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1
p. 744-745
Histoire Generale des Pierres, des Mineraux et des Pierreries, &c. [titre d'après la table]
Début :
On apprend de Naples, que Dom Hyacinte Grimma, Docteur en Droit et [...]
Mots clefs :
Naples, Métaux, Fossiles, Volcans, Cavernes, Eaux minérales
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texteReconnaissance textuelle : Histoire Generale des Pierres, des Mineraux et des Pierreries, &c. [titre d'après la table]
On apprend de Naples , que Dom
Hyacinte Gimma , Docteur en Droit et
Promoteur General de la Societé d'Egli
Incuriosi , a fait imprimer chez Mosca ,
une Histoire generale des Pierres , des
Mineraux et des Pierreries dont il est
parlé
AVRIL.
1731. 745
け
1
parlé dans l'Ecriture , il explique tout ce
qui regarde ce genre , il parle en mêmetemps
des Métaux , des Terres , des Sels ,
des Eaux , Bitumes , Eaux Minerales , et
de tout ce qui appartient aux Fossiles. Il
n'oublie point les Cavernes , les Feux et
Eaux souterraines , les Volcans , et generalement
les parties de la Physique souterraine
, outre quelques Traitez propres
éclairer l'Histoire Vegetale , Minerale et
Animale. Le tout divisé en six Livres
compris en deux Tomes in 4. 1730 .
Hyacinte Gimma , Docteur en Droit et
Promoteur General de la Societé d'Egli
Incuriosi , a fait imprimer chez Mosca ,
une Histoire generale des Pierres , des
Mineraux et des Pierreries dont il est
parlé
AVRIL.
1731. 745
け
1
parlé dans l'Ecriture , il explique tout ce
qui regarde ce genre , il parle en mêmetemps
des Métaux , des Terres , des Sels ,
des Eaux , Bitumes , Eaux Minerales , et
de tout ce qui appartient aux Fossiles. Il
n'oublie point les Cavernes , les Feux et
Eaux souterraines , les Volcans , et generalement
les parties de la Physique souterraine
, outre quelques Traitez propres
éclairer l'Histoire Vegetale , Minerale et
Animale. Le tout divisé en six Livres
compris en deux Tomes in 4. 1730 .
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Résumé : Histoire Generale des Pierres, des Mineraux et des Pierreries, &c. [titre d'après la table]
L'œuvre 'Histoire générale des Pierres, des Minéraux et des Pierreries' de Dom Hyacinte Gimma, Docteur en Droit, explore les pierres, minéraux, pierreries, métaux, terres, sels, eaux, bitumes, eaux minérales et fossiles. Elle traite également des cavernes, feux et eaux souterraines, ainsi que des volcans. L'ouvrage, publié en 1730 en deux tomes, inclut des traités sur l'histoire végétale, minérale et animale.
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2
p. 758-760
REGLEMENT de M. le premier Medecin du Roi, au sujet des Eaux Minerales.
Début :
Pierre Chirac, Conseiller d'Etat ordinaire premier Medecin du Roi [...]
Mots clefs :
Eaux minérales, Prix, Réglementation , Médecin du roi, Cachet, Surintendance, Malades, Bouteilles
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texteReconnaissance textuelle : REGLEMENT de M. le premier Medecin du Roi, au sujet des Eaux Minerales.
REGLEMENT de M. le premier Medecin
du Roi , aufujet des Eaux
Minerales.
Pierre Chirac , Conseiller d'Etat ordinaire
premier Medecin du Roi , et Surintendant des
Eaux Minerales et Medecinales de France : A
tous ceux qui ces presentes Lettres verront , Salut.
La Surintendance des Eaux Minerales dont
le Roi nous a fait l'honneur de nous charger , et
le grand usage qu'on fait d'un remède aussi utile
et aussi nécessaire au Public , exigeant de notre
ministere une attention particuliere pour faire
puiser les Eaux dans les tems les plus favorables
et à les faire distribuer avec toutes les précautions
nécessaires pour rassurer le Public sur toutes sor→
tes de fraudes , nous aurions pris sur cela routes
les mesures possibles pour remplir nos obligations
"
AVRIL. 1731.
759
la satisfaction du Public et au bien des Malades
; et la longue experience que nous avons des
grands avantages que tirent les Malades de l'usage
des Eaux Minerales et Medecinales pour fa
guerison des Maladies chroniques nous engageant
à en faciliter l'usage à toutes sortes de
sonnes ,. nous avons jugé nécessaire d'en moderer
le prix de la maniere suivante , et de le fixer
SCAVOIR.
>
per-
Les Eaux de Forges , qui viennent par relais ,.
la bouteille , a liv. 15. S.
Eaux de Forges qui arrivent par voiture ordi--
naire , la bouteille à
IS S.
Eaux de Sainte - Reine , la bouteille à
Eaux de Valhs , de quatre pintes la bouteille , à
15 S.
Eaux de Balaruc ,de quatre pintes la bouteille, à
12. 1.
Eaux de Cransac, de quatre pintes la bouteille , à
12 1..
121
Eaux Savonneuses de Plombieres de cinq pintes
, la bouteille à
Eaux de Bourbonne , la pinte à
Eaux de Vichi , les 5. pintes à
Eaux de Spa , la pinte, à
1.2.1.
2 t.
lor
2. l. 10 S.-
Surquoi nous défendons trés - expressément aux
Directeurs desdites Eaux Minerales et Distributeurs
d'icelles , d'exiger du Public autre prix que
celui du Tarif ci - dessus marqué , à peine d'être
révoqués sur la premiere plainte qui en sera faite..
Défendons pareillement ausdits Distributeurs des
Eaux Minerales , d'en vendre aucune bouteille
que cachetée du cachet de nos Armes sur l'atta
che du bouchon , à commencer dans trois mois:
du jour du présent Reglement , et ils nous communiqueront
incessamment les Lettres de recep
tion des cachets de nos Armes , qu'il recevront
des
760 MERCURE DE FRANCE
des Fontainiers et autres personnes préposées au
puisage des differentes Eaux Minerales. Voulons
en outre être informés par lesdits Directeurs er
Distributeurs de toutes les voitures d'Eaux Minerales
qu'ils recevront , et de la quantité de bouteilles
qu'elles contiendront relativement à leurs
Lettres d'avis,dont ils nous remettront copie ; et
pour l'execution des articles ci - dessus , avons
nommé pour notre Inspecteur le Sieur Boyer
Docteur en Medecine de la Faculté de Paris et de
Montpellier , pour nous informer de tout ce qui
concernera l'état du Bureau desdites Eaux Minerales
et de leur distribution , et sera le present Reglement
affiché dans ledit Bureau et par tout où
besoin sera. Donné à Versailles ce vingt - huitiéme
Fevrier mil sept cens trente-un. Signé
CHIRA C. Par le premier Medecin du Roi ,
Signé , JOUBERT. Monfieur DU CHASTELET,
Rapporteur.
Enregistré ès Registres du Grand Conseil du
Roi pour être executé selon sa forme & teneur, &
jouir parles Sieurs Alleaume, Duhamel ,la Salle,
Delage , Hennecart & Joubert , de l'effet & contenu
en icelui , suivant l'Arrêt dudit Conseil de
cejourd'hui dix - neuf Mars mil fept cens trente-
un. Signé , VERDUC.
du Roi , aufujet des Eaux
Minerales.
Pierre Chirac , Conseiller d'Etat ordinaire
premier Medecin du Roi , et Surintendant des
Eaux Minerales et Medecinales de France : A
tous ceux qui ces presentes Lettres verront , Salut.
La Surintendance des Eaux Minerales dont
le Roi nous a fait l'honneur de nous charger , et
le grand usage qu'on fait d'un remède aussi utile
et aussi nécessaire au Public , exigeant de notre
ministere une attention particuliere pour faire
puiser les Eaux dans les tems les plus favorables
et à les faire distribuer avec toutes les précautions
nécessaires pour rassurer le Public sur toutes sor→
tes de fraudes , nous aurions pris sur cela routes
les mesures possibles pour remplir nos obligations
"
AVRIL. 1731.
759
la satisfaction du Public et au bien des Malades
; et la longue experience que nous avons des
grands avantages que tirent les Malades de l'usage
des Eaux Minerales et Medecinales pour fa
guerison des Maladies chroniques nous engageant
à en faciliter l'usage à toutes sortes de
sonnes ,. nous avons jugé nécessaire d'en moderer
le prix de la maniere suivante , et de le fixer
SCAVOIR.
>
per-
Les Eaux de Forges , qui viennent par relais ,.
la bouteille , a liv. 15. S.
Eaux de Forges qui arrivent par voiture ordi--
naire , la bouteille à
IS S.
Eaux de Sainte - Reine , la bouteille à
Eaux de Valhs , de quatre pintes la bouteille , à
15 S.
Eaux de Balaruc ,de quatre pintes la bouteille, à
12. 1.
Eaux de Cransac, de quatre pintes la bouteille , à
12 1..
121
Eaux Savonneuses de Plombieres de cinq pintes
, la bouteille à
Eaux de Bourbonne , la pinte à
Eaux de Vichi , les 5. pintes à
Eaux de Spa , la pinte, à
1.2.1.
2 t.
lor
2. l. 10 S.-
Surquoi nous défendons trés - expressément aux
Directeurs desdites Eaux Minerales et Distributeurs
d'icelles , d'exiger du Public autre prix que
celui du Tarif ci - dessus marqué , à peine d'être
révoqués sur la premiere plainte qui en sera faite..
Défendons pareillement ausdits Distributeurs des
Eaux Minerales , d'en vendre aucune bouteille
que cachetée du cachet de nos Armes sur l'atta
che du bouchon , à commencer dans trois mois:
du jour du présent Reglement , et ils nous communiqueront
incessamment les Lettres de recep
tion des cachets de nos Armes , qu'il recevront
des
760 MERCURE DE FRANCE
des Fontainiers et autres personnes préposées au
puisage des differentes Eaux Minerales. Voulons
en outre être informés par lesdits Directeurs er
Distributeurs de toutes les voitures d'Eaux Minerales
qu'ils recevront , et de la quantité de bouteilles
qu'elles contiendront relativement à leurs
Lettres d'avis,dont ils nous remettront copie ; et
pour l'execution des articles ci - dessus , avons
nommé pour notre Inspecteur le Sieur Boyer
Docteur en Medecine de la Faculté de Paris et de
Montpellier , pour nous informer de tout ce qui
concernera l'état du Bureau desdites Eaux Minerales
et de leur distribution , et sera le present Reglement
affiché dans ledit Bureau et par tout où
besoin sera. Donné à Versailles ce vingt - huitiéme
Fevrier mil sept cens trente-un. Signé
CHIRA C. Par le premier Medecin du Roi ,
Signé , JOUBERT. Monfieur DU CHASTELET,
Rapporteur.
Enregistré ès Registres du Grand Conseil du
Roi pour être executé selon sa forme & teneur, &
jouir parles Sieurs Alleaume, Duhamel ,la Salle,
Delage , Hennecart & Joubert , de l'effet & contenu
en icelui , suivant l'Arrêt dudit Conseil de
cejourd'hui dix - neuf Mars mil fept cens trente-
un. Signé , VERDUC.
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Résumé : REGLEMENT de M. le premier Medecin du Roi, au sujet des Eaux Minerales.
Pierre Chirac, Conseiller d'État et premier Médecin du Roi, émet un règlement en tant que Surintendant des Eaux Minérales et Médicinales de France. Il met l'accent sur la surveillance et la distribution des eaux minérales pour garantir leur authenticité et prévenir les fraudes. Le règlement fixe les prix des eaux minérales telles que celles de Forges, Sainte-Reine, Valhs, Balaruc, Cransac, Plombières, Bourbonne, Vichy et Spa. Il interdit aux directeurs et distributeurs de facturer un prix différent de celui établi et impose que toutes les bouteilles soient cachetées avec les armes de Chirac. Les distributeurs doivent informer Chirac de toutes les livraisons d'eaux minérales. Pour assurer la mise en œuvre de ces mesures, Chirac nomme le Docteur Boyer comme inspecteur. Le règlement est signé à Versailles le 28 février 1731 et enregistré par le Grand Conseil du Roi le 19 mars 1731.
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3
p. 540-542
« JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...] »
Début :
JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...]
Mots clefs :
Journal littéraire, Promenade, Eaux minérales, Livre de Job, Recueil, L'état des morts et des ressuscitants, Nouvelles littéraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...] »
JOURNAL LITTERAIRE , année 1730 ,
Tome 16. premiere et seconde Partie. A
la Haye, che Gosse et Neaulme , in 12 .
嘿
Ce Journal , dont il nous est tombé
quelques Volumes entre les mains , se.
soûtient toujours avec la même réputa
tion. Nous donnerons une légere idée de
leur contenu , à mesure qu'il en paroîtra,.
sur tout , pour les titres des ouvrages qui
ne sont guére connus en France.
PROMENADES d'Ariste et de Sophie , ou
Instructions galantes et sérieuses pour
une
MARS. 1732. 341
unejeune Demoiselle qui veut entrer dans
le monde. Par M. L. A Amsterd. chezH.
du Sauzet. 1730. 318 pages in 12.
LA CONNOISSANCE des Eaux Minérales
d'Aix-la- Chapelle , de Chaud-Fontaine et
de Spa , par leurs véritables principes
envoyée à un ami. Par W. Chronet , Docteur en Médecine , seconde édition. A
Liége , chez François- Alexandre Barchon,
an Pui en Gerardrie. 1729. in 8. 96 pag.
LE LIVRE DE JOB , traduit en François,
sur l'Original Hebreu , avec des Notes
Litterales pour éclaircir le Texte. Par
Théodore Crinsoz. A Roterdam , chez
Abraham Acher. 1729. in 4. de 148 pag.
sans l'Avertissement et la Préface.
RECUEIL DE LITTERATURE de Philosophie et d'Histoire. A Amsterd. chez F.
Honnoré. 1730, in 12. de 167 pages , sans
la Table.
TRAITE DE L'ETAT DES MORTS et des
Ressuscitans. Par Th. Burnet , Docteur et
Professeur en Théologie , et Maître de la
Chartreuse de Londres; traduit du Latin.
Par M. Jean Bion , Ministre de l'Eglise
F vj An
542 MERCURE DE FRANCE
Anglicane. A Roterdam , chez Jean Hof
bout, 1731. in 12. de 285 pages.
Les Nouvelles Litteraires de ce xvi* vol.
nous apprennent ( Art. de Vienne ) , que
les Antiquaires de l'Empereur promettent de donner incessamment une Edition
exacte du fameux Cabinet des Médailles
des Chartreux de Rome, acquis par S.M.I.
Les Planches excelleront pour la gravûre
et seront bien au dessus de celles que les
Chartreux avoient déja données dans lesquelles il y avoit des fautes si visibles, que
les moindres connoisseurs , sans voir les
Médailles , pouvoient s'en appercevoir.
L'explication des Figures , dont on a
orné une Edition des œuvres de M. de
Fontenel , faite à la Haye , occupe une
place considérable dans ces Nouvelles , er
mérite l'attention des Lecteurs intelligens.
On imprime à la Rochefoucault, en in 80 , chez
la veuve Débrouée ; Un Traité de l'humilité, aveg
an autre , de la Soumission respectueuse que les
Domestiques doivent avoir pour leurs Maitres , et
du Retour de tendresse des Maîtres à l'égard de
leurs Domestiques. Par M. Roubauld , Abbé de
S. Léonard , près la Ro
Tome 16. premiere et seconde Partie. A
la Haye, che Gosse et Neaulme , in 12 .
嘿
Ce Journal , dont il nous est tombé
quelques Volumes entre les mains , se.
soûtient toujours avec la même réputa
tion. Nous donnerons une légere idée de
leur contenu , à mesure qu'il en paroîtra,.
sur tout , pour les titres des ouvrages qui
ne sont guére connus en France.
PROMENADES d'Ariste et de Sophie , ou
Instructions galantes et sérieuses pour
une
MARS. 1732. 341
unejeune Demoiselle qui veut entrer dans
le monde. Par M. L. A Amsterd. chezH.
du Sauzet. 1730. 318 pages in 12.
LA CONNOISSANCE des Eaux Minérales
d'Aix-la- Chapelle , de Chaud-Fontaine et
de Spa , par leurs véritables principes
envoyée à un ami. Par W. Chronet , Docteur en Médecine , seconde édition. A
Liége , chez François- Alexandre Barchon,
an Pui en Gerardrie. 1729. in 8. 96 pag.
LE LIVRE DE JOB , traduit en François,
sur l'Original Hebreu , avec des Notes
Litterales pour éclaircir le Texte. Par
Théodore Crinsoz. A Roterdam , chez
Abraham Acher. 1729. in 4. de 148 pag.
sans l'Avertissement et la Préface.
RECUEIL DE LITTERATURE de Philosophie et d'Histoire. A Amsterd. chez F.
Honnoré. 1730, in 12. de 167 pages , sans
la Table.
TRAITE DE L'ETAT DES MORTS et des
Ressuscitans. Par Th. Burnet , Docteur et
Professeur en Théologie , et Maître de la
Chartreuse de Londres; traduit du Latin.
Par M. Jean Bion , Ministre de l'Eglise
F vj An
542 MERCURE DE FRANCE
Anglicane. A Roterdam , chez Jean Hof
bout, 1731. in 12. de 285 pages.
Les Nouvelles Litteraires de ce xvi* vol.
nous apprennent ( Art. de Vienne ) , que
les Antiquaires de l'Empereur promettent de donner incessamment une Edition
exacte du fameux Cabinet des Médailles
des Chartreux de Rome, acquis par S.M.I.
Les Planches excelleront pour la gravûre
et seront bien au dessus de celles que les
Chartreux avoient déja données dans lesquelles il y avoit des fautes si visibles, que
les moindres connoisseurs , sans voir les
Médailles , pouvoient s'en appercevoir.
L'explication des Figures , dont on a
orné une Edition des œuvres de M. de
Fontenel , faite à la Haye , occupe une
place considérable dans ces Nouvelles , er
mérite l'attention des Lecteurs intelligens.
On imprime à la Rochefoucault, en in 80 , chez
la veuve Débrouée ; Un Traité de l'humilité, aveg
an autre , de la Soumission respectueuse que les
Domestiques doivent avoir pour leurs Maitres , et
du Retour de tendresse des Maîtres à l'égard de
leurs Domestiques. Par M. Roubauld , Abbé de
S. Léonard , près la Ro
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Résumé : « JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...] »
Le 'Journal Littéraire' de 1730, Tome 16, publié à La Haye par Gosse et Neaulme, présente divers ouvrages récents. Parmi eux, 'Promenades d'Ariste et de Sophie', un guide pour jeunes demoiselles, publié à Amsterdam en 1730. 'La Connaissance des Eaux Minérales' de W. Chronet, une seconde édition sur les eaux thermales, est publiée à Liège en 1729. 'Le Livre de Job' traduit en français par Théodore Crinsoz est publié à Rotterdam en 1729. Un 'Recueil de Littérature de Philosophie et d'Histoire' est publié à Amsterdam en 1730. 'Traité de l'État des Morts et des Ressuscitans' de Th. Burnet, traduit par Jean Bion, est publié à Rotterdam en 1731. Les nouvelles littéraires annoncent une future édition du 'Cabinet des Médailles des Chartreux de Rome' et une explication des figures dans une édition des œuvres de Fontenelle. Enfin, un traité sur l'humilité et la soumission respectueuse des domestiques par l'Abbé Roubauld est en cours d'impression à La Rochefoucault.
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4
p. 416-417
EAUX MINERALES.
Début :
La Fontaine Minerale de S. Santin, en haute Normandie, est située à une [...]
Mots clefs :
Eaux minérales, Fontaine, Eaux , Saint-Santin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EAUX MINERALES.
EAUX MINERALES.
;
>
A Fontaine Minerale de S.Santin , en
haute Normandie , est située à une
petite lieuë de l'Aigle , et à pareille distance
de Rugles , autre petite Ville. Elle a
pris son nom de la Paroisse dans laquelle
elle a sa source. Le Curé de Maneval
dans son Histoire de Normandie, imprimée
en 1611.met cette Fontaine au nombre
de celles qui étoient en réputation.
de son temps , par le Minéral et la salubrité
de leurs Eaux. Il est même constant
par l'histoire , que celles - cy étoient tresconnues
plusieurs siècles avant du Moulin
, puisqu'on y voit que du temps que
nos Ducs possedoient l'Angleterre , la
Cour de Londres est venue prendre les
-Eaux minerales de S. Santin . Il est vrai
que par une fatalité assez commune aux
meil.
MARS 1734.
417
meilleures choses, ces Eaux avoient pendant
un temps assez considérable été négligées
au point , que la source n'en étoit
presque plus connuë ; mais quelques malades
ayant entendu parler des merveilleuses
propriétez de cette Fontaine ,` la
firent chercher avec soin , la découvrirent
et en firent une épreuve salutaire ; depuis
ce temps- là elle s'est remise en vogue
, mais non au point qu'elle devroit
être , vû les guérisons nombreuses qu'elle
opere. Celui qui communique ce petit
ouvrage au public , a fait usage de ces
Faux deux ans de suite ; non seulement .
il s'en est tres - bien trouvé , mais même
il a été témoin oculaire de plusieurs Cures
surprenantes. Cette Fontaine est souveraine,
sur tout contre le Flux hépatique ;
ses Eaux sont tres passantes et tres- stomacales.
Ce qui détermine depuis quel
ques années Mrs Danjou , Rongeard et
Pringault , Medecins celebres des envià
y envoyer plusieurs de leurs
Malades.
;
>
A Fontaine Minerale de S.Santin , en
haute Normandie , est située à une
petite lieuë de l'Aigle , et à pareille distance
de Rugles , autre petite Ville. Elle a
pris son nom de la Paroisse dans laquelle
elle a sa source. Le Curé de Maneval
dans son Histoire de Normandie, imprimée
en 1611.met cette Fontaine au nombre
de celles qui étoient en réputation.
de son temps , par le Minéral et la salubrité
de leurs Eaux. Il est même constant
par l'histoire , que celles - cy étoient tresconnues
plusieurs siècles avant du Moulin
, puisqu'on y voit que du temps que
nos Ducs possedoient l'Angleterre , la
Cour de Londres est venue prendre les
-Eaux minerales de S. Santin . Il est vrai
que par une fatalité assez commune aux
meil.
MARS 1734.
417
meilleures choses, ces Eaux avoient pendant
un temps assez considérable été négligées
au point , que la source n'en étoit
presque plus connuë ; mais quelques malades
ayant entendu parler des merveilleuses
propriétez de cette Fontaine ,` la
firent chercher avec soin , la découvrirent
et en firent une épreuve salutaire ; depuis
ce temps- là elle s'est remise en vogue
, mais non au point qu'elle devroit
être , vû les guérisons nombreuses qu'elle
opere. Celui qui communique ce petit
ouvrage au public , a fait usage de ces
Faux deux ans de suite ; non seulement .
il s'en est tres - bien trouvé , mais même
il a été témoin oculaire de plusieurs Cures
surprenantes. Cette Fontaine est souveraine,
sur tout contre le Flux hépatique ;
ses Eaux sont tres passantes et tres- stomacales.
Ce qui détermine depuis quel
ques années Mrs Danjou , Rongeard et
Pringault , Medecins celebres des envià
y envoyer plusieurs de leurs
Malades.
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Résumé : EAUX MINERALES.
La Fontaine Minérale de Saint-Santin, située en Haute-Normandie, est connue pour la qualité et la salubrité de ses eaux. Elle se trouve à proximité de l'Aigle et de Rugles et tire son nom de la paroisse où elle prend sa source. Le Curé de Maneval la mentionne dans son 'Histoire de Normandie' imprimée en 1611. Les eaux de Saint-Santin étaient déjà réputées plusieurs siècles auparavant, notamment à l'époque où les Ducs de Normandie possédaient l'Angleterre, la Cour de Londres s'y approvisionnant. Après une période de négligence, la fontaine a été redécouverte grâce aux témoignages de malades ayant constaté ses propriétés bénéfiques. Elle est de nouveau en vogue, bien que son usage reste limité malgré les nombreuses guérisons qu'elle permet. Les eaux de Saint-Santin sont particulièrement efficaces contre le flux hépatique et sont passantes et stomacales. Plusieurs médecins renommés, tels que Danjou, Rongeard et Pringault, y envoient leurs patients.
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5
p. 418-430
PLAINTES DE LA NAYADE, Qui préside aux Eaux minérales de la Fontaine de S. Santin, près l'Aigle en Normandie.
Début :
O Temps ! ô moeurs ! ô comble d'injustice ! [...]
Mots clefs :
Saint-Santin, Eaux minérales, Fontaine, Naïade, Soeur, Eaux , Gloire, Ingrats, Nymphe, Source, Oubli, Faveurs, Célimène, Buveurs, Maux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PLAINTES DE LA NAYADE, Qui préside aux Eaux minérales de la Fontaine de S. Santin, près l'Aigle en Normandie.
PLAINTES DE LA NAYAD E,
Qui préside aux Eaux minérales de la
Fontaine de S. Santin , près l'Aigle
en Normandie.
Temps moeurs ! & comble d'in-
O justice!
Arbitre Souverain de la Terre et des Cieux ,
Ne t'offenses- tu point que mes Flots préciceux ;
Des humains si long- temps éprouvent le caprice
?
Daigne sur moi jetter les yeux ;
Ou fais que ma source tarisse ,
Ou rends moi l'éclat glorieux
Qui des siécles passez m'attira tant de voeux .
Souviens -toi que Tethys autrefois te fut chere ,
Prens pitié de la fille en faveur de la Mere.
Tu sçais ce que j'ai fait pour les ingrats mortels,
Que mille et mille fois mon onde tutelaite ,
Féconde en prodiges réels ,
Les arracha des Griffes du Cerbere ;
Tant de graces , hélas ! méritoient des Autels .
Cependant , pauvre et solitaire ,
Dans mon hydeux Bassin , des Crapaux le repaire
,
Je vois croupir mes liquides trésors.
En
MARS. 1734.
419
En vain le Vitriol qui brille sur wes bords , '
Invite le Malade à venir faire usage
De ce vivifiant breuvage ,
Qui cent fois de la Parque éluda les efforts ;
L'espece humaine à sa perte obstinée ,
Malgré ces miracles divers
.:
Que chanta jadis l'Univers ,
Me laisse triste , abandonnée
Et je vois , Nymphe infortunée ,
Mes faveurs dans l'oubli , mes rivages déserts .
Lisez vos anciennes Croniques ,
Ouvrez vos Archives publiques ;
Vous y verrez, ingrats Normands ,
De mes bontez pour vous les preuves autentiques
.
Où sont , où sont ces heureux temps ,
Où sur mes bords fameux je voyois, tous les ans,
Descendre la Cour et la Ville ?
Que j'avois de plaisir à voir la longue file ,
De nos vieux et braves Gaulois ,
Se ranimer sur mes rives tranquiles !
Je les recevois aux abois ;
1
Je les renvoyois vifs , agiles ,
Reprendre l'Arc et le Pavois.
Oui , cette Nymphe qu'on méprise ,
Sur son Canal vit autrefois
Et nos Princesses , et nos Rois ;
Elle y vit nos Héros , et ceux de la Tamise .
A vj
L'His420
MERCURE DE FRANCE
L'Histoire en fait foy , qu'on la lise.
D'où vient donc cet aveuglement
Qui fait qu'aujourd'hui l'on m'oublie
François , aimez- vous moins la vic
Qu'on ne l'aimoit anciennement ?
Etes-vous plus sensez que ne l'étoient vos Peres
Sujets à moins de maux , de douleurs , de miseres
?
Plus chastes et plus sobres qu'eux ,
Vous sentez-vous plus forts , plus sains et plus
nerveux ?
Hélas ! dès la tendre jeunesse ,
Par des excès pernicieux ,
Presques inconnus à vos yeux ,
Vous accelerez la vieillesse..
Esclaves de la volupté ,
Vous prodiguez votre santé;
Et cette conduite peu sage ,
Souvent à la fleur de votre âge
Vous fait languir dans la caducité..
Ce n'est pas , après tout , qu'ennuyez de la vie ,
Vous voyez sans frayeur le Ciseau d'Atropos ;
Yous qui dans les plaisirs avez l'air de Héros ,
Votre audace est bien- tôt bannie
Par l'ombre de la maladie ;
C'est alors qu'aux soupirs on vous voit recourir
Vous ne sçavez enfin ni vivre ni mourir.
A la plus legere insomnie ,
Yous vous trouvez l'esprit aux champs ;
Profitant
MARS. 1734; 428
+
Profitant de votre manie •
On voit chez vous les Charlatans
Elever jusqu'aux Cieux leur Elixir de vie ,
Et leur Poudre de sympathie ,
Que vous payez à beaux Louis comptants.
Trop heureux mille fois si la drogue chérie ,
Dont l'Enchanteur bruyant vous vante l'energie,
Ne vous rend pas malades en effet ;
Et si ce merveilleux secret
Ne vous dépêche pas vers la sombre Patrie.
C'étoit peu des vieux Medecins ,>
Pour abreger le cours de votre vie
Il a fallu que la Chimie
Vous suscitât de plus fiers Assassins.
Volage Nation , dont l'inconstant génie ,
Veut en tout de la nouveauté ;
L'Art de conserver la santé ,
De la mode doit- il subir la tyrannie ?
Ah ! c'est cette legereté
Qui prolonge l'oubli de mon Eau Minerale ;
Malgré tous mes bienfaits j'apprens que chaque
Eré
On m'ose préferer quelqu'indigne Rivale ,
Dont le Public est bien- tôt dégouté.
Le moindre suppôt d'Hipocrate ,
En annonce dans son Terrain ;
Alors son Eloquence éclatte
Pour exalter leur pouvoir souverain.
Files
422 MERCURE DE FRANCE
Elles desopilent la rate ,
Calcinent les graviers , rafraichissent le rein ;
Il vante à tout venant leur force métallique ;
Mais , à dire le vrai , leur propre specifique ,
( Propre dont il ne parle pas. )
C'est qu'en redoublant sa pratique ,
Elles font vuider la boutique ,
Par tous les sots qui gobent cet appas.
La Nayade triste et critique ,
Se croyant alors sans témoin ,
Sans doute auroit poussé plus loin
Sa déclamation caustique ;
Car malgré l'immortalité , ´
Toute Nymphe est une femelle ,
Et quand ce sexe est irrité ,
Sa langue se fatigue - t'elle ,
Pour prolonger une querelle ?
Quelle ressource , ô Dieux ! quelle fécondité !
Rien ne peut égaler sa volubilité .
Elle alloit donc encor charger son invective ,
Lorsqu'une Dryade sans bruit ,
Ayant à ses discours eu l'oreille attentive ,
Apostrophant notre plaintive ,
Lui fit la harangue qui suit :
Habitante de ce Rivage ,
Les Dieux depuis long - temps m'ont donné pour
partage ,
Le soin de ces Chênes épais ,
Par
MAR S. 1734.
423
Par qui votre Source est au frais ,
Quand le chien de Prochris fait rage ;
Et que l'ardent Phébus altere les guerets;
Contente de cet apanage ,
Vous le sçavez , ma chere soeur ,
Avec combien d'égards , avec quelle douceur ,
J'ai ménagé votre heureux voisinage ;
Favorable à tous vos Buveurs ,
Je les comble de mes faveurs ;
Le Ciel s'obscurcit-il par d'horribles nuages ?
Ils peuvent sous mes toits sauvages ,
Affronter d'Orion les humides fureurs ;
Je ne prens point pour un outrage ,
Qu'ils s'avisent souvent de couper mes rameaux,
Et de m'arracher mon feüillage ,
Pour faire l'essai de vos Eaux.
Sensible à tout ce qui vous touche ,
Je souffre ces tourments sans en ouvrir la bouche.
Nimphe , tels sont pour vous mes tendres sentiments.
Ainsi
que notre sang , notre gloire est commune.
Quels que soient les Evenements ,
Je partage avec vous l'une et l'autre fortune .
Non , ma soeur , dans ces jours brillants ,
Où sur vos Rives secourables ,
Je voyois tant d'objets aimables ,
De Philosophes , de Vaillants ,
Former des cercles respectables ;
Je
424 MERCURE DE FRANCE
Je ne sentois pas moins que yous ,
L'enchantement
secret d'un Spectacle si doux.
Justes Dieux ! que j'étois charmée ,
Quand j'apprenois qu'à son retour
Cette belle et nombreuse Cour ,
Augmentoit de vos Eaux l'heureuse renommée ;
En publiant à haute voix ,
Son allegresse et vos Exploits.
Il est vrai que par un caprice ,
Que nous ne pouvions deviner ,
Ces ingrats eurent l'injustice
De nous tourner le dos , de nous abandonner.
Puis-je y penser , ma soeur
tendrisse ?
> sans que je m'at-
Sans que mon coeur, helas,de douleur en frémisse?
L'affreux oubli de vos faveurs ,
A duré près de cent années ;
Alors loin de blâmer vos pleurs ,
J'ai plaint vos tristes destinées ;
J'ai soupiré sur vos malheurs :
Mais puisqu'enfin le Ciel devient plus équitable.
Puisqu'il jette sur nous un regard favorable ,
En rappellant des Buveurs sur vos bords
Je ne puis approuver vos injustes transports;
Bannissons des allarmes vaines.
C'est le sort des choses humaines
De se voir plonger tour à tour
Dans la gloire et l'ignominie ;
Notre
MARS. 1734. 4: 5
Notre triste crise est finie ,
Et nos braves jours sont enfin de retour.
Daigne le juste Ciel accomplir ce présage ,
Répliqua la Nayade en poussant un soupir ;
Puisse- t'il , selon mon desir ,
Réparer le cuisant outrage
Qu'on fait depuis long-temps à ce divin breuvage!
Mais je le vois , ma chere Soeur ,
Par un frivole espoir vous vous laissez séduire ;
Notre esprit trop souvent duppe de notre coeur
Croit voir , hélas ! ce qu'il désire.
En effet , sur quoi fondez- vous
Un pronostic si flateur et si doux ?
Vingt ou trente Buveurs que je vois chaque année
M'annoncent- ils ces jours heureux ,
Où ma Source jadis de Lauriers couronnée ,
f
Se fit un nom si glorieux
En dépit de ses envieusx ?
Ce nombre peut charmer quelque Nimphe ba
tarde ,
Qu'Esculape aujourd'hui hazarde ,
Plus l'utilité de ses propres
pour
enfans ,
Que pour celle des languissants .
Mais moi , dont les Eaux merveilleuses ;
Des maux les plus pressants furent victorieuses ;
Et dont l'analise cent fois
Se fit en présence des Rois ;
Moi qui fus chere à tant de Princes ;
Moi
426 MERCURE DE FRANCE
Moi qui vis toutes nos Provinces ,
Par tant d'éloges me vanter ,
D'un si foible concours puis- je me contenter ?
Hé , quel bien après tout , ma Soeur , quel avantage
,
Me revient- il de ces Ingrats ,
Que mon régenerant breuvage ,
Ecarte tous les ans des portes du trépas ?
Quelqu'un d'eux jaloux de ma gloire ,
Fait- il en ma faveur Sonnets ou Madrigaux ?
De nouveau m'inscrit-on au Temple de Memoire,
En me préconisant aux Auteurs des Journaux ?
N'est-il pas dur que le Mercure ,
Ornant souvent d'une riche peinture
Mille Sujets qu'à coup sûr je vaux bien ,
Sur mon compte ne dise rien ?
Si ces Ecrits périodiques ,
Eussent eu cours dans ces temps véridiques
Où mon nom étoit si vanté ,
La venerable Antiquité ,
Par ses Eloges magnifiques ,
M'eût fait connoître à la Posterité.
L'Univers y liroit que vrayement minerale ,
Chaude , passante , esthomacale ,
Je sçais du Corps humain ranimer les esprits ,
Et d'un squelette usé réparer les débris.
Les Mortels y verroient que tout flux hépatique
A mon Empire est dévolu ;
Que j'exerce un droit absolu
Sur
MARS.
1734. 427
Sur toute espece de colique ,
Y comprise la néphrétique ;
Ils sçauroient enfin que mes Eaux ,
Détergant les divers canaux
Où coulent les Liqueurs nourrices de la vie ,
J'y sçais rétablir l'harmonie ,
Et fondant toute obstruction ,
Regler du sang la circulation ;
Prévenir le calcul , chasser l'Eresipelle ,
Extirper chancres , loups , caterres et gratelle ,
Qu'à mes Buveurs sans accident ,
Je donne un appétit strident ;
Que versant du sommeil les pavots favorables ,
Je connois en un mot peu
de maux incurables ;
Tous ces faits sont sans contredit ;
Chaque Eté j'en fournis des preuves éclatantes ,
Mais hélas ! je l'ai déja dit ,
De mille infirmitez mes Ondes triomphantes ,
N'en prennent pas plus de crédit.
On vient me voir , on boit , on se guérit,;
Et pas un mot dans les Gazettes
1
N'informe le Public de mes vertus secrettes.
Mes miracles se font sans bruit ;
Et pour ma gloire sont sans fruit.
Voyez ce Bassin sans murailles .
Bourbeux , exposé jour et nuit
Aux insultes de la canaille .
A tout moment quelqu'ignoble animal ,
D'un
428 MERCURE DE FRANCE
D'un pied profane et témeraire ,
S'en vient soüiller mon Sanctuaire ,
Et deshonorer mon Canal.
Ah ! c'en est trop , je quitte cette Source ,
Et dirigeant ailleurs ma course ,
Je vais chercher d'autres climats ,
Où les hommes soient moins ingrats.
Est-il bien vrai ce que je viens d'entendre ?
Répond sa Soeur , la larme aux yeux ?
Est-ce donc là le fruit du commerce si tendre
Qui depuis si long - temps nous unit en ces lieuxs
Ah ! Nimphe , devois je m'attendre
A ces insensibles adieux ?
Si votre indifference extrême
Vous porte à quitter sans regret
Une voisine qui vous aime ,
Et qui de vous servir fait son plus cher objet ;
Daignez pour l'amour de vous-même
Ne pas précipiter ce funeste projet ,
Vous cherchez un séjour où l'exacte justice
Soit la regle unique des moeurs !
Où le seul vrai mérite ait des adorateurs !
Où l'inconstance et le caprice ,
Le goût du nouveau , l'avarice ,
Ne tyranisent point les coeurs !
Détrompez- vous , ma Soeur , ces heureuses Contrées
Ne se trouvent point ici bas ;
Et ce n'est qu'au Pays des Fées
Qu'on
MAR S. 1734.
429
Qu'on ne rencontre point d'ingrats.
Ah ! ne quittez point la partie ;
Sans me piquer de prophetie ,
J'ose vous annoncer qu'un plus brillant destin
Va remettre en son jour votre gloire obscurcie
Et frayer à vos Eaux un triomphe certain.
Déja Rodentius , ce Docteur flegmatique ,
Ennemi déclaré du vin ,
Mais grave et profond Médecin ,
Roule , dit- on , sous sa calotte antique
Un éloquent Panégyrique ,
Moitié Grec et moitié Latin ,
Pour la Nimphe de saint Santin.
Son Emule , dont l'Epiglotte
Ne fut jamais celle d'un Hydropote ,
Mais qui quoique souvent abreuvé de Nectar ,
Parle sçavamment de son Art ,
Et sçait l'exercer avec gloire ,
Pringaltio préconise vos Eaux ;
Résolu de n'en jamais boire ;
Il les tient mordicus propres à bien des maux.
Danjovius enfin , que le fameux Centaure
Semble lui- même avoir instruit ;
Danjovius que le Dieu d'Epidaure
En tout temps éclaire et conduit ,
Ce Mortel consolant , toujours discret et sage ,
A votre Source rend hommage.
Par ses Arrêts justement respectez ,
Yos
430 MERCURE DE FRANCE
Vos Rivages bien - tôt seront plus fréquentez.
C'est lui qui cet Eté fit sur votre Fontaine
Briller l'aimable Célimene ....
Célimene ... ah ! ma Soeur , pour calmer mon
courroux ,
Que ce nom , dit la Nimphe , est charmant.
qu'il est doux !
N'en doutez pas , sa présence me flatte.
Sa douceur , son esprit , ses regards enchanteurs,
M'ont fait pour quelque temps oublier mes malheurs.
Mais malgré le beau feu qui dans ses yeux éclattes
Si peû sensible à mes faveurs ,
Cette Celimene est ingrate ;
Plus j'us de plaisir à la voir ,
Plus son cruel oubli croîtra mon désespoir ,
Cependant sensible à vos larmes ,
Ainsi qu'au pouvoir de ses charmes ,
Dryade , je me rends et vais garder mon cours;
Mais si cette saison prochaine
Je ne vois pas l'aimable Célimene ,
Sur mes Rives former un plus nombreux concours
>
Adieu vous dis , et pour toujours.
Qui préside aux Eaux minérales de la
Fontaine de S. Santin , près l'Aigle
en Normandie.
Temps moeurs ! & comble d'in-
O justice!
Arbitre Souverain de la Terre et des Cieux ,
Ne t'offenses- tu point que mes Flots préciceux ;
Des humains si long- temps éprouvent le caprice
?
Daigne sur moi jetter les yeux ;
Ou fais que ma source tarisse ,
Ou rends moi l'éclat glorieux
Qui des siécles passez m'attira tant de voeux .
Souviens -toi que Tethys autrefois te fut chere ,
Prens pitié de la fille en faveur de la Mere.
Tu sçais ce que j'ai fait pour les ingrats mortels,
Que mille et mille fois mon onde tutelaite ,
Féconde en prodiges réels ,
Les arracha des Griffes du Cerbere ;
Tant de graces , hélas ! méritoient des Autels .
Cependant , pauvre et solitaire ,
Dans mon hydeux Bassin , des Crapaux le repaire
,
Je vois croupir mes liquides trésors.
En
MARS. 1734.
419
En vain le Vitriol qui brille sur wes bords , '
Invite le Malade à venir faire usage
De ce vivifiant breuvage ,
Qui cent fois de la Parque éluda les efforts ;
L'espece humaine à sa perte obstinée ,
Malgré ces miracles divers
.:
Que chanta jadis l'Univers ,
Me laisse triste , abandonnée
Et je vois , Nymphe infortunée ,
Mes faveurs dans l'oubli , mes rivages déserts .
Lisez vos anciennes Croniques ,
Ouvrez vos Archives publiques ;
Vous y verrez, ingrats Normands ,
De mes bontez pour vous les preuves autentiques
.
Où sont , où sont ces heureux temps ,
Où sur mes bords fameux je voyois, tous les ans,
Descendre la Cour et la Ville ?
Que j'avois de plaisir à voir la longue file ,
De nos vieux et braves Gaulois ,
Se ranimer sur mes rives tranquiles !
Je les recevois aux abois ;
1
Je les renvoyois vifs , agiles ,
Reprendre l'Arc et le Pavois.
Oui , cette Nymphe qu'on méprise ,
Sur son Canal vit autrefois
Et nos Princesses , et nos Rois ;
Elle y vit nos Héros , et ceux de la Tamise .
A vj
L'His420
MERCURE DE FRANCE
L'Histoire en fait foy , qu'on la lise.
D'où vient donc cet aveuglement
Qui fait qu'aujourd'hui l'on m'oublie
François , aimez- vous moins la vic
Qu'on ne l'aimoit anciennement ?
Etes-vous plus sensez que ne l'étoient vos Peres
Sujets à moins de maux , de douleurs , de miseres
?
Plus chastes et plus sobres qu'eux ,
Vous sentez-vous plus forts , plus sains et plus
nerveux ?
Hélas ! dès la tendre jeunesse ,
Par des excès pernicieux ,
Presques inconnus à vos yeux ,
Vous accelerez la vieillesse..
Esclaves de la volupté ,
Vous prodiguez votre santé;
Et cette conduite peu sage ,
Souvent à la fleur de votre âge
Vous fait languir dans la caducité..
Ce n'est pas , après tout , qu'ennuyez de la vie ,
Vous voyez sans frayeur le Ciseau d'Atropos ;
Yous qui dans les plaisirs avez l'air de Héros ,
Votre audace est bien- tôt bannie
Par l'ombre de la maladie ;
C'est alors qu'aux soupirs on vous voit recourir
Vous ne sçavez enfin ni vivre ni mourir.
A la plus legere insomnie ,
Yous vous trouvez l'esprit aux champs ;
Profitant
MARS. 1734; 428
+
Profitant de votre manie •
On voit chez vous les Charlatans
Elever jusqu'aux Cieux leur Elixir de vie ,
Et leur Poudre de sympathie ,
Que vous payez à beaux Louis comptants.
Trop heureux mille fois si la drogue chérie ,
Dont l'Enchanteur bruyant vous vante l'energie,
Ne vous rend pas malades en effet ;
Et si ce merveilleux secret
Ne vous dépêche pas vers la sombre Patrie.
C'étoit peu des vieux Medecins ,>
Pour abreger le cours de votre vie
Il a fallu que la Chimie
Vous suscitât de plus fiers Assassins.
Volage Nation , dont l'inconstant génie ,
Veut en tout de la nouveauté ;
L'Art de conserver la santé ,
De la mode doit- il subir la tyrannie ?
Ah ! c'est cette legereté
Qui prolonge l'oubli de mon Eau Minerale ;
Malgré tous mes bienfaits j'apprens que chaque
Eré
On m'ose préferer quelqu'indigne Rivale ,
Dont le Public est bien- tôt dégouté.
Le moindre suppôt d'Hipocrate ,
En annonce dans son Terrain ;
Alors son Eloquence éclatte
Pour exalter leur pouvoir souverain.
Files
422 MERCURE DE FRANCE
Elles desopilent la rate ,
Calcinent les graviers , rafraichissent le rein ;
Il vante à tout venant leur force métallique ;
Mais , à dire le vrai , leur propre specifique ,
( Propre dont il ne parle pas. )
C'est qu'en redoublant sa pratique ,
Elles font vuider la boutique ,
Par tous les sots qui gobent cet appas.
La Nayade triste et critique ,
Se croyant alors sans témoin ,
Sans doute auroit poussé plus loin
Sa déclamation caustique ;
Car malgré l'immortalité , ´
Toute Nymphe est une femelle ,
Et quand ce sexe est irrité ,
Sa langue se fatigue - t'elle ,
Pour prolonger une querelle ?
Quelle ressource , ô Dieux ! quelle fécondité !
Rien ne peut égaler sa volubilité .
Elle alloit donc encor charger son invective ,
Lorsqu'une Dryade sans bruit ,
Ayant à ses discours eu l'oreille attentive ,
Apostrophant notre plaintive ,
Lui fit la harangue qui suit :
Habitante de ce Rivage ,
Les Dieux depuis long - temps m'ont donné pour
partage ,
Le soin de ces Chênes épais ,
Par
MAR S. 1734.
423
Par qui votre Source est au frais ,
Quand le chien de Prochris fait rage ;
Et que l'ardent Phébus altere les guerets;
Contente de cet apanage ,
Vous le sçavez , ma chere soeur ,
Avec combien d'égards , avec quelle douceur ,
J'ai ménagé votre heureux voisinage ;
Favorable à tous vos Buveurs ,
Je les comble de mes faveurs ;
Le Ciel s'obscurcit-il par d'horribles nuages ?
Ils peuvent sous mes toits sauvages ,
Affronter d'Orion les humides fureurs ;
Je ne prens point pour un outrage ,
Qu'ils s'avisent souvent de couper mes rameaux,
Et de m'arracher mon feüillage ,
Pour faire l'essai de vos Eaux.
Sensible à tout ce qui vous touche ,
Je souffre ces tourments sans en ouvrir la bouche.
Nimphe , tels sont pour vous mes tendres sentiments.
Ainsi
que notre sang , notre gloire est commune.
Quels que soient les Evenements ,
Je partage avec vous l'une et l'autre fortune .
Non , ma soeur , dans ces jours brillants ,
Où sur vos Rives secourables ,
Je voyois tant d'objets aimables ,
De Philosophes , de Vaillants ,
Former des cercles respectables ;
Je
424 MERCURE DE FRANCE
Je ne sentois pas moins que yous ,
L'enchantement
secret d'un Spectacle si doux.
Justes Dieux ! que j'étois charmée ,
Quand j'apprenois qu'à son retour
Cette belle et nombreuse Cour ,
Augmentoit de vos Eaux l'heureuse renommée ;
En publiant à haute voix ,
Son allegresse et vos Exploits.
Il est vrai que par un caprice ,
Que nous ne pouvions deviner ,
Ces ingrats eurent l'injustice
De nous tourner le dos , de nous abandonner.
Puis-je y penser , ma soeur
tendrisse ?
> sans que je m'at-
Sans que mon coeur, helas,de douleur en frémisse?
L'affreux oubli de vos faveurs ,
A duré près de cent années ;
Alors loin de blâmer vos pleurs ,
J'ai plaint vos tristes destinées ;
J'ai soupiré sur vos malheurs :
Mais puisqu'enfin le Ciel devient plus équitable.
Puisqu'il jette sur nous un regard favorable ,
En rappellant des Buveurs sur vos bords
Je ne puis approuver vos injustes transports;
Bannissons des allarmes vaines.
C'est le sort des choses humaines
De se voir plonger tour à tour
Dans la gloire et l'ignominie ;
Notre
MARS. 1734. 4: 5
Notre triste crise est finie ,
Et nos braves jours sont enfin de retour.
Daigne le juste Ciel accomplir ce présage ,
Répliqua la Nayade en poussant un soupir ;
Puisse- t'il , selon mon desir ,
Réparer le cuisant outrage
Qu'on fait depuis long-temps à ce divin breuvage!
Mais je le vois , ma chere Soeur ,
Par un frivole espoir vous vous laissez séduire ;
Notre esprit trop souvent duppe de notre coeur
Croit voir , hélas ! ce qu'il désire.
En effet , sur quoi fondez- vous
Un pronostic si flateur et si doux ?
Vingt ou trente Buveurs que je vois chaque année
M'annoncent- ils ces jours heureux ,
Où ma Source jadis de Lauriers couronnée ,
f
Se fit un nom si glorieux
En dépit de ses envieusx ?
Ce nombre peut charmer quelque Nimphe ba
tarde ,
Qu'Esculape aujourd'hui hazarde ,
Plus l'utilité de ses propres
pour
enfans ,
Que pour celle des languissants .
Mais moi , dont les Eaux merveilleuses ;
Des maux les plus pressants furent victorieuses ;
Et dont l'analise cent fois
Se fit en présence des Rois ;
Moi qui fus chere à tant de Princes ;
Moi
426 MERCURE DE FRANCE
Moi qui vis toutes nos Provinces ,
Par tant d'éloges me vanter ,
D'un si foible concours puis- je me contenter ?
Hé , quel bien après tout , ma Soeur , quel avantage
,
Me revient- il de ces Ingrats ,
Que mon régenerant breuvage ,
Ecarte tous les ans des portes du trépas ?
Quelqu'un d'eux jaloux de ma gloire ,
Fait- il en ma faveur Sonnets ou Madrigaux ?
De nouveau m'inscrit-on au Temple de Memoire,
En me préconisant aux Auteurs des Journaux ?
N'est-il pas dur que le Mercure ,
Ornant souvent d'une riche peinture
Mille Sujets qu'à coup sûr je vaux bien ,
Sur mon compte ne dise rien ?
Si ces Ecrits périodiques ,
Eussent eu cours dans ces temps véridiques
Où mon nom étoit si vanté ,
La venerable Antiquité ,
Par ses Eloges magnifiques ,
M'eût fait connoître à la Posterité.
L'Univers y liroit que vrayement minerale ,
Chaude , passante , esthomacale ,
Je sçais du Corps humain ranimer les esprits ,
Et d'un squelette usé réparer les débris.
Les Mortels y verroient que tout flux hépatique
A mon Empire est dévolu ;
Que j'exerce un droit absolu
Sur
MARS.
1734. 427
Sur toute espece de colique ,
Y comprise la néphrétique ;
Ils sçauroient enfin que mes Eaux ,
Détergant les divers canaux
Où coulent les Liqueurs nourrices de la vie ,
J'y sçais rétablir l'harmonie ,
Et fondant toute obstruction ,
Regler du sang la circulation ;
Prévenir le calcul , chasser l'Eresipelle ,
Extirper chancres , loups , caterres et gratelle ,
Qu'à mes Buveurs sans accident ,
Je donne un appétit strident ;
Que versant du sommeil les pavots favorables ,
Je connois en un mot peu
de maux incurables ;
Tous ces faits sont sans contredit ;
Chaque Eté j'en fournis des preuves éclatantes ,
Mais hélas ! je l'ai déja dit ,
De mille infirmitez mes Ondes triomphantes ,
N'en prennent pas plus de crédit.
On vient me voir , on boit , on se guérit,;
Et pas un mot dans les Gazettes
1
N'informe le Public de mes vertus secrettes.
Mes miracles se font sans bruit ;
Et pour ma gloire sont sans fruit.
Voyez ce Bassin sans murailles .
Bourbeux , exposé jour et nuit
Aux insultes de la canaille .
A tout moment quelqu'ignoble animal ,
D'un
428 MERCURE DE FRANCE
D'un pied profane et témeraire ,
S'en vient soüiller mon Sanctuaire ,
Et deshonorer mon Canal.
Ah ! c'en est trop , je quitte cette Source ,
Et dirigeant ailleurs ma course ,
Je vais chercher d'autres climats ,
Où les hommes soient moins ingrats.
Est-il bien vrai ce que je viens d'entendre ?
Répond sa Soeur , la larme aux yeux ?
Est-ce donc là le fruit du commerce si tendre
Qui depuis si long - temps nous unit en ces lieuxs
Ah ! Nimphe , devois je m'attendre
A ces insensibles adieux ?
Si votre indifference extrême
Vous porte à quitter sans regret
Une voisine qui vous aime ,
Et qui de vous servir fait son plus cher objet ;
Daignez pour l'amour de vous-même
Ne pas précipiter ce funeste projet ,
Vous cherchez un séjour où l'exacte justice
Soit la regle unique des moeurs !
Où le seul vrai mérite ait des adorateurs !
Où l'inconstance et le caprice ,
Le goût du nouveau , l'avarice ,
Ne tyranisent point les coeurs !
Détrompez- vous , ma Soeur , ces heureuses Contrées
Ne se trouvent point ici bas ;
Et ce n'est qu'au Pays des Fées
Qu'on
MAR S. 1734.
429
Qu'on ne rencontre point d'ingrats.
Ah ! ne quittez point la partie ;
Sans me piquer de prophetie ,
J'ose vous annoncer qu'un plus brillant destin
Va remettre en son jour votre gloire obscurcie
Et frayer à vos Eaux un triomphe certain.
Déja Rodentius , ce Docteur flegmatique ,
Ennemi déclaré du vin ,
Mais grave et profond Médecin ,
Roule , dit- on , sous sa calotte antique
Un éloquent Panégyrique ,
Moitié Grec et moitié Latin ,
Pour la Nimphe de saint Santin.
Son Emule , dont l'Epiglotte
Ne fut jamais celle d'un Hydropote ,
Mais qui quoique souvent abreuvé de Nectar ,
Parle sçavamment de son Art ,
Et sçait l'exercer avec gloire ,
Pringaltio préconise vos Eaux ;
Résolu de n'en jamais boire ;
Il les tient mordicus propres à bien des maux.
Danjovius enfin , que le fameux Centaure
Semble lui- même avoir instruit ;
Danjovius que le Dieu d'Epidaure
En tout temps éclaire et conduit ,
Ce Mortel consolant , toujours discret et sage ,
A votre Source rend hommage.
Par ses Arrêts justement respectez ,
Yos
430 MERCURE DE FRANCE
Vos Rivages bien - tôt seront plus fréquentez.
C'est lui qui cet Eté fit sur votre Fontaine
Briller l'aimable Célimene ....
Célimene ... ah ! ma Soeur , pour calmer mon
courroux ,
Que ce nom , dit la Nimphe , est charmant.
qu'il est doux !
N'en doutez pas , sa présence me flatte.
Sa douceur , son esprit , ses regards enchanteurs,
M'ont fait pour quelque temps oublier mes malheurs.
Mais malgré le beau feu qui dans ses yeux éclattes
Si peû sensible à mes faveurs ,
Cette Celimene est ingrate ;
Plus j'us de plaisir à la voir ,
Plus son cruel oubli croîtra mon désespoir ,
Cependant sensible à vos larmes ,
Ainsi qu'au pouvoir de ses charmes ,
Dryade , je me rends et vais garder mon cours;
Mais si cette saison prochaine
Je ne vois pas l'aimable Célimene ,
Sur mes Rives former un plus nombreux concours
>
Adieu vous dis , et pour toujours.
Fermer
Résumé : PLAINTES DE LA NAYADE, Qui préside aux Eaux minérales de la Fontaine de S. Santin, près l'Aigle en Normandie.
Le texte relate la plainte d'une Nayade, esprit des eaux, associée à la fontaine de Saint-Santin près de l'Aigle en Normandie. Elle déplore l'oubli dans lequel elle est tombée et regrette les temps anciens où ses eaux, reconnues pour leurs vertus thérapeutiques, étaient célèbres et fréquentées par la cour et la ville. La Nayade exprime son amertume face à la négligence actuelle, attribuée à de nouvelles modes et à des charlatans. Une Dryade, voisine de la Nayade, tente de la réconforter en rappelant les moments de gloire passés et en annonçant un retour prochain de la faveur grâce à des médecins influents qui préconisent à nouveau ses eaux. La Nayade, sceptique, évoque la présence de Célimène, une figure charmante mais ingrate. La Dryade insiste sur le caractère cyclique de la fortune et prédit un avenir meilleur pour la fontaine. Par ailleurs, un personnage, probablement une divinité ou une entité mythologique, exprime sa reddition et son intention de continuer à surveiller son domaine. Il pose une condition : si Célimène n'apparaît pas la saison suivante, il cessera de rassembler une foule sur ses rives. Le personnage conclut en disant adieu de manière définitive.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 193-201
PROCÉDÉ abrégé pour retirer le Bleu de Prusse des Eaux minérales de M. de Calsabigi, avec des Réflexions sur l'utilité de ce Bleu, par le sieur Cadet, Apothicaire Major de l'Hôtel Royal des Invalides.
Début :
Il faut prendre quatre livres de sang de boeuf desséché que l'on mêlera avec quatre [...]
Mots clefs :
Bleu, Liqueur, Eaux minérales, Couleur, Fleur, Bleu de Prusse, Chimie
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texteReconnaissance textuelle : PROCÉDÉ abrégé pour retirer le Bleu de Prusse des Eaux minérales de M. de Calsabigi, avec des Réflexions sur l'utilité de ce Bleu, par le sieur Cadet, Apothicaire Major de l'Hôtel Royal des Invalides.
PROCÉDÉ abrégé pour retirer le Bleu
de Pruffe des Eaux minérales de M. de
Calfaligi , avec des Réflexions fur l'utilité
de ce Blen, par le fieur Cadet , Apothicaire
Major de l'Hôtel Royal des Invalides.
It
L faut prendre quatre livres de fang de
boeufdefléché que l'on mêlera avec qua .
tre livres de foude d'Alicante groffiérement
concaffée , telle qu'on la vend chez tous
nos Epiciers de Paris. On mettra ce mélange
à calciner dans un creufet de fer ou
fourneau à vent ; il faut obſerver de ne
pas trop remplir le creufet , attendu que
la matiere pendant la calcination bourfouf-
Ae beaucoup. On continuera la calcinanation
jufqu'à ce que la matiere foit devenue
parfairement rouge , & qu'elle ne
rende prefque plus de flamme. A ce point
de calcination , il faut la retirer du creufet,
& la jetter toute rouge dans une fuffifante
quantité d'eau bouillante ; après une
heure d'ébullition , il faut filtrer cette
leffive.
Pour procéder enfuite à l'opération du
bleu , il faut prendre des vaiffeaux de
1. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
terre ou de fer , dans lefquels l'on mettra
chauffer 300 pintes d'eau minérale . On
faifira l'inftant de l'ébullition où la liqueur
prend une couleur jaune très- foncée , on
ceffera le feu pour laiffer repofer l'eau qui
s'éclaircira en peu de tems , en dépofant.
une matiere jaune inutile dans cette opération
, qu'il faudra féparer de la liqueur
par la décantation.
Ces deux liqueurs étant chaudes , l'on
mêlera peu à peu avec l'eau minérale la
liqueur Alkaline fulphureufe ; ce mêlange
paffera tout d'un coup à une belle couleur
bleue ; quand on s'appercevra fur la fin
du mêlange que cette couleur s'affoiblit
de beaucoup , & qu'elle eft fur le point de
paffer à une couleur grife , alors on ceffera
de mettre de la liqueur alkaline fulphureufe.
Le mouvement d'effervefcence qui
fe paffe dans le mêlange étant ceffé , la
liqueur parfaitement repofée , on la décantera
auffitât avec foin , pour en féparer
la fécule qui fe fera précipitée , qu'on
aura foin de laver exactement avec de
l'eau de puits ou de l'eau de la Seine ,
bien claire. Il faut obſerver de décanter à
tems la liqueur de deffus la fécule , ainfi
que je l'ai fait obferver dans mes premicres
expériences raiſonnées fur ce bleu
attendu que la liqueur qui eft chargée en-
馨
DECEMBRE. J 1755 195
core de vitriol martial , dépoferoit une
portion de terre jaune , qui fe mêleroit
avec ce bleu , & qui lui communiqueroit
la couleur verte . La fécule étant ainfi préparée
& féchée avec foin , l'on aura une
livre deux onces d'un beau bleu foncé.
RÉFLEXIONS fur l'utilité du Bleu de
Pruffe , tiré des Eaux de M. de Calfabigi,
en réponse à ce que le fieur Machi en a dit
dans l'Examen Physique & Chimique qu'il
a donné de ces Eaux & de celles de la
fource de Madame Belami.
Jieur Machi , de la façon obligeante
dont il parle de mes procédés chimiques ,
auffi l'intérêt feul de la Chimie eft ce qui
me met dans le cas de lui répondre au fujet
de deux obfervations fur lefquelles je
ne fuis pas d'accord avec lui . L'une regarde
l'ochre que l'on fépare des Eaux minérales
de M. de Calfabigi , qu'il prétend n'être
pas du fer , page 30. Er l'autre concerne
l'utilité du Bleu de Pruffe que l'on retire
de ces mêmes Eaux , p . 44.
E ne dois que des remerciemens au
Je crois pouvoir avancer avec certitude ,
que le fieur Machi n'a point répété mes
expériences , il auroit reconnu que l'ochre
qui eft féparée de l'eau minérale de M. de
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
Calfabigi , eft un pur fer , ainfi que je l'ai
démontré art. 14 de mes Analyſes , & '
qu'après avoir été lavée pour enlever une
portion d'acide qui lui refte , & étant calcinée
un inftant dans un tefte fous la mouffle
du fourneau de coupelle , pour la dépouiller
de fes parties hétérogenes , elle
devient alors toute attirable à l'aimant en
forme de grouppe bien aiguillé , ce qui eft
la preuve la plus certaine que cette ochre
eft un véritable fer. Le Sr Machi prétend
auffi que cette ochre traitée avec le charbon ,
le fer qui en réfulte eft aigre & caffant , il
m'a dit même en avoir fait un petit culot:
je ne conçois pas par quel tour ingénieux
il a pu 6 bien raffembler , à l'aide feule du
charbon , ces parties métalliques , ce qu'on
ne pourroit faire que difficilement à l'aide
d'un flux plus reductif que celui du charbon
, tel qu'un qui feroit compofé avec
du tartre , du nitre & du fel de verre , & c.
Je penfe avoir annoncé avec jufte raifon
que mon travail fur ce bleu méritoit
l'attention du Public , par l'avantage qu'il
en peut tirer , loin d'être un amufement de
curiofité comme l'avance le fieur Machi .
J'ai dit dans mes premieres analyfes
que ce bleu pourroit être employé dans
toutes les préparations de fucre par préférence
au bleu de Pruffe , ce bleu étant fouDECEMBRE
1755. 197
vent préparé avec des vitriols martiaux
contenant du cuivre. Je connois un confifeur
qui fait un débit affez confidérable
de paftilles de violettes , qu'il prépare
avec les fleurs fechées , le fucre , l'Iris de
Florence , & un mucilage de gomme adra
gant qu'il colore avec du bleu de Prufſe.
Ces fortes de paftilles , priſes intérieurement
, étant données comme pectorales ,
qui peut être affuré qu'elles ne contiennent
point de cuivre ? c'est ce dont je ne répondrai
pas. Mais celles qui feroient préparées
avec le bleu de M. de Calfabigi , pourroient
être prifes avec confiance , & n'auroient
point cet inconvénient ; ce blea
étant tiré d'une eau minérale que MeffieursVenel,
Bayen, Rouelle, & le fieur Machi
lui même ont démontré être exemptes
de tout atome de cuivre.
Le fecond avantage que je prétends tirer
de ce bleu , c'eft que je le regarde comme
fupérieur à tous les bleus de Pruffe ordinaires
qui font prefque tous avivés par les
acides minéraux , & qui malgré les précautions
que l'on prend pour les laver ,
confervent toujours une petite portion
d'acide qui à la longue attaque & détruit
cette couleur , ainfi qu'il a été démontré
par le célebre M. Geoffroi.
Le bleu de M. de Calfabigi n'ayant
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
pas beſoin d'être avivé par les acides , procure
un avantage effentiel aux Peintres
qui dans leurs travaux n'auront pas le
défagrément de voir leurs couleurs s'altérer
auffi promptement que celles qu'autoient
touché nos acides minéraux .
J'ai obfervé que ce bleu prenoit une
partie de blanc de plomb de plus que le
bleu de Pruffe le plus foncé que j'aye på
trouver , ce qui paroît faire un troifieme
avantage qui le rend plus intéreffant que
ne l'a penfé le fieur Machi.
Il faut obferver que deux cens quatrevingt
pintes de ces eaux minérales fourniffent
une livre de bleu , & qu'il faut que
les 280 pintes ayent dépofé leur ochre
& repris de nouveau fer , pour fournir
cette quantité : il n'a pas réfléchi
que pour
réuffir dans mon opération , je fuis obligé
néceſſairement, ainſi qu'il l'avance , de féparer
la terre jaune avec laquelle je n'aurois
qu'une fécule verte , & que la liqueur, en
reprenant de nouveau fer , fe chargeroit
d'une nouvelle terre jaune femblable à
celle que j'ai féparée : par conféquent cette
liqueur dans cet état ne pourroit donner
que du vert , comme je l'ai démontré ; delà
je concluds qu'il s'eft trompé dans ce
qu'il avance. De plus , s'il avoit bien examiné
mon procédé , il auroit vu que cette
1
DECEMBRE. 1755. 199
opération faite dans un vaiffeau de terre ,
ne produit pas plus de bleu que celui que
je fais dans les vaiffeaux de fer. La preuve
que je crois pouvoir donner de ces faits
eft bien fimple ; c'eft que premierement
l'acide furabondant , démontré dans les
eaux de M. de Calfabigi , n'y eft pas en
affez grande quantité , & qu'il eft noyé
dans trop de flegme pour diffoudre une
quantité de fer auffi fenfible que celle qui
fe précipite. Si cela arrivoit dans ce procédé
, il me feroit impoffible d'avoir du
bleu dans les vaiffeaux de fer , puifque la
liqueur que je fépare de deffus ma fécule
qui a été traitée dans les vaiffeaux de terre ,
contient encore du fer combiné avec l'acide
vitriolique qui fe dépoferoit fous la
couleur jaune , & qui fe mêleroit avec la
fécule , & lui donneroit la couleur verte
fans les précautions que j'ai indiqué dans
ce procédé abrégé pour retirer ce bleu ;
par conféquent s'il falloit néceffairement
que l'eau minérale fe rechargeât fenfiblement
de nouveau fer , l'opération ne pourroit
pas réaffir .
Le fieur Machi avance de plus qu'en
exploitant par jour deux livres de bleu de
Pruffe , que ce travail continué pendant
quinze jours dépenferoit S400 pintes d'eau
par mois ; ce qui pourroit contribuer à al-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
térer la fource de M. de Calfabigi , & par
conféquent nuire beaucoup à celle de Madame
Belami , dont il croit qu'elle tire fon
origine. Madame Belami peut fe tranquillifer
fur cet article , puifqu'il a été clairement
prouvé enjuftice & par les analyſes ,
que ces fources , & par conféquent les
eaux de Madame Belami font totalement
différentes , & qu'elles font diamétralement
oppofées.
Monfieur & Madame de Calfabigi étant
intéreffés à tirer le meilleur parti poffible
de leurs eaux , on ne doit pas préfumer
qu'ils cherchent à altérer une fource dont
ils fe préparent de démontrer au Public les
propriétés fingulieres relativement à la Médecine
, fuivant les certificats qu'ils font
en état de produire de plufieurs Médecins
& Chirurgiens.
Ces propriétés ne font point de mon
objet ; je me contenterai de dire qu'il réfulte
des Analyfes qui ont été faites des
eaux de M. de Calfabigi , qu'elles contiennent
une abondance de fer qui ne fe trouve
point dans celles de Madame Belami ;.
ce qui me donne lieu de penfer que ces
dernieres ne font pas dans le cas d'une
exacte comparaifon , ces eaux ne pouvant
fournir de bleu de Pruffe , fuivant ce
qu'en dit le Sr Machi lui-même , pag. 13...
DECEMBRE. 1755. 201
Je n'ai fait aucune expérience pour m'affurer
de ce fait ; je ne voudrois cependan
pas répondre qu'en traitant ces mêmest
eaux avec la leflive alkaline décrite par le
fçavant M. Macquer , laquelle eft chargée
jufqu'à parfaite faturation de phlogistique
animal , on ne pût en retirer une quantité
qui feroit vraisemblablement très petite ,
mais fuffifante cependant pour être fenfible.
De ces obfervations il réfulte que j'ai
prouvé ,
1°. Que l'ochre des eaux minérales de
M. de Calfabigi , eft un fer pur attirable à
l'aimant.
2°. Que l'eau minérale , en fe rechargeant
de nouveau fer , ne peut produire
du bleu de Pruffe , ce qui fait voir que le
heur Machi n'a pas entendu mon opération.
3°. Que le bleu de Pruffe fait avec ces
eaux , peut mieux convenir pour la Peinture
, en ce que n'étant pas avivé par les
acides minéraux , il eft moins fujer à s'altérer
que le bleu de Pruffe ordinaire .
4°. Que ce bleu étant exempt de mêlan
ge de cuivre , eft de beaucoup préférablepour
les préparations de fucre , à celui de
Pruffe , qu'on ne peut s'affurer en être tou--
jours dépouillé.
de Pruffe des Eaux minérales de M. de
Calfaligi , avec des Réflexions fur l'utilité
de ce Blen, par le fieur Cadet , Apothicaire
Major de l'Hôtel Royal des Invalides.
It
L faut prendre quatre livres de fang de
boeufdefléché que l'on mêlera avec qua .
tre livres de foude d'Alicante groffiérement
concaffée , telle qu'on la vend chez tous
nos Epiciers de Paris. On mettra ce mélange
à calciner dans un creufet de fer ou
fourneau à vent ; il faut obſerver de ne
pas trop remplir le creufet , attendu que
la matiere pendant la calcination bourfouf-
Ae beaucoup. On continuera la calcinanation
jufqu'à ce que la matiere foit devenue
parfairement rouge , & qu'elle ne
rende prefque plus de flamme. A ce point
de calcination , il faut la retirer du creufet,
& la jetter toute rouge dans une fuffifante
quantité d'eau bouillante ; après une
heure d'ébullition , il faut filtrer cette
leffive.
Pour procéder enfuite à l'opération du
bleu , il faut prendre des vaiffeaux de
1. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
terre ou de fer , dans lefquels l'on mettra
chauffer 300 pintes d'eau minérale . On
faifira l'inftant de l'ébullition où la liqueur
prend une couleur jaune très- foncée , on
ceffera le feu pour laiffer repofer l'eau qui
s'éclaircira en peu de tems , en dépofant.
une matiere jaune inutile dans cette opération
, qu'il faudra féparer de la liqueur
par la décantation.
Ces deux liqueurs étant chaudes , l'on
mêlera peu à peu avec l'eau minérale la
liqueur Alkaline fulphureufe ; ce mêlange
paffera tout d'un coup à une belle couleur
bleue ; quand on s'appercevra fur la fin
du mêlange que cette couleur s'affoiblit
de beaucoup , & qu'elle eft fur le point de
paffer à une couleur grife , alors on ceffera
de mettre de la liqueur alkaline fulphureufe.
Le mouvement d'effervefcence qui
fe paffe dans le mêlange étant ceffé , la
liqueur parfaitement repofée , on la décantera
auffitât avec foin , pour en féparer
la fécule qui fe fera précipitée , qu'on
aura foin de laver exactement avec de
l'eau de puits ou de l'eau de la Seine ,
bien claire. Il faut obſerver de décanter à
tems la liqueur de deffus la fécule , ainfi
que je l'ai fait obferver dans mes premicres
expériences raiſonnées fur ce bleu
attendu que la liqueur qui eft chargée en-
馨
DECEMBRE. J 1755 195
core de vitriol martial , dépoferoit une
portion de terre jaune , qui fe mêleroit
avec ce bleu , & qui lui communiqueroit
la couleur verte . La fécule étant ainfi préparée
& féchée avec foin , l'on aura une
livre deux onces d'un beau bleu foncé.
RÉFLEXIONS fur l'utilité du Bleu de
Pruffe , tiré des Eaux de M. de Calfabigi,
en réponse à ce que le fieur Machi en a dit
dans l'Examen Physique & Chimique qu'il
a donné de ces Eaux & de celles de la
fource de Madame Belami.
Jieur Machi , de la façon obligeante
dont il parle de mes procédés chimiques ,
auffi l'intérêt feul de la Chimie eft ce qui
me met dans le cas de lui répondre au fujet
de deux obfervations fur lefquelles je
ne fuis pas d'accord avec lui . L'une regarde
l'ochre que l'on fépare des Eaux minérales
de M. de Calfabigi , qu'il prétend n'être
pas du fer , page 30. Er l'autre concerne
l'utilité du Bleu de Pruffe que l'on retire
de ces mêmes Eaux , p . 44.
E ne dois que des remerciemens au
Je crois pouvoir avancer avec certitude ,
que le fieur Machi n'a point répété mes
expériences , il auroit reconnu que l'ochre
qui eft féparée de l'eau minérale de M. de
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
Calfabigi , eft un pur fer , ainfi que je l'ai
démontré art. 14 de mes Analyſes , & '
qu'après avoir été lavée pour enlever une
portion d'acide qui lui refte , & étant calcinée
un inftant dans un tefte fous la mouffle
du fourneau de coupelle , pour la dépouiller
de fes parties hétérogenes , elle
devient alors toute attirable à l'aimant en
forme de grouppe bien aiguillé , ce qui eft
la preuve la plus certaine que cette ochre
eft un véritable fer. Le Sr Machi prétend
auffi que cette ochre traitée avec le charbon ,
le fer qui en réfulte eft aigre & caffant , il
m'a dit même en avoir fait un petit culot:
je ne conçois pas par quel tour ingénieux
il a pu 6 bien raffembler , à l'aide feule du
charbon , ces parties métalliques , ce qu'on
ne pourroit faire que difficilement à l'aide
d'un flux plus reductif que celui du charbon
, tel qu'un qui feroit compofé avec
du tartre , du nitre & du fel de verre , & c.
Je penfe avoir annoncé avec jufte raifon
que mon travail fur ce bleu méritoit
l'attention du Public , par l'avantage qu'il
en peut tirer , loin d'être un amufement de
curiofité comme l'avance le fieur Machi .
J'ai dit dans mes premieres analyfes
que ce bleu pourroit être employé dans
toutes les préparations de fucre par préférence
au bleu de Pruffe , ce bleu étant fouDECEMBRE
1755. 197
vent préparé avec des vitriols martiaux
contenant du cuivre. Je connois un confifeur
qui fait un débit affez confidérable
de paftilles de violettes , qu'il prépare
avec les fleurs fechées , le fucre , l'Iris de
Florence , & un mucilage de gomme adra
gant qu'il colore avec du bleu de Prufſe.
Ces fortes de paftilles , priſes intérieurement
, étant données comme pectorales ,
qui peut être affuré qu'elles ne contiennent
point de cuivre ? c'est ce dont je ne répondrai
pas. Mais celles qui feroient préparées
avec le bleu de M. de Calfabigi , pourroient
être prifes avec confiance , & n'auroient
point cet inconvénient ; ce blea
étant tiré d'une eau minérale que MeffieursVenel,
Bayen, Rouelle, & le fieur Machi
lui même ont démontré être exemptes
de tout atome de cuivre.
Le fecond avantage que je prétends tirer
de ce bleu , c'eft que je le regarde comme
fupérieur à tous les bleus de Pruffe ordinaires
qui font prefque tous avivés par les
acides minéraux , & qui malgré les précautions
que l'on prend pour les laver ,
confervent toujours une petite portion
d'acide qui à la longue attaque & détruit
cette couleur , ainfi qu'il a été démontré
par le célebre M. Geoffroi.
Le bleu de M. de Calfabigi n'ayant
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
pas beſoin d'être avivé par les acides , procure
un avantage effentiel aux Peintres
qui dans leurs travaux n'auront pas le
défagrément de voir leurs couleurs s'altérer
auffi promptement que celles qu'autoient
touché nos acides minéraux .
J'ai obfervé que ce bleu prenoit une
partie de blanc de plomb de plus que le
bleu de Pruffe le plus foncé que j'aye på
trouver , ce qui paroît faire un troifieme
avantage qui le rend plus intéreffant que
ne l'a penfé le fieur Machi.
Il faut obferver que deux cens quatrevingt
pintes de ces eaux minérales fourniffent
une livre de bleu , & qu'il faut que
les 280 pintes ayent dépofé leur ochre
& repris de nouveau fer , pour fournir
cette quantité : il n'a pas réfléchi
que pour
réuffir dans mon opération , je fuis obligé
néceſſairement, ainſi qu'il l'avance , de féparer
la terre jaune avec laquelle je n'aurois
qu'une fécule verte , & que la liqueur, en
reprenant de nouveau fer , fe chargeroit
d'une nouvelle terre jaune femblable à
celle que j'ai féparée : par conféquent cette
liqueur dans cet état ne pourroit donner
que du vert , comme je l'ai démontré ; delà
je concluds qu'il s'eft trompé dans ce
qu'il avance. De plus , s'il avoit bien examiné
mon procédé , il auroit vu que cette
1
DECEMBRE. 1755. 199
opération faite dans un vaiffeau de terre ,
ne produit pas plus de bleu que celui que
je fais dans les vaiffeaux de fer. La preuve
que je crois pouvoir donner de ces faits
eft bien fimple ; c'eft que premierement
l'acide furabondant , démontré dans les
eaux de M. de Calfabigi , n'y eft pas en
affez grande quantité , & qu'il eft noyé
dans trop de flegme pour diffoudre une
quantité de fer auffi fenfible que celle qui
fe précipite. Si cela arrivoit dans ce procédé
, il me feroit impoffible d'avoir du
bleu dans les vaiffeaux de fer , puifque la
liqueur que je fépare de deffus ma fécule
qui a été traitée dans les vaiffeaux de terre ,
contient encore du fer combiné avec l'acide
vitriolique qui fe dépoferoit fous la
couleur jaune , & qui fe mêleroit avec la
fécule , & lui donneroit la couleur verte
fans les précautions que j'ai indiqué dans
ce procédé abrégé pour retirer ce bleu ;
par conféquent s'il falloit néceffairement
que l'eau minérale fe rechargeât fenfiblement
de nouveau fer , l'opération ne pourroit
pas réaffir .
Le fieur Machi avance de plus qu'en
exploitant par jour deux livres de bleu de
Pruffe , que ce travail continué pendant
quinze jours dépenferoit S400 pintes d'eau
par mois ; ce qui pourroit contribuer à al-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
térer la fource de M. de Calfabigi , & par
conféquent nuire beaucoup à celle de Madame
Belami , dont il croit qu'elle tire fon
origine. Madame Belami peut fe tranquillifer
fur cet article , puifqu'il a été clairement
prouvé enjuftice & par les analyſes ,
que ces fources , & par conféquent les
eaux de Madame Belami font totalement
différentes , & qu'elles font diamétralement
oppofées.
Monfieur & Madame de Calfabigi étant
intéreffés à tirer le meilleur parti poffible
de leurs eaux , on ne doit pas préfumer
qu'ils cherchent à altérer une fource dont
ils fe préparent de démontrer au Public les
propriétés fingulieres relativement à la Médecine
, fuivant les certificats qu'ils font
en état de produire de plufieurs Médecins
& Chirurgiens.
Ces propriétés ne font point de mon
objet ; je me contenterai de dire qu'il réfulte
des Analyfes qui ont été faites des
eaux de M. de Calfabigi , qu'elles contiennent
une abondance de fer qui ne fe trouve
point dans celles de Madame Belami ;.
ce qui me donne lieu de penfer que ces
dernieres ne font pas dans le cas d'une
exacte comparaifon , ces eaux ne pouvant
fournir de bleu de Pruffe , fuivant ce
qu'en dit le Sr Machi lui-même , pag. 13...
DECEMBRE. 1755. 201
Je n'ai fait aucune expérience pour m'affurer
de ce fait ; je ne voudrois cependan
pas répondre qu'en traitant ces mêmest
eaux avec la leflive alkaline décrite par le
fçavant M. Macquer , laquelle eft chargée
jufqu'à parfaite faturation de phlogistique
animal , on ne pût en retirer une quantité
qui feroit vraisemblablement très petite ,
mais fuffifante cependant pour être fenfible.
De ces obfervations il réfulte que j'ai
prouvé ,
1°. Que l'ochre des eaux minérales de
M. de Calfabigi , eft un fer pur attirable à
l'aimant.
2°. Que l'eau minérale , en fe rechargeant
de nouveau fer , ne peut produire
du bleu de Pruffe , ce qui fait voir que le
heur Machi n'a pas entendu mon opération.
3°. Que le bleu de Pruffe fait avec ces
eaux , peut mieux convenir pour la Peinture
, en ce que n'étant pas avivé par les
acides minéraux , il eft moins fujer à s'altérer
que le bleu de Pruffe ordinaire .
4°. Que ce bleu étant exempt de mêlan
ge de cuivre , eft de beaucoup préférablepour
les préparations de fucre , à celui de
Pruffe , qu'on ne peut s'affurer en être tou--
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Résumé : PROCÉDÉ abrégé pour retirer le Bleu de Prusse des Eaux minérales de M. de Calsabigi, avec des Réflexions sur l'utilité de ce Bleu, par le sieur Cadet, Apothicaire Major de l'Hôtel Royal des Invalides.
Le texte décrit un procédé pour extraire le bleu de Prusse des eaux minérales de M. de Calfaligi, présenté par le sieur Cadet, apothicaire major de l'Hôtel Royal des Invalides. Le processus commence par la calcination d'un mélange de sang de bœuf désséché et de soufre d'Alicante concassé, jusqu'à ce que la matière devienne rouge et ne produise plus de flamme. Cette matière est ensuite jetée dans de l'eau bouillante et filtrée après une heure d'ébullition. Pour obtenir le bleu de Prusse, 300 pintes d'eau minérale sont chauffées jusqu'à ébullition, puis laissées reposer pour séparer une matière jaune inutile. La liqueur alcaline sulfureuse est ensuite mélangée à l'eau minérale, produisant une couleur bleue. Une fois refroidie, la liqueur est décantée pour séparer la fécule, qui est lavée avec de l'eau claire. Le résultat est une livre deux onces d'un beau bleu foncé. Le texte inclut également des réflexions sur l'utilité du bleu de Prusse extrait des eaux de M. de Calfaligi. Le sieur Cadet conteste les observations du sieur Machi, affirmant que l'ochre séparée des eaux est un fer pur, attirable à l'aimant. Il souligne que ce bleu est supérieur aux bleus de Prusse ordinaires car il n'est pas avivé par des acides minéraux, ce qui le rend moins sujet à l'altération. De plus, il est exempt de cuivre, le rendant préférable pour les préparations de sucre. Le procédé permet d'obtenir deux cents quatre-vingts pintes d'eau minérale pour une livre de bleu, après séparation de la terre jaune. Le sieur Cadet conclut que les eaux de M. de Calfaligi et celles de Madame Belami sont différentes et ne peuvent être comparées.
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7
p. 206-207
« Sa Majesté le Roi de Pologne, Duc de Lorraine & de Bar, [...] »
Début :
Sa Majesté le Roi de Pologne, Duc de Lorraine & de Bar, [...]
Mots clefs :
Eaux minérales, Sels, Commerce étranger, Malades, Médecin, Privilège du roi de Pologne, Authenticité, Boules d'acier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Sa Majesté le Roi de Pologne, Duc de Lorraine & de Bar, [...] »
sa Majeſté le Roi de Pologne, Duc de Lorraine
& de Bar, toujours attentifs au bonheur & a la,
conſervation de ſes Sujets, a bien voulu accorder
pour 2o ans au ſieur Virion, premier Apoticaire
de feue Son Alteſſe Royale Ma lame la Ducheſſe
Douairiere de Lorraine , demeurant rue Saint
Diſier à Nancy , un Privilège excluſif pour la
vente & diſtribution des Eaux minérales & Sels
analogues , tant du Pays qu'étrangeres, ſous
l'inſpection de Meſſieurs du Collège Royal de
Médecine de la même Ville, avec défenſes à
tous autres d'en vendre ni débiter dans toute l'é
· tendue de ſes Etats, à peine de 15oo livres d'a
mende, confiſcation, &c. Permis cependant à
·tout Particulier d'en faire venir pour ſon uſage
ſeulement, (la liberté publique n'étant pas gênée ),
Cette ſage prévoyance ſi longtems deſirée par
Ies Médecins qui les ordonnent, & par les mala
des qui en font uſage, les mettra à couvert des
abus qui ſe multiplioient dans l'adminiſtration
- d'un remède ſi précieux & ſi ſalutaire, à la con
ſervation duquel des Perſonnes ſures & intelli
gentes ne ſçauroient trop veiller, puiſque la vie
des hommes en dépend,
Les conditions que le Legiſlateur a impoſées à
•cer établiſſement, ſeront inviolablement obſer
·vées : il convient d'en inſtruire le Public.
Toutes les Eaux ſe tireront du lieu de leur
· ſource dans des vaſes de grès ou de verre ſcellés
du cachet de la fontaine. Chaque envoi accom
pagné d'atteſtations authentiques ſera reçu par
· ledit Collège Royal.
| Les Eaux deſi ées par les Médecins, qui ſe trou
veront toujours au Magaſin, ſont celles des Bains,
2Buſſang , Plombierre chaude & favonneuſe,
M A I. 1759. 2o7
Vals Bruun, Bourbon , Spa , Selters , Vichy ,
Balaruc, Calſabigi & de Sedlitz, avec ſon ſel.
Chaque eſpèce d'eau ſera accempagnée d'une
| brochure d, eſlée par un Membre du Collège, qui
inſtruira de leur vertu, qualité & propriété, avec
la méthode de les prendre.
Et afin que tout ſecours ſoit donné aux Mala
des qui en auront beſoin, les Eaux de Forges,
Sainte-Reine, Vals, Cranſac, Cauterats, Bonne
Ca ſons & Dattencourt , leur ſeront fournies à
un prix raiſonnable, en diligence, en avertiſſant
-quelque temps avant de les prendre.
Le même débite auſſi en gros & en détail les
véritables boules d'acier ou de Mars , les boules
· blanches de fougere vulneraires, fidèlement tra-,
vaillées. Ceux qui en font commerce dans les
Provinces étrangeres, ſeront traités ſi favorable- !
ment, que le prix ne ſurpaſſera pas celui des
mauvaiſes qu'ils tirent ou viennent acheter en
Lorraine. Il répond de leur qualité, & ſe ſoumer
à les reprendre en tous temps , & d'en rem
bourſer le prix en cas de mécontentenment Les unes
& les autres ſeront munies des imprimés qui an
noncent leurs vertus avec la maniere de s'en ſervir.
& de Bar, toujours attentifs au bonheur & a la,
conſervation de ſes Sujets, a bien voulu accorder
pour 2o ans au ſieur Virion, premier Apoticaire
de feue Son Alteſſe Royale Ma lame la Ducheſſe
Douairiere de Lorraine , demeurant rue Saint
Diſier à Nancy , un Privilège excluſif pour la
vente & diſtribution des Eaux minérales & Sels
analogues , tant du Pays qu'étrangeres, ſous
l'inſpection de Meſſieurs du Collège Royal de
Médecine de la même Ville, avec défenſes à
tous autres d'en vendre ni débiter dans toute l'é
· tendue de ſes Etats, à peine de 15oo livres d'a
mende, confiſcation, &c. Permis cependant à
·tout Particulier d'en faire venir pour ſon uſage
ſeulement, (la liberté publique n'étant pas gênée ),
Cette ſage prévoyance ſi longtems deſirée par
Ies Médecins qui les ordonnent, & par les mala
des qui en font uſage, les mettra à couvert des
abus qui ſe multiplioient dans l'adminiſtration
- d'un remède ſi précieux & ſi ſalutaire, à la con
ſervation duquel des Perſonnes ſures & intelli
gentes ne ſçauroient trop veiller, puiſque la vie
des hommes en dépend,
Les conditions que le Legiſlateur a impoſées à
•cer établiſſement, ſeront inviolablement obſer
·vées : il convient d'en inſtruire le Public.
Toutes les Eaux ſe tireront du lieu de leur
· ſource dans des vaſes de grès ou de verre ſcellés
du cachet de la fontaine. Chaque envoi accom
pagné d'atteſtations authentiques ſera reçu par
· ledit Collège Royal.
| Les Eaux deſi ées par les Médecins, qui ſe trou
veront toujours au Magaſin, ſont celles des Bains,
2Buſſang , Plombierre chaude & favonneuſe,
M A I. 1759. 2o7
Vals Bruun, Bourbon , Spa , Selters , Vichy ,
Balaruc, Calſabigi & de Sedlitz, avec ſon ſel.
Chaque eſpèce d'eau ſera accempagnée d'une
| brochure d, eſlée par un Membre du Collège, qui
inſtruira de leur vertu, qualité & propriété, avec
la méthode de les prendre.
Et afin que tout ſecours ſoit donné aux Mala
des qui en auront beſoin, les Eaux de Forges,
Sainte-Reine, Vals, Cranſac, Cauterats, Bonne
Ca ſons & Dattencourt , leur ſeront fournies à
un prix raiſonnable, en diligence, en avertiſſant
-quelque temps avant de les prendre.
Le même débite auſſi en gros & en détail les
véritables boules d'acier ou de Mars , les boules
· blanches de fougere vulneraires, fidèlement tra-,
vaillées. Ceux qui en font commerce dans les
Provinces étrangeres, ſeront traités ſi favorable- !
ment, que le prix ne ſurpaſſera pas celui des
mauvaiſes qu'ils tirent ou viennent acheter en
Lorraine. Il répond de leur qualité, & ſe ſoumer
à les reprendre en tous temps , & d'en rem
bourſer le prix en cas de mécontentenment Les unes
& les autres ſeront munies des imprimés qui an
noncent leurs vertus avec la maniere de s'en ſervir.
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Résumé : « Sa Majesté le Roi de Pologne, Duc de Lorraine & de Bar, [...] »
Le Roi de Pologne, Duc de Lorraine et de Bar, accorde un privilège exclusif de 20 ans au sieur Virion, apothicaire à Nancy, pour la vente et la distribution des eaux minérales et sels analogues. Ce privilège, soumis à l'inspection du Collège Royal de Médecine de Nancy, interdit à toute autre personne de vendre ces produits dans les États du Roi, sous peine d'une amende de 1500 livres et de confiscation. Les particuliers peuvent toutefois acheter ces produits pour leur usage personnel. Les eaux disponibles incluent celles des Bains de Bussang, Plombières, Vals, Bourbon, Spa, Selters, Vichy, Balaruc, Calsabigi et Sedlitz. Chaque type d'eau est accompagné d'une brochure expliquant ses vertus, qualités et propriétés, ainsi que la méthode de les prendre. Des eaux spécifiques, comme celles de Forges, Sainte-Reine, Vals, Cransac, Cauterats, Bonne Caçons et Dattencourt, sont fournies à un prix raisonnable. Virion vend également des boules d'acier ou de Mars, et des boules blanches de fougère vulnéraires, garantissant leur qualité et offrant de les reprendre en cas de mécontentement. Les produits sont accompagnés d'imprimés détaillant leurs vertus et leur usage.
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8
p. 227-230
AVIS. NOUVELLES EAUX DE PASSY.
Début :
M. Le Veillard, Gentilhomme servant ordinaire du Roi, & propriétaire des Nouvelles [...]
Mots clefs :
Eaux minérales, Rumeurs, Mensonges, Vertus, Authenticité, Faculté de médecine, Médecins, Analyse, Expérience
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS. NOUVELLES EAUX DE PASSY.
AVIS.
NOUVELLES EAUX DE PASSY.
M.
J
LEVEILLARD , Gentilhomme fervant
ordinaire du Roi , & propriétaire des Nouvelles
eaux minérales de Pafly , ayant appris que quelques
perfonnes ou mal inftruites , ou mal intentionnées
, faifoient courir fur les eaux des bruits
228 MERCURE DE FRANCE.
défavantageux , en les accufant d'être changées
de nature , & par conféquent dépourvues des
vertus qu'on leur avoit attribuées jufqu'à préfent ,
en les taxant même de factices , a cru qu'il devoit
prendre des mefures pour détruire , par une
preuve autentique , ces faufletés , & pour confirmer
le Public dans la confiance qu'il a eue juf
qu'à préfent dans fes eaux.
Pour cet effet , il a préfenté une requête à la
Faculté de Médecine , pour qu'il lui plût de nommer
des Commiflaires qui fiffent un nouvel examen
, & une nouvelle analyte des nouvelles eaux
de Paffy. La Faculté de Médecine lui , ayant acordé
fa demande , nomma l'été dernier , fix Docteurs
, qui furent MM. Mercy , Chomel , Vieillard
, Cofnier , Latier , & Delarivière , qui fe
tranfporterent à Pally avec M. Boyer , Doyen de
la Faculté : & après avoir fait mettre à fec les
fources , & en avoir examiné les environs avec
la plus févère attention ; ils emporterent des eaux
pour en faire l'analyfe , dans le laboratoire des
écoles . L'analyſe finie , après avoir afluré que les
e aux ne pouvoient être factices , tant à caufe de
lexamen qu'ils en avoient fait , que par ce qu'ils
croyoient impoffible de les contrefaire , ils expofent
leur analyfe,par laquelle ils ons trouvé exactement
les mêmes principes que M. Bolduc , il y a
trente ans , & concluent ainfi .
Par cette analyſe,& ces expériences , nous vous
avons démontré que les nouvelles eaux de Pally
renferment en el es mêmes un vrai vitriol de
mars , du fel de glauber naturel , du fel marin',
une terre alkaline , & de la felenite ; par conféquent
, c'est avec jufte raifon que ces eaux ont été
appellées , Nouvelles Eaux minérales ferrugineufes
de Paffy que par la connoiffance que tout Médecin
doit avoir des effets que produisent ces
AVRIL 1760 . 229
différentes matières unies & combinées enfemble,
elles peuvent & doivent être très - utiles dans les
maladies chroniques & d'obftruction , toutes les
fois qu'il s'agira de lever les embarras caufés par
l'épaiffiffement des liqueurs & la diminution du
reffort des folides ; & qu'enfin ces eaux doivent
être regardées comme un remède d'autant plus
falutaire , qu'il eft donné des mains de la fimple
nature.
Mais comme la Faculté , Meffieurs , nous a
moins chargés de nous affurer de la nature des
nouvelles eaux de Paffy , des principes qui les
compofent , & des vertus qui leur font propres ,
que d'examiner avec la derniere attention , fi les
bruits qui fe font répandus de fources éteintes ,
de principes dénaturés , & dé vertus détruites ,
font fondés en raiſon ; pour remplir l'étendue de
notre Miffion , nous n'hésiterons pas à vous confirmer
, que les defcentes que nous avons faites
fur les lieux le fond des baffins , que nous avons
fait mettre à fec , & fouillé à différentes repriſes
les plus petits coins & recoins qui n'ont point
échappés à nos recherches , les eaux que nous
avons vû ruiffeler en abondance & de plufieurs
endroits , leur limpidité & leur faveur , le caractère
de la nature qui s'eft manifefté partout , &
enfin notre analyfe & nos expériences , doivent
'convaincre tout efprit raisonnable , qu'actuellement
aux nouvelles eaux minérales de Paffy , les
eaux y coulent de la même manière qu'en 1720 ,
que la Faculté s'y tranfporta pour la premiere
fois , & en quantité plus que fuffifante pour fournir
aux befoins des Citoyens ; que leur nature & la
combinaiſon de leurs différens principes n'étant
point changés , il eft impoffible que leurs vertus
médicinales foient détruites ; & que les bruits dé
Lavantageux qui fe font répandus au fujet defdites
230 MERCURE DE FRANCE.
eaux , ne peuvent partir que de la prévention ou
de l'ignorance.
Nous concluons donc , Meffieurs , en finiffant
notre rapport , que fi la Faculté n'a pas héfité
en 1720, pour le bien & l'utilité publique , de mettre
en crédit , par fon approbation, des eaux qui
n'avoient pas encore l'attache & le fceau de l'expérience
confirmée , elle doit aujourd'hui, par un
decret autentique, affermir les Citoyens dans la
confiance qui eft due aux mêmes eaux , fur l'utilité
defquelles 40 années d'ufage & d'effers falutaires,
fous les yeux des Médecins, ne permettent
pas de former aucun doute.
NOUVELLES EAUX DE PASSY.
M.
J
LEVEILLARD , Gentilhomme fervant
ordinaire du Roi , & propriétaire des Nouvelles
eaux minérales de Pafly , ayant appris que quelques
perfonnes ou mal inftruites , ou mal intentionnées
, faifoient courir fur les eaux des bruits
228 MERCURE DE FRANCE.
défavantageux , en les accufant d'être changées
de nature , & par conféquent dépourvues des
vertus qu'on leur avoit attribuées jufqu'à préfent ,
en les taxant même de factices , a cru qu'il devoit
prendre des mefures pour détruire , par une
preuve autentique , ces faufletés , & pour confirmer
le Public dans la confiance qu'il a eue juf
qu'à préfent dans fes eaux.
Pour cet effet , il a préfenté une requête à la
Faculté de Médecine , pour qu'il lui plût de nommer
des Commiflaires qui fiffent un nouvel examen
, & une nouvelle analyte des nouvelles eaux
de Paffy. La Faculté de Médecine lui , ayant acordé
fa demande , nomma l'été dernier , fix Docteurs
, qui furent MM. Mercy , Chomel , Vieillard
, Cofnier , Latier , & Delarivière , qui fe
tranfporterent à Pally avec M. Boyer , Doyen de
la Faculté : & après avoir fait mettre à fec les
fources , & en avoir examiné les environs avec
la plus févère attention ; ils emporterent des eaux
pour en faire l'analyfe , dans le laboratoire des
écoles . L'analyſe finie , après avoir afluré que les
e aux ne pouvoient être factices , tant à caufe de
lexamen qu'ils en avoient fait , que par ce qu'ils
croyoient impoffible de les contrefaire , ils expofent
leur analyfe,par laquelle ils ons trouvé exactement
les mêmes principes que M. Bolduc , il y a
trente ans , & concluent ainfi .
Par cette analyſe,& ces expériences , nous vous
avons démontré que les nouvelles eaux de Pally
renferment en el es mêmes un vrai vitriol de
mars , du fel de glauber naturel , du fel marin',
une terre alkaline , & de la felenite ; par conféquent
, c'est avec jufte raifon que ces eaux ont été
appellées , Nouvelles Eaux minérales ferrugineufes
de Paffy que par la connoiffance que tout Médecin
doit avoir des effets que produisent ces
AVRIL 1760 . 229
différentes matières unies & combinées enfemble,
elles peuvent & doivent être très - utiles dans les
maladies chroniques & d'obftruction , toutes les
fois qu'il s'agira de lever les embarras caufés par
l'épaiffiffement des liqueurs & la diminution du
reffort des folides ; & qu'enfin ces eaux doivent
être regardées comme un remède d'autant plus
falutaire , qu'il eft donné des mains de la fimple
nature.
Mais comme la Faculté , Meffieurs , nous a
moins chargés de nous affurer de la nature des
nouvelles eaux de Paffy , des principes qui les
compofent , & des vertus qui leur font propres ,
que d'examiner avec la derniere attention , fi les
bruits qui fe font répandus de fources éteintes ,
de principes dénaturés , & dé vertus détruites ,
font fondés en raiſon ; pour remplir l'étendue de
notre Miffion , nous n'hésiterons pas à vous confirmer
, que les defcentes que nous avons faites
fur les lieux le fond des baffins , que nous avons
fait mettre à fec , & fouillé à différentes repriſes
les plus petits coins & recoins qui n'ont point
échappés à nos recherches , les eaux que nous
avons vû ruiffeler en abondance & de plufieurs
endroits , leur limpidité & leur faveur , le caractère
de la nature qui s'eft manifefté partout , &
enfin notre analyfe & nos expériences , doivent
'convaincre tout efprit raisonnable , qu'actuellement
aux nouvelles eaux minérales de Paffy , les
eaux y coulent de la même manière qu'en 1720 ,
que la Faculté s'y tranfporta pour la premiere
fois , & en quantité plus que fuffifante pour fournir
aux befoins des Citoyens ; que leur nature & la
combinaiſon de leurs différens principes n'étant
point changés , il eft impoffible que leurs vertus
médicinales foient détruites ; & que les bruits dé
Lavantageux qui fe font répandus au fujet defdites
230 MERCURE DE FRANCE.
eaux , ne peuvent partir que de la prévention ou
de l'ignorance.
Nous concluons donc , Meffieurs , en finiffant
notre rapport , que fi la Faculté n'a pas héfité
en 1720, pour le bien & l'utilité publique , de mettre
en crédit , par fon approbation, des eaux qui
n'avoient pas encore l'attache & le fceau de l'expérience
confirmée , elle doit aujourd'hui, par un
decret autentique, affermir les Citoyens dans la
confiance qui eft due aux mêmes eaux , fur l'utilité
defquelles 40 années d'ufage & d'effers falutaires,
fous les yeux des Médecins, ne permettent
pas de former aucun doute.
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Résumé : AVIS. NOUVELLES EAUX DE PASSY.
M. Leveillard, gentilhomme ordinaire du Roi et propriétaire des Nouvelles eaux minérales de Passy, a réagi aux rumeurs défavorables circulant sur ses eaux, les accusant d'être changées de nature ou factices. Pour rétablir la vérité, il a sollicité la Faculté de Médecine afin de nommer des commissaires pour examiner et analyser les eaux. La Faculté a désigné six docteurs pour se rendre à Passy et examiner les sources ainsi que leurs environs. Après analyse, les docteurs ont confirmé que les eaux contenaient les mêmes principes que ceux identifiés trente ans auparavant par M. Bolduc, notamment du vitriol de Mars, du sel de Glauber naturel, du sel marin, une terre alcaline et de la sélénite. Ils ont conclu que ces eaux étaient efficaces pour traiter les maladies chroniques et d'obstruction, en levant les embarras causés par l'épaississement des liquides et la diminution de la force des solides. Les docteurs ont également affirmé que les rumeurs sur les sources éteintes ou les principes dénaturés étaient infondées. Les eaux coulaient abondamment et leur nature n'avait pas changé, garantissant ainsi leurs vertus médicinales. La Faculté doit donc confirmer l'utilité publique de ces eaux, comme elle l'avait fait en 1720, après quarante années d'usage et d'effets bénéfiques sous la surveillance des médecins.
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9
p. 230-231
DECRET DE LA FACULTÉ.
Début :
La Faculté a jugé, que les nouvelles eaux minérales de Passy sont aujourd'hui [...]
Mots clefs :
Faculté, Eaux minérales, Qualités, Vertus, Maladies, Source
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DECRET DE LA FACULTÉ.
DECRET DE LA FACULTÉ,
La Faculté a jugé, que les nouvelles eaux minérales
de Paffy font aujourd'hui dans le même
état où elles étoient en 1720 , & qu'elles n'ont
rien perdu de leurs anciennes qualités ; que les
bruits de fources éteintes , de principes dénaturés,
& de vertus détruites , qui ont été femés dans
Paris ,font l'ouvrage de la prévention & de l'ignorance
, & que lefdites eaux ne peuvent que continuer
à être très- utiles dans les maladies d'embarras
& d'obftruction , caufées par l'épaiffiffement
des liqueurs , & la diminution du reffort des
folides.
On continuera , comme on a fait juſques à préfent
, de délivrer gratis, à Paffy , des eaux pour les
Malades qui font hors d'état de les payer, pourvû
qu'ils ayent un billet du Médecin , ou du Chirur
gien , ou du Curé de leur Paroiffe , qui conſtate la
maladie, & l'indigence de celui qui demande des
eaux,
Les eaux épurées de Paffy , qui ne font autre
choſe que celles des fources qui ont déposé leur
AVRIL. 1760 . 231
mars dans de grands vales où elles ont féjourné
longtemps , fe tranfportent partout , & fe confervent
toujours , pourvû qu'on ne les bouche pas ,
& qu'on fe contente de les couvrir d'une patte de
verre , ou d'un fimple papier.
Les eaux de la premiere & feconde fource , peuvent
aufli fe tranfporter , pourvû qu'elles ne foient
pas trop expofées au Soleil , & qu'elles foient
bien bouchées : elles fe confervent quatre à cinq
mois ; avantage que n'ont point les autres eaux
ferrugineufes dans lefquelles apparemment le
mars n'eft pas fi intimement uni avec les autres
principes qui les conftituent.
Les perfonnes qui ont befoin d'eau , font prices
de mettre par écrit de quelle forte ils en veulent ,
attendu que les Commiffionnaires fe trompent
fouvent , & prennent des eaux épurées pour des
eaux de la fource ; ou des eaux de la fource, pour
des eaux épurées.
La Faculté a jugé, que les nouvelles eaux minérales
de Paffy font aujourd'hui dans le même
état où elles étoient en 1720 , & qu'elles n'ont
rien perdu de leurs anciennes qualités ; que les
bruits de fources éteintes , de principes dénaturés,
& de vertus détruites , qui ont été femés dans
Paris ,font l'ouvrage de la prévention & de l'ignorance
, & que lefdites eaux ne peuvent que continuer
à être très- utiles dans les maladies d'embarras
& d'obftruction , caufées par l'épaiffiffement
des liqueurs , & la diminution du reffort des
folides.
On continuera , comme on a fait juſques à préfent
, de délivrer gratis, à Paffy , des eaux pour les
Malades qui font hors d'état de les payer, pourvû
qu'ils ayent un billet du Médecin , ou du Chirur
gien , ou du Curé de leur Paroiffe , qui conſtate la
maladie, & l'indigence de celui qui demande des
eaux,
Les eaux épurées de Paffy , qui ne font autre
choſe que celles des fources qui ont déposé leur
AVRIL. 1760 . 231
mars dans de grands vales où elles ont féjourné
longtemps , fe tranfportent partout , & fe confervent
toujours , pourvû qu'on ne les bouche pas ,
& qu'on fe contente de les couvrir d'une patte de
verre , ou d'un fimple papier.
Les eaux de la premiere & feconde fource , peuvent
aufli fe tranfporter , pourvû qu'elles ne foient
pas trop expofées au Soleil , & qu'elles foient
bien bouchées : elles fe confervent quatre à cinq
mois ; avantage que n'ont point les autres eaux
ferrugineufes dans lefquelles apparemment le
mars n'eft pas fi intimement uni avec les autres
principes qui les conftituent.
Les perfonnes qui ont befoin d'eau , font prices
de mettre par écrit de quelle forte ils en veulent ,
attendu que les Commiffionnaires fe trompent
fouvent , & prennent des eaux épurées pour des
eaux de la fource ; ou des eaux de la fource, pour
des eaux épurées.
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Résumé : DECRET DE LA FACULTÉ.
Le décret de la Faculté de 1760 atteste que les eaux minérales de Paffy conservent leurs qualités depuis 1720. Les rumeurs sur la perte de leurs vertus sont imputées à la prévention et à l'ignorance. Ces eaux sont efficaces pour traiter les maladies liées à l'épaississement des liquides et à la diminution de la sécrétion des solides. La Faculté continue de distribuer gratuitement des eaux aux malades indigents, sur présentation d'un billet médical ou ecclésiastique. Les eaux épurées de Paffy, provenant de sources ayant déposé leur sédiment dans des vallées, peuvent être transportées et conservées sans être bouchées hermétiquement, mais simplement couvertes d'une patte de verre ou d'un papier. Les eaux des première et seconde sources peuvent également être transportées, mais doivent être protégées du soleil et bien bouchées. Elles se conservent quatre à cinq mois, contrairement à d'autres eaux ferrugineuses. Les demandeurs doivent préciser par écrit le type d'eau désiré pour éviter les erreurs des commissionnaires.
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10
p. 77-86
LETTRE sur un Poëme Latin, du Seiziéme Siécle de Monsieur de MASSAC, Receveur Général des Fermes du Roi, Abonné au Mercure, & de la Société Royale d'Agriculture de la Généralité de Limoges, à Monsieur DE MONT, de la même Société, Conseiller au Parlement de Toulouse & de l'Académie des Jeux Floraux.
Début :
En parcourant la nouvelle Edition du Dictionnaire de Moreri, vous avez [...]
Mots clefs :
Médecine, Poète, Physicien, Fontaines, Eaux minérales, Traduction, Société royale d'agriculture de la généralité de Limoges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur un Poëme Latin, du Seiziéme Siécle de Monsieur de MASSAC, Receveur Général des Fermes du Roi, Abonné au Mercure, & de la Société Royale d'Agriculture de la Généralité de Limoges, à Monsieur DE MONT, de la même Société, Conseiller au Parlement de Toulouse & de l'Académie des Jeux Floraux.
LETTRE fur un Poëme Latin , du
Seiziéme Siécle de Monfieur de
MASSAC , Receveur Général des
Fermes du Roi , Abonné au Mercure
, & de la Société Royale d'Agriculture
de la Généralité de Limoges
, à Monfieur DE MONT , de la
même Société , Confeiller au Parlement
de Toulouse & de l'Académie
des Jeux Floraux.
MONSIEUR ,
>
En parcourant la nouvelle Edition
du Dictionnaire de Moreri , vous avez
trouvé , dites-vous qu'il y eft fait
mention d'un Raimond de Maffac ;
Auteur d'un Poëme Latin fur les Eaux
minérales de Pougues ( a ). Vous ne
( a ) Pougues , Village du Nivernois , entre
Nevers & la Charité, étoit autrefois fort renommé,
( je ne fçais s'il l'eft encore ) à caule de deux fentaines
dont les eaux avoient la vertu de guérir de
l'hydropifie & de la pierre. Quoique ces deux
fontaines , dont l'une s'appelloit de S. Léger , &
l'autre de S. Marceau , ne fuffent diftantes l'une
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
doutez point que cet ouvrage ne
foit entre mes mains ; & quoique M.
l'Abbé Goujet en ait parlé affez avantageuſement
dans fa Bibliothéque Françoife
, vous feriez - bien aife que je
vous fiffe connoître plus particuliére--
ment l'Auteur & fon Ouvrage.
Il m'eft d'autant plus aifé de vous
fatisfaire fur le fecond objet de votredemande
, que je viens précisément
de lire avec attention le Poëme dont
il s'agit. Quant aux particularités concernant
l'Auteur , que vous exigez auf--
fi , je ne puis vous en rapporter que
très -peu , qui ont ont échappé aux recherches
de M. l'Abbé Goujet.
par
Meffire Raimond de Maffac , dont
les defcendans ont joui fans interrup
tion de la nobleffe , qui avoit été accordée
Charles VII en 1434 à
Jean de Mafac fon bifayeul & Chef
de ma Famille , étoit originaire de
Clairac en Agénois , comme il le dit
lui-même. Il quitta fa Patrie pour aller
fixer fon domicile à Orléans l'an 1586..
Ce fait eft prouvé par une Enquête en
de l'autre que d'un pied , on remarquoit cepen-.
dant quelque différence dans le goût de leurs
eaux. Voyez le Traité de ces Fontaines imprimé
à Paris en 1581 .
MARS. 1763. 79
ปี
bonne forme faite le 15 Mars 1678
à la Requête de noble Augé de Maf
fac , Officier au Régiment d'Artois ;
piéce qui eft entre les mains de mon
Père.
Par l'Epitre Dédicatoire de Raimond
de Maffac , au Prince Charles de Gon
zagues de Cleves ( b) premier du nom ,
Duc de Nevers & de Rhêtel , Pair de
France , Prince de Mantoue , & Gou
verneur de Champagne , & de Brie ,
on voit que cet Auteur étoit d'un caractère
gai & qu'il étoit fort recherché
par les perfonnes de la premiere
Qualité. Plufieurs autres de fes écrits en
fourniffent auffi la preuve: On peut
conjecturer par la date de fes derniers
ouvrages , qu'il mourut au commencement
du dix -feptiéme Siécle . Indépendamment
de fa traduction d'Ovide en
vers françois , à laquelle fon fils Char-^
les de Maffac , travailla beaucoup , &
de fon Poëme fur les Eaux de Pou-"
gues , traduit auffi en vers françois par
le même Charles, il en compofa plufieurs
( b ) La branche des Gonzagues de Cleves fut
éteinte par la mort de Ferdinand Charles Gouza- "
gues IV. du nom , Duc de Mantoue & de Montferrat
, & le Cardinal de Mazarin acquit les Duchés
de Nevers & de Rhetel des derniers Ducs de
Mantoue. D iv
7
80 MERCURE DE FRANCE.
1
autres latins.J'en ai vu de fa façon à la tête
d'une édition de Juftin , qu'on réimprima
de fon temps . Il célébra les talens ,
de plufieurs Auteurs fes contemporains.
Il fut lui - même célébré par plufieurs
Sçavans , & fon Poëme latin , dont je
vais vous parler , eft enrichi de notes
grecques & latines de Jacques le Vaf
Jeur , Docteur en Théologie , né à
Vîmes dans le Ponthieu , près d'Abbeville.
Vous fçavez mieux que moi ,
mon cher ami , que la Poëfie Didactique
, ayant pour but principal d'inf
truire les hommes , la bonté des Poëmes
en ce genre doit fe régler fur l'utilité
du Sujet que l'on traite & fur les
avantages qui réfultent des inftructions
qu'on y donne. La beauté de la verfification
, l'abondance dans les images,
la force de l'expreffion & c. ne font
pour ainfi dire , que les machines que
fait jouer le Poëte pour amufer le Lecteur
; machines qui font cependant
néceffaires pour conftituer un corps
d'ouvrage , qui plaife en intéreffant ,
lectorem delectando , pariterque monendo.
Je puis vous affurer que ,
fi vous
lifez vous- même la feconde édition (c).
( c ) Elle fe trouve dans plufieurs Bibliothéques
, & notamment à Paris dans celle du Collé
ge Mazarin .
MARS. 1763.
81
du Poëme , intitulé : Remundi Maffaci
Clarici Agenenfis & Collegii Aurelianenfis
Falcultatis Medica Decani Pugea
, feu de Limphis Pugeqcis libri
duo.
Vous verrez avec plaifir qu'à la folidité
des préceptes repandus dans tout
l'ouvrage , le Poëte a ajouté un air
d'enjouement qui régne depuis le
commencement jufqu'à la fin. On y
y trouve en effet des comparaifons juftes
& bien afforties , de la facilité dans
la verfification , des expreffions délicates
, des tours heureux. L'agrément des
deferiptions fait difparoître la féchereffe
des préceptes. Le Poëte peint partout,
Et il me femble que fon pinceau rend
mieux les couleurs de la nature . Médecin
habile, Philofophe profond, il expofe
avec clarté cette phyfique obfcure , qui
étoit en vogue dans fon temps, & il en
tire dequoi expliquer clairement tout
ce qui a trait à fon ouvrage ; il féme
quelquefois des traits d'une érudition
peu commune ; ce n'eft pas tout : comme
le Poëme Didactique fans épiſode
feroit ennuyeux , il y en mêle fagement
quelqu'une. Enfin je crois qu'on
peut dire fans être taxé de prévention,
que cet ouvrage fait quelque hon-
D V
82 MERCURE DE FRANCE.
neur à fon Siécle. En voici une Ana“ -
lyfe fuccinte qui vous en donnera fans ;
doute l'idée que j'en ai conçue .
'ANALYSE DU PREMIER LIVRE..
Le Poëte , après avoir expofé fon
Sujet en peu de mots , paffe rapidement
fur l'invocation , & nous préfente
de la manière fuivante , le tableau
d'un homme qui reffent les douleurs de
la pierre ..
?
Calculus in cyſtam poftquam de rene pependit -
Labitur , atque fero fenfim impellente vagatur :
Sin minor ipfe locus fuerit , majufque locatum .
Tenditur ureter, tenfufque dolore fatigat
Humanum corpus repetito vulnere pun&um ,
Horrendæ indè cruces , atque irrequieta laborum ›
Colligitur rabies , jacet heu patientia victa ,
Æger agens morbum fecum fua damna ferendo ,
Carfitat huc illuc , ringens , tremebundus , anhelans
,.
Pertælus vitam , pertæfus lumina coeli ,
Mortem orat , Superofque infanâ voce laceffit :
Haud aliter taurus tacito percuffus afilo
Eftuat in rabiem, campos , montefque peragrans
Aëraque immenfum crebris mugitibus urgens ,
Seque fugit , fequiturque , malique renaſcitur Au-.-
&tor.
MARS. 1763. 83
Cette peinture me paroît d'une touche
førte & naturelle. L'Auteur explique enfuite
la formation , les fymptomes, & les
fuites funeftes de cette maladie. Il nous
apprend que ce n'eft pas feulement dans
les canaux urétaires des reins , que fe
forme la pierre : il en a vu lui - même
aux deux côtés du coeur , dans le pou
mon , dans le cerveau & dans d'autres
parties du corps . De -là , fon imagination
le tranfporte fur le bord de la fontaine
de Pougues , où le Dieu de la mé
decine va lui apprendre depuis quel
temps ces eaux coulent dans cette contrée
, avec quelles précautions il faut :
les boire , & comment elles ont la ver
tu de diffoudre la pierre. Le Dieu de
la Loire , dit-il , éleva avec foin une fille
qu'il avoit eue de la Nymphe Pégée.
Cette jeune Nayade fut bien- tôt recherchée
en mariage par tous les Dieux
champêtres ; mais elle dédaigna leurs
tranfports amoureux . Apollon l'apperçut
un jour dans le temps qu'elle chaf
foit. La Beauté , les Charmes , les Grâ
ces , le port majeftueux de la nouvelle
Diane , firent naître à l'inftant dans le
coeur du Dieu , un amour des plus vio--
lens . Il la pourfuivit , mais en vain ; elle
arrive en fuyant fur le bord de la Loire e
D-vj ¦
84 MERCURE DE FRANCE.
où fon père , pour la fouftraire aux
pourfuites d'Apollon , la change en fontaine
. Le Dieu qui la chériffoit , même
après fa métamorphofe , donne aux eaux
de cette fontaine , la vertu de guérir de
plufieurs maladies & particuliérement
celle de la pierre ..
ANALYSE DU DEUXIÉMÉ
LIVRE.
Le Poëte , à qui le Dieu de la médecine
avoit infpiré , pendant un léger
fommeil , ce qu'on a vu dans lé premier
Livre , fe tranfporte maintenant à
l'endroit où coulent les eaux qui font la
matière de fes Vers . Après les avoir
analyfées lui-même , il explique en Phyficien
la formation des fontaines. Il y
a , dit- il , dans la terre & furtout dans
les creux des rochers des réfervoirs où
l'eau fe ramaffant en grande quantité &
fe filtrant dans les canaux fouterrains
prend des couleurs & des goûts différens
, felon les matieres qu'elle rencontre
für fon paffage. Il paroît par ce que
dit notre Poëte , que l'efprit de vitriol
& de fouffre abonde dans les eaux de
Pougues ; ce qui leur donne tant de
vertu pour diffoudre les parties fablonneufes
& tartareufes qui forment la
1
MARS. 1763. 85
1
e
pierre. Après cet éxamen il place adroitement
l'éloge de Henry le Grand qu'il
prie de veiller à la confervation & à
l'embéliffement de ces fources falutaires
, qui font auffi éfficaces pour la
pierre que pour les maux de poitrine.
En finiffant il trace encore avec un
pinceau non moins délicat qu'énergique
, le portrait de plufieurs perfonnes
diftinguées qui avoient été à Pougues
chercher du foulagement à leurs douleurs.
Il faut lire dons l'Ouvrage même
l'éloge pompeux & magnifique qu'il
fait des Gonzagues , des Guifes , des
Longuevilles , des la Châtre. Je me borne
à vous rapporter le plus court ; c'eft
celui de Claude - Catherine de Clermont,
Baronne de Rhetz , & Dame de Dampierre
, fi célébre par fon efprit. Elle
fut Ducheffe de Retz & mourut en
1603 , âgée de foixante ans .
Nec tu carminibus noftris indicta manebis ,
REZIA , grandè decus Mufarum & nobilis arte ;
Et quæ docta fonas æquantia plectra Maronem ;
Parnaffi cultrix & Galli Neftoris uxor ,
Femina virtute & majorum ſtemmate fulgens ,
Sicque tuo fulgebit opus fub nomine noftrum.
Vous connoiffez depuis longtemps
#
86 MERCURE DE FRANCE.
Monfieur , quels font les fentimens
d'eftime , de confidération & d'amitié
avec lefquels
J'ai l'honneur d'être & c.
'A Brive-la-Gaillarde , ce 15 Décembre 17623
Seiziéme Siécle de Monfieur de
MASSAC , Receveur Général des
Fermes du Roi , Abonné au Mercure
, & de la Société Royale d'Agriculture
de la Généralité de Limoges
, à Monfieur DE MONT , de la
même Société , Confeiller au Parlement
de Toulouse & de l'Académie
des Jeux Floraux.
MONSIEUR ,
>
En parcourant la nouvelle Edition
du Dictionnaire de Moreri , vous avez
trouvé , dites-vous qu'il y eft fait
mention d'un Raimond de Maffac ;
Auteur d'un Poëme Latin fur les Eaux
minérales de Pougues ( a ). Vous ne
( a ) Pougues , Village du Nivernois , entre
Nevers & la Charité, étoit autrefois fort renommé,
( je ne fçais s'il l'eft encore ) à caule de deux fentaines
dont les eaux avoient la vertu de guérir de
l'hydropifie & de la pierre. Quoique ces deux
fontaines , dont l'une s'appelloit de S. Léger , &
l'autre de S. Marceau , ne fuffent diftantes l'une
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
doutez point que cet ouvrage ne
foit entre mes mains ; & quoique M.
l'Abbé Goujet en ait parlé affez avantageuſement
dans fa Bibliothéque Françoife
, vous feriez - bien aife que je
vous fiffe connoître plus particuliére--
ment l'Auteur & fon Ouvrage.
Il m'eft d'autant plus aifé de vous
fatisfaire fur le fecond objet de votredemande
, que je viens précisément
de lire avec attention le Poëme dont
il s'agit. Quant aux particularités concernant
l'Auteur , que vous exigez auf--
fi , je ne puis vous en rapporter que
très -peu , qui ont ont échappé aux recherches
de M. l'Abbé Goujet.
par
Meffire Raimond de Maffac , dont
les defcendans ont joui fans interrup
tion de la nobleffe , qui avoit été accordée
Charles VII en 1434 à
Jean de Mafac fon bifayeul & Chef
de ma Famille , étoit originaire de
Clairac en Agénois , comme il le dit
lui-même. Il quitta fa Patrie pour aller
fixer fon domicile à Orléans l'an 1586..
Ce fait eft prouvé par une Enquête en
de l'autre que d'un pied , on remarquoit cepen-.
dant quelque différence dans le goût de leurs
eaux. Voyez le Traité de ces Fontaines imprimé
à Paris en 1581 .
MARS. 1763. 79
ปี
bonne forme faite le 15 Mars 1678
à la Requête de noble Augé de Maf
fac , Officier au Régiment d'Artois ;
piéce qui eft entre les mains de mon
Père.
Par l'Epitre Dédicatoire de Raimond
de Maffac , au Prince Charles de Gon
zagues de Cleves ( b) premier du nom ,
Duc de Nevers & de Rhêtel , Pair de
France , Prince de Mantoue , & Gou
verneur de Champagne , & de Brie ,
on voit que cet Auteur étoit d'un caractère
gai & qu'il étoit fort recherché
par les perfonnes de la premiere
Qualité. Plufieurs autres de fes écrits en
fourniffent auffi la preuve: On peut
conjecturer par la date de fes derniers
ouvrages , qu'il mourut au commencement
du dix -feptiéme Siécle . Indépendamment
de fa traduction d'Ovide en
vers françois , à laquelle fon fils Char-^
les de Maffac , travailla beaucoup , &
de fon Poëme fur les Eaux de Pou-"
gues , traduit auffi en vers françois par
le même Charles, il en compofa plufieurs
( b ) La branche des Gonzagues de Cleves fut
éteinte par la mort de Ferdinand Charles Gouza- "
gues IV. du nom , Duc de Mantoue & de Montferrat
, & le Cardinal de Mazarin acquit les Duchés
de Nevers & de Rhetel des derniers Ducs de
Mantoue. D iv
7
80 MERCURE DE FRANCE.
1
autres latins.J'en ai vu de fa façon à la tête
d'une édition de Juftin , qu'on réimprima
de fon temps . Il célébra les talens ,
de plufieurs Auteurs fes contemporains.
Il fut lui - même célébré par plufieurs
Sçavans , & fon Poëme latin , dont je
vais vous parler , eft enrichi de notes
grecques & latines de Jacques le Vaf
Jeur , Docteur en Théologie , né à
Vîmes dans le Ponthieu , près d'Abbeville.
Vous fçavez mieux que moi ,
mon cher ami , que la Poëfie Didactique
, ayant pour but principal d'inf
truire les hommes , la bonté des Poëmes
en ce genre doit fe régler fur l'utilité
du Sujet que l'on traite & fur les
avantages qui réfultent des inftructions
qu'on y donne. La beauté de la verfification
, l'abondance dans les images,
la force de l'expreffion & c. ne font
pour ainfi dire , que les machines que
fait jouer le Poëte pour amufer le Lecteur
; machines qui font cependant
néceffaires pour conftituer un corps
d'ouvrage , qui plaife en intéreffant ,
lectorem delectando , pariterque monendo.
Je puis vous affurer que ,
fi vous
lifez vous- même la feconde édition (c).
( c ) Elle fe trouve dans plufieurs Bibliothéques
, & notamment à Paris dans celle du Collé
ge Mazarin .
MARS. 1763.
81
du Poëme , intitulé : Remundi Maffaci
Clarici Agenenfis & Collegii Aurelianenfis
Falcultatis Medica Decani Pugea
, feu de Limphis Pugeqcis libri
duo.
Vous verrez avec plaifir qu'à la folidité
des préceptes repandus dans tout
l'ouvrage , le Poëte a ajouté un air
d'enjouement qui régne depuis le
commencement jufqu'à la fin. On y
y trouve en effet des comparaifons juftes
& bien afforties , de la facilité dans
la verfification , des expreffions délicates
, des tours heureux. L'agrément des
deferiptions fait difparoître la féchereffe
des préceptes. Le Poëte peint partout,
Et il me femble que fon pinceau rend
mieux les couleurs de la nature . Médecin
habile, Philofophe profond, il expofe
avec clarté cette phyfique obfcure , qui
étoit en vogue dans fon temps, & il en
tire dequoi expliquer clairement tout
ce qui a trait à fon ouvrage ; il féme
quelquefois des traits d'une érudition
peu commune ; ce n'eft pas tout : comme
le Poëme Didactique fans épiſode
feroit ennuyeux , il y en mêle fagement
quelqu'une. Enfin je crois qu'on
peut dire fans être taxé de prévention,
que cet ouvrage fait quelque hon-
D V
82 MERCURE DE FRANCE.
neur à fon Siécle. En voici une Ana“ -
lyfe fuccinte qui vous en donnera fans ;
doute l'idée que j'en ai conçue .
'ANALYSE DU PREMIER LIVRE..
Le Poëte , après avoir expofé fon
Sujet en peu de mots , paffe rapidement
fur l'invocation , & nous préfente
de la manière fuivante , le tableau
d'un homme qui reffent les douleurs de
la pierre ..
?
Calculus in cyſtam poftquam de rene pependit -
Labitur , atque fero fenfim impellente vagatur :
Sin minor ipfe locus fuerit , majufque locatum .
Tenditur ureter, tenfufque dolore fatigat
Humanum corpus repetito vulnere pun&um ,
Horrendæ indè cruces , atque irrequieta laborum ›
Colligitur rabies , jacet heu patientia victa ,
Æger agens morbum fecum fua damna ferendo ,
Carfitat huc illuc , ringens , tremebundus , anhelans
,.
Pertælus vitam , pertæfus lumina coeli ,
Mortem orat , Superofque infanâ voce laceffit :
Haud aliter taurus tacito percuffus afilo
Eftuat in rabiem, campos , montefque peragrans
Aëraque immenfum crebris mugitibus urgens ,
Seque fugit , fequiturque , malique renaſcitur Au-.-
&tor.
MARS. 1763. 83
Cette peinture me paroît d'une touche
førte & naturelle. L'Auteur explique enfuite
la formation , les fymptomes, & les
fuites funeftes de cette maladie. Il nous
apprend que ce n'eft pas feulement dans
les canaux urétaires des reins , que fe
forme la pierre : il en a vu lui - même
aux deux côtés du coeur , dans le pou
mon , dans le cerveau & dans d'autres
parties du corps . De -là , fon imagination
le tranfporte fur le bord de la fontaine
de Pougues , où le Dieu de la mé
decine va lui apprendre depuis quel
temps ces eaux coulent dans cette contrée
, avec quelles précautions il faut :
les boire , & comment elles ont la ver
tu de diffoudre la pierre. Le Dieu de
la Loire , dit-il , éleva avec foin une fille
qu'il avoit eue de la Nymphe Pégée.
Cette jeune Nayade fut bien- tôt recherchée
en mariage par tous les Dieux
champêtres ; mais elle dédaigna leurs
tranfports amoureux . Apollon l'apperçut
un jour dans le temps qu'elle chaf
foit. La Beauté , les Charmes , les Grâ
ces , le port majeftueux de la nouvelle
Diane , firent naître à l'inftant dans le
coeur du Dieu , un amour des plus vio--
lens . Il la pourfuivit , mais en vain ; elle
arrive en fuyant fur le bord de la Loire e
D-vj ¦
84 MERCURE DE FRANCE.
où fon père , pour la fouftraire aux
pourfuites d'Apollon , la change en fontaine
. Le Dieu qui la chériffoit , même
après fa métamorphofe , donne aux eaux
de cette fontaine , la vertu de guérir de
plufieurs maladies & particuliérement
celle de la pierre ..
ANALYSE DU DEUXIÉMÉ
LIVRE.
Le Poëte , à qui le Dieu de la médecine
avoit infpiré , pendant un léger
fommeil , ce qu'on a vu dans lé premier
Livre , fe tranfporte maintenant à
l'endroit où coulent les eaux qui font la
matière de fes Vers . Après les avoir
analyfées lui-même , il explique en Phyficien
la formation des fontaines. Il y
a , dit- il , dans la terre & furtout dans
les creux des rochers des réfervoirs où
l'eau fe ramaffant en grande quantité &
fe filtrant dans les canaux fouterrains
prend des couleurs & des goûts différens
, felon les matieres qu'elle rencontre
für fon paffage. Il paroît par ce que
dit notre Poëte , que l'efprit de vitriol
& de fouffre abonde dans les eaux de
Pougues ; ce qui leur donne tant de
vertu pour diffoudre les parties fablonneufes
& tartareufes qui forment la
1
MARS. 1763. 85
1
e
pierre. Après cet éxamen il place adroitement
l'éloge de Henry le Grand qu'il
prie de veiller à la confervation & à
l'embéliffement de ces fources falutaires
, qui font auffi éfficaces pour la
pierre que pour les maux de poitrine.
En finiffant il trace encore avec un
pinceau non moins délicat qu'énergique
, le portrait de plufieurs perfonnes
diftinguées qui avoient été à Pougues
chercher du foulagement à leurs douleurs.
Il faut lire dons l'Ouvrage même
l'éloge pompeux & magnifique qu'il
fait des Gonzagues , des Guifes , des
Longuevilles , des la Châtre. Je me borne
à vous rapporter le plus court ; c'eft
celui de Claude - Catherine de Clermont,
Baronne de Rhetz , & Dame de Dampierre
, fi célébre par fon efprit. Elle
fut Ducheffe de Retz & mourut en
1603 , âgée de foixante ans .
Nec tu carminibus noftris indicta manebis ,
REZIA , grandè decus Mufarum & nobilis arte ;
Et quæ docta fonas æquantia plectra Maronem ;
Parnaffi cultrix & Galli Neftoris uxor ,
Femina virtute & majorum ſtemmate fulgens ,
Sicque tuo fulgebit opus fub nomine noftrum.
Vous connoiffez depuis longtemps
#
86 MERCURE DE FRANCE.
Monfieur , quels font les fentimens
d'eftime , de confidération & d'amitié
avec lefquels
J'ai l'honneur d'être & c.
'A Brive-la-Gaillarde , ce 15 Décembre 17623
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Résumé : LETTRE sur un Poëme Latin, du Seiziéme Siécle de Monsieur de MASSAC, Receveur Général des Fermes du Roi, Abonné au Mercure, & de la Société Royale d'Agriculture de la Généralité de Limoges, à Monsieur DE MONT, de la même Société, Conseiller au Parlement de Toulouse & de l'Académie des Jeux Floraux.
La lettre traite d'un poème latin du XVIe siècle intitulé 'Remundi Maffaci Clarici Agenenfis & Collegii Aurelianenfis Facultatis Medica Decani Pugea, seu de Limphis Pugeqcis libri duo', écrit par Raimond de Massac. Raimond de Massac est un noble originaire de Clairac en Agenois, qui s'est installé à Orléans en 1586. Le poème porte sur les eaux minérales de Pougues, un village du Nivernois connu pour ses fontaines aux vertus thérapeutiques contre l'hydropisie et la pierre. Le poème est dédié au Prince Charles de Gonzague de Clèves, Duc de Nevers et de Rethel. Il est apprécié pour son style didactique et instructif, décrivant les symptômes et les traitements de la pierre, ainsi que l'histoire légendaire des fontaines de Pougues. Raimond de Massac mentionne également des personnalités distinguées ayant visité Pougues pour ses vertus curatives. L'auteur de la lettre, Monsieur de Massac, Receveur Général des Fermes du Roi, partage des détails sur la vie et les œuvres de Raimond de Massac, soulignant la qualité littéraire et scientifique du poème. Il mentionne également des traductions en français réalisées par le fils de Raimond, Charles de Massac. La lettre se conclut par une analyse du poème, mettant en avant sa solidité des préceptes et son enjouement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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