Résultats : 9567 texte(s)
Détail
Liste
1501
p. 73-97
LE CHESNE & l'Espine.
Début :
J'ay dessein de me faire hermite, [...]
Mots clefs :
Chêne, Épine, Ermite, Religieux, Loger dans un chêne, Solitude, Damon, Manger, Glands, Ermitage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE CHESNE & l'Espine.
LE CHESNE
&
PEspine.
J'Ay deffein de mefaire
hermite ,
Le monde eft trop contagieux :
Tant qu'on fe trouve
fous les yeux ,
Onl'aime , on s'y plaiſt ,
on l'imite ;
C'eſt peu d'eſtre Religieux ,
J'ay deffein de me faire
hermite.
Septembre 1712. G
74 MERCURE
Non de cette fecte profcrite ,
Qui trouvoit jadis cent
raifons
Pour rendre ou recevoir
viſite ,
De ces gens à face hipocrite ,
Qu'on voyoit en quelques maiſons ,
Couverts d'un froc hiteroclite ,
Et bridez comme des oi9" efonst,
Aller faire la chatemite
GALANT. 75
Et fe coulant par les
maiſons ,
Quefter, dit - on, pourla
marmite ;
C'eft bien fait , il faut
vivre enfin :
Mais gare dans cette conduite ,
Que l'Eftafier de ſaint
Martin ,
De tout temps cauteleux & fin ,
Quelquefois ne marche
àa la fuite. 97
Pour ne point tomber
G ij
76 MERCURE
dans le cas ,
Je veux comme un autre
Stilite
Me guinder dans une
guerite.
Là content , & loin du
tracas
Mépriſant , comme il le
merite ,
Le monde & fes tromCapeurs appas ,
Je le verray du haut en
adar bas.
Si ce deffein vous paqodiroift fage ,
GALANT. 77
Damon , je viens à deux
genoux ,
M'addreffer tout d'abord
àa vous
Pour me fonder un hermitage ,
Peu me fuffit , ne craignez rien ,
Sans demembrer voſtre
hermitage ,
Je vous demande pour
tout bien
Deux arbres , & rien davantage.
Ce chefne creux & tousG iij
F
78 MERCURE
jours verd ,
Qu'on voit en ſuperbe
cftalage
Dominer fur voftre village ,
Semble m'offrirfon flanc
ouvert ,
Grimpant à fon plus
haut eftage
C'eft où je prétends me
loger ,
Y joignant pour tout
bajardinage ,
L'efpine de voſtre verger.
Tantoft comme un oi-
GALANT. 79
feau fauvage ,
Sur leurs belles branches
perché ,
Tantoft aufond du creux
niché
Comme un moineau
dans une cage
J'y feray la nique au
peché.
Pour les befoins de la
nature
J'y trouveray mon entretien
Le gland fera ma nour-.
riture ,
G iiij
80 MERCURE
L'enfant prodigue en vefcut bien.
Le Ciel propice & falutaire
Pour la foif du pauvre
reclus ,
Luy fournira de belle eau
!
claire :
Helas que luy faut . il
de plus.
Ce chefne dont la refiftance
Triomphe depuis fi longtemps
Et des orages & des
vents
GALANT. 81
M'apprendra dans ma
penitence ,
Qu'il faut refifter juſqu'au bout ,
Et que la force & la
conftance
A la fin triomphent de
tout.
En voyant la feüille mobille !
Obeïr aux moindres zephirs ;
Helas ! diray-je avec ſoupirs ,
C'est ainsi que le cœur
fragile
82 MERCURE
Se laiffe aller à fes defirs.
S'il eſt battu de quelque
orage ,
Si des vents il fent la rigueur ,
J'y croiray trouver une
image
De ce trifte & cruel ravage ,
Que les paffions en fureur ,
Caufent quelquefois dans
un cœur.
Charmante épine , mais
trompeuſe ,
GALANT. 83
Vous eftes un peu dangercufe
Par les pointes que vous
cachez :
Vous m'apprendrez que
vos piqueures
Font de moins funeftes
bleffeures ,
Que les plaifirs que j'ay
cherchez.
A la douleur ,
quoyque
fenfible ,
J'en connoiftray l'utilité
Quand vous m'aurez facilité
84 MERCURE
La route fafcheufe &
penible
Qui mene à la felicité.
Vous n'aurez pour moy
rien de rude ,
Aimable & chere folitude ,
Alte là , me dira quelqu'un ,
Moderez un peu voſtre
zele ,
Voftre folitude eft fort
belle ,
Et ce projet n'eſt pas
commun ;
GALANT. 85
Mais cependant pour
vous j'en tremble ,
Je fçay qui s'en repentiroit ,
Et d'abord , à ce qu'il
me femble ,
Vous vous giftez bien à
l'eftroit.
D'ailleurs du gland pour
nourriture ,
C'eſt certes un maigre
repas :
L'enfant prodigue vous
raffeure
Mais le drolle en fut bientoft las.
86 MERCURE
Enfin c'eſt bien pauvre
befogne
Que de belle eau claire
entre nous ;
Atout hazard garniſſezvous
De quelque bon vin de
Bourgogne ,
Cela feroit fort de mon
gouft.
On a beau dire , on a
beau faire ,
La plus belle eau claire
après tout
Ne fouftient point le Solitaire >
GALANT. 87
Et pouffe la ferveur à
bout ,
Le vin meuble mieux la
cellule.
Taifez- vous , demon tentateur ,
N'efperez pas troubler
mon cœur ,
Mon zele jamais ne recule.
Eft -ce à l'eftroit eſtre
giſté ,
Que d'eftre logé dans un
chefne ?
Où ( fi jadis j'ay bien
88 MERCURE
compté )
Quarante enfans tiennent
fans peine.
Pour l'épine je me fouviens ,
Qu'on y tient douze à table ronde ;
Or , s'il y tient bien tant
de monde ,
C'eſt grand hazard ſi je
n'y tiens.
Pour le gland , & la belle
eau claire ,
Je ne m'en fais pas une
affaire ;
Je
GALANT. 89
Je puis m'en contenter.
Enfin ;
Chez Damon ,
quoyque
l'on m'oppoſe ,
Il me fuffit pour toute
chofe ,
Que je vous auray pour
voiſin.
Non ; avec ce doux voifinage ,
Je ne craindray ny foif
ny faim ' ,
Et vivray dans mon hermitage
Sans foucy pour le lenSeptembre 1712. H
90 MERCURE
demain.
Voftre cuiſine en eft fi
proche ,
Que j'entendray tourner
la broche ,
Qui ne tourne jamais en
vain;
Ce bruit me tiendra lieu
de cloche ,
Et je croiray qu'on veut
fonner
Pour marquer l'heure du
difner.
Apeine ferez-vous à table
,
GALANT. 91
1
Que d'unairdoux & charitable ,
Vous direz àvoſtre valet,
Tiens , prend un plat &
ce poulet ,
porte Et le
Qui n'a
à ce pauvre
Hermite ,
ny broche
ny
marmite.
Je l'entendray venir ſoudain ,
Et m'avançant en diligence ,
Je beniray la Providence,
Et n'aurez qu'à tendre la
Hij
92 MERCURE
main ,
Si par hazard on accompagne
Le plat de roz d'un bon
flacon ,
Ou de Bourgogne ou de
Champagne ,
Faudra - t- il le refufer ?
non.
Unpauvre Hermitepeut
bien prendre
Tout ce qui luy vient de
bon lieu.
Tout prendre? oüy, pour
l'amour de Dieu ,
GALANT. 93
Du vin feul, cela doit s'entendre.
Dieu preferve un pauvre
reclus
Degarder meubles fuperAlus.
Tout cecy pourtant doit
fe taire ;
Car autrement je crain-'
drayfort
Qu'on ne fuft jaloux de
mon fort
Si l'on entroit dans ce
myftere.
Tel à qui ce texte a fait
peur ,
94 MERCURE
S'apprivoifant au Commentaire ,
Voudroit fans doute de
bon cœur
Embraffer cette vic auf
tere,
Et demandant avec ardeur
Unpetit coin auSolitaire,
Feroit malgré le Fonda-
: teur
De l'Hermitage un Monaftere.
Mais que chacun refte
chez foy,
GALANT. 95
Le lieu n'eſt pas trop
grand pour moy;
Je m'y borne & je me
confine
Dans monchefne& dans
mon efpine.
J'y fouffriray s'il faut
fouffrir ;
J'y veux vivre , j'y veux
mourir;
Que l'on en parle, qu'on
engronde ;
Que l'on en jafe dans le
monde;
Je le dis , & je le diray,
96 MERCURE
Auffi long-temps que je
vivray.
Vous n'aurez pour moy
rien de rude
Aimable & chere folitude
Belle efpine , cheſne fameux ,
Pourveu que je faſſe me
vœux
Comme Damon me les
fait faire ,
Bon voisinage & bonne
chere
Rendra l'hermite bienheureux.
Qu'un
GALANT. 97
Qu'un jour le Deſtin
nous affemble ,
J'y penfe , j'y refve fou
vent ;
Mais il faudroit auparavant
Que Damon nous uniſt
enſemble.
&
PEspine.
J'Ay deffein de mefaire
hermite ,
Le monde eft trop contagieux :
Tant qu'on fe trouve
fous les yeux ,
Onl'aime , on s'y plaiſt ,
on l'imite ;
C'eſt peu d'eſtre Religieux ,
J'ay deffein de me faire
hermite.
Septembre 1712. G
74 MERCURE
Non de cette fecte profcrite ,
Qui trouvoit jadis cent
raifons
Pour rendre ou recevoir
viſite ,
De ces gens à face hipocrite ,
Qu'on voyoit en quelques maiſons ,
Couverts d'un froc hiteroclite ,
Et bridez comme des oi9" efonst,
Aller faire la chatemite
GALANT. 75
Et fe coulant par les
maiſons ,
Quefter, dit - on, pourla
marmite ;
C'eft bien fait , il faut
vivre enfin :
Mais gare dans cette conduite ,
Que l'Eftafier de ſaint
Martin ,
De tout temps cauteleux & fin ,
Quelquefois ne marche
àa la fuite. 97
Pour ne point tomber
G ij
76 MERCURE
dans le cas ,
Je veux comme un autre
Stilite
Me guinder dans une
guerite.
Là content , & loin du
tracas
Mépriſant , comme il le
merite ,
Le monde & fes tromCapeurs appas ,
Je le verray du haut en
adar bas.
Si ce deffein vous paqodiroift fage ,
GALANT. 77
Damon , je viens à deux
genoux ,
M'addreffer tout d'abord
àa vous
Pour me fonder un hermitage ,
Peu me fuffit , ne craignez rien ,
Sans demembrer voſtre
hermitage ,
Je vous demande pour
tout bien
Deux arbres , & rien davantage.
Ce chefne creux & tousG iij
F
78 MERCURE
jours verd ,
Qu'on voit en ſuperbe
cftalage
Dominer fur voftre village ,
Semble m'offrirfon flanc
ouvert ,
Grimpant à fon plus
haut eftage
C'eft où je prétends me
loger ,
Y joignant pour tout
bajardinage ,
L'efpine de voſtre verger.
Tantoft comme un oi-
GALANT. 79
feau fauvage ,
Sur leurs belles branches
perché ,
Tantoft aufond du creux
niché
Comme un moineau
dans une cage
J'y feray la nique au
peché.
Pour les befoins de la
nature
J'y trouveray mon entretien
Le gland fera ma nour-.
riture ,
G iiij
80 MERCURE
L'enfant prodigue en vefcut bien.
Le Ciel propice & falutaire
Pour la foif du pauvre
reclus ,
Luy fournira de belle eau
!
claire :
Helas que luy faut . il
de plus.
Ce chefne dont la refiftance
Triomphe depuis fi longtemps
Et des orages & des
vents
GALANT. 81
M'apprendra dans ma
penitence ,
Qu'il faut refifter juſqu'au bout ,
Et que la force & la
conftance
A la fin triomphent de
tout.
En voyant la feüille mobille !
Obeïr aux moindres zephirs ;
Helas ! diray-je avec ſoupirs ,
C'est ainsi que le cœur
fragile
82 MERCURE
Se laiffe aller à fes defirs.
S'il eſt battu de quelque
orage ,
Si des vents il fent la rigueur ,
J'y croiray trouver une
image
De ce trifte & cruel ravage ,
Que les paffions en fureur ,
Caufent quelquefois dans
un cœur.
Charmante épine , mais
trompeuſe ,
GALANT. 83
Vous eftes un peu dangercufe
Par les pointes que vous
cachez :
Vous m'apprendrez que
vos piqueures
Font de moins funeftes
bleffeures ,
Que les plaifirs que j'ay
cherchez.
A la douleur ,
quoyque
fenfible ,
J'en connoiftray l'utilité
Quand vous m'aurez facilité
84 MERCURE
La route fafcheufe &
penible
Qui mene à la felicité.
Vous n'aurez pour moy
rien de rude ,
Aimable & chere folitude ,
Alte là , me dira quelqu'un ,
Moderez un peu voſtre
zele ,
Voftre folitude eft fort
belle ,
Et ce projet n'eſt pas
commun ;
GALANT. 85
Mais cependant pour
vous j'en tremble ,
Je fçay qui s'en repentiroit ,
Et d'abord , à ce qu'il
me femble ,
Vous vous giftez bien à
l'eftroit.
D'ailleurs du gland pour
nourriture ,
C'eſt certes un maigre
repas :
L'enfant prodigue vous
raffeure
Mais le drolle en fut bientoft las.
86 MERCURE
Enfin c'eſt bien pauvre
befogne
Que de belle eau claire
entre nous ;
Atout hazard garniſſezvous
De quelque bon vin de
Bourgogne ,
Cela feroit fort de mon
gouft.
On a beau dire , on a
beau faire ,
La plus belle eau claire
après tout
Ne fouftient point le Solitaire >
GALANT. 87
Et pouffe la ferveur à
bout ,
Le vin meuble mieux la
cellule.
Taifez- vous , demon tentateur ,
N'efperez pas troubler
mon cœur ,
Mon zele jamais ne recule.
Eft -ce à l'eftroit eſtre
giſté ,
Que d'eftre logé dans un
chefne ?
Où ( fi jadis j'ay bien
88 MERCURE
compté )
Quarante enfans tiennent
fans peine.
Pour l'épine je me fouviens ,
Qu'on y tient douze à table ronde ;
Or , s'il y tient bien tant
de monde ,
C'eſt grand hazard ſi je
n'y tiens.
Pour le gland , & la belle
eau claire ,
Je ne m'en fais pas une
affaire ;
Je
GALANT. 89
Je puis m'en contenter.
Enfin ;
Chez Damon ,
quoyque
l'on m'oppoſe ,
Il me fuffit pour toute
chofe ,
Que je vous auray pour
voiſin.
Non ; avec ce doux voifinage ,
Je ne craindray ny foif
ny faim ' ,
Et vivray dans mon hermitage
Sans foucy pour le lenSeptembre 1712. H
90 MERCURE
demain.
Voftre cuiſine en eft fi
proche ,
Que j'entendray tourner
la broche ,
Qui ne tourne jamais en
vain;
Ce bruit me tiendra lieu
de cloche ,
Et je croiray qu'on veut
fonner
Pour marquer l'heure du
difner.
Apeine ferez-vous à table
,
GALANT. 91
1
Que d'unairdoux & charitable ,
Vous direz àvoſtre valet,
Tiens , prend un plat &
ce poulet ,
porte Et le
Qui n'a
à ce pauvre
Hermite ,
ny broche
ny
marmite.
Je l'entendray venir ſoudain ,
Et m'avançant en diligence ,
Je beniray la Providence,
Et n'aurez qu'à tendre la
Hij
92 MERCURE
main ,
Si par hazard on accompagne
Le plat de roz d'un bon
flacon ,
Ou de Bourgogne ou de
Champagne ,
Faudra - t- il le refufer ?
non.
Unpauvre Hermitepeut
bien prendre
Tout ce qui luy vient de
bon lieu.
Tout prendre? oüy, pour
l'amour de Dieu ,
GALANT. 93
Du vin feul, cela doit s'entendre.
Dieu preferve un pauvre
reclus
Degarder meubles fuperAlus.
Tout cecy pourtant doit
fe taire ;
Car autrement je crain-'
drayfort
Qu'on ne fuft jaloux de
mon fort
Si l'on entroit dans ce
myftere.
Tel à qui ce texte a fait
peur ,
94 MERCURE
S'apprivoifant au Commentaire ,
Voudroit fans doute de
bon cœur
Embraffer cette vic auf
tere,
Et demandant avec ardeur
Unpetit coin auSolitaire,
Feroit malgré le Fonda-
: teur
De l'Hermitage un Monaftere.
Mais que chacun refte
chez foy,
GALANT. 95
Le lieu n'eſt pas trop
grand pour moy;
Je m'y borne & je me
confine
Dans monchefne& dans
mon efpine.
J'y fouffriray s'il faut
fouffrir ;
J'y veux vivre , j'y veux
mourir;
Que l'on en parle, qu'on
engronde ;
Que l'on en jafe dans le
monde;
Je le dis , & je le diray,
96 MERCURE
Auffi long-temps que je
vivray.
Vous n'aurez pour moy
rien de rude
Aimable & chere folitude
Belle efpine , cheſne fameux ,
Pourveu que je faſſe me
vœux
Comme Damon me les
fait faire ,
Bon voisinage & bonne
chere
Rendra l'hermite bienheureux.
Qu'un
GALANT. 97
Qu'un jour le Deſtin
nous affemble ,
J'y penfe , j'y refve fou
vent ;
Mais il faudroit auparavant
Que Damon nous uniſt
enſemble.
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Résumé : LE CHESNE & l'Espine.
En septembre 1712, un individu décide de se retirer du monde pour devenir ermite. Il souhaite fuir la contagion du monde et se retirer dans une solitude complète, loin des hypocrisies et des visites fréquentes. Il projette de s'installer dans un chêne creux et verdoyant, dominant un village, et d'y ajouter une épine de verger pour son jardin. Il prévoit de subsister grâce aux glands et à l'eau claire fournie par le ciel. Le chêne lui enseignera la résistance et la force, tandis que l'épine, bien que dangereuse, lui apprendra l'utilité de la douleur. Malgré les objections sur la rudesse de sa future vie, il reste déterminé. Il prévoit de vivre près de Damon, dont la cuisine est proche, et espère recevoir des restes de ses repas. Il insiste sur le fait que son ermitage est suffisant pour lui seul et qu'il n'acceptera pas de visiteurs. Il conclut en exprimant son désir de vivre et de mourir dans son ermitage, malgré les critiques du monde.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1502
p. 162-168
ADIEU D'IRIS à ses moutons, sur la mort de son Berger. EGLOGUE.
Début :
A Dieu, mes chers moutons, errez à l'avanture; [...]
Mots clefs :
Berger, Moutons, Iris, Mort, Pleurs, Adieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADIEU D'IRIS à ses moutons, sur la mort de son Berger. EGLOGUE.
ADIEU D'IRIS
àfes moutons , fur la
mort de fon Berger,
EGLOGUE.
ADieu , mes chers moutons , errez àl'a
at vanture ; NO
Fai perdu mon Berger
j'abandonne mon
chien:
S'il plaît aux Dieux je
n'aimerai plus rien
GALANT.. 161
Quifoitfujet auxloix de
la nature.
23 424
Mon cœur,pourſe nourourirde fes cruels
ennuiss
Ne chercheplus que larestraites his
En vous congediant je
brife ma boulette ,
Je ne puis vous garder en
Létat oùjefuis. LL
Votre voix , chers moutons , n'est pas affez
O ij
164 MERCURE
Larisaplaintive ,
Pourflaserla langueur où
m'ont reduit mes
maux
Je vais mêler mes plours:
à cette onde attentive.
Partez LaiffeZ- moyfeule,
indolens animaux.
Mais non, vos bélemens
fonttriſtes , dites-vous,
Il n'importe partez ; je
vousplains , je vous
aime: **
Mais quand je ne puis
GALANT rất
men dans mes maux
O
apoursmoy- même,
Helas , que pourrois –je
·pourvous 2
Ne vous repofez plusfür
L'amitié fincere
Qu'ont toujours eu pour
moy les bergers d'awalentour;
Le mien étoit conftant , il
a perdu le jour,
Helas!il n'en estplus d'un
pareil caractere..
?
166 MERCURE
Puiffiez- vous, attentifs à
côtre sûreté, wolvi
Kous garantir des loups
&des orages ;
Puiffiez - vous en repos
dans degraspâturages
Trouverfans moy. vôtre
felicités
Mais puiffiez - vous plûStốt, 6 vous plaines
fertilesy
Trouverl'hiver dans tou
tes lesfaifons;
Je vois avec douleur vos
GALANT. 167
»fleurs &vos moiffons
Mon berger ne vit plus
que n'êtes -vous ſte
riles ?
Pardonnez , chers moutons , fi defon verd
charmant
Ma douleur voudroit
voir dépouiller la nature st
Qu'elleproduifefeulement
Ce qu'il faut pour votre
Pature..
168 MERCURE
Ainfi l'aimable Iris fur
lesbordsdunruiffeau
Livrée àfa douleur mortelle
Eloignoit à regrespourjamais d'auprés d'elle
Son trifle &fidele trou
peau..
àfes moutons , fur la
mort de fon Berger,
EGLOGUE.
ADieu , mes chers moutons , errez àl'a
at vanture ; NO
Fai perdu mon Berger
j'abandonne mon
chien:
S'il plaît aux Dieux je
n'aimerai plus rien
GALANT.. 161
Quifoitfujet auxloix de
la nature.
23 424
Mon cœur,pourſe nourourirde fes cruels
ennuiss
Ne chercheplus que larestraites his
En vous congediant je
brife ma boulette ,
Je ne puis vous garder en
Létat oùjefuis. LL
Votre voix , chers moutons , n'est pas affez
O ij
164 MERCURE
Larisaplaintive ,
Pourflaserla langueur où
m'ont reduit mes
maux
Je vais mêler mes plours:
à cette onde attentive.
Partez LaiffeZ- moyfeule,
indolens animaux.
Mais non, vos bélemens
fonttriſtes , dites-vous,
Il n'importe partez ; je
vousplains , je vous
aime: **
Mais quand je ne puis
GALANT rất
men dans mes maux
O
apoursmoy- même,
Helas , que pourrois –je
·pourvous 2
Ne vous repofez plusfür
L'amitié fincere
Qu'ont toujours eu pour
moy les bergers d'awalentour;
Le mien étoit conftant , il
a perdu le jour,
Helas!il n'en estplus d'un
pareil caractere..
?
166 MERCURE
Puiffiez- vous, attentifs à
côtre sûreté, wolvi
Kous garantir des loups
&des orages ;
Puiffiez - vous en repos
dans degraspâturages
Trouverfans moy. vôtre
felicités
Mais puiffiez - vous plûStốt, 6 vous plaines
fertilesy
Trouverl'hiver dans tou
tes lesfaifons;
Je vois avec douleur vos
GALANT. 167
»fleurs &vos moiffons
Mon berger ne vit plus
que n'êtes -vous ſte
riles ?
Pardonnez , chers moutons , fi defon verd
charmant
Ma douleur voudroit
voir dépouiller la nature st
Qu'elleproduifefeulement
Ce qu'il faut pour votre
Pature..
168 MERCURE
Ainfi l'aimable Iris fur
lesbordsdunruiffeau
Livrée àfa douleur mortelle
Eloignoit à regrespourjamais d'auprés d'elle
Son trifle &fidele trou
peau..
Fermer
Résumé : ADIEU D'IRIS à ses moutons, sur la mort de son Berger. EGLOGUE.
Le texte 'Adieu d'Iris' est une églogue qui relate la douleur d'Iris après la perte de son berger. Iris annonce à ses moutons qu'elle les quitte, incapable de supporter les cruels ennuis qui l'accablent. Elle souhaite se retirer dans la solitude et les congédie, bien qu'elle les aime et les plaigne. Iris regrette de ne plus pouvoir leur offrir l'amitié sincère qu'elle avait reçue des bergers voisins. Elle espère que ses moutons trouveront sécurité et bonheur malgré son absence. Iris observe avec tristesse les fleurs et les moissons, se demandant pourquoi les moutons ne sont pas stériles, souhaitant que la nature ne produise que ce qui est nécessaire à leur pâture. Enfin, Iris, submergée par sa douleur, s'éloigne à jamais de son trépied et de son troupeau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1503
p. 174-177
Parodie de l'Enigme burlesque dont le mot est une Selle.
Début :
Tout ainsi qu'un Regent explique [...]
Mots clefs :
Selle, S'asseoir, Cheval
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Enigme burlesque dont le mot est une Selle.
ARTICLE
des Enigmes.
Parodie de l'Enigme burlefque dont le mot eft
une Selle.
Tout amfiqu'un Regent
expliques
Que le motdecanne s'applique
Au bâton foutien d'un
vieillard,
་
Comme à l'épouse d'un canard:
#
GALANT. *175
Ainfi , dit l'auteur de l'Enigme,
Qui ne fait point de rime
en igme,
Ainfi Selle eft le nom de
deux individus.
Sipareils motsfont défendus ,
Et même en Enigme comique,
Je prens pour m'excufer
licence énigmatique.
Selle le
reest faite pour
Purpos
Etfatigue à la longue EcoPiiij
176 MERCURE
lier & Heros. t
La Selle à s'asseoir fe rabote, saf
Et l'on brode Selle à che
vaux.
SurSelle un Savetier fiffle bien la linote,
Homme & cheval font
animaux d
Et Selle entre les deux
fait de trés-longs
voyages.
Selle meublepauvres mé
nages ,
Et Selle brille auxcaroufels.
GALANT. 177
A des vêtemens tels que
al moshotels. OR AT
Fambe vivante oujambe
morte
La fait repofer on tracery
Embraffe celuiqui laporAte
Etportebien lui quifait
bienl'embraffer.
des Enigmes.
Parodie de l'Enigme burlefque dont le mot eft
une Selle.
Tout amfiqu'un Regent
expliques
Que le motdecanne s'applique
Au bâton foutien d'un
vieillard,
་
Comme à l'épouse d'un canard:
#
GALANT. *175
Ainfi , dit l'auteur de l'Enigme,
Qui ne fait point de rime
en igme,
Ainfi Selle eft le nom de
deux individus.
Sipareils motsfont défendus ,
Et même en Enigme comique,
Je prens pour m'excufer
licence énigmatique.
Selle le
reest faite pour
Purpos
Etfatigue à la longue EcoPiiij
176 MERCURE
lier & Heros. t
La Selle à s'asseoir fe rabote, saf
Et l'on brode Selle à che
vaux.
SurSelle un Savetier fiffle bien la linote,
Homme & cheval font
animaux d
Et Selle entre les deux
fait de trés-longs
voyages.
Selle meublepauvres mé
nages ,
Et Selle brille auxcaroufels.
GALANT. 177
A des vêtemens tels que
al moshotels. OR AT
Fambe vivante oujambe
morte
La fait repofer on tracery
Embraffe celuiqui laporAte
Etportebien lui quifait
bienl'embraffer.
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Résumé : Parodie de l'Enigme burlesque dont le mot est une Selle.
Le texte présente une parodie d'une énigme burlesque centrée sur le mot 'selle'. L'auteur explique que ce terme peut s'appliquer à divers contextes, comme le bâton d'un vieillard ou l'épouse d'un canard. Il précise que 'selle' est également le nom de deux personnes, et que ces mots sont interdits, même dans une énigme comique, pour lesquels il demande une licence énigmatique. Le texte explore ensuite les multiples significations du mot 'selle'. Il note que la selle sert à s'asseoir et peut être rabotée, safrée et brodée pour les chevaux. Elle permet à l'homme et au cheval de faire de longs voyages. La selle meuble aussi les pauvres ménages et brille aux carrefours. Enfin, elle peut servir à reposer une jambe vivante ou morte et est portée par celui qui l'embrasse bien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1504
p. 177-179
ENIGME.
Début :
Nous allumons une trés-vive guerre [...]
Mots clefs :
Dés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Nous allumons une trésvive guerre
178 MERCURE
Entre des Dames , qui
Jouvent
Vont&viennent dans un
parterre
Dont ellesfonttout l'ornement,
Et lesgens qui de nous dépendent
De notre pouvoirfeul attendent
Leur fubfiftance
deftruction.
leur
Bigearres dans notre action ,
Nous étonnons fouvent
GALANT 2179
nos guides :
Ils nous nomment traires,
perfides ,
Et parfois nous les conduifons
Bien prés des PetitesMaifons
Nous allumons une trésvive guerre
178 MERCURE
Entre des Dames , qui
Jouvent
Vont&viennent dans un
parterre
Dont ellesfonttout l'ornement,
Et lesgens qui de nous dépendent
De notre pouvoirfeul attendent
Leur fubfiftance
deftruction.
leur
Bigearres dans notre action ,
Nous étonnons fouvent
GALANT 2179
nos guides :
Ils nous nomment traires,
perfides ,
Et parfois nous les conduifons
Bien prés des PetitesMaifons
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1505
p. 189-195
A MADAME P... Aprés une fete où il avoit paru en habit de Mercure.
Début :
Moy qui fais si souvent les messages d'autrui, [...]
Mots clefs :
Mercure, Déguisement, Messages, Parrain des vers, Parnasse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME P... Aprés une fete où il avoit paru en habit de Mercure.
A MADAME P...
Aprésune fete où il avoit paru en
habit de Mercure.
MOy qui fais fi fouvent
les meffages d'autrui ,
Nepourrai-je en mon nom
m'expliquer aujourd'hui ?
Si l'Amour a pour lui quel
que chofe à vous dire,
Qu'il vienne , n'a til pas des
aîles comme moy ?
Si j'allois vous parler de fa
part , je prévoyn
£190 MERCURE ·
Que je ne mettrois guere à
me faire éconduire. 、
C'eſt donc comme patron
de tous les beaux elprits,
Commeparrain des vers ou
bien, ou mal écrits ,
Commecoufin- germain de
la docte Minerve ,
Et comme nourricier de
toute jeune verve ,
ཐ་
Que Mercure s'offre à vos
-Compul yeux. deshi 2
J'ai fçû que dans ces lieux
On prepare pour vous une
fête charmante ;
Que Comus prend fur lui de
la rendre abondante : -
GALANT. 191
Mais peut être , fans mon
cam fecours,loci
Quelque affaifonnement y
manqueroit toûjours.
Au temps que Jupiter faifoit tant de conquêtes ,
Combien ai-je ordonné de
fêtes :
Pour des fujets qui les meritoient moins ?
Je meſure au merite & mon
azele & mes foins ;
Grandmaîtrede ceremonie
Faflemble le confeil des
Dieux ,
Jeregle les places aux
Cieux , e
192 MERCURE
Et c'eft moy qui jadis fit
naître la manie
Despreféances & des rangsi
Ici je rangerai toute la compagnie ,
Mais fans trouble & fans
differends :..
Aux uns tout prés de vous
je marquerai leur place ;
Qu'ils goûtent ce bonheur
fansfafte & fans audace :51
Pour les autres je ne dis
past)
Que j'empêche leur jalou
fie,
Mais fiez-vous à moy ; ſans
vous prendreà partie
Ils
GALANT.
193
Ils fe plaindront au fort , &
fe plaindront tout bas.
Des deputez du Parnaſſe
Je ferai l'introducteur.
Pour les froidscomplimens
je vous demande grace ,
Permettez que l'efprit fe
fauve fur le cœur ;
Demeurez cependant arbitre fouveraine
Des vers que l'on vous of
frira,
Reprimez des rimeurs la
nation hautaine ,
Decidez comme il vous
plaira:
La verge que je tiens , de
R
Sept. 1712.
194 MERCURE
ferpens enlaffée
Qu'on nomme Caducée
De tout temps a denote
La fageffe & l'autorité
Avec ce fceptre je châtie
Les mal-façons en Poëfie
Sans égard du coupable &
de fa qualite.
Jemets à vos genoux cefceptre refpectable ,
Exercez fur les versun empire certain, Mob
Prenez-le. Mais à peine eftil cn vôtre main ,
Queje fens qu'à moy même
il devient refpectable.
Un prologue fi long pour-
M
GALANT. 195
roit bien vous laffer
Des Jeux & des Plaifirs une
riante eſcorte
Eſt là qui m'attend à la porte,
Ferai-je entrer? allons- nous
commencer?
MOR
Aprésune fete où il avoit paru en
habit de Mercure.
MOy qui fais fi fouvent
les meffages d'autrui ,
Nepourrai-je en mon nom
m'expliquer aujourd'hui ?
Si l'Amour a pour lui quel
que chofe à vous dire,
Qu'il vienne , n'a til pas des
aîles comme moy ?
Si j'allois vous parler de fa
part , je prévoyn
£190 MERCURE ·
Que je ne mettrois guere à
me faire éconduire. 、
C'eſt donc comme patron
de tous les beaux elprits,
Commeparrain des vers ou
bien, ou mal écrits ,
Commecoufin- germain de
la docte Minerve ,
Et comme nourricier de
toute jeune verve ,
ཐ་
Que Mercure s'offre à vos
-Compul yeux. deshi 2
J'ai fçû que dans ces lieux
On prepare pour vous une
fête charmante ;
Que Comus prend fur lui de
la rendre abondante : -
GALANT. 191
Mais peut être , fans mon
cam fecours,loci
Quelque affaifonnement y
manqueroit toûjours.
Au temps que Jupiter faifoit tant de conquêtes ,
Combien ai-je ordonné de
fêtes :
Pour des fujets qui les meritoient moins ?
Je meſure au merite & mon
azele & mes foins ;
Grandmaîtrede ceremonie
Faflemble le confeil des
Dieux ,
Jeregle les places aux
Cieux , e
192 MERCURE
Et c'eft moy qui jadis fit
naître la manie
Despreféances & des rangsi
Ici je rangerai toute la compagnie ,
Mais fans trouble & fans
differends :..
Aux uns tout prés de vous
je marquerai leur place ;
Qu'ils goûtent ce bonheur
fansfafte & fans audace :51
Pour les autres je ne dis
past)
Que j'empêche leur jalou
fie,
Mais fiez-vous à moy ; ſans
vous prendreà partie
Ils
GALANT.
193
Ils fe plaindront au fort , &
fe plaindront tout bas.
Des deputez du Parnaſſe
Je ferai l'introducteur.
Pour les froidscomplimens
je vous demande grace ,
Permettez que l'efprit fe
fauve fur le cœur ;
Demeurez cependant arbitre fouveraine
Des vers que l'on vous of
frira,
Reprimez des rimeurs la
nation hautaine ,
Decidez comme il vous
plaira:
La verge que je tiens , de
R
Sept. 1712.
194 MERCURE
ferpens enlaffée
Qu'on nomme Caducée
De tout temps a denote
La fageffe & l'autorité
Avec ce fceptre je châtie
Les mal-façons en Poëfie
Sans égard du coupable &
de fa qualite.
Jemets à vos genoux cefceptre refpectable ,
Exercez fur les versun empire certain, Mob
Prenez-le. Mais à peine eftil cn vôtre main ,
Queje fens qu'à moy même
il devient refpectable.
Un prologue fi long pour-
M
GALANT. 195
roit bien vous laffer
Des Jeux & des Plaifirs une
riante eſcorte
Eſt là qui m'attend à la porte,
Ferai-je entrer? allons- nous
commencer?
MOR
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Résumé : A MADAME P... Aprés une fete où il avoit paru en habit de Mercure.
Mercure, le messager des dieux, adresse une lettre ou un poème à une dame. Il explique qu'il ne peut parler en son nom propre mais peut transmettre un message d'amour. Se présentant comme le patron des beaux esprits et le parrain des vers, Mercure annonce une fête charmante en l'honneur de la dame. Il promet de veiller à ce que tout se déroule sans trouble ni différends et de ranger la compagnie de manière harmonieuse. Mercure se propose également d'introduire les députés du Parnasse et de réprimer la nation hautaine des rimeurs. Il offre à la dame son sceptre, le Caducée, symbole de sagesse et d'autorité, pour qu'elle exerce un empire certain sur les vers. Enfin, il mentionne que des jeux et des plaisirs l'attendent et demande si elle souhaite commencer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1506
p. 205-208
ENIGME.
Début :
Je suis aimé des uns, les autres me haïssent, [...]
Mots clefs :
Jour de l'an
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
nE NIGME
no staining an 319-JUS)
Je fuis aimé des uns , les
autres mehaiffent, th
Je fais & du bien & du
mals
Et s'il en eft en qui mon
afpect foit fatal ,
Fen fçai qui de me vir
toujoursfe réjou ẞent.
Les avares &les ingrats
Avec moy trouvent peu
leur compte;
206 MERCURE
Maprefence est pour eux
unefecrete honte MoM
Quand de ce que j'attens
ils ne s'acquittent pas.
Avec plaifir les amans
me reçoivent ;
I en est peu dont je ne
fois content,
Et qui pour m'honorer ne
cherchent à l'inftant ,
Lorfquej'arrive , à faire
ce qu'ils doivent.
Simonregne eft d'éclat , il
GALANT 2074
eft prompt à finir, N
Moncadet le termine ; &
mourantpourrenaître,
Aprés que j'ai feendifparoitre,
Ffais long- temps fansrevenir.
Fe fuis vieux › cependant
mes heuresfont bornées ,
Et quiprendra lefoin d'en
mesurer le cours ,
Trouvera quej'aurai vécu fort peu de jours ,
208 MERCURE
Quoique je fois chargé
d'ungrand nombre
d'années
no staining an 319-JUS)
Je fuis aimé des uns , les
autres mehaiffent, th
Je fais & du bien & du
mals
Et s'il en eft en qui mon
afpect foit fatal ,
Fen fçai qui de me vir
toujoursfe réjou ẞent.
Les avares &les ingrats
Avec moy trouvent peu
leur compte;
206 MERCURE
Maprefence est pour eux
unefecrete honte MoM
Quand de ce que j'attens
ils ne s'acquittent pas.
Avec plaifir les amans
me reçoivent ;
I en est peu dont je ne
fois content,
Et qui pour m'honorer ne
cherchent à l'inftant ,
Lorfquej'arrive , à faire
ce qu'ils doivent.
Simonregne eft d'éclat , il
GALANT 2074
eft prompt à finir, N
Moncadet le termine ; &
mourantpourrenaître,
Aprés que j'ai feendifparoitre,
Ffais long- temps fansrevenir.
Fe fuis vieux › cependant
mes heuresfont bornées ,
Et quiprendra lefoin d'en
mesurer le cours ,
Trouvera quej'aurai vécu fort peu de jours ,
208 MERCURE
Quoique je fois chargé
d'ungrand nombre
d'années
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1507
p. 33-56
DIVERTISSEMENT donné depuis peu à une noce d'un Officier general. Les paroles sont de M. P... & mises en musique par M. de la E.....
Début :
SCENE 1. BELONNE, suivie des Guerrier, & L'HYMEN accompagné [...]
Mots clefs :
Spectacles et divertissements, Noces, Musique, Belonne, Hymen, Amour, Fureur, Plaisir, Douceur, Destin, Didascalie, Soleil, Heures, Ballet, Étourdis, Choeur
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texteReconnaissance textuelle : DIVERTISSEMENT donné depuis peu à une noce d'un Officier general. Les paroles sont de M. P... & mises en musique par M. de la E.....
DIVERTISSEMENT
donné depuis peu à une node
d'un Officier general.
Les paroles font de M. P...
mifes en mufique par M.
de la E.......
SCENE L
BELONNE , fuivie des:
Guerriers & L'HYMEN
acccompagné des Amours:
O
BELONNE..
Ui rend l'Hymenfi
teméraire ?
H vient mêler aux cris de
341 MERCURE
guerre & de fureur
De fes chants amoureux:
l'importune langueur.
Ne craint-il point de me
déplaire ?
L'HYMEN.
Sima douceur déplaît à Belonne en colere ,
Ses fureurs ne plaifent gueress
Aux paifibles Amours, I
Quiviennent pour toujours
Diffipertes horreurs par des
chants d'allegreffe.
BELONNE.
Nefçais- tu pas que la fierté
D'une impitoyable Déeſſe
GALANT. 35%
S'irrite par la tendreffe ?
Je fens déja mon cœur de
colere agité :
Mais je fais grace à ta temerité
En faveur de ta foibleffe.
L'HYMEN.
L'Hymen & les Amours
Sont plus forts qu'on ne
penſe ;
Uneheureufe alliance.
Vient d'unir pour toûjours
L'Hymen & les Amours.
Er la Difcorde a bien peu
de puiffance
Lorfque l'on voit d'intelli
gence
MERCURE
L'Hymen & les Amours:
L'HYMEN aux Amours.
Invoquonsle Deftin, lui feul
par fa prefence
Peut de Belonne arrêter la
puiffance.
BELONNE.
Guerriers,par vos fieres cla
meurs:
Venez au Deftin même inſpirer mes fureurs.
CHOEURS des Guerriers »
accompagnez de trompettes.
Deftin , foyez inexorable ,
Que la guerre dure à jamais.
GALANT. 37
CHOEURS des Amours
accompagnez de Autes
douces..
Deltin , ſoyez- nous favorable ,
LHymenvous demande la
paix.
SCENE 11.
LE DESTIN.
JE fais le malheur extrême
De'a plûpart des h'ima'ns :
Mais leurbonheur fupr ne
Eft auffi dans mes mains.
38 MERCURE
Pour les punir je defole la
terre
Par Belonne & par ſon tonnerre ;
Et quand je veux leur donner d'heureux jours ,
J'éteins le flambeau de la
guerre
Par le flambeau des Amours.
Al'arrêt du Deftin que Belonne obeiffe ,
Et qu'Hymen à jamais de
ces lieux la banniſſe.
BELONNE.
Si tout languit dans un pròfond repos,
1
GALANT. 3.9
Que deviendra la valeur
des Heros?
LE DESTIN avec un accompagnement.
La valeur des Heros triomphera du vice ,
La force des Guerriers fervira deformais
Afaire trembler l'injuſtice ,
La force des Guerriers fervira deformais
A maintenir la juftice &
la paix.
LE DESTIN feul.
Fuis donc , va porter la
guerre
Et les horreurs du trépas
40 MERCURE
En quelque coin de la terre
Que le Soleil n'éclaire pas.
Belonne les Guerriers
prennent lafuite, & le Deftin ordonne aux peuples d'invoquer le Soleil, & de de
mander l'abondance lebon.
heur que la guerre avoit in
terrompus.
SCENE IH
LE DESTIN,
APrés avoir chaffé Belonne ,
Peuples , le Deftin vous orསྙབག བརྡ ལྟ D'a-
GALANT. 41
D'avoir recours au Dieuqui
doircombler nos vœux;
C'eſt le Soleil , dont la prèfence
Peut feule conferver dans
ces climats heureux
L'ordre, le calme & l'abon2 dance i
CeDieuquiparfa prudense
Sçait moderer la courfe en
parcourant les airs ;
• CeDieu quipar luiſeulfçait
regler fa puiffance,
Merite feul auffi de regler
2715 Funivers. e
* Le Deftin rentre dans-la
Grotte profonde d'où il étoit Octobre 17125 D
42 MERCURE
forti, & on voit paroître les
Soleil accompagné des Heures.
SCENE IV.
LE SOLEIL & LES
HEURES.
TAnt que le demon de
la guerre
Par fes fureurs a defolé la
terre ,
Le Deſtin a permis que le
demon des airs ,
Le cruel Aquilonfit regner
les hyvers
GALANT.
Dans l'excés de fa rage
Ila voulu confondre les faifons ,
Renverfer les moiffons.
Enfin j'ai diffipé l'orage ,
Jeramene en ces lieux,pour
combler vos defirs
Et l'abondance & les plaifirs.
Une NYMPHE.
Sans l'abondance
Tous les plaiſirs font languiffans,
2.1
On languiroit dans l'abondance
Sans les plaifirs & les jeux
innocens.
Dij
44 MERCURE.
Une autre NYMPHE
Le Soleil qui donne
Une riche autonne
Donne auffi de doux printemps ;.
La même ardeur qui rend
nos moiffons abondantes ,
Parent nos champs.
De mille fleurs naiffantes
Qui charment les fens.
LE SOLEIL parlant
aux Heures.
Vous qui fuivez les loix que
j'ai ſçû vous preſcrire ,
Vous , Heures , dont les pas.
égaux
GALANT.
Marquent mesglorieux tra
vaux ,
Faites qu'on admire
Jufques dans vos jeux
Cet ordre merveilleux
Que ma juſteſſe inſpire.
DIVERTISSEMENT
des Heures..
Les douze Heures forment
une entrée de Baller , fur plufieurs airs dont la méfure &
les chauts imitent au naturel
toutes les differentes manieres
dont les Horloges & les Pendules fonuent les Heures.
464 MERGURE
Toute la Scene ſuivante~
marque la jufteffe des heures ,
&l'égalité du cours du So--
leil.
SCENE V..
Une des HEURES
QUel bruit nouveau ſe
fait entendre ?
Ce font Une autre HEURE..
les Plaifirs turbu
lens
,
Qui malgré nous viennent
ici fe rendre
Leurs chants impetueux
GALANT 47
leurs tranfports violens
Vont troubler nos jeux innocens.
Entrée de Plaifirs turbulens.
L'ETOURDI
Nous cherchions en ces
lieux une Fête éclatante.
Mais rien n'y flate nôtre attente.
Quelle tranquilité le cal
bat me regne icis , wing
Eft- ce done ainfi 260231
Qu'un divertiffement s'aps prête ?
Le defardre, le bruit , le
trouble & le fracas
Nefont-ils pasbenq-294
48 MERCURE
Les charmes d'une Fête?
L'ordre pour nous n'apomt
d'appas.
Quittez , Heures , quittez
l'importune jufteffe ,
Et n'exprimez que la vîteffe :
Du temps , dont vous marquez les pas.
Une des Heures tranquilles.
chante ce qui fuit , accompa
gnée d'une fymphonie douce.
Les pas des Heures char
TODA antes nuo
I
mantes
Ne font jamais affez lents.
Unpetit Chœur d'Heures.
reprend.
Les pas des Heures charmantes Ne
GALANT. 49
Nefont jamais affez lents.
L'ETOURDI.
Les Heures font toûjours
trop lentes
Pour les plaiſirs impatiens.
Courons , agitons- nous , le
repos nous ennuye.
LES ETOURDIS.
Courons , agitons-nous , le
repos nous ennuye ,
Brufquons le temps, paffons
la vie.
Une des HEURES tranquilles.
Vous cherchez à paffer la
vie ,
Octobre 1712.
E
SP%.
MERCURE
Et nous cherchons à la goûtter
La courfe du temps vous
ennuye
Vous voulez la precipiter,
Que ne pouvons nous l'ar
rêter ?
Vous cherchez à paffer la
vie ,
Et nous cherchons à la goû
ter..
L'ETOURDI.
Le temps qui fuit , & que
je fuis,
Tout rapide qu'il eft, m'ennuye & minquieter,
Toûjours je le regrette ,
GALANT.
ST
Jamais je n'en joüis.
Une des HEURES tranquilles.
Sans regret. du paffé , la
tranquille innocence
Joüit d'unjour quicontente
fes vœux,
Elle attend fans impatience
Des jours encore plus heu
reux.
L'ETOURDI.
Suivons le temps &ſa vìteffe extrême ,
Il faut courir auffi vîte que
lui ,
s'é¿ ·
S'agiter , s'étourdir , &s'é
viter foy- même
Eij
MERCURE
Pour éviter l'ennui.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin dans la
30་ ིན་ vie.
Une des HEURES tran...
quilles.
Tout eft plaifir dans la vie.
? L'ETOURDI.
1:20
Tout eſt chagrin dans la
vie :
Mais ce qui t tient lieu de
plaifirs ,
C'eft de voler de defirs en
defirs.
Hors l'inconftance tout en
nuye.
GALANT. 53
DUO.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin dans la
.niv
vie.
L'HEURE tranquille.
Tout eft plaifir dans la vie.
L'HEURE tranquille ſeule.
Quand on fçait avec peu
contenter fon envie ,
Lorique des tranquiles plaifirs
L'innocence nous defennuye,
Tout eft plaifir dans la vie.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin.
E iij
$4
MERCURE
L'HEURE
Tout eft plaifir.
TOUS DEUX enfemble.
Tout eft chagrin dans la
vie.
Tout eft plaifir dans la vie,
DIVERTISSEMENT
des Plaiſirs innocens
& des Heures.
Unpetit Chœur formé par
les Heures reprend les paroles.
dis Duo.
Tout eft plaifir.....
GALANT. 55
UnPlaifir innocent chante
ce qui fuit.
Tout eft plaifir dans la vie ,
Qui fçait dans un heureux
féjour
Profiter d'un beau jour ,
Jamais ne s'ennuye.
Le chant des oifeaux ,
Le murmure des eaux
Une fleur fraîchement . .
cueillie ,
Touteft plaifir dans la vie.
On finit par un Chaur
d'Ecos , qui repetent en differentes manieres les paroles
fuivantes.
Tout eft plaifir dans la vie ;
E
iiij
56 MERCURE
Quand on s'eft fait un fort
au-deffus de l'envie ;
Quand on fçait mêler à
propos
Aux travaux glorieux les
charmes du repos ,
Tout eft plaifir dans la vie.
CHOEUR.
Faifons redire auxEchos :
Tout eft plaifir dans la vie
donné depuis peu à une node
d'un Officier general.
Les paroles font de M. P...
mifes en mufique par M.
de la E.......
SCENE L
BELONNE , fuivie des:
Guerriers & L'HYMEN
acccompagné des Amours:
O
BELONNE..
Ui rend l'Hymenfi
teméraire ?
H vient mêler aux cris de
341 MERCURE
guerre & de fureur
De fes chants amoureux:
l'importune langueur.
Ne craint-il point de me
déplaire ?
L'HYMEN.
Sima douceur déplaît à Belonne en colere ,
Ses fureurs ne plaifent gueress
Aux paifibles Amours, I
Quiviennent pour toujours
Diffipertes horreurs par des
chants d'allegreffe.
BELONNE.
Nefçais- tu pas que la fierté
D'une impitoyable Déeſſe
GALANT. 35%
S'irrite par la tendreffe ?
Je fens déja mon cœur de
colere agité :
Mais je fais grace à ta temerité
En faveur de ta foibleffe.
L'HYMEN.
L'Hymen & les Amours
Sont plus forts qu'on ne
penſe ;
Uneheureufe alliance.
Vient d'unir pour toûjours
L'Hymen & les Amours.
Er la Difcorde a bien peu
de puiffance
Lorfque l'on voit d'intelli
gence
MERCURE
L'Hymen & les Amours:
L'HYMEN aux Amours.
Invoquonsle Deftin, lui feul
par fa prefence
Peut de Belonne arrêter la
puiffance.
BELONNE.
Guerriers,par vos fieres cla
meurs:
Venez au Deftin même inſpirer mes fureurs.
CHOEURS des Guerriers »
accompagnez de trompettes.
Deftin , foyez inexorable ,
Que la guerre dure à jamais.
GALANT. 37
CHOEURS des Amours
accompagnez de Autes
douces..
Deltin , ſoyez- nous favorable ,
LHymenvous demande la
paix.
SCENE 11.
LE DESTIN.
JE fais le malheur extrême
De'a plûpart des h'ima'ns :
Mais leurbonheur fupr ne
Eft auffi dans mes mains.
38 MERCURE
Pour les punir je defole la
terre
Par Belonne & par ſon tonnerre ;
Et quand je veux leur donner d'heureux jours ,
J'éteins le flambeau de la
guerre
Par le flambeau des Amours.
Al'arrêt du Deftin que Belonne obeiffe ,
Et qu'Hymen à jamais de
ces lieux la banniſſe.
BELONNE.
Si tout languit dans un pròfond repos,
1
GALANT. 3.9
Que deviendra la valeur
des Heros?
LE DESTIN avec un accompagnement.
La valeur des Heros triomphera du vice ,
La force des Guerriers fervira deformais
Afaire trembler l'injuſtice ,
La force des Guerriers fervira deformais
A maintenir la juftice &
la paix.
LE DESTIN feul.
Fuis donc , va porter la
guerre
Et les horreurs du trépas
40 MERCURE
En quelque coin de la terre
Que le Soleil n'éclaire pas.
Belonne les Guerriers
prennent lafuite, & le Deftin ordonne aux peuples d'invoquer le Soleil, & de de
mander l'abondance lebon.
heur que la guerre avoit in
terrompus.
SCENE IH
LE DESTIN,
APrés avoir chaffé Belonne ,
Peuples , le Deftin vous orསྙབག བརྡ ལྟ D'a-
GALANT. 41
D'avoir recours au Dieuqui
doircombler nos vœux;
C'eſt le Soleil , dont la prèfence
Peut feule conferver dans
ces climats heureux
L'ordre, le calme & l'abon2 dance i
CeDieuquiparfa prudense
Sçait moderer la courfe en
parcourant les airs ;
• CeDieu quipar luiſeulfçait
regler fa puiffance,
Merite feul auffi de regler
2715 Funivers. e
* Le Deftin rentre dans-la
Grotte profonde d'où il étoit Octobre 17125 D
42 MERCURE
forti, & on voit paroître les
Soleil accompagné des Heures.
SCENE IV.
LE SOLEIL & LES
HEURES.
TAnt que le demon de
la guerre
Par fes fureurs a defolé la
terre ,
Le Deſtin a permis que le
demon des airs ,
Le cruel Aquilonfit regner
les hyvers
GALANT.
Dans l'excés de fa rage
Ila voulu confondre les faifons ,
Renverfer les moiffons.
Enfin j'ai diffipé l'orage ,
Jeramene en ces lieux,pour
combler vos defirs
Et l'abondance & les plaifirs.
Une NYMPHE.
Sans l'abondance
Tous les plaiſirs font languiffans,
2.1
On languiroit dans l'abondance
Sans les plaifirs & les jeux
innocens.
Dij
44 MERCURE.
Une autre NYMPHE
Le Soleil qui donne
Une riche autonne
Donne auffi de doux printemps ;.
La même ardeur qui rend
nos moiffons abondantes ,
Parent nos champs.
De mille fleurs naiffantes
Qui charment les fens.
LE SOLEIL parlant
aux Heures.
Vous qui fuivez les loix que
j'ai ſçû vous preſcrire ,
Vous , Heures , dont les pas.
égaux
GALANT.
Marquent mesglorieux tra
vaux ,
Faites qu'on admire
Jufques dans vos jeux
Cet ordre merveilleux
Que ma juſteſſe inſpire.
DIVERTISSEMENT
des Heures..
Les douze Heures forment
une entrée de Baller , fur plufieurs airs dont la méfure &
les chauts imitent au naturel
toutes les differentes manieres
dont les Horloges & les Pendules fonuent les Heures.
464 MERGURE
Toute la Scene ſuivante~
marque la jufteffe des heures ,
&l'égalité du cours du So--
leil.
SCENE V..
Une des HEURES
QUel bruit nouveau ſe
fait entendre ?
Ce font Une autre HEURE..
les Plaifirs turbu
lens
,
Qui malgré nous viennent
ici fe rendre
Leurs chants impetueux
GALANT 47
leurs tranfports violens
Vont troubler nos jeux innocens.
Entrée de Plaifirs turbulens.
L'ETOURDI
Nous cherchions en ces
lieux une Fête éclatante.
Mais rien n'y flate nôtre attente.
Quelle tranquilité le cal
bat me regne icis , wing
Eft- ce done ainfi 260231
Qu'un divertiffement s'aps prête ?
Le defardre, le bruit , le
trouble & le fracas
Nefont-ils pasbenq-294
48 MERCURE
Les charmes d'une Fête?
L'ordre pour nous n'apomt
d'appas.
Quittez , Heures , quittez
l'importune jufteffe ,
Et n'exprimez que la vîteffe :
Du temps , dont vous marquez les pas.
Une des Heures tranquilles.
chante ce qui fuit , accompa
gnée d'une fymphonie douce.
Les pas des Heures char
TODA antes nuo
I
mantes
Ne font jamais affez lents.
Unpetit Chœur d'Heures.
reprend.
Les pas des Heures charmantes Ne
GALANT. 49
Nefont jamais affez lents.
L'ETOURDI.
Les Heures font toûjours
trop lentes
Pour les plaiſirs impatiens.
Courons , agitons- nous , le
repos nous ennuye.
LES ETOURDIS.
Courons , agitons-nous , le
repos nous ennuye ,
Brufquons le temps, paffons
la vie.
Une des HEURES tranquilles.
Vous cherchez à paffer la
vie ,
Octobre 1712.
E
SP%.
MERCURE
Et nous cherchons à la goûtter
La courfe du temps vous
ennuye
Vous voulez la precipiter,
Que ne pouvons nous l'ar
rêter ?
Vous cherchez à paffer la
vie ,
Et nous cherchons à la goû
ter..
L'ETOURDI.
Le temps qui fuit , & que
je fuis,
Tout rapide qu'il eft, m'ennuye & minquieter,
Toûjours je le regrette ,
GALANT.
ST
Jamais je n'en joüis.
Une des HEURES tranquilles.
Sans regret. du paffé , la
tranquille innocence
Joüit d'unjour quicontente
fes vœux,
Elle attend fans impatience
Des jours encore plus heu
reux.
L'ETOURDI.
Suivons le temps &ſa vìteffe extrême ,
Il faut courir auffi vîte que
lui ,
s'é¿ ·
S'agiter , s'étourdir , &s'é
viter foy- même
Eij
MERCURE
Pour éviter l'ennui.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin dans la
30་ ིན་ vie.
Une des HEURES tran...
quilles.
Tout eft plaifir dans la vie.
? L'ETOURDI.
1:20
Tout eſt chagrin dans la
vie :
Mais ce qui t tient lieu de
plaifirs ,
C'eft de voler de defirs en
defirs.
Hors l'inconftance tout en
nuye.
GALANT. 53
DUO.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin dans la
.niv
vie.
L'HEURE tranquille.
Tout eft plaifir dans la vie.
L'HEURE tranquille ſeule.
Quand on fçait avec peu
contenter fon envie ,
Lorique des tranquiles plaifirs
L'innocence nous defennuye,
Tout eft plaifir dans la vie.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin.
E iij
$4
MERCURE
L'HEURE
Tout eft plaifir.
TOUS DEUX enfemble.
Tout eft chagrin dans la
vie.
Tout eft plaifir dans la vie,
DIVERTISSEMENT
des Plaiſirs innocens
& des Heures.
Unpetit Chœur formé par
les Heures reprend les paroles.
dis Duo.
Tout eft plaifir.....
GALANT. 55
UnPlaifir innocent chante
ce qui fuit.
Tout eft plaifir dans la vie ,
Qui fçait dans un heureux
féjour
Profiter d'un beau jour ,
Jamais ne s'ennuye.
Le chant des oifeaux ,
Le murmure des eaux
Une fleur fraîchement . .
cueillie ,
Touteft plaifir dans la vie.
On finit par un Chaur
d'Ecos , qui repetent en differentes manieres les paroles
fuivantes.
Tout eft plaifir dans la vie ;
E
iiij
56 MERCURE
Quand on s'eft fait un fort
au-deffus de l'envie ;
Quand on fçait mêler à
propos
Aux travaux glorieux les
charmes du repos ,
Tout eft plaifir dans la vie.
CHOEUR.
Faifons redire auxEchos :
Tout eft plaifir dans la vie
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Résumé : DIVERTISSEMENT donné depuis peu à une noce d'un Officier general. Les paroles sont de M. P... & mises en musique par M. de la E.....
Un divertissement récent a été organisé en l'honneur d'un officier général. La scène s'ouvre sur Belonne, déesse de la guerre, accompagnée de guerriers, et l'Hymen, dieu du mariage, entouré des Amours. Belonne s'interroge sur l'audace de l'Hymen à mêler les chants amoureux aux cris de guerre. L'Hymen répond que les Amours et lui sont plus puissants que les fureurs de Belonne. Le Destin intervient alors, expliquant qu'il peut à la fois causer le malheur et le bonheur des hommes. Il ordonne à Belonne de porter la guerre ailleurs et aux peuples d'invoquer le Soleil pour l'abondance et le bonheur. Le Soleil apparaît ensuite, accompagné des Heures, et explique qu'il a dissipé les fureurs de la guerre pour apporter l'abondance et les plaisirs. Une nymphe souligne que l'abondance sans plaisirs est languissante. Le Soleil et les Heures célèbrent l'ordre et la justice, illustrés par une danse des Heures. Des plaisirs turbulents perturbent ensuite la scène, cherchant une fête plus animée. Les Heures tranquilles chantent la beauté de leur rythme régulier, tandis que les étourdis expriment leur ennui face au repos et leur désir de précipiter le temps. Les Heures et les étourdis débattent sur la nature de la vie, les uns trouvant tout chagrin, les autres tout plaisir. Le divertissement se conclut par un chœur affirmant que la vie est pleine de plaisirs pour ceux qui savent en profiter.
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1508
p. 109-115
Le Pere, rival de son Fils.
Début :
Philis mes beaux jours sont passez, [...]
Mots clefs :
Père et fils, Rival, Philis, Âge, Amants, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Pere, rival de son Fils.
e Pere, rival de fon
Fils.
PH
Hilis mes beaux
jours fent paffez ,
Et mon Fils n'est qu'à
fon aurore ,
Pour vous il eſt trop
jeune encore
Et je ne le fuis pas
affez.
10 MERCURE
7
Une maligne deftinée,
Sauve nos jours de vôtre
Loy,
Vous naquites trop tard
pour moi ,
Pour lui vous cftes trop
toft née,
Ni moi ni ce jeune
écolier ,
Ne fçaurions comment
nous y prendre ,
A peine il commence
d'apprendre ,
Et je commence d'oublier.
GALANT. II
t
Que vostre deftin &
le noftre
Seroient charmants &
merveilleux ,
Si ce qui manque à l'un
des deux
Pouvoit fe retrancher à
l'autre
Si de mon âge joint
au fien
On faifoit un égal partage
Et qu'on ajoûta à fon âge
Ce que l'on ofteroit du
mien.
112 MERCURE
Par là vous pourriez
voir éclore
Pour vous deux Amans
à la fois ;
Je deviendrois ce que
j'étois ,
Et luy ce qu'il n'eft pas
encore.
Mais pourquoy for
mer ce defir ,
Si noftre âge approchoit
du. voftre
Nous ferions rivaux l'un
de l'autre ,
Et vous auriez peine à
choifir.
1
1
GALANT. 113
Que mon Fils donc
feul y pretende ,
Que pour jouir de vos
apas.
L'Amour en lui double le
pas ,
Et que voftre beauté
l'attende.
Quefera-t-il en attendant ,
Voftre cœur avant qu'il
s'engage,
Octobre 1712. K
114 MERGURE
Voudra-t-il fe mettre
en otage,
Entre les mains d'un
confident.
Mais Dieux quelle affuranceprendre .
Sur un jeune coeur en
depoft,
Telqui l'auroit mourroit
pluftoft
Que de fe refoudre à le
rendre,
GALANT 115
Voftre cœur , s'il veut
prendre avis
Surun fi delicat miftere ,
Pourroit effayer fur le
Pere
Comment il aimera le
Fils.
Fils.
PH
Hilis mes beaux
jours fent paffez ,
Et mon Fils n'est qu'à
fon aurore ,
Pour vous il eſt trop
jeune encore
Et je ne le fuis pas
affez.
10 MERCURE
7
Une maligne deftinée,
Sauve nos jours de vôtre
Loy,
Vous naquites trop tard
pour moi ,
Pour lui vous cftes trop
toft née,
Ni moi ni ce jeune
écolier ,
Ne fçaurions comment
nous y prendre ,
A peine il commence
d'apprendre ,
Et je commence d'oublier.
GALANT. II
t
Que vostre deftin &
le noftre
Seroient charmants &
merveilleux ,
Si ce qui manque à l'un
des deux
Pouvoit fe retrancher à
l'autre
Si de mon âge joint
au fien
On faifoit un égal partage
Et qu'on ajoûta à fon âge
Ce que l'on ofteroit du
mien.
112 MERCURE
Par là vous pourriez
voir éclore
Pour vous deux Amans
à la fois ;
Je deviendrois ce que
j'étois ,
Et luy ce qu'il n'eft pas
encore.
Mais pourquoy for
mer ce defir ,
Si noftre âge approchoit
du. voftre
Nous ferions rivaux l'un
de l'autre ,
Et vous auriez peine à
choifir.
1
1
GALANT. 113
Que mon Fils donc
feul y pretende ,
Que pour jouir de vos
apas.
L'Amour en lui double le
pas ,
Et que voftre beauté
l'attende.
Quefera-t-il en attendant ,
Voftre cœur avant qu'il
s'engage,
Octobre 1712. K
114 MERGURE
Voudra-t-il fe mettre
en otage,
Entre les mains d'un
confident.
Mais Dieux quelle affuranceprendre .
Sur un jeune coeur en
depoft,
Telqui l'auroit mourroit
pluftoft
Que de fe refoudre à le
rendre,
GALANT 115
Voftre cœur , s'il veut
prendre avis
Surun fi delicat miftere ,
Pourroit effayer fur le
Pere
Comment il aimera le
Fils.
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Résumé : Le Pere, rival de son Fils.
Le texte relate un dialogue entre PH et Galant sur les complications liées à l'âge et aux sentiments amoureux. PH exprime son inquiétude face à l'âge avancé et à l'inexpérience de son fils dans les relations amoureuses. Il craint que ni lui ni son fils ne sachent comment gérer cette situation, car le fils commence à apprendre tandis que PH commence à oublier. Galant imagine une situation idéale où les âges des deux hommes seraient équilibrés pour éviter les rivalités, mais reconnaît l'impossibilité de cette situation. PH suggère que seul son fils devrait poursuivre la relation amoureuse, car l'amour accélère ses pas en lui. Galant s'interroge sur les intentions du fils et exprime des doutes sur la sagesse de mettre un jeune cœur en dépôt. Il propose finalement que le cœur de PH observe comment PH aime son fils pour en tirer des leçons.
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1509
p. 115-121
FABLE addressée à Mercure.
Début :
Les bons Rois sont des Dieux les vivantes images, [...]
Mots clefs :
Fable, Mercure, Lion, Journal espagnol, Couronne d'Espagne, Guerre franco-espagnole
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FABLE addressée à Mercure.
FABLE
addreffée à Mercure.
Les bons Rois font des Dieux
les vivantes images ,
•Kij
116 MERCURE
Et puifquefur la terre ilsfont
Jes Lieutenans,
Etats , Villes , Sujets en rendant leurs hommages.
Comme aux Divinitez leur
doivent des prefens.
Sur ce fujet , Seigneur
Mercure ,
Si vous voulez par avanture
Inftruire la Pofterité;
J'ay reduit dans ces vers , dont
vousprendrez lecture ,
Un Journal Espagnol plein
defincerité.
Quand par l'ordre du Ciel
Philippe dans l'Efpagne
GALANT. 117
Reçeut les honneurs fouverains ,
Un Lion qu'en tous lieuxfon
grand cœur accompagne ,
Lion apprivoife , Lion des
plus humains ,
Autrefois amené des deferts
Affriquains ,
Député de Léon en quitta la
Campagne
Pour offrir au Monarque une
Couronne d'or,
Que l'on porta dans le
Trefor,
D'Afie originaire, &d'antique
famille
Vint un fage Elephant, Spectacle tout nouveau,
18 MERCURE
Qui pour l'hommage de
Caftille
Sur fon dos élevé préſentoit
un Chaft au.
Ainfi pouffé de vive & noble
jaloufic
Unfier chevald'Andaloufie
Apportoit un riche harnois
Qui fervit , comme on croit , à
Xerxes autrefois.
}
Pour une pareille Ambaffade
Sortit des &Forefts de
Grenade
Un Cerf, dont chaque cor de
grenades orné
Eit voir pompeufement, Panis
malcouronnés alana
GALANT. 119
Du fidel Pays des Nobles
Afturies
En vain l'homme croyoit a
river des premiers.
( Pouvoit-il devancer de fi
legers Courriers?)
Pour orner du Palais les
longues Galleries
Par tout il voit mefl : r les lys
& les lauriers.
Il présente une toile , où la
Gloire découvre
Des Augufte Bourbons mille
& mille neveux ,
Que dans Madrid er dans
le Louvre
Adoreront un jour tant de
peuples heureux
120 MERCURE
Reünis par lafoy d'une illuſtre
alliance
Qui fera triompher & l'Ef
pagne & la France.
Le Monarque content de leur
foumiffion ,
Et des prefens offerts pour leur
reconnoiẞance ,
Leur promit fa protection ;
Sa liberté marqua fa bienveillance.
De la Catalogne à l'inftant
A tortueux replis arrive un
long Serpent,
Qui tient entre fes dents une
rofe incarnate,
Teinte
+
GALANT. 126
Teinte du beau fang de
Venus
D'une Courfine & delicate
Alors d'un vain plaifir les
yeuxfont pre-venus
Mais ,fuis loin, dit le Roys
c'eft en vainqu'on meflate:
Tu caches ton venin qui peut
faire mourir..
De charbons enflamez on deKoit te couvrir.
Retourne à Barcelonne, &
rentré en ta mafure.
Là tous font tes pareils , amis
2003 de l'imposture,
Gens plus méchants que tog
qui te ferontperir.
Octobre 1712.
addreffée à Mercure.
Les bons Rois font des Dieux
les vivantes images ,
•Kij
116 MERCURE
Et puifquefur la terre ilsfont
Jes Lieutenans,
Etats , Villes , Sujets en rendant leurs hommages.
Comme aux Divinitez leur
doivent des prefens.
Sur ce fujet , Seigneur
Mercure ,
Si vous voulez par avanture
Inftruire la Pofterité;
J'ay reduit dans ces vers , dont
vousprendrez lecture ,
Un Journal Espagnol plein
defincerité.
Quand par l'ordre du Ciel
Philippe dans l'Efpagne
GALANT. 117
Reçeut les honneurs fouverains ,
Un Lion qu'en tous lieuxfon
grand cœur accompagne ,
Lion apprivoife , Lion des
plus humains ,
Autrefois amené des deferts
Affriquains ,
Député de Léon en quitta la
Campagne
Pour offrir au Monarque une
Couronne d'or,
Que l'on porta dans le
Trefor,
D'Afie originaire, &d'antique
famille
Vint un fage Elephant, Spectacle tout nouveau,
18 MERCURE
Qui pour l'hommage de
Caftille
Sur fon dos élevé préſentoit
un Chaft au.
Ainfi pouffé de vive & noble
jaloufic
Unfier chevald'Andaloufie
Apportoit un riche harnois
Qui fervit , comme on croit , à
Xerxes autrefois.
}
Pour une pareille Ambaffade
Sortit des &Forefts de
Grenade
Un Cerf, dont chaque cor de
grenades orné
Eit voir pompeufement, Panis
malcouronnés alana
GALANT. 119
Du fidel Pays des Nobles
Afturies
En vain l'homme croyoit a
river des premiers.
( Pouvoit-il devancer de fi
legers Courriers?)
Pour orner du Palais les
longues Galleries
Par tout il voit mefl : r les lys
& les lauriers.
Il présente une toile , où la
Gloire découvre
Des Augufte Bourbons mille
& mille neveux ,
Que dans Madrid er dans
le Louvre
Adoreront un jour tant de
peuples heureux
120 MERCURE
Reünis par lafoy d'une illuſtre
alliance
Qui fera triompher & l'Ef
pagne & la France.
Le Monarque content de leur
foumiffion ,
Et des prefens offerts pour leur
reconnoiẞance ,
Leur promit fa protection ;
Sa liberté marqua fa bienveillance.
De la Catalogne à l'inftant
A tortueux replis arrive un
long Serpent,
Qui tient entre fes dents une
rofe incarnate,
Teinte
+
GALANT. 126
Teinte du beau fang de
Venus
D'une Courfine & delicate
Alors d'un vain plaifir les
yeuxfont pre-venus
Mais ,fuis loin, dit le Roys
c'eft en vainqu'on meflate:
Tu caches ton venin qui peut
faire mourir..
De charbons enflamez on deKoit te couvrir.
Retourne à Barcelonne, &
rentré en ta mafure.
Là tous font tes pareils , amis
2003 de l'imposture,
Gens plus méchants que tog
qui te ferontperir.
Octobre 1712.
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Résumé : FABLE addressée à Mercure.
Le texte, adressé à Mercure, célèbre les bons rois qui deviennent des dieux vivants et reçoivent des hommages. Il relate l'accession au trône de Philippe en Espagne, où divers animaux symboliques offrent des présents. Un lion, représentant Léon, apporte une couronne d'or. Un éléphant d'Asie, pour la Castille, présente un chast. Un cheval d'Andalousie offre un riche harnois ayant appartenu à Xerxès. Un cerf des Asturies, orné de grenades, apporte des présents pompeux. Un homme du Pays Basque offre une toile montrant la gloire des Bourbons, qui seront adorés en Espagne et en France grâce à une alliance illustre. Le roi, satisfait de ces hommages, promet sa protection et sa bienveillance. Un serpent de Catalogne, tenant une rose incarnate, est repoussé par le roi, qui le renvoie à Barcelone, le comparant à des imposteurs. Le texte se conclut en octobre 1712.
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1510
p. 128-130
PEUR DE CUPIDON. Fable Anacréontique par Mr F****.
Début :
La jeune Iris qui par son enjoüment [...]
Mots clefs :
Iris, Cupidon, Vénus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEUR DE CUPIDON. Fable Anacréontique par Mr F****.
PEUR DE CUPIDON.
Fable Anacreontique
par Mr F**
L
A jeune Iris qui par
fon enjoüment
Et fes attraits brouille
mainte cervelle
Par fois s'amufe à parler
Allemand :
Un jour je vis Amour en
fentinelle 266
Tâchant d'oüir ce que difoir
la belle ,
GALANT. 019
Tous ces mots durs l'ef
fraioient grandement
Si que peureux n'ofant
approcher d'elle
Le petit Dieu fe cachoit
doucement
Comme un moineau fe
couvrant de fon aile.
Lors je luy crie, Amour, je
le voy bien ,
Tel Idiome eft pour toy
trop fauvages:
Jamais Venus n'en fit fon
entretien ,
Iris auffi n'en fait pas grand
ufage
Sinon quand veut fâcher
fon petit chien.
130 MERCURE
A ce difcours , Cupidon
moins timide
Se raffurant vole de mon
cofté ;
Ecoute encore dis - je à
l'enfant perfide , >>
Ceffe de craindre une jeune
- beauté ,. :
J'écoute en vain & c'eft
langue étrangere ,
Me répond- il , quel eft donc
ce miftere ?
Sans mon bandeau j'éclaircirois cecy ,
Jen'entens rien à ce langage
cy ,
Le fon de voix eft pourtant
de Cithere
Fable Anacreontique
par Mr F**
L
A jeune Iris qui par
fon enjoüment
Et fes attraits brouille
mainte cervelle
Par fois s'amufe à parler
Allemand :
Un jour je vis Amour en
fentinelle 266
Tâchant d'oüir ce que difoir
la belle ,
GALANT. 019
Tous ces mots durs l'ef
fraioient grandement
Si que peureux n'ofant
approcher d'elle
Le petit Dieu fe cachoit
doucement
Comme un moineau fe
couvrant de fon aile.
Lors je luy crie, Amour, je
le voy bien ,
Tel Idiome eft pour toy
trop fauvages:
Jamais Venus n'en fit fon
entretien ,
Iris auffi n'en fait pas grand
ufage
Sinon quand veut fâcher
fon petit chien.
130 MERCURE
A ce difcours , Cupidon
moins timide
Se raffurant vole de mon
cofté ;
Ecoute encore dis - je à
l'enfant perfide , >>
Ceffe de craindre une jeune
- beauté ,. :
J'écoute en vain & c'eft
langue étrangere ,
Me répond- il , quel eft donc
ce miftere ?
Sans mon bandeau j'éclaircirois cecy ,
Jen'entens rien à ce langage
cy ,
Le fon de voix eft pourtant
de Cithere
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Résumé : PEUR DE CUPIDON. Fable Anacréontique par Mr F****.
La fable 'Peur de Cupidon' relate l'observation d'un narrateur qui voit Cupidon, effrayé par la jeune Iris parlant allemand. Cupidon, caché comme un moineau, est intimidé par les mots durs de cette langue. Le narrateur explique à Cupidon que cette langue est trop rude pour lui et que ni Vénus ni Iris ne l'utilisent, sauf pour fâcher leur chien. Rassuré, Cupidon s'approche et écoute le narrateur. Cependant, il avoue ne pas comprendre cette langue étrangère et demande des éclaircissements. Le narrateur souligne que, sans son bandeau, Cupidon comprendrait mieux, mais il ne saisit rien de ce langage, bien que la voix soit celle de Cythère, l'île de Vénus.
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1511
p. 135-138
ENIGME. par l'Arch... Turpin.
Début :
Deux Bataillons de filles non vêtuës [...]
Mots clefs :
Dents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME. par l'Arch... Turpin.
ENIGM E.
par l'Arch... Turpin.
DEux Bataillons de
filles non vêtues
L'un contre l'autre efcriment à couvert ;
Et tel eft le combat de ces
Guerrieres nuës ·
Qu'il leur nuit moins
qu'il ne leurfert.
136 MERGURE
Chacun de ces deux
corps en fon rang
Se tient fermes
Même en fe combattant
itfe prête fecours,
Etfous le toit qui les
enferme
L'un n'attaque jamais ,
l'autre attaque toùjours 1
On ne voit aux deux
Camps ni laches ni
fuyardes;
Nulle nefe trouve en
defaut;
GALANTL 137
Et c'est presque toujours
aux quatre arriereGardes
Quefe livre le grand
affaut.
Cetteguerre enunjour
plus d'une fois s'allume
Un moment la voit
naître , un quartd'heure l'éteint:
Mais quay que par la
bouche elles jettent
l'écume
Octobre 1712. M
138 MERCURE
La chaleur du combat
n'altere point leur
teint.
Elles n'en ont jamais
plus de rouge au
vifage,
Mais ellesfont parfois
•Sujetes à la rage
par l'Arch... Turpin.
DEux Bataillons de
filles non vêtues
L'un contre l'autre efcriment à couvert ;
Et tel eft le combat de ces
Guerrieres nuës ·
Qu'il leur nuit moins
qu'il ne leurfert.
136 MERGURE
Chacun de ces deux
corps en fon rang
Se tient fermes
Même en fe combattant
itfe prête fecours,
Etfous le toit qui les
enferme
L'un n'attaque jamais ,
l'autre attaque toùjours 1
On ne voit aux deux
Camps ni laches ni
fuyardes;
Nulle nefe trouve en
defaut;
GALANTL 137
Et c'est presque toujours
aux quatre arriereGardes
Quefe livre le grand
affaut.
Cetteguerre enunjour
plus d'une fois s'allume
Un moment la voit
naître , un quartd'heure l'éteint:
Mais quay que par la
bouche elles jettent
l'écume
Octobre 1712. M
138 MERCURE
La chaleur du combat
n'altere point leur
teint.
Elles n'en ont jamais
plus de rouge au
vifage,
Mais ellesfont parfois
•Sujetes à la rage
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1512
p. 207-211
CAPRICE amoureux fait inpromtu par Mr ... dans le moment où commença la derniere tempeste qui fit tant de ravages dans le mois de Decembre dernier.
Début :
Vents mutinez qui nous faites la guerre, [...]
Mots clefs :
Vents, Tempête, Chaos, Nature, Soleil
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texteReconnaissance textuelle : CAPRICE amoureux fait inpromtu par Mr ... dans le moment où commença la derniere tempeste qui fit tant de ravages dans le mois de Decembre dernier.
CAPRICE
amoureuxfait inpromptu par Mr... dans le
moment où commença
La dernieretempeftequi
fit tant de ravages
dans le mois de Decembre dernier.
Vents mutinez qui nous
faires la guerre ,
Et dont les tranſports fu
· rieux
Effrayent la nature, & font
paflir les Cieux j
Redoublez vos efforts , &
208 MERCURE
replongez la Terre
Dans le premier cahos dont
l'ont tirée les Dieux.
N'offrez à mes regards que
des objets funeftes :
Montagnes à mes yeux
abilmez dans les mers ;
Precipitez -vous Corps celeftes :
Soleil , embrafez l'Univers ,
De ces vaines fureurs je
n'ay plus rienà craindre,
Je perds l'objet de mon
amour :
Defefpoir, à qui feul je me
livre en ce jour ,
Eclatez , c'est trop vous
contraindre ,
GALANT. 209
contraindre ,
Tout tremble , tout perit ,
Dieux , quels mugiffements !
Je ne fuis pas feul miſerable ,
Tout partage mon trifte
fort ;
Dans l'eftat où je fuis quel
fpectacle agreable !
Qu'il m'eft doux de mourir ,
mais quoy l'affreuſe mort
Loin de moy fuit , inexora
ble ,
Et me refufe fon fecours.
Ah, fans pouvoir mourir ,
à tout moment j'expire !
Octobre. 1712. S
210 MERCURE
Ne reſpectes tu donc mes
jours
Que pour prolonger mon
martyre,
C'est trop , c'eſt trop languir , precipices affreux
Ouvrez-vous , recevez un
amant malheureux.
Mortels infortunez ! jevous
fuis.... qui m'arreſte ?
Mais quel calme desja vient
regner dans les airs :
Où font donc ces horreurs
qu'excitoit la tempefte ?
Quevois je , le Soleil éclai
re l'Univers ,
Les vents ont fufpendu
GALANT. 211
leur
rage ,
Et ferme fur fes fondements
La Terre ne craint plus
l'orage
Qui confondoit les Elements ;
La nature eftonnée a diffi.
pé fon trouble
Et reprend la tranquillité?
Et ma feule douleur redouble op
Quand tout ceffe d'eftre
agité.
amoureuxfait inpromptu par Mr... dans le
moment où commença
La dernieretempeftequi
fit tant de ravages
dans le mois de Decembre dernier.
Vents mutinez qui nous
faires la guerre ,
Et dont les tranſports fu
· rieux
Effrayent la nature, & font
paflir les Cieux j
Redoublez vos efforts , &
208 MERCURE
replongez la Terre
Dans le premier cahos dont
l'ont tirée les Dieux.
N'offrez à mes regards que
des objets funeftes :
Montagnes à mes yeux
abilmez dans les mers ;
Precipitez -vous Corps celeftes :
Soleil , embrafez l'Univers ,
De ces vaines fureurs je
n'ay plus rienà craindre,
Je perds l'objet de mon
amour :
Defefpoir, à qui feul je me
livre en ce jour ,
Eclatez , c'est trop vous
contraindre ,
GALANT. 209
contraindre ,
Tout tremble , tout perit ,
Dieux , quels mugiffements !
Je ne fuis pas feul miſerable ,
Tout partage mon trifte
fort ;
Dans l'eftat où je fuis quel
fpectacle agreable !
Qu'il m'eft doux de mourir ,
mais quoy l'affreuſe mort
Loin de moy fuit , inexora
ble ,
Et me refufe fon fecours.
Ah, fans pouvoir mourir ,
à tout moment j'expire !
Octobre. 1712. S
210 MERCURE
Ne reſpectes tu donc mes
jours
Que pour prolonger mon
martyre,
C'est trop , c'eſt trop languir , precipices affreux
Ouvrez-vous , recevez un
amant malheureux.
Mortels infortunez ! jevous
fuis.... qui m'arreſte ?
Mais quel calme desja vient
regner dans les airs :
Où font donc ces horreurs
qu'excitoit la tempefte ?
Quevois je , le Soleil éclai
re l'Univers ,
Les vents ont fufpendu
GALANT. 211
leur
rage ,
Et ferme fur fes fondements
La Terre ne craint plus
l'orage
Qui confondoit les Elements ;
La nature eftonnée a diffi.
pé fon trouble
Et reprend la tranquillité?
Et ma feule douleur redouble op
Quand tout ceffe d'eftre
agité.
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Résumé : CAPRICE amoureux fait inpromtu par Mr ... dans le moment où commença la derniere tempeste qui fit tant de ravages dans le mois de Decembre dernier.
Le poème 'Caprice', publié dans le Mercure en octobre 1712, relate un amour malheureux durant une tempête dévastatrice survenue en décembre précédent. Le narrateur, désespéré par la perte de son amour, invoque les vents et les éléments naturels pour intensifier le chaos. Il souhaite voir des objets funestes et des montagnes s'abîmer dans les mers, et que le Soleil embrase l'univers. Malgré son désir de mourir, la mort lui échappe, augmentant son tourment. La tempête finit par se calmer, mais sa douleur redouble face au retour du calme. Le narrateur exprime son impossibilité de trouver la paix, même dans la mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1513
p. 243-245
PARODIE de l'Enigme, dont le mot est les Dez. Par Madame de L....
Début :
Pour entendre une Enigme il faut la mettre au net, [...]
Mots clefs :
Dés, Joueurs, Trictrac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARODIE de l'Enigme, dont le mot est les Dez. Par Madame de L....
PARODIE
de l'Enigme , dont le
mot eft les Dez.
Par Madame de L....
Pour entendre une Enigme ilfaut la mettre
au net ,
*
Deux dez en fortant du
cornet ,
Allument une viveguerre
Entre lesdames d'unTric
trac ,
Qui comme nous fouvent
X ij
244 MERCURE
font ab hoc & ab hac
Un bruit moinsfupportable encor que le tonnerre,
Allant , venant , tombant
dans un double parterre
Dont elles font tout l'ornement.
Les Joueurs , qui des dez
dependent ,
De leur bifarrerie attendent
Souvent leur fubfiftance,
ou leur deftruction.
Bigearres dans noftre action
GALANT. 245
Nous eftonnons fouvent
nosguides ,
Ils nous nomment traiftres,
perfides ,
Etparfois nous les conduifons
Bienprès des petites Maifons.
de l'Enigme , dont le
mot eft les Dez.
Par Madame de L....
Pour entendre une Enigme ilfaut la mettre
au net ,
*
Deux dez en fortant du
cornet ,
Allument une viveguerre
Entre lesdames d'unTric
trac ,
Qui comme nous fouvent
X ij
244 MERCURE
font ab hoc & ab hac
Un bruit moinsfupportable encor que le tonnerre,
Allant , venant , tombant
dans un double parterre
Dont elles font tout l'ornement.
Les Joueurs , qui des dez
dependent ,
De leur bifarrerie attendent
Souvent leur fubfiftance,
ou leur deftruction.
Bigearres dans noftre action
GALANT. 245
Nous eftonnons fouvent
nosguides ,
Ils nous nomment traiftres,
perfides ,
Etparfois nous les conduifons
Bienprès des petites Maifons.
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Résumé : PARODIE de l'Enigme, dont le mot est les Dez. Par Madame de L....
Le texte parodie une énigme dont le mot est 'dez'. Il décrit deux dés provoquant une dispute entre des dames jouant au trictrac. Ces dames, bruyantes, se déplacent dans un double parterre. Les joueurs dépendent des dés pour leur subsistance ou leur perte. Dans des actions galantes, les individus surprennent leurs guides, parfois nommés traîtres et perfides, et conduits près des petites maisons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1514
p. 245-247
ENVOY par Jerico le Brutal, sur l'Enigme dont le mot est Le jour de l'An.
Début :
Vostre premier Enigme est faite il y a trente ans. [...]
Mots clefs :
Jour de l'an, Réponse
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texteReconnaissance textuelle : ENVOY par Jerico le Brutal, sur l'Enigme dont le mot est Le jour de l'An.
ENV Or
par Jerico le Brutal , fur
l'Enigmedontle mot eft
Le jour de l'An.
Votre premier EnigX iij .
246 MERCURE
me eft faite il y a trente
ans.
Refponſe , je n'enfçavois
rien.
Elle eft non feulement
mauvaiſe mais deteftable,
Refponfe , je le fçavois
bien.
Il ne faut pas mettre
ainfi les mauvaiſes chofes
qu'on vous envoye.
Refponfe , je le croyrois
bien.
Cela fait tort à l'au-
GALANT.. 247.
theur d'un Mercure qui.
doit garantir pour bon
tout ce qu'il y admet.
Refponfe , je n'en croyois
rien.
Pour celle-cy on peut
la garantir paffable au
ftile près.
par Jerico le Brutal , fur
l'Enigmedontle mot eft
Le jour de l'An.
Votre premier EnigX iij .
246 MERCURE
me eft faite il y a trente
ans.
Refponſe , je n'enfçavois
rien.
Elle eft non feulement
mauvaiſe mais deteftable,
Refponfe , je le fçavois
bien.
Il ne faut pas mettre
ainfi les mauvaiſes chofes
qu'on vous envoye.
Refponfe , je le croyrois
bien.
Cela fait tort à l'au-
GALANT.. 247.
theur d'un Mercure qui.
doit garantir pour bon
tout ce qu'il y admet.
Refponfe , je n'en croyois
rien.
Pour celle-cy on peut
la garantir paffable au
ftile près.
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Résumé : ENVOY par Jerico le Brutal, sur l'Enigme dont le mot est Le jour de l'An.
Jerico le Brutal critique une énigme publiée dans le journal 'Mercure' il y a trente ans, la qualifiant de mauvaise et détestable. Il déplore la publication d'œuvres médiocres, nuisant à la réputation du journal. Cependant, il reconnaît que l'énigme peut être passable avec indulgence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1515
p. 247-249
ENIGME.
Début :
En robe de Satin quelque peu déchirée, [...]
Mots clefs :
Oignon
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
EN robe de Satin quelque peu déchirée ,
En bottes , àcheval , jay
doncfait mon entrée
X iiij
248 MERCURE
Dans Paris où l'on m'attendoit :
Sur Que m'en arrive-til ,
moy le pauvre a droit ,
Le ricke m'admet à fa
table ;
Pour luy quand on m'achette eftant infupportable ,
Je luy plais feulement
quandje fuis derobés
Mais avant qu'il me
voye, helasfouvent
tombe
Dans les barbares mains
GALANT. 249
d'unegent tres-brutale,
Demes doucesprifons voulant me delivrer,
Tel me coupe la tefte , ou
mebrufle,ou m'empale,
Qui ne fçauroit parfois
s'empefcher d'enpleurer.
EN robe de Satin quelque peu déchirée ,
En bottes , àcheval , jay
doncfait mon entrée
X iiij
248 MERCURE
Dans Paris où l'on m'attendoit :
Sur Que m'en arrive-til ,
moy le pauvre a droit ,
Le ricke m'admet à fa
table ;
Pour luy quand on m'achette eftant infupportable ,
Je luy plais feulement
quandje fuis derobés
Mais avant qu'il me
voye, helasfouvent
tombe
Dans les barbares mains
GALANT. 249
d'unegent tres-brutale,
Demes doucesprifons voulant me delivrer,
Tel me coupe la tefte , ou
mebrufle,ou m'empale,
Qui ne fçauroit parfois
s'empefcher d'enpleurer.
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1516
p. 41-44
BOUQUET DE Mlle DE S*** le jour de sainte Elisabeth, en lui envoyant un miroir de poche.
Début :
En vain j'ai devancé l'aurore [...]
Mots clefs :
Bouquet, Fleurs, Zéphyr, Miroir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET DE Mlle DE S*** le jour de sainte Elisabeth, en lui envoyant un miroir de poche.
BOUQUET
DE Mlle DE S***
le jour de sainte Elisabeth., en lui envoyant un miroir de
poche.
EM vain j'ai devancé
l'aurore
Pour VQPM aller chercher
dans le jardin de
Flore
De* fleurs où vous
:
sieztrouverquelques
appass
Car Zephir me fermant
laporte,
Ma dit d'une voixfiere
forte:
AlieZ, retournez..,survos
Pas
Ne venez, point insulter
Flore.
Celle qui vous conduit
dans ces lieux écartez, A desfleurssurson teint
qui nefont que d'e'clore*
Rien -
ne peut sajouter à
tontes ses beautés
jille&, je vous le dis en-
,
core.
Moyhonteuse de ce refus>
Comme une femme firt
prudente,
J'aidit: Mon cher Zephir, je suis vôtre
servante,
Je sçai le vrti moyen de
vous rendre confus;
Je donne pour bouquet à
.-
l'aimablelsabelle
-
Unsimple miroir310 rien
plus
Zuand elle s'y verra Ji.
charmantesi belle,
Elle meprisera tout ce qui:
nient d'ailleurs,
Et n'aimera quelle,
Et nargue de vosfleurs.
DE Mlle DE S***
le jour de sainte Elisabeth., en lui envoyant un miroir de
poche.
EM vain j'ai devancé
l'aurore
Pour VQPM aller chercher
dans le jardin de
Flore
De* fleurs où vous
:
sieztrouverquelques
appass
Car Zephir me fermant
laporte,
Ma dit d'une voixfiere
forte:
AlieZ, retournez..,survos
Pas
Ne venez, point insulter
Flore.
Celle qui vous conduit
dans ces lieux écartez, A desfleurssurson teint
qui nefont que d'e'clore*
Rien -
ne peut sajouter à
tontes ses beautés
jille&, je vous le dis en-
,
core.
Moyhonteuse de ce refus>
Comme une femme firt
prudente,
J'aidit: Mon cher Zephir, je suis vôtre
servante,
Je sçai le vrti moyen de
vous rendre confus;
Je donne pour bouquet à
.-
l'aimablelsabelle
-
Unsimple miroir310 rien
plus
Zuand elle s'y verra Ji.
charmantesi belle,
Elle meprisera tout ce qui:
nient d'ailleurs,
Et n'aimera quelle,
Et nargue de vosfleurs.
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Résumé : BOUQUET DE Mlle DE S*** le jour de sainte Elisabeth, en lui envoyant un miroir de poche.
Le poème 'BOUQUET' est dédié à Mlle de S***. L'auteur souhaite lui offrir des fleurs, mais Zephir l'en empêche, affirmant que rien ne surpasse sa beauté. Humiliée, elle lui donne un miroir, espérant qu'elle se trouvera charmante et méprisera ainsi toutes les autres choses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1517
p. 44-46
RÉPONSE. Autre Bouquet impromptu renvoyé à Mlle de... qui s'appelloit Elisabeth.
Début :
Il me faut un bouquet pour une certaine Déesse, [...]
Mots clefs :
Bouquet, Fleurs, Amour
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE. Autre Bouquet impromptu renvoyé à Mlle de... qui s'appelloit Elisabeth.
REPONSE,
Autre Bouquetimpromptu
renvoyéà Mlle de. qui
s'appelloitElisabeth.
ILme,fautunfaûquet.
*-
; pour certaineDésse,
2)// un Dieu, qui d'abord
à S***s'adresse.
A labâteS***
en dé-
:"
pit d'Apollon,
ffouloit cueillir desfleurs
dansle sacré vallon.
JSlony dit le Dieudes vers,.
cette brune rp. trop
belley.
Vn bouquet impromptu
seroitindigned'elle:
Maù va trouver l'A.
motir luiseul enun.
,,: moment
Peut d'un tel impromptus'acquitterdignement
Autre Bouquetimpromptu
renvoyéà Mlle de. qui
s'appelloitElisabeth.
ILme,fautunfaûquet.
*-
; pour certaineDésse,
2)// un Dieu, qui d'abord
à S***s'adresse.
A labâteS***
en dé-
:"
pit d'Apollon,
ffouloit cueillir desfleurs
dansle sacré vallon.
JSlony dit le Dieudes vers,.
cette brune rp. trop
belley.
Vn bouquet impromptu
seroitindigned'elle:
Maù va trouver l'A.
motir luiseul enun.
,,: moment
Peut d'un tel impromptus'acquitterdignement
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1518
p. 49-60
ODE SUR LA JUSTICE. A M. d'Argenson, Conseiller d'Etat.
Début :
Quelle est cette auguste Immortelle [...]
Mots clefs :
Justice, Mortels, Argenson, Maître, Monarque, Peuple, Vertus, Juste pouvoir, Zèle, Peindre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SUR LA JUSTICE. A M. d'Argenson, Conseiller d'Etat.
ODE
SUR. LA JUSTICE.
A M.. d'Argenfin
,
Conseillet
d'Etat. QtJelle est cette auguste
Immortelle
Que je vois descendre des
Cieux?
Tout mon cœur s'enflâme
pour elle,
Sitôt qu'elle brille à mes
yeux.
N'en doutons pointy c'en:
la Justice
:
Mortels, que chacun obeisse
Elle vient nous donner des
des loix:
Oracle du Maître suprême,
L'enfer, la terre, le ciel
même, 1\
Tout doit reconnoître sa
VOIX
* Digne choix du plus digne
Maître
Qui jamais ait régné sur
nous,
D'Argenson,tusçaisla con- noître,
'Ce,te voix qui nous parle
à
tous.
Sur tes consèils elle preside;
Peut-on sans la prendre
pour guide
Discerner le mal & le bien?
C'est sur elle que tout se
sonde,
Et le premier trône du
monde -
N'a point de plus ferme
soûtien.
Le Maître à qui tout rend
hommage
Surl'équité fonde ses droits;
Louis est sa vivante image,
Qu'il soit le module des
Rois.
Long-temps cheri de laviCtoire
A-t-ilfaitconfiller sa gloire
Dans le vain nom de conquérant?
Non, ce qui le rend plus
auguste,
C'est qu'en lui le tirre de
juste
Confirme le titre de grand.
En vain un Monarque se
Rare
Que son pouvoir n'a point
,
.dcga!
; *
Desquesaninjusticeéclate
L'univers est son tribunal.
Il se voit contraint d'y repondre;
S'il s'égare jusqu'à confodre
L'innocent & le criminel
,
Le châtiment
,
la recompenle
Font de la main qui les diCpense
L'éloge ou l'opprobre éternel.
C'est peu que de sa loy suprême
On appelle au Maître des
Rois,
Il répond comme de luimême
Des Ministres dont il faitchoix.
C'est à
ces infaillibles marques
Que du plus sage des Monarques
Lajustice éclateànosyeux,
Il commet son peuple à ton
zele,
Et tu fais, ministre fidele,
La felicicé de ces lieux.
Ici ma voix est suspenduë,
J'ai trop de vertus à chanter,
Et ma recherche conson.
duë
Ne sçait à quel choix s'arreter.
Mais c'est trop garderle si..
;lence,
D'où vient que ma Musc
balance?
Mon choix nest-il pas deja
-
fait?
J'ai fîû d'abord me le préferire,
Et la justice peut suffire
A faire un Ministre parfais
O combien son amourt'enflâme!
Qu'il excite en toy de transports !
Ce feu rrop presle dans ton
ame
Cherche à se répandre au
dehors;
De là ce courroux qui c'a.-
nime
A la feule approche du crime:
L'épouvante fuit le respect,
Il n'estpoint de si fier coupable,
Quelque effort dont il soit
capable,
Qui ne pâlisse à
ton aspect.
Mais quel bonheur pour
l'innocence
>
Qui jamais ne t'implore en
vain!
Sur ton cœur qu'elle a
de
puissancei
Tu n'as plus qu'un aspect
serain:
Telsur les flots un prompt
orage
Couvrant le ciel d'un noir
nuage
> Contraint le jour à se cac
her;
Mais le pere de lalumiere
Reprend-il sa splendeur
premiere,
Il rend l'esperance au nocher.
-
Ainsi, favorable & severe,
Signalant unjuste pouvoir,
Tour à
tour de juge & de
pere
Tu remplis le double de- voir; Sourd à l'interêt, à la brigue
Perçant la plussecrete intrigue
Que l'impostiure ore tramer;
Tel enfin que j'ose te peindre,
Forçant les méchans à
te
craindre
x
Tu portes les bons à t'aimer.
Je n.o[e endire davantage,
Et si jachevoisle tableau,
Loin de m'accorder ton
suffrage,
Tu defàvoûrois mon pinceau :
Mais mon zele fût-il coupable,
Tu cefleroisd'être équitable,
Si tu ne t'en prenois qu'à
moy;
Ta vertu même en est complice.
J'ai voulu peindre la Justice,
Je ne lai pu que d'aprés
toy.
MlleBARBIER
SUR. LA JUSTICE.
A M.. d'Argenfin
,
Conseillet
d'Etat. QtJelle est cette auguste
Immortelle
Que je vois descendre des
Cieux?
Tout mon cœur s'enflâme
pour elle,
Sitôt qu'elle brille à mes
yeux.
N'en doutons pointy c'en:
la Justice
:
Mortels, que chacun obeisse
Elle vient nous donner des
des loix:
Oracle du Maître suprême,
L'enfer, la terre, le ciel
même, 1\
Tout doit reconnoître sa
VOIX
* Digne choix du plus digne
Maître
Qui jamais ait régné sur
nous,
D'Argenson,tusçaisla con- noître,
'Ce,te voix qui nous parle
à
tous.
Sur tes consèils elle preside;
Peut-on sans la prendre
pour guide
Discerner le mal & le bien?
C'est sur elle que tout se
sonde,
Et le premier trône du
monde -
N'a point de plus ferme
soûtien.
Le Maître à qui tout rend
hommage
Surl'équité fonde ses droits;
Louis est sa vivante image,
Qu'il soit le module des
Rois.
Long-temps cheri de laviCtoire
A-t-ilfaitconfiller sa gloire
Dans le vain nom de conquérant?
Non, ce qui le rend plus
auguste,
C'est qu'en lui le tirre de
juste
Confirme le titre de grand.
En vain un Monarque se
Rare
Que son pouvoir n'a point
,
.dcga!
; *
Desquesaninjusticeéclate
L'univers est son tribunal.
Il se voit contraint d'y repondre;
S'il s'égare jusqu'à confodre
L'innocent & le criminel
,
Le châtiment
,
la recompenle
Font de la main qui les diCpense
L'éloge ou l'opprobre éternel.
C'est peu que de sa loy suprême
On appelle au Maître des
Rois,
Il répond comme de luimême
Des Ministres dont il faitchoix.
C'est à
ces infaillibles marques
Que du plus sage des Monarques
Lajustice éclateànosyeux,
Il commet son peuple à ton
zele,
Et tu fais, ministre fidele,
La felicicé de ces lieux.
Ici ma voix est suspenduë,
J'ai trop de vertus à chanter,
Et ma recherche conson.
duë
Ne sçait à quel choix s'arreter.
Mais c'est trop garderle si..
;lence,
D'où vient que ma Musc
balance?
Mon choix nest-il pas deja
-
fait?
J'ai fîû d'abord me le préferire,
Et la justice peut suffire
A faire un Ministre parfais
O combien son amourt'enflâme!
Qu'il excite en toy de transports !
Ce feu rrop presle dans ton
ame
Cherche à se répandre au
dehors;
De là ce courroux qui c'a.-
nime
A la feule approche du crime:
L'épouvante fuit le respect,
Il n'estpoint de si fier coupable,
Quelque effort dont il soit
capable,
Qui ne pâlisse à
ton aspect.
Mais quel bonheur pour
l'innocence
>
Qui jamais ne t'implore en
vain!
Sur ton cœur qu'elle a
de
puissancei
Tu n'as plus qu'un aspect
serain:
Telsur les flots un prompt
orage
Couvrant le ciel d'un noir
nuage
> Contraint le jour à se cac
her;
Mais le pere de lalumiere
Reprend-il sa splendeur
premiere,
Il rend l'esperance au nocher.
-
Ainsi, favorable & severe,
Signalant unjuste pouvoir,
Tour à
tour de juge & de
pere
Tu remplis le double de- voir; Sourd à l'interêt, à la brigue
Perçant la plussecrete intrigue
Que l'impostiure ore tramer;
Tel enfin que j'ose te peindre,
Forçant les méchans à
te
craindre
x
Tu portes les bons à t'aimer.
Je n.o[e endire davantage,
Et si jachevoisle tableau,
Loin de m'accorder ton
suffrage,
Tu defàvoûrois mon pinceau :
Mais mon zele fût-il coupable,
Tu cefleroisd'être équitable,
Si tu ne t'en prenois qu'à
moy;
Ta vertu même en est complice.
J'ai voulu peindre la Justice,
Je ne lai pu que d'aprés
toy.
MlleBARBIER
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Résumé : ODE SUR LA JUSTICE. A M. d'Argenson, Conseiller d'Etat.
L'ode 'Sur la Justice' est dédiée à M. d'Argenfon, Conseiller d'État. Elle célèbre la justice comme une force divine et immortelle, descendue des cieux, qui guide les hommes à distinguer le bien du mal et fonde les lois. La justice est l'oracle du Maître suprême, reconnue par l'enfer, la terre et le ciel. Le roi Louis est loué pour incarner la justice non par ses conquêtes, mais par son titre de juste. Tout monarque doit rendre des comptes à l'univers en cas d'injustices. La justice dirige également les ministres choisis par le roi. Le poète exprime son admiration pour la justice, qui inspire respect et crainte, comparée à un orage apportant l'espoir après la tempête. Elle est à la fois sévère et favorable, capable de percer les intrigues secrètes et de forcer les méchants à la craindre tout en inspirant l'amour des bons. Le poète conclut en affirmant que sa description de la justice est inspirée par les vertus de M. d'Argenfon, qu'il considère comme l'incarnation de la justice.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1519
p. 60-64
Fragment du Poëme de la Rune. [titre d'après la table]
Début :
On recherche la volupté, [...]
Mots clefs :
Rhune, Diable, Ermitage
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texteReconnaissance textuelle : Fragment du Poëme de la Rune. [titre d'après la table]
Dans le Mercure de
en a
omis, par un feüillet
égarè'.,'la fin du Poème de la
Rune. Cet ouvrage a
fait asfeZ. de plaisir, pourmériter
l'attention de donner ici ce
fragment omis qui finit ce
Poëme.
,
On recherche la volupté
),
Parce qu'elle flate& qu'on
l'aime;
Et si du diable on est tenté,
Il faut dire la verité,
Chacun est son diable soymeme:
Mais laissons le diable en (repos,-
Et reprenons nôtre propos.
Que ferez
-
vous feule isolée
Sur vôtre Rune desolée?
Que faire là ?
je n'en sçai
rien:
Mais vous pour elle si zelée
Peut-être le sçavez-vous
,
2-bieç.-
Helas! si j'en crois mesalarmes,
Un cruel ennui vous attend;
Ce roc pour vous si plein
de charmes,
., Et que par-tout vous vantez tant,
Vous fera bien verser des
larmes.
Il me semble déjà vous voir
La tête sur la main penchée,
Regretter cet ancien manoir
Dont vous vous ferez arra- chée
Et du matinjusques au foir
Trouver bien lugubre ôc
bien noir
Le nid où vousferez juchée,
Disant souventd'un cœur
contrit:
Helas! on me l'avoit bien
dit.
Je n'en dirai pas davantage,
Mes avis seroient super flus;
Courez, volez à l'hermitage,
Partez, je ne vous retiens
plus;
Allez où vôtre cœur aspire,
Vous n'y
ferez pas long ieL
jour.
S'il restoit quelque chose à
dire,
Je le garde pour le retour
en a
omis, par un feüillet
égarè'.,'la fin du Poème de la
Rune. Cet ouvrage a
fait asfeZ. de plaisir, pourmériter
l'attention de donner ici ce
fragment omis qui finit ce
Poëme.
,
On recherche la volupté
),
Parce qu'elle flate& qu'on
l'aime;
Et si du diable on est tenté,
Il faut dire la verité,
Chacun est son diable soymeme:
Mais laissons le diable en (repos,-
Et reprenons nôtre propos.
Que ferez
-
vous feule isolée
Sur vôtre Rune desolée?
Que faire là ?
je n'en sçai
rien:
Mais vous pour elle si zelée
Peut-être le sçavez-vous
,
2-bieç.-
Helas! si j'en crois mesalarmes,
Un cruel ennui vous attend;
Ce roc pour vous si plein
de charmes,
., Et que par-tout vous vantez tant,
Vous fera bien verser des
larmes.
Il me semble déjà vous voir
La tête sur la main penchée,
Regretter cet ancien manoir
Dont vous vous ferez arra- chée
Et du matinjusques au foir
Trouver bien lugubre ôc
bien noir
Le nid où vousferez juchée,
Disant souventd'un cœur
contrit:
Helas! on me l'avoit bien
dit.
Je n'en dirai pas davantage,
Mes avis seroient super flus;
Courez, volez à l'hermitage,
Partez, je ne vous retiens
plus;
Allez où vôtre cœur aspire,
Vous n'y
ferez pas long ieL
jour.
S'il restoit quelque chose à
dire,
Je le garde pour le retour
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Résumé : Fragment du Poëme de la Rune. [titre d'après la table]
Le texte présente un fragment omis du poème 'La Rune', publié dans le Mercure de France. L'auteur exprime son plaisir à découvrir cet ouvrage et souhaite compléter le poème en incluant ce fragment manquant. Le poème explore la quête de la volupté et la tentation du diable, soulignant que chacun est son propre diable. Il aborde ensuite la solitude et l'ennui qui guettent une personne isolée sur une rune désolée. Cette personne regrette un ancien manoir et trouve lugubre son nouveau nid. L'auteur conseille à cette personne de suivre son cœur et de partir, prédisant que son séjour ne sera pas long. Il garde ses autres avis pour le retour de cette personne.
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1520
p. 66-72
Prologue de Melpomene & de Thalie, Sur un Heros.
Début :
Quittez, ma soeur, une arrogance vaine, [...]
Mots clefs :
Melpomène, Thalie, Héros, Gloire, Chants, Lauriers immortels, Exploits, Mémoire
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texteReconnaissance textuelle : Prologue de Melpomene & de Thalie, Sur un Heros.
Prologue de Melpomene
SedeThalîé^
SurunHeros.
MELPOMENE.
QUittez,
ma sœur ,une
arrogancevaine,
Osez-vouscomparer vos.
-
frivoles chansons
Aux nobles
,
aux sublimes
sons
Del'heroïque Melpomene?
- THALIE.
Hé de grace,ma sœur,treve
de vanité,
Vivez en paix avec Thalie;
Vous sçavezque vingt fois elle
a déconcerté
Pour une ennuyeuse folie
Vôtre ennuyeusegravité.
MELPOMENE.
Ma voix ressuscite lagloire
De mesantiques demiDieux,
Etje consacre la memoire
Dé ceux qui brillent à vos
yeux. THALIE.
Vos chantspar leur lugubre
accord
Fatiguentsouvent leuroreille,
Ma flute souvent les réveille,
Et vôtrelyre les endort.
MELPOMENE.
Croyez-vous que ce soit un
talent fortutile
, De badiner à
tout propos ?
TAH-AL1E.,
Vous imaginez-vous qu'il
soit si difficile :
De faire briller les Heros ?
MELPOMENE.
De lauriers immortels je
' couronne leurs têtes,
»
THALIE.
Jesçai les délasser par d'à.- greablefêtes. d a,«..-
MELPOMENE. Jevante leux exploits.
THALIE.
J'amuse leurs desirs,
MELPOMENE.
Je prens foin de leur gloire..
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs..
MELPOMENE.
Je m'étonne qu'une Déesse,.
Qu'une Mufe se laisse à la
-
gloire entraîner;
L'amour propreest une soi- blesse
Qu'aux malheureuxmortels on doit abandonner.
'-' THALIE. Plusona le cœur grand, ôc
plus la gloire touche;
J'ai reçû comme vous ce
dangereux present:
Mais le mien est vif& plaifaut>
-- Etlevôtre est sombre&farouche.
MELPOMENE.
Vous êtes ma cadette, au
jugement de tous,
, Et l'on est modeste à vôtre
âge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune qu:
vous,
Ne vousétonnez pas si je
plais davantage..
MELPOMENE.
Ne profanons point nôtre
voix
Par une odieuse querelle;
Des Herosle noble modele
Nous fournir de plus doux
emplois
:
Il a mille vertus dignes de
sanaissance,
Les Mufes dontil est l'appui
Doivent se consacrer à lui
Par zele & par reconnoiC
.- sance.
THALIE
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE.
C'est le plus digne employ
des Filles de Memoire.
THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire.
MELPOMENE.
Que Thalie ait le fbhid'oc<
cuper son loisir.
MELPOM. & THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire,
Que Thalie ait le foin d'occuper son loisir
SedeThalîé^
SurunHeros.
MELPOMENE.
QUittez,
ma sœur ,une
arrogancevaine,
Osez-vouscomparer vos.
-
frivoles chansons
Aux nobles
,
aux sublimes
sons
Del'heroïque Melpomene?
- THALIE.
Hé de grace,ma sœur,treve
de vanité,
Vivez en paix avec Thalie;
Vous sçavezque vingt fois elle
a déconcerté
Pour une ennuyeuse folie
Vôtre ennuyeusegravité.
MELPOMENE.
Ma voix ressuscite lagloire
De mesantiques demiDieux,
Etje consacre la memoire
Dé ceux qui brillent à vos
yeux. THALIE.
Vos chantspar leur lugubre
accord
Fatiguentsouvent leuroreille,
Ma flute souvent les réveille,
Et vôtrelyre les endort.
MELPOMENE.
Croyez-vous que ce soit un
talent fortutile
, De badiner à
tout propos ?
TAH-AL1E.,
Vous imaginez-vous qu'il
soit si difficile :
De faire briller les Heros ?
MELPOMENE.
De lauriers immortels je
' couronne leurs têtes,
»
THALIE.
Jesçai les délasser par d'à.- greablefêtes. d a,«..-
MELPOMENE. Jevante leux exploits.
THALIE.
J'amuse leurs desirs,
MELPOMENE.
Je prens foin de leur gloire..
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs..
MELPOMENE.
Je m'étonne qu'une Déesse,.
Qu'une Mufe se laisse à la
-
gloire entraîner;
L'amour propreest une soi- blesse
Qu'aux malheureuxmortels on doit abandonner.
'-' THALIE. Plusona le cœur grand, ôc
plus la gloire touche;
J'ai reçû comme vous ce
dangereux present:
Mais le mien est vif& plaifaut>
-- Etlevôtre est sombre&farouche.
MELPOMENE.
Vous êtes ma cadette, au
jugement de tous,
, Et l'on est modeste à vôtre
âge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune qu:
vous,
Ne vousétonnez pas si je
plais davantage..
MELPOMENE.
Ne profanons point nôtre
voix
Par une odieuse querelle;
Des Herosle noble modele
Nous fournir de plus doux
emplois
:
Il a mille vertus dignes de
sanaissance,
Les Mufes dontil est l'appui
Doivent se consacrer à lui
Par zele & par reconnoiC
.- sance.
THALIE
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE.
C'est le plus digne employ
des Filles de Memoire.
THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire.
MELPOMENE.
Que Thalie ait le fbhid'oc<
cuper son loisir.
MELPOM. & THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire,
Que Thalie ait le foin d'occuper son loisir
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Résumé : Prologue de Melpomene & de Thalie, Sur un Heros.
Le texte relate une dispute entre Melpomène, muse de la tragédie, et Thalie, muse de la comédie. Melpomène reproche à Thalie de comparer ses chansons frivoles aux chants héroïques qu'elle célèbre. Thalie défend ses chansons en affirmant qu'elles divertissent et réveillent les auditeurs, contrairement aux chants lugubres de Melpomène. Melpomène insiste sur le fait qu'elle célèbre la gloire des héros et des demi-dieux, tandis que Thalie se vante de pouvoir les détendre et amuser. La dispute porte sur la valeur de leurs talents respectifs. Melpomène critique l'amour-propre de Thalie, qui répond que la gloire touche ceux qui ont un grand cœur. Elles conviennent finalement de se consacrer à un héros, Melpomène en célébrant sa gloire et Thalie en occupant son loisir.
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1521
p. 185-187
PARODIE de la derniere Enigme du Mercure dernier.
Début :
En robe de satin quelque peu déchirée, [...]
Mots clefs :
Oignon, Parodie, Pleurer
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texteReconnaissance textuelle : PARODIE de la derniere Enigme du Mercure dernier.
PARODIE
-
deladerniereEnigme
du Mercuredernier.
En robe de satin quel-
<- que peudéchirée,
En bottes à cheval, l'oiognon fait son entrée
Dans Paris où l'on l'attendoit.
Le pauvre sur l'oignon a
droit,
Le riche l'admet à sa
table.
Pour luy quand on l'achette il est infuportable,
Il luy plaist feulement
quand il est derobé
1d est.Lorsquesansrobe
onlesertcuità table.
Mais avant qu'on l'y
voye
,
helas!souvent
tombé
Dans les barbares mains
d'une gent tres brutale
Id est. Du cuisiniersujet à
-
s' enyvrer,
De ses douces prisons
voulant le délivrer,
Telluy coupe la teste
,
ou le brusle ou l'empale,
Quinescauroit parfois
s'empescher d'en
0;
pleurer
-
deladerniereEnigme
du Mercuredernier.
En robe de satin quel-
<- que peudéchirée,
En bottes à cheval, l'oiognon fait son entrée
Dans Paris où l'on l'attendoit.
Le pauvre sur l'oignon a
droit,
Le riche l'admet à sa
table.
Pour luy quand on l'achette il est infuportable,
Il luy plaist feulement
quand il est derobé
1d est.Lorsquesansrobe
onlesertcuità table.
Mais avant qu'on l'y
voye
,
helas!souvent
tombé
Dans les barbares mains
d'une gent tres brutale
Id est. Du cuisiniersujet à
-
s' enyvrer,
De ses douces prisons
voulant le délivrer,
Telluy coupe la teste
,
ou le brusle ou l'empale,
Quinescauroit parfois
s'empescher d'en
0;
pleurer
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Résumé : PARODIE de la derniere Enigme du Mercure dernier.
Le texte décrit une parodie intitulée 'deladerniereEnigme du Mercuredernier'. Il relate l'entrée triomphale d'un oignon à Paris, acclamé par tous. L'oignon est apprécié uniquement lorsqu'il est volé. Les cuisiniers, souvent ivres, le maltraitent en le coupant, le brûlant ou l'empalant, ce qui peut les faire pleurer.
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1522
p. 188-191
ENVOY. Par le Cuisinier d'Arnolfe, ou Arnofle, experto crede Roberto.
Début :
Moy Cuisinier bon compagnon [...]
Mots clefs :
Oignon, Cuisinier
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texteReconnaissance textuelle : ENVOY. Par le Cuisinier d'Arnolfe, ou Arnofle, experto crede Roberto.
E NVO Y.
ParleCuisinier d'Arr.osse,on Amofieexpert»
crede Roberto.
-
Moy Cuisinier bon conv
pagnon -
-
J'aydeviné l'Enigmeobs-
, cure,
Ouy par la teste d'un
L
oignon,
J'en puis jurer, puisque
-
--
j'en jure,
Et qu'au plus noble oi--
gnon teste jescai -
tv couper. J'enragè quandjevoyque
mon ayare Arnosle ;
Fait souvent son sobre
souper
D'un oignonempalé d'un
seul clou de girosle.
En chartrc comme moy
ce Maistre va tomber,
Je pleure de la maigre
chere
Qu'avec oignons il nous
fait faire,
Hors oignons rien chez
luy ne le peut derober,
Oignons seuls ornent ïà
euiûne,
Et partant sont pour moy
simbole de famine.
Le mot de la premiere
Enigme, cejl les dents.
Vous en trouverez la
Parodie page ij8
ParleCuisinier d'Arr.osse,on Amofieexpert»
crede Roberto.
-
Moy Cuisinier bon conv
pagnon -
-
J'aydeviné l'Enigmeobs-
, cure,
Ouy par la teste d'un
L
oignon,
J'en puis jurer, puisque
-
--
j'en jure,
Et qu'au plus noble oi--
gnon teste jescai -
tv couper. J'enragè quandjevoyque
mon ayare Arnosle ;
Fait souvent son sobre
souper
D'un oignonempalé d'un
seul clou de girosle.
En chartrc comme moy
ce Maistre va tomber,
Je pleure de la maigre
chere
Qu'avec oignons il nous
fait faire,
Hors oignons rien chez
luy ne le peut derober,
Oignons seuls ornent ïà
euiûne,
Et partant sont pour moy
simbole de famine.
Le mot de la premiere
Enigme, cejl les dents.
Vous en trouverez la
Parodie page ij8
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Résumé : ENVOY. Par le Cuisinier d'Arnolfe, ou Arnofle, experto crede Roberto.
Un poème en ancien français critique Arnose, décrit comme frugal. Le narrateur, un cuisinier, déplore les repas d'Arnose, souvent réduits à un oignon. Il révèle que la solution d'une énigme est 'les dents' et que la parodie de cette énigme se trouve à la page 138.
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1523
p. 191-193
ENIGME.
Début :
Quoy que je ne sois pas de nature à médire [...]
Mots clefs :
Écrevisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Qvoy
que je ne foispas
de nature à medire
Dans mon humeur noire
pourtant
Sournoise je pince sans
rire,
Par courbettes je <vats
marchant,
Tout l'hiversansmanger
]e garde n,'a cellule,
Et jefaiscaresme en Esté,
Admirezma sobriete.
ureen« touttemps
est ajJè.Z ridicule:
Je roufisdeL'amour qu'ont
pourmoytantde ^ensy
Je roujs du jeu que je
fer*s3
Et cependantma race
abondam:cnt pu'Lde.•
Et pour was parleruirt
foit
-En Pedagogue
4 soit peu
-
0 t~ Ensdjlrologue
Jelogeen ma maison le
principe dufe
Qvoy
que je ne foispas
de nature à medire
Dans mon humeur noire
pourtant
Sournoise je pince sans
rire,
Par courbettes je <vats
marchant,
Tout l'hiversansmanger
]e garde n,'a cellule,
Et jefaiscaresme en Esté,
Admirezma sobriete.
ureen« touttemps
est ajJè.Z ridicule:
Je roufisdeL'amour qu'ont
pourmoytantde ^ensy
Je roujs du jeu que je
fer*s3
Et cependantma race
abondam:cnt pu'Lde.•
Et pour was parleruirt
foit
-En Pedagogue
4 soit peu
-
0 t~ Ensdjlrologue
Jelogeen ma maison le
principe dufe
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1524
p. 193-195
ENIGME.
Début :
Nous sommes deux jumeaux de pareille grandeur, [...]
Mots clefs :
Chenets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Noussommes deuxjumeaux de pareille
grandeur,
Employez, à parer une
noire Maitresse
Nous sommes faits tous
deux pourla sèrvir
sans cesse,
Et pour elle Vulcain se
consomme d'ardeur,
On /raw*den'osfronts la
finsvivefptendeur,
Quandl'Epouxd'Orithie
ejieauJequ'on nous
greffe
Nos immobiles Corps marquent mjiYe paresse.,
Et plus ilfaitde chaud,
plusils ont defroideur.
Jîinji que le Soieil nous
portonsà toute heure
La couleur-du métnilque
l'avarice pleure,
QuandavecJèstréjors on
enleveJoncœur.
Nous tirons aprèsnous
une suite infimey
Etsi le Cieltoujoursexerçoitsarigueur
On nous verroit tous/oùrs
en banne compagnie.
Noussommes deuxjumeaux de pareille
grandeur,
Employez, à parer une
noire Maitresse
Nous sommes faits tous
deux pourla sèrvir
sans cesse,
Et pour elle Vulcain se
consomme d'ardeur,
On /raw*den'osfronts la
finsvivefptendeur,
Quandl'Epouxd'Orithie
ejieauJequ'on nous
greffe
Nos immobiles Corps marquent mjiYe paresse.,
Et plus ilfaitde chaud,
plusils ont defroideur.
Jîinji que le Soieil nous
portonsà toute heure
La couleur-du métnilque
l'avarice pleure,
QuandavecJèstréjors on
enleveJoncœur.
Nous tirons aprèsnous
une suite infimey
Etsi le Cieltoujoursexerçoitsarigueur
On nous verroit tous/oùrs
en banne compagnie.
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1525
p. 258-26[1]
Parodie sur l'Enigme qui a pour mot les Dents.
Début :
Deux bataillons de filles non vêtuës, [...]
Mots clefs :
Dents, Bouche, Bataillon, Palais
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texteReconnaissance textuelle : Parodie sur l'Enigme qui a pour mot les Dents.
Parodie sur l'Enigme
qui a pour mot les
,
Dents.
&Euxbataillons âefiles
JI
Que lA bouche met à cou-
,4.
Sont les dents qui com.
battent nuës;
On liait à que le com-
-
bat fert.
Plus chaque bataillon est
',
Plus prompt de même est
le secours;
Sous lepalais qui lesen
ferme
Le dejfoiii attaque toujours.
Dans le nombre ntilîe
suyarde,
Aucune aux gens bien
sains ne si trouve en
défaut;
Celles qui font l'Arriere-,
larde
DfJhItJent le plus terrible
asaut.
Cetteguerre en mangeant
soir & matin sallume;
Endépitdugourmanden
fin elle se'teint,
Etsa bouche pleined'écume
Détruit(on appétit, fam
détruire leur teint.
Maislaiffonslegourmad,
parlons d'unbeau
visàge,
Ou la blanchenr des dents
:
fait ungrand ornement:
Heureux, heureux cent
-
fois un vif&tendre
amant
Qui dansses doux trans
ports en éprouve la
rage
qui a pour mot les
,
Dents.
&Euxbataillons âefiles
JI
Que lA bouche met à cou-
,4.
Sont les dents qui com.
battent nuës;
On liait à que le com-
-
bat fert.
Plus chaque bataillon est
',
Plus prompt de même est
le secours;
Sous lepalais qui lesen
ferme
Le dejfoiii attaque toujours.
Dans le nombre ntilîe
suyarde,
Aucune aux gens bien
sains ne si trouve en
défaut;
Celles qui font l'Arriere-,
larde
DfJhItJent le plus terrible
asaut.
Cetteguerre en mangeant
soir & matin sallume;
Endépitdugourmanden
fin elle se'teint,
Etsa bouche pleined'écume
Détruit(on appétit, fam
détruire leur teint.
Maislaiffonslegourmad,
parlons d'unbeau
visàge,
Ou la blanchenr des dents
:
fait ungrand ornement:
Heureux, heureux cent
-
fois un vif&tendre
amant
Qui dansses doux trans
ports en éprouve la
rage
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Résumé : Parodie sur l'Enigme qui a pour mot les Dents.
Le poème décrit les dents comme des soldats, plus nombreuses pour une meilleure mastication. Le palais protège contre les attaques extérieures. Les dents arrière sont les plus puissantes. La mastication constante finit par détruire l'appétit et la santé. Un visage avec des dents blanches est beau, et l'amant admirant ces dents est heureux.
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1526
p. 10-19
APOLOGUE, OU CONTE NOUVEAU. LES TOURTERELLES & le Renard. Par Madame de ***
Début :
UN Renard dégoûté de poule & de poulet, [...]
Mots clefs :
Apologue, Renard, Tourterelles, Morale, Fidélité, Honneur, Vertu
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texteReconnaissance textuelle : APOLOGUE, OU CONTE NOUVEAU. LES TOURTERELLES & le Renard. Par Madame de ***
APOLOGUE,
ov
CONTENOUVEAU.
LES TOURTERELLES
&leRenard.
Par Madame de***- UN Renard débouté
de poule & depoulet,
Vouluttâter.de chair nou-
'Vclle.
C'estunragoût,dit-on.
Un jaur prés d'un
volet
11 étoit à l'afu de quelque
tourterelle
:
A lafin fatigué degarder
lemulet, Ilpassasonmuseau parle
trou delaporte,
Etsi mit à prêcher la timi de cohorte.
On dit qu'au scelerat qui
fait l'homme de bien
La morale ne coûte rien.
Il en débita de très-fine:
Il n'ep rien
,
leur dit-il,
plus trompeur que
la mines
crel que vous tYJe voyez,,
je fii's le protectur
De l'innccen,ce& de l'honneur :
Sij'ai croquéparfois quelque jeune poulettey
C'étoit pour la punir Savoir été J.coqettey
Si je la croque,helas! ce
n'est qu'avec douleur:
Monfotblefut toujours la
tendresse de cœur;
Mais l'horreur que J'ai
pour le vice,
Et mon zele pour la jtlr
tice9
ji changéma complexion.
Pour faire la correction
J'ai dugrand Jupiter de
nouvelles patentes,
Et J'en ai deplus obtenu
Pour recompenser la vertu.
O tourterellesinnocentes,
Aiodeles de pudicité,
Je veux recompenser votre fidélité;
Venez donc dans cette
avenue
Devantmoy passerenrevue
Je prendrai vos noms f0
surnoms,
Pour vous citer dans mes
sermons.
Quandjecite une femme,
ouneme veutplus
crOIre:
Mais par moy vous aureZj lagloire
Ifêtre données à la fofterite
Pour modèles de chasteté.
Par ce discoursflateur le
Renardse pt croire:
De sortir il fut question,
Chacune fit reflexion
Quesagesse cfi choseéquivoquei
Chacune craint qu'on ne
la croque.
Ho bo, dit leRenard,
vous vous faites
prier;
Ma foy jevaisvous décrier.
Toujours on a
cité les
chastes tourterelles:
Vous ne servirez plus
aux femmes de modeles.
Nôtre honneur efrperdu>
disoient-elles tout bas:
Sors la premiere toy. Je
ne sortirai pas.
Aioj, disoit celle-ci, je
sortirais sans peine:
Mais je crois que faila
migraine.
Aieyjeserois déja dehors,
Ditl'autre: maisjecrains
une prise de corps
,
certain billet échu. Bref
chacune *exeuse,
AVcf#nt dire auelle reu
Prfe
) Et
Et croit que fin honneur
ne periclite pa*.
Voyant les autres dans le
cas,
Uneenfin par orgüeil à
tout risquer s'engage:
Oui, dit
-
elle, on verra
que je suis la plus
{age)
Oui seule je m'exposeraI,
Ouiseule je triompherai.
Pendant que pour sortir
elleétendoitsesailes,
Les autres impromptu
tinrent conseil entr'elles,
Et conclurent que seule
ainsije distinguer,
C'étoit les Accuser, les
honnir: les morguer;
Contr'elle un arrêt prononcerent,
Sur elle AU/fitôt s'élancerent,
Et malgré sa vertu,
sans pitié, sans
refpeéî
L'assommerent à coups de
bec.
C'est ainsique les femmes
assommentà coups de
becycejt à dire à coups
de langue,celles qui veulentse distinguer, st) faire
voirpar une conduite singuliere qu'elles n'approuvent pas celle
ov
CONTENOUVEAU.
LES TOURTERELLES
&leRenard.
Par Madame de***- UN Renard débouté
de poule & depoulet,
Vouluttâter.de chair nou-
'Vclle.
C'estunragoût,dit-on.
Un jaur prés d'un
volet
11 étoit à l'afu de quelque
tourterelle
:
A lafin fatigué degarder
lemulet, Ilpassasonmuseau parle
trou delaporte,
Etsi mit à prêcher la timi de cohorte.
On dit qu'au scelerat qui
fait l'homme de bien
La morale ne coûte rien.
Il en débita de très-fine:
Il n'ep rien
,
leur dit-il,
plus trompeur que
la mines
crel que vous tYJe voyez,,
je fii's le protectur
De l'innccen,ce& de l'honneur :
Sij'ai croquéparfois quelque jeune poulettey
C'étoit pour la punir Savoir été J.coqettey
Si je la croque,helas! ce
n'est qu'avec douleur:
Monfotblefut toujours la
tendresse de cœur;
Mais l'horreur que J'ai
pour le vice,
Et mon zele pour la jtlr
tice9
ji changéma complexion.
Pour faire la correction
J'ai dugrand Jupiter de
nouvelles patentes,
Et J'en ai deplus obtenu
Pour recompenser la vertu.
O tourterellesinnocentes,
Aiodeles de pudicité,
Je veux recompenser votre fidélité;
Venez donc dans cette
avenue
Devantmoy passerenrevue
Je prendrai vos noms f0
surnoms,
Pour vous citer dans mes
sermons.
Quandjecite une femme,
ouneme veutplus
crOIre:
Mais par moy vous aureZj lagloire
Ifêtre données à la fofterite
Pour modèles de chasteté.
Par ce discoursflateur le
Renardse pt croire:
De sortir il fut question,
Chacune fit reflexion
Quesagesse cfi choseéquivoquei
Chacune craint qu'on ne
la croque.
Ho bo, dit leRenard,
vous vous faites
prier;
Ma foy jevaisvous décrier.
Toujours on a
cité les
chastes tourterelles:
Vous ne servirez plus
aux femmes de modeles.
Nôtre honneur efrperdu>
disoient-elles tout bas:
Sors la premiere toy. Je
ne sortirai pas.
Aioj, disoit celle-ci, je
sortirais sans peine:
Mais je crois que faila
migraine.
Aieyjeserois déja dehors,
Ditl'autre: maisjecrains
une prise de corps
,
certain billet échu. Bref
chacune *exeuse,
AVcf#nt dire auelle reu
Prfe
) Et
Et croit que fin honneur
ne periclite pa*.
Voyant les autres dans le
cas,
Uneenfin par orgüeil à
tout risquer s'engage:
Oui, dit
-
elle, on verra
que je suis la plus
{age)
Oui seule je m'exposeraI,
Ouiseule je triompherai.
Pendant que pour sortir
elleétendoitsesailes,
Les autres impromptu
tinrent conseil entr'elles,
Et conclurent que seule
ainsije distinguer,
C'étoit les Accuser, les
honnir: les morguer;
Contr'elle un arrêt prononcerent,
Sur elle AU/fitôt s'élancerent,
Et malgré sa vertu,
sans pitié, sans
refpeéî
L'assommerent à coups de
bec.
C'est ainsique les femmes
assommentà coups de
becycejt à dire à coups
de langue,celles qui veulentse distinguer, st) faire
voirpar une conduite singuliere qu'elles n'approuvent pas celle
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Résumé : APOLOGUE, OU CONTE NOUVEAU. LES TOURTERELLES & le Renard. Par Madame de ***
L'apologue 'Les Tourterelles et le Renard' relate l'histoire d'un renard affamé qui, après avoir échoué à capturer des poules, tente de séduire des tourterelles. Il se présente comme un défenseur de l'innocence et de l'honneur, justifiant ses actions passées par la justice. Il promet de récompenser la fidélité des tourterelles et de les citer comme modèles de chasteté. Les tourterelles, méfiantes, hésitent à sortir. Une d'elles finit par accepter, mais les autres, jalouses, la frappent à coups de bec dès qu'elle s'expose. Cette histoire illustre comment les femmes peuvent critiquer et attaquer celles qui cherchent à se distinguer par une conduite singulière.
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1527
p. 20-24
CHANSON. ESTRENNES à Climene. Sur l'air : Réveillez-vous, belle endormie.
Début :
JE vous envoye vos étrennes, [...]
Mots clefs :
Étrennes, Climène, Mariage, Rire, Bail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON. ESTRENNES à Climene. Sur l'air : Réveillez-vous, belle endormie.
CHANSON.
ETRENNES
à Climene.
Sur l'air: Réveillez-vous,
belle endormie.
Je
vous envoye vos etren-;
nts)
Climene, -
vous levoyezbien:
Mais je vous demande les
miennes
,
Peut
-
être n'ensçavez-vous
rien.
Quelles êtrennes je desire,
Peut- être n'en [ça'VeZ-'Vous
rien:
Que voudroit-on quand au
soûpire?
Peut-être le sçavez-vous
bien.
De votre cœur je veux l'é-
»Peut-être
trenne
le ffa'VeZ y-'Vous
bien:
Est-il encore à vous, Climene?
Peut- être n'ensçavez-vous
rien.
Je ne veux qu'un ) mot four
étrenne,
Quel il est vous le J[ave%
bien
;
Souvent très-loin ce mot nous
mene,
Peut-être n'en Jçave^-vous
rien.
Ase marier il engage;
Sans doute vous le ffd/ve'{,
bien:
Maisqu'est-ce que le maria- Le?
Peut-êtren'ensçavez-vous
rien.
Cejl un bail à longues années,
Sans doute vous le .f?'VP'(
bien:
Mais au mariseul dessinées
y
Peut-être n'ensçavez-vous
rien.
Par ce bail de vous il disPo.
si,
Peut-être le sçauvez-vous
bien:
Mais il estpeu de baux sans
clause,
Peut-êtren'en ffaurez-vous
rien.
Là-deffia
on peut trop (crû
re,
Climene, Yous lesçavezbien •
Ce trop le voudriezvous lire?
Peut-être n'en f^ave^-vous
rien.
J'aurois cent choses à vous
dire,
Climene^ousleJçave^hi^j
Demandez- moy si c'eji pour
rIre)
Peut-être que je rien sçaî
rien.
ETRENNES
à Climene.
Sur l'air: Réveillez-vous,
belle endormie.
Je
vous envoye vos etren-;
nts)
Climene, -
vous levoyezbien:
Mais je vous demande les
miennes
,
Peut
-
être n'ensçavez-vous
rien.
Quelles êtrennes je desire,
Peut- être n'en [ça'VeZ-'Vous
rien:
Que voudroit-on quand au
soûpire?
Peut-être le sçavez-vous
bien.
De votre cœur je veux l'é-
»Peut-être
trenne
le ffa'VeZ y-'Vous
bien:
Est-il encore à vous, Climene?
Peut- être n'ensçavez-vous
rien.
Je ne veux qu'un ) mot four
étrenne,
Quel il est vous le J[ave%
bien
;
Souvent très-loin ce mot nous
mene,
Peut-être n'en Jçave^-vous
rien.
Ase marier il engage;
Sans doute vous le ffd/ve'{,
bien:
Maisqu'est-ce que le maria- Le?
Peut-êtren'ensçavez-vous
rien.
Cejl un bail à longues années,
Sans doute vous le .f?'VP'(
bien:
Mais au mariseul dessinées
y
Peut-être n'ensçavez-vous
rien.
Par ce bail de vous il disPo.
si,
Peut-être le sçauvez-vous
bien:
Mais il estpeu de baux sans
clause,
Peut-êtren'en ffaurez-vous
rien.
Là-deffia
on peut trop (crû
re,
Climene, Yous lesçavezbien •
Ce trop le voudriezvous lire?
Peut-être n'en f^ave^-vous
rien.
J'aurois cent choses à vous
dire,
Climene^ousleJçave^hi^j
Demandez- moy si c'eji pour
rIre)
Peut-être que je rien sçaî
rien.
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Résumé : CHANSON. ESTRENNES à Climene. Sur l'air : Réveillez-vous, belle endormie.
La chanson 'Étrennes' est dédiée à Climène et suit l'air de 'Réveillez-vous, belle endormie'. Le narrateur envoie des étrennes à Climène et attend les siennes en retour. Il exprime son désir d'obtenir l'étrenne de son cœur, se demandant si elle lui appartient encore. Le narrateur souhaite un mot particulier comme étrenne, un mot qu'elle connaît bien et qui les mène souvent loin. Ce mot engage à se marier, un acte qu'elle connaît bien, mais elle ignore peut-être ce qu'est réellement le mariage. Il compare le mariage à un bail à longues années, dont elle connaît les termes, mais elle ignore peut-être les détails spécifiques. Le narrateur souligne que ce bail dispose d'elle, mais elle ignore peut-être les clauses. Il mentionne que dans ce contrat, on peut trop croire, et se demande si elle voudrait lire ce trop. Enfin, il déclare avoir cent choses à lui dire, mais elle ignore peut-être de quoi il s'agit.
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1528
p. 71-74
BALADE. Sur les sotes.
Début :
Lors qu'un berger fidele & tendre [...]
Mots clefs :
Berger, Aimer, Sottes, Chagrin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BALADE. Sur les sotes.
B A LAD E.
Sur les sotes.
L Orsqu'un berger fidèle
&rendre
Nous sert & s'attache à nos.
pas,
Pourquoy chercher à s'en.
défendre?
- Qu'on est sote de n'aimer
pas!
Mais pour peu que l'onaie àcraindre,
Qu'on puisse cesser de charmer,
Ou qu'un berger n'ait l'art
de feindre,
Ah que l'on estsote d'aimer i
Quand on peut former une
chaîne
Sans chagrin & sans embarras,
Que l'amour n'arien qui
nous gêne,
Qu'on est sote de n'aimer
pas!
Mais lors qu'on voit un infi.
dele, Qu'on
Qu'on, peut aisement enflâmer,
Qui voltige de belle en
belle,
Ah que l'on est sote d'aimer:
Lorsque pour nous touts'interesse
Pour nousfaire un sort plein
d'appas,
Que les jeux suivent la
tendresse,
Qu'on est sote de n'aimer
pas!
Quand un berger sans, la
confiance
Croit avoir droit de nous
charmer,
Qu'il faut payer ses soins
d'avance,
Ah que l'onest sote d'aimer !
Sur les sotes.
L Orsqu'un berger fidèle
&rendre
Nous sert & s'attache à nos.
pas,
Pourquoy chercher à s'en.
défendre?
- Qu'on est sote de n'aimer
pas!
Mais pour peu que l'onaie àcraindre,
Qu'on puisse cesser de charmer,
Ou qu'un berger n'ait l'art
de feindre,
Ah que l'on estsote d'aimer i
Quand on peut former une
chaîne
Sans chagrin & sans embarras,
Que l'amour n'arien qui
nous gêne,
Qu'on est sote de n'aimer
pas!
Mais lors qu'on voit un infi.
dele, Qu'on
Qu'on, peut aisement enflâmer,
Qui voltige de belle en
belle,
Ah que l'on est sote d'aimer:
Lorsque pour nous touts'interesse
Pour nousfaire un sort plein
d'appas,
Que les jeux suivent la
tendresse,
Qu'on est sote de n'aimer
pas!
Quand un berger sans, la
confiance
Croit avoir droit de nous
charmer,
Qu'il faut payer ses soins
d'avance,
Ah que l'onest sote d'aimer !
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Résumé : BALADE. Sur les sotes.
Le texte 'B A L A D E. Sur les sotes' examine les paradoxes de l'amour et de la sagesse. Il questionne la sagesse de repousser un berger fidèle et souligne la sottise de ne pas aimer sans chagrin. Cependant, il critique l'amour pour un berger infidèle ou sans confiance, qui exige des faveurs d'avance, rendant l'amour sot dans ces contextes.
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1529
p. 74-75
ENVOY.
Début :
L'amour paroît le doux partage [...]
Mots clefs :
Sotte, Aimer, Bergères
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY.
ENVOY.
L'amour paroît le doux partage
Des bergeres dans le bel
age,
Aux jeunes cœurs il dit tout
bas,
Qu'on est fote de n'aimer
pas!
Mais nous tient-il fous son
0 empire,
Il [e plaît à nous alarmer;
Et malgré tout ce qu'on
peut dira.,
Ah que l'on est sote d'aimer!
L'amour paroît le doux partage
Des bergeres dans le bel
age,
Aux jeunes cœurs il dit tout
bas,
Qu'on est fote de n'aimer
pas!
Mais nous tient-il fous son
0 empire,
Il [e plaît à nous alarmer;
Et malgré tout ce qu'on
peut dira.,
Ah que l'on est sote d'aimer!
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1530
p. 121-128
A MADEMOISELLE C..... Stance irregulieres.
Début :
Quel est mon triste sort, Ciel ! quel astre malin [...]
Mots clefs :
Sort, Maux, Généreuse amie, Secourir, Souffrir, Constance, Sens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE C..... Stance irregulieres.
A MADEMOISELLE
C
Stances irregulieres.
C^Uel cft mon trisse fort,
Ciel! quel astre malin
De mes plus doux plaisirs
emprisonnela source?
Quoy
,
je ne puis plus voir
l'aimableC. Ch. dans mes maux mon
unique ressource:
Ah quelle perte, & dans
quel temps,
Lorsque j'ay plus besoin
d' exemples éclatans.
Et de sagesse
,
& de confl
tance:
Ah, faut-ilque le fort m'envie un si grand,bien!
Mais puirque je ne puis
jouir de sa presence
,
Joüissons de son entretien.
Muse autrefois si favorable..
Fais couler tes feux dans
mes sens:
Prestes
- moy cet artad mirable
Qui sçait rapprocher les
absens,
C'en estfait je fuis exaucée;
.Qüy desjaCh presente
a ma pensée,
Perce de mes ennuis le
voile le plus noir,
Et desjade sa voixqui
frappe mon oreille,
L'agréable son me reveille,
Je luy parle, je crois la voir.
Cess donc vous, genereuseamie,
Qui venez pour me fecourir,
Qu'à vostre seul aspect mon
ame est affermie
Dans les maux qu'elle doit
souffrir;
Aimable illusion je vous
voit, je vous touche
Sur vos mains j'attache ma
bouche,
Vous m'embrasez vousmesme,ôdouK,6c tendre
foin,
Que sur mon cceur il a
d'empire!
S'il ne me guérit pas, je
sens bien qu'il m'infpire
La confiance dont j'ay besoin.
Lorsque je vousvois sans
murmure,
Souffrir l'injustice du fort
Surmonter par un noble
effort,
Les foiblesses de la nature.
Que ne peut sur mon mal
un exemple sibeau!
Je crois sentir en moy renaistre un cœur nouveau.
Je ccflfe d'accuser ma nifH*
destinée
,
C'est vous qui m'en faites
la loy
Avec plus de vertu que moy
Estes vous moins infortunée.
A ces justes reflexions
Mafoible raison le ranime,
Et surmontant mes paisions
, D'un soupir qui m'échappe elle me fait un crime;
Regarde
; me dit-elle, admireCh.
N'a-t-elle àregretrercomme toy qu'une main.
Sur le chemin qu'elle te.
trace,
Et ton mal deust-il redoubler,
Console
-
toy de ta dit
grâce
Par l'honneur de luy refsembler.
Que dis-je, que je vous ressemble,
Helas!quej'en fuis encor
loin:
De toutes les vertus qu'en
vous le Ciel rassemble
, C'est peu gJe destre le tcimoin
Quand ilfaut que l'on vous
imite ;
Mais qu'estce que je sèns,
éperduë, interdite,
Le jour qu'à peine j'entrevoy )
Se dérobé à mes sens par
un sombre nuage,
Et pour comble de maux
voitre charmante image,
A mes yeux enchantez,di£1
paroist malgré moy
C
Stances irregulieres.
C^Uel cft mon trisse fort,
Ciel! quel astre malin
De mes plus doux plaisirs
emprisonnela source?
Quoy
,
je ne puis plus voir
l'aimableC. Ch. dans mes maux mon
unique ressource:
Ah quelle perte, & dans
quel temps,
Lorsque j'ay plus besoin
d' exemples éclatans.
Et de sagesse
,
& de confl
tance:
Ah, faut-ilque le fort m'envie un si grand,bien!
Mais puirque je ne puis
jouir de sa presence
,
Joüissons de son entretien.
Muse autrefois si favorable..
Fais couler tes feux dans
mes sens:
Prestes
- moy cet artad mirable
Qui sçait rapprocher les
absens,
C'en estfait je fuis exaucée;
.Qüy desjaCh presente
a ma pensée,
Perce de mes ennuis le
voile le plus noir,
Et desjade sa voixqui
frappe mon oreille,
L'agréable son me reveille,
Je luy parle, je crois la voir.
Cess donc vous, genereuseamie,
Qui venez pour me fecourir,
Qu'à vostre seul aspect mon
ame est affermie
Dans les maux qu'elle doit
souffrir;
Aimable illusion je vous
voit, je vous touche
Sur vos mains j'attache ma
bouche,
Vous m'embrasez vousmesme,ôdouK,6c tendre
foin,
Que sur mon cceur il a
d'empire!
S'il ne me guérit pas, je
sens bien qu'il m'infpire
La confiance dont j'ay besoin.
Lorsque je vousvois sans
murmure,
Souffrir l'injustice du fort
Surmonter par un noble
effort,
Les foiblesses de la nature.
Que ne peut sur mon mal
un exemple sibeau!
Je crois sentir en moy renaistre un cœur nouveau.
Je ccflfe d'accuser ma nifH*
destinée
,
C'est vous qui m'en faites
la loy
Avec plus de vertu que moy
Estes vous moins infortunée.
A ces justes reflexions
Mafoible raison le ranime,
Et surmontant mes paisions
, D'un soupir qui m'échappe elle me fait un crime;
Regarde
; me dit-elle, admireCh.
N'a-t-elle àregretrercomme toy qu'une main.
Sur le chemin qu'elle te.
trace,
Et ton mal deust-il redoubler,
Console
-
toy de ta dit
grâce
Par l'honneur de luy refsembler.
Que dis-je, que je vous ressemble,
Helas!quej'en fuis encor
loin:
De toutes les vertus qu'en
vous le Ciel rassemble
, C'est peu gJe destre le tcimoin
Quand ilfaut que l'on vous
imite ;
Mais qu'estce que je sèns,
éperduë, interdite,
Le jour qu'à peine j'entrevoy )
Se dérobé à mes sens par
un sombre nuage,
Et pour comble de maux
voitre charmante image,
A mes yeux enchantez,di£1
paroist malgré moy
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Résumé : A MADEMOISELLE C..... Stance irregulieres.
Le texte est une série de stances adressées à une femme, désignée par les initiales C. Ch. Le narrateur exprime son chagrin de ne plus pouvoir voir cette personne, qui est sa seule consolation dans ses malheurs. Il évoque la perte de sa présence au moment où il a le plus besoin de ses exemples de sagesse et de confiance. Le narrateur invoque la muse pour ressentir la présence de C. Ch. à travers ses pensées et ses souvenirs. Il décrit comment il parvient à voir et entendre C. Ch. en esprit, ce qui le réconforte et lui donne de la force. Il admire la capacité de C. Ch. à souffrir l'injustice avec noblesse et à surmonter les faiblesses humaines. Le narrateur reconnaît que C. Ch. est un modèle de vertu et de courage, et il aspire à lui ressembler. Il se reproche ses propres faiblesses et se console en se rappelant l'honneur de lui ressembler. Cependant, il admet qu'il est encore loin de posséder toutes les vertus qu'il admire en elle. Le texte se termine sur une note de regret et d'admiration pour C. Ch., dont l'image charmante reste gravée dans ses yeux.
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1531
p. 135-138
LA TESTE D'ASNE. CONTE.
Début :
U[N] paysan meschant & fin matois, [...]
Mots clefs :
Paysan, Village, Paris, Marchands, Marchandises, Têtes d'âne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA TESTE D'ASNE. CONTE.
LATESTED'ASNE.
C 0 NTE. UU paysan meschant&
finmatois,
Comme un paysan, c'cll
tout dire,
Sçachant le colibet
,
& disant quelquefois
Le mot pour rire.,
Emenditparler de Paris,
Luy qui n'avoit jamais forti de son village.
Il y
voulut venir, Dieu sçait
s'il fut sur pris,
Au moindre objet qui fut
sur son passage.
Il admira sur tout tant de
divers Marchands,
Tant de diverses marchandises;
L'autre des nœuds &des
rubans,
L'autre des rabats, des chemises;
Enfin il en vit un ensuite de
ceux-là
Quin'avait rien de tout
cela.
Un comptoir seul estoit
dans sa boutique,
Et luy sur sa porte planté,
Des Marchands ses voisins
regardoit
regardoit la pratique.
Le paisan touché de curio- sité:
1avoit De ce qatiln'avoit ri,-.n rien)
voulut sçavoir la cause
D'où vient, ce luy dit
-
il
,
qu'icy je lesvoistous
Qui vendent chacun quelque chose
,
Et vous qui n'avez rien,
Mr, Que vendez vous?
Le Marchand parcette demande
Jugeant que du Manant la
sotise estoit grande,
L'iy respondit en riant à
demi
,
Des testes d'asne, mon ami.
Ah, ah
J
dit le Manant,vousferez donc fortune,
Si vous ne donnez pas vos
testes à credit;
Car vous en avez grand
debit,
Il ne vous en reste plus
qu'une
C 0 NTE. UU paysan meschant&
finmatois,
Comme un paysan, c'cll
tout dire,
Sçachant le colibet
,
& disant quelquefois
Le mot pour rire.,
Emenditparler de Paris,
Luy qui n'avoit jamais forti de son village.
Il y
voulut venir, Dieu sçait
s'il fut sur pris,
Au moindre objet qui fut
sur son passage.
Il admira sur tout tant de
divers Marchands,
Tant de diverses marchandises;
L'autre des nœuds &des
rubans,
L'autre des rabats, des chemises;
Enfin il en vit un ensuite de
ceux-là
Quin'avait rien de tout
cela.
Un comptoir seul estoit
dans sa boutique,
Et luy sur sa porte planté,
Des Marchands ses voisins
regardoit
regardoit la pratique.
Le paisan touché de curio- sité:
1avoit De ce qatiln'avoit ri,-.n rien)
voulut sçavoir la cause
D'où vient, ce luy dit
-
il
,
qu'icy je lesvoistous
Qui vendent chacun quelque chose
,
Et vous qui n'avez rien,
Mr, Que vendez vous?
Le Marchand parcette demande
Jugeant que du Manant la
sotise estoit grande,
L'iy respondit en riant à
demi
,
Des testes d'asne, mon ami.
Ah, ah
J
dit le Manant,vousferez donc fortune,
Si vous ne donnez pas vos
testes à credit;
Car vous en avez grand
debit,
Il ne vous en reste plus
qu'une
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Résumé : LA TESTE D'ASNE. CONTE.
Un paysan naïf et curieux décide de visiter Paris pour la première fois. Émerveillé par la diversité des marchands et de leurs marchandises, il observe un homme qui ne vend rien de matériel. Intrigué, le paysan lui demande ce qu'il vend. Le marchand, amusé par la naïveté du paysan, répond qu'il vend des têtes d'âne. Le paysan, interprétant mal la réponse, conclut que le marchand fera fortune car il a beaucoup de têtes d'âne à vendre et qu'il ne les vend pas à crédit.
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1532
p. 172-178
EPITAPHE d'un Levron qu'on avoit empesché de croistre en luy faisant boire de l'eau de vie.
Début :
Passant Reflechisseur qui vois ce monument, [...]
Mots clefs :
Lévrier, Petite taille, Mort, Nourriture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE d'un Levron qu'on avoit empesché de croistre en luy faisant boire de l'eau de vie.
P I T A P H E
d'un Levron qu'on
avoirerapefché de
croistre enluy faisant
boire de l'eaude vie.
PajjrntReflechiff?urqui
vois cemonument,
Dis-moy?puisquel'amour
fut éternellement,
Pourquoy faut- ilquela
xJ nature eaù pointfait d'éternel
amant?
Un petit Chien dontfé~
crisl'aventure,
J'adis d'amourfut un brasier ardent:
Maintenant,chose estrange,
il estfroid comme
glace,
Car il est mort: grand
bien luy faffe
,
Puisse-t'ilestreconfiellé,
C'est-à-dire bien installé
Au dessus du Signe d'Hercule
y Dans le Ciel de la Canicule
:
Helas! combien de pleurs
Amarilhsversa.
Lejourfatalquiltrépassa
Elle auroitmoinspleuré
maint Amant Romanesque,
Qui de bruslantdevient
glacé
Avantque d'estretrépassé.
Feu Levron, quoy quijju
deracegigantesque,
Fit vœu devivre nain 9fn
raison la voicy :
Levriers allonoez, sont
proprespour la chasse,
Maispres des Dames non,
* 1
Levrons en raccourcj,
Nichez au coin du feu
tiennent bien moins de
place,
Cecy confideré, Leruron
voulut refer
Danssapetite taille, en
pria Jupiter,
Jupiterl'exauça
,
biscuit
eS confiture
fiu lieu deJe tourner en
vdine nourriture,
Se convertissoient en amour.
Le Levron temeraire en-
finpourfairecourt,
Sous le jupon desa mais
tresse,
Pour avoir plus chaudse
glissa
,
Sans serupule elle Ij
laissa.
JI estoitsipetit
;
heureuse
petitesse !
S'écria le Levron transporté d'allegresse
0
Si ]efiois Levrier grand
comme mes ayeux,
Pourrois
-
je impunement
promener ma tendresse
Sous ce dosmedelicieux ?
Que je my trouve bien.
Dieux! quelle architecture.
Pour la mieux contempler
Levron leve lesyeux
,
De ce palais jupon la
voute estoit obscure,
Cependant il la prit pour
la voute des deux:
Mais la trouvant voûtée
Trophautpoursaportée,
Alors ilfut fasche d'estre
nési petit-
Je l'ay voulu, dit-il, je
rioseplus m'enplaindre;
Ainsi voyant
les
Cieux
& , n) pouvant atteindre,
Petit Levron mourut d'a-
- mour & de depit.
Si quelquepassants'interesse
jiu sort d'un amant raccourcy
y Passant refiechijJeur, conclus de tout cecyy
Que grandeur en amour
vaut mieux quepetitesse
d'un Levron qu'on
avoirerapefché de
croistre enluy faisant
boire de l'eaude vie.
PajjrntReflechiff?urqui
vois cemonument,
Dis-moy?puisquel'amour
fut éternellement,
Pourquoy faut- ilquela
xJ nature eaù pointfait d'éternel
amant?
Un petit Chien dontfé~
crisl'aventure,
J'adis d'amourfut un brasier ardent:
Maintenant,chose estrange,
il estfroid comme
glace,
Car il est mort: grand
bien luy faffe
,
Puisse-t'ilestreconfiellé,
C'est-à-dire bien installé
Au dessus du Signe d'Hercule
y Dans le Ciel de la Canicule
:
Helas! combien de pleurs
Amarilhsversa.
Lejourfatalquiltrépassa
Elle auroitmoinspleuré
maint Amant Romanesque,
Qui de bruslantdevient
glacé
Avantque d'estretrépassé.
Feu Levron, quoy quijju
deracegigantesque,
Fit vœu devivre nain 9fn
raison la voicy :
Levriers allonoez, sont
proprespour la chasse,
Maispres des Dames non,
* 1
Levrons en raccourcj,
Nichez au coin du feu
tiennent bien moins de
place,
Cecy confideré, Leruron
voulut refer
Danssapetite taille, en
pria Jupiter,
Jupiterl'exauça
,
biscuit
eS confiture
fiu lieu deJe tourner en
vdine nourriture,
Se convertissoient en amour.
Le Levron temeraire en-
finpourfairecourt,
Sous le jupon desa mais
tresse,
Pour avoir plus chaudse
glissa
,
Sans serupule elle Ij
laissa.
JI estoitsipetit
;
heureuse
petitesse !
S'écria le Levron transporté d'allegresse
0
Si ]efiois Levrier grand
comme mes ayeux,
Pourrois
-
je impunement
promener ma tendresse
Sous ce dosmedelicieux ?
Que je my trouve bien.
Dieux! quelle architecture.
Pour la mieux contempler
Levron leve lesyeux
,
De ce palais jupon la
voute estoit obscure,
Cependant il la prit pour
la voute des deux:
Mais la trouvant voûtée
Trophautpoursaportée,
Alors ilfut fasche d'estre
nési petit-
Je l'ay voulu, dit-il, je
rioseplus m'enplaindre;
Ainsi voyant
les
Cieux
& , n) pouvant atteindre,
Petit Levron mourut d'a-
- mour & de depit.
Si quelquepassants'interesse
jiu sort d'un amant raccourcy
y Passant refiechijJeur, conclus de tout cecyy
Que grandeur en amour
vaut mieux quepetitesse
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Résumé : EPITAPHE d'un Levron qu'on avoit empesché de croistre en luy faisant boire de l'eau de vie.
Le texte relate l'histoire de Levron, un petit chien qui, après avoir bu de l'eau-de-vie, exprime le souhait de devenir éternel en amour. Levron, malgré sa race imposante, choisit de vivre en nain. Les levriers sont adaptés à la chasse mais pas aux dames. Les petits levrons, nichés au coin du feu, occupent moins d'espace. Levron prie Jupiter pour se réduire en taille, ce qui lui est accordé. Sa nourriture se transforme alors en amour. Devenu petit, Levron se glisse sous le jupon de sa maîtresse pour avoir plus chaud et se réjouit de sa petite taille. Cependant, en levant les yeux, il prend la voûte du jupon pour celle des cieux et se trouve frustré de ne pouvoir l'atteindre. Il meurt d'amour et de dépit. Le texte conclut que, en amour, la grandeur vaut mieux que la petitesse.
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1533
p. 179-183
ENIGME.
Début :
Devant moy tous les jours un riche orgueil estalle [...]
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
DEvant
moy tous les
joursun richeorguëil
estalle
Ce qui remplitsi bien la
vanité des cœurs,
Cesuperbe appareilregale
Les jeux amoureux des
grandeurs;
Maisinsensibleauxvains
honneurs
Je me fais distinguer par
des marques royalles,
Et j'aymesme beaucoup
dejceursy
Quisont à mon exemple
intégres f5 loyales.
Moncorps bien qu'unpeu
delicat
y
.A plus de cinquante parties
Admirablement assorties,
Dont .Dontjee puis d'une feule puis sèule,
appaisèr un débat.
J'ay dans tous les pays
haute & basseJustice,
Et puis abolir par tout
Lafraudel'artifice.
Je juge sans beaucoup
1
d'éclat,
Adais on mestime à
si bon
titre
y Et mon bon jugement est
tel
Qujl ness presque point
de mortel
Quine me prenne pour
- arbitre.
L'on voit avecplaisirma
taille belle & jujtey
Et l'on mespriseroit mil
sœur
Si l'on ne luy trouvoit une
mesme hauteur
Millefoisle jour on m'ajufie,
Je mets mesmetousjours
quelque chose de neuf,
Etsuis encet estat aussi
polj qu'un œuf.
Je m'habilletantost de
[Oyt,
Tantost d'or e5 d'argent,
& tantost de coton.
Si l'onveutdeviner mon
nom
Que l'on confidere (jf l'on
vigie
Combien tous les jours on
envoyé
Par le monde d'ajuste-
, mens,
Quand ilschangeroient
de Provinces,
Et mesmequ'ils seroent
destinez pour les
Princes,
Ils porteroient par tout
mon nom ajjeunment
DEvant
moy tous les
joursun richeorguëil
estalle
Ce qui remplitsi bien la
vanité des cœurs,
Cesuperbe appareilregale
Les jeux amoureux des
grandeurs;
Maisinsensibleauxvains
honneurs
Je me fais distinguer par
des marques royalles,
Et j'aymesme beaucoup
dejceursy
Quisont à mon exemple
intégres f5 loyales.
Moncorps bien qu'unpeu
delicat
y
.A plus de cinquante parties
Admirablement assorties,
Dont .Dontjee puis d'une feule puis sèule,
appaisèr un débat.
J'ay dans tous les pays
haute & basseJustice,
Et puis abolir par tout
Lafraudel'artifice.
Je juge sans beaucoup
1
d'éclat,
Adais on mestime à
si bon
titre
y Et mon bon jugement est
tel
Qujl ness presque point
de mortel
Quine me prenne pour
- arbitre.
L'on voit avecplaisirma
taille belle & jujtey
Et l'on mespriseroit mil
sœur
Si l'on ne luy trouvoit une
mesme hauteur
Millefoisle jour on m'ajufie,
Je mets mesmetousjours
quelque chose de neuf,
Etsuis encet estat aussi
polj qu'un œuf.
Je m'habilletantost de
[Oyt,
Tantost d'or e5 d'argent,
& tantost de coton.
Si l'onveutdeviner mon
nom
Que l'on confidere (jf l'on
vigie
Combien tous les jours on
envoyé
Par le monde d'ajuste-
, mens,
Quand ilschangeroient
de Provinces,
Et mesmequ'ils seroent
destinez pour les
Princes,
Ils porteroient par tout
mon nom ajjeunment
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1534
p. 225-227
PARODIE de l'Enigme dont le mot est l'Escrivesse. Par Madame de Lus...
Début :
L'Ecrevisse n'est point de nature à médire [...]
Mots clefs :
Écrevisse, Raymond Lule
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texteReconnaissance textuelle : PARODIE de l'Enigme dont le mot est l'Escrivesse. Par Madame de Lus...
PARODIE
de l'Enigme dont le
motest rEcriveflè.
ParMadame de Luf.
L'Ecrevissen'estpoint de
nature à medire
Dansson humeurnoire
pourtant
Sournoise ellepince sans
rire.
Et ne marche qu'en Je
courbant
lJans des troussans manger, toutl'hiversejournant
A ce que nous dit Remon Lule
Et ness-cc pas garderfèbrementsa cellule.
C'estfaire leCaresmeavec
sobriete,
D'autantplus quelle vit
de poisson tout ¡'Ejlé.
Safigure en tout tempsest
affeZj ridicule
Dufeu qui sur son cœur
agit,
Parce qu'on l'aime elle
rougit,
Car ceux qui l'aiment la
fontcuire,
Et l'astre 1',./au ciel on
voitluire
Estant le principedufeu,
EnEnœfirolcgue pédagogues
, Ne peut-on pas -f, is
dire ait-e par
Jet!,
Qu'en unmois del'étéfort
procheduSolstice,
Le principe du feu loge
cf.,cz, l'Ecrevisse
de l'Enigme dont le
motest rEcriveflè.
ParMadame de Luf.
L'Ecrevissen'estpoint de
nature à medire
Dansson humeurnoire
pourtant
Sournoise ellepince sans
rire.
Et ne marche qu'en Je
courbant
lJans des troussans manger, toutl'hiversejournant
A ce que nous dit Remon Lule
Et ness-cc pas garderfèbrementsa cellule.
C'estfaire leCaresmeavec
sobriete,
D'autantplus quelle vit
de poisson tout ¡'Ejlé.
Safigure en tout tempsest
affeZj ridicule
Dufeu qui sur son cœur
agit,
Parce qu'on l'aime elle
rougit,
Car ceux qui l'aiment la
fontcuire,
Et l'astre 1',./au ciel on
voitluire
Estant le principedufeu,
EnEnœfirolcgue pédagogues
, Ne peut-on pas -f, is
dire ait-e par
Jet!,
Qu'en unmois del'étéfort
procheduSolstice,
Le principe du feu loge
cf.,cz, l'Ecrevisse
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Résumé : PARODIE de l'Enigme dont le mot est l'Escrivesse. Par Madame de Lus...
Madame de Luf décrit l'écrevisse comme un animal au caractère sombre, qui pince et marche courbé. Elle jeûne en hiver et se nourrit de poisson. Son apparence est ridicule, et elle rougit lorsqu'on l'aime, car elle est alors cuite. L'écrevisse est associée au feu, visible dans le ciel et présente en elle pendant un mois d'été proche du solstice.
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1535
p. 228-230
ENIGME.
Début :
Je suis tantost Guillaume, & tantôt Magdelaine [...]
Mots clefs :
Cloche
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
J Esuis tantost Guillaume
y
& tantostMadagdelaine
Etje ne fuis pourtant ny
fille ny garçon,
Aux Dames quelquefois
je donne la migraine
Quelquefois auxvieillards
,
je cause lefrisson
Je parle œJfeZj souvent
pour qui ne ri/entendpas.
Et plus souvent à qui ne
voudrait pas m'entendre.
Je ne marche que Jur mes
bras,
CJest par le col qu'il me
fautprendre -
Quand on me veutfaire
chanter,
En parlant aux gourmands, jescais les contenter.
Qucy que j'en desespere
aucuns quisonta table,
Etj'ay le talent admirable
De donner quelquefois des
conseils tres prudents,
Sans avoirraison ny bon
sens.
J Esuis tantost Guillaume
y
& tantostMadagdelaine
Etje ne fuis pourtant ny
fille ny garçon,
Aux Dames quelquefois
je donne la migraine
Quelquefois auxvieillards
,
je cause lefrisson
Je parle œJfeZj souvent
pour qui ne ri/entendpas.
Et plus souvent à qui ne
voudrait pas m'entendre.
Je ne marche que Jur mes
bras,
CJest par le col qu'il me
fautprendre -
Quand on me veutfaire
chanter,
En parlant aux gourmands, jescais les contenter.
Qucy que j'en desespere
aucuns quisonta table,
Etj'ay le talent admirable
De donner quelquefois des
conseils tres prudents,
Sans avoirraison ny bon
sens.
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1536
p. 230-231
ENVOY. par Madle Timide.
Début :
JE crains de ressembler en certaines choses, parce que je [...]
Mots clefs :
Écrevisse, Rougir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY. par Madle Timide.
EN VOY.
par Madle Timide.
JE crains de ressembler
en certaines chosès
,
parce
que je luy ressemble en
d'autrés, l'Ecrevisse pince sasnsrire, moyj'aime
à
rire sans pincer.Je
quitte mon humeur notre
comme l'Ecrervisse pour
ceux qui m'aiment de
bonne amitié, mais ainsi
que l'Ecrevisse
,
je recule
quand on me veut atrapper l'Ecrevisserougitdu
feu quelle sent
y
ÇJ3 moy
je rougis dufeu que l'on
sent pour moy
,
car pour
parleren Pedagogue
,
en
*
,go
Astrologue, j'aime mieux
loger dans la maison de
la Vierge que dans celle
de l'Ecrevisse & jamais le principe du jeu ne
logera dansmoncœur
par Madle Timide.
JE crains de ressembler
en certaines chosès
,
parce
que je luy ressemble en
d'autrés, l'Ecrevisse pince sasnsrire, moyj'aime
à
rire sans pincer.Je
quitte mon humeur notre
comme l'Ecrervisse pour
ceux qui m'aiment de
bonne amitié, mais ainsi
que l'Ecrevisse
,
je recule
quand on me veut atrapper l'Ecrevisserougitdu
feu quelle sent
y
ÇJ3 moy
je rougis dufeu que l'on
sent pour moy
,
car pour
parleren Pedagogue
,
en
*
,go
Astrologue, j'aime mieux
loger dans la maison de
la Vierge que dans celle
de l'Ecrevisse & jamais le principe du jeu ne
logera dansmoncœur
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Résumé : ENVOY. par Madle Timide.
Le texte 'EN VOY' de Madle Timide compare l'auteur à une écrevisse. Elle partage certains comportements, comme changer d'humeur et reculer lorsqu'on cherche à l'attraper. Contrairement à l'écrevisse, elle rit sans blesser et rougit face à l'affection. Astrologiquement, elle préfère la maison de la Vierge. Elle refuse que le principe du jeu loge dans son cœur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1537
p. 232-233
PARODIE de la 2. Enigme dont le mot est les Chenets. Par Monsieur Vulcain.
Début :
Chenets, sont deux jumeaux de pareille grandeur, [...]
Mots clefs :
Chenets, Froideur
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texteReconnaissance textuelle : PARODIE de la 2. Enigme dont le mot est les Chenets. Par Monsieur Vulcain.
PARODIE
de la 2. Enigme dont le
mot est les Chenets.
Par Monsieur rulcain.
CHenets sont deux jumeaux de pareille
grandeur
Assis aux deux coflez, d'une maistresse,
Nous brûlons d'une mesme ardeur,
Quand l'Epoux Doritie
,
estcausequ'onsempresse
De
De venirpartager le beau
feu qui nous presse.
Plus ilfait chaud &
plus nous anj;ms de
froideur,
Plusil fait froid & plus
nostre )11 face Î estIÎ terme.
Et si le Ciel tousjours
exerçoit sa rigueur
On nous verroit tousjours
en bonne compagnie
de la 2. Enigme dont le
mot est les Chenets.
Par Monsieur rulcain.
CHenets sont deux jumeaux de pareille
grandeur
Assis aux deux coflez, d'une maistresse,
Nous brûlons d'une mesme ardeur,
Quand l'Epoux Doritie
,
estcausequ'onsempresse
De
De venirpartager le beau
feu qui nous presse.
Plus ilfait chaud &
plus nous anj;ms de
froideur,
Plusil fait froid & plus
nostre )11 face Î estIÎ terme.
Et si le Ciel tousjours
exerçoit sa rigueur
On nous verroit tousjours
en bonne compagnie
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Résumé : PARODIE de la 2. Enigme dont le mot est les Chenets. Par Monsieur Vulcain.
Le texte décrit une parodie de la deuxième énigme, dont le mot est 'Chenets'. Les chenets sont deux jumeaux de même grandeur, assis de chaque côté d'une maîtresse. Ils brûlent d'une même ardeur et se pressent de partager le feu. Plus il fait chaud, plus ils animent de froideur, et inversement, plus il fait froid, plus leur flamme est vive. S'il pleut toujours, ils sont en bonne compagnie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1538
p. 26-42
STANCES.
Début :
Si j'entre dans ta route, [...]
Mots clefs :
Dieu, Esprit, Seigneur, Loi, Foi, Grâce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES.
STANCES.
SI j'entre dans ta route ,
6 Suprême Sageße
L'amour propre m'arrête,
&me rappelle à foy ;
Et pour un vain objet de
joye ou de trifteffe,
GALANT.
27
Infensé je te laiffe ,
Et je mets en oubli ta loy.
Si dans les vains tranf
ports dont l'ardeur nous,
poffede
Je veux de la raifon emprunter
du fecours ,
'Ils
s'enflament encor par
ce foible remede ,
Tout obftacle leur cede ;
C'efl un torrent qui croît
toûjours.
Je pense affezSouvent à
Cij
28 MERCURE
Pordre falutaire
Qui borne nos defirs par
un jufte compas :
Mais ce penfer , femblable
à la flâme legere
Qu'on voit quand il éclaire
,
Me luit & ne m'échauffe
pas.
Quand j'écoute ta voix ,
elle me perfuade ,
Et je veux t'obeïr en cet
heureux moment :
Mais ce vouloir n'eft rien
1
GALANT. 29
qu'un fouhait de malade
,
Qui trouve amer ou fade
Le plus agreable aliment.
Le vice plein d'amorce ,
ainfi qu'une Syrene ,
Qui chante , qui nous flate
, & qui furprend
nos fens ,
Par fes appas trompeurs
en fes gouffres m'entraîne
Avec fi peu de peine ,
Queje l'écoute je conses.
C iij
30 MERCURE
Loy de la providence ! hé
quepouvoit- on dire ?
Helas!un Dieu cachéconduit
tous ces reffors.
La meilleure partie eft
foumise à lapire,
Et loin d'avoir l'empire ;
Notre esprit obeït au corps.
Mais , ô Mufe , tout
beau , tu te rends eriminelle
En fondant des fecrets que
cache un Dieu jaloux ;
Confeffe & reconnois fa
GALANT .
31
bonté
paternelle ,
Tous nos biens viennent
d'elle ,
Et tous nos maux viennent
de nous.
Que fi l'on s'attachoit à
cet Estre fuprême
De qui vient notre force
tout notre pouvoir
,
Et fuivant les confeils
d'une ferveur extrême
On fe quittoit foy- même ,
Sans peine on feroit fon
devoir.
Ciiij
32 MERCURE
Nos esprits éclairez, d'u
ne vive lumiere ,
Sans nul empêchement
voyant la verité,
Mépriferoient alors comme
vile pouffiere
Ce qui fert de matiere
A nos voeux pleins de
vanité.
Mais l'homme quittant
Dieu , par qui tout
eft facile ,
Par qui contre l'erreur,
l'esprit eft affermi,
GALANT.. 33.
En vain pour s'en garder
fe croit affez , habile ;
Car comme il eft fragile ,
Lui-même il eft fon ennemi.
L'homme s'aime , il eft
vrai,mais d'un amour
perfide
i
Qui le mene au trépaspar
un
chemin trompeur
Et lorsqueton esprit ne lui
fert pas de guide,
Comme il est trop avide
,
34 MERCURE
Il court lui-même à for
malheur.
Défens- moy done de moy ,
munis-moy de ta grace ,
Ne te laße jamais , Seigneur,
de m'affifter;
Regle mes paffions , repri
me leur audace :
Quelque effort queje falſe ,
Sans toyje n'ypuis refifter.
Puis-je regler le cours de
ma nef vagabonde ,
Des vagues & des vents
GALANT 39
foutenir les combats ;
Eviter les rochers qui font
cachez fous l'onde
Dans une nuit profonde ,
Si ta main ne me guide
pas ?
La mer de cette vie est fi
pleine d'orage ,
Quefi l'on ne craintpoint,
on n'a point de raiſon ;
Et quoique d'un béau tems;
on tire un bon prefage ,
On faitfouvent naufrage.
En la plus tranquille faifon.
36 MERCURE
Parmi tant de périls notre
unique reßource
Eft d'avoir toujours l'oeil
deßus ta volonté ,
Semblables au nocher qui
fe regle en fa courfe
Sur l'étoile de l'ourfe ,
Et fe rend au port fou
haité.
Afin qu'à l'avenir je vogue
en affurance ,
Eclaire - moy ,
Seigneur
du flambeau de la
foy,
GALANT. 37
Donne- moy de l'amour ,
remplis-moy d'esperance
,
Et fais qu'avec constance
Je m'attache à ta fainte
loy.
La volonté de l'homme eft
toûjours chancelante ,
Il croit , ildoute , il craint,
il veut & ne veut pas ,
Le préfent lui déplait, &
fon ame inconstante
Voit dans la chofe abfente,
Ou croit voir les plus doux
appas.
38 MERCURE
Il fuit toute fa vie une
vaine chimere ,
Un lumineux fantome ,
un néant précieux ;
De fes plaifirs paẞez la
douceur eft amere ,
Et le bien qu'il espere
Bientoft fe dérobe à fes
yeux.
Ta conftance , Seigneur ,
toute conftance efface ,
Ton vouloir par le temps
n'est jamais limité ;
Qui le fuit eft heureux ,
GALANT .
39
il jouit de ta grace ,
Et nul mal ne
menace
De
troubler(a félicité.
Il est toujours content , il
nage dans la joye ,
Il ne craint ni n'efpere ,
épris d'un vaiu défir ;
Et quand mefme du mal
il femble être la
proye ,
Scachant que Dieu l'envoye
Il n'en fent aucun déplaifir.
40 MERCURE
Si cet hymnefacré te plaift
comme il me touche ,
Doux & charmant objet
de nos pieux concerts ,
Fais , quandjefuis debout
ou gifant dans ma
couche ,
Que d'une pure bouche
Je chante inceffamment
ces vers.
Heureux quidu pechépeut
fortir de la fange ,
Dans une paix profonde il
voit couler fes jours ,
En
GALANT. 41
En tout temps , en tous
lieux il chante ta
loйange ,
Et par un beureux change
S'il meurt , c'est pour vivre
toujours
.
Mais malheureux celui
qui , plongé dans le
vice ,
De remords douloureux
voit punir fes forfaits,
Et qui par la terreur qu'-
imprime ta justice ,
Janv. 1713.
D
42 MERCURE
Sent déja le fupplice
Qu'il doit endurer à jamais
.
SI j'entre dans ta route ,
6 Suprême Sageße
L'amour propre m'arrête,
&me rappelle à foy ;
Et pour un vain objet de
joye ou de trifteffe,
GALANT.
27
Infensé je te laiffe ,
Et je mets en oubli ta loy.
Si dans les vains tranf
ports dont l'ardeur nous,
poffede
Je veux de la raifon emprunter
du fecours ,
'Ils
s'enflament encor par
ce foible remede ,
Tout obftacle leur cede ;
C'efl un torrent qui croît
toûjours.
Je pense affezSouvent à
Cij
28 MERCURE
Pordre falutaire
Qui borne nos defirs par
un jufte compas :
Mais ce penfer , femblable
à la flâme legere
Qu'on voit quand il éclaire
,
Me luit & ne m'échauffe
pas.
Quand j'écoute ta voix ,
elle me perfuade ,
Et je veux t'obeïr en cet
heureux moment :
Mais ce vouloir n'eft rien
1
GALANT. 29
qu'un fouhait de malade
,
Qui trouve amer ou fade
Le plus agreable aliment.
Le vice plein d'amorce ,
ainfi qu'une Syrene ,
Qui chante , qui nous flate
, & qui furprend
nos fens ,
Par fes appas trompeurs
en fes gouffres m'entraîne
Avec fi peu de peine ,
Queje l'écoute je conses.
C iij
30 MERCURE
Loy de la providence ! hé
quepouvoit- on dire ?
Helas!un Dieu cachéconduit
tous ces reffors.
La meilleure partie eft
foumise à lapire,
Et loin d'avoir l'empire ;
Notre esprit obeït au corps.
Mais , ô Mufe , tout
beau , tu te rends eriminelle
En fondant des fecrets que
cache un Dieu jaloux ;
Confeffe & reconnois fa
GALANT .
31
bonté
paternelle ,
Tous nos biens viennent
d'elle ,
Et tous nos maux viennent
de nous.
Que fi l'on s'attachoit à
cet Estre fuprême
De qui vient notre force
tout notre pouvoir
,
Et fuivant les confeils
d'une ferveur extrême
On fe quittoit foy- même ,
Sans peine on feroit fon
devoir.
Ciiij
32 MERCURE
Nos esprits éclairez, d'u
ne vive lumiere ,
Sans nul empêchement
voyant la verité,
Mépriferoient alors comme
vile pouffiere
Ce qui fert de matiere
A nos voeux pleins de
vanité.
Mais l'homme quittant
Dieu , par qui tout
eft facile ,
Par qui contre l'erreur,
l'esprit eft affermi,
GALANT.. 33.
En vain pour s'en garder
fe croit affez , habile ;
Car comme il eft fragile ,
Lui-même il eft fon ennemi.
L'homme s'aime , il eft
vrai,mais d'un amour
perfide
i
Qui le mene au trépaspar
un
chemin trompeur
Et lorsqueton esprit ne lui
fert pas de guide,
Comme il est trop avide
,
34 MERCURE
Il court lui-même à for
malheur.
Défens- moy done de moy ,
munis-moy de ta grace ,
Ne te laße jamais , Seigneur,
de m'affifter;
Regle mes paffions , repri
me leur audace :
Quelque effort queje falſe ,
Sans toyje n'ypuis refifter.
Puis-je regler le cours de
ma nef vagabonde ,
Des vagues & des vents
GALANT 39
foutenir les combats ;
Eviter les rochers qui font
cachez fous l'onde
Dans une nuit profonde ,
Si ta main ne me guide
pas ?
La mer de cette vie est fi
pleine d'orage ,
Quefi l'on ne craintpoint,
on n'a point de raiſon ;
Et quoique d'un béau tems;
on tire un bon prefage ,
On faitfouvent naufrage.
En la plus tranquille faifon.
36 MERCURE
Parmi tant de périls notre
unique reßource
Eft d'avoir toujours l'oeil
deßus ta volonté ,
Semblables au nocher qui
fe regle en fa courfe
Sur l'étoile de l'ourfe ,
Et fe rend au port fou
haité.
Afin qu'à l'avenir je vogue
en affurance ,
Eclaire - moy ,
Seigneur
du flambeau de la
foy,
GALANT. 37
Donne- moy de l'amour ,
remplis-moy d'esperance
,
Et fais qu'avec constance
Je m'attache à ta fainte
loy.
La volonté de l'homme eft
toûjours chancelante ,
Il croit , ildoute , il craint,
il veut & ne veut pas ,
Le préfent lui déplait, &
fon ame inconstante
Voit dans la chofe abfente,
Ou croit voir les plus doux
appas.
38 MERCURE
Il fuit toute fa vie une
vaine chimere ,
Un lumineux fantome ,
un néant précieux ;
De fes plaifirs paẞez la
douceur eft amere ,
Et le bien qu'il espere
Bientoft fe dérobe à fes
yeux.
Ta conftance , Seigneur ,
toute conftance efface ,
Ton vouloir par le temps
n'est jamais limité ;
Qui le fuit eft heureux ,
GALANT .
39
il jouit de ta grace ,
Et nul mal ne
menace
De
troubler(a félicité.
Il est toujours content , il
nage dans la joye ,
Il ne craint ni n'efpere ,
épris d'un vaiu défir ;
Et quand mefme du mal
il femble être la
proye ,
Scachant que Dieu l'envoye
Il n'en fent aucun déplaifir.
40 MERCURE
Si cet hymnefacré te plaift
comme il me touche ,
Doux & charmant objet
de nos pieux concerts ,
Fais , quandjefuis debout
ou gifant dans ma
couche ,
Que d'une pure bouche
Je chante inceffamment
ces vers.
Heureux quidu pechépeut
fortir de la fange ,
Dans une paix profonde il
voit couler fes jours ,
En
GALANT. 41
En tout temps , en tous
lieux il chante ta
loйange ,
Et par un beureux change
S'il meurt , c'est pour vivre
toujours
.
Mais malheureux celui
qui , plongé dans le
vice ,
De remords douloureux
voit punir fes forfaits,
Et qui par la terreur qu'-
imprime ta justice ,
Janv. 1713.
D
42 MERCURE
Sent déja le fupplice
Qu'il doit endurer à jamais
.
Fermer
Résumé : STANCES.
Le texte relate un dialogue entre un Galant et Mercure, abordant les thèmes de la foi, de la raison et des passions humaines. Le Galant exprime son dilemme entre suivre ses désirs terrestres et obéir à une force supérieure. Il reconnaît la difficulté de maîtriser ses passions et affirme que la raison seule est insuffisante pour les contrôler. Mercure, incarnant la sagesse, souligne que l'homme est souvent esclave de ses propres désirs et que la véritable paix réside dans la soumission à une volonté divine. Le Galant sollicite alors l'aide divine pour réguler ses passions et naviguer les dangers de la vie. Mercure conclut en affirmant que la constance et la confiance en Dieu sont les seules voies vers la véritable joie et la sécurité. Le texte se termine par une prière visant à chanter éternellement les louanges divines et à éviter les tourments du vice.
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1539
p. 107-110
Parodie de Enigme, dont le mot est la Cloche.
Début :
Je suis tantôt Guillaume, & tantôt Madelaine, [...]
Mots clefs :
Cloche
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de Enigme, dont le mot est la Cloche.
Parodie de Enigme , dont
le mot eft la Cloche.
JE fuis tantôt Guillaume
, & tantôt Madelaine
,
Dit la Cloche , qui n'eſt
ni fille ni garçon
;
Car en les baptifant on
leur donne unfurnom.
Aux Dames quelquefois
je caufe la migraine ,
Sonnant un aigre caril
lon
is
F08 MERCURE
Quelquefois aux vieillards
je donne le
friffon ,
Enfonnant pourles morts,
qui ne peuvent m'entendre.
Je ne marche que fur
mes bras :
Braspourpivots fondeurs
ont coûtumede prendre.
Corde me pend au col
pour me faire chanter.
Cloche quifonne
GALANT . 109
L'heure gloutonne
Maintes gourmans fçait
contenter.
Je defefpere aucuns qui
font à table , a
En les forçant de la quit
ter ;
Et j'ai le talent admirable
De donner quelquefois
des confeils trésprudens
,
Sans avoir raiſon ni bon
fens ,
Puifque
la cloche
10 MERCURE
Aux coeurs de roche
Confeille fouvent de prier,
Et le travail à l'ouvrier.
le mot eft la Cloche.
JE fuis tantôt Guillaume
, & tantôt Madelaine
,
Dit la Cloche , qui n'eſt
ni fille ni garçon
;
Car en les baptifant on
leur donne unfurnom.
Aux Dames quelquefois
je caufe la migraine ,
Sonnant un aigre caril
lon
is
F08 MERCURE
Quelquefois aux vieillards
je donne le
friffon ,
Enfonnant pourles morts,
qui ne peuvent m'entendre.
Je ne marche que fur
mes bras :
Braspourpivots fondeurs
ont coûtumede prendre.
Corde me pend au col
pour me faire chanter.
Cloche quifonne
GALANT . 109
L'heure gloutonne
Maintes gourmans fçait
contenter.
Je defefpere aucuns qui
font à table , a
En les forçant de la quit
ter ;
Et j'ai le talent admirable
De donner quelquefois
des confeils trésprudens
,
Sans avoir raiſon ni bon
fens ,
Puifque
la cloche
10 MERCURE
Aux coeurs de roche
Confeille fouvent de prier,
Et le travail à l'ouvrier.
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Résumé : Parodie de Enigme, dont le mot est la Cloche.
Le texte décrit une cloche, qui peut être nommée Guillaume ou Madelaine, et n'est ni fille ni garçon. Elle cause des migraines et des frissons, sonne pour les morts, et se déplace sur ses bras. Une corde à son cou la fait sonner. Elle est qualifiée de gloutonne et donne des conseils prudents, souvent sans bon sens. Elle incite à la prière et au travail.
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1540
p. 110-111
ENIGME.
Début :
Mon nom est mâle en general, [...]
Mots clefs :
Raisin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Mon nom eft måle en general
,
En détail mon nom eft
femelle ;
En plus petit détail d'un
nom måle on m'appelle
Fe rends plus d'un homme
brutal,
GALANT. In
Et fi je fuis la douceur
même.
J'ai le tein vif, ou le tein
blême ;
Monpere n'eft pas laid ,
·_quoiquefec& boſſu, a
Et nous avons tous deux
une mere commune.
1
Tel doit fon vice à ma
vertu ,
Et celui que j'irrite eft
Souvent fans rancune.
Mon nom eft måle en general
,
En détail mon nom eft
femelle ;
En plus petit détail d'un
nom måle on m'appelle
Fe rends plus d'un homme
brutal,
GALANT. In
Et fi je fuis la douceur
même.
J'ai le tein vif, ou le tein
blême ;
Monpere n'eft pas laid ,
·_quoiquefec& boſſu, a
Et nous avons tous deux
une mere commune.
1
Tel doit fon vice à ma
vertu ,
Et celui que j'irrite eft
Souvent fans rancune.
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1541
p. 112-113
Autre.
Début :
Nos habitans troublent notre repos, [...]
Mots clefs :
Navire
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texteReconnaissance textuelle : Autre.
Autre .
Nos habitans troublent
notre repos
,
Nous veulent pefans ou
difpos ,
Selon qu'à leurs deßeins
nous fommes necef
faires,
Deffeins ou glorieux , ou
fols , on neceffaires.
C'est pour nous mettre en
liberté
Qu'aucuns nous mettent
à la chaine ;
A nos nerfs ils donnent la
gène ,
Et
GALANT. H13
Et ne nous veulent point
de mal;
Et nôtre
gouverneur , qui
Souvent
eft brutal ,
En fou fe démenant autour
de fa cabane ,
Perd rarement la tramontane
.
Nos habitans troublent
notre repos
,
Nous veulent pefans ou
difpos ,
Selon qu'à leurs deßeins
nous fommes necef
faires,
Deffeins ou glorieux , ou
fols , on neceffaires.
C'est pour nous mettre en
liberté
Qu'aucuns nous mettent
à la chaine ;
A nos nerfs ils donnent la
gène ,
Et
GALANT. H13
Et ne nous veulent point
de mal;
Et nôtre
gouverneur , qui
Souvent
eft brutal ,
En fou fe démenant autour
de fa cabane ,
Perd rarement la tramontane
.
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1542
p. 121-126
RONDEAUX.
Début :
On est trop heureux d'estre en commerce avec des Dames aimables [...]
Mots clefs :
Transports, Rondeaux
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texteReconnaissance textuelle : RONDEAUX.
RONDEAU X
ON eft trop heureux
d'eftre en commerce avec
des Dames aimables y
fpirituelles , & polies ,
fi elles pardonnent moins
que les autres les fautes
groffieres , elles excuſent
auffi aiſement ce qui ne
part que de la vivacité de
leurs amis ; le premier des
trois Rondeaux fuivans
en eft une preuve incon-
Fanvier 1713 .
L
122 MERCURE
teſtable , la Dame qui la
compofé le jour meſme
qu'un Officier Suiffe luy
avoit un peu chiffoné fa
manchette ne put ſe refoudre
à le laiffer le lendemain
de fa correction
dans la peine où il avoit
paru en la quittant; l'Officier
qui fentit dans le
Rondeau la fine raillerie
de la Dame
, la paya galamment
quatre heures
aprés qu'il l'eut reçû par
le Rondeau qui refpond
GALANT. 123
ger
au premier ; dans le troifiéme
Rondeau la Dame
convaincuë
de la politef
fe & du merite de l'Of
ficier , trouve à propos
dans fon envoy de chande
Texte
, & de parler
pluftoft de la perte
d'un oiſeau , que de l'impreffion
que luy avoit
fait une refponfe digne
des plus aimables cavaliers
qui foient en Fran-
´ce ; les Etrennes qui font
aprés les trois Rondeaux
Lij
124 MERCURE
font de la meſme Dame
pour fon qui les a faites
Epoux , à qui elle ne fait
que rendre l'eftime &
l'amour qu'il a pour elle,
Dans fes tranfports il n'eft
refpectueux ,
En fes devis trop fouvent
cauteleux ,
Et malgré tout ne laiffe
d'eftre aimable ;
Si fon ardeur pourtant
efioit durable
Bien fcauroit - il allumer
GALANT . 125
de
vrais
feux.
Mais de fon coeur le chemin
eft douteux ,
Il jurera qu'il aime plus
- que deux,
;
Rien n'en croyez il debite
une fable
Dans fes tranfports.
Fort eft difert , careſſant,
point fafcheux,
Tant bien fcait-t'il termes
doux , langoureux
Difcoursfont beaux , rien
Liij
126 MERCURE
n'en eft veritable ,
Fit- t'il ferment, fe donnaft
t'il au Diable
Ne l'ecoute , il feroit
dangereux
Dans fes tranfports.
ON eft trop heureux
d'eftre en commerce avec
des Dames aimables y
fpirituelles , & polies ,
fi elles pardonnent moins
que les autres les fautes
groffieres , elles excuſent
auffi aiſement ce qui ne
part que de la vivacité de
leurs amis ; le premier des
trois Rondeaux fuivans
en eft une preuve incon-
Fanvier 1713 .
L
122 MERCURE
teſtable , la Dame qui la
compofé le jour meſme
qu'un Officier Suiffe luy
avoit un peu chiffoné fa
manchette ne put ſe refoudre
à le laiffer le lendemain
de fa correction
dans la peine où il avoit
paru en la quittant; l'Officier
qui fentit dans le
Rondeau la fine raillerie
de la Dame
, la paya galamment
quatre heures
aprés qu'il l'eut reçû par
le Rondeau qui refpond
GALANT. 123
ger
au premier ; dans le troifiéme
Rondeau la Dame
convaincuë
de la politef
fe & du merite de l'Of
ficier , trouve à propos
dans fon envoy de chande
Texte
, & de parler
pluftoft de la perte
d'un oiſeau , que de l'impreffion
que luy avoit
fait une refponfe digne
des plus aimables cavaliers
qui foient en Fran-
´ce ; les Etrennes qui font
aprés les trois Rondeaux
Lij
124 MERCURE
font de la meſme Dame
pour fon qui les a faites
Epoux , à qui elle ne fait
que rendre l'eftime &
l'amour qu'il a pour elle,
Dans fes tranfports il n'eft
refpectueux ,
En fes devis trop fouvent
cauteleux ,
Et malgré tout ne laiffe
d'eftre aimable ;
Si fon ardeur pourtant
efioit durable
Bien fcauroit - il allumer
GALANT . 125
de
vrais
feux.
Mais de fon coeur le chemin
eft douteux ,
Il jurera qu'il aime plus
- que deux,
;
Rien n'en croyez il debite
une fable
Dans fes tranfports.
Fort eft difert , careſſant,
point fafcheux,
Tant bien fcait-t'il termes
doux , langoureux
Difcoursfont beaux , rien
Liij
126 MERCURE
n'en eft veritable ,
Fit- t'il ferment, fe donnaft
t'il au Diable
Ne l'ecoute , il feroit
dangereux
Dans fes tranfports.
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Résumé : RONDEAUX.
Le texte relate un échange de trois rondeaux entre une dame et un officier. La dame compose le premier rondeau après qu'un officier suisse ait chiffonné sa manchette, et elle le corrige le lendemain. L'officier répond galamment quatre heures plus tard. Dans le troisième rondeau, la dame évite de commenter la réponse de l'officier et parle de la perte d'un oiseau. Les étrennes suivantes sont destinées à son époux, qu'elle décrit comme respectueux mais parfois trop cauteleux. Elle le trouve aimable, divertissant et caressant, bien que ses discours ne soient pas toujours véridiques. Elle met en garde contre son caractère dangereux dans ses transports.
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1543
p. 126-128
RESPONSE de l'Officier Suisse.
Début :
Point ne le puis de mon chef helvetique [...]
Mots clefs :
Suisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RESPONSE de l'Officier Suisse.
RESPONSE
de l'Officier Suiffe .
Point ne le puis de mon
chef helvetique
Tirer un metre en langue
marotique ,
Je , qui ne fcai profer tant
feulement ,
GALANT. 127
Que tu rirois avec maif
tre Clement
De voir un Suiffe ourdir
telle fabrique.
Partant fera ton ordre
defpotique
Loin éconduit de fon vouloir
comique ¿
En ce metier fuis lourd
tres lourdement.
Point ne le puis.
Ainfi tu n'es , car ton
chant
harmonique ,
Liiij
128 MERCURE
Note affez clair , que
Source kipocrenique
Ta de fon eau difpenfe
largement.
Or grand mercy de ton
rondeau charmant
Los t'en foit fait par la
lyre delphique
Point ne le puis.
de l'Officier Suiffe .
Point ne le puis de mon
chef helvetique
Tirer un metre en langue
marotique ,
Je , qui ne fcai profer tant
feulement ,
GALANT. 127
Que tu rirois avec maif
tre Clement
De voir un Suiffe ourdir
telle fabrique.
Partant fera ton ordre
defpotique
Loin éconduit de fon vouloir
comique ¿
En ce metier fuis lourd
tres lourdement.
Point ne le puis.
Ainfi tu n'es , car ton
chant
harmonique ,
Liiij
128 MERCURE
Note affez clair , que
Source kipocrenique
Ta de fon eau difpenfe
largement.
Or grand mercy de ton
rondeau charmant
Los t'en foit fait par la
lyre delphique
Point ne le puis.
Fermer
Résumé : RESPONSE de l'Officier Suisse.
Un officier suisse refuse d'accomplir une tâche en langue helvétique, qu'il ne maîtrise pas. Il qualifie l'ordre de despotique et se déclare inapte. Il exprime sa gratitude pour un rondeau charmant mais répète son incapacité à l'exécuter. Il décrit le destinataire comme ayant une source abondante.
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1544
p. 128-129
ENVOY pour la mesme.
Début :
Pour te donner los condignes de Toy, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY pour la mesme.
E N VOY
pour
la meſme
.
Pour te donner los condignes
de Toy ,
Certes te duit meilleur
GALANT . 129
Poëte
que
moy
Mefme
Marot
n'eft
pour
ce trop habile
;
Carpour
louer
ta Muſe
fi gentille
,
Tant de merite , un esprit
tout charmant ,
Meffer Phoebus le peut
feul dignement.
pour
la meſme
.
Pour te donner los condignes
de Toy ,
Certes te duit meilleur
GALANT . 129
Poëte
que
moy
Mefme
Marot
n'eft
pour
ce trop habile
;
Carpour
louer
ta Muſe
fi gentille
,
Tant de merite , un esprit
tout charmant ,
Meffer Phoebus le peut
feul dignement.
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1545
p. 129-132
RESPONSE.
Début :
Du bon Marot je tarirois le dire, [...]
Mots clefs :
Marot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RESPONSE.
RESPONSE.
Du bon Marot je tarirois
le dire ,
Du blond Phoebus j'épuiferois
la lyre.
130 MERCURE
1
Si prétendois répondre
doctement
Aux vers qu'avez envoyé
galament
Lorfque les miens à peine
aviez pu lire
De part S. Leu or dites
moy
beau Sire
Où tant puizés gente façon
d'ecrire ,
Gratieux tours badinages
charmans
.
Du bon Marot .
Moy qui ne fçai termes
GALANT. 131
qu'on doit élire
Du double mont ilfaudra
m'éconduire
Mais fi pouvez m'ap
prendre acortement
Comme dictez le tout
élegament
Bien chanterai cyl qui
mefceut inftruire
Du bon Marot.
ENVO Y.
Plutoft aurois pour vous
cotoïé le
Permeffe ,
J'ay differé par un af132
MERCURE
freux malheur,
Un innocent fouet poffedant
ma tendreſſe
Vient d'éprouver d'un
chat l'ame dure &
traitreſſes
Je ne vous dis plus rien ,
vous connoiffez mon
coeur ,
Fe cheriffois l'oyfeau , jugez
de ma douleur.
Du bon Marot je tarirois
le dire ,
Du blond Phoebus j'épuiferois
la lyre.
130 MERCURE
1
Si prétendois répondre
doctement
Aux vers qu'avez envoyé
galament
Lorfque les miens à peine
aviez pu lire
De part S. Leu or dites
moy
beau Sire
Où tant puizés gente façon
d'ecrire ,
Gratieux tours badinages
charmans
.
Du bon Marot .
Moy qui ne fçai termes
GALANT. 131
qu'on doit élire
Du double mont ilfaudra
m'éconduire
Mais fi pouvez m'ap
prendre acortement
Comme dictez le tout
élegament
Bien chanterai cyl qui
mefceut inftruire
Du bon Marot.
ENVO Y.
Plutoft aurois pour vous
cotoïé le
Permeffe ,
J'ay differé par un af132
MERCURE
freux malheur,
Un innocent fouet poffedant
ma tendreſſe
Vient d'éprouver d'un
chat l'ame dure &
traitreſſes
Je ne vous dis plus rien ,
vous connoiffez mon
coeur ,
Fe cheriffois l'oyfeau , jugez
de ma douleur.
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Résumé : RESPONSE.
Un échange poétique admire le style de Marot, sa grâce et ses badinages. Le premier interlocuteur souhaite apprendre à écrire élégamment. Le second, empêché par un malheur, symbolise sa douleur par un chat blessant un innocent. Il laisse l'autre juge de sa tristesse.
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1546
p. 132-133
ETRENES.
Début :
Je vous desire un nouvel an, [...]
Mots clefs :
Désir, Étrennes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETRENES.
E TRENE S.
Je vous defire un nouvel
an
GALANT. 133
Plus de gloire qu'à Tamerlan
,
Du vin au gré de vôtre
envie
Une vive & douce Silvie
i
Chaque jour un nouve au
plaifir.
Que pouviez- vous encor
prétendre ?
Je vous defire un coeur
plus tendre ,
Je ne fçai d'où naift ce
defir.
Je vous defire un nouvel
an
GALANT. 133
Plus de gloire qu'à Tamerlan
,
Du vin au gré de vôtre
envie
Une vive & douce Silvie
i
Chaque jour un nouve au
plaifir.
Que pouviez- vous encor
prétendre ?
Je vous defire un coeur
plus tendre ,
Je ne fçai d'où naift ce
defir.
Fermer
1547
p. 3-37
NOUVELLE. EPISTRE CRITIQUE à Monsieur .... faite à l'occasion d'un Ouvrage d'esprit obscur & guindé qu'on luy a envoyé dans sa retraite, il feint ingénieusement que depuis qu'il est hors de Paris tous les Ouvrages y sont devenus obscurs & guindez comme celuy qui luy a esté envoyé.
Début :
Depuis un temps mon silence en fait foy, [...]
Mots clefs :
Cantons, Magistrat, Paris, Mal, Lunettes, Lettres secrètes, Franchise, Oracle, Guindé, Code
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE. EPISTRE CRITIQUE à Monsieur .... faite à l'occasion d'un Ouvrage d'esprit obscur & guindé qu'on luy a envoyé dans sa retraite, il feint ingénieusement que depuis qu'il est hors de Paris tous les Ouvrages y sont devenus obscurs & guindez comme celuy qui luy a esté envoyé.
NOUVELLE.
EPISTRE CRITlQUE
a Monsieur.faite
à l'occasion d'un Ouvrage
d'esprit obfckr
&guindéqu'on luy a
envoye dans sa retraite,
il feintingénieusement
quedepuisqu'il
est hors de Paris tous
les Ouvrages y sont
devenus obscurs (S
guindez comme celuy
qui luy a ejie envoyé.
DEpuis un temps mon
silence en fait foy,
Dans vos cantons n'oserois
plus écrire,
Grand Magistrat, si demandez
pourquoy , ,
Tout bonnement je m'en
vais vous le dire.
En maint écrit qu'à
Paris on admire,
Ou peu s'en faut
, ne
puis comprendre rien,
Le stile en est tres beau,
je le vois bien;
Mais tel qu'ilest, si n'y
puis rien entendre;
N'ay-je pas lieu d'apprehender
quau mien
Paris aussi ne puisse rien
comprendre?
Grand malm'en veux &
ne fuis point touché
D'avoir 1 esprit si dur 6C
si bouché,
Car j'ay beau faire, 6C
hausser mes lunettes,
Et Prose & Vers tout est
si haut perché
Qu'également je m'y
1 trouve empesché,
Et c'est tousjours pour
moy Lettres secrettes,
Goute n'y vois. Oh! que
tout a changé
Pour le langage, &que
dans la grand' Ville
Depuis le temps que j'en
fuis délogé
On s'est rendu subite--
ment habille !
Un point pourtant sur
cela m'a surpris,
Vous le dirai - je, excusez
ma franchise,
C'estvous, Seigneur, qui
causez ma surprise,
Tout ce qui part de vous
est d'un grand prix,
Et peut servir de régle
& de modelle;
C'estvérité dont personne
n'appelle,
Jugez par là de mon eftonnement.
Lorsqu'en discours sortis
de vostre bouche
A nousforains transmis
fidellement,
J'ay trouve tout énonce
clairement,
Rien de forcé, rien d'obscur,
rien de louche:
Est-ce donc là, d'abord
me suis-je dit,
Ce Magistrat dont par
toute la France
-
On prise tant le merveilleux
esprit ?
On vante tant la force &
l'éloquence? -
Je le croyois un Oracle
du temps,
Et cependant il parle, èC
je l'entens !
Je vous le dis, Seigneur,
c'est grand dommage,
Cette clarté qui fut une
, vertu
Au temps passé
,
n'est
plus du bel usage, --
Et ne voudrois en donnerunfestu:
On la souffroit jadis dans
lelangage
Quand on parloit afin
d'estre entendu;
Mais aujourd'huy que
l'on devient plus fagey
Adieu vous dis, son cre-
1 dit est perdu;
On a raison
, tout estoit
confondu.
Dans ce temps-là le peuple,
la canaille
Mettoit le nez dans les
meilleurs écrits
J'
Et décidoit souvent vaille
que vaille,
Chose indecente, & que
nos beaux esprits
N'ont deu souffrir
,
ils;
ont mis si bon ordre
A cet énorme Se vicieux
abus,
Que leurs écrits sont autant
de Rebus,
Enigmes mesme, & n'est
aisé d'y mordre;
Qui le pourroit? ils ne
se montrent plus
Qu'enveloppez de nuages
confus:
Impunément ils bravent
les orages
Tousjours guindez dans
le plus haut des airs;
De temps en temps du
fond de ces nuages
On voit sortir desflammesdes
éclairs ;
Un peu de bruit, &
beaucoup de fumée ;
Puis un essain, soidisant
Renommée,
Veut qu'on admire cC
nous en fait la loy ;
On obeït
, on crie à la
merveille,
Je crie aussi sans trop sçavoir
pourquoy ;
Mais si m'allois faire tirer
l'oreille
Aurais bientost la grand'
bande sur moy :
Pourquoi de peur qu'on
aille s'y méprendre
Je le déclare entant qu'il
est besoin,
Et s'il le faut vous en
prens à tesmoin,
J'admire tout sans le pouvoir
comprendre.
Pour ces Messieurs plus
ne puis,ni ne dois;
Car de vouloir que je les
-
puisse entendre
C'en feroit trop ,
Seigneur,
& je lescroy
Trop gens d'honneur,
: & trop de bonne foy
Pour l'exiger, bien loin
de le prétendre 1
Tous au contraire entre
eux-mesmes tout bas
Sont convenus qu'ils ne
s'entendroient pas.
Voila, Seigneur, touchant
le beau langage
Sur le Parnasse, un grand
remu-ménage:
Or il s'agit de prendre
son parti,
Avisez-y) vous estes bon
& sage:
Mais n'en voudrez avoir
.;
le dementi,
Je le vois bien, ÔC tiendrez
tousjours ferme
Pour le vieil goust. Qu'-
]entens-je par ce terme? entens celui d'Horace
& Ciceron,
Encor faut-il en conserver
le germe,
Et luy laisser au moins
- quelque Patron,
Vous risquez moins que
bien d'autres à l'estre.
Comme en cet art vous
estes un grand Maistre,
Peut-estre à vous le pardonnerat-
on!
, Anous chetifs, recognez
en Province,
Suivre convient l'usage
qui prévaut,
Pour
Pour resister nostre credit
est mince;
Et quant à moi qui crains
un peu la pince,
Bon-gré mal-gré c'est un
faire le faut:
Ma coustume est de peur
qu'on ne me sonde,
D'estre tousjours le premier
à crier,
Comme Salie, ami de
tout le monde,
Sur ce pied-là ne me suis
fait prier.
J'ai donc voulu,suivant
le nouveau Code,
Qu'ont establi maints &
maints beaux esprits,
Penfer
,
écrire & parler
-
à leur mode;
Ors écoutez comment je
my fuis pris.
En premier lieu j'aifait
plier bagage
An grand Virgile, Horace,
& leurs conforts , Vivants compris aussibien
que les morts;
Tels ont cedé sans murjii;
mure à l'orage ;
D'autres ont fait un peu
plus les mutins,
Mais beaucoup moins les
.1 Grecs que les Latins.
Juvenal chef de la mutinerie
, Ma regardé d'abord du
haut en bas,
Et me quittant aussi-tost
en furie,
A pris sa courseulira
sauromatas.
Vous faites bien ma dit
tout bas Horace,
Nous gasterions le bon
goust d'aujourd'hui,
Etj'en ferois autant à vostre
place;
Perse vouloit s'enaller
avec lui,
L'ai retenu par la manche
& pour cause;
Les Orateurs & tous les
gens deProse,
Grands chicaneurs ont
voulu marchander,
Et Ciceron pour la cause
publique,
Comme autrefois tousjours
prestàplaider,
A débuté par une Philippique,
J'estois perdu si j'avois
écouté
,
Mais l'ai d'abord dès FE"
xorde arresté ; -
Disant à tous, Medicursi
point de replique,
J'en suis honteux, mais
l'Arrest est porté, -.
En vous gardant l'on eust
mieux fait peut-estre,
Et resteriez si j'en estois
lemaistre : ,-
Mais comme fuis de l'avis
des plus forts
Voici la porte & voilà la
fenestre ;
Pouvez opter, mais vous
irez dehors
Plus indigné que confus
de l'ouvrage,
0 temps, ô moeurs ! s'écrioit
Ciceron.
Brefdu vieux temps dans
ce commun naufrager,
Ne se sauva que
PerîeSe
Lycophron,
Or ces Messieurs ayant
* tous pris la fuitey.
Vous jugez bien que justesse,
raison
Clarté, bon , sens
,
crai-
; gnant mesme poursuite
A petit bruit sortirent à
leur fuite ;
Nul ne resta, tout vuida
la maifbn,
Ce fut, Seigneur, une
belle décharge;
Auparavant j'estois comme
en prison:
Mais eux partis je me vois
bien au large.
Comment! tandis qu'ay
suivi leurs leçons,
Cent fois par jour j'estois
à la torture :
Pour faire un Vers c'estoit
plus de façons,
Heureux le mot qui passoit
sans rature,
Tantost le tour paroissoit
trop guindé,
Tantostla Phrase embarrassée,
obscure L'un , ne vouloit d'un terme
hasardé,
L'autre trouvoitl'expression
trop dure,
Tousjours
Tousjours la Regle &
l'Equerre à la main
Il , me falloit suivre jùf.
qu'à la fin
Le plan tracé sous peine
de censure,
M'en écarter n'estoit gueres
permis,
Mesme en donnant
mieux que n avois
promis.
Juste en ce point,il falloit
l'estre encore
Dans l'hyperbole&dans
la metaphore, -
Pour tel écart qui feroit
encensé,
Au temps present sous
nom de noble audace
Me fuis souventveu rudement
tancé;
Rien n'estoit beau s'il
n'estoitàsa place.
Les ornemens aûssî que
de raison
Estoientdemijfe3 &c l'on
pouyoit sansdoute
Cueillir des fleurs quand
c'estoit la saison,
Mais ilfalloit les trouver
V-• !
: sur sa route; > Le Synonime enhabit retourné,
Quoy qu'éclatant :n'cftoit
pas pardonné,
La plus pompeuse &
brillante épitete
On larayoit quand;;eilc
estoit muette. .- Pour un seul terme ou
froid ou négligé,
C'estoit pitié,lonnieuft
devisagé.
Rien ne passoits'il neftoitdecalibre;
Que vous dirai-jeenfin?
j'estoisàbout:
Orsdesormaisai secoüé
le joug,
Etje puis dire à present
je fuislibre;
Aussi bientostverrez ma
plumeenl'air,
En imitantlestile noble
& rare
Del'éloquentChancelier
de Navarre,
A chaque trait élancer
un éclair:
Je vais d'abord [our enrichir
mes rimes,
faire un amasde briUans
synonimes,
Et par cet art aujoufd'huy
si commun,
Dire en vingt mots ce
qu'on peut dire en un.
Tout paroistra, jusques
aux moindres fornettes,
Enluminé de nobles épitetes,
Et dansla foule égaré,
confondu,
L'objet qui plus dévoie
frapper laveuë,
Enveloppéde cette epaiC
: senuë,
Se trouvera presque
comme perdu
Enbel esprit qui creuse
& subtilise,
Je veux mefaire un patois
à ma guise,
Et sans toucher aux ter-
-; mes establis,
Que malgré nous maintient
un vieil usage,
Sous mesmes mots autrement
assortis,
Fairetrouver tout un autre
langage
Pour me former un stile
tout nouveau,
Un stile auquel nul au-
: ,
treneressemble; ;
J'accouplerai d'un bizar-
,
re pinceau
Traits qui jamais ne se
c
font vous ensemble:
Mon arc sur tout brillera
dans letour,
J'aurai grand foin qu'au
1,
langage il responde,
Tout fera neuf
, tout
~viendra par détour,
Ne fallust il dans ma ver-
-
ve seconde
Quevous donner feule-
- :j ment le bonjour,
J'amenerai cela du bout
du monde.
De suivre un ordre & se
tracer un plan,
D'avoir unbut, & ten-
:
dre à quelque chose
C'estestre esclave, & se
faire un Tyran,
Pour tien n'en veux, &
quoyque je propose,
£en avertis,&Cqu'on
l'entende bien.
C'est sans In'afireindre"
oum'engager a rien,
Je veux errer maistre de
la campagne,
Traisnant par tout mes
lecteurs esbahis
Tantost en France, SG
tantost en Espagney
Qui me suivra verra bien
du pays ;
J'irai bien viste,& me
suive qui m'aime,
Pas ne responds pourtant
qu'en me suivant
On ne se perde, helas
'xa le plus souvent
Dans mes écarts je me "perditmoi-mesme.
L'ouvrage fait, ilfaudra consulter,
Ainsi qu'en doit user tout
homme sage,
Simesme encor s'en tolere
l'usage :
Mais en ce point ne pre..
:
tends imiter
Cequefaisoitcet Auteur
quel'onvante,
Qui pour se rendre intelligible
entout,
Sur ses écrits consultoit
saservante.
Tout au rebours je veux
gens de haut goust,
Esprits perçants, déliez
& sublimes,
Devinant tout; puis leur
lisant mes rimes
Je leur crierai: dites par
vostrefoi,
M'entendez-vous? gens
': de bien, dites-moi;
Moins ils pourront com*
p,rendreà mon ou- f-.vwgeV'»Ï
Plus le croiraideslors de
bonalloy,
Et sur cela ne veuxd'aït
tre suffrage.
Vousblasmerezle pairi,
que je. prens,
Mais quoi,fèigneui',qae
voulez-vous qu'on fâflê,
Il se faut bien accommoi,
-
,
derautemps; .~,'
J'aimelapaix,je crains
; les différents,
..Et.-
-
ne veux point me
broüiller au Parnasse;
Mais après toutque
ront nos neveux? Ce qu'ilsdiront,ce sont
debeaux morveux
Pour nous reprendre ils
n'oseroient sans doute
Et puis d'ailleurssices
petits esprits
Veulent jamais gloser sur
nos écHtsy
Quinauts seront, car ils
n'y verront goute.
EPISTRE CRITlQUE
a Monsieur.faite
à l'occasion d'un Ouvrage
d'esprit obfckr
&guindéqu'on luy a
envoye dans sa retraite,
il feintingénieusement
quedepuisqu'il
est hors de Paris tous
les Ouvrages y sont
devenus obscurs (S
guindez comme celuy
qui luy a ejie envoyé.
DEpuis un temps mon
silence en fait foy,
Dans vos cantons n'oserois
plus écrire,
Grand Magistrat, si demandez
pourquoy , ,
Tout bonnement je m'en
vais vous le dire.
En maint écrit qu'à
Paris on admire,
Ou peu s'en faut
, ne
puis comprendre rien,
Le stile en est tres beau,
je le vois bien;
Mais tel qu'ilest, si n'y
puis rien entendre;
N'ay-je pas lieu d'apprehender
quau mien
Paris aussi ne puisse rien
comprendre?
Grand malm'en veux &
ne fuis point touché
D'avoir 1 esprit si dur 6C
si bouché,
Car j'ay beau faire, 6C
hausser mes lunettes,
Et Prose & Vers tout est
si haut perché
Qu'également je m'y
1 trouve empesché,
Et c'est tousjours pour
moy Lettres secrettes,
Goute n'y vois. Oh! que
tout a changé
Pour le langage, &que
dans la grand' Ville
Depuis le temps que j'en
fuis délogé
On s'est rendu subite--
ment habille !
Un point pourtant sur
cela m'a surpris,
Vous le dirai - je, excusez
ma franchise,
C'estvous, Seigneur, qui
causez ma surprise,
Tout ce qui part de vous
est d'un grand prix,
Et peut servir de régle
& de modelle;
C'estvérité dont personne
n'appelle,
Jugez par là de mon eftonnement.
Lorsqu'en discours sortis
de vostre bouche
A nousforains transmis
fidellement,
J'ay trouve tout énonce
clairement,
Rien de forcé, rien d'obscur,
rien de louche:
Est-ce donc là, d'abord
me suis-je dit,
Ce Magistrat dont par
toute la France
-
On prise tant le merveilleux
esprit ?
On vante tant la force &
l'éloquence? -
Je le croyois un Oracle
du temps,
Et cependant il parle, èC
je l'entens !
Je vous le dis, Seigneur,
c'est grand dommage,
Cette clarté qui fut une
, vertu
Au temps passé
,
n'est
plus du bel usage, --
Et ne voudrois en donnerunfestu:
On la souffroit jadis dans
lelangage
Quand on parloit afin
d'estre entendu;
Mais aujourd'huy que
l'on devient plus fagey
Adieu vous dis, son cre-
1 dit est perdu;
On a raison
, tout estoit
confondu.
Dans ce temps-là le peuple,
la canaille
Mettoit le nez dans les
meilleurs écrits
J'
Et décidoit souvent vaille
que vaille,
Chose indecente, & que
nos beaux esprits
N'ont deu souffrir
,
ils;
ont mis si bon ordre
A cet énorme Se vicieux
abus,
Que leurs écrits sont autant
de Rebus,
Enigmes mesme, & n'est
aisé d'y mordre;
Qui le pourroit? ils ne
se montrent plus
Qu'enveloppez de nuages
confus:
Impunément ils bravent
les orages
Tousjours guindez dans
le plus haut des airs;
De temps en temps du
fond de ces nuages
On voit sortir desflammesdes
éclairs ;
Un peu de bruit, &
beaucoup de fumée ;
Puis un essain, soidisant
Renommée,
Veut qu'on admire cC
nous en fait la loy ;
On obeït
, on crie à la
merveille,
Je crie aussi sans trop sçavoir
pourquoy ;
Mais si m'allois faire tirer
l'oreille
Aurais bientost la grand'
bande sur moy :
Pourquoi de peur qu'on
aille s'y méprendre
Je le déclare entant qu'il
est besoin,
Et s'il le faut vous en
prens à tesmoin,
J'admire tout sans le pouvoir
comprendre.
Pour ces Messieurs plus
ne puis,ni ne dois;
Car de vouloir que je les
-
puisse entendre
C'en feroit trop ,
Seigneur,
& je lescroy
Trop gens d'honneur,
: & trop de bonne foy
Pour l'exiger, bien loin
de le prétendre 1
Tous au contraire entre
eux-mesmes tout bas
Sont convenus qu'ils ne
s'entendroient pas.
Voila, Seigneur, touchant
le beau langage
Sur le Parnasse, un grand
remu-ménage:
Or il s'agit de prendre
son parti,
Avisez-y) vous estes bon
& sage:
Mais n'en voudrez avoir
.;
le dementi,
Je le vois bien, ÔC tiendrez
tousjours ferme
Pour le vieil goust. Qu'-
]entens-je par ce terme? entens celui d'Horace
& Ciceron,
Encor faut-il en conserver
le germe,
Et luy laisser au moins
- quelque Patron,
Vous risquez moins que
bien d'autres à l'estre.
Comme en cet art vous
estes un grand Maistre,
Peut-estre à vous le pardonnerat-
on!
, Anous chetifs, recognez
en Province,
Suivre convient l'usage
qui prévaut,
Pour
Pour resister nostre credit
est mince;
Et quant à moi qui crains
un peu la pince,
Bon-gré mal-gré c'est un
faire le faut:
Ma coustume est de peur
qu'on ne me sonde,
D'estre tousjours le premier
à crier,
Comme Salie, ami de
tout le monde,
Sur ce pied-là ne me suis
fait prier.
J'ai donc voulu,suivant
le nouveau Code,
Qu'ont establi maints &
maints beaux esprits,
Penfer
,
écrire & parler
-
à leur mode;
Ors écoutez comment je
my fuis pris.
En premier lieu j'aifait
plier bagage
An grand Virgile, Horace,
& leurs conforts , Vivants compris aussibien
que les morts;
Tels ont cedé sans murjii;
mure à l'orage ;
D'autres ont fait un peu
plus les mutins,
Mais beaucoup moins les
.1 Grecs que les Latins.
Juvenal chef de la mutinerie
, Ma regardé d'abord du
haut en bas,
Et me quittant aussi-tost
en furie,
A pris sa courseulira
sauromatas.
Vous faites bien ma dit
tout bas Horace,
Nous gasterions le bon
goust d'aujourd'hui,
Etj'en ferois autant à vostre
place;
Perse vouloit s'enaller
avec lui,
L'ai retenu par la manche
& pour cause;
Les Orateurs & tous les
gens deProse,
Grands chicaneurs ont
voulu marchander,
Et Ciceron pour la cause
publique,
Comme autrefois tousjours
prestàplaider,
A débuté par une Philippique,
J'estois perdu si j'avois
écouté
,
Mais l'ai d'abord dès FE"
xorde arresté ; -
Disant à tous, Medicursi
point de replique,
J'en suis honteux, mais
l'Arrest est porté, -.
En vous gardant l'on eust
mieux fait peut-estre,
Et resteriez si j'en estois
lemaistre : ,-
Mais comme fuis de l'avis
des plus forts
Voici la porte & voilà la
fenestre ;
Pouvez opter, mais vous
irez dehors
Plus indigné que confus
de l'ouvrage,
0 temps, ô moeurs ! s'écrioit
Ciceron.
Brefdu vieux temps dans
ce commun naufrager,
Ne se sauva que
PerîeSe
Lycophron,
Or ces Messieurs ayant
* tous pris la fuitey.
Vous jugez bien que justesse,
raison
Clarté, bon , sens
,
crai-
; gnant mesme poursuite
A petit bruit sortirent à
leur fuite ;
Nul ne resta, tout vuida
la maifbn,
Ce fut, Seigneur, une
belle décharge;
Auparavant j'estois comme
en prison:
Mais eux partis je me vois
bien au large.
Comment! tandis qu'ay
suivi leurs leçons,
Cent fois par jour j'estois
à la torture :
Pour faire un Vers c'estoit
plus de façons,
Heureux le mot qui passoit
sans rature,
Tantost le tour paroissoit
trop guindé,
Tantostla Phrase embarrassée,
obscure L'un , ne vouloit d'un terme
hasardé,
L'autre trouvoitl'expression
trop dure,
Tousjours
Tousjours la Regle &
l'Equerre à la main
Il , me falloit suivre jùf.
qu'à la fin
Le plan tracé sous peine
de censure,
M'en écarter n'estoit gueres
permis,
Mesme en donnant
mieux que n avois
promis.
Juste en ce point,il falloit
l'estre encore
Dans l'hyperbole&dans
la metaphore, -
Pour tel écart qui feroit
encensé,
Au temps present sous
nom de noble audace
Me fuis souventveu rudement
tancé;
Rien n'estoit beau s'il
n'estoitàsa place.
Les ornemens aûssî que
de raison
Estoientdemijfe3 &c l'on
pouyoit sansdoute
Cueillir des fleurs quand
c'estoit la saison,
Mais ilfalloit les trouver
V-• !
: sur sa route; > Le Synonime enhabit retourné,
Quoy qu'éclatant :n'cftoit
pas pardonné,
La plus pompeuse &
brillante épitete
On larayoit quand;;eilc
estoit muette. .- Pour un seul terme ou
froid ou négligé,
C'estoit pitié,lonnieuft
devisagé.
Rien ne passoits'il neftoitdecalibre;
Que vous dirai-jeenfin?
j'estoisàbout:
Orsdesormaisai secoüé
le joug,
Etje puis dire à present
je fuislibre;
Aussi bientostverrez ma
plumeenl'air,
En imitantlestile noble
& rare
Del'éloquentChancelier
de Navarre,
A chaque trait élancer
un éclair:
Je vais d'abord [our enrichir
mes rimes,
faire un amasde briUans
synonimes,
Et par cet art aujoufd'huy
si commun,
Dire en vingt mots ce
qu'on peut dire en un.
Tout paroistra, jusques
aux moindres fornettes,
Enluminé de nobles épitetes,
Et dansla foule égaré,
confondu,
L'objet qui plus dévoie
frapper laveuë,
Enveloppéde cette epaiC
: senuë,
Se trouvera presque
comme perdu
Enbel esprit qui creuse
& subtilise,
Je veux mefaire un patois
à ma guise,
Et sans toucher aux ter-
-; mes establis,
Que malgré nous maintient
un vieil usage,
Sous mesmes mots autrement
assortis,
Fairetrouver tout un autre
langage
Pour me former un stile
tout nouveau,
Un stile auquel nul au-
: ,
treneressemble; ;
J'accouplerai d'un bizar-
,
re pinceau
Traits qui jamais ne se
c
font vous ensemble:
Mon arc sur tout brillera
dans letour,
J'aurai grand foin qu'au
1,
langage il responde,
Tout fera neuf
, tout
~viendra par détour,
Ne fallust il dans ma ver-
-
ve seconde
Quevous donner feule-
- :j ment le bonjour,
J'amenerai cela du bout
du monde.
De suivre un ordre & se
tracer un plan,
D'avoir unbut, & ten-
:
dre à quelque chose
C'estestre esclave, & se
faire un Tyran,
Pour tien n'en veux, &
quoyque je propose,
£en avertis,&Cqu'on
l'entende bien.
C'est sans In'afireindre"
oum'engager a rien,
Je veux errer maistre de
la campagne,
Traisnant par tout mes
lecteurs esbahis
Tantost en France, SG
tantost en Espagney
Qui me suivra verra bien
du pays ;
J'irai bien viste,& me
suive qui m'aime,
Pas ne responds pourtant
qu'en me suivant
On ne se perde, helas
'xa le plus souvent
Dans mes écarts je me "perditmoi-mesme.
L'ouvrage fait, ilfaudra consulter,
Ainsi qu'en doit user tout
homme sage,
Simesme encor s'en tolere
l'usage :
Mais en ce point ne pre..
:
tends imiter
Cequefaisoitcet Auteur
quel'onvante,
Qui pour se rendre intelligible
entout,
Sur ses écrits consultoit
saservante.
Tout au rebours je veux
gens de haut goust,
Esprits perçants, déliez
& sublimes,
Devinant tout; puis leur
lisant mes rimes
Je leur crierai: dites par
vostrefoi,
M'entendez-vous? gens
': de bien, dites-moi;
Moins ils pourront com*
p,rendreà mon ou- f-.vwgeV'»Ï
Plus le croiraideslors de
bonalloy,
Et sur cela ne veuxd'aït
tre suffrage.
Vousblasmerezle pairi,
que je. prens,
Mais quoi,fèigneui',qae
voulez-vous qu'on fâflê,
Il se faut bien accommoi,
-
,
derautemps; .~,'
J'aimelapaix,je crains
; les différents,
..Et.-
-
ne veux point me
broüiller au Parnasse;
Mais après toutque
ront nos neveux? Ce qu'ilsdiront,ce sont
debeaux morveux
Pour nous reprendre ils
n'oseroient sans doute
Et puis d'ailleurssices
petits esprits
Veulent jamais gloser sur
nos écHtsy
Quinauts seront, car ils
n'y verront goute.
Fermer
Résumé : NOUVELLE. EPISTRE CRITIQUE à Monsieur .... faite à l'occasion d'un Ouvrage d'esprit obscur & guindé qu'on luy a envoyé dans sa retraite, il feint ingénieusement que depuis qu'il est hors de Paris tous les Ouvrages y sont devenus obscurs & guindez comme celuy qui luy a esté envoyé.
L'épître critique un 'Grand Magistrat' retraité pour l'obscurité et la complexité des œuvres littéraires parisiennes contemporaines. L'auteur déplore la perte de la clarté, autrefois valorisée, au profit d'un langage confus et élitiste, inaccessible au peuple. Pour éviter les critiques, il décide d'adopter ce nouveau style, rejetant ainsi les auteurs classiques tels que Virgile, Horace et Cicéron. Le texte mentionne une libération des contraintes littéraires imposées par des règles strictes et des critiques sévères. L'auteur exprimait auparavant des difficultés à rédiger des vers sous une critique rigoureuse, exigeant clarté, justesse et conformité aux règles. Après s'être affranchi de ces contraintes, il aspire à un style noble et rare, inspiré par l'éloquent chancelier de Navarre. Son œuvre sera marquée par l'originalité et l'audace, sans ordre ni plan préétabli. Il invite les lecteurs à le suivre, tout en reconnaissant les risques d'incompréhension. Il souhaite être lu par des esprits subtils et accepte les critiques, cherchant avant tout la paix. Enfin, il exprime son indifférence face aux jugements futurs, estimant que les générations suivantes manqueront de maturité pour apprécier son œuvre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1548
p. 76-77
PARODIE de l'Enigme dont le mot est le Raisin.
Début :
Raisin est masle en general, [...]
Mots clefs :
Raisin, Grappe, Grain, Rouge, Ivrogne, Cep
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARODIE de l'Enigme dont le mot est le Raisin.
PARODIE
,de l'Enigme dont le
mot est le Raisin.
RAifinejf,rrJajle en genéral9
Grappe en est ledétail if
cep un nomfemelle,
Grain en petit detaild'un
nom masle s'appelle
Raisin fait devenir plus
d'unhomme brutal
Et c'eji pourtant la douceurmesme.
,..
Le raisin rouge ou blanc,
a le teint vifou blesme,
Son pere ccfi le Cep, il
estsec ebossu
La terre est leur mere
commune Le vin , rend vicieux souventparsa
vertu,
Et l'yvrogne irrité, est
souventsans rancune.
Le mot de l'autre Enigme
c'est le Navire.
,de l'Enigme dont le
mot est le Raisin.
RAifinejf,rrJajle en genéral9
Grappe en est ledétail if
cep un nomfemelle,
Grain en petit detaild'un
nom masle s'appelle
Raisin fait devenir plus
d'unhomme brutal
Et c'eji pourtant la douceurmesme.
,..
Le raisin rouge ou blanc,
a le teint vifou blesme,
Son pere ccfi le Cep, il
estsec ebossu
La terre est leur mere
commune Le vin , rend vicieux souventparsa
vertu,
Et l'yvrogne irrité, est
souventsans rancune.
Le mot de l'autre Enigme
c'est le Navire.
Fermer
Résumé : PARODIE de l'Enigme dont le mot est le Raisin.
Le texte présente une parodie d'énigme sur le mot 'raisin'. Il décrit le raisin avec des termes poétiques et des jeux de mots. La grappe est le détail de la vigne, le cep est féminin et le grain est masculin. Le raisin peut transformer un homme en une personne brutale. Il peut être rouge ou blanc. Son père est le cep, souvent sec et bossu, et la terre est leur mère commune. Le vin, produit du raisin, peut rendre les gens vicieux. L'autre énigme a pour mot 'navire'.
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1549
p. 78-79
ENIGME.
Début :
Quoy qu'aujourd'huy je sois ce que j'estois hier, [...]
Mots clefs :
Cerneau
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
QUoy qu'aujourd'huy
jesois ce quej'estois hter,
Cessant d'estre doublé, je
ne suisplusmoy-mesme,
Qupj que coupé, pourtant jesuistousjours entier,
Cepartage me rendindigne
du Caresme.
J'estois femelle , estant
doublé
Mais quand de mon bo.
net on m'a desassublé
AuJJÏ-tosk je suis masle
,
après madélivrance*
JJon me noye, & bien.
tost apré*s.,mon excellence
Devient celle à peu prés
desouvrages d'esprit.
Avec moyl'onchante,
l'on rit
JSdais qui n'a point dfJ
temps à perdre qu'il
m'evite
Taiience avec moy quelquefois
periclite.
jesois ce quej'estois hter,
Cessant d'estre doublé, je
ne suisplusmoy-mesme,
Qupj que coupé, pourtant jesuistousjours entier,
Cepartage me rendindigne
du Caresme.
J'estois femelle , estant
doublé
Mais quand de mon bo.
net on m'a desassublé
AuJJÏ-tosk je suis masle
,
après madélivrance*
JJon me noye, & bien.
tost apré*s.,mon excellence
Devient celle à peu prés
desouvrages d'esprit.
Avec moyl'onchante,
l'on rit
JSdais qui n'a point dfJ
temps à perdre qu'il
m'evite
Taiience avec moy quelquefois
periclite.
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1550
p. 80-83
REPROCHES au Dieu Apollon, sur le sort ordinaire des Poëtes.
Début :
Fils de Latone, injuste Dieu, [...]
Mots clefs :
Or, Puissance, Indigence, Char, Coursiers, Enorgueilli, Ornement, Famille, Sous-fermier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPROCHES au Dieu Apollon, sur le sort ordinaire des Poëtes.
REPROCHES
au Dieu Apollon,sur
le fort ordinaire des
Poëtes.
FIls de Latone,injuste
Dieu,
Qui produit l'or par ta
puissance,
Pourquoi tousjours dans
l'indigence
- Tes enfans en ont-ils si
peu.
Apprens-moi, Pere sans
pitié,
Tandis qu'avec éclat tu
guides
Ton Char &tes CourEeM
rapides,
Pourquoi tes enfans vont àpie?
Enorgueillis d'un titre
vain,
Pourquoy, tandis que
TAmbrofie
Selon ton gré te rassasie
Tes enfans meurent-ils
de faim
Par toi nos champs font
reveftus
Des ornemens les plus ai.
mables ; Pourquoirfiersquoique
misérables,
Tes enfans sont-ils presquenuds?
Dans ton Palais font rassemblez
Cent thrélors donc il cIl,
la source ;
Pourquoi tes enfans sans
ressource
Sont-ils toujours si malmeublez
>
Songe à les pourvoir:sans
--, ,"-
les biens
De quoi sert la haute naiCsance;
Est-il un Sous-Fermier eu
France,
Qui n'establisse mieux lc£
siens.
Ne parois plusindifferent
Sur ce qu'icy je te de
mande:
Il est vrai, ta Famille est
grande
Mais ton pouvoir est-il
moins grand
Agis en donc plus tendrement,
Traite tes enfans en vrai
père,
Et pourqu'il ne t'en couftç
guere
Enrichis les bons seule
ment.
au Dieu Apollon,sur
le fort ordinaire des
Poëtes.
FIls de Latone,injuste
Dieu,
Qui produit l'or par ta
puissance,
Pourquoi tousjours dans
l'indigence
- Tes enfans en ont-ils si
peu.
Apprens-moi, Pere sans
pitié,
Tandis qu'avec éclat tu
guides
Ton Char &tes CourEeM
rapides,
Pourquoi tes enfans vont àpie?
Enorgueillis d'un titre
vain,
Pourquoy, tandis que
TAmbrofie
Selon ton gré te rassasie
Tes enfans meurent-ils
de faim
Par toi nos champs font
reveftus
Des ornemens les plus ai.
mables ; Pourquoirfiersquoique
misérables,
Tes enfans sont-ils presquenuds?
Dans ton Palais font rassemblez
Cent thrélors donc il cIl,
la source ;
Pourquoi tes enfans sans
ressource
Sont-ils toujours si malmeublez
>
Songe à les pourvoir:sans
--, ,"-
les biens
De quoi sert la haute naiCsance;
Est-il un Sous-Fermier eu
France,
Qui n'establisse mieux lc£
siens.
Ne parois plusindifferent
Sur ce qu'icy je te de
mande:
Il est vrai, ta Famille est
grande
Mais ton pouvoir est-il
moins grand
Agis en donc plus tendrement,
Traite tes enfans en vrai
père,
Et pourqu'il ne t'en couftç
guere
Enrichis les bons seule
ment.
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Résumé : REPROCHES au Dieu Apollon, sur le sort ordinaire des Poëtes.
Le poème s'adresse au dieu Apollon pour dénoncer la condition misérable des poètes, ses enfants. Le narrateur souligne l'injustice de cette situation, contrastant la puissance et la richesse d'Apollon avec la pauvreté des poètes. Il compare leur sort à celui des fermiers en France, qui parviennent à subvenir aux besoins de leurs familles. Le narrateur appelle Apollon à ne pas rester indifférent et à pourvoir aux besoins de ses enfants, suggérant qu'il devrait enrichir uniquement les bons poètes. Le poème met en lumière le contraste entre la grandeur d'Apollon et la misère de ceux qu'il est censé protéger.
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