Jedevrois vous parler icydes Armées de Monfieur le Baron
de Monclar , & de celle des
Cercles, à laquelle nous avons fait repaffer le Rhin ; mais comme je ne vous enay encor rien dit dans aucune de mes
Lettres , je referve à vous faire un Recit entier de cette Campagne dans ma premiere , afin que vous en appreniez en meſ- me temps le commencement &
la fin. Quant à l'Armée de Catalogne , le repos des Enne- mis vous fait mieux voir que
tout ce que je vous en pourrois dire , qu'il fautqu'ils ayent eſté bien batus , puis qu'apres avoir1
amaſſe tant de forces, ils n'ont
GALANT. 185 rien entrepris depuis l'avanra- geuſe Retraite de Monfieur le
Ducde Navailles, Voyez, Ma- dame, par ce détail , ſi je n'ay pas eu raiſon d'aſſurer que la ſeule Garniſon de Maſtric avoit
plus fait que tant de milliers d'Hommes. Elle a brûlé des.....
Villages dans le Païs d'Elfe,
appartenant au Duc de Neu- bourg. Elle en a brûlé dans celuy de Juliers , avec les Villes
de Zittard & de Tongres , en reprefailles de Moufon ; car ,
comme je vous l'ay fait remar- quer d'abord , les François re- pouffent, mais ne commencent jamais l'infulte. M de Melac Colonel de Cavalerie , a mis
auſſi le feu à trois Chaſteaux
des environs de Zittard , fans
que le Major General Spaën qui commandeunCorps d'AlLifez la Page folio 86. & 87. cy-contre.
187 LE MERCVRE Capitaine d'Ohier de Dieppe,
appartenant à divers Particu- liers, &fur tout au Sieur Rouxel
de la meſme Ville. On l'avoit
deſtiné pour les Indes. Sa char- ge montoit à cinquante mille écus , & le Baſtiment en vaut trente mille. Sonbonheur vouIut qu'il vint échoüer devant le petit Fort , & que cinquante jeunes Hommes qui s'y jette- rent auffitoſt , ſe joignirent à
ceux de l'Equipage. M³ le Duc de S. Aignan avoit donné le commandement de ces cinquante Hommes de Fécam à
M' Godefroy , qui eſt un tres- brave Soldat, &qui fit des mer- veilles en cette occafion. Cependantles cinq-Frégates ayant le Pavillon François , tirerent
environ cent coups de Canon àce Vaiſſeau , & comme c'ef-
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4.
liez formé ſeulement pour s'o- poſer àla Garniſon de Maſtric,
ait pû l'empeſcher ny rompre ſes Partis qui reviennent tous les jours chargez de butin.
Tout le Païs de Juliers & de
Gueldres l'appréhende , & ce- luy de Cologne eſt d'accord avec elle pour les Contribu.
tions.