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1
p. 212-228
Tout ce qui s'est passé dans l'Academie Françoise le jour de la Distribution des Prix, avec plusieurs particulartiez qui regardent l'Education de Monseigneur le Dauphin, & les grandes qualitez de ce Prince. [titre d'après la table]
Début :
Les Articles précedens vous ayant appris la mort & vous [...]
Mots clefs :
Académie française, Article, Prix, Médailles d'or, Excellents ouvrages, Grand homme, Abbé Tallement, Directeur, Compagnie, Lectures, Château de S. Germain, Monsieur de S. Aignan, Dauphin, Esprit, Graver
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texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé dans l'Academie Françoise le jour de la Distribution des Prix, avec plusieurs particulartiez qui regardent l'Education de Monseigneur le Dauphin, & les grandes qualitez de ce Prince. [titre d'après la table]
Les Articles précedens vous ayant appris la mort , & vous ayant fait connoiſtre le merite dedeux Perſonnes auffi Illuſtres
par leur grande vertu que par Léclat de leur naiſſance,je vais dans un ſeul Article vous par- ler d'une partie de ce que la France a de plus conſidérable du coſté de l'Eſprit, &vous en tretenir de ce qu'elle a de plus
134 LE MERCVRE relevé du coſté de la Naiſſan
ce,&des merveilleuſes qualitez qui rendent les Grands Hom- mes recommandables. Vous ju- gez bien , Madame , que c'eſt de Article de l'Académie Françoiſe dont je vous vais entrete- nir pour m'acquiter de ma pa- role.
J'avois eu ſoin de prendre une Copie de la Piece deVers qu'elle a jugée digne du Prix,
mais je ne vous l'envoyeray point,puis que vous memandez que vous l'avez veüe. Je vous entretiendrayſeulementde l'In- ftitution de ces Prix(carje vous aydéja fait ſçavoir qu'il y en a
deux ) & des cerémonies qui s'obſervēt le jour qu'on les don- ne. Ils fontchacunde la valeur
de trente Piſtoles ,&confiftent
en deuxMedailles d'or,dont l'u
GALANT. 135 ne repreſente un Saint Loüis,&
: l'autre le Portrait du Roy. Lex Prix de Proſe a eſté fondé par
- feu Mr de Balzac qui estoit de cet Illuſtre Corps. Lesexcellens Ouvrages qu'il nous a laiſſez ſe liſenttous les jours avecadmira- tion , &c'eſt avec beaucoupde justice qu'on l'a fait paffer pour le plus EloquentHommede fon temps. Comme l'argent qu'il a
laiſſe pour cela, ne produitpas chaque annéeun intereſt affez fort pour remplir la valeur du Prix, on ne le donne que tous les deuxans ; &à l'imitation de ce Grand Homme , unAcadé- micien d'autant plus genéreux qu'il neveutpoint ſe faire con- noiſtre , a fourny juſqu'icy la mefme fomme pour le Prix des Vers.. Meffieurs de l'Académic
enchoiſiſſent le Sujet,auffi-bien
136 LE MERCVRE que de la Profe. Ils en avertif fent le Publicunan auparavant par quelques Affiches ; & ceux qui travaillentſur ces matieres,
font obligez d'envoyer leurs Piecesdans le dernier jourd'A-- vril, ſans ſe nommer, afin que n'en connoiſſant point lesAu- teurs , cesMeffieurs les puiſſent examiner ſans aucune préoccu- pation qui les faſſe plutoſt pan- cher vers fun que vers l'autre.. Les Prixſe donnent publique+
ment; & comme ils ont choify le Jourde S. Loüis pour en faire la diſtribution , le Roy a com mencé cette année d'en augmenter la folemnité pour eux,
endonnantſes ordres pour leur faire chanter la Meſſe en Mufi-.
que, &prononcer le Panegyri- quede ceGrand Saint..Ainſi la Meffe fut celebrée ce Jour-là
T
GALANT. 137
- pour leur Compagnie par M
l'Abbé du Pont Chapelain du Louvre.M' Oudotqui a faittant d'agreables chofes , y fit admi- rer fonGénie pour la Muſique.
Tout cequi s'y chanta eftoit de luy. M' L'Abbéde S. Martin fit lePanégyrique du Saint,&mar- qua d'une maniere fort ingé nieuſe tout ceque le Roy faifoit pour élever un Corps auffi Il- luſtre que celuy devant lequel il parloit. Il euſt eſté diffici- le de luy choiſirdes Auditeurs qui ſe connuſſent mieux aux belles Choſes; &puis qu'il les satisfit tous,on ne peut douter qu'il ne fuſtdignedes applaudif- ſemens qu'il reçeut. L'apreſdî- née on tint Affemblée publi- que , où se trouverent quantité d'Eveſques &deGensde la pré- miere Qualité. M' l'Abbé Tal
#38 LE MERCVR lemant le jeune , comme Dire- teur de la Compagnie, expli- qua d'abord en peudemots la maniere dont on s'eſtoit fervy pour juger des Pieces qui a- voientmerité le Prix, &les don na à lire àM l'Abbe Regnier. Il commença par celle de Profe,
&perſonne ne s'eſtant preſen- té pour en déclarer l'Autheur,
il leut en ſuite celle de Vers. El
le ſe trouvadigne de l'approba- tionquevous luy avez donnée;
&apres que la lecture en eur eſté faite ,Ml'AbbéTallemant fit connoiſtrequ'on venoitd'ap- prendre qu'elle estoit deM² de La Monnoye Correcteur des Comptes àDijon. Je croy ,Ma- dame , que les Prix n'ont encor eſté donnez que trois fois , &
e'eſt le trofiéme qu'il a déja remporté pourlesVers.. Il feroit
GALANT. 139
1
àſouhaiter pour ceux qui ont entré enconcurrence avec luy,
que Meſſieurs de l'Académie Luydonnaffent la premierePla- ee vacante. Comme la qualité de Juge ne laiſſeroit plus rece-- voir ſes Ouvrages , les autres auroient plus de courage àtravailler. Cesdeux Pieces ayant eſté leuës, Mª Cordemoy qui eft de leur Corps , & Lecteur de
Monseigneur le Dauphin leutdeux autres deProfe 2
CNTHEOUT
fur des
d'un SujetsPreſident diferens.&Elles d'un Avecat
de Soiſſons qu'on ne ma pû nommer , & avoient eſté en voyées par l'Académiede cette meſme Ville , qui doit ce tribut àcelledeParis par une des Loix de ſon Etabliſſement. Ilyen a une autre qui l'oblige àne pren- dre pour fon Protecteur qu'un
1780
140 LE MERCVRE
보
des Quarante qui compoſent l'Academie Françoiſe , &c'eſt ce qui luy a fait choifir Mon- ſieur le Cardinal d'Eſtrées qui en eſt. Ces Lectures furent fuivies d'un panegyrique du Roy que fit Me l'Abbé Tallemant,
en décrivant toute la Campa- gne. Il parla avec une liberté qui faiſoit voir qu'il eſtoit mai- ſtre de ſes penſées , &qu'il ne cherchoit point ce qu'il diſoit Il s'exprima par des termes fi choiſis , & tout ce qu'ildit fur prononcé avec tant de grace,
qu'il auroir pu faire valoir des choſes médiocres ; mais outre qu'on n'en peut dire ſur unefi éclatante matiere , jamais iln'y eut Difcours ſi éloquent. Les grandes Actions duRoy furent peintesavecles plus vives cou leurs. Tout estoit également
GALANT. 141
11
1
1
fort, rien d'ennuyeux , rien de languiſſant. La joye eſtoit mar- quée ſur le viſage de ſes Audi- teurs ; &il eut cellede ſe voir obligé plus d'une fois de s'in terrompre luy meſme pour laif- fer finir les applaudiſſemens qu'il recevoit. Enfin , Madame,
fi le Royne ſe rendoit tous les jours loiable par uue infinité d'endroits nouveaux qui fur- prennent autant qu'ils donnent fujet de l'admirer , je ne croy pas que perſonne oſaſt entre- prendre de le loüer apres M
IAbbéTallemant. Aufſi, quand il eut finy , il eut beau deman- der, comme on fait ordinairement, ſi quelqu'un des Acadé- miciens n'avoit rien àlire , chacun ſe leva , &dit tout haut,
qu'apres ce qu'on venoit d'en- tendre ,onnepourroit plus rien
142 LE MERCVRE trouver de beau ,&qu'il en falloit demeurer là. J'ay bien de la joye ,Mada- me, devoir par vos Remarques ſurl'Ouvrage de M'dela Mon- noye , que vous eſtes tombée dans mes ſentimens. Tous les
endroits que vous loüez m'a- voientextrémementplû, &j'ay trouvé comme vous ſa Poëfic
toute riante. Il eſt vray que la matiere en eſtoitbienfavorable,
&que l'Education deMonſei- gneur le Dauphin qu'on avoit choifie cette année pour Sujer de laPiece de Vers, offroit de grandes idées àl'Eſprit. Que ce jeunePrince ena ! &qu'il eſtoit difficile que la Nature aidée du fecours des plus habiles Maiſtres que laFranceluyaitpûdonner,
nefiſtpas enluyundeſesChef- d'œuvres les plus accomplis !
GALANT. 143 Ce n'eſt point aſſez de dire qu'il n'ignore rien , on peut adjoûter fans flaterie qu'il excelle dans tout ce qu'il ſçait. Il a une ſi par- faite connoiſſance des Fables,
que dés ſes premieres années il ne voyoit point de Tapifferie qui en repreſentaft quelqu'une,
qu'il ne l'expliquaſt auſſi -toſt. Il ſçait tres-bien les Matemati- ques, il deffigne & grave admi- rablement , & on fut furpris un jour qu'eſtant entré chez M Sylveftre , en paſſant par les Galleries du Louvre , il prit un Burin , & grava fur le champ un Païfage qui me- ritoit toutes les loüanges qu'il reçeut. Il a gravé le Chaſtean deS. Germain , dont ayantdon- né une Eſtampe à Monfieur de S.Aignan, ce Duc à qui la vi- vacité d'Eſprit n'a jamais man
144 LE MERCVRE que,fit cet Inpromptu pour luy rendre graces d'un fi agreable Préfent.
par leur grande vertu que par Léclat de leur naiſſance,je vais dans un ſeul Article vous par- ler d'une partie de ce que la France a de plus conſidérable du coſté de l'Eſprit, &vous en tretenir de ce qu'elle a de plus
134 LE MERCVRE relevé du coſté de la Naiſſan
ce,&des merveilleuſes qualitez qui rendent les Grands Hom- mes recommandables. Vous ju- gez bien , Madame , que c'eſt de Article de l'Académie Françoiſe dont je vous vais entrete- nir pour m'acquiter de ma pa- role.
J'avois eu ſoin de prendre une Copie de la Piece deVers qu'elle a jugée digne du Prix,
mais je ne vous l'envoyeray point,puis que vous memandez que vous l'avez veüe. Je vous entretiendrayſeulementde l'In- ftitution de ces Prix(carje vous aydéja fait ſçavoir qu'il y en a
deux ) & des cerémonies qui s'obſervēt le jour qu'on les don- ne. Ils fontchacunde la valeur
de trente Piſtoles ,&confiftent
en deuxMedailles d'or,dont l'u
GALANT. 135 ne repreſente un Saint Loüis,&
: l'autre le Portrait du Roy. Lex Prix de Proſe a eſté fondé par
- feu Mr de Balzac qui estoit de cet Illuſtre Corps. Lesexcellens Ouvrages qu'il nous a laiſſez ſe liſenttous les jours avecadmira- tion , &c'eſt avec beaucoupde justice qu'on l'a fait paffer pour le plus EloquentHommede fon temps. Comme l'argent qu'il a
laiſſe pour cela, ne produitpas chaque annéeun intereſt affez fort pour remplir la valeur du Prix, on ne le donne que tous les deuxans ; &à l'imitation de ce Grand Homme , unAcadé- micien d'autant plus genéreux qu'il neveutpoint ſe faire con- noiſtre , a fourny juſqu'icy la mefme fomme pour le Prix des Vers.. Meffieurs de l'Académic
enchoiſiſſent le Sujet,auffi-bien
136 LE MERCVRE que de la Profe. Ils en avertif fent le Publicunan auparavant par quelques Affiches ; & ceux qui travaillentſur ces matieres,
font obligez d'envoyer leurs Piecesdans le dernier jourd'A-- vril, ſans ſe nommer, afin que n'en connoiſſant point lesAu- teurs , cesMeffieurs les puiſſent examiner ſans aucune préoccu- pation qui les faſſe plutoſt pan- cher vers fun que vers l'autre.. Les Prixſe donnent publique+
ment; & comme ils ont choify le Jourde S. Loüis pour en faire la diſtribution , le Roy a com mencé cette année d'en augmenter la folemnité pour eux,
endonnantſes ordres pour leur faire chanter la Meſſe en Mufi-.
que, &prononcer le Panegyri- quede ceGrand Saint..Ainſi la Meffe fut celebrée ce Jour-là
T
GALANT. 137
- pour leur Compagnie par M
l'Abbé du Pont Chapelain du Louvre.M' Oudotqui a faittant d'agreables chofes , y fit admi- rer fonGénie pour la Muſique.
Tout cequi s'y chanta eftoit de luy. M' L'Abbéde S. Martin fit lePanégyrique du Saint,&mar- qua d'une maniere fort ingé nieuſe tout ceque le Roy faifoit pour élever un Corps auffi Il- luſtre que celuy devant lequel il parloit. Il euſt eſté diffici- le de luy choiſirdes Auditeurs qui ſe connuſſent mieux aux belles Choſes; &puis qu'il les satisfit tous,on ne peut douter qu'il ne fuſtdignedes applaudif- ſemens qu'il reçeut. L'apreſdî- née on tint Affemblée publi- que , où se trouverent quantité d'Eveſques &deGensde la pré- miere Qualité. M' l'Abbé Tal
#38 LE MERCVR lemant le jeune , comme Dire- teur de la Compagnie, expli- qua d'abord en peudemots la maniere dont on s'eſtoit fervy pour juger des Pieces qui a- voientmerité le Prix, &les don na à lire àM l'Abbe Regnier. Il commença par celle de Profe,
&perſonne ne s'eſtant preſen- té pour en déclarer l'Autheur,
il leut en ſuite celle de Vers. El
le ſe trouvadigne de l'approba- tionquevous luy avez donnée;
&apres que la lecture en eur eſté faite ,Ml'AbbéTallemant fit connoiſtrequ'on venoitd'ap- prendre qu'elle estoit deM² de La Monnoye Correcteur des Comptes àDijon. Je croy ,Ma- dame , que les Prix n'ont encor eſté donnez que trois fois , &
e'eſt le trofiéme qu'il a déja remporté pourlesVers.. Il feroit
GALANT. 139
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àſouhaiter pour ceux qui ont entré enconcurrence avec luy,
que Meſſieurs de l'Académie Luydonnaffent la premierePla- ee vacante. Comme la qualité de Juge ne laiſſeroit plus rece-- voir ſes Ouvrages , les autres auroient plus de courage àtravailler. Cesdeux Pieces ayant eſté leuës, Mª Cordemoy qui eft de leur Corps , & Lecteur de
Monseigneur le Dauphin leutdeux autres deProfe 2
CNTHEOUT
fur des
d'un SujetsPreſident diferens.&Elles d'un Avecat
de Soiſſons qu'on ne ma pû nommer , & avoient eſté en voyées par l'Académiede cette meſme Ville , qui doit ce tribut àcelledeParis par une des Loix de ſon Etabliſſement. Ilyen a une autre qui l'oblige àne pren- dre pour fon Protecteur qu'un
1780
140 LE MERCVRE
보
des Quarante qui compoſent l'Academie Françoiſe , &c'eſt ce qui luy a fait choifir Mon- ſieur le Cardinal d'Eſtrées qui en eſt. Ces Lectures furent fuivies d'un panegyrique du Roy que fit Me l'Abbé Tallemant,
en décrivant toute la Campa- gne. Il parla avec une liberté qui faiſoit voir qu'il eſtoit mai- ſtre de ſes penſées , &qu'il ne cherchoit point ce qu'il diſoit Il s'exprima par des termes fi choiſis , & tout ce qu'ildit fur prononcé avec tant de grace,
qu'il auroir pu faire valoir des choſes médiocres ; mais outre qu'on n'en peut dire ſur unefi éclatante matiere , jamais iln'y eut Difcours ſi éloquent. Les grandes Actions duRoy furent peintesavecles plus vives cou leurs. Tout estoit également
GALANT. 141
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fort, rien d'ennuyeux , rien de languiſſant. La joye eſtoit mar- quée ſur le viſage de ſes Audi- teurs ; &il eut cellede ſe voir obligé plus d'une fois de s'in terrompre luy meſme pour laif- fer finir les applaudiſſemens qu'il recevoit. Enfin , Madame,
fi le Royne ſe rendoit tous les jours loiable par uue infinité d'endroits nouveaux qui fur- prennent autant qu'ils donnent fujet de l'admirer , je ne croy pas que perſonne oſaſt entre- prendre de le loüer apres M
IAbbéTallemant. Aufſi, quand il eut finy , il eut beau deman- der, comme on fait ordinairement, ſi quelqu'un des Acadé- miciens n'avoit rien àlire , chacun ſe leva , &dit tout haut,
qu'apres ce qu'on venoit d'en- tendre ,onnepourroit plus rien
142 LE MERCVRE trouver de beau ,&qu'il en falloit demeurer là. J'ay bien de la joye ,Mada- me, devoir par vos Remarques ſurl'Ouvrage de M'dela Mon- noye , que vous eſtes tombée dans mes ſentimens. Tous les
endroits que vous loüez m'a- voientextrémementplû, &j'ay trouvé comme vous ſa Poëfic
toute riante. Il eſt vray que la matiere en eſtoitbienfavorable,
&que l'Education deMonſei- gneur le Dauphin qu'on avoit choifie cette année pour Sujer de laPiece de Vers, offroit de grandes idées àl'Eſprit. Que ce jeunePrince ena ! &qu'il eſtoit difficile que la Nature aidée du fecours des plus habiles Maiſtres que laFranceluyaitpûdonner,
nefiſtpas enluyundeſesChef- d'œuvres les plus accomplis !
GALANT. 143 Ce n'eſt point aſſez de dire qu'il n'ignore rien , on peut adjoûter fans flaterie qu'il excelle dans tout ce qu'il ſçait. Il a une ſi par- faite connoiſſance des Fables,
que dés ſes premieres années il ne voyoit point de Tapifferie qui en repreſentaft quelqu'une,
qu'il ne l'expliquaſt auſſi -toſt. Il ſçait tres-bien les Matemati- ques, il deffigne & grave admi- rablement , & on fut furpris un jour qu'eſtant entré chez M Sylveftre , en paſſant par les Galleries du Louvre , il prit un Burin , & grava fur le champ un Païfage qui me- ritoit toutes les loüanges qu'il reçeut. Il a gravé le Chaſtean deS. Germain , dont ayantdon- né une Eſtampe à Monfieur de S.Aignan, ce Duc à qui la vi- vacité d'Eſprit n'a jamais man
144 LE MERCVRE que,fit cet Inpromptu pour luy rendre graces d'un fi agreable Préfent.
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Résumé : Tout ce qui s'est passé dans l'Academie Françoise le jour de la Distribution des Prix, avec plusieurs particulartiez qui regardent l'Education de Monseigneur le Dauphin, & les grandes qualitez de ce Prince. [titre d'après la table]
Le texte décrit la remise des prix de l'Académie Française, qui récompense des œuvres littéraires en prose et en vers. Les prix se composent de deux médailles d'or et de trente pistoles, et sont remis lors d'une cérémonie solennelle le jour de la Saint-Louis. Le prix de prose, fondé par le défunt Monsieur de Balzac, est attribué tous les deux ans en raison des intérêts insuffisants générés par le fonds. Un académicien anonyme complète la somme nécessaire pour le prix de poésie. Les sujets des concours sont choisis par les académiciens et annoncés au public. Les œuvres doivent être soumises anonymement avant le dernier jour d'avril. La cérémonie de remise des prix inclut une messe en musique et un panégyrique du roi. En 1680, la messe a été célébrée par l'abbé du Pont, et la musique a été composée par Monsieur Oudot. L'abbé de Saint-Martin a prononcé le panégyrique, suivi d'une assemblée publique où les prix ont été annoncés. Les prix ont été décernés trois fois jusqu'alors. Monsieur de La Monnoye a remporté le prix de poésie pour la troisième fois consécutive. D'autres œuvres en prose ont été lues, dont celles de Monsieur Cordemoy et d'un avocat de Soissons. L'Académie de Soissons envoie des œuvres à l'Académie Française en vertu de ses lois d'établissement. L'abbé Tallemant a également prononcé un panégyrique du roi, décrivant ses actions militaires avec éloquence et liberté. Le texte se termine par des éloges sur l'éducation et les talents du Dauphin, soulignant ses compétences en fables, mathématiques, dessin et gravure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 278-285
Une Escadre de 5. Fregates Ostendoises attaque devant Fécam un Vaisseau Marchand estimé quatre-vingt mille escus. Il est sauvé par les bons ordres de M. le Duc de S. Aignan. [titre d'après la table]
Début :
Les Rencontres de Mer ne nous sont pas moins glorieuses [...]
Mots clefs :
Frégates, Rencontres de mer, Fécam, Vaisseau, Combat, Equipage, Monsieur de S. Aignan
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texteReconnaissance textuelle : Une Escadre de 5. Fregates Ostendoises attaque devant Fécam un Vaisseau Marchand estimé quatre-vingt mille escus. Il est sauvé par les bons ordres de M. le Duc de S. Aignan. [titre d'après la table]
Les Rencontres de Mer ne
nous font pas moins glorieuſes que les Attaques de terre. Il y a dix ou douze jours qu'une Eſcadre d'Ennemis parut de- vant Fécam, compoſée de cinq Frégates Oftendoiſes de 36. de 34.de 28.de 24. &de 18. Pieces de Canon. Elles chafſoient un
Vaiſſeau nommmé le S. George,
de 200. Tonneaux,de 22. Pieces
de Canon , & de 120. Hommes d'équipage , commandé par le
188 LE MERCVRE
toient tous Boulets à deux tê
tes , ils couperent force corda- ges ; & force Maneuvres avec P'Echelle, donnerent huit coups dans le corps duBaſtiment, em- porterent lacuiſſe àunMatelor,
& percerent quelques Maiſons des coups qui échaperent. Ces Frégates tinrent en ſuite une eſpece de Conſeil , apres lequel remettant le Pavillon d'Espa- gne , elles revinrent furieuſe- ment à la charge , & quafi à la portée du Piſtolet. Le combat dura cinq heures , & elles tire- rentdu moins cinq cens coups de Canon , & deux mille de
Moufquet , pendant que ceux du Vaiſſeau les attendoient à
l'abordage , le Sabre à la main,
&que deux pieces de Canon,
feules en état de cinq qui font dans le Fort , leur tirerent cent
GALAN T. 189 cinquante coups. Leur Amirale & l'autre grande de 34. furent percées de cinq ou fix coups à
l'eau, cequi les obligea dequi- ter le Combat l'une apres l'au- tre , & d'eſtre longtemps ſur le coſté pour reparer leur dom- mage. Tout le monde fit ſon devoir par les ordres de M. de Longueil , qui , quoy que ma- lade, fit tres-bien de faire défendre le Vaiſſeau avant l'arrivée de M. de S. Aignan , lequel ayant appris cette nouvelle , &
jugeant par le lieu où les Fré- gates demeuroient , qu'elles ne manqueroient point de revenir avec lamarée, partit duHavre,
gagna Fécam toute la nuit , &
eny arrivant le matin, apper- çeut les deux grandes Fregates fous voile qui revenoient vers le Vaiſſeau. Comme le péril
2
190 LE MERCVRE nel'a jamais étonné , il y monta par les cordes du dehors , & les Ennemis s'eſtant approchez peu à peu , ils ſe tinrent encor quelque temps à la veuë de Fécam , & diſparurent tout-à- faiten fuite. Alors M de S. Aignan,qui vouloit braver lesEn-:
nemis dans leur retraite , opina à remettre le Vaiſſeau à flot, &
àne leur pointcacher ſa route.
Apres qu'il eut tiré tout ſon Canon par fon ordre , il mit à
la voile fur les huit heures du
foir , & ce Duc ayant repris le chemin le longde la Coſte , ar- riva au pointdujour auHavre en meſme temps que le Vaif- ſeau. Jugez, Madame, dela joye des Intereſſez , &du Capitaine qui le croyoient perdu ſans re- fource. Tous ceux qui ont eu part à cette Action , en ont re
GALANT. 191 ceu beaucoup de loüanges ,
Me l'Abbé de Coffe , Gentilhomme de Marseille , &Frere
d'un Capitaine de Cavalerie du meſme nom , entra dés le ſoir dans le Vaiſſeau pour partager le plaifir & la gloire de cette défenſe. On a ſceu d'un Capitaine Anglois arrivé depuis cette Attaque , qu'il avoit ren- contré les cinq Frégates avec leurs Maneuvres en granddef- ordre , ſur tout l'Amirale , qui avoit pluſieurs coups à l'eau,
tout ſon Arriere briſe , & force
Gens hors de combat. Les Ennemis luy ont dit que ce qui leur avoit fait conclure leur retour, eſtoit qu'ils avoient connu les Gardes de M. de S. Aignan,
& que s'eſtant apperçeus avec,
leurlongue veuë , qu'il montoit luy-meſme dans le Vaiſſeau , ils
192 LE MERCVRE s'eſtoient bien imaginez qu'on n'oublieroit rien pour ſa dé- fenſe. Ce témoignage eſt bien glorieux pour ce Duc , qui joi- gnant la liberalité à tant d'au- tres vertus qui l'accompagnent,
ne ſe contenta pas de recom- penfer ceux de l'Equipage par des loüanges , mais leur donna de l'argent pour s'eſtre ſi di- gnement acquitez de leur de- voir. Ce fut là -deſſus qu'un agreable Eſprit deFécam fit ces deux Vers , en parlantde luy à
luy-mefme.
Il les mit enétatde ne craindre
plusrien,
Etlesrécompensad'avoirſauvé leurBien,
Les principaux Intereſſez ont eſté ravis de la maniere dont
ce Duc s'eſt pris pour ſauver Ieur Vaiſſeau contre toute apparence,
GALANT. 193 parence , & mefme contre leur
attente.
nous font pas moins glorieuſes que les Attaques de terre. Il y a dix ou douze jours qu'une Eſcadre d'Ennemis parut de- vant Fécam, compoſée de cinq Frégates Oftendoiſes de 36. de 34.de 28.de 24. &de 18. Pieces de Canon. Elles chafſoient un
Vaiſſeau nommmé le S. George,
de 200. Tonneaux,de 22. Pieces
de Canon , & de 120. Hommes d'équipage , commandé par le
188 LE MERCVRE
toient tous Boulets à deux tê
tes , ils couperent force corda- ges ; & force Maneuvres avec P'Echelle, donnerent huit coups dans le corps duBaſtiment, em- porterent lacuiſſe àunMatelor,
& percerent quelques Maiſons des coups qui échaperent. Ces Frégates tinrent en ſuite une eſpece de Conſeil , apres lequel remettant le Pavillon d'Espa- gne , elles revinrent furieuſe- ment à la charge , & quafi à la portée du Piſtolet. Le combat dura cinq heures , & elles tire- rentdu moins cinq cens coups de Canon , & deux mille de
Moufquet , pendant que ceux du Vaiſſeau les attendoient à
l'abordage , le Sabre à la main,
&que deux pieces de Canon,
feules en état de cinq qui font dans le Fort , leur tirerent cent
GALAN T. 189 cinquante coups. Leur Amirale & l'autre grande de 34. furent percées de cinq ou fix coups à
l'eau, cequi les obligea dequi- ter le Combat l'une apres l'au- tre , & d'eſtre longtemps ſur le coſté pour reparer leur dom- mage. Tout le monde fit ſon devoir par les ordres de M. de Longueil , qui , quoy que ma- lade, fit tres-bien de faire défendre le Vaiſſeau avant l'arrivée de M. de S. Aignan , lequel ayant appris cette nouvelle , &
jugeant par le lieu où les Fré- gates demeuroient , qu'elles ne manqueroient point de revenir avec lamarée, partit duHavre,
gagna Fécam toute la nuit , &
eny arrivant le matin, apper- çeut les deux grandes Fregates fous voile qui revenoient vers le Vaiſſeau. Comme le péril
2
190 LE MERCVRE nel'a jamais étonné , il y monta par les cordes du dehors , & les Ennemis s'eſtant approchez peu à peu , ils ſe tinrent encor quelque temps à la veuë de Fécam , & diſparurent tout-à- faiten fuite. Alors M de S. Aignan,qui vouloit braver lesEn-:
nemis dans leur retraite , opina à remettre le Vaiſſeau à flot, &
àne leur pointcacher ſa route.
Apres qu'il eut tiré tout ſon Canon par fon ordre , il mit à
la voile fur les huit heures du
foir , & ce Duc ayant repris le chemin le longde la Coſte , ar- riva au pointdujour auHavre en meſme temps que le Vaif- ſeau. Jugez, Madame, dela joye des Intereſſez , &du Capitaine qui le croyoient perdu ſans re- fource. Tous ceux qui ont eu part à cette Action , en ont re
GALANT. 191 ceu beaucoup de loüanges ,
Me l'Abbé de Coffe , Gentilhomme de Marseille , &Frere
d'un Capitaine de Cavalerie du meſme nom , entra dés le ſoir dans le Vaiſſeau pour partager le plaifir & la gloire de cette défenſe. On a ſceu d'un Capitaine Anglois arrivé depuis cette Attaque , qu'il avoit ren- contré les cinq Frégates avec leurs Maneuvres en granddef- ordre , ſur tout l'Amirale , qui avoit pluſieurs coups à l'eau,
tout ſon Arriere briſe , & force
Gens hors de combat. Les Ennemis luy ont dit que ce qui leur avoit fait conclure leur retour, eſtoit qu'ils avoient connu les Gardes de M. de S. Aignan,
& que s'eſtant apperçeus avec,
leurlongue veuë , qu'il montoit luy-meſme dans le Vaiſſeau , ils
192 LE MERCVRE s'eſtoient bien imaginez qu'on n'oublieroit rien pour ſa dé- fenſe. Ce témoignage eſt bien glorieux pour ce Duc , qui joi- gnant la liberalité à tant d'au- tres vertus qui l'accompagnent,
ne ſe contenta pas de recom- penfer ceux de l'Equipage par des loüanges , mais leur donna de l'argent pour s'eſtre ſi di- gnement acquitez de leur de- voir. Ce fut là -deſſus qu'un agreable Eſprit deFécam fit ces deux Vers , en parlantde luy à
luy-mefme.
Il les mit enétatde ne craindre
plusrien,
Etlesrécompensad'avoirſauvé leurBien,
Les principaux Intereſſez ont eſté ravis de la maniere dont
ce Duc s'eſt pris pour ſauver Ieur Vaiſſeau contre toute apparence,
GALANT. 193 parence , & mefme contre leur
attente.
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Résumé : Une Escadre de 5. Fregates Ostendoises attaque devant Fécam un Vaisseau Marchand estimé quatre-vingt mille escus. Il est sauvé par les bons ordres de M. le Duc de S. Aignan. [titre d'après la table]
Le texte décrit une bataille navale près de Fécam entre le vaisseau français Saint George et une escadre ennemie de cinq frégates. Le Saint George, commandé par M. de Longueil, fut attaqué par des boulets à deux têtes, subissant des dommages et blessant un matelot. Malgré une résistance acharnée, les frégates ennemies se retirèrent après avoir subi des pertes. M. de Saint Aignan, informé de l'attaque, partit du Havre pour secourir le Saint George. À son arrivée, il affronta les ennemis, qui finirent par fuir. Saint Aignan décida de remettre le vaisseau à flot et de poursuivre les ennemis. Le vaisseau et Saint Aignan arrivèrent au Havre en même temps, suscitant la joie des intéressés et du capitaine. Un abbé de Coffe rejoignit l'équipage pour partager leur gloire. Un capitaine anglais confirma les dommages subis par les frégates ennemies, soulignant l'impact de la présence de Saint Aignan. Saint Aignan récompensa l'équipage pour leur courage. Un habitant de Fécam composa des vers en l'honneur de Saint Aignan, célébrant sa bravoure et sa générosité. Les intéressés furent ravis de la manière dont Saint Aignan avait sauvé le vaisseau.
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3
p. 241-242
« Vous n'avez presque reçeu aucune Lettre de moy [...] »
Début :
Vous n'avez presque reçeu aucune Lettre de moy [...]
Mots clefs :
Monsieur de S. Aignan, Explication
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texteReconnaissance textuelle : « Vous n'avez presque reçeu aucune Lettre de moy [...] »
Vous n'avez preſque reçeu
aucune Lettre de moy cette an- née , qui ne vous ait parlé de Monfieurde S. Aignan; je vous ay entretenuë de ſa valeur, de ſa conduite, &de tout ce que cet illuftre Duc a fait dans fon
Gouvernement. Je vous ay fait
-part de fa Profe &de ſes Vers.
Lefeu de fon efprit vous a paru dans ſes Inpromptu , mais je ne
vous avois point encor fait voir combien il eſt penetrant. Vous le pouvez connoiſtre par l'Ex- plication de cette Enigme. De- puis que je l'ay reçeuë , lemef- me ſens a efté trouvé par un tres- illuftre & fpirituel Abbé,
par Mdu Ryde Chamdoré qui
GALANT. 159 avoit deviné le Trictrac , par un
Inconnu deRoüen , par un autre de Blois , & par un Homme dequalité , d'eſprit&de merite,
qui a fait pluſieurs Campagnes.
Cedernier m'en a envoyé l'Explication en Vers , mais comme elle eſt preſque la méme , arti- cle par article , que celle que vous venez de lire en Profe , je Ia ſuprimepouréviter la répeti- tion
aucune Lettre de moy cette an- née , qui ne vous ait parlé de Monfieurde S. Aignan; je vous ay entretenuë de ſa valeur, de ſa conduite, &de tout ce que cet illuftre Duc a fait dans fon
Gouvernement. Je vous ay fait
-part de fa Profe &de ſes Vers.
Lefeu de fon efprit vous a paru dans ſes Inpromptu , mais je ne
vous avois point encor fait voir combien il eſt penetrant. Vous le pouvez connoiſtre par l'Ex- plication de cette Enigme. De- puis que je l'ay reçeuë , lemef- me ſens a efté trouvé par un tres- illuftre & fpirituel Abbé,
par Mdu Ryde Chamdoré qui
GALANT. 159 avoit deviné le Trictrac , par un
Inconnu deRoüen , par un autre de Blois , & par un Homme dequalité , d'eſprit&de merite,
qui a fait pluſieurs Campagnes.
Cedernier m'en a envoyé l'Explication en Vers , mais comme elle eſt preſque la méme , arti- cle par article , que celle que vous venez de lire en Profe , je Ia ſuprimepouréviter la répeti- tion
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Résumé : « Vous n'avez presque reçeu aucune Lettre de moy [...] »
L'auteur a envoyé de nombreuses lettres sur Monsieur de Saint-Aignan, gouverneur, louant sa valeur et sa conduite. Il a partagé ses poèmes, notamment des impromptus. Une énigme de Saint-Aignan a été résolue par plusieurs personnes, dont l'abbé du Ry de Chamdoré et un homme de qualité ayant fait plusieurs campagnes. Une explication en vers a été supprimée pour éviter les répétitions.
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