE 1731. 3069.
Combien d'autres sans lui victimes de la mort ,
Auroient vû par sa faux trañcher leur triste sort
Approchez ; du vainqueur ornez le Char insigne,
Aiguillon , Rochechouart , Aumont , Lauraguais;
Ligne ,
Venez vous joindre encor à ce Char glorieux ,
Montauban et Choseuil , et Saint Just , et Puisieux
;
Qu'un soin reconnoissant sur leurs pas vous conduise
,
Vous , Langeac , vous , d'Autroy , vous , Saint
Aignan , vous , Guise ,
Tessé , Colándre , Avray , Blancmenil , Monts
mirel ;
Son Art vous secourut dans un péril mortel.
Dans la jeune saison ! dira l'aigre censure ,
L'honneur qu'on fait à l'Art , n'est dû qu'à la
Nature.
Eh bien , pour la confondre,, accours , et prends
ton rang ,
Toi , dont l'hyver de l'âge, avoit glacé le sang ,
Toi , Lassay , dont les ans rassemblent seize
lustres ;
Quel triomphe est fondé sur des noms plus illustres.
25
Cependant la victoire attachée à ses pas ,
Contre un fleau cruel ne nous rassureroit pas ;
En vain , sage Pilote , il bravoit les orages ,
L'écueil étoit fameux par cent et cent nauffrages,
En vain un jour sinistre entre tant d'heureux
jours
3070 MERCURE DE FRANCE
2
Avoit seul de sa gloire interrompu le cours
Le murmure et la crainte, enfans de l'ignorance,,
Venoient de ses succès affaiblir l'esperance ;
1
Mais quelle sureté n'entra point dans nos coeurs
Quand tu pris soin , Chirac , de calmer nos
frayeurs
Et d'un sage principe approuvant la conduite ,
Des succès de son Art , tu garantis la suite ?
Tu daignas publier devant milfe témoins ,*
Que , des jours précieux confiez à ses soins ,'
Ton coeur se reposoit sur sa prudence extrême ,
que le voir agir , c'étoit agir toi-même.
De ta décision le bruit se répandit ,
Des jours de la Princesse elle nous répondit
Le péril disparut , et ce nouveau Miracle
D'un vrai fils d'Apollon justifia l'Oracle..
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Résumé : Fête à l'Hôtel de Condé, et Vers sur la Duchesse de Bourbon. [titre d'après la table]
Le 19 décembre 1737, une fête fut organisée à l'Hôtel de Condé pour célébrer le rétablissement de la santé de la Duchesse de Bourbon. Cette célébration inclut un feu d'artifice, des fusées volantes et une grande symphonie. La Cour et la Ville exprimèrent leur soutien à la jeune Duchesse. Une épître fut dédiée à M. Chirac, Premier Médecin du Roi, pour son traitement de la petite vérole, notamment en faveur de la Duchesse de Bourbon. L'épître loue Chirac pour ses compétences médicales et son rôle dans le sauvetage de nombreux patients, y compris des membres de la noblesse. Le médecin est comparé à un fils d'Esculape, symbole de la médecine, et son élève est également célébré pour ses succès. L'épître énumère plusieurs nobles sauvés par les soins de Chirac et de son élève, soulignant ainsi l'impact de leur art médical. Le texte se termine par une réflexion sur la sécurité apportée par les compétences de Chirac, qui rassura la Cour et le public face à la maladie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 3070-3073
Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
Début :
M. de Nicolaï, Conseiller au Parlement, fils aîné de M. le Premier President [...]
Mots clefs :
Chambre des comptes, Président, Conseiller, Comptes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
M. de Nicolaï , Conseiller au Parle
ment , fils aîné de M. le Premier President
de la Chambre des Comptes , et
dont il est fait mention dans le Mer
cure de France du mois de Juillet der
nier , ayant été pourvû en survivance
( qui est le neuviéme de sa Famille , ) de
la Charge de son pere , a été reçû à l'âge
de vingt - deux ans et demi à la Chambre
le 8. Decembre , ayant obtenu en même-
temps la voix déliberative au Parle
11. Vol:
ment
DECEMBRE. 1731. 307✡
ment. Cette Reception s'est faite en pré-.
sence de tous les Officiers de la Chambre
et d'un grand concours de persona
nes de distinction . M. de Villiers , Maî
tre des Comptes , Rapporteur des Provide
donner son avis, fit un
>
sions, avant que
grand Eloge de ce jeune Magistrat , qui
après avoir prêté Serment entre les mains .
de M. le Président de Paris , et avoir pris
place , fut complimenté
par ce Président,
qui dans un Discours très éloquent , exposa
tout ce qui étoit honorable à la
Chambre et à la Maison de Nicolaï , par
les Graces que nos Rois ont toûjours accordées
en faveur de l'une et de l'autre..
Ensuite M. de Nicolaï fit un très- beau.
Remerciement
, digne de son nom , qu'il
prononça avec toute grace et toute la
dignité convenable
au Poste éminent
qu'il doit occuper un jour.
t
' la
On verra par la lecture de l'Exposé de
ses Provisions , quels ont été les justes
motis de Sa Majesté.
LOUIS , par par la Grace de Dieu , Roy
de France et de Navarre , à tous ceux qui
ces Rresentes verront , SALUT. Les Graces
extraordinaires que nous faisons à quelquesans
de nos Sujets , en consideration de leurs
services , outre ceux de leurs Ancêtres , ne
11. Velo pouvant
1572 MERCURE
DE FRANCE
pouvant que confirmer les autres dans in
fidelité qu'ils nous doivent , nous croyons
qu'en ces rencontres l'avantage d'un Particulier
est celui de l'Etat et du Public , c'est
pourquoi nous ne faisons aucune difficulté
d'accorder de nouvelles marques de notre bien³
veillance à notre amé et feal Conseiller en
nos Conseils d'Etat et Privé , Jean- Aymard
Nicolay , .Premier President Clerc en notre
Chambre des Comptes de Paris , en considération
des grands et importans services
qu'il nous a rendus et au feu Roy , notre
très- honoré Seigneur et Bisayeul, de gloriense
mémoire , et pour lui faire connoître de plus
en plus l'estime toute particuliere que nous
faisons de son mérite personnel et de ses
vertus , nous avons en agréable la supplication
qu'il nous a faite d'admettre la
résignation de sondit Office de Premier President
en faveur de notre amé et féal Ayž
mard-Jean Nicolay , son fils , Conseiller en
notre Cour de Parlement de Paris , et Com
missaire aux Requêtes de notre Palais , à
Condition ncanmoins de survivance et retenue
de services , laquelle nous lui avions accor
dée dès l'année mil sept cent dix -sept , pour
Antoine- Nicolas Nicolay son fils ainé,qu'une
mort prématurée auroit enlevé dans un temps
où sa droiture , sa capacité et une experience
de près de vingt années dans l'exercice de
I A Vola
DECEMBRE. 1731. 3075
la Charge de Conseiller en notredite Cour de
Parlement , le mettoient en état de remplir
avec toute la distinction possible une place
aussi importante , et d'ailleurs bien informez
des qualitez avantageuses qui se trouvent en
la personne dudit Sieur Nicolay , fils , ainsi
que de son affection à notre service dans les
differes Emplois qu'il a exercez , tant en
qualité de Lieutenant dans notre Régiment
d'Infanterie , et de Capitaine de Cavalerie ,
que dans celle de Mesire de Camp d'un Régiment
de Dragonspendant près de dix années
, nous aurions estimé qu'il étoit du bien
de notre service , de le pourvoir cy- devans
dudit Office de Conseiller , dont ledit Sieur
son frere est mort revêtu , étant persuadez
qu'il nous serviroit dans la Magistrature
avec le même Zele qu'il a fait dans nos Trou
pes , ce qu'il nous a déja fait connoître par
une application suivie et une integrité à toute
épreuves ensorte que nous avons tout lien
d'esperer qu'il remplira un jour avec dignité
ladite Charge de Premier President , surtout
étant instruit et formé par un Pere d'une ex-.
perience la plus consommée , animé par son
exemple et celui de ses Ancêtres , qui ont possedé
la même Charge pendant septgenerations ,
et nousy ont servi et les Rois nos predecesseurs,
à leur satisfaction et à la nôtre. A Ces Cau-
SES , &c. 18. Octobre 1731 .
ment , fils aîné de M. le Premier President
de la Chambre des Comptes , et
dont il est fait mention dans le Mer
cure de France du mois de Juillet der
nier , ayant été pourvû en survivance
( qui est le neuviéme de sa Famille , ) de
la Charge de son pere , a été reçû à l'âge
de vingt - deux ans et demi à la Chambre
le 8. Decembre , ayant obtenu en même-
temps la voix déliberative au Parle
11. Vol:
ment
DECEMBRE. 1731. 307✡
ment. Cette Reception s'est faite en pré-.
sence de tous les Officiers de la Chambre
et d'un grand concours de persona
nes de distinction . M. de Villiers , Maî
tre des Comptes , Rapporteur des Provide
donner son avis, fit un
>
sions, avant que
grand Eloge de ce jeune Magistrat , qui
après avoir prêté Serment entre les mains .
de M. le Président de Paris , et avoir pris
place , fut complimenté
par ce Président,
qui dans un Discours très éloquent , exposa
tout ce qui étoit honorable à la
Chambre et à la Maison de Nicolaï , par
les Graces que nos Rois ont toûjours accordées
en faveur de l'une et de l'autre..
Ensuite M. de Nicolaï fit un très- beau.
Remerciement
, digne de son nom , qu'il
prononça avec toute grace et toute la
dignité convenable
au Poste éminent
qu'il doit occuper un jour.
t
' la
On verra par la lecture de l'Exposé de
ses Provisions , quels ont été les justes
motis de Sa Majesté.
LOUIS , par par la Grace de Dieu , Roy
de France et de Navarre , à tous ceux qui
ces Rresentes verront , SALUT. Les Graces
extraordinaires que nous faisons à quelquesans
de nos Sujets , en consideration de leurs
services , outre ceux de leurs Ancêtres , ne
11. Velo pouvant
1572 MERCURE
DE FRANCE
pouvant que confirmer les autres dans in
fidelité qu'ils nous doivent , nous croyons
qu'en ces rencontres l'avantage d'un Particulier
est celui de l'Etat et du Public , c'est
pourquoi nous ne faisons aucune difficulté
d'accorder de nouvelles marques de notre bien³
veillance à notre amé et feal Conseiller en
nos Conseils d'Etat et Privé , Jean- Aymard
Nicolay , .Premier President Clerc en notre
Chambre des Comptes de Paris , en considération
des grands et importans services
qu'il nous a rendus et au feu Roy , notre
très- honoré Seigneur et Bisayeul, de gloriense
mémoire , et pour lui faire connoître de plus
en plus l'estime toute particuliere que nous
faisons de son mérite personnel et de ses
vertus , nous avons en agréable la supplication
qu'il nous a faite d'admettre la
résignation de sondit Office de Premier President
en faveur de notre amé et féal Ayž
mard-Jean Nicolay , son fils , Conseiller en
notre Cour de Parlement de Paris , et Com
missaire aux Requêtes de notre Palais , à
Condition ncanmoins de survivance et retenue
de services , laquelle nous lui avions accor
dée dès l'année mil sept cent dix -sept , pour
Antoine- Nicolas Nicolay son fils ainé,qu'une
mort prématurée auroit enlevé dans un temps
où sa droiture , sa capacité et une experience
de près de vingt années dans l'exercice de
I A Vola
DECEMBRE. 1731. 3075
la Charge de Conseiller en notredite Cour de
Parlement , le mettoient en état de remplir
avec toute la distinction possible une place
aussi importante , et d'ailleurs bien informez
des qualitez avantageuses qui se trouvent en
la personne dudit Sieur Nicolay , fils , ainsi
que de son affection à notre service dans les
differes Emplois qu'il a exercez , tant en
qualité de Lieutenant dans notre Régiment
d'Infanterie , et de Capitaine de Cavalerie ,
que dans celle de Mesire de Camp d'un Régiment
de Dragonspendant près de dix années
, nous aurions estimé qu'il étoit du bien
de notre service , de le pourvoir cy- devans
dudit Office de Conseiller , dont ledit Sieur
son frere est mort revêtu , étant persuadez
qu'il nous serviroit dans la Magistrature
avec le même Zele qu'il a fait dans nos Trou
pes , ce qu'il nous a déja fait connoître par
une application suivie et une integrité à toute
épreuves ensorte que nous avons tout lien
d'esperer qu'il remplira un jour avec dignité
ladite Charge de Premier President , surtout
étant instruit et formé par un Pere d'une ex-.
perience la plus consommée , animé par son
exemple et celui de ses Ancêtres , qui ont possedé
la même Charge pendant septgenerations ,
et nousy ont servi et les Rois nos predecesseurs,
à leur satisfaction et à la nôtre. A Ces Cau-
SES , &c. 18. Octobre 1731 .
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Résumé : Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
Le texte décrit la réception de M. de Nicolaï, fils aîné de M. le Premier Président de la Chambre des Comptes, à la Chambre des Comptes le 8 décembre 1731. À l'âge de vingt-deux ans et demi, il a été nommé pour succéder à son père, devenant ainsi le neuvième membre de sa famille à occuper cette charge. La cérémonie a eu lieu en présence de tous les officiers de la Chambre et de nombreuses personnes de distinction. M. de Villiers, Maître des Comptes, a loué les qualités du jeune magistrat, qui a ensuite prêté serment et été félicité par M. le Président de Paris. Le roi Louis XV a accordé cette nomination en reconnaissance des services rendus par Jean-Aymard Nicolay, le père, et en considération des qualités d'Aymard-Jean Nicolay, le fils. Le roi a accepté la résignation de la charge de Premier Président en faveur de son fils, avec une clause de survivance et de retenue de services. Cette décision a été motivée par les qualités et les services du fils, tant dans la magistrature que dans l'armée, ainsi que par l'exemple et l'expérience de son père et de ses ancêtres, qui ont occupé cette charge pendant sept générations.
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6
p. 3074-3075
A MADEMOISELLE DE ...
Début :
Vous ignorez, aimable Brune, [...]
Mots clefs :
Ignorance, Expérience, Indifférence, Secret
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE DE ...
A MADEMOISELLE DE .
Vous ignorez , aimable Brune
Le pouvoir d'un regard que lancent deux beaun
yeux ,
Trop fier d'une vertu commune ,
Je comptois plus que vous l'ignorer en ces lieux»
Plein d'une triste experience ,
Que donne un malheureux et tendre attache
ment ,
Je cherchois du repos et du soulagement ,
Dans les bras de l'indifference.
來
J'y parvenois de jour en jour ,
Fai commencé trop tôt , me disois - je à mois
même ,
C'est fait ... j'ai trop aimé , j'ai trop connu
l'Amour ,
Four croire après cela que j'aime..
語
Ingrate experience , inutile raison ,
De quoi me servez-vous ? un trouble affreus
m'agite ,
Je cherchais un remede , et j'ai pris le poison.
Deux beaux yeux vous ont mis en fuite.
11. Vol. Que
DECEMBRE . 1731. 3075
Que vais je devenir ; qu'êtes-vous devenus è̟-
J'ai vu Coelidoris dans un lieu solitaire ,
Si Venus étoit sage , ah ! ce seroit Venus ;
Mais je hais trop l'Amour pour la croire sa mere
M
Moi , dont l'indolente fierté ,
Ne m'avoit plus laissé d'amour que pour l'étude,
Pirois , peu sage encor , risquer ma liberté,.
Après une épreuve si rude .
諾
Non , ma raison , je fais serment ,
D'étouffer par tes soins cette naissante flamme,
Témeraire propos ! quand l'objet est charmant ,
Et qu'il cherche à sçavoir le secret de notre ame,
D'Hautefeuille .
Vous ignorez , aimable Brune
Le pouvoir d'un regard que lancent deux beaun
yeux ,
Trop fier d'une vertu commune ,
Je comptois plus que vous l'ignorer en ces lieux»
Plein d'une triste experience ,
Que donne un malheureux et tendre attache
ment ,
Je cherchois du repos et du soulagement ,
Dans les bras de l'indifference.
來
J'y parvenois de jour en jour ,
Fai commencé trop tôt , me disois - je à mois
même ,
C'est fait ... j'ai trop aimé , j'ai trop connu
l'Amour ,
Four croire après cela que j'aime..
語
Ingrate experience , inutile raison ,
De quoi me servez-vous ? un trouble affreus
m'agite ,
Je cherchais un remede , et j'ai pris le poison.
Deux beaux yeux vous ont mis en fuite.
11. Vol. Que
DECEMBRE . 1731. 3075
Que vais je devenir ; qu'êtes-vous devenus è̟-
J'ai vu Coelidoris dans un lieu solitaire ,
Si Venus étoit sage , ah ! ce seroit Venus ;
Mais je hais trop l'Amour pour la croire sa mere
M
Moi , dont l'indolente fierté ,
Ne m'avoit plus laissé d'amour que pour l'étude,
Pirois , peu sage encor , risquer ma liberté,.
Après une épreuve si rude .
諾
Non , ma raison , je fais serment ,
D'étouffer par tes soins cette naissante flamme,
Témeraire propos ! quand l'objet est charmant ,
Et qu'il cherche à sçavoir le secret de notre ame,
D'Hautefeuille .
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Résumé : A MADEMOISELLE DE ...
Dans une lettre poétique datée de décembre 1731, adressée à 'Mademoiselle de', l'auteur exprime son désarroi face à l'amour et ses conséquences. Il reconnaît le pouvoir des regards, notamment ceux de 'deux beaux yeux' qui l'ont troublé. L'auteur tente de se libérer de ses sentiments en se réfugiant dans l'indifférence, mais admet avoir trop aimé pour y parvenir. Il décrit son expérience amoureuse comme ingrate et inutile, lui ayant apporté plus de tourment que de soulagement. La lettre mentionne une rencontre avec Coelidoris dans un lieu solitaire et exprime une aversion pour l'amour, associé à Vénus. Malgré ses efforts pour étouffer ses sentiments, il reconnaît la difficulté de résister à un objet charmant cherchant à connaître les secrets de son âme. La lettre est signée 'D'Hautefeuille'.
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7
p. 3075-3077
Promotion d'Officiers Géneraux.
Début :
Le Roy a fait Lieutenant Generaux. Messieurs Le Marquis de Livry. [...]
Mots clefs :
Régiment, Lieutenant, Brigadier, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Promotion d'Officiers Géneraux.
Le Roy a fait Lieutenant Generaux.
Messieurs Le Marquis de Livry.
Ceberet.
M. de Louville.
M. de Mallebois.
Comte de Belle - Ifle .
Messieurs le Marquis de Lille , Colo
41, Kol nek
076 MERCURE DE FRANCE
1
nel du Regiment de la Fere , et le Chexalier
de Rocausel , Colonel du Regiment
d'Angoumois , Maréchaux de Camps.
Le Regiment de la Fere a été donné
au Chevalier de l'Isle , et celui d'Angoumois
au Marquis de Fleury , Capitaine
dans le Regiment de la Marine.
M. Bosnier a vendu sa Charge de Ma
réchal general des Logis des Camps et Ar◄
mées au Marquis de Ximenes , Brigadier
d'Infanterie , cy - devant Colonel
du Regiment Royal Roussillon.
›
Le Gouvernement de Seyne a été
donné au Comte de Chastellux , Brigadier
de Cavalerie , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes de Flandre.
Le Gouvernement de S. André de Villeneuve-
lez-Avignon , à M. de Montalembert
, Brigadier d'Infanterie , Lieute
nant Colonel du Regiment de Nivernois.
La Majorité d'Arras , à M, du Roure ,
Major du Regiment d'Auvergne.
La Lieutenance de Roy de Sisteron , à
M. de Leautaud , Commandant le second
Bataillon du Regiment de Pons.
Le Roy a aussi donné la Sous Lieutenance
de la Compagnie des Chevaux
Legers d'Orleans au Comte de Casteja
Enseigne de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et Ministre Plenipoten-
IL.Kola
tiaire
DECEMBRE. 1731. 3077
tiaire de S. M. auprès du Roy de Suede .
Le Marquis de Vassy a été nommé Enseigne
de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et M.de la Chaise, Cornette
de la Compagnie des Chevaux Legers
de la Reine .
Messieurs Le Marquis de Livry.
Ceberet.
M. de Louville.
M. de Mallebois.
Comte de Belle - Ifle .
Messieurs le Marquis de Lille , Colo
41, Kol nek
076 MERCURE DE FRANCE
1
nel du Regiment de la Fere , et le Chexalier
de Rocausel , Colonel du Regiment
d'Angoumois , Maréchaux de Camps.
Le Regiment de la Fere a été donné
au Chevalier de l'Isle , et celui d'Angoumois
au Marquis de Fleury , Capitaine
dans le Regiment de la Marine.
M. Bosnier a vendu sa Charge de Ma
réchal general des Logis des Camps et Ar◄
mées au Marquis de Ximenes , Brigadier
d'Infanterie , cy - devant Colonel
du Regiment Royal Roussillon.
›
Le Gouvernement de Seyne a été
donné au Comte de Chastellux , Brigadier
de Cavalerie , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes de Flandre.
Le Gouvernement de S. André de Villeneuve-
lez-Avignon , à M. de Montalembert
, Brigadier d'Infanterie , Lieute
nant Colonel du Regiment de Nivernois.
La Majorité d'Arras , à M, du Roure ,
Major du Regiment d'Auvergne.
La Lieutenance de Roy de Sisteron , à
M. de Leautaud , Commandant le second
Bataillon du Regiment de Pons.
Le Roy a aussi donné la Sous Lieutenance
de la Compagnie des Chevaux
Legers d'Orleans au Comte de Casteja
Enseigne de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et Ministre Plenipoten-
IL.Kola
tiaire
DECEMBRE. 1731. 3077
tiaire de S. M. auprès du Roy de Suede .
Le Marquis de Vassy a été nommé Enseigne
de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et M.de la Chaise, Cornette
de la Compagnie des Chevaux Legers
de la Reine .
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Résumé : Promotion d'Officiers Géneraux.
En décembre 1731, le roi a procédé à plusieurs nominations et promotions militaires. Les Marquis de Livry, Ceberet, M. de Louville, M. de Mallebois et le Comte de Belle-Île ont été nommés lieutenants généraux. Les Marquis de Lille et le Chevalier de Rocausel ont été promus maréchaux de camp. Le Chevalier de l'Isle a reçu le Régiment de la Fère, tandis que le Marquis de Fleury a obtenu celui d'Angoumois. M. Bosnier a cédé sa charge de maréchal général des logis des camps et armées au Marquis de Ximenes. Le Gouvernement de Seyne a été confié au Comte de Chastellux, celui de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon à M. de Montalembert, la majorité d'Arras à M. du Roure, et la lieutenance royale de Sisteron à M. de Leautaud. Le Comte de Casteja a été nommé sous-lieutenant de la Compagnie des Chevaux légers d'Orléans et ministre plénipotentiaire auprès du roi de Suède. Enfin, le Marquis de Vassy a été nommé enseigne de la Compagnie des Gendarmes de Bretagne, et M. de la Chaise, cornette de la Compagnie des Chevaux légers de la Reine.
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8
p. 3077-3078
ODE. A la Fontaine des Jardins de S. Gengou, en Valois.
Début :
Naiade, trop longtemps cachée, [...]
Mots clefs :
Déesses, Tendresses, Plaisirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE. A la Fontaine des Jardins de S. Gengou, en Valois.
O DE.
A la Fontaine des Jardins de S. Gengou
en Valois.
NAiade , trop long-tems cachée ¸
Venez avec vos claires eaux
Habiter les Jardins nouveaux
De cette riante vallée ,
Quel est le Maître de ces lieux ?
C'est l'heureux , c'est le sage Eugéne ;
Lié par l'Hymen à Climéne ,
Dont l'amour resserre les noeuds.
Que d'autres Dieux et de Déesses
Par eux attirez tour à tour,
En égaiant votre séjour ,
Seront témoins de leurs tendresses !
Vous y verrez Flore , et Zéphirs
Joüans autour de vos Cascades ,
II. Vol.
Vertume
3078 MERCURE DE FRANCE
Vertumne , Pomone , Driades ,
Contribuer à leurs plaisirs.
Et vous , placée en ces bocages ,
Pour vos Maîtres que ferez -vous ?
Par vos murmures les plus doux ,
Rendez -leur d'éternels hommages.
Par Me du Chesnay.
A la Fontaine des Jardins de S. Gengou
en Valois.
NAiade , trop long-tems cachée ¸
Venez avec vos claires eaux
Habiter les Jardins nouveaux
De cette riante vallée ,
Quel est le Maître de ces lieux ?
C'est l'heureux , c'est le sage Eugéne ;
Lié par l'Hymen à Climéne ,
Dont l'amour resserre les noeuds.
Que d'autres Dieux et de Déesses
Par eux attirez tour à tour,
En égaiant votre séjour ,
Seront témoins de leurs tendresses !
Vous y verrez Flore , et Zéphirs
Joüans autour de vos Cascades ,
II. Vol.
Vertume
3078 MERCURE DE FRANCE
Vertumne , Pomone , Driades ,
Contribuer à leurs plaisirs.
Et vous , placée en ces bocages ,
Pour vos Maîtres que ferez -vous ?
Par vos murmures les plus doux ,
Rendez -leur d'éternels hommages.
Par Me du Chesnay.
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Résumé : ODE. A la Fontaine des Jardins de S. Gengou, en Valois.
Le poème célèbre la Fontaine des Jardins de Saint-Gengoulph en Valois. Il invite la Naïade à résider dans ces jardins, propriété d'Eugène et Climène. Le texte souhaite la présence de divinités comme Flore et Zéphyr pour égayer le lieu. La Naïade doit rendre hommage éternel aux maîtres par ses murmures. L'œuvre est signée Me du Chesnay.
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9
p. 3078-3080
BENEFICES DONNEZ.
Début :
L'abbaye de Lahonce, Ordre de Prémontré, Diocèce de Bayonne, qui [...]
Mots clefs :
Abbaye, Archevêché, Évêché
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
BENEFICES DONNEZ.
'Abbaye de Lahonce , Ordre de Pré-
L'montré ,Diocèce de Bayonne , qui
étoit vacante par le decès de M. de Tilladet
, Evêque de Mâcon , en faveur de
M. de Lavieuville , Evêque de Bayonne,
L'Abbaye de S. Jean des Prez , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de S. Malo , va
cante par le décès de M. de Lærestein ,
Evêque de Tournai , en faveur de l'Abbé
de Brilhac , Clerc tonsuré du Diocèce
de Rennes.
L'Abbaye de Sellieres , Ordre de Citeaux
, Diocèse de Troye , vacante par le
décès de M. de Chavigny , ancien Evêque
de Troyes , à M. l'Abbé de la Motte,
Prêtre et Vicaire General de Sénez.
L'Evêché de Périgueux , vacant
II. Vol
par
le
décès
DECEMBRE. 1737. 3079
décès de M. d'Argourges , en faveur de
M. de Macheco de Prémeaux , Prêtre et
Vicaire General de l'Archevêché de Sens.
L'Evêché de Tréguier , vacant par le
décès de M. de Quervillo , à M. de Fruquelay
Kerver , Prêtre du Diocèse de
Quimper.
L'Abbaye de Neaufle- le- Vieux , Ordre
de S. Benoît , Diocèse de Chartres , vacante
par le décès de M. Colbert de Villace
f, à M. Savalette , Prêtre , Conseiller
au Grand Conseil , et Visiteur General
des Carmelites .
L'Abbaye de la Frenade, Ordre de Citeaux
, Diocèse de Xaintes , vacante par
la démission pure et simple de M. Sava
lette , à M. Sevin , de l'Académie Royale
des Belles Lettres .
L'Abbaye de Rieunette , Ordre de Citeaux
, dans la Ville de Carcanonne , va
cante par le décès de la Dame Augé , en
faveur de la Dame Françoise de Montealm
, Religieuse dudit Ordre .
L'Abbaye de Lancharre, Ordre de saint
Benoît ,dans la Ville de Châlon - sur- Saône,
vacante par le décès de la Dame de Chastenay
de saint Vincent , à la Dame Marie
Constance de Lantin de Montagny , Retigieuse
et Prieure de cette Abbaye.
L'Archevêque de Besançon ayant don-
11. Vol né
8080 MERCURE DE FRANCE
né au Roy la démission de son Archevê
ché , S. M. y a nommé l'Evêque d'Autun
'Abbaye de Lahonce , Ordre de Pré-
L'montré ,Diocèce de Bayonne , qui
étoit vacante par le decès de M. de Tilladet
, Evêque de Mâcon , en faveur de
M. de Lavieuville , Evêque de Bayonne,
L'Abbaye de S. Jean des Prez , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de S. Malo , va
cante par le décès de M. de Lærestein ,
Evêque de Tournai , en faveur de l'Abbé
de Brilhac , Clerc tonsuré du Diocèce
de Rennes.
L'Abbaye de Sellieres , Ordre de Citeaux
, Diocèse de Troye , vacante par le
décès de M. de Chavigny , ancien Evêque
de Troyes , à M. l'Abbé de la Motte,
Prêtre et Vicaire General de Sénez.
L'Evêché de Périgueux , vacant
II. Vol
par
le
décès
DECEMBRE. 1737. 3079
décès de M. d'Argourges , en faveur de
M. de Macheco de Prémeaux , Prêtre et
Vicaire General de l'Archevêché de Sens.
L'Evêché de Tréguier , vacant par le
décès de M. de Quervillo , à M. de Fruquelay
Kerver , Prêtre du Diocèse de
Quimper.
L'Abbaye de Neaufle- le- Vieux , Ordre
de S. Benoît , Diocèse de Chartres , vacante
par le décès de M. Colbert de Villace
f, à M. Savalette , Prêtre , Conseiller
au Grand Conseil , et Visiteur General
des Carmelites .
L'Abbaye de la Frenade, Ordre de Citeaux
, Diocèse de Xaintes , vacante par
la démission pure et simple de M. Sava
lette , à M. Sevin , de l'Académie Royale
des Belles Lettres .
L'Abbaye de Rieunette , Ordre de Citeaux
, dans la Ville de Carcanonne , va
cante par le décès de la Dame Augé , en
faveur de la Dame Françoise de Montealm
, Religieuse dudit Ordre .
L'Abbaye de Lancharre, Ordre de saint
Benoît ,dans la Ville de Châlon - sur- Saône,
vacante par le décès de la Dame de Chastenay
de saint Vincent , à la Dame Marie
Constance de Lantin de Montagny , Retigieuse
et Prieure de cette Abbaye.
L'Archevêque de Besançon ayant don-
11. Vol né
8080 MERCURE DE FRANCE
né au Roy la démission de son Archevê
ché , S. M. y a nommé l'Evêque d'Autun
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
En décembre 1737, plusieurs nominations et successions ont eu lieu dans des abbayes et évêchés en France. L'abbaye de Lahonce, dans le diocèse de Bayonne, a été attribuée à M. de Lavieuville, évêque de Bayonne, après le décès de M. de Tilladet. L'abbaye de Saint-Jean-des-Prés, dans le diocèse de Saint-Malo, a été donnée à l'abbé de Brilhac, clerc tonsuré du diocèse de Rennes, suite au décès de M. de Lærestein. L'abbaye de Sellières, dans le diocèse de Troyes, a été attribuée à l'abbé de la Motte, prêtre et vicaire général de Sénez, après le décès de M. de Chavigny. L'évêché de Périgueux a été confié à M. de Macheco de Prémeaux, prêtre et vicaire général de l'archevêché de Sens, suite au décès de M. d'Argourges. L'évêché de Tréguier a été attribué à M. de Fruquelay Kerver, prêtre du diocèse de Quimper, après le décès de M. de Quervillo. L'abbaye de Neaufle-le-Vieux, dans le diocèse de Chartres, a été donnée à M. Savalette, prêtre, conseiller au Grand Conseil et visiteur général des Carmélites, suite au décès de M. Colbert de Villacef. L'abbaye de la Frenade, dans le diocèse de Saintes, a été attribuée à M. Sevin, de l'Académie Royale des Belles Lettres, après la démission de M. Savalette. L'abbaye de Rieunette, dans la ville de Carcassonne, a été donnée à la dame Françoise de Montealm, religieuse de l'ordre de Citeaux, après le décès de la dame Augé. L'abbaye de Lancharre, dans la ville de Chalon-sur-Saône, a été attribuée à la dame Marie Constance de Lantin de Montagny, religieuse et prieure de cette abbaye, après le décès de la dame de Chastenay de Saint-Vincent. Enfin, l'archevêque de Besançon a démissionné et le roi a nommé l'évêque d'Autun à sa succession.
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10
p. 8080
IMITATION des Vers Latins du Pere Vaniere, sur les Paniers des Dames.
Début :
Lucas, mon Vigneron, de retour à Paris ; [...]
Mots clefs :
Vigneron, Vaisseau, Carrefour
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texteReconnaissance textuelle : IMITATION des Vers Latins du Pere Vaniere, sur les Paniers des Dames.
IMITATION des Vers Latins du Pere
Vaniere, surles Paniers des Dames.
Obstupet in primis , &c.
Mercure de Decembre , 1731. 1. vol
Lucas ,
Ucas , mon Vigneron , de retour à Paris ;
1. ´1 M'entretint des nouvelles Modes ;
Mais sur tout il parut surpris ,
De ces grands Cercles incommodes ,
Qu'ont les Femmes sous leurs habits.
Je n'en mets pas , dit-il , d'autres sur mes Fu
tailles.
Une de ces Portes- panier
Embarasse une rue et touche aux deux murail
les ,
Occupe un Carrefour entier.
Ouvrez les deux battans de la plus large Portei
Il faut de côté qu'elle sorte.
Ma foy , ce large habillement
Que font des machines de toiles ,
Est comme un Vaisseau dont le vent ;
Enfle à la fois toutes les voiles.
Vaniere, surles Paniers des Dames.
Obstupet in primis , &c.
Mercure de Decembre , 1731. 1. vol
Lucas ,
Ucas , mon Vigneron , de retour à Paris ;
1. ´1 M'entretint des nouvelles Modes ;
Mais sur tout il parut surpris ,
De ces grands Cercles incommodes ,
Qu'ont les Femmes sous leurs habits.
Je n'en mets pas , dit-il , d'autres sur mes Fu
tailles.
Une de ces Portes- panier
Embarasse une rue et touche aux deux murail
les ,
Occupe un Carrefour entier.
Ouvrez les deux battans de la plus large Portei
Il faut de côté qu'elle sorte.
Ma foy , ce large habillement
Que font des machines de toiles ,
Est comme un Vaisseau dont le vent ;
Enfle à la fois toutes les voiles.
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Résumé : IMITATION des Vers Latins du Pere Vaniere, sur les Paniers des Dames.
Le texte, publié en décembre 1731, relate une conversation entre un narrateur et son vigneron Lucas, de retour à Paris. Lucas est surpris par les portes-paniers, des cercles volumineux portés par les femmes. Il les compare à des vaisseaux et note qu'ils occupent beaucoup d'espace, pouvant bloquer une rue ou nécessiter l'ouverture des deux battants d'une porte pour sortir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 8080-3089
Panegyrique de S. Louis, de l'Abbé Lezeau. [titre d'après la table]
Début :
M. l'Abbé LEZEAU, Clerc de la Chapelle et Oratoire du Roy, présenté par [...]
Mots clefs :
Panégyrique, Caractère du chrétien, Éloge, Triomphe, Devoirs
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texteReconnaissance textuelle : Panegyrique de S. Louis, de l'Abbé Lezeau. [titre d'après la table]
M. l'Abbé LEZEAU , Clerc de la Cha
pelle et Oratoire du Roy , présenté pat
LI. Vol. S.E.
DECEMBRE . 1731. 3081
9. E. M. le Cardinal de Fleury,a eu l'honneur
de présenter à S. M. le Panégyrique de
S. Louis , qu'il prononça au mois d'Aoust
dernier , en présence de Messieurs de l'Académie
Françoise.
L'impression de cet Ouvrage en a fait
connoître le mérite : Il a pour Texte ces
paroles d'Isaye , chap . 32. Ecce in justitia
regnabit Rex. Voici que je vous annonce
un Roy qui regnera dans la justice. Ces mêmes
paroles qui annoncerent le regne de
Jesus- Christ , servent heureusement à caractériser
le regne de Saint Louis , qui
chercha toujours à suivre les exemples du
Souverain de tous les Rois . La division du
Discours est tres-naturelle. Ce S. Roy puisa
dans la Souveraine Justice les excellens
principes dont il fit un si noble usage ; elle
lui representa , et ce qu'il devoit à son Dieu,
et ce qu'il devoit à ses Peuples. Comme homme,
il accomplit tous les devoirs du Chrétien ;
› comme Roy , il remplit toutes les fonctions du
Monarque ; montrant par l'assemblage de ce
double ordre de verius , comment un Roy
peut - être Chrétien, comment l'Evangile peut
s'allier avec le Trône, combien même on peut
être plus Héros , en devenant plus saint¸ et
combien la Croix peut relever le Sceptre.
M. Lézéau prouve parfaitement la premiere
Partie de ce Discours , par les plus
H émi- II. Vol.
3082 MERCURE DE FRANCE
éminentes vertus qui sont le caractere du
chrétien : Une pureté exacte et sans tache ,
une humilité sans feinte , une modération la
plus étendue à tous égards , une attention
continuelle à tout ce qui est dû à Dieu , et
un zele ardent pour tout ce qui interresse la
Religion.
Tous ces Points sont traitez d'une maniere
noble et interessante. Il nous suffira
d'en rapporter quelques traits , pour
faire connoître le style de l'Auteur .
Pour faire un juste Eloge du triomphe
de S. Louis , sur les plaisirs et la volupté
; c'est ainsi qu'il commence par en
montrer les périls :
Presque tous les hommes entraînez par
cette passion funeste , qui est le vice dominant
de la nature , regardent l'innocence des
weurs , et la pureté , comme le partage des
Anges; mais contens d'admirer l'excellence
de ces sublimes Esprits , ils ne font aucun
effort pour s'en approcher ; bien plus : Pour
se livrer sans remords à leurs égaremens , ils
cherchent à s'appuyer sur l'exemple de tant
de fameux Héros , qui ne se sont pas affranchis
de pareilles foiblesses. En effet , les plus
belles Vies n'ont que trop souffert de ce mal
heureux penchant : Le monde le pardonne
Pusage l'autorise, les flatteries des Historiens
Fexcusent , les fictions des Poëtes le consa-
II. Vol. erent
DECEMBRE . 1731. 3083
Grent ; et s'ils sont forcez de le regarder comme
un mal, ils le représentent comme un mal
nécessaire. Eh ! comment s'en deffendre dans
un séjour , où se rassemble tout ce qui peut en
rendre la contagion plus inévitable ? Pour
s'en garantir, que n'en a- t-il pas coûté à
tant de Saints ? Apeine se sont-ils crûs en
seureté dans l'horreur des Solitudes. L'Austerité
des jeûnes , l'abdication des richesses ,
La fuite des objets , la ferveur des Prieres
leur sembloit encore de trop foibles secours.
Loin de ces salutaires préservatifs , que prosente
la Cour , n'est-elle pas comme le centre
fatal, où se réjoignent à l'envi les plus redoutables
tentations ? Passer ses jours dans la
molesse et l'oisiveté , rencherir sur les commo
ditez de la vie , et sur la délicatesse des fes-
Tins,rechercher les divers secours des parures ,
raffiner sur tout ce qui peut exciter de coupables
flammes. N'est-ce pas l'occupation ordinaire
, et ne va -t- on pas jusqu'à s'en faire
une étude , et presqu'un mérite ? De toutes
parts on voit accourir ce que chaque Pais a
vu naître de plus charmant ; ce que la politesse
ajoûte de plus séducteur , ce que l'esprit
fournit de plus dangereux . Chacun apporte
sa passion particuliere , et cherche à exciter
celle des autres. Comment échaper à un feu
naturellement si prêt à s'enflammer , et si propre
à se répandre ? C'est , Messieurs , le pre-
II. Vol. Hij mier
3084 MERCURE
DE FRANCE
mier triomphe de Louis . Dans l'âge où avec
plus de qualitez pour plaire , les moindres
appas ne plaisent que plus aisements avec des
traits où la Majesté ne sert qu'à relever les
agrémens , il paroît insensible à ce qui enchanteroit
le reste des mortels . Des beautez
en foule se presentent à ses yeux , en vain
s'apperçoit-il qu'il n'a qu'à desirer, en vain
s'efforce - t-on de prévenirjusqu'aux desirs,en
vain cherche- t-on le chemin de son coeur, il
le consacre à Dieu seul dont il a reçu , et
n'y reserve de part que pour celle à qui ce
même Dieu l'a uni par un sacré lien , et pour
les précieux fruits d'une si sainte union.
La seconde Partie montre quels sont les
devoirs indispensables des Rois de la
Terre. Comme ils sont les images de Dieu,
leur perfection est de suivre les desseins de
Dieu lui-même sur les hommes . Orleur durée
étantpartagée entre le temps et l'éternicé , et
le dessein de Dieu ne pouvant
être que de les
preparer par l'innocence et la tranquillité de
la vie presente au comble du bonheur et de la
sainteté de l'autre vie . C'est à ces deux objets
que se réunissent les obligations d'un
Roy envers ses peuples.
Le premier desir de S. Louis étoit de rendre
ses peuples aussi heureux qu'on le peut
tre en cette vie. Il avoit été de bonne heare
rempli des grands principes de l'équité ,
11. Vol 'pourri
DECEMBRE. 308 ?
1731
nourri dans les tendres sentimens de l'hu
manité , et accoutumé aux veritables Maimes
du Christianisme .C'est ce que M.Lezeau
a pris soin d'orner de faits connus
dans la vie du Saint Roy , dont il a fait
des images vives et touchantes .
En parlant des Loix que S. Louis prit
soin d'établir , pour bannir de ses Etats
le vice , et y faire regner la vertu , M. Lezeau
a fait une peinture du Duel , qui
mérite d'être ici rapportée.
,
و
و
Un quatrieme abus n'éprouva pas moins
son attention : c'est cette manie , ou plutôt
cette fureur aussi particuliere à la Nation
Françoise , que la valeur lui est naturelle
le Duel : coutume plus que barbare , qui ,
sous l'imposteur titre de point d'honneur ,
fait gloire de violer toutes les regles de la raison
et du Christianisme. Eût-onjamais imaginé
que l'honneur ce puissant mobile des
plus belles actions auroit jamais , pour
venger ses droits , porié sa fiere tyrannie ,
jusqu'à commander le crime ? Que cet honneur
, en effet , soit plus cher
la vie
es que pour sauver l'un , on expose l'autre ,
se peut être un noble sentiment : mais que
dans l'incertitude du sort d'un Combat , on
s'y précipite avec la certitude d'y perdre son
ame et celle de l'Ennemi , que devient le
Christianisme et de si folles maximes ne`
II. Vol.
>
que
Hiij com3086
MERCURE DE FRANCE
commencent- elles pas par immoler la Religion
à un Phantom e? Mais en commençant ainsi
par abjurerjusqu'au nom de Chrétien , que
devient l'honneur lui - même ? Car enfin ;
qu'une injure mérite punition , c'est l'équité
mais se rendre soi- même le Ministre de cette
punition , s'approprier la fonction du Bourreau
, quelle infame idée ! Qu'un scelera .
soit condamné , qui voudroit l'exécuter? Eh!
que faites- vous cependant , aveugles Esclaves
d'une inconcevable phrénesie ? La Loi
prononce , il est vray : mais vous commencez¸
par vous établirFuges en votre propre cause.
Vous traitez d'intolerable insulte , ce qui
peut n'être au fond qu'une legere inadver
tance. Ce n'est pas assez ; le châtiment que
mériteroit le coupable , c'est de vos mains que
vous voulez qu'il le reçoive. S'il s'agissoit
d'une offense faile à autruy , souffririez- vous,
qu'on vous chargeât de la punir ? Quoy ,
parce que vous êtes l'offensé , il vous siera
d'étre l'Exécuteur ? Quelle fanatique gloire !·
Encore une fois , eût on pensé que chez des
hommes raisonnables on put jamais voir une
extravagance si outrée eût- on pensé que ce
seroit en France , ce Pays si justement rénommé
par l'esprit , la politesse , la douceur de ses
Habitans ? C'étoit cependant la féroce prévention
du siecle de S. Louis , et Dieu veuille
que ce ne soit plus la honte du nôtre. Le pre-
II. Vel. mier
DECEMBRE. 1731. 3087
mier serment du Sacre de notre Ray, nous en
flatte , l'heureuse esperance du plus long Regne
pourra nous en assurer ; ce peut être un des
triomphes qui lui étoit reservé. Quoiqu'il en
puisse arriver , c'étoit le voeu le plus ardent
du plus saint de ses yeux ; et si le succès
ne remplit pas entierement ses désirs , ce ne
fut pas faute d'y consacrer toute son autorité
et toute sa vigilance.
Les entreprises de S. Louis dans la
Terre Sainte , ses Combats , ses Victoires,
sa défaite et sa mort , tout y est traité
d'une maniere qui frappe et qui attendrit.
Mr. Lezeau termine son Discours , en
s'adressant à Messieurs de l'Académie
Françoise , et nous croyons que le Lecteur
nous sçaura gré de rapporter en entier
cette Peroraison..
Au souvenir d'une si héroïque et si sainte
, mort, le moyen , Messieurs de ne se pas
rappeller celle de votre dernier Protecteur ??
Vous sçavez quelles furent alors ses Leçons
à nôtre jeune Monarque : Eb ! me pardon--
neriez- vous de les oublier , pendant que nous
en recueillons de si heureux fruits ? Refuserois-
je un tribut que vous attendez de ceux
qu'en pareil jour vous admettez à votre sa-
Temnité ? Quoi de plus favorable , que de
retrouver de nos jours les exemples dont vous
mave chargé de retracer le souvenir ? La:
H. Vol . Hiiij don
3088 MERCURE DE FRANCE
>
douceur , la sagesse , la Religion , l'amour
des Sujets , tant et tant d'autres vertus , dont
chaque année ne peut qu'augmenter la perfection
et la gloire , puisque chaque jour les
voit croître avec un Ministre aussi religieux
que prudent , plus affectionné à son Maître
que le plus tendre Pere ne le seroit à son plus
ber fils , et dans le même temps plus qu'insensible
à ses interêts personnels ; livré aux
immenses fatigues du Gouvernement , sans
en vouloir ni l'éclat , ni les richesses ; aussi
simple en tout ce qui l'environne , que supé-
·rieur en ce qu'il projette ; tel , en un mot, que
les siécles passez n'ont encore montré rien de
pareil.
,
,
,
Mais en étendant ces Eloges , ne devroisje
pas craindre d'ennuyeuses redites , après
que vous avez , sans doute , en tant de traits
de notre Saint reconnu ceux du
regne present
? Et d'ailleurs me sieroit- il de tenter
ce qui n'appartient qu'à vous seuls Messieurs
? N'ai-je pas déja trop présumé de
moi , en me hazardant devant vous ? Que
ne vois-je pas se rassembler icy? les dignitez,
la naissance , les exploits , l'importanoe des
services , l'excellence des Ouvrages , les prodiges
de l'esprit. Ce que la Religion , la
Guerre la Magistrature , les Sciences one
de plus rare
se réunit sous les liens communs
du genie et des talens. Ces titres
و
II. Vol.
,
rap
prochant
DECEMBRE 1731. 3089
prochant tout , du brillant de chacun en son
genre , se forme un amas de lumieres , qui
éclairera jusqu'à la posterité la plus réculée .
dont vous recevrez , Messieurs , de plus jus
tes louanges que l'Antiquité n'en a reçu de
ses idolâtres Partisans. Puissent des noms
si sûrs de l'immortalité devant les hommes
n'en mériter pas moins devant Dieu. C'est
tout ce qui me reste à vous souhaitter &c.
>
Ce Panegyrique a été imprimé à Paris ,
chez la Veuve Knapen , rue de la Hu
chette.
pelle et Oratoire du Roy , présenté pat
LI. Vol. S.E.
DECEMBRE . 1731. 3081
9. E. M. le Cardinal de Fleury,a eu l'honneur
de présenter à S. M. le Panégyrique de
S. Louis , qu'il prononça au mois d'Aoust
dernier , en présence de Messieurs de l'Académie
Françoise.
L'impression de cet Ouvrage en a fait
connoître le mérite : Il a pour Texte ces
paroles d'Isaye , chap . 32. Ecce in justitia
regnabit Rex. Voici que je vous annonce
un Roy qui regnera dans la justice. Ces mêmes
paroles qui annoncerent le regne de
Jesus- Christ , servent heureusement à caractériser
le regne de Saint Louis , qui
chercha toujours à suivre les exemples du
Souverain de tous les Rois . La division du
Discours est tres-naturelle. Ce S. Roy puisa
dans la Souveraine Justice les excellens
principes dont il fit un si noble usage ; elle
lui representa , et ce qu'il devoit à son Dieu,
et ce qu'il devoit à ses Peuples. Comme homme,
il accomplit tous les devoirs du Chrétien ;
› comme Roy , il remplit toutes les fonctions du
Monarque ; montrant par l'assemblage de ce
double ordre de verius , comment un Roy
peut - être Chrétien, comment l'Evangile peut
s'allier avec le Trône, combien même on peut
être plus Héros , en devenant plus saint¸ et
combien la Croix peut relever le Sceptre.
M. Lézéau prouve parfaitement la premiere
Partie de ce Discours , par les plus
H émi- II. Vol.
3082 MERCURE DE FRANCE
éminentes vertus qui sont le caractere du
chrétien : Une pureté exacte et sans tache ,
une humilité sans feinte , une modération la
plus étendue à tous égards , une attention
continuelle à tout ce qui est dû à Dieu , et
un zele ardent pour tout ce qui interresse la
Religion.
Tous ces Points sont traitez d'une maniere
noble et interessante. Il nous suffira
d'en rapporter quelques traits , pour
faire connoître le style de l'Auteur .
Pour faire un juste Eloge du triomphe
de S. Louis , sur les plaisirs et la volupté
; c'est ainsi qu'il commence par en
montrer les périls :
Presque tous les hommes entraînez par
cette passion funeste , qui est le vice dominant
de la nature , regardent l'innocence des
weurs , et la pureté , comme le partage des
Anges; mais contens d'admirer l'excellence
de ces sublimes Esprits , ils ne font aucun
effort pour s'en approcher ; bien plus : Pour
se livrer sans remords à leurs égaremens , ils
cherchent à s'appuyer sur l'exemple de tant
de fameux Héros , qui ne se sont pas affranchis
de pareilles foiblesses. En effet , les plus
belles Vies n'ont que trop souffert de ce mal
heureux penchant : Le monde le pardonne
Pusage l'autorise, les flatteries des Historiens
Fexcusent , les fictions des Poëtes le consa-
II. Vol. erent
DECEMBRE . 1731. 3083
Grent ; et s'ils sont forcez de le regarder comme
un mal, ils le représentent comme un mal
nécessaire. Eh ! comment s'en deffendre dans
un séjour , où se rassemble tout ce qui peut en
rendre la contagion plus inévitable ? Pour
s'en garantir, que n'en a- t-il pas coûté à
tant de Saints ? Apeine se sont-ils crûs en
seureté dans l'horreur des Solitudes. L'Austerité
des jeûnes , l'abdication des richesses ,
La fuite des objets , la ferveur des Prieres
leur sembloit encore de trop foibles secours.
Loin de ces salutaires préservatifs , que prosente
la Cour , n'est-elle pas comme le centre
fatal, où se réjoignent à l'envi les plus redoutables
tentations ? Passer ses jours dans la
molesse et l'oisiveté , rencherir sur les commo
ditez de la vie , et sur la délicatesse des fes-
Tins,rechercher les divers secours des parures ,
raffiner sur tout ce qui peut exciter de coupables
flammes. N'est-ce pas l'occupation ordinaire
, et ne va -t- on pas jusqu'à s'en faire
une étude , et presqu'un mérite ? De toutes
parts on voit accourir ce que chaque Pais a
vu naître de plus charmant ; ce que la politesse
ajoûte de plus séducteur , ce que l'esprit
fournit de plus dangereux . Chacun apporte
sa passion particuliere , et cherche à exciter
celle des autres. Comment échaper à un feu
naturellement si prêt à s'enflammer , et si propre
à se répandre ? C'est , Messieurs , le pre-
II. Vol. Hij mier
3084 MERCURE
DE FRANCE
mier triomphe de Louis . Dans l'âge où avec
plus de qualitez pour plaire , les moindres
appas ne plaisent que plus aisements avec des
traits où la Majesté ne sert qu'à relever les
agrémens , il paroît insensible à ce qui enchanteroit
le reste des mortels . Des beautez
en foule se presentent à ses yeux , en vain
s'apperçoit-il qu'il n'a qu'à desirer, en vain
s'efforce - t-on de prévenirjusqu'aux desirs,en
vain cherche- t-on le chemin de son coeur, il
le consacre à Dieu seul dont il a reçu , et
n'y reserve de part que pour celle à qui ce
même Dieu l'a uni par un sacré lien , et pour
les précieux fruits d'une si sainte union.
La seconde Partie montre quels sont les
devoirs indispensables des Rois de la
Terre. Comme ils sont les images de Dieu,
leur perfection est de suivre les desseins de
Dieu lui-même sur les hommes . Orleur durée
étantpartagée entre le temps et l'éternicé , et
le dessein de Dieu ne pouvant
être que de les
preparer par l'innocence et la tranquillité de
la vie presente au comble du bonheur et de la
sainteté de l'autre vie . C'est à ces deux objets
que se réunissent les obligations d'un
Roy envers ses peuples.
Le premier desir de S. Louis étoit de rendre
ses peuples aussi heureux qu'on le peut
tre en cette vie. Il avoit été de bonne heare
rempli des grands principes de l'équité ,
11. Vol 'pourri
DECEMBRE. 308 ?
1731
nourri dans les tendres sentimens de l'hu
manité , et accoutumé aux veritables Maimes
du Christianisme .C'est ce que M.Lezeau
a pris soin d'orner de faits connus
dans la vie du Saint Roy , dont il a fait
des images vives et touchantes .
En parlant des Loix que S. Louis prit
soin d'établir , pour bannir de ses Etats
le vice , et y faire regner la vertu , M. Lezeau
a fait une peinture du Duel , qui
mérite d'être ici rapportée.
,
و
و
Un quatrieme abus n'éprouva pas moins
son attention : c'est cette manie , ou plutôt
cette fureur aussi particuliere à la Nation
Françoise , que la valeur lui est naturelle
le Duel : coutume plus que barbare , qui ,
sous l'imposteur titre de point d'honneur ,
fait gloire de violer toutes les regles de la raison
et du Christianisme. Eût-onjamais imaginé
que l'honneur ce puissant mobile des
plus belles actions auroit jamais , pour
venger ses droits , porié sa fiere tyrannie ,
jusqu'à commander le crime ? Que cet honneur
, en effet , soit plus cher
la vie
es que pour sauver l'un , on expose l'autre ,
se peut être un noble sentiment : mais que
dans l'incertitude du sort d'un Combat , on
s'y précipite avec la certitude d'y perdre son
ame et celle de l'Ennemi , que devient le
Christianisme et de si folles maximes ne`
II. Vol.
>
que
Hiij com3086
MERCURE DE FRANCE
commencent- elles pas par immoler la Religion
à un Phantom e? Mais en commençant ainsi
par abjurerjusqu'au nom de Chrétien , que
devient l'honneur lui - même ? Car enfin ;
qu'une injure mérite punition , c'est l'équité
mais se rendre soi- même le Ministre de cette
punition , s'approprier la fonction du Bourreau
, quelle infame idée ! Qu'un scelera .
soit condamné , qui voudroit l'exécuter? Eh!
que faites- vous cependant , aveugles Esclaves
d'une inconcevable phrénesie ? La Loi
prononce , il est vray : mais vous commencez¸
par vous établirFuges en votre propre cause.
Vous traitez d'intolerable insulte , ce qui
peut n'être au fond qu'une legere inadver
tance. Ce n'est pas assez ; le châtiment que
mériteroit le coupable , c'est de vos mains que
vous voulez qu'il le reçoive. S'il s'agissoit
d'une offense faile à autruy , souffririez- vous,
qu'on vous chargeât de la punir ? Quoy ,
parce que vous êtes l'offensé , il vous siera
d'étre l'Exécuteur ? Quelle fanatique gloire !·
Encore une fois , eût on pensé que chez des
hommes raisonnables on put jamais voir une
extravagance si outrée eût- on pensé que ce
seroit en France , ce Pays si justement rénommé
par l'esprit , la politesse , la douceur de ses
Habitans ? C'étoit cependant la féroce prévention
du siecle de S. Louis , et Dieu veuille
que ce ne soit plus la honte du nôtre. Le pre-
II. Vel. mier
DECEMBRE. 1731. 3087
mier serment du Sacre de notre Ray, nous en
flatte , l'heureuse esperance du plus long Regne
pourra nous en assurer ; ce peut être un des
triomphes qui lui étoit reservé. Quoiqu'il en
puisse arriver , c'étoit le voeu le plus ardent
du plus saint de ses yeux ; et si le succès
ne remplit pas entierement ses désirs , ce ne
fut pas faute d'y consacrer toute son autorité
et toute sa vigilance.
Les entreprises de S. Louis dans la
Terre Sainte , ses Combats , ses Victoires,
sa défaite et sa mort , tout y est traité
d'une maniere qui frappe et qui attendrit.
Mr. Lezeau termine son Discours , en
s'adressant à Messieurs de l'Académie
Françoise , et nous croyons que le Lecteur
nous sçaura gré de rapporter en entier
cette Peroraison..
Au souvenir d'une si héroïque et si sainte
, mort, le moyen , Messieurs de ne se pas
rappeller celle de votre dernier Protecteur ??
Vous sçavez quelles furent alors ses Leçons
à nôtre jeune Monarque : Eb ! me pardon--
neriez- vous de les oublier , pendant que nous
en recueillons de si heureux fruits ? Refuserois-
je un tribut que vous attendez de ceux
qu'en pareil jour vous admettez à votre sa-
Temnité ? Quoi de plus favorable , que de
retrouver de nos jours les exemples dont vous
mave chargé de retracer le souvenir ? La:
H. Vol . Hiiij don
3088 MERCURE DE FRANCE
>
douceur , la sagesse , la Religion , l'amour
des Sujets , tant et tant d'autres vertus , dont
chaque année ne peut qu'augmenter la perfection
et la gloire , puisque chaque jour les
voit croître avec un Ministre aussi religieux
que prudent , plus affectionné à son Maître
que le plus tendre Pere ne le seroit à son plus
ber fils , et dans le même temps plus qu'insensible
à ses interêts personnels ; livré aux
immenses fatigues du Gouvernement , sans
en vouloir ni l'éclat , ni les richesses ; aussi
simple en tout ce qui l'environne , que supé-
·rieur en ce qu'il projette ; tel , en un mot, que
les siécles passez n'ont encore montré rien de
pareil.
,
,
,
Mais en étendant ces Eloges , ne devroisje
pas craindre d'ennuyeuses redites , après
que vous avez , sans doute , en tant de traits
de notre Saint reconnu ceux du
regne present
? Et d'ailleurs me sieroit- il de tenter
ce qui n'appartient qu'à vous seuls Messieurs
? N'ai-je pas déja trop présumé de
moi , en me hazardant devant vous ? Que
ne vois-je pas se rassembler icy? les dignitez,
la naissance , les exploits , l'importanoe des
services , l'excellence des Ouvrages , les prodiges
de l'esprit. Ce que la Religion , la
Guerre la Magistrature , les Sciences one
de plus rare
se réunit sous les liens communs
du genie et des talens. Ces titres
و
II. Vol.
,
rap
prochant
DECEMBRE 1731. 3089
prochant tout , du brillant de chacun en son
genre , se forme un amas de lumieres , qui
éclairera jusqu'à la posterité la plus réculée .
dont vous recevrez , Messieurs , de plus jus
tes louanges que l'Antiquité n'en a reçu de
ses idolâtres Partisans. Puissent des noms
si sûrs de l'immortalité devant les hommes
n'en mériter pas moins devant Dieu. C'est
tout ce qui me reste à vous souhaitter &c.
>
Ce Panegyrique a été imprimé à Paris ,
chez la Veuve Knapen , rue de la Hu
chette.
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Résumé : Panegyrique de S. Louis, de l'Abbé Lezeau. [titre d'après la table]
En décembre 1731, l'abbé Lézéau, clerc de la Chapelle et Oratoire du Roi, a présenté un panégyrique de Saint Louis à l'Académie Française. Ce discours avait été prononcé en août précédent par le Cardinal de Fleury et s'appuyait sur le texte d'Isaïe 'Ecce in justitia regnabit Rex' pour souligner la justice du règne de Saint Louis, comparé à celui de Jésus-Christ. Le discours se divise en deux parties. La première partie met en avant les vertus chrétiennes de Saint Louis, telles que la pureté, l'humilité, la modération et le zèle religieux. La seconde partie traite des devoirs royaux, en insistant sur la manière dont Saint Louis a cherché à rendre ses sujets heureux et vertueux, en établissant des lois pour bannir le vice et promouvoir la vertu. L'abbé Lézéau critique sévèrement le duel, le qualifiant de coutume barbare contraire à la raison et au christianisme. Il conclut son discours en rappelant aux membres de l'Académie les leçons de leur dernier protecteur et en louant les vertus du règne actuel, comparées à celles de Saint Louis. Le panégyrique a été imprimé à Paris chez la Veuve Knapen.
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12
p. 3089-3090
A MADAME LA DUCHESSE DE B**
Début :
Pour Our vous rendre, Madame, un veritable hommage [...]
Mots clefs :
Hommage, Muses, Duchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME LA DUCHESSE DE B**
A MADAME
LA DUCHESSE DE B**
Pour Our vous rendre, Madame , un veritable hommage
,
Plutôt que pour suivre l'usage
Etabli dans ces premiers jourss
Je fis cette priere aux Nimphes du Pèrmessé à
O muses , prêtez - moi votre divin secours
Sçavantes Soeurs , préparez un Discours
Digne d'une illustre Duchesse
Inventez quelques nouveaux tours ,
Montrez mes sentimens avec délicatesse
Assurez-la de ma soumission ›
11. Vol. Hv Pel
3090 MERCURE DE FRANCE
Peignez-lui mon respect et ma réconnoissance ,
Exprimez avec éloquence ,
Combien je suis jaloux de sa protection
Je crûs ma prière efficace
Ayant parlé d'un air respectueux ;
Je croyois que tout le Parnasse
Seroit prêt d'exaucer mes voeux
Mais irrité de mon audace ,
On me traita d'ambitieux .
Que nous veux -tu ? me dit une des Muses.
Crois-tu que de l'esprit la poëtique ardeur ,
Egale ce qui part du coeur ?
Si tu le penses , tu t'abuses .
Tu n'as pas besoin d'ornemens >
Pour faire une vive peinture
De ton respect profond et de tes sentimens
Crois-moi , laisse agir la nature ,
Elle est avec B *** plus puissante que l'art.
B *** cette aimable mortelle
Aussi modeste qu'elle est belle ,
Brille sans le secours du fard :
Laisse là des Dieux le langage ,
Si tu lu veux prouver ton zele et ton ardeur
Suis les mouvemens de ton coeur ,
Ils persuadent davantage.
LICLIRG
LA DUCHESSE DE B**
Pour Our vous rendre, Madame , un veritable hommage
,
Plutôt que pour suivre l'usage
Etabli dans ces premiers jourss
Je fis cette priere aux Nimphes du Pèrmessé à
O muses , prêtez - moi votre divin secours
Sçavantes Soeurs , préparez un Discours
Digne d'une illustre Duchesse
Inventez quelques nouveaux tours ,
Montrez mes sentimens avec délicatesse
Assurez-la de ma soumission ›
11. Vol. Hv Pel
3090 MERCURE DE FRANCE
Peignez-lui mon respect et ma réconnoissance ,
Exprimez avec éloquence ,
Combien je suis jaloux de sa protection
Je crûs ma prière efficace
Ayant parlé d'un air respectueux ;
Je croyois que tout le Parnasse
Seroit prêt d'exaucer mes voeux
Mais irrité de mon audace ,
On me traita d'ambitieux .
Que nous veux -tu ? me dit une des Muses.
Crois-tu que de l'esprit la poëtique ardeur ,
Egale ce qui part du coeur ?
Si tu le penses , tu t'abuses .
Tu n'as pas besoin d'ornemens >
Pour faire une vive peinture
De ton respect profond et de tes sentimens
Crois-moi , laisse agir la nature ,
Elle est avec B *** plus puissante que l'art.
B *** cette aimable mortelle
Aussi modeste qu'elle est belle ,
Brille sans le secours du fard :
Laisse là des Dieux le langage ,
Si tu lu veux prouver ton zele et ton ardeur
Suis les mouvemens de ton coeur ,
Ils persuadent davantage.
LICLIRG
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Résumé : A MADAME LA DUCHESSE DE B**
L'auteur d'une lettre adressée à Madame la Duchesse de B** sollicite l'aide des Muses pour composer un discours digne d'une illustre Duchesse. Il exprime sa soumission, son respect et sa reconnaissance, ainsi que son admiration et son désir de protection. Une Muse l'interrompt, lui reprochant son ambition et affirmant que l'esprit poétique ne peut égaler les sentiments sincères. Elle lui conseille de laisser parler son cœur et la nature, soulignant que la Duchesse est modeste et belle sans artifices. La Muse suggère que les mouvements du cœur sont plus persuasifs que l'artifice.
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13
p. 3090-3092
Tableau et Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
On a exposé pendant quatre jours dans le Salon de Diane du Château de Versailles [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tableau et Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
On a exposé pendant quatre jours dans
3
11. Fola
le
DECEMBRE. 1731. 3091
fique
I Salon de Diane du Château de Versaillés
, le Tableau de M. Parossel , Peintre
de l'Académie Royale , grande et magnicomposition,
représentant la Caval
cade,ou Entrée Publique de Chelebi -Me
hemet-Effendi , Ambassadeur du Grand-
Seigneur , pour aller à l'Audience du
Roy au Château des Thuilleries. Il entrès
dans le Jardin par le Pont tournant. On
a également applaudi à l'Ordonnance , auz
Dessein , et au Coloris. Nous avons déja:
parlé de ce Tableau , qu'on va mettre en
Tapisserie aux Gobelins.
On donne avis aux Personnes de goût,,
qu'on vient de mettre en vente deux Estampes
nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Pein
tre Flamand , l'une est des Comédiens
François , représentant une Tragi- Co--
médie ; l'autre est un Retour de Guingette
des environs de Paris. Ces deux Estampes
sont gravées d'un goût excellent ; elles se
vendent avec toutes celles précedemment :
gravées par les soins de Mr. de Jullienne..
A Paris , chez la Veuve de François Che--
reau , Graveur du Roy , rue S. Jacques ,,
aux deux Pilliers d'or , et chez Surugues
Graveur du Roy , ruë des Noyers , vis-à-vis ›
les Murs S. Tves..
IL Koli.
H
3092 MERCURE DE FRANCE
Le Comte de Clermont , Prince du Sang,
a acheté toutes les Pierres gravées de feu
M. de la Faye , et l'Abbé de Rothelin a
acheté toutes les Médailles antiques du
Cabinet du Président de Maison .
3
11. Fola
le
DECEMBRE. 1731. 3091
fique
I Salon de Diane du Château de Versaillés
, le Tableau de M. Parossel , Peintre
de l'Académie Royale , grande et magnicomposition,
représentant la Caval
cade,ou Entrée Publique de Chelebi -Me
hemet-Effendi , Ambassadeur du Grand-
Seigneur , pour aller à l'Audience du
Roy au Château des Thuilleries. Il entrès
dans le Jardin par le Pont tournant. On
a également applaudi à l'Ordonnance , auz
Dessein , et au Coloris. Nous avons déja:
parlé de ce Tableau , qu'on va mettre en
Tapisserie aux Gobelins.
On donne avis aux Personnes de goût,,
qu'on vient de mettre en vente deux Estampes
nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Pein
tre Flamand , l'une est des Comédiens
François , représentant une Tragi- Co--
médie ; l'autre est un Retour de Guingette
des environs de Paris. Ces deux Estampes
sont gravées d'un goût excellent ; elles se
vendent avec toutes celles précedemment :
gravées par les soins de Mr. de Jullienne..
A Paris , chez la Veuve de François Che--
reau , Graveur du Roy , rue S. Jacques ,,
aux deux Pilliers d'or , et chez Surugues
Graveur du Roy , ruë des Noyers , vis-à-vis ›
les Murs S. Tves..
IL Koli.
H
3092 MERCURE DE FRANCE
Le Comte de Clermont , Prince du Sang,
a acheté toutes les Pierres gravées de feu
M. de la Faye , et l'Abbé de Rothelin a
acheté toutes les Médailles antiques du
Cabinet du Président de Maison .
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Résumé : Tableau et Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
Du 11 au 14 décembre 1731, le tableau de M. Parossel, peintre de l'Académie Royale, représentant la cavalcade ou l'entrée publique de Chelebi Mehmet-Effendi, ambassadeur du Grand-Seigneur, a été exposé dans le Salon de Diane du Château de Versailles. Ce tableau, destiné à être transformé en tapisserie aux Gobelins, a été acclamé pour son ordonnance, son dessin et son coloris. Par ailleurs, deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, représentant respectivement une tragi-comédie et un retour de guinguette, ont été mises en vente. Ces estampes, gravées avec un goût excellent, sont disponibles chez la veuve de François Chereau et chez Surugues, graveurs du Roi. Le texte mentionne également des acquisitions récentes : le Comte de Clermont a acheté toutes les pierres gravées de feu M. de la Faye, et l'Abbé de Rothelin a acquis toutes les médailles antiques du Cabinet du Président de Maison.
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14
p. 3092-3093
AU COMTE DU ROURE, ETRENNES.
Début :
Tout change ; des mortels c'est la commune Loy : [...]
Mots clefs :
Loi, Vicissitude, Compassion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU COMTE DU ROURE, ETRENNES.
AU COMTE DU ROURE ,
ETRENNES
Tout change ; des mortels c'est la commune
Loy :
Un an succede à l'autre ; et le temps sur ses
aîles
Est le porteur leger de cent choses nouvelles.
Il en est trois pourtant , et trois de bon alloy ;
Qui ne connoissent point cette vicissitude ;
Des destins et du temps elles bravent les coups.
Ce sont, j'ose le dire , et j'en ay certitude ,
Yos vertus , votre coeur , et mon respect pour
yous.
Q
NIUVILLE.
A LA COM TESSE
DU ROURE..
Ue puis- je vous offrir de plus beau que
vous-même ?
Daignez accepter un Portrait,
Que la verité qui vous aime-
H. Vol. Va
DECEMBRE. 1931. 3098?
Va rendre trait pour trait.
Tendre compassion dans votre coeur se loge ;.
Elle vous rend utile et chere aux malheureux :
Kaison dans votre esprit , graces dans vos beaux
yeux ,
Et mille amours fripons ont là chacun leur loge;
Ten dirai tant que l'on ne me croira ;
Pen serai crû quand on vous nommera.
NEUVILLE
ETRENNES
Tout change ; des mortels c'est la commune
Loy :
Un an succede à l'autre ; et le temps sur ses
aîles
Est le porteur leger de cent choses nouvelles.
Il en est trois pourtant , et trois de bon alloy ;
Qui ne connoissent point cette vicissitude ;
Des destins et du temps elles bravent les coups.
Ce sont, j'ose le dire , et j'en ay certitude ,
Yos vertus , votre coeur , et mon respect pour
yous.
Q
NIUVILLE.
A LA COM TESSE
DU ROURE..
Ue puis- je vous offrir de plus beau que
vous-même ?
Daignez accepter un Portrait,
Que la verité qui vous aime-
H. Vol. Va
DECEMBRE. 1931. 3098?
Va rendre trait pour trait.
Tendre compassion dans votre coeur se loge ;.
Elle vous rend utile et chere aux malheureux :
Kaison dans votre esprit , graces dans vos beaux
yeux ,
Et mille amours fripons ont là chacun leur loge;
Ten dirai tant que l'on ne me croira ;
Pen serai crû quand on vous nommera.
NEUVILLE
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Résumé : AU COMTE DU ROURE, ETRENNES.
Le poème de Neuville, adressé au comte du Roure en décembre 1931, célèbre ses vertus immuables, son cœur et le respect de l'auteur. Il loue sa compassion, sa raison et ses grâces. Neuville affirme que les éloges sur le comte seront crus lorsqu'on le nommera.
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15
p. 3093-3094
RÉPONSE DE MADAME LA COMTESSE DU ROURE, Aux Vers de M. de Montel, sur les mêmes Rimes.
Début :
Vous m'avez fort bien étrennée ; [...]
Mots clefs :
Cœur, Vœux, Laurier
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE DE MADAME LA COMTESSE DU ROURE, Aux Vers de M. de Montel, sur les mêmes Rimes.
REPONSE
DE MADAME
LA COMTESSE DU ROURE ,
Aux Vers de M. de Montel , sur les mêmes
Rimes..
Vous m'avez fort bien étrennée ;
Et mon coeur vous souhaite aussi ,
Avec la plus heureuse année
Force Ducats gagnez icy.
Si j'étois assez fortunée
Pour orner votre front cheri ;
De belle tocque enluminée ,
Lors mes voeux auroient reüssi,
J'en dis autant à de Poncy ,
Digne de même destinée¸
Ila.Vola
3094 MERCURE DE FRANCE
Et dont la tête jusqu'ici ,
Mest que de Laurier couronnée.
DE MADAME
LA COMTESSE DU ROURE ,
Aux Vers de M. de Montel , sur les mêmes
Rimes..
Vous m'avez fort bien étrennée ;
Et mon coeur vous souhaite aussi ,
Avec la plus heureuse année
Force Ducats gagnez icy.
Si j'étois assez fortunée
Pour orner votre front cheri ;
De belle tocque enluminée ,
Lors mes voeux auroient reüssi,
J'en dis autant à de Poncy ,
Digne de même destinée¸
Ila.Vola
3094 MERCURE DE FRANCE
Et dont la tête jusqu'ici ,
Mest que de Laurier couronnée.
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16
p. 3094-3097
Bouts-Rimez. [titre d'après la table]
Début :
On croyoit les Bouts - rimez presque trépassez ; cependant nous apprenons par [...]
Mots clefs :
Sonnet, Apothicaire, Sirop, Maladies de la poitrine, Princesse de Monaco
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texteReconnaissance textuelle : Bouts-Rimez. [titre d'après la table]
On croyoit les Bouts - rimez presque
trépassez ; cependant nous apprenons par
une Lettre écrite d'Arles , qu'une Damed'esprit
et de mérite les a ressuscitez , en
les prenant sous sa protection dans une
Compagnie où l'on faisoit le Procez à ce
gente de Poësie . Cette Dame a fait encoreplus
; après avoir soûtenu que quelquesbizares
que puissent être les Rimes , un
bon esprit no manque gueres d'en tirer
parti pour composer une Piece raisonnable;
elle donna les Rimes suivantes à una
Poëte qui étoit dans l'Assemblée , et l'engagea
de les remplir sur le champ sur tel
sujet qu'il lui plairoit de choisir. Le Poëte,,
après s'être modestement deffendu ,
détermina pour un sujet des plus sérieux ,
et produisit le Sonnet que voicy.
SONNET
En Bouts- Rimez sur la Mort.
se
CLoris, rien ne résiste à la faux de la Mori..
Il faudra tôt ou tard gir un jour dans la Biere.
Heureux qui peut surgir tranquillement au Port.
Après avoir fini sa pénible Carriere.
M
S
E
Ila Voli C
DECEMBRE 1737 .
30953
C'est de tous les Mortels l'inévitable .
La Camarde de tout remplit sa
Sort
Gibeciere..
Mais chût .... n'éveillons pas , comme on dit
Chat qui
18
Ten coûta trop cher au Comique :
"
Dort
Molieres
Sans respecter personne avec son oeil Hagard.
Elle hape le jeune et croque le
Vieillard.
Aux Rois , comme aux Manans , elle fait Apostrophe..
Quy , rien n'est plus certain qu'aveque son pied..
Elle nous donnera le même échec er
nous fera subir pareille
Plat
Mat.
Catastrophe
M. Pichot , le Fils.
La même Dame propose les mêmes Rimes
à remplir à tous les Amateurs des
Bouts -rimez , et sur tel sujet qu'on trou
vera bon.
La Princesse de Monaco mourut à Mo-.
naco de la petite Verole le 29 Decembre,
dans la 35 année de son âge ; étant née
le 10 Novembre 1697. Elle se nommoit
Louise-Hypolite , et elle étoit fille aînéce
d'Antoine Grimaldi , Prince de Monaco ,
Ꮧ . Vol..
Duc
3096 MERCURE DE FRANCE
Duc de Valentinois , Pair de France , et
Chevalier des Ordres du Roy , qui mourut
le 20 Fevrier dernier , et de feue Ma
rie de Lorraine , Fille du Comté d'Armagnac
, Grand Ecuyer de France. Le 201
Octobre 1715. elle épousa Jacques-François
Leonor de Matignon Comte de
Thorigni , &c. lequel , par ce mariage , a
pris le nom et les Armes de Grimaldi , et
est devenu Duc de Valentinois , Pair de
France .
,
و
Le Sieur Julien , Apoticaire ordinaire d
Roy , fait et vend un Syrop souverain pour
la guérison des Maladies de la Poitrine , la
toux seche et quand on est tourmenté de
fluxions chaudes et subtiles qui tombent sur
la trachée artere et les Poumons , il en adon
cit l'Acrimonie guérit les inflammations et
maux de gorge ; soulage les Phtisiques et
Asthamatiques , & c. On s'appercevra des
bons effets de ce Syrop par l'usage qu'on en
fera. La doze est d'une cueillerée à bouche ',
trois fois parjour , le matin en se levant ,
deux heures après le diner , et de même après
le souper en se couchant. Il est tres- agréable
à prendre : on en- use seul , ou bien dans du
Thé , Tisanne , on eau chaude. Il se con
serve long-temps : les Bouteilles sont de differentes
grandeurs.
IIVol Tho
DECEMBRE . 1731. 3097
On trouve chez le même la veritable et
bonne Pate de Guimauve , et suc de Reglisse
blanc. Sa demeure est toujours à Paris , rue
de la Verrerie , proche la rue des Billettes...
trépassez ; cependant nous apprenons par
une Lettre écrite d'Arles , qu'une Damed'esprit
et de mérite les a ressuscitez , en
les prenant sous sa protection dans une
Compagnie où l'on faisoit le Procez à ce
gente de Poësie . Cette Dame a fait encoreplus
; après avoir soûtenu que quelquesbizares
que puissent être les Rimes , un
bon esprit no manque gueres d'en tirer
parti pour composer une Piece raisonnable;
elle donna les Rimes suivantes à una
Poëte qui étoit dans l'Assemblée , et l'engagea
de les remplir sur le champ sur tel
sujet qu'il lui plairoit de choisir. Le Poëte,,
après s'être modestement deffendu ,
détermina pour un sujet des plus sérieux ,
et produisit le Sonnet que voicy.
SONNET
En Bouts- Rimez sur la Mort.
se
CLoris, rien ne résiste à la faux de la Mori..
Il faudra tôt ou tard gir un jour dans la Biere.
Heureux qui peut surgir tranquillement au Port.
Après avoir fini sa pénible Carriere.
M
S
E
Ila Voli C
DECEMBRE 1737 .
30953
C'est de tous les Mortels l'inévitable .
La Camarde de tout remplit sa
Sort
Gibeciere..
Mais chût .... n'éveillons pas , comme on dit
Chat qui
18
Ten coûta trop cher au Comique :
"
Dort
Molieres
Sans respecter personne avec son oeil Hagard.
Elle hape le jeune et croque le
Vieillard.
Aux Rois , comme aux Manans , elle fait Apostrophe..
Quy , rien n'est plus certain qu'aveque son pied..
Elle nous donnera le même échec er
nous fera subir pareille
Plat
Mat.
Catastrophe
M. Pichot , le Fils.
La même Dame propose les mêmes Rimes
à remplir à tous les Amateurs des
Bouts -rimez , et sur tel sujet qu'on trou
vera bon.
La Princesse de Monaco mourut à Mo-.
naco de la petite Verole le 29 Decembre,
dans la 35 année de son âge ; étant née
le 10 Novembre 1697. Elle se nommoit
Louise-Hypolite , et elle étoit fille aînéce
d'Antoine Grimaldi , Prince de Monaco ,
Ꮧ . Vol..
Duc
3096 MERCURE DE FRANCE
Duc de Valentinois , Pair de France , et
Chevalier des Ordres du Roy , qui mourut
le 20 Fevrier dernier , et de feue Ma
rie de Lorraine , Fille du Comté d'Armagnac
, Grand Ecuyer de France. Le 201
Octobre 1715. elle épousa Jacques-François
Leonor de Matignon Comte de
Thorigni , &c. lequel , par ce mariage , a
pris le nom et les Armes de Grimaldi , et
est devenu Duc de Valentinois , Pair de
France .
,
و
Le Sieur Julien , Apoticaire ordinaire d
Roy , fait et vend un Syrop souverain pour
la guérison des Maladies de la Poitrine , la
toux seche et quand on est tourmenté de
fluxions chaudes et subtiles qui tombent sur
la trachée artere et les Poumons , il en adon
cit l'Acrimonie guérit les inflammations et
maux de gorge ; soulage les Phtisiques et
Asthamatiques , & c. On s'appercevra des
bons effets de ce Syrop par l'usage qu'on en
fera. La doze est d'une cueillerée à bouche ',
trois fois parjour , le matin en se levant ,
deux heures après le diner , et de même après
le souper en se couchant. Il est tres- agréable
à prendre : on en- use seul , ou bien dans du
Thé , Tisanne , on eau chaude. Il se con
serve long-temps : les Bouteilles sont de differentes
grandeurs.
IIVol Tho
DECEMBRE . 1731. 3097
On trouve chez le même la veritable et
bonne Pate de Guimauve , et suc de Reglisse
blanc. Sa demeure est toujours à Paris , rue
de la Verrerie , proche la rue des Billettes...
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Résumé : Bouts-Rimez. [titre d'après la table]
Le texte évoque la résurrection des 'Bouts-rimez', une forme poétique, grâce à une dame d'esprit qui les a pris sous sa protection dans une compagnie littéraire. Elle a démontré que des rimes bizarres peuvent composer une pièce raisonnable. Elle a donné des rimes à un poète, qui a choisi un sujet sérieux et a produit un sonnet sur la mort. La dame encourage tous les amateurs de 'Bouts-rimez' à remplir les mêmes rimes sur le sujet de leur choix. Le texte mentionne également la mort de la Princesse de Monaco, Louise-Hypolite, fille aînée d'Antoine Grimaldi, décédée le 29 décembre à l'âge de 35 ans. Elle avait épousé Jacques-François Léonor de Matignon, devenu Duc de Valentinois et Pair de France par ce mariage. Enfin, le texte fait la publicité d'un sirop fabriqué par le Sieur Julien, apothicaire ordinaire du roi, pour soigner les maladies de la poitrine, la toux sèche et les inflammations. Le sirop est agréable à prendre et peut être utilisé seul ou mélangé avec du thé, de la tisane ou de l'eau chaude. La dose recommandée est d'une cuillerée à bouche trois fois par jour. Le texte mentionne aussi la vente de pâte de guimauve et de suc de réglisse blanc par le même apothicaire.
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17
p. 3097-3102
ARRESTS NOTABLES, &c.
Début :
ORDONNANCE de Police du Novembre, qui deffend aux Revendeuses et autres Particuliers [...]
Mots clefs :
Conseil, Archevêque, Majesté, Cardinal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES, &c.
ARRESTS NOTABLES , &c.
RDONNANCE de Police du
&
Novembre,
qui deffend aux Revendeuses et autres Particuliers
de s'attrouper , vendre ni étaller aucunes
choses , à la Porte des Colleges , à peine de
cent liv d'amende et de Prison .
Et à toutes personnes de quelque Commerce er
Profession qu'elles puissent être , de prendre des
Hardes ou des Livres en payement des Fruits et
autres Marchandises , vendues à des Ecoliers et
Fils de Familles , à peine de 200 liv. d'amende´,
&c.
ORDONNANCE de Police , du 7 Novembre
qui deffend à tous Libraires , Imprimeurs , Refieurs
, Doreurs de Livres, et à toutes autres Personnes
d'acheter aucuns Livres et Papiers des Enfans
, Ecoliers , Serviteurs , ou d'autres Person .
nes inconnuës, sans le consentement par écrit des
Peres , Maîtres ou Personnes capables d'en répondre
; et de vendre ni exposer dans leurs Boutiques
et sur leurs Etalages , ou de louer aux jeu→
nes Gens aucuns Livres , Histoires ou Brochuses
contraires aux Moeurs et à la Religion; à pei
ne de mille livres d'amende , interdiction de la
Librairie et de punition exemplaire.
Et qui leur enjoint de tenir un Registre para
LI. Vol. phé
3008 MERCURE DE FRANCE
phé par le Commissaire du quartier , contenanf
les Nos, Demeures et Qualitez des Vendeurs et
de leurs Répondans ; avec les Titres des Livres ,
et les jours ausquels ces Livres auront été expos
gez en vente.
ARREST du Conseil , du 1 Decembre 1731 ;-
fendu sur le Memoire des Avocats..
Veu par le Roy , étant en son Conseil , le Mé
moire présenté à S. M. par les . Avocats en son
Parlement de Paris , contenant qu'ils n'ont pû ,
sans une peine extrême , voir paroître l'Ordonnance
du sieur Archevêque de Paris , du 16 Janvier
dernier ; que l'Arrest rendu par ledit Parlement
le 5 Mars suivant , au sujet de ladite Ore
donnance , avoit calmé leurs allarmes , que d'ailleurs
S.. M. ayant par l'Arrest de son Conseil dụ
10 du même mois , suspendu toutes disputes sur
la matiere dont il s'agissoit , ils ont gardé le si
lence , comme étant une marque de leur obéissance
et du profond respect qu'ils ont et qu'ils:
auront toujours pour les Ordres de S. M. mais
que l'Arrest du 30 Juillet dernier , par lequel sur
an Mémoire presenté au Roy. par le sieur Archevêque
de Paris , S. M. lui a permis de distribuer
son Ordonnance du 10 Janvier , a renouvellé
leur inquiétude ; qu'ils auroient lieu de craindre
qu'on ne prétendit que ledit Arrest fut contraire
celui du 25 Novembre 1750.qui étoit pour eux
le plus précieux de tous les titres , et qu'on n'en
tirât des conséquences , qui tendissent à leur imputer
ces principes faux et rejettez de tous les
Catholiques , sur lesquels , suivant le Mémoire
dudit sieur Archevêque de Paris , tombe unique
ment sa censure : Principes qu'ils n'ont pas souenus
et qui sont bien éloignez des sentimens qu'ils
IL, Vel. PIODECEMBRE
1731. 3099
professent ; que dans cet état , lesd . Avocats supe
plioient très -humblement S. M. de vouloir bien.
leur permettre de lui présenter un Mémoire , sur
les conséquences qu'on voudroit tirer contr'eux
dudit Arrest du 30 Juillet dernier.SA MAJESTE
ayant fait examiner en son Conseil ledit Mémoi,
re ; ensemble lesd . Arrests , des 25 Nov. 1730. er.
30 Juillet 1731 et considerant que le dernier de
ces Arrests n'a rien de contraire au premier , le
Sieur Archevêque de Paris ayant fait tomber uniquement
sa censure sur de faux principes , qui ne
sont point soutenus par lesd . Avocats , lesd.prin
cipes étans très -éloignez des sentimens qu'ils pro
fessent , S. Ma jugé qu'il seroit inutile de récevoir
de nouveaux Mémoires sur ce sujet ; et;
voulant éloigner de plus en plus tout ce qui peutêtre
une occasion de renouveller les disputes suspendues
par l'Arrest du 10 Mars dernier . Sa Majesté
étant en son Conseil , a ordonné et ordonne
que le silence imposé par ledit Arrest du 10 Mars.
sera inviolablement observé ! S. M. se réservant
à Elle seule de prendre les mesures convenables
pour faire cesser lesdites disputes ; le tout ainsi
qu'il est porté par ledit Arrest : Voulant au surplus
, S. M. que l'Arrest de 25 Novembre 1730.
ensemble l'Arrest du 30 Juillet dernier , soient
executez selon leur forme et teneur. Fait au Conseil
d'Etat , & c.
AUTRE du 4. Décembre , portant Regle
ment pour la fabrique des Draps qui se font à
Sedan , tant en blanc , en noir , qu'autres couleurs
, par lequel S. M. ordonne qu'à l'avenir les
Fabriquans en Draps de la Manufacture de Sedan,
conformeront dans la fabrique de leurs draps,
tant en blanc , en noir , qu'autres couleurs , aux
11, Vol.
Re
roo MERCURE DE FRANCE
Reglemens generaux des Manufactures de l'année
1669. qui seront executez selon leur forme eti
teneur ; en conséquence , qu'ils ne pourront par
La suite en fabriquer que de la largeur de cinq
quarts entre les lisieres ; permet néanmoins Sa
Majesté , par grace et sans tirer à consequence
ceux de ces Fabriquans , et aux Marchands qui
seront chargez dans leurs Boutiques ou Magasins
de draps de cinq quarts , y compris les li
sieres , de s'en deffaire dans six mois du jour de
la publication du present Reglement , &c .
AUTRE du 9. Decembre , qui ordonne la
suppression d'un Imprimé.
Le Roy s'étant fait représenter en son Conseil
une feule imprimée , commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare , miseratione divina,
et Sanita Sedis Apostolica gratiâ,Episcopus
Dux Laudunensis , &c. dans laquelle après
une formule ordinaire de l'Approbation des
Confesseurs , on a adjoâté une explication détaillée
des cas réservez au Pape ou à l'Evêque ,
avec des avis adressez aux Confesseurs : S. M.
auroit reconnu que cette explication et ces avis
ayant été imprimez sans aucune permission particuliere
, la contravention qui a été faite par là à
L'Arrêt du 2. Septembre dernier , portant révo
cation du Privilege general cy- devant accordé au
Sr. Evêque de Laon , peut d'autant moins être
tolerée , qu'il seroit à craindre que l'Imprimé
dont il s'agit n'excitât de nouveaux troubles dans
le Royaume , à quoi étant necessaire de pourvoir,
pour assurer l'execution dudit Arrêt du 2. Septembre
, et prévenir en même -temps tout ce qui
pourroit alterer la tranquillité publique , SA MA
JESTE ESTANT EN SON CONSEIL , a ordonné
I-do Vol Ep
DECEMBRE . 1731. 3ΙΟΥ
et ordonne que ladite feüille imprimée , commençant
par ces mots : Stephanus Josephus de la
Fare , miseratione divinâ et Sancta Sedis Apostolica
gratiâ , Episcopus Dux Laudunensis , & c.
sera et demeurera supprimée : Enjoint à tous
ceux qui en ont des Exemplaires , de les remet
tre incessamment au Greffe du sieur Herault ,
Conseiller d'Etat , Lieutenant General de Poli
ce de la Ville de Paris , pour y être suppri
mez , &c .
>
AUTRE du même jour , qui ordonne la
suppression de deux Lettres imprimées.
Le Roy ayant fait examiner en son Conseil,
deux Imprimez qui ont pour titre , l'un : Lettre
de M. l'Archevêque d'Embrun à M. le Cardinal
de Rohan , datée d'Embrun le 9 : Juillet
1731. et l'autre : Lettre de M. l'Archevêque
d'Embrun à M. le Cardinal de Rohan , au sujet
de la Lettre circulaire du mois d'Août 1731,
adressée de la part de Sa Majesté aux Evêques
de France , sans aucune date ; S. M. auroit reconnu
que ces deux Ecrits n'ont pu être imprimez
,ni répandus dans le Public , que dans la vûe
d'entretenir les disputes et les troubles que des
esprits mal intentionnez voudroient perpetuer
dans le Royaume , contre les intentions de S. M.
à quoi étant necessaire de pourvoir , SA MAJESTE'
ESTANT EN SON CONSEIL , 2
ordonné et ordonne que lesdits deux Imprimez
ayant pour titre , l'un ; Lettre de M. l'Archevêque
d'Embrun à M. le Cardinal de Rohan
datée d'Embrun le 9. Juillet 1731 et l'autre :
Lettre de M. l'Archevêque d'Embrun à M. le
Cardinal de Roban , au sujet de la Lettre circu-
Laire du mois d'Août 1731. adressée par ordre
IL Vol.
102 MERCURE
DE FRANCE
de Sa Majesté aux Evêques de France , seront
et demeureront supprimez , &c.
AUTRE du 11. Décembre , par lequel
6. M. a prorogé et proroge l'execution de l'Arrêt
du 12. Juin 1731. jusques et compris le dernier
Decembre 1732. passé lequel , et à commencer
du premier Janvier 1733. le prix des
anciennes Especes et Matieres d'or et d'argent ,
sera réduit ainsi qu'il l'auroit dû être le premier
Janvier prochain , en consequence dudit Arrêt.
du 12. Juin 1731. &c.
RDONNANCE de Police du
&
Novembre,
qui deffend aux Revendeuses et autres Particuliers
de s'attrouper , vendre ni étaller aucunes
choses , à la Porte des Colleges , à peine de
cent liv d'amende et de Prison .
Et à toutes personnes de quelque Commerce er
Profession qu'elles puissent être , de prendre des
Hardes ou des Livres en payement des Fruits et
autres Marchandises , vendues à des Ecoliers et
Fils de Familles , à peine de 200 liv. d'amende´,
&c.
ORDONNANCE de Police , du 7 Novembre
qui deffend à tous Libraires , Imprimeurs , Refieurs
, Doreurs de Livres, et à toutes autres Personnes
d'acheter aucuns Livres et Papiers des Enfans
, Ecoliers , Serviteurs , ou d'autres Person .
nes inconnuës, sans le consentement par écrit des
Peres , Maîtres ou Personnes capables d'en répondre
; et de vendre ni exposer dans leurs Boutiques
et sur leurs Etalages , ou de louer aux jeu→
nes Gens aucuns Livres , Histoires ou Brochuses
contraires aux Moeurs et à la Religion; à pei
ne de mille livres d'amende , interdiction de la
Librairie et de punition exemplaire.
Et qui leur enjoint de tenir un Registre para
LI. Vol. phé
3008 MERCURE DE FRANCE
phé par le Commissaire du quartier , contenanf
les Nos, Demeures et Qualitez des Vendeurs et
de leurs Répondans ; avec les Titres des Livres ,
et les jours ausquels ces Livres auront été expos
gez en vente.
ARREST du Conseil , du 1 Decembre 1731 ;-
fendu sur le Memoire des Avocats..
Veu par le Roy , étant en son Conseil , le Mé
moire présenté à S. M. par les . Avocats en son
Parlement de Paris , contenant qu'ils n'ont pû ,
sans une peine extrême , voir paroître l'Ordonnance
du sieur Archevêque de Paris , du 16 Janvier
dernier ; que l'Arrest rendu par ledit Parlement
le 5 Mars suivant , au sujet de ladite Ore
donnance , avoit calmé leurs allarmes , que d'ailleurs
S.. M. ayant par l'Arrest de son Conseil dụ
10 du même mois , suspendu toutes disputes sur
la matiere dont il s'agissoit , ils ont gardé le si
lence , comme étant une marque de leur obéissance
et du profond respect qu'ils ont et qu'ils:
auront toujours pour les Ordres de S. M. mais
que l'Arrest du 30 Juillet dernier , par lequel sur
an Mémoire presenté au Roy. par le sieur Archevêque
de Paris , S. M. lui a permis de distribuer
son Ordonnance du 10 Janvier , a renouvellé
leur inquiétude ; qu'ils auroient lieu de craindre
qu'on ne prétendit que ledit Arrest fut contraire
celui du 25 Novembre 1750.qui étoit pour eux
le plus précieux de tous les titres , et qu'on n'en
tirât des conséquences , qui tendissent à leur imputer
ces principes faux et rejettez de tous les
Catholiques , sur lesquels , suivant le Mémoire
dudit sieur Archevêque de Paris , tombe unique
ment sa censure : Principes qu'ils n'ont pas souenus
et qui sont bien éloignez des sentimens qu'ils
IL, Vel. PIODECEMBRE
1731. 3099
professent ; que dans cet état , lesd . Avocats supe
plioient très -humblement S. M. de vouloir bien.
leur permettre de lui présenter un Mémoire , sur
les conséquences qu'on voudroit tirer contr'eux
dudit Arrest du 30 Juillet dernier.SA MAJESTE
ayant fait examiner en son Conseil ledit Mémoi,
re ; ensemble lesd . Arrests , des 25 Nov. 1730. er.
30 Juillet 1731 et considerant que le dernier de
ces Arrests n'a rien de contraire au premier , le
Sieur Archevêque de Paris ayant fait tomber uniquement
sa censure sur de faux principes , qui ne
sont point soutenus par lesd . Avocats , lesd.prin
cipes étans très -éloignez des sentimens qu'ils pro
fessent , S. Ma jugé qu'il seroit inutile de récevoir
de nouveaux Mémoires sur ce sujet ; et;
voulant éloigner de plus en plus tout ce qui peutêtre
une occasion de renouveller les disputes suspendues
par l'Arrest du 10 Mars dernier . Sa Majesté
étant en son Conseil , a ordonné et ordonne
que le silence imposé par ledit Arrest du 10 Mars.
sera inviolablement observé ! S. M. se réservant
à Elle seule de prendre les mesures convenables
pour faire cesser lesdites disputes ; le tout ainsi
qu'il est porté par ledit Arrest : Voulant au surplus
, S. M. que l'Arrest de 25 Novembre 1730.
ensemble l'Arrest du 30 Juillet dernier , soient
executez selon leur forme et teneur. Fait au Conseil
d'Etat , & c.
AUTRE du 4. Décembre , portant Regle
ment pour la fabrique des Draps qui se font à
Sedan , tant en blanc , en noir , qu'autres couleurs
, par lequel S. M. ordonne qu'à l'avenir les
Fabriquans en Draps de la Manufacture de Sedan,
conformeront dans la fabrique de leurs draps,
tant en blanc , en noir , qu'autres couleurs , aux
11, Vol.
Re
roo MERCURE DE FRANCE
Reglemens generaux des Manufactures de l'année
1669. qui seront executez selon leur forme eti
teneur ; en conséquence , qu'ils ne pourront par
La suite en fabriquer que de la largeur de cinq
quarts entre les lisieres ; permet néanmoins Sa
Majesté , par grace et sans tirer à consequence
ceux de ces Fabriquans , et aux Marchands qui
seront chargez dans leurs Boutiques ou Magasins
de draps de cinq quarts , y compris les li
sieres , de s'en deffaire dans six mois du jour de
la publication du present Reglement , &c .
AUTRE du 9. Decembre , qui ordonne la
suppression d'un Imprimé.
Le Roy s'étant fait représenter en son Conseil
une feule imprimée , commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare , miseratione divina,
et Sanita Sedis Apostolica gratiâ,Episcopus
Dux Laudunensis , &c. dans laquelle après
une formule ordinaire de l'Approbation des
Confesseurs , on a adjoâté une explication détaillée
des cas réservez au Pape ou à l'Evêque ,
avec des avis adressez aux Confesseurs : S. M.
auroit reconnu que cette explication et ces avis
ayant été imprimez sans aucune permission particuliere
, la contravention qui a été faite par là à
L'Arrêt du 2. Septembre dernier , portant révo
cation du Privilege general cy- devant accordé au
Sr. Evêque de Laon , peut d'autant moins être
tolerée , qu'il seroit à craindre que l'Imprimé
dont il s'agit n'excitât de nouveaux troubles dans
le Royaume , à quoi étant necessaire de pourvoir,
pour assurer l'execution dudit Arrêt du 2. Septembre
, et prévenir en même -temps tout ce qui
pourroit alterer la tranquillité publique , SA MA
JESTE ESTANT EN SON CONSEIL , a ordonné
I-do Vol Ep
DECEMBRE . 1731. 3ΙΟΥ
et ordonne que ladite feüille imprimée , commençant
par ces mots : Stephanus Josephus de la
Fare , miseratione divinâ et Sancta Sedis Apostolica
gratiâ , Episcopus Dux Laudunensis , & c.
sera et demeurera supprimée : Enjoint à tous
ceux qui en ont des Exemplaires , de les remet
tre incessamment au Greffe du sieur Herault ,
Conseiller d'Etat , Lieutenant General de Poli
ce de la Ville de Paris , pour y être suppri
mez , &c .
>
AUTRE du même jour , qui ordonne la
suppression de deux Lettres imprimées.
Le Roy ayant fait examiner en son Conseil,
deux Imprimez qui ont pour titre , l'un : Lettre
de M. l'Archevêque d'Embrun à M. le Cardinal
de Rohan , datée d'Embrun le 9 : Juillet
1731. et l'autre : Lettre de M. l'Archevêque
d'Embrun à M. le Cardinal de Rohan , au sujet
de la Lettre circulaire du mois d'Août 1731,
adressée de la part de Sa Majesté aux Evêques
de France , sans aucune date ; S. M. auroit reconnu
que ces deux Ecrits n'ont pu être imprimez
,ni répandus dans le Public , que dans la vûe
d'entretenir les disputes et les troubles que des
esprits mal intentionnez voudroient perpetuer
dans le Royaume , contre les intentions de S. M.
à quoi étant necessaire de pourvoir , SA MAJESTE'
ESTANT EN SON CONSEIL , 2
ordonné et ordonne que lesdits deux Imprimez
ayant pour titre , l'un ; Lettre de M. l'Archevêque
d'Embrun à M. le Cardinal de Rohan
datée d'Embrun le 9. Juillet 1731 et l'autre :
Lettre de M. l'Archevêque d'Embrun à M. le
Cardinal de Roban , au sujet de la Lettre circu-
Laire du mois d'Août 1731. adressée par ordre
IL Vol.
102 MERCURE
DE FRANCE
de Sa Majesté aux Evêques de France , seront
et demeureront supprimez , &c.
AUTRE du 11. Décembre , par lequel
6. M. a prorogé et proroge l'execution de l'Arrêt
du 12. Juin 1731. jusques et compris le dernier
Decembre 1732. passé lequel , et à commencer
du premier Janvier 1733. le prix des
anciennes Especes et Matieres d'or et d'argent ,
sera réduit ainsi qu'il l'auroit dû être le premier
Janvier prochain , en consequence dudit Arrêt.
du 12. Juin 1731. &c.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES, &c.
En novembre et décembre 1731, le Conseil royal a émis plusieurs ordonnances et arrêts concernant divers aspects de la vie publique et économique. Deux ordonnances de police, datées du 6 et 7 novembre, visent à réguler la vente de livres et de marchandises. La première interdit aux revendeuses de vendre à la porte des collèges, tandis que la seconde impose aux libraires d'obtenir un consentement écrit des parents ou tuteurs pour acheter des livres aux enfants. Les infractions à ces règles sont passibles d'amendes allant de 100 à 1000 livres, avec des peines supplémentaires possibles. Le 1er décembre 1731, un arrêt du Conseil résout une dispute entre les avocats du Parlement de Paris et l'archevêque de Paris. Les avocats avaient exprimé des inquiétudes concernant une ordonnance de l'archevêque et un arrêt royal du 30 juillet 1731. Le roi confirme que l'arrêt du 30 juillet n'est pas contraire à celui du 25 novembre 1730 et ordonne le maintien du silence imposé par un arrêt du 10 mars précédent. Un arrêt du 4 décembre 1731 impose aux fabricants de draps de Sedan de se conformer aux règlements généraux des manufactures de 1669, limitant la largeur des draps à cinq quarts entre les lisères. Les fabricants et marchands disposent de six mois pour écouler leurs stocks existants. Deux arrêts du 9 décembre 1731 ordonnent la suppression de plusieurs imprimés. Le premier concerne une feuille imprimée par l'évêque de Laon sans autorisation, et le second concerne deux lettres de l'archevêque d'Embrun au cardinal de Rohan, jugées perturbatrices pour l'ordre public. Enfin, un arrêt du 11 décembre 1731 proroge l'exécution d'un arrêt du 12 juin 1731 jusqu'au 31 décembre 1732. Cet arrêt concerne la réduction du prix des anciennes espèces et matières d'or et d'argent.
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