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1501
p. 253-264
L'HORLOGE DE SABLE, figure du Monde. Poëme.
Début :
Assemblage confus d'une arene mobile, [...]
Mots clefs :
Sable, Monde, Image, Horloge, Grains, Temps
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texteReconnaissance textuelle : L'HORLOGE DE SABLE, figure du Monde. Poëme.
L'HORLOGE DE SABLE
figure du Monde.
Poëme
Asfemblage confus d'une arene mobile,
Que l'art fçut enfermer
dans cevafe fragile ,
Image de mavie , horloge
dont le cours
Regle tous mes devoirs en
mefurant mes jours ;
Puifqu'à te celebrer ma
Mufe eft deſtinée ,
Fais couler pour mes vers
une heure fortunée ;
Février 1712.
Y
3
254 MERCURE
Et vous pour qui le monde.
a de fi douxappas ,
Qui mefme haïffez ceux
qui ne l'aiment pas ;
Mortels, venez icy , je veux
dans cet Ouvrage,
Du monde , tel qu'il eſt ,
vous tracer une image.
Qu'eft le monde en effet ?
c'eft un verre qui luit ,
Qu'unfoufle peut détruire,
& qu'unfouflea produit.
Que renferme le monde a
une vaine pouffiere
Que remue à fon gré le
poids de la matiere, ⠀
Qui tourne , va , revient ,
GALANT. 255
plus vifte que les flots ,
Et par fon mouvement ne
tend qu'à fon repos.
Que font tous les mortels?
autant de grains de fable ™
Qu'anime cependant une
ame raifonnable:
Mais qui du fable feul oc-
*** cupez ardemment
Font leur unique employ
defon accroiffement.
Onl'échange , on le vend,
on l'achete, on l'amaffe ,
Et monceaux fur monceaux l'avarice l'entaffe.
Lemarchand qui ne craint
nyles vents ny les eaux
•
Y ij
#56 MERCURE
Confiant fa fortune à de
frefles vaiffeaux ,
Court aux extremitez de la
plaine liquide.
Vendre un fable brillant
pourunfable folide.
L'Artifan que le fort ou
l'orgueil deshumains
Oblige à fe nourrir du travail de fes mains ,
Ne fait pendant le cours
d'une vie inutile
Que polir , que finir une
arene mobile.
Lefage examinant la nature des corps ,
Leurs caufes , leurs effets ,
GALANT. 257
leurs mutuels rapports ,
Cherchant un vuide en eux
qu'il peut voir en
luy mefme,
Croit embraffer le vray ,
dans une erreur qu'il
aime.
Il ne s'apperçoit pas, feduit
par fon orgueil ,
Qu'en voulant l'éviter , il
tombe dans l'écueil ,
Et quefon efprit faux remplyde vains phantofmes
N'amaffe qu'un trefor de
pouffiere & d'atomes ;
Etvous esclaves , efclavesnez devos propres
Y iij
258 MERCURE
fouhaits ,
Vous, Grands, qui baſtiſſez
de fuperbes palais ,
Que vous fert d'élever un
chafteau periffable
Plus haut que vos voisins.
C'eft mettre un peu
de fable
Qui devenant un jour la
victime des ans
Marquera par fa chute un
efpacede temps.
Quefaites-vous enfin vous,
maiftres de la terre ;
Vous portez en tous lieux
les fureurs de la guerre ,
Vous inondez nos champs
GALANT 259
de bataillons épars ,
Vous livrez des affauts ,
vous forcez des remparts.
D'un trop foible voifin
vous pillez la frontiere ,
Pour luy ravir un peu de
fable &depouffiere
Qui gliffant de vos mains
avec rapidité
Feradu moins connoiftre
la poſterité
Avides de fçavoir vos fuccez, vostraverſes ,
Du temps qui fuit toujours
les époques diverſes.
Mais rangeons - nous aux
« loix del'exacte raiſon,
* MERCURE
Et tafchons d'illuftrer noftre comparaifon.
Ce fable à chaque inſtant
prendde nouvelles
places ,
Et le monde en un jour
change de mille faces.
Ces grains font agitez de
mouvements divers ,
Telsfont auffi les corps de
ce vafte Univers.
Sans liaiſon entr'eux , non
plus que cette arene
Chacun fuit au hazard le
penchant qui l'entraifne ,
Et ce qui d'un peu d'air
dansce vafe eft l'effet ,
GALANT. 261
Levent de la fortune en ce
monde le fait.
Les uns font élevez fur les
débris des autres ,
Lesbiens de nos voisins fe
groffiffent des noſtres.
Dans la foule obfcurcis , les
Princes détronez ,
Contraints à refpecter des
fujets couronnez ,
Sont de triftes jouets du
fort toujours volage.
De fes renversemens noftre
Horloge eft l'image.
On la tourne , & bientoft
le fable fe confond..
Le plus bas monte en haut
262 MERCURE
le plus haut coule au fond ,
Et comme on voit ces grains
agitez dans leur verre
Peu libre dans l'enclos du vafé
qui les ferre ,
Vers leur centre communfaire
un commun effort ,
Et par la voye eftroite atteindre l'autre bord ,
Telle on voit des humains la
cohorte mortelle o
Dans le partage obſcur de la
nuit éternelle
Defes jours malheureux éteindre le flambeau ,
Se pouffer , s'enfoncer dans
l'horreur du tombeau
Nous y voyons tomber , d'unet
chute commune,
Le pauvre & ſon eſpoir , le
riche & fa fortune
GALANT. 261
Les jeunes , les vieillards , les
fujets & les Rois ,
Faits du mefme limon , fubir
les mefmes loix.
que dis - je , ce fablea fur
nous l'avantage ;
Mais
J
Au globe , dont il fort , il retrouve un paffage ,
Et lorfque nous quittons la lumiere du jour ,
Nous la quittons , helas ! fans
eſpoir de retour.
Aprés tant de leçons que fournit noftreHorloge ,
Luy peut- on juftement refufer
un éloge.
A toute la nature elle donne
des loix.
Pourveu qu'il ait des yeux , le
fourd entend ſa voix.
Au Prince , au Magiftrat , à
464 MERCURE
l'Orateur , au Sage ,
fans parler , entendre fon langage ;
Ellefait ,
:
En fufpend les Arrefts , les difcours , les travaux ; {
Annonce à l'Artifan l'heure de
fon repos.
Enfin reglant du temps la durée & l'efpace ,
Elle nous dit qu'il fuit , & qu'
£ avec luy tout paffe ,
Et moyqui tient toujours fur
luy les yeux ouverts ,
Je vois qu'il faut finir mon élo.
ge & ces vers.
figure du Monde.
Poëme
Asfemblage confus d'une arene mobile,
Que l'art fçut enfermer
dans cevafe fragile ,
Image de mavie , horloge
dont le cours
Regle tous mes devoirs en
mefurant mes jours ;
Puifqu'à te celebrer ma
Mufe eft deſtinée ,
Fais couler pour mes vers
une heure fortunée ;
Février 1712.
Y
3
254 MERCURE
Et vous pour qui le monde.
a de fi douxappas ,
Qui mefme haïffez ceux
qui ne l'aiment pas ;
Mortels, venez icy , je veux
dans cet Ouvrage,
Du monde , tel qu'il eſt ,
vous tracer une image.
Qu'eft le monde en effet ?
c'eft un verre qui luit ,
Qu'unfoufle peut détruire,
& qu'unfouflea produit.
Que renferme le monde a
une vaine pouffiere
Que remue à fon gré le
poids de la matiere, ⠀
Qui tourne , va , revient ,
GALANT. 255
plus vifte que les flots ,
Et par fon mouvement ne
tend qu'à fon repos.
Que font tous les mortels?
autant de grains de fable ™
Qu'anime cependant une
ame raifonnable:
Mais qui du fable feul oc-
*** cupez ardemment
Font leur unique employ
defon accroiffement.
Onl'échange , on le vend,
on l'achete, on l'amaffe ,
Et monceaux fur monceaux l'avarice l'entaffe.
Lemarchand qui ne craint
nyles vents ny les eaux
•
Y ij
#56 MERCURE
Confiant fa fortune à de
frefles vaiffeaux ,
Court aux extremitez de la
plaine liquide.
Vendre un fable brillant
pourunfable folide.
L'Artifan que le fort ou
l'orgueil deshumains
Oblige à fe nourrir du travail de fes mains ,
Ne fait pendant le cours
d'une vie inutile
Que polir , que finir une
arene mobile.
Lefage examinant la nature des corps ,
Leurs caufes , leurs effets ,
GALANT. 257
leurs mutuels rapports ,
Cherchant un vuide en eux
qu'il peut voir en
luy mefme,
Croit embraffer le vray ,
dans une erreur qu'il
aime.
Il ne s'apperçoit pas, feduit
par fon orgueil ,
Qu'en voulant l'éviter , il
tombe dans l'écueil ,
Et quefon efprit faux remplyde vains phantofmes
N'amaffe qu'un trefor de
pouffiere & d'atomes ;
Etvous esclaves , efclavesnez devos propres
Y iij
258 MERCURE
fouhaits ,
Vous, Grands, qui baſtiſſez
de fuperbes palais ,
Que vous fert d'élever un
chafteau periffable
Plus haut que vos voisins.
C'eft mettre un peu
de fable
Qui devenant un jour la
victime des ans
Marquera par fa chute un
efpacede temps.
Quefaites-vous enfin vous,
maiftres de la terre ;
Vous portez en tous lieux
les fureurs de la guerre ,
Vous inondez nos champs
GALANT 259
de bataillons épars ,
Vous livrez des affauts ,
vous forcez des remparts.
D'un trop foible voifin
vous pillez la frontiere ,
Pour luy ravir un peu de
fable &depouffiere
Qui gliffant de vos mains
avec rapidité
Feradu moins connoiftre
la poſterité
Avides de fçavoir vos fuccez, vostraverſes ,
Du temps qui fuit toujours
les époques diverſes.
Mais rangeons - nous aux
« loix del'exacte raiſon,
* MERCURE
Et tafchons d'illuftrer noftre comparaifon.
Ce fable à chaque inſtant
prendde nouvelles
places ,
Et le monde en un jour
change de mille faces.
Ces grains font agitez de
mouvements divers ,
Telsfont auffi les corps de
ce vafte Univers.
Sans liaiſon entr'eux , non
plus que cette arene
Chacun fuit au hazard le
penchant qui l'entraifne ,
Et ce qui d'un peu d'air
dansce vafe eft l'effet ,
GALANT. 261
Levent de la fortune en ce
monde le fait.
Les uns font élevez fur les
débris des autres ,
Lesbiens de nos voisins fe
groffiffent des noſtres.
Dans la foule obfcurcis , les
Princes détronez ,
Contraints à refpecter des
fujets couronnez ,
Sont de triftes jouets du
fort toujours volage.
De fes renversemens noftre
Horloge eft l'image.
On la tourne , & bientoft
le fable fe confond..
Le plus bas monte en haut
262 MERCURE
le plus haut coule au fond ,
Et comme on voit ces grains
agitez dans leur verre
Peu libre dans l'enclos du vafé
qui les ferre ,
Vers leur centre communfaire
un commun effort ,
Et par la voye eftroite atteindre l'autre bord ,
Telle on voit des humains la
cohorte mortelle o
Dans le partage obſcur de la
nuit éternelle
Defes jours malheureux éteindre le flambeau ,
Se pouffer , s'enfoncer dans
l'horreur du tombeau
Nous y voyons tomber , d'unet
chute commune,
Le pauvre & ſon eſpoir , le
riche & fa fortune
GALANT. 261
Les jeunes , les vieillards , les
fujets & les Rois ,
Faits du mefme limon , fubir
les mefmes loix.
que dis - je , ce fablea fur
nous l'avantage ;
Mais
J
Au globe , dont il fort , il retrouve un paffage ,
Et lorfque nous quittons la lumiere du jour ,
Nous la quittons , helas ! fans
eſpoir de retour.
Aprés tant de leçons que fournit noftreHorloge ,
Luy peut- on juftement refufer
un éloge.
A toute la nature elle donne
des loix.
Pourveu qu'il ait des yeux , le
fourd entend ſa voix.
Au Prince , au Magiftrat , à
464 MERCURE
l'Orateur , au Sage ,
fans parler , entendre fon langage ;
Ellefait ,
:
En fufpend les Arrefts , les difcours , les travaux ; {
Annonce à l'Artifan l'heure de
fon repos.
Enfin reglant du temps la durée & l'efpace ,
Elle nous dit qu'il fuit , & qu'
£ avec luy tout paffe ,
Et moyqui tient toujours fur
luy les yeux ouverts ,
Je vois qu'il faut finir mon élo.
ge & ces vers.
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Résumé : L'HORLOGE DE SABLE, figure du Monde. Poëme.
Le poème 'L'HORLOGE DE SABLE' utilise la métaphore de l'horloge de sable pour représenter le monde et la vie humaine. L'auteur décrit le monde comme un assemblage confus et mobile, comparable à une horloge fragile qui régule les devoirs et les jours. Le poème invite à célébrer la muse pour inspirer les vers et à tracer une image du monde tel qu'il est. Le monde est comparé à un verre fragile, renfermant une vaine poussière mue par le poids de la matière. Les mortels sont décrits comme des grains de sable animés par une âme raisonnable, mais occupés uniquement par l'accroissement de leur fortune. Le texte critique l'avarice et la quête de richesse, illustrant comment les marchands et les artisans sont soumis à des travaux inutiles pour polir des grains de sable. Les savants, aveuglés par leur orgueil, cherchent en vain à comprendre la nature des corps et tombent dans l'erreur. Les grands et les esclaves de leurs propres désirs bâtissent des palais éphémères. Les maîtres de la terre sèment la guerre et la destruction pour accumuler du sable et de la poussière. Le poème souligne l'instabilité du monde, où les grains de sable changent constamment de place, symbolisant les mouvements divers des corps dans l'univers. Les princes détrônés et les sujets couronnés sont des jouets du sort. L'horloge de sable illustre les renversements constants, où le plus bas monte en haut et le plus haut coule au fond. Tous les humains, qu'ils soient pauvres ou riches, jeunes ou vieux, sont soumis aux mêmes lois et finissent par tomber dans l'horreur du tombeau. Le sable, après avoir quitté la lumière du jour, ne revient jamais. L'horloge de sable donne des lois à toute la nature et rappelle que le temps fuit, emportant tout avec lui. L'auteur conclut en reconnaissant la nécessité de finir son élégie et ses vers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1502
p. 326-331
D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
Début :
Honneur des Campagnes liquides, [...]
Mots clefs :
Utrecht, Bristol, Évêque, Traduction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
D'UTRECHT,
ASon Excellence
MYLORD
EVESQUE DE BRISTOL.
Traduction nouvelle.
Honneur des Gampagnes liquides,
Enfant de quelque Bois
•fatre,
Brillant Spectacle aux
Nereides,
BeauVaiffeau, qu'à l'en
vi l'or &l'art ontparé;
GALANT. 327
Que ta charge fied bien à
ta magnificence!
De l'Europe en fufpens
tu conduis le Deftin ,
Du monde gemiẞant tu
portes dans tonfein
La derniere efperance 3
Tuferas àjamais fefté
par nos neveux,
Le Peuple ira danfant te
rendrefes hommages,
Nos filles Jur tes pants
inventant millejeux,
Deguirlandes defleurs ,
orneront tes cordages.
326 MERCURE
Dieux des Mers qui
veillezfurcettenation,
(Si vous daignez encore
proteger cet Empire)
Conduifez avec Join ce
precieux Navire,
L'aimablePaixle monte,
affe noftre Albion ,
Dufangde cent Heros,
qu'en vainla terre admire,
Acheta pour autruy de
fertiles Etats ;
Je vous attefte affreux
combats.
GALANT. 327
Et vous Palmes enfanglantées
Qu'à regret , par lesfiens,
Londres vit remportées.
L'Univers defolé demande le reposs
Le Dieu Mars eft luymême afſouvi de carmonage,
Pallas arenvoyéla cruelle Attropos
UneMajeftédouce écla
te enfon vifage
D'ANNE, elle emprunte
l'air! ofortunéprefage,
Février 1712.
Ee
328 MERCURE
L'olive eft dansfa main,
au lieu dejavelots.
PRELAT, dont la vertu
respectée & cherie
Eft le plus ferme appuy
des Etats chancelans ,
Pour lagloire de ta Patrie
On te voit oublier ton repos & tesans,
Ton aspect venerable »
aux caprices de l'onde
Doit impoferunFrein,
Etles Dieux que tufers,
pour le bonheurdu monde
GALANT. 329
T'ontfoumis le Deftin.
Des Peuples s'arme en
vainlafunefte manie,
Les bancs en vain cache
fousles flotsfurieux
Ofent trompertesyeux;
L'Ennemi de la Paix, le
ventde Germanie
En vain renverfe tout de
fonfoufle odieuxe
Sinous avonspour nous ,
nos Dieux & ton Genie
Neptune vient déja te
foumettre lesflots
Defon trident luy- méme
Ecij
330 MERCURE
ilfouleve tapoupe
Sesagiles Tritonsfervent
tes Matelots ,
Tupars augré de l'onde,
&leurjoyeufe troupe
Fait d'un long chant de
Paixretentir les échos.
Infenfez que l'erreur,&
la difcorde anime.
( De qui pour vous fauver il faut rompre les
vœux )
Quatre Luftres entiers
vousfûtesfa victime,
Etje vois dans voscœurs
renouvellerfesfeux;
GALANT 3 3º
Arreſtez , d'un autre œil
les Dieux on vûlaterre,
Fatigue depunirils quit.
tent le Tonnerre;
Craigne deréveiller leur
courroux dangereux ;
Les ventsfontenchaînez
dans leurs grottes profondes ,
Voyez lesflots domptez:
&des vents , & des
ondes,
بون
Apprenez à calmer vos
confeils trop mutins ,
Etceffez de lutter contre Anne & les Destins.
ASon Excellence
MYLORD
EVESQUE DE BRISTOL.
Traduction nouvelle.
Honneur des Gampagnes liquides,
Enfant de quelque Bois
•fatre,
Brillant Spectacle aux
Nereides,
BeauVaiffeau, qu'à l'en
vi l'or &l'art ontparé;
GALANT. 327
Que ta charge fied bien à
ta magnificence!
De l'Europe en fufpens
tu conduis le Deftin ,
Du monde gemiẞant tu
portes dans tonfein
La derniere efperance 3
Tuferas àjamais fefté
par nos neveux,
Le Peuple ira danfant te
rendrefes hommages,
Nos filles Jur tes pants
inventant millejeux,
Deguirlandes defleurs ,
orneront tes cordages.
326 MERCURE
Dieux des Mers qui
veillezfurcettenation,
(Si vous daignez encore
proteger cet Empire)
Conduifez avec Join ce
precieux Navire,
L'aimablePaixle monte,
affe noftre Albion ,
Dufangde cent Heros,
qu'en vainla terre admire,
Acheta pour autruy de
fertiles Etats ;
Je vous attefte affreux
combats.
GALANT. 327
Et vous Palmes enfanglantées
Qu'à regret , par lesfiens,
Londres vit remportées.
L'Univers defolé demande le reposs
Le Dieu Mars eft luymême afſouvi de carmonage,
Pallas arenvoyéla cruelle Attropos
UneMajeftédouce écla
te enfon vifage
D'ANNE, elle emprunte
l'air! ofortunéprefage,
Février 1712.
Ee
328 MERCURE
L'olive eft dansfa main,
au lieu dejavelots.
PRELAT, dont la vertu
respectée & cherie
Eft le plus ferme appuy
des Etats chancelans ,
Pour lagloire de ta Patrie
On te voit oublier ton repos & tesans,
Ton aspect venerable »
aux caprices de l'onde
Doit impoferunFrein,
Etles Dieux que tufers,
pour le bonheurdu monde
GALANT. 329
T'ontfoumis le Deftin.
Des Peuples s'arme en
vainlafunefte manie,
Les bancs en vain cache
fousles flotsfurieux
Ofent trompertesyeux;
L'Ennemi de la Paix, le
ventde Germanie
En vain renverfe tout de
fonfoufle odieuxe
Sinous avonspour nous ,
nos Dieux & ton Genie
Neptune vient déja te
foumettre lesflots
Defon trident luy- méme
Ecij
330 MERCURE
ilfouleve tapoupe
Sesagiles Tritonsfervent
tes Matelots ,
Tupars augré de l'onde,
&leurjoyeufe troupe
Fait d'un long chant de
Paixretentir les échos.
Infenfez que l'erreur,&
la difcorde anime.
( De qui pour vous fauver il faut rompre les
vœux )
Quatre Luftres entiers
vousfûtesfa victime,
Etje vois dans voscœurs
renouvellerfesfeux;
GALANT 3 3º
Arreſtez , d'un autre œil
les Dieux on vûlaterre,
Fatigue depunirils quit.
tent le Tonnerre;
Craigne deréveiller leur
courroux dangereux ;
Les ventsfontenchaînez
dans leurs grottes profondes ,
Voyez lesflots domptez:
&des vents , & des
ondes,
بون
Apprenez à calmer vos
confeils trop mutins ,
Etceffez de lutter contre Anne & les Destins.
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Résumé : D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
Le poème est adressé à Son Excellence Mylord, l'évêque de Bristol, et célèbre un navire porteur d'espoir et de paix. Ce navire, magnifique et protégé par des dieux, doit apporter la paix en Albion. Anne, représentée avec une olive symbolisant la paix, contraste avec les armes de guerre. Le prélat est respecté pour sa vertu et est appelé à maîtriser les caprices de la mer et à soumettre le destin pour le bonheur du monde. Les peuples sont invités à déposer leurs armes et à calmer leurs conflits, soutenus par les dieux et le génie de Neptune. Les vents et les flots sont domptés, et les lecteurs sont exhortés à cesser de lutter contre Anne et les destins. Le poème se conclut par un appel à la paix et à la soumission aux forces divines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1503
p. 17-18
DIXAIN Sur le stile Marotique.
Début :
Du temps que la Langue Françoise [...]
Mots clefs :
Enfants, Langue française, Style marotique
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texteReconnaissance textuelle : DIXAIN Sur le stile Marotique.
DIXAIN
Sur le stile Marotique.
Du temps quela Langue
Françotfè
Estoit dans L'enfancetau..
,
loise,
La France produisoit de
précocesesprits,
Qui dans leur enfantin
langage,
Begayoient des beauter,
dotnousCommessurpris
J'aime lesheureux traits
decetenfantillage;
Jidaijatijjï quandje vois
nosAutheurstriom-
- phants
Affecter ce jargon dans
leur meilleur ouvrage;
Jedis,oh qu'ilfitd bIen.
desgens de cet Deparlercomme âgeles enfants.
Sur le stile Marotique.
Du temps quela Langue
Françotfè
Estoit dans L'enfancetau..
,
loise,
La France produisoit de
précocesesprits,
Qui dans leur enfantin
langage,
Begayoient des beauter,
dotnousCommessurpris
J'aime lesheureux traits
decetenfantillage;
Jidaijatijjï quandje vois
nosAutheurstriom-
- phants
Affecter ce jargon dans
leur meilleur ouvrage;
Jedis,oh qu'ilfitd bIen.
desgens de cet Deparlercomme âgeles enfants.
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1504
p. 47-[48]
Sur un Portrait en grand, envoyé par une Dame à l'Autheur, pour mettre dans une Salle.
Début :
Il sera veu de tout Paris, [...]
Mots clefs :
Portrait, Peinture, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur un Portrait en grand, envoyé par une Dame à l'Autheur, pour mettre dans une Salle.
Surun Portrait engrand.) envoyéparune Dame a l'.Autheur, pour mettre dans une
Salle. ilsera
veu de tout Paris,
Vostre immense Portraita
tres.large bordeure,
J'eusse bien mieux aimé
vous voir en mignature,
Au moins il m'eust esté
permis
De garder en secret cette
aimable peinture:
Ah qu'un peu de mystere
eust augmenté le prix
D'un present de cette nature:
Trop heureux qui reçoit
un don si precieux
D'une main
si
belle & si
chere,
Et cependant j'aimerois
mieux
Qu'elle n'eust osé me le
faire.
Salle. ilsera
veu de tout Paris,
Vostre immense Portraita
tres.large bordeure,
J'eusse bien mieux aimé
vous voir en mignature,
Au moins il m'eust esté
permis
De garder en secret cette
aimable peinture:
Ah qu'un peu de mystere
eust augmenté le prix
D'un present de cette nature:
Trop heureux qui reçoit
un don si precieux
D'une main
si
belle & si
chere,
Et cependant j'aimerois
mieux
Qu'elle n'eust osé me le
faire.
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Résumé : Sur un Portrait en grand, envoyé par une Dame à l'Autheur, pour mettre dans une Salle.
Une dame écrit à un auteur pour exprimer ses regrets concernant un portrait. Elle aurait préféré le garder en secret sous forme de miniature. Elle apprécie le don mais regrette que la dame ait osé le lui offrir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1505
p. 57-67
L'ELOGE DU VIN de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de Mr GRENAN.
Début :
AMI du jus divin dont la chaleur m'inspire, [...]
Mots clefs :
Traduction, Liqueur, Éloge, Vin de Bourgogne, Vin de Champagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ELOGE DU VIN de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de Mr GRENAN.
L'ELOGE DU VIN
de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de
Mr GRENAN.
MI dujusdivin dont ta;
chaleur m'inspire
,
MaisPoëte inconnu danslesacre vallon,
En faveur de Po MAR je
vais toucher la lire;
Mon goustsera mon
Appollon.
GRENANpuis jeefj>-?rer dete
JHIUYC au Parnasse
,
D'atteindre de tes sons U force & l'agrément?
Je fuis affe% heureux, traduisant ««HORACE,
Si je traduis fidellement.
Je consacre ces vers à la
liqueur charmante,
Qui rend BEAUNE fameux, qui fait l'hon-
'> neur de NUIS;
Autour d'elle suivis de la
sante brillante,
Voltigent amours, jeux &
ris.
Des prodiges certains signalent sa puissances
Elle sçait délier l'esprit le
plus épais
;
Mieux qu'un travail constant,mere de l'éloquence,
Elle nous preste d'heureux
traits.
A son riant afpeGl: fuit la
sombre tristesse
;
Le pauvre qu'elle anime
est au dessus des loix
;
Pour luy plus de misere
:
aimable enchanteresse,
Tu l'éleves au rang des
Rois.
En vain s'offre une table
& propre & délicate,
Où le rafinement ait fîû
tout ordonner,
Leplus charmant repas at'il rien qui me flate,
Si tu ne viens l'assaisonner?
Du mâle SILLERI que
RH E I M S
s'enorguëillisse
Et prodigue l'encens à son
montant flateur;
-¥O Qu'étincelant de feux, il
pétille,iljaillisse;
Redoutonsun vin séducteur.
Craignons de nous livrer
aux esprits qu'il envoyé,
D'un plaisir
a pparent
fuyons la trahison;
Ilsflattent l'odorat, ils répandent lajoye,
Mais ils cachent un sûr
poison.
Que cependant au fruit
A u
VILLE' soit d'usage,
Bacchus modeste alors,
peut avoir des apas:
Avec luy les bons mots,
l'élégant badinage,
Viendront amuser le repas Nuissuspend les regrets
de la morne vieillesse.
Lait divin, sa chaleur fource des doux plaisirs,
Dans le déclin des ans fait
naistre la jeunesse
,
Ec rappelle au moins les
desirs.
Un Sophocle se glace? il
enfante avec peine,
Qu'illaisse l'eau du PINDE,
& gouste de ce jus,
L'aimableDieu du vin fera
couler sa veine;
Il inspire mieux que Phebus.
A quoy fert dans le camp
la bruyante trompette?
C'est à Nui s
d'y répandre une noble vigueur;
Sans ses dons le soldat certain de sa deffaite,
N'est que foiblesse & que
langueur.
Mars, c'est assez regner J
ô liqueur favorable,
Ramene avec la paix les
danses & les jeux;
Redonne -
-
nous enfin sa
présence adorable.
Qu'elle est lente au gré de
nos vceux!
Aujourd'huy l'ornement
des tables fortunées,
Bientost de nos bergers tu
sécheras les pleurs.
Je les voy; quels plaisirs !
agreables journées! *
* Jours de réjoüissance pour la paix.
Ils ont oublié leurs malheurs.
Plusde foins inquiets, plus
d'horreur,plusde guerre.
Pour eux des jours sereins
vont couler déformais.
L'un chanre sa Philis, l'autre vuide son verre.
Furent-ils à plaindre jamais! Sil'AUVERNAT fumeux
s'offre dans une feste
, Vin grossier qui d'abord y
porte le chagrin
,
De cruelles vapeurs,il accable la teste
Breuvage affreux, hosteassasin. Du
DuBOURGOGNEleger,
la douceur bienfaisante,
Est un remede sûr, ai[é,-
délicieux;
Nos maux sont dissipez ,
quand sa seve innocente,
Flatte nostre goust & nos
yeux.
A Le doux sommeils'envole & sourd à ma priere,
S'obstine à me ravir les
charmes du repos.
A mon secours POMAR.
déja sur ma paupière
, Morphée a
versé ses pa-î
vots.
Mais tu n'es pas toûjours
à nos desirs propice;
Si nous blessons les loix de
la sobrieté,
Ton jus séditieux fera nostre supplice;
Ton jus veut estre respecté.
Assure de longs jours au
modele des Princes;
Le Ciel long-temps encor
le doit à l'univers;
Qu'il vive seulement, nos
tranquiles Provinces,
Seront au dessus des revers.
Au Nectar de Louis disputez la victoire,
Vins jaloux, Vins fameux
& du NEGRE& duRHIN,
Conserve nous Louis,
rien ne manque à
ta gloire,
POMAR, ton triomphe eA
certain.
de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de
Mr GRENAN.
MI dujusdivin dont ta;
chaleur m'inspire
,
MaisPoëte inconnu danslesacre vallon,
En faveur de Po MAR je
vais toucher la lire;
Mon goustsera mon
Appollon.
GRENANpuis jeefj>-?rer dete
JHIUYC au Parnasse
,
D'atteindre de tes sons U force & l'agrément?
Je fuis affe% heureux, traduisant ««HORACE,
Si je traduis fidellement.
Je consacre ces vers à la
liqueur charmante,
Qui rend BEAUNE fameux, qui fait l'hon-
'> neur de NUIS;
Autour d'elle suivis de la
sante brillante,
Voltigent amours, jeux &
ris.
Des prodiges certains signalent sa puissances
Elle sçait délier l'esprit le
plus épais
;
Mieux qu'un travail constant,mere de l'éloquence,
Elle nous preste d'heureux
traits.
A son riant afpeGl: fuit la
sombre tristesse
;
Le pauvre qu'elle anime
est au dessus des loix
;
Pour luy plus de misere
:
aimable enchanteresse,
Tu l'éleves au rang des
Rois.
En vain s'offre une table
& propre & délicate,
Où le rafinement ait fîû
tout ordonner,
Leplus charmant repas at'il rien qui me flate,
Si tu ne viens l'assaisonner?
Du mâle SILLERI que
RH E I M S
s'enorguëillisse
Et prodigue l'encens à son
montant flateur;
-¥O Qu'étincelant de feux, il
pétille,iljaillisse;
Redoutonsun vin séducteur.
Craignons de nous livrer
aux esprits qu'il envoyé,
D'un plaisir
a pparent
fuyons la trahison;
Ilsflattent l'odorat, ils répandent lajoye,
Mais ils cachent un sûr
poison.
Que cependant au fruit
A u
VILLE' soit d'usage,
Bacchus modeste alors,
peut avoir des apas:
Avec luy les bons mots,
l'élégant badinage,
Viendront amuser le repas Nuissuspend les regrets
de la morne vieillesse.
Lait divin, sa chaleur fource des doux plaisirs,
Dans le déclin des ans fait
naistre la jeunesse
,
Ec rappelle au moins les
desirs.
Un Sophocle se glace? il
enfante avec peine,
Qu'illaisse l'eau du PINDE,
& gouste de ce jus,
L'aimableDieu du vin fera
couler sa veine;
Il inspire mieux que Phebus.
A quoy fert dans le camp
la bruyante trompette?
C'est à Nui s
d'y répandre une noble vigueur;
Sans ses dons le soldat certain de sa deffaite,
N'est que foiblesse & que
langueur.
Mars, c'est assez regner J
ô liqueur favorable,
Ramene avec la paix les
danses & les jeux;
Redonne -
-
nous enfin sa
présence adorable.
Qu'elle est lente au gré de
nos vceux!
Aujourd'huy l'ornement
des tables fortunées,
Bientost de nos bergers tu
sécheras les pleurs.
Je les voy; quels plaisirs !
agreables journées! *
* Jours de réjoüissance pour la paix.
Ils ont oublié leurs malheurs.
Plusde foins inquiets, plus
d'horreur,plusde guerre.
Pour eux des jours sereins
vont couler déformais.
L'un chanre sa Philis, l'autre vuide son verre.
Furent-ils à plaindre jamais! Sil'AUVERNAT fumeux
s'offre dans une feste
, Vin grossier qui d'abord y
porte le chagrin
,
De cruelles vapeurs,il accable la teste
Breuvage affreux, hosteassasin. Du
DuBOURGOGNEleger,
la douceur bienfaisante,
Est un remede sûr, ai[é,-
délicieux;
Nos maux sont dissipez ,
quand sa seve innocente,
Flatte nostre goust & nos
yeux.
A Le doux sommeils'envole & sourd à ma priere,
S'obstine à me ravir les
charmes du repos.
A mon secours POMAR.
déja sur ma paupière
, Morphée a
versé ses pa-î
vots.
Mais tu n'es pas toûjours
à nos desirs propice;
Si nous blessons les loix de
la sobrieté,
Ton jus séditieux fera nostre supplice;
Ton jus veut estre respecté.
Assure de longs jours au
modele des Princes;
Le Ciel long-temps encor
le doit à l'univers;
Qu'il vive seulement, nos
tranquiles Provinces,
Seront au dessus des revers.
Au Nectar de Louis disputez la victoire,
Vins jaloux, Vins fameux
& du NEGRE& duRHIN,
Conserve nous Louis,
rien ne manque à
ta gloire,
POMAR, ton triomphe eA
certain.
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Résumé : L'ELOGE DU VIN de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de Mr GRENAN.
'L'Éloge du Vin' est une ode traduite de l'ode latine de Monsieur Grenan, célébrant les vertus du vin de Bourgogne. L'auteur, se présentant comme un poète inconnu, admire le vin, qu'il compare à un divin nectar capable d'inspirer et de délier l'esprit. Il loue le vin pour sa capacité à rendre heureux, à élever les pauvres et à animer les repas. Cependant, il met en garde contre les dangers de l'abus, soulignant que le vin peut cacher un poison et trahir ceux qui s'y livrent sans modération. Le vin est décrit comme un remède contre la tristesse et la misère, capable de susciter l'éloquence et de rendre les repas plus agréables. Il est également présenté comme un allié dans les moments de déclin, rappelant la jeunesse et les désirs. Dans un contexte militaire, le vin est vu comme un moyen de renforcer la vigueur des soldats. L'auteur exprime le souhait que le vin de Bourgogne continue d'orner les tables et de sécher les pleurs des bergers, apportant des jours sereins et des plaisirs agréables. Il oppose le vin grossier, qui apporte le chagrin, au vin de Bourgogne, doux et bienfaisant. Enfin, il conclut en espérant que le vin contribue à la longévité et à la tranquillité des provinces, disputant la victoire au nectar des princes et des vins célèbres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1506
p. 67-77
LA CHAMPAGNE vengée, ou loüange du vin de Reims, qu'un Poëte Bourguignon a blâmé.
Début :
Chère hostesse d'un vin qu'on ne peut trop priser, [...]
Mots clefs :
Vin de Bourgogne, Vin de Champagne, Vin, Louanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA CHAMPAGNE vengée, ou loüange du vin de Reims, qu'un Poëte Bourguignon a blâmé.
LA CHAMPAGNE
vengee3 ou loüange duvin
de Reims,qu'un Poëte
Bourguignon a
blâmé.
CHEREhostessed'un
vin qu'on ne peut trop
priser
, D'un vin qui doit à Reims,
comme moi, sa naifsance, f
Bouteille à mon secours;
j'entreprensta deffense.
Pour ton propre inrerctt
vien me Favorifèr„
Est-ce un songe? ô merveille une douce
manie
Chez moy, dans-ce moment, au gré detaliqueur -
Répand de veine en veine
,
- une noblevigueur,
Et forme de ces vers la
nombreuse harmonie.
Autant que, sans porter sa
teste dans les cieux,.
La vigne par son fruit est
au ckflus duchêne;
Autant, sans affecter une
gloire trop vaine,
Reims surpasseles vinsles
plus délicieux.
Qu'Horacedu Falerne enN
tonne les loüanges,
Que de son vieuxMassique
il vante les attraits:
Tous ces vins si fameux
négaleront jamais
Du charmant Silleri les
heureusesvendanges.
Aussi clair que le verre, où
la main la versé,
Les yeux les plus perçans
l'en distinguentà peine.
Qu'il est doux de sentir
l'ambre de son haleine
9 Et de prévoir le goustpar
l'odeur annoncé!
D'abord à petits bonds
une mousse argentine
Etincèle
,
pétille, & boust
de toutes parts;
Un éclat plus tranquile offre ensuite aux regars
-
D'un liquide miroir la glacecrystaline. 1
; ¡ l >
Ce vin dont lafpeft seul
enchante le buveur,
N.eil: pas d'un bourgeon
foible une humeur
froide & cruë;
Autant que la couleur en
réjoüit la vuë,
Autant en plaist au goust
l'agréable faveur.
Taisezvous envieux, dont
la langue cruelle
Veut qu'icy fous les fleurs
se cache le venin,
Connoissez la Champagne, & respectez un vin
Qui des mœurs du climat
- est l'image fidèle.
Non, ce jus, qu'à grand
tort vous osez outrager.
De nuages
fâcheux
ne
trouble point la teste
,
Jamais dans l'estomac n'excite de tempeste,
Ilest tendre,il estnet,délicat, & léger.
Ils'ouvre dans lesreins une
facile route,
Il n'y fait point germer de
sable douloureux,
Et n'y prépare pas, féducteur dangereux
,
Par l'attrait du plaisir le
tourment, de la goute.
Vers
,
Vers la fin du repas, à
l'approche du fruit, (Caron doitménagerune
liqueur si fine)
Aussitost que paroist la
Bouteille divine,
Des graces à l'instant l'aimable Chœur la suit.
Parmy les conviez s'éleve
un doux murmure,
Leplus Stoïque alors se déride le front.
Beaunealors cédeàReims,
& confus de l'affront
Cherche loin du buffetune
retraite obscure.
Equitablecenseur,je veux
bien toutefois,
Bourgogne
,
t'accorder
l'estime quit'est duë,
Pourvû,qu'à l'avenir une
honre ingénuë
Te force à rendre ommage au nectar Champenois.
Mére des vins moëleux,
c'est toy je le confesse
, Qui d'un teint languissant
corriges la pâleur,
Qui versant dans les corps
<
une doucechaleur,
Sais égayer ensemble, &
nourrir la vieillesse.
Mais ne crois pas te faire
un mérite éclatant
D'oster au Laboureur le
soucy de saTaille,
D'animer le Soldat dans le
It champ de bataille;
Un simple vin de Brie en
feroit bien ¡autant.
O vous, puisque le Ciel
par un heureux présage
De la paix aujourd'huy
nous promet le retour,
Anglois de vos sterlins hastez-vous dés ce jour
De venir dans nos ports
faire un meilleur usage.
Au lieu d'avoir si loin conduit tant de guerriers,
Disposé tant d'assauts
,
&
formé tant de lignes,
Hélas! à moindres frais,
des trésors de nos vignes
Vous pouviez sans péril enrichir vos celliers.
-
Ciel,fais que déformais
puny de safolie,
Quiconque insultera l'honneur du Sillery,
N'abreve son gosier d'au-
trevinque d'Ivry,
Ou d'un cidre éventé ne
suce que la lie
vengee3 ou loüange duvin
de Reims,qu'un Poëte
Bourguignon a
blâmé.
CHEREhostessed'un
vin qu'on ne peut trop
priser
, D'un vin qui doit à Reims,
comme moi, sa naifsance, f
Bouteille à mon secours;
j'entreprensta deffense.
Pour ton propre inrerctt
vien me Favorifèr„
Est-ce un songe? ô merveille une douce
manie
Chez moy, dans-ce moment, au gré detaliqueur -
Répand de veine en veine
,
- une noblevigueur,
Et forme de ces vers la
nombreuse harmonie.
Autant que, sans porter sa
teste dans les cieux,.
La vigne par son fruit est
au ckflus duchêne;
Autant, sans affecter une
gloire trop vaine,
Reims surpasseles vinsles
plus délicieux.
Qu'Horacedu Falerne enN
tonne les loüanges,
Que de son vieuxMassique
il vante les attraits:
Tous ces vins si fameux
négaleront jamais
Du charmant Silleri les
heureusesvendanges.
Aussi clair que le verre, où
la main la versé,
Les yeux les plus perçans
l'en distinguentà peine.
Qu'il est doux de sentir
l'ambre de son haleine
9 Et de prévoir le goustpar
l'odeur annoncé!
D'abord à petits bonds
une mousse argentine
Etincèle
,
pétille, & boust
de toutes parts;
Un éclat plus tranquile offre ensuite aux regars
-
D'un liquide miroir la glacecrystaline. 1
; ¡ l >
Ce vin dont lafpeft seul
enchante le buveur,
N.eil: pas d'un bourgeon
foible une humeur
froide & cruë;
Autant que la couleur en
réjoüit la vuë,
Autant en plaist au goust
l'agréable faveur.
Taisezvous envieux, dont
la langue cruelle
Veut qu'icy fous les fleurs
se cache le venin,
Connoissez la Champagne, & respectez un vin
Qui des mœurs du climat
- est l'image fidèle.
Non, ce jus, qu'à grand
tort vous osez outrager.
De nuages
fâcheux
ne
trouble point la teste
,
Jamais dans l'estomac n'excite de tempeste,
Ilest tendre,il estnet,délicat, & léger.
Ils'ouvre dans lesreins une
facile route,
Il n'y fait point germer de
sable douloureux,
Et n'y prépare pas, féducteur dangereux
,
Par l'attrait du plaisir le
tourment, de la goute.
Vers
,
Vers la fin du repas, à
l'approche du fruit, (Caron doitménagerune
liqueur si fine)
Aussitost que paroist la
Bouteille divine,
Des graces à l'instant l'aimable Chœur la suit.
Parmy les conviez s'éleve
un doux murmure,
Leplus Stoïque alors se déride le front.
Beaunealors cédeàReims,
& confus de l'affront
Cherche loin du buffetune
retraite obscure.
Equitablecenseur,je veux
bien toutefois,
Bourgogne
,
t'accorder
l'estime quit'est duë,
Pourvû,qu'à l'avenir une
honre ingénuë
Te force à rendre ommage au nectar Champenois.
Mére des vins moëleux,
c'est toy je le confesse
, Qui d'un teint languissant
corriges la pâleur,
Qui versant dans les corps
<
une doucechaleur,
Sais égayer ensemble, &
nourrir la vieillesse.
Mais ne crois pas te faire
un mérite éclatant
D'oster au Laboureur le
soucy de saTaille,
D'animer le Soldat dans le
It champ de bataille;
Un simple vin de Brie en
feroit bien ¡autant.
O vous, puisque le Ciel
par un heureux présage
De la paix aujourd'huy
nous promet le retour,
Anglois de vos sterlins hastez-vous dés ce jour
De venir dans nos ports
faire un meilleur usage.
Au lieu d'avoir si loin conduit tant de guerriers,
Disposé tant d'assauts
,
&
formé tant de lignes,
Hélas! à moindres frais,
des trésors de nos vignes
Vous pouviez sans péril enrichir vos celliers.
-
Ciel,fais que déformais
puny de safolie,
Quiconque insultera l'honneur du Sillery,
N'abreve son gosier d'au-
trevinque d'Ivry,
Ou d'un cidre éventé ne
suce que la lie
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Résumé : LA CHAMPAGNE vengée, ou loüange du vin de Reims, qu'un Poëte Bourguignon a blâmé.
Le poème vante les mérites de la Champagne, un vin produit à Reims, que l'auteur, un poète bourguignon, considère supérieur à d'autres vins célèbres comme ceux du Falerne ou du Massique. La Champagne est décrite comme claire, douce et agréable au goût, avec une mousse argentine et un éclat cristallin. Elle est comparée à un miroir liquide et appréciée pour son arôme d'ambre. Le vin est loué pour ses effets bénéfiques sur la santé, n'excitant ni tempêtes dans l'estomac ni douleurs dans les reins. À la fin du repas, la Champagne est servie, apportant grâce et douceur, même aux convives les plus stoïques. Le poète reconnaît les qualités de la Bourgogne mais insiste sur la supériorité de la Champagne. Il invite les Anglais à profiter des trésors des vignes françaises plutôt que de mener des guerres coûteuses. Enfin, il souhaite que quiconque insulte l'honneur du Sillery soit puni en étant contraint de boire des vins de moindre qualité.
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1507
p. 133-144
Le deüil de la France. ODE. Par Mr de la Motte.
Début :
Prince que de ses mains sacrées [...]
Mots clefs :
Paix, France, Deuil, Prince, Vie, Mort, Dauphin, Dauphine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le deüil de la France. ODE. Par Mr de la Motte.
LedeüildelaFrance.
',. - ODE.
Par Mr de la A/Lotte,
Pr INCE que de ses
'-
- mainssacrées*
A formé la Religion,
Loin de toy les douleurs
outrées,
* Le commencement de cette Odea,
tfté fait après la rr:Oi"t de-Madame la
Dauphine
,
& adressé à Monfeignsur
le Dauphin avantque la France ïetyt
f€Pdl4,
-. -
Fruits amers dela Passion.
Tes yeux pleuroient encore un Pere,
Et des jours d'une Epouse
chere
Tu viens devoir trancher
lefil
:
Mais de la Foy,sublime
Eleve
,1
-
Dans l'instant qui te les
enleve
,
Tu vois la fin de leurexil.
L'un & l'autre a
fourny
sa course,
Prescrite par l'ordre éternel
;
Tous deux rappelez à leur
source,
Dieu leur ouvre un sein
paternel.
Jamais nostre mort n'est
trop prompte,
Quand les jours que le Ciel
nous compte
A ses yeuxsontassez remplis;
Il mesure nos destinées,
Non, par le nombre des
annees, - Mais par les devoirs accomplis.
- Ainsi l'Auteur de ta naiC
sance,
L'amour del'Empire François,
Fuc- donné par la Providence
Pour modelle aux enfansdes Rois.
RefpeétueuxJfidele &tendre
,
Tous ses jours ont dû leur
apprendre
Ce qu'est un Pere cou1
ronné ;
D'un zele auiïï rare que
,
juste
, -
11cft long-tempsl'exemple
2uguffe
Et meurt , quand l'exem-
-
ple est donné.
Ainsi
-
cette Epousè cherie
Que
Que tu pris des mains de la
Paix,
A de sa nouvelle patrie,
Comblé les plus ardents
souhaits.
C'estoit sa tendresse feconde
Qui devoit enrichir le
monde
De Princes nez pour t'imiter.
Quel est l'éloge digne
d'elle?
Tes pleurs. Sa vie estassez
belle,
Puisqu'elle a
sçû les meriter.
Mais, cherPrince,si tli.
nous aimes,
Commande à
ton csr-u-r
-tes yeux;
Songes que par nos pertes
mesmes
Tu nous deviens plus précieux.
- Que pour nous ton amour
redouble;
A la nature qui Ce trouble,
Que cet amour fasse la Loy;
Un plus grand objett'inte-
-
resTe,
Craint en allarmantsa tendresse
, D'exposer ton Pere & ton
-
Roy. -
O Ciel! quelles plaintes
soudaines !
Quels cris ! tous les yeux
sonten pleurs!
Le fang s'est glacé dans
mes veines;
Je crains dapprendre nos
malheurs.
L'esperance est-elle ravie!
Te perdons-nous; & pour
ta vie
Fais-je icy des vœux superflus?
Aux larmes que je voy
répandre,
Prince,je le dois tendre;trop en-
Je te console, & tu n'es plus!
i
C'en est fait; une mort fatale
A l'Epouse a
rejoint l'Epoux;
Je voy la couche nuptiale
Se changer *
en tombeau pour
vous. Au séjour des divinesflâmes
Tandis que s'envolent vos a-pmes,
Vos cendres vont se réünir.
O ciel! eft- ce grace ou vengeance ?
Fil-ce hasterleurrécompense,
Ou te haster de nous punir?
Je le voy trop ta main severe
Punit notre indocilité ;
Tu nous reprends dans ta colere
,
Les dons que nous fit ta bonté;
Tu punis un peuple volage,
Vain des succès deson courage
Ou par les revers abbattu;
Un peuple, l'esclave duvice,
Qui pour tout reste de justice,
Sçait loüer encor la vertu.
Nous élevons presque des Temples
AuPrince que tu nous ravis,
Contents de loüer ses exemples,
Mieuxloüez s'ils'estoientsuivis.
L'humanité compatissante,
La justice perseverante,
Le zèle ardent de tes Autels.
Et cette active vigilance
D'un Prince qui croit laPuiC.
sance
Comtableauxbesoins desmortels.
Digne chef d'oeuvre de ~14
Grace!
Combiendevertusenluy feûtj
C'est en luyquepournostre
race
Devoit revivre son ayeul.
Jaloux d'un Heroisme utile,
Il eût pleuré le jour sterile
Que ses dons n'auroient pû
marquer. -
Prince; ainsi la Francetelouê,
Ainsi l'Univers l'en avouë ;
Je fais plus, j'oset'invoquer.
Ouy
,
sans qu'un miracle
m'atteste
Ta nouvelle félicité,
Je tecroy de la cour celestle
,
Sur la foy de ta Pieté.
Que là
,
notre interest t'inspire,
Faisque LOU I Sde cet empire
,
Soit encore long-temps l'appuy;
Obtienspqu'au gré de nostre en-
Dieumesme commande à la
Vie
-D'étendre ses bornes pour luy.
Soutiens nos prieres des tiennes;
De la Paix haste le lien:
Assez long-temps les mains
chrestiennes
Ontrespandu le sangchrestien.
Que la Paternelle tendresse
Pour tes fils encor t'interesse
C'estl'espoir d'un peuple allarmé:
Que tes vertus en eux renaissent
:
Et que pour t'imiter, ils croissent
Sous les yeux qui t'avoient formé.
Pour qui se r'ouvre encor la
tombe?
Chaque instant aigrit nostre
fort;
Avec les époux le fils tombe !
Arresteinsatiable Mort.
Ettoy qui rends les faits cé-
-
lebres
IVole
,
repands ces sons suncbres
Dont ma lire a
frappé les airs:
Que jusques aux dernieres races Cemonument denosdisgraces
Attendrissetout l'univers.
',. - ODE.
Par Mr de la A/Lotte,
Pr INCE que de ses
'-
- mainssacrées*
A formé la Religion,
Loin de toy les douleurs
outrées,
* Le commencement de cette Odea,
tfté fait après la rr:Oi"t de-Madame la
Dauphine
,
& adressé à Monfeignsur
le Dauphin avantque la France ïetyt
f€Pdl4,
-. -
Fruits amers dela Passion.
Tes yeux pleuroient encore un Pere,
Et des jours d'une Epouse
chere
Tu viens devoir trancher
lefil
:
Mais de la Foy,sublime
Eleve
,1
-
Dans l'instant qui te les
enleve
,
Tu vois la fin de leurexil.
L'un & l'autre a
fourny
sa course,
Prescrite par l'ordre éternel
;
Tous deux rappelez à leur
source,
Dieu leur ouvre un sein
paternel.
Jamais nostre mort n'est
trop prompte,
Quand les jours que le Ciel
nous compte
A ses yeuxsontassez remplis;
Il mesure nos destinées,
Non, par le nombre des
annees, - Mais par les devoirs accomplis.
- Ainsi l'Auteur de ta naiC
sance,
L'amour del'Empire François,
Fuc- donné par la Providence
Pour modelle aux enfansdes Rois.
RefpeétueuxJfidele &tendre
,
Tous ses jours ont dû leur
apprendre
Ce qu'est un Pere cou1
ronné ;
D'un zele auiïï rare que
,
juste
, -
11cft long-tempsl'exemple
2uguffe
Et meurt , quand l'exem-
-
ple est donné.
Ainsi
-
cette Epousè cherie
Que
Que tu pris des mains de la
Paix,
A de sa nouvelle patrie,
Comblé les plus ardents
souhaits.
C'estoit sa tendresse feconde
Qui devoit enrichir le
monde
De Princes nez pour t'imiter.
Quel est l'éloge digne
d'elle?
Tes pleurs. Sa vie estassez
belle,
Puisqu'elle a
sçû les meriter.
Mais, cherPrince,si tli.
nous aimes,
Commande à
ton csr-u-r
-tes yeux;
Songes que par nos pertes
mesmes
Tu nous deviens plus précieux.
- Que pour nous ton amour
redouble;
A la nature qui Ce trouble,
Que cet amour fasse la Loy;
Un plus grand objett'inte-
-
resTe,
Craint en allarmantsa tendresse
, D'exposer ton Pere & ton
-
Roy. -
O Ciel! quelles plaintes
soudaines !
Quels cris ! tous les yeux
sonten pleurs!
Le fang s'est glacé dans
mes veines;
Je crains dapprendre nos
malheurs.
L'esperance est-elle ravie!
Te perdons-nous; & pour
ta vie
Fais-je icy des vœux superflus?
Aux larmes que je voy
répandre,
Prince,je le dois tendre;trop en-
Je te console, & tu n'es plus!
i
C'en est fait; une mort fatale
A l'Epouse a
rejoint l'Epoux;
Je voy la couche nuptiale
Se changer *
en tombeau pour
vous. Au séjour des divinesflâmes
Tandis que s'envolent vos a-pmes,
Vos cendres vont se réünir.
O ciel! eft- ce grace ou vengeance ?
Fil-ce hasterleurrécompense,
Ou te haster de nous punir?
Je le voy trop ta main severe
Punit notre indocilité ;
Tu nous reprends dans ta colere
,
Les dons que nous fit ta bonté;
Tu punis un peuple volage,
Vain des succès deson courage
Ou par les revers abbattu;
Un peuple, l'esclave duvice,
Qui pour tout reste de justice,
Sçait loüer encor la vertu.
Nous élevons presque des Temples
AuPrince que tu nous ravis,
Contents de loüer ses exemples,
Mieuxloüez s'ils'estoientsuivis.
L'humanité compatissante,
La justice perseverante,
Le zèle ardent de tes Autels.
Et cette active vigilance
D'un Prince qui croit laPuiC.
sance
Comtableauxbesoins desmortels.
Digne chef d'oeuvre de ~14
Grace!
Combiendevertusenluy feûtj
C'est en luyquepournostre
race
Devoit revivre son ayeul.
Jaloux d'un Heroisme utile,
Il eût pleuré le jour sterile
Que ses dons n'auroient pû
marquer. -
Prince; ainsi la Francetelouê,
Ainsi l'Univers l'en avouë ;
Je fais plus, j'oset'invoquer.
Ouy
,
sans qu'un miracle
m'atteste
Ta nouvelle félicité,
Je tecroy de la cour celestle
,
Sur la foy de ta Pieté.
Que là
,
notre interest t'inspire,
Faisque LOU I Sde cet empire
,
Soit encore long-temps l'appuy;
Obtienspqu'au gré de nostre en-
Dieumesme commande à la
Vie
-D'étendre ses bornes pour luy.
Soutiens nos prieres des tiennes;
De la Paix haste le lien:
Assez long-temps les mains
chrestiennes
Ontrespandu le sangchrestien.
Que la Paternelle tendresse
Pour tes fils encor t'interesse
C'estl'espoir d'un peuple allarmé:
Que tes vertus en eux renaissent
:
Et que pour t'imiter, ils croissent
Sous les yeux qui t'avoient formé.
Pour qui se r'ouvre encor la
tombe?
Chaque instant aigrit nostre
fort;
Avec les époux le fils tombe !
Arresteinsatiable Mort.
Ettoy qui rends les faits cé-
-
lebres
IVole
,
repands ces sons suncbres
Dont ma lire a
frappé les airs:
Que jusques aux dernieres races Cemonument denosdisgraces
Attendrissetout l'univers.
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Résumé : Le deüil de la France. ODE. Par Mr de la Motte.
Le poème 'LedeüildelaFrance' de Monsieur de la A/Lotte est écrit après la mort de Madame la Dauphine et adressé à Monseigneur le Dauphin, avant un malheur qui frappe la France. Le texte évoque la formation de la religion par des mains sacrées et l'absence de douleurs excessives. Le poème décrit la douleur du Dauphin, qui pleure encore son père et doit faire face à la mort de son épouse. Cependant, il entrevoit la fin de leur exil et leur retour à leur source divine. Dieu, selon le poème, mesure les destinées non par le nombre des années, mais par les devoirs accomplis. Le Dauphin est présenté comme un modèle pour les enfants des rois, respectueux, fidèle et tendre. L'épouse du Dauphin est décrite comme ayant comblé les souhaits de sa nouvelle patrie et possédant une tendresse féconde qui devait enrichir le monde de princes pour imiter le Dauphin. Le poète exprime sa douleur face à la perte du Dauphin et de son épouse, se demandant si l'espérance est ravie et s'il fait des vœux superflus. Le texte mentionne également la punition divine pour l'indocilité du peuple et la perte d'un prince vertueux. Le poète invoque le Dauphin pour qu'il intercesse auprès de Dieu afin que Louis règne encore longtemps et que la paix soit rétablie. Le poème se termine par une supplique pour arrêter la mort et pour que les vertus du Dauphin renaissent en ses fils.
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1508
p. 156-158
SERENISSIMI GALLIARUM DELPHINI ET DELPHINAE EPITAPHIUM.
Début :
Hîc quos aeterno deflebit Gallia luctu [...]
Mots clefs :
Épitaphes, France, Dauphin, Mort
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texteReconnaissance textuelle : SERENISSIMI GALLIARUM DELPHINI ET DELPHINAE EPITAPHIUM.
SERENISSIMI
GALLIARUM DELPHINI
ET DELPHINÆ
EPITAPHIUM.
Hie(\uosatcrnodefhbit
Gallia luctu
Conjugu atque viripulvis & umbra jacent.
Hisidem tumulus> qui-
bus unum pettns
amore,
Ereptis morbopr&cipitique nece.
O crudele nimis satum !
mediâ cecidere jut'fJenta
Nostraque cum Mis, heu!
gaudiaspesque cadunt.
Hos immica rapitfors
quos-rnodo regna manebant;
Imperio meritis major
uterque fuis.
Hæc Delphinafuit w-
tute ~&sanguine clara,
Hic Delphinusamorgentisy & omne deem.
jtibftuht bunc nobis florentibusAtropos annis,
hiha quem optabantgloria nostra ruit.
Huicnumquam fuerat
neque par pietate futUYW,
Hunc Musastudiisinstitucre (ÙiJ.
Huncmors invidit Regem,il'lrvidrfJet & orbisj
Luctibus huic nostrisvita perenniserit
GALLIARUM DELPHINI
ET DELPHINÆ
EPITAPHIUM.
Hie(\uosatcrnodefhbit
Gallia luctu
Conjugu atque viripulvis & umbra jacent.
Hisidem tumulus> qui-
bus unum pettns
amore,
Ereptis morbopr&cipitique nece.
O crudele nimis satum !
mediâ cecidere jut'fJenta
Nostraque cum Mis, heu!
gaudiaspesque cadunt.
Hos immica rapitfors
quos-rnodo regna manebant;
Imperio meritis major
uterque fuis.
Hæc Delphinafuit w-
tute ~&sanguine clara,
Hic Delphinusamorgentisy & omne deem.
jtibftuht bunc nobis florentibusAtropos annis,
hiha quem optabantgloria nostra ruit.
Huicnumquam fuerat
neque par pietate futUYW,
Hunc Musastudiisinstitucre (ÙiJ.
Huncmors invidit Regem,il'lrvidrfJet & orbisj
Luctibus huic nostrisvita perenniserit
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Résumé : SERENISSIMI GALLIARUM DELPHINI ET DELPHINAE EPITAPHIUM.
Le texte est une épitaphe dédiée au Dauphin et à la Dauphine de Gaule, décédés prématurément. Leur mort soudaine et brutale plonge la Gaule dans le deuil. Unis par un amour profond, ils étaient appréciés pour leur noblesse et leurs mérites. Leur décès prive la nation de leur gloire espérée et laisse une vie de deuil.
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1509
p. 166-167
ENIGME.
Début :
Je suis fils de celuy de qui je fus le pere ; [...]
Mots clefs :
Oeuf
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Jesuis fils de celuy de qui je
fus lepere;
J'aydonné la njiea ma mere;
Sans dessin, sans sçavoir si
jefais bien ou mal,
Inaniméjeforme un parfait
animal:
Mafraîcheur peu durable
est pour le goût qui l'aime
D'une délicatesse extrême,
Puisque celuy qui la ressent
le mieux
lue rebute si-tôt que je luy
parois vieux.
Je fuis bon pour le maigri
& peupropre au Carême,
Aujji rieft.ce pas luy qui
rend ma face blême:
Moncorps doux ~& poli riefl
pasfort dégagé,
Cependant je figure afieZbjen
à la table
Oùsouvent un ragoûtqu'on
trouve délectable
Sans moy ne feroit pas mange.
Jesuis fils de celuy de qui je
fus lepere;
J'aydonné la njiea ma mere;
Sans dessin, sans sçavoir si
jefais bien ou mal,
Inaniméjeforme un parfait
animal:
Mafraîcheur peu durable
est pour le goût qui l'aime
D'une délicatesse extrême,
Puisque celuy qui la ressent
le mieux
lue rebute si-tôt que je luy
parois vieux.
Je fuis bon pour le maigri
& peupropre au Carême,
Aujji rieft.ce pas luy qui
rend ma face blême:
Moncorps doux ~& poli riefl
pasfort dégagé,
Cependant je figure afieZbjen
à la table
Oùsouvent un ragoûtqu'on
trouve délectable
Sans moy ne feroit pas mange.
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1510
p. 168
CHANSON à dormir.
Début :
Venez admirer ma sçience; [...]
Mots clefs :
Dormir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON à dormir.
CHANSON
à dormir.
Venez admirer ma
sçience;
J'aprens à dormir scavamment,
Comme l'on dort à l'Audience.
Ronflez, ronflez gravement,
Latête levée,
Ouvrez les yeux en
dormant,
Et bâillez la bouche
fermée
à dormir.
Venez admirer ma
sçience;
J'aprens à dormir scavamment,
Comme l'on dort à l'Audience.
Ronflez, ronflez gravement,
Latête levée,
Ouvrez les yeux en
dormant,
Et bâillez la bouche
fermée
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1511
p. 169-183
ESTRENNES. Voyage de l'Amour & de l'Amitié.
Début :
Iris tout exprés pour vous [...]
Mots clefs :
Amour, Étrennes, Iris, Coeur, Tendresse, Soeur, Amitié
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESTRENNES. Voyage de l'Amour & de l'Amitié.
ESTRENNES.
Voyage de l'Amour & de
l'Amitié.
IRis
tout exprés pour
vous
Ces Dieux ont fait ce voyage;
Il vous doit être assez doux
Qu'à s'accorder on engage
Les Maîtres de l'Univers,
Qu'on voit rarement ensemble.
Fasse le Ciel, que les vers
De celui qui les rassemble
Pour vous feule dans son
cœur
Iris, ayant l'art de vous
plaire,
Vous qui feule pouvez faire
Sa fortune & son bonheur,
Puisse sa nouvelle année
Passer comme une journée,
Les jours comme des momens,
Quedureste de nos ans
La course soit fortunée,
Etque nôtre destinée
Nous fasse avec ces beaux
jours
Si doux, si dignes d'envie,
Trouver la fin de la vie
Dans la fin de nos amours.
L'amour, partant de Cithere
Pour se rendre auprés d'Iris,
Inquiet de n'oser faire
Seul ce voyage à Paris,
Viens, dit-il à l'amitié
Viens, chere sœur,par pitié
Servir de guide à
ton frere;
Car je ne veux en ce jour,
Quoique le Conteur publie,
Qu'il soit dit que la folie
Serve de guide à l'amour.
Chacun de nous a
ses charmes:
Je te prêreray mes armes,
Prete moy
,
ma chere
sœur,
Ton air sage, ta douceur,
Cette tendresse durable
De qui la solidité
Souvent n'est pas moins
aimable
Que l'estma vivacité.
Cela dit, pour ce voyage
Ils troquerent d'équipage,
Ils volent, sur leur passage
On vit d'abord s'enflammer
Tout cequi dans la nacure
Jusques à cette avanture
Avoitrefusé d'aimer.
Plus de Bergere cruelle,
Plus de malheureux berger,
Chacun qui voulut changer
Trouva maîtresse nouvelle>
Qui voulut rester amant
Retrouva dans sa maitresse
Pour un reste de tendresse
Un nouvel empressement.
Les amis se rechaufferent,
Tous les cœurs se renflammerent,
On s'aima mêmeàla Cour,
Et la triste indifférence
-
Sentit dans son froid séjour
Echauffer son indolence
Aux approches de l'Amour.
Tandis qu'avec diligence
Ces Dieux traversent les
airs,
La nuit déployant ses voiles
D'un crêpe semé d'étoiles
Enveloppa l'univers.
Iris cependant livrée
Aux charmes d'un doux
sommeil
,
De ses pavots enyvrée
Attendoit que son reveil
Sur son tein eût fait éclorre
Bien plus de fleurs que
l'aurore
N'en avoit fait naitre -encore
Sur le chemin du Soleil.
Quand tout à coup à sa
porte
Cette belle entend dubruit.
Qui, dit-elle, de la sorte
Ose entrer ici la nuit ?
C'est un enfant miserable
Répond d'un air pitoyable
Cet enfant, maitre des
Dieux,
Qui vient chercher
en ces
lieux
Un azile à sa misere
Auprès de vos agrémens.
Je suis chargé par ma mere
Pour vous de cent com- plimens.
On me banit, on me chasse,
Je trouve dans madisgrace
Peu de cœurs assez bien faits
Pour medonner encore
place.
On me traitte de cruel,
On me traitte de parjure
Et sans être criminel
Nonil n'est forte d'injure
Dontje ne sois accablé
>
On diroit que j'ai trouble
Tout l'ordre de la nature,
Cependant quelle imposture !
Sansrçioi, les hommesn'auroient
Qu'une languissante vie.
Je fais naître leurs desirs,
Je fais lesardens plaisirs
Parqui leur ame est ravie
Sansmoi qu'ilsignoreroiet.
Et je voy leur injustice
Oubliertous mes bienfaits,
Et sur un leger caprice
Traiter même de supplice
Les biensque je leur ai faits.
Vôtre pitié vous engage
Au secours des malheureux,
Vôtre cœur est genereux,
Et par unAdoux assemblage
J'ay toujours vû sa bonté
Compagne de sa beauté.
Pour un enfant maltraitté,
«
Dit Iris, vôtre langage
Me paroît bien doucereux,
Avec cet air langoureux,
Ce ton doux, cet équipage)
Ne seriez-vous point l'Amour ?
Je le fuis, mais las! je n'ose
Vous parler de mon re-
tour,
Je sçai que je fuis la cause
D'une infinité de maux
Dont l'affreuse jalousie
Et sa trille frenesie
Ont troublé vôtre repos.
Qui fit seul vôtre souffrance,
Doit faire vôtre bonheur;
Aussi viens-je en recompense
Vous faire present
-
d'un
cœur
Dignedevôtre tendressè.,
Comme il n'est point aujourd'huy
Horsmis vous
<
d'autre
maitresse
Au monde digne de luy.
Ce cœur ell fait pour le
vôtre f,
Je les ay faits l'un pour
l'autre;
De mille&mille agrémens
Vôtreardeur fera suivie,
Et vos doux engagemens
Feront de tous les momens
D'une si charmante vie
Autant dejour dePrintems.
Le moyen, à
ta parole,
Dit Iris, d'ajoûter foy!
Volage, n'est-ce pas toy,
Qui sous cet espoir frivole
Trompas ma credulité?
[J'en conviens, la verité
INeft pas toûjours mon
partage,
IRépond l'Amour: mais je
,
gage,
)Que sur ma sincerité
[La caution que j'amene
rVa rassurervôtre çœurJ
[ Et le convaincra sans peine.
[ L'amitié, ma chere sœur,
[ Icy presente s'engage
A tenir tous mes sermens,
1 Que dans l'ardeur de vous
plaire
Pour les rompre, j'ai fait
faire
Exprés aux autres amans,
Taprudence est non commune,
Amour, en cette action;
Qui fut, soit dit sans rancune,
Si sujet à caution
Fait très bien d'en mener
une
En pareille occasion.
Sans elle accepter je n'ose
Le cœur que l'on me propose,
Avec elle je le veux,
Et sans vous laisser morfondre
Plus long temps icy tous
deux,
Si vôtre sœur veut répondre
D'unir la sincerité
A vôtre vivacité,
Amour, j'accepte avec
joye
Ce cœur que Venus m'envoye,
Et je signe le traitté
Voyage de l'Amour & de
l'Amitié.
IRis
tout exprés pour
vous
Ces Dieux ont fait ce voyage;
Il vous doit être assez doux
Qu'à s'accorder on engage
Les Maîtres de l'Univers,
Qu'on voit rarement ensemble.
Fasse le Ciel, que les vers
De celui qui les rassemble
Pour vous feule dans son
cœur
Iris, ayant l'art de vous
plaire,
Vous qui feule pouvez faire
Sa fortune & son bonheur,
Puisse sa nouvelle année
Passer comme une journée,
Les jours comme des momens,
Quedureste de nos ans
La course soit fortunée,
Etque nôtre destinée
Nous fasse avec ces beaux
jours
Si doux, si dignes d'envie,
Trouver la fin de la vie
Dans la fin de nos amours.
L'amour, partant de Cithere
Pour se rendre auprés d'Iris,
Inquiet de n'oser faire
Seul ce voyage à Paris,
Viens, dit-il à l'amitié
Viens, chere sœur,par pitié
Servir de guide à
ton frere;
Car je ne veux en ce jour,
Quoique le Conteur publie,
Qu'il soit dit que la folie
Serve de guide à l'amour.
Chacun de nous a
ses charmes:
Je te prêreray mes armes,
Prete moy
,
ma chere
sœur,
Ton air sage, ta douceur,
Cette tendresse durable
De qui la solidité
Souvent n'est pas moins
aimable
Que l'estma vivacité.
Cela dit, pour ce voyage
Ils troquerent d'équipage,
Ils volent, sur leur passage
On vit d'abord s'enflammer
Tout cequi dans la nacure
Jusques à cette avanture
Avoitrefusé d'aimer.
Plus de Bergere cruelle,
Plus de malheureux berger,
Chacun qui voulut changer
Trouva maîtresse nouvelle>
Qui voulut rester amant
Retrouva dans sa maitresse
Pour un reste de tendresse
Un nouvel empressement.
Les amis se rechaufferent,
Tous les cœurs se renflammerent,
On s'aima mêmeàla Cour,
Et la triste indifférence
-
Sentit dans son froid séjour
Echauffer son indolence
Aux approches de l'Amour.
Tandis qu'avec diligence
Ces Dieux traversent les
airs,
La nuit déployant ses voiles
D'un crêpe semé d'étoiles
Enveloppa l'univers.
Iris cependant livrée
Aux charmes d'un doux
sommeil
,
De ses pavots enyvrée
Attendoit que son reveil
Sur son tein eût fait éclorre
Bien plus de fleurs que
l'aurore
N'en avoit fait naitre -encore
Sur le chemin du Soleil.
Quand tout à coup à sa
porte
Cette belle entend dubruit.
Qui, dit-elle, de la sorte
Ose entrer ici la nuit ?
C'est un enfant miserable
Répond d'un air pitoyable
Cet enfant, maitre des
Dieux,
Qui vient chercher
en ces
lieux
Un azile à sa misere
Auprès de vos agrémens.
Je suis chargé par ma mere
Pour vous de cent com- plimens.
On me banit, on me chasse,
Je trouve dans madisgrace
Peu de cœurs assez bien faits
Pour medonner encore
place.
On me traitte de cruel,
On me traitte de parjure
Et sans être criminel
Nonil n'est forte d'injure
Dontje ne sois accablé
>
On diroit que j'ai trouble
Tout l'ordre de la nature,
Cependant quelle imposture !
Sansrçioi, les hommesn'auroient
Qu'une languissante vie.
Je fais naître leurs desirs,
Je fais lesardens plaisirs
Parqui leur ame est ravie
Sansmoi qu'ilsignoreroiet.
Et je voy leur injustice
Oubliertous mes bienfaits,
Et sur un leger caprice
Traiter même de supplice
Les biensque je leur ai faits.
Vôtre pitié vous engage
Au secours des malheureux,
Vôtre cœur est genereux,
Et par unAdoux assemblage
J'ay toujours vû sa bonté
Compagne de sa beauté.
Pour un enfant maltraitté,
«
Dit Iris, vôtre langage
Me paroît bien doucereux,
Avec cet air langoureux,
Ce ton doux, cet équipage)
Ne seriez-vous point l'Amour ?
Je le fuis, mais las! je n'ose
Vous parler de mon re-
tour,
Je sçai que je fuis la cause
D'une infinité de maux
Dont l'affreuse jalousie
Et sa trille frenesie
Ont troublé vôtre repos.
Qui fit seul vôtre souffrance,
Doit faire vôtre bonheur;
Aussi viens-je en recompense
Vous faire present
-
d'un
cœur
Dignedevôtre tendressè.,
Comme il n'est point aujourd'huy
Horsmis vous
<
d'autre
maitresse
Au monde digne de luy.
Ce cœur ell fait pour le
vôtre f,
Je les ay faits l'un pour
l'autre;
De mille&mille agrémens
Vôtreardeur fera suivie,
Et vos doux engagemens
Feront de tous les momens
D'une si charmante vie
Autant dejour dePrintems.
Le moyen, à
ta parole,
Dit Iris, d'ajoûter foy!
Volage, n'est-ce pas toy,
Qui sous cet espoir frivole
Trompas ma credulité?
[J'en conviens, la verité
INeft pas toûjours mon
partage,
IRépond l'Amour: mais je
,
gage,
)Que sur ma sincerité
[La caution que j'amene
rVa rassurervôtre çœurJ
[ Et le convaincra sans peine.
[ L'amitié, ma chere sœur,
[ Icy presente s'engage
A tenir tous mes sermens,
1 Que dans l'ardeur de vous
plaire
Pour les rompre, j'ai fait
faire
Exprés aux autres amans,
Taprudence est non commune,
Amour, en cette action;
Qui fut, soit dit sans rancune,
Si sujet à caution
Fait très bien d'en mener
une
En pareille occasion.
Sans elle accepter je n'ose
Le cœur que l'on me propose,
Avec elle je le veux,
Et sans vous laisser morfondre
Plus long temps icy tous
deux,
Si vôtre sœur veut répondre
D'unir la sincerité
A vôtre vivacité,
Amour, j'accepte avec
joye
Ce cœur que Venus m'envoye,
Et je signe le traitté
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Résumé : ESTRENNES. Voyage de l'Amour & de l'Amitié.
Le poème 'Estrennes' relate un voyage de l'Amour et de l'Amitié, accompagnés par Iris. L'Amour, craignant de voyager seul, invite l'Amitié à se joindre à lui, soulignant que chacun possède des qualités uniques. L'Amitié apporte sa sagesse et sa douceur, tandis que l'Amour enflamme les cœurs, transformant les relations et réchauffant les amitiés, même à la cour. Au cours de leur périple, la nuit tombe et Iris s'endort. L'Amour, déguisé en enfant malheureux, se présente à elle et se plaint d'être banni et injustement traité. Il explique son rôle crucial dans la vie des hommes, malgré leur ingratitude. Iris, reconnaissant l'Amour, accepte son cœur en cadeau, symbolisant une vie remplie de tendresse et de bonheur. L'Amitié garantit la sincérité de l'Amour, assurant Iris de la fidélité de ses sentiments. Iris accepte finalement le cœur offert par l'Amour, scellant ainsi un pacte de sincérité et de vivacité.
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1512
p. 184-201
PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
Début :
Philis, tous nos Bergers vous repetent sans cesse, [...]
Mots clefs :
Berger, Bergère, Dialogue, Amour, Philis, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
PIECE NOUVELLE
Dialogue entre un Berger & une
Bergere, parM. D. A.
*
LE BERGER.
PHilis,
tous nos Bergers
vous repetent sans
cesse,
Qu'ils sentent pour vous
de l'amour,
Je les voy gémir chaque
jour
D'un nouveau tourment,
qui les presse,
Je
Je ne puis comprendre
leurs maux,
Jevoy tous les jours leurs
troupeaux
Aussi gras que les mins,
bondir dans cette
plaine;
Les biens que le Printemps
amene
Sont communs à
tous les
Bergers,
Et pour tous, les Zephirs
legers
Rafraîchissentnos Champs
de leurs douces haleines.
Quelles peuvent être les
peines
Qu'ils vous racontent tous
les jours,
Belle Phifis,daignez milapprendre
Que peuvent être ces amours;
Qui font couler les pleurs
que je leur voy répandre.
LA BERGERE.
Vous le sçaurez à vôtre
tour,
Attendez sans impatience,
Berger,à connoître l'Amour,
Gardez vostre heureuse
ignorance •
Autant que ce Dieu le voudra,
Quand le fatal moment
viendra,
Pour acquérir cette science,
Malgré toute vôtre innocence,
yôtre cœur vous avertira,
J LE BERGER.
Suis-je le seul de ces Campagnes,
Qui ne connoisse pas l'amour?
LA BERGERE.
Berger,mes aimables compagnes
Vous le feront connoître
un jour.
LE BERGER.
Non, belle Philis, ce mystere
Dont les Bergers [e plaignent tous,
J'ayme mieux l'apprendre
de vous
Cent fois, que d'une autre Bergere
LA BERGERE.
Eh bien, sçachez donc
quel'amour ":
Se prend dans les yeux
d'une belle,
Le sensible Berger, qui la
,
voit chaque jour,
Luy trouve chaque jour
une grace nouvelle,
Ce feu s'augmente incessamment
Auprès de l'aimable Bergere, Ildevient enfin un tour-
'- ment
Si le Berger la trouve fiere.
LE BERGER.
Si vousnommez amour,
cefeu qui brûle en
nous,
i
Et dont onnepeutsedéfendre,
Ai-je btfoin de vous apprendre
Que je brûle d'amourpour
vous?
LA BERGERE.
Berger, iln'est pas temps,
je dois encor vous dire,
Qu'il est un amour impofleur,
Qui ne cherche qu'à se
produire, L.
Au lieu que la ifncereardeur ,.,"
Qu'un veritable amour inf
pire, t
Est un secret de nôtre
cœur,
Dont les yeux seuls doiventinstruire.
LE BERGER.
N'oubliez pas, Philis, f
vous faites un choix,
Que sans sçavoir le nom
du Dieu quifait qu'on
ayme
J'en ai rempli toutes les
loix,
Jugez de mon amour extrême,
Sans cesse je vous regardois,
Si c'etf ainsiqu'un cœur
soupire,
Ah! quand j'aurois connu
tout ce que je sentois
Aurois-je pû mieux vous
le dire?
LA
LA BERGERE.
Oüi
3
mais vous en dites
autant
A la bergere Floriselle,
Lors que d'un air vif &
content
On vous voit danser avec
elle.
Je içay qu'à louër ses appas
La fested'hier s'estpassée,
Vous suivîtes long-temps
ses pas,
Et même sa rigueur en parut offensée:
Sans ses refus enfin, vous
ne m'aimeriez pas.
LE BERGER.
Je trouvois du plaisiràvoir
cette bergere,
Je ne puis le désavouër,
J'aimois à l'entendre louër:
Mais expliquez-moy ce
mystere;
Ses appas me paroissoient
doux,
Florifelle sçavoit me plaire,
Et parmi ces plaisirs je ne
pensois qu'àvous,
Philis, ne se peut-il point
faire,
Qu'elle ait quelques-uns
de vos traits?
Les- bergers n'aiment-ils
jamais
Ce qui ressmbre à leur
bergere ?
LA BERGERE.
Laissons ces discours dangereux,
Rejoignons nostroupeaux,
retournons à la plaine,
j
Reservons tous nos soins
poureux,
Le reste donne trop de
(
peine.
LE BERGER.
Helas déja nous nous qüitçpns?
Craignez-ousque dans
ces prairies
Un loup enlevenos moutons?
Voicy les miens errans far
ces herbes fleuries,
Ils me furent bien chers:
mais je les donne tous,
Philis, pour être encore un
moment avec vous.
LA BERGERE.
Je vous ferois, berger,
lemême sacrifice,
Mes troupeaux ne sont pas
ce quej'aime lemieux £
Je consens même qu'à mes
1
yeux
Un loup cruel. me les ravisse y
Si contre un plus doux artifice
Je puis garder helas, un
-,
bien LEplus BERGER. .precièux»
Helas! si pour me fuir vous
allez dans ces plaines,
Quevais-je devenir tout le
reste du jour?
Je voulois connoîtrel'amour -
Je neconnoîtray que ses
peines.
LA BERGERE.
D'aujourd'hui tu visfous sa I°Y>
Et tu te plains de son empire
Surluij'aurai tantôt cent
choses à te dire
Tu ne le connois pas carsibienque pasen- en
car .,(
-LEBERGER.
Belle: Philis mon coeur
soupire,
De ne pas le connoître
mieux
Demeurez encore en ces
lieux
Pour achever de m'en ine.
truire.
Mais vous suyez, Philis,
nonnel'eiperez pas,
Sans vous je ne scaurois
plus vivre,
Tircis à force de la suivre
La fit revenir sur les pas,
Auprès d'elle coucher sur
la fraîche verdure,
Tircisluy dit en soupirant
Toutce que la simple na-
ture
Sçait dicter au plus ignorant,
Philis dont le coeur étoit
tendre
Ne put se lasser de l'entendre
Et connut trop tard le danger.
Pour une bergere amou.
reuse
L'ignorance d'un beau berger
Est mille fois plus dangereuse,
Que l'experience trompeuse
D'un berger sujet a
changer.
La nuit commença sa carrière
Trop tôt pour de telles
amours,
Il salut se quitter, & la jeune bergere
Finit par ce tendre discours :
Tu viens d'apprendre en ce
bocage,
Ce que c'est que l'amour
au comble des souhaits,
Puisse-tu n'apprendre jamais
Ce que c'est que l'amour
volage
Dialogue entre un Berger & une
Bergere, parM. D. A.
*
LE BERGER.
PHilis,
tous nos Bergers
vous repetent sans
cesse,
Qu'ils sentent pour vous
de l'amour,
Je les voy gémir chaque
jour
D'un nouveau tourment,
qui les presse,
Je
Je ne puis comprendre
leurs maux,
Jevoy tous les jours leurs
troupeaux
Aussi gras que les mins,
bondir dans cette
plaine;
Les biens que le Printemps
amene
Sont communs à
tous les
Bergers,
Et pour tous, les Zephirs
legers
Rafraîchissentnos Champs
de leurs douces haleines.
Quelles peuvent être les
peines
Qu'ils vous racontent tous
les jours,
Belle Phifis,daignez milapprendre
Que peuvent être ces amours;
Qui font couler les pleurs
que je leur voy répandre.
LA BERGERE.
Vous le sçaurez à vôtre
tour,
Attendez sans impatience,
Berger,à connoître l'Amour,
Gardez vostre heureuse
ignorance •
Autant que ce Dieu le voudra,
Quand le fatal moment
viendra,
Pour acquérir cette science,
Malgré toute vôtre innocence,
yôtre cœur vous avertira,
J LE BERGER.
Suis-je le seul de ces Campagnes,
Qui ne connoisse pas l'amour?
LA BERGERE.
Berger,mes aimables compagnes
Vous le feront connoître
un jour.
LE BERGER.
Non, belle Philis, ce mystere
Dont les Bergers [e plaignent tous,
J'ayme mieux l'apprendre
de vous
Cent fois, que d'une autre Bergere
LA BERGERE.
Eh bien, sçachez donc
quel'amour ":
Se prend dans les yeux
d'une belle,
Le sensible Berger, qui la
,
voit chaque jour,
Luy trouve chaque jour
une grace nouvelle,
Ce feu s'augmente incessamment
Auprès de l'aimable Bergere, Ildevient enfin un tour-
'- ment
Si le Berger la trouve fiere.
LE BERGER.
Si vousnommez amour,
cefeu qui brûle en
nous,
i
Et dont onnepeutsedéfendre,
Ai-je btfoin de vous apprendre
Que je brûle d'amourpour
vous?
LA BERGERE.
Berger, iln'est pas temps,
je dois encor vous dire,
Qu'il est un amour impofleur,
Qui ne cherche qu'à se
produire, L.
Au lieu que la ifncereardeur ,.,"
Qu'un veritable amour inf
pire, t
Est un secret de nôtre
cœur,
Dont les yeux seuls doiventinstruire.
LE BERGER.
N'oubliez pas, Philis, f
vous faites un choix,
Que sans sçavoir le nom
du Dieu quifait qu'on
ayme
J'en ai rempli toutes les
loix,
Jugez de mon amour extrême,
Sans cesse je vous regardois,
Si c'etf ainsiqu'un cœur
soupire,
Ah! quand j'aurois connu
tout ce que je sentois
Aurois-je pû mieux vous
le dire?
LA
LA BERGERE.
Oüi
3
mais vous en dites
autant
A la bergere Floriselle,
Lors que d'un air vif &
content
On vous voit danser avec
elle.
Je içay qu'à louër ses appas
La fested'hier s'estpassée,
Vous suivîtes long-temps
ses pas,
Et même sa rigueur en parut offensée:
Sans ses refus enfin, vous
ne m'aimeriez pas.
LE BERGER.
Je trouvois du plaisiràvoir
cette bergere,
Je ne puis le désavouër,
J'aimois à l'entendre louër:
Mais expliquez-moy ce
mystere;
Ses appas me paroissoient
doux,
Florifelle sçavoit me plaire,
Et parmi ces plaisirs je ne
pensois qu'àvous,
Philis, ne se peut-il point
faire,
Qu'elle ait quelques-uns
de vos traits?
Les- bergers n'aiment-ils
jamais
Ce qui ressmbre à leur
bergere ?
LA BERGERE.
Laissons ces discours dangereux,
Rejoignons nostroupeaux,
retournons à la plaine,
j
Reservons tous nos soins
poureux,
Le reste donne trop de
(
peine.
LE BERGER.
Helas déja nous nous qüitçpns?
Craignez-ousque dans
ces prairies
Un loup enlevenos moutons?
Voicy les miens errans far
ces herbes fleuries,
Ils me furent bien chers:
mais je les donne tous,
Philis, pour être encore un
moment avec vous.
LA BERGERE.
Je vous ferois, berger,
lemême sacrifice,
Mes troupeaux ne sont pas
ce quej'aime lemieux £
Je consens même qu'à mes
1
yeux
Un loup cruel. me les ravisse y
Si contre un plus doux artifice
Je puis garder helas, un
-,
bien LEplus BERGER. .precièux»
Helas! si pour me fuir vous
allez dans ces plaines,
Quevais-je devenir tout le
reste du jour?
Je voulois connoîtrel'amour -
Je neconnoîtray que ses
peines.
LA BERGERE.
D'aujourd'hui tu visfous sa I°Y>
Et tu te plains de son empire
Surluij'aurai tantôt cent
choses à te dire
Tu ne le connois pas carsibienque pasen- en
car .,(
-LEBERGER.
Belle: Philis mon coeur
soupire,
De ne pas le connoître
mieux
Demeurez encore en ces
lieux
Pour achever de m'en ine.
truire.
Mais vous suyez, Philis,
nonnel'eiperez pas,
Sans vous je ne scaurois
plus vivre,
Tircis à force de la suivre
La fit revenir sur les pas,
Auprès d'elle coucher sur
la fraîche verdure,
Tircisluy dit en soupirant
Toutce que la simple na-
ture
Sçait dicter au plus ignorant,
Philis dont le coeur étoit
tendre
Ne put se lasser de l'entendre
Et connut trop tard le danger.
Pour une bergere amou.
reuse
L'ignorance d'un beau berger
Est mille fois plus dangereuse,
Que l'experience trompeuse
D'un berger sujet a
changer.
La nuit commença sa carrière
Trop tôt pour de telles
amours,
Il salut se quitter, & la jeune bergere
Finit par ce tendre discours :
Tu viens d'apprendre en ce
bocage,
Ce que c'est que l'amour
au comble des souhaits,
Puisse-tu n'apprendre jamais
Ce que c'est que l'amour
volage
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Résumé : PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
Le texte relate un dialogue entre un berger et une bergère nommée Philis. Intrigué par les souffrances amoureuses de ses pairs, le berger interroge Philis sur la nature de l'amour. Philis lui répond qu'il comprendra l'amour lorsqu'il le vivra. Le berger avoue alors son amour pour Philis, mais elle lui parle des différentes formes d'amour, notamment l'amour impur qui cherche à se manifester et l'amour sincère qui reste secret. Philis reproche au berger de montrer de l'affection à une autre bergère, Floriselle. Le berger explique que ses sentiments pour Philis étaient présents même lorsqu'il appréciait Floriselle. Philis, inquiète, suggère de rejoindre leurs troupeaux, mais le berger exprime son désir de rester avec elle. Philis raconte ensuite l'histoire de Tircis et d'une bergère qui, par ignorance, a souffert de son amour. Finalement, Philis et le berger doivent se séparer à l'approche de la nuit, Philis lui souhaitant de ne jamais connaître l'amour volage.
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1513
p. 263-264
De Châlons. IMPROMPTU FORCÉ d'un Magistrat de cette ville, pour une Dame qui l'obligeoit à faire des vers sur sa laideur.
Début :
Quand le Seigneur eut fait éclore [...]
Mots clefs :
Impromptu, Beauté, Laideur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Châlons. IMPROMPTU FORCÉ d'un Magistrat de cette ville, pour une Dame qui l'obligeoit à faire des vers sur sa laideur.
diantne magis.
De Châlons.
IMPROMPTU FORCE'
d'un Magistrat de cette ville,
pour une Dame qui l'obligeoit à
faire des vers sursa laideur.
QUand le Seigneur eut
fait éclore
Toutvôtre esprit,
Et ce bon air qu'en vous
j'adore,
Sans doute il dit:
Cette mortelleen verité
Se passera bien de beauté.
CetImpromptu se chante
sur le Vaudteville de M. de
Grimaudin.
De Châlons.
IMPROMPTU FORCE'
d'un Magistrat de cette ville,
pour une Dame qui l'obligeoit à
faire des vers sursa laideur.
QUand le Seigneur eut
fait éclore
Toutvôtre esprit,
Et ce bon air qu'en vous
j'adore,
Sans doute il dit:
Cette mortelleen verité
Se passera bien de beauté.
CetImpromptu se chante
sur le Vaudteville de M. de
Grimaudin.
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1514
p. 280-290
Autre Traduction de l'Ode latine sur le Vin de Bourgogne.
Début :
Chere Feüillette Bourguignonne, [...]
Mots clefs :
Vin de Bourgogne, Bacchus, Jus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Traduction de l'Ode latine sur le Vin de Bourgogne.
Autre Traduction de
l'Odelatine sur le Vin
de Bourgogne.
Ces Odes font aflêk belles
en
latin pour mériter qu'on en
donne plusieurs traductions
en vers, afin qu'on puisse
trouver dans l'unequelque
beauté, qui aura peut- estre
échapé à tAuteur de l'autre.
Chere Feuillette Bourgui..,
gnonne,
Qui loges dans ton fein la
vermeille Santé, ,-
Les Plaisirs innocens,la douce Liberre,
Et que d'Amours badins
une troupe environne.
Je veux te consacrer ces
vers.
C'est toi qui d'un murt peux
faire un Demosthéne.
Qui peux à l'idiot sans étude
& sans peine
Donner en un instant mille
talens divers.
«
Onvoit des Soins la noire
engeance
Disparoistreàl'aspect de
ton jus enchanteur,
Et le pauvre quepresse un
rudeCollecteur,
Perdre le souvenir de sa triste indigence.
l
En vain la table offre des
mers
D'un superbe appareil, d'une faveur exquise
:
Si tu n'es du festin, le Bon
Goût lesméprise,
Et ne compte pour rien leurs
somptueuxapprêts.
Jusqu'auxcieux la Cham.
pagne éleve
De 1 son vin petillant la riante liqueur.
On fait qu'il brilleaux yeux,
qu'il chatoüille lecœur,
Qiil pique l'odorat d'une
agréblc féve.
Mais craignons un poison
couvert.
L'aspic est fous les fleurs.
Queseulement pargrace
Quand Beaune aura primé,
Reims occupant la place
Vienne legerement amuser
le defferc.
A toi, dont je chante la
gloire,
Nourrice des vieillards, pleine du lait divin
Qui réchauffe le fang, &
bannit le chagrin,
ChereTonne, à roi seule appartient la victoire.
Lorsque par les ans refroidi -
On n'a plus ce beau seuque
la jeunesse inspire,
Que, propice autrefois, Apollonse retire,
Et que, comme le corps, l'esprit est engourdi.
De l'âge, mieux que l'Hippocréne,
Tu guéris, vray nectar,
l'importune froideur,
Et soufflant au Poëte une
7 soudaine ardeur,
Du Sophocle glacé tu ranimes la veine.
Mieux que trompettes &
tambours
Tu serois au soldat affronter lesalarmes.
Luy qui languit à jeun sous
le poids de ses armes
Ne le sentiroit pas aidé de
ton secours.
Mais, loin d'exciter à la
guerre,
Toi qui cherches plutost les
danses &les jeux,
Sollicitela Paix, lente au gré
de nos vœux,
De ne plus differer le repos
de la terre.
Déjà par des foins empressez
Le financier t'appelleàsatable superbe;
Et dans peu nos bergers
vont étendus sur l'herbe
Noyer au fond des pots
tousleurs ennuis passez.
Qu'ailleurs Bacchus, hô- teinfidèle,
De nuages fâcheux occupe
le cerveau.
Qu'ilmine ailleurs les nerfs,
lent& secret bourreau,
Ou livre à l'estomacuneattaquecruelle:
De toi coule un jus pre-^
tieux,
Doux aux nerfs, à la telle,
ami de la poitrine,
Et
,
merveille sur tout rare
en la Medecine,
Remèdeenmême temps
sûr,& délicieux.
Le Sommeil sourd à nos
prières
S'enfuit-il loin de nous, attendu vainement?
Ce Dieu, si nous prenons de
ton sirop charmant,
Viendra de Tes pavots humecter nos paupieres.
Mais tout buveur doit se
regler.
Du modeste Bacchus c'est la
loi
loyla plus belle.
Tu veux qu'on la reîpcéteJ
&malheur au rc belle
Dont l'indigne attentatose
lavioler.
Veilletoujours, aimable
Tonne
, Veille à fortifier la Royale
fanté,
Afin que fous Louisla France en sureté
Puisse dompter enfin les fureurs de Bellonne.
Ainsi
,
d'une commune
voix
Ton vin qu'en ses costeaux
la Bourgogne voit naître,
Des vinslesplus fameux soit
reconnu le maistre,
Utile aux jours du Prince, &
digne de son choix.
l'Odelatine sur le Vin
de Bourgogne.
Ces Odes font aflêk belles
en
latin pour mériter qu'on en
donne plusieurs traductions
en vers, afin qu'on puisse
trouver dans l'unequelque
beauté, qui aura peut- estre
échapé à tAuteur de l'autre.
Chere Feuillette Bourgui..,
gnonne,
Qui loges dans ton fein la
vermeille Santé, ,-
Les Plaisirs innocens,la douce Liberre,
Et que d'Amours badins
une troupe environne.
Je veux te consacrer ces
vers.
C'est toi qui d'un murt peux
faire un Demosthéne.
Qui peux à l'idiot sans étude
& sans peine
Donner en un instant mille
talens divers.
«
Onvoit des Soins la noire
engeance
Disparoistreàl'aspect de
ton jus enchanteur,
Et le pauvre quepresse un
rudeCollecteur,
Perdre le souvenir de sa triste indigence.
l
En vain la table offre des
mers
D'un superbe appareil, d'une faveur exquise
:
Si tu n'es du festin, le Bon
Goût lesméprise,
Et ne compte pour rien leurs
somptueuxapprêts.
Jusqu'auxcieux la Cham.
pagne éleve
De 1 son vin petillant la riante liqueur.
On fait qu'il brilleaux yeux,
qu'il chatoüille lecœur,
Qiil pique l'odorat d'une
agréblc féve.
Mais craignons un poison
couvert.
L'aspic est fous les fleurs.
Queseulement pargrace
Quand Beaune aura primé,
Reims occupant la place
Vienne legerement amuser
le defferc.
A toi, dont je chante la
gloire,
Nourrice des vieillards, pleine du lait divin
Qui réchauffe le fang, &
bannit le chagrin,
ChereTonne, à roi seule appartient la victoire.
Lorsque par les ans refroidi -
On n'a plus ce beau seuque
la jeunesse inspire,
Que, propice autrefois, Apollonse retire,
Et que, comme le corps, l'esprit est engourdi.
De l'âge, mieux que l'Hippocréne,
Tu guéris, vray nectar,
l'importune froideur,
Et soufflant au Poëte une
7 soudaine ardeur,
Du Sophocle glacé tu ranimes la veine.
Mieux que trompettes &
tambours
Tu serois au soldat affronter lesalarmes.
Luy qui languit à jeun sous
le poids de ses armes
Ne le sentiroit pas aidé de
ton secours.
Mais, loin d'exciter à la
guerre,
Toi qui cherches plutost les
danses &les jeux,
Sollicitela Paix, lente au gré
de nos vœux,
De ne plus differer le repos
de la terre.
Déjà par des foins empressez
Le financier t'appelleàsatable superbe;
Et dans peu nos bergers
vont étendus sur l'herbe
Noyer au fond des pots
tousleurs ennuis passez.
Qu'ailleurs Bacchus, hô- teinfidèle,
De nuages fâcheux occupe
le cerveau.
Qu'ilmine ailleurs les nerfs,
lent& secret bourreau,
Ou livre à l'estomacuneattaquecruelle:
De toi coule un jus pre-^
tieux,
Doux aux nerfs, à la telle,
ami de la poitrine,
Et
,
merveille sur tout rare
en la Medecine,
Remèdeenmême temps
sûr,& délicieux.
Le Sommeil sourd à nos
prières
S'enfuit-il loin de nous, attendu vainement?
Ce Dieu, si nous prenons de
ton sirop charmant,
Viendra de Tes pavots humecter nos paupieres.
Mais tout buveur doit se
regler.
Du modeste Bacchus c'est la
loi
loyla plus belle.
Tu veux qu'on la reîpcéteJ
&malheur au rc belle
Dont l'indigne attentatose
lavioler.
Veilletoujours, aimable
Tonne
, Veille à fortifier la Royale
fanté,
Afin que fous Louisla France en sureté
Puisse dompter enfin les fureurs de Bellonne.
Ainsi
,
d'une commune
voix
Ton vin qu'en ses costeaux
la Bourgogne voit naître,
Des vinslesplus fameux soit
reconnu le maistre,
Utile aux jours du Prince, &
digne de son choix.
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Résumé : Autre Traduction de l'Ode latine sur le Vin de Bourgogne.
Le texte est une ode au vin de Bourgogne, vantant ses nombreuses vertus. Le vin est décrit comme apportant santé, plaisir et liberté, et capable de transformer une personne ordinaire en un orateur éloquent. Il soulage les pauvres et les malheureux, et son absence rend même les festins somptueux insignifiants. Le vin de Bourgogne est comparé à un nectar divin qui réchauffe le cœur et l'esprit, inspirant les poètes et guérissant les maux de l'âge. Il est également présenté comme un remède précieux en médecine, doux pour les nerfs et la tête, et capable d'apporter un sommeil réparateur. Le texte conclut en souhaitant que le vin de Bourgogne soit reconnu comme le maître des vins les plus célèbres, utile et digne des choix du prince, en l'occurrence Louis, pour assurer la sécurité et la domination de la France.
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1515
p. 301-302
Parodie de la derniere Enigme, dont le mot estoit un Pepin.
Début :
Pepin, né prisonnier, petit & méprisable, [...]
Mots clefs :
Pépin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la derniere Enigme, dont le mot estoit un Pepin.
ENIGMES.
Parodie de la derniere
Enigmedont le mot 0
était un Pépin.
Par Madame de L.
Pépin, néprisonnier,petit &meprisable,
En coupant une pomme,
on me délivré a table,
J'engendre desenfansprisonniers comme moi,
Pepin, porte le nom d'un
Roi,
Enferme dans son fein
limage de son pere,
N'est point l'Amour.
Dieu de Cithere.
Des fruits. Il habite les
cœurs,
rlry mortels rveifès des
pleurs,
Pommequ'il habitait,a
tuévotre mere, Et vous causa bien des
malheurs
Parodie de la derniere
Enigmedont le mot 0
était un Pépin.
Par Madame de L.
Pépin, néprisonnier,petit &meprisable,
En coupant une pomme,
on me délivré a table,
J'engendre desenfansprisonniers comme moi,
Pepin, porte le nom d'un
Roi,
Enferme dans son fein
limage de son pere,
N'est point l'Amour.
Dieu de Cithere.
Des fruits. Il habite les
cœurs,
rlry mortels rveifès des
pleurs,
Pommequ'il habitait,a
tuévotre mere, Et vous causa bien des
malheurs
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1516
p. 305
ENVOY. Par le petit Baritonillet.
Début :
De cette Enigme, j'ay la clef. [...]
Mots clefs :
Pépin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY. Par le petit Baritonillet.
ENVOI.
Par le petit Baritonillet.
De cette Enigme
,
j'ay la
clef
Je la devine de mon
chef
Je m'appelle)Pepin, le
Bref;
Maisj'ai l'esprit plus
long quelemats
Par le petit Baritonillet.
De cette Enigme
,
j'ay la
clef
Je la devine de mon
chef
Je m'appelle)Pepin, le
Bref;
Maisj'ai l'esprit plus
long quelemats
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1517
p. 306-307
ENVOY.
Début :
A quatorze, ans Iris fesse déjà son vin, [...]
Mots clefs :
Pépin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY.
ENVOI.
.A quatorze, ans Iris
feffi déjàfin vin,
Elle lorgne à table un
jeune homme,
:
En mettant pourmouche
un pepin.,
Je croirois bien qu'elle a
déjà mangé lapomme
.A quatorze, ans Iris
feffi déjàfin vin,
Elle lorgne à table un
jeune homme,
:
En mettant pourmouche
un pepin.,
Je croirois bien qu'elle a
déjà mangé lapomme
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1518
p. 307-309
ENVOY. Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Masque. Par Mr Hortensius, Precepteur de Francion.
Début :
Par de justes liens, ide est, liens étroits, [...]
Mots clefs :
Masque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY. Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Masque. Par Mr Hortensius, Precepteur de Francion.
ENVOI.
Parodie de l'Enigme,
dont le mot cft le
Masque.
Par Mr Hortensius,
Precepteur de
Francion. -
Pardejustesliens, idest,
liens étroits,
Quand on unit à moy
semblable a mon minois,
Sub auditur, visage à qui
Masqueressemble,
Jevois toutparsesyeux,
id est, aveclessiens,
Ilvoittoutpar,id est, tout
à travers des miens,
Tollé,lesderniersvers,
c'est un couplefrivole,
Parce mi Mercuré, si
j'ai dit laparole.
MessavansEcoliers devinent en chorus,
Voicileurs noms.Arbas
Milo,Dejotarus,
Alcidon, Sotinet, Hâl.,
brada, Baldrns>
Etcetera
,
tuus ferviis?
Hortensius.
Parodie de l'Enigme,
dont le mot cft le
Masque.
Par Mr Hortensius,
Precepteur de
Francion. -
Pardejustesliens, idest,
liens étroits,
Quand on unit à moy
semblable a mon minois,
Sub auditur, visage à qui
Masqueressemble,
Jevois toutparsesyeux,
id est, aveclessiens,
Ilvoittoutpar,id est, tout
à travers des miens,
Tollé,lesderniersvers,
c'est un couplefrivole,
Parce mi Mercuré, si
j'ai dit laparole.
MessavansEcoliers devinent en chorus,
Voicileurs noms.Arbas
Milo,Dejotarus,
Alcidon, Sotinet, Hâl.,
brada, Baldrns>
Etcetera
,
tuus ferviis?
Hortensius.
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Résumé : ENVOY. Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Masque. Par Mr Hortensius, Precepteur de Francion.
Le texte est une parodie intitulée 'Parodie de l'Enigme, dont le mot cft le Masque', écrite par Monsieur Hortensius, précepteur de Francion. Le poème utilise des expressions latines et des jeux de mots pour décrire des liens étroits et la transparence des relations. Il mentionne un couple frivole et se termine par une liste d'élèves : Arbas, Milo, Dejotarus, Alcidon, Sotinet, Hâl., brada, Baldrns, suivis de 'Etcetera'. Hortensius pose ensuite la question 'tuus ferviis?'
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1519
p. 309-310
ENVOY. Par Mr Anc... Madame de Saint Fard.
Début :
Dans une nuit du Carnaval, [...]
Mots clefs :
Masque, Carnaval
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texteReconnaissance textuelle : ENVOY. Par Mr Anc... Madame de Saint Fard.
ENVOI.
Par Mr Ane..+
Madame de Saint Fard.
Dans une nuit du Carnaval,
Madame de Saint Fard
en superbeéquipage
s'étantmise en sueurau
auBal,
T laissa par malheurfin
Masque&sonvisage
Par Mr Ane..+
Madame de Saint Fard.
Dans une nuit du Carnaval,
Madame de Saint Fard
en superbeéquipage
s'étantmise en sueurau
auBal,
T laissa par malheurfin
Masque&sonvisage
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1520
p. 311-313
ENIGME.
Début :
Non, je n'auray jamais l'esprit de m'atiffer, [...]
Mots clefs :
Quenouille
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Non, je n'aurai jamais
i'esPrit de m'atiffer,
Macoëffure eji toujours
pendante & négligée,
Jidescoè'ffeujes pourtant,
passentmaintejournée,
\A me coijfer& decoëffer,
Maisanssesoucier beaucoup
dema parure,
Uunerêve a quelque
avanture,
Celle-ci pense à bien,
celle-làpenseà mal,
Quoy qu'unrustique lieu
soit monpais natal,.
Polie avec droiture
J &
fermesans rudesse,
ÎeParvlensdans lecercle,
au rang de la Pri-ncelfe,
Souvent tejle levfé, on
m'ivoit dominer;
Mais malgré ma hauteur
teur,pouriezvous de.
viner,
Quelmanege est le mien,
pourparvenir àplaire,
J'aifaitcentmouvements
autour d'un llJcrcenaire,
Qui tenté du profit qu'il
efperqitdétmoj>
Aseu : me rendreenfin,
digne demon emploi.
Non, je n'aurai jamais
i'esPrit de m'atiffer,
Macoëffure eji toujours
pendante & négligée,
Jidescoè'ffeujes pourtant,
passentmaintejournée,
\A me coijfer& decoëffer,
Maisanssesoucier beaucoup
dema parure,
Uunerêve a quelque
avanture,
Celle-ci pense à bien,
celle-làpenseà mal,
Quoy qu'unrustique lieu
soit monpais natal,.
Polie avec droiture
J &
fermesans rudesse,
ÎeParvlensdans lecercle,
au rang de la Pri-ncelfe,
Souvent tejle levfé, on
m'ivoit dominer;
Mais malgré ma hauteur
teur,pouriezvous de.
viner,
Quelmanege est le mien,
pourparvenir àplaire,
J'aifaitcentmouvements
autour d'un llJcrcenaire,
Qui tenté du profit qu'il
efperqitdétmoj>
Aseu : me rendreenfin,
digne demon emploi.
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1521
p. 68-74
L'AMOUR A IRIS malade. Par Mr C.
Début :
Iris je viens vous secourir, [...]
Mots clefs :
Iris, Amour, Malade, Guérir
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texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR A IRIS malade. Par Mr C.
L'AMOUR A IRIS
malade.
ParMrC, I Ris je viens vous secou
rir,
-
Le mal que vous souffrez
m'accable,
Lapitié,l'interestm'enga-
ge a vous guerir,
Mon Empire sans vous
n'auroit rien d'agréable.
Desja mes Temples sont
deserts,
Il faut l'avouërà ma honte;
J'ay veu cesser dans Amatonte,
Tous les voeux qui mettoient offerts.
Cette foule d'Amants de
qui l'unique envie
Est de vous plaire, ou de
mourir pour vous,
Et qui dans les transports
de leur ame ravie,
Attendaient leur bonheur
de quelqu'un de mes
coups,
Ne sont plus animez de cet
espoir sidoux.
Leurs tendres cœurs tremblent pour vostre vie,
Etce [cal Apollon dans ce
commun effroy,
Trouve un merveilleux
avantage
, Comme la Medecine ca
son premier employ
, On porte à ses Autels, &
l'encens, & l'hommage,
Qui n'auroient esté que
«
4\. pour moy. b
Transportécontre luyd'il»
ne juste colere,
J'ay volé vers Delos, j'ay
couru l'y chercher,
Et voicy de quelle maniere
Je m'y suis pris pour le toucher:
Dieu cruel, ay-je dit, redoute ma vengeance,
Tu m'as réduit au desespoir ;
Si la santéd'Iris dépend de
ta puissance,
Ton cœur dépend de mon
-
pouvoir.
Pour la Nymphe la plus
cruelle,
Jete feray brusser d'un
amour obstine',,
Et je blefferay cette belle
Du mesme trait dont je
blessay Daphné.
Apollon de tout temps fut
tendre,
-
Son penchant le force
d'aimer;
Pour éviter le sort que luy
faisoit attendre
Le courroux dont vos maux avoitsceum'enflammer,
Ila pris pour le desarmer
Le seul party qu'il pouvoit
prendre.
Amour, ioyons
t'il
eu dit aussi-tost,
Va rendre à ton Iris une
santé parfaite;
Ces anneaux constellez ont
la vertu qu'il faut.
Sans employer d'autre recette.
Tu la verras dans peubriller des mesmes charmes
Qu'elle eut aux plus beaux
de ses jours,
Va, cours, & sers-toy de
ses armes,
Le moindre de leurs coups
te fait regner toujours.
- Je fuis venu plein d'allégresse,
Vous offrir. ce secours divin. >
J'en vois le prompt effet,
&le malqui vous presse,
Me paroist desja sur sa fin.
Pour recompense legitime
D'avoir gueri ce mal prest
à vous accabler
,
Je n'exigede vous qu'un
peu de vostre estime
Pour celuy qui m'a fait
parler
malade.
ParMrC, I Ris je viens vous secou
rir,
-
Le mal que vous souffrez
m'accable,
Lapitié,l'interestm'enga-
ge a vous guerir,
Mon Empire sans vous
n'auroit rien d'agréable.
Desja mes Temples sont
deserts,
Il faut l'avouërà ma honte;
J'ay veu cesser dans Amatonte,
Tous les voeux qui mettoient offerts.
Cette foule d'Amants de
qui l'unique envie
Est de vous plaire, ou de
mourir pour vous,
Et qui dans les transports
de leur ame ravie,
Attendaient leur bonheur
de quelqu'un de mes
coups,
Ne sont plus animez de cet
espoir sidoux.
Leurs tendres cœurs tremblent pour vostre vie,
Etce [cal Apollon dans ce
commun effroy,
Trouve un merveilleux
avantage
, Comme la Medecine ca
son premier employ
, On porte à ses Autels, &
l'encens, & l'hommage,
Qui n'auroient esté que
«
4\. pour moy. b
Transportécontre luyd'il»
ne juste colere,
J'ay volé vers Delos, j'ay
couru l'y chercher,
Et voicy de quelle maniere
Je m'y suis pris pour le toucher:
Dieu cruel, ay-je dit, redoute ma vengeance,
Tu m'as réduit au desespoir ;
Si la santéd'Iris dépend de
ta puissance,
Ton cœur dépend de mon
-
pouvoir.
Pour la Nymphe la plus
cruelle,
Jete feray brusser d'un
amour obstine',,
Et je blefferay cette belle
Du mesme trait dont je
blessay Daphné.
Apollon de tout temps fut
tendre,
-
Son penchant le force
d'aimer;
Pour éviter le sort que luy
faisoit attendre
Le courroux dont vos maux avoitsceum'enflammer,
Ila pris pour le desarmer
Le seul party qu'il pouvoit
prendre.
Amour, ioyons
t'il
eu dit aussi-tost,
Va rendre à ton Iris une
santé parfaite;
Ces anneaux constellez ont
la vertu qu'il faut.
Sans employer d'autre recette.
Tu la verras dans peubriller des mesmes charmes
Qu'elle eut aux plus beaux
de ses jours,
Va, cours, & sers-toy de
ses armes,
Le moindre de leurs coups
te fait regner toujours.
- Je fuis venu plein d'allégresse,
Vous offrir. ce secours divin. >
J'en vois le prompt effet,
&le malqui vous presse,
Me paroist desja sur sa fin.
Pour recompense legitime
D'avoir gueri ce mal prest
à vous accabler
,
Je n'exigede vous qu'un
peu de vostre estime
Pour celuy qui m'a fait
parler
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Résumé : L'AMOUR A IRIS malade. Par Mr C.
Le texte 'L'AMOUR À IRIS' relate la détresse d'un narrateur face à la maladie d'Iris. Il exprime sa douleur et son désir de la guérir, notant que son empire perd de son attrait sans elle. Les temples sont désertés et les amants d'Amantonte, autrefois espérant plaire à Iris, sont désormais désespérés. Apollon, profitant de la situation, reçoit des hommages destinés au narrateur. Ce dernier se rend à Delos pour implorer Apollon, menaçant de le faire tomber amoureux d'une nymphe cruelle si Iris n'est pas guérie. Apollon, connu pour sa tendresse, accepte de rendre la santé à Iris en utilisant des anneaux constellés. Le narrateur revient avec ce remède divin, espérant voir Iris retrouver rapidement sa beauté et sa santé. En échange de ce secours, il ne demande qu'un peu d'estime pour celui qui a parlé en son nom.
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1522
p. 74-76
Response par Madame D.
Début :
L'amour est un frippon de qui je me défie, [...]
Mots clefs :
Amour, Vie
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texteReconnaissance textuelle : Response par Madame D.
RifPonfi par Madame D.
L'amour ett un frippon de
qui jemedéfie,
, ,
Je ne veux point de son
secours,
S'ilm'avoit confervé la vie,
Il voudroit disposer du
reste de nos jours,
Ce mal me paroistroit toujours
Plus cruel que celuy dont
il m'auroit guerie.
Cependant pour ne point
me broüiller avec luy
,
Et ne pas m'exposer aux
traits de sa vengeance, f
Je veux bien luy payer le
tribut qu'aujourd'huy
Il prétend exiger de ma
reconnoissance.
Accordermon estime à qui
la fait parler,
N'est pas chofc fort malaisée,
Par son merire seul, ill'auroit bien causée,
Sans que l'amour deusts'en
mesler.
L'amour ett un frippon de
qui jemedéfie,
, ,
Je ne veux point de son
secours,
S'ilm'avoit confervé la vie,
Il voudroit disposer du
reste de nos jours,
Ce mal me paroistroit toujours
Plus cruel que celuy dont
il m'auroit guerie.
Cependant pour ne point
me broüiller avec luy
,
Et ne pas m'exposer aux
traits de sa vengeance, f
Je veux bien luy payer le
tribut qu'aujourd'huy
Il prétend exiger de ma
reconnoissance.
Accordermon estime à qui
la fait parler,
N'est pas chofc fort malaisée,
Par son merire seul, ill'auroit bien causée,
Sans que l'amour deusts'en
mesler.
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Résumé : Response par Madame D.
Madame D. décrit l'amour comme un fripon dans 'RifPonfi'. Le narrateur refuse son aide, craignant qu'il ne contrôle sa vie. Il accepte de lui témoigner de la reconnaissance pour éviter des représailles. Il note que respecter quelqu'un pour ses mérites est naturel, indépendamment de l'amour.
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1523
p. 82
Envoy par Mr de P.
Début :
De mon esprit que penses-tu, [...]
Mots clefs :
Esprit, Oeuf
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texteReconnaissance textuelle : Envoy par Mr de P.
Envoy par Mx de P.
De mon esprit que pensestu,
Pour deviner rien ne l'égale
Sans doute mon esprit n'est
ni rond ni pointu
, Mais il est en ovale
De mon esprit que pensestu,
Pour deviner rien ne l'égale
Sans doute mon esprit n'est
ni rond ni pointu
, Mais il est en ovale
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1524
p. 83-85
Parodie de la seconde Enigme.
Début :
QUENOUILLE, je n'ay point l'esprit de t'atiser, [...]
Mots clefs :
Quenouille, Coiffure
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de la seconde Enigme.
Parodie de la seconde Enigme.
QUF.N0UILLE,je n'ay
point l'esprit de t'atiser,
Ta coëffure est tousjours
pendante&négligée,
Les Fileuses pourtant passent mainte journée
A la coëffer & decoëffer ;
Mais sans se soucier beaucoup de sa parure,
L'une rêve à quelque aventure
,
Celle-cy pense à bien,
celle, la pense à mal,
Le village ou les bois sont
mon pays natal
,
Polie avec droiture, & ferme sansrudesse,
Je parviens dans le cercle
au rang de la Princesse
;
Souvent restelevée on m'y
voit dominer,
Mais malgré ma hauteur
pourriezvous deviner
Quel manege est le mien
pour parvenir à plaire ?
J'ay fait cent mouvements
autour d'un mercenaire, (C'est le tour d'un Tourneur je croy )
Qui tenté du profit qu'il
espere de moy,
A fccu me rendre enfin
( digne de mon employ.
Peu de gens ont deviné
cette Enigme
,
ou peu de
gens se sont souciez d'envoyer leurs noms, il n'y a
qu'Hercules, la Filandiere, Criquet Fuseau, & Madame Sexagénaire, dont
la coqueterie esttombée
en quenoüille
QUF.N0UILLE,je n'ay
point l'esprit de t'atiser,
Ta coëffure est tousjours
pendante&négligée,
Les Fileuses pourtant passent mainte journée
A la coëffer & decoëffer ;
Mais sans se soucier beaucoup de sa parure,
L'une rêve à quelque aventure
,
Celle-cy pense à bien,
celle, la pense à mal,
Le village ou les bois sont
mon pays natal
,
Polie avec droiture, & ferme sansrudesse,
Je parviens dans le cercle
au rang de la Princesse
;
Souvent restelevée on m'y
voit dominer,
Mais malgré ma hauteur
pourriezvous deviner
Quel manege est le mien
pour parvenir à plaire ?
J'ay fait cent mouvements
autour d'un mercenaire, (C'est le tour d'un Tourneur je croy )
Qui tenté du profit qu'il
espere de moy,
A fccu me rendre enfin
( digne de mon employ.
Peu de gens ont deviné
cette Enigme
,
ou peu de
gens se sont souciez d'envoyer leurs noms, il n'y a
qu'Hercules, la Filandiere, Criquet Fuseau, & Madame Sexagénaire, dont
la coqueterie esttombée
en quenoüille
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Résumé : Parodie de la seconde Enigme.
Le texte présente une parodie de la seconde énigme sous forme de poème. L'auteur décrit une coiffure négligée malgré les efforts des fileuses. Les femmes du village ou des bois sont polies et droites, tandis que l'auteur se compare à une princesse souvent élevée et dominante. Il mentionne des mouvements autour d'un mercenaire, probablement un tourneur, qui espère profiter d'elle. L'énigme a été difficile à résoudre, et seuls quelques individus, comme Hercule, la Filandière, Criquet Fuseau et Madame Sexagénaire, ont tenté de la deviner. Madame Sexagénaire est notée pour sa coquetterie tombée en quenouille. L'auteur affirme ne pas vouloir provoquer et décrit une situation où les efforts des fileuses sont vains face à la négligence de la coiffure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1525
p. 87
ENIGME NOUVELLE.
Début :
Dieux que je suis embarassée, [...]
Mots clefs :
Chevelure
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME NOUVELLE.
ENIGME NOUVELLE.
Dieux que jesuis embarassée,
Avant que desouffrir, decent
pointes percée,
Que le fer & le feu me gefnant
à leur tour,
Me mettent en estat de donner
de l'amour.
Quoyque le lieu de ma naissance,
D'humaines, ny d'humains ne
soit point habité,
Onyraisonne juste, ony réve.,
onypense :
Pourquoydoncn'ay-je pas cette
propriété.
Dieux que jesuis embarassée,
Avant que desouffrir, decent
pointes percée,
Que le fer & le feu me gefnant
à leur tour,
Me mettent en estat de donner
de l'amour.
Quoyque le lieu de ma naissance,
D'humaines, ny d'humains ne
soit point habité,
Onyraisonne juste, ony réve.,
onypense :
Pourquoydoncn'ay-je pas cette
propriété.
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1526
p. 88
AUTRE ENIGME. Par Mr MARTIN.
Début :
Je cache quelquefois des thresors de science, [...]
Mots clefs :
Portefeuille
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME. Par Mr MARTIN.
AUTRE ENIGME.
Par Mr Martin.
Je cache quelquefois des thresors
de science,
Poete ,
Docteur & Greffier,
Seplaisent à remplir ma panse
:
Mes compagnons ouverts font
utiles en France,
Mes compagnonsfermez, plaisentà
l'usurier,
Etsoustenu par l'Ecolier,
se soutiensl'homme de finance.
Par Mr Martin.
Je cache quelquefois des thresors
de science,
Poete ,
Docteur & Greffier,
Seplaisent à remplir ma panse
:
Mes compagnons ouverts font
utiles en France,
Mes compagnonsfermez, plaisentà
l'usurier,
Etsoustenu par l'Ecolier,
se soutiensl'homme de finance.
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1527
p. 89-91
Chanson ancienne.
Début :
Reveillez-vous, belle dormeuse, [...]
Mots clefs :
Belle endormie, Baiser, Coeur, Songe
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texteReconnaissance textuelle : Chanson ancienne.
Chanson ancienne.
J'ay fait ces couplets à
l'occasion d'unleger baifer dérobé à une fille trèsfcrupuleufc qui s'estoit endormie.
Sur l'air Reveillez
- vous
belle endormie.
J^EveilleZj
-
vous, belle
dormeuse,
Si ce baiser vousfaitplaisir;
Mais si vous estes fcriipuleuse,
Dormez^ ou jeïgneZj de
- dormir.
Craignez.., que je ne vous
reveille
,
Favorifez* ma trahison,
Voussouprerez,votre cœur
veille
Laissez,dormirvostreraison.
Pendant que la raison
sommeille,
On aimesansyconsentir,
Pourveu qu'amour ne
nous reveille
Qu'autantqu'ilfaut pour
le sentir.
Si je vous apparois en
songe
,
Profitez,, d'une douce erreur ;
Coustez les plaisirs du
mensonge
Si la vérité vous fait
peur.
J'ay fait ces couplets à
l'occasion d'unleger baifer dérobé à une fille trèsfcrupuleufc qui s'estoit endormie.
Sur l'air Reveillez
- vous
belle endormie.
J^EveilleZj
-
vous, belle
dormeuse,
Si ce baiser vousfaitplaisir;
Mais si vous estes fcriipuleuse,
Dormez^ ou jeïgneZj de
- dormir.
Craignez.., que je ne vous
reveille
,
Favorifez* ma trahison,
Voussouprerez,votre cœur
veille
Laissez,dormirvostreraison.
Pendant que la raison
sommeille,
On aimesansyconsentir,
Pourveu qu'amour ne
nous reveille
Qu'autantqu'ilfaut pour
le sentir.
Si je vous apparois en
songe
,
Profitez,, d'une douce erreur ;
Coustez les plaisirs du
mensonge
Si la vérité vous fait
peur.
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Résumé : Chanson ancienne.
Une chanson ancienne célèbre un baiser volé à une jeune fille avare endormie. Le narrateur l'invite à se réveiller si le baiser lui plaît, mais à dormir si elle le trouve audacieux. Il l'encourage à profiter de l'amour sans consentement, tant que la raison sommeille. Si le narrateur apparaît en songe, il conseille de savourer les plaisirs du mensonge si la vérité fait peur.
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1528
p. 93-94
BOUQUET En envoyant un porte crayon à une Dame. Par Mr de B.
Début :
Le Dieu des Arts & de la lyre, [...]
Mots clefs :
Bouquet, Amour, Crayon, Porte-crayons
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texteReconnaissance textuelle : BOUQUET En envoyant un porte crayon à une Dame. Par Mr de B.
BOU QJJ É T
En envoyant un porte crayon à une Dame,
ParMrdeB.
Le Dieu des Arts & de
la lyre,
Te fait avec l'amour ce
presentaujourd'huy
,
Soit que ta main dejfjï*
ne, ou que ton cœur
soupire,
Tu pourras te servir de
-- luy.
Lébauché dun portrait
,
d'un Palais, d'une
Roje
, Sans crayon jamais nese
fist,
Si pour peindre les maux
vqu'aux autres l'amour
cause,
Le plus h^er crayonJuf-
$t*
Tous les pinceaux qu'on
fit depuis Apelle,
A peineJujfiroient charmanteL**Ue,
Tourpeindre lemien en
---.
peti
En envoyant un porte crayon à une Dame,
ParMrdeB.
Le Dieu des Arts & de
la lyre,
Te fait avec l'amour ce
presentaujourd'huy
,
Soit que ta main dejfjï*
ne, ou que ton cœur
soupire,
Tu pourras te servir de
-- luy.
Lébauché dun portrait
,
d'un Palais, d'une
Roje
, Sans crayon jamais nese
fist,
Si pour peindre les maux
vqu'aux autres l'amour
cause,
Le plus h^er crayonJuf-
$t*
Tous les pinceaux qu'on
fit depuis Apelle,
A peineJujfiroient charmanteL**Ue,
Tourpeindre lemien en
---.
peti
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Résumé : BOUQUET En envoyant un porte crayon à une Dame. Par Mr de B.
Le poème 'BOU QJJ É T' envoyé par un porte-crayon à une dame invoque le Dieu des Arts. Il loue le crayon, indispensable pour dessiner ou exprimer des sentiments. Sans crayon, il est impossible de réaliser un portrait, un palais ou une rose. L'amour, comparé à ses maux, nécessite un crayon pour être exprimé. Aucun pinceau, même ceux d'Apelle, ne suffirait à peindre le visage de la dame aimée.
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1529
p. 95-96
RESPONSE Sur les mesmes rimes du Bouquet.
Début :
Ton magique Bouquet ma fait prendre la lire, [...]
Mots clefs :
Bouquet, Réponse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RESPONSE Sur les mesmes rimes du Bouquet.
RESPONSE
Sur les mesmes rimes du
Bouquet.
Ton magiqueBouquet ma
* fait prendre la lire
,
Je deviens Poete.. *
aujourd'huy ;
Jefais des vers, Irisfane
que Phœbus m'inspire,
Tu n'en es pas
y
je crois
,
- moinssurprise que luy.
Sur un rustiquejonc cess
voir naistre une rcLê,
Hier jerevois à toy ce
prodige se fit,
Du prodigeje sens la
cause,
Pour faire l'impossible
,
ouj,monamoursuffit.
Jidais il ne suffitpas au- prés d'une cruelle,
Pourmefaire aimer.
<sTclIe
Sur les mesmes rimes du
Bouquet.
Ton magiqueBouquet ma
* fait prendre la lire
,
Je deviens Poete.. *
aujourd'huy ;
Jefais des vers, Irisfane
que Phœbus m'inspire,
Tu n'en es pas
y
je crois
,
- moinssurprise que luy.
Sur un rustiquejonc cess
voir naistre une rcLê,
Hier jerevois à toy ce
prodige se fit,
Du prodigeje sens la
cause,
Pour faire l'impossible
,
ouj,monamoursuffit.
Jidais il ne suffitpas au- prés d'une cruelle,
Pourmefaire aimer.
<sTclIe
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1530
p. 107-120
POEME SUR LA SAGESSE.
Début :
Non, non je ne viens point sur les bords du Permesse, [...]
Mots clefs :
Sagesse, Passions, Plaisir, Désirs
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texteReconnaissance textuelle : POEME SUR LA SAGESSE.
POEME
SUR
LASAGESSE. NOnction,/>neviens
pointsurles bords
du Permesse,
Phœbits, te demander ta
frenenque yvresse
Sur d'autres va versertes
sçavantes fureurs,
La vérité ria pointbesoin
detessaveurs.
11 me faut cet éclat,cette
lumiere pure,
Quifaitfinltr le vrai,ton
fiu le défigure»
Atinerve,Ire-me
j'oserai te chanter,
Il y va de tagloire & tu
dois m'écouter.
Où suis-je? quelsjardins!
en ceslieux la nature
A-t-elle pris pour moysa
plus belle parure?
Jamais un Culsibeau
n'éclairal'univers;
Que ce Zephireestdoux,.
que ces coteaux
verds 0»m,„--"tran[porte,Jeduisantesagesse?
Ici la volupté regne avec
la paresse :
Que dis-je ?
cejt Ici le tranquileJejour
Où de sages heureux tu
composes ta Cour.
Tu mavois donc trompé,
ridiculeStoïque,
Charmé d'une vertu superbe & chimerique,
Tu disois que toujours,
sensible à nos <vœux, LaSagess~savoitsurdes
rochers~/t.
Tu nousla dépeignois fnste,seche& cruelle:
Tu la connoissois mal,vois
combien elle cft belle.
Unairmajestueux ; mais
mêlédedouceur,
Permet à les beaux yeux
une douce langueur:
Jamais sa majesté ne fit
rienperdreauxgraces
Faites depuislong-temps à
marchersursestraces;
Onles von aCenvirelever
sa attraits
De ce charme inconnu qui
ne doit rienaux traits:
Souvent aussiles ris ennuyez* à Cythere,
Pour suivre la Deep abandonnent leur mere.
ZUbas-tu donc de sauvage
,
& pourquoy les
Mortels,
Déee,laient-ilssansencenstesautels?
Toujours à leurs besoins
sensible,favorable,
Tu tends à cesingrats une mainsecourable,
Tu leur permets encor les
craintes, les desirs,
Tu sçais quec'estpareux
qu'onarrive aux
plaisirs.
Oui: SagejJeJ & voila de
ta bonté le gage, Jamais des pajjïons tu
n'interdis l'usage.
Telque le Souverain des
ventstumultueux
Aervit à son gré leur
sousseimpetueux;
11
Il ne les tient pas tousep
claves dans la chaîne,
On en voit quelquefois
s'échapper dans la
plaine:
Maisilssont ménagez,de
leurssouffles divers
Le fage mouvement anime l'univers.
Borée en vainfrémit,son
MaltrelereIJerre)
Un vent de tropsuffitpour
ravager la terre.
De la Sagesseainsi la redoutable voix
Impose auxpallionsd'imperieufes Loix.
Ne noty en plaignons
point,sa facilepuissance
Ne veut quereprimerleur
fougueuse insolence.
Sonzele ànousservir, &
sessoinsgenereux
Nous en laissent toujours
afJeZfour être heureux.
Helas!quelleferoit,Humains, vôtremisere,
Sipossesseursd'un cœur qui
riattroit rien àfaire,
A vous-mêmes toujours
vous voua ~f~
rendus ?
Grands Dieux!tous les
plaisirs pour <VQM(eroient perdus.
Mais nous legoûtons tous,
une heureusefoiblesse
Charme un Amant ravi
mêmedesa tristesse ;
De vifs ftl doux transports,sine timide ardeur,
L'élevent quelquefois au
comble du bonheur.
Oui, quand l'amourd'un
cœurefi unefoislemaître.
Ille sçait agiter autant
1
qu'ille doit être.
Au gré (le deux beaux
yeux laissons-nous donc
charmer,
On ne scauroit assez, ni
trop souvent aimer.
Faisonsplus, livrons-nom
à d'aimables chimeres,
La Sagasseleveut, elles
font necessaires,
C'efi par elle qu'un bien
que l'on n'obtiendra pas, Selaissantesperer
,
brille
demilleappas.
Sans elles, malheureux
,
pleins de notre indigence,
Nous n'avens du plaisir
que la seule apparence:
A nos befows encor par
elles ajusté,
Lejeu de la nature a toute
sa beauté.
Ce desirorgueilleux, cette sireurdeglotre
Que nepeut asouvir la
plus bellevictoire,
Cetteardeurpourl'estime,
à quil'hommeabuse
Croit ensacrifiant se voir
éternisé
C'estla mere des Arts,
r/en faisons point
myjlere,
De toutes les ruertUJ elle
estaussilamere.
Mais quoy ! des passions
l'excezj trop dangereux,
Jamaisàl'univers nefutil onereux ?
Non, ne redoutonspoint
leur utileravage,
L'airpoursecorrigerveut
souvent de l'orage.
O toy,que les humains doiventseule implorer,
S"'ge{fe,vo/J leurs cœurs st)
vienst'en emparer.
Qu'avectoy leplasirincessammentl'habite,
Déesse, l'universparmoy
t'en sollicite.
Tu le peux, tu n'es point
cettetristeraison,
Dont un mortel heureux
craint lefatalpoison:
JSion^nonjerieflpointtoy
qui veux nousfaire
entendre
Qae faits pour le plaisir,
- nom rien devons point prendre.
Sensibleànosdesirstu(j'ais
nom sèrvir mieux,
Tu scais, & de tes dons
cep le plus précieux,
Qtiune douce folieentout
temps nom possede,
Quepournous épuisée, un
autreluisuccede.
SUR
LASAGESSE. NOnction,/>neviens
pointsurles bords
du Permesse,
Phœbits, te demander ta
frenenque yvresse
Sur d'autres va versertes
sçavantes fureurs,
La vérité ria pointbesoin
detessaveurs.
11 me faut cet éclat,cette
lumiere pure,
Quifaitfinltr le vrai,ton
fiu le défigure»
Atinerve,Ire-me
j'oserai te chanter,
Il y va de tagloire & tu
dois m'écouter.
Où suis-je? quelsjardins!
en ceslieux la nature
A-t-elle pris pour moysa
plus belle parure?
Jamais un Culsibeau
n'éclairal'univers;
Que ce Zephireestdoux,.
que ces coteaux
verds 0»m,„--"tran[porte,Jeduisantesagesse?
Ici la volupté regne avec
la paresse :
Que dis-je ?
cejt Ici le tranquileJejour
Où de sages heureux tu
composes ta Cour.
Tu mavois donc trompé,
ridiculeStoïque,
Charmé d'une vertu superbe & chimerique,
Tu disois que toujours,
sensible à nos <vœux, LaSagess~savoitsurdes
rochers~/t.
Tu nousla dépeignois fnste,seche& cruelle:
Tu la connoissois mal,vois
combien elle cft belle.
Unairmajestueux ; mais
mêlédedouceur,
Permet à les beaux yeux
une douce langueur:
Jamais sa majesté ne fit
rienperdreauxgraces
Faites depuislong-temps à
marchersursestraces;
Onles von aCenvirelever
sa attraits
De ce charme inconnu qui
ne doit rienaux traits:
Souvent aussiles ris ennuyez* à Cythere,
Pour suivre la Deep abandonnent leur mere.
ZUbas-tu donc de sauvage
,
& pourquoy les
Mortels,
Déee,laient-ilssansencenstesautels?
Toujours à leurs besoins
sensible,favorable,
Tu tends à cesingrats une mainsecourable,
Tu leur permets encor les
craintes, les desirs,
Tu sçais quec'estpareux
qu'onarrive aux
plaisirs.
Oui: SagejJeJ & voila de
ta bonté le gage, Jamais des pajjïons tu
n'interdis l'usage.
Telque le Souverain des
ventstumultueux
Aervit à son gré leur
sousseimpetueux;
11
Il ne les tient pas tousep
claves dans la chaîne,
On en voit quelquefois
s'échapper dans la
plaine:
Maisilssont ménagez,de
leurssouffles divers
Le fage mouvement anime l'univers.
Borée en vainfrémit,son
MaltrelereIJerre)
Un vent de tropsuffitpour
ravager la terre.
De la Sagesseainsi la redoutable voix
Impose auxpallionsd'imperieufes Loix.
Ne noty en plaignons
point,sa facilepuissance
Ne veut quereprimerleur
fougueuse insolence.
Sonzele ànousservir, &
sessoinsgenereux
Nous en laissent toujours
afJeZfour être heureux.
Helas!quelleferoit,Humains, vôtremisere,
Sipossesseursd'un cœur qui
riattroit rien àfaire,
A vous-mêmes toujours
vous voua ~f~
rendus ?
Grands Dieux!tous les
plaisirs pour <VQM(eroient perdus.
Mais nous legoûtons tous,
une heureusefoiblesse
Charme un Amant ravi
mêmedesa tristesse ;
De vifs ftl doux transports,sine timide ardeur,
L'élevent quelquefois au
comble du bonheur.
Oui, quand l'amourd'un
cœurefi unefoislemaître.
Ille sçait agiter autant
1
qu'ille doit être.
Au gré (le deux beaux
yeux laissons-nous donc
charmer,
On ne scauroit assez, ni
trop souvent aimer.
Faisonsplus, livrons-nom
à d'aimables chimeres,
La Sagasseleveut, elles
font necessaires,
C'efi par elle qu'un bien
que l'on n'obtiendra pas, Selaissantesperer
,
brille
demilleappas.
Sans elles, malheureux
,
pleins de notre indigence,
Nous n'avens du plaisir
que la seule apparence:
A nos befows encor par
elles ajusté,
Lejeu de la nature a toute
sa beauté.
Ce desirorgueilleux, cette sireurdeglotre
Que nepeut asouvir la
plus bellevictoire,
Cetteardeurpourl'estime,
à quil'hommeabuse
Croit ensacrifiant se voir
éternisé
C'estla mere des Arts,
r/en faisons point
myjlere,
De toutes les ruertUJ elle
estaussilamere.
Mais quoy ! des passions
l'excezj trop dangereux,
Jamaisàl'univers nefutil onereux ?
Non, ne redoutonspoint
leur utileravage,
L'airpoursecorrigerveut
souvent de l'orage.
O toy,que les humains doiventseule implorer,
S"'ge{fe,vo/J leurs cœurs st)
vienst'en emparer.
Qu'avectoy leplasirincessammentl'habite,
Déesse, l'universparmoy
t'en sollicite.
Tu le peux, tu n'es point
cettetristeraison,
Dont un mortel heureux
craint lefatalpoison:
JSion^nonjerieflpointtoy
qui veux nousfaire
entendre
Qae faits pour le plaisir,
- nom rien devons point prendre.
Sensibleànosdesirstu(j'ais
nom sèrvir mieux,
Tu scais, & de tes dons
cep le plus précieux,
Qtiune douce folieentout
temps nom possede,
Quepournous épuisée, un
autreluisuccede.
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Résumé : POEME SUR LA SAGESSE.
Le poème 'Sur la Sagesse' commence par une invocation à Phœbus, le dieu du soleil, pour obtenir son inspiration. Le poète exprime son désir de vérité et de lumière pure, capable de révéler le vrai sans le défigurer. Il se prépare à chanter la sagesse, soulignant son importance et sa beauté. La sagesse est décrite comme majestueuse mais douce, permettant une langueur charmante. Elle n'est ni austère ni cruelle, mais accessible et bienveillante. Elle permet aux mortels d'éprouver des passions et des désirs, nécessaires pour atteindre les plaisirs. Le poète compare la sagesse à un souverain des vents, qui les maîtrise sans les réprimer complètement, permettant ainsi à l'univers de s'animer. La sagesse impose des lois aux passions, mais de manière douce et généreuse, permettant aux humains de rester heureux. Le poème explore également les plaisirs et les passions humaines, soulignant que même la tristesse peut être charmante. L'amour et les chimères aimables sont nécessaires pour apprécier pleinement les plaisirs. La sagesse est présentée comme la mère des arts et des vertus, mais son excès peut être dangereux. Cependant, les passions sont utiles et nécessaires, comme l'orage qui corrige l'air. Enfin, le poète invoque la sagesse, la déesse que les humains doivent implorer, car elle habite le plaisir et peut rendre l'univers heureux sans être une raison triste et fatale. La sagesse est sensible aux désirs humains et sait les servir, offrant une douce folie qui succède à une autre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1531
p. 148
CHANSON NOUVELLE. Par Monsieur P.
Début :
Inhumaine, c'est trop souffrir, [...]
Mots clefs :
Tombeau, Souffrir, Chaînes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON NOUVELLE. Par Monsieur P.
CHANSON
NOUVELLE.
Par Monsieur P. I NhumAine,c'efl trop fouf
friry
Accabléfous lepoids d'unefatale chaînes
Un impuissant dépit ria pu
me
secourir;
A lafinjesuccombeà ma mor..
telle peine,
C'en estfait, & je vais pour
courir au tombeau,
7c vais percer & vuider mon
tonneau
NOUVELLE.
Par Monsieur P. I NhumAine,c'efl trop fouf
friry
Accabléfous lepoids d'unefatale chaînes
Un impuissant dépit ria pu
me
secourir;
A lafinjesuccombeà ma mor..
telle peine,
C'en estfait, & je vais pour
courir au tombeau,
7c vais percer & vuider mon
tonneau
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1532
p. 149
RÉPONSE. Par Mad. de R. Sur les mêmes rimes.
Début :
Cher Leandre, c'est trop souffrir, [...]
Mots clefs :
Souffrir, Chaînes, Tombeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE. Par Mad. de R. Sur les mêmes rimes.
REPONS E.
Par Mad. de R.
Sur les mêmes rimes.
CHer Leandre, c'esttrop
souffrir,
Je vais te délivrer de ta fatale chaîne;
Touchée de ta langueur jevais
te Jecourir>
A lafin j'ai pitié de ta mortelle peine;
Je vais, pour te tirer des horreurs du tombeau,
JevantaiderÀ vuider ton
-
tonneau
Par Mad. de R.
Sur les mêmes rimes.
CHer Leandre, c'esttrop
souffrir,
Je vais te délivrer de ta fatale chaîne;
Touchée de ta langueur jevais
te Jecourir>
A lafin j'ai pitié de ta mortelle peine;
Je vais, pour te tirer des horreurs du tombeau,
JevantaiderÀ vuider ton
-
tonneau
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1533
p. 217-224
SICERA. ODE.
Début :
Quis rumor aures personat insolens? [...]
Mots clefs :
Sicera, Pomona, Burgunda, Cidre, Vin de Bourgogne, Vin de Champagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SICERA. ODE.
SIC E R A.
ODE.
QVU 1Srumor aurespersonat
insolens ?
Qutd mitioris Pieridum Chori
Dulces alumnos pervicaci
Miscet & exagitat duellof
Qu#cayjkrixe? Vimî fiel
-
(o nefas)
Infanda molli bclU iftptr mcro
Pngwe non est Hippogrenes
Virgineos latices amantum. ;
Qui vos, Poetœ
,
mmque domtffnror,
Insanatandem mittite jurgia.
Parculpa vobis; For utrimque
Prœlia, Pœna manet,cientes.
Burgunda nam quid Silleriis
parat
Hic Vina, vites illeRbemzjèsium
PrœferreBurgundis, gracres
Vfque inimicitias monjtref --
Esto, jacentes suscitet Evuts
Af~~,€~ àddatcornu&rmlitiy
PostVinaMavorrisferoces
~Itruere in çuntos parato.
Sed quo
Satelles Thjrfîgeri
furor
Brevisminucipermet ÎWlpttll ?
Jam tt/a torpentes(pudendum)
Destituunt calamique dextras.
Qttin sijaventefa.1 peptreè*
rint
Benigna
,
fractasturpior
excipit
Vires fent&MSj & podagr*
Prada frnftfcjacettbriofus.
jrffl rore amico Neustria qktâ
femd
Beavit, ollis utvigorigneus,
Sic &• fagtà temperaix '<
Consilio~sedusque Virtus,
Utrâque vos ô
Palladenobiles,
Quorumsecundisauctalaboribus
Res nosta. crevit, testor, Drbu
Grandis honos columenque
rerum.
o quanta bellise mihifulminum
Offertque SUAdtt copiajlumio:
num!
jih, Musa, ne tantes protervo
Magna nimis tenuare cantu.
O ter beatos!Ambrosiœ fovet
Quospartequintâ, quos Sicerâ
imbuit
Pomona dulei,
nec maligno
Proluere orafinitLiquore.
Non
,
quem Rhemensispocula
Liberi
Suo stuporem conciliantgregi,
Burgunda nec quosfœx cerebro
Ingerit imperiosa fumos,
Nec si quià alvum vellicar
acriùs
Tentatve renes, frangere pertinax
Zonasreluctantes acetum
VppaBretginiacum,verentur.
Sed turapingui qualiaflumine
ImbutagentisNeustriacœ
vigent
Artlls amicœrecreati
Nectareo Sicetœfluento.
Quisnon ab imâsuccineoœquore
tTwlla micantçs ludere garifl
mulas
M'trttta, & lai pcrmm
His Surcapta, mThrucas Âfijrm odaUs
ehtmfugh
tmpiùty
, Donis benignœ Neustridum
Dt4 :
Caterva Parnassi, relictos
Sprévit agros, portiore ciucLs
Sertit*jcdesalite. Tùmnovis
Narmanaphkct fulsit ho.
n"rilnu;
Trarijlatatum 'vittus disertœ
In Siceramfuit Hippocrenes.
Tum fœtusaura ftJrlicul"
liquor
Divinœ, htantk dum frtbit
intimos
Cordis recessus,puriore
tomniuitmtiè narajlltmmdeHinc robur ingens corporibus
ftJttj
Hinc ore ridet gratia blandior,
Hinc wgw-ai vis CM fatuvn
Vena fluensopulenta rtvo.
Hacpioptefaudis&f&pitntU
FacuflJàtellus Neustria &
artium :
Ex te Pntar*rhyitophomm,
EloqHivauép/w/nnx potentli",
Jmmenfafu*Qt. Nectaris bas
tui
Jfi&s rependis lenis antéintibits>
Pomona, nec quemquam.
tuorum
Conspicuâsint dote mittis.
Vos ô prophani, queis maie
t
consciis
Sordentamœnœ munera Neustriay
Torpere damnosoveterno
Digna cohors, procul este PAttSIl
ODE.
QVU 1Srumor aurespersonat
insolens ?
Qutd mitioris Pieridum Chori
Dulces alumnos pervicaci
Miscet & exagitat duellof
Qu#cayjkrixe? Vimî fiel
-
(o nefas)
Infanda molli bclU iftptr mcro
Pngwe non est Hippogrenes
Virgineos latices amantum. ;
Qui vos, Poetœ
,
mmque domtffnror,
Insanatandem mittite jurgia.
Parculpa vobis; For utrimque
Prœlia, Pœna manet,cientes.
Burgunda nam quid Silleriis
parat
Hic Vina, vites illeRbemzjèsium
PrœferreBurgundis, gracres
Vfque inimicitias monjtref --
Esto, jacentes suscitet Evuts
Af~~,€~ àddatcornu&rmlitiy
PostVinaMavorrisferoces
~Itruere in çuntos parato.
Sed quo
Satelles Thjrfîgeri
furor
Brevisminucipermet ÎWlpttll ?
Jam tt/a torpentes(pudendum)
Destituunt calamique dextras.
Qttin sijaventefa.1 peptreè*
rint
Benigna
,
fractasturpior
excipit
Vires fent&MSj & podagr*
Prada frnftfcjacettbriofus.
jrffl rore amico Neustria qktâ
femd
Beavit, ollis utvigorigneus,
Sic &• fagtà temperaix '<
Consilio~sedusque Virtus,
Utrâque vos ô
Palladenobiles,
Quorumsecundisauctalaboribus
Res nosta. crevit, testor, Drbu
Grandis honos columenque
rerum.
o quanta bellise mihifulminum
Offertque SUAdtt copiajlumio:
num!
jih, Musa, ne tantes protervo
Magna nimis tenuare cantu.
O ter beatos!Ambrosiœ fovet
Quospartequintâ, quos Sicerâ
imbuit
Pomona dulei,
nec maligno
Proluere orafinitLiquore.
Non
,
quem Rhemensispocula
Liberi
Suo stuporem conciliantgregi,
Burgunda nec quosfœx cerebro
Ingerit imperiosa fumos,
Nec si quià alvum vellicar
acriùs
Tentatve renes, frangere pertinax
Zonasreluctantes acetum
VppaBretginiacum,verentur.
Sed turapingui qualiaflumine
ImbutagentisNeustriacœ
vigent
Artlls amicœrecreati
Nectareo Sicetœfluento.
Quisnon ab imâsuccineoœquore
tTwlla micantçs ludere garifl
mulas
M'trttta, & lai pcrmm
His Surcapta, mThrucas Âfijrm odaUs
ehtmfugh
tmpiùty
, Donis benignœ Neustridum
Dt4 :
Caterva Parnassi, relictos
Sprévit agros, portiore ciucLs
Sertit*jcdesalite. Tùmnovis
Narmanaphkct fulsit ho.
n"rilnu;
Trarijlatatum 'vittus disertœ
In Siceramfuit Hippocrenes.
Tum fœtusaura ftJrlicul"
liquor
Divinœ, htantk dum frtbit
intimos
Cordis recessus,puriore
tomniuitmtiè narajlltmmdeHinc robur ingens corporibus
ftJttj
Hinc ore ridet gratia blandior,
Hinc wgw-ai vis CM fatuvn
Vena fluensopulenta rtvo.
Hacpioptefaudis&f&pitntU
FacuflJàtellus Neustria &
artium :
Ex te Pntar*rhyitophomm,
EloqHivauép/w/nnx potentli",
Jmmenfafu*Qt. Nectaris bas
tui
Jfi&s rependis lenis antéintibits>
Pomona, nec quemquam.
tuorum
Conspicuâsint dote mittis.
Vos ô prophani, queis maie
t
consciis
Sordentamœnœ munera Neustriay
Torpere damnosoveterno
Digna cohors, procul este PAttSIl
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Résumé : SICERA. ODE.
L'ode décrit une compétition entre différents vins et leurs effets bénéfiques. L'auteur exprime son désir de voir les Muses apaiser les disputes entre les poètes. Il mentionne une rivalité entre les vins de Bourgogne et de Rhénanie, chacun ayant ses partisans. Les vins de Neustrie sont loués pour leurs effets positifs, apportant vigueur et santé, contrairement aux vins de Rhénanie et de Bourgogne qui peuvent causer des maux comme la goutte. Ces vins sont comparés au nectar des dieux, inspirant les poètes et apportant force et grâce. L'ode se conclut par une exhortation à réserver les bienfaits des vins de Neustrie à une élite digne de ces présents, en écartant les profanes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1534
p. 261-263
ENIGME.
Début :
Voicy des Nations l'ecueil inévitable [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Voicy des Nations
l'ecueil inévitable
Où sans droit d'accuser
les AJlres decevants
Sans l'ire de Neptune&
la fureur des Vents
Les plus fages Nochers
se perdent dans le
fable
Auxplus belles Saisons
ilefl épouvantable
Par des coups de malheur
l'un & l'autre Je
Juivarks
Parles noires horreurs des
PfmnîomesmomMvtàs
Et par tout et qui rend
laParqueredoutable
bITMit yta Tènvirànne
étonnelaffiènd&à'
De tieuic dont innivers
adore la grandeur
Defortune Ù* du temps
miserables victimes
Les Ccturslesplushardis
ar&gnent de l'arracher
Et les fins infúiet &
les fias nets de
crimes
Le rencontre par tout
sans jamais le
chercher.
Voicy des Nations
l'ecueil inévitable
Où sans droit d'accuser
les AJlres decevants
Sans l'ire de Neptune&
la fureur des Vents
Les plus fages Nochers
se perdent dans le
fable
Auxplus belles Saisons
ilefl épouvantable
Par des coups de malheur
l'un & l'autre Je
Juivarks
Parles noires horreurs des
PfmnîomesmomMvtàs
Et par tout et qui rend
laParqueredoutable
bITMit yta Tènvirànne
étonnelaffiènd&à'
De tieuic dont innivers
adore la grandeur
Defortune Ù* du temps
miserables victimes
Les Ccturslesplushardis
ar&gnent de l'arracher
Et les fins infúiet &
les fias nets de
crimes
Le rencontre par tout
sans jamais le
chercher.
Fermer
1535
p. 60-71
LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
Début :
Princes, qu'une gloire frivole [...]
Mots clefs :
Gloire, Combat, Vertus, Héros, Passions, Désir, Valeurs, Tyran, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
LA FAUSSE VALEUR
Par M. l'Abbé Mommenet.
Ole qui vient de remporter le prix .
de Poelie des Jeux Floraux.
Quipacis ineunt confilia , eos fequi--
tar gaudium: Prov. 12.
PRinces , qu'une gloire
frivole
Anime à chercher les combats ,
Qu'attendez-vous de cette:
Idole ,
Qu'un vain nom aprés le
trépas ?
GALANT.
Ignorez - vous quelles mi
feres
Mars &Bellone fanguinaires
Traînent aprés leurs chars
poudreux ?
Queje vous plains , fi la na
{ sture: V
N'excite en vous aucun
murmure ,
Quand vousfaites des mal
heureux !
#?
Loin du bruit des combats
terribles
Vigilans , au fein du repos ,
Cultivez les vertus paifibles,
62 MERCURE
Elles forment les vraisHe
ros.
Pourquoy faut-il que vôtré
épée
Dans le fang humain ſoit
trempée ,
.
Pour porter le nom de
vainqueur ?
Serez-vous moins couverts
de gloire ,
Si vous remportez la vićtoire
Sur les defirs de vôtre cœur?
Dequel droit ce Grec qu'on
admire.
Enyvré de fes paffions ,
GALANT.
Alla til defoler l'Empire
Des plus tranquilles nations?
Aprés cent combats homil
cides ,
Au gré de ſes defirs avides
C'étoit peu qu'un monde
foûmisdo
Auroit - il manqué d'exercice ,
S'il avoit fçû compter le
vice e
Au nombre de fes ennemis?
Malgré les trompeuſes ma-
.ximes
64 MERCURE
De cent lâches adulateurs ,
Sous de beaux noms les plus
grands crimes
Nous cachent des ufurpa
teurs.
Pleins de l'orgueil qui les
dévore ,
Du couchantjufques à l'aucomb orprore HeronA
On craint ces Rois ambiSortieux
-tieux.
Dans leurs mains gronde le
antonnerre ,
Ce n'eft qu'en ravageant la
terre
Qu'ils ofent s'en croire les
Dieux.
À
GALANT. 65
Adeux Tyrans de leur patrie ,
Soulez du plus beau fang
Romain,
Qui ne fçait que la flaterie
A prodigué le nom d'hu
main ?
Infenfez nous jugeons encore
De ces fantômes qu'elle a
doré
Par un faux éclat qui forz
prend.
Nous admirons fans retenue ,
LeTyran échape à la vûë¸,
May1712.
F.
66 MERCURE
On ne voit que le Conque
ranta
Ainfi de cette ardeur bru
tale
Que n'infpire point le devoir
Nôtreeftime aveugle &fatale
Accredite encor le pouvoir.
Al'afpect des villes enpou
dre ,
Des murs écrafez par la
foudre,
En vain nos yeux font of
frayez.
Victimes d'un honneur bis
zarre
GALANT 67
Nous encenfons la main
barbare
Par qui ces murs font fou
droyez.
Il en eft peu dont la pru
dence
De concertavec labonté
Renferme l'aveugle puif
fance
Dans les bornes de l'équi
τέ;
Qui forcez de prendre les
armes
Pefent & le sag &les larmes
Qu'un triomphe leur va
coûter,
Fij
68 MERCURE.
Et qui retenant leur cou-,
rage ;
Songent à diffiper Forage
Avant qu'onl'entende écla
ter.
Jadis guidé par la fageffe
Salomon, l'amour des mortels , rela
Condamna Forgüeilleufe
yvreffe el ens
A qui nous dreffons dés autels.
Sans s'armer d'un fer redoutable , T
Content de fon cœuréqui
cable,
GALANT. F69
Ses bienfaits étoient fes ex
ploits.
Il fut grand fans être terri↓
ble ,
Et ne ceffa d'être invincible.
Qu'en ceffant d'obferver less
loix.
N'eſt-il plus de ces regnes
calmes
Où les loix fervent de rem
parts?
Oùl'on n'aime à cueillir desi
palmes
Que dans la lice des beaux)
ihearts ; mid s
Qu le commerce & l'abon
dance ,
79 MERCURE
Sources de la magnificen
ce ,
Du citoyen comblent les
vœux ;..
Où la justice revérée
Semble encor du regne:
d'Aftréé
Renouveller le temps heu
reux.
Rends nous cette vie innocente ,
Douce paix , montre à ces
guerriers
Que ton olive bienfaifante
Vaut bien leurs funeftes
lauriers.
GALANT 70:
Fais de la main de ta rivale,
Tomber cette torche fa
tale "
Dont tant de cœurs font
embrafez.
Toy feule en defarmant fa
rage
Effaceras la trifte image f
De tous les maux qu'elle a
caufez....
Par M. l'Abbé Mommenet.
Ole qui vient de remporter le prix .
de Poelie des Jeux Floraux.
Quipacis ineunt confilia , eos fequi--
tar gaudium: Prov. 12.
PRinces , qu'une gloire
frivole
Anime à chercher les combats ,
Qu'attendez-vous de cette:
Idole ,
Qu'un vain nom aprés le
trépas ?
GALANT.
Ignorez - vous quelles mi
feres
Mars &Bellone fanguinaires
Traînent aprés leurs chars
poudreux ?
Queje vous plains , fi la na
{ sture: V
N'excite en vous aucun
murmure ,
Quand vousfaites des mal
heureux !
#?
Loin du bruit des combats
terribles
Vigilans , au fein du repos ,
Cultivez les vertus paifibles,
62 MERCURE
Elles forment les vraisHe
ros.
Pourquoy faut-il que vôtré
épée
Dans le fang humain ſoit
trempée ,
.
Pour porter le nom de
vainqueur ?
Serez-vous moins couverts
de gloire ,
Si vous remportez la vićtoire
Sur les defirs de vôtre cœur?
Dequel droit ce Grec qu'on
admire.
Enyvré de fes paffions ,
GALANT.
Alla til defoler l'Empire
Des plus tranquilles nations?
Aprés cent combats homil
cides ,
Au gré de ſes defirs avides
C'étoit peu qu'un monde
foûmisdo
Auroit - il manqué d'exercice ,
S'il avoit fçû compter le
vice e
Au nombre de fes ennemis?
Malgré les trompeuſes ma-
.ximes
64 MERCURE
De cent lâches adulateurs ,
Sous de beaux noms les plus
grands crimes
Nous cachent des ufurpa
teurs.
Pleins de l'orgueil qui les
dévore ,
Du couchantjufques à l'aucomb orprore HeronA
On craint ces Rois ambiSortieux
-tieux.
Dans leurs mains gronde le
antonnerre ,
Ce n'eft qu'en ravageant la
terre
Qu'ils ofent s'en croire les
Dieux.
À
GALANT. 65
Adeux Tyrans de leur patrie ,
Soulez du plus beau fang
Romain,
Qui ne fçait que la flaterie
A prodigué le nom d'hu
main ?
Infenfez nous jugeons encore
De ces fantômes qu'elle a
doré
Par un faux éclat qui forz
prend.
Nous admirons fans retenue ,
LeTyran échape à la vûë¸,
May1712.
F.
66 MERCURE
On ne voit que le Conque
ranta
Ainfi de cette ardeur bru
tale
Que n'infpire point le devoir
Nôtreeftime aveugle &fatale
Accredite encor le pouvoir.
Al'afpect des villes enpou
dre ,
Des murs écrafez par la
foudre,
En vain nos yeux font of
frayez.
Victimes d'un honneur bis
zarre
GALANT 67
Nous encenfons la main
barbare
Par qui ces murs font fou
droyez.
Il en eft peu dont la pru
dence
De concertavec labonté
Renferme l'aveugle puif
fance
Dans les bornes de l'équi
τέ;
Qui forcez de prendre les
armes
Pefent & le sag &les larmes
Qu'un triomphe leur va
coûter,
Fij
68 MERCURE.
Et qui retenant leur cou-,
rage ;
Songent à diffiper Forage
Avant qu'onl'entende écla
ter.
Jadis guidé par la fageffe
Salomon, l'amour des mortels , rela
Condamna Forgüeilleufe
yvreffe el ens
A qui nous dreffons dés autels.
Sans s'armer d'un fer redoutable , T
Content de fon cœuréqui
cable,
GALANT. F69
Ses bienfaits étoient fes ex
ploits.
Il fut grand fans être terri↓
ble ,
Et ne ceffa d'être invincible.
Qu'en ceffant d'obferver less
loix.
N'eſt-il plus de ces regnes
calmes
Où les loix fervent de rem
parts?
Oùl'on n'aime à cueillir desi
palmes
Que dans la lice des beaux)
ihearts ; mid s
Qu le commerce & l'abon
dance ,
79 MERCURE
Sources de la magnificen
ce ,
Du citoyen comblent les
vœux ;..
Où la justice revérée
Semble encor du regne:
d'Aftréé
Renouveller le temps heu
reux.
Rends nous cette vie innocente ,
Douce paix , montre à ces
guerriers
Que ton olive bienfaifante
Vaut bien leurs funeftes
lauriers.
GALANT 70:
Fais de la main de ta rivale,
Tomber cette torche fa
tale "
Dont tant de cœurs font
embrafez.
Toy feule en defarmant fa
rage
Effaceras la trifte image f
De tous les maux qu'elle a
caufez....
Fermer
Résumé : LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
Le poème 'La fausse valeur' de l'Abbé Mommenet, lauréat du prix de Poésie des Jeux Floraux, critique la quête de gloire frivole à travers les combats et les guerres. Il met en garde contre les conséquences destructrices de ces conflits et souligne que les véritables héros cultivent des vertus pacifiques. Le texte dénonce les tyrans ambitieux qui cherchent à dominer par la force, cachant leurs crimes sous des apparences trompeuses. Il exalte la sagesse et la justice, illustrées par des figures historiques comme Salomon. Le poème appelle à une vie paisible et juste, où la paix et l'abondance prévalent sur les lauriers de la guerre. Il se termine par un appel à la paix, présentée comme supérieure aux triomphes militaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1536
p. 87-88
Parodie de l'Engime du Mercure dernier.
Début :
Chevelure je suis souvent entrelassée [...]
Mots clefs :
Parodie, Chevelure, Peigne, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Engime du Mercure dernier.
Parodie de l'Enigme duMercure dernier.
CHevelure je fuis ſouvent entrelaffée
Avant qu'un peigne m'ait
88 MERCURE
de cent pointes percée ,
Avant quele fer & le feu
Me gênant à leur tour
M'ayent miſe en état de
bien fervir l'amour.
La tête , lieu de ma naif-
.... fance ,
N'eft point par humains
habité,
Pourtant on y raiſonne , on
yrêve , on y penfe.
Pourquoy donc n'ai-je pas
cette proprieté ?
CHevelure je fuis ſouvent entrelaffée
Avant qu'un peigne m'ait
88 MERCURE
de cent pointes percée ,
Avant quele fer & le feu
Me gênant à leur tour
M'ayent miſe en état de
bien fervir l'amour.
La tête , lieu de ma naif-
.... fance ,
N'eft point par humains
habité,
Pourtant on y raiſonne , on
yrêve , on y penfe.
Pourquoy donc n'ai-je pas
cette proprieté ?
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1537
p. 91-94
ENIGME nouvelle.
Début :
Si mâle ou femelle je suis, [...]
Mots clefs :
Anneau ou bague
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME nouvelle.
ENIGME
nouvelle.
1
S1 måle ou femelle je
fuis,
Ceft ce qu'affirmer je ne
puis.
Simple , fans ornement
Hij
92 MERCURE
d'un nom male onm'appelle:
Mais orné richement je
porte un nom femelle.
Commej'aiplus d'un nom,
j'ai bien plus d'un
employ ;
Male on me voit porter
fous moy
Une espece de longue mante i
Femelle legere glißante
Je m'égarefouvent , quel
quefois je me perds
GALANT 93
Ermåle fervant une Retne,,
Uneadorable Souveraine,
Je porte&fais porter fes
fers.
Femelle étant l'objet de
2 maint Seigneur &
Prince;
Chacun d'eux me difpute
ainfi qu'une Province vincentova :
Enpublic le victorieux
De m'avoir et tout glocontio- rieux on t
Enfecret fille vertuenfe
94 MERCURE
De m'avoir eft toute hon
teuſe.
nouvelle.
1
S1 måle ou femelle je
fuis,
Ceft ce qu'affirmer je ne
puis.
Simple , fans ornement
Hij
92 MERCURE
d'un nom male onm'appelle:
Mais orné richement je
porte un nom femelle.
Commej'aiplus d'un nom,
j'ai bien plus d'un
employ ;
Male on me voit porter
fous moy
Une espece de longue mante i
Femelle legere glißante
Je m'égarefouvent , quel
quefois je me perds
GALANT 93
Ermåle fervant une Retne,,
Uneadorable Souveraine,
Je porte&fais porter fes
fers.
Femelle étant l'objet de
2 maint Seigneur &
Prince;
Chacun d'eux me difpute
ainfi qu'une Province vincentova :
Enpublic le victorieux
De m'avoir et tout glocontio- rieux on t
Enfecret fille vertuenfe
94 MERCURE
De m'avoir eft toute hon
teuſe.
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1538
p. 117-118
MADRIGAL.
Début :
Loin du rivage où naquit mon amour [...]
Mots clefs :
Rivage, Amour, Ismène, Peine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL.
Loindurivage où naquit
mon amour N
AZile beureux de l'objet
quej'adore,
A chaque inftantje m'y
promene encore
Tout me retrace un fi
charmant féjour.
Mon cœur confond&la
Loire & la Seine
D'un bois chery l'Image
douce & vaine
8 MERCURE
S'offre à mesyeux &la
nuit & le jour.
Je crois fans cess: y rencontrer Ifmene
Ifmene, belas ! dans ce
fatal moment
Tout difparoift comme
( un enchantement,
Etcebeaufonge augmente
encore mapeine.
L'Auteur de ce Madrigal
m'a envoyé un Egloge que
je ne puis donner que le
mois prochain
Loindurivage où naquit
mon amour N
AZile beureux de l'objet
quej'adore,
A chaque inftantje m'y
promene encore
Tout me retrace un fi
charmant féjour.
Mon cœur confond&la
Loire & la Seine
D'un bois chery l'Image
douce & vaine
8 MERCURE
S'offre à mesyeux &la
nuit & le jour.
Je crois fans cess: y rencontrer Ifmene
Ifmene, belas ! dans ce
fatal moment
Tout difparoift comme
( un enchantement,
Etcebeaufonge augmente
encore mapeine.
L'Auteur de ce Madrigal
m'a envoyé un Egloge que
je ne puis donner que le
mois prochain
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Résumé : MADRIGAL.
Le texte décrit un madrigal exprimant l'amour de l'auteur pour un lieu éloigné. Ce lieu, associé à une personne aimée, évoque des souvenirs heureux. L'auteur y voit constamment une figure nommée Ifmene, qui disparaît soudainement, augmentant sa peine. L'auteur a également envoyé une églogue, mais sa publication est prévue pour le mois prochain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1539
p. 153-168
LE CIDRE. ODE.
Début :
Qu'elles sont ces voix indiscrettes [...]
Mots clefs :
Cidre, Vin de Bourgogne, Vin de Champagne, Bacchus, Vignes, Poètes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE CIDRE. ODE.
Le fieur Grenan , Bourguignon , Profeffeur de Seconde au College d'Harcour a fait une Ode latine à
la loüange du Vin de Bourgogne ; Mr Coffin Champenois Profeffeur de Secon
de au College de Beauvais,
répondit à l'Ode du fieur
Grenan, par une Ode pour la
défenſe du Vin de Bourgo.
gne,M' Duhamel Normand
154 MERCURE
Profeffeur de Rhetorique
au College des Graffins a
fait une Ode latine , fur le
Cidre en voicy la tra
duction.
LE CIDRE
ODE.
Qu'ellesfont ces voix
indifcrettes
Qui fe font entendre en
tous lieux?
Quoy, Mufes deuxfa
meux Poëtes
S'ofent quereller à vos
GALANT. 155
yeux?
Pourquelfujet leurvaine
audace.
Allarme-t-elle du ParI
naffe
Lespacifiques Habitans?
Pour du Vin ?je le crois
à
peine.
Quoy des buveurs de
L'Hippocrene
Le Vin feroit des combattans ?
Poëtes la Guerre eft
fatalle
156 MERGURE
Que caufe un vain entêtement:
La faute entre vous est
égálle
Pareilfera le chaftiment.
Car, pourquoy par vos
Vers infignes VV
Louer fi hautement, vos
Vignes
Et blafmerles autres Liqueurs?
Commefi Bourgogne &
Champagne
Seules du Pais de
Cocagne.
GALANT: 157
Renfermoient toutes les
douceurs.
Je veux bien que Bacchus excite
Le phlegme d'un trop
froid rimeur
Et que
irrite
du Guerrier il
Quelquesfois l'indolente
bumeur
Mais ce feu de peu de
durée
N'a qu'une ardeur accelerée
158 MERCURE
Qui naist & peris à la
fois
Et fi les deftins trop faciles
Laiffent vieillir ces imbecilles
La goutte
Babois.
les met aux
23
Mais Pomone tes
Privileges
Signalent bien mieux ta
liqueur
Tu mets dans ceux que
tu proteges
GALANT, 159
Un efpritfolide,ungrand
cœur
Témoins ces Heros dont
la gloire
Gravel au Temple de
memoire
Honore leur pofterité
Témoins les fçavans
dont la plume
Afçuparplus d'un beau
volume
S'acquerir l'immortalité.
Dieux, quelle Affemblée éclatante
160 MERCURE
D'eloquens & braves
CeZars !
Mufe, leur nombre m'épouvante,
Sauvons - nous, fuyons
les hazards.
Ce n'eft pas à mesfoibles
rithmes
A tracer les vertus fublimes
De ces grands foutiens
des Etats
Et vouloirfans voix &
Jansforce
Suivre une fi flateuſe
GALANT. 161
amorce
C'eſt courir fans fer
aux combats
Vous chers favoris de
Pom one
Qui beuvez fon jus à
longs traits
Contents des biens qu'elle
vous donne
Pour vous leVin eftfans
attraits Ne
Vous évitez cesfucs perfides
Qui rendent leurs beuMay 1712. O
162 MERCURE
veurs stupides
Ouquirenversefaraifon,
Et la liqueur traitreffe
&dure
Qui tranche & rompt.
mainte cointure
Eft pour vous un fatal
poifon.
Mais tels qu'une belle
Prairie
Qu'arrose un paisible
ruißeauties 20
Toujours verte toujours
fleurie Jackson is
TYM
JOIN
GALANT. 163
1.
N'offre rien aux yeux
que de beau,
Tels arrofez, du jus des
Pommes
Les Normand's entre
tous les hommes
Sontrobuftes &gracieux
Et grand gente en fa
2
courſe
Eft unfleuve qui dés la
fource
N'a rien eu que de
merveilleux
Ⓒ Cidre ! o celefte Ambroifie
O ij
164 MERCURE
Des dons que les Dieux
nous ontfaits ,
Quinteßence, Elixir de
vie ,
C'eft toy qui produis ces.
effets.
Poëtes , dans cette mer
d'ambre,
Dans ce charmant fus
de Septembre ,
Voyez fe jouer les Saphirs
Dieux, quelle exhalaifon
divine
S'elevant decettePifcine,
GALANT. 167
Mouille les ailes des Ze-
·
phirs.
Faut-il s'étonner fi la
Trouppe
Des Mufes, ces divines
Sœurs ,
Ayantgoûtédecette couppe...
En eftima tant les douceurs,
Side fon pays exilée
Elle enfut bien-toftconA folee, a
Ayantfait unplus digne
WM choixus
166 MERCURE
Enfinfifareconnoiffan
ce
Au Cidre donna lapuif
Cance
Que l'Hippocrene eut autrefois ?
學
Depuis cette heureuſe
arrivée
Le Cidre empreint d'un
feu divin
De lanature dépravée
Corrige le mauvais levain.
Dés-lors chez vous , belle
Neuftrie
GALANT. 167
Et la Sageße & Induf
trie
Trouverent uncharmant
Séjour.
Et l'on voit de vos riches
plages
Sortir de tous rangs , de
tous ages con
Mille grands hommes
chaque jour.
230
C'est ainsi, Deeßefincere's
Que vous répandez vos
faveurs
168 MERCURE
Sur chaque mortel qui
prefere
VoftreFus aux autres liqueurs.
Loin defouffrirqu'aucun
des vostres
Géde jamais la palme à
d'autres,
Vous comble leurs plus
douxfouhaits.
Vous, qui méprifez nos
breuvages ,
Poëtes dans le vin pew
fages,
Dorme , & n'écrivez
jamais.
la loüange du Vin de Bourgogne ; Mr Coffin Champenois Profeffeur de Secon
de au College de Beauvais,
répondit à l'Ode du fieur
Grenan, par une Ode pour la
défenſe du Vin de Bourgo.
gne,M' Duhamel Normand
154 MERCURE
Profeffeur de Rhetorique
au College des Graffins a
fait une Ode latine , fur le
Cidre en voicy la tra
duction.
LE CIDRE
ODE.
Qu'ellesfont ces voix
indifcrettes
Qui fe font entendre en
tous lieux?
Quoy, Mufes deuxfa
meux Poëtes
S'ofent quereller à vos
GALANT. 155
yeux?
Pourquelfujet leurvaine
audace.
Allarme-t-elle du ParI
naffe
Lespacifiques Habitans?
Pour du Vin ?je le crois
à
peine.
Quoy des buveurs de
L'Hippocrene
Le Vin feroit des combattans ?
Poëtes la Guerre eft
fatalle
156 MERGURE
Que caufe un vain entêtement:
La faute entre vous est
égálle
Pareilfera le chaftiment.
Car, pourquoy par vos
Vers infignes VV
Louer fi hautement, vos
Vignes
Et blafmerles autres Liqueurs?
Commefi Bourgogne &
Champagne
Seules du Pais de
Cocagne.
GALANT: 157
Renfermoient toutes les
douceurs.
Je veux bien que Bacchus excite
Le phlegme d'un trop
froid rimeur
Et que
irrite
du Guerrier il
Quelquesfois l'indolente
bumeur
Mais ce feu de peu de
durée
N'a qu'une ardeur accelerée
158 MERCURE
Qui naist & peris à la
fois
Et fi les deftins trop faciles
Laiffent vieillir ces imbecilles
La goutte
Babois.
les met aux
23
Mais Pomone tes
Privileges
Signalent bien mieux ta
liqueur
Tu mets dans ceux que
tu proteges
GALANT, 159
Un efpritfolide,ungrand
cœur
Témoins ces Heros dont
la gloire
Gravel au Temple de
memoire
Honore leur pofterité
Témoins les fçavans
dont la plume
Afçuparplus d'un beau
volume
S'acquerir l'immortalité.
Dieux, quelle Affemblée éclatante
160 MERCURE
D'eloquens & braves
CeZars !
Mufe, leur nombre m'épouvante,
Sauvons - nous, fuyons
les hazards.
Ce n'eft pas à mesfoibles
rithmes
A tracer les vertus fublimes
De ces grands foutiens
des Etats
Et vouloirfans voix &
Jansforce
Suivre une fi flateuſe
GALANT. 161
amorce
C'eſt courir fans fer
aux combats
Vous chers favoris de
Pom one
Qui beuvez fon jus à
longs traits
Contents des biens qu'elle
vous donne
Pour vous leVin eftfans
attraits Ne
Vous évitez cesfucs perfides
Qui rendent leurs beuMay 1712. O
162 MERCURE
veurs stupides
Ouquirenversefaraifon,
Et la liqueur traitreffe
&dure
Qui tranche & rompt.
mainte cointure
Eft pour vous un fatal
poifon.
Mais tels qu'une belle
Prairie
Qu'arrose un paisible
ruißeauties 20
Toujours verte toujours
fleurie Jackson is
TYM
JOIN
GALANT. 163
1.
N'offre rien aux yeux
que de beau,
Tels arrofez, du jus des
Pommes
Les Normand's entre
tous les hommes
Sontrobuftes &gracieux
Et grand gente en fa
2
courſe
Eft unfleuve qui dés la
fource
N'a rien eu que de
merveilleux
Ⓒ Cidre ! o celefte Ambroifie
O ij
164 MERCURE
Des dons que les Dieux
nous ontfaits ,
Quinteßence, Elixir de
vie ,
C'eft toy qui produis ces.
effets.
Poëtes , dans cette mer
d'ambre,
Dans ce charmant fus
de Septembre ,
Voyez fe jouer les Saphirs
Dieux, quelle exhalaifon
divine
S'elevant decettePifcine,
GALANT. 167
Mouille les ailes des Ze-
·
phirs.
Faut-il s'étonner fi la
Trouppe
Des Mufes, ces divines
Sœurs ,
Ayantgoûtédecette couppe...
En eftima tant les douceurs,
Side fon pays exilée
Elle enfut bien-toftconA folee, a
Ayantfait unplus digne
WM choixus
166 MERCURE
Enfinfifareconnoiffan
ce
Au Cidre donna lapuif
Cance
Que l'Hippocrene eut autrefois ?
學
Depuis cette heureuſe
arrivée
Le Cidre empreint d'un
feu divin
De lanature dépravée
Corrige le mauvais levain.
Dés-lors chez vous , belle
Neuftrie
GALANT. 167
Et la Sageße & Induf
trie
Trouverent uncharmant
Séjour.
Et l'on voit de vos riches
plages
Sortir de tous rangs , de
tous ages con
Mille grands hommes
chaque jour.
230
C'est ainsi, Deeßefincere's
Que vous répandez vos
faveurs
168 MERCURE
Sur chaque mortel qui
prefere
VoftreFus aux autres liqueurs.
Loin defouffrirqu'aucun
des vostres
Géde jamais la palme à
d'autres,
Vous comble leurs plus
douxfouhaits.
Vous, qui méprifez nos
breuvages ,
Poëtes dans le vin pew
fages,
Dorme , & n'écrivez
jamais.
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Résumé : LE CIDRE. ODE.
Le texte décrit une dispute littéraire entre trois professeurs de rhétorique concernant les mérites respectifs du vin de Bourgogne, du vin de Champagne et du cidre. Le professeur Grenan, originaire de Bourgogne, a composé une ode latine en l'honneur du vin de Bourgogne. En réponse, le professeur Coffin, Champenois, a écrit une ode pour défendre le vin de Champagne. Le professeur Duhamel, Normand, a ensuite composé une ode latine en faveur du cidre, dont une traduction est fournie. Dans son ode, Duhamel critique les querelles entre les poètes et souligne que les disputes sur le vin ne devraient pas diviser les habitants pacifiques. Il reconnaît que le vin peut exciter les passions, mais il souligne que ces effets sont de courte durée. Duhamel vante ensuite les mérites du cidre, affirmant qu'il procure un esprit solide et un grand cœur. Il cite des héros et des savants illustres qui ont bénéficié des bienfaits du cidre. Duhamel compare le cidre à une belle prairie toujours verte et fleurie, et loue les Normands pour leur robustesse et leur grâce. Il décrit le cidre comme une ambroisie, une quintessence de vie, capable de corriger les mauvaises mœurs. Il conclut en affirmant que le cidre répand ses faveurs sur tous ceux qui le préfèrent aux autres breuvages, et que ceux qui méprisent le cidre ne devraient pas écrire de poésie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1540
p. 183-184
RESPONSES à la seconde Question du Mercure précedent. / Chanson par Mr de Tr...
Début :
Verres grands & petits, sont dignes de louange, [...]
Mots clefs :
Verres à boire, Taille, Vin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RESPONSES à la seconde Question du Mercure précedent. / Chanson par Mr de Tr...
RESPONSES
à la feconde Queſtion du
Mercureprécedent.
Si dans un repas on doit
préferer les grands Verres
aux petits.
Chanfon par Mrde Tr...
Verres grands & petits , font
dignes de louange ,
Il m'en faut des plus grands
184 MERCURE
pour me defalterer :
Quandje voy le buffet bien
garni de coulange ;
Mais quand j'ay peu de vin,
vifte qu'on me les change
Fay recours aux petits pour le
faire durer
à la feconde Queſtion du
Mercureprécedent.
Si dans un repas on doit
préferer les grands Verres
aux petits.
Chanfon par Mrde Tr...
Verres grands & petits , font
dignes de louange ,
Il m'en faut des plus grands
184 MERCURE
pour me defalterer :
Quandje voy le buffet bien
garni de coulange ;
Mais quand j'ay peu de vin,
vifte qu'on me les change
Fay recours aux petits pour le
faire durer
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1541
p. 186-187
RESPONSE par le bon Convive
Début :
Les petits Verres font jaser [...]
Mots clefs :
Verres à boire, Taille, Boire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RESPONSE par le bon Convive
RESPONSE
parle bon Convive
Les petits Verres font jaſer
Dans le commerce de la table ,
Ils fervent à nous amuſer,
Et c'est ce que le vin a de plus
GALANT. 187
agreable.
Boire à grands coups c'est
abuſer
D'une liqueurfi delectable.
parle bon Convive
Les petits Verres font jaſer
Dans le commerce de la table ,
Ils fervent à nous amuſer,
Et c'est ce que le vin a de plus
GALANT. 187
agreable.
Boire à grands coups c'est
abuſer
D'une liqueurfi delectable.
Fermer
1542
p. 188-189
RESPONSES aux Questions par le mesme
Début :
Un Yvrogne boiroit volontiers au tonneau, [...]
Mots clefs :
Amour et haine, Taille, Verres à boire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RESPONSES aux Questions par le mesme
RESPONSES
aux Queſtions par le
mefme.
Premiere Queſtion.
Si l'on doit préferer dans
un repas les grands Verres
aux petits.
UnYvrogneboiroit volontiers
au tonneau ,
Un vaste gobelet ne peut le
fatisfaire;
Pour moy plus délicať, je croy
beaucoup mieux faire
Quandje vuide fouvent fans
cau›
GALANT. 18
霰
Grande bouteille , &petit
Verre.
SECONDE QUESTION.
Si l'on peut haïr ce qu'on
a une fois bien aimé,
Refponſe.
Quand d'une trahifon la cou
pable noirceur
Vient arracher la tendresse
d'un cœur ,
L'amourfait place à lafureur.
Pour un cœur delicat la maxime eft certaine ,
Aquifceut bien aimer , il n'eft
point de retour ,
Et la mesure de l'amour
Fait la mesure de la haine
aux Queſtions par le
mefme.
Premiere Queſtion.
Si l'on doit préferer dans
un repas les grands Verres
aux petits.
UnYvrogneboiroit volontiers
au tonneau ,
Un vaste gobelet ne peut le
fatisfaire;
Pour moy plus délicať, je croy
beaucoup mieux faire
Quandje vuide fouvent fans
cau›
GALANT. 18
霰
Grande bouteille , &petit
Verre.
SECONDE QUESTION.
Si l'on peut haïr ce qu'on
a une fois bien aimé,
Refponſe.
Quand d'une trahifon la cou
pable noirceur
Vient arracher la tendresse
d'un cœur ,
L'amourfait place à lafureur.
Pour un cœur delicat la maxime eft certaine ,
Aquifceut bien aimer , il n'eft
point de retour ,
Et la mesure de l'amour
Fait la mesure de la haine
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Résumé : RESPONSES aux Questions par le mesme
Le texte discute de deux sujets. Premièrement, l'auteur préfère les petits verres pour éviter l'excès lors des repas. Deuxièmement, il explique que la trahison peut transformer l'amour en haine. Pour un cœur délicat, l'intensité de l'amour initial détermine celle de la haine ultérieure.
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1543
p. 190-191
PARODIE de la seconde Enigme du Mercure précdent, Par Madame de G....
Début :
Porte-feüille contient des thresors de science, [...]
Mots clefs :
Portefeuille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARODIE de la seconde Enigme du Mercure précdent, Par Madame de G....
PARODIE
de la feconde Enigme
du Mercure précedent ,
Par Madame de G...
Portefeuille contient
des threfors de fcience ,
Poëte, Docteur & Greffier,
Se plaifent à remplir fa
panfe:
Porte feuilles ouverts font
utiles en France ;
Portefeuilles fermez plai
fent à l'ufurier :
Car rareté d'argent leur
produitl'abondance ,
GALANT. 191
Leporte-feuille enfin porté par l'écolier ,
Souftient les hommes de
finance
de la feconde Enigme
du Mercure précedent ,
Par Madame de G...
Portefeuille contient
des threfors de fcience ,
Poëte, Docteur & Greffier,
Se plaifent à remplir fa
panfe:
Porte feuilles ouverts font
utiles en France ;
Portefeuilles fermez plai
fent à l'ufurier :
Car rareté d'argent leur
produitl'abondance ,
GALANT. 191
Leporte-feuille enfin porté par l'écolier ,
Souftient les hommes de
finance
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1544
p. 191-192
Response à la Question,
Début :
Il n'est rien tel que les grands hommes, [...]
Mots clefs :
Taille, Homme, Ragotin
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texteReconnaissance textuelle : Response à la Question,
Refponfe à la Queſtion ,
S'il eft plus avantageux à
un homme d'eftre d'une grande
taille que d'une petite .
Il n'est rien tel que les
grands hommes,
Pour bien cueillir poires
&
pommes :
Pour cueillir fraiſes aux
bois vivent les plus petits.
Petits dépensent moins en
192 MERCURE
vivres , en habits ;
Et les grands en fouliers ,
la cauſe en eft abftraite ,
C'est qu'ils font moins de
pas dans une égale traite.
Ergo les plus petits battent
plus le pavé,
Baguenaudiere haut élevé,
Dans unſpectacle a l'avantage ,
Pendant que Ragotin enrage ;
Mais auffi Ragotin derrie
re un parapet ,
Sans faire le plongeon ;
craint bien moins le mouf
quer.
R
S'il eft plus avantageux à
un homme d'eftre d'une grande
taille que d'une petite .
Il n'est rien tel que les
grands hommes,
Pour bien cueillir poires
&
pommes :
Pour cueillir fraiſes aux
bois vivent les plus petits.
Petits dépensent moins en
192 MERCURE
vivres , en habits ;
Et les grands en fouliers ,
la cauſe en eft abftraite ,
C'est qu'ils font moins de
pas dans une égale traite.
Ergo les plus petits battent
plus le pavé,
Baguenaudiere haut élevé,
Dans unſpectacle a l'avantage ,
Pendant que Ragotin enrage ;
Mais auffi Ragotin derrie
re un parapet ,
Sans faire le plongeon ;
craint bien moins le mouf
quer.
R
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Résumé : Response à la Question,
Le texte compare les avantages et inconvénients des personnes de grande et petite taille. Les grands sont mieux pour cueillir des fruits élevés, tandis que les petits sont plus efficaces pour les fruits bas. Les petits dépensent moins pour les vivres et habits, mais usent plus le pavé. Dans un spectacle, les petits voient mieux, mais les grands se protègent plus facilement.
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1545
p. 212-217
LE TEMPLE de l'Effronterie. Cantate nouvelle. Par Mr AUBOUYN.
Début :
Je me jette, en tremblant au pied de tes autels, [...]
Mots clefs :
Effronterie, Autels, Temple, Fortune
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texteReconnaissance textuelle : LE TEMPLE de l'Effronterie. Cantate nouvelle. Par Mr AUBOUYN.
LE TEMPLE
de l'Effronteric.
Cantate nouvelle.
Par Mr AUBOUYN.
JEmejette, en tremblanı,
sau pied de tes autels ,
Seule reffource des mor
tels ,
Reine de ces climats , utile
EFFRONTERIE :
Je tevouëaujourd'huy mes
foins & mon ardeur >
Mais c'eſt en vain que je te
prie ,
On ne t'approche point ;
GALANT. 213
conduit par la pudeur.
Quel mortel icy fe prefente ,
Quel abord bruyant , quel
éclat !
La voix haute , l'ame coutente ...
Je le reconnois , c'eſt un
fat.
Suivons - le , j'entre , quels
myftetes ,
Quels fecrets inconnus fe
revelent à moy !
Sageffe , modeftic , au bonheur fi contraires ,
214 MERCURE
Loin de moy , loin vertus
vulgaires ;
On ne vous fouffre point
aux lieux où je me voy.
Une extreme confiance
Y regne dans les efprits :
L'orgueil & la fuffilance
A tout y donnent le prix.
La vanité fait le langage ,
Qu'on y debite avec hauteur :
On n'yvoit point d'obſcur
autheur ,
On n'y lit point de foible
ouvrage ;
Le plus fol's'y donne pour
fage,
GALANT. 2i5
Le poltron pour homme
de cœur,
La fortune,aveugle Déeffe,
Eft affife au milieu de ce
peuple impofteur :
De fon culte inconftant ,
fouveraine Preftreffe ,
L'Impudence , luy fçait
faire agréer fans ceffe
Quelque nouvel adorateur.
Rarement le merite au
premier rang s'efleve ,
De trop de retenuë on lë
voit combattu ;
Atout moment l'audace
216 MERCURE
enleve
Ce l'on doitàla vertu.
que
Par quels détours , quelle
baffeffe
Obtient- on ces honneurs ,
dont nos yeux font
déçus ?
Il faut fe déguifer fans
ceffe ,
Devorer mille affronts ,
effuyer cent refus :
Dans le mépris , cacher le
dépit qui nous preffe ...
Mais tu fremis, mon cœur,
au feul nom de mépris ,
Et tu ne voudrois pas du
bonheur
GALANT. 217
bonheur à ce prix.
Modeftie, ô vertu , qu'un
moment j'ay quittée
Pour ce vain éclat , que je
haïs,
La Fortune avec ces bienfaits
Par tant de lafchetez feroit
trop achetée ,
Dans mon obſcurité je
rentre pour jamais
de l'Effronteric.
Cantate nouvelle.
Par Mr AUBOUYN.
JEmejette, en tremblanı,
sau pied de tes autels ,
Seule reffource des mor
tels ,
Reine de ces climats , utile
EFFRONTERIE :
Je tevouëaujourd'huy mes
foins & mon ardeur >
Mais c'eſt en vain que je te
prie ,
On ne t'approche point ;
GALANT. 213
conduit par la pudeur.
Quel mortel icy fe prefente ,
Quel abord bruyant , quel
éclat !
La voix haute , l'ame coutente ...
Je le reconnois , c'eſt un
fat.
Suivons - le , j'entre , quels
myftetes ,
Quels fecrets inconnus fe
revelent à moy !
Sageffe , modeftic , au bonheur fi contraires ,
214 MERCURE
Loin de moy , loin vertus
vulgaires ;
On ne vous fouffre point
aux lieux où je me voy.
Une extreme confiance
Y regne dans les efprits :
L'orgueil & la fuffilance
A tout y donnent le prix.
La vanité fait le langage ,
Qu'on y debite avec hauteur :
On n'yvoit point d'obſcur
autheur ,
On n'y lit point de foible
ouvrage ;
Le plus fol's'y donne pour
fage,
GALANT. 2i5
Le poltron pour homme
de cœur,
La fortune,aveugle Déeffe,
Eft affife au milieu de ce
peuple impofteur :
De fon culte inconftant ,
fouveraine Preftreffe ,
L'Impudence , luy fçait
faire agréer fans ceffe
Quelque nouvel adorateur.
Rarement le merite au
premier rang s'efleve ,
De trop de retenuë on lë
voit combattu ;
Atout moment l'audace
216 MERCURE
enleve
Ce l'on doitàla vertu.
que
Par quels détours , quelle
baffeffe
Obtient- on ces honneurs ,
dont nos yeux font
déçus ?
Il faut fe déguifer fans
ceffe ,
Devorer mille affronts ,
effuyer cent refus :
Dans le mépris , cacher le
dépit qui nous preffe ...
Mais tu fremis, mon cœur,
au feul nom de mépris ,
Et tu ne voudrois pas du
bonheur
GALANT. 217
bonheur à ce prix.
Modeftie, ô vertu , qu'un
moment j'ay quittée
Pour ce vain éclat , que je
haïs,
La Fortune avec ces bienfaits
Par tant de lafchetez feroit
trop achetée ,
Dans mon obſcurité je
rentre pour jamais
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Résumé : LE TEMPLE de l'Effronterie. Cantate nouvelle. Par Mr AUBOUYN.
La cantate 'Le Temple de l'Effronterie' de Mr Aubouyn célèbre l'Effronterie comme la ressource ultime des mortels. Le narrateur souhaite lui rendre hommage mais reconnaît son inaccessibilité, car elle est guidée par la pudeur. Un personnage arrogant, qualifié de fat, pénètre dans le temple où règnent l'orgueil, la suffisance et la vanité. La sagesse et la modestie y sont absentes, et la fortune y est aveugle. L'impudence y est couronnée, et l'audace éclipse souvent le mérite. Obtenir des honneurs nécessite de supporter des affronts et des refus. Le narrateur exprime son dégoût pour ce système et préfère la modestie, choisissant de rester dans l'obscurité plutôt que d'accepter un bonheur acquis par l'effronterie.
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1546
p. 285-290
PIECE NOUVELLE. LA VIOLETTE.
Début :
Je fus jadis une Nymphe assez belle [...]
Mots clefs :
Nymphe, Violette, Berger, Amour, Amant, Vertu, Séduire
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texteReconnaissance textuelle : PIECE NOUVELLE. LA VIOLETTE.
PIECE NOUVELLE
LA VIOLETTE.
JE. fus jadis une Nymphe
affez belle
Pour charmer Apollon &
n'attirer les vœux : ... ^.
Mais aux loix du devoir je
fus affez fidelle
Pourdemeurer toûjours infenfible aà fes feux..
Exilé du fejour celefte
Il paiffoit les troupeaux du
riche époux d'Alceſte.
Comme Berger , l'Amour
286 MERCURE
eut des droits fur fon
cœur;
Et comme Dieu , fon rang
& fa naiffance
Lui donnoient trop de confiance
Pour cacher long- temps
tofonardeur.
'Aux champs Theffaliens fi
j'allois chercher Flore,
Je n'y trouvois que lui :
Je le fuis dans les bois , Dia
ne que j'implore
Y devient mon appui.
Evitez , me dit-elle , évitez
·les montagnes ,
Evitez les vaftes campa
gnes,
GALANT. 287
Ces lieux font trop ouverts
aux regards d'Apollon.
A ces mots tremblante ,
certaine ,
inJe croyois me cacher au
bord d'une fontaine ,
Dans unbuiffon épais, dans
le creux d'un vallon ,
Afiles fûrs , s'il eût été pof
fible
D'en trouver contre un tel
Amant ,
De l'un de ſes tranſports
portant le châtiment ,
Periffent les attraits qui
l'ont rendu fenfible ,
M'écriai- je , Diane , exauce
288 MERCURE
mes fouhaits ,
Je quitte fans regret ma
blancheur éclatante ,
D'un voile prefque noir
j'obfcurcis mesattraits ,
Et modefte & rampante
Je tombe vers la terre , &
deviens une fleur.f
ADiane j'en fuis plus chere,,
Lavertu dont je garde en
cor le caractere
M'a confervé ma douce
odeur ::
C'eft à ce titre que j'efpere
Chez toy, fage Uranie, un
favorable accueil.
Simodefte aumilieu de tout
ces
GALANT. 289
ce qui peut faire
Le fujet du plus juſte orgüeil ,
Aux applaudiffemens ton
cœur fçait fe fouftraire ;
Sil'Amour te trouva moins.
fevere que moy,
C'eſt que la vertu même
en demandant ta foy,
Anima les ardeurs de qui
vouloit te plaire...!
Mais à tes côtez j'apperçoy
L'Amant qui cauſe ma colere :
Que dis-je ? ce n'eſt plus le
Berger temeraire ,
C'eft le Dieu tutelaire
May1712.
Bb
190 MERCURE
Des fages , des fçavans qu'il
range fous taloy.
Il ne cherche plus à feduire
Quiconque voudra l'écou
ter ;
S'il veut charmer, c'eft pour
inftruire ,
De tes fages leçons il a fçû
profiter.
LA VIOLETTE.
JE. fus jadis une Nymphe
affez belle
Pour charmer Apollon &
n'attirer les vœux : ... ^.
Mais aux loix du devoir je
fus affez fidelle
Pourdemeurer toûjours infenfible aà fes feux..
Exilé du fejour celefte
Il paiffoit les troupeaux du
riche époux d'Alceſte.
Comme Berger , l'Amour
286 MERCURE
eut des droits fur fon
cœur;
Et comme Dieu , fon rang
& fa naiffance
Lui donnoient trop de confiance
Pour cacher long- temps
tofonardeur.
'Aux champs Theffaliens fi
j'allois chercher Flore,
Je n'y trouvois que lui :
Je le fuis dans les bois , Dia
ne que j'implore
Y devient mon appui.
Evitez , me dit-elle , évitez
·les montagnes ,
Evitez les vaftes campa
gnes,
GALANT. 287
Ces lieux font trop ouverts
aux regards d'Apollon.
A ces mots tremblante ,
certaine ,
inJe croyois me cacher au
bord d'une fontaine ,
Dans unbuiffon épais, dans
le creux d'un vallon ,
Afiles fûrs , s'il eût été pof
fible
D'en trouver contre un tel
Amant ,
De l'un de ſes tranſports
portant le châtiment ,
Periffent les attraits qui
l'ont rendu fenfible ,
M'écriai- je , Diane , exauce
288 MERCURE
mes fouhaits ,
Je quitte fans regret ma
blancheur éclatante ,
D'un voile prefque noir
j'obfcurcis mesattraits ,
Et modefte & rampante
Je tombe vers la terre , &
deviens une fleur.f
ADiane j'en fuis plus chere,,
Lavertu dont je garde en
cor le caractere
M'a confervé ma douce
odeur ::
C'eft à ce titre que j'efpere
Chez toy, fage Uranie, un
favorable accueil.
Simodefte aumilieu de tout
ces
GALANT. 289
ce qui peut faire
Le fujet du plus juſte orgüeil ,
Aux applaudiffemens ton
cœur fçait fe fouftraire ;
Sil'Amour te trouva moins.
fevere que moy,
C'eſt que la vertu même
en demandant ta foy,
Anima les ardeurs de qui
vouloit te plaire...!
Mais à tes côtez j'apperçoy
L'Amant qui cauſe ma colere :
Que dis-je ? ce n'eſt plus le
Berger temeraire ,
C'eft le Dieu tutelaire
May1712.
Bb
190 MERCURE
Des fages , des fçavans qu'il
range fous taloy.
Il ne cherche plus à feduire
Quiconque voudra l'écou
ter ;
S'il veut charmer, c'eft pour
inftruire ,
De tes fages leçons il a fçû
profiter.
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Résumé : PIECE NOUVELLE. LA VIOLETTE.
La pièce 'La Violette' narre l'histoire d'une nymphe autrefois belle et aimée. Par fidélité à son devoir, elle repousse les avances d'Apollon et est exilée, devenant bergère. Elle rencontre l'Amour, qui la séduit. Pour échapper à l'Amour, elle se réfugie dans les bois et implore Diane. Diane lui conseille d'éviter les lieux ouverts aux regards d'Apollon. Désespérée, la nymphe souhaite perdre sa beauté. Diane exauce son vœu, et elle se transforme en violette, conservant une douce odeur. La violette espère l'accueil favorable de la sage Uranie, malgré la présence de l'Amour, désormais protecteur des sages et des savants, cherchant à instruire plutôt qu'à séduire.
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1547
p. 3-11
La mauvaise Honte.
Début :
Ce n'est pas d'aujourd'huy que pauvreté fait honte: [...]
Mots clefs :
Vin, Honte, Cuisinier, Pauvreté, Viande
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texteReconnaissance textuelle : La mauvaise Honte.
La mauvaiſe Honte.
CE n'est pas d'aujour
d'huyque pauvreté
fait bonte :
Unjour certain Marquis
ou Comte ,
Juin 1712.
A ij
MERCURE
a
Tres bon enfant d'ailleurs,
maispauvre &glorieux,
Parnouspique d'honneur,
nepouvantfaire mieux,
Confent à regaler noftre
bachique troupes
Averty des la veille il
* nous donne fafcupe
Soupefimple, mais de bon
goufi,
Un bon bouilli , point de
ragouft.
Son Cuifinier (dit-il , car
c'eftoit une excuſe
De Cuisinier jamais il
GALANT:
nafe)
Mon Cuifinier, dit- ilfur
qui j'avois compté
Juftement à midy du mal
caduc tombe
Nous oblige , Meffieurs ,
à vivre de regime ,
Tant mieux,refpond quel
qu'un , c'est la bonne·
maxime ,
Viandefimple , bon pain ,
bon vin ,
Bon cœur & liberté font
un repas divin.
Noftre hofte rougiffant de
Aiij
5 MERCURE
fon excufefade ,
Autre excufe nous donne
avec une falade ,
Excufe de n'avoir d'autre
roft qu'ungigots
On ne croit point les
en ce cas à leur mot
ད
gens
Tel ne s'excuſe ainsi que
parfanfaronade,
Nous efperions du moins
oupoulets oupigeons
Sur ce petit efpoir lentement nous mangeons ,
Pendant qu'il nous promet , mais pour l'autre
GALANT. 7
femaine,
Vingt pieces de gibier qui
Tuy viendront du
Maine ,
Jurant qu'en unfeuljour
tour nous fera fervi :
Ce prodigue ferment à
l'inftantfut fuivi
D'une langue de bœuf,
quefuivoit unfromage,
A cet afpect d'abord je
fais en hommefage ,
Arreft fur le gigot qu'on
veut nous enlever ,
Il eftoit merveilleux , chaAiiij
* MERCURE
cun veut l'achever...
C'a quel vin boirons-nous,
dit-il , pour duChampagne
Je croy que nous n'en avons pas
Mon vin de Bourgogne
eft au bas
Maisil me vient demain
d'excellent vin d'Ef
pagne,
Paffons-nous aujourd'huy
de ce vinde moncro
Il eftoit bon, il en fut bu
Contrit , konteux le pau-
GALANT.
vre Comte ,
Alongs traits avalloitfa
Fonte:
Afa konte qui s'evada.
La finceritefucceda,
Trouble d'une fincere yvreſſe ,
Il nous dit où le baft le
bleffe:
Helas ! dit-il , aprés quel
ques foupirs vineux
Pauvrete c'est mon tort ,
j'en eftois konteux ,
Voyantjufqu'à quelpoint
pauvreté deshonore:
10 MERCURE
Par ce mauvais repas .
ony j'aimois mieux.
encore
Que l'on me foupçonnaft
d'eftre avaricieux;
Dans le vin je raifonne
mieux
Lapauvreté n'eft pas un
vice ,
Et c'en eft unque
rice :
LavaMais puis qu'apresent
chacun croit
Ce que je croyois defang
froid ,
GALANT.
BI
Qu'argent honore plus que
vertu , que nobleffe ,
Croire autrement c'est une
yureffe ,
C'est ce qu'a décidéle vice
revefti
Desdépouilles de la vertu
CE n'est pas d'aujour
d'huyque pauvreté
fait bonte :
Unjour certain Marquis
ou Comte ,
Juin 1712.
A ij
MERCURE
a
Tres bon enfant d'ailleurs,
maispauvre &glorieux,
Parnouspique d'honneur,
nepouvantfaire mieux,
Confent à regaler noftre
bachique troupes
Averty des la veille il
* nous donne fafcupe
Soupefimple, mais de bon
goufi,
Un bon bouilli , point de
ragouft.
Son Cuifinier (dit-il , car
c'eftoit une excuſe
De Cuisinier jamais il
GALANT:
nafe)
Mon Cuifinier, dit- ilfur
qui j'avois compté
Juftement à midy du mal
caduc tombe
Nous oblige , Meffieurs ,
à vivre de regime ,
Tant mieux,refpond quel
qu'un , c'est la bonne·
maxime ,
Viandefimple , bon pain ,
bon vin ,
Bon cœur & liberté font
un repas divin.
Noftre hofte rougiffant de
Aiij
5 MERCURE
fon excufefade ,
Autre excufe nous donne
avec une falade ,
Excufe de n'avoir d'autre
roft qu'ungigots
On ne croit point les
en ce cas à leur mot
ད
gens
Tel ne s'excuſe ainsi que
parfanfaronade,
Nous efperions du moins
oupoulets oupigeons
Sur ce petit efpoir lentement nous mangeons ,
Pendant qu'il nous promet , mais pour l'autre
GALANT. 7
femaine,
Vingt pieces de gibier qui
Tuy viendront du
Maine ,
Jurant qu'en unfeuljour
tour nous fera fervi :
Ce prodigue ferment à
l'inftantfut fuivi
D'une langue de bœuf,
quefuivoit unfromage,
A cet afpect d'abord je
fais en hommefage ,
Arreft fur le gigot qu'on
veut nous enlever ,
Il eftoit merveilleux , chaAiiij
* MERCURE
cun veut l'achever...
C'a quel vin boirons-nous,
dit-il , pour duChampagne
Je croy que nous n'en avons pas
Mon vin de Bourgogne
eft au bas
Maisil me vient demain
d'excellent vin d'Ef
pagne,
Paffons-nous aujourd'huy
de ce vinde moncro
Il eftoit bon, il en fut bu
Contrit , konteux le pau-
GALANT.
vre Comte ,
Alongs traits avalloitfa
Fonte:
Afa konte qui s'evada.
La finceritefucceda,
Trouble d'une fincere yvreſſe ,
Il nous dit où le baft le
bleffe:
Helas ! dit-il , aprés quel
ques foupirs vineux
Pauvrete c'est mon tort ,
j'en eftois konteux ,
Voyantjufqu'à quelpoint
pauvreté deshonore:
10 MERCURE
Par ce mauvais repas .
ony j'aimois mieux.
encore
Que l'on me foupçonnaft
d'eftre avaricieux;
Dans le vin je raifonne
mieux
Lapauvreté n'eft pas un
vice ,
Et c'en eft unque
rice :
LavaMais puis qu'apresent
chacun croit
Ce que je croyois defang
froid ,
GALANT.
BI
Qu'argent honore plus que
vertu , que nobleffe ,
Croire autrement c'est une
yureffe ,
C'est ce qu'a décidéle vice
revefti
Desdépouilles de la vertu
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Résumé : La mauvaise Honte.
En juin 1712, un marquis ou comte invite des amis à un repas modeste, s'excusant d'avance pour le menu simple : une soupe et un bouilli sans ragout, en raison de la maladie de son cuisinier. Un convive répond que la simplicité, le bon pain, le bon vin, le bon cœur et la liberté suffisent pour un repas divin. L'hôte, gêné, s'excuse de nouveau pour le manque de viande, promettant du gibier pour la semaine suivante. Il sert ensuite une langue de bœuf avec du fromage. Un convive tente de garder le gigot et demande quel vin ils boiront. L'hôte propose son vin de Bourgogne, attendant du vin d'Espagne. Après le repas, le comte avoue sa honte face à sa pauvreté, préférant être soupçonné d'avarice. Il exprime sa tristesse de voir que la pauvreté déshonore plus que l'avarice et que la société valorise l'argent plus que la vertu.
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1548
p. 49-53
LE VIEIL OYSEAU. Fable.
Début :
Un vieux Rossignol de ce bois [...]
Mots clefs :
Oiseau, Cocuage, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE VIEIL OYSEAU. Fable.
LE VIEIL OYSEAU.
FABLE.
UNvieux Roffignol de
ce bois
Laiffa femmejeune & fringante :
Auffitôt d'amans plus de
trente ,
Et chacun d'étaler fa voix ,
On ne vit onc mufique fi
charmante.
Pas un ne plut pourtant,c'étoient oyfeaux de Cour,
Juin 1712 E
.
MERCURE
Leftes d'atour,
Le col beau , la plume luifante ,
Au furplus pas un fol de
rente.
La belle aimoit l'argent , &
qui n'en avoit pas
Eftoit elle fans appas. pour
Tendres regards , douces
paroles
N'y faifoient rien, il faloit
des piftoles.
Ce fut par là qu'en vint à
bouti
Un riche oyfeau de ce bocage;
Richeje dis,car c'étoir tout:
GALANT.
Durefte vieux , de noir plu
mage ,
Oyfeau d'un étrange jargon ,
Caron dit qu'il parloitGaſIl n'étoit femine un peu jolie
Dans tous nos bois ,
A quicent fois / m
Enfon patois
Il n'eût conté fon amou
reuſe envie.odi
L'affreuſe pieyo emmc0
Et la fauyette tour à tour
Avoient écouté fon amour,
Sans en avoir l'ame atten
drie. Eij
4
"
152 MERCURE
Mais enfin il plaît en ce
jour,
Et fans retour
Il fe marie :
L'affaire fe conclut, dit-on,
Avant que le printemps expire.
Tous les oyfeaux n'en font
que rire ,
Et s'en vont chantant fur
ce ton :
Quand on a l'âge
De foixante ans ,
Comme l'oyfeau du noir
plumage ,
Plus de bon temps ;
En mariage
GALANT 33
Le cocủage
N'eft pas le mal
Le plus fatal ;
Ce qu'on doit craindre da
vantage
En mariage
Quand on a l'âge
De foixante ans ,
Eft d'aller voir en peu de
remps
Le noir rivag
FABLE.
UNvieux Roffignol de
ce bois
Laiffa femmejeune & fringante :
Auffitôt d'amans plus de
trente ,
Et chacun d'étaler fa voix ,
On ne vit onc mufique fi
charmante.
Pas un ne plut pourtant,c'étoient oyfeaux de Cour,
Juin 1712 E
.
MERCURE
Leftes d'atour,
Le col beau , la plume luifante ,
Au furplus pas un fol de
rente.
La belle aimoit l'argent , &
qui n'en avoit pas
Eftoit elle fans appas. pour
Tendres regards , douces
paroles
N'y faifoient rien, il faloit
des piftoles.
Ce fut par là qu'en vint à
bouti
Un riche oyfeau de ce bocage;
Richeje dis,car c'étoir tout:
GALANT.
Durefte vieux , de noir plu
mage ,
Oyfeau d'un étrange jargon ,
Caron dit qu'il parloitGaſIl n'étoit femine un peu jolie
Dans tous nos bois ,
A quicent fois / m
Enfon patois
Il n'eût conté fon amou
reuſe envie.odi
L'affreuſe pieyo emmc0
Et la fauyette tour à tour
Avoient écouté fon amour,
Sans en avoir l'ame atten
drie. Eij
4
"
152 MERCURE
Mais enfin il plaît en ce
jour,
Et fans retour
Il fe marie :
L'affaire fe conclut, dit-on,
Avant que le printemps expire.
Tous les oyfeaux n'en font
que rire ,
Et s'en vont chantant fur
ce ton :
Quand on a l'âge
De foixante ans ,
Comme l'oyfeau du noir
plumage ,
Plus de bon temps ;
En mariage
GALANT 33
Le cocủage
N'eft pas le mal
Le plus fatal ;
Ce qu'on doit craindre da
vantage
En mariage
Quand on a l'âge
De foixante ans ,
Eft d'aller voir en peu de
remps
Le noir rivag
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Résumé : LE VIEIL OYSEAU. Fable.
La fable 'Le Vieil Oiseau' relate l'histoire d'un vieux rossignol vivant dans un bois, marié à une jeune et joyeuse épouse. De nombreux prétendants, tous des oiseaux de cour, tentent de séduire la jeune femme avec leurs chants et leurs apparences soignées, mais elle préfère l'argent. Un riche rossignol du bocage, bien que laid et parlant un langage étrange, parvient à la séduire grâce à sa richesse. Malgré les moqueries des autres oiseaux, le couple se marie avant l'arrivée du printemps. La morale de la fable est que, à un âge avancé, le cocuage n'est pas le pire mal en mariage, mais plutôt le risque de mourir rapidement après le mariage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1549
p. 96-108
ISMENE. EGLOGUE.
Début :
De ton égarement, ami, que dois-je croire ? [...]
Mots clefs :
Iphis, Philémon, Amour, Liberté, Injustice, Bergers, Ismène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ISMENE. EGLOGUE.
IS ME N. E..
EGLOGUE..
IPHIS..
DEtonégarement, ami,
que dois- je croire ?
La Seine à tes regards paroît toûjours la Loire,
Tu parles de bergers in
connus fur ces bords ,
Tu parcours nos forêts témoins de tes tranſports
Et l'Echo loin de toy redit
le nom d'Ifmene....
PHL
GALANT
PHILEMON.
Ciel devois - je quitter les
rives de la Seine ?
J'y voyois fans peril les plus
brillans attraits ;
L'Amour pour medompter
n'y trouvoit point
de traits :
Tranquile, je goûtois dans
nos fombres bocages
Leparfum de leurs feurs ,
le frais de leurs ombrages ,BomĀ …. I
Et fur le verd gazon , qu'ils
ont foin d'abreuver ,
Le feul bruit des ruiffeaux
m'apprenoit à rêver. T
Juin 1712.
Bayern the Steeth brotnak
98 MERCURE
Iphis,moncher Iphis, plains
mon fort déplorable ,
Lerepos de mon cœur n'a
za pas été durable
Et le fils de Venus de mon
calme irrité 7
M'a fait payer bien cher
ma courte liberté, vel
IPHIS.
Crois-moy,nos cœurs font
faits pour cet aimable
maître ,
Et l'Amourn'eft vaincu que
quand il veutbien l'être. ⠀
Echapé defes noeuds , &rebele à fes loix , ed
Tuméprilois des fersbaifez
GALANT
escent & cent fois ,
Et cu penfois devoir par de
4
conftans outrages
Reparer ta foibleffe & res
premiers hommages.
Je tremblois , & je crois te
l'avoir dir un jour ,
Unbergerdoit moins craindre encor Pan que
l'Amour,
300 ༡ ༩
PHILEMON.
Helas ! mon cherIphis , par
Sp des coups legitimes
Il a juftifié fes droits & res
maximes!
Lecruel m'attendoit fur un
bord étranger...
I ij
100 MERCURE
IPHIS.
N'es - tu pas trop heureux
qu'il daigne fe vanger?
PHILEMON.
Je le vois bien : toûjours
content de fon empire ,
Tu juges de mon feu par
celui qu'il t'inſpire ,
Et ton cœur prévenu pour
le Dieu que tu fers ,
Comblé de fes plaifirs n'apperçoit pas les fers.
Non, non, je ne fuis pas de
ces heureux coupables ,
Que l'Amour ne punit que
pa: des coups aimables,
Qui dans fes châtimens é-
GALANT. 101
1
prouvent fes douceurs A
Etfemblent par leur crime
attirer les faveurs.
IPHIS.
J Ah ! berger , quel que foit
l'excés deton fupplice,
Jefuis fûr que l'Amour n'a
point fait d'injuftice
Et quels que foient les
mauxque ton cœur peut
fouffrir;
Je fuis bien fûr encor qu'il
n'en veut pas guerir.
Mais du fils de Venus apprens-moy la victoire.
PHILEMON.
Iphis , j'errois un jour fur les
I iij
102 MERCURE
art bords de la Loire,
Sans fonger à ce Dieu que
javois outrage I
Je vis l'aimable Ifmene, &
TAmour furvangé.
N'attens pas qu'aujourd'hui
jete peigne les charmes,
Cher Iphis , je reffens de
trop vives alarmes ,
Et fi j'entreprenois de tracer fon portrait,
J'y mêlerois , helas ! mon
defordre fecret.
Mais que mon trouble ferve a t'exprimerIfmene ,
Et connois fes appas par
l'excés de ma peine.
}
GALANT. 103
Cet objet qui m'a ſçû pour
jamais engager , n62
Eft foûmis au pouvoir d'un
injufte berger,
Qui negligeant des feux
que 1 hymen autorife ,
Ignore tout le prix d'un
bonheur qu'il méprife.
Te le dirai-je , Iphis ? dans
ces lieux fi charmans
L'Amour n'a pas encor formé de vrais amans :
Ifmene y brille en vain , &
le Dieu de Cithere
Perd mille exploits galans
1. que par elle il peut faire ;
ne s'y trouve point de ces H
I iiij
104 MERCURE
cœurs delicats
Qui feuls fçauroient d'If.
meneadorer lesappas,
IPHIS.
Que je plains ces bergers!
Philemon , quel domimage
Que de leurs, doux climats
ils ignorent l'ufage,
Et que toujours contens
d'un ennuyeux repost, I
Ils ne faffent jamais foûpirer
les Echos.
PHILEMON.
Ilmene quelquefois dans
ces belles retraites.
Va cacher ſes appas & fes
GALANT. 195
peines fecretes :
J'ai vu tous les reduits témoins de fes douleurs ,
Et farbre qui fouvent eft
baigné de fes pleurs.
Cet arbre fi cheri redou
bloit mes alarmes ,
Helas ! je l'ai moy- mêmearrofé de mes larmes ,
Et mon amour tremblant
fe trouvoit trop heẹureux ,
Lorfque fous fes rameaux il
révoit à fes feux.
IPHIS.
N'as - tu donc confie qu'à
get arbre fidelle
106 MERCURE
Lefincere recit d'uneflâme
fibelle ?
PHILEMON.
J'ignore , cher Iphis , fi ma
bouche a parlé :
En abordant Ifmene inquiet & troublé,
Maraifon s'égaroit , & ma
timide flame
Jettoit dans mes difcours le
trouble de mon
ame.
Quels momens a perdus
mon amour interdit !
Je pouvois m'expliquer...
IPHIS.
Tondefordreatout dit.
GALANT. 107
1
PHILEMON, SA
Voila mon trifte fort : ma
tendreffe eft extrême,
Et peut-être inconnue au
cher objet que j'aime.
Accable , loin d'Ifimene ,
Iphis , je fouffre , helas !
Mille tourmens affreux qu'-
elle ne fçaura pas ,
Et je ne jouis point même
des doux menfonges
Dont l'efpoir quelquefois
fçait embelirfes fonges.
Non , ce n'eft point pour
moy qu'épuiſant ſes ri
gueurs
L'Amour a reüni de fi
108 MERCURE
cruels malheurs.
IPHIS.
Je te plains : mais je crois
que ta flame fincere
Du Dieu qui te pourſuis flé,
chira la colere.
PHILEMON.
Iphis ,ne prens pas foin d'a
doucir mes tourmens,
Et porte ce fecours à de
foibles amans :
Pour moy je ne crains plus
& l'Amour &fa haine ,
Mon ardeur me fuffit en
adorant Ilmene.
EGLOGUE..
IPHIS..
DEtonégarement, ami,
que dois- je croire ?
La Seine à tes regards paroît toûjours la Loire,
Tu parles de bergers in
connus fur ces bords ,
Tu parcours nos forêts témoins de tes tranſports
Et l'Echo loin de toy redit
le nom d'Ifmene....
PHL
GALANT
PHILEMON.
Ciel devois - je quitter les
rives de la Seine ?
J'y voyois fans peril les plus
brillans attraits ;
L'Amour pour medompter
n'y trouvoit point
de traits :
Tranquile, je goûtois dans
nos fombres bocages
Leparfum de leurs feurs ,
le frais de leurs ombrages ,BomĀ …. I
Et fur le verd gazon , qu'ils
ont foin d'abreuver ,
Le feul bruit des ruiffeaux
m'apprenoit à rêver. T
Juin 1712.
Bayern the Steeth brotnak
98 MERCURE
Iphis,moncher Iphis, plains
mon fort déplorable ,
Lerepos de mon cœur n'a
za pas été durable
Et le fils de Venus de mon
calme irrité 7
M'a fait payer bien cher
ma courte liberté, vel
IPHIS.
Crois-moy,nos cœurs font
faits pour cet aimable
maître ,
Et l'Amourn'eft vaincu que
quand il veutbien l'être. ⠀
Echapé defes noeuds , &rebele à fes loix , ed
Tuméprilois des fersbaifez
GALANT
escent & cent fois ,
Et cu penfois devoir par de
4
conftans outrages
Reparer ta foibleffe & res
premiers hommages.
Je tremblois , & je crois te
l'avoir dir un jour ,
Unbergerdoit moins craindre encor Pan que
l'Amour,
300 ༡ ༩
PHILEMON.
Helas ! mon cherIphis , par
Sp des coups legitimes
Il a juftifié fes droits & res
maximes!
Lecruel m'attendoit fur un
bord étranger...
I ij
100 MERCURE
IPHIS.
N'es - tu pas trop heureux
qu'il daigne fe vanger?
PHILEMON.
Je le vois bien : toûjours
content de fon empire ,
Tu juges de mon feu par
celui qu'il t'inſpire ,
Et ton cœur prévenu pour
le Dieu que tu fers ,
Comblé de fes plaifirs n'apperçoit pas les fers.
Non, non, je ne fuis pas de
ces heureux coupables ,
Que l'Amour ne punit que
pa: des coups aimables,
Qui dans fes châtimens é-
GALANT. 101
1
prouvent fes douceurs A
Etfemblent par leur crime
attirer les faveurs.
IPHIS.
J Ah ! berger , quel que foit
l'excés deton fupplice,
Jefuis fûr que l'Amour n'a
point fait d'injuftice
Et quels que foient les
mauxque ton cœur peut
fouffrir;
Je fuis bien fûr encor qu'il
n'en veut pas guerir.
Mais du fils de Venus apprens-moy la victoire.
PHILEMON.
Iphis , j'errois un jour fur les
I iij
102 MERCURE
art bords de la Loire,
Sans fonger à ce Dieu que
javois outrage I
Je vis l'aimable Ifmene, &
TAmour furvangé.
N'attens pas qu'aujourd'hui
jete peigne les charmes,
Cher Iphis , je reffens de
trop vives alarmes ,
Et fi j'entreprenois de tracer fon portrait,
J'y mêlerois , helas ! mon
defordre fecret.
Mais que mon trouble ferve a t'exprimerIfmene ,
Et connois fes appas par
l'excés de ma peine.
}
GALANT. 103
Cet objet qui m'a ſçû pour
jamais engager , n62
Eft foûmis au pouvoir d'un
injufte berger,
Qui negligeant des feux
que 1 hymen autorife ,
Ignore tout le prix d'un
bonheur qu'il méprife.
Te le dirai-je , Iphis ? dans
ces lieux fi charmans
L'Amour n'a pas encor formé de vrais amans :
Ifmene y brille en vain , &
le Dieu de Cithere
Perd mille exploits galans
1. que par elle il peut faire ;
ne s'y trouve point de ces H
I iiij
104 MERCURE
cœurs delicats
Qui feuls fçauroient d'If.
meneadorer lesappas,
IPHIS.
Que je plains ces bergers!
Philemon , quel domimage
Que de leurs, doux climats
ils ignorent l'ufage,
Et que toujours contens
d'un ennuyeux repost, I
Ils ne faffent jamais foûpirer
les Echos.
PHILEMON.
Ilmene quelquefois dans
ces belles retraites.
Va cacher ſes appas & fes
GALANT. 195
peines fecretes :
J'ai vu tous les reduits témoins de fes douleurs ,
Et farbre qui fouvent eft
baigné de fes pleurs.
Cet arbre fi cheri redou
bloit mes alarmes ,
Helas ! je l'ai moy- mêmearrofé de mes larmes ,
Et mon amour tremblant
fe trouvoit trop heẹureux ,
Lorfque fous fes rameaux il
révoit à fes feux.
IPHIS.
N'as - tu donc confie qu'à
get arbre fidelle
106 MERCURE
Lefincere recit d'uneflâme
fibelle ?
PHILEMON.
J'ignore , cher Iphis , fi ma
bouche a parlé :
En abordant Ifmene inquiet & troublé,
Maraifon s'égaroit , & ma
timide flame
Jettoit dans mes difcours le
trouble de mon
ame.
Quels momens a perdus
mon amour interdit !
Je pouvois m'expliquer...
IPHIS.
Tondefordreatout dit.
GALANT. 107
1
PHILEMON, SA
Voila mon trifte fort : ma
tendreffe eft extrême,
Et peut-être inconnue au
cher objet que j'aime.
Accable , loin d'Ifimene ,
Iphis , je fouffre , helas !
Mille tourmens affreux qu'-
elle ne fçaura pas ,
Et je ne jouis point même
des doux menfonges
Dont l'efpoir quelquefois
fçait embelirfes fonges.
Non , ce n'eft point pour
moy qu'épuiſant ſes ri
gueurs
L'Amour a reüni de fi
108 MERCURE
cruels malheurs.
IPHIS.
Je te plains : mais je crois
que ta flame fincere
Du Dieu qui te pourſuis flé,
chira la colere.
PHILEMON.
Iphis ,ne prens pas foin d'a
doucir mes tourmens,
Et porte ce fecours à de
foibles amans :
Pour moy je ne crains plus
& l'Amour &fa haine ,
Mon ardeur me fuffit en
adorant Ilmene.
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Résumé : ISMENE. EGLOGUE.
Le texte est une églogue, un dialogue poétique entre deux bergers, Philemon et Iphis. Philemon exprime son désarroi amoureux, oscillant entre la Seine et la Loire, et évoque ses souvenirs tranquilles près de la Seine. Il révèle ensuite sa rencontre avec Imène, une bergère qu'il aime, mais qui est indifférente à ses avances. Philemon décrit son amour non réciproque et les tourments qu'il endure, comparant son sort à celui des bergers heureux punis par des coups aimables de l'Amour. Iphis, quant à lui, croit en la puissance de l'Amour et pense que Philemon finira par être récompensé. Philemon raconte ses tentatives maladroites pour déclarer son amour à Imène, marquées par la timidité et le trouble. Il conclut en affirmant que son ardeur pour Imène est suffisante pour lui, malgré les tourments qu'il endure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1550
p. 182-185
Parodie de l'Enigme du mois passé dont le mot est, Anneau ou Bague.
Début :
Si masle ou femelle je suis [...]
Mots clefs :
Parodie, Anneau, Bague, Tournois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Enigme du mois passé dont le mot est, Anneau ou Bague.
Parodie de l'Enigme du
mois paffé dont le mot
eft , Anneau ou Bague.
Simafle oufemellejefuis
C'est ce qu'aflurer je ne
puis.
Simple fans Diamant ,
c'eft Anneau qu'on
m'appelle;
Mais de Brillans orné ,
Bague eft mon nom
femelle.
GALANT. 183
Comme j'ay plus d'un
nom , j'aybien plus
d'un employ:
Comme Anneau , jeporte
fous moy
Rideaux pendans quifont
une espece de Mante:
Femelle legere & gliffante
Je m'égarefouvent , quelquefoisje meperds.
Ala femme en eecy la
Bague eft reffemblante.
Anneau , je porte & fais
porter la chaifne
De laJufticefouveraine
184 MERCURE
Mettant les criminels aux
fers.
Bague je fuis couruë , &
maint Empereur &
Prince
Me diſpute au Tournois
ainfi qu'une Province.
Enpublic le victorieux
De m'avoir eft tout glorieux.
Fille novice 5vertueuse
Qui ne penfa jamais à
mal
En public eft toute lonteufe
De
GALANT. 185
De porter l'A
mois paffé dont le mot
eft , Anneau ou Bague.
Simafle oufemellejefuis
C'est ce qu'aflurer je ne
puis.
Simple fans Diamant ,
c'eft Anneau qu'on
m'appelle;
Mais de Brillans orné ,
Bague eft mon nom
femelle.
GALANT. 183
Comme j'ay plus d'un
nom , j'aybien plus
d'un employ:
Comme Anneau , jeporte
fous moy
Rideaux pendans quifont
une espece de Mante:
Femelle legere & gliffante
Je m'égarefouvent , quelquefoisje meperds.
Ala femme en eecy la
Bague eft reffemblante.
Anneau , je porte & fais
porter la chaifne
De laJufticefouveraine
184 MERCURE
Mettant les criminels aux
fers.
Bague je fuis couruë , &
maint Empereur &
Prince
Me diſpute au Tournois
ainfi qu'une Province.
Enpublic le victorieux
De m'avoir eft tout glorieux.
Fille novice 5vertueuse
Qui ne penfa jamais à
mal
En public eft toute lonteufe
De
GALANT. 185
De porter l'A
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Résumé : Parodie de l'Enigme du mois passé dont le mot est, Anneau ou Bague.
Le texte présente une parodie de l'énigme du mois, dont le mot est 'Anneau' ou 'Bague'. L'auteur décrit l'anneau comme un diamant et la bague comme ornée de brillants. L'énigme explore les multiples noms et emplois de l'objet. L'anneau porte des rideaux, se perd facilement et symbolise la justice souveraine. La bague est comparée à une femme légère et glissante, courue par des empereurs et des princes lors des tournois. Une fille novice et vertueuse porte fièrement l'anneau en public.
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