Résultats : 14595 texte(s)
Détail
Liste
10651
p. 200-201
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a nommé à l'Archevêché de Bourges, vacant par la mort [...]
Mots clefs :
Abbaye, Archevêché, Ordres, Diocèses, Religieuses, Vicaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Majefté a nommé à l'Archevêché de Bourges ,
vacant par la mort du Cardinal de la Rochefoucauld
, M. l'Abbé de Phelypeaux , Vicaire Général
de cet Archevêché ; l'Abbaye de Notre- Dame
de Châtillon- fur - Seine , Ordre de S. Auguftin ,
Dioceſe de Langres , à M. l'Abbé d'Argenteuil
Vicaire Général du Dioceſe de Tours ; le Prieuré
du Pleffis - Grimault , même Ordre , Diocefe de
Bayeux , à M. l'Abbé Mercier , Chanoine de la
Sainte Chapelle de Paris ; & l'Abbaye réguliere
de Flines , Ordre de Câteaux , Dioceſe d'Arras , à
la Dame de Berchiny : l'Abbaye de Sainte Trinité
OCTOBRE. 1757. 201
de Beaulieu , Ordre de Saint Benoît , Dioceſe de
Tours , à M. l'Abbé Parchappe de Vinay , Prevot
de l'Eglife Métropolitaine , & Vicaire Général de
l'Archevêché de Rheims ; celle de Saint Cheron ,
Ordre de S. Auguftin , Dioceſe de Chartres , à
M. l'Abbé Matherot de Pregny , Prêtre du Diocefe
de Langres ; celle de Notre Dame de Flaran ,
Ordre de Citeaux , "Dioceſe d'Auch , à M. l'Abbé
de Beauffet- Roquefort , Vicaire Général de l’Evêché
de Béziers ; celle de Notre - Dame de Fontguillem
, même Ordre , Dioceſe de Bazas , à M.
P'Abbé Calture , Vicaire Général de ce Dioceſe ;
celle de S. Jean de Falaife , Ordre de Prémontré
réformé , Dioceſe de Seez , à M. l'Abbé de Gauchat
, Directeur des Carmelites de Saint - Denis ;
P'Abbaye réguliere de Barberie , Ordre de Ci
teaux , Diocese de Bayeux , à Dom Bernard du
Cayron , Prieur de cette Abbaye ; celle de Notre-
Dame du Lys , même Ordre , Diocefe de Sens , à
la Dame de Siougeat , Religieufe de l'Eclaches ,
ville & Dioceſe de Clermont ; celle de Bertaucourt
, Ordre de S. Benoît , Dioceſe d'Amiens , à
Dame Françoife de Montmorency , Religieufe
du même Ordre dans l'Abbaye d'Avefnes ; & celle
de Lieu- Dieu , Ordre de Cîteaux , Dioceſe d'Autún
, à la Dame de Pignerol , Prieure de ladite
maiſon.
A Majefté a nommé à l'Archevêché de Bourges ,
vacant par la mort du Cardinal de la Rochefoucauld
, M. l'Abbé de Phelypeaux , Vicaire Général
de cet Archevêché ; l'Abbaye de Notre- Dame
de Châtillon- fur - Seine , Ordre de S. Auguftin ,
Dioceſe de Langres , à M. l'Abbé d'Argenteuil
Vicaire Général du Dioceſe de Tours ; le Prieuré
du Pleffis - Grimault , même Ordre , Diocefe de
Bayeux , à M. l'Abbé Mercier , Chanoine de la
Sainte Chapelle de Paris ; & l'Abbaye réguliere
de Flines , Ordre de Câteaux , Dioceſe d'Arras , à
la Dame de Berchiny : l'Abbaye de Sainte Trinité
OCTOBRE. 1757. 201
de Beaulieu , Ordre de Saint Benoît , Dioceſe de
Tours , à M. l'Abbé Parchappe de Vinay , Prevot
de l'Eglife Métropolitaine , & Vicaire Général de
l'Archevêché de Rheims ; celle de Saint Cheron ,
Ordre de S. Auguftin , Dioceſe de Chartres , à
M. l'Abbé Matherot de Pregny , Prêtre du Diocefe
de Langres ; celle de Notre Dame de Flaran ,
Ordre de Citeaux , "Dioceſe d'Auch , à M. l'Abbé
de Beauffet- Roquefort , Vicaire Général de l’Evêché
de Béziers ; celle de Notre - Dame de Fontguillem
, même Ordre , Dioceſe de Bazas , à M.
P'Abbé Calture , Vicaire Général de ce Dioceſe ;
celle de S. Jean de Falaife , Ordre de Prémontré
réformé , Dioceſe de Seez , à M. l'Abbé de Gauchat
, Directeur des Carmelites de Saint - Denis ;
P'Abbaye réguliere de Barberie , Ordre de Ci
teaux , Diocese de Bayeux , à Dom Bernard du
Cayron , Prieur de cette Abbaye ; celle de Notre-
Dame du Lys , même Ordre , Diocefe de Sens , à
la Dame de Siougeat , Religieufe de l'Eclaches ,
ville & Dioceſe de Clermont ; celle de Bertaucourt
, Ordre de S. Benoît , Dioceſe d'Amiens , à
Dame Françoife de Montmorency , Religieufe
du même Ordre dans l'Abbaye d'Avefnes ; & celle
de Lieu- Dieu , Ordre de Cîteaux , Dioceſe d'Autún
, à la Dame de Pignerol , Prieure de ladite
maiſon.
Fermer
Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
En octobre 1757, Sa Majesté a attribué plusieurs bénéfices ecclésiastiques. L'Archevêché de Bourges, vacant après le décès du Cardinal de la Rochefoucauld, a été confié à M. l'Abbé de Phelypeaux, Vicaire Général de cet Archevêché. L'Abbaye de Notre-Dame de Châtillon-sur-Seine a été donnée à M. l'Abbé d'Argenteuil, Vicaire Général du Diocèse de Tours. Le Prieuré du Plessis-Grimault a été attribué à M. l'Abbé Mercier, Chanoine de la Sainte Chapelle de Paris. L'Abbaye régulière de Flines a été confiée à la Dame de Berchiny. D'autres bénéfices ont été accordés à des abbés et des dames religieuses dans divers diocèses, incluant Tours, Chartres, Auch, Bazas, Seez, Sens, Amiens et Autun. Ces nominations concernent des Vicaires Généraux, des Prévôts, des Chanoines et des Religieuses de différents ordres, tels que les Augustins, les Bénédictins, les Cisterciens et les Prémontrés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10652
p. 201-202
MORTS.
Début :
Le 7 Juin dernier est mort dans la maison de l'Oratoire, rue S. Honoré, Messire [...]
Mots clefs :
Morts, Dame, Veuve, Docteur, Abbé, Chanoine honoraire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
La 7 Juin dernier eft mort dans la maifon de
P'Oratoire , rue S. Honoré , Meffire Henry Pajon ,
Prêtre de cette Congrégation , ancien Curé de
Notre- Dame, à la Rochelle. Il étoit le frere de
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Claud Pajon , dont la mort eft annoncée dans le
Mercure de Fevrier 1748.
Madame Anne- Marie Pajot de Villers , veuve
de Meffire Pierre Delpech , Marquis de Cailly ,
eft décédée le 17 Juillet , âgé de quarante- trois ans,
en fon hôtel à Paris , Paroiffe de la Magdelaine
de la Ville - l'Evêque .
Dame Claude-Elifabeth de Harlay , veuve de
Meffire Adrien - Alexandre de Hannivel , Préſident
du Parlement , eft morte le 20 Août en cette ville
dans la quatre- vingt - deuxieme année de fon âge.
Elle étoit la derniere du nom de Harlay.
Meffire Emanuel- Henri-Timoléon de Coffé- de
Briffae , Evêque de Condom , Abbé de l'Abbaye
de Fontfroide , Ordre de Cîteaux , Dioceſe de
Narbonne , & de celle de Saint Urbain , Ordre de
de Saint Benoît , Dioceſe de Châlons-fur- Marne ,
mourut à Paris le 27 de ce mois , âgé de cinquanteneuf
ans.
Meffire N. Roche Docteur de Sorbonne ,
Grand Pénitencier de l'Eglife Métropolitaine de
Paris , & Abbé de l'Abbaye de Saint Crefpin en
Chaye , Ordre de S. Auguftin , Dioceſe de Soiffons
, mourut à Paris le 12 Septembre , dans la
cinquante- quatrieme année de fon âge.
Meffire N. Parquet , Docteur de Sorbonne
Chanoine honoraire de l'Eglife de Paris , Abbé de
P'Abbaye royale de la Crefte , Ordre de Câteaux ,
Dioceſe de Langres , & ancien Curé de S. Nicolas
des Champs , eft mort en cette ville le 15 de ce
mois , âgé de faixante-huit ans,
La 7 Juin dernier eft mort dans la maifon de
P'Oratoire , rue S. Honoré , Meffire Henry Pajon ,
Prêtre de cette Congrégation , ancien Curé de
Notre- Dame, à la Rochelle. Il étoit le frere de
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Claud Pajon , dont la mort eft annoncée dans le
Mercure de Fevrier 1748.
Madame Anne- Marie Pajot de Villers , veuve
de Meffire Pierre Delpech , Marquis de Cailly ,
eft décédée le 17 Juillet , âgé de quarante- trois ans,
en fon hôtel à Paris , Paroiffe de la Magdelaine
de la Ville - l'Evêque .
Dame Claude-Elifabeth de Harlay , veuve de
Meffire Adrien - Alexandre de Hannivel , Préſident
du Parlement , eft morte le 20 Août en cette ville
dans la quatre- vingt - deuxieme année de fon âge.
Elle étoit la derniere du nom de Harlay.
Meffire Emanuel- Henri-Timoléon de Coffé- de
Briffae , Evêque de Condom , Abbé de l'Abbaye
de Fontfroide , Ordre de Cîteaux , Dioceſe de
Narbonne , & de celle de Saint Urbain , Ordre de
de Saint Benoît , Dioceſe de Châlons-fur- Marne ,
mourut à Paris le 27 de ce mois , âgé de cinquanteneuf
ans.
Meffire N. Roche Docteur de Sorbonne ,
Grand Pénitencier de l'Eglife Métropolitaine de
Paris , & Abbé de l'Abbaye de Saint Crefpin en
Chaye , Ordre de S. Auguftin , Dioceſe de Soiffons
, mourut à Paris le 12 Septembre , dans la
cinquante- quatrieme année de fon âge.
Meffire N. Parquet , Docteur de Sorbonne
Chanoine honoraire de l'Eglife de Paris , Abbé de
P'Abbaye royale de la Crefte , Ordre de Câteaux ,
Dioceſe de Langres , & ancien Curé de S. Nicolas
des Champs , eft mort en cette ville le 15 de ce
mois , âgé de faixante-huit ans,
Fermer
Résumé : MORTS.
En 1748, plusieurs personnalités notables sont décédées. Le 7 juin, le Père Henry Pajon, prêtre de la Congrégation de l'Oratoire et ancien curé de Notre-Dame à La Rochelle, est mort. Il était le frère de Claud Pajon, décédé en février 1748. Madame Anne-Marie Pajot de Villers, veuve du Marquis de Cailly, est décédée le 17 juillet à Paris à l'âge de quarante-trois ans. Dame Claude-Élisabeth de Harlay, veuve du Président du Parlement Adrien-Alexandre de Hannivel, est morte le 20 août à l'âge de quatre-vingt-deux ans, étant la dernière du nom de Harlay. Monseigneur Emanuel-Henri-Timoléon de Coffé de Briffae, Évêque de Condom et abbé de plusieurs abbayes, est décédé à Paris le 27 septembre à l'âge de cinquante-neuf ans. Le Docteur N. Roche, Grand Pénitencier de l'Église Métropolitaine de Paris et abbé de l'Abbaye de Saint-Crespin, est mort à Paris le 12 septembre à l'âge de cinquante-quatre ans. Enfin, le Docteur N. Parquet, chanoine honoraire de l'Église de Paris et ancien curé de Saint-Nicolas-des-Champs, est décédé à Paris le 15 septembre à l'âge de soixante-huit ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10653
p. 204-207
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Sixieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Saint-Martin, de la Compagnie Deaubonne, de la guérison duquel nous avions douté, [...]
Mots clefs :
Remèdes, Santé, Malades, Guérison, Douleurs, Symptômes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Sixieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal- Duc de Biron.
Sixieme traitement depuis fon établiſſement.
B La nommé Saint - Martin , de la Compagnie
Deaubonne , de la guérifon duquel nous avions
douté , pour n'avoir pas voulu fur la fin du traitement
, continuer encore de prendre quelque dra
gés que nous avions cru néceffaires , fe trouvant
néanmoins bien & radicalement guéri , n'eſt pas
rentré dans l'hôpital , ainfi que nous l'avions an
noncé.
OCTOBRE , 1757 . 205
1. Le nommé la Roche , de la Compagnie Colonelle
, après avoir eu plufieurs gonorrhées
avoit deux exoftofes à l'extrêmité antérieure des
troifiemes côtes , & depuis trois femaines , il lui
étoit furvenu des fymptomes qui denoncoient la
maladie la plus grave. Il eft entré le 16 Juin ,
eft forti le 18 Juillet parfaitement guéri.
&
2. Le nommé Lemaret , de la Compagnie Delatour
, avoit des douleurs aiguës dans toutes les
extrêmités , & des puftules répandues dans toutes
les parties du corps , la plupart en fuppuration . Il
eft entré le 16 Juin , & eft forti le 26 Juillet parfaitement
guéri.
3. Le nommé Debaude , de la Compagnie de
Bragelongne s'étant fait paffer plufieurs fymptômes
véroliques avec la pierre de vitriol , il lui étoit
furvenu à l'aine droite un bubon confidérable qui
s'eft terminé par la fupuration. Il eft entré le 16
Juin , & eft forti le 2 Août parfaitement guéri..
4. Le nommé Marchand , de la Compagnie de
Bragelongne , avoit également un bubon à l'aine
gauche , avec quantité d'autres fymptomes bien
cara térifés , le bubon s'eft terminé par la fuppuration
, & il eft forti le même jour 2 Août parfaitement
guéri .
5. Le nommé Pointé , de la Compagnie de
Lautrec , étoit dans un état horrible , & cou
vert de puftules repandues dans toute l'habitude
du corps , lefquelles lui formoient une véri
table lepre.. Il eft entré le 23 Juin , & eft forti le 2
Août parfaitement guéri .
6. Le nommé Thibaut , de la Compagnie
d'Eaubonne , eft forti fans traitement , n'ayant
jamais voulu fouffrir l'adminiftration des bougies
qui lui étoient indifpenfablement néceffaires pour
guérir une fiftule qu'il avoit au periné.
206 MERCURE DE FRANCE.
7. Le nommé Bellerofe , de la Compagnie de
Voifinon , étoit dans un état très cruel : outre une
tumeur groffe comme un oeuf à la baſe de la mâil
choire , avec gonflement confidérable à l'os ,
avoit deux bubons dans les aines de droite , & de
gauche. Celui du côté droit s'eft terminé par réfolution
, & l'autre par fuppuration . Il eft entré le
23 Juin , & eft forti le 16 Août parfaitement.
guéri.
8. Le nommé Verly , de la Compagnie de Chevalier
, outre toutes fortes de fymptomes véroliques
très- confidérables , & en quantité , avoit un
phimofis , & un engorgement monftrueux aux
glandes jugulaires du côté gauche ; il avoit de
plus des douleurs de tête fi violentes , qu'il ne
pouvoit prendre de repos. Il est entré le 23 Juin ,
& eft forti le 16 Août parfaitement guéri .
9. Le nommé Senlis , de la compagnie de la
Vieuville , outre beaucoup de fymptomes bien ca
ractérisés , qu'on ne nomme plus , avoit un bubon
très - confidérable dans l'aine gauche , lequel
s'eft terminé par la fuppuration. Il eft entré le 23
Juin , & eft forti le 16 Août parfaitement guéri.
10. Le nommé Vincent , de la compagnie de
Sinety , avoit un phimofis & une quantité de puf
tules en fuppuration. Ileft entré le 30 Jain , & eft
forti le 9 Août parfaitement guéri .
11. Le nommé Bellecroix , de la Compagnie
d'Eaubonne avoit , outre les fymptomes les plus
caractérifés, un ulcere très-profond à la gorge, lequel
lui avoit occafionné une extinction de voir
totale , & empêchoit la déglutition des boiffons.
Il est entré le 30 Juin , & eft forti le 9 Août parfaitement
guéri.
12. Le nommé Cleret , annoncé dans le deraier
Mercure être refté à l'hôpital pour cauf
OCTOBRE. 1757. 207
d'une maladie fcorbutique des plus graves , fe
trouve dans le meilleur état du monde , & va fortir
inceffamment.
Il est entré douze autres malades , dont nous
rendrons compte dans le volume fuivant.
Le.fieur Keyfer fupplie le Public d'obferver :
1°. Que toutes les maladies qu'il détaille depuis
Pétabl ffement de l'hôpital , font presque toutes
des efpeces les plus graves & les plus difficiles
à traiter.
2°. Que ce dernier traitements'eft fait pendant
les chaleurs exceffives de la faifon , & lefquelles les
perfonnes jouillant de la meilleur fanté , avoient
peine à fupporter.
3°. Qu'il n'a employé ni bains , ni autres
moyens que fes feules dragées , pour parvenir à la
guérifon générale , fon remede n'ayant pour l'or
dinaire befoin d'aucun autre acceffoire.
Il prévient en même-temps le Publi :, qu'il a
répondu d'une façon authentique , & capable de
faire rougir fes advertaires à des fauffes imputa
tions inférées contre lui dans un volume du
Journal Economique , dont le titre la date du
mois de Janvier , quoiqu'il n'ait paru que dans le
mois de Juillet ; & que les démentis ont été formels
, même de la part des foldats qu'on a ofe
citer. Sa réponse que l'on diftribue gratis , fe
trouve chez la veuve de Lormel , & fils , Marchand
Libraire- Imprimeur , rue du Foin.
Comme fon unique but eft de faire voir de
plus en plus la vérité dans tout ſon jour , que d'ail
leurs il a promis de rendre un compte exact des
différens traitemens qui fe feroient par les éleves
déja répandus dans quelques provinces , il débute
aujourd'hui par rendre celui qui vient de lui être
envoyé de la part de M. Rey, Maître en chirurgie,
demeurant rue Tupin à Lyon.
Sixieme traitement depuis fon établiſſement.
B La nommé Saint - Martin , de la Compagnie
Deaubonne , de la guérifon duquel nous avions
douté , pour n'avoir pas voulu fur la fin du traitement
, continuer encore de prendre quelque dra
gés que nous avions cru néceffaires , fe trouvant
néanmoins bien & radicalement guéri , n'eſt pas
rentré dans l'hôpital , ainfi que nous l'avions an
noncé.
OCTOBRE , 1757 . 205
1. Le nommé la Roche , de la Compagnie Colonelle
, après avoir eu plufieurs gonorrhées
avoit deux exoftofes à l'extrêmité antérieure des
troifiemes côtes , & depuis trois femaines , il lui
étoit furvenu des fymptomes qui denoncoient la
maladie la plus grave. Il eft entré le 16 Juin ,
eft forti le 18 Juillet parfaitement guéri.
&
2. Le nommé Lemaret , de la Compagnie Delatour
, avoit des douleurs aiguës dans toutes les
extrêmités , & des puftules répandues dans toutes
les parties du corps , la plupart en fuppuration . Il
eft entré le 16 Juin , & eft forti le 26 Juillet parfaitement
guéri.
3. Le nommé Debaude , de la Compagnie de
Bragelongne s'étant fait paffer plufieurs fymptômes
véroliques avec la pierre de vitriol , il lui étoit
furvenu à l'aine droite un bubon confidérable qui
s'eft terminé par la fupuration. Il eft entré le 16
Juin , & eft forti le 2 Août parfaitement guéri..
4. Le nommé Marchand , de la Compagnie de
Bragelongne , avoit également un bubon à l'aine
gauche , avec quantité d'autres fymptomes bien
cara térifés , le bubon s'eft terminé par la fuppuration
, & il eft forti le même jour 2 Août parfaitement
guéri .
5. Le nommé Pointé , de la Compagnie de
Lautrec , étoit dans un état horrible , & cou
vert de puftules repandues dans toute l'habitude
du corps , lefquelles lui formoient une véri
table lepre.. Il eft entré le 23 Juin , & eft forti le 2
Août parfaitement guéri .
6. Le nommé Thibaut , de la Compagnie
d'Eaubonne , eft forti fans traitement , n'ayant
jamais voulu fouffrir l'adminiftration des bougies
qui lui étoient indifpenfablement néceffaires pour
guérir une fiftule qu'il avoit au periné.
206 MERCURE DE FRANCE.
7. Le nommé Bellerofe , de la Compagnie de
Voifinon , étoit dans un état très cruel : outre une
tumeur groffe comme un oeuf à la baſe de la mâil
choire , avec gonflement confidérable à l'os ,
avoit deux bubons dans les aines de droite , & de
gauche. Celui du côté droit s'eft terminé par réfolution
, & l'autre par fuppuration . Il eft entré le
23 Juin , & eft forti le 16 Août parfaitement.
guéri.
8. Le nommé Verly , de la Compagnie de Chevalier
, outre toutes fortes de fymptomes véroliques
très- confidérables , & en quantité , avoit un
phimofis , & un engorgement monftrueux aux
glandes jugulaires du côté gauche ; il avoit de
plus des douleurs de tête fi violentes , qu'il ne
pouvoit prendre de repos. Il est entré le 23 Juin ,
& eft forti le 16 Août parfaitement guéri .
9. Le nommé Senlis , de la compagnie de la
Vieuville , outre beaucoup de fymptomes bien ca
ractérisés , qu'on ne nomme plus , avoit un bubon
très - confidérable dans l'aine gauche , lequel
s'eft terminé par la fuppuration. Il eft entré le 23
Juin , & eft forti le 16 Août parfaitement guéri.
10. Le nommé Vincent , de la compagnie de
Sinety , avoit un phimofis & une quantité de puf
tules en fuppuration. Ileft entré le 30 Jain , & eft
forti le 9 Août parfaitement guéri .
11. Le nommé Bellecroix , de la Compagnie
d'Eaubonne avoit , outre les fymptomes les plus
caractérifés, un ulcere très-profond à la gorge, lequel
lui avoit occafionné une extinction de voir
totale , & empêchoit la déglutition des boiffons.
Il est entré le 30 Juin , & eft forti le 9 Août parfaitement
guéri.
12. Le nommé Cleret , annoncé dans le deraier
Mercure être refté à l'hôpital pour cauf
OCTOBRE. 1757. 207
d'une maladie fcorbutique des plus graves , fe
trouve dans le meilleur état du monde , & va fortir
inceffamment.
Il est entré douze autres malades , dont nous
rendrons compte dans le volume fuivant.
Le.fieur Keyfer fupplie le Public d'obferver :
1°. Que toutes les maladies qu'il détaille depuis
Pétabl ffement de l'hôpital , font presque toutes
des efpeces les plus graves & les plus difficiles
à traiter.
2°. Que ce dernier traitements'eft fait pendant
les chaleurs exceffives de la faifon , & lefquelles les
perfonnes jouillant de la meilleur fanté , avoient
peine à fupporter.
3°. Qu'il n'a employé ni bains , ni autres
moyens que fes feules dragées , pour parvenir à la
guérifon générale , fon remede n'ayant pour l'or
dinaire befoin d'aucun autre acceffoire.
Il prévient en même-temps le Publi :, qu'il a
répondu d'une façon authentique , & capable de
faire rougir fes advertaires à des fauffes imputa
tions inférées contre lui dans un volume du
Journal Economique , dont le titre la date du
mois de Janvier , quoiqu'il n'ait paru que dans le
mois de Juillet ; & que les démentis ont été formels
, même de la part des foldats qu'on a ofe
citer. Sa réponse que l'on diftribue gratis , fe
trouve chez la veuve de Lormel , & fils , Marchand
Libraire- Imprimeur , rue du Foin.
Comme fon unique but eft de faire voir de
plus en plus la vérité dans tout ſon jour , que d'ail
leurs il a promis de rendre un compte exact des
différens traitemens qui fe feroient par les éleves
déja répandus dans quelques provinces , il débute
aujourd'hui par rendre celui qui vient de lui être
envoyé de la part de M. Rey, Maître en chirurgie,
demeurant rue Tupin à Lyon.
Fermer
Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Sixieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le sixième traitement réalisé à l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron en octobre 1757. Plusieurs cas de guérison y sont rapportés. Saint-Martin, de la Compagnie de Deaubonne, a été guéri malgré sa réticence à prendre certains médicaments. La Roche, de la Compagnie Colonelle, souffrait de gonorrhées et d'exostoses, mais est sorti guéri le 18 juillet. Lemaret, de la Compagnie Delatour, avait des douleurs aiguës et des pustules, mais est sorti guéri le 26 juillet. Debaude et Marchand, tous deux de la Compagnie de Bragelongne, avaient des bubons et des symptômes véroliques, mais sont sortis guéris le 2 août. Pointé, de la Compagnie de Lautrec, couvert de pustules, est sorti guéri le 2 août. Thibaut, de la Compagnie d'Eaubonne, n'a pas suivi le traitement pour une fistule et est sorti sans traitement. Bellerofe, de la Compagnie de Voisinon, avait une tumeur et des bubons, mais est sorti guéri le 16 août. Verly, de la Compagnie de Chevalier, souffrait de symptômes véroliques et d'un engorgement, mais est sorti guéri le 16 août. Senlis, de la Compagnie de la Vieuville, avait un bubon et est sorti guéri le 16 août. Vincent, de la Compagnie de Sinety, avait un phimosis et des pustules, mais est sorti guéri le 9 août. Bellecroix, de la Compagnie d'Eaubonne, avait un ulcère à la gorge et une extinction de voix, mais est sorti guéri le 9 août. Cleret, annoncé comme ayant une maladie scorbutique grave, se trouve en bon état et va sortir. Douze autres malades sont entrés, et leur compte sera rendu dans le volume suivant. Le sieur Keyfer souligne la gravité des maladies traitées, les conditions difficiles des chaleurs estivales, et l'efficacité de ses dragées sans autres moyens. Il répond aux accusations du Journal Economique et prévoit de rendre compte des traitements effectués par ses élèves dans différentes provinces.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10654
p. 211-213
AVIS.
Début :
Equipage militaire & de campagne, ou toilette de Mars. Elle consiste [...]
Mots clefs :
Equipement, Militaire, Campagne, Coffrets, Fourneau, Cafetière, Boite à assaisonnement, Briquets, Matériel divers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
EQUIPACE militaire & de campagne , ou toilette
de Mars. Elle confifte en deux petits coffrets , qu'on
peut mettre dans les deux facoches du cheval ,
fans qu'elles en foient trop enflées. Voici un détail
abrégé de ce quelles contiennent : un fourneau
d'une invention finguliere , par le moyen duquel
on peut apprêter fon chocolat , fon bouillon , café
, thé &c dans la moitié moins de temps que
fur un grand feu de bois ou de charbon : c'eft au
moyen d'une petite quantité d'efprit de vin , qu'on
allume le fourneau , qu'on en entretient le feu , &
qu'on le rend fuffifant pour apprêter ce que l'on
veut. Le même coffre renferme un cafetiere , une
thétiere , quatre taffes : l'on peut faire le thé & le
café tout à la fois par la même lampe & le même
fourneau , ou préparer un bouillon & du chocolat
en même temps : l'on peut le faire du lit , fans (e
lever , que pour battre le briquet , & allumer le
fourneau ; on peut même l'allumer à cheval , à
table , partout ou l'on veut , l'on peut maintenir
par fon moyen un bouillon chaud pendant la
nuit , la lumiere n'incommode point & ne fait
pas de fumée. Pour prendre le café , &c. il y a
quatre cueillers de compofition , quatre fous- taffes
qui peuvent fervir d'affiettes au befoin ; deux
boites qui s'emboîtant , font une tourtiere pour
faire une grillade , cuire un poulet , une rouelle
212 MERCURE DE FRANCE.
&c. Une boîte pour mettre les affaifonnemens &
épiceries , poivre , fel &c . Deux bouteilles pour
P'huile & vinaigre , une troifieme pour la liqueur,
un moulin à café , quatre fourchettes , quatre
gobelets , une boîte à mettre 28 onces d'efprit
de vin , laquelle quantité fuffit pour quinze apprêts
, une poéle à brûler le café , quatre petits facs
de peau pour mettre le café , thé , fucre & chocolat
; un fac pour faire manger l'avoine , &c . On
trouvera dans l'autre boîte , briquet , pierre à
fufil , amadou , bougie ; boîte à encre , chandelier
, mouchettes , un étui fourni de plufieurs
fils ou foies , aiguilles , épingles , dé à coudre , &c .
un grand fer à frifer & un petit à toupet , rafoir ,
favonnette , cuir pour le rafoir , cifeau & peigne.
On peut faire chauffer l'eau pour fe rafer , par le
moyen de la thétiere du premier coffre , plus pommade
liquide , pommade forte , poudre à poudrer
au moins demi - livre , avec une houpe ,
un miroir de fuffifante grandeur , vergette & décrottoire
; papier , plumes , canif , fablier, cachet,
cire ou pains à cacheter , une équerre , une regle ,
un compas , un pied de Koi , un plomb à ni
veler , boîte à poudre , à tirer , pierre à fufil ,
tire-bourre , pierre à lever les taches , alêne pour
accommoder , dans le befoin , botte , fangles ou
courroies , un marteau , percerettes , tenailles ,
clous à ferrer le cheval , fers à tout chevaux ;
une pipe , du tabac à fumer , &c. Tout ce que l'on
vient de detailler eft renfermé dans deux coffres
fermant à clefs , que l'on met dans une facoche
ordinaire ;ils ont en longueur 10 pouces & demi ,
en l'argeur 7 pouces , en hauteur 4 pouces ; les
facohes qui les renferment , fe peuvent paffer facilement
& s'ôter dans l'inftant par le moyen de
deux crochets.
OCTOBRE . 1757.
213
Le fieur Fourneron l'aîné , inventeur defdits coffrets
, dans lesquels il a renfermé avec un art
admirable tout ce qui eft mentionné ci- devant ,
& plufieurs autres petites commodités dont on a
fupprime le detail pour n'être pas trop long , don
nera à ceux qui lui feront l'honneur de lui écrire
les éclairciffemens qu'on lui demandera . Ses coffrets
font de plufieurs prix , fuivant la richeffe de
la matiere dont on voudra les cuillers à café , talfes
, la propreté des coffrets , &c. Il prie ceux
qui lui feront l'honneur de lui écrire , d'affranchir
leurs lettres , & de les adreffer au fieur Fourne
ron l'aîné , à Aunonay , Vivaret,
EQUIPACE militaire & de campagne , ou toilette
de Mars. Elle confifte en deux petits coffrets , qu'on
peut mettre dans les deux facoches du cheval ,
fans qu'elles en foient trop enflées. Voici un détail
abrégé de ce quelles contiennent : un fourneau
d'une invention finguliere , par le moyen duquel
on peut apprêter fon chocolat , fon bouillon , café
, thé &c dans la moitié moins de temps que
fur un grand feu de bois ou de charbon : c'eft au
moyen d'une petite quantité d'efprit de vin , qu'on
allume le fourneau , qu'on en entretient le feu , &
qu'on le rend fuffifant pour apprêter ce que l'on
veut. Le même coffre renferme un cafetiere , une
thétiere , quatre taffes : l'on peut faire le thé & le
café tout à la fois par la même lampe & le même
fourneau , ou préparer un bouillon & du chocolat
en même temps : l'on peut le faire du lit , fans (e
lever , que pour battre le briquet , & allumer le
fourneau ; on peut même l'allumer à cheval , à
table , partout ou l'on veut , l'on peut maintenir
par fon moyen un bouillon chaud pendant la
nuit , la lumiere n'incommode point & ne fait
pas de fumée. Pour prendre le café , &c. il y a
quatre cueillers de compofition , quatre fous- taffes
qui peuvent fervir d'affiettes au befoin ; deux
boites qui s'emboîtant , font une tourtiere pour
faire une grillade , cuire un poulet , une rouelle
212 MERCURE DE FRANCE.
&c. Une boîte pour mettre les affaifonnemens &
épiceries , poivre , fel &c . Deux bouteilles pour
P'huile & vinaigre , une troifieme pour la liqueur,
un moulin à café , quatre fourchettes , quatre
gobelets , une boîte à mettre 28 onces d'efprit
de vin , laquelle quantité fuffit pour quinze apprêts
, une poéle à brûler le café , quatre petits facs
de peau pour mettre le café , thé , fucre & chocolat
; un fac pour faire manger l'avoine , &c . On
trouvera dans l'autre boîte , briquet , pierre à
fufil , amadou , bougie ; boîte à encre , chandelier
, mouchettes , un étui fourni de plufieurs
fils ou foies , aiguilles , épingles , dé à coudre , &c .
un grand fer à frifer & un petit à toupet , rafoir ,
favonnette , cuir pour le rafoir , cifeau & peigne.
On peut faire chauffer l'eau pour fe rafer , par le
moyen de la thétiere du premier coffre , plus pommade
liquide , pommade forte , poudre à poudrer
au moins demi - livre , avec une houpe ,
un miroir de fuffifante grandeur , vergette & décrottoire
; papier , plumes , canif , fablier, cachet,
cire ou pains à cacheter , une équerre , une regle ,
un compas , un pied de Koi , un plomb à ni
veler , boîte à poudre , à tirer , pierre à fufil ,
tire-bourre , pierre à lever les taches , alêne pour
accommoder , dans le befoin , botte , fangles ou
courroies , un marteau , percerettes , tenailles ,
clous à ferrer le cheval , fers à tout chevaux ;
une pipe , du tabac à fumer , &c. Tout ce que l'on
vient de detailler eft renfermé dans deux coffres
fermant à clefs , que l'on met dans une facoche
ordinaire ;ils ont en longueur 10 pouces & demi ,
en l'argeur 7 pouces , en hauteur 4 pouces ; les
facohes qui les renferment , fe peuvent paffer facilement
& s'ôter dans l'inftant par le moyen de
deux crochets.
OCTOBRE . 1757.
213
Le fieur Fourneron l'aîné , inventeur defdits coffrets
, dans lesquels il a renfermé avec un art
admirable tout ce qui eft mentionné ci- devant ,
& plufieurs autres petites commodités dont on a
fupprime le detail pour n'être pas trop long , don
nera à ceux qui lui feront l'honneur de lui écrire
les éclairciffemens qu'on lui demandera . Ses coffrets
font de plufieurs prix , fuivant la richeffe de
la matiere dont on voudra les cuillers à café , talfes
, la propreté des coffrets , &c. Il prie ceux
qui lui feront l'honneur de lui écrire , d'affranchir
leurs lettres , & de les adreffer au fieur Fourne
ron l'aîné , à Aunonay , Vivaret,
Fermer
Résumé : AVIS.
L'avis décrit une équipace militaire, ou toilette de Mars, composée de deux petits coffrets adaptés aux fontoches d'un cheval. Ces coffrets permettent de préparer des boissons chaudes et des repas. Le premier coffret contient un fourneau à esprit de vin, une cafetière, une théière, des tasses, des cuillères, des sous-tasses, des boîtes pour les épices et les liquides, un moulin à café, des fourchettes, des gobelets, et des sacs pour les ingrédients. Le second coffret renferme des articles de toilette et de couture, tels qu'un briquet, des aiguilles, des épingles, des fers à friser, un rasoir, des pommades, une houpe, un miroir, des articles de papeterie, des outils pour réparer les bottes ou les courroies, des clous à ferrer, une pipe, et du tabac. Les coffrets, fermant à clé, mesurent 10 pouces et demi de longueur, 7 pouces de largeur et 4 pouces de hauteur. L'inventeur, le sieur Fourneron l'aîné, propose ces coffrets à divers prix selon la qualité des matériaux et la propreté des coffrets. Il invite les intéressés à lui écrire pour obtenir des éclaircissements et à affranchir leurs lettres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10655
p. 213-214
AUTRE.
Début :
Le sieur Arnaud Matges, Chirurgien-Dentiste ordinaire de S. A. S. [...]
Mots clefs :
Dents, Chirurgien, Chicots, Racines, Bouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
La fieur Arnaud Matges , Chirurgien- Dentiſte
ordinaire de S. A. S. Monfeigneur le Comte de
Clermont , Prince du Sang , a une connoiffance fi
parfaite des dents , opere d'une façon fi adroite &
avec tant de fuccès , qu'il faut l'avoir vu ou le voir
pour le croire. Il ôre avec une facilité inexprimable
les racines ou chicots les plus difficiles , même
ceux qui jufqu'à lui avoient été regardés comme
ne pouvant être ôtés , fans qu'il s'enfuive jamais
ni hémorragie, ni fluxion ; il redrefle les dents qui
font hors de rang , fans les ébranler & fans fil ; il
transporte celles d'une bouche étrangere dans une
autre , pourvu que les chicots y foient , & elles
font attachées pendant huit jours feulement , fans
être obligé de garder la chambre ; après quoi elles
tiennent d'elles - mêmes , comme fi elles avoient
pris racine dans la bouche où étoient les chicors .
İl a auffi un excellent remede pour faciliter la
fortie des dents aux enfans .
214 MERCURE DE FRANCE.
Pour la commodité du Public , attendu qu'il
étoit logé trop haut dans le Palais abbatial , il
demeure à préfent à l'hôtel de Suede , rue de Bourbon
le château , entre celle de Buffy & l'abbaye
de Saint Germain- des -Prés , au premier fur le
devant.
La fieur Arnaud Matges , Chirurgien- Dentiſte
ordinaire de S. A. S. Monfeigneur le Comte de
Clermont , Prince du Sang , a une connoiffance fi
parfaite des dents , opere d'une façon fi adroite &
avec tant de fuccès , qu'il faut l'avoir vu ou le voir
pour le croire. Il ôre avec une facilité inexprimable
les racines ou chicots les plus difficiles , même
ceux qui jufqu'à lui avoient été regardés comme
ne pouvant être ôtés , fans qu'il s'enfuive jamais
ni hémorragie, ni fluxion ; il redrefle les dents qui
font hors de rang , fans les ébranler & fans fil ; il
transporte celles d'une bouche étrangere dans une
autre , pourvu que les chicots y foient , & elles
font attachées pendant huit jours feulement , fans
être obligé de garder la chambre ; après quoi elles
tiennent d'elles - mêmes , comme fi elles avoient
pris racine dans la bouche où étoient les chicors .
İl a auffi un excellent remede pour faciliter la
fortie des dents aux enfans .
214 MERCURE DE FRANCE.
Pour la commodité du Public , attendu qu'il
étoit logé trop haut dans le Palais abbatial , il
demeure à préfent à l'hôtel de Suede , rue de Bourbon
le château , entre celle de Buffy & l'abbaye
de Saint Germain- des -Prés , au premier fur le
devant.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le texte présente Arnaud Matges, chirurgien-dentiste au service de Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Comte de Clermont, Prince du Sang. Matges est reconnu pour sa maîtrise exceptionnelle des soins dentaires. Il excelle dans l'extraction des racines ou chicots difficiles sans provoquer d'hémorragie ou de fluxion. Il redresse également les dents mal alignées sans les ébranler ni causer de douleur, et transplante des dents d'une bouche à une autre, les attachant seulement pendant huit jours avant qu'elles ne tiennent seules. Matges possède aussi un remède efficace pour faciliter la sortie des dents chez les enfants. Pour faciliter l'accès au public, il a déménagé de l'abbaye abbatiale à l'hôtel de Suède, situé rue de Bourbon-le-Château, entre la rue de Buffy et l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, au premier étage sur l'avant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10656
p. 214
Errata du Mercure de Septembre.
Début :
Page 90, ligne 23, brochure de 27 pages, lisez, de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata du Mercure de Septembre.
Errata du Mercure de Septembre.
PAGE 90 , ligne 23 , brochure de 27 pages , lifez,
de 207 pages.
PAGE 90 , ligne 23 , brochure de 27 pages , lifez,
de 207 pages.
Fermer
10657
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Le Torrent, Fable, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PINCES FUGITIVES EN VERS AT EN PROSE;
Le Torrent , Fable > pages
Sans y penfer , conte plus vrai qu'une hiftoire , 7
Vers à M. *** , &c. 13
Vers à Madame Che ... en lui donnant fon collier
à fa toilette ,
Avis utile ,
14
IS
Vers à Mademoiſelle ... fur fon voyage de Paris
,
19
215
211
22
Vers à Madame ... fur fa petite vérole ,
Suite fur M. de Fontenelle , par M. Trublet ,
Vers à M. le Comte de Saint- Florentin , le jour
de S. Louis , fa fête ,
61
59
Lettre de M. Pizzi , au fujet de la réception de
Madame Dubocage à l'Académie de Bologne
,
Vers de remerciement de Madame Dubocage , 62
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Septembre ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
64
65
66
Difcours de M. Durey- de Morfan , pour la récep
tion à l'Académie royale des Sciences & Belles-
Lettres de Nancy ,
67
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
82
Méthode d'apprendre fûrement & facilement les
Langues ,
Séance publique de l'Académie Françoiſe ,
89
108
III
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Réponse à la Lettre de M. l'Evêque
de la Ravaliere , imprimée dans le Mercure du
mois d'Août 1757 ,
Médecine. Extrait des regiftres de l'Académie
royale des Sciences , du 8 Juin 1757.
Chirurgie. Suite de la Séance publique de l'Académie
royale de Chirurgie , du 21 Avril 1757,
ART. IV . BEAUX-ARTS.
118
127
Peinture. Vers à M. Carlo Vanloo , fur fon tableau
représentant le Sacrifice d'Iphigénie , 143,
216
Sentiment d'un Amateur fur les Forges de Vul
cain , nouveau tableau de M. Boucher , 144
Lettre au fujet de l'expofition des ouvrages de
Peinture & de Sculpture faite dans la falle de
l'Académie des Beaux Arts de Marſeille , 146
Gravure,?
Architecture.
154
158
ART. V. SPECTACLES.
Opera , 169
Comédie Françoiſe , 170
Comédie Italienne , ibid.
Opera Comique. 171
Concert Spirituel , 172
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 173
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 190
Bénéfices donnés , 200
Morts , 201
Addition à la partie Fugitive . Vers au Roi de Pologne
, Duc de Lorraine & de Bar ,
Supplément à l'Article Chirurgie ,
Avis divers ,
203
204
211
ARTICLE PREMIER.
PINCES FUGITIVES EN VERS AT EN PROSE;
Le Torrent , Fable > pages
Sans y penfer , conte plus vrai qu'une hiftoire , 7
Vers à M. *** , &c. 13
Vers à Madame Che ... en lui donnant fon collier
à fa toilette ,
Avis utile ,
14
IS
Vers à Mademoiſelle ... fur fon voyage de Paris
,
19
215
211
22
Vers à Madame ... fur fa petite vérole ,
Suite fur M. de Fontenelle , par M. Trublet ,
Vers à M. le Comte de Saint- Florentin , le jour
de S. Louis , fa fête ,
61
59
Lettre de M. Pizzi , au fujet de la réception de
Madame Dubocage à l'Académie de Bologne
,
Vers de remerciement de Madame Dubocage , 62
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Septembre ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
64
65
66
Difcours de M. Durey- de Morfan , pour la récep
tion à l'Académie royale des Sciences & Belles-
Lettres de Nancy ,
67
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
82
Méthode d'apprendre fûrement & facilement les
Langues ,
Séance publique de l'Académie Françoiſe ,
89
108
III
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Réponse à la Lettre de M. l'Evêque
de la Ravaliere , imprimée dans le Mercure du
mois d'Août 1757 ,
Médecine. Extrait des regiftres de l'Académie
royale des Sciences , du 8 Juin 1757.
Chirurgie. Suite de la Séance publique de l'Académie
royale de Chirurgie , du 21 Avril 1757,
ART. IV . BEAUX-ARTS.
118
127
Peinture. Vers à M. Carlo Vanloo , fur fon tableau
représentant le Sacrifice d'Iphigénie , 143,
216
Sentiment d'un Amateur fur les Forges de Vul
cain , nouveau tableau de M. Boucher , 144
Lettre au fujet de l'expofition des ouvrages de
Peinture & de Sculpture faite dans la falle de
l'Académie des Beaux Arts de Marſeille , 146
Gravure,?
Architecture.
154
158
ART. V. SPECTACLES.
Opera , 169
Comédie Françoiſe , 170
Comédie Italienne , ibid.
Opera Comique. 171
Concert Spirituel , 172
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 173
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 190
Bénéfices donnés , 200
Morts , 201
Addition à la partie Fugitive . Vers au Roi de Pologne
, Duc de Lorraine & de Bar ,
Supplément à l'Article Chirurgie ,
Avis divers ,
203
204
211
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. L'Article Premier rassemble des poèmes et textes en vers, incluant des fables, des contes, et des vers dédiés à des personnalités telles que M. ***, Madame Che..., et Madame Dubocage. Cette section comprend également des lettres et des explications d'énigmes. L'Article II traite des nouvelles littéraires, avec des discours académiques, des extraits de livres récents, et des comptes rendus de séances publiques. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, incluant des discussions sur la grammaire, la médecine, et la chirurgie. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, avec des poèmes sur des œuvres d'art, des lettres sur des expositions, et des mentions de la peinture, de la gravure, et de l'architecture. L'Article V liste les spectacles, tels que l'opéra, la comédie française et italienne, l'opéra comique, et les concerts spirituels. Enfin, l'Article VI inclut des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, des annonces de bénéfices, des avis de décès, et des suppléments divers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10658
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 66. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 66. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 66. [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 66.
Fermer
10659
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert.
Fermer
10661
p. 68-69
LOGOGRYPHE.
Début :
A qui ne m'entend pas je parois un délire, [...]
Mots clefs :
Centurie
10662
p. 193-203
ALLEMAGNE.
Début :
Une Relation qu'on a reçue de l'armée Russienne, au sujet de la bataille qui [...]
Mots clefs :
Dantzig, Hambourg, Camp de Schona, Vienne, Dresde, Comte, Empire, Armées, Ennemis, Lieutenant, Feld-maréchal, Prusse, Détachement, Impératrice Reine, Comte d'Apraxin, Montagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE DANTZICK , le 16 Septembre.
UNE Relation qu'on a reçue de l'armée Ruffienne
, au fujet de la bataille qui s'eft donnée le
30 du mois d'Août entre cette armée & celle du
Roi de Pruffe commandée par le Feld - Maréchal
de Lehwald , contient les particularités fuivantes.
« Les Pruffiens ne pouvant être attaqués que
» très-difficilement dans leur pofition près de Veh-
» lau , le Feld -Maréchal Comte d'Apraxin quitta
» la rive du Prégel , & feignit de marcher à Ko-
» nifberg , pour engager les ennemis à fortir des
» bois qu'ils occupoient . Vers les cinq heures du
» matin , on eut avis qu'ils s'avançoient au nom-
» bre de trente- fix mille hommes de troupes réglées.
Lorfqu'ils furent près de Jagerfdorff , ils
» fe déployerent fur deux lignes , qu'ils reunirent
» bientôt en une feule , afin de nous préfenter un
>> front égal au nôtre. Leurs flancs , furtout le
>> gauche , étoient couverts par leur Cavalerie.
» L'action commença par un feu très-vif d'artil-
» lerie , & l'on s'apperçut que l'objet des Pruf-
» fiens étoit de s'emparer du bois de Narfitten , &
» de nous refferrer dans les défilés qui font der-
» riere ce bois. Pour prévenir le deffein du Feld-
» Maréchal de Lehwald , le Comte d'Apraxin ren
11.Vol. I
1
194 MERCURE
DE FRANCE.
força de plufieurs Régimens les troupes char-
» gées de la défenſe du bois , & établit des deux
» côtés plufieurs fortes batteries . Cependant les
» ennemis s'étoient approchés , & ils n'étoient
» plus qu'à fix cens pas de notre armée. Ils fon-
» dirent fur nous avec une impétuofité extraordi-
»> naire , & ils pénétrerent dans le bois ; mais notre
Infanterie leur oppofa une réſiſtance fi vi-
» goureuſe , qu'ils furent obligés de fe retirer.
» Pendant cette attaque , une partie de leur Ca-
» valerie eſſaya de tourner notre aîle droite. Le Gé-
» néral Comte de Browne chargea ces Eſcadrons ,
» & les mit dans la néceffité de rejoindre leur corps
de bataille. Jufqu'à neuf heures , les ennemis
» combattirent avec la plus grande valeur . Voyant
ils prirent
» qu'ils ne pouvoient nous entamer ,
» le parti de la retraite. On les pourfuivit jul-
» qu'à une licue & demie du champ de la bataille ,
& le foir notre armée alla camper près des bois
de Wehlau. La bataille a duré quatre heures ,
» & le feu,tant de l'artillerie, que de la moufquete
» rie , a été terrible de part & d'autre . Nous devons
principalement la victoire aux fages melu.
&i res prifes par le Feld -Maréchal d'Apraxin ,
l'activité avec laquelle il s'eft porté partout. Ha eu deux chevaux bleffés fous lui. Les Pruffiens
» ont laiffé fur le champ de bataille plus de deux
mille morts , Dans leur retraite , on leur a tué » fix ceas hommes. Le nombre de leurs bleffés eft
très-confidérable , & l'on prétend qu'il montei
plus de cinq mille. Le jour de la bataille , on fit
>>> mille ou onze cens prifonniers. On en a fairun
grand nombre d'autres les deux jours fuivans
Parmi les Officiers Pruffiens tués le trouvent le
» Comte de Dohna , Lieutenant - Feld- Maréchal ,
≫ & le Major Général Wellau. Nous avons enlevé
OCTOBRE. 1757.
195
» à l'ennemi vingt- cinq pieces de canon , dont il
» y en a trois de 24 livres de balle , & cinq de
» 12. De notre côté , il y a eu onze cens vingt-
>> quatre hommes tués , quatre mille fix cens cinv.
quante- neuf bleffés, & quatre cens foixante-
» fix égarés. Le Général Lapuchin , le Lieute-
» nant-Feld- Maréchal Sibin , le fieur Capinifta ,
» Brigadier , le Colonel Patkul , le Lieutenant-
» Colonel Centrowitz , le Major Gerſtorff , &
trente autres Officiers , font parmi les morts.
» Le Général Comte de Lieven , le Lieutenant-
» Feld-Maréchal Mathias de Lieven fon frere , le
» Lieutenant- Feld -Maréchal Tolstoy , les Majors
Généraux Villebois ; Manteuffel , Weymarhr
» & du Boufquet le Brigadier Plemenikow ; le
» Knés Profozosky , & les fieurs Jafikoff & Bof-
» fuet , Colonels ; quatorze Lieutenans - Colonels
ou Majors ; cent quatre-vingts , tant Capitai-
» nes , que Lieutenans , Sous- Lieutenans & Enfeignes
, ont été bleffés. L'armée Pruffienne
n rentra le foir dans fon camp retranché de Wehlau.
Elle décampa le lendemain , pourfe reti-
» rer à Tapiau. Le 7 de Septembre , nous mar-
» châmes à Wehlau , & nons occupâmes le camp,
» que l'eapemi avoit abandonné » .
Sur diverfes lettres venues depuis cette Relation
, on s'attendoit qu'il y auroit inceffamment
une feconde action entre les deux armées ; mais
on vient d'apprendre que les Ruffiens fe font retirés
de la Pruffe Ducale. On n'eft point encore informé
des cauſes de cette retraite imprévue.
DE HAMBOURG , le 16 Septembre.
1. V ..
>>Plufieurs lettres de Saxe annoncent qu'il y
déja vinge mille Autrichiens devant Drefde. On
Iij
196 MERCURE DE FRANCE.
mande de Poméranie , que les troupes Suédoifes
fe font emparées d'Anclam & de Demmin , Villes
qui étoient fous la puiffance du Roi de Pruffe.
; 1124
DU CAMP DE SCHONA , le 8 Septembre.·
3
On remarqua le 31 du mois d'août beaucoup
de mouvement parmi les troupes Pruffiennes. Elles
marcheren : jufqu'à Schonau , & Fon' crut
qu'elles avoient deflein de s'y arrêter ;; mais elles
fe retirerent dans les environs de Gorlitz , où elles
établirent leur camp fur deux lignes de l'autre
côté de la Neiff . Leur droite étoit couverte par
Landferon - Gifnitz , & une partie de leur gauche
par le village de Folge . Une forte artillerie défendoit
la montagne de Lands- Cronberg , qui
étoit devant leur front. Sur l'avis qu'elles avoient
abandonné le camp de Bornftadt , le Général Beck
envoya des détachemens prendre pofteà Javernick
, à Tauritz , à Neckeren & à Bernstorfft
& le fieur de Morocz occupa Schonau . Le Comte
de Colloredo , Général d'infanterie s'avança
avec fa réferve près de Nide , & le Comte de Na
dafty , après avoir pouffé un détachement à Lauban
, fe porta à Schonberg avecle corps de troupes
, qui eft fous fes ordres.
Le premier de feptembre, vingt compagnies de
Grenadiers , trente piquets & Gx cens chevaux ,
entrerent dans le camp que l'on avoit tracé entre
Bornftadt & Leube . Toute l'armée s'y rendit le 2
fur fix colonnes , & le Prince Charles de Lorraine
établit fon quartier à Oftritz. Quelques troupes
ennemies s'approcherent de Schonberg , dans le
deffein d'attaquer les poftes avancés du Comte de
Nadafty , mais ayant reconnu que ces poftes
avoient été renforcés , elles n'oferent rien entre
prendre .
OCTOBRE. 1757. 197
Le Prince Charles de Lorraine & le Feld-Maréchal
Comte de Daun firent le 3 diverfes difpofitions
, tendantes à former un cordon depuis la
rive droite de la Neiff jufqu'à Lauban , & depuis
la rive gauche de la même riviere jufqu'à Drefde.
Le lendemain , un détachement de notre
droite fe porta à Lauban. Les troupes légeres de
la gauche firent auffi un mouvement en avant.
Sept cens charriots chargés de farine étoient ar
rivés le 4 de Drefde à Baudiffin pour l'armée du
Roi de Pruffe. Ayant été joints à Baudiffin par
fept cens autres , ils pourfuivirent le s leur route
vers Gorlitz. Le Lieutenant-Feld- Maréchal Had.
dick , inftruit de la marche de ce convoi , fit
mettre feize cens , tant Huffards que Croates , en
embuſcade fur le chemin qui conduit à Wurfchen,
par lequel les convois des ennemis paffoient or
dinairement. Selon les apparences , les Pruffiens
en furent avertis . Ils pafferent par Baruth & par
Weigersdorff , afin d'éviter la rencontre des troupes
du Comte de Haddick.
Le cinq , les ennemis commencerent à fe
retrancher fur la montagne de Lands- Cronberg.
Larmée de l'Impératrice Reine s'approcha le même
jour de Bornftadt , & vint camper ici , plufieurs
Compagnies de Grenadiers s'étendant depuis
Tauchriz jufqu'à la Neiff , & occupant les hauteurs
de Javernick . Pour couvrir notre marche ,
le fieur de Morocz s'étoit avancé la veille à
Teutfch Pauls-dorff , & le Général Beck s'étoit
porté fur Javernick & fur Teutfch- Offig . Ce der
nier apprit le 6 , que trois à quatre mille Pruffiens
, qui couvroient la ville de Baudiffin , avoient
joint le gros de leur armée , & que cette Place
n'étoit plus gardée que par fept ou huit cens hommes.
Auffitôt il marcha de ce côté , pour empê-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
cher la Garnifon de fe retirer , ou pour lui rendre
du moins la retraite plus difficile .
Un corps de dix- huit à vingt mille Pruffiens ,
commandé par le Général Winterfeld , étoit retranché
de l'autre côté de la Neiff fur une montagne
de très -difficile accès. Nonobftant cette potion
avantageuse , le Prince Charles de Lorraine
fit attaquer hier ce Général. Le Comte de Nadafty
& le Duc d'Aremberg furent chargés de cette
expédition. On ne pouvoit déloger les ennemis de
a montagne, fans fe rendre maître d'une redoute.
Le Général Wurben , qui étoit à la tête des grenadiers
, & le Comte de Montazet , Brigadier dé
Dragons au fervice du Roi Très - Chrétien , fe
jetterent les premiers dans cette Redoute l'épée à
la main. Ils ne tarderent pas à être fuivis de tous
les Grenadiers qui , la bayonnette au bout du fufil
, chafferent les ennemis. Pendant affez longtemps
, les Pruffiens tinrent ferme fur le haut de
la montagne. Mais le Général Winterfeld ayant
été tué d'un coup de canon , fa mort les découragea
, & ils furent mis en déroute , après avoir perdu
quatre canons & fept drapeaux . Il y a eu du
côté des Autrichiens trois cens hommes tués ou
bleffés . Parmi les premiers, on compte le Marquis
d'Afque , Capitaine au régiment d'Arberg , & le
Comte de Groefberg , Capitaine dans le Régiment
de Ligne. Le Comte de Nadafty a reçu un
coup de feu à l'épaule . Le Marquis de Clerici ,
Lieutenant- Feld- Maréchal ; le fieur Elrichaufen ,
Colonel-Commandant du Régiment de Sprecheri
le Comte d'Arberg , Lieutenant- Colonel du même
Régiment, & le fieur de Kinflog, Lieutenant Colo .
nel du Régiment de Mercy, font auffi bleffés ; & le
dernier l'eft très - dangereufement. On eftime la pere
des ennemis à 1500 hommes , en y compre-
G
OCTOBRE. 1757. 159
nant les prifonniers & les déferteurs.Nous avons fait
prifonniers le Baron de Kamecke , Major Général
; le Comte d'Anholt , Colonel , & plufieurs
autres Officiers .
Peu après l'action , le prince Charles de Lorraine
fut informé qu'à midi le Lieutenant- Feld-
Maréchal Haddick s'étoit emparé de la ville de
Baudiffin ; que la Garnifon s'étoit rendue prifonniere
de guerre , & qu'on avoit trouvé dans la
Place un magafin confidérable de toute forte de
provifions , & quelques pieces de campagne. Les
ennemis , privés de ce pofte , auront beaucoup
de peine à foutenir leur communication avec la
Saxe.
On vient de détacher de notre armée un Corps
confidérable d'Infanterie & de Cavalerie , pour
marcher en avant par la droite de l'Elbe , & le
porter fur Drefde , Meiffen & Torgau , tandis que
les troupes légeres poufferont de leur côté vers la
lifere du Brandebourg.
Quelques efpions viennent de rapporter que le
Prince de Brunfwic- Beverne faifoit défiler des
troupes de fa gauche vers Buntzlau . Son objet eft
fans doute de renforcer le corps que commande le
Général Grumbkow , & de couvrir les Districts
de Lignitz & de Glogaw. Il deftinoit le corps
du Général Winterfeld à couvrir Schweidnitz & la
partie de la Silée , qui s'étend depuis cette Ville
jufqu'à la gauche de l'Oder.
Le Duc Wirtemberg , étant arrivé hier au matin
à notre camp , a voulu fe trouver à l'expédition
du Comte de Nadafty & du Duc d'Aremberg.
Pendant tout le combat , il s'eft exposé au plus
grand feu , ainfi que le Prince Louis fon frere , le
Prince de Deux-Ponts , & le Prince Camille de
Lorraine.
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
DE VIENNE, le 4 Septembre .
L'Impératrice Reine , en confidération des fervices
importans que les Colonels Janhus & Laudon
ont rendus pendant cette campagne , a fait
expédier à ces Officiers des brevets de Majors
Généraux.
A l'occafion de la guerre qui agite l'Empire,
Sa Majesté Impériale a donné de nouveaux Avocatoires
, dont voici la teneur.
>> FRANÇOIS , & c. Sçavoir faifons à tous les
Electeurs , Princes , Etats , Vaffaux & Sujets
du Saint Empire , de même qu'à tous les Of-
» ficiers & Soldats , qui fe trouvent au ſervice du
Roi de Pruffe Electeur de Brandebourg , & à
ceux qui voudroient en quelque maniere que ce
» foit lui prêter ſecours & affiftance , que le Roi
de Prufie Electeur de Brandebourg , fans avoir
égard aux Mandemens ni aux Exhortatoires du
Juge Suprême de l'Empire , ayant continué fes
excès & fes violences en Saxe & en Boheme ,
» les Electeurs , Princes & Etats , auroient réfola
» le 17 Janvier dernier , que tous les Cercles de
» l'Empire devoient fournir les fecours néceffai-
» res , & nous auroient requis très - humblement
» de procéder , en vertu de notre autorité de
Chef Suprême de l'Empire , & fuivant le Traité
» de Weftphalie , l'Ordonnance d'Exécution , &
notre Capitulation : en conféquence de quoi
Nous aurions pris les mefures convenables pour
» réunir les fecours de l'Empire , & fait citer
» l'Electeur Frédéric de Brandebourg , pour le
» punir du Ban de l'Empire , & le priver des Fiefs,
» Priviléges , Dignités , Graces , Expectatives ,
» Immunités , Prérogatives , & de toutes les poffeflions
qu'il tient de Nous & du Saint - Empire.
1
1
1
OCTOBRE . 1757. 201
» Les Loix de l'Empire défendant donc que per-
» fonne , de quelque état & condition qu'il foit ,
» adhere à un pareil perturbateur du repos géné-
» ral de l'Empire , & lui accorde la moindre af-
» fiftance & retraite ; & Nous ayant déja fait pu-
» blier le 13 Septembre de l'année derniere un
» Mandement inhibitoire & avocatoire , lequel
» n'a cependant pas été exécuté en tous les points
» & étant néceffaire actuellement de les renou-
» veller , d'autant plus que l'Electeur Frédéric de
» Brandebourg a été cité judiciairement pour être
» mis au Ban de l'Empire : Nous ordonnons , en
» vertu de la plénitude de notre autorité Impériale
, à tous les Vaffaux & Sujets des Electeurs ,
>> Princes & Etats de l'Empire , & à tous les hauts
» & bas Officiers , Soldats , tant Cavaliers que
» Fantaffins , & Nous leur enjoignons très -fé-
» rieuſement , fous les peines portées par le Traité
de Weftphalie & par d'autres conftitutions de
» l'Empire portées contré les infracteurs de la paix
» publique , comme auffi fous des punitions cor-
» porel es , & fous la perte de tous leurs biens ,
» droits , priviléges , &c. , non- feulement de fe
» conformer à notredit Mandement Avocatoire ,
» & de quitter inceffamment le fervice militaire
» de l'Electeur de Brandebourg , mais auffi de ne
» point fe laiffer employer en aucune maniere ,
» foit pour le préfent , foit pour l'avenir , contre
» l'armée d'Exécution de l'Empire , contre les
» Electorats de Sare & de Boheme , contre nos
» autres Alliés & Auxiliaires , & encore moins
>> contre tous les autres Etats de l'Empire ; de ne
» prêter aucune affiftance aux partifans dudit Elec-
>> teur de Brandebourg ; de ne leur point fournir
» de munitions de guerre ni de bouche , & de ne
» point accorder de retraite , ni permettre de fé
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
>> jour à fes Confeillers , Agens & Serviteurs ; le
>> tout fous peine de notre indignation & de celle
» du Saint-Empire Romain , & fous les punitions
» fufmentionnées. A quel effet , nous avons déja
» ordonné à nos Fiſcaux & à notre Chambre Im-
» périale , de procéder après l'écoulement de deux
>> mois fuivant la rigueur des Loix contre les Con-
» trevenans , & contre ceux qui , étant fous la
» la domination de l'Empire , n'auront pas abandonné
après ledit terme le fervice dudit Elec-
» teur de Brandebourg . En foi de quoi Nous avons
» figné de notre main le préfent Mandement ; &
» afin que perfonne n'en prétende caufe d'igno-
» rance , Nous avons ordonné qu'il fût publié &
affiché fur les frontieres de l'Electorat de Bran-
"debourg , & généralement dans tout l'Empire .
A Vienne, le 22 Août 1757.
D
DE DRESDE , le 7 Septembre.
If paroît deux nouvelles Ordonnances du Commiffariat
de Guerre Pruffien. Par la premiere , il
eft enjoint aux cercles de l'Electorat , de fournir
fept cens cinquante-quatre mille huit cens quarante-
huit boiffeaux d'avoine , deux cens vingthuit
mille fix cens quatre- vingt-feize boiffeaux
d'orge , quatre cens mille quintaux de foin , &
trois millions de bottes de paille , dont le Roi de
Pruffe promet de bonnifier la valeur. La feconde
Ordonnance regarde l'établiffement de deux magafins
à Kohren & à Wilsdruff.
Sa Majesté Pruffienne , en partant de cette Ville
, lui a demandé un fubfide de cent vingt mille
écus.
Vingt mille Autrichiens , fous les ordres du
Lieutenant- Feld- Maréchal Comte de Haddick , &
OCTOBRE. 1757. 203
du Major Général Mitrowski , coupent la communication
entre cette Ville & la droite de l'Elbe.
Plufieurs partis des troupes de l'Impératrice Reine
fe font voir auffi de temps en temps à la gauche
du fleuve.
Malgré les nouvelles affurances que le Roi de
Pruffe a données pour la fûreté de la prochaine
foire de Léipfick , on craint qu'il ne s'y rende
aucun Marchand étranger.
DE DANTZICK , le 16 Septembre.
UNE Relation qu'on a reçue de l'armée Ruffienne
, au fujet de la bataille qui s'eft donnée le
30 du mois d'Août entre cette armée & celle du
Roi de Pruffe commandée par le Feld - Maréchal
de Lehwald , contient les particularités fuivantes.
« Les Pruffiens ne pouvant être attaqués que
» très-difficilement dans leur pofition près de Veh-
» lau , le Feld -Maréchal Comte d'Apraxin quitta
» la rive du Prégel , & feignit de marcher à Ko-
» nifberg , pour engager les ennemis à fortir des
» bois qu'ils occupoient . Vers les cinq heures du
» matin , on eut avis qu'ils s'avançoient au nom-
» bre de trente- fix mille hommes de troupes réglées.
Lorfqu'ils furent près de Jagerfdorff , ils
» fe déployerent fur deux lignes , qu'ils reunirent
» bientôt en une feule , afin de nous préfenter un
>> front égal au nôtre. Leurs flancs , furtout le
>> gauche , étoient couverts par leur Cavalerie.
» L'action commença par un feu très-vif d'artil-
» lerie , & l'on s'apperçut que l'objet des Pruf-
» fiens étoit de s'emparer du bois de Narfitten , &
» de nous refferrer dans les défilés qui font der-
» riere ce bois. Pour prévenir le deffein du Feld-
» Maréchal de Lehwald , le Comte d'Apraxin ren
11.Vol. I
1
194 MERCURE
DE FRANCE.
força de plufieurs Régimens les troupes char-
» gées de la défenſe du bois , & établit des deux
» côtés plufieurs fortes batteries . Cependant les
» ennemis s'étoient approchés , & ils n'étoient
» plus qu'à fix cens pas de notre armée. Ils fon-
» dirent fur nous avec une impétuofité extraordi-
»> naire , & ils pénétrerent dans le bois ; mais notre
Infanterie leur oppofa une réſiſtance fi vi-
» goureuſe , qu'ils furent obligés de fe retirer.
» Pendant cette attaque , une partie de leur Ca-
» valerie eſſaya de tourner notre aîle droite. Le Gé-
» néral Comte de Browne chargea ces Eſcadrons ,
» & les mit dans la néceffité de rejoindre leur corps
de bataille. Jufqu'à neuf heures , les ennemis
» combattirent avec la plus grande valeur . Voyant
ils prirent
» qu'ils ne pouvoient nous entamer ,
» le parti de la retraite. On les pourfuivit jul-
» qu'à une licue & demie du champ de la bataille ,
& le foir notre armée alla camper près des bois
de Wehlau. La bataille a duré quatre heures ,
» & le feu,tant de l'artillerie, que de la moufquete
» rie , a été terrible de part & d'autre . Nous devons
principalement la victoire aux fages melu.
&i res prifes par le Feld -Maréchal d'Apraxin ,
l'activité avec laquelle il s'eft porté partout. Ha eu deux chevaux bleffés fous lui. Les Pruffiens
» ont laiffé fur le champ de bataille plus de deux
mille morts , Dans leur retraite , on leur a tué » fix ceas hommes. Le nombre de leurs bleffés eft
très-confidérable , & l'on prétend qu'il montei
plus de cinq mille. Le jour de la bataille , on fit
>>> mille ou onze cens prifonniers. On en a fairun
grand nombre d'autres les deux jours fuivans
Parmi les Officiers Pruffiens tués le trouvent le
» Comte de Dohna , Lieutenant - Feld- Maréchal ,
≫ & le Major Général Wellau. Nous avons enlevé
OCTOBRE. 1757.
195
» à l'ennemi vingt- cinq pieces de canon , dont il
» y en a trois de 24 livres de balle , & cinq de
» 12. De notre côté , il y a eu onze cens vingt-
>> quatre hommes tués , quatre mille fix cens cinv.
quante- neuf bleffés, & quatre cens foixante-
» fix égarés. Le Général Lapuchin , le Lieute-
» nant-Feld- Maréchal Sibin , le fieur Capinifta ,
» Brigadier , le Colonel Patkul , le Lieutenant-
» Colonel Centrowitz , le Major Gerſtorff , &
trente autres Officiers , font parmi les morts.
» Le Général Comte de Lieven , le Lieutenant-
» Feld-Maréchal Mathias de Lieven fon frere , le
» Lieutenant- Feld -Maréchal Tolstoy , les Majors
Généraux Villebois ; Manteuffel , Weymarhr
» & du Boufquet le Brigadier Plemenikow ; le
» Knés Profozosky , & les fieurs Jafikoff & Bof-
» fuet , Colonels ; quatorze Lieutenans - Colonels
ou Majors ; cent quatre-vingts , tant Capitai-
» nes , que Lieutenans , Sous- Lieutenans & Enfeignes
, ont été bleffés. L'armée Pruffienne
n rentra le foir dans fon camp retranché de Wehlau.
Elle décampa le lendemain , pourfe reti-
» rer à Tapiau. Le 7 de Septembre , nous mar-
» châmes à Wehlau , & nons occupâmes le camp,
» que l'eapemi avoit abandonné » .
Sur diverfes lettres venues depuis cette Relation
, on s'attendoit qu'il y auroit inceffamment
une feconde action entre les deux armées ; mais
on vient d'apprendre que les Ruffiens fe font retirés
de la Pruffe Ducale. On n'eft point encore informé
des cauſes de cette retraite imprévue.
DE HAMBOURG , le 16 Septembre.
1. V ..
>>Plufieurs lettres de Saxe annoncent qu'il y
déja vinge mille Autrichiens devant Drefde. On
Iij
196 MERCURE DE FRANCE.
mande de Poméranie , que les troupes Suédoifes
fe font emparées d'Anclam & de Demmin , Villes
qui étoient fous la puiffance du Roi de Pruffe.
; 1124
DU CAMP DE SCHONA , le 8 Septembre.·
3
On remarqua le 31 du mois d'août beaucoup
de mouvement parmi les troupes Pruffiennes. Elles
marcheren : jufqu'à Schonau , & Fon' crut
qu'elles avoient deflein de s'y arrêter ;; mais elles
fe retirerent dans les environs de Gorlitz , où elles
établirent leur camp fur deux lignes de l'autre
côté de la Neiff . Leur droite étoit couverte par
Landferon - Gifnitz , & une partie de leur gauche
par le village de Folge . Une forte artillerie défendoit
la montagne de Lands- Cronberg , qui
étoit devant leur front. Sur l'avis qu'elles avoient
abandonné le camp de Bornftadt , le Général Beck
envoya des détachemens prendre pofteà Javernick
, à Tauritz , à Neckeren & à Bernstorfft
& le fieur de Morocz occupa Schonau . Le Comte
de Colloredo , Général d'infanterie s'avança
avec fa réferve près de Nide , & le Comte de Na
dafty , après avoir pouffé un détachement à Lauban
, fe porta à Schonberg avecle corps de troupes
, qui eft fous fes ordres.
Le premier de feptembre, vingt compagnies de
Grenadiers , trente piquets & Gx cens chevaux ,
entrerent dans le camp que l'on avoit tracé entre
Bornftadt & Leube . Toute l'armée s'y rendit le 2
fur fix colonnes , & le Prince Charles de Lorraine
établit fon quartier à Oftritz. Quelques troupes
ennemies s'approcherent de Schonberg , dans le
deffein d'attaquer les poftes avancés du Comte de
Nadafty , mais ayant reconnu que ces poftes
avoient été renforcés , elles n'oferent rien entre
prendre .
OCTOBRE. 1757. 197
Le Prince Charles de Lorraine & le Feld-Maréchal
Comte de Daun firent le 3 diverfes difpofitions
, tendantes à former un cordon depuis la
rive droite de la Neiff jufqu'à Lauban , & depuis
la rive gauche de la même riviere jufqu'à Drefde.
Le lendemain , un détachement de notre
droite fe porta à Lauban. Les troupes légeres de
la gauche firent auffi un mouvement en avant.
Sept cens charriots chargés de farine étoient ar
rivés le 4 de Drefde à Baudiffin pour l'armée du
Roi de Pruffe. Ayant été joints à Baudiffin par
fept cens autres , ils pourfuivirent le s leur route
vers Gorlitz. Le Lieutenant-Feld- Maréchal Had.
dick , inftruit de la marche de ce convoi , fit
mettre feize cens , tant Huffards que Croates , en
embuſcade fur le chemin qui conduit à Wurfchen,
par lequel les convois des ennemis paffoient or
dinairement. Selon les apparences , les Pruffiens
en furent avertis . Ils pafferent par Baruth & par
Weigersdorff , afin d'éviter la rencontre des troupes
du Comte de Haddick.
Le cinq , les ennemis commencerent à fe
retrancher fur la montagne de Lands- Cronberg.
Larmée de l'Impératrice Reine s'approcha le même
jour de Bornftadt , & vint camper ici , plufieurs
Compagnies de Grenadiers s'étendant depuis
Tauchriz jufqu'à la Neiff , & occupant les hauteurs
de Javernick . Pour couvrir notre marche ,
le fieur de Morocz s'étoit avancé la veille à
Teutfch Pauls-dorff , & le Général Beck s'étoit
porté fur Javernick & fur Teutfch- Offig . Ce der
nier apprit le 6 , que trois à quatre mille Pruffiens
, qui couvroient la ville de Baudiffin , avoient
joint le gros de leur armée , & que cette Place
n'étoit plus gardée que par fept ou huit cens hommes.
Auffitôt il marcha de ce côté , pour empê-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
cher la Garnifon de fe retirer , ou pour lui rendre
du moins la retraite plus difficile .
Un corps de dix- huit à vingt mille Pruffiens ,
commandé par le Général Winterfeld , étoit retranché
de l'autre côté de la Neiff fur une montagne
de très -difficile accès. Nonobftant cette potion
avantageuse , le Prince Charles de Lorraine
fit attaquer hier ce Général. Le Comte de Nadafty
& le Duc d'Aremberg furent chargés de cette
expédition. On ne pouvoit déloger les ennemis de
a montagne, fans fe rendre maître d'une redoute.
Le Général Wurben , qui étoit à la tête des grenadiers
, & le Comte de Montazet , Brigadier dé
Dragons au fervice du Roi Très - Chrétien , fe
jetterent les premiers dans cette Redoute l'épée à
la main. Ils ne tarderent pas à être fuivis de tous
les Grenadiers qui , la bayonnette au bout du fufil
, chafferent les ennemis. Pendant affez longtemps
, les Pruffiens tinrent ferme fur le haut de
la montagne. Mais le Général Winterfeld ayant
été tué d'un coup de canon , fa mort les découragea
, & ils furent mis en déroute , après avoir perdu
quatre canons & fept drapeaux . Il y a eu du
côté des Autrichiens trois cens hommes tués ou
bleffés . Parmi les premiers, on compte le Marquis
d'Afque , Capitaine au régiment d'Arberg , & le
Comte de Groefberg , Capitaine dans le Régiment
de Ligne. Le Comte de Nadafty a reçu un
coup de feu à l'épaule . Le Marquis de Clerici ,
Lieutenant- Feld- Maréchal ; le fieur Elrichaufen ,
Colonel-Commandant du Régiment de Sprecheri
le Comte d'Arberg , Lieutenant- Colonel du même
Régiment, & le fieur de Kinflog, Lieutenant Colo .
nel du Régiment de Mercy, font auffi bleffés ; & le
dernier l'eft très - dangereufement. On eftime la pere
des ennemis à 1500 hommes , en y compre-
G
OCTOBRE. 1757. 159
nant les prifonniers & les déferteurs.Nous avons fait
prifonniers le Baron de Kamecke , Major Général
; le Comte d'Anholt , Colonel , & plufieurs
autres Officiers .
Peu après l'action , le prince Charles de Lorraine
fut informé qu'à midi le Lieutenant- Feld-
Maréchal Haddick s'étoit emparé de la ville de
Baudiffin ; que la Garnifon s'étoit rendue prifonniere
de guerre , & qu'on avoit trouvé dans la
Place un magafin confidérable de toute forte de
provifions , & quelques pieces de campagne. Les
ennemis , privés de ce pofte , auront beaucoup
de peine à foutenir leur communication avec la
Saxe.
On vient de détacher de notre armée un Corps
confidérable d'Infanterie & de Cavalerie , pour
marcher en avant par la droite de l'Elbe , & le
porter fur Drefde , Meiffen & Torgau , tandis que
les troupes légeres poufferont de leur côté vers la
lifere du Brandebourg.
Quelques efpions viennent de rapporter que le
Prince de Brunfwic- Beverne faifoit défiler des
troupes de fa gauche vers Buntzlau . Son objet eft
fans doute de renforcer le corps que commande le
Général Grumbkow , & de couvrir les Districts
de Lignitz & de Glogaw. Il deftinoit le corps
du Général Winterfeld à couvrir Schweidnitz & la
partie de la Silée , qui s'étend depuis cette Ville
jufqu'à la gauche de l'Oder.
Le Duc Wirtemberg , étant arrivé hier au matin
à notre camp , a voulu fe trouver à l'expédition
du Comte de Nadafty & du Duc d'Aremberg.
Pendant tout le combat , il s'eft exposé au plus
grand feu , ainfi que le Prince Louis fon frere , le
Prince de Deux-Ponts , & le Prince Camille de
Lorraine.
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
DE VIENNE, le 4 Septembre .
L'Impératrice Reine , en confidération des fervices
importans que les Colonels Janhus & Laudon
ont rendus pendant cette campagne , a fait
expédier à ces Officiers des brevets de Majors
Généraux.
A l'occafion de la guerre qui agite l'Empire,
Sa Majesté Impériale a donné de nouveaux Avocatoires
, dont voici la teneur.
>> FRANÇOIS , & c. Sçavoir faifons à tous les
Electeurs , Princes , Etats , Vaffaux & Sujets
du Saint Empire , de même qu'à tous les Of-
» ficiers & Soldats , qui fe trouvent au ſervice du
Roi de Pruffe Electeur de Brandebourg , & à
ceux qui voudroient en quelque maniere que ce
» foit lui prêter ſecours & affiftance , que le Roi
de Prufie Electeur de Brandebourg , fans avoir
égard aux Mandemens ni aux Exhortatoires du
Juge Suprême de l'Empire , ayant continué fes
excès & fes violences en Saxe & en Boheme ,
» les Electeurs , Princes & Etats , auroient réfola
» le 17 Janvier dernier , que tous les Cercles de
» l'Empire devoient fournir les fecours néceffai-
» res , & nous auroient requis très - humblement
» de procéder , en vertu de notre autorité de
Chef Suprême de l'Empire , & fuivant le Traité
» de Weftphalie , l'Ordonnance d'Exécution , &
notre Capitulation : en conféquence de quoi
Nous aurions pris les mefures convenables pour
» réunir les fecours de l'Empire , & fait citer
» l'Electeur Frédéric de Brandebourg , pour le
» punir du Ban de l'Empire , & le priver des Fiefs,
» Priviléges , Dignités , Graces , Expectatives ,
» Immunités , Prérogatives , & de toutes les poffeflions
qu'il tient de Nous & du Saint - Empire.
1
1
1
OCTOBRE . 1757. 201
» Les Loix de l'Empire défendant donc que per-
» fonne , de quelque état & condition qu'il foit ,
» adhere à un pareil perturbateur du repos géné-
» ral de l'Empire , & lui accorde la moindre af-
» fiftance & retraite ; & Nous ayant déja fait pu-
» blier le 13 Septembre de l'année derniere un
» Mandement inhibitoire & avocatoire , lequel
» n'a cependant pas été exécuté en tous les points
» & étant néceffaire actuellement de les renou-
» veller , d'autant plus que l'Electeur Frédéric de
» Brandebourg a été cité judiciairement pour être
» mis au Ban de l'Empire : Nous ordonnons , en
» vertu de la plénitude de notre autorité Impériale
, à tous les Vaffaux & Sujets des Electeurs ,
>> Princes & Etats de l'Empire , & à tous les hauts
» & bas Officiers , Soldats , tant Cavaliers que
» Fantaffins , & Nous leur enjoignons très -fé-
» rieuſement , fous les peines portées par le Traité
de Weftphalie & par d'autres conftitutions de
» l'Empire portées contré les infracteurs de la paix
» publique , comme auffi fous des punitions cor-
» porel es , & fous la perte de tous leurs biens ,
» droits , priviléges , &c. , non- feulement de fe
» conformer à notredit Mandement Avocatoire ,
» & de quitter inceffamment le fervice militaire
» de l'Electeur de Brandebourg , mais auffi de ne
» point fe laiffer employer en aucune maniere ,
» foit pour le préfent , foit pour l'avenir , contre
» l'armée d'Exécution de l'Empire , contre les
» Electorats de Sare & de Boheme , contre nos
» autres Alliés & Auxiliaires , & encore moins
>> contre tous les autres Etats de l'Empire ; de ne
» prêter aucune affiftance aux partifans dudit Elec-
>> teur de Brandebourg ; de ne leur point fournir
» de munitions de guerre ni de bouche , & de ne
» point accorder de retraite , ni permettre de fé
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
>> jour à fes Confeillers , Agens & Serviteurs ; le
>> tout fous peine de notre indignation & de celle
» du Saint-Empire Romain , & fous les punitions
» fufmentionnées. A quel effet , nous avons déja
» ordonné à nos Fiſcaux & à notre Chambre Im-
» périale , de procéder après l'écoulement de deux
>> mois fuivant la rigueur des Loix contre les Con-
» trevenans , & contre ceux qui , étant fous la
» la domination de l'Empire , n'auront pas abandonné
après ledit terme le fervice dudit Elec-
» teur de Brandebourg . En foi de quoi Nous avons
» figné de notre main le préfent Mandement ; &
» afin que perfonne n'en prétende caufe d'igno-
» rance , Nous avons ordonné qu'il fût publié &
affiché fur les frontieres de l'Electorat de Bran-
"debourg , & généralement dans tout l'Empire .
A Vienne, le 22 Août 1757.
D
DE DRESDE , le 7 Septembre.
If paroît deux nouvelles Ordonnances du Commiffariat
de Guerre Pruffien. Par la premiere , il
eft enjoint aux cercles de l'Electorat , de fournir
fept cens cinquante-quatre mille huit cens quarante-
huit boiffeaux d'avoine , deux cens vingthuit
mille fix cens quatre- vingt-feize boiffeaux
d'orge , quatre cens mille quintaux de foin , &
trois millions de bottes de paille , dont le Roi de
Pruffe promet de bonnifier la valeur. La feconde
Ordonnance regarde l'établiffement de deux magafins
à Kohren & à Wilsdruff.
Sa Majesté Pruffienne , en partant de cette Ville
, lui a demandé un fubfide de cent vingt mille
écus.
Vingt mille Autrichiens , fous les ordres du
Lieutenant- Feld- Maréchal Comte de Haddick , &
OCTOBRE. 1757. 203
du Major Général Mitrowski , coupent la communication
entre cette Ville & la droite de l'Elbe.
Plufieurs partis des troupes de l'Impératrice Reine
fe font voir auffi de temps en temps à la gauche
du fleuve.
Malgré les nouvelles affurances que le Roi de
Pruffe a données pour la fûreté de la prochaine
foire de Léipfick , on craint qu'il ne s'y rende
aucun Marchand étranger.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
Le 30 août 1757, une bataille opposa l'armée russe, dirigée par le Feld-Maréchal Comte d'Apraxin, à l'armée prussienne commandée par le Feld-Maréchal de Lehwald près de Vehlau. Les Prussiens, initialement bien positionnés, furent contraints de quitter les bois qu'ils occupaient. Les Russes, après avoir renforcé la défense du bois de Narfitten, résistèrent à une attaque prussienne. La cavalerie prussienne tenta de tourner l'aile droite russe mais fut repoussée par le Général Comte de Browne. Après neuf heures de combat, les Prussiens se retirèrent, laissant plus de deux mille morts et cinq mille blessés. Les Russes capturèrent vingt-cinq pièces de canon et mille prisonniers, subissant eux-mêmes mille cent vingt-quatre tués, quatre mille six cent cinquante-neuf blessés et quatre cent soixante-six égarés, incluant plusieurs officiers de haut rang. Suite à cette bataille, les Russes occupèrent le camp de Wehlau abandonné par les Prussiens. Des mouvements de troupes furent observés en Saxe et en Poméranie, avec des troupes suédoises s'emparant de villes prussiennes. En Saxe, les Autrichiens se préparaient à attaquer Dresde. Le Prince Charles de Lorraine et le Feld-Maréchal Comte de Daun organisèrent des dispositions défensives autour de la Neisse. Une attaque contre les Prussiens retranchés près de Bornftadt fut couronnée de succès, avec la capture de quatre canons et sept drapeaux. Les Prussiens subirent des pertes significatives, incluant le Général Winterfeld. Les Autrichiens capturèrent également plusieurs officiers prussiens. Le Duc de Wurtemberg et d'autres princes participèrent activement aux combats. L'Impératrice Reine promit les Colonels Janhus et Laudon au rang de Majors Généraux pour leurs services. Des avocatoires impériaux furent émis contre le Roi de Prusse pour ses actions en Saxe et en Bohême. Par ailleurs, un mandement impérial daté du 22 août 1757 ordonna aux vassaux et sujets des électeurs, princes et États de l'Empire de quitter immédiatement le service militaire de l'Électeur Frédéric de Brandebourg. Cette décision est motivée par les lois de l'Empire interdisant de soutenir un perturbateur du repos général. Le mandement rappelle un précédent ordre du 13 septembre de l'année précédente, non entièrement exécuté, et cite l'Électeur Frédéric de Brandebourg pour être mis au Ban de l'Empire. Les sujets sont menacés de sévères punitions, y compris la perte de leurs biens et privilèges, s'ils continuent à servir l'Électeur de Brandebourg ou lui fournissent une quelconque assistance. Le mandement doit être publié et affiché aux frontières de l'Électorat de Brandebourg et dans tout l'Empire. Deux ordonnances du Commissariat de Guerre prussien demandèrent aux cercles de l'Électorat de fournir des provisions et établirent des magasins à Kohren et à Wilsdruff. Le roi de Prusse demanda également un subside de cent vingt mille écus à Dresde. Des troupes autrichiennes, sous les ordres du lieutenant-feld-maréchal Comte de Haddick et du major général Mitrowski, coupèrent la communication entre Dresde et la droite de l'Elbe, tandis que d'autres troupes impériales se montrèrent à gauche du fleuve. Malgré les assurances du roi de Prusse, la sécurité de la prochaine foire de Leipzig fut mise en doute.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10663
p. 203-205
ITALIE.
Début :
Un affreux ouragan a causé de très-grands dommages à Monte-Pulciano [...]
Mots clefs :
Rome, Naples, Gênes, Ouragan, Dégâts, Évêché, Mont Vésuve, Tremblement de terre, Rebelles corses, Attaques, San Pelegrino
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE ROME , le 10 Septembre.
Un affreux ouragan a caufé de très- grands dontmages
à Monte-Pulciano & dans les environs . Le
Monaftere des Religieufes a été renversé de fond
en comble , & les deux tiers des perfonnes , qui
étoient dans cette maifon , ont été écrasées fous
les ruines des Bâtimens. Plufieurs autres maifons
ont été totalement détruites , & dans la campagne
la plupart des arbres ont été déracinés .
DE NAPLES , le 31 Août
.
Sur la recommandation du Grand Maître de
Malte , le Roi a diſpoſé de l'Evêché de cette ifle
en faveur du Grand Prieur de l'Eglife de Saint
Jean , un des trois Sujets qui avoient été préſen
tés à Sa Majefté.
Le Mont Véfuve jette depuis quelques jours beau
coup de flammes & de pierres embrafées . Il s'eft fair
dans cette montagne une nouvelle ouverture
d'où ilfort un torrent de matiere bitumineuſe ,
qui coule avec une rapidité extraordinaire.
99
On a reçu de Sicile la facheufe nouvelle , que
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
le 6 d'Août , on y a effuyé un affreux tremblement
de terre; que plus de la moitié de la Ville
de Syracufe a été renversée , & qu'environ douze
mille habitans ont été enfevelis fous les ruines de
leurs maifons.
DE GENES , le 4 Septembre.
Les Rebelles de Corfe ont cru les circonstances
favorables , pour attaquer les poftes que les troupes
de la République occupent dans le circuit de
I'Ifle. Neuf cens d'entr'eux tenterent le 19 du
mois d'Août , d'emporter d'affaut la Tour de San
Pelegrino , qui ne peut contenir qu'une garnison
d'environ quarante hommes. L'attaque n'ayant
pas réuffi , les Rebelles bloquerent ce pofte , dans
T'efpérance de le prendre par famine , & ils fe retrancherent
principalement du côté de la mer ,
afin d'empêcher les fecours .
Sur la nouvelle de l'entreprise de Paoli , la République
a envoyé en Corfe trois de fes Galeres ,
& un renfort de quatre cens hommes . Ces tronpes
y arriverent le 30. Elles defcendirent à terre
, malgré les obftacles qui s'oppofoient à leur
débarquement. La bayonnette au bout du fufil ,
elles chargerent les Rebelles , & les mirent en
fuite avec beaucoup de perte de la part de l'ennemi
. Elles étoient encore à fa pourfuite , dans
le moment du départ du courier que le Commiffaire
Général de l'Ile a dépêché à la Répu
blique. On ne fçauroit trop louer la conftance
& la fermeté des affiégés , qui ont réſiſté fi longtemps
à toutes les incommodités de leur fituasion
, particuliérement à la difette d'eau dont ils
ent manqué pendant une grande partie du fiége.
Les Galeres que le Gouvernement avoit enOCTOBRE
. 1757 : 205
voyées en Corſe , rentrerent avant- hier dans ce
port, & l'on eut à cette occafion le détail de tout
ce qui s'eft fait pour délivrer la Tour de San-
Pelegrino , fituée dans la partie de la Corfe , gardée
par les troupes de la République. Cette Relation
contient en fubftance , que les Rébelles font
dans la plus grande confternation ; plufieurs d'entr'eux
ayant été taillés en pieces , & nommément
quatre de leurs Chefs , parmi lesquels ſe trouve le
fameux Vincentelli Il s'eft élevé de grands différends
entre Paoli & les autres Chefs. Lorfque les
Galeres font parties de l'Ifle , on s'attendoit qu'ils
en viendroient aux mains.
DE ROME , le 10 Septembre.
Un affreux ouragan a caufé de très- grands dontmages
à Monte-Pulciano & dans les environs . Le
Monaftere des Religieufes a été renversé de fond
en comble , & les deux tiers des perfonnes , qui
étoient dans cette maifon , ont été écrasées fous
les ruines des Bâtimens. Plufieurs autres maifons
ont été totalement détruites , & dans la campagne
la plupart des arbres ont été déracinés .
DE NAPLES , le 31 Août
.
Sur la recommandation du Grand Maître de
Malte , le Roi a diſpoſé de l'Evêché de cette ifle
en faveur du Grand Prieur de l'Eglife de Saint
Jean , un des trois Sujets qui avoient été préſen
tés à Sa Majefté.
Le Mont Véfuve jette depuis quelques jours beau
coup de flammes & de pierres embrafées . Il s'eft fair
dans cette montagne une nouvelle ouverture
d'où ilfort un torrent de matiere bitumineuſe ,
qui coule avec une rapidité extraordinaire.
99
On a reçu de Sicile la facheufe nouvelle , que
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
le 6 d'Août , on y a effuyé un affreux tremblement
de terre; que plus de la moitié de la Ville
de Syracufe a été renversée , & qu'environ douze
mille habitans ont été enfevelis fous les ruines de
leurs maifons.
DE GENES , le 4 Septembre.
Les Rebelles de Corfe ont cru les circonstances
favorables , pour attaquer les poftes que les troupes
de la République occupent dans le circuit de
I'Ifle. Neuf cens d'entr'eux tenterent le 19 du
mois d'Août , d'emporter d'affaut la Tour de San
Pelegrino , qui ne peut contenir qu'une garnison
d'environ quarante hommes. L'attaque n'ayant
pas réuffi , les Rebelles bloquerent ce pofte , dans
T'efpérance de le prendre par famine , & ils fe retrancherent
principalement du côté de la mer ,
afin d'empêcher les fecours .
Sur la nouvelle de l'entreprise de Paoli , la République
a envoyé en Corfe trois de fes Galeres ,
& un renfort de quatre cens hommes . Ces tronpes
y arriverent le 30. Elles defcendirent à terre
, malgré les obftacles qui s'oppofoient à leur
débarquement. La bayonnette au bout du fufil ,
elles chargerent les Rebelles , & les mirent en
fuite avec beaucoup de perte de la part de l'ennemi
. Elles étoient encore à fa pourfuite , dans
le moment du départ du courier que le Commiffaire
Général de l'Ile a dépêché à la Répu
blique. On ne fçauroit trop louer la conftance
& la fermeté des affiégés , qui ont réſiſté fi longtemps
à toutes les incommodités de leur fituasion
, particuliérement à la difette d'eau dont ils
ent manqué pendant une grande partie du fiége.
Les Galeres que le Gouvernement avoit enOCTOBRE
. 1757 : 205
voyées en Corſe , rentrerent avant- hier dans ce
port, & l'on eut à cette occafion le détail de tout
ce qui s'eft fait pour délivrer la Tour de San-
Pelegrino , fituée dans la partie de la Corfe , gardée
par les troupes de la République. Cette Relation
contient en fubftance , que les Rébelles font
dans la plus grande confternation ; plufieurs d'entr'eux
ayant été taillés en pieces , & nommément
quatre de leurs Chefs , parmi lesquels ſe trouve le
fameux Vincentelli Il s'eft élevé de grands différends
entre Paoli & les autres Chefs. Lorfque les
Galeres font parties de l'Ifle , on s'attendoit qu'ils
en viendroient aux mains.
Fermer
Résumé : ITALIE.
En Italie, plusieurs événements marquants ont eu lieu. À Monte-Pulciano, un ouragan a causé des dégâts considérables, détruisant le monastère des religieuses et tuant deux tiers des personnes présentes. De nombreuses maisons et arbres ont également été endommagés. À Naples, le roi a nommé le Grand Prieur de l'Église de Saint Jean à l'Évêché de Malte. Le mont Vésuve est entré en éruption, projetant des flammes, des pierres incandescentes et un torrent de matière bitumineuse. En Sicile, un tremblement de terre le 6 août a détruit la moitié de Syracuse et tué environ douze mille habitants. En Corse, les rebelles ont attaqué la tour de San Pellegrino sans succès et ont tenté de la bloquer. La République a envoyé des galères et des renforts, repoussant les rebelles et causant des pertes significatives parmi eux, y compris quatre chefs, dont Vincentelli. Des différends ont surgi entre Paoli et les autres chefs rebelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10664
p. 205-209
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 17 Septembre, M. le Baron de Lichtenstein, Ministre Plénipotentiaire du Duc de [...]
Mots clefs :
Roi, Capitaine, Frégate, Corsaires, Troupes, Bataillons, Audience, Duc de Gesvres, Maréchal de Richelieu, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c .
E 17 Septembre , M. le Baron de Lichtenftein ,
Miniftre Plénipotentiaire du Duc de Saxe- Gotha ,
eut une audience particuliere du Roi , dans
laquelle it a préfenté à Sa Majefté fes Lettres de
Créance . Il a été conduit à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur le Dauphin
, de Madame Infante , de Madame & de
Mefdames Victoire , Sophie & Louife , par le
même Introducteur .
Le Roi a difpofé de la charge de Premier Gentilhomme
de la Chambre , vacante par la mort
de M. le Duc de Gefvres , en faveur de M. le Duc
de Duras , & du Gouvernement de Paris , qui
vaquoit par la même mort , en faveur de M. le
Duc de Chevreuse.
206 MERCURE DE FRANCE.
Le Gouvernement de la Province de Piñe de
France , dont M. le Duc de Gefvres étoit pourvu
, paffe à M. le Comte de Trêmes qui , depuis
la mort de M. le Duc fon frere , a pris le titre de
Duc de Trêmes.
La place de Dame du Palais de la Reine , va~
cante par la mort de la Princeffe de Montauban,
a été donnée à Madame la Marquife d'Efcars.
M. le Duc de Duras arriva ici le 16 , & remit
au Roi une Convention , qui a été conclue le 10
entre le Maréchal Duc de Richelieu , Général des
armées de Sa Majefté en Allemagne , & le Duc
de Cumberland , Général de l'armée du Roi d'Angleterre
Electeur d'Hanovre. Cette convention
porte en fubftance : Que les hoftilités cefferont
de part & d'autre . Que les troupes auxiliaires ,
fçavoir , celles de Heffe , de Brunfwick , de Saxe-
Gotha , & même celles du Comte de la Lippe-
Buckemberg , feront renvoyées , & le rendront ,
avec des paffe ports de M. le Maréchal de Richelieu
, dans leurs pays refpectifs , où elles feront
placées & difperfées fuivant ce qui fera ultérieurement
réglé. Que le Duc de Cumberland paſſera
l'Elbe avec la partie de fon armée , qu'il ne pour
ra pas placer dans la Ville de Stade ou aux environs.
Que les troupes , qui formeront la Garnifon
de Stade , ou feront placées aux environs ,
& qui confifteront en 10 Bataillons & 18 Efcadrons
, ne pourront faire aucun acte d'hoftilité ,
ni être recrutées fous aucun prétexte , ou augmentées
dans aucun cas. Que ces troupes ne
pourront point fortir des limites qui leur feront
affignées , & qui feront marquées avec des poreaux.
Que les troupes Françoifes demeureront
dans le refte des Duchés de Bremen & de Verden,
jufques à une conciliation définitive des deux
OCTOBRE. 1757- 20
Souverains. Que le Maréchal de Richelieu accordera
les paffeports & les fûretés néceffaires
aux troupes Hanoveriennes , qui fe retireront au
delà de l'Elbe , & qui confiftent en 15 Bataillons
, 6 Efcadrons , & tout le Corps des Chaf
feurs. Il a été ftipulé auffi , que le Roi de Danemarck
, fous la garantie de qui cette Conventions
a été faite , s'obligera d'en affurer l'exécution:
pleine & entiere.
On a reçu avis que la flotte Angloife , qui a fait
voile de Portſmouth le 8 de Septembre , s'étoit
préfentée fucceffivement devant les Illes d'Oleron
& de Ré , & que le 23 elle avoit fait une
defcente dans l'Ifle Daix. Quoiqu'on ne croye
point avoir rien à craindre pour les côtes , vu les
meſures qui ont été priſes pour leur défenſe ; le
Roi , pour plus grande fûreté , a jugé à propos de
faire partir pour la Rochelle quatre bataillons des
Gardes Françoifes , deux Bataillons des Gardes
Suiffes , & un détachement de la Cavalerie de fa
Maiſon. Sa Majesté a envoyé ordre auffi à quelques-
uns des Régimens , dont les quartiers font
le plus à portée du pays d'Aunis , de fe rendre
dans cette Province.
M. de Maupeou , premier Préfident du Parle
ment ayant demandé la permiffion de fe demettre
de fa place , le Roi en a difpofé en faveur de M.
le Préfident Molé. Sa Majefté a gratifié M. de
Maupeou d'une penfion de quarante mille livres .
Le Roi a accordé à l'Abbé Salabery , Confeiller
de la Grand-Chambre , l'expectative d'une des
trois places de Confeillers d'Etat d'Eglife.
Le 6 Octobre, M. le Comte de Sartiranne , Am--
baffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , à laquelle il fut conduit par
M. de la Live, Introducteur des Ambaffadeurs..
208 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour , le Roi a tenu le Sceau pour la
quatorzieme & la quinzieme fois.
Le 2 , M. le Préſident Molé prêta ferment entre
les mains du Roi pour la place de premier Préfident
du Parlement..
L'Archevêque de Paris arriva de Conflans enfon
palais archiepifcopal le premier d'octobre au foir.
Ce Prélat fe rendit le 2 à Verfailles , où il eut
l'honneur de préfenter fes refpects au Roi , à la
Reine , & à la Famille Royale.
Le Capitaine Berrade , commandant le Corfaire
la Marquise de Salba , a pris le navire Anglois le
Prince d'Orange , allant de Rhode- Iſland à Lon
dres avec un chargement de bois de Campeche . Il
s'eft auffi rendu maitre d'un Senaw , qui portoit de
Dublin à Antigoa fept cens & quelques barrils de
boeuf d'Irlande.
Le Corfaire l'Etigny s'eft emparé du Senaw le
Mélange , dont la charge confiftoit principalement
en grains & en falaifons , & du Senaw la
Méditerranée , chargé de fel.
Deux navires Anglois ont été enlevés par le
corfaire la Favorite , que commande le Capitaine
Sopite. Il y avoit fur l'un de ces bâtimens deux
mille trois cens quintaux de morue. L'autre en
portoit quatorze cens quintaux. Ce dernier a été
conduit dans un port d'Espagne.
De trois prifes qu'a faites le Corfaire l'Amiral ,
aucune n'a eu le bonheur d'arriver à bon port.
Le fieur la Fuente , commandant ci- devant la
frégate la Bohémienne , écrit de Falmouth , qu'il a
été obligé de fe rendre au corfaire la Défiance , de
Londres.
Le fieur de l'Ile - Beauchefne , Capitaine de vailfeau
, commandant la frégate du Roi le Zéphyr
s'eft rendu maître de deux corfaires Anglois , qui
!
OCTOBRE . 1757. 209
tous deux font armés de 10 canons , 8 pierriers ,
& ont l'un 72 hommes d'équipage , l'autre 48 .
Selon les avis reçus de Dunkerque , la frégate
la Comteffe de la Serre , de ce port , commandée
par le Capitaine Robert , & montée de 18 canons
de 8 livres de balle , s'empara le 20 fept. de 3 navires
Anglois à la hauteur d'Edimbourg . Deux de
ces bâtimens étoient partis de Kiga , chargés de
lin , de chanvre , de planches & de poutres . Le
troifieme venoit de Petersbourg avec un chargement
de fer & de chanvre. On eſtime que ces trois
prifes montent à cent cinquante mille livres . La
frégate la Comteffe de la Serre étoit partie le 16 de
Dunkerque. Le lendemain elle eut à l'entrée de la
Tamife , un combat avec une frégate Angloiſe de
24 canons de huit livres de balle . Le Capitaine
Robert auroit enlevé la frégate ennemie , fi la vue
de plufieurs navires de force , qui venoient la fecourir
, ne l'eût obligé de fe retirer.
Le Capitaine de Cock , qui commande le corfaite
le Comte de Maurepas , de Dunkerque , s'eft
emparé des navires Anglois le Bon Marchand &
la Concorde , & d'un brigantin , dont étoit maître
Jofeph Forceſter, & il les a rançonnés pour 26640
livres. Il a fait une autre prife chargée de fucre ,
de café , de cuirs fecs & de bois de Campeche ,
qui a coulé bas en arrivant à Dunkerque , mais
on en a ſauvé la cargaiſon .
E 17 Septembre , M. le Baron de Lichtenftein ,
Miniftre Plénipotentiaire du Duc de Saxe- Gotha ,
eut une audience particuliere du Roi , dans
laquelle it a préfenté à Sa Majefté fes Lettres de
Créance . Il a été conduit à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur le Dauphin
, de Madame Infante , de Madame & de
Mefdames Victoire , Sophie & Louife , par le
même Introducteur .
Le Roi a difpofé de la charge de Premier Gentilhomme
de la Chambre , vacante par la mort
de M. le Duc de Gefvres , en faveur de M. le Duc
de Duras , & du Gouvernement de Paris , qui
vaquoit par la même mort , en faveur de M. le
Duc de Chevreuse.
206 MERCURE DE FRANCE.
Le Gouvernement de la Province de Piñe de
France , dont M. le Duc de Gefvres étoit pourvu
, paffe à M. le Comte de Trêmes qui , depuis
la mort de M. le Duc fon frere , a pris le titre de
Duc de Trêmes.
La place de Dame du Palais de la Reine , va~
cante par la mort de la Princeffe de Montauban,
a été donnée à Madame la Marquife d'Efcars.
M. le Duc de Duras arriva ici le 16 , & remit
au Roi une Convention , qui a été conclue le 10
entre le Maréchal Duc de Richelieu , Général des
armées de Sa Majefté en Allemagne , & le Duc
de Cumberland , Général de l'armée du Roi d'Angleterre
Electeur d'Hanovre. Cette convention
porte en fubftance : Que les hoftilités cefferont
de part & d'autre . Que les troupes auxiliaires ,
fçavoir , celles de Heffe , de Brunfwick , de Saxe-
Gotha , & même celles du Comte de la Lippe-
Buckemberg , feront renvoyées , & le rendront ,
avec des paffe ports de M. le Maréchal de Richelieu
, dans leurs pays refpectifs , où elles feront
placées & difperfées fuivant ce qui fera ultérieurement
réglé. Que le Duc de Cumberland paſſera
l'Elbe avec la partie de fon armée , qu'il ne pour
ra pas placer dans la Ville de Stade ou aux environs.
Que les troupes , qui formeront la Garnifon
de Stade , ou feront placées aux environs ,
& qui confifteront en 10 Bataillons & 18 Efcadrons
, ne pourront faire aucun acte d'hoftilité ,
ni être recrutées fous aucun prétexte , ou augmentées
dans aucun cas. Que ces troupes ne
pourront point fortir des limites qui leur feront
affignées , & qui feront marquées avec des poreaux.
Que les troupes Françoifes demeureront
dans le refte des Duchés de Bremen & de Verden,
jufques à une conciliation définitive des deux
OCTOBRE. 1757- 20
Souverains. Que le Maréchal de Richelieu accordera
les paffeports & les fûretés néceffaires
aux troupes Hanoveriennes , qui fe retireront au
delà de l'Elbe , & qui confiftent en 15 Bataillons
, 6 Efcadrons , & tout le Corps des Chaf
feurs. Il a été ftipulé auffi , que le Roi de Danemarck
, fous la garantie de qui cette Conventions
a été faite , s'obligera d'en affurer l'exécution:
pleine & entiere.
On a reçu avis que la flotte Angloife , qui a fait
voile de Portſmouth le 8 de Septembre , s'étoit
préfentée fucceffivement devant les Illes d'Oleron
& de Ré , & que le 23 elle avoit fait une
defcente dans l'Ifle Daix. Quoiqu'on ne croye
point avoir rien à craindre pour les côtes , vu les
meſures qui ont été priſes pour leur défenſe ; le
Roi , pour plus grande fûreté , a jugé à propos de
faire partir pour la Rochelle quatre bataillons des
Gardes Françoifes , deux Bataillons des Gardes
Suiffes , & un détachement de la Cavalerie de fa
Maiſon. Sa Majesté a envoyé ordre auffi à quelques-
uns des Régimens , dont les quartiers font
le plus à portée du pays d'Aunis , de fe rendre
dans cette Province.
M. de Maupeou , premier Préfident du Parle
ment ayant demandé la permiffion de fe demettre
de fa place , le Roi en a difpofé en faveur de M.
le Préfident Molé. Sa Majefté a gratifié M. de
Maupeou d'une penfion de quarante mille livres .
Le Roi a accordé à l'Abbé Salabery , Confeiller
de la Grand-Chambre , l'expectative d'une des
trois places de Confeillers d'Etat d'Eglife.
Le 6 Octobre, M. le Comte de Sartiranne , Am--
baffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , à laquelle il fut conduit par
M. de la Live, Introducteur des Ambaffadeurs..
208 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour , le Roi a tenu le Sceau pour la
quatorzieme & la quinzieme fois.
Le 2 , M. le Préſident Molé prêta ferment entre
les mains du Roi pour la place de premier Préfident
du Parlement..
L'Archevêque de Paris arriva de Conflans enfon
palais archiepifcopal le premier d'octobre au foir.
Ce Prélat fe rendit le 2 à Verfailles , où il eut
l'honneur de préfenter fes refpects au Roi , à la
Reine , & à la Famille Royale.
Le Capitaine Berrade , commandant le Corfaire
la Marquise de Salba , a pris le navire Anglois le
Prince d'Orange , allant de Rhode- Iſland à Lon
dres avec un chargement de bois de Campeche . Il
s'eft auffi rendu maitre d'un Senaw , qui portoit de
Dublin à Antigoa fept cens & quelques barrils de
boeuf d'Irlande.
Le Corfaire l'Etigny s'eft emparé du Senaw le
Mélange , dont la charge confiftoit principalement
en grains & en falaifons , & du Senaw la
Méditerranée , chargé de fel.
Deux navires Anglois ont été enlevés par le
corfaire la Favorite , que commande le Capitaine
Sopite. Il y avoit fur l'un de ces bâtimens deux
mille trois cens quintaux de morue. L'autre en
portoit quatorze cens quintaux. Ce dernier a été
conduit dans un port d'Espagne.
De trois prifes qu'a faites le Corfaire l'Amiral ,
aucune n'a eu le bonheur d'arriver à bon port.
Le fieur la Fuente , commandant ci- devant la
frégate la Bohémienne , écrit de Falmouth , qu'il a
été obligé de fe rendre au corfaire la Défiance , de
Londres.
Le fieur de l'Ile - Beauchefne , Capitaine de vailfeau
, commandant la frégate du Roi le Zéphyr
s'eft rendu maître de deux corfaires Anglois , qui
!
OCTOBRE . 1757. 209
tous deux font armés de 10 canons , 8 pierriers ,
& ont l'un 72 hommes d'équipage , l'autre 48 .
Selon les avis reçus de Dunkerque , la frégate
la Comteffe de la Serre , de ce port , commandée
par le Capitaine Robert , & montée de 18 canons
de 8 livres de balle , s'empara le 20 fept. de 3 navires
Anglois à la hauteur d'Edimbourg . Deux de
ces bâtimens étoient partis de Kiga , chargés de
lin , de chanvre , de planches & de poutres . Le
troifieme venoit de Petersbourg avec un chargement
de fer & de chanvre. On eſtime que ces trois
prifes montent à cent cinquante mille livres . La
frégate la Comteffe de la Serre étoit partie le 16 de
Dunkerque. Le lendemain elle eut à l'entrée de la
Tamife , un combat avec une frégate Angloiſe de
24 canons de huit livres de balle . Le Capitaine
Robert auroit enlevé la frégate ennemie , fi la vue
de plufieurs navires de force , qui venoient la fecourir
, ne l'eût obligé de fe retirer.
Le Capitaine de Cock , qui commande le corfaite
le Comte de Maurepas , de Dunkerque , s'eft
emparé des navires Anglois le Bon Marchand &
la Concorde , & d'un brigantin , dont étoit maître
Jofeph Forceſter, & il les a rançonnés pour 26640
livres. Il a fait une autre prife chargée de fucre ,
de café , de cuirs fecs & de bois de Campeche ,
qui a coulé bas en arrivant à Dunkerque , mais
on en a ſauvé la cargaiſon .
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 17 septembre, le Baron de Lichtenstein, ministre plénipotentiaire du Duc de Saxe-Gotha, a été reçu en audience privée par le Roi, qui a accepté ses lettres de créance. Le Roi a procédé à plusieurs nominations : le Duc de Duras a été nommé Premier Gentilhomme de la Chambre, le Duc de Chevreuse Gouverneur de Paris, et le Comte de Trêmes, devenu Duc de Trêmes, Gouverneur de la Province de Pîne de France. La Marquise d'Escars a été désignée Dame du Palais de la Reine. Le Duc de Duras a présenté au Roi une convention signée le 10 septembre entre le Maréchal Duc de Richelieu et le Duc de Cumberland, prévoyant la cessation des hostilités et le retrait des troupes auxiliaires. Les troupes françaises resteront dans les Duchés de Bremen et de Verden jusqu'à une conciliation définitive. La flotte anglaise a été repérée devant les îles d'Oléron et de Ré, et a effectué une descente dans l'île Daix. En réponse, le Roi a renforcé les défenses des côtes en envoyant des troupes à La Rochelle et dans la province d'Aunis. M. de Maupeou a démissionné de son poste de Premier Président du Parlement, remplacé par M. le Président Molé, qui a prêté serment le 2 octobre. Le Roi a accordé une pension à M. de Maupeou et une place de Conseiller d'État d'Église à l'Abbé Salabery. Le 6 octobre, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne, le Comte de Sartiranne, a été reçu en audience privée. Le Roi a tenu le Sceau pour la quatorzième et la quinzième fois. L'Archevêque de Paris est arrivé à Versailles le 2 octobre. Des corsaires français ont réalisé plusieurs prises maritimes, notamment des navires anglais chargés de bois de Campeche, de grains, de morue et de sel. La frégate la Comtesse de la Serre a capturé trois navires anglais près d'Édimbourg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10665
p. 209
« Le peu d'espace qui nous reste nous oblige de remettre [...] »
Début :
Le peu d'espace qui nous reste nous oblige de remettre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le peu d'espace qui nous reste nous oblige de remettre [...] »
Le peu d'efpace qui nous refte nous
oblige de remettre au prochain Mercure
l'article de l'Hôpital de M. le Maréchal-
Duc de Biron . Ce n'est qu'un retard de
quinze jours.
oblige de remettre au prochain Mercure
l'article de l'Hôpital de M. le Maréchal-
Duc de Biron . Ce n'est qu'un retard de
quinze jours.
Fermer
10666
p. 210
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Septfons, Ordre de Cîteaux, Diocèse d'Autun, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Vicaire, Abbé, Paroisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
SA Majefté a donné l'Abbaye de Septfons , Or
dre de Cîteaux , Dioceſe d'Autun , vacante par le
décès de Dom Jofeph Alpheron , àDom Dorothée
Jaloutz , Religieux de cette Abbaye ; l'Abbaye
de Longpont , Ordre de Câteaux , Dioceſe
de Soiffons , à M. l'Abbé de Friſchmann , ci- devant
chargé des affaires de France à la Cour d'Efpagne
; celle de la Creft , même Ordre , Diocefe
de Langres , à M. l'Abbé de Chabannes , Aumonier
du Roi , & Vicaire Général de l'Evêché de
Clermont ; celle de Saint Crefpin en Chaye , Ordre
de Saint Auguftin , Diocefe de Soiffons , à M.
l'Abbé d'Heffelin , Vicaire Général de l'Archevêché
de Sens ; celle de Saint Urbain , Ordre de
Saint Benoît , Dioceſe de Châlons - fur - Marne ;
à M. l'Abbé du Quéilard , Archidiacre de l'Eglife
Cathédrale , & Vicaire Général de l'Evêché de
Digne ; celle de Maymac , même Ordre , Diocefe
de Limoges , à M. l'Abbé Barc , Chapelain
du Roi , & Chanoine de la Cathédrale de Noyon ;
& le Prieuré de Saint Rambert en Forez , Dioe
cefe de Lyon , à M. l'Abbé de Montjouvent ,
Comte de Lyon , & Vicaire Général du même
Diocefe ; l'Abbaye de Fonfroide , Ordre de Ci
teaux , Dioceſe de Narbonne , à M. l'Evêque de
Venca ; l'Abbaye Réguliere de Beaumont ,
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Clermont , à la
Dame de Lentilhac , Religieufe de la même Abbaye
; & le Prieuré de Sainte Marie de Quingac
nevend , Dioceſe de Nantes , à M. le Loup de
la Biliais , Recteur de la Paroiffe de Blain , & Député
de la Chambre Eccléfiaftique du même Diocele.
SA Majefté a donné l'Abbaye de Septfons , Or
dre de Cîteaux , Dioceſe d'Autun , vacante par le
décès de Dom Jofeph Alpheron , àDom Dorothée
Jaloutz , Religieux de cette Abbaye ; l'Abbaye
de Longpont , Ordre de Câteaux , Dioceſe
de Soiffons , à M. l'Abbé de Friſchmann , ci- devant
chargé des affaires de France à la Cour d'Efpagne
; celle de la Creft , même Ordre , Diocefe
de Langres , à M. l'Abbé de Chabannes , Aumonier
du Roi , & Vicaire Général de l'Evêché de
Clermont ; celle de Saint Crefpin en Chaye , Ordre
de Saint Auguftin , Diocefe de Soiffons , à M.
l'Abbé d'Heffelin , Vicaire Général de l'Archevêché
de Sens ; celle de Saint Urbain , Ordre de
Saint Benoît , Dioceſe de Châlons - fur - Marne ;
à M. l'Abbé du Quéilard , Archidiacre de l'Eglife
Cathédrale , & Vicaire Général de l'Evêché de
Digne ; celle de Maymac , même Ordre , Diocefe
de Limoges , à M. l'Abbé Barc , Chapelain
du Roi , & Chanoine de la Cathédrale de Noyon ;
& le Prieuré de Saint Rambert en Forez , Dioe
cefe de Lyon , à M. l'Abbé de Montjouvent ,
Comte de Lyon , & Vicaire Général du même
Diocefe ; l'Abbaye de Fonfroide , Ordre de Ci
teaux , Dioceſe de Narbonne , à M. l'Evêque de
Venca ; l'Abbaye Réguliere de Beaumont ,
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Clermont , à la
Dame de Lentilhac , Religieufe de la même Abbaye
; & le Prieuré de Sainte Marie de Quingac
nevend , Dioceſe de Nantes , à M. le Loup de
la Biliais , Recteur de la Paroiffe de Blain , & Député
de la Chambre Eccléfiaftique du même Diocele.
Fermer
Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le texte énumère les bénéfices ecclésiastiques accordés par Sa Majesté à divers religieux et ecclésiastiques. L'Abbaye de Septfons, dans le diocèse d'Autun, est attribuée à Dom Dorothée Jaloutz. L'Abbaye de Longpont, dans le diocèse de Soissons, est donnée à M. l'Abbé de Frischmann. L'Abbaye de la Creft, dans le diocèse de Langres, est attribuée à M. l'Abbé de Chabannes. L'Abbaye de Saint Crespin en Chaye, dans le diocèse de Soissons, est donnée à M. l'Abbé d'Heffelin. L'Abbaye de Saint Urbain, dans le diocèse de Châlons-sur-Marne, est attribuée à M. l'Abbé du Quéilard. L'Abbaye de Maymac, dans le diocèse de Limoges, est donnée à M. l'Abbé Barc. Le Prieuré de Saint Rambert en Forez, dans le diocèse de Lyon, est attribué à M. l'Abbé de Montjouvent. L'Abbaye de Fonfroide, dans le diocèse de Narbonne, est donnée à M. l'Évêque de Venca. L'Abbaye Régulière de Beaumont, dans le diocèse de Clermont, est attribuée à la Dame de Lentilhac. Enfin, le Prieuré de Sainte Marie de Quingacnevend, dans le diocèse de Nantes, est attribué à M. le Loup de la Biliais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10667
p. 211-212
MARIAGE ET MORTS.
Début :
Messire Louis-Marie-Athanase de Lomenye, Comte de Brienne, Colonel du Régiment [...]
Mots clefs :
Mariage, Morts, Maréchal, Comte, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORTS.
MARIAGE ET MORTS.
MESSIRE Louis-Marie-Athanafe de Lomenye",
Comte de Brienne , Colonel du Régiment d'Artois
, Infanterie , fut marié le 4 d'Octobre à Demoiſelle
Marie-Anne- Etiennette Fizeaux de Clémont
, fille de M. Eftienne- Claude Fizeaux- de
Clémont , & de Dame Marie- Anne Perrinet . La
Bénédiction nuptiale leur fut donnée dans l'Eglife
Paroiffiale de Saint Roch, par le Cardinal de Luynes.
Leur contrat de mariage avoit été figné le
deux par le Roi. Le Comte de Brienne eft fils
de Meffire Nicolas- Louis de Lomenye , Comte
de Brienne , & de Dame Gabrielle - Anne de Chamillard.
Melire Dominique - Jofephe - Marie d'Inguin
berti , Evêque de Carpentras , & Archevêque
Titulaire de Théodofie , mourut à Carpentras le
7 Septembre , dans fa foixante- quinzieme année.
Il a inftitué les pauvres fes légataires univerfels ..
De fon vivant , il leur a fait bâtir un Hôpital
magnifique dans fa Ville Epifcopale . Ce Prélat
étoit connu dans la République des Lettres par
plufieurs ouvrages.
Louis de Pardaillan de Gondrin , Duc d'Antin ,
Pair de France , Maréchal des Camps & Armées dur
Roi , Gouverneur & Lieutenant - Général de l'Or
léannois , Gouverneur particulier des Ville &
Chateau d'Amboife , eft mort de la petite vérole ,
à Bremen , la nuit du 13 au 14 , âgé de trente ans.
Par fa mort , fa Branche & fa Pairie font éteintes.
Meflire Efprit Dedons de Pierrefeu , Maréchal
des Cimps & Armées du Roi , eft mort le 14 à
Aix en Provence , âgé de cinquante- neufans.
212 MERCURE DE FRANCE.
Meffire François-Joachim Potier , Duc de Gefvres
, Pair de France , Chevalier des Ordres du
Roi premier Gentilhomme de la Chambre ,
Brigadier de Cavalerie , Gouverneur de la Ville ,
Prevôté & Vicomté de Paris , Gouverneur & Lieu.
tenant Général pour le Roi dans la Province de
l'Ile de France , Gouverneur particulier des Villes
& Châteaux de Laon , Soiffons & Noyon ,
Grand Bailli & Gouverneur de Crefpy & du Valois
, Capitaine & Gouverneur du Château & Capitainerie
Royale de Monceaux , mourut à Paris
le 19 , âgé de foixante- cinq ans , moins dix jours.
Son corps , après avoir été exposé pendant plufieurs
jours en fon Hôtel dans une Chapelle ardente
, fut porté le 27 à l'Eglife Paroiffiale de Saint
Roch , & enfuite à l'Eglife des Céleftins , où ce
Duc a été inhumé dans le tombeau de fa Maiſon .
Les Religieux des Ordres Mendians ont affifté à fon
Convoi , ainfi que le Corps de Ville , & le Régiment
de la Ville.
Meffire Gafton- Charles- Pierre de Levis , Duc
de Mirepoix , Maréchal de France , Maréchal
Héréditaire de la Foi , Chevalier des Ordres da
Roi , Capitaine d'une des Compagnies des Gardes
du Corps de Sa Majefté , Gouverneur de
Brouage , Lieutenant - Général & Commandant en
chef dans la Province de Languedoc , ainfi que fur
toutes les côtes de la Méditerranée , mourut à
Montpellier , le 25 , dans la cinquante- huitieme
année de fon âge,
Marie-Jeanne Olimpe de Bonnevie , épouse de
Marie- François- Henri de Franquetot , Duc de
Coigny , Mestre de Camp Général des Dragons
de France , & Gouverneur de Choify- le - Roi , mon
rut à Paris le 27 , âgée de vingt- un ans . Elle avoit
épousé en premieres noces Meffire Louis- Auguſte,
Vicomte deChabot.
MESSIRE Louis-Marie-Athanafe de Lomenye",
Comte de Brienne , Colonel du Régiment d'Artois
, Infanterie , fut marié le 4 d'Octobre à Demoiſelle
Marie-Anne- Etiennette Fizeaux de Clémont
, fille de M. Eftienne- Claude Fizeaux- de
Clémont , & de Dame Marie- Anne Perrinet . La
Bénédiction nuptiale leur fut donnée dans l'Eglife
Paroiffiale de Saint Roch, par le Cardinal de Luynes.
Leur contrat de mariage avoit été figné le
deux par le Roi. Le Comte de Brienne eft fils
de Meffire Nicolas- Louis de Lomenye , Comte
de Brienne , & de Dame Gabrielle - Anne de Chamillard.
Melire Dominique - Jofephe - Marie d'Inguin
berti , Evêque de Carpentras , & Archevêque
Titulaire de Théodofie , mourut à Carpentras le
7 Septembre , dans fa foixante- quinzieme année.
Il a inftitué les pauvres fes légataires univerfels ..
De fon vivant , il leur a fait bâtir un Hôpital
magnifique dans fa Ville Epifcopale . Ce Prélat
étoit connu dans la République des Lettres par
plufieurs ouvrages.
Louis de Pardaillan de Gondrin , Duc d'Antin ,
Pair de France , Maréchal des Camps & Armées dur
Roi , Gouverneur & Lieutenant - Général de l'Or
léannois , Gouverneur particulier des Ville &
Chateau d'Amboife , eft mort de la petite vérole ,
à Bremen , la nuit du 13 au 14 , âgé de trente ans.
Par fa mort , fa Branche & fa Pairie font éteintes.
Meflire Efprit Dedons de Pierrefeu , Maréchal
des Cimps & Armées du Roi , eft mort le 14 à
Aix en Provence , âgé de cinquante- neufans.
212 MERCURE DE FRANCE.
Meffire François-Joachim Potier , Duc de Gefvres
, Pair de France , Chevalier des Ordres du
Roi premier Gentilhomme de la Chambre ,
Brigadier de Cavalerie , Gouverneur de la Ville ,
Prevôté & Vicomté de Paris , Gouverneur & Lieu.
tenant Général pour le Roi dans la Province de
l'Ile de France , Gouverneur particulier des Villes
& Châteaux de Laon , Soiffons & Noyon ,
Grand Bailli & Gouverneur de Crefpy & du Valois
, Capitaine & Gouverneur du Château & Capitainerie
Royale de Monceaux , mourut à Paris
le 19 , âgé de foixante- cinq ans , moins dix jours.
Son corps , après avoir été exposé pendant plufieurs
jours en fon Hôtel dans une Chapelle ardente
, fut porté le 27 à l'Eglife Paroiffiale de Saint
Roch , & enfuite à l'Eglife des Céleftins , où ce
Duc a été inhumé dans le tombeau de fa Maiſon .
Les Religieux des Ordres Mendians ont affifté à fon
Convoi , ainfi que le Corps de Ville , & le Régiment
de la Ville.
Meffire Gafton- Charles- Pierre de Levis , Duc
de Mirepoix , Maréchal de France , Maréchal
Héréditaire de la Foi , Chevalier des Ordres da
Roi , Capitaine d'une des Compagnies des Gardes
du Corps de Sa Majefté , Gouverneur de
Brouage , Lieutenant - Général & Commandant en
chef dans la Province de Languedoc , ainfi que fur
toutes les côtes de la Méditerranée , mourut à
Montpellier , le 25 , dans la cinquante- huitieme
année de fon âge,
Marie-Jeanne Olimpe de Bonnevie , épouse de
Marie- François- Henri de Franquetot , Duc de
Coigny , Mestre de Camp Général des Dragons
de France , & Gouverneur de Choify- le - Roi , mon
rut à Paris le 27 , âgée de vingt- un ans . Elle avoit
épousé en premieres noces Meffire Louis- Auguſte,
Vicomte deChabot.
Fermer
Résumé : MARIAGE ET MORTS.
Le texte relate plusieurs événements liés au mariage et aux décès de personnalités notables. Le 4 octobre, Louis-Marie-Athanafe de Lomenie, Comte de Brienne, a épousé Marie-Anne-Etiennette Fizeaux de Clémont. La bénédiction nuptiale a été donnée par le Cardinal de Luynes dans l'église paroissiale de Saint Roch. Leur contrat de mariage avait été signé par le Roi le 2 octobre. Le Comte de Brienne est le fils de Nicolas-Louis de Lomenie et de Gabrielle-Anne de Chamillard. Dominique-Joseph-Marie d'Inguinberti, Évêque de Carpentras et Archevêque titulaire de Théodosiopolis, est décédé à Carpentras le 7 septembre à l'âge de soixante-quinze ans. Il a légué ses biens aux pauvres et a fait construire un hôpital dans sa ville épiscopale. Il était connu pour ses ouvrages dans la République des Lettres. Louis de Pardaillan de Gondrin, Duc d'Antin, Pair de France, Maréchal des Camps et Armées du Roi, Gouverneur de l'Orléanois et d'Amboise, est mort de la petite vérole à Bremen la nuit du 13 au 14 septembre à l'âge de trente ans. Sa mort a éteint sa branche et sa pairie. Esprit Dedons de Pierrefeu, Maréchal des Camps et Armées du Roi, est décédé à Aix-en-Provence le 14 septembre à l'âge de cinquante-neuf ans. François-Joachim Potier, Duc de Gesvres, Pair de France, Chevalier des Ordres du Roi, Premier Gentilhomme de la Chambre, Brigadier de Cavalerie, Gouverneur de Paris et de plusieurs autres villes, est mort à Paris le 19 septembre à l'âge de soixante-cinq ans moins dix jours. Son corps a été inhumé dans l'église des Célestins après une exposition dans une chapelle ardente. Gaston-Charles-Pierre de Lévis, Duc de Mirepoix, Maréchal de France, Maréchal Héréditaire de la Foi, Chevalier des Ordres du Roi, Capitaine des Gardes du Corps, Gouverneur de Brouage et Lieutenant Général en Languedoc, est décédé à Montpellier le 25 septembre à l'âge de cinquante-huit ans. Marie-Jeanne-Olympe de Bonnevie, épouse de Marie-François-Henri de Franquetot, Duc de Coigny, Mestre de Camp Général des Dragons de France et Gouverneur de Choisy-le-Roi, est morte à Paris le 27 septembre à l'âge de vingt-et-un ans. Elle avait épousé en premières noces Louis-Auguste, Vicomte de Chabot.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10668
p. 213-214
AVIS.
Début :
Le sieur Theveu Architecte, a fait plusieurs machine méchaniques pour curer les ports [...]
Mots clefs :
Architecte, Machines mécaniques, Ports, Canaux, Curage, Efficacité, Satisfaction, Creuser
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
E fieur Theveu Architecte , a fait plufieurs.
machines méchaniques pour curer les ports des
mers , rivieres & canaux , fans que perfonne ne ſe
mouille. Leur diligence & leur promptitude l'emportent
fur toutes celles qui ont parues juſqu'à
préfent. Il a fait faire des travaux à Rouen
pour curer les ports qui étoient remplis de pier.
res , vafes & pilots qu'il a enlevés avec promptirude
, fuivant les certificats qu'il a de M. l'Inten-'
dant , de MM. de l'Hôtel de Ville & des mariniers
: il vient de faire des curages au port faint
Paul à Paris , à la fatisfaction de tous les marchands
; l'enlérement de 70 milliers de fer qui
étoient perdus aux pieux du moulin de Conflans-
Charenton , à 20 pieds de profondeur d'eau , & ce
après que tous les mariniers , plongeurs , machiniftes
, y ont travaillé pendant un an fans aucun
fuccès : il les a enlevés en 24 jours , dans le mois
de Décembre , pendant un temps fort peu conve
nable & très-incommode pour les opérations.
Il a fait le curage des fables au moulin Dan-'
dé fur la Seine , qui combloient ledit moulin ; il
vient de faire faire une autre machine pour curer
les canaux d'Arcueil , qui font remplis , où il ne
faut que peu de monde pour la faire manoeuvrer.
Dans tous les ports des mers , rivieres , canaux ,
où il fera befoin de curer ou creufer , enlever des
blocs de pierres , marbres , pilots & lieux à telle
profondeur que ce foit , fuflent- ils récepés ou aralés
à fleur d'eau & du terrein , & fans prife de 20
à 24 pieds en fiche , & même davantage , il le feral
à la fatisfaction de tous les connoiffeurs , & des
perfonnes qui voudront l'employer à cet effet,
214 MERCURE DE FRANCE.
11 peut réceper les pilots ( comme il l'a fait exécuter
) à la hauteur demandée , entre la fuperficie
des eaux & celle du terrein , foit pour faciliter la
navigation , ou établir des ouvrages fur lesdits
pilots. Il demeure rue des Barres , derriere Saint
Gervais , à Paris.
E fieur Theveu Architecte , a fait plufieurs.
machines méchaniques pour curer les ports des
mers , rivieres & canaux , fans que perfonne ne ſe
mouille. Leur diligence & leur promptitude l'emportent
fur toutes celles qui ont parues juſqu'à
préfent. Il a fait faire des travaux à Rouen
pour curer les ports qui étoient remplis de pier.
res , vafes & pilots qu'il a enlevés avec promptirude
, fuivant les certificats qu'il a de M. l'Inten-'
dant , de MM. de l'Hôtel de Ville & des mariniers
: il vient de faire des curages au port faint
Paul à Paris , à la fatisfaction de tous les marchands
; l'enlérement de 70 milliers de fer qui
étoient perdus aux pieux du moulin de Conflans-
Charenton , à 20 pieds de profondeur d'eau , & ce
après que tous les mariniers , plongeurs , machiniftes
, y ont travaillé pendant un an fans aucun
fuccès : il les a enlevés en 24 jours , dans le mois
de Décembre , pendant un temps fort peu conve
nable & très-incommode pour les opérations.
Il a fait le curage des fables au moulin Dan-'
dé fur la Seine , qui combloient ledit moulin ; il
vient de faire faire une autre machine pour curer
les canaux d'Arcueil , qui font remplis , où il ne
faut que peu de monde pour la faire manoeuvrer.
Dans tous les ports des mers , rivieres , canaux ,
où il fera befoin de curer ou creufer , enlever des
blocs de pierres , marbres , pilots & lieux à telle
profondeur que ce foit , fuflent- ils récepés ou aralés
à fleur d'eau & du terrein , & fans prife de 20
à 24 pieds en fiche , & même davantage , il le feral
à la fatisfaction de tous les connoiffeurs , & des
perfonnes qui voudront l'employer à cet effet,
214 MERCURE DE FRANCE.
11 peut réceper les pilots ( comme il l'a fait exécuter
) à la hauteur demandée , entre la fuperficie
des eaux & celle du terrein , foit pour faciliter la
navigation , ou établir des ouvrages fur lesdits
pilots. Il demeure rue des Barres , derriere Saint
Gervais , à Paris.
Fermer
Résumé : AVIS.
L'architecte Theveu a conçu des machines mécaniques innovantes pour le curage des ports, rivières et canaux, sans intervention humaine dans l'eau. Ces machines se distinguent par leur efficacité et rapidité. À Rouen, Theveu a enlevé des pierres, vases et pilots des ports, satisfaisant les autorités locales et les mariniers. À Paris, il a curé le port Saint-Paul et récupéré 70 milliers de fer près du moulin de Conflans-Charenton en 24 jours, malgré des conditions défavorables. Il a également curé les sables au moulin Dandé sur la Seine et conçu une machine pour les canaux d'Arcueil. Theveu propose ses services pour curer ou creuser à diverses profondeurs, enlever des blocs de pierres, marbres et pilots, et ajuster la hauteur des pilots pour faciliter la navigation ou établir des ouvrages. Il réside rue des Barres, derrière Saint-Gervais, à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10669
p. 214
AUTRE.
Début :
Le sieur Coquelin, maître Perruquier, vient de parvenir à composer parfaitement l'eau [...]
Mots clefs :
Sieur Coquelin, Eau, Peau, Épilation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE fieur Coquelin , maître Perruquier , vient
de parvenir à compofer parfaitement l'eau qu'il
annonce. Cette liqueur eft à un tel degré de perfection
, que loin d'altérer la peau , elle lui donne
une nouvelle fraîcheur. La rapidité avec laquelle
elle dépouille les parties velues , eft propre à latif
faire les plus impatiens. Les deux fexes en peuvent
tirer une égale utilité ; elle va à toutes les parties
du corps ; elle eft d'un merveilleux fecours pour
l'épilation du front. Les Chirurgiens pourront s'en
fervir dans les endroits où le razoir , quoique Dé
ceffaire , eft fouvent dangereux . Enfin , fans s'arrêter
à dire qu'elle furpafle tout ce qui a paru juf
qu'à préfent dans ce genre , le fieur Coquelin prie
les curieux d'en faire l'épreuve , & oſe déja ſe flatter
d'avoir leurs fuffrages. Il demeure rue de la
Heaumerie , à Paris.
LE fieur Coquelin , maître Perruquier , vient
de parvenir à compofer parfaitement l'eau qu'il
annonce. Cette liqueur eft à un tel degré de perfection
, que loin d'altérer la peau , elle lui donne
une nouvelle fraîcheur. La rapidité avec laquelle
elle dépouille les parties velues , eft propre à latif
faire les plus impatiens. Les deux fexes en peuvent
tirer une égale utilité ; elle va à toutes les parties
du corps ; elle eft d'un merveilleux fecours pour
l'épilation du front. Les Chirurgiens pourront s'en
fervir dans les endroits où le razoir , quoique Dé
ceffaire , eft fouvent dangereux . Enfin , fans s'arrêter
à dire qu'elle furpafle tout ce qui a paru juf
qu'à préfent dans ce genre , le fieur Coquelin prie
les curieux d'en faire l'épreuve , & oſe déja ſe flatter
d'avoir leurs fuffrages. Il demeure rue de la
Heaumerie , à Paris.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le maître perruquier Coquelin a créé une eau d'épilation efficace et sans danger pour la peau. Elle élimine rapidement les poils et convient aux deux sexes. Utilisable sur tout le corps, elle est particulièrement utile pour l'épilation du front et dans les zones où le rasoir est risqué. Coquelin affirme la supériorité de son produit et invite à l'essayer. Il réside rue de la Heaumerie à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10670
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers présentés à Monseigneur [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
1
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSI.
V ERS préfentés à Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, à l'occafion de fon anniverfaire , page s
Vers de M. de Voltaire à M. Senac - de Meilhan
,
6
L'Union de l'Amour & de la Philofophie , Anecdote
par M. de M ... Officier au Régiment
de B ...'
L'OEillet & la Rofe , Fable ,
7
22
Vers de Mlle Baptifte , Actrice de l'Opera Comique
, à l'occafion de fon départ pour la Hollande
,
Portrait d'Agricola ,
24
25
Remerciement de M. Langlois- du Bouchet , Lieutenant
général en la Sénéchauffée & fiege Préfidial
d'Auvergne , à Clermont- Ferrand ,
Penfées ,
28
32
Le Mifantrope corrigé , Dialogue. Air Polonois du
Prologue du Ballet des Indes , &c. Parodie , 41
Les Hommes unis par les talens , Poëme , 43
A Mile de R... fur la Réponse à l'Amour ,
Epitre à Mademoiſelle Bonté ; à Gifors ,
Le Retour de la Folie , Conte hiftorique ,
Vers de Madame Guibert à M. l'Abbé Mangenot
,
47
53
55
-$7
La Courſe finguliere , ou la nouvelle Athlante , 58
Stances à Madame ... 65
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure d'Octobre ,
Enigme & Logogryphe ,
67
ibid.
Chanſon , 70
7216
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES:
Suite du Moyen d'apprendre fûrement & facilement
les Langues , 71
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
Extrait de la Sarcothée ,
85
87
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Lettre à l'Auteur du Mercure , 119
Chirurgie. Progrès de la méthode du Lithotome
caché dans la Lithotomie , 134
Séance publique de l'Académie des Sciences , des
Belles- Lettres & des Arts de Rouen ,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
146
Peinture . Obfervations fur les Tableaux exposés
au Louvre , par Meffieurs de l'Académie royale
de Peinture & de Sculpture ,
Réflexions fur la critique des Ouvrages exposés
155
au Louvre , 170
Gravure. 185
ART. V. SPECT CLES.
Opera ,
187
Comédie Françoiſe ,
189
Comédie Italienne , 190
Opera Comique , - ibid.
Spectacle de la Cour , ibid.
ARTICLE VI:
Nouvelles étrangeres , 13
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 205
Bénéfices donnés , 210
Mariage & Morts ,
211
Avis ,
213
ARTICLE PREMIER.
1
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSI.
V ERS préfentés à Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, à l'occafion de fon anniverfaire , page s
Vers de M. de Voltaire à M. Senac - de Meilhan
,
6
L'Union de l'Amour & de la Philofophie , Anecdote
par M. de M ... Officier au Régiment
de B ...'
L'OEillet & la Rofe , Fable ,
7
22
Vers de Mlle Baptifte , Actrice de l'Opera Comique
, à l'occafion de fon départ pour la Hollande
,
Portrait d'Agricola ,
24
25
Remerciement de M. Langlois- du Bouchet , Lieutenant
général en la Sénéchauffée & fiege Préfidial
d'Auvergne , à Clermont- Ferrand ,
Penfées ,
28
32
Le Mifantrope corrigé , Dialogue. Air Polonois du
Prologue du Ballet des Indes , &c. Parodie , 41
Les Hommes unis par les talens , Poëme , 43
A Mile de R... fur la Réponse à l'Amour ,
Epitre à Mademoiſelle Bonté ; à Gifors ,
Le Retour de la Folie , Conte hiftorique ,
Vers de Madame Guibert à M. l'Abbé Mangenot
,
47
53
55
-$7
La Courſe finguliere , ou la nouvelle Athlante , 58
Stances à Madame ... 65
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure d'Octobre ,
Enigme & Logogryphe ,
67
ibid.
Chanſon , 70
7216
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES:
Suite du Moyen d'apprendre fûrement & facilement
les Langues , 71
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
Extrait de la Sarcothée ,
85
87
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Lettre à l'Auteur du Mercure , 119
Chirurgie. Progrès de la méthode du Lithotome
caché dans la Lithotomie , 134
Séance publique de l'Académie des Sciences , des
Belles- Lettres & des Arts de Rouen ,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
146
Peinture . Obfervations fur les Tableaux exposés
au Louvre , par Meffieurs de l'Académie royale
de Peinture & de Sculpture ,
Réflexions fur la critique des Ouvrages exposés
155
au Louvre , 170
Gravure. 185
ART. V. SPECT CLES.
Opera ,
187
Comédie Françoiſe ,
189
Comédie Italienne , 190
Opera Comique , - ibid.
Spectacle de la Cour , ibid.
ARTICLE VI:
Nouvelles étrangeres , 13
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 205
Bénéfices donnés , 210
Mariage & Morts ,
211
Avis ,
213
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, divisée en six sections principales. L'Article Premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes, des fables, des épîtres, des contes et des remerciements. Parmi les œuvres notables figurent des vers dédiés au Duc de Bourgogne et à M. Senac de Meilhan, ainsi que des pièces de Voltaire et de Mlle Baptiste. L'Article II traite des nouvelles littéraires, avec une suite sur l'apprentissage des langues et des extraits de livres récents. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, incluant des sujets de physique, de chirurgie et des comptes rendus de séances académiques. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, avec des observations sur les tableaux exposés au Louvre et des réflexions sur la critique artistique. L'Article V liste les spectacles, incluant l'opéra, la comédie française et italienne, ainsi que les spectacles de la cour. Enfin, l'Article VI couvre les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, les bénéfices donnés, ainsi que les annonces de mariages et de décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10671
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant. Jombert.
Fermer
10673
p. 54-56
LOGOGRYPHE.
Début :
Je ne suis point enfant de la tristesse, [...]
Mots clefs :
Escarpolette
10674
p. 173-176
ALLEMAGNE.
Début :
Les nouvelles de Dresde portent que le 26 du même mois, la Princesse [...]
Mots clefs :
Hambourg, Princesse, Naissance, Armée impériale, Charles de Lorraine, Ennemis, Déplacement des troupes, Bataille, Stade, Médecine militaire, Duc de Cumberland
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE HAMBOURG , le 30 Septembre.
LES nouvelles de Drefde portent que le 26
du même mois , la Princeffe épouse du Prince Electoral
de Saxe eft accouchée d'une Princeffe . Selon
les avis reçus de Poméranie , le fort de Pénamunde
a capitulé le 23. La garnifon a mieux
aimé être prifonniere de guerre , que de fe foumettre
à la condition de ne point fervir pendant
deux ans. Les Suédois ont trouvé dans le fort
vingt pieces de canon . On mande de Warfovie ,
que la diette particuliere de Szroda s'eft féparée
le 14 , fans avoir pris aucune réfolution .
Du Quartier général de l'armée Impériale à
Greibnig , le 27 Septembre 1757.
L'Armée Impériale , après avoir détaché quelques
Troupes vers Strigau , quitta le 24 du même
mois le camp de Jawer , pour venir camper
à
Nicolstadt .
Le 25 , le Prince Charles de Lorraine & le
Feld -Maréchal Comte de Daun allerent à la pointe
du jour reconnoître la fituation de l'ennemi , &
obferverent que , pour mieux s'étendre aux envi
rons de Lignitz , il ne formoit qu'une feule li
Hij
174 MERCURE DE FRANCE.
Son
gne qu'il avoit jetté beaucoup de monde dans
les Villages de Barfchdorff & de Koifchwitz fitués
devant fon front , & que ces Villages étoient
garnis de canons . D'après ces difpofitions ,
Alteffe Royale jugea à propos , pour s'approcher
de Lignitz , de faire marcher l'aile droite de l'ar
mée Impériale par Seyfersdorff , l'aile gauche fe !
porta à une lieue au-delà de Wohlftadt , & le
Quartier Général fut établi à Greibnig.
་f
C
le m
Comme les Pruffiens avoient beaucoup de monde
dans le Village de Koifchwitz & pouvoient
incommoder la premiere ligne de l'armée , le
Comte de Sprecher , Lieutenant- Général , fut | k
commandé avec les Grenadiers , pour en déloger
l'ennemi , & après une canonnade d'environ
une heure & demie , les Pruffiens furent obligés
d'abandonner ce pofte..
Le 22 de grand matin , le Prince Charles & le
Feld-Maréchal Comte de Daun , ayant remar
qué que
les tentes de l'Infanterie ennemie étoient
encore tendues , & que celles de la Cavalerie
étoient pliées , réfolurent de les déloger de Barf
chdorff , pofte qui étoit occupé par quatre
taillons & par quelques Efcadrons de Huffards
On fit pour cet effet travailler cinq cens hommes.
à des fafcines ; on tira de tous les Régimess
huit cens Volontaires , & tous les Grenadiers eurent
ordre de fe tenir prêts . Vers les trois heu
res après- midi , l'artillerie commença à tirer fur
Barfchdorff. Les ennemis qui étoient campés fur
des hauteurs derriere ce Village , fe mirent en
bataille , établirent quelques batteries pour les
oppofer aux nôtres , & firent fans fuccès un feu
très -vif. Un de nos obus fit fauter en l'air un
charriot de munitions de guerre , & deux Canonpiers
Pruffiens. On tira de part & d'autre juf
Ch
NOVEMBRE. 1757. 171
qu'à fix heures du foir , & les ennemis décam
perent , après avoir mis le feu à Barfchdorff. Ils
ont fait marcher leur artillerie , leurs pontons
& leurs bagages vers Merfchwitz , & ont enfuite
abandonné Lignitz , où l'on a trouvé beau→
coup de bleffés . Le Prince Charles a mis dans
Lignitz une garnifon de deux mille hommes d'Infanterie
& cent chevaux. Les Pruffiens y ant
laiffé quatre cens mille rations de foin , trente
tonneaux de farine , trente muids d'avoine , &
environ cent trente tonneaux de fel. Les Généraux
de Haddick & de Beck ont été chargés de
harceler l'ennemi dans fa retraite . Le dernier
avec un Corps de mille hommes d'Infanterie ,
deux cens Huffards & quelques pieces de canon ,
leur a pris foixante - douze charriots d'ordonnance
chargés d'avoine , quatre charriots remplis des
bagages de divers Officiers , & un charriot d'eaude-
vie. Il leur a fait auffi quelques prifonniers , &
il n'a perdu que huit hommes & cinq chevaux
tués ou bleffés.
DE STADE , le 8 Septembre.
Le Dac de Cumberland s'eft embarqué le 6
d'octobre fur une frégate Angloife , pour le rendre
à Londres . Il a été joint au Cuxhaven , ૩
Pembouchure de l'Elbe , par des vaiffeaux de
guerre Anglois , qui doivent l'efcorter.
Le fieur de Gevigland Docteur , & ancien
Profeffeur de Médecine en l'Univerfité de Paris ,
Médecin des Armées du Roi , eut ordre de fe
détacher de l'Hôpital ambulant de l'armée vers
la fin du mois d'août , pour fe rendre à Hanovre
à l'effet d'y prendre foin de plufieurs Officiers
qui refterent malades à la fuite du quartier gé
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
néral . Le zele & l'activité de ce Médecin ne k
font jamais ralentis , la méthode avec laquelle
il a adminiftré l'hypécacuana pour les dytente
ries qui régnoient alors , lui ayant toujours
parfaitement réuffi , il s'eft acquis l'eftime & la
confiance d'une grande partie des Officiers de
l'armée , autant par fon exactitude défintéreflét
que par la sûreté de la pratique.
DE HAMBOURG , le 30 Septembre.
LES nouvelles de Drefde portent que le 26
du même mois , la Princeffe épouse du Prince Electoral
de Saxe eft accouchée d'une Princeffe . Selon
les avis reçus de Poméranie , le fort de Pénamunde
a capitulé le 23. La garnifon a mieux
aimé être prifonniere de guerre , que de fe foumettre
à la condition de ne point fervir pendant
deux ans. Les Suédois ont trouvé dans le fort
vingt pieces de canon . On mande de Warfovie ,
que la diette particuliere de Szroda s'eft féparée
le 14 , fans avoir pris aucune réfolution .
Du Quartier général de l'armée Impériale à
Greibnig , le 27 Septembre 1757.
L'Armée Impériale , après avoir détaché quelques
Troupes vers Strigau , quitta le 24 du même
mois le camp de Jawer , pour venir camper
à
Nicolstadt .
Le 25 , le Prince Charles de Lorraine & le
Feld -Maréchal Comte de Daun allerent à la pointe
du jour reconnoître la fituation de l'ennemi , &
obferverent que , pour mieux s'étendre aux envi
rons de Lignitz , il ne formoit qu'une feule li
Hij
174 MERCURE DE FRANCE.
Son
gne qu'il avoit jetté beaucoup de monde dans
les Villages de Barfchdorff & de Koifchwitz fitués
devant fon front , & que ces Villages étoient
garnis de canons . D'après ces difpofitions ,
Alteffe Royale jugea à propos , pour s'approcher
de Lignitz , de faire marcher l'aile droite de l'ar
mée Impériale par Seyfersdorff , l'aile gauche fe !
porta à une lieue au-delà de Wohlftadt , & le
Quartier Général fut établi à Greibnig.
་f
C
le m
Comme les Pruffiens avoient beaucoup de monde
dans le Village de Koifchwitz & pouvoient
incommoder la premiere ligne de l'armée , le
Comte de Sprecher , Lieutenant- Général , fut | k
commandé avec les Grenadiers , pour en déloger
l'ennemi , & après une canonnade d'environ
une heure & demie , les Pruffiens furent obligés
d'abandonner ce pofte..
Le 22 de grand matin , le Prince Charles & le
Feld-Maréchal Comte de Daun , ayant remar
qué que
les tentes de l'Infanterie ennemie étoient
encore tendues , & que celles de la Cavalerie
étoient pliées , réfolurent de les déloger de Barf
chdorff , pofte qui étoit occupé par quatre
taillons & par quelques Efcadrons de Huffards
On fit pour cet effet travailler cinq cens hommes.
à des fafcines ; on tira de tous les Régimess
huit cens Volontaires , & tous les Grenadiers eurent
ordre de fe tenir prêts . Vers les trois heu
res après- midi , l'artillerie commença à tirer fur
Barfchdorff. Les ennemis qui étoient campés fur
des hauteurs derriere ce Village , fe mirent en
bataille , établirent quelques batteries pour les
oppofer aux nôtres , & firent fans fuccès un feu
très -vif. Un de nos obus fit fauter en l'air un
charriot de munitions de guerre , & deux Canonpiers
Pruffiens. On tira de part & d'autre juf
Ch
NOVEMBRE. 1757. 171
qu'à fix heures du foir , & les ennemis décam
perent , après avoir mis le feu à Barfchdorff. Ils
ont fait marcher leur artillerie , leurs pontons
& leurs bagages vers Merfchwitz , & ont enfuite
abandonné Lignitz , où l'on a trouvé beau→
coup de bleffés . Le Prince Charles a mis dans
Lignitz une garnifon de deux mille hommes d'Infanterie
& cent chevaux. Les Pruffiens y ant
laiffé quatre cens mille rations de foin , trente
tonneaux de farine , trente muids d'avoine , &
environ cent trente tonneaux de fel. Les Généraux
de Haddick & de Beck ont été chargés de
harceler l'ennemi dans fa retraite . Le dernier
avec un Corps de mille hommes d'Infanterie ,
deux cens Huffards & quelques pieces de canon ,
leur a pris foixante - douze charriots d'ordonnance
chargés d'avoine , quatre charriots remplis des
bagages de divers Officiers , & un charriot d'eaude-
vie. Il leur a fait auffi quelques prifonniers , &
il n'a perdu que huit hommes & cinq chevaux
tués ou bleffés.
DE STADE , le 8 Septembre.
Le Dac de Cumberland s'eft embarqué le 6
d'octobre fur une frégate Angloife , pour le rendre
à Londres . Il a été joint au Cuxhaven , ૩
Pembouchure de l'Elbe , par des vaiffeaux de
guerre Anglois , qui doivent l'efcorter.
Le fieur de Gevigland Docteur , & ancien
Profeffeur de Médecine en l'Univerfité de Paris ,
Médecin des Armées du Roi , eut ordre de fe
détacher de l'Hôpital ambulant de l'armée vers
la fin du mois d'août , pour fe rendre à Hanovre
à l'effet d'y prendre foin de plufieurs Officiers
qui refterent malades à la fuite du quartier gé
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
néral . Le zele & l'activité de ce Médecin ne k
font jamais ralentis , la méthode avec laquelle
il a adminiftré l'hypécacuana pour les dytente
ries qui régnoient alors , lui ayant toujours
parfaitement réuffi , il s'eft acquis l'eftime & la
confiance d'une grande partie des Officiers de
l'armée , autant par fon exactitude défintéreflét
que par la sûreté de la pratique.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En septembre 1757, plusieurs événements militaires et politiques ont marqué l'Allemagne. À Dresde, la princesse épouse du Prince Électeur de Saxe a donné naissance à une princesse. En Poméranie, le fort de Pénamunde s'est rendu le 23 septembre, préférant la captivité à deux ans de service inactif. Les Suédois y ont récupéré vingt pièces de canon. À Szroda, la diète particulière s'est dissoute le 14 septembre sans prendre de décision. Du côté de l'armée impériale, après avoir quitté le camp de Jawer le 24 septembre, elle s'est dirigée vers Nicolstadt. Le Prince Charles de Lorraine et le Feld-Maréchal Comte de Daun ont évalué la position ennemie près de Lignitz. Pour se rapprocher de Lignitz, l'armée impériale a déplacé son aile droite vers Seyfersdorff et son aile gauche au-delà de Wohlstadt, établissant son quartier général à Greibnig. Les Prussiens, positionnés dans les villages de Barfchdorff et Koifchwitz, ont été chassés après une canonnade. Le 22 septembre, les troupes impériales ont attaqué Barfchdorff, occupé par les Prussiens. Après un combat intense, les Prussiens ont abandonné le village, laissant des provisions et des munitions. Le Prince Charles a installé une garnison à Lignitz. Les généraux Haddick et Beck ont harcelé les Prussiens en retraite, capturant des charriots de provisions et faisant quelques prisonniers. À Stade, le Duc de Cumberland s'est embarqué pour Londres le 6 octobre, escorté par des vaisseaux de guerre anglais. Le Docteur Gevigland, médecin des armées du Roi, a été envoyé à Hanovre pour soigner des officiers malades, gagnant la confiance des officiers par son zèle et son efficacité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10675
p. 176-177
De la Rochelle, le 2 Octobre.
Début :
Le 20 Septembre, on apperçut dans l'après-dînée, par le travers de la tour des Baleines, [...]
Mots clefs :
Île de Ré, Flotte anglaise, Canons, Attaque, Navires, Déplacements, Dégâts, Pillages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la Rochelle, le 2 Octobre.
De la Rochelle , le 2 Octobre .
E 20 Septembre , on apperçut dans l'aprèsdînée
, par le travers de la tour des Baleines ,
fur l'ile de Ré , une flotte angloife forte de
80 à 100 voiles , qui entra vers les fix heures
dans le Pertuis d'Antioche , & mouilla du côté
du Platin d'Ars . Cette flotte ne fit que louvoyer
pendant la journée du 21. Le 22 au foir , rat
partie vint mouiller dans la rade des Bafan,
& l'autre partie refta dans le Pertuis. Le 23
fur les huit heures du matin , huit Vaiffeaux fe
détacherent de la flotte , pour venir fur Pe
Daix . A midi , deux de ces vaiffeaux s'étan
avancés à portée du petit fort de cette ill ,
dont les ouvrages n'étoient encore que très - imparfaitement
ébauchés , commencerent à le canonner
vivement le fort y répondit pendant
trois quarts d'heure , au bout defquels il fe rendit.
Trois cens hommes du batillon des Mi
..ces de Poitiers , qui en compofoient la garni
fon , furent faits prifonniers de guerre. Le
NOVEMBRE . 1757. 177
chaloupes de la flotte furent employées les 24 ,
25 , 26 & 27 , à fonder en différens parages ;
quelques- unes s'étant approchées des côtes de
Fifle de Ré & de celle d'Oleron , en furent repouffées.
Le 30 , les Anglois , après avoir jetté
quelques bombes fur le fort Fouras & Pille
Madame , & fait fauter les fortifications de l'ifle
Daix , mirent le feu au corps des cafernes du
fort , ainfi qu'à une maifon au -delà du Village
appellée Beauséjour , qui fut brûlée avec tous
fes meubles & effets. Enfin le 1. octobre la
fotte ayant levé l'ancre fur les neuf heures du
matin , a paffé tout de faite le Pertuis d'Antio
che, & à cinq heures après - midi on l'avoit entiérement
perdue de vue. Les dommages faits par
les Anglois dans l'ifle Daix , fe réduisent à la
démolition du Donjon & d'une partie des fortifications
commencées , qui ont été endommagées
par les mines. Des vingt- quatre pieces de
canon & des huit mortiers qui étoient en batterie
, ils ont emporté deux canons , quatre
mortiers de fonte , & caffé les tourillons des autres
. L'habitant a été pillé , & les Anglois ont
brifé tout ce qu'ils n'ont point emporté. Ils
n'ont pas refpecté les lieux faints : ils ont abattu
le clocher , enlevé les cloches , mis en pieces
le tableau de l'autel , le tabernacle & une ftatue
de la Vierge. Après avoir promené dans le Village
la banniere & la croix , ils les ont brifées
& jettées à la mer.
E 20 Septembre , on apperçut dans l'aprèsdînée
, par le travers de la tour des Baleines ,
fur l'ile de Ré , une flotte angloife forte de
80 à 100 voiles , qui entra vers les fix heures
dans le Pertuis d'Antioche , & mouilla du côté
du Platin d'Ars . Cette flotte ne fit que louvoyer
pendant la journée du 21. Le 22 au foir , rat
partie vint mouiller dans la rade des Bafan,
& l'autre partie refta dans le Pertuis. Le 23
fur les huit heures du matin , huit Vaiffeaux fe
détacherent de la flotte , pour venir fur Pe
Daix . A midi , deux de ces vaiffeaux s'étan
avancés à portée du petit fort de cette ill ,
dont les ouvrages n'étoient encore que très - imparfaitement
ébauchés , commencerent à le canonner
vivement le fort y répondit pendant
trois quarts d'heure , au bout defquels il fe rendit.
Trois cens hommes du batillon des Mi
..ces de Poitiers , qui en compofoient la garni
fon , furent faits prifonniers de guerre. Le
NOVEMBRE . 1757. 177
chaloupes de la flotte furent employées les 24 ,
25 , 26 & 27 , à fonder en différens parages ;
quelques- unes s'étant approchées des côtes de
Fifle de Ré & de celle d'Oleron , en furent repouffées.
Le 30 , les Anglois , après avoir jetté
quelques bombes fur le fort Fouras & Pille
Madame , & fait fauter les fortifications de l'ifle
Daix , mirent le feu au corps des cafernes du
fort , ainfi qu'à une maifon au -delà du Village
appellée Beauséjour , qui fut brûlée avec tous
fes meubles & effets. Enfin le 1. octobre la
fotte ayant levé l'ancre fur les neuf heures du
matin , a paffé tout de faite le Pertuis d'Antio
che, & à cinq heures après - midi on l'avoit entiérement
perdue de vue. Les dommages faits par
les Anglois dans l'ifle Daix , fe réduisent à la
démolition du Donjon & d'une partie des fortifications
commencées , qui ont été endommagées
par les mines. Des vingt- quatre pieces de
canon & des huit mortiers qui étoient en batterie
, ils ont emporté deux canons , quatre
mortiers de fonte , & caffé les tourillons des autres
. L'habitant a été pillé , & les Anglois ont
brifé tout ce qu'ils n'ont point emporté. Ils
n'ont pas refpecté les lieux faints : ils ont abattu
le clocher , enlevé les cloches , mis en pieces
le tableau de l'autel , le tabernacle & une ftatue
de la Vierge. Après avoir promené dans le Village
la banniere & la croix , ils les ont brifées
& jettées à la mer.
Fermer
Résumé : De la Rochelle, le 2 Octobre.
Du 20 au 27 septembre, une flotte angloise de 80 à 100 voiles opéra près de l'île de Ré et dans le Pertuis d'Antioche. Le 22 septembre, une partie de la flotte mouilla dans la rade des Basans. Le 23 septembre, huit vaisseaux attaquèrent l'île d'Aix, capturant le petit fort après trois quarts d'heure de combat et faisant 300 prisonniers parmi les Milices de Poitiers. Du 24 au 27 septembre, les chaloupes de la flotte furent employées à diverses opérations. Le 30 septembre, les Anglais bombardèrent le fort Fouras, l'île Madame et l'île d'Aix, détruisant les fortifications et incendiant des bâtiments, dont la maison Beauséjour. Le 1er octobre, la flotte quitta la région. Les dommages sur l'île d'Aix incluaient la démolition du donjon et de certaines fortifications, ainsi que le pillage des habitants. Les Anglais emportèrent deux canons et quatre mortiers, et détruisirent des objets religieux, y compris le clocher, les cloches, et des éléments de l'autel. Ils brûlèrent également la bannière et la croix après les avoir promenées dans le village.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10676
p. 177-201
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 9 Octobre, sur les cinq heures de l'après-midi, Madame la Dauphine commença à sentir [...]
Mots clefs :
Naissance du Prince, Comte d'Artois, Famille royale, Cérémonie, Madame la Dauphine, Accession à des charges, Serment, Troupes, Actes de piété et démonstrations de joies, Députés, Canada, Anglais, Nouvelle France, Campagne militaire, Ennemis, Marquis de Vaudreuil, Forts, Expéditions, Batailles, Lieutenant, Colonel, Marquis de Montcalm, Capitaine, Soldats, Chevalier, Milices, Défense, Les sauvages, Camps, Protections, Artillerie, Siège, Victoire, M. Passemant, Miroir, Corsaires, Navires, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
I
E 9 Octobre , fur les cinq heures de l'aprèsmidi
, Madame la Dauphine commença à fentir
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
des douleurs. Vers les fept heures du foir , cette
Princeffe accoucha d'un Prince , que le Roi a nom.
mé Comte d'Artois. M. l'Abbé de Bouillé , Comtede
Lyon , & premier Aumônier de Sa Majeſté ,
fit , à fept heures un quart , la cérémonie de l'ondoyement
, en préfence du Curé de la Paroiffe da
Château . Monfieur Rouillé , Miniftre d'Etat , Sur
Intendant général des Poftes , & grand Tréforier
de l'Ordre du S. Elprit , ayant apporté le Cordon
de cet Ordre , eut l'honneur de le paffer au col
du Prince . Monfeigneur le Comte d'Artois fut enfuite
remis à la Comteffe de Marfan , Gouvernante.
des Enfans de France ; & elle le porta à l'appartement
qui lui étoit deſtiné . Ce Prince y fut conduit
par le Maréchal Duc de Luxembourg , Capitaine
des Gardes du Corps.
Le Roi & la Reine , accompagnés de la Famille
Royale , ainfi que des Princes & Princeffes du
Sang , des grands Officiers de la Couronne , des.
Miniftres , des Seigneurs & Dames de la Cour
& précédés des deux Huiffiers de la Chambre quis
portoient leurs maffes , fe rendirent le lendemain
à la Chapelle. Leurs Majeftés y entendirent la
Meffe , pendant laquelle M. Colin de Blamont ,
Chevalier de l'Ordre de S. Michel , & Sur- Intendant
de la Mufique de la Chambre , fit exécuter le
Te Deum en mufique , de fa compofition . Cette
Hymne fut entonnée par M. l'Abbé Gergois, Chapelain
ordinaire de la Chapelle- Mufique.
Après la Meffe , le Roi & la Reine , Monfeigneur
le Dauphin , Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
Monfeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante Duchellede
Parme , Madame ,. & Mefdames Victoire , Sophie
& Louife , reçurent dans leurs appartemens
les révérences des Dames de la Cour , à l'occafion
NOVEMBRE. 1757 179
des couches de Madame la Dauphine , & de la
naiffance du Prince.
On tira le foir un bouquet d'artifice devant les
fenêtres du Roi.
Sa Majefté a fait partir Monfieur Pernot- du
Buat , un de fes Gentilshommes ordinaires
pour aller à Luneville donner part de la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois au Roi de Pologne
, Duc de Lorraine & de Bar.
Madame la Dauphine & le jeune Prince fe por--
tent auffi bien qu'on puiffe le défirer.
9"
Sur le premier avis que Madame la Dauphine:
avoit reffenti quelques douleurs , le Corps - de-Ville
s'étoit affemblé. A huit heures & demie du foir
le fieur d'Amfreville , Chefde Brigade des Gardes.
du Corps , vint lui apprendre , de la part du Roi,.
la naiffance d'un Prince. Auffi -tôt les Prevôt des
Marchands & Echevins firent annoncer à toute la
Ville , par une falve générale de l'artillerie , & par
la cloche de l'Hôtel- de-Ville , qui a fonné jufqu'au
lendemain minuit , la nouvelle faveur qu'il
a plu à Dieu d'accorder au Roi & à la Nation. On
tira le même foir dans la place de l'Hôtel - de-Ville :
un grand nombre de fufées volantes,
Le ro , les officiers des cérémonies étant ab--
fens , le fieur Ourfin de Soligny , Maître d'hôtel
du Roi , remit au Corps - de- Ville une lettre de Sa
Majefté. Il fut fait deux falves générales de l'artil
lerie , l'une dès le matin , l'autre vers les fix heu--
res du foir , après laquelle les Prevôt des Marchands
& Echevins allumerent,avec les cérémonies
accoutumées , le bucher qui avoit été dreffé dans
la place devant l'Hôtel- de- Villé . Ce feu fut accom.-
pagné d'une grande quantité d'artifice : On fit couler
dans la place plufieurs fontaines de vin , & l'on
diftribua du pain &. des. viandes au peuple . Des.
H.vj.
180 MERCURE DE FRANCE.
orcheftres remplis de muficiens , mêlerent le foa
de leurs inftrumens aux acclamations dictées paa
Palégretle publique. La façade de l'Hôtel- de-
Ville fut illuminée par plufieurs filets de terrines ,
ainfi que l'hotel du Prevôt des Marchands , & les
mailons des Echevins & Officiers du Bureau de la
Ville.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de la Tour-
Dupin de Paulin le régiment de Guyenne , vacant
par la mort de M. le Conte de Montmorenci-
Laval , tué à la bataille de Haftembecke .
a
Le Roi ayant admis dans fon Confeil des Dépêches
les fieurs Gilber de Voyfins & Berryer , Confeillers
d'Etat , le 16 octobre ils eurent l'honneur
de faire leurs remerciemens à Sa Majeſté.
Sa Majesté a donné le gouvernement général de
l'Orléanois , vacant par la mort de M. le Duc d'Antin
, au Comte de Rochecouart , fon Miniftre
Plénipotentiaire à la Cour de Parme.
Le 19 , M. le Duc de Duras prêta ferment entre
les mains du Roi pour la charge de premier Gentilhomme
de la Chambre , vacante par la mort du
Duc de Gefvres.
Le même jour, M. le Marquis de Gontaut prêta
ferment entre les mains de Sa Majeſté , pour la
Lieutenance générale du Languedoc , vacante par
la mort de M. le Maréchal Duc de Mirepoix.
Le Roi a difpofé en faveur du Prince de Beauveau
, de la charge de Capitaine des Gardes du
Corps , qu'avoit auffi le feu Maréchal Duc de Mirepoix
Sa Majesté a accordé au Vicomte de Noë,
Chambellan du Duc d'Orléans , & Capitaine de
vaiffeau , un brevet de Colonel à la ſuite du régiment
d'Orléans cavalerie.
M. de Lamoignon de Bafville a obteau da
A
a.
I
fo
P
ve
G
M
G:
NOVEMBRE . 1757. 181
Roi l'agrément de la charge de Préſident du Par
lement , dont le fieur Molé , premier Préfident ,
étoit revêtu.
Le Roi a nommé M. le Comte des Salles, Capitaine
de Cavalerie dans le régiment d'Harcourt ,
à la place deColoneldans lesGrenadiers de France,
vacante par la nomination de M. le Marquis de la
Tour - Dupin de Paulin au régiment de Guyenne.
Les troupes de la Maiſon du Roi , qui avoient
été détachées pour la défenſe de nos côtes , ne
font point arrivées à leur deftination , par la
prompte retraite des Anglois , & ont eu ordre de
revenir. Les Gardes Françoifes & les Gardes Suiffes
qui étoient reftées à Tours , à Saumur & à
Blois , doivent fe rendre ici fucceffivement dans
Fla fin d'octobre , & au commencement de novembre.
Les détachemens des Gardes du Corps ,
Gendarmes de la Garde , Chevaux- Légers , &
Moufquetaires de la premiere Compagnie , font
tous partis le 19 octobre , d'Orléans , d'Eftampes ,
d'Arpajon & de Chartres , où ils étoient reftés. La
feconde Compagnie des Moufquetaires , & les
Grenadiers à cheval , qui avoient reçu des contreordres
à temps , n'ont point quitté leurs quartiers.
Madame la Dauphine étant accouchée d'un
Prince le 9 d'octobre , M. le Marquis de Paulmy ,
Miniftre & Sécretaire d'Etat , expédia fur le champ.
un courier aux Députés des Etats de la Province
d'Artois
, pour leur faire fçavoir que le Roi avoit
nommé le nouveau Prince , Comte de cette Pro-,
vince. Auffitôt que cette nouvelle fut portée à
Arras , Capitale de l'Artois , toutes les cloches de
la Ville fonnerent , les habitans fermerent d'euxmêmes
leurs boutiques , & coururent en foule à
P'Eglife , pour y rendre à Dieu des actions.de.gra
182 MERCURE DE FRANCE.
ees de l'heureuſe délivrance de Madame la Dau
phine , & lui demander la conſervation d'un
Prince qui leur eft d'autant plus cher , que la
Province , depuis cinq hecles , a été privée de
Phonneur de voir fon nom porté par un Prince
de la Maiſon Royale. Ces actes de piété furent
fuivis des démonftrations de la joie la plus vive.
La nouvelle fut bientôt répandue jufqu'aux extrê
mités de l'Artois ; & tous les peuples , à l'envi de
la Capitale , s'emprefferent de faire éclater lear
reconnoiffance & leur alegreffe . Les Etats de la
province s'affemblerent extraordinairement , &
éfolurent de nommer une députation folemnelle,
formée de trois perfonnes de chaque ordre , pour
aller , conjointement avec les députés ordinaires
qui réfident cette année à la fuite de la Cour , remercier
le Roi de lafaveur fignalée que Sa Majesté
vient d'accorder à l'Artois , & pour la féliciter ,
ainfi que la Famille royale , fur cet heureux évé
nement. Cette députation s'étant rendue à Verfailles
le Dimanche 16 d'octobre , elle fut admife
à l'audience du Roi , de la Reine , de Monseigneur
le Dauphin , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeigneur le Duc de Berry , de Mon
feigneur le Comte de Provence , de Monfeigneur
le Comte d'Artois , de Madame Infante Ducheffe
de Parme , de Madame , & de Meſdames Victoire ,
Sophie & Louife. Les Députés furent préfentés
par M. le Marquis de Paulmy , Miniftre & Secresaire
d'Etat , ayant le département de la Province,
& conduits par M. Defgranges , Maître des Céré
monies. La députation étoit compofée de MM. les
Evêques d'Arras , de Saint - Omer , l'Abbé de
Saint-Waak & l'Abbé de Cry , Chanoine de is
Cathédrale d'Arras , pour le Clergé ; de MM. le
Marquis de Creny , le Comte d'Houchin , k
Bar
記
acc
Co
On
La
Pa
4
#1
NOVEMBRE . 1757. 183:
Baron de Wifmes , & le Baron d'Haynin , pour la
Nobleffe ; de MM. de Canchy , Echevin de la ville
de Saint - Omer ; Cornuel & Goffes , Echevins de
la ville d'Arras , & de Gouves , Procureur du Roi
de la même ville , pour le Tiers - Etat. Elle étoit
accompagnée de M. le Premier Préfident & du .
Confeil Provincial d'Artois . M. l'Evêque de Saint-
Omer porta la parole , & exprima d'une maniere:
touchante les fentimens de joie , d'amour , de
refpect & de reconnoiffance, communs à tous les
habitans de l'Artois. Cette Province fut réunie à
la Couronne en 1199 , par Philippe Augufte. Il
Périgea en Comté , & la donna à fon fils aîné , depuis
Louis VIII . Ce Comté paffa enfuite à Robert,.
fecond fils de Louis , qui porta le nom de Comte:
d'Artois , & fut tué à la bataille de la Maffoure,
Philippe le Bel en 1297 érigea l'Artois en Comté
Pairie.
La Princeffe de Condé eft accouchée heureufe--
ment les d'Octobre d'une Princeffe.
Les mauvais fuccès que les Anglois ont éprouvés
dans les entreprifes qu'ils ont tentées , foit dans le
fein de la paix , foit depuis la déclaration de la
guerre , pour envahir le Canada , ne les ont point
rebutés . Perfonne n'ignore les préparatifs im
menfes qu'ils avoient faits pour l'attaquer cette
année tout à la fois par mer & du côté des
terres. Les forces navales , que le Roi a deſtinées
pour la défenſe de cette colonie , ont fait échouer
leur projet du côté de la mer; & les difpofitions:
qui ont été faites dans le pays , les ont mis éga
lement hors d'état de faire aucune tentative fur les
frontieres.
Dès la fin de la campagne de l'année derniere ,,
M. le Marquis de Vaudreuil, Gouverneur & Lieute
pant-Général de la Nouvelle France , s'occupa de
184 MERCURE DE FRANCE.
tous les arrangemens qu'il pouvoit y avoir à pren
dre pour le mettre en état de les repouffer de toutes
parts.
Il prit des mefures pour avoir des partis de Canadiens
& de Sauvages continuellement en cam.
pagne durant l'hyver. Les incurfions que ces détachemens
ont faites fur les ennemis leur ont ré
beaucoup de monde , & donné l'alarme à leurs
colonies, où ils ont fait beaucoup de ravages.
M. le Marquis de Vaudreuil s'eft appliqué authà
ménager les bonnes difpofitions des Nations Sauvages
, qui en général font foulevées contre l'iajuftice
des prétentions & la violence des procédés
des Anglois. Celles qui font anciennement alliées
de la France n'ont point ceffé de donner de nouvelles
preuves de leur fidélité , & ont été continuellement
en parti contre les ennemis. D'autres
Nations nombreuſes font entrées dans cette alliance
, & ont pris part à la guerre. Les Iroquois
eux-mêmes , ces Nations que les Anglois repréſen
tent à l'Europe comme leurs fujettes , animés des
mêmes motifs que les autres Sauvages , ont pris le
même parti , malgré les efforts de toute espece
que les Gouverneurs Anglois ont faits pour obtenir
d'eux qu'ils s'en tinffent à la neutralité qu'ils
avoient obfervée dans les guerres précédentes
d'entre la France & l'Angleterre.
C'eſt relativement aux avantages que M. le Marquis
de Vaudreuil s'eft vu en état de tirer des difpofitions
de toutes ces Nations , qu'il a réglé fes
opérations.
Il avoit jugé que les ennemis tourneroient leurs
principaux efforts du côté du Lac Saint- Sacrearent
& du Lac Champlain ; & il a donné une
attention particuliere à munir les Forts qui défendent
cette frontiere. Les ennemis ayant été infor
NOVEMBRE. 1757 . 185
més qu'on devoit faire pafler du Fort Saint-Fre
déric au Fort de Carillon quelques provifions fous
l'escorte d'un petit détachement , en envoyere t
un de quatre-vingts hommes d'élite , qui enleva les
premieres traînes de ce convoi & fept Soldats ;
mais le Commandant du Fort Saint- Frédéric fit
marcher un nouveau détachement qui coupa celui
des ennemis dans fon chemin , le défit entiérerement
, à l'exception de trois hommes qui fe
fauverent , & reprit les traînes dont les ennemis
s'étoient emparés , & trois Soldats qui reftoient
de ceux qui avoient été enlevés . Cette action fe
pafla au mois de Janvier. MM . de Bafferode & de
la Grandville , Capitaines aux Régimens de Languedoc
& de la Reine , y eurent la principale
part.
M. le Marquis de Vaudreuil apprit dans le même
temps que les ennemis avoient raflemblé au
Fort Georges fitué fur le Lac Saint -Sacrement ,
des approvifionnemens confidérables de toures
les efpeces , & qu'ils avoient fait conftruire fous
le canon de ce Fort un très -grand nombre de barques
, de bateaux & d'autres bâtimens , non-feulement
pour le tranfport de ces approvifionnemens
, mais encore pour s'affurer la navigation de
ce Lac. Il jugea que tous ces préparatifs étoient
deftinés pour des entreprifes que les ennemis fe
propofoient d'exécuter au printems. Pour leur en
ôter les moyens , il fit , matcher au mois de Mars
un détachement de quinze cens hommes de troupes
réglées , Canadiens & Sauvages , fous les ordres
de M. Rigaud- de Vaudreuil , Gouverneur
des Trois - Rivieres , qui réuffit fi bien dans fon
expédition , qu'il parvint à brûler tous les bâtimens
de mer , tous les magafins qui étoient rem➡
plis de toutes fortes de munitions & d'uftenfiles
186 MERCURE DE FRANCE.
pour une armée de quinze mille hommes , & généralement
tout ce que les ennemis avoient raſ◄
femblé fous le Fort , lequel refta ifolé.
M. le Marquis de Vaudreuil ne fe contenta
pas des obftacles qu'il oppofoit par- là à l'exécution
des projets des ennemis du côté du Lac Saint-Sacrement
, il fortifia de nouveau les garnifons des
poftes qui font fur cette frontiere ; & au moyen
du renfort de troupes & des autres fecours que le
Roi a fait paffer en Canada , ce Gouverneur s'eft
trouvé en état d'agir offenfivement contre les ennemis.
Du côté de la Belle Riviere , il a fait détruire
plufieurs petits Forts qu'ils y avoient établis .
Pour profiter efficacement des avantages de
Pexpédition de M. Rigaud , & de ceux de la fituation
où le trouvoit la colonie du côté de la mer ,
il a formé le projet de s'emparer du Fort Georges.
L'établiffement de ce Fort , qui n'avoit été fait
que depuis peu de temps, étoit une de ces invaſions
que les Anglois font dans l'ufage de faire en tems
de paix fur les poffeflions de leurs voisins ; & il
leur donnoit les plus grandes facilités pour atta
quer le Canada par fon centre.
M. le Marquis de Vaudreuil a chargé de cette
importante expédition M. le Marquis de Montcalm
, Maréchal de Camp. Le corps de troupes
qu'il y a deftiné , étoit compofé de fix bataillons
de troupes de terre , d'un détachement des
troupes réglées de la colonie , de plufieurs détachemens
de milices , & de plufieurs partis de
Sauvages. Toutes ces troupes ont été raſſemblées
le 20 Juillet à Carrillon , où M. de Bourlamaque
, Colonel d'Infanterie , avoit déja fait les dif
pofitions préliminaires pour la marche de l'armée.
M. le Marquis de Montcalm s'y étoit rende
Σ
&
C
C
f
C
་
NOVEMBRE. 1757. 187
quelque temps auparavant. En attendant que l'armée
pût le mettre en marche , il avoit détaché
M. de Rigaud- de Vaudreuil , pour s'emparer de
la tête du portage du Lac Saint- Sacrement , avec
un corps de troupes de la colonie , de Canadiens
& de Sauvages.
M. Kigaud- de Vaudreuil s'étant établi dans ce
pofte , il envoya trois détachemens à la découverte.
Le premier , qui n'étoit que de dix hommes ,
fut attaqué fur le Lac Saint- Saciement par plufieurs
canots , dans lefquels il y avoit cent vinge
à cent trente Anglois . Quoique M. de Saint-
Ours , Lieutenant des troupes de la Colonie ,
qui le commandoit , fût bleffé à la premiere décharge
, il fe défendit avec tant de fermeté , qu'il
obligea les ennemis à fe retirer.
Le fecond , qui étoit affez confidérable , fut
commandé par M. Marin , autre Lieutenant , quis
fe fit précéder par huit Sauvages qui faifoient fon
avant-garde , lefquels fe trouverent vis - àvis quarante
Anglois. Dès le premier abord , ils firent :
leur décharge fur les ennemis , tuerent leur Com
mandant , & mirent le refte en fuite. M. Marin ,,
ayant rejoint fon avant-garde , réduifit fon détachement
à cent cinquante hommes d'élite . Il fe
porta près du Fort Edouard , éloigné de quelques.
lieues du Fort Georges , fans être découvert. Il défit
d'abord une patrouille de dix hommes , enfuite
une garde ordinaire de cinquante hommes ,
& plufieurs travailleurs. Il fe préfenta à la vue da
camp des ennemis , qui fortirent au nombre de
trois mille hommes faifant feu fur lui . Il le foutine
pendant deux heures. Ce ne fut même qu'avec
peine qu'il obligea les Sauvages qui étoient avec
ui , à fe retirer, Il tua dans certe action plus de
"
H
188 MERCURE DE FRANCE. Re
*
cent cinquante hommes , à quarante defquels les
Sauvages leverent la chevelure. Il n'en perdit pas
un feul & il n'y eut de bleffés que deux Sauvages.
Le troifieme détachement , commandé par M.
Corbiere , autre Officier de la Colonie , fe tint
embufqué pendant une journée. Au commencement
de la nuit , il apperçut fur le Lac vingt Berges
& deux Efquifs , dans lefquels il y avoit plus
de trois cens cinquante Anglois , commandés par
le Colonel Parker , cinq Capitaines , & fix autres
Officiers. Les Sauvages qui étoient avec lui firent
leur cri & leur décharge en même temps. Les
ennemis firent une foible réſiſtance. Deux feules
Berges fe fauverent , les autres furent prifes ou
coulées à fond. M. Corbier revint avec ceat
foixante-un prifonniers . Il y eut plus de cent cinquante
Anglois tués ou noyés ; & dans le détachement
François , il n'y eut qu'un Sauvage blee
affez légèrement .
M. le Marquis de Montcalm s'occupoit cependant
des difpofitions de fa marche . Il diftribua les
miliciens en plufieurs bataillons , dont il donnale
commandement à des Officiers des troupes de la
Colonie ; & des compagnies détachées de ces treapes
, il compofa un bataillon pour rouler avec
ceux des troupes de terre . H donna auffi à M. de
Villiers , Capitaine de celles de la Colonie , &
connu par plufieurs expéditions qu'il a exécutées
dans cette guerre , un corps de trois cens volontaires
Canadiens ; de maniere que l'armée le
trouva compofée de trois brigades de troupes ré-
'glées , qui étoient la brigade de la Reine , formée
des bataillons de la Reine & Languedoc , &
de celui des troupes de la Colonie ; la Brigade de
Sarre , des bataillons de la Sarre & de Guyen
d
Po
Sa
fa:
Ca
br
Sa
ג
&
Ac
སྒོ་
de
C'e
fac
9-
E
NOVEMBRE . 1757. 189
celle de Royal- Rouffillon , des bataillons de
Royal- Rouffillon & Bearn ; de fix brigades de
milices , des trois cens volontaires de Villiers , &
d'un détachement d'artillerie & de génie , compofé
de fept Officiers , & d'environ cent vingt
canonniers , bombardiers ou ouvriers . Tous ces
corps ne faifoient cependant enſemble que cinq
mille cinq cens combattans , non compris les
Sauvages qui étoient au nombre d'environ dixhuit
cens , parce que M. le Marquis de Montcalm
fut obligé de prendre dans les troupes quelques
détachemens , tant pour la garnifon du Fort de
Carillon , que pour quelques autres poftes .
Il étoit queftion de tranfporter par terre & à
bras d'hommes , depuis Carillon jufqu'au Lac
Saint-Sacrement , non feulement l'artillerie & les
munitions de guerre & de bouche de toute espece,
mais encore plus de quatre cens bateaux & canots ;
& cette opération fut fuivie avec tant de foin ,
qu'elle fut achevée la nuit du 31 Juillet au premier
Août.
Dès le 30 Juillet M. le Marquis de Montcalm
avoit fait partir M. le Chevalier de Levis , Brigadier
, à la tête d'un corps de deux mille cinq cens
hommes compofé de fix compagnies de Grenadiers
, huit piquets des volontaires de Villiers ,
d'environ mille Canadiens , & cinq cens Sauvages
, pour marcher au travers des bois , affurer
la navigation de l'armée , reconnoître & couvrir
fes débarquemens. Malgré les difficultés & les
fatigues de cette marche , cet Officier prit pofte
dès le lendemain au foir à la Baie de Ganaouské ,
qui n'eft qu'à quatre lieues du Fort Georges.
Le premier Août l'armée s'embarqua , & arriva
le 2 à trois heures du matin dans cette même
Baic. M. le Chevalier de Levis en repartit avec
190 MERCURE DE FRANCE.
fon détachement à dix heures , fe porta à une anfe
éloignée du Fort Anglois d'environ une lieue , &
fut reconnoître le Fort , la pofition des ennemis ,
& le débarquement propre à l'artillerie L'armée
arriva fur les onze heures du foir à cette même
anfe , & tout le monde reſta au bivouac .
Des prifonniers , qui furent faits pendant la
nuit des Canadiens & des Sauvages , rappor
par
terent que le nombre des ennemis pouvoit monter
à trois mille hommes , dont cinq cens étoient actuellement
dans le Fort , & le refte dans un camp
retranché qui étoit placé fur une hauteur à deux
cens toiles du Fort & à portée d'en rafraîchir continuellement
la garnifon. Ils ajouterent qu'au fignal
d'un coup de canon , toutes les troupes devoient
prendre les armes.
Sur ce rapport , qui s'accordoit avec les connoiffances
que M. le Chevalier de Levis avoit pri
fes fur la polition des ennemis , M. le Marquis de
Montcalm donna fur le champ l'ordre de marche
de l'armée , dont la difpofition fut faite pour recevoir
les ennemis , en cas qu'ils vinfſent à fa rencontre
, & pour , dans le cas où ils ne viendroient
pas , inveftir la place , & même attaquer le camp
retranché , s'il étoit jugé fufceptible d'une attaque
de vive force .
Le 3 à la pointe du jour , l'armée ſe mit en
marche.
M. le Chevalier de Levis faifoit l'avant-garde
avec fon corps , une partie des milices & tous les
Sauvages. Les bataillons & le refte des milices
marchoient enfuite en colonne , M. Rigaud-de
Vaudreuil à la droite , M. de Bourlamaque à la
gauche , & M. le Marquis de Montcalm dans le
centre. M. de Privat , Lieutenant- Colonel , avoit
été placé avec cinq cens hommes de troupes &
NOVEMBRE. 1757. 198
ane brigade de milices à la garde des bateaux &
de l'artillerie.
A midi , l'inveſtiſſement fut entierement formé
M. le Marquis de Montcalm , qui s'étoit porté à
l'avant -garde , ayant reconnu qu'il ne pouvoit at
taquer les retranchemens des ennemis , fans trop
compromettte fes forces , envoya ordre à M. de
Bourlamaque d'affeoir le camp de l'armée , la
gauche au Lac , la droite à des ravines preſque
inacceffibles , & d'y conduire fur le champ les
brigades de la Sarre & de Royal- Rouffillon . Pour
lui , avec la brigade de la Reine & une brigade de
milices , il paffa la nuit au bivouac , à portée de
foutenir le camp que M. le Chevalier de Levis occupoit
avec l'avant-garde fur le chemin du Forg
Gorges au Fort Edouard.
Comme ce pofte de l'avant -garde étoit trop
éloigné du ſiege , des bateaux & des vivres , elle
fe rapprocha le 4 au matin. M. le Marquis de
Montcalm ramena les deux brigades qu'il avoit
avec lui , prendre leur place dans le camp. L'ar
mée deſtinée à faire le fiege fe trouva alors poſtée ,
& compofée de fept bataillons de troupes , & de
deux brigades de milices. M. le Chevalier de Le
vis & M. Rigaud- de Vaudreuil , avec le refte des
milices , les volontaires de Villiers , & tous les
Sauvages , furent chargés de couvrir la droite du
camp , d'obferver les mouvemens des ennemis du
côté du chemin du Fort Edouard , & de leur don
ner à croire , par des mouvemens continuels , que
cette communication étoit encore occupée.
Dans l'après- midi du même jour 4 , on mar
qua le dépot de la tranchée. On fit le chemin de
ce dépôt au camp , les fafcines , gabions & fauciffons
néceffaires pour le travail de cette premiere
nuit ; & l'on mit en état une anfe , à laquelle le
192 MERCURE DE FRANCE.
dépôt aboutifloit , pour y pouvoir débarquer dans
la nuit l'artillerie à mesure qu'on en auroit befoin.
La nuit du 4 aus , on ouvrit la tranchée à 350
toiles du Fort d'attaque , embraffant le front du
Nord-Oueſt : cette tranchée étoit une espece de
premiere parallele. On commença auffi deux batteries
avec leur communication à la parallele.
Dans la journée dus , les travailleurs de jour
perfectionnerent les ouvrages de la nuit. Mais on
fut obligé de retirer un peu plus en arriere la gauche
du camp de l'armée , laquelle fe trouvoit trop
expofée au feu de la Place.
Le même jour , les Sauvages intercepterent
une lettre du Général Webb , écrite du Fort
Edquard en date du 4 à minuit . Il mandoit au
Commandant du Fort Georges , qu'auffitôt après
J'arrivée des milices des provinces auxquelles il
avoit envoyéordre devenir le joindre fur le champ,
il s'avanceroir pour combattre l'armée Françoife ;
que cependant , fi ces milices arrivoient trop tard
le Commandant fît enforte d'obtenir les meilleures
conditions qu'il pourroit. Cette lettre détermina
M. le Marquis de Montcalm à accélérer encore
la construction des batteries ; & le nombre
des travailleurs fut augmenté.
La nuit dus au6 , on acheva la batterie de la
gauche qui fut en état de tirer à la pointe du jour ;
elle étoit de huit pieces de canon & d'un mortier,
& elle battoit le front d'attaque & la rade des barques.
On acheva auſſi la communication de la batterie
de la droite avec la parallele , & l'on avança
confidérablement cette batterie.
La nuit du 6 au7 , on conduifit un boyau de
Iso toifes en avant fur la capitale du Baftion de
P'Ouest , & l'on acheva la batterie de la droite.
Elle étoit de huit pieces de canon , d'un mortier
&
te
fe
NOVEMBRE . 1757. 193
& de deux obufiers : elle battoit en écharpant le
front d'attaque , & à ricochet le camp retranché.
Elle fut démafquée à fept heures du matin ; &
après une double falve des deux batteries , M. le
Marquis de Montcalm jugea à propos de faire porter
au Commandant de la Place la lettre du Général
Webb , par M. de Bougainville un de fes Aides
de camp.
La nuit du 7 au 8 , les travailleurs cheminant
fur la Place , en continuant le boyau commencé
la veille , lequel fut conduit à 100 toifes du foffé,
ouvrirent auffi à l'extrêmité de ce boyau , un cro
chet pour y établir une troifieme batterie , & y
loger de la moufqueterie . Vers minuit , les enne
mis firent fortir trois cens hommes du camp retranché
. M. de Villiers tomba fur eux avec un
petit nombre de Canadiens & de Sauvages , leur
tua foixante hommes , fit deux prifonniers , &
força le refte à rentrer dans le camp.
Le travail de la nuit avoit conduit à un marais
P'environ so toifes de paffage , qu'un côteau qui
e bordoit mettoit à couvert des batteries de la
Place , à l'exception de 10 toifes de longueur ,
bendant lefquelles on étoit expoſé au feu de ces
batteries. Quoiqu'en plein jour , M. le Marquis
le Montcalm fit faire ce paffage comme celui
l'un foffé de place rempli d'eau , les fappeurs s'y
orterent avec tant de vivacité , que , malgré le
eu du canon & de la moufqueterie des ennemis ,
I fut achevé dans la matinée même , & qu'avant
a nuit une chauffée capable de fupporter l'artilleie
fe trouva pratiquée dans le marais. La moufueterie
des Canadiens & des Sauvages , qui tisient
aux embrafures du Fort , diminua beauoup
durant cette journée le feu des ennemis .
A quatre heures du foir , les Sauvages- Décou
I
194 MERCURE DE FRANCE.
vreurs rapporterent qu'un gros corps d'armée
marchoit au fecours de la place par le chemin du
Fort Edouard . M. le Chevalier de Levis s'y por
fur le champ avec la plus grande partie des Canadiens
& tous les Sauvages. M. le Marquis de
Montcalm ne tarda pas à le joindre avec la brigade
de la Reine & une brigade de milices . Il s'avançoit
en bataille prêt à recevoir l'ennemi ; les
bataillons en colone fur le grand chemin , les
Canadiens & les Sauvages fur les aîles dans les
bois , lorfqu'il apprit que la nouvelle étoit faufle.
Il fit rentrer les troupes dans leur camp . Ce mor
vement ne caufa aucun dérangement aux travar
du fiege ; & la promptitude avec laquelle il f
exécuté , fit un très -bon effet dans l'efprit des
Sauvages.
La nuit du 8 au 9 , on déboucha du marais pur
un boyau fervant de communication à la feconde
parallele qui fut ouverte fur la crête du côteau, &
fort avancée dans la nuit. C'eft de cette parallele
qu'on devoit partir pour établir les batteries de
breche , & en la prolongeant , envelopper le Fort
& couper la communication avec le retranche
ment , laquelle jufqu'alors avoit été libre. L
affiégés n'en donnerent pas le temps à huit he
res du matin ils arborerent pavillon blanc .
201
tro
le
fet
M. le Marquis de Montcalm dit au Colonel Co
Yong , envoyé par le Commandant pour trait
de la capitulation , qu'il ne pouvoit en fignera
cune fans en avoir auparavant communiqué les
ticles aux Sauvages. Deux motifs l'engageoiesti
ce ménagement pour eux : il croyoit le devoir
confiance & à la foumiffion avec lesquelles ils s
toient prêtés depuis le commencement de l'exp
dition à l'exécution des ordres qu'il leur avoit do
nés , & de toutes les propofitions qu'il leur apo
la
M
NOVEMBRE. 1757. 195
faites ; & il vouloit les mettre par -là dans l'obli
gation de ne rien faire de contraire à la capitulation
qui feroit arrêtée. Il convoqua donc fur le
champ un Confeil Général de tous les Sauvages.
Il expofa aux Chefs les conditions auxquelles les
Anglois offroient de fe rendre , & celles qu'il
étoit réfolu de leur accorder. Les Chefs s'en rapporterent
à tout ce qu'il feroit , & lui promirent
de s'y conformer , & d'empêcher que leurs jeunes
gens n'y contrevinffent directement ni indirectement.
M. le Marquis de Montcalm envoya immédia
tement après ce confeil , M. de Bougainville ,
pour rédiger la capitulation avec le Colonel Monro
, Commandant de la Place & du camp retran,
ché. Les principaux articles furent :
Que les troupes , tant de la garniſon que du
retranchement , fortiroient avec leurs bagages &
les honneurs de la guerre , & qu'elles fe retiroient
au Fort Edouard .
Que pour les garantir contre les Sauvages ,
elles feroient eſcortées par un détachement de
troupes Françoifes , & par les principaux Officiers
& interprêtes attachés aux Sauvages .
Qu'elles ne pourroient fervir de 18 mois , ni
contre le Roi , ni contre fes Alliés ;
Et que , dans l'efpace de trois mois , tous les
prifonniers François , Canadiens & Sauvages , faits
par terre dans l'Amérique feptentrionale , depuis
le commencement de la guerre par les Anglois ,
feroient conduits aux forts François de la frontiere.
Cette capitulation fut fignée à midi , & auffitôt
la garnifon fortit du fort pour joindre les troupes
du retranchement ; & M. de Bourlamaque prit
poffeffion du fort avec les troupes de la tranchée.
M. le Marquis de Montcalm envoya en même
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
temps au camp retranché , une garde que le Colo:
nel Monro lui avoit demandée , & il ordonna aux
Officiers & Interprêtes attachés aux Sauvages , dy
demeurer jufqu'au départ des Anglois , qui fe
trouvoient au nombre de 2264 hommes effectifs.
Malgré toutes ces précautions , & malgré les affu
rances que les Chefs Sauvages avoient données ,
lorfqu'il fut queftion de la capitulation , les Sauvages
firent du défordre dans le camp des Anglois.
M. le Marquis de Montcalm y accourut avec un
détachement de fes troupes. Les Sauvages avoient
déja fait un affez grand nombre de prifonniers ,&
en avoient même amené quelques-uns. Il fit rea
dre ceux qui reftoient , & M. le Marquis de Vaudreuil
a fait renvoyer les autres .
M. le Marquis de Montcalm a fait rafer le fort,
& détruire tout ce qui en dépendoit , conformé
ment aux inftructions qui lui avoient été données
par M. le Marquis de Vaudreuil. Il s'eft trouvé ,
tant dans le fort que dans le camp retranché , 23
pieces de canon , dont plufieurs de 32 livres , quatre
mortiers , un obufier , dix- fept pierriers , en
viron trente- fix milliers de poudre , beaucoup de
boulets , bombes , grenades , balles , avec tou
tes fortes de munitions & uftenfúles d'artillerie . On
y a trouvé auffi une provifion affez confidérable de
vivres , malgré le pillage que les Sauvages en ont
fait.
Les François n'ont eu que treize hommes de
tués & quarante de bleffés dans ce fiege. M. le
Febvre , Lieutenant des Grenadiers du régiment
Royal Rouflillon , eft du nombre des derniers par
un éclat de bombe : fa bleffure eft à la main. liby
point eu d'autres officiers tués ni bleſſés. Les enne .
mis y ont perdu cent huit hommes , & en ont eu
deux cens cinquante de blefiés,
Επ
le
C
tre
Aqde
B
NOVEMBRE. 1757. 197
"
Durant tout le fiége , l'armée a été prefque toute
entiere jour & nuit de fervice , foit à la tranchée ,
foit au camp , foit dans les bois , pour faire les
fafcines , gabions & fauciffons néceflaires . On a
fait avec la pioche , la hache & la fcie fix cens toifes
de tranchée aflez large pour y charroyer de
front deux pieces de canon les abattis , dont
tout le terrein étoit embarraffé, empêchant de les
faire paffer fur les revers. C'eſt à la fageffe des
difpofitions que M. le Marquis de Montcalm a
faites , & à l'activité avec laquelle il en a fuivi
l'exécution , que le fuccès de cette expédition eft
principalement dû. Il a été parfaitement fecondé
dans toutes les opérations par M. le Chevalier de
Levis , par M. Rigaud- de Vaudreuil , & par M,
de Bourlamaque. Les détails particuliers de l'artillerie
& du génie ont été très -bien remplis par M.
le Chevalier le Mercier , qui commandoit l'artillerie
, & par MM . Defaidouin & Lotbiniere ,
Ingénieur . Les Officiers & Soldats des troupes de
terre & de la colonie , ainfi que les milices & les
Officiers qui les commandoient , ont donné les
plus grandes marques de valeur & de bonne volonté
; & jamais les Sauvages n'avoient fait paroître
tant de fermeté & de conftance : ils avoient demandé
à monter à l'affaut avec les grenadiers , &
ils en attendoient le moment avec impatience.
Ce nouveau fuccès , qui a répandu une joie
générale dans la colonie de Canada , a animé
de plus en plus le zele avec lequel les habitans
s'efforcent de répondre aux mefures dont le Roi a
la bonté de s'occuper pour la défenfe de cette colonie
, & de feconder les foins que M. le Marquis
de Vaudreuil ne ceffe point de fe donner pour tout
ce qui peut y avoir rapport.
·
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vent
trol
de
L
des
Le Roi ayant été informé que les paroiffesel
de Piriac & de Mefquer au Diocefe de Nantes
avoient été prefque entiérement ravagées le
27 juin dernier , par un orage mêlé de grêle
d'une groffeur extraordinaire , a fait toucher
aux Recteurs de ces deux paroiffes , la fomme de
fix mille livres pour être par eux employées en
achat de grains , & diftribuées fous l'inſpection
de M. le Comte de la Bourdonnaye- du Bois- Hullin
, Procureur- Général , Syndic des Etats de Bre- pe
tagne , tant pour enfemencer les terres , que pour
la nourriture des habitans dont les recoltes ont
été défolées par ce fléau . Cette nouvelle caracterife
notre Monarque plus glorieux encore par
fon humanité que par les victoires.
Co
I
M. Paffemant Ingénieur du Roi au Louvre ,
étoit déja connu pour Auteur de la fameufe
pendule couronnée d'une fphere mouvante , pla
cée en 1753 dans le cabinet du Roi à Verfailles
; fphere dont les révolutions font fi juftes , ue
qu'au jugement de l'Académie où l'on voit l'ertrait
page 183 de l'année 1749 de fes mémoires
, il n'y a pas en trois mil ans un feul degré
de différence avee les tables aftronomiques.
11 vient encore de finir pour le Roi deur
piéces uniques qu'on peut regarder comme chefd'oeuvres
, c'eft premiérement un grand miroir
de 45 pouces
de diametre qu'il a eu l'honneur
de préfenter au Roi le 13 août dernier , avec M.
de Bernieres , dans le pavillon conftruit par ordre
de Sa Majesté à la meute , pour le télescope ,
les ouvrages & les obfervations du pere Noël.
La glace de ce miroir a été courbée , par les
foins de M. de Buffon , dans un fourneau qu'i
avoit fait conftruire au Jardin Royal. M , Palle
mant l'a fait travailler au Louvre fous les yeur ,
M
174
Le
les
NOVEMBRE . 1757 . 199
& elle a été étamée d'une façon nouvelle , inventée
par M. de Bernieres , un des quatre Controlleurs
des ponts & chauflées.
Le Roi parut très - content des grands effets
de ce miroir. Si on y préfente des tableaux
même de fix pieds de grandeur , repréfentans
des vues de Paris , de Venife , des ports de
mer , des bâtimens , on croit voir de véritables
objets de grandeur naturelle : ainfi avec un fimple
deflein , on voit un bâtiment dans toute
la grandeur où il fera , & on juge de fon apparence
future. Un Peintre qui travaille à une
petite miniature , quelque petite qu'elle foit ,
peut la voir de grandeur naturelle , & peut par
conféquent fentir & corriger les moindres dé
fauts.
A
La chimie n'en tirera pas de moindres avantages.
On peut juger des grands effets de ce miroir
fur les métaux par la promptitude avec laquelle
il agit , l'argent a été fondu en trois fecondes.
M. Paffemant eut encore l'honneur de préfenter
au Roi un télescope aftéroftatique de fon invention
, dont il avoit lu un projet à l'Académie en
1746 , & qui avoit mérité fon approbation. Ce
télescope eft garni d'un midiometre : il fuit le
mouvement du ciel . Si on le met fur la lune , il
femble qu'elle foit fans mouvement ; fi on veut
voir enfuite une autre planete , il y a un ajuftement
qui le regle dans le moment pour cet aftre.
Il eft conduit par une mécanique toute nouvelle ,
fans aucun tremblement , ni agitation . Comme
les aftres paroiffent fixes , on peut obferver avec
une grande facilité : on peut placer les fils du midiometre
fur fes objets avec toute l'exactitude
poffible. Il eft propre à prendre la parallaxe de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Mars en fecondes de degrés au lieu de fecondes
de temps ainfi au lieu de deux fecondes , on
aura trente fecondes de degrés ; on obfervera facilement
la route des cometes : il fera d'une
grande utilité pour les paffages de Mercure fut
le difque du foleil, en l'année 1761 ; obſervation
qui n'a été faite qu'une feule fois , & par un
feul Obfervateur en l'année 1639.
Le Pere Noël repéta devant Sa Majefté les erpériences
d'une machine pneumatique nouvelle ,
& de plufieurs autres inftrumens qu'il avoit eu
P'honneur de lui préfenter au mois de mars dernier.
Le Roi parut fatisfait de tous ces ouvrages ,
qu'il examina pendant une heure .
Mefdames de France vinrent enfuite , & paffe
rent près de trois heures pendant lefquelles les
mêmes chofes furent répétées en leur préfence *
à leur fatisfaction .
Le corfaire le Romieu , de Saint - Malo , com
mandé par le Capitaine Morel , a conduit en ce
port le navire Anglois la Pensilvanie de 250 ton
neaux , qui alloit de Philadelphie à Londres, avec
une cargaifon de bois de Campêche , de pellete
zies , de café & d'autres marchandiſes.
Un navire Anglois de 300 tonneaux , chargé de
tabac , a été pris par le corfaire Entreprenant ,
qui l'a fait conduire å Morlaix.
Le Capitaine la Lande , commandant un corfaire
de Bordeaux , appellé le Prevêt de Paris , s'eft
rendu maître du corfaire le Hazard de Grenezey,
ayant 6 canons , 8 pierriers & 37 hommes d'équi
page , & il a repris le navire l'Aimable Jolie de
Bordeaux , & un autre bâtiment du même port ,
dont les Anglois s'étoient emparés.
Les navires Anglois le Prince d'Orange , chargé
de bois de Campeche , & le Saint - Eustache , de
NOVEMBRE . 1757. 201
Saint-Eustache , dont la cargaifon confifte en fucre
& en café , ont été pris par les corfaires la
Marquise de Salba & le d'Etigny de Bayonne , ou
ils font arrivés .
Les corfaires la Favorite & la Providence , de
Saint-Jean -de-Luz , fe font rendus maîtres , Pun
du navire Anglois la Sufanne , de Malblebard ,
chargé de 2200 quintaux de morue , l'autre d'un
Senaw , qui a pour cargaifon 334 barriques de
fardines.
Le Capitaine Papin , commandant le corfaire
la Marquise de Beringhen , de Boulogne , s'eft
emparé à la côte d'Angleterre du navire Anglois
l'Endeavour , de 100 tonneaux , deftiné pour la
Barbade , où il portoit un chargement compofé
de cire blanche , de farine , de boeuf falé & de
fromage.
Le même corfaire a pris un bateau de 25 à 39
tonneaux , chargé de caffonnade , de poudre à
canon , de chanvre & de fuif.
Le corfaire Anglois l'Epervier , armé de 10 canons
, 12 pierriers , & so hommes d'équipage , a
été pris par le Capitaine Berlamont , commandant
le corfaire l'Afie , de Dunkerque , & il a été conduit
au Havre.
On mande de Nantes , qu'il y eft arrivé un
fenaw Anglois appellé le Caton , de Vhul , armé
de 6 canons & de 4 pierriers , & chargé pour la
Jamaïque de munitions de guerre & de bouche ,
d'armes & de marchandifes feches . Ce bâtiment
a été pris par le Capitaine Poitevin , commandant
le navire la France.
I
E 9 Octobre , fur les cinq heures de l'aprèsmidi
, Madame la Dauphine commença à fentir
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
des douleurs. Vers les fept heures du foir , cette
Princeffe accoucha d'un Prince , que le Roi a nom.
mé Comte d'Artois. M. l'Abbé de Bouillé , Comtede
Lyon , & premier Aumônier de Sa Majeſté ,
fit , à fept heures un quart , la cérémonie de l'ondoyement
, en préfence du Curé de la Paroiffe da
Château . Monfieur Rouillé , Miniftre d'Etat , Sur
Intendant général des Poftes , & grand Tréforier
de l'Ordre du S. Elprit , ayant apporté le Cordon
de cet Ordre , eut l'honneur de le paffer au col
du Prince . Monfeigneur le Comte d'Artois fut enfuite
remis à la Comteffe de Marfan , Gouvernante.
des Enfans de France ; & elle le porta à l'appartement
qui lui étoit deſtiné . Ce Prince y fut conduit
par le Maréchal Duc de Luxembourg , Capitaine
des Gardes du Corps.
Le Roi & la Reine , accompagnés de la Famille
Royale , ainfi que des Princes & Princeffes du
Sang , des grands Officiers de la Couronne , des.
Miniftres , des Seigneurs & Dames de la Cour
& précédés des deux Huiffiers de la Chambre quis
portoient leurs maffes , fe rendirent le lendemain
à la Chapelle. Leurs Majeftés y entendirent la
Meffe , pendant laquelle M. Colin de Blamont ,
Chevalier de l'Ordre de S. Michel , & Sur- Intendant
de la Mufique de la Chambre , fit exécuter le
Te Deum en mufique , de fa compofition . Cette
Hymne fut entonnée par M. l'Abbé Gergois, Chapelain
ordinaire de la Chapelle- Mufique.
Après la Meffe , le Roi & la Reine , Monfeigneur
le Dauphin , Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
Monfeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante Duchellede
Parme , Madame ,. & Mefdames Victoire , Sophie
& Louife , reçurent dans leurs appartemens
les révérences des Dames de la Cour , à l'occafion
NOVEMBRE. 1757 179
des couches de Madame la Dauphine , & de la
naiffance du Prince.
On tira le foir un bouquet d'artifice devant les
fenêtres du Roi.
Sa Majefté a fait partir Monfieur Pernot- du
Buat , un de fes Gentilshommes ordinaires
pour aller à Luneville donner part de la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois au Roi de Pologne
, Duc de Lorraine & de Bar.
Madame la Dauphine & le jeune Prince fe por--
tent auffi bien qu'on puiffe le défirer.
9"
Sur le premier avis que Madame la Dauphine:
avoit reffenti quelques douleurs , le Corps - de-Ville
s'étoit affemblé. A huit heures & demie du foir
le fieur d'Amfreville , Chefde Brigade des Gardes.
du Corps , vint lui apprendre , de la part du Roi,.
la naiffance d'un Prince. Auffi -tôt les Prevôt des
Marchands & Echevins firent annoncer à toute la
Ville , par une falve générale de l'artillerie , & par
la cloche de l'Hôtel- de-Ville , qui a fonné jufqu'au
lendemain minuit , la nouvelle faveur qu'il
a plu à Dieu d'accorder au Roi & à la Nation. On
tira le même foir dans la place de l'Hôtel - de-Ville :
un grand nombre de fufées volantes,
Le ro , les officiers des cérémonies étant ab--
fens , le fieur Ourfin de Soligny , Maître d'hôtel
du Roi , remit au Corps - de- Ville une lettre de Sa
Majefté. Il fut fait deux falves générales de l'artil
lerie , l'une dès le matin , l'autre vers les fix heu--
res du foir , après laquelle les Prevôt des Marchands
& Echevins allumerent,avec les cérémonies
accoutumées , le bucher qui avoit été dreffé dans
la place devant l'Hôtel- de- Villé . Ce feu fut accom.-
pagné d'une grande quantité d'artifice : On fit couler
dans la place plufieurs fontaines de vin , & l'on
diftribua du pain &. des. viandes au peuple . Des.
H.vj.
180 MERCURE DE FRANCE.
orcheftres remplis de muficiens , mêlerent le foa
de leurs inftrumens aux acclamations dictées paa
Palégretle publique. La façade de l'Hôtel- de-
Ville fut illuminée par plufieurs filets de terrines ,
ainfi que l'hotel du Prevôt des Marchands , & les
mailons des Echevins & Officiers du Bureau de la
Ville.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de la Tour-
Dupin de Paulin le régiment de Guyenne , vacant
par la mort de M. le Conte de Montmorenci-
Laval , tué à la bataille de Haftembecke .
a
Le Roi ayant admis dans fon Confeil des Dépêches
les fieurs Gilber de Voyfins & Berryer , Confeillers
d'Etat , le 16 octobre ils eurent l'honneur
de faire leurs remerciemens à Sa Majeſté.
Sa Majesté a donné le gouvernement général de
l'Orléanois , vacant par la mort de M. le Duc d'Antin
, au Comte de Rochecouart , fon Miniftre
Plénipotentiaire à la Cour de Parme.
Le 19 , M. le Duc de Duras prêta ferment entre
les mains du Roi pour la charge de premier Gentilhomme
de la Chambre , vacante par la mort du
Duc de Gefvres.
Le même jour, M. le Marquis de Gontaut prêta
ferment entre les mains de Sa Majeſté , pour la
Lieutenance générale du Languedoc , vacante par
la mort de M. le Maréchal Duc de Mirepoix.
Le Roi a difpofé en faveur du Prince de Beauveau
, de la charge de Capitaine des Gardes du
Corps , qu'avoit auffi le feu Maréchal Duc de Mirepoix
Sa Majesté a accordé au Vicomte de Noë,
Chambellan du Duc d'Orléans , & Capitaine de
vaiffeau , un brevet de Colonel à la ſuite du régiment
d'Orléans cavalerie.
M. de Lamoignon de Bafville a obteau da
A
a.
I
fo
P
ve
G
M
G:
NOVEMBRE . 1757. 181
Roi l'agrément de la charge de Préſident du Par
lement , dont le fieur Molé , premier Préfident ,
étoit revêtu.
Le Roi a nommé M. le Comte des Salles, Capitaine
de Cavalerie dans le régiment d'Harcourt ,
à la place deColoneldans lesGrenadiers de France,
vacante par la nomination de M. le Marquis de la
Tour - Dupin de Paulin au régiment de Guyenne.
Les troupes de la Maiſon du Roi , qui avoient
été détachées pour la défenſe de nos côtes , ne
font point arrivées à leur deftination , par la
prompte retraite des Anglois , & ont eu ordre de
revenir. Les Gardes Françoifes & les Gardes Suiffes
qui étoient reftées à Tours , à Saumur & à
Blois , doivent fe rendre ici fucceffivement dans
Fla fin d'octobre , & au commencement de novembre.
Les détachemens des Gardes du Corps ,
Gendarmes de la Garde , Chevaux- Légers , &
Moufquetaires de la premiere Compagnie , font
tous partis le 19 octobre , d'Orléans , d'Eftampes ,
d'Arpajon & de Chartres , où ils étoient reftés. La
feconde Compagnie des Moufquetaires , & les
Grenadiers à cheval , qui avoient reçu des contreordres
à temps , n'ont point quitté leurs quartiers.
Madame la Dauphine étant accouchée d'un
Prince le 9 d'octobre , M. le Marquis de Paulmy ,
Miniftre & Sécretaire d'Etat , expédia fur le champ.
un courier aux Députés des Etats de la Province
d'Artois
, pour leur faire fçavoir que le Roi avoit
nommé le nouveau Prince , Comte de cette Pro-,
vince. Auffitôt que cette nouvelle fut portée à
Arras , Capitale de l'Artois , toutes les cloches de
la Ville fonnerent , les habitans fermerent d'euxmêmes
leurs boutiques , & coururent en foule à
P'Eglife , pour y rendre à Dieu des actions.de.gra
182 MERCURE DE FRANCE.
ees de l'heureuſe délivrance de Madame la Dau
phine , & lui demander la conſervation d'un
Prince qui leur eft d'autant plus cher , que la
Province , depuis cinq hecles , a été privée de
Phonneur de voir fon nom porté par un Prince
de la Maiſon Royale. Ces actes de piété furent
fuivis des démonftrations de la joie la plus vive.
La nouvelle fut bientôt répandue jufqu'aux extrê
mités de l'Artois ; & tous les peuples , à l'envi de
la Capitale , s'emprefferent de faire éclater lear
reconnoiffance & leur alegreffe . Les Etats de la
province s'affemblerent extraordinairement , &
éfolurent de nommer une députation folemnelle,
formée de trois perfonnes de chaque ordre , pour
aller , conjointement avec les députés ordinaires
qui réfident cette année à la fuite de la Cour , remercier
le Roi de lafaveur fignalée que Sa Majesté
vient d'accorder à l'Artois , & pour la féliciter ,
ainfi que la Famille royale , fur cet heureux évé
nement. Cette députation s'étant rendue à Verfailles
le Dimanche 16 d'octobre , elle fut admife
à l'audience du Roi , de la Reine , de Monseigneur
le Dauphin , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeigneur le Duc de Berry , de Mon
feigneur le Comte de Provence , de Monfeigneur
le Comte d'Artois , de Madame Infante Ducheffe
de Parme , de Madame , & de Meſdames Victoire ,
Sophie & Louife. Les Députés furent préfentés
par M. le Marquis de Paulmy , Miniftre & Secresaire
d'Etat , ayant le département de la Province,
& conduits par M. Defgranges , Maître des Céré
monies. La députation étoit compofée de MM. les
Evêques d'Arras , de Saint - Omer , l'Abbé de
Saint-Waak & l'Abbé de Cry , Chanoine de is
Cathédrale d'Arras , pour le Clergé ; de MM. le
Marquis de Creny , le Comte d'Houchin , k
Bar
記
acc
Co
On
La
Pa
4
#1
NOVEMBRE . 1757. 183:
Baron de Wifmes , & le Baron d'Haynin , pour la
Nobleffe ; de MM. de Canchy , Echevin de la ville
de Saint - Omer ; Cornuel & Goffes , Echevins de
la ville d'Arras , & de Gouves , Procureur du Roi
de la même ville , pour le Tiers - Etat. Elle étoit
accompagnée de M. le Premier Préfident & du .
Confeil Provincial d'Artois . M. l'Evêque de Saint-
Omer porta la parole , & exprima d'une maniere:
touchante les fentimens de joie , d'amour , de
refpect & de reconnoiffance, communs à tous les
habitans de l'Artois. Cette Province fut réunie à
la Couronne en 1199 , par Philippe Augufte. Il
Périgea en Comté , & la donna à fon fils aîné , depuis
Louis VIII . Ce Comté paffa enfuite à Robert,.
fecond fils de Louis , qui porta le nom de Comte:
d'Artois , & fut tué à la bataille de la Maffoure,
Philippe le Bel en 1297 érigea l'Artois en Comté
Pairie.
La Princeffe de Condé eft accouchée heureufe--
ment les d'Octobre d'une Princeffe.
Les mauvais fuccès que les Anglois ont éprouvés
dans les entreprifes qu'ils ont tentées , foit dans le
fein de la paix , foit depuis la déclaration de la
guerre , pour envahir le Canada , ne les ont point
rebutés . Perfonne n'ignore les préparatifs im
menfes qu'ils avoient faits pour l'attaquer cette
année tout à la fois par mer & du côté des
terres. Les forces navales , que le Roi a deſtinées
pour la défenſe de cette colonie , ont fait échouer
leur projet du côté de la mer; & les difpofitions:
qui ont été faites dans le pays , les ont mis éga
lement hors d'état de faire aucune tentative fur les
frontieres.
Dès la fin de la campagne de l'année derniere ,,
M. le Marquis de Vaudreuil, Gouverneur & Lieute
pant-Général de la Nouvelle France , s'occupa de
184 MERCURE DE FRANCE.
tous les arrangemens qu'il pouvoit y avoir à pren
dre pour le mettre en état de les repouffer de toutes
parts.
Il prit des mefures pour avoir des partis de Canadiens
& de Sauvages continuellement en cam.
pagne durant l'hyver. Les incurfions que ces détachemens
ont faites fur les ennemis leur ont ré
beaucoup de monde , & donné l'alarme à leurs
colonies, où ils ont fait beaucoup de ravages.
M. le Marquis de Vaudreuil s'eft appliqué authà
ménager les bonnes difpofitions des Nations Sauvages
, qui en général font foulevées contre l'iajuftice
des prétentions & la violence des procédés
des Anglois. Celles qui font anciennement alliées
de la France n'ont point ceffé de donner de nouvelles
preuves de leur fidélité , & ont été continuellement
en parti contre les ennemis. D'autres
Nations nombreuſes font entrées dans cette alliance
, & ont pris part à la guerre. Les Iroquois
eux-mêmes , ces Nations que les Anglois repréſen
tent à l'Europe comme leurs fujettes , animés des
mêmes motifs que les autres Sauvages , ont pris le
même parti , malgré les efforts de toute espece
que les Gouverneurs Anglois ont faits pour obtenir
d'eux qu'ils s'en tinffent à la neutralité qu'ils
avoient obfervée dans les guerres précédentes
d'entre la France & l'Angleterre.
C'eſt relativement aux avantages que M. le Marquis
de Vaudreuil s'eft vu en état de tirer des difpofitions
de toutes ces Nations , qu'il a réglé fes
opérations.
Il avoit jugé que les ennemis tourneroient leurs
principaux efforts du côté du Lac Saint- Sacrearent
& du Lac Champlain ; & il a donné une
attention particuliere à munir les Forts qui défendent
cette frontiere. Les ennemis ayant été infor
NOVEMBRE. 1757 . 185
més qu'on devoit faire pafler du Fort Saint-Fre
déric au Fort de Carillon quelques provifions fous
l'escorte d'un petit détachement , en envoyere t
un de quatre-vingts hommes d'élite , qui enleva les
premieres traînes de ce convoi & fept Soldats ;
mais le Commandant du Fort Saint- Frédéric fit
marcher un nouveau détachement qui coupa celui
des ennemis dans fon chemin , le défit entiérerement
, à l'exception de trois hommes qui fe
fauverent , & reprit les traînes dont les ennemis
s'étoient emparés , & trois Soldats qui reftoient
de ceux qui avoient été enlevés . Cette action fe
pafla au mois de Janvier. MM . de Bafferode & de
la Grandville , Capitaines aux Régimens de Languedoc
& de la Reine , y eurent la principale
part.
M. le Marquis de Vaudreuil apprit dans le même
temps que les ennemis avoient raflemblé au
Fort Georges fitué fur le Lac Saint -Sacrement ,
des approvifionnemens confidérables de toures
les efpeces , & qu'ils avoient fait conftruire fous
le canon de ce Fort un très -grand nombre de barques
, de bateaux & d'autres bâtimens , non-feulement
pour le tranfport de ces approvifionnemens
, mais encore pour s'affurer la navigation de
ce Lac. Il jugea que tous ces préparatifs étoient
deftinés pour des entreprifes que les ennemis fe
propofoient d'exécuter au printems. Pour leur en
ôter les moyens , il fit , matcher au mois de Mars
un détachement de quinze cens hommes de troupes
réglées , Canadiens & Sauvages , fous les ordres
de M. Rigaud- de Vaudreuil , Gouverneur
des Trois - Rivieres , qui réuffit fi bien dans fon
expédition , qu'il parvint à brûler tous les bâtimens
de mer , tous les magafins qui étoient rem➡
plis de toutes fortes de munitions & d'uftenfiles
186 MERCURE DE FRANCE.
pour une armée de quinze mille hommes , & généralement
tout ce que les ennemis avoient raſ◄
femblé fous le Fort , lequel refta ifolé.
M. le Marquis de Vaudreuil ne fe contenta
pas des obftacles qu'il oppofoit par- là à l'exécution
des projets des ennemis du côté du Lac Saint-Sacrement
, il fortifia de nouveau les garnifons des
poftes qui font fur cette frontiere ; & au moyen
du renfort de troupes & des autres fecours que le
Roi a fait paffer en Canada , ce Gouverneur s'eft
trouvé en état d'agir offenfivement contre les ennemis.
Du côté de la Belle Riviere , il a fait détruire
plufieurs petits Forts qu'ils y avoient établis .
Pour profiter efficacement des avantages de
Pexpédition de M. Rigaud , & de ceux de la fituation
où le trouvoit la colonie du côté de la mer ,
il a formé le projet de s'emparer du Fort Georges.
L'établiffement de ce Fort , qui n'avoit été fait
que depuis peu de temps, étoit une de ces invaſions
que les Anglois font dans l'ufage de faire en tems
de paix fur les poffeflions de leurs voisins ; & il
leur donnoit les plus grandes facilités pour atta
quer le Canada par fon centre.
M. le Marquis de Vaudreuil a chargé de cette
importante expédition M. le Marquis de Montcalm
, Maréchal de Camp. Le corps de troupes
qu'il y a deftiné , étoit compofé de fix bataillons
de troupes de terre , d'un détachement des
troupes réglées de la colonie , de plufieurs détachemens
de milices , & de plufieurs partis de
Sauvages. Toutes ces troupes ont été raſſemblées
le 20 Juillet à Carrillon , où M. de Bourlamaque
, Colonel d'Infanterie , avoit déja fait les dif
pofitions préliminaires pour la marche de l'armée.
M. le Marquis de Montcalm s'y étoit rende
Σ
&
C
C
f
C
་
NOVEMBRE. 1757. 187
quelque temps auparavant. En attendant que l'armée
pût le mettre en marche , il avoit détaché
M. de Rigaud- de Vaudreuil , pour s'emparer de
la tête du portage du Lac Saint- Sacrement , avec
un corps de troupes de la colonie , de Canadiens
& de Sauvages.
M. Kigaud- de Vaudreuil s'étant établi dans ce
pofte , il envoya trois détachemens à la découverte.
Le premier , qui n'étoit que de dix hommes ,
fut attaqué fur le Lac Saint- Saciement par plufieurs
canots , dans lefquels il y avoit cent vinge
à cent trente Anglois . Quoique M. de Saint-
Ours , Lieutenant des troupes de la Colonie ,
qui le commandoit , fût bleffé à la premiere décharge
, il fe défendit avec tant de fermeté , qu'il
obligea les ennemis à fe retirer.
Le fecond , qui étoit affez confidérable , fut
commandé par M. Marin , autre Lieutenant , quis
fe fit précéder par huit Sauvages qui faifoient fon
avant-garde , lefquels fe trouverent vis - àvis quarante
Anglois. Dès le premier abord , ils firent :
leur décharge fur les ennemis , tuerent leur Com
mandant , & mirent le refte en fuite. M. Marin ,,
ayant rejoint fon avant-garde , réduifit fon détachement
à cent cinquante hommes d'élite . Il fe
porta près du Fort Edouard , éloigné de quelques.
lieues du Fort Georges , fans être découvert. Il défit
d'abord une patrouille de dix hommes , enfuite
une garde ordinaire de cinquante hommes ,
& plufieurs travailleurs. Il fe préfenta à la vue da
camp des ennemis , qui fortirent au nombre de
trois mille hommes faifant feu fur lui . Il le foutine
pendant deux heures. Ce ne fut même qu'avec
peine qu'il obligea les Sauvages qui étoient avec
ui , à fe retirer, Il tua dans certe action plus de
"
H
188 MERCURE DE FRANCE. Re
*
cent cinquante hommes , à quarante defquels les
Sauvages leverent la chevelure. Il n'en perdit pas
un feul & il n'y eut de bleffés que deux Sauvages.
Le troifieme détachement , commandé par M.
Corbiere , autre Officier de la Colonie , fe tint
embufqué pendant une journée. Au commencement
de la nuit , il apperçut fur le Lac vingt Berges
& deux Efquifs , dans lefquels il y avoit plus
de trois cens cinquante Anglois , commandés par
le Colonel Parker , cinq Capitaines , & fix autres
Officiers. Les Sauvages qui étoient avec lui firent
leur cri & leur décharge en même temps. Les
ennemis firent une foible réſiſtance. Deux feules
Berges fe fauverent , les autres furent prifes ou
coulées à fond. M. Corbier revint avec ceat
foixante-un prifonniers . Il y eut plus de cent cinquante
Anglois tués ou noyés ; & dans le détachement
François , il n'y eut qu'un Sauvage blee
affez légèrement .
M. le Marquis de Montcalm s'occupoit cependant
des difpofitions de fa marche . Il diftribua les
miliciens en plufieurs bataillons , dont il donnale
commandement à des Officiers des troupes de la
Colonie ; & des compagnies détachées de ces treapes
, il compofa un bataillon pour rouler avec
ceux des troupes de terre . H donna auffi à M. de
Villiers , Capitaine de celles de la Colonie , &
connu par plufieurs expéditions qu'il a exécutées
dans cette guerre , un corps de trois cens volontaires
Canadiens ; de maniere que l'armée le
trouva compofée de trois brigades de troupes ré-
'glées , qui étoient la brigade de la Reine , formée
des bataillons de la Reine & Languedoc , &
de celui des troupes de la Colonie ; la Brigade de
Sarre , des bataillons de la Sarre & de Guyen
d
Po
Sa
fa:
Ca
br
Sa
ג
&
Ac
སྒོ་
de
C'e
fac
9-
E
NOVEMBRE . 1757. 189
celle de Royal- Rouffillon , des bataillons de
Royal- Rouffillon & Bearn ; de fix brigades de
milices , des trois cens volontaires de Villiers , &
d'un détachement d'artillerie & de génie , compofé
de fept Officiers , & d'environ cent vingt
canonniers , bombardiers ou ouvriers . Tous ces
corps ne faifoient cependant enſemble que cinq
mille cinq cens combattans , non compris les
Sauvages qui étoient au nombre d'environ dixhuit
cens , parce que M. le Marquis de Montcalm
fut obligé de prendre dans les troupes quelques
détachemens , tant pour la garnifon du Fort de
Carillon , que pour quelques autres poftes .
Il étoit queftion de tranfporter par terre & à
bras d'hommes , depuis Carillon jufqu'au Lac
Saint-Sacrement , non feulement l'artillerie & les
munitions de guerre & de bouche de toute espece,
mais encore plus de quatre cens bateaux & canots ;
& cette opération fut fuivie avec tant de foin ,
qu'elle fut achevée la nuit du 31 Juillet au premier
Août.
Dès le 30 Juillet M. le Marquis de Montcalm
avoit fait partir M. le Chevalier de Levis , Brigadier
, à la tête d'un corps de deux mille cinq cens
hommes compofé de fix compagnies de Grenadiers
, huit piquets des volontaires de Villiers ,
d'environ mille Canadiens , & cinq cens Sauvages
, pour marcher au travers des bois , affurer
la navigation de l'armée , reconnoître & couvrir
fes débarquemens. Malgré les difficultés & les
fatigues de cette marche , cet Officier prit pofte
dès le lendemain au foir à la Baie de Ganaouské ,
qui n'eft qu'à quatre lieues du Fort Georges.
Le premier Août l'armée s'embarqua , & arriva
le 2 à trois heures du matin dans cette même
Baic. M. le Chevalier de Levis en repartit avec
190 MERCURE DE FRANCE.
fon détachement à dix heures , fe porta à une anfe
éloignée du Fort Anglois d'environ une lieue , &
fut reconnoître le Fort , la pofition des ennemis ,
& le débarquement propre à l'artillerie L'armée
arriva fur les onze heures du foir à cette même
anfe , & tout le monde reſta au bivouac .
Des prifonniers , qui furent faits pendant la
nuit des Canadiens & des Sauvages , rappor
par
terent que le nombre des ennemis pouvoit monter
à trois mille hommes , dont cinq cens étoient actuellement
dans le Fort , & le refte dans un camp
retranché qui étoit placé fur une hauteur à deux
cens toiles du Fort & à portée d'en rafraîchir continuellement
la garnifon. Ils ajouterent qu'au fignal
d'un coup de canon , toutes les troupes devoient
prendre les armes.
Sur ce rapport , qui s'accordoit avec les connoiffances
que M. le Chevalier de Levis avoit pri
fes fur la polition des ennemis , M. le Marquis de
Montcalm donna fur le champ l'ordre de marche
de l'armée , dont la difpofition fut faite pour recevoir
les ennemis , en cas qu'ils vinfſent à fa rencontre
, & pour , dans le cas où ils ne viendroient
pas , inveftir la place , & même attaquer le camp
retranché , s'il étoit jugé fufceptible d'une attaque
de vive force .
Le 3 à la pointe du jour , l'armée ſe mit en
marche.
M. le Chevalier de Levis faifoit l'avant-garde
avec fon corps , une partie des milices & tous les
Sauvages. Les bataillons & le refte des milices
marchoient enfuite en colonne , M. Rigaud-de
Vaudreuil à la droite , M. de Bourlamaque à la
gauche , & M. le Marquis de Montcalm dans le
centre. M. de Privat , Lieutenant- Colonel , avoit
été placé avec cinq cens hommes de troupes &
NOVEMBRE. 1757. 198
ane brigade de milices à la garde des bateaux &
de l'artillerie.
A midi , l'inveſtiſſement fut entierement formé
M. le Marquis de Montcalm , qui s'étoit porté à
l'avant -garde , ayant reconnu qu'il ne pouvoit at
taquer les retranchemens des ennemis , fans trop
compromettte fes forces , envoya ordre à M. de
Bourlamaque d'affeoir le camp de l'armée , la
gauche au Lac , la droite à des ravines preſque
inacceffibles , & d'y conduire fur le champ les
brigades de la Sarre & de Royal- Rouffillon . Pour
lui , avec la brigade de la Reine & une brigade de
milices , il paffa la nuit au bivouac , à portée de
foutenir le camp que M. le Chevalier de Levis occupoit
avec l'avant-garde fur le chemin du Forg
Gorges au Fort Edouard.
Comme ce pofte de l'avant -garde étoit trop
éloigné du ſiege , des bateaux & des vivres , elle
fe rapprocha le 4 au matin. M. le Marquis de
Montcalm ramena les deux brigades qu'il avoit
avec lui , prendre leur place dans le camp. L'ar
mée deſtinée à faire le fiege fe trouva alors poſtée ,
& compofée de fept bataillons de troupes , & de
deux brigades de milices. M. le Chevalier de Le
vis & M. Rigaud- de Vaudreuil , avec le refte des
milices , les volontaires de Villiers , & tous les
Sauvages , furent chargés de couvrir la droite du
camp , d'obferver les mouvemens des ennemis du
côté du chemin du Fort Edouard , & de leur don
ner à croire , par des mouvemens continuels , que
cette communication étoit encore occupée.
Dans l'après- midi du même jour 4 , on mar
qua le dépot de la tranchée. On fit le chemin de
ce dépôt au camp , les fafcines , gabions & fauciffons
néceffaires pour le travail de cette premiere
nuit ; & l'on mit en état une anfe , à laquelle le
192 MERCURE DE FRANCE.
dépôt aboutifloit , pour y pouvoir débarquer dans
la nuit l'artillerie à mesure qu'on en auroit befoin.
La nuit du 4 aus , on ouvrit la tranchée à 350
toiles du Fort d'attaque , embraffant le front du
Nord-Oueſt : cette tranchée étoit une espece de
premiere parallele. On commença auffi deux batteries
avec leur communication à la parallele.
Dans la journée dus , les travailleurs de jour
perfectionnerent les ouvrages de la nuit. Mais on
fut obligé de retirer un peu plus en arriere la gauche
du camp de l'armée , laquelle fe trouvoit trop
expofée au feu de la Place.
Le même jour , les Sauvages intercepterent
une lettre du Général Webb , écrite du Fort
Edquard en date du 4 à minuit . Il mandoit au
Commandant du Fort Georges , qu'auffitôt après
J'arrivée des milices des provinces auxquelles il
avoit envoyéordre devenir le joindre fur le champ,
il s'avanceroir pour combattre l'armée Françoife ;
que cependant , fi ces milices arrivoient trop tard
le Commandant fît enforte d'obtenir les meilleures
conditions qu'il pourroit. Cette lettre détermina
M. le Marquis de Montcalm à accélérer encore
la construction des batteries ; & le nombre
des travailleurs fut augmenté.
La nuit dus au6 , on acheva la batterie de la
gauche qui fut en état de tirer à la pointe du jour ;
elle étoit de huit pieces de canon & d'un mortier,
& elle battoit le front d'attaque & la rade des barques.
On acheva auſſi la communication de la batterie
de la droite avec la parallele , & l'on avança
confidérablement cette batterie.
La nuit du 6 au7 , on conduifit un boyau de
Iso toifes en avant fur la capitale du Baftion de
P'Ouest , & l'on acheva la batterie de la droite.
Elle étoit de huit pieces de canon , d'un mortier
&
te
fe
NOVEMBRE . 1757. 193
& de deux obufiers : elle battoit en écharpant le
front d'attaque , & à ricochet le camp retranché.
Elle fut démafquée à fept heures du matin ; &
après une double falve des deux batteries , M. le
Marquis de Montcalm jugea à propos de faire porter
au Commandant de la Place la lettre du Général
Webb , par M. de Bougainville un de fes Aides
de camp.
La nuit du 7 au 8 , les travailleurs cheminant
fur la Place , en continuant le boyau commencé
la veille , lequel fut conduit à 100 toifes du foffé,
ouvrirent auffi à l'extrêmité de ce boyau , un cro
chet pour y établir une troifieme batterie , & y
loger de la moufqueterie . Vers minuit , les enne
mis firent fortir trois cens hommes du camp retranché
. M. de Villiers tomba fur eux avec un
petit nombre de Canadiens & de Sauvages , leur
tua foixante hommes , fit deux prifonniers , &
força le refte à rentrer dans le camp.
Le travail de la nuit avoit conduit à un marais
P'environ so toifes de paffage , qu'un côteau qui
e bordoit mettoit à couvert des batteries de la
Place , à l'exception de 10 toifes de longueur ,
bendant lefquelles on étoit expoſé au feu de ces
batteries. Quoiqu'en plein jour , M. le Marquis
le Montcalm fit faire ce paffage comme celui
l'un foffé de place rempli d'eau , les fappeurs s'y
orterent avec tant de vivacité , que , malgré le
eu du canon & de la moufqueterie des ennemis ,
I fut achevé dans la matinée même , & qu'avant
a nuit une chauffée capable de fupporter l'artilleie
fe trouva pratiquée dans le marais. La moufueterie
des Canadiens & des Sauvages , qui tisient
aux embrafures du Fort , diminua beauoup
durant cette journée le feu des ennemis .
A quatre heures du foir , les Sauvages- Décou
I
194 MERCURE DE FRANCE.
vreurs rapporterent qu'un gros corps d'armée
marchoit au fecours de la place par le chemin du
Fort Edouard . M. le Chevalier de Levis s'y por
fur le champ avec la plus grande partie des Canadiens
& tous les Sauvages. M. le Marquis de
Montcalm ne tarda pas à le joindre avec la brigade
de la Reine & une brigade de milices . Il s'avançoit
en bataille prêt à recevoir l'ennemi ; les
bataillons en colone fur le grand chemin , les
Canadiens & les Sauvages fur les aîles dans les
bois , lorfqu'il apprit que la nouvelle étoit faufle.
Il fit rentrer les troupes dans leur camp . Ce mor
vement ne caufa aucun dérangement aux travar
du fiege ; & la promptitude avec laquelle il f
exécuté , fit un très -bon effet dans l'efprit des
Sauvages.
La nuit du 8 au 9 , on déboucha du marais pur
un boyau fervant de communication à la feconde
parallele qui fut ouverte fur la crête du côteau, &
fort avancée dans la nuit. C'eft de cette parallele
qu'on devoit partir pour établir les batteries de
breche , & en la prolongeant , envelopper le Fort
& couper la communication avec le retranche
ment , laquelle jufqu'alors avoit été libre. L
affiégés n'en donnerent pas le temps à huit he
res du matin ils arborerent pavillon blanc .
201
tro
le
fet
M. le Marquis de Montcalm dit au Colonel Co
Yong , envoyé par le Commandant pour trait
de la capitulation , qu'il ne pouvoit en fignera
cune fans en avoir auparavant communiqué les
ticles aux Sauvages. Deux motifs l'engageoiesti
ce ménagement pour eux : il croyoit le devoir
confiance & à la foumiffion avec lesquelles ils s
toient prêtés depuis le commencement de l'exp
dition à l'exécution des ordres qu'il leur avoit do
nés , & de toutes les propofitions qu'il leur apo
la
M
NOVEMBRE. 1757. 195
faites ; & il vouloit les mettre par -là dans l'obli
gation de ne rien faire de contraire à la capitulation
qui feroit arrêtée. Il convoqua donc fur le
champ un Confeil Général de tous les Sauvages.
Il expofa aux Chefs les conditions auxquelles les
Anglois offroient de fe rendre , & celles qu'il
étoit réfolu de leur accorder. Les Chefs s'en rapporterent
à tout ce qu'il feroit , & lui promirent
de s'y conformer , & d'empêcher que leurs jeunes
gens n'y contrevinffent directement ni indirectement.
M. le Marquis de Montcalm envoya immédia
tement après ce confeil , M. de Bougainville ,
pour rédiger la capitulation avec le Colonel Monro
, Commandant de la Place & du camp retran,
ché. Les principaux articles furent :
Que les troupes , tant de la garniſon que du
retranchement , fortiroient avec leurs bagages &
les honneurs de la guerre , & qu'elles fe retiroient
au Fort Edouard .
Que pour les garantir contre les Sauvages ,
elles feroient eſcortées par un détachement de
troupes Françoifes , & par les principaux Officiers
& interprêtes attachés aux Sauvages .
Qu'elles ne pourroient fervir de 18 mois , ni
contre le Roi , ni contre fes Alliés ;
Et que , dans l'efpace de trois mois , tous les
prifonniers François , Canadiens & Sauvages , faits
par terre dans l'Amérique feptentrionale , depuis
le commencement de la guerre par les Anglois ,
feroient conduits aux forts François de la frontiere.
Cette capitulation fut fignée à midi , & auffitôt
la garnifon fortit du fort pour joindre les troupes
du retranchement ; & M. de Bourlamaque prit
poffeffion du fort avec les troupes de la tranchée.
M. le Marquis de Montcalm envoya en même
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
temps au camp retranché , une garde que le Colo:
nel Monro lui avoit demandée , & il ordonna aux
Officiers & Interprêtes attachés aux Sauvages , dy
demeurer jufqu'au départ des Anglois , qui fe
trouvoient au nombre de 2264 hommes effectifs.
Malgré toutes ces précautions , & malgré les affu
rances que les Chefs Sauvages avoient données ,
lorfqu'il fut queftion de la capitulation , les Sauvages
firent du défordre dans le camp des Anglois.
M. le Marquis de Montcalm y accourut avec un
détachement de fes troupes. Les Sauvages avoient
déja fait un affez grand nombre de prifonniers ,&
en avoient même amené quelques-uns. Il fit rea
dre ceux qui reftoient , & M. le Marquis de Vaudreuil
a fait renvoyer les autres .
M. le Marquis de Montcalm a fait rafer le fort,
& détruire tout ce qui en dépendoit , conformé
ment aux inftructions qui lui avoient été données
par M. le Marquis de Vaudreuil. Il s'eft trouvé ,
tant dans le fort que dans le camp retranché , 23
pieces de canon , dont plufieurs de 32 livres , quatre
mortiers , un obufier , dix- fept pierriers , en
viron trente- fix milliers de poudre , beaucoup de
boulets , bombes , grenades , balles , avec tou
tes fortes de munitions & uftenfúles d'artillerie . On
y a trouvé auffi une provifion affez confidérable de
vivres , malgré le pillage que les Sauvages en ont
fait.
Les François n'ont eu que treize hommes de
tués & quarante de bleffés dans ce fiege. M. le
Febvre , Lieutenant des Grenadiers du régiment
Royal Rouflillon , eft du nombre des derniers par
un éclat de bombe : fa bleffure eft à la main. liby
point eu d'autres officiers tués ni bleſſés. Les enne .
mis y ont perdu cent huit hommes , & en ont eu
deux cens cinquante de blefiés,
Επ
le
C
tre
Aqde
B
NOVEMBRE. 1757. 197
"
Durant tout le fiége , l'armée a été prefque toute
entiere jour & nuit de fervice , foit à la tranchée ,
foit au camp , foit dans les bois , pour faire les
fafcines , gabions & fauciffons néceflaires . On a
fait avec la pioche , la hache & la fcie fix cens toifes
de tranchée aflez large pour y charroyer de
front deux pieces de canon les abattis , dont
tout le terrein étoit embarraffé, empêchant de les
faire paffer fur les revers. C'eſt à la fageffe des
difpofitions que M. le Marquis de Montcalm a
faites , & à l'activité avec laquelle il en a fuivi
l'exécution , que le fuccès de cette expédition eft
principalement dû. Il a été parfaitement fecondé
dans toutes les opérations par M. le Chevalier de
Levis , par M. Rigaud- de Vaudreuil , & par M,
de Bourlamaque. Les détails particuliers de l'artillerie
& du génie ont été très -bien remplis par M.
le Chevalier le Mercier , qui commandoit l'artillerie
, & par MM . Defaidouin & Lotbiniere ,
Ingénieur . Les Officiers & Soldats des troupes de
terre & de la colonie , ainfi que les milices & les
Officiers qui les commandoient , ont donné les
plus grandes marques de valeur & de bonne volonté
; & jamais les Sauvages n'avoient fait paroître
tant de fermeté & de conftance : ils avoient demandé
à monter à l'affaut avec les grenadiers , &
ils en attendoient le moment avec impatience.
Ce nouveau fuccès , qui a répandu une joie
générale dans la colonie de Canada , a animé
de plus en plus le zele avec lequel les habitans
s'efforcent de répondre aux mefures dont le Roi a
la bonté de s'occuper pour la défenfe de cette colonie
, & de feconder les foins que M. le Marquis
de Vaudreuil ne ceffe point de fe donner pour tout
ce qui peut y avoir rapport.
·
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vent
trol
de
L
des
Le Roi ayant été informé que les paroiffesel
de Piriac & de Mefquer au Diocefe de Nantes
avoient été prefque entiérement ravagées le
27 juin dernier , par un orage mêlé de grêle
d'une groffeur extraordinaire , a fait toucher
aux Recteurs de ces deux paroiffes , la fomme de
fix mille livres pour être par eux employées en
achat de grains , & diftribuées fous l'inſpection
de M. le Comte de la Bourdonnaye- du Bois- Hullin
, Procureur- Général , Syndic des Etats de Bre- pe
tagne , tant pour enfemencer les terres , que pour
la nourriture des habitans dont les recoltes ont
été défolées par ce fléau . Cette nouvelle caracterife
notre Monarque plus glorieux encore par
fon humanité que par les victoires.
Co
I
M. Paffemant Ingénieur du Roi au Louvre ,
étoit déja connu pour Auteur de la fameufe
pendule couronnée d'une fphere mouvante , pla
cée en 1753 dans le cabinet du Roi à Verfailles
; fphere dont les révolutions font fi juftes , ue
qu'au jugement de l'Académie où l'on voit l'ertrait
page 183 de l'année 1749 de fes mémoires
, il n'y a pas en trois mil ans un feul degré
de différence avee les tables aftronomiques.
11 vient encore de finir pour le Roi deur
piéces uniques qu'on peut regarder comme chefd'oeuvres
, c'eft premiérement un grand miroir
de 45 pouces
de diametre qu'il a eu l'honneur
de préfenter au Roi le 13 août dernier , avec M.
de Bernieres , dans le pavillon conftruit par ordre
de Sa Majesté à la meute , pour le télescope ,
les ouvrages & les obfervations du pere Noël.
La glace de ce miroir a été courbée , par les
foins de M. de Buffon , dans un fourneau qu'i
avoit fait conftruire au Jardin Royal. M , Palle
mant l'a fait travailler au Louvre fous les yeur ,
M
174
Le
les
NOVEMBRE . 1757 . 199
& elle a été étamée d'une façon nouvelle , inventée
par M. de Bernieres , un des quatre Controlleurs
des ponts & chauflées.
Le Roi parut très - content des grands effets
de ce miroir. Si on y préfente des tableaux
même de fix pieds de grandeur , repréfentans
des vues de Paris , de Venife , des ports de
mer , des bâtimens , on croit voir de véritables
objets de grandeur naturelle : ainfi avec un fimple
deflein , on voit un bâtiment dans toute
la grandeur où il fera , & on juge de fon apparence
future. Un Peintre qui travaille à une
petite miniature , quelque petite qu'elle foit ,
peut la voir de grandeur naturelle , & peut par
conféquent fentir & corriger les moindres dé
fauts.
A
La chimie n'en tirera pas de moindres avantages.
On peut juger des grands effets de ce miroir
fur les métaux par la promptitude avec laquelle
il agit , l'argent a été fondu en trois fecondes.
M. Paffemant eut encore l'honneur de préfenter
au Roi un télescope aftéroftatique de fon invention
, dont il avoit lu un projet à l'Académie en
1746 , & qui avoit mérité fon approbation. Ce
télescope eft garni d'un midiometre : il fuit le
mouvement du ciel . Si on le met fur la lune , il
femble qu'elle foit fans mouvement ; fi on veut
voir enfuite une autre planete , il y a un ajuftement
qui le regle dans le moment pour cet aftre.
Il eft conduit par une mécanique toute nouvelle ,
fans aucun tremblement , ni agitation . Comme
les aftres paroiffent fixes , on peut obferver avec
une grande facilité : on peut placer les fils du midiometre
fur fes objets avec toute l'exactitude
poffible. Il eft propre à prendre la parallaxe de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Mars en fecondes de degrés au lieu de fecondes
de temps ainfi au lieu de deux fecondes , on
aura trente fecondes de degrés ; on obfervera facilement
la route des cometes : il fera d'une
grande utilité pour les paffages de Mercure fut
le difque du foleil, en l'année 1761 ; obſervation
qui n'a été faite qu'une feule fois , & par un
feul Obfervateur en l'année 1639.
Le Pere Noël repéta devant Sa Majefté les erpériences
d'une machine pneumatique nouvelle ,
& de plufieurs autres inftrumens qu'il avoit eu
P'honneur de lui préfenter au mois de mars dernier.
Le Roi parut fatisfait de tous ces ouvrages ,
qu'il examina pendant une heure .
Mefdames de France vinrent enfuite , & paffe
rent près de trois heures pendant lefquelles les
mêmes chofes furent répétées en leur préfence *
à leur fatisfaction .
Le corfaire le Romieu , de Saint - Malo , com
mandé par le Capitaine Morel , a conduit en ce
port le navire Anglois la Pensilvanie de 250 ton
neaux , qui alloit de Philadelphie à Londres, avec
une cargaifon de bois de Campêche , de pellete
zies , de café & d'autres marchandiſes.
Un navire Anglois de 300 tonneaux , chargé de
tabac , a été pris par le corfaire Entreprenant ,
qui l'a fait conduire å Morlaix.
Le Capitaine la Lande , commandant un corfaire
de Bordeaux , appellé le Prevêt de Paris , s'eft
rendu maître du corfaire le Hazard de Grenezey,
ayant 6 canons , 8 pierriers & 37 hommes d'équi
page , & il a repris le navire l'Aimable Jolie de
Bordeaux , & un autre bâtiment du même port ,
dont les Anglois s'étoient emparés.
Les navires Anglois le Prince d'Orange , chargé
de bois de Campeche , & le Saint - Eustache , de
NOVEMBRE . 1757. 201
Saint-Eustache , dont la cargaifon confifte en fucre
& en café , ont été pris par les corfaires la
Marquise de Salba & le d'Etigny de Bayonne , ou
ils font arrivés .
Les corfaires la Favorite & la Providence , de
Saint-Jean -de-Luz , fe font rendus maîtres , Pun
du navire Anglois la Sufanne , de Malblebard ,
chargé de 2200 quintaux de morue , l'autre d'un
Senaw , qui a pour cargaifon 334 barriques de
fardines.
Le Capitaine Papin , commandant le corfaire
la Marquise de Beringhen , de Boulogne , s'eft
emparé à la côte d'Angleterre du navire Anglois
l'Endeavour , de 100 tonneaux , deftiné pour la
Barbade , où il portoit un chargement compofé
de cire blanche , de farine , de boeuf falé & de
fromage.
Le même corfaire a pris un bateau de 25 à 39
tonneaux , chargé de caffonnade , de poudre à
canon , de chanvre & de fuif.
Le corfaire Anglois l'Epervier , armé de 10 canons
, 12 pierriers , & so hommes d'équipage , a
été pris par le Capitaine Berlamont , commandant
le corfaire l'Afie , de Dunkerque , & il a été conduit
au Havre.
On mande de Nantes , qu'il y eft arrivé un
fenaw Anglois appellé le Caton , de Vhul , armé
de 6 canons & de 4 pierriers , & chargé pour la
Jamaïque de munitions de guerre & de bouche ,
d'armes & de marchandifes feches . Ce bâtiment
a été pris par le Capitaine Poitevin , commandant
le navire la France.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 9 octobre, la Dauphine donna naissance à un prince, nommé Comte d'Artois par le roi. L'abbé de Bouillé, comte de Lyon et premier aumônier du roi, procéda à l'ondoyement du prince en présence du curé de la paroisse du Château. Monsieur Rouillé, ministre d'État, apporta le cordon de l'Ordre du Saint-Esprit que le prince reçut. Le comte d'Artois fut ensuite confié à la comtesse de Marsan, gouvernante des enfants de France, et conduit à ses appartements par le maréchal duc de Luxembourg. Le lendemain, le roi, la reine et la famille royale assistèrent à une messe à la chapelle, durant laquelle le Te Deum fut chanté. Des festivités, incluant des feux d'artifice et des distributions de vin et de nourriture, furent organisées à Paris et dans la province d'Artois pour célébrer la naissance du prince. Le roi nomma également plusieurs personnes à des postes vacants et envoya des courriers pour annoncer la nouvelle à divers dignitaires. Les troupes de la Maison du Roi furent rappelées de la défense des côtes en raison du retrait des Anglais. La province d'Artois exprima sa joie et sa reconnaissance par des cérémonies religieuses et des démonstrations publiques. La princesse de Condé accoucha également d'une princesse le 10 octobre. En Amérique du Nord, le marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France, prit des mesures pour défendre le Canada contre les attaques anglaises, en s'appuyant sur les alliances avec les nations amérindiennes et en renforçant les fortifications. En mars, Vaudreuil envoya un détachement dirigé par Rigaud de Vaudreuil pour détruire les bâtiments ennemis autour du Lac Saint-Sacrement et du Fort Georges. Il renforça également les garnisons frontalières et détruisit des forts ennemis sur la Belle Rivière. Vaudreuil planifia ensuite la prise du Fort Georges, récemment construit par les Britanniques. Montcalm fut chargé de diriger un corps de troupes composé de bataillons réguliers, de milices et de Sauvages. Avant l'attaque principale, Rigaud de Vaudreuil mena plusieurs raids réussis contre les Britanniques, détruisant des bateaux et capturant des prisonniers. Le 3 août, l'armée française, dirigée par Montcalm, investit le Fort Georges. Malgré les préparatifs britanniques, les Français commencèrent le siège en ouvrant une tranchée et en construisant des batteries. Une lettre interceptée du Général Webb accéléra les travaux de siège. Les batteries furent prêtes à tirer dès le 7 août, marquant le début des hostilités. Entre le 7 et le 9 novembre 1757, les forces françaises, dirigées par le Marquis de Montcalm, assiégèrent une place forte. La nuit du 7 au 8 novembre, les travailleurs français creusèrent un boyau et établirent une batterie. Vers minuit, les ennemis tentèrent une sortie, mais furent repoussés par M. de Villiers, qui tua soixante hommes et fit deux prisonniers. Le travail nocturne permit de créer un passage à travers un marais, malgré le feu ennemi. Les Sauvages et les Canadiens réduisirent le feu ennemi durant la journée. Le 8 novembre, les Sauvages signalèrent l'approche d'une armée ennemie, mais l'alerte se révéla fausse. La nuit suivante, les Français ouvrirent une seconde parallèle et avancèrent leurs positions. Le matin du 9 novembre, les assiégés hissèrent un pavillon blanc, indiquant leur volonté de capituler. Montcalm consulta les chefs des Sauvages avant de signer la capitulation, qui permit aux troupes ennemies de se retirer avec les honneurs de la guerre et d'être escortées par des troupes françaises pour les protéger des Sauvages. Malgré les précautions, des Sauvages firent des prisonniers parmi les ennemis avant d'être arrêtés par Montcalm. Le siège se solda par la prise de 23 pièces de canon, des munitions et des vivres. Les Français perdirent 13 hommes et en blessèrent 40, tandis que les ennemis perdirent 108 hommes et en blessèrent 250. Le texte souligne la discipline et la bravoure des troupes françaises, des milices et des Sauvages, ainsi que l'efficacité des stratégies de Montcalm et de ses officiers. En novembre 1757, plusieurs actions navales notables furent rapportées. Le corsaire Hazard de Grenezey captura deux navires bordelais repris aux Anglais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10677
p. *202-202
MARIAGE ET MORT.
Début :
Il a été oublié dans l'article des Mariages du mois de Septembre [...]
Mots clefs :
Mariage, Chevalier, Marquis, Mademoiselle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORT.
MARIAGE ET MORT.
La été oublié dans l'article des Mariages da
mo's de Septembre dernier de mettre les qualités
de Mademoiſelle Boucher , qui eft fille de feu M.
Boucher , Ecuyer , Tréforier général des Colonies
Françoifes de l'Amérique , & qui a épouſé le 23
Juin , M. le Vicomte de Rochechouart - Pontville.
Meffire François le Tellier , Marquis de Lou
vois , fils du Marquis de Souvré , Lieutenant- Général
des armées du Roi , Maître de la Garderobbe
, & Chevalier des Ordres de Sa Majesté , eft
mort à l'armée du Maréchal de Richelieu, le 29 du
mois dernier , âgé de dix - huit ans..
La été oublié dans l'article des Mariages da
mo's de Septembre dernier de mettre les qualités
de Mademoiſelle Boucher , qui eft fille de feu M.
Boucher , Ecuyer , Tréforier général des Colonies
Françoifes de l'Amérique , & qui a épouſé le 23
Juin , M. le Vicomte de Rochechouart - Pontville.
Meffire François le Tellier , Marquis de Lou
vois , fils du Marquis de Souvré , Lieutenant- Général
des armées du Roi , Maître de la Garderobbe
, & Chevalier des Ordres de Sa Majesté , eft
mort à l'armée du Maréchal de Richelieu, le 29 du
mois dernier , âgé de dix - huit ans..
Fermer
Résumé : MARIAGE ET MORT.
Le texte mentionne deux événements concernant l'aristocratie française. Il corrige l'oubli des qualités de Mademoiselle Boucher, mariée le 23 juin au Vicomte de Rochechouart-Pontville. Il annonce aussi le décès de François Le Tellier, Marquis de Louvois, à l'âge de dix-huit ans, survenu le 29 du mois précédent à l'armée du Maréchal de Richelieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10678
p. 202-206
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Septieme traitement depuis son établissement.
Début :
I. Le nommé Laplante, Compagnie de la Fériere, avoit les amygdales ulcérées, [...]
Mots clefs :
Malades, Guérison, Symptômes, Amygdales, Gonflement, Santé, Ulcères, Succès, Ennemis, Dragées, Réponse de M. Keyser, Saliver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Septieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal- Duc de Biron.
Septieme traitement depuis fon établiſſement.
I. LE nommé Laplante , Compagnie de la Fériere
, avoit les amygdales ulcérées , une dureté confidérable
, & plufieurs excoriations . Il eft fortile
13 Août parfaitement guéri.
2. Le nommé Vandeuil , Compagnie Dutrévoux
, outre les fymptômes ordinaires , avoit
une inflammation confidérable aux amygdales , &
une ulcération à la partie poftérieure de l'afopha
NOVEMBRE. 1757. 203
ge. Il eft entré le 28 Juillet , & eft fortile 6 Septembre
parfaitement guéri.
3. Le nommé Guiot , Compagnie de Guer , outre
les fymptômes ordinaires , avoit un phimofis ,
& un gonflement aux glandes inguinales des deux
côtés. Il est entré le 9 Août , & eft forti le 13
Septembre parfaitement guéri .
4. Le nommé Belfleur , Compagnie de Guer
outre les fymptômes ordinaires , avoit une gonorrhée
, un phimofis , & un engorgement aux
glandes inguinales . Il eft entré le 4 Août , & eft
forti le 13 Septembre parfaitement guéri. De la
maladie vénérienne , ce foldat en entrant dans
P'Hôpital , avoit la poitrine extrêmement affectée
, & comme il a été jugé que cet accident
pouvoit lui être venu pour caufe du virus , après le
traitement , il lui a été ordonné de prendre le
lait , dont il fe trouve très - bien.
5. Le nommé Laîné , Compagnie d'Eaubonne ,
outre les fymptômes ordinaires , avoit un phimofis
, & étoit couvert de puftules à la tête , au vifage
& dans toute l'habitude du corps : il avoit des foibleffes
dans toutes les extrêmités , & un gonflement
à l'articulation du pied gauche. Il est entré
le 4 Août , & eft forti le 20 Septembre parfaitement
guéri.
6. Le nommé Saint- Germain , Compagnie de
Pondeux , avoit les fymptômes ordinaires en
grande quantité. Il eft entré le 11 Août , & eft forti
le 17 Septembre parfaitement guéri .
7. Le nommé Leveillé , Compagnie de Voifenon
, avoit également beaucoup de fymptômes
ordinaires. Il eft entré le 18 Août , & eft forti le
27 Septembre parfaitement guéri.
8. Le nommé fans Chagrin , Compagnie Dela
toar , étoit dans un très-mauvais état : outre les
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
fymtômes ordinaires , il avoit un engorgement
général dans toutes les glandes inguinales , des
douleurs & un accablement inexprimable. Il eft
entré le 20 Août , & eft forti le 20 Septembre parfaitement
guéri.
9. Le nommé Billy , Compagnie de la Ferriere
, outre les fymptômes ordinaires , avoit un
paraphimofis , & une ulcération conſidérable à
l'endroit de l'étranglement. 11 eft entré le 16
Août , & eft forti le 13 Septembre parfaitement
guéri .
10. Le nommé Marne , Compagnie Datréyoux
, avoit les fymptômes ordinaires. Il eft entré
le 17 Août, & eft forti le 4 Septembre parfaitement
guéri.
11. Le nommé Laverdiere , idem.
12. Le nommé Cleret , fcorbutique , qui n'eft
pas encore forti ; mais qui va de mieux en mieux.
Comme Sa Majefté a bien voulu accorder à
Phôpital de M. le Maréchal de Biron des Lettres
patentes pour l'acquifition des terreins qui font
néceffaires , M. le Maréchal Duc de Biron ,
vient d'augmenter les lits du dit hôpital , au moyen
de quoi , le nombre des Soldats qui y pafferont ,
augmentant chaque jour , & excédant l'efpace
que M. de Boiffy peut & veut bien donner dans le
Mercure de chaque mois , on fe contentera déformais
de nommer feulement les Soldars , leurs
compagnies , & quelques maladies des plus graves
, fans plus entrer dans les détails de celles qui
font ordinaires , comme par le paffé. D'ailleurs
dix traitemens confécutifs , tant au faubourg Saint
Jacques qu'à l'Hôpital , & annoncés avec la plus
grande vérité , paroiffent fuffire pour perfuader
& convaincre .
M. Keyfer n'ignorant aucun des propos que fes
P
21
to
fe
£
2
C
Σ
F
NOVEMBRE . 1757.
ennemis tiennent chaque jour , propos qui aug-
2༠ ༔
mente à fur & mefure que fes fuccès fe multi-
Plient, prie inftamment toutes les perfonnes qui au-
Font quelques doutes ou méfiances fur des faits inventés
& repandus avec malice , de vouloir bien ,
avant d'y ajouter foi , s'en faire informer , foiz
à l'hôpital , foit en lui écrivant directement , ou en
anonyme , parce qu'il les fatisfera à tous égards ,
& leur prouvera d'une façon bien authentique
toute la fauffeté de ces imputations .
Ces propos qui ont varié tant de fois , fe réduifent
aujourd'hui à dire que fon remede excite une
falivation pareille à celle des frictions. Un Soldat
qui eft à la Charité , a , dit- on , dit tout haut ,
avoir pris 30 dragées , & ſalivé 25 jours. Delà ,
MM. les Antidragiftes s'applaudiffant d'avoir fait
cette belle trouvaille , vont criailler partout , &
répandre leur triomphe imaginaire .
A cela , M. Keyfer répond. 1 ° . Que fon reme
de n'excitera jamais de falivation à aucun malade
qui voudra donner le temps néceffaire , & que
cet incident n'arrive qu'en voulant preffer le traitement
, & donner des doſes trop fortes, pour
terminer en un mois une cure qui en exigeroit
deux ; ce qui alors feroit tout fimple , puifque fon
remede n'eft autre chofe , qu'un mercure plus
fubtil , & plus épuré qu'aucun autre connu jufqu'ici.
2°. Que cette falivation telle qu'elle foit , n'ap
proche pas à cent degrés près de celles que les frictions
occafionnent , puifque jamais les malades
ne ceffent de manger , & qu'il défie qu'on lui
prouve le contraire .
Qu'enfin à l'égard du Soldat en question , chacun
fçait que l'incident de cette falivation n'eft prévenu
que par la délicateffe & la fingularité de fon
1
206 MERCURE DE FRANCE.
tempérament ; puifqu'en entrant à l'Hôpital , il
a prévenu lui- même , qu'une fois pour une feule
friction qu'on lui avoit donnée , d'un ou deux gros
au plus de mercure , il avoit falivé pendant un
mois entier , & qu'en dernier lieu , ayant eu be
foin de fe frotter d'onguent gris , pareille chofe
lui étoit arrivé. Ce Soldat exifte ; il eſt , dit- on , à
la Charité , qu'on le queftionne ? D'ailleurs la
vérité de ce raifonnement fe prouve par le peu du
remede qu'il a pris , puifque 30 dragées ne font
- pas la dixieme partie de ce qu'il en faut pour un
traitement.
Au furplus qui oferoit fe flatter de contenter
tout le monde ? & furtout , des Soldats , qui quelquefois
font impatiens de fe voir retenus , & qui
voyant les fymptômes de leur maladies difparus ,
fe croyent guéris , & crient de ce que l'on les retient
encore 8 ou 15 jours après . Heureufement
que la plus grande partie eft raifonnable , & íçait
connoître combien eft grande la différence du trastement
avec les dragées , à celui des frictions.
Septieme traitement depuis fon établiſſement.
I. LE nommé Laplante , Compagnie de la Fériere
, avoit les amygdales ulcérées , une dureté confidérable
, & plufieurs excoriations . Il eft fortile
13 Août parfaitement guéri.
2. Le nommé Vandeuil , Compagnie Dutrévoux
, outre les fymptômes ordinaires , avoit
une inflammation confidérable aux amygdales , &
une ulcération à la partie poftérieure de l'afopha
NOVEMBRE. 1757. 203
ge. Il eft entré le 28 Juillet , & eft fortile 6 Septembre
parfaitement guéri.
3. Le nommé Guiot , Compagnie de Guer , outre
les fymptômes ordinaires , avoit un phimofis ,
& un gonflement aux glandes inguinales des deux
côtés. Il est entré le 9 Août , & eft forti le 13
Septembre parfaitement guéri .
4. Le nommé Belfleur , Compagnie de Guer
outre les fymptômes ordinaires , avoit une gonorrhée
, un phimofis , & un engorgement aux
glandes inguinales . Il eft entré le 4 Août , & eft
forti le 13 Septembre parfaitement guéri. De la
maladie vénérienne , ce foldat en entrant dans
P'Hôpital , avoit la poitrine extrêmement affectée
, & comme il a été jugé que cet accident
pouvoit lui être venu pour caufe du virus , après le
traitement , il lui a été ordonné de prendre le
lait , dont il fe trouve très - bien.
5. Le nommé Laîné , Compagnie d'Eaubonne ,
outre les fymptômes ordinaires , avoit un phimofis
, & étoit couvert de puftules à la tête , au vifage
& dans toute l'habitude du corps : il avoit des foibleffes
dans toutes les extrêmités , & un gonflement
à l'articulation du pied gauche. Il est entré
le 4 Août , & eft forti le 20 Septembre parfaitement
guéri.
6. Le nommé Saint- Germain , Compagnie de
Pondeux , avoit les fymptômes ordinaires en
grande quantité. Il eft entré le 11 Août , & eft forti
le 17 Septembre parfaitement guéri .
7. Le nommé Leveillé , Compagnie de Voifenon
, avoit également beaucoup de fymptômes
ordinaires. Il eft entré le 18 Août , & eft forti le
27 Septembre parfaitement guéri.
8. Le nommé fans Chagrin , Compagnie Dela
toar , étoit dans un très-mauvais état : outre les
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
fymtômes ordinaires , il avoit un engorgement
général dans toutes les glandes inguinales , des
douleurs & un accablement inexprimable. Il eft
entré le 20 Août , & eft forti le 20 Septembre parfaitement
guéri.
9. Le nommé Billy , Compagnie de la Ferriere
, outre les fymptômes ordinaires , avoit un
paraphimofis , & une ulcération conſidérable à
l'endroit de l'étranglement. 11 eft entré le 16
Août , & eft forti le 13 Septembre parfaitement
guéri .
10. Le nommé Marne , Compagnie Datréyoux
, avoit les fymptômes ordinaires. Il eft entré
le 17 Août, & eft forti le 4 Septembre parfaitement
guéri.
11. Le nommé Laverdiere , idem.
12. Le nommé Cleret , fcorbutique , qui n'eft
pas encore forti ; mais qui va de mieux en mieux.
Comme Sa Majefté a bien voulu accorder à
Phôpital de M. le Maréchal de Biron des Lettres
patentes pour l'acquifition des terreins qui font
néceffaires , M. le Maréchal Duc de Biron ,
vient d'augmenter les lits du dit hôpital , au moyen
de quoi , le nombre des Soldats qui y pafferont ,
augmentant chaque jour , & excédant l'efpace
que M. de Boiffy peut & veut bien donner dans le
Mercure de chaque mois , on fe contentera déformais
de nommer feulement les Soldars , leurs
compagnies , & quelques maladies des plus graves
, fans plus entrer dans les détails de celles qui
font ordinaires , comme par le paffé. D'ailleurs
dix traitemens confécutifs , tant au faubourg Saint
Jacques qu'à l'Hôpital , & annoncés avec la plus
grande vérité , paroiffent fuffire pour perfuader
& convaincre .
M. Keyfer n'ignorant aucun des propos que fes
P
21
to
fe
£
2
C
Σ
F
NOVEMBRE . 1757.
ennemis tiennent chaque jour , propos qui aug-
2༠ ༔
mente à fur & mefure que fes fuccès fe multi-
Plient, prie inftamment toutes les perfonnes qui au-
Font quelques doutes ou méfiances fur des faits inventés
& repandus avec malice , de vouloir bien ,
avant d'y ajouter foi , s'en faire informer , foiz
à l'hôpital , foit en lui écrivant directement , ou en
anonyme , parce qu'il les fatisfera à tous égards ,
& leur prouvera d'une façon bien authentique
toute la fauffeté de ces imputations .
Ces propos qui ont varié tant de fois , fe réduifent
aujourd'hui à dire que fon remede excite une
falivation pareille à celle des frictions. Un Soldat
qui eft à la Charité , a , dit- on , dit tout haut ,
avoir pris 30 dragées , & ſalivé 25 jours. Delà ,
MM. les Antidragiftes s'applaudiffant d'avoir fait
cette belle trouvaille , vont criailler partout , &
répandre leur triomphe imaginaire .
A cela , M. Keyfer répond. 1 ° . Que fon reme
de n'excitera jamais de falivation à aucun malade
qui voudra donner le temps néceffaire , & que
cet incident n'arrive qu'en voulant preffer le traitement
, & donner des doſes trop fortes, pour
terminer en un mois une cure qui en exigeroit
deux ; ce qui alors feroit tout fimple , puifque fon
remede n'eft autre chofe , qu'un mercure plus
fubtil , & plus épuré qu'aucun autre connu jufqu'ici.
2°. Que cette falivation telle qu'elle foit , n'ap
proche pas à cent degrés près de celles que les frictions
occafionnent , puifque jamais les malades
ne ceffent de manger , & qu'il défie qu'on lui
prouve le contraire .
Qu'enfin à l'égard du Soldat en question , chacun
fçait que l'incident de cette falivation n'eft prévenu
que par la délicateffe & la fingularité de fon
1
206 MERCURE DE FRANCE.
tempérament ; puifqu'en entrant à l'Hôpital , il
a prévenu lui- même , qu'une fois pour une feule
friction qu'on lui avoit donnée , d'un ou deux gros
au plus de mercure , il avoit falivé pendant un
mois entier , & qu'en dernier lieu , ayant eu be
foin de fe frotter d'onguent gris , pareille chofe
lui étoit arrivé. Ce Soldat exifte ; il eſt , dit- on , à
la Charité , qu'on le queftionne ? D'ailleurs la
vérité de ce raifonnement fe prouve par le peu du
remede qu'il a pris , puifque 30 dragées ne font
- pas la dixieme partie de ce qu'il en faut pour un
traitement.
Au furplus qui oferoit fe flatter de contenter
tout le monde ? & furtout , des Soldats , qui quelquefois
font impatiens de fe voir retenus , & qui
voyant les fymptômes de leur maladies difparus ,
fe croyent guéris , & crient de ce que l'on les retient
encore 8 ou 15 jours après . Heureufement
que la plus grande partie eft raifonnable , & íçait
connoître combien eft grande la différence du trastement
avec les dragées , à celui des frictions.
Fermer
Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Septieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le septième traitement effectué à l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron en 1757, détaillant les cas de onze soldats présentant des symptômes variés en plus des symptômes ordinaires. Laplante, de la Compagnie de la Fériere, avait les amygdales ulcérées et des excoriations, et fut guéri le 13 août. Vandeuil, de la Compagnie Dutrévoux, souffrait d'une inflammation et d'une ulcération aux amygdales, et fut guéri le 6 septembre. Guiot, de la Compagnie de Guer, avait un phimosis et un gonflement aux glandes inguinales, et fut guéri le 13 septembre. Belfleur, également de la Compagnie de Guer, présentait une gonorrhée, un phimosis et un engorgement aux glandes inguinales, et fut guéri le 13 septembre. Laîné, de la Compagnie d'Eaubonne, était couvert de pustules et avait des faiblesses dans les extrémités, et fut guéri le 20 septembre. Saint-Germain, de la Compagnie de Pondeux, avait une grande quantité de symptômes ordinaires et fut guéri le 17 septembre. Leveillé, de la Compagnie de Voisenon, avait également beaucoup de symptômes ordinaires et fut guéri le 27 septembre. Sans Chagrin, de la Compagnie Dela Toar, était dans un état très mauvais avec un engorgement général des glandes inguinales, et fut guéri le 20 septembre. Billy, de la Compagnie de la Ferriere, avait un paraphimosis et une ulcération, et fut guéri le 13 septembre. Marne, de la Compagnie Datréyoux, fut guéri le 4 septembre. Laverdiere, de la même compagnie, et Cleret, scorbutique, n'était pas encore sorti mais allait mieux. Le document mentionne également que le nombre de lits à l'hôpital a été augmenté grâce à des lettres patentes accordées par Sa Majesté. M. Keyfer répond aux propos malveillants sur son remède, affirmant que la salivation observée chez certains patients est due à une administration incorrecte du traitement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10679
p. 211-212
AVIS.
Début :
Je, soussigné, Docteur en Médecine, ancien Médecin, Pensionnaire de la Venerie [...]
Mots clefs :
Remède, Dysenterie, Malades, Docteur en médecine, Fièvre, Symptômes, Guérison, Douleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
JE, fouffigné , Docteur en Médecine , ancien
Médecin , Penfionnaire de la Venerie du Roi ,
& Médecin de l'infirmerie royale de Verſailles ,
certifie qu'il m'a été remis par Monfieur le Premier
Médecin du Roi , un remede antidyfentérique
, attribué à M. Nivard , & que je m'en fuis
fervi en quelques occafions avec fuccès ; mais
principalement dans deux cas graves : le premier
à l'égard d'un homme âgé de 24 à 25 ans , qui
me vint à l'infirmerie attaqué d'une violente
dyfenterie , avec fievre aigue , & tous les fymptômes
& accidens qui caractérisent cette maladie.
Je l'ai donné en fecond lieu à une Dame Religieufe
Bénédictine de l'Abbaye royale de S. Cyr , que
je trouvai à toute extrêmité lorfque je la vis ; elle
étoit malade depuis 7 à 8 jours , je la trouvai
ayant les extrêmités froides , des vomiffemens &
un hoquet fatiguant elle fe préfentoit dix fois.
par heure au baffin avec des douleurs inexprimables
& des défaillances continuelles , & toujours
prefque inutilement. Il ne fortoit que quelques
mucofités glaireufes & fanglantes : fa maladie
étoit en outre accompagnée de perte . Elle
212 MERCURE DE FRANCE.
yomifloit tout , & d'ailleurs elle n'étoit pas ch
état de prendre un vomitif. Je lui donnai le remede
de M. Nivard, à de très -petites doles répétées
de temps en temps , & j'eus la fatisfaction de voir
peu à peu les accidens ceffer , & l'efpérance renaître
car j'avoue que je la crus perdue. Ce remede
me paroît agir , comme fondant , anodin &
diaphorétique. En foi de quoi j'ai délivré le préfent
certificat , pour fervir on befoin fera , &
pour engager le poffeffeur de ce remede à nous en
procurer , afin d'en tirer parti & le mieux connoître.
A Verfailles , ce 10 Février 1757. Le
Gagneur.
Le fieur Nivard , demeure rue Saint Louis au
Marais , au coin de la rue Saint François. On le
trouve tous les matins jufqu'à midi . S'il y a
quelqu'un en province qui veuille du remede , ila
n'auront qu'à affranchir leur lettre , on leur ea
enverra.
JE, fouffigné , Docteur en Médecine , ancien
Médecin , Penfionnaire de la Venerie du Roi ,
& Médecin de l'infirmerie royale de Verſailles ,
certifie qu'il m'a été remis par Monfieur le Premier
Médecin du Roi , un remede antidyfentérique
, attribué à M. Nivard , & que je m'en fuis
fervi en quelques occafions avec fuccès ; mais
principalement dans deux cas graves : le premier
à l'égard d'un homme âgé de 24 à 25 ans , qui
me vint à l'infirmerie attaqué d'une violente
dyfenterie , avec fievre aigue , & tous les fymptômes
& accidens qui caractérisent cette maladie.
Je l'ai donné en fecond lieu à une Dame Religieufe
Bénédictine de l'Abbaye royale de S. Cyr , que
je trouvai à toute extrêmité lorfque je la vis ; elle
étoit malade depuis 7 à 8 jours , je la trouvai
ayant les extrêmités froides , des vomiffemens &
un hoquet fatiguant elle fe préfentoit dix fois.
par heure au baffin avec des douleurs inexprimables
& des défaillances continuelles , & toujours
prefque inutilement. Il ne fortoit que quelques
mucofités glaireufes & fanglantes : fa maladie
étoit en outre accompagnée de perte . Elle
212 MERCURE DE FRANCE.
yomifloit tout , & d'ailleurs elle n'étoit pas ch
état de prendre un vomitif. Je lui donnai le remede
de M. Nivard, à de très -petites doles répétées
de temps en temps , & j'eus la fatisfaction de voir
peu à peu les accidens ceffer , & l'efpérance renaître
car j'avoue que je la crus perdue. Ce remede
me paroît agir , comme fondant , anodin &
diaphorétique. En foi de quoi j'ai délivré le préfent
certificat , pour fervir on befoin fera , &
pour engager le poffeffeur de ce remede à nous en
procurer , afin d'en tirer parti & le mieux connoître.
A Verfailles , ce 10 Février 1757. Le
Gagneur.
Le fieur Nivard , demeure rue Saint Louis au
Marais , au coin de la rue Saint François. On le
trouve tous les matins jufqu'à midi . S'il y a
quelqu'un en province qui veuille du remede , ila
n'auront qu'à affranchir leur lettre , on leur ea
enverra.
Fermer
Résumé : AVIS.
Le document est un certificat médical rédigé par un médecin, ancien pensionnaire de la vénerie du Roi et médecin de l'infirmerie royale de Versailles. Il atteste avoir reçu un remède antidysentérique de M. Nivard, qu'il a utilisé avec succès dans deux cas graves. Le premier cas concerne un homme de 24 à 25 ans souffrant de dysenterie aiguë avec fièvre et symptômes associés. Le second cas implique une religieuse bénédictine de l'Abbaye royale de Saint-Cyr, gravement malade depuis 7 à 8 jours, présentant des vomissements, un hoquet, des douleurs et des défaillances. Le remède a été administré en petites doses répétées, conduisant à une amélioration notable de l'état de la patiente. Le médecin décrit le remède comme fondant, anodin et diaphorétique. Le certificat vise à encourager la production et la distribution du remède pour une meilleure connaissance de ses effets. M. Nivard réside rue Saint-Louis au Marais et est disponible tous les matins jusqu'à midi. Pour les demandes en province, il suffit d'affranchir la lettre pour recevoir le remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10680
p. 213
AUTRE.
Début :
Le sieur Sybille, Maître-ès-Arts en la Faculté de Paris, donne avis [...]
Mots clefs :
Sieur Sybille, Montagne, Minéralogie, Cabinet, Vente, Collection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Le feur Sybille , Maître- ès-Arts en la Faculté
de Paris , donne avis au Public qu'il s'eft retiré à
Chaumont en Vexin depuis quelques années ; que
pendant le féjour qu'il y a fait , il a trouvé à
Pespace de plus de dix lieues de circonférence
dans les montagnes voisines , une nombreuſe
collection dans la minéralogie ( objet d'histoire
naturelle ) , & que les recherches continuelles , &
Paffortiment auffi précieux que curieux dont fon
cabinet eft compofé , ont fait l'attention & mérité
les voyages de plufieurs Sçavans Naturaliftes
tant du royaume qu'étrangers ; qu'en conféquence
de cet affortiment double & triple en répéti
tion , il l'annonce en vente ou en entier , ou par
diftribution , étant à portée de le remonter fuc
ceffivement. Les Amateurs qui voudront faire les
frais du voyage & l'honorer d'une viſite , ſeront
fatisfaits & dédommagés par l'emplette des ma¬
tieres qu'il diftribue à bon compte.
Nota. Ceux qui ne voudront point faire le voya
ge fans auparavant être inftruits par un détail exact
de ce qui compofe a collection , s'adrefferont à
Paris à M. Bomare- de Valmont , Apothicaire-
Droguifte , rue de la Verrerie , à la Role blanche.
Cette perfonne verfée dans cette partie d'hiftoire
naturelle , & dont l'étude continuelle ( rela
tive à fa profeffion ) fait fon capital des autres
fciences , donnera une idée jufte par divifion &
fubdivifion de cette collection . Il aura même par
correfpondance chez lui un affortiment à l'ordre
& compte du fieur Sybille.
Le feur Sybille , Maître- ès-Arts en la Faculté
de Paris , donne avis au Public qu'il s'eft retiré à
Chaumont en Vexin depuis quelques années ; que
pendant le féjour qu'il y a fait , il a trouvé à
Pespace de plus de dix lieues de circonférence
dans les montagnes voisines , une nombreuſe
collection dans la minéralogie ( objet d'histoire
naturelle ) , & que les recherches continuelles , &
Paffortiment auffi précieux que curieux dont fon
cabinet eft compofé , ont fait l'attention & mérité
les voyages de plufieurs Sçavans Naturaliftes
tant du royaume qu'étrangers ; qu'en conféquence
de cet affortiment double & triple en répéti
tion , il l'annonce en vente ou en entier , ou par
diftribution , étant à portée de le remonter fuc
ceffivement. Les Amateurs qui voudront faire les
frais du voyage & l'honorer d'une viſite , ſeront
fatisfaits & dédommagés par l'emplette des ma¬
tieres qu'il diftribue à bon compte.
Nota. Ceux qui ne voudront point faire le voya
ge fans auparavant être inftruits par un détail exact
de ce qui compofe a collection , s'adrefferont à
Paris à M. Bomare- de Valmont , Apothicaire-
Droguifte , rue de la Verrerie , à la Role blanche.
Cette perfonne verfée dans cette partie d'hiftoire
naturelle , & dont l'étude continuelle ( rela
tive à fa profeffion ) fait fon capital des autres
fciences , donnera une idée jufte par divifion &
fubdivifion de cette collection . Il aura même par
correfpondance chez lui un affortiment à l'ordre
& compte du fieur Sybille.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le Maître-ès-Arts Sybille, de la Faculté de Paris, s'est retiré à Chaumont en Vexin. Lors de son séjour, il a découvert une vaste collection de minéraux dans les montagnes environnantes, couvrant une zone de plus de dix lieues. Cette collection, composée de spécimens précieux et curieux, a attiré de nombreux savants naturalistes, tant français qu'étrangers. Sybille propose de vendre cette collection, soit en entier, soit par distribution. Les amateurs intéressés peuvent se rendre à Chaumont pour acheter les matériaux à bon prix. Pour ceux qui souhaitent plus d'informations avant de voyager, ils peuvent contacter M. Bomare de Valmont, apothicaire-drogiste à Paris, rue de la Verrerie, à la Role blanche. M. Bomare, bien versé en histoire naturelle, peut fournir un détail exact de la collection et même organiser l'achat par correspondance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10681
p. 214
Errata du premier volume d'Octobre.
Début :
Page 97, ligne 13 & 14, les Turnebres, &c. les Sannarards, lisez, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata du premier volume d'Octobre.
Errata du premier volume d'Octobre.
PAGE 97 , ligne 13 & 14 , les Turnebres , &c.
les Sannarards , lifez , les Turnebes , &c. les .
Sannazars.
Page 102 , lig. 24 , à la bonheure , lifez , à la bonne
heure.
Page 109 , lig. 19 , toutes perfonnes ...feront reçus
, lifez , reçues.
Page 117 , lig. 910 , parce qu'elle a emprunté
nos termes , ceux des Eſpagnols , lifez , de ceux
des Efpagnols.
Page 157 , lig. 9 , Acamie , lifez , Académie .
Page 203 , lig. 9 & 10 , d'un village nommé Sau
dra , lifez , Saudru.
PAGE 97 , ligne 13 & 14 , les Turnebres , &c.
les Sannarards , lifez , les Turnebes , &c. les .
Sannazars.
Page 102 , lig. 24 , à la bonheure , lifez , à la bonne
heure.
Page 109 , lig. 19 , toutes perfonnes ...feront reçus
, lifez , reçues.
Page 117 , lig. 910 , parce qu'elle a emprunté
nos termes , ceux des Eſpagnols , lifez , de ceux
des Efpagnols.
Page 157 , lig. 9 , Acamie , lifez , Académie .
Page 203 , lig. 9 & 10 , d'un village nommé Sau
dra , lifez , Saudru.
Fermer
10682
p. 214
Errata du second Volume.
Début :
Page 58, lig. 2, & 61, lig. 28, Athlante, lisez, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata du second Volume.
Errata du fecond Volume.
Page 58 , lig. 2 , 61 , lig. 28 , Athlante , lifez ;
Athalante.
Page 146 , lig. 16 , l'Auteur eft M. Ionard , lifez,
M. Inard.
Page 58 , lig. 2 , 61 , lig. 28 , Athlante , lifez ;
Athalante.
Page 146 , lig. 16 , l'Auteur eft M. Ionard , lifez,
M. Inard.
Fermer
10683
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Réponse à M. de C. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
RÉPONSE à M. de C.…….qui m'a adreſſé une
Epître , page s
Le Projet manqué , Conte bien vraiſemblable , 7
Vers fur la naiffance de Monſeigneur le Comté
d'Artois ,
Madrigal ,
Mêlange de Littérature ,
19
20
21
Vers de M. Relongue- de la Louptiere , à une Demoifelle
qui difoit qu'elle n'aimoit pas les petits
hommes , 24
Réponse de M. d'Harnoncour aux Vers de M. la
Louptiere , inférés dans le Mercure de Mars , 25
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Le Tourtereau & le Papillon , Fable ,
Elégie en profe ,
ibid.
26
27
Le Bouquet champêtre au Roi , par Mlle Thomaffin
,
Vers à Madame Bellet jouant de la Mufette ,
L'Anon & le petit- Maître , Fable ,
33
34
35
36
39
40
Apologie de l'Amour , par une jeune Demoiſelle
de Grandville ,
Vers fur la Mort de M. le Duc de Gefvres ,
Conte allegorico - moral ,
Maximes , caracteres , & réflexions critiques , fatyriques
& morales ,
Portraits ,
44
52
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Novembre ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
53
345
116
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES,
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux,
57
Suite du Moyen d'apprendre fûrement & facilement
les Langues ,
86
Séance publique de l'Académie des Belles - Lettres
de Marſeilles ,
102
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Lettre de M. l'Abbé Jacquin , à M. le
Comte de B... fur les pétrifications d'Albert &
la carriere de Veaux ,
Médecine.
Chirurgie. Lettre à M. Bagieu , &c.
107
120
122
Séance publique de l'Académie des Sciences , des
Belles - Lettres & Arts d'Amiens ,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
148
Peinture. Lettre de M. Touffaint à M. Carle-
Vanloo , 153
Gravure. 156
Mufique.
164
Horlogerie. 166
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
169
Comédie Françoiſe , 170
Comédie Italienne , 171
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
173
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 177
Mariage & Mort , 202
ibid. Supplément à l'Article Chirurgie ,
Avis divers ,
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
RÉPONSE à M. de C.…….qui m'a adreſſé une
Epître , page s
Le Projet manqué , Conte bien vraiſemblable , 7
Vers fur la naiffance de Monſeigneur le Comté
d'Artois ,
Madrigal ,
Mêlange de Littérature ,
19
20
21
Vers de M. Relongue- de la Louptiere , à une Demoifelle
qui difoit qu'elle n'aimoit pas les petits
hommes , 24
Réponse de M. d'Harnoncour aux Vers de M. la
Louptiere , inférés dans le Mercure de Mars , 25
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Le Tourtereau & le Papillon , Fable ,
Elégie en profe ,
ibid.
26
27
Le Bouquet champêtre au Roi , par Mlle Thomaffin
,
Vers à Madame Bellet jouant de la Mufette ,
L'Anon & le petit- Maître , Fable ,
33
34
35
36
39
40
Apologie de l'Amour , par une jeune Demoiſelle
de Grandville ,
Vers fur la Mort de M. le Duc de Gefvres ,
Conte allegorico - moral ,
Maximes , caracteres , & réflexions critiques , fatyriques
& morales ,
Portraits ,
44
52
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Novembre ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
53
345
116
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES,
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux,
57
Suite du Moyen d'apprendre fûrement & facilement
les Langues ,
86
Séance publique de l'Académie des Belles - Lettres
de Marſeilles ,
102
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Lettre de M. l'Abbé Jacquin , à M. le
Comte de B... fur les pétrifications d'Albert &
la carriere de Veaux ,
Médecine.
Chirurgie. Lettre à M. Bagieu , &c.
107
120
122
Séance publique de l'Académie des Sciences , des
Belles - Lettres & Arts d'Amiens ,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
148
Peinture. Lettre de M. Touffaint à M. Carle-
Vanloo , 153
Gravure. 156
Mufique.
164
Horlogerie. 166
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
169
Comédie Françoiſe , 170
Comédie Italienne , 171
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
173
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 177
Mariage & Mort , 202
ibid. Supplément à l'Article Chirurgie ,
Avis divers ,
211
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections. La première section énumère diverses pièces fugitives en vers et en prose, telles que des réponses à des épîtres, des contes, des madrigaux, des fables, des élégies et des poèmes dédiés à des personnalités comme Monseigneur le Comte d'Artois et Madame Bellet. Parmi les œuvres notables figurent 'Le Projet manqué', 'Le Bouquet champêtre au Roi' et une 'Apologie de l'Amour'. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, incluant des extraits, des précisions sur des livres nouveaux, ainsi qu'une suite sur l'apprentissage des langues et une séance publique de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, avec des lettres sur les pétifications et la chirurgie, ainsi qu'une séance publique de l'Académie des Sciences d'Amiens. La quatrième section se concentre sur les beaux-arts, couvrant la peinture, la gravure, la musique et l'horlogerie. La cinquième section décrit les spectacles, incluant l'opéra, la comédie française et la comédie italienne. Enfin, la sixième section couvre les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que des avis divers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10684
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 56. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 56. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 56. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 56.
Fermer
10685
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant. Jombert.
Fermer
10686
p. 65-67
ENIGME A Madame de B***.
Début :
On vante mes attraits, & j'en vaux bien la peine ; [...]
Mots clefs :
Bouteille
10687
p. 189-192
ALLEMAGNE.
Début :
Tous les avis qu'on reçoit de la Poméranie Citérieure & en [...]
Mots clefs :
Hambourg, Feld-maréchal, Troupes suédoises, Berlin, Général Haddick, Avancée militaire, Garnison, Naumbourg, Maréchal, Leipzig, Roi de Prusse, Ennemis, Otages, Rançon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE HAMBOURG , le 13 Octobre,
Tous les avis qu'on reçoit de la Pomeranie Citérieure
& en particulier de Stralfund , marquent
que le Feld. Maréchal Urgern de Sternberg eft arrivé
le 8 à Anclam , que les troupes Suédoifes fe
font emparées d'un magafin confidérable dans la
Marche-Uckeraine , petite province limitrophe ,
qu'elles y levent des contributions , & qu'elles fe
raffemblent du côté de Stettin pour en faire le
fége.
L'interruption des lettres de Breflau qui mang
quent ici depuis quelques jours , fait croire que
cette Ville eft bloquée , ou du moins ferrée de
très-près par les Troupes Impériales.
DE BERLIN , le 19 Octobre.
Dès qu'on eut appris que le Général Haddick
Savançoit vers la Sprée avec fon corps de Huffards
, de Croates & de Pandoures , l'allarme fe,
répandit auffitôt partout , & la plupart des habi
tans établis dans les Fauxbourgs , s'enfuirent avec
ce qu'ils purent emporter. Le 16 dans l'après- cinée
, une troupe de Huffards ennemis parut dans
les Fauxbourgs de Strablau & de Copenick. Avants
190 MERCURE DE FRANCE.
hier 17 vers le midi , le Général Haddick lui-même
, à la tête d'un corps d'environ fix mille hommes
de troupes légeres , entra dans la Ville par
la rive gauche de la Sprée . La garnifon prit d'abord
les armes ; mais l'ennemi ayant culbuté
deux bataillons , le refte prit la fuite , & fe renferma
dans la Fortereffe de Spandau , où la Reine
s'étoit retirée pendant le combat . Le Général
Haddick demanda cinq cens mille écus de
contribution : après en avoir reçu une partie , il
fe retira avec fon détachement , & emmena quatre
cens prifonniers .
DE NAUMBOURG , le 26 Octobre.
L'armée combinée , dont le quartier général eft
ici , ſe diſpoſe à pouffer vigoureufement les Pruffiens.
Le 24 , le Prince de Saxe- Hildburghasfen
envoya un Trompette au Major Général Haulfen
, Commandant pour le Roi de Pruffe à Leipfick
, avec une lettre par laquelle il le fommoit
d'évacuer cette Ville. On garda le Trompette cinq
ou fix heures , & la réponſe qu'il rapporta , fut
un refus formel de quitter Léipfick. Deux heures
après , on fit partir un autre Trompette pour rétérer
la fommation . Celui- ci fut renvoyé fur le
champ , avec la confirmation du premier refus.
Le lendemain , le Prince de Sare - Hildburghaufen
envoya fommer pour la troifieme fois le Commandant
Pruffien de lui remettre la Place , aur
offres de laiffer retirer librement fes troupes , &
cette troisieme fommation fut rejettée comme les
deux autres. On apprit de plus que ce même jour
25 au matin , le Maréchal Keith , chargé de la
défenſe de cette Ville , avoit mandé les principaux
Magiftrats , & leur avoit tenu ce difcours : « Je
DECEMBRE . 1757. 191
vous ai fait venir , Meffieurs , pour vous ap
» prendre que M. le Prince de Saxe-Hildburg-
» hauſen , m'a envoyé une fommation de lui re-
>> mettre la Ville , à quoi je ne fuis nullement dif
pofé. Il ménage en cas de refus d'en venir à des
» extrêmités : il me donnera donc l'exemple pour
» en agir de même , & ce fera à lui qu'il faudra
imputer les malheurs auxquels votre Ville fera
» expofée. Si vous voulez les prévenir , je vous
» confeille d'aller le trouver , & de l'engager à
» ménager la Ville par rapport à vous & à vos
» Bourgeois , parce qu'au premier avis que je re
» cevrai que les troupes de l'Empire & de France
» s'avancent ici pour m'attaquer , je commence-
» rai par brûler les Fauxbours , & fi cela ne fuffic
>> pas pour obliger l'ennemi à fe défifter de fon en-
» trepriſe , j'irai plus loin , & la Ville même
ne fera pas égargnée. Je ne m'y porterai qu'a
vec le plus grand regret ; mais ce fera la feule
> extrêmité qui m'aura forcé de prendre ce partia
DE LEIPSICK , le 27 Octobre.
Le Roi de Pruffe , en quittant cette Ville , y a
laiffé le Maréchal Keith avec environ cinq à fix
mille hommes. On a eu avis que ce Prince étoit
le 23 à Krachwitz , terre du Comte de Brulh
fituée fur l'Elfter . Cette terre , ainfi que tous les
lieux où a paffé larmée ennemie , a , dit- on , été
pillée , ravagée , détruite , & ces excès font attribués
principalement aux troupes du Prince
d'Anhalt- Deffau . Plufieurs lettres de la Luface
marquent , que les Pruffiens ont forcé les payfans
du plat pays de leur apporter leurs charrues , leurs
Réaux & les autres inftrumens d'Agriculture , &
qu'ils les ont tous brûlés.
192 MERCURE DE FRANCE.
Suivant la convention du 15 de ce mois , arrêtée
par le Roi de Pruffe en perfonne , les ôtages retenus
à Magdebourg , devoient être renvoyés auffitôt
que les Négocians de cette Ville auroient four.
ni des lettres de change pour la fomme de foixante-
quinze mille écus . On ne veut plus aujour
d'hui rendre ces ôrages , que toute la fomme ne
foit réellement acquittée , & l'éxécution militaire,
qui devoit ceffer , continue arbitrairement dans
les plus riches maifons . Les Négocians ont pris le
parti d'envoyer à Berlin traiter avec le Banquier
de la Cour pour acheter leur tranquillité à quelque
prix que ce foit.
Le 19 , les Pruffiens ont pris tout l'argent qui
a pu fe trouver dans les caiffes.
On a conduit ici les Magiftrats de Naumbourg,
que le Roi de Pruffe a fait enlever , pour s'affurer
le paiement des cent cinquante mille écus qu'il s
Exigés de cette Ville,
DE HAMBOURG , le 13 Octobre,
Tous les avis qu'on reçoit de la Pomeranie Citérieure
& en particulier de Stralfund , marquent
que le Feld. Maréchal Urgern de Sternberg eft arrivé
le 8 à Anclam , que les troupes Suédoifes fe
font emparées d'un magafin confidérable dans la
Marche-Uckeraine , petite province limitrophe ,
qu'elles y levent des contributions , & qu'elles fe
raffemblent du côté de Stettin pour en faire le
fége.
L'interruption des lettres de Breflau qui mang
quent ici depuis quelques jours , fait croire que
cette Ville eft bloquée , ou du moins ferrée de
très-près par les Troupes Impériales.
DE BERLIN , le 19 Octobre.
Dès qu'on eut appris que le Général Haddick
Savançoit vers la Sprée avec fon corps de Huffards
, de Croates & de Pandoures , l'allarme fe,
répandit auffitôt partout , & la plupart des habi
tans établis dans les Fauxbourgs , s'enfuirent avec
ce qu'ils purent emporter. Le 16 dans l'après- cinée
, une troupe de Huffards ennemis parut dans
les Fauxbourgs de Strablau & de Copenick. Avants
190 MERCURE DE FRANCE.
hier 17 vers le midi , le Général Haddick lui-même
, à la tête d'un corps d'environ fix mille hommes
de troupes légeres , entra dans la Ville par
la rive gauche de la Sprée . La garnifon prit d'abord
les armes ; mais l'ennemi ayant culbuté
deux bataillons , le refte prit la fuite , & fe renferma
dans la Fortereffe de Spandau , où la Reine
s'étoit retirée pendant le combat . Le Général
Haddick demanda cinq cens mille écus de
contribution : après en avoir reçu une partie , il
fe retira avec fon détachement , & emmena quatre
cens prifonniers .
DE NAUMBOURG , le 26 Octobre.
L'armée combinée , dont le quartier général eft
ici , ſe diſpoſe à pouffer vigoureufement les Pruffiens.
Le 24 , le Prince de Saxe- Hildburghasfen
envoya un Trompette au Major Général Haulfen
, Commandant pour le Roi de Pruffe à Leipfick
, avec une lettre par laquelle il le fommoit
d'évacuer cette Ville. On garda le Trompette cinq
ou fix heures , & la réponſe qu'il rapporta , fut
un refus formel de quitter Léipfick. Deux heures
après , on fit partir un autre Trompette pour rétérer
la fommation . Celui- ci fut renvoyé fur le
champ , avec la confirmation du premier refus.
Le lendemain , le Prince de Sare - Hildburghaufen
envoya fommer pour la troifieme fois le Commandant
Pruffien de lui remettre la Place , aur
offres de laiffer retirer librement fes troupes , &
cette troisieme fommation fut rejettée comme les
deux autres. On apprit de plus que ce même jour
25 au matin , le Maréchal Keith , chargé de la
défenſe de cette Ville , avoit mandé les principaux
Magiftrats , & leur avoit tenu ce difcours : « Je
DECEMBRE . 1757. 191
vous ai fait venir , Meffieurs , pour vous ap
» prendre que M. le Prince de Saxe-Hildburg-
» hauſen , m'a envoyé une fommation de lui re-
>> mettre la Ville , à quoi je ne fuis nullement dif
pofé. Il ménage en cas de refus d'en venir à des
» extrêmités : il me donnera donc l'exemple pour
» en agir de même , & ce fera à lui qu'il faudra
imputer les malheurs auxquels votre Ville fera
» expofée. Si vous voulez les prévenir , je vous
» confeille d'aller le trouver , & de l'engager à
» ménager la Ville par rapport à vous & à vos
» Bourgeois , parce qu'au premier avis que je re
» cevrai que les troupes de l'Empire & de France
» s'avancent ici pour m'attaquer , je commence-
» rai par brûler les Fauxbours , & fi cela ne fuffic
>> pas pour obliger l'ennemi à fe défifter de fon en-
» trepriſe , j'irai plus loin , & la Ville même
ne fera pas égargnée. Je ne m'y porterai qu'a
vec le plus grand regret ; mais ce fera la feule
> extrêmité qui m'aura forcé de prendre ce partia
DE LEIPSICK , le 27 Octobre.
Le Roi de Pruffe , en quittant cette Ville , y a
laiffé le Maréchal Keith avec environ cinq à fix
mille hommes. On a eu avis que ce Prince étoit
le 23 à Krachwitz , terre du Comte de Brulh
fituée fur l'Elfter . Cette terre , ainfi que tous les
lieux où a paffé larmée ennemie , a , dit- on , été
pillée , ravagée , détruite , & ces excès font attribués
principalement aux troupes du Prince
d'Anhalt- Deffau . Plufieurs lettres de la Luface
marquent , que les Pruffiens ont forcé les payfans
du plat pays de leur apporter leurs charrues , leurs
Réaux & les autres inftrumens d'Agriculture , &
qu'ils les ont tous brûlés.
192 MERCURE DE FRANCE.
Suivant la convention du 15 de ce mois , arrêtée
par le Roi de Pruffe en perfonne , les ôtages retenus
à Magdebourg , devoient être renvoyés auffitôt
que les Négocians de cette Ville auroient four.
ni des lettres de change pour la fomme de foixante-
quinze mille écus . On ne veut plus aujour
d'hui rendre ces ôrages , que toute la fomme ne
foit réellement acquittée , & l'éxécution militaire,
qui devoit ceffer , continue arbitrairement dans
les plus riches maifons . Les Négocians ont pris le
parti d'envoyer à Berlin traiter avec le Banquier
de la Cour pour acheter leur tranquillité à quelque
prix que ce foit.
Le 19 , les Pruffiens ont pris tout l'argent qui
a pu fe trouver dans les caiffes.
On a conduit ici les Magiftrats de Naumbourg,
que le Roi de Pruffe a fait enlever , pour s'affurer
le paiement des cent cinquante mille écus qu'il s
Exigés de cette Ville,
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En octobre 1757, plusieurs événements militaires et politiques marquent l'Allemagne. À Hambourg, le 13 octobre, des rapports signalent l'arrivée du feld-maréchal Urgern de Sternberg à Anclam et la prise de contrôle de la Marche-Uckeraine par les troupes suédoises, qui se rassemblent près de Stettin. À Berlin, le 19 octobre, la ville est alarmée par l'approche du général Haddick. Après avoir vaincu la garnison, Haddick prend la ville et exige une contribution de 500 000 écus avant de se retirer avec des prisonniers. À Naumbourg, le 26 octobre, l'armée combinée se prépare à attaquer les Prussiens. Le prince de Saxe-Hildburghausen somme le commandant prussien à Leipzig d'évacuer la ville, mais ses demandes sont refusées. Le maréchal Keith, chargé de la défense de Leipzig, menace de brûler la ville en cas d'attaque. Le 27 octobre, le roi de Prusse laisse le maréchal Keith à Leipzig avec environ 5 000 hommes. Les troupes prussiennes pillent et ravagent les régions traversées, notamment celles du prince d'Anhalt-Dessau. Malgré le paiement partiel des rançons exigées, les otages retenus à Magdebourg ne sont pas libérés. Les Prussiens continuent de prélever des contributions et de piller les richesses des villes et des campagnes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10688
p. 192-195
« Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...] »
Début :
Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...]
Mots clefs :
Espagne, Lisbonne, Tremblement de terre, Secousses violentes, Dégâts, Mer, Victimes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...] »
DE LISBONNE , le 1 Octobre.
Cette Ville affligée de tant de maux , fembloit
goûter enfin quelque calme ; les fecouffes de la
terre étoient moins fréquentes ; on commençoit
à refpirer, lorfqu'on a reçu le détail de l'horrible
bouleversement caufé dans quelques- unes de nos
Ifles par un nouveau tremblement de terre . Le 9
Juillet dernier à onze heures quarante-cinq minu◄
tes de la nuit , une fecouffe affreuſe , dont la durée
fut d'environ deux minutes , fut reffentie dans
la plupart des Açores. Toutes les maifons de l'lfle
d'Angra furent violemment ébranlées . L'impul
fion du tremblement qui d'abord étoit verticale ,
devint bientôt horifontale , & fuivit la direction
de l'Ouest à l'Et. Pendant ces deux minutes , ļa
SPETS
DECEMBRE. 1757.
195
ferre fut agitée d'une telle force , que fi la fecouffe
eût duré quelques inftans de plus , tous les bâtimens
s'écrouloient , étoient engloutis . Le 10 vers
les dix heures du matin , il y eut une nouvelle fecouffe
, qui reprit à4 heures après midi , avec autant
de violence que la veille ; mais dont la durée
fut plus courte. Dans l'Ile Saint - Georges , à 12
lieues d'Angra , la terre trembla le même jour &
aux mêmes heures ; mais la fecouffe fut fi furieufe,
que 1043 perfonnes furent écraſées fous les
ruines des maifons. La frayeur des habitans redoubla
le 10 au matin , à la vue de dix -huit nouvelle
Ifles qui s'éleverent à la diſtance de cent
braffes & au Nord de l'Ifle. Aux Fayans des Vimes
, la même ſecouffe renverfa tous les édifices ;
on n'y reconnoît plus ni maiſons , ni temples ,
ni rues : on ne voit que des décombres & des
monceaux de pierres. La terre en quelque endroits
s'eft détachée du fol , & a roulé dans la mer. On
voit encore des langues de terre éloignées du rivage
, & entourées d'eau , conferver leur forme
avec tout ce qu'elles contenoient. Sur une de ces
Illes flotantes , eft une maison entourée d'arbres ,
qui n'eft point du tout endommagée . Monte- Formofo
, fitué à P'Eſt - Sud- Eſt de cette Ifle , s'eft
féparé en deux parties : l'une a croulé dans la
Mer , & fe trouve éloignée de l'autre de près de
cent braffes. Depuis la pointe de l'Eft de l'ile de
Topo , jufqu'au Bourg de la Caletha , on ne voit
encore que des ruines ; aucun bâtiment n'a réfifté.
La terre s'eft même ouverte en plufieurs endroits,
& un terrein de près d'un quart de lieue d'étendue
s'eft précipité dans la Mer. Quelques montagnes
ont changé de place ; d'autres ont entièrement
difparu , en forte que la
communication entre
Quelque- unes de ces Illes , qui étoit impraticable
I
194 MERCURE DE FRANCE.
autrefois par l'à plomb ou l'efcarpement des ro
chers , eft maintenant libre ; une plaine a fuccédé
aux montagnes. Une partie du village de Norte-
Grande s'eft auffi ſéparée du refte , & a été former
une Iſle nouvelle à la diſtance de 1 so braffes . Tous
les habitans de ces Ifles , confternés , remplis de
terreur , vivent dans les bois , & l'épouvante les
fuit partout , la terre toujours agitée leur montrant
de tous côtés des tombeaux. D'énormes
maffes de pierre fe détachent continuellement des
rochers ; il s'eft ouvert de toutes parts des gouffres
profonds qui les engloutiffent , & l'on voit
prefque tous les jours des rochers entiers s'affaiffer
, ou s'anéantir. L'Ifle du Pic a foiblement fenti
ces diverfes fecouffes , fi ce n'eft dans la partie
qui répond à l'Ile Saint- Georges. Ce quartier a
beaucoup fouffert , & onze perfonnes y ont péri.
Le jour de la premiere fecoufle , la Mer étoit dans
une agitation extraordinaire : les flots entrerent
avec fureur dans l'Ile Saint - Georges , en fuivant la
direction de l'Oueſt à l'Eft ; dans l'Ile du Pic ,
leur direction fut de l'Eſt à l'Oueft , & du Sud à
l'Queſt dans l'Ifle Gracieuſe. L'ifle du Fayal n'a
éprouvé qu'une légere fecouffe , & le mouvement
de la Mer y a été prefqu'infenfible. Dans les lies
de Saint-Michel & de Sainte-Marie , on a fenti
feulement l'effet d'une fecouffe ordinaire : les
Inles des Fleurs & du Corbeau ont été ſeules entiérement
exemptes du malheur général.
On apprend par un Vaiffeau qui vient d'arriver
du Cap Verd , qu'au mois d'Avril dernier , un
Volcan de l'Ifle du Feu , qui vomiffoit fans ceffe
des flammes , s'eft fubitement affaiffé , & que le
village Dos Mofteiros a été enseveli fous les
débris du mont. Les habitans ayant été avertis de
l'événement par plufieurs fignes, fe font heureu
DECEMBRE. 1757.
195
fement fauvés. Deux Bergers feulement ont perda
la vie avec leurs troupeaux .
Cette Ville affligée de tant de maux , fembloit
goûter enfin quelque calme ; les fecouffes de la
terre étoient moins fréquentes ; on commençoit
à refpirer, lorfqu'on a reçu le détail de l'horrible
bouleversement caufé dans quelques- unes de nos
Ifles par un nouveau tremblement de terre . Le 9
Juillet dernier à onze heures quarante-cinq minu◄
tes de la nuit , une fecouffe affreuſe , dont la durée
fut d'environ deux minutes , fut reffentie dans
la plupart des Açores. Toutes les maifons de l'lfle
d'Angra furent violemment ébranlées . L'impul
fion du tremblement qui d'abord étoit verticale ,
devint bientôt horifontale , & fuivit la direction
de l'Ouest à l'Et. Pendant ces deux minutes , ļa
SPETS
DECEMBRE. 1757.
195
ferre fut agitée d'une telle force , que fi la fecouffe
eût duré quelques inftans de plus , tous les bâtimens
s'écrouloient , étoient engloutis . Le 10 vers
les dix heures du matin , il y eut une nouvelle fecouffe
, qui reprit à4 heures après midi , avec autant
de violence que la veille ; mais dont la durée
fut plus courte. Dans l'Ile Saint - Georges , à 12
lieues d'Angra , la terre trembla le même jour &
aux mêmes heures ; mais la fecouffe fut fi furieufe,
que 1043 perfonnes furent écraſées fous les
ruines des maifons. La frayeur des habitans redoubla
le 10 au matin , à la vue de dix -huit nouvelle
Ifles qui s'éleverent à la diſtance de cent
braffes & au Nord de l'Ifle. Aux Fayans des Vimes
, la même ſecouffe renverfa tous les édifices ;
on n'y reconnoît plus ni maiſons , ni temples ,
ni rues : on ne voit que des décombres & des
monceaux de pierres. La terre en quelque endroits
s'eft détachée du fol , & a roulé dans la mer. On
voit encore des langues de terre éloignées du rivage
, & entourées d'eau , conferver leur forme
avec tout ce qu'elles contenoient. Sur une de ces
Illes flotantes , eft une maison entourée d'arbres ,
qui n'eft point du tout endommagée . Monte- Formofo
, fitué à P'Eſt - Sud- Eſt de cette Ifle , s'eft
féparé en deux parties : l'une a croulé dans la
Mer , & fe trouve éloignée de l'autre de près de
cent braffes. Depuis la pointe de l'Eft de l'ile de
Topo , jufqu'au Bourg de la Caletha , on ne voit
encore que des ruines ; aucun bâtiment n'a réfifté.
La terre s'eft même ouverte en plufieurs endroits,
& un terrein de près d'un quart de lieue d'étendue
s'eft précipité dans la Mer. Quelques montagnes
ont changé de place ; d'autres ont entièrement
difparu , en forte que la
communication entre
Quelque- unes de ces Illes , qui étoit impraticable
I
194 MERCURE DE FRANCE.
autrefois par l'à plomb ou l'efcarpement des ro
chers , eft maintenant libre ; une plaine a fuccédé
aux montagnes. Une partie du village de Norte-
Grande s'eft auffi ſéparée du refte , & a été former
une Iſle nouvelle à la diſtance de 1 so braffes . Tous
les habitans de ces Ifles , confternés , remplis de
terreur , vivent dans les bois , & l'épouvante les
fuit partout , la terre toujours agitée leur montrant
de tous côtés des tombeaux. D'énormes
maffes de pierre fe détachent continuellement des
rochers ; il s'eft ouvert de toutes parts des gouffres
profonds qui les engloutiffent , & l'on voit
prefque tous les jours des rochers entiers s'affaiffer
, ou s'anéantir. L'Ifle du Pic a foiblement fenti
ces diverfes fecouffes , fi ce n'eft dans la partie
qui répond à l'Ile Saint- Georges. Ce quartier a
beaucoup fouffert , & onze perfonnes y ont péri.
Le jour de la premiere fecoufle , la Mer étoit dans
une agitation extraordinaire : les flots entrerent
avec fureur dans l'Ile Saint - Georges , en fuivant la
direction de l'Oueſt à l'Eft ; dans l'Ile du Pic ,
leur direction fut de l'Eſt à l'Oueft , & du Sud à
l'Queſt dans l'Ifle Gracieuſe. L'ifle du Fayal n'a
éprouvé qu'une légere fecouffe , & le mouvement
de la Mer y a été prefqu'infenfible. Dans les lies
de Saint-Michel & de Sainte-Marie , on a fenti
feulement l'effet d'une fecouffe ordinaire : les
Inles des Fleurs & du Corbeau ont été ſeules entiérement
exemptes du malheur général.
On apprend par un Vaiffeau qui vient d'arriver
du Cap Verd , qu'au mois d'Avril dernier , un
Volcan de l'Ifle du Feu , qui vomiffoit fans ceffe
des flammes , s'eft fubitement affaiffé , & que le
village Dos Mofteiros a été enseveli fous les
débris du mont. Les habitans ayant été avertis de
l'événement par plufieurs fignes, fe font heureu
DECEMBRE. 1757.
195
fement fauvés. Deux Bergers feulement ont perda
la vie avec leurs troupeaux .
Fermer
Résumé : « Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...] »
Le 9 juillet, Lisbonne, déjà affectée par des tremblements de terre, subit un nouveau séisme à 23h45, qui dura environ deux minutes et toucha principalement les Açores. À Angra, toutes les maisons furent ébranlées par une secousse initialement verticale puis horizontale, allant de l'ouest à l'est. La violence du tremblement menaça de détruire tous les bâtiments. Le 10 juillet, deux nouvelles secousses eurent lieu à 10h et 16h, avec une intensité similaire mais une durée plus courte. À l'île Saint-Georges, 1043 personnes périrent sous les décombres. La terreur des habitants augmenta à la vue de nouvelles îles émergées au nord de l'île. Aux Fayals des Vimes, tous les édifices furent détruits. La terre se détacha en plusieurs endroits, formant des langues de terre flottantes. Monte Formoso se scinda en deux parties, l'une s'effondrant dans la mer. Entre la pointe est de l'île de Topo et le bourg de la Calheta, seuls des ruines étaient visibles. Des montagnes changèrent de place ou disparurent, modifiant la topographie des îles. Les habitants, terrifiés, vivaient dans les bois, évitant les zones instables. L'île du Pic ressentit faiblement les secousses, sauf dans la partie proche de l'île Saint-Georges, où onze personnes périrent. La mer fut également agitée, avec des directions variées selon les îles. Les îles de Saint-Michel et de Sainte-Marie subirent une secousse ordinaire, tandis que les îles des Fleurs et du Corbeau furent épargnées. Par ailleurs, un volcan à l'île du Feu s'effondra en avril, ensevelissant le village Dos Mosteiros, mais les habitants furent sauvés grâce à des signes avant-coureurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10689
p. *195-195
GRANDE BRETAGNE.
Début :
La démission du Duc de Cumberland qui a quitté tous ses emplois, est une [...]
Mots clefs :
Londres, Duc de Cumberland, Démission, Navire, Île des Barbades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 30 Octobre.
La démiffion du Duc de Cumberland qui a
quitté tous fes emplois , eft une chofe réglée. Ce
Prince a même déclaré qu'il ne reparoîtroit à la
tête des armées du Roi , que dans les cas d'invafion
ou de rébellion . Sa place de Colonel du premier
régiment des Gardes à pied , a été donnée
au Prince Edouard , qui doit être inceflamment
déclaré Duc de Gloceftre . Le Général Ligonier &
par interim le commandement en chef de toutes
les troupes.
"
Le Vaiffeau du Roi le Winchester , venant d'Antigoa
, a rapporté qu'il y avoit eu le 29 Août
dernier une forte ſecouffe de tremblement de terre
dans l'Ifle des Barbades , qui avoit caufé peu de
dommage , & quelle avoit été fuivie d'une violente
tempête , qu'on a fentie dans les Illes fous
le vent.
DE LONDRES , le 30 Octobre.
La démiffion du Duc de Cumberland qui a
quitté tous fes emplois , eft une chofe réglée. Ce
Prince a même déclaré qu'il ne reparoîtroit à la
tête des armées du Roi , que dans les cas d'invafion
ou de rébellion . Sa place de Colonel du premier
régiment des Gardes à pied , a été donnée
au Prince Edouard , qui doit être inceflamment
déclaré Duc de Gloceftre . Le Général Ligonier &
par interim le commandement en chef de toutes
les troupes.
"
Le Vaiffeau du Roi le Winchester , venant d'Antigoa
, a rapporté qu'il y avoit eu le 29 Août
dernier une forte ſecouffe de tremblement de terre
dans l'Ifle des Barbades , qui avoit caufé peu de
dommage , & quelle avoit été fuivie d'une violente
tempête , qu'on a fentie dans les Illes fous
le vent.
Fermer
Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 30 octobre, le Duc de Cumberland a démissionné de ses postes à Londres. Il ne reprendra le commandement qu'en cas d'invasion ou de rébellion. Le Prince Edouard, futur Duc de Gloucester, devient Colonel du premier régiment des Gardes à pied. Le Général Ligonier assure l'intérim. Un tremblement de terre a frappé les Barbades le 29 août, suivi d'une tempête dans les îles sous le vent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10690
p. 195-202
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
La Cornette des Chevaux-Légers de la Garde ordinaire du Roi, revint ici [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Duc, Audience, Madame la Dauphine, Comte d'Artois, Officier, Corsaires, Marchandises, Officiers, Accouchement, Nominations, Serment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LAJA Cornette des Chevaux- Légers de la Garde
ordinaire du Roi , revint ici d'Arpajon le 19
d'Octobre. Comme la Compagnie , qui ne fert
que par quartiers , eft rarement raffembleé , les
Chevaux- Légers ont faifi le moment de leur réu
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
nion , pour célébrer en corps l'augufte naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Le Duc de
Chaulnes , leur Commandant , eft Gouverneur
de cette Province nouveau motif pour faire éclater
leur joie dans cette heureufe occafion. Ils devoient
fe féparer , après avoir porté leurs étendards
au Roi ; ils n'ont eu par conféquent que deux
fois vingt-quatre heures , pour faire leurs prépa
ratifs , ainfi que pour inviter la Cour , la Ville ,
& tous les corps de la maiſon du Roi.
Le fête commença le 21 , à dix heures du foir,
par un feu d'artifice , qui fut tiré dans l'avenue de
Sceaux , vis-à- vis de l'Hôtel des Chevaux-Légers ,
& dont l'exécution fut parfaite. Toutes les perfonnes
invitées le rendirent enfuite au bal , paré
& malqué. La façade & la cour de l'Hôtel étolent
très-bien illuminées. La falle où l'on danſoit , a
105 pieds de longueur fur 36 de large. Elle étoit
ornée richement , & avec autant d'art que de
goût : elle étoit éclairée par un grand nombre de
luftres & de girandoles. Les fonds oppofés de cette
falle , qui dans toute leur étendue , étoient gare
nis de grandes glaces , en multipliant les objets ,
formoient un fpectacle charmant. La Comteffe
de Marfan , Gouvernante des Enfans de France ,
s'étant excufée d'ouvrir le bal , la jeune Princeffe
de Soubife , fa niece , danfa le premier menuer
avec le Marquis d'Efquelbec , premier Enfeigne
de la compagnie. Le Bal dura jufqu'à huit heures
du matin. Il y eut la plus nombreuſe affemblée ,
& l'on y diftribua avec profufion toutes fortes de
rafraîchiffemens. Le bon ordre qui a régné dans
cette fête , joint à la politeffe & aux attentions
des Chevaux- Légers , n'en a pas fait le moindre
agrément.
La naifance de Monfeigneur le Comte d'Are
DECEMBRE. 1757: 197
tois exigeant des peuples , dont elle affure le
bonheur , un nouveau tribut de reconnoiffance ,
le Roi écrivit le 9 d'Octobre à M. l'Archevêque de
Paris , pour faire rendre à Dieu dans la Capitale
de folemnelles actions de graces. En conféquence,
le Dimanche 13 , le Te Deum fut chanté dans
P'Eglife Métropolitaine , & M. l'Archevêque de
Paris y officia . M. le Chancelier accompagné de
plufieurs Confeillers d'etat & Maîtres des Requê
tes , le parlement , la Chambre des Comptes , la
Cour des Aydes & le Corps de Ville , y affifterent
après y avoir été invités de la part du Roi par M.
Defgranges , Maîtres des Cérémonies .
Le même jour , M. le Prevôt des Marchands
& les Echevins firent tirer dans la place de l'Hôtel
de Ville un feu d'artifice , décoré relativement à
l'objet de l'alegreffe publique. La façade de
l'Hôtel de Ville fut enfuite illuminée par des filets
de terrines, qui régnoient le long des entablemens,
& par des luftres formés de lanternes de verre.
Des ifs portant chacun plus de cent cinquante lu
mieres , entouroient la place .
L'Hôtel du Duc de Chevreufe , nommé au Gou
vernement de Paris , fut orné d'une magnifique
décoration en architecture , éclairée avec un
goût infini. Il y eut auffi des illuminations à l'Hôtel
du Prevôt des Marchands , aux maiſons des
Echevins , & à celles des principaux Officiers du
corps de Ville.
Aux quatre coins de la place de l'Hôtel de
Ville , ainfi qu'à celle de Louis XV , étoient des
fontaines de vin , qui coulerent une partie de la
nuit. On y diftribuoit du pain & des viandes au
peuple , & on avoit placé des orqueftres dans tous
les endroits où fe faifoient ces diftributions .
La cloche de l'Hôtel de ville fonna pendan
I iij
498 MERCURE DE FRANCE.
Toute la journée en tocfin . Il y eut quatre falves
d'artillerie ; la premiere à cinq heures du matin ,
la feconde à midi , la troifieme pendant le Te
Deum , & la derniere avant le feu d'artifice.
Le 24 , le corps de Ville alla à l'Eglife paroif-
Hale de Saint Jeanen Greve , pour rendre les actions
de graces particulieres , & il affifta au Te
Deam qu'il fit chanter en mufique. Ce même
jour , l'Hôtel de Ville , P'Hôtel du Prevôt des
Marchands , les maiſons des Echevins & des principaux
Officiers du corps de Ville , furent illuminés
de nouveau .
Le Roi a difpofé du commandement en Chef
de la province de Languedoc , vacant par la mort
de M. le Maréchal Duc de Mirepoix , en faveur
de M. le Maréchal de Thomond .
Le 3 Novembre , M. le Comte de Sartirane ,
'Ambaffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il complimenta
Sa Majefté , au nom du Roi fon Maître,
fur l'heureux accouchement de Madame la Dauphine
, & fur l'heureufe naiffance de Monftigneur
le Comte d'Artois. Cet Ambafladeur fut
enfuite admis à l'audience de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , & de Madame la Dauphine.
M. Bertin , latendant de Lyon , a été nommé
Lieutenant-Général de Police , à la place de M.
Berryer.
Le Roi a nommé M. le Marquis du Mefnil ,
Lieutenant Général de fes armées , Infpecteur Général
de la Cavalerie & des Dragons , au Gouver
nement de Brouage , vacant par la mort de M. le
Maréchal Duc de Mirepoix.
Sa Majesté a auffi accordé à M. le Comte de
Montazet , Brigadier de fes armées , Mestre de
Camp réformé à la fuite du Régiment de Dragons
DECEMBRE. 1757. 199
d'Orléans , & Gouverneur du Fort de Scarpe ,
l'Expectative d'une place de Commandeur dans
P'Ordre Militaire de Saint Louis , avec la permiffion
d'en porter dès - à - préfent les honneurs.
Les 27 & 28 d'Octobre , on a reffenti au Havre
deux fecouffes de tremblemens de terre. La
premiere a duré trois minutes , & l'autre deux.
Les habitans effrayés, font fortis de leurs maiſons
pour fe retirer fur la place, Ces mêmes ſecouffes
Te font auffi fait fentir à la même heure au Pontl'Evêque
, fur la rive gauche de la Seine.
Le 6 de Novembre , M. le Chevalier Archinto
arriva ici de Parme , pour complimenter le Roi ,
de la part de l'Infant Duc de Parme , fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois.
Le Roi a nommé à l'Intendance de Lyon M. de
la Michodiere , Intendant d'Auvergne ; & M.
Bernard de Ballainvilliers , Maître des Requêtes ,
à celle d'Auvergne.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la feizieme &
dix-feptieme fois.
Le même jour , M. le Prince de Beauvau prêta
ferment entre les mains du Roi pour la charge
de Capitaine des Gardes , & Sa Majefté reçut celui
de l'Evêque de Senez.
Le Roi accorda ce même jour un brevet d'honneur
à Madame la Comteffe de Lillebonne , &
elle prit en conféquence le Tabouret chez la
Reine.
Sa Majesté a donné à M. le Comte de Talaru ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes de Flandres ,
l'Aide-Majorité de la Gendarmerie , vacante par
la promotion du Vicomte de Sabran , à la Majo
rité de ce corps,
Les entrées de la Chambre ont été accordées
par le Roi à M. le Chevalier Archinto , Gentil-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
homme de la Chambre de l'infant Duc de Parme
Le is , M. Erizzo , Ambaſſadeur de la Répu
blique de Venife , eut une audience particuliere
du Roi,dans laquelle il complimenta Sa Majesté au
nom de la République , fur l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & fur la naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Cet Ambaffadeur
fut conduit à cette audience par M. de la
Live , introducteur des Ambafladeurs .
M. le Baron de Lichtinſtein , Miniftre Plénipotentiaire
du Duc de Saxe- Gotha , eut le même
jour une audience de Madame la Dauphine. Il y
fut conduit ainfi qu'à celles de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le Duc de
Berry , & de Monſeigneur le Comte de Provence
, par le même Introducteur .
M. de Bompar , Chefd'Eſcadre des Armées Navales
, à fon retour de la Martinique , où il a réfidé
pendant fept ans en qualité de Gouverneur
Général des Inles du Vent , a été préfenté au Roi,
Sa Majefté lui a accordé une penfion de trois mille
livres fur le Tréfor Royal , avec le Cordon rouge
honoraire.
L'ouverture du Parlement fe fit le r2 de ce
mois avec les cérémonies ordinaires , par une
Mefle folemnelle . Elle fut célébrée par M. l'Abbé
de Sailly , Chantre de la Sainte Chapelle , & Aumônier
de Madame la Dauphine . M. Mollé ,
premier Préfident , ayant été reçu & inftallé par
M. Pelletier de Rofambo , Préfident du Parlement
, y affifta avec toutes les Chambres.
Il y a eu le 5 Novembre une action entre l'armés
commandée par M. le Prince de Soubife & celle
du Roi de Pruffe : la premiere ayant été obligée de
faire fa retraite , elle s'eft retirée à Freyburg ,
d'où elle a repaffé l'Unftrutt , & ſe raffemble der
DECEMBRE. 1757 : 201
riere cette riviere . M. le Maréchal Duc de Richelieu
, à qui M. le Prince de Soubife avoit dépêché
un Officier après l'action , s'eft mis en marche à
la tête de foixante bataillons & de foixante- quatre
efcadrons , pour fe porter fur Duderſtatt , où il
fera à portée de recevoir & de foutenir l'armée de
M. le Prince de Soubife , s'il eft néceffaire.
Nous retardons la lifte des Officiers tués ou
bleffés , pour la donner plus exacte le mois pro
chain.
Le Corfaire Anglois le Hancelot , de Jerzey ;
armé de 10 canons , & de 70 hommes d'équipage ,
a été pris par les Vaiffeaux du Roi l'Entreprenant
& le Dragon , qui l'ont fait conduire à Brest.
Les fieurs Bart , Capitaine de Brûlot , & Juin ,
Lieutenant de Frégate , commandant les Frégates
du Roi la Valeur & la Mignonne , fe font rendus
maîtres des Navires Anglois l'Induftrie , l'Eclair
la Marie-Sara & la Satisfaction. Ces quatre bâtimens
, qui alloient de Sunderland à Rotterdam ,
chacun avec un chargement de charbon de terre
étoient tous armés de quelques canons , & ils font
arrivés à Dunkerque.
Le Corfaire le Vengeur , de ce Port , ya remis
Pôtage d'une rançon de 290 guinées , moyennant
laquelle il a relâché un Navire Anglois ,
dont il s'étoit emparé .
On mande de la Rochelle , que le Navire le Titon
l'Africain , de Bordeaux , venant de Saint-
Domingue , a enlevé le Navire Anglois le Thos
mas , de Londres dont la cargaiſon eft compo
fée de 500 barrils de poudre , de so caiffes d'armes
, de toiles , de foieries , & d'autres muni
tions & marchandiſes.
Une Lettre du Capitaine Robert , comman
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
dant la Frégate la Comteffe de la Serre , datée de
20 Octobre dernier , marque qu'il eft arrivé à
Bergue en Norwege, & qu'il y a conduit fept prifes
Angloifes ; que fix de ces prifes font chargés
de chanvre , de lin & de fer , la feptieme , d'uce
petite partie de chanvre & de bois , & qu'il en
attendoit une huitieme qu'il a laiffée au Nord
d'Ifland , le mauvais temps l'ayant obligé de s'en
féparer. Cette derniere eft un Senaw du port de
220 tonneaux , armé de 14 canons , & de 36
hommes d'équipage , qui vient de la Virginie , fa
cargaison confifte en 380 boucauts de tabac.
LAJA Cornette des Chevaux- Légers de la Garde
ordinaire du Roi , revint ici d'Arpajon le 19
d'Octobre. Comme la Compagnie , qui ne fert
que par quartiers , eft rarement raffembleé , les
Chevaux- Légers ont faifi le moment de leur réu
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
nion , pour célébrer en corps l'augufte naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Le Duc de
Chaulnes , leur Commandant , eft Gouverneur
de cette Province nouveau motif pour faire éclater
leur joie dans cette heureufe occafion. Ils devoient
fe féparer , après avoir porté leurs étendards
au Roi ; ils n'ont eu par conféquent que deux
fois vingt-quatre heures , pour faire leurs prépa
ratifs , ainfi que pour inviter la Cour , la Ville ,
& tous les corps de la maiſon du Roi.
Le fête commença le 21 , à dix heures du foir,
par un feu d'artifice , qui fut tiré dans l'avenue de
Sceaux , vis-à- vis de l'Hôtel des Chevaux-Légers ,
& dont l'exécution fut parfaite. Toutes les perfonnes
invitées le rendirent enfuite au bal , paré
& malqué. La façade & la cour de l'Hôtel étolent
très-bien illuminées. La falle où l'on danſoit , a
105 pieds de longueur fur 36 de large. Elle étoit
ornée richement , & avec autant d'art que de
goût : elle étoit éclairée par un grand nombre de
luftres & de girandoles. Les fonds oppofés de cette
falle , qui dans toute leur étendue , étoient gare
nis de grandes glaces , en multipliant les objets ,
formoient un fpectacle charmant. La Comteffe
de Marfan , Gouvernante des Enfans de France ,
s'étant excufée d'ouvrir le bal , la jeune Princeffe
de Soubife , fa niece , danfa le premier menuer
avec le Marquis d'Efquelbec , premier Enfeigne
de la compagnie. Le Bal dura jufqu'à huit heures
du matin. Il y eut la plus nombreuſe affemblée ,
& l'on y diftribua avec profufion toutes fortes de
rafraîchiffemens. Le bon ordre qui a régné dans
cette fête , joint à la politeffe & aux attentions
des Chevaux- Légers , n'en a pas fait le moindre
agrément.
La naifance de Monfeigneur le Comte d'Are
DECEMBRE. 1757: 197
tois exigeant des peuples , dont elle affure le
bonheur , un nouveau tribut de reconnoiffance ,
le Roi écrivit le 9 d'Octobre à M. l'Archevêque de
Paris , pour faire rendre à Dieu dans la Capitale
de folemnelles actions de graces. En conféquence,
le Dimanche 13 , le Te Deum fut chanté dans
P'Eglife Métropolitaine , & M. l'Archevêque de
Paris y officia . M. le Chancelier accompagné de
plufieurs Confeillers d'etat & Maîtres des Requê
tes , le parlement , la Chambre des Comptes , la
Cour des Aydes & le Corps de Ville , y affifterent
après y avoir été invités de la part du Roi par M.
Defgranges , Maîtres des Cérémonies .
Le même jour , M. le Prevôt des Marchands
& les Echevins firent tirer dans la place de l'Hôtel
de Ville un feu d'artifice , décoré relativement à
l'objet de l'alegreffe publique. La façade de
l'Hôtel de Ville fut enfuite illuminée par des filets
de terrines, qui régnoient le long des entablemens,
& par des luftres formés de lanternes de verre.
Des ifs portant chacun plus de cent cinquante lu
mieres , entouroient la place .
L'Hôtel du Duc de Chevreufe , nommé au Gou
vernement de Paris , fut orné d'une magnifique
décoration en architecture , éclairée avec un
goût infini. Il y eut auffi des illuminations à l'Hôtel
du Prevôt des Marchands , aux maiſons des
Echevins , & à celles des principaux Officiers du
corps de Ville.
Aux quatre coins de la place de l'Hôtel de
Ville , ainfi qu'à celle de Louis XV , étoient des
fontaines de vin , qui coulerent une partie de la
nuit. On y diftribuoit du pain & des viandes au
peuple , & on avoit placé des orqueftres dans tous
les endroits où fe faifoient ces diftributions .
La cloche de l'Hôtel de ville fonna pendan
I iij
498 MERCURE DE FRANCE.
Toute la journée en tocfin . Il y eut quatre falves
d'artillerie ; la premiere à cinq heures du matin ,
la feconde à midi , la troifieme pendant le Te
Deum , & la derniere avant le feu d'artifice.
Le 24 , le corps de Ville alla à l'Eglife paroif-
Hale de Saint Jeanen Greve , pour rendre les actions
de graces particulieres , & il affifta au Te
Deam qu'il fit chanter en mufique. Ce même
jour , l'Hôtel de Ville , P'Hôtel du Prevôt des
Marchands , les maiſons des Echevins & des principaux
Officiers du corps de Ville , furent illuminés
de nouveau .
Le Roi a difpofé du commandement en Chef
de la province de Languedoc , vacant par la mort
de M. le Maréchal Duc de Mirepoix , en faveur
de M. le Maréchal de Thomond .
Le 3 Novembre , M. le Comte de Sartirane ,
'Ambaffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il complimenta
Sa Majefté , au nom du Roi fon Maître,
fur l'heureux accouchement de Madame la Dauphine
, & fur l'heureufe naiffance de Monftigneur
le Comte d'Artois. Cet Ambafladeur fut
enfuite admis à l'audience de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , & de Madame la Dauphine.
M. Bertin , latendant de Lyon , a été nommé
Lieutenant-Général de Police , à la place de M.
Berryer.
Le Roi a nommé M. le Marquis du Mefnil ,
Lieutenant Général de fes armées , Infpecteur Général
de la Cavalerie & des Dragons , au Gouver
nement de Brouage , vacant par la mort de M. le
Maréchal Duc de Mirepoix.
Sa Majesté a auffi accordé à M. le Comte de
Montazet , Brigadier de fes armées , Mestre de
Camp réformé à la fuite du Régiment de Dragons
DECEMBRE. 1757. 199
d'Orléans , & Gouverneur du Fort de Scarpe ,
l'Expectative d'une place de Commandeur dans
P'Ordre Militaire de Saint Louis , avec la permiffion
d'en porter dès - à - préfent les honneurs.
Les 27 & 28 d'Octobre , on a reffenti au Havre
deux fecouffes de tremblemens de terre. La
premiere a duré trois minutes , & l'autre deux.
Les habitans effrayés, font fortis de leurs maiſons
pour fe retirer fur la place, Ces mêmes ſecouffes
Te font auffi fait fentir à la même heure au Pontl'Evêque
, fur la rive gauche de la Seine.
Le 6 de Novembre , M. le Chevalier Archinto
arriva ici de Parme , pour complimenter le Roi ,
de la part de l'Infant Duc de Parme , fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois.
Le Roi a nommé à l'Intendance de Lyon M. de
la Michodiere , Intendant d'Auvergne ; & M.
Bernard de Ballainvilliers , Maître des Requêtes ,
à celle d'Auvergne.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la feizieme &
dix-feptieme fois.
Le même jour , M. le Prince de Beauvau prêta
ferment entre les mains du Roi pour la charge
de Capitaine des Gardes , & Sa Majefté reçut celui
de l'Evêque de Senez.
Le Roi accorda ce même jour un brevet d'honneur
à Madame la Comteffe de Lillebonne , &
elle prit en conféquence le Tabouret chez la
Reine.
Sa Majesté a donné à M. le Comte de Talaru ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes de Flandres ,
l'Aide-Majorité de la Gendarmerie , vacante par
la promotion du Vicomte de Sabran , à la Majo
rité de ce corps,
Les entrées de la Chambre ont été accordées
par le Roi à M. le Chevalier Archinto , Gentil-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
homme de la Chambre de l'infant Duc de Parme
Le is , M. Erizzo , Ambaſſadeur de la Répu
blique de Venife , eut une audience particuliere
du Roi,dans laquelle il complimenta Sa Majesté au
nom de la République , fur l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & fur la naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Cet Ambaffadeur
fut conduit à cette audience par M. de la
Live , introducteur des Ambafladeurs .
M. le Baron de Lichtinſtein , Miniftre Plénipotentiaire
du Duc de Saxe- Gotha , eut le même
jour une audience de Madame la Dauphine. Il y
fut conduit ainfi qu'à celles de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le Duc de
Berry , & de Monſeigneur le Comte de Provence
, par le même Introducteur .
M. de Bompar , Chefd'Eſcadre des Armées Navales
, à fon retour de la Martinique , où il a réfidé
pendant fept ans en qualité de Gouverneur
Général des Inles du Vent , a été préfenté au Roi,
Sa Majefté lui a accordé une penfion de trois mille
livres fur le Tréfor Royal , avec le Cordon rouge
honoraire.
L'ouverture du Parlement fe fit le r2 de ce
mois avec les cérémonies ordinaires , par une
Mefle folemnelle . Elle fut célébrée par M. l'Abbé
de Sailly , Chantre de la Sainte Chapelle , & Aumônier
de Madame la Dauphine . M. Mollé ,
premier Préfident , ayant été reçu & inftallé par
M. Pelletier de Rofambo , Préfident du Parlement
, y affifta avec toutes les Chambres.
Il y a eu le 5 Novembre une action entre l'armés
commandée par M. le Prince de Soubife & celle
du Roi de Pruffe : la premiere ayant été obligée de
faire fa retraite , elle s'eft retirée à Freyburg ,
d'où elle a repaffé l'Unftrutt , & ſe raffemble der
DECEMBRE. 1757 : 201
riere cette riviere . M. le Maréchal Duc de Richelieu
, à qui M. le Prince de Soubife avoit dépêché
un Officier après l'action , s'eft mis en marche à
la tête de foixante bataillons & de foixante- quatre
efcadrons , pour fe porter fur Duderſtatt , où il
fera à portée de recevoir & de foutenir l'armée de
M. le Prince de Soubife , s'il eft néceffaire.
Nous retardons la lifte des Officiers tués ou
bleffés , pour la donner plus exacte le mois pro
chain.
Le Corfaire Anglois le Hancelot , de Jerzey ;
armé de 10 canons , & de 70 hommes d'équipage ,
a été pris par les Vaiffeaux du Roi l'Entreprenant
& le Dragon , qui l'ont fait conduire à Brest.
Les fieurs Bart , Capitaine de Brûlot , & Juin ,
Lieutenant de Frégate , commandant les Frégates
du Roi la Valeur & la Mignonne , fe font rendus
maîtres des Navires Anglois l'Induftrie , l'Eclair
la Marie-Sara & la Satisfaction. Ces quatre bâtimens
, qui alloient de Sunderland à Rotterdam ,
chacun avec un chargement de charbon de terre
étoient tous armés de quelques canons , & ils font
arrivés à Dunkerque.
Le Corfaire le Vengeur , de ce Port , ya remis
Pôtage d'une rançon de 290 guinées , moyennant
laquelle il a relâché un Navire Anglois ,
dont il s'étoit emparé .
On mande de la Rochelle , que le Navire le Titon
l'Africain , de Bordeaux , venant de Saint-
Domingue , a enlevé le Navire Anglois le Thos
mas , de Londres dont la cargaiſon eft compo
fée de 500 barrils de poudre , de so caiffes d'armes
, de toiles , de foieries , & d'autres muni
tions & marchandiſes.
Une Lettre du Capitaine Robert , comman
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
dant la Frégate la Comteffe de la Serre , datée de
20 Octobre dernier , marque qu'il eft arrivé à
Bergue en Norwege, & qu'il y a conduit fept prifes
Angloifes ; que fix de ces prifes font chargés
de chanvre , de lin & de fer , la feptieme , d'uce
petite partie de chanvre & de bois , & qu'il en
attendoit une huitieme qu'il a laiffée au Nord
d'Ifland , le mauvais temps l'ayant obligé de s'en
féparer. Cette derniere eft un Senaw du port de
220 tonneaux , armé de 14 canons , & de 36
hommes d'équipage , qui vient de la Virginie , fa
cargaison confifte en 380 boucauts de tabac.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En octobre et novembre 1757, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 21 octobre, la Compagnie des Chevaux-Légers de la Garde du Roi a célébré la naissance du Comte d'Artois par une fête organisée par le Duc de Chaulnes, commandant de la compagnie et nouvellement nommé gouverneur de province. Cette célébration, qui a réuni une nombreuse assemblée, comprenait un feu d'artifice et un bal, et s'est déroulée dans un ordre exemplaire. Le Roi a également ordonné des actions de grâce pour la naissance du Comte d'Artois. Le 13 octobre, un Te Deum a été chanté à la cathédrale de Paris en présence de hautes autorités, suivi d'un feu d'artifice et d'illuminations à l'Hôtel de Ville. Des distributions de nourriture et de boissons ont été faites au peuple, et des salves d'artillerie ont marqué les moments clés de la journée. Plusieurs nominations et promotions ont été annoncées, notamment celle de M. Bertin comme Lieutenant-Général de Police et de M. le Marquis du Mésnil comme Lieutenant Général des armées et Inspecteur Général de la Cavalerie. Le Roi a également accordé des distinctions honorifiques à plusieurs personnes, dont le Comte de Montazet et la Comtesse de Lillebonne. Sur le plan diplomatique et militaire, des audiences ont été accordées à des ambassadeurs étrangers pour féliciter le Roi sur la naissance du Comte d'Artois. Des actions militaires en Allemagne impliquant le Prince de Soubise et le Roi de Prusse ont été rapportées, ainsi que des prises maritimes par des navires français contre des corsaires anglais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10691
p. 202
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Bonnefond, Ordre de Cîteaux, Diocese [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Abbé, Vicaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
SA Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefond ,
Ordre de Cîteaux , Diocefe de Comminges , à
M. l'Abbé Marquet - de Villefond , chargé des
affaires de Sa Majesté à Venife ; l'Abbaye de
Meymac , Ordre de S. Benoît , Diocefe de Limoges
, à M. l'Abbé de Saint - Val ; celle de Sainte
Aufonne , même Ordre , Dioceſe d'Angoulême ,
à la Dame de Durfort de Civerac , Religieufe de
Saint Emilion , Dioceſe de Bordeaux ; & le
Prieuré de Saint Pierre de Langon , Dioceſe de
la Rochelle , à M. l'Abbé Jalouts , Vicaire Général
de l'Archevêché de Cambray.
SA Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefond ,
Ordre de Cîteaux , Diocefe de Comminges , à
M. l'Abbé Marquet - de Villefond , chargé des
affaires de Sa Majesté à Venife ; l'Abbaye de
Meymac , Ordre de S. Benoît , Diocefe de Limoges
, à M. l'Abbé de Saint - Val ; celle de Sainte
Aufonne , même Ordre , Dioceſe d'Angoulême ,
à la Dame de Durfort de Civerac , Religieufe de
Saint Emilion , Dioceſe de Bordeaux ; & le
Prieuré de Saint Pierre de Langon , Dioceſe de
la Rochelle , à M. l'Abbé Jalouts , Vicaire Général
de l'Archevêché de Cambray.
Fermer
Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Sa Majesté a attribué plusieurs bénéfices ecclésiastiques. L'Abbaye de Bonnefond, relevant de Cîteaux et du Diocèse de Comminges, a été donnée à M. l'Abbé Marquet de Villefond. L'Abbaye de Meymac, de l'Ordre de Saint-Benoît et du Diocèse de Limoges, a été confiée à M. l'Abbé de Saint-Val. L'Abbaye de Sainte-Auffonne, du Diocèse d'Angoulême, a été attribuée à la Dame de Durfort de Civerac. Le Prieuré de Saint-Pierre de Langon, du Diocèse de La Rochelle, a été donné à M. l'Abbé Jalouts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10692
p. 202-204
MARIAGE ET MORTS.
Début :
Messire Paul-Hippolyte de Beauvillier, Duc de Saint-Aignan, Pair de France, [...]
Mots clefs :
Morts, Mariages, Chevalier, Ordre, Marquis, Mademoiselle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORTS.
MARIAGE ET MORTS.
M58SIRE Paul- Hippolyte de Beauvillier , Duc.
de Saint-Aignan , Pair de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Lieutenant-Général, de fes arDECEMBRE
. 1757. 203
mées , Gouverneur du Havre , ci devant Ambaffadeur
du Roi à la Cour d'Efpagne & près le
Saint Siege , époufa le 9 de Novembre Demoiſelle
Françoile-Helene - Etienne Turgot , fille de feu-
Mefire Michel Etienne Turgot , Marquis de
Soubfmons , Confeiller d'Etat ordinaire & Prevôt
des Marchans , & de Dame Magdelene-Françoife
Martineau. La célébration ſe fit dans la Chapelle
de l'Hôtel de la Dame Turgot , Douairiere.
Leurs Majeftés & la Famille Royale avoient figné
le 7 le contrat de mariage.
Meffire Emanuel-Henri-Timoléon - de Coffé- de
Briffac , né jumeau avec fon frere , Jean- Paul-Timoléon
-de Coffé , Duc de Briffac , le 12 Octobre
1698 , Abbé de l'Abbaye de Fonfroide , Ordre de
Citaux , Dioceſe de Narbonne en 1717 ; & de
celle de Saint Urbain , Ordre de Saint Benoît en
en 1732 , Grand- Vicaire de l'Archevêché de
Lyon , Aumônier du Roi , Agent général du
Clergé , nommé Evêque de Condon en 1735 ,
facré le 22 Janvier 1736 , eft mort à Paris , rue
Caffette , fauxbourg Saint Germain , le 27 Août
1757 , dans la foixantieme année de fon âge. Il fat
préfenté le 29 à Saint Sulpice , & tranfporté aux
Céleftins dans la Chapelle d'Orléans , lieu de la
fépulture de fa maiſon.
Meffire Aymeric Charles de Gontaut de Biron ,
Marquis de Saint - Blancard , Meftre de Camp de:
Cavalerie , mourut le 16 Septembre dernier dans
fa terre de Laborthe , en Gascogne , au Dioceſe
d'Aufch , âgé de foixante - dix-fept ans.
Dame Henriette - Emilie de Bautru , Comteffe
de Nogent - le- Roi , femme du Marquis de Melun,
eft morte ici le 27 Septembre, âgée de cinquanteneuf
ans.
Mellire René-Antoine Ferchaud - de Réaumur
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE
de l'Académie royale des Sciences , de la Société
royale de Londres , des Académies de Péterf
bourg , de Berlin , de Stockholm , & de l'Inftitut
de Bologne , Intendant & Commandeur de l'Ordre
Militaire de S. Louis , eft mort le 18 Octobre,
âgé de foixante-feize ans.
Demoiselle Eléonor Thenay de Saint- Christophe,
eft morte le 19 Octobre dans la Communauté de
P'Inftruction Chrétienne , âgée de quatre- vingtquatre
ans , & elle a été inhumée le 30 à S. Sulpice
, fa Paroifle.
Meffire N. de Savines , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale de Bofcaudon , Ordre de Saint
Benoît , Diocefe d'Embrun , eft mort dans fon
Abbaye , vers la fin du mois d'Oftobre , âgé de
cent ans accomplis.
Il eft mort à Aberdeen , en Ecoffſe , un homme
âgé de cent trente- deux ans , nommé Alexandre
Mac-Cullock , qui a joui jufqu'à la fin de ſa vie
du jugement le plus fain . Il avoit fervi en qualité
de foldat du temps de Cromwel , fous le Général
Monk.
M58SIRE Paul- Hippolyte de Beauvillier , Duc.
de Saint-Aignan , Pair de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Lieutenant-Général, de fes arDECEMBRE
. 1757. 203
mées , Gouverneur du Havre , ci devant Ambaffadeur
du Roi à la Cour d'Efpagne & près le
Saint Siege , époufa le 9 de Novembre Demoiſelle
Françoile-Helene - Etienne Turgot , fille de feu-
Mefire Michel Etienne Turgot , Marquis de
Soubfmons , Confeiller d'Etat ordinaire & Prevôt
des Marchans , & de Dame Magdelene-Françoife
Martineau. La célébration ſe fit dans la Chapelle
de l'Hôtel de la Dame Turgot , Douairiere.
Leurs Majeftés & la Famille Royale avoient figné
le 7 le contrat de mariage.
Meffire Emanuel-Henri-Timoléon - de Coffé- de
Briffac , né jumeau avec fon frere , Jean- Paul-Timoléon
-de Coffé , Duc de Briffac , le 12 Octobre
1698 , Abbé de l'Abbaye de Fonfroide , Ordre de
Citaux , Dioceſe de Narbonne en 1717 ; & de
celle de Saint Urbain , Ordre de Saint Benoît en
en 1732 , Grand- Vicaire de l'Archevêché de
Lyon , Aumônier du Roi , Agent général du
Clergé , nommé Evêque de Condon en 1735 ,
facré le 22 Janvier 1736 , eft mort à Paris , rue
Caffette , fauxbourg Saint Germain , le 27 Août
1757 , dans la foixantieme année de fon âge. Il fat
préfenté le 29 à Saint Sulpice , & tranfporté aux
Céleftins dans la Chapelle d'Orléans , lieu de la
fépulture de fa maiſon.
Meffire Aymeric Charles de Gontaut de Biron ,
Marquis de Saint - Blancard , Meftre de Camp de:
Cavalerie , mourut le 16 Septembre dernier dans
fa terre de Laborthe , en Gascogne , au Dioceſe
d'Aufch , âgé de foixante - dix-fept ans.
Dame Henriette - Emilie de Bautru , Comteffe
de Nogent - le- Roi , femme du Marquis de Melun,
eft morte ici le 27 Septembre, âgée de cinquanteneuf
ans.
Mellire René-Antoine Ferchaud - de Réaumur
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE
de l'Académie royale des Sciences , de la Société
royale de Londres , des Académies de Péterf
bourg , de Berlin , de Stockholm , & de l'Inftitut
de Bologne , Intendant & Commandeur de l'Ordre
Militaire de S. Louis , eft mort le 18 Octobre,
âgé de foixante-feize ans.
Demoiselle Eléonor Thenay de Saint- Christophe,
eft morte le 19 Octobre dans la Communauté de
P'Inftruction Chrétienne , âgée de quatre- vingtquatre
ans , & elle a été inhumée le 30 à S. Sulpice
, fa Paroifle.
Meffire N. de Savines , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale de Bofcaudon , Ordre de Saint
Benoît , Diocefe d'Embrun , eft mort dans fon
Abbaye , vers la fin du mois d'Oftobre , âgé de
cent ans accomplis.
Il eft mort à Aberdeen , en Ecoffſe , un homme
âgé de cent trente- deux ans , nommé Alexandre
Mac-Cullock , qui a joui jufqu'à la fin de ſa vie
du jugement le plus fain . Il avoit fervi en qualité
de foldat du temps de Cromwel , fous le Général
Monk.
Fermer
Résumé : MARIAGE ET MORTS.
En 1757, plusieurs événements marquants ont eu lieu au sein de l'aristocratie française. Le 9 novembre, Paul-Hippolyte de Beauvillier, Duc de Saint-Aignan, a épousé Françoise-Hélène-Étienne Turgot, fille de Michel Étienne Turgot, Marquis de Soumont. La cérémonie s'est déroulée dans la chapelle de l'Hôtel de la Dame Turgot, et le contrat de mariage a été signé le 7 novembre par Leurs Majestés et la Famille Royale. Plusieurs décès notables ont également été enregistrés. Emmanuel-Henri-Timoléon de Cossé, Duc de Brissac, est décédé à Paris le 27 août à l'âge de soixante ans. Aymeric Charles de Gontaut de Biron, Marquis de Saint-Blancard, est mort le 16 septembre à Laborthe, en Gascogne, à l'âge de soixante-dix-sept ans. Dame Henriette-Émilie de Bautru, Comtesse de Nogent-le-Roi, est décédée le 27 septembre à l'âge de cinquante-neuf ans. René-Antoine Ferchaud de Réaumur, membre de l'Académie royale des Sciences, est mort le 18 octobre à l'âge de soixante-treize ans. Demoiselle Éléonore Thenay de Saint-Christophe est décédée le 19 octobre à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. N. de Savines, Abbé Commendataire de l'Abbaye royale de Boschaudon, est mort vers la fin octobre à l'âge de cent ans. Enfin, Alexandre Mac-Cullock, un homme de cent trente-deux ans, est décédé à Aberdeen, en Écosse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10693
p. 204
« L'abondance des matieres nous oblige de remettre au prochain Mercure [...] »
Début :
L'abondance des matieres nous oblige de remettre au prochain Mercure [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'abondance des matieres nous oblige de remettre au prochain Mercure [...] »
L'abondance des matieres nous oblige
de remettre au prochain Mercure l'article
de l'Hôpital de M. le Maréchal- Duc de
Biron , ainfi que le Mémoire Généalogique
de la branche des Caumont de Picardie.
de remettre au prochain Mercure l'article
de l'Hôpital de M. le Maréchal- Duc de
Biron , ainfi que le Mémoire Généalogique
de la branche des Caumont de Picardie.
Fermer
10694
p. 205-210
Mémoire sur la Maison du Chastel.
Début :
La Maison du Chastel est d'ancienne Chevalerie. L'histoire de Bretagne [...]
Mots clefs :
Maison du Chastel, Généalogie, Alliances, Militaire, Chevalier, Seigneur de Coetangars
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémoire sur la Maison du Chastel.
Mémoire fur la Maison du Chaftel.
A Maifon du Chaftel eft d'ancienne Chevale
rie. L'hiftoire de Bretagne eft remplie de monumens
qui conftatent ſon ancienneté , fes fervices
militaires , & fes grandes alliances,
206 MERCURE DE FRANCE.
Bernard du Chaftel , Chevalier , fcella de fon
fceau un acte de l'an 1174. Il y eft repréſenté à
cheval , tenant l'épée haute de la main droite , &
foutenant de la gauche un écu chargé de fafces ;
le cheval caparaçonné aux mêmes armes. Il époufa
Anne de Léon de grande lignée , dont il eut Hervé
du Chaſtel , Chevalier , vivant en 1296 .
Bernard II , du nom , fire du Chaſtel , fils de
celui- ci , époufa Eléonore de Rofmadec , & en eut
Tanneguy, premier du nom , fire du Chaſtel ,
Lieutenant général des armées du Comte de
Montfort , contre CHARLES de Blois , fur lequel
il gagna la bataille de la Roche - de Rien en 1347 ,
& qui gagna encore celle de Mauron en 1352 .
Ce Tanneguyfut pere, entr'autres enfans , de Guillaume
, fire du Chaftel , qui fuit ; de Tanneguy,
Seigneur de la Roche- Dronion , chef de la branche
des Seigneurs de Melle , éteinte ; de Garfin
ou Garfis du Chaftel , Seigneur du Bois , appellé ,
à caufe de lui , le Bois de Garfis ( en Breton Coetangars
) Maréchal & Général d'armée du Duc d'An.
jou , mort fans alliance ; & Marguerite , femme
de Guillaume , fire de Rofmadec.
Guillaume , fire du Chaftel , de Leſlein ( & de
Coetangars , par la mort de fon frere Garfin )
rendit de grands fervices à JBAN , dit le vaillant ,
Duc de Bretagne , pour lequel il demeura prifonnier
en une rencontre , & paya 6000 écus d'or
pour fa rançon ; il mourut en 1370 , laiſſant pour
fils & héritier, Hervé , qui porta les armes pour le
Roi CHARLES V. Celui - ci fut pere de quatre fils ;
fçavoir :
1º. Guillaume du Chaftel , Chambellan du Roi
CHARLES V , & du Duc d'Orléans , qui fut l'un
des fept Champions du. Seigneur de Barbazan ,
contre fept Anglois en 1402 , gagna un combatDECEMBRE
. 1757. 207
naval contre les Anglois en 1403 ; pilla l'Ile de
Gerzé , où il fut tué l'année ſuivante , fans laiffer
de postérité .
2º. Olivier, fire du Chaſtel , &c. qui fuit .
3°. Hervé du Chaftel , tige des Seigneurs de
Coetelez , éteinte.
4°. Tanneguy , Chevalier , Confeiller & Cham
bellan du Roi , Grand Maître de fa Maifon , Prevôt
de Paris , Gouverneur & Sénéchal de Provence
, fi renommé dans l'hiftoire de France par fon
attachement à la perfonne du Dauphin depuis
Charles VII . Il mourut en Provence en 1449 ,
fans postérité.
Olivier , fire ou Seigneur du Chaftel , de Leſlein
, Chevalier Banneret , Chambellan du Duc de
Bretagne , Capitaine de Dinan & de Breft , Sénéchal
de Saintonge , donna quittance de fes gages.
comme Chevalier Banneret , le 20 Novembre.
1415 , & la fcella de fon fceau qui eft fafcé de
fix pieces d'or & de gueules . Il mourut en 1455 ,
ayant eu pour fils :
1° François , fire du Chaftel , qui continua la
poftérité.
2. Guillaume du Chaftel , Pannetier du Roi ,
& Ecuyer du Dauphin , depuis Louis XI , tué en
1441 au fiege de Pontoife en préſence du Roi
qui , pour récompenfer fa valeur & fes fervices, le
fit enterrer dans l'Eglife de Saint Denis , avec les
Rois ( Hift. de S. Denis , par Eelibien , pages 3.52.
562.)
3. Jean du Chaftel , Evêque de Carcaffonne ,
en 1457.
4°. Tanneguy du Chaſtel , Vicomte de la Belliere
, Confeiller & Chambellan du Roi CHARLES
VII, Grand Ecuyer de France , Grand Maître
'Hôtel du Duc de Bretagne , Gouverneur du
108 MERCURE DE FRANCE.
Rouffillon & de Cerdagne , Chevalier de l'Ordre
de S. Michel , lequel fut bleffé d'un coup de fauconneau
, au siege de Bouchain , en 1477, & mourut
de cette bleffure , au grand regret du Roi , qui
envoya offrir cent marcs d'argent à l'Eglife de
Notre-Dame de la Victoire , qu'il avoit voué pour
be falut de l'ame de ce Seigneur ( compte de Pierre
de Lailly ) . Il avoit marqué fon zele & ſa fidélité
au fervice du Roi CHARLES VII , en ſe tenant auprès
de lui jufqu'au dernier foupir , avoit fait faire
fes funérailles , & y avoit employé une fomme de
30 mille écus. Il ne laiffa de Jeanne de Raguenel ,
Vicomteffe de la Belliere & de Combour , fa
femme , qu'une fille nommée Jeanne , mariée à
Louis , Seigneur de Montejan.
François , fire du Chaftel , de Leſlein , de Le
zourny , &c. fut fait Chevalier Banneret ( Baron )
aux Etats de Bretagne de l'année 1495. Il eut de
Jeanne de Kerman , Olivier, fire du Chaftel , de
Leflein , de Lezourny & de Lefcoet. Celui- ci fut
pere de trois fils , Tanneguy , fire du Chaftel , qui
continua la branche aînée ; Gabriel , Seigneur de
Coetangars , dont la poftérité fera rapportée ciaprès
, & Olivier , Evêque de Saint- Brieu , mort
en 1523 .
Tanneguy , fire du Chaftel , de Poulmie , &c
époufa 1 ° . en 1492 , Louife du Pont , fille de
Pierre , Seigneur du Pont-l'Abbé , & d'Helene de
Rohan ; 20. en 1901 , Marie , Dame de Juch.
Du premier mariage vint Gillette du Chaftel ,
Dame du Pont-l'Abbé , de Roftrenen , &c. qu'elle
porta en dotte à Charles du Guellenée , Vicomte
du Fou; & du fecond , François , fire du Chaftel ,
de Lefcoet & du Jueh : celui- ci eut pour fils & héritier
Claude , Baron du Chaftel , &c. qui ne laisa
de Claude d'Acigné , Vicomteffe de la Belliere
DECEMBRE . 1757. 209
fa femme , que deux filles , nommées Anne &
Jeanne: la premiere héritiere de la Baronie du
Chaftel , épousa Guy de Rieux , Seigneur de Châteauneuf
, & l'autre , Charles Goyon , Baron de la
Mouffaye.
Branche des Seigneurs de Coetangars.
Gabriel du Chaftel , fecond fils d'Olivier , fire
du Chaftel , comme il a été dit ci - devant , eut en
partage la terre de Coetangars ; il fut pere de
Tanneguy du Chaftel , Seigneur de Coetangars ,
qui de Marie de Kerguiziau , fille & héritiere du
Seigneur de Kerguiziau , eut un fils nommé Guillaume
, qui fut auffi Seigneur de Coetangars & de
Kerivant , & époufa Léventze de Kermeno , qui
le rendit pere de Jean qui fuit :
Jean du Chaftel , Seigneur de Coetangars , de
Kerivant & de Bruillac , Chevalier de l'Ordre du
Roi , dit de S. Michel , Gentilhomme ordinaire
de fa chambre , fe qualifia chef du nom & d'armes
de la maifon du Chaftel , qualification que
fes fucceffeurs ont prife jufqu'aujourd'hui. Il
époufa 1 °. Marguerite de Cofquier , dont il n'eut
que des filles ; 2. en 1625 , Marie le Long- de
Keranroux , Dame de Mefaurun , qui le rendit
pere entr'autres de trois fils ; fçavoir 1 ° . Ignace-
François , appellé le Marquis du Chaſtel , dont la
petite-fille époufa en 1716 Hugues Humbert Huchet
, Comte de la Bedoyere ; 2 °. Marc-Antoine
du Chaftel , Seigneur de Kéranroux , mort fans
postérité ; 3 °. Tanneguy du Chaftel , Baron de
Bruillac , qui fuit :
Tannegny du Chaftel , Baron de Bruillac ,
époufa en 1659 Françoise de Kerprijan , Dame de
Parcaric , & en eut trois fils & une fille ; fçavoir
MERCURE DE FRANCE.
DE
acques-Claude du Chaftel , Baron de Braila
qui fuit ; 2 °. Tanneguy- Querian du Chaſtel ,
eur de Parcaric , mort fans poftérité ; 3 °,
-Jonathas du Chaftel , Infpecteur général
oupes du Roi en Amérique , Chevalier de
ais , Lieutenant de Roi de Marie- Galante ,
a laiffé des enfans établis en Amérique , &
le petit- fils nommé Claude Tanneguy eft
gne des Vaiffeaux du Roi ; & 4° . Mariee
du Chaftel , mariée en 1680 , àFrançois
Fer de Locrift , Seigneur de Kergariou.
ques - Claude du Chaftel , Chevalier , Sei-
Baron de Bruillac , de Parcarie , de Coal
i , & c . Maréchal des Logis de la compaolonelle
des Gentilshommes de l'Evêché de
Her , épouſa en 1691 , Marguerite de la Por
me de Guerdevollée ; de ce mariage font
plufieurs enfans , dont les trois ci deffous
és font vivans ; fçavoir , Hyacinthe-Marie du Chaftel , Chevalier ,
ar de Parcaric , Guerdevollée
, &c. chefde
d'armes , Chevalier de S. Louis ; il époufa
Françoife-Mauricette de Kergariou , Da-
Keruegant , dont deux filles.
arques-Thomas du Chaftel , Chevalier de
s , Lieutenant des Vaiffeaux du Roi.
Tanneguy du Chaftel , Aumonier du Roi ,
de l'Abbaye de Samer aux Bois.
armes , fafcé d'or & de gueules de fix
A Maifon du Chaftel eft d'ancienne Chevale
rie. L'hiftoire de Bretagne eft remplie de monumens
qui conftatent ſon ancienneté , fes fervices
militaires , & fes grandes alliances,
206 MERCURE DE FRANCE.
Bernard du Chaftel , Chevalier , fcella de fon
fceau un acte de l'an 1174. Il y eft repréſenté à
cheval , tenant l'épée haute de la main droite , &
foutenant de la gauche un écu chargé de fafces ;
le cheval caparaçonné aux mêmes armes. Il époufa
Anne de Léon de grande lignée , dont il eut Hervé
du Chaſtel , Chevalier , vivant en 1296 .
Bernard II , du nom , fire du Chaſtel , fils de
celui- ci , époufa Eléonore de Rofmadec , & en eut
Tanneguy, premier du nom , fire du Chaſtel ,
Lieutenant général des armées du Comte de
Montfort , contre CHARLES de Blois , fur lequel
il gagna la bataille de la Roche - de Rien en 1347 ,
& qui gagna encore celle de Mauron en 1352 .
Ce Tanneguyfut pere, entr'autres enfans , de Guillaume
, fire du Chaftel , qui fuit ; de Tanneguy,
Seigneur de la Roche- Dronion , chef de la branche
des Seigneurs de Melle , éteinte ; de Garfin
ou Garfis du Chaftel , Seigneur du Bois , appellé ,
à caufe de lui , le Bois de Garfis ( en Breton Coetangars
) Maréchal & Général d'armée du Duc d'An.
jou , mort fans alliance ; & Marguerite , femme
de Guillaume , fire de Rofmadec.
Guillaume , fire du Chaftel , de Leſlein ( & de
Coetangars , par la mort de fon frere Garfin )
rendit de grands fervices à JBAN , dit le vaillant ,
Duc de Bretagne , pour lequel il demeura prifonnier
en une rencontre , & paya 6000 écus d'or
pour fa rançon ; il mourut en 1370 , laiſſant pour
fils & héritier, Hervé , qui porta les armes pour le
Roi CHARLES V. Celui - ci fut pere de quatre fils ;
fçavoir :
1º. Guillaume du Chaftel , Chambellan du Roi
CHARLES V , & du Duc d'Orléans , qui fut l'un
des fept Champions du. Seigneur de Barbazan ,
contre fept Anglois en 1402 , gagna un combatDECEMBRE
. 1757. 207
naval contre les Anglois en 1403 ; pilla l'Ile de
Gerzé , où il fut tué l'année ſuivante , fans laiffer
de postérité .
2º. Olivier, fire du Chaſtel , &c. qui fuit .
3°. Hervé du Chaftel , tige des Seigneurs de
Coetelez , éteinte.
4°. Tanneguy , Chevalier , Confeiller & Cham
bellan du Roi , Grand Maître de fa Maifon , Prevôt
de Paris , Gouverneur & Sénéchal de Provence
, fi renommé dans l'hiftoire de France par fon
attachement à la perfonne du Dauphin depuis
Charles VII . Il mourut en Provence en 1449 ,
fans postérité.
Olivier , fire ou Seigneur du Chaftel , de Leſlein
, Chevalier Banneret , Chambellan du Duc de
Bretagne , Capitaine de Dinan & de Breft , Sénéchal
de Saintonge , donna quittance de fes gages.
comme Chevalier Banneret , le 20 Novembre.
1415 , & la fcella de fon fceau qui eft fafcé de
fix pieces d'or & de gueules . Il mourut en 1455 ,
ayant eu pour fils :
1° François , fire du Chaftel , qui continua la
poftérité.
2. Guillaume du Chaftel , Pannetier du Roi ,
& Ecuyer du Dauphin , depuis Louis XI , tué en
1441 au fiege de Pontoife en préſence du Roi
qui , pour récompenfer fa valeur & fes fervices, le
fit enterrer dans l'Eglife de Saint Denis , avec les
Rois ( Hift. de S. Denis , par Eelibien , pages 3.52.
562.)
3. Jean du Chaftel , Evêque de Carcaffonne ,
en 1457.
4°. Tanneguy du Chaſtel , Vicomte de la Belliere
, Confeiller & Chambellan du Roi CHARLES
VII, Grand Ecuyer de France , Grand Maître
'Hôtel du Duc de Bretagne , Gouverneur du
108 MERCURE DE FRANCE.
Rouffillon & de Cerdagne , Chevalier de l'Ordre
de S. Michel , lequel fut bleffé d'un coup de fauconneau
, au siege de Bouchain , en 1477, & mourut
de cette bleffure , au grand regret du Roi , qui
envoya offrir cent marcs d'argent à l'Eglife de
Notre-Dame de la Victoire , qu'il avoit voué pour
be falut de l'ame de ce Seigneur ( compte de Pierre
de Lailly ) . Il avoit marqué fon zele & ſa fidélité
au fervice du Roi CHARLES VII , en ſe tenant auprès
de lui jufqu'au dernier foupir , avoit fait faire
fes funérailles , & y avoit employé une fomme de
30 mille écus. Il ne laiffa de Jeanne de Raguenel ,
Vicomteffe de la Belliere & de Combour , fa
femme , qu'une fille nommée Jeanne , mariée à
Louis , Seigneur de Montejan.
François , fire du Chaftel , de Leſlein , de Le
zourny , &c. fut fait Chevalier Banneret ( Baron )
aux Etats de Bretagne de l'année 1495. Il eut de
Jeanne de Kerman , Olivier, fire du Chaftel , de
Leflein , de Lezourny & de Lefcoet. Celui- ci fut
pere de trois fils , Tanneguy , fire du Chaftel , qui
continua la branche aînée ; Gabriel , Seigneur de
Coetangars , dont la poftérité fera rapportée ciaprès
, & Olivier , Evêque de Saint- Brieu , mort
en 1523 .
Tanneguy , fire du Chaftel , de Poulmie , &c
époufa 1 ° . en 1492 , Louife du Pont , fille de
Pierre , Seigneur du Pont-l'Abbé , & d'Helene de
Rohan ; 20. en 1901 , Marie , Dame de Juch.
Du premier mariage vint Gillette du Chaftel ,
Dame du Pont-l'Abbé , de Roftrenen , &c. qu'elle
porta en dotte à Charles du Guellenée , Vicomte
du Fou; & du fecond , François , fire du Chaftel ,
de Lefcoet & du Jueh : celui- ci eut pour fils & héritier
Claude , Baron du Chaftel , &c. qui ne laisa
de Claude d'Acigné , Vicomteffe de la Belliere
DECEMBRE . 1757. 209
fa femme , que deux filles , nommées Anne &
Jeanne: la premiere héritiere de la Baronie du
Chaftel , épousa Guy de Rieux , Seigneur de Châteauneuf
, & l'autre , Charles Goyon , Baron de la
Mouffaye.
Branche des Seigneurs de Coetangars.
Gabriel du Chaftel , fecond fils d'Olivier , fire
du Chaftel , comme il a été dit ci - devant , eut en
partage la terre de Coetangars ; il fut pere de
Tanneguy du Chaftel , Seigneur de Coetangars ,
qui de Marie de Kerguiziau , fille & héritiere du
Seigneur de Kerguiziau , eut un fils nommé Guillaume
, qui fut auffi Seigneur de Coetangars & de
Kerivant , & époufa Léventze de Kermeno , qui
le rendit pere de Jean qui fuit :
Jean du Chaftel , Seigneur de Coetangars , de
Kerivant & de Bruillac , Chevalier de l'Ordre du
Roi , dit de S. Michel , Gentilhomme ordinaire
de fa chambre , fe qualifia chef du nom & d'armes
de la maifon du Chaftel , qualification que
fes fucceffeurs ont prife jufqu'aujourd'hui. Il
époufa 1 °. Marguerite de Cofquier , dont il n'eut
que des filles ; 2. en 1625 , Marie le Long- de
Keranroux , Dame de Mefaurun , qui le rendit
pere entr'autres de trois fils ; fçavoir 1 ° . Ignace-
François , appellé le Marquis du Chaſtel , dont la
petite-fille époufa en 1716 Hugues Humbert Huchet
, Comte de la Bedoyere ; 2 °. Marc-Antoine
du Chaftel , Seigneur de Kéranroux , mort fans
postérité ; 3 °. Tanneguy du Chaftel , Baron de
Bruillac , qui fuit :
Tannegny du Chaftel , Baron de Bruillac ,
époufa en 1659 Françoise de Kerprijan , Dame de
Parcaric , & en eut trois fils & une fille ; fçavoir
MERCURE DE FRANCE.
DE
acques-Claude du Chaftel , Baron de Braila
qui fuit ; 2 °. Tanneguy- Querian du Chaſtel ,
eur de Parcaric , mort fans poftérité ; 3 °,
-Jonathas du Chaftel , Infpecteur général
oupes du Roi en Amérique , Chevalier de
ais , Lieutenant de Roi de Marie- Galante ,
a laiffé des enfans établis en Amérique , &
le petit- fils nommé Claude Tanneguy eft
gne des Vaiffeaux du Roi ; & 4° . Mariee
du Chaftel , mariée en 1680 , àFrançois
Fer de Locrift , Seigneur de Kergariou.
ques - Claude du Chaftel , Chevalier , Sei-
Baron de Bruillac , de Parcarie , de Coal
i , & c . Maréchal des Logis de la compaolonelle
des Gentilshommes de l'Evêché de
Her , épouſa en 1691 , Marguerite de la Por
me de Guerdevollée ; de ce mariage font
plufieurs enfans , dont les trois ci deffous
és font vivans ; fçavoir , Hyacinthe-Marie du Chaftel , Chevalier ,
ar de Parcaric , Guerdevollée
, &c. chefde
d'armes , Chevalier de S. Louis ; il époufa
Françoife-Mauricette de Kergariou , Da-
Keruegant , dont deux filles.
arques-Thomas du Chaftel , Chevalier de
s , Lieutenant des Vaiffeaux du Roi.
Tanneguy du Chaftel , Aumonier du Roi ,
de l'Abbaye de Samer aux Bois.
armes , fafcé d'or & de gueules de fix
Fermer
Résumé : Mémoire sur la Maison du Chastel.
Le texte relate l'histoire de la Maison du Chastel, une ancienne chevalerie bretonne. Bernard du Chastel, un chevalier mentionné dans un acte de 1174, épousa Anne de Léon et eut un fils nommé Hervé du Chastel, également chevalier en 1296. Hervé eut à son tour un fils, Bernard II du Chastel, qui épousa Eléonore de Rosmadec. Leur fils, Tanneguy du Chastel, fut Lieutenant général des armées du Comte de Montfort et remporta des victoires notables lors des batailles de la Roche-Derrien en 1347 et de Mauron en 1352. Tanneguy eut plusieurs enfants, dont Guillaume du Chastel, qui servit Jean IV, Duc de Bretagne, et fut prisonnier de guerre. Guillaume mourut en 1370, laissant Hervé comme héritier. Hervé eut quatre fils, parmi lesquels Guillaume du Chastel, Chambellan du Roi Charles V, et Tanneguy du Chastel, conseiller du Roi Charles VII. Olivier du Chastel, Chevalier Banneret, fut Capitaine de Dinan et Sénéchal de Saintonge. Il eut plusieurs fils, dont François du Chastel, Chevalier Banneret, et Jean du Chastel, Évêque de Carcassonne. Tanneguy du Chastel, Vicomte de la Bellière, fut Grand Écuyer de France et mourut en 1477. François du Chastel eut Olivier du Chastel, père de Tanneguy du Chastel, Gabriel du Chastel, et Olivier, Évêque de Saint-Brieuc. La branche des Seigneurs de Coetangars inclut Gabriel du Chastel, père de Tanneguy du Chastel, Seigneur de Coetangars. Jean du Chastel, Chevalier de l'Ordre du Roi, épousa Marguerite de Cosquier et Marie le Long de Keranroux, ayant plusieurs descendants notables. Jacques-Claude du Chastel, Baron de Bruillac, eut plusieurs enfants, dont Hyacinthe-Marie du Chastel, Chevalier de Saint-Louis, et Tanneguy du Chastel, Aumonier du Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10695
p. 211
AVIS.
Début :
Jean Senac, Conseiller ordinaire du Roi en ses Conseils d'Etat & privé, [...]
Mots clefs :
Conseiller ordinaire du roi, Médecin de sa majesté, Chimie, Poudre, Remède, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
JEAN Senac , Confeiller ordinaire du Roi en
fes Confeils d'Etat & privé , premier Médecin
de Sa Majesté , Surintendant Général des Eaux ,
Bains & Fontaines minérales & médecinales
du Royaume , &c. Le Steur Privat , ancien Infpecteur
des Mines , nous ayant repréfenté que
dans des travaux chimiques , dont nous fçavons
qu'il s'occupe depuis long- temps , il avoit trouvé
une poudre blanche qu'il tire du Mars ;
connoiffant d'ailleurs fes lumieres diftinguées ,
fa probité & fon zele pour tout ce qui peus
être utile au public ; Nous , en conféquence de
la délibération prife dans notre bureau de la
Commiffion royale de médecine affemblée le
vingt- trois Février dernier , avons autorifé &
autorifons exclufivement à tout autre , ledit
Sieur Privat , de vendre , diftribuer & adminiftrer
dans toute l'étendue du Royaume , ladite
poudre apéritive & defobftruante , qui a les propriétés
du Mars , fans en avoir les inconvéniens ;
le tout conformément aux Arrêts du Confeil
d'Etat du Roi , & nommément à celui du 10
Septembre 1754 ; en foi de quoi nous lui avons
délivré le préfent figné de notre main & contrefigné
de notre Secretaire qui y a appofé le
fccau de nos armes. Donné à Verſailles , le Roi
y étant , le 17 Mars mil fept cent cinquante
fix. Senac.
Un grand nombre de perfonnes ont déja ufé
de ce remede avec beaucoup de fuccès , & plufieurs
étrangers en ont pris pour des fommes
confidérables. Nous en fommes inftruits par des
perfonnes dont l'affertion eft une autorité.
JEAN Senac , Confeiller ordinaire du Roi en
fes Confeils d'Etat & privé , premier Médecin
de Sa Majesté , Surintendant Général des Eaux ,
Bains & Fontaines minérales & médecinales
du Royaume , &c. Le Steur Privat , ancien Infpecteur
des Mines , nous ayant repréfenté que
dans des travaux chimiques , dont nous fçavons
qu'il s'occupe depuis long- temps , il avoit trouvé
une poudre blanche qu'il tire du Mars ;
connoiffant d'ailleurs fes lumieres diftinguées ,
fa probité & fon zele pour tout ce qui peus
être utile au public ; Nous , en conféquence de
la délibération prife dans notre bureau de la
Commiffion royale de médecine affemblée le
vingt- trois Février dernier , avons autorifé &
autorifons exclufivement à tout autre , ledit
Sieur Privat , de vendre , diftribuer & adminiftrer
dans toute l'étendue du Royaume , ladite
poudre apéritive & defobftruante , qui a les propriétés
du Mars , fans en avoir les inconvéniens ;
le tout conformément aux Arrêts du Confeil
d'Etat du Roi , & nommément à celui du 10
Septembre 1754 ; en foi de quoi nous lui avons
délivré le préfent figné de notre main & contrefigné
de notre Secretaire qui y a appofé le
fccau de nos armes. Donné à Verſailles , le Roi
y étant , le 17 Mars mil fept cent cinquante
fix. Senac.
Un grand nombre de perfonnes ont déja ufé
de ce remede avec beaucoup de fuccès , & plufieurs
étrangers en ont pris pour des fommes
confidérables. Nous en fommes inftruits par des
perfonnes dont l'affertion eft une autorité.
Fermer
Résumé : AVIS.
L'avis concerne Jean Senac, Conseiller ordinaire du Roi, premier Médecin de Sa Majesté, et Surintendant Général des Eaux, Bains et Fontaines minérales et médicinales du Royaume. Antoine Privat, ancien Inspecteur des Mines, a découvert une poudre blanche dérivée du Mars lors de travaux chimiques. La Commission royale de médecine a autorisé Privat à vendre, distribuer et administrer cette poudre apéritive et désobstruante dans tout le Royaume, conformément aux arrêts du Conseil d'État du Roi, notamment celui du 10 septembre 1754. L'avis est signé par Senac à Versailles le 17 mars 1756. De nombreuses personnes, y compris des étrangers, ont utilisé ce remède avec succès et en ont acheté de grandes quantités. Ces informations proviennent de sources fiables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10696
p. 212
AUTRE.
Début :
Mademoiselle Collet, continue de vendre ; pour l'utilité du Public, une Pommade de [...]
Mots clefs :
Pommade, Hémorroïdes, Douleurs, Soins, Mademoiselle Collet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Mademoiselle Collet , continue de vendre ;
pour l'utilité du Public , une Pommade de fa
compofition, qui appaiſe ; dans l'inſtant , les grandes
douleurs des hémorroides , tant internes ,
qu'externes , fuffent - elles ulcéreufes & fiftuleufes
; foulage auffi dans l'instant ceux qui en
font attaqués , & les en guérit radicalement.
Cette Pommade eft fi connue qu'elle n'a pas
befoin d'autre recommandation.
Elle fe garde autant de temps que l'on veut , &
fe peut tranfporter par tout , pourvu qu'on ait
foin de la garantir de la chaleur & du feu. Les
moindres pots font de 3 , de 6 , de 10 , de 12 ,
de 18 & de 20 liv. & de tous les prix que l'on
fouhaitera . On donnera la façon de s'en fervir.
Des perfonnes étrangeres qui en voudront faire
ufage , auront la bonté d'affranchir les ports
de lettres .
Mademoiselle Collet , demeure à préfent , rue
des Petits Champs , vis - à- vis la petite porte S.
Honoré , dans la maifon de M. Jollivet , mare
chand Papetier , à l'enſeigne de l'Eperance.
Mademoiselle Collet , continue de vendre ;
pour l'utilité du Public , une Pommade de fa
compofition, qui appaiſe ; dans l'inſtant , les grandes
douleurs des hémorroides , tant internes ,
qu'externes , fuffent - elles ulcéreufes & fiftuleufes
; foulage auffi dans l'instant ceux qui en
font attaqués , & les en guérit radicalement.
Cette Pommade eft fi connue qu'elle n'a pas
befoin d'autre recommandation.
Elle fe garde autant de temps que l'on veut , &
fe peut tranfporter par tout , pourvu qu'on ait
foin de la garantir de la chaleur & du feu. Les
moindres pots font de 3 , de 6 , de 10 , de 12 ,
de 18 & de 20 liv. & de tous les prix que l'on
fouhaitera . On donnera la façon de s'en fervir.
Des perfonnes étrangeres qui en voudront faire
ufage , auront la bonté d'affranchir les ports
de lettres .
Mademoiselle Collet , demeure à préfent , rue
des Petits Champs , vis - à- vis la petite porte S.
Honoré , dans la maifon de M. Jollivet , mare
chand Papetier , à l'enſeigne de l'Eperance.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Mademoiselle Collet vend une pommade pour les hémorroïdes internes ou externes, ulcéreuses ou fistuleuses. Elle soulage et guérit radicalement. La pommade se conserve bien à l'abri de la chaleur. Disponible en pots de 3 à 20 livres, elle est accompagnée d'instructions. Mademoiselle Collet réside rue des Petits Champs, chez Monsieur Jollivet, marchand papetier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10697
p. 212-213
AUTRE.
Début :
Le Sieur Rochefort, Maître Perruquier, dont il a été fait mention dans [...]
Mots clefs :
Sieur Rochefort, Perruques, Attaches, Certificats, Proportions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
L Sieur Rochefort , Maitre Pèrruquier , dont
il a été fait mention dans le Mercure du mois
de Décembre 1756 , continue de monter les
Perruques nouées , les Bonters & les Perraques
à bourfe par le moyen des têtes artificielles ,
qu'il a inventées , enforte qu'elles prennent naturellement
d'elles - mêmes le tour du visage ,
DECEMBRE. 1757. 213
fans avoir befoin de boucles , de cordons , de
refforts , ni même de l'accommodage , pour être
affujetties à coller fi parfaitement : & les che
veux femblent y avoir pris racine . On ne répé,
tera point l'éloge de l'approbation que lui ont
fait les Officiers de fa Communauté , dans le
certificat , en bonne forme , qu'ils lui ont accor
dé : mais on donne avis aux perfonnes qui demeurent
en Province , & même hors du royaume
, qui voudront avoir des Perruques de fa
façon de lui écrire . Il leur enverra un modele
de mefure très - facile à prendre , & tel qu'il le
faut pour pouvoir y rapporter exactement fes
proportions , & avec la facilité du modele , où
tout est bien expliqué . Les perfonnes pourront
fe faire prendre la mefure de leur tête aifément
par qui bon leur femblera. Elles font priées
d'affranchir leurs lettres . Le Sieur Rocheforg
demeure , à Paris , rue de la Verrerie , près la
rue des Billettes .
L Sieur Rochefort , Maitre Pèrruquier , dont
il a été fait mention dans le Mercure du mois
de Décembre 1756 , continue de monter les
Perruques nouées , les Bonters & les Perraques
à bourfe par le moyen des têtes artificielles ,
qu'il a inventées , enforte qu'elles prennent naturellement
d'elles - mêmes le tour du visage ,
DECEMBRE. 1757. 213
fans avoir befoin de boucles , de cordons , de
refforts , ni même de l'accommodage , pour être
affujetties à coller fi parfaitement : & les che
veux femblent y avoir pris racine . On ne répé,
tera point l'éloge de l'approbation que lui ont
fait les Officiers de fa Communauté , dans le
certificat , en bonne forme , qu'ils lui ont accor
dé : mais on donne avis aux perfonnes qui demeurent
en Province , & même hors du royaume
, qui voudront avoir des Perruques de fa
façon de lui écrire . Il leur enverra un modele
de mefure très - facile à prendre , & tel qu'il le
faut pour pouvoir y rapporter exactement fes
proportions , & avec la facilité du modele , où
tout est bien expliqué . Les perfonnes pourront
fe faire prendre la mefure de leur tête aifément
par qui bon leur femblera. Elles font priées
d'affranchir leurs lettres . Le Sieur Rocheforg
demeure , à Paris , rue de la Verrerie , près la
rue des Billettes .
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le texte du Mercure de décembre 1756 met en lumière le Sieur Rochefort, un maître perruquier parisien innovant. Rochefort utilise des têtes artificielles pour monter les perruques nouées, les bonnets et les perruques à bourre, permettant ainsi aux perruques de s'adapter naturellement à la forme du visage sans recours à des boucles, cordons, ressorts ou accommodages. Cette méthode assure une fixation parfaite des cheveux. Les officiers de sa communauté ont validé ses techniques par un certificat. Le texte précise que les personnes résidant en province ou hors du royaume peuvent commander des perruques en écrivant à Rochefort, qui leur enverra un modèle de mesure. Les intéressés peuvent se faire prendre la mesure de leur tête par une personne de leur choix et doivent affranchir leurs lettres. Le Sieur Rochefort est domicilié à Paris, rue de la Verrerie, près la rue des Billettes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10698
p. 213-214
ERRATA pour l'extrait de la seconde partie du Mémoire de M. de la Condamine, imprimé dans le volume de Septembre dernier.
Début :
Il s'est glissé plusieurs fautes d'impression dans ce Mémoire. Voici les plus [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA pour l'extrait de la seconde partie du Mémoire de M. de la Condamine, imprimé dans le volume de Septembre dernier.
ERRATA pour l'extrait de la feconde para
tie du Mémoire de M. de la Condamine ,
imprimé dans le volume de Septembre
dernier.
Il s'eft gliffé plufieurs fautes d'impreffion
dans ce Mémoire . Voici les plus confidé-
Erables auxquelles il n'eft pas poffible de
fuppléer.
PAGE 123 , ligne 7 , je tiens ce fait d'une perſonne
qui afouvent parié des paris , corrigez a
parié & gagné des paris.
214
Ibid. lig. 22 , coureur Anglois , corrigez , cheval
de courfe Anglois.
Page 126 , lig. 15 , plus de 500 pieds de profondeur,
corrigez , une grande profondeur.
Page 138 , ligne derniere & la premiere de la page
fuivante , Mémoire publié en mon nom , corrigez
, Mémoire publié en mon abfence.
tie du Mémoire de M. de la Condamine ,
imprimé dans le volume de Septembre
dernier.
Il s'eft gliffé plufieurs fautes d'impreffion
dans ce Mémoire . Voici les plus confidé-
Erables auxquelles il n'eft pas poffible de
fuppléer.
PAGE 123 , ligne 7 , je tiens ce fait d'une perſonne
qui afouvent parié des paris , corrigez a
parié & gagné des paris.
214
Ibid. lig. 22 , coureur Anglois , corrigez , cheval
de courfe Anglois.
Page 126 , lig. 15 , plus de 500 pieds de profondeur,
corrigez , une grande profondeur.
Page 138 , ligne derniere & la premiere de la page
fuivante , Mémoire publié en mon nom , corrigez
, Mémoire publié en mon abfence.
Fermer
Résumé : ERRATA pour l'extrait de la seconde partie du Mémoire de M. de la Condamine, imprimé dans le volume de Septembre dernier.
L'errata concerne un extrait du Mémoire de M. de la Condamine. Les corrections principales incluent : page 123, ligne 7, 'qui afouvent parié des paris' devient 'parié & gagné des paris' ; page 214, ligne 22, 'coureur Anglois' devient 'cheval de courfe Anglois' ; page 126, ligne 15, 'plus de 500 pieds de profondeur' devient 'une grande profondeur' ; page 138, 'Mémoire publié en mon nom' devient 'Mémoire publié en mon absence'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10699
p. 214
Errata du Mercure de Novembre.
Début :
Page 22, lig. 27 & 28, non, qu'il faille parler grec ou latin [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata du Mercure de Novembre.
Errata du Mercure de Novembre.
Page 22 , lig. 27 28 , non , qu'il faille parler
grec ou latin ou françois , lifez , ou latin en
françois.
Page 27 28 , lig. 22 & 23 , ces fleurs perdens ,
lifez , perdent. Les mirthet , corrigez , les mirthes.
Page 33 , lig. 7 , tu n'eft plus , lifez , tu n'es plus.
Page 35 , lig. 2 , fous vos doigt , lifez , doigts.
Page 40 , lig. 13 , entre maint autres que je tais ,
lifez , entre maints autres.
Page 70 , lig. 3 , le jeu de cartes , lifez , le jeu des
caries.
Page 87 , à la fin de l'alinea , Autores , lifez , Anttores.
>
Page 96 , lig. 6 , en montant , genre , lifez , génie.
Page 99 , lig. 8 , en montant lifez , rue des
Carmes.
Page 100 , lig. 11 , en montant , au lieu d'une livre
dix fols , lifez , 4 liv. 10fels.
Page 108 , lig. 2 , ces , lifez , fes.
Page 113 , lig. 4 , la monopole , lifez , le monopole.
Ibid. lig. 12 , voir , lifez , unir.
Page 114 , lig. 6 , coulerent , lifez , couloient.
Page 119 , g. 18 , préféteroit , lifez , puiſeroit.
Ibid. lig, 24 , d'oftevroles , lifex , d'oftéocales,
Page 22 , lig. 27 28 , non , qu'il faille parler
grec ou latin ou françois , lifez , ou latin en
françois.
Page 27 28 , lig. 22 & 23 , ces fleurs perdens ,
lifez , perdent. Les mirthet , corrigez , les mirthes.
Page 33 , lig. 7 , tu n'eft plus , lifez , tu n'es plus.
Page 35 , lig. 2 , fous vos doigt , lifez , doigts.
Page 40 , lig. 13 , entre maint autres que je tais ,
lifez , entre maints autres.
Page 70 , lig. 3 , le jeu de cartes , lifez , le jeu des
caries.
Page 87 , à la fin de l'alinea , Autores , lifez , Anttores.
>
Page 96 , lig. 6 , en montant , genre , lifez , génie.
Page 99 , lig. 8 , en montant lifez , rue des
Carmes.
Page 100 , lig. 11 , en montant , au lieu d'une livre
dix fols , lifez , 4 liv. 10fels.
Page 108 , lig. 2 , ces , lifez , fes.
Page 113 , lig. 4 , la monopole , lifez , le monopole.
Ibid. lig. 12 , voir , lifez , unir.
Page 114 , lig. 6 , coulerent , lifez , couloient.
Page 119 , g. 18 , préféteroit , lifez , puiſeroit.
Ibid. lig, 24 , d'oftevroles , lifex , d'oftéocales,
Fermer
Résumé : Errata du Mercure de Novembre.
Le document liste les corrections nécessaires pour le Mercure de Novembre. Les erreurs à corriger incluent des fautes d'orthographe, de grammaire et de typographie sur diverses pages et lignes. Par exemple, sur la page 22, ligne 27-28, 'lifez' doit être remplacé par 'latin en français'. Sur la page 27, ligne 22-23, 'ces fleurs perdens' doit être corrigé en 'perdent' et 'les mirthet' en 'les mirthes'. D'autres corrections notables incluent 'tu n'eft plus' en 'tu n'es plus' (page 33, ligne 7), 'fous vos doigt' en 'doigts' (page 35, ligne 2), et 'entre maint autres que je tais' en 'entre maints autres' (page 40, ligne 13). Les corrections couvrent également des termes spécifiques comme 'le jeu de cartes' en 'le jeu des caries' (page 70, ligne 3) et 'Autores' en 'Anttores' (page 87, fin de l'alinéa). Des modifications concernent aussi des chiffres et des noms de lieux, comme '4 liv. 10 fels' (page 100, ligne 11) et 'rue des Carmes' (page 99, ligne 8). Enfin, des corrections de verbes et de prépositions sont mentionnées, telles que 'préféteroit' en 'puiseroit' (page 119, ligne 18) et 'd'oftevroles' en 'd'oftéocales' (page 119, ligne 24).
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10700
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Epitre, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES IN VERS AT EN PROSE
EPITRE,
Trop long , Conte très- court ,
page s
8
Epître à M. de Boulogne , Contrôleur général des
Finances 18
Le Soupir , à Madame L *** , qui m'en demandoit
l'explication ,
La Perdrix & fes Petits , Fable ,
24
27
Stances à MM. les Gardes du Corps du Roi , fur la
fête qu'ils ont donnée à Orléans le 16 Octobre ,
à l'occafion de la Naiffance de Monfeigneur le
Comte d'Artois ,
Suite des Réflexions fur l'Efprit humain
28
30
Vers à Olympe , & Madrigaux du même Auteur
,
Vers à M. le Contrôleur général ,
62
83
Vers à Madame de M... qui m'habilloit en femme
, 64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Novembre,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfen ,
65
ibid.
68
216
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES:
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveant;
Lettres à l'Auteur du Mercure ,
72
796 97
Séance publique de l'Académie des Belles - Lettres
de Montauban ,
111
119
ART. III. SCIENCES ET BELLEs Lettres,
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Hiftoire naturelle. Obſervations d'anatomie & d'hiltoire
naturelle , faites fur un chien de met , 116
Chirurgie. Lettre à M *** , 140
Séance publique de l'Académie des Sciences , 147
Avis aux Soulcripteurs de l'Encyclopédie ,
Mufique.
ART. IV. BEAUX- ARTS.
148
153
Peinture. Lettres à l'Auteur du Mercure, 159, 165
Gravure, 167
Archite&ure. 174
ART. V. SPECTACLES
Opera ; 179
Comédie Françoife , 187
Comédie Italienne , ibid.
Concert fpirituel . 183
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
189
Nouvelles de la Cour , de Paris &c , 195
Bénéfices donnés , 203
ibid
Mariage & Morts ,
Mémoire généalogique de la maifon du Chaftel ,
Avis divers ,
205
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES IN VERS AT EN PROSE
EPITRE,
Trop long , Conte très- court ,
page s
8
Epître à M. de Boulogne , Contrôleur général des
Finances 18
Le Soupir , à Madame L *** , qui m'en demandoit
l'explication ,
La Perdrix & fes Petits , Fable ,
24
27
Stances à MM. les Gardes du Corps du Roi , fur la
fête qu'ils ont donnée à Orléans le 16 Octobre ,
à l'occafion de la Naiffance de Monfeigneur le
Comte d'Artois ,
Suite des Réflexions fur l'Efprit humain
28
30
Vers à Olympe , & Madrigaux du même Auteur
,
Vers à M. le Contrôleur général ,
62
83
Vers à Madame de M... qui m'habilloit en femme
, 64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Novembre,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfen ,
65
ibid.
68
216
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES:
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveant;
Lettres à l'Auteur du Mercure ,
72
796 97
Séance publique de l'Académie des Belles - Lettres
de Montauban ,
111
119
ART. III. SCIENCES ET BELLEs Lettres,
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Hiftoire naturelle. Obſervations d'anatomie & d'hiltoire
naturelle , faites fur un chien de met , 116
Chirurgie. Lettre à M *** , 140
Séance publique de l'Académie des Sciences , 147
Avis aux Soulcripteurs de l'Encyclopédie ,
Mufique.
ART. IV. BEAUX- ARTS.
148
153
Peinture. Lettres à l'Auteur du Mercure, 159, 165
Gravure, 167
Archite&ure. 174
ART. V. SPECTACLES
Opera ; 179
Comédie Françoife , 187
Comédie Italienne , ibid.
Concert fpirituel . 183
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
189
Nouvelles de la Cour , de Paris &c , 195
Bénéfices donnés , 203
ibid
Mariage & Morts ,
Mémoire généalogique de la maifon du Chaftel ,
Avis divers ,
205
211
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections. La première section rassemble des œuvres littéraires variées, telles que des épîtres, des fables, des stances, des réflexions philosophiques et des poèmes dédiés à des personnalités spécifiques. Parmi les œuvres notables figurent 'L'Épître à M. de Boulogne', 'La Perdrix et ses Petits' et des 'Stances à MM. les Gardes du Corps du Roi'. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, incluant des extraits de livres récents, des lettres à l'auteur du Mercure et des séances de l'Académie des Belles-Lettres de Montauban. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, avec des observations d'anatomie et d'histoire naturelle, des lettres sur la chirurgie et des séances de l'Académie des Sciences. La quatrième section se concentre sur les beaux-arts, avec des lettres sur la peinture, la gravure et l'architecture. La cinquième section couvre les spectacles, mentionnant l'opéra, la comédie française et italienne, ainsi que les concerts spirituels. Enfin, la sixième section présente des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, des annonces de mariages et de décès, un mémoire généalogique et divers avis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer