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251
p. 993-995
« [L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...] »
Début :
[L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...]
Mots clefs :
Glandes, Remède, Sang, Maladie, Guérison, Paris
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texteReconnaissance textuelle : « [L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...] »
Se sieur De Nielles , Chirurgien à Paris , a fait
la découverte depuis quelques années d'un Remede
qu'il croit infaillible pour la guérison des
Ecrouelles qui attaquent la gorge , sans qu'il soit
besoin de faire d'ouverture ni de mettre des Emplâtres
; son Remede , qu'on prend interieurement
, est aisé à prendre. Il purifie la masse
du sang , fond les glandes gonflées et ulcérées ,
aussi bien que les glandes du Mésantere , où réside
la source de cette malheureuse maladie , et
cela quand même les glandes auroient été ouvertes
par des instrumens ou autrement ; la premiere
cause de cette maladie est dans le sang qui
a été chargé d'un mauvais levain en passant par
les glandes du Mésantere , et comme la sérosité
de ce sang est âcre et corrosive , qui passe et repasse
continuellement dans toutes les parties du
corps, toutes les parties glanduleuses , comme les
glandes Maxillaires et Salivaires reçoivent la sé
rosité du sang , qu'elles dégorgent continuellement
par la bouche , ce qui fait faire un mauvais
chile, et par celles qui ne peuvent se dégorger
, il s'y fait une obstruction qui enflamme les
glandes, qui faute de remede, viennent à supuration
sans les ouvrir ; aussi-bien que dans toutes
les autres parties du corps qui sont disposés à
recevoir
994 MERCURE DE FRANCE
recevoir la même impression de cette Limphe
impure dont elle attaque le plus souvent les par
ties spongieuses des os , ce que les Allemans appellent
Epine venteuse , et en France , Humeur
froide , ... Si dans le moment qu'on s'apperçoit
de cette maladie , on avoir recours au Remede du
sieur De Nielles, le Malade guériroit et ne deviendroit
pas à un degré desesperé, comme l'on voit
arriver tous les jours par le peu d'attention et de
soin qu'on se donne , generalement parlant , en
traitant la maladie dans son commencement de
bagarelles , d'engelures , de croissances , &c . . . .
Ce Remede se peut envoyer par tout sans risque
d'être alteré ; il est un peu purgatif et n'affoiblit
point le tempéramment , on le peut donner aux
enfans dans le berceau , on en prend tous les jours
à jeun jusqu'à parfaite guérison .
Le sieur De Nielles a guéri plusieurs personnes,
même de distinction , avec tout le succès possible
la bienséance ne lui permet pas de les nommer
, M. Maréchal , Premier Chirurgien du Roy,
en rendra témoignage , et outre cela le sieur De
Nielles est en état d'en faire voir à Paris des Particuliers
qui en ont été guéris.
Le sieur De Nielles demeure ruë de la Tixeranderie
, près la Gréve.
Le sieur Neilson , Ecossois , reçû depuis peu à
S. Côme , Expert pour la guérison des Hernies
ou Descentes , dans l'un et dans l'autre sexe , à
tout âge , demeurant à Paris , ruë Dauphine au
Cocq d'or , donne avis qu'il traite ces sortes de
maladies d'une façon particuliere , par la simple
application des Remedes specifiques , et sans que
le Malade cesse de vacquer ses affaires .
Il donne aussi ses Avis et ses Remedes à ceux
à
qui Ijuî sont dans les Proyinces, soulage les Hernies
les plus invéterées
,
reni cette incommodité .sup.
portable, et en empêche les mauvaises suites.
la découverte depuis quelques années d'un Remede
qu'il croit infaillible pour la guérison des
Ecrouelles qui attaquent la gorge , sans qu'il soit
besoin de faire d'ouverture ni de mettre des Emplâtres
; son Remede , qu'on prend interieurement
, est aisé à prendre. Il purifie la masse
du sang , fond les glandes gonflées et ulcérées ,
aussi bien que les glandes du Mésantere , où réside
la source de cette malheureuse maladie , et
cela quand même les glandes auroient été ouvertes
par des instrumens ou autrement ; la premiere
cause de cette maladie est dans le sang qui
a été chargé d'un mauvais levain en passant par
les glandes du Mésantere , et comme la sérosité
de ce sang est âcre et corrosive , qui passe et repasse
continuellement dans toutes les parties du
corps, toutes les parties glanduleuses , comme les
glandes Maxillaires et Salivaires reçoivent la sé
rosité du sang , qu'elles dégorgent continuellement
par la bouche , ce qui fait faire un mauvais
chile, et par celles qui ne peuvent se dégorger
, il s'y fait une obstruction qui enflamme les
glandes, qui faute de remede, viennent à supuration
sans les ouvrir ; aussi-bien que dans toutes
les autres parties du corps qui sont disposés à
recevoir
994 MERCURE DE FRANCE
recevoir la même impression de cette Limphe
impure dont elle attaque le plus souvent les par
ties spongieuses des os , ce que les Allemans appellent
Epine venteuse , et en France , Humeur
froide , ... Si dans le moment qu'on s'apperçoit
de cette maladie , on avoir recours au Remede du
sieur De Nielles, le Malade guériroit et ne deviendroit
pas à un degré desesperé, comme l'on voit
arriver tous les jours par le peu d'attention et de
soin qu'on se donne , generalement parlant , en
traitant la maladie dans son commencement de
bagarelles , d'engelures , de croissances , &c . . . .
Ce Remede se peut envoyer par tout sans risque
d'être alteré ; il est un peu purgatif et n'affoiblit
point le tempéramment , on le peut donner aux
enfans dans le berceau , on en prend tous les jours
à jeun jusqu'à parfaite guérison .
Le sieur De Nielles a guéri plusieurs personnes,
même de distinction , avec tout le succès possible
la bienséance ne lui permet pas de les nommer
, M. Maréchal , Premier Chirurgien du Roy,
en rendra témoignage , et outre cela le sieur De
Nielles est en état d'en faire voir à Paris des Particuliers
qui en ont été guéris.
Le sieur De Nielles demeure ruë de la Tixeranderie
, près la Gréve.
Le sieur Neilson , Ecossois , reçû depuis peu à
S. Côme , Expert pour la guérison des Hernies
ou Descentes , dans l'un et dans l'autre sexe , à
tout âge , demeurant à Paris , ruë Dauphine au
Cocq d'or , donne avis qu'il traite ces sortes de
maladies d'une façon particuliere , par la simple
application des Remedes specifiques , et sans que
le Malade cesse de vacquer ses affaires .
Il donne aussi ses Avis et ses Remedes à ceux
à
qui Ijuî sont dans les Proyinces, soulage les Hernies
les plus invéterées
,
reni cette incommodité .sup.
portable, et en empêche les mauvaises suites.
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Résumé : « [L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...] »
Le texte présente deux chirurgiens, sieur De Nielles et sieur Neilson, et leurs traitements respectifs. Sieur De Nielles, chirurgien à Paris, a découvert un remède interne pour guérir les écrouelles de la gorge sans nécessiter d'ouverture ou d'emplâtres. Ce remède purifie le sang, dissout les glandes gonflées et ulcérées, et traite la source de la maladie dans les glandes du mésentère. La maladie est causée par un mauvais levain dans le sang, qui affecte les glandes et les parties spongieuses des os. Le remède de De Nielles peut être envoyé sans risque et est adapté aux enfants. Il a guéri plusieurs personnes, dont certaines de distinction, et peut fournir des témoignages à Paris. Sieur Neilson, Écossais, est expert dans le traitement des hernies chez les hommes et les femmes de tous âges. Il utilise des remèdes spécifiques sans interrompre les activités du patient et offre ses services aux personnes des provinces. Il traite également les hernies invétérées et empêche les complications.
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252
p. 1064-1067
ECLAIRCISSEMENT au sujet de deux Theses de Medecine. Extrait d'une Lettre, du 11 Mars 1733.
Début :
Je ne doute point que vous ne receviez favorablement les Eclaircissemens [...]
Mots clefs :
Kermès, Lymphe, Médecine, Sang, Inflammation, Maladie
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texteReconnaissance textuelle : ECLAIRCISSEMENT au sujet de deux Theses de Medecine. Extrait d'une Lettre, du 11 Mars 1733.
ECLAIRCISSEMENT au sujet de
deux Theses de Medecine.Extrait d'une
Lettre , du 11 Mars 1733 .
J
E ne doute point que vous ne receviez
favorablement les Eclaircissemens
que je vous envoye , et qu'on semble
demander dans le Journal des Sçavans
, du mois de Février dernier. Il s'agit
d'une Question de Medecine.
Tout ce qui regarde cet Art est de consequence
, sur tout dans les points de
pratique. Dans le Journal on trouve deux
Théses , soutenues dans les Ecoles de Médecine
de Paris sur le Kermès Mineral ;
quoiqu'on les ait mises en parallele, nous
répondrons simplement à ce que la seconde
peut avoir d'obscur. A l'égard de
la premiere nous ne cherchons point à la
détruire. La nôtre n'a point été faite contr'elle
, on ne doit point être surpris de la
diversité de la conclusion. Les principes
ne sont point les mêmes.
I.Vtl. La
JUIN. 1733. 1065
La premiere , conseille le Kermès dans
les inflammations , parce que le Kermès
est Analogue , c'est - à - dire , a du rapport
avec l'humeur vitiée dans l'inflammation.
La nôtre le deffend , parce qu'il augmente
l'inflammation , poussant le sang
dans les vaisseaux Capillaires et Limphatiques
; Source unique des Inflammations
.
le
Mais on nous demande deux choses
la premiere est ,que puisque nous accor
dons que le Kermès atténue la Limphe ,
nous devrions l'employer , parce que la
Limphe attenuée et divisée peut agir
sur le sang , embarassé et poussé dans les
petits vaisseaux. Nous convenons que
Kermès atténue la Limphe , et que l'atténuer
c'est la mettte en état de dégluer et
débarrasser le sang ; mais comment le
Kermès atténue- t- il la Limphe d'une maniere
bien opposée à nos vûës ; il l'atténuë
comme sudorifique , il l'allume , il
l'embrase , il la met en fureur ; la Limphe
armée des parties sulphureuses er inflammables
du Kermès , donne au sang
une vivacité , une ardeur plus capable
d'augmenter l'embarras que de le diminuer
; il faut calmer , ne rien exciter ,
brider le mal , ne le point irriter , le Kermès
convient- il ?
1. Vol. Le
1c65 MERCURE DE FRANCE
Le second éclaircissement qu'on paroît
attendre de nous , est sur l'exemple dont
nous avons voulu fortifier notre These.
Nous proposons un cas où nous faisons
beaucoup briller les succès du Kermès ;
cet exemple paroît être une inflammation.
Il est vrai que c'est par où la maladie
a commencé ; mais le septième toute
la maladie change de face ; il y avoit
avant cela grande douleur de côté , fiévre
aiguë , crachement de sang .
›
Le poux dans le septiéme ne se sent
plus , l'expectoration ne se fait point , le
ventre se boursoufle ; sont- ce là les signes
de l'inflammation ? ou plutôt , n'est - ce
pas là une Métastase , c'est - à - dire , un
transport de l'humeur de la maladie dans
un autre ? Dans cet état il faut reveiller
ranimer ; on donne le Kerinès , nous en
attendons de grands succès, nous ne sommes
point trompez ; prouver qu'il convient
dans ce cas où il n'y a ni poux , ni
force , ni douleur de côté , &c. certainement
c'est prouver qu'il ne convient
point du tout dans les inflammations ;
l'expérience nous est donc fávorable¸
car nous ne sommes point du tout d'avis
de bannir le Kermès de la Medecine ,
soit parce que , comme quelques uns ont
dit , c'est un Remede nouveau , ou parce
I. Vol qu'il
JUIN. 1733
1067
qu'il a fait fortune par le moïen d'un
Frere Chartreux. Nous applaudissons à
son entrée dans la Médecine , pourvû
qu'il convienne quelquefois. Un Médecin
ne méprise rien , tout lui plaît , tout
lui sert dans l'unique but qu'il a de guérir
; nous n'avons que voulu faire voir
les cas où le Kermès ne convenoit pas ,
et ceux où il convenoit en general , pour
montrer aux jeunes Médecins de Province
à ne se point trop laisser entraîner par
le bruit des Conquêtes que l'on attribue
au Kermès minéral.
deux Theses de Medecine.Extrait d'une
Lettre , du 11 Mars 1733 .
J
E ne doute point que vous ne receviez
favorablement les Eclaircissemens
que je vous envoye , et qu'on semble
demander dans le Journal des Sçavans
, du mois de Février dernier. Il s'agit
d'une Question de Medecine.
Tout ce qui regarde cet Art est de consequence
, sur tout dans les points de
pratique. Dans le Journal on trouve deux
Théses , soutenues dans les Ecoles de Médecine
de Paris sur le Kermès Mineral ;
quoiqu'on les ait mises en parallele, nous
répondrons simplement à ce que la seconde
peut avoir d'obscur. A l'égard de
la premiere nous ne cherchons point à la
détruire. La nôtre n'a point été faite contr'elle
, on ne doit point être surpris de la
diversité de la conclusion. Les principes
ne sont point les mêmes.
I.Vtl. La
JUIN. 1733. 1065
La premiere , conseille le Kermès dans
les inflammations , parce que le Kermès
est Analogue , c'est - à - dire , a du rapport
avec l'humeur vitiée dans l'inflammation.
La nôtre le deffend , parce qu'il augmente
l'inflammation , poussant le sang
dans les vaisseaux Capillaires et Limphatiques
; Source unique des Inflammations
.
le
Mais on nous demande deux choses
la premiere est ,que puisque nous accor
dons que le Kermès atténue la Limphe ,
nous devrions l'employer , parce que la
Limphe attenuée et divisée peut agir
sur le sang , embarassé et poussé dans les
petits vaisseaux. Nous convenons que
Kermès atténue la Limphe , et que l'atténuer
c'est la mettte en état de dégluer et
débarrasser le sang ; mais comment le
Kermès atténue- t- il la Limphe d'une maniere
bien opposée à nos vûës ; il l'atténuë
comme sudorifique , il l'allume , il
l'embrase , il la met en fureur ; la Limphe
armée des parties sulphureuses er inflammables
du Kermès , donne au sang
une vivacité , une ardeur plus capable
d'augmenter l'embarras que de le diminuer
; il faut calmer , ne rien exciter ,
brider le mal , ne le point irriter , le Kermès
convient- il ?
1. Vol. Le
1c65 MERCURE DE FRANCE
Le second éclaircissement qu'on paroît
attendre de nous , est sur l'exemple dont
nous avons voulu fortifier notre These.
Nous proposons un cas où nous faisons
beaucoup briller les succès du Kermès ;
cet exemple paroît être une inflammation.
Il est vrai que c'est par où la maladie
a commencé ; mais le septième toute
la maladie change de face ; il y avoit
avant cela grande douleur de côté , fiévre
aiguë , crachement de sang .
›
Le poux dans le septiéme ne se sent
plus , l'expectoration ne se fait point , le
ventre se boursoufle ; sont- ce là les signes
de l'inflammation ? ou plutôt , n'est - ce
pas là une Métastase , c'est - à - dire , un
transport de l'humeur de la maladie dans
un autre ? Dans cet état il faut reveiller
ranimer ; on donne le Kerinès , nous en
attendons de grands succès, nous ne sommes
point trompez ; prouver qu'il convient
dans ce cas où il n'y a ni poux , ni
force , ni douleur de côté , &c. certainement
c'est prouver qu'il ne convient
point du tout dans les inflammations ;
l'expérience nous est donc fávorable¸
car nous ne sommes point du tout d'avis
de bannir le Kermès de la Medecine ,
soit parce que , comme quelques uns ont
dit , c'est un Remede nouveau , ou parce
I. Vol qu'il
JUIN. 1733
1067
qu'il a fait fortune par le moïen d'un
Frere Chartreux. Nous applaudissons à
son entrée dans la Médecine , pourvû
qu'il convienne quelquefois. Un Médecin
ne méprise rien , tout lui plaît , tout
lui sert dans l'unique but qu'il a de guérir
; nous n'avons que voulu faire voir
les cas où le Kermès ne convenoit pas ,
et ceux où il convenoit en general , pour
montrer aux jeunes Médecins de Province
à ne se point trop laisser entraîner par
le bruit des Conquêtes que l'on attribue
au Kermès minéral.
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Résumé : ECLAIRCISSEMENT au sujet de deux Theses de Medecine. Extrait d'une Lettre, du 11 Mars 1733.
Le document est une lettre datée du 11 mars 1733, répondant à des questions du Journal des Sçavans sur deux thèses de médecine concernant le Kermès minéral. L'auteur clarifie les divergences entre les thèses, notamment sur l'utilisation du Kermès dans les inflammations. La première thèse recommande le Kermès pour son analogie avec l'humeur vitiée dans les inflammations. L'auteur de la lettre défend une autre approche, affirmant que le Kermès augmente l'inflammation en poussant le sang dans les vaisseaux capillaires et lymphatiques. Il reconnaît que le Kermès atténue la lymphe, mais précise qu'il le fait en allumant et en embrasant la lymphe, ce qui augmente l'embarras du sang. Un second éclaircissement porte sur un exemple où le Kermès semble efficace, mais l'auteur explique que cet exemple concerne une métastase, prouvant ainsi que le Kermès ne convient pas dans les inflammations. L'auteur conclut en affirmant que le Kermès peut être utile dans certains cas et que les médecins doivent savoir quand l'utiliser, sans se laisser influencer par son succès récent.
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253
p. 1326-1330
EXTRAIT d'une Lettre de M. Collin, Chirurgien Major de l'Hôpital Royal de Phaltz-Bourg, à M. Garengeot, Chirurgien-Juré de Paris, Démonstrateur Royal en matiere Chirurgical, et Membre de la Société Royale de Londres.
Début :
Je viens, Monsieur, de lire, avec un plaisir singulier, votre Traité d'Opérations, [...]
Mots clefs :
Élèves, Opérations, Chirurgie, Charité, Public, Chirurgien, Panser
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de M. Collin, Chirurgien Major de l'Hôpital Royal de Phaltz-Bourg, à M. Garengeot, Chirurgien-Juré de Paris, Démonstrateur Royal en matiere Chirurgical, et Membre de la Société Royale de Londres.
EXTRAIT d'une Lettre de M. Collin
, Chirurgien Major de l'Hôpital
Royal de Phaltz- Bourg , à M. Garengeot
, Chirurgien - Furé de Paris , Démonstrateur
Royal en matiere Chirurgicale
, et Membre de la Société Royale de
Londres,
E viens , Monsieur , de lire , avec un
Jplaisir singulier ,votre Traité d'Opérations
, imprimé en 1731. seconde Edition
, n'ayant pas vû la premiere. Cet
Ouvrage est une suite de toutes les beautez
qui se trouvent répandues dans tous
ceux que vous avez donnés au Public, sur
tout dans votre Splanchnologie. On peut
dire avec verité , qu'aucun Autheur n'a
encore écrit , ni si sçavamment, ni si élégamment
sur ces sortes de matieres , et
tous les Eleves en Chirurgie , ne sçau-
' roient trop vous remercier .
Mais permettez - moi de me plaindre
de la Peinture affreuse que vous faites
dans votre Traité d'Opérations , des Eleves
de feu M" de Méry , Arnaud et Thi
bault. J'ai l'honneur d'être un de ces Eleves,
et je m'en fais une gloire . J'ose pour-
Al.Vol.
tant
JUIN. 1733. 1327
,
tant défier aucun de ceux qui m'ont vû
travailler,de m'accuser de panser, comme
vous dites , que pansent ces Eleves . C'est
à la page 343. tom. 1. en parlant des Hernies
, que vous faites cette affirmation .
» Qüi , malgré le nombre de malheureux
qui périssent par une Pratique , qui n'a
» d'autre authorité que la coutume , nous
» apprenons que le peu d'Eleves qui res-
» tent de ces Chirurgiens , sont si enthou-
» siasmés de la longue Tente , qu'ils l'em-
>> ploient même dans des Playes faites par
» des Instrumens tranchans , et qui ne de-
>> mandent que la simple réunion .
Il semble dans certains endroits de vos
Ouvrages, que vous avez à coeur d'élever
ces grands Hommes , tandis que dans
d'autres vous les rabaissez . de façon à
faire comprendre qu'ils n'étoient rien
moins , que ce que vous en avez dit.
Si ces Illustres sont morts , sans répondre
à tout ce que vous avez écrit contre
eux , vous n'ignorez pas qu'ils étoient
bien capables de le faire . Ils ont laissé au
Public le soin de deffendre leur réputation
, que personne ne pourra jamais
ternir .
La Chirurgie étoit- elle , il y a soixante
ans , au dégré où nous la voyons de nos
jours ? Si nous n'avions suivi que les rou-
11. Vol. D tes
1828 MERCURE DE FRANCE
tes tracées par nos Peres , nous ne ferions
pas aujourd'hui des Opérations si
heureuses : chaque siecle a augmenté ou
perfectionné les connoissances que nous
avions déja ; mais nous n'en devons pas
moins de reconnoissance à ceux qui nous
ont précédés , et qui nous ont, pour ainsi
dire , tracé le chemin .
Vous dites dans la Préface , qui est à ļa
tête de vos Opérations : » Si quelqu'un
» croit se voir dépeint dans quelques-
» unes de nos Observations , nous aver-
» tissons ici que notre intention n'est pas
» de faire de la peine à personne,& c . Nous
» redressons leurs deffauts d'une maniere
» si generale , qu'on ne peut nous taxer
» de violer la bienséance , et la charité
»que l'on se doit les uns aux autres.Mais
quelle est , Monsieur , cette charité , qui
vous engage à faire comprendre au Public
, que tous les Eleves , qu'ont faits ces
M" sont des Ignorans et des Hommes à
détester ?
J'avoue qu'il est bon de redresser ceux
qui ne sont point dans le bon chemin ;
et qu'il est même charitable de leur montrer
le plus court , pour arriver au but ;
mais il est contre les regles de la charité,
que vous affectez , de perdre de réputation
des Hommes , qui semblent n'avoir
II. Vel.
méJUIN.
1733. 1329
mérité votre critique , que par ce qu'ils
sont Disciples des trois plus grands Chirurgiens
de leur temps .
au
Quelle idée donnez - vous , en effet ,
Ministre de la Guerre , de la capacité de
ces Eleves ? Et en dédiant votre Traité
d'Opérations à l'Illustre Chef de la Chirurgie
, que peut - il penser de la Peinture
que vous faites de ces mêmes Eleves , sans
nulle exception ? Si je n'étois bien persuadé
du discernement qu'il sçait faire du
vrai merite , je pourrois dire à tous ces
Disciples , mes Confreres : La Porte des
Graces est fermée à tous tant que nous
sommes , et cela par la charité de M.Garangeot.
Si les Chefs des Régimens sont instruits
de votre façon de panser , ils se garderont
bien de prendre un Disciple de
l'Hôtel - Dieu de Paris , pour Chirurgien-
Major ; et c'est une injustice que vous,
devez vous reprocher.
Tout le monde sçait qu'il y a aujourd'hui
de ces Eleves , qui sont vos Confreres
, qui certainement ne déshonorent
point le Corps de S.Cosme. Il y en a plusieurs
dans les Hôpitaux et dans les Régimens
, qui ne sont pas tout - à- fait indignes
de votre estime , et qui ont mérité
l'approbation de vos Superieurs.
II. Vol. Dij M.
1330 MERCURE DE FRANCE
M. le Blanc , Ministre de la Guerre
jugeant tout autrement que vous , Monsieur
, des Eleves de feu M. Thibault
me nomma en 1727. pour l'Hôpital de
Phaltz - Bourg. Si quelques Observations
que j'ai envoyées à l'Académie de Chirurgie
, peuvent vous faire bien penser
sur mon compte , et vous désabuser sur
ma façon de panser , je vous demande
l'honneur de votre amitié , et je vous
prie d'être persuadé que je suis , &c.
, Chirurgien Major de l'Hôpital
Royal de Phaltz- Bourg , à M. Garengeot
, Chirurgien - Furé de Paris , Démonstrateur
Royal en matiere Chirurgicale
, et Membre de la Société Royale de
Londres,
E viens , Monsieur , de lire , avec un
Jplaisir singulier ,votre Traité d'Opérations
, imprimé en 1731. seconde Edition
, n'ayant pas vû la premiere. Cet
Ouvrage est une suite de toutes les beautez
qui se trouvent répandues dans tous
ceux que vous avez donnés au Public, sur
tout dans votre Splanchnologie. On peut
dire avec verité , qu'aucun Autheur n'a
encore écrit , ni si sçavamment, ni si élégamment
sur ces sortes de matieres , et
tous les Eleves en Chirurgie , ne sçau-
' roient trop vous remercier .
Mais permettez - moi de me plaindre
de la Peinture affreuse que vous faites
dans votre Traité d'Opérations , des Eleves
de feu M" de Méry , Arnaud et Thi
bault. J'ai l'honneur d'être un de ces Eleves,
et je m'en fais une gloire . J'ose pour-
Al.Vol.
tant
JUIN. 1733. 1327
,
tant défier aucun de ceux qui m'ont vû
travailler,de m'accuser de panser, comme
vous dites , que pansent ces Eleves . C'est
à la page 343. tom. 1. en parlant des Hernies
, que vous faites cette affirmation .
» Qüi , malgré le nombre de malheureux
qui périssent par une Pratique , qui n'a
» d'autre authorité que la coutume , nous
» apprenons que le peu d'Eleves qui res-
» tent de ces Chirurgiens , sont si enthou-
» siasmés de la longue Tente , qu'ils l'em-
>> ploient même dans des Playes faites par
» des Instrumens tranchans , et qui ne de-
>> mandent que la simple réunion .
Il semble dans certains endroits de vos
Ouvrages, que vous avez à coeur d'élever
ces grands Hommes , tandis que dans
d'autres vous les rabaissez . de façon à
faire comprendre qu'ils n'étoient rien
moins , que ce que vous en avez dit.
Si ces Illustres sont morts , sans répondre
à tout ce que vous avez écrit contre
eux , vous n'ignorez pas qu'ils étoient
bien capables de le faire . Ils ont laissé au
Public le soin de deffendre leur réputation
, que personne ne pourra jamais
ternir .
La Chirurgie étoit- elle , il y a soixante
ans , au dégré où nous la voyons de nos
jours ? Si nous n'avions suivi que les rou-
11. Vol. D tes
1828 MERCURE DE FRANCE
tes tracées par nos Peres , nous ne ferions
pas aujourd'hui des Opérations si
heureuses : chaque siecle a augmenté ou
perfectionné les connoissances que nous
avions déja ; mais nous n'en devons pas
moins de reconnoissance à ceux qui nous
ont précédés , et qui nous ont, pour ainsi
dire , tracé le chemin .
Vous dites dans la Préface , qui est à ļa
tête de vos Opérations : » Si quelqu'un
» croit se voir dépeint dans quelques-
» unes de nos Observations , nous aver-
» tissons ici que notre intention n'est pas
» de faire de la peine à personne,& c . Nous
» redressons leurs deffauts d'une maniere
» si generale , qu'on ne peut nous taxer
» de violer la bienséance , et la charité
»que l'on se doit les uns aux autres.Mais
quelle est , Monsieur , cette charité , qui
vous engage à faire comprendre au Public
, que tous les Eleves , qu'ont faits ces
M" sont des Ignorans et des Hommes à
détester ?
J'avoue qu'il est bon de redresser ceux
qui ne sont point dans le bon chemin ;
et qu'il est même charitable de leur montrer
le plus court , pour arriver au but ;
mais il est contre les regles de la charité,
que vous affectez , de perdre de réputation
des Hommes , qui semblent n'avoir
II. Vel.
méJUIN.
1733. 1329
mérité votre critique , que par ce qu'ils
sont Disciples des trois plus grands Chirurgiens
de leur temps .
au
Quelle idée donnez - vous , en effet ,
Ministre de la Guerre , de la capacité de
ces Eleves ? Et en dédiant votre Traité
d'Opérations à l'Illustre Chef de la Chirurgie
, que peut - il penser de la Peinture
que vous faites de ces mêmes Eleves , sans
nulle exception ? Si je n'étois bien persuadé
du discernement qu'il sçait faire du
vrai merite , je pourrois dire à tous ces
Disciples , mes Confreres : La Porte des
Graces est fermée à tous tant que nous
sommes , et cela par la charité de M.Garangeot.
Si les Chefs des Régimens sont instruits
de votre façon de panser , ils se garderont
bien de prendre un Disciple de
l'Hôtel - Dieu de Paris , pour Chirurgien-
Major ; et c'est une injustice que vous,
devez vous reprocher.
Tout le monde sçait qu'il y a aujourd'hui
de ces Eleves , qui sont vos Confreres
, qui certainement ne déshonorent
point le Corps de S.Cosme. Il y en a plusieurs
dans les Hôpitaux et dans les Régimens
, qui ne sont pas tout - à- fait indignes
de votre estime , et qui ont mérité
l'approbation de vos Superieurs.
II. Vol. Dij M.
1330 MERCURE DE FRANCE
M. le Blanc , Ministre de la Guerre
jugeant tout autrement que vous , Monsieur
, des Eleves de feu M. Thibault
me nomma en 1727. pour l'Hôpital de
Phaltz - Bourg. Si quelques Observations
que j'ai envoyées à l'Académie de Chirurgie
, peuvent vous faire bien penser
sur mon compte , et vous désabuser sur
ma façon de panser , je vous demande
l'honneur de votre amitié , et je vous
prie d'être persuadé que je suis , &c.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de M. Collin, Chirurgien Major de l'Hôpital Royal de Phaltz-Bourg, à M. Garengeot, Chirurgien-Juré de Paris, Démonstrateur Royal en matiere Chirurgical, et Membre de la Société Royale de Londres.
M. Collin, Chirurgien Major de l'Hôpital Royal de Phaltz-Bourg, écrit à M. Garengeot, Chirurgien à Paris et membre de la Société Royale de Londres, pour exprimer son admiration pour le Traité d'Opérations de Garengeot, publié en 1731, qu'il qualifie de savant et élégant. Cependant, Collin critique la description négative que Garengeot fait des élèves de feu M. de Méry, Arnaud et Thibault, dont il est lui-même un élève. Il conteste les accusations de mauvaise pratique et défend l'honneur de ses maîtres, soulignant qu'ils étaient capables de se défendre s'ils avaient été vivants. Collin argue que la chirurgie a évolué grâce aux connaissances accumulées au fil des siècles et que les élèves des grands chirurgiens ne méritent pas d'être dénigrés. Il exprime également sa préoccupation quant à l'impact de ces critiques sur la réputation des élèves et leur carrière, notamment dans les hôpitaux et les régiments. Enfin, il mentionne que M. le Blanc, Ministre de la Guerre, a une opinion favorable des élèves de M. Thibault, et il offre à Garengeot de lui prouver ses compétences par ses observations envoyées à l'Académie de Chirurgie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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254
p. 1331-1341
SUITE des réfléxions sur la bizarerie des Usages. Par M. Capperon, ancien Doyen de Saint Maxent.
Début :
L'Homme s'aimant à l'excès, il s'ensuit qu'il aime et qu'il estime tout [...]
Mots clefs :
Usage, Force, Excès, Bizarre, Santé, Corps, Usages, Médecine, Jeux
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texteReconnaissance textuelle : SUITE des réfléxions sur la bizarerie des Usages. Par M. Capperon, ancien Doyen de Saint Maxent.
SUITE des réfléxions sur la bizarerie
des Usages. Par M. Capperon , ancien
Doyen de Saint Maxent.
L
'Homme s'aimant à l'excès , il s'ensuit
qu'il aime et qu'il estime tout
ce qui le touche de plus près. Il sent même
un plaisir secret à se persuader , soit
par les épreuves qu'il peut faire , soit par
l'approbation des autres , que ce qu'il
estime en lui , est véritablement grand et
absolument estimable. C'est de cette disposition
si naturelle à l'homme, que sont
sorties , non seulement les bizarèries qui
ont rapport à l'usage des sens et aux productions
de l'esprit , dont j'ai cy- devant
parlé , mais plusieurs autres encore qui
ont paru,qui paroissent et qui paroîtront
dans. le temps à venir .
Me faisant donc un plaisir de relever .
ces excès ; et chacun pouvant en trouver
comme moi à les connoître , à les blâmer
et peut -être même à en rire , principa
lement lorsqu'ils sont passez ; car il n'en
est pas ainsi lorsqu'ils subsistent et qu'ils
sont en vogue : je crois qu'il ne déplaira
pas que je continuë mes Refléxions sur
ce sujet; et qu'après avoir parlé des
II. Vol. Dij usa1332
MERCURE DE FRANCE
usages bizares , provenus du désir de satisfaire
les sens et de faire remarquer la
beauté et l'excellence de l'esprit , je passe
aujourd'hui à ceux qui se sont formez
par le désir excessif de ménager et de
conserver la santé du corps , et de faire
valoir sa force et son adresse.
Il n'est pas necessaire que je dise , que
la santé est le bien le plus précieux de la
vie; qu'il est juste , pour une infinité de
raisons , de la menager et de la conserver
; tout le monde en est assez persuadé:
mais comme tout excès est blâmable , il
ne convient pas , sans doute , de le faire
si scrupuleusement , qu'on cesse d'en profiter
de peur de la perdre , qu'on ne s'en
serve que pour l'étudier et y veiller , que
dans le dessein de la rétablir on use des
moyens propres à la déranger,ou à la détruire
; ce sont neanmoins ces excès qui
ont introduit divers usages tres - singuliers
et tres bizares .
On sçait jusqu'à quel excès les anciens
ont poussé l'usage des Bains , qu'ils
croioient, à la vérité, nécessaires pour la
propreté du corps , mais qu'ils ne croioient
pas moins convenables pour conserver la
santé , ainsi qu'on le pense et qu'on l'observe
encore aujourd'hui , mais avec plus
de moderation et pour le seul besoin ; ce
I.Vol.
que
JUI N. 1733. 1333
•
que les anciens ne faisoient pas , ayant
porté cet usage bien au- delà de ce qui
convenoit : Car n'étoit- ce pas un excès
tout-à-fait bizare chez les Romains , non
seulement d'aller chaque jour au Bain
avant que de souper , mais d'y aller plusieurs
fois par jour . Les Empereurs Commode
et Gordien le jeune y alloient jusqu'à
sept ou huit fois a . N'étoit - ce pas
une vraie bizarerie de s'y faire frotter le
corps avec une espece d'Etrille b . Mais
ce qui étoit un excès beaucoup plus
criant , c'est que ces Bains étoient communs
pour les hommes et pour les femmes
; ce qui a même duré dans le Christianisme
pendant près de trois siecles
malgré les Loix de l'Eglise et des plus sages
Empereurs. Enfin l'attrait pour ces
Bains étoit si violent , qu'un Auteur a
très- bien remarqué, qu'il n'y a point d'ouvrages
des anciens , où les Empereurs
Romains ayent fait paroître plus de somptuosité
et de folie, que pour les Thermes ,
qui étoient les lieux où se prenoient ces
Bains c.
a Rosinus. Antiq. Roman . lib. 1. cap. 14.
b Strigile autem usos fuisse antiquos ad fricandum
, purgandumque corpus. Rosin. ibid. de Balneis.
c In nullis antiquorum operibus plus luxus et
Il. Vol. Diiij Si
1334 MERCURE DE FRANCE
Si nous passons aux remedes qu'on a
employez pour rétablir la santé alterée
par quelque infirmité , quelle bizarerie
ne trouverons - nous pas ? Il n'y a pour en
juger qu'à lire ce que dit le Clerc dans
son Histoire de la Médecine : Part. 1. liv.
3. chap. 26. où il rapporte de quelle maniere
on traitoit certaines maladies du
temps même du fameux Hypocrate , ce
qui paroît tout-à- fait bizare. " ¦
Il dit que lorsqu'on vouloit nettoyer le
bas ventre , on introduisoit dans l'Anus
un Soufflet de Forgeron ; qu'après avoir
fait enfler le ventre par ce moyen, le
Soufflet étant tiré , on donnoit le lavevement.
Pour guérir les Phtisyques , on
leur brûloit le dos et la poitrine , et on
tenoit les Ulceres ouverts pendant certain
temps. Pour les maux de tête on appliquoit
huit cauteres autour de la tête ;
que si cela ne suffisoit pas , on faisoit
pareillement
autour de la tête une incision
en forme de couronne , qui passoit d'un
bout à l'autre du front. On en faisoit autant
pour guérir les maux des yeux . Pour
les Convulsions , après avoir saigné , on
usoit de Sternutatoire , et on faisoit du
feu des deux côtez du lit du malade .
insania cernitur quam in Thermis Imperatorum.
Georg. Fabric, in suâ Româ.
II. Vol. L'us
JUIN. 1733. 1335
L'usage de cauteriser et de brûler le
corps en differens endroits , pour guérir
différens maux, a duré long- temps ; cette
Medecine grossiere et cruelle , continue
encore dans l'Affrique , la Chine , le Japon
et autres païs Orientaux , comme
aussi chez les Sauvages de l'Amérique
qui se servent à cet effet de bois pourri
à cause que la chaleur
en est moins
active.
C'étoit
des païs Orientaux
qu'étoit
venu en France
et ailleurs
l'usage
du
Moxa , qui consistoit
à faire bruler cette
espece
de filasse , sur la partie
attaque
de la goutte
, pour en guérir
, mais ce re
mede
caustique
a fait peu de progrès
;
car comme
disoit un Seigneur
Anglois
à qui les Médecins
l'avoient
ordonné
quel crime ai-je donc commis , pour que
je sois condamné
à être brûlé vif.
2
On peut mettre au nombre des usages:
bizares, en fait de Médecine , la fantaisie:
qu'on a euë de pendre au col , ou de por
ter sur soi , diverses choses qu'on a crûës :
spécifiques pour se guérir ou se préserver
de certains maux;c'est de ces usages , qu'est :
venue aux femmes , la mode de porter au
trefois des Coliers d'Ambre et de Corail
comme à plusieurs autres de mettre aux
doigts des Bagues garnies de prétendus:
Talismans. Ce n'étoit pas un usage moms:
H..Vol. D v bi
1336 MERCURE DE FRANCE
bizare de consulter les Astres , et sur tout
la Lune , pour sçavoit s'il convenoit de
prendre le moindre remede , afin de s'asseurer
de son efficacité ; c'est pourquoi
les Prédictions qui se donnoient chaque
année au public, marquoient précisément
les jours auxquels il convenoit de se faire
saigner , de prendre medecine , ou d'u
ser de ventouses. L'Etoile ou constellation
, nommée la Canicule, étoit marquée
comme la plus nuisible , pendant tout le
temps qu'elle dominoir , de quoi plusieurs
encore aujourd'hui ne sont pas désabuscz.
On peut voir un échantillon de la bizarerie
qui regnoit au neuviéme siecle ,
touchant la medecine , par le conseil que
Pardule, Evêque de Laon donnoit à Hincmar,
Archevêque de Reims , qui relevoit
d'une maladie a ; sçavoir , que pour rétablir
sa santé , il devoit bien se garder
de manger des petits Poissons , particu
lierement le jour qu'on les auroit tirés
de l'eau , non plus que de toute autre
viande nouvelle , soit Volailles ou autres
animaux , tuez du même jour ; qu'avant
que de les manger , il falloit bien les saler
, afin d'en dessecher toute l'humidité,
Hincmar , tom . p . 838.
II. Vole
qu'il
JUIN. 1733.1337
qu'il devoit principalement manger, du
Lard , et n'user que de la chair des animaux
à quatre pieds,ayant soin sur tout ,
de s'abstenir de Persil , l'assurant que
sans ce regime , il étoit tres difficille à
toute personne convalescente , de rétablir
la foiblesse de son estomac . Je crois qu'aujourd'hui
peu de gens s'accommoderoient
en pareil cas , d'une semblable ordonnance.
Autre bizarerie de Medecine qui regnoit
en France du temps du Roy Sainr
Louis , et qui consistoit à saigner à l'excès
, dans l'esperance de conserver par
ce moyen sa santé : on le voit par les
Regles que ce Prince donna aux Religieuses
de l'Hôtel - Dieu de Pontoise , par
lesquelles il ne leur étoit permis de se
faire saigner que six fois par an , les
temps même où elles le devoient faire
étant précisément marquez ; sçavoir , à
Noël , au commencement du Carême , à
Pâque , à la S.Pierre, dans le mois d'Août
et à la Toussaint a
De la santé je passe à la force du corps,.
où je fais voir si l'attachement
, que
qu'on a pour l'une a donné lieu à la bizarerie
de quelques usages , l'autre en a
a Patru , Plaid, pour Madame dé Guénégaud.-
II. Vol. Dvj, pro
1338 MERCURE DE FRANCE
produit, dont l'excès est encore allé beaucoup
plus loin. On ne peut pas dourǝt
qu'on ne sente un plaisir secret à éprouver
så force et à là faire remarquer aux
autres ; ce que font tous les jours les énfans
en est la preuve ; ce n'est que dans
le dessein de se procurer ce plaisir, qu'ils
s'empressent à sonner les Cloches d'une
Eglise ; que dans leurs jeux , un de leurs
plus grands plaisirs , est d'essayer à qui
sautera le plus haut , ou le plus loin , à
qui courra le plus fort , ou qui par sa
force , terrassera le mieux son camarade.
Ce que ce sentiment naturel opera
dans les enfans , il le fait également dans
les personnes plus âgées , mais avec cette
différence , que și plusieurs , par l'usage
qu'ils font de leur raison , s'y prêtent
moins que les enfans ; il ne s'en est trouvé
que trop , qui , pour s'y étre abandonnez
sans mestre , ont donné dans des
excès , qu'on peut regarder, à juste titre ,
comme des bizareries les plus outrées .
L'usage dont parle S.Jérôme , qui sub
sistoit de son temps , et qui consistoit à
donner au public des preuves de sa force,
n'étoit pas, à la verité , ni si bizare , ni
si outré ; il ne pouvoit même passer pour
bizare , qu'autant que les hommes , qui
devoient pardessus tout faire valoir la
Il.Vol dé
JUIN.. 17337 1339
3
délicatesse de leur esprit , se picquqient
trop alors de faire admirer la force de
leur corps , privilege dont les animaux
les plus grossiers sont beaucoup plus
avantagez qu'eux . Il consistoit donc cet
usage , en ce que , selon ce Pere a , il n'y
avoit dans la Judée où il demeuroit , ni
Ville , ni Bourg , ni Village , ni si petit .
Château , où il n'y eut de
Pierres
grosses
rondes , uniquement destinées pour exercer
les jeunes gens , et pour leur donnes
lieu de faire admirer au public jusqu'où
alloit leur force ; de sorte que pendant
qu'il y en avoit qui ne pouvoient élever
ces grosses Pierres que jusqu'à leurs ged
noux ou jusqu'à la moitié du corps , on
en voyoit d'autres qui les portoient jusques
sur leurs épaules , même sur leur tê
te , et c'étoient ceux là qui avoient tout
l'honneur ..
Il y a apparence que cet usage ne s'observoit
pas dans la scule Judée , puisque
ce Pere dit au même endroit , qu'il avoit
vû dans la Forteresse d'Athénes une
grosse Boule d'Airain , qui servoit aussi à
éprouver la force des Atheletes. Je croirois
même que cet usage avoit passé jusques
dans les Gaules ; que dis - je , jusques
a Hier. in Zachar. cap. 12
L. Vol.
dans
1340 MERCURE DE FRANCE
dans notre Ville d'Eu , qui subsistoit
bien avant ce temps-là , puisqu'on y a
vû jusqu'à nos jours , dans l'Hôtel de
Ville , de grosses Pierres de grès , parfaitement
rondes , au moins de quatre pieds
de circonférence , lesquelles y ont toujours
été , sans qu'on puisse sçavoir à
quel autre usage elles ont pû être destinées
.
Ce fut de cette inclination naturelle qui
naît,comme j'ai dit ,avec l'homme, d'estimer
sa force , et de se faire un plaisir dela
faire estimer aux autres , que l'exercice
des Atheletes , et les Jeux Olimpiques
si fameux dans toute la Grece , prirent
leur origine ; car en quoi consistoient ces-
Jeux , qui se renouveloient tous les quatre
ans , où les peuples couroient en foule
pour en être les spectateurs , où les victoires
et les couronnes qu'on y remportoit
combloient d'honneur ceux qui
étoient assez heureux pour avoir cet
avantage ? Ils consistoient ces Jeux , à
voir et à admirer , ceux qui dans la Lute
terrassoient le mieux , après differens efforts
, ceux contre lesquels ils lutoient, et
même ceux qui l'emportoient à la course
ou à donner des coups de poings , ou
à jetter le Palet avec plus de force et d'adresse
.
II. Vol.
Après
JUIN. 1733 . 1341'
pas
bizare
, que Après tout , ne paroît - il
ces Jeux que nous croïons aujourd'hui ne
convenir qu'à des enfans , ayent fait au--
trefois l'admiration et le spectacle le plus
recherche des peuples les plus polis ; que
pour s'y former , il falloit dès sa jeunesse
y être instruit et exercé par des Maîtres
; que pour acquerir la force et l'adresse
necessaire , il falloit observer un
régime de vie , qui retranchoit l'usage:
du vin , de plusieurs autres choses , et de
certains plaisirs permis. S. Paul même en
a fait une note a.Dailleurs ce qui doit pa➡
roître de plus outré et de plus honteusement
bizare dans ces Jeux , c'est que non
seulement les hommes abandonnant toute
pudeur , y paroissoient et y combattoient
entierement nuds ; mais que les
femmes ayent voulu aussi y prendre part
et y paroître de la même façon , comme
le rapporte Plutarque ; en quoi , après
tout , elles ne faisoient que suivre ce que
le prétendu divin Platon leur avoit ordonné
b , voulant qu'elles ne parussent
Couvertes que de leur seule vertu .
Le reste pour le prochain Mercure.
a Ep.
. 1. aux Corinth, ch.
b De Legib. liv. 6.
des Usages. Par M. Capperon , ancien
Doyen de Saint Maxent.
L
'Homme s'aimant à l'excès , il s'ensuit
qu'il aime et qu'il estime tout
ce qui le touche de plus près. Il sent même
un plaisir secret à se persuader , soit
par les épreuves qu'il peut faire , soit par
l'approbation des autres , que ce qu'il
estime en lui , est véritablement grand et
absolument estimable. C'est de cette disposition
si naturelle à l'homme, que sont
sorties , non seulement les bizarèries qui
ont rapport à l'usage des sens et aux productions
de l'esprit , dont j'ai cy- devant
parlé , mais plusieurs autres encore qui
ont paru,qui paroissent et qui paroîtront
dans. le temps à venir .
Me faisant donc un plaisir de relever .
ces excès ; et chacun pouvant en trouver
comme moi à les connoître , à les blâmer
et peut -être même à en rire , principa
lement lorsqu'ils sont passez ; car il n'en
est pas ainsi lorsqu'ils subsistent et qu'ils
sont en vogue : je crois qu'il ne déplaira
pas que je continuë mes Refléxions sur
ce sujet; et qu'après avoir parlé des
II. Vol. Dij usa1332
MERCURE DE FRANCE
usages bizares , provenus du désir de satisfaire
les sens et de faire remarquer la
beauté et l'excellence de l'esprit , je passe
aujourd'hui à ceux qui se sont formez
par le désir excessif de ménager et de
conserver la santé du corps , et de faire
valoir sa force et son adresse.
Il n'est pas necessaire que je dise , que
la santé est le bien le plus précieux de la
vie; qu'il est juste , pour une infinité de
raisons , de la menager et de la conserver
; tout le monde en est assez persuadé:
mais comme tout excès est blâmable , il
ne convient pas , sans doute , de le faire
si scrupuleusement , qu'on cesse d'en profiter
de peur de la perdre , qu'on ne s'en
serve que pour l'étudier et y veiller , que
dans le dessein de la rétablir on use des
moyens propres à la déranger,ou à la détruire
; ce sont neanmoins ces excès qui
ont introduit divers usages tres - singuliers
et tres bizares .
On sçait jusqu'à quel excès les anciens
ont poussé l'usage des Bains , qu'ils
croioient, à la vérité, nécessaires pour la
propreté du corps , mais qu'ils ne croioient
pas moins convenables pour conserver la
santé , ainsi qu'on le pense et qu'on l'observe
encore aujourd'hui , mais avec plus
de moderation et pour le seul besoin ; ce
I.Vol.
que
JUI N. 1733. 1333
•
que les anciens ne faisoient pas , ayant
porté cet usage bien au- delà de ce qui
convenoit : Car n'étoit- ce pas un excès
tout-à-fait bizare chez les Romains , non
seulement d'aller chaque jour au Bain
avant que de souper , mais d'y aller plusieurs
fois par jour . Les Empereurs Commode
et Gordien le jeune y alloient jusqu'à
sept ou huit fois a . N'étoit - ce pas
une vraie bizarerie de s'y faire frotter le
corps avec une espece d'Etrille b . Mais
ce qui étoit un excès beaucoup plus
criant , c'est que ces Bains étoient communs
pour les hommes et pour les femmes
; ce qui a même duré dans le Christianisme
pendant près de trois siecles
malgré les Loix de l'Eglise et des plus sages
Empereurs. Enfin l'attrait pour ces
Bains étoit si violent , qu'un Auteur a
très- bien remarqué, qu'il n'y a point d'ouvrages
des anciens , où les Empereurs
Romains ayent fait paroître plus de somptuosité
et de folie, que pour les Thermes ,
qui étoient les lieux où se prenoient ces
Bains c.
a Rosinus. Antiq. Roman . lib. 1. cap. 14.
b Strigile autem usos fuisse antiquos ad fricandum
, purgandumque corpus. Rosin. ibid. de Balneis.
c In nullis antiquorum operibus plus luxus et
Il. Vol. Diiij Si
1334 MERCURE DE FRANCE
Si nous passons aux remedes qu'on a
employez pour rétablir la santé alterée
par quelque infirmité , quelle bizarerie
ne trouverons - nous pas ? Il n'y a pour en
juger qu'à lire ce que dit le Clerc dans
son Histoire de la Médecine : Part. 1. liv.
3. chap. 26. où il rapporte de quelle maniere
on traitoit certaines maladies du
temps même du fameux Hypocrate , ce
qui paroît tout-à- fait bizare. " ¦
Il dit que lorsqu'on vouloit nettoyer le
bas ventre , on introduisoit dans l'Anus
un Soufflet de Forgeron ; qu'après avoir
fait enfler le ventre par ce moyen, le
Soufflet étant tiré , on donnoit le lavevement.
Pour guérir les Phtisyques , on
leur brûloit le dos et la poitrine , et on
tenoit les Ulceres ouverts pendant certain
temps. Pour les maux de tête on appliquoit
huit cauteres autour de la tête ;
que si cela ne suffisoit pas , on faisoit
pareillement
autour de la tête une incision
en forme de couronne , qui passoit d'un
bout à l'autre du front. On en faisoit autant
pour guérir les maux des yeux . Pour
les Convulsions , après avoir saigné , on
usoit de Sternutatoire , et on faisoit du
feu des deux côtez du lit du malade .
insania cernitur quam in Thermis Imperatorum.
Georg. Fabric, in suâ Româ.
II. Vol. L'us
JUIN. 1733. 1335
L'usage de cauteriser et de brûler le
corps en differens endroits , pour guérir
différens maux, a duré long- temps ; cette
Medecine grossiere et cruelle , continue
encore dans l'Affrique , la Chine , le Japon
et autres païs Orientaux , comme
aussi chez les Sauvages de l'Amérique
qui se servent à cet effet de bois pourri
à cause que la chaleur
en est moins
active.
C'étoit
des païs Orientaux
qu'étoit
venu en France
et ailleurs
l'usage
du
Moxa , qui consistoit
à faire bruler cette
espece
de filasse , sur la partie
attaque
de la goutte
, pour en guérir
, mais ce re
mede
caustique
a fait peu de progrès
;
car comme
disoit un Seigneur
Anglois
à qui les Médecins
l'avoient
ordonné
quel crime ai-je donc commis , pour que
je sois condamné
à être brûlé vif.
2
On peut mettre au nombre des usages:
bizares, en fait de Médecine , la fantaisie:
qu'on a euë de pendre au col , ou de por
ter sur soi , diverses choses qu'on a crûës :
spécifiques pour se guérir ou se préserver
de certains maux;c'est de ces usages , qu'est :
venue aux femmes , la mode de porter au
trefois des Coliers d'Ambre et de Corail
comme à plusieurs autres de mettre aux
doigts des Bagues garnies de prétendus:
Talismans. Ce n'étoit pas un usage moms:
H..Vol. D v bi
1336 MERCURE DE FRANCE
bizare de consulter les Astres , et sur tout
la Lune , pour sçavoit s'il convenoit de
prendre le moindre remede , afin de s'asseurer
de son efficacité ; c'est pourquoi
les Prédictions qui se donnoient chaque
année au public, marquoient précisément
les jours auxquels il convenoit de se faire
saigner , de prendre medecine , ou d'u
ser de ventouses. L'Etoile ou constellation
, nommée la Canicule, étoit marquée
comme la plus nuisible , pendant tout le
temps qu'elle dominoir , de quoi plusieurs
encore aujourd'hui ne sont pas désabuscz.
On peut voir un échantillon de la bizarerie
qui regnoit au neuviéme siecle ,
touchant la medecine , par le conseil que
Pardule, Evêque de Laon donnoit à Hincmar,
Archevêque de Reims , qui relevoit
d'une maladie a ; sçavoir , que pour rétablir
sa santé , il devoit bien se garder
de manger des petits Poissons , particu
lierement le jour qu'on les auroit tirés
de l'eau , non plus que de toute autre
viande nouvelle , soit Volailles ou autres
animaux , tuez du même jour ; qu'avant
que de les manger , il falloit bien les saler
, afin d'en dessecher toute l'humidité,
Hincmar , tom . p . 838.
II. Vole
qu'il
JUIN. 1733.1337
qu'il devoit principalement manger, du
Lard , et n'user que de la chair des animaux
à quatre pieds,ayant soin sur tout ,
de s'abstenir de Persil , l'assurant que
sans ce regime , il étoit tres difficille à
toute personne convalescente , de rétablir
la foiblesse de son estomac . Je crois qu'aujourd'hui
peu de gens s'accommoderoient
en pareil cas , d'une semblable ordonnance.
Autre bizarerie de Medecine qui regnoit
en France du temps du Roy Sainr
Louis , et qui consistoit à saigner à l'excès
, dans l'esperance de conserver par
ce moyen sa santé : on le voit par les
Regles que ce Prince donna aux Religieuses
de l'Hôtel - Dieu de Pontoise , par
lesquelles il ne leur étoit permis de se
faire saigner que six fois par an , les
temps même où elles le devoient faire
étant précisément marquez ; sçavoir , à
Noël , au commencement du Carême , à
Pâque , à la S.Pierre, dans le mois d'Août
et à la Toussaint a
De la santé je passe à la force du corps,.
où je fais voir si l'attachement
, que
qu'on a pour l'une a donné lieu à la bizarerie
de quelques usages , l'autre en a
a Patru , Plaid, pour Madame dé Guénégaud.-
II. Vol. Dvj, pro
1338 MERCURE DE FRANCE
produit, dont l'excès est encore allé beaucoup
plus loin. On ne peut pas dourǝt
qu'on ne sente un plaisir secret à éprouver
så force et à là faire remarquer aux
autres ; ce que font tous les jours les énfans
en est la preuve ; ce n'est que dans
le dessein de se procurer ce plaisir, qu'ils
s'empressent à sonner les Cloches d'une
Eglise ; que dans leurs jeux , un de leurs
plus grands plaisirs , est d'essayer à qui
sautera le plus haut , ou le plus loin , à
qui courra le plus fort , ou qui par sa
force , terrassera le mieux son camarade.
Ce que ce sentiment naturel opera
dans les enfans , il le fait également dans
les personnes plus âgées , mais avec cette
différence , que și plusieurs , par l'usage
qu'ils font de leur raison , s'y prêtent
moins que les enfans ; il ne s'en est trouvé
que trop , qui , pour s'y étre abandonnez
sans mestre , ont donné dans des
excès , qu'on peut regarder, à juste titre ,
comme des bizareries les plus outrées .
L'usage dont parle S.Jérôme , qui sub
sistoit de son temps , et qui consistoit à
donner au public des preuves de sa force,
n'étoit pas, à la verité , ni si bizare , ni
si outré ; il ne pouvoit même passer pour
bizare , qu'autant que les hommes , qui
devoient pardessus tout faire valoir la
Il.Vol dé
JUIN.. 17337 1339
3
délicatesse de leur esprit , se picquqient
trop alors de faire admirer la force de
leur corps , privilege dont les animaux
les plus grossiers sont beaucoup plus
avantagez qu'eux . Il consistoit donc cet
usage , en ce que , selon ce Pere a , il n'y
avoit dans la Judée où il demeuroit , ni
Ville , ni Bourg , ni Village , ni si petit .
Château , où il n'y eut de
Pierres
grosses
rondes , uniquement destinées pour exercer
les jeunes gens , et pour leur donnes
lieu de faire admirer au public jusqu'où
alloit leur force ; de sorte que pendant
qu'il y en avoit qui ne pouvoient élever
ces grosses Pierres que jusqu'à leurs ged
noux ou jusqu'à la moitié du corps , on
en voyoit d'autres qui les portoient jusques
sur leurs épaules , même sur leur tê
te , et c'étoient ceux là qui avoient tout
l'honneur ..
Il y a apparence que cet usage ne s'observoit
pas dans la scule Judée , puisque
ce Pere dit au même endroit , qu'il avoit
vû dans la Forteresse d'Athénes une
grosse Boule d'Airain , qui servoit aussi à
éprouver la force des Atheletes. Je croirois
même que cet usage avoit passé jusques
dans les Gaules ; que dis - je , jusques
a Hier. in Zachar. cap. 12
L. Vol.
dans
1340 MERCURE DE FRANCE
dans notre Ville d'Eu , qui subsistoit
bien avant ce temps-là , puisqu'on y a
vû jusqu'à nos jours , dans l'Hôtel de
Ville , de grosses Pierres de grès , parfaitement
rondes , au moins de quatre pieds
de circonférence , lesquelles y ont toujours
été , sans qu'on puisse sçavoir à
quel autre usage elles ont pû être destinées
.
Ce fut de cette inclination naturelle qui
naît,comme j'ai dit ,avec l'homme, d'estimer
sa force , et de se faire un plaisir dela
faire estimer aux autres , que l'exercice
des Atheletes , et les Jeux Olimpiques
si fameux dans toute la Grece , prirent
leur origine ; car en quoi consistoient ces-
Jeux , qui se renouveloient tous les quatre
ans , où les peuples couroient en foule
pour en être les spectateurs , où les victoires
et les couronnes qu'on y remportoit
combloient d'honneur ceux qui
étoient assez heureux pour avoir cet
avantage ? Ils consistoient ces Jeux , à
voir et à admirer , ceux qui dans la Lute
terrassoient le mieux , après differens efforts
, ceux contre lesquels ils lutoient, et
même ceux qui l'emportoient à la course
ou à donner des coups de poings , ou
à jetter le Palet avec plus de force et d'adresse
.
II. Vol.
Après
JUIN. 1733 . 1341'
pas
bizare
, que Après tout , ne paroît - il
ces Jeux que nous croïons aujourd'hui ne
convenir qu'à des enfans , ayent fait au--
trefois l'admiration et le spectacle le plus
recherche des peuples les plus polis ; que
pour s'y former , il falloit dès sa jeunesse
y être instruit et exercé par des Maîtres
; que pour acquerir la force et l'adresse
necessaire , il falloit observer un
régime de vie , qui retranchoit l'usage:
du vin , de plusieurs autres choses , et de
certains plaisirs permis. S. Paul même en
a fait une note a.Dailleurs ce qui doit pa➡
roître de plus outré et de plus honteusement
bizare dans ces Jeux , c'est que non
seulement les hommes abandonnant toute
pudeur , y paroissoient et y combattoient
entierement nuds ; mais que les
femmes ayent voulu aussi y prendre part
et y paroître de la même façon , comme
le rapporte Plutarque ; en quoi , après
tout , elles ne faisoient que suivre ce que
le prétendu divin Platon leur avoit ordonné
b , voulant qu'elles ne parussent
Couvertes que de leur seule vertu .
Le reste pour le prochain Mercure.
a Ep.
. 1. aux Corinth, ch.
b De Legib. liv. 6.
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Résumé : SUITE des réfléxions sur la bizarerie des Usages. Par M. Capperon, ancien Doyen de Saint Maxent.
Dans 'Suite des réflexions sur la bizarerie des Usages', M. Capperon examine les excès et les comportements étranges liés à la préservation de la santé. Il observe que les hommes ont tendance à surévaluer ce qui leur est familier, ce qui conduit à des pratiques extravagantes. Parmi ces usages bizarres, il mentionne l'abus des bains chez les anciens Romains, qui fréquentaient les thermes plusieurs fois par jour et de manière mixte. Le texte évoque également des pratiques médicales anciennes telles que l'utilisation de soufflets pour nettoyer le bas-ventre, la cautérisation, et des remèdes cruels et inefficaces, considérés comme barbares aujourd'hui mais courants dans l'Antiquité. Au Moyen Âge, les femmes portaient des colliers d'ambre et de corail pour se protéger des maux et utilisaient des bagues avec des talismans. La prise de remèdes était souvent guidée par les astres, notamment la Lune. Sous le règne de Saint Louis, la saignée excessive était une pratique courante pour préserver la santé. Des démonstrations de force, comme soulever des pierres rondes, étaient observées en Judée, en Grèce et en France. Les Jeux Olympiques grecs, se déroulant tous les quatre ans, incluaient des épreuves de lutte, de course, de boxe et de lancer du palet. Les participants, hommes et femmes, s'entraînaient rigoureusement et suivaient un régime strict, souvent nus, conformément aux enseignements de Platon. Ces pratiques reflètent les diverses méthodes employées à travers les époques pour maintenir la santé et la forme physique, souvent marquées par des croyances et des rituels spécifiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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255
p. 1356-1371
SEANCE PUBLIQUE de l'Académie Royale de Chirurgie.
Début :
Le 2. Juin, premier Mardy d'après la Trinité, l'Académie Royale de [...]
Mots clefs :
Académie royale de chirurgie, Chirurgie, Malade, Pierre, Mémoire, Pouce, Observations, Sentir, Douleur, Prix, Poitrine, Signes, Panaris, M. Morand, Rupture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SEANCE PUBLIQUE de l'Académie Royale de Chirurgie.
SEANCE PUBLIQUE de l'Académie
Royale de Chirurgie.
LE
E 2. Juin , premier Mardy d'après
la Trinité , l'Académie Royale de
Chirurgie , tint son Assemblée publique
dans la grande Salle de S. Côme. M. de
la Peyronie , dont le zele s'étend sur tout
ce qui peut contribuer au soutien d'un
établissement si utile , se rendit à Paris
pour présider à cette Assemblée.
M. Morand, Secretaire de l'Académie,
commença par instruire le Public de
quelques changemens arrivez depuis la
Séance publique de 1732. dont on a rendu
compte dans le temps.
Au mois de Septembre dernier , M. Le
Gendre, Premier Chirurgien du Roi d'Espagne
, et un des plus anciens Maîtres
de Paris , fut nommé par Sa Majesté , à
la place d'Académicien libre.
Vers ce même temps , l'Académie se
proposant de composer une Classe d'Associez
étrangers , conformément à l'Article
XII. de son Reglement , commença
par élire Mrs Cheselden et Belair , qui
furent agréez par S. M.
II. Vol.
M :
JUIN. 1733 . 1357
M. Cheselden est Premier Chirur
gien de la Reine d'Angleterre et de l'Hôpital
de S. Thomas , Membre de la Societé
Royale de Londres , Correspondant
de l'Académie Royale des Sciences , et
connu par plusieurs Ouvrages d'Anatomie
et de Chirurgie.
M. Belair est Premier Chirurgien de
M. le Duc de Wirtemberg ; et c'est à șa
sollicitation que ce Prince a consenti
qu'on transportât en France un des principaux
ornemens de son Cabinet. Cette
Piece si curieuse est le fameux Foetus de
Wirtemberg , qui s'est conservé pendant
46. ans dans le ventre de sa mere .
M. Morand fit aussi part à l'Assemblée
de la Mort de M: Delon , Académicien
libre , qui s'étant depuis long- temps dévoüé
d'une maniere particuliere à l'ins
truction des Eleves en Chirurgie , a mérité
par son assiduité , par son zele et
par ses lumieres , les regrets de la Compagnie.
Il est mort le 18. Septembre 1732.
âgé de 75. ans . Sa place n'est point encore
remplie.
L'Académie a reçû 113. Memoires sur
la question proposée pour le Prix de
l'année derniere ; sçavoir, 95. dans le terme
prescript par le Programme , et 18 .
au commencement de 1733. Ces derniers
n'ont point été admis, E j
1.
1358 MERCURE DE FRANCE
Le Prix a été adjugé à la Picce N ° . 85 .
dont la Devise est Amica manu .
L'Académie , parmi les Pieces qui lui
ont été envoyées , en a trouvé deux
qui méritoient de concourir ; sçavoir , la
Piece N° . 63. dont la Devise est Catteus
offert , et un Memoire Latin , Nº . 44 •
qui avoit sous son cachet Henricus
Bassius , Med. Anat. et Chir. D. ac P. P.
in Academia Halensi.
Après la proclamation du Prix , M.Morand
lut l'Extrait de plusieurs Observations
très importantes sur les playes de
tête. On jugera aisément du mérite de
ces Observations par le nom seul de leur
Auteur. M.Mareschal ne pouvant se trouver
à cette Séance , les avoit envoyez à
M. Morand , pour en faire part à la
Compagnie.
Parmi ces faits , ceux qui ont paru les
plus interessants pour la pratique sont ,
1. l'Histoire d'une Demoiselle à qui
M. Mareschal appliqua douze Trépans, il
y a environ 28. ans , et qui depuis a
toujours joui d'une bonne santé .
2º. Une Hémoragie fort considerable
par le diploé , dans l'opération du Trépan.
3°. Une espece de Hernie de la duremere
et du cerveau sous une cicatrice
parfaite d'une playe de tête , Hernie qui
II. Vol. fut
JUIN. 1733. 1359
!
fut contenue par un point d'appui , sans
lequel le malade souffroit de grandes
incommoditez .
5. Un Trépan fait à l'occasion d'une
douleur de tête que rien n'avoit soulagée,
et par lequel cette douleur fut radicalement
guérie.
6º. Une bale perdue dans le cerveau
d'un homme guéri de sa blessure et mort
subitement un an après.
L'Extrait de ces Observations fut terminé
par celui des Remarques de M. Mareschal
sur les abscès au foye, qui arrivent
à la suite des playes de tête.
M. de la Peyronie lut ensuite un Mémoire
sur la rupture des muscles et des
tendons. Le cours de la pratique lui a
offert un si grand nombre d'exemples de
pareilles ruptures, qu'il est surpris que les
Anciens n'ayent presque fait aucune mention
de ces sortes de maladies , et que
le peu de faits rapportez à ce sujet par
les Modernes , aye souffert tant de contradictions.
Passant de- là aux différens
simptômes des ruptures complettes , il
fait observer ce qui les peut principalement
caracterisers et après avoir fait sentir
les différens degrez de difficulté qu'oposent
à la réunion la différente solidité
des parties et la rigidité ou la du-
II. Vol. Ey reté
1360 MERCURE DE FRANCE
reté que l'âge leur donne , il démontre
que la rupture complette , soit des muscles
, soit des tendons , est moins dangereuse
, et en même tems plus facile à
guérir que la rupture incomplette.
Pour prouver ce qu'il avance ,
il choisit
entre plusieurs Observations , les deux
suivantes .
›
Un homme âgé de 81. an , étant tombé
du haut jusques en bas d'un escalier
de sept à huit marches , s'apperçur en se
relevant , que sa jambe droite , à laquelle
il ne sentoit cependant aucune douleur ,
ne pouvoit le soutenir. La foiblesse de
cette jambe avoit pour cause la rupture
du tendon des muscles extenseurs
environ un pouce au- dessus de son attache
à la rotule. On appliqua un appareil
propre à raprocher et à réunir les
bours du tendon rompu , et six semaines
après le Malade fut en état de se soutenir
fermement sur sa jambe et de mar.
cher comme à son ordinaire."
Un autre fait des plus singuliers vient
à l'appui du premier , et justifie qu'il en
est de la rupture complette des muscles
comme de celle des tendons . En effet on
voit que le muscle fléchisseur du pouce,
non- seulement a été complettement déchiré
, mais qu'il a même été arraché et
11. Vol.
cn2
1361
JUI N. 1733 .
entierement séparé du corps avec la derniere
phalange du pouce , sans qu'à la
suite d'une telle blessure il soit survenu
le moindre accident.
A ces Observations M, de la Peyronie
ajouta la méthode particuliere qu'il a suivie
pour les pansemens , et les conséquences
qui en résultent pour la pratique , ont été
regardées comme autant de préceptes dont
cet illustre Chirurgien enrichit son Arr.
Une matiere bien importante fait le
sujet du troisiéme Mémoire . Il s'agit d'éviter
l'erreur dans un cas fort équivoque,
et dans lequel les méprises peuvent avoir
de très-funestes suites. Voici l'Exposé
qu'en fait M. Peit , le pere , Directeur
de l'Académie,
Si le foye et la vessicule du fiel sont
attaquez d'une inflammation , dont les
simptômes se soutiennent et augmentent
jusqu'au tems qu'on nomme l'Etat , alors
cette inflammation peut se terminer ou
par résolution ou par suppuration . Si elle
suppure , la douleur et la fievre diminuëront
, le Malade aura des frissons irréguliers
, il s'élevera une tumeur à l'hipqcondre
droit , cette tumeur deviendra
molle et la fluctuation , c'est-à- dire le
flot du pus qu'elle renferme , se fera sentir
en la touchant, Ce sont- là autant de
II. Vol.
signes E vi
1362 MERCURE DE FRANCE
signes qui semblent indiquer la nécessité
absoluë de faire l'ouverture ; cependant
M. Petit exige qu'avant d'ouvrir
on se rappelle bien tout ce qui s'est passé
pendant le cours de la maladie , et qu'on
examine chaque simptôme avec l'exactitu
de la plus scrupuleuse ,parce que toutes ces
apparences d'abscés peuvent se rencontrer,
quoique l'inflammation se soit terminée
par résolution .
La bile , dit- il , qui pendant le fort
de l'inflammation , ne se filtroit point au
foye, commence de s'y séparer si - tôt que
la résolution a suffisamment dégagé les
glandes de ce viscere ; mais si la résolution
n'est pas assez avancée pour que
le canal colidoque soit débouché , la bile
qui entrera dans la vessicule du fiel , ne
pourra s'écouler ; elle remplira cette vessicule
et s'y accumulera au point qu'elle
formera sous l'hipocondre droit une tumeur
avec fluctuation sensible ; ce qui
joint à des frissons irréguliers , à la diminution
de la fievre et de la douleur
donnera des signes semblables à ceux de
l'abscès.
Quel parti prendre dans un cas semblable
? Risquera t'on d'ouvrir la vesicule
du fiel , croyant faire ouverture
d'un abscès , ou laissera- t'on périr un Ma-
II. Vol lade
JUIN . 1733 . 1263
lade de l'abscès , dans la crainte d'ouvrir
la vessicule du fiel ? Mais M. Petit ne se
contente pas de faire sentir tout le danger
de l'équivoque , il fournit les moyens
de se garantir de l'erreur. Il fait d'abord
observer que si la diminution de la fievre
et celle de la douleur , sont des signes
de la résolution commencée et de la supuration
faite , il y a cependant quelque
différence dans la maniere dont cette
diminution arrive. Il fait voir de même
que les frissons irréguliers ont des
caracteres qui les distinguent ; il remarque.
enfin des différences notables
dans la façon dont la tumeur se manifeste
, et sur tout dans la maniere dont la
fluctuation s'y fait sentir.
4 Le détail de ces différences nous meneroit
trop loin. Au reste tout ceci n'est
fondé que sur plusieurs observations qui
prouvent évidemment que si dans le cas
dont il s'agit , la ressemblance des simptômes
peut en imposer , une comparaison
exacte peut y faire reconnoître des
différences , à la verité difficiles à saisir
d'abord , mais cependant suffisantes pour
fonder un juste discernement.
Le quatrième Mémoire a pour sujet le
Panaris. M. Malaval , Vice- Directeur , y
rapporte trois Observations d'autant plus
11. Vol.
impor1364
MERCURE DE FRANCE
importantes pour le Public , qu'elles peuvent
le désabuser des préjugez qu'il y a sur
cette maladie. Peu de gens regardent le
Panaris comme un mal d'aussi grande im
portance qu'il l'est en effet , et la plupart
ou le négligent dans ses commencemens,
ou se servent avec une confiance aveugle
de tous les remedes que peuvent ins
pirer le caprice , l'ignorance et la supercherie.
La premiere Observation offre le triste
exemple d'une femme, qui, attaquée d'un
Panaris à la suite d'une piquure au doigt
indicateur ; et ne pouvant se résoudre
à souffrir les opérations nécessaires , livra
sa confiance à des empiriques . Dans
l'espace d'environ 25. jours , le mal augmenta
si considérablement, que la main,
l'avant- bras et le bras , étant tombez successivement
en gangréne , la Malade mou
rut victime de sa répugnance pour les
secours de la Chirurgie.
La seconde Observation montre au
contraire jusqu'où vont les ressources de
l'Art pour la guérison de ces maux , lors
même qu'ils sont portez à leur plus haut
degré . Tel est le Panaris dont il est fait
mention dans cette seconde Observation.
Ce Panaris négligé pendant trois jours ,
fit tout- à-coup des progrès si rapides ,
II. Vol.
qu'en
JUIN. 1732. 1365
qu'en une seule nuit la gangréne se manifesta
au pouce , et que peu après il se
forma successivement à la main et à l'avant-
bras , trois dépôts des plus considérables
. M. Malaval , non-seulement sauva
les jours du Malade , mais réussit même
à lui conserver le pouce et la liberté
du mouvement de ses doigts.
La troisiéme Observation prouve enfin
que les secours de la Chirurgie ,
lorsqu'on a la précaution d'y recourir
de bonne heure , sont encore plus
efficaces pour prévenir les suites de ces
maux.
Le cinquiéme Mémoire est de M. Ledran,
Secretaire chargé des correspondances
de l'Académie. Appellé par un Malade
attaqué de la pierre pour la troisiéme
fois , il lui fit l'opération de la taille ;
mais n'ayant pû trouver la pierre , il cessa
bien-tôt de fatiguer le Malade , mit
une canule dans la playe , et au bout de
quelques jours , commença à faire des
injections émollientes dans la vessie . Par
la suite , au moyen d'une sonde à femme ,
il toucha plusieurs fois la pierre , mais
dans un point d'une fort petite étenduë
et constamment au même endroit ; c'étoit
du côté gauche et en tournant vers le
rectum , le bout de la sonde qu'on sçait
•
être un peu courbée.
1366 MERCURE DE FRANCE
La fixité de la pierre sembloit indiquer
qu'elle étoit enkistée , et le lieu qu'elle
affectoit fit présumer à M. Ledran qu'el
le étoit retenue dans l'urethére. Il abandonna
à la Nature le soin de l'en dégager
, et six semaines après l'opération ,
ayant touché pour la premiere fois la
pierre avec une sonde droite , il jugea
qu'elle ne se faisoit ainsi sentir , que parce
qu'elle avoit changé de place , n'étant
plus retenue dans l'espece de châton où
elle étoit d'abord fixée. Il crut alors pouvoir
sans danger en tenter l'extraction
et il la tira en effet sans aucune résistance.
La pierre avoit deux pouces de
longueur , étoit fort menue par l'extrémité
qui fut saisie avec la tenette , et
avoit à peu près par l'autre bout la
seur du pouce. Cette figure prouve assez
le danger qu'il y auroit d'arracher une
pareille pierre , avant que son châton fût
ramoli ou détruit par la suppuration.
gros-
M. Ledran finit par un détail de ce
que le Malade sentoit avant l'opération ;
et cet habile Lithotomiste propose ces différentes
circonstances , comme autant de
signes qui du moins suffisent pour faire
soupçonner que la pierre est ainsi engagée
.
L'Observation suivante fait honneur
II. Vol. a
JUIN.
1367 1733 .
au génie et à l'invention du Chirurgien
qui l'a fournie .
I un
Un homme âgé de 23. ans , ayant reçû
violent coup de couteau sur la partie
antérieure de la quatriéme des vrayes
côtes, fut pansé très-simplement pendant
les trois premiers jours ; mais une toux
extraordinaire et un crachement de sang
abondant étant survenus , on eut recours
à M. Gerard. Il reconnut que ces accidens
dépendoient de la présence d'une portion
de la lame du couteau qui traversoit
la côte , et dont la pointe excedoit
d'environ six lignes dans la cavité de la
poitrine.
Ce corps étranger débordoit si peu
l'extérieur de la côte , et y étoit tellement
fixé , qu'il ne fut pas possible de
le tirer avec différentes pincettes ou tenailles
, ni même de l'ébranler au moyen
des ciseaux et du marteau de plomb ; et
quoique dans un cas aussi pressant , il
semble qu'on n'eut d'autre parti à prendre
que celui de scier ou de couper la
côte, M. Gérard crut , avant d'en venir à
cette extrémité , devoir tenter de dégager
le corps étranger , en le
dedans en dehors.
poussant de
Dans ce dessein , il alla choisir un dé
dont les Tailleurs se servent pour coudre.
11. Vol. Il
1368 MERCURE DE FRANCE
Il en prit par préférence un de fer , un
peu épais et fermé par le bout ; il y fit
creuser une petite goutiere pour y mieux
fixer la pointe du couteau , et ayant suffisamment
assujetti ce dé sur son doigt
index , il porta ce doigt ainsi armé dans
la cavité de la poitrine , et réussit par
ce moyen à chasser le morceau du couteau
, en le poussant avec force de de
dans en dehors .
Ayant tire le corps étranger , il quitta
le dé et remit l'index à nud dans la poitrine
, pour examiner si le couteau >
en
traversant la côte , ne l'auroit point fait
éclater en dedans . Il trouva un éclat capable
de piquer , et qui tenoit trop fortement
au corps de la côte pour qu'on
pût l'en séparer entierement . Il prit donc
parti de l'en rapprocher , et pour le
tenir au niveau de la côte , il se servit
du doigt qui étoit dans la poitrine, pour
conduire une aiguille courbe , enfilée
d'un fil ciré. Il fit sortir cette aiguille
au-dessus de la côte,qui par ce moyen se
trouva embrassée par le fil, vers l'endroit
de l'éclat. Il lia ce fil en dehors de la
poitrine sur une compresse épaisse d'un
pouce , et serra assez le noeud pour appliquer
exactement,et remettre au niveau,
l'esquille saillante.
11. Vel . Au
JUIN. 1733. 1369
On sent aisément que l'effet d'une manoeuvre
aussi ingénieuse , a dû être nonseulement
la cessation des accidens , mais
encore une prompte guérison..
par
M. Arnauld , le fils , termina la Séance
la lecture d'un Mémoire contenant
une Dissertation sur les Hermaphrodites.
Une operation qu'il a faite à une de ces
personnes en qui les parties qui sont propres
à chaque sexe , semblent réunies, lui a
fourni l'occasion de cette Dissertation .
Il établit d'abord les différentes especes
, parcourt sur chacune les faits les
plus intéressants que nous ayent transmis
les Auteurs ; et sans nier expressément
la possibilité des vrais Hermaphrodites
, ce qu'on ne peut faire sans intéresser
la réputation d'un nombre
grand
d'Ecrivains respectables , il fait sentir
combien il est facile de se méprendre
dans certains cas. M. Arnault ne traite
pas seulement la matiere de facon à contenter
la curiosité ; on trouve dans son
Mémoire plusieurs choses dont la connoissance
est très- necessaire à un Chirurgien
, soit pour instruire les Juges
lorsqu'il s'agit de constater l'état de ceux
dont les parties défigurées déguisent en
quelque façon le sexe , soit lorsqu'il est
question de remédier à ces difformitez
des opérations de Chirurgie.
par
1370 MERCURE DE FRANC
La lecture de ces differens Mémoires P
rut satisfaire beaucoup l'Assemblée . No
venons d'apprendre que le Memoire qu
a remporté le Prix , est de M. Medalon
ancien Directeur de la Societé de Arts
et Associé libre dans la distribution d
l'Anatomie . Il vient de dédier cet Ou
vrage à l'Académie par une Lettre aus
pleine de sentimens que de poli ese
On voit par cette Lettre que M.Medalon
redevable aux Chirurgiens de S. Côn
de tout ce qu'il sçait en Chirurgie , pro
fite de cette occasion pour leur donner
un témoignage public de sa reconnois
sance.
Nous avons cru qu'on verroit ici avec
plaisir l'Estampe gravée de la Médaille
frappée en or pour le Prix.
Elle a pour sujet l'établissement de l'Académie
de Chirurgie . On voit d'un
côté le Portrait de Louis XV . avec la
Légende ordinaire , et sur le revers , ce
Prince est représenté sous la figure d'un
jeune Apollon , ayant près de lui , d'un
côté tous les simboles de la Théorie , de
la Chirurgie , et de l'autre les principaux
instrumens qui en caracterisent la prati
que. Il semble dicter à Minerve Hygiea ,
Déesse de la Santé , des Remarques sur
T'une et l'autre partie de cet Art. La Légende
est Apollo salutaris.
BoulodgAenle.
APOLLO
SOCIETAS
ACADEMICA
CHIRURG
PARISTENS,
M.DCCXXXI
SALUTARIS
Simonneau Sculp.
rs ,
m
3
9
P
PP
ม
JUIN.
1733. 1371
Les Anciens regardoient Apollon com-
1e le Dieu de la Médecine, aussi - bien que
omme celui de la Poësie ; et c'est en cette
ualité qu'il est nommé Apollo salutaris ,
ans plusieurs Monumens, et sur quantité
le Médailles d'Empereurs Romains deuis
Auguste jusqu'à Posthume , qui rena
particulierement dans les Gaules.
On lit dans l'Exergue : Societas Acadénica
Chirurgorum Parisiensium M.DCC XXXI .
• Nous avons annoncé
annoncé depuis plufieurs
mois , le sujet du Prix pour cette
année . L'Académie demande , Quels sont,
suivant les differens cas , les avantages et
les inconveniens de l'usage des Tentes et
autres Dilatans,
Les Memoires seront reçus francs de
port , jusqu'au dernier Décembre inclusivement.
On les adressera à M. Morand,
Secretaire de l'Académie.
Royale de Chirurgie.
LE
E 2. Juin , premier Mardy d'après
la Trinité , l'Académie Royale de
Chirurgie , tint son Assemblée publique
dans la grande Salle de S. Côme. M. de
la Peyronie , dont le zele s'étend sur tout
ce qui peut contribuer au soutien d'un
établissement si utile , se rendit à Paris
pour présider à cette Assemblée.
M. Morand, Secretaire de l'Académie,
commença par instruire le Public de
quelques changemens arrivez depuis la
Séance publique de 1732. dont on a rendu
compte dans le temps.
Au mois de Septembre dernier , M. Le
Gendre, Premier Chirurgien du Roi d'Espagne
, et un des plus anciens Maîtres
de Paris , fut nommé par Sa Majesté , à
la place d'Académicien libre.
Vers ce même temps , l'Académie se
proposant de composer une Classe d'Associez
étrangers , conformément à l'Article
XII. de son Reglement , commença
par élire Mrs Cheselden et Belair , qui
furent agréez par S. M.
II. Vol.
M :
JUIN. 1733 . 1357
M. Cheselden est Premier Chirur
gien de la Reine d'Angleterre et de l'Hôpital
de S. Thomas , Membre de la Societé
Royale de Londres , Correspondant
de l'Académie Royale des Sciences , et
connu par plusieurs Ouvrages d'Anatomie
et de Chirurgie.
M. Belair est Premier Chirurgien de
M. le Duc de Wirtemberg ; et c'est à șa
sollicitation que ce Prince a consenti
qu'on transportât en France un des principaux
ornemens de son Cabinet. Cette
Piece si curieuse est le fameux Foetus de
Wirtemberg , qui s'est conservé pendant
46. ans dans le ventre de sa mere .
M. Morand fit aussi part à l'Assemblée
de la Mort de M: Delon , Académicien
libre , qui s'étant depuis long- temps dévoüé
d'une maniere particuliere à l'ins
truction des Eleves en Chirurgie , a mérité
par son assiduité , par son zele et
par ses lumieres , les regrets de la Compagnie.
Il est mort le 18. Septembre 1732.
âgé de 75. ans . Sa place n'est point encore
remplie.
L'Académie a reçû 113. Memoires sur
la question proposée pour le Prix de
l'année derniere ; sçavoir, 95. dans le terme
prescript par le Programme , et 18 .
au commencement de 1733. Ces derniers
n'ont point été admis, E j
1.
1358 MERCURE DE FRANCE
Le Prix a été adjugé à la Picce N ° . 85 .
dont la Devise est Amica manu .
L'Académie , parmi les Pieces qui lui
ont été envoyées , en a trouvé deux
qui méritoient de concourir ; sçavoir , la
Piece N° . 63. dont la Devise est Catteus
offert , et un Memoire Latin , Nº . 44 •
qui avoit sous son cachet Henricus
Bassius , Med. Anat. et Chir. D. ac P. P.
in Academia Halensi.
Après la proclamation du Prix , M.Morand
lut l'Extrait de plusieurs Observations
très importantes sur les playes de
tête. On jugera aisément du mérite de
ces Observations par le nom seul de leur
Auteur. M.Mareschal ne pouvant se trouver
à cette Séance , les avoit envoyez à
M. Morand , pour en faire part à la
Compagnie.
Parmi ces faits , ceux qui ont paru les
plus interessants pour la pratique sont ,
1. l'Histoire d'une Demoiselle à qui
M. Mareschal appliqua douze Trépans, il
y a environ 28. ans , et qui depuis a
toujours joui d'une bonne santé .
2º. Une Hémoragie fort considerable
par le diploé , dans l'opération du Trépan.
3°. Une espece de Hernie de la duremere
et du cerveau sous une cicatrice
parfaite d'une playe de tête , Hernie qui
II. Vol. fut
JUIN. 1733. 1359
!
fut contenue par un point d'appui , sans
lequel le malade souffroit de grandes
incommoditez .
5. Un Trépan fait à l'occasion d'une
douleur de tête que rien n'avoit soulagée,
et par lequel cette douleur fut radicalement
guérie.
6º. Une bale perdue dans le cerveau
d'un homme guéri de sa blessure et mort
subitement un an après.
L'Extrait de ces Observations fut terminé
par celui des Remarques de M. Mareschal
sur les abscès au foye, qui arrivent
à la suite des playes de tête.
M. de la Peyronie lut ensuite un Mémoire
sur la rupture des muscles et des
tendons. Le cours de la pratique lui a
offert un si grand nombre d'exemples de
pareilles ruptures, qu'il est surpris que les
Anciens n'ayent presque fait aucune mention
de ces sortes de maladies , et que
le peu de faits rapportez à ce sujet par
les Modernes , aye souffert tant de contradictions.
Passant de- là aux différens
simptômes des ruptures complettes , il
fait observer ce qui les peut principalement
caracterisers et après avoir fait sentir
les différens degrez de difficulté qu'oposent
à la réunion la différente solidité
des parties et la rigidité ou la du-
II. Vol. Ey reté
1360 MERCURE DE FRANCE
reté que l'âge leur donne , il démontre
que la rupture complette , soit des muscles
, soit des tendons , est moins dangereuse
, et en même tems plus facile à
guérir que la rupture incomplette.
Pour prouver ce qu'il avance ,
il choisit
entre plusieurs Observations , les deux
suivantes .
›
Un homme âgé de 81. an , étant tombé
du haut jusques en bas d'un escalier
de sept à huit marches , s'apperçur en se
relevant , que sa jambe droite , à laquelle
il ne sentoit cependant aucune douleur ,
ne pouvoit le soutenir. La foiblesse de
cette jambe avoit pour cause la rupture
du tendon des muscles extenseurs
environ un pouce au- dessus de son attache
à la rotule. On appliqua un appareil
propre à raprocher et à réunir les
bours du tendon rompu , et six semaines
après le Malade fut en état de se soutenir
fermement sur sa jambe et de mar.
cher comme à son ordinaire."
Un autre fait des plus singuliers vient
à l'appui du premier , et justifie qu'il en
est de la rupture complette des muscles
comme de celle des tendons . En effet on
voit que le muscle fléchisseur du pouce,
non- seulement a été complettement déchiré
, mais qu'il a même été arraché et
11. Vol.
cn2
1361
JUI N. 1733 .
entierement séparé du corps avec la derniere
phalange du pouce , sans qu'à la
suite d'une telle blessure il soit survenu
le moindre accident.
A ces Observations M, de la Peyronie
ajouta la méthode particuliere qu'il a suivie
pour les pansemens , et les conséquences
qui en résultent pour la pratique , ont été
regardées comme autant de préceptes dont
cet illustre Chirurgien enrichit son Arr.
Une matiere bien importante fait le
sujet du troisiéme Mémoire . Il s'agit d'éviter
l'erreur dans un cas fort équivoque,
et dans lequel les méprises peuvent avoir
de très-funestes suites. Voici l'Exposé
qu'en fait M. Peit , le pere , Directeur
de l'Académie,
Si le foye et la vessicule du fiel sont
attaquez d'une inflammation , dont les
simptômes se soutiennent et augmentent
jusqu'au tems qu'on nomme l'Etat , alors
cette inflammation peut se terminer ou
par résolution ou par suppuration . Si elle
suppure , la douleur et la fievre diminuëront
, le Malade aura des frissons irréguliers
, il s'élevera une tumeur à l'hipqcondre
droit , cette tumeur deviendra
molle et la fluctuation , c'est-à- dire le
flot du pus qu'elle renferme , se fera sentir
en la touchant, Ce sont- là autant de
II. Vol.
signes E vi
1362 MERCURE DE FRANCE
signes qui semblent indiquer la nécessité
absoluë de faire l'ouverture ; cependant
M. Petit exige qu'avant d'ouvrir
on se rappelle bien tout ce qui s'est passé
pendant le cours de la maladie , et qu'on
examine chaque simptôme avec l'exactitu
de la plus scrupuleuse ,parce que toutes ces
apparences d'abscés peuvent se rencontrer,
quoique l'inflammation se soit terminée
par résolution .
La bile , dit- il , qui pendant le fort
de l'inflammation , ne se filtroit point au
foye, commence de s'y séparer si - tôt que
la résolution a suffisamment dégagé les
glandes de ce viscere ; mais si la résolution
n'est pas assez avancée pour que
le canal colidoque soit débouché , la bile
qui entrera dans la vessicule du fiel , ne
pourra s'écouler ; elle remplira cette vessicule
et s'y accumulera au point qu'elle
formera sous l'hipocondre droit une tumeur
avec fluctuation sensible ; ce qui
joint à des frissons irréguliers , à la diminution
de la fievre et de la douleur
donnera des signes semblables à ceux de
l'abscès.
Quel parti prendre dans un cas semblable
? Risquera t'on d'ouvrir la vesicule
du fiel , croyant faire ouverture
d'un abscès , ou laissera- t'on périr un Ma-
II. Vol lade
JUIN . 1733 . 1263
lade de l'abscès , dans la crainte d'ouvrir
la vessicule du fiel ? Mais M. Petit ne se
contente pas de faire sentir tout le danger
de l'équivoque , il fournit les moyens
de se garantir de l'erreur. Il fait d'abord
observer que si la diminution de la fievre
et celle de la douleur , sont des signes
de la résolution commencée et de la supuration
faite , il y a cependant quelque
différence dans la maniere dont cette
diminution arrive. Il fait voir de même
que les frissons irréguliers ont des
caracteres qui les distinguent ; il remarque.
enfin des différences notables
dans la façon dont la tumeur se manifeste
, et sur tout dans la maniere dont la
fluctuation s'y fait sentir.
4 Le détail de ces différences nous meneroit
trop loin. Au reste tout ceci n'est
fondé que sur plusieurs observations qui
prouvent évidemment que si dans le cas
dont il s'agit , la ressemblance des simptômes
peut en imposer , une comparaison
exacte peut y faire reconnoître des
différences , à la verité difficiles à saisir
d'abord , mais cependant suffisantes pour
fonder un juste discernement.
Le quatrième Mémoire a pour sujet le
Panaris. M. Malaval , Vice- Directeur , y
rapporte trois Observations d'autant plus
11. Vol.
impor1364
MERCURE DE FRANCE
importantes pour le Public , qu'elles peuvent
le désabuser des préjugez qu'il y a sur
cette maladie. Peu de gens regardent le
Panaris comme un mal d'aussi grande im
portance qu'il l'est en effet , et la plupart
ou le négligent dans ses commencemens,
ou se servent avec une confiance aveugle
de tous les remedes que peuvent ins
pirer le caprice , l'ignorance et la supercherie.
La premiere Observation offre le triste
exemple d'une femme, qui, attaquée d'un
Panaris à la suite d'une piquure au doigt
indicateur ; et ne pouvant se résoudre
à souffrir les opérations nécessaires , livra
sa confiance à des empiriques . Dans
l'espace d'environ 25. jours , le mal augmenta
si considérablement, que la main,
l'avant- bras et le bras , étant tombez successivement
en gangréne , la Malade mou
rut victime de sa répugnance pour les
secours de la Chirurgie.
La seconde Observation montre au
contraire jusqu'où vont les ressources de
l'Art pour la guérison de ces maux , lors
même qu'ils sont portez à leur plus haut
degré . Tel est le Panaris dont il est fait
mention dans cette seconde Observation.
Ce Panaris négligé pendant trois jours ,
fit tout- à-coup des progrès si rapides ,
II. Vol.
qu'en
JUIN. 1732. 1365
qu'en une seule nuit la gangréne se manifesta
au pouce , et que peu après il se
forma successivement à la main et à l'avant-
bras , trois dépôts des plus considérables
. M. Malaval , non-seulement sauva
les jours du Malade , mais réussit même
à lui conserver le pouce et la liberté
du mouvement de ses doigts.
La troisiéme Observation prouve enfin
que les secours de la Chirurgie ,
lorsqu'on a la précaution d'y recourir
de bonne heure , sont encore plus
efficaces pour prévenir les suites de ces
maux.
Le cinquiéme Mémoire est de M. Ledran,
Secretaire chargé des correspondances
de l'Académie. Appellé par un Malade
attaqué de la pierre pour la troisiéme
fois , il lui fit l'opération de la taille ;
mais n'ayant pû trouver la pierre , il cessa
bien-tôt de fatiguer le Malade , mit
une canule dans la playe , et au bout de
quelques jours , commença à faire des
injections émollientes dans la vessie . Par
la suite , au moyen d'une sonde à femme ,
il toucha plusieurs fois la pierre , mais
dans un point d'une fort petite étenduë
et constamment au même endroit ; c'étoit
du côté gauche et en tournant vers le
rectum , le bout de la sonde qu'on sçait
•
être un peu courbée.
1366 MERCURE DE FRANCE
La fixité de la pierre sembloit indiquer
qu'elle étoit enkistée , et le lieu qu'elle
affectoit fit présumer à M. Ledran qu'el
le étoit retenue dans l'urethére. Il abandonna
à la Nature le soin de l'en dégager
, et six semaines après l'opération ,
ayant touché pour la premiere fois la
pierre avec une sonde droite , il jugea
qu'elle ne se faisoit ainsi sentir , que parce
qu'elle avoit changé de place , n'étant
plus retenue dans l'espece de châton où
elle étoit d'abord fixée. Il crut alors pouvoir
sans danger en tenter l'extraction
et il la tira en effet sans aucune résistance.
La pierre avoit deux pouces de
longueur , étoit fort menue par l'extrémité
qui fut saisie avec la tenette , et
avoit à peu près par l'autre bout la
seur du pouce. Cette figure prouve assez
le danger qu'il y auroit d'arracher une
pareille pierre , avant que son châton fût
ramoli ou détruit par la suppuration.
gros-
M. Ledran finit par un détail de ce
que le Malade sentoit avant l'opération ;
et cet habile Lithotomiste propose ces différentes
circonstances , comme autant de
signes qui du moins suffisent pour faire
soupçonner que la pierre est ainsi engagée
.
L'Observation suivante fait honneur
II. Vol. a
JUIN.
1367 1733 .
au génie et à l'invention du Chirurgien
qui l'a fournie .
I un
Un homme âgé de 23. ans , ayant reçû
violent coup de couteau sur la partie
antérieure de la quatriéme des vrayes
côtes, fut pansé très-simplement pendant
les trois premiers jours ; mais une toux
extraordinaire et un crachement de sang
abondant étant survenus , on eut recours
à M. Gerard. Il reconnut que ces accidens
dépendoient de la présence d'une portion
de la lame du couteau qui traversoit
la côte , et dont la pointe excedoit
d'environ six lignes dans la cavité de la
poitrine.
Ce corps étranger débordoit si peu
l'extérieur de la côte , et y étoit tellement
fixé , qu'il ne fut pas possible de
le tirer avec différentes pincettes ou tenailles
, ni même de l'ébranler au moyen
des ciseaux et du marteau de plomb ; et
quoique dans un cas aussi pressant , il
semble qu'on n'eut d'autre parti à prendre
que celui de scier ou de couper la
côte, M. Gérard crut , avant d'en venir à
cette extrémité , devoir tenter de dégager
le corps étranger , en le
dedans en dehors.
poussant de
Dans ce dessein , il alla choisir un dé
dont les Tailleurs se servent pour coudre.
11. Vol. Il
1368 MERCURE DE FRANCE
Il en prit par préférence un de fer , un
peu épais et fermé par le bout ; il y fit
creuser une petite goutiere pour y mieux
fixer la pointe du couteau , et ayant suffisamment
assujetti ce dé sur son doigt
index , il porta ce doigt ainsi armé dans
la cavité de la poitrine , et réussit par
ce moyen à chasser le morceau du couteau
, en le poussant avec force de de
dans en dehors .
Ayant tire le corps étranger , il quitta
le dé et remit l'index à nud dans la poitrine
, pour examiner si le couteau >
en
traversant la côte , ne l'auroit point fait
éclater en dedans . Il trouva un éclat capable
de piquer , et qui tenoit trop fortement
au corps de la côte pour qu'on
pût l'en séparer entierement . Il prit donc
parti de l'en rapprocher , et pour le
tenir au niveau de la côte , il se servit
du doigt qui étoit dans la poitrine, pour
conduire une aiguille courbe , enfilée
d'un fil ciré. Il fit sortir cette aiguille
au-dessus de la côte,qui par ce moyen se
trouva embrassée par le fil, vers l'endroit
de l'éclat. Il lia ce fil en dehors de la
poitrine sur une compresse épaisse d'un
pouce , et serra assez le noeud pour appliquer
exactement,et remettre au niveau,
l'esquille saillante.
11. Vel . Au
JUIN. 1733. 1369
On sent aisément que l'effet d'une manoeuvre
aussi ingénieuse , a dû être nonseulement
la cessation des accidens , mais
encore une prompte guérison..
par
M. Arnauld , le fils , termina la Séance
la lecture d'un Mémoire contenant
une Dissertation sur les Hermaphrodites.
Une operation qu'il a faite à une de ces
personnes en qui les parties qui sont propres
à chaque sexe , semblent réunies, lui a
fourni l'occasion de cette Dissertation .
Il établit d'abord les différentes especes
, parcourt sur chacune les faits les
plus intéressants que nous ayent transmis
les Auteurs ; et sans nier expressément
la possibilité des vrais Hermaphrodites
, ce qu'on ne peut faire sans intéresser
la réputation d'un nombre
grand
d'Ecrivains respectables , il fait sentir
combien il est facile de se méprendre
dans certains cas. M. Arnault ne traite
pas seulement la matiere de facon à contenter
la curiosité ; on trouve dans son
Mémoire plusieurs choses dont la connoissance
est très- necessaire à un Chirurgien
, soit pour instruire les Juges
lorsqu'il s'agit de constater l'état de ceux
dont les parties défigurées déguisent en
quelque façon le sexe , soit lorsqu'il est
question de remédier à ces difformitez
des opérations de Chirurgie.
par
1370 MERCURE DE FRANC
La lecture de ces differens Mémoires P
rut satisfaire beaucoup l'Assemblée . No
venons d'apprendre que le Memoire qu
a remporté le Prix , est de M. Medalon
ancien Directeur de la Societé de Arts
et Associé libre dans la distribution d
l'Anatomie . Il vient de dédier cet Ou
vrage à l'Académie par une Lettre aus
pleine de sentimens que de poli ese
On voit par cette Lettre que M.Medalon
redevable aux Chirurgiens de S. Côn
de tout ce qu'il sçait en Chirurgie , pro
fite de cette occasion pour leur donner
un témoignage public de sa reconnois
sance.
Nous avons cru qu'on verroit ici avec
plaisir l'Estampe gravée de la Médaille
frappée en or pour le Prix.
Elle a pour sujet l'établissement de l'Académie
de Chirurgie . On voit d'un
côté le Portrait de Louis XV . avec la
Légende ordinaire , et sur le revers , ce
Prince est représenté sous la figure d'un
jeune Apollon , ayant près de lui , d'un
côté tous les simboles de la Théorie , de
la Chirurgie , et de l'autre les principaux
instrumens qui en caracterisent la prati
que. Il semble dicter à Minerve Hygiea ,
Déesse de la Santé , des Remarques sur
T'une et l'autre partie de cet Art. La Légende
est Apollo salutaris.
BoulodgAenle.
APOLLO
SOCIETAS
ACADEMICA
CHIRURG
PARISTENS,
M.DCCXXXI
SALUTARIS
Simonneau Sculp.
rs ,
m
3
9
P
PP
ม
JUIN.
1733. 1371
Les Anciens regardoient Apollon com-
1e le Dieu de la Médecine, aussi - bien que
omme celui de la Poësie ; et c'est en cette
ualité qu'il est nommé Apollo salutaris ,
ans plusieurs Monumens, et sur quantité
le Médailles d'Empereurs Romains deuis
Auguste jusqu'à Posthume , qui rena
particulierement dans les Gaules.
On lit dans l'Exergue : Societas Acadénica
Chirurgorum Parisiensium M.DCC XXXI .
• Nous avons annoncé
annoncé depuis plufieurs
mois , le sujet du Prix pour cette
année . L'Académie demande , Quels sont,
suivant les differens cas , les avantages et
les inconveniens de l'usage des Tentes et
autres Dilatans,
Les Memoires seront reçus francs de
port , jusqu'au dernier Décembre inclusivement.
On les adressera à M. Morand,
Secretaire de l'Académie.
Fermer
Résumé : SEANCE PUBLIQUE de l'Académie Royale de Chirurgie.
Le 2 juin 1733, l'Académie Royale de Chirurgie tint sa séance publique dans la grande Salle de Saint-Côme. M. de la Peyronie présida cette assemblée, démontrant son engagement pour l'établissement. M. Morand, secrétaire de l'Académie, informa le public des changements survenus depuis la séance de 1732. En septembre 1732, M. Le Gendre fut nommé académicien libre par le roi d'Espagne. L'Académie créa également une classe d'associés étrangers, élisant M. Cheselden et M. Belair, approuvés par le roi. M. Cheselden est un chirurgien renommé en Angleterre, tandis que M. Belair est chirurgien du duc de Wurtemberg et a contribué à l'acquisition du célèbre fœtus de Wurtemberg. M. Morand annonça également le décès de M. Delon, académicien libre, connu pour son dévouement à l'instruction des élèves en chirurgie. L'Académie reçut 113 mémoires pour le prix de l'année précédente, dont 95 dans les délais prescrits. Le prix fut attribué au mémoire numéro 85, intitulé 'Amica manu'. Deux autres mémoires, le numéro 63 et un mémoire latin, furent également jugés dignes de concours. M. Morand lut ensuite un extrait d'observations sur les plaies de tête par M. Mareschal, qui ne put assister à la séance. Parmi ces observations, celle d'une demoiselle ayant subi douze trépanations et ayant récupéré, ainsi qu'un cas d'hémorragie lors d'une opération de trépan, furent particulièrement notables. M. de la Peyronie lut un mémoire sur la rupture des muscles et des tendons, soulignant que les ruptures complètes sont moins dangereuses et plus faciles à guérir que les ruptures incomplètes. Il présenta deux observations à l'appui de cette théorie. M. Petit, père, directeur de l'Académie, présenta un mémoire sur les erreurs à éviter dans les cas d'inflammation du foie et de la vésicule biliaire, distinguant les symptômes de résolution et de suppuration. M. Malaval, vice-directeur, rapporta trois observations sur le panaris, soulignant l'importance de recourir rapidement à la chirurgie pour éviter des complications graves. Enfin, M. Ledran, secrétaire chargé des correspondances, présenta une observation sur une opération de la taille pour extraire une pierre, soulignant les signes permettant de suspecter l'engagement de la pierre dans l'urètre. Le texte relate également une intervention chirurgicale réalisée par M. Gérard sur un homme de 23 ans ayant reçu un coup de couteau à la quatrième côte. Initialement pansé simplement, le patient développa une toux sévère et des crachements de sang. M. Gérard diagnostiqua la présence d'un fragment de lame de couteau dans la cavité thoracique. Malgré les difficultés pour extraire le fragment avec des outils conventionnels, M. Gérard utilisa un dé de tailleur modifié pour pousser le fragment de l'intérieur vers l'extérieur. Après avoir retiré le fragment, il vérifia la côte pour détecter des éclats et les fixa à l'aide d'une aiguille et d'un fil. Cette intervention ingénieuse permit une guérison rapide. Par ailleurs, M. Arnauld, le fils, présenta une dissertation sur les hermaphrodites, basée sur une opération qu'il avait réalisée. Il discuta des différentes espèces d'hermaphrodites et des erreurs possibles dans leur identification, offrant des connaissances essentielles pour les chirurgiens et les juges. Enfin, le texte mentionne que M. Medalon, ancien directeur de la Société de Arts, remporta un prix pour son ouvrage dédié à l'Académie de Chirurgie. Une médaille en or fut frappée pour célébrer cet événement, représentant Louis XV sous les traits d'Apollon, symbole de la médecine et de la poésie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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256
p. 1422-1423
« Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...] »
Début :
Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...]
Mots clefs :
Plans-reliefs, Durand, Dents, Bouteille, Plans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...] »
Le sieur Garreau donne avis au Public , qu'il
s'est appliqué depuis long - temps à faire des Plans
en relief , representant au naturel les Maisons ,
Parterres et Jardins , il fait aussi des Plans de
Villes et generalement tout ce qui regarde l'Ar
chitecture Civile et Militaire ; il a fait differens
Plans en relief pour plusieurs Particuliers , tant
en bois et carton , qu'en terre glaise . Il fait aussi
toutes sortes de Desseins pour toutes sortes del
Professions. Il demeure Montagne sainte Geneviéve
, au College de la Marche.
PURGATIF UNIVERSEL , Fébrifuge éxalté ,
Elixir , Huille de vie et Or potable , avec l'explication
de leurs vertus , de -ieurs puissances , de
leur dose et de leur usage. 1733. petite Brochure
de 20. pages , dans laquelle on explique métho
diquement les doses , les effets de ces Remedes et
le régime qu'il faut garder.
M. Riario Lombardi , qui compose et fait usage
de ces quatre Remedes , demeure rue S.Benoît ,
Fauxbourg S. Germain , à l'Hôtel d'Autriche à
Paris . Ils se vendent , argent de France , le Purgatif
de 40. grains 50. sols. La bouteille d'Elixir
5. livres. La bouteille d'Huille de vie 10. liv.
et la bouteille d'Or potable 20. livres .
L'alteration qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie où de l'ébranlement.
La première , entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la necessité
de les faire arracher. L'autre moins sensible ,
mais d'un plus grand progrès , est engendrée par
l'exhalaison des mauvais levains de l'estomac.
Cette vapeur qui s'éleve et qui se condense , fait
le tartre qui attaque les dents par le pied et prend.
1 I. Vol.
peu
JUIN
1733
7
1422 MERCURE
DE FRANCE
Public
an'i
Le sieur Garreau donne avis au
re
JUIN. 1733. 1423
peu à peu la place des gencives , qui sont leurs
bases solides et naturelles. Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , sont privées de
ce qui doit faire l'ornement et le meuble précieux
de la bouche.
Le sieur Durand , Expert , reçû à S. Côme pour
les dents , a joint à son experience et à sa dexterité
pour tout ce qui concerne son Art, la Découverte
d'une Opiate extrémement salutaire par
son utilité et ses bons effets , puisqu'en rendant
et conservant l'émail des dents , elle produit la
régenaration des gencives et les deffend contre le
tartre qui en fait la destruction , entretenant
toujours leur blancheur , leur beauté et leur assiette
naturelle .
Cette Opiate peut s'envoyer dans les Provinces
les plus éloignées , sans rien perdre de sa vertu.
Les Pots sont de 3. 4. 6. livres . Il donnera
la maniere de s'en servir.
La demeure du siear Durand, est avec Tableau,
rue S. Honoré , vis - à - vis la Croix du Tiroir , à
la Coupe d'or. Il va le matin chez ceux qui le
demandent , et l'après midi on le trouve chez lui.
s'est appliqué depuis long - temps à faire des Plans
en relief , representant au naturel les Maisons ,
Parterres et Jardins , il fait aussi des Plans de
Villes et generalement tout ce qui regarde l'Ar
chitecture Civile et Militaire ; il a fait differens
Plans en relief pour plusieurs Particuliers , tant
en bois et carton , qu'en terre glaise . Il fait aussi
toutes sortes de Desseins pour toutes sortes del
Professions. Il demeure Montagne sainte Geneviéve
, au College de la Marche.
PURGATIF UNIVERSEL , Fébrifuge éxalté ,
Elixir , Huille de vie et Or potable , avec l'explication
de leurs vertus , de -ieurs puissances , de
leur dose et de leur usage. 1733. petite Brochure
de 20. pages , dans laquelle on explique métho
diquement les doses , les effets de ces Remedes et
le régime qu'il faut garder.
M. Riario Lombardi , qui compose et fait usage
de ces quatre Remedes , demeure rue S.Benoît ,
Fauxbourg S. Germain , à l'Hôtel d'Autriche à
Paris . Ils se vendent , argent de France , le Purgatif
de 40. grains 50. sols. La bouteille d'Elixir
5. livres. La bouteille d'Huille de vie 10. liv.
et la bouteille d'Or potable 20. livres .
L'alteration qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie où de l'ébranlement.
La première , entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la necessité
de les faire arracher. L'autre moins sensible ,
mais d'un plus grand progrès , est engendrée par
l'exhalaison des mauvais levains de l'estomac.
Cette vapeur qui s'éleve et qui se condense , fait
le tartre qui attaque les dents par le pied et prend.
1 I. Vol.
peu
JUIN
1733
7
1422 MERCURE
DE FRANCE
Public
an'i
Le sieur Garreau donne avis au
re
JUIN. 1733. 1423
peu à peu la place des gencives , qui sont leurs
bases solides et naturelles. Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , sont privées de
ce qui doit faire l'ornement et le meuble précieux
de la bouche.
Le sieur Durand , Expert , reçû à S. Côme pour
les dents , a joint à son experience et à sa dexterité
pour tout ce qui concerne son Art, la Découverte
d'une Opiate extrémement salutaire par
son utilité et ses bons effets , puisqu'en rendant
et conservant l'émail des dents , elle produit la
régenaration des gencives et les deffend contre le
tartre qui en fait la destruction , entretenant
toujours leur blancheur , leur beauté et leur assiette
naturelle .
Cette Opiate peut s'envoyer dans les Provinces
les plus éloignées , sans rien perdre de sa vertu.
Les Pots sont de 3. 4. 6. livres . Il donnera
la maniere de s'en servir.
La demeure du siear Durand, est avec Tableau,
rue S. Honoré , vis - à - vis la Croix du Tiroir , à
la Coupe d'or. Il va le matin chez ceux qui le
demandent , et l'après midi on le trouve chez lui.
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Résumé : « Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...] »
Le texte présente plusieurs annonces professionnelles et informations diverses. Le sieur Garreau propose ses services en création de plans en relief représentant des maisons, parterres, jardins, villes et aspects de l'architecture civile et militaire. Il utilise des matériaux comme le bois, le carton ou la terre glaise et offre également des dessins pour diverses professions. Il réside au Collège de la Marche, Montagne Sainte-Geneviève. Une brochure de 1733 décrit des remèdes médicaux de M. Riario Lombardi, tels qu'un purgatif universel, un élixir, une huile de vie et de l'or potable. Ces remèdes sont disponibles à l'Hôtel d'Autriche, rue Saint-Benoît, Faubourg Saint-Germain, avec des prix variant de 50 sols à 20 livres. Le sieur Durand, expert en dentisterie, reçu à Saint-Côme, explique les causes de l'altération des dents, soit par carie, soit par ébranlement dû aux mauvais levains de l'estomac. Il a découvert une opiate salutaire qui conserve l'émail des dents, régénère les gencives et prévient le tartre. Cette opiate peut être envoyée dans les provinces éloignées sans perte de vertu. Les pots sont disponibles en différentes tailles. Le sieur Durand réside rue Saint-Honoré, vis-à-vis la Croix du Tiroir, à la Coupe d'or, et est disponible pour des consultations matinales à domicile.
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257
p. 1423-1424
CHANSON. Sur le Rhume.
Début :
La, la, hem ! la, la, ma voix rauque, étouffée, [...]
Mots clefs :
Rhume, Boire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON. Sur le Rhume.
CHANSON.
Sur le Rhume .
LA , la , hem ! la , la , ma voix rauque , étouffée;
Se fait entendre à peine aux Echos du Bouchon ;
La , la , vive Bacchus ; hem ! est - ce un Moucheron
II. Vol. H Qui
1424 , MERCURE DE FRANCE
Qui seroit arrêté dans ma gorge échauffée ?
Non, c'est le rhume, ainsi l'insolent, par ma foi,
Comme aux autres Humains , s'ose jouer à moi !
Versez donc , poursuivit Grégoire ,
Versez , cecy va mieux , versez , versez souvent ;
J'ai gagné le rhume en buvant ,
Je le perds à force de boire.
Sur le Rhume .
LA , la , hem ! la , la , ma voix rauque , étouffée;
Se fait entendre à peine aux Echos du Bouchon ;
La , la , vive Bacchus ; hem ! est - ce un Moucheron
II. Vol. H Qui
1424 , MERCURE DE FRANCE
Qui seroit arrêté dans ma gorge échauffée ?
Non, c'est le rhume, ainsi l'insolent, par ma foi,
Comme aux autres Humains , s'ose jouer à moi !
Versez donc , poursuivit Grégoire ,
Versez , cecy va mieux , versez , versez souvent ;
J'ai gagné le rhume en buvant ,
Je le perds à force de boire.
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258
p. 2033-2034
« Guillaume Cavelier, Pierre-François Giffart, Libraires, ruë S. Jacques, et Pierre Prault, aussi [...] »
Début :
Guillaume Cavelier, Pierre-François Giffart, Libraires, ruë S. Jacques, et Pierre Prault, aussi [...]
Mots clefs :
Docteur, Public, Principes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Guillaume Cavelier, Pierre-François Giffart, Libraires, ruë S. Jacques, et Pierre Prault, aussi [...] »
Guillaume Cavelier , Pierre- François Giffart ,
Libraires , rue S. Jacques , et Pierre Prault , aussi
Libraire , sur le Quay de Gesvres , viennent
de mettre en vente un Ouvrage intitulé : OBSERVATIONS
importantes sur le Manuel des Ac-
COV
2034 MERCURE DE FRANCE
couchemens , &c. traduites du Latin de M. Henry
Deventer , Docteur en Medecine , et augmentées
de Reflexions sur les points les plus interessans , par
Jacques-Jean Bruhier d'Ablaincourt ,Docteur en la
même Faculté; in 4. de 432.P. sans les Préfaces et
P'Epitre Dédicatoire à M. Chicoyneau , premier
Médecin du Roy. Planches détachées XL .
Nous avons reçû une Lettre dattée de Paris ,
du 5 Juin , par laquelle la Personne qui l'écrit ,
après avoir parlé de la nécessité et des avantatages
de la memoire , sur tout à l'égard des
Gens de Lettres , nous prie de publier ce
qu'elle contient , qui consiste principalement à
engager les Sçavans de vouloir nous marquer les
differens moyens qu'on peut mettre en pratique
ou qu'ils ont eux - mêmes mis en usage pour la
cultiver , la conserver et pour prévenir ce qui
pourroit l'affoiblir. Nous ferons avec plaisir part
au Public de ce qu'on écrira sur ce sujet , qui
n'a pas encore parû dans ce Journal.
Le sieur Royllet , Ecrivain Juré , et de la Societé
des Arts , demeurant à Paris , rue de la
Verrerie , qui a donné au Public un Traité des
Principes de l'Ecriture, va encore donner un autre
Traité des Principes de l'Arithmétique , Changes
Etrangers , Compres à parties doubles Arbitrages
, &c. Il fera des Demostrations gratis ,
sur l'une et l'autre matiere , les Mardis de chaque
Semaine.
Libraires , rue S. Jacques , et Pierre Prault , aussi
Libraire , sur le Quay de Gesvres , viennent
de mettre en vente un Ouvrage intitulé : OBSERVATIONS
importantes sur le Manuel des Ac-
COV
2034 MERCURE DE FRANCE
couchemens , &c. traduites du Latin de M. Henry
Deventer , Docteur en Medecine , et augmentées
de Reflexions sur les points les plus interessans , par
Jacques-Jean Bruhier d'Ablaincourt ,Docteur en la
même Faculté; in 4. de 432.P. sans les Préfaces et
P'Epitre Dédicatoire à M. Chicoyneau , premier
Médecin du Roy. Planches détachées XL .
Nous avons reçû une Lettre dattée de Paris ,
du 5 Juin , par laquelle la Personne qui l'écrit ,
après avoir parlé de la nécessité et des avantatages
de la memoire , sur tout à l'égard des
Gens de Lettres , nous prie de publier ce
qu'elle contient , qui consiste principalement à
engager les Sçavans de vouloir nous marquer les
differens moyens qu'on peut mettre en pratique
ou qu'ils ont eux - mêmes mis en usage pour la
cultiver , la conserver et pour prévenir ce qui
pourroit l'affoiblir. Nous ferons avec plaisir part
au Public de ce qu'on écrira sur ce sujet , qui
n'a pas encore parû dans ce Journal.
Le sieur Royllet , Ecrivain Juré , et de la Societé
des Arts , demeurant à Paris , rue de la
Verrerie , qui a donné au Public un Traité des
Principes de l'Ecriture, va encore donner un autre
Traité des Principes de l'Arithmétique , Changes
Etrangers , Compres à parties doubles Arbitrages
, &c. Il fera des Demostrations gratis ,
sur l'une et l'autre matiere , les Mardis de chaque
Semaine.
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Résumé : « Guillaume Cavelier, Pierre-François Giffart, Libraires, ruë S. Jacques, et Pierre Prault, aussi [...] »
Le texte annonce la vente d'un ouvrage intitulé 'Observations importantes sur le Manuel des Accouchements', traduit du latin par Henry Deventer, Docteur en Médecine, et augmenté de réflexions par Jacques-Jean Bruhier d'Ablaincourt, également Docteur en Médecine. L'ouvrage est publié par Guillaume Cavelier et Pierre-François Giffart, libraires rue Saint-Jacques, et Pierre Prault, libraire sur le Quay de Gesvres. Il contient 432 pages, sans les préfaces et l'épître dédiée à M. Chicoyneau, et inclut 40 planches détachées. Une lettre datée du 5 juin de Paris discute de l'importance de la mémoire, particulièrement pour les gens de lettres, et invite les savants à partager les moyens qu'ils utilisent pour cultiver, conserver et protéger leur mémoire. Le journal s'engage à publier ces contributions. Enfin, le texte mentionne le sieur Royllet, Écrivain Juré et membre de la Société des Arts, résidant rue de la Verrerie à Paris. Royllet a publié un traité sur les principes de l'écriture et prévoit de publier un autre traité sur les principes de l'arithmétique, les changes étrangers, les comptes à parties doubles et les arbitrages. Il offrira des démonstrations gratuites sur ces sujets les mardis de chaque semaine.
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259
p. 2037-2039
« Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Début :
Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...]
Mots clefs :
Tableaux, Peinture, Remède, Sieur Grégoire, Toile, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Le sieur Grégoire , Peintre , et seul Restaura
teur des Tableaux de l'Eglise de Paris , a trouvé
le secret de nettoyer les Tableaux sans y causer
la moindre altération , ce qu'il a fait voir sur
ceux de Notre-Dame , qui ont été vûs et examinez
par Mrs de l'Académie Royale de Peinture
et Sculpture , qui lui en ont donné un Certificat.
Il nettoye et rétablit aussi toutes sortes de Tableaux
peints sur Toile , sur Cuivre , sur Bois ,
sur Verre , sur Papier ; Peinture en huile sur
Plâtre , et couleurs à fresque. Il nettoye aussi
toutes sortes d'Ouvrages en Marbre , comme
Statues , Bustes , Bas- Reliefs et autres , sans diminuer
aucunement l'esprit de la figure ; il entreprend
également toutes sortes de Tableaux
d'His
2018 MERCURE DE FRANCE
d'Histoire Sainte et Profane , Portraits , Paysages
, Tableaux de Fleurs , de Fruits et de Perspectives
et Tableaux d'Aurel ; et pour les Mai
sons particulieres , Dessus de Portes et de Che
minées ; entreprend géneralement tout ce qui
concerne la Peinture , Sculpture et Dorure ; remet
aussi sur toile toutes sortes de Tabicaux en
quelque état qu'ils puissent être .
Le sieur Grégoire , demeure à Paris , Parvis
Notre Dame , entre un Notaire et un Perruquier
du côté du Claire , au troisieme Appartement.
Le sieur Lescure , cy -devant Chirurgien des
Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , continue
de distribuer avec Privilege du Roy , un
Remede en forme de Sel , specifique pour la guérison
de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs , soit
convulsives , histeriques ou simples vertiges et
étourdissemens , paralisie , tremblement et foiblesses
de nerfs. Il est très bon dans toutes les
maladies qui attaquent le genre nerveux . La
preuve de son excellence , sont les Experiences
qui en ont été faites , tant à l'Hôpital General ,
que sous les yeux de plusieurs celebres Médecins
de la Faculté de Paris sur un grand nombre de
malades de tout sexe, de differens âges, et temperamens.
Ce Remede opere la guérison de ces fâcheuses
maladies avec douceur , il purifie la masse du
sang , dissipe les obstructions et corrige lès humeurs
acides et gluantes qui picottent et embarassent
les nerfs ; il est facile à prendre et n'agit
que suivant la disposition des humeurs , conser
ve toujours sa vertu et peut se transporter par
tout sans souffrir la moindre altération .
Le sieur Lescure demeure ruë du Jour , vis-àvis
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
Je suis au comble de mes voeux.
BRU
IT
IR NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
Are demeure rue du Jour , vis-àvis
8 SEPTEMBRE
. 1733. 2019
H
vis le grand Portail d: S. Eustache , à Paris ,ceux
qui lui écriront des Provinces, auront soin d'affranchir
leurs Fettres.
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, donne avis qu'il a fait la découverte du
Remede qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; il donne la maniere facile d'en faire
usage , et met son nom et le prix sur ses boëtes.
Il en a de deux , de trois et de quatre livres . Sa
demeure , avec Tableau , est à Paris „ ruë du Four .
près S. Eustache.
teur des Tableaux de l'Eglise de Paris , a trouvé
le secret de nettoyer les Tableaux sans y causer
la moindre altération , ce qu'il a fait voir sur
ceux de Notre-Dame , qui ont été vûs et examinez
par Mrs de l'Académie Royale de Peinture
et Sculpture , qui lui en ont donné un Certificat.
Il nettoye et rétablit aussi toutes sortes de Tableaux
peints sur Toile , sur Cuivre , sur Bois ,
sur Verre , sur Papier ; Peinture en huile sur
Plâtre , et couleurs à fresque. Il nettoye aussi
toutes sortes d'Ouvrages en Marbre , comme
Statues , Bustes , Bas- Reliefs et autres , sans diminuer
aucunement l'esprit de la figure ; il entreprend
également toutes sortes de Tableaux
d'His
2018 MERCURE DE FRANCE
d'Histoire Sainte et Profane , Portraits , Paysages
, Tableaux de Fleurs , de Fruits et de Perspectives
et Tableaux d'Aurel ; et pour les Mai
sons particulieres , Dessus de Portes et de Che
minées ; entreprend géneralement tout ce qui
concerne la Peinture , Sculpture et Dorure ; remet
aussi sur toile toutes sortes de Tabicaux en
quelque état qu'ils puissent être .
Le sieur Grégoire , demeure à Paris , Parvis
Notre Dame , entre un Notaire et un Perruquier
du côté du Claire , au troisieme Appartement.
Le sieur Lescure , cy -devant Chirurgien des
Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , continue
de distribuer avec Privilege du Roy , un
Remede en forme de Sel , specifique pour la guérison
de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs , soit
convulsives , histeriques ou simples vertiges et
étourdissemens , paralisie , tremblement et foiblesses
de nerfs. Il est très bon dans toutes les
maladies qui attaquent le genre nerveux . La
preuve de son excellence , sont les Experiences
qui en ont été faites , tant à l'Hôpital General ,
que sous les yeux de plusieurs celebres Médecins
de la Faculté de Paris sur un grand nombre de
malades de tout sexe, de differens âges, et temperamens.
Ce Remede opere la guérison de ces fâcheuses
maladies avec douceur , il purifie la masse du
sang , dissipe les obstructions et corrige lès humeurs
acides et gluantes qui picottent et embarassent
les nerfs ; il est facile à prendre et n'agit
que suivant la disposition des humeurs , conser
ve toujours sa vertu et peut se transporter par
tout sans souffrir la moindre altération .
Le sieur Lescure demeure ruë du Jour , vis-àvis
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
Je suis au comble de mes voeux.
BRU
IT
IR NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
Are demeure rue du Jour , vis-àvis
8 SEPTEMBRE
. 1733. 2019
H
vis le grand Portail d: S. Eustache , à Paris ,ceux
qui lui écriront des Provinces, auront soin d'affranchir
leurs Fettres.
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, donne avis qu'il a fait la découverte du
Remede qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; il donne la maniere facile d'en faire
usage , et met son nom et le prix sur ses boëtes.
Il en a de deux , de trois et de quatre livres . Sa
demeure , avec Tableau , est à Paris „ ruë du Four .
près S. Eustache.
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Résumé : « Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Le texte met en avant trois figures principales : le sieur Grégoire, le sieur Lescure et le sieur Dugeron. Le sieur Grégoire, peintre et restaurateur des tableaux de l'Église de Paris, a développé une méthode de nettoyage des tableaux sans les altérer, validée par l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. Il restaure divers types de tableaux et d'œuvres en marbre, et propose ses services pour des maisons particulières. Il réside au Parvis Notre-Dame, à Paris. Le sieur Lescure, ancien chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, distribue un remède en forme de sel pour traiter l'épilepsie, les vapeurs, la paralysie, les tremblements et les faiblesses nerveuses. Ce remède a été testé avec succès à l'Hôpital Général et sous les yeux de médecins parisiens. Il habite rue du Jour, vis-à-vis du grand portail de Saint-Eustache à Paris. Le sieur Dugeron, ancien chirurgien d'armée, annonce avoir découvert un remède pour préserver les dents et réside rue du Four, près de Saint-Eustache à Paris.
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260
p. 2205-2206
Observations importantes sur les Accouchemens, &c. [titre d'après la table]
Début :
OBSERVATIONS IMPORTANTES sur le Manuel des Accouchemens. Premiere Partie, où [...]
Mots clefs :
Accouchements, Nécessité, Femmes, Docteur, Mère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Observations importantes sur les Accouchemens, &c. [titre d'après la table]
OBSERVATIONS IMPORTANTES sur le
Manuel des Accouchemens. Premiere
Partie , où l'on trouve tout ce qui est nécessaire
pour les Opérations qui les concernent,
et où l'on fait voir de quelle maniere,
2206 MERCURE DE FRANCE
niere , dans le cas d'une nécessité pressante
, on peut , sans avoir recours aux
Instrumens , remettre dans une situation
convenable , ou tirer par les pieds
d'une Matrice oblique ou directe , les enfans
mal situez , vivans ou morts , sans
les endommager , ni la mere . Seconde
Partie où l'on fait voir la nécessité d'examiner
les corps des femmes mortes sans
accoucher , afin de connoître si la Sage-
Femme a été la cause de la mort de la
mere et de l'enfant ; et où l'on donne des
avis à tous les maris qui s'interressent à
la conservation de leurs femmes et de
leurs enfans . Traduites du Latin de M..
Henri de Deventer , Docteur en Médecine,
par Jacques - Jean Bruhier ' Ablaincourt
, Docteur en la même Faculté . A
Paris , chez Pierre Prault , Quai de Gêvres ,
1733. in 4. avec figures.
Manuel des Accouchemens. Premiere
Partie , où l'on trouve tout ce qui est nécessaire
pour les Opérations qui les concernent,
et où l'on fait voir de quelle maniere,
2206 MERCURE DE FRANCE
niere , dans le cas d'une nécessité pressante
, on peut , sans avoir recours aux
Instrumens , remettre dans une situation
convenable , ou tirer par les pieds
d'une Matrice oblique ou directe , les enfans
mal situez , vivans ou morts , sans
les endommager , ni la mere . Seconde
Partie où l'on fait voir la nécessité d'examiner
les corps des femmes mortes sans
accoucher , afin de connoître si la Sage-
Femme a été la cause de la mort de la
mere et de l'enfant ; et où l'on donne des
avis à tous les maris qui s'interressent à
la conservation de leurs femmes et de
leurs enfans . Traduites du Latin de M..
Henri de Deventer , Docteur en Médecine,
par Jacques - Jean Bruhier ' Ablaincourt
, Docteur en la même Faculté . A
Paris , chez Pierre Prault , Quai de Gêvres ,
1733. in 4. avec figures.
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Résumé : Observations importantes sur les Accouchemens, &c. [titre d'après la table]
Le texte décrit un ouvrage intitulé 'Manuel des Accouchemens', divisé en deux parties. La première partie détaille les méthodes pour les opérations d'accouchement, notamment comment repositionner un enfant mal placé ou le tirer par les pieds sans causer de dommages, que l'enfant soit vivant ou mort. La seconde partie met l'accent sur l'examen des corps des femmes décédées sans avoir accouché pour déterminer la responsabilité de la sage-femme. Elle offre également des conseils aux maris pour la conservation de la santé de leurs femmes et enfants. L'ouvrage est une traduction du latin par Jacques-Jean Bruhier d'Ablaincourt, à partir du texte original de Henri de Deventer. Il a été publié à Paris en 1733 par Pierre Prault et inclut des figures illustratives.
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261
p. 2232
« On donne avis que le véritable Suc de Réglise et Guimauve blanc, si estimé pour toutes les maladies [...] »
Début :
On donne avis que le véritable Suc de Réglise et Guimauve blanc, si estimé pour toutes les maladies [...]
Mots clefs :
Suc de réglisse et guimauve blanc, Maladies du poumon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On donne avis que le véritable Suc de Réglise et Guimauve blanc, si estimé pour toutes les maladies [...] »
On donne avis que le véritable Suc de Réglise"
et Guimauve blanc, si estimé pour toutes les maladies
du Poulmon, Inflammations , Enroüemens ,
Toux , Rhume , Pituite , Asthme , Poulmonie ,
&c. continue à se débiter depuis plus de 30 ans,
de l'aveu et approbation de M. Chicoysneau ,
Premier Medecin du Roy , chez Mad. Desmoulins
, qui est seule qui en a le secret de feu Mile
Guy ; quoique depuis quelques années des particuliers
ayent voulu le contrefaire. La différence
s'en connoîtra aisément par la comparaison
qu'on en pourra faire. On peut s'en servir
en tout tems , le transporter par tout et le garder
si long-temps que l'on voudra , sans jamais
se gâter ni rien perdre de sa qualité.
La Dame Desmoulins demeure ruë Guénégaud,
Fauxbourg S. Germain , du côté de la ruë Mazarine
, chez M. Toulin , Aubergiste,
et Guimauve blanc, si estimé pour toutes les maladies
du Poulmon, Inflammations , Enroüemens ,
Toux , Rhume , Pituite , Asthme , Poulmonie ,
&c. continue à se débiter depuis plus de 30 ans,
de l'aveu et approbation de M. Chicoysneau ,
Premier Medecin du Roy , chez Mad. Desmoulins
, qui est seule qui en a le secret de feu Mile
Guy ; quoique depuis quelques années des particuliers
ayent voulu le contrefaire. La différence
s'en connoîtra aisément par la comparaison
qu'on en pourra faire. On peut s'en servir
en tout tems , le transporter par tout et le garder
si long-temps que l'on voudra , sans jamais
se gâter ni rien perdre de sa qualité.
La Dame Desmoulins demeure ruë Guénégaud,
Fauxbourg S. Germain , du côté de la ruë Mazarine
, chez M. Toulin , Aubergiste,
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Résumé : « On donne avis que le véritable Suc de Réglise et Guimauve blanc, si estimé pour toutes les maladies [...] »
Le texte annonce la vente du 'véritable Suc de Réglise' et de la guimauve blanche, reconnus pour leurs vertus thérapeutiques contre diverses affections pulmonaires. Approuvé par M. Chicoysneau, Premier Médecin du Roi, ce produit est préparé par Mme Desmoulins. L'authenticité du produit peut être vérifiée par comparaison. Mme Desmoulins réside rue Guénégaud, dans le Faubourg Saint-Germain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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262
p. 2361-2365
LETTRE écrite de Dieppe le 21. Août 1733. par MM. Latier, Médecin des Hôpitaux, Broussin[,] Doyen des Chirurgiens, et Bauys, Lieutenant de M. le Premier Chirurgien du Roy dans la même Ville, au sujet de l'Appareil Lateral, &c.
Début :
Vous avez fait par au Public les années précedentes des Opérations [...]
Mots clefs :
Chirurgien, Crénelure, Instrument, Lame, Sonde, Dieppe, Extrémité, Public, Taille, Lithotome
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Dieppe le 21. Août 1733. par MM. Latier, Médecin des Hôpitaux, Broussin[,] Doyen des Chirurgiens, et Bauys, Lieutenant de M. le Premier Chirurgien du Roy dans la même Ville, au sujet de l'Appareil Lateral, &c.
LETTRE écrite de Dieppe le 21. Août
1733. par MM. Latier , Médecin des
Hôpitaux , Broussin Doyen des Chirurgiens
, et Bauys , Lieutenant de M. le
Premier Chirurgien du Roy dans la
même Ville , au sujet de l'Appareil Lateral
, & c.
Vou
Ous avez fait part au Public les
années précedentes des Opérations
de la Taille , faites à la nouvelle Méthode
qu'on appelle l'Appareil Latéral ; l'excelfence
de cette maniere d'opérer , et notre
reconnoissance pour celui à qui nous
l'avons vû pratiquer , nous engagent à
apprendre à ce même Public › par le
moyen du Mercure , que M. le Cat , *
Chirurgien de l'Hôtel- Dieu de Rouen ,
en survivance , a fait ce Printemps deux
Tailles Latérales dans notre Ville de
Dieppe , et que le succès a répondu à
la haute idée que ce célebre Praticien
nous avoit donnée de lui dans les Discours
Théoriques qu'il nous fit pendant
* M. le Cat , est Docteur en Médecine , mais
par un goût particulier , il s'est fixé à cette partie
de la Médecine.
B v
2-362 MERCURE DE FRANCE
temps qu'il préparoit ses Sujets à l'O,
pération.
le
Le premier de ces Taillez est le nome
mé Jean-Pierre Mutel , ruë au Lait , âgé
de quatre ans ; la Pierre fut saisie et
tirée dans le moment ; sa figure et son
volume sont d'une grosse Olive , raboreuse
, et du poids d'un gros il a été
taillé le 25. May , et la cicatrice a été
faite le 12. Juin .
Le second est le nommé Jean Becquet
rue S. Jean , âgé de trois ans et demi ;
il fut taillé le 2. Juin ; M. Chariere ,
Chirurgien de Versailles , qui s'est trouvé
à Dieppe dans ce temps , tenoit la
Sende ; la Pierre étoit du volume d'ane
petite noix et molle ; l'Opération ne
dura que deux minutes; ce Malade , d'un
naturel et d'une pérulence indomptable ,
se donna et aux Chirurgiens , la torture
pendant toute sa Cure ; il n'est pas possible
d'exprimer combien ce petit Sujer ,
par sa mauvaise humeur , a éloigné sa
guérison , ses cris ont été poussez avec
tant de violence , qu'il lui en est survenu
une descente ; cependant , malgré
tant de contretemps sa playe fut cicarisée
le vingt- sixième jour.
Le Lithotome dont s'est servi cet ins
génieux Chirurgien , est un Instrument
de
NOVEMBRE. 1732. 2363
son invention , dont on doit
airer de grands avantages , e
vous en envoye la figure ave .
ma Lettre .
L'Instrument a huit- pouces
et demi de long , il est d'un
seul morceau d'acier , dont cha
que extremité est une lame, et
le milieu qui fait le manche
est garni d'écaille ; la lame A
est une espece de Couteau pour
l'incision des Tégumens et de
l'Urethre , lequel a en son milieu
une vive arête D pour en
rendre la pointe obruse et plus
solide ; son dos a la forme d'un
E, E,et il est tranchant depuis
A jusqu'à B.
Cette disposition de tranchant
lui donne au- dessus du
Lithotome Anglois, l'avantage
de couper haut et bas et de dé
gager la crenelure de la Sonde
sans la quitter ; ce qui sauve
l'inconvénient de faire de nouvelles
incisions , comme il arrive
avec le Lithotome Anglois
, chaque fois qu'on est
obligé de reporter l'Instrument
sur la Sonde; inconvénient au-
B vj
2364 MERCURE DE FRANCE
quel cette façon de tailler est d'autant
plus sujette qu'on y a beaucoup plus de
tissu cellulaire à pénetrer , et qu'on sçait
ce tissu de nature à se pousser bien- tôt
après l'Instrument retiré, sur la premiere
route qu'il s'est faite.
La crenelure de la Sonde dégagée , le
Chirurgien y coule l'ongle du doigt indice
de la main gauche , le long du précedent
Couteau , et retournant son Instrument
il introduit dans la crenelure ,
sur son ongle , l'autre extremité qu'il
poussé dans la vessie.
Cette extrémité B. est une lame ressemblante
à celle des Scalpels à deux
tranchants ; sa vive arêtte D est terminée
par une lame A, son côté B est
tranchant , et C est un dos qui se porte
dans la crenelure de la Sonde .
Au moyen de cette lame A , 1. vous
appercevez beaucoup plus sensiblement
qu'avec une pointe tranchante , si vous
êtes dans la crenelure de la Sonde ou
dans quelque fausse route tracée sur quelque
os voisin , par exemple , sur l'Ischion
, ce qui est quelquefois arrivé ; 2º .
l'Instrument coule avec beaucoup plus
d'aisance dans la crenelure ; 3 ° . Il peut
être poussé aussi loin qu'on veut dans
la vessie , sans risque de la percer ni les
parties
NOVEMBRE. 1733 2365
parties voisines ; accident qui est souvent
arrivé au Frere Jacques , Auteur de la
premiere ébauche de cette nouvelle Opération.
Nous tenons cette théorie de ce Chirurgien
même , et sa bonne pratique en
a vérifié sous nos yeux la solidité . C'est
le même M. le Cat qui a fait l'an passé
à Gaillon , deux semblables Tailles , et
avec un succès pareil , en la présence de
M. Morand. Le Public ne sera peut- être
pas faché d'apprendre que ce Chirurgien
est l'Auteur des deux Mémoires qui
ont concouru au Prix de 1 - Académie
Royale de Chirurgie , l'année 1732. et
qui seront imprimez dans l'Histoire de
cette Académie.
1733. par MM. Latier , Médecin des
Hôpitaux , Broussin Doyen des Chirurgiens
, et Bauys , Lieutenant de M. le
Premier Chirurgien du Roy dans la
même Ville , au sujet de l'Appareil Lateral
, & c.
Vou
Ous avez fait part au Public les
années précedentes des Opérations
de la Taille , faites à la nouvelle Méthode
qu'on appelle l'Appareil Latéral ; l'excelfence
de cette maniere d'opérer , et notre
reconnoissance pour celui à qui nous
l'avons vû pratiquer , nous engagent à
apprendre à ce même Public › par le
moyen du Mercure , que M. le Cat , *
Chirurgien de l'Hôtel- Dieu de Rouen ,
en survivance , a fait ce Printemps deux
Tailles Latérales dans notre Ville de
Dieppe , et que le succès a répondu à
la haute idée que ce célebre Praticien
nous avoit donnée de lui dans les Discours
Théoriques qu'il nous fit pendant
* M. le Cat , est Docteur en Médecine , mais
par un goût particulier , il s'est fixé à cette partie
de la Médecine.
B v
2-362 MERCURE DE FRANCE
temps qu'il préparoit ses Sujets à l'O,
pération.
le
Le premier de ces Taillez est le nome
mé Jean-Pierre Mutel , ruë au Lait , âgé
de quatre ans ; la Pierre fut saisie et
tirée dans le moment ; sa figure et son
volume sont d'une grosse Olive , raboreuse
, et du poids d'un gros il a été
taillé le 25. May , et la cicatrice a été
faite le 12. Juin .
Le second est le nommé Jean Becquet
rue S. Jean , âgé de trois ans et demi ;
il fut taillé le 2. Juin ; M. Chariere ,
Chirurgien de Versailles , qui s'est trouvé
à Dieppe dans ce temps , tenoit la
Sende ; la Pierre étoit du volume d'ane
petite noix et molle ; l'Opération ne
dura que deux minutes; ce Malade , d'un
naturel et d'une pérulence indomptable ,
se donna et aux Chirurgiens , la torture
pendant toute sa Cure ; il n'est pas possible
d'exprimer combien ce petit Sujer ,
par sa mauvaise humeur , a éloigné sa
guérison , ses cris ont été poussez avec
tant de violence , qu'il lui en est survenu
une descente ; cependant , malgré
tant de contretemps sa playe fut cicarisée
le vingt- sixième jour.
Le Lithotome dont s'est servi cet ins
génieux Chirurgien , est un Instrument
de
NOVEMBRE. 1732. 2363
son invention , dont on doit
airer de grands avantages , e
vous en envoye la figure ave .
ma Lettre .
L'Instrument a huit- pouces
et demi de long , il est d'un
seul morceau d'acier , dont cha
que extremité est une lame, et
le milieu qui fait le manche
est garni d'écaille ; la lame A
est une espece de Couteau pour
l'incision des Tégumens et de
l'Urethre , lequel a en son milieu
une vive arête D pour en
rendre la pointe obruse et plus
solide ; son dos a la forme d'un
E, E,et il est tranchant depuis
A jusqu'à B.
Cette disposition de tranchant
lui donne au- dessus du
Lithotome Anglois, l'avantage
de couper haut et bas et de dé
gager la crenelure de la Sonde
sans la quitter ; ce qui sauve
l'inconvénient de faire de nouvelles
incisions , comme il arrive
avec le Lithotome Anglois
, chaque fois qu'on est
obligé de reporter l'Instrument
sur la Sonde; inconvénient au-
B vj
2364 MERCURE DE FRANCE
quel cette façon de tailler est d'autant
plus sujette qu'on y a beaucoup plus de
tissu cellulaire à pénetrer , et qu'on sçait
ce tissu de nature à se pousser bien- tôt
après l'Instrument retiré, sur la premiere
route qu'il s'est faite.
La crenelure de la Sonde dégagée , le
Chirurgien y coule l'ongle du doigt indice
de la main gauche , le long du précedent
Couteau , et retournant son Instrument
il introduit dans la crenelure ,
sur son ongle , l'autre extremité qu'il
poussé dans la vessie.
Cette extrémité B. est une lame ressemblante
à celle des Scalpels à deux
tranchants ; sa vive arêtte D est terminée
par une lame A, son côté B est
tranchant , et C est un dos qui se porte
dans la crenelure de la Sonde .
Au moyen de cette lame A , 1. vous
appercevez beaucoup plus sensiblement
qu'avec une pointe tranchante , si vous
êtes dans la crenelure de la Sonde ou
dans quelque fausse route tracée sur quelque
os voisin , par exemple , sur l'Ischion
, ce qui est quelquefois arrivé ; 2º .
l'Instrument coule avec beaucoup plus
d'aisance dans la crenelure ; 3 ° . Il peut
être poussé aussi loin qu'on veut dans
la vessie , sans risque de la percer ni les
parties
NOVEMBRE. 1733 2365
parties voisines ; accident qui est souvent
arrivé au Frere Jacques , Auteur de la
premiere ébauche de cette nouvelle Opération.
Nous tenons cette théorie de ce Chirurgien
même , et sa bonne pratique en
a vérifié sous nos yeux la solidité . C'est
le même M. le Cat qui a fait l'an passé
à Gaillon , deux semblables Tailles , et
avec un succès pareil , en la présence de
M. Morand. Le Public ne sera peut- être
pas faché d'apprendre que ce Chirurgien
est l'Auteur des deux Mémoires qui
ont concouru au Prix de 1 - Académie
Royale de Chirurgie , l'année 1732. et
qui seront imprimez dans l'Histoire de
cette Académie.
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Résumé : LETTRE écrite de Dieppe le 21. Août 1733. par MM. Latier, Médecin des Hôpitaux, Broussin[,] Doyen des Chirurgiens, et Bauys, Lieutenant de M. le Premier Chirurgien du Roy dans la même Ville, au sujet de l'Appareil Lateral, &c.
En août 1733, MM. Latier, Médecin des Hôpitaux, Broussin Doyen des Chirurgiens, et Bauys, Lieutenant de M. le Premier Chirurgien du Roy à Dieppe, rédigent une lettre sur l'Appareil Latéral, une méthode chirurgicale pour les opérations de la taille. Ils louent cette méthode et expriment leur gratitude envers M. le Cat, Chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Rouen, qui a réalisé deux opérations de la taille à Dieppe au printemps 1733. Ces interventions ont confirmé la maîtrise de M. le Cat, déjà reconnue pour ses compétences théoriques et pratiques. Les deux patients étaient Jean-Pierre Mutel, âgé de quatre ans, opéré le 25 mai, et Jean Becquet, âgé de trois ans et demi, opéré le 2 juin. La première opération a permis de retirer une pierre de la taille d'une grosse olive, tandis que la seconde a impliqué une pierre de la taille d'une petite noix. Malgré les difficultés rencontrées avec le second patient, notamment sa mauvaise humeur et une descente, les deux opérations ont été réussies. M. le Cat a utilisé un lithotome de son invention, un instrument en acier de huit pouces et demi de long, permettant des incisions précises et minimisant les risques de complications. Cet instrument présente des avantages par rapport au lithotome anglois, notamment en évitant les nouvelles incisions et en réduisant les risques de perforation des tissus voisins. La lettre mentionne également que M. le Cat a réalisé deux autres opérations similaires à Gaillon l'année précédente, en présence de M. Morand. Enfin, il est noté que M. le Cat est l'auteur de deux mémoires ayant concouru au Prix de l'Académie Royale de Chirurgie en 1732.
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263
p. 2454-2455
Ouverture des Academies après les vacances [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, recommença ses Séances le Vendredy [...]
Mots clefs :
Séance, Assemblée, Rivières, Instrument, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ouverture des Academies après les vacances [titre d'après la table]
L'Académie Royale des Inscriptions et Belles.
Lettres , recommença ses Séances le Vendredy
13. Novembre , par une Assemblée publique à
P'ordinaire ; M. le Cardinal de Polignac prési
doit à cette Assemblée , M. de Bose , Secretaire
de cette Académie , ouvrit la Séance par l'Eloge
de feu M. de Caumartin , Evêque de Blois , Académicien
Honoraire , mort le 30. Août dernier.
M. l'Abbé de Rosnel , lût ensuite une Dissertation
sur le renouvellement de l'ancien usage
de couronner les Poëtes et de leur décerner la
Couronne de Laurier avec le titre de Poeta Laureati.
M. Freret termina la Séance par une Dissertation
sur la certitude et sur l'antiquité de la Chronologie
Chinoise , et montra que l'Epoque du
commencement des temps historiques de cette
Nation ne remonte tout au plus qu'au temps de
la Vocation d'Abraham , à ne consulter même
que les Traditions assurées et les Monumens authentiques
de l'Histoire Chinoise , d'où il résulte
que la Chronologie de cette Nation s'accorde
parfaitement avec celle de l'Ecriture , quoique
tous ceux qui en avoient parlé jusques à present
ayent supposé le contraire,
Le Samedy 14. l'Académie Royale des Sciences
, tint son Assemblée publique , à laquelle le
Cardinal de Polignac présida . M. Cassini ouvrit
la Séance par la lecture d'un Mémoire qui contient
:
NOVEMBRE . 1733. 2453
tient une partie des Opérations qu'il a faites pour
décrire sur la Superficie convexe de la Terre ,
une ligne perpendiculaire au Méridien qui passe
par l'Observatoire Royal de Paris. Ce grand tra
vail , qui a été fait par l'ordre du Roy , a été
poussé cet Eté jusqu'à S. Malo.
M. Jussieu , lût ensuite un Mémoire , dans lequel
il recherche la cause des Maladies populaires
, qui accompagnent ordinairement les basses
eaux des Rivieres , et telles qu'on les éprouva
dans l'Eté de 1731. où les Rivieres de Seine et
de Marne furent extrêmement basses .
M. de la Condamine , donna ensuite la Description
d'un Instrument propre à observer en
Mer avec plus de justesse , la variation de l'Aiguille
aimantée.
M. Pitot , lût aussi un Memoire tendant à
perfectionner l'Instrument qu'il publia l'année
derniere et qui est propre à mesurer la vitesse des
Courants des Rivieres , et du Sillage des Vaisseaux.
M. Pitot déclara qu'il devoit cette Addition,
faite à son Instrument, à M. d'Onsembray.
M. Dufay , finit la Séance par la lecture d'un
troisiéme Memoire sur l'Electricité des corps.
Nous donnerons des Extraits de ces Memoires
dans le premier et le second Volume du Mercure
de Décembre.
Lettres , recommença ses Séances le Vendredy
13. Novembre , par une Assemblée publique à
P'ordinaire ; M. le Cardinal de Polignac prési
doit à cette Assemblée , M. de Bose , Secretaire
de cette Académie , ouvrit la Séance par l'Eloge
de feu M. de Caumartin , Evêque de Blois , Académicien
Honoraire , mort le 30. Août dernier.
M. l'Abbé de Rosnel , lût ensuite une Dissertation
sur le renouvellement de l'ancien usage
de couronner les Poëtes et de leur décerner la
Couronne de Laurier avec le titre de Poeta Laureati.
M. Freret termina la Séance par une Dissertation
sur la certitude et sur l'antiquité de la Chronologie
Chinoise , et montra que l'Epoque du
commencement des temps historiques de cette
Nation ne remonte tout au plus qu'au temps de
la Vocation d'Abraham , à ne consulter même
que les Traditions assurées et les Monumens authentiques
de l'Histoire Chinoise , d'où il résulte
que la Chronologie de cette Nation s'accorde
parfaitement avec celle de l'Ecriture , quoique
tous ceux qui en avoient parlé jusques à present
ayent supposé le contraire,
Le Samedy 14. l'Académie Royale des Sciences
, tint son Assemblée publique , à laquelle le
Cardinal de Polignac présida . M. Cassini ouvrit
la Séance par la lecture d'un Mémoire qui contient
:
NOVEMBRE . 1733. 2453
tient une partie des Opérations qu'il a faites pour
décrire sur la Superficie convexe de la Terre ,
une ligne perpendiculaire au Méridien qui passe
par l'Observatoire Royal de Paris. Ce grand tra
vail , qui a été fait par l'ordre du Roy , a été
poussé cet Eté jusqu'à S. Malo.
M. Jussieu , lût ensuite un Mémoire , dans lequel
il recherche la cause des Maladies populaires
, qui accompagnent ordinairement les basses
eaux des Rivieres , et telles qu'on les éprouva
dans l'Eté de 1731. où les Rivieres de Seine et
de Marne furent extrêmement basses .
M. de la Condamine , donna ensuite la Description
d'un Instrument propre à observer en
Mer avec plus de justesse , la variation de l'Aiguille
aimantée.
M. Pitot , lût aussi un Memoire tendant à
perfectionner l'Instrument qu'il publia l'année
derniere et qui est propre à mesurer la vitesse des
Courants des Rivieres , et du Sillage des Vaisseaux.
M. Pitot déclara qu'il devoit cette Addition,
faite à son Instrument, à M. d'Onsembray.
M. Dufay , finit la Séance par la lecture d'un
troisiéme Memoire sur l'Electricité des corps.
Nous donnerons des Extraits de ces Memoires
dans le premier et le second Volume du Mercure
de Décembre.
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Résumé : Ouverture des Academies après les vacances [titre d'après la table]
Le 13 novembre 1733, l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres reprit ses séances avec une assemblée publique présidée par le Cardinal de Polignac. M. de Bose rendit hommage à feu M. de Caumartin, évêque de Blois. L'Abbé de Rosnel discuta du renouvellement de l'usage de couronner les poètes avec une couronne de laurier. M. Freret présenta une dissertation sur la chronologie chinoise, démontrant que les temps historiques de cette nation ne remontent pas au-delà de la vocation d'Abraham, en accord avec la chronologie biblique. Le 14 novembre, l'Académie Royale des Sciences tint également une assemblée publique présidée par le Cardinal de Polignac. M. Cassini parla des travaux pour décrire une ligne perpendiculaire au méridien passant par l'Observatoire Royal de Paris. M. Jussieu aborda les causes des maladies populaires lors des basses eaux des rivières. M. de la Condamine présenta un instrument pour observer la variation de l'aiguille aimantée en mer. M. Pitot améliora son instrument pour mesurer la vitesse des courants des rivières et du sillage des vaisseaux. Enfin, M. Dufay lut un mémoire sur l'électricité des corps. Des extraits de ces mémoires furent publiés dans les premiers volumes du Mercure de décembre.
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264
p. 2459
« La Faculté de Médecine de Paris, toujours attentive au bien public, et dans la vûë de perfectionner [...] »
Début :
La Faculté de Médecine de Paris, toujours attentive au bien public, et dans la vûë de perfectionner [...]
Mots clefs :
Faculté de médecine de Paris, Chirurgie, Examen, Bacheliers, Opérations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Faculté de Médecine de Paris, toujours attentive au bien public, et dans la vûë de perfectionner [...] »
La Faculté de Médecine de Paris , toujours at
gentive au bien public , et dans la vûë de perfectionner
la Chirurgie en exerçant ses Eleves à la
pratique de cet Art , a jugé à propos de substi
tuer à l'examen de Chirurgie qu'elle faisoit subir
à ses Bacheliers , des Exercices sur l'Anatomie et
sur les Opérations Chirurgicales ; cet établissement
est porté par un Decret de la même Faculté
du 29. Septembre 1733. qui dit que nuls Bacheliers
ne pourront à l'avenir recevoir le degré de
Licence , s'il n'ont pendant le cours de deux années
qu'ils demeureront sur les bancs , executé
de leurs propres mains sur des cadavres , les dissections
anatomiques et les Operations de la
Chirurgie , en subissant devant toute la Faculté ,
un examen de sept jours consécutifs sur chacune
de ces matieres.
gentive au bien public , et dans la vûë de perfectionner
la Chirurgie en exerçant ses Eleves à la
pratique de cet Art , a jugé à propos de substi
tuer à l'examen de Chirurgie qu'elle faisoit subir
à ses Bacheliers , des Exercices sur l'Anatomie et
sur les Opérations Chirurgicales ; cet établissement
est porté par un Decret de la même Faculté
du 29. Septembre 1733. qui dit que nuls Bacheliers
ne pourront à l'avenir recevoir le degré de
Licence , s'il n'ont pendant le cours de deux années
qu'ils demeureront sur les bancs , executé
de leurs propres mains sur des cadavres , les dissections
anatomiques et les Operations de la
Chirurgie , en subissant devant toute la Faculté ,
un examen de sept jours consécutifs sur chacune
de ces matieres.
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Résumé : « La Faculté de Médecine de Paris, toujours attentive au bien public, et dans la vûë de perfectionner [...] »
En 1733, la Faculté de Médecine de Paris a réformé l'examen de chirurgie pour les bacheliers. Désormais, ils doivent réaliser des dissections et des opérations sur des cadavres durant deux années. Un examen de sept jours devant la Faculté est également requis pour obtenir la licence.
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265
p. 2464-2466
LES ROIS. Ronde de Table de M. Duvigneau.
Début :
En nous donnant un Roi nouveau [...]
Mots clefs :
Roi, Emploi, Vin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES ROIS. Ronde de Table de M. Duvigneau.
LES ROIS.
Ronde de Table de M. Duvigneau.-
EN nous N nous donnant un Roi nouveau.
Le fort nous fut propice
Amis , au deftin le plus beau ,,
Préférons fon fervice .
Moi je ne veux point d'autre emploi ,
Que d'être l'Echanfon du Roi.
Qu'un Médecin sombre et bourru
Grand Prêcheur de Tisanne ,
Par un Argument biscornu
Sur le vin nous chicanne ,
Moi je ne veux point d'autre emploi ,
Que d'en verser toujours au Roi ,
Qu'un Chiffreur au fond d'un Bureau
Cloué fur l'Escabelle ..
A multiplier le Zero .
Se creuse la cervelle ;
Moi j'exerce un plus doux emploi
Moi
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
THE
NEW
YORKĮ
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
NOVEMBRE. 1733. 2465
Et sans compter je verse au Roi,
Qu'au Palais un Braillard garni
De sacs jusqu'à l'échine ,
A s'égosiller pour autrui ,
Se séche la poitrine.
Moi je ne veux point d'autre emploi
Que d'humecter celle du Roi
Que des Receveurs peu loyaux ,
En fraudant la Gabelle ,
Aux dépens des Deniers Royaux ,
Enflent leur escarcelle ;
Moi je fais mon plus riche emploi ,
De remplir ( la Bedaine . ) Le Coffre du Roi
Qu'un Banquier dans le Change Expert
Chaque matin s'épuise ,
Pour voir ce que notre Ecu perd
En Hollande , à Venise ;
Sans changer de vin , ni d'emploi ,
J'offre toujours du même au Roi,
'Aille qui voudra fur la Mer ,
En prodiguant fa vie ,
Einir dans un breuvage amer
Finis
466 MERCURE DE FRANCE
Sa course et sa folie ;
Moi je fais mon plus sage emploi
De noyer la raison du Roi.
Ler paroles sont de plusieurs bons Freres.
Ronde de Table de M. Duvigneau.-
EN nous N nous donnant un Roi nouveau.
Le fort nous fut propice
Amis , au deftin le plus beau ,,
Préférons fon fervice .
Moi je ne veux point d'autre emploi ,
Que d'être l'Echanfon du Roi.
Qu'un Médecin sombre et bourru
Grand Prêcheur de Tisanne ,
Par un Argument biscornu
Sur le vin nous chicanne ,
Moi je ne veux point d'autre emploi ,
Que d'en verser toujours au Roi ,
Qu'un Chiffreur au fond d'un Bureau
Cloué fur l'Escabelle ..
A multiplier le Zero .
Se creuse la cervelle ;
Moi j'exerce un plus doux emploi
Moi
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
THE
NEW
YORKĮ
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ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
NOVEMBRE. 1733. 2465
Et sans compter je verse au Roi,
Qu'au Palais un Braillard garni
De sacs jusqu'à l'échine ,
A s'égosiller pour autrui ,
Se séche la poitrine.
Moi je ne veux point d'autre emploi
Que d'humecter celle du Roi
Que des Receveurs peu loyaux ,
En fraudant la Gabelle ,
Aux dépens des Deniers Royaux ,
Enflent leur escarcelle ;
Moi je fais mon plus riche emploi ,
De remplir ( la Bedaine . ) Le Coffre du Roi
Qu'un Banquier dans le Change Expert
Chaque matin s'épuise ,
Pour voir ce que notre Ecu perd
En Hollande , à Venise ;
Sans changer de vin , ni d'emploi ,
J'offre toujours du même au Roi,
'Aille qui voudra fur la Mer ,
En prodiguant fa vie ,
Einir dans un breuvage amer
Finis
466 MERCURE DE FRANCE
Sa course et sa folie ;
Moi je fais mon plus sage emploi
De noyer la raison du Roi.
Ler paroles sont de plusieurs bons Freres.
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Résumé : LES ROIS. Ronde de Table de M. Duvigneau.
Le poème 'Les Rois' de la Ronde de Table de M. Duvigneau, daté de novembre 1733, exprime le désir du narrateur de servir le roi en tant qu'échanson, c'est-à-dire en versant du vin au roi. Il compare favorablement son rôle à ceux de divers autres métiers. Le narrateur critique le médecin qui dissuade de boire du vin, le chiffreur qui multiplie des zéros, le collecteur d'impôts qui fraude, et le banquier qui s'inquiète de la valeur de la monnaie. Il met en avant la simplicité et la satisfaction de son emploi, contrastant avec les difficultés et les tracas des autres professions mentionnées. Le poème se conclut par une référence à des frères qui ont prononcé ces paroles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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266
p. 2641-2647
LETTRE écrite de Paris ce 23. Novembre 1733. au sujet de la Memoire.
Début :
J'ay lû, Monsieur, dans votre Journal du mois de Septembre dernier, [...]
Mots clefs :
Mémoire, Images, Cerveau, Conserver , Tempérament, Moyens, Fonctions, Qualités, Organe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Paris ce 23. Novembre 1733. au sujet de la Memoire.
LETTRE écrite de Paris cé 23. Novembre
1733. au sujet de la Memoire.
Ay lû , Monsieur , dans votre Jour
nal du mois de Septembre dernier ,
article où il est parlé de la Mémoire ,
I. Vol.
E iij par
2642 MERCURE DE FRANCE
par lequel on demande ce qu'elle contient
, et les differens moyens qu'on peut
mettre en usage pour la cultiver , la conserver
et prévenir ce qui pourroit l'affoiblir
; mais avant que de faire part au
Public de ces moyens , il est nécessaire
de sçavoir quelle est sa nature, où elle réside
, et quel est le temperament qui lui
est plus propre , delà les conséquences
seront faciles à suivre, et à faire parvenir
l'Auteur de cette demande au but qu'il
se propose.
Nature de la Mémoire
La Nature a donné à l'ame la vertu
de conserver les images qu'elle s'est faites
afin de les représenter aux facultez con◄
noissantes quand il seroit nécessaire ,
cette vertu s'appelle Mémoire.
Mais avant que de parler de l'organe
et des dispositions qui sont nécessaires
à la Mémoire , il faut observer qu'il
en a de plusieurs sortes dans l'homme
car comme c'est la gardienne et la depositaire
des images qui sont dans l'ame
il est certain qu'il y a des images qui sont
spirituelles , comme sont toutes celles de
l'entendement , et que les accidens spirituels
doivent avoir un sujet spirituel ,
ne pouvant être reçûs dans la matiere ,
I. Vat.
d:
DECEMBRE . 1733. 2643-
de sorte que c'est une nécessité qu'ou
tre la Mémoire sensitive que nous avons
commune avec les animaux , il y en ait
une intellectuelle qui garde les images
que l'entendement produit.-
Etant donc constant qu'il y a unè
Mémoire sensitive qui doit être organique
comme toutes les autres facultez
animales , il faut voir où elle réside et
quel doit être son organe .
2
Résidence de la Mémoire.
Je ne veux pas perdre le temps à
examiner si le cerveau est le siege de
cette puissance de l'ame , on s'apperçoit
bien que c'est là où se forme le souvenir
, que les maladies de cette partic
blessent la Mémoire , et que l'on y applique
les remedes qui la soulagent et
qui la fortifient ; et certainement comme
les pensées se forment là , il falloit
qu'elles y fussent conservées et devant
servir d'exemplaires pour de nouvelles
connoissances , elles devoient être proches
de la puissance qui les doit produire.
Or , quoique le cerveau puisse retenir
les images et être par conséquent le
siege de la Mémoire , il a neanmoins quelques
parties qui sont plus propres à les
conserver , et sans doute celle qui est
I. Vol.
E
誓au2644
MERCURE DE FRANCE
au-dessus et qui est comme l'écorce qui
environne les autres , est principalement
destinée pour céla , parce que n'étant
point occupée aux fonctions des autres..
facultez , il semble qu'elle n'a point d'autre
usage que de garder les images qu'elles
produisent , et que les détours et les
circonvolutions dont elle est pleine , sont
les galleries et les réduits où elles sont
renfermées et placées chacune en , son
ordre. Si cela est ainsi on se persuadera
facilement que le petit cerveau a le même
emploi , et que sa consistence étant
même plus ferme, est capable d'en conser→ ›
ver quelques - unes plus long- temps que
l'autre ; car c'est pour cela qu'on se gratte
le derriere de la tête quand on a de la peine
à se ressouvenir de quelque chose , la
Nature nous montrant par instinct que
c'est là le fond du magazin , où ces ima
ges se perdent les dernieres .
La principale fonction de la Mémoireest
de conserver , les images , et neanmoins
elle ne peut les conserver, qu'elle ,
ne les ait reçûës auparavant , de maniere
qu'il est nécessaire que l'organe dont elle
se sert ait les qualitez qui sont propres
pour recevoir et pour conserver ; on sçait
que l'humidité reçoit facilement , parce
qu'elle est mobile et qu'elle cede , et que
J. Ve!. la
DECEMBRE . 1733. 2645
la secheresse au contraire conserve les
choses qui ont fait impression sur elle
dautant qu'elle est constante et qu'elle
résiste mais comme ces qualitez sont
ennemies et ne peuvent être ensemble
en un souverain degré , il faut qu'elles
soient temperées pour satisfaire à ces
deux fonctions de la Mémoire ; car si
le cerveau est trop humide , il a beau
recevoir facilement les images , il ne les
garde pas long-temps , et l'impression
qu'elles y font ressemble à celle qui se
fait sur l'eau , où les figures qu'on lul
donne se corrompent et s'effacent incontinent
d'où vient que les Enfants et
tous ceux qui ont cette partie trop hu
mide , ne se souviennent de rien , qu'au
contraire ceux qui l'ont seche , comme
les vieillards et les mélancoliques , manquent
de Mémoire, dautant que les imagues
n'y entrent qu'avec peine , la dureté
résistant à l'impression qu'elles y devroient
faire.
,
Le tempéramment qui est donc propre
à la Mémoire est celui qui participe également
de ces deux qualitez et peutêtre
que cest une des raisons pour lesquel
les l'Homme est le plus excellent de tous
les animaux,parce qu'outre qu'il a plus de
cervelle qu'aucun autre , il n'y en a poinc
Ja Kolam Ev
2645 MERCURE DE FRANCE
à qui la médiocrité du temperament
soit plus naturelle.
Pour venir aux moyens de la conserver
dans cette modération de temperament
, on me dira peut- être, si j'ai le cerveau
naturellement sec , les images ne
s'imprimeront pas facilement dans ma
Mémoire ; au contraire, si je l'ai trop hu-.
mide , la fluidité des especes lâchera fa-.
cilement ce que mon imagination me
présentera : j'avoue qu'il est difficile de
décider sans faire naître des doutes .
Cependant si chacun étudioiť son temperament
, et qu'il y remediât suivant
les circonstances , il ne se verroit pas privé
des fonctions qui lui sont nécessaires ;
le Tabac peut contribuer à faire trouver
cette température que je viens d'expliquer
, car érant par lui-même attractif,
en même tems qu'il résout les humeurs
acres et mordicantes du cerveau , et qu'il
en procure les écoulemens perpetuels ,
ses opérations ne peuvent porter aucun
dommage à celui qui en a les parties naturellement
humides , avec d'autant plus
de raison , qu'il le décharge d'autant
de ces mêmes humeurs qui remplissent
toute la capacité des vaisseaux propres à
retenir ; mais il n'en sera pas de même.
de cui qui a trop de sécheresse ; en ce
1. Vol. Cas
DECEMBRE . 1733. 264
·
cas le Tabac lui feroit un effet tout contraire
, en même tems qu'il pourroit
donner atteinte à sa santé , par le détachement
qu'il feroit peu à peu de l'humide
radical dont la fonction est nécessaire
au cerveau.
•
Au reste, la conservation de la Mémoire
demande beaucoup d'usage : l'étude
continuelle contribue beaucoup à la former
, surtout quand les objets dont on
la charge sont en petit nombre , afin ,
qu'elle ne soit point surchargée, et qu'elle
se dissipe moins l'expérience a fait voir
que ceux qui étudioient le jour ne s'en
souvenoient plus le lendemain , tandis
que ceux qui l'ont pratiqué quelques
moments auparavant leur repos , ont confirmé
l'avantage qu'on y trouvoit. Voilà,
Monsieur , je l'avoue , de foibles moyens ,
pour satisfaire à ce que vous demandez ,
ce ne sont que des conjectures capables
de déterminer les Sçavans à écrire -
dessus , et c'est aussi dans ce dessein là
que je vous les adresse.
1733. au sujet de la Memoire.
Ay lû , Monsieur , dans votre Jour
nal du mois de Septembre dernier ,
article où il est parlé de la Mémoire ,
I. Vol.
E iij par
2642 MERCURE DE FRANCE
par lequel on demande ce qu'elle contient
, et les differens moyens qu'on peut
mettre en usage pour la cultiver , la conserver
et prévenir ce qui pourroit l'affoiblir
; mais avant que de faire part au
Public de ces moyens , il est nécessaire
de sçavoir quelle est sa nature, où elle réside
, et quel est le temperament qui lui
est plus propre , delà les conséquences
seront faciles à suivre, et à faire parvenir
l'Auteur de cette demande au but qu'il
se propose.
Nature de la Mémoire
La Nature a donné à l'ame la vertu
de conserver les images qu'elle s'est faites
afin de les représenter aux facultez con◄
noissantes quand il seroit nécessaire ,
cette vertu s'appelle Mémoire.
Mais avant que de parler de l'organe
et des dispositions qui sont nécessaires
à la Mémoire , il faut observer qu'il
en a de plusieurs sortes dans l'homme
car comme c'est la gardienne et la depositaire
des images qui sont dans l'ame
il est certain qu'il y a des images qui sont
spirituelles , comme sont toutes celles de
l'entendement , et que les accidens spirituels
doivent avoir un sujet spirituel ,
ne pouvant être reçûs dans la matiere ,
I. Vat.
d:
DECEMBRE . 1733. 2643-
de sorte que c'est une nécessité qu'ou
tre la Mémoire sensitive que nous avons
commune avec les animaux , il y en ait
une intellectuelle qui garde les images
que l'entendement produit.-
Etant donc constant qu'il y a unè
Mémoire sensitive qui doit être organique
comme toutes les autres facultez
animales , il faut voir où elle réside et
quel doit être son organe .
2
Résidence de la Mémoire.
Je ne veux pas perdre le temps à
examiner si le cerveau est le siege de
cette puissance de l'ame , on s'apperçoit
bien que c'est là où se forme le souvenir
, que les maladies de cette partic
blessent la Mémoire , et que l'on y applique
les remedes qui la soulagent et
qui la fortifient ; et certainement comme
les pensées se forment là , il falloit
qu'elles y fussent conservées et devant
servir d'exemplaires pour de nouvelles
connoissances , elles devoient être proches
de la puissance qui les doit produire.
Or , quoique le cerveau puisse retenir
les images et être par conséquent le
siege de la Mémoire , il a neanmoins quelques
parties qui sont plus propres à les
conserver , et sans doute celle qui est
I. Vol.
E
誓au2644
MERCURE DE FRANCE
au-dessus et qui est comme l'écorce qui
environne les autres , est principalement
destinée pour céla , parce que n'étant
point occupée aux fonctions des autres..
facultez , il semble qu'elle n'a point d'autre
usage que de garder les images qu'elles
produisent , et que les détours et les
circonvolutions dont elle est pleine , sont
les galleries et les réduits où elles sont
renfermées et placées chacune en , son
ordre. Si cela est ainsi on se persuadera
facilement que le petit cerveau a le même
emploi , et que sa consistence étant
même plus ferme, est capable d'en conser→ ›
ver quelques - unes plus long- temps que
l'autre ; car c'est pour cela qu'on se gratte
le derriere de la tête quand on a de la peine
à se ressouvenir de quelque chose , la
Nature nous montrant par instinct que
c'est là le fond du magazin , où ces ima
ges se perdent les dernieres .
La principale fonction de la Mémoireest
de conserver , les images , et neanmoins
elle ne peut les conserver, qu'elle ,
ne les ait reçûës auparavant , de maniere
qu'il est nécessaire que l'organe dont elle
se sert ait les qualitez qui sont propres
pour recevoir et pour conserver ; on sçait
que l'humidité reçoit facilement , parce
qu'elle est mobile et qu'elle cede , et que
J. Ve!. la
DECEMBRE . 1733. 2645
la secheresse au contraire conserve les
choses qui ont fait impression sur elle
dautant qu'elle est constante et qu'elle
résiste mais comme ces qualitez sont
ennemies et ne peuvent être ensemble
en un souverain degré , il faut qu'elles
soient temperées pour satisfaire à ces
deux fonctions de la Mémoire ; car si
le cerveau est trop humide , il a beau
recevoir facilement les images , il ne les
garde pas long-temps , et l'impression
qu'elles y font ressemble à celle qui se
fait sur l'eau , où les figures qu'on lul
donne se corrompent et s'effacent incontinent
d'où vient que les Enfants et
tous ceux qui ont cette partie trop hu
mide , ne se souviennent de rien , qu'au
contraire ceux qui l'ont seche , comme
les vieillards et les mélancoliques , manquent
de Mémoire, dautant que les imagues
n'y entrent qu'avec peine , la dureté
résistant à l'impression qu'elles y devroient
faire.
,
Le tempéramment qui est donc propre
à la Mémoire est celui qui participe également
de ces deux qualitez et peutêtre
que cest une des raisons pour lesquel
les l'Homme est le plus excellent de tous
les animaux,parce qu'outre qu'il a plus de
cervelle qu'aucun autre , il n'y en a poinc
Ja Kolam Ev
2645 MERCURE DE FRANCE
à qui la médiocrité du temperament
soit plus naturelle.
Pour venir aux moyens de la conserver
dans cette modération de temperament
, on me dira peut- être, si j'ai le cerveau
naturellement sec , les images ne
s'imprimeront pas facilement dans ma
Mémoire ; au contraire, si je l'ai trop hu-.
mide , la fluidité des especes lâchera fa-.
cilement ce que mon imagination me
présentera : j'avoue qu'il est difficile de
décider sans faire naître des doutes .
Cependant si chacun étudioiť son temperament
, et qu'il y remediât suivant
les circonstances , il ne se verroit pas privé
des fonctions qui lui sont nécessaires ;
le Tabac peut contribuer à faire trouver
cette température que je viens d'expliquer
, car érant par lui-même attractif,
en même tems qu'il résout les humeurs
acres et mordicantes du cerveau , et qu'il
en procure les écoulemens perpetuels ,
ses opérations ne peuvent porter aucun
dommage à celui qui en a les parties naturellement
humides , avec d'autant plus
de raison , qu'il le décharge d'autant
de ces mêmes humeurs qui remplissent
toute la capacité des vaisseaux propres à
retenir ; mais il n'en sera pas de même.
de cui qui a trop de sécheresse ; en ce
1. Vol. Cas
DECEMBRE . 1733. 264
·
cas le Tabac lui feroit un effet tout contraire
, en même tems qu'il pourroit
donner atteinte à sa santé , par le détachement
qu'il feroit peu à peu de l'humide
radical dont la fonction est nécessaire
au cerveau.
•
Au reste, la conservation de la Mémoire
demande beaucoup d'usage : l'étude
continuelle contribue beaucoup à la former
, surtout quand les objets dont on
la charge sont en petit nombre , afin ,
qu'elle ne soit point surchargée, et qu'elle
se dissipe moins l'expérience a fait voir
que ceux qui étudioient le jour ne s'en
souvenoient plus le lendemain , tandis
que ceux qui l'ont pratiqué quelques
moments auparavant leur repos , ont confirmé
l'avantage qu'on y trouvoit. Voilà,
Monsieur , je l'avoue , de foibles moyens ,
pour satisfaire à ce que vous demandez ,
ce ne sont que des conjectures capables
de déterminer les Sçavans à écrire -
dessus , et c'est aussi dans ce dessein là
que je vous les adresse.
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Résumé : LETTRE écrite de Paris ce 23. Novembre 1733. au sujet de la Memoire.
La lettre du 23 novembre 1733 explore la mémoire et ses diverses manifestations. L'auteur commence par insister sur la nécessité de comprendre la mémoire avant de proposer des méthodes pour la cultiver et la préserver. Il identifie deux types de mémoire : la mémoire sensitive, partagée avec les animaux, et la mémoire intellectuelle, exclusive à l'homme, qui conserve les images produites par l'entendement. L'auteur situe la mémoire principalement dans le cerveau, spécifiquement dans sa partie supérieure, moins sollicitée par d'autres fonctions et mieux adaptée pour conserver les images. Il souligne également le rôle du petit cerveau (cérébelle) dans la rétention à long terme des souvenirs. Pour un fonctionnement optimal de la mémoire, le cerveau doit maintenir un équilibre entre humidité et sécheresse. Un cerveau trop humide ou trop sec nuit à la mémoire. Les enfants, avec leur cerveau trop humide, oublient facilement, tandis que les vieillards et les mélancoliques, avec un cerveau trop sec, ont du mal à enregistrer de nouvelles informations. L'auteur recommande l'usage du tabac pour équilibrer le tempérament cérébral, mais avertit des effets néfastes sur les personnes ayant un cerveau naturellement sec. Il conclut en soulignant que l'étude continue et la pratique avant le repos sont bénéfiques pour la mémoire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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267
p. 2675-2676
« Le Sieur Julien Apotiquaire ordinaire du Roi, en son Artillerie de France, continuë avec succès [...] »
Début :
Le Sieur Julien Apotiquaire ordinaire du Roi, en son Artillerie de France, continuë avec succès [...]
Mots clefs :
Élixir, Maladies, Sirop stomacal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur Julien Apotiquaire ordinaire du Roi, en son Artillerie de France, continuë avec succès [...] »
Le Sieur Julien Apotiquaire ordinaire du Roi,
'en son Artillerie de France , continue avec succès
de débiter son Sirop connu sous le nom de
Stomachal , souverain pour guerir les maladies
de poitrine , la toux séche et quand on est tourmenté
de fluxions chaudes et subtiles qui tom
bent sur la trachée - artere et les poulmons ; il
en adoucit l'acrimonie , soulage les phtisiqnes
et asmatiques . Sa doze est d'une cuillerée
bouche , trois fois par jour , il est très agréable
à prendre , on le peut prendre en une seule fois
dans du Thé , Prisanne , eau chaude &c .
ου
I
Ou trouvera aussi chez lui la véritable Pâte
de Guimauve , Jus de regliffe blanc , de même
que les Tablettes de soulphre d'une nouvelle
Composition pont le soulagement des asmatiques.
Sa demeure est toujours à Paris > rue de la
Verrerie , proche la rue des Billettes.
On donne avis au Public que Madame d'Algret
a composé un Elixir fortifient & anodin
excellent pour toutes les maladies du cerveau
et de l'estomach , et pour les personnes avancées
en âge ,exténuées par de longues maladies ;
il est encore bon pour toutes les coliques , pour
I. Vol
toutes
2676 MERCURE DE FRANCE
toutes les tranchées des femmes nouvellement
accouchées,il guerit des vomissements et procure
l'évacuation des vidanges lorsqu'elles sont suprimées.
C'est en conséquence des preuves que
Madame d'Algret a fait sous les yeux de M. le
premier Médecin , de la bonté de ce remede &
de l'examen qui en a été fait au Bureau de la
Commission par Mrs les Commissaires, qu'il lui
a été permis le le vendre et distribuct par Brevet
de la Commission.
Le prix de cet Elixir est de 60 livres la pinte,
qui se distribue en bouteilles de différens prix
dont les moindres sont de six et de trois livres.'
Madame d'Algret demeure rue des Poulies , an
petit Hôtel de Conti , vis- à- vis la rue Bailleul
dans la premiere cour , et premier escalier à main
droite , elle avertit le Public pour qu'il ne soit pas
trompé , qu'elle distribue elle même cet Elixir
et n'en fait distribuer par personne ni ailleurs
que chez elle ; on donne avec les bouteilles qui
sont cachetées de fon cachet , la maniere de se
servir de cet Elixir qui se transporte par tout et
ne se corrompt jamais , et qui est fort agréable à
prendre.
'en son Artillerie de France , continue avec succès
de débiter son Sirop connu sous le nom de
Stomachal , souverain pour guerir les maladies
de poitrine , la toux séche et quand on est tourmenté
de fluxions chaudes et subtiles qui tom
bent sur la trachée - artere et les poulmons ; il
en adoucit l'acrimonie , soulage les phtisiqnes
et asmatiques . Sa doze est d'une cuillerée
bouche , trois fois par jour , il est très agréable
à prendre , on le peut prendre en une seule fois
dans du Thé , Prisanne , eau chaude &c .
ου
I
Ou trouvera aussi chez lui la véritable Pâte
de Guimauve , Jus de regliffe blanc , de même
que les Tablettes de soulphre d'une nouvelle
Composition pont le soulagement des asmatiques.
Sa demeure est toujours à Paris > rue de la
Verrerie , proche la rue des Billettes.
On donne avis au Public que Madame d'Algret
a composé un Elixir fortifient & anodin
excellent pour toutes les maladies du cerveau
et de l'estomach , et pour les personnes avancées
en âge ,exténuées par de longues maladies ;
il est encore bon pour toutes les coliques , pour
I. Vol
toutes
2676 MERCURE DE FRANCE
toutes les tranchées des femmes nouvellement
accouchées,il guerit des vomissements et procure
l'évacuation des vidanges lorsqu'elles sont suprimées.
C'est en conséquence des preuves que
Madame d'Algret a fait sous les yeux de M. le
premier Médecin , de la bonté de ce remede &
de l'examen qui en a été fait au Bureau de la
Commission par Mrs les Commissaires, qu'il lui
a été permis le le vendre et distribuct par Brevet
de la Commission.
Le prix de cet Elixir est de 60 livres la pinte,
qui se distribue en bouteilles de différens prix
dont les moindres sont de six et de trois livres.'
Madame d'Algret demeure rue des Poulies , an
petit Hôtel de Conti , vis- à- vis la rue Bailleul
dans la premiere cour , et premier escalier à main
droite , elle avertit le Public pour qu'il ne soit pas
trompé , qu'elle distribue elle même cet Elixir
et n'en fait distribuer par personne ni ailleurs
que chez elle ; on donne avec les bouteilles qui
sont cachetées de fon cachet , la maniere de se
servir de cet Elixir qui se transporte par tout et
ne se corrompt jamais , et qui est fort agréable à
prendre.
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Résumé : « Le Sieur Julien Apotiquaire ordinaire du Roi, en son Artillerie de France, continuë avec succès [...] »
Le texte décrit deux remèdes médicaux et leurs fabricants. Julien, apothicaire du Roi en son Artillerie de France, propose le sirop Stomachal, efficace contre les maladies de poitrine, la toux sèche et les fluxions chaudes affectant la trachée-artère et les poumons. Ce sirop adoucit l'acrimonie et soulage les phtisiques et les asthmatiques. La dose recommandée est d'une cuillerée à bouche, trois fois par jour, dans du thé, de la prasine ou de l'eau chaude. Julien vend également de la pâte de guimauve, du jus de réglisse blanc et des tablettes de soufre pour les asthmatiques à Paris, rue de la Verrerie, proche la rue des Billettes. Madame d'Algret a composé un élixir fortifiant et anodin, bénéfique pour les maladies du cerveau et de l'estomac, ainsi que pour les personnes âgées ou affaiblies par de longues maladies. Cet élixir est également indiqué pour les coliques, les tranchées des femmes nouvellement accouchées, les vomissements et les problèmes d'évacuation. Après des preuves et un examen par des commissaires, Madame d'Algret a obtenu un brevet pour vendre et distribuer cet élixir. Le prix varie selon la taille des bouteilles, les plus petites coûtant six ou trois livres. Madame d'Algret réside rue des Poulies, au petit Hôtel de Conti, et distribue elle-même l'élixir pour éviter toute tromperie. Les bouteilles sont cachetées et accompagnées d'instructions d'utilisation.
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268
p. 2789-2792
L'ELOGE DE LA FIEVRE QUARTE.
Début :
Fievre Quarte, belle mignone, [...]
Mots clefs :
Fièvre quarte, Éloge, Yeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ELOGE DE LA FIEVRE QUARTE.
L'ELOGE
DE LA FIEVRE QUARTE
Fievre Jevre Quarte , belle mignone ,
Que vous êtes bonne
personne ,
Vous nous laissez en paix trois jours ,
Et ne nous tenez pas toujours ,
Comme la Fievre continuë ,
Qui par de longs assauts nous consume c
nous tuë ;
Vous valez mieux enfin que vos deux autres
soeurs ,
Qui presque sans relache exercent leurs fureurs ;
Vous êtes deux fois moins cruelle
Ft. Vol. De
2790 MERCURE DE FRANCE
J
Vousquiêtes deux fois moins cruelles
De trois jours un seul vous appelle ;
C'est agir plus honnêtement ,
Que de nous voir plus rarement ;
Aussi , quand quelqu'un vous possede ,
Malgré Medecin et remede ,
Il vous retient long - remps chez soi ;
Vous traitez de même air le Berger et le Roy;
Vous triomphez de tout l'Art d'Esculappe ,
Et le Medecin qui vous frappe .
Tombe lui- même sous vos traits
Pour moi , devotément j'adore vos atraits ;
Vous êtes à mes yeux gracieuse , charmante,
Où trouvera - t'on´une Amante ,
Ceci soit dit en secret entre nous
Aussi fidelle au rendez - vous ?
Voyez combien vous êtes tendre ,
x
Dans mon lit , sans vous faire attendre ,
Vous vous rendez entre mes bras ;
N'est- ce pas
là voler au-devant de mes pas ?
Vous me trouvez d'abord dans des froideurs
mortelles ,
Vous faites ce que les plus belles ,
Ne sçauroient faire sur mon coeur
Vous dissipez cette tiedeur ,
Pour me faire sentir une ardeur sans pareille
Ce n'est pas la seule merveille
Que vous operez sur mes sens ;
11. Vol.
Lorsque
DECEMBRE. 1733 2791
Lorsque répandue au-dedans ,
Votre chaleut me consume et m'altere ,
Un verre d'une eau fraîche et claire ,
Est cent fois plus cher à mes yeux ,
Que ne seroit le vin le plus delicieux :
Vous portez dans ma fantaisie
La plus charmante rêverie ;
Lorsque vous m'agitez , je me crois un grand
Roy ;
Cent Peuples vivent sous ma loy ;
Je suis un vrai foudre de guerre ;
Et devant moi tremble la Terre ;
Quelque autre fois Amant heureux ,
Je suis favorisé de l'objet de mes voeux ,
Souvent le bruit de ma science ,
Et de ma grande experience ,
Franchit et les Monts et les Mers ;
Je me fais adorer au bout de l'Univers ;
Après tant de bontez , Dieu sçait si je vous aimez
Pour vous mon ardeur est extrême`;
Quel amour ! non , n'en doutez pas ,
'Vous douteriez de vos appas ;
Mais , sûre de cet avantage ,
Contentez-vous de mon hommage ;
Trop d'amour cause trop de soin ,
Nous pouvons nous aimer de loin ;
Songez aux conquêtes nouvelles ,
C'est-là l'Ambition des Belles ;
II. Vol. D'autre
2792 MERCURE DE FRANCE
D'aucun soupçon jaloux , je ne puis être épris ;~
Vous pouvez à mes yeux aimer mes ennemis.
Pierre de Frasnay .
DE LA FIEVRE QUARTE
Fievre Jevre Quarte , belle mignone ,
Que vous êtes bonne
personne ,
Vous nous laissez en paix trois jours ,
Et ne nous tenez pas toujours ,
Comme la Fievre continuë ,
Qui par de longs assauts nous consume c
nous tuë ;
Vous valez mieux enfin que vos deux autres
soeurs ,
Qui presque sans relache exercent leurs fureurs ;
Vous êtes deux fois moins cruelle
Ft. Vol. De
2790 MERCURE DE FRANCE
J
Vousquiêtes deux fois moins cruelles
De trois jours un seul vous appelle ;
C'est agir plus honnêtement ,
Que de nous voir plus rarement ;
Aussi , quand quelqu'un vous possede ,
Malgré Medecin et remede ,
Il vous retient long - remps chez soi ;
Vous traitez de même air le Berger et le Roy;
Vous triomphez de tout l'Art d'Esculappe ,
Et le Medecin qui vous frappe .
Tombe lui- même sous vos traits
Pour moi , devotément j'adore vos atraits ;
Vous êtes à mes yeux gracieuse , charmante,
Où trouvera - t'on´une Amante ,
Ceci soit dit en secret entre nous
Aussi fidelle au rendez - vous ?
Voyez combien vous êtes tendre ,
x
Dans mon lit , sans vous faire attendre ,
Vous vous rendez entre mes bras ;
N'est- ce pas
là voler au-devant de mes pas ?
Vous me trouvez d'abord dans des froideurs
mortelles ,
Vous faites ce que les plus belles ,
Ne sçauroient faire sur mon coeur
Vous dissipez cette tiedeur ,
Pour me faire sentir une ardeur sans pareille
Ce n'est pas la seule merveille
Que vous operez sur mes sens ;
11. Vol.
Lorsque
DECEMBRE. 1733 2791
Lorsque répandue au-dedans ,
Votre chaleut me consume et m'altere ,
Un verre d'une eau fraîche et claire ,
Est cent fois plus cher à mes yeux ,
Que ne seroit le vin le plus delicieux :
Vous portez dans ma fantaisie
La plus charmante rêverie ;
Lorsque vous m'agitez , je me crois un grand
Roy ;
Cent Peuples vivent sous ma loy ;
Je suis un vrai foudre de guerre ;
Et devant moi tremble la Terre ;
Quelque autre fois Amant heureux ,
Je suis favorisé de l'objet de mes voeux ,
Souvent le bruit de ma science ,
Et de ma grande experience ,
Franchit et les Monts et les Mers ;
Je me fais adorer au bout de l'Univers ;
Après tant de bontez , Dieu sçait si je vous aimez
Pour vous mon ardeur est extrême`;
Quel amour ! non , n'en doutez pas ,
'Vous douteriez de vos appas ;
Mais , sûre de cet avantage ,
Contentez-vous de mon hommage ;
Trop d'amour cause trop de soin ,
Nous pouvons nous aimer de loin ;
Songez aux conquêtes nouvelles ,
C'est-là l'Ambition des Belles ;
II. Vol. D'autre
2792 MERCURE DE FRANCE
D'aucun soupçon jaloux , je ne puis être épris ;~
Vous pouvez à mes yeux aimer mes ennemis.
Pierre de Frasnay .
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Résumé : L'ELOGE DE LA FIEVRE QUARTE.
Le texte est un éloge de la fièvre quarte, une forme de malaria caractérisée par des accès fébriles récurrents. L'auteur personnifie cette fièvre comme une belle et bonne personne, la comparant favorablement à d'autres fièvres plus continuelles et cruelles. Il souligne que la fièvre quarte laisse trois jours de répit entre ses accès, ce qui la rend moins pénible. L'auteur exprime son admiration pour elle, la décrivant comme gracieuse et charmante, et affirmant qu'elle est plus fidèle qu'une amante. Il décrit les effets de la fièvre sur lui, notamment une ardeur sans pareille et des visions grandioses où il se voit roi, guerrier ou savant admiré. Malgré son amour extrême pour la fièvre quarte, l'auteur suggère de maintenir une relation à distance pour éviter les soucis excessifs. Il conclut en exprimant son admiration et en encourageant la fièvre quarte à poursuivre de nouvelles conquêtes.
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269
p. 2882-288[4]
« On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...] »
Début :
On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...]
Mots clefs :
Examen, Faculté, Bacheliers, Opérations chirurgicales, Vaisseau de guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...] »
On écrit de Londres , que le 8 de ce mois on
fit à Wolwich , en presence des Commissaires
de l'Amirauté à bord du Vaisseau de Guerre le
Roebuck , de 40 Canons , l'essai de deux Rames
nouvellement inventées , par le secours desquels
on prétend qu'un Vaisseau de Guerre, même da
premier rang, pourra virer de bord et faire trois
quarts de lieue par heure dans un calme : l'expérience
n'eût pas tout le succès qu'on en attendoit.
M. Jean Kelly a traduit et ajusté au Theâtre
Anglois , la Comédie du Philosophe marié de M.
des Touches , et elle a été joüée avec succès sur
le Theatre Royal , in Coven Farden.
On
DECEMBRE . 1733. 2888
On mande aussi que M. Crusius y a fait imprimer
depuis peu en deux petits Volumes , les
Vies des Poëtes Latins , avec de courtes Dissertations
critiques et historiques au sujet de ces
Poëtes et de leurs Ouvrages , où il fait voir leurs
beautez et leurs défauts . Il y a joint une introduction
, concernant l'origine et le progrès de la
Poësie en general , et un essai sur le Poëme Dramatique
en particulier.
C'est sur un Memoire peu exact qu'on a dit
dans le Mercure de Novembre dernier , page
2459 que la Faculté de Médecine de Paris ,
substitué à l'examen de Chirurgie , qu'elle faisoit
subir à ses Bacheliers , des exercices sur l'Anatomie
et sur les Opérations Chirurgicales .
Par le Decret de la même Faculté du 21 Mars
1732. et en exécution d'icelui ,, elle conserve
l'examen de Chirurgie , le seul changement qui
y a été apporté , c'est d'obliger ses Bacheliers à
faire les Opérations Chirurgicales sur lesquelles
on les interroge dans cet examen qui se dois
faire la seconde année de Licence.
•
Par le même Decret la Faculté a encore établi
un autre examen d'Anatomie , dans lequel les
Bacheliers doivent répondre en dissequant et en
démontrant les differentes parties du Corps Hu
main,et cet examen se doit faire dans la premiere
année de Licence.
Le Sr Neilson , Ecossois , reçu depuis peu à
S. Cosme , Expert pour la guérison parfaite et
radicale des Hernies ou Descentes à l'un et à
l'autre sexe , et de tout âge , avertit qu'il traite
ces sortes de maladies d'une façon particuliere et
par la simple application des Remedes specifiques
II. Vol. et
E vj
2881 MERCURE DE FRANCE
et sans que le malade cesse de vaquer à ses affaires.
Il donne aussi ses avis et ses Remedes à ceux
qui sont dans les Provinces , soulage même les
Hernies les plus inveterées , rend cette incommodité
suportable et empêche les mauvaises
suites. Il demeure dans la rue Dauphine au Coq
d'or , à Paris.
Par Brevet du Roy , du 22 May 1733 ; et Approbation
de son premier Medecin , le Sr Moureau
avertit le Public , qu'il possede un Secret
pour guerir radicalement toutes sortes de retentions
d'urines , causées par des Carnositez ou
Callositez , sans causer aucune inflammation à la
partie . Son remede est connu par les Experiences
qui ont été faites , il s'expliquera plus amplement
à ceux qui le viendront trouver en sa demeure
, rue neuve de Luxembourg , vis à - vis le
Couvent des Dames de l'Assomption de la rue
S. Honoré , chez M. le Cor , Maître Charon , ou
on le trouvera seulement le matin jusqu'à deux
heures après midi .
Adresse de celui qui empêche la fumée , en
mettant des machines sur les cheminées qu'il
appelle églises . C'est le Sr Monreau , Ferblantier,
demeurant rue du Plessis , à côté d'un Tourneur,
dans une allée au rez de chaussée. Sa Boutique est
au coin du Marché au Pain , du côté de la rue
du Plessis.
fit à Wolwich , en presence des Commissaires
de l'Amirauté à bord du Vaisseau de Guerre le
Roebuck , de 40 Canons , l'essai de deux Rames
nouvellement inventées , par le secours desquels
on prétend qu'un Vaisseau de Guerre, même da
premier rang, pourra virer de bord et faire trois
quarts de lieue par heure dans un calme : l'expérience
n'eût pas tout le succès qu'on en attendoit.
M. Jean Kelly a traduit et ajusté au Theâtre
Anglois , la Comédie du Philosophe marié de M.
des Touches , et elle a été joüée avec succès sur
le Theatre Royal , in Coven Farden.
On
DECEMBRE . 1733. 2888
On mande aussi que M. Crusius y a fait imprimer
depuis peu en deux petits Volumes , les
Vies des Poëtes Latins , avec de courtes Dissertations
critiques et historiques au sujet de ces
Poëtes et de leurs Ouvrages , où il fait voir leurs
beautez et leurs défauts . Il y a joint une introduction
, concernant l'origine et le progrès de la
Poësie en general , et un essai sur le Poëme Dramatique
en particulier.
C'est sur un Memoire peu exact qu'on a dit
dans le Mercure de Novembre dernier , page
2459 que la Faculté de Médecine de Paris ,
substitué à l'examen de Chirurgie , qu'elle faisoit
subir à ses Bacheliers , des exercices sur l'Anatomie
et sur les Opérations Chirurgicales .
Par le Decret de la même Faculté du 21 Mars
1732. et en exécution d'icelui ,, elle conserve
l'examen de Chirurgie , le seul changement qui
y a été apporté , c'est d'obliger ses Bacheliers à
faire les Opérations Chirurgicales sur lesquelles
on les interroge dans cet examen qui se dois
faire la seconde année de Licence.
•
Par le même Decret la Faculté a encore établi
un autre examen d'Anatomie , dans lequel les
Bacheliers doivent répondre en dissequant et en
démontrant les differentes parties du Corps Hu
main,et cet examen se doit faire dans la premiere
année de Licence.
Le Sr Neilson , Ecossois , reçu depuis peu à
S. Cosme , Expert pour la guérison parfaite et
radicale des Hernies ou Descentes à l'un et à
l'autre sexe , et de tout âge , avertit qu'il traite
ces sortes de maladies d'une façon particuliere et
par la simple application des Remedes specifiques
II. Vol. et
E vj
2881 MERCURE DE FRANCE
et sans que le malade cesse de vaquer à ses affaires.
Il donne aussi ses avis et ses Remedes à ceux
qui sont dans les Provinces , soulage même les
Hernies les plus inveterées , rend cette incommodité
suportable et empêche les mauvaises
suites. Il demeure dans la rue Dauphine au Coq
d'or , à Paris.
Par Brevet du Roy , du 22 May 1733 ; et Approbation
de son premier Medecin , le Sr Moureau
avertit le Public , qu'il possede un Secret
pour guerir radicalement toutes sortes de retentions
d'urines , causées par des Carnositez ou
Callositez , sans causer aucune inflammation à la
partie . Son remede est connu par les Experiences
qui ont été faites , il s'expliquera plus amplement
à ceux qui le viendront trouver en sa demeure
, rue neuve de Luxembourg , vis à - vis le
Couvent des Dames de l'Assomption de la rue
S. Honoré , chez M. le Cor , Maître Charon , ou
on le trouvera seulement le matin jusqu'à deux
heures après midi .
Adresse de celui qui empêche la fumée , en
mettant des machines sur les cheminées qu'il
appelle églises . C'est le Sr Monreau , Ferblantier,
demeurant rue du Plessis , à côté d'un Tourneur,
dans une allée au rez de chaussée. Sa Boutique est
au coin du Marché au Pain , du côté de la rue
du Plessis.
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Résumé : « On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...] »
Le 8 décembre 1733, une démonstration de nouvelles rames inventées a eu lieu à bord du vaisseau de guerre le Roebuck à Woolwich, en présence des commissaires de l'Amirauté. Ces rames visaient à permettre au vaisseau de virer de bord et de naviguer à trois quarts de lieue par heure en calme, mais l'expérience n'a pas atteint le succès escompté. M. Jean Kelly a traduit et adapté la comédie 'Le Philosophe marié' de M. des Touches, jouée avec succès au Théâtre Royal de Covent Garden à Londres. M. Crusius a publié en deux volumes les 'Vies des Poètes Latins', incluant des dissertations critiques et historiques sur les poètes et leurs œuvres, ainsi qu'une introduction sur l'origine et le progrès de la poésie. Une rectification a été apportée concernant une information publiée dans le Mercure de Novembre précédent. La Faculté de Médecine de Paris n'a pas supprimé l'examen de chirurgie. Selon le décret du 21 mars 1732, les bacheliers doivent effectuer les opérations chirurgicales lors de cet examen, qui se déroule la seconde année de licence. Un nouvel examen d'anatomie a également été instauré, où les bacheliers doivent disséquer et démontrer les parties du corps humain, cet examen se déroulant la première année de licence. Le Sr Neilson, Écossais, a été reçu à Saint-Cosme pour la guérison des hernies. Il réside rue Dauphine au Coq d'or à Paris et offre ses services aux personnes des provinces. Le Sr Moureau propose un remède pour guérir radicalement les rétentions d'urines causées par des carnosités ou callosités, sans inflammation. Il reçoit les patients rue neuve de Luxembourg, vis-à-vis le Couvent des Dames de l'Assomption de la rue Saint-Honoré, chez M. le Cor, Maître Charon. Le Sr Monreau, ferblantier, propose des machines pour empêcher la fumée des cheminées, qu'il appelle 'églises'. Il réside rue du Plessis, à côté d'un tourneur, dans une allée au rez-de-chaussée, avec sa boutique au coin du Marché au Pain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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270
p. 112-117
Essay sur les erreurs populaires, &c. [titre d'après la table]
Début :
ESSAY sur les erreurs populaires. Suite de l'Extrait de ce Livre, imprimé [...]
Mots clefs :
Vipère, Dents, Manger, Éternuer, Tradition, Grecs, Animal, Galien, Usage, Peuples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essay sur les erreurs populaires, &c. [titre d'après la table]
ESSAY sur les erreurs populaires . Sulte
de l'Extrait de ce Livre , imprimé
dans le Mercure de Novembre.
Au Chapitre 8 , du 3 ° Livre , l'Auteur
refute la Fable qu'on débite par rapport
au Loup , comme il a fait celle du Basilic
: Si le Loup , dit - on , apperçoit un
homme avant qu'il en soit apperçu , incontinent
cet homme devient enroué ou
perd la voix ; d'où est venu le Proverbe,
Lupus in fabula. Cette opinion est née
de l'étonnement et du silence que cause
d'ordinaire aux Voyageurs la vûë inopinée
JANVIER : 1734." 113
née des Loups ; non qu'il sorte de ces
animaux avec une vapeur nuisible , comme
on le suppose ; mais c'est qu'alors on
est saisi de frayeur; et que la frayeur produit
ordinairement le silence.
Chapitre 16. C'est encore une tradition
fort ancienne , que la Vipere dans
l'accouplement , coupe , avec ses dents.
la tête du mâle , et que les Petits , à leur
tour , pour le vanger , déchirent le sein
de leur mere , et se font ainsi passage
avec leurs dents...... Et quoique cette
Tradition fut établie chez les Grecs , les
Latins ont voulu la fortifier , en donnant
à cet animal le nom de Vipere. Quasi vi
pariat. Et ce texte des Livres Saints : O
générations de Viperes , a trouvé des Interpretes
favorables à cette même tradition.
Cependant malgré ces autoritez ,
ces narrations , ces conjectures , nous pou
vons affirmer après un examen sérieux
que cela n'est conforme ni à la vérité , ni
à la raison .
Il n'y a peut- être point d'animal dont
on ait débité tant de Fables , que de la:
Vipere comme on l'a déja remarqué, et
ainsi que François Rédi l'a fait voir dans
ses Observations. Ce Sçavant Naturaliste
a prouvé par le raisonnement et par
l'expérience que la Vipere ne contient
F v au114
MERCURE DE FRANCE
aucune humeur pernicieuse ou mortelle;
que l'un et l'autre sexe n'ont que deux
dents canines ; que ces dents sont creuses
, que leur morsure n'empoisonne
point , et qu'elle ne fait autre chose
qu'une playe par où le venin peut s'insinuer
, et que ce poison n'est mortel
qu'autant qu'il entre dans quelque vaisseau
sanguin. Il prouve encore que la
Vipere ne contient d'autre poison que
cette liqueur presqu'insipide , qui ressemble
à de l'huile d'amandes , et qui s'arrête
dans ces especes de guaines , dont
ses dents sont couvertes ; que cette li
queur ne sort pas de la vésicule du fiel
mais qu'elle se produit plus vrai- sembla
blement dans la téte où les conduits sa
livaires ont leur origine.
Dans le chap. 25. du même liv. 3. du
choix des Viandes , & c. l'Auteur dit qu'il
paroît qu'Aristote et Albert , recommandoient
la chair des jeunes Faucons. Galien
, dit il , qui vante celle des Renards.
en Automne, quand ils mangent des Raisins,
condanne les Cailles et met les Öyes
au même rang que les Autruches ; cependant
aujourd'hui on sert des Cailles
sur les meilleurs Tables.
Ce n'est que dans les plus grandes extrémitez
que l'on mange aujourd'hui
des
JANVIER . 1734. IIS
-
des Chiens. Cependant Galien nous apprend
que plusieurs Nations s'en nourrissoient
; et Hippocrate en fait autant
de cas que des Öyseaux ; il en ordonne
même la chair comme un reméde excellent
contre les maladies de Ratte , et
pour faire concevoir les femmes. Du tems
de Pline et de Galien , continue l'Auteur,
on condamnoit l'usage de la chair de
Cheval, et l'on croyoit que le sarg de cet
animal étoit très nuisible , au lieu
qu'aujourd'hui c'est la nourriture des
Tartares, et que ces Peuples en boivent le
sang. On pourroit se persuader que c'est
une fantaisie des Peuples Septentrionaux ,
si Hérodote ne nous apprenoit que
Perses en servoient dans leurs Festins , et
qu'aux jours de leur naissance , ils apprê
toient des Chevaux , des Chameaux et des
Anes tous entiers ; blâmant en cela les
Grecs , qui , selon eux , n'en chargeoient
point assez leurs Tables.
les.
Il n'y a presque rien dont les hommes
en general ne se nourrissent. Ce qui est
inconnu dans une Région , est d'usage
dans une autre , et l'on prouveroit sang
peine , que des Peuples entiers mangent
des Tygres , des Elephans , des Rats , des
Chauves - Souris , & c. Lérins et d'autres.
assurent qu'il y a des Amériquains qui
F vj
man
116 MERCURE DE FRANCE
mangent de tout , sans excepter les Cra
paux et les Serpens. Il y a même des Nations,
qui au mépris de toutes les Loix ,
ont mangé et mangent encore de la chair
humaine .
Les anciens étoient dans une grande ,
superstition au sujet de l'éternûment.On
lit icy , aù ch.9. du 4 liv. qu'ils croyoient
qu'il annonçoit quelque chose de sinistre;
et cela paroît bien par ce trait de
l'Athénien,qui , parce qu'un des Bateliers
avoit éternué , voulut abandonner sonentreprise
; et par le témoignage de S. Augustin
, qui dit que les anciens se remettoient
au lit quand il leur arrivoit d'é
ternuer en se chaussant.
Aristote demande encore pourquoi if
est d'un bon augure d'éternuer depuis
midi jusqu'à minuit , et d'un mauvais
augure d'éternuer depuis minuit jusqu'à
midi.
Eustathe , dans ses Commentaires sur
Homere , a remarqué qu'éternuer à sa
gauche , c'étoit un signe malheureux ; et
qu'éternuer à sa droite , c'étoit un signe
favorable. Aussi Plutarque nous apprend
qu'avant la Bataille contre Xerxes , Thémistocle
sacrifiant sur son Vaisseau
et un des assistans ayant éternué à sa
droite , l'Augure Euphrantides prédig
à
JANVIER 1734 117
`
à l'instant la Victoire des Grecs et la Dé
faite des Perses.
L'usage de saluer quand on éternuë ,
est donc beaucoup plus ancien qu'on ne
le croit ordinairement , et il ne tire point
son origine de quelque maladie particuliere
; mais bien qu'il soit né de l'idée
qu'on s'étoit faite sur cette violente agitation
, qui surprenoit les assistans ; d'autres
ayant remarqué quelques événemens
qui n'y étoient liez que par hazard , on
est enfin parvenu à faire ces formules ,
par lesquelles on souhaitoit que le mal
fut détourné , et que le bien arrivât.
de l'Extrait de ce Livre , imprimé
dans le Mercure de Novembre.
Au Chapitre 8 , du 3 ° Livre , l'Auteur
refute la Fable qu'on débite par rapport
au Loup , comme il a fait celle du Basilic
: Si le Loup , dit - on , apperçoit un
homme avant qu'il en soit apperçu , incontinent
cet homme devient enroué ou
perd la voix ; d'où est venu le Proverbe,
Lupus in fabula. Cette opinion est née
de l'étonnement et du silence que cause
d'ordinaire aux Voyageurs la vûë inopinée
JANVIER : 1734." 113
née des Loups ; non qu'il sorte de ces
animaux avec une vapeur nuisible , comme
on le suppose ; mais c'est qu'alors on
est saisi de frayeur; et que la frayeur produit
ordinairement le silence.
Chapitre 16. C'est encore une tradition
fort ancienne , que la Vipere dans
l'accouplement , coupe , avec ses dents.
la tête du mâle , et que les Petits , à leur
tour , pour le vanger , déchirent le sein
de leur mere , et se font ainsi passage
avec leurs dents...... Et quoique cette
Tradition fut établie chez les Grecs , les
Latins ont voulu la fortifier , en donnant
à cet animal le nom de Vipere. Quasi vi
pariat. Et ce texte des Livres Saints : O
générations de Viperes , a trouvé des Interpretes
favorables à cette même tradition.
Cependant malgré ces autoritez ,
ces narrations , ces conjectures , nous pou
vons affirmer après un examen sérieux
que cela n'est conforme ni à la vérité , ni
à la raison .
Il n'y a peut- être point d'animal dont
on ait débité tant de Fables , que de la:
Vipere comme on l'a déja remarqué, et
ainsi que François Rédi l'a fait voir dans
ses Observations. Ce Sçavant Naturaliste
a prouvé par le raisonnement et par
l'expérience que la Vipere ne contient
F v au114
MERCURE DE FRANCE
aucune humeur pernicieuse ou mortelle;
que l'un et l'autre sexe n'ont que deux
dents canines ; que ces dents sont creuses
, que leur morsure n'empoisonne
point , et qu'elle ne fait autre chose
qu'une playe par où le venin peut s'insinuer
, et que ce poison n'est mortel
qu'autant qu'il entre dans quelque vaisseau
sanguin. Il prouve encore que la
Vipere ne contient d'autre poison que
cette liqueur presqu'insipide , qui ressemble
à de l'huile d'amandes , et qui s'arrête
dans ces especes de guaines , dont
ses dents sont couvertes ; que cette li
queur ne sort pas de la vésicule du fiel
mais qu'elle se produit plus vrai- sembla
blement dans la téte où les conduits sa
livaires ont leur origine.
Dans le chap. 25. du même liv. 3. du
choix des Viandes , & c. l'Auteur dit qu'il
paroît qu'Aristote et Albert , recommandoient
la chair des jeunes Faucons. Galien
, dit il , qui vante celle des Renards.
en Automne, quand ils mangent des Raisins,
condanne les Cailles et met les Öyes
au même rang que les Autruches ; cependant
aujourd'hui on sert des Cailles
sur les meilleurs Tables.
Ce n'est que dans les plus grandes extrémitez
que l'on mange aujourd'hui
des
JANVIER . 1734. IIS
-
des Chiens. Cependant Galien nous apprend
que plusieurs Nations s'en nourrissoient
; et Hippocrate en fait autant
de cas que des Öyseaux ; il en ordonne
même la chair comme un reméde excellent
contre les maladies de Ratte , et
pour faire concevoir les femmes. Du tems
de Pline et de Galien , continue l'Auteur,
on condamnoit l'usage de la chair de
Cheval, et l'on croyoit que le sarg de cet
animal étoit très nuisible , au lieu
qu'aujourd'hui c'est la nourriture des
Tartares, et que ces Peuples en boivent le
sang. On pourroit se persuader que c'est
une fantaisie des Peuples Septentrionaux ,
si Hérodote ne nous apprenoit que
Perses en servoient dans leurs Festins , et
qu'aux jours de leur naissance , ils apprê
toient des Chevaux , des Chameaux et des
Anes tous entiers ; blâmant en cela les
Grecs , qui , selon eux , n'en chargeoient
point assez leurs Tables.
les.
Il n'y a presque rien dont les hommes
en general ne se nourrissent. Ce qui est
inconnu dans une Région , est d'usage
dans une autre , et l'on prouveroit sang
peine , que des Peuples entiers mangent
des Tygres , des Elephans , des Rats , des
Chauves - Souris , & c. Lérins et d'autres.
assurent qu'il y a des Amériquains qui
F vj
man
116 MERCURE DE FRANCE
mangent de tout , sans excepter les Cra
paux et les Serpens. Il y a même des Nations,
qui au mépris de toutes les Loix ,
ont mangé et mangent encore de la chair
humaine .
Les anciens étoient dans une grande ,
superstition au sujet de l'éternûment.On
lit icy , aù ch.9. du 4 liv. qu'ils croyoient
qu'il annonçoit quelque chose de sinistre;
et cela paroît bien par ce trait de
l'Athénien,qui , parce qu'un des Bateliers
avoit éternué , voulut abandonner sonentreprise
; et par le témoignage de S. Augustin
, qui dit que les anciens se remettoient
au lit quand il leur arrivoit d'é
ternuer en se chaussant.
Aristote demande encore pourquoi if
est d'un bon augure d'éternuer depuis
midi jusqu'à minuit , et d'un mauvais
augure d'éternuer depuis minuit jusqu'à
midi.
Eustathe , dans ses Commentaires sur
Homere , a remarqué qu'éternuer à sa
gauche , c'étoit un signe malheureux ; et
qu'éternuer à sa droite , c'étoit un signe
favorable. Aussi Plutarque nous apprend
qu'avant la Bataille contre Xerxes , Thémistocle
sacrifiant sur son Vaisseau
et un des assistans ayant éternué à sa
droite , l'Augure Euphrantides prédig
à
JANVIER 1734 117
`
à l'instant la Victoire des Grecs et la Dé
faite des Perses.
L'usage de saluer quand on éternuë ,
est donc beaucoup plus ancien qu'on ne
le croit ordinairement , et il ne tire point
son origine de quelque maladie particuliere
; mais bien qu'il soit né de l'idée
qu'on s'étoit faite sur cette violente agitation
, qui surprenoit les assistans ; d'autres
ayant remarqué quelques événemens
qui n'y étoient liez que par hazard , on
est enfin parvenu à faire ces formules ,
par lesquelles on souhaitoit que le mal
fut détourné , et que le bien arrivât.
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Résumé : Essay sur les erreurs populaires, &c. [titre d'après la table]
L'auteur de l'ESSAY sur les erreurs populaires réfute plusieurs croyances et traditions. Dans le chapitre 8, il conteste la croyance selon laquelle apercevoir un loup avant qu'il ne vous voie provoque une perte de voix, attribuant ce phénomène à la frayeur et au silence qu'elle engendre. Le chapitre 16 dément la tradition selon laquelle la vipère coupe la tête du mâle lors de l'accouplement et que leurs petits déchirent le sein de leur mère pour se venger. Cette tradition, bien que soutenue par des autorités grecques et latines, est jugée non conforme à la vérité et à la raison. François Rédi, un naturaliste, a démontré que la vipère ne contient pas d'humeur pernicieuse et que son venin n'est mortel que s'il pénètre dans un vaisseau sanguin. Le chapitre 25 discute des choix alimentaires à travers les époques. Aristote et Albert recommandaient la chair des jeunes faucons, tandis que Galien vantait celle des renards en automne. Galien condamnait les cailles et les œufs, mais aujourd'hui, les cailles sont servies sur les meilleures tables. Les anciens mangeaient des chiens et des chevaux, contrairement aux pratiques actuelles. Les Perses servaient du cheval dans leurs festins, blâmant les Grecs pour leur manque de variété alimentaire. L'auteur note que les habitudes alimentaires varient selon les régions et les époques, certains peuples consommant des animaux considérés comme impropres à la consommation ailleurs. Enfin, le texte aborde les superstitions entourant l'éternuement. Les anciens y voyaient des signes de bon ou de mauvais augure, selon le moment de la journée ou la direction de l'éternuement. Cette croyance a conduit à l'usage de saluer quelqu'un qui éternue, pour détourner le mal et attirer le bien.
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271
p. 130-131
PRIX proposé par l'Académie de Chirurgie pour l'année 1734.
Début :
L'Académie de Chirurgie, établie à Paris sous la protection du Roy, desirant contribuer [...]
Mots clefs :
Prix, Académie de chirurgie, Maladies chirurgicales, Panser, Marque distinctive
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie de Chirurgie pour l'année 1734.
PRIX proposé par l'Académie de
Chirurgie pour l'année 1734.
L
'Académie de Chirurgie , établie à Paris sous
la protection du Roy , desirant contribuer
au progrès de cet Art et à l'utilité publique, proprose
pour le Prix de l'année 1734. le sujet
suivant.
Déterminer dans chaque genre de maladies Chirurgicales
, les cas dans lesquels il convient de panser
fréquemment , et ceux dans lesquels il convient
de panser rarement.
On demande à ceux qui travailleront pour le
Prix , des raisonnemens fondez sur la pratique ;
on les prie d'écrire en François ou en Latin ,
autant qu'il se pourra , et d'avoir attention que
leurs écrits soient fort lisibles.
Ils mettront à leur Memoire une marque distinctive
, comme Sentence , Devise , Paraphe ou
Signature ; et cette marque sera couverte d'un
papier blanc collé ou cacheté , qui ne sera levé
qu'en cas que la Piece ait remporté le Prix .
Ils adresseront leurs Ouvrages francs de port
à M. Morand , Secretaire de l'Académie de
Chirurgie à Paris , où on les lui fera remettre
entre les mains .
* Lieu où sont les Boussoles.
Les
JANVIER. 1734. 231
Les Chiurgiens de tous pays seront admis à
concourir le Prix ; on n'en excepte que les
Membres de l'Académie .
pour
Le Prix est une Médaille d'or de la valeur de
deux cens livres, qui sera donnée à celui qui , au
jugement de l'Académie , aura fait le meilleur
Memoire sur le sujet proposé.
La Médaille sera délivrée à l'Auteur même qui
se fera connoître , ou au Porteur d'une Procuration
de sa part ; l'un ou l'autre réprésenteront
la marque distinctive , avec une copie nette du
Memoire.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au dernier
jour de l'année 1734. inclusivement .
L'Académie , à son Assemblée publique de
1735. qui se tiendra le Mardi d'après la Trinité,
proclamera la Piece qui aura remporté le Prix.
Chirurgie pour l'année 1734.
L
'Académie de Chirurgie , établie à Paris sous
la protection du Roy , desirant contribuer
au progrès de cet Art et à l'utilité publique, proprose
pour le Prix de l'année 1734. le sujet
suivant.
Déterminer dans chaque genre de maladies Chirurgicales
, les cas dans lesquels il convient de panser
fréquemment , et ceux dans lesquels il convient
de panser rarement.
On demande à ceux qui travailleront pour le
Prix , des raisonnemens fondez sur la pratique ;
on les prie d'écrire en François ou en Latin ,
autant qu'il se pourra , et d'avoir attention que
leurs écrits soient fort lisibles.
Ils mettront à leur Memoire une marque distinctive
, comme Sentence , Devise , Paraphe ou
Signature ; et cette marque sera couverte d'un
papier blanc collé ou cacheté , qui ne sera levé
qu'en cas que la Piece ait remporté le Prix .
Ils adresseront leurs Ouvrages francs de port
à M. Morand , Secretaire de l'Académie de
Chirurgie à Paris , où on les lui fera remettre
entre les mains .
* Lieu où sont les Boussoles.
Les
JANVIER. 1734. 231
Les Chiurgiens de tous pays seront admis à
concourir le Prix ; on n'en excepte que les
Membres de l'Académie .
pour
Le Prix est une Médaille d'or de la valeur de
deux cens livres, qui sera donnée à celui qui , au
jugement de l'Académie , aura fait le meilleur
Memoire sur le sujet proposé.
La Médaille sera délivrée à l'Auteur même qui
se fera connoître , ou au Porteur d'une Procuration
de sa part ; l'un ou l'autre réprésenteront
la marque distinctive , avec une copie nette du
Memoire.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au dernier
jour de l'année 1734. inclusivement .
L'Académie , à son Assemblée publique de
1735. qui se tiendra le Mardi d'après la Trinité,
proclamera la Piece qui aura remporté le Prix.
Fermer
Résumé : PRIX proposé par l'Académie de Chirurgie pour l'année 1734.
En 1734, l'Académie de Chirurgie de Paris, sous la protection royale, organise un concours visant à promouvoir le progrès de la chirurgie et l'utilité publique. Le sujet du concours porte sur la détermination des cas où il est approprié de panser fréquemment ou rarement les maladies chirurgicales. Les participants doivent s'appuyer sur la pratique et rédiger leurs mémoires en français ou en latin, de manière lisible. Chaque mémoire doit comporter une marque distinctive, telle qu'une sentence ou une devise, couverte d'un papier blanc collé ou cacheté. Les ouvrages doivent être envoyés à M. Morand, secrétaire de l'Académie, avant le dernier jour de l'année 1734. Le prix, une médaille d'or valant deux cents livres, sera remis lors de l'assemblée publique de 1735, le mardi suivant la Trinité. Tous les chirurgiens, sauf les membres de l'Académie, sont éligibles pour concourir.
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272
p. 299-301
« OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...] »
Début :
OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...]
Mots clefs :
Parlement de Toulouse, Arrêts, Carême, Légumes, Herbages
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texteReconnaissance textuelle : « OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...] »
BSERVATIONS sur les Arrêts remarquables
du Parlement de Toulouse
, recueillis par M. Jean de Catellan ,
Conseiller au même Parlement, enrichies
des Artêts nouveaux , rendus sur les mê
mes matieres Par Gabriel de Vedel, Ecuyer,
Docteur et Avocat au Parlement de Toulouse
. A Toulouse , de l'Imprimerie de N.
Caranove , à la Bible d'or , et se vendent
chez Etienne Manavit et Jean - François
Foret, à la Couronne d'or. 1733. in 4.2 vol .
Tom. 1. de 372 pages ; et le second de
292.
SANCTI Aurelii Augustini Hipponensis
Episcopi, Epistolæ dur , recens in Germania
repertæ , Notis criticis , historicis ,
chronologicisque illustratæ , ac juxta novissimam
Editionem omnium ejusdemi
S. Doctoris Operum , à Benedictinis , è
Congregatione S. Mauri concinnatam
tersæ atque adornate opera et studio
D ... ejusdem Congregationis Presbyteri.
Fol. Parisiis apud viduam Raymun-
E iiij di
300 MERCURE DE FRANCE
di Mazieres , et J. Baptistam Garnier.
1734.
TRAITE' DES ALIMENS DE CARESME , OÙ
l'on explique les différentes qualitez des
Légumes , des Herbages , des Racines, des
Fruits , des Poissons , des Amphibies, des
Assaisonnemens , des Boissons même les
plus en usage , comme de l'Eau , du Vin,
de la Bierre , du Cidre , du Thé, du Caffé
, du Chocolat , et où l'on éclaircit plusieurs
questions importantes sur l'abstinence
et sur le jeûne, tant par rapport au
Carême, que par rapport à la santé.Par M.
Andry, Docteur , Regent de la Faculté
de Médecine à Paris , Lecteur et Professeur
Royal. 2 vol . in 12. 4 liv.ruë S.Jac
ques , chez le Mercier.
REGIME DU CARESME , consideré par
rapport à la nature du corps et des alimens,
en trois parties , où l'on examine
le sentiment de ceux qui prétendent que
les alimens maigres sont plus convenables
à l'Homme que la viande , où l'on
traite à ce sujet de la qualité et de l'usage
des Légumes , des Herbages , des Racines
, du Fruit, du Poisson , &c . et où l'on
éclaircit plusieurs questions touchant
l'abstinence et le jeûne , suivant les principes
FEVRIER . 1734. 3ст
cipes de la Physique et de la Médecine ;
entr'autres,si l'on doit défendre en Carême
l'usage de la Macreuse et du Tabac.
Par le même , chez le même Libraire , in
12 , 2 liv.
INSTRUCTIONS Chrétiennes et Morales
sur les Sacremens ; avec quelques Ins-
Tructions sur les Indulgences et Jubilez ;
et les bons usages des Maladies . A Paris ,
rue S. Jacques , chez J. B. Delespine fils ,
1734. in 12.
du Parlement de Toulouse
, recueillis par M. Jean de Catellan ,
Conseiller au même Parlement, enrichies
des Artêts nouveaux , rendus sur les mê
mes matieres Par Gabriel de Vedel, Ecuyer,
Docteur et Avocat au Parlement de Toulouse
. A Toulouse , de l'Imprimerie de N.
Caranove , à la Bible d'or , et se vendent
chez Etienne Manavit et Jean - François
Foret, à la Couronne d'or. 1733. in 4.2 vol .
Tom. 1. de 372 pages ; et le second de
292.
SANCTI Aurelii Augustini Hipponensis
Episcopi, Epistolæ dur , recens in Germania
repertæ , Notis criticis , historicis ,
chronologicisque illustratæ , ac juxta novissimam
Editionem omnium ejusdemi
S. Doctoris Operum , à Benedictinis , è
Congregatione S. Mauri concinnatam
tersæ atque adornate opera et studio
D ... ejusdem Congregationis Presbyteri.
Fol. Parisiis apud viduam Raymun-
E iiij di
300 MERCURE DE FRANCE
di Mazieres , et J. Baptistam Garnier.
1734.
TRAITE' DES ALIMENS DE CARESME , OÙ
l'on explique les différentes qualitez des
Légumes , des Herbages , des Racines, des
Fruits , des Poissons , des Amphibies, des
Assaisonnemens , des Boissons même les
plus en usage , comme de l'Eau , du Vin,
de la Bierre , du Cidre , du Thé, du Caffé
, du Chocolat , et où l'on éclaircit plusieurs
questions importantes sur l'abstinence
et sur le jeûne, tant par rapport au
Carême, que par rapport à la santé.Par M.
Andry, Docteur , Regent de la Faculté
de Médecine à Paris , Lecteur et Professeur
Royal. 2 vol . in 12. 4 liv.ruë S.Jac
ques , chez le Mercier.
REGIME DU CARESME , consideré par
rapport à la nature du corps et des alimens,
en trois parties , où l'on examine
le sentiment de ceux qui prétendent que
les alimens maigres sont plus convenables
à l'Homme que la viande , où l'on
traite à ce sujet de la qualité et de l'usage
des Légumes , des Herbages , des Racines
, du Fruit, du Poisson , &c . et où l'on
éclaircit plusieurs questions touchant
l'abstinence et le jeûne , suivant les principes
FEVRIER . 1734. 3ст
cipes de la Physique et de la Médecine ;
entr'autres,si l'on doit défendre en Carême
l'usage de la Macreuse et du Tabac.
Par le même , chez le même Libraire , in
12 , 2 liv.
INSTRUCTIONS Chrétiennes et Morales
sur les Sacremens ; avec quelques Ins-
Tructions sur les Indulgences et Jubilez ;
et les bons usages des Maladies . A Paris ,
rue S. Jacques , chez J. B. Delespine fils ,
1734. in 12.
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Résumé : « OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...] »
Le document présente plusieurs ouvrages publiés au XVIIIe siècle. En 1733, Jean de Catellan et Gabriel de Vedel ont compilé des arrêts remarquables du Parlement de Toulouse en deux volumes totalisant 664 pages, disponibles à Toulouse chez Étienne Manavit et Jean-François Foret. En 1734, une édition des lettres de Saint Augustin, annotées par un prêtre bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, a été publiée à Paris chez la veuve Raymond Mazieres et J. Baptistam Garnier. Le document mentionne également deux traités de M. Andry, docteur à la Faculté de Médecine de Paris, sur les aliments de Carême. Le premier, publié en 1734, traite des qualités des légumes, fruits, poissons et boissons, ainsi que des questions sur l'abstinence et le jeûne, disponible chez le Mercier à Paris. Le second examine les aliments maigres et leur convenance par rapport à la viande, également disponible chez le même libraire. Enfin, un ouvrage sur les instructions chrétiennes et morales concernant les sacrements, les indulgences, les jubilés et les bons usages des maladies a été publié en 1734 à Paris chez J. B. Delespine fils.
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273
p. 335-336
« On a imprimé à Leyde, chez C. Werherf, une Dissertation curieuse et très-utile sur la [...] »
Début :
On a imprimé à Leyde, chez C. Werherf, une Dissertation curieuse et très-utile sur la [...]
Mots clefs :
Friction, Traité du sublime
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texteReconnaissance textuelle : « On a imprimé à Leyde, chez C. Werherf, une Dissertation curieuse et très-utile sur la [...] »
On a imprimé à Leyde , chez C. Werherf,
une Dissertation curieuse et très- utile sur la
Friction. Par M. H. Loelhoessel , pour obtenir
le degré de Docteur en Medecine , &c 1732.
in 4. de 45. pages. On en peut voir un Extrait
dans le Journal des Sçavans de ce mois.
Jean
336 MERCURE DE FRANCE
Jean Alb. Tumermani , Libraire à Verone , débite
depuis peu aux Souscripteurs , le Traité du
Sublime de Longin , avec le Texte Grec et la
Traduction en Latin et en François , sur quatre
colomnes. 1733. in 4.
une Dissertation curieuse et très- utile sur la
Friction. Par M. H. Loelhoessel , pour obtenir
le degré de Docteur en Medecine , &c 1732.
in 4. de 45. pages. On en peut voir un Extrait
dans le Journal des Sçavans de ce mois.
Jean
336 MERCURE DE FRANCE
Jean Alb. Tumermani , Libraire à Verone , débite
depuis peu aux Souscripteurs , le Traité du
Sublime de Longin , avec le Texte Grec et la
Traduction en Latin et en François , sur quatre
colomnes. 1733. in 4.
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Résumé : « On a imprimé à Leyde, chez C. Werherf, une Dissertation curieuse et très-utile sur la [...] »
En 1732, M. H. Loelhoessel publie à Leyde une dissertation de 45 pages sur la friction pour obtenir un doctorat en médecine. Un extrait est publié dans le Journal des Sçavans. En 1733, Jean Alb. Tumermani propose à Vérone le 'Traité du Sublime de Longin' en grec, latin et français, en format in-4.
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274
p. 416-417
EAUX MINERALES.
Début :
La Fontaine Minerale de S. Santin, en haute Normandie, est située à une [...]
Mots clefs :
Eaux minérales, Fontaine, Eaux , Saint-Santin
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texteReconnaissance textuelle : EAUX MINERALES.
EAUX MINERALES.
;
>
A Fontaine Minerale de S.Santin , en
haute Normandie , est située à une
petite lieuë de l'Aigle , et à pareille distance
de Rugles , autre petite Ville. Elle a
pris son nom de la Paroisse dans laquelle
elle a sa source. Le Curé de Maneval
dans son Histoire de Normandie, imprimée
en 1611.met cette Fontaine au nombre
de celles qui étoient en réputation.
de son temps , par le Minéral et la salubrité
de leurs Eaux. Il est même constant
par l'histoire , que celles - cy étoient tresconnues
plusieurs siècles avant du Moulin
, puisqu'on y voit que du temps que
nos Ducs possedoient l'Angleterre , la
Cour de Londres est venue prendre les
-Eaux minerales de S. Santin . Il est vrai
que par une fatalité assez commune aux
meil.
MARS 1734.
417
meilleures choses, ces Eaux avoient pendant
un temps assez considérable été négligées
au point , que la source n'en étoit
presque plus connuë ; mais quelques malades
ayant entendu parler des merveilleuses
propriétez de cette Fontaine ,` la
firent chercher avec soin , la découvrirent
et en firent une épreuve salutaire ; depuis
ce temps- là elle s'est remise en vogue
, mais non au point qu'elle devroit
être , vû les guérisons nombreuses qu'elle
opere. Celui qui communique ce petit
ouvrage au public , a fait usage de ces
Faux deux ans de suite ; non seulement .
il s'en est tres - bien trouvé , mais même
il a été témoin oculaire de plusieurs Cures
surprenantes. Cette Fontaine est souveraine,
sur tout contre le Flux hépatique ;
ses Eaux sont tres passantes et tres- stomacales.
Ce qui détermine depuis quel
ques années Mrs Danjou , Rongeard et
Pringault , Medecins celebres des envià
y envoyer plusieurs de leurs
Malades.
;
>
A Fontaine Minerale de S.Santin , en
haute Normandie , est située à une
petite lieuë de l'Aigle , et à pareille distance
de Rugles , autre petite Ville. Elle a
pris son nom de la Paroisse dans laquelle
elle a sa source. Le Curé de Maneval
dans son Histoire de Normandie, imprimée
en 1611.met cette Fontaine au nombre
de celles qui étoient en réputation.
de son temps , par le Minéral et la salubrité
de leurs Eaux. Il est même constant
par l'histoire , que celles - cy étoient tresconnues
plusieurs siècles avant du Moulin
, puisqu'on y voit que du temps que
nos Ducs possedoient l'Angleterre , la
Cour de Londres est venue prendre les
-Eaux minerales de S. Santin . Il est vrai
que par une fatalité assez commune aux
meil.
MARS 1734.
417
meilleures choses, ces Eaux avoient pendant
un temps assez considérable été négligées
au point , que la source n'en étoit
presque plus connuë ; mais quelques malades
ayant entendu parler des merveilleuses
propriétez de cette Fontaine ,` la
firent chercher avec soin , la découvrirent
et en firent une épreuve salutaire ; depuis
ce temps- là elle s'est remise en vogue
, mais non au point qu'elle devroit
être , vû les guérisons nombreuses qu'elle
opere. Celui qui communique ce petit
ouvrage au public , a fait usage de ces
Faux deux ans de suite ; non seulement .
il s'en est tres - bien trouvé , mais même
il a été témoin oculaire de plusieurs Cures
surprenantes. Cette Fontaine est souveraine,
sur tout contre le Flux hépatique ;
ses Eaux sont tres passantes et tres- stomacales.
Ce qui détermine depuis quel
ques années Mrs Danjou , Rongeard et
Pringault , Medecins celebres des envià
y envoyer plusieurs de leurs
Malades.
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Résumé : EAUX MINERALES.
La Fontaine Minérale de Saint-Santin, située en Haute-Normandie, est connue pour la qualité et la salubrité de ses eaux. Elle se trouve à proximité de l'Aigle et de Rugles et tire son nom de la paroisse où elle prend sa source. Le Curé de Maneval la mentionne dans son 'Histoire de Normandie' imprimée en 1611. Les eaux de Saint-Santin étaient déjà réputées plusieurs siècles auparavant, notamment à l'époque où les Ducs de Normandie possédaient l'Angleterre, la Cour de Londres s'y approvisionnant. Après une période de négligence, la fontaine a été redécouverte grâce aux témoignages de malades ayant constaté ses propriétés bénéfiques. Elle est de nouveau en vogue, bien que son usage reste limité malgré les nombreuses guérisons qu'elle permet. Les eaux de Saint-Santin sont particulièrement efficaces contre le flux hépatique et sont passantes et stomacales. Plusieurs médecins renommés, tels que Danjou, Rongeard et Pringault, y envoient leurs patients.
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275
p. 418-430
PLAINTES DE LA NAYADE, Qui préside aux Eaux minérales de la Fontaine de S. Santin, près l'Aigle en Normandie.
Début :
O Temps ! ô moeurs ! ô comble d'injustice ! [...]
Mots clefs :
Saint-Santin, Eaux minérales, Fontaine, Naïade, Soeur, Eaux , Gloire, Ingrats, Nymphe, Source, Oubli, Faveurs, Célimène, Buveurs, Maux
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texteReconnaissance textuelle : PLAINTES DE LA NAYADE, Qui préside aux Eaux minérales de la Fontaine de S. Santin, près l'Aigle en Normandie.
PLAINTES DE LA NAYAD E,
Qui préside aux Eaux minérales de la
Fontaine de S. Santin , près l'Aigle
en Normandie.
Temps moeurs ! & comble d'in-
O justice!
Arbitre Souverain de la Terre et des Cieux ,
Ne t'offenses- tu point que mes Flots préciceux ;
Des humains si long- temps éprouvent le caprice
?
Daigne sur moi jetter les yeux ;
Ou fais que ma source tarisse ,
Ou rends moi l'éclat glorieux
Qui des siécles passez m'attira tant de voeux .
Souviens -toi que Tethys autrefois te fut chere ,
Prens pitié de la fille en faveur de la Mere.
Tu sçais ce que j'ai fait pour les ingrats mortels,
Que mille et mille fois mon onde tutelaite ,
Féconde en prodiges réels ,
Les arracha des Griffes du Cerbere ;
Tant de graces , hélas ! méritoient des Autels .
Cependant , pauvre et solitaire ,
Dans mon hydeux Bassin , des Crapaux le repaire
,
Je vois croupir mes liquides trésors.
En
MARS. 1734.
419
En vain le Vitriol qui brille sur wes bords , '
Invite le Malade à venir faire usage
De ce vivifiant breuvage ,
Qui cent fois de la Parque éluda les efforts ;
L'espece humaine à sa perte obstinée ,
Malgré ces miracles divers
.:
Que chanta jadis l'Univers ,
Me laisse triste , abandonnée
Et je vois , Nymphe infortunée ,
Mes faveurs dans l'oubli , mes rivages déserts .
Lisez vos anciennes Croniques ,
Ouvrez vos Archives publiques ;
Vous y verrez, ingrats Normands ,
De mes bontez pour vous les preuves autentiques
.
Où sont , où sont ces heureux temps ,
Où sur mes bords fameux je voyois, tous les ans,
Descendre la Cour et la Ville ?
Que j'avois de plaisir à voir la longue file ,
De nos vieux et braves Gaulois ,
Se ranimer sur mes rives tranquiles !
Je les recevois aux abois ;
1
Je les renvoyois vifs , agiles ,
Reprendre l'Arc et le Pavois.
Oui , cette Nymphe qu'on méprise ,
Sur son Canal vit autrefois
Et nos Princesses , et nos Rois ;
Elle y vit nos Héros , et ceux de la Tamise .
A vj
L'His420
MERCURE DE FRANCE
L'Histoire en fait foy , qu'on la lise.
D'où vient donc cet aveuglement
Qui fait qu'aujourd'hui l'on m'oublie
François , aimez- vous moins la vic
Qu'on ne l'aimoit anciennement ?
Etes-vous plus sensez que ne l'étoient vos Peres
Sujets à moins de maux , de douleurs , de miseres
?
Plus chastes et plus sobres qu'eux ,
Vous sentez-vous plus forts , plus sains et plus
nerveux ?
Hélas ! dès la tendre jeunesse ,
Par des excès pernicieux ,
Presques inconnus à vos yeux ,
Vous accelerez la vieillesse..
Esclaves de la volupté ,
Vous prodiguez votre santé;
Et cette conduite peu sage ,
Souvent à la fleur de votre âge
Vous fait languir dans la caducité..
Ce n'est pas , après tout , qu'ennuyez de la vie ,
Vous voyez sans frayeur le Ciseau d'Atropos ;
Yous qui dans les plaisirs avez l'air de Héros ,
Votre audace est bien- tôt bannie
Par l'ombre de la maladie ;
C'est alors qu'aux soupirs on vous voit recourir
Vous ne sçavez enfin ni vivre ni mourir.
A la plus legere insomnie ,
Yous vous trouvez l'esprit aux champs ;
Profitant
MARS. 1734; 428
+
Profitant de votre manie •
On voit chez vous les Charlatans
Elever jusqu'aux Cieux leur Elixir de vie ,
Et leur Poudre de sympathie ,
Que vous payez à beaux Louis comptants.
Trop heureux mille fois si la drogue chérie ,
Dont l'Enchanteur bruyant vous vante l'energie,
Ne vous rend pas malades en effet ;
Et si ce merveilleux secret
Ne vous dépêche pas vers la sombre Patrie.
C'étoit peu des vieux Medecins ,>
Pour abreger le cours de votre vie
Il a fallu que la Chimie
Vous suscitât de plus fiers Assassins.
Volage Nation , dont l'inconstant génie ,
Veut en tout de la nouveauté ;
L'Art de conserver la santé ,
De la mode doit- il subir la tyrannie ?
Ah ! c'est cette legereté
Qui prolonge l'oubli de mon Eau Minerale ;
Malgré tous mes bienfaits j'apprens que chaque
Eré
On m'ose préferer quelqu'indigne Rivale ,
Dont le Public est bien- tôt dégouté.
Le moindre suppôt d'Hipocrate ,
En annonce dans son Terrain ;
Alors son Eloquence éclatte
Pour exalter leur pouvoir souverain.
Files
422 MERCURE DE FRANCE
Elles desopilent la rate ,
Calcinent les graviers , rafraichissent le rein ;
Il vante à tout venant leur force métallique ;
Mais , à dire le vrai , leur propre specifique ,
( Propre dont il ne parle pas. )
C'est qu'en redoublant sa pratique ,
Elles font vuider la boutique ,
Par tous les sots qui gobent cet appas.
La Nayade triste et critique ,
Se croyant alors sans témoin ,
Sans doute auroit poussé plus loin
Sa déclamation caustique ;
Car malgré l'immortalité , ´
Toute Nymphe est une femelle ,
Et quand ce sexe est irrité ,
Sa langue se fatigue - t'elle ,
Pour prolonger une querelle ?
Quelle ressource , ô Dieux ! quelle fécondité !
Rien ne peut égaler sa volubilité .
Elle alloit donc encor charger son invective ,
Lorsqu'une Dryade sans bruit ,
Ayant à ses discours eu l'oreille attentive ,
Apostrophant notre plaintive ,
Lui fit la harangue qui suit :
Habitante de ce Rivage ,
Les Dieux depuis long - temps m'ont donné pour
partage ,
Le soin de ces Chênes épais ,
Par
MAR S. 1734.
423
Par qui votre Source est au frais ,
Quand le chien de Prochris fait rage ;
Et que l'ardent Phébus altere les guerets;
Contente de cet apanage ,
Vous le sçavez , ma chere soeur ,
Avec combien d'égards , avec quelle douceur ,
J'ai ménagé votre heureux voisinage ;
Favorable à tous vos Buveurs ,
Je les comble de mes faveurs ;
Le Ciel s'obscurcit-il par d'horribles nuages ?
Ils peuvent sous mes toits sauvages ,
Affronter d'Orion les humides fureurs ;
Je ne prens point pour un outrage ,
Qu'ils s'avisent souvent de couper mes rameaux,
Et de m'arracher mon feüillage ,
Pour faire l'essai de vos Eaux.
Sensible à tout ce qui vous touche ,
Je souffre ces tourments sans en ouvrir la bouche.
Nimphe , tels sont pour vous mes tendres sentiments.
Ainsi
que notre sang , notre gloire est commune.
Quels que soient les Evenements ,
Je partage avec vous l'une et l'autre fortune .
Non , ma soeur , dans ces jours brillants ,
Où sur vos Rives secourables ,
Je voyois tant d'objets aimables ,
De Philosophes , de Vaillants ,
Former des cercles respectables ;
Je
424 MERCURE DE FRANCE
Je ne sentois pas moins que yous ,
L'enchantement
secret d'un Spectacle si doux.
Justes Dieux ! que j'étois charmée ,
Quand j'apprenois qu'à son retour
Cette belle et nombreuse Cour ,
Augmentoit de vos Eaux l'heureuse renommée ;
En publiant à haute voix ,
Son allegresse et vos Exploits.
Il est vrai que par un caprice ,
Que nous ne pouvions deviner ,
Ces ingrats eurent l'injustice
De nous tourner le dos , de nous abandonner.
Puis-je y penser , ma soeur
tendrisse ?
> sans que je m'at-
Sans que mon coeur, helas,de douleur en frémisse?
L'affreux oubli de vos faveurs ,
A duré près de cent années ;
Alors loin de blâmer vos pleurs ,
J'ai plaint vos tristes destinées ;
J'ai soupiré sur vos malheurs :
Mais puisqu'enfin le Ciel devient plus équitable.
Puisqu'il jette sur nous un regard favorable ,
En rappellant des Buveurs sur vos bords
Je ne puis approuver vos injustes transports;
Bannissons des allarmes vaines.
C'est le sort des choses humaines
De se voir plonger tour à tour
Dans la gloire et l'ignominie ;
Notre
MARS. 1734. 4: 5
Notre triste crise est finie ,
Et nos braves jours sont enfin de retour.
Daigne le juste Ciel accomplir ce présage ,
Répliqua la Nayade en poussant un soupir ;
Puisse- t'il , selon mon desir ,
Réparer le cuisant outrage
Qu'on fait depuis long-temps à ce divin breuvage!
Mais je le vois , ma chere Soeur ,
Par un frivole espoir vous vous laissez séduire ;
Notre esprit trop souvent duppe de notre coeur
Croit voir , hélas ! ce qu'il désire.
En effet , sur quoi fondez- vous
Un pronostic si flateur et si doux ?
Vingt ou trente Buveurs que je vois chaque année
M'annoncent- ils ces jours heureux ,
Où ma Source jadis de Lauriers couronnée ,
f
Se fit un nom si glorieux
En dépit de ses envieusx ?
Ce nombre peut charmer quelque Nimphe ba
tarde ,
Qu'Esculape aujourd'hui hazarde ,
Plus l'utilité de ses propres
pour
enfans ,
Que pour celle des languissants .
Mais moi , dont les Eaux merveilleuses ;
Des maux les plus pressants furent victorieuses ;
Et dont l'analise cent fois
Se fit en présence des Rois ;
Moi qui fus chere à tant de Princes ;
Moi
426 MERCURE DE FRANCE
Moi qui vis toutes nos Provinces ,
Par tant d'éloges me vanter ,
D'un si foible concours puis- je me contenter ?
Hé , quel bien après tout , ma Soeur , quel avantage
,
Me revient- il de ces Ingrats ,
Que mon régenerant breuvage ,
Ecarte tous les ans des portes du trépas ?
Quelqu'un d'eux jaloux de ma gloire ,
Fait- il en ma faveur Sonnets ou Madrigaux ?
De nouveau m'inscrit-on au Temple de Memoire,
En me préconisant aux Auteurs des Journaux ?
N'est-il pas dur que le Mercure ,
Ornant souvent d'une riche peinture
Mille Sujets qu'à coup sûr je vaux bien ,
Sur mon compte ne dise rien ?
Si ces Ecrits périodiques ,
Eussent eu cours dans ces temps véridiques
Où mon nom étoit si vanté ,
La venerable Antiquité ,
Par ses Eloges magnifiques ,
M'eût fait connoître à la Posterité.
L'Univers y liroit que vrayement minerale ,
Chaude , passante , esthomacale ,
Je sçais du Corps humain ranimer les esprits ,
Et d'un squelette usé réparer les débris.
Les Mortels y verroient que tout flux hépatique
A mon Empire est dévolu ;
Que j'exerce un droit absolu
Sur
MARS.
1734. 427
Sur toute espece de colique ,
Y comprise la néphrétique ;
Ils sçauroient enfin que mes Eaux ,
Détergant les divers canaux
Où coulent les Liqueurs nourrices de la vie ,
J'y sçais rétablir l'harmonie ,
Et fondant toute obstruction ,
Regler du sang la circulation ;
Prévenir le calcul , chasser l'Eresipelle ,
Extirper chancres , loups , caterres et gratelle ,
Qu'à mes Buveurs sans accident ,
Je donne un appétit strident ;
Que versant du sommeil les pavots favorables ,
Je connois en un mot peu
de maux incurables ;
Tous ces faits sont sans contredit ;
Chaque Eté j'en fournis des preuves éclatantes ,
Mais hélas ! je l'ai déja dit ,
De mille infirmitez mes Ondes triomphantes ,
N'en prennent pas plus de crédit.
On vient me voir , on boit , on se guérit,;
Et pas un mot dans les Gazettes
1
N'informe le Public de mes vertus secrettes.
Mes miracles se font sans bruit ;
Et pour ma gloire sont sans fruit.
Voyez ce Bassin sans murailles .
Bourbeux , exposé jour et nuit
Aux insultes de la canaille .
A tout moment quelqu'ignoble animal ,
D'un
428 MERCURE DE FRANCE
D'un pied profane et témeraire ,
S'en vient soüiller mon Sanctuaire ,
Et deshonorer mon Canal.
Ah ! c'en est trop , je quitte cette Source ,
Et dirigeant ailleurs ma course ,
Je vais chercher d'autres climats ,
Où les hommes soient moins ingrats.
Est-il bien vrai ce que je viens d'entendre ?
Répond sa Soeur , la larme aux yeux ?
Est-ce donc là le fruit du commerce si tendre
Qui depuis si long - temps nous unit en ces lieuxs
Ah ! Nimphe , devois je m'attendre
A ces insensibles adieux ?
Si votre indifference extrême
Vous porte à quitter sans regret
Une voisine qui vous aime ,
Et qui de vous servir fait son plus cher objet ;
Daignez pour l'amour de vous-même
Ne pas précipiter ce funeste projet ,
Vous cherchez un séjour où l'exacte justice
Soit la regle unique des moeurs !
Où le seul vrai mérite ait des adorateurs !
Où l'inconstance et le caprice ,
Le goût du nouveau , l'avarice ,
Ne tyranisent point les coeurs !
Détrompez- vous , ma Soeur , ces heureuses Contrées
Ne se trouvent point ici bas ;
Et ce n'est qu'au Pays des Fées
Qu'on
MAR S. 1734.
429
Qu'on ne rencontre point d'ingrats.
Ah ! ne quittez point la partie ;
Sans me piquer de prophetie ,
J'ose vous annoncer qu'un plus brillant destin
Va remettre en son jour votre gloire obscurcie
Et frayer à vos Eaux un triomphe certain.
Déja Rodentius , ce Docteur flegmatique ,
Ennemi déclaré du vin ,
Mais grave et profond Médecin ,
Roule , dit- on , sous sa calotte antique
Un éloquent Panégyrique ,
Moitié Grec et moitié Latin ,
Pour la Nimphe de saint Santin.
Son Emule , dont l'Epiglotte
Ne fut jamais celle d'un Hydropote ,
Mais qui quoique souvent abreuvé de Nectar ,
Parle sçavamment de son Art ,
Et sçait l'exercer avec gloire ,
Pringaltio préconise vos Eaux ;
Résolu de n'en jamais boire ;
Il les tient mordicus propres à bien des maux.
Danjovius enfin , que le fameux Centaure
Semble lui- même avoir instruit ;
Danjovius que le Dieu d'Epidaure
En tout temps éclaire et conduit ,
Ce Mortel consolant , toujours discret et sage ,
A votre Source rend hommage.
Par ses Arrêts justement respectez ,
Yos
430 MERCURE DE FRANCE
Vos Rivages bien - tôt seront plus fréquentez.
C'est lui qui cet Eté fit sur votre Fontaine
Briller l'aimable Célimene ....
Célimene ... ah ! ma Soeur , pour calmer mon
courroux ,
Que ce nom , dit la Nimphe , est charmant.
qu'il est doux !
N'en doutez pas , sa présence me flatte.
Sa douceur , son esprit , ses regards enchanteurs,
M'ont fait pour quelque temps oublier mes malheurs.
Mais malgré le beau feu qui dans ses yeux éclattes
Si peû sensible à mes faveurs ,
Cette Celimene est ingrate ;
Plus j'us de plaisir à la voir ,
Plus son cruel oubli croîtra mon désespoir ,
Cependant sensible à vos larmes ,
Ainsi qu'au pouvoir de ses charmes ,
Dryade , je me rends et vais garder mon cours;
Mais si cette saison prochaine
Je ne vois pas l'aimable Célimene ,
Sur mes Rives former un plus nombreux concours
>
Adieu vous dis , et pour toujours.
Qui préside aux Eaux minérales de la
Fontaine de S. Santin , près l'Aigle
en Normandie.
Temps moeurs ! & comble d'in-
O justice!
Arbitre Souverain de la Terre et des Cieux ,
Ne t'offenses- tu point que mes Flots préciceux ;
Des humains si long- temps éprouvent le caprice
?
Daigne sur moi jetter les yeux ;
Ou fais que ma source tarisse ,
Ou rends moi l'éclat glorieux
Qui des siécles passez m'attira tant de voeux .
Souviens -toi que Tethys autrefois te fut chere ,
Prens pitié de la fille en faveur de la Mere.
Tu sçais ce que j'ai fait pour les ingrats mortels,
Que mille et mille fois mon onde tutelaite ,
Féconde en prodiges réels ,
Les arracha des Griffes du Cerbere ;
Tant de graces , hélas ! méritoient des Autels .
Cependant , pauvre et solitaire ,
Dans mon hydeux Bassin , des Crapaux le repaire
,
Je vois croupir mes liquides trésors.
En
MARS. 1734.
419
En vain le Vitriol qui brille sur wes bords , '
Invite le Malade à venir faire usage
De ce vivifiant breuvage ,
Qui cent fois de la Parque éluda les efforts ;
L'espece humaine à sa perte obstinée ,
Malgré ces miracles divers
.:
Que chanta jadis l'Univers ,
Me laisse triste , abandonnée
Et je vois , Nymphe infortunée ,
Mes faveurs dans l'oubli , mes rivages déserts .
Lisez vos anciennes Croniques ,
Ouvrez vos Archives publiques ;
Vous y verrez, ingrats Normands ,
De mes bontez pour vous les preuves autentiques
.
Où sont , où sont ces heureux temps ,
Où sur mes bords fameux je voyois, tous les ans,
Descendre la Cour et la Ville ?
Que j'avois de plaisir à voir la longue file ,
De nos vieux et braves Gaulois ,
Se ranimer sur mes rives tranquiles !
Je les recevois aux abois ;
1
Je les renvoyois vifs , agiles ,
Reprendre l'Arc et le Pavois.
Oui , cette Nymphe qu'on méprise ,
Sur son Canal vit autrefois
Et nos Princesses , et nos Rois ;
Elle y vit nos Héros , et ceux de la Tamise .
A vj
L'His420
MERCURE DE FRANCE
L'Histoire en fait foy , qu'on la lise.
D'où vient donc cet aveuglement
Qui fait qu'aujourd'hui l'on m'oublie
François , aimez- vous moins la vic
Qu'on ne l'aimoit anciennement ?
Etes-vous plus sensez que ne l'étoient vos Peres
Sujets à moins de maux , de douleurs , de miseres
?
Plus chastes et plus sobres qu'eux ,
Vous sentez-vous plus forts , plus sains et plus
nerveux ?
Hélas ! dès la tendre jeunesse ,
Par des excès pernicieux ,
Presques inconnus à vos yeux ,
Vous accelerez la vieillesse..
Esclaves de la volupté ,
Vous prodiguez votre santé;
Et cette conduite peu sage ,
Souvent à la fleur de votre âge
Vous fait languir dans la caducité..
Ce n'est pas , après tout , qu'ennuyez de la vie ,
Vous voyez sans frayeur le Ciseau d'Atropos ;
Yous qui dans les plaisirs avez l'air de Héros ,
Votre audace est bien- tôt bannie
Par l'ombre de la maladie ;
C'est alors qu'aux soupirs on vous voit recourir
Vous ne sçavez enfin ni vivre ni mourir.
A la plus legere insomnie ,
Yous vous trouvez l'esprit aux champs ;
Profitant
MARS. 1734; 428
+
Profitant de votre manie •
On voit chez vous les Charlatans
Elever jusqu'aux Cieux leur Elixir de vie ,
Et leur Poudre de sympathie ,
Que vous payez à beaux Louis comptants.
Trop heureux mille fois si la drogue chérie ,
Dont l'Enchanteur bruyant vous vante l'energie,
Ne vous rend pas malades en effet ;
Et si ce merveilleux secret
Ne vous dépêche pas vers la sombre Patrie.
C'étoit peu des vieux Medecins ,>
Pour abreger le cours de votre vie
Il a fallu que la Chimie
Vous suscitât de plus fiers Assassins.
Volage Nation , dont l'inconstant génie ,
Veut en tout de la nouveauté ;
L'Art de conserver la santé ,
De la mode doit- il subir la tyrannie ?
Ah ! c'est cette legereté
Qui prolonge l'oubli de mon Eau Minerale ;
Malgré tous mes bienfaits j'apprens que chaque
Eré
On m'ose préferer quelqu'indigne Rivale ,
Dont le Public est bien- tôt dégouté.
Le moindre suppôt d'Hipocrate ,
En annonce dans son Terrain ;
Alors son Eloquence éclatte
Pour exalter leur pouvoir souverain.
Files
422 MERCURE DE FRANCE
Elles desopilent la rate ,
Calcinent les graviers , rafraichissent le rein ;
Il vante à tout venant leur force métallique ;
Mais , à dire le vrai , leur propre specifique ,
( Propre dont il ne parle pas. )
C'est qu'en redoublant sa pratique ,
Elles font vuider la boutique ,
Par tous les sots qui gobent cet appas.
La Nayade triste et critique ,
Se croyant alors sans témoin ,
Sans doute auroit poussé plus loin
Sa déclamation caustique ;
Car malgré l'immortalité , ´
Toute Nymphe est une femelle ,
Et quand ce sexe est irrité ,
Sa langue se fatigue - t'elle ,
Pour prolonger une querelle ?
Quelle ressource , ô Dieux ! quelle fécondité !
Rien ne peut égaler sa volubilité .
Elle alloit donc encor charger son invective ,
Lorsqu'une Dryade sans bruit ,
Ayant à ses discours eu l'oreille attentive ,
Apostrophant notre plaintive ,
Lui fit la harangue qui suit :
Habitante de ce Rivage ,
Les Dieux depuis long - temps m'ont donné pour
partage ,
Le soin de ces Chênes épais ,
Par
MAR S. 1734.
423
Par qui votre Source est au frais ,
Quand le chien de Prochris fait rage ;
Et que l'ardent Phébus altere les guerets;
Contente de cet apanage ,
Vous le sçavez , ma chere soeur ,
Avec combien d'égards , avec quelle douceur ,
J'ai ménagé votre heureux voisinage ;
Favorable à tous vos Buveurs ,
Je les comble de mes faveurs ;
Le Ciel s'obscurcit-il par d'horribles nuages ?
Ils peuvent sous mes toits sauvages ,
Affronter d'Orion les humides fureurs ;
Je ne prens point pour un outrage ,
Qu'ils s'avisent souvent de couper mes rameaux,
Et de m'arracher mon feüillage ,
Pour faire l'essai de vos Eaux.
Sensible à tout ce qui vous touche ,
Je souffre ces tourments sans en ouvrir la bouche.
Nimphe , tels sont pour vous mes tendres sentiments.
Ainsi
que notre sang , notre gloire est commune.
Quels que soient les Evenements ,
Je partage avec vous l'une et l'autre fortune .
Non , ma soeur , dans ces jours brillants ,
Où sur vos Rives secourables ,
Je voyois tant d'objets aimables ,
De Philosophes , de Vaillants ,
Former des cercles respectables ;
Je
424 MERCURE DE FRANCE
Je ne sentois pas moins que yous ,
L'enchantement
secret d'un Spectacle si doux.
Justes Dieux ! que j'étois charmée ,
Quand j'apprenois qu'à son retour
Cette belle et nombreuse Cour ,
Augmentoit de vos Eaux l'heureuse renommée ;
En publiant à haute voix ,
Son allegresse et vos Exploits.
Il est vrai que par un caprice ,
Que nous ne pouvions deviner ,
Ces ingrats eurent l'injustice
De nous tourner le dos , de nous abandonner.
Puis-je y penser , ma soeur
tendrisse ?
> sans que je m'at-
Sans que mon coeur, helas,de douleur en frémisse?
L'affreux oubli de vos faveurs ,
A duré près de cent années ;
Alors loin de blâmer vos pleurs ,
J'ai plaint vos tristes destinées ;
J'ai soupiré sur vos malheurs :
Mais puisqu'enfin le Ciel devient plus équitable.
Puisqu'il jette sur nous un regard favorable ,
En rappellant des Buveurs sur vos bords
Je ne puis approuver vos injustes transports;
Bannissons des allarmes vaines.
C'est le sort des choses humaines
De se voir plonger tour à tour
Dans la gloire et l'ignominie ;
Notre
MARS. 1734. 4: 5
Notre triste crise est finie ,
Et nos braves jours sont enfin de retour.
Daigne le juste Ciel accomplir ce présage ,
Répliqua la Nayade en poussant un soupir ;
Puisse- t'il , selon mon desir ,
Réparer le cuisant outrage
Qu'on fait depuis long-temps à ce divin breuvage!
Mais je le vois , ma chere Soeur ,
Par un frivole espoir vous vous laissez séduire ;
Notre esprit trop souvent duppe de notre coeur
Croit voir , hélas ! ce qu'il désire.
En effet , sur quoi fondez- vous
Un pronostic si flateur et si doux ?
Vingt ou trente Buveurs que je vois chaque année
M'annoncent- ils ces jours heureux ,
Où ma Source jadis de Lauriers couronnée ,
f
Se fit un nom si glorieux
En dépit de ses envieusx ?
Ce nombre peut charmer quelque Nimphe ba
tarde ,
Qu'Esculape aujourd'hui hazarde ,
Plus l'utilité de ses propres
pour
enfans ,
Que pour celle des languissants .
Mais moi , dont les Eaux merveilleuses ;
Des maux les plus pressants furent victorieuses ;
Et dont l'analise cent fois
Se fit en présence des Rois ;
Moi qui fus chere à tant de Princes ;
Moi
426 MERCURE DE FRANCE
Moi qui vis toutes nos Provinces ,
Par tant d'éloges me vanter ,
D'un si foible concours puis- je me contenter ?
Hé , quel bien après tout , ma Soeur , quel avantage
,
Me revient- il de ces Ingrats ,
Que mon régenerant breuvage ,
Ecarte tous les ans des portes du trépas ?
Quelqu'un d'eux jaloux de ma gloire ,
Fait- il en ma faveur Sonnets ou Madrigaux ?
De nouveau m'inscrit-on au Temple de Memoire,
En me préconisant aux Auteurs des Journaux ?
N'est-il pas dur que le Mercure ,
Ornant souvent d'une riche peinture
Mille Sujets qu'à coup sûr je vaux bien ,
Sur mon compte ne dise rien ?
Si ces Ecrits périodiques ,
Eussent eu cours dans ces temps véridiques
Où mon nom étoit si vanté ,
La venerable Antiquité ,
Par ses Eloges magnifiques ,
M'eût fait connoître à la Posterité.
L'Univers y liroit que vrayement minerale ,
Chaude , passante , esthomacale ,
Je sçais du Corps humain ranimer les esprits ,
Et d'un squelette usé réparer les débris.
Les Mortels y verroient que tout flux hépatique
A mon Empire est dévolu ;
Que j'exerce un droit absolu
Sur
MARS.
1734. 427
Sur toute espece de colique ,
Y comprise la néphrétique ;
Ils sçauroient enfin que mes Eaux ,
Détergant les divers canaux
Où coulent les Liqueurs nourrices de la vie ,
J'y sçais rétablir l'harmonie ,
Et fondant toute obstruction ,
Regler du sang la circulation ;
Prévenir le calcul , chasser l'Eresipelle ,
Extirper chancres , loups , caterres et gratelle ,
Qu'à mes Buveurs sans accident ,
Je donne un appétit strident ;
Que versant du sommeil les pavots favorables ,
Je connois en un mot peu
de maux incurables ;
Tous ces faits sont sans contredit ;
Chaque Eté j'en fournis des preuves éclatantes ,
Mais hélas ! je l'ai déja dit ,
De mille infirmitez mes Ondes triomphantes ,
N'en prennent pas plus de crédit.
On vient me voir , on boit , on se guérit,;
Et pas un mot dans les Gazettes
1
N'informe le Public de mes vertus secrettes.
Mes miracles se font sans bruit ;
Et pour ma gloire sont sans fruit.
Voyez ce Bassin sans murailles .
Bourbeux , exposé jour et nuit
Aux insultes de la canaille .
A tout moment quelqu'ignoble animal ,
D'un
428 MERCURE DE FRANCE
D'un pied profane et témeraire ,
S'en vient soüiller mon Sanctuaire ,
Et deshonorer mon Canal.
Ah ! c'en est trop , je quitte cette Source ,
Et dirigeant ailleurs ma course ,
Je vais chercher d'autres climats ,
Où les hommes soient moins ingrats.
Est-il bien vrai ce que je viens d'entendre ?
Répond sa Soeur , la larme aux yeux ?
Est-ce donc là le fruit du commerce si tendre
Qui depuis si long - temps nous unit en ces lieuxs
Ah ! Nimphe , devois je m'attendre
A ces insensibles adieux ?
Si votre indifference extrême
Vous porte à quitter sans regret
Une voisine qui vous aime ,
Et qui de vous servir fait son plus cher objet ;
Daignez pour l'amour de vous-même
Ne pas précipiter ce funeste projet ,
Vous cherchez un séjour où l'exacte justice
Soit la regle unique des moeurs !
Où le seul vrai mérite ait des adorateurs !
Où l'inconstance et le caprice ,
Le goût du nouveau , l'avarice ,
Ne tyranisent point les coeurs !
Détrompez- vous , ma Soeur , ces heureuses Contrées
Ne se trouvent point ici bas ;
Et ce n'est qu'au Pays des Fées
Qu'on
MAR S. 1734.
429
Qu'on ne rencontre point d'ingrats.
Ah ! ne quittez point la partie ;
Sans me piquer de prophetie ,
J'ose vous annoncer qu'un plus brillant destin
Va remettre en son jour votre gloire obscurcie
Et frayer à vos Eaux un triomphe certain.
Déja Rodentius , ce Docteur flegmatique ,
Ennemi déclaré du vin ,
Mais grave et profond Médecin ,
Roule , dit- on , sous sa calotte antique
Un éloquent Panégyrique ,
Moitié Grec et moitié Latin ,
Pour la Nimphe de saint Santin.
Son Emule , dont l'Epiglotte
Ne fut jamais celle d'un Hydropote ,
Mais qui quoique souvent abreuvé de Nectar ,
Parle sçavamment de son Art ,
Et sçait l'exercer avec gloire ,
Pringaltio préconise vos Eaux ;
Résolu de n'en jamais boire ;
Il les tient mordicus propres à bien des maux.
Danjovius enfin , que le fameux Centaure
Semble lui- même avoir instruit ;
Danjovius que le Dieu d'Epidaure
En tout temps éclaire et conduit ,
Ce Mortel consolant , toujours discret et sage ,
A votre Source rend hommage.
Par ses Arrêts justement respectez ,
Yos
430 MERCURE DE FRANCE
Vos Rivages bien - tôt seront plus fréquentez.
C'est lui qui cet Eté fit sur votre Fontaine
Briller l'aimable Célimene ....
Célimene ... ah ! ma Soeur , pour calmer mon
courroux ,
Que ce nom , dit la Nimphe , est charmant.
qu'il est doux !
N'en doutez pas , sa présence me flatte.
Sa douceur , son esprit , ses regards enchanteurs,
M'ont fait pour quelque temps oublier mes malheurs.
Mais malgré le beau feu qui dans ses yeux éclattes
Si peû sensible à mes faveurs ,
Cette Celimene est ingrate ;
Plus j'us de plaisir à la voir ,
Plus son cruel oubli croîtra mon désespoir ,
Cependant sensible à vos larmes ,
Ainsi qu'au pouvoir de ses charmes ,
Dryade , je me rends et vais garder mon cours;
Mais si cette saison prochaine
Je ne vois pas l'aimable Célimene ,
Sur mes Rives former un plus nombreux concours
>
Adieu vous dis , et pour toujours.
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Résumé : PLAINTES DE LA NAYADE, Qui préside aux Eaux minérales de la Fontaine de S. Santin, près l'Aigle en Normandie.
Le texte relate la plainte d'une Nayade, esprit des eaux, associée à la fontaine de Saint-Santin près de l'Aigle en Normandie. Elle déplore l'oubli dans lequel elle est tombée et regrette les temps anciens où ses eaux, reconnues pour leurs vertus thérapeutiques, étaient célèbres et fréquentées par la cour et la ville. La Nayade exprime son amertume face à la négligence actuelle, attribuée à de nouvelles modes et à des charlatans. Une Dryade, voisine de la Nayade, tente de la réconforter en rappelant les moments de gloire passés et en annonçant un retour prochain de la faveur grâce à des médecins influents qui préconisent à nouveau ses eaux. La Nayade, sceptique, évoque la présence de Célimène, une figure charmante mais ingrate. La Dryade insiste sur le caractère cyclique de la fortune et prédit un avenir meilleur pour la fontaine. Par ailleurs, un personnage, probablement une divinité ou une entité mythologique, exprime sa reddition et son intention de continuer à surveiller son domaine. Il pose une condition : si Célimène n'apparaît pas la saison suivante, il cessera de rassembler une foule sur ses rives. Le personnage conclut en disant adieu de manière définitive.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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276
p. 715
AUTRE. Imitée du même contre un Medecin.
Début :
A l'Hypocondre Argan tu donnes ta phiole, [...]
Mots clefs :
Owen, Médecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE. Imitée du même contre un Medecin.
AUTRE.
Imitée du même contre un Medecin.
A 'Hypocondre Argan tu donnes ta phioe,
Puis il te donne sa pistole ;
Moyennant quoi ,tout va fort bien.
Tu soulages son mal , il soulage le tien .
Imitée du même contre un Medecin.
A 'Hypocondre Argan tu donnes ta phioe,
Puis il te donne sa pistole ;
Moyennant quoi ,tout va fort bien.
Tu soulages son mal , il soulage le tien .
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277
p. 781-783
ESPAGNE.
Début :
Le Prince des Asturies s'étoit trouvé, il y a déja quelque temps, assez incommodé d'une [...]
Mots clefs :
José Vallejo de la Canal, Maures, Ennemis, Drapeau, Prince des Asturies, Opération, Tumeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E Prince des Asturies s'étoit trouvé , il y a
Ldéja quelque tempos , assez ise trouve d'une
tumeur à la fesse , et l'état de ce Prince avoit
causé de l'inquiétude, mais elle est bien diminuée
depuis l'arrivée du sieur P'erit , qui a été envoyé
à Madrid de Paris , et qui après avoir czaminé
le
782 MERCURE DE FRANCE
le mal , a assuré qu'il n'étoit pas , à beaucoup
près , aussi considerable qu'on l'avoit crû d'abord.
L'Operation que le sieur Petit a jugé nécessaire
pour la plus prompte guérison du Prince des
Asturies , fut faite le 29. du mois passé à sept
heures du matin avec beaucoup de succès ; elle
a été très - legere, et elle n'a duré qu'une minute ;
le Prince a très - peu souffert , et depuis l'operation
il est fort tranquille et dans le meilleur état
qu'on puisse souhaiter , sans qu'il y ait aucune .
suite fâcheuse appréhender , et l'on espere que
dans peu sa santé sera entierement rétablie .
Don Joseph Vallejo , Commandant General
des Troupes Espagnoles qui sont en Afrique , a
écrit au Roy , pour informer S. M. que le 2. du
mois dernier , ayant sçû qu'un grand nombre de
Maures s'étoient mis en embuscade dans les environs
de la Fontaine voisine de la Ville d'Oran,
il avoit fait sortir de cette Place un Détachement
d'Infanterie , avec ordre d'attaquer les Ennemis
et de les attirer du côté de la Ville , en
feignant de leur ceder peu à peu le terrain ; que
les Maures trompez par la feinte retraite des Espagnols
, avoient donné dans le piege qu'il leur
avoit tendu , et que pendant qu'ils étoient occupez
à poursuivre les Troupes sorties de la Place
, deux Compagnies de Volontaires qui étoient
postées à la tête du Vallon,et qu'ils n'avoient pas
apperçûës , avoient fait feu sur leur arriere garde
et l'avoient mise en désordre ; que l'Adjudant
Don Joseph Rubina , qui commandoit les Volontaires
, avoit pris le premier Drapeau des Ennemis
et avoit tué celui qui le portoit , sur le refus
qu'il avoit fait de se rendre , et que les Maures,
après avoir eû plusieurs de leurs gens tuez ou
blessez , avoient été contraints de prendre la fuite.
Ces
AVRIL. 1734. 783
Ces Lettres ajoûtent que les Espagnols , par la
sage conduite des Officiers , n'ont pas perdu un
seul homme dans cette occasion . Don Joseph
Vallejo a envoyé au Roy le Drapeau pris sur les
Ennemis , qui ont été fort sensibles à cette perte,
parce que c'étoit un Drapeau qui avoit reposé
long- temps sur le Tombeau de Mahomet à la
Mecque, d'où quelques Pelerins l'avoient apporté.
On travaille à réparer les Fortifications de Badajos
et de toutes les Places qui sont sur les
Frontieres du Royaume de Portugal .
E Prince des Asturies s'étoit trouvé , il y a
Ldéja quelque tempos , assez ise trouve d'une
tumeur à la fesse , et l'état de ce Prince avoit
causé de l'inquiétude, mais elle est bien diminuée
depuis l'arrivée du sieur P'erit , qui a été envoyé
à Madrid de Paris , et qui après avoir czaminé
le
782 MERCURE DE FRANCE
le mal , a assuré qu'il n'étoit pas , à beaucoup
près , aussi considerable qu'on l'avoit crû d'abord.
L'Operation que le sieur Petit a jugé nécessaire
pour la plus prompte guérison du Prince des
Asturies , fut faite le 29. du mois passé à sept
heures du matin avec beaucoup de succès ; elle
a été très - legere, et elle n'a duré qu'une minute ;
le Prince a très - peu souffert , et depuis l'operation
il est fort tranquille et dans le meilleur état
qu'on puisse souhaiter , sans qu'il y ait aucune .
suite fâcheuse appréhender , et l'on espere que
dans peu sa santé sera entierement rétablie .
Don Joseph Vallejo , Commandant General
des Troupes Espagnoles qui sont en Afrique , a
écrit au Roy , pour informer S. M. que le 2. du
mois dernier , ayant sçû qu'un grand nombre de
Maures s'étoient mis en embuscade dans les environs
de la Fontaine voisine de la Ville d'Oran,
il avoit fait sortir de cette Place un Détachement
d'Infanterie , avec ordre d'attaquer les Ennemis
et de les attirer du côté de la Ville , en
feignant de leur ceder peu à peu le terrain ; que
les Maures trompez par la feinte retraite des Espagnols
, avoient donné dans le piege qu'il leur
avoit tendu , et que pendant qu'ils étoient occupez
à poursuivre les Troupes sorties de la Place
, deux Compagnies de Volontaires qui étoient
postées à la tête du Vallon,et qu'ils n'avoient pas
apperçûës , avoient fait feu sur leur arriere garde
et l'avoient mise en désordre ; que l'Adjudant
Don Joseph Rubina , qui commandoit les Volontaires
, avoit pris le premier Drapeau des Ennemis
et avoit tué celui qui le portoit , sur le refus
qu'il avoit fait de se rendre , et que les Maures,
après avoir eû plusieurs de leurs gens tuez ou
blessez , avoient été contraints de prendre la fuite.
Ces
AVRIL. 1734. 783
Ces Lettres ajoûtent que les Espagnols , par la
sage conduite des Officiers , n'ont pas perdu un
seul homme dans cette occasion . Don Joseph
Vallejo a envoyé au Roy le Drapeau pris sur les
Ennemis , qui ont été fort sensibles à cette perte,
parce que c'étoit un Drapeau qui avoit reposé
long- temps sur le Tombeau de Mahomet à la
Mecque, d'où quelques Pelerins l'avoient apporté.
On travaille à réparer les Fortifications de Badajos
et de toutes les Places qui sont sur les
Frontieres du Royaume de Portugal .
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Résumé : ESPAGNE.
Le Prince des Asturies a récemment été diagnostiqué avec une tumeur à la fesse, mais une opération légère réalisée le 29 du mois précédent a été un succès. Le Prince se porte bien et une guérison complète rapide est espérée. Par ailleurs, Don Joseph Vallejo, Commandant Général des Troupes Espagnoles en Afrique, a rapporté une opération militaire réussie. Le 2 du mois dernier, il a organisé une embuscade contre des Maures près de la Fontaine voisine d'Oran. Les Maures, attirés par une feinte retraite des Espagnols, ont été pris à revers par des Volontaires en embuscade. L'Adjudant Don Joseph Rubina a capturé le drapeau ennemi et tué son porteur. Les Maures ont subi plusieurs pertes et ont pris la fuite, tandis que les Espagnols n'ont subi aucune perte grâce à la sage conduite des officiers. Le drapeau capturé, ayant une valeur religieuse pour les Maures, a été envoyé au Roi. Enfin, des travaux de réparation des fortifications sont en cours à Badajos et dans d'autres places frontalières avec le Portugal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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278
p. 793-798
« Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...] »
Début :
Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...]
Mots clefs :
Roi, Sa Majesté, Reine, Château, Musique, Camp, Régiment, Concert, Lieutenant, Chapelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...] »
E Roy a donné il y a déja quelque
tems le Gouvernement de Thionville
à M. de Sioujeat , Lieutenant General
de ses Armées ,
Le Marquis de Montrevel que le Roy
a nommé Maréchal de Camp par la Promotion
du 20 Février , étoit Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie de son
nom ; ce n'est pas le Colonel du Regiment
de Rouergue.
Le Marquis de Graville a été nommé
Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment
de Cavalerie d'Orleans ; le Chevalier
de Castelane , Mestre de Camp Lieutenant
du Regiment de Dragons d'Orleans
et M. de Saint Simon , Mestre
de Camp Lieutenant du Regiment du
Mayne .
,
,
On a établi depuis peu
à l'Hôtel
Royal des Invalides une Ecole de
Trompettes pour servir dans les Troupes
du Roy. Ceux qu'on y admettra doivent
s'engager à servir pendant six ans . Ils
seront instruits aux dépens de Sa Majesté,
H iij
et
794 MERCURE DE FRANCE
et on augmentera leur paye à proportion
des progrès qu'ils feront .
Le 21 Mars , l'Evêque d'Evreux fut
scré dans l'Eglise du Noviciat des Jesuites
, par l'Archevêque de Rouen , assisté
des Evêques de Coutances et de Metz,
et le 25 il prêta serment de fidelité entre
les mains du Roy.
Le 31 du même mois il y eur Concert à Versailles
chez la Reine . M. Destouches Sur Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera de Tarsis ev
Zelie , dont le Poëme est de M. de la Serre , et
la Musique des sieurs Rebel et Francoeur .
Les et le 7 Avril , on continua le même Opera;
sa parfaite exécution fit beaucoup de plaisirs ,
tant pour les rôles et les choeurs que pour la
Sinphonie. Sa Majesté en témoigna beaucoup
de satisfaction.
Le 11 Avril , Dimanche de la Passion , il y
eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries,
dans lequel les Diles Erremens , Petitpas , Julie
et une autre Dlie de Province , qui n'y avoit pas
encore paru , chanterent differents Motets avec
aplaudissement ; le Concert fut terminé par le
Miserere de M. de laLande ,
Les de ce mois , M. le Marquis de
Nicolaï , Conseiller au Parlement , reçu
en survivance le 18 Decembre 1731. dans
la Charge de Premier President de la
Chambre des Comptes , ayant vingtcinq
AVRIL. 1734.. 795
cinq ans accomplis , sur la démission de
M. son pere , prit possession de sa place
en ladite Chambre où la séance fut publique
et nombreuse. Elle commença par
une Audience qui a été plaidée pendant
trois matinées par Mrs Millet et Laverdy,
Avocats au Parlement; chacun dans son
Plaidoyer , prit occasion de faire un compliment
au nouveau Premier President
sur son merite personel et sur celui de
M. son Pere et de ses Ancêtres . Il est à
remarquer que ce Magistrat nouveau reçu
est le neuviéme de sa famille.
>
Le 6 de ce mois , le Roy fit dans la
Place d'Armes qui est entre le Château
et les Ecuries la revûe des deux Compagnies
des Mousquetaires de la Garde de
Sa Majesté . Le Roy passa dans les rangs
et ensuite les vir défiler par Escadrons et
par Brigades ; les Détachements qui feront
la Campagne étoient à la tête . Après
la revûë , les deux Compagnies entrerent
dans la cour du Château , et elles défi,
lerent devant la Reine. Monseigneur le
Dauphin et Mesdames de France se trou,
verent à cette revûë à laquelle le Duc
de Chartres étoit à Cheval auprès de Sa
Majesté.
›
Le 18 Dimanche des Rameaux, le même Concert
Hiij fut
796 MERCURE DE FRANCE
fut continué , et lesau tres jours de la Semaine
Sainte, on y a exécuté differents Motets deM. de
la Lande,et d'autres Maîtres modernes , le Sieur
Jeliote dont la voix fait tant de plaisir , s'y est
distingué par plusieurs morceaux qu'il a chantés
avec beaucoup d'aplaudissemens
le ainsi que
Sr Mondonville dans l'exécution de plusieurs
Concertoqu'il a joués sur le violon d'une maniere
Très brillante. Le même Concert a été continué
Jusqu'à la fin du mois.
Les dernieres Lettres de Madrid marquent
que le Prince des Asturies étoit
presque entierement guéri de l'Opération
que le St Petit lui a faite. On ajoute que
ce Chirurgien étoit sur son départ pour
revenir à Paris , où il sera de retour le
15 du mois prochain .
Le Dimanche des Rameaux , le Roy
accompagné du Duc du Maine , du Prince
de Dombes et du Comte d'Eu , assista
dans la Chapelle du Château , à la Benediction
desPalmes qui fut faite par l'Abbé
Brosseau , Chapelain ordinaire de la Chapelle
de Musique , qui en présenta une
à Sa Majesté le Roy assista à la Procession
, et après l'Evangile il adora la
Croix . Sa Majesté entendit ensuite la
Grande Messe célébrée par le même
Chapelain , et chantée par la Musique.
La Reine entendit la même Messe dans
sa Tribune.
:
L'après
AVRIL. 1734. 797
L'après midy Leurs Majestez entendirent
la Prédication du Pere Tainturier,
de la Compagnie de Jesus , et ensuite les
Vêpres.
9
Le Jeudi Saint , le Roy entendit le
Sermon de la Cêne du P. Painchinat
Cordelier du Convent de Paris , après
quoi l'Archevêque de Tours fit l'Absoute.
Le Roy lava les pieds à douze Pauvres ,
et Sa Majesté les servit à table : le Duc
de Bourbon Grand Maître de la Maison
du Roy , à la tête des Maîtres d'Hôtel ,
précedoit le Service .Monseigneur le Dauphin
, le Comte de Clermont , le Prince
de Conty , le Prince de Dombes , le
Comte d'Eu , le Comte de Toulouze et
les principaux Officiers de Sa Majesté
portoient les plats. Après cette cérémonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château ,
où sa Majesté entendit la Grande Messe ,
et assista à la Procession , et ensuite aux
Vêpres. La Reine entendit l'Office dans
sa Tribune , et l'après midy , Sa Majesté
entendit le Sermon de la Cêne du Pere
Jean François , Capucin , et l'Archevêque
de Rouen , Premier Aumônier de la
Reine , ayant fait l'Absoute , Sa Majesté
lava les pieds à douze pauvres filles , et
les servit à table . Le Marquis de Chamarande
, Premier Maître d'Hôtel de Sa
Hy Ma798
MERCURE DE FRANCE
•
Majesté précedoit leService dont les plats
étoient portez par les Princesses du Sang ,
par les Dames du Palais et par d'autres
Dames de la Cour .
:
Le Vendredy Saint , le Roy et la Reine
entendirent le Sermon de la Passion du
Pere Tainturier, de la Compagnie de Jesus
le Roy assista ensuite à l'Office , et
alla à l'Adoration de la Croix : la Reine
entendit l'Office dans la Tribune . Le soir
Leurs Majestez assistérent à l'Office des
Ténébres, qui fut chanté par la Musique .
Le Samedy Saint , le Roy revêtu du
Grand Collier de l'Ordre du Saint Esprit,
se rendità l'Eglise de la Paroisse du Château
, où Sa Majesté communia par les
mains du Cardinal de Rohan Grand
Aumônier de France. Le Roy toucha ensuite
un grand nombre de malades .
,
"
Le soir Leurs Majestez accompagnées
de Monseigneur le Dauphin et de Mesdames
de France assistérent dans la
Chapelle du Château aux Complies , et
au Salut , pendant lequel l'O Filii fut
chanté par la Musique.
tems le Gouvernement de Thionville
à M. de Sioujeat , Lieutenant General
de ses Armées ,
Le Marquis de Montrevel que le Roy
a nommé Maréchal de Camp par la Promotion
du 20 Février , étoit Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie de son
nom ; ce n'est pas le Colonel du Regiment
de Rouergue.
Le Marquis de Graville a été nommé
Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment
de Cavalerie d'Orleans ; le Chevalier
de Castelane , Mestre de Camp Lieutenant
du Regiment de Dragons d'Orleans
et M. de Saint Simon , Mestre
de Camp Lieutenant du Regiment du
Mayne .
,
,
On a établi depuis peu
à l'Hôtel
Royal des Invalides une Ecole de
Trompettes pour servir dans les Troupes
du Roy. Ceux qu'on y admettra doivent
s'engager à servir pendant six ans . Ils
seront instruits aux dépens de Sa Majesté,
H iij
et
794 MERCURE DE FRANCE
et on augmentera leur paye à proportion
des progrès qu'ils feront .
Le 21 Mars , l'Evêque d'Evreux fut
scré dans l'Eglise du Noviciat des Jesuites
, par l'Archevêque de Rouen , assisté
des Evêques de Coutances et de Metz,
et le 25 il prêta serment de fidelité entre
les mains du Roy.
Le 31 du même mois il y eur Concert à Versailles
chez la Reine . M. Destouches Sur Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera de Tarsis ev
Zelie , dont le Poëme est de M. de la Serre , et
la Musique des sieurs Rebel et Francoeur .
Les et le 7 Avril , on continua le même Opera;
sa parfaite exécution fit beaucoup de plaisirs ,
tant pour les rôles et les choeurs que pour la
Sinphonie. Sa Majesté en témoigna beaucoup
de satisfaction.
Le 11 Avril , Dimanche de la Passion , il y
eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries,
dans lequel les Diles Erremens , Petitpas , Julie
et une autre Dlie de Province , qui n'y avoit pas
encore paru , chanterent differents Motets avec
aplaudissement ; le Concert fut terminé par le
Miserere de M. de laLande ,
Les de ce mois , M. le Marquis de
Nicolaï , Conseiller au Parlement , reçu
en survivance le 18 Decembre 1731. dans
la Charge de Premier President de la
Chambre des Comptes , ayant vingtcinq
AVRIL. 1734.. 795
cinq ans accomplis , sur la démission de
M. son pere , prit possession de sa place
en ladite Chambre où la séance fut publique
et nombreuse. Elle commença par
une Audience qui a été plaidée pendant
trois matinées par Mrs Millet et Laverdy,
Avocats au Parlement; chacun dans son
Plaidoyer , prit occasion de faire un compliment
au nouveau Premier President
sur son merite personel et sur celui de
M. son Pere et de ses Ancêtres . Il est à
remarquer que ce Magistrat nouveau reçu
est le neuviéme de sa famille.
>
Le 6 de ce mois , le Roy fit dans la
Place d'Armes qui est entre le Château
et les Ecuries la revûe des deux Compagnies
des Mousquetaires de la Garde de
Sa Majesté . Le Roy passa dans les rangs
et ensuite les vir défiler par Escadrons et
par Brigades ; les Détachements qui feront
la Campagne étoient à la tête . Après
la revûë , les deux Compagnies entrerent
dans la cour du Château , et elles défi,
lerent devant la Reine. Monseigneur le
Dauphin et Mesdames de France se trou,
verent à cette revûë à laquelle le Duc
de Chartres étoit à Cheval auprès de Sa
Majesté.
›
Le 18 Dimanche des Rameaux, le même Concert
Hiij fut
796 MERCURE DE FRANCE
fut continué , et lesau tres jours de la Semaine
Sainte, on y a exécuté differents Motets deM. de
la Lande,et d'autres Maîtres modernes , le Sieur
Jeliote dont la voix fait tant de plaisir , s'y est
distingué par plusieurs morceaux qu'il a chantés
avec beaucoup d'aplaudissemens
le ainsi que
Sr Mondonville dans l'exécution de plusieurs
Concertoqu'il a joués sur le violon d'une maniere
Très brillante. Le même Concert a été continué
Jusqu'à la fin du mois.
Les dernieres Lettres de Madrid marquent
que le Prince des Asturies étoit
presque entierement guéri de l'Opération
que le St Petit lui a faite. On ajoute que
ce Chirurgien étoit sur son départ pour
revenir à Paris , où il sera de retour le
15 du mois prochain .
Le Dimanche des Rameaux , le Roy
accompagné du Duc du Maine , du Prince
de Dombes et du Comte d'Eu , assista
dans la Chapelle du Château , à la Benediction
desPalmes qui fut faite par l'Abbé
Brosseau , Chapelain ordinaire de la Chapelle
de Musique , qui en présenta une
à Sa Majesté le Roy assista à la Procession
, et après l'Evangile il adora la
Croix . Sa Majesté entendit ensuite la
Grande Messe célébrée par le même
Chapelain , et chantée par la Musique.
La Reine entendit la même Messe dans
sa Tribune.
:
L'après
AVRIL. 1734. 797
L'après midy Leurs Majestez entendirent
la Prédication du Pere Tainturier,
de la Compagnie de Jesus , et ensuite les
Vêpres.
9
Le Jeudi Saint , le Roy entendit le
Sermon de la Cêne du P. Painchinat
Cordelier du Convent de Paris , après
quoi l'Archevêque de Tours fit l'Absoute.
Le Roy lava les pieds à douze Pauvres ,
et Sa Majesté les servit à table : le Duc
de Bourbon Grand Maître de la Maison
du Roy , à la tête des Maîtres d'Hôtel ,
précedoit le Service .Monseigneur le Dauphin
, le Comte de Clermont , le Prince
de Conty , le Prince de Dombes , le
Comte d'Eu , le Comte de Toulouze et
les principaux Officiers de Sa Majesté
portoient les plats. Après cette cérémonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château ,
où sa Majesté entendit la Grande Messe ,
et assista à la Procession , et ensuite aux
Vêpres. La Reine entendit l'Office dans
sa Tribune , et l'après midy , Sa Majesté
entendit le Sermon de la Cêne du Pere
Jean François , Capucin , et l'Archevêque
de Rouen , Premier Aumônier de la
Reine , ayant fait l'Absoute , Sa Majesté
lava les pieds à douze pauvres filles , et
les servit à table . Le Marquis de Chamarande
, Premier Maître d'Hôtel de Sa
Hy Ma798
MERCURE DE FRANCE
•
Majesté précedoit leService dont les plats
étoient portez par les Princesses du Sang ,
par les Dames du Palais et par d'autres
Dames de la Cour .
:
Le Vendredy Saint , le Roy et la Reine
entendirent le Sermon de la Passion du
Pere Tainturier, de la Compagnie de Jesus
le Roy assista ensuite à l'Office , et
alla à l'Adoration de la Croix : la Reine
entendit l'Office dans la Tribune . Le soir
Leurs Majestez assistérent à l'Office des
Ténébres, qui fut chanté par la Musique .
Le Samedy Saint , le Roy revêtu du
Grand Collier de l'Ordre du Saint Esprit,
se rendità l'Eglise de la Paroisse du Château
, où Sa Majesté communia par les
mains du Cardinal de Rohan Grand
Aumônier de France. Le Roy toucha ensuite
un grand nombre de malades .
,
"
Le soir Leurs Majestez accompagnées
de Monseigneur le Dauphin et de Mesdames
de France assistérent dans la
Chapelle du Château aux Complies , et
au Salut , pendant lequel l'O Filii fut
chanté par la Musique.
Fermer
Résumé : « Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...] »
En 1734, plusieurs événements militaires et religieux marquants ont eu lieu. Le roi a nommé M. de Sioujeat gouverneur de Thionville, Lieutenant Général de ses armées. Le Marquis de Montrevel a été promu Maréchal de Camp et était Maître de Camp du Régiment de Cavalerie du roi, sans être Colonel du Régiment de Rouergue. Le Marquis de Graville a été désigné Maître de Camp Lieutenant du Régiment de Cavalerie d'Orléans, le Chevalier de Castelane Maître de Camp Lieutenant du Régiment de Dragons d'Orléans, et M. de Saint Simon Maître de Camp Lieutenant du Régiment du Mayne. Une École de Trompettes a été établie à l'Hôtel Royal des Invalides pour servir dans les troupes du roi. Les trompettes y sont formés aux frais de Sa Majesté et reçoivent une augmentation de salaire proportionnelle à leurs progrès. Le 21 mars, l'Évêque d'Évreux a été sacré dans l'Église du Noviciat des Jésuites par l'Archevêque de Rouen, assisté des Évêques de Coutances et de Metz. Le 25 mars, il a prêté serment de fidélité au roi. Le 31 mars, un concert a eu lieu à Versailles chez la Reine, où M. Destouches, Surintendant de la Musique du roi, a fait chanter le prologue et le premier acte de l'opéra 'Tarsis et Zélie'. Les 6 et 7 avril, l'opéra a été continué, suscitant une grande satisfaction royale. Le 11 avril, un concert spirituel a été donné au Château des Tuileries, avec des motets chantés par les demoiselles Erremens, Petitpas, Julie et une autre chanteuse de province. Le concert s'est terminé par le 'Miserere' de M. de Lalande. Le Marquis de Nicolaï a pris possession de la charge de Premier Président de la Chambre des Comptes le 7 avril, après la démission de son père. Le 6 avril, le roi a passé en revue les Mousquetaires de la Garde à la Place d'Armes. Le 18 avril, un concert a été continué pendant la Semaine Sainte, avec des motets de M. de Lalande et d'autres maîtres modernes. Les lettres de Madrid indiquent que le Prince des Asturies était presque guéri d'une opération. Le roi a assisté à diverses cérémonies religieuses durant la Semaine Sainte, incluant la bénédiction des palmes, la messe, les vêpres, et le lavement des pieds. Le Vendredi Saint, le roi et la reine ont assisté au sermon de la Passion. Le Samedi Saint, le roi a communié et touché un grand nombre de malades.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
279
p. 882-888
LETTRE de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, à M. D. L. R. sur des Champignons formez dans l'estomach d'une Femme.
Début :
Je vous écris aujourd'hui, Monsieur, sur un effet assez singulier de la Nature, [...]
Mots clefs :
Estomac, Femme, Champignons, Eau, Grains, Pédicules, Graines, Liqueur, Vomissement, Ragoûts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, à M. D. L. R. sur des Champignons formez dans l'estomach d'une Femme.
LETTRE de M. Capperon , ancien
Doyen de S. Maxent , à M. D. L. R.
sur des Champignons formez dans l'esi
tomach d'une Femme,
J
E vous écris aujourd'hui , Monsieur ;
sur un effet assez singulier de la Nature
, et qui mérite bien , à mon avis ,
d'être rendu public , tant à cause de la
rareté du fait , que par les consequences
qu'on en peut tirer, Une Femme d'honneur
et incapable de me tromper , âgét
d'environ soixante et dix ans , d'un temperament
flegmatique , me vint trouver
ces jours passez fort allarmée de ce qui
4ui étoit arrivé , pour m'en faire le récit,
et pour sçavoir ce que je pouvois penser
sur une chose aussi extraordinaire. Elle
me dit que depuis quelque temps elle
s'étoit trouvée fort incommodée de ventositez
, qui lui sortolent fréquemment
parhaut et par bas; qu'enfin lassée du mal
que
JIA
celá lui causoit , elle qrut que prenant
un peu d'eau - de- vie , cette liqueur
pourroit la soulager ; comme en effet, elle
ne l'eut pas plutôt avalée , qu'il lui prit
un grand vomissement , par le moyen
duquel
MAY. 1734
883
duquel elle rendit quantité de matieres
glaireuses , où il paroissoit plusieurs petits
corps bruns , diversement figurez ,
confondus et mêlez parmi ces glaires .
Revenue de la peine que ce vomissement
lui avoit causée , elle fut curieuse
de voir ce que c'étoit que ces petits corps
ainsi dispersez dans ce qu'elle avoit vomi
, et les ayant tirez les uns après les
autres , elle fut bien surprise de voir que
c'étoient quinze ou seize petits Champignons
, aussi exactement formez que
ceux qui croissent sur la terre ; les
les ayant
rangez sur un petit plat , elle me les fit
apporter un moment après qu'elle fut
venue chez moi. Quelques jours après
elle en jetta encore d'autres , qui me furent
pareillement apportez par la même
personne qui les lui avoit vû vomir.
Les ayant examinez à loisir et avec toute
l'attention possible , j'y en ai trouvé
particulierement un , dont la tête parfaitement
épanouie , a au moins un bon
pouce de largeur , et dont le pédicule
est long de dix lignes ; quelques autres
également épanouis , dont les têtes sont.
larges de dix à onze lignes , posées sur
des pédicules longs de cinq à six lignes ;
d'autres tant soit peu plus petits , dont
les uns sont ouverts et d'autres encore
Cij fer884
MERCURE DE FRANCE
fermez , ayant tous leurs têtes et leurs
pédicules. Il y en a un qui n'a même
que cinq lignes de hauteur , et dont
la tête ronde est fermée n'est large
que d'environ trois lignes , de couleur
plus noire que les autres ; car il est à
observer , que loin d'avoir la moindre
blancheur , ils sont tous très - bruns et
d'une contexture très - tendre. Je les ai
tous mis dans l'eau de vie , où je les conserve
pour les faire voir à ceux qui en
sont curieux .
Après cet exposé , Monsieur , il s'agit
de sçavoir d'où sont provenus ces Champignons
dans l'estomach de cette femme ;
comment ils ont pû y germer , y vege
ter et y croître . Pour bien connoître
cela , je lui demandai d'abord si dans la
la maison où elle demeure on n'y mangeoit
pas souvent des Champignons , et
si elle n'en avoit pas mangé comme les
autres , soit dans les ragoûts ou autrement
? Si elle n'avoit pas coûtume de
boire quelquefois de l'eau pendant le
jour ? Elle me répondit qu'il étoit vrai
qu'elle avoit mangé des Champignons
comme les autres ; que pendant le jour
elle buvoit quelquefois de l'eau avec
un peu de vin , et quelquefois même de
l'eau pure.
DeMAY.
1734 885
De- là j'ai conclu , que suivant toute
apparence , s'étant trouvé quelques graines
de Champignons dans l'eau qu'on
lui avoit donnée à boire , pour être res
tées imperceptibles dans quelque perit
endroit des vaisseaux où on les avoit
lavez , et que s'étant répandues ensuite
dans l'eau plus claire qu'on avoit mise
dans ces vaisseaux , c'étoit sans doute de
cette eau qu'on lui avoit donnée pour
boire , et où ces graines s'étoient trouvées
, et avec laquelle elles étoient tombées
dans son estomach. Je dis qu'il y
a plus lieu de croire que ça été par le
moyen de cette eau , plutôt qu'en mangeant
les Champignons mêmes cuits , apprêtez
et mêlangez dans des ragoûts et
des sausses ; la cuisson et le mêlange du
beure ou de graisse , ayant dû leur
ôter la disposition convenable qui leur
est nécessaire pour germer et vegeter.
On ne peut pas dire que cette Dame
a pû les manger et les avaler tels qu'ils
se sont trouvez dans son vomissement ;
car outre qu'on n'apprête pas les Champignons
pour les manger et pour les met
tre dans les ragouts avec leurs têtes toutes
épanouies , les pédicules y restant
attachez dans tout leur entier , c'est que
cette Dame n'auroit pas avalé ces Cham-
C iij pignons
886 MERCURE DE FRANCE
pignons ainsi entiers , sans leur avoir auparavant
donné le moindre coup de dent;
il faudroit pour cela qu'elle fût extrê
mement vorace , ce qui n'est pas.
Disons donc d'abord que dans l'estomach
, il se trouve une liqueur mucilagineuse
, qui s'y filtre par des ouvertures
qui représentent des especes de mamelons
, laquelle sert pour empêcher que
les choses trop âcres , trop picquantes et
trop corrosives qu'on peut avaler , n'irritent
fortement ce viscere ; et c'est cette.
liqueur mucilagineuse qui enduit le fond
de l'estomach , plus ou moins , selon que
le sang se trouve plus ou moins grossier
et visqueux dans certaines personnes.
Cela étant , il n'est pas surprenant que
des graines de Champignons, ayant été
avalées , elles se soient attachées à cette
matiere visqueuse , d'autant plus abon
dante dans l'estomach de cette Dame ;
qu'elle est d'un temperamment flegmatique
, dont le sang doit avoir moins de
volatilité à cause de son grand âge ; et
ces graines ainsi attachées et incorporées
dans cette matiere glaireuse , aidées par
la douce chaleur de l'estomach , s'y sont
suffisamment dilatées pour y pousser de
légeres racines et y vegeter de la manie
re dont on les voit.
C'est
MAY. 1734
887
-
C'est même ce qui n'est pas nouveau ,
puisqu'on voit dans les Observations de
Physique , imprimées en 1717. qu'un
Soldat à Coppenhague , ayant mangé
quelques grains d'avoine , ces grains lui
demeurerent pendant plusieurs mois dans
l'estomach , où ils lui causerent differentes
douleurs , jusqu'à ce qu'ayant pris
un remede vomitif , cela lui fit jetter
ces grains , lesquels avoient pris racine
et avoient germé comme en pleine terre,
ayant même poussé des feuilles , quoique
sans grains. C'est par le même moyen
qu'on a vû souvent des personnes vomir de
petites Grenouilles et d'autres Insectes ;
ce qu'on attribuoit souvent à sortilege ;
mais cela ne venoit que pour avoir bû
de quelque eau dormante , où s'étoient
trouvez des germes de ces animaux , lesquels
attachez aux matieres glaireuses
de l'estomach , et y ayant reçû l'impres
sion de la douce chaleur qui s'y trouve
accompagnée des parties salines et ter
restres de ces viscositez , avoient été di
latez , nourris et formez comme s'ils
avoient été dans l'eau ou dans la terre.
Enfin la conséquence naturelle qu'on
"S
* Ce Fait est rapporté par M. Bayle , dans ses
Nouvelles de la République des Lettres , mois de
Septembre 1685. page 1005.
C iiij peut
888 MERCURE DE FRANCE
peut tirer de l'état où ces Champignons
se sont trouvez à la sortie de l'estomach
où ils s'étoient formez , c'est de conclure
qu'ayant été trouvez entiers avec leurs
têtes et leurs pédicules qui y étoient attachez
, aussi tendres et aussi délicats
qu'ils sont , c'est une preuve certaine que
la digestion des aliments ne se fait pas
par la trituration causée par le simple
mouvement de l'estomach ; puisqu'il auroit
été impossible que ces petites plantes
eussent pû se former , s'étendre et
croître jusqu'au point où elles sont , sans
se trouver à la fin rompuës par pieces et
brisées , à cause de leur contexture si tendre
et si délicate . Je suis , Monsieur , & c..
A la Ville d'Eu le 14.
Avril
1734
Doyen de S. Maxent , à M. D. L. R.
sur des Champignons formez dans l'esi
tomach d'une Femme,
J
E vous écris aujourd'hui , Monsieur ;
sur un effet assez singulier de la Nature
, et qui mérite bien , à mon avis ,
d'être rendu public , tant à cause de la
rareté du fait , que par les consequences
qu'on en peut tirer, Une Femme d'honneur
et incapable de me tromper , âgét
d'environ soixante et dix ans , d'un temperament
flegmatique , me vint trouver
ces jours passez fort allarmée de ce qui
4ui étoit arrivé , pour m'en faire le récit,
et pour sçavoir ce que je pouvois penser
sur une chose aussi extraordinaire. Elle
me dit que depuis quelque temps elle
s'étoit trouvée fort incommodée de ventositez
, qui lui sortolent fréquemment
parhaut et par bas; qu'enfin lassée du mal
que
JIA
celá lui causoit , elle qrut que prenant
un peu d'eau - de- vie , cette liqueur
pourroit la soulager ; comme en effet, elle
ne l'eut pas plutôt avalée , qu'il lui prit
un grand vomissement , par le moyen
duquel
MAY. 1734
883
duquel elle rendit quantité de matieres
glaireuses , où il paroissoit plusieurs petits
corps bruns , diversement figurez ,
confondus et mêlez parmi ces glaires .
Revenue de la peine que ce vomissement
lui avoit causée , elle fut curieuse
de voir ce que c'étoit que ces petits corps
ainsi dispersez dans ce qu'elle avoit vomi
, et les ayant tirez les uns après les
autres , elle fut bien surprise de voir que
c'étoient quinze ou seize petits Champignons
, aussi exactement formez que
ceux qui croissent sur la terre ; les
les ayant
rangez sur un petit plat , elle me les fit
apporter un moment après qu'elle fut
venue chez moi. Quelques jours après
elle en jetta encore d'autres , qui me furent
pareillement apportez par la même
personne qui les lui avoit vû vomir.
Les ayant examinez à loisir et avec toute
l'attention possible , j'y en ai trouvé
particulierement un , dont la tête parfaitement
épanouie , a au moins un bon
pouce de largeur , et dont le pédicule
est long de dix lignes ; quelques autres
également épanouis , dont les têtes sont.
larges de dix à onze lignes , posées sur
des pédicules longs de cinq à six lignes ;
d'autres tant soit peu plus petits , dont
les uns sont ouverts et d'autres encore
Cij fer884
MERCURE DE FRANCE
fermez , ayant tous leurs têtes et leurs
pédicules. Il y en a un qui n'a même
que cinq lignes de hauteur , et dont
la tête ronde est fermée n'est large
que d'environ trois lignes , de couleur
plus noire que les autres ; car il est à
observer , que loin d'avoir la moindre
blancheur , ils sont tous très - bruns et
d'une contexture très - tendre. Je les ai
tous mis dans l'eau de vie , où je les conserve
pour les faire voir à ceux qui en
sont curieux .
Après cet exposé , Monsieur , il s'agit
de sçavoir d'où sont provenus ces Champignons
dans l'estomach de cette femme ;
comment ils ont pû y germer , y vege
ter et y croître . Pour bien connoître
cela , je lui demandai d'abord si dans la
la maison où elle demeure on n'y mangeoit
pas souvent des Champignons , et
si elle n'en avoit pas mangé comme les
autres , soit dans les ragoûts ou autrement
? Si elle n'avoit pas coûtume de
boire quelquefois de l'eau pendant le
jour ? Elle me répondit qu'il étoit vrai
qu'elle avoit mangé des Champignons
comme les autres ; que pendant le jour
elle buvoit quelquefois de l'eau avec
un peu de vin , et quelquefois même de
l'eau pure.
DeMAY.
1734 885
De- là j'ai conclu , que suivant toute
apparence , s'étant trouvé quelques graines
de Champignons dans l'eau qu'on
lui avoit donnée à boire , pour être res
tées imperceptibles dans quelque perit
endroit des vaisseaux où on les avoit
lavez , et que s'étant répandues ensuite
dans l'eau plus claire qu'on avoit mise
dans ces vaisseaux , c'étoit sans doute de
cette eau qu'on lui avoit donnée pour
boire , et où ces graines s'étoient trouvées
, et avec laquelle elles étoient tombées
dans son estomach. Je dis qu'il y
a plus lieu de croire que ça été par le
moyen de cette eau , plutôt qu'en mangeant
les Champignons mêmes cuits , apprêtez
et mêlangez dans des ragoûts et
des sausses ; la cuisson et le mêlange du
beure ou de graisse , ayant dû leur
ôter la disposition convenable qui leur
est nécessaire pour germer et vegeter.
On ne peut pas dire que cette Dame
a pû les manger et les avaler tels qu'ils
se sont trouvez dans son vomissement ;
car outre qu'on n'apprête pas les Champignons
pour les manger et pour les met
tre dans les ragouts avec leurs têtes toutes
épanouies , les pédicules y restant
attachez dans tout leur entier , c'est que
cette Dame n'auroit pas avalé ces Cham-
C iij pignons
886 MERCURE DE FRANCE
pignons ainsi entiers , sans leur avoir auparavant
donné le moindre coup de dent;
il faudroit pour cela qu'elle fût extrê
mement vorace , ce qui n'est pas.
Disons donc d'abord que dans l'estomach
, il se trouve une liqueur mucilagineuse
, qui s'y filtre par des ouvertures
qui représentent des especes de mamelons
, laquelle sert pour empêcher que
les choses trop âcres , trop picquantes et
trop corrosives qu'on peut avaler , n'irritent
fortement ce viscere ; et c'est cette.
liqueur mucilagineuse qui enduit le fond
de l'estomach , plus ou moins , selon que
le sang se trouve plus ou moins grossier
et visqueux dans certaines personnes.
Cela étant , il n'est pas surprenant que
des graines de Champignons, ayant été
avalées , elles se soient attachées à cette
matiere visqueuse , d'autant plus abon
dante dans l'estomach de cette Dame ;
qu'elle est d'un temperamment flegmatique
, dont le sang doit avoir moins de
volatilité à cause de son grand âge ; et
ces graines ainsi attachées et incorporées
dans cette matiere glaireuse , aidées par
la douce chaleur de l'estomach , s'y sont
suffisamment dilatées pour y pousser de
légeres racines et y vegeter de la manie
re dont on les voit.
C'est
MAY. 1734
887
-
C'est même ce qui n'est pas nouveau ,
puisqu'on voit dans les Observations de
Physique , imprimées en 1717. qu'un
Soldat à Coppenhague , ayant mangé
quelques grains d'avoine , ces grains lui
demeurerent pendant plusieurs mois dans
l'estomach , où ils lui causerent differentes
douleurs , jusqu'à ce qu'ayant pris
un remede vomitif , cela lui fit jetter
ces grains , lesquels avoient pris racine
et avoient germé comme en pleine terre,
ayant même poussé des feuilles , quoique
sans grains. C'est par le même moyen
qu'on a vû souvent des personnes vomir de
petites Grenouilles et d'autres Insectes ;
ce qu'on attribuoit souvent à sortilege ;
mais cela ne venoit que pour avoir bû
de quelque eau dormante , où s'étoient
trouvez des germes de ces animaux , lesquels
attachez aux matieres glaireuses
de l'estomach , et y ayant reçû l'impres
sion de la douce chaleur qui s'y trouve
accompagnée des parties salines et ter
restres de ces viscositez , avoient été di
latez , nourris et formez comme s'ils
avoient été dans l'eau ou dans la terre.
Enfin la conséquence naturelle qu'on
"S
* Ce Fait est rapporté par M. Bayle , dans ses
Nouvelles de la République des Lettres , mois de
Septembre 1685. page 1005.
C iiij peut
888 MERCURE DE FRANCE
peut tirer de l'état où ces Champignons
se sont trouvez à la sortie de l'estomach
où ils s'étoient formez , c'est de conclure
qu'ayant été trouvez entiers avec leurs
têtes et leurs pédicules qui y étoient attachez
, aussi tendres et aussi délicats
qu'ils sont , c'est une preuve certaine que
la digestion des aliments ne se fait pas
par la trituration causée par le simple
mouvement de l'estomach ; puisqu'il auroit
été impossible que ces petites plantes
eussent pû se former , s'étendre et
croître jusqu'au point où elles sont , sans
se trouver à la fin rompuës par pieces et
brisées , à cause de leur contexture si tendre
et si délicate . Je suis , Monsieur , & c..
A la Ville d'Eu le 14.
Avril
1734
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Résumé : LETTRE de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, à M. D. L. R. sur des Champignons formez dans l'estomach d'une Femme.
M. Capperon, ancien doyen de Saint-Maxent, a relaté un cas exceptionnel impliquant une femme de soixante-dix ans au tempérament flegmatique. Cette femme a vomi plusieurs petits champignons après avoir consommé de l'eau-de-vie pour soulager des flatulences. Les matières vomies contenaient des champignons parfaitement formés, au nombre de quinze ou seize, variant en taille et en état de développement. M. Capperon a examiné ces champignons et les a conservés dans de l'eau-de-vie pour les montrer à des personnes intéressées. Il a émis l'hypothèse que les graines de champignons, présentes dans l'eau qu'elle buvait, avaient germé dans son estomac grâce à la liqueur mucilagineuse qui tapisse cet organe. Cette liqueur, plus abondante chez les personnes au sang visqueux, aurait permis aux graines de s'attacher et de se développer grâce à la chaleur de l'estomac. Ce phénomène n'est pas isolé, car des cas similaires ont été observés, comme celui d'un soldat ayant vomi des grains d'avoine germés dans son estomac. M. Capperon en a déduit que la digestion ne se fait pas uniquement par la trituration des aliments, car les champignons sont sortis intacts et entiers.
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280
p. 928-931
« LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
Début :
LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...]
Mots clefs :
Docteur en médecine, Cheval, Physique sacrée, Histoire des rois de Pologne, Vérités capitales de la religion, Fragments des poésies de Sappho, Art de monter à cheval, Nouvelles découvertes en médecine, Histoire critique de Manichée et du Manichéisme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
LA PHISIQUE SACRE'E , ou Histoire na
nurelle de la Bible , traduite de M. Jean-
Jacques Scheuchzer , Docteur en Medecine
, Professeur en Mathematiques à Zurich
, et Membre de la Societé Royale
d'Angleterre , et des Académies de Vien
ne et de Berlin , enrichie de plus de 700 .
figures en tailles- douces , par les soins de
Jean André Pfeffel Graveur de Sa Majesté
Imperiale, divisée en huit volumes.
A Amsterdam , chez Mortier , & c . et se
vend àParis , Quay des Augustins , chez
Rollin Fils.
-
HISTOIRE DES ROIS DE POLOGNE , et du
Gouvernement de ce Royaume , où l'on
trouve
M A Y. 929 1734.
trouve un détail très circonstancié de tout ,
ce qui s'est passé de plus remarquable
sous le regne de Frederic Auguste, et pendant
les deux derniers Interregnes , par
M *** A Amfterdam , chez François
PHonoré 1733. in 12. 4. vol . et se trouve
à Paris , chez Giffey , ruë de la Vieille
Bouclerie , et Ofmont ruë S. Jacques.
LES VERITES CAPITALES DE LA RELIGION ,
établies par la raison et pat l'Ecriture
Sainte , avec un abregé des Loix Morales
en forme de Catechisme ; Par Jacques
- Plantier , 1733. in 8. A Geneve , & c. et
se vend à Paris , chez Chaubert .
FRAGMENS des Poësies de Sapho ;
et les éloges qu'en ont fait les Auteurs
anciens Grecs et Latins , avec les notes
de divers Sçavans . Edition nouvelle , par
M. Jean Christien Volff, Professeur au
College de Hambourg , augmentée par
l'Editeur de la vie de Sappho et de trois
tables. A Hambourg , sous l'indication
de Londres , chez Abraham Vandenhoek ,
1733. in 4. 253. pages , sans la Preface
la vie de Sapho et les tables. Cet Ou
vrage eft en Latin,
L'ART DE MONTER A CHEVAL , ON Des-
E cription
930 MERCURE DE FRANCE
cription du Manége moderne dans sa perfection
, expliqué par les leçons necessaires
, et representé par des figures exactes
depuis l'assiete de l'homme à cheval jusqu'à
l'arrêt , accompagné aussi de divers
mords pour bien brider les chevaux ;
écrit et dessiné par le Baron d'Eisemberg
et gravé par B. Picard: A la Haye , chez
Pierre Gosse,et J. Neaulme 1733 , in fol.56 .
pages , avec pareil nombre de Planches .
NOUVELLES DECOUVERTES EN MEDECINE,
ou ancienne Medecine developpée , par
M.de Marconnay, Docteur en Medecine;
nouvelle édition , avec une methode pour
guerir les malades par les voyes de la
transpiration et de l'évacuation. A la
Haye , chez Pierre Gosse , & J: Neaulme Į
1734. in 12, environ 300. pages,
HISTOIRE CRITIQUE de Manichée et du
Manicheisme , par M. de Beaufobre ., 1 ,
vol . in 4. A Amsterdam , chez J. Frederia
Bernard M. DCC. XXXIV. pp. 594. sans
la Préface et la Table, Ce livre se trouve
chez Montalan , Libraire , Quay des Augustins
, avec quelques autres livres nou¬
veaux dont voici les titres.
J. LAUNOII Opera omnia X. vol. fol.
Geneva 1733.
H;
MAY. 1734. 931
H. NORISII Cardinalis opera IV. vol.
fol. Verone 1732.
*
CEREMONIES Religieuses des Peuples
Idolâtres de Picart XLV. vol . fol. à
Amsterdam , 1733 .
›
REMARQUES de Tindal sur l'Histoire
d'Angleterre de Rapin Toyras , II . vol.
in 4. La Haye , 1733 .
nurelle de la Bible , traduite de M. Jean-
Jacques Scheuchzer , Docteur en Medecine
, Professeur en Mathematiques à Zurich
, et Membre de la Societé Royale
d'Angleterre , et des Académies de Vien
ne et de Berlin , enrichie de plus de 700 .
figures en tailles- douces , par les soins de
Jean André Pfeffel Graveur de Sa Majesté
Imperiale, divisée en huit volumes.
A Amsterdam , chez Mortier , & c . et se
vend àParis , Quay des Augustins , chez
Rollin Fils.
-
HISTOIRE DES ROIS DE POLOGNE , et du
Gouvernement de ce Royaume , où l'on
trouve
M A Y. 929 1734.
trouve un détail très circonstancié de tout ,
ce qui s'est passé de plus remarquable
sous le regne de Frederic Auguste, et pendant
les deux derniers Interregnes , par
M *** A Amfterdam , chez François
PHonoré 1733. in 12. 4. vol . et se trouve
à Paris , chez Giffey , ruë de la Vieille
Bouclerie , et Ofmont ruë S. Jacques.
LES VERITES CAPITALES DE LA RELIGION ,
établies par la raison et pat l'Ecriture
Sainte , avec un abregé des Loix Morales
en forme de Catechisme ; Par Jacques
- Plantier , 1733. in 8. A Geneve , & c. et
se vend à Paris , chez Chaubert .
FRAGMENS des Poësies de Sapho ;
et les éloges qu'en ont fait les Auteurs
anciens Grecs et Latins , avec les notes
de divers Sçavans . Edition nouvelle , par
M. Jean Christien Volff, Professeur au
College de Hambourg , augmentée par
l'Editeur de la vie de Sappho et de trois
tables. A Hambourg , sous l'indication
de Londres , chez Abraham Vandenhoek ,
1733. in 4. 253. pages , sans la Preface
la vie de Sapho et les tables. Cet Ou
vrage eft en Latin,
L'ART DE MONTER A CHEVAL , ON Des-
E cription
930 MERCURE DE FRANCE
cription du Manége moderne dans sa perfection
, expliqué par les leçons necessaires
, et representé par des figures exactes
depuis l'assiete de l'homme à cheval jusqu'à
l'arrêt , accompagné aussi de divers
mords pour bien brider les chevaux ;
écrit et dessiné par le Baron d'Eisemberg
et gravé par B. Picard: A la Haye , chez
Pierre Gosse,et J. Neaulme 1733 , in fol.56 .
pages , avec pareil nombre de Planches .
NOUVELLES DECOUVERTES EN MEDECINE,
ou ancienne Medecine developpée , par
M.de Marconnay, Docteur en Medecine;
nouvelle édition , avec une methode pour
guerir les malades par les voyes de la
transpiration et de l'évacuation. A la
Haye , chez Pierre Gosse , & J: Neaulme Į
1734. in 12, environ 300. pages,
HISTOIRE CRITIQUE de Manichée et du
Manicheisme , par M. de Beaufobre ., 1 ,
vol . in 4. A Amsterdam , chez J. Frederia
Bernard M. DCC. XXXIV. pp. 594. sans
la Préface et la Table, Ce livre se trouve
chez Montalan , Libraire , Quay des Augustins
, avec quelques autres livres nou¬
veaux dont voici les titres.
J. LAUNOII Opera omnia X. vol. fol.
Geneva 1733.
H;
MAY. 1734. 931
H. NORISII Cardinalis opera IV. vol.
fol. Verone 1732.
*
CEREMONIES Religieuses des Peuples
Idolâtres de Picart XLV. vol . fol. à
Amsterdam , 1733 .
›
REMARQUES de Tindal sur l'Histoire
d'Angleterre de Rapin Toyras , II . vol.
in 4. La Haye , 1733 .
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Résumé : « LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
Le document recense diverses publications parues entre 1733 et 1734. Parmi elles, 'La Physique Sacrée' est une traduction de Jean-Jacques Scheuchzer, enrichie de plus de 700 figures et divisée en huit volumes. 'Histoire des Rois de Pologne' relate les événements marquants sous le règne de Frédéric Auguste et les deux derniers interrègnes. 'Les Vérités Capitales de la Religion' de Jacques Plantier établit les vérités religieuses par la raison et l'Écriture Sainte. 'Fragments des Poésies de Sapho' est une édition augmentée par Jean Christien Volff, incluant des éloges d'auteurs anciens et des notes de savants. 'L'Art de Monter à Cheval' du Baron d'Eisemberg explique les techniques d'équitation avec des illustrations. 'Nouvelles Découvertes en Médecine' de M. de Marconnay propose une méthode pour soigner les malades par la transpiration et l'évacuation. 'Histoire Critique de Maniché' de M. de Beaufobre explore le manichéisme. D'autres ouvrages mentionnés incluent les œuvres de J. Launoii, H. Norisii Cardinalis, les 'Cérémonies Religieuses des Peuples Idolâtres' de Picart, et les 'Remarques de Tindal' sur l'histoire d'Angleterre de Rapin Thoyras. Ces publications sont disponibles chez divers libraires à Amsterdam, Paris, La Haye, Genève et Hambourg.
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281
p. 931-932
« NOUVELLE CLASSE DES MALADIES, dans un ordre semblable à celui des Botanistes, [...] »
Début :
NOUVELLE CLASSE DES MALADIES, dans un ordre semblable à celui des Botanistes, [...]
Mots clefs :
Nouvelle classe des maladies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « NOUVELLE CLASSE DES MALADIES, dans un ordre semblable à celui des Botanistes, [...] »
NOUVELLE CLASSE DES MALADIES , dans
un ordre semblable à celui des Botanistes,
comprenant les genres et especes
de toutes
les Maladies , avec leurs signes et leurs
indications. Par Sauvages de la Croix ,
Docteur en Medecine de la Faculté dé
Montpellier et correspondant de la
Societé Royale des Sciences. A Avignon ,
che7 B. d'Avanville , Imprimeur , près la
•
E ij Place
932 MERCURE DE FRANCE
Place S. Didier , 1733. vol. in 12 ,pp . 450 .
un ordre semblable à celui des Botanistes,
comprenant les genres et especes
de toutes
les Maladies , avec leurs signes et leurs
indications. Par Sauvages de la Croix ,
Docteur en Medecine de la Faculté dé
Montpellier et correspondant de la
Societé Royale des Sciences. A Avignon ,
che7 B. d'Avanville , Imprimeur , près la
•
E ij Place
932 MERCURE DE FRANCE
Place S. Didier , 1733. vol. in 12 ,pp . 450 .
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282
p. 937
These de Chirurgie, [titre d'après la table]
Début :
Le 30. Mars dernier, on soutint dans les Ecoles de la Faculté de Medecine, une These de Chirurgie, [...]
Mots clefs :
Faculté de médecine, Thèse, Médecin, Chicoyneau, Chirurgie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : These de Chirurgie, [titre d'après la table]
Le 30. Mars dernier , on soutint dans les Ecoles
de la Faculté de Medecine , une These de Chirurgie
, dont la Question étoit t An dubio in
hepatis abcessu , pramittenda incidendi loci perforatio
? Sçavoir , si lorsqu'on soupçonne un abcès au
foye , il faut y faire la ponction avant que de
l'ouvrir.
La These étoit dédiée à M. Chicoineau , Premier
Medecin du Roy , qui assista à l'Acte en
Robbe de Conseiller d'Etat. Il fut complimenté
par M. le Thieullier , qui en étoit le Président
et M. le P. Medecin répondit par un Discours
fort éloquent. Il y eut un grand concours, plusieurs
personnes de qualité s'y trouverent , et
l'Assemblée fut aussi illustre que nombreuse .
de la Faculté de Medecine , une These de Chirurgie
, dont la Question étoit t An dubio in
hepatis abcessu , pramittenda incidendi loci perforatio
? Sçavoir , si lorsqu'on soupçonne un abcès au
foye , il faut y faire la ponction avant que de
l'ouvrir.
La These étoit dédiée à M. Chicoineau , Premier
Medecin du Roy , qui assista à l'Acte en
Robbe de Conseiller d'Etat. Il fut complimenté
par M. le Thieullier , qui en étoit le Président
et M. le P. Medecin répondit par un Discours
fort éloquent. Il y eut un grand concours, plusieurs
personnes de qualité s'y trouverent , et
l'Assemblée fut aussi illustre que nombreuse .
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Résumé : These de Chirurgie, [titre d'après la table]
Le 30 mars, une thèse de chirurgie a été présentée à la Faculté de Médecine. Elle portait sur la nécessité de pratiquer une ponction en cas de suspicion d'abcès au foie. La thèse était dédiée à M. Chicoineau, Premier Médecin du Roi, présent en robe de Conseiller d'État. M. le Thieullier a présidé la séance et a complimenté M. Chicoineau, qui a répondu par un discours. L'événement a rassemblé de nombreuses personnalités.
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283
p. 942-943
AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
Début :
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel de S. Poüange, ruë neuve des Petits Champt [sic], [...]
Mots clefs :
Tableaux, Dents, Broderies de Constantinople, Sieur Durand, Opiat, Gencives
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
AVIS aux Personnes curieuses d'excellens
Tableaux , & c.
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel
de S. Poüange , ruë neuve des Petits Champt ,
Original de Vendick , représentant un sujet de pieté,
composé de treize fignres grandes comme Nature..
Cette Piece a dix pieds de haut sur sept et demi delarge
, et a été trouvée admirable partous les Connoisseurs
qui l'ont déja vûë.
Le sieur Porlier , de la Societé des Arts , demeure
présentement au Caffé qui fait le coin de la rue
des Nonaindieres , au bout du Pont Marie à Paris.
Il continue avec succès les Broderies de Constanti
nople , et blanchit , par un secret à lui particulier ;
toutes les Etoffes brodées , brochées en or , argent et
en Soye , auxquelles il conserve les couleurs , fausse
ou fine. Il ne se sert point de Calendre; on peut
avoir recours à lui pour toutes ces sortes d'Etoffes
qui auront été mal blanchies Il dessine aussi pour
toute sorte de Broderie dans le goût des Indes.
L'altération qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie on de l'ébranlement.
La premiere entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la nécessité de les faire
arrar
MAY. 173 . 943
arracher ; l'autre moins sensible , mais d'un plus
grand progrès , est engendrée par l'exhalaison des
mauvais levains de l'estomach . Cette vapeur qui
s'éleve et qui se condense , fait le tartre qui attaque
Les dents par le pied et prend peu à pen la place des
gencives qui sont leurs bases . Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , perdent leurs dents.
Quand elles branlent et que la gencive est rangée,
on est obligé de les faire tirer ; et en effet si elles
sont sorties de leurs alveoles , il n'y a plus de remede,
mais hors ce cas, le sieur Durand, reçû à S.Côme, a
joint à son experience et à sa dexterité pour tout ce
qui concerne son Art,la découverte d'un Opiat trèssalutaire
, puisqu'en rendant et conservant l'émail
des dents , elle produit la régeneration des gencives
et les deffend contre le tartre , entretenant leur blancheur,
leur beauté et leur assiette naturelle . Il n'y a
dit- il, ni abscès ni chancres qui résistent à la vertu
de cet Opiat ; il dissout même le sang grossier , dont
Les gencives sont souvent.abreuvées et qui cause
d'ordinaire de petits abscès entre deux dents ; ensorte
qu'on croit avoir une dent gâtée , on la fait tirer
at au lieu d'une on en perd deux , comme ledit sieur
Durand l'a vu arriver plusieurs fois . D'ailleurs cet
Opiat nourrit la gencive et l'empêche de se retirer ,
fortifiant la dent la plus vacillante , il est aussi un
préservatif des maux de dents et empêche que l'on
ne sente de la bouche.
Les Pots d'Opiat rouge , dit des Sultannes , sont
de trois livres et de six livres , il se transporte dans .
les Provinces les plus éloignées ; on donne par écrit
la maniere de s'en servir. Le sieur Durand sort le:
matin , et l'après midi on le trouve chez lui , rue
S. Honoré, vis-à- vis la Croix du Traboir , à la
Coupe d'or , avec Tableau..
Tableaux , & c.
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel
de S. Poüange , ruë neuve des Petits Champt ,
Original de Vendick , représentant un sujet de pieté,
composé de treize fignres grandes comme Nature..
Cette Piece a dix pieds de haut sur sept et demi delarge
, et a été trouvée admirable partous les Connoisseurs
qui l'ont déja vûë.
Le sieur Porlier , de la Societé des Arts , demeure
présentement au Caffé qui fait le coin de la rue
des Nonaindieres , au bout du Pont Marie à Paris.
Il continue avec succès les Broderies de Constanti
nople , et blanchit , par un secret à lui particulier ;
toutes les Etoffes brodées , brochées en or , argent et
en Soye , auxquelles il conserve les couleurs , fausse
ou fine. Il ne se sert point de Calendre; on peut
avoir recours à lui pour toutes ces sortes d'Etoffes
qui auront été mal blanchies Il dessine aussi pour
toute sorte de Broderie dans le goût des Indes.
L'altération qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie on de l'ébranlement.
La premiere entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la nécessité de les faire
arrar
MAY. 173 . 943
arracher ; l'autre moins sensible , mais d'un plus
grand progrès , est engendrée par l'exhalaison des
mauvais levains de l'estomach . Cette vapeur qui
s'éleve et qui se condense , fait le tartre qui attaque
Les dents par le pied et prend peu à pen la place des
gencives qui sont leurs bases . Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , perdent leurs dents.
Quand elles branlent et que la gencive est rangée,
on est obligé de les faire tirer ; et en effet si elles
sont sorties de leurs alveoles , il n'y a plus de remede,
mais hors ce cas, le sieur Durand, reçû à S.Côme, a
joint à son experience et à sa dexterité pour tout ce
qui concerne son Art,la découverte d'un Opiat trèssalutaire
, puisqu'en rendant et conservant l'émail
des dents , elle produit la régeneration des gencives
et les deffend contre le tartre , entretenant leur blancheur,
leur beauté et leur assiette naturelle . Il n'y a
dit- il, ni abscès ni chancres qui résistent à la vertu
de cet Opiat ; il dissout même le sang grossier , dont
Les gencives sont souvent.abreuvées et qui cause
d'ordinaire de petits abscès entre deux dents ; ensorte
qu'on croit avoir une dent gâtée , on la fait tirer
at au lieu d'une on en perd deux , comme ledit sieur
Durand l'a vu arriver plusieurs fois . D'ailleurs cet
Opiat nourrit la gencive et l'empêche de se retirer ,
fortifiant la dent la plus vacillante , il est aussi un
préservatif des maux de dents et empêche que l'on
ne sente de la bouche.
Les Pots d'Opiat rouge , dit des Sultannes , sont
de trois livres et de six livres , il se transporte dans .
les Provinces les plus éloignées ; on donne par écrit
la maniere de s'en servir. Le sieur Durand sort le:
matin , et l'après midi on le trouve chez lui , rue
S. Honoré, vis-à- vis la Croix du Traboir , à la
Coupe d'or , avec Tableau..
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Résumé : AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
L'avis concerne la vente d'un tableau original de Vendick, représentant un sujet de piété avec treize figures grandeur nature. Cette œuvre, mesurant dix pieds de haut sur sept pieds et demi de large, a été jugée admirable par les connaisseurs. Le sieur Porlier, membre de la Société des Arts, réside au Café au coin de la rue des Nonaindières, au bout du Pont Marie à Paris. Il excelle dans les broderies à la manière de Constantinople et blanchit les étoffes brodées en or, argent et soie sans altérer les couleurs. Il propose également ses services pour les étoffes mal blanchies et dessine des broderies au goût des Indes. Le texte aborde également les problèmes dentaires. Selon le sieur Durand, les altérations dentaires proviennent de la carie ou de l'ébranlement. La carie cause des perforations douloureuses nécessitant l'extraction des dents, tandis que l'ébranlement, moins douloureux mais progressif, est dû aux exhalaisons des mauvais levains de l'estomac, formant du tartre qui attaque les dents. Durand, reçu à Saint-Côme, a découvert un opiat salutaire qui régénère les gencives, prévient le tartre et conserve la blancheur des dents. Cet opiat dissout également le sang grossier causant des abscès et prévient les maux de dents. Les pots d'opiat rouge, appelés des Sultannes, sont disponibles en poids de trois et six livres et peuvent être expédiés dans les provinces éloignées. Durand est joignable le matin et l'après-midi à son domicile rue Saint-Honoré, vis-à-vis la Croix du Traboir, à la Coupe d'or.
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284
p. 1003-1006
« Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...] »
Début :
Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...]
Mots clefs :
Roi, Parlement de Paris, Prince des Asturies, Dauphin, Rougeole, Maître des requêtes, Chevalier de Belle-Isle, Antoine-Arnaud de Labriffe, Petit, Opération
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...] »
Onseigneur le Dauphin se trouva
incommodé le 3. de ce mois
et on reconnut le lendemain au soir que
sa maladie étoit la Rougeole. L'éruption,
quoique très- abondante , s'est faite fort
heureusement , et les accidens de fievre et
Hij d'agita1004
MERCURE DE FRANCE
d'agitation qui accompagnent toujours
cette maladie , étant entierement cessés
Monseigneur le Dauphin commença
à se
mieux porter le 7. et quelques jours après
sa santé fut entierement rétablie.
Les de ce mois au matin le Chevalier
de Bellisle arriva à Rambouillet, et appor
ta au Roi la nouvelle de la prise du Château
de Traerback , devant lequel le Comte
de Bellisle avoit fait ouvrir la tranchée
la nuit du 25. au 26. du mois dernier,
Le Roi a donné le Gouvernement de
Bergue au Comte de Broglio , Lieutenant
General des Armées de Sa Majesté , et
Gouverneur de Montdauphin.
Antoine Arnaud de la Briffe , Seigneur
d'Amilly , nommé par le Roi au mois
de Mai 1734. premier President du Par
lement de Bretagne , est né à Paris le
4. Janvier 1699. et fut reçû Conseiller au
Parlement de Paris à la quatriéme Chambre
des Enquêtes , le 16. Decembre 1718 .
puis Maître des Requêtes ordinaires de
l'Hôtel en 1724. Il est fils de feu Arnaud
de la Briffe , Marquis de Ferriere , Seigneur
de Passy , Brion , les Bernardieres,
&c. et en dernier lieu Procureur General
au Parlement de Paris , mort le 24. Septembre
M A Ý .
1734 1005
tembre 1700. âgé de 51. ans , et de Bonne
Barillon d'Amoncour , sa seconde femme
, morte en son Château d'Amilly aut
mois de Fevrier 1733. dans la 66. année
de son âge. Il a été marié le 12. Mars
1719 avec Marie Charlotte Quantin de
Richebourg , fille de Charles Bonnaventute
Quantin , Seigneur de Richebourg,
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hồ-
tel du Roi , ci - devant Intendant à Rouen
et à Poitiers , et de Catherine Jeanne de
Ragaruë.
Le 25 de ce mois le Sieur Petit ,Chirur
gien de S. Cosme, Demonstrateur et Censeur
Royal, et des Académies Royales de
Paris et de Londres, est arriyé d'Espagne,
où il étoit allé faire l'Opération au Prince
des Asturies ; la guérison de ce Prince
a causé une joye universelle. Le Roi , la
Reine , le Prince et la Princesse des Asturies
, ont honoré le Sieur petit de leur estime
, et l'ont comblé de marques de bienveillance
; ils lui ont fait des presens considerables.
Le Roi d'Espagne lui a fait
donner 40000. liv. outre 8000. liv. qu'il
avoit reçû en partant de Paris ; la Reine
une Montre d'or à repetition , garnie de
diamans et de deux beaux cachets ; le
Prince , d'une autre Montre d'or , qui re-
Giij pete
IcoбMERCURE DE FRANCE
pete les heures , les quarts et les minutes,
à la chaîne de laquelle étoit un diamant
brillant estimé 12000. livres ; et un cachet
d'une belle cornaline , sur laquelle est
gravée une Tête antique ; et la Princesse
des Asturies une canne à pomme d'or
garnie de diamans , et d'un ruban auquel
étoit attaché un brillant pareillement es
timé 12000. livres.
incommodé le 3. de ce mois
et on reconnut le lendemain au soir que
sa maladie étoit la Rougeole. L'éruption,
quoique très- abondante , s'est faite fort
heureusement , et les accidens de fievre et
Hij d'agita1004
MERCURE DE FRANCE
d'agitation qui accompagnent toujours
cette maladie , étant entierement cessés
Monseigneur le Dauphin commença
à se
mieux porter le 7. et quelques jours après
sa santé fut entierement rétablie.
Les de ce mois au matin le Chevalier
de Bellisle arriva à Rambouillet, et appor
ta au Roi la nouvelle de la prise du Château
de Traerback , devant lequel le Comte
de Bellisle avoit fait ouvrir la tranchée
la nuit du 25. au 26. du mois dernier,
Le Roi a donné le Gouvernement de
Bergue au Comte de Broglio , Lieutenant
General des Armées de Sa Majesté , et
Gouverneur de Montdauphin.
Antoine Arnaud de la Briffe , Seigneur
d'Amilly , nommé par le Roi au mois
de Mai 1734. premier President du Par
lement de Bretagne , est né à Paris le
4. Janvier 1699. et fut reçû Conseiller au
Parlement de Paris à la quatriéme Chambre
des Enquêtes , le 16. Decembre 1718 .
puis Maître des Requêtes ordinaires de
l'Hôtel en 1724. Il est fils de feu Arnaud
de la Briffe , Marquis de Ferriere , Seigneur
de Passy , Brion , les Bernardieres,
&c. et en dernier lieu Procureur General
au Parlement de Paris , mort le 24. Septembre
M A Ý .
1734 1005
tembre 1700. âgé de 51. ans , et de Bonne
Barillon d'Amoncour , sa seconde femme
, morte en son Château d'Amilly aut
mois de Fevrier 1733. dans la 66. année
de son âge. Il a été marié le 12. Mars
1719 avec Marie Charlotte Quantin de
Richebourg , fille de Charles Bonnaventute
Quantin , Seigneur de Richebourg,
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hồ-
tel du Roi , ci - devant Intendant à Rouen
et à Poitiers , et de Catherine Jeanne de
Ragaruë.
Le 25 de ce mois le Sieur Petit ,Chirur
gien de S. Cosme, Demonstrateur et Censeur
Royal, et des Académies Royales de
Paris et de Londres, est arriyé d'Espagne,
où il étoit allé faire l'Opération au Prince
des Asturies ; la guérison de ce Prince
a causé une joye universelle. Le Roi , la
Reine , le Prince et la Princesse des Asturies
, ont honoré le Sieur petit de leur estime
, et l'ont comblé de marques de bienveillance
; ils lui ont fait des presens considerables.
Le Roi d'Espagne lui a fait
donner 40000. liv. outre 8000. liv. qu'il
avoit reçû en partant de Paris ; la Reine
une Montre d'or à repetition , garnie de
diamans et de deux beaux cachets ; le
Prince , d'une autre Montre d'or , qui re-
Giij pete
IcoбMERCURE DE FRANCE
pete les heures , les quarts et les minutes,
à la chaîne de laquelle étoit un diamant
brillant estimé 12000. livres ; et un cachet
d'une belle cornaline , sur laquelle est
gravée une Tête antique ; et la Princesse
des Asturies une canne à pomme d'or
garnie de diamans , et d'un ruban auquel
étoit attaché un brillant pareillement es
timé 12000. livres.
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Résumé : « Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...] »
En début de mois, le Dauphin a contracté la rougeole le 3 et s'est rétabli le 7, récupérant entièrement quelques jours plus tard. Le Chevalier de Bellisle a informé le Roi de la prise du Château de Traerback le 5. Le Roi a nommé le Comte de Broglio Gouverneur de Bergue. Antoine Arnaud de la Briffe, né à Paris en 1699, a été nommé premier Président du Parlement de Bretagne en mai 1734. Il a occupé divers postes judiciaires et est issu d'une famille noble. Le 25 du mois, le chirurgien Sieur Petit est revenu d'Espagne, où il avait opéré avec succès le Prince des Asturies. Le Roi, la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies lui ont témoigné leur gratitude par des présents considérables.
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285
p. 1174-1175
« RITUEL DU DIOCESE DE CLERMONT, renouvellé et augmenté par Monseigneur [...] »
Début :
RITUEL DU DIOCESE DE CLERMONT, renouvellé et augmenté par Monseigneur [...]
Mots clefs :
Rituel du diocèse de Clermont, Maladie anglaise, Histoire d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « RITUEL DU DIOCESE DE CLERMONT, renouvellé et augmenté par Monseigneur [...] »
RITUEL DU DIOCESE DE CLERMONT :
renouvellé et augmenté par Monseigneur
Illustrissime et Reverendissime Jean-
Baptiste Massillon , Evêque de Clermont,
et publié par son ordre . A Clermont, chez
Boutandon , Imprimeur du Roi , et de Mona
seigneur l'Evêque , 2. vol . in- 4.
Ce Rituel est aussi curieux , qu'utile
et necessaire aux Curés.
LA MALADIE ANGLOISE , ou Traité
des Maladies des Nerfs de toute espece ,
comme le mal de Rate , les Vapeurs
l'Abattement , les maladies Hypocondriaques
et Hysteriques , &c. Par M. Georges
Cheyne , Docteur en Medecine , membre
du College des Medecins d'Edimbourg,
et de la Societé Royale. A Londres , chez
1. Vol. Straban
JUFN. 1734- 1175
Strahan et J. Leake 1733. in- 8 . l'Ouvrage
est en Anglois.
HISTOIRE d'ESPAGNE , divisée en z3oǝ.
Livres , par le Pere Jean Mariana , de la
Compagnie de Jesus , avec la continuation,
par le R.P.Joseph- Emmanuel Miniana
, de l'Ordre de la très- Sainte Trinité
de la Redemption des Captifs , en 10.
Livres , fol . 4. vol . A la Haye , chez
Pierre Hondt 1733. pages 428. 439. 378 .
416. sans la Table generale , et à Paris ,
chez Mercier , rue S. Jacques : l'Ouvrage
est en Latin
renouvellé et augmenté par Monseigneur
Illustrissime et Reverendissime Jean-
Baptiste Massillon , Evêque de Clermont,
et publié par son ordre . A Clermont, chez
Boutandon , Imprimeur du Roi , et de Mona
seigneur l'Evêque , 2. vol . in- 4.
Ce Rituel est aussi curieux , qu'utile
et necessaire aux Curés.
LA MALADIE ANGLOISE , ou Traité
des Maladies des Nerfs de toute espece ,
comme le mal de Rate , les Vapeurs
l'Abattement , les maladies Hypocondriaques
et Hysteriques , &c. Par M. Georges
Cheyne , Docteur en Medecine , membre
du College des Medecins d'Edimbourg,
et de la Societé Royale. A Londres , chez
1. Vol. Straban
JUFN. 1734- 1175
Strahan et J. Leake 1733. in- 8 . l'Ouvrage
est en Anglois.
HISTOIRE d'ESPAGNE , divisée en z3oǝ.
Livres , par le Pere Jean Mariana , de la
Compagnie de Jesus , avec la continuation,
par le R.P.Joseph- Emmanuel Miniana
, de l'Ordre de la très- Sainte Trinité
de la Redemption des Captifs , en 10.
Livres , fol . 4. vol . A la Haye , chez
Pierre Hondt 1733. pages 428. 439. 378 .
416. sans la Table generale , et à Paris ,
chez Mercier , rue S. Jacques : l'Ouvrage
est en Latin
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Résumé : « RITUEL DU DIOCESE DE CLERMONT, renouvellé et augmenté par Monseigneur [...] »
Le document présente trois ouvrages distincts. Le premier est le 'Rituel du Diocèse de Clermont', renouvelé et augmenté par Monseigneur Jean-Baptiste Massillon, Évêque de Clermont. Imprimé à Clermont par Boutandon, imprimeur du Roi et de Monseigneur l'Évêque, cet ouvrage en deux volumes in-4 est décrit comme curieux, utile et nécessaire aux curés. Le second ouvrage est 'La Maladie Anglaise', un traité sur les maladies des nerfs écrit par Georges Cheyne, Docteur en Médecine, membre du Collège des Médecins d'Édimbourg et de la Société Royale. Publié à Londres en 1733 par Strahan et J. Leake, cet ouvrage en un volume in-8 traite des maladies telles que le mal de rate, les vapeurs, l'abattement, les maladies hypocondriaques et hystériques. Le troisième ouvrage est l''Histoire d'Espagne', divisée en 33 livres, écrite par le Père Jean Mariana de la Compagnie de Jésus, avec une continuation par le Père Joseph-Emmanuel Miniana de l'Ordre de la très-Sainte Trinité de la Rédemption des Captifs. Publié en 1733 à La Haye par Pierre Hondt et à Paris par Mercier, cet ouvrage en quatre volumes in-folio est écrit en latin et contient respectivement 428, 439, 378 et 416 pages, sans la table générale.
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286
p. 1190-1191
« Le sieur Bibiena, Italien, demeurant à Paris, ruë des Prouvaires, prés S. Eustache, chez la [...] »
Début :
Le sieur Bibiena, Italien, demeurant à Paris, ruë des Prouvaires, prés S. Eustache, chez la [...]
Mots clefs :
Public, Hernies, Avis, Guérison, Provinces, Incommodité, Maladies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Bibiena, Italien, demeurant à Paris, ruë des Prouvaires, prés S. Eustache, chez la [...] »
Le sieur Bibiena , Italien , demeurant à Paris .
rue des Prouvaires , prés S. Eustache , chez la
veuve Saliere , à la Croix blanche , donne avis au
Public , qu'il y professe depuis plus d'un an avec
succès , la qualité de Maître de Langues; il montre
l'Italienne aux François , et la Françoise aux
Italiens et aux Etrangers qui veulent apprendre
Pune et l'autre , le tout par des principes nous
courts et faciles .
veaux ,
Le sieur Neilson , Ecossois , reçû à S. Côme ,
Expert pour la guérison des Hernies ou Des
1. Vol.
centes ,
THE NEW YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
TIL
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND. TILDEN
FOUNDATIONS
.
JUIN. 1734 Y191
entes , demeurant au Coq d'or , rue Dauphine
à Paris , traite ces sortes de Maladies d'une façon
particuliere et sans que le Malade soit empêché
de vacquer à ses affaires :
Il donne aussi son avis et ses Remedes à ceux
qui sont dans les Provinces , soulage les Hernies
les plus inveterées , rend cette incommodité supportable
et en empêche les mauvaises suites .
Il a aussi inventé de nouveaux Bendages pour
Fun et l'autre sexe , d'une façon et méchanique
toute singuliere et la plus propre pour retenir
les Parties et en faciliter la guérison , sans embarras
ni incommodité , tant ils sont légers ,
minces et aisez à porter, Et même sans avoir de
Descentes , toutes personnes qui font des exercices
violens , comme de courir la poste à cheval
ou en Chaise , d'aller à la Chasse , &c . auroient
besoin de ces Bandages pour se garantir
de pareils accidents . Ceux qui en auront besoin
dans les Provinces , pourront envoyer leur mèsure.
Il faut la prendre précisément au dessus
de l'os Pubis , et s'ils ont des Hernies ou Descentes
, marquer de quel côté , et s'ils l'ont des
deux côtez, indiquer celui qui est le plus malade .
Il ne reçoit point de Lettres sans que le port
en soit payé.
rue des Prouvaires , prés S. Eustache , chez la
veuve Saliere , à la Croix blanche , donne avis au
Public , qu'il y professe depuis plus d'un an avec
succès , la qualité de Maître de Langues; il montre
l'Italienne aux François , et la Françoise aux
Italiens et aux Etrangers qui veulent apprendre
Pune et l'autre , le tout par des principes nous
courts et faciles .
veaux ,
Le sieur Neilson , Ecossois , reçû à S. Côme ,
Expert pour la guérison des Hernies ou Des
1. Vol.
centes ,
THE NEW YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
TIL
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND. TILDEN
FOUNDATIONS
.
JUIN. 1734 Y191
entes , demeurant au Coq d'or , rue Dauphine
à Paris , traite ces sortes de Maladies d'une façon
particuliere et sans que le Malade soit empêché
de vacquer à ses affaires :
Il donne aussi son avis et ses Remedes à ceux
qui sont dans les Provinces , soulage les Hernies
les plus inveterées , rend cette incommodité supportable
et en empêche les mauvaises suites .
Il a aussi inventé de nouveaux Bendages pour
Fun et l'autre sexe , d'une façon et méchanique
toute singuliere et la plus propre pour retenir
les Parties et en faciliter la guérison , sans embarras
ni incommodité , tant ils sont légers ,
minces et aisez à porter, Et même sans avoir de
Descentes , toutes personnes qui font des exercices
violens , comme de courir la poste à cheval
ou en Chaise , d'aller à la Chasse , &c . auroient
besoin de ces Bandages pour se garantir
de pareils accidents . Ceux qui en auront besoin
dans les Provinces , pourront envoyer leur mèsure.
Il faut la prendre précisément au dessus
de l'os Pubis , et s'ils ont des Hernies ou Descentes
, marquer de quel côté , et s'ils l'ont des
deux côtez, indiquer celui qui est le plus malade .
Il ne reçoit point de Lettres sans que le port
en soit payé.
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Résumé : « Le sieur Bibiena, Italien, demeurant à Paris, ruë des Prouvaires, prés S. Eustache, chez la [...] »
Le texte présente deux annonces distinctes. La première concerne le sieur Bibiena, un Italien résidant à Paris, rue des Prouvaires, près de Saint-Eustache, chez la veuve Saliere, à la Croix blanche. Bibiena enseigne avec succès les langues depuis plus d'un an et propose d'apprendre l'italien aux Français et le français aux Italiens et aux étrangers, en utilisant des méthodes courtes et faciles. La seconde annonce concerne le sieur Neilson, un Écossais reçu à Saint-Côme, expert dans le traitement des hernies et des descentes. Neilson réside au Coq d'or, rue Dauphine à Paris. Il traite ces maladies de manière particulière, permettant aux patients de continuer leurs activités quotidiennes. Il offre également des conseils et des remèdes aux personnes résidant en province, soulageant même les hernies les plus anciennes et empêchant les complications. Neilson a inventé de nouveaux bandages pour les deux sexes, légers et faciles à porter, adaptés aux personnes pratiquant des exercices violents comme la course à cheval ou la chasse. Les intéressés peuvent envoyer leurs mesures pour obtenir ces bandages, en précisant la localisation de la hernie ou de la descente. Neilson ne reçoit pas de lettres dont le port n'est pas payé.
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287
p. 1402-1404
LETTRE d'un Médecin à un Médecin, sur un nouveau Fébrifuge, écrite de Paris le 20. Juin 1734.
Début :
Si vous avez trouvé ingénieuse, Monsieur, la Dissertation de l'organe de l'oüie, faite [...]
Mots clefs :
Fébrifuge, Poudre, Médecin, Paris, Guérison, Fièvres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Médecin à un Médecin, sur un nouveau Fébrifuge, écrite de Paris le 20. Juin 1734.
LETTRE d'un Médecin à un Médecin ;
sur un nouveau Fébrifuge , écrite de
Paris le 20. Juin 1734.
Sla
I vous avez trouvé ingénieuse , Monsieur ,
la Dissertation de l'organe de l'ouie , faite
par un Allemand , je vous dirai qu'elle a aussi été
estimée par les plus grands Anatomistes de Paris ;
mais si cela vous a surpris , comme il me paroît
par votre Lettre , vous le serez bien plus en apprenant
la découverte d'une Plante qui fait au-
II. Vol.
jousJUIN.
1731 1403
joud'hui l'étonnement de tout Paris et des Physiciens
les plus experimentez.
Sur la fin de l'année 1733. j'entendis publier
les merveilles de la racine d'une Plante, qui, réduite
en poudre, sans aucune addition , étoit eszimée
le plus puissant Fébrifuge qui ait jamais
parû , la petite quantité qui en étoit nécessaire
pour la guérison de toute espece de fievres ( pourvu
qu'elles ne fussent compliquées d'aucune autre
maladie , par elle-même incurable ) me surprit si
fort , que malgré la déférence et le respect que
j'ai pour tout ce qui est autorisé par M. de Chicoineau
, Conseiller d'Etat et Premier Medecin
du Roy , qui en a donné un Certificat authentique
le 9. Novembre 1733. après en avoir fait
un grand nombre d'épreuves qui lui ont certifié
sa vertu , et en conséquence duquel S. M. a accordé
un Brevet le 17. Novembre 1733. qui en
permet la vente pour l'utilité publique , et en
a ordonné l'usage dans tous les Hôpitaux
de ses Armées ; je voulus par moi - même me certifier
de ces miraculeux effets , et à cet effet je la
donnai à un jeune homme âgé de 18. ans , attaqué
d'une fievre tierce très-cruelle , et pour la
guérison de laquelle je m'étois bien proposé une
forte doze de Kinkina ( sans l'abri du retour
) mais mon étonnement fut bien grand ,
voyant que la deuxième prise de cette Poudre
avoit totalement emporté la fievre ; après cet
effer , aussi prompt que surprenant , j'en usai
avec hardiesse dans toutes les fievres , soit continues
, quotidiennes , tierces , doubles - tierces
quartes , doubles -quartes , &c. qui se sont pré
sentées , et nulle n'a résisté à la troisième prise ;
j'en ai encore retiré de très prompts secours
( et de surprenantes guérisons ) dans toutes les
II. Vil. Gij dissen1404
MERCURE DE FRANCE
dissenterics , tenesmes , cours de ventre inveteré ,
diarhées , soit bilieuses , venteuses, porracées, &c.
cffets qui vous paroîtront impossibles , et je ne
doute nullement que vous ne vouliez pas vousmême
vous éclaircir de ce.qui paroît si obscur ;
c'est pourquoi j'ay crû ne devoir plus differer ,
étant pleinement assuré de ses generiques vertus ,
de vous en faire participant , étant persuadé
qu'elle vous sera très- utile dans votre Pays , où
les fievres sont aussi rebelles que communes , et
pour la guérison desquelles le Kinkina vous
donne journellement la Comédie par leur retour,
effet qu'il ne faut pas attendre de la Poudre Fébrifuge
de la Jutais , qui se vend chez le sieur le
Blanc , Marchand Chapelier , vis - à- vis le Grand-
Conseil , rue S. Honoré . Et pour comble d'avantage
, le prix de cette Poudre est de 10. sols la
Prise , taxée ainsi par S. M. afin que tout le
Monde profite de sa bonté.
sur un nouveau Fébrifuge , écrite de
Paris le 20. Juin 1734.
Sla
I vous avez trouvé ingénieuse , Monsieur ,
la Dissertation de l'organe de l'ouie , faite
par un Allemand , je vous dirai qu'elle a aussi été
estimée par les plus grands Anatomistes de Paris ;
mais si cela vous a surpris , comme il me paroît
par votre Lettre , vous le serez bien plus en apprenant
la découverte d'une Plante qui fait au-
II. Vol.
jousJUIN.
1731 1403
joud'hui l'étonnement de tout Paris et des Physiciens
les plus experimentez.
Sur la fin de l'année 1733. j'entendis publier
les merveilles de la racine d'une Plante, qui, réduite
en poudre, sans aucune addition , étoit eszimée
le plus puissant Fébrifuge qui ait jamais
parû , la petite quantité qui en étoit nécessaire
pour la guérison de toute espece de fievres ( pourvu
qu'elles ne fussent compliquées d'aucune autre
maladie , par elle-même incurable ) me surprit si
fort , que malgré la déférence et le respect que
j'ai pour tout ce qui est autorisé par M. de Chicoineau
, Conseiller d'Etat et Premier Medecin
du Roy , qui en a donné un Certificat authentique
le 9. Novembre 1733. après en avoir fait
un grand nombre d'épreuves qui lui ont certifié
sa vertu , et en conséquence duquel S. M. a accordé
un Brevet le 17. Novembre 1733. qui en
permet la vente pour l'utilité publique , et en
a ordonné l'usage dans tous les Hôpitaux
de ses Armées ; je voulus par moi - même me certifier
de ces miraculeux effets , et à cet effet je la
donnai à un jeune homme âgé de 18. ans , attaqué
d'une fievre tierce très-cruelle , et pour la
guérison de laquelle je m'étois bien proposé une
forte doze de Kinkina ( sans l'abri du retour
) mais mon étonnement fut bien grand ,
voyant que la deuxième prise de cette Poudre
avoit totalement emporté la fievre ; après cet
effer , aussi prompt que surprenant , j'en usai
avec hardiesse dans toutes les fievres , soit continues
, quotidiennes , tierces , doubles - tierces
quartes , doubles -quartes , &c. qui se sont pré
sentées , et nulle n'a résisté à la troisième prise ;
j'en ai encore retiré de très prompts secours
( et de surprenantes guérisons ) dans toutes les
II. Vil. Gij dissen1404
MERCURE DE FRANCE
dissenterics , tenesmes , cours de ventre inveteré ,
diarhées , soit bilieuses , venteuses, porracées, &c.
cffets qui vous paroîtront impossibles , et je ne
doute nullement que vous ne vouliez pas vousmême
vous éclaircir de ce.qui paroît si obscur ;
c'est pourquoi j'ay crû ne devoir plus differer ,
étant pleinement assuré de ses generiques vertus ,
de vous en faire participant , étant persuadé
qu'elle vous sera très- utile dans votre Pays , où
les fievres sont aussi rebelles que communes , et
pour la guérison desquelles le Kinkina vous
donne journellement la Comédie par leur retour,
effet qu'il ne faut pas attendre de la Poudre Fébrifuge
de la Jutais , qui se vend chez le sieur le
Blanc , Marchand Chapelier , vis - à- vis le Grand-
Conseil , rue S. Honoré . Et pour comble d'avantage
, le prix de cette Poudre est de 10. sols la
Prise , taxée ainsi par S. M. afin que tout le
Monde profite de sa bonté.
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Résumé : LETTRE d'un Médecin à un Médecin, sur un nouveau Fébrifuge, écrite de Paris le 20. Juin 1734.
En juin 1734, un médecin parisien informe un collègue de la découverte d'une plante aux propriétés fébrifuges remarquables. Cette plante, transformée en poudre, est reconnue comme un remède puissant contre les fièvres. La racine de cette plante a été validée par M. de Chicoineau, Conseiller d'État et Premier Médecin du Roi, qui a délivré un certificat le 9 novembre 1733. En conséquence, le Roi a accordé un brevet le 17 novembre 1733 pour la vente de cette poudre, destinée à l'utilité publique et aux hôpitaux des armées. Le médecin partage son expérience personnelle, ayant guéri un jeune homme de 18 ans souffrant d'une fièvre tierce après deux prises. Il a également traité avec succès diverses fièvres et maladies telles que les dissentériques, les tenailles, les cours de ventre invétérés et les diarrhées. La poudre est vendue chez le sieur le Blanc, Marchand Chapelier, vis-à-vis le Grand-Counseil, rue Saint-Honoré, au prix de 10 sols la prise, taxé par le Roi pour en permettre l'accès à tous.
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288
p. 1406-1407
« Le 22. Juin, l'Académie de Chirurgie, établie sous la protection du Roy, tint sa Séance publique [...] »
Début :
Le 22. Juin, l'Académie de Chirurgie, établie sous la protection du Roy, tint sa Séance publique [...]
Mots clefs :
Curieux, Maîtres, Académie de chirurgie, Gersaint, Mortain, Cabinet, Dugeron, Curiosités, Chirurgien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 22. Juin, l'Académie de Chirurgie, établie sous la protection du Roy, tint sa Séance publique [...] »
Le 22. Juin , l'Académie de Chirurgie , établie
sous la protection du Roy , tint sa Séance pu
blique dans la grande Sale des Maîtres Chirur
giens de Paris , nous en rendrons compte le
mois prochain.
Les sieurs Gersaint et de Mortain , Marchands
PontNotre- Dame, donnent avis aux Curieux , qu'ils
ont rapporté d'un voyage qu'ils viennent de faire
en Hollande , quantité de Tabeaux et Desseins des
meilleurs Maîtres , avec un grand nombre d'Estampes
rares et des plus belles Epreuves. Ils ont
trouvé entre autres choses , chez un fameux Curieux
d'Amsterdam , un Cabinet de Coquilles des
mieux conservées , excellemment belles et des
plus singulieres , avec plusieurs autres curiositez
naturelles qui en font l'assortiment , qu'ils ven
II. Vol. droat
JUIN. 1734: 1407
dront en entier et sans division . C'est une des
Collections des plus parfaites en ce genre qu'il y
ait en France ; ils avertissent aussi qu'outre ce
Cabinet , ils en ont une grande quantité de doubles,
qu'ils pourront vendre séparement, et dont
la condition et la beauté sont égales.
La vente de toutes ces Curiositez se fera
dans leurs Maisons , Pont Notre Dame , et
ils auront soin d'avertir les Curieux par une
Affiche , du jour qu'ils seront en état de l'ouvrir
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, continue de distribuer avec succès un:
Opiate qui préserve les Dents de se gâter et de
tomber ; ses Boëtes se vendent z . livres , 3. liv .
et 4. livres. Il demeure à Paris , rue du Four ,
près S. Eustache , avec Tableau.
sous la protection du Roy , tint sa Séance pu
blique dans la grande Sale des Maîtres Chirur
giens de Paris , nous en rendrons compte le
mois prochain.
Les sieurs Gersaint et de Mortain , Marchands
PontNotre- Dame, donnent avis aux Curieux , qu'ils
ont rapporté d'un voyage qu'ils viennent de faire
en Hollande , quantité de Tabeaux et Desseins des
meilleurs Maîtres , avec un grand nombre d'Estampes
rares et des plus belles Epreuves. Ils ont
trouvé entre autres choses , chez un fameux Curieux
d'Amsterdam , un Cabinet de Coquilles des
mieux conservées , excellemment belles et des
plus singulieres , avec plusieurs autres curiositez
naturelles qui en font l'assortiment , qu'ils ven
II. Vol. droat
JUIN. 1734: 1407
dront en entier et sans division . C'est une des
Collections des plus parfaites en ce genre qu'il y
ait en France ; ils avertissent aussi qu'outre ce
Cabinet , ils en ont une grande quantité de doubles,
qu'ils pourront vendre séparement, et dont
la condition et la beauté sont égales.
La vente de toutes ces Curiositez se fera
dans leurs Maisons , Pont Notre Dame , et
ils auront soin d'avertir les Curieux par une
Affiche , du jour qu'ils seront en état de l'ouvrir
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, continue de distribuer avec succès un:
Opiate qui préserve les Dents de se gâter et de
tomber ; ses Boëtes se vendent z . livres , 3. liv .
et 4. livres. Il demeure à Paris , rue du Four ,
près S. Eustache , avec Tableau.
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Résumé : « Le 22. Juin, l'Académie de Chirurgie, établie sous la protection du Roy, tint sa Séance publique [...] »
Le 22 juin, l'Académie de Chirurgie a organisé une séance publique à Paris, dont le compte rendu sera publié le mois suivant. Les marchands Gersaint et de Mortain ont importé de Hollande divers tableaux, dessins, estampes rares et épreuves exceptionnelles. À Amsterdam, ils ont acquis un cabinet de coquilles remarquablement conservées et d'autres curiosités naturelles, formant l'une des collections les plus parfaites en France. Cette collection sera vendue en entier sans division, tandis que les doubles pourront être vendus séparément. La vente se tiendra dans leurs maisons au Pont Notre-Dame, avec une affiche indiquant la date d'ouverture. Par ailleurs, le sieur Dugeron, ancien chirurgien d'armée, distribue un opiate pour préserver les dents, vendu entre 2 et 4 livres. Il réside à Paris, rue du Four, près de l'église Saint-Eustache, où un tableau est exposé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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289
p. 2642
ENIGME.
Début :
Esprits de la moyenne classe, [...]
Mots clefs :
Lancette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E Sprits de la moyenne classe¸
Non , logeant auprès d'Apollon ,
Mais qui vers le bas du valon
Comme moi, n'occupant qu'une très-foible place
Ne pouvez l'admirer en face ,
Et n'avez de lueur qu'un reflet de Rayon 7
C'est à vous seuls que je fais don
D'une Enigme qui m'embarasse ;
Voyons si vous pourrez en deviner le nom .
Je suis d'un salutaire usage §
Sçait-on bien m'employer ? on gagne l'avantage,
Et le titre de Grand Seigneur :
Mais pour acquerir cet honneur
'A combien d'ennemis faut- il livrer bataille
Combien de sang versé par moi pour ce renom
Enfin combien d'humains envoyés chés Pluton ;
Pourtant ne croyez pas que je sois rien qui vailles
Lecteur , voici le mal ; plus haut, j'ai dit le bon ,
Je finis en disant que sans être poisson ,
J'ai pourtant ma demeure entre une double
écaille.
J..... de Paris.
E Sprits de la moyenne classe¸
Non , logeant auprès d'Apollon ,
Mais qui vers le bas du valon
Comme moi, n'occupant qu'une très-foible place
Ne pouvez l'admirer en face ,
Et n'avez de lueur qu'un reflet de Rayon 7
C'est à vous seuls que je fais don
D'une Enigme qui m'embarasse ;
Voyons si vous pourrez en deviner le nom .
Je suis d'un salutaire usage §
Sçait-on bien m'employer ? on gagne l'avantage,
Et le titre de Grand Seigneur :
Mais pour acquerir cet honneur
'A combien d'ennemis faut- il livrer bataille
Combien de sang versé par moi pour ce renom
Enfin combien d'humains envoyés chés Pluton ;
Pourtant ne croyez pas que je sois rien qui vailles
Lecteur , voici le mal ; plus haut, j'ai dit le bon ,
Je finis en disant que sans être poisson ,
J'ai pourtant ma demeure entre une double
écaille.
J..... de Paris.
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290
p. 1540-1544
LETTRE à M. l'Abbé Philippe, du 25. Juin 1736. au sujet de la maladie de l'Auteur.
Début :
L'Intérêt que vous prenez, Monsieur, à la vie d'un jeune homme que vous [...]
Mots clefs :
Ami, Coeur, Âme, Esculape, Dieu, Yeux
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. l'Abbé Philippe, du 25. Juin 1736. au sujet de la maladie de l'Auteur.
LETTRE à M. l'Abbé Philippe ,
du 25. Juin 1736. au sujet de la maladie
de l'Auteur .
L
' Interêt que vous prenez , Monsieur ;
à la vie d'un jeune homme que vous
bonorez de votre amitié , ranime les feux
d'une Muse expirante. Elle trace dans un
intervalle que lui laisse un accès fugitif ;
ces Vers, Enfans plutôt de la reconnoissance
que du travail.
Succombant sous les coups d'une fiévre ho
micide ,
Brulant des mêmes feux ,
Qui sur le Mont Eta consumerent Alcide ,
Ami , c'est dans ce trouble affreux ,
Que je t'écris ces Vers , derniers fruits de ma
veine .
Déja le jour se dérobe à mes yeux ,
Déja je n'entens plus qu'à peine ,
Les tristes sons de Melpomene ,
Et les mâles accens du sublime Lycas ;
C'en est fait , le Destin ordonne mon trépas ;
L'Arrêt est prononcé ; je l'attends sans me
plaindre i
Qui
JUILLET. 1736. 154%
Qui sçait mourir , sçait ne rien craindro,
Je touche à ce fatal moment ,
Où , revenu de son égarement ,
L'homme commence à se connoître ,
Et paroît tel qu'il doit paroître.
Des remords inconnus s'élevent dans son coeur
Il déteste le crime , il pleure son erreur ;
En vain la volupté d'un poison détestable ,
Veut enyvrer et son ame et ses sens ,
Il reconnoît ses charmes impuissans ,
En se reconnoissant coupable.
Mais quelle horreur tout à coup me saisit ?
Quel voile ténébreux fait pâlir la lumiere!
J'expire , je descends dans l'éternelle nuit :
Cher ami , si jamais Lysimon sçût te plaire ','
S'il fut fidele aux loix d'une sainte amitié.
De son sort malheureux daigne prendre pitié ,
Viens recueillir ma cendre ,
Viens , où Daphnis poura te prévenir .
Par ces rimes instruis les siècles à venir ,
Qu'il fut chez les François un coeur sincere er
rendre :
Cy gît un mortel bienfaisant ,
Il fut François , et sçût être constant.
Ce n'est qu'à regret que je fais mau
Epit aphe
2542 MERCURE DE FRANCE
Epitaphe , je vous accuse ingénuëment ma
foiblesses quitter le monde ! la pensée m'en
fait frémir. Je ne tiens point aux plaisirs 3
mon corps est aguerri aux assauts d'une pénible
maladie. Mon ame seule soupire sur
la perte des douceurs que l'on goûte à cultiver
les beaux Arts , et sur la séparation de
mes guides dans les Sciences. Quoi ! me suisė
je dit , plus d'une fois.
·
Faut- il abandonner cet illustre V.
Cet Enfant du bon goût , Citoyen de
Cythere ,
Dont les accens mélodieux ,
Le mettent même au rang des Dieux ?
Faut- il quitter Apollon , et le Pinde ?
Faut-il mourir et ne pas voir Clorinde ?
>
Voilà quelques- unes des pensées qui me
venoient dans de fréquens délires ; je supri-
Monsieur, celles que vôtre affection
pour moi inspiroit à un coeur penetré ; car il
pense quelquefois mieux que l'esprit , et on
me l'étourdit
pas
j'étois occupé de ces douces réflexions , quand
le sommeil me surprit , graces à mon lutin
farouche.
sur un vrai mérite. Hier
De ses voiles épais la nuit couvroit les Cicax ,
J'avois
JUILLET 1736. 1543
J'avois fermé ma tremblante paupiere ;
Lorsqu'un Vieillard vint s'offrir à mes yeux.
Un tel aspect , je ne le sçaurois taire ,
Glaça mes sens , et de crainte et d'effroi,
Sous son menton flotoit un rabat à l'antique ;
Quelle fut ma terreur ! qnand s'aprochant de
moi ,
Il prononça ces mots d'une voix fatidique.
Je suis Esculape , ce Dieu
Qui reçoit de l'encens et des voeux en tout lieu
Obéïs à mes.Loix , aprends à me connoître ,
Par moi tu peux perir , par moi tu peux re
naître ,
Je te rends aux mortels , révis , mais crains
un jour ,
...
Et le Dieu du Parnasse ; et le Dieu de l'Amour
Déja , Monsieur , je me familiarisois
avec Seigneur Esculape , je m'aprétois à lui
faire quantité de questions sur la Medecine
et ses doctes Supôts ; mais je me réveillai en
sursant , pour mon malheur, j'aurois sans
doute apris de curieuses Anecdotes dont le
Public auroit été instruit. Bien tôt je m'aperçûs
de l'illusion que m'avoit fait un songe
imposteur , la fiévre me réprit , et je connus
La fausseté des promesses de la Divinité qui
s'étoit présentée à votre ami. Peut- être aussi
est- ce un effet de la colere d'Esculape : Il a
sondé
x544 MERCURE DE FRANCE
sondé les replis de mon ame , il y a découvert
les dispositions sinceres où je suis d'écouter
avec docilité les leçons des Muses
sçavantes. Sansy penser ma Lettre devient
longue ; Finissons , c'est assés badiner sur
un sujet trop sérieux : J'oublie que je suis
malade , etje ne m'en ressouviens que par le
sentiment des écarts de mon cerveau déreglé.
Je suis avec toute la considération que
méritent vos rares talens, et la plus vive reconnoissance
de votre affection , Monsieur
, &c.
Ba. *** d'Arnaud.
du 25. Juin 1736. au sujet de la maladie
de l'Auteur .
L
' Interêt que vous prenez , Monsieur ;
à la vie d'un jeune homme que vous
bonorez de votre amitié , ranime les feux
d'une Muse expirante. Elle trace dans un
intervalle que lui laisse un accès fugitif ;
ces Vers, Enfans plutôt de la reconnoissance
que du travail.
Succombant sous les coups d'une fiévre ho
micide ,
Brulant des mêmes feux ,
Qui sur le Mont Eta consumerent Alcide ,
Ami , c'est dans ce trouble affreux ,
Que je t'écris ces Vers , derniers fruits de ma
veine .
Déja le jour se dérobe à mes yeux ,
Déja je n'entens plus qu'à peine ,
Les tristes sons de Melpomene ,
Et les mâles accens du sublime Lycas ;
C'en est fait , le Destin ordonne mon trépas ;
L'Arrêt est prononcé ; je l'attends sans me
plaindre i
Qui
JUILLET. 1736. 154%
Qui sçait mourir , sçait ne rien craindro,
Je touche à ce fatal moment ,
Où , revenu de son égarement ,
L'homme commence à se connoître ,
Et paroît tel qu'il doit paroître.
Des remords inconnus s'élevent dans son coeur
Il déteste le crime , il pleure son erreur ;
En vain la volupté d'un poison détestable ,
Veut enyvrer et son ame et ses sens ,
Il reconnoît ses charmes impuissans ,
En se reconnoissant coupable.
Mais quelle horreur tout à coup me saisit ?
Quel voile ténébreux fait pâlir la lumiere!
J'expire , je descends dans l'éternelle nuit :
Cher ami , si jamais Lysimon sçût te plaire ','
S'il fut fidele aux loix d'une sainte amitié.
De son sort malheureux daigne prendre pitié ,
Viens recueillir ma cendre ,
Viens , où Daphnis poura te prévenir .
Par ces rimes instruis les siècles à venir ,
Qu'il fut chez les François un coeur sincere er
rendre :
Cy gît un mortel bienfaisant ,
Il fut François , et sçût être constant.
Ce n'est qu'à regret que je fais mau
Epit aphe
2542 MERCURE DE FRANCE
Epitaphe , je vous accuse ingénuëment ma
foiblesses quitter le monde ! la pensée m'en
fait frémir. Je ne tiens point aux plaisirs 3
mon corps est aguerri aux assauts d'une pénible
maladie. Mon ame seule soupire sur
la perte des douceurs que l'on goûte à cultiver
les beaux Arts , et sur la séparation de
mes guides dans les Sciences. Quoi ! me suisė
je dit , plus d'une fois.
·
Faut- il abandonner cet illustre V.
Cet Enfant du bon goût , Citoyen de
Cythere ,
Dont les accens mélodieux ,
Le mettent même au rang des Dieux ?
Faut- il quitter Apollon , et le Pinde ?
Faut-il mourir et ne pas voir Clorinde ?
>
Voilà quelques- unes des pensées qui me
venoient dans de fréquens délires ; je supri-
Monsieur, celles que vôtre affection
pour moi inspiroit à un coeur penetré ; car il
pense quelquefois mieux que l'esprit , et on
me l'étourdit
pas
j'étois occupé de ces douces réflexions , quand
le sommeil me surprit , graces à mon lutin
farouche.
sur un vrai mérite. Hier
De ses voiles épais la nuit couvroit les Cicax ,
J'avois
JUILLET 1736. 1543
J'avois fermé ma tremblante paupiere ;
Lorsqu'un Vieillard vint s'offrir à mes yeux.
Un tel aspect , je ne le sçaurois taire ,
Glaça mes sens , et de crainte et d'effroi,
Sous son menton flotoit un rabat à l'antique ;
Quelle fut ma terreur ! qnand s'aprochant de
moi ,
Il prononça ces mots d'une voix fatidique.
Je suis Esculape , ce Dieu
Qui reçoit de l'encens et des voeux en tout lieu
Obéïs à mes.Loix , aprends à me connoître ,
Par moi tu peux perir , par moi tu peux re
naître ,
Je te rends aux mortels , révis , mais crains
un jour ,
...
Et le Dieu du Parnasse ; et le Dieu de l'Amour
Déja , Monsieur , je me familiarisois
avec Seigneur Esculape , je m'aprétois à lui
faire quantité de questions sur la Medecine
et ses doctes Supôts ; mais je me réveillai en
sursant , pour mon malheur, j'aurois sans
doute apris de curieuses Anecdotes dont le
Public auroit été instruit. Bien tôt je m'aperçûs
de l'illusion que m'avoit fait un songe
imposteur , la fiévre me réprit , et je connus
La fausseté des promesses de la Divinité qui
s'étoit présentée à votre ami. Peut- être aussi
est- ce un effet de la colere d'Esculape : Il a
sondé
x544 MERCURE DE FRANCE
sondé les replis de mon ame , il y a découvert
les dispositions sinceres où je suis d'écouter
avec docilité les leçons des Muses
sçavantes. Sansy penser ma Lettre devient
longue ; Finissons , c'est assés badiner sur
un sujet trop sérieux : J'oublie que je suis
malade , etje ne m'en ressouviens que par le
sentiment des écarts de mon cerveau déreglé.
Je suis avec toute la considération que
méritent vos rares talens, et la plus vive reconnoissance
de votre affection , Monsieur
, &c.
Ba. *** d'Arnaud.
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Résumé : LETTRE à M. l'Abbé Philippe, du 25. Juin 1736. au sujet de la maladie de l'Auteur.
Dans une lettre datée du 25 juin 1736, adressée à l'abbé Philippe, l'auteur exprime sa gratitude pour l'intérêt porté à sa vie. Affaibli par une fièvre mortelle, il écrit des vers dictés par la reconnaissance plutôt que par le travail. Il se compare à Hercule, consumé par la fièvre comme Alcide sur le mont Éta. Conscient de sa fin proche, il accepte son destin sans se plaindre. Dans un état de délire, il évoque des regrets et des réflexions sur sa vie, notamment la séparation des guides dans les sciences et des plaisirs des arts. Il mentionne également un rêve où le dieu Esculape lui apparaît, promettant une guérison mais aussi une mise en garde. L'auteur se réveille et réalise que ce n'était qu'un songe. Il conclut en reconnaissant sa maladie et en exprimant sa reconnaissance envers l'abbé Philippe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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292
p. 1148
LOGOGRYPHE.
Début :
Huit membres forment ma structure, [...]
Mots clefs :
Médecine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
H Uit membres forment ma stucture ,
J'ordonné en Reine aux Papes comme aux Rois.
Et tel qui tous les jours me taxe d'imposture
Enfin se soumet à mes Loix,
Coupez mon tout en deux , la premiere partie
Vous nomme un Peuple habitant de l'Asie.
Ajoutez à ces trois mon dernier seulement ,
Je fis trembler Jason dans mon emportement.
2. et 3. 4. et 7. Adam par complaisance ,
De mon heureux séjour perdit la jouissance .
1. 6. et 8. il faut , sans compliment ,
Se déclarer pour moi , quand on n'a plus de
dents .
7.6. § . 2. et ma lettre derniere ,
On vit chés moi l'Eglise entiere.
Un six je suis dans la Musique .
3. 4. 5. et 6. avec les deux premiers,
Je soulage la Republique
De mes sacrés deniers .
5. 6. et 3. je deviens Tragédie.
7. 6. et 3. j'apartiens aux Oiseaux, L
3. 4. 5. 6. 7. je fus un des fleaux
Des Martirs de la Liturgie.
1.6. 7. 8 , mes aveugles Enfans
Me déchirent le sein pour trouver des néants.
H Uit membres forment ma stucture ,
J'ordonné en Reine aux Papes comme aux Rois.
Et tel qui tous les jours me taxe d'imposture
Enfin se soumet à mes Loix,
Coupez mon tout en deux , la premiere partie
Vous nomme un Peuple habitant de l'Asie.
Ajoutez à ces trois mon dernier seulement ,
Je fis trembler Jason dans mon emportement.
2. et 3. 4. et 7. Adam par complaisance ,
De mon heureux séjour perdit la jouissance .
1. 6. et 8. il faut , sans compliment ,
Se déclarer pour moi , quand on n'a plus de
dents .
7.6. § . 2. et ma lettre derniere ,
On vit chés moi l'Eglise entiere.
Un six je suis dans la Musique .
3. 4. 5. et 6. avec les deux premiers,
Je soulage la Republique
De mes sacrés deniers .
5. 6. et 3. je deviens Tragédie.
7. 6. et 3. j'apartiens aux Oiseaux, L
3. 4. 5. 6. 7. je fus un des fleaux
Des Martirs de la Liturgie.
1.6. 7. 8 , mes aveugles Enfans
Me déchirent le sein pour trouver des néants.
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294
p. 1158
[Texte sans titre]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : [Texte sans titre]
DISSERTATION sur une fille de Greno-
ble , qui , depuis près de quatre ans , ne
boit ni ne mange. Par M. Charles Fonte-
nettes , Conseiller du Roy , Docteur Re-
gent de la Faculté de Medecine de l'Uni-
versité de Poitiers. A Poitiers
, 1737
Brochure in 4. de 8. pages ; il y en a un
Extrait dans le Journal des Sçavans.
ble , qui , depuis près de quatre ans , ne
boit ni ne mange. Par M. Charles Fonte-
nettes , Conseiller du Roy , Docteur Re-
gent de la Faculté de Medecine de l'Uni-
versité de Poitiers. A Poitiers
, 1737
Brochure in 4. de 8. pages ; il y en a un
Extrait dans le Journal des Sçavans.
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295
p. 1180-1181
« M. le Docteur Taylor, Oculiste du Roy de la Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel [...] »
Début :
M. le Docteur Taylor, Oculiste du Roy de la Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. le Docteur Taylor, Oculiste du Roy de la Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel [...] »
M. le Docteur Taylor, Oculiste du Roy de la
Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel
de Londres , rue Dauphine à Paris , où il se
propose de rester jusqu'au commencement de
Juillet , après quoi il partira pour se rendre en
Espagne Il nous prie de publier les Découvertes
qu'il a faites de redresser les yeux des Louches
par une Opération prompte et presque sans dou
leur et sans crainte d'aucun accident ; de guérir
presque toutes les maladies du sac lacrimal , sans
Opération , et ôter les Cataractes en tout temps
et de toute espece , sans aucun danger. Il guérit
I. Vol
aussi
JUIN.
1737.
1181
sassi plusieurs especes de Gouttes Sereines, con-
formément à l'explication qu'il en a donnée
dans ses Ouvrages , ce qui a été accomagné de
tant de succès , qu'on voit tous les jours quan-
rité de personnes chercher auprès de lui du sou-
lagement pour ces sortes de maux.
Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel
de Londres , rue Dauphine à Paris , où il se
propose de rester jusqu'au commencement de
Juillet , après quoi il partira pour se rendre en
Espagne Il nous prie de publier les Découvertes
qu'il a faites de redresser les yeux des Louches
par une Opération prompte et presque sans dou
leur et sans crainte d'aucun accident ; de guérir
presque toutes les maladies du sac lacrimal , sans
Opération , et ôter les Cataractes en tout temps
et de toute espece , sans aucun danger. Il guérit
I. Vol
aussi
JUIN.
1737.
1181
sassi plusieurs especes de Gouttes Sereines, con-
formément à l'explication qu'il en a donnée
dans ses Ouvrages , ce qui a été accomagné de
tant de succès , qu'on voit tous les jours quan-
rité de personnes chercher auprès de lui du sou-
lagement pour ces sortes de maux.
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Résumé : « M. le Docteur Taylor, Oculiste du Roy de la Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel [...] »
Le docteur Taylor, oculiste du roi de Grande-Bretagne, séjourne à Paris jusqu'en juillet avant de partir pour l'Espagne. Il propose des opérations rapides et indolores pour corriger les yeux louches, traite les maladies du sac lacrymal sans chirurgie et enlève les cataractes sans danger. Il offre aussi des remèdes pour diverses formes de gouttes sereines, soulageant ainsi de nombreuses personnes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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296
p. 1181-1182
« Le S. Fauchard, Chirurgien Dentiste, [barré : auprès de Paris], après avoir donné au Public des preuves [...] »
Début :
Le S. Fauchard, Chirurgien Dentiste, [barré : auprès de Paris], après avoir donné au Public des preuves [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le S. Fauchard, Chirurgien Dentiste, [barré : auprès de Paris], après avoir donné au Public des preuves [...] »
Le S. Fauchard, Chirurgien Dentiste, [barré : auprès de Paris],
après avoir donné au Public des preuves
de son zele , en mettant au jour son Traité sur
les Dents , croit devoir lui renouveller les mar-
ques de son attention , en lui offrant une Eau
dont la vertu est souveraine contre les affections
scorbutiques des Gencives.
Cette Eau empêche que les Gencives ne se
gonflent et ne soient trop sujettes à saigner ai-
sément , ce qui prouve qu'elle les fortifie et les
consolide.
Elle empêche aussi que les dents ne soient
ébranlées avant le temps ; elle raffermit celles qui
ne sont pas considérablement déchaussées et
chancelanies ; elle les maintient dans leurs Alvéo-
les; et comme elle est propre à diminuer les âcre-
tés de la salive , qui produisent ordinairement la
carie , cette Eau prévient par conséquent ce qui
les peut gâter.
Elle ôte la mauvaise odeur de la bouche , elle
vivifie les gencives,et entretient les dents dans leur
propreté et leur blancheur naturelle ; elle calme
ou diminuë souvent la douleur des dents gâtées,
en mettant dans la cavité cariée un petit cotton
imbibé de cette Eau. Elle guérit les Aphtes ou
petits ulceres de la bouche , en les frottant sou-
vent avec cette même Liqueur. En un mot ce Re-
mede est le plus parfait qu'il ait encore trouvé
pour la conservation des dents et des gencives.
I. Fol.
Le
1182 MERCURE DE FRANCE
Le sieur Fauchard l'auroit distribué il y a plu
sieurs années , mais il ne vouloit rien donner
de défectueux et d'incertain
>
et il a jugé
qu'il étoit convenable à l'utilité publique et
à sa réputation , de s'assurer des bons effets de
cette Eau , par des experiences réïterées.
La demeure du sieur Fauchard est toujours à
Paris , vis - à- vis la Comédie Françoise.
Les Bouteilles de cette Eau sont de six livres
de trois livres et de trente 'sols ; on aura soin de
les tenir bien bouchées. Il donne un imprimé
qui instruit de la maniere de s'en servir.
après avoir donné au Public des preuves
de son zele , en mettant au jour son Traité sur
les Dents , croit devoir lui renouveller les mar-
ques de son attention , en lui offrant une Eau
dont la vertu est souveraine contre les affections
scorbutiques des Gencives.
Cette Eau empêche que les Gencives ne se
gonflent et ne soient trop sujettes à saigner ai-
sément , ce qui prouve qu'elle les fortifie et les
consolide.
Elle empêche aussi que les dents ne soient
ébranlées avant le temps ; elle raffermit celles qui
ne sont pas considérablement déchaussées et
chancelanies ; elle les maintient dans leurs Alvéo-
les; et comme elle est propre à diminuer les âcre-
tés de la salive , qui produisent ordinairement la
carie , cette Eau prévient par conséquent ce qui
les peut gâter.
Elle ôte la mauvaise odeur de la bouche , elle
vivifie les gencives,et entretient les dents dans leur
propreté et leur blancheur naturelle ; elle calme
ou diminuë souvent la douleur des dents gâtées,
en mettant dans la cavité cariée un petit cotton
imbibé de cette Eau. Elle guérit les Aphtes ou
petits ulceres de la bouche , en les frottant sou-
vent avec cette même Liqueur. En un mot ce Re-
mede est le plus parfait qu'il ait encore trouvé
pour la conservation des dents et des gencives.
I. Fol.
Le
1182 MERCURE DE FRANCE
Le sieur Fauchard l'auroit distribué il y a plu
sieurs années , mais il ne vouloit rien donner
de défectueux et d'incertain
>
et il a jugé
qu'il étoit convenable à l'utilité publique et
à sa réputation , de s'assurer des bons effets de
cette Eau , par des experiences réïterées.
La demeure du sieur Fauchard est toujours à
Paris , vis - à- vis la Comédie Françoise.
Les Bouteilles de cette Eau sont de six livres
de trois livres et de trente 'sols ; on aura soin de
les tenir bien bouchées. Il donne un imprimé
qui instruit de la maniere de s'en servir.
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Résumé : « Le S. Fauchard, Chirurgien Dentiste, [barré : auprès de Paris], après avoir donné au Public des preuves [...] »
Le texte décrit une publication du sieur Fauchard, chirurgien dentiste à Paris, présentant une eau aux vertus bénéfiques pour les dents et les gencives. Cette eau prévient et traite divers problèmes tels que le gonflement et le saignement des gencives, le déchaussement prématuré des dents, et la carie dentaire. Elle élimine également la mauvaise haleine, vivifie les gencives, et maintient la propreté et la blancheur des dents. De plus, elle soulage la douleur des dents cariées et guérit les aphtes buccaux. Fauchard affirme que ce remède est le plus efficace qu'il ait trouvé pour la conservation des dents et des gencives. L'efficacité de l'eau a été confirmée par des expériences répétées. Les bouteilles sont disponibles en différentes tailles et doivent être conservées bien bouchées. Un imprimé explique comment utiliser ce produit. La résidence de Fauchard se trouve à Paris, face à la Comédie Française.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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297
p. 1182-1183
« Le sieur Neilson, Chirurgien Ecossois, reçû à S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes, [...] »
Début :
Le sieur Neilson, Chirurgien Ecossois, reçû à S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Neilson, Chirurgien Ecossois, reçû à S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes, [...] »
Le sieur Neilson, Chirurgien Ecossois, reçû à
S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes,
traite ces Maladies avec beaucoup de suc-
cès , par le secours des Bandages Élastiques, qu'il
a inventés pour les hommes , femmes et enfans;
ces Bandages sont fort aprouvés, non - seulement
à cause qu'ils sont très-legers et commodes à
porter jour et nuit , mais encore ils sont utiles
par raport à leur ressort qui comprime la par-
tie malade , ferme exactement l'ouverture qui a
permis la Descente et résiste aux impulsion's que
font les Parties intérieures, soit à cheval ou à pied
En envoyant la mesure , prise sur l'Os pubis ,
et marquant le côté malade , on est assuré de
les avoir justes. ; il donne son Avis ,
Maladies.
et se on
Page et le tempérament , il prépare des Remnedes
qui lui sont particuliers et convenables à ces
Attendu que les Chasseurs et ceux qui courent
à cheval ou en chaise , qui prêchent , chantent,
&c. sont continuellement exposés à ces Mala-
dies , il a aussi inventé des Bandages Elastiques,
très-légers , commodes à porter pendans ces
I. Vol.
exercices
JUIN.
qui arrivent souvent.
1737.
Cocq d'or, au premier Apartement.
1183
exercices , ou d'autres aussi violens , pour se ga
rantir des maux et prévenir les incommodités
Sa demeure est à Paris , rue Dauphine , au
payé.e
Il ne re-
çoit point de Lettres sans que le port en soit
S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes,
traite ces Maladies avec beaucoup de suc-
cès , par le secours des Bandages Élastiques, qu'il
a inventés pour les hommes , femmes et enfans;
ces Bandages sont fort aprouvés, non - seulement
à cause qu'ils sont très-legers et commodes à
porter jour et nuit , mais encore ils sont utiles
par raport à leur ressort qui comprime la par-
tie malade , ferme exactement l'ouverture qui a
permis la Descente et résiste aux impulsion's que
font les Parties intérieures, soit à cheval ou à pied
En envoyant la mesure , prise sur l'Os pubis ,
et marquant le côté malade , on est assuré de
les avoir justes. ; il donne son Avis ,
Maladies.
et se on
Page et le tempérament , il prépare des Remnedes
qui lui sont particuliers et convenables à ces
Attendu que les Chasseurs et ceux qui courent
à cheval ou en chaise , qui prêchent , chantent,
&c. sont continuellement exposés à ces Mala-
dies , il a aussi inventé des Bandages Elastiques,
très-légers , commodes à porter pendans ces
I. Vol.
exercices
JUIN.
qui arrivent souvent.
1737.
Cocq d'or, au premier Apartement.
1183
exercices , ou d'autres aussi violens , pour se ga
rantir des maux et prévenir les incommodités
Sa demeure est à Paris , rue Dauphine , au
payé.e
Il ne re-
çoit point de Lettres sans que le port en soit
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Résumé : « Le sieur Neilson, Chirurgien Ecossois, reçû à S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes, [...] »
Le sieur Neilson, chirurgien écossais installé à Saint-Côme, a développé des bandages élastiques pour traiter les hernies chez les hommes, femmes et enfants. Ces bandages sont légers, confortables et efficaces, car ils compriment la zone affectée, ferment l'ouverture causée par la hernie et résistent aux efforts physiques, que ce soit à cheval ou à pied. Pour obtenir un bandage adapté, il est nécessaire de fournir la mesure prise sur l'os pubis et de préciser le côté affecté. Neilson propose également des consultations médicales et prépare des remèdes personnalisés selon les maladies et le tempérament du patient. Il a créé des bandages spécifiques pour les chasseurs, cavaliers, prédicateurs, chanteurs et autres personnes soumises à des efforts intenses afin de prévenir les maladies. Neilson réside à Paris, rue Dauphine, et ne répond pas aux lettres sans paiement préalable des frais de port.
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298
p. 1351-1357
PLAINTE ET REMONTRANCE à M. Albert, Docteur en Médecine, sur son retardement à prendre un Cheval.
Début :
Dis-moi, mon cher Albert, quel caprice bizare ? [...]
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texteReconnaissance textuelle : PLAINTE ET REMONTRANCE à M. Albert, Docteur en Médecine, sur son retardement à prendre un Cheval.
PLAINTE ET REMONTRANCE
à M. Albert, Docteur en Médecine,
sur son retardement à prendre un Cheval.
Dis-moi, mon cher Albert, quel caprice bizare ?
Au mépris de l'humanité ,
Te rend sourd à nos cris, à toi-même barbare ,
Et te porte sans cesse à risquer ta santé ?
Quoi les rares talens , la profonde science ,
Ne peuvent-ils permettre un peu de complaisance
Mon discours te surprend ; tu parois interdit ;
Ecoute donc , Albert , le fait dont il s'agit.
Depuis le lever de l'Aurore ,
Jusqu'au retour des ombres de la nuit,
Par ton seul aspect qu'on implore ,
Effrayant le trépas qui t'évite et te fuit ,
Tu cours à pied vers quiconque t'apelle ;
Mais ta langueur malgré toi se décele ,
Elle fait qu'en Chorus tout le monde te dit :
Eh Monsieur , on vous en conjure ;
Monsieur le Médecin prenez une monture,
A bon droit mis au rang des plus fameux Doc
tears,
Quelle noire et coupable envie ,
II. Vola
E
A&
1352 MERCURE DE FRANCE
Au milieu de tant de grandeurs ,
Te fait renoncer à la vie ?
De ce don ( tu le sçais ) fatal ou précieux 2
Tout Mortel est comptable aux Dieux ;
Il n'en est que dépositaire ;
Qui sans eux en dispose est un audacieux ;
Il devient à l'instant l'objet de leur colere.
Ce Principe adopté de tout le genre humain ,
Nous induit dabord à conclure
Qu'il ne t'est pas permis de remettre à demain
A te servir d'une monture.
On sçait qu'un Cheval autrefois
Causa le sac et l'incendie
D'une illustre Ville d'Asie ;
Mais ce Cheval étoit de bois :
De l'absolu Destin telles furent les Loix ;
Aujourd'hui le sort veut qu'anCheval plein de vio
Sauvant Albert , sauve notre Patric :
Auquel de ces Chevaux divers ,
Donner ici la préference ?
Au Grec funeste Auteur d'un funeste revers
Ah! que le tien pour l'Univers ,
Seroit bien d'une autre importance ! ;
L'un cachoit dans ŝes flancs un trépas médité
Au Troyen, que trompa sa vaine confiance ;
Le tien en croupe avec pleine assurance,
Nous aporteroit la santé :
II. Vele
Mais
JUIN.
1737་
Mais vainement ce Fait te seroit-il citë ,
1353
Comme beau trait d'Histoire et de Litterature,
Si je n'en inférois avec vivacité
Que tu ne peux sans blesser l'équité ,
Sans forfaire à l'honneur , te passer de monture,
Il faudra,j'en conviens,compter quelques ducats,
7
Et pour l'achapt et pour la nourriture 3
Mais , ami , dans la sépulture
Tu sçais qu'on en fait peu de cas.
Caron , qui des grands cœurs n'est pas le vrai
modele ,
Me dira-t'on , ne passe pas
Les Morts gratis dans sa nacelle ;
Mais pour ce,faut- il donc d'argent si gros ama
Un seul teston suffit pour ce passage ;
Laisse aux avares désormais
Le lugubre et vain avantage
De toujours amasser , de ne joüir jamais ,
'D'être pour s'enrichir toujours à la torture.
Pour toi , mets à profit et l'argent et le temps
Et sûr , avec les tiens , de prolonger nos ans,
Entretiens à tes frais une utile monture.
Eh que m'importe enfin à moi ,
Que chacun ait vû devant toi
Disparoître l'apopléxic ,
La fievre s'éclipser , et fuir la pleurésie ,
Sije suis malheureux par ton entêrement ?
II. Vol
E ij
TOR
1354 MERCURE DE FRANCE
Ton Ombre à mon esprit s'offre à chaque mo
ment ,
Toute prête à passer les rives du Cocyte.
Cher Albert , c'est alors , ah ! c'est dans ces ins
tan's
Que dans tes soins , dans tes talens ,
Dans ton zele , dans ton mérite ,
Je trouve mon propre tourment :
Contre toi je me livre à la plainte , au murmure,
Je m'écrie : Ah , le traître ! il fausse son serment;
Cent fois il me promit de prendre une monture.
Vingt lustres bien complets de santé, de vigueur!
Quel est le Médecin qui ne s'en fît honneur ?
Mais qu'en la fleur des ans un Médecin expire ,
Quelle honte ! non, non , je veux bien te le dire ,
Pour marcher à pas lents vers l'Empire des Morts,
Pour n'ariver que tard aux sombres bords ,
Pour entrer des derniers dans la funeste Barque ,
Cu passent côte- à- côte et Berger et Monarque
Pour filer de longs jours sans crainte et sans
regret ,
• Il n'est pour toi qu'un seul secret ,
Secret dicté par la bonne Nature ;
voici , c'est une monture.
Quel désespoir pour Atropos !
Tous les jours sont marqués de quelque illustre
Cure ;
II. Vol
Ardents
JUIN.
1737.
1355
Ardente à t'en punir , à venger son injure ,
Je la vois aiguiser ses funestes Ciseaux ;
Mais qu'importe ? avec avantage ,
Tu peux vaincre et dompter son implacable rage:
Nouveau Bellerophon , sur un noble Coursier ,
Combats, poursuis , foudroye, Albert, ce Mons-
tre altier ;
Opose à sa furie un courage intrépide.
Que la cruelle , Ami , que la perfide ,
En toi retrouve un Paladin , *
Mais comment tenter l'avanture ,
Comment pouvoir la mettre à fin ,
Cher Albert , sans une monture ?
Esculape , il est vrai , de ses dons précieux
Abondamment te favorise ,
Et sur nous , cher Ami , d'une façon exquise
Tu sçais à plaines mains les répandre en ces lieux;
A l'instar de ce Dieu de salubre memoire ,
D'être utile aux Mortels tu te fais une gloire ;
Mais le crois- tu qu'Esculape autrefois ,
S'excedât de fatigue et se mit aux abois ?
Il s'en falloit du tout que tel fût son sistême.
De carrefour en carrefour ,
Un Char portoit sa Déïté suprême.
Esculape nouveau , tu pourois à ton tour
User de pareille voiture ;
Quifit deplus d'un Monstre ample déconfiture:
II. Vol.
E iij
Mais
1356 MERCURE DE FRANCE
Mais si pour ce faste ton cœur
Ressent une secrette horreur ,
Du moins imite en son allure
Celui dont Rossinante étayoit la figure ;
Comme ce Parangon d'honneur ,
Ne vas nulle part sans monture.
Je ne te parle point de ta chere Moitié ,
Tu dois , en tendre Epoux, faire tarir ses larmes.
A les faire couler trouves-tu tant de charmes ?
Infidele à l'amour , rebelle à la pitié ,
Te refuser aux vœux d'une tendre amitié !.
Cher Albert , pardonne à la mienne ,
Qui demande de toi plus de ménagement ;
Mais qu'importe après tout , pourvû que je l'obe
tienne ,
Qu'Albert chemine enfin commodément ;
Soit qu'un genest de superbe encolure ,
Soit qu'un criquet et modeste et benin ,
Glorieux de porter un grave Médecin ,
Soit en tout temps,en tout lieu ta monture.
De plaisir mon cœur est comblé ;
Oui , le tien est touché des vœux et des prieres
De tout un Peuple désolé.
De la raison en toi renaissent les lumieres.
Peuple , votre bonheur ne peut être égalé ;
Albert va terminer la noire inquiétude ,
11. Vol.
Dont
JUIN.
1737:
Dont vous étiez justement accablé,
Il se fera dans la suite une étude
7357
De conserver ses forces , sa vigueur ,
Et son teint nous peindra le Printemps en sa
Aeur ;
Mais que vois-je ! ah déja se remplit cet augure,
Contentez-vous mes yeux , vous le voyez enfin ,
Vous le voyez ce chéri Médecin ;
On n'en peut plus douter ; il est sur sa monture.
Par M. de Sommevesle.
à M. Albert, Docteur en Médecine,
sur son retardement à prendre un Cheval.
Dis-moi, mon cher Albert, quel caprice bizare ?
Au mépris de l'humanité ,
Te rend sourd à nos cris, à toi-même barbare ,
Et te porte sans cesse à risquer ta santé ?
Quoi les rares talens , la profonde science ,
Ne peuvent-ils permettre un peu de complaisance
Mon discours te surprend ; tu parois interdit ;
Ecoute donc , Albert , le fait dont il s'agit.
Depuis le lever de l'Aurore ,
Jusqu'au retour des ombres de la nuit,
Par ton seul aspect qu'on implore ,
Effrayant le trépas qui t'évite et te fuit ,
Tu cours à pied vers quiconque t'apelle ;
Mais ta langueur malgré toi se décele ,
Elle fait qu'en Chorus tout le monde te dit :
Eh Monsieur , on vous en conjure ;
Monsieur le Médecin prenez une monture,
A bon droit mis au rang des plus fameux Doc
tears,
Quelle noire et coupable envie ,
II. Vola
E
A&
1352 MERCURE DE FRANCE
Au milieu de tant de grandeurs ,
Te fait renoncer à la vie ?
De ce don ( tu le sçais ) fatal ou précieux 2
Tout Mortel est comptable aux Dieux ;
Il n'en est que dépositaire ;
Qui sans eux en dispose est un audacieux ;
Il devient à l'instant l'objet de leur colere.
Ce Principe adopté de tout le genre humain ,
Nous induit dabord à conclure
Qu'il ne t'est pas permis de remettre à demain
A te servir d'une monture.
On sçait qu'un Cheval autrefois
Causa le sac et l'incendie
D'une illustre Ville d'Asie ;
Mais ce Cheval étoit de bois :
De l'absolu Destin telles furent les Loix ;
Aujourd'hui le sort veut qu'anCheval plein de vio
Sauvant Albert , sauve notre Patric :
Auquel de ces Chevaux divers ,
Donner ici la préference ?
Au Grec funeste Auteur d'un funeste revers
Ah! que le tien pour l'Univers ,
Seroit bien d'une autre importance ! ;
L'un cachoit dans ŝes flancs un trépas médité
Au Troyen, que trompa sa vaine confiance ;
Le tien en croupe avec pleine assurance,
Nous aporteroit la santé :
II. Vele
Mais
JUIN.
1737་
Mais vainement ce Fait te seroit-il citë ,
1353
Comme beau trait d'Histoire et de Litterature,
Si je n'en inférois avec vivacité
Que tu ne peux sans blesser l'équité ,
Sans forfaire à l'honneur , te passer de monture,
Il faudra,j'en conviens,compter quelques ducats,
7
Et pour l'achapt et pour la nourriture 3
Mais , ami , dans la sépulture
Tu sçais qu'on en fait peu de cas.
Caron , qui des grands cœurs n'est pas le vrai
modele ,
Me dira-t'on , ne passe pas
Les Morts gratis dans sa nacelle ;
Mais pour ce,faut- il donc d'argent si gros ama
Un seul teston suffit pour ce passage ;
Laisse aux avares désormais
Le lugubre et vain avantage
De toujours amasser , de ne joüir jamais ,
'D'être pour s'enrichir toujours à la torture.
Pour toi , mets à profit et l'argent et le temps
Et sûr , avec les tiens , de prolonger nos ans,
Entretiens à tes frais une utile monture.
Eh que m'importe enfin à moi ,
Que chacun ait vû devant toi
Disparoître l'apopléxic ,
La fievre s'éclipser , et fuir la pleurésie ,
Sije suis malheureux par ton entêrement ?
II. Vol
E ij
TOR
1354 MERCURE DE FRANCE
Ton Ombre à mon esprit s'offre à chaque mo
ment ,
Toute prête à passer les rives du Cocyte.
Cher Albert , c'est alors , ah ! c'est dans ces ins
tan's
Que dans tes soins , dans tes talens ,
Dans ton zele , dans ton mérite ,
Je trouve mon propre tourment :
Contre toi je me livre à la plainte , au murmure,
Je m'écrie : Ah , le traître ! il fausse son serment;
Cent fois il me promit de prendre une monture.
Vingt lustres bien complets de santé, de vigueur!
Quel est le Médecin qui ne s'en fît honneur ?
Mais qu'en la fleur des ans un Médecin expire ,
Quelle honte ! non, non , je veux bien te le dire ,
Pour marcher à pas lents vers l'Empire des Morts,
Pour n'ariver que tard aux sombres bords ,
Pour entrer des derniers dans la funeste Barque ,
Cu passent côte- à- côte et Berger et Monarque
Pour filer de longs jours sans crainte et sans
regret ,
• Il n'est pour toi qu'un seul secret ,
Secret dicté par la bonne Nature ;
voici , c'est une monture.
Quel désespoir pour Atropos !
Tous les jours sont marqués de quelque illustre
Cure ;
II. Vol
Ardents
JUIN.
1737.
1355
Ardente à t'en punir , à venger son injure ,
Je la vois aiguiser ses funestes Ciseaux ;
Mais qu'importe ? avec avantage ,
Tu peux vaincre et dompter son implacable rage:
Nouveau Bellerophon , sur un noble Coursier ,
Combats, poursuis , foudroye, Albert, ce Mons-
tre altier ;
Opose à sa furie un courage intrépide.
Que la cruelle , Ami , que la perfide ,
En toi retrouve un Paladin , *
Mais comment tenter l'avanture ,
Comment pouvoir la mettre à fin ,
Cher Albert , sans une monture ?
Esculape , il est vrai , de ses dons précieux
Abondamment te favorise ,
Et sur nous , cher Ami , d'une façon exquise
Tu sçais à plaines mains les répandre en ces lieux;
A l'instar de ce Dieu de salubre memoire ,
D'être utile aux Mortels tu te fais une gloire ;
Mais le crois- tu qu'Esculape autrefois ,
S'excedât de fatigue et se mit aux abois ?
Il s'en falloit du tout que tel fût son sistême.
De carrefour en carrefour ,
Un Char portoit sa Déïté suprême.
Esculape nouveau , tu pourois à ton tour
User de pareille voiture ;
Quifit deplus d'un Monstre ample déconfiture:
II. Vol.
E iij
Mais
1356 MERCURE DE FRANCE
Mais si pour ce faste ton cœur
Ressent une secrette horreur ,
Du moins imite en son allure
Celui dont Rossinante étayoit la figure ;
Comme ce Parangon d'honneur ,
Ne vas nulle part sans monture.
Je ne te parle point de ta chere Moitié ,
Tu dois , en tendre Epoux, faire tarir ses larmes.
A les faire couler trouves-tu tant de charmes ?
Infidele à l'amour , rebelle à la pitié ,
Te refuser aux vœux d'une tendre amitié !.
Cher Albert , pardonne à la mienne ,
Qui demande de toi plus de ménagement ;
Mais qu'importe après tout , pourvû que je l'obe
tienne ,
Qu'Albert chemine enfin commodément ;
Soit qu'un genest de superbe encolure ,
Soit qu'un criquet et modeste et benin ,
Glorieux de porter un grave Médecin ,
Soit en tout temps,en tout lieu ta monture.
De plaisir mon cœur est comblé ;
Oui , le tien est touché des vœux et des prieres
De tout un Peuple désolé.
De la raison en toi renaissent les lumieres.
Peuple , votre bonheur ne peut être égalé ;
Albert va terminer la noire inquiétude ,
11. Vol.
Dont
JUIN.
1737:
Dont vous étiez justement accablé,
Il se fera dans la suite une étude
7357
De conserver ses forces , sa vigueur ,
Et son teint nous peindra le Printemps en sa
Aeur ;
Mais que vois-je ! ah déja se remplit cet augure,
Contentez-vous mes yeux , vous le voyez enfin ,
Vous le voyez ce chéri Médecin ;
On n'en peut plus douter ; il est sur sa monture.
Par M. de Sommevesle.
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Résumé : PLAINTE ET REMONTRANCE à M. Albert, Docteur en Médecine, sur son retardement à prendre un Cheval.
Une lettre adressée à M. Albert, docteur en médecine, critique son refus d'acquérir un cheval pour ses déplacements. L'auteur exprime des inquiétudes quant à la santé d'Albert, qui se déplace à pied malgré ses connaissances médicales. Cette pratique est considérée comme dangereuse pour sa propre santé et celle de ses patients. La lettre souligne la nécessité de prudence et de prévoyance, en prenant l'exemple d'Ésculape, qui utilisait un char pour ses déplacements. Albert est comparé à Bellerophon, l'encourageant à affronter les dangers avec courage. Un cheval est jugé indispensable pour éviter la fatigue excessive et honorer ses engagements envers ses patients et sa famille. L'auteur espère qu'Albert choisira une monture adaptée, qu'elle soit de race ou plus modeste. Un autre texte célèbre l'arrivée d'Albert, décrit comme une figure glorieuse capable de monter divers animaux, symbolisant ainsi sa disponibilité en tout temps et en tout lieu. Son arrivée est vue comme une réponse aux prières du peuple, apportant réconfort et espoir à une population désolée. Albert est attendu avec impatience pour mettre fin à l'inquiétude et au malheur du peuple. Le texte mentionne qu'il prendra soin de sa santé et de sa vigueur, symbolisées par un teint printanier. Enfin, Albert est aperçu monté sur sa monture, confirmant son arrivée tant attendue. L'œuvre est attribuée à M. de Sommevesle et datée de juin 1737.
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299
p. 1413-1414
LETTRE à M. ** à Paris, sur les Pilules Mercurielles de M. Belloste.
Début :
Lorsque je suis parti pour l'Italie, Monsieur, vous m'avez chargé expressément de vous [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. ** à Paris, sur les Pilules Mercurielles de M. Belloste.
LETTRE à M. ** à Paris, sur les
Pilules Mercurielles de M. Belloste.
Lorsque je suis parti pour l'Italie, Monsieur,
vous m'avez chargé expressément de vous
donner des informations particulieres sur les
Pilules de M. Belloste. Je vous dirai , qu'é-
tant arrivé à Turin ,
j'ai été assés malheu-
reux pour n'y pas rencontrer M. le Docteur
Belloste ; j'ai parlé à son Correspondant , lequel
m'a dit qu'il étoit allé à Casal- Montferrat , &c.
A Milan et à Bresse , où j'ai séjourné , on m'a
assuré que ces Pilules y sont contrefaites ; mais
il n'y a rien de surprenant en cela , puisqu'elles le
sont bien à Turin même. Etant arrivé à Venise,
je ne me suis pas laissé entraîner si fort au tor-
rent des plaisirs qui y abondent en cette saison
que je n'aye songé à vous satisfaire. J'ai trouvé
qu'on a imprimé ici la Traduction Italienne du
premier tome du Chirurgien d'Hôpital , mais da
second on n'en a traduit que le Traité du Mercure,
parce qu'il est plus universel pour la guérison
des Malades , et que le premier paroît être suffi-
samment instructif pour le pansement des bles-
ses ; au bas de ce petit volume , qui n'est que de
123. pages , on a ajoûté deux Lettres que je me
suis donné la peine de traduire moi- même mor
11. Vol.
1414 MERCURE DE FRANCE
à mot , persuadé que je suis que vous ne sçau
rez bon gré de vous les communiquer. Vous ver
rez dans la derniere le caractere de feu M. Bel
loste , et le cas qu'on peut faire de son Remede.
Cette Lettre est d'autant plus digne de foi qu'elle
est d'une personne respectable,qui a eu l'honneur
d'occuperà la Cour de Savoye un poste égal à
son mérite , et qui est ici dans une estime uni-
verselle par sa pratique et par le rang distingué
qu'il tient dans une des plus celebres Universitée
de l'Europe.
Pilules Mercurielles de M. Belloste.
Lorsque je suis parti pour l'Italie, Monsieur,
vous m'avez chargé expressément de vous
donner des informations particulieres sur les
Pilules de M. Belloste. Je vous dirai , qu'é-
tant arrivé à Turin ,
j'ai été assés malheu-
reux pour n'y pas rencontrer M. le Docteur
Belloste ; j'ai parlé à son Correspondant , lequel
m'a dit qu'il étoit allé à Casal- Montferrat , &c.
A Milan et à Bresse , où j'ai séjourné , on m'a
assuré que ces Pilules y sont contrefaites ; mais
il n'y a rien de surprenant en cela , puisqu'elles le
sont bien à Turin même. Etant arrivé à Venise,
je ne me suis pas laissé entraîner si fort au tor-
rent des plaisirs qui y abondent en cette saison
que je n'aye songé à vous satisfaire. J'ai trouvé
qu'on a imprimé ici la Traduction Italienne du
premier tome du Chirurgien d'Hôpital , mais da
second on n'en a traduit que le Traité du Mercure,
parce qu'il est plus universel pour la guérison
des Malades , et que le premier paroît être suffi-
samment instructif pour le pansement des bles-
ses ; au bas de ce petit volume , qui n'est que de
123. pages , on a ajoûté deux Lettres que je me
suis donné la peine de traduire moi- même mor
11. Vol.
1414 MERCURE DE FRANCE
à mot , persuadé que je suis que vous ne sçau
rez bon gré de vous les communiquer. Vous ver
rez dans la derniere le caractere de feu M. Bel
loste , et le cas qu'on peut faire de son Remede.
Cette Lettre est d'autant plus digne de foi qu'elle
est d'une personne respectable,qui a eu l'honneur
d'occuperà la Cour de Savoye un poste égal à
son mérite , et qui est ici dans une estime uni-
verselle par sa pratique et par le rang distingué
qu'il tient dans une des plus celebres Universitée
de l'Europe.
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Résumé : LETTRE à M. ** à Paris, sur les Pilules Mercurielles de M. Belloste.
L'auteur informe un destinataire à Paris au sujet des Pilules Mercurielles de M. Belloste. À Turin, il n'a pas pu rencontrer le docteur Belloste, qui se trouvait à Casal-Montferrat. À Milan, Brescia et Turin, il a constaté que les pilules étaient contrefaites. À Venise, il a trouvé une traduction italienne du premier tome du 'Chirurgien d'Hôpital', uniquement le traité sur le mercure ayant été traduit pour son utilité générale. Le second tome n'était pas traduit en entier, le premier étant jugé suffisant pour le pansement des blessures. Un petit volume de 123 pages contient deux lettres traduites par l'auteur, dont une décrivant le caractère de feu M. Belloste et l'efficacité de son remède. Cette lettre provient d'une personne respectée, ayant occupé un poste important à la cour de Savoie et estimée à Venise pour ses compétences médicales et son rang académique.
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300
p. 1414-1415
LETTRE adressée à M. Cicognini, Conseiller et Premier Médecin de feuë Madame Royale, Doüairiere de Savoye, et Premier Professeur de Médecine Théorique dans l'Université de Padoüe.
Début :
Il s'est excité dans ce Pays, Monsieur, une curiosité quasi universelle de lire le Traité du [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE adressée à M. Cicognini, Conseiller et Premier Médecin de feuë Madame Royale, Doüairiere de Savoye, et Premier Professeur de Médecine Théorique dans l'Université de Padoüe.
LETTRE adressée à M. Cicognini,
Conseiller et Premier Médecin de feuë
Madame Royale, Doüairiere de Savoye,
et Premier Professeur de Médecine
Théorique dans l'Université de
Padoüe.
Il s'est excité dans ce Pays, Monsieur, une curiosité quasi universelle de lire le Traité du
Mercure de M. Belloste , inséré dans son Livre
intitulé Suite du Chirurgien d'Hôpital , à causé
des effets admirables qu'on dit avoir été produits sur
diverses personnes par le Mercure ; cè qui a fait
qu'un de mes amis s'est disposé à mettre au jour
Ta Traduction Italienne qu'il afaite de cet Ouvra
ge,pour satisfaire aux pressantes sollicitations d'u-
ne personne de consideration qui l'en a prié. Mais
parce qu'il craint qu'il n'y ait quelqu'un , comme
il arrive ordinairement lorsqu'on propose de nou-
veaux Remedes , qui accuse l'Auteur d'imposture
et qui méprise le mérite d'un tel Remede , il sou-
haite de joindre à l'impression de cet Ouvrage vo-
ire témoignage sincere et autentique , par lequet
LI. Vol
078
JU IN,
1737.
1455
or vende justice à la probité de l'Auteur et à la
bonté de son Remede. Pour obtenir de vous cette
grace il s'est adressé à moi , étant persuadé de mon
attachement pour votre service , et de votre bonté
singuliere à mon égard ; et c'est pour lui complai-
re que je prends la liberté de vous suplier , Mon-
sieur, de me donner quelques informations des mœurs
et du merite de M. Belloste, et de rendre témoigna
gne de ces effets desquels cet Auteur dit que vous
avez été témoin oculaire , comme dans le cas de
M. le Chevalier de Morette , de M. le Comte
d'Arc , Bavarois , de Mad, la Comtesse Busque ?,
et de M. Marchetti , Médecin de S. E. M. le
Cardinal Pic de la Mirandole. Par ce moyen voiss
ferez honneur à la memoire de ce grand homme qui
vous a été parfaitement connu
vous rendrez un
service considérable au Public , en certifiant les ef
fets d'un Remede dont l'usage pouroit être d'une
utilité infinie , et vous m'obligerez sensiblement
dans le dessein où je suis de servir mon ami. Je ne
manquerai pas de chercher les occasions à vous té-
moigner une vraye et parfaite reconnoissance , et
Pestime toute particuliere avec laquelle je suis,
N. C.
A Venise ce 2. Aoust 1734.
Conseiller et Premier Médecin de feuë
Madame Royale, Doüairiere de Savoye,
et Premier Professeur de Médecine
Théorique dans l'Université de
Padoüe.
Il s'est excité dans ce Pays, Monsieur, une curiosité quasi universelle de lire le Traité du
Mercure de M. Belloste , inséré dans son Livre
intitulé Suite du Chirurgien d'Hôpital , à causé
des effets admirables qu'on dit avoir été produits sur
diverses personnes par le Mercure ; cè qui a fait
qu'un de mes amis s'est disposé à mettre au jour
Ta Traduction Italienne qu'il afaite de cet Ouvra
ge,pour satisfaire aux pressantes sollicitations d'u-
ne personne de consideration qui l'en a prié. Mais
parce qu'il craint qu'il n'y ait quelqu'un , comme
il arrive ordinairement lorsqu'on propose de nou-
veaux Remedes , qui accuse l'Auteur d'imposture
et qui méprise le mérite d'un tel Remede , il sou-
haite de joindre à l'impression de cet Ouvrage vo-
ire témoignage sincere et autentique , par lequet
LI. Vol
078
JU IN,
1737.
1455
or vende justice à la probité de l'Auteur et à la
bonté de son Remede. Pour obtenir de vous cette
grace il s'est adressé à moi , étant persuadé de mon
attachement pour votre service , et de votre bonté
singuliere à mon égard ; et c'est pour lui complai-
re que je prends la liberté de vous suplier , Mon-
sieur, de me donner quelques informations des mœurs
et du merite de M. Belloste, et de rendre témoigna
gne de ces effets desquels cet Auteur dit que vous
avez été témoin oculaire , comme dans le cas de
M. le Chevalier de Morette , de M. le Comte
d'Arc , Bavarois , de Mad, la Comtesse Busque ?,
et de M. Marchetti , Médecin de S. E. M. le
Cardinal Pic de la Mirandole. Par ce moyen voiss
ferez honneur à la memoire de ce grand homme qui
vous a été parfaitement connu
vous rendrez un
service considérable au Public , en certifiant les ef
fets d'un Remede dont l'usage pouroit être d'une
utilité infinie , et vous m'obligerez sensiblement
dans le dessein où je suis de servir mon ami. Je ne
manquerai pas de chercher les occasions à vous té-
moigner une vraye et parfaite reconnoissance , et
Pestime toute particuliere avec laquelle je suis,
N. C.
A Venise ce 2. Aoust 1734.
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Résumé : LETTRE adressée à M. Cicognini, Conseiller et Premier Médecin de feuë Madame Royale, Doüairiere de Savoye, et Premier Professeur de Médecine Théorique dans l'Université de Padoüe.
La lettre est adressée à M. Cicognini, conseiller et premier médecin de la défunte Madame Royale, Doüairière de Savoie, ainsi que premier professeur de médecine théorique à l'Université de Padoue. L'auteur exprime une curiosité pour le traité du Mercure de M. Belloste, inclus dans son ouvrage 'Suite du Chirurgien d'Hôpital', en raison des effets remarquables rapportés. Un ami de l'auteur prévoit de publier une traduction italienne de cet ouvrage suite à des demandes insistantes, mais craint des accusations d'imposture. Il souhaite obtenir un témoignage sincère de M. Cicognini pour attester de la probité de M. Belloste et de l'efficacité de son remède. L'auteur demande des informations sur les mœurs et le mérite de M. Belloste, ainsi que des témoignages sur les effets bénéfiques du remède observés chez plusieurs personnes, notamment le Chevalier de Morette, le Comte d'Arc, Madame la Comtesse Busque, et M. Marchetti. Cette démarche vise à honorer la mémoire de M. Belloste, à rendre service au public en certifiant les effets d'un remède potentiellement utile, et à aider l'ami de l'auteur dans sa publication. La lettre est datée du 2 août 1734 à Venise.
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