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Détail
Liste
17701
p. 140-146
« HISTOIRE générale & particuliere de l'Astronomie en 3 vol. in-12 par M. Estève, [...] »
Début :
HISTOIRE générale & particuliere de l'Astronomie en 3 vol. in-12 par M. Estève, [...]
Mots clefs :
Astronomie, Science, Histoire de l'astronomie, Connaissances, Soleil, Égypte
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texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE générale & particuliere de l'Astronomie en 3 vol. in-12 par M. Estève, [...] »
HISTOIRE générale & particuliere de
l'Aftronomie en 3 vol. in- 12 par M. Eſtève,
de la Société Royale des Sciences de Montpellier.
A Paris , chez Ch . Ant . Jombert ,
rue Dauphine , Prix , 8 liv. reliés .
Cet Ouvrage eft divifé en deux parties.
La premiere qui eft à la portée de tout le
monde traite des différentes Nations , &
des divers hommes qui ont cultivé l'Aſtronomie.
L'Auteur y fait entrevoir les connoiffances
qu'on a eues fur cette ſcience
dans les différens âges , & en préfente les
diverfes migrations. C'eft ici l'Hiftoire
générale . La feconde partie quoique expliquée
avec clarté , paroît plus particulierement
réfervée pour les Sçavans . Car l'Autear
y donne le tableau du progrès qu'a
fait l'efprit dans la fcience Aftronomique :
c'eft comme un Traité d'Aftronomie fait
par la méthode d'invention. Les premieres
ées que durent fe faire les hommes qui
confidérerent les altres , y font exposées ,
& conduifent infenfiblement à ce qu'il y a
de plus fublime dans la fcience Aftronomique.
Voilà l'Hiftoire particuliere.
M. Eftève nous donne dans un Avantpropos
, les raifons qui l'ont porté à faire
choix de ce plan , qui ne reffemble à aucun
de ceux dont on s'étoit fervi jufqu'à préfent
pour traiter l'Hiftorique des Sciences.
DECEMBRE. 1755. 141
23
»
« On auroit pu , dit- il , parler en même-
» tems de la Nation qui s'occupoit à l'Af-
» tronomie & des découvertes qu'elle y
» avoit faites ; mais ce plan tout fimple
» qu'il paroît , eût préfenté partout des
» obftacles. Il eût fallu fuppofer le lecteur
» inftruit de la fcience dont il faudra don-
> ner ici les premiers élémens : il eût fallu
parler d'une infinité d'erreurs dont les
» hommes ont été abufés , & qu'il eft plus
» à propos d'oublier que de retenir. Aucu
» ne Nation n'a commencé à perfection-
» ner une fcience par le point où l'avoit
» laillée le peuple chez qui elle avoit été
l'apprendre. D'ailleurs , en rangeant les
» découvertes Aftronomiques dans leur vé-
>> ritable ordre chronologique , nous ne fe-
» rions que tranfporter l'efprit du lecteur
» parmi plufieurs objets qui lui feroient
» tous également inconnus , & il lui feroit
prefque impoffible de fentir l'efprit &
» le mérite des différentes inventions .
19
93
L'Auteur divife la premiere partie , c'eftà-
dire , l'Hiftoire générale en deux différens
livres. Le premier livre a pour titre ,
Hiftoiregénérale de l'Aftronomie , depuis fon
origine jufqu'à Copernic. Le titre du fecond
livre eft , Hiftoire générale de l'Aftronomie ,
depuis Copernic jufqu'au milieu du dix-buitieme
fiecle. Ainfi dans ces deux livres fe
142 MERCURE
DE FRANCE.
દા
trouve compriſe l'Hiftoire de tous les tems.
En approfondiffant
l'Aftronomie , on
trouve l'explication de plufieurs fables anciennes
que la plupart des modernes
avoient mal interprétées . C'eft ainſi que
M. Eftève nous apprend que « Prométhée,
" Roi de Scythie qui avoit éclairé les hom-
» mes fur les mouvemens des Aftres , fut
» regardé comme un rival des Dieux qui
» avoit ofé dérober le feu du ciel pour
» animer des ftatues... Le berger Endy-
» mion qui obtient des faveurs de la chafte
Diane , n'eft qu'un Aftronome qui fut
» affez heureux déterminer quelques
83
" fon
pour
» loix du mouvement de la Lune . Phaeton
qui ne put conduire le char d'Apollon
pere , & qui au milieu de fa courfe
» incertaine eft foudroyé par Jupiter , n'eſt
>> autre chofe qu'un Prince qui portoit ce
» nom &, qui s'étant beaucoup occupé aux
»obfervations du Soleil , ne put cepen-
» dant en conftruire la théorie : c'eft ainfi
pas
» que les fables anciennes ne font de
vains jeux d'imagination ; mais plutôt
» des vérités hiftoriques enveloppées fous
» des fictions poétiques ».
Après les tems fabuleux de l'Aftronomie
, fe préfentent les tems poétiques ,
c'eft-à-dire , les tems où les écrits des Aftronomes
n'étoient que des ouvrages
de
DECEMBRE. 1755. 143
poéfie qui renfermoient fans fiction les découvertes
qu'ils avoient faites dans la fcience
des Aftres. C'eft fous cette époque qu'il
faut ranger le fameux voyage des Argonautes
; comme auffi le poëte Orphée.
Voici ce que l'Auteur dit de ce dernier.
«Il ne faut pas croire que le fameux chan-
" tre de la Thrace , fut un muficien qui
fçut feulement moduler des fons . Il chantoit
far fa lyre la naiffance des Dieux
» protecteurs de la Grece , & les préceptes
» de l'Aftronomie. C'étoit un poëte philofophe
qui ne profanoit pas le langage
» des Dieux , en lui faiſant exprimer des
» objets puériles " .
"
33
2
C'eft avec le même efprit d'examen que
l'Auteur confidere les connoiffances aftronomiques
, que l'Hiftorien Jofephe & Philon
ont attribuées aux Juifs. Il parle enfuite
de l'antiquité des Babyloniens , &
du tems où ils étoient déja appliqués à
l'aſtronomie , du voyage d'Abraham en
Egypte , de l'ufage de la tour de Babel &
des Mâges qui étoient les Philofophes , ou
plutôt les Aftronomes de cette partie de la
terre. Le chef de ces Mâges s'appelloit Zocoaftre
, qui fut l'inftituteur de la fameufe
doctrine des deux principes. C'eft dans
cette école que l'aftrologie judiciaire a
commencé à prendre naiffance.
144 MERCURE DE FRANCE.
Prefqu'en même tems les Egyptiens cultivoient
l'Aftronomie avec fuccès ; ils élevoient
ces fameufes pyramides dont la
pofition fut décidée par des opérations
aftronomiques ; car dit l'Auteur , avec
toutes les connoiffances que nous avons
» dans ce fiécle , nous ne fçaurions tracer
une ligne qui allât plus directement du
» nord au fud , que ne le font les faces de
» ces pyramides. » La maniere dont on
mefuroit en Egypte le diametre du foleil ,
mérite d'être remarquée. » Au moment où
» l'on commençoit à découvrir les pre-
» miers rayons de cet aftre , on faifoit par-
» tir un cheval qui couroit jufqu'à ce que
» le foleil fût entierement levé : enfuite on
» mefuroit l'efpace qu'avoit parcouru le
» cheval pendant le tems que le foleil
» avoit mis à monter fur l'horifon ; &
» comme on fçavoit ce que le même cour-
»fier parcouroit dans une heure , on avoit
la meſure du diametre du foleil en trèspetites
parties du tems .
ע
"
Les Phéniciens fuccéderent aux Egyptiens
: ils furent les premiers qui entreprirent
des voyages de long cours , & qui
firent fervir utilement l'aftronomie à la
navigation . Salomon leur donna la conduite
de la flotte qu'il envoya par la mer
Rouge en Ophir , d'où ils rapporterent
beaucoup d'or.
Thalés
-
DECEMBRE. 1755.
145
Thalès , chef de la fecte Ionique , fut
le premier des Grecs , qui de la Phénicie
apporta dans fa patrie la fcience des altres,
Cet homme déclaré le plus fage de fes
citoyens par l'oracle d'Appollon , obtine
la confiance de quelques Phéniciens qui
lui revelerent la fublimité de leurs connoiffances
. L'aftronomie germa dans la
Grece , & produifit la fameufe école d'Alexandrie
qui donna naiffance à l'immortel
Ptolomée. Ainfi l'aftronomie qui de
l'Egypte avoit paffé en Phénicie & dans
la Gréce , retourna en Egypte confidérablement
accrue .
Les Romains ne connurent qu'imparfaitement
cette ſcience, & on peut dire que de
l'école d'Alexandrie elle pafla à la Cour
des Caliphes , qui la tranfmirent aux Rois
Maures qui regnoient en Efpagne : c'eſt
de ces derniers que les Allemands l'ont
reçue , & l'ont enfuite répandue dans toute
l'Europe . Tel eft le plan détaillé du premier
livre de l'Hiftoire générale de l'Aftronomie.
Nous avons cru devoir entrer
dans ce détail , afin qu'on pût fe faire une
idée de l'immenfité des objets dont traitoit
cet ouvrage . C'eft feulement un tableau
raccourci que nous avons préfenté ,
& il ne nous a pas été poffible d'y joindre
toutes les réflexions nouvelles & intéref-
I.Vol. G
146 MERCURE
DE FRANCE
.
fantes dont cette Hiftoire eft ornée. Pour
ne point donner trop d'étendue à ce précis
, nous ne ferons pas mention des livres
fuivans.
NOBILIAIRE
ARMORIAL général de
Lorraine en forme de Dictionnaire
, par le
R. P. Dom Ambroife Pelletier, Bénédictin,
Curé de Senones. 3 vol . in -fol. propofés
par foufcription
. A Nancy , chez H. Thomas
, Imprimeur-Libraire , rue de la Boucherie
, à la Bible d'or. 1755. Le premier
volume contiendra les ennoblis , le fecond
les familles nobles , & le troifieme l'ancienne
Chevalerie. Ceux qui voudront
foufcrire , payeront l'ouvrage en blanc 63
livres , & les autres 84 livres. On ne délivrera
des foufcriptions
que jufqu'au premier
Janvier 1756. On s'adreffera à Nancy
, chez H. Thomas , Imprimeur ; & à
Paris , chez Ganeau , rue S. Severin. On
affranchira les lettres.
l'Aftronomie en 3 vol. in- 12 par M. Eſtève,
de la Société Royale des Sciences de Montpellier.
A Paris , chez Ch . Ant . Jombert ,
rue Dauphine , Prix , 8 liv. reliés .
Cet Ouvrage eft divifé en deux parties.
La premiere qui eft à la portée de tout le
monde traite des différentes Nations , &
des divers hommes qui ont cultivé l'Aſtronomie.
L'Auteur y fait entrevoir les connoiffances
qu'on a eues fur cette ſcience
dans les différens âges , & en préfente les
diverfes migrations. C'eft ici l'Hiftoire
générale . La feconde partie quoique expliquée
avec clarté , paroît plus particulierement
réfervée pour les Sçavans . Car l'Autear
y donne le tableau du progrès qu'a
fait l'efprit dans la fcience Aftronomique :
c'eft comme un Traité d'Aftronomie fait
par la méthode d'invention. Les premieres
ées que durent fe faire les hommes qui
confidérerent les altres , y font exposées ,
& conduifent infenfiblement à ce qu'il y a
de plus fublime dans la fcience Aftronomique.
Voilà l'Hiftoire particuliere.
M. Eftève nous donne dans un Avantpropos
, les raifons qui l'ont porté à faire
choix de ce plan , qui ne reffemble à aucun
de ceux dont on s'étoit fervi jufqu'à préfent
pour traiter l'Hiftorique des Sciences.
DECEMBRE. 1755. 141
23
»
« On auroit pu , dit- il , parler en même-
» tems de la Nation qui s'occupoit à l'Af-
» tronomie & des découvertes qu'elle y
» avoit faites ; mais ce plan tout fimple
» qu'il paroît , eût préfenté partout des
» obftacles. Il eût fallu fuppofer le lecteur
» inftruit de la fcience dont il faudra don-
> ner ici les premiers élémens : il eût fallu
parler d'une infinité d'erreurs dont les
» hommes ont été abufés , & qu'il eft plus
» à propos d'oublier que de retenir. Aucu
» ne Nation n'a commencé à perfection-
» ner une fcience par le point où l'avoit
» laillée le peuple chez qui elle avoit été
l'apprendre. D'ailleurs , en rangeant les
» découvertes Aftronomiques dans leur vé-
>> ritable ordre chronologique , nous ne fe-
» rions que tranfporter l'efprit du lecteur
» parmi plufieurs objets qui lui feroient
» tous également inconnus , & il lui feroit
prefque impoffible de fentir l'efprit &
» le mérite des différentes inventions .
19
93
L'Auteur divife la premiere partie , c'eftà-
dire , l'Hiftoire générale en deux différens
livres. Le premier livre a pour titre ,
Hiftoiregénérale de l'Aftronomie , depuis fon
origine jufqu'à Copernic. Le titre du fecond
livre eft , Hiftoire générale de l'Aftronomie ,
depuis Copernic jufqu'au milieu du dix-buitieme
fiecle. Ainfi dans ces deux livres fe
142 MERCURE
DE FRANCE.
દા
trouve compriſe l'Hiftoire de tous les tems.
En approfondiffant
l'Aftronomie , on
trouve l'explication de plufieurs fables anciennes
que la plupart des modernes
avoient mal interprétées . C'eft ainſi que
M. Eftève nous apprend que « Prométhée,
" Roi de Scythie qui avoit éclairé les hom-
» mes fur les mouvemens des Aftres , fut
» regardé comme un rival des Dieux qui
» avoit ofé dérober le feu du ciel pour
» animer des ftatues... Le berger Endy-
» mion qui obtient des faveurs de la chafte
Diane , n'eft qu'un Aftronome qui fut
» affez heureux déterminer quelques
83
" fon
pour
» loix du mouvement de la Lune . Phaeton
qui ne put conduire le char d'Apollon
pere , & qui au milieu de fa courfe
» incertaine eft foudroyé par Jupiter , n'eſt
>> autre chofe qu'un Prince qui portoit ce
» nom &, qui s'étant beaucoup occupé aux
»obfervations du Soleil , ne put cepen-
» dant en conftruire la théorie : c'eft ainfi
pas
» que les fables anciennes ne font de
vains jeux d'imagination ; mais plutôt
» des vérités hiftoriques enveloppées fous
» des fictions poétiques ».
Après les tems fabuleux de l'Aftronomie
, fe préfentent les tems poétiques ,
c'eft-à-dire , les tems où les écrits des Aftronomes
n'étoient que des ouvrages
de
DECEMBRE. 1755. 143
poéfie qui renfermoient fans fiction les découvertes
qu'ils avoient faites dans la fcience
des Aftres. C'eft fous cette époque qu'il
faut ranger le fameux voyage des Argonautes
; comme auffi le poëte Orphée.
Voici ce que l'Auteur dit de ce dernier.
«Il ne faut pas croire que le fameux chan-
" tre de la Thrace , fut un muficien qui
fçut feulement moduler des fons . Il chantoit
far fa lyre la naiffance des Dieux
» protecteurs de la Grece , & les préceptes
» de l'Aftronomie. C'étoit un poëte philofophe
qui ne profanoit pas le langage
» des Dieux , en lui faiſant exprimer des
» objets puériles " .
"
33
2
C'eft avec le même efprit d'examen que
l'Auteur confidere les connoiffances aftronomiques
, que l'Hiftorien Jofephe & Philon
ont attribuées aux Juifs. Il parle enfuite
de l'antiquité des Babyloniens , &
du tems où ils étoient déja appliqués à
l'aſtronomie , du voyage d'Abraham en
Egypte , de l'ufage de la tour de Babel &
des Mâges qui étoient les Philofophes , ou
plutôt les Aftronomes de cette partie de la
terre. Le chef de ces Mâges s'appelloit Zocoaftre
, qui fut l'inftituteur de la fameufe
doctrine des deux principes. C'eft dans
cette école que l'aftrologie judiciaire a
commencé à prendre naiffance.
144 MERCURE DE FRANCE.
Prefqu'en même tems les Egyptiens cultivoient
l'Aftronomie avec fuccès ; ils élevoient
ces fameufes pyramides dont la
pofition fut décidée par des opérations
aftronomiques ; car dit l'Auteur , avec
toutes les connoiffances que nous avons
» dans ce fiécle , nous ne fçaurions tracer
une ligne qui allât plus directement du
» nord au fud , que ne le font les faces de
» ces pyramides. » La maniere dont on
mefuroit en Egypte le diametre du foleil ,
mérite d'être remarquée. » Au moment où
» l'on commençoit à découvrir les pre-
» miers rayons de cet aftre , on faifoit par-
» tir un cheval qui couroit jufqu'à ce que
» le foleil fût entierement levé : enfuite on
» mefuroit l'efpace qu'avoit parcouru le
» cheval pendant le tems que le foleil
» avoit mis à monter fur l'horifon ; &
» comme on fçavoit ce que le même cour-
»fier parcouroit dans une heure , on avoit
la meſure du diametre du foleil en trèspetites
parties du tems .
ע
"
Les Phéniciens fuccéderent aux Egyptiens
: ils furent les premiers qui entreprirent
des voyages de long cours , & qui
firent fervir utilement l'aftronomie à la
navigation . Salomon leur donna la conduite
de la flotte qu'il envoya par la mer
Rouge en Ophir , d'où ils rapporterent
beaucoup d'or.
Thalés
-
DECEMBRE. 1755.
145
Thalès , chef de la fecte Ionique , fut
le premier des Grecs , qui de la Phénicie
apporta dans fa patrie la fcience des altres,
Cet homme déclaré le plus fage de fes
citoyens par l'oracle d'Appollon , obtine
la confiance de quelques Phéniciens qui
lui revelerent la fublimité de leurs connoiffances
. L'aftronomie germa dans la
Grece , & produifit la fameufe école d'Alexandrie
qui donna naiffance à l'immortel
Ptolomée. Ainfi l'aftronomie qui de
l'Egypte avoit paffé en Phénicie & dans
la Gréce , retourna en Egypte confidérablement
accrue .
Les Romains ne connurent qu'imparfaitement
cette ſcience, & on peut dire que de
l'école d'Alexandrie elle pafla à la Cour
des Caliphes , qui la tranfmirent aux Rois
Maures qui regnoient en Efpagne : c'eſt
de ces derniers que les Allemands l'ont
reçue , & l'ont enfuite répandue dans toute
l'Europe . Tel eft le plan détaillé du premier
livre de l'Hiftoire générale de l'Aftronomie.
Nous avons cru devoir entrer
dans ce détail , afin qu'on pût fe faire une
idée de l'immenfité des objets dont traitoit
cet ouvrage . C'eft feulement un tableau
raccourci que nous avons préfenté ,
& il ne nous a pas été poffible d'y joindre
toutes les réflexions nouvelles & intéref-
I.Vol. G
146 MERCURE
DE FRANCE
.
fantes dont cette Hiftoire eft ornée. Pour
ne point donner trop d'étendue à ce précis
, nous ne ferons pas mention des livres
fuivans.
NOBILIAIRE
ARMORIAL général de
Lorraine en forme de Dictionnaire
, par le
R. P. Dom Ambroife Pelletier, Bénédictin,
Curé de Senones. 3 vol . in -fol. propofés
par foufcription
. A Nancy , chez H. Thomas
, Imprimeur-Libraire , rue de la Boucherie
, à la Bible d'or. 1755. Le premier
volume contiendra les ennoblis , le fecond
les familles nobles , & le troifieme l'ancienne
Chevalerie. Ceux qui voudront
foufcrire , payeront l'ouvrage en blanc 63
livres , & les autres 84 livres. On ne délivrera
des foufcriptions
que jufqu'au premier
Janvier 1756. On s'adreffera à Nancy
, chez H. Thomas , Imprimeur ; & à
Paris , chez Ganeau , rue S. Severin. On
affranchira les lettres.
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Résumé : « HISTOIRE générale & particuliere de l'Astronomie en 3 vol. in-12 par M. Estève, [...] »
L'ouvrage 'Histoire générale & particuliere de l'Astronomie' en trois volumes, rédigé par M. Estève de la Société Royale des Sciences de Montpellier, est publié à Paris par Ch. Ant. Jombert. Il est structuré en deux parties. La première partie, accessible à un large public, explore les différentes nations et les individus ayant contribué à l'astronomie, ainsi que les connaissances accumulées au fil des siècles et les migrations des idées astronomiques. La seconde partie, plus technique, est destinée aux savants et détaille l'évolution de la science astronomique, des premières observations aux découvertes les plus récentes. L'auteur justifie son choix de plan en expliquant que traiter simultanément des nations et des découvertes aurait nécessité des connaissances préalables chez le lecteur et aurait mentionné des erreurs mieux oubliées que retenues. L'histoire générale est divisée en deux livres : le premier couvre l'astronomie depuis ses origines jusqu'à Copernic, et le second de Copernic jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. L'ouvrage examine également plusieurs fables anciennes, révélant des vérités historiques sous des fictions poétiques. Par exemple, Prométhée est présenté comme un astronome, et le berger Endymion comme un observateur de la Lune. Les temps poétiques de l'astronomie sont également abordés, où les écrits des astronomes étaient des œuvres de poésie contenant des découvertes scientifiques. L'auteur explore les connaissances astronomiques attribuées aux Juifs par les historiens Joseph et Philon, ainsi que l'antiquité des Babyloniens et leur contribution à l'astronomie. Il mentionne également les Égyptiens, qui utilisaient l'astronomie pour construire les pyramides et mesurer le diamètre du Soleil. Les Phéniciens, successeurs des Égyptiens, utilisaient l'astronomie pour la navigation. Thalès, chef de la secte Ionique, apporta l'astronomie en Grèce, menant à la fameuse école d'Alexandrie et à Ptolémée. Les Romains connurent l'astronomie de manière imparfaite, et cette science passa à la cour des Caliphes, puis aux Rois Maures en Espagne, avant d'être transmise aux Allemands et répandue en Europe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17702
p. 193
ALLEMAGNE.
Début :
Le 15 du même mois, les Russes se présenterent devant Custrin. [...]
Mots clefs :
Berlin, Russes, Bombardement, Destructions, Édifices, Ruines, Violence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE BERLIN, le 19 Août.
LEIS du même mois , les Ruſſes ſe préſenterent
devant Cuſtrin. Ce n'étoit qu'un gros détachement
de leur grande armée qui reſta campée ſous
Landſberg. Ils commencerent tout de ſuite à
bombarder la Place avec la plus grande violence ,
& le bombardement continua ſans interruption
juſqu'au 17. Durant ce court intervalle , tous les
édifices publics & particuliers furent ou écrasés ,
oudévorés par les flammes. Il ne reſta pas dans la
Ville une ſeule maiſon ſur pied , & ſes infortunés
habitans virent tous leurs effets ou conſumés par
le feu , ou enfevelis ſous les ruines. Le 17 au matin,
les Ruſſes ſommerent le Commandant de ſe
rendre , lui faiſant appréhender tous les malheurs .
qui ſont inévitables à une Ville priſe d'aſſaut. La
réponſe fut telle qu'on devoit l'attendre de la
part d'un Officier qui connoît l'importance de
cette Place , & qui ne voyant point ſes fortificarions
entamées , n'étoit point dans le cas de capituler.
Sur ſon refus , le bombardement recom
mença, mais avec moins de vivacité.
DE BERLIN, le 19 Août.
LEIS du même mois , les Ruſſes ſe préſenterent
devant Cuſtrin. Ce n'étoit qu'un gros détachement
de leur grande armée qui reſta campée ſous
Landſberg. Ils commencerent tout de ſuite à
bombarder la Place avec la plus grande violence ,
& le bombardement continua ſans interruption
juſqu'au 17. Durant ce court intervalle , tous les
édifices publics & particuliers furent ou écrasés ,
oudévorés par les flammes. Il ne reſta pas dans la
Ville une ſeule maiſon ſur pied , & ſes infortunés
habitans virent tous leurs effets ou conſumés par
le feu , ou enfevelis ſous les ruines. Le 17 au matin,
les Ruſſes ſommerent le Commandant de ſe
rendre , lui faiſant appréhender tous les malheurs .
qui ſont inévitables à une Ville priſe d'aſſaut. La
réponſe fut telle qu'on devoit l'attendre de la
part d'un Officier qui connoît l'importance de
cette Place , & qui ne voyant point ſes fortificarions
entamées , n'étoit point dans le cas de capituler.
Sur ſon refus , le bombardement recom
mença, mais avec moins de vivacité.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Du 19 au 17 août, des troupes russes bombardèrent violemment Custrin, détruisant ou incendiant tous les édifices publics et privés. Aucune maison ne resta debout, et les habitants perdirent tous leurs biens, soit par le feu, soit sous les ruines. Le 17 août au matin, les Russes sommèrent le commandant de la ville de se rendre, menaçant de conséquences désastreuses en cas de refus. Le commandant refusa, jugeant les fortifications suffisamment intactes pour résister. Le bombardement reprit ensuite, mais avec moins d'intensité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17703
p. 195-138
GRAVURE.
Début :
La nouvelle estampe que M. de Marcenay vient de mettre au jour, est gravée [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
A nouvelle eftampe que M. de Marcenay
vient de mettre au jour , eft gravée
d'après un payſage de Lucas Van-Uden ,
I ij
796 MERCURE DE FRANCE .
*
·
Peintre célebre dans ce genre , & qui a
-mérité l'eftime de Rubens pour lequel il a
travaillé fouvent. Le fujet eft un commen-
⚫cement d'orage ; le foleil fe couche & fait
place à des nuages qui s'amoncelent & qui
doivent renfermer la foudre , à en juger
-par l'action des figures , dont l'une à genoux
, les mains jointes & l'air effrayé ,
femble prier Dieu de détourner le nuage
i'épais qui s'avance ; les deux autres qui tèmoignent
également de l'effror , accélerent
le pas pour s'en mettre à l'abri , ce qui ' a
déterminé l'auteur à lui donner le titre
fuivant :
C
·
Coup
Le ciel fe couvre. Hâtons- nous,
.Il eft affez probable par le détail immen
fe & très-difficile à rendre dans la gravute
dans lequel Van- Uden eft entré , que c'eft
une vue de Flandre prife de la montagne ,
qui forme le premier plan , d'où l'on découvre
tine vafte plaine très - cultivéé ,
quoiqu'il y ait de grandes forêts ; une belle
riviere , après y avoir formé différens circuits
, y vient baigner fur le devant un antique
château , & entretenir par la fraîcheur
de fes eaux celle d'un bois , dont
Eépais feuillage paroît impénétrable aux
ardeurs du foleil.
Le Peintre a répandu dans ce tableau de
JUIN
1755. 197
grands effets , foit par les beaux accidens
qu'il y a ménagés habilement , foit par les
objets qui y étoient naturellement difpofés
; d'ailleurs il l'a peuplé d'une façon ,
agréable. On y voit un vol de heron , des
cygnes , des canards & des moutons qui
paiffent. Le Graveur a fi bien imité fa maniere
, qu'il eft devenu le rival de fon mo-,
dele , & qu'il paroît lui- même créer un
nouveau genre dans fon art. Son eftampe,
fe vend chez lui , rue des Vieux Auguftins ,
PORTRAIT de M. Chardin , deffiné
par M. Cochin , & gravé par M. Cars. Sa
reffemblance y eft heureufement faifie ;
cette naïveté qui forme fon caractere &
qui regne dans fes ouvrages , y frappe
d'abord les regards : on y reconnoît le La
Fontaine de la peinture.
T
Voici des vers faits pour être mis au bas
de cette eftampe. Un Artifte d'un talent fi
vrai mérite bien cette diftinction , & ne
peut être , felon moi , trop dignement cé-
Tébré par tous les arts réunis enſemble.
De quoi pourroit ici s'étonner la nature
C'eft le portrait naïf de l'un de ſes rivaux,
S'il refpire en cette gravure ,
Elle parle dans fes tableaux.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
MOYREAU , Graveur du Roi , en fon
Académie royale de Peinture & de Sculpture
, vient de mettre au jour une nouvelle
eftampe qu'il a gravée d'après P. Wouvermens
, qui repréfente l'Ecurie flamande .
Le tableau original appartient à M. Denis ,
Tréforier général des Bâtimens du Roi ;
c'eft le n° . 79 de fa fuite . La demeure du
Graveur eft rue des Mathurins, la quatrieme
porte cochere à gauche , en entrant par la
rue de la Harpe.
A nouvelle eftampe que M. de Marcenay
vient de mettre au jour , eft gravée
d'après un payſage de Lucas Van-Uden ,
I ij
796 MERCURE DE FRANCE .
*
·
Peintre célebre dans ce genre , & qui a
-mérité l'eftime de Rubens pour lequel il a
travaillé fouvent. Le fujet eft un commen-
⚫cement d'orage ; le foleil fe couche & fait
place à des nuages qui s'amoncelent & qui
doivent renfermer la foudre , à en juger
-par l'action des figures , dont l'une à genoux
, les mains jointes & l'air effrayé ,
femble prier Dieu de détourner le nuage
i'épais qui s'avance ; les deux autres qui tèmoignent
également de l'effror , accélerent
le pas pour s'en mettre à l'abri , ce qui ' a
déterminé l'auteur à lui donner le titre
fuivant :
C
·
Coup
Le ciel fe couvre. Hâtons- nous,
.Il eft affez probable par le détail immen
fe & très-difficile à rendre dans la gravute
dans lequel Van- Uden eft entré , que c'eft
une vue de Flandre prife de la montagne ,
qui forme le premier plan , d'où l'on découvre
tine vafte plaine très - cultivéé ,
quoiqu'il y ait de grandes forêts ; une belle
riviere , après y avoir formé différens circuits
, y vient baigner fur le devant un antique
château , & entretenir par la fraîcheur
de fes eaux celle d'un bois , dont
Eépais feuillage paroît impénétrable aux
ardeurs du foleil.
Le Peintre a répandu dans ce tableau de
JUIN
1755. 197
grands effets , foit par les beaux accidens
qu'il y a ménagés habilement , foit par les
objets qui y étoient naturellement difpofés
; d'ailleurs il l'a peuplé d'une façon ,
agréable. On y voit un vol de heron , des
cygnes , des canards & des moutons qui
paiffent. Le Graveur a fi bien imité fa maniere
, qu'il eft devenu le rival de fon mo-,
dele , & qu'il paroît lui- même créer un
nouveau genre dans fon art. Son eftampe,
fe vend chez lui , rue des Vieux Auguftins ,
PORTRAIT de M. Chardin , deffiné
par M. Cochin , & gravé par M. Cars. Sa
reffemblance y eft heureufement faifie ;
cette naïveté qui forme fon caractere &
qui regne dans fes ouvrages , y frappe
d'abord les regards : on y reconnoît le La
Fontaine de la peinture.
T
Voici des vers faits pour être mis au bas
de cette eftampe. Un Artifte d'un talent fi
vrai mérite bien cette diftinction , & ne
peut être , felon moi , trop dignement cé-
Tébré par tous les arts réunis enſemble.
De quoi pourroit ici s'étonner la nature
C'eft le portrait naïf de l'un de ſes rivaux,
S'il refpire en cette gravure ,
Elle parle dans fes tableaux.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
MOYREAU , Graveur du Roi , en fon
Académie royale de Peinture & de Sculpture
, vient de mettre au jour une nouvelle
eftampe qu'il a gravée d'après P. Wouvermens
, qui repréfente l'Ecurie flamande .
Le tableau original appartient à M. Denis ,
Tréforier général des Bâtimens du Roi ;
c'eft le n° . 79 de fa fuite . La demeure du
Graveur eft rue des Mathurins, la quatrieme
porte cochere à gauche , en entrant par la
rue de la Harpe.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte décrit deux gravures récentes. La première, réalisée par M. de Marcenay d'après un paysage de Lucas Van-Uden, peintre apprécié de Rubens, montre un début d'orage avec le soleil couchant et des nuages menaçants. La scène, probablement une vue de Flandre, inclut une plaine cultivée, des forêts, une rivière et un château antique. Van-Uden a intégré des éléments naturels et des animaux comme des hérons, des cygnes, des canards et des moutons. Le graveur a fidèlement reproduit le style de Van-Uden, créant un nouveau genre dans son art. Cette estampe est disponible chez l'artiste, rue des Vieux Augustins. Le texte mentionne également un portrait de M. Chardin, dessiné par M. Cochin et gravé par M. Cars, qui met en avant la naïveté caractéristique de Chardin, surnommé le 'La Fontaine de la peinture'. Enfin, Moyreau, graveur du Roi, a publié une nouvelle estampe d'après P. Wouvermans, représentant une écurie flamande. Le tableau original appartient à M. Denis, Trésorier général des Bâtiments du Roi. Moyreau réside rue des Mathurins, quatrième porte cochère à gauche en entrant par la rue de la Harpe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17704
p. 194-195
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades Maréchal de France. [...]
Mots clefs :
Nominations, Louisbourg, Capitulation, Troupes, Duc, Ennemis, Anglais, Prisonniers, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades
Maréchal de France.
On a appris par une Gazette extraordinaire de
Londres , que Louiſbourg avoit capitulé le 26
Juillet dernier. Quoique cette nouvelle ſoit annoncée
d'une maniere poſitive , cependant comme
cette Gazette ne contient aucun détail du
ſiege , ni de la priſe de la Place , & qu'on n'a reçu
aucune lettre du Gouverneur , ni des autres Offi
ciers. Il faut attendre des nouvelles plus circonf
tanciées à cet égard,
On a reçu avis le 13 Septembre que M. le Duc
d'Aiguillon , avec ce qu'il avoit pu raffembler
de troupes , avoit attaqué dans l'anſe de Catz le
lundi II , les Anglois au nombre de douze à
treize mille hommes , dans le temps qu'ils ſe
rembarquoient ; que les ennemis avoient d'abord
foutenu cette attaque avec beaucoup de fierté ;
mais qu'ils avoient été enfoncés , taillés en pieces
&culbutésdans la mer ; que nos troupes s'étoient
portées dans l'action avec la plus grande intrépidité
, & qu'elles avoient poursuivi les Anglois,
dans la mer même , en y entrant juſqu'à la ceinture
; que les Anglois ont eu plus de trois mille,
hommes tués fur le rivage , fans compter ceux
qui ſe font noyés , ſoit dans les bâtimens de
tranſport qui ont été coulés à fonds , foit en voulant
ſe ſauver à la nage ; qu'au départ du Courier,
OCTOBRE. 1758 . 195
le nombre des priſonniers montoit à plus de cinq
cens , parmi leſquels il y avoit beaucoup d'Officiers&
de la plus grande deſtinction ; que MM. le
Chevalier de Polignac & le Comte de la Tourd'Auvergne
, avoient été bleſſés dangereuſement ,
ainſi que M. le Marquis de Cucé , Cornette des
Mouſquetaires du Roi , qui étoit à l'action comme
Volontaire. Il paroît que la perte desAnglois
eſt en tout de quatre à cinq mille hommes.
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades
Maréchal de France.
On a appris par une Gazette extraordinaire de
Londres , que Louiſbourg avoit capitulé le 26
Juillet dernier. Quoique cette nouvelle ſoit annoncée
d'une maniere poſitive , cependant comme
cette Gazette ne contient aucun détail du
ſiege , ni de la priſe de la Place , & qu'on n'a reçu
aucune lettre du Gouverneur , ni des autres Offi
ciers. Il faut attendre des nouvelles plus circonf
tanciées à cet égard,
On a reçu avis le 13 Septembre que M. le Duc
d'Aiguillon , avec ce qu'il avoit pu raffembler
de troupes , avoit attaqué dans l'anſe de Catz le
lundi II , les Anglois au nombre de douze à
treize mille hommes , dans le temps qu'ils ſe
rembarquoient ; que les ennemis avoient d'abord
foutenu cette attaque avec beaucoup de fierté ;
mais qu'ils avoient été enfoncés , taillés en pieces
&culbutésdans la mer ; que nos troupes s'étoient
portées dans l'action avec la plus grande intrépidité
, & qu'elles avoient poursuivi les Anglois,
dans la mer même , en y entrant juſqu'à la ceinture
; que les Anglois ont eu plus de trois mille,
hommes tués fur le rivage , fans compter ceux
qui ſe font noyés , ſoit dans les bâtimens de
tranſport qui ont été coulés à fonds , foit en voulant
ſe ſauver à la nage ; qu'au départ du Courier,
OCTOBRE. 1758 . 195
le nombre des priſonniers montoit à plus de cinq
cens , parmi leſquels il y avoit beaucoup d'Officiers&
de la plus grande deſtinction ; que MM. le
Chevalier de Polignac & le Comte de la Tourd'Auvergne
, avoient été bleſſés dangereuſement ,
ainſi que M. le Marquis de Cucé , Cornette des
Mouſquetaires du Roi , qui étoit à l'action comme
Volontaire. Il paroît que la perte desAnglois
eſt en tout de quatre à cinq mille hommes.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades Maréchal de France. Une gazette extraordinaire de Londres a annoncé la capitulation de Louisbourg le 26 juillet, sans fournir de détails sur le siège ou la prise de la place, ni de lettres du gouverneur ou des officiers. Le 13 septembre, il a été rapporté que le Duc d'Aiguillon avait attaqué les Anglais, au nombre de douze à treize mille hommes, alors qu'ils se rembarquaient dans l'anse de Catz. Les Anglais ont d'abord résisté, mais ont été repoussés, subissant des pertes estimées à quatre à cinq mille hommes, avec plus de cinq cents prisonniers, dont plusieurs officiers de haut rang. Les troupes françaises ont montré une grande intrépidité, poursuivant les Anglais même dans la mer. Parmi les blessés figurent le Chevalier de Polignac, le Comte de la Tour d'Auvergne et le Marquis de Cucé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17705
p. 195-198
Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Début :
On n'a point encore de relation bien circonstanciée de ce qui s'est passé le 25 & le 26 [...]
Mots clefs :
Armée russe, Armée prussienne, Général, Mouvements des troupes, Attaques, Combats, Stratégie, Positions, Cavalerie, Champ de bataille, Victoires, Blessés et morts, Opérations militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 8 Septembre
1753.
On n'a point encore de relation bien circonftanciée
de ce qui s'eſt paſſé le 25 & le 26 Août ,
entre les armées de Ruffie & de Pruſle. Ce qu'on
en ſçait aujourd'hui , pour n'être pas encore bien
détaillé , n'en eſt pas moins exact ni moins pofitif:
c'eſt le réſultat de pluſieurs lettres écrites
du camp de l'armée Impériale de Ruffie , à Groff-
Camin le 29 Août. D'après ces lettres , Sa Majeſté
Pruſſienne vint le 25 à la tête d'une armée
de cinquante à cinquante - cinq mille hommes
axaquer l'armée de Ruſſie , près du village de
Zorndorff dans le Baillage de Quartſch.
*LeGénéral Comte de Fermer n'avoit ce jourlà
que trente-huit mille hommes ſous les armes ,
&le terrein où il falloit combattre , coupé par
des marais &des bois , ne lui permettoit pas de
prendre une poſition également avantageuſe en
tous ſes points. La bataille commença à neuf
heures du matin par une canonnade des plus vives
, qui fut foutenue de part & d'autre pendant
une heure &demie.
Les Pruffiens déboucherent par les défilés de
Sicher & de Groſf-Camin , derriere l'aîle gauche
des Ruſſes , & s'étendirent vers Zorndorff , point .
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'appui de l'île droite de l'armée de Ruſſie.
Ayant mis près d'une heure &demie à ſe former,
ils s'attacherent d'abord à cette aîle ; mais inſenſiblement
le feu s'étendit juſqu'à l'aî'e gauche , &
les deux armées ſe trouverent engagées de front.
L'attaque fut alors générale & furieuſe ; mais
l'armée Impériale de Ruſſie , non ſeulement la
ſoutint par tout avec une fermeté inébranlable;
mais elle repouffa l'ennemi avec tant de vigueur ,
qu'à midi la premiere ligne fut entiérement culburée.
Le Roi de Pruſſe fit avancer ſon corps de réſerve
pour rétablir cette ligne ; mais elle fut renverſée
de nouveau , & la Cavalerie des Ruſſes ſe
jettant le ſabre à la main fur l'Infanterie Pruffienne
, l'enfonça , &y fit un carnage horrible. Cependant
Sa Majesté Pruſſienne faiſant les derniers
efforts , réuffit à percer entre l'aîle droite & l'aîle
gauche , ſépara la premiere de l'autre , la miten
confufion , & poursuivant vivement cet avantage,
pouſſa cette aîle droite juſqu'au bord d'un
marais.
L'aîle gauche ſoutint ſa pofition malgré ce revers
, & ne perdit pas un pouce de terrein. La
nuit ſurvint , & ce futfansdoutedans ce moment
que les Pruffiens croyant la victoire décidée pour
eux , ſe hâterent de l'annoncer par des Couriers à
toute l'Europe. Mais on ne fut pas de cet avis
dans l'armée Ruffienne. Le Général Major de
Demicourt , par une préſence d'eſprit admirable ,
rallia les ſoldats diſperſés fur le bord du marais ,
en forma un corps composé d'Infanterie & de
Cavalerie , marcha derechef à l'ennemi , le prit
àdos& en flanc , le chaſſa àune demi-lieue au
de-làdu champ de bataille , s'y établit , en avertic
Paile gauche , qui marchant tout de ſuite en
OCTOBRE. 1758. 194
avant , acheva de s'en emparer , & s'y ſoutint.
Le lendemain 26 , on ſe canonna encore pen
dant quelque temps fort vivement ; & l'armée
Impériale de Ruſſie , toujours en peſſeſſion du
champ de bataille , enterra ſes morts , raſſembla
ſes trophées, en canons , étendards & drapeaux ,
& finit ainſi la journée.
Le 27 , comme l'armée devoit ſe rapprocherde
ſes magaſins , & ſe mettre à portée de la diviſion
du Général Romanzow , elle leva ſon camp en
préſence de l'ennemi & en plein jour , & alla s'établir
à Groff- Camin , où le 28 il ne ſe paſſa rien
de nouveau .
Le 29 , les deux armées firent preſqu'en même
temps des feux de réjouiſſance , pour célébrer une
victoire que l'une croyoit avoir gagnée , & que
l'autre lui arracha par une manoeuvre , qui fait
également l'éloge fagacité & de la fermeté
de ſes Généraux , de l'intrépidité & du courage
opiniâtre de ſes troupes.
dela
Ces deux journées ne peuvent qu'avoir été trèsfanglantes.
Elles font un événement dont l'hiſtoire
ne fournit guere d'exemple , & qui fera un mo
nument éternel de gloire pour les armes Impé
riales de Ruffie.
On n'a jusqu'ici aucun détail de la ppeerrte qu'on
afaite de part & d'autre en morts , bleffés & prifonniers
, &tout ce récit n'eſt encore que préliminaire
à la relation qui doit nous venir.
Une lettre duGénéral Fermer éerite le 31 Sep
tembre du camp de Groff-Camin , àM. de Solticoff
, Miniſtre de Ruſſie à Hambourg , marque
qu'après treize heures de combat le plus opiniatre
, il avoit repouffé le RoidePruffe,pris vingtfix
pieces decanon & pluſieurs étendards , qu'il
feroit joint le premierde ce mois par leGénéral
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
Romanzow , & qu'il poursuivroit alors fes opérations.
1753.
On n'a point encore de relation bien circonftanciée
de ce qui s'eſt paſſé le 25 & le 26 Août ,
entre les armées de Ruffie & de Pruſle. Ce qu'on
en ſçait aujourd'hui , pour n'être pas encore bien
détaillé , n'en eſt pas moins exact ni moins pofitif:
c'eſt le réſultat de pluſieurs lettres écrites
du camp de l'armée Impériale de Ruffie , à Groff-
Camin le 29 Août. D'après ces lettres , Sa Majeſté
Pruſſienne vint le 25 à la tête d'une armée
de cinquante à cinquante - cinq mille hommes
axaquer l'armée de Ruſſie , près du village de
Zorndorff dans le Baillage de Quartſch.
*LeGénéral Comte de Fermer n'avoit ce jourlà
que trente-huit mille hommes ſous les armes ,
&le terrein où il falloit combattre , coupé par
des marais &des bois , ne lui permettoit pas de
prendre une poſition également avantageuſe en
tous ſes points. La bataille commença à neuf
heures du matin par une canonnade des plus vives
, qui fut foutenue de part & d'autre pendant
une heure &demie.
Les Pruffiens déboucherent par les défilés de
Sicher & de Groſf-Camin , derriere l'aîle gauche
des Ruſſes , & s'étendirent vers Zorndorff , point .
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'appui de l'île droite de l'armée de Ruſſie.
Ayant mis près d'une heure &demie à ſe former,
ils s'attacherent d'abord à cette aîle ; mais inſenſiblement
le feu s'étendit juſqu'à l'aî'e gauche , &
les deux armées ſe trouverent engagées de front.
L'attaque fut alors générale & furieuſe ; mais
l'armée Impériale de Ruſſie , non ſeulement la
ſoutint par tout avec une fermeté inébranlable;
mais elle repouffa l'ennemi avec tant de vigueur ,
qu'à midi la premiere ligne fut entiérement culburée.
Le Roi de Pruſſe fit avancer ſon corps de réſerve
pour rétablir cette ligne ; mais elle fut renverſée
de nouveau , & la Cavalerie des Ruſſes ſe
jettant le ſabre à la main fur l'Infanterie Pruffienne
, l'enfonça , &y fit un carnage horrible. Cependant
Sa Majesté Pruſſienne faiſant les derniers
efforts , réuffit à percer entre l'aîle droite & l'aîle
gauche , ſépara la premiere de l'autre , la miten
confufion , & poursuivant vivement cet avantage,
pouſſa cette aîle droite juſqu'au bord d'un
marais.
L'aîle gauche ſoutint ſa pofition malgré ce revers
, & ne perdit pas un pouce de terrein. La
nuit ſurvint , & ce futfansdoutedans ce moment
que les Pruffiens croyant la victoire décidée pour
eux , ſe hâterent de l'annoncer par des Couriers à
toute l'Europe. Mais on ne fut pas de cet avis
dans l'armée Ruffienne. Le Général Major de
Demicourt , par une préſence d'eſprit admirable ,
rallia les ſoldats diſperſés fur le bord du marais ,
en forma un corps composé d'Infanterie & de
Cavalerie , marcha derechef à l'ennemi , le prit
àdos& en flanc , le chaſſa àune demi-lieue au
de-làdu champ de bataille , s'y établit , en avertic
Paile gauche , qui marchant tout de ſuite en
OCTOBRE. 1758. 194
avant , acheva de s'en emparer , & s'y ſoutint.
Le lendemain 26 , on ſe canonna encore pen
dant quelque temps fort vivement ; & l'armée
Impériale de Ruſſie , toujours en peſſeſſion du
champ de bataille , enterra ſes morts , raſſembla
ſes trophées, en canons , étendards & drapeaux ,
& finit ainſi la journée.
Le 27 , comme l'armée devoit ſe rapprocherde
ſes magaſins , & ſe mettre à portée de la diviſion
du Général Romanzow , elle leva ſon camp en
préſence de l'ennemi & en plein jour , & alla s'établir
à Groff- Camin , où le 28 il ne ſe paſſa rien
de nouveau .
Le 29 , les deux armées firent preſqu'en même
temps des feux de réjouiſſance , pour célébrer une
victoire que l'une croyoit avoir gagnée , & que
l'autre lui arracha par une manoeuvre , qui fait
également l'éloge fagacité & de la fermeté
de ſes Généraux , de l'intrépidité & du courage
opiniâtre de ſes troupes.
dela
Ces deux journées ne peuvent qu'avoir été trèsfanglantes.
Elles font un événement dont l'hiſtoire
ne fournit guere d'exemple , & qui fera un mo
nument éternel de gloire pour les armes Impé
riales de Ruffie.
On n'a jusqu'ici aucun détail de la ppeerrte qu'on
afaite de part & d'autre en morts , bleffés & prifonniers
, &tout ce récit n'eſt encore que préliminaire
à la relation qui doit nous venir.
Une lettre duGénéral Fermer éerite le 31 Sep
tembre du camp de Groff-Camin , àM. de Solticoff
, Miniſtre de Ruſſie à Hambourg , marque
qu'après treize heures de combat le plus opiniatre
, il avoit repouffé le RoidePruffe,pris vingtfix
pieces decanon & pluſieurs étendards , qu'il
feroit joint le premierde ce mois par leGénéral
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
Romanzow , & qu'il poursuivroit alors fes opérations.
Fermer
Résumé : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Le 25 août 1753, l'armée prussienne, dirigée par le roi de Prusse et composée de 50 à 55 000 hommes, affronta l'armée russe près du village de Zorndorff. Le général russe Comte de Fermer commandait 38 000 hommes, mais le terrain, marqué par des marais et des bois, ne lui permettait pas de prendre une position avantageuse. La bataille débuta à neuf heures du matin par une intense canonnade qui dura une heure et demie. Les Prussiens attaquèrent l'aile gauche des Russes et avancèrent vers Zorndorff. La bataille devint générale et furieuse, mais les Russes repoussèrent les Prussiens avec vigueur, culbutant leur première ligne à midi. Le roi de Prusse fit avancer ses réserves pour rétablir la ligne, mais celles-ci furent à nouveau renversées par la cavalerie russe. La nuit tomba, et les Prussiens annoncèrent leur victoire en Europe. Cependant, le général russe Demicourt rallia ses troupes et contre-attaqua, chassant les Prussiens du champ de bataille. Le lendemain, 26 août, les deux armées se canonnèrent encore avant que les Russes n'enterrent leurs morts et ne rassemblèrent leurs trophées. Le 27 août, l'armée russe se rapprocha de ses magasins et se mit à portée de la division du général Romanzow. Le 29 août, les deux armées célébrèrent des feux de réjouissance, chacune croyant avoir gagné la bataille. Les pertes en morts, blessés et prisonniers n'étaient pas encore détaillées. Une lettre du général Fermer, datée du 31 septembre, indiquait que les Russes avaient repoussé les Prussiens après treize heures de combat, capturant vingt-six pièces d'artillerie et plusieurs étendards.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17706
p. 198-207
ARCHITECTURE.
Début :
Nous avons eu plusieurs fois occasion de parler de l'utilité & du progrès de [...]
Mots clefs :
Jacques-François Blondel, Émulation, Leçon, Dessin, Architecture, Progrès, Goût, Art, Cours d'architecture, Élèves
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARCHITECTURE.
ARCHITECTURE.
N de parler de Futilité & du progrès de
Ous avons eu plufieurs fois occafion
l'Ecole des Arts , établie à Paris par M."
Blondel, Profeffeur d'Architecture , rue de
ta Harpe ; mais les foins continuels que
fe donne cet Artifte pour le bien public &
la gloire de fon art , nous fourniffent fouvent
de nouveaux fujets de renouveller les
éloges que nous avons donnés au chef &
aux éleves. Les cours publics d'architecture
que M. Blondel donne chez lui gratuitement
les Jeudis , Samedis & DimanJUI
N. 1755
THELLE
J
ches , divifés
en Cours élémentaires
, de
YON
93
*
tique & de théorie , & que nous avons
annoncés dans les Mercures de Juin 17
& Juillet 1754 , n'ont point diminué fes
attentions pour les élèves qui lui font
confiés ; mais pour rendre fes contemporains
témoins des espérances que
l'on
peut
concevoir des talens naiffans de fes difciples
, M. Blondel a diftribué le 26 du mois
d'Octobre dernier , en préfence d'une affemblée
nombreufe & choifie , les prix
qu'il avoit propofés par divers programmes.
>
Les projets admis au concours furent
jugés par les Académiciens & les Artiſtes
les plus célebres , par les amateurs & les
connoiffeurs les plus éclairés , que le Profeffeur
avoit invités chez lui , & qui fe
font fait un plaifir de feconder par leur
préfence l'émulation des éleves & le zéle de
l'auteur. Douze de ces éleves ont concouru
dans quatre différens genres de talens
dont plufieurs d'entr'eux avoient déja remporté
des prix les années précédentes,
Par le premier programme pour les prix
d'architecture , on demandoit un édifice
public contenant diverfes galeries au
premier étage qui devoit être élevé fur
» un foubaſſement ; quelques -unes de ces
y galeries devoient être deftinées en parti,
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE .
ور
» culier à contenir une bibliothéque , ainfi
» que la collection des eftampes & des
» deffeins des grands maîtres ; les autres
» devoient fervir de dépôt pour les antiques
; les médailles , &c. Il falloit auffi
» dans cet édifice deux magnifiques fal
» lons ; l'un pour contenir les tableaux des
» différentes écoles de l'Europe ; l'autre
" pour raffenibler les diverfes curiofités
» concernant l'hiftoire naturelle ; enforte
que ce temple des fciences , des arts &
» du goût , diftribué avec fymmétrie , &
compofé de formes régulieres & graves (
» devoit fuppofer pouvoir contenir dans
» un même lieu les livres , les manuf
crits , les eftampes , les médailles & les
bronzes qui fe voient à la Bibliothéque
du Roi , rue de Richelieu ; les antiques
» du Louvre , les tableaux du Luxem
bourg , & les cabinets d'hiftoire naturelle
du Jardin royal. Toutes ces diffé
rentes piéces devoient avoir chacune les
dépendances de leur reffort , & fe communiquer
par de grands efcaliers , auf
quels il falloit arriver à couvert dès la
principale entrée de l'édifice .
3
On diftribua pour ce projet trois prix ,
qui confiftoient en trois médailles d'argent
, la premiere d'un marc , &c. Celleci
fut adjugée à Samuel- Bernard Perron s
JUIN. 1755. 201
le cadet , de Poiffi ; la feconde à Jacques
Dumont , de Limoges , & la troiſieme â
Jean-Baptifte Daubenton de Paris .
ខ
"
Par le fecond programme , on exigebit
le projet d'une fontaine propre à être
R érigée au milieu d'une grande place ,
» telle que l'efplanade du pont tournant.
» Cette fontaine devoit être dans le goût:
de celle de la Place Navonne , à Rome ;
le bas pouvoit être compofé d'une archi
» tecture ferme & ruftique , élevée au mi-
» lieu d'un grand baffin de forme variée ;
» ou bien , au lieu d'architecture , on pouvoit
faire ufage de rochers , dont la plus
grande partie percée à jour laifferoit voirt
» des nappes , ou torrens d'eau d'un aſſez ,
gros volume. Au deffus de cette archi-
» tecture ou rocher pouvoient être pla-
» cées plufieurs figures , telles que celles dé
la ville de Paris , celles du commerce ,
» l'abondance , la Seine , la Marne , des
» Nymphes , des Tritons , &c. au milieu
» defquelles devoit s'élever une grande.
"pyramide ou colonne.coloffale enrichie.
» de fculptures relatives au fujet , & termi-,
» née ( en fuppofant qu'on préférât la co-
» lonne à la pyramide ) de la ftatue pé-
» deftre du Prince , ou autrement de fes
armes & fupports . Biogr
Ce prixa été remporté par Jean Raphaël
1
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Servandoni , fils du célebre Peintre &
Architecte de ce nom ; il avoit préferé l'o
bélifque à la colonne.
Le troifieme prix étoit deftiné à celui
des douze concourans qui auroit le mieux
imité un fort beau deffein en encre de
la Chine de Gilles Oppenor , repréſentant
un morceau d'architecture mêlé de figures
& de payfages , du cabinet de M. Perronet.
Il fut adjugé à Bernard Jofeph Perron ;
Paîné , de Poiffi .
·
Le quatrieme enfin étoit un Deffein fur
papier bleu, du cabinet de M. d'Argenville,
original de Noël Coypel , repréfentant un
fujet d'hiftoire romaine : il fut décerné à
Jacques Dumont , de Limoges.
Dans les compofitions qui n'ont point
remporté de prix , on en a remarqué plu
fieurs dignes d'applaudiffemens ; ce qui fir
fouhaiter aux amateurs d'avoir une plus
grande quantité de médailles à diftribuer.
De ce nombre étoient les projets de René
Lamboth ; de Paris ; de Charles Gontard
de Bareith , & de Jacques Heumann ,
d'Hanovre , & c .
A propos de la diftribution de ces prix ,
nous allons donner une idée du plan de
cette école des arts : nous croyons qu'on
verra avec plaifir l'ordre & l'enchaînement
des leçons publiques & particulieres qui
JUIN. 1755. 203
4
teur en a dic s'y donnent. Voici à peu près ce que l'au
lui - même dans divers programmes
qu'il a fait imprimer,
Après plufieurs années d'études , dit- il ,
& après avoir formé plufieurs éleves , dont
quelques- uns font penfionnaires de Sa
Majesté à Rome , & d'autres font de retour
en France , il avoit fenti que fon travail
feroit infuffifant s'il ne le portoit plus
loin , parce qu'il entendoit continuellement
ces élèves même s'écrier , que l'étude que
le Profeffeur leur propofoit , ainfi que
la
connoiffance directe de tous les arts, étoient
ignorées de la plupart des perfonnes de la
profeffion ; que Meffieurs tels & tels ne
fçavoient rien ou très - peu de chofe ; que
la plupart de ceux - même qui ont le plus
de réputation , n'avoient aucune teinture
des mathématiques , & qu'ils deffinoient
médiocrement ; que celui - ci ne poffedoir
bien que la diftribution ; que celui - là n'entendoit
que la partie de la décoration intérieure
, l'un la conftruction , l'autre la
partie du jardinage , &c. que d'ailleurs
la plus grande partie des hommes en place
méconnoiffoient les talens , eftimoient peu
les arts , & regardoient avec indifférence
les Artiftes. Ce langage , qui n'eft que trop
commun & qui n'eft pas fans fondement
eft presque toujours celui de la multitude
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
il contribue infenfiblement à déterminer
moins d'excellens fujets ; il amene au relâ
chement de l'étude , & ne nous fournit
que des hommes fuperficiels.
Pour remédier à un abus auffi préjudiciable
au progrès des arts , pour arrêter le
cours d'un propos fi funefte , & exciter une
véritable émulation chez nos citoyens , M.
Blondel a ouvert gratuitement des leçons
publiques mais pour que ces leçons puffent
tourner au profit de la fociété en
général , il les a préfentées fous différentes
faces , fuivant qu'il a reconnu la néceffité
de parler à chacun le langage qui lui convenoit
. Ce moyen lui a réuffi , ainfi que
l'on devoit s'y attendre . En effet , fon cours
élémentaire conduit néceffairement les
hommes bien nés aux connoiffances dur
beau , leur fraye une route sûre pour juger
pertinemment de nos édifices , les accoutume
à fe dépouiller de tout préjugé natio
nal , & leur fait connoître les auteurs &
les Artiftes les plus célebres : ces lumieres
acquifes de la part des amateurs , devien
nent fans doute une faveur de plus pour
l'Artifte qui veut devenir habile , parce
qu'il conçoit par- là que fes talens feront
préconisés par des hommes éclairés , &
que ce fera autant d'obftacles pour les
hommes médiocres qui oferont moins fe
JUIN. 1755. 205-
: montrer au grand jour. D'ailleurs le
nombre des honnêtes gens qui font attirés
à ce cours élémentaire , contribue à l'ému-}
lation qui regne dans cette école : il infpire
aux éleves qui font confiés au Profeffeur
le defir de s'inftruire , les engage à la dé->
cence , & excite en eux l'amour du bien ;
autant de motifs infaillibles pour former à
l'avenir des chefs intelligens..
Son cours de théorie eft deſtiné , non
feulement aux jeunes Architectes , mais
aux Peintres , Sculpteurs , Décorateurs ,
Graveurs , qui fe trouvant ainfi raffemblés , 1
& conférant enfemble à certains jours !
nommés , s'entrecommuniquent leurs dis
verfes connoiffances , leurs découvertes ,
leurs productions , & s'entretiennent utilement
des fciences & des arts. Le Géomé-:
tre acquiert du goût ; l'Artifte regle fes :
idées par le fecours du Mathématicien :>
tous fe réuniffent avec le Profeffeur. pour
vifiter avec fuccès les édifices du fiecle
paffé , & fe procurent une entrée libre
dans les atteliers de nos célebres Artiftes.i
Les bibliothèques , les édifices facrés , les
maifons royales , les cabinets des curieux ,
s'offrent à leurs regards ; en un mot , tout
devient commun entr'eux ; de là la route
des arts plus facile , l'étude plus agréable ,
& les progrès plus sûts.
206 MERCURE DE FRANCE.
Son cours de pratique deſtiné aux ouvriers
du bâtiment , met le comble à l'entrepriſe.
Quatre - vingt hommes tous les
Dimanches & Fêtes occupent pendant la
matinée leur loifir à puifer dans cette,
école les différentes connoiffances dont ils
ont befoin. Le Maçon , le Charpentier , le
Menuifier , le Serrurier , y viennent ap-;.
prendre la géométrie pratique , & les prin- i
cipes relatifs à leur profeffion ; tout l'après-
midi ces mêmes hommes font occupés
à l'exercice du deffein dans différens gen-:
res. Mais pour porter plus loin la perfection
du goût , M. Blondel reçoit auffi dans
fes leçons l'Orfevre , le Bijoutier , le Cifeleur
, & c. on leur communique d'excel
lens originaux , & ils font corrigés exac
tement par des Profeffeurs & par les plus!
anciens éleves reconnus capables ; enforte
que le praticien , le théoricien , l'homme
de goût , font un tout qui encourage le
débutant , affermit l'homme déja capable ,
& donne lieu d'efpérer qu'avant peu d'années
la beauté des formes , l'élégance des
contours , la fymmétrie , reprendront le
deffus & la place des ornemens chiméri- .
ques & hazardés , dont tous les arts de
goût fe font reffentis depuis près de vingt
années *.
* J'ai eu la curiofité d'aller un Dimanche
JUIN. 175.5. 207
En un mot , cette école renouvellant
dans Paris celle d'Athènes , réunit les arts
utiles & les arts agréables : l'architecture ,
les mathématiques , la figure & le deffein
en général , la ſculpture , les fortifications,
la coupe des pierres , font autant de parties
qu'on y enfeigne avec émulation & fuccès.
Quels éloges ne mérite donc pas le fondateur
d'un établiffement fi avantageux à la
fociété ! peut-il être trop préconifé , foutenu
& autorifé ? Le zele infatigable & les
talens décidés de l'Auteur ne font-ils pas
dignes des plus hautes récompenfes & de
la reconnoiffance du public ?
matin fur les dix heures , pour juger par moimême
de l'utilité de ce cours dont on m'avoit
parlé fi avantageufement , & je dois avouer que
j'ai été frappé de l'ordre , de l'exactitude , de l'ardeur
& de l'émulation que j'ai remarquées , tant de
la part des artifans , que de celle des Profeffeurs &
du Chef, dent la capacité , la politeffe & le zele
ne fçauroient être trop applaudis,
N de parler de Futilité & du progrès de
Ous avons eu plufieurs fois occafion
l'Ecole des Arts , établie à Paris par M."
Blondel, Profeffeur d'Architecture , rue de
ta Harpe ; mais les foins continuels que
fe donne cet Artifte pour le bien public &
la gloire de fon art , nous fourniffent fouvent
de nouveaux fujets de renouveller les
éloges que nous avons donnés au chef &
aux éleves. Les cours publics d'architecture
que M. Blondel donne chez lui gratuitement
les Jeudis , Samedis & DimanJUI
N. 1755
THELLE
J
ches , divifés
en Cours élémentaires
, de
YON
93
*
tique & de théorie , & que nous avons
annoncés dans les Mercures de Juin 17
& Juillet 1754 , n'ont point diminué fes
attentions pour les élèves qui lui font
confiés ; mais pour rendre fes contemporains
témoins des espérances que
l'on
peut
concevoir des talens naiffans de fes difciples
, M. Blondel a diftribué le 26 du mois
d'Octobre dernier , en préfence d'une affemblée
nombreufe & choifie , les prix
qu'il avoit propofés par divers programmes.
>
Les projets admis au concours furent
jugés par les Académiciens & les Artiſtes
les plus célebres , par les amateurs & les
connoiffeurs les plus éclairés , que le Profeffeur
avoit invités chez lui , & qui fe
font fait un plaifir de feconder par leur
préfence l'émulation des éleves & le zéle de
l'auteur. Douze de ces éleves ont concouru
dans quatre différens genres de talens
dont plufieurs d'entr'eux avoient déja remporté
des prix les années précédentes,
Par le premier programme pour les prix
d'architecture , on demandoit un édifice
public contenant diverfes galeries au
premier étage qui devoit être élevé fur
» un foubaſſement ; quelques -unes de ces
y galeries devoient être deftinées en parti,
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE .
ور
» culier à contenir une bibliothéque , ainfi
» que la collection des eftampes & des
» deffeins des grands maîtres ; les autres
» devoient fervir de dépôt pour les antiques
; les médailles , &c. Il falloit auffi
» dans cet édifice deux magnifiques fal
» lons ; l'un pour contenir les tableaux des
» différentes écoles de l'Europe ; l'autre
" pour raffenibler les diverfes curiofités
» concernant l'hiftoire naturelle ; enforte
que ce temple des fciences , des arts &
» du goût , diftribué avec fymmétrie , &
compofé de formes régulieres & graves (
» devoit fuppofer pouvoir contenir dans
» un même lieu les livres , les manuf
crits , les eftampes , les médailles & les
bronzes qui fe voient à la Bibliothéque
du Roi , rue de Richelieu ; les antiques
» du Louvre , les tableaux du Luxem
bourg , & les cabinets d'hiftoire naturelle
du Jardin royal. Toutes ces diffé
rentes piéces devoient avoir chacune les
dépendances de leur reffort , & fe communiquer
par de grands efcaliers , auf
quels il falloit arriver à couvert dès la
principale entrée de l'édifice .
3
On diftribua pour ce projet trois prix ,
qui confiftoient en trois médailles d'argent
, la premiere d'un marc , &c. Celleci
fut adjugée à Samuel- Bernard Perron s
JUIN. 1755. 201
le cadet , de Poiffi ; la feconde à Jacques
Dumont , de Limoges , & la troiſieme â
Jean-Baptifte Daubenton de Paris .
ខ
"
Par le fecond programme , on exigebit
le projet d'une fontaine propre à être
R érigée au milieu d'une grande place ,
» telle que l'efplanade du pont tournant.
» Cette fontaine devoit être dans le goût:
de celle de la Place Navonne , à Rome ;
le bas pouvoit être compofé d'une archi
» tecture ferme & ruftique , élevée au mi-
» lieu d'un grand baffin de forme variée ;
» ou bien , au lieu d'architecture , on pouvoit
faire ufage de rochers , dont la plus
grande partie percée à jour laifferoit voirt
» des nappes , ou torrens d'eau d'un aſſez ,
gros volume. Au deffus de cette archi-
» tecture ou rocher pouvoient être pla-
» cées plufieurs figures , telles que celles dé
la ville de Paris , celles du commerce ,
» l'abondance , la Seine , la Marne , des
» Nymphes , des Tritons , &c. au milieu
» defquelles devoit s'élever une grande.
"pyramide ou colonne.coloffale enrichie.
» de fculptures relatives au fujet , & termi-,
» née ( en fuppofant qu'on préférât la co-
» lonne à la pyramide ) de la ftatue pé-
» deftre du Prince , ou autrement de fes
armes & fupports . Biogr
Ce prixa été remporté par Jean Raphaël
1
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Servandoni , fils du célebre Peintre &
Architecte de ce nom ; il avoit préferé l'o
bélifque à la colonne.
Le troifieme prix étoit deftiné à celui
des douze concourans qui auroit le mieux
imité un fort beau deffein en encre de
la Chine de Gilles Oppenor , repréſentant
un morceau d'architecture mêlé de figures
& de payfages , du cabinet de M. Perronet.
Il fut adjugé à Bernard Jofeph Perron ;
Paîné , de Poiffi .
·
Le quatrieme enfin étoit un Deffein fur
papier bleu, du cabinet de M. d'Argenville,
original de Noël Coypel , repréfentant un
fujet d'hiftoire romaine : il fut décerné à
Jacques Dumont , de Limoges.
Dans les compofitions qui n'ont point
remporté de prix , on en a remarqué plu
fieurs dignes d'applaudiffemens ; ce qui fir
fouhaiter aux amateurs d'avoir une plus
grande quantité de médailles à diftribuer.
De ce nombre étoient les projets de René
Lamboth ; de Paris ; de Charles Gontard
de Bareith , & de Jacques Heumann ,
d'Hanovre , & c .
A propos de la diftribution de ces prix ,
nous allons donner une idée du plan de
cette école des arts : nous croyons qu'on
verra avec plaifir l'ordre & l'enchaînement
des leçons publiques & particulieres qui
JUIN. 1755. 203
4
teur en a dic s'y donnent. Voici à peu près ce que l'au
lui - même dans divers programmes
qu'il a fait imprimer,
Après plufieurs années d'études , dit- il ,
& après avoir formé plufieurs éleves , dont
quelques- uns font penfionnaires de Sa
Majesté à Rome , & d'autres font de retour
en France , il avoit fenti que fon travail
feroit infuffifant s'il ne le portoit plus
loin , parce qu'il entendoit continuellement
ces élèves même s'écrier , que l'étude que
le Profeffeur leur propofoit , ainfi que
la
connoiffance directe de tous les arts, étoient
ignorées de la plupart des perfonnes de la
profeffion ; que Meffieurs tels & tels ne
fçavoient rien ou très - peu de chofe ; que
la plupart de ceux - même qui ont le plus
de réputation , n'avoient aucune teinture
des mathématiques , & qu'ils deffinoient
médiocrement ; que celui - ci ne poffedoir
bien que la diftribution ; que celui - là n'entendoit
que la partie de la décoration intérieure
, l'un la conftruction , l'autre la
partie du jardinage , &c. que d'ailleurs
la plus grande partie des hommes en place
méconnoiffoient les talens , eftimoient peu
les arts , & regardoient avec indifférence
les Artiftes. Ce langage , qui n'eft que trop
commun & qui n'eft pas fans fondement
eft presque toujours celui de la multitude
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
il contribue infenfiblement à déterminer
moins d'excellens fujets ; il amene au relâ
chement de l'étude , & ne nous fournit
que des hommes fuperficiels.
Pour remédier à un abus auffi préjudiciable
au progrès des arts , pour arrêter le
cours d'un propos fi funefte , & exciter une
véritable émulation chez nos citoyens , M.
Blondel a ouvert gratuitement des leçons
publiques mais pour que ces leçons puffent
tourner au profit de la fociété en
général , il les a préfentées fous différentes
faces , fuivant qu'il a reconnu la néceffité
de parler à chacun le langage qui lui convenoit
. Ce moyen lui a réuffi , ainfi que
l'on devoit s'y attendre . En effet , fon cours
élémentaire conduit néceffairement les
hommes bien nés aux connoiffances dur
beau , leur fraye une route sûre pour juger
pertinemment de nos édifices , les accoutume
à fe dépouiller de tout préjugé natio
nal , & leur fait connoître les auteurs &
les Artiftes les plus célebres : ces lumieres
acquifes de la part des amateurs , devien
nent fans doute une faveur de plus pour
l'Artifte qui veut devenir habile , parce
qu'il conçoit par- là que fes talens feront
préconisés par des hommes éclairés , &
que ce fera autant d'obftacles pour les
hommes médiocres qui oferont moins fe
JUIN. 1755. 205-
: montrer au grand jour. D'ailleurs le
nombre des honnêtes gens qui font attirés
à ce cours élémentaire , contribue à l'ému-}
lation qui regne dans cette école : il infpire
aux éleves qui font confiés au Profeffeur
le defir de s'inftruire , les engage à la dé->
cence , & excite en eux l'amour du bien ;
autant de motifs infaillibles pour former à
l'avenir des chefs intelligens..
Son cours de théorie eft deſtiné , non
feulement aux jeunes Architectes , mais
aux Peintres , Sculpteurs , Décorateurs ,
Graveurs , qui fe trouvant ainfi raffemblés , 1
& conférant enfemble à certains jours !
nommés , s'entrecommuniquent leurs dis
verfes connoiffances , leurs découvertes ,
leurs productions , & s'entretiennent utilement
des fciences & des arts. Le Géomé-:
tre acquiert du goût ; l'Artifte regle fes :
idées par le fecours du Mathématicien :>
tous fe réuniffent avec le Profeffeur. pour
vifiter avec fuccès les édifices du fiecle
paffé , & fe procurent une entrée libre
dans les atteliers de nos célebres Artiftes.i
Les bibliothèques , les édifices facrés , les
maifons royales , les cabinets des curieux ,
s'offrent à leurs regards ; en un mot , tout
devient commun entr'eux ; de là la route
des arts plus facile , l'étude plus agréable ,
& les progrès plus sûts.
206 MERCURE DE FRANCE.
Son cours de pratique deſtiné aux ouvriers
du bâtiment , met le comble à l'entrepriſe.
Quatre - vingt hommes tous les
Dimanches & Fêtes occupent pendant la
matinée leur loifir à puifer dans cette,
école les différentes connoiffances dont ils
ont befoin. Le Maçon , le Charpentier , le
Menuifier , le Serrurier , y viennent ap-;.
prendre la géométrie pratique , & les prin- i
cipes relatifs à leur profeffion ; tout l'après-
midi ces mêmes hommes font occupés
à l'exercice du deffein dans différens gen-:
res. Mais pour porter plus loin la perfection
du goût , M. Blondel reçoit auffi dans
fes leçons l'Orfevre , le Bijoutier , le Cifeleur
, & c. on leur communique d'excel
lens originaux , & ils font corrigés exac
tement par des Profeffeurs & par les plus!
anciens éleves reconnus capables ; enforte
que le praticien , le théoricien , l'homme
de goût , font un tout qui encourage le
débutant , affermit l'homme déja capable ,
& donne lieu d'efpérer qu'avant peu d'années
la beauté des formes , l'élégance des
contours , la fymmétrie , reprendront le
deffus & la place des ornemens chiméri- .
ques & hazardés , dont tous les arts de
goût fe font reffentis depuis près de vingt
années *.
* J'ai eu la curiofité d'aller un Dimanche
JUIN. 175.5. 207
En un mot , cette école renouvellant
dans Paris celle d'Athènes , réunit les arts
utiles & les arts agréables : l'architecture ,
les mathématiques , la figure & le deffein
en général , la ſculpture , les fortifications,
la coupe des pierres , font autant de parties
qu'on y enfeigne avec émulation & fuccès.
Quels éloges ne mérite donc pas le fondateur
d'un établiffement fi avantageux à la
fociété ! peut-il être trop préconifé , foutenu
& autorifé ? Le zele infatigable & les
talens décidés de l'Auteur ne font-ils pas
dignes des plus hautes récompenfes & de
la reconnoiffance du public ?
matin fur les dix heures , pour juger par moimême
de l'utilité de ce cours dont on m'avoit
parlé fi avantageufement , & je dois avouer que
j'ai été frappé de l'ordre , de l'exactitude , de l'ardeur
& de l'émulation que j'ai remarquées , tant de
la part des artifans , que de celle des Profeffeurs &
du Chef, dent la capacité , la politeffe & le zele
ne fçauroient être trop applaudis,
Fermer
Résumé : ARCHITECTURE.
Jacques-François Blondel a fondé à Paris une École des Arts, où il dispensait des cours publics gratuits les jeudis, samedis et dimanches. Ces cours étaient divisés en trois catégories : élémentaires, de pratique et de théorie. Leur objectif principal était de former des élèves talentueux et de favoriser le progrès des arts. En octobre 1755, Blondel a organisé une assemblée pour distribuer des prix. Douze élèves ont participé à cette compétition, qui était structurée en quatre genres différents. Les projets des élèves ont été évalués par des académiciens, des artistes renommés, des amateurs et des connaisseurs éclairés. Les prix ont été attribués pour divers programmes, incluant la conception d'un édifice public avec des galeries, une fontaine, et des imitations de dessins. L'École des Arts de Blondel visait à combler les lacunes dans la connaissance des arts parmi les professionnels. Elle offrait des leçons publiques et privées, réunissant architectes, peintres, sculpteurs, décorateurs, graveurs et ouvriers du bâtiment. Les cours couvraient divers domaines tels que l'architecture, les mathématiques, la sculpture et les fortifications. L'objectif était de former des artisans compétents et de promouvoir l'excellence dans les arts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17707
p. 198-203
Détail de l'affaire qui s'est passée le 8 Juillet entre les Troupes du Roi, commandées par M. le Marquis de Montcalm, & celles d'Angleterre, aux ordre du Général Abercromby.
Début :
M. le Marquis de Montcalm ayant été envoyé par M. le Marquis de Vaudreuil, [...]
Mots clefs :
Marquis de Montcalm, Colonies, Canada, Protection, Troupes, Anglais, Chevalier, Renforts, Lac Saint-Sacrement, Mouvements des troupes, Grenadiers, Lieutenant colonel, Régiments, Détachement, Bataille, Colonnes milliaires, Munitions, Secours, Pertes ennemies, Les sauvages, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Détail de l'affaire qui s'est passée le 8 Juillet entre les Troupes du Roi, commandées par M. le Marquis de Montcalm, & celles d'Angleterre, aux ordre du Général Abercromby.
Détail de l'affaire qui s'eſt paſſsée le 8 Juillet entre
les Troupes du Roi , commandées par M. le Marquis
de Montcalm , & celles d'Angleterre , aux
ordres du Général Abercromby.
M. le Marquis de Montcalm ayant été envoyé
par M. le Marquis de Vaudreuil , Gouverneur
Général du Canada, pour protéger la frontiere de
la Cólonie du côté du Lac Saint- Sacrement , fe
rendit à Carillon le 30 Juin. Il y trouva huit Bataillons
de troupes de terre , une compagnie de
Canonniers , deux à trois cens Ouvriers , & quelques
Sauvages. Il reçut quelques jours après un
renfort de quatre cens hommes des troupes de la
Colonie & des Canadiens , commandés par M. de
Remond , Capitaine. Il apprit à Carillon , que les
Anglois avoient aſſemblé au fonds du Lac Saint-
Sacrement , près des ruines du Fort Georges , une
armée compoſée de vingt mille hommes deMilice
, & de fix mille de troupes réglées , aux ordres
du Major Général Abercromby , & qu'elle devoit
ſe mettre en mouvement pour s'emparer du Fort
Carillon& envahir le Canada. Sur l'avis que M.
leMarquis de Montcalm en donna à M. le Marquisde
Vaudreuil ,& fur ceux que ce Gouverneur
en avoit déja reçus , il changea la deftination de
M. le Chevalier de Levis , qui avoit été détaché
du côté de Corlac ; il lui donna ordre de ſe joindre
à M. le Marquis de Montcalm , & fit les
diſpoſitions néceſſaires pour lui procurer d'autres
renforts.
M. le Marquis de Montcalm prit d'abord le
parti d'occuper le poſte de la Chute , fur le bord
du Lac Saint-Sacrement , pour retarder l'ennemi,
OCTOBRE. 1758.
ة ر و
Il y reſta juſqu'au 6 Juillet que les Anglois parurent
en force fur le Lac. M. le Marquis de Montcalm
repaſſa la riviere de la Chute avec toutes
fes troupes , pour venir camper ſous le Fort Carillon
, où il avoit déja fait tracer des retranchemens
. Il envoya en même temps différens détachemens
, pour harceler l'ennemi dans ſa deſcente.
Un de ces détachemens , commandé par MM. de
Trépezée & de Langis , s'étant égaré par la faure
des guides , tomba dans une colonne de l'armée
ennemie déja toute formée.
De ce détachement , qui étoit d'environ trois
cens hommes , il y eut deux Officiers tués , qua
tre Sauvages , & cent quatre-vingt- quatre foldats
desTroupes & Milices tués , ou priſonniers ; le
reſte joignit le corps de nos Troupes.
:
M. le Marquis de Montcalm n'avoit dans ſon
camp devant Carillon en y arrivant , qu'environ
deux mille huit cens hommes de troupes de France
, & quatre cens cinquante de la Colonie , encore
faut-il diſtraire de ce nombre un des batail
lons de Berry , lequel , à l'exception de ſa compagnie
deGrenadiers , fut occupé à la garde & au
ſervice du Fort .
2 Le 7 Juillet au masin , l'armée fut toute employé
au travail des abbatis , ſous la protection
des compagnies de Grenadiers & des Volontaires
qui la couvroient. Les Officiers , la hache à la
main, donnoient l'exemple , & les drapeaux étoient
plantés ſur l'ouvrage. La gauche occupée par les
bataillons de la Sarre & de Languedoc , étoit appuyée
à un eſcarpement diſtant de quatre- vingt
toiſes de la riviere de la Chute. Le fommet de
l'eſcarpement étoit couronné par un abbatis. Cet
abbatis flanquoit une trouée que gardoient de
front les deux compagnies de Volontaires de
1
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
me ,
Bernard&deDuprat. Derriere cette trouée , on
devoit placer fix pieces de canon. La droite gardée
par la Reine , Bearn &Guyenne, étoit également
appuyée à une hauteur dont la pente n'étoit pas
fi roide que celle de lagauche. Dans la plaine
entre cette hauteur & la riviere de Saint- Frederic
furent portés les Troupes de la Colonie & les
Canadiens , qui s'y retrancherent auſſi avec des
abbatis. Le canon du Fort étoit dirigé ſur cette
partie , ainſi que ſur le lieu où le débarquement
pouvoit ſe faire àla gauche de nos retranchemens.
Le centre ſuivoit les ſinuoſités du terrein , confervant
le ſommet des hauteurs , &toutes les parties
ſe flanquoient réciproquement. Ce centre étoit
formé par les bataillons de Royal Rouffillon &
par le premier bataillon de Berry. Dans tout le
front de la ligne , chaque bataillon avoit derriere
lui une compagnie de Grenadiers & un Piquet en
réſerve.
Ceseſpeces de retranchemens étoient faits de
zroncs d'arbres couchés les uns ſur les autres
ayant en avant des arbres renversés , dont les
branches coupées & pointues faifoient l'effet de
chevaux de frife .
Le 7 au foir , il arriva quatre cens hommes
d'élite des Troupes qui avoient d'abord eu une
deftination particuliere ſous les ordres de M. le
Chevalier de Levis. Leur arrivée répandit une
grande joie dans notte armée , & M. le Chevalier
de Levis arriva bientôt après avec M. de Sennezergues,
Lieutenant Colonel du Régiment de la Sarre.
M. le Marquis de Montcalm chargea le Chevalier
de Levis de la défenſe de la droite, le ſieur de
Bourlamaque de celle de la gauche , & il ſe réſerva
le commandement du centre , pour être plus à
portéede donner ſes ordres partout.
OCTOBRE. 1758. 201
L'armée coucha au bivouac. Le 8. à la pointe
du jour , on battit la générale , pour que toutes les
troupes puſſent connoître leurs poſtes. Après ce
mouvement , une partie fut employée à achever
l'abbatis , & l'autre à conſtruire les batteries .
Vers les dix heures du matin, les troupes legeres
des ennemis parurent de l'autre côté de la riviere
, & firent un grand feu , mais de fi loin , que
l'on continua le travail ſans leur répondre..
A midi & demi leur armée déboucha fur nous.
Nos gardes avancées , ainſi que les volontaires &
les compagnies de grenadiers , ſe replierent en bon
ordre,& rentrerent dans la ligne , ſans perdre un
ſeulhomme. Au moment même du ſignal convenu,
les travailleurs & toutes les troupes furent à leurs
armes& à leurs poſtes. La gauche fut la premiere
attaquée par deux colonnes , dont l'une cherchoit
à tourner le retranchement , & ſe trouva ſous le
feu du Régiment de la Sarre ; l'autre dirigea ſes
efforts ſur un angle ſaillant , entre Languedoc &
Berry. Le centre où étoit Royal Rouffillon , fut
attaqué preſqu'en même temps par une troiſieme
colonne,& une quatrieme porta ſon attaque vers
la droite , entre les Bataillons de Bearn & de la
Reine.
Comme les troupes de la Colonie & les Canadiens
, qui occupoient la plaine du côté de la riviere
de Saint - Frédéric ne furent point attaqués , ils
fortirent de leur retranchement , prirent en flanc
la colonne qui attaquoit notre droite ,& tomberent
deſſus avec la plus grande valeur ; çes troupes
étoient commandées par le ſieur de Remond , Capitaine.
Environ à cinq heures , la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de Royal Rouſillon , s'étoit
rejettée ſur l'angle ſaillant du retranchement , dé
Lv
202 MERCURE DE FRANCE.
fendu par le Bataillon de Guyenne & par la gauche
de celui de Bearn : la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de la Reine & de Bearn , s'y rejetta
auſſi , de forte que le danger devint très-grand
à cette attaque. M. le Chevalier de Levis s'y porta
avec quelques troupes de la droite : M. le Marquis
de Montcalm y accourut auſſi avec quelques
troupes de réſerve. Ils firent éprouver aux ennemis
une réſiſtance qui rallentit d'abord leur ardeur.
Le ſieur de Bourlamaque fut bleſſé à cette
attaque , & les ſieurs de Sennezergues & de Privat
, Lieutenans-Colonels , le ſuppléerent.
Vers les fix heures , les deux colonnes de la droite
abandonnerent leur attaque , vinrent faire encore
une tentative contre les Bataillons de Royal
Rouffillon & de Berry , &enfin tenterent un dernier
effort à la gauche.
Depuis fix heures juſqu'à ſept , l'armée ennemie
s'occupa de fa retraite , favoriſée par le feu de ſes
troupes légeres , qui dura juſqu'à la nuit.
Pendant l'action , le feu prit en pluſieurs endroits
; mais il fut éteint ſur le champ. On reçur
du Fort en munitions & en rafraîchiſſemens , tousles
ſecours néceſſaires .
L'obſcurité de la nuit , l'épuiſement & le petir
nombre de nos troupes , les forces de l'ennemi
qui , malgré ſa défaite , étoient encore bien ſupérieures
aux nôtres , la nature du pays dans lequel
on ne peut s'engager ſans guides , ne permirent
pas à nos troupes de pourſuivre lesAnglois. On
comptoit même qu'ils reviendroient le lendemain à
lacharge , mais ils avoient abandonné les poſtes
de la Chute & du Portage ; & M. le Chevalier de
Levis qui fut envoyé le lendemain pour les reconnoître
, ne trouva que des traces d'une fuite precipitée.
OCTOBRE. 1758 . 203
Ön eſtime la perte des ennemis d'après le rapport
de leurs priſonniers , à quatre mille hommes
tués ou bleſſés , parmi leſquels il y a pluſieurs
Officiers de marque. Le Lord How & le ſieur
Spitall , Major général des Troupes réglées , ont
été tués.
Cinq cens Sauvages qui étoient dans l'armée
Angloiſe , ſont toujours reſtés derriere , &n'ont
pas voulu prendre part à l'action .
Le ſuccès de cette journée eſt dû aux bonnes
diſpoſitions de M. le Marquis de Montcalm , &
à la valeur de nos troupes. MM. le Chevalier de
Levis & de Bourlamaque , ſe ſont diftingués dans
le commandement de la droite & de la gauche ;
le premier a eu pluſieurs coups de fufil dans fon
habit , & le ſecond a été bleſſé dangereuſement.
M. de Bougainville , Aide de Camp de M. le Marquis
de Montcalm & M. de Langis , ont été
bleſſés à ſes côtés. Tous les Officiers en général
méritent les plus grands éloges .
Nous avons perdu douze Officiers & quatrevingt-
douze foldats tués ſur le champ de bataille.
Il y a eu vingt- cinq Officiers , & deux cens quarante-
huit foldats bleſſés .
Le Corſaire le Moiſſonneur , eſt rentré dans le
port de Dunkerque avec une priſe Angloiſe eſtimée
vingt-deux mille livres , & une rançon de
deux cens cinquante guinées. Il va armer de nouveau
pour ſa troiſieme courſe , qui aura lieu à la
finde ce mois .
les Troupes du Roi , commandées par M. le Marquis
de Montcalm , & celles d'Angleterre , aux
ordres du Général Abercromby.
M. le Marquis de Montcalm ayant été envoyé
par M. le Marquis de Vaudreuil , Gouverneur
Général du Canada, pour protéger la frontiere de
la Cólonie du côté du Lac Saint- Sacrement , fe
rendit à Carillon le 30 Juin. Il y trouva huit Bataillons
de troupes de terre , une compagnie de
Canonniers , deux à trois cens Ouvriers , & quelques
Sauvages. Il reçut quelques jours après un
renfort de quatre cens hommes des troupes de la
Colonie & des Canadiens , commandés par M. de
Remond , Capitaine. Il apprit à Carillon , que les
Anglois avoient aſſemblé au fonds du Lac Saint-
Sacrement , près des ruines du Fort Georges , une
armée compoſée de vingt mille hommes deMilice
, & de fix mille de troupes réglées , aux ordres
du Major Général Abercromby , & qu'elle devoit
ſe mettre en mouvement pour s'emparer du Fort
Carillon& envahir le Canada. Sur l'avis que M.
leMarquis de Montcalm en donna à M. le Marquisde
Vaudreuil ,& fur ceux que ce Gouverneur
en avoit déja reçus , il changea la deftination de
M. le Chevalier de Levis , qui avoit été détaché
du côté de Corlac ; il lui donna ordre de ſe joindre
à M. le Marquis de Montcalm , & fit les
diſpoſitions néceſſaires pour lui procurer d'autres
renforts.
M. le Marquis de Montcalm prit d'abord le
parti d'occuper le poſte de la Chute , fur le bord
du Lac Saint-Sacrement , pour retarder l'ennemi,
OCTOBRE. 1758.
ة ر و
Il y reſta juſqu'au 6 Juillet que les Anglois parurent
en force fur le Lac. M. le Marquis de Montcalm
repaſſa la riviere de la Chute avec toutes
fes troupes , pour venir camper ſous le Fort Carillon
, où il avoit déja fait tracer des retranchemens
. Il envoya en même temps différens détachemens
, pour harceler l'ennemi dans ſa deſcente.
Un de ces détachemens , commandé par MM. de
Trépezée & de Langis , s'étant égaré par la faure
des guides , tomba dans une colonne de l'armée
ennemie déja toute formée.
De ce détachement , qui étoit d'environ trois
cens hommes , il y eut deux Officiers tués , qua
tre Sauvages , & cent quatre-vingt- quatre foldats
desTroupes & Milices tués , ou priſonniers ; le
reſte joignit le corps de nos Troupes.
:
M. le Marquis de Montcalm n'avoit dans ſon
camp devant Carillon en y arrivant , qu'environ
deux mille huit cens hommes de troupes de France
, & quatre cens cinquante de la Colonie , encore
faut-il diſtraire de ce nombre un des batail
lons de Berry , lequel , à l'exception de ſa compagnie
deGrenadiers , fut occupé à la garde & au
ſervice du Fort .
2 Le 7 Juillet au masin , l'armée fut toute employé
au travail des abbatis , ſous la protection
des compagnies de Grenadiers & des Volontaires
qui la couvroient. Les Officiers , la hache à la
main, donnoient l'exemple , & les drapeaux étoient
plantés ſur l'ouvrage. La gauche occupée par les
bataillons de la Sarre & de Languedoc , étoit appuyée
à un eſcarpement diſtant de quatre- vingt
toiſes de la riviere de la Chute. Le fommet de
l'eſcarpement étoit couronné par un abbatis. Cet
abbatis flanquoit une trouée que gardoient de
front les deux compagnies de Volontaires de
1
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
me ,
Bernard&deDuprat. Derriere cette trouée , on
devoit placer fix pieces de canon. La droite gardée
par la Reine , Bearn &Guyenne, étoit également
appuyée à une hauteur dont la pente n'étoit pas
fi roide que celle de lagauche. Dans la plaine
entre cette hauteur & la riviere de Saint- Frederic
furent portés les Troupes de la Colonie & les
Canadiens , qui s'y retrancherent auſſi avec des
abbatis. Le canon du Fort étoit dirigé ſur cette
partie , ainſi que ſur le lieu où le débarquement
pouvoit ſe faire àla gauche de nos retranchemens.
Le centre ſuivoit les ſinuoſités du terrein , confervant
le ſommet des hauteurs , &toutes les parties
ſe flanquoient réciproquement. Ce centre étoit
formé par les bataillons de Royal Rouffillon &
par le premier bataillon de Berry. Dans tout le
front de la ligne , chaque bataillon avoit derriere
lui une compagnie de Grenadiers & un Piquet en
réſerve.
Ceseſpeces de retranchemens étoient faits de
zroncs d'arbres couchés les uns ſur les autres
ayant en avant des arbres renversés , dont les
branches coupées & pointues faifoient l'effet de
chevaux de frife .
Le 7 au foir , il arriva quatre cens hommes
d'élite des Troupes qui avoient d'abord eu une
deftination particuliere ſous les ordres de M. le
Chevalier de Levis. Leur arrivée répandit une
grande joie dans notte armée , & M. le Chevalier
de Levis arriva bientôt après avec M. de Sennezergues,
Lieutenant Colonel du Régiment de la Sarre.
M. le Marquis de Montcalm chargea le Chevalier
de Levis de la défenſe de la droite, le ſieur de
Bourlamaque de celle de la gauche , & il ſe réſerva
le commandement du centre , pour être plus à
portéede donner ſes ordres partout.
OCTOBRE. 1758. 201
L'armée coucha au bivouac. Le 8. à la pointe
du jour , on battit la générale , pour que toutes les
troupes puſſent connoître leurs poſtes. Après ce
mouvement , une partie fut employée à achever
l'abbatis , & l'autre à conſtruire les batteries .
Vers les dix heures du matin, les troupes legeres
des ennemis parurent de l'autre côté de la riviere
, & firent un grand feu , mais de fi loin , que
l'on continua le travail ſans leur répondre..
A midi & demi leur armée déboucha fur nous.
Nos gardes avancées , ainſi que les volontaires &
les compagnies de grenadiers , ſe replierent en bon
ordre,& rentrerent dans la ligne , ſans perdre un
ſeulhomme. Au moment même du ſignal convenu,
les travailleurs & toutes les troupes furent à leurs
armes& à leurs poſtes. La gauche fut la premiere
attaquée par deux colonnes , dont l'une cherchoit
à tourner le retranchement , & ſe trouva ſous le
feu du Régiment de la Sarre ; l'autre dirigea ſes
efforts ſur un angle ſaillant , entre Languedoc &
Berry. Le centre où étoit Royal Rouffillon , fut
attaqué preſqu'en même temps par une troiſieme
colonne,& une quatrieme porta ſon attaque vers
la droite , entre les Bataillons de Bearn & de la
Reine.
Comme les troupes de la Colonie & les Canadiens
, qui occupoient la plaine du côté de la riviere
de Saint - Frédéric ne furent point attaqués , ils
fortirent de leur retranchement , prirent en flanc
la colonne qui attaquoit notre droite ,& tomberent
deſſus avec la plus grande valeur ; çes troupes
étoient commandées par le ſieur de Remond , Capitaine.
Environ à cinq heures , la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de Royal Rouſillon , s'étoit
rejettée ſur l'angle ſaillant du retranchement , dé
Lv
202 MERCURE DE FRANCE.
fendu par le Bataillon de Guyenne & par la gauche
de celui de Bearn : la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de la Reine & de Bearn , s'y rejetta
auſſi , de forte que le danger devint très-grand
à cette attaque. M. le Chevalier de Levis s'y porta
avec quelques troupes de la droite : M. le Marquis
de Montcalm y accourut auſſi avec quelques
troupes de réſerve. Ils firent éprouver aux ennemis
une réſiſtance qui rallentit d'abord leur ardeur.
Le ſieur de Bourlamaque fut bleſſé à cette
attaque , & les ſieurs de Sennezergues & de Privat
, Lieutenans-Colonels , le ſuppléerent.
Vers les fix heures , les deux colonnes de la droite
abandonnerent leur attaque , vinrent faire encore
une tentative contre les Bataillons de Royal
Rouffillon & de Berry , &enfin tenterent un dernier
effort à la gauche.
Depuis fix heures juſqu'à ſept , l'armée ennemie
s'occupa de fa retraite , favoriſée par le feu de ſes
troupes légeres , qui dura juſqu'à la nuit.
Pendant l'action , le feu prit en pluſieurs endroits
; mais il fut éteint ſur le champ. On reçur
du Fort en munitions & en rafraîchiſſemens , tousles
ſecours néceſſaires .
L'obſcurité de la nuit , l'épuiſement & le petir
nombre de nos troupes , les forces de l'ennemi
qui , malgré ſa défaite , étoient encore bien ſupérieures
aux nôtres , la nature du pays dans lequel
on ne peut s'engager ſans guides , ne permirent
pas à nos troupes de pourſuivre lesAnglois. On
comptoit même qu'ils reviendroient le lendemain à
lacharge , mais ils avoient abandonné les poſtes
de la Chute & du Portage ; & M. le Chevalier de
Levis qui fut envoyé le lendemain pour les reconnoître
, ne trouva que des traces d'une fuite precipitée.
OCTOBRE. 1758 . 203
Ön eſtime la perte des ennemis d'après le rapport
de leurs priſonniers , à quatre mille hommes
tués ou bleſſés , parmi leſquels il y a pluſieurs
Officiers de marque. Le Lord How & le ſieur
Spitall , Major général des Troupes réglées , ont
été tués.
Cinq cens Sauvages qui étoient dans l'armée
Angloiſe , ſont toujours reſtés derriere , &n'ont
pas voulu prendre part à l'action .
Le ſuccès de cette journée eſt dû aux bonnes
diſpoſitions de M. le Marquis de Montcalm , &
à la valeur de nos troupes. MM. le Chevalier de
Levis & de Bourlamaque , ſe ſont diftingués dans
le commandement de la droite & de la gauche ;
le premier a eu pluſieurs coups de fufil dans fon
habit , & le ſecond a été bleſſé dangereuſement.
M. de Bougainville , Aide de Camp de M. le Marquis
de Montcalm & M. de Langis , ont été
bleſſés à ſes côtés. Tous les Officiers en général
méritent les plus grands éloges .
Nous avons perdu douze Officiers & quatrevingt-
douze foldats tués ſur le champ de bataille.
Il y a eu vingt- cinq Officiers , & deux cens quarante-
huit foldats bleſſés .
Le Corſaire le Moiſſonneur , eſt rentré dans le
port de Dunkerque avec une priſe Angloiſe eſtimée
vingt-deux mille livres , & une rançon de
deux cens cinquante guinées. Il va armer de nouveau
pour ſa troiſieme courſe , qui aura lieu à la
finde ce mois .
Fermer
Résumé : Détail de l'affaire qui s'est passée le 8 Juillet entre les Troupes du Roi, commandées par M. le Marquis de Montcalm, & celles d'Angleterre, aux ordre du Général Abercromby.
Le 8 juillet, les troupes françaises dirigées par le Marquis de Montcalm affrontèrent les forces anglaises commandées par le Général Abercromby près du Fort Carillon. Montcalm, envoyé par le Gouverneur Général du Canada, le Marquis de Vaudreuil, avait pour mission de défendre la frontière du Lac Saint-Sacrement. Informé de l'approche d'une armée anglaise de vingt-cinq mille hommes, il prit position à la Chute et fit construire des retranchements autour du Fort Carillon. Le 7 juillet, les troupes françaises renforcèrent leurs défenses. Le 8 juillet, à l'aube, les Anglais lancèrent leur attaque. Les Français, bien positionnés, repoussèrent les assauts ennemis grâce à une défense organisée et à l'utilisation stratégique des abattis et des canons. Les Canadiens et les milices jouèrent un rôle crucial en prenant à revers une colonne ennemie. La bataille dura jusqu'au soir, avec des pertes importantes pour les Anglais, estimées à quatre mille hommes tués ou blessés, incluant plusieurs officiers de haut rang. Les Français perdirent douze officiers et quatre-vingt-douze soldats tués, et vingt-cinq officiers et deux cent quarante-huit soldats blessés. Après la bataille, les Anglais se retirèrent, laissant derrière eux des traces de fuite précipitée. Le succès français fut attribué aux stratégies de Montcalm et au courage des troupes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17708
p. 146-153
Lettre adressée au R. P. Dom Pelletier, Bénédictin de Senones, auteur d'un Nobiliaire de Lorraine, annoncé & proposé par souscription.
Début :
VOTRE projet d'un Nobiliaire de Lorraine annonce, mon R. Pere, un ouvrage [...]
Mots clefs :
Nobiliaire, Nobiliaire de Lorraine, Histoire, Recueil, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre adressée au R. P. Dom Pelletier, Bénédictin de Senones, auteur d'un Nobiliaire de Lorraine, annoncé & proposé par souscription.
Lettre adreffée au R. P. Dom Pelletier , Bénédictin
de Senones , auteur d'un Nobiliaire
de Lorraine , annoncé & propafe
par ſouſcription
.
VOTRE
projet d'un Nobiliaire
de
Lorraine
annonce
, mon R. Pere , un ouDECEMBRE.
1755. 147
vrage curieux , utile & fçavant ; mais permettez-
moi de vous propofer mes regrets
fur la forme alphabétique que vous voulez
donner à ce recueil précieux.
Je fçais que vous fuivez en cela des
exemples illuftres ; & fans fortir de l'Abbaye
de Senones , vous avez devant les
yeux le refpectable Auteur de l'Hiſtoire de
Lorraine , qui dans la bibliothéque de cette
province , a confondu tous les hommes
célebres , fans diftinction de tems , de profeffion
ni de facultés .
N'auroit-on pas été bien plus fatisfait
en trouvant dans cet ouvrage chaque fçavant
, artiſte , ou homme de lettres , placé
felon le tems , où il a honoré fon pays ;
difpofition qui préfenteroit un tableau
gracieux & inftructif de l'état des fciences
& des arts dans la Lorraine en chaque
fiécle & c'est même le deffein que Dom
Calmet annonce dans fa préface , comme
c'eft auffi le feul but raifonnable qu'on
puiffe fe propofer en donnant au public
une hiftoire littéraire.
: Ce que je viens de dire , mon R. Pere ,
doit s'appliquer à votre Nobiliaire. Il deviendroit
une hiftoire héraldique & généalogique
de laLorraine, & un tableau des
illuftrations & des accroiffemens de la
nobleffe , fi vous vouliez difpofer toutes
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
les maiſons & familles nobles & ennoblies
par ordre chronologique ; fçavoir les anciennes
maifons du pays , fuivant le tems
où leurs auteurs fe font le plus illuftrés ,
& les familles étrangeres dans celui où elles
ont commencé à paroître avec éclat en
Lorraine , & les ennoblis fuivant la date de
leurs Lettres.
Par cet arrangement on auroit une gallerie
héroïque qui rappelleroit l'hiftoire
du pays en même tems que celle des familles
,
, par l'attention avec laquelle on
citeroit (lorfqu'il y auroit lieu ) les fervices
qui auroient fait connoître le chef &
les defcendans du nom dont il feroit queftion
.
C'eft la feule méthode qui puiffe réunir
l'utilité & l'agrément , & rendre un ou
vrage digne de la curiofité des lecteurs de
gout , qui , cherchant dans toute lecture à
fe former un plan de la matiere traitée ,
font fatigués & rebutés par des tranſlations
fubites & continuelles d'un fiécle à
un autre.
A l'égard de ceux qui n'ont befoin que
de quelques recherches ifolées , une table
alphabétique les met auffi à portée de fe
fatisfaire , que fi tout l'ouvrage étoit dans
cette forme.
Un autre avantage de la méthode chro
1
DECEMBRE. 1755. 149
nologique , c'eft de fe prêter aux additions
que l'on eft obligé de faire à tout ce qui
dépend de la fucceffion des tems , & com
ment coudre un fupplément à un recueil
alphabétique fans fuivre un autre ordre ,
ce qui indique par foi - même le défaut de
l'ouvrage primitif , dont l'Auteur eft quelquefois
bientôt oublié & effacé par un
nouveau venu qui s'approprie le travail
entier au moyen d'une refonte qui lui coute
peu , au lieu que la facilité de joindre
des fupplémens à un ouvrage chronologique
, en conferve & maintient long- tems
le fonds & la gloire.
Il feroit à fouhaiter que cet inconvénient
ranimât un peu l'émulation des Auteurs
qui fe livrent aujourd'hui par une
fantaifie de mode à mettre tout en décou
pures , fous le nom de Dictionnaires ou
d'Almanachs.
J'ai l'honneur d'être , & c .
L'OBSERVATEUR HOLLANDOIS , OU
Lettres de M. de Van ** à M. H ** de la
Haye, fur l'état préfent des affaires de l'Eu .
rope ; à la Haye 1755 ; & fe trouve à Paris
, chez Defaint & Saillant . Il a déja paru
trois de ces Lettres , & il en paroîtra une
réguliérement tous les quinze jours.
Gij
150 MERCURE DE FRANCE.
Nous croyons devoir à ce fujet rappeller
un ouvrage juftement eftimé , qui a
pour titre Hiftoire & Commerce des Colonies
Angloifes , & c. On y trouve des notions
générales fur ces matieres. Ce livre
eft même le feul qui ait donné fur les Colonies
en question des détails, & des détails
furs .
EXAMEN PHYSIQUE ET CHIMIQUE
d'une eau minerale , trouvée chez M. de
Calfabigi à Paffy , comparée aux eaux du
même côteau , connues fous le nom des
nouvelles eaux minerales de Madame Belami
,,
par le Sr de Machy , Apothicaire ,
gagnant maîtriſe à l'Hôtel-Dieu . On trou
vera dans l'article des fciences , des réflexions
fur l'utilité du bleu de Pruffe , tiré
des eaux de M. de Calfabigi , en réponſe à
ce que le Sr de Machy en dit dans cet examen.'
CATALOGUE DES LIVRES , tant de
France que des pays étrangers , imprimés ,
ou qui fe trouvent à Paris , chez Guillyn ,
quai des Auguftins , au lys d'or . 1755 .
Nous allons annoncer aujourd'hui plufieurs
de ces livres que nous continuerons
à indiquer fucceffivement dans les Mercures
qui fuivront. Le Libraire promet de
DECEMBRE. 1755. 151
donner chaque année un nouveau Catalogue
dans le même gout.
ADOLPHI (Chrifto. Michael . ) Tractatus
de Fontibus quibufdam Soteriis . Vratif
lavia , in- 8 ° . Albini ( Bernardi Siegfried )
Hiftoria Mufculorum Hominum , 1734.
in-4°.figures Allen. Synopfis univerfæ Medicine
practica , five doctiffimorum Virorum
de Morbis , eorumque caufis , ac remediis
judicia. 1753 - in- 8 ° . Alpinus ( Profperus
) de præfagiendâ vitâ & morte Agrotantium
, ex editione Hieronym . Dav.
Gaubii. 1754. 1 vol in-4°. Annales d'Efpagne
& de Portugal , &c . par Jean Alvart
de Colmenar. 1741. 2 vol. in-4°. grand
papier. figures. Architecture de Philippe
Vingboons , in fol. figures. Arrêts remarquables
du Parlement de Toulouſe , par
Catellan , in-4° . 3 vol. Ayreri ( Georgii-
Henrici ) Opufcula varii argumenti ; Juridica
fcilicet & Hiftorica , ex editione Joan .
Henrici Jurigii . 1746. trois parties in- 8 ° .
Bible par M. le Cene , in -fol. 2 vol. Idem . par
Martin. Idem par Offervald , in-fol . Idem .
par Defimarets , in fol. 2 vol. gr. papier.
Idem , par Luyken , in -fol. grand papier.
Breviarium Romanum fans renvois
Avenione, 4 vol . in - 12 . 17 50. Bibliotheque
des Prédicateurs , par le P. Houdry , Jéfuite
, 22. vol . in-4° .
>
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
AVERTISSEMENT au fujet du Recueil
périodique d'Obfervations de Médecine ,
Chirurgie , Pharmacie , &c. par M. Vandermonde
, Docteur , Régent de la Faculré
de Paris , chez Vincent , rue S. Severin ,
1755.
Ce Journal , comme l'avertiffement
nous l'annonce , n'eft pas fondé fur la
fimple curiofité. Il eft moins fait pour
plaire que pour inftruire . On n'y trouvera
pas , dit l'Auteur , ce qui peut uniquement
orner l'efprit , on y verra les moyens
d'abréger les fouffrances des hommes , ou
de prolonger leur vie . Ce Recueil par
objet doit être fupérieur & préférable à
tous les autres. Quel intérêt peut entrer
en comparaifon avec celui qui réfulte du
bien- être & de la confervation du genre
humain !
fon
On avertit ceux qui voudront foufcrire ,
que le Libraire a reçu par forme de foufcription
dans le courant de Novembre dernier,
& recevra en Décembre & Janvier prochains
, 7 liv. 4 fols , pour le prix de douze
Recueils de l'année. Les Soufcripteurs
qui lui donneront leur adreffe dans cette
ville , recevront ce Journal le premier jour
de chaque mois. Les Provinces pourront
auffi s'arranger avec leurs Libraires , &
DECEMBRE. 1755. 153
même le faire venir par la pofte. Il n'en
coûtera que fix fols de port. Le prix de
chaque Journal fera fixé à 12 fols pour
ceux qui ne foufcriront point.
de Senones , auteur d'un Nobiliaire
de Lorraine , annoncé & propafe
par ſouſcription
.
VOTRE
projet d'un Nobiliaire
de
Lorraine
annonce
, mon R. Pere , un ouDECEMBRE.
1755. 147
vrage curieux , utile & fçavant ; mais permettez-
moi de vous propofer mes regrets
fur la forme alphabétique que vous voulez
donner à ce recueil précieux.
Je fçais que vous fuivez en cela des
exemples illuftres ; & fans fortir de l'Abbaye
de Senones , vous avez devant les
yeux le refpectable Auteur de l'Hiſtoire de
Lorraine , qui dans la bibliothéque de cette
province , a confondu tous les hommes
célebres , fans diftinction de tems , de profeffion
ni de facultés .
N'auroit-on pas été bien plus fatisfait
en trouvant dans cet ouvrage chaque fçavant
, artiſte , ou homme de lettres , placé
felon le tems , où il a honoré fon pays ;
difpofition qui préfenteroit un tableau
gracieux & inftructif de l'état des fciences
& des arts dans la Lorraine en chaque
fiécle & c'est même le deffein que Dom
Calmet annonce dans fa préface , comme
c'eft auffi le feul but raifonnable qu'on
puiffe fe propofer en donnant au public
une hiftoire littéraire.
: Ce que je viens de dire , mon R. Pere ,
doit s'appliquer à votre Nobiliaire. Il deviendroit
une hiftoire héraldique & généalogique
de laLorraine, & un tableau des
illuftrations & des accroiffemens de la
nobleffe , fi vous vouliez difpofer toutes
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
les maiſons & familles nobles & ennoblies
par ordre chronologique ; fçavoir les anciennes
maifons du pays , fuivant le tems
où leurs auteurs fe font le plus illuftrés ,
& les familles étrangeres dans celui où elles
ont commencé à paroître avec éclat en
Lorraine , & les ennoblis fuivant la date de
leurs Lettres.
Par cet arrangement on auroit une gallerie
héroïque qui rappelleroit l'hiftoire
du pays en même tems que celle des familles
,
, par l'attention avec laquelle on
citeroit (lorfqu'il y auroit lieu ) les fervices
qui auroient fait connoître le chef &
les defcendans du nom dont il feroit queftion
.
C'eft la feule méthode qui puiffe réunir
l'utilité & l'agrément , & rendre un ou
vrage digne de la curiofité des lecteurs de
gout , qui , cherchant dans toute lecture à
fe former un plan de la matiere traitée ,
font fatigués & rebutés par des tranſlations
fubites & continuelles d'un fiécle à
un autre.
A l'égard de ceux qui n'ont befoin que
de quelques recherches ifolées , une table
alphabétique les met auffi à portée de fe
fatisfaire , que fi tout l'ouvrage étoit dans
cette forme.
Un autre avantage de la méthode chro
1
DECEMBRE. 1755. 149
nologique , c'eft de fe prêter aux additions
que l'on eft obligé de faire à tout ce qui
dépend de la fucceffion des tems , & com
ment coudre un fupplément à un recueil
alphabétique fans fuivre un autre ordre ,
ce qui indique par foi - même le défaut de
l'ouvrage primitif , dont l'Auteur eft quelquefois
bientôt oublié & effacé par un
nouveau venu qui s'approprie le travail
entier au moyen d'une refonte qui lui coute
peu , au lieu que la facilité de joindre
des fupplémens à un ouvrage chronologique
, en conferve & maintient long- tems
le fonds & la gloire.
Il feroit à fouhaiter que cet inconvénient
ranimât un peu l'émulation des Auteurs
qui fe livrent aujourd'hui par une
fantaifie de mode à mettre tout en décou
pures , fous le nom de Dictionnaires ou
d'Almanachs.
J'ai l'honneur d'être , & c .
L'OBSERVATEUR HOLLANDOIS , OU
Lettres de M. de Van ** à M. H ** de la
Haye, fur l'état préfent des affaires de l'Eu .
rope ; à la Haye 1755 ; & fe trouve à Paris
, chez Defaint & Saillant . Il a déja paru
trois de ces Lettres , & il en paroîtra une
réguliérement tous les quinze jours.
Gij
150 MERCURE DE FRANCE.
Nous croyons devoir à ce fujet rappeller
un ouvrage juftement eftimé , qui a
pour titre Hiftoire & Commerce des Colonies
Angloifes , & c. On y trouve des notions
générales fur ces matieres. Ce livre
eft même le feul qui ait donné fur les Colonies
en question des détails, & des détails
furs .
EXAMEN PHYSIQUE ET CHIMIQUE
d'une eau minerale , trouvée chez M. de
Calfabigi à Paffy , comparée aux eaux du
même côteau , connues fous le nom des
nouvelles eaux minerales de Madame Belami
,,
par le Sr de Machy , Apothicaire ,
gagnant maîtriſe à l'Hôtel-Dieu . On trou
vera dans l'article des fciences , des réflexions
fur l'utilité du bleu de Pruffe , tiré
des eaux de M. de Calfabigi , en réponſe à
ce que le Sr de Machy en dit dans cet examen.'
CATALOGUE DES LIVRES , tant de
France que des pays étrangers , imprimés ,
ou qui fe trouvent à Paris , chez Guillyn ,
quai des Auguftins , au lys d'or . 1755 .
Nous allons annoncer aujourd'hui plufieurs
de ces livres que nous continuerons
à indiquer fucceffivement dans les Mercures
qui fuivront. Le Libraire promet de
DECEMBRE. 1755. 151
donner chaque année un nouveau Catalogue
dans le même gout.
ADOLPHI (Chrifto. Michael . ) Tractatus
de Fontibus quibufdam Soteriis . Vratif
lavia , in- 8 ° . Albini ( Bernardi Siegfried )
Hiftoria Mufculorum Hominum , 1734.
in-4°.figures Allen. Synopfis univerfæ Medicine
practica , five doctiffimorum Virorum
de Morbis , eorumque caufis , ac remediis
judicia. 1753 - in- 8 ° . Alpinus ( Profperus
) de præfagiendâ vitâ & morte Agrotantium
, ex editione Hieronym . Dav.
Gaubii. 1754. 1 vol in-4°. Annales d'Efpagne
& de Portugal , &c . par Jean Alvart
de Colmenar. 1741. 2 vol. in-4°. grand
papier. figures. Architecture de Philippe
Vingboons , in fol. figures. Arrêts remarquables
du Parlement de Toulouſe , par
Catellan , in-4° . 3 vol. Ayreri ( Georgii-
Henrici ) Opufcula varii argumenti ; Juridica
fcilicet & Hiftorica , ex editione Joan .
Henrici Jurigii . 1746. trois parties in- 8 ° .
Bible par M. le Cene , in -fol. 2 vol. Idem . par
Martin. Idem par Offervald , in-fol . Idem .
par Defimarets , in fol. 2 vol. gr. papier.
Idem , par Luyken , in -fol. grand papier.
Breviarium Romanum fans renvois
Avenione, 4 vol . in - 12 . 17 50. Bibliotheque
des Prédicateurs , par le P. Houdry , Jéfuite
, 22. vol . in-4° .
>
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
AVERTISSEMENT au fujet du Recueil
périodique d'Obfervations de Médecine ,
Chirurgie , Pharmacie , &c. par M. Vandermonde
, Docteur , Régent de la Faculré
de Paris , chez Vincent , rue S. Severin ,
1755.
Ce Journal , comme l'avertiffement
nous l'annonce , n'eft pas fondé fur la
fimple curiofité. Il eft moins fait pour
plaire que pour inftruire . On n'y trouvera
pas , dit l'Auteur , ce qui peut uniquement
orner l'efprit , on y verra les moyens
d'abréger les fouffrances des hommes , ou
de prolonger leur vie . Ce Recueil par
objet doit être fupérieur & préférable à
tous les autres. Quel intérêt peut entrer
en comparaifon avec celui qui réfulte du
bien- être & de la confervation du genre
humain !
fon
On avertit ceux qui voudront foufcrire ,
que le Libraire a reçu par forme de foufcription
dans le courant de Novembre dernier,
& recevra en Décembre & Janvier prochains
, 7 liv. 4 fols , pour le prix de douze
Recueils de l'année. Les Soufcripteurs
qui lui donneront leur adreffe dans cette
ville , recevront ce Journal le premier jour
de chaque mois. Les Provinces pourront
auffi s'arranger avec leurs Libraires , &
DECEMBRE. 1755. 153
même le faire venir par la pofte. Il n'en
coûtera que fix fols de port. Le prix de
chaque Journal fera fixé à 12 fols pour
ceux qui ne foufcriront point.
Fermer
Résumé : Lettre adressée au R. P. Dom Pelletier, Bénédictin de Senones, auteur d'un Nobiliaire de Lorraine, annoncé & proposé par souscription.
La lettre adressée au R. P. Dom Pelletier, bénédictin de Senones, traite du projet de ce dernier pour un 'Nobiliaire de Lorraine'. L'auteur exprime ses regrets concernant l'organisation alphabétique choisie pour cet ouvrage, qu'il considère comme curieux, utile et savant. Il suggère que les savants, artistes ou hommes de lettres devraient être classés chronologiquement, suivant le temps où ils ont honoré leur pays. Cette méthode permettrait de présenter un tableau instructif de l'état des sciences et des arts en Lorraine à chaque siècle, comme l'a annoncé Dom Calmet dans sa préface. L'auteur propose que le 'Nobiliaire' soit organisé de manière chronologique, en commençant par les anciennes maisons du pays, suivies des familles étrangères et des ennoblis selon la date de leurs lettres. Cette disposition permettrait de créer une galerie héroïque rappelant l'histoire du pays et des familles, tout en citant les services rendus par les chefs et descendants des noms mentionnés. L'organisation chronologique faciliterait également les additions futures et éviterait les inconvénients des ouvrages alphabétiques, souvent oubliés et remplacés par des refontes. L'auteur espère que cette réflexion encouragera les auteurs à éviter la mode des dictionnaires ou almanachs en découpures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17709
p. 185
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
Le Concert Spirituel qui fut exécuté le premier Novembre, fête de tous les Saints, commença [...]
Mots clefs :
Concert spirituel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
E Concert Spirituel qui fut exécuté le premier
Novembre , fête de tous les Saints , commença
par une fymphonie de M. Labbé fils ; enfuite
Cantate Domino , motet à grand choeur de Lalande
, dans lequel Mlle Cohendet chanta le récit
Viderunt. Mile Lepri chanta un air Italien . M.
Palanca joua un concerto de la compofition del
Signor Beffozzi. Mlle Lepri chanta un fecond air
Italien . Le Concert finit par De profundis , motet à
grand choeur de M. Mondonville.
E Concert Spirituel qui fut exécuté le premier
Novembre , fête de tous les Saints , commença
par une fymphonie de M. Labbé fils ; enfuite
Cantate Domino , motet à grand choeur de Lalande
, dans lequel Mlle Cohendet chanta le récit
Viderunt. Mile Lepri chanta un air Italien . M.
Palanca joua un concerto de la compofition del
Signor Beffozzi. Mlle Lepri chanta un fecond air
Italien . Le Concert finit par De profundis , motet à
grand choeur de M. Mondonville.
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17710
p. 121-123
LOGOGRYPHE.
Début :
Huit membres composent mon corps, [...]
Mots clefs :
Michelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Huit membres compofent mon corps ,
Et renferment en lui les plus rares tréſors .
On yvoit réunis l'agréable & l'utile ;
Le premier vient d'abord , l'autre fuit à la file.
De tous les fons du plus beau chant ,
J'ai peut-être le plus touchant.
Vient on à le doubler ? C'eft pour me rendre uni
que :
J'excelle dans la danfe , auffi bien qu'en mufique.
Mais , à ces Arts fi gracieux ,
Aux talens d'enchanter les yeux & les oreilles ,
J'ajoute d'autres dons , beaucoup plus précieux
Sur les lévres les plus merveilles
L'Amour feroit chercher en vain
Des douceurs , qui fuffent pareilles
A celles qu'on trouve en mon fein ;
Par deux côtés divers , émule des abeilles ,
Et fur tout pat celui de leur dard affaffin ,
Le nouveau monde a ſeul d'auffi douces merveil
છે.
les.
J'ai le fecret heureux , angélique , divin ,
Des plus rares fecrets le plus digne d'envie
De porter au coeur un levain
Dont le charme fécond , le ranimant foudain ;
I. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE.
Rend aux corps languiffans une nouvelle vie?
Les Cieux heureufement m'ont fait l'efprit bénin;
Car j'ai de quoi briſer , ſans peine ,
Les liens les plus forts , la plus durable chaîne ;
Et nul effort ne peut brifer
Celles que je fçais impofer.
Je n'en fuis pourtant pas plus vaine.
Quoique la terre n'ait en foi
Rien de plus élevé que moi ,
Cette élevation ne me rend pas hautaine.
On diroit que dans le deffein
De foumettre au calcul mes charmes innombra
bles ,
Où tout au moins le tendre effain
Des fidéles amans qu'ils rendent miſérables ,
Mes deux extrêmités aux regards délicats
Offrent du nombre dix la troifieme puiſſance ;
Mais le cube de dix n'eft
La racine de mes appas ,
pas
F
Ni des coeurs , qui pour moi foupirent en filence.
Tout le monde chez moi voit l'objet de ſes voeux
Le vrai féjour des bienheureux ,
Après qui nuit & jour le plus fage ſoupire ,
Et que fon coeur préfere au plus puiffant empire.
Qu'on ôte , fi l'on veut, trois membres de ma fin ,
Je fuis encor l'amour de tout le genre humain.
Les plusindifferens fans moi ne fçaurcient vivre
Un aimable befoin les contraint à m'aimer ,
DECEMBRE. 1748 125
Et dès qu'à moi leur goût vient à s'accoûtumer ,
La mort , la ſeule mort de mon joug les délivred
Je pollede l'objet des voeux les plus ardens ,
De ceux même que l'âge a privés de leurs dents.
Pour ceux qui n'en ont plus , ou n'en ont pas encore
,
J'ai des appas peu differens :
Si le vieillard en moi trouve ce qu'il adore ,
Avec ce qui lui plaît j'amufe les enfans .
Jugez de mon pouvoir fur les adolefcens.
C'eft par moi que l'amour fçait embrafer leur ame
Son célefte flambeau tire de moi fa Aamme .
De mes membres , moins trois , ôtez -lui le fecours ,
Ce flambeau fi brillant s'éteind a pour toujours.
Ainfi l'Amour me doit fon éclat & fa gloire.
Cependant , ( le pourra- t'on croire ? )
Les trois quarts de mon corps , par mille affauts
divers ,
Ont enchaîné Satan dans le fond des enfers ,
Mais hélas ! trop fouvent , quand je fuis toute en
tiere ,
Je le rappelle à la lumiere :
Et , malgré moi , je romps fes fers ;
Pour en donner à l'Univers.
Huit membres compofent mon corps ,
Et renferment en lui les plus rares tréſors .
On yvoit réunis l'agréable & l'utile ;
Le premier vient d'abord , l'autre fuit à la file.
De tous les fons du plus beau chant ,
J'ai peut-être le plus touchant.
Vient on à le doubler ? C'eft pour me rendre uni
que :
J'excelle dans la danfe , auffi bien qu'en mufique.
Mais , à ces Arts fi gracieux ,
Aux talens d'enchanter les yeux & les oreilles ,
J'ajoute d'autres dons , beaucoup plus précieux
Sur les lévres les plus merveilles
L'Amour feroit chercher en vain
Des douceurs , qui fuffent pareilles
A celles qu'on trouve en mon fein ;
Par deux côtés divers , émule des abeilles ,
Et fur tout pat celui de leur dard affaffin ,
Le nouveau monde a ſeul d'auffi douces merveil
છે.
les.
J'ai le fecret heureux , angélique , divin ,
Des plus rares fecrets le plus digne d'envie
De porter au coeur un levain
Dont le charme fécond , le ranimant foudain ;
I. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE.
Rend aux corps languiffans une nouvelle vie?
Les Cieux heureufement m'ont fait l'efprit bénin;
Car j'ai de quoi briſer , ſans peine ,
Les liens les plus forts , la plus durable chaîne ;
Et nul effort ne peut brifer
Celles que je fçais impofer.
Je n'en fuis pourtant pas plus vaine.
Quoique la terre n'ait en foi
Rien de plus élevé que moi ,
Cette élevation ne me rend pas hautaine.
On diroit que dans le deffein
De foumettre au calcul mes charmes innombra
bles ,
Où tout au moins le tendre effain
Des fidéles amans qu'ils rendent miſérables ,
Mes deux extrêmités aux regards délicats
Offrent du nombre dix la troifieme puiſſance ;
Mais le cube de dix n'eft
La racine de mes appas ,
pas
F
Ni des coeurs , qui pour moi foupirent en filence.
Tout le monde chez moi voit l'objet de ſes voeux
Le vrai féjour des bienheureux ,
Après qui nuit & jour le plus fage ſoupire ,
Et que fon coeur préfere au plus puiffant empire.
Qu'on ôte , fi l'on veut, trois membres de ma fin ,
Je fuis encor l'amour de tout le genre humain.
Les plusindifferens fans moi ne fçaurcient vivre
Un aimable befoin les contraint à m'aimer ,
DECEMBRE. 1748 125
Et dès qu'à moi leur goût vient à s'accoûtumer ,
La mort , la ſeule mort de mon joug les délivred
Je pollede l'objet des voeux les plus ardens ,
De ceux même que l'âge a privés de leurs dents.
Pour ceux qui n'en ont plus , ou n'en ont pas encore
,
J'ai des appas peu differens :
Si le vieillard en moi trouve ce qu'il adore ,
Avec ce qui lui plaît j'amufe les enfans .
Jugez de mon pouvoir fur les adolefcens.
C'eft par moi que l'amour fçait embrafer leur ame
Son célefte flambeau tire de moi fa Aamme .
De mes membres , moins trois , ôtez -lui le fecours ,
Ce flambeau fi brillant s'éteind a pour toujours.
Ainfi l'Amour me doit fon éclat & fa gloire.
Cependant , ( le pourra- t'on croire ? )
Les trois quarts de mon corps , par mille affauts
divers ,
Ont enchaîné Satan dans le fond des enfers ,
Mais hélas ! trop fouvent , quand je fuis toute en
tiere ,
Je le rappelle à la lumiere :
Et , malgré moi , je romps fes fers ;
Pour en donner à l'Univers.
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17711
p. 186
DU LEVANT.
Début :
Les diverses secousses de tremblement de terre qu'on a essuyées ici pendant quatorze jours, ont [...]
Mots clefs :
Constantinople, Tremblement de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
DE CONSTANTINOPLE , le 19 Septembre.
LESEs diverfes fecouffes de tremblement de terre
qu'on a effuyées ici pendant quatorze jours , one
fait de grands ravages dans cette ville. Il y a des
rues dans lesquelles il ne fubfifte plus aucune maifon.
Prefque tous les bâtimens du Serail ont confidérablement
fouffert , & deux pavillons , fitués à
l'extrêmité des jardins , font totalement renversés.
Par la fecouffe du 3 , plufieurs Mofquées , entre
autres celle de Sainte Sophie , ont été fort endommagées
, ainfi qu'un grand nombre d'autres édi
fices publics . Le tremblement du 14 a ruiné la
moitié du quartier des Janiffaires . En quelques endroits
la terre s'eft entr'ouverte , & des Palais entiers
ont été abîmés. On compte que par ces différens
accidens il a péri deux mille perfonnes. La
crainte d'un femblable fort a fait fuir la plupart des
habitans , & le Grand Seigneur fuivi du grand
Vifir & des principaux Officiers de la Porte , partit
le 16 , pour fe retirer dans une de les maifons fur
le bord du grand canal.
DE CONSTANTINOPLE , le 19 Septembre.
LESEs diverfes fecouffes de tremblement de terre
qu'on a effuyées ici pendant quatorze jours , one
fait de grands ravages dans cette ville. Il y a des
rues dans lesquelles il ne fubfifte plus aucune maifon.
Prefque tous les bâtimens du Serail ont confidérablement
fouffert , & deux pavillons , fitués à
l'extrêmité des jardins , font totalement renversés.
Par la fecouffe du 3 , plufieurs Mofquées , entre
autres celle de Sainte Sophie , ont été fort endommagées
, ainfi qu'un grand nombre d'autres édi
fices publics . Le tremblement du 14 a ruiné la
moitié du quartier des Janiffaires . En quelques endroits
la terre s'eft entr'ouverte , & des Palais entiers
ont été abîmés. On compte que par ces différens
accidens il a péri deux mille perfonnes. La
crainte d'un femblable fort a fait fuir la plupart des
habitans , & le Grand Seigneur fuivi du grand
Vifir & des principaux Officiers de la Porte , partit
le 16 , pour fe retirer dans une de les maifons fur
le bord du grand canal.
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Résumé : DU LEVANT.
Entre le 3 et le 14 septembre, Constantinople a été frappée par des tremblements de terre sur une période de quatorze jours, causant des destructions massives. Plusieurs rues ont été entièrement ravagées, et de nombreux bâtiments, y compris ceux du Serail, ont été gravement endommagés. Deux pavillons des jardins du Serail ont été renversés. Le 3 septembre, des mosquées, dont Sainte Sophie, et divers édifices publics ont subi des dommages. Le 14 septembre, la moitié du quartier des Janissaires a été détruite. En certains lieux, la terre s'est ouverte, entraînant la ruine de palais entiers. On estime que deux mille personnes ont péri. La peur d'une nouvelle secousse a poussé la plupart des habitants à fuir. Le Grand Seigneur, accompagné du grand vizir et des principaux officiers, a quitté la ville le 16 septembre pour se réfugier dans une maison sur le bord du grand canal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17712
p. 186-188
DU NORD.
Début :
Avant hier sur le midi, la Grande Duchesse sentit quelques douleurs. Une demi-heure après elle [...]
Mots clefs :
Copenhague, Roi, Ambassadeur, Saint-Petersbourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DE PETERSBOURG , le 3 Octobre.
Avant -bier for le midi , la Grande Ducheffe fen
tit quelques de aleurs. Une demi-heure après elle
DECEMBRE. 1754. 187
accoucha d'un Prince , dont la naiffance fut annoncée
au peuple par les falves réitérées du canon
de la citadelle & de l'Amirauté . La Grande Ducheffe
fe porte auffi bien qu'on puiffe le defirer
de même que le jeune Prince , qui a été ondoyé ,
& nomméPaul.
DE COPPENHAGUE , le 27 Octobre.
"
Le 23 de ce mois , le Roi fit l'honneur au Préfident
Ogier , Ambaffadeur de Sa Majeſté Très-
Chrétienne , de dîner chez lui dans une maiſon
de plaifance , que ce Miniftre a fait orner avec
beaucoup de goût . La table étoit de quinze couverts.
Sa Majesté fit placer l'Ambaſſadrice à fa
droite , & l'Ambaffadeur à fa gauche. Les autres
places furent remplies par les Miniftres
d'Etat , & par quelques-uns des principaux Seigneurs
de la Cour. Une magnifique illumination
& un très-beau feu d'artifice terminerent
la fête. La décoration du feu repréſentoit un aro
de triomphe , fur le fronton duquel étoit le chiffre
du Roi , avec cette infcription : Friderico V. Pio ,
Felici , P. P. Optimo Principi . De chaque côté de
cette décoration s'élevoient cinq grandes pyra
mides. Elles étoient liées enfemble par des guir-
Landes , & chargées chacune d'un cartouche contenant
quelque enblême relatif aux vertus de Sa
Majefté, ou le tableau allégorique de quelqu'un
des établiflemens qu'elle a faits pour l'augmenta
tion du commerce , & pour le progrès des arts.
Des vafes à l'antique étoient placés dans les entredeux
des pyramides L'artifice occupoit toute la
longueur de la décoration ; & du milieu , ainfi
que des extrêmités , on voyoit fortir fans interruption
des gerbes de feu . On découvroit à tra
vers les arcades de l'arc de triomphe une perfpec188
MERCURE DE FRANCE.
tive de pots à feu , de trois cens pas de longueur .
Le Roi , en fe retirant , témoigna à l'Ambaffadeur
& à l'Ambaffadrice combien il étoit fatisfait
de la réception qu'ils lui avoient faite.
Avant -bier for le midi , la Grande Ducheffe fen
tit quelques de aleurs. Une demi-heure après elle
DECEMBRE. 1754. 187
accoucha d'un Prince , dont la naiffance fut annoncée
au peuple par les falves réitérées du canon
de la citadelle & de l'Amirauté . La Grande Ducheffe
fe porte auffi bien qu'on puiffe le defirer
de même que le jeune Prince , qui a été ondoyé ,
& nomméPaul.
DE COPPENHAGUE , le 27 Octobre.
"
Le 23 de ce mois , le Roi fit l'honneur au Préfident
Ogier , Ambaffadeur de Sa Majeſté Très-
Chrétienne , de dîner chez lui dans une maiſon
de plaifance , que ce Miniftre a fait orner avec
beaucoup de goût . La table étoit de quinze couverts.
Sa Majesté fit placer l'Ambaſſadrice à fa
droite , & l'Ambaffadeur à fa gauche. Les autres
places furent remplies par les Miniftres
d'Etat , & par quelques-uns des principaux Seigneurs
de la Cour. Une magnifique illumination
& un très-beau feu d'artifice terminerent
la fête. La décoration du feu repréſentoit un aro
de triomphe , fur le fronton duquel étoit le chiffre
du Roi , avec cette infcription : Friderico V. Pio ,
Felici , P. P. Optimo Principi . De chaque côté de
cette décoration s'élevoient cinq grandes pyra
mides. Elles étoient liées enfemble par des guir-
Landes , & chargées chacune d'un cartouche contenant
quelque enblême relatif aux vertus de Sa
Majefté, ou le tableau allégorique de quelqu'un
des établiflemens qu'elle a faits pour l'augmenta
tion du commerce , & pour le progrès des arts.
Des vafes à l'antique étoient placés dans les entredeux
des pyramides L'artifice occupoit toute la
longueur de la décoration ; & du milieu , ainfi
que des extrêmités , on voyoit fortir fans interruption
des gerbes de feu . On découvroit à tra
vers les arcades de l'arc de triomphe une perfpec188
MERCURE DE FRANCE.
tive de pots à feu , de trois cens pas de longueur .
Le Roi , en fe retirant , témoigna à l'Ambaffadeur
& à l'Ambaffadrice combien il étoit fatisfait
de la réception qu'ils lui avoient faite.
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Résumé : DU NORD.
Le 3 octobre 1754 à Petersbourg, la Grande Duchesse donna naissance à un prince, nommé Paul. La mère et l'enfant se portaient bien, et la nouvelle fut célébrée par des salves de canon. Le 23 octobre à Copenhague, le Roi rendit hommage au Président Ogier, Ambassadeur de Sa Majesté Très-Chrétienne, en dînant chez lui dans une maison de plaisance. Quinze convives étaient présents, incluant l'Ambassadrice à la droite du Roi et l'Ambassadeur à sa gauche, ainsi que des ministres d'État et des seigneurs de la Cour. La soirée se termina par une illumination et un feu d'artifice représentant un arc de triomphe avec le chiffre du Roi et des pyramides ornées d'emblèmes et de tableaux allégoriques. Le Roi exprima sa satisfaction à l'Ambassadeur et à l'Ambassadrice pour la réception.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17713
p. 124
AUTRE.
Début :
De dix lettres, Lecteur, est composé mon nom, [...]
Mots clefs :
Logogriphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E dix lettres , Lecteur, eft compofé mon nom,
Des habitans de l'Hélicon
Quoique fade progéniture ,
De plus d'un bel efprit je fais l'amuſement.
Je renferme en mon corps de bizarre ftru&ture
La qualité de ceux qui fous le Firmament
Gouvernent les humains foumis à leur empire;
Le plus précieux des métaux ,
Diverſes efpéces d'oiseaux ,
Ce que l'on aime & qu'on admire ,
Deux fleuves d'affez grand renom
Un grain , un terme de mufique ,
Le foutien d'une République ,
Certain inftrument , dont le fon
Des mortels régle la conduite ,
Préfide à leurs actions ,
Et fait longer au tems , dont la rapide fuite
Donne une ample carriere à leurs réflexions.
J. B. Tarail
E dix lettres , Lecteur, eft compofé mon nom,
Des habitans de l'Hélicon
Quoique fade progéniture ,
De plus d'un bel efprit je fais l'amuſement.
Je renferme en mon corps de bizarre ftru&ture
La qualité de ceux qui fous le Firmament
Gouvernent les humains foumis à leur empire;
Le plus précieux des métaux ,
Diverſes efpéces d'oiseaux ,
Ce que l'on aime & qu'on admire ,
Deux fleuves d'affez grand renom
Un grain , un terme de mufique ,
Le foutien d'une République ,
Certain inftrument , dont le fon
Des mortels régle la conduite ,
Préfide à leurs actions ,
Et fait longer au tems , dont la rapide fuite
Donne une ample carriere à leurs réflexions.
J. B. Tarail
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17714
p. 188-192
ALLEMAGNE.
Début :
Les fêtes que le Prince de Saxe Hildburghausen a données à leurs Majestés Impériales, ont été [...]
Mots clefs :
Prince de Saxe-Hildburghausen, Impératrice, Empereur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE SCHLOSHOFF , le 27 Septembre.
Les fêtes que le Prince de Saxe Hildburghau
fen a données à leurs Majeftés Impériales , ont été
fi éclatantes , que le public en verra fans doute
avec plaifir la relation. L'Empereur & l'Impératrice
étant arrivés le 23 de ce mois vers une heure
après midi au Château de Hoff , dînerent à une
table de quarante- deux couverts . Après le repos ,
le Prince de Saxe-Hildburghauſen conduifit l'Empereur
& l'Impératrice dans le parc . Leurs Majeftés
Impériales s'étant promenées pendant quelque
temps dans des allées pratiquées en forme de
labyrinthes , furent agréablement ſurpriſes de voir
paroître tout à coup un théâtre de verdure. Une
fymphonie fe fit entendre , & elle fut fuivie d'une
paftorale italienne , intitulée Il vero Omaggio. Des
cors de chaffe , des trompettes , des hautbois , &
des flutes , répétoient par intervalles , dans les bofquets
voifins , les airs que deux Actrices avoient
chantés. Sur le foir l'Einpereur & l'Impératrice
retournerent au Château , où leurs Majeftés Impériales
virent repréfenter un Opera , qui avoit
pour titre l'Ifola dishabitata . Le lendemain aprèsmidi
, elles fe rendirent en carroffe fur les bords
de la riviere de Mark ; elles y trouverent une
barque conftruite fur le modele du Busentaure de
Venife , dans laquelle elles entrerent . L'apparte
ment qu'on y avoit préparé pour leurs Majeftés ,
DECEMBRE. 1754. 189
3
avoit trente- deux croifées , ornées de rideaux de
moire d'argent, garnis de franges & de houppes d'or.
La peinture , la fculpture & la dorure concouroient
à l'embelliffement de toutes les parties , tant intérieures
qu'extérieures , de cet appartement . De
chaque côté de la barque pendoit un riche tapis
avec des franges d'argent , flottant fur la furface
des eaux. Quarante bateaux fculptés & dorés
dont chacun étoit conduit par un pilote & quatre
rameurs habillés en matelots Vénitiens , fuivoient
cette barque. Toute cette petite flotte étoit précédée
d'une autre barque , repréfentant le Jardin des
Hefperides , fur laquelle quatre Nymphes , accompagnées
d'un harmonieux orchestre , chantoient
des vers à la louange de leurs Majeftés . Lorfqu'on
eut navigé une demi-heure , on apperçut
a droite fur le rivage une falle de verdure , qu'entouroit
une galerie foutenue par une colonade.
L'Empereur & l'Impératrice ayant mis pied à
terre , découvrirent de l'autre côté de la riviere ,
au bas d'une haute montagne , trois arcs de
triomphe , compofés chacun de trois arcades. Sur
celui du milieu on voyoit la ftatue de Diane , qui
fembloit donner fes ordres pour la chaffe . Plu
feurs trompettes , cors & autres inftrumens, placés
fur diverfes collines , firent retentir les airs de leurs
fanfares. Auffi- tôt il partit du haut de la_montagne
fix cens cinquante cerfs , qui , chaffés par
une armée de payfans vêtus uniformément , fe
précipiterent au travers des arcades des arcs de
triomphe dans la riviere , la traverferent à la
nage , & fe réfugierent dans la prairie , où étoit
la falle dont nous venons de parler . Leurs Majeftés
pendant une heure s'amuferent de ce spectacle ,
Comme elles ne voulurent tuer aucun de ces animaux
, on baiſſa les toiles qui formoient l'ens
190 MERCURE DE FRANCE.
ceinte , & ils fe fauverent dans les bois des envia
rons. Quelques momens après on vit fortir d'un
palais élevé dans le fond de la prairie , un nombre
prodigieux de loups , de renards & de marcaffins
, dont une partie fut tuée par leurs Majeftés
& par les Archiducs. La chaffe étant finie ,
I'Empereur & l'Impératrice retournerent au Châ.
reau , pour affifter à un nouvel Opera , intitulé I
Cinefi . Les décorations qui formoient un cabinet
chinois, étoient toutes de cryftal ; l'art avec lequef
elles étoient éclairées excita l'admiration de toute
Ja Cour. L'Opera fut fuivi d'un fouper fplendide
& d'un grand bal . Le 25 le Prince de Saxe Hildburghaufen
après le dîner, donna à leurs Majeftés
Impériales le divertiffement d'une joûte fur un
étang , dont la fituation étoit des plus favorables
par les collines qui l'environnent. De part & d'autre
l'étang étoit bordé d'arcades de verdure , foutenues
par deux rangs de colonnes , & furmontées
par des pyramides . Au milieu de la chauffée on
avoit conftruit des loges pour leurs Majestés &
pour leur fuite. Vis -à-vis , à la queue de l'étang ,
une perfpective peinte trompoit tellement les
yeux , qu'on croyoit voir des jardins d'une immenfe
étendue. Vers le centre de l'étang s'élevoient
neuf arcades. On avoit placé fur celle du
milieu un orcheſtre rempli de toutes fortes d'inftrumens.
Plus loin étoient fix rochers , fur lefquels
on voyoit divers animaux déguifés en arlequins
, en polichinelles & en pantalons . Dès
que les timballes & les trompettes curent donné le
fignal , huit bateaux chargés de maſques de différens
caracteres , fe mirent en mouvement. La
joûte commença , & l'adreffe avec laquelle les
Joûteurs exécuterent leurs manoeuvres charma
tous les fpectateurs. Après ce divertiſement la
DECEMBRE . 1754- 191
perfpective de jardins feints difparut . Elle fit place
a une ifle flottante , qui s'étant détachée du rivage
& traversant tout l'étang , alla ſe réunir à la
loge de leurs Majeftés Impériales. Dans le fond
de cette ifle , fur le fommet d'une petite colline ,
paroiffoient les ftatues de la Clémence & de la
Justice , aux pieds defquelles une abondance éton-,
nante d'eau tomboit par plufieurs cafcades dans
un grand baffin , d'où divers jets s'élançoient dans
les airs. Un vafte parterre de fleurs , orné de vafes
& de ftatues , occupoit le milieu de l'ifle. Le refte
du terrein étoit couvert d'une infinité d'orangers ,
de limoniers & de cedras , dont les fruits glacés
imitoient parfaitement les fruits naturels . Quatre
Jardiniers fuperbement vêtus , inviterent l'Empereur
& l'Impératrice à defcendre dans cette habitation
enchantée . Deux Pêcheurs & deux Pêcheufes
préfenterent des filets d'argent aux Archiducs
& aux Archiducheffes , qui pêcherent dans le
baffin , & qui prirent plufieurs poiffons. Leurs
Majeftés fe promenerent dans l'iflè , dont la ftructure
furprenoit d'autant plus , qu'on n'avoit vu
faire aucune manoeuvre pour lui faire traverſer
Pétang. Le foir la Cour tira au blanc près du
Château dans une plaine , où des milliers de lam
pions & de pots à feu diftribués dans la verdure ,
avoient ramené la clarté du plus beau jour. L'Archiduc
Jofeph fut le premier qui toucha le centre,
Une fufée qu'il fit partir alluma un foleil , au mi,
fieu duquel on lifoit en gros caracteres , vivat
Francifcus. D'un autre coup ce Prince alluma un
autre foleil , dont le centre portoit en lettres de
feu cette infcription , vivat Maria-Therefia. Le
troifiéme foleil fut allumé par un coup de l'Archiducheffe
Marie-Anne , & fit voir ces mots vivas
Jofephus. A ces foleils fuccéda un très - beau feu
192 MERCURE DE FRANCE.
d'artifice. Hier toute la matinée fut remplie par
une espece de bacchanale . Cette derniere fête commença
par l'arrivée de deux chars de triomphe
dans la cour du Chateau. Ils étoient traînés chacun
par huit boeufs blancs , chargés de rubans & de
Aeurs , & dont les cornes étoient dorées.. Ces
chars étoient précédés de douze Sylvains à cheval,
& fuivis d'une foule de Bacchantes. Les Sylvains
coururent la bague , & les Bacchantes danferent
plufieurs ballets figurés. Il parut enfuite un troiféme
char , fur lequel il y avoit une multitude
prodigieufe d'animaux de toute efpece , foit en
venaifon , foit en volaille & en gibier , apprêtés de
diverfes façons. Tous ces vivres furent abandonnés
au peuple , & douze fontaines de vin coulerent des
deux chars qui étoient arrivés les premiers . A une
heure après - midi l'Empereur & l'Impératrice dînerent
; & après avoir témoigné au Prince de Saxe-
Hildburghaufen combien ils étoient fatisfaits
de la réception qu'il leur avoit faite , ils partirent
pour retourner à Schonbrun.
DE SCHLOSHOFF , le 27 Septembre.
Les fêtes que le Prince de Saxe Hildburghau
fen a données à leurs Majeftés Impériales , ont été
fi éclatantes , que le public en verra fans doute
avec plaifir la relation. L'Empereur & l'Impératrice
étant arrivés le 23 de ce mois vers une heure
après midi au Château de Hoff , dînerent à une
table de quarante- deux couverts . Après le repos ,
le Prince de Saxe-Hildburghauſen conduifit l'Empereur
& l'Impératrice dans le parc . Leurs Majeftés
Impériales s'étant promenées pendant quelque
temps dans des allées pratiquées en forme de
labyrinthes , furent agréablement ſurpriſes de voir
paroître tout à coup un théâtre de verdure. Une
fymphonie fe fit entendre , & elle fut fuivie d'une
paftorale italienne , intitulée Il vero Omaggio. Des
cors de chaffe , des trompettes , des hautbois , &
des flutes , répétoient par intervalles , dans les bofquets
voifins , les airs que deux Actrices avoient
chantés. Sur le foir l'Einpereur & l'Impératrice
retournerent au Château , où leurs Majeftés Impériales
virent repréfenter un Opera , qui avoit
pour titre l'Ifola dishabitata . Le lendemain aprèsmidi
, elles fe rendirent en carroffe fur les bords
de la riviere de Mark ; elles y trouverent une
barque conftruite fur le modele du Busentaure de
Venife , dans laquelle elles entrerent . L'apparte
ment qu'on y avoit préparé pour leurs Majeftés ,
DECEMBRE. 1754. 189
3
avoit trente- deux croifées , ornées de rideaux de
moire d'argent, garnis de franges & de houppes d'or.
La peinture , la fculpture & la dorure concouroient
à l'embelliffement de toutes les parties , tant intérieures
qu'extérieures , de cet appartement . De
chaque côté de la barque pendoit un riche tapis
avec des franges d'argent , flottant fur la furface
des eaux. Quarante bateaux fculptés & dorés
dont chacun étoit conduit par un pilote & quatre
rameurs habillés en matelots Vénitiens , fuivoient
cette barque. Toute cette petite flotte étoit précédée
d'une autre barque , repréfentant le Jardin des
Hefperides , fur laquelle quatre Nymphes , accompagnées
d'un harmonieux orchestre , chantoient
des vers à la louange de leurs Majeftés . Lorfqu'on
eut navigé une demi-heure , on apperçut
a droite fur le rivage une falle de verdure , qu'entouroit
une galerie foutenue par une colonade.
L'Empereur & l'Impératrice ayant mis pied à
terre , découvrirent de l'autre côté de la riviere ,
au bas d'une haute montagne , trois arcs de
triomphe , compofés chacun de trois arcades. Sur
celui du milieu on voyoit la ftatue de Diane , qui
fembloit donner fes ordres pour la chaffe . Plu
feurs trompettes , cors & autres inftrumens, placés
fur diverfes collines , firent retentir les airs de leurs
fanfares. Auffi- tôt il partit du haut de la_montagne
fix cens cinquante cerfs , qui , chaffés par
une armée de payfans vêtus uniformément , fe
précipiterent au travers des arcades des arcs de
triomphe dans la riviere , la traverferent à la
nage , & fe réfugierent dans la prairie , où étoit
la falle dont nous venons de parler . Leurs Majeftés
pendant une heure s'amuferent de ce spectacle ,
Comme elles ne voulurent tuer aucun de ces animaux
, on baiſſa les toiles qui formoient l'ens
190 MERCURE DE FRANCE.
ceinte , & ils fe fauverent dans les bois des envia
rons. Quelques momens après on vit fortir d'un
palais élevé dans le fond de la prairie , un nombre
prodigieux de loups , de renards & de marcaffins
, dont une partie fut tuée par leurs Majeftés
& par les Archiducs. La chaffe étant finie ,
I'Empereur & l'Impératrice retournerent au Châ.
reau , pour affifter à un nouvel Opera , intitulé I
Cinefi . Les décorations qui formoient un cabinet
chinois, étoient toutes de cryftal ; l'art avec lequef
elles étoient éclairées excita l'admiration de toute
Ja Cour. L'Opera fut fuivi d'un fouper fplendide
& d'un grand bal . Le 25 le Prince de Saxe Hildburghaufen
après le dîner, donna à leurs Majeftés
Impériales le divertiffement d'une joûte fur un
étang , dont la fituation étoit des plus favorables
par les collines qui l'environnent. De part & d'autre
l'étang étoit bordé d'arcades de verdure , foutenues
par deux rangs de colonnes , & furmontées
par des pyramides . Au milieu de la chauffée on
avoit conftruit des loges pour leurs Majestés &
pour leur fuite. Vis -à-vis , à la queue de l'étang ,
une perfpective peinte trompoit tellement les
yeux , qu'on croyoit voir des jardins d'une immenfe
étendue. Vers le centre de l'étang s'élevoient
neuf arcades. On avoit placé fur celle du
milieu un orcheſtre rempli de toutes fortes d'inftrumens.
Plus loin étoient fix rochers , fur lefquels
on voyoit divers animaux déguifés en arlequins
, en polichinelles & en pantalons . Dès
que les timballes & les trompettes curent donné le
fignal , huit bateaux chargés de maſques de différens
caracteres , fe mirent en mouvement. La
joûte commença , & l'adreffe avec laquelle les
Joûteurs exécuterent leurs manoeuvres charma
tous les fpectateurs. Après ce divertiſement la
DECEMBRE . 1754- 191
perfpective de jardins feints difparut . Elle fit place
a une ifle flottante , qui s'étant détachée du rivage
& traversant tout l'étang , alla ſe réunir à la
loge de leurs Majeftés Impériales. Dans le fond
de cette ifle , fur le fommet d'une petite colline ,
paroiffoient les ftatues de la Clémence & de la
Justice , aux pieds defquelles une abondance éton-,
nante d'eau tomboit par plufieurs cafcades dans
un grand baffin , d'où divers jets s'élançoient dans
les airs. Un vafte parterre de fleurs , orné de vafes
& de ftatues , occupoit le milieu de l'ifle. Le refte
du terrein étoit couvert d'une infinité d'orangers ,
de limoniers & de cedras , dont les fruits glacés
imitoient parfaitement les fruits naturels . Quatre
Jardiniers fuperbement vêtus , inviterent l'Empereur
& l'Impératrice à defcendre dans cette habitation
enchantée . Deux Pêcheurs & deux Pêcheufes
préfenterent des filets d'argent aux Archiducs
& aux Archiducheffes , qui pêcherent dans le
baffin , & qui prirent plufieurs poiffons. Leurs
Majeftés fe promenerent dans l'iflè , dont la ftructure
furprenoit d'autant plus , qu'on n'avoit vu
faire aucune manoeuvre pour lui faire traverſer
Pétang. Le foir la Cour tira au blanc près du
Château dans une plaine , où des milliers de lam
pions & de pots à feu diftribués dans la verdure ,
avoient ramené la clarté du plus beau jour. L'Archiduc
Jofeph fut le premier qui toucha le centre,
Une fufée qu'il fit partir alluma un foleil , au mi,
fieu duquel on lifoit en gros caracteres , vivat
Francifcus. D'un autre coup ce Prince alluma un
autre foleil , dont le centre portoit en lettres de
feu cette infcription , vivat Maria-Therefia. Le
troifiéme foleil fut allumé par un coup de l'Archiducheffe
Marie-Anne , & fit voir ces mots vivas
Jofephus. A ces foleils fuccéda un très - beau feu
192 MERCURE DE FRANCE.
d'artifice. Hier toute la matinée fut remplie par
une espece de bacchanale . Cette derniere fête commença
par l'arrivée de deux chars de triomphe
dans la cour du Chateau. Ils étoient traînés chacun
par huit boeufs blancs , chargés de rubans & de
Aeurs , & dont les cornes étoient dorées.. Ces
chars étoient précédés de douze Sylvains à cheval,
& fuivis d'une foule de Bacchantes. Les Sylvains
coururent la bague , & les Bacchantes danferent
plufieurs ballets figurés. Il parut enfuite un troiféme
char , fur lequel il y avoit une multitude
prodigieufe d'animaux de toute efpece , foit en
venaifon , foit en volaille & en gibier , apprêtés de
diverfes façons. Tous ces vivres furent abandonnés
au peuple , & douze fontaines de vin coulerent des
deux chars qui étoient arrivés les premiers . A une
heure après - midi l'Empereur & l'Impératrice dînerent
; & après avoir témoigné au Prince de Saxe-
Hildburghaufen combien ils étoient fatisfaits
de la réception qu'il leur avoit faite , ils partirent
pour retourner à Schonbrun.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le Prince de Saxe-Hildburghausen a organisé des festivités en l'honneur de l'Empereur et de l'Impératrice, qui sont arrivés au Château de Hoff le 23 septembre. Après un dîner de quarante-deux couverts, le Prince a conduit Leurs Majestés dans le parc, où elles ont découvert un théâtre de verdure et assisté à une pastorale italienne. Le lendemain, ils ont navigué sur la rivière de Mark à bord d'une barque inspirée du Bucentaure de Venise, ornée de moire d'argent et suivie par une flotte de bateaux sculptés et dorés. Sur le rivage, ils ont assisté à une chasse aux cerfs et à une battue de loups, de renards et de marcassins. De retour au château, ils ont assisté à un opéra intitulé 'L'isola disabitata'. Le 25 septembre, une joute sur un étang a été organisée, suivie d'un spectacle de feux d'artifice et d'une bacchanale. Les festivités se sont conclues par un char de triomphe et des fontaines de vin offertes au peuple. L'Empereur et l'Impératrice ont exprimé leur satisfaction avant de partir pour Schönbrunn.
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17715
p. 125
LOGOGRYPHUS.
Début :
Quisquis Logogryphi tenebrosa volumina quaeris [...]
Mots clefs :
Aratrum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHUS.
LOGO GRYPHU S.
Uifquis Logogryphi tenebrofa volumina
quæris
Solvere , fifte gradum : nova denudanda recurrunt.
Sum pedibus feptem conflata , perutilis orbi
Machina. Diva potens olim mihi præbuit ortum ?
Poft hanc Rectores populi , Romæque Senatus ,
Patrum turba , meum non unquàm refpuit ufum ;
Sed me nunc vili dextræ potiuntur agreftes.
At fermone tibi nimio ne tædia ducam ,
Uno quinque brevi verbo cognomina pandes,
Invenies fedem , Priamus quam fanguine tinxit ,"
Cum Pirthus lateri capulo tenus abdidit enfem .
Mutatis pedibus , claro fum nomine flumen ;
Junge pedes pedibus , pavidis fum matribus hor.
ror .
Nunc paulò patiens inverte vocabula , jamjam
Nulla mora : herba potens ad opem , radixque
medendi
Utilis occurrer. Nullus labor ampliùs inftat ;
En facile advertes Elementum , exordia rerum
Delicias hominum , terreftris gaudia vitæ.
Illud amas, flereſque illud tibi , Lector, ademptum.
A Châteaudun , par E*** F ****
Uifquis Logogryphi tenebrofa volumina
quæris
Solvere , fifte gradum : nova denudanda recurrunt.
Sum pedibus feptem conflata , perutilis orbi
Machina. Diva potens olim mihi præbuit ortum ?
Poft hanc Rectores populi , Romæque Senatus ,
Patrum turba , meum non unquàm refpuit ufum ;
Sed me nunc vili dextræ potiuntur agreftes.
At fermone tibi nimio ne tædia ducam ,
Uno quinque brevi verbo cognomina pandes,
Invenies fedem , Priamus quam fanguine tinxit ,"
Cum Pirthus lateri capulo tenus abdidit enfem .
Mutatis pedibus , claro fum nomine flumen ;
Junge pedes pedibus , pavidis fum matribus hor.
ror .
Nunc paulò patiens inverte vocabula , jamjam
Nulla mora : herba potens ad opem , radixque
medendi
Utilis occurrer. Nullus labor ampliùs inftat ;
En facile advertes Elementum , exordia rerum
Delicias hominum , terreftris gaudia vitæ.
Illud amas, flereſque illud tibi , Lector, ademptum.
A Châteaudun , par E*** F ****
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17716
p. 203-204
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile, Ordre de Cîteaux, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Religieuse, Abbé, Chapitre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
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17717
p. 204-206
MORTS.
Début :
Messire Charles Chatelain, Chapelain du Roi, Chanoine de Soissons, Prieur [...]
Mots clefs :
Comte, Marquis, Chapelain du roi, Seigneur, Chevalier, Curé, Morts, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
MESSIRE Charle Chatelain , Chapelain du Roi ,
Chanoine de Soiffons , Prieur Commandataire de
Friardel &de Lieru , mourut à Lieru le 29 Juillet ,
âgé de ſoixante- dix-neuf ans.
Meſſire François-Ifaac de la Cropte , Comte
de Bourzac , Marquis de la Jarrie , Seigneur dé
Chaſſagnes , Vandoire , Belleville , &c. ci-devant
premier Gentilhomme de la Chambre de S. A. S.
Monſeigneur le Prince de Conty , & ancien Mef
tre de Camp, Lieutenant du Régiment de Cavalerie
de Conty , mourut à Noyon le 31 Juiller
dernier , dans la ſoixante dix-septieme année de
ſon âge. Il étoit fils de François- Ifaac de la Cropte
, Comte de Bourzac , & de Suzanne Tiraqueaude
la Jarrie , & frere aîné de Jean-François de la
Gropte-de Bourzac , Evêque-Comte de Noyon ,
Pair de France , & avoit épousé Dame Marie-
Antoinette-Achars de Joumard- de Legé , fille de
feu Meſſire Louis-Achars de Joumard , Vicomte
de Legé , & Dame Elifabeth de la Faye , dont il
laiſſe 1. Suzanne de la Cropte ; 20. Jean- François
de la Cropte ; 3°. Françoiſe-Elifabeth-Suzanne de
la Cropte , & 4°. Louis-François-Joſeph de la
Cropre , Chevalier de Malthe.
Le 2Aoûr , mourut au village de Conche, dans
4
203 OCTOBRE. 1758 .
le Dioceſe de Mende, Florette Roux , âgée de
cent dix-huit ans & quatre mois. Són mari , Jac
ques Guin , mourut l'année derniere âgé de cent
quatorze ans. Ils ont vécu enſemble foixante-dixneuf
ans , & ont eu dix-huit enfans , douze garçons&
fix filles : quatorze de ces enfans vivent
encore. Leur mariage avoit été béni par un Miniſtre
quelque temps après la révocation de l'Edit
deNantes. Jacques Guin ſe diftingua parmi les
Rebelles , connus ſous le nom de Camiſards. Il
s'étoit d'abord attaché à Joannen , & combattit
fous ſes ordres à l'affaire de Chandomerge. Il
quitta Joannen pour ſuivre Roland, lequel ayant
bonne opinion de ſes talens , lui donna le commandement
d'une Troupe de cinquante hommes.
Il ſe trouva avec ce dernier à Fontmort , où le
Régiment de Champagne fut fi maltraité. Enfin
il Paccompagna auprès du Maréchal de Villars ,
& lui ſervit de conſeil pour conclure ſon traité
particulier.
Meſſire Bleixart-Louis-Edouard-Henri leGras,
Chevalier de Vauberſey , fils de feu Meſſire Fran--
çois-Edouard le Gras de Vauberſey , Seigneur de
Mongenôt , Lieutenant des Maréchaux de France
au département de Champagne & Brie , & de
DameMarie-Claire de Relongue de la Louptiere ,
eſt mort au château de la Louptiere en Champagne
, le 10 Août , âgé d'un an , onze mois 21
jours. Il étoit arriere-petit neveu de Meffire Simon
leGras-de Vauberſey , Evêque de Soiffons , qui a
eu l'honneur de ſacrer Louis XIV.
Meſſire Robion , ancien Curé de Dartas , dans
le Dioceſe de Vienne , y eſt mort le 11 Août âgé
de cent huit ans. 11 poſſédoit cette Cure depuis
près de quatre-vingt ans , & il avoit vu naître tous
ſes Paroiſſiens. La ſervante qui l'a toujours ſervi
vit encore , & a cent quatre ans.
206 MERCURE DE FRANCE.
M. Bouguer , l'un des Membres de l'Académie
Royale des Sciences , de la Société Royale de
Londres & de Berlin , Honoraire de l'Académie de
Marine , eſt mort en cette Ville le 13 Août , dans
Ja foixante- troiſieme année de ſon âge.
Meffire Charles-Louis de Monfaulnin , Comte
de Montal , Lieutenant-Général des Armées du
Roi , Chevalier des Ordres de Sa Majesté , Gouverneur
des Ville & Château de Guiſe , eſt décédé
dans ſes terres en Bourgogne le 22 Août , âgé de
foixante-dix- sept ans..
MESSIRE Charle Chatelain , Chapelain du Roi ,
Chanoine de Soiffons , Prieur Commandataire de
Friardel &de Lieru , mourut à Lieru le 29 Juillet ,
âgé de ſoixante- dix-neuf ans.
Meſſire François-Ifaac de la Cropte , Comte
de Bourzac , Marquis de la Jarrie , Seigneur dé
Chaſſagnes , Vandoire , Belleville , &c. ci-devant
premier Gentilhomme de la Chambre de S. A. S.
Monſeigneur le Prince de Conty , & ancien Mef
tre de Camp, Lieutenant du Régiment de Cavalerie
de Conty , mourut à Noyon le 31 Juiller
dernier , dans la ſoixante dix-septieme année de
ſon âge. Il étoit fils de François- Ifaac de la Cropte
, Comte de Bourzac , & de Suzanne Tiraqueaude
la Jarrie , & frere aîné de Jean-François de la
Gropte-de Bourzac , Evêque-Comte de Noyon ,
Pair de France , & avoit épousé Dame Marie-
Antoinette-Achars de Joumard- de Legé , fille de
feu Meſſire Louis-Achars de Joumard , Vicomte
de Legé , & Dame Elifabeth de la Faye , dont il
laiſſe 1. Suzanne de la Cropte ; 20. Jean- François
de la Cropte ; 3°. Françoiſe-Elifabeth-Suzanne de
la Cropte , & 4°. Louis-François-Joſeph de la
Cropre , Chevalier de Malthe.
Le 2Aoûr , mourut au village de Conche, dans
4
203 OCTOBRE. 1758 .
le Dioceſe de Mende, Florette Roux , âgée de
cent dix-huit ans & quatre mois. Són mari , Jac
ques Guin , mourut l'année derniere âgé de cent
quatorze ans. Ils ont vécu enſemble foixante-dixneuf
ans , & ont eu dix-huit enfans , douze garçons&
fix filles : quatorze de ces enfans vivent
encore. Leur mariage avoit été béni par un Miniſtre
quelque temps après la révocation de l'Edit
deNantes. Jacques Guin ſe diftingua parmi les
Rebelles , connus ſous le nom de Camiſards. Il
s'étoit d'abord attaché à Joannen , & combattit
fous ſes ordres à l'affaire de Chandomerge. Il
quitta Joannen pour ſuivre Roland, lequel ayant
bonne opinion de ſes talens , lui donna le commandement
d'une Troupe de cinquante hommes.
Il ſe trouva avec ce dernier à Fontmort , où le
Régiment de Champagne fut fi maltraité. Enfin
il Paccompagna auprès du Maréchal de Villars ,
& lui ſervit de conſeil pour conclure ſon traité
particulier.
Meſſire Bleixart-Louis-Edouard-Henri leGras,
Chevalier de Vauberſey , fils de feu Meſſire Fran--
çois-Edouard le Gras de Vauberſey , Seigneur de
Mongenôt , Lieutenant des Maréchaux de France
au département de Champagne & Brie , & de
DameMarie-Claire de Relongue de la Louptiere ,
eſt mort au château de la Louptiere en Champagne
, le 10 Août , âgé d'un an , onze mois 21
jours. Il étoit arriere-petit neveu de Meffire Simon
leGras-de Vauberſey , Evêque de Soiffons , qui a
eu l'honneur de ſacrer Louis XIV.
Meſſire Robion , ancien Curé de Dartas , dans
le Dioceſe de Vienne , y eſt mort le 11 Août âgé
de cent huit ans. 11 poſſédoit cette Cure depuis
près de quatre-vingt ans , & il avoit vu naître tous
ſes Paroiſſiens. La ſervante qui l'a toujours ſervi
vit encore , & a cent quatre ans.
206 MERCURE DE FRANCE.
M. Bouguer , l'un des Membres de l'Académie
Royale des Sciences , de la Société Royale de
Londres & de Berlin , Honoraire de l'Académie de
Marine , eſt mort en cette Ville le 13 Août , dans
Ja foixante- troiſieme année de ſon âge.
Meffire Charles-Louis de Monfaulnin , Comte
de Montal , Lieutenant-Général des Armées du
Roi , Chevalier des Ordres de Sa Majesté , Gouverneur
des Ville & Château de Guiſe , eſt décédé
dans ſes terres en Bourgogne le 22 Août , âgé de
foixante-dix- sept ans..
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Résumé : MORTS.
En 1758, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Messire Charle Chatelain, Chapelain du Roi, Chanoine de Soiffons, Prieur Commandataire de Friardel et de Lieru, est décédé à Lieru le 29 juillet à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Messire François-Ifaac de la Cropte, Comte de Bourzac, Marquis de la Jarrie, et ancien premier Gentilhomme de la Chambre de Monseigneur le Prince de Conty, est mort à Noyon le 31 juillet à soixante-dix-sept ans. Il était fils de François-Ifaac de la Cropte et de Suzanne Tiraqueau de la Jarrie, et frère aîné de Jean-François de la Cropte, Evêque-Comte de Noyon. Il a laissé quatre enfants : Suzanne, Jean-François, Françoise-Élisabeth-Suzanne et Louis-François-Joseph, Chevalier de Malthe. Florette Roux est décédée au village de Conche, dans le Diocèse de Mende, le 2 août à l'âge de cent dix-huit ans et quatre mois. Son mari, Jacques Guin, était décédé l'année précédente à cent quatorze ans. Ils ont eu dix-huit enfants, dont quatorze sont encore en vie. Leur mariage a été béni par un Ministre après la révocation de l'Édit de Nantes. Jacques Guin s'est distingué parmi les Camisards, combattant sous les ordres de Joannen et Roland. Messire Bleixart-Louis-Edouard-Henri le Gras, Chevalier de Vaubersey, est mort au château de la Louptiere en Champagne le 10 août à l'âge d'un an, onze mois et vingt-et-un jours. Messire Robion, ancien Curé de Dartas dans le Diocèse de Vienne, est décédé le 11 août à cent huit ans. Il a possédé cette Cure pendant près de quatre-vingt ans. M. Bouguer, membre de l'Académie Royale des Sciences, de la Société Royale de Londres et de Berlin, et honoraire de l'Académie de Marine, est mort à Paris le 13 août à soixante-trois ans. Messire Charles-Louis de Monfaulnin, Comte de Montal, Lieutenant-Général des Armées du Roi et Chevalier des Ordres de Sa Majesté, est décédé dans ses terres en Bourgogne le 22 août à soixante-dix-sept ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17718
p. 153-160
« LA PEINTURE, poëme, par M. Baillet, Baron de S. Julien. A Amsterdam ; & se [...] »
Début :
LA PEINTURE, poëme, par M. Baillet, Baron de S. Julien. A Amsterdam ; & se [...]
Mots clefs :
Poème, Peinture, Sang, Amour, Haine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LA PEINTURE, poëme, par M. Baillet, Baron de S. Julien. A Amsterdam ; & se [...] »
LA PEINTURE , poëme , par M. Baillet ,
Baron de S. Julien. A Amfterdam ; & fe
trouve à Paris , chez Quillau , rue S. Jacques
, & chez Jombert , rue Dauphine.
Ce court poëme qui n'a guere plus de
deux cens vers , contient moins les préceptes
que les louanges de l'art qu'il célebre
: il nous paroît l'ouvrage d'un Auteur
qui joint au goût de la Peinture , le talent
de la Poéfie.
Quelques tirades que nous allons citer ,
le prouveront mieux que nos difcours .
Otoi , dont la beauté fit mon premier amour ,
Peinture , que j'aimai , dès que je vis le jour .....
Viens , dévoile à mes fens tes auguftes myfteres,,
Dirige tes crayons dans mes mains téméraires,
Allume dans mon fein ces tranſports créateurs
Des refforts du génie inftrumens & moteurs ,
Ce feu noble & facré , cet orgueil de notre être
Où l'homme égal aux Dieux , ſemble ſe reconnoître
,
Ce don qu'aucun effort ne fçauroit obtenir ,
Et qu'il faut éprouver pour te bien définir.
Fuyez. N'efpérez rien de vos foins téméraires,
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
Artifans fans génie , ouvriers mercenaires ,
Qui dans ce champ de gloire , attirés par la faim ,
Envifagez pour but non l'honneur , mais le gain.
Allez , portez ailleurs cette vile induſtrie :
Ivres du fol efpoir dont votre ame eft nourrie ;
Il faut , pour le remplir , battre un autre fentier :
La peinture eft un art , & non pas un métier.
A l'occafion des Peintres d'animaux.
voici un morceau philofophique , où la
brute doit remercier le Poëte de la fupériorité
qu'il femble lui donner fur l'homme
, & qu'elle mérite peut- être à certains
égards.
Quel bras de Prométhée , oſant ravir la flâme ,
A l'inftin&t de la brute ajoute encore une ame ?
Nous fait voir des forêts les hôtes tous égaux ,
De l'homme fier & vain , plus fuperbes rivaux.
Plus courageux , plus fiers , plus foumis , plus dociles
,
Plus juftes , plus prudens , plus chaftes , plus tranquiles
,
Plus fobres , plus actifs , aux travaux plus conftans,
Plus fideles amis , plus fideles amans ;
Rois de cet Univers , fi la fourbe & l'adreſſe ,
L'artifice toujours appui de la foibleffe ,
Et les pieges couverts à la force tendus ,
N'étoient pas des humains les premieres vertus.
DECEMBRE 1755. ISS
La peinture d'Hiftoire me paroît bien
peinte dans le morceau fuivant..
Où m'as-tu tranfporté , Déeffe enchantereffe :
Quel nouveau feu dans moi fait paffer fon ivreffe !
Quel jour plus lumineux a frappé mes regards ,
Quels chefs-d'oeuvres vivans naiffent de toutes
parts !
C'étoit donc peu pour toi , féduifante peinture ,
De tromper par ton art , l'art même & la nature ;
Cet art vouloit un but & des projets plus hauts ,
De plus nobles fuccès pour tes nobles travaux .
Pour couronner ta gloire , ainfi que ton ouvrage ,
Dans le fond de nos coeurs , il fe fraye un paffage ,
Y réveille à la fois la pitié , la terreur ,
L'amour , l'ambition , la haine & la fureur ,
Toutes nos paffions , ces idoles fi cheres ,
De l'ame des humains , tyrans trop volontaires.
Le morceau de la haine des fils de Jocafte
eft encore un des mieux frappés . Il
termine le Poëme , & nous finirons par
lui ce précis.
C'eft un fecret penchant que nous éprouvons tous ,
Il naît , fe fortifie , & ne meurt qu'avec nous ,
Nous aimons par inftinct ceux qui nous firent
naître ,
Et.croyons tout devoir à qui nous devons l'être.
Notre coeur généreux , plein de ces fentimens ,
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
Aime à multiplier ces tendres mouvemens .
Les neveux , les amis , les parens de nos Peres
Partagent avec eux ces refpects volontaires ;
Chacun d'eux les reçoit & les rend à ſon tour ,
Et les dégrés du fang font des dégrés d'amour.
Mais quand l'indépendance amenant la difcorde !
Des Peres & des Fils a troublé la concorde ,
Ou qu'un vil intérêt , deftructeur des maifons ,
Dans nos coeurs à longs traits répandant fes poi
fons ,
Une fois a rompu ce lien invincible ,
Plus le fang nous unit , plus la haine eft terrible.
Thebe en vit autrefois un exemple fameux.
Deux freres , nés d'un fang profcrit , inceftueux ,
Surpaffant en fureur les crimes de leur race ,
Comblerent dans fes murs leur fratricide audace.
Tous deux las de verfer le fang de leurs fujets ,
De s'habhorrer toujours , fans fe venger jamais ,.
Et de commettre au fort leur rage impatiente ,
Choifirent dans leur bras une route moins lente.
L'un vers l'autre avec joye , on les vit s'avancer ,
Se mefurer , fe joindre , ainfi que fe percer ,
Tomber , & ranimant leur facrilege envie ,
Poursuivre en fon rival les reftes de ſa vie ;
Et contens de la perdre en pouvant la ravir ,
Se rapprocher tous deux , s'égorger & mourir.
A ces freres éteints , par leur haine célebres ,
Thebes fit décerner tous les honneurs funebres ;
Et l'on réunit morts , fur un même bucher ,
DECEMBRE. 1755. 157
Ceux , que vivans , le fang n'avoit pu rapprocher.
O prodige ! à l'inftant la flamme divifée
Se fépare fur eux , ardente & courroucée :
A travers l'épaiffeur de fes globes brúlans.
On croit voir dans les airs leurs ſpectres menaçans
Sindigner , en mourant , d'un foin qui les honore ;
Et dans ces coeurs glacés la haine vit encore.
On a joint à ce Poëme un écrit en profe,
qui a pour titre , Caracteres des Peintres
François actuellement vivans , nouvelle.
édition. Il eft du même Auteur , & mérite
d'être lu.
LA MORT DE SÉJAN , Tragédie en vers.
qui n'a pas été jouée , précédée de deux
Epîtres en vers , Prix 30 fols. A Berlin ;.
& fe vend à Paris chez Duchefne , rue faint
Jacques.
C'eft un coup d'effai qui mérite d'autant
plus d'indulgence que l'auteur n'a que
vingt-deux ans.
NOUVELLE MÉTHODE pour apprendre
la Langue Latine par un fyftême fi facile
qu'il eft à la portée d'un enfant de cinq à
fix ans qui fçait lire : & fi prompt qu'on y
fait plus de progrès en deux ou trois années
qu'en huit ou dix , en fuivant la
158 MERCURE DE FRANCE.
route ordinaire , par M. de Launay , Auteur
de la nouvelle Méthode pour apprendre
à lire . Celle- ci eft propofée par ſoufcription
en quatre volumes in So. A Paris,
chez la veuve Robinot , quai des Grands
Auguftins , & chez Babuty fils , même
qual , 1755.
L'Auteur nous affure que par cet ouvrage
, tout fujet capable d'application depuis
cinq ans jufqu'à foixante , après un mois
ou deux d'inftruction , peut apprendre
feul & fans maître , à expliquer les Auteurs
latins les plus difficiles , & à rendre
raifon de toutes les regles de la Grammaire
& de la maniere la plus commode
& la plus aifée , fans aucun effort d'imagination
ni de mémoire . Ce fyftême eft
général , & peut s'appliquer à toutes les
langues. Le prix en feuilles fera pour les
Soufcripteurs de douze livres , dont fix
feront payées en foufcrivant; La foufcription
aura lieu jufqu'au mois de Février
prochain 1756 ; paffé ce tems , le prix fera
de dix-huit livres. Le premier volume
paroîtra au commencement de Février
& les trois autres de mois en mois.
PRINCIPES GENERAUX & raifonnés
de la Grammaire Françoife , avec
des obfervations fur l'orthographe , les
DECEMBRE 1755. 159
accents , la ponctuation , & la prononcia--
tion ; & un abrégé de regles de la verfification
françoife , dédiés à Mgr . le Duc de
Chartres , par M. Reftaut , Avocat au Parlement
& aux Confeils du Roi . Septieme
édition revue & corrigée par l'Auteur.
A Paris , chez la veuve Lottin , J. H. Buttard
, rue S. Jacques ; & chez Defaint &
Saillant , rue S. Jean de Beauvais . 1755 .
Cet ouvrage eft un des meilleurs qu'on
ait faits fur notre langue. Les nombreuſes
éditions qui en ont été données , le louent
beaucoup plus que tout le bien que nous
pourrions en dire. La feptieme que nous
annonçons , met le comble à l'éloge . La
même Grammaire fe trouve à Poitiers ,
chez J. Felix Faulcon Imprimeur du
Clergé.
OBSERVATIONS critiques & politiques
fur le commerce maritime , dans
lefquelles on difcute quelques points felatifs
à l'induftrie & au commerce des Colonies
Françoifes , un volume in- 12 , petit
format , imprimé à Amfterdam ; & fe trouve
à Paris , chez Jombert , rue Dauphine.
1755.
Il paroîtra vers la fin de Janvier prochain
une carte en quatre feuilles , inti160
MERCURE DE FRANCE .
tulée Canada , Louisiane , & Terres Angloifes.
On peut attendre de M. d'Anville
qui a compofé cette carte , l'exactitude &
l'abondance de détail qui caractériſent ſes
ouvrages.
Baron de S. Julien. A Amfterdam ; & fe
trouve à Paris , chez Quillau , rue S. Jacques
, & chez Jombert , rue Dauphine.
Ce court poëme qui n'a guere plus de
deux cens vers , contient moins les préceptes
que les louanges de l'art qu'il célebre
: il nous paroît l'ouvrage d'un Auteur
qui joint au goût de la Peinture , le talent
de la Poéfie.
Quelques tirades que nous allons citer ,
le prouveront mieux que nos difcours .
Otoi , dont la beauté fit mon premier amour ,
Peinture , que j'aimai , dès que je vis le jour .....
Viens , dévoile à mes fens tes auguftes myfteres,,
Dirige tes crayons dans mes mains téméraires,
Allume dans mon fein ces tranſports créateurs
Des refforts du génie inftrumens & moteurs ,
Ce feu noble & facré , cet orgueil de notre être
Où l'homme égal aux Dieux , ſemble ſe reconnoître
,
Ce don qu'aucun effort ne fçauroit obtenir ,
Et qu'il faut éprouver pour te bien définir.
Fuyez. N'efpérez rien de vos foins téméraires,
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
Artifans fans génie , ouvriers mercenaires ,
Qui dans ce champ de gloire , attirés par la faim ,
Envifagez pour but non l'honneur , mais le gain.
Allez , portez ailleurs cette vile induſtrie :
Ivres du fol efpoir dont votre ame eft nourrie ;
Il faut , pour le remplir , battre un autre fentier :
La peinture eft un art , & non pas un métier.
A l'occafion des Peintres d'animaux.
voici un morceau philofophique , où la
brute doit remercier le Poëte de la fupériorité
qu'il femble lui donner fur l'homme
, & qu'elle mérite peut- être à certains
égards.
Quel bras de Prométhée , oſant ravir la flâme ,
A l'inftin&t de la brute ajoute encore une ame ?
Nous fait voir des forêts les hôtes tous égaux ,
De l'homme fier & vain , plus fuperbes rivaux.
Plus courageux , plus fiers , plus foumis , plus dociles
,
Plus juftes , plus prudens , plus chaftes , plus tranquiles
,
Plus fobres , plus actifs , aux travaux plus conftans,
Plus fideles amis , plus fideles amans ;
Rois de cet Univers , fi la fourbe & l'adreſſe ,
L'artifice toujours appui de la foibleffe ,
Et les pieges couverts à la force tendus ,
N'étoient pas des humains les premieres vertus.
DECEMBRE 1755. ISS
La peinture d'Hiftoire me paroît bien
peinte dans le morceau fuivant..
Où m'as-tu tranfporté , Déeffe enchantereffe :
Quel nouveau feu dans moi fait paffer fon ivreffe !
Quel jour plus lumineux a frappé mes regards ,
Quels chefs-d'oeuvres vivans naiffent de toutes
parts !
C'étoit donc peu pour toi , féduifante peinture ,
De tromper par ton art , l'art même & la nature ;
Cet art vouloit un but & des projets plus hauts ,
De plus nobles fuccès pour tes nobles travaux .
Pour couronner ta gloire , ainfi que ton ouvrage ,
Dans le fond de nos coeurs , il fe fraye un paffage ,
Y réveille à la fois la pitié , la terreur ,
L'amour , l'ambition , la haine & la fureur ,
Toutes nos paffions , ces idoles fi cheres ,
De l'ame des humains , tyrans trop volontaires.
Le morceau de la haine des fils de Jocafte
eft encore un des mieux frappés . Il
termine le Poëme , & nous finirons par
lui ce précis.
C'eft un fecret penchant que nous éprouvons tous ,
Il naît , fe fortifie , & ne meurt qu'avec nous ,
Nous aimons par inftinct ceux qui nous firent
naître ,
Et.croyons tout devoir à qui nous devons l'être.
Notre coeur généreux , plein de ces fentimens ,
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
Aime à multiplier ces tendres mouvemens .
Les neveux , les amis , les parens de nos Peres
Partagent avec eux ces refpects volontaires ;
Chacun d'eux les reçoit & les rend à ſon tour ,
Et les dégrés du fang font des dégrés d'amour.
Mais quand l'indépendance amenant la difcorde !
Des Peres & des Fils a troublé la concorde ,
Ou qu'un vil intérêt , deftructeur des maifons ,
Dans nos coeurs à longs traits répandant fes poi
fons ,
Une fois a rompu ce lien invincible ,
Plus le fang nous unit , plus la haine eft terrible.
Thebe en vit autrefois un exemple fameux.
Deux freres , nés d'un fang profcrit , inceftueux ,
Surpaffant en fureur les crimes de leur race ,
Comblerent dans fes murs leur fratricide audace.
Tous deux las de verfer le fang de leurs fujets ,
De s'habhorrer toujours , fans fe venger jamais ,.
Et de commettre au fort leur rage impatiente ,
Choifirent dans leur bras une route moins lente.
L'un vers l'autre avec joye , on les vit s'avancer ,
Se mefurer , fe joindre , ainfi que fe percer ,
Tomber , & ranimant leur facrilege envie ,
Poursuivre en fon rival les reftes de ſa vie ;
Et contens de la perdre en pouvant la ravir ,
Se rapprocher tous deux , s'égorger & mourir.
A ces freres éteints , par leur haine célebres ,
Thebes fit décerner tous les honneurs funebres ;
Et l'on réunit morts , fur un même bucher ,
DECEMBRE. 1755. 157
Ceux , que vivans , le fang n'avoit pu rapprocher.
O prodige ! à l'inftant la flamme divifée
Se fépare fur eux , ardente & courroucée :
A travers l'épaiffeur de fes globes brúlans.
On croit voir dans les airs leurs ſpectres menaçans
Sindigner , en mourant , d'un foin qui les honore ;
Et dans ces coeurs glacés la haine vit encore.
On a joint à ce Poëme un écrit en profe,
qui a pour titre , Caracteres des Peintres
François actuellement vivans , nouvelle.
édition. Il eft du même Auteur , & mérite
d'être lu.
LA MORT DE SÉJAN , Tragédie en vers.
qui n'a pas été jouée , précédée de deux
Epîtres en vers , Prix 30 fols. A Berlin ;.
& fe vend à Paris chez Duchefne , rue faint
Jacques.
C'eft un coup d'effai qui mérite d'autant
plus d'indulgence que l'auteur n'a que
vingt-deux ans.
NOUVELLE MÉTHODE pour apprendre
la Langue Latine par un fyftême fi facile
qu'il eft à la portée d'un enfant de cinq à
fix ans qui fçait lire : & fi prompt qu'on y
fait plus de progrès en deux ou trois années
qu'en huit ou dix , en fuivant la
158 MERCURE DE FRANCE.
route ordinaire , par M. de Launay , Auteur
de la nouvelle Méthode pour apprendre
à lire . Celle- ci eft propofée par ſoufcription
en quatre volumes in So. A Paris,
chez la veuve Robinot , quai des Grands
Auguftins , & chez Babuty fils , même
qual , 1755.
L'Auteur nous affure que par cet ouvrage
, tout fujet capable d'application depuis
cinq ans jufqu'à foixante , après un mois
ou deux d'inftruction , peut apprendre
feul & fans maître , à expliquer les Auteurs
latins les plus difficiles , & à rendre
raifon de toutes les regles de la Grammaire
& de la maniere la plus commode
& la plus aifée , fans aucun effort d'imagination
ni de mémoire . Ce fyftême eft
général , & peut s'appliquer à toutes les
langues. Le prix en feuilles fera pour les
Soufcripteurs de douze livres , dont fix
feront payées en foufcrivant; La foufcription
aura lieu jufqu'au mois de Février
prochain 1756 ; paffé ce tems , le prix fera
de dix-huit livres. Le premier volume
paroîtra au commencement de Février
& les trois autres de mois en mois.
PRINCIPES GENERAUX & raifonnés
de la Grammaire Françoife , avec
des obfervations fur l'orthographe , les
DECEMBRE 1755. 159
accents , la ponctuation , & la prononcia--
tion ; & un abrégé de regles de la verfification
françoife , dédiés à Mgr . le Duc de
Chartres , par M. Reftaut , Avocat au Parlement
& aux Confeils du Roi . Septieme
édition revue & corrigée par l'Auteur.
A Paris , chez la veuve Lottin , J. H. Buttard
, rue S. Jacques ; & chez Defaint &
Saillant , rue S. Jean de Beauvais . 1755 .
Cet ouvrage eft un des meilleurs qu'on
ait faits fur notre langue. Les nombreuſes
éditions qui en ont été données , le louent
beaucoup plus que tout le bien que nous
pourrions en dire. La feptieme que nous
annonçons , met le comble à l'éloge . La
même Grammaire fe trouve à Poitiers ,
chez J. Felix Faulcon Imprimeur du
Clergé.
OBSERVATIONS critiques & politiques
fur le commerce maritime , dans
lefquelles on difcute quelques points felatifs
à l'induftrie & au commerce des Colonies
Françoifes , un volume in- 12 , petit
format , imprimé à Amfterdam ; & fe trouve
à Paris , chez Jombert , rue Dauphine.
1755.
Il paroîtra vers la fin de Janvier prochain
une carte en quatre feuilles , inti160
MERCURE DE FRANCE .
tulée Canada , Louisiane , & Terres Angloifes.
On peut attendre de M. d'Anville
qui a compofé cette carte , l'exactitude &
l'abondance de détail qui caractériſent ſes
ouvrages.
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Résumé : « LA PEINTURE, poëme, par M. Baillet, Baron de S. Julien. A Amsterdam ; & se [...] »
Le texte présente une critique du poème 'La Peinture' de M. Baillet, Baron de Saint-Julien, disponible à Amsterdam et à Paris. Ce poème, composé de deux cents vers, célèbre l'art de la peinture et les talents de son auteur, qui combine un goût prononcé pour la peinture et un talent poétique. Le poème exalte la peinture comme un art noble, distinct d'un simple métier, et critique les artistes sans génie qui recherchent uniquement le gain matériel. Il inclut des réflexions philosophiques sur la supériorité des animaux sur les humains dans certains aspects. Le poème décrit également la peinture d'histoire, qui doit éveiller les passions humaines, et se termine par une évocation de la haine fratricide des fils de Jocaste. En outre, le texte mentionne un écrit en prose du même auteur intitulé 'Caractères des Peintres Français actuellement vivans'. D'autres publications de l'auteur sont également citées, telles que la tragédie 'La Mort de Séjan', une nouvelle méthode pour apprendre le latin, une grammaire française, et des observations critiques sur le commerce maritime.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17719
p. 192-193
ESPAGNE.
Début :
Par un décret publié depuis peu le Roi a ordonné aux Corrégidors de prendre, chacun dans leur [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Madrid
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 10 Octobre.
Par un décret publié depuis peu le Roi a ordon
né aux Corregidors de prendre , chacun dans leur
département , une note exacte des biens- fonds dont
jouiffent les Communautés Religieufes , & de fe
faire apporter les titres en vertu defquels elles les
poffedent.
DE MADRID , le 15 Octobre.
Le 9 de ce mois leurs Majeftés partirent pour
le Château de l'Efcurial. L'Académie Espagnole
ayang
DECEMBRE. 1754. 193
ayant à fa tête le Duc de Huefcar , leur préfenta
le 8 un éloge funebre de la feue Reine Douairiere
de Portugal , & un nouveau Traité de l'Ortographe
Caftillane . ·
Il est arrivé de Cadix un courier , par lequel on
a appris l'arrivée du vaiffeau le Jefus-Marie& Jo-
Seph , qui revient de Callao , de Lima. Ce bâtiment
étoit chargé de la valeur de feize cens cinquante-
trois mille neuf cens vingt- huit piaftres ,
tant en or qu'en argent monnoyé ou non monnoyé
, & il avoit à bord beaucoup de cacao , de
cuirs , de cafcarille , d'étain & de laine de Vigogne.
DE LISBONNE , le 10 Octobre.
Par un décret publié depuis peu le Roi a ordon
né aux Corregidors de prendre , chacun dans leur
département , une note exacte des biens- fonds dont
jouiffent les Communautés Religieufes , & de fe
faire apporter les titres en vertu defquels elles les
poffedent.
DE MADRID , le 15 Octobre.
Le 9 de ce mois leurs Majeftés partirent pour
le Château de l'Efcurial. L'Académie Espagnole
ayang
DECEMBRE. 1754. 193
ayant à fa tête le Duc de Huefcar , leur préfenta
le 8 un éloge funebre de la feue Reine Douairiere
de Portugal , & un nouveau Traité de l'Ortographe
Caftillane . ·
Il est arrivé de Cadix un courier , par lequel on
a appris l'arrivée du vaiffeau le Jefus-Marie& Jo-
Seph , qui revient de Callao , de Lima. Ce bâtiment
étoit chargé de la valeur de feize cens cinquante-
trois mille neuf cens vingt- huit piaftres ,
tant en or qu'en argent monnoyé ou non monnoyé
, & il avoit à bord beaucoup de cacao , de
cuirs , de cafcarille , d'étain & de laine de Vigogne.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, le roi a récemment publié un décret ordonnant aux corregidors de recenser les biens-fonds des communautés religieuses et de collecter les titres de propriété. Le 9 octobre, Leurs Majestés ont quitté Madrid pour le Château de l'Escurial. Le 8 décembre, l'Académie Espagnole, dirigée par le Duc de Huéscar, a présenté un éloge funèbre de la défunte Reine Douairière de Portugal et un nouveau traité sur l'orthographe castillane. Par ailleurs, un courrier de Cadix a annoncé l'arrivée du vaisseau Jésus-Marie-Joseph en provenance de Callao, Lima, transportant une cargaison évaluée à 153 928 piastres en or et argent, ainsi que du cacao, des cuirs, de la cannelle, de l'étain et de la laine de vigogne.
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17720
p. 206-207
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron (I). Treizieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Bouvet, Compagnie de la Ferriere, est entré le premier Juin, & est [...]
Mots clefs :
Maladies, Soldats, Compagnies, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron (I). Treizieme traitement depuis son établissement.
Hôpital deM. le Maréchal-Duc de Biron (1).
5
Treizieme traitement depuis fon établiſſement .
Le nommé Bouvet , Compagnie de la Ferriere ,
eſt entré le premier Juin , & eſt forti le 18 Juillet.
L'on ne peut aſſurer la guériſon radicale de ce
foldat , parce que fa maladie étoit fort grave ,
auroit demandé qu'il reſtât encore une quinzaine
de jours à l'hôpital , & que par un entêtement
déplacé, il a voulu fortir abſolument. On le croit
cependant guéri.
( 1 ) J'ai reçu une Lettre anonyme contre leRemede
de M. Keyser. 1. Je ne ferai jamais aucun.
usage des Lettres anonymes , quand l'objet en ſeras
de quelque conséquence. 2°. L'on a vérifié les faits
contenus dans celle- ci , &j'ai en main les preuves
-de leur fauſſeté,
OCTOBRE. 1758 . 207
Le nommé Joſeph , de la Compagnie d'Obſonville,
eſt entré le 17 Juin , & eſt forti le 27 Juillet
parfaitement guéri .
Le nommé Marinigay , de la Compagnie de la
Tour , eft entré le 17 Juin. Ce ſoldat étoit dans
Pétat le plus fâcheux ; il avoit la poitrine affectée,
&crachoit le ſang. Il eſt ſorti le 25 Juillet parfaitement
guéri .
Le nommé Bavoyau , de la Compagnie de le
Camus , eft entré le 29 de Juin , & eſt forti le
8Août parfaitement guéri.
Le nommé le Blanc , de la Compagnie de Bouville
, eſt entré le 30 Juin , & eſt ſorti le 8 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Mitouart , de la Compagnie de la
Sône , eſt entré le 13 Juillet , & eſt ſorti le 22
Août parfaitement guéri .
Le nommé Lagrenade , Compagnie de Tourville
, eſt entré le 20 Juillet , & eſt ſorti le 22 Août
parfaitement guéri ,
5
Treizieme traitement depuis fon établiſſement .
Le nommé Bouvet , Compagnie de la Ferriere ,
eſt entré le premier Juin , & eſt forti le 18 Juillet.
L'on ne peut aſſurer la guériſon radicale de ce
foldat , parce que fa maladie étoit fort grave ,
auroit demandé qu'il reſtât encore une quinzaine
de jours à l'hôpital , & que par un entêtement
déplacé, il a voulu fortir abſolument. On le croit
cependant guéri.
( 1 ) J'ai reçu une Lettre anonyme contre leRemede
de M. Keyser. 1. Je ne ferai jamais aucun.
usage des Lettres anonymes , quand l'objet en ſeras
de quelque conséquence. 2°. L'on a vérifié les faits
contenus dans celle- ci , &j'ai en main les preuves
-de leur fauſſeté,
OCTOBRE. 1758 . 207
Le nommé Joſeph , de la Compagnie d'Obſonville,
eſt entré le 17 Juin , & eſt forti le 27 Juillet
parfaitement guéri .
Le nommé Marinigay , de la Compagnie de la
Tour , eft entré le 17 Juin. Ce ſoldat étoit dans
Pétat le plus fâcheux ; il avoit la poitrine affectée,
&crachoit le ſang. Il eſt ſorti le 25 Juillet parfaitement
guéri .
Le nommé Bavoyau , de la Compagnie de le
Camus , eft entré le 29 de Juin , & eſt forti le
8Août parfaitement guéri.
Le nommé le Blanc , de la Compagnie de Bouville
, eſt entré le 30 Juin , & eſt ſorti le 8 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Mitouart , de la Compagnie de la
Sône , eſt entré le 13 Juillet , & eſt ſorti le 22
Août parfaitement guéri .
Le nommé Lagrenade , Compagnie de Tourville
, eſt entré le 20 Juillet , & eſt ſorti le 22 Août
parfaitement guéri ,
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron (I). Treizieme traitement depuis son établissement.
En 1758, le treizième traitement à l'hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron a concerné plusieurs soldats. Bouvet, de la Compagnie de la Ferrière, est entré le 1er juin et sorti le 18 juillet, mais sa guérison complète n'a pu être assurée. Joseph, de la Compagnie d'Obsonville, est entré le 17 juin et sorti guéri le 27 juillet. Marinigay, de la Compagnie de la Tour, est entré le 17 juin avec une maladie grave affectant sa poitrine et crachant du sang, et est sorti guéri le 25 juillet. Bavoyau, de la Compagnie de Camus, est entré le 29 juin et sorti guéri le 8 août. Le Blanc, de la Compagnie de Bouville, est entré le 30 juin et sorti guéri le 8 août. Mitouart, de la Compagnie de la Sône, est entré le 13 juillet et sorti guéri le 22 août. Lagrenade, de la Compagnie de Tourville, est entré le 20 juillet et sorti guéri le 22 août. Par ailleurs, une lettre anonyme critiquant le remède de M. Keyser a été reçue, mais les faits ont été vérifiés et jugés faux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17721
p. 208-212
HORLOGERIE.
Début :
Mémoire sur une nouvelle maniere de faire les Cadrans de pendules, barometres, hygrometres, &c. présenté le 12 Avril 1755, à l'Académie royale des Sciences, par M. Dupont, Horloger privilégié du Roi. [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Horloger, Cadrans, Baromètres, Pendules
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HORLOGERIE.
HORLOGERIE .
, barometres
Memoire fur une nouvelle maniere de faire
les Cadrans de pendules
hygrometres , &c. préfenté le 12 Avril
1755 , à l'Académie royale des Sciences ,
par M. Dupont , Horloger privilégié du
I
Roi.
Left fans doute avantageux pour la
perfection des pendules que leurs cadrans
foient exactement divifés , & qu'ils
nous préfentent conftamment un aspect
agréable. Cette partie de l'horloge eft celle
fur laquelle les yeux s'arrêtent d'abord , &
la pofition exacte des divifions qui y font
marquées , eft effentielle pour nous montrer
les parties de l'heure avec préciſion .
Par ces deux confidérations , je crois les
cadrans que j'ai l'honneur de préfenter à
l'Académie fupérieurs aux autres ; ils font
compofés d'un cercle de verre blanc , fur
lequel l'on peint à rebours les heures & les
minutes * , & d'une efpece de maftic blanc
*Pour peindre ces heures , &c. il faut commencer
par mettre un cadran de papier fous le verre
ce qui dirige en quelque forte l'opération . On
fentira donc aisément que l'idée de me borner à
›
JU I N. 1755. 2091
qui s'applique exactement fur le verre
fait corps avec lui , forme un total qui:
imite l'émail , & que même plufieurs perfonnes
lui préferent , fur - tout dans les .
grands cadrans ; car ceux d'émail d'une
certaine étendue ont un ait de fayence , &,
font prefque toujours défectueux ..
7
A l'égard des divifions , elles feront toujours
plus exactes dans les nouveaux ca→
drans que dans ceux d'émail , parce qu'ils
ne paffent pas au feu comme ces derniers .
Les cadrans de cuivre gravés & recouverts
d'une couche d'argenture , ont à la vérité,
cette derniere propriété , mais on fçait :
qu'ils fe noirciffent en peu de tems. Pour
ce qui eft des cadrans à cartouche , per-.
fonne n'ignore qu'ils font très -imparfaitst
à tous égards. དྭེ ནཱ ཝཱ
ce cadran de papier dût fe préfenter d'abord à
mon imagination ; mais je m'apperçus bientôt
que fi un tel cadran étoit fupportable de loin , il
ne le feroit pas de près , les pores du papier s'appercevant
; je reconnus encore que ce papier ne
tarderoit pas à fe jaunir , fur-tout dans les endroits
où la fumée pouvoit pénétrer.
M. Gallonde s'étoit appercu avant moi de ces
inconvéniens , la dépenſe conſidérable qu'entraîne
les cadrans d'émail , avoit engagé cet habile Artifte
à faire fes cadrans de barometre en papier
mais auffi- tôt qu'il eut connoiffance de ma nouvelle
conftruction , il les abandonna entierement.
210 MERCURE DE FRANCE.
Je ne m'étendrai pas plus , Meffieurs
fur l'avantage de cette nouvelle maniere
de faire les cadrans ; il eft aifé de voir
qu'elle est également applicable à tous les
inftrumens qui ont befoin de divifions.
exactes , comme barometres , thermometres
, & c.
Telles font les différentes propriétés des
cadrans qui font le fujet de ce mémoire .
Je n'ai point cru , Meffieurs , qu'ils formaffent
un objet affez important pour mériter
l'honneur de votre attention : fi j'ofe
aujourd'hui les foumettre à votre jugement,
ce n'eft pas que j'aie changé de fentiment
à cet égards; mais j'ai été enhardi par
le fuffrage des habiles Horlogers qui en
font ufage depuis près d'un an & demi , &
encore plus par votre indulgence pour
tout ce qui peut contribuer au progrès
des arts.
Copie de l'Extrait des Registres de l'Académie
royale des Sciences .
Du 2
23 Avril 175 .
Meffieurs l'Abbé Nollet & Deparcieux .
qui avoient été nommés pour examiner
des cadrans de pendules
barometres ,
→
?
hygrometres &c. formés d'une glace
peinte & enfuite recouverte d'une espece
JUIN. 1755 . 211
de maftic blanc par fa face poftérieure ,
propofés par M. Dupont , Horloger ; en
ayant fait leur rapport , dans lequel ils
ont énoncé plufieurs certificats des meilleurs
Horlogers , qui prouvent que des
cadrans de cette efpece ont fubfifté fans
aucune altération depuis le mois de Juillet
1753 jufqu'à préfent.
L'Académie a jugé que ces cadrans qui
imitent parfaitement les cadrans d'émail ,
& qui font cependant d'un beaucoup
moindre prix, pourroient être avantageux,
& qu'on devoit fçavoir gré à M. Dupont
d'avoir imaginé cette conftruction . En foi
de quoi j'ai figné le préfent certificat' , à
Paris le 24 Avril 1755 .
Signé , GRANDJEAN DE FOUCHY ,
Secretaire perpétuel de l'Académie
royale des Sciences.
Les perfonnes qui voudront fe convaincre
par elles- mêmes de l'agrément &
de l'utilité de ces cadrans , auront la bonté
de s'adreffer à Mademoiſelle Oulfon "
niéce de l'Auteur , qui les exécute fous fes
yeux & dans fa maifon , rue de Richelieu ,
vis-vis la fontaine. Elle fe fera toujours
un devoir de fatisfaire les perfonnes qui
212 MERCURE DE FRANCE.
lui feront l'honneur de l'employer dans
ces fortes d'ouvrages.
- Le
rapport de l'Académie
royale
des
Sciences
, fur une pendule
à fecondes
, à
fonnerie
& à remontoir
du fieur le Mazu
rier , auroit
dû trouver
ici fa place ; mais
le peu qui nous en refte ; nous
force
à le
renvoyer
au Mercure
prochain
, ainfi qu'une
Lettres
fur le rétabliſſement
du Louvre
que nous avions
promis
d'inférer
.
, barometres
Memoire fur une nouvelle maniere de faire
les Cadrans de pendules
hygrometres , &c. préfenté le 12 Avril
1755 , à l'Académie royale des Sciences ,
par M. Dupont , Horloger privilégié du
I
Roi.
Left fans doute avantageux pour la
perfection des pendules que leurs cadrans
foient exactement divifés , & qu'ils
nous préfentent conftamment un aspect
agréable. Cette partie de l'horloge eft celle
fur laquelle les yeux s'arrêtent d'abord , &
la pofition exacte des divifions qui y font
marquées , eft effentielle pour nous montrer
les parties de l'heure avec préciſion .
Par ces deux confidérations , je crois les
cadrans que j'ai l'honneur de préfenter à
l'Académie fupérieurs aux autres ; ils font
compofés d'un cercle de verre blanc , fur
lequel l'on peint à rebours les heures & les
minutes * , & d'une efpece de maftic blanc
*Pour peindre ces heures , &c. il faut commencer
par mettre un cadran de papier fous le verre
ce qui dirige en quelque forte l'opération . On
fentira donc aisément que l'idée de me borner à
›
JU I N. 1755. 2091
qui s'applique exactement fur le verre
fait corps avec lui , forme un total qui:
imite l'émail , & que même plufieurs perfonnes
lui préferent , fur - tout dans les .
grands cadrans ; car ceux d'émail d'une
certaine étendue ont un ait de fayence , &,
font prefque toujours défectueux ..
7
A l'égard des divifions , elles feront toujours
plus exactes dans les nouveaux ca→
drans que dans ceux d'émail , parce qu'ils
ne paffent pas au feu comme ces derniers .
Les cadrans de cuivre gravés & recouverts
d'une couche d'argenture , ont à la vérité,
cette derniere propriété , mais on fçait :
qu'ils fe noirciffent en peu de tems. Pour
ce qui eft des cadrans à cartouche , per-.
fonne n'ignore qu'ils font très -imparfaitst
à tous égards. དྭེ ནཱ ཝཱ
ce cadran de papier dût fe préfenter d'abord à
mon imagination ; mais je m'apperçus bientôt
que fi un tel cadran étoit fupportable de loin , il
ne le feroit pas de près , les pores du papier s'appercevant
; je reconnus encore que ce papier ne
tarderoit pas à fe jaunir , fur-tout dans les endroits
où la fumée pouvoit pénétrer.
M. Gallonde s'étoit appercu avant moi de ces
inconvéniens , la dépenſe conſidérable qu'entraîne
les cadrans d'émail , avoit engagé cet habile Artifte
à faire fes cadrans de barometre en papier
mais auffi- tôt qu'il eut connoiffance de ma nouvelle
conftruction , il les abandonna entierement.
210 MERCURE DE FRANCE.
Je ne m'étendrai pas plus , Meffieurs
fur l'avantage de cette nouvelle maniere
de faire les cadrans ; il eft aifé de voir
qu'elle est également applicable à tous les
inftrumens qui ont befoin de divifions.
exactes , comme barometres , thermometres
, & c.
Telles font les différentes propriétés des
cadrans qui font le fujet de ce mémoire .
Je n'ai point cru , Meffieurs , qu'ils formaffent
un objet affez important pour mériter
l'honneur de votre attention : fi j'ofe
aujourd'hui les foumettre à votre jugement,
ce n'eft pas que j'aie changé de fentiment
à cet égards; mais j'ai été enhardi par
le fuffrage des habiles Horlogers qui en
font ufage depuis près d'un an & demi , &
encore plus par votre indulgence pour
tout ce qui peut contribuer au progrès
des arts.
Copie de l'Extrait des Registres de l'Académie
royale des Sciences .
Du 2
23 Avril 175 .
Meffieurs l'Abbé Nollet & Deparcieux .
qui avoient été nommés pour examiner
des cadrans de pendules
barometres ,
→
?
hygrometres &c. formés d'une glace
peinte & enfuite recouverte d'une espece
JUIN. 1755 . 211
de maftic blanc par fa face poftérieure ,
propofés par M. Dupont , Horloger ; en
ayant fait leur rapport , dans lequel ils
ont énoncé plufieurs certificats des meilleurs
Horlogers , qui prouvent que des
cadrans de cette efpece ont fubfifté fans
aucune altération depuis le mois de Juillet
1753 jufqu'à préfent.
L'Académie a jugé que ces cadrans qui
imitent parfaitement les cadrans d'émail ,
& qui font cependant d'un beaucoup
moindre prix, pourroient être avantageux,
& qu'on devoit fçavoir gré à M. Dupont
d'avoir imaginé cette conftruction . En foi
de quoi j'ai figné le préfent certificat' , à
Paris le 24 Avril 1755 .
Signé , GRANDJEAN DE FOUCHY ,
Secretaire perpétuel de l'Académie
royale des Sciences.
Les perfonnes qui voudront fe convaincre
par elles- mêmes de l'agrément &
de l'utilité de ces cadrans , auront la bonté
de s'adreffer à Mademoiſelle Oulfon "
niéce de l'Auteur , qui les exécute fous fes
yeux & dans fa maifon , rue de Richelieu ,
vis-vis la fontaine. Elle fe fera toujours
un devoir de fatisfaire les perfonnes qui
212 MERCURE DE FRANCE.
lui feront l'honneur de l'employer dans
ces fortes d'ouvrages.
- Le
rapport de l'Académie
royale
des
Sciences
, fur une pendule
à fecondes
, à
fonnerie
& à remontoir
du fieur le Mazu
rier , auroit
dû trouver
ici fa place ; mais
le peu qui nous en refte ; nous
force
à le
renvoyer
au Mercure
prochain
, ainfi qu'une
Lettres
fur le rétabliſſement
du Louvre
que nous avions
promis
d'inférer
.
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Résumé : HORLOGERIE.
Le document expose un mémoire de M. Dupont, horloger privilégié du Roi, présenté à l'Académie royale des Sciences le 12 avril 1755. Dupont y propose une nouvelle méthode pour fabriquer des cadrans pour pendules, hygromètres et autres instruments nécessitant des divisions précises. Ses cadrans sont constitués d'un cercle de verre blanc sur lequel les heures et les minutes sont peintes à rebours, puis recouvertes d'une substance similaire à du mastic blanc. Cette technique imite l'émail et évite les défauts des cadrans émaillés ou en cuivre argenté, qui ont tendance à noircir ou à présenter des imperfections. Les divisions sur ces nouveaux cadrans sont plus exactes car elles ne passent pas au feu, contrairement aux méthodes traditionnelles. Dupont souligne également les inconvénients des cadrans en papier, qui jaunissent et révèlent leurs pores de près. M. Gallonde, ayant observé ces problèmes, a abandonné l'utilisation des cadrans en papier après avoir découvert la méthode de Dupont. L'Académie, après examen par l'Abbé Nollet et Deparcieux, a conclu que ces cadrans imitent parfaitement les cadrans émaillés à un coût moindre et a reconnu la contribution de Dupont. Les cadrans sont fabriqués par Mademoiselle Oulfon, nièce de Dupont, rue de Richelieu à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17722
p. 193-194
ITALIE.
Début :
Un courier extraordinaire dépêché de Madrid, a apporté la démission que l'Infant Dom Louis fait [...]
Mots clefs :
Turin, Rome, Petite vérole
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE ROME , le 8 Octobre.
Un courier extraordinaire dépêché de Madrid ,
a apporté la démiffion que l'Infant Dom Louis fait
du Cardinalat & des Archevêchés de Tolede & de
Seville.
La réponſe du Saint Pere au fujet des penfions
que l'Infant Dom Louis demande de conferver
far les Archevêchés de Tolede & de Seville , eſt
partie pour Madrid.
La petite vérole a fait des ravages affreux dans
cette capitale , & l'on compte qu'elle y a enlevé
plus de fix mille perfonnes.
Dans une maison de gens du commun , la mere
& fix enfans font morts de cette maladie, & le pere,
de douleur , a perdu l'efprit.
DE TURIN , le 12 Octobre.
Lo Prince dont Madame Infante , Ducheffe de
Savoye eft accouchée le s de ce mois , a été bap¬
I. Vol. 1
194 MERCURE DE FRANCE.
:
tifé le même jour. Il a eu le Roi pour parrein , &
la Princeffe Félicité pour marreine, & il a été nom,
mé Amédée Alexandre- Marie, Ce Prince portera
le titre de Duc de Montferrat.
DE ROME , le 8 Octobre.
Un courier extraordinaire dépêché de Madrid ,
a apporté la démiffion que l'Infant Dom Louis fait
du Cardinalat & des Archevêchés de Tolede & de
Seville.
La réponſe du Saint Pere au fujet des penfions
que l'Infant Dom Louis demande de conferver
far les Archevêchés de Tolede & de Seville , eſt
partie pour Madrid.
La petite vérole a fait des ravages affreux dans
cette capitale , & l'on compte qu'elle y a enlevé
plus de fix mille perfonnes.
Dans une maison de gens du commun , la mere
& fix enfans font morts de cette maladie, & le pere,
de douleur , a perdu l'efprit.
DE TURIN , le 12 Octobre.
Lo Prince dont Madame Infante , Ducheffe de
Savoye eft accouchée le s de ce mois , a été bap¬
I. Vol. 1
194 MERCURE DE FRANCE.
:
tifé le même jour. Il a eu le Roi pour parrein , &
la Princeffe Félicité pour marreine, & il a été nom,
mé Amédée Alexandre- Marie, Ce Prince portera
le titre de Duc de Montferrat.
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Résumé : ITALIE.
Le 8 octobre, l'Infant Dom Louis a renoncé au cardinalat et aux archevêchés de Tolède et de Séville. La réponse du pape sur ses pensions a été envoyée à Madrid. La petite vérole y a causé plus de six mille morts. Le 12 octobre, à Turin, la Duchesse de Savoie a accouché d'un prince nommé Amédée Alexandre-Marie, Duc de Montferrat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17723
p. 207-211
Suite des Expériences continuelles dans les diverses Villes & Provinces du Royaume, entr'autres à Grenoble, Dijon & Saint-Malo.
Début :
J'ai tardé, Monsieur, jusqu'à présent à avoir l'honneur de vous écrire pour vous faire part [...]
Mots clefs :
Grenoble, Docteur, Remèdes, Symptômes, Guérison, Dragées, M. Keyser, Dijon, Maître en Chirurgie, Satisfaction, Pustules, Douleurs, Certificats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Expériences continuelles dans les diverses Villes & Provinces du Royaume, entr'autres à Grenoble, Dijon & Saint-Malo.
Suite des Expériences continuelles dans les diverſes
Villes & Provinces du Royaume , entr'autres à
Grenoble , Dijon & Saint- Malo.
د
GRENOBLE.
Lettre de M. Marmion , Docteur Aggrégé à la
Faculté de Médecine du Dauphiné , à M. Keyfer,
en datte du 2 Août 1758 .
J'ai tardé , Monfieur , juſqu'à préſent à avoir
P'honneur de vous écrire pour vous faire part du
ſuccès de vos dragées pour le traitement des maladies
vénériennes , parce que je voulois finir plufieurs
épreuves que j'en ai faites , & qui ont répondu
à votre attente. Je crois avoir eu celui déja
108 MERCURE DE FRANCE.
de vous marquer quej'avois fait adminiſtrer votre
remede fur deux pauvres attaqués de ſymptômes
formidables , qui ſont très-bien guéris. Depuis ce
remps , je l'ai employé avec le même ſuccès fur
nombre de perſonnes. Je puis donc maintenant
affurer que votre méthode a des avantages , & que
conduite avec la bonne adminiſtration que vous
indiquez , elle guérit parfaitement ſans les défagrémens
des ſalivations fongueuſes , qui ſont ſuivies
d'événemens ſi fâcheux.
Le traitement par vos dragées , plus doux &
plus aiſé , mérite certainement la préférence fur
les frictions mercurielles. C'eſt l'opinion quej'ai,
Monfieur , ſur votre remede que je me ferai un
plaifir de faire adminiſtrer quand Poccaſion s'en
préſentera, pour contribuer avec vous , autant
qu'il me fera poſſible , au bien public. J'ai l'hon
neur d'être , &c. Signé , Marmion , Médecin de
l'hôpital du Roi , à Grenoble.
DIJON.
Lettre deM. Maret Maitre en Chirurgie de l'Académie
des Sciences & Belles - Lettres de Dijon ,
Chirurgien de l'Hôpital général , & celui des
Filles de Sainte Anne , à M. Keyſer , en date du
13 Juillet 1758 .
J'ai eu la fatisfaction , Monfieur , de traiter le
mois dernier , avec vos dragées , dans notre hôpital
général , de l'agrément de Meſſieurs nos Directeurs
, une femme de ſoldat âgée de 25 ans , attaquée
de maladie vénérienne. Sa tête étoit couverte
de puftules dans un état de ſuppuration putride.
L'on en voyoit de très-groffes ſur les ailes
du nez , les commiſſures des levres & le menton.
Quelques-unes plus petites étoient répandues fur
OCTOBRE. 1758. 201
lecol, les épaules & les bras : elles étoient accom
pagnées d'infomnies & de douleurs nocturnes dans
les membres , & elles avoient été précédées par
d'autres maladies , fruit ordinaire de l'incontinence.
Tous ſes ſymptômes , dix jours après l'uſage
de vos dragées , diminuerent ; le ſommeil revint ,
les douleurs cefferent , les pustules ſe deſſecherent
; enfin , en ſuivant le traitement que vous
preſcrivez , la malade fut parfaitement guérie , environ
quarante jours après fon entrée dans Phopital.
Četre femme , très-contente de la maniere
douce dont elle avoit été traitée , en alla témoigner
ſa reconnoiſſance à M. Marlot , notre Maire ,
qui a bien voulu donner une atteſtation de l'étar
où il la trouvée , & légaliſer les certificats de
deux de mes confreres qui ont vu la malade devant
&après le traitement. Je vous envoie ces trois
pieces juſtificatives , qui , ainſi qu'une multitude
de pareilles que vous recevez de toutes parts , doivent
conſtater de plus en plus l'excellence de votre
remede. Recevez mes remercimens , Monfieur ,
de ce que vous m'avez donné les moyens de reconnoître
par moi- même l'efficacité de votre remede.
J'ai l'honneur d'être , &c. Signé , Maret
de l'Académie des Seiences & Belles-Lettres de
Dijon.
1
Certificat de M. Marlot , Maire de Dijon.
Nous , Vicomte , Mayeur , Prevôt & Lieutenant-
général de Police de la ville de Dijon , &
l'un des Préſidens du bureau d'adminiſtration de
Phôpital de ladite ville , atteſtons que le ſieur
Maret l'aîné , Maître en Chirurgie , & Chirurgien
dudit hôpital , y a traité avec les dragées deM.
Keyſer , une femme attaquéede la maladie vénérienne
, & qu'après fix ſemaines ou environ , il
216 MERCURE DE FRANCE .
nous l'a repréſentée dans un état qui nous a fait
juger qu'elle étoit guétie ; & l'ayant interrogée ,
elle nous a dit ne plus reſſentir aucunes douleurs ,
&n'avoir plus aucuns des fymptômes du mal dont
elle étoit incommodée . Fait à Dijon , le 13 Juillet
1758. Signé , Marlot.
Certificat de M. Enaux , Maître en Chirurgie
àDijon.
Je, ſouſſigné , Maître en Chirurgie de la villede
Dijon , certifie avoir vu pendant le mois de Mars
de la préfente année , une femme au grand hôpital
de Dijon , ayant des pustules à la tête ,&
des douleurs nocturnes dans les membres , laquelle
M. Maret , Chirurgien dudit hôpital , m'a
dit devoir traiter avec les dragées de M. Keyfer',
& qu'après leur uſage pendant trente - cinq ou
quarante jours , j'ai revu la femme qui m'a dit
ne reffentir aucunes_douleurs , ſes puſtules étant
effacées ſans l'uſage d'aucun topique. Fait à Dijon,
ce 10 Juillet 1758. Signé , Enaux.
Certificat de M. Hoin , l'un des deux Chirurgiens
de l'Hôpital de Dijon.
Je , ſouſſigné , l'un des deux Chirurgiens alternes
de l'hôpital de Dijon , certifie qu'étant en exercice
audit hôpital dans le cours du mois deMars
dernier , j'y ai vu une femme qui ſe plaignoit de
douleurs nocturnes ,& dont la tête étoit couverte
de puſtules dans un état de ſuppuration putride;
que ces accidens me parurent dépendre d'un virus
vénérien; qu'en ayant fait avertir M. Maret mon
collegue audit hôpital , qui m'avoit témoigné le
-déſir qu'il avoit d'éprouver un remede contre les
maladies vénériennes , je lui ai cédé le traitement
de cette femme, quoiqu'il ne dût entrer en exer
OCTOBRE. 1738 .
cice audit hôpital , que le premier jour du mois
ſuivant ; que M. Maret m'a dit depuis , qu'il en
treprenoit la guériſon de cette malade par l'uſagedes
dragées de M. Keyſer ; qu'environ deux
mois après , il m'a fait revoir la même femme
dont les pustules étoient abſolument deſſéchées ,
&qui m'aſſura qu'elle jouiſſoit d'une très-bonne
fanté ,& en avoit toutes les apparences. Fait à
Dijon , ce 10 Juillet 1758. Signé , Hoin.
Nous , Vicomte , Mayeur & Lieutenant-général
de Police de la ville de Dijon , atteſtons que
la fignature ci-deſſus , eſt celle du ſieur Hoin ,
Maître en Chirurgie en cette ville , & l'un des
Chirurgiens de l'hôpital général de ladite ville.
Fait àDijon le 13 Juillet 1758. Signé , Marlot.
Villes & Provinces du Royaume , entr'autres à
Grenoble , Dijon & Saint- Malo.
د
GRENOBLE.
Lettre de M. Marmion , Docteur Aggrégé à la
Faculté de Médecine du Dauphiné , à M. Keyfer,
en datte du 2 Août 1758 .
J'ai tardé , Monfieur , juſqu'à préſent à avoir
P'honneur de vous écrire pour vous faire part du
ſuccès de vos dragées pour le traitement des maladies
vénériennes , parce que je voulois finir plufieurs
épreuves que j'en ai faites , & qui ont répondu
à votre attente. Je crois avoir eu celui déja
108 MERCURE DE FRANCE.
de vous marquer quej'avois fait adminiſtrer votre
remede fur deux pauvres attaqués de ſymptômes
formidables , qui ſont très-bien guéris. Depuis ce
remps , je l'ai employé avec le même ſuccès fur
nombre de perſonnes. Je puis donc maintenant
affurer que votre méthode a des avantages , & que
conduite avec la bonne adminiſtration que vous
indiquez , elle guérit parfaitement ſans les défagrémens
des ſalivations fongueuſes , qui ſont ſuivies
d'événemens ſi fâcheux.
Le traitement par vos dragées , plus doux &
plus aiſé , mérite certainement la préférence fur
les frictions mercurielles. C'eſt l'opinion quej'ai,
Monfieur , ſur votre remede que je me ferai un
plaifir de faire adminiſtrer quand Poccaſion s'en
préſentera, pour contribuer avec vous , autant
qu'il me fera poſſible , au bien public. J'ai l'hon
neur d'être , &c. Signé , Marmion , Médecin de
l'hôpital du Roi , à Grenoble.
DIJON.
Lettre deM. Maret Maitre en Chirurgie de l'Académie
des Sciences & Belles - Lettres de Dijon ,
Chirurgien de l'Hôpital général , & celui des
Filles de Sainte Anne , à M. Keyſer , en date du
13 Juillet 1758 .
J'ai eu la fatisfaction , Monfieur , de traiter le
mois dernier , avec vos dragées , dans notre hôpital
général , de l'agrément de Meſſieurs nos Directeurs
, une femme de ſoldat âgée de 25 ans , attaquée
de maladie vénérienne. Sa tête étoit couverte
de puftules dans un état de ſuppuration putride.
L'on en voyoit de très-groffes ſur les ailes
du nez , les commiſſures des levres & le menton.
Quelques-unes plus petites étoient répandues fur
OCTOBRE. 1758. 201
lecol, les épaules & les bras : elles étoient accom
pagnées d'infomnies & de douleurs nocturnes dans
les membres , & elles avoient été précédées par
d'autres maladies , fruit ordinaire de l'incontinence.
Tous ſes ſymptômes , dix jours après l'uſage
de vos dragées , diminuerent ; le ſommeil revint ,
les douleurs cefferent , les pustules ſe deſſecherent
; enfin , en ſuivant le traitement que vous
preſcrivez , la malade fut parfaitement guérie , environ
quarante jours après fon entrée dans Phopital.
Četre femme , très-contente de la maniere
douce dont elle avoit été traitée , en alla témoigner
ſa reconnoiſſance à M. Marlot , notre Maire ,
qui a bien voulu donner une atteſtation de l'étar
où il la trouvée , & légaliſer les certificats de
deux de mes confreres qui ont vu la malade devant
&après le traitement. Je vous envoie ces trois
pieces juſtificatives , qui , ainſi qu'une multitude
de pareilles que vous recevez de toutes parts , doivent
conſtater de plus en plus l'excellence de votre
remede. Recevez mes remercimens , Monfieur ,
de ce que vous m'avez donné les moyens de reconnoître
par moi- même l'efficacité de votre remede.
J'ai l'honneur d'être , &c. Signé , Maret
de l'Académie des Seiences & Belles-Lettres de
Dijon.
1
Certificat de M. Marlot , Maire de Dijon.
Nous , Vicomte , Mayeur , Prevôt & Lieutenant-
général de Police de la ville de Dijon , &
l'un des Préſidens du bureau d'adminiſtration de
Phôpital de ladite ville , atteſtons que le ſieur
Maret l'aîné , Maître en Chirurgie , & Chirurgien
dudit hôpital , y a traité avec les dragées deM.
Keyſer , une femme attaquéede la maladie vénérienne
, & qu'après fix ſemaines ou environ , il
216 MERCURE DE FRANCE .
nous l'a repréſentée dans un état qui nous a fait
juger qu'elle étoit guétie ; & l'ayant interrogée ,
elle nous a dit ne plus reſſentir aucunes douleurs ,
&n'avoir plus aucuns des fymptômes du mal dont
elle étoit incommodée . Fait à Dijon , le 13 Juillet
1758. Signé , Marlot.
Certificat de M. Enaux , Maître en Chirurgie
àDijon.
Je, ſouſſigné , Maître en Chirurgie de la villede
Dijon , certifie avoir vu pendant le mois de Mars
de la préfente année , une femme au grand hôpital
de Dijon , ayant des pustules à la tête ,&
des douleurs nocturnes dans les membres , laquelle
M. Maret , Chirurgien dudit hôpital , m'a
dit devoir traiter avec les dragées de M. Keyfer',
& qu'après leur uſage pendant trente - cinq ou
quarante jours , j'ai revu la femme qui m'a dit
ne reffentir aucunes_douleurs , ſes puſtules étant
effacées ſans l'uſage d'aucun topique. Fait à Dijon,
ce 10 Juillet 1758. Signé , Enaux.
Certificat de M. Hoin , l'un des deux Chirurgiens
de l'Hôpital de Dijon.
Je , ſouſſigné , l'un des deux Chirurgiens alternes
de l'hôpital de Dijon , certifie qu'étant en exercice
audit hôpital dans le cours du mois deMars
dernier , j'y ai vu une femme qui ſe plaignoit de
douleurs nocturnes ,& dont la tête étoit couverte
de puſtules dans un état de ſuppuration putride;
que ces accidens me parurent dépendre d'un virus
vénérien; qu'en ayant fait avertir M. Maret mon
collegue audit hôpital , qui m'avoit témoigné le
-déſir qu'il avoit d'éprouver un remede contre les
maladies vénériennes , je lui ai cédé le traitement
de cette femme, quoiqu'il ne dût entrer en exer
OCTOBRE. 1738 .
cice audit hôpital , que le premier jour du mois
ſuivant ; que M. Maret m'a dit depuis , qu'il en
treprenoit la guériſon de cette malade par l'uſagedes
dragées de M. Keyſer ; qu'environ deux
mois après , il m'a fait revoir la même femme
dont les pustules étoient abſolument deſſéchées ,
&qui m'aſſura qu'elle jouiſſoit d'une très-bonne
fanté ,& en avoit toutes les apparences. Fait à
Dijon , ce 10 Juillet 1758. Signé , Hoin.
Nous , Vicomte , Mayeur & Lieutenant-général
de Police de la ville de Dijon , atteſtons que
la fignature ci-deſſus , eſt celle du ſieur Hoin ,
Maître en Chirurgie en cette ville , & l'un des
Chirurgiens de l'hôpital général de ladite ville.
Fait àDijon le 13 Juillet 1758. Signé , Marlot.
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Résumé : Suite des Expériences continuelles dans les diverses Villes & Provinces du Royaume, entr'autres à Grenoble, Dijon & Saint-Malo.
Le document décrit des expériences réussies avec des dragées pour le traitement des maladies vénériennes dans plusieurs villes du Royaume, notamment Grenoble, Dijon et Saint-Malo. À Grenoble, le Dr Marmion, agrégé à la Faculté de Médecine du Dauphiné, a confirmé l'efficacité des dragées après plusieurs essais. Il a souligné que ce traitement est plus doux et plus facile à administrer que les frictions mercurielles traditionnelles, qui causent des effets secondaires désagréables. À Dijon, le chirurgien Maret a traité avec succès une femme de 25 ans présentant des symptômes sévères, y compris des pustules et des douleurs nocturnes. Après environ quarante jours de traitement, la patiente a été guérie. Maret a reçu des attestations du maire de Dijon, Marlot, et de deux confrères, Enaux et Hoin, confirmant la guérison de la patiente. Ces témoignages mettent en avant l'efficacité et la douceur du traitement par les dragées de M. Keyser.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17724
p. 194
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Quelques vaisseaux de guerre ont ordre de se tenir prêts à faire voile de Spithead le 20 du mois [...]
Mots clefs :
Londres, Roi d'Angleterre, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
DE LONDRES , lele 17 Octobre.
Quelques vaiffeaux de guerre ont ordre de fe
tenir prêts à faire voile de Spithead le 20 du mois
prochain , pour eſcorter en Afie les navires de
la Compagnie des Indes Orientales.
Le bruit court que le Roi a deffein d'inſtituer en
Irlande un Ordre de chevalerie , qui portera le
nom de Saint Patrice. Cet Ordre , à ce qu'on prétend
, fera compofé de trente & un Chevaliers.
Ils porteront une étoile en broderie d'or fur leurs
habits , & leur cordon fera orangé . L'Evêque de
Kildare, Doyen de l'Eglife de Chriſt , fera Grand
Aumônier de cet Ordre dans lequel on ne pourra
être admis fi l'on n'eſt Pair , ou du moins fi l'on
n'a été membre du Parlement d'Irlande .
On a reçu de Stebbing , dans le Comté d'Effex ;
la nouvelle de la mort du fieur Jacques Powel . Sa
groffeur monstrueufe l'avoit rendu célébre ; il
avoit environ ſeize pieds d'Angleterre de circon
férence , & il peloit fix cens cinquante livres.
Ona inoculé la petite vérole aux Princes Henri ,
Guillaume & Frederic ; & cette opération a en
tout le fuccès qu'on en attendoit,
DE LONDRES , lele 17 Octobre.
Quelques vaiffeaux de guerre ont ordre de fe
tenir prêts à faire voile de Spithead le 20 du mois
prochain , pour eſcorter en Afie les navires de
la Compagnie des Indes Orientales.
Le bruit court que le Roi a deffein d'inſtituer en
Irlande un Ordre de chevalerie , qui portera le
nom de Saint Patrice. Cet Ordre , à ce qu'on prétend
, fera compofé de trente & un Chevaliers.
Ils porteront une étoile en broderie d'or fur leurs
habits , & leur cordon fera orangé . L'Evêque de
Kildare, Doyen de l'Eglife de Chriſt , fera Grand
Aumônier de cet Ordre dans lequel on ne pourra
être admis fi l'on n'eſt Pair , ou du moins fi l'on
n'a été membre du Parlement d'Irlande .
On a reçu de Stebbing , dans le Comté d'Effex ;
la nouvelle de la mort du fieur Jacques Powel . Sa
groffeur monstrueufe l'avoit rendu célébre ; il
avoit environ ſeize pieds d'Angleterre de circon
férence , & il peloit fix cens cinquante livres.
Ona inoculé la petite vérole aux Princes Henri ,
Guillaume & Frederic ; & cette opération a en
tout le fuccès qu'on en attendoit,
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 17 octobre à Londres, plusieurs vaisseaux de guerre ont été préparés pour escorter des navires de la Compagnie des Indes Orientales en Afrique. Des rumeurs indiquent que le roi envisage de créer en Irlande un Ordre de chevalerie nommé Saint Patrice, composé de trente-et-un chevaliers portant une étoile en broderie d'or et un cordon orangé. L'évêque de Kildare serait nommé Grand Aumônier, et l'admission serait réservée aux pairs ou anciens membres du Parlement d'Irlande. La mort de Jacques Powel, connu pour sa taille imposante, a été annoncée. Powel mesurait environ seize pieds de circonférence et pesait six cent cinquante livres. Par ailleurs, les princes Henri, Guillaume et Frédéric ont été inoculés contre la petite vérole avec succès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17725
p. 128-135
« TRADUCTION du Poëme de la Religion de M. Racine. On [...] »
Début :
TRADUCTION du Poëme de la Religion de M. Racine. On [...]
Mots clefs :
Vers, Traduction, Poème, Chant, Traducteur, Notes, Louis Racine, Religion, Étienne Bréard, Menuisier, Vers latins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TRADUCTION du Poëme de la Religion de M. Racine. On [...] »
TRADUCTION du Poëme de la Religion
de M. Racine .
On nous a communiqué une traduction
manufcrite en vers Latins des fix Chants
du Poëme de la Religion de M. Racine ,
& cette traduction a excité notre curiofité,
parce qu'elle eft faite par un Menuifier de
la Ville du Mans , qui fe nomme Etienne
Bréard. Il paroît fort éloigné de l'ambition
de faire connoître au Public . fon nom &
fon ouvrage , & même il ignore qu'on
nous en ait fait part. Edifiés de fa moDECEMBRE.
1748. 129
deftie & de la maniere dont il fe délaffe de
fes trayaux ordinaires , nous rapporterons
quelques endroits de fa traduction .
M. Racine a dit , Chant I.
Des chagrins dévorans , attachés fur Tibere ,
La Cour de ſes flateurs veut envain le diftraire ;
Maître du monde entier , qui peut l'inquietter
Quel Juge fur la terre a -t'il à redouter ?
Cependant il fe plaint , il gémit , & fes vices
Sont fes accufateurs , fes juges , fes fupplices.
Toujours yvre de fang , & toujours altéré ,
Il cede au defeſpoir dont il eft dévoré ,
Et lui -même il envoye au Sénat , qui l'outrage ,
De fon coeur déchiré la déplorable image ;
I périt chaque jour , confumé de regrêts ,
Tyran plus malheureux que les triftes ſujets .
Le Menuifier du Mans a rendu ainfi
ces vers.
Horrida Tiberium cruciant tormenta doloris
Quærit adulator fruftra diffolvere caufas.
Anxius unde timor ? Terræ moderator habenas
Solus in orbe regit , folus fine judice judex :
Ingemit attonitus , lachrymas effundit , & ipfum
Arguit impietas , dijudicat , increpat , urget.
Ebrius , & fitiens humano fanguine , tandem
Territus , & fremitu percuffus criminis ipfe ,
·
F v
130 MERCURE DE FRANCE.
Patribus infultans , accenfus & ora furore ,
Sordida dinumerat lacerati vulnera cordis.
Quolibet inftanti contritus membra dolore ;
Deteriore perit miferorum forte Tyrannus..
M. Racine , Chant V. ( nous choififfons:
à deffein un endroit qui a dû coûter du
travail au Traducteur ) parle ainfi de la
digeftion & de la fiévre.
'Au fortir d'un repas , dans notre ſein paifible-
Quel ordre renouvelle un combat inviſible ,
Et quel heureux vainqueur a pû fi promptement:
Chercher , faifir , dompter , broyer cet aliment ,
Qui bien-tôt , liqueur douce, ira de veine en veine,
Se confondre en fon cours dans le fang qui l'entraîne
?
Dans un autre combat , non moins cher à nos
voeux ,
Comment peut une écorce, efpoir d'un malheureur,
Attaquer , conquérir , enchaîner l'ennemie ,
Qui tantôt en fureur , & tantôt endormie ,
A fait tréve avec nous le jour de fon fommeil ,
Mais au jour de colere, exacte à fon réveil ,
Bientôt rallume un feu qui dans nos yeux pétille,
Tous nos efprits fubtils , vagabonde famille ,
S'égarent dans leur courfe : en défordre comme
eux.
DECEMBRE.
1748. 13
*
L'ame même s'oublie , & dans ce trouble affreux,
La mort prête à frapper , déja leve fa foudre ;
Que d'allarmes , quels maux appaile un peu de
poudre !
Ces vers font ainfi rendus par notre Traducteur.
Expletis de more epulis , in ventre quieto ,
Quis jubet occultas renovans fignacula pugnas ;
Aut quibus armorum bellator viribus audax ,
Corripuit , fubitoque terens alimenta , redegit
Lactea , quæ , fuaves fluido de fonte liquores ,
Inflatura ruunt rapido cum fanguine venas !
Altera pugna datur noftris cariffima votis.
Dic , quibus auxiliis miferi fpes ultima , cortex
Pulvureus domitor frænatam diruit hoftem ,
Quæ dum vixit ovans , vigili mox læfa furore ,
Interdumque brevi filuit placata ſopore.
Dura fed evigilans , fomni ceffantibus horis ,
Duplicat accenfos oculis crepitantibus ignes.
Spirituum turbata fugit concordia curfu ;
Nulla datur tremulis requies , mens fracta dolore
Immemor ipfa , dolet moribunda in fede fepulta.
Qui motus , qui terrores , quantique dolores ,
Pulveris exigui fubitò virtute quiefcunt !
Cette traduction nous donne occafion
de parler d'une autre traduction en vers
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Allemands du même Poëme , imprimée
l'année derniere à Francfort , avec la
traduction du Poëme de la Grace du même
Auteur . Ces deux Ouvrages réunis
font un volume in- 12 , dans lequel les
vers François font imprimés à côté des vers
Allemands , & qu'on a orné d'un frontif
pice à chaque Poëme , & d'une vignette à
chaque Chant.
Le Traducteur du Poëme de la Religion
a ajouté plufieurs notes , dans lefquelles
on trouve des réflexions curicuſes ;
nous nous contenterons de donner ici la
traduction de quelques endroits de fa
Préface fur ce Poëme.
>>
On voit peu d'ouvrages qui raffem-
» blent dans un fi petit volume un auffi
» grand nombre de vérités folides & tou-
» chantes , qu'on en trouve dans ce Traité
» de la Religion. La lecture en feroit éga-
»lement agréable & fatisfaifante , quand
» il feroit dépourvû des ornemens de la
» Poefic. Mais les expreffions de M. Racine
font tellement conformes à l'im-
»portance de fon fujet , que la vivacité
» des images touche autant , que la force
>> des raifonnemens perfuade. On trouve
» le vrai beau dans fa diction , & dans fes
»argumens la précifion & la clarté. Ce
n'eft pas que fon ouvrage foit fans dé-
»
DECEMBRE . 1748. 139
» fauts ; l'efprit poëtique eft un volatil
qui s'exhale & s'évapore aifément , &
» comme dit M. Halles , le bon fens fe nove
quelquefois dans les ornemens de la Poëfie :
mais le lecteur ébloui de l'éclat de tant
» de beautés , dont eft rempli le Poëme de
» M. Racine , peut à peine en appercevoir
» les petites imperfections.
"
>>
moi
» J'ai toujours aimé la Poëfie. Quelques
Cantiques furent les fruits de ma jeuneffe ,
» mais lorsque j'entendis d'autres que
chanter fur un ton plus fublime , ne fongeant
plus qu'à les écouter , je pris le
parti du filence. A la lecture de la belle
Poëfie de M. Racine , j'ai été faifi d'une
» eſpèce d'entoufiaſme , qui m'a entraîné
à rimer d'après lui . Je ne me fuis pas
toujours attaché fervilement à mon tex-
- te . Certains endroits m'ont tellement
» échauffé l'imagination , que je n'ai pâ
» me retenir d'y ajouter quelque chofe du
» mien... Je conviens que tout ce qu'il y
» a de beau dans ma traduction appartient
à M. Racine , & fi j'y ai inferé quelques
penfées , bonnes à ce que j'efpére , je les
» dois à fes propres réflexions.
:
»
» J'ai ajouté des notes , dans lesquelles
on verra que je ne pense pas toujours
» comme lui. C'eft une imperfection attachée
à l'humanité , de ne pas tous voir
134 MERCURE DE FRANCE .
»de même les mêmes vérités ; le préjugé ,
» la Patrie , l'éducation , & l'Eglife dans
laquelle on a reçu fes premieres inftruc-
» tions , en font la caufe.
33
29
» J'ai retranché quelques vers de mon
original , & en voici la raifon . J'écris
pour mes compatriotes , prefque tous
»Proteftans , & l'attachement que , M. Ra
>> cine fait paroître pour fon Eglife , pourroit
en quelques endroits faire auprès
>> d'eux beaucoup de tort à fon excellente
» Poëfic. Il pouvoit fe difpenfer de parler
» de la difference des Sectes , puifque
" l'Eglife Chrétienne eft par tout , où le
» Chrift eft regardé comme le vrai & uni-
» que Grand Prêtre , & c .
Le même Poëme de M. Racine a été
traduit en vers Italiens par M. l'Abbé Venuti
, Correfpondant Honoraire de l'Académie
Royale des Belles Lettres , Membre
de celle de Bordeaux , & de plufieurs
Académies d'Italie. Aux notes de M. Racine,
qu'il a toutes traduites , il en a ajouté
plufieurs , dans lesquelles on reconnoît fon
érudition. Cet ouvrage , imprimé à Avignon
cette année , & dédié à Monfeigneur
le Dauphin , fut préfenté , il y a quelque
tems , au Pape qui le reçut très- favorablément.
On admire l'exactitude avec laquelle
L.V.a rendu les vers de fon original ,
DECEMBRE. 174S. r35
& l'harmonie des fiens ; elle eft fenfible à
tous ceux qui connoiffent l'harmonie de
ces vers , appellés par les Italiens verfi
fciolti. M. Antonini , qui eftime beauconp
cette traduction , en confeille la lectureà
ceux qui veulent apprendre la Langue
Italienne.
M. l'Abbé Venuti dit à la fin de fa Préface
qu'il eût mieux fait , s'il eût travaillé
cet ouvrage dans fa Patrie , fur les bords:
de ce fleuve fi favorifé des Mufes ; mais
que pouvois-je faire , ajoute-t'il , exilé „
comme je lefuis depuis huit ans , & affis fur.
les rives de la Garonne ? Il s'applique ces.
vers du Dante ,
Se mai continga che il Poëma facro ;
Al quale fià pofto mano e Cielo e Terra ,
Sieche m'ha fatto per più anni macro ,
Vinca la crudelta che fuor mi ferra
Del bel ovile , ove i dormi agnello
Nemico ai lupi che gli danno guerra ,
Con altra voce omai , con altro vello
Ritornerò Poëta , &c.
Il eft trifte pour les Mufes , & pour
les Lettres , que M. l'Abbé Venuti n'ait
pas un fort auffi heureux qu'il le mé
xite..
de M. Racine .
On nous a communiqué une traduction
manufcrite en vers Latins des fix Chants
du Poëme de la Religion de M. Racine ,
& cette traduction a excité notre curiofité,
parce qu'elle eft faite par un Menuifier de
la Ville du Mans , qui fe nomme Etienne
Bréard. Il paroît fort éloigné de l'ambition
de faire connoître au Public . fon nom &
fon ouvrage , & même il ignore qu'on
nous en ait fait part. Edifiés de fa moDECEMBRE.
1748. 129
deftie & de la maniere dont il fe délaffe de
fes trayaux ordinaires , nous rapporterons
quelques endroits de fa traduction .
M. Racine a dit , Chant I.
Des chagrins dévorans , attachés fur Tibere ,
La Cour de ſes flateurs veut envain le diftraire ;
Maître du monde entier , qui peut l'inquietter
Quel Juge fur la terre a -t'il à redouter ?
Cependant il fe plaint , il gémit , & fes vices
Sont fes accufateurs , fes juges , fes fupplices.
Toujours yvre de fang , & toujours altéré ,
Il cede au defeſpoir dont il eft dévoré ,
Et lui -même il envoye au Sénat , qui l'outrage ,
De fon coeur déchiré la déplorable image ;
I périt chaque jour , confumé de regrêts ,
Tyran plus malheureux que les triftes ſujets .
Le Menuifier du Mans a rendu ainfi
ces vers.
Horrida Tiberium cruciant tormenta doloris
Quærit adulator fruftra diffolvere caufas.
Anxius unde timor ? Terræ moderator habenas
Solus in orbe regit , folus fine judice judex :
Ingemit attonitus , lachrymas effundit , & ipfum
Arguit impietas , dijudicat , increpat , urget.
Ebrius , & fitiens humano fanguine , tandem
Territus , & fremitu percuffus criminis ipfe ,
·
F v
130 MERCURE DE FRANCE.
Patribus infultans , accenfus & ora furore ,
Sordida dinumerat lacerati vulnera cordis.
Quolibet inftanti contritus membra dolore ;
Deteriore perit miferorum forte Tyrannus..
M. Racine , Chant V. ( nous choififfons:
à deffein un endroit qui a dû coûter du
travail au Traducteur ) parle ainfi de la
digeftion & de la fiévre.
'Au fortir d'un repas , dans notre ſein paifible-
Quel ordre renouvelle un combat inviſible ,
Et quel heureux vainqueur a pû fi promptement:
Chercher , faifir , dompter , broyer cet aliment ,
Qui bien-tôt , liqueur douce, ira de veine en veine,
Se confondre en fon cours dans le fang qui l'entraîne
?
Dans un autre combat , non moins cher à nos
voeux ,
Comment peut une écorce, efpoir d'un malheureur,
Attaquer , conquérir , enchaîner l'ennemie ,
Qui tantôt en fureur , & tantôt endormie ,
A fait tréve avec nous le jour de fon fommeil ,
Mais au jour de colere, exacte à fon réveil ,
Bientôt rallume un feu qui dans nos yeux pétille,
Tous nos efprits fubtils , vagabonde famille ,
S'égarent dans leur courfe : en défordre comme
eux.
DECEMBRE.
1748. 13
*
L'ame même s'oublie , & dans ce trouble affreux,
La mort prête à frapper , déja leve fa foudre ;
Que d'allarmes , quels maux appaile un peu de
poudre !
Ces vers font ainfi rendus par notre Traducteur.
Expletis de more epulis , in ventre quieto ,
Quis jubet occultas renovans fignacula pugnas ;
Aut quibus armorum bellator viribus audax ,
Corripuit , fubitoque terens alimenta , redegit
Lactea , quæ , fuaves fluido de fonte liquores ,
Inflatura ruunt rapido cum fanguine venas !
Altera pugna datur noftris cariffima votis.
Dic , quibus auxiliis miferi fpes ultima , cortex
Pulvureus domitor frænatam diruit hoftem ,
Quæ dum vixit ovans , vigili mox læfa furore ,
Interdumque brevi filuit placata ſopore.
Dura fed evigilans , fomni ceffantibus horis ,
Duplicat accenfos oculis crepitantibus ignes.
Spirituum turbata fugit concordia curfu ;
Nulla datur tremulis requies , mens fracta dolore
Immemor ipfa , dolet moribunda in fede fepulta.
Qui motus , qui terrores , quantique dolores ,
Pulveris exigui fubitò virtute quiefcunt !
Cette traduction nous donne occafion
de parler d'une autre traduction en vers
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Allemands du même Poëme , imprimée
l'année derniere à Francfort , avec la
traduction du Poëme de la Grace du même
Auteur . Ces deux Ouvrages réunis
font un volume in- 12 , dans lequel les
vers François font imprimés à côté des vers
Allemands , & qu'on a orné d'un frontif
pice à chaque Poëme , & d'une vignette à
chaque Chant.
Le Traducteur du Poëme de la Religion
a ajouté plufieurs notes , dans lefquelles
on trouve des réflexions curicuſes ;
nous nous contenterons de donner ici la
traduction de quelques endroits de fa
Préface fur ce Poëme.
>>
On voit peu d'ouvrages qui raffem-
» blent dans un fi petit volume un auffi
» grand nombre de vérités folides & tou-
» chantes , qu'on en trouve dans ce Traité
» de la Religion. La lecture en feroit éga-
»lement agréable & fatisfaifante , quand
» il feroit dépourvû des ornemens de la
» Poefic. Mais les expreffions de M. Racine
font tellement conformes à l'im-
»portance de fon fujet , que la vivacité
» des images touche autant , que la force
>> des raifonnemens perfuade. On trouve
» le vrai beau dans fa diction , & dans fes
»argumens la précifion & la clarté. Ce
n'eft pas que fon ouvrage foit fans dé-
»
DECEMBRE . 1748. 139
» fauts ; l'efprit poëtique eft un volatil
qui s'exhale & s'évapore aifément , &
» comme dit M. Halles , le bon fens fe nove
quelquefois dans les ornemens de la Poëfie :
mais le lecteur ébloui de l'éclat de tant
» de beautés , dont eft rempli le Poëme de
» M. Racine , peut à peine en appercevoir
» les petites imperfections.
"
>>
moi
» J'ai toujours aimé la Poëfie. Quelques
Cantiques furent les fruits de ma jeuneffe ,
» mais lorsque j'entendis d'autres que
chanter fur un ton plus fublime , ne fongeant
plus qu'à les écouter , je pris le
parti du filence. A la lecture de la belle
Poëfie de M. Racine , j'ai été faifi d'une
» eſpèce d'entoufiaſme , qui m'a entraîné
à rimer d'après lui . Je ne me fuis pas
toujours attaché fervilement à mon tex-
- te . Certains endroits m'ont tellement
» échauffé l'imagination , que je n'ai pâ
» me retenir d'y ajouter quelque chofe du
» mien... Je conviens que tout ce qu'il y
» a de beau dans ma traduction appartient
à M. Racine , & fi j'y ai inferé quelques
penfées , bonnes à ce que j'efpére , je les
» dois à fes propres réflexions.
:
»
» J'ai ajouté des notes , dans lesquelles
on verra que je ne pense pas toujours
» comme lui. C'eft une imperfection attachée
à l'humanité , de ne pas tous voir
134 MERCURE DE FRANCE .
»de même les mêmes vérités ; le préjugé ,
» la Patrie , l'éducation , & l'Eglife dans
laquelle on a reçu fes premieres inftruc-
» tions , en font la caufe.
33
29
» J'ai retranché quelques vers de mon
original , & en voici la raifon . J'écris
pour mes compatriotes , prefque tous
»Proteftans , & l'attachement que , M. Ra
>> cine fait paroître pour fon Eglife , pourroit
en quelques endroits faire auprès
>> d'eux beaucoup de tort à fon excellente
» Poëfic. Il pouvoit fe difpenfer de parler
» de la difference des Sectes , puifque
" l'Eglife Chrétienne eft par tout , où le
» Chrift eft regardé comme le vrai & uni-
» que Grand Prêtre , & c .
Le même Poëme de M. Racine a été
traduit en vers Italiens par M. l'Abbé Venuti
, Correfpondant Honoraire de l'Académie
Royale des Belles Lettres , Membre
de celle de Bordeaux , & de plufieurs
Académies d'Italie. Aux notes de M. Racine,
qu'il a toutes traduites , il en a ajouté
plufieurs , dans lesquelles on reconnoît fon
érudition. Cet ouvrage , imprimé à Avignon
cette année , & dédié à Monfeigneur
le Dauphin , fut préfenté , il y a quelque
tems , au Pape qui le reçut très- favorablément.
On admire l'exactitude avec laquelle
L.V.a rendu les vers de fon original ,
DECEMBRE. 174S. r35
& l'harmonie des fiens ; elle eft fenfible à
tous ceux qui connoiffent l'harmonie de
ces vers , appellés par les Italiens verfi
fciolti. M. Antonini , qui eftime beauconp
cette traduction , en confeille la lectureà
ceux qui veulent apprendre la Langue
Italienne.
M. l'Abbé Venuti dit à la fin de fa Préface
qu'il eût mieux fait , s'il eût travaillé
cet ouvrage dans fa Patrie , fur les bords:
de ce fleuve fi favorifé des Mufes ; mais
que pouvois-je faire , ajoute-t'il , exilé „
comme je lefuis depuis huit ans , & affis fur.
les rives de la Garonne ? Il s'applique ces.
vers du Dante ,
Se mai continga che il Poëma facro ;
Al quale fià pofto mano e Cielo e Terra ,
Sieche m'ha fatto per più anni macro ,
Vinca la crudelta che fuor mi ferra
Del bel ovile , ove i dormi agnello
Nemico ai lupi che gli danno guerra ,
Con altra voce omai , con altro vello
Ritornerò Poëta , &c.
Il eft trifte pour les Mufes , & pour
les Lettres , que M. l'Abbé Venuti n'ait
pas un fort auffi heureux qu'il le mé
xite..
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17726
p. 195-202
« Le 13 Octobre le Commandeur de la Cerda, Envoyé extraordinaire du Roi de Portugal, eut [...] »
Début :
Le 13 Octobre le Commandeur de la Cerda, Envoyé extraordinaire du Roi de Portugal, eut [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Famille royale, Aumônier du roi, Évêque, Chapelle, Dauphine, Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 13 Octobre le Commandeur de la Cerda, Envoyé extraordinaire du Roi de Portugal, eut [...] »
LE 13 Octobre le Commandeur de la Cerda ,
Envoyé extraordinaire du Roi de Portugal , eut
une audience particuliere du Roi , dans laquelle
il préfenta à Sa Majefté une lettre de compliment
du Roi fon Maître , fur l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & fur la naiffance de
Monfeigneur le Duc de Berry. Le Commandeur
de la Cerda fut conduit à cette audience par M.
Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs .
Le même jour leurs Majeftés accompagnées de
la Famille Royale , affifterent aux Vêpres & au
Salut dans la Chapelle du Château.
Le Roi a érigé la Terre de Marigny en Marquifat
, en faveur de M. de Vandiere , Directeur
& Ordonnateur Général des Bâtimens. Il a eu
l'honneur d'être préfenté le 9 à leurs Majeftés &
à la Famille royale , & d'entrer deux jours après
dans les carroffes du Roi.
L'ouverture de l'affemblée des Etats de Bretagne
s'eft faite à Rennes le 14 .
Le 15 , fête de Sainte Therefe , la Reine entendit
la Meffe dans l'Eglife du Couvent des Carmes
réclus des Loges.
Monfeigneur le Dauphin & Mefdames de
France affifterent l'après- midi au Salut dans la
même Eglife.
Le Comte de Sartiranne Ambaffadeur ordinaire
du Roi de Sardaigne , eut le même jour une
audience particuliere du Roi , dans laquelle il
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
donna part à Sa Majesté , au nom du Roi fon
Maître , de l'heureux accouchement de Madame
la Ducheffe de Savoye , & de la naiſſance d'un
Prince. Cet Ambaffadeur fut conduit à cette audience
, ainsi qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine ,
de Madame Adelaide , & de Mefdames Victoire ,
Sophie & Louife , par le même Introducteur,
Suivant les lettres de Toulon , le Duc de Penthievre
vifita le 29 de Septembre la galere la
Brave. Ce Prince alla le jour fuivant à l'arfenal ,
pour voir les Gardes de la Marine faire l'exercice.
A fon paffage fur le port , il fat falué par le vaiſfeau
amiral & par les galeres . L'exercice des Gardes
de la Marine étant fini , le Duc de Penthievre
fe rendit à bord du vaiffeau le Foudroyant. Le premier
Octobre ce Prince vit le parc d'artillerie,,
& fit le tour des remparts du côté de la rade ; il
alla le 3 vifiter la grande tour. Après le dîner il
vifita le Fort de la Malgue , d'où il paffa à celui
d'Artigues. Le 4 vers les trois heures après- midi ,
le Duc de Penthievre s'embarqua fur un canot , &
fut fuivi par tous les canots , ainfi que par toutes
les barques & les chaloupes qui étoient dans le
port. Dès que le Prince parut dans la rade , les
quatre galeres definées à le conduire en Italie ,
& qui étoient prêtes à partir pour aller l'attendre
à Antibes , le faluerent à fon paffage , ce que fit
auffi la Frégate la Thetis. Toute cette flotille s'avança
à deux lieues en mer , & l'on donna au Duc
de Penthievre le divertiffement de la pêche du
thon. Au retour , les galeres qui avoient déja tiré
deux coups de canon pout annoncer leur départ ,
vinrent l'une après l'autre à force de rames paffer
devant le canot du Prince , & firent une nouvelle
falve de toute leur artillerie . Le tems étoit fi fa
DECEMBRE. 1754. 197
•
vorable pour la avigation , qu'une demi-heure
après on les perdit de vite. Lorfque le foleil fut
fous l'horizon , trois galiotes à bombes placées
dans la petite rade , tirerent chacune fix bombes.
Les le Prince fit le tour des remparts en dedans
de la ville. Sur les fept heures du foir les galiotes
tirerent encore vingt- quatre bombes , & le Duc
de Penthievre vit ce fpectacle de fon appartement.
Ce Prince partit le 7 de Toulon , & alla coucher
au Luc : il s'eft rendu le lendemain à Fréjus , &
le 9 à Antibes ; le 12 il est parti d'Antibes pour
Gênes.
Les nouvelles de Marſeille du 17 portent qu'il
y étoit arrivé à bord du vaiffeau Anglois le Deptford
, vingt-fept efclaves François qui ont été embarqués
fur ce bâtiment à Gibraltar , & qui avoient
été rachetés peu de tems auparavant dans le
Royaume de Maroc par les Religieux des Ordres
de la Sainte Trinité & de Notre-Dame de la
Mercy. Ces efclaves ayant fait leur quarantaine à
Carthagene , ont eu l'entrée le 13 , & ont été reçus
par les Peres François Baurans & Paulin Gobin
, Commiffaires des deux Ordres.
Le 19 & le 20 d'Octobre , leurs Majeftés accompagnées
de la Famille Royale , aflifterent aux
Vêpres & au Salut dans la Chapelle du Château .
Le Roi foupa le 20 au grand couvert chez la
Reine .
Le même jour la Marquife de Fontange fit fes
révérences au Roi , à la Reine & à la Famille
Royale,
Leurs Majeftés fignerent le même jour le contrat
de mariage du Comte de Salvert & de la
Demoiſelle de Sabrevois , fille de M. de Sabrevois
, Maréchal des camps & armées du Roi ,
Lieutenant général d'artillerie , & Commandant
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
en chef au départément général d'Alface , de
Bourgogne & de Franche Comté.
Le 20 l'Evêque de Gap nommé à l'Evêché d'Auxerre
, fit dans l'Eglife des Miffions étrangeres
la cérémonie de bénir le nouvel Abbé de l'Abbaye
réguliere de Saint Amand.
Le Roi a nommé Chevalier de l'Ordre de Saint
Michel M. Pitot , Penfionnaire vétéran de l'Académie
Royale des Sciences , Membre de la Société
Royale de Londres , Directeur du canal & des
travaux publics de la Province de Languedoc.
Le 22 M. Gualterio , Archevêque de Mira ,
Nonce ordinaire du Pape , eut une audience particuliere
du Roi , dans laquelle il préfenta à Sa
Majesté M. Molinari , Archevêque de Damas ,
qui paffe par la France pour fe rendre à fa Nonciature
de Bruxelles . M. Guakerio fut conduit à
cette audience , ainſi qu'à celles de la Reine , de
Monfeigneur le Dauphin , de Madame la Dauphine
, de Madame Adelaide & de Mefdames
Victoire , Sophie & Louife , par M. Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs .
›
Le Comte Turpin , Brigadier de cavalerie , &
Colonel d'un Régiment de Huffards , a préſenté
au Roi un ouvrage de fa compoſition fur l'Ars
militaire.
La place d'Aumônier du Roi , vacante par la
mort de M. l'Abbé de Caulincourt , a été donnée à
M.l'Abbé de Scey-Montbeillard , Abbé de l'Abbaye
de Saint André , Ordre de Prémontré , Diocefe
de Clermont.
Le Roi a envoyé au Parlement de Bretagne une
Déclaration datée du 8 Octobre , qui fut enregiftrée
le 17 du même mois.
Un Juif de Metz , âgé de trente-cinq ans , refut
le 10 Octobre à Saintes , par les mains de l'EDECEMBRE.
1754 199
vêque , les Sacremens de Baptême & de la Con
firmation. Il a eu pour parrein M. de Blair de
Boifmon , Intendant de la Rochelle , nommé à
l'Intendance de Valénciennes ; & pour marreine
la Dame de Parabere , Abbeffe de l'Abbaye de
Notre-Dame de Saintes , qui lui ont donné les
noms de Louis-Marie.
Depuis le 15 Octobre on a commencé à allu→
mer toutes les nuits à Calais , deux heures avant
& deux heures après la pleine mer , un fanal au
bout de la grande jettée du côté de l'oueft. Cela
s'obfervera pendant tout le tems de la pêche du
hareng , c'est - à- dire jufqu'au mois prochain , afin
de faciliter aux Pêcheurs l'entrée du port de Calais
. On en ufera de même deformais chaque année
dans cette faiſon.
Selon les lettres de Provence , la maison des
Penfionnaires établie à Aix le premier Octobre
1753 , au College Royal - Bourbon des Jefuites ,
en vertu d'un brevet du Roi , vient d'être achevée
Elle peut contenir jufqu'à cent jeunes gens,
Moyennant une nouvelle fondation , il y a actuellement
deux Profeffeurs de Rhétorique dans
ce College.
Le 24 l'Archevêque de Sens conféra le Sacrement
de la Confirmation à onze cens enfans dans
l'Eglife de la Communauté des Filles Bleues.
Le 26 le Roi quitta le deuil que Sa Majefté avoit
pris le 6 pour laReine Douairiere de Portugal.
Le Roi foupa le 27 au grand couvert chez la
Reine avec la Famille Royale.
Il a été fait par le Lord Powerscourt une ga.
geure , qu'il viendroit à cheval en deux heures de
la derniere maifon de Fontainebleau à la premiere
barriere des Gobelins . M. Baillon ,
loger de la Reine , a été chargé d'envoyer deux
Hor
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE.
pendules à Fontainebleau , & d'en tenir deux à la
barriere des Gobelins fur la même heure , afin de
mefurer le tems que ce Seigneur Anglois employe
roit à fa courſe. Le 29 du mois dernier le Lord
Powerscourt eft parti de Fontainebleau à fept
heures neuf minutes quarante-cinq fecondes du
matin , & il eſt arrivé à huit heures quarante- fept
minutes vingt- fept fecondes à la barriere indiquée.
Il avoit deux relais fur la route. Une des
conditions de la gageure étoit qu'il ne monteroit
pas plus de trois chevaux , & il n'en a monté que
deux.
Selon les lettres de Gênes , le Duc de Penthievre
y eft arrivé le 19 Octobre , à trois heures
après- midi. Une députation de la République eft
allée le recevoir à fa galere , & l'a conduit au Pa-
Lais Brignolé , qui avoit été préparé pour le loge.
ment de ce Prince . Les Députés doivent l'accom
pagner par-tout pendant fon féjour à Gênes.
Le 31 , veille de la Fête de Tous les Saints , le
Roi & la Reine , accompagnés de la Famille royale
, affifterent au premieres Vêpres dans la Chapelle
du Château . Elles furent chantées par la Muſique ,
& l'Evêque de Chartres y officia.
Le premier Novembre , jour de la Fête , leurs
Majeftés accompagnées comme le jour précédent,
entendirent la grande Meffe célébrée pontificament
par le même Prélat . Le Roi , la Reine & la
Famille royale affifterent l'après- midi aux Vêpres
du jour chantées par la Mufique , aufquelles
Ï'Evêque de Chartres officia , & enfuite aux Vêpres
des Morts. Avant les Vêpres , leurs Majeftés
entendirent la Prédication du Pere de Neufville ,
de la Compagnie de Jeſus.
A l'occafion de la Fête , la Reine a communié
par les mains de l'Evêque de Chartres , fon preDECEMBRE
. 1754. 201
mier Aumônier ; Monfeigneur le Dauphin, par celles
de M. l'Abbé de Chabannes , Aumônier du Roi ;
Madame la Dauphine , par celles de M. l'Abbé de
Murat , fon Aumônier en quartier ; Madame Adelaïde,
par celles de l'Evêque de Meaux , fon premier
Aumônier ; & Mefd . Victoire , Sophie & Louiſe ,
par celles de M. l'Abbé Barc , Chapelain du Roi.
Le premier & le 3 , le Roi foupa au grand couvert
chez la Reine avec la Famille royale.
M. Pitrou , Ingénieur des ponts & chauffées ,
ayant fait anciennement par ordre du Roi la vifite
de la riviere de Marne depuis Châlons jufqu'à
Charenton , a eftimé à treize millions les dépenfes
néceffaires pour faciliter la navigation de cette
riviere. Un autre Ingénieur commis auffi par Sa
Majeſté , a viſité la riviere d'Yonne : il a jugé qu'il
falloit dépenfer dix millions pour la rendre navigable
jufqu'à fon embouchure dans la Seine . M.
Macary , privilegié du Roi pour la fûreté de la
navigation , a foumis à la décision du Confeil un
projet différent , pour que le tiers au moins des
denrées deftinées à la confommation de Paris , y
foient amenées dans tous les tems de l'année ,
hors les cas extraordinaires des glaces & des débordemens
& pour que les frais de transport foient
toujours les mêmes . Selon le devis , la dépenfe ne
montera qu'à quatre millions trois cens vingtneuf
mille fix cens foixante- fix livres . Une Compagnie
fournira les fonds , & il n'en coutera rien
au Roi ni au public . L'auteur du projet , s'il eft autorifé
, demande feulement pour l'exécuter avec
La Compagnie, & pour entretenir les ouvrages , un
droit médiocre de navigation , qui fera à la charge
des Maîtres de barques.
Le mémoire de M. Macary a été renvoyé par le
Confeil à Mr de Bernage ; Confeiller d'Etat or-
Ιν
202 MERCURE DE FRANCE.
dinaire , Prévôt des Marchands , pour que le Bureau
de la ville donne fon avis fur les propoſitions
qui y font continues.
Le 9 Novembre , le Roi déclara la nomination
au chapeau de Cardinal que Madame la Dauphine
a obtenu pour l'Archevêque de Sens , fon premier
Aumônier .
Le 12 , l'ouverture du Parlement fe fit avec les
cérémonies accoutumées , par une Meffe folemnelle
, que M. l'Abbé de Sailly , Chantre de la Sainte
Chapelle , célébra dans la Chapelle de la grande
Salle du Palais , & à laquelle M. de Maupeou , premier
Préfident , & les Chambres affifterent .
Le 13 , le Marquis de Malefpina qui eft venu
pour complimenter leurs Majeftés de la part de
I'Infant Duc & de Madame Infante Ducheffe de
Parme , fur la naiffance de Monfeigneur le Duc de
Berry , prit congé du Roi , de la Reine & de la Famille
royale.
Le Roi a fixé au 18 fon départ de Fontainebleau.
Des fix places de Docteurs Aggrégés qui étoient
vacantes dans la Faculté de Droit de Paris , les
trois premieres ont été adjugées par cette Faculté
à MM. Sauvage , Boyer & Lalourcey , Docteurs
de Paris. Le concours pour les trois autres places
doit s'ouvrir le 19 de Décembre.
On mande de Strasbourg que le Margrave &
la Margrave de Brandebourg- Bareith y ont paffé
en allant à Montpellier.
Les mêmes lettres marquent qu'on a effuyé
pendant le mois dernier plufieurs facheux orages
dans une partie de l'Alface.
Le 14 de ce mois , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à dix - huit cens trente livres ;
les Billets de la premiere lotterie royale , à fept
cens foixante -dix livres ; & ceux de la feconde , à
fix cens foixante- dix.
Envoyé extraordinaire du Roi de Portugal , eut
une audience particuliere du Roi , dans laquelle
il préfenta à Sa Majefté une lettre de compliment
du Roi fon Maître , fur l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & fur la naiffance de
Monfeigneur le Duc de Berry. Le Commandeur
de la Cerda fut conduit à cette audience par M.
Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs .
Le même jour leurs Majeftés accompagnées de
la Famille Royale , affifterent aux Vêpres & au
Salut dans la Chapelle du Château.
Le Roi a érigé la Terre de Marigny en Marquifat
, en faveur de M. de Vandiere , Directeur
& Ordonnateur Général des Bâtimens. Il a eu
l'honneur d'être préfenté le 9 à leurs Majeftés &
à la Famille royale , & d'entrer deux jours après
dans les carroffes du Roi.
L'ouverture de l'affemblée des Etats de Bretagne
s'eft faite à Rennes le 14 .
Le 15 , fête de Sainte Therefe , la Reine entendit
la Meffe dans l'Eglife du Couvent des Carmes
réclus des Loges.
Monfeigneur le Dauphin & Mefdames de
France affifterent l'après- midi au Salut dans la
même Eglife.
Le Comte de Sartiranne Ambaffadeur ordinaire
du Roi de Sardaigne , eut le même jour une
audience particuliere du Roi , dans laquelle il
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
donna part à Sa Majesté , au nom du Roi fon
Maître , de l'heureux accouchement de Madame
la Ducheffe de Savoye , & de la naiſſance d'un
Prince. Cet Ambaffadeur fut conduit à cette audience
, ainsi qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine ,
de Madame Adelaide , & de Mefdames Victoire ,
Sophie & Louife , par le même Introducteur,
Suivant les lettres de Toulon , le Duc de Penthievre
vifita le 29 de Septembre la galere la
Brave. Ce Prince alla le jour fuivant à l'arfenal ,
pour voir les Gardes de la Marine faire l'exercice.
A fon paffage fur le port , il fat falué par le vaiſfeau
amiral & par les galeres . L'exercice des Gardes
de la Marine étant fini , le Duc de Penthievre
fe rendit à bord du vaiffeau le Foudroyant. Le premier
Octobre ce Prince vit le parc d'artillerie,,
& fit le tour des remparts du côté de la rade ; il
alla le 3 vifiter la grande tour. Après le dîner il
vifita le Fort de la Malgue , d'où il paffa à celui
d'Artigues. Le 4 vers les trois heures après- midi ,
le Duc de Penthievre s'embarqua fur un canot , &
fut fuivi par tous les canots , ainfi que par toutes
les barques & les chaloupes qui étoient dans le
port. Dès que le Prince parut dans la rade , les
quatre galeres definées à le conduire en Italie ,
& qui étoient prêtes à partir pour aller l'attendre
à Antibes , le faluerent à fon paffage , ce que fit
auffi la Frégate la Thetis. Toute cette flotille s'avança
à deux lieues en mer , & l'on donna au Duc
de Penthievre le divertiffement de la pêche du
thon. Au retour , les galeres qui avoient déja tiré
deux coups de canon pout annoncer leur départ ,
vinrent l'une après l'autre à force de rames paffer
devant le canot du Prince , & firent une nouvelle
falve de toute leur artillerie . Le tems étoit fi fa
DECEMBRE. 1754. 197
•
vorable pour la avigation , qu'une demi-heure
après on les perdit de vite. Lorfque le foleil fut
fous l'horizon , trois galiotes à bombes placées
dans la petite rade , tirerent chacune fix bombes.
Les le Prince fit le tour des remparts en dedans
de la ville. Sur les fept heures du foir les galiotes
tirerent encore vingt- quatre bombes , & le Duc
de Penthievre vit ce fpectacle de fon appartement.
Ce Prince partit le 7 de Toulon , & alla coucher
au Luc : il s'eft rendu le lendemain à Fréjus , &
le 9 à Antibes ; le 12 il est parti d'Antibes pour
Gênes.
Les nouvelles de Marſeille du 17 portent qu'il
y étoit arrivé à bord du vaiffeau Anglois le Deptford
, vingt-fept efclaves François qui ont été embarqués
fur ce bâtiment à Gibraltar , & qui avoient
été rachetés peu de tems auparavant dans le
Royaume de Maroc par les Religieux des Ordres
de la Sainte Trinité & de Notre-Dame de la
Mercy. Ces efclaves ayant fait leur quarantaine à
Carthagene , ont eu l'entrée le 13 , & ont été reçus
par les Peres François Baurans & Paulin Gobin
, Commiffaires des deux Ordres.
Le 19 & le 20 d'Octobre , leurs Majeftés accompagnées
de la Famille Royale , aflifterent aux
Vêpres & au Salut dans la Chapelle du Château .
Le Roi foupa le 20 au grand couvert chez la
Reine .
Le même jour la Marquife de Fontange fit fes
révérences au Roi , à la Reine & à la Famille
Royale,
Leurs Majeftés fignerent le même jour le contrat
de mariage du Comte de Salvert & de la
Demoiſelle de Sabrevois , fille de M. de Sabrevois
, Maréchal des camps & armées du Roi ,
Lieutenant général d'artillerie , & Commandant
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
en chef au départément général d'Alface , de
Bourgogne & de Franche Comté.
Le 20 l'Evêque de Gap nommé à l'Evêché d'Auxerre
, fit dans l'Eglife des Miffions étrangeres
la cérémonie de bénir le nouvel Abbé de l'Abbaye
réguliere de Saint Amand.
Le Roi a nommé Chevalier de l'Ordre de Saint
Michel M. Pitot , Penfionnaire vétéran de l'Académie
Royale des Sciences , Membre de la Société
Royale de Londres , Directeur du canal & des
travaux publics de la Province de Languedoc.
Le 22 M. Gualterio , Archevêque de Mira ,
Nonce ordinaire du Pape , eut une audience particuliere
du Roi , dans laquelle il préfenta à Sa
Majesté M. Molinari , Archevêque de Damas ,
qui paffe par la France pour fe rendre à fa Nonciature
de Bruxelles . M. Guakerio fut conduit à
cette audience , ainſi qu'à celles de la Reine , de
Monfeigneur le Dauphin , de Madame la Dauphine
, de Madame Adelaide & de Mefdames
Victoire , Sophie & Louife , par M. Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs .
›
Le Comte Turpin , Brigadier de cavalerie , &
Colonel d'un Régiment de Huffards , a préſenté
au Roi un ouvrage de fa compoſition fur l'Ars
militaire.
La place d'Aumônier du Roi , vacante par la
mort de M. l'Abbé de Caulincourt , a été donnée à
M.l'Abbé de Scey-Montbeillard , Abbé de l'Abbaye
de Saint André , Ordre de Prémontré , Diocefe
de Clermont.
Le Roi a envoyé au Parlement de Bretagne une
Déclaration datée du 8 Octobre , qui fut enregiftrée
le 17 du même mois.
Un Juif de Metz , âgé de trente-cinq ans , refut
le 10 Octobre à Saintes , par les mains de l'EDECEMBRE.
1754 199
vêque , les Sacremens de Baptême & de la Con
firmation. Il a eu pour parrein M. de Blair de
Boifmon , Intendant de la Rochelle , nommé à
l'Intendance de Valénciennes ; & pour marreine
la Dame de Parabere , Abbeffe de l'Abbaye de
Notre-Dame de Saintes , qui lui ont donné les
noms de Louis-Marie.
Depuis le 15 Octobre on a commencé à allu→
mer toutes les nuits à Calais , deux heures avant
& deux heures après la pleine mer , un fanal au
bout de la grande jettée du côté de l'oueft. Cela
s'obfervera pendant tout le tems de la pêche du
hareng , c'est - à- dire jufqu'au mois prochain , afin
de faciliter aux Pêcheurs l'entrée du port de Calais
. On en ufera de même deformais chaque année
dans cette faiſon.
Selon les lettres de Provence , la maison des
Penfionnaires établie à Aix le premier Octobre
1753 , au College Royal - Bourbon des Jefuites ,
en vertu d'un brevet du Roi , vient d'être achevée
Elle peut contenir jufqu'à cent jeunes gens,
Moyennant une nouvelle fondation , il y a actuellement
deux Profeffeurs de Rhétorique dans
ce College.
Le 24 l'Archevêque de Sens conféra le Sacrement
de la Confirmation à onze cens enfans dans
l'Eglife de la Communauté des Filles Bleues.
Le 26 le Roi quitta le deuil que Sa Majefté avoit
pris le 6 pour laReine Douairiere de Portugal.
Le Roi foupa le 27 au grand couvert chez la
Reine avec la Famille Royale.
Il a été fait par le Lord Powerscourt une ga.
geure , qu'il viendroit à cheval en deux heures de
la derniere maifon de Fontainebleau à la premiere
barriere des Gobelins . M. Baillon ,
loger de la Reine , a été chargé d'envoyer deux
Hor
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE.
pendules à Fontainebleau , & d'en tenir deux à la
barriere des Gobelins fur la même heure , afin de
mefurer le tems que ce Seigneur Anglois employe
roit à fa courſe. Le 29 du mois dernier le Lord
Powerscourt eft parti de Fontainebleau à fept
heures neuf minutes quarante-cinq fecondes du
matin , & il eſt arrivé à huit heures quarante- fept
minutes vingt- fept fecondes à la barriere indiquée.
Il avoit deux relais fur la route. Une des
conditions de la gageure étoit qu'il ne monteroit
pas plus de trois chevaux , & il n'en a monté que
deux.
Selon les lettres de Gênes , le Duc de Penthievre
y eft arrivé le 19 Octobre , à trois heures
après- midi. Une députation de la République eft
allée le recevoir à fa galere , & l'a conduit au Pa-
Lais Brignolé , qui avoit été préparé pour le loge.
ment de ce Prince . Les Députés doivent l'accom
pagner par-tout pendant fon féjour à Gênes.
Le 31 , veille de la Fête de Tous les Saints , le
Roi & la Reine , accompagnés de la Famille royale
, affifterent au premieres Vêpres dans la Chapelle
du Château . Elles furent chantées par la Muſique ,
& l'Evêque de Chartres y officia.
Le premier Novembre , jour de la Fête , leurs
Majeftés accompagnées comme le jour précédent,
entendirent la grande Meffe célébrée pontificament
par le même Prélat . Le Roi , la Reine & la
Famille royale affifterent l'après- midi aux Vêpres
du jour chantées par la Mufique , aufquelles
Ï'Evêque de Chartres officia , & enfuite aux Vêpres
des Morts. Avant les Vêpres , leurs Majeftés
entendirent la Prédication du Pere de Neufville ,
de la Compagnie de Jeſus.
A l'occafion de la Fête , la Reine a communié
par les mains de l'Evêque de Chartres , fon preDECEMBRE
. 1754. 201
mier Aumônier ; Monfeigneur le Dauphin, par celles
de M. l'Abbé de Chabannes , Aumônier du Roi ;
Madame la Dauphine , par celles de M. l'Abbé de
Murat , fon Aumônier en quartier ; Madame Adelaïde,
par celles de l'Evêque de Meaux , fon premier
Aumônier ; & Mefd . Victoire , Sophie & Louiſe ,
par celles de M. l'Abbé Barc , Chapelain du Roi.
Le premier & le 3 , le Roi foupa au grand couvert
chez la Reine avec la Famille royale.
M. Pitrou , Ingénieur des ponts & chauffées ,
ayant fait anciennement par ordre du Roi la vifite
de la riviere de Marne depuis Châlons jufqu'à
Charenton , a eftimé à treize millions les dépenfes
néceffaires pour faciliter la navigation de cette
riviere. Un autre Ingénieur commis auffi par Sa
Majeſté , a viſité la riviere d'Yonne : il a jugé qu'il
falloit dépenfer dix millions pour la rendre navigable
jufqu'à fon embouchure dans la Seine . M.
Macary , privilegié du Roi pour la fûreté de la
navigation , a foumis à la décision du Confeil un
projet différent , pour que le tiers au moins des
denrées deftinées à la confommation de Paris , y
foient amenées dans tous les tems de l'année ,
hors les cas extraordinaires des glaces & des débordemens
& pour que les frais de transport foient
toujours les mêmes . Selon le devis , la dépenfe ne
montera qu'à quatre millions trois cens vingtneuf
mille fix cens foixante- fix livres . Une Compagnie
fournira les fonds , & il n'en coutera rien
au Roi ni au public . L'auteur du projet , s'il eft autorifé
, demande feulement pour l'exécuter avec
La Compagnie, & pour entretenir les ouvrages , un
droit médiocre de navigation , qui fera à la charge
des Maîtres de barques.
Le mémoire de M. Macary a été renvoyé par le
Confeil à Mr de Bernage ; Confeiller d'Etat or-
Ιν
202 MERCURE DE FRANCE.
dinaire , Prévôt des Marchands , pour que le Bureau
de la ville donne fon avis fur les propoſitions
qui y font continues.
Le 9 Novembre , le Roi déclara la nomination
au chapeau de Cardinal que Madame la Dauphine
a obtenu pour l'Archevêque de Sens , fon premier
Aumônier .
Le 12 , l'ouverture du Parlement fe fit avec les
cérémonies accoutumées , par une Meffe folemnelle
, que M. l'Abbé de Sailly , Chantre de la Sainte
Chapelle , célébra dans la Chapelle de la grande
Salle du Palais , & à laquelle M. de Maupeou , premier
Préfident , & les Chambres affifterent .
Le 13 , le Marquis de Malefpina qui eft venu
pour complimenter leurs Majeftés de la part de
I'Infant Duc & de Madame Infante Ducheffe de
Parme , fur la naiffance de Monfeigneur le Duc de
Berry , prit congé du Roi , de la Reine & de la Famille
royale.
Le Roi a fixé au 18 fon départ de Fontainebleau.
Des fix places de Docteurs Aggrégés qui étoient
vacantes dans la Faculté de Droit de Paris , les
trois premieres ont été adjugées par cette Faculté
à MM. Sauvage , Boyer & Lalourcey , Docteurs
de Paris. Le concours pour les trois autres places
doit s'ouvrir le 19 de Décembre.
On mande de Strasbourg que le Margrave &
la Margrave de Brandebourg- Bareith y ont paffé
en allant à Montpellier.
Les mêmes lettres marquent qu'on a effuyé
pendant le mois dernier plufieurs facheux orages
dans une partie de l'Alface.
Le 14 de ce mois , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à dix - huit cens trente livres ;
les Billets de la premiere lotterie royale , à fept
cens foixante -dix livres ; & ceux de la feconde , à
fix cens foixante- dix.
Fermer
Résumé : « Le 13 Octobre le Commandeur de la Cerda, Envoyé extraordinaire du Roi de Portugal, eut [...] »
Le 13 octobre, le Commandeur de la Cerda, envoyé extraordinaire du Roi de Portugal, a été reçu en audience privée par le Roi de France pour lui présenter une lettre de félicitations concernant l'accouchement de Madame la Dauphine et la naissance du Duc de Berry. Le même jour, Leurs Majestés et la Famille Royale ont assisté aux Vêpres et au Salut dans la Chapelle du Château. Le Roi a élevé la Terre de Marigny au rang de Marquisat en faveur de M. de Vandiere, Directeur et Ordonnateur Général des Bâtiments. Le 14 octobre, l'ouverture de l'assemblée des États de Bretagne a eu lieu à Rennes. Le 15 octobre, la Reine a entendu la messe dans l'église du Couvent des Carmes réclus des Loges, et le Dauphin ainsi que Mesdames de France ont assisté au Salut l'après-midi. Le Comte de Sartiranne, ambassadeur du Roi de Sardaigne, a informé le Roi de l'accouchement de la Duchesse de Savoie et de la naissance d'un prince. Le Duc de Penthièvre a visité plusieurs sites militaires et navals à Toulon avant de partir pour Gênes le 12 octobre. À Marseille, vingt-sept esclaves français ont été libérés et ramenés par les Religieux des Ordres de la Sainte Trinité et de Notre-Dame de la Mercy. Le 20 octobre, Leurs Majestés ont assisté aux Vêpres et au Salut, et le Roi a signé le contrat de mariage du Comte de Salvert et de Mademoiselle de Sabrevois. Le Roi a également nommé Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel M. Pitot, et a reçu en audience l'Archevêque de Mira et l'Archevêque de Damas. Divers événements religieux et cérémoniels ont eu lieu, notamment la confirmation de nombreux enfants et la fin du deuil du Roi pour la Reine Douairière de Portugal. Le Lord Powerscourt a réalisé une course à cheval entre Fontainebleau et Paris. Le Duc de Penthièvre est arrivé à Gênes le 19 octobre. Le 1er novembre, le Roi et la Famille Royale ont assisté à des cérémonies religieuses à l'occasion de la Toussaint. Le Roi a également déclaré la nomination de l'Archevêque de Sens au chapeau de Cardinal. Le Parlement a ouvert sa session avec une messe solennelle. Le Marquis de Malespina a pris congé après avoir félicité la Famille Royale pour la naissance du Duc de Berry.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17727
p. 163-171
CONCERTS SPIRITUELS.
Début :
Le Concert a attiré plus de monde dans la quinzaine de Pâques, qu'il ne [...]
Mots clefs :
Motet à grand choeur, Concert, Chanter, Motet, Musique, Jouer, M. Mondoville, Symphonie, Morceaux, Concerto, Petit motet, Chapelle, Salve Regina, Jean-Jacques Rousseau, M. Carminati
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERTS SPIRITUELS.
CONCERTS SPIRITUELS.
L
E Concert a attiré plus de monde
dans la quinzaine de Pâque , qu'il ne
l'avoit fait les années précédentes. On va
voir par le détail des différens morceaux
qui y ont été exécutés , que ce fuccès étoit
dû aux foins & au goût des Directeurs.
Nous ne ferons qu'indiquer ce qui eft
164 MERCURE DE FRANCE
connu ; nous nous arrêterons un peu plus
fur les nouveautés.
Le Concert du Dimache huit , jour de
la Paffion, commença par une Symphonie;
enfuite Deus , venerunt gentes , nouvea
Motet de M. Fanton , qui fut affez mal
exécuté. Une fymphonie de M.Guillemain,
Ordinaire de la Mufique du Roi . M. Al
banefe , de la Mufique de la Chapelle du
Roi , chanta très agréablement deux morceaux
Italiens bien choisis , le 1 del Signot
Caputy , le 2º de M. Haffe . M. Carminati,
Venitien , établi à Lyon , joua un Concerró
de violon , & a joué plufieurs fois
depuis. Les Connoiffeurs l'ont fort goûté ,
& le Public a trouvé fon jeu fort précis &
fort fage. Le Concert finit par Bonum eft,
Motet à grand choeur , de M. Mondon
ville.
Le Concert du Vendredi de la Paffion,
13 Avril , commença par la premiere ouverture
des fymphonies de M. Martin ; enfuite
Deprofundis , Motet à grand choeur
de M. Mion , qui ne réuffit point : une
fymphonie à cor- de- chaffe. M. Gelin chanta
Inclina Domine ,' petit motet de M. Martin.
M. Carminati joua un Concerto de
violon . M. Albanefe chanta avec beaucoup
de goût & de naturel , deux beaux
morceaux Italiens. Le premier , del SiJUIN.
1753. 165
gnor Pergolefi , le deuxième , del Signor
Romani . Le Concert finit par Magnus Dominus
, motet à grand choeur de M. Mondonville,
Le Concert du Dimanche des Rameaux,
quinze Avril , commença par une Symphonie
; enfuite Cantate Domino , canticum
novum , motet à grand choeur de M. Martin.
M. Albanele chanta deux morceaux
Italiens. M. Gaviniés joua feul & bien,
M. Richer , Page de la Mufique de la Chapelle
du Roi , qui fit les délices de tour
Paris l'an dernier , chanta une Ariette fort
agréable de M. l'Abbé Blanchard. On
trouva que fon goût n'avoit pas diminué
que fa voix s'étoit fortifiée . Le Concert
finit parDe profundis , motet à grand choeur
de M, Mondonville.
&
?
Le Lundi feize , le Concert commença
par une fymphonie. On donna enfuite
pour la premiere fois , le Stabat mater
del Signor Pergolefi , motet fi célebre dans
toute l'Europe , & qui depuis qu'on l'avoit
annoncé , fixoit l'attention de tout
Paris . Cet Ouvrage fur mieux reçu des
Connoiffeurs que de la multitude. Les
morceaux qui ont le plus réuffi font le
Prélude admirable , par lequel ouvre le
motet , le Stabat Mater en Duo , & le
Récit Vidit fuum dulcem natum. Il ne pa164
MERCURE DE FRANCE
P
connu ; nous nous arrêterons un peu plus
fur les nouveautés.
Le Concert du Dimache huit , jour de
la Paffion , commença par une Symphonie;
enfuite Deus , venerunt gentes , nouveau
Motet de M. Fanton , qui fut affez mal
exécuté. Une fymphonie de M.Guillemain,
Ordinaire de la Mufique du Roi . M. Albanefe
, de la Mufique de la Chapelle du
Roi , chanta très agréablement deux morceaux
Italiens bien choisis , le 1 del Signor
Caputy , le 2º de M. Haffe . M. Carminati,
Venitien , établi à Lyon , joua un Concerró
de violon , & a joué plufieurs fois
depuis. Les Connoiffeurs l'ont fort goûté ,
& le Public a trouvé fon jeu fort précis &
fort fage. Le Concert finit par Bonum eft ,
Motet à grand choeur , de M. Mondonville.
Le Concert du Vendredi de la Paffion ,
13 Avril , commença par la premiere ouverture
des fymphonies de M. Martin ; enfuite
De profundis , Motet à grand choeur
de M. Mion , qui ne réuffit point : une
fymphonie à cor-de- chaffe. M. Gelin chanta
Inclina Domine ,' petit motet de M. Martin.
M. Carminati joua un Concerto de
violon . M. Albanefe chanta avec beaucoup
de goût & de naturel , deux beaux
morceaux Italiens . Le premier , del Si
JUIN. 1753 . 165
gnor Pergolefi , le deuxième , del Signor
Romani. Le Concert finit par Magnus Dominus
, motet à grand choeur de M. Mondonville,
Le Concert du Dimanche des Rameaux,
quinze Avril , commença par une Symphonie
; enfuite Cantate Domino , canticum
novum , motet à grand choeur de M. Martin.
M. Albanele chanta deux morceaux
Italiens . M. Gaviniés joua feul & bien.
M. Richer , Page de la Mufique de la Chapelle
du Roi , qui fit les délices de tour
Paris l'an dernier , chanta une Ariette fort
agréable de M. l'Abbé Blanchard . On
trouva que fon goût n'avoit pas diminué
que fa voix s'étoit fortifiée. Le Concert
finit parDe profundis , motet à grand choeur
de M. Mondonville ,
&
Le Lundi feize , le Concert commença
par une fymphonie. On donna enfuite
pour la premiere fois , le Stabat mater ,
del Signor Pergolefi , motet fi célebre dans
toute l'Europe , & qui depuis qu'on l'avoit
annoncé , fixoit l'attention de tout
Paris . Cet Ouvrage fur mieux reçu des
Connoiffeurs que de la multitude. Les
morceaux qui ont le plus réuffi font le
Prélude admirable , par lequel ouvre le
motet , le Stabat Mater en Duo , & le
Récit Vidit fuum dulcem natum . Il ne pa166
MERCURE DE FRANCE.
que
roît pas poffible de pouffer plus loin l'expreffion
de la douleur & de la tendreſſe ,
le Muficien l'a fait dans ces morceaux.
Mais ce qui eft peut- être plus admirable encore
, parce que cela étoit plus difficile ,
c'eft l'art qu'il a eu de varier le mouvement
dans les différens morceaux de fon motet
fans varier l'expreffion . Par exemple dans
le fecond morceau Cujus animam gementem
, qui eft fur un mouvement afſez vif,
le Muficien a fçû mettre une expreffion de
douleur , que les Connoiffeurs y ont bien
fentie , & qui n'a peut- être pas été rendu
par l'exécution auffi parfaitement qu'elle
pouvoit l'être. On auroit défiré aufli qu'à
la place de la fugue Fac ut erdeat cor
meum , qui a fait peu d'effet au Concert
on eût fubftitué le duo Quis eft homo ,
non fleret , qui n'eft pas inférieur aux plus
beaux morceaux du Motet. Quoiqu'il en
foit de ces obfervations , le fuccès du Sta- ·
bat a été affez grand pour qu'on l'ait don
né cinq jours de fuite , & pour qu'il air
été redemandé une fixième fois. Ce Moter
a été exécuté par Mrs Dota & Albaneſe
Italiens , de la Mufique du Roi.
1
qui
Le Concert du Mardi commença par
une fymphonie à cors- de- chaffe , enfuite
le Stabat. Mlle Davaux débuta dans Magna
eft gloria ejus , morceau tiré du moter
JUIN. 1.753. 167
Domine in virtute tuâ , de M. de Lalande.
Mlle Dayaux eft un fujet de la plus grande
& de la plus rare efpérance : la voix eft
nette , franche , naturelle , fenfible & fonore.
On ne doit pas craindre que ce ta
lent fe gâte comme nous en avons vû ſe
gâter tant d'autres : les arrangemens qui
ont été pris pour la perfectionner font trèsfages
, & formeront , felon toutes les apparences
, pour l'Opéra un fujet dont ila
très- grand befoin . Après que M. Carminati
eut joué un Concerto , Mlle Fel
chanta , comme elle feule fçait chanter ,
Salve Regina , petit motet de M. Rouffeau,
Auteur du Devin du Village , & du Diſcours
de Dijon. On a trouvé dans ce Motet
beaucoup de chant & d'expreflion , &
les Connoiffeurs défirent que M. Rouffeau
continue à enrichir la Littérature & la
Mufique Françoife & Latine par fes Ouvrages.
Mercredi le Concert commença par
une Symphonie, M. Dota & M. Albanefe
chanterent Stabat Mater , del Signor Pergolef
; enfuite Diligam te , motet à grandchoeur
de M. Gilles , dans lequel Mlle
Bouroux chanta Beata gens , morceau ajoûté
de M. de Lalande . M. Gaviniès joua
feul. Le Concert finit par De profundis
no tet à grand choeur de M, Mondonville.
168 MERCURE DE FRANCE.
Jeudi le Concert commença par une
fymphonie , dans laquelle M. Peria & M.
Grillet donnerent du cors. M. Dota & M.
Albaneſe , Ordinaires de la Mufique de la
Chapelle du Roi , chanterent Stabat Ma
ter , del Signor Pergolefi. Mlle Davau
chanta Magna eft gloria ejus , morceau tiré
d'un moter de M. de Lalande , Domine in
virtute tua, M. Carminati joua un Concerto.
Mile Fel chanta Salve Regina , petit
moter nouveau de M. Rouffeau . Le Ĉoncert
finit par Diligam te , motet à grand
choeur de M. Madin,
Vendredi , le Concert commença par
une fymphonie ; enfuite le Stabat Mater,
del Signor Pergolefi , chanté par M, Dota
& Albaneſe , Ordinaires de la Mufique de
la Chapelle du Roi, Mlle Duperey & M,
Gelin chanterent Cantemus Domino , petit
motet de M, Mouret. M. Gaviniés joua
feul . Mile Davaux chanta Magna eft gloria
ejus , morceau tiré d'un motet de M. de
Lalande , Domine in virtute tuâ, Le Concert
finit par De profundis , motet à grand
choeur de M. Mondonville ,
Samedi le Concert commença par une
fymphonie à tymballes & trompettes de
M. Pleffi cadet , de l'Académie Royale de
Mufique : enfuite Cantate , motet à grand
choeur , à timballes & trompettes , de M,
Davelne ,
JUI N. 1753. 169
Daveſne , de l'Académie Royale de Mufique.
Mlle Duperey chanta fort bien Regina
Cali , petit moret de M. Mouret . Mlle Fel
& M. Gaviniés exécuterent un concerto
accompagné de voix , de la compofition de
M. Mondonville. Le Concert finit par Co-
Li enarrant , motet à grand choeur du même
Auteur.
:
Dimanche , jour de Pâques , le Concert
commença par une fymphonie de M. Geminiani
enfuite Domine in virtute tuâ ,
motet à deux choeurs de M. Cordelet . M.
Albanefe chanta un air Italien . M.Taillard
joua fort agréablement un concerto de flûte.
Mlle Duperey & M. Richer , Page de la
Mufique de la Chapelle du Roi , chante .
rent Confitemini Domino , petit motet de
M. Cordeler. M. Gaviniés joua feul . Mlle
Fel chanta Laudate pueri Dominum , petit
moret de M. Fiocio . Le Concert finit par
Venite exultemus , motet à grand choeur de
M. Mondonville.
' Lundi de Pâques , le Concert commença
par une fymphonie , enfuite Deus venerunt
gentes , motet à grand choeur de M.
Fanton . M. Richer , Page de la Mufique
de la Chapelle du Roi , chanta une ariette
nouvelle de M. l'Abbé Blanchard. M.
Piffet le fils , joua un concerto de violon .
M. Albaneſe chanta une ariette Italienne.
1. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE:
M. Carminati joua un concerto . Le Con
cert finit par Bonum eft , motet à grand
choeur de M. Mondonville .
Mardi , le Concert commença par une
fymphonie nouvelle à cors- de - chaſſe , de
M. ***. Enfuite Jubilate Deo , motet nouveau
à grand choeur de M. Martin . M.
Moria joua un concerto de violon . M. Richer
, Page de la Mufique du Roi , chanta
une ariette nouvelle & bien faite de M.
l'Abbé Blanchard . M. Carminati joua un
concerto. Mlle Davaux chanta Magna eft
gloria ejus , récit tiré d'un motet de M. Lalande
, Domine in virtute tuâ. Le Concert
finit par Nifi Dominus , motet à grand choeur
de M. Mondonville,
Vendredi , le Concert commença par
une fymphonie à cors- de - chaffe . M. Dota
& M. Albanefe , Ordinaires de la Mufique
de la Chapelle du Roi , chanterent
Stabat Mater , del Signor Pergolefi . Mlle
Dubut chanta Jubilate Deo , petit motet.
Mlle Fel & M. Gaviniés exécuterent un
concerto accompagné de voix , de la compofition
de M. Mondonville . Mlle Davaux
chanta Venite exultemus , petit motet
de M. Mouret. Le Concert finit par Dominus
regnavit , motet à grand choeur de M.
Mondonville.
Dimanche , jour de Quafimodo , le`
JUIN. 1753. 171
Concert commença par la premiere Sonate
des Piéccs de Clavecin de M. Mondonville
, enfuite Cali enarrant , motet à grand
choeur du même Auteur . M. Gelin chanta
Cantemus Domino, petit motet. M. Albanefe
chanta un air Italien . M. Taillard joua
un concerto de flûte . Mlle Duperey & M.
Richer , Page de la Mufique de la Chapelle
du Roi , chanterent Confitemini Domino ,
petit motet de M. Cordelet. Mlle Davaux.
chanta Venite exultemus , petit motet de
M. Mouret. M. Gaviniés joua feul . Mlle
Fel chanta Salve Regina , petit motet de
M. Rouffeau. Le Concert finit par Venite
exultemus , motet à grand choeur de M.
Mondonville.
L
E Concert a attiré plus de monde
dans la quinzaine de Pâque , qu'il ne
l'avoit fait les années précédentes. On va
voir par le détail des différens morceaux
qui y ont été exécutés , que ce fuccès étoit
dû aux foins & au goût des Directeurs.
Nous ne ferons qu'indiquer ce qui eft
164 MERCURE DE FRANCE
connu ; nous nous arrêterons un peu plus
fur les nouveautés.
Le Concert du Dimache huit , jour de
la Paffion, commença par une Symphonie;
enfuite Deus , venerunt gentes , nouvea
Motet de M. Fanton , qui fut affez mal
exécuté. Une fymphonie de M.Guillemain,
Ordinaire de la Mufique du Roi . M. Al
banefe , de la Mufique de la Chapelle du
Roi , chanta très agréablement deux morceaux
Italiens bien choisis , le 1 del Signot
Caputy , le 2º de M. Haffe . M. Carminati,
Venitien , établi à Lyon , joua un Concerró
de violon , & a joué plufieurs fois
depuis. Les Connoiffeurs l'ont fort goûté ,
& le Public a trouvé fon jeu fort précis &
fort fage. Le Concert finit par Bonum eft,
Motet à grand choeur , de M. Mondon
ville.
Le Concert du Vendredi de la Paffion,
13 Avril , commença par la premiere ouverture
des fymphonies de M. Martin ; enfuite
Deprofundis , Motet à grand choeur
de M. Mion , qui ne réuffit point : une
fymphonie à cor- de- chaffe. M. Gelin chanta
Inclina Domine ,' petit motet de M. Martin.
M. Carminati joua un Concerto de
violon . M. Albanefe chanta avec beaucoup
de goût & de naturel , deux beaux
morceaux Italiens. Le premier , del SiJUIN.
1753. 165
gnor Pergolefi , le deuxième , del Signor
Romani . Le Concert finit par Magnus Dominus
, motet à grand choeur de M. Mondonville,
Le Concert du Dimanche des Rameaux,
quinze Avril , commença par une Symphonie
; enfuite Cantate Domino , canticum
novum , motet à grand choeur de M. Martin.
M. Albanele chanta deux morceaux
Italiens. M. Gaviniés joua feul & bien,
M. Richer , Page de la Mufique de la Chapelle
du Roi , qui fit les délices de tour
Paris l'an dernier , chanta une Ariette fort
agréable de M. l'Abbé Blanchard. On
trouva que fon goût n'avoit pas diminué
que fa voix s'étoit fortifiée . Le Concert
finit parDe profundis , motet à grand choeur
de M, Mondonville.
&
?
Le Lundi feize , le Concert commença
par une fymphonie. On donna enfuite
pour la premiere fois , le Stabat mater
del Signor Pergolefi , motet fi célebre dans
toute l'Europe , & qui depuis qu'on l'avoit
annoncé , fixoit l'attention de tout
Paris . Cet Ouvrage fur mieux reçu des
Connoiffeurs que de la multitude. Les
morceaux qui ont le plus réuffi font le
Prélude admirable , par lequel ouvre le
motet , le Stabat Mater en Duo , & le
Récit Vidit fuum dulcem natum. Il ne pa164
MERCURE DE FRANCE
P
connu ; nous nous arrêterons un peu plus
fur les nouveautés.
Le Concert du Dimache huit , jour de
la Paffion , commença par une Symphonie;
enfuite Deus , venerunt gentes , nouveau
Motet de M. Fanton , qui fut affez mal
exécuté. Une fymphonie de M.Guillemain,
Ordinaire de la Mufique du Roi . M. Albanefe
, de la Mufique de la Chapelle du
Roi , chanta très agréablement deux morceaux
Italiens bien choisis , le 1 del Signor
Caputy , le 2º de M. Haffe . M. Carminati,
Venitien , établi à Lyon , joua un Concerró
de violon , & a joué plufieurs fois
depuis. Les Connoiffeurs l'ont fort goûté ,
& le Public a trouvé fon jeu fort précis &
fort fage. Le Concert finit par Bonum eft ,
Motet à grand choeur , de M. Mondonville.
Le Concert du Vendredi de la Paffion ,
13 Avril , commença par la premiere ouverture
des fymphonies de M. Martin ; enfuite
De profundis , Motet à grand choeur
de M. Mion , qui ne réuffit point : une
fymphonie à cor-de- chaffe. M. Gelin chanta
Inclina Domine ,' petit motet de M. Martin.
M. Carminati joua un Concerto de
violon . M. Albanefe chanta avec beaucoup
de goût & de naturel , deux beaux
morceaux Italiens . Le premier , del Si
JUIN. 1753 . 165
gnor Pergolefi , le deuxième , del Signor
Romani. Le Concert finit par Magnus Dominus
, motet à grand choeur de M. Mondonville,
Le Concert du Dimanche des Rameaux,
quinze Avril , commença par une Symphonie
; enfuite Cantate Domino , canticum
novum , motet à grand choeur de M. Martin.
M. Albanele chanta deux morceaux
Italiens . M. Gaviniés joua feul & bien.
M. Richer , Page de la Mufique de la Chapelle
du Roi , qui fit les délices de tour
Paris l'an dernier , chanta une Ariette fort
agréable de M. l'Abbé Blanchard . On
trouva que fon goût n'avoit pas diminué
que fa voix s'étoit fortifiée. Le Concert
finit parDe profundis , motet à grand choeur
de M. Mondonville ,
&
Le Lundi feize , le Concert commença
par une fymphonie. On donna enfuite
pour la premiere fois , le Stabat mater ,
del Signor Pergolefi , motet fi célebre dans
toute l'Europe , & qui depuis qu'on l'avoit
annoncé , fixoit l'attention de tout
Paris . Cet Ouvrage fur mieux reçu des
Connoiffeurs que de la multitude. Les
morceaux qui ont le plus réuffi font le
Prélude admirable , par lequel ouvre le
motet , le Stabat Mater en Duo , & le
Récit Vidit fuum dulcem natum . Il ne pa166
MERCURE DE FRANCE.
que
roît pas poffible de pouffer plus loin l'expreffion
de la douleur & de la tendreſſe ,
le Muficien l'a fait dans ces morceaux.
Mais ce qui eft peut- être plus admirable encore
, parce que cela étoit plus difficile ,
c'eft l'art qu'il a eu de varier le mouvement
dans les différens morceaux de fon motet
fans varier l'expreffion . Par exemple dans
le fecond morceau Cujus animam gementem
, qui eft fur un mouvement afſez vif,
le Muficien a fçû mettre une expreffion de
douleur , que les Connoiffeurs y ont bien
fentie , & qui n'a peut- être pas été rendu
par l'exécution auffi parfaitement qu'elle
pouvoit l'être. On auroit défiré aufli qu'à
la place de la fugue Fac ut erdeat cor
meum , qui a fait peu d'effet au Concert
on eût fubftitué le duo Quis eft homo ,
non fleret , qui n'eft pas inférieur aux plus
beaux morceaux du Motet. Quoiqu'il en
foit de ces obfervations , le fuccès du Sta- ·
bat a été affez grand pour qu'on l'ait don
né cinq jours de fuite , & pour qu'il air
été redemandé une fixième fois. Ce Moter
a été exécuté par Mrs Dota & Albaneſe
Italiens , de la Mufique du Roi.
1
qui
Le Concert du Mardi commença par
une fymphonie à cors- de- chaffe , enfuite
le Stabat. Mlle Davaux débuta dans Magna
eft gloria ejus , morceau tiré du moter
JUIN. 1.753. 167
Domine in virtute tuâ , de M. de Lalande.
Mlle Dayaux eft un fujet de la plus grande
& de la plus rare efpérance : la voix eft
nette , franche , naturelle , fenfible & fonore.
On ne doit pas craindre que ce ta
lent fe gâte comme nous en avons vû ſe
gâter tant d'autres : les arrangemens qui
ont été pris pour la perfectionner font trèsfages
, & formeront , felon toutes les apparences
, pour l'Opéra un fujet dont ila
très- grand befoin . Après que M. Carminati
eut joué un Concerto , Mlle Fel
chanta , comme elle feule fçait chanter ,
Salve Regina , petit motet de M. Rouffeau,
Auteur du Devin du Village , & du Diſcours
de Dijon. On a trouvé dans ce Motet
beaucoup de chant & d'expreflion , &
les Connoiffeurs défirent que M. Rouffeau
continue à enrichir la Littérature & la
Mufique Françoife & Latine par fes Ouvrages.
Mercredi le Concert commença par
une Symphonie, M. Dota & M. Albanefe
chanterent Stabat Mater , del Signor Pergolef
; enfuite Diligam te , motet à grandchoeur
de M. Gilles , dans lequel Mlle
Bouroux chanta Beata gens , morceau ajoûté
de M. de Lalande . M. Gaviniès joua
feul. Le Concert finit par De profundis
no tet à grand choeur de M, Mondonville.
168 MERCURE DE FRANCE.
Jeudi le Concert commença par une
fymphonie , dans laquelle M. Peria & M.
Grillet donnerent du cors. M. Dota & M.
Albaneſe , Ordinaires de la Mufique de la
Chapelle du Roi , chanterent Stabat Ma
ter , del Signor Pergolefi. Mlle Davau
chanta Magna eft gloria ejus , morceau tiré
d'un moter de M. de Lalande , Domine in
virtute tua, M. Carminati joua un Concerto.
Mile Fel chanta Salve Regina , petit
moter nouveau de M. Rouffeau . Le Ĉoncert
finit par Diligam te , motet à grand
choeur de M. Madin,
Vendredi , le Concert commença par
une fymphonie ; enfuite le Stabat Mater,
del Signor Pergolefi , chanté par M, Dota
& Albaneſe , Ordinaires de la Mufique de
la Chapelle du Roi, Mlle Duperey & M,
Gelin chanterent Cantemus Domino , petit
motet de M, Mouret. M. Gaviniés joua
feul . Mile Davaux chanta Magna eft gloria
ejus , morceau tiré d'un motet de M. de
Lalande , Domine in virtute tuâ, Le Concert
finit par De profundis , motet à grand
choeur de M. Mondonville ,
Samedi le Concert commença par une
fymphonie à tymballes & trompettes de
M. Pleffi cadet , de l'Académie Royale de
Mufique : enfuite Cantate , motet à grand
choeur , à timballes & trompettes , de M,
Davelne ,
JUI N. 1753. 169
Daveſne , de l'Académie Royale de Mufique.
Mlle Duperey chanta fort bien Regina
Cali , petit moret de M. Mouret . Mlle Fel
& M. Gaviniés exécuterent un concerto
accompagné de voix , de la compofition de
M. Mondonville. Le Concert finit par Co-
Li enarrant , motet à grand choeur du même
Auteur.
:
Dimanche , jour de Pâques , le Concert
commença par une fymphonie de M. Geminiani
enfuite Domine in virtute tuâ ,
motet à deux choeurs de M. Cordelet . M.
Albanefe chanta un air Italien . M.Taillard
joua fort agréablement un concerto de flûte.
Mlle Duperey & M. Richer , Page de la
Mufique de la Chapelle du Roi , chante .
rent Confitemini Domino , petit motet de
M. Cordeler. M. Gaviniés joua feul . Mlle
Fel chanta Laudate pueri Dominum , petit
moret de M. Fiocio . Le Concert finit par
Venite exultemus , motet à grand choeur de
M. Mondonville.
' Lundi de Pâques , le Concert commença
par une fymphonie , enfuite Deus venerunt
gentes , motet à grand choeur de M.
Fanton . M. Richer , Page de la Mufique
de la Chapelle du Roi , chanta une ariette
nouvelle de M. l'Abbé Blanchard. M.
Piffet le fils , joua un concerto de violon .
M. Albaneſe chanta une ariette Italienne.
1. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE:
M. Carminati joua un concerto . Le Con
cert finit par Bonum eft , motet à grand
choeur de M. Mondonville .
Mardi , le Concert commença par une
fymphonie nouvelle à cors- de - chaſſe , de
M. ***. Enfuite Jubilate Deo , motet nouveau
à grand choeur de M. Martin . M.
Moria joua un concerto de violon . M. Richer
, Page de la Mufique du Roi , chanta
une ariette nouvelle & bien faite de M.
l'Abbé Blanchard . M. Carminati joua un
concerto. Mlle Davaux chanta Magna eft
gloria ejus , récit tiré d'un motet de M. Lalande
, Domine in virtute tuâ. Le Concert
finit par Nifi Dominus , motet à grand choeur
de M. Mondonville,
Vendredi , le Concert commença par
une fymphonie à cors- de - chaffe . M. Dota
& M. Albanefe , Ordinaires de la Mufique
de la Chapelle du Roi , chanterent
Stabat Mater , del Signor Pergolefi . Mlle
Dubut chanta Jubilate Deo , petit motet.
Mlle Fel & M. Gaviniés exécuterent un
concerto accompagné de voix , de la compofition
de M. Mondonville . Mlle Davaux
chanta Venite exultemus , petit motet
de M. Mouret. Le Concert finit par Dominus
regnavit , motet à grand choeur de M.
Mondonville.
Dimanche , jour de Quafimodo , le`
JUIN. 1753. 171
Concert commença par la premiere Sonate
des Piéccs de Clavecin de M. Mondonville
, enfuite Cali enarrant , motet à grand
choeur du même Auteur . M. Gelin chanta
Cantemus Domino, petit motet. M. Albanefe
chanta un air Italien . M. Taillard joua
un concerto de flûte . Mlle Duperey & M.
Richer , Page de la Mufique de la Chapelle
du Roi , chanterent Confitemini Domino ,
petit motet de M. Cordelet. Mlle Davaux.
chanta Venite exultemus , petit motet de
M. Mouret. M. Gaviniés joua feul . Mlle
Fel chanta Salve Regina , petit motet de
M. Rouffeau. Le Concert finit par Venite
exultemus , motet à grand choeur de M.
Mondonville.
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Résumé : CONCERTS SPIRITUELS.
Durant la quinzaine de Pâques, les concerts spirituels ont attiré un public nombreux grâce à la qualité des œuvres et aux choix des directeurs. Plusieurs concerts mémorables ont été organisés. Le dimanche de la Passion, le concert a commencé par une symphonie et le motet 'Deus, venerunt gentes' de M. Fanton, mal exécuté. M. Albanese a chanté des morceaux italiens, et M. Carminati a joué un concerto de violon apprécié. Le concert s'est terminé par 'Bonum est' de M. Mondonville. Le vendredi de la Passion, le concert a débuté avec une ouverture de M. Martin et le motet 'De profundis' de M. Mion, qui n'a pas réussi. M. Carminati et M. Albanese ont interprété des morceaux italiens, et le concert s'est conclu par 'Magnus Dominus' de M. Mondonville. Le dimanche des Rameaux, le concert a commencé par une symphonie et le motet 'Cantate Domino' de M. Martin. M. Richer a chanté une ariette de l'Abbé Blanchard, et le concert s'est terminé par 'De profundis' de M. Mondonville. Le lundi suivant, le 'Stabat mater' de Pergolèse a été présenté pour la première fois, apprécié notamment pour son prélude et le 'Stabat Mater en Duo'. Du 1 au 17 juin 1753, plusieurs concerts ont été organisés, souvent commençant par des symphonies. Le 'Stabat Mater' de Pergolèse a été interprété par MM. Dotta et Albanese. Mlle Davaux a débuté avec 'Magna est gloria ejus' du motet 'Domine in virtute tua' de Lalande, et a été saluée pour sa voix. Mlle Fel a chanté 'Salve Regina' de Rousseau. Les concerts ont inclus des œuvres de divers compositeurs tels que Gilles, Madin, Mondonville, Mouret, et Davelne. Des solistes comme M. Carminati, M. Gaviniés, et M. Taillard ont joué des concertos. Le programme variait chaque jour, incluant des motets, des cantates, et des airs italiens. Le succès du 'Stabat' a été notable, avec des représentations supplémentaires demandées.
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17728
p. 211-212
« M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...] »
Début :
M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...]
Mots clefs :
M. Keyser, Villes, Satisfaction, Remèdes, Hôpital, Correspondances, Vérité
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texteReconnaissance textuelle : « M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...] »
M. Keyſer ſupplie le Public d'obſerver que
voila déja plus de trente des principales villes du
royaume , qui ont fait avec la plus grande fatisfaction
, les épreuves les plus authentiques de fes
dragées , qu'il n'y a peut- être jamais eu de remede
dont on ait rendu un compte fi exact , &
qui ait fubi autant d'examens , puiſqu'indépen
damment d'un hôpital fondé en ſa faveur, & treize
traitemens confécutifs qui y ont déja été faits , il
réſulte de tous les endroits où il l'a envoyé , des
témoignages à la vérité deſquels il ſeroit impoffible
de ſe refufer ; & il ofe fe flotter de n'avoir plus
beſoin d'afficher dorénavant , la continuité de ſes
ſuccès , pour perfuader le Public , & étouffer les
faux & mauvais propos que la jaloufie de ſes adverſaires
ſe plaît d'enfanter chaque jour.
Il prie Meſſieurs ſes Correſpondans de ne pas
s'impatienter s'ils ne trouvent pas encore leurs
Lettres& Certificats inférés dans les Mercures , ne
pouvant en mettre que deux ou trois à la fois ,
12 MERCURE DE FRANCE .
&les annoncer les uns après les autres.
Il eſpere donner dans les volumes prochains,
la lifte générale de ſes correſpondans actuels , &
n'attend plus pour cela , que les réponſes de quelques-
uns , &la fin des épreuves de quelques autres.
Il a l'honneur de prévenir auſſi ceux qui pourroient
par fauſſe prévention ou autres raiſons , ne
pas deſirer de voir leurs noms inférés dans la liſte ,
de lui en écrire avant le 15 Octobre , ne voulant
les gêner en aucune façon , & ne leur demandant
que ce que la vérité & la justice pourront leur
dicter à cet égard pour le bien de l'humanité.
voila déja plus de trente des principales villes du
royaume , qui ont fait avec la plus grande fatisfaction
, les épreuves les plus authentiques de fes
dragées , qu'il n'y a peut- être jamais eu de remede
dont on ait rendu un compte fi exact , &
qui ait fubi autant d'examens , puiſqu'indépen
damment d'un hôpital fondé en ſa faveur, & treize
traitemens confécutifs qui y ont déja été faits , il
réſulte de tous les endroits où il l'a envoyé , des
témoignages à la vérité deſquels il ſeroit impoffible
de ſe refufer ; & il ofe fe flotter de n'avoir plus
beſoin d'afficher dorénavant , la continuité de ſes
ſuccès , pour perfuader le Public , & étouffer les
faux & mauvais propos que la jaloufie de ſes adverſaires
ſe plaît d'enfanter chaque jour.
Il prie Meſſieurs ſes Correſpondans de ne pas
s'impatienter s'ils ne trouvent pas encore leurs
Lettres& Certificats inférés dans les Mercures , ne
pouvant en mettre que deux ou trois à la fois ,
12 MERCURE DE FRANCE .
&les annoncer les uns après les autres.
Il eſpere donner dans les volumes prochains,
la lifte générale de ſes correſpondans actuels , &
n'attend plus pour cela , que les réponſes de quelques-
uns , &la fin des épreuves de quelques autres.
Il a l'honneur de prévenir auſſi ceux qui pourroient
par fauſſe prévention ou autres raiſons , ne
pas deſirer de voir leurs noms inférés dans la liſte ,
de lui en écrire avant le 15 Octobre , ne voulant
les gêner en aucune façon , & ne leur demandant
que ce que la vérité & la justice pourront leur
dicter à cet égard pour le bien de l'humanité.
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Résumé : « M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...] »
M. Keyser annonce que ses dragées, un remède dont l'efficacité est prouvée, ont été testées avec satisfaction dans plus de trente villes principales du royaume. Les preuves de son efficacité incluent la création d'un hôpital et treize traitements consécutifs réalisés dans cet établissement. Des témoignages de diverses régions confirment ces résultats, rendant toute contestation impossible. M. Keyser affirme ne plus avoir besoin de publier continuellement ses succès malgré les critiques de ses adversaires jaloux. Il demande à ses correspondants de ne pas s'impatienter si leurs lettres et certificats ne sont pas immédiatement publiés dans les Mercures, car il ne peut en publier que deux ou trois à la fois. Il prévoit de publier prochainement une liste générale de ses correspondants actuels, en attendant les réponses de certains et la fin des épreuves d'autres. M. Keyser prévient également ceux qui ne souhaitent pas voir leurs noms publiés de le lui écrire avant le 15 octobre, afin de respecter leur volonté et la vérité.
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17729
p. 211-212
COMEDIE FRANÇOISE.
Début :
Les Comédiens françois ont repris le 28 Avril Andronic, tragédie de Campistron [...]
Mots clefs :
Comédie-Française, Comédie, Tragédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMEDIE FRANÇOISE.
-COMEDIE FRANÇOISE.:
3
ES Comédiens françois ont repris le
L28 Avril Andronic , tragédié de Campiftron.
Le fieur Clavareau de Rochebelle
y a débuté par le rolle d'Andronic , avec un
applaudiffement général , & qui plus eft ,
mérité. On doit d'autant plus attendre de
fon talent , qu'il eft fondé fur beaucoup
d'intelligence avec cette partie on eft für
du progrès. S'illa l'organe un peu foible ,
ce défaut eft réparé par une prononciation
nette & diftincte ; on ne perd pas un mor
de ce qu'il dit. Un Comédien qui eft doué
d'une grande voix , en abufe fouvent , &
crie fans fe faire entendre , faute d'avoir
l'art de bien articuler, JEMOD
L'acteur nouveau a joué fucceffivement
les rolles de Guftave , de Zamore: & du
Comte d'Effex : il a fait plaifir dans tous ;
mais il a particulierement réuffi dans celui
ede Zamore. On ne peut pas rendre avec
plus d'anes de force & dervérité 2 le beau
214 MERCURE DE FRANCE.
morceau du troifieme acte qu'il adreffe à
Alvarès & à Gufman. Les Comédiens ont
interrompu fon début , pour donner le 15
Mai la premiere repréſentation du Jaloux ,
Comédie en vers , en cinq actes : elle eſt de
M. Bret.
Quoique cette piéce n'ait pas réuffi , on
ne peut difconvenir qu'il n'y ait des beautés
des détails . L'épiſode de la foeur du Jaloux
eft des plus heureux. Au fecond acte la
fcene de la fauffe jaloufie qui lui a été confeillée
par fon frere pour éprouver fon
amant , eft une fcene bien faite par l'auteur
, & très-bien rendue par l'actrice. *
Je crois que M. Bret eût mieux fait , s'il
eût moins fuivi le Roman ; il faut au théatre
un caractere plus général & plus vrai.
L'auteur a voulu éviter le Jaloux defabufé,
& il est tombé dans le Curieux impertiment
, qui eft un plus grand écueil .
* Mlle Guéant.
3
ES Comédiens françois ont repris le
L28 Avril Andronic , tragédié de Campiftron.
Le fieur Clavareau de Rochebelle
y a débuté par le rolle d'Andronic , avec un
applaudiffement général , & qui plus eft ,
mérité. On doit d'autant plus attendre de
fon talent , qu'il eft fondé fur beaucoup
d'intelligence avec cette partie on eft für
du progrès. S'illa l'organe un peu foible ,
ce défaut eft réparé par une prononciation
nette & diftincte ; on ne perd pas un mor
de ce qu'il dit. Un Comédien qui eft doué
d'une grande voix , en abufe fouvent , &
crie fans fe faire entendre , faute d'avoir
l'art de bien articuler, JEMOD
L'acteur nouveau a joué fucceffivement
les rolles de Guftave , de Zamore: & du
Comte d'Effex : il a fait plaifir dans tous ;
mais il a particulierement réuffi dans celui
ede Zamore. On ne peut pas rendre avec
plus d'anes de force & dervérité 2 le beau
214 MERCURE DE FRANCE.
morceau du troifieme acte qu'il adreffe à
Alvarès & à Gufman. Les Comédiens ont
interrompu fon début , pour donner le 15
Mai la premiere repréſentation du Jaloux ,
Comédie en vers , en cinq actes : elle eſt de
M. Bret.
Quoique cette piéce n'ait pas réuffi , on
ne peut difconvenir qu'il n'y ait des beautés
des détails . L'épiſode de la foeur du Jaloux
eft des plus heureux. Au fecond acte la
fcene de la fauffe jaloufie qui lui a été confeillée
par fon frere pour éprouver fon
amant , eft une fcene bien faite par l'auteur
, & très-bien rendue par l'actrice. *
Je crois que M. Bret eût mieux fait , s'il
eût moins fuivi le Roman ; il faut au théatre
un caractere plus général & plus vrai.
L'auteur a voulu éviter le Jaloux defabufé,
& il est tombé dans le Curieux impertiment
, qui eft un plus grand écueil .
* Mlle Guéant.
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Résumé : COMEDIE FRANÇOISE.
En avril et mai, la Comédie Française a présenté plusieurs pièces. Le 28 avril, les comédiens ont joué 'Andronic' de Campistron, avec Clavareau de Rochebelle dans le rôle principal. Malgré une voix faible, il a été applaudi pour sa prononciation claire. Il a également interprété Gustave, Zamore et le Comte d'Essling, se distinguant particulièrement dans le rôle de Zamore. Le 15 mai, la troupe a interrompu ses débuts pour la première représentation du 'Jaloux', une comédie en vers en cinq actes de M. Bret. Bien que la pièce n'ait pas été un grand succès, elle contenait des moments remarquables, notamment une scène de fausse jalousie interprétée par Mlle Guéant. L'auteur a été critiqué pour avoir trop suivi le modèle romanesque, manquant ainsi de caractère général et vrai au théâtre.
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17730
p. 214-215
COMEDIE ITALIENNE.
Début :
Le 3 de ce mois, les Comédiens italiens donnerent la premiere représentation de [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens
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texteReconnaissance textuelle : COMEDIE ITALIENNE.
COMEDIE ITALIENNE. -
E35de ce mois , les Comédiens italiens
donnerent la premiere repréſentation de
la Rancune , fans l'avoir annoncée . C'eſt
une parodie de Philoctete , dont l'auteur ne
s'eft pas nommé. Quel qu'il fait , il ne doit
JUI N. 1755. 215
*
pas rougir de l'ouvrage , c'eft celui d'un
homme d'efprit ; il y a des vers heureux &
des tirades bien faites : le traveftiffement
d'ailleurs eft affez bien faift . L'Opéra de
Lyon , en concurrence avec la Comédie ;
la Rancune , acteur difficile à vivre , mais
d'un talent diftingué , que fes camarades
ont abandonné , & qu'ils viennent chercher
dans leur décadence, comme leur derniere
reffource , parodient aſſez natutellement
le fujet de la tragédie ; mais une tracafferie
de Comédiens n'intéreffe pas affez
de gros du public qui ne vit pas avec eux ;
ce tableau des viciffitudes théatrales ne
peut être bien amusant que pour ceux qui
Fréquentent journalierement les foyers , &
qui font initiés dans tous les mysteres de
la Comédie. La Servante Maîtreſſe eft
encore venue au fecours ; on l'a donnée
le 19 pour la cent quarante- unieme fois.
E35de ce mois , les Comédiens italiens
donnerent la premiere repréſentation de
la Rancune , fans l'avoir annoncée . C'eſt
une parodie de Philoctete , dont l'auteur ne
s'eft pas nommé. Quel qu'il fait , il ne doit
JUI N. 1755. 215
*
pas rougir de l'ouvrage , c'eft celui d'un
homme d'efprit ; il y a des vers heureux &
des tirades bien faites : le traveftiffement
d'ailleurs eft affez bien faift . L'Opéra de
Lyon , en concurrence avec la Comédie ;
la Rancune , acteur difficile à vivre , mais
d'un talent diftingué , que fes camarades
ont abandonné , & qu'ils viennent chercher
dans leur décadence, comme leur derniere
reffource , parodient aſſez natutellement
le fujet de la tragédie ; mais une tracafferie
de Comédiens n'intéreffe pas affez
de gros du public qui ne vit pas avec eux ;
ce tableau des viciffitudes théatrales ne
peut être bien amusant que pour ceux qui
Fréquentent journalierement les foyers , &
qui font initiés dans tous les mysteres de
la Comédie. La Servante Maîtreſſe eft
encore venue au fecours ; on l'a donnée
le 19 pour la cent quarante- unieme fois.
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Résumé : COMEDIE ITALIENNE.
Le 21 juin 1755, les Comédiens italiens ont présenté la première représentation de 'La Rancune' sans préavis. Cette pièce, une parodie anonyme de 'Philoctète', est appréciée pour ses vers et ses tirades bien construites. Elle met en scène l'Opéra de Lyon en concurrence avec la Comédie et le personnage de La Rancune, un acteur talentueux mais difficile, abandonné puis réintégré par ses camarades. Cependant, les intrigues des comédiens n'intéressent pas le grand public, peu familier avec leur mode de vie. Ce spectacle est amusant uniquement pour ceux qui fréquentent régulièrement les foyers théâtraux. Par ailleurs, 'La Servante Maîtresse' a été jouée le 19 juin pour la 141e fois.
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17731
p. 212-213
AVIS A l'Auteur de la Lettre anonyme sur l'Instruction de la Jeunesse, dans le second volume du Mercure du mois de Juillet dernier, fol. I 37.
Début :
Monsieur, sur l'avis que vous donnez au bas de votre Lettre, un Seigneur auroit [...]
Mots clefs :
Nouvelle méthode, Seigneur, Rencontre , Auteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS A l'Auteur de la Lettre anonyme sur l'Instruction de la Jeunesse, dans le second volume du Mercure du mois de Juillet dernier, fol. I 37.
AVIS
Al'Auteur de la Lettre anonyme ſur l'Inftruction
de la Jeuneſſe , dans le second
volume du Mercure du mois de Juillet
dernier , fol. 137 .
MONSIEUR',
ONSIEUR , fur l'avis que vous donnez
au bas de votre Lettre , un Seigneur auroit
envie de faire connoiſſance avec l'Auteur
de la nouvelle Méthode dont vous
parlez ; il m'a écrit à cet effet , & je me
preſſe de vous en faire part pour que vous
lui procuriez ce plaifir. Mon adreſſe eſt à
M. Gelein , Agent des RR. PP. Céleftins
, près l'Arſenal , demeurant en leur
maiſon. Je me flatte que vous voudrez '
bien me faire connoître cet habile home
OCTOBRE. 1758 . 213
me , à moins qu'il ne juge plus à propos
de ſe donner la peine de venir dans cette
maiſon . J'attendrai avec impatience que
vous me procuriez l'honneur de le connoître
par celui de ces deux moyens qu'il
trouvera bon .
J'ai l'honneur d'être , &c.
GELEIN.
Paris , ce 8 Septembre 17.58 .
Al'Auteur de la Lettre anonyme ſur l'Inftruction
de la Jeuneſſe , dans le second
volume du Mercure du mois de Juillet
dernier , fol. 137 .
MONSIEUR',
ONSIEUR , fur l'avis que vous donnez
au bas de votre Lettre , un Seigneur auroit
envie de faire connoiſſance avec l'Auteur
de la nouvelle Méthode dont vous
parlez ; il m'a écrit à cet effet , & je me
preſſe de vous en faire part pour que vous
lui procuriez ce plaifir. Mon adreſſe eſt à
M. Gelein , Agent des RR. PP. Céleftins
, près l'Arſenal , demeurant en leur
maiſon. Je me flatte que vous voudrez '
bien me faire connoître cet habile home
OCTOBRE. 1758 . 213
me , à moins qu'il ne juge plus à propos
de ſe donner la peine de venir dans cette
maiſon . J'attendrai avec impatience que
vous me procuriez l'honneur de le connoître
par celui de ces deux moyens qu'il
trouvera bon .
J'ai l'honneur d'être , &c.
GELEIN.
Paris , ce 8 Septembre 17.58 .
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Résumé : AVIS A l'Auteur de la Lettre anonyme sur l'Instruction de la Jeunesse, dans le second volume du Mercure du mois de Juillet dernier, fol. I 37.
Gelein, Agent des RR. PP. Célestins à Paris, répond à une lettre anonyme du Mercure de juillet 1758. Un seigneur souhaite rencontrer l'auteur d'une nouvelle méthode d'instruction mentionnée dans cette lettre. Gelein fournit son adresse et attend une réponse. La date de l'avis est le 8 septembre 1758.
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17732
p. 160-164
SEANCE PUBLIQUE De l'Académie Françoise.
Début :
M. l'Abbé de Boismont ayant été élu par l'Académie Françoise à la place de feu [...]
Mots clefs :
Académie française, Discours, Nicolas Thyrel de Boismont, Esprit, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SEANCE PUBLIQUE De l'Académie Françoise.
SEANCE PUBLIQUE
De l'Académie Françoife.
M. l'Abbé de Boifmont ayant été élu
par l'Académie Françoife à la place de feu
M. l'Evêque de Mirepoix , y prit féance le
25 Octobre. Le difcours qu'il prononça ,
fut trouvé très- éloquent , & nous ofons
affurer que l'impreffion ne lui a rien fair
perdre de fa beauté. Ceux qui ne l'ont ni
entendu ni lu , en jugeront par les traits
que j'en vais citer. Je les prendrai dans
l'apologie qu'il fait du caractere actuel
de l'éloquence de la chaire , à qui l'on rẹ-
proche d'être trop ornée , & de courir
trop après l'efprit . Pourquoi , dit-il , lorfqu'il
s'agit de commander aux paffions
des hommes , dédaigneroit-on le charme
le plus puiffant qui les foumette , & qui les
captive ? J'appelle ainfi cet heureux art
d'embellir la raifon , d'adoucir la rudeffe
de fes traits , de lui donner une teinture
vive & pénétrante , de la dépouiller de
DECEMBRE. 1755. 161
cette féchereffe qui révolte , de cette monotonie
qui dégoute , de cette pefanteur
qui attiédit , & qui fatigue. Que produitelle
fans le fecours de cet art ? une attention
morte , une conviction froide , un
hommage aride & inanimé ; quelquefois
la tentation de fe venger de l'ennui par
le doute , & toujours le dépit fecret de
fentir que ce qui peut laiffer encore quelques
nuages dans l'efprit , ne foit pas du
moins protégé par le fuffrage du coeur.
On regrette tous les jours , ajoute- t- il
plus bas , la majestueufe fimplicité des premiers
défenfeurs. On veut que dans ces
rems heureux tout pliât fous le poids de
la vérité feule , & que pour la rendre victorieufe
il ait fuffi de la montrer fans parure
& fans art ; mais que prétend- on par
cette fuppofition chagrine ? fe perfuade- ton
que les premiers panégyriftes de la foi
dédaignerent les teffources du génie , abandonnerent
la vérité à fon ' auftérité naturelle
, repoufferent d'une main fuperftitieuſe
tous les ornemens qu'elle avoue , &
qu'en un mot un zele brulant & impétueux
leur tint lieu de tout ? illufion démentie
par les précieux monumens qui nous refrent
de ces gran is hommes. Qu'on écoute
S. Paul foudroyant la raifon humaine au
milieu de l'Areopage ; quelle critique dé-
1
162 MERCURE DE FRANCE.
licate ! quelle philofophie fublime ! quel
tableau brillant de l'immenfité du premier
être ! Non , quels que fuffent alors les fuccès
de la foi , les moyens humains entrerent
, je ne dis pas dans la compofition ,
mais dans la propagation fucceffive de cette
oeuvre divine . Alors , comme de nos
jours les controverfes , les écrits , les dif
cours publics prirent la teinture du caractere
perfonnel de l'efprit dominant du
fiecle , & fi j'ofe m'exprimer ainfi de
l'impulsion générale des moeurs. Tertullien
fut févere & bouillant , S. Auguftin
profond & lumineux, S. Chryfoftome pompeux
& folide , S. Bernard fenfible & fieuri.
Leur zele ne porte nulle part l'empreinte
d'une raifon féche & décharnée ; ils
l'enrichiffent , ils la parent de tous les tréfors
de l'imagination , moins déliée peutêtre
, moins minutieufe que celle de nos
jours , parce que leur âge étant plus fimple
, les vices avoient , pour ainfi dire
plus de corps & de confiftance : la corrup
tion étoit moins adroite , moins myſtérieufe
; elle ne forçoit point par conféquent,
à ces détails , & à ces nuances qui reffemblent
quelquefois à un foin affecté de l'art,
& qui n'appartiennent cependant qu'à un
efprit d'exactitude & d'obfervation . Lorfque
le vice eft devenu ingénieux , il a failu
DECEMBRE. 1755. 163
le devenir avec lui , pour le combattre.
Cette maniere de juftifier la néceffité où
l'on eft aujourd'hui d'employer les armes
de l'efprit pour faire triompher la parole
de Dieu , eft elle- même auffi ingénieufe ,
qu'elle eft nouvelle & bien faifie.
Monfieur l'Abbé Alary répondit à mon
fieur l'Abbé de Boifmont. Son difcours
eut l'approbation génerale , & le mérite
à double titre. Il eft élégant & court.
Après avoir donné en peu de mots au Récipiendaire
la louange due à fon talent
pour la chaire , il fait ainfi l'éloge de M.
l'Evêque de Mirepoix .
Né dans le fein d'une famille entierement
confacrée à la Religion , il ne connut
de vrais devoirs que ceux qu'elle prefcrit.
Son exactitude à les remplir le fit
renoncer abfolument au monde ; mais
malgré fa retraite, il ne put être long- tems
ignoré. Il parut dans le public pour y annoncer
les vérités éternelles..... Il n'eut
de commerce avec les grands que dans le
tribunal de la pénitence , & ils fe firent
gloire , en devenant fes amis , d'être à fon
infçu les protecteurs. Ce furent là , Monfieur
, les deux feuls nroyens qui fervirent
à fon élévation . Il ne dut rien à la fortune
, tout fut l'ouvrage de la providence ,
dont les voies impénétrables le conduifi164
MERCURE DE FRANCE.
rent aux premiers honneurs de l'Eglife ;
mais à peine y fut- il parvenu qu'il fut forcé
de s'arracher à fes travaux apoftoliques
déja récompenfés par les fruits les plus
abondans.
Deſtiné à l'inftruction de l'héritier du
premier trône de l'univers , il ne changea
point de maximes ; la Religion fut toujours
la bafe de fa conduite. Il ne fut occupé
que d'infpirer à fon augufte Eleve
les fentimens d'une pieté folide & éclairée
, l'amour du devoir & le defir de s'inftruire
, qualités fi néceffaires aux Souverains,
qui veulent faire le bonheur de leurs
peuples. Nous fommes tous témoins du
fuccès de fes foins ; & pouvions - nous
moins attendre d'un Prince , qui , dès les
premiers momens qu'il a connu la raifon
a donné les preuves les plus brillantes de
la vivacité de fon efprit , les marques les
plus fures de la folidité de fon jugement ,
les indices les plus certains de la fenfibilité
de fon coeur , reffource fi défirable
pour tous les malheureux .
De l'Académie Françoife.
M. l'Abbé de Boifmont ayant été élu
par l'Académie Françoife à la place de feu
M. l'Evêque de Mirepoix , y prit féance le
25 Octobre. Le difcours qu'il prononça ,
fut trouvé très- éloquent , & nous ofons
affurer que l'impreffion ne lui a rien fair
perdre de fa beauté. Ceux qui ne l'ont ni
entendu ni lu , en jugeront par les traits
que j'en vais citer. Je les prendrai dans
l'apologie qu'il fait du caractere actuel
de l'éloquence de la chaire , à qui l'on rẹ-
proche d'être trop ornée , & de courir
trop après l'efprit . Pourquoi , dit-il , lorfqu'il
s'agit de commander aux paffions
des hommes , dédaigneroit-on le charme
le plus puiffant qui les foumette , & qui les
captive ? J'appelle ainfi cet heureux art
d'embellir la raifon , d'adoucir la rudeffe
de fes traits , de lui donner une teinture
vive & pénétrante , de la dépouiller de
DECEMBRE. 1755. 161
cette féchereffe qui révolte , de cette monotonie
qui dégoute , de cette pefanteur
qui attiédit , & qui fatigue. Que produitelle
fans le fecours de cet art ? une attention
morte , une conviction froide , un
hommage aride & inanimé ; quelquefois
la tentation de fe venger de l'ennui par
le doute , & toujours le dépit fecret de
fentir que ce qui peut laiffer encore quelques
nuages dans l'efprit , ne foit pas du
moins protégé par le fuffrage du coeur.
On regrette tous les jours , ajoute- t- il
plus bas , la majestueufe fimplicité des premiers
défenfeurs. On veut que dans ces
rems heureux tout pliât fous le poids de
la vérité feule , & que pour la rendre victorieufe
il ait fuffi de la montrer fans parure
& fans art ; mais que prétend- on par
cette fuppofition chagrine ? fe perfuade- ton
que les premiers panégyriftes de la foi
dédaignerent les teffources du génie , abandonnerent
la vérité à fon ' auftérité naturelle
, repoufferent d'une main fuperftitieuſe
tous les ornemens qu'elle avoue , &
qu'en un mot un zele brulant & impétueux
leur tint lieu de tout ? illufion démentie
par les précieux monumens qui nous refrent
de ces gran is hommes. Qu'on écoute
S. Paul foudroyant la raifon humaine au
milieu de l'Areopage ; quelle critique dé-
1
162 MERCURE DE FRANCE.
licate ! quelle philofophie fublime ! quel
tableau brillant de l'immenfité du premier
être ! Non , quels que fuffent alors les fuccès
de la foi , les moyens humains entrerent
, je ne dis pas dans la compofition ,
mais dans la propagation fucceffive de cette
oeuvre divine . Alors , comme de nos
jours les controverfes , les écrits , les dif
cours publics prirent la teinture du caractere
perfonnel de l'efprit dominant du
fiecle , & fi j'ofe m'exprimer ainfi de
l'impulsion générale des moeurs. Tertullien
fut févere & bouillant , S. Auguftin
profond & lumineux, S. Chryfoftome pompeux
& folide , S. Bernard fenfible & fieuri.
Leur zele ne porte nulle part l'empreinte
d'une raifon féche & décharnée ; ils
l'enrichiffent , ils la parent de tous les tréfors
de l'imagination , moins déliée peutêtre
, moins minutieufe que celle de nos
jours , parce que leur âge étant plus fimple
, les vices avoient , pour ainfi dire
plus de corps & de confiftance : la corrup
tion étoit moins adroite , moins myſtérieufe
; elle ne forçoit point par conféquent,
à ces détails , & à ces nuances qui reffemblent
quelquefois à un foin affecté de l'art,
& qui n'appartiennent cependant qu'à un
efprit d'exactitude & d'obfervation . Lorfque
le vice eft devenu ingénieux , il a failu
DECEMBRE. 1755. 163
le devenir avec lui , pour le combattre.
Cette maniere de juftifier la néceffité où
l'on eft aujourd'hui d'employer les armes
de l'efprit pour faire triompher la parole
de Dieu , eft elle- même auffi ingénieufe ,
qu'elle eft nouvelle & bien faifie.
Monfieur l'Abbé Alary répondit à mon
fieur l'Abbé de Boifmont. Son difcours
eut l'approbation génerale , & le mérite
à double titre. Il eft élégant & court.
Après avoir donné en peu de mots au Récipiendaire
la louange due à fon talent
pour la chaire , il fait ainfi l'éloge de M.
l'Evêque de Mirepoix .
Né dans le fein d'une famille entierement
confacrée à la Religion , il ne connut
de vrais devoirs que ceux qu'elle prefcrit.
Son exactitude à les remplir le fit
renoncer abfolument au monde ; mais
malgré fa retraite, il ne put être long- tems
ignoré. Il parut dans le public pour y annoncer
les vérités éternelles..... Il n'eut
de commerce avec les grands que dans le
tribunal de la pénitence , & ils fe firent
gloire , en devenant fes amis , d'être à fon
infçu les protecteurs. Ce furent là , Monfieur
, les deux feuls nroyens qui fervirent
à fon élévation . Il ne dut rien à la fortune
, tout fut l'ouvrage de la providence ,
dont les voies impénétrables le conduifi164
MERCURE DE FRANCE.
rent aux premiers honneurs de l'Eglife ;
mais à peine y fut- il parvenu qu'il fut forcé
de s'arracher à fes travaux apoftoliques
déja récompenfés par les fruits les plus
abondans.
Deſtiné à l'inftruction de l'héritier du
premier trône de l'univers , il ne changea
point de maximes ; la Religion fut toujours
la bafe de fa conduite. Il ne fut occupé
que d'infpirer à fon augufte Eleve
les fentimens d'une pieté folide & éclairée
, l'amour du devoir & le defir de s'inftruire
, qualités fi néceffaires aux Souverains,
qui veulent faire le bonheur de leurs
peuples. Nous fommes tous témoins du
fuccès de fes foins ; & pouvions - nous
moins attendre d'un Prince , qui , dès les
premiers momens qu'il a connu la raifon
a donné les preuves les plus brillantes de
la vivacité de fon efprit , les marques les
plus fures de la folidité de fon jugement ,
les indices les plus certains de la fenfibilité
de fon coeur , reffource fi défirable
pour tous les malheureux .
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Résumé : SEANCE PUBLIQUE De l'Académie Françoise.
Lors d'une séance publique de l'Académie Française, l'Abbé de Boifmont a été élu pour succéder à M. l'Évêque de Mirepoix. Le 25 octobre, il a prononcé un discours jugé très éloquent, dont la beauté n'a pas été altérée par l'impression. Dans ce discours, il a défendu l'éloquence de la chaire, souvent critiquée pour être trop ornée et trop spirituelle. Il a argumenté que l'art d'embellir la raison est nécessaire pour captiver et soumettre les passions humaines. Sans cet art, l'attention reste morte, la conviction froide, et l'audience peut être tentée de douter. Il a regretté la simplicité des premiers défenseurs de la foi, mais a souligné que même eux utilisaient des moyens humains pour propager leur message. Il a cité des exemples comme Saint Paul, Tertullien, Saint Augustin, Saint Chrysostome et Saint Bernard, qui enrichissaient leurs discours de trésors d'imagination. L'Abbé Alary a répondu à l'Abbé de Boifmont avec un discours élégant et court, louant le talent de ce dernier pour la chaire et rendant hommage à M. l'Évêque de Mirepoix. Ce dernier, né dans une famille dévouée à la religion, a consacré sa vie à ses devoirs religieux, annonçant les vérités éternelles et gagnant le respect des grands. Il a été choisi pour instruire l'héritier du trône, lui inspirant une piété solide et éclairée, l'amour du devoir et le désir de s'instruire.
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17733
p. 213
Faute à corriger dans le Mercure de Septembre.
Début :
Page 103, ligne 9, au lieu de Marseillois, lisez, Massiliens. Je prie ceux [...]
Mots clefs :
Fautes, Caractères, Lettres
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texteReconnaissance textuelle : Faute à corriger dans le Mercure de Septembre.
Faute à corriger dans le Mercure de Septembre.
PAGE 103 , ligne 9 , au lieu de Marſeillois , lisi
-fez , Maffiliens.
Je prie ceux qui m'envoyent leurs manufcrits
de vouloir bien marquer diſtinctement les lettres
des noms propres ſur leſquels le ſens ne peut lever
l'équivoque des caracteres. La reſſemblance du z
avec l'r de l'écriture courante a fait imprimer
dans le Mercure d'Août à l'article des Morts , page
213 , Philibert de Sizy au lieu de Siry, &de même
Hugues de Sizy au lieu de Hugues de Siry.
PAGE 103 , ligne 9 , au lieu de Marſeillois , lisi
-fez , Maffiliens.
Je prie ceux qui m'envoyent leurs manufcrits
de vouloir bien marquer diſtinctement les lettres
des noms propres ſur leſquels le ſens ne peut lever
l'équivoque des caracteres. La reſſemblance du z
avec l'r de l'écriture courante a fait imprimer
dans le Mercure d'Août à l'article des Morts , page
213 , Philibert de Sizy au lieu de Siry, &de même
Hugues de Sizy au lieu de Hugues de Siry.
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Résumé : Faute à corriger dans le Mercure de Septembre.
Le texte évoque des fautes d'impression dans le Mercure. En septembre, 'Marseillois' a été corrigé en 'Maffiliens'. L'auteur recommande de bien distinguer les lettres des noms propres. En août, 'Philibert de Sizy' et 'Hugues de Sizy' ont été imprimés à la place de 'Philibert de Siry' et 'Hugues de Siry' en raison de la ressemblance entre 'z' et 'r'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17734
p. 213
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le premier Mercure du [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier,
le premier Mercure du mois d'Octobre , & je n'y
ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreffion,
AParis , ce 29 Septembre 1758.
GUIROY,
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier,
le premier Mercure du mois d'Octobre , & je n'y
ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreffion,
AParis , ce 29 Septembre 1758.
GUIROY,
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17735
p. 215-216
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
Le 8 de ce mois, jour de l'Ascension, le concert commença par une symphonie [...]
Mots clefs :
Symphonie, Concert
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texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
de ce mois , jour de l'Afcenfion ,
L'le concert commença par une fymphonie
del Signor Croës, enfuite Nifi Dominus,
motet à grand choeur de M. de Mondonville.
M. Dupont joua un concerto de violon.
Madame Veftris de Giardini chanta
7216 MERCURE DE FRANCE.
deux airs italiens , & fut très- applaudie.
M. Balbatre joua fur l'orgue l'Ouverture
de Pigmalion qui fit le plus grand effet.
Cet agréable concert finit par Dominus
regnavit , motetà grand choeur de M. de
Mondonville.b
Le Dimanche 18 jour de la Pentecôte,
le concert commença par,une fymphonie ,
enfuite Diligamates, motet à grandschoeur
de M. Giles . M.:Godard chanta le petit mo
tet de M. le Febvre . MM. Bureau & Saldantin
jouerent un concerto à deux , hautbois.
Mile Riviere chanta un petit motet de
de M. Mouret. M. Balbatre joua fur l'orgue
jun nouveau concerto , de fa compoſition.
Le concert finit par In exitu , moter à grand.
schoeur de M. de Mondonville , qui réunic
tous les fuftrages , & fut jugé digne d'un
A grand Maître .
de ce mois , jour de l'Afcenfion ,
L'le concert commença par une fymphonie
del Signor Croës, enfuite Nifi Dominus,
motet à grand choeur de M. de Mondonville.
M. Dupont joua un concerto de violon.
Madame Veftris de Giardini chanta
7216 MERCURE DE FRANCE.
deux airs italiens , & fut très- applaudie.
M. Balbatre joua fur l'orgue l'Ouverture
de Pigmalion qui fit le plus grand effet.
Cet agréable concert finit par Dominus
regnavit , motetà grand choeur de M. de
Mondonville.b
Le Dimanche 18 jour de la Pentecôte,
le concert commença par,une fymphonie ,
enfuite Diligamates, motet à grandschoeur
de M. Giles . M.:Godard chanta le petit mo
tet de M. le Febvre . MM. Bureau & Saldantin
jouerent un concerto à deux , hautbois.
Mile Riviere chanta un petit motet de
de M. Mouret. M. Balbatre joua fur l'orgue
jun nouveau concerto , de fa compoſition.
Le concert finit par In exitu , moter à grand.
schoeur de M. de Mondonville , qui réunic
tous les fuftrages , & fut jugé digne d'un
A grand Maître .
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Le document relate deux concerts spirituels. Le premier, sans date précise, débuta par une symphonie de Croës et le motet 'Nisi Dominus' de Mondonville. Dupont joua un concerto de violon, et Vestris chanta deux airs italiens, acclamés par le public. Balbatre interpréta l'ouverture de 'Pygmalion' à l'orgue, suscitant une grande impression. Le concert se conclut par le motet 'Dominus regnavit' de Mondonville. Le second concert, le 18 juin, jour de la Pentecôte, commença par une symphonie et le motet 'Diligamus Deum' de Gilles. Godard chanta un motet de Febvre, et Bureau et Saldantin jouèrent un concerto pour deux hautbois. Rivière interpréta un motet de Mouret, et Balbatre joua un concerto de sa composition à l'orgue. Le concert se termina par le motet 'In exitu' de Mondonville, salué comme digne d'un grand maître.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17736
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Fable. Le Mouton [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER .
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
FABALBLEE. Le Mouton&leDogue ,
Epître à Cléanthe ,
Heureuſement. Anecdote Françoiſe ,
Ode Anacreontique ,
page s
7
9
36
Réponſe de M. de Voltaire à une Enigme qui venoit
de Madame la Ducheſſe d'Orléans , 39
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Sonnet par Mademoiselle
R... Β...
1
40 6 42
de
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers au Marquis.
... âgé de 10 ans , le jour de ſa fête , en lui
préſentant un laurier , 43 44
Parva leves capiunt animos , pour le Lecteur ou
pour moi , 45.
Epître à M *** , par Madame de ... Religieuſe
au Couvent de ... SI
Penſées , 54
Vers à Monfieur & à Madame de Bullioud , fur la
belle action de leur fils , âgé de ſeize ans , par
Madame de V *** , 58
Vers fur la Mort de mon Fils , : 60
Vers à Son Excellence Monſeigneur l'Evêque de
Laon , par la Muſe Limonadiere ,
Vers à Son Excellence Monſeigneur de Breteuil ,
Ambaſſadeur de Malte à Rome , par la même, 62
61
Epitaphe du Pape Lambertini , par la même , ibid.
Explication de PEnigme & du Logogryphe du
Mercure de Septembre , 63
Enigme , ibid.
Logogryphe , 64
Chanfon, 66
215
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie , par M. Co
chin. Notes fur les Ecoles de Peinture & fur les
plus célebres Peintres d'Italie , 67
Extrait des Poéſies Philoſophiques , 78
Suite de l'Ami des Hommes , quatrieme Partie .
Mémoire ſur les Etats Provinciaux ,
Lettres Edifiantes & curieuſes , écrite des Miſſions
Etrangeres , par quelques Miffionnaires de la
৪৫-
Compagnie de Jeſus , 98
Réflexions ſur les avantages de la libre fabrication
&de l'uſagedes toiles peintes en France, &c. 109
La Regle des devoirs que la nature inſpire à tous
les hommes , 129
Confidérations ſur le Commerce, & en particulier
"fur les Compagnies , Sociétés & Maîtriſes , 137
OEuvres poſthumes de M. de *** , ibid.
Les Penſées errantes , avec quelques Lettres d'un
Indien , par Madame de *** ibid,
Epître d'Héloïſe à Abailard , traduite ( en profe )
de l'Anglois , avec un abrégé de la Vie d'Abailard
, ibid
Détails Militaires , par Durival , ibid.
Examen des Eaux minérales de Verberie , 138
E'oge de M. de Fontenelle , par M. Trublet , ibid.
Elémens d'Arithmétique , d'algebre & de géomé-,
métrie avec une Introduction aux Sections
,
coniques , par M. Mazeas , ibid .
Differtations ſur les biens nobles , &c . ibid,
L'utilité de l'Education des Armes ,&c. 139
Recherches hiſtoriques & critiques ſur les différens
moyens qu'on a employés juſqu'ici pour refroi
dir les liqueurs , & c. ibid
Tractande ac perdiſcenda Theologia ratio , ibid.
Effai d'une Hiſtoire de la Paroiſſe de S. Jacques la
Boucherie, 149
216
Manuel phyſique , ou maniere courte & facile
d'expliquer les phénomenes de la nature , ibid.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Théologie. Suite des Lettres de M. l'Abbé de *** , 141
Physique . Lettre d'un Médecin à l'Auteur du Mercure,
148
Prix d'Eloquence de l'Académie Françoiſe , pour
l'année 1759 , 154
Prix propofé au jugement de l'Académie Royale
des Sciences , 156
Séance publique de l'Acad. Royale de Nanci , 158
Séance publique de l'Académie des Sciences &
Belles- Lettres de Dijon , 164
Séances publiques de la Société Littéraire d'Arras,
166
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Peinture. 17.1
Musique. 174
Architecture. Obſervations ſur la tour de Piſes, 176
Teinture. 18,1
ART. V. SPECTACLES .
Opera , 183
Comédie Françoiſe. Extrait de laComédie intitulée
, l'Ile déserte , 184
Comédie Italienne , 190
Opera Comique , ibid.
Concert Spirituel , 192
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 193
Nouvellesde la Cour , de Paris , &c , 194
Bénéfices donnés , 203
Morts, 204
ARTICLE PREMIER .
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
FABALBLEE. Le Mouton&leDogue ,
Epître à Cléanthe ,
Heureuſement. Anecdote Françoiſe ,
Ode Anacreontique ,
page s
7
9
36
Réponſe de M. de Voltaire à une Enigme qui venoit
de Madame la Ducheſſe d'Orléans , 39
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Sonnet par Mademoiselle
R... Β...
1
40 6 42
de
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers au Marquis.
... âgé de 10 ans , le jour de ſa fête , en lui
préſentant un laurier , 43 44
Parva leves capiunt animos , pour le Lecteur ou
pour moi , 45.
Epître à M *** , par Madame de ... Religieuſe
au Couvent de ... SI
Penſées , 54
Vers à Monfieur & à Madame de Bullioud , fur la
belle action de leur fils , âgé de ſeize ans , par
Madame de V *** , 58
Vers fur la Mort de mon Fils , : 60
Vers à Son Excellence Monſeigneur l'Evêque de
Laon , par la Muſe Limonadiere ,
Vers à Son Excellence Monſeigneur de Breteuil ,
Ambaſſadeur de Malte à Rome , par la même, 62
61
Epitaphe du Pape Lambertini , par la même , ibid.
Explication de PEnigme & du Logogryphe du
Mercure de Septembre , 63
Enigme , ibid.
Logogryphe , 64
Chanfon, 66
215
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie , par M. Co
chin. Notes fur les Ecoles de Peinture & fur les
plus célebres Peintres d'Italie , 67
Extrait des Poéſies Philoſophiques , 78
Suite de l'Ami des Hommes , quatrieme Partie .
Mémoire ſur les Etats Provinciaux ,
Lettres Edifiantes & curieuſes , écrite des Miſſions
Etrangeres , par quelques Miffionnaires de la
৪৫-
Compagnie de Jeſus , 98
Réflexions ſur les avantages de la libre fabrication
&de l'uſagedes toiles peintes en France, &c. 109
La Regle des devoirs que la nature inſpire à tous
les hommes , 129
Confidérations ſur le Commerce, & en particulier
"fur les Compagnies , Sociétés & Maîtriſes , 137
OEuvres poſthumes de M. de *** , ibid.
Les Penſées errantes , avec quelques Lettres d'un
Indien , par Madame de *** ibid,
Epître d'Héloïſe à Abailard , traduite ( en profe )
de l'Anglois , avec un abrégé de la Vie d'Abailard
, ibid
Détails Militaires , par Durival , ibid.
Examen des Eaux minérales de Verberie , 138
E'oge de M. de Fontenelle , par M. Trublet , ibid.
Elémens d'Arithmétique , d'algebre & de géomé-,
métrie avec une Introduction aux Sections
,
coniques , par M. Mazeas , ibid .
Differtations ſur les biens nobles , &c . ibid,
L'utilité de l'Education des Armes ,&c. 139
Recherches hiſtoriques & critiques ſur les différens
moyens qu'on a employés juſqu'ici pour refroi
dir les liqueurs , & c. ibid
Tractande ac perdiſcenda Theologia ratio , ibid.
Effai d'une Hiſtoire de la Paroiſſe de S. Jacques la
Boucherie, 149
216
Manuel phyſique , ou maniere courte & facile
d'expliquer les phénomenes de la nature , ibid.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Théologie. Suite des Lettres de M. l'Abbé de *** , 141
Physique . Lettre d'un Médecin à l'Auteur du Mercure,
148
Prix d'Eloquence de l'Académie Françoiſe , pour
l'année 1759 , 154
Prix propofé au jugement de l'Académie Royale
des Sciences , 156
Séance publique de l'Acad. Royale de Nanci , 158
Séance publique de l'Académie des Sciences &
Belles- Lettres de Dijon , 164
Séances publiques de la Société Littéraire d'Arras,
166
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Peinture. 17.1
Musique. 174
Architecture. Obſervations ſur la tour de Piſes, 176
Teinture. 18,1
ART. V. SPECTACLES .
Opera , 183
Comédie Françoiſe. Extrait de laComédie intitulée
, l'Ile déserte , 184
Comédie Italienne , 190
Opera Comique , ibid.
Concert Spirituel , 192
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 193
Nouvellesde la Cour , de Paris , &c , 194
Bénéfices donnés , 203
Morts, 204
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. La première section énumère diverses pièces fugitives en vers et en prose, telles que des épîtres, des odes, des lettres, des réponses à des énigmes, et des poèmes dédiés à des personnalités spécifiques. Parmi ces œuvres, on trouve des vers à la mémoire d'un fils décédé, des épitaphes, et des explications d'énigmes. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, incluant des extraits de voyages, des poèmes philosophiques, des mémoires sur les États provinciaux, des lettres édifiantes, et des réflexions sur des sujets variés comme le commerce et l'éducation. Elle mentionne également des œuvres posthumes et des traductions. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, avec des sections sur la théologie, la physique, et les prix d'éloquence. La quatrième section se concentre sur les beaux-arts, incluant la peinture, la musique, l'architecture, et la teinture. La cinquième section traite des spectacles, tels que l'opéra, la comédie française et italienne, et les concerts spirituels. Enfin, la sixième section couvre les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que les bénéfices donnés et les décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17737
p. 217-218
DU LEVANT.
Début :
L'Aga des Janissaires qui exerçoit par interim les fonctions de [...]
Mots clefs :
Constantinople, Député, Grand vizir, Ali Pacha Ekim Oglou, Alger, Dey, Aga des Janissaires, Sultane Validé, Osman III
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
1
DE CONSTANTINOPLE , le 12 Mars.
Miniltreavant l'ar
'Aga des Janiflaires qui exerçoit par interim
L'Ag²
rivée d'Ali Pacha Ekim Oglou , nouveau Grand
Vifir , a donné audience au Député de la Régence
d'Alger. Cet Envoyé ayant remis de la part du
Dey divers préfens pour le Grand Seigneur , Sa
Hautefle a ordonné d'envoyer au Dey plufieurs
pieces de canon & une certaine quantité de
munitions de guerre. Sa Hauteffe a fait en même
tems témoigner au Député par l'Aga des Janiffai
res , qu'elle apprenoit avec plaifir que les factieux
d'Alger euffent été domptés , & qu'elle defiroit,
que les Algériens , autant qu'il feroit poffible ,
entretinffent la paix avec les Puiffances Chrétiennes.
Il paroit que la Sultane Validé a une grande
influence dans les affaires. Auffi remarque-t-on
feulement dans les Miniftres de la Porte ,,
mais dans ceux des Cours étrangeres , beaucoup
d'empreffement à fe concilier la bienveillance de
cette Princeffe, Elle fe montre favorable aux,
Chrétiens , & depuis l'avènement d'Ofman III au
I:Vol.
218 MERCURE DE FRANCE.
trône , elle a fait d'abondantes largeſſes aux diffé
rens hofpices qu'ils ont dans cette Capitale .
Une indifpofition oblige le fieur Porter , Ambaffeur
du Roi de la Grande -Bretagne , de gardes
fon appartement.
1
DE CONSTANTINOPLE , le 12 Mars.
Miniltreavant l'ar
'Aga des Janiflaires qui exerçoit par interim
L'Ag²
rivée d'Ali Pacha Ekim Oglou , nouveau Grand
Vifir , a donné audience au Député de la Régence
d'Alger. Cet Envoyé ayant remis de la part du
Dey divers préfens pour le Grand Seigneur , Sa
Hautefle a ordonné d'envoyer au Dey plufieurs
pieces de canon & une certaine quantité de
munitions de guerre. Sa Hauteffe a fait en même
tems témoigner au Député par l'Aga des Janiffai
res , qu'elle apprenoit avec plaifir que les factieux
d'Alger euffent été domptés , & qu'elle defiroit,
que les Algériens , autant qu'il feroit poffible ,
entretinffent la paix avec les Puiffances Chrétiennes.
Il paroit que la Sultane Validé a une grande
influence dans les affaires. Auffi remarque-t-on
feulement dans les Miniftres de la Porte ,,
mais dans ceux des Cours étrangeres , beaucoup
d'empreffement à fe concilier la bienveillance de
cette Princeffe, Elle fe montre favorable aux,
Chrétiens , & depuis l'avènement d'Ofman III au
I:Vol.
218 MERCURE DE FRANCE.
trône , elle a fait d'abondantes largeſſes aux diffé
rens hofpices qu'ils ont dans cette Capitale .
Une indifpofition oblige le fieur Porter , Ambaffeur
du Roi de la Grande -Bretagne , de gardes
fon appartement.
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Résumé : DU LEVANT.
Le 12 mars à Constantinople, l'Aga des Janissaires, ministre par intérim, a reçu l'envoyé du Dey d'Alger, qui a remis divers présents pour le Grand Seigneur. En réponse, le ministre a ordonné l'envoi de pièces de canon et de munitions au Dey. Il a également exprimé sa satisfaction concernant la répression des troubles à Alger et a souhaité que les Algériens maintiennent la paix avec les puissances chrétiennes. La Sultane Validé exerce une grande influence sur les affaires de l'État, et les ministres cherchent à obtenir sa bienveillance. Elle se montre favorable aux chrétiens et a fait des dons généreux aux hôpitaux chrétiens de la capitale depuis l'avènement d'Osman III. Par ailleurs, l'ambassadeur du Roi de Grande-Bretagne, le sieur Porter, est alité.
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17738
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 66. Et la planche [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 66. Et la planche [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 66. Et la planche [...] »
LaChanson notée doit regarder la page 66.
Etla Planchegravée la page 176 .
Etla Planchegravée la page 176 .
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17739
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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Del'Imprimerie deCh. Ant. Jombert.
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17740
p. 218-219
DU NORD.
Début :
On a fait venir ici du village de Wedenskeo un paysan, [...]
Mots clefs :
Copenhague, Stockholm, Saint-Petersbourg, Sa Majesté impériale, Comte, Grand Maréchal de la Cour, Etude des arts, Législation, Naissances
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texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DUNOR D.
DE PETERSBOURG , le 3 Avril.
On a fait venir ici du village de Wedenskeo un
payſan , nommé Jacques Kirilof , qui , par la
nombreuſe famille qu'il a de deux mariages , eft
l'objet de la curiofité générale. Sa premiere femme
eft accouchée quatre fois de quatre enfans
fept fois de trois & dix fois de deux . Celle qu'il a
épousée en fecondes noces , a mis au monde trois
enfans dans fa premiere couche : elle eft accouchée
fix fois de deux , & elle eft encore enceinte.
Sa Majefté Impériale a fait préfent de y5o0o0 roubles
à ce payfan.
DE STOCKHOLM , le 22 Avril.
Comme les lettres de divers couriers ont été
enlevées depuis quelque tems , le Sénat a fait une'
loi , par laquelle il eft dit que les perfonnes qui
feront convaincues d'un pareil attentat , fubiront
le même fupplice que les voleurs de grand che
min. Le gouvernement s'occupe férieufement
des moyens d'augmenter les progrès de l'agriculture
& du, commerce dans le Duché de Finlande.
Il invite les perfonnes que l'amour du bien public
anime , & qui par leurs lumieres font en état d'y
contribuer , à communiquer par écrit leurs avis
für cette matiere. Honneurs , exemptions, primes
JUIN. 1755. 219
tout fera employé pour exciter l'émulation . On
fe propofe d'applanir toutes les routes qui menent
à l'induftrie , & d'éloigner tous les obſtacles qui
peuvent l'empêcher de s'étendre.
DE COPPENHAGUE , le 18 Avril.
Diverfes fciences ont été cultivées en Dane
marck avec fuccès. Le gouvernement defirant
plus d'application à l'étude des arts qui intéreffent
plus généralement la fociété , vient d'inviter par
un programme les Sçavans Danois à leur confacrer
une partie de leurs méditations . Il les exhorte
à travailler principalement fur la navigation , fur
le commerce & les manufactures , fur les moyens
d'augmenter les revenus , de diminuer les dépen
fes , de fubvenir aux befains & de procurer des
commodités . En même tems , il demande qu'on
ne s'attache point à des idées purement fyftématiques
, qu'on borne l'étendue des differtations à
deux ou trois feuilles d'impreffion , & qu'on n'y
faffe point parade d'une érudition fuperfue . Tous
les ouvrages qui rempliront les vûes du Roi .
feront imprimés à fes dépens. Il faudra les adreffer
au Comte de Moltke , grand Maréchal de la
Cour. Les Auteurs peuvent écrire en latin , françois
, allemand ou danois. On recevra avec plaifir
les obfervations , non feulement des fçavans.
mais même de toutes les perfonnes qui auront à
communiquer quelque projet avantageux ; elles
ne doivent pas s'embarraffer du ftyle. Leurs mémoires
feront remis à des perfonnes habiles , qui
leur donneront la forme convenable , & qui les
traduiront en danois , s'ils font compofés dans une
autre langue,
DE PETERSBOURG , le 3 Avril.
On a fait venir ici du village de Wedenskeo un
payſan , nommé Jacques Kirilof , qui , par la
nombreuſe famille qu'il a de deux mariages , eft
l'objet de la curiofité générale. Sa premiere femme
eft accouchée quatre fois de quatre enfans
fept fois de trois & dix fois de deux . Celle qu'il a
épousée en fecondes noces , a mis au monde trois
enfans dans fa premiere couche : elle eft accouchée
fix fois de deux , & elle eft encore enceinte.
Sa Majefté Impériale a fait préfent de y5o0o0 roubles
à ce payfan.
DE STOCKHOLM , le 22 Avril.
Comme les lettres de divers couriers ont été
enlevées depuis quelque tems , le Sénat a fait une'
loi , par laquelle il eft dit que les perfonnes qui
feront convaincues d'un pareil attentat , fubiront
le même fupplice que les voleurs de grand che
min. Le gouvernement s'occupe férieufement
des moyens d'augmenter les progrès de l'agriculture
& du, commerce dans le Duché de Finlande.
Il invite les perfonnes que l'amour du bien public
anime , & qui par leurs lumieres font en état d'y
contribuer , à communiquer par écrit leurs avis
für cette matiere. Honneurs , exemptions, primes
JUIN. 1755. 219
tout fera employé pour exciter l'émulation . On
fe propofe d'applanir toutes les routes qui menent
à l'induftrie , & d'éloigner tous les obſtacles qui
peuvent l'empêcher de s'étendre.
DE COPPENHAGUE , le 18 Avril.
Diverfes fciences ont été cultivées en Dane
marck avec fuccès. Le gouvernement defirant
plus d'application à l'étude des arts qui intéreffent
plus généralement la fociété , vient d'inviter par
un programme les Sçavans Danois à leur confacrer
une partie de leurs méditations . Il les exhorte
à travailler principalement fur la navigation , fur
le commerce & les manufactures , fur les moyens
d'augmenter les revenus , de diminuer les dépen
fes , de fubvenir aux befains & de procurer des
commodités . En même tems , il demande qu'on
ne s'attache point à des idées purement fyftématiques
, qu'on borne l'étendue des differtations à
deux ou trois feuilles d'impreffion , & qu'on n'y
faffe point parade d'une érudition fuperfue . Tous
les ouvrages qui rempliront les vûes du Roi .
feront imprimés à fes dépens. Il faudra les adreffer
au Comte de Moltke , grand Maréchal de la
Cour. Les Auteurs peuvent écrire en latin , françois
, allemand ou danois. On recevra avec plaifir
les obfervations , non feulement des fçavans.
mais même de toutes les perfonnes qui auront à
communiquer quelque projet avantageux ; elles
ne doivent pas s'embarraffer du ftyle. Leurs mémoires
feront remis à des perfonnes habiles , qui
leur donneront la forme convenable , & qui les
traduiront en danois , s'ils font compofés dans une
autre langue,
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Résumé : DU NORD.
En avril 1755, plusieurs événements marquants se sont produits en Europe. À Saint-Pétersbourg, Jacques Kirilof, un paysan issu de deux mariages, a reçu 50 000 roubles du souverain impérial. À Stockholm, le Sénat a instauré une loi sévère contre le vol des courriers. En Finlande, le gouvernement a lancé un appel à idées pour promouvoir l'agriculture et le commerce. À Copenhague, le gouvernement danois a encouragé les savants à étudier la navigation, le commerce, les manufactures et les finances publiques. Les mémoires acceptés seront imprimés aux frais du roi et peuvent être rédigés en latin, français, allemand ou danois.
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17741
p. 203-208
MARIAGES ET MORTS.
Début :
Le 24 du mois d'Avril, fut célébré dans le Chapelle du Château de Pressac en Angoumois, par [...]
Mots clefs :
Roi, Marquis, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
pelle du Château de Preffac en Angoumois , par
le Curé du lieu , le mariage de Thomas d'Alogny ,
Marquis d'Alogny , de Puy - Saint- Aftier , Baron
de Saint-Pardou- la Riviere & de Château - Gaillard
, Seigneur de Villars , la Rolphy , fils de feu
Claude d'Alogny , Marquis de Puy Saint- Aftier , &
Ze Françoife -Renée d'Abzac de la Douze, avec Marie-
Gabrielle d'Abzac de Preffac , fille de Jacques
d'Abzac , Marquis de Preffac , & de Marie Vautier.
Ces maifons font affez connues pour ne pas
en donner ici le détail. Voyez l'Hiftoire des grands
Officiers de la Couronne , à l'article du Maréchal
d'Alogry- Rochefort , pag. 615. tom. VII ; & l'Armorial
général , à l'article d'Abzac de la Douze .
Charles - Antoine de Guerin , Marquis de Lugeac
, Brigadier d'Infanterie , & Colonel du Régiment
de Beauvoifis , fils de feu Gilbert- Agatange
, Comte de Lugeac , & d'Antoinette de Clugni
de Teniffei ; & Charles - Théophile de Beziade ,
Marquis d'Avarey , fils de feu Charles de Beziade
, Marquis d'Avarey , Maréchal des camps &
armées du Roi , épouferent le premier Juillet à
Verfailles , dans l'Eglife de la Paroiffe du Château
, Jeanne - Charlotte- Victoire - Elifabeth de
Bafchi , & Elifabeth - Guillelmine de Bafchi de
Thoard , filles de François des Comtes de Bafchi ,
Comte de Baſchi , Ambaſſadeur de France à la
Cour de Portugal ; & de Dame Charlotte-Victoire
le Normant , & nieces de Charles des Comtes de
Balchi , Marquis d'Aubaïs, Les deux contrats de
mariage avoient été fignés le 29 du mois dernier
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
par le Roi & par la Famille royale.
Le 18 du même mois fut célébré dans l'Eglife
de S. Sulpice le mariage de Meffire François- Léon
Dreux , Comte de Nancré , fils de Jacques- Jofeph
Dreux de Nancré , & de Dame Bonne de Lajeard
, avec Dlle Sufanne - Charlotte - Pauline de
Saint-Hyacinthe , fille de Meffire Paul de Saint-
Hyacinthe , Chevalier , Seigneur de Saint Joris
& de Dlle Sufanne de Marconpai de Châteauneuf.
Le Comte de Nancré eft petit-fils de Meffire
Claude Dreux , Chevalier , Comte de Nancré , Colonel
de deux Régimens François de fon nom
Gouverneur d'Arras , Lieutenant général des armées
du Roi & de la Province d'Artois ; & d'Emée-
Thérefe de Montgommeri , dont il eut quatre fils.
L'aîné appellé le Marquis de Nancré , mourut fans
alliance , après avoir été Ambaſſadeur en Eſpagne
, & Capitaine des Cent Suiffes de feu M. le
Duc d'Orléans Régent. Le fecond époufa la fille
du Comte de Montmorenci- Lognies , dont il n'eut
point d'enfant mâle. Le troifieme , Capitaine des
Carabiniers , mourut fans avoir été marié. Le
quatrieme qui fut nommé par le Roi à l'Abbaye
de Saint Cybar en 1701 , époufa quelques années
après Dlle Bonne de Lajeard , d'ou eft iffu le Marquis
de Nancré qui donne lieu à cet article.
La famille de Dreux , originaire de Poitou ,fut
partagée en deux branches par deux freres , Claude
& Thomas Dreux. De celui-ci qui fut reçu Secrétaire
du Roi le 5 Juin 1594 , eft forti la branche
de Brezé, illuftrée par deux Lieutenans généraux
des armées du Roi , un Commandeur des Ordres
, & trois Grands Maîtres des Cérémonies de
France , place qu'occupe actuellement M. le Chevalier
de Brezé le dernier de cette branche.
Claude Dreux , frere aîné de Thomas , fut
DECEMBRE . 1754. 205
pere d'Antoine Dreux , Seigneur de ChenelayeÏ'Hermitage
, allié en 1620 à Jeanne de Ruellé ,
mort Chanoine de l'Eglife de Paris en Septembre
1662 , & bifayeul du Comte de Nancré , feul rejetton
de cette branche.
-Les armes de cette famille font d'azur au cheuron
d'or , accompagné de deux rofes d'argent en
chef, & d'une comette d'or en pointe.
Meflire Jean-Jofeph- Aimé-Marie , Marquis de
Houchin , fils de Meffire Louis - Albert -François-
Jofeph , Comte de Houchin , Marquis de Longaftre
; & de feue Dame Marie-Andrée- Jofephe de-
Berghes- Rache , fut marié le 20 à Dlle Marie-
Jeanne -Georgette - Touffaint de Querouart , fille
de Meffire Sebaftien - Louis , Marquis de Querouart
, & de Dame Jeanne - Françoiſe de Quergroadés.
La bénédiction nuptiale leur a été donnée
par M. l'Abbé de Marbeuf, Aumônier ordinaire -
de la Reine en furvivance , & Confeiller d'Etat ordinaire.
Leur contrat de mariage avoit été figné
le 30 Juin par leurs Majeftés.
LE Lord Louis Gordon , fils du feu Duc de Gordon
, Pair d'Ecoffe , eft mort à Montréal en Bugey
, au commencement du mois d'Août , âgé
d'environ 36 ans ; il étoit Colonel réformé à la
fuite du Régiment royal Ecoffois.
Demoiſelle Catherine - Louife Chafot , fille de
Meffire Louis- Benigne Chafot , Préfident à Mortier
au Parlement de Metz , eft morte à Paris le 2
Août 1754.
Meffire Louis Dupré de la Grange , Confeiller
au Parlement , eft mort le même jour , âgé de foixante-
fix ans.
Meffire Jean-Baptifte Surian , Evêque de Vence
, Abbé de l'Abbaye de S. Vincent du Luc , Or
206 MERCURE DE FRANCE.
dre de S. Benoît , Diocèle d'Oleron , & l'un des
quarante de l'Académie Françoife , eft mort le
3 en fon Diocèfe , âgé de quatre-vingt- fix ans.
Jean Bertin de Bourdeil , Maître des Requêtes
honoraire , eft mort le 4 , âgé de 75 ans .
Meffire Charles- Hyacinthe de Galeans de Caftellane
, Marquis des Iffarts & de Salerne , Cheva
lier de l'Ordre de l'Aigle blanc , Confeiller d'Etat.
d'Epée , ci -devant Ambafladeur de Sa Majeſté auprès
du Roi & de la République de Pologne , &
enfuite à la Cour de Turin , eft mort le 17 à Avi- .
gnon , âgé de trente-fept ans.
Meffire Louis - François de Bouville , fils de
Meffire Louis-Nicolas , Comte de Bouville , Brigadier
des Armées du Roi , eft mort le même jour.
Dame Louife-Léon - Gabrielle le Clerc de Juigné
, époufe de Meffire Antoine Gui , Marquis de
Pertuy , eft morte le 19.
Hugues René- Timoléon de Coffé - Briffac
Comte de Coffé , Lieutenant général des armées
du Roi , Commandeur de l'Ordre royal & militai
re de S. Louis , Gouverneur de Salces en Rouffillon
, & Menin de Monfeigneur le Dauphin , mourut
à Paris le 21 , dans fa 54° année,
Meffire Louis- Henri - Félix du Pleffis -Châtillon ,
Comte de Château Meillien , Sous- Lieutenant de
la Compagnie des Chevaux - Legers d'Orléans .
mourut le 25 à Paris , dans la vingt-huitieme année
de fon âge.
Antoinette Potier de Novion , épouſe de Galpard
, Marquis de Clermont - Tonnerre , Maré
chal de France , Chevalier des Ordres du Roi ,
Gouverneur des ville , château de Betfort , ci-devant
Mestre de camp général de la Cavalerie lé
gere , mourut à Champlâtreux le 29 Août , âgée
de foixante-neuf ans.
DECEMBRE. 1754. 207
François-Bernardin , Marquis du Châtelet , Maréchal
des camps & armées du Roi , Gouverneur
du château de Vincennes , eft mort en cette ville
le 3 Septembre , dans la foixante-huitieme année
de fon âge.
Meffire Gafpard de Fontenu , ancien Commiffaire
général de la Marine , & ci -devant chargé
des affaires du Roi à la Porte , eft most les , âgé
de quatre-vingt- onze ans .
Meffire Antoine- Pierre de Grammont , Archevêque
de Besançon , eft mort en fon Diocèfe le 7
Septembre , âgé de foixante- neuf ans .
Le 8 , eft décédé au château de Mauny Louis
Roger d'Eftampes , Marquis d'Eftampes, Baron de
Mauny , âgé de près de quarante- trois ans , étant
né le 2 Novembre 1711. Il étoit fils de Roger
d'Eftampes , Marquis d'Eftampes , Baron de Mauny
, Capitaine-Lieutenant des Gendarmes d'Orléans
, & de Marguerite Dirfchfe Dangres. Il avoit
été marié deux fois . La premiere , le 8 Avril 1728,
avec Angélique- Elifabeth d'Eftampes , Dame de
Valençai , fa coufine , fille de François - Henri
d'Estampes , Comte de Valençai , & d'Angelique-
Françoife-Raimond , décédée le 28 Nov. 1728. La
feconde, le 4 Mars 1734 , avec Marguerite-Lidye.
de Becdelievre Cany , four confanguine du Marquis
de Cany d'aujourd'hui & de la Marquise de
Rannes ; & fille de Louiſe de Becdelievre , Marquis
de Cany , & de Marie- Anne Cofté de S. Sulplix
fa feconde femme. De cette Dame , dont le Marquis
d'Eftampes étoit refté veuf le 3 Avril 1742 ,
il laiffe deux fils , le Marquis & le Vicomte d'Eſ
tampes , nés le 4 Décembre 1734 , & le s Septembre
1736 , Officiers dans le Régiment du Roi Infanterie.
La généalogie de la maiſon d'Eftampes , une
208 MERCURE DE FRANCE.
des plus illuftres , eft rapportée dans les grands
Officiers , tome VII , pag. 542 & ſuiv.
pelle du Château de Preffac en Angoumois , par
le Curé du lieu , le mariage de Thomas d'Alogny ,
Marquis d'Alogny , de Puy - Saint- Aftier , Baron
de Saint-Pardou- la Riviere & de Château - Gaillard
, Seigneur de Villars , la Rolphy , fils de feu
Claude d'Alogny , Marquis de Puy Saint- Aftier , &
Ze Françoife -Renée d'Abzac de la Douze, avec Marie-
Gabrielle d'Abzac de Preffac , fille de Jacques
d'Abzac , Marquis de Preffac , & de Marie Vautier.
Ces maifons font affez connues pour ne pas
en donner ici le détail. Voyez l'Hiftoire des grands
Officiers de la Couronne , à l'article du Maréchal
d'Alogry- Rochefort , pag. 615. tom. VII ; & l'Armorial
général , à l'article d'Abzac de la Douze .
Charles - Antoine de Guerin , Marquis de Lugeac
, Brigadier d'Infanterie , & Colonel du Régiment
de Beauvoifis , fils de feu Gilbert- Agatange
, Comte de Lugeac , & d'Antoinette de Clugni
de Teniffei ; & Charles - Théophile de Beziade ,
Marquis d'Avarey , fils de feu Charles de Beziade
, Marquis d'Avarey , Maréchal des camps &
armées du Roi , épouferent le premier Juillet à
Verfailles , dans l'Eglife de la Paroiffe du Château
, Jeanne - Charlotte- Victoire - Elifabeth de
Bafchi , & Elifabeth - Guillelmine de Bafchi de
Thoard , filles de François des Comtes de Bafchi ,
Comte de Baſchi , Ambaſſadeur de France à la
Cour de Portugal ; & de Dame Charlotte-Victoire
le Normant , & nieces de Charles des Comtes de
Balchi , Marquis d'Aubaïs, Les deux contrats de
mariage avoient été fignés le 29 du mois dernier
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
par le Roi & par la Famille royale.
Le 18 du même mois fut célébré dans l'Eglife
de S. Sulpice le mariage de Meffire François- Léon
Dreux , Comte de Nancré , fils de Jacques- Jofeph
Dreux de Nancré , & de Dame Bonne de Lajeard
, avec Dlle Sufanne - Charlotte - Pauline de
Saint-Hyacinthe , fille de Meffire Paul de Saint-
Hyacinthe , Chevalier , Seigneur de Saint Joris
& de Dlle Sufanne de Marconpai de Châteauneuf.
Le Comte de Nancré eft petit-fils de Meffire
Claude Dreux , Chevalier , Comte de Nancré , Colonel
de deux Régimens François de fon nom
Gouverneur d'Arras , Lieutenant général des armées
du Roi & de la Province d'Artois ; & d'Emée-
Thérefe de Montgommeri , dont il eut quatre fils.
L'aîné appellé le Marquis de Nancré , mourut fans
alliance , après avoir été Ambaſſadeur en Eſpagne
, & Capitaine des Cent Suiffes de feu M. le
Duc d'Orléans Régent. Le fecond époufa la fille
du Comte de Montmorenci- Lognies , dont il n'eut
point d'enfant mâle. Le troifieme , Capitaine des
Carabiniers , mourut fans avoir été marié. Le
quatrieme qui fut nommé par le Roi à l'Abbaye
de Saint Cybar en 1701 , époufa quelques années
après Dlle Bonne de Lajeard , d'ou eft iffu le Marquis
de Nancré qui donne lieu à cet article.
La famille de Dreux , originaire de Poitou ,fut
partagée en deux branches par deux freres , Claude
& Thomas Dreux. De celui-ci qui fut reçu Secrétaire
du Roi le 5 Juin 1594 , eft forti la branche
de Brezé, illuftrée par deux Lieutenans généraux
des armées du Roi , un Commandeur des Ordres
, & trois Grands Maîtres des Cérémonies de
France , place qu'occupe actuellement M. le Chevalier
de Brezé le dernier de cette branche.
Claude Dreux , frere aîné de Thomas , fut
DECEMBRE . 1754. 205
pere d'Antoine Dreux , Seigneur de ChenelayeÏ'Hermitage
, allié en 1620 à Jeanne de Ruellé ,
mort Chanoine de l'Eglife de Paris en Septembre
1662 , & bifayeul du Comte de Nancré , feul rejetton
de cette branche.
-Les armes de cette famille font d'azur au cheuron
d'or , accompagné de deux rofes d'argent en
chef, & d'une comette d'or en pointe.
Meflire Jean-Jofeph- Aimé-Marie , Marquis de
Houchin , fils de Meffire Louis - Albert -François-
Jofeph , Comte de Houchin , Marquis de Longaftre
; & de feue Dame Marie-Andrée- Jofephe de-
Berghes- Rache , fut marié le 20 à Dlle Marie-
Jeanne -Georgette - Touffaint de Querouart , fille
de Meffire Sebaftien - Louis , Marquis de Querouart
, & de Dame Jeanne - Françoiſe de Quergroadés.
La bénédiction nuptiale leur a été donnée
par M. l'Abbé de Marbeuf, Aumônier ordinaire -
de la Reine en furvivance , & Confeiller d'Etat ordinaire.
Leur contrat de mariage avoit été figné
le 30 Juin par leurs Majeftés.
LE Lord Louis Gordon , fils du feu Duc de Gordon
, Pair d'Ecoffe , eft mort à Montréal en Bugey
, au commencement du mois d'Août , âgé
d'environ 36 ans ; il étoit Colonel réformé à la
fuite du Régiment royal Ecoffois.
Demoiſelle Catherine - Louife Chafot , fille de
Meffire Louis- Benigne Chafot , Préfident à Mortier
au Parlement de Metz , eft morte à Paris le 2
Août 1754.
Meffire Louis Dupré de la Grange , Confeiller
au Parlement , eft mort le même jour , âgé de foixante-
fix ans.
Meffire Jean-Baptifte Surian , Evêque de Vence
, Abbé de l'Abbaye de S. Vincent du Luc , Or
206 MERCURE DE FRANCE.
dre de S. Benoît , Diocèle d'Oleron , & l'un des
quarante de l'Académie Françoife , eft mort le
3 en fon Diocèfe , âgé de quatre-vingt- fix ans.
Jean Bertin de Bourdeil , Maître des Requêtes
honoraire , eft mort le 4 , âgé de 75 ans .
Meffire Charles- Hyacinthe de Galeans de Caftellane
, Marquis des Iffarts & de Salerne , Cheva
lier de l'Ordre de l'Aigle blanc , Confeiller d'Etat.
d'Epée , ci -devant Ambafladeur de Sa Majeſté auprès
du Roi & de la République de Pologne , &
enfuite à la Cour de Turin , eft mort le 17 à Avi- .
gnon , âgé de trente-fept ans.
Meffire Louis - François de Bouville , fils de
Meffire Louis-Nicolas , Comte de Bouville , Brigadier
des Armées du Roi , eft mort le même jour.
Dame Louife-Léon - Gabrielle le Clerc de Juigné
, époufe de Meffire Antoine Gui , Marquis de
Pertuy , eft morte le 19.
Hugues René- Timoléon de Coffé - Briffac
Comte de Coffé , Lieutenant général des armées
du Roi , Commandeur de l'Ordre royal & militai
re de S. Louis , Gouverneur de Salces en Rouffillon
, & Menin de Monfeigneur le Dauphin , mourut
à Paris le 21 , dans fa 54° année,
Meffire Louis- Henri - Félix du Pleffis -Châtillon ,
Comte de Château Meillien , Sous- Lieutenant de
la Compagnie des Chevaux - Legers d'Orléans .
mourut le 25 à Paris , dans la vingt-huitieme année
de fon âge.
Antoinette Potier de Novion , épouſe de Galpard
, Marquis de Clermont - Tonnerre , Maré
chal de France , Chevalier des Ordres du Roi ,
Gouverneur des ville , château de Betfort , ci-devant
Mestre de camp général de la Cavalerie lé
gere , mourut à Champlâtreux le 29 Août , âgée
de foixante-neuf ans.
DECEMBRE. 1754. 207
François-Bernardin , Marquis du Châtelet , Maréchal
des camps & armées du Roi , Gouverneur
du château de Vincennes , eft mort en cette ville
le 3 Septembre , dans la foixante-huitieme année
de fon âge.
Meffire Gafpard de Fontenu , ancien Commiffaire
général de la Marine , & ci -devant chargé
des affaires du Roi à la Porte , eft most les , âgé
de quatre-vingt- onze ans .
Meffire Antoine- Pierre de Grammont , Archevêque
de Besançon , eft mort en fon Diocèfe le 7
Septembre , âgé de foixante- neuf ans .
Le 8 , eft décédé au château de Mauny Louis
Roger d'Eftampes , Marquis d'Eftampes, Baron de
Mauny , âgé de près de quarante- trois ans , étant
né le 2 Novembre 1711. Il étoit fils de Roger
d'Eftampes , Marquis d'Eftampes , Baron de Mauny
, Capitaine-Lieutenant des Gendarmes d'Orléans
, & de Marguerite Dirfchfe Dangres. Il avoit
été marié deux fois . La premiere , le 8 Avril 1728,
avec Angélique- Elifabeth d'Eftampes , Dame de
Valençai , fa coufine , fille de François - Henri
d'Estampes , Comte de Valençai , & d'Angelique-
Françoife-Raimond , décédée le 28 Nov. 1728. La
feconde, le 4 Mars 1734 , avec Marguerite-Lidye.
de Becdelievre Cany , four confanguine du Marquis
de Cany d'aujourd'hui & de la Marquise de
Rannes ; & fille de Louiſe de Becdelievre , Marquis
de Cany , & de Marie- Anne Cofté de S. Sulplix
fa feconde femme. De cette Dame , dont le Marquis
d'Eftampes étoit refté veuf le 3 Avril 1742 ,
il laiffe deux fils , le Marquis & le Vicomte d'Eſ
tampes , nés le 4 Décembre 1734 , & le s Septembre
1736 , Officiers dans le Régiment du Roi Infanterie.
La généalogie de la maiſon d'Eftampes , une
208 MERCURE DE FRANCE.
des plus illuftres , eft rapportée dans les grands
Officiers , tome VII , pag. 542 & ſuiv.
Fermer
Résumé : MARIAGES ET MORTS.
En 1754, plusieurs événements marquants ont touché la noblesse et le milieu militaire. Le 1er juillet, à Versailles, deux mariages notables ont eu lieu : Charles-Antoine de Guerin, Marquis de Lugeac, a épousé Jeanne-Charlotte-Victoire-Élisabeth de Bafchi, tandis que Charles-Théophile de Beziade, Marquis d'Avarey, a épousé Élisabeth-Guillemine de Bafchi de Thoard. Le 18 juillet, François-Léon Dreux, Comte de Nancré, a épousé Suzanne-Charlotte-Pauline de Saint-Hyacinthe. Le 20 juillet, Jean-Joseph-Aimé-Marie, Marquis de Houchin, a épousé Marie-Jeanne-Georgette Touffaint de Querouart. Parmi les décès notables, Lord Louis Gordon, Colonel réformé, est mort à Montréal en août à l'âge de 36 ans. Catherine-Louise Chafot, fille de Louis-Bénigne Chafot, Président au Parlement de Metz, est décédée à Paris le 2 août. Le même jour, Louis Dupré de la Grange, Conseiller au Parlement, est mort à l'âge de 66 ans. Jean-Baptiste Surian, Évêque de Vence, est décédé le 3 août à l'âge de 86 ans. Jean Bertin de Bourdeil, Maître des Requêtes honoraire, est mort le 4 août à l'âge de 75 ans. Charles-Hyacinthe de Galeans de Castellane, Marquis des Issarts et de Salerne, est décédé le 17 août à l'âge de 37 ans. Louis-François de Bouville, fils de Louis-Nicolas, Comte de Bouville, est également décédé le 17 août. Louise-Léon-Gabrielle le Clerc de Juigné, épouse d'Antoine Gui, Marquis de Pertuy, est morte le 19 août. Hugues René-Timoléon de Coffé-Brissac, Comte de Coffé et Lieutenant général des armées du Roi, est décédé à Paris le 21 août à l'âge de 54 ans. Louis-Henri-Félix du Plessis-Châtillon, Comte de Château-Meillien, est mort le 25 août à l'âge de 28 ans. Antoinette Potier de Novion, épouse de Gaspard, Marquis de Clermont-Tonnerre, est décédée le 29 août à l'âge de 69 ans. François-Bernardin, Marquis du Châtelet et Maréchal des camps et armées du Roi, est mort à Vincennes le 3 septembre à l'âge de 68 ans. Gaspard de Fontenu, ancien Commissaire général de la Marine, est décédé à l'âge de 91 ans. Antoine-Pierre de Grammont, Archevêque de Besançon, est mort le 7 septembre à l'âge de 69 ans. Enfin, Louis Roger d'Estampes, Marquis d'Estampes, est décédé le 8 septembre à l'âge de 43 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17742
p. 165-178
Lettre de M. L. R. Desh. P. R. sur la Chronologie de M. Newton.
Début :
COMME j'ai peu approfondi l'étude de la Chronologie, & que cet oeil de [...]
Mots clefs :
Chronologie, Newton, Règne, Rois, Roi, Expédition, Chiron, Sésostris, Égypte, Argonautes
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texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. L. R. Desh. P. R. sur la Chronologie de M. Newton.
Lettre de M. L. R. Desh . P. R. fur la Chronologie
de M. Newton.
Cde la
Chronologie , & que cet oeil de OMME j'ai peu approfondi
l'étude
l'Hiftoire , graces à nos écrivains & à l'injure
des tems , eft couvert d'un nuage qui
nous en dérobe la clarté , mes opinions
pour ou contre M. Newton , ne peuvent
lui être ni favorables ni préjudiciables :
ainfi , Monfieur , je hazarde quelques reflexions
fur fa chronologie . Soyez perfuadé
le feul motif de vous obliger
m'a mis la plume à la main .
que
J'ai toujours penfé que l'Aftronomie
n'avoit été d'aucun fecours à l'Hiſtoire , &
cela pour deux raifons principales. 1 °.
Parce que nous ne fommes nullement furs
ni des Obfervateurs ni de la juſteſſe des
obfervations. 2 ° . Parce qu'il nous refte fi
peu de ces obfervations , qu'en les fuppo
166 MERCURE DE FRANCE.
1
fant très - exactes nous n'en ferions pas plus
avancés. Ce que je dis ici ne regarde que
les habitans de notre hémisphere. Les peuples
de la haute Afie font infiniment plus
avantagés que nous à cet égard. L'Afromie
a fleuri chez les Chinois dès le berceau
de leur empire : & quoique les annales
de la Chine ayent été endommagées
confidérablement par la tyrannie d'un Empereur
( 1 ) , il eft vrai néanmoins que le
feul Tchuntficou qui commence à l'an
722 avant Jeſus - Chrift , & finit à l'an
480 , contient trente - fix éclipfes de foleil .
En voilà certainement plus que tous les
livres des Grecs & des Romains ne nous
en ont tranfmis. Le dénombrement de ces
éclipfes fe trouve accompagné de la date
de l'année , du mois & de la note cyclique
du jour où chacune d'elles a parues ; mais
on n'a marqué ni l'heure , ni les minutes ,
ni la grandeur & la durée de chaque éclipfe.
Au refte elles font revêtues de toute
l'autorité poffible , parce qu'on fçait qu'il
y a eu de tout tems à la Chine un tribunal
d'Hiftoire , & que le calcul de chaque
éclipfe étoit remis au commencement de
(1 ) Chi-hoang - ti fondateur de la Dynaftie de
Thine. Son regne qui fut de 37 ans , commençe
l'an 246 avant Jeſus - Chriſt.
DECEMBRE . 1755. 167
l'année dans les archives de ce tribunal .
Je viens à M. N.
Pour fixer la date de l'expédition des
Argonautes , il eft obligé d'avoir recours
à un paffage d'Hipparque , qui porte en
fubftance , qu'Eudoxe fit paffer le colure des
équinoxes à travers la tête de la baleine , de
la croupe du belier , &c. Mais 1 ° . ce paffage
ne dit point fi le colure paffoit au centre
de la tête de la baleine & de la croupe
du belier , ce qu'il feroit important de fçavoir
avant que de paffer au calcul , & de
rien fixer. M. Newton avoue lui - même
que ces obfervations font imparfaites. ( 1 ) Si
ces obfervations font réellement imparfaites
, s'il eft libre de fuppofer que le colure
, au tems d'Eudoxe , paffoit plus ou
moins près du centre de la tête de la baleine
& de la croupe du belier , quelle
conféquence n'en tirera - t-on point contre
le fyftême adopté par M. Newton ? Le R.
P. Souciet a bien fait voir la prodigieufe
différence qui peut s'y trouver , lorsqu'il
fixe d'après ce même paffage d'Hipparque
une époque qui furpaffe de 533 ans celle
que donne M. Newton .
20. Je fuppofe avec M. Newton , qu'au
tems d'Eudoxe le colure des équinoxes
paffoit par le centre de la tête de la balei-
( 1 ) Newton , pag. 94,
168 MERCURE DE FRANCE.
ne , & c. quel rapport ceci aura - t - il avec
l'expédition des Argonautes ? M. N. va
nous l'apprendre. Il affure que Chiron le
Centaure fixa les colures dans l'ancienne
fphere aux mêmes lieux qu'Hipparque
nous dit qu'Eudoxe les avoit fuppofés plufieurs
fiecles après Chiron. M. Newton dit
de plus , qu'il femble que Chiron & Muſee
firent cettefphere pour l'ufage des Argonautes.
Je trouve que M. Newton a fagement
fait de ne point prendre ici le ton affirmatif.
En effet les raifons qu'il emploie à prouver
la conftruction & la deftination de cette
fphere font très foibles ; elles peuvent
même contribuer à établir un fentiment
tout oppofé. Il lui femble que cette ancienne
fphere a été faite pour l'ufage des
Argonautes , parce qu'il y rencontre des
noms qui ont rapport à leur expédition :
( 1 ) Les noms de belier d'or , le taureau aux
pieds d'airain dompté par Jaſon, les gemeaux
Caftor & Pollux , tous deux Argonautes , anprès
du cygne de Leda leur mere . Là étoient
repréſentés le navire Argo , & l'hydre ce dragon
fi vigilant ; enfuite la coupe de Médée ,
·
c. Je ne vois pas d'autre conféquence à
tirer de ceci , finon que cette fphere a été
faite certainement après l'expédition des
Argonautes. Ce n'eft donc point pour leur
(1) Newton , pag. 87.
ufage ,
DECEMBRE . 1755. 169
ufage , ni avant ou pendant leur expédition
qu'elle a été fabriquée ; il eft même
très -probable qu'elle ne l'a été qu'affez
long- tems après , & lorfque tous ces noms
furent devenus refpectables aux Grecs . Or
ils devinrent plus refpectables , à proportion
qu'ils furent envifagés dans un certain
dégré d'éloignement.
"
Cette réflexion qui feule détruit le ſyſtême
de M. N. réfulte naturellement de
l'examen de cette fphere . Elle n'a point
échappé à M. l'Abbé Bannier , puifqu'en
parlant de Chiron , ce fçavant Académicien
dit « De fçavoir maintenant dans
quel point du ciel il fixa les points des
équinoxes & des folftices , c'eft ce qui
eft inutile à mon fujet ; je laiffe cet article
à ceux qui ont attaqué ou défendu .
le célebre M. Mewton ( 1 ) , qui fait de ce
point le fondement de fa nouvelle chronologie.
Je remarquerai feulement que
» le Calendrier de Chiron devoit avoir
d'autres noms pour la plupart des conftellations
, que ceux qui parurent dans
les Calendriers qui eurent cours dans la
fuite , puifque l'expédition des Argo-
» nautes s'y trouve marquée par plufieurs
traces ; il s'y trouve même des noms
"
( 1 ) Mémoires de l'Académie des Belles-Lettres,
to. ix , p. 95.
A. Feh H
170 MERCURE DE FRANCE.
"
qui la fuppofent faite , comme celui de
la coupe de Médée , & celui de Chiron
» lui-même. »
3. Si Chiron le Centaure fixa dans fa
fphere les colures aux mêmes lieux où
Eudoxe les fuppofa plufieurs fiecles après ,
il faut de nécellité avouer , ou qu'Eudoxe
n'a fait que copier Chiron , ou que l'un
de ces Aftronomes , & peut- être tous les
deux étoient de mauvais obfervateurs
auxquels on ne peut s'en rapporter en aucine
maniere,
Voilà cependant le pivot fur lequel M.
N. fait rouler fa nouvelle chronologie,
Eft -il étonnant qu'un fyftême bâti fur des
fondemens auffi mal affurés , ait trouvé
peu de partifans , malgré la célébrité de ce
grand homme ? Devoit - on par le refpect
dû à fa mémoire , ne pas attaquer une opinion
qui fronde les antiquités de toutes
les nations , & qui jette un vernis d'ignorance
, ou d'infidélité fur tous ceux qui
fe font mêlés d'écrire l'hiftoire.
Outre cette fixation de l'époque des
Argonautes , voici un fecond principe que
M. N. établit comme un point effentiel à
fa chronologie.
» Les Egyptiens eftimoient , dit-il ( 1 ) ,
» les regnes des Rois équivalens aux gé-
(1) Newton , pag. 53 .
1
DECEMBRE. 1755. 171
"
nérations des hommes : cependant trois
générations font cent aus , ainfi qu'on a
déja dit : Les Grecs & les Latins firent la
" même chofe , & c.
33
On voit par cet échantillon que je n'ai
point exageré en avançant que M. N. fappoit
toutes les hiftoires dans leurs fondemens.
Il fait entendre que ces nations ,
pour relever leur antiquité , ont allongé
les regnes de leurs Rois. Tout ce que M.
N. allegue pour foutenir cette accufation ,
eft contenu dans ce raifonnement . " (1)
» Selon le cours de la nature , les Rois
39 regnent , l'un portant l'autre , environ
18. ou 20 ans , chacun ; & fi on a des
exemples de ceux qui ont regné , l'un
» portant l'autre , 5 ou 6 années de plus ,
» on en a d'autres qui ont regné 5 ou 6
Dannées de moins ; 18 ou 20 ans font un
» juſte milieu .
Mais M. N. n'a-t- il pas penfé que ceci
ne pouvoit jamais être regardé comme
une regle générale ? Sur une très - longue
lifte des Rois il fe peut faire que le total
des regnes donnera à chacun d'eux environ
18 ou 20 ans. Que l'on prenne un
petit nombre de Rois , & qu'on évalue
leurs regnes , on verra qu'ils feront por-
( 1 ) Newton , pag. 54.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE:
tés , ou beaucoup plus haut , ou infini
ment au - deffous.
M. N. cite lui- même quelques exemples
de ces regnes qui , comptés par portion
égale , vont les uns à 11 ans , les autres
à 22. Je joindrai ici cinq à fix exemples
pour
faire voir combien cette maniere
de compter
certaine.
les regnes eft arbitraire & in-
Les huit derniers Rois de France , depuis
François I , jufqu'à Louis XIV inclufivement
, ont regné 201 ans 3 mois & 10
à 12 jours , c'est pour chaque regne 25 ans
mois & quelques jours.
Les 18 premiers Empereurs de la Dynaftie
des Tcheou , ont regné 504 ans ;
c'eft pour chacun d'eux 28 ans.
Les 20 premiers Princes de Thfine , Dynaftie
collatérale de celle de Tcheou , ont
regné sos ans ; c'eft 25 ans 3 mois pour
chaque regne.
Les 20 premiers Rois de Lou , Dynaſtie
collatérale des deux précédentes , ont regné
également sos ans , ce qui donnera
pour chacun d'eux le même nombre de 25
ans & 3 mois.
Les 10 Rois d'Affyrie depuis Nabonaffar
jufqu'à Mefeffimordac , ont regné 67
ans ; ce n'eft pour chacun d'eux que 6 ans
$ mois & 6 jours ; & je comprends enco
DECEMBRE. 1755. 173
re dans ce calcul 10 ans d'interregne .
Les 10 Rois Lombards d'Italie , depuis
Odoacre jufqu'à Narfés , ont regné 91 ans
& I mois , c'eft pour chaque regne 9 ans
1 mois & quelques jours.
Qu'on calcule tous ces regnes , fuivant
l'hypothèſe de M. N. on aura à compter
fur le pied de 20 ans , 41 ans 3 mois de
moins pour les 8 derniers Rois de France ;
144 ans de moins pour les 18 Empereurs
de Tcheou ; 145 ans de moins pour les
Princes des Dynafties de Thfine & de Lou.
133 ans de plus pour les Rois d'Affyrie ,
109 ans environ de plus pour les 10 Rois
d'Italie.
On court donc rifque avec la méthode
de M. N. d'errer au point d'augmenter
ou de diminuer les regnes de plus de la
moitié.
Cependant avec cette méthode qu'il
s'eft faite , & l'époque de l'expédition des
Argonautes qu'il croit avoir prouvée d'une
maniere folide , M. Newton ne trouve
plus de difficulté dans la Chronologie
, parce qu'il fe réferve le droit d'ajouter
ou de retrancher aux anciennes
époques , felon que fon fyftême l'exigera .
N'eft-il pas fingulier , après de tels principes
, d'entendre monfieur Newton nous
avertir férieufement dans une introduc
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
tion qui fe voit à la tête de ſon ouvrage ,
qu'il ne prétend pas porter l'exactitude
jufqu'à une année près ? « Je ne prétends
» pas porter l'exactitude jufqu'à une année
» près , dit - il ( 1 ) , il peut y avoir des
» erreurs de cinq , de dix , & quelquefois
de vingt ans ; mais cela ne va pas
plus loin ».
ע
Parcourons fon ouvrage , & voyons s'il
nous a tenu parole. « (2 ) L'Egypte fut
» d'abord partagée en différens petits
» royaumes comme les autres Etats , & ne
»forma que par dégrés une Monarchie ».
J'ofe affurer que ce fait eft totalement
faux : l'Egypte fut réunie d'abord fous
un feul Roi ; dans la fuite ce royaume fut
démembré , & devint le partage de plufieurs
Princes . Le Chevalier Marsham que
M. Newton paroît avoir confulté très-fouvent
, l'a jetté dans cette erreur ; en effet ,
Marsham dit dans un endroit , ( 3 ) Non
enim primis iftis temporibus , omnis Ægyptus
unius fuberat imperio , fed regiones diverſæ
diverfos habuerunt reges . M. N. a vu fans
doute ce paffage , mais il n'a pas pris garde
que Marsham dit ailleurs de Menès ,
premier Roi d'Egypte , qu'il commanda à
*
( 1 ) Introduction , p. 8. ( 2 ) Newton , p. 72 .
( 3 ) Chronicus Canon Egyptiacus . Edit . de Londres
, 1672. p. 23.
DECEMBRE. 1755. 173
Toute l'Egypte. ( 1 ) Nimirum ille Agyp-
10 omniprafuit. Les fils de Menès , après la
mort de leur pere , partagerent fon royaume
entr'eux. Ejus autem pofteri , diverfis potiti
Dynaftiis , illum communem omnium parentem
venerantur. Cette opinion n'eft
point particuliere au Chevalier Marsham ;
elle eft commune à tous les anciens Hiſtoriens
; & il ne faut que jetter un coup
d'oeil fur les différentes liftes des Rois d'Egypte
pour l'embraffer. Hérodote , Diodore
de Sicile , Eratofthenes , Manethon ,
Eufebe , Jule Africain , George le Syncelle
&c. voilà les garants fur l'autorité defquels
cette opinion eſt établie .
39
"( 2 ) Durant tout le tems que l'Egypte
fut partagée en plufieurs royaumes
>> on ne fçauroit , dit M. Newton , placer
» un Roi de toute l'Egypte , tel qu'étoit
Séfoftris ; il n'y a point d'Hiſtorien qui
le faffe plus moderne que Séfac : c'eſt
pourquoi ce Roi d'Egypte appellé Séfoftris
, eft le même que Séfac. Cette opi-
» nion n'eft point nouvelle ; Jofephe l'a infinuée
en affurant qu'Hérodote fe trom
»pe en attribuant les actions de Séfac à
» Séfoftris , & que la méprife vient feule-
>> ment du nom du Roi » .
(1 ) Idem. pag. 30. ( 2 ) Newton , p. 73.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
Confondre les actions de deux Conqué
rans qui ont entr'elles de la reffemblance ,
attribuer à l'un ce que l'autre a fait , eft- celà
les identifier Hérodote a pu fe tromper
de la maniere que Jofephe le rapporte ,
mais jamais il n'a dit ou fait entendre que
Séfoftris & Séfac fuffent un feul & même
Prince. Ce n'est point non plus l'opinion
de Jofephe. Le fens de ce paffage deJofephe
eft , qu'Hérodote fe trompe en attribuant à
Séfoftris les actions de Séfac ; & c'eſt ainfi
que l'ont rendu les interpretes de cet Hiftorien
; M. N. lui-même ne l'a pas entendu
autrement ; mais ce qu'il ajoute , & que
la
méprise vient feulement du nom du Roi , eft
un commentaire qui ne fe voit pas dans le
texte de Jofephe. Ainfiloin d'infinuer que
Séfac foit le même que Séfoftris , Jofephe
fait entendre qu'ils font différens l'un de
l'autre. Au refte , M. Newton n'eft pas le
feul qui ait attribué cette erreur à Jofephe.
Bochart , Stillingfleet , Scaliger , Marsham,
Charpentier , & quelques autres l'ont cru
de même , ou plutôt fans examen , ils ſe
font copiés réciproquement. Sed pace dixerint
Virorum infignium , dit Perizonius , ( 1 )
omnes in eo errant , dùm hunc errorem Jofepho
tribuunt , qui longè aliud fenfit , & probè
fcivit diverfos fuiffe bos
reges. Perizonius
( 1 ) Perizonius dans fes
3, 5, 8.
origines facrées
DECEMBRE. 1755. 177
cite le palfage contefté. Περὶ & πλανήθεις
Ηρόδοτος τὰς πραξεις Σεσοςρει προσάπτει ,
qu'il traduit , & qu'il a raifon de traduire
ainfi : De
quo in errorem lapfus eft Herododum
ejus ( Sefak ) res geftas Sefoftridi
tribuit.
,
Mais que veut dire ce raifonnement de
M. Newton. Il n'y a point d'Historien qui
faffe Séfoftris plus moderne que Séfac , c'est
pourquoi ce Roi d'Egypte appellé Séfoftris , eft
le même que Séfac . Je demande fi cette maniere
de raiſonner ne revient point à celleci.
Il n'y a point d'Hiftorien qui faffe Hen .
ri IV. plus moderne que Louis XIV. donc
ce Roi de France appellé Henri IV . eft le
le même que Louis XIV. Comment les
Hiftoriens auroient- ils fait Séfoftris plus
moderne que Séfac , pendant qu'il l'a précédé
Je le répete , je penfe avec Usher &
Perizonius qu'on ne doit pas confondre
Séfoftris & Séfac. Pour s'en convaincre ,
il ne faut que jetter un coup d'oeil fur les
différentes liftes des Dynafties Egyptiennes.
Ces deux Princes y font marqués chacun
à fon rang , & diftingués par les années
de leur regne , par leur nom , & par
leurs actions .
Sefoftris y porte les noms de Séthos , Sefoofis
, Séthofis ; Séfac porte ceux de Séfonchofis
, Séfochris , Géfongofes ou Séfonchoris
, Séfenchofis. Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
On convient que la finale is , ris , a été
ajoutée par les Grecs. Or dans Séfoftris
Sefoofis , Séthofis , Séthos , il faut convenir
avec M. Fourmont ( 1 ) l'aîné , que le
nom le mieux orthographié ou le moins
corrompu eft celui de Séthos . Le changement
du T , en TS , & en S, eft commun
chez les Orientaux : de maniere que les
uns pouvoient écrire Séthos , pendant que
d'autres prononçoient Setfos ou Séfos.
Quant aux différens noms de Séfac , le
plus corrompu eft celui de Gefongofes :
tous les autres , quoique altérés , ont les
trois lettres radicales qui compofent le
nom de Séfac. Le Noun ou l'N inférée, ne
doit point faire de peine , c'eſt encore un
ufage familier aux Orientaux , & M. Newton
en avertit lui- même lorfqu'il dit , « (2 )
» Sefonchofis & Séfac , ne different pas
plus que Memphis & Moph , qui font
deux noms de la même ville » .
"
Séfac foumit Jerufalem ; voilà tout ce
que l'Ecriture Sainte nous en dit : pourquoi
donc lui attribuer toutes les conquêtes
de Séfoftris ?
( 1 ) Réflexions Critiques , Tom. II . p. 156.
(2 ) Newton , p. 72.
Lafuite pour le mois prochain.
de M. Newton.
Cde la
Chronologie , & que cet oeil de OMME j'ai peu approfondi
l'étude
l'Hiftoire , graces à nos écrivains & à l'injure
des tems , eft couvert d'un nuage qui
nous en dérobe la clarté , mes opinions
pour ou contre M. Newton , ne peuvent
lui être ni favorables ni préjudiciables :
ainfi , Monfieur , je hazarde quelques reflexions
fur fa chronologie . Soyez perfuadé
le feul motif de vous obliger
m'a mis la plume à la main .
que
J'ai toujours penfé que l'Aftronomie
n'avoit été d'aucun fecours à l'Hiſtoire , &
cela pour deux raifons principales. 1 °.
Parce que nous ne fommes nullement furs
ni des Obfervateurs ni de la juſteſſe des
obfervations. 2 ° . Parce qu'il nous refte fi
peu de ces obfervations , qu'en les fuppo
166 MERCURE DE FRANCE.
1
fant très - exactes nous n'en ferions pas plus
avancés. Ce que je dis ici ne regarde que
les habitans de notre hémisphere. Les peuples
de la haute Afie font infiniment plus
avantagés que nous à cet égard. L'Afromie
a fleuri chez les Chinois dès le berceau
de leur empire : & quoique les annales
de la Chine ayent été endommagées
confidérablement par la tyrannie d'un Empereur
( 1 ) , il eft vrai néanmoins que le
feul Tchuntficou qui commence à l'an
722 avant Jeſus - Chrift , & finit à l'an
480 , contient trente - fix éclipfes de foleil .
En voilà certainement plus que tous les
livres des Grecs & des Romains ne nous
en ont tranfmis. Le dénombrement de ces
éclipfes fe trouve accompagné de la date
de l'année , du mois & de la note cyclique
du jour où chacune d'elles a parues ; mais
on n'a marqué ni l'heure , ni les minutes ,
ni la grandeur & la durée de chaque éclipfe.
Au refte elles font revêtues de toute
l'autorité poffible , parce qu'on fçait qu'il
y a eu de tout tems à la Chine un tribunal
d'Hiftoire , & que le calcul de chaque
éclipfe étoit remis au commencement de
(1 ) Chi-hoang - ti fondateur de la Dynaftie de
Thine. Son regne qui fut de 37 ans , commençe
l'an 246 avant Jeſus - Chriſt.
DECEMBRE . 1755. 167
l'année dans les archives de ce tribunal .
Je viens à M. N.
Pour fixer la date de l'expédition des
Argonautes , il eft obligé d'avoir recours
à un paffage d'Hipparque , qui porte en
fubftance , qu'Eudoxe fit paffer le colure des
équinoxes à travers la tête de la baleine , de
la croupe du belier , &c. Mais 1 ° . ce paffage
ne dit point fi le colure paffoit au centre
de la tête de la baleine & de la croupe
du belier , ce qu'il feroit important de fçavoir
avant que de paffer au calcul , & de
rien fixer. M. Newton avoue lui - même
que ces obfervations font imparfaites. ( 1 ) Si
ces obfervations font réellement imparfaites
, s'il eft libre de fuppofer que le colure
, au tems d'Eudoxe , paffoit plus ou
moins près du centre de la tête de la baleine
& de la croupe du belier , quelle
conféquence n'en tirera - t-on point contre
le fyftême adopté par M. Newton ? Le R.
P. Souciet a bien fait voir la prodigieufe
différence qui peut s'y trouver , lorsqu'il
fixe d'après ce même paffage d'Hipparque
une époque qui furpaffe de 533 ans celle
que donne M. Newton .
20. Je fuppofe avec M. Newton , qu'au
tems d'Eudoxe le colure des équinoxes
paffoit par le centre de la tête de la balei-
( 1 ) Newton , pag. 94,
168 MERCURE DE FRANCE.
ne , & c. quel rapport ceci aura - t - il avec
l'expédition des Argonautes ? M. N. va
nous l'apprendre. Il affure que Chiron le
Centaure fixa les colures dans l'ancienne
fphere aux mêmes lieux qu'Hipparque
nous dit qu'Eudoxe les avoit fuppofés plufieurs
fiecles après Chiron. M. Newton dit
de plus , qu'il femble que Chiron & Muſee
firent cettefphere pour l'ufage des Argonautes.
Je trouve que M. Newton a fagement
fait de ne point prendre ici le ton affirmatif.
En effet les raifons qu'il emploie à prouver
la conftruction & la deftination de cette
fphere font très foibles ; elles peuvent
même contribuer à établir un fentiment
tout oppofé. Il lui femble que cette ancienne
fphere a été faite pour l'ufage des
Argonautes , parce qu'il y rencontre des
noms qui ont rapport à leur expédition :
( 1 ) Les noms de belier d'or , le taureau aux
pieds d'airain dompté par Jaſon, les gemeaux
Caftor & Pollux , tous deux Argonautes , anprès
du cygne de Leda leur mere . Là étoient
repréſentés le navire Argo , & l'hydre ce dragon
fi vigilant ; enfuite la coupe de Médée ,
·
c. Je ne vois pas d'autre conféquence à
tirer de ceci , finon que cette fphere a été
faite certainement après l'expédition des
Argonautes. Ce n'eft donc point pour leur
(1) Newton , pag. 87.
ufage ,
DECEMBRE . 1755. 169
ufage , ni avant ou pendant leur expédition
qu'elle a été fabriquée ; il eft même
très -probable qu'elle ne l'a été qu'affez
long- tems après , & lorfque tous ces noms
furent devenus refpectables aux Grecs . Or
ils devinrent plus refpectables , à proportion
qu'ils furent envifagés dans un certain
dégré d'éloignement.
"
Cette réflexion qui feule détruit le ſyſtême
de M. N. réfulte naturellement de
l'examen de cette fphere . Elle n'a point
échappé à M. l'Abbé Bannier , puifqu'en
parlant de Chiron , ce fçavant Académicien
dit « De fçavoir maintenant dans
quel point du ciel il fixa les points des
équinoxes & des folftices , c'eft ce qui
eft inutile à mon fujet ; je laiffe cet article
à ceux qui ont attaqué ou défendu .
le célebre M. Mewton ( 1 ) , qui fait de ce
point le fondement de fa nouvelle chronologie.
Je remarquerai feulement que
» le Calendrier de Chiron devoit avoir
d'autres noms pour la plupart des conftellations
, que ceux qui parurent dans
les Calendriers qui eurent cours dans la
fuite , puifque l'expédition des Argo-
» nautes s'y trouve marquée par plufieurs
traces ; il s'y trouve même des noms
"
( 1 ) Mémoires de l'Académie des Belles-Lettres,
to. ix , p. 95.
A. Feh H
170 MERCURE DE FRANCE.
"
qui la fuppofent faite , comme celui de
la coupe de Médée , & celui de Chiron
» lui-même. »
3. Si Chiron le Centaure fixa dans fa
fphere les colures aux mêmes lieux où
Eudoxe les fuppofa plufieurs fiecles après ,
il faut de nécellité avouer , ou qu'Eudoxe
n'a fait que copier Chiron , ou que l'un
de ces Aftronomes , & peut- être tous les
deux étoient de mauvais obfervateurs
auxquels on ne peut s'en rapporter en aucine
maniere,
Voilà cependant le pivot fur lequel M.
N. fait rouler fa nouvelle chronologie,
Eft -il étonnant qu'un fyftême bâti fur des
fondemens auffi mal affurés , ait trouvé
peu de partifans , malgré la célébrité de ce
grand homme ? Devoit - on par le refpect
dû à fa mémoire , ne pas attaquer une opinion
qui fronde les antiquités de toutes
les nations , & qui jette un vernis d'ignorance
, ou d'infidélité fur tous ceux qui
fe font mêlés d'écrire l'hiftoire.
Outre cette fixation de l'époque des
Argonautes , voici un fecond principe que
M. N. établit comme un point effentiel à
fa chronologie.
» Les Egyptiens eftimoient , dit-il ( 1 ) ,
» les regnes des Rois équivalens aux gé-
(1) Newton , pag. 53 .
1
DECEMBRE. 1755. 171
"
nérations des hommes : cependant trois
générations font cent aus , ainfi qu'on a
déja dit : Les Grecs & les Latins firent la
" même chofe , & c.
33
On voit par cet échantillon que je n'ai
point exageré en avançant que M. N. fappoit
toutes les hiftoires dans leurs fondemens.
Il fait entendre que ces nations ,
pour relever leur antiquité , ont allongé
les regnes de leurs Rois. Tout ce que M.
N. allegue pour foutenir cette accufation ,
eft contenu dans ce raifonnement . " (1)
» Selon le cours de la nature , les Rois
39 regnent , l'un portant l'autre , environ
18. ou 20 ans , chacun ; & fi on a des
exemples de ceux qui ont regné , l'un
» portant l'autre , 5 ou 6 années de plus ,
» on en a d'autres qui ont regné 5 ou 6
Dannées de moins ; 18 ou 20 ans font un
» juſte milieu .
Mais M. N. n'a-t- il pas penfé que ceci
ne pouvoit jamais être regardé comme
une regle générale ? Sur une très - longue
lifte des Rois il fe peut faire que le total
des regnes donnera à chacun d'eux environ
18 ou 20 ans. Que l'on prenne un
petit nombre de Rois , & qu'on évalue
leurs regnes , on verra qu'ils feront por-
( 1 ) Newton , pag. 54.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE:
tés , ou beaucoup plus haut , ou infini
ment au - deffous.
M. N. cite lui- même quelques exemples
de ces regnes qui , comptés par portion
égale , vont les uns à 11 ans , les autres
à 22. Je joindrai ici cinq à fix exemples
pour
faire voir combien cette maniere
de compter
certaine.
les regnes eft arbitraire & in-
Les huit derniers Rois de France , depuis
François I , jufqu'à Louis XIV inclufivement
, ont regné 201 ans 3 mois & 10
à 12 jours , c'est pour chaque regne 25 ans
mois & quelques jours.
Les 18 premiers Empereurs de la Dynaftie
des Tcheou , ont regné 504 ans ;
c'eft pour chacun d'eux 28 ans.
Les 20 premiers Princes de Thfine , Dynaftie
collatérale de celle de Tcheou , ont
regné sos ans ; c'eft 25 ans 3 mois pour
chaque regne.
Les 20 premiers Rois de Lou , Dynaſtie
collatérale des deux précédentes , ont regné
également sos ans , ce qui donnera
pour chacun d'eux le même nombre de 25
ans & 3 mois.
Les 10 Rois d'Affyrie depuis Nabonaffar
jufqu'à Mefeffimordac , ont regné 67
ans ; ce n'eft pour chacun d'eux que 6 ans
$ mois & 6 jours ; & je comprends enco
DECEMBRE. 1755. 173
re dans ce calcul 10 ans d'interregne .
Les 10 Rois Lombards d'Italie , depuis
Odoacre jufqu'à Narfés , ont regné 91 ans
& I mois , c'eft pour chaque regne 9 ans
1 mois & quelques jours.
Qu'on calcule tous ces regnes , fuivant
l'hypothèſe de M. N. on aura à compter
fur le pied de 20 ans , 41 ans 3 mois de
moins pour les 8 derniers Rois de France ;
144 ans de moins pour les 18 Empereurs
de Tcheou ; 145 ans de moins pour les
Princes des Dynafties de Thfine & de Lou.
133 ans de plus pour les Rois d'Affyrie ,
109 ans environ de plus pour les 10 Rois
d'Italie.
On court donc rifque avec la méthode
de M. N. d'errer au point d'augmenter
ou de diminuer les regnes de plus de la
moitié.
Cependant avec cette méthode qu'il
s'eft faite , & l'époque de l'expédition des
Argonautes qu'il croit avoir prouvée d'une
maniere folide , M. Newton ne trouve
plus de difficulté dans la Chronologie
, parce qu'il fe réferve le droit d'ajouter
ou de retrancher aux anciennes
époques , felon que fon fyftême l'exigera .
N'eft-il pas fingulier , après de tels principes
, d'entendre monfieur Newton nous
avertir férieufement dans une introduc
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
tion qui fe voit à la tête de ſon ouvrage ,
qu'il ne prétend pas porter l'exactitude
jufqu'à une année près ? « Je ne prétends
» pas porter l'exactitude jufqu'à une année
» près , dit - il ( 1 ) , il peut y avoir des
» erreurs de cinq , de dix , & quelquefois
de vingt ans ; mais cela ne va pas
plus loin ».
ע
Parcourons fon ouvrage , & voyons s'il
nous a tenu parole. « (2 ) L'Egypte fut
» d'abord partagée en différens petits
» royaumes comme les autres Etats , & ne
»forma que par dégrés une Monarchie ».
J'ofe affurer que ce fait eft totalement
faux : l'Egypte fut réunie d'abord fous
un feul Roi ; dans la fuite ce royaume fut
démembré , & devint le partage de plufieurs
Princes . Le Chevalier Marsham que
M. Newton paroît avoir confulté très-fouvent
, l'a jetté dans cette erreur ; en effet ,
Marsham dit dans un endroit , ( 3 ) Non
enim primis iftis temporibus , omnis Ægyptus
unius fuberat imperio , fed regiones diverſæ
diverfos habuerunt reges . M. N. a vu fans
doute ce paffage , mais il n'a pas pris garde
que Marsham dit ailleurs de Menès ,
premier Roi d'Egypte , qu'il commanda à
*
( 1 ) Introduction , p. 8. ( 2 ) Newton , p. 72 .
( 3 ) Chronicus Canon Egyptiacus . Edit . de Londres
, 1672. p. 23.
DECEMBRE. 1755. 173
Toute l'Egypte. ( 1 ) Nimirum ille Agyp-
10 omniprafuit. Les fils de Menès , après la
mort de leur pere , partagerent fon royaume
entr'eux. Ejus autem pofteri , diverfis potiti
Dynaftiis , illum communem omnium parentem
venerantur. Cette opinion n'eft
point particuliere au Chevalier Marsham ;
elle eft commune à tous les anciens Hiſtoriens
; & il ne faut que jetter un coup
d'oeil fur les différentes liftes des Rois d'Egypte
pour l'embraffer. Hérodote , Diodore
de Sicile , Eratofthenes , Manethon ,
Eufebe , Jule Africain , George le Syncelle
&c. voilà les garants fur l'autorité defquels
cette opinion eſt établie .
39
"( 2 ) Durant tout le tems que l'Egypte
fut partagée en plufieurs royaumes
>> on ne fçauroit , dit M. Newton , placer
» un Roi de toute l'Egypte , tel qu'étoit
Séfoftris ; il n'y a point d'Hiſtorien qui
le faffe plus moderne que Séfac : c'eſt
pourquoi ce Roi d'Egypte appellé Séfoftris
, eft le même que Séfac. Cette opi-
» nion n'eft point nouvelle ; Jofephe l'a infinuée
en affurant qu'Hérodote fe trom
»pe en attribuant les actions de Séfac à
» Séfoftris , & que la méprife vient feule-
>> ment du nom du Roi » .
(1 ) Idem. pag. 30. ( 2 ) Newton , p. 73.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
Confondre les actions de deux Conqué
rans qui ont entr'elles de la reffemblance ,
attribuer à l'un ce que l'autre a fait , eft- celà
les identifier Hérodote a pu fe tromper
de la maniere que Jofephe le rapporte ,
mais jamais il n'a dit ou fait entendre que
Séfoftris & Séfac fuffent un feul & même
Prince. Ce n'est point non plus l'opinion
de Jofephe. Le fens de ce paffage deJofephe
eft , qu'Hérodote fe trompe en attribuant à
Séfoftris les actions de Séfac ; & c'eſt ainfi
que l'ont rendu les interpretes de cet Hiftorien
; M. N. lui-même ne l'a pas entendu
autrement ; mais ce qu'il ajoute , & que
la
méprise vient feulement du nom du Roi , eft
un commentaire qui ne fe voit pas dans le
texte de Jofephe. Ainfiloin d'infinuer que
Séfac foit le même que Séfoftris , Jofephe
fait entendre qu'ils font différens l'un de
l'autre. Au refte , M. Newton n'eft pas le
feul qui ait attribué cette erreur à Jofephe.
Bochart , Stillingfleet , Scaliger , Marsham,
Charpentier , & quelques autres l'ont cru
de même , ou plutôt fans examen , ils ſe
font copiés réciproquement. Sed pace dixerint
Virorum infignium , dit Perizonius , ( 1 )
omnes in eo errant , dùm hunc errorem Jofepho
tribuunt , qui longè aliud fenfit , & probè
fcivit diverfos fuiffe bos
reges. Perizonius
( 1 ) Perizonius dans fes
3, 5, 8.
origines facrées
DECEMBRE. 1755. 177
cite le palfage contefté. Περὶ & πλανήθεις
Ηρόδοτος τὰς πραξεις Σεσοςρει προσάπτει ,
qu'il traduit , & qu'il a raifon de traduire
ainfi : De
quo in errorem lapfus eft Herododum
ejus ( Sefak ) res geftas Sefoftridi
tribuit.
,
Mais que veut dire ce raifonnement de
M. Newton. Il n'y a point d'Historien qui
faffe Séfoftris plus moderne que Séfac , c'est
pourquoi ce Roi d'Egypte appellé Séfoftris , eft
le même que Séfac . Je demande fi cette maniere
de raiſonner ne revient point à celleci.
Il n'y a point d'Hiftorien qui faffe Hen .
ri IV. plus moderne que Louis XIV. donc
ce Roi de France appellé Henri IV . eft le
le même que Louis XIV. Comment les
Hiftoriens auroient- ils fait Séfoftris plus
moderne que Séfac , pendant qu'il l'a précédé
Je le répete , je penfe avec Usher &
Perizonius qu'on ne doit pas confondre
Séfoftris & Séfac. Pour s'en convaincre ,
il ne faut que jetter un coup d'oeil fur les
différentes liftes des Dynafties Egyptiennes.
Ces deux Princes y font marqués chacun
à fon rang , & diftingués par les années
de leur regne , par leur nom , & par
leurs actions .
Sefoftris y porte les noms de Séthos , Sefoofis
, Séthofis ; Séfac porte ceux de Séfonchofis
, Séfochris , Géfongofes ou Séfonchoris
, Séfenchofis. Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
On convient que la finale is , ris , a été
ajoutée par les Grecs. Or dans Séfoftris
Sefoofis , Séthofis , Séthos , il faut convenir
avec M. Fourmont ( 1 ) l'aîné , que le
nom le mieux orthographié ou le moins
corrompu eft celui de Séthos . Le changement
du T , en TS , & en S, eft commun
chez les Orientaux : de maniere que les
uns pouvoient écrire Séthos , pendant que
d'autres prononçoient Setfos ou Séfos.
Quant aux différens noms de Séfac , le
plus corrompu eft celui de Gefongofes :
tous les autres , quoique altérés , ont les
trois lettres radicales qui compofent le
nom de Séfac. Le Noun ou l'N inférée, ne
doit point faire de peine , c'eſt encore un
ufage familier aux Orientaux , & M. Newton
en avertit lui- même lorfqu'il dit , « (2 )
» Sefonchofis & Séfac , ne different pas
plus que Memphis & Moph , qui font
deux noms de la même ville » .
"
Séfac foumit Jerufalem ; voilà tout ce
que l'Ecriture Sainte nous en dit : pourquoi
donc lui attribuer toutes les conquêtes
de Séfoftris ?
( 1 ) Réflexions Critiques , Tom. II . p. 156.
(2 ) Newton , p. 72.
Lafuite pour le mois prochain.
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Résumé : Lettre de M. L. R. Desh. P. R. sur la Chronologie de M. Newton.
L'auteur de la lettre, M. L. R. Desh. P. R., examine la chronologie proposée par Isaac Newton, soulignant les difficultés liées à l'obscurité de l'histoire due aux écrits endommagés par le temps. Il note que l'astronomie n'a pas significativement éclairci les événements historiques en raison de l'incertitude et de la rareté des observations. Par exemple, les annales chinoises des éclipses solaires manquent de précisions sur l'heure et la durée. L'auteur critique la méthode de Newton pour fixer la date de l'expédition des Argonautes, basée sur des observations astronomiques imparfaites. Il mentionne que le Père Souciet a proposé une date différente, mettant en lumière les incohérences. Il conteste également l'idée que les anciens astronomes, comme Chiron, aient pu créer des sphères célestes pour les Argonautes, arguant que ces sphères ont probablement été fabriquées bien après l'expédition. L'auteur remet en question la méthode de Newton pour estimer la durée des règnes des rois, notant que cette méthode est arbitraire et peut conduire à des erreurs significatives. Il cite plusieurs exemples de règnes royaux pour illustrer cette variabilité. Enfin, il critique Newton pour avoir affirmé que l'Égypte était initialement divisée en petits royaumes, alors que les historiens anciens s'accordent à dire que l'Égypte était unifiée sous un seul roi dès le début. Le texte discute également de la distinction entre Séfoftris et Séfac, deux princes égyptiens mentionnés par différents historiens. Joseph ne considère pas Séfoftris et Séfac comme une seule et même personne, contrairement à Hérodote. Plusieurs interprètes, dont Newton, Bochart, Stillingfleet, Scaliger, Marsham et Charpentier, ont attribué cette erreur à Joseph, mais Perizonius conteste cette interprétation. Selon Perizonius, Joseph a clairement distingué les deux rois. Séfoftris et Séfac sont marqués différemment dans les listes des dynasties égyptiennes par leurs noms, leurs années de règne et leurs actions. Séfoftris porte les noms de Séthos, Sefoofis, Séthofis, tandis que Séfac porte ceux de Séfonchofis, Séfochris, Géfongofes ou Séfonchoris. Le texte mentionne également que la finale 'is' ou 'ris' a été ajoutée par les Grecs et que le nom le mieux orthographié pour Séfoftris est Séthos. Enfin, le texte critique l'attribution des conquêtes de Séfoftris à Séfac, soulignant que l'Écriture Sainte ne mentionne que la soumission de Jérusalem par Séfac.
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17743
p. 220-221
ALLEMAGNE.
Début :
L'Impératrice-Reine vient d'établir pour la noblesse une Académie, dans laquelle [...]
Mots clefs :
Vienne, Berlin, Hanovre, Impératrice-Reine, Académie, Exécution, Magistrats, Académie royale des sciences et belles-lettres, Princesse, Prince du Landgraviat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE,
DE VIENNE , le 19 Avril.
L'Impératrice - Reine vient d'établir pour la
nobleffe une Académie , dans laquelle on enfeighera
non feulement à monter à cheval , à faire
des armes & à danfer , mais encore l'hiſtoire , le
droit , la politique , la géométrie , & les langues
françoife & italienne . Chaque penfionnaire payera
fept cens florins par an. Le Comte de Solms ,
Confeiller privé , aura la direction de cet établiſ
fement.
Les anciennes extravagances au fujet des Vampires
venant de fe renouveller dans la haute Si
lefie , l'Impératrice- Reine a adreffé à la Régence
de cette province un refcrit , portant » qu'elle a
appris avec peine que le peuple pût le laiffér
>> féduire par des idées fi ridicules ; qu'elle exhorte
les Magiftrats à ne rien négliger pour le
convaincre de la fauffeté de femblables préven-
» tions ; qu'elle regarde l'exécution qui s'eft faite
» à l'égard de plufieurs cadavres , comme une action
qui répugne au bon ordre & à l'humanité ;
» que comme cette exécution a été faite à Pin-
» fçu des Magiftrats , Sa Majeſté veut qu'on en
» recherche les auteurs , & qu'on procéde contre
eux fuivant la rigueur des loix . »
DE BERLIN , le 18 Avril.
Hier , l'Académie royale des Sciences & Belles-
Lettres élut pour Académicien le feur pinus ,
& pour Affocié étranger le Sr de Secondar, Préfi
dent du Parlement de Guyenne , fils du célebre
Président de Montesquieu .
JUIN." 1755. 221
DE HANOV RE , le 2 Mai.
Ce matin , le Roi de la Grande - Bretagne eft
arrivé de Londres : on a dépêché des couriers
pour annoncer Gette nouvelle à plufieurs Cours
de l'Empire. Le Landgrave de Heffe- Caffel , & la
Princeffe , époufe du Prince héréditaire du Landgraviat
de ce nom , font attendus ici dans quelques
jours.
DE VIENNE , le 19 Avril.
L'Impératrice - Reine vient d'établir pour la
nobleffe une Académie , dans laquelle on enfeighera
non feulement à monter à cheval , à faire
des armes & à danfer , mais encore l'hiſtoire , le
droit , la politique , la géométrie , & les langues
françoife & italienne . Chaque penfionnaire payera
fept cens florins par an. Le Comte de Solms ,
Confeiller privé , aura la direction de cet établiſ
fement.
Les anciennes extravagances au fujet des Vampires
venant de fe renouveller dans la haute Si
lefie , l'Impératrice- Reine a adreffé à la Régence
de cette province un refcrit , portant » qu'elle a
appris avec peine que le peuple pût le laiffér
>> féduire par des idées fi ridicules ; qu'elle exhorte
les Magiftrats à ne rien négliger pour le
convaincre de la fauffeté de femblables préven-
» tions ; qu'elle regarde l'exécution qui s'eft faite
» à l'égard de plufieurs cadavres , comme une action
qui répugne au bon ordre & à l'humanité ;
» que comme cette exécution a été faite à Pin-
» fçu des Magiftrats , Sa Majeſté veut qu'on en
» recherche les auteurs , & qu'on procéde contre
eux fuivant la rigueur des loix . »
DE BERLIN , le 18 Avril.
Hier , l'Académie royale des Sciences & Belles-
Lettres élut pour Académicien le feur pinus ,
& pour Affocié étranger le Sr de Secondar, Préfi
dent du Parlement de Guyenne , fils du célebre
Président de Montesquieu .
JUIN." 1755. 221
DE HANOV RE , le 2 Mai.
Ce matin , le Roi de la Grande - Bretagne eft
arrivé de Londres : on a dépêché des couriers
pour annoncer Gette nouvelle à plufieurs Cours
de l'Empire. Le Landgrave de Heffe- Caffel , & la
Princeffe , époufe du Prince héréditaire du Landgraviat
de ce nom , font attendus ici dans quelques
jours.
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Résumé : ALLEMAGNE.
L'Impératrice-Reine d'Allemagne a fondé une Académie pour la noblesse à Vienne, où les élèves étudieront l'équitation, les armes, la danse, l'histoire, le droit, la politique, la géométrie, ainsi que les langues française et italienne. Le coût annuel est de sept cents florins par pensionnaire, et le Comte de Solms en assurera la direction. Parallèlement, des superstitions sur les vampires ayant resurgi, l'Impératrice-Reine a adressé un rescrit à la Régence de la province, condamnant les exécutions de cadavres et ordonnant de poursuivre les responsables. À Berlin, l'Académie royale des Sciences et Belles-Lettres a élu Pinius comme Académicien et de Secondat, fils de Montesquieu, comme Associé étranger. À Hanovre, le Roi de Grande-Bretagne est arrivé de Londres, et des courriers ont annoncé cette nouvelle à plusieurs cours de l'Empire. Le Landgrave de Hesse-Cassel et la Princesse, épouse du Prince héréditaire du Landgraviat, sont attendus prochainement.
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17744
p. 221-222
ESPAGNE.
Début :
On apprend que l'Empereur de la Chine, non seulement a [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Madrid, Chine, Catholique, Chabecs, Combat, Don Pedre Elguero, Don Joseph de Flon, Capitaine de Frégate, Prisonniers de guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 20 Mars.
On apprend que l'Empereur de la Chine , non
feulement a renouvellé les Edits de quelques- uns
de fes prédéceffeurs en faveur des Chrétiens ,
mais qu'il leur fait bâtir une églife à les dépens
dans la capitale de fes Etats. Selon les mêmes
lettres , il fe trouve actuellement à la Chine plus
de cent foixante neuf mille perfonnes qui font
profeffion de la religion catholique.
DE MADRID , le 22 Avril,
Cinq Chabecs du Roi armés en courſe , &
commandés par Don Jofeph de Flon , Capitaine
de frégate , attaquerent le 16 de ce mois dans les
environs d'Alicante, trois Corfaires algériens , l'un
de vingt- quatre canons , l'autre de vingt-deux ,
& le troifiéme de quatorze. Après un combat qui .
duré plus de quatorze heures , ils s'en font
emparés. On a fait fur les bâtimens ennemis
quatre cens quatre-vingt- quatorze efclaves ; du
Côté des Efpagnols il y a eu cinquante bleffés.
Don Pedre Elguero , Lieutenant de vaiffeau ,2.
K iij
122 MERCURE DE FRANCE.
commandant le Chabec le Gavilan , a été tué ,
ainfi que cinq foldats ou matelots. Ali Mouffa
qui commandoit les trois Chabecs algériens , eft
du nombre des prifonniers faits par les Espagnols.
DE LISBONNE , le 20 Mars.
On apprend que l'Empereur de la Chine , non
feulement a renouvellé les Edits de quelques- uns
de fes prédéceffeurs en faveur des Chrétiens ,
mais qu'il leur fait bâtir une églife à les dépens
dans la capitale de fes Etats. Selon les mêmes
lettres , il fe trouve actuellement à la Chine plus
de cent foixante neuf mille perfonnes qui font
profeffion de la religion catholique.
DE MADRID , le 22 Avril,
Cinq Chabecs du Roi armés en courſe , &
commandés par Don Jofeph de Flon , Capitaine
de frégate , attaquerent le 16 de ce mois dans les
environs d'Alicante, trois Corfaires algériens , l'un
de vingt- quatre canons , l'autre de vingt-deux ,
& le troifiéme de quatorze. Après un combat qui .
duré plus de quatorze heures , ils s'en font
emparés. On a fait fur les bâtimens ennemis
quatre cens quatre-vingt- quatorze efclaves ; du
Côté des Efpagnols il y a eu cinquante bleffés.
Don Pedre Elguero , Lieutenant de vaiffeau ,2.
K iij
122 MERCURE DE FRANCE.
commandant le Chabec le Gavilan , a été tué ,
ainfi que cinq foldats ou matelots. Ali Mouffa
qui commandoit les trois Chabecs algériens , eft
du nombre des prifonniers faits par les Espagnols.
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Résumé : ESPAGNE.
Le texte présente deux événements concernant l'Espagne. Le premier événement, rapporté depuis Lisbonne le 20 mars, mentionne que l'Empereur de Chine a renouvelé les édits favorables aux Chrétiens et a financé la construction d'une église dans la capitale. Il est également indiqué qu'il y a plus de cent soixante-neuf mille pratiquants de la religion catholique en Chine. Le second événement, signalé depuis Madrid le 22 avril, relate l'attaque de trois corsaires algériens par cinq navires espagnols commandés par Don Joseph de Flon près d'Alicante. Après un combat de plus de quatorze heures, les Espagnols ont pris possession des navires ennemis. Quatre cent quatre-vingt-quatorze esclaves ont été libérés, tandis que cinquante personnes ont été blessées du côté espagnol, dont Don Pedre Elguero, lieutenant de vaisseau, et cinq soldats ou matelots ont été tués. Ali Mouffa, commandant des corsaires algériens, a été capturé.
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17745
p. 222-223
ITALIE.
Début :
Selon les avis reçus de l'Isle de Tremiti, fief des Bénédictins [...]
Mots clefs :
Naples, Gênes, Ile de Tremiti, Bénédictins, Mutineries, Mont Gibel, Éruption, Margrave, Comte et Comtesse de la Marche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE NAPLES , le 9 Avril. ୨
Selon les avis reçus de l'Ile de Tremiti , fiet
des Bénédictins qui y ont une abbaye , & qui ont
droit d'y entretenir une garnifon de vingt- cinq
hommes à leur folde , les foldats de cette garnifon
fe font révoltés contre leur Commandant , &
Pont maffacré. Ils ont enfuite garrotté l'Abbé &
les Religieux , ont enlevé l'argent & les effets
dont ils ont pu fe faifir , & ſe font fauvés fur une
barque de Dalmatie , dont ils ont obligé le Patron
de les prendre à bord.
Les lettres de Sicile marquent que le 9 du mois
dernier, vers la dix- huitieme heure , c'eft - à- dire
vers onze heures trois quarts du matin , le mont
Gibel commença à jetter beaucoup de flammes
& de fumée , avec un effroyable bruit. Quatre
heures après le ciel s'obfcurcit entierement , & la
montagne jetta une fi prodigieufe quantité de
pierres , dont la plupart pefoient jufqu'à trois onces
, que tout le territoire de la ville de Mafcali
& des campagnes voifines en fut couvert . Cette
pluie continua jufqu'à fept heures du foir , & fut
fuivie d'une pluie de fable noir , qui dura toute la
nuit. Le 10 , à huit heures du matin , il fortit de la
montagne un torrent de matiere fluide & lympide
, en un demi-quart d'heure tous les fonds en
furent inondés ; cette matiere avoit la chaleur de
l'eau bouillante . Dès qu'elle eut ceffé de couler ,
JUIN.
1755. 223
elle fe figea & fe convertit en une efpece de fable
calciné . A ce torrent en fuccéda un de feu.
Ce dernier n'a ceffé que pour faire place à une
riviere de foufre & de bitume , laquelle eft large
d'environ foixante cannes . Le 12 au foir , lorfque
le courier qui a apporté ces nouvelles eft parti
de Palerme , cette éruption duroit encore , &
elle avoit déja ravagé une grande étendue de
pays.
4%
DE GENES , le 29 Avril.
Avant -hier , le Margrave & la Margrave de
Bareith arriverent ici à bord d'un vaiffeau portant
pavillon de France. Quoiqu'ils gardent l'incognito
, fous le nom de Comte & de Comteffe de
la Marche , le Gouvernement les a fait complimenter
par une députation de quatre Nobles &
de quatre Dames.
DE NAPLES , le 9 Avril. ୨
Selon les avis reçus de l'Ile de Tremiti , fiet
des Bénédictins qui y ont une abbaye , & qui ont
droit d'y entretenir une garnifon de vingt- cinq
hommes à leur folde , les foldats de cette garnifon
fe font révoltés contre leur Commandant , &
Pont maffacré. Ils ont enfuite garrotté l'Abbé &
les Religieux , ont enlevé l'argent & les effets
dont ils ont pu fe faifir , & ſe font fauvés fur une
barque de Dalmatie , dont ils ont obligé le Patron
de les prendre à bord.
Les lettres de Sicile marquent que le 9 du mois
dernier, vers la dix- huitieme heure , c'eft - à- dire
vers onze heures trois quarts du matin , le mont
Gibel commença à jetter beaucoup de flammes
& de fumée , avec un effroyable bruit. Quatre
heures après le ciel s'obfcurcit entierement , & la
montagne jetta une fi prodigieufe quantité de
pierres , dont la plupart pefoient jufqu'à trois onces
, que tout le territoire de la ville de Mafcali
& des campagnes voifines en fut couvert . Cette
pluie continua jufqu'à fept heures du foir , & fut
fuivie d'une pluie de fable noir , qui dura toute la
nuit. Le 10 , à huit heures du matin , il fortit de la
montagne un torrent de matiere fluide & lympide
, en un demi-quart d'heure tous les fonds en
furent inondés ; cette matiere avoit la chaleur de
l'eau bouillante . Dès qu'elle eut ceffé de couler ,
JUIN.
1755. 223
elle fe figea & fe convertit en une efpece de fable
calciné . A ce torrent en fuccéda un de feu.
Ce dernier n'a ceffé que pour faire place à une
riviere de foufre & de bitume , laquelle eft large
d'environ foixante cannes . Le 12 au foir , lorfque
le courier qui a apporté ces nouvelles eft parti
de Palerme , cette éruption duroit encore , &
elle avoit déja ravagé une grande étendue de
pays.
4%
DE GENES , le 29 Avril.
Avant -hier , le Margrave & la Margrave de
Bareith arriverent ici à bord d'un vaiffeau portant
pavillon de France. Quoiqu'ils gardent l'incognito
, fous le nom de Comte & de Comteffe de
la Marche , le Gouvernement les a fait complimenter
par une députation de quatre Nobles &
de quatre Dames.
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Résumé : ITALIE.
Le 9 avril, des soldats de l'abbaye des Bénédictins sur l'île de Tremiti se sont révoltés contre leur commandant, l'ont massacré, et ont ligoté l'abbé et les religieux avant de voler de l'argent et des effets. Ils se sont ensuite enfuis à bord d'une barque dalmate. En Sicile, le 9 mars, le mont Gibel a commencé à émettre des flammes, de la fumée et un bruit assourdissant. Quatre heures plus tard, le ciel s'est obscurci et la montagne a projeté une grande quantité de pierres, couvrant Mascali et les campagnes voisines. Cette pluie de pierres a été suivie d'une pluie de sable noir toute la nuit. Le 10 mars, un torrent de matière fluide et chaude a inondé les fonds, se transformant ensuite en sable calciné. Un torrent de feu a suivi, remplacé par une rivière de soufre et de bitume large d'environ soixante cannes. Le 12 mars, l'éruption se poursuivait, ravageant une grande étendue de territoire. À Gênes, le 29 avril, le Margrave et la Margrave de Bareith sont arrivés à bord d'un vaisseau français, sous le nom de Comte et Comtesse de la Marche, et ont été complimentés par une députation du gouvernement.
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17746
p. 223-224
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le 25 du moi dernier, le Roi se rendit à la Chambre [...]
Mots clefs :
Londres, Roi, Chambre des pairs, Chambre des communes, Livre sterling, Commissaires de l'Amirauté, Marine, Loterie
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE- BRETAGNE.
DE LONDRES , le premier Mai.
Le 25 du mois dernier , le Roi fe rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoutu
mées ; & Sa Majeſté ayant mandé la Chambre des
Communes,approuva le Bill pour lever un million
fterling par le moyen d'une lotterie ; le Bill qui
ordonne de tirer quatorze cens vingt mille livres
fterlings du fonds d'amortiffement , & d'appliquer
cette fomme au fervice de l'année courante ; le
Bill dont l'objet eft de mieux pourvoir la flotte
royale de Matelots ; & plufieurs autres Bills , tant
publics que particuliers. Le Roi fit enfuite , la clôture
de la feffion du Parlement par un diſcours fort
étendu. K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
Les moyens accordés par le Parlement pour le
fervice de l'année 1755 , montent à quatre mil
lions cent trente- fept mille neuf cens foixantedeux
livres fterlings neuf fchelings fix pennings,
Les fubfides demandés ne montent qu'à quatre
millions cinquante- un mille fept cens foixante-dixe
neuf livres onze fchelings fix pennings & demis
par conféquent l'octroi excéde la demande de la
Tomme de quatre - vingt - fix mille cent quatrer
vingt deux livres dix-fept fchelings onze pennings
& demi. La dette nationale fait actuellement
un objet d'environ foixante- douze millions
Sterlings.
Les Commiffaires de l'Amirauté ont ordonne
que les Officiers des cinquante Compagnies de
Marine levées depuis peu , fe rendiffent incef
famment dans les départemens qui leur font aff
gnés . On continuera de payer jufqu'au 27 de ce
mois inclufivement , les gratifications promifes
aux Matelots qui s'engagent volontairement fur la
flotte du Roi. FORE
Il y aura dans la nouvelle lotterie deux lots de
dix mille livres fterlings chacun , quatre de cinq
mille , fix de deux mille , trente de mille , quarante
de cinq cens , cent quatre-vingt - dix - huit de
cents quatre mille vingt de cinquante. Les deux
premiers numeros qui feront tirés , auront chacun
une prime de cinq cens livres sterlings , & les deur
derniers une de mille.
DE LONDRES , le premier Mai.
Le 25 du mois dernier , le Roi fe rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoutu
mées ; & Sa Majeſté ayant mandé la Chambre des
Communes,approuva le Bill pour lever un million
fterling par le moyen d'une lotterie ; le Bill qui
ordonne de tirer quatorze cens vingt mille livres
fterlings du fonds d'amortiffement , & d'appliquer
cette fomme au fervice de l'année courante ; le
Bill dont l'objet eft de mieux pourvoir la flotte
royale de Matelots ; & plufieurs autres Bills , tant
publics que particuliers. Le Roi fit enfuite , la clôture
de la feffion du Parlement par un diſcours fort
étendu. K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
Les moyens accordés par le Parlement pour le
fervice de l'année 1755 , montent à quatre mil
lions cent trente- fept mille neuf cens foixantedeux
livres fterlings neuf fchelings fix pennings,
Les fubfides demandés ne montent qu'à quatre
millions cinquante- un mille fept cens foixante-dixe
neuf livres onze fchelings fix pennings & demis
par conféquent l'octroi excéde la demande de la
Tomme de quatre - vingt - fix mille cent quatrer
vingt deux livres dix-fept fchelings onze pennings
& demi. La dette nationale fait actuellement
un objet d'environ foixante- douze millions
Sterlings.
Les Commiffaires de l'Amirauté ont ordonne
que les Officiers des cinquante Compagnies de
Marine levées depuis peu , fe rendiffent incef
famment dans les départemens qui leur font aff
gnés . On continuera de payer jufqu'au 27 de ce
mois inclufivement , les gratifications promifes
aux Matelots qui s'engagent volontairement fur la
flotte du Roi. FORE
Il y aura dans la nouvelle lotterie deux lots de
dix mille livres fterlings chacun , quatre de cinq
mille , fix de deux mille , trente de mille , quarante
de cinq cens , cent quatre-vingt - dix - huit de
cents quatre mille vingt de cinquante. Les deux
premiers numeros qui feront tirés , auront chacun
une prime de cinq cens livres sterlings , & les deur
derniers une de mille.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 25 avril, le roi de Grande-Bretagne a convoqué la Chambre des Pairs et la Chambre des Communes pour approuver plusieurs bills. Parmi ceux-ci figuraient un bill pour lever un million de livres sterling via une lotterie, un autre pour tirer 142 000 livres sterling du fonds d'amortissement, et un bill pour améliorer l'approvisionnement en matelots de la flotte royale. Le roi a ensuite clôturé la session parlementaire par un discours. Les fonds accordés par le Parlement pour l'année 1755 s'élèvent à 4 137 962 livres sterling, 9 shillings et 6 pence, avec un excédent de 86 193 livres sterling, 17 shillings et 11,5 pence. La dette nationale est estimée à environ 62 millions de livres sterling. Les commissaires de l'Amirauté ont ordonné aux officiers des cinquante compagnies de marine récemment levées de se rendre dans leurs départements respectifs. Les gratifications pour les matelots s'engageant volontairement seront payées jusqu'au 27 mai. La lotterie comprend divers lots, dont deux de 10 000 livres sterling et 4 020 de 50 livres sterling. Les deux premiers numéros tirés recevront chacun une prime de 500 livres sterling, et les deux derniers une prime de 1 000 livres sterling.
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17747
p. 224-225
PAYS-BAS.
Début :
On publia le 21 de ce mois, par ordre de leurs [...]
Mots clefs :
La Haye, Aix-la-Chapelle, Prince, Marquis de Grimaldi, Ambassadeur du roi d'Espagne, Thèse de logique
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texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PATS BAS.
15
DE LA HAYE , le 25 Avril.
21
On publia le 21 de ce mois , par ordre de leurs
Hautes Puiffances , un decret , qui établit des réJUI
N. 1755. 225
compenfes pour les prifes faites par mer fur les
Sujets ou la Régence d'Alger , & qui ftatue les
formalités néceffaires pour les recevoir.
Le Marquis de Grimaldi , Ambaffadeur du Roi
d'Efpagne , fe rendit le 2 de ce mois à la Cour ,
avec un cortège de trois carroffes à fix chevaux
& une nombreufe fuite ,pour faire fa premiere vifite
au Prince Stadhouder. Le Prince , accompagné
de fon grand Maréchal , de fon grand Ecuyer , &
des autres principaux Officiers de fa maiſon , reçut
le Marquis de Grimaldi à la portiere de fon
carroffe , & lui donnant la droite le conduifit
à fon cabinet : on y avoit préparé deux fauteuils,
Le Prince laiffa la place d'honneur à l'Ambaffadeur
, & prit le fauteuil le plus proche de la porte.
Après les complimens ordinaires il reconduifit le
Marquis de Grimaldi jufqu'à la portiere de fon
carroffe. Le lendemain , fe Stadhouder rendit la
vifite à ce Miniftre , qui obferva à l'égard de ce
Prince le même cérémonial que le Prince avoit
obfervé la veille avec lui.
D'AIX-LA- CHAPELLE , le 4 Mai.
Un phénomene littéraire a excité ces jours- ci
Fadmiration du public. La Dlle Marie - Magdeleine-
Bernardine de Witte , âgée de dix -fept ans
a foutenu en latin deux thefes de Logique , & elle
a répondu avec autant de jufteffe & de netteté que
de graces à tous les argumens qui lui ont été,
propofés par les plus fameux Profeffeurs de cette
ville.
15
DE LA HAYE , le 25 Avril.
21
On publia le 21 de ce mois , par ordre de leurs
Hautes Puiffances , un decret , qui établit des réJUI
N. 1755. 225
compenfes pour les prifes faites par mer fur les
Sujets ou la Régence d'Alger , & qui ftatue les
formalités néceffaires pour les recevoir.
Le Marquis de Grimaldi , Ambaffadeur du Roi
d'Efpagne , fe rendit le 2 de ce mois à la Cour ,
avec un cortège de trois carroffes à fix chevaux
& une nombreufe fuite ,pour faire fa premiere vifite
au Prince Stadhouder. Le Prince , accompagné
de fon grand Maréchal , de fon grand Ecuyer , &
des autres principaux Officiers de fa maiſon , reçut
le Marquis de Grimaldi à la portiere de fon
carroffe , & lui donnant la droite le conduifit
à fon cabinet : on y avoit préparé deux fauteuils,
Le Prince laiffa la place d'honneur à l'Ambaffadeur
, & prit le fauteuil le plus proche de la porte.
Après les complimens ordinaires il reconduifit le
Marquis de Grimaldi jufqu'à la portiere de fon
carroffe. Le lendemain , fe Stadhouder rendit la
vifite à ce Miniftre , qui obferva à l'égard de ce
Prince le même cérémonial que le Prince avoit
obfervé la veille avec lui.
D'AIX-LA- CHAPELLE , le 4 Mai.
Un phénomene littéraire a excité ces jours- ci
Fadmiration du public. La Dlle Marie - Magdeleine-
Bernardine de Witte , âgée de dix -fept ans
a foutenu en latin deux thefes de Logique , & elle
a répondu avec autant de jufteffe & de netteté que
de graces à tous les argumens qui lui ont été,
propofés par les plus fameux Profeffeurs de cette
ville.
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Résumé : PAYS-BAS.
Le 21 avril, un décret des Hautes Puissances institua des compensations pour les prises en mer sur les sujets ou la Régence d'Alger, détaillant les formalités nécessaires pour les recevoir. Le 2 avril, le Marquis de Grimaldi, ambassadeur du Roi d'Espagne, se présenta à la Cour avec un cortège de trois carrosses à six chevaux et une suite nombreuse pour sa première visite au Prince Stadhouder. Le Prince, accompagné de ses principaux officiers, accueillit l'ambassadeur à la portière de son carrosse et lui offrit la place d'honneur dans son cabinet. Le lendemain, le Stadhouder rendit la visite à l'ambassadeur, suivant le même cérémonial. À Aix-la-Chapelle, le 4 mai, Marie-Madeleine-Bernardine de Witte, âgée de dix-sept ans, soutint en latin deux thèses de logique et répondit avec justesse et netteté aux arguments des plus célèbres professeurs de la ville.
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17748
p. 208-219
AVIS.
Début :
Le sieur Vacossain, Marchand Epicier Droguiste, rue & vis-à-vis S. André des Arts, continue [...]
Mots clefs :
Cierge, Canon, Succès, Maladies, Flambeaux, Chocolat, Vinaigre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
E fieur Vacoffain , Marchand Epicier Dro-
Lguifte,rue to vis -à- vis 3. André des sirs , Dontinue
de vendre avec beaucoup de fuccès fon eau
pour les dents : cette eau a la propriété de les
conferver & blanchir & de diſſoudre l'humeur
glaireufe qui peut contribuer à les gâter . Elle a
auffi la vertu d'arêter dans l'inftant le mal que
l'on nomme communément rage de dents. L'ufage
de quinze jours fera voir , par la beauté & la
fermeté des dents , que l'on pourra , hors dans les
grand befoins , fe difpenfer de tous ferremens.
Ledit Sieur donne un imprimé de la maniere d'en
faire ufage , & vend la bouteille douze fols.
Ledit fieur Vacoffain continue auffi de vendre
avec le même fuccès fa poudre purgative , qu'il
compofe de différens fimples : cette poudre
fond les humeurs groffieres & peccantes , purifie
la maffe du fang , détruit les glaires , & diffipe
les réplétions. Elle prévient les maladies , particulierement
l'apoplexie ; guérit les maux de tête ,
la jauniffe de l'un & de l'autre fexe , les fievres
tierces , quartes & intermittentes . Elle eft fi bienfaifante
qu'elle ne caufe ni tranchée ni colique.
Les femmes enceintes de cinq à fix mois peuvent
en ufer en toute fureté , elle les difpofera à un
heureux accouchement. Ses vertus & fes propriétés
font expliquées plus au long dans un mémoire
particulier , ainfi que la maniere de s'en fervir.
Cette poudre fe vend vingt fols le paquet , qui eſt
DECEMBRE. 1754 209
cacheté & figné de la main dudit Sieur , afin que
le Public ne puiffe pas être trompé. Ledit fieur
Vacoffain eft autorifé & approuvé pour la vente
de fes remédes .
Ledit Vacoffain avertit qu'il a auffi le bureau
du vrai fel Polychrefte , compofé par M. de Seignette
, de la Rochelle , lequel fel eft paraphé
en dedans de chaque paquet , & cacheté de la
main dudit fieur de Seignette , pour éviter toute
fuprife & falfification ordinaire."
AUTR E.
E fieur Meffier donne avis qu'il tient manu-
Lfacture de cierges à refforts qu'il a pouffé à la
derniere perfection , lefquels offrent de grands
avantages pour ménager la cire de deux tiers ; de
n'être point expofé à couler comme les autres
cierges , ce qui périt tous les ornemens d'Autel ;
de conferver toujours la même hauteur , ce qui
eft impoffible avec les autres cierges ; d'y brûler
toute forte de cire , la couleur de ladite cire n'étant
point exposée à la vue , fe trouvant renfermée
dans un canon , qui ne laiffe voir que la lumiere
, le tout s'y confumme fans aucun déchet ,
la bougie brulant jufqu'à la fin. Les avantages de
les peindre & revernir n'étant point fujets à
s'écailler , & fe pouvant laver , met toutes les
Eglifes à portée de jouir des avantages que procurent
ces cierges , laquelle peinture imite parfaitement
la cire. Comme il fe trouve dans les
provinces des ouvriers qui veulent imiter ces
cierges , qui outre leur mauvaife façon deviennent
très - fujets & très-incommodes , plufieurs
perfonnes en ayant vû dudit fieur Meffier dans différens
endroits , pour éviter les frais des ports &
210 MERCURE DE FRANCE.
emballages , en ont acheté à ces ouvriers , & fe
trouvant trompés , ont été obligés de les abandonner
, & d'en faire venir de la manufacture dudit
fieur Meffier.
Pour que toutes les Eglifes des Provinces puiffent
profiter de cet avantage , qui eſt déja connu
dans tout le royaume & dans beaucoup d'autres
pays étrangers où il en a fait des envois confidérables
, ledit Sieur donne avis aux marchands ou
autres perfonnes de provinces , qu'en fe faifant
connoître il leur en enverra des affortimens de
différentes grandeurs pour débiter pour fon compte
dans les Eglifes de leurs provinces , en leur
abandonnant un bénéfice fur chaque cierge pour
la commiffion de la vente , comme il fait dansplufieurs
villes où il a des perfonnes qui lui en
débitent. Les perfonnes qui lui écriront font priées
d'affranchir les lettres , à moins que ce ne foit
pour commander de l'ouvrage . Sa manufacture eſt
rue de Charonne , Faubourg S. Antoine , à Paris .
Les corps des cierges fe vendent au pied , &
les canons & refforts qui entrent dans ces fortes
de cierges , fe vendent à la pièce.
Pour les cierges , depuis trois pieds juſqu'à
fept , 10 fols par pied.
Pour les canons & refforts defdits cierges , 4 liv.
piéce.
Pour les cierges , depuis huit jufqu'à dix , 12
fols par pied.
Pour le canon & reffort defdits cierges , s liv.
piece.
Les bougies d'un pied avec leurs canons & refforts
pour le S. Sacrement , bras de cheminée ou
luftres , 2 liv . 15 fols piece.
Pour celles d'un pied & demi , 3 liv. piece.
Pour les flambeaux d'élévation pour couvrir en
cire , 12 fols par pied.
DECEMBRE . 1754. 211
> dont la
Pour les flambeaux pour peindre
fouche doit être cannelée , 1 liv. 4 fols par pied.
Pour les canons defdits flambeaux , 4 liv. piece.
Pour les cierges pafchals , depuis fix pieds jufqu'à
neuf, 12 fols par pied.
Pour les canons & refforts defdits cierges pafchals
, liv . piece .
Pour les cierges pafchals de dix pieds & au¬
deffus , 1 liv. par pied.
Pour les canons defdits cierges pafchals , de
puis 8 jufqu'à 24 liv . piece.
Pour couvrir les cierges & flambeaux , la cire
coute 3 liv . à cauſe de ſa façon.
Les cierges & flambeaux fe peignent en couleur
de cire , excepté les cierges paichals.
Pour peindre & vernir les bougies & cierges
jufqu'à fept pieds , fols par pied.
Pour ceux de huit pieds & au-deffus , 7 fols
par pied .
Pour les flambeaux , 10 fols par pied.
Une bougie d'un pied en couleur de cire revient
à 3 trois liv . une d'un pied & demi 3 liv.
7 fols 6 deniers , avec leurs canons & reflorts ; un
cierge de trois pieds en couleur de cire , 6 livres
S fols ; un de quatre pieds , 7 liv. un de cinq
pieds , 7 liv. 15 fols ; un de 6 pieds , 8 liv. 10
fols ; un de fept pieds , 9 liv. 5 fols ; un de huit
pieds , 12 liv. 12 fols ; un flambeau de quatre
pieds , 10 liv. 16 fols ; un de cinq pieds , 12 liv.
10 fols ; un de fix pieds 14 liv. 4 fols.
Il a auffi des moules pour faire les bougies qui
entrent dans ces fortes de cierges , pour la commodité
des perſonnes de province qui ne font pas
à portée d'avoir des Ciriers qui puiffent leur faire
des bougies bien égales ; avec lefdits moules les
bougies fe trouvent mieux faites , & toutes per212
MERCURE DE FRANCE.
fonnes peuvent les faire eux-mêmes . Lefdits moules
coutent 3 livres piece .
AUTR E.
M.DE TORRES , Médecin de S. A. S. M. le
Duc d'Orléans , ci -devant Médecin de la Famille
royale de S. M. C. Membre des Académies royales
de Médecine , & de l'Hiftoire Univerſelle d'Efpagne
, Affocié Correfpondant Etranger de la Société
royale de Montpellier , & de l'Académie des
Sciences de Paris , &c. avertit le Public qu'il ne
répondra deformais que depuis huit heures du
matin jufqu'à neuf, aux confultations des perfonnes
attaquées de maux vénériens , rhumatilmes
dartres , écrouelles , cancers , ou d'autres maladies
qu'on regarde comme incurables . M. de TORRÈS
demeure rue Tire - boudin , près la Comédie Italienne
, dans la maison qu'occupoit ci -devant M. Debrus
, Banquier.
AUTRE.
Odeau , Marchand Diftillateur , tenant le
>
Saint-Honoré , fait & vend toutes fortes de liqueurs
fines , tant françoifes qu'étrangeres. Il fait
aufli du chocolat de fanté à la façon d'Espagne
& autre chocolat à la vanille . L'on trouve auffi
chez lui de l'ancienne huile de Venus , vrai figogne
, Marafquin , Ratafia de Bologne , huile royale
, crême des barbades , crême de fleur d'orange
, crême de framboife , crême d'angelique , liqueur
vanille , les délices de la fanté , liqueurs
très-agréables , kis wafer , & généralement toutes
fortes de liqueurs fines.
DECEMBRE. 1754. 213
M
AUTRE.
RS Bianchetti & Manar , Suiffes Italiens ,
viennent d'établir une fabrique de chocolat
à la façon de Milan & de Turin , dont ils ont apporté
d'Italie tous les uftenfiles néceffaires à cette
fabrique, Tout le monde fçait que la bonté du
chocolat confifte dans une parfaite coction ; c'eft
cette qualité qui fait fi eftimer le chocolat de Milan
& de Turin , & qui va être deformais fabriqué
à Paris , par les fieurs Bianchetti & Manar,
Ils le vendront en gros & en détail , & ils en
ont à plufieurs prix de la fufdite façon ; ils le vont
faire en ville quand on les y demande. Leur adreffe
eft dans les Quinze-vingt , la boutique à côté
de la cuifine des Prêtres,
AUTRE.
A veuve Mouton , Marchande Apothicaire de
le débit de fon bechique fouverain , ou fyrop
pectoral approuvé pour les maladies de poitrine ,
comme rhume , toux invétérées , oppreffion , foibleffe
de poitrine , & afthme humide . Ce firop béchique
ayant la propriété de fondre & d'atténuer
les humeurs engorgées dans le poulmon , d'adoucir
l'acrimonie de la limphe , comme balfamique
, & rétablir les forces abattues , en tant que
parfait reftaurant , produit des effets fi rapides dans
les maladies énoncées ci-deffus , que fix jours fuffifent
pour s'appercevoir d'un changement notable
; en un mot , une bouteille fuffit pour en
éprouver toute l'efficacité avec fuccès , en tant
qu'il rétablit les forces abbattues en rappellant
214 MERCURE DE FRANCE.
peu à peu l'appétit & le fommeil , comme parfait
reftaurant , par conféquent très-ſalutaire à la
fuite des longues maladies où les forces font épuifées.
L'odeur & le goût en font agréables , le régime
aifé à obferver ; en outre il convient à toutes
fortes de perfonnes , aux enfans même & aux
femmes enceintes , qui peuvent en uſer avec fuccès
, preuve de fa benignité. Nombre de perfonnes
de tous les états & de tous pays en ont fait
une heureuſe expérience , & en particulier quelques
Anglois. Si l'on en faifoit un plus grand
ufage en Angleterre , & qu'on le prenne à propos
, l'on ne verroit pas périr tant de milliers
d'Anglois de maladie de confomption , non pas
qu'il puiffe les réchapper , une fois la maladie invétérée
, mais lorfque les fymptômes l'annoncent
prochaine. Il peut non- feulement en éloigner les
effers ; mais encore en détruire la cauſe ; bien plus
en empêcher les progrès dans fon principe. La
preuve de ce , c'eft qu'en occafionnant une plus
prompte circulation , il empêche le fang de
croupir , & refter en ftagnation dans le poulmon ,
& en tant que balfamique , confolide les petits
ulceres qui peuvent s'y rencontrer , ce qui fuffit
pour en arrêter les progrès.
La bouteille fcellée & étiquetée à l'ordinaire ;
taxée à fix livres , eft fuffifante pour en éprouver
toute l'efficacité avec fuccès.
Il ne fe débite que chez la Dame veuve Mouton
, Marchande Apothicaire de Paris , rue S
Denis , entre la rue Thevenot & la rue des Filles-
Dieu, vis-à-vis le Roi François , à Paris.
Les perfonnes qui écriront font priées d'affranchir
les lettres.
DECEMBRE . 1754. 2rg-
AUTRE.
E fieur Maille , Vinaigrier , Diſtillateur ordieu
le
pour la compofition des vinaigres de propriété ,
donne avis aux perfonnes de diftinction qu'il vend
des corbeilles galantes de neuf flacons & de quinze
, remplis de différens vinaigres nouveaux ; il
continue avec fuccès la vente du vinaigre romain
pour la confervation de la bouche. Če vinaigre
raffermit les gencives , blanchit les dents , & arrête
le progès de la carie ; comme auffi le vinaigre de
turbie , pour la guérifon parfaite du mal de dents ,
& différens vinaigres fervant à blanchir la peau ,
ôter les boutons , dartres farineufes & taches du
vifage ; & le véritable vinaigre des Quatre voleurs ,
qui eft un préfervatif de toutes fortes d'airs contagieux
, & généralement toutes fortes de vinaigres ,
au nombre de cent cinquante - fix fortes , tant
pour la table que pour les bains & toilettes . Il
continue le débit de la nouvelle moutarde des fix
graines de fa compofition , &la moutarde aux capres
& aux anchois par extraits d'herbes fines , &
différens fruits confits au vinaigre. Les moindres
bouteilles , tant pour les dents que pour le vifage ,
font de trois livres . Les perfonnes de province qui
defireront fe les procurer , en écrivant une lettre
d'avis audit fieur Maille , & remettant l'argent par
la pofte , le tout affranchi de port , on le leur enverra
très- exactement.'Il demeure à Paris , rue da
P'Hyrondelle , aux Armes Impériales.
E fieur Vacoffain , Marchand Epicier Dro-
Lguifte,rue to vis -à- vis 3. André des sirs , Dontinue
de vendre avec beaucoup de fuccès fon eau
pour les dents : cette eau a la propriété de les
conferver & blanchir & de diſſoudre l'humeur
glaireufe qui peut contribuer à les gâter . Elle a
auffi la vertu d'arêter dans l'inftant le mal que
l'on nomme communément rage de dents. L'ufage
de quinze jours fera voir , par la beauté & la
fermeté des dents , que l'on pourra , hors dans les
grand befoins , fe difpenfer de tous ferremens.
Ledit Sieur donne un imprimé de la maniere d'en
faire ufage , & vend la bouteille douze fols.
Ledit fieur Vacoffain continue auffi de vendre
avec le même fuccès fa poudre purgative , qu'il
compofe de différens fimples : cette poudre
fond les humeurs groffieres & peccantes , purifie
la maffe du fang , détruit les glaires , & diffipe
les réplétions. Elle prévient les maladies , particulierement
l'apoplexie ; guérit les maux de tête ,
la jauniffe de l'un & de l'autre fexe , les fievres
tierces , quartes & intermittentes . Elle eft fi bienfaifante
qu'elle ne caufe ni tranchée ni colique.
Les femmes enceintes de cinq à fix mois peuvent
en ufer en toute fureté , elle les difpofera à un
heureux accouchement. Ses vertus & fes propriétés
font expliquées plus au long dans un mémoire
particulier , ainfi que la maniere de s'en fervir.
Cette poudre fe vend vingt fols le paquet , qui eſt
DECEMBRE. 1754 209
cacheté & figné de la main dudit Sieur , afin que
le Public ne puiffe pas être trompé. Ledit fieur
Vacoffain eft autorifé & approuvé pour la vente
de fes remédes .
Ledit Vacoffain avertit qu'il a auffi le bureau
du vrai fel Polychrefte , compofé par M. de Seignette
, de la Rochelle , lequel fel eft paraphé
en dedans de chaque paquet , & cacheté de la
main dudit fieur de Seignette , pour éviter toute
fuprife & falfification ordinaire."
AUTR E.
E fieur Meffier donne avis qu'il tient manu-
Lfacture de cierges à refforts qu'il a pouffé à la
derniere perfection , lefquels offrent de grands
avantages pour ménager la cire de deux tiers ; de
n'être point expofé à couler comme les autres
cierges , ce qui périt tous les ornemens d'Autel ;
de conferver toujours la même hauteur , ce qui
eft impoffible avec les autres cierges ; d'y brûler
toute forte de cire , la couleur de ladite cire n'étant
point exposée à la vue , fe trouvant renfermée
dans un canon , qui ne laiffe voir que la lumiere
, le tout s'y confumme fans aucun déchet ,
la bougie brulant jufqu'à la fin. Les avantages de
les peindre & revernir n'étant point fujets à
s'écailler , & fe pouvant laver , met toutes les
Eglifes à portée de jouir des avantages que procurent
ces cierges , laquelle peinture imite parfaitement
la cire. Comme il fe trouve dans les
provinces des ouvriers qui veulent imiter ces
cierges , qui outre leur mauvaife façon deviennent
très - fujets & très-incommodes , plufieurs
perfonnes en ayant vû dudit fieur Meffier dans différens
endroits , pour éviter les frais des ports &
210 MERCURE DE FRANCE.
emballages , en ont acheté à ces ouvriers , & fe
trouvant trompés , ont été obligés de les abandonner
, & d'en faire venir de la manufacture dudit
fieur Meffier.
Pour que toutes les Eglifes des Provinces puiffent
profiter de cet avantage , qui eſt déja connu
dans tout le royaume & dans beaucoup d'autres
pays étrangers où il en a fait des envois confidérables
, ledit Sieur donne avis aux marchands ou
autres perfonnes de provinces , qu'en fe faifant
connoître il leur en enverra des affortimens de
différentes grandeurs pour débiter pour fon compte
dans les Eglifes de leurs provinces , en leur
abandonnant un bénéfice fur chaque cierge pour
la commiffion de la vente , comme il fait dansplufieurs
villes où il a des perfonnes qui lui en
débitent. Les perfonnes qui lui écriront font priées
d'affranchir les lettres , à moins que ce ne foit
pour commander de l'ouvrage . Sa manufacture eſt
rue de Charonne , Faubourg S. Antoine , à Paris .
Les corps des cierges fe vendent au pied , &
les canons & refforts qui entrent dans ces fortes
de cierges , fe vendent à la pièce.
Pour les cierges , depuis trois pieds juſqu'à
fept , 10 fols par pied.
Pour les canons & refforts defdits cierges , 4 liv.
piéce.
Pour les cierges , depuis huit jufqu'à dix , 12
fols par pied.
Pour le canon & reffort defdits cierges , s liv.
piece.
Les bougies d'un pied avec leurs canons & refforts
pour le S. Sacrement , bras de cheminée ou
luftres , 2 liv . 15 fols piece.
Pour celles d'un pied & demi , 3 liv. piece.
Pour les flambeaux d'élévation pour couvrir en
cire , 12 fols par pied.
DECEMBRE . 1754. 211
> dont la
Pour les flambeaux pour peindre
fouche doit être cannelée , 1 liv. 4 fols par pied.
Pour les canons defdits flambeaux , 4 liv. piece.
Pour les cierges pafchals , depuis fix pieds jufqu'à
neuf, 12 fols par pied.
Pour les canons & refforts defdits cierges pafchals
, liv . piece .
Pour les cierges pafchals de dix pieds & au¬
deffus , 1 liv. par pied.
Pour les canons defdits cierges pafchals , de
puis 8 jufqu'à 24 liv . piece.
Pour couvrir les cierges & flambeaux , la cire
coute 3 liv . à cauſe de ſa façon.
Les cierges & flambeaux fe peignent en couleur
de cire , excepté les cierges paichals.
Pour peindre & vernir les bougies & cierges
jufqu'à fept pieds , fols par pied.
Pour ceux de huit pieds & au-deffus , 7 fols
par pied .
Pour les flambeaux , 10 fols par pied.
Une bougie d'un pied en couleur de cire revient
à 3 trois liv . une d'un pied & demi 3 liv.
7 fols 6 deniers , avec leurs canons & reflorts ; un
cierge de trois pieds en couleur de cire , 6 livres
S fols ; un de quatre pieds , 7 liv. un de cinq
pieds , 7 liv. 15 fols ; un de 6 pieds , 8 liv. 10
fols ; un de fept pieds , 9 liv. 5 fols ; un de huit
pieds , 12 liv. 12 fols ; un flambeau de quatre
pieds , 10 liv. 16 fols ; un de cinq pieds , 12 liv.
10 fols ; un de fix pieds 14 liv. 4 fols.
Il a auffi des moules pour faire les bougies qui
entrent dans ces fortes de cierges , pour la commodité
des perſonnes de province qui ne font pas
à portée d'avoir des Ciriers qui puiffent leur faire
des bougies bien égales ; avec lefdits moules les
bougies fe trouvent mieux faites , & toutes per212
MERCURE DE FRANCE.
fonnes peuvent les faire eux-mêmes . Lefdits moules
coutent 3 livres piece .
AUTR E.
M.DE TORRES , Médecin de S. A. S. M. le
Duc d'Orléans , ci -devant Médecin de la Famille
royale de S. M. C. Membre des Académies royales
de Médecine , & de l'Hiftoire Univerſelle d'Efpagne
, Affocié Correfpondant Etranger de la Société
royale de Montpellier , & de l'Académie des
Sciences de Paris , &c. avertit le Public qu'il ne
répondra deformais que depuis huit heures du
matin jufqu'à neuf, aux confultations des perfonnes
attaquées de maux vénériens , rhumatilmes
dartres , écrouelles , cancers , ou d'autres maladies
qu'on regarde comme incurables . M. de TORRÈS
demeure rue Tire - boudin , près la Comédie Italienne
, dans la maison qu'occupoit ci -devant M. Debrus
, Banquier.
AUTRE.
Odeau , Marchand Diftillateur , tenant le
>
Saint-Honoré , fait & vend toutes fortes de liqueurs
fines , tant françoifes qu'étrangeres. Il fait
aufli du chocolat de fanté à la façon d'Espagne
& autre chocolat à la vanille . L'on trouve auffi
chez lui de l'ancienne huile de Venus , vrai figogne
, Marafquin , Ratafia de Bologne , huile royale
, crême des barbades , crême de fleur d'orange
, crême de framboife , crême d'angelique , liqueur
vanille , les délices de la fanté , liqueurs
très-agréables , kis wafer , & généralement toutes
fortes de liqueurs fines.
DECEMBRE. 1754. 213
M
AUTRE.
RS Bianchetti & Manar , Suiffes Italiens ,
viennent d'établir une fabrique de chocolat
à la façon de Milan & de Turin , dont ils ont apporté
d'Italie tous les uftenfiles néceffaires à cette
fabrique, Tout le monde fçait que la bonté du
chocolat confifte dans une parfaite coction ; c'eft
cette qualité qui fait fi eftimer le chocolat de Milan
& de Turin , & qui va être deformais fabriqué
à Paris , par les fieurs Bianchetti & Manar,
Ils le vendront en gros & en détail , & ils en
ont à plufieurs prix de la fufdite façon ; ils le vont
faire en ville quand on les y demande. Leur adreffe
eft dans les Quinze-vingt , la boutique à côté
de la cuifine des Prêtres,
AUTRE.
A veuve Mouton , Marchande Apothicaire de
le débit de fon bechique fouverain , ou fyrop
pectoral approuvé pour les maladies de poitrine ,
comme rhume , toux invétérées , oppreffion , foibleffe
de poitrine , & afthme humide . Ce firop béchique
ayant la propriété de fondre & d'atténuer
les humeurs engorgées dans le poulmon , d'adoucir
l'acrimonie de la limphe , comme balfamique
, & rétablir les forces abattues , en tant que
parfait reftaurant , produit des effets fi rapides dans
les maladies énoncées ci-deffus , que fix jours fuffifent
pour s'appercevoir d'un changement notable
; en un mot , une bouteille fuffit pour en
éprouver toute l'efficacité avec fuccès , en tant
qu'il rétablit les forces abbattues en rappellant
214 MERCURE DE FRANCE.
peu à peu l'appétit & le fommeil , comme parfait
reftaurant , par conféquent très-ſalutaire à la
fuite des longues maladies où les forces font épuifées.
L'odeur & le goût en font agréables , le régime
aifé à obferver ; en outre il convient à toutes
fortes de perfonnes , aux enfans même & aux
femmes enceintes , qui peuvent en uſer avec fuccès
, preuve de fa benignité. Nombre de perfonnes
de tous les états & de tous pays en ont fait
une heureuſe expérience , & en particulier quelques
Anglois. Si l'on en faifoit un plus grand
ufage en Angleterre , & qu'on le prenne à propos
, l'on ne verroit pas périr tant de milliers
d'Anglois de maladie de confomption , non pas
qu'il puiffe les réchapper , une fois la maladie invétérée
, mais lorfque les fymptômes l'annoncent
prochaine. Il peut non- feulement en éloigner les
effers ; mais encore en détruire la cauſe ; bien plus
en empêcher les progrès dans fon principe. La
preuve de ce , c'eft qu'en occafionnant une plus
prompte circulation , il empêche le fang de
croupir , & refter en ftagnation dans le poulmon ,
& en tant que balfamique , confolide les petits
ulceres qui peuvent s'y rencontrer , ce qui fuffit
pour en arrêter les progrès.
La bouteille fcellée & étiquetée à l'ordinaire ;
taxée à fix livres , eft fuffifante pour en éprouver
toute l'efficacité avec fuccès.
Il ne fe débite que chez la Dame veuve Mouton
, Marchande Apothicaire de Paris , rue S
Denis , entre la rue Thevenot & la rue des Filles-
Dieu, vis-à-vis le Roi François , à Paris.
Les perfonnes qui écriront font priées d'affranchir
les lettres.
DECEMBRE . 1754. 2rg-
AUTRE.
E fieur Maille , Vinaigrier , Diſtillateur ordieu
le
pour la compofition des vinaigres de propriété ,
donne avis aux perfonnes de diftinction qu'il vend
des corbeilles galantes de neuf flacons & de quinze
, remplis de différens vinaigres nouveaux ; il
continue avec fuccès la vente du vinaigre romain
pour la confervation de la bouche. Če vinaigre
raffermit les gencives , blanchit les dents , & arrête
le progès de la carie ; comme auffi le vinaigre de
turbie , pour la guérifon parfaite du mal de dents ,
& différens vinaigres fervant à blanchir la peau ,
ôter les boutons , dartres farineufes & taches du
vifage ; & le véritable vinaigre des Quatre voleurs ,
qui eft un préfervatif de toutes fortes d'airs contagieux
, & généralement toutes fortes de vinaigres ,
au nombre de cent cinquante - fix fortes , tant
pour la table que pour les bains & toilettes . Il
continue le débit de la nouvelle moutarde des fix
graines de fa compofition , &la moutarde aux capres
& aux anchois par extraits d'herbes fines , &
différens fruits confits au vinaigre. Les moindres
bouteilles , tant pour les dents que pour le vifage ,
font de trois livres . Les perfonnes de province qui
defireront fe les procurer , en écrivant une lettre
d'avis audit fieur Maille , & remettant l'argent par
la pofte , le tout affranchi de port , on le leur enverra
très- exactement.'Il demeure à Paris , rue da
P'Hyrondelle , aux Armes Impériales.
Fermer
Résumé : AVIS.
En décembre 1754, plusieurs annonces commerciales et professionnelles ont été publiées. Le sieur Vacoffain, marchand épicier, propose une eau pour les dents qui conserve, blanchit et dissout les humeurs gâteresses. Cette eau arrête instantanément la 'rage de dents' et permet de se passer de ferrements après quinze jours d'usage. Il vend également une poudre purgative composée de divers simples, qui purifie le sang, détruit les glaires et prévient diverses maladies comme l'apoplexie et les fièvres. Cette poudre est sans danger pour les femmes enceintes et se vend vingt sols le paquet, cacheté et signé. Le sieur Meffier annonce la fabrication de cierges à reforts, offrant plusieurs avantages tels que la conservation de la cire et l'absence de coulure. Ces cierges peuvent être peints et vernissés, imitant parfaitement la cire. Il met en garde contre les imitations de mauvaise qualité et propose d'envoyer des assortiments aux marchands de province pour vente. M. de Torres, médecin, informe qu'il reçoit des consultations pour des maladies vénériennes, rhumatismes, dartres, écrouelles, cancers et autres maladies incurables, de huit heures à neuf heures du matin. Le sieur Odeau, distillateur, vend diverses liqueurs fines, chocolats et crèmes. Les sieurs Bianchetti et Manar, Suisses Italiens, établissent une fabrique de chocolat à la façon de Milan et Turin, vendu en gros et en détail. La veuve Mouton, marchande apothicaire, propose un sirop pectoral souverain pour les maladies de poitrine, efficace en six jours et sans danger pour les femmes enceintes et les enfants. Enfin, le sieur Maille, vinaigrier, vend des corbeilles de vinaigres pour diverses utilités, comme la conservation de la bouche, le blanchiment des dents et la guérison du mal de dents. Il propose également des vinaigres pour blanchir la peau et des vinaigres préventifs contre les airs contagieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17749
p. 226-230
« Selon les avis reçus de Malthe, le Te Deum y [...] »
Début :
Selon les avis reçus de Malthe, le Te Deum y [...]
Mots clefs :
Roi, Duc, Comte, Régiments, Chevaliers, Académie royale des belles-lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Selon les avis reçus de Malthe, le Te Deum y [...] »
Sulon les avis enquellement le 8 Janvier , pour
Elon les avis reçus de Malthe , le Te Deum y
remercier Dieu du rétabliffement du commerce
avec les états du Roi des Deux Siciles. Ces nouvelles
ajoutent que le même jour le Baillif de
Fleury prit poffeffion du Généralat des Galeres
de la Religion , & qu'il donna à tous les Chevaliers
de la Langue de France un repas ſplendide ,
dans lequel il porta les fantés des principales
Têtes couronnées. On a beaucoup admiré le goût
& la magnificence de ce nouveau Général ; furtout
fon efprit &fa politeffe ont captivé tous les
fuffrages.
Le 24 Avril , le Duc de Penthievre arriva du
voyage qu'il a fait en Italie. Ce Prince s'eft rendu
en droiture à Lucienne chez la Comteffe de Toulouſe.
Le Roi a accordé au Duc de Randan , Lieutenant
général de fes armées , & Commandant en
Franche- Comté , le Couvernement de Blaye qu'avoit
le feu Duc de Saint-Simon.
Sa Majefté a difpofé du Régiment de Cavalerie
légere de Volontaires , vacant par la mort du
Comte de Friefe , en faveur du Comte de Schomberg
, Commandant d'une Brigade de ce Régiment
avec rang de Meftre de Camp . Le Comte
de Lowenhaupt , Colonel d'Infanterie , a été
nommé Colonel - Lieutenant du Régiment d'InJUIN.
1755. 227
fanterie allemande de Madame la Dauphine ,
vacant par la même mort.
Les lettres de Lyon marquent que la tranquil
lité publique y eft troublée depuis quelque tems
par une troupe de voleurs qui , fe fervant de fauffes
clefs , entrent de nuit dans les maifons. Ils ont
enlevé dernierement chez les fieurs Girardon, une
partie confidérable de galons , de filets & de lames
d'or & d'argent fin. Comme ils pourroient avoir
dénaturé ces marchandifes , l'intérêt commun
exige que les perfonnes qui auront lieu de foup-
Conner que les galons , retailles ou lingots qu'on
leur préfentera viennent de ce vol , en avertiffent
les Magiftrats.
On mande de Toulon que le Margrave & la
Margrave de Bareith y arriverent le 6 Avril . Ce
Prince & cette Princeffe allerent le lendemain
voir l'Arfenal ; & le Margrave étant entré dans le
canot amiral , fe promena pendant quelque tems
fur la mer ; il y. fit le 8 au matin une feconde
promenade , & il partit l'après- midi avec la Mar
grave pour continuer fa route vers l'Italie .
こ
Les mêmes lettres marquent que M. de
Vergennes , Envoyé Extraordinaire du Roi à la
Porte , lequel s'étoit embarqué à Marseille pour
paffer à Conftantinople , a été obligé de relâcher
les à Toulon , & d'y féjourner le 6 à caufe des
vents contraires ; mais que le tems s'étant remis
au beau , ce Miniftre s'eft rembarqué le 7 fur les
huit heures du matin pour fa deftination .
Les Marquifes de Coigny & de la Tour-Dupin ,
& la Comteffe de Ligny , furent préfentées le 29
à Leurs Majeftés.
Le même jour M. Moreau de Sechelles ,
Miniftre d'Etat & Contrôleur général des Finances
, préfenta à Leurs Majeftés la mâchoire d'un
K`vj
228 MERCURE DE FRANCE.
poiffon måle de la baleine , nommé cachalo , qui
a été pris à Bayonne en 1751. Cette mâchoire eft
longue de dix pieds & demi.
M. Tillet Directeur de la Monnoie
Troyes , a préſenté au Roi fa Differtation fur la
caufe qui corrompt & noircit les grains de bled
dans les épis , & fur les moyens de prévenir ces
accidens. Cette differtation a remporté le prix , au
jugement de l'Académie royale des Belles-Lettres ,
Sciences & Arts , établie à Bordeaux.
Lei Mai , les hautbois & les vingt - quatre violons
de la chambre ont exécuté , fuivant l'afage ,
pendant le lever du Roi , différentes fymphonies ,
fous la direction de M. de Bury , Pun des Surintendans
de la Mufique de Sa Majesté.
L'après-midi Leurs Majeftés partirent pour
aller paffer quelque tems à Marly.
Il paroît deux Arrêts du Confeil d'Etat du Roi.
L'un confirme les Officiers, Mariniers , Matelots
&autres gens de mer , dans la poffeffion du privi-
Tege d'être pendant l'année de leur fervice exemts
de logement de gens de guerre , du guet & garde
des portes des villes & châteaux , de tutelle &
curatelle , de la collecte des tailles , &c. & annulle
un Arrêt de la Cour des Aides de Rouen contraire
audit privilege. L'autre défend de faire des amas
de vieux drapeaux , peilles & autres matieres fervant
à la fabrication du papier , à quatre lieues
près des côtes maritimes & des frontieres du
royaume , fous peine de confifcation & de trois
mille livres d'amende.
Le Roi a difpofé de la place de Confeiller d'E
tat , qui vaquoit par la mort de M. de Baudry ,
en faveur de M. de Tourny , Intendant de Bordeaux.
La charge d'Intendant des Finances , vacante
par la même mort , paffe à M. Peirenc de
JUI N.
229
1755.
Moras , à qui le Roi avoit accordé l'expectative
de la premiere qui viendroit à vaquer.
Les Mai , M. de Châteaubrun , élût par l'A
cadémie Françoife pour remplir la place vacante
par la mort du Préſident de Monteſquieu , prit
féance dans cette compagnie ; & il prononça fon
difcours de remerciment , auquel M. l'Abbé d'Olivet
répondit.
Le 9, le Roi fit dans la plaine des Sablons la
revue du Régiment des Gardes Françoiſes & de
celui des Gardes Suiffes. Ces deux Régimens après
avoir fait l'exercice , défilerent en préſence de Sá
Majefté. Monfeigneur le Dauphin & Mefdames
de France affifterent à cette revûe .
Les Clercs Réguliers de la Congrégation de
Saint Paul , connus fous le nom de Barnabites
ont élu dans le Chapitre qu'ils ont tenu le 28
Avril à Milan , le Pere Paul - Philippe Prémoli ;
Milanois , pour Supérieur Général de leur Con
grégation.
On apprend de Turin que le Duc de Mon
ferrat , troifieme fils du Duc de Savoye , y eft
mort le 29 , âgé de fix mois & vingt-quatre jours ,
étant né le Octobre 1754.
M. Jean Baptifte Oudry, Peintre du Roi ,
Profeffeur de l'Académie royale de Peinture & de
Sculpture , & l'un des Entrepreneurs de la Manu→
facture royale des tapifferies de Beauvais , eft mort
à Beauvais le 30 Avril , âgé de foixante- quatorze
ans. Il s'étoit acquis une très-grande réputation
par fon talent pour peindre les animaux & les
payfages.
Don Manuel Gallevon , Comte de la Cerda
Commandeur de l'Ordre de Chrift , & Envoyé extraordinaire
du Roi de Portugal auprès de Sa Majefté,
mourut le gen cette ville âgé de foixante ans.
130 MERCURE DE FRANCE.
M. d'Ormeffon de Noyfeau & M. Bochart de
Sarron , ci -devant Avocats Généraux au Parle→
ment , furent inftallés le 10 de ce mois à la
Grand' Chambre dans les charges de Préfidens
dont le Roi leur a donné l'agrément. 10
Le même jour , M. Seguier , Avocat Général
au Grand Confeil , fut reçu dans celle d'Avocat
Général au Parlement , vacante par la démiffion
de M. d'Ormeffon de Noyſeau.
On célébra le 14 dans PEglife de la Paroiffe du
château de Verſailles , le Service fondé par Louis
XIV pour l'anniverſaire de Louis XIII.
Les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel tinrent
le même jour un Chapitre dans le grand
Couvent des Religieux de l'Obfervance. Le Duc
de Nivernois , Chevalier des Ordres du Roi , & cidevant
Ambaffadeur extraordinaire auprès du
Saint Siege , ayant été nommé Commiffaire de
Sa Majesté pour le maintien & P'exécution des
ftatuts de fes ordres pendant cette année , préfida
à ce Chapitre. Il reçut Chevaliers M. Bayeux
du Vaux , Infpecteur général des Ponts & Chauffées
, Membre de l'Académie royale des Belles-
Lettres de Caen , & M. Pinſon , Argentier de
la petite Ecurie du Roi.
Le 15 , les actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix-fept cens quarante-deux livres dix
fols. Les billets des deux Lotteries royales n'a
voient point de prix fixe.
Elon les avis reçus de Malthe , le Te Deum y
remercier Dieu du rétabliffement du commerce
avec les états du Roi des Deux Siciles. Ces nouvelles
ajoutent que le même jour le Baillif de
Fleury prit poffeffion du Généralat des Galeres
de la Religion , & qu'il donna à tous les Chevaliers
de la Langue de France un repas ſplendide ,
dans lequel il porta les fantés des principales
Têtes couronnées. On a beaucoup admiré le goût
& la magnificence de ce nouveau Général ; furtout
fon efprit &fa politeffe ont captivé tous les
fuffrages.
Le 24 Avril , le Duc de Penthievre arriva du
voyage qu'il a fait en Italie. Ce Prince s'eft rendu
en droiture à Lucienne chez la Comteffe de Toulouſe.
Le Roi a accordé au Duc de Randan , Lieutenant
général de fes armées , & Commandant en
Franche- Comté , le Couvernement de Blaye qu'avoit
le feu Duc de Saint-Simon.
Sa Majefté a difpofé du Régiment de Cavalerie
légere de Volontaires , vacant par la mort du
Comte de Friefe , en faveur du Comte de Schomberg
, Commandant d'une Brigade de ce Régiment
avec rang de Meftre de Camp . Le Comte
de Lowenhaupt , Colonel d'Infanterie , a été
nommé Colonel - Lieutenant du Régiment d'InJUIN.
1755. 227
fanterie allemande de Madame la Dauphine ,
vacant par la même mort.
Les lettres de Lyon marquent que la tranquil
lité publique y eft troublée depuis quelque tems
par une troupe de voleurs qui , fe fervant de fauffes
clefs , entrent de nuit dans les maifons. Ils ont
enlevé dernierement chez les fieurs Girardon, une
partie confidérable de galons , de filets & de lames
d'or & d'argent fin. Comme ils pourroient avoir
dénaturé ces marchandifes , l'intérêt commun
exige que les perfonnes qui auront lieu de foup-
Conner que les galons , retailles ou lingots qu'on
leur préfentera viennent de ce vol , en avertiffent
les Magiftrats.
On mande de Toulon que le Margrave & la
Margrave de Bareith y arriverent le 6 Avril . Ce
Prince & cette Princeffe allerent le lendemain
voir l'Arfenal ; & le Margrave étant entré dans le
canot amiral , fe promena pendant quelque tems
fur la mer ; il y. fit le 8 au matin une feconde
promenade , & il partit l'après- midi avec la Mar
grave pour continuer fa route vers l'Italie .
こ
Les mêmes lettres marquent que M. de
Vergennes , Envoyé Extraordinaire du Roi à la
Porte , lequel s'étoit embarqué à Marseille pour
paffer à Conftantinople , a été obligé de relâcher
les à Toulon , & d'y féjourner le 6 à caufe des
vents contraires ; mais que le tems s'étant remis
au beau , ce Miniftre s'eft rembarqué le 7 fur les
huit heures du matin pour fa deftination .
Les Marquifes de Coigny & de la Tour-Dupin ,
& la Comteffe de Ligny , furent préfentées le 29
à Leurs Majeftés.
Le même jour M. Moreau de Sechelles ,
Miniftre d'Etat & Contrôleur général des Finances
, préfenta à Leurs Majeftés la mâchoire d'un
K`vj
228 MERCURE DE FRANCE.
poiffon måle de la baleine , nommé cachalo , qui
a été pris à Bayonne en 1751. Cette mâchoire eft
longue de dix pieds & demi.
M. Tillet Directeur de la Monnoie
Troyes , a préſenté au Roi fa Differtation fur la
caufe qui corrompt & noircit les grains de bled
dans les épis , & fur les moyens de prévenir ces
accidens. Cette differtation a remporté le prix , au
jugement de l'Académie royale des Belles-Lettres ,
Sciences & Arts , établie à Bordeaux.
Lei Mai , les hautbois & les vingt - quatre violons
de la chambre ont exécuté , fuivant l'afage ,
pendant le lever du Roi , différentes fymphonies ,
fous la direction de M. de Bury , Pun des Surintendans
de la Mufique de Sa Majesté.
L'après-midi Leurs Majeftés partirent pour
aller paffer quelque tems à Marly.
Il paroît deux Arrêts du Confeil d'Etat du Roi.
L'un confirme les Officiers, Mariniers , Matelots
&autres gens de mer , dans la poffeffion du privi-
Tege d'être pendant l'année de leur fervice exemts
de logement de gens de guerre , du guet & garde
des portes des villes & châteaux , de tutelle &
curatelle , de la collecte des tailles , &c. & annulle
un Arrêt de la Cour des Aides de Rouen contraire
audit privilege. L'autre défend de faire des amas
de vieux drapeaux , peilles & autres matieres fervant
à la fabrication du papier , à quatre lieues
près des côtes maritimes & des frontieres du
royaume , fous peine de confifcation & de trois
mille livres d'amende.
Le Roi a difpofé de la place de Confeiller d'E
tat , qui vaquoit par la mort de M. de Baudry ,
en faveur de M. de Tourny , Intendant de Bordeaux.
La charge d'Intendant des Finances , vacante
par la même mort , paffe à M. Peirenc de
JUI N.
229
1755.
Moras , à qui le Roi avoit accordé l'expectative
de la premiere qui viendroit à vaquer.
Les Mai , M. de Châteaubrun , élût par l'A
cadémie Françoife pour remplir la place vacante
par la mort du Préſident de Monteſquieu , prit
féance dans cette compagnie ; & il prononça fon
difcours de remerciment , auquel M. l'Abbé d'Olivet
répondit.
Le 9, le Roi fit dans la plaine des Sablons la
revue du Régiment des Gardes Françoiſes & de
celui des Gardes Suiffes. Ces deux Régimens après
avoir fait l'exercice , défilerent en préſence de Sá
Majefté. Monfeigneur le Dauphin & Mefdames
de France affifterent à cette revûe .
Les Clercs Réguliers de la Congrégation de
Saint Paul , connus fous le nom de Barnabites
ont élu dans le Chapitre qu'ils ont tenu le 28
Avril à Milan , le Pere Paul - Philippe Prémoli ;
Milanois , pour Supérieur Général de leur Con
grégation.
On apprend de Turin que le Duc de Mon
ferrat , troifieme fils du Duc de Savoye , y eft
mort le 29 , âgé de fix mois & vingt-quatre jours ,
étant né le Octobre 1754.
M. Jean Baptifte Oudry, Peintre du Roi ,
Profeffeur de l'Académie royale de Peinture & de
Sculpture , & l'un des Entrepreneurs de la Manu→
facture royale des tapifferies de Beauvais , eft mort
à Beauvais le 30 Avril , âgé de foixante- quatorze
ans. Il s'étoit acquis une très-grande réputation
par fon talent pour peindre les animaux & les
payfages.
Don Manuel Gallevon , Comte de la Cerda
Commandeur de l'Ordre de Chrift , & Envoyé extraordinaire
du Roi de Portugal auprès de Sa Majefté,
mourut le gen cette ville âgé de foixante ans.
130 MERCURE DE FRANCE.
M. d'Ormeffon de Noyfeau & M. Bochart de
Sarron , ci -devant Avocats Généraux au Parle→
ment , furent inftallés le 10 de ce mois à la
Grand' Chambre dans les charges de Préfidens
dont le Roi leur a donné l'agrément. 10
Le même jour , M. Seguier , Avocat Général
au Grand Confeil , fut reçu dans celle d'Avocat
Général au Parlement , vacante par la démiffion
de M. d'Ormeffon de Noyſeau.
On célébra le 14 dans PEglife de la Paroiffe du
château de Verſailles , le Service fondé par Louis
XIV pour l'anniverſaire de Louis XIII.
Les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel tinrent
le même jour un Chapitre dans le grand
Couvent des Religieux de l'Obfervance. Le Duc
de Nivernois , Chevalier des Ordres du Roi , & cidevant
Ambaffadeur extraordinaire auprès du
Saint Siege , ayant été nommé Commiffaire de
Sa Majesté pour le maintien & P'exécution des
ftatuts de fes ordres pendant cette année , préfida
à ce Chapitre. Il reçut Chevaliers M. Bayeux
du Vaux , Infpecteur général des Ponts & Chauffées
, Membre de l'Académie royale des Belles-
Lettres de Caen , & M. Pinſon , Argentier de
la petite Ecurie du Roi.
Le 15 , les actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix-fept cens quarante-deux livres dix
fols. Les billets des deux Lotteries royales n'a
voient point de prix fixe.
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Résumé : « Selon les avis reçus de Malthe, le Te Deum y [...] »
En janvier, des nouvelles de Malthe annoncent la reprise du commerce avec les États du Roi des Deux Siciles. Le 8 janvier, le Baillif de Fleury devient Général des Galères de la Religion et organise un repas somptueux pour les Chevaliers de la Langue de France. Le 24 avril, le Duc de Penthièvre revient d'Italie et se rend à Lucienne chez la Comtesse de Toulouse. Le Roi attribue le Gouvernement de Blaye au Duc de Randan, suite au décès du Duc de Saint-Simon. Le Comte de Schomberg est nommé Commandant du Régiment de Cavalerie légère de Volontaires, et le Comte de Lowenhaupt devient Colonel-Lieutenant du Régiment d'Infanterie allemande de Madame la Dauphine. À Lyon, des voleurs perturbent la tranquillité publique en utilisant de fausses clés. À Toulon, le Margrave et la Margrave de Bareith visitent l'Arsenal et effectuent des promenades en mer avant de partir pour l'Italie. M. de Vergennes, Envoyé Extraordinaire du Roi à la Porte, doit s'arrêter à Toulon en raison des vents contraires. Les Marquises de Coigny et de la Tour-Dupin, ainsi que la Comtesse de Ligny, sont présentées au Roi. M. Moreau de Séchelles montre au Roi une mâchoire de cachalot capturée à Bayonne en 1751. M. Tillet, Directeur de la Monnoie de Troyes, présente une dissertation sur la corruption des grains de blé, récompensée par l'Académie royale de Bordeaux. Les musiciens de la chambre exécutent des symphonies pendant le lever du Roi, dirigées par M. de Bury. L'après-midi, Leurs Majestés se rendent à Marly. Deux arrêts du Conseil d'État confirment les privilèges des gens de mer et interdisent les amas de vieilles matières près des côtes. Le Roi nomme M. de Tourny Conseiller d'État et M. Peirenc de Moras Intendant des Finances. M. de Châteaubrun est élu à l'Académie Française pour remplacer Montesquieu et prononce un discours de remerciement. Le Roi passe en revue les Régiments des Gardes Françaises et des Gardes Suisses. Les Barnabites élisent le Père Paul-Philippe Prémoli comme Supérieur Général. À Turin, le Duc de Montferrat, fils du Duc de Savoie, meurt à l'âge de six mois. Jean-Baptiste Oudry, Peintre du Roi, décède à Beauvais. Don Manuel Gallegón, Envoyé extraordinaire du Roi de Portugal, meurt à Paris. M. d'Ormesson de Noyseau et M. Bochart de Sarron sont installés comme Présidents à la Grand' Chambre, et M. Seguier est reçu comme Avocat Général au Parlement. Le 14 avril, un service est célébré en mémoire de Louis XIII. Les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel tiennent un Chapitre et accueillent de nouveaux membres. Les actions de la Compagnie des Indes sont évaluées à 1742 livres 10 sols, et les billets des lotteries royales n'ont pas de prix fixe.
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17750
p. 219
APPROBATION.
Début :
J'ai lû, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le premier volume du Mercure de Décembre [...]
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APPROBATION.
' Ai lû , par ordre de Monfeigneur le Chance
lier , le premier volume du Mercure de Décembre
, & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreflion. A Paris , ce 28 Novembre
GUIROY 3754
' Ai lû , par ordre de Monfeigneur le Chance
lier , le premier volume du Mercure de Décembre
, & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreflion. A Paris , ce 28 Novembre
GUIROY 3754
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