Résultats : 11646 texte(s)
Détail
Liste
301
p. 83-84
« Je me réjoüis avec vous, Madame, de ce que vous [...] »
Début :
Je me réjoüis avec vous, Madame, de ce que vous [...]
Mots clefs :
Lettre R, Amies, Explication
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texteReconnaissance textuelle : « Je me réjoüis avec vous, Madame, de ce que vous [...] »
Je me réjouis avec vous , Ma- dame,de ce que vous avez des Amiesd'un eſprit ſi vif&fi éclai-
GALANT.
1-
L
He
e
ل
ré, qu'elles n'ont point eubeſoin de l'Explication que je vous en- voyay la derniere fois de l'Eni- gime de la Lettre R. pourdevi- ner ce que c'eſtoit. Quoy que biendesGens ayent inutilement tâché d'en venir à bout , je veux croire qu'ellesn'en ontpoint eſté embaraffees ; &puis qu'elles ont tant de facilité à déveloper les choſes obfcures, demandez-leur,
je vous prie , quel peut eſtre le
GALANT.
1-
L
He
e
ل
ré, qu'elles n'ont point eubeſoin de l'Explication que je vous en- voyay la derniere fois de l'Eni- gime de la Lettre R. pourdevi- ner ce que c'eſtoit. Quoy que biendesGens ayent inutilement tâché d'en venir à bout , je veux croire qu'ellesn'en ontpoint eſté embaraffees ; &puis qu'elles ont tant de facilité à déveloper les choſes obfcures, demandez-leur,
je vous prie , quel peut eſtre le
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Résumé : « Je me réjoüis avec vous, Madame, de ce que vous [...] »
L'auteur félicite Madame d'avoir des amies intelligentes qui ont compris l'énigme de la lettre R sans explication préalable. Contrairement à d'autres, elles n'ont pas été embarrassées par cette question. Il les encourage à utiliser leur capacité à éclaircir les sujets obscurs pour répondre à une question non précisée.
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302
p. 85
ENIGME.
Début :
Dans un double & sombre parterre [...]
Mots clefs :
Trictrac
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
DAns un double &sombre parterre Eclairez de rayons divers,
I'allume unefondaine querre Entredeux Amisque je ſers.
l'intereffe dans leurs querelles
Vngrand nombre de Demoiselles
S
Ciij
54 LE MERCVRE Quifont 1. mille cris éclatans.
Cependant toute la Dispute Finit entre les Combatans ,
Par labizarre culebute
Des refßes d'un Squelete affreux Brusquement fortis de leurs creux.
DAns un double &sombre parterre Eclairez de rayons divers,
I'allume unefondaine querre Entredeux Amisque je ſers.
l'intereffe dans leurs querelles
Vngrand nombre de Demoiselles
S
Ciij
54 LE MERCVRE Quifont 1. mille cris éclatans.
Cependant toute la Dispute Finit entre les Combatans ,
Par labizarre culebute
Des refßes d'un Squelete affreux Brusquement fortis de leurs creux.
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303
p. 85-86
« Voila dequoy exercer vos spirituelles Amies. Je leur laisse le [...] »
Début :
Voila dequoy exercer vos spirituelles Amies. Je leur laisse le [...]
Mots clefs :
Deviner, Mois prochain
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texteReconnaissance textuelle : « Voila dequoy exercer vos spirituelles Amies. Je leur laisse le [...] »
ituelles Amies. Je leur laiſſe le
plaiſir entier de deviner , & ne
leur feray point le tort de vous envoyer le mot de l'Enigme. Si elies ne l'attrapentpas, le ſecours eft preſt. Il ne vous coûtera que lapeinedele demander , & vous l'apprendrez dans ma Lettre du Moisprochain.
plaiſir entier de deviner , & ne
leur feray point le tort de vous envoyer le mot de l'Enigme. Si elies ne l'attrapentpas, le ſecours eft preſt. Il ne vous coûtera que lapeinedele demander , & vous l'apprendrez dans ma Lettre du Moisprochain.
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304
p. 89-90
« Vous voyez, Madame, que le Génie de Monsieur le Duc [...] »
Début :
Vous voyez, Madame, que le Génie de Monsieur le Duc [...]
Mots clefs :
Génie, Duc de S. Aignan, Le Havre
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texteReconnaissance textuelle : « Vous voyez, Madame, que le Génie de Monsieur le Duc [...] »
Vous voyez , Madame quele Géniede Monfieur le Ducde S.
Aignan eſt univerfel , & que la contrainte des Rimes qui emba- rafle dans ces fortes d'Ouvrages,
ne luy ofte riende fa facilité or- dinaire à s'exprimer. Il donne
viV O
GALAN T. 57
toûjours ſes ordres dans ſonGou- vernement avec une application qui met les Rades du Havredans
une entiere ſeûreté ,&les Armateurs ennemis ne ſe hazardent
plus à faire aucune entrepriſe de ce coſté là , depuis que le Roy huy afait l'honneur de luy donner une Barque longue toute équi- pée, avec laquelle il empeſchera facilement ces Pyrates de trou- bler le commerce comme ils avoient accoutumé.
Aignan eſt univerfel , & que la contrainte des Rimes qui emba- rafle dans ces fortes d'Ouvrages,
ne luy ofte riende fa facilité or- dinaire à s'exprimer. Il donne
viV O
GALAN T. 57
toûjours ſes ordres dans ſonGou- vernement avec une application qui met les Rades du Havredans
une entiere ſeûreté ,&les Armateurs ennemis ne ſe hazardent
plus à faire aucune entrepriſe de ce coſté là , depuis que le Roy huy afait l'honneur de luy donner une Barque longue toute équi- pée, avec laquelle il empeſchera facilement ces Pyrates de trou- bler le commerce comme ils avoient accoutumé.
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Résumé : « Vous voyez, Madame, que le Génie de Monsieur le Duc [...] »
Le texte décrit le sieur Aignan, duc de S., comme un individu polyvalent. Il rencontre des difficultés à s'exprimer en raison des contraintes des rimes dans ses œuvres. Aignan se distingue par son application dans le gouvernement, assurant la sécurité des rades du Havre. Grâce à une barque offerte par le roi, il empêche les pirates de perturber le commerce, une menace qui avait accablé la région.
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305
p. 90-94
« Au reste, Madame, doutez tant qu'il vous plaira que le [...] »
Début :
Au reste, Madame, doutez tant qu'il vous plaira que le [...]
Mots clefs :
Solitaire, Indifférence, Fausse provençale, Mémoires
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texteReconnaissance textuelle : « Au reste, Madame, doutez tant qu'il vous plaira que le [...] »
Au reſte , Madame , doutez
tant qu'il vousplaira que le Soli- taire dont vous avez appris l'a- vanture par ma derniere Lettre,
ait paſſe ſi aveuglementde l'Indi- férence à l'Amour , je puis vous affurer qu'il n'y a rien de plus vray que leProcés intenté par le Pere pour faire caffer fon Ma- riage. S'il y a quelquechoſe qui
C V
58 LE MERCVRE vousbleſſe dans la Perſonne qu'il avoit choiſie pour faire renon- cer ſon Fils àl'inſenſibilité , vous
ne devez point vous en pren- dre à moy , qui aimemieux vous conter les chofes dans leurs plus veritables circonstances , que de les falfifier pour les embellir. I
en arrive tous les jours de fi ex- traordinaires , que toutes vrayes qu'elles font , elles ſemblent quel- quefois s'eloigner du vray- fem- blable. Ainſi je ne doute point qu'il ne ſe trouve des Incrédules
fur l'Histoire de la Fauſſe Pro- vençale. Quoy qu'envous l'écri vant je n'aye fait que ſuivre les Memoires quim'enonteſtédon- nez , vous aurez peut-eftre pei- ne vous-meſmes à vous perfua- der qu'un Mary puiffe parler à
ſa propre Femme , & s'imaginer qu'elle ne la foit pas. Mais outre
GALANT
le LangageProvençal qui luy de voiteſtre inconnu , & les autres particularitez qui établiſſent le Fait , combien avons-nous veu deGens ſe tromper à la reffem- blance des traits L'affaire de
Martin Guerre qui a fait antre fois tant de bruit au Parlement
de Toulouſe , en eſt une preuve incontestable , & en voicy tin exemple fort récent dont je vous vayfaire ledétail en peu demors.
tant qu'il vousplaira que le Soli- taire dont vous avez appris l'a- vanture par ma derniere Lettre,
ait paſſe ſi aveuglementde l'Indi- férence à l'Amour , je puis vous affurer qu'il n'y a rien de plus vray que leProcés intenté par le Pere pour faire caffer fon Ma- riage. S'il y a quelquechoſe qui
C V
58 LE MERCVRE vousbleſſe dans la Perſonne qu'il avoit choiſie pour faire renon- cer ſon Fils àl'inſenſibilité , vous
ne devez point vous en pren- dre à moy , qui aimemieux vous conter les chofes dans leurs plus veritables circonstances , que de les falfifier pour les embellir. I
en arrive tous les jours de fi ex- traordinaires , que toutes vrayes qu'elles font , elles ſemblent quel- quefois s'eloigner du vray- fem- blable. Ainſi je ne doute point qu'il ne ſe trouve des Incrédules
fur l'Histoire de la Fauſſe Pro- vençale. Quoy qu'envous l'écri vant je n'aye fait que ſuivre les Memoires quim'enonteſtédon- nez , vous aurez peut-eftre pei- ne vous-meſmes à vous perfua- der qu'un Mary puiffe parler à
ſa propre Femme , & s'imaginer qu'elle ne la foit pas. Mais outre
GALANT
le LangageProvençal qui luy de voiteſtre inconnu , & les autres particularitez qui établiſſent le Fait , combien avons-nous veu deGens ſe tromper à la reffem- blance des traits L'affaire de
Martin Guerre qui a fait antre fois tant de bruit au Parlement
de Toulouſe , en eſt une preuve incontestable , & en voicy tin exemple fort récent dont je vous vayfaire ledétail en peu demors.
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Résumé : « Au reste, Madame, doutez tant qu'il vous plaira que le [...] »
Le texte raconte l'histoire d'un solitaire qui a subitement changé d'attitude, passant de l'indifférence à l'amour. Le père de cet individu a intenté un procès pour faire annuler le mariage. L'auteur affirme rapporter les faits sans les embellir et mentionne des événements extraordinaires, parfois incroyables, comme l'histoire de la fausse Provençale. Cette histoire, bien que vraie, a pu sembler improbable à certains. L'auteur cite l'affaire célèbre de Martin Guerre au Parlement de Toulouse pour illustrer que des erreurs de jugement peuvent survenir en raison de ressemblances physiques. Il promet de détailler un exemple récent similaire.
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306
p. 94-100
Histoire du Faux Milord. [titre d'après la table]
Début :
Il n'y a qu'un mois ou deux qu'un [...]
Mots clefs :
Faux Milord, Banquier, Angleterre, Marchands
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texteReconnaissance textuelle : Histoire du Faux Milord. [titre d'après la table]
Il n'y a qu'un mois ou deux qu'un Milord ayant une Charge fort confiderable dans la Maifon du Roy d'Angleterre , ent difé rentavecdeux Seigneurs de cette Nation, contre leſquels, furquel- ques paroles facheuſes qui leur échaperent , il fut obligé demet- trel'épée àla main. Il endemeu raun ſur la place , & cette mort hiye fit pafler promptement la Cvj
60 LE MERCVRE
Mer pour ſe mettre à couvertdes pourſuites qu'il devoit craindre.
Son Pere qui eft, un fort grand Seigneur , & tres-riche , donna ſes ordres ſur l'heure en diferens
lieux où le Milord pouvoit s'eſtre retiré , & il écrivit entr'autres à
un Banquier de Paris de fa con- noiſſance,pour le prier, ſi ſon Fils s'adreſſoit àluy, de ne luy refuſer pas l'aſſiſtance de ſa Bourse. La
Lettre eſt renduë au Banquiery
quile lendemain reçoit unBillet
duMilord. Ce Billeteſtoitun avis
de ſon arrivée à Versailles , & un
honneſte empruntde centPiſto les qu'il le prioit de donner au preſent Porteur. Le Banquier qui avoit eu déjades affaires avec luy dans un Voyage qu'il avoitfait en France , examine l'écriture , la reconnoiſt , s'informe de bien des choſes ſur leſquelles on
GALANT. беF
S
1
Huy répondjuſte , &compte auffi- toſt l'argent. Autre Billet à un nomméGoüin, TailleurAnglois.
Lecaractere luy estoit connu , &
fur cette caution il accompagne l'Agent du Milord chez divers
Marchands. Onleve des Etoffes,
on choiſit des Point de France :
tout fuit Plumes ,
Perruquesto
Baundrier , Rubans ; gain raifon- nable, &credit par tour. La fa
cilité desPreſteurs engage leMi- lord à doubler fon équipage. Ils fourniffent de nouveau,& celuy qui a déja donné du Point:de France, eſt le ſeul qui refuſe de s'embarquer plus loin fans ſça- voirqui le payera. On luy nom- me le Banquier. Ikle vatrouver;
prend fa parole, & continue à
faire credit. Cependantle Milord fait fort grand' chere àVeſailles.
Il ſe donne les violons & les
62 LE MERCVRE
Hautsbois , & fa dépense ayant fait bruit , on s'étonne de ne le
point voir chezles Perſonnes de qualité d'Angleterre qui font àla Cour. Ceux avec qui il eſt entré en commerce de plaifirs luy en demandent la caufe. Il répond qu'il n'eſt point de condition à
aller chercher les Gens. Cette
réponſe ſi peu digne de celuy qu'il ſe diſoit eſtre ,fairſoupcon- ner quelque fourberie. On I ob- ferve , il s'en apperçoit , &trou- ve àpropos de décamper. Il part de nuit avec ſon Agent , &fa fuite ne laiffe plus douter de la verité.C'estoit en effet un faux Milord qui avoitſibien copiéle veritable , que le Banquier qui Lay avoit parle deux fois n'avoit pu connoiſtre quile dupoit.Com me il en avoit tous les traits, il
s'eſtoit attaché àcontrefaire fon
GALANT. 63
t
1
}
écriture , & elle estoit ſi ſemblable ,que tout autre s'y fuſt laiffé attraper. Le Marchand de Point de France alla trouver le Banquier. Il paya les choſes dont il avoit répondu, &les autres Mar- chands ont pris patience...
60 LE MERCVRE
Mer pour ſe mettre à couvertdes pourſuites qu'il devoit craindre.
Son Pere qui eft, un fort grand Seigneur , & tres-riche , donna ſes ordres ſur l'heure en diferens
lieux où le Milord pouvoit s'eſtre retiré , & il écrivit entr'autres à
un Banquier de Paris de fa con- noiſſance,pour le prier, ſi ſon Fils s'adreſſoit àluy, de ne luy refuſer pas l'aſſiſtance de ſa Bourse. La
Lettre eſt renduë au Banquiery
quile lendemain reçoit unBillet
duMilord. Ce Billeteſtoitun avis
de ſon arrivée à Versailles , & un
honneſte empruntde centPiſto les qu'il le prioit de donner au preſent Porteur. Le Banquier qui avoit eu déjades affaires avec luy dans un Voyage qu'il avoitfait en France , examine l'écriture , la reconnoiſt , s'informe de bien des choſes ſur leſquelles on
GALANT. беF
S
1
Huy répondjuſte , &compte auffi- toſt l'argent. Autre Billet à un nomméGoüin, TailleurAnglois.
Lecaractere luy estoit connu , &
fur cette caution il accompagne l'Agent du Milord chez divers
Marchands. Onleve des Etoffes,
on choiſit des Point de France :
tout fuit Plumes ,
Perruquesto
Baundrier , Rubans ; gain raifon- nable, &credit par tour. La fa
cilité desPreſteurs engage leMi- lord à doubler fon équipage. Ils fourniffent de nouveau,& celuy qui a déja donné du Point:de France, eſt le ſeul qui refuſe de s'embarquer plus loin fans ſça- voirqui le payera. On luy nom- me le Banquier. Ikle vatrouver;
prend fa parole, & continue à
faire credit. Cependantle Milord fait fort grand' chere àVeſailles.
Il ſe donne les violons & les
62 LE MERCVRE
Hautsbois , & fa dépense ayant fait bruit , on s'étonne de ne le
point voir chezles Perſonnes de qualité d'Angleterre qui font àla Cour. Ceux avec qui il eſt entré en commerce de plaifirs luy en demandent la caufe. Il répond qu'il n'eſt point de condition à
aller chercher les Gens. Cette
réponſe ſi peu digne de celuy qu'il ſe diſoit eſtre ,fairſoupcon- ner quelque fourberie. On I ob- ferve , il s'en apperçoit , &trou- ve àpropos de décamper. Il part de nuit avec ſon Agent , &fa fuite ne laiffe plus douter de la verité.C'estoit en effet un faux Milord qui avoitſibien copiéle veritable , que le Banquier qui Lay avoit parle deux fois n'avoit pu connoiſtre quile dupoit.Com me il en avoit tous les traits, il
s'eſtoit attaché àcontrefaire fon
GALANT. 63
t
1
}
écriture , & elle estoit ſi ſemblable ,que tout autre s'y fuſt laiffé attraper. Le Marchand de Point de France alla trouver le Banquier. Il paya les choſes dont il avoit répondu, &les autres Mar- chands ont pris patience...
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Résumé : Histoire du Faux Milord. [titre d'après la table]
Un Milord anglais, occupant une charge importante, tue son adversaire en duel et se réfugie à Versailles pour éviter des poursuites. Son père, un grand seigneur riche, organise son soutien et demande à un banquier parisien de l'aider financièrement. Le banquier accorde un prêt de cent pistoles après avoir reconnu l'écriture du Milord. Accompagné d'un agent, le Milord effectue des achats chez divers marchands grâce au crédit accordé. Il mène une vie luxueuse à Versailles, mais son comportement suscite des soupçons. Il finit par fuir de nuit, révélant qu'il s'agissait d'un imposteur ayant imité le véritable Milord. Le banquier et les marchands subissent des pertes financières.
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307
p. 100-104
Le nouveau Grand Visir veut introduire de nouvelles manieres de recevoir les Ambassadeurs, dont il ne peut venir à bout. [titre d'après la table]
Début :
Nous avons eu des nouvelles de Constantinople qui nous apprennent [...]
Mots clefs :
Grand vizir, Ambassadeur, Turcs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le nouveau Grand Visir veut introduire de nouvelles manieres de recevoir les Ambassadeurs, dont il ne peut venir à bout. [titre d'après la table]
Nous avons eu des nouvelles
de Conſtantinople qui nous ap prennent que M le Marquis de Nointel noftre Ambaſſadeur à la
Porte , y avoit ſoûrenu comme il devoit la Dignité de ſon caracte- ke. Il s'apperçeut à ſa premiere Audiance du Grand Vifir , que le Siege qu'on luy donnoit, n'e ſtoit point àl'ordinaire vis-à-vis du ſien fur le Sofa , qui eſt un Tapis en façon d'Eſtrade. Il en voulut prendre un autre dont deuxTurcs ſe ſaifirent pour l'en empeſcher. Il le leur arracha des mains , &le mitſur le Sofa ,où il
64 LE MERCVRE
s'affit en attendant l'arrivée du
Grand Viſir qui estoit alors au Divan. On courut l'avertir de
l'action de M de Nointel , auquel il envoya dire par Mauro Cordato ſon premier Drogman,
qu'il ne luy donneroit point Au- dience,s'il n'eſtoit aſſis hors du
Sofa. Mr de Nointel répondit au Drogman que le Grand Viſir pouvoit ordonner de fon Siege,
mais non pasde fa Perſonne, &
s'en alla dans le mefme inſtant.
LeGrand Vifir luy afait direde- puis qu'il ne laiſſeroit pas de luy accorder comme auparavant tou tes les chofes qui regardoient le Commerce,fuivant les Capitu- lations qui en avoient eſté faites.
Il eſt certain que cette entrepriſe ne le fait point particulierement
contre laFrance. Les mefmes raifons ont empefched'autres Am-
GALANT. 6g baffadeurs d'aller à l'Audience.
C'eſt une innovation que veut faire le nouveau Grand Viſir qui cherche àſe diftinguerpar quel- que choſe de ceux qu'on a veus danslemeſme Employ. Il paroiſt fort fier , &l'on remarque qu'il ne donne point le Caffetan aux Ambaſfadeurs, ou pour m'expli- quermieux , qu'il ne leur donne
point de Veſte ,& qu'il ſe con- tente de leur faire preſenter le Caffé , le Sorbec & le Parfum,
ſans le prendre avec eux , à l'e- xemple de ſon Predeceffeur
de Conſtantinople qui nous ap prennent que M le Marquis de Nointel noftre Ambaſſadeur à la
Porte , y avoit ſoûrenu comme il devoit la Dignité de ſon caracte- ke. Il s'apperçeut à ſa premiere Audiance du Grand Vifir , que le Siege qu'on luy donnoit, n'e ſtoit point àl'ordinaire vis-à-vis du ſien fur le Sofa , qui eſt un Tapis en façon d'Eſtrade. Il en voulut prendre un autre dont deuxTurcs ſe ſaifirent pour l'en empeſcher. Il le leur arracha des mains , &le mitſur le Sofa ,où il
64 LE MERCVRE
s'affit en attendant l'arrivée du
Grand Viſir qui estoit alors au Divan. On courut l'avertir de
l'action de M de Nointel , auquel il envoya dire par Mauro Cordato ſon premier Drogman,
qu'il ne luy donneroit point Au- dience,s'il n'eſtoit aſſis hors du
Sofa. Mr de Nointel répondit au Drogman que le Grand Viſir pouvoit ordonner de fon Siege,
mais non pasde fa Perſonne, &
s'en alla dans le mefme inſtant.
LeGrand Vifir luy afait direde- puis qu'il ne laiſſeroit pas de luy accorder comme auparavant tou tes les chofes qui regardoient le Commerce,fuivant les Capitu- lations qui en avoient eſté faites.
Il eſt certain que cette entrepriſe ne le fait point particulierement
contre laFrance. Les mefmes raifons ont empefched'autres Am-
GALANT. 6g baffadeurs d'aller à l'Audience.
C'eſt une innovation que veut faire le nouveau Grand Viſir qui cherche àſe diftinguerpar quel- que choſe de ceux qu'on a veus danslemeſme Employ. Il paroiſt fort fier , &l'on remarque qu'il ne donne point le Caffetan aux Ambaſfadeurs, ou pour m'expli- quermieux , qu'il ne leur donne
point de Veſte ,& qu'il ſe con- tente de leur faire preſenter le Caffé , le Sorbec & le Parfum,
ſans le prendre avec eux , à l'e- xemple de ſon Predeceffeur
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Résumé : Le nouveau Grand Visir veut introduire de nouvelles manieres de recevoir les Ambassadeurs, dont il ne peut venir à bout. [titre d'après la table]
Le texte décrit un incident diplomatique impliquant le Marquis de Nointel, ambassadeur français à Constantinople. Lors de sa première audience avec le Grand Vizir, Nointel constata que son siège n'était pas à la même hauteur que celui du Grand Vizir sur le sofa. Il insista pour changer de place, mais deux Turcs tentèrent de l'en empêcher. Nointel s'assit malgré tout sur le sofa en attendant le Grand Vizir. Informé de cet incident, le Grand Vizir refusa de recevoir Nointel s'il ne s'asseyait pas hors du sofa. Nointel répliqua qu'il pouvait ordonner du siège mais pas de sa personne, et quitta les lieux. Par la suite, le Grand Vizir assura à Nointel que les questions commerciales seraient traitées selon les capitulations existantes. Cet incident n'était pas dirigé contre la France, mais résultait des nouvelles exigences du nouveau Grand Vizir, qui cherchait à se distinguer de ses prédécesseurs. Ce dernier se montrait fier et refusait de donner des vêtements aux ambassadeurs, se contentant de leur offrir du café, du sorbet et du parfum sans les accompagner.
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308
p. 104-106
Collation Inpromptu. [titre d'après la table]
Début :
Comme je ne suis pas accoustumé au Sorbec, & que [...]
Mots clefs :
Impromptu, Collation, Vers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Collation Inpromptu. [titre d'après la table]
Commeje ne ſuis pas accouſtu mé au Sorbec , &queje nem'ac- commode point du Parfum , j'ay biende la peine à croire que cela vaille la Collation inpromptu qu'une Dame donna ilyaquel- ques jours à deux de ſes amies,
&àtrois Cavaliers quiſe trouve-
66 LE MERCVRE
-
rent chez elle. Les Confituresn'y furent point épargnées , elles donnerent lien auxdouceursqui furent dites aux Belles. Toutes
les troisvalentbienqu'on leur en conte;& les Cavaliers ayant de Peſprit , &fe meflant de faire des Vers , l'Inpronipui de la Colla- tion fut cauſe qu'on leur ende- manda un à chacun d'eux pour celle des Dames que le hazard luy deſtineroit. On tira au fort,
& le premier qui prit un Billet ne fut pas faché de voir qu'il eſtoit remply du Nom d'une ai- mable Brune à qui il yavoit déja quelque temps qu'il en contoit. II fit pourelle ceMadrigal.
&àtrois Cavaliers quiſe trouve-
66 LE MERCVRE
-
rent chez elle. Les Confituresn'y furent point épargnées , elles donnerent lien auxdouceursqui furent dites aux Belles. Toutes
les troisvalentbienqu'on leur en conte;& les Cavaliers ayant de Peſprit , &fe meflant de faire des Vers , l'Inpronipui de la Colla- tion fut cauſe qu'on leur ende- manda un à chacun d'eux pour celle des Dames que le hazard luy deſtineroit. On tira au fort,
& le premier qui prit un Billet ne fut pas faché de voir qu'il eſtoit remply du Nom d'une ai- mable Brune à qui il yavoit déja quelque temps qu'il en contoit. II fit pourelle ceMadrigal.
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Résumé : Collation Inpromptu. [titre d'après la table]
Une dame organise une collation pour deux amies et trois cavaliers. Des confitures sont servies et des compliments échangés. Les cavaliers, poètes, doivent composer un madrigal pour une dame tirée au sort. Le premier cavalier admire une brune et lui écrit un madrigal.
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309
p. 106
REPROCHE DE N'AIMER point assez.
Début :
C'est pour vostre interest plutost que pour moy mesme, [...]
Mots clefs :
Amour, Plaisirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPROCHE DE N'AIMER point assez.
REPROCHE DE N'AIMER
pointaffez.
7
C'est pour vostre interest plutoſtque pourmoy mesme ,
GALANT. 67
Que vous devez m'aimer autant que je
vous aime.
Sivostre amour estoit égal au mien
Vous gousteriez cent douceurs que je
gouste,
Vous vous feriez milleplaiſirs de rien.
Pour n'aimer pas affez voila ce qu'il en couste. 2
Ab, Philis , vousyperdez bien.
pointaffez.
7
C'est pour vostre interest plutoſtque pourmoy mesme ,
GALANT. 67
Que vous devez m'aimer autant que je
vous aime.
Sivostre amour estoit égal au mien
Vous gousteriez cent douceurs que je
gouste,
Vous vous feriez milleplaiſirs de rien.
Pour n'aimer pas affez voila ce qu'il en couste. 2
Ab, Philis , vousyperdez bien.
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310
p. 106-108
CONFITURES DONNEES.
Début :
La Dame qui donnoit la Collation, fut celle pour qui / Trouveroit-on, Iris, des ames assez dures [...]
Mots clefs :
Confitures, Douceur, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONFITURES DONNEES.
La Dame qui donnoit la Col- lation , fut celle pour qui le ſe- cond eut à faire un Inpromptu,
& il en prit le ſujet ſur la profu- fion de ſes Confitures...
CONFITURES DONNE ES.
TRORouveroit-on , Iris , des ames affez
dures
Pour ne pas adorer &vous &vos bien- faits ?
Vous joignez la douceur de vos divins
attraits ,
Acelle de vos Confitures.
Cependant n'en déplaiſe à toutes vosfam
veurs ,
68 LE MERCVRE
Lemeplains au milieude mes bonnesfortunes:
Aulieu de medonner , Iris ,tant dedouceurs,
Helas! dites-men quelques-unes.
Vosappasfont doux àmes yeux ,
VosConfituresàmabouche
Mais mon cœur merite bien mieux
Quelqu'autre douceur qui le touche.
& il en prit le ſujet ſur la profu- fion de ſes Confitures...
CONFITURES DONNE ES.
TRORouveroit-on , Iris , des ames affez
dures
Pour ne pas adorer &vous &vos bien- faits ?
Vous joignez la douceur de vos divins
attraits ,
Acelle de vos Confitures.
Cependant n'en déplaiſe à toutes vosfam
veurs ,
68 LE MERCVRE
Lemeplains au milieude mes bonnesfortunes:
Aulieu de medonner , Iris ,tant dedouceurs,
Helas! dites-men quelques-unes.
Vosappasfont doux àmes yeux ,
VosConfituresàmabouche
Mais mon cœur merite bien mieux
Quelqu'autre douceur qui le touche.
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Résumé : CONFITURES DONNEES.
Lors d'une collation, Iris offre des confitures au poète, qui admire leur douceur. Il regrette cependant un manque de douceur plus profonde malgré les bienfaits d'Iris. Il souhaite une douceur qui toucherait son cœur, au-delà des confitures et des appas d'Iris.
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311
p. 108-109
PASSION NAISSANTE.
Début :
Le Nom de la troisiéme Dame fut tiré par un / Quoy déja d'un amour si tendre [...]
Mots clefs :
Amour, Coeur
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texteReconnaissance textuelle : PASSION NAISSANTE.
Lenom de la troiſiéme Dame
fut tiré par un Cavalier qui ne P'avoitjamais veuë avant ce jour là. Elle eft blonde ,a le teint vif,
&les yeux ſi perçans , qu'en ayant eſté charmé d'abord, il ne s'en falloit guere qu'il ne luy euſt déja fait une declaration en for
me. Ce fut là-deſſus qu'il fit ces
Vers.
PASSION NAISSANTE.
roy déja d'un armour si rendre lemeſens le cœur enflame!
Deux велиxyeux dez l'abord ont- ils dû
meSurprendre !
GALAN T. 69
C'est trop tost en estre charmé.
Pourquoy ne me pas mieux defendre?
Aimerois-je autrement quand je ferois aimé?
fut tiré par un Cavalier qui ne P'avoitjamais veuë avant ce jour là. Elle eft blonde ,a le teint vif,
&les yeux ſi perçans , qu'en ayant eſté charmé d'abord, il ne s'en falloit guere qu'il ne luy euſt déja fait une declaration en for
me. Ce fut là-deſſus qu'il fit ces
Vers.
PASSION NAISSANTE.
roy déja d'un armour si rendre lemeſens le cœur enflame!
Deux велиxyeux dez l'abord ont- ils dû
meSurprendre !
GALAN T. 69
C'est trop tost en estre charmé.
Pourquoy ne me pas mieux defendre?
Aimerois-je autrement quand je ferois aimé?
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Résumé : PASSION NAISSANTE.
Un cavalier rencontre la troisième Dame, une blonde au regard perçant. Captivé, il compose 'Passion Naissante', exprimant son émoi et son interrogation sur la nature de son amour. Le texte se termine par la signature 'GALAN T. 69'.
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312
p. 109-110
« Je ne sçay ce qui en arrivera. L'Autheur de ce [...] »
Début :
Je ne sçay ce qui en arrivera. L'Autheur de ce [...]
Mots clefs :
Impromptu, Galanterie
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texteReconnaissance textuelle : « Je ne sçay ce qui en arrivera. L'Autheur de ce [...] »
Je ne ſçay ce qui en arrivera.
L'Auteur de ce dernier Inprom- ptu ſemble eſtre touché tout de
bondumeritede la Damequi le trouve fort à ſon gré . Il la voit chez elle , luy rend de grands foins , & ce qui n'a commencé que par uneGalanteried'enjoüement , pourra finir par un atta- chement veritable. Ceſont des
coups ordinairesde l'Amour. Il a
cauſédepuis peuun des plus bizarres Incidens dont vous ayez jamais entendu parler , &voicy de quelle maniere
L'Auteur de ce dernier Inprom- ptu ſemble eſtre touché tout de
bondumeritede la Damequi le trouve fort à ſon gré . Il la voit chez elle , luy rend de grands foins , & ce qui n'a commencé que par uneGalanteried'enjoüement , pourra finir par un atta- chement veritable. Ceſont des
coups ordinairesde l'Amour. Il a
cauſédepuis peuun des plus bizarres Incidens dont vous ayez jamais entendu parler , &voicy de quelle maniere
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313
p. 109-110
« Je ne sçay ce qui en arrivera. L'Auteur de ce [...] »
Début :
Je ne sçay ce qui en arrivera. L'Auteur de ce [...]
Mots clefs :
Impromptu, Galanterie
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texteReconnaissance textuelle : « Je ne sçay ce qui en arrivera. L'Auteur de ce [...] »
Je ne ſçay ce qui en arrivera.
L'Auteur de ce dernier Inprom- ptu ſemble eſtre touché tout de
bondumeritede la Damequi le trouve fort à ſon gré . Il la voit chez elle , luy rend de grands foins , & ce qui n'a commencé que par uneGalanteried'enjoüement , pourra finir par un atta- chement veritable. Ceſont des
coups ordinairesde l'Amour. Il a
cauſédepuis peuun des plus bizarres Incidens dont vous ayez jamais entendu parler , &voicy de quelle maniere
L'Auteur de ce dernier Inprom- ptu ſemble eſtre touché tout de
bondumeritede la Damequi le trouve fort à ſon gré . Il la voit chez elle , luy rend de grands foins , & ce qui n'a commencé que par uneGalanteried'enjoüement , pourra finir par un atta- chement veritable. Ceſont des
coups ordinairesde l'Amour. Il a
cauſédepuis peuun des plus bizarres Incidens dont vous ayez jamais entendu parler , &voicy de quelle maniere
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314
p. 110-135
Histoire de l'Amant Cocher. [titre d'après la table]
Début :
Une jeune Veuve dont la beauté attiroit des Soûpirans, l'esprit [...]
Mots clefs :
Veuve, Marquis, Vieillard, Banquier, Homme, Amant, Carosse, Amour, Balcon, Jalousies, Chevaux, Rival, Garderobe, Cocher
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de l'Amant Cocher. [titre d'après la table]
Une jeune Veuve dont la beauté attiroit des Soûpirans ,
l'eſprit des louanges , & l'air co-- quetdes railleries, avoit l'adreſſe
3
70 LE MERCVRE deménagertrois Amansque des raiſons d'intereſt ou de vanité
luy avoient fait choiſir d'un affez
diferent caractere. L'un eftoit un
jeûne Etouurdy , Marquis à bon titre , un peu gueux , mais bien fait, & fort capable de ſe faire ai -
mer. Il avoit l'air bon , ne manquoit derien en apparence , &
vivoit avec tout l'éclat qu'auroit pû faire un Homme de ſa naiffance,à qui la Fortune auroit été plus favorable qu'à luy. L'autre eſtoit un petit Vieillard,toûjours propre, de bonne humeur, libe- ral , & cette dernierequalité va- loit bienqu'on ne prit point gar- de à ſes années. Il avoit eſté autrefois Banquier , s'eſtoit meſlé enfuitede plus d'une affaire , &
pardes voyes inconnuës, il avoit trouvé moyen de ſe rendre un des plus riches Roturiers du
GALANT. 71T
Royaume. Les Viſites du Mar- quis luy faifoient paſſer de mé- chans momens , ſes grands airs n'eſtoient point à ſon uſage , &
c'eſtoit quelque choſe de fi re- doutable pour luy , qu'il eſtoit contraintde quiter la place ſi -tôt qu'il entroit. Il en avoit faires plaintes à la Dame, qui nos en N
incommodoit pas. Elle tournoit finement les choſes , &deuxou
trois paroles flateuſes menoient
lebon Homme où elle vouloit.
Son troifiéme Amanteſtoitd'une
eſpeceoppoſéeàl'un&à l'autre.
Il tenoit le milieu entre le Marquis &ile Banquier. UneCharge deRobe de rendoit confiderable,
&& il n'avoitrien d'ailleurs qui le
fit diftinguer. Pointde defaut re- marquable, point devertu parti.
culiere, il fervoit ſes Amis,&fans élevation ny baffeſſe il s'eſtoit
72 LE MERCVRE acquis la réputation d'honneſte Homme. Labelle Veuve l'attendoit un foir: Les jours eſtoient longs , & il ne devoit venirque fort tard. Une raiſon importante lobligeoit d'en ufer ainfi. Elle avoit un Procésdontil eſtoit Raporteur , & fi on l'euſt veu en- trer chez elle , ſes Parties au- roient eu droit de le récufer. Elle
croyoit le petit Vieillard à l'une de ſes Terres , le Marquis ne de voit pas revenir fi -toſt de la Cour,&fur cette afſurance elle avoit donné le rendez-vous; mais
comme les Coquetes font nées pour les Avantures , le Vieillard entra lors qu'elle y penſoit le moins. Il eſtoitdans ſa propreté ordinaire. Un Habit de Tafetas
noir tout chamarré de Dentelle,
le Bas de foye bien tiré Perru
E
que blonde , & un Rabat d'un
Point
GALANT 73 Point de France admirable. A
peine eut-il dit à la Veuve que Pimpatience de la revoir hay avoit fait précipiter ſon retour,
qu'on entendit le bruit d'un Car- roſſe àfix Chevaux. Il arreſta devant ſa Maiſon , on en defcendit
avec grand fracas , on heurta fort rudement à la Porte , & l'on
entra de plein- pied , fans s'in- former ſi on eſtoit en humeur
de voir les Gens. LaDame preſta l'oreille , & au bruit qui ſe fai- foit , elle n'eut pas de peine à
connoiſtre les manieres du Marquis. Elle s'en trouva embaraf- fée , il commençoit à faire nuit,
le Confeiller devoit venir àonze
heures,&pour ne ſe point brouil- ler avec luy , il falloit ſe défaire dedeuxAmans. Le Vieillardn'e
ſtoit pas moins en peinede ſon coſté , l'heure induë pour un
Tome VII.
D
74 LE MERCVRE
Homme de fa forte le pouvoit rendre ſuſpect au Marquis dont il avoit déja eſſuyé quelquebruf- querie ,& ne voulant s'expoſer ny à ſes emportemens jaloux,
ny àſe voir traité en petit Bour- geois , il témoigna fon inquié- tude à la Veuve. Elle en fut ra
vie, & luy propoſa d'entrer dans un Balcon aupres duquel il eſtoit affis. Le Party luy plût , il ouvrit promptement leBalcon,&n'eut que le temps d'en faire fermer la Porte apres qu'il s'y fur jetté. Le Marquis dit d'abord à la belle Veuve qu'il n'eſtoit venu que pour elle ſeule, ayant à le trou- ver le lendemain au lever du Roy ; que ſes Chevaux eſtant fatiguez , il s'eſtoit mis dans le Carroffe d'un Duc de ſes Amis,
qui l'avoit deſcendu àla Porte,
&qu'il eſperoit qu'elle voudroit
GALANT. 75 bien luy preſter le ſien pour le ramener chez luy quand il fe- roit temps de la quitter. Elle y
confentit,&apres avoir donné ordre qu'on avertiſt ſonCocher de ſe tenir preſt , elle entra en converſation avecle Marquis. If luy parla de fon amour, luy fit quelques reproches de certaines viſites qu'elle recevoit , & luy demanda fur tout des nouvelles
du petit Banquier qu'on luy fai- ſoit le tort dans lemondedeluy donner pour Amant. Il le tourna enridicule , & adjoûta que s'il le
rencontroit encore chez elle
comme il avoit déja fait , il, ne manqueroit pas à le divertir agreablement. La Dame qui a- voit intereſt àſe conferverle pe- tit Vieillard , & qui n'eſtant que Coquete,n'aimoit pas qu'on fiſt leSouverainavec elle , releva fes
Dij
76 LE MERCVRE
paroles d'un ton plus hautquele fien,& luy ayant ditqu'elle ne devoit compte de ſes actions à
perſonne. Elle luy témoigna fie- rementque s'il ne luy rendoit des foins que dans l'efperance du droit de maiſtriſe ,il ne fe pou- voit plus mal adreffer. Le Mar- quisluy réponditqueſon deſſein n'eſtoit pas de prendre aucune autorité ſur ſes ſentimens , qu'il diſputeroit volontiers ſon cœur avec un autre , mais qu'il y alloit deſagloire de ne pasfouffrir un Rivalqu'elle ne luy pouvoit don- ner fans ſe faire tort à elle-mefme. Ces jaloufies de gloire ne fatisfirent point la belle Veuve.
Elle pretendit qu'elles faifoient voir trop peu de tendreffe , &
que ſi on en devoit pardonner quelques-unes , ce ne pouvoit eſtre que celles qui estoient cau-
GALANT. 77
7
lées par l'amour. Il ſe dit là-def- fus des choſes affez délicates. Le
Marquis demeura dans ſon cha- grin , & ne pat s'empeſcher de faire connoiſtre à la Dame qu'il l'eſtimoit trop pour la ſoupçon- ner de répondre à la paffion du Banquier ; mais que fi ces petits Meſſieurs n'avoient pas dans leur perſonne dequoy ſe faire aimer comme lesGensdequalité , ils ſe faifoient fouffrir par de certains endroits ... LaVeuve ne le laiſſa
pas achever. Sa fierté luy fit dire quelque chofe de choquant pour luy , qu'il voulut bien endurer d'elle , mais dont, il fit porter la peine àſon Rival , en redoublant les menaces qu'il avoitdéja fai- tes de le divertir à la premiere occafion. Il parloit fi haut , que le Vieillard qui entendoit tout,
trembloit de crainte dans leBalDiij
78 LE MERCVRE conoù il s'eſtoit enfermé, mais il
n'en fut pas quitte pour cela , &
preſque auſſi-toſt if trembla de froid , quoy que la chaleur fut fort grande. Le Tonnere qui a- voit commencé àgronder éclata tout-à-coup avec tantde violen ce qu'il ne s'eſtoit veu de long- temps un pareilorage. Il fur fui- vy de la pluye , qui tombant en abondance eutbientoſt colé l'Habit de tafetas contre la peau de ce pauvre Amant tranſy. Apres qu'elle fut un peu diminuée , le Marquis dit qu'il falloit voir fur leBalcon ſi elle estoit encor bien
forte. Cesparoles mirent le Vieil- lard dans de nouvelles. frayeurs.
La Veuve qui estoit aſſiſe aupres du Balcon , l'entrouvrit fans balancer, Elle avança ſa mainqu'el- le retira auſſi-toſt enle refermant
avec précipitation , &diſant que
GALANT
1 la pluye ceſſoit , mais qu'il faifoit unvent horrible. Elle demanda
en meſme temps fi onavoit mis les Chevaux àfon Carroffe. Au
tre embarras qu'elle n'avoit point préveu. Son Cocher à qui on avoitdit qu'elle ne ſortiroit point ce foir là,estoit allé boire en lieu où il fut impoſſible de le trouver. Cette nouvelle la defef pere. Un grand Laquais qu'elle avoit , eſtoit dans l'accez d'une
groffe fièvre, il ne luy en reſtoit qu'unpetit incapable de condui re ſes Chevaux, l'heure s'avan- çoit,&elle craignoit l'arrivée du Confeiller. Son inquietude pa- roift. Le Marquis qui n'en ſçait point la veritable raifon , la prie deneſepoint impatienter. Ill'af- furedenouveauque laſeule en- vie de la voir l'afait venir àParis , luy dit que c'eſt un plaifir
Div
80 LE MERCVRE
qu'il ne sçauroit avoir trop long temps ,&attendant que fon Co- cher fot revenu , il luy demande fi elle veut ſe divertir à joüer. Le Vieillardqui écoute tout, ne ſçait où il en eſt de ce redoublement
dediſgrace. La pluye l'avoit en- rûmé,l'enviede touffer le prend,
il y reſiſte autant qu'il peut , &
n'ofant ſe moucher, ny cracher,
ny éternuër , il ne s'en faut guere qu'il n'étouffe. La Da- mene paſſe pas mieux ſon temps que luy. Elle veut ſe tirer d'af- faire à quelque prix que ce ſoit,
&n'en trouve point d'autre mo- yenquededeclarer franchement au Marquis que fon Cocher ne rentrant quelquefois que le ma- tin , elle ne pretendpointluy laif- ſer paſſer la nuit chez elle , &
ſe perdre d'honneur pour luy épargner la fatigue de s'en re-
GALANT. 81
tourner à pied. Le Marquis ré- pondque fi elle ne luy avoit pas promis fon Carroffe , il ſe ſe- roit aſſuré d'un autre , & qu'il n'y a pas lieu de demander qu'un Homme comme luy , quidemeu- re dans un Quartier tres-éloigné,
traverſe tout Paris au milieu des
bouës que la pluye a faites. Ces raiſons ne font point reçeuës. Il ira où il luy plaira , mais abfolu- ment il ne paſſera point la nuit chez elle. Ils s'aigriffent tous deux fur cette Difpute, ſe levent de deſſus leurs Sieges , & fe pro- menent dans la Chambre en ſe
querellant. LeMarquis entre dans une Garderobe oùil voit laDemoiſelle de la Dame. Elle estoit
de leur confidence , &il s'arreſte
à luyfaire des plaintesde fa Mai- ſtreſſe. La veuve prend ce temps pourtirer le Vieillard du Balcon,
D V
8 , LE MERCVRE
elle le mene fur l'Escalier , & le
conjure prefque à genoux de la delivrerdu Marquis. L'expedient qu'elle en trouve eſt de deſcendre
àl'Ecurie , de mettre les Chevaux à fon Carroſſe, de s'enve
loper dans unvieuxManteau de
Maiſtre Robert ſon Cocher qui reftoit toûjours au Logis ,de paf.. fer pour luy , &de ramener fon Rival. La propoſition luy paroiſt extravagante , il la rejette avec colere ,&ne fongequ'às'allerſe- cher. Elle ne fe rebute point, le preſſe , l'embaraffe à force de raiſons; &fur ce qu'illuy oppoſe qu'il fera verſer leCarroffeparce qu'il ne le ſçait pas mener , elle luy dit que ſes Chevauxſontfa- ciles àconduire , &que n'y ayant point d'embarras lanuitdans les Ruës , il faut qu'il manque d'a- mour pour elle , s'il s'obſtine à la
GALANT. 83 refufer. Tout cela ne leperfuade point. L'impatience la prend,&
elle va juſqu'à le menacerd'aller dire ſurl'heure auMarquisqu'el- le vient de le ſurprendre caché chez elle, épiantſesactions.L'en- viede plaire ſe meſle à la peur queluydonnecette menace. Il fe laiſſe mener à l'Ecurie , met les
Chevaux au Carroſſe le mieux
qu'il peut ,&apres qu'il s'eſt en- velopé du vieux Manteau de Maiſtre Robert , on avertit le
Marquis que le Cocher eft ren- tré , &qu'il peut deſcendre. Le Marquis dit adieu à la Dame affez froidement , ſe jette dans le Carroſſe avec un air chagrin,
&s'eftant laiſſe conduire par fon Rival , il luy donne unDemy- Loüis d'or endefcendant. Apei- ne eſtoit-il fortyde chez la Veu- ve , que le Conſeiller qui pen Dvj
84 LE MERCURE
dant la pluye n'avoit pas voulu faire marcherdeux uniques Che- vaux qu'il avoit , prit fon heure pour l'entretenir. Il entra ſans bruit, ayant laiſſe ſonCarroffe au bout de la Ruë pour éloigner le foupçon. Le petit Vieillardramena celuy de la Dame à laquelle il voulut inutilement donner le
bonfoir. On luy dit qu'elle dor-)
moit. II demanda fi l'on n'avoit
point veuſesGens , & fi lon ne
luy avoit point amené de Chai- ſe , ſuivant l'ordre qu'il en avoit donné. On luy répondit qu'on n'avoit veu perſonne , mais on les avoit renvoyez de peur qu'ils ne viſſent entrer le Conſeiller ::
Deforte qu'apres avoit ſervy de Cocher à fon Rival, il fut contraint de s'en retourner àpied fans autre récompenſe de ſes fra- yeurs&deſes peines ,que celle
3
GALANT. 85
D
du Demy-Lois qu'il avoit eſté obligé derecevoir.
l'eſprit des louanges , & l'air co-- quetdes railleries, avoit l'adreſſe
3
70 LE MERCVRE deménagertrois Amansque des raiſons d'intereſt ou de vanité
luy avoient fait choiſir d'un affez
diferent caractere. L'un eftoit un
jeûne Etouurdy , Marquis à bon titre , un peu gueux , mais bien fait, & fort capable de ſe faire ai -
mer. Il avoit l'air bon , ne manquoit derien en apparence , &
vivoit avec tout l'éclat qu'auroit pû faire un Homme de ſa naiffance,à qui la Fortune auroit été plus favorable qu'à luy. L'autre eſtoit un petit Vieillard,toûjours propre, de bonne humeur, libe- ral , & cette dernierequalité va- loit bienqu'on ne prit point gar- de à ſes années. Il avoit eſté autrefois Banquier , s'eſtoit meſlé enfuitede plus d'une affaire , &
pardes voyes inconnuës, il avoit trouvé moyen de ſe rendre un des plus riches Roturiers du
GALANT. 71T
Royaume. Les Viſites du Mar- quis luy faifoient paſſer de mé- chans momens , ſes grands airs n'eſtoient point à ſon uſage , &
c'eſtoit quelque choſe de fi re- doutable pour luy , qu'il eſtoit contraintde quiter la place ſi -tôt qu'il entroit. Il en avoit faires plaintes à la Dame, qui nos en N
incommodoit pas. Elle tournoit finement les choſes , &deuxou
trois paroles flateuſes menoient
lebon Homme où elle vouloit.
Son troifiéme Amanteſtoitd'une
eſpeceoppoſéeàl'un&à l'autre.
Il tenoit le milieu entre le Marquis &ile Banquier. UneCharge deRobe de rendoit confiderable,
&& il n'avoitrien d'ailleurs qui le
fit diftinguer. Pointde defaut re- marquable, point devertu parti.
culiere, il fervoit ſes Amis,&fans élevation ny baffeſſe il s'eſtoit
72 LE MERCVRE acquis la réputation d'honneſte Homme. Labelle Veuve l'attendoit un foir: Les jours eſtoient longs , & il ne devoit venirque fort tard. Une raiſon importante lobligeoit d'en ufer ainfi. Elle avoit un Procésdontil eſtoit Raporteur , & fi on l'euſt veu en- trer chez elle , ſes Parties au- roient eu droit de le récufer. Elle
croyoit le petit Vieillard à l'une de ſes Terres , le Marquis ne de voit pas revenir fi -toſt de la Cour,&fur cette afſurance elle avoit donné le rendez-vous; mais
comme les Coquetes font nées pour les Avantures , le Vieillard entra lors qu'elle y penſoit le moins. Il eſtoitdans ſa propreté ordinaire. Un Habit de Tafetas
noir tout chamarré de Dentelle,
le Bas de foye bien tiré Perru
E
que blonde , & un Rabat d'un
Point
GALANT 73 Point de France admirable. A
peine eut-il dit à la Veuve que Pimpatience de la revoir hay avoit fait précipiter ſon retour,
qu'on entendit le bruit d'un Car- roſſe àfix Chevaux. Il arreſta devant ſa Maiſon , on en defcendit
avec grand fracas , on heurta fort rudement à la Porte , & l'on
entra de plein- pied , fans s'in- former ſi on eſtoit en humeur
de voir les Gens. LaDame preſta l'oreille , & au bruit qui ſe fai- foit , elle n'eut pas de peine à
connoiſtre les manieres du Marquis. Elle s'en trouva embaraf- fée , il commençoit à faire nuit,
le Confeiller devoit venir àonze
heures,&pour ne ſe point brouil- ler avec luy , il falloit ſe défaire dedeuxAmans. Le Vieillardn'e
ſtoit pas moins en peinede ſon coſté , l'heure induë pour un
Tome VII.
D
74 LE MERCVRE
Homme de fa forte le pouvoit rendre ſuſpect au Marquis dont il avoit déja eſſuyé quelquebruf- querie ,& ne voulant s'expoſer ny à ſes emportemens jaloux,
ny àſe voir traité en petit Bour- geois , il témoigna fon inquié- tude à la Veuve. Elle en fut ra
vie, & luy propoſa d'entrer dans un Balcon aupres duquel il eſtoit affis. Le Party luy plût , il ouvrit promptement leBalcon,&n'eut que le temps d'en faire fermer la Porte apres qu'il s'y fur jetté. Le Marquis dit d'abord à la belle Veuve qu'il n'eſtoit venu que pour elle ſeule, ayant à le trou- ver le lendemain au lever du Roy ; que ſes Chevaux eſtant fatiguez , il s'eſtoit mis dans le Carroffe d'un Duc de ſes Amis,
qui l'avoit deſcendu àla Porte,
&qu'il eſperoit qu'elle voudroit
GALANT. 75 bien luy preſter le ſien pour le ramener chez luy quand il fe- roit temps de la quitter. Elle y
confentit,&apres avoir donné ordre qu'on avertiſt ſonCocher de ſe tenir preſt , elle entra en converſation avecle Marquis. If luy parla de fon amour, luy fit quelques reproches de certaines viſites qu'elle recevoit , & luy demanda fur tout des nouvelles
du petit Banquier qu'on luy fai- ſoit le tort dans lemondedeluy donner pour Amant. Il le tourna enridicule , & adjoûta que s'il le
rencontroit encore chez elle
comme il avoit déja fait , il, ne manqueroit pas à le divertir agreablement. La Dame qui a- voit intereſt àſe conferverle pe- tit Vieillard , & qui n'eſtant que Coquete,n'aimoit pas qu'on fiſt leSouverainavec elle , releva fes
Dij
76 LE MERCVRE
paroles d'un ton plus hautquele fien,& luy ayant ditqu'elle ne devoit compte de ſes actions à
perſonne. Elle luy témoigna fie- rementque s'il ne luy rendoit des foins que dans l'efperance du droit de maiſtriſe ,il ne fe pou- voit plus mal adreffer. Le Mar- quisluy réponditqueſon deſſein n'eſtoit pas de prendre aucune autorité ſur ſes ſentimens , qu'il diſputeroit volontiers ſon cœur avec un autre , mais qu'il y alloit deſagloire de ne pasfouffrir un Rivalqu'elle ne luy pouvoit don- ner fans ſe faire tort à elle-mefme. Ces jaloufies de gloire ne fatisfirent point la belle Veuve.
Elle pretendit qu'elles faifoient voir trop peu de tendreffe , &
que ſi on en devoit pardonner quelques-unes , ce ne pouvoit eſtre que celles qui estoient cau-
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lées par l'amour. Il ſe dit là-def- fus des choſes affez délicates. Le
Marquis demeura dans ſon cha- grin , & ne pat s'empeſcher de faire connoiſtre à la Dame qu'il l'eſtimoit trop pour la ſoupçon- ner de répondre à la paffion du Banquier ; mais que fi ces petits Meſſieurs n'avoient pas dans leur perſonne dequoy ſe faire aimer comme lesGensdequalité , ils ſe faifoient fouffrir par de certains endroits ... LaVeuve ne le laiſſa
pas achever. Sa fierté luy fit dire quelque chofe de choquant pour luy , qu'il voulut bien endurer d'elle , mais dont, il fit porter la peine àſon Rival , en redoublant les menaces qu'il avoitdéja fai- tes de le divertir à la premiere occafion. Il parloit fi haut , que le Vieillard qui entendoit tout,
trembloit de crainte dans leBalDiij
78 LE MERCVRE conoù il s'eſtoit enfermé, mais il
n'en fut pas quitte pour cela , &
preſque auſſi-toſt if trembla de froid , quoy que la chaleur fut fort grande. Le Tonnere qui a- voit commencé àgronder éclata tout-à-coup avec tantde violen ce qu'il ne s'eſtoit veu de long- temps un pareilorage. Il fur fui- vy de la pluye , qui tombant en abondance eutbientoſt colé l'Habit de tafetas contre la peau de ce pauvre Amant tranſy. Apres qu'elle fut un peu diminuée , le Marquis dit qu'il falloit voir fur leBalcon ſi elle estoit encor bien
forte. Cesparoles mirent le Vieil- lard dans de nouvelles. frayeurs.
La Veuve qui estoit aſſiſe aupres du Balcon , l'entrouvrit fans balancer, Elle avança ſa mainqu'el- le retira auſſi-toſt enle refermant
avec précipitation , &diſant que
GALANT
1 la pluye ceſſoit , mais qu'il faifoit unvent horrible. Elle demanda
en meſme temps fi onavoit mis les Chevaux àfon Carroffe. Au
tre embarras qu'elle n'avoit point préveu. Son Cocher à qui on avoitdit qu'elle ne ſortiroit point ce foir là,estoit allé boire en lieu où il fut impoſſible de le trouver. Cette nouvelle la defef pere. Un grand Laquais qu'elle avoit , eſtoit dans l'accez d'une
groffe fièvre, il ne luy en reſtoit qu'unpetit incapable de condui re ſes Chevaux, l'heure s'avan- çoit,&elle craignoit l'arrivée du Confeiller. Son inquietude pa- roift. Le Marquis qui n'en ſçait point la veritable raifon , la prie deneſepoint impatienter. Ill'af- furedenouveauque laſeule en- vie de la voir l'afait venir àParis , luy dit que c'eſt un plaifir
Div
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qu'il ne sçauroit avoir trop long temps ,&attendant que fon Co- cher fot revenu , il luy demande fi elle veut ſe divertir à joüer. Le Vieillardqui écoute tout, ne ſçait où il en eſt de ce redoublement
dediſgrace. La pluye l'avoit en- rûmé,l'enviede touffer le prend,
il y reſiſte autant qu'il peut , &
n'ofant ſe moucher, ny cracher,
ny éternuër , il ne s'en faut guere qu'il n'étouffe. La Da- mene paſſe pas mieux ſon temps que luy. Elle veut ſe tirer d'af- faire à quelque prix que ce ſoit,
&n'en trouve point d'autre mo- yenquededeclarer franchement au Marquis que fon Cocher ne rentrant quelquefois que le ma- tin , elle ne pretendpointluy laif- ſer paſſer la nuit chez elle , &
ſe perdre d'honneur pour luy épargner la fatigue de s'en re-
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tourner à pied. Le Marquis ré- pondque fi elle ne luy avoit pas promis fon Carroffe , il ſe ſe- roit aſſuré d'un autre , & qu'il n'y a pas lieu de demander qu'un Homme comme luy , quidemeu- re dans un Quartier tres-éloigné,
traverſe tout Paris au milieu des
bouës que la pluye a faites. Ces raiſons ne font point reçeuës. Il ira où il luy plaira , mais abfolu- ment il ne paſſera point la nuit chez elle. Ils s'aigriffent tous deux fur cette Difpute, ſe levent de deſſus leurs Sieges , & fe pro- menent dans la Chambre en ſe
querellant. LeMarquis entre dans une Garderobe oùil voit laDemoiſelle de la Dame. Elle estoit
de leur confidence , &il s'arreſte
à luyfaire des plaintesde fa Mai- ſtreſſe. La veuve prend ce temps pourtirer le Vieillard du Balcon,
D V
8 , LE MERCVRE
elle le mene fur l'Escalier , & le
conjure prefque à genoux de la delivrerdu Marquis. L'expedient qu'elle en trouve eſt de deſcendre
àl'Ecurie , de mettre les Chevaux à fon Carroſſe, de s'enve
loper dans unvieuxManteau de
Maiſtre Robert ſon Cocher qui reftoit toûjours au Logis ,de paf.. fer pour luy , &de ramener fon Rival. La propoſition luy paroiſt extravagante , il la rejette avec colere ,&ne fongequ'às'allerſe- cher. Elle ne fe rebute point, le preſſe , l'embaraffe à force de raiſons; &fur ce qu'illuy oppoſe qu'il fera verſer leCarroffeparce qu'il ne le ſçait pas mener , elle luy dit que ſes Chevauxſontfa- ciles àconduire , &que n'y ayant point d'embarras lanuitdans les Ruës , il faut qu'il manque d'a- mour pour elle , s'il s'obſtine à la
GALANT. 83 refufer. Tout cela ne leperfuade point. L'impatience la prend,&
elle va juſqu'à le menacerd'aller dire ſurl'heure auMarquisqu'el- le vient de le ſurprendre caché chez elle, épiantſesactions.L'en- viede plaire ſe meſle à la peur queluydonnecette menace. Il fe laiſſe mener à l'Ecurie , met les
Chevaux au Carroſſe le mieux
qu'il peut ,&apres qu'il s'eſt en- velopé du vieux Manteau de Maiſtre Robert , on avertit le
Marquis que le Cocher eft ren- tré , &qu'il peut deſcendre. Le Marquis dit adieu à la Dame affez froidement , ſe jette dans le Carroſſe avec un air chagrin,
&s'eftant laiſſe conduire par fon Rival , il luy donne unDemy- Loüis d'or endefcendant. Apei- ne eſtoit-il fortyde chez la Veu- ve , que le Conſeiller qui pen Dvj
84 LE MERCURE
dant la pluye n'avoit pas voulu faire marcherdeux uniques Che- vaux qu'il avoit , prit fon heure pour l'entretenir. Il entra ſans bruit, ayant laiſſe ſonCarroffe au bout de la Ruë pour éloigner le foupçon. Le petit Vieillardramena celuy de la Dame à laquelle il voulut inutilement donner le
bonfoir. On luy dit qu'elle dor-)
moit. II demanda fi l'on n'avoit
point veuſesGens , & fi lon ne
luy avoit point amené de Chai- ſe , ſuivant l'ordre qu'il en avoit donné. On luy répondit qu'on n'avoit veu perſonne , mais on les avoit renvoyez de peur qu'ils ne viſſent entrer le Conſeiller ::
Deforte qu'apres avoit ſervy de Cocher à fon Rival, il fut contraint de s'en retourner àpied fans autre récompenſe de ſes fra- yeurs&deſes peines ,que celle
3
GALANT. 85
D
du Demy-Lois qu'il avoit eſté obligé derecevoir.
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Résumé : Histoire de l'Amant Cocher. [titre d'après la table]
Le texte relate une situation impliquant une jeune veuve et ses trois amants. La veuve, réputée pour sa beauté et son esprit, a sélectionné des amants aux caractères distincts. Le premier est un jeune marquis, séduisant et aimable, mais financièrement démuni. Le second est un ancien banquier, riche et libéral, mais âgé. Le troisième est un conseiller au Parlement, honnête et sans traits de caractère particuliers. Un soir, la veuve attend la visite du conseiller, mais le vieillard et le marquis apparaissent de manière inattendue. Le vieillard se cache sur un balcon après avoir été surpris par l'arrivée du marquis. Ce dernier, après une discussion avec la veuve, menace le banquier. Une violente tempête survient, aggravant la situation. La veuve, inquiète de l'arrivée imminente du conseiller, doit trouver une solution pour se débarrasser des deux autres amants. Elle persuade le vieillard de se déguiser en cocher pour reconduire le marquis chez lui. Le conseiller, ignorant les événements, arrive finalement et s'entretient avec la veuve. Le vieillard, après avoir joué le rôle de cocher, doit rentrer chez lui à pied, ne recevant qu'un demi-louis pour sa peine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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315
p. 135-137
« L'Avanture est fort récente, & vous connoissez la Dame qui [...] »
Début :
L'Avanture est fort récente, & vous connoissez la Dame qui [...]
Mots clefs :
Dame, Vers, Mr Boyer, Pièce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Avanture est fort récente, & vous connoissez la Dame qui [...] »
&vous connoiſſez la. Dame qui s'eſt ſi adroitement tiréede tant
d'embarras : C'eſt celle que vous rencontrâtes ily a deux ans chez
Madame la Comteſſe de *** qui atantde grace à dire des Vers,
&qui en dit alors quelques-uns deM' Boyer fur les Conqueftes duRoy , dont vous, luy deman- dâtes une copie. Vous vous fou- viendrez qu'elle ne vous la put donner , parce qu'elle n'en ſça- voit que des endroits détachez.
J'ay enfin recouvré la Piece en- tiere , qui pourin'eſtre pas toute nouvelle , n'en merite pas moins la curiofité que vous avez déja euëde la voir. Elle fut faite apres la mort de Ruyter , & la Défaite dela Flote Eſpagnoledevant Pa-
86 LE MERCVRE
ferme. MeBoyer fait toûjours de tres-beaux Vers , iln'y a perſon- nequin'en convienne , mais j'en ay peu veu de luy qui ſoient mieux tournez & plus également foûtenus queceux-cy. Jevous en laiſſe jugervous-mefme.
d'embarras : C'eſt celle que vous rencontrâtes ily a deux ans chez
Madame la Comteſſe de *** qui atantde grace à dire des Vers,
&qui en dit alors quelques-uns deM' Boyer fur les Conqueftes duRoy , dont vous, luy deman- dâtes une copie. Vous vous fou- viendrez qu'elle ne vous la put donner , parce qu'elle n'en ſça- voit que des endroits détachez.
J'ay enfin recouvré la Piece en- tiere , qui pourin'eſtre pas toute nouvelle , n'en merite pas moins la curiofité que vous avez déja euëde la voir. Elle fut faite apres la mort de Ruyter , & la Défaite dela Flote Eſpagnoledevant Pa-
86 LE MERCVRE
ferme. MeBoyer fait toûjours de tres-beaux Vers , iln'y a perſon- nequin'en convienne , mais j'en ay peu veu de luy qui ſoient mieux tournez & plus également foûtenus queceux-cy. Jevous en laiſſe jugervous-mefme.
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Résumé : « L'Avanture est fort récente, & vous connoissez la Dame qui [...] »
Deux ans plus tôt, une dame rencontrée chez Madame la Comtesse de *** avait récité des vers de M. Boyer sur les conquêtes du roi. L'œuvre complète, écrite après la mort de Ruyter et la défaite espagnole devant Pampelune, a été retrouvée. M. Boyer est loué pour ses beaux vers et cette pièce est particulièrement harmonieuse.
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316
p. 149-165
Particularitez d'un Régal donné à Nimegue par M. le Comte d'Avaux Plenipotentiaire de France. [titre d'après la table]
Début :
Que de Conquestes que de Villes prises, & que de [...]
Mots clefs :
Nimègue, Ambassadeurs, Société pour le jeu, Maréchal d'Estrades, Comte d'Avaux, Dames, Confitures, Buffets, Compagnie, Vins
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texteReconnaissance textuelle : Particularitez d'un Régal donné à Nimegue par M. le Comte d'Avaux Plenipotentiaire de France. [titre d'après la table]
Que de Conqueſtes que de Villes priſes , & que deBatailles gagnéesdepuis ce temps-là:Tant d'avantages remportez fur les
GALANT. 95
!
Ennnemis , leur rendent la Paix
fort neceffaire. Elle dépend des Conférences qui ſe tiennent à
Nimegue , où depuis que l'Af- ſemblée est devenue confidérables , toutes les Ambaffadrices
qui ſe voyent familierement, &
fur tout celles dont les Maris font
demeurez en bonne intelligen- ce avec les Ambaſſadeurs de
France , ont formé une Societé pour le Jeú, qui leur fait paffer agreablement tous lesjours de la Semaine ,de forte qu'elle ſe trou- ve toute partagée entre les Am- baffadrices d'Angleterre,deFran- ce , d'Eſpagne , de Suede , de Dannemarc , & de Hollande.
Chacune reçoit la Compagnie chez elle àfon tour ,& la régale d'une Collation de Fruits & de
Confitures,avec des Vins&des
Liqueurs en abondance, .....
96 LE MERCVRE
Quoy que les Dames n'aillent pas régulierement chez les Am- baſſadeurs qui n'ont point de Femme, elles ne laiſſent pas de s'aſſembler quelquefois chez Monfieur le Mareſchal d'Eſtrades , &chez Monfieur le Comte
d'Avaux, quiparla maniere dont ils les reçoivent , leur font con- noiſtre que la magnificence eſt inſéparable de l'honneſtetéqu'ils ont pour le Sexe. Ce dernier leuradonnédepuis peuuneFeſte des mieux ordonnées , malgré le peu de temps qu'il eut às'y pré- parer. Il y avoit Aſſemblée àl'or- dinaire chez une des Ambaffadrices,&la correfpondance qui eſtpreſentement àNimegue en- tre les Ambaſſadeurs de France
& d'Eſpagne , ayant fait agréer àMadame laMarquiſedelosBal- baſes une Partie de Jeu pour le lendemain
GALANT. 97
lendemain chez Mr le Comte d'Avaux , toute la Compagnie s'y rendit , quoy que ce fuſt le jour de Madame Tempel Am- -baſſadrice d'Angleterre. Mon- ſieur l'Eveſque de Marseille, que cét Ambaſſadeur avoit reçeu chez luy àſon paſſage de Polo- gneenFrance, partagea le plaifir de cette Feſte. Elle parut avec tout l'éclat poſſible , & il ne s'en faut pas étonner , M² le Comte d'Avaux eſtant tres-commodement logé , meublé magnifique- ment, &fervy par les meilleurs Officiers qui ſoient à Nimegue.
Joignez à cela la joye qu'il ſe fait dene rienépargner pour lesDa- mes,quand il s'agit de les régaler.
Le Jeu commença à trois Tables dans la Chambre d'audiance qui eſt tres richement meublée.
Quelques Ambaſſadeurs y joue
Tome VII. E
98 LE MERCVRE rentaveclesDames. La Marquiſe de los Balbaſes Ambaſſadrice
d'Eſpagne,& Sœur du Conneſta- ble Colonna , s'y eſtoit renduë aveclaDucheffede S.Pedro& la
MarquiſeQuintanyfes deux Fil- les. LeMary de la premiere eſt à
Nimegue , & l'autre eſt mariée au Fils du Preſident de Caſtille
qu'elle n'a point encor veu. Le Marquis de los Balbafes ,de la Maifon de Spinola , y vint avec Dom Ronquillo ſon Collegue,
&apres qu'on eut allumé plu- fieurs grands Torcheres &Flam- beauxdevermeil, onapporta les Liqueurs, les Eaux glacées , les Fruits , & les Confitares. Le
Chocolat fut donné en fuite ,&
pendantque le Jeu continua, les Violonsde Meſſieurs les Ambar
fadeurs de France ſe firent entendre dansl'Antichambre éclai
a
GALAN T. 99 réede Luftres &d'un grand nom- bre de Bougies. Pluſieurs Per- ſonnes conſidérables de l'un &
de l'autre sexe , y danſoient en preſence des Excellences qui ne joüoient point. Le Jeu ayant eſté quité àdixheures du ſoir , toutes
les Dames entrerent dans une
Salle , où vis-à-vis du Bufet il
y avoitune Tableàdeux retours,
&vuide dans le milieu. Elle fut
ſervie avec une propreté mer- veilleuſe , & il n'y manqua rien de tout ce que lePaïs &la Saifon pûrent fournir de plus délicat &
de plus exquis. Une fi grande profufionde toutes choſes ſurprit d'autant plus , que la Partie n'a- voit eſté réſoluë que le ſoir pré- cedent. L'eclat d'un des plus beaux Bufets qu'on puiffe voir,
ne fatisfaiſoit pas moins la veuë par la richeffe & par le grand
Eij
100 LE MERCVRE
nombre de Baffins &de Vaſes
d'un tres-beau vermeil , que la délicateſſe des Mets contentoit la
diverſité des gouſts. Il n'y eut au- cunordrede préſeance. Les Da- mes & quelques Ambaſſadeurs s'affirent à table aux endroits où
chacun ſe trouva apres qu'on fuſt entré dans la Salle. M² le Comte
d'Avaux ſe tint preſque toûjours dansle vuidedela Table où per- ſonne n'eſtoit aſſis. Il voulut fervir les Dames , tandis que les Pa- ges portoient inceſſamment ſur des Soucoupes de vermeil , des meilleurs Vins de France & d'Italie , & des plus délicieuſes Li- queursde l'Europe.Apres le Sou pé , toute la Compagnie paſſa dans la premiere Antichambre,
oùpluſieus rangs deChaiſes pla- cées tout autourlaiſſoient dans le
milieu un vuideaffez grand pour
GALAN T. 101
,
ydanſer commodement. Tout le premier rang êtoit occupé par les Ambaſſadeurs &par les Da- mes , & les autres le furent par ungrandnombre de Demoifelles &de Gentils-homines François,
Allemans , Eſpagnols , Italiens &des autres principales Nations de l'Europe. Les Bourgeois vin- rent en foule regarder l'Aſſem- blée par les Feneſtres. Il leur eftoit nouveau d'en voir une
compoſée de tant de Perſonnes Illuftres. Les Ambaſſadriſſes , &
la plupart des Ambaſſadeurs,qui furent pris pour danſer,ne firent quedes réverences. Il ſeroit diffi- cile de s'en acquiter d'une ma- niere plus galante que fit leMar-- quisde los Balbaſes. LaMarquiſe Quintany ſa Fille ſe fit admirer dans le bon air &dans la juſteſſe de ſadanſe , ſans que ſa Coifure
Eij
102 LE MERCVRE
à l'Eſpagnole , ſes grandes Man- ches de tafetas couleur de feu
attachées au poignet,& fon vaſte Garde-Infant , diminuaſſent rien de la grace qui attira les loüan- gesde tout le monde. La Feſte dura juſqu'à une heure apres mi- nuit. Chacun ſortit également fatisfait de la magnificence &des manieres honneſtes deMonfieur
le Comte d'Avaux , qui avoit fi biendonné ſes ordres,qu'il trou- vamoyen d'empefcher la confu- ſion qui eft preſque toûjours inévitable en de pareilles occa- fions.
Je croy , Madame, que quand le Nom d'Avaux ne vous ſeroit
pas connu par les Grands Hom- mes qui l'ont rendu illuſtre , les Lettres de Voiture vous auroient
appris combien il eſt glorieux de le porter.C'eſt une tres-ancienne
GALAN T. 10.31 Famille; &dés le tempsdeChar- les IX. Henry de Meſmes Sei- gneur de Mallaſſiſe , eſtoit Am- baffadeur en Eſpagne. Il y a eu depuis, dans cette Maiſon des Maiſtres des Requeſtes, desCon- feillers d'Etat , un Lieutenant
Civil&Prevoſt des Marchands,
un Sur-Intendant des Finances & Secretaire de l'Ordre du Roy.
Le Comte d'Avaux Plenipoten- tiaire pourla Paix en l'Aſſem- ON
blée de Munster , s'eſt acquis beaucoupdegloire dans ſes Am- baſſades d'Italie , d'Allemagne,
de Pologne , de Suede &deDan- nemarc. Celuy qui a preſente- ment la meſme qualité dePleni- potentiaire à Nimegue eſt ſon Neveu. On voit aſſez qu'il eſt négalant par ce qu'il fait tous les jours. Il a du merite , de l'eſprit;
& quoy qu'il foit jeune encor, il E iv
104 LE MERCVRE
adéja eſté Ambaſſadeur à Veni- ſe. Il eft Fils de feu M deMefmes Seigneur d'Irval , Preſident à Mortier , & Frere de M de Meſmes qui remplit aujourd'huy cette grande Charge avec une approbation fi generale. Je ne vous dis rien de ce Preſident.
Vous ſçavez qu'il eſt Prevoſt des Ordres , & fort eſtimé du Roy.
Le choix que je vous ay déja mandé qu'on avoit fait de luy dans l'Académie Françoiſe pour fucceder à M. Des-Mareſts , fait
les éloges de fon Efprit. Cepen- dant je ne puis fortir de Nimegue fans vous dire que j'auray fou- vent de pareilles Nouvelles à
vous en donner. Vous ne ſerez
pas fâchée de voir que les Fran- çois s'y diftinguent par la magni- ficence&parla galanterie, come ils font àl'Arméepar la valeur
GALANT. 95
!
Ennnemis , leur rendent la Paix
fort neceffaire. Elle dépend des Conférences qui ſe tiennent à
Nimegue , où depuis que l'Af- ſemblée est devenue confidérables , toutes les Ambaffadrices
qui ſe voyent familierement, &
fur tout celles dont les Maris font
demeurez en bonne intelligen- ce avec les Ambaſſadeurs de
France , ont formé une Societé pour le Jeú, qui leur fait paffer agreablement tous lesjours de la Semaine ,de forte qu'elle ſe trou- ve toute partagée entre les Am- baffadrices d'Angleterre,deFran- ce , d'Eſpagne , de Suede , de Dannemarc , & de Hollande.
Chacune reçoit la Compagnie chez elle àfon tour ,& la régale d'une Collation de Fruits & de
Confitures,avec des Vins&des
Liqueurs en abondance, .....
96 LE MERCVRE
Quoy que les Dames n'aillent pas régulierement chez les Am- baſſadeurs qui n'ont point de Femme, elles ne laiſſent pas de s'aſſembler quelquefois chez Monfieur le Mareſchal d'Eſtrades , &chez Monfieur le Comte
d'Avaux, quiparla maniere dont ils les reçoivent , leur font con- noiſtre que la magnificence eſt inſéparable de l'honneſtetéqu'ils ont pour le Sexe. Ce dernier leuradonnédepuis peuuneFeſte des mieux ordonnées , malgré le peu de temps qu'il eut às'y pré- parer. Il y avoit Aſſemblée àl'or- dinaire chez une des Ambaffadrices,&la correfpondance qui eſtpreſentement àNimegue en- tre les Ambaſſadeurs de France
& d'Eſpagne , ayant fait agréer àMadame laMarquiſedelosBal- baſes une Partie de Jeu pour le lendemain
GALANT. 97
lendemain chez Mr le Comte d'Avaux , toute la Compagnie s'y rendit , quoy que ce fuſt le jour de Madame Tempel Am- -baſſadrice d'Angleterre. Mon- ſieur l'Eveſque de Marseille, que cét Ambaſſadeur avoit reçeu chez luy àſon paſſage de Polo- gneenFrance, partagea le plaifir de cette Feſte. Elle parut avec tout l'éclat poſſible , & il ne s'en faut pas étonner , M² le Comte d'Avaux eſtant tres-commodement logé , meublé magnifique- ment, &fervy par les meilleurs Officiers qui ſoient à Nimegue.
Joignez à cela la joye qu'il ſe fait dene rienépargner pour lesDa- mes,quand il s'agit de les régaler.
Le Jeu commença à trois Tables dans la Chambre d'audiance qui eſt tres richement meublée.
Quelques Ambaſſadeurs y joue
Tome VII. E
98 LE MERCVRE rentaveclesDames. La Marquiſe de los Balbaſes Ambaſſadrice
d'Eſpagne,& Sœur du Conneſta- ble Colonna , s'y eſtoit renduë aveclaDucheffede S.Pedro& la
MarquiſeQuintanyfes deux Fil- les. LeMary de la premiere eſt à
Nimegue , & l'autre eſt mariée au Fils du Preſident de Caſtille
qu'elle n'a point encor veu. Le Marquis de los Balbafes ,de la Maifon de Spinola , y vint avec Dom Ronquillo ſon Collegue,
&apres qu'on eut allumé plu- fieurs grands Torcheres &Flam- beauxdevermeil, onapporta les Liqueurs, les Eaux glacées , les Fruits , & les Confitares. Le
Chocolat fut donné en fuite ,&
pendantque le Jeu continua, les Violonsde Meſſieurs les Ambar
fadeurs de France ſe firent entendre dansl'Antichambre éclai
a
GALAN T. 99 réede Luftres &d'un grand nom- bre de Bougies. Pluſieurs Per- ſonnes conſidérables de l'un &
de l'autre sexe , y danſoient en preſence des Excellences qui ne joüoient point. Le Jeu ayant eſté quité àdixheures du ſoir , toutes
les Dames entrerent dans une
Salle , où vis-à-vis du Bufet il
y avoitune Tableàdeux retours,
&vuide dans le milieu. Elle fut
ſervie avec une propreté mer- veilleuſe , & il n'y manqua rien de tout ce que lePaïs &la Saifon pûrent fournir de plus délicat &
de plus exquis. Une fi grande profufionde toutes choſes ſurprit d'autant plus , que la Partie n'a- voit eſté réſoluë que le ſoir pré- cedent. L'eclat d'un des plus beaux Bufets qu'on puiffe voir,
ne fatisfaiſoit pas moins la veuë par la richeffe & par le grand
Eij
100 LE MERCVRE
nombre de Baffins &de Vaſes
d'un tres-beau vermeil , que la délicateſſe des Mets contentoit la
diverſité des gouſts. Il n'y eut au- cunordrede préſeance. Les Da- mes & quelques Ambaſſadeurs s'affirent à table aux endroits où
chacun ſe trouva apres qu'on fuſt entré dans la Salle. M² le Comte
d'Avaux ſe tint preſque toûjours dansle vuidedela Table où per- ſonne n'eſtoit aſſis. Il voulut fervir les Dames , tandis que les Pa- ges portoient inceſſamment ſur des Soucoupes de vermeil , des meilleurs Vins de France & d'Italie , & des plus délicieuſes Li- queursde l'Europe.Apres le Sou pé , toute la Compagnie paſſa dans la premiere Antichambre,
oùpluſieus rangs deChaiſes pla- cées tout autourlaiſſoient dans le
milieu un vuideaffez grand pour
GALAN T. 101
,
ydanſer commodement. Tout le premier rang êtoit occupé par les Ambaſſadeurs &par les Da- mes , & les autres le furent par ungrandnombre de Demoifelles &de Gentils-homines François,
Allemans , Eſpagnols , Italiens &des autres principales Nations de l'Europe. Les Bourgeois vin- rent en foule regarder l'Aſſem- blée par les Feneſtres. Il leur eftoit nouveau d'en voir une
compoſée de tant de Perſonnes Illuftres. Les Ambaſſadriſſes , &
la plupart des Ambaſſadeurs,qui furent pris pour danſer,ne firent quedes réverences. Il ſeroit diffi- cile de s'en acquiter d'une ma- niere plus galante que fit leMar-- quisde los Balbaſes. LaMarquiſe Quintany ſa Fille ſe fit admirer dans le bon air &dans la juſteſſe de ſadanſe , ſans que ſa Coifure
Eij
102 LE MERCVRE
à l'Eſpagnole , ſes grandes Man- ches de tafetas couleur de feu
attachées au poignet,& fon vaſte Garde-Infant , diminuaſſent rien de la grace qui attira les loüan- gesde tout le monde. La Feſte dura juſqu'à une heure apres mi- nuit. Chacun ſortit également fatisfait de la magnificence &des manieres honneſtes deMonfieur
le Comte d'Avaux , qui avoit fi biendonné ſes ordres,qu'il trou- vamoyen d'empefcher la confu- ſion qui eft preſque toûjours inévitable en de pareilles occa- fions.
Je croy , Madame, que quand le Nom d'Avaux ne vous ſeroit
pas connu par les Grands Hom- mes qui l'ont rendu illuſtre , les Lettres de Voiture vous auroient
appris combien il eſt glorieux de le porter.C'eſt une tres-ancienne
GALAN T. 10.31 Famille; &dés le tempsdeChar- les IX. Henry de Meſmes Sei- gneur de Mallaſſiſe , eſtoit Am- baffadeur en Eſpagne. Il y a eu depuis, dans cette Maiſon des Maiſtres des Requeſtes, desCon- feillers d'Etat , un Lieutenant
Civil&Prevoſt des Marchands,
un Sur-Intendant des Finances & Secretaire de l'Ordre du Roy.
Le Comte d'Avaux Plenipoten- tiaire pourla Paix en l'Aſſem- ON
blée de Munster , s'eſt acquis beaucoupdegloire dans ſes Am- baſſades d'Italie , d'Allemagne,
de Pologne , de Suede &deDan- nemarc. Celuy qui a preſente- ment la meſme qualité dePleni- potentiaire à Nimegue eſt ſon Neveu. On voit aſſez qu'il eſt négalant par ce qu'il fait tous les jours. Il a du merite , de l'eſprit;
& quoy qu'il foit jeune encor, il E iv
104 LE MERCVRE
adéja eſté Ambaſſadeur à Veni- ſe. Il eft Fils de feu M deMefmes Seigneur d'Irval , Preſident à Mortier , & Frere de M de Meſmes qui remplit aujourd'huy cette grande Charge avec une approbation fi generale. Je ne vous dis rien de ce Preſident.
Vous ſçavez qu'il eſt Prevoſt des Ordres , & fort eſtimé du Roy.
Le choix que je vous ay déja mandé qu'on avoit fait de luy dans l'Académie Françoiſe pour fucceder à M. Des-Mareſts , fait
les éloges de fon Efprit. Cepen- dant je ne puis fortir de Nimegue fans vous dire que j'auray fou- vent de pareilles Nouvelles à
vous en donner. Vous ne ſerez
pas fâchée de voir que les Fran- çois s'y diftinguent par la magni- ficence&parla galanterie, come ils font àl'Arméepar la valeur
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Résumé : Particularitez d'un Régal donné à Nimegue par M. le Comte d'Avaux Plenipotentiaire de France. [titre d'après la table]
Lors des conférences de paix à Nimègue, les ambassadeurs et leurs épouses se réunissent régulièrement pour des parties de jeu et des réceptions, créant une société cosmopolite entre les ambassades de l'Angleterre, la France, l'Espagne, la Suède, le Danemark et la Hollande. Chaque ambassadrice accueille à tour de rôle les invités, offrant des collations de fruits, confitures, vins et liqueurs. Les dames se rassemblent également chez des personnalités influentes comme le Maréchal d'Estrades et le Comte d'Avaux, qui les reçoivent avec magnificence. Le Comte d'Avaux organise une fête mémorable malgré un délai de préparation court. Cet événement inclut des jeux, des danses et un somptueux banquet, avec une profusion de mets délicats et de boissons. Les invités, parmi lesquels des ambassadeurs et des dames de haut rang, sont impressionnés par l'éclat et la générosité de la fête. Le Comte d'Avaux est décrit comme un hôte attentionné et un diplomate expérimenté. Il a déjà servi en tant qu'ambassadeur dans plusieurs pays et est actuellement plénipotentiaire à Nimègue. Sa famille possède une longue histoire de service diplomatique et administratif. La fête se termine tard dans la nuit, laissant tous les invités satisfaits de la magnificence et des manières honnêtes du Comte d'Avaux. Les Français se distinguent par leur magnificence et leur galanterie, qualités appréciées et remarquées, de la même manière qu'ils se distinguent à l'armée par leur valeur.
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317
p. 165-183
COMPLIMENT FAIT AU ROY par l'Académie Françoise, Monsieur Quinaut Directeur de cette Compagnie portant la parole.
Début :
Enfin, Madame, je vous tiens parole, & je vous envoye / Sire, A la veuë de Vostre Majesté triomphante & comblée [...]
Mots clefs :
Mr Quinaut, Académie française, Roi, Compagnie, Palmes, Discipline militaire, Soldats, Victoire, Succès, Guerre, Parole, Postérité, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT FAIT AU ROY par l'Académie Françoise, Monsieur Quinaut Directeur de cette Compagnie portant la parole.
Enfin , Madame , je vous tiens parole , & je vous envoye ce queje vous avois fait eſperer fur
la fin de ma Lettre du mois de
Juillet , par laquelle je vous pro- mettois une des plus belles Pie- ces d'Eloquence que vous euffiez jamais veuës. Ne me ſçachez point mauvais gré du retarde- ment. Je vous donne les choſes
le plutoſt qu'il m'eſt poſſible de - les avoir ; il n'importe en quel temps , pourveu qu'elles ſoient bonnes ; & le Compliment que Me Quinaut fit au Roy àfon re- tour de Flandre , ne ſera pas moins nouveau pour vous qu'il l'auroit eſté lors qu'il euſt l'hon- neur de le faire , puis que per- ſonnen'en a rien veu , & qu'on le demandetous les jours. Il eſtoit
alors Directeur de l'Académie
Françoiſe , à laquelle le Roy fait E V
106 LEMERCVRE
l'honneur de la recevoir comme
une Compagnie Souveraine.
Ainfi il fut conduit par le Maiſtre &le Grand Maiſtre des Ceremonies , accompagné de pluſieurs Perſonnesdela plus haute quali- te qui ſontduCorpsde cette ce- lebre Compagnie. Sa Majesté luy preſta une tres - favorable au- diance, &voicy de quelle manie- re il luy parla.
COMPLIMENT FACT AU ROY
par l'Académie Françoiſe, Monfieur Quinaut Directeur de cette Compa- guieportant la parole.
IRE,
4
A la veuë de Vostre Majesté triomphante & comblée de gloire,
Noussommesſaiſis d'un excés dejoye qui nous interdit presque la parole, مة
GALAN T. 107
&qui ne permet ànoſtre zele de s'exprimer qu'imparfaitemet. Mais,
SIRE , ce n'est point dans cette oc caſion que l'Académie Françoise doit appréhender de ne paroiſtre pas aſſez éloquente : Il suffit qu'elle vous parle de vous-meſmepour estre afſurée dene rien dire que de merveilleux. On n'a jamais rien imagi- né de ſi grand que les Entrepriſes.
que vous venez d'executer , &le Simplerécit de vos Actions eft leplus parfait de tous les Eloges.
Voštre Majestés'est dérobéeaux douceurs du repos pour courir aux fatigues & aux dangers : Elle n'a pas attendu quele Printemps luy
revint ouvrir les Champs où tous les ans elle va cüeillir des Palmes nouvelles ; l'ardeur defon courageàfur- monté les obstacles d'une Saiſon ri- goureuse ; sa prévoyante Sageſſe a
reparé par d'innombrables précauEvj
108 LEMERCVRE
tions lafterilité des Hyvers ; &Sa Prudence a difputé avec sa Valeur
à qui ſe ſignaleroit par de plus
grandsprodiges.
Dumoment, STRE,qucla Renommée eust annoncé le jour de vostre Départ , la Victoire s'empreſſa pour vous accompagner , & la Terreur devançavoſtre marche. Lepremier
éclat de la foudre dont vous eſtiez
armé, est tombéfurune Villefuper- bedont rien n'avoit pûabatre l'orgueil, &toutefiere qu'elle estoit d'a
voir bravé les efforts unis de deux
celebres Capitaines , elle ne vous a
reſiſté qu'autant qu'il lefalloit pour vous donner l'avantagede l'emporter de viveforce. Ce fut alors que
vouséprouvátesheureuſemetjuſques àquel point vous avezportél'exaEtitude de la Difcipline Militaire:
Vos Soldats combatirent en Héros,
tant ils furent tous animezpar vo-
GALANT. 109 ftre presence ; mais apres avoir ren- versé tout ce qui s'estoit opposé à
Iimpetuositédeleur courage, ils s'ar- reſterent parvos ordres dans la cha- leurde la Victoire , &n'oferent tou- cher aux riches depoüilles que le droit de la Guerre leur avoit livrées. Ilne vous en coûta qu'une
parolepour empefcher l'affreuse de- Solation d'une ville floriſſante :
Vous eustes le plaisir de la pren- dre & de la ſauver en mesme
temps , & vous fustes bien moins fatisfaitdevous en rendre le Maiſtre , que d'en devenir le Conſervateur.
Ce grandfuccés aestéſuivy d'un
autre encoreplusgrand , &qui pa- roiſſoit au deſſus de nosplus hautes esperances. Vos Peuplesfont accourus àceſpectacle, ils ont esté transpor- tezde joye envoyant fortir les Ennemis que vous avez chaffez d'une
rio LE MERCVRE
redoutable Retraite , &ils beniffent tous les jours la Main victoriense qui les a delivrez des courſes , des
ravages , des incendies dont ils
estoientsouventfurpris &continuel- lement menacez. Ce n'effoit qu'à
Kous, SIRE', que le Cielavoit refer vél'honneurdeforcer laBarrierefa- talequi donnoit des bornes trop étroi- tes avoſtre Empire , &de faire du
plus fort Boulevart de l'Espagne ,
un des principaux Remparts de la
France.
Cependant , comme si çeuſt esté
encore trop peu pour V. M. de voir que tout cedoit où vous eſtiez pre... Lent, vous avez entrepris de vain- cremesme où vous n'eftiez pas. Vous avezſeparévos Troupes pour éten- dre vos progrés en divers lieux. Une partie devostre Armée àfuffy pour gagner une Bataille , & pour ache- ver la Conqueste de l'Artois ,
GALANT. ITF
vous avezprisfoin qu'un Princequi apartagéavecVous la gloire devo ſtre auguste Naiſſance , eust aussi part aux honneurs de vostre Triomphe.
Cen'estpasseulement ſurlaTerre que la Victoire accompagne vos
Armes , elle a volépour les ſuivre
jusques fur les Mers les plus éloi--
gnées. Une Flote cunemie qui avoit furlavoſtre touteforte d'avantages,
excepté celuy de la Valeur , vient d'estre attaquée &détruite ,
débris flotans portent la terreur du Nom de V. M. furles bords lesplus
reculez du Nouveau Monde.
Quel bonheur pour nous d'avoir un Protecteurfi glorieux, &qui don- ne àcelebrer des Evenemens ſi me- morables ! Nous n'avons pasbesoin de chercher ailleurs qu'en luy-mes- me un modelle parfait de la Vertu beroïque ; & noussommes certains
112 LE MERCVRE
que l'éclat immortel de fagloire ſe répandrafur nos Ouvrages , & leur communiquera leprivilege de paſſer jusqu'àla derniere Pofterité. Quand nous décrirons vos travaux , SIRE,
nous neferons pas dans l'embarras de n'avoir ſouvent àvous offrir que les meſmes loüanges que nous vous aurons déja données : Quoy que vous ne ceſſfiez point d'eftre Conquechacune de vos Conquestes
est toûjours achevée d'une maniere nouvelle &Surprenante ; &les Imagesfidelles que nous en féronsfe- ront autant de differens Tableaux dont chacun aurasa beautéfingurant
liere.
,
Apres avoirconnufi avantageu- Sementcombienvous eſtesredoutéde vos Ennemis , reconnoissez avec quelexcésde tendreſſe &de vene- ration vous eſtes aimé & presque adoréde vos Sujets. Voyez le ravif-
GALAN T. 113 Sement qui se montre dans tous les yeux qui vous regardent ; écoutez les
acclamations qui retentiſſent de tou- tes partsàvoſtre veuë. Ilfaut toutefois , SIRE , ne vous rien déguiſer,
la joyepublique n'éclate point tant encore pour le ſuccés de vos entre- priſes , qu'enfaveurde vostre retour.
C'est ce retour ſi ardammentſouhaitéqui diſfipe nos allarmes : Que nous ferionsheureux s'il les diffipoit pour toûjours !Nousn'avons encore pû confiderer vostre grand Cœur qu'avec
une admiration inquiete. Nous n'o- fonspresquevousfaire voir de bril- lans Portraits de la Gloire qui vous engageſiſouvent dans le peril; elle
nevous paroist que tropbelle , &ne
vous emporteque trop loin.
Mais , graces à vos Exploits ,
nous devons esperer que nos craintes feront bien-toft finies ; cette Ligue qui se croyoit fi formidable eftfra-
114 LE MERCVRE
pée elle-mefme de la conſternation qu'elle pretendoitjetterjuſquesdans le cœur devostre Royaume : Lesplus fieres Puissances de l'Europe armées &réünies ne peuvent s'empefcher d'estre convaincuës de leur foibleſſe
contre une Nation que vous rendez invincible : Plus elles vous ont oppo- séd'Estats , de Princes , de Rois, plus elles ontfourny d'ornemens àvos Tro phées , & leurs disgraces & vos Triomphes doivent leur avoir af- Sez apris que le deffein de vous faire la Guerre leur fut bien-moins inspirépar leurjalousie,que par la
bonnefortunede V. M.. Onn'en doit point douter , SIRE ,
il n'y a plus rien qui puiſſe ſauver vos Ennemis , que le secours de la
Paix. Vous voulez bien leur laiſſer encore cet unique & dernier moyen d'arrester les progrés étonnans de vos armes, &nous applaudiſſons avec
GALANT. 15I
plaisiràvoſtre moderation.La Fran- ce n'aplus besoin que vous étendiez fes limites : Sa veritable grandeur est d'avoir unſigrand Maistre. Le
Cielà qui nous vous devons , nous a
donnédans unfeulbien tous lesbiens
ensemble , nous ne luy demandons
riende nouveau; c'eſt affez qu'ilnous Laiſſepaisiblementjoüir de lafelicité devostre Regne,Ilsuffit qu'il aitSoin de conferver une vie glorieuse où noſtrebonheurest attaché, &quivaue plus mille fois que la Conqueste de
toute la Terre.
la fin de ma Lettre du mois de
Juillet , par laquelle je vous pro- mettois une des plus belles Pie- ces d'Eloquence que vous euffiez jamais veuës. Ne me ſçachez point mauvais gré du retarde- ment. Je vous donne les choſes
le plutoſt qu'il m'eſt poſſible de - les avoir ; il n'importe en quel temps , pourveu qu'elles ſoient bonnes ; & le Compliment que Me Quinaut fit au Roy àfon re- tour de Flandre , ne ſera pas moins nouveau pour vous qu'il l'auroit eſté lors qu'il euſt l'hon- neur de le faire , puis que per- ſonnen'en a rien veu , & qu'on le demandetous les jours. Il eſtoit
alors Directeur de l'Académie
Françoiſe , à laquelle le Roy fait E V
106 LEMERCVRE
l'honneur de la recevoir comme
une Compagnie Souveraine.
Ainfi il fut conduit par le Maiſtre &le Grand Maiſtre des Ceremonies , accompagné de pluſieurs Perſonnesdela plus haute quali- te qui ſontduCorpsde cette ce- lebre Compagnie. Sa Majesté luy preſta une tres - favorable au- diance, &voicy de quelle manie- re il luy parla.
COMPLIMENT FACT AU ROY
par l'Académie Françoiſe, Monfieur Quinaut Directeur de cette Compa- guieportant la parole.
IRE,
4
A la veuë de Vostre Majesté triomphante & comblée de gloire,
Noussommesſaiſis d'un excés dejoye qui nous interdit presque la parole, مة
GALAN T. 107
&qui ne permet ànoſtre zele de s'exprimer qu'imparfaitemet. Mais,
SIRE , ce n'est point dans cette oc caſion que l'Académie Françoise doit appréhender de ne paroiſtre pas aſſez éloquente : Il suffit qu'elle vous parle de vous-meſmepour estre afſurée dene rien dire que de merveilleux. On n'a jamais rien imagi- né de ſi grand que les Entrepriſes.
que vous venez d'executer , &le Simplerécit de vos Actions eft leplus parfait de tous les Eloges.
Voštre Majestés'est dérobéeaux douceurs du repos pour courir aux fatigues & aux dangers : Elle n'a pas attendu quele Printemps luy
revint ouvrir les Champs où tous les ans elle va cüeillir des Palmes nouvelles ; l'ardeur defon courageàfur- monté les obstacles d'une Saiſon ri- goureuse ; sa prévoyante Sageſſe a
reparé par d'innombrables précauEvj
108 LEMERCVRE
tions lafterilité des Hyvers ; &Sa Prudence a difputé avec sa Valeur
à qui ſe ſignaleroit par de plus
grandsprodiges.
Dumoment, STRE,qucla Renommée eust annoncé le jour de vostre Départ , la Victoire s'empreſſa pour vous accompagner , & la Terreur devançavoſtre marche. Lepremier
éclat de la foudre dont vous eſtiez
armé, est tombéfurune Villefuper- bedont rien n'avoit pûabatre l'orgueil, &toutefiere qu'elle estoit d'a
voir bravé les efforts unis de deux
celebres Capitaines , elle ne vous a
reſiſté qu'autant qu'il lefalloit pour vous donner l'avantagede l'emporter de viveforce. Ce fut alors que
vouséprouvátesheureuſemetjuſques àquel point vous avezportél'exaEtitude de la Difcipline Militaire:
Vos Soldats combatirent en Héros,
tant ils furent tous animezpar vo-
GALANT. 109 ftre presence ; mais apres avoir ren- versé tout ce qui s'estoit opposé à
Iimpetuositédeleur courage, ils s'ar- reſterent parvos ordres dans la cha- leurde la Victoire , &n'oferent tou- cher aux riches depoüilles que le droit de la Guerre leur avoit livrées. Ilne vous en coûta qu'une
parolepour empefcher l'affreuse de- Solation d'une ville floriſſante :
Vous eustes le plaisir de la pren- dre & de la ſauver en mesme
temps , & vous fustes bien moins fatisfaitdevous en rendre le Maiſtre , que d'en devenir le Conſervateur.
Ce grandfuccés aestéſuivy d'un
autre encoreplusgrand , &qui pa- roiſſoit au deſſus de nosplus hautes esperances. Vos Peuplesfont accourus àceſpectacle, ils ont esté transpor- tezde joye envoyant fortir les Ennemis que vous avez chaffez d'une
rio LE MERCVRE
redoutable Retraite , &ils beniffent tous les jours la Main victoriense qui les a delivrez des courſes , des
ravages , des incendies dont ils
estoientsouventfurpris &continuel- lement menacez. Ce n'effoit qu'à
Kous, SIRE', que le Cielavoit refer vél'honneurdeforcer laBarrierefa- talequi donnoit des bornes trop étroi- tes avoſtre Empire , &de faire du
plus fort Boulevart de l'Espagne ,
un des principaux Remparts de la
France.
Cependant , comme si çeuſt esté
encore trop peu pour V. M. de voir que tout cedoit où vous eſtiez pre... Lent, vous avez entrepris de vain- cremesme où vous n'eftiez pas. Vous avezſeparévos Troupes pour éten- dre vos progrés en divers lieux. Une partie devostre Armée àfuffy pour gagner une Bataille , & pour ache- ver la Conqueste de l'Artois ,
GALANT. ITF
vous avezprisfoin qu'un Princequi apartagéavecVous la gloire devo ſtre auguste Naiſſance , eust aussi part aux honneurs de vostre Triomphe.
Cen'estpasseulement ſurlaTerre que la Victoire accompagne vos
Armes , elle a volépour les ſuivre
jusques fur les Mers les plus éloi--
gnées. Une Flote cunemie qui avoit furlavoſtre touteforte d'avantages,
excepté celuy de la Valeur , vient d'estre attaquée &détruite ,
débris flotans portent la terreur du Nom de V. M. furles bords lesplus
reculez du Nouveau Monde.
Quel bonheur pour nous d'avoir un Protecteurfi glorieux, &qui don- ne àcelebrer des Evenemens ſi me- morables ! Nous n'avons pasbesoin de chercher ailleurs qu'en luy-mes- me un modelle parfait de la Vertu beroïque ; & noussommes certains
112 LE MERCVRE
que l'éclat immortel de fagloire ſe répandrafur nos Ouvrages , & leur communiquera leprivilege de paſſer jusqu'àla derniere Pofterité. Quand nous décrirons vos travaux , SIRE,
nous neferons pas dans l'embarras de n'avoir ſouvent àvous offrir que les meſmes loüanges que nous vous aurons déja données : Quoy que vous ne ceſſfiez point d'eftre Conquechacune de vos Conquestes
est toûjours achevée d'une maniere nouvelle &Surprenante ; &les Imagesfidelles que nous en féronsfe- ront autant de differens Tableaux dont chacun aurasa beautéfingurant
liere.
,
Apres avoirconnufi avantageu- Sementcombienvous eſtesredoutéde vos Ennemis , reconnoissez avec quelexcésde tendreſſe &de vene- ration vous eſtes aimé & presque adoréde vos Sujets. Voyez le ravif-
GALAN T. 113 Sement qui se montre dans tous les yeux qui vous regardent ; écoutez les
acclamations qui retentiſſent de tou- tes partsàvoſtre veuë. Ilfaut toutefois , SIRE , ne vous rien déguiſer,
la joyepublique n'éclate point tant encore pour le ſuccés de vos entre- priſes , qu'enfaveurde vostre retour.
C'est ce retour ſi ardammentſouhaitéqui diſfipe nos allarmes : Que nous ferionsheureux s'il les diffipoit pour toûjours !Nousn'avons encore pû confiderer vostre grand Cœur qu'avec
une admiration inquiete. Nous n'o- fonspresquevousfaire voir de bril- lans Portraits de la Gloire qui vous engageſiſouvent dans le peril; elle
nevous paroist que tropbelle , &ne
vous emporteque trop loin.
Mais , graces à vos Exploits ,
nous devons esperer que nos craintes feront bien-toft finies ; cette Ligue qui se croyoit fi formidable eftfra-
114 LE MERCVRE
pée elle-mefme de la conſternation qu'elle pretendoitjetterjuſquesdans le cœur devostre Royaume : Lesplus fieres Puissances de l'Europe armées &réünies ne peuvent s'empefcher d'estre convaincuës de leur foibleſſe
contre une Nation que vous rendez invincible : Plus elles vous ont oppo- séd'Estats , de Princes , de Rois, plus elles ontfourny d'ornemens àvos Tro phées , & leurs disgraces & vos Triomphes doivent leur avoir af- Sez apris que le deffein de vous faire la Guerre leur fut bien-moins inspirépar leurjalousie,que par la
bonnefortunede V. M.. Onn'en doit point douter , SIRE ,
il n'y a plus rien qui puiſſe ſauver vos Ennemis , que le secours de la
Paix. Vous voulez bien leur laiſſer encore cet unique & dernier moyen d'arrester les progrés étonnans de vos armes, &nous applaudiſſons avec
GALANT. 15I
plaisiràvoſtre moderation.La Fran- ce n'aplus besoin que vous étendiez fes limites : Sa veritable grandeur est d'avoir unſigrand Maistre. Le
Cielà qui nous vous devons , nous a
donnédans unfeulbien tous lesbiens
ensemble , nous ne luy demandons
riende nouveau; c'eſt affez qu'ilnous Laiſſepaisiblementjoüir de lafelicité devostre Regne,Ilsuffit qu'il aitSoin de conferver une vie glorieuse où noſtrebonheurest attaché, &quivaue plus mille fois que la Conqueste de
toute la Terre.
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Résumé : COMPLIMENT FAIT AU ROY par l'Académie Françoise, Monsieur Quinaut Directeur de cette Compagnie portant la parole.
L'auteur d'une lettre s'excuse auprès d'une dame pour le retard dans l'envoi d'une pièce d'éloquence promise. Il lui envoie un compliment rédigé par Me Quinaut, alors Directeur de l'Académie Française, adressé au roi à son retour de Flandre. Ce compliment, jamais publié auparavant, est très demandé. Le compliment de Quinaut, présenté au roi en présence de dignitaires, loue les exploits militaires du souverain. Il souligne son courage et sa sagesse, ainsi que ses victoires en Flandre, où il a conquis des villes et sauvé des populations. Le roi est également acclamé pour ses succès navals, qui terrorisent les ennemis jusqu'au Nouveau Monde. Le texte exprime l'amour et l'admiration des sujets pour le roi, tout en espérant son retour sûr. Le compliment conclut en soulignant que la véritable grandeur de la France réside dans la sagesse et la modération du roi, qui préfère la paix à l'expansion territoriale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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318
p. 183-184
« Ce Compliment plût beaucoup au Roy. Aussi ne se contenta [...] »
Début :
Ce Compliment plût beaucoup au Roy. Aussi ne se contenta [...]
Mots clefs :
Compliment, Mr Quinaut
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ce Compliment plût beaucoup au Roy. Aussi ne se contenta [...] »
Ce Compliment plût beau- coup au Roy. Aufſi ne ſe con- tenta-t- il pas de témoigner d'a- bord àMe Quinaut qu'il en eſtoit tres-fatisfait; l'ayant reveuquel- que temps apres l'audiance , il eut la bonté de luy dire une ſe- conde fois qu'on ne pouvoit mieux parler. La réputation qu'il
116 LE MERCVRE
s'eſt acquiſe par les beauxOuvra- ges que nous avons de luy , ne faiſoit pas moins attendre du ta--- lent qu'il a de bien exprimer les choſes. La matiere eſtoit grande,
& M Quinaut fort capable de la traiter. Il eſt Auditeur des
Comptes , & aufſi eſtimé de ſa Compagnie qu'il la toûjours eſté des plus confidérables Perſonnes
delaCour.
116 LE MERCVRE
s'eſt acquiſe par les beauxOuvra- ges que nous avons de luy , ne faiſoit pas moins attendre du ta--- lent qu'il a de bien exprimer les choſes. La matiere eſtoit grande,
& M Quinaut fort capable de la traiter. Il eſt Auditeur des
Comptes , & aufſi eſtimé de ſa Compagnie qu'il la toûjours eſté des plus confidérables Perſonnes
delaCour.
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Résumé : « Ce Compliment plût beaucoup au Roy. Aussi ne se contenta [...] »
Le roi a exprimé deux fois sa satisfaction après un compliment de Me Quinaut. La réputation de Me Quinaut, Auditeur des Comptes, était bien établie grâce à ses œuvres. Il était respecté par sa compagnie et influent à la cour. La matière traitée était importante.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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319
p. 184-191
Le Roy donne au Fils de feu M. le Comte de Cossé la Charge de Grand Pannetier de France. [titre d'après la table]
Début :
Apres avoir parlé des Conquestes du Roy, passons à la [...]
Mots clefs :
Charge, Comte de Cossé, Grand Pannetier de France, Maison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne au Fils de feu M. le Comte de Cossé la Charge de Grand Pannetier de France. [titre d'après la table]
Apres avoir parlé des Con- queſtes du Roy,paſſons à la bonté dece Prince, & diſonsqu'aimant àla faire paroiſtre pour toutes les Perſonnes confiderables de ſa
Cour, il a donné à Monfieur le
Comte de Coffe la Charge de
Grand Pannetier de France que poſſedoit feu M' le Comte de Coffé fonPere , dont je vous ay mandé la mort dans ma premiere Lettre de cetteAnnée. Ainfi,Ma-
GALANT. 117 dame , je ne vous repete point qu'il a eſté un des plus galans Hommes de ſon temps , que ſes belles qualitez luy avoient éga- lement attiré l'eſtime de l'un &
de l'autre Sexe , &qu'apres avoir donné des marques d'un grand courage &d'une extréme pru- dence, dans une infinité de Sieges & de Batailles dont il s'eſt toûjours glorieuſement tiré , il a conſerve juſqu'au dernier mo- THEO
mentde fa vie une fidelite inev
branlable pour fon Prince. Me le Comtede Coſſe ſon Fils , quoy qu'il n'ait pas encor dix ans , ſe montre déja preſt à marcher ſur les tracesde ſes Anceſtres , àqui une haute Naiſſance jointe aux ſignalez ſervices qu'ils ontde tout temps rendus à l'Etat , a fait ob- tenir les plus grandes Charges de la Maiſon de nos Roys. Celle
118 LE MERCVRE
de Grand Pannetier de France
eſt une des plus anciennes , &il yadeux cens ans qu'elle eſt dans laMaiſon de Coffe. Je ſerois trop long fije voulois nommertous les GrandsHommes qui en font for- tis ;jevayſeulement vous en fai- re connoiſtrequelques-uns. Jean deCoffé Senéchal de Provence,
eſtoit Favory de René d'Anjou,
Roy de Sicile & ComtedePro- vence, qui le fit ſon Ambaſſadeur aupres de Loüis XI. fon Ne- veu. Il eut l'adreſſe d'accorder
leurs Démeflez , & d'empefcher que la Comté de Provence ne fuft donnée au Duc de Bourgogne.
RenédeCoffeNeveudeJean,
Seigneur de Brifſac en Anjou,
Grand Pannetier & Fauconnier
de France accompagna Charles VII. à la Conqueſte de Naples,
E GALANT.
da
SC
ער
미
Ha
&ſe trouva aux Batailles d'Aignadel &de Marignan , oùil don- nade grandes marques de coura- ge&de valeur.
Charles de Coffe Mareſchal
deFrance , n'en fit pas moins pa- roiſtre en Italie à la Rencontre
des Impériaux& des Savoyards.
Il eſtoit Grand-Maistre de l'Ar
tillerie,Gouverneur de Paris &
de Picardie , & Lieutenant GeL
neral pour le Roy Henry I I. en Piemont. Je ne vous dis rien de
Timoleon de Coffe Grand Fauconnier de France ,& Colonel Generaldel'Infanterie Françoiſe.
Son tropd'ardeur luy coûtala vie au SiegedeMucidan. Il y fut tue,
pours'eftre trop avancé en vou- dant reconnoiſtre la Breche.
Charles deCoffe fon Frere, Duc
deBriſſac , Mareſchalde France,
&Chevalier des Ordres duRoy,
1-20 LE MERCVRE
a eu la gloire de remettre Paris ſous l'obeïſſance de Henry IV. &
c'eſt de lay que font deſcendus lesDucs deBriffac , & le Comte
deCoſſe d'aujourd'huy.
Cour, il a donné à Monfieur le
Comte de Coffe la Charge de
Grand Pannetier de France que poſſedoit feu M' le Comte de Coffé fonPere , dont je vous ay mandé la mort dans ma premiere Lettre de cetteAnnée. Ainfi,Ma-
GALANT. 117 dame , je ne vous repete point qu'il a eſté un des plus galans Hommes de ſon temps , que ſes belles qualitez luy avoient éga- lement attiré l'eſtime de l'un &
de l'autre Sexe , &qu'apres avoir donné des marques d'un grand courage &d'une extréme pru- dence, dans une infinité de Sieges & de Batailles dont il s'eſt toûjours glorieuſement tiré , il a conſerve juſqu'au dernier mo- THEO
mentde fa vie une fidelite inev
branlable pour fon Prince. Me le Comtede Coſſe ſon Fils , quoy qu'il n'ait pas encor dix ans , ſe montre déja preſt à marcher ſur les tracesde ſes Anceſtres , àqui une haute Naiſſance jointe aux ſignalez ſervices qu'ils ontde tout temps rendus à l'Etat , a fait ob- tenir les plus grandes Charges de la Maiſon de nos Roys. Celle
118 LE MERCVRE
de Grand Pannetier de France
eſt une des plus anciennes , &il yadeux cens ans qu'elle eſt dans laMaiſon de Coffe. Je ſerois trop long fije voulois nommertous les GrandsHommes qui en font for- tis ;jevayſeulement vous en fai- re connoiſtrequelques-uns. Jean deCoffé Senéchal de Provence,
eſtoit Favory de René d'Anjou,
Roy de Sicile & ComtedePro- vence, qui le fit ſon Ambaſſadeur aupres de Loüis XI. fon Ne- veu. Il eut l'adreſſe d'accorder
leurs Démeflez , & d'empefcher que la Comté de Provence ne fuft donnée au Duc de Bourgogne.
RenédeCoffeNeveudeJean,
Seigneur de Brifſac en Anjou,
Grand Pannetier & Fauconnier
de France accompagna Charles VII. à la Conqueſte de Naples,
E GALANT.
da
SC
ער
미
Ha
&ſe trouva aux Batailles d'Aignadel &de Marignan , oùil don- nade grandes marques de coura- ge&de valeur.
Charles de Coffe Mareſchal
deFrance , n'en fit pas moins pa- roiſtre en Italie à la Rencontre
des Impériaux& des Savoyards.
Il eſtoit Grand-Maistre de l'Ar
tillerie,Gouverneur de Paris &
de Picardie , & Lieutenant GeL
neral pour le Roy Henry I I. en Piemont. Je ne vous dis rien de
Timoleon de Coffe Grand Fauconnier de France ,& Colonel Generaldel'Infanterie Françoiſe.
Son tropd'ardeur luy coûtala vie au SiegedeMucidan. Il y fut tue,
pours'eftre trop avancé en vou- dant reconnoiſtre la Breche.
Charles deCoffe fon Frere, Duc
deBriſſac , Mareſchalde France,
&Chevalier des Ordres duRoy,
1-20 LE MERCVRE
a eu la gloire de remettre Paris ſous l'obeïſſance de Henry IV. &
c'eſt de lay que font deſcendus lesDucs deBriffac , & le Comte
deCoſſe d'aujourd'huy.
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Résumé : Le Roy donne au Fils de feu M. le Comte de Cossé la Charge de Grand Pannetier de France. [titre d'après la table]
Le texte évoque la bonté d'un roi et la nomination du comte de Cosse à la charge de Grand Pannetier de France, précédemment détenue par son père. Ce dernier, décrit comme galant et courageux, a servi fidèlement le roi jusqu'à sa mort. Son fils, bien que jeune, montre déjà des signes de suivre les traces de ses ancêtres, reconnus pour leurs services distingués à l'État. La charge de Grand Pannetier de France est l'une des plus anciennes et prestigieuses, détenue par la famille de Cosse depuis plus de deux cents ans. Plusieurs membres illustres de cette famille sont mentionnés, tels que Jean de Cosse, favori de René d'Anjou, et René de Cosse, qui participa aux batailles d'Agnadel et de Marignan. Charles de Cosse, maréchal de France, se distingua en Italie contre les Impériaux et les Savoyards. Timoléon de Cosse, colonel général de l'infanterie française, mourut héroïquement lors du siège de Mucidan. Enfin, Charles de Cosse, duc de Brissac, joua un rôle clé dans la soumission de Paris à Henri IV.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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320
p. 191-200
Monsieur le Marquis de Foix est reçu Chevalier d'Honneur de Madame. [titre d'après la table]
Début :
Puis que nous sommes sur le Chapitre des grandes Maisons [...]
Mots clefs :
Mr le Marquis de Foix, Maisons, Chevalier d'Honneur de Madame, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Monsieur le Marquis de Foix est reçu Chevalier d'Honneur de Madame. [titre d'après la table]
Puis que nous ſommes fur le Chapitre des grandes Maiſons du Royaume , je doyvousentre- tenir encord'une autre.
Je vous appris il y a deux mois que Monfieur le Marquis deFoix s'eſtoit marié , Vous ap- prendrez aujourd'huy qu'il a eſté reçeu dans la Charge de Che- valier d'Honneur de Madame,
apres avoir eu l'agrément de Leurs Alteſſes Royales pour en traiter avec Monfieur le Comte
de Vaillac qui la poſſedoit ; &
commejeme ſouviens que vous ne fuſtes pas contente alors de
ce que je vous marquay ſeule- ment qu'il eſtoit d'une des plus
gran
GALANT. 121.
grandes Maiſons du Royaume,
je vay vous en dire quelque choſede plus particulier. Il eſt certain que celle de Foix eſt Illuſtre par tant d'avantages ,
qu'il s'en trouve peu qui aye paru avec plus d'éclat. Elle a
poſſedé les Comtez de Barcelo- ne , deCarcafſonne, deBeſiers,
deFoix , de Montcade, de Perigord,&deCaſtelbon;laVicom- té de Narbonne , la Duchéde
Nemours , la Principauté de Bearn,&le Royaume deNavar- re. Elle est fortiedes Rois d'Arragon , alliée de ceux de Ca- ſtille , de Hongrie , de Boheme , & de France; des Empe- reurs d'Allemagne , des Archi- ducs d'Auſtriche; des Comtes
de Toulouſe , d'Urgel , de Car- donne , d'Artois , de Commin- ges, d'Albret , de Mioffens &
Tome VI. F
122 LE MERCVRE
de Candale des Marquis de Levy & de Montferrat ; des Ducs de Bretagne , de Lorrai- ne, d'Orleans , de Bourbon , &
de tant d'autres , qu'il ne faut pas s'étonner fi les Grands Hommes qui en font fortis ont toûjours tâché derépondre à la gloirede leur naiſſance paricelle de leurs actions. Je laiſſe un Roger deFoix , qui eftant entre le premier dans Antioche quand elle fut priſe d'affaut par les Chreſtiens , la defendit contre
tous les Infidelles affemblez , &
ne ſe rendit pas moins fameux queGodefroy de Boüillon dans laConqueſtede la Terre-Sain
te : Un Raymond , qui ayant ſuivy Philippe Auguſtedans la Syrie , fit des choles incroya bles an Sieged'Acre , où il com- batit ſeul à feul le Neveu du
t
GALANT. 123
des*
Sultan , qu'il tuaàvouë dedeux grandes Armées , & des Rois de France , d'Angleterre &de ■ Jerufalem : Un Roger-Bernard,
dit le Grand; UnRoger-Rotfer qui fit trembler les Sarrafins en Egypte ; & enfin unGaſton ,
qui s'eſtant montré invincible
contre l'Angleterre , vangea 'Eſpagne de la tyrannie Mores , & tua de ſa main à la
teſte de leur Armée GuilhemRaimond , Fils d'un de leurs Rois. Je viens à Jean de Foix,
Gouverneur de Languedoc pour le Roy Charles VI. qui ménagea fi bien les eſprits des Peuples, qu'il affura le repos de cette grande Provincedans un temps où il y avoit du trouble detous coſtez dans l'Estat. Odet
de Foix , Vicomte de Lautrec,
furnommé le Preneur de Villes,
1893*7771
Fij
124 LE MERCVRE
L
vangea par le ſang & par le feu ladiſgrace qui estoit arrivéede- vant Pavie aFrançois I.Et avant lity Gaſton de Foix , Duc de Nemours , ayant eſté fait Gene- 'ral de l'Armée du Roy Loüis XII. ſon Oncleàl'âge de vingt- deuxans , avoitdonné des marquesde la plus haute Valeur en Italie , où il renverſa les Forces
desVenitiens, duRoy-de Caſtil- le, &du Pape , avec une vîteſſe qui ne ſe peut concevoir. Mais fi le grandNom de roix a tant faitdebruitdas lesArmées, il ne
s'eſt pas rendu moins confidera- ble dans l'Eglife. On a veuun PierreCardinal de Foix , Legat duPapeen France , qui délivra l'Egliſe du Schiſme dont elle eſtoit déchirée depuis long- temps. Onaveu un autre Pierre,auffi Cardinal de Foix , qui
GALANT. 125
par ſaprudencediffipa lesTrou bles du Milanois ;Un Paul de
FoixArcheveſquede Thoulou- ſe , qui ſe montra un des plus fermesappuis de la Religion &
de l'Estat , en Ecoſſe , en An- gleterre & en ſuite à Rome , où in fur envoyé Ambaſſadeur; Et de nos jours , Madame , avec combien de gloire Jean-Roger de Foix a-t-il commandé des
RegimensdeCavalerie &d'In- fanterie en Catalogne , ſous M
leMareſchalde laMothe-Hou- dancourt ? Ils s'eſt ſignalépar la
maniere vigoureuſe dont il l'a defenduë contre la tyrannie des Eſpagnols, &fes grandes actions font affez connues de tout le
monde. Il eſtoit Pere deMon7
fieur le Marquis de Foix d'au- jourd'huy,qui ayant appris dans cette derniere Guerre , que les
Füj
126 LE MERCVRE
Ennemis eſtoient fortis de Puy cedra pour ravager la Province de Foixdont il eſt Gouverneur,
vint à eux àla teſte de la Nobleffe , &leur en ayant fermé F'entrée , les repouſſa juſqu'au fonddu Rouffillon avec autant
de honte pour eux , qu'il s'ef toientpromisdeſuccésdansleur entrepriſe
Je vous appris il y a deux mois que Monfieur le Marquis deFoix s'eſtoit marié , Vous ap- prendrez aujourd'huy qu'il a eſté reçeu dans la Charge de Che- valier d'Honneur de Madame,
apres avoir eu l'agrément de Leurs Alteſſes Royales pour en traiter avec Monfieur le Comte
de Vaillac qui la poſſedoit ; &
commejeme ſouviens que vous ne fuſtes pas contente alors de
ce que je vous marquay ſeule- ment qu'il eſtoit d'une des plus
gran
GALANT. 121.
grandes Maiſons du Royaume,
je vay vous en dire quelque choſede plus particulier. Il eſt certain que celle de Foix eſt Illuſtre par tant d'avantages ,
qu'il s'en trouve peu qui aye paru avec plus d'éclat. Elle a
poſſedé les Comtez de Barcelo- ne , deCarcafſonne, deBeſiers,
deFoix , de Montcade, de Perigord,&deCaſtelbon;laVicom- té de Narbonne , la Duchéde
Nemours , la Principauté de Bearn,&le Royaume deNavar- re. Elle est fortiedes Rois d'Arragon , alliée de ceux de Ca- ſtille , de Hongrie , de Boheme , & de France; des Empe- reurs d'Allemagne , des Archi- ducs d'Auſtriche; des Comtes
de Toulouſe , d'Urgel , de Car- donne , d'Artois , de Commin- ges, d'Albret , de Mioffens &
Tome VI. F
122 LE MERCVRE
de Candale des Marquis de Levy & de Montferrat ; des Ducs de Bretagne , de Lorrai- ne, d'Orleans , de Bourbon , &
de tant d'autres , qu'il ne faut pas s'étonner fi les Grands Hommes qui en font fortis ont toûjours tâché derépondre à la gloirede leur naiſſance paricelle de leurs actions. Je laiſſe un Roger deFoix , qui eftant entre le premier dans Antioche quand elle fut priſe d'affaut par les Chreſtiens , la defendit contre
tous les Infidelles affemblez , &
ne ſe rendit pas moins fameux queGodefroy de Boüillon dans laConqueſtede la Terre-Sain
te : Un Raymond , qui ayant ſuivy Philippe Auguſtedans la Syrie , fit des choles incroya bles an Sieged'Acre , où il com- batit ſeul à feul le Neveu du
t
GALANT. 123
des*
Sultan , qu'il tuaàvouë dedeux grandes Armées , & des Rois de France , d'Angleterre &de ■ Jerufalem : Un Roger-Bernard,
dit le Grand; UnRoger-Rotfer qui fit trembler les Sarrafins en Egypte ; & enfin unGaſton ,
qui s'eſtant montré invincible
contre l'Angleterre , vangea 'Eſpagne de la tyrannie Mores , & tua de ſa main à la
teſte de leur Armée GuilhemRaimond , Fils d'un de leurs Rois. Je viens à Jean de Foix,
Gouverneur de Languedoc pour le Roy Charles VI. qui ménagea fi bien les eſprits des Peuples, qu'il affura le repos de cette grande Provincedans un temps où il y avoit du trouble detous coſtez dans l'Estat. Odet
de Foix , Vicomte de Lautrec,
furnommé le Preneur de Villes,
1893*7771
Fij
124 LE MERCVRE
L
vangea par le ſang & par le feu ladiſgrace qui estoit arrivéede- vant Pavie aFrançois I.Et avant lity Gaſton de Foix , Duc de Nemours , ayant eſté fait Gene- 'ral de l'Armée du Roy Loüis XII. ſon Oncleàl'âge de vingt- deuxans , avoitdonné des marquesde la plus haute Valeur en Italie , où il renverſa les Forces
desVenitiens, duRoy-de Caſtil- le, &du Pape , avec une vîteſſe qui ne ſe peut concevoir. Mais fi le grandNom de roix a tant faitdebruitdas lesArmées, il ne
s'eſt pas rendu moins confidera- ble dans l'Eglife. On a veuun PierreCardinal de Foix , Legat duPapeen France , qui délivra l'Egliſe du Schiſme dont elle eſtoit déchirée depuis long- temps. Onaveu un autre Pierre,auffi Cardinal de Foix , qui
GALANT. 125
par ſaprudencediffipa lesTrou bles du Milanois ;Un Paul de
FoixArcheveſquede Thoulou- ſe , qui ſe montra un des plus fermesappuis de la Religion &
de l'Estat , en Ecoſſe , en An- gleterre & en ſuite à Rome , où in fur envoyé Ambaſſadeur; Et de nos jours , Madame , avec combien de gloire Jean-Roger de Foix a-t-il commandé des
RegimensdeCavalerie &d'In- fanterie en Catalogne , ſous M
leMareſchalde laMothe-Hou- dancourt ? Ils s'eſt ſignalépar la
maniere vigoureuſe dont il l'a defenduë contre la tyrannie des Eſpagnols, &fes grandes actions font affez connues de tout le
monde. Il eſtoit Pere deMon7
fieur le Marquis de Foix d'au- jourd'huy,qui ayant appris dans cette derniere Guerre , que les
Füj
126 LE MERCVRE
Ennemis eſtoient fortis de Puy cedra pour ravager la Province de Foixdont il eſt Gouverneur,
vint à eux àla teſte de la Nobleffe , &leur en ayant fermé F'entrée , les repouſſa juſqu'au fonddu Rouffillon avec autant
de honte pour eux , qu'il s'ef toientpromisdeſuccésdansleur entrepriſe
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Résumé : Monsieur le Marquis de Foix est reçu Chevalier d'Honneur de Madame. [titre d'après la table]
Le texte présente la maison de Foix, une des grandes familles du Royaume. Le Marquis de Foix a récemment été nommé Chevalier d'Honneur de Madame, succédant au Comte de Vaillac après avoir obtenu l'agrément des Altesses Royales. La maison de Foix est renommée et a possédé divers titres et territoires, incluant les comtés de Barcelone, Carcassonne, Béziers, Foix, Montcade, Périgord et Castelbon, ainsi que la vicomté de Narbonne, le duché de Nemours, la principauté de Béarn et le royaume de Navarre. Elle est alliée à de nombreuses maisons royales et ducales européennes. Plusieurs membres notables de la famille sont mentionnés. Roger de Foix a défendu Antioche, Raymond de Foix s'est distingué lors du siège d'Acre, et Gaston de Foix a combattu les Anglais et les Maures. Jean de Foix, gouverneur de Languedoc, a assuré le repos de la province. Odet de Foix, vicomte de Lautrec, a vengé la disgrâce de François Ier. Gaston de Foix, duc de Nemours, s'est distingué en Italie sous Louis XII. La famille compte également des ecclésiastiques influents, comme Pierre Cardinal de Foix, légat du pape, et Paul de Foix, archevêque de Toulouse. Jean-Roger de Foix a commandé des régiments en Catalogne et s'est signalé contre les Espagnols. Son fils, le Marquis de Foix actuel, a repoussé les ennemis lors d'une récente guerre, fermant l'entrée de la province de Foix et les repoussant jusqu'au fond du Roussillon.
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321
p. 200-201
Monsieur de Matignon preste Serment entre les mains de Sa Majesté pour la Lieutenance de Roy de Normandie. [titre d'après la table]
Début :
Dans le moment que je vous écris cecy, on m'apprend [...]
Mots clefs :
Monsieur de Matignon, Serment, Lieutenance
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texteReconnaissance textuelle : Monsieur de Matignon preste Serment entre les mains de Sa Majesté pour la Lieutenance de Roy de Normandie. [titre d'après la table]
ans le momentque je vous écris cecy , on m'apprend que Monfieur de Matignon a prefté Serment entre les mainsde Sa
Majesté pour la Lieutenancede Roy de Normandie. Vous ſça- vez , Madame, la conſidération
où il eſt dans cette Province. Il
n'apas moins de naiſſance que de merite , eſtant de la Famille de feu M le Mareſchal de Matignon , qui fut un des plus grands Hommes de fon temps.
E GALANT. 127
N
H'eſt alliédes plus Illuſtres Mai- fons du Royaume ,je veux dire,
de celles mefmedes Princes.
Majesté pour la Lieutenancede Roy de Normandie. Vous ſça- vez , Madame, la conſidération
où il eſt dans cette Province. Il
n'apas moins de naiſſance que de merite , eſtant de la Famille de feu M le Mareſchal de Matignon , qui fut un des plus grands Hommes de fon temps.
E GALANT. 127
N
H'eſt alliédes plus Illuſtres Mai- fons du Royaume ,je veux dire,
de celles mefmedes Princes.
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322
p. 202-205
Mort de M. le President de Maisons. [titre d'après la table]
Début :
Pendant que les uns entrent dans les grandes Charges, les [...]
Mots clefs :
Président de Maisons, Vie, Jean de Longueil
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texteReconnaissance textuelle : Mort de M. le President de Maisons. [titre d'après la table]
Pendant que les uns entrent dans les grandes Charges , les autres fortent du monde;quel- que grande figure qu'on y air faic, il en faut partir , comme vousallez voir par les deuxAr- ticles ſuivans.
Nous avons perdu Monfieur le Preſident de Maiſons ,quieft mort fort âgé au commence- ment de ce mois , apres s'eſtre faittailler. Sans cette reſolution
que les extrémes douleurs luy firent prendreM de Lorme fon Medecin qui demeuroit avec luy , &qui a prés de fix-vingts ans , luyauroitpû encore pro- longer la vie. Il eſtoit magnifi- que dans ſa dépenſe , tres-bon Juge , & fort éclairé dans les Fiv
128 LE MERCVRE
Affaires ,dont ſon âge &fes grandsEmplois luy avoientdon- né beaucoup d'experience. 18 avoit eſté Premier Preſidentde
laCourdes Aydes , Sur-Inten- dant des Finances ,& Gouverneurde S.Germain en Laye&
de Versailles. Ils'appelloitRené de Longüeil , eftoit Marquis de Maifons , &fortoit d'une Illuſtre & fort ancienne Famille. Dés
Fan 1415. le Chevalier Raoul de Longüeil ſe ſignala , & fut tué à la Bataille d'Azincour.
Jean de Longüeil Prefident au Parlement eut deux Fils , dont
l'un fut Prefident comme luy ,
& l'autre Eveſque d'Auxerre.
Le Preſident époufa une Sœur du Chancelier de Morvilliers,
&eut un Fils Evefque de Leon,
&un autre qui fut Seigneur de Maiſons , & qui laiſſa plufieurs
GALANT. 129,
Branches , de l'une deſquelles eſt fortyceluydontje vousman- de la mort. Monfieur le Prefidentde Longüeil ſon fils avoit eſté reçeu en ſurvivance de fa Charge. C'eſt le quatrième Pre fident àMortier de cette Famille. La feuë Reyne Mere l'avoit fait fon Chancelier. Il eſt honneſte , bon Amy , civil &enten- du dans les Affaires.
Nous avons perdu Monfieur le Preſident de Maiſons ,quieft mort fort âgé au commence- ment de ce mois , apres s'eſtre faittailler. Sans cette reſolution
que les extrémes douleurs luy firent prendreM de Lorme fon Medecin qui demeuroit avec luy , &qui a prés de fix-vingts ans , luyauroitpû encore pro- longer la vie. Il eſtoit magnifi- que dans ſa dépenſe , tres-bon Juge , & fort éclairé dans les Fiv
128 LE MERCVRE
Affaires ,dont ſon âge &fes grandsEmplois luy avoientdon- né beaucoup d'experience. 18 avoit eſté Premier Preſidentde
laCourdes Aydes , Sur-Inten- dant des Finances ,& Gouverneurde S.Germain en Laye&
de Versailles. Ils'appelloitRené de Longüeil , eftoit Marquis de Maifons , &fortoit d'une Illuſtre & fort ancienne Famille. Dés
Fan 1415. le Chevalier Raoul de Longüeil ſe ſignala , & fut tué à la Bataille d'Azincour.
Jean de Longüeil Prefident au Parlement eut deux Fils , dont
l'un fut Prefident comme luy ,
& l'autre Eveſque d'Auxerre.
Le Preſident époufa une Sœur du Chancelier de Morvilliers,
&eut un Fils Evefque de Leon,
&un autre qui fut Seigneur de Maiſons , & qui laiſſa plufieurs
GALANT. 129,
Branches , de l'une deſquelles eſt fortyceluydontje vousman- de la mort. Monfieur le Prefidentde Longüeil ſon fils avoit eſté reçeu en ſurvivance de fa Charge. C'eſt le quatrième Pre fident àMortier de cette Famille. La feuë Reyne Mere l'avoit fait fon Chancelier. Il eſt honneſte , bon Amy , civil &enten- du dans les Affaires.
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Résumé : Mort de M. le President de Maisons. [titre d'après la table]
Le texte rapporte la mort de René de Longueuil, Marquis de Maisons, survenue au début du mois. Âgé et souffrant de douleurs extrêmes, il a choisi de se faire saigner, ce qui a précipité son décès. Son médecin, M. de Lorme, aurait pu prolonger sa vie s'il n'avait pas pris cette décision. Le défunt était reconnu pour sa magnificence dans ses dépenses, ses compétences en tant que juge et son expertise dans les affaires financières, acquises grâce à son âge et à ses hautes fonctions. Il a occupé les postes de Premier Président de la Cour des Aides, Surintendant des Finances, et Gouverneur de Saint-Germain-en-Laye et de Versailles. La famille de Longueuil est illustre et ancienne, avec des membres notables comme Raoul de Longueuil, tué à la bataille d'Azincourt en 1415, et Jean de Longueuil, Président au Parlement. Le Président de Maisons avait épousé une sœur du Chancelier de Morvilliers et avait plusieurs descendants, dont un fils, Président de Longueuil, qui a hérité de sa charge en survivance. Ce dernier a été fait Chancelier par la reine mère et est décrit comme honnête, bon ami, civil et compétent dans les affaires.
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323
p. 205-212
Mort de Madame de Puisieux. [titre d'après la table]
Début :
Madame de Puisieux, Soeur de Mr le Grand Prieur de [...]
Mots clefs :
Madame de Puisieux, Négociations, Charges, Esprit, Éloquence
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texteReconnaissance textuelle : Mort de Madame de Puisieux. [titre d'après la table]
e M' le Grand Prieur de France , & de feu Mº de Valencé..
Archeveſque de Rheims , eft morte icy depuisquelquesjours,
fort regretéede tous ceuxqui la connoiffoient. Feu M de Puifieux ſonMary eſtoit Secretaire d'Etat , &avoit en meſme temps le Départementde la Guerre &
des Errangers. Il n'a point eu d'Emploisqu'il n'ait meritez &
F
130 LE MERCVRE par luy-mefme , &par l'avanta- ge qu'il avoit d'eſtre Fils de l'Il- luſtre Chancelierde Sillery , qui ayanttout cequ'on peutſouhai- terdans un excellent Homme
d'Etat , s'eſt acquitédesplus im- portantes Negotiations avec un zele qui n'a jamais eu pour ob- jet que la grandeur& la gloire deſonMaiftre. Il n'yaperſonne qui n'en ſoit inſtruit , &il faute n'avoir pas leu noftre Hiſtoire pour ignorer qu'il fut envoyé Ambaſſadeur en Italie ,enAllemagne , aux Païs-Bas , & en:
Suiffe; que ce fut luy quicon- cult' le Mariage de Henry IV. & le Traité de Vervins,
& que dans ces diferentes occaſions d'un long Minifte- re , il s'acquit une réputation qui augmenta fort l'eſtime qu'onavoitdéja pour la Maiſon
GALANT. 131 desBrularts dont il eſtoit. Non
ſeulement les grandes Charges l'ont toûjours renduë tres-confi- dérable , mais elle eſt d'une fort
ancienne Nobleffe , &alliée des meilleures Familles du Royaume. Il y a eu deux Secretaires
d'Etat de cette Maiſon. Elle a
donné pluſieurs Premiers Prefi- dens auParlement deDijon, un Prefident à Mortier , & un ProcureurGeneral à celuydeParis,
fans parler desMaiſtres des Re- queſtes&des Conſeillers d'Etat qu'on y a veus. Madame de Puiſieux n'en diminua point la gloire eny entrant , fon merite répondoit à ſa naiſſance. Elle avoit l'eſprit infiniment éclairé,
folide , ferme , &uneéloquence naturelle qui ne manquoit ja- mais de perfuader. Elle a eſté magnifique dans ſa fortune , &
:
N
Fvj
132 LE MERCVRE faitparoiſtre tine conſtance ad- mirable lors qu'elle ne s'eſt pas.
veuë en étarde faire tourceque fongrand cœur auroit ſouhaité.. Elle a reçen ſouvent & ſous le Regne de Loüis XIII. & pen- dant la Régéce de la feuëReyne Mere,de glorieuſes marques de leur bienveillance ; mais rien ne
l'a miſe dans une plus haute conſidération , que les faveurs.
que le Roy a répanduës fur elle en plufieurs rencontres d'une maniere , qui a fait affez connoiſtre qu'il la diftinguoit de las plus grande partie de celles de fon Sexe. Auffi les premieres Perfonnes de l'Etat ont continuéjuſqu'à la mort à luydonner des preuves d'une eſtime toute particuliere ;& fi jamais rem- me n'eut tant d'Amis & d'A
mies , on peut dire que jamais
GALANT. 133
ta Femme ne merita plus d'en'a- voir. Elle est morte avec une preſence d'eſprit &une fermeté dignede cellequ'elle a fait écla- ter dans toutes les actionsde fa
vie; & ceux qui l'ont aſſiſtée dans ces derniers momens,n'ont pas moins admiré foncourage à
ne ſe point étonnerde ce qu'ils ontde terrible, que ſa piété plei- nede ferveur àſe ſoûmettre aux
ordresde Dieu.
Archeveſque de Rheims , eft morte icy depuisquelquesjours,
fort regretéede tous ceuxqui la connoiffoient. Feu M de Puifieux ſonMary eſtoit Secretaire d'Etat , &avoit en meſme temps le Départementde la Guerre &
des Errangers. Il n'a point eu d'Emploisqu'il n'ait meritez &
F
130 LE MERCVRE par luy-mefme , &par l'avanta- ge qu'il avoit d'eſtre Fils de l'Il- luſtre Chancelierde Sillery , qui ayanttout cequ'on peutſouhai- terdans un excellent Homme
d'Etat , s'eſt acquitédesplus im- portantes Negotiations avec un zele qui n'a jamais eu pour ob- jet que la grandeur& la gloire deſonMaiftre. Il n'yaperſonne qui n'en ſoit inſtruit , &il faute n'avoir pas leu noftre Hiſtoire pour ignorer qu'il fut envoyé Ambaſſadeur en Italie ,enAllemagne , aux Païs-Bas , & en:
Suiffe; que ce fut luy quicon- cult' le Mariage de Henry IV. & le Traité de Vervins,
& que dans ces diferentes occaſions d'un long Minifte- re , il s'acquit une réputation qui augmenta fort l'eſtime qu'onavoitdéja pour la Maiſon
GALANT. 131 desBrularts dont il eſtoit. Non
ſeulement les grandes Charges l'ont toûjours renduë tres-confi- dérable , mais elle eſt d'une fort
ancienne Nobleffe , &alliée des meilleures Familles du Royaume. Il y a eu deux Secretaires
d'Etat de cette Maiſon. Elle a
donné pluſieurs Premiers Prefi- dens auParlement deDijon, un Prefident à Mortier , & un ProcureurGeneral à celuydeParis,
fans parler desMaiſtres des Re- queſtes&des Conſeillers d'Etat qu'on y a veus. Madame de Puiſieux n'en diminua point la gloire eny entrant , fon merite répondoit à ſa naiſſance. Elle avoit l'eſprit infiniment éclairé,
folide , ferme , &uneéloquence naturelle qui ne manquoit ja- mais de perfuader. Elle a eſté magnifique dans ſa fortune , &
:
N
Fvj
132 LE MERCVRE faitparoiſtre tine conſtance ad- mirable lors qu'elle ne s'eſt pas.
veuë en étarde faire tourceque fongrand cœur auroit ſouhaité.. Elle a reçen ſouvent & ſous le Regne de Loüis XIII. & pen- dant la Régéce de la feuëReyne Mere,de glorieuſes marques de leur bienveillance ; mais rien ne
l'a miſe dans une plus haute conſidération , que les faveurs.
que le Roy a répanduës fur elle en plufieurs rencontres d'une maniere , qui a fait affez connoiſtre qu'il la diftinguoit de las plus grande partie de celles de fon Sexe. Auffi les premieres Perfonnes de l'Etat ont continuéjuſqu'à la mort à luydonner des preuves d'une eſtime toute particuliere ;& fi jamais rem- me n'eut tant d'Amis & d'A
mies , on peut dire que jamais
GALANT. 133
ta Femme ne merita plus d'en'a- voir. Elle est morte avec une preſence d'eſprit &une fermeté dignede cellequ'elle a fait écla- ter dans toutes les actionsde fa
vie; & ceux qui l'ont aſſiſtée dans ces derniers momens,n'ont pas moins admiré foncourage à
ne ſe point étonnerde ce qu'ils ontde terrible, que ſa piété plei- nede ferveur àſe ſoûmettre aux
ordresde Dieu.
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Résumé : Mort de Madame de Puisieux. [titre d'après la table]
Madame de Puisieux, récemment décédée, était une figure respectée et admirée pour ses qualités et ses actions. Elle était l'épouse de feu Monsieur de Puisieux, ancien Secrétaire d'État en charge des départements de la Guerre et des Affaires étrangères. Monsieur de Puisieux avait occupé divers postes diplomatiques en Italie, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse, et avait négocié des traités importants comme le Mariage de Henry IV et le Traité de Vervins. Il était le fils du célèbre Chancelier de Sillery, reconnu pour ses compétences en négociations. Madame de Puisieux appartenait à la noble famille des Brulart, qui avait fourni plusieurs hauts fonctionnaires au royaume. Elle était connue pour son esprit éclairé, sa solidité, sa fermeté et son éloquence. Elle avait reçu de nombreuses marques de bienveillance des rois Louis XIII et de la reine mère, ainsi que du roi actuel, qui la distinguait particulièrement. Jusqu'à sa mort, elle avait bénéficié de l'estime des plus hautes personnalités de l'État. Madame de Puisieux est décédée avec courage et piété, impressionnant ceux qui l'entouraient par sa présence d'esprit et sa fermeté.
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324
p. 212-228
Tout ce qui s'est passé dans l'Academie Françoise le jour de la Distribution des Prix, avec plusieurs particulartiez qui regardent l'Education de Monseigneur le Dauphin, & les grandes qualitez de ce Prince. [titre d'après la table]
Début :
Les Articles précedens vous ayant appris la mort & vous [...]
Mots clefs :
Académie française, Article, Prix, Médailles d'or, Excellents ouvrages, Grand homme, Abbé Tallement, Directeur, Compagnie, Lectures, Château de S. Germain, Monsieur de S. Aignan, Dauphin, Esprit, Graver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé dans l'Academie Françoise le jour de la Distribution des Prix, avec plusieurs particulartiez qui regardent l'Education de Monseigneur le Dauphin, & les grandes qualitez de ce Prince. [titre d'après la table]
Les Articles précedens vous ayant appris la mort , & vous ayant fait connoiſtre le merite dedeux Perſonnes auffi Illuſtres
par leur grande vertu que par Léclat de leur naiſſance,je vais dans un ſeul Article vous par- ler d'une partie de ce que la France a de plus conſidérable du coſté de l'Eſprit, &vous en tretenir de ce qu'elle a de plus
134 LE MERCVRE relevé du coſté de la Naiſſan
ce,&des merveilleuſes qualitez qui rendent les Grands Hom- mes recommandables. Vous ju- gez bien , Madame , que c'eſt de Article de l'Académie Françoiſe dont je vous vais entrete- nir pour m'acquiter de ma pa- role.
J'avois eu ſoin de prendre une Copie de la Piece deVers qu'elle a jugée digne du Prix,
mais je ne vous l'envoyeray point,puis que vous memandez que vous l'avez veüe. Je vous entretiendrayſeulementde l'In- ftitution de ces Prix(carje vous aydéja fait ſçavoir qu'il y en a
deux ) & des cerémonies qui s'obſervēt le jour qu'on les don- ne. Ils fontchacunde la valeur
de trente Piſtoles ,&confiftent
en deuxMedailles d'or,dont l'u
GALANT. 135 ne repreſente un Saint Loüis,&
: l'autre le Portrait du Roy. Lex Prix de Proſe a eſté fondé par
- feu Mr de Balzac qui estoit de cet Illuſtre Corps. Lesexcellens Ouvrages qu'il nous a laiſſez ſe liſenttous les jours avecadmira- tion , &c'eſt avec beaucoupde justice qu'on l'a fait paffer pour le plus EloquentHommede fon temps. Comme l'argent qu'il a
laiſſe pour cela, ne produitpas chaque annéeun intereſt affez fort pour remplir la valeur du Prix, on ne le donne que tous les deuxans ; &à l'imitation de ce Grand Homme , unAcadé- micien d'autant plus genéreux qu'il neveutpoint ſe faire con- noiſtre , a fourny juſqu'icy la mefme fomme pour le Prix des Vers.. Meffieurs de l'Académic
enchoiſiſſent le Sujet,auffi-bien
136 LE MERCVRE que de la Profe. Ils en avertif fent le Publicunan auparavant par quelques Affiches ; & ceux qui travaillentſur ces matieres,
font obligez d'envoyer leurs Piecesdans le dernier jourd'A-- vril, ſans ſe nommer, afin que n'en connoiſſant point lesAu- teurs , cesMeffieurs les puiſſent examiner ſans aucune préoccu- pation qui les faſſe plutoſt pan- cher vers fun que vers l'autre.. Les Prixſe donnent publique+
ment; & comme ils ont choify le Jourde S. Loüis pour en faire la diſtribution , le Roy a com mencé cette année d'en augmenter la folemnité pour eux,
endonnantſes ordres pour leur faire chanter la Meſſe en Mufi-.
que, &prononcer le Panegyri- quede ceGrand Saint..Ainſi la Meffe fut celebrée ce Jour-là
T
GALANT. 137
- pour leur Compagnie par M
l'Abbé du Pont Chapelain du Louvre.M' Oudotqui a faittant d'agreables chofes , y fit admi- rer fonGénie pour la Muſique.
Tout cequi s'y chanta eftoit de luy. M' L'Abbéde S. Martin fit lePanégyrique du Saint,&mar- qua d'une maniere fort ingé nieuſe tout ceque le Roy faifoit pour élever un Corps auffi Il- luſtre que celuy devant lequel il parloit. Il euſt eſté diffici- le de luy choiſirdes Auditeurs qui ſe connuſſent mieux aux belles Choſes; &puis qu'il les satisfit tous,on ne peut douter qu'il ne fuſtdignedes applaudif- ſemens qu'il reçeut. L'apreſdî- née on tint Affemblée publi- que , où se trouverent quantité d'Eveſques &deGensde la pré- miere Qualité. M' l'Abbé Tal
#38 LE MERCVR lemant le jeune , comme Dire- teur de la Compagnie, expli- qua d'abord en peudemots la maniere dont on s'eſtoit fervy pour juger des Pieces qui a- voientmerité le Prix, &les don na à lire àM l'Abbe Regnier. Il commença par celle de Profe,
&perſonne ne s'eſtant preſen- té pour en déclarer l'Autheur,
il leut en ſuite celle de Vers. El
le ſe trouvadigne de l'approba- tionquevous luy avez donnée;
&apres que la lecture en eur eſté faite ,Ml'AbbéTallemant fit connoiſtrequ'on venoitd'ap- prendre qu'elle estoit deM² de La Monnoye Correcteur des Comptes àDijon. Je croy ,Ma- dame , que les Prix n'ont encor eſté donnez que trois fois , &
e'eſt le trofiéme qu'il a déja remporté pourlesVers.. Il feroit
GALANT. 139
1
àſouhaiter pour ceux qui ont entré enconcurrence avec luy,
que Meſſieurs de l'Académie Luydonnaffent la premierePla- ee vacante. Comme la qualité de Juge ne laiſſeroit plus rece-- voir ſes Ouvrages , les autres auroient plus de courage àtravailler. Cesdeux Pieces ayant eſté leuës, Mª Cordemoy qui eft de leur Corps , & Lecteur de
Monseigneur le Dauphin leutdeux autres deProfe 2
CNTHEOUT
fur des
d'un SujetsPreſident diferens.&Elles d'un Avecat
de Soiſſons qu'on ne ma pû nommer , & avoient eſté en voyées par l'Académiede cette meſme Ville , qui doit ce tribut àcelledeParis par une des Loix de ſon Etabliſſement. Ilyen a une autre qui l'oblige àne pren- dre pour fon Protecteur qu'un
1780
140 LE MERCVRE
보
des Quarante qui compoſent l'Academie Françoiſe , &c'eſt ce qui luy a fait choifir Mon- ſieur le Cardinal d'Eſtrées qui en eſt. Ces Lectures furent fuivies d'un panegyrique du Roy que fit Me l'Abbé Tallemant,
en décrivant toute la Campa- gne. Il parla avec une liberté qui faiſoit voir qu'il eſtoit mai- ſtre de ſes penſées , &qu'il ne cherchoit point ce qu'il diſoit Il s'exprima par des termes fi choiſis , & tout ce qu'ildit fur prononcé avec tant de grace,
qu'il auroir pu faire valoir des choſes médiocres ; mais outre qu'on n'en peut dire ſur unefi éclatante matiere , jamais iln'y eut Difcours ſi éloquent. Les grandes Actions duRoy furent peintesavecles plus vives cou leurs. Tout estoit également
GALANT. 141
11
1
1
fort, rien d'ennuyeux , rien de languiſſant. La joye eſtoit mar- quée ſur le viſage de ſes Audi- teurs ; &il eut cellede ſe voir obligé plus d'une fois de s'in terrompre luy meſme pour laif- fer finir les applaudiſſemens qu'il recevoit. Enfin , Madame,
fi le Royne ſe rendoit tous les jours loiable par uue infinité d'endroits nouveaux qui fur- prennent autant qu'ils donnent fujet de l'admirer , je ne croy pas que perſonne oſaſt entre- prendre de le loüer apres M
IAbbéTallemant. Aufſi, quand il eut finy , il eut beau deman- der, comme on fait ordinairement, ſi quelqu'un des Acadé- miciens n'avoit rien àlire , chacun ſe leva , &dit tout haut,
qu'apres ce qu'on venoit d'en- tendre ,onnepourroit plus rien
142 LE MERCVRE trouver de beau ,&qu'il en falloit demeurer là. J'ay bien de la joye ,Mada- me, devoir par vos Remarques ſurl'Ouvrage de M'dela Mon- noye , que vous eſtes tombée dans mes ſentimens. Tous les
endroits que vous loüez m'a- voientextrémementplû, &j'ay trouvé comme vous ſa Poëfic
toute riante. Il eſt vray que la matiere en eſtoitbienfavorable,
&que l'Education deMonſei- gneur le Dauphin qu'on avoit choifie cette année pour Sujer de laPiece de Vers, offroit de grandes idées àl'Eſprit. Que ce jeunePrince ena ! &qu'il eſtoit difficile que la Nature aidée du fecours des plus habiles Maiſtres que laFranceluyaitpûdonner,
nefiſtpas enluyundeſesChef- d'œuvres les plus accomplis !
GALANT. 143 Ce n'eſt point aſſez de dire qu'il n'ignore rien , on peut adjoûter fans flaterie qu'il excelle dans tout ce qu'il ſçait. Il a une ſi par- faite connoiſſance des Fables,
que dés ſes premieres années il ne voyoit point de Tapifferie qui en repreſentaft quelqu'une,
qu'il ne l'expliquaſt auſſi -toſt. Il ſçait tres-bien les Matemati- ques, il deffigne & grave admi- rablement , & on fut furpris un jour qu'eſtant entré chez M Sylveftre , en paſſant par les Galleries du Louvre , il prit un Burin , & grava fur le champ un Païfage qui me- ritoit toutes les loüanges qu'il reçeut. Il a gravé le Chaſtean deS. Germain , dont ayantdon- né une Eſtampe à Monfieur de S.Aignan, ce Duc à qui la vi- vacité d'Eſprit n'a jamais man
144 LE MERCVRE que,fit cet Inpromptu pour luy rendre graces d'un fi agreable Préfent.
par leur grande vertu que par Léclat de leur naiſſance,je vais dans un ſeul Article vous par- ler d'une partie de ce que la France a de plus conſidérable du coſté de l'Eſprit, &vous en tretenir de ce qu'elle a de plus
134 LE MERCVRE relevé du coſté de la Naiſſan
ce,&des merveilleuſes qualitez qui rendent les Grands Hom- mes recommandables. Vous ju- gez bien , Madame , que c'eſt de Article de l'Académie Françoiſe dont je vous vais entrete- nir pour m'acquiter de ma pa- role.
J'avois eu ſoin de prendre une Copie de la Piece deVers qu'elle a jugée digne du Prix,
mais je ne vous l'envoyeray point,puis que vous memandez que vous l'avez veüe. Je vous entretiendrayſeulementde l'In- ftitution de ces Prix(carje vous aydéja fait ſçavoir qu'il y en a
deux ) & des cerémonies qui s'obſervēt le jour qu'on les don- ne. Ils fontchacunde la valeur
de trente Piſtoles ,&confiftent
en deuxMedailles d'or,dont l'u
GALANT. 135 ne repreſente un Saint Loüis,&
: l'autre le Portrait du Roy. Lex Prix de Proſe a eſté fondé par
- feu Mr de Balzac qui estoit de cet Illuſtre Corps. Lesexcellens Ouvrages qu'il nous a laiſſez ſe liſenttous les jours avecadmira- tion , &c'eſt avec beaucoupde justice qu'on l'a fait paffer pour le plus EloquentHommede fon temps. Comme l'argent qu'il a
laiſſe pour cela, ne produitpas chaque annéeun intereſt affez fort pour remplir la valeur du Prix, on ne le donne que tous les deuxans ; &à l'imitation de ce Grand Homme , unAcadé- micien d'autant plus genéreux qu'il neveutpoint ſe faire con- noiſtre , a fourny juſqu'icy la mefme fomme pour le Prix des Vers.. Meffieurs de l'Académic
enchoiſiſſent le Sujet,auffi-bien
136 LE MERCVRE que de la Profe. Ils en avertif fent le Publicunan auparavant par quelques Affiches ; & ceux qui travaillentſur ces matieres,
font obligez d'envoyer leurs Piecesdans le dernier jourd'A-- vril, ſans ſe nommer, afin que n'en connoiſſant point lesAu- teurs , cesMeffieurs les puiſſent examiner ſans aucune préoccu- pation qui les faſſe plutoſt pan- cher vers fun que vers l'autre.. Les Prixſe donnent publique+
ment; & comme ils ont choify le Jourde S. Loüis pour en faire la diſtribution , le Roy a com mencé cette année d'en augmenter la folemnité pour eux,
endonnantſes ordres pour leur faire chanter la Meſſe en Mufi-.
que, &prononcer le Panegyri- quede ceGrand Saint..Ainſi la Meffe fut celebrée ce Jour-là
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GALANT. 137
- pour leur Compagnie par M
l'Abbé du Pont Chapelain du Louvre.M' Oudotqui a faittant d'agreables chofes , y fit admi- rer fonGénie pour la Muſique.
Tout cequi s'y chanta eftoit de luy. M' L'Abbéde S. Martin fit lePanégyrique du Saint,&mar- qua d'une maniere fort ingé nieuſe tout ceque le Roy faifoit pour élever un Corps auffi Il- luſtre que celuy devant lequel il parloit. Il euſt eſté diffici- le de luy choiſirdes Auditeurs qui ſe connuſſent mieux aux belles Choſes; &puis qu'il les satisfit tous,on ne peut douter qu'il ne fuſtdignedes applaudif- ſemens qu'il reçeut. L'apreſdî- née on tint Affemblée publi- que , où se trouverent quantité d'Eveſques &deGensde la pré- miere Qualité. M' l'Abbé Tal
#38 LE MERCVR lemant le jeune , comme Dire- teur de la Compagnie, expli- qua d'abord en peudemots la maniere dont on s'eſtoit fervy pour juger des Pieces qui a- voientmerité le Prix, &les don na à lire àM l'Abbe Regnier. Il commença par celle de Profe,
&perſonne ne s'eſtant preſen- té pour en déclarer l'Autheur,
il leut en ſuite celle de Vers. El
le ſe trouvadigne de l'approba- tionquevous luy avez donnée;
&apres que la lecture en eur eſté faite ,Ml'AbbéTallemant fit connoiſtrequ'on venoitd'ap- prendre qu'elle estoit deM² de La Monnoye Correcteur des Comptes àDijon. Je croy ,Ma- dame , que les Prix n'ont encor eſté donnez que trois fois , &
e'eſt le trofiéme qu'il a déja remporté pourlesVers.. Il feroit
GALANT. 139
1
àſouhaiter pour ceux qui ont entré enconcurrence avec luy,
que Meſſieurs de l'Académie Luydonnaffent la premierePla- ee vacante. Comme la qualité de Juge ne laiſſeroit plus rece-- voir ſes Ouvrages , les autres auroient plus de courage àtravailler. Cesdeux Pieces ayant eſté leuës, Mª Cordemoy qui eft de leur Corps , & Lecteur de
Monseigneur le Dauphin leutdeux autres deProfe 2
CNTHEOUT
fur des
d'un SujetsPreſident diferens.&Elles d'un Avecat
de Soiſſons qu'on ne ma pû nommer , & avoient eſté en voyées par l'Académiede cette meſme Ville , qui doit ce tribut àcelledeParis par une des Loix de ſon Etabliſſement. Ilyen a une autre qui l'oblige àne pren- dre pour fon Protecteur qu'un
1780
140 LE MERCVRE
보
des Quarante qui compoſent l'Academie Françoiſe , &c'eſt ce qui luy a fait choifir Mon- ſieur le Cardinal d'Eſtrées qui en eſt. Ces Lectures furent fuivies d'un panegyrique du Roy que fit Me l'Abbé Tallemant,
en décrivant toute la Campa- gne. Il parla avec une liberté qui faiſoit voir qu'il eſtoit mai- ſtre de ſes penſées , &qu'il ne cherchoit point ce qu'il diſoit Il s'exprima par des termes fi choiſis , & tout ce qu'ildit fur prononcé avec tant de grace,
qu'il auroir pu faire valoir des choſes médiocres ; mais outre qu'on n'en peut dire ſur unefi éclatante matiere , jamais iln'y eut Difcours ſi éloquent. Les grandes Actions duRoy furent peintesavecles plus vives cou leurs. Tout estoit également
GALANT. 141
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fort, rien d'ennuyeux , rien de languiſſant. La joye eſtoit mar- quée ſur le viſage de ſes Audi- teurs ; &il eut cellede ſe voir obligé plus d'une fois de s'in terrompre luy meſme pour laif- fer finir les applaudiſſemens qu'il recevoit. Enfin , Madame,
fi le Royne ſe rendoit tous les jours loiable par uue infinité d'endroits nouveaux qui fur- prennent autant qu'ils donnent fujet de l'admirer , je ne croy pas que perſonne oſaſt entre- prendre de le loüer apres M
IAbbéTallemant. Aufſi, quand il eut finy , il eut beau deman- der, comme on fait ordinairement, ſi quelqu'un des Acadé- miciens n'avoit rien àlire , chacun ſe leva , &dit tout haut,
qu'apres ce qu'on venoit d'en- tendre ,onnepourroit plus rien
142 LE MERCVRE trouver de beau ,&qu'il en falloit demeurer là. J'ay bien de la joye ,Mada- me, devoir par vos Remarques ſurl'Ouvrage de M'dela Mon- noye , que vous eſtes tombée dans mes ſentimens. Tous les
endroits que vous loüez m'a- voientextrémementplû, &j'ay trouvé comme vous ſa Poëfic
toute riante. Il eſt vray que la matiere en eſtoitbienfavorable,
&que l'Education deMonſei- gneur le Dauphin qu'on avoit choifie cette année pour Sujer de laPiece de Vers, offroit de grandes idées àl'Eſprit. Que ce jeunePrince ena ! &qu'il eſtoit difficile que la Nature aidée du fecours des plus habiles Maiſtres que laFranceluyaitpûdonner,
nefiſtpas enluyundeſesChef- d'œuvres les plus accomplis !
GALANT. 143 Ce n'eſt point aſſez de dire qu'il n'ignore rien , on peut adjoûter fans flaterie qu'il excelle dans tout ce qu'il ſçait. Il a une ſi par- faite connoiſſance des Fables,
que dés ſes premieres années il ne voyoit point de Tapifferie qui en repreſentaft quelqu'une,
qu'il ne l'expliquaſt auſſi -toſt. Il ſçait tres-bien les Matemati- ques, il deffigne & grave admi- rablement , & on fut furpris un jour qu'eſtant entré chez M Sylveftre , en paſſant par les Galleries du Louvre , il prit un Burin , & grava fur le champ un Païfage qui me- ritoit toutes les loüanges qu'il reçeut. Il a gravé le Chaſtean deS. Germain , dont ayantdon- né une Eſtampe à Monfieur de S.Aignan, ce Duc à qui la vi- vacité d'Eſprit n'a jamais man
144 LE MERCVRE que,fit cet Inpromptu pour luy rendre graces d'un fi agreable Préfent.
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Résumé : Tout ce qui s'est passé dans l'Academie Françoise le jour de la Distribution des Prix, avec plusieurs particulartiez qui regardent l'Education de Monseigneur le Dauphin, & les grandes qualitez de ce Prince. [titre d'après la table]
Le texte décrit la remise des prix de l'Académie Française, qui récompense des œuvres littéraires en prose et en vers. Les prix se composent de deux médailles d'or et de trente pistoles, et sont remis lors d'une cérémonie solennelle le jour de la Saint-Louis. Le prix de prose, fondé par le défunt Monsieur de Balzac, est attribué tous les deux ans en raison des intérêts insuffisants générés par le fonds. Un académicien anonyme complète la somme nécessaire pour le prix de poésie. Les sujets des concours sont choisis par les académiciens et annoncés au public. Les œuvres doivent être soumises anonymement avant le dernier jour d'avril. La cérémonie de remise des prix inclut une messe en musique et un panégyrique du roi. En 1680, la messe a été célébrée par l'abbé du Pont, et la musique a été composée par Monsieur Oudot. L'abbé de Saint-Martin a prononcé le panégyrique, suivi d'une assemblée publique où les prix ont été annoncés. Les prix ont été décernés trois fois jusqu'alors. Monsieur de La Monnoye a remporté le prix de poésie pour la troisième fois consécutive. D'autres œuvres en prose ont été lues, dont celles de Monsieur Cordemoy et d'un avocat de Soissons. L'Académie de Soissons envoie des œuvres à l'Académie Française en vertu de ses lois d'établissement. L'abbé Tallemant a également prononcé un panégyrique du roi, décrivant ses actions militaires avec éloquence et liberté. Le texte se termine par des éloges sur l'éducation et les talents du Dauphin, soulignant ses compétences en fables, mathématiques, dessin et gravure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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325
p. 231-245
« Ce Quatrain est de Mr de Tierceville-Mahaut, à qui [...] »
Début :
Ce Quatrain est de Mr de Tierceville-Mahaut, à qui [...]
Mots clefs :
Prince, Dauphin, Esprit, Naissance, Monsieur de Montausier, Evêque de Condom, Précepteur, Ouvrages, Monsieur Blondel, Enseigner
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ce Quatrain est de Mr de Tierceville-Mahaut, à qui [...] »
Ce Quatrain eſt de M de Tierceville-Mahaut,àqui Monfieurle DucdeMontaufier,qui a pour luy beaucoup d'eſtime & de bienveillance , avoit faitvoir ce petit Ouvrage de Mon- ſeigneur le Dauphin. C'eſt un Gentilhomme que ſon merite rend affez connu. Quand une infinité de Sonnets , de Madrigaux , &d'autres Pieces galan- tes qu'on a veuës de luy , n'au- roient pas fait connoiſtre qu'il a
autantdefeu que de delicateſſe
dans l'Eſprit , il ne faudroit que l'entendre pour en eſtre perſua- dé. Sa converſation eſt fort agreable , & on eft afſuré de ne s'ennuyer jamais avec luy. Le ſoin que daigne prendre le Roy
GALANT. 147 I
de dreſſer des Memoires de ſa
main pour I inſtruction de Mon-- ſeigneur le Dauphin , eſt une ſenſible marquede l'amourqu'il a pour ſes Peuples , à qui par cette bonté qui luy eſt ſi natu- relle poureux , il voudroit laif- fer, s'il ſe pouvoit , un Succef- ſeur qui allaſt encor au delà de ſes grandes qualitez. Sa Maje- THEOUD
ontTIA
ſté qui a toûjours eu de particulieres conſidératiós pour toutes les Perfonnes qui l'honneur d'eſtre de fon Sang fait élever avec luy Meſſieurs les Princes de Conty & de la Roche-fur-Yon. Quelque hau- te que ſoit leur Naiſſance , on peut dire qu'elle n'eſt pas le plus grand de leurs avantages. Leur Eſprit ſembleeſtre encor au def- ſus,&ils ſe montrentpar làdi- gnes Fils de feu Monfieur le
Gij
148 LE MERCVRE Prince de Conty leur Pere , qui en avoit infiniment; & dignes Neveux de Son Alteſſe Sereniffime Monfieur le Prince , dont
les grandes lumieres nefont pas moins l'admiration de tout le
monde, que fon extraordinaire
valeur. On a veu encoraupres deMonſeigneurle Dauphindes Enfans d'honneurd'une grande qualité, mais qui n'eſtoientpas moins conſidérables par les ta- lens qui les accompagnoient.
Ainſi ce jeune Prince n'ayant jamais veu que de l'Eſprit dans tout ce qui l'a environné,eftant fort éclairé de luy-meſime &
ayant pour Gouverneur Mon- fieur le Ducde Montaufier , &
MonfieurBoffuet ancien Evefque de Condom pour Prece- pteur , on n'a point à douter qu'iln'atteigne cedegréde per-
:
GALANT. 149
1
fection que Sa Majesté luy fou- haite. Vous avez entendu par- ler ſi avantageuſement de l'un &de l'autre , que je ne puis preſque vous en riendire quine vous foit déjatres-connu. Mon- fieurdeMoutaufierpoffede tou- tes les qualitez d'un grand Homme. Ila une rectitude d'amequi le rend auffi peu com- plaiſantpourceux qui font mal,
qu'il ſe montre zele Protecteur
de laVertu. Ilprendtoûjours le party de la Juſtice avec une ar- deur incroyable, &ne loüe que ce qui merite veritablement d'eſtre loué, mais ſes loüanges ne ſont point des paroles , ce fontdes chofes de fait dont tou
telaCourretentit. Vousſçavez qu'il eſt de laMaiſonde Sainte- Maure,dont l'ancienneté jufti- fie aſſez la grandeur. Dés l'an Güj
150 LE MERCVRE
mil dix il paroiſt que Gofſelin de Sainte- Maure eſtoit un des
plusgrands Seigneurs duRoyau- me; & en 1334. on a veu un Guillaume de Sainte- Maure
Chancelier de France. Leur Poſterité qui s'eſt divisée en plu- fieurs Branches , & qui ayant toûjours pris de tres-grandes Alliances, enadonné aux plus Illuftres Maiſons , s'eſt conti- nuée par vingtdegrés de décen te directe de mafle en mafle,
juſqu'à Monfieur de Montau- fier , à qui le Marquiſat qui por- te cenom, érigé enDuché , ap- partient enpropre. Il fut tranf mis il y a pres de quatre cens ans à laMaiſonde Sainte-Maure par une des Filles d'un Duc d'Angoulefme. Je ne vous par- leray nyde fon courage , ny de ſa valeur. La France en a eſté
)
GALANT témoin , auffi-bien que l'Italie,
la Lorraine , l'Alface, & l'Alle- magne. Dans les derniers Mou- vemens fomentez par les Enne- mis de la Couronne , non ſeulement ilmaintint dans l'obeïffance du Roy les Provinces de Xaintonge & d'Angoulmois dontil eſtoit Gouverneur ; mais
apres avoir rejetté avecune fi- delité inviolable les Propoſitions -avantageuſes qui luy furentfai- -tes pour l'obliger d'entrer dans -lepartydes Rebelles , il chaffa -lesEnnemis des Places de Xaintes, de Taillebourg , & de Tal- lemont, dont ils s'eſtoient em- parez; & les ayant pourſuivis,
quoy que fort inégal en nom- bre , ilchargea &défit une par- tie de leur Armée à Montanić
enPérigord, fans qu'une bleffu- re qu'il reçeut aubras, &dont Giv
152 LE MERCVRE il eſt demeuré eſtropić , luy fie rienrelâcher de la vigueur avee laquelle il ſe ſignala dans une fi glorieuſe occafion. LeGouvernement de Normandie ayant vaqué par lamort defenMon- fieurde Longueville,Sa Majesté l'en gratifia , tant en conſidera- tiondeſesſervices, quede ceux qu'Hector de Sainte Maure fon
Frere aifné avoit rendus àl'E
tat, non ſeulement en défendantRofignan dansleMontferrat contre le Marquis de Spino- Ja, mais en pluſieurs autres oc- cafions, &fur tout dans la Valteline , où il fut tué enforçant les Bains deBorino , & menant
l'Avantgarde de l'Armée que commandoit feu Monfieur le
Duc de Rohan.
.2
Monfieur l'Eveſque deCon- dom qui a fuccedé à feu M le
GALANT. 153
1
1
1
Preſident de Perigny dans la Charge de Precepteur deMon- ſeigneur le Dauphin , a prêché longtemps avec un ſuccés qui P'a rendu dignede la réputation qu'il s'eſt acquiſe. Il mene une vie fort exemplaire , &n'ayant pas moins de pieté que de do- trine , il ne peut inſpirer à ce jeune Prince que des ſentimens conformes au deſſein pour le- quel le Roy luy a fait l'honneur de le choiſir. Il a beaucoup de douceur , des manieres aiſees &
infinuantes , qui jointes aux fa- vorables diſpoſitions qu'il a
trouvées dans l'Eſprit de cet AuguſteDiſciple , y font paſſer adroitement , & fans qu'il ait lieu de s'en rebuter , toutes les connoiſſances qui peuvent étre de fon employ. Il eſt de l'Aca- demieFrançoiſe ,auffi bien que Gv
154 LE MERCVRE Mr Huet Sous-Précepteur de
ce Prince. C'eſt un Homme
d'une fort grande érudition , à
qui nous devons pluſieurs Ma- nufcrits des Ouvrages d'Ori- gene , qui n'avoient jamais eſté publiez. Vous vous plaindriez,
Madame , ſi je finiſſois l'Article de l'Education de monſeigneur le Dauphin, ſans vous parlerde M. Milet qui en eſt le SousGouverneur. Les Négociations dans leſquelles il a eſté em- ployé par m' le Cardinal de Richelieu & par м le Cardinal Mazarin, tant dedans que de- hors le Royaume, font une mar- que incontestable de fon merite. Il eſt mareſchal desCamps &Arméesdu Roy, &a eſté en- voyé par Sa majeſté en Allema- gne & en Pologue , où il a tres- utilement ſervy.
GALANT. 155
C M' Blondel qui enſeigne les Mathématiques à Monſeigneur leDauphin , eſt auſſi mareſchal deCamp. Onl'a employéquel- que temps aux Indes. Il a eſté Capitaine de Galere & de Vaif- feau , & Envoyé extraordinaire à Conſtantinople , en Suéde, &
aupres de l'Electeur de Brande- bourg. Il a beaucoupde litte- rature , &a fait pluſieurs Livres qui n'en laiſſent point douter.
Il en a mis au jour quelques au tres de Fortifications &de маthématiques , fort eſtimez des François & des Etrangers. Il a
travaillé en particulier aupres du Roy,qui le confidere. C'eſt luy qui a fait le nouveau Plan de Paris , & qui a donné les Deffeins des nouvelles Portes,
&du nouveauRamparten for medeCours.
Gvj
156 LE MERCVRE
Je ne vous diray rien deM
Sylvestre , qui a montré àdeffi- gner à Monſeigneur le Dau- phin, & qui eſt un tres habile Homme dans fon Art,auffi-bien
quetous les autres Maiſtres qui ont de l'employ aupres de ce jeune Prince.
autantdefeu que de delicateſſe
dans l'Eſprit , il ne faudroit que l'entendre pour en eſtre perſua- dé. Sa converſation eſt fort agreable , & on eft afſuré de ne s'ennuyer jamais avec luy. Le ſoin que daigne prendre le Roy
GALANT. 147 I
de dreſſer des Memoires de ſa
main pour I inſtruction de Mon-- ſeigneur le Dauphin , eſt une ſenſible marquede l'amourqu'il a pour ſes Peuples , à qui par cette bonté qui luy eſt ſi natu- relle poureux , il voudroit laif- fer, s'il ſe pouvoit , un Succef- ſeur qui allaſt encor au delà de ſes grandes qualitez. Sa Maje- THEOUD
ontTIA
ſté qui a toûjours eu de particulieres conſidératiós pour toutes les Perfonnes qui l'honneur d'eſtre de fon Sang fait élever avec luy Meſſieurs les Princes de Conty & de la Roche-fur-Yon. Quelque hau- te que ſoit leur Naiſſance , on peut dire qu'elle n'eſt pas le plus grand de leurs avantages. Leur Eſprit ſembleeſtre encor au def- ſus,&ils ſe montrentpar làdi- gnes Fils de feu Monfieur le
Gij
148 LE MERCVRE Prince de Conty leur Pere , qui en avoit infiniment; & dignes Neveux de Son Alteſſe Sereniffime Monfieur le Prince , dont
les grandes lumieres nefont pas moins l'admiration de tout le
monde, que fon extraordinaire
valeur. On a veu encoraupres deMonſeigneurle Dauphindes Enfans d'honneurd'une grande qualité, mais qui n'eſtoientpas moins conſidérables par les ta- lens qui les accompagnoient.
Ainſi ce jeune Prince n'ayant jamais veu que de l'Eſprit dans tout ce qui l'a environné,eftant fort éclairé de luy-meſime &
ayant pour Gouverneur Mon- fieur le Ducde Montaufier , &
MonfieurBoffuet ancien Evefque de Condom pour Prece- pteur , on n'a point à douter qu'iln'atteigne cedegréde per-
:
GALANT. 149
1
fection que Sa Majesté luy fou- haite. Vous avez entendu par- ler ſi avantageuſement de l'un &de l'autre , que je ne puis preſque vous en riendire quine vous foit déjatres-connu. Mon- fieurdeMoutaufierpoffede tou- tes les qualitez d'un grand Homme. Ila une rectitude d'amequi le rend auffi peu com- plaiſantpourceux qui font mal,
qu'il ſe montre zele Protecteur
de laVertu. Ilprendtoûjours le party de la Juſtice avec une ar- deur incroyable, &ne loüe que ce qui merite veritablement d'eſtre loué, mais ſes loüanges ne ſont point des paroles , ce fontdes chofes de fait dont tou
telaCourretentit. Vousſçavez qu'il eſt de laMaiſonde Sainte- Maure,dont l'ancienneté jufti- fie aſſez la grandeur. Dés l'an Güj
150 LE MERCVRE
mil dix il paroiſt que Gofſelin de Sainte- Maure eſtoit un des
plusgrands Seigneurs duRoyau- me; & en 1334. on a veu un Guillaume de Sainte- Maure
Chancelier de France. Leur Poſterité qui s'eſt divisée en plu- fieurs Branches , & qui ayant toûjours pris de tres-grandes Alliances, enadonné aux plus Illuftres Maiſons , s'eſt conti- nuée par vingtdegrés de décen te directe de mafle en mafle,
juſqu'à Monfieur de Montau- fier , à qui le Marquiſat qui por- te cenom, érigé enDuché , ap- partient enpropre. Il fut tranf mis il y a pres de quatre cens ans à laMaiſonde Sainte-Maure par une des Filles d'un Duc d'Angoulefme. Je ne vous par- leray nyde fon courage , ny de ſa valeur. La France en a eſté
)
GALANT témoin , auffi-bien que l'Italie,
la Lorraine , l'Alface, & l'Alle- magne. Dans les derniers Mou- vemens fomentez par les Enne- mis de la Couronne , non ſeulement ilmaintint dans l'obeïffance du Roy les Provinces de Xaintonge & d'Angoulmois dontil eſtoit Gouverneur ; mais
apres avoir rejetté avecune fi- delité inviolable les Propoſitions -avantageuſes qui luy furentfai- -tes pour l'obliger d'entrer dans -lepartydes Rebelles , il chaffa -lesEnnemis des Places de Xaintes, de Taillebourg , & de Tal- lemont, dont ils s'eſtoient em- parez; & les ayant pourſuivis,
quoy que fort inégal en nom- bre , ilchargea &défit une par- tie de leur Armée à Montanić
enPérigord, fans qu'une bleffu- re qu'il reçeut aubras, &dont Giv
152 LE MERCVRE il eſt demeuré eſtropić , luy fie rienrelâcher de la vigueur avee laquelle il ſe ſignala dans une fi glorieuſe occafion. LeGouvernement de Normandie ayant vaqué par lamort defenMon- fieurde Longueville,Sa Majesté l'en gratifia , tant en conſidera- tiondeſesſervices, quede ceux qu'Hector de Sainte Maure fon
Frere aifné avoit rendus àl'E
tat, non ſeulement en défendantRofignan dansleMontferrat contre le Marquis de Spino- Ja, mais en pluſieurs autres oc- cafions, &fur tout dans la Valteline , où il fut tué enforçant les Bains deBorino , & menant
l'Avantgarde de l'Armée que commandoit feu Monfieur le
Duc de Rohan.
.2
Monfieur l'Eveſque deCon- dom qui a fuccedé à feu M le
GALANT. 153
1
1
1
Preſident de Perigny dans la Charge de Precepteur deMon- ſeigneur le Dauphin , a prêché longtemps avec un ſuccés qui P'a rendu dignede la réputation qu'il s'eſt acquiſe. Il mene une vie fort exemplaire , &n'ayant pas moins de pieté que de do- trine , il ne peut inſpirer à ce jeune Prince que des ſentimens conformes au deſſein pour le- quel le Roy luy a fait l'honneur de le choiſir. Il a beaucoup de douceur , des manieres aiſees &
infinuantes , qui jointes aux fa- vorables diſpoſitions qu'il a
trouvées dans l'Eſprit de cet AuguſteDiſciple , y font paſſer adroitement , & fans qu'il ait lieu de s'en rebuter , toutes les connoiſſances qui peuvent étre de fon employ. Il eſt de l'Aca- demieFrançoiſe ,auffi bien que Gv
154 LE MERCVRE Mr Huet Sous-Précepteur de
ce Prince. C'eſt un Homme
d'une fort grande érudition , à
qui nous devons pluſieurs Ma- nufcrits des Ouvrages d'Ori- gene , qui n'avoient jamais eſté publiez. Vous vous plaindriez,
Madame , ſi je finiſſois l'Article de l'Education de monſeigneur le Dauphin, ſans vous parlerde M. Milet qui en eſt le SousGouverneur. Les Négociations dans leſquelles il a eſté em- ployé par m' le Cardinal de Richelieu & par м le Cardinal Mazarin, tant dedans que de- hors le Royaume, font une mar- que incontestable de fon merite. Il eſt mareſchal desCamps &Arméesdu Roy, &a eſté en- voyé par Sa majeſté en Allema- gne & en Pologue , où il a tres- utilement ſervy.
GALANT. 155
C M' Blondel qui enſeigne les Mathématiques à Monſeigneur leDauphin , eſt auſſi mareſchal deCamp. Onl'a employéquel- que temps aux Indes. Il a eſté Capitaine de Galere & de Vaif- feau , & Envoyé extraordinaire à Conſtantinople , en Suéde, &
aupres de l'Electeur de Brande- bourg. Il a beaucoupde litte- rature , &a fait pluſieurs Livres qui n'en laiſſent point douter.
Il en a mis au jour quelques au tres de Fortifications &de маthématiques , fort eſtimez des François & des Etrangers. Il a
travaillé en particulier aupres du Roy,qui le confidere. C'eſt luy qui a fait le nouveau Plan de Paris , & qui a donné les Deffeins des nouvelles Portes,
&du nouveauRamparten for medeCours.
Gvj
156 LE MERCVRE
Je ne vous diray rien deM
Sylvestre , qui a montré àdeffi- gner à Monſeigneur le Dau- phin, & qui eſt un tres habile Homme dans fon Art,auffi-bien
quetous les autres Maiſtres qui ont de l'employ aupres de ce jeune Prince.
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Résumé : « Ce Quatrain est de Mr de Tierceville-Mahaut, à qui [...] »
Le texte présente un quatrain de M. de Tierceville-Mahaut dédié au duc de Montaufier, qui a montré un ouvrage du dauphin. Le duc est décrit comme un gentilhomme de mérite, connu pour ses sonnets, madrigaux et autres pièces galantes. Sa conversation est agréable et il ne s'ennuie jamais en sa compagnie. Le roi, par son amour pour ses peuples, rédige des mémoires pour l'instruction du dauphin, souhaitant lui léguer un successeur exceptionnel. Le dauphin est entouré de personnes d'esprit, notamment les princes de Conty et de La Roche-sur-Yon, dignes fils et neveux de leurs pères respectifs. Le duc de Montaufier, gouverneur du dauphin, est loué pour sa rectitude et son zèle pour la vertu. Il appartient à la maison de Sainte-Maure, illustre par son ancienneté et ses alliances prestigieuses. Le duc a montré son courage et sa valeur en France, en Italie, en Lorraine, en Alsace et en Allemagne, notamment en défendant les provinces de Saintonge et d'Angoulême. Le gouvernement de Normandie lui a été confié en reconnaissance de ses services et de ceux de son frère Hector. L'évêque de Condom, précepteur du dauphin, est reconnu pour sa piété et sa doctrine. Il est aidé par M. Huet, sous-précepteur et membre de l'Académie française. M. Milet, sous-gouverneur, est un diplomate expérimenté. M. Blondel, enseignant les mathématiques, est un érudit et un ingénieur réputé, ayant travaillé sur le nouveau plan de Paris. Enfin, M. Sylvestre, maître en dessin, est également mentionné pour son habileté.
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326
p. 245-253
« Selon l'ordre des choses, vous devriez trouver icy un grand [...] »
Début :
Selon l'ordre des choses, vous devriez trouver icy un grand [...]
Mots clefs :
Victoires, Article de guerre, Ennemis, Campagne, Quatre armées, Attaquer, Conquêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Selon l'ordre des choses, vous devriez trouver icy un grand [...] »
Selon l'ordre des choſes, vous
devriez trouver icy un grand Article de Guerre; car qui au- roit crûqu'apres nousavoir laif- sé faire une fi glorieuſe Campa- gne, les Ennemis n'euffent ofé profiter de la fatigue de nos Troupes , & n'euffent fait tant d'appreſts & de fi puiſſantes jonctions ,que pour mieux re- * lever les avantages de la France,
en faiſant voir quatre Armées,
plus fortes à la verité que les noftres , mais trop foibles encor pour nous attaquer ,tous affoi-
GALANT. 157 blis que nous devions eſtre par nos Conqueſtes du Mois de
Mars ? C'eſtoit un Torrent capablede tout entraîner , fi trou- vant une Digue à l'épreuvede ſaplus redoutable furie , iln'euft eſté contraint de fe renfermer,,
& de confumer ſes inutiles efforts àbondircontre luy-mefme
par l'impoffibilité de s'étendre.. Voyez , je vous prie ,quelle eftoit leur Armée de Flandre..
Vous y trouverez les forces de huit ouneuf Puiffances Souveraines , dont quelques-unes ſe font autrefois défenduës ſeules:
contre la France, &dontles autres ont eſté affez fortes pour ſecoüer le joug de l'Eſpagne,, &la réduire apres plus de qua- rante années de guerre, à ceder àdes Sujets revoltez l'indépen dancequ'ils ufurpoient. Sivous
158 LE MERCVRE voulez reflechir ſur l'Armée
qu'ils avoient en Allemagne ,
quels progrés ne croirez-vous -point qu'elle ait dû faire ? Elle eſtoit compoſée de ces vieilles Troupes de l'Empereur qui ont fi ſouvent batu les Otomans;
de ces intrépides Cuiraſſiers dont le ſeul nom inſpire de la terreur; de ces Hommes fortis
de Famille qui n'ont jamais eu d'autre habitation que le milien d'un Camp , &qui nez au bruit de la guerre de Meres auſſi en- durcies au travail que leurs Pe- res , n'ont preſque point veu de Villes que pour les affieger ou les défendre , de Villages que pour les brûler apres les avoir pillez , nyd'Ennemis que pour les traiter auffi impitoyable- ment qu'ils traitent les Turcs,
pour qui l'habitude de verſer du
GALANT. 159 fang les a dépoüillez de toute forte d'humanité. Ils ne pou- voient eſtre plus avantageuſe- ment ſoûtenus que par les vieil- les Troupes de Lorraine , qui ayant appris leur Meſtier ſous leur defuntDuc , grand & rufé Capitaine s'il en fut jamais,
n'eſtoient pas moins accoûtu- mées qu'eux aux incendies &
aupillage. On ſçait meſme que c'eſtoit une neceffité pour elles dechercher à vivre de rapines,
puis qu'elles ont eu rarement une autre folde. Joignez à cela qu'ayant combatu partout ſous leur Prince, ou ayant eſté loüées par luy à divers Etat , elles ſça- vent tous les Païs , & qu'ainſi il leur eſtoit aiſe de ne faire
pointde fauffes Marches. Il ne Peſtoit pas moins à l'Armée des Cercles commandé par le
160 LE MERCVRE
Prince de Saxe - Eisenach , de
montrer que les forces de tant d'Etats qui la compoſoient ne s'eſtoient pas inutilement unies.
Elle paroiffoit redoutable , &
eſtant fur les bords de fon Païs,
elle ne devoit manquer de rien.
Pour celle de Catalogne , ma derniere Lettre vous a déja marqué l'état où elle ſe trou- voit , quand les Eſpagnols pré- tendants faire une grande di.
verſion de ce coſté-là , eurent
amaffé de nombreuſes Troupes,
d'autant plus confiderables ,
qu'elles eſtoient formées de la
plus grande partie de la No- bleffe de leurs Royaumes , qui avoit abondance de toutes chofes. Si vous me demandez ce
que ces quatre grandesArmées ont produit , apprenez -le de nosEnnemis , qui avoient eux-
GALANT. 161
meſmes qu'elles n'ont rien fait.
-Nous ſommes ſi accoûtumez à
leur voir perdre tout le temps de la Campagne , que nous commençons à n'en eſtre plus furpris , mais qui viendroit d'un nouveauMonde,&apprendroit tout d'un coup que tant de for- ces liguées de tous côtez contre leRoy, n'auroient ny empeſché ſes Conqueſtes , nyreparéleurs pertes par aucune entrepriſe avantageufe, on regarderoit ſes triomphes comme des triophes fabuleux,ou l'on feroit perfuadé que la Frace ſeule eft auſſi puif- ſante que le reſte de l'Europe enſemble. Nos grands ſuccés donnent affez ſujetdele croire ;
mais quel que ſoit le courage denosTroupes,&quelque pru- dence qui ait accompagné la valeur de nos Genéraux , il a
162 LE MERCVRE
fallu , pour les remporter , que le Prince dont les ordres font
tout mouvoir , n'en ait jamais donné que de bons ; que leMi- niſtre qui agit ſous luy , les ait toûjours fait executer à propos;
que la prévoyance n'ait man- qué en rien; que les vivres ,que l'argent , que tout ait eſté four- ny juſte ; &avec tous ces avan- tages, nous ſommes encor obli- gez de reconnoiſtre qu'il y a eu quelque choſe de plus qu'hu- main dans la conduite d'un
Prince , dont le Ciel benit les
armes,&dont il prendviſible- ment ſoin apres nous l'avoir donné. Cette verité vous fera
ſenſible , quand vous ayant ap- pris en peu de mots les rencontres des Partis , & les divers
mouvemens de toutes les Trou-
*pes ennemies depuis ce que je
GALANT. 163
vous en écrivis la derniere fois,
je vous auray fait remarquer que quatre grandes Armées ont moins fait pendant cette Campagne que la ſeule Gar- niſonde Maſtric. Voyez apres cela ſi on n'a pas lieu d'admirer la France , le grand Prince qui la gouverne , les Miniſtres qu'il employe , les Commandans de ſes Armées , ſes Officiers , ſes
Soldats ; & de dire que fi nous fouhaitons la Paix , ce ne peut eſtre que par bonté pour nos Ennemis , puis que la Guerre nous eft une continuelle ocсаfion de Victoires.
devriez trouver icy un grand Article de Guerre; car qui au- roit crûqu'apres nousavoir laif- sé faire une fi glorieuſe Campa- gne, les Ennemis n'euffent ofé profiter de la fatigue de nos Troupes , & n'euffent fait tant d'appreſts & de fi puiſſantes jonctions ,que pour mieux re- * lever les avantages de la France,
en faiſant voir quatre Armées,
plus fortes à la verité que les noftres , mais trop foibles encor pour nous attaquer ,tous affoi-
GALANT. 157 blis que nous devions eſtre par nos Conqueſtes du Mois de
Mars ? C'eſtoit un Torrent capablede tout entraîner , fi trou- vant une Digue à l'épreuvede ſaplus redoutable furie , iln'euft eſté contraint de fe renfermer,,
& de confumer ſes inutiles efforts àbondircontre luy-mefme
par l'impoffibilité de s'étendre.. Voyez , je vous prie ,quelle eftoit leur Armée de Flandre..
Vous y trouverez les forces de huit ouneuf Puiffances Souveraines , dont quelques-unes ſe font autrefois défenduës ſeules:
contre la France, &dontles autres ont eſté affez fortes pour ſecoüer le joug de l'Eſpagne,, &la réduire apres plus de qua- rante années de guerre, à ceder àdes Sujets revoltez l'indépen dancequ'ils ufurpoient. Sivous
158 LE MERCVRE voulez reflechir ſur l'Armée
qu'ils avoient en Allemagne ,
quels progrés ne croirez-vous -point qu'elle ait dû faire ? Elle eſtoit compoſée de ces vieilles Troupes de l'Empereur qui ont fi ſouvent batu les Otomans;
de ces intrépides Cuiraſſiers dont le ſeul nom inſpire de la terreur; de ces Hommes fortis
de Famille qui n'ont jamais eu d'autre habitation que le milien d'un Camp , &qui nez au bruit de la guerre de Meres auſſi en- durcies au travail que leurs Pe- res , n'ont preſque point veu de Villes que pour les affieger ou les défendre , de Villages que pour les brûler apres les avoir pillez , nyd'Ennemis que pour les traiter auffi impitoyable- ment qu'ils traitent les Turcs,
pour qui l'habitude de verſer du
GALANT. 159 fang les a dépoüillez de toute forte d'humanité. Ils ne pou- voient eſtre plus avantageuſe- ment ſoûtenus que par les vieil- les Troupes de Lorraine , qui ayant appris leur Meſtier ſous leur defuntDuc , grand & rufé Capitaine s'il en fut jamais,
n'eſtoient pas moins accoûtu- mées qu'eux aux incendies &
aupillage. On ſçait meſme que c'eſtoit une neceffité pour elles dechercher à vivre de rapines,
puis qu'elles ont eu rarement une autre folde. Joignez à cela qu'ayant combatu partout ſous leur Prince, ou ayant eſté loüées par luy à divers Etat , elles ſça- vent tous les Païs , & qu'ainſi il leur eſtoit aiſe de ne faire
pointde fauffes Marches. Il ne Peſtoit pas moins à l'Armée des Cercles commandé par le
160 LE MERCVRE
Prince de Saxe - Eisenach , de
montrer que les forces de tant d'Etats qui la compoſoient ne s'eſtoient pas inutilement unies.
Elle paroiffoit redoutable , &
eſtant fur les bords de fon Païs,
elle ne devoit manquer de rien.
Pour celle de Catalogne , ma derniere Lettre vous a déja marqué l'état où elle ſe trou- voit , quand les Eſpagnols pré- tendants faire une grande di.
verſion de ce coſté-là , eurent
amaffé de nombreuſes Troupes,
d'autant plus confiderables ,
qu'elles eſtoient formées de la
plus grande partie de la No- bleffe de leurs Royaumes , qui avoit abondance de toutes chofes. Si vous me demandez ce
que ces quatre grandesArmées ont produit , apprenez -le de nosEnnemis , qui avoient eux-
GALANT. 161
meſmes qu'elles n'ont rien fait.
-Nous ſommes ſi accoûtumez à
leur voir perdre tout le temps de la Campagne , que nous commençons à n'en eſtre plus furpris , mais qui viendroit d'un nouveauMonde,&apprendroit tout d'un coup que tant de for- ces liguées de tous côtez contre leRoy, n'auroient ny empeſché ſes Conqueſtes , nyreparéleurs pertes par aucune entrepriſe avantageufe, on regarderoit ſes triomphes comme des triophes fabuleux,ou l'on feroit perfuadé que la Frace ſeule eft auſſi puif- ſante que le reſte de l'Europe enſemble. Nos grands ſuccés donnent affez ſujetdele croire ;
mais quel que ſoit le courage denosTroupes,&quelque pru- dence qui ait accompagné la valeur de nos Genéraux , il a
162 LE MERCVRE
fallu , pour les remporter , que le Prince dont les ordres font
tout mouvoir , n'en ait jamais donné que de bons ; que leMi- niſtre qui agit ſous luy , les ait toûjours fait executer à propos;
que la prévoyance n'ait man- qué en rien; que les vivres ,que l'argent , que tout ait eſté four- ny juſte ; &avec tous ces avan- tages, nous ſommes encor obli- gez de reconnoiſtre qu'il y a eu quelque choſe de plus qu'hu- main dans la conduite d'un
Prince , dont le Ciel benit les
armes,&dont il prendviſible- ment ſoin apres nous l'avoir donné. Cette verité vous fera
ſenſible , quand vous ayant ap- pris en peu de mots les rencontres des Partis , & les divers
mouvemens de toutes les Trou-
*pes ennemies depuis ce que je
GALANT. 163
vous en écrivis la derniere fois,
je vous auray fait remarquer que quatre grandes Armées ont moins fait pendant cette Campagne que la ſeule Gar- niſonde Maſtric. Voyez apres cela ſi on n'a pas lieu d'admirer la France , le grand Prince qui la gouverne , les Miniſtres qu'il employe , les Commandans de ſes Armées , ſes Officiers , ſes
Soldats ; & de dire que fi nous fouhaitons la Paix , ce ne peut eſtre que par bonté pour nos Ennemis , puis que la Guerre nous eft une continuelle ocсаfion de Victoires.
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Résumé : « Selon l'ordre des choses, vous devriez trouver icy un grand [...] »
Le texte décrit la situation militaire en Europe, soulignant la supériorité des armées françaises malgré les efforts des forces ennemies. Quatre armées adverses, bien que puissantes, n'ont pas réussi à attaquer efficacement la France. L'armée de Flandre, composée de huit ou neuf puissances souveraines, était redoutable mais insuffisante pour vaincre les Français. L'armée d'Allemagne, formée de troupes impériales et lorraines expérimentées, était également impressionnante. L'armée des Cercles, commandée par le Prince de Saxe-Eisenach, et l'armée de Catalogne, composée de la noblesse espagnole, étaient toutes deux bien équipées et stratégiquement positionnées. Cependant, malgré leurs forces combinées, ces armées n'ont pas réussi à empêcher les conquêtes françaises ou à réparer leurs pertes. Le texte attribue ces succès à la bonne conduite du prince, à la prévoyance des ministres, et à la valeur des généraux et des troupes françaises. Il conclut en soulignant que la France et son prince sont bénis par le ciel, et que la guerre offre à la France une occasion continue de victoires.
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327
p. 253-274
Suite des Nouvelles de la Guerre. [titre d'après la table]
Début :
Je reprens la Levée du Siege de Charleroy, dont j'ay [...]
Mots clefs :
Ennemis, Troupes, Siège de Charleroi, Prince d'Orange, Billet, Marquis de Montal, Duc de Villa-Hermosa, Campagne, Gand, Armée, Comte de Soissons, Hommes, Canon, Lieutenant, Place, Régiment, Chevaux
328
p. 274-276
Rondeau sur la Devise que le Prince Charles fit mettre sur ses Guidons en approchant de Mets. [titre d'après la table]
Début :
En arrivant, pour commencer leur Campagne, le Prince Charles avoit / Nunc aut nunquam est la Devise [...]
Mots clefs :
Nunc aut nunquam, Devise, Prince Charles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Rondeau sur la Devise que le Prince Charles fit mettre sur ses Guidons en approchant de Mets. [titre d'après la table]
En arrivant , pour commencer leur Campagne , le Prince Charles avoit mis ſur ſes Guidons , Nunc ant nunquam. Vous fçavez , Madame , où vousle
GALANT. 183 devez ſçavoir pour l'apprendre àvos Amies , que ces trois mots Latins fignifient , Maintenant ,
ou Iamais. Voicy une façon de Rondeau qu'un Homme d'auffi bonne humeur que ſpirituel , a
faitlà-deffus..
N
Unc aut nunquam eft la Devise
Quenos Ennemis avoientpriſe,
Croyat tout rangerſous leurs Loix Et cependant depuisfixmois Ils n'ontfait aucune entreprise.
Pourjustifier
Ilfaudroit
un
quefur
LYON
telchoix,
lesFrancois
Quelque Place eust esté conquiſe,
Nunc..
泰
Apres que leplus granddesRois
Enplein Hyveren apris trois,
Malgré la gelée&la biſe,
184 LE MERCVRE
L'Allemand&le Hollandois
Doivent rougirdeleursExploits,
Aut nunquam.
GALANT. 183 devez ſçavoir pour l'apprendre àvos Amies , que ces trois mots Latins fignifient , Maintenant ,
ou Iamais. Voicy une façon de Rondeau qu'un Homme d'auffi bonne humeur que ſpirituel , a
faitlà-deffus..
N
Unc aut nunquam eft la Devise
Quenos Ennemis avoientpriſe,
Croyat tout rangerſous leurs Loix Et cependant depuisfixmois Ils n'ontfait aucune entreprise.
Pourjustifier
Ilfaudroit
un
quefur
LYON
telchoix,
lesFrancois
Quelque Place eust esté conquiſe,
Nunc..
泰
Apres que leplus granddesRois
Enplein Hyveren apris trois,
Malgré la gelée&la biſe,
184 LE MERCVRE
L'Allemand&le Hollandois
Doivent rougirdeleursExploits,
Aut nunquam.
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Résumé : Rondeau sur la Devise que le Prince Charles fit mettre sur ses Guidons en approchant de Mets. [titre d'après la table]
Le Prince Charles adopte la devise 'Nunc aut nunquam' pour sa campagne. Un rondeau critique les ennemis, qui n'ont pas agi malgré cette devise. Le roi français a conquis trois places en hiver, humiliant les Allemands et les Hollandais, renforçant ainsi 'Aut nunquam'.
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329
p. 276-278
« Je devrois vous parler icy des Armées de Monsieur le [...] »
Début :
Je devrois vous parler icy des Armées de Monsieur le [...]
Mots clefs :
Lettres, Récit, Armée de Catalogne, Zittard, Garnison de Maastricht
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je devrois vous parler icy des Armées de Monsieur le [...] »
Jedevrois vous parler icydes Armées de Monfieur le Baron
de Monclar , & de celle des
Cercles, à laquelle nous avons fait repaffer le Rhin ; mais comme je ne vous enay encor rien dit dans aucune de mes
Lettres , je referve à vous faire un Recit entier de cette Campagne dans ma premiere , afin que vous en appreniez en meſ- me temps le commencement &
la fin. Quant à l'Armée de Catalogne , le repos des Enne- mis vous fait mieux voir que
tout ce que je vous en pourrois dire , qu'il fautqu'ils ayent eſté bien batus , puis qu'apres avoir1
amaſſe tant de forces, ils n'ont
GALANT. 185 rien entrepris depuis l'avanra- geuſe Retraite de Monfieur le
Ducde Navailles, Voyez, Ma- dame, par ce détail , ſi je n'ay pas eu raiſon d'aſſurer que la ſeule Garniſon de Maſtric avoit
plus fait que tant de milliers d'Hommes. Elle a brûlé des.....
Villages dans le Païs d'Elfe,
appartenant au Duc de Neu- bourg. Elle en a brûlé dans celuy de Juliers , avec les Villes
de Zittard & de Tongres , en reprefailles de Moufon ; car ,
comme je vous l'ay fait remar- quer d'abord , les François re- pouffent, mais ne commencent jamais l'infulte. M de Melac Colonel de Cavalerie , a mis
auſſi le feu à trois Chaſteaux
des environs de Zittard , fans
que le Major General Spaën qui commandeunCorps d'AlLifez la Page folio 86. & 87. cy-contre.
187 LE MERCVRE Capitaine d'Ohier de Dieppe,
appartenant à divers Particu- liers, &fur tout au Sieur Rouxel
de la meſme Ville. On l'avoit
deſtiné pour les Indes. Sa char- ge montoit à cinquante mille écus , & le Baſtiment en vaut trente mille. Sonbonheur vouIut qu'il vint échoüer devant le petit Fort , & que cinquante jeunes Hommes qui s'y jette- rent auffitoſt , ſe joignirent à
ceux de l'Equipage. M³ le Duc de S. Aignan avoit donné le commandement de ces cinquante Hommes de Fécam à
M' Godefroy , qui eſt un tres- brave Soldat, &qui fit des mer- veilles en cette occafion. Cependantles cinq-Frégates ayant le Pavillon François , tirerent
environ cent coups de Canon àce Vaiſſeau , & comme c'ef-
GALANT. 186
1
4.
liez formé ſeulement pour s'o- poſer àla Garniſon de Maſtric,
ait pû l'empeſcher ny rompre ſes Partis qui reviennent tous les jours chargez de butin.
Tout le Païs de Juliers & de
Gueldres l'appréhende , & ce- luy de Cologne eſt d'accord avec elle pour les Contribu.
tions.
de Monclar , & de celle des
Cercles, à laquelle nous avons fait repaffer le Rhin ; mais comme je ne vous enay encor rien dit dans aucune de mes
Lettres , je referve à vous faire un Recit entier de cette Campagne dans ma premiere , afin que vous en appreniez en meſ- me temps le commencement &
la fin. Quant à l'Armée de Catalogne , le repos des Enne- mis vous fait mieux voir que
tout ce que je vous en pourrois dire , qu'il fautqu'ils ayent eſté bien batus , puis qu'apres avoir1
amaſſe tant de forces, ils n'ont
GALANT. 185 rien entrepris depuis l'avanra- geuſe Retraite de Monfieur le
Ducde Navailles, Voyez, Ma- dame, par ce détail , ſi je n'ay pas eu raiſon d'aſſurer que la ſeule Garniſon de Maſtric avoit
plus fait que tant de milliers d'Hommes. Elle a brûlé des.....
Villages dans le Païs d'Elfe,
appartenant au Duc de Neu- bourg. Elle en a brûlé dans celuy de Juliers , avec les Villes
de Zittard & de Tongres , en reprefailles de Moufon ; car ,
comme je vous l'ay fait remar- quer d'abord , les François re- pouffent, mais ne commencent jamais l'infulte. M de Melac Colonel de Cavalerie , a mis
auſſi le feu à trois Chaſteaux
des environs de Zittard , fans
que le Major General Spaën qui commandeunCorps d'AlLifez la Page folio 86. & 87. cy-contre.
187 LE MERCVRE Capitaine d'Ohier de Dieppe,
appartenant à divers Particu- liers, &fur tout au Sieur Rouxel
de la meſme Ville. On l'avoit
deſtiné pour les Indes. Sa char- ge montoit à cinquante mille écus , & le Baſtiment en vaut trente mille. Sonbonheur vouIut qu'il vint échoüer devant le petit Fort , & que cinquante jeunes Hommes qui s'y jette- rent auffitoſt , ſe joignirent à
ceux de l'Equipage. M³ le Duc de S. Aignan avoit donné le commandement de ces cinquante Hommes de Fécam à
M' Godefroy , qui eſt un tres- brave Soldat, &qui fit des mer- veilles en cette occafion. Cependantles cinq-Frégates ayant le Pavillon François , tirerent
environ cent coups de Canon àce Vaiſſeau , & comme c'ef-
GALANT. 186
1
4.
liez formé ſeulement pour s'o- poſer àla Garniſon de Maſtric,
ait pû l'empeſcher ny rompre ſes Partis qui reviennent tous les jours chargez de butin.
Tout le Païs de Juliers & de
Gueldres l'appréhende , & ce- luy de Cologne eſt d'accord avec elle pour les Contribu.
tions.
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Résumé : « Je devrois vous parler icy des Armées de Monsieur le [...] »
Le texte décrit les opérations militaires des armées du Baron de Monclar et des Cercles, qui ont repoussé le Rhin. Un récit détaillé de cette campagne sera fourni ultérieurement. L'armée de Catalogne, après avoir été sévèrement battue, n'a entrepris aucune action significative depuis la retraite du Duc de Navailles. La garnison de Mastricht mène des actions de représailles, brûlant des villages dans les pays d'Elfe et de Juliers, ainsi que les villes de Zittard et de Tongres. Les Français réagissent aux attaques mais n'initient jamais les hostilités. Le Colonel de Cavalerie Melac a incendié trois châteaux près de Zittard malgré la présence du Major General Spaën. Un navire destiné aux Indes, chargé de marchandises valant quatre-vingt mille écus, a échoué devant un fort et a été sauvé par cinquante jeunes hommes rejoints par l'équipage. Le Duc de Saint-Aignan avait confié le commandement de ces hommes à Godefroy, un soldat brave. Cinq frégates françaises ont tiré environ cent coups de canon sur ce vaisseau sans empêcher la garnison de Mastricht de continuer ses raids quotidiens pour piller la région. Les pays de Juliers, de Gueldres et de Cologne craignent ces actions et collaborent pour les contributions.
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330
p. 278-285
Une Escadre de 5. Fregates Ostendoises attaque devant Fécam un Vaisseau Marchand estimé quatre-vingt mille escus. Il est sauvé par les bons ordres de M. le Duc de S. Aignan. [titre d'après la table]
Début :
Les Rencontres de Mer ne nous sont pas moins glorieuses [...]
Mots clefs :
Frégates, Rencontres de mer, Fécam, Vaisseau, Combat, Equipage, Monsieur de S. Aignan
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texteReconnaissance textuelle : Une Escadre de 5. Fregates Ostendoises attaque devant Fécam un Vaisseau Marchand estimé quatre-vingt mille escus. Il est sauvé par les bons ordres de M. le Duc de S. Aignan. [titre d'après la table]
Les Rencontres de Mer ne
nous font pas moins glorieuſes que les Attaques de terre. Il y a dix ou douze jours qu'une Eſcadre d'Ennemis parut de- vant Fécam, compoſée de cinq Frégates Oftendoiſes de 36. de 34.de 28.de 24. &de 18. Pieces de Canon. Elles chafſoient un
Vaiſſeau nommmé le S. George,
de 200. Tonneaux,de 22. Pieces
de Canon , & de 120. Hommes d'équipage , commandé par le
188 LE MERCVRE
toient tous Boulets à deux tê
tes , ils couperent force corda- ges ; & force Maneuvres avec P'Echelle, donnerent huit coups dans le corps duBaſtiment, em- porterent lacuiſſe àunMatelor,
& percerent quelques Maiſons des coups qui échaperent. Ces Frégates tinrent en ſuite une eſpece de Conſeil , apres lequel remettant le Pavillon d'Espa- gne , elles revinrent furieuſe- ment à la charge , & quafi à la portée du Piſtolet. Le combat dura cinq heures , & elles tire- rentdu moins cinq cens coups de Canon , & deux mille de
Moufquet , pendant que ceux du Vaiſſeau les attendoient à
l'abordage , le Sabre à la main,
&que deux pieces de Canon,
feules en état de cinq qui font dans le Fort , leur tirerent cent
GALAN T. 189 cinquante coups. Leur Amirale & l'autre grande de 34. furent percées de cinq ou fix coups à
l'eau, cequi les obligea dequi- ter le Combat l'une apres l'au- tre , & d'eſtre longtemps ſur le coſté pour reparer leur dom- mage. Tout le monde fit ſon devoir par les ordres de M. de Longueil , qui , quoy que ma- lade, fit tres-bien de faire défendre le Vaiſſeau avant l'arrivée de M. de S. Aignan , lequel ayant appris cette nouvelle , &
jugeant par le lieu où les Fré- gates demeuroient , qu'elles ne manqueroient point de revenir avec lamarée, partit duHavre,
gagna Fécam toute la nuit , &
eny arrivant le matin, apper- çeut les deux grandes Fregates fous voile qui revenoient vers le Vaiſſeau. Comme le péril
2
190 LE MERCVRE nel'a jamais étonné , il y monta par les cordes du dehors , & les Ennemis s'eſtant approchez peu à peu , ils ſe tinrent encor quelque temps à la veuë de Fécam , & diſparurent tout-à- faiten fuite. Alors M de S. Aignan,qui vouloit braver lesEn-:
nemis dans leur retraite , opina à remettre le Vaiſſeau à flot, &
àne leur pointcacher ſa route.
Apres qu'il eut tiré tout ſon Canon par fon ordre , il mit à
la voile fur les huit heures du
foir , & ce Duc ayant repris le chemin le longde la Coſte , ar- riva au pointdujour auHavre en meſme temps que le Vaif- ſeau. Jugez, Madame, dela joye des Intereſſez , &du Capitaine qui le croyoient perdu ſans re- fource. Tous ceux qui ont eu part à cette Action , en ont re
GALANT. 191 ceu beaucoup de loüanges ,
Me l'Abbé de Coffe , Gentilhomme de Marseille , &Frere
d'un Capitaine de Cavalerie du meſme nom , entra dés le ſoir dans le Vaiſſeau pour partager le plaifir & la gloire de cette défenſe. On a ſceu d'un Capitaine Anglois arrivé depuis cette Attaque , qu'il avoit ren- contré les cinq Frégates avec leurs Maneuvres en granddef- ordre , ſur tout l'Amirale , qui avoit pluſieurs coups à l'eau,
tout ſon Arriere briſe , & force
Gens hors de combat. Les Ennemis luy ont dit que ce qui leur avoit fait conclure leur retour, eſtoit qu'ils avoient connu les Gardes de M. de S. Aignan,
& que s'eſtant apperçeus avec,
leurlongue veuë , qu'il montoit luy-meſme dans le Vaiſſeau , ils
192 LE MERCVRE s'eſtoient bien imaginez qu'on n'oublieroit rien pour ſa dé- fenſe. Ce témoignage eſt bien glorieux pour ce Duc , qui joi- gnant la liberalité à tant d'au- tres vertus qui l'accompagnent,
ne ſe contenta pas de recom- penfer ceux de l'Equipage par des loüanges , mais leur donna de l'argent pour s'eſtre ſi di- gnement acquitez de leur de- voir. Ce fut là -deſſus qu'un agreable Eſprit deFécam fit ces deux Vers , en parlantde luy à
luy-mefme.
Il les mit enétatde ne craindre
plusrien,
Etlesrécompensad'avoirſauvé leurBien,
Les principaux Intereſſez ont eſté ravis de la maniere dont
ce Duc s'eſt pris pour ſauver Ieur Vaiſſeau contre toute apparence,
GALANT. 193 parence , & mefme contre leur
attente.
nous font pas moins glorieuſes que les Attaques de terre. Il y a dix ou douze jours qu'une Eſcadre d'Ennemis parut de- vant Fécam, compoſée de cinq Frégates Oftendoiſes de 36. de 34.de 28.de 24. &de 18. Pieces de Canon. Elles chafſoient un
Vaiſſeau nommmé le S. George,
de 200. Tonneaux,de 22. Pieces
de Canon , & de 120. Hommes d'équipage , commandé par le
188 LE MERCVRE
toient tous Boulets à deux tê
tes , ils couperent force corda- ges ; & force Maneuvres avec P'Echelle, donnerent huit coups dans le corps duBaſtiment, em- porterent lacuiſſe àunMatelor,
& percerent quelques Maiſons des coups qui échaperent. Ces Frégates tinrent en ſuite une eſpece de Conſeil , apres lequel remettant le Pavillon d'Espa- gne , elles revinrent furieuſe- ment à la charge , & quafi à la portée du Piſtolet. Le combat dura cinq heures , & elles tire- rentdu moins cinq cens coups de Canon , & deux mille de
Moufquet , pendant que ceux du Vaiſſeau les attendoient à
l'abordage , le Sabre à la main,
&que deux pieces de Canon,
feules en état de cinq qui font dans le Fort , leur tirerent cent
GALAN T. 189 cinquante coups. Leur Amirale & l'autre grande de 34. furent percées de cinq ou fix coups à
l'eau, cequi les obligea dequi- ter le Combat l'une apres l'au- tre , & d'eſtre longtemps ſur le coſté pour reparer leur dom- mage. Tout le monde fit ſon devoir par les ordres de M. de Longueil , qui , quoy que ma- lade, fit tres-bien de faire défendre le Vaiſſeau avant l'arrivée de M. de S. Aignan , lequel ayant appris cette nouvelle , &
jugeant par le lieu où les Fré- gates demeuroient , qu'elles ne manqueroient point de revenir avec lamarée, partit duHavre,
gagna Fécam toute la nuit , &
eny arrivant le matin, apper- çeut les deux grandes Fregates fous voile qui revenoient vers le Vaiſſeau. Comme le péril
2
190 LE MERCVRE nel'a jamais étonné , il y monta par les cordes du dehors , & les Ennemis s'eſtant approchez peu à peu , ils ſe tinrent encor quelque temps à la veuë de Fécam , & diſparurent tout-à- faiten fuite. Alors M de S. Aignan,qui vouloit braver lesEn-:
nemis dans leur retraite , opina à remettre le Vaiſſeau à flot, &
àne leur pointcacher ſa route.
Apres qu'il eut tiré tout ſon Canon par fon ordre , il mit à
la voile fur les huit heures du
foir , & ce Duc ayant repris le chemin le longde la Coſte , ar- riva au pointdujour auHavre en meſme temps que le Vaif- ſeau. Jugez, Madame, dela joye des Intereſſez , &du Capitaine qui le croyoient perdu ſans re- fource. Tous ceux qui ont eu part à cette Action , en ont re
GALANT. 191 ceu beaucoup de loüanges ,
Me l'Abbé de Coffe , Gentilhomme de Marseille , &Frere
d'un Capitaine de Cavalerie du meſme nom , entra dés le ſoir dans le Vaiſſeau pour partager le plaifir & la gloire de cette défenſe. On a ſceu d'un Capitaine Anglois arrivé depuis cette Attaque , qu'il avoit ren- contré les cinq Frégates avec leurs Maneuvres en granddef- ordre , ſur tout l'Amirale , qui avoit pluſieurs coups à l'eau,
tout ſon Arriere briſe , & force
Gens hors de combat. Les Ennemis luy ont dit que ce qui leur avoit fait conclure leur retour, eſtoit qu'ils avoient connu les Gardes de M. de S. Aignan,
& que s'eſtant apperçeus avec,
leurlongue veuë , qu'il montoit luy-meſme dans le Vaiſſeau , ils
192 LE MERCVRE s'eſtoient bien imaginez qu'on n'oublieroit rien pour ſa dé- fenſe. Ce témoignage eſt bien glorieux pour ce Duc , qui joi- gnant la liberalité à tant d'au- tres vertus qui l'accompagnent,
ne ſe contenta pas de recom- penfer ceux de l'Equipage par des loüanges , mais leur donna de l'argent pour s'eſtre ſi di- gnement acquitez de leur de- voir. Ce fut là -deſſus qu'un agreable Eſprit deFécam fit ces deux Vers , en parlantde luy à
luy-mefme.
Il les mit enétatde ne craindre
plusrien,
Etlesrécompensad'avoirſauvé leurBien,
Les principaux Intereſſez ont eſté ravis de la maniere dont
ce Duc s'eſt pris pour ſauver Ieur Vaiſſeau contre toute apparence,
GALANT. 193 parence , & mefme contre leur
attente.
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Résumé : Une Escadre de 5. Fregates Ostendoises attaque devant Fécam un Vaisseau Marchand estimé quatre-vingt mille escus. Il est sauvé par les bons ordres de M. le Duc de S. Aignan. [titre d'après la table]
Le texte décrit une bataille navale près de Fécam entre le vaisseau français Saint George et une escadre ennemie de cinq frégates. Le Saint George, commandé par M. de Longueil, fut attaqué par des boulets à deux têtes, subissant des dommages et blessant un matelot. Malgré une résistance acharnée, les frégates ennemies se retirèrent après avoir subi des pertes. M. de Saint Aignan, informé de l'attaque, partit du Havre pour secourir le Saint George. À son arrivée, il affronta les ennemis, qui finirent par fuir. Saint Aignan décida de remettre le vaisseau à flot et de poursuivre les ennemis. Le vaisseau et Saint Aignan arrivèrent au Havre en même temps, suscitant la joie des intéressés et du capitaine. Un abbé de Coffe rejoignit l'équipage pour partager leur gloire. Un capitaine anglais confirma les dommages subis par les frégates ennemies, soulignant l'impact de la présence de Saint Aignan. Saint Aignan récompensa l'équipage pour leur courage. Un habitant de Fécam composa des vers en l'honneur de Saint Aignan, célébrant sa bravoure et sa générosité. Les intéressés furent ravis de la manière dont Saint Aignan avait sauvé le vaisseau.
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331
p. 286-291
Histoire du Singe. [titre d'après la table]
Début :
C'est vous entretenir trop long-temps de Guerre. Je change [...]
Mots clefs :
Singe, Gentilhomme, Miroir, Dame, Cheveux, Procès
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texteReconnaissance textuelle : Histoire du Singe. [titre d'après la table]
C'eſt vous entretenir trop long - temps de Guerre. Je change de matiere , & paſſe à un Sujet de Procés qui eſt arrivé icy depuis peu , & qui vous paroiſtra affez extraordi- naire. Un Gentilhomme paf- ſant à pied dans la Ruë avec deux Laquris, ſe ſentit couvert d'eau qu'on luy jetta tout-à- coup d'uneFeneſtre. Il leva les yeux en haut pour voir l'Au- theurde l'infulte , &apperceut
un gros Singe qui ayant pris plaisir à l'arrofer , prétendoit encor ſe divertir à luy caffer la teſte d'un Pot qu'il tenoit. Le
Gentilhomme évita le coup en
reculant , & ne fut pas moins chagrin de la méchante odeur que contracterent ſes cheveux
Tome VII. I
194 LE MERCVRE
enunmoment, qu'il avoit eſté furpris de la ſubite inondation.
Les Laquais qui mirent leur honneur à vanger leurMaiſtre,
ramafferent les débris du Pot,
&penfant les jetter contre ce malicieuxAnimal qui faiſoitdes gambades engrinçant lesdents,
ils les jetterent malheureuſe- mentdetravers contre un grand Miroir qui estoit attaché à cô téde la Feneſtre. La Maitrefſe du Logis entroit alors dans fa Chambre. Elle estoit ſuper- ſtitieuſe &avare. Le bruit du
coup l'inſtruit de ſa perte , &
un Miroir caffé la fait ſouffrir
doublement. Elle crie au meurtre. Granderumeur dans levoifinage. Son Cocher fort avec trois Laquais armez de tout ce qu'ils peuvent rencontrer ; ils donnent fur ceux du Gentil-
GALANT. 195 homme, qui ſe croit obligé de les ſecourir. L'un eſt renversé
,
par terre, l'autre à lebras percé d'une Broche & l'Epée du
Maistre auroit peut - eftre eu peine à le garantir luy-meſme des longues Armes qu'on luy oppoſoit , ſans un vieux Con- feiller qui les fepare , & qui in- terpoſe ſon autorité pour pren- dre connoiffance de l'affaire.
La Dame qui ſçait que le Gen- tilhommeluyparle,vient prom- ptement luy porter ſa plainte.
Elle ne demande pasſeulement qu'on luypayefon Miroircaffé,
elleveutqu'on luy réponde de tout ce qui luy doit arriver de finiſtre apres un accident de fi trifte augure. Le Gentilhomme de ſon coſté n'a pas de legeres prétentions. Outre fon Laquais percé de la Broche , qu'il faut
I ij
196 LE MERCVRE
qu'on luy rende fain &fauf, il.
foûtient qu'on luy doit faire raiſon de l'infection de ſa Che-1
velure. Le Conſeiller les écou
te, & fans vouloir prononcer,
quoy qu'ils le faſſent Arbitre du diferend, il porte la Dame à ſe conſoler de fon Miroir , &
le Cavalier à ſe mettre en frais
d'Effences pour reparer le def ordredeſes cheveux. Jeneſçay ſi la Dame qui est un peu obſti- née , en voudra demeurer là,
mais je croy qu'en bonne juf- tice le Singe devroit eſtre con- damné aux deſpens. Cepen- dant le Gentilhomme s'eſt diverty de ſon avanture , en l'é- crivant àuneDame qu'il eſtime
tres-particulierement. On peut croire que cette eſtime va loin,
& que fintelligence eft forte entr'eux, puis qu'il luy a envoyé
GALANT. 197 fon Portrait comme un préſer- vatif afſſure contre le chagrin de fon abſcence. Il s'est fait
peindre avecune Couronne fur
la teſte , pour avoir lieu de luy proteſter galamment qu'il n'en veut une que pour la mettre à
ſes pieds. La Dame en ſeroit fort digne, ayant de la beauté,
de l'eſprit, & affez de naiſſance,
pour n'eſtre pas embarraffée du
rangoù un ſemblable préſent la mettroit. Je crains bien pourtantque ce Portrait envoyé ne faffe tune Affaire au Gentil
homme, car le Paquet fut ou- vert en prefence d'une Dame d'un fort grandmerite , à quifes hommages n'ont point déplû ,
&qui le confiderant affez pour luy avoir dit ſouvent qu'elle ne pouvoitvivre ſans luy, aura pu fe chagriner de ce qu'il femble I iij
298 LE MERCVRE qu'elle neſoit pas la ſeule maif- treffe de fon cœur. Ce Procés
devroit eftre plus redoutable an Cavalierque celuyduSinge. La choſe le regarde. C'eſt à luyd'y mettre ordre. Ilade l'eſprit , 84 comme il entend fort bien rail
lerie, je ne doute point qu'en matiere devœux partagez , il ne trouvemoyendela faire enten,
dre aux autres.
un gros Singe qui ayant pris plaisir à l'arrofer , prétendoit encor ſe divertir à luy caffer la teſte d'un Pot qu'il tenoit. Le
Gentilhomme évita le coup en
reculant , & ne fut pas moins chagrin de la méchante odeur que contracterent ſes cheveux
Tome VII. I
194 LE MERCVRE
enunmoment, qu'il avoit eſté furpris de la ſubite inondation.
Les Laquais qui mirent leur honneur à vanger leurMaiſtre,
ramafferent les débris du Pot,
&penfant les jetter contre ce malicieuxAnimal qui faiſoitdes gambades engrinçant lesdents,
ils les jetterent malheureuſe- mentdetravers contre un grand Miroir qui estoit attaché à cô téde la Feneſtre. La Maitrefſe du Logis entroit alors dans fa Chambre. Elle estoit ſuper- ſtitieuſe &avare. Le bruit du
coup l'inſtruit de ſa perte , &
un Miroir caffé la fait ſouffrir
doublement. Elle crie au meurtre. Granderumeur dans levoifinage. Son Cocher fort avec trois Laquais armez de tout ce qu'ils peuvent rencontrer ; ils donnent fur ceux du Gentil-
GALANT. 195 homme, qui ſe croit obligé de les ſecourir. L'un eſt renversé
,
par terre, l'autre à lebras percé d'une Broche & l'Epée du
Maistre auroit peut - eftre eu peine à le garantir luy-meſme des longues Armes qu'on luy oppoſoit , ſans un vieux Con- feiller qui les fepare , & qui in- terpoſe ſon autorité pour pren- dre connoiffance de l'affaire.
La Dame qui ſçait que le Gen- tilhommeluyparle,vient prom- ptement luy porter ſa plainte.
Elle ne demande pasſeulement qu'on luypayefon Miroircaffé,
elleveutqu'on luy réponde de tout ce qui luy doit arriver de finiſtre apres un accident de fi trifte augure. Le Gentilhomme de ſon coſté n'a pas de legeres prétentions. Outre fon Laquais percé de la Broche , qu'il faut
I ij
196 LE MERCVRE
qu'on luy rende fain &fauf, il.
foûtient qu'on luy doit faire raiſon de l'infection de ſa Che-1
velure. Le Conſeiller les écou
te, & fans vouloir prononcer,
quoy qu'ils le faſſent Arbitre du diferend, il porte la Dame à ſe conſoler de fon Miroir , &
le Cavalier à ſe mettre en frais
d'Effences pour reparer le def ordredeſes cheveux. Jeneſçay ſi la Dame qui est un peu obſti- née , en voudra demeurer là,
mais je croy qu'en bonne juf- tice le Singe devroit eſtre con- damné aux deſpens. Cepen- dant le Gentilhomme s'eſt diverty de ſon avanture , en l'é- crivant àuneDame qu'il eſtime
tres-particulierement. On peut croire que cette eſtime va loin,
& que fintelligence eft forte entr'eux, puis qu'il luy a envoyé
GALANT. 197 fon Portrait comme un préſer- vatif afſſure contre le chagrin de fon abſcence. Il s'est fait
peindre avecune Couronne fur
la teſte , pour avoir lieu de luy proteſter galamment qu'il n'en veut une que pour la mettre à
ſes pieds. La Dame en ſeroit fort digne, ayant de la beauté,
de l'eſprit, & affez de naiſſance,
pour n'eſtre pas embarraffée du
rangoù un ſemblable préſent la mettroit. Je crains bien pourtantque ce Portrait envoyé ne faffe tune Affaire au Gentil
homme, car le Paquet fut ou- vert en prefence d'une Dame d'un fort grandmerite , à quifes hommages n'ont point déplû ,
&qui le confiderant affez pour luy avoir dit ſouvent qu'elle ne pouvoitvivre ſans luy, aura pu fe chagriner de ce qu'il femble I iij
298 LE MERCVRE qu'elle neſoit pas la ſeule maif- treffe de fon cœur. Ce Procés
devroit eftre plus redoutable an Cavalierque celuyduSinge. La choſe le regarde. C'eſt à luyd'y mettre ordre. Ilade l'eſprit , 84 comme il entend fort bien rail
lerie, je ne doute point qu'en matiere devœux partagez , il ne trouvemoyendela faire enten,
dre aux autres.
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Résumé : Histoire du Singe. [titre d'après la table]
Un gentilhomme, accompagné de deux laquais, est aspergé d'eau par un singe depuis une fenêtre. Le singe tente ensuite de lui lancer un pot à la tête. Le gentilhomme évite le projectile mais est contrarié par l'odeur. Les laquais, voulant venger leur maître, lancent les débris du pot et brisent un miroir. La maîtresse du logis, superstitieuse et avare, accuse le gentilhomme de meurtre. Une rixe éclate entre les domestiques des deux parties. Un conseiller intervient et propose une solution : la dame doit se consoler de la perte de son miroir, et le gentilhomme doit réparer l'odeur de ses cheveux. Le gentilhomme s'est amusé de cette aventure et l'a écrite à une dame qu'il estime. Il lui a envoyé son portrait avec une couronne, symbolisant son désir de la placer au-dessus de lui. Cependant, ce portrait a été ouvert par une autre dame, ce qui pourrait causer un problème plus grave pour le gentilhomme que le procès initial.
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332
p. 291-293
Mariage de Mademoiselle Ricoüart d'Erouville, & de M. de la Levretiere, Gouverneur de Condé. [titre d'après la table]
Début :
Le Mariage de Mademoiselle Ricoüart d'Erouville, dont le merite [...]
Mots clefs :
Mademoiselle de Ricouart d'Erouville, Table, M. de la Levretière
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texteReconnaissance textuelle : Mariage de Mademoiselle Ricoüart d'Erouville, & de M. de la Levretiere, Gouverneur de Condé. [titre d'après la table]
e mariage deMademoiselle Ricoüart d'Erouville , dont le
merite eſt connu , ayant eſté arreſté avec M. de la Levretiere
Gouverneur de Condé , elley
fut menée au commencement
de ce Mois , accompagnée de pluſieurs Dames de ſes Amies.
Il vint au devant d'elle avec
cinquante Officiers , & deux Compagnies de Dragons. Elle entra àCondé au bruit duCa-
GALANT. 199
non, toute la Garniſon eftant fous les armes , &les Hayesjon- chéesde Fleurs. Elle futharanguéeparlesOfficiers de laVille,
&par le Doyen à la teſte de fon Chapitre , & mariée des la nuit meſme dans la Chapelle de M. leGouverneur. C'est un
Homme qui a tres-bien ſervy.
Il eſt fort bien fait de faper- ſonne , a beaucoup d'eſprit &
de complaiſance , un grand Equipage , & une tres-bonne Table.
merite eſt connu , ayant eſté arreſté avec M. de la Levretiere
Gouverneur de Condé , elley
fut menée au commencement
de ce Mois , accompagnée de pluſieurs Dames de ſes Amies.
Il vint au devant d'elle avec
cinquante Officiers , & deux Compagnies de Dragons. Elle entra àCondé au bruit duCa-
GALANT. 199
non, toute la Garniſon eftant fous les armes , &les Hayesjon- chéesde Fleurs. Elle futharanguéeparlesOfficiers de laVille,
&par le Doyen à la teſte de fon Chapitre , & mariée des la nuit meſme dans la Chapelle de M. leGouverneur. C'est un
Homme qui a tres-bien ſervy.
Il eſt fort bien fait de faper- ſonne , a beaucoup d'eſprit &
de complaiſance , un grand Equipage , & une tres-bonne Table.
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Résumé : Mariage de Mademoiselle Ricoüart d'Erouville, & de M. de la Levretiere, Gouverneur de Condé. [titre d'après la table]
Le mariage de Mademoiselle Ricoüart d'Erouville avec M. de la Levretière, Gouverneur de Condé, a eu lieu au début du mois. La cérémonie, accompagnée de cinquante officiers et deux compagnies de dragons, a été marquée par un accueil festif à Condé. Le mariage a été célébré dans la chapelle du Gouverneur, décrit comme un homme distingué et généreux.
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333
p. 293
Opéra representé à Nimegue par les Filles de M. le Marquis de Spinola. [titre d'après la table]
Début :
De Condé je retourne encor à Nimégue, où mille plaisirs [...]
Mots clefs :
Opéra en italien, Nimègue, Ambassadeurs, Ambassadrices
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texteReconnaissance textuelle : Opéra representé à Nimegue par les Filles de M. le Marquis de Spinola. [titre d'après la table]
DeCondé jeretourne encor à Nimegue , où mille plaifirs nouveaux délaſſent tous les
jours ceux qui prennent le ſoin desgrandes Affaires qui s'y trai- tent. Les Filles de м³ le marquis de Spinola, avec les Dames de leur ſuite , y reciterent dernie- rement un Opéra en Italien.
I iiij
200 LE MERCVRE
Tous les Ambaſſadeurs , les
Ambaſſadrices , & tous ceux
qui ont caractere de miniſtre,
s'y trouverent, à la reſerve des Ambaſſadeurs de Brandebourg
&deHollande. Sij'apprens des particularitez de ce Divertiſſfement , je ne manqueray pas de vous en faire part.
jours ceux qui prennent le ſoin desgrandes Affaires qui s'y trai- tent. Les Filles de м³ le marquis de Spinola, avec les Dames de leur ſuite , y reciterent dernie- rement un Opéra en Italien.
I iiij
200 LE MERCVRE
Tous les Ambaſſadeurs , les
Ambaſſadrices , & tous ceux
qui ont caractere de miniſtre,
s'y trouverent, à la reſerve des Ambaſſadeurs de Brandebourg
&deHollande. Sij'apprens des particularitez de ce Divertiſſfement , je ne manqueray pas de vous en faire part.
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Résumé : Opéra representé à Nimegue par les Filles de M. le Marquis de Spinola. [titre d'après la table]
À Nimègue, les filles du marquis de Spinola ont interprété un opéra en italien. Tous les ambassadeurs, ambassadrices et ministres étaient présents, sauf ceux de Brandebourg et de Hollande. L'auteur promet plus de détails si nécessaire.
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334
p. 294-295
« Je quitte la plume, car à moins de prendre cette [...] »
Début :
Je quitte la plume, car à moins de prendre cette [...]
Mots clefs :
Journal, Lettre, Divertissements de Fontainebleau, Paquet, Énigme
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texteReconnaissance textuelle : « Je quitte la plume, car à moins de prendre cette [...] »
Jequite la plume, car àmoins.
de prendre cette réfolution
tout-a-coup , je voy bien que je ne finirois pas. J'attens le re- tour du Roy , pour vous faire unJournal entier des Divertiſ
ſemens de Fontainebleau. Je
vous le promets fi remply, qu'il fera nouveau enbeaucoupd'en- droits pour ceux-meſmes qui ont toûjours eſté ſur les lieux.
J'y joindray unAdieu auxMuses,
dont je ſuis certain que vous ferez tres-contente , auffi-bien
IGALANT. 201
que de quantité d'autres Pieces & d'agreables Hiſtoires , que la groſſeur de ma Lettre m'em- peſche de vous envoyer aujours d'huy. Pour vous conſoler de ce retardement, vous trouverez
dans mon Paquet la Seconde Partie de l'Heroine Moufque- taire. Je ſçay que c'eſt vous faire un preſent que vous ai- merez. Puis que la premiere vous a tant plû , celle-cy ne vous doit pas moins divertir.
Il y a des choſes tres- finement
tournées , & l'Autheur ne ſe
peut tirer avec plus d'eſprit qu'il fait des matieres qui font tun peu délicates. Tout ce qui regarde la Baronne de Saint Sauveur , eft fort plaiſamment écrit; &de la maniere dont les
Avantures de Chriſtine-SaintAubin ſont traitées , on n'apas
201 LE MERCVRE
à ſouhaiter qu'elles finiſſent fr- toſt. Réponſe , s'il vous plaiſt,
fur l'explication que vos Amies auront donnée à l'Enigme que jeleurpropoſe.
AParti ce 30. Sept, 1677.
de prendre cette réfolution
tout-a-coup , je voy bien que je ne finirois pas. J'attens le re- tour du Roy , pour vous faire unJournal entier des Divertiſ
ſemens de Fontainebleau. Je
vous le promets fi remply, qu'il fera nouveau enbeaucoupd'en- droits pour ceux-meſmes qui ont toûjours eſté ſur les lieux.
J'y joindray unAdieu auxMuses,
dont je ſuis certain que vous ferez tres-contente , auffi-bien
IGALANT. 201
que de quantité d'autres Pieces & d'agreables Hiſtoires , que la groſſeur de ma Lettre m'em- peſche de vous envoyer aujours d'huy. Pour vous conſoler de ce retardement, vous trouverez
dans mon Paquet la Seconde Partie de l'Heroine Moufque- taire. Je ſçay que c'eſt vous faire un preſent que vous ai- merez. Puis que la premiere vous a tant plû , celle-cy ne vous doit pas moins divertir.
Il y a des choſes tres- finement
tournées , & l'Autheur ne ſe
peut tirer avec plus d'eſprit qu'il fait des matieres qui font tun peu délicates. Tout ce qui regarde la Baronne de Saint Sauveur , eft fort plaiſamment écrit; &de la maniere dont les
Avantures de Chriſtine-SaintAubin ſont traitées , on n'apas
201 LE MERCVRE
à ſouhaiter qu'elles finiſſent fr- toſt. Réponſe , s'il vous plaiſt,
fur l'explication que vos Amies auront donnée à l'Enigme que jeleurpropoſe.
AParti ce 30. Sept, 1677.
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Résumé : « Je quitte la plume, car à moins de prendre cette [...] »
Le 30 septembre 1677, l'auteur d'une lettre annonce le report de la rédaction d'un journal complet des divertissements de Fontainebleau jusqu'au retour du roi. Il promet un récit détaillé et enrichi, même pour les personnes présentes. L'auteur mentionne l'ajout d'un 'Adieu aux Muses' et d'autres pièces et histoires agréables, mais la taille de la lettre ne permet pas de tout inclure. Pour compenser ce retard, il envoie la Seconde Partie de l''Héroïne Muette', espérant qu'elle sera appréciée autant que la première. Il loue la finesse et l'esprit avec lesquels certaines matières délicates sont traitées, notamment celles concernant la Baronne de Saint Sauveur et les aventures de Christine-Saint-Aubin. Enfin, il demande une réponse concernant l'explication d'une énigme proposée à ses amies.
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335
s. p.
« On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le premier [...] »
Début :
On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le premier [...]
Mots clefs :
Tome, Mois
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texteReconnaissance textuelle : « On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le premier [...] »
O
N donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le pre<
rnier jour de chaque Mois fans aucun retardement'. Il fe diftribuëra toujours en blanc chez le Sieur Blageart,.
Imprimeur-Libraire, Rue S.Jacques,
à l’entrée de la Rue du Plaftrc. Et au
Palais, où on le vendra vingt fols
relié en Veau , ôc quinze relié en
Parchemin.
N donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le pre<
rnier jour de chaque Mois fans aucun retardement'. Il fe diftribuëra toujours en blanc chez le Sieur Blageart,.
Imprimeur-Libraire, Rue S.Jacques,
à l’entrée de la Rue du Plaftrc. Et au
Palais, où on le vendra vingt fols
relié en Veau , ôc quinze relié en
Parchemin.
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336
s. p.
TABLE DES MATIERES.
Début :
L'Amour Commode. Histoire de la fausse Provençale. Le roy [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES MATIERES.
TABLE DES MATIERES.
Amour Commode. LAmoure Histoire de lafauffe Provençale.
LeRoydonne àMonsieur leMar- quis de Montanegre l'agrée- ment de la Lieutenance deRoy
deLanguedoc.
Hiſtoire de l'Enfant Ours.
L'Horloge des Amans.
Compliment de Monsieur deRou- bindel'AcadémieRoyaled'Arles,àMeffieurs de l'Académie Françoise , en leur preſentant desEstampes de l'obélisque éle- vé à la gloire du Roy dans la Ville d'Arles.
Académiedebeaux Efprits établie àTurinparMadame Royale.
Autre Académie des Exercices du
Corps, établieparlamefme.
TABLE.
Enigme.
Ballade.
1
Hiftoire du FauxMilord.
Le nouveau Grand Vifir veut in- troduire de nouvelles manieres
de recevoir les Ambaffadeurs,
dont ilne peut venir àbout.
Collation Inpromptu.
Reproche de n'aimerpoint affez.
Confitures données.. Passion naiffante.
Histoirede l'Amant Cocher.
Vers Irreguliers pour le Roy.
Particularitezd'un Régal donnéà
Nimegue par Monsieur le Com- te d'Avaux Plenipotentiairede
France..
Compliment fait au Roy par l'A. cadémie Françoise , Monsieur Quinaut Directeur de cette
Compagnie portant la parole. 3
LeRoydonne au Fils de feu M. le
C
TABLE.
Comte de Coffé la Charge de Grand Pannetier de France,
MonsieurleMarquis de Foix est
reçeu Chevalier d'Honneur de
Madame.
Monficurde Matignon preste Serment entre les mans deSaMajestépour la LieutenancedeRoy
de Normandie.
MortdeM. le President de Mai- fons.
Mortde Madame de Puisieux.
Tout ce qui s'est passé dans l' Aca- démie Françoise le jour de la Distribution des Prix,avecpluSfieurs particularitez qui regar- dent l'Education de Monfei- gneur le Dauphin , &les grandes qualitez de ce Prince...
Inpromptu de M. le Duc de S.Ai- gnan àM. le Dauphin , fur le Chasteau de S. Germain gravé
parcePrince.
TABLE.
Autres Vers de M.de Tierceville
Surle mesmeSujet.
Suitedes Nouvelles de la Guerre.
Rondeaufur laDeviſe que le Prin- ce Charles fit mettre fur ces Guidons enapprochantdeMets,
UneEscadre de 5. Fregates Often- doiſes attaque devant Fécam un Vaiſſeau Marchand estimé quatre-vingt mille écus. Il est fauvéparlès bonsordresde M.
Le DucdeS.Aignan.
HiſtoireduSinge.
Mariage de Mademoiselle Ri- coüart d'Erouville, &deM.de
la Levretiere , Gouverneur de
Conde.
Opéra representé à Nimeque par les Filles deM. le Marquis de
Spinola.
FindelaTable.
Amour Commode. LAmoure Histoire de lafauffe Provençale.
LeRoydonne àMonsieur leMar- quis de Montanegre l'agrée- ment de la Lieutenance deRoy
deLanguedoc.
Hiſtoire de l'Enfant Ours.
L'Horloge des Amans.
Compliment de Monsieur deRou- bindel'AcadémieRoyaled'Arles,àMeffieurs de l'Académie Françoise , en leur preſentant desEstampes de l'obélisque éle- vé à la gloire du Roy dans la Ville d'Arles.
Académiedebeaux Efprits établie àTurinparMadame Royale.
Autre Académie des Exercices du
Corps, établieparlamefme.
TABLE.
Enigme.
Ballade.
1
Hiftoire du FauxMilord.
Le nouveau Grand Vifir veut in- troduire de nouvelles manieres
de recevoir les Ambaffadeurs,
dont ilne peut venir àbout.
Collation Inpromptu.
Reproche de n'aimerpoint affez.
Confitures données.. Passion naiffante.
Histoirede l'Amant Cocher.
Vers Irreguliers pour le Roy.
Particularitezd'un Régal donnéà
Nimegue par Monsieur le Com- te d'Avaux Plenipotentiairede
France..
Compliment fait au Roy par l'A. cadémie Françoise , Monsieur Quinaut Directeur de cette
Compagnie portant la parole. 3
LeRoydonne au Fils de feu M. le
C
TABLE.
Comte de Coffé la Charge de Grand Pannetier de France,
MonsieurleMarquis de Foix est
reçeu Chevalier d'Honneur de
Madame.
Monficurde Matignon preste Serment entre les mans deSaMajestépour la LieutenancedeRoy
de Normandie.
MortdeM. le President de Mai- fons.
Mortde Madame de Puisieux.
Tout ce qui s'est passé dans l' Aca- démie Françoise le jour de la Distribution des Prix,avecpluSfieurs particularitez qui regar- dent l'Education de Monfei- gneur le Dauphin , &les grandes qualitez de ce Prince...
Inpromptu de M. le Duc de S.Ai- gnan àM. le Dauphin , fur le Chasteau de S. Germain gravé
parcePrince.
TABLE.
Autres Vers de M.de Tierceville
Surle mesmeSujet.
Suitedes Nouvelles de la Guerre.
Rondeaufur laDeviſe que le Prin- ce Charles fit mettre fur ces Guidons enapprochantdeMets,
UneEscadre de 5. Fregates Often- doiſes attaque devant Fécam un Vaiſſeau Marchand estimé quatre-vingt mille écus. Il est fauvéparlès bonsordresde M.
Le DucdeS.Aignan.
HiſtoireduSinge.
Mariage de Mademoiselle Ri- coüart d'Erouville, &deM.de
la Levretiere , Gouverneur de
Conde.
Opéra representé à Nimeque par les Filles deM. le Marquis de
Spinola.
FindelaTable.
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Résumé : TABLE DES MATIERES.
Le document présente la table des matières d'un ouvrage relatant divers récits et événements historiques. Parmi les histoires notables figurent 'Amour Commode', 'Histoire de lafauffe Provençale' et 'Histoire de l'Enfant Ours'. Des événements politiques et sociaux sont également mentionnés, tels que la nomination du Marquis de Montanegre à la Lieutenance de Roy de Languedoc et le décès de Monsieur le Président de Maisons et de Madame de Puisieux. Le texte décrit aussi des activités académiques, notamment des compliments et des distributions de prix par l'Académie Française. Des événements culturels comme des opéras et des mariages sont également évoqués. Des récits sur des figures royales et des ambassadeurs, ainsi que des descriptions de batailles navales et des nouvelles de la guerre, complètent les sujets abordés.
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337
s. p.
« Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...] »
Début :
Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...] »
Et ledit Sieur Dan. a cédé fon droit de
Privilège à C. Blageart, Imprimeur-Li*
braire, fuivant l’accord faitentr’eux
Privilège à C. Blageart, Imprimeur-Li*
braire, fuivant l’accord faitentr’eux
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338
s. p.
« Achevé d'imprimer pour la premiere fois le premier Octobre 1677. [...] »
Début :
Achevé d'imprimer pour la premiere fois le premier Octobre 1677. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Achevé d'imprimer pour la premiere fois le premier Octobre 1677. [...] »
Achevé d'imprimer pour la premiere fois le premier Octobre 1677.
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339
s. p.
Explication de l'Enigme du VII. Tome du Mercure Galant. [titre d'après la table]
Début :
Vous le voyez, Madame, qui devine une fois, ne devine [...]
Mots clefs :
Énigme, Deviner, Trictrac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication de l'Enigme du VII. Tome du Mercure Galant. [titre d'après la table]
Ous le Voyez , Madame , qui devine une fois , ne devine pas toû- jours. Vos Amies que vous m'a- vez mandé avoir eu fi de peine à penétrer les obſcuritez de l'E- nigme de la Lettre R, n'ont pû déveloper celles de la derniere queje vous ay envoyée , & el- les vousobligent àm'en deman- der l'explication. Vous dites que ce qui les a empefchéesd'en Tome VIII. A
12 LE MERCVRE
venir à bout , a efté cette que- relle finie par la culebute des refſtes d'un Squelete qui fortent bruſquement de leurs creux.
Elles ne font pas les ſeules àqui cet endroit ait paru difficile à
débroüiller ; mais à cela pres,
vousm'auriez fait plaifir de me mander cequ'elles ont entendu
par les premiers Vers , & quel ſens elles ont crûpouvoirdõner àce fombre &double Parterre,
éclairé de rayons diferens , où la guerre eſt allumée entredeux Amis, &foûtenuë àgrand bruit par une troupe de Demoifelles.
Puis que vous m'affurez qu'el- les ſe rendent , il ne faut plus leur cacherque le motqu'elles ontinntilement cherché, eſt le
Trictrac. Il fournit ce double
Parzerre diverfifié de rayons ,
&un affezbon nombre de Da-
GALAN T.
mes qui ne ſe peuvent remüer fans bruit. Quant aux reſtes du Squelete, il n'est pas beſoin de vous dire que ce font lesDez,
qui eſtans faits d'os, font pouſſez aſſez bruſquement du fond des Cornets.Quoyque les Enigmes ne foient que des Jeux d'eſprit,
elles ne laiſſent pas de faire ref- ver ſouvent les plus habiles , &
il en eſt dont le ſens à trouver
cauſeroit de longs embarras , fi on estoit auſſi obſtiné àle chercher,qu'unAmantl'eſtquelque- fois à vouloir découvrir quels favorables ſentimens ſa paſſion apû faire naiſtre au cœur d'une
Belle
12 LE MERCVRE
venir à bout , a efté cette que- relle finie par la culebute des refſtes d'un Squelete qui fortent bruſquement de leurs creux.
Elles ne font pas les ſeules àqui cet endroit ait paru difficile à
débroüiller ; mais à cela pres,
vousm'auriez fait plaifir de me mander cequ'elles ont entendu
par les premiers Vers , & quel ſens elles ont crûpouvoirdõner àce fombre &double Parterre,
éclairé de rayons diferens , où la guerre eſt allumée entredeux Amis, &foûtenuë àgrand bruit par une troupe de Demoifelles.
Puis que vous m'affurez qu'el- les ſe rendent , il ne faut plus leur cacherque le motqu'elles ontinntilement cherché, eſt le
Trictrac. Il fournit ce double
Parzerre diverfifié de rayons ,
&un affezbon nombre de Da-
GALAN T.
mes qui ne ſe peuvent remüer fans bruit. Quant aux reſtes du Squelete, il n'est pas beſoin de vous dire que ce font lesDez,
qui eſtans faits d'os, font pouſſez aſſez bruſquement du fond des Cornets.Quoyque les Enigmes ne foient que des Jeux d'eſprit,
elles ne laiſſent pas de faire ref- ver ſouvent les plus habiles , &
il en eſt dont le ſens à trouver
cauſeroit de longs embarras , fi on estoit auſſi obſtiné àle chercher,qu'unAmantl'eſtquelque- fois à vouloir découvrir quels favorables ſentimens ſa paſſion apû faire naiſtre au cœur d'une
Belle
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Résumé : Explication de l'Enigme du VII. Tome du Mercure Galant. [titre d'après la table]
L'auteur répond à une demande d'explication concernant une énigme difficile à résoudre. L'énigme mentionne une 'culbute des restes d'un squelette' et un 'double parterre éclairé de rayons différents' où la guerre est allumée entre deux amis. Le mot cherché est 'Trictrac,' un jeu de société. Le 'double parterre' représente les cases du jeu, et les 'dames' qui se déplacent avec bruit sont les pions. Les 'restes du squelette' sont les dés, qui sortent brusquement des cornets. L'auteur souligne que les énigmes, bien que des jeux d'esprit, peuvent dérouter même les plus habiles. Il compare la persévérance dans la résolution des énigmes à celle d'un amant cherchant à découvrir les sentiments de sa bien-aimée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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340
p. 10-29
Les Apparences Trompeuses, Histoire. [titre d'après la table]
Début :
Puis que l'Amour a esté de tous les Siecles, on [...]
Mots clefs :
Dame, Rivale, Épée, Évanouissement, Carosse, Jalousie, Mari, Tailleur, Aimer, Marchands
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Apparences Trompeuses, Histoire. [titre d'après la table]
Puis que l'Amour a efté de tous les Siecles , on ne peutdif convenirqu'il n'y ait de grandes douceurs àſe voir aimé;mais il
ne faut pas quelquefois l'eftre avec excés pour vivre heureux,
&fur tout en Mariage. Ce qui eſt arrivé depuis quelquesjours en eſt une preuve. Voicy l'Hi- ſtoire en peu de mots. Un fort galant - Homme , Mary d'une Dame d'un grand merite , fem- bloit n'avoir rien à ſouhaiter. II
avoit du bien , des Amis , un Employ confiderable , & l'efti- me detous ceux qui le connoif- foient; mais pour ſes pechez if
GALAN T. eftoit fi paffionnement aiméde ſa Femme , qu'ils en paffoient tousdeuxdeméchans momens.
Une bagatelle luy faifoit ombra- ge. Il ne luy fuffifoit point de connoistre fon Mary incapable d'aucun attachement préjudi- ciable à la tendreffe qui luy de- voit, trois Vifites àune meſme Perſonne bleffoient fa délicateffe; ce n'estoit pas la trahir,
mais c'eſtoit ſe plaire ailleurs qu'avec elle ,&ne luy pas don- ner tout fon cœur. Il eſtoit honneſte ,aimoit le repos , & pour éviter toute occafion de que- relle, il ne luy parloit nydefes parties de Divertiſſement , ny de fes plus agreables Connoif- fances. Il cherchafur tout à luy cacher les foins qu'il rendoit à
une Dame toute charmante de
ſa perfonne. Il n'y avoit riende Aiiij
8 LE MERCVRE
plus touchant. Elle avoit infiniment d'efprit , &jene ſçayquoy de fi engageant dans ſesmanieres , qu'il eſtoit difficile de s'en fauver. Cela estoit dangereux
pour un Homme qui avoit le gouft fin , &elle estoit propre à
luy faire des affaires de plus d'une façon , mais à quelques périls qu'il s'exposât aupres d'elle , il craignoit moins l'embarras de fon cœur en la voyant, que ce- luy de fon Domeſtique, ſi ſes Viſites eſtoient découvertes. Il
eutpourtantbeau faire , ſa Fem- meles ſçeut , la Dame luy eſtoit
connuë , & elle la trouvoit beaucoup plus redoutable qu'u- ne autre. Reproches de ſes af- fiduës complaiſances à propor- tion du meritede laBelle. Grandes juftifications pour avoir la paix. Ongrondependant quel-
GALANT. 9
ques jours. On promet de ne plus voir , & enfin on ſe racom- mode. Le Mary tient parole en apparence. Il feint des Affaires qui ne le laiſſent à luy que dans des heures où l'on ne peut dé- couvrir ce qu'il devient. Il les employe à voir la Dame , qui n'ayant aucune pretention fur luy , s'accommodefans peinede ce changement. Il avoit la con- verſation agreable , & c'eſtoit tout ce qu'elle cherchoit. Ce- pendant ſa précaution luy eſt inutile , &le hazard en décide
d'une autre faço.Il eſtoit unjour chez un Marchand pour quel- quesEtofes qu'il vouloit choiſir,
&il y eftoit allé dans une Chaiſe de ſes Chifres , avec des Por- teurs de Livrée. On commençoit à luy en déveloper qual- ques-unes , quand il, tourne la
A V
To LE MERCVRE
reſte ſur un grandtumulte qu'il entend. DeuxCavaliers ſe pouf- ſoient l'un l'autre l'Epée à la mainavecbeaucoupde vigueur.
Il enreconnoît l'un qui estoit de fes plus particuliers Amis. Ily
court, fait cequ'il peut pour les ſeparer , & en vient àbout aidé de quelques autres qui ſe joi- gnent à luy. La Querelle pou- voit avoir des ſuites , il ne les vent point quitter qu'il ne les voye accommodez , & ils vont enſemble chez une Perſonne
dehaute confidération , qu'ils prennent pour Arbitre de leur Diferent. Pendant ce temps-là
il s'eftoit paffé bien des choſes qu'il ne sçavoit pas. La Belle qu'il continuoit de voir en ſe- erer, paffe malheureuſement en Chaiſedans l'inſtant meſme que les deux Cavaliers mettoient l'E
GALANT. II
pée à lamain. La viſion d'une Epée nuë fait de grands effets fur la Populace. On fuit , on s'é- carte , & chacun fe ferre avec
tantdeprécipitation qu'on ren- verſe la Chaiſe &les Porteurs.
La Dame s'écrie. Les Combatans eſtoient déja dans uneau- tre Ruë. Onvient à elle. Quel ques goutes de fang font dire qu'elle est fort bleflee. On la
trouve évanoiye, & on l'em- porte chez leMarchanddevant laBoutiqueduquelles Porteurs de Livrée estoient arreſtez. Autre incident qu'il euſt eſté dif- ficile de prévoir. Tandis qu'on luy jettede l'eau fur le viſage, la Dame qui en avoit eſté jalouſe,
paffe par le meſme endroit. Les Femmes font curieuſes. Elle
voit du monde amaffé , elle en
demande la cauſe. On luy ré
Avj
12 LE MERCVRE
pondqu'on s'eſtoit batu , qu'il y
avoit quelqu'un de bleſſe chez le Marchand, & on luy nomme
enmeſme temps fon Mary. Elle apperçoit ſes Porteurs , remar- que ſa Chaife , ne doute point qu'il ne ſoit le Bleffé , & ayant crié trois ou quatre fois , Ah mon cher Mary , du ton le plus la- mentable ( car comme je vous.
ay déja dit , c'eſtoit une Femme tres-aimante ) elle deſcend impétueuſement de Carroffe, fend lapreſſe qui environnoit la Bel- le , & en criant toûjours , Ah mon cherMary , elle ſe préparoit à l'embrafier , quand elle con- noit que c'eſt une Femme. Quel
contre-temps ! Elle croit venir au fecoursde fon Mary, & c'eſt
fa Rivale qu'elle rencontre. Elle
la reconnoît , pouffe un cry nou- veau, mais ce n'eſt plus fur le
GALANT. 13
i
mefme ton. Les circonstances
de l'Avanture luy font penfer cent choſes qui la mettent hors d'elle -mefme. Elle s'imagine qu'il s'eſt batu pour cette Riva- le , prend ſes Porteurs qu'elle
trouve au lieu meſme où onluy
donnedu fecours pour une con- viction de la choſe , impute fon évanoüiſſement att chagrind'a- voir cauſe un fort grand defor- dre , & dans cette penſée elle rougit , pálit , remonte dans fon Carroſſe avec la meſme impé- tuoſité qu'elle en eſtoit deſcen- duë, &la promptitude de fon depart ne cauſe pas moins de furpriſe à ceux qui examinent ce qu'elle fait , que leur en a- voient caufe d'abord ſes conju- gales exclamations où perſon ne n'avoit rien compris. Elle s'é- loigne , & la Belle Evanoüye
14 LE MERCVRE commence à ouvrir les yeux fans avoir rien veu de tout ce
qui vient d'arriver. Elle valoit bien qu'on s'intéreſſaſt pour elle. Quoy que fa bleffure ne fuſt rien , on la fait voir à un
Chirurgien qui paffe , & apres qu'elle s'eft fervie de quelque précaution contre la frayeur qu'elle a evë, elle ſe fait reme- ner chez elle. La Dame Jaloufe
n'en eſt pas quite à fi bonmar- ché. Son Maryquis'eft batu , &
ſa Rivale évanouye , luy font préfumer une intelligence fe- crete dont elle tire de fâcheuſes
conféquences. Elle en est dans une colere inconcevable. La
penſée d'eſtre la Dupe d'un commerce qu'elle avoit cu lien de croire finy, neluy laiſſe point derepos. Elle foûpire , ſe plaint de la perfidie des Hommes; &
GALAN T. I
l'impatiencedeſe vanger luy en faiſoit examiner les moyens ,
quandunTailleur que luy en- voye une de ſes Amies la vient demander de fa part. Il n'eſtoit pas àqui le vouloit avoir , &elle eft contrainte de ſuſpendre fon chagrinpour ne pas perdre l'oc- cafion. Il prend fa mefure , &
voulant enveloper fon Etofe a- vecuneautre dont il s'eſtoitdéjachargé , la Dame qui la trou- ve agreable , luy demandeàqui elle eft. Il répond qu'il la vient
deleverchez leMarchandpour ane Dame de Campagne ; &
comme les Tailleurs aiment naturellement à raiſonner , il ajoût- te que dans laBoutique où il l'a choifie, il eſtoit arrivé depuis une heure ou deux la plus plaiſante choſe dont elle cuft peut-eftre jamais entendu par
16 LE MERCVRE
ler. Là- deſſus il luy nomme ſa Rivale qu'il y avoit veuë , & luy veutconter malgré elle ce qu'el- le ſçavoit avant luy. Il n'en fal- loit pas davantage pourla met- tre aux champs. Elle reprend fonEtofe , la donne à garder à
ſa Suivante , & dit chagrine- ment qu'elle ne veutplus fe fai- re faire d'Habit. Le Tailleur
prend la choſe fur le point- d'honneur ; dit que fi elle craint qu'ilne la vole , il veut bien cou- per l'Etofe en fa prefence ; &
plus la Dame s'obſtine àne vouloir point d Habit, plus il s'ob- ſtine à vouloir travailler pour elle. Le Mary arrive , la Dame le regarde de travers , le Tail- leur luy fait ſes plaintes , foû- tient qu'il eſt honneſte - Hom- me , qu'il n'a jamais paffé pour Voleur , & que puis qu'on l'a
GALANT. 17
appellé pour faire un Habit, il ne foufrira point qu'un autre le faffe. C'eſtoit un grand Procés à vuider pour le Mary. Il com- mence par ſe défaire du Tail- leur , en luy donnant un Loüis pour ſes pas perdus ; écoute les nouveaux reproches de fa Fem- me, dont il ne ſçait quepenſer ;
&apres luy avoir fait connoiſtre qu'il n'avoit aucune part à ce qui l'avoit chagrinée , il la remet peu à peu dans fon ordinaire tranquillité. Voila , Madame ,
comme les choſes les plus loia- bles produiſent quelquefois de méchant effets ; & la-deſſus,
Dieu garde tout honneſte Mar
ne faut pas quelquefois l'eftre avec excés pour vivre heureux,
&fur tout en Mariage. Ce qui eſt arrivé depuis quelquesjours en eſt une preuve. Voicy l'Hi- ſtoire en peu de mots. Un fort galant - Homme , Mary d'une Dame d'un grand merite , fem- bloit n'avoir rien à ſouhaiter. II
avoit du bien , des Amis , un Employ confiderable , & l'efti- me detous ceux qui le connoif- foient; mais pour ſes pechez if
GALAN T. eftoit fi paffionnement aiméde ſa Femme , qu'ils en paffoient tousdeuxdeméchans momens.
Une bagatelle luy faifoit ombra- ge. Il ne luy fuffifoit point de connoistre fon Mary incapable d'aucun attachement préjudi- ciable à la tendreffe qui luy de- voit, trois Vifites àune meſme Perſonne bleffoient fa délicateffe; ce n'estoit pas la trahir,
mais c'eſtoit ſe plaire ailleurs qu'avec elle ,&ne luy pas don- ner tout fon cœur. Il eſtoit honneſte ,aimoit le repos , & pour éviter toute occafion de que- relle, il ne luy parloit nydefes parties de Divertiſſement , ny de fes plus agreables Connoif- fances. Il cherchafur tout à luy cacher les foins qu'il rendoit à
une Dame toute charmante de
ſa perfonne. Il n'y avoit riende Aiiij
8 LE MERCVRE
plus touchant. Elle avoit infiniment d'efprit , &jene ſçayquoy de fi engageant dans ſesmanieres , qu'il eſtoit difficile de s'en fauver. Cela estoit dangereux
pour un Homme qui avoit le gouft fin , &elle estoit propre à
luy faire des affaires de plus d'une façon , mais à quelques périls qu'il s'exposât aupres d'elle , il craignoit moins l'embarras de fon cœur en la voyant, que ce- luy de fon Domeſtique, ſi ſes Viſites eſtoient découvertes. Il
eutpourtantbeau faire , ſa Fem- meles ſçeut , la Dame luy eſtoit
connuë , & elle la trouvoit beaucoup plus redoutable qu'u- ne autre. Reproches de ſes af- fiduës complaiſances à propor- tion du meritede laBelle. Grandes juftifications pour avoir la paix. Ongrondependant quel-
GALANT. 9
ques jours. On promet de ne plus voir , & enfin on ſe racom- mode. Le Mary tient parole en apparence. Il feint des Affaires qui ne le laiſſent à luy que dans des heures où l'on ne peut dé- couvrir ce qu'il devient. Il les employe à voir la Dame , qui n'ayant aucune pretention fur luy , s'accommodefans peinede ce changement. Il avoit la con- verſation agreable , & c'eſtoit tout ce qu'elle cherchoit. Ce- pendant ſa précaution luy eſt inutile , &le hazard en décide
d'une autre faço.Il eſtoit unjour chez un Marchand pour quel- quesEtofes qu'il vouloit choiſir,
&il y eftoit allé dans une Chaiſe de ſes Chifres , avec des Por- teurs de Livrée. On commençoit à luy en déveloper qual- ques-unes , quand il, tourne la
A V
To LE MERCVRE
reſte ſur un grandtumulte qu'il entend. DeuxCavaliers ſe pouf- ſoient l'un l'autre l'Epée à la mainavecbeaucoupde vigueur.
Il enreconnoît l'un qui estoit de fes plus particuliers Amis. Ily
court, fait cequ'il peut pour les ſeparer , & en vient àbout aidé de quelques autres qui ſe joi- gnent à luy. La Querelle pou- voit avoir des ſuites , il ne les vent point quitter qu'il ne les voye accommodez , & ils vont enſemble chez une Perſonne
dehaute confidération , qu'ils prennent pour Arbitre de leur Diferent. Pendant ce temps-là
il s'eftoit paffé bien des choſes qu'il ne sçavoit pas. La Belle qu'il continuoit de voir en ſe- erer, paffe malheureuſement en Chaiſedans l'inſtant meſme que les deux Cavaliers mettoient l'E
GALANT. II
pée à lamain. La viſion d'une Epée nuë fait de grands effets fur la Populace. On fuit , on s'é- carte , & chacun fe ferre avec
tantdeprécipitation qu'on ren- verſe la Chaiſe &les Porteurs.
La Dame s'écrie. Les Combatans eſtoient déja dans uneau- tre Ruë. Onvient à elle. Quel ques goutes de fang font dire qu'elle est fort bleflee. On la
trouve évanoiye, & on l'em- porte chez leMarchanddevant laBoutiqueduquelles Porteurs de Livrée estoient arreſtez. Autre incident qu'il euſt eſté dif- ficile de prévoir. Tandis qu'on luy jettede l'eau fur le viſage, la Dame qui en avoit eſté jalouſe,
paffe par le meſme endroit. Les Femmes font curieuſes. Elle
voit du monde amaffé , elle en
demande la cauſe. On luy ré
Avj
12 LE MERCVRE
pondqu'on s'eſtoit batu , qu'il y
avoit quelqu'un de bleſſe chez le Marchand, & on luy nomme
enmeſme temps fon Mary. Elle apperçoit ſes Porteurs , remar- que ſa Chaife , ne doute point qu'il ne ſoit le Bleffé , & ayant crié trois ou quatre fois , Ah mon cher Mary , du ton le plus la- mentable ( car comme je vous.
ay déja dit , c'eſtoit une Femme tres-aimante ) elle deſcend impétueuſement de Carroffe, fend lapreſſe qui environnoit la Bel- le , & en criant toûjours , Ah mon cherMary , elle ſe préparoit à l'embrafier , quand elle con- noit que c'eſt une Femme. Quel
contre-temps ! Elle croit venir au fecoursde fon Mary, & c'eſt
fa Rivale qu'elle rencontre. Elle
la reconnoît , pouffe un cry nou- veau, mais ce n'eſt plus fur le
GALANT. 13
i
mefme ton. Les circonstances
de l'Avanture luy font penfer cent choſes qui la mettent hors d'elle -mefme. Elle s'imagine qu'il s'eſt batu pour cette Riva- le , prend ſes Porteurs qu'elle
trouve au lieu meſme où onluy
donnedu fecours pour une con- viction de la choſe , impute fon évanoüiſſement att chagrind'a- voir cauſe un fort grand defor- dre , & dans cette penſée elle rougit , pálit , remonte dans fon Carroſſe avec la meſme impé- tuoſité qu'elle en eſtoit deſcen- duë, &la promptitude de fon depart ne cauſe pas moins de furpriſe à ceux qui examinent ce qu'elle fait , que leur en a- voient caufe d'abord ſes conju- gales exclamations où perſon ne n'avoit rien compris. Elle s'é- loigne , & la Belle Evanoüye
14 LE MERCVRE commence à ouvrir les yeux fans avoir rien veu de tout ce
qui vient d'arriver. Elle valoit bien qu'on s'intéreſſaſt pour elle. Quoy que fa bleffure ne fuſt rien , on la fait voir à un
Chirurgien qui paffe , & apres qu'elle s'eft fervie de quelque précaution contre la frayeur qu'elle a evë, elle ſe fait reme- ner chez elle. La Dame Jaloufe
n'en eſt pas quite à fi bonmar- ché. Son Maryquis'eft batu , &
ſa Rivale évanouye , luy font préfumer une intelligence fe- crete dont elle tire de fâcheuſes
conféquences. Elle en est dans une colere inconcevable. La
penſée d'eſtre la Dupe d'un commerce qu'elle avoit cu lien de croire finy, neluy laiſſe point derepos. Elle foûpire , ſe plaint de la perfidie des Hommes; &
GALAN T. I
l'impatiencedeſe vanger luy en faiſoit examiner les moyens ,
quandunTailleur que luy en- voye une de ſes Amies la vient demander de fa part. Il n'eſtoit pas àqui le vouloit avoir , &elle eft contrainte de ſuſpendre fon chagrinpour ne pas perdre l'oc- cafion. Il prend fa mefure , &
voulant enveloper fon Etofe a- vecuneautre dont il s'eſtoitdéjachargé , la Dame qui la trou- ve agreable , luy demandeàqui elle eft. Il répond qu'il la vient
deleverchez leMarchandpour ane Dame de Campagne ; &
comme les Tailleurs aiment naturellement à raiſonner , il ajoût- te que dans laBoutique où il l'a choifie, il eſtoit arrivé depuis une heure ou deux la plus plaiſante choſe dont elle cuft peut-eftre jamais entendu par
16 LE MERCVRE
ler. Là- deſſus il luy nomme ſa Rivale qu'il y avoit veuë , & luy veutconter malgré elle ce qu'el- le ſçavoit avant luy. Il n'en fal- loit pas davantage pourla met- tre aux champs. Elle reprend fonEtofe , la donne à garder à
ſa Suivante , & dit chagrine- ment qu'elle ne veutplus fe fai- re faire d'Habit. Le Tailleur
prend la choſe fur le point- d'honneur ; dit que fi elle craint qu'ilne la vole , il veut bien cou- per l'Etofe en fa prefence ; &
plus la Dame s'obſtine àne vouloir point d Habit, plus il s'ob- ſtine à vouloir travailler pour elle. Le Mary arrive , la Dame le regarde de travers , le Tail- leur luy fait ſes plaintes , foû- tient qu'il eſt honneſte - Hom- me , qu'il n'a jamais paffé pour Voleur , & que puis qu'on l'a
GALANT. 17
appellé pour faire un Habit, il ne foufrira point qu'un autre le faffe. C'eſtoit un grand Procés à vuider pour le Mary. Il com- mence par ſe défaire du Tail- leur , en luy donnant un Loüis pour ſes pas perdus ; écoute les nouveaux reproches de fa Fem- me, dont il ne ſçait quepenſer ;
&apres luy avoir fait connoiſtre qu'il n'avoit aucune part à ce qui l'avoit chagrinée , il la remet peu à peu dans fon ordinaire tranquillité. Voila , Madame ,
comme les choſes les plus loia- bles produiſent quelquefois de méchant effets ; & la-deſſus,
Dieu garde tout honneſte Mar
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Résumé : Les Apparences Trompeuses, Histoire. [titre d'après la table]
Le texte relate l'histoire d'un homme marié à une femme de grand mérite, mais tourmenté par la jalousie excessive de celle-ci. L'épouse s'offusque des visites de son mari à une autre dame, bien que l'homme prenne des précautions pour cacher ces rencontres. Un jour, alors qu'il est chez un marchand, un tumulte éclate et il se précipite pour séparer deux combattants. Pendant ce temps, la dame qu'il fréquente passe en chaise et est renversée par la foule. La femme de l'homme, alertée par le bruit, accourt et découvre la dame évanouie. Elle la confond d'abord avec son mari blessé, mais réalise ensuite son erreur et repart, furieuse et jalouse. La dame évanouie, une fois revenue à elle, est ramenée chez elle. La femme de l'homme, convaincue d'une liaison secrète entre son mari et la dame, est en colère. Un tailleur, envoyé par une amie de la femme, vient prendre une mesure pour un habit, mais la femme, distraite par ses pensées, refuse. Le mari arrive, apaise le tailleur et rassure sa femme sur son innocence. Cette histoire illustre comment des situations loyales peuvent parfois engendrer des malentendus et des conflits. Par ailleurs, le texte 'Dieu garde tout honneste Mar' est un extrait d'une chanson de geste médiévale française. Il raconte l'histoire de Mainet, un chevalier trahi et abandonné par ses compagnons, se retrouvant seul face à des ennemis redoutables. Malgré sa situation désespérée, Mainet fait preuve de courage et de détermination. Il invoque l'aide divine en prononçant la phrase 'Dieu garde tout honneste Mar', ce qui lui permet de surmonter les obstacles et de triompher de ses adversaires. La chanson met en avant les valeurs de loyauté, de bravoure et de foi, typiques des récits épiques du Moyen Âge.
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341
p. 37-40
IMITATION DE LA GALATEE de Virgile.
Début :
Si nostre Amy dont vous me demandez des nouvelles ne / Mon Troupeau quelquefois, en paissant, me conduit [...]
Mots clefs :
Pomme, Berger, Virgile, Flamme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION DE LA GALATEE de Virgile.
Si noftre Amy dont vous me demandés des nouvelles ne s'eſtoit pas fait une Vertu d'aimer conftamment, il ſe ſeroit épar--
gné bien des chagrins , donten- fin il a eſté récompenfé. C'eſt une nouvelle à vous apprendre.
La Belle qui ſembloit avoir pour luy les froideurs dont il ſeplai- gnoit , n'affectoit cette fauſſe inſenſibilité, que pour l'engager àplus d'amour. Cela me fait fou- venir de la Galatée de Virgile dont je croy vous avoir parlé.
Elle fuyoit apres avoir jetté une Pomme à un Berger dont elle ſe connoiſſoit aymé , & fe laiſſoit voir en fuyant pour le faire courir apres elle. Cette penſée a eſté renduë fort agrea- blement
GALANT. 25
blement par ces Vers-dont on ne m'a point fait connoiſtre
l'Autheur.
IMITATION DE LA GALATEE
deVirgile.
M
On Troupeau quelquefois ,
paiſſant ,
me conduit
en
Surles bordsd'un Torrent dont lavague irritée ,
Dufrein qu'elle s'est fait d'une Roche emportée ,
Vientd'unflot bondiſſant l'affaillir, mais fansfruit.
Laragedeſe voir domptée La ramene cent fois , & cent fois ne produitd'écume&plusdebruit. Queplus Lareſvant l'ame triste , & la veue
arrestée ;
د
Ainsi,diſois-je un jour ,maflame re- butée
Envain jusqu'icy ma rédnit
Tome IV. B
26 LE MERCVRE
Ades ſoins obſtinezdeplaire à Ga latée ,
Quandfortant àpas lents d'une Rdche écartée
Cette Belleme jette une Pomme ,
s'enfuit D'une courſe précipitée.
Ie me détourne, &vois qu'elle se laiſſe choir
Sous un Saule où d'abord fafuite l'a
portée
Ah ! dis-jeeny courantreprenonsquel que espoir
Maflame en peut estre flatée,
Puisquepour mefaire sçavoir Que c'est elle par qui la Pominem'est jettée,
La Follette en tombant veut bien se
laiffervoir.
gné bien des chagrins , donten- fin il a eſté récompenfé. C'eſt une nouvelle à vous apprendre.
La Belle qui ſembloit avoir pour luy les froideurs dont il ſeplai- gnoit , n'affectoit cette fauſſe inſenſibilité, que pour l'engager àplus d'amour. Cela me fait fou- venir de la Galatée de Virgile dont je croy vous avoir parlé.
Elle fuyoit apres avoir jetté une Pomme à un Berger dont elle ſe connoiſſoit aymé , & fe laiſſoit voir en fuyant pour le faire courir apres elle. Cette penſée a eſté renduë fort agrea- blement
GALANT. 25
blement par ces Vers-dont on ne m'a point fait connoiſtre
l'Autheur.
IMITATION DE LA GALATEE
deVirgile.
M
On Troupeau quelquefois ,
paiſſant ,
me conduit
en
Surles bordsd'un Torrent dont lavague irritée ,
Dufrein qu'elle s'est fait d'une Roche emportée ,
Vientd'unflot bondiſſant l'affaillir, mais fansfruit.
Laragedeſe voir domptée La ramene cent fois , & cent fois ne produitd'écume&plusdebruit. Queplus Lareſvant l'ame triste , & la veue
arrestée ;
د
Ainsi,diſois-je un jour ,maflame re- butée
Envain jusqu'icy ma rédnit
Tome IV. B
26 LE MERCVRE
Ades ſoins obſtinezdeplaire à Ga latée ,
Quandfortant àpas lents d'une Rdche écartée
Cette Belleme jette une Pomme ,
s'enfuit D'une courſe précipitée.
Ie me détourne, &vois qu'elle se laiſſe choir
Sous un Saule où d'abord fafuite l'a
portée
Ah ! dis-jeeny courantreprenonsquel que espoir
Maflame en peut estre flatée,
Puisquepour mefaire sçavoir Que c'est elle par qui la Pominem'est jettée,
La Follette en tombant veut bien se
laiffervoir.
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Résumé : IMITATION DE LA GALATEE de Virgile.
Le texte raconte une histoire d'amour où un homme, nommé Amy, souffre de son amour constant pour une femme froide, surnommée 'La Belle'. Cette femme utilise une stratégie similaire à celle de Galatée dans la mythologie virgilienne, feignant l'insensibilité pour stimuler l'amour de son amant. Galatée, dans la mythologie, fuyait un berger après lui avoir jeté une pomme, se laissant voir pour qu'il la poursuive. Le texte inclut une imitation poétique de cet épisode. Le poème décrit un troupeau paissant près d'un torrent tumultueux, symbolisant les émotions conflictuelles de l'amant. La femme, comparée à Galatée, jette une pomme à l'amant et s'enfuit, se laissant voir pour l'inciter à la poursuivre. L'amant interprète ces gestes comme un signe d'espoir et de reconnaissance de son amour.
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342
p. 41-43
Divers Détachemens de l'Armée de Flandre. [titre d'après la table]
Début :
Apres vous avoir entretenuë de tant de choses où l'Amour [...]
Mots clefs :
Guerre, Flandre, Duc de Luxembourg, M. de la Cardonnière
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texteReconnaissance textuelle : Divers Détachemens de l'Armée de Flandre. [titre d'après la table]
Apres vous avoir entretenuë detant de choſes où l'Amour a
part , trouvez bon que je vous parle unmoment de cequi re- garde laGuerre. Envous man- dant la derniere fois la vigou
GALANT. 27 - reuſe Actionde M de Roſamel
Lieutenant des Gendarmes de
Flandre , j'oubliay de vous mar- = quer que Monfieur le Duc de Luxembourg qui estoit venu camper à Veſer ſur le grand Eſcaut entre Gand&Dendermonde, avoit fait partir enmeſ- me temps trois Détachemens,
l'un ſous les ordres de Mde la
Cardonniere Lieutenant General , pour aller aux Portes de cette derniere Ville ; &les deux
autres ſous ceux de M Dau--
ger Brigadier de Cavalerie , &
de M' le Marquis d'Uxel Briga- dier d'Infanterie. Celuy de M
de la Cardonniere n'avoit rien
àexecuter. Il eſtoit fait feulementpour couvrir les deuxder
niers.
M' le Marquis d'Uxel alla juf- qu'au Village de S. Jean Stien ,
Bij
28 LE MERCVRE
aux Portes de Hulſt , où ilbrûla
quelques lieuësde Païs , & em- mena quantité de Chevaux &
de Beſtiaux , les Habitans s'eſtans retirez .
Je n'ajoûteray rien à ce queje vous aydéja dit deM deRofa- mel , qui fut détaché par M
Dauger , &qui s'eſtant fait ou- vrir la Barriere du Pont d'Anvers , s'en rendit maiſtre avec
une bravoure qu'on ne ſçauroit
part , trouvez bon que je vous parle unmoment de cequi re- garde laGuerre. Envous man- dant la derniere fois la vigou
GALANT. 27 - reuſe Actionde M de Roſamel
Lieutenant des Gendarmes de
Flandre , j'oubliay de vous mar- = quer que Monfieur le Duc de Luxembourg qui estoit venu camper à Veſer ſur le grand Eſcaut entre Gand&Dendermonde, avoit fait partir enmeſ- me temps trois Détachemens,
l'un ſous les ordres de Mde la
Cardonniere Lieutenant General , pour aller aux Portes de cette derniere Ville ; &les deux
autres ſous ceux de M Dau--
ger Brigadier de Cavalerie , &
de M' le Marquis d'Uxel Briga- dier d'Infanterie. Celuy de M
de la Cardonniere n'avoit rien
àexecuter. Il eſtoit fait feulementpour couvrir les deuxder
niers.
M' le Marquis d'Uxel alla juf- qu'au Village de S. Jean Stien ,
Bij
28 LE MERCVRE
aux Portes de Hulſt , où ilbrûla
quelques lieuësde Païs , & em- mena quantité de Chevaux &
de Beſtiaux , les Habitans s'eſtans retirez .
Je n'ajoûteray rien à ce queje vous aydéja dit deM deRofa- mel , qui fut détaché par M
Dauger , &qui s'eſtant fait ou- vrir la Barriere du Pont d'Anvers , s'en rendit maiſtre avec
une bravoure qu'on ne ſçauroit
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Résumé : Divers Détachemens de l'Armée de Flandre. [titre d'après la table]
Le Duc de Luxembourg a établi son camp à Veser sur le grand Escaut, entre Gand et Dendermonde. Il a envoyé trois détachements. Le premier, dirigé par M. de la Cardonniere, avait pour mission de couvrir les deux autres. Le deuxième détachement, sous les ordres de M. Dauger, et le troisième, commandé par le Marquis d'Uxel, avaient des missions spécifiques. Le Marquis d'Uxel a atteint le village de S. Jean Stien, près de Hulst, où il a incendié plusieurs lieux et capturé des chevaux et du bétail, les habitants ayant fui. Par ailleurs, M. de Rosamel, sous les ordres de M. Dauger, a mené une action courageuse en s'emparant du Pont d'Anvers après avoir forcé la barrière.
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343
p. 43-46
SUR LA CAMPAGNE des Ennemis en Flandre. SONNET IRREGULIER.
Début :
Monsieur le Duc de Luxembourg ne s'estoit avancé sur le / Tenter au mois d'Avril le secours d'une Place [...]
Mots clefs :
Flandre, Place, Ennemis, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA CAMPAGNE des Ennemis en Flandre. SONNET IRREGULIER.
M' le Duc de Luxembourg ne s'eſtoit avancé ſur le Canal
de Bruxelles que pour faire quiter la Sambre aux Ennemis;
cequ'ils firent , dés qu'ils eurent
appris qu'il eſtoit ſi proche d'eux. Leur Campagne n'a pas eſté fortglorieuſe. Voyez-en la peinture dans ce Sonnet.
GALANT. 29 1
P
やややややややややややや や
SUR LA CAMPAGNE
des Ennemis en Flandre.
SONNET IRREGULIER.
Enter au mois d'Avril lefecours
d'unePlace
Etnepouvoir lafecourir ;
Chercher une Bataille , ardammens ,
Ets'y voir bien batus pour prix deleur audace.
1
S'aviſer quatre mois apres cette difgrace,
Pour essayerdes'aguerrir ,
Deformerungrand Siege, &craignant
d'ypérir.
Lelever auſſitost,&fuirde bonne grace.
Faireavorterparlàtous les vaſtes projets Qu'apres de longs Conſeils vingtsMi- nistres ontfaits ;
Biij
30 LE MERCVRE '
Pour les en confoter , conquérir deuse Chaumieres.
Ceder par tout l'avantage aux Prançois;
C'est ainsiqu'on aveu réüſſir les affaires Etdes fiers Espagnols,&des bonsHol landois.
de Bruxelles que pour faire quiter la Sambre aux Ennemis;
cequ'ils firent , dés qu'ils eurent
appris qu'il eſtoit ſi proche d'eux. Leur Campagne n'a pas eſté fortglorieuſe. Voyez-en la peinture dans ce Sonnet.
GALANT. 29 1
P
やややややややややややや や
SUR LA CAMPAGNE
des Ennemis en Flandre.
SONNET IRREGULIER.
Enter au mois d'Avril lefecours
d'unePlace
Etnepouvoir lafecourir ;
Chercher une Bataille , ardammens ,
Ets'y voir bien batus pour prix deleur audace.
1
S'aviſer quatre mois apres cette difgrace,
Pour essayerdes'aguerrir ,
Deformerungrand Siege, &craignant
d'ypérir.
Lelever auſſitost,&fuirde bonne grace.
Faireavorterparlàtous les vaſtes projets Qu'apres de longs Conſeils vingtsMi- nistres ontfaits ;
Biij
30 LE MERCVRE '
Pour les en confoter , conquérir deuse Chaumieres.
Ceder par tout l'avantage aux Prançois;
C'est ainsiqu'on aveu réüſſir les affaires Etdes fiers Espagnols,&des bonsHol landois.
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Résumé : SUR LA CAMPAGNE des Ennemis en Flandre. SONNET IRREGULIER.
Le Duc de Luxembourg a avancé sur le Canal de Bruxelles, forçant les ennemis à quitter la Sambre. Les ennemis ont tenté de prendre une place en avril et de se regrouper en août, mais ont été vaincus et ont fui. Leurs projets ont échoué, limités à la conquête de deux chaumières. Les Français, Espagnols et Hollandais ont marqué un succès.
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344
p. 46-53
CONSOLATION A Mr DE MONTAL, Sur la Levée du Siege de Charleroy.
Début :
On ne peut pas dire qu'ils n'ayent point réüssy / Je croy que mon devoir m'oblige [...]
Mots clefs :
Charleroi, Consolation, Perte, Armée, Luxembourg, Siège, Flandre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONSOLATION A Mr DE MONTAL, Sur la Levée du Siege de Charleroy.
Onnepeutpas direqu'ilsn'a- yentpoint réüſſy dans leurs en- trepriſes , ſi en venant affieger Charleroy , ils n'ont eu deſſein que de chagriner Me de Mon- ral , quicommeje vous ay deja dit, euſt eſté bien- aiſe qu'ils luy cuſſent laiſſe l'occaſion de les
viſiter. Voicyune Lettrede con- folationque luy en a écrite une Perſonne fort ſpirituelle. Elle merite bien que vous la voyiez..
GALANT. 31
ل
CONSOLATION
AM DE MONTAL ,
Sur la Levée du Siege de Charleroy:
Ecroyque mon devoir m'oblige JDen'attendrepaspluslong-temps
A vous faire sçavoir l'interest que je
prens
Alapertequi vous afflige.
Je viens d'aprendre avec douleur Quedes conféderezla premiere chaleur S'est bientoft convertie en glace ,
Etque vous peſtezfort contrevostre malheur,
Deles voirdécamper d'autour devostre
Place.
Laperte est grande afſſurément ,
Etplus grande qu'on ne peut croire,
Puis qu'enfin vous perdezdans ce dé
campement L'occaſiond'augmenter vostre gloire.
Sans examiner les motifs
(
Biiij
32 LE MERCVRE
Que l'on eutpour ofer un tel Siege en treprendre ,
Vit- on jamaisplus belle Armée en Flan- dre,
Etdeplus grandspréparatifs ?
Quelle noble Cavalerie ! ۲
Cent cinquante Escadrons , vingt mille Pionniers ,
Cinquante Bataillons aumoins d'Infan terie,
Trois Lignes quipar tout couvroient tous les Quartiers ,
Cent gros Canons &vingt Mortiers Tous prests àmettre en baterie ;
Tout celapromettoit matiere ploits,
avosExEtflatoit Vostre Seigneurie ,
Que c'estoit tout de bon , & non par raillerie 4
Ainsi que la premiere fois.
L'ayfçeu quefans pouſſer trop avant les affaires,
Ilsse tenoient fort loin , craignant les vilains tours 4
Qui voussont affez ordinaires ,
Etces diables de Mousquetaires
GALAN T. 33 .
Quifrapentplus fort que desfourds;
Quedés le premierjour ils manquoient deFarine ;
Quevoyant déjala Famine ,
Qui d'une grande Armée est le plus granddes maux ,
Quoy que mal àleur aise, ils faisoient bonnemine,
Et continuoient leurs Travaux ;
Mais qu'auſſitostqu'ils aperçeurent Le brave Luxembourgmarcherle long
desBois
Lesplus hardis d'entre euxſeteurent.
Etbienplus encor,quand ilsſceurent Nos Soldats animez par l'Illustre Louvois.
Alors leurs Generauxs'entr'envoyant la Plote,
(Aumoins, àcequ'on dit car on peut bienpenser Quece Secours les dût embaraſſer )
Hermosadit auPrince , &viſte , qu'on
Se bote
Leslaiſſerez- vous avancer ?
Pourmoy, je cours occuper cette mote
De peur que l'Ennemy ne s'y vienne
placer
:
Bv
34. LE MERGVRE L'honneur,luyditlePrince,apartient àl'Eglife,
Que Monsieur d'Osnabruk entame
l'action.
Si jyvay ,répond-il , que l'on medé
baptife,
Dois-je aller le premieràla Proceſſion?? Cherchezdegrace une autre dupe.. Pendant leur contestation
Le Vaillant Luxembourg occupe Quelques Postes avantageux.
Ainsi vuider le Camp ,repaſſer la Ri
viere ,
Fut lemeilleurparty pour eux Quine laiſſerent rien derriere.
Ocomme en jurant fermealors Vous avanciez de vos Dehors
Pourdennerſurl'Arrieregarde !! Jem'enraporte bien àvous,
Sans un Ruiſſeauqui vous retarde Ils euffent comme il faut fenty vostre?
couroux,
Vin de leurs Officierspayapourtous les
autres ,
Etde cequede loin onſetira de coups,, Vn Chien , dit-on , y demeura dess
Nostres..
GALAN T. 35 Sivous m'en demandezla raiſon au- jourd'huy ,
LesChienssefont la guerre entre toutes
lesBestes ,
DelaTriple Union le Cerbere à trois testes
Déchargesafureurfur un Chien comme luy.
C'est pour ce digne Exploit qu'il ve- noient fi grande erre ,
Pauvres Flamans, gardez- vous bien Deleurplus reprocher qu'ilsfont payez
pourrien.
CesTronpes quifaisoient trembler toute laTerre ,
Tout ce grand apareil de guerre ,
Etمجھے vostre argent enfin on fait mourir unChien.
Comme on doit des Heros conferver la
memoire,
Ce Chienmerite affez qu'on luy dreſſe unTombeau,
Et qu'un bel Epitaphe éternise sa gloire.
Voyez si celuy - cy vous paroist affez beau.
Bvj
viſiter. Voicyune Lettrede con- folationque luy en a écrite une Perſonne fort ſpirituelle. Elle merite bien que vous la voyiez..
GALANT. 31
ل
CONSOLATION
AM DE MONTAL ,
Sur la Levée du Siege de Charleroy:
Ecroyque mon devoir m'oblige JDen'attendrepaspluslong-temps
A vous faire sçavoir l'interest que je
prens
Alapertequi vous afflige.
Je viens d'aprendre avec douleur Quedes conféderezla premiere chaleur S'est bientoft convertie en glace ,
Etque vous peſtezfort contrevostre malheur,
Deles voirdécamper d'autour devostre
Place.
Laperte est grande afſſurément ,
Etplus grande qu'on ne peut croire,
Puis qu'enfin vous perdezdans ce dé
campement L'occaſiond'augmenter vostre gloire.
Sans examiner les motifs
(
Biiij
32 LE MERCVRE
Que l'on eutpour ofer un tel Siege en treprendre ,
Vit- on jamaisplus belle Armée en Flan- dre,
Etdeplus grandspréparatifs ?
Quelle noble Cavalerie ! ۲
Cent cinquante Escadrons , vingt mille Pionniers ,
Cinquante Bataillons aumoins d'Infan terie,
Trois Lignes quipar tout couvroient tous les Quartiers ,
Cent gros Canons &vingt Mortiers Tous prests àmettre en baterie ;
Tout celapromettoit matiere ploits,
avosExEtflatoit Vostre Seigneurie ,
Que c'estoit tout de bon , & non par raillerie 4
Ainsi que la premiere fois.
L'ayfçeu quefans pouſſer trop avant les affaires,
Ilsse tenoient fort loin , craignant les vilains tours 4
Qui voussont affez ordinaires ,
Etces diables de Mousquetaires
GALAN T. 33 .
Quifrapentplus fort que desfourds;
Quedés le premierjour ils manquoient deFarine ;
Quevoyant déjala Famine ,
Qui d'une grande Armée est le plus granddes maux ,
Quoy que mal àleur aise, ils faisoient bonnemine,
Et continuoient leurs Travaux ;
Mais qu'auſſitostqu'ils aperçeurent Le brave Luxembourgmarcherle long
desBois
Lesplus hardis d'entre euxſeteurent.
Etbienplus encor,quand ilsſceurent Nos Soldats animez par l'Illustre Louvois.
Alors leurs Generauxs'entr'envoyant la Plote,
(Aumoins, àcequ'on dit car on peut bienpenser Quece Secours les dût embaraſſer )
Hermosadit auPrince , &viſte , qu'on
Se bote
Leslaiſſerez- vous avancer ?
Pourmoy, je cours occuper cette mote
De peur que l'Ennemy ne s'y vienne
placer
:
Bv
34. LE MERGVRE L'honneur,luyditlePrince,apartient àl'Eglife,
Que Monsieur d'Osnabruk entame
l'action.
Si jyvay ,répond-il , que l'on medé
baptife,
Dois-je aller le premieràla Proceſſion?? Cherchezdegrace une autre dupe.. Pendant leur contestation
Le Vaillant Luxembourg occupe Quelques Postes avantageux.
Ainsi vuider le Camp ,repaſſer la Ri
viere ,
Fut lemeilleurparty pour eux Quine laiſſerent rien derriere.
Ocomme en jurant fermealors Vous avanciez de vos Dehors
Pourdennerſurl'Arrieregarde !! Jem'enraporte bien àvous,
Sans un Ruiſſeauqui vous retarde Ils euffent comme il faut fenty vostre?
couroux,
Vin de leurs Officierspayapourtous les
autres ,
Etde cequede loin onſetira de coups,, Vn Chien , dit-on , y demeura dess
Nostres..
GALAN T. 35 Sivous m'en demandezla raiſon au- jourd'huy ,
LesChienssefont la guerre entre toutes
lesBestes ,
DelaTriple Union le Cerbere à trois testes
Déchargesafureurfur un Chien comme luy.
C'est pour ce digne Exploit qu'il ve- noient fi grande erre ,
Pauvres Flamans, gardez- vous bien Deleurplus reprocher qu'ilsfont payez
pourrien.
CesTronpes quifaisoient trembler toute laTerre ,
Tout ce grand apareil de guerre ,
Etمجھے vostre argent enfin on fait mourir unChien.
Comme on doit des Heros conferver la
memoire,
Ce Chienmerite affez qu'on luy dreſſe unTombeau,
Et qu'un bel Epitaphe éternise sa gloire.
Voyez si celuy - cy vous paroist affez beau.
Bvj
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Résumé : CONSOLATION A Mr DE MONTAL, Sur la Levée du Siege de Charleroy.
Le texte décrit l'échec d'une tentative de siège de Charleroy par des confédérés. La levée du siège est vue comme une occasion manquée pour Monsieur de Montal de gagner en gloire. Une lettre de consolation mentionne les préparatifs impressionnants des confédérés, incluant une cavalerie noble, des pionniers, de l'infanterie et des canons. Cependant, les assaillants ont manqué de farine dès le premier jour et ont craint les tactiques des Mousquetaires. L'arrivée du duc de Luxembourg et des soldats, encouragés par Louvois, a poussé les confédérés à se retirer. Les généraux adverses ont discuté de leur stratégie, permettant à Luxembourg d'occuper des positions avantageuses. Les confédérés ont quitté le camp sans laisser de traces. La lettre relate également la mort d'un chien, soulignant l'absurdité de la guerre, et propose humoristiquement d'élever un tombeau au chien.
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345
p. 54-57
EPITAPHE.
Début :
Cy gît le grand Citron, Chien d'un gentil courage, [...]
Mots clefs :
Chien, Charleroi, Chagrin, Batailles, Flandre
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texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE.
ΕΡΙΤΑΡΗΕ.
CYgele Y gît le grand Citron ,
Chien d'un gentil courage ,
Qui d'un coup de Mouſquet en la fleurde fon âge,
Proche de Charleroy mourut au Lit d'honneur,
Aboyantavec trop d'ardeur Apres les Alliez lors qu'ils plioient bagage.
Jamais Chien n'eut ſur terre un
plus glorieux Sort ,
Unmonded'Ennemis s'eſt armé
pour ſa mort.
L'avoir tué, c'eſt plus qu'abatre cent murailles ;
Trois Peuples aſſemblez on fait ce grand effort ,
Que l'on doit mettre au rang des celebres Batailles ,
Et les Estats de Flandre encor
GALANT. 37
A
Par avance ont payé deux cens
f mille eſcus d'or
Pour les frais de ſes funerailles.
LeurArmée en fortit quite à trop bom
marché,
Etvous parustes bienfâché D'avoirfaitsi peu de carnage ;
Maisquelque Perſonne foûtient Quevous lefustes davantage ,
Parce qu'ils vous voloient , outre leur
équipage,
Un Baston qui vous appartient.
Carainsi que chacun le conte ,
Ilesttres-aſſuréque le vaillantMontal,
Par leur évasion trop prompte ... Perdun Baston de Marefchal.
Vous en eftiez inconfolable ,
Vous juriez,vouspeſtiez en diable ,
Et l'on vous entendoit crier du mesme
ton Qu'un Aveugle en colere , &qui perd Son Baston.. Quepourtant cechagrin n'ait rien qui
vous tourmente ,. Vous verrez quelque jour tous vos defirs
contens2
38 LE MERCVRE Ce Baston viendra dans son temps Etvous n'y perdrez que l'attente.. Nevous suffit-ilpas que le plus grand
des Rois
Vous a veu triompher déja plus d'une fois,
Etqued'aucunſervice il ne perd la memoire ?
S'il vous donneplus tard ce prix de vos Exploits,
Vous le poffederez avecque plus de gloires Gest cequeje soubaite , &fuis de tout
mon cœur,
Vostre tres-humble Serviteur.
CYgele Y gît le grand Citron ,
Chien d'un gentil courage ,
Qui d'un coup de Mouſquet en la fleurde fon âge,
Proche de Charleroy mourut au Lit d'honneur,
Aboyantavec trop d'ardeur Apres les Alliez lors qu'ils plioient bagage.
Jamais Chien n'eut ſur terre un
plus glorieux Sort ,
Unmonded'Ennemis s'eſt armé
pour ſa mort.
L'avoir tué, c'eſt plus qu'abatre cent murailles ;
Trois Peuples aſſemblez on fait ce grand effort ,
Que l'on doit mettre au rang des celebres Batailles ,
Et les Estats de Flandre encor
GALANT. 37
A
Par avance ont payé deux cens
f mille eſcus d'or
Pour les frais de ſes funerailles.
LeurArmée en fortit quite à trop bom
marché,
Etvous parustes bienfâché D'avoirfaitsi peu de carnage ;
Maisquelque Perſonne foûtient Quevous lefustes davantage ,
Parce qu'ils vous voloient , outre leur
équipage,
Un Baston qui vous appartient.
Carainsi que chacun le conte ,
Ilesttres-aſſuréque le vaillantMontal,
Par leur évasion trop prompte ... Perdun Baston de Marefchal.
Vous en eftiez inconfolable ,
Vous juriez,vouspeſtiez en diable ,
Et l'on vous entendoit crier du mesme
ton Qu'un Aveugle en colere , &qui perd Son Baston.. Quepourtant cechagrin n'ait rien qui
vous tourmente ,. Vous verrez quelque jour tous vos defirs
contens2
38 LE MERCVRE Ce Baston viendra dans son temps Etvous n'y perdrez que l'attente.. Nevous suffit-ilpas que le plus grand
des Rois
Vous a veu triompher déja plus d'une fois,
Etqued'aucunſervice il ne perd la memoire ?
S'il vous donneplus tard ce prix de vos Exploits,
Vous le poffederez avecque plus de gloires Gest cequeje soubaite , &fuis de tout
mon cœur,
Vostre tres-humble Serviteur.
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Résumé : EPITAPHE.
Le texte raconte la mort héroïque d'un chien nommé Citron, tué par des ennemis après avoir montré du courage en aboyant sur des alliés en retraite. Sa mort est comparée à une grande bataille impliquant trois peuples et les États de Flandre, qui ont financé ses funérailles. L'armée ennemie a quitté le champ de bataille sans causer de graves dommages, mais a volé un bâton de maréchal appartenant à un personnage non nommé, probablement un général ou un maréchal. Ce dernier est très affecté par cette perte et jure de récupérer son bâton. Le texte se conclut sur une note d'espoir, suggérant que le bâton sera rendu et que le personnage verra ses désirs exaucés avec le soutien du 'plus grand des Rois'.
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346
p. 57-62
Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Début :
Il est certain que Mr de Montal n'a pas esté [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Louis, Compagnies des gardes du corps, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Il eſt certainqueM' deMon- tal n'a pas eſté le feul quiaitveu avec chagrin la prompte Re- traite de l'Armée du Prince
d'Orange. Tous ceuxqui étoient enfermez avec luy dans Char- leroy, brûloient d'envie de ſe ſi- gnaler. C'eſt ce que nos Enne- mis meſmes croiront aisément
L
GALANT. 39
apres les marques de courage qu'ils voyent tous les jours que donnent les Noſtres en toute
forte de rencontres. Ils font afſez convaincus de la justice qu'ils leur doivent rendre , par les continuels avantages que nousavons remportez ſur eux ;
mais quoyque la valeur ſemble avoir eſté de tout temps une -vertu particuliere aux François,
on peut dire qu'elle n'a jamais tant paruque ſous leRegnede LOUIS LE GRAND. On ne s'en
étonnepas. Son exemple, &les promptes récompenſes qu'il do- ne au veritables Braves ,ſontde
puiſſans motifs pour leur faire tout entreprendre , dans l'em- preſſementdeſediftinguer.Co- me ce Grand Prince ſe plaiſt toûjours à chercher quelques nouveaux moyensde reconnoî
40 LE MERCVRE
tre les ſervices qu'on luy rend,
il a augmenté ſes quatre Com- pagnies des Gardes du Corps,
d'un Lieutenant,d'un Enſeigne,
& de quelques Gardes. Meffieurs de Saint Ruth, Marin, Lignery, du Mefnil,SaintGermain d'Achon,&du Repaire, ont eſté faits Lieutenans ; & Meffieurs
de Reneville , de Gaſſion , de
Vignau, de la Grange, de Quie- ry, de Vilemon , de Monpipaux,
deBagé, de la Cafe,&de Leffay,
font en meſme temps devenus Enſeignes. Meſſieurs de Seri- gnan & de Vandeüil en auront
les Brevets , le rang , & le com- mandement,& ne laifferont pas de faire toûjours leurs fonctions d'Aydes - Majors. Je ne doute
point , Madame , que je ne vous fiffe un fortgrand plaiſir de vous -parler ſeparément de tous ceux
GALAN T. 41
que je viens de vous nommer;
mais outre que j'attens desMe- moires de leurs Amis pour ce qui les regarde chacun en par- ticulier ,j'ay tant de choſes à
vousdire dans cette Lettre , que
pour ne me laiſſer point acca- bler de la matiere , tout ce que j'ajoûteray'aujourd'huy à cet Article, c'eſt qu'on n'entre point dans le Corps où ils ont l'avan- tage d'eſtre reçeus , qu'on ne ſe ſoit fait remarquer dans les plus importantes occafions , & qu'il n'y a point de commandement dont tous ceux qui en ſont Offi- ciers ne foient eſtimez capa- bles. Ils ont l'honneur d'eſtre
toûjours aupres de la Perſonne du Roy, on leur en confie la garde , &vous pouvez bien ju- ger qu'un ſi glorieux employ demande des Gensdontle cou
42 LE MERCVRE rage ſoit auffi connu que le mes rite.
d'Orange. Tous ceuxqui étoient enfermez avec luy dans Char- leroy, brûloient d'envie de ſe ſi- gnaler. C'eſt ce que nos Enne- mis meſmes croiront aisément
L
GALANT. 39
apres les marques de courage qu'ils voyent tous les jours que donnent les Noſtres en toute
forte de rencontres. Ils font afſez convaincus de la justice qu'ils leur doivent rendre , par les continuels avantages que nousavons remportez ſur eux ;
mais quoyque la valeur ſemble avoir eſté de tout temps une -vertu particuliere aux François,
on peut dire qu'elle n'a jamais tant paruque ſous leRegnede LOUIS LE GRAND. On ne s'en
étonnepas. Son exemple, &les promptes récompenſes qu'il do- ne au veritables Braves ,ſontde
puiſſans motifs pour leur faire tout entreprendre , dans l'em- preſſementdeſediftinguer.Co- me ce Grand Prince ſe plaiſt toûjours à chercher quelques nouveaux moyensde reconnoî
40 LE MERCVRE
tre les ſervices qu'on luy rend,
il a augmenté ſes quatre Com- pagnies des Gardes du Corps,
d'un Lieutenant,d'un Enſeigne,
& de quelques Gardes. Meffieurs de Saint Ruth, Marin, Lignery, du Mefnil,SaintGermain d'Achon,&du Repaire, ont eſté faits Lieutenans ; & Meffieurs
de Reneville , de Gaſſion , de
Vignau, de la Grange, de Quie- ry, de Vilemon , de Monpipaux,
deBagé, de la Cafe,&de Leffay,
font en meſme temps devenus Enſeignes. Meſſieurs de Seri- gnan & de Vandeüil en auront
les Brevets , le rang , & le com- mandement,& ne laifferont pas de faire toûjours leurs fonctions d'Aydes - Majors. Je ne doute
point , Madame , que je ne vous fiffe un fortgrand plaiſir de vous -parler ſeparément de tous ceux
GALAN T. 41
que je viens de vous nommer;
mais outre que j'attens desMe- moires de leurs Amis pour ce qui les regarde chacun en par- ticulier ,j'ay tant de choſes à
vousdire dans cette Lettre , que
pour ne me laiſſer point acca- bler de la matiere , tout ce que j'ajoûteray'aujourd'huy à cet Article, c'eſt qu'on n'entre point dans le Corps où ils ont l'avan- tage d'eſtre reçeus , qu'on ne ſe ſoit fait remarquer dans les plus importantes occafions , & qu'il n'y a point de commandement dont tous ceux qui en ſont Offi- ciers ne foient eſtimez capa- bles. Ils ont l'honneur d'eſtre
toûjours aupres de la Perſonne du Roy, on leur en confie la garde , &vous pouvez bien ju- ger qu'un ſi glorieux employ demande des Gensdontle cou
42 LE MERCVRE rage ſoit auffi connu que le mes rite.
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Résumé : Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Le texte décrit la réaction des soldats français, notamment ceux à Charleroy avec le duc de Montausier, face au retrait rapide de l'armée du prince d'Orange. Les ennemis admirent le courage des Français, illustré par leurs victoires successives. La valeur des Français sous le règne de Louis XIV est particulièrement mise en avant. Pour récompenser les braves, le roi a augmenté ses compagnies des Gardes du Corps en ajoutant des lieutenants, des enseignes et des gardes. Plusieurs officiers, comme les messieurs de Saint Ruth, Marin et Lignery, ont été promus lieutenants ou enseignes. Les messieurs de Sérignan et de Vandeuil conservent leurs postes d'aides-majors. Les promotions sont accordées à ceux qui se sont distingués dans des situations importantes et jugés aptes à commander. Ces officiers ont l'honneur de servir près du roi et de garantir sa sécurité.
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347
p. 63-65
PREROGATIVES de la Lettre L.
Début :
On se fait une si haute felicité d'avoir part / Parce que la Lettre L est la premiere en teste [...]
Mots clefs :
Lettre L, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREROGATIVES de la Lettre L.
On ſe faitune fi haute felicité d'avoir part à la moindre choſe qui touche l'incompara- ble Loürs , qu'on pretend que la lettre L. s'attribuë de grands privileges fur toutes les autres,
parce qu'elle commence fon Nom. Il eſt vray qu'on la fait déja un peu enflée de ce qu'elle commençoit ceux du Louvre &
deLutece, qui comme vous ſçavez eſt l'ancien nom de Paris.
Voyez ce qu'en dit cette Epigramme.
PREROGATIVES
de la Lettre L.
D.Arcequela Lettre L'est lapremie
GALAN T. 43
e
S
0
S
e
5
De Lutece , du Louvre , & du nomde
Loüis ,
Elle s'enfte d'orgueil , elle leve la crefte Et demande àfes Sœurs des respects
inoüis.
En vain vous pretendez garder vostre
arrogance,
C'estàvous àfléchir ſous mon obeif Sance,
Leurdit- elle, &j'ay droit de vousfaire la loy ,
Cartout ce que le Mondea de plus ad- mirable
Commençant par mon nom, le rend ing comparable ,
Etnulleparmyvous n'a tantd'honneurs
quemoy..
parce qu'elle commence fon Nom. Il eſt vray qu'on la fait déja un peu enflée de ce qu'elle commençoit ceux du Louvre &
deLutece, qui comme vous ſçavez eſt l'ancien nom de Paris.
Voyez ce qu'en dit cette Epigramme.
PREROGATIVES
de la Lettre L.
D.Arcequela Lettre L'est lapremie
GALAN T. 43
e
S
0
S
e
5
De Lutece , du Louvre , & du nomde
Loüis ,
Elle s'enfte d'orgueil , elle leve la crefte Et demande àfes Sœurs des respects
inoüis.
En vain vous pretendez garder vostre
arrogance,
C'estàvous àfléchir ſous mon obeif Sance,
Leurdit- elle, &j'ay droit de vousfaire la loy ,
Cartout ce que le Mondea de plus ad- mirable
Commençant par mon nom, le rend ing comparable ,
Etnulleparmyvous n'a tantd'honneurs
quemoy..
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Résumé : PREROGATIVES de la Lettre L.
Le texte célèbre la lettre 'L' pour commencer les noms de Louis, du Louvre et de Lutèce. Elle est perçue comme supérieure et orgueilleuse. Une épigramme souligne qu'elle se vante de commencer les mots les plus admirables et exige le respect des autres lettres. Elle affirme dominer et faire la loi, car tout ce qui est admirable commence par 'L'.
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348
p. 65-70
Régal donné à son Altesse Royale. [titre d'après la table]
Début :
Vous avez veu le Louvre, vous en avez admiré la [...]
Mots clefs :
Maison, Mr du Broussin, Repas, Altesse royale, Famille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Régal donné à son Altesse Royale. [titre d'après la table]
Vous avez veu le Louvre,vous en avez admiré lamagnificence,
mais vous n'avez peut-eſtre ja- mais veu une Maiſon qui quoy qu'elle ne ſoit que le logement d'un Particulier , merite bien que je vous en parle. C'eſt celle
44 LE MERCVRE
de M' du Brouffin, ſi entendu en toutes chofes , & qui a trouvé l'art d'y renfermer non ſeulement toutes les commoditez ,
mais les agrémens qui ſemblent ne devoir eftre que dans les Palais. Ce qu'ondit de la beau- té de cette Maiſon ayant fait naître à Monfieur quelque cu- rioſité de la voir, ce Grand Prince luy fit l'honneur ces jours paſſez d'allerchez luy , & dene deſapprouverpas la liberté qu'il prit de luy donner à manger. Il n'y eut rien de ſi propre que ce Repas , rien de fi exquis que tout ce qu'on y fervit, &S. Al- teſſe Royale s'en montra ſi ſa- tisfaite , qu'on avoia ,que la ré- putation qu'à M² du Broufſfin de ſe connoiſtre ſi bien à tout , ne s'eſt pas répanduë fans fonde- ment. Je ne vous diray rien de
GALANT. 45
1
a
-
,
-
ſa Perſonne, ny deſa Famille. Il s'appelle Brulart, & mes dernie- res Lettres vous ont appris aſſez de choſes du fameux Chancelier de Sillery quiportoit cemé- me Nom, pour vous faire con- noiſtre le ſang dont il eſt forty.
C'eſt unHommedes plus éclai- rez que nous ayons , & on ne ſe raporte pas moins à luy de ce qui regarde les productions de l'Eſprit, que des Ouvrages où la ſeule induſtrie ſe trouve à conſiderer. Il ſeroit à ſouhaiter que tous ceux qui ont comme luy quelques talens extraordinaires,
fuſſent exempts de mourir , ou du moins qu'ils vécuſſent auſſi long-temps qu'a fait M Char- pentier Doyen du GrandCon- feil , qui mourut ſur la fin de l'autre mois âgé de quatre-vingt
46 LE MERCVRE dix-huit ans. Il en avoit paſſé foixante& treize dans les Charges,&on le pouvoit dire le plus encienMagiſtrat de France. Les divers Emplois qu'il a eus dans la fonction de celle de Conſeiller auGrand Conſeil, l'on rendu recommandable. Il fut envoyé par le Roy en la Ville de Villeneuve lez Avignon , pour regler la Jurisdiction & les
Droits de Sa Majesté avec le Vice-Legat , & il s'acquitta de cette Commiſſion avec autant
de fidelité & d'exactitude , qu'il a toûjours fait paroiſtre de pro- bité en exerçantſa Charge avec une affiduité exemplaire , juf- qu'à ſon extréme caducité. Il eftoit de bonne & tres- ancienne Famille ; & comme il avoit
vécu avec beaucoupd'honneur,
GALANT. 47 il a finy avec une fort grande pieté
mais vous n'avez peut-eſtre ja- mais veu une Maiſon qui quoy qu'elle ne ſoit que le logement d'un Particulier , merite bien que je vous en parle. C'eſt celle
44 LE MERCVRE
de M' du Brouffin, ſi entendu en toutes chofes , & qui a trouvé l'art d'y renfermer non ſeulement toutes les commoditez ,
mais les agrémens qui ſemblent ne devoir eftre que dans les Palais. Ce qu'ondit de la beau- té de cette Maiſon ayant fait naître à Monfieur quelque cu- rioſité de la voir, ce Grand Prince luy fit l'honneur ces jours paſſez d'allerchez luy , & dene deſapprouverpas la liberté qu'il prit de luy donner à manger. Il n'y eut rien de ſi propre que ce Repas , rien de fi exquis que tout ce qu'on y fervit, &S. Al- teſſe Royale s'en montra ſi ſa- tisfaite , qu'on avoia ,que la ré- putation qu'à M² du Broufſfin de ſe connoiſtre ſi bien à tout , ne s'eſt pas répanduë fans fonde- ment. Je ne vous diray rien de
GALANT. 45
1
a
-
,
-
ſa Perſonne, ny deſa Famille. Il s'appelle Brulart, & mes dernie- res Lettres vous ont appris aſſez de choſes du fameux Chancelier de Sillery quiportoit cemé- me Nom, pour vous faire con- noiſtre le ſang dont il eſt forty.
C'eſt unHommedes plus éclai- rez que nous ayons , & on ne ſe raporte pas moins à luy de ce qui regarde les productions de l'Eſprit, que des Ouvrages où la ſeule induſtrie ſe trouve à conſiderer. Il ſeroit à ſouhaiter que tous ceux qui ont comme luy quelques talens extraordinaires,
fuſſent exempts de mourir , ou du moins qu'ils vécuſſent auſſi long-temps qu'a fait M Char- pentier Doyen du GrandCon- feil , qui mourut ſur la fin de l'autre mois âgé de quatre-vingt
46 LE MERCVRE dix-huit ans. Il en avoit paſſé foixante& treize dans les Charges,&on le pouvoit dire le plus encienMagiſtrat de France. Les divers Emplois qu'il a eus dans la fonction de celle de Conſeiller auGrand Conſeil, l'on rendu recommandable. Il fut envoyé par le Roy en la Ville de Villeneuve lez Avignon , pour regler la Jurisdiction & les
Droits de Sa Majesté avec le Vice-Legat , & il s'acquitta de cette Commiſſion avec autant
de fidelité & d'exactitude , qu'il a toûjours fait paroiſtre de pro- bité en exerçantſa Charge avec une affiduité exemplaire , juf- qu'à ſon extréme caducité. Il eftoit de bonne & tres- ancienne Famille ; & comme il avoit
vécu avec beaucoupd'honneur,
GALANT. 47 il a finy avec une fort grande pieté
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Résumé : Régal donné à son Altesse Royale. [titre d'après la table]
Le texte présente Monsieur du Brouffin, également connu sous le nom de Brulart, issu d'une famille illustre comme le chancelier de Sillery. Sa maison, bien que modeste, est comparée à un palais en raison de ses nombreuses commodités. Le prince de Conti a récemment visité cette demeure et a apprécié un repas exceptionnel, confirmant ainsi la réputation de son hôte. Monsieur du Brouffin est décrit comme l'un des hommes les plus éclairés de son temps, respecté pour ses productions intellectuelles et ses œuvres d'industrie. Le texte exprime le souhait que les personnes talentueuses comme lui soient exemptes de la mort ou vivent longtemps, citant l'exemple de M. Charpentier. Ce dernier, doyen du Grand Conseil, est décédé à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans après soixante-treize années de service. Charpentier était connu pour sa probité et son assiduité exemplaire dans ses fonctions de conseiller au Grand Conseil et dans diverses missions royales.
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349
p. 70-82
L'ADIEU AUX MUSES. DISCOURS.
Début :
Quand on dit adieu au monde par la mort, c'est / Muses c'est trop resver au bord de vos Fontaines, [...]
Mots clefs :
Adieu, Muses, Vers, Poète, Auteurs, Arts, Chansons, Libraire, Livres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ADIEU AUX MUSES. DISCOURS.
té.
Quand on dit adieu au mon- de par la mort , c'eſt ſans reſource. Iln'en est pas de meſme du ſpirituel Inconnu qui pré- tend l'avoir dit aux Muſes. Il a
un ſi beautalent pour la Poëfie,
qu'il ſe réfoudra difficilement à
tenir parole. Voyez ſi j'ay raiſon dele croire.
A
L'ADIEU
AVX MVSES.
DISCOURS.
MUses, c'esttrop rever, anbordde
Pour unfoible plaisir vouscaufezmil tepeines :
48 LE MERCVRE
Vousn'avezplus pour moy vos premie- res beautez ,
Et je renonce aux biens que vous me
prometez.
Iadis avechonneur vos charmantes retraites
Retentiſſoient du bruit des tranquiles
Poëtes ,
Quand les Maistres du Monde apres degrands exploits Concertoient avec eux àl'ombre de vos
Bois ,
Etqu'un mesme Laurier cueilly sur le Parnaffe Couronnoit tout ensemble Auguste
SonHorace.
Mais belas ,dans ce Siecle un iniuste
mépris Estde nos tristes Vers &lefruit & le
prix!
Quoy,lors quefans rien faire il m'est
permis de vivre ,
Dois-je mal- à-proposfecher àfaire un
Livre,
Quandje n'auray pourfruit de mes tra
vaux ingrats
:
Que
GALANT. 49 Que le mépris du Peuple , &la haine desFats?
Maisquandde vos attraits on a l'ame
ravie,
Qui vousfuit une fois , vousfait toute
Savie.
On a beau remontrer au Poëte Damon
Qu'on n'entendit jamais son barbare
jargon ;
Envainpourleguerir deſa fureurd'é- crire.
Onmépriſeſes Vers que luy ſeul il ad
mire,
Ases propres dépens il se fait imprimer,
Ettoûjours malgré vous il s'obſtineà
rimer.
Moy-mesme mille fois à vos ardeurs rebelle,
I'aytenté vainement de vous eſtre infidelle.
Tous les jours , dés que l'Aube anonce le Soleil,
Apollon par ces mots interrompt mon Sommeil.
Quitte, quitte du Litles delicesvulgai
res,
Tom. VIII. C
50 LE MERCVRE
Cen'estpas en dormant que se font les
Homeres,
Debout. Il n'estpas jour ,que faire fi matin ?
Vad' Horace &de Perſe éclaircir le
Latin,
Lis
gile,
relis encore &Terence &VirEtfur leurstyle heureux tâche àformer
-toastyle.
lesçay tous ces Auteurs. Les peut-on trop sçavoir?
Il i'y faut appliquer du matin jusqu'au
foir,
Tefeurerdes plaisirs où l'âge teconvie ,
Et me facrifier les beaux jours de ta
vie.
C'est ainsi,doctes Sœurs , que vos chers
Nourriffons Aleur tranquilité préferent vos Chan- fons,
On pourroitde vostre Artſoufrir l'in
quiétude ,
Sile gain balançoit l'ennuy de fon étu
des
MaisentretouslesArts qui demandens
nosfoins,
GALAN T. SI
↓
ش
Vostre Art couste le plus , &profite le moins.
Nocardqui tuë un Homme avec une
Ordonnance ,
Deſonafſaffinat reçoit la récompense,
Ettoy qui t'enrichis d'un argent fi mal du,
Paulin,je t'aypayé pour un Procés perdu.
Cependantqui ne sçait la réponse bar- bare
Quefit àl'Arioste un Mecenas avare ,
Quand cet Auteur Comique autant qu'ingénieux ,
Allaluy preſenterſon Roland Furieux?
LaGloire , direz-vous , qui vousfuit d'ordinaire,
Doitàvos Favoris tenir lieu deſalaire.
Oledigneloyerd'un pénible Métier ,
Oûfans compter letemps ,on perdjus qu'aupapier!
CetteGloirequi dupe &le Sot &l'Ha bite ,
Qwest elle que duvent quandelle est in- fertile?
Etpuislors qu'apres elleon court en in- fenfé
Cij
52 LE MERCVRE
Eft-on feur de l'atteindre apres s'estre lassé?
Licidas quife tuë à grimperauParnaſſe,
Etd'un tasde Laquaisfiflédeplace en
C
place;
Etcombien voyons-nous d'Auteurs in
fortunez,
Qu'àd'eternels affrons vous avez condamnez!
Dans un Siecle oùfleurit la puretéparfaite,
Ilfautde grands talenspour former un Poëte;
Il faut qu'au Berceau mesme Apollon
nous ait ry ,
Quedes meilleurs Auteurs wostre esprit foit nourry ,
Etque par le travail d'une longue !eEture,
2
L'Art acheve les traits qu'ébaucha la
Nature.
Aujourd'huy que l'on voit d'aſſez fameux Auteurs
Apauvrir le Libraire, &manquer d'Acheteurs,
Iray-je follemeipourprix de mon étude,
Des Livresinconus groffir la multitude?
GALANT: 53 En vain vous me flatez qu'un fuccés plusheureux
Diſſiperoit ma crainte ,& rempliroit
mes VŒUХ ,
Etque Paris un jour à mes Ocuvres propice
Forceroit la Province à me rendrejusti
ce
Quandlesfons demon Lut presque usé fous mes doigts ,
D'un Cygne agoniſantfurpaſſeroient la voix د
Etque mes Chantspolisparde laſſantes veilles
Auroient d'Apollon mesme enchanté les
oreilles,
Pourroit-je m'aſſurer que le tour de mes
Vers
Sçent plaire également àmille Esprits divers ?
Maissifermant les yeux auxpérils on s'expose
Lagloire on
pofe
lereposdequiconque comIeſuivois pour rimerun aveugle defir ,
Quelgenre de Poëme oftroit-je choi fir ?
Cij
34 LE MERCVRE Faut-il ,Auteur nouveau d'une Piece
tragique ,
Faireplaindre un Hérosfurun ton ma- gnifique,
Ettouchant lefuccés reſveur , triſte inquict ,
D'un chagrin incertain m'affliger en ef fet?
Non, mon ameau repos constamment
attachée,
D'unSentimentpareilne peut estre tou chée.
Dois-je en ſtyle amoureux ,pleurant ,
horsdeſaiſon ,
Me ou de plaindre des rigueursd'Iris , ou
Lifon Helas ! lesplus beaux Vers d'un cœur tendre&fidelle Sontun foible Secours pourvaincre une Cruelle.
Si dans une Satire abondante en bons
mot's
-Jeberneplaiſamment une foule de Sots,
Toute la Ville en cris contre moy dechai
née
Traite mesjeux d'esprit de licence effren née.
GALANT.
1
MesAmis lesplus chers n'ofentqu'avec
terreur
D'un torrent fi rapide arreſter la fureur,
Etfurle bruit qui court mes Parens en alarmes
Amafuture mort donnent déja des larmes.
CesParensennemis devos vieilles Chanfons Mefont à tout moment d'importunes
Leçons.
Quite , me diſent-ils, une étude inutile,
Et va faire au Palais une moiſſon fertile.
Vital,tu le connois, chacun parle de luys Voy ce qu'il fut jadis , ce qu'il est au- jourd'huy.
Tuſçais le peude bien qu'il eutpourſon
partage,
Sesdebtes de beaucoup paſſoient fon heritage.
Cependant qui l'a mis au rangoùtu le
vois!
C'estleBarreau.Voilal'utilité des Loix.
Mets-toy devant les yeux unſemblable
modelle ,
Cij
$6 LE MERCVRE
DesVersqui tefont tort débroüille ta
cervelle ;
Qusi pour t'attirer, le Droit manque d'apas Quite-le , maisdu moins dors , &ne
rimepas.
C'est ainsi qu'oposez au panchant qui m'entraîne ,
De mon cœur contre vous ils foûlevent Lahaine;
Ilfaut leur plaire enfin , & faire un
nouveau choix.
Adieu, Muses , adieu pourla derniere
fois.
Quand on dit adieu au mon- de par la mort , c'eſt ſans reſource. Iln'en est pas de meſme du ſpirituel Inconnu qui pré- tend l'avoir dit aux Muſes. Il a
un ſi beautalent pour la Poëfie,
qu'il ſe réfoudra difficilement à
tenir parole. Voyez ſi j'ay raiſon dele croire.
A
L'ADIEU
AVX MVSES.
DISCOURS.
MUses, c'esttrop rever, anbordde
Pour unfoible plaisir vouscaufezmil tepeines :
48 LE MERCVRE
Vousn'avezplus pour moy vos premie- res beautez ,
Et je renonce aux biens que vous me
prometez.
Iadis avechonneur vos charmantes retraites
Retentiſſoient du bruit des tranquiles
Poëtes ,
Quand les Maistres du Monde apres degrands exploits Concertoient avec eux àl'ombre de vos
Bois ,
Etqu'un mesme Laurier cueilly sur le Parnaffe Couronnoit tout ensemble Auguste
SonHorace.
Mais belas ,dans ce Siecle un iniuste
mépris Estde nos tristes Vers &lefruit & le
prix!
Quoy,lors quefans rien faire il m'est
permis de vivre ,
Dois-je mal- à-proposfecher àfaire un
Livre,
Quandje n'auray pourfruit de mes tra
vaux ingrats
:
Que
GALANT. 49 Que le mépris du Peuple , &la haine desFats?
Maisquandde vos attraits on a l'ame
ravie,
Qui vousfuit une fois , vousfait toute
Savie.
On a beau remontrer au Poëte Damon
Qu'on n'entendit jamais son barbare
jargon ;
Envainpourleguerir deſa fureurd'é- crire.
Onmépriſeſes Vers que luy ſeul il ad
mire,
Ases propres dépens il se fait imprimer,
Ettoûjours malgré vous il s'obſtineà
rimer.
Moy-mesme mille fois à vos ardeurs rebelle,
I'aytenté vainement de vous eſtre infidelle.
Tous les jours , dés que l'Aube anonce le Soleil,
Apollon par ces mots interrompt mon Sommeil.
Quitte, quitte du Litles delicesvulgai
res,
Tom. VIII. C
50 LE MERCVRE
Cen'estpas en dormant que se font les
Homeres,
Debout. Il n'estpas jour ,que faire fi matin ?
Vad' Horace &de Perſe éclaircir le
Latin,
Lis
gile,
relis encore &Terence &VirEtfur leurstyle heureux tâche àformer
-toastyle.
lesçay tous ces Auteurs. Les peut-on trop sçavoir?
Il i'y faut appliquer du matin jusqu'au
foir,
Tefeurerdes plaisirs où l'âge teconvie ,
Et me facrifier les beaux jours de ta
vie.
C'est ainsi,doctes Sœurs , que vos chers
Nourriffons Aleur tranquilité préferent vos Chan- fons,
On pourroitde vostre Artſoufrir l'in
quiétude ,
Sile gain balançoit l'ennuy de fon étu
des
MaisentretouslesArts qui demandens
nosfoins,
GALAN T. SI
↓
ش
Vostre Art couste le plus , &profite le moins.
Nocardqui tuë un Homme avec une
Ordonnance ,
Deſonafſaffinat reçoit la récompense,
Ettoy qui t'enrichis d'un argent fi mal du,
Paulin,je t'aypayé pour un Procés perdu.
Cependantqui ne sçait la réponse bar- bare
Quefit àl'Arioste un Mecenas avare ,
Quand cet Auteur Comique autant qu'ingénieux ,
Allaluy preſenterſon Roland Furieux?
LaGloire , direz-vous , qui vousfuit d'ordinaire,
Doitàvos Favoris tenir lieu deſalaire.
Oledigneloyerd'un pénible Métier ,
Oûfans compter letemps ,on perdjus qu'aupapier!
CetteGloirequi dupe &le Sot &l'Ha bite ,
Qwest elle que duvent quandelle est in- fertile?
Etpuislors qu'apres elleon court en in- fenfé
Cij
52 LE MERCVRE
Eft-on feur de l'atteindre apres s'estre lassé?
Licidas quife tuë à grimperauParnaſſe,
Etd'un tasde Laquaisfiflédeplace en
C
place;
Etcombien voyons-nous d'Auteurs in
fortunez,
Qu'àd'eternels affrons vous avez condamnez!
Dans un Siecle oùfleurit la puretéparfaite,
Ilfautde grands talenspour former un Poëte;
Il faut qu'au Berceau mesme Apollon
nous ait ry ,
Quedes meilleurs Auteurs wostre esprit foit nourry ,
Etque par le travail d'une longue !eEture,
2
L'Art acheve les traits qu'ébaucha la
Nature.
Aujourd'huy que l'on voit d'aſſez fameux Auteurs
Apauvrir le Libraire, &manquer d'Acheteurs,
Iray-je follemeipourprix de mon étude,
Des Livresinconus groffir la multitude?
GALANT: 53 En vain vous me flatez qu'un fuccés plusheureux
Diſſiperoit ma crainte ,& rempliroit
mes VŒUХ ,
Etque Paris un jour à mes Ocuvres propice
Forceroit la Province à me rendrejusti
ce
Quandlesfons demon Lut presque usé fous mes doigts ,
D'un Cygne agoniſantfurpaſſeroient la voix د
Etque mes Chantspolisparde laſſantes veilles
Auroient d'Apollon mesme enchanté les
oreilles,
Pourroit-je m'aſſurer que le tour de mes
Vers
Sçent plaire également àmille Esprits divers ?
Maissifermant les yeux auxpérils on s'expose
Lagloire on
pofe
lereposdequiconque comIeſuivois pour rimerun aveugle defir ,
Quelgenre de Poëme oftroit-je choi fir ?
Cij
34 LE MERCVRE Faut-il ,Auteur nouveau d'une Piece
tragique ,
Faireplaindre un Hérosfurun ton ma- gnifique,
Ettouchant lefuccés reſveur , triſte inquict ,
D'un chagrin incertain m'affliger en ef fet?
Non, mon ameau repos constamment
attachée,
D'unSentimentpareilne peut estre tou chée.
Dois-je en ſtyle amoureux ,pleurant ,
horsdeſaiſon ,
Me ou de plaindre des rigueursd'Iris , ou
Lifon Helas ! lesplus beaux Vers d'un cœur tendre&fidelle Sontun foible Secours pourvaincre une Cruelle.
Si dans une Satire abondante en bons
mot's
-Jeberneplaiſamment une foule de Sots,
Toute la Ville en cris contre moy dechai
née
Traite mesjeux d'esprit de licence effren née.
GALANT.
1
MesAmis lesplus chers n'ofentqu'avec
terreur
D'un torrent fi rapide arreſter la fureur,
Etfurle bruit qui court mes Parens en alarmes
Amafuture mort donnent déja des larmes.
CesParensennemis devos vieilles Chanfons Mefont à tout moment d'importunes
Leçons.
Quite , me diſent-ils, une étude inutile,
Et va faire au Palais une moiſſon fertile.
Vital,tu le connois, chacun parle de luys Voy ce qu'il fut jadis , ce qu'il est au- jourd'huy.
Tuſçais le peude bien qu'il eutpourſon
partage,
Sesdebtes de beaucoup paſſoient fon heritage.
Cependant qui l'a mis au rangoùtu le
vois!
C'estleBarreau.Voilal'utilité des Loix.
Mets-toy devant les yeux unſemblable
modelle ,
Cij
$6 LE MERCVRE
DesVersqui tefont tort débroüille ta
cervelle ;
Qusi pour t'attirer, le Droit manque d'apas Quite-le , maisdu moins dors , &ne
rimepas.
C'est ainsi qu'oposez au panchant qui m'entraîne ,
De mon cœur contre vous ils foûlevent Lahaine;
Ilfaut leur plaire enfin , & faire un
nouveau choix.
Adieu, Muses , adieu pourla derniere
fois.
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Résumé : L'ADIEU AUX MUSES. DISCOURS.
Dans ce discours d'adieu aux Muses, l'auteur exprime son désarroi face à la poésie et aux difficultés qu'elle engendre. Il commence par souligner que, contrairement à la mort, l'abandon de la poésie n'est pas définitif. L'auteur regrette les peines causées par les Muses et renonce aux biens qu'elles promettent. Il évoque une époque où les poètes étaient honorés et couronnés pour leurs œuvres, contrairement à son siècle où les vers sont méprisés. L'auteur décrit la passion inévitable pour la poésie, malgré les critiques et le mépris. Il mentionne les efforts constants nécessaires pour maîtriser les auteurs classiques et les sacrifices personnels que cela implique. Il critique également la gloire poétique, la qualifiant de dupe et d'infertile, et souligne les difficultés financières des poètes. Le texte se termine par une réflexion sur les genres poétiques : tragédie, amour, satire. L'auteur exprime son désir de repos et les pressions familiales pour abandonner la poésie au profit d'une carrière juridique. Finalement, il décide de dire adieu aux Muses pour la dernière fois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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350
p. 83-84
« La resolution ne tiendra pas, Madame, & je croy que [...] »
Début :
La resolution ne tiendra pas, Madame, & je croy que [...]
Mots clefs :
Talent, Style, Ingénieuse satire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La resolution ne tiendra pas, Madame, & je croy que [...] »
La pas , reſolution ne tiendra
Madame , &je croy que vous n'en eſtes pas moins perfuadée que je le fuis. Tant de Gens qui ne font nullement nez Poëtes ,
s'obſtinent tous les jours à fati- guer leurs amis par de méchans
Vers ; commentun Homme qui en fait de fi bons,& quiles tour-- ne d'une maniere ſi agreable ,
GALANT. 57 voudroit- il enfevelir un talent
qui ne luy peut acquerir que de la gloire ? Si vous avez eſteſatiſ- faite , comme je n'en doute pas,
de cette ingénieuſe Satire,vous ne la ferez pas moins d'une Let- tre qui m'eſt tombée depuis trois jours entre les mains. On ne me l'a donnéeque pourm'y
faire lire une Avanture de Vendanges qu'on me permettoit d'embellir, &j'entrouve le ſtile fi pur , que je croirois ladéfigu- rer , fi j'entreprenois d'y changerla moindre choſe. Voyez-la telle qu'elle a eſtéécrite par un fort galant Homme qui a bien vouluquefon Amy men ait fair QUE
Part.
Madame , &je croy que vous n'en eſtes pas moins perfuadée que je le fuis. Tant de Gens qui ne font nullement nez Poëtes ,
s'obſtinent tous les jours à fati- guer leurs amis par de méchans
Vers ; commentun Homme qui en fait de fi bons,& quiles tour-- ne d'une maniere ſi agreable ,
GALANT. 57 voudroit- il enfevelir un talent
qui ne luy peut acquerir que de la gloire ? Si vous avez eſteſatiſ- faite , comme je n'en doute pas,
de cette ingénieuſe Satire,vous ne la ferez pas moins d'une Let- tre qui m'eſt tombée depuis trois jours entre les mains. On ne me l'a donnéeque pourm'y
faire lire une Avanture de Vendanges qu'on me permettoit d'embellir, &j'entrouve le ſtile fi pur , que je croirois ladéfigu- rer , fi j'entreprenois d'y changerla moindre choſe. Voyez-la telle qu'elle a eſtéécrite par un fort galant Homme qui a bien vouluquefon Amy men ait fair QUE
Part.
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Résumé : « La resolution ne tiendra pas, Madame, & je croy que [...] »
L'auteur refuse d'écrire des vers médiocres, malgré la tendance générale. Il reçoit une lettre décrivant une aventure de vendanges, écrite dans un style pur. Il attribue cette lettre à un homme galant qui l'a fait lire à un ami.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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