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1
p. 74-76
Autres visites. [titre d'après la table]
Début :
Mr Aubert, Introducteur des Ambassadeurs auprés de Monsieur, qu'ils [...]
Mots clefs :
Monsieur Aubert, Visites, Estomac, Oiseaux, Nids, Fortifier
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texteReconnaissance textuelle : Autres visites. [titre d'après la table]
M Aubert , Introducteur
des Ambaſſadeurs auprés de
Monfieur , qu'ils avoient invité
à venir dîner avec eux ,
lors qu'ils pafferent àS. Cloud,
eſtant venu leur rendre viſite,
ils ne cefferent point de parler
de ce Prince & de ſes
desAmb. de Siam. 75
manieres obligeantes. Ils dirent
qu'ils avoient apporté
quantité de choſes de leur Pays,
qui par beaucoup d'experiences
avoient eſté reconnües fort propres
à conferver la fanté,&fur tout
'à fortifier l'estomach , &qu'ils
en offriroient àfon AlreſſeRoyale
, s'ils ofoient prendre cette
liberté, non pas à cause de lava
leur de ces chofes , mais à caufe
de leur utilité.
Parmy ce qu'ils ont apporté
il y a des Nids d'Oiseaux qui
ne font formez que de filets
de Poiffon ; que les Oiseaux
en tirent dans le temps qu'ils
Gij
76 III. P. du Voyage
veulent faire leurs Nids ; ils
pretendent que rien n'eſt
meilleur que ces Nids pour
fortifier l'eſtomach.
des Ambaſſadeurs auprés de
Monfieur , qu'ils avoient invité
à venir dîner avec eux ,
lors qu'ils pafferent àS. Cloud,
eſtant venu leur rendre viſite,
ils ne cefferent point de parler
de ce Prince & de ſes
desAmb. de Siam. 75
manieres obligeantes. Ils dirent
qu'ils avoient apporté
quantité de choſes de leur Pays,
qui par beaucoup d'experiences
avoient eſté reconnües fort propres
à conferver la fanté,&fur tout
'à fortifier l'estomach , &qu'ils
en offriroient àfon AlreſſeRoyale
, s'ils ofoient prendre cette
liberté, non pas à cause de lava
leur de ces chofes , mais à caufe
de leur utilité.
Parmy ce qu'ils ont apporté
il y a des Nids d'Oiseaux qui
ne font formez que de filets
de Poiffon ; que les Oiseaux
en tirent dans le temps qu'ils
Gij
76 III. P. du Voyage
veulent faire leurs Nids ; ils
pretendent que rien n'eſt
meilleur que ces Nids pour
fortifier l'eſtomach.
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Résumé : Autres visites. [titre d'après la table]
M. Aubert, introducteur des ambassadeurs, a été invité à dîner par ces derniers à Saint-Cloud. Les ambassadeurs ont loué les manières du prince et proposé d'offrir à Sa Majesté Royale des articles bénéfiques pour la santé, notamment des nids d'oiseaux formés de filets de poisson, reconnus pour fortifier l'estomac.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 17-71
LETTRE D'UN PHILOSOPHE A MADEMOISELLE DE SCUDERY ; Sur les Maladies des Vapeurs.
Début :
Ce n'est pas sans raison, Mademoiselle, que j'ay peine [...]
Mots clefs :
Vapeurs, Chaleur, Parties, Maladie, Corps, Ventre, Matières, Médecins, Symptômes, Entrailles, Causes, Humeurs, Remèdes, Vie, Estomac, Cerveau, Veines, Esprit, Alambic, Expérience
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE D'UN PHILOSOPHE A MADEMOISELLE DE SCUDERY ; Sur les Maladies des Vapeurs.
LETTRE
D'UN PHILOSOPHE
A MADEMOISELLE
PE SCUDERY ;
C
Sur les Maladies
des
Vapeurs.
E n'eft pas fans raiſon
Mademoiselle,quejay peine
à me refoudre de donner au pu .
blic mes reflexions fur la ma-
Octobre 1691 .
B
18 MERCURE
ladie des Vapeurs , car fi tous
ceux qui mettent au jour des
fentimens qui ne font pas fort
éloignez de ceux du commun ;
ne laiffent pas de s'attirer fort
fouvent les traits piquants de la
critique , avec combien plus de
raifon dois-je les apprehender
puis que je m'éloigne entiere
ment du fentiment de l'Ecole ',
même de celuy de la pluspart
des hommes, & que je m'en
éloigne d'autant plus , que je táche
de defabufer le Public de
certaines preventions , qui ne font
guere moins difficiles à détruire ,
que s'il s'agiffoit d'un Article
GALANT. 19
de Foy ? Car quoy que l'intereft
de la vie foit un fort puiſſant
motif, pour porter le peuple à
faire quelque reflexion fur les
chofes qui la regardent › les Medecins
le tiennent tellement engagé
dans leurs opinions › qu'il
n'y ajoute pas moins de foy que
les Turcs à leur Alcoran. Ainfi
vous pouvez juger de la difficulté
de mon entrepriſe ; & commej'ay
les Anciens les Modernes
à combatre , & que
ple même a foufcrit à l'opinion
contre laquelle j'ay la hardieffe
de me declarer , jeje ne fçaurois
trouver parmy eux que
le
pessdes
Fu-
Bij
20 MERCURE
.
ges fufpects & des gens à ne ceder
ny à la raison , ny à l'expes
rience , à moins qu'ils n'y foient
portez par l'approbation d'un efprit
auffi éclairé que le vostre.
Ouy, Mademoiselle , c'est vous
feule , dont la vertu , le genie ,
le merite connus par toute
l'Europe , vous ont acquis une fi
jufte reputation , qui pouvezobliger
le Public à ne pas rejetter des
Sentimens qui font fondezfur la`
l'experience , & ày raifon
faire une meure reflexion , fans
s'arrefter aveuglement à des opinions
qui font aifées à détruire
quand on veut bien les examiGALANT.
21
>
ner de prés. Mr. Defcartes , ce
grand Philofophe , a euraifon de
dire , qu'à l'égard des matieres
phyfiques il falloit douter de
toutes chofes une fois en fa vie ,
pour en decouvrir la verité , car
'il n'y a que le doute qui nous
porte à faire des experiences ,&
ce n'est que l'experience qui nous
rend pleinement convaincus de
la verité d'une chofe . Si tous les
Medecins fuivoient la pensée de
ce Grand Homme , ils ne demeureroient
pas enfervelis dans des
erreurs , qui captivent fifort leur
entendement, qu'elles ne leur per
mettent pas de joüir des lumieres
22 MERCURE
qu'ils ont receuës de l'Auteur de
la Nature , & ce que je trouve
de plus extraordinaire , c'est que
malgré leur vaine pratique , ils
pretendent que leur art eft établi
fur l'experience & la raison , &
ne peuventfouffrir ceux qui fondezfur
de continuelles experiences,
raiſonnent autrement qu'eux.
Ils veulent qu'on foit aveugle
comme ils lefontes que l'on n'oppofe
rien à l'autorité des Anciens,
comme fi la Medecine , qui eft
le plus noble & le plus difficile
de tous les Arts , pouvoit avoir
acquis dans fon commencement
plus de perfection que tous les
GALANT.
23
que
autres , que nous voyons tous les
jours fe perfectionner. Ne fommes
nous pas en même droit , que
ceux qui font venus immediatement
aprés Hypocrate & Galien
, de verifier ce qu'ils ont
avancé dans leurs Ecrits ?
Y a- t-il rien de plus ridicule
d'alleguer qu'il eft impoffible que
tant d'habiles gens qui ont paru
avant nous , fe foient trompez ?
Pourquoy voulons- nous que ces
gens- là ayent decouvert plus que
nous, s'il est vray qu'ils en ayent
ufé de mefme que nous , & qu'ils
s'en foient entierement rapportez
à leurs Devanciers , fans y avoir
24 MERCURE
fait aucune reflexion ? Le nom-
"bre exceffifdes morts prématurées
la quantité des Malades
languiffans , non feulement des
femaines , des mois , & des années
entieres dans leur lit , mais mefme
toute leur vie , ne fourniſſent- ils
pas des preuves plus que fuffifantes
, pour faire connoiftre que
Medecine que l'on exerce à prefent
, n'eft qu'une ombre de celle
que Dieu a donnée à nos premiers
Peres ? Que fi je m'éloigne du
fentiment des Medecins fur la
nature de la maladie des Vapeurs ,
c'est que la raison & l'experience
me font connoiftre de jour en jour
la
GALANT.
25
la verité de mon hypothefe , &
pour ne pas tarder davantage à
vous decouvrir mon opinion , je
dis que la pretenduë maladie des
Vapeurs n'eft autre choſe que l'affection
hypocondriaque dont les
Anciens font mention . Mais
comme les Medecins croyent que
tous les fymptomes qui accompagnent
cette maladie, ne font qu'un
effet des vapeurs qui s'eflevent
des hypocondres jufques à la tefte,
ils ont nommé depuis quelque
temps cette maladie , Vapeurs , &
cela d'autant plus que ceux qui en
fon atteints ne peuvent fouffrir
ce nom d'affection hypocondria-
Oct. 1691.
C
26 MERCURE
que , comme fi cette maladie në
venoit pas de l'alteration des humeurs
comme les autres .
Il est certain que comme elle
est peu
de chofe dans fon commencement
il feroit aisé de
l'emporter fi l'on fe fervoit
des remedes convenables , mais
elle prend infenfiblement des ra
cines fi profondes que ceux qui
en font atteints fe voyent enfin
hors d'eftat de pouvoir guerir, ne
trouvant aucunfoulagement dans
l'ufage des remedes. Cela vient
de ce que les Medecins ne cherchent
qu'àrafraichir les entrailles
qu'ils croyent toujours embrafees,
GALANT.
27
**
au lieu de fortifier l'eftomach, &
d'empefcher la
generation des
humeurs
excrementeufes qui produifent
tous les
Symptomes 2
dont je feray le détail , & ce que
je trouve de plus pernicieux pour
les malades , c'eft la
prevention
de cette chaleur d'entrailles , dans
laquelle les Medecins les ont
tellement fortifiez par la comparaison
qu'ils leur font d'un
alembic au corps humain , qu'il
n'y a ny raifon ny experience à
laquelle ils veuillent ceder. Mais
pour vous faire voir la tromperie
de cette comparaison , je vais
faire la defcription d'un alembic.
Cij
28 MERCURE
de la maniere qu'on procede à
enfuite je la diftillation ,
feray voir fi les chofes fe paffent
dans le corps
un alembic.
humain comme dans
Un alembic eft un Vaiffeau
composé de deux parties , l'Inferieure
la Superieure . L'Inferieure
s'appelle Cucurbite , & la
Superieure Chapiteau . Ce Chapi
teau a un bec par où fort la liqueur
qui diftille . On met la matiere
dans la Cucurbite, on la
de fon chapiteau. On pofe cet a
lembic fur un trepied , ou fur un
Fourneau , fous lequel on met le
feu , qui ayant échaufe la Cucur
bite fait que l'humidité de la
couvre
GALANT. 29
matiere qu'elle contient s'éleve en
vapeurs , lesquelles paffant par le
col de la cucurbite , font portées
dans le Chapiteau , où par le moyen
de la froideur de l'air qui l'environne
, elles font condenfees en
eau, & cette eau diftille par le bec
du Chapiteau dans un recipiant.
Que s'il y avoit une ouverture
au col de la Cucurbite , les va
peurs pafferoient par cette ouverture
, ce qui eft à remarquer.
Cette comparaison qui a quel
que reffemblance dans fon exte
rieur , a eu l'applaudiffement de
tous ceux qui ne regardent que
l'écorce d'une chofe , mais je vais
Ciij
go MERCURE
faire voir qu'elle cloche dans
toutes fes parties , je commence
par l'operation du feu , premier
agent de la diftillation.
Tous les Medecins demeurent
le coeur est la partie
d'accord
que
la plus
chaude
du corps
, & par.
tant
il faudroit
pour
quadrer
à
leur
comparaison
, que le coeur
fût
placé
fous
le mefentere
, car eftant
placé
comme
il eft dans
la poitri
ne, il faut
de toute
neceffité
que
par
fa
chaleur
il precipite
les
vapeurs
en bas , de même
que
les Chymiftes
diftillent
certaines
matieres
par
depreffion
, ou per
defcenfum
, en mettant
le feu
GALANT.
31
la
allentour de la partie fuperieure
du vaiffeau qui contient la matiere.
Ils diront fans doute que
chaleur qui provient d'une bile
ou atrabile enflamée dans les entrailles
, eft beaucoup Superieure
à celle du coeur , & comme ils ne
peuvent donner aucune raison
qui faffe voir comment se fait
cette inflammation & chaleur
extraordinaire de bile , ils ont recours
aux diverfes effervescences
que les Chymiftes leur font remarquer
dans le meflange d'un
acide d'un alkali , & difent
que la bile fe meflant avec un
acide , il fe fait une grande effer-
Ciiij
32
22 MERCURE
le
vefcence , mais je les deffie , eux
tous les Anatomiftes , de trouver
dans le corps humain deux .
liqueurs qui meflées enfemble faffent
une effervescence tant foit
peu fenfible. Je fçay bien que
bas ventre n'est pas fans vapeurs,
mais je fçay bien auffi que ces
vapeurs ne peuvent pas eftre élevées
jufque dans le Cerveau , à
caufe des divers obftacles qui s'y
oppofent. Premierement le diaphragme
que la nature a eſtabli
fur le bas des coftes , tire au travers
du corps , jufques à l'efpine
du dos , tant pour aider à larefpiration
, que pour feparer les par
GALANT. 33
ties vitales d'avec les naturelles,
cela ne
& empefcher que les vapeurs des
excrements des vifceres naturels,
n'infectent les parties vitales ;
mais fuppofé , quoy que
foit pas , que ces vapeurs paffent
à travers le diaphragme , & entrent
dans la capacité de la poitrine
, par où fortiront- elles , puis
que la poitrine est revestuë d'une
membrane tres - épaiffe , qui ne
donne pas feulement paffage
l'air? Il faudra donc qu'elles foient
bumées é imbibées
par la
fuba
ftance molaffe des Poumons . Cela
eftant , elles feront jettées dehors
par la bouche en l'expiration .
34 MERCURE
Mais fuppofons , pour faire voir
plus amplement la fauffete de leur
hypothefe , qu'elles paſſent à travers
cette membrane qu'on nomme
plevre, & que les parties jugulaires
fi bien clofes , jointes &
uniesfous les clavicules ,foient af
Sez ouvertes
dilatées pour
que ces vapeurs y trouvent paffage
, quand elles auront paffé la
region du col , elles trouveront le
paffage de la bouche ouvert , par
lequel elles feront jettées dehors,
de mefme que fi un Alembic avoit
,
que
le
une ouverture plus bas
chapiteau , les vapeurs fortiroient
par cette ouverture , comme j'ay
GALANT.
35
dit cy-devant. Mais outre tous
ces obftacles , il y a l'os bafilaire
qui en eft un puiffant , & qui ne
leur donnant pas paffage , les
obligera à fortir par le nez. Mais
accordons leur , par fauſſe poſition
, un libre paffage par l'os bafilaire
, elles trouveront la dure
mere qui envelope le Cerveau ,
fi ferme , fiépaiffe , d'une tissure
fi bien battue , qu'elle ne donne
pas paffage à la moindre chofe,
pas même à l'efprit animal qui eft
d'une fubftance tres-fubtile.
Je croy avoir affez clairement
demonstré , que les vapeurs qui
pourroient s'eflever dans le bas
36 MERCURE
ventre , ne sçauroient eftre portées
jufque dans la tefte , à raison du
grand nombre des parties qui font
interpofées , lesquelles toutefois
donnent paffage à trois fortes de
vaißeaux , qui font les veines ,
les arteres , les nerfs , afin que
les humeurs neceffaires pour la
confervation de la vie puiffent
eftre portées dans toutes les parties
du corps . Puis qu'il n'y a
donc que ces trois conduits par
lefquels ce qui peut eftre porté à
la tete puiffe trouver paßage , il
faut de toute neceffité que ce foit
par leur capacité , ou partie interieure
, qui fe trouve pourtant fi
GALANT.
37
remplie de diverfes fubftances ,
qu'elle nesçauroit eftre affez va
fte pour donner paffage aux vapeurs
, car les veines font continuellement
pleines de fang. Les
arteres , quoy que moins remplies,
font encore moins capables de donner
paffage à des vapeurs , dont
la molleffe ne sçauroit penetrer
les fortes & epaiffes tuniques de
ces arteres , outre que quand même
elles y feroient entrées , elles
feroient diffipées confumées par
la grande ardeur du fang ) des
efprits vitaux. A l'egard des nerfs,
ils font fi remplis de la pulpe cerebrale
, qui eft plus condensée &
า
38 MERCURE
un peu plus feiche que n'eft le
corps du cerveau , que ces fubftances
vaporeuſes y trouveront enco
re moins de paffage que dans les
veines. Ajoutez à cela , que fi
ces vapeurs montoient par les
nerfs , elles s'y condenferoient en
eau , àraifon de la frigidité de ces
parties , qui eft beaucoup plus grande
celle du Cerveau.
que
Les Medecins tafchant d'éluder
la force de ce raisonnement
ne manqueront pas d'alleguer l'autorité
des Anciens lors que parlant
de l'épilepſie qui ſe fait par
Sympathie , ils difent que
peurmaligne monte dupiedpar les
ร
la va
GALANT:
39
les
parties mufculeufes &nerveuses
jufques à la tefte , ce qui ne pour
roit eftre , difent- ils , s'il n'y avoit
quelque efpace fuffifant en la
partie
interieure des nerfs pour luy
donner paffage. Fe fçay bien que
La fubftance maligne qui fait l'Epilepfie
, trouve paffage par
nerfspour monter jusques au cerveau
, mais il ne s'enfuit pas de
les vapeurs trouvent lies.
d'y paffer , car la fubftance maligne
qui fait l'Epilepfie , estant
auffi fubiile que celle de l'efprit
animal , eft bien differente de celle
des vapeurs qui eft groffiere comme
celle des vapeurs que nous
là
que
40 MERCURE
voyons s'élever de la terre. Mais
enfin files vapeurs du bus venire
montoient jufque dans la tefte,
nous aurions continuellement an
nez les odeurs puantes des matieres
excrementeufes , d'autant
plus que ces odeurs font d'une
fubftance beaucoup plus fubtile
les
que vapeurs.
Il eft facile de juger par ce que
je viens de dire , fi un alembic
dans lequel il n'y a nul obftacle
pour empefcher les vapeurs de
monter au chapiteau , fans parler
de la differente conftruction, peut
eftre comparé au corps humain ,
qui eft l'ouvrage vifible le plus
GALANT.
4I
admirable que Dieu ait fait ;
& pour voir que peu de choſe
change une operation , il n'y a
qu'à prendre du papier trempé
dans l'huile , ou une éponge , &
l'appliquer au fommet de la
cucurbite lors qu'on diftille du
vin , & l'on verra fi une chofe
interposée change l'operation :
car ce papier, ou cette éponge
laifferont paffer l'esprit du vin ,
& retiendront le phlegme , qui
s'éleve en vapeurs jusqu'à cette
interpofition . N'y ayant donc
pas de vapeurs qui montent jufque
dans la teste , non plus que
deprétendues effervescences d'en-
Oct. 1691. D
ந 4
42 MERCURE
trailles, il ne faut pas s'étonner
files Medecins ne peuvent guerir
ceux quifont atteints de cette
maladie , puis qu'ils n'en connoiffent
pas la caufe. Mais
afin que chacun puiffe mieux
juger de fa nature , je vais
faire un dénombrement des
Symptômes qui l'accompagnent,
enfuite je parleray de leur
cauſe.
Les fymptômes en general qui
accompagnent cette maladie, font
des rots aigres , des nauſées , vomiffemens
des chofes aigres , aufteres
, & acerbes
douleur &
onftipation de ventre , tenfion
→
GALANT.
43
aux hypocondres , palpitation de
coeur, compreffion des parties précordiales
refpiration difficile , &
quelquefois , crainte de fuffocation
& étranglement , de mesme
que les Femmes hyfleriques , pe-
Janteur & douleur de teste ,
bourdonnement aux oreilles , falivation
, ébloÿiſſement, vertige,
ardeur dans les hypocondres
bruit
vague
fiéures errantes ,
dans le ventre , laffitude fpontanée
, veilles ,fommeil interrompu,
crainte , triftoffe , chagrin , incon-
Stance & quelquefois convul
fions & delire. Tous ces fymptômes
ne ſe manifeftent pas à cha-
Dij
44 MERCURE
cun de ceux qui font atteints de
cette maladie ; car il ༧ en a qui
n'en reffentent qu'un , d'autres
deux , d'autres trois , & d'autres
davantage. Aux uns ces fymptômes
font fort legers , aux autres
fort violens felon la diverfe
dépravation du fang. & des efprits
; mais comme cette maladie
devient fort commune , je veux
tâcher de ne rien obmettre de ce
qui peut donner quelque lumiere
pour en connoiftre la vraye cause,
pour cet effet , je vous diray
qu'il y a certaines gens qui yfont
beaucoup plus fujets que
tres ; fçavoir ceux qui de naifd'auGALANT.
45
-
fance ont les vifceres naturels
debiles & mal conftituez ; ceux
qui fontfujets à la crapule ; ceux
qui mangent une grande divers
fité de viandes , menent une
vie fedentaire ; ceux qui travaillent
beaucoup d'esprit ,
principalement dès qu'ils ont pris
leur repas , & ceux qui perdent
quelque évacuation naturelle .
Toutes ces perfonnes - là font fu
jettes à des crudite d'eftomach,
qui font la fource de tous ces
Symptômes.
Ccux qui ont les viſceres nai
turels debiles & mal conftituez,
font fujets à cette maladie , parce
46 MERCURE
que
leurs vifceres ne faifant pas
bien leur for ction , à raifor de
leur foibleffe , les alimens ne reçoivent
pas une coction leüable ,
d'où procedent des humeurs excrementeufes
, cruës , acres , aufteres
, & acerbes , quife meflent
avec le fang, l'alterent ,forment
des obstructions , & caufent tous
les fymptômes dont nous avons
fait mention.
Ceux qui s'adonnent à la crapule
font fujets à cette maladie ,
parce que mangeant & beuvant.
à toute heure fans difcretion , &
fans que la digeftion foit faite,
il fe fait un mélange des parties.
GALANT.
47
ites du chile avec les cruës,
lesquelles eftant portées dans les
veines alterent le fang. & enfuite
les vifceres , & caufent ces
divers fymptômes.
Ceux qui mangent diverfité
de viandes ( quoy qu'is n'exce
dentpas en quantité ) menent
une vie fedentaire ,font fujets à
la même maladie, parce que quelques
petites parties trues des
viandes , moins fácilesà digerer,
étant entraînées par celles qui
font de facile digeftion , jufque
dans les veines ne sçauroient
eftre domptées par la chaleur naturelle
des parties , à raison
48 MERCURE
qu'elle est moins vigoureufe
ceux qui menent une vie fem
dentaire , qu'en ceux qui travaillent
, ce qui fait que ces pe
tites parties crues venant à fe
multiplier , caufent alteration
au fang & aux viſceres , &
produifent ces fymptômes.
Ceux qui travaillent beaucoup
de l'efprit , & fur tout immediatement
aprés le repas , ne
font pas moins fujets aux vaà
raison des crudite
peurs ,
qu'ils engendrent , parce que par
ta grande application & reflexion
fur quelque matiere , les
efprits des parties naturelles qui
doivent
GALANT
49
doivent s'occuper à la coction des
alimens,font attirez au cerveau,
ce qui fait que l'estomach fe
trouve dénué de la quantité neceffaire
des efprits pour faire la
coction des alimens , d'où s'enfuit
un chile crud , & indigefte , capable
de produire tous ces fymptômes
, par les raifons que j'ay
alleguées.
Ceux qui perdent quelque éva
cuation naturelle , comme les Filles
& les Femmes ,&les hommes
fujets au flux hémorrohidal , Se
trouvent auffi tourmentez de
vapeurs , parce que la maffe du
fang eftant purifiée de toutes les
Octobre 1691 . E
50 MERCURE
matieres fuperflues & heteroge
nes , par
le moyen de ces évacuations
, il
arrive que lors
qu'
elles viennent à ceſſer , le fang
& les efprits en restent alterez ,
& caufent divers fymptomes ,
comme l'on peut facilement remarquer
aux Filles & aux Femmes
qui perdent leurs menftruës
avant le temps.
On me pourra objecter qu'une
facheufe nouvelle de la mort
d'une perfonne que l'on aime
tendrement , ou de la ppeerrttee d'un
procés de confequence , peut produire
cette maladie , fans qu'on
en puiſſe attribuer la cause à
GALANT.
51
l'eftomach. Mais confiderez, s'il
vous plaift , les effets d'une facheufe
nouvelle, & vous verrez
que c'est l'estomach qui en pâtit
le premier ; car il eft conftant que
fi cette mauvaise nouvelle arrive
à un homme qui fe met à table
avec bon appetit , il le perd d'abord
,
parce que
les esprits eftant
agitez& troublezpar le rapport
qu'on luyfair, tiennent un mouvement
quipervertit l'oeconomie
de l'eftomach , d'où procedent enfiute
des cruditez,quietant aigres
coagulent le fang, embaraffent
les efprits , & caufent cette tri-
Steffe , qui fe manifefte fur le
E ij
52 MERCURE
vifage , & enfuite tous les autres
Symptomes.
Par toutes ces raisons il me
femble qu'on peut conclurre hardiment
, que la fource de cette maladie
eft à l'estomach , d'autant
plus que dans fon commencement,
ilfe manifefte des symptomes , qui
marquent affez que cette partie
est affectée , comme font les rots,
la nauſée , le vomiſſement & les
cruditez , fouvent pesanteur
à l'estomach aprés le repas . Il
faut maintenant examiner les
Symptomes , & principalement
ceux qui portent le plus les Medecins
à fe fervirde rafraichisans,
GALANT
53
comme font l'ardeur qu'on fent
aux entrailles , la conftipation
aftriction de ventre.
E
que ceux qui Il est constant
font atteints de cette maladie
fentent quelquefois une grande
ardeur aux entrailles ; mais il
eft vray de dire auffi que cette
ardeur n'est qu'un fymptome qui
nefuit pas mefme toujours cette
maladie. Cependant les Medecins
prétendent que c'est la chaleur
d'entrailles , foit qu'elle fe
manifefte oouu nnoonn ,, qui en eft
la caufe efficiente & c'est làdeffus
qu'ils fondent leur pratique
; mais malheur à ceux qui
E iij
54 MERCURE
par
ques
la fuivent. Fay fait affez voir
la Lettre que j'ay écrite à
"M Chapelas , Curé de S. Facde
la Boucherie , la verita
ble caufe des chaleurs extraor
dinaires que nous fentons , & il
feroit à fouhaiter que quelqu'un
de ces Meffieurs vouluſt prendre
la peine d'expliquer comme quoy
fe fait cette chaleur d'entrailles,
comment s'enflame la bile.
me ferois un grand plaifir de
leur repliquer, de leur faire
voir que cette chaleur est un effet
de l'indigeftion des cruditez ;
à quoy les rafraichiffans font
contraires , & ce n'est pas eftre
Fe
GALANT.
55
Medecin que de vouloir détruire
un fymptome par des remedes
tout- à-fait contraires à la cauſe
de la maladie du fymptome ;
&pour voir
fans font contraires à cette maladie
, quand me
que
les rafraichif
mesme
elle
proviendroit
d'une effervescence
caufée par le mélange de la bile
& d'un acide , il n'y a qu
confiderer que cet acide morbifi
que, qui est de qualité froide,provient
de l'indigeftion & des cru
ditez de l'eftomac , & partant
l'effet auffi- bien que fa caufe ,
demande des remedes chauds
pour aider la coction des alimens,
E iiij
56 MERCURE
& empefcher la generation de
l'acide , lequel estant détruit
il n'y fçauroit avoir aucune effervefcence
, comme ils fuppofent.
A l'égard de la conftipation du
ventre , ils pretendent auffi que
c'eſt un effet de la chaleur d'entrailles
, laquelle deffeche les matieres
excrementeufes ; mais fi
nous faifons reflexion fur ce qui
endurcit deffeche les matieres
humides , nous verrons qu'il
eft impoffible que la chaleur d'entrailles
puiffe endurcir &fecher
les matieres excrementeufes dans
les inteftins. Je remarque que
GALANT.
57
les fubftances molles & liquides
deviennent dures & feches par
trois voyes , fçavoir par la chaleur
qui en fait evaporer l'humidité
, ou par le froid qui en
arrefte le mouvement & les congele,
oupar l'intervention ou mélange,
de quelque matiere , qui en
lie & refferre les parties . Or
comme il n'y a dans le corps
main aucun feu materiel & vifible
, & que noftre feu interne
n'est que l'humide radical
qu'Hippocrate appelle ignis
mollis , qui fait toutes les fontions
&la chaleur du corps hu
main , il faut croire que
la
bucon58
MERCURE
ftipation du ventre exficcation
des matieres excrementeuses , ne
viennent pas d'une chaleur . Que
s'il y avoit unfeu dans le feu dans le corps
humain , capable de deffecher les
excrements fecaux , il est conftant
qu'il deffecheroit auparavant
les inteftins , car on ne peut
jamais deffecher une fubftance
humide dans un vaisseau humide
, que le vaiffeau ne foit
prealablement deffeché. Ainfi fi
les excrements fecaux étoient deffechezpar
la chaleur , il eft certain
qu'il faudroit que les inteftins
fuffent auparavant def-
Lechez ce qui ne peut arriver
f
7
59
GALANT.
qu'en perdant la vie . D'ailleurs
fi les matieres excrementeuses
étoient deffechées par la chaleur ,
l'humidité qui en evaporeroit
,
devroit infailliblement
paſſer par
l'eftomach
, enfuite fortir par
La bouche , par le nez &
ainfi caufer continuellement de
mauvaifes odeurs. Si la chaleur
eft la caufe de la conftipation du
ventre , d'où vient qu'il eft fou
vent trop libre , dans les fievres
les plus violentes ? Ce n'est pas
non plus la chaleur qui deffeche
les febricitans , c'est une era
reur de croire la
chaleur
qui
accompagne les hectiques , foit
que
60 MERCURE
caufe de leur ficcité & extenuation
, car cette chaleur n'eſt qu'un
Symptome auffi bien que laficcité,
qui provient de l'humeur excrementeuse
de la premiere digeftion ,
laquelle étant portée dans les veines
avec le chile , devient la caufe
occafionelle de la chaleur febrile
corrompant la maffe du
fang , la rend impropre pour la
nutrition des parties , lefquelles
ne pouvant jouir d'un aliment
convenable , pour reparer l'humide
radical qui fe confume continuellement,
il faut de toute necef
fité qu'elles fe deffechent , & remarquez
, s'il vous plaiſt , qu'un
GALANT. 61
arbre qui devient fec , eftant plan
té en terre , ne contracte pas cette
ficcité par l'ardeur du Soleil, mais
bien faute de pouvoir recevoir de
la terre fon aliment convenable.
Il me femble que jay fait
veir affez clairement que les matieres
excrementeufes ne font pas
durcies & fechées par le moyen
de la chaleur des entrailles , o
il ne me fera pas fort difficile de
perfuader qu'elles ne peuvent
estre durcies & coagulées par le
froid , parce qu'il n'y a qui que
ce foit qui ne fcache qu'un tel
degré de froideur dans le
humain cauferoit infailliblement
corps
62 MERCURE
la mort ; de forte que les matieres
excrementeufes ne pouvant
eftre durcies & fechées , ny par
la chaleur , ny par la froideur,
il faut donc que ce foit par le
mélange de quelque matiere qui
en lie & refferre les parties , de
mefme que nous voyons la liqueur
de Tartre & celle de l'Alum mêlées
enfemble former une craye
dure & feche, fans le fecours
d'aucune chaleur . Or comme nous
que
les bumeurs
avons fait voir
excrementeufes
de la premiere
coction font la caufe de tous les
Symptomes
qui accompagnent
cette maladie , & que
la confti2
63
GALANT.
que
pation de ventre en est un des
plus frequens , il eft vray de dire
les humeurs excrementeuses
qui proviennent de la premiere
coction eftant aigres , austeres
acerbes, font la cauſe de la conftipation
du ventre. Auffi voyonsnous
que le Vinaigre , les Coins ,
les Sorbes & le Verjus , qui font
aigres, austeres , & acerbes, font
astringens propres pour arrêter
les flux de ventre , & filon
confideroit que les fruits qui font
aigres , aufteres & acerbes avant
leur maturité , meuriffert & deviennent
doux par le moyen de
la chaleur du Soleil , on fe fer64
MERCURE
ture ,
viroit ,fuivant l'ordre de la na
des remedes chauds , ftomachiques
, & convenables pour
aider la coction de l'eftomach &
dulcifier ces humeurs aigres , aufteres
& acerbes , afin de les rendre
propres & utiles à la nutrition
des parties , & éviter tous
les fymptomes qu'elles produifent;
& mesme fi l'onfaifoit reflexion
fur l'ufage desClifteres rafraichif
fan on s'appercevroit bien qu'ils
ne font pas d'une grande utilité,
puis qu'en vuidant les inteftins,
ils les rendent plus propres à endurcir
les matieres excrementeufes.
Auffi l'on voit ordinairement
GALANT.
65
que ceux qui ufent ſouvent de
Clisteres , font toujours conftipez
du ventre , parce qu'ils refroidiffent
& refferrent les inteftins,
leur impriment une qualité
astringente.
Ayant affez verifié que ces
deux symptomes , fçavoir l'ardeur
des entrailles , & la conftipation
du ventre , viennent des
cruditez de la premiere coction ,
& partant qu'ils requierent des
remedes qui
échauffent & fortifient
l'eftomach, vous n'aurez pas
peine à croire que les naufées , les
vomiffemens , les rots aigres &
la falivation qui proviennent
O &. 1691. F
66 MERCURE
des humeurs cruës , indigestes &
acides de l'eftomach, & qui marquent
visiblement la foibleffe &
dépravation de la premiere coction
, veulent des remedes de la
mefme nature ; & quant aux
autres fymptomes, fi ces humeurs
excrementeuses font portées avec
le chile dans les veines , elles
affectent les parties où elles font
déchargées , & y cauſent divers
accidens , felon la diverfité des
parties & la qualité des humeurs .
Si c'est à la tefte , elles y caufent
douleur , vertige , bourdonnement
aux oreilles , & fi elle's
font portées à la poitrine , elles
GALANT: 67
caufent difficulté de respirer ,fuffocation
palpitation de coeur .Que
fi ellesfont portées au bas ventre ,
elles y caufent la colique , ardeur
, tenfion aux hypocondres ,
ainfi des autres parties . Mais
quelquefois par le fejour qu'el
les font dans quelque vifcere
elles acquiérent une malignité
dont les accidens font auffi dangereux
que ceux des plus pernicieux
poifons ; & ce qui est à
confidérer , c'est que ces humeurs
font capables de recevoir autant
d'impreffions malignes , qu'il y a
d'animaux , de vegetaux , & de
mineraux veneneux , & d'atta
Fij
68 MERCURE
quer
les mefmes parties du corps
humain que la fubstance maligne
de ces trois regnes attaque,
Car de mefme que l'Opium affoupit
les fens , que la Cantaride
bleffe particulièrement la veffie de
Purine ; & le Liévre marin , le
poumon ; & que la vertu de la
Torpille marine paffant à la main
du Pefcheur par la continuité du
bâton , dont il l'aura touchée , &
de la main au bras , puis confécutivement
au cerveau , caufe
une ftupeur engourdiffement
par tout le corps , & que le fouphre
arfenical des mineraux , caufe
des évacuations violentes par
GALANT.
69
2
haut & par bas , des fueurs froi
des & des fyncopes ; de mefme
ces - matieres excrementeuses
quand elles ont acquis la qualité
maligne de l'Opium , caufent les
affections comateuses . Si elles ac
quiérent la qualité des Cantarides
, elles caufent des ardeurs
d'urine , & ulceration à la
veffie. Si elles acquiérent la qualité
du Liévre marin , elles caufent
des Peripneumonies › Phtifies
, Aftmes , autres affections
des poumons . Si elles acquiérent
la qualité de la Torpille marine ,
elles caufent des Stupeurs & Pavalifies,
& fi elles acquiérent la
qualité du Souphre Arfenical
70 MERCURE
des Mineraux » elles cauſent des
fueursfroides, des fyncopes , des
vomiffemens , des diarrhées , &
cette dangereufe maladie qu'on
appelle Cholera morbus on Mi
ferere ; & ces Symptomes ve
nant de la mefme fource que
autres demandent les mefmes
remédes . Voila , Mademoiselle ,
quelles font mes reflexions fur
cette maladie , qui eft le fleau des
Medecins ; mais comme l'on n'ales
bandonne pasfacilement les préjugez,
& qu'on trouve toujours
quelques difficultez àoppofersj'of
fre de les refoudre à tous ceux qui
lefouhaiteront ; ils n'auront qu'à
GALANT . 71
prendre la peine de venir chez
moy , rue Bourtibourg › vis- à- vis
les Coches de Fontainebleau.
D'UN PHILOSOPHE
A MADEMOISELLE
PE SCUDERY ;
C
Sur les Maladies
des
Vapeurs.
E n'eft pas fans raiſon
Mademoiselle,quejay peine
à me refoudre de donner au pu .
blic mes reflexions fur la ma-
Octobre 1691 .
B
18 MERCURE
ladie des Vapeurs , car fi tous
ceux qui mettent au jour des
fentimens qui ne font pas fort
éloignez de ceux du commun ;
ne laiffent pas de s'attirer fort
fouvent les traits piquants de la
critique , avec combien plus de
raifon dois-je les apprehender
puis que je m'éloigne entiere
ment du fentiment de l'Ecole ',
même de celuy de la pluspart
des hommes, & que je m'en
éloigne d'autant plus , que je táche
de defabufer le Public de
certaines preventions , qui ne font
guere moins difficiles à détruire ,
que s'il s'agiffoit d'un Article
GALANT. 19
de Foy ? Car quoy que l'intereft
de la vie foit un fort puiſſant
motif, pour porter le peuple à
faire quelque reflexion fur les
chofes qui la regardent › les Medecins
le tiennent tellement engagé
dans leurs opinions › qu'il
n'y ajoute pas moins de foy que
les Turcs à leur Alcoran. Ainfi
vous pouvez juger de la difficulté
de mon entrepriſe ; & commej'ay
les Anciens les Modernes
à combatre , & que
ple même a foufcrit à l'opinion
contre laquelle j'ay la hardieffe
de me declarer , jeje ne fçaurois
trouver parmy eux que
le
pessdes
Fu-
Bij
20 MERCURE
.
ges fufpects & des gens à ne ceder
ny à la raison , ny à l'expes
rience , à moins qu'ils n'y foient
portez par l'approbation d'un efprit
auffi éclairé que le vostre.
Ouy, Mademoiselle , c'est vous
feule , dont la vertu , le genie ,
le merite connus par toute
l'Europe , vous ont acquis une fi
jufte reputation , qui pouvezobliger
le Public à ne pas rejetter des
Sentimens qui font fondezfur la`
l'experience , & ày raifon
faire une meure reflexion , fans
s'arrefter aveuglement à des opinions
qui font aifées à détruire
quand on veut bien les examiGALANT.
21
>
ner de prés. Mr. Defcartes , ce
grand Philofophe , a euraifon de
dire , qu'à l'égard des matieres
phyfiques il falloit douter de
toutes chofes une fois en fa vie ,
pour en decouvrir la verité , car
'il n'y a que le doute qui nous
porte à faire des experiences ,&
ce n'est que l'experience qui nous
rend pleinement convaincus de
la verité d'une chofe . Si tous les
Medecins fuivoient la pensée de
ce Grand Homme , ils ne demeureroient
pas enfervelis dans des
erreurs , qui captivent fifort leur
entendement, qu'elles ne leur per
mettent pas de joüir des lumieres
22 MERCURE
qu'ils ont receuës de l'Auteur de
la Nature , & ce que je trouve
de plus extraordinaire , c'est que
malgré leur vaine pratique , ils
pretendent que leur art eft établi
fur l'experience & la raison , &
ne peuventfouffrir ceux qui fondezfur
de continuelles experiences,
raiſonnent autrement qu'eux.
Ils veulent qu'on foit aveugle
comme ils lefontes que l'on n'oppofe
rien à l'autorité des Anciens,
comme fi la Medecine , qui eft
le plus noble & le plus difficile
de tous les Arts , pouvoit avoir
acquis dans fon commencement
plus de perfection que tous les
GALANT.
23
que
autres , que nous voyons tous les
jours fe perfectionner. Ne fommes
nous pas en même droit , que
ceux qui font venus immediatement
aprés Hypocrate & Galien
, de verifier ce qu'ils ont
avancé dans leurs Ecrits ?
Y a- t-il rien de plus ridicule
d'alleguer qu'il eft impoffible que
tant d'habiles gens qui ont paru
avant nous , fe foient trompez ?
Pourquoy voulons- nous que ces
gens- là ayent decouvert plus que
nous, s'il est vray qu'ils en ayent
ufé de mefme que nous , & qu'ils
s'en foient entierement rapportez
à leurs Devanciers , fans y avoir
24 MERCURE
fait aucune reflexion ? Le nom-
"bre exceffifdes morts prématurées
la quantité des Malades
languiffans , non feulement des
femaines , des mois , & des années
entieres dans leur lit , mais mefme
toute leur vie , ne fourniſſent- ils
pas des preuves plus que fuffifantes
, pour faire connoiftre que
Medecine que l'on exerce à prefent
, n'eft qu'une ombre de celle
que Dieu a donnée à nos premiers
Peres ? Que fi je m'éloigne du
fentiment des Medecins fur la
nature de la maladie des Vapeurs ,
c'est que la raison & l'experience
me font connoiftre de jour en jour
la
GALANT.
25
la verité de mon hypothefe , &
pour ne pas tarder davantage à
vous decouvrir mon opinion , je
dis que la pretenduë maladie des
Vapeurs n'eft autre choſe que l'affection
hypocondriaque dont les
Anciens font mention . Mais
comme les Medecins croyent que
tous les fymptomes qui accompagnent
cette maladie, ne font qu'un
effet des vapeurs qui s'eflevent
des hypocondres jufques à la tefte,
ils ont nommé depuis quelque
temps cette maladie , Vapeurs , &
cela d'autant plus que ceux qui en
fon atteints ne peuvent fouffrir
ce nom d'affection hypocondria-
Oct. 1691.
C
26 MERCURE
que , comme fi cette maladie në
venoit pas de l'alteration des humeurs
comme les autres .
Il est certain que comme elle
est peu
de chofe dans fon commencement
il feroit aisé de
l'emporter fi l'on fe fervoit
des remedes convenables , mais
elle prend infenfiblement des ra
cines fi profondes que ceux qui
en font atteints fe voyent enfin
hors d'eftat de pouvoir guerir, ne
trouvant aucunfoulagement dans
l'ufage des remedes. Cela vient
de ce que les Medecins ne cherchent
qu'àrafraichir les entrailles
qu'ils croyent toujours embrafees,
GALANT.
27
**
au lieu de fortifier l'eftomach, &
d'empefcher la
generation des
humeurs
excrementeufes qui produifent
tous les
Symptomes 2
dont je feray le détail , & ce que
je trouve de plus pernicieux pour
les malades , c'eft la
prevention
de cette chaleur d'entrailles , dans
laquelle les Medecins les ont
tellement fortifiez par la comparaison
qu'ils leur font d'un
alembic au corps humain , qu'il
n'y a ny raifon ny experience à
laquelle ils veuillent ceder. Mais
pour vous faire voir la tromperie
de cette comparaison , je vais
faire la defcription d'un alembic.
Cij
28 MERCURE
de la maniere qu'on procede à
enfuite je la diftillation ,
feray voir fi les chofes fe paffent
dans le corps
un alembic.
humain comme dans
Un alembic eft un Vaiffeau
composé de deux parties , l'Inferieure
la Superieure . L'Inferieure
s'appelle Cucurbite , & la
Superieure Chapiteau . Ce Chapi
teau a un bec par où fort la liqueur
qui diftille . On met la matiere
dans la Cucurbite, on la
de fon chapiteau. On pofe cet a
lembic fur un trepied , ou fur un
Fourneau , fous lequel on met le
feu , qui ayant échaufe la Cucur
bite fait que l'humidité de la
couvre
GALANT. 29
matiere qu'elle contient s'éleve en
vapeurs , lesquelles paffant par le
col de la cucurbite , font portées
dans le Chapiteau , où par le moyen
de la froideur de l'air qui l'environne
, elles font condenfees en
eau, & cette eau diftille par le bec
du Chapiteau dans un recipiant.
Que s'il y avoit une ouverture
au col de la Cucurbite , les va
peurs pafferoient par cette ouverture
, ce qui eft à remarquer.
Cette comparaison qui a quel
que reffemblance dans fon exte
rieur , a eu l'applaudiffement de
tous ceux qui ne regardent que
l'écorce d'une chofe , mais je vais
Ciij
go MERCURE
faire voir qu'elle cloche dans
toutes fes parties , je commence
par l'operation du feu , premier
agent de la diftillation.
Tous les Medecins demeurent
le coeur est la partie
d'accord
que
la plus
chaude
du corps
, & par.
tant
il faudroit
pour
quadrer
à
leur
comparaison
, que le coeur
fût
placé
fous
le mefentere
, car eftant
placé
comme
il eft dans
la poitri
ne, il faut
de toute
neceffité
que
par
fa
chaleur
il precipite
les
vapeurs
en bas , de même
que
les Chymiftes
diftillent
certaines
matieres
par
depreffion
, ou per
defcenfum
, en mettant
le feu
GALANT.
31
la
allentour de la partie fuperieure
du vaiffeau qui contient la matiere.
Ils diront fans doute que
chaleur qui provient d'une bile
ou atrabile enflamée dans les entrailles
, eft beaucoup Superieure
à celle du coeur , & comme ils ne
peuvent donner aucune raison
qui faffe voir comment se fait
cette inflammation & chaleur
extraordinaire de bile , ils ont recours
aux diverfes effervescences
que les Chymiftes leur font remarquer
dans le meflange d'un
acide d'un alkali , & difent
que la bile fe meflant avec un
acide , il fe fait une grande effer-
Ciiij
32
22 MERCURE
le
vefcence , mais je les deffie , eux
tous les Anatomiftes , de trouver
dans le corps humain deux .
liqueurs qui meflées enfemble faffent
une effervescence tant foit
peu fenfible. Je fçay bien que
bas ventre n'est pas fans vapeurs,
mais je fçay bien auffi que ces
vapeurs ne peuvent pas eftre élevées
jufque dans le Cerveau , à
caufe des divers obftacles qui s'y
oppofent. Premierement le diaphragme
que la nature a eſtabli
fur le bas des coftes , tire au travers
du corps , jufques à l'efpine
du dos , tant pour aider à larefpiration
, que pour feparer les par
GALANT. 33
ties vitales d'avec les naturelles,
cela ne
& empefcher que les vapeurs des
excrements des vifceres naturels,
n'infectent les parties vitales ;
mais fuppofé , quoy que
foit pas , que ces vapeurs paffent
à travers le diaphragme , & entrent
dans la capacité de la poitrine
, par où fortiront- elles , puis
que la poitrine est revestuë d'une
membrane tres - épaiffe , qui ne
donne pas feulement paffage
l'air? Il faudra donc qu'elles foient
bumées é imbibées
par la
fuba
ftance molaffe des Poumons . Cela
eftant , elles feront jettées dehors
par la bouche en l'expiration .
34 MERCURE
Mais fuppofons , pour faire voir
plus amplement la fauffete de leur
hypothefe , qu'elles paſſent à travers
cette membrane qu'on nomme
plevre, & que les parties jugulaires
fi bien clofes , jointes &
uniesfous les clavicules ,foient af
Sez ouvertes
dilatées pour
que ces vapeurs y trouvent paffage
, quand elles auront paffé la
region du col , elles trouveront le
paffage de la bouche ouvert , par
lequel elles feront jettées dehors,
de mefme que fi un Alembic avoit
,
que
le
une ouverture plus bas
chapiteau , les vapeurs fortiroient
par cette ouverture , comme j'ay
GALANT.
35
dit cy-devant. Mais outre tous
ces obftacles , il y a l'os bafilaire
qui en eft un puiffant , & qui ne
leur donnant pas paffage , les
obligera à fortir par le nez. Mais
accordons leur , par fauſſe poſition
, un libre paffage par l'os bafilaire
, elles trouveront la dure
mere qui envelope le Cerveau ,
fi ferme , fiépaiffe , d'une tissure
fi bien battue , qu'elle ne donne
pas paffage à la moindre chofe,
pas même à l'efprit animal qui eft
d'une fubftance tres-fubtile.
Je croy avoir affez clairement
demonstré , que les vapeurs qui
pourroient s'eflever dans le bas
36 MERCURE
ventre , ne sçauroient eftre portées
jufque dans la tefte , à raison du
grand nombre des parties qui font
interpofées , lesquelles toutefois
donnent paffage à trois fortes de
vaißeaux , qui font les veines ,
les arteres , les nerfs , afin que
les humeurs neceffaires pour la
confervation de la vie puiffent
eftre portées dans toutes les parties
du corps . Puis qu'il n'y a
donc que ces trois conduits par
lefquels ce qui peut eftre porté à
la tete puiffe trouver paßage , il
faut de toute neceffité que ce foit
par leur capacité , ou partie interieure
, qui fe trouve pourtant fi
GALANT.
37
remplie de diverfes fubftances ,
qu'elle nesçauroit eftre affez va
fte pour donner paffage aux vapeurs
, car les veines font continuellement
pleines de fang. Les
arteres , quoy que moins remplies,
font encore moins capables de donner
paffage à des vapeurs , dont
la molleffe ne sçauroit penetrer
les fortes & epaiffes tuniques de
ces arteres , outre que quand même
elles y feroient entrées , elles
feroient diffipées confumées par
la grande ardeur du fang ) des
efprits vitaux. A l'egard des nerfs,
ils font fi remplis de la pulpe cerebrale
, qui eft plus condensée &
า
38 MERCURE
un peu plus feiche que n'eft le
corps du cerveau , que ces fubftances
vaporeuſes y trouveront enco
re moins de paffage que dans les
veines. Ajoutez à cela , que fi
ces vapeurs montoient par les
nerfs , elles s'y condenferoient en
eau , àraifon de la frigidité de ces
parties , qui eft beaucoup plus grande
celle du Cerveau.
que
Les Medecins tafchant d'éluder
la force de ce raisonnement
ne manqueront pas d'alleguer l'autorité
des Anciens lors que parlant
de l'épilepſie qui ſe fait par
Sympathie , ils difent que
peurmaligne monte dupiedpar les
ร
la va
GALANT:
39
les
parties mufculeufes &nerveuses
jufques à la tefte , ce qui ne pour
roit eftre , difent- ils , s'il n'y avoit
quelque efpace fuffifant en la
partie
interieure des nerfs pour luy
donner paffage. Fe fçay bien que
La fubftance maligne qui fait l'Epilepfie
, trouve paffage par
nerfspour monter jusques au cerveau
, mais il ne s'enfuit pas de
les vapeurs trouvent lies.
d'y paffer , car la fubftance maligne
qui fait l'Epilepfie , estant
auffi fubiile que celle de l'efprit
animal , eft bien differente de celle
des vapeurs qui eft groffiere comme
celle des vapeurs que nous
là
que
40 MERCURE
voyons s'élever de la terre. Mais
enfin files vapeurs du bus venire
montoient jufque dans la tefte,
nous aurions continuellement an
nez les odeurs puantes des matieres
excrementeufes , d'autant
plus que ces odeurs font d'une
fubftance beaucoup plus fubtile
les
que vapeurs.
Il eft facile de juger par ce que
je viens de dire , fi un alembic
dans lequel il n'y a nul obftacle
pour empefcher les vapeurs de
monter au chapiteau , fans parler
de la differente conftruction, peut
eftre comparé au corps humain ,
qui eft l'ouvrage vifible le plus
GALANT.
4I
admirable que Dieu ait fait ;
& pour voir que peu de choſe
change une operation , il n'y a
qu'à prendre du papier trempé
dans l'huile , ou une éponge , &
l'appliquer au fommet de la
cucurbite lors qu'on diftille du
vin , & l'on verra fi une chofe
interposée change l'operation :
car ce papier, ou cette éponge
laifferont paffer l'esprit du vin ,
& retiendront le phlegme , qui
s'éleve en vapeurs jusqu'à cette
interpofition . N'y ayant donc
pas de vapeurs qui montent jufque
dans la teste , non plus que
deprétendues effervescences d'en-
Oct. 1691. D
ந 4
42 MERCURE
trailles, il ne faut pas s'étonner
files Medecins ne peuvent guerir
ceux quifont atteints de cette
maladie , puis qu'ils n'en connoiffent
pas la caufe. Mais
afin que chacun puiffe mieux
juger de fa nature , je vais
faire un dénombrement des
Symptômes qui l'accompagnent,
enfuite je parleray de leur
cauſe.
Les fymptômes en general qui
accompagnent cette maladie, font
des rots aigres , des nauſées , vomiffemens
des chofes aigres , aufteres
, & acerbes
douleur &
onftipation de ventre , tenfion
→
GALANT.
43
aux hypocondres , palpitation de
coeur, compreffion des parties précordiales
refpiration difficile , &
quelquefois , crainte de fuffocation
& étranglement , de mesme
que les Femmes hyfleriques , pe-
Janteur & douleur de teste ,
bourdonnement aux oreilles , falivation
, ébloÿiſſement, vertige,
ardeur dans les hypocondres
bruit
vague
fiéures errantes ,
dans le ventre , laffitude fpontanée
, veilles ,fommeil interrompu,
crainte , triftoffe , chagrin , incon-
Stance & quelquefois convul
fions & delire. Tous ces fymptômes
ne ſe manifeftent pas à cha-
Dij
44 MERCURE
cun de ceux qui font atteints de
cette maladie ; car il ༧ en a qui
n'en reffentent qu'un , d'autres
deux , d'autres trois , & d'autres
davantage. Aux uns ces fymptômes
font fort legers , aux autres
fort violens felon la diverfe
dépravation du fang. & des efprits
; mais comme cette maladie
devient fort commune , je veux
tâcher de ne rien obmettre de ce
qui peut donner quelque lumiere
pour en connoiftre la vraye cause,
pour cet effet , je vous diray
qu'il y a certaines gens qui yfont
beaucoup plus fujets que
tres ; fçavoir ceux qui de naifd'auGALANT.
45
-
fance ont les vifceres naturels
debiles & mal conftituez ; ceux
qui fontfujets à la crapule ; ceux
qui mangent une grande divers
fité de viandes , menent une
vie fedentaire ; ceux qui travaillent
beaucoup d'esprit ,
principalement dès qu'ils ont pris
leur repas , & ceux qui perdent
quelque évacuation naturelle .
Toutes ces perfonnes - là font fu
jettes à des crudite d'eftomach,
qui font la fource de tous ces
Symptômes.
Ccux qui ont les viſceres nai
turels debiles & mal conftituez,
font fujets à cette maladie , parce
46 MERCURE
que
leurs vifceres ne faifant pas
bien leur for ction , à raifor de
leur foibleffe , les alimens ne reçoivent
pas une coction leüable ,
d'où procedent des humeurs excrementeufes
, cruës , acres , aufteres
, & acerbes , quife meflent
avec le fang, l'alterent ,forment
des obstructions , & caufent tous
les fymptômes dont nous avons
fait mention.
Ceux qui s'adonnent à la crapule
font fujets à cette maladie ,
parce que mangeant & beuvant.
à toute heure fans difcretion , &
fans que la digeftion foit faite,
il fe fait un mélange des parties.
GALANT.
47
ites du chile avec les cruës,
lesquelles eftant portées dans les
veines alterent le fang. & enfuite
les vifceres , & caufent ces
divers fymptômes.
Ceux qui mangent diverfité
de viandes ( quoy qu'is n'exce
dentpas en quantité ) menent
une vie fedentaire ,font fujets à
la même maladie, parce que quelques
petites parties trues des
viandes , moins fácilesà digerer,
étant entraînées par celles qui
font de facile digeftion , jufque
dans les veines ne sçauroient
eftre domptées par la chaleur naturelle
des parties , à raison
48 MERCURE
qu'elle est moins vigoureufe
ceux qui menent une vie fem
dentaire , qu'en ceux qui travaillent
, ce qui fait que ces pe
tites parties crues venant à fe
multiplier , caufent alteration
au fang & aux viſceres , &
produifent ces fymptômes.
Ceux qui travaillent beaucoup
de l'efprit , & fur tout immediatement
aprés le repas , ne
font pas moins fujets aux vaà
raison des crudite
peurs ,
qu'ils engendrent , parce que par
ta grande application & reflexion
fur quelque matiere , les
efprits des parties naturelles qui
doivent
GALANT
49
doivent s'occuper à la coction des
alimens,font attirez au cerveau,
ce qui fait que l'estomach fe
trouve dénué de la quantité neceffaire
des efprits pour faire la
coction des alimens , d'où s'enfuit
un chile crud , & indigefte , capable
de produire tous ces fymptômes
, par les raifons que j'ay
alleguées.
Ceux qui perdent quelque éva
cuation naturelle , comme les Filles
& les Femmes ,&les hommes
fujets au flux hémorrohidal , Se
trouvent auffi tourmentez de
vapeurs , parce que la maffe du
fang eftant purifiée de toutes les
Octobre 1691 . E
50 MERCURE
matieres fuperflues & heteroge
nes , par
le moyen de ces évacuations
, il
arrive que lors
qu'
elles viennent à ceſſer , le fang
& les efprits en restent alterez ,
& caufent divers fymptomes ,
comme l'on peut facilement remarquer
aux Filles & aux Femmes
qui perdent leurs menftruës
avant le temps.
On me pourra objecter qu'une
facheufe nouvelle de la mort
d'une perfonne que l'on aime
tendrement , ou de la ppeerrttee d'un
procés de confequence , peut produire
cette maladie , fans qu'on
en puiſſe attribuer la cause à
GALANT.
51
l'eftomach. Mais confiderez, s'il
vous plaift , les effets d'une facheufe
nouvelle, & vous verrez
que c'est l'estomach qui en pâtit
le premier ; car il eft conftant que
fi cette mauvaise nouvelle arrive
à un homme qui fe met à table
avec bon appetit , il le perd d'abord
,
parce que
les esprits eftant
agitez& troublezpar le rapport
qu'on luyfair, tiennent un mouvement
quipervertit l'oeconomie
de l'eftomach , d'où procedent enfiute
des cruditez,quietant aigres
coagulent le fang, embaraffent
les efprits , & caufent cette tri-
Steffe , qui fe manifefte fur le
E ij
52 MERCURE
vifage , & enfuite tous les autres
Symptomes.
Par toutes ces raisons il me
femble qu'on peut conclurre hardiment
, que la fource de cette maladie
eft à l'estomach , d'autant
plus que dans fon commencement,
ilfe manifefte des symptomes , qui
marquent affez que cette partie
est affectée , comme font les rots,
la nauſée , le vomiſſement & les
cruditez , fouvent pesanteur
à l'estomach aprés le repas . Il
faut maintenant examiner les
Symptomes , & principalement
ceux qui portent le plus les Medecins
à fe fervirde rafraichisans,
GALANT
53
comme font l'ardeur qu'on fent
aux entrailles , la conftipation
aftriction de ventre.
E
que ceux qui Il est constant
font atteints de cette maladie
fentent quelquefois une grande
ardeur aux entrailles ; mais il
eft vray de dire auffi que cette
ardeur n'est qu'un fymptome qui
nefuit pas mefme toujours cette
maladie. Cependant les Medecins
prétendent que c'est la chaleur
d'entrailles , foit qu'elle fe
manifefte oouu nnoonn ,, qui en eft
la caufe efficiente & c'est làdeffus
qu'ils fondent leur pratique
; mais malheur à ceux qui
E iij
54 MERCURE
par
ques
la fuivent. Fay fait affez voir
la Lettre que j'ay écrite à
"M Chapelas , Curé de S. Facde
la Boucherie , la verita
ble caufe des chaleurs extraor
dinaires que nous fentons , & il
feroit à fouhaiter que quelqu'un
de ces Meffieurs vouluſt prendre
la peine d'expliquer comme quoy
fe fait cette chaleur d'entrailles,
comment s'enflame la bile.
me ferois un grand plaifir de
leur repliquer, de leur faire
voir que cette chaleur est un effet
de l'indigeftion des cruditez ;
à quoy les rafraichiffans font
contraires , & ce n'est pas eftre
Fe
GALANT.
55
Medecin que de vouloir détruire
un fymptome par des remedes
tout- à-fait contraires à la cauſe
de la maladie du fymptome ;
&pour voir
fans font contraires à cette maladie
, quand me
que
les rafraichif
mesme
elle
proviendroit
d'une effervescence
caufée par le mélange de la bile
& d'un acide , il n'y a qu
confiderer que cet acide morbifi
que, qui est de qualité froide,provient
de l'indigeftion & des cru
ditez de l'eftomac , & partant
l'effet auffi- bien que fa caufe ,
demande des remedes chauds
pour aider la coction des alimens,
E iiij
56 MERCURE
& empefcher la generation de
l'acide , lequel estant détruit
il n'y fçauroit avoir aucune effervefcence
, comme ils fuppofent.
A l'égard de la conftipation du
ventre , ils pretendent auffi que
c'eſt un effet de la chaleur d'entrailles
, laquelle deffeche les matieres
excrementeufes ; mais fi
nous faifons reflexion fur ce qui
endurcit deffeche les matieres
humides , nous verrons qu'il
eft impoffible que la chaleur d'entrailles
puiffe endurcir &fecher
les matieres excrementeufes dans
les inteftins. Je remarque que
GALANT.
57
les fubftances molles & liquides
deviennent dures & feches par
trois voyes , fçavoir par la chaleur
qui en fait evaporer l'humidité
, ou par le froid qui en
arrefte le mouvement & les congele,
oupar l'intervention ou mélange,
de quelque matiere , qui en
lie & refferre les parties . Or
comme il n'y a dans le corps
main aucun feu materiel & vifible
, & que noftre feu interne
n'est que l'humide radical
qu'Hippocrate appelle ignis
mollis , qui fait toutes les fontions
&la chaleur du corps hu
main , il faut croire que
la
bucon58
MERCURE
ftipation du ventre exficcation
des matieres excrementeuses , ne
viennent pas d'une chaleur . Que
s'il y avoit unfeu dans le feu dans le corps
humain , capable de deffecher les
excrements fecaux , il est conftant
qu'il deffecheroit auparavant
les inteftins , car on ne peut
jamais deffecher une fubftance
humide dans un vaisseau humide
, que le vaiffeau ne foit
prealablement deffeché. Ainfi fi
les excrements fecaux étoient deffechezpar
la chaleur , il eft certain
qu'il faudroit que les inteftins
fuffent auparavant def-
Lechez ce qui ne peut arriver
f
7
59
GALANT.
qu'en perdant la vie . D'ailleurs
fi les matieres excrementeuses
étoient deffechées par la chaleur ,
l'humidité qui en evaporeroit
,
devroit infailliblement
paſſer par
l'eftomach
, enfuite fortir par
La bouche , par le nez &
ainfi caufer continuellement de
mauvaifes odeurs. Si la chaleur
eft la caufe de la conftipation du
ventre , d'où vient qu'il eft fou
vent trop libre , dans les fievres
les plus violentes ? Ce n'est pas
non plus la chaleur qui deffeche
les febricitans , c'est une era
reur de croire la
chaleur
qui
accompagne les hectiques , foit
que
60 MERCURE
caufe de leur ficcité & extenuation
, car cette chaleur n'eſt qu'un
Symptome auffi bien que laficcité,
qui provient de l'humeur excrementeuse
de la premiere digeftion ,
laquelle étant portée dans les veines
avec le chile , devient la caufe
occafionelle de la chaleur febrile
corrompant la maffe du
fang , la rend impropre pour la
nutrition des parties , lefquelles
ne pouvant jouir d'un aliment
convenable , pour reparer l'humide
radical qui fe confume continuellement,
il faut de toute necef
fité qu'elles fe deffechent , & remarquez
, s'il vous plaiſt , qu'un
GALANT. 61
arbre qui devient fec , eftant plan
té en terre , ne contracte pas cette
ficcité par l'ardeur du Soleil, mais
bien faute de pouvoir recevoir de
la terre fon aliment convenable.
Il me femble que jay fait
veir affez clairement que les matieres
excrementeufes ne font pas
durcies & fechées par le moyen
de la chaleur des entrailles , o
il ne me fera pas fort difficile de
perfuader qu'elles ne peuvent
estre durcies & coagulées par le
froid , parce qu'il n'y a qui que
ce foit qui ne fcache qu'un tel
degré de froideur dans le
humain cauferoit infailliblement
corps
62 MERCURE
la mort ; de forte que les matieres
excrementeufes ne pouvant
eftre durcies & fechées , ny par
la chaleur , ny par la froideur,
il faut donc que ce foit par le
mélange de quelque matiere qui
en lie & refferre les parties , de
mefme que nous voyons la liqueur
de Tartre & celle de l'Alum mêlées
enfemble former une craye
dure & feche, fans le fecours
d'aucune chaleur . Or comme nous
que
les bumeurs
avons fait voir
excrementeufes
de la premiere
coction font la caufe de tous les
Symptomes
qui accompagnent
cette maladie , & que
la confti2
63
GALANT.
que
pation de ventre en est un des
plus frequens , il eft vray de dire
les humeurs excrementeuses
qui proviennent de la premiere
coction eftant aigres , austeres
acerbes, font la cauſe de la conftipation
du ventre. Auffi voyonsnous
que le Vinaigre , les Coins ,
les Sorbes & le Verjus , qui font
aigres, austeres , & acerbes, font
astringens propres pour arrêter
les flux de ventre , & filon
confideroit que les fruits qui font
aigres , aufteres & acerbes avant
leur maturité , meuriffert & deviennent
doux par le moyen de
la chaleur du Soleil , on fe fer64
MERCURE
ture ,
viroit ,fuivant l'ordre de la na
des remedes chauds , ftomachiques
, & convenables pour
aider la coction de l'eftomach &
dulcifier ces humeurs aigres , aufteres
& acerbes , afin de les rendre
propres & utiles à la nutrition
des parties , & éviter tous
les fymptomes qu'elles produifent;
& mesme fi l'onfaifoit reflexion
fur l'ufage desClifteres rafraichif
fan on s'appercevroit bien qu'ils
ne font pas d'une grande utilité,
puis qu'en vuidant les inteftins,
ils les rendent plus propres à endurcir
les matieres excrementeufes.
Auffi l'on voit ordinairement
GALANT.
65
que ceux qui ufent ſouvent de
Clisteres , font toujours conftipez
du ventre , parce qu'ils refroidiffent
& refferrent les inteftins,
leur impriment une qualité
astringente.
Ayant affez verifié que ces
deux symptomes , fçavoir l'ardeur
des entrailles , & la conftipation
du ventre , viennent des
cruditez de la premiere coction ,
& partant qu'ils requierent des
remedes qui
échauffent & fortifient
l'eftomach, vous n'aurez pas
peine à croire que les naufées , les
vomiffemens , les rots aigres &
la falivation qui proviennent
O &. 1691. F
66 MERCURE
des humeurs cruës , indigestes &
acides de l'eftomach, & qui marquent
visiblement la foibleffe &
dépravation de la premiere coction
, veulent des remedes de la
mefme nature ; & quant aux
autres fymptomes, fi ces humeurs
excrementeuses font portées avec
le chile dans les veines , elles
affectent les parties où elles font
déchargées , & y cauſent divers
accidens , felon la diverfité des
parties & la qualité des humeurs .
Si c'est à la tefte , elles y caufent
douleur , vertige , bourdonnement
aux oreilles , & fi elle's
font portées à la poitrine , elles
GALANT: 67
caufent difficulté de respirer ,fuffocation
palpitation de coeur .Que
fi ellesfont portées au bas ventre ,
elles y caufent la colique , ardeur
, tenfion aux hypocondres ,
ainfi des autres parties . Mais
quelquefois par le fejour qu'el
les font dans quelque vifcere
elles acquiérent une malignité
dont les accidens font auffi dangereux
que ceux des plus pernicieux
poifons ; & ce qui est à
confidérer , c'est que ces humeurs
font capables de recevoir autant
d'impreffions malignes , qu'il y a
d'animaux , de vegetaux , & de
mineraux veneneux , & d'atta
Fij
68 MERCURE
quer
les mefmes parties du corps
humain que la fubstance maligne
de ces trois regnes attaque,
Car de mefme que l'Opium affoupit
les fens , que la Cantaride
bleffe particulièrement la veffie de
Purine ; & le Liévre marin , le
poumon ; & que la vertu de la
Torpille marine paffant à la main
du Pefcheur par la continuité du
bâton , dont il l'aura touchée , &
de la main au bras , puis confécutivement
au cerveau , caufe
une ftupeur engourdiffement
par tout le corps , & que le fouphre
arfenical des mineraux , caufe
des évacuations violentes par
GALANT.
69
2
haut & par bas , des fueurs froi
des & des fyncopes ; de mefme
ces - matieres excrementeuses
quand elles ont acquis la qualité
maligne de l'Opium , caufent les
affections comateuses . Si elles ac
quiérent la qualité des Cantarides
, elles caufent des ardeurs
d'urine , & ulceration à la
veffie. Si elles acquiérent la qualité
du Liévre marin , elles caufent
des Peripneumonies › Phtifies
, Aftmes , autres affections
des poumons . Si elles acquiérent
la qualité de la Torpille marine ,
elles caufent des Stupeurs & Pavalifies,
& fi elles acquiérent la
qualité du Souphre Arfenical
70 MERCURE
des Mineraux » elles cauſent des
fueursfroides, des fyncopes , des
vomiffemens , des diarrhées , &
cette dangereufe maladie qu'on
appelle Cholera morbus on Mi
ferere ; & ces Symptomes ve
nant de la mefme fource que
autres demandent les mefmes
remédes . Voila , Mademoiselle ,
quelles font mes reflexions fur
cette maladie , qui eft le fleau des
Medecins ; mais comme l'on n'ales
bandonne pasfacilement les préjugez,
& qu'on trouve toujours
quelques difficultez àoppofersj'of
fre de les refoudre à tous ceux qui
lefouhaiteront ; ils n'auront qu'à
GALANT . 71
prendre la peine de venir chez
moy , rue Bourtibourg › vis- à- vis
les Coches de Fontainebleau.
Fermer
3
p. 465-471
A Versailles 21. de Mars 1701.
Début :
Monseigneur se trouva mal samedy à onze heures & demie du soir, [...]
Mots clefs :
Monseigneur le Dauphin, Soir, Parties, Temps, Vaisseaux, Esprits, Estomac, Évacuation, Matin, Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Versailles 21. de Mars 1701.
A Verſailles 21. de Mars 1701 .
ved 7 A
Monfeigneurfe trouva mal fame
dya onze heures & demie du foir ,
enfe deshabillant pourse coucher. Il
perdit connoiſſance en un moment , &
feroit tombéfans le fecours de quelques
uns de fe's Officiers , qui aiderent à le
foutenir andla'l ang kan
Deux chofes contribuerent à cet
accident ; L'une , la plenitude des
vaiffeaux fanguins , qui eftant extre
mement tendus , preffoient les caneaux
nerveux dans le cerveau , intercep
toient le mouvement des efprits & les
empefchoient de couler librement dans
les parties ; L'autre, le poids extraor
dinaire que les alimens faifoient
dans l'iftomach.
Comme Monfeigneur a obfervé tres466
MERCURE
regulierement le Careme depuis le
commencement , & qu'il s'eft mis
dans l'habitude de ne faire qu'un repas
le foir, la quantité de poiffon
qu'il avoit mangé , & les humeurs
produits depuis longtempsparlès mauvais
fucs de cette nouriture , avoient
tendu toutes lesfibres , & par cette
contrainte , les parties nerveufesjuſques
au cerveau fouffroient la même
contrainte & eftoient génées dans
leurs refforts , ce qui empefchoit auffi
Les efprits d'y pouvoircouler avec liberte.
Il fut fecouru fi promptement ,
&fi à propos , qu'il fut à peine une
demy - heure dans cet eftat. Aprés
qu'il eut pris quelques volatiles qui
ramenerent la maffe dufang , & le
firent couler avec plus de vivacité
dans fes vaiffeaux , où la circulation
paroiffoit embaraffee , M Felix le
GALANT. 467
faigna du bras droitfort adroitement,
au milieu de tous les mouvemens
qu'il fe donnoit, & la connoiffance
luy revint à mesure que le fang fe
vuidoit , & que les nerfs moins
preffezpar le volume de cette liqueur .
permirent aux efprits de s'y introduire.
On continua à luy donner deux ou
trois cuillerées de volatile qui eurent
le mèmefuccez, & on fongea enfuite
à vuider fon eftomac.
Monfeigneurprit pour cela le vin
dEfpagne & le Tartre emetique avec:
une entiere & pleine connoiffance :
mais comme toutes les parties eftoient
extremement tendues , & que d'ail
leurs les remedes eftoient, pour ainfi
dire , abforbez dans la quantité d'ali
mens, le beure & l'huile dont l'eftomac
eftoit charge , ilsfurent quelque
temps fans agirfurla membrane , &
468 MERCURE
fans exciter le vomiſſement.
Dans l'atm
de cette operation , on
luy donna un remede pour degager
bas ventre,ce qui reülit peu de temps
aprés , les fibres de l'eftomac
eftant un peurelachées par ce moyen
le vomiffement fuivit , & produifit
une evacuation d'ordares & d'alimen's
corrompus , qui parut tres- confideras
ble
Depuis ce temps- là , Monfeigneur
a toujours efté de mieux en mieux
On luy a donné deux potions purgati
ves à une heure & demie l'une de
l'autre qui ont continue à determiner
b'evacuation far en bas jufques a
quatorze fois.
L'abattement où l'avoient jetté
ces remedes , a efte fuivi d'un fommeil
fi tranquille & fi doux, qu'on
fa laisse dormir le reste de la nuit
GALANT 469
fans aucune inquietude , & ce calme
contribuant encore à relacher la tenfion
des fibres , aidoit encore à faire
agir le purgatif , en forte qu'il fe
reveilloit tout feul , & par envie de
faire quelque evacuation .
Mr Gervais le faigna le matin
par la même ouverture qne Mr Felix
avoit faite le foir ilpaffa la journée
auffi bien qu'on le pouvoit fouhaiter,
le purgatif continuant à agir fans
diminuerjes forces , en forte que
ftant levé le foir, pour donner le temps
de faire fon lit , il fe trouva ferme
fur fes jambes, & même plus fort
qu'il ne l'eftoit avant cet accident.
?
La nuit s'eft paẞée encore plus..
doucement que la journée. Monfei
gneur a dormi d'un fommeil tranquil
le depuis dix heures du foir jufques á
fept du matin , ne s'eftant reveille
479 MERCURE
que deux fois à minuit feulement pour
Le retourner, & à quatre heures pour
prendre fon bouillon,
On ajugé à propos de le faigner
encore ce matin , pour plus grande
feureté , ce qui a esté fort bien executé
au bras gauche par Mr Gervais,
& les chofes font prefentement dans
le meilleur eftat qu'on les puiffe fouhaiter.
L
La tefte eft tres - libre , il n'eft refté
aucun embarras dans les parties , ny
aucun vestige de la maladie , parce
qu'il a esté affez toft defempli pour
empêcherl'échapée de quelque humeur
bors des vaiffeaux . Il a de la force,
&fes mouvemens font plus fermes
qu'ils ne l'eftoientauparavant. Ainfi
on peut dire qu'il eft dans une parfai
tefante , & hors du peril d'aucune
rechute , cet accidentayant donné une
GALANT. 471
otcafion de diminuer l'abondance de
fon fang par trois faignées , & la
plenitude d'humeurs par des purgations
qui le mettront à couvert de tout
danger.
ved 7 A
Monfeigneurfe trouva mal fame
dya onze heures & demie du foir ,
enfe deshabillant pourse coucher. Il
perdit connoiſſance en un moment , &
feroit tombéfans le fecours de quelques
uns de fe's Officiers , qui aiderent à le
foutenir andla'l ang kan
Deux chofes contribuerent à cet
accident ; L'une , la plenitude des
vaiffeaux fanguins , qui eftant extre
mement tendus , preffoient les caneaux
nerveux dans le cerveau , intercep
toient le mouvement des efprits & les
empefchoient de couler librement dans
les parties ; L'autre, le poids extraor
dinaire que les alimens faifoient
dans l'iftomach.
Comme Monfeigneur a obfervé tres466
MERCURE
regulierement le Careme depuis le
commencement , & qu'il s'eft mis
dans l'habitude de ne faire qu'un repas
le foir, la quantité de poiffon
qu'il avoit mangé , & les humeurs
produits depuis longtempsparlès mauvais
fucs de cette nouriture , avoient
tendu toutes lesfibres , & par cette
contrainte , les parties nerveufesjuſques
au cerveau fouffroient la même
contrainte & eftoient génées dans
leurs refforts , ce qui empefchoit auffi
Les efprits d'y pouvoircouler avec liberte.
Il fut fecouru fi promptement ,
&fi à propos , qu'il fut à peine une
demy - heure dans cet eftat. Aprés
qu'il eut pris quelques volatiles qui
ramenerent la maffe dufang , & le
firent couler avec plus de vivacité
dans fes vaiffeaux , où la circulation
paroiffoit embaraffee , M Felix le
GALANT. 467
faigna du bras droitfort adroitement,
au milieu de tous les mouvemens
qu'il fe donnoit, & la connoiffance
luy revint à mesure que le fang fe
vuidoit , & que les nerfs moins
preffezpar le volume de cette liqueur .
permirent aux efprits de s'y introduire.
On continua à luy donner deux ou
trois cuillerées de volatile qui eurent
le mèmefuccez, & on fongea enfuite
à vuider fon eftomac.
Monfeigneurprit pour cela le vin
dEfpagne & le Tartre emetique avec:
une entiere & pleine connoiffance :
mais comme toutes les parties eftoient
extremement tendues , & que d'ail
leurs les remedes eftoient, pour ainfi
dire , abforbez dans la quantité d'ali
mens, le beure & l'huile dont l'eftomac
eftoit charge , ilsfurent quelque
temps fans agirfurla membrane , &
468 MERCURE
fans exciter le vomiſſement.
Dans l'atm
de cette operation , on
luy donna un remede pour degager
bas ventre,ce qui reülit peu de temps
aprés , les fibres de l'eftomac
eftant un peurelachées par ce moyen
le vomiffement fuivit , & produifit
une evacuation d'ordares & d'alimen's
corrompus , qui parut tres- confideras
ble
Depuis ce temps- là , Monfeigneur
a toujours efté de mieux en mieux
On luy a donné deux potions purgati
ves à une heure & demie l'une de
l'autre qui ont continue à determiner
b'evacuation far en bas jufques a
quatorze fois.
L'abattement où l'avoient jetté
ces remedes , a efte fuivi d'un fommeil
fi tranquille & fi doux, qu'on
fa laisse dormir le reste de la nuit
GALANT 469
fans aucune inquietude , & ce calme
contribuant encore à relacher la tenfion
des fibres , aidoit encore à faire
agir le purgatif , en forte qu'il fe
reveilloit tout feul , & par envie de
faire quelque evacuation .
Mr Gervais le faigna le matin
par la même ouverture qne Mr Felix
avoit faite le foir ilpaffa la journée
auffi bien qu'on le pouvoit fouhaiter,
le purgatif continuant à agir fans
diminuerjes forces , en forte que
ftant levé le foir, pour donner le temps
de faire fon lit , il fe trouva ferme
fur fes jambes, & même plus fort
qu'il ne l'eftoit avant cet accident.
?
La nuit s'eft paẞée encore plus..
doucement que la journée. Monfei
gneur a dormi d'un fommeil tranquil
le depuis dix heures du foir jufques á
fept du matin , ne s'eftant reveille
479 MERCURE
que deux fois à minuit feulement pour
Le retourner, & à quatre heures pour
prendre fon bouillon,
On ajugé à propos de le faigner
encore ce matin , pour plus grande
feureté , ce qui a esté fort bien executé
au bras gauche par Mr Gervais,
& les chofes font prefentement dans
le meilleur eftat qu'on les puiffe fouhaiter.
L
La tefte eft tres - libre , il n'eft refté
aucun embarras dans les parties , ny
aucun vestige de la maladie , parce
qu'il a esté affez toft defempli pour
empêcherl'échapée de quelque humeur
bors des vaiffeaux . Il a de la force,
&fes mouvemens font plus fermes
qu'ils ne l'eftoientauparavant. Ainfi
on peut dire qu'il eft dans une parfai
tefante , & hors du peril d'aucune
rechute , cet accidentayant donné une
GALANT. 471
otcafion de diminuer l'abondance de
fon fang par trois faignées , & la
plenitude d'humeurs par des purgations
qui le mettront à couvert de tout
danger.
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4
p. 333-334
ENIGME.
Début :
Chez moi pour mes voisins, je fais boüillir le pot, [...]
Mots clefs :
Estomac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME. :
Chez., moipour mes voifins)
jefais boüilir
,- lepot,
': Aceinètierieme ruine;
Quelqu'un d'eux cependantmepayejonEcot,
E;n travaillant pour la cuisine, Entreux estcertaine voi-
* fine,
Chut,tropparler luinuit,
avec cettte coquine >
L'on me confond "UeZ
souvent,
Je l'entretiens déssa jeuhep
, Desonsexe ellea la foiblep,
Et quand ellefait mal,
c.est à moi qu'on s'en
prend.
Chez., moipour mes voifins)
jefais boüilir
,- lepot,
': Aceinètierieme ruine;
Quelqu'un d'eux cependantmepayejonEcot,
E;n travaillant pour la cuisine, Entreux estcertaine voi-
* fine,
Chut,tropparler luinuit,
avec cettte coquine >
L'on me confond "UeZ
souvent,
Je l'entretiens déssa jeuhep
, Desonsexe ellea la foiblep,
Et quand ellefait mal,
c.est à moi qu'on s'en
prend.
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5
p. 211-213
« Explication de l'Enigme, dont le mot est l'Estomac, / L'Estomac fait boüillir le pot [...] »
Début :
Explication de l'Enigme, dont le mot est l'Estomac, / L'Estomac fait boüillir le pot [...]
Mots clefs :
Estomac
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texteReconnaissance textuelle : « Explication de l'Enigme, dont le mot est l'Estomac, / L'Estomac fait boüillir le pot [...] »
ARTICLE
des Enigmes,
Explication de l'Enigme
, dont le mot eft
S ij
242 MERCURE
l'Eftomac, par la meſime
Dame'qui
a parodić celle
du mois precedent
..
L'Eftomac
fair bouillir
le
pot
Pour fes voisins. Il s'y
ruine.
Le palais , le gofer , luy
payent leur ecot ,
En travaillant pour la
cuifine ,
Et la poitrine eft fa voifine.
On confond l'Eftomac a
GALANT
. 265,
vec cette coquine
A qui trop parler nuit
fouvent s
Il l'entretient des fa jeuneſſes
(
De fonfexe elle a la foibleffe
,
Et quand
elle fait mal ,
S'est à luy qu'on
s'en
prend
des Enigmes,
Explication de l'Enigme
, dont le mot eft
S ij
242 MERCURE
l'Eftomac, par la meſime
Dame'qui
a parodić celle
du mois precedent
..
L'Eftomac
fair bouillir
le
pot
Pour fes voisins. Il s'y
ruine.
Le palais , le gofer , luy
payent leur ecot ,
En travaillant pour la
cuifine ,
Et la poitrine eft fa voifine.
On confond l'Eftomac a
GALANT
. 265,
vec cette coquine
A qui trop parler nuit
fouvent s
Il l'entretient des fa jeuneſſes
(
De fonfexe elle a la foibleffe
,
Et quand
elle fait mal ,
S'est à luy qu'on
s'en
prend
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Résumé : « Explication de l'Enigme, dont le mot est l'Estomac, / L'Estomac fait boüillir le pot [...] »
Le texte explique une énigme dont le mot est 'Estomac'. L'énigme est parodiée par la même dame que le mois précédent. L'Estomac fait bouillir le pot pour ses voisins, ce qui le ruine. Le palais et le gosier contribuent à la cuisine. L'Estomac est comparé à une personne à qui trop parler nuit. Il entretient cette personne de ses jeunesses et elle a la faiblesse d'un fonfexe. Lorsqu'elle fait mal, c'est à l'Estomac qu'on s'en prend.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 213-214
Par M. Anceau.
Début :
Des voisins & de la voisine [...]
Mots clefs :
Estomac
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texteReconnaissance textuelle : Par M. Anceau.
Par M. Anceau.
Des voifins & de la
voifine
214 MERCURE
Voicy , je crois , tout le
micmac...
La jeuneſſe ſouvent fe
plaint de l'eftomac ,
La vieilleffe fouvent fe
plaint de la poitrine.
Des voifins & de la
voifine
214 MERCURE
Voicy , je crois , tout le
micmac...
La jeuneſſe ſouvent fe
plaint de l'eftomac ,
La vieilleffe fouvent fe
plaint de la poitrine.
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7
p. 222-223
ENIGME.
Début :
Figurément je parle ici. [...]
Mots clefs :
Estomac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
1gurément je parle ici,
Du Magiftrat j'ai quelques
vices ,
en ai quelques vertus auſſi ;
Fai,comme un Magiftrat , me's humears
, mes caprices ,
Jefoiblis , quandjefuis beaucoup
follicité's
MERCURE.
223
Je fuis laborieux , j'ai de la vigilance
,
Dufeu , de la capacité ,
Maisje n'ai point d'intelligenee.
La routinefouvent fait mon habileté
,
J'ajuste à la loipofitive
La justice diftributive ,
Suivant la plus ancienne loi.
Quelquefois de monfac ,quelques
pieces forties
Me démontent, & malgré
moi ,
En rapportant fort mal , je fais
tort aux parties ,
Et j'éprouve le triftefort
Du malheureux mortél queje condamne
à mort.
1gurément je parle ici,
Du Magiftrat j'ai quelques
vices ,
en ai quelques vertus auſſi ;
Fai,comme un Magiftrat , me's humears
, mes caprices ,
Jefoiblis , quandjefuis beaucoup
follicité's
MERCURE.
223
Je fuis laborieux , j'ai de la vigilance
,
Dufeu , de la capacité ,
Maisje n'ai point d'intelligenee.
La routinefouvent fait mon habileté
,
J'ajuste à la loipofitive
La justice diftributive ,
Suivant la plus ancienne loi.
Quelquefois de monfac ,quelques
pieces forties
Me démontent, & malgré
moi ,
En rapportant fort mal , je fais
tort aux parties ,
Et j'éprouve le triftefort
Du malheureux mortél queje condamne
à mort.
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8
p. 1714-1718
REPONSE à la Lettre sur la Pierre : Remede pour la dissoudre &c.
Début :
J'ay lû, Monsieur, dans le premier volume de vôtre Mercure du mois de [...]
Mots clefs :
Pierre, Remède, Dissolution, Prévention, Couteau, Vessie, Urines, Estomac, Arboriste, Opération de la taille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE à la Lettre sur la Pierre : Remede pour la dissoudre &c.
REPONSE à la Lettre sur la Pierre :
Remede pour la dissoudre &c.
là ,
,
dans le premier volume de vôtre Mercure du mois de
Juin dernier une Lettre , sur la Pierre qui
s'engendre dans le Corps humain , l'Auteur
s'y récrie sur la prévention qu'on a en
faveur des Anciens qui ont prétendu que
le seul rémede de la Pierre , est le Couteau's
de
JUILLET. 1731. 1715
de sorte que jusqu'à present on s'est tellement
laissé persuader de l'impossibil.té
de guerir ce mal sans le secours de l'Art ,
qu'on a négligé de chercher dans la natur
quelquesfondans qui puissent dissoudre
la Pierre sans s'exposer à des Operations
cruelles et très perilleuses ; ce même
Auteur a prevû et suppo é les objections
qui pouvoient se faire contre ces
fondants ; il a refuté et détruit les
objections par des raisons solides , et par
des comparaisons d'autant plus simples ,
qu'elles sont naturelles. Il finit en vous
priant , Monsieur , d'inviter ceux qui
ont été delivrés de la Pierre par ce dernier
moyen , d'en faire part au Public
pour convaincre les incrédules.
Pour appuyer le sentiment de l'Auteur
de cette Lettre , je me suis déterminé à
vous assurer par celle-cy , que je suis convaincu
par moi - même et par les experiences
fréquentes que j'en ai vûës , qu'il
y a des remedes si puissants et si infaillibles
pour amollir et dissoudre la Pierre
dans la vessie , qu'ils la font entierement
couler par l'uretre avec les urines , de
maniere qu'il n'en reste pas le moindre
vestige , et bien loin que ce fondant
agisse sur les autres parties , par où il se
porte sur le corps dur et solide de la pier71
MERCURE DE FRANCE
re, et qu'il y fasse la moindre impression ,
( ce qui se feroit sentir par quelques douleurs
de reins et par des chaleurs internes
) , tout au contraire , le Malade sent
un rafraîchissement intérieur qui le soulage
d'abord et calme les douleurs , tant
il est certain que ce fondant n'a de vertu
ni de force que sur la Pierre de cette especc.
Ce n'est pas là la seule vertu de ce
remede , qui est en trés - petit volume
sans dégoût , et trés facile à prendre ;
il purifie en même tems la masse du sang
dégage l'estomach , le fortifie , empêche
la fièvre , et pendant toute l'Operation
le Malade se porte bien , dort d'un sommeil
tranquille , se trouve de l'appetit ,
et peut le satisfaire , puisqu'il n'est obligé
à aucun régime ni genre de vie particuliere
; ce n'est pas ici le cas de dire que
qui prouve trop ne prouve rien , parce
que l'experience fait cesser tous les raisonnements
; on pourroit citer une infinité
de ces expériences , mais on se contentera
des deux plus récentes , parcequ'elles
sont actuellement sous les yeux
du Public .
La premiere de ces deux dernieres est
celle de Me . Hebert , Arboriste , ruë des
Arcis , chez Madame Picard , Lingere.
Elle souffroit depuis dix ans , elle avoit
été
JUILLET. 1731 1717
été sondée deux fois même par les Chirurgiens
de l'Hôtel - Dieu , et l'on jugea la
Pierre extrêmement grosse ; la situation
de cette femme étoit si cruelle , qu'elle ne
pouvoit rester de bout , assise , ni couchée
, elle étoit obligé de se tenir continuellement
sur les genoux et sur les coudes
, elle ne rendoit que quelques gouttes
d'urine de temps à autre avec des douleurs
insupportables qu'elle étoit enfin
résoluë de risquer l'Operation de laTaille ,
lorsqu'elle fit la découverte du remede
dont il s'agit ; la personne qui en a le se
cret ne pût le refuser aux instances et aux
empressements de ceux qu'elle envoya
pour en demander. Dès le moment que
Îa Malade en eût pris , elle sentit du soulagement
, elle dormit , ce qu'elle n'avoit
pas fait depuis très long-temps , elle mangea
, et enfin pour éviter un long détail
qu'on peut apprendre d'elle et de ses
voisins , elle a rendu toute sa Pierre avec
ses urines , elle est àpresent dans une santé
parfaite.
La derniere expérience est celle de
M. Tardieu , Graveur , rue S. Jacques ,
à S. Bernard , proche S. Yves.
Il étoit dans un état à peu prés aussi
miserable que la Dame Hebert. Il a également
rendu la Pierre dont il étoit incom1718
MERCURE DE FRANCE
commodé , il en a gardé de même les sables
, et les graviers : ce ne sont pas des personnes
supposées , elles sont connues de
tout Paris , et ne pourront se réfuser à la
verité.
Voilà des exemples assés authentiques
pour authoriser l'opinion , et prouver la
justesse du raisonnement de l'Auteur de
la précedente Lettre ; j'ay crû ne pouvoir
me dispenser d'en faire part au Public
de par la voye vôtre Mercure , où j'espere
que vous aurés la bonté d'inserer ce
que j'ay l'honneur de vous écrire. Je
suis & c .
Remede pour la dissoudre &c.
là ,
,
dans le premier volume de vôtre Mercure du mois de
Juin dernier une Lettre , sur la Pierre qui
s'engendre dans le Corps humain , l'Auteur
s'y récrie sur la prévention qu'on a en
faveur des Anciens qui ont prétendu que
le seul rémede de la Pierre , est le Couteau's
de
JUILLET. 1731. 1715
de sorte que jusqu'à present on s'est tellement
laissé persuader de l'impossibil.té
de guerir ce mal sans le secours de l'Art ,
qu'on a négligé de chercher dans la natur
quelquesfondans qui puissent dissoudre
la Pierre sans s'exposer à des Operations
cruelles et très perilleuses ; ce même
Auteur a prevû et suppo é les objections
qui pouvoient se faire contre ces
fondants ; il a refuté et détruit les
objections par des raisons solides , et par
des comparaisons d'autant plus simples ,
qu'elles sont naturelles. Il finit en vous
priant , Monsieur , d'inviter ceux qui
ont été delivrés de la Pierre par ce dernier
moyen , d'en faire part au Public
pour convaincre les incrédules.
Pour appuyer le sentiment de l'Auteur
de cette Lettre , je me suis déterminé à
vous assurer par celle-cy , que je suis convaincu
par moi - même et par les experiences
fréquentes que j'en ai vûës , qu'il
y a des remedes si puissants et si infaillibles
pour amollir et dissoudre la Pierre
dans la vessie , qu'ils la font entierement
couler par l'uretre avec les urines , de
maniere qu'il n'en reste pas le moindre
vestige , et bien loin que ce fondant
agisse sur les autres parties , par où il se
porte sur le corps dur et solide de la pier71
MERCURE DE FRANCE
re, et qu'il y fasse la moindre impression ,
( ce qui se feroit sentir par quelques douleurs
de reins et par des chaleurs internes
) , tout au contraire , le Malade sent
un rafraîchissement intérieur qui le soulage
d'abord et calme les douleurs , tant
il est certain que ce fondant n'a de vertu
ni de force que sur la Pierre de cette especc.
Ce n'est pas là la seule vertu de ce
remede , qui est en trés - petit volume
sans dégoût , et trés facile à prendre ;
il purifie en même tems la masse du sang
dégage l'estomach , le fortifie , empêche
la fièvre , et pendant toute l'Operation
le Malade se porte bien , dort d'un sommeil
tranquille , se trouve de l'appetit ,
et peut le satisfaire , puisqu'il n'est obligé
à aucun régime ni genre de vie particuliere
; ce n'est pas ici le cas de dire que
qui prouve trop ne prouve rien , parce
que l'experience fait cesser tous les raisonnements
; on pourroit citer une infinité
de ces expériences , mais on se contentera
des deux plus récentes , parcequ'elles
sont actuellement sous les yeux
du Public .
La premiere de ces deux dernieres est
celle de Me . Hebert , Arboriste , ruë des
Arcis , chez Madame Picard , Lingere.
Elle souffroit depuis dix ans , elle avoit
été
JUILLET. 1731 1717
été sondée deux fois même par les Chirurgiens
de l'Hôtel - Dieu , et l'on jugea la
Pierre extrêmement grosse ; la situation
de cette femme étoit si cruelle , qu'elle ne
pouvoit rester de bout , assise , ni couchée
, elle étoit obligé de se tenir continuellement
sur les genoux et sur les coudes
, elle ne rendoit que quelques gouttes
d'urine de temps à autre avec des douleurs
insupportables qu'elle étoit enfin
résoluë de risquer l'Operation de laTaille ,
lorsqu'elle fit la découverte du remede
dont il s'agit ; la personne qui en a le se
cret ne pût le refuser aux instances et aux
empressements de ceux qu'elle envoya
pour en demander. Dès le moment que
Îa Malade en eût pris , elle sentit du soulagement
, elle dormit , ce qu'elle n'avoit
pas fait depuis très long-temps , elle mangea
, et enfin pour éviter un long détail
qu'on peut apprendre d'elle et de ses
voisins , elle a rendu toute sa Pierre avec
ses urines , elle est àpresent dans une santé
parfaite.
La derniere expérience est celle de
M. Tardieu , Graveur , rue S. Jacques ,
à S. Bernard , proche S. Yves.
Il étoit dans un état à peu prés aussi
miserable que la Dame Hebert. Il a également
rendu la Pierre dont il étoit incom1718
MERCURE DE FRANCE
commodé , il en a gardé de même les sables
, et les graviers : ce ne sont pas des personnes
supposées , elles sont connues de
tout Paris , et ne pourront se réfuser à la
verité.
Voilà des exemples assés authentiques
pour authoriser l'opinion , et prouver la
justesse du raisonnement de l'Auteur de
la précedente Lettre ; j'ay crû ne pouvoir
me dispenser d'en faire part au Public
de par la voye vôtre Mercure , où j'espere
que vous aurés la bonté d'inserer ce
que j'ay l'honneur de vous écrire. Je
suis & c .
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Résumé : REPONSE à la Lettre sur la Pierre : Remede pour la dissoudre &c.
Le texte est une réponse à une lettre précédente publiée dans le Mercure de France, traitant du traitement de la pierre (calcul) dans le corps humain. L'auteur conteste l'idée que la chirurgie est la seule solution pour dissoudre la pierre, comme le prétendaient les Anciens. Il affirme qu'il existe des remèdes capables de dissoudre la pierre sans recourir à des opérations cruelles. Ces remèdes agissent spécifiquement sur la pierre sans affecter les autres parties du corps, apportant un soulagement immédiat et calmant les douleurs. L'auteur mentionne deux expériences récentes et authentiques pour appuyer ses propos. La première concerne Madame Hebert, une arboriste souffrant depuis dix ans, qui a trouvé un soulagement après avoir pris le remède. La seconde expérience concerne Monsieur Tardieu, un graveur, qui a également été guéri. Ces deux cas sont bien connus à Paris et peuvent être vérifiés par le public. L'auteur conclut en espérant que le Mercure de France publiera cette lettre pour informer le public de l'efficacité de ce remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 882-888
LETTRE de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, à M. D. L. R. sur des Champignons formez dans l'estomach d'une Femme.
Début :
Je vous écris aujourd'hui, Monsieur, sur un effet assez singulier de la Nature, [...]
Mots clefs :
Estomac, Femme, Champignons, Eau, Grains, Pédicules, Graines, Liqueur, Vomissement, Ragoûts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, à M. D. L. R. sur des Champignons formez dans l'estomach d'une Femme.
LETTRE de M. Capperon , ancien
Doyen de S. Maxent , à M. D. L. R.
sur des Champignons formez dans l'esi
tomach d'une Femme,
J
E vous écris aujourd'hui , Monsieur ;
sur un effet assez singulier de la Nature
, et qui mérite bien , à mon avis ,
d'être rendu public , tant à cause de la
rareté du fait , que par les consequences
qu'on en peut tirer, Une Femme d'honneur
et incapable de me tromper , âgét
d'environ soixante et dix ans , d'un temperament
flegmatique , me vint trouver
ces jours passez fort allarmée de ce qui
4ui étoit arrivé , pour m'en faire le récit,
et pour sçavoir ce que je pouvois penser
sur une chose aussi extraordinaire. Elle
me dit que depuis quelque temps elle
s'étoit trouvée fort incommodée de ventositez
, qui lui sortolent fréquemment
parhaut et par bas; qu'enfin lassée du mal
que
JIA
celá lui causoit , elle qrut que prenant
un peu d'eau - de- vie , cette liqueur
pourroit la soulager ; comme en effet, elle
ne l'eut pas plutôt avalée , qu'il lui prit
un grand vomissement , par le moyen
duquel
MAY. 1734
883
duquel elle rendit quantité de matieres
glaireuses , où il paroissoit plusieurs petits
corps bruns , diversement figurez ,
confondus et mêlez parmi ces glaires .
Revenue de la peine que ce vomissement
lui avoit causée , elle fut curieuse
de voir ce que c'étoit que ces petits corps
ainsi dispersez dans ce qu'elle avoit vomi
, et les ayant tirez les uns après les
autres , elle fut bien surprise de voir que
c'étoient quinze ou seize petits Champignons
, aussi exactement formez que
ceux qui croissent sur la terre ; les
les ayant
rangez sur un petit plat , elle me les fit
apporter un moment après qu'elle fut
venue chez moi. Quelques jours après
elle en jetta encore d'autres , qui me furent
pareillement apportez par la même
personne qui les lui avoit vû vomir.
Les ayant examinez à loisir et avec toute
l'attention possible , j'y en ai trouvé
particulierement un , dont la tête parfaitement
épanouie , a au moins un bon
pouce de largeur , et dont le pédicule
est long de dix lignes ; quelques autres
également épanouis , dont les têtes sont.
larges de dix à onze lignes , posées sur
des pédicules longs de cinq à six lignes ;
d'autres tant soit peu plus petits , dont
les uns sont ouverts et d'autres encore
Cij fer884
MERCURE DE FRANCE
fermez , ayant tous leurs têtes et leurs
pédicules. Il y en a un qui n'a même
que cinq lignes de hauteur , et dont
la tête ronde est fermée n'est large
que d'environ trois lignes , de couleur
plus noire que les autres ; car il est à
observer , que loin d'avoir la moindre
blancheur , ils sont tous très - bruns et
d'une contexture très - tendre. Je les ai
tous mis dans l'eau de vie , où je les conserve
pour les faire voir à ceux qui en
sont curieux .
Après cet exposé , Monsieur , il s'agit
de sçavoir d'où sont provenus ces Champignons
dans l'estomach de cette femme ;
comment ils ont pû y germer , y vege
ter et y croître . Pour bien connoître
cela , je lui demandai d'abord si dans la
la maison où elle demeure on n'y mangeoit
pas souvent des Champignons , et
si elle n'en avoit pas mangé comme les
autres , soit dans les ragoûts ou autrement
? Si elle n'avoit pas coûtume de
boire quelquefois de l'eau pendant le
jour ? Elle me répondit qu'il étoit vrai
qu'elle avoit mangé des Champignons
comme les autres ; que pendant le jour
elle buvoit quelquefois de l'eau avec
un peu de vin , et quelquefois même de
l'eau pure.
DeMAY.
1734 885
De- là j'ai conclu , que suivant toute
apparence , s'étant trouvé quelques graines
de Champignons dans l'eau qu'on
lui avoit donnée à boire , pour être res
tées imperceptibles dans quelque perit
endroit des vaisseaux où on les avoit
lavez , et que s'étant répandues ensuite
dans l'eau plus claire qu'on avoit mise
dans ces vaisseaux , c'étoit sans doute de
cette eau qu'on lui avoit donnée pour
boire , et où ces graines s'étoient trouvées
, et avec laquelle elles étoient tombées
dans son estomach. Je dis qu'il y
a plus lieu de croire que ça été par le
moyen de cette eau , plutôt qu'en mangeant
les Champignons mêmes cuits , apprêtez
et mêlangez dans des ragoûts et
des sausses ; la cuisson et le mêlange du
beure ou de graisse , ayant dû leur
ôter la disposition convenable qui leur
est nécessaire pour germer et vegeter.
On ne peut pas dire que cette Dame
a pû les manger et les avaler tels qu'ils
se sont trouvez dans son vomissement ;
car outre qu'on n'apprête pas les Champignons
pour les manger et pour les met
tre dans les ragouts avec leurs têtes toutes
épanouies , les pédicules y restant
attachez dans tout leur entier , c'est que
cette Dame n'auroit pas avalé ces Cham-
C iij pignons
886 MERCURE DE FRANCE
pignons ainsi entiers , sans leur avoir auparavant
donné le moindre coup de dent;
il faudroit pour cela qu'elle fût extrê
mement vorace , ce qui n'est pas.
Disons donc d'abord que dans l'estomach
, il se trouve une liqueur mucilagineuse
, qui s'y filtre par des ouvertures
qui représentent des especes de mamelons
, laquelle sert pour empêcher que
les choses trop âcres , trop picquantes et
trop corrosives qu'on peut avaler , n'irritent
fortement ce viscere ; et c'est cette.
liqueur mucilagineuse qui enduit le fond
de l'estomach , plus ou moins , selon que
le sang se trouve plus ou moins grossier
et visqueux dans certaines personnes.
Cela étant , il n'est pas surprenant que
des graines de Champignons, ayant été
avalées , elles se soient attachées à cette
matiere visqueuse , d'autant plus abon
dante dans l'estomach de cette Dame ;
qu'elle est d'un temperamment flegmatique
, dont le sang doit avoir moins de
volatilité à cause de son grand âge ; et
ces graines ainsi attachées et incorporées
dans cette matiere glaireuse , aidées par
la douce chaleur de l'estomach , s'y sont
suffisamment dilatées pour y pousser de
légeres racines et y vegeter de la manie
re dont on les voit.
C'est
MAY. 1734
887
-
C'est même ce qui n'est pas nouveau ,
puisqu'on voit dans les Observations de
Physique , imprimées en 1717. qu'un
Soldat à Coppenhague , ayant mangé
quelques grains d'avoine , ces grains lui
demeurerent pendant plusieurs mois dans
l'estomach , où ils lui causerent differentes
douleurs , jusqu'à ce qu'ayant pris
un remede vomitif , cela lui fit jetter
ces grains , lesquels avoient pris racine
et avoient germé comme en pleine terre,
ayant même poussé des feuilles , quoique
sans grains. C'est par le même moyen
qu'on a vû souvent des personnes vomir de
petites Grenouilles et d'autres Insectes ;
ce qu'on attribuoit souvent à sortilege ;
mais cela ne venoit que pour avoir bû
de quelque eau dormante , où s'étoient
trouvez des germes de ces animaux , lesquels
attachez aux matieres glaireuses
de l'estomach , et y ayant reçû l'impres
sion de la douce chaleur qui s'y trouve
accompagnée des parties salines et ter
restres de ces viscositez , avoient été di
latez , nourris et formez comme s'ils
avoient été dans l'eau ou dans la terre.
Enfin la conséquence naturelle qu'on
"S
* Ce Fait est rapporté par M. Bayle , dans ses
Nouvelles de la République des Lettres , mois de
Septembre 1685. page 1005.
C iiij peut
888 MERCURE DE FRANCE
peut tirer de l'état où ces Champignons
se sont trouvez à la sortie de l'estomach
où ils s'étoient formez , c'est de conclure
qu'ayant été trouvez entiers avec leurs
têtes et leurs pédicules qui y étoient attachez
, aussi tendres et aussi délicats
qu'ils sont , c'est une preuve certaine que
la digestion des aliments ne se fait pas
par la trituration causée par le simple
mouvement de l'estomach ; puisqu'il auroit
été impossible que ces petites plantes
eussent pû se former , s'étendre et
croître jusqu'au point où elles sont , sans
se trouver à la fin rompuës par pieces et
brisées , à cause de leur contexture si tendre
et si délicate . Je suis , Monsieur , & c..
A la Ville d'Eu le 14.
Avril
1734
Doyen de S. Maxent , à M. D. L. R.
sur des Champignons formez dans l'esi
tomach d'une Femme,
J
E vous écris aujourd'hui , Monsieur ;
sur un effet assez singulier de la Nature
, et qui mérite bien , à mon avis ,
d'être rendu public , tant à cause de la
rareté du fait , que par les consequences
qu'on en peut tirer, Une Femme d'honneur
et incapable de me tromper , âgét
d'environ soixante et dix ans , d'un temperament
flegmatique , me vint trouver
ces jours passez fort allarmée de ce qui
4ui étoit arrivé , pour m'en faire le récit,
et pour sçavoir ce que je pouvois penser
sur une chose aussi extraordinaire. Elle
me dit que depuis quelque temps elle
s'étoit trouvée fort incommodée de ventositez
, qui lui sortolent fréquemment
parhaut et par bas; qu'enfin lassée du mal
que
JIA
celá lui causoit , elle qrut que prenant
un peu d'eau - de- vie , cette liqueur
pourroit la soulager ; comme en effet, elle
ne l'eut pas plutôt avalée , qu'il lui prit
un grand vomissement , par le moyen
duquel
MAY. 1734
883
duquel elle rendit quantité de matieres
glaireuses , où il paroissoit plusieurs petits
corps bruns , diversement figurez ,
confondus et mêlez parmi ces glaires .
Revenue de la peine que ce vomissement
lui avoit causée , elle fut curieuse
de voir ce que c'étoit que ces petits corps
ainsi dispersez dans ce qu'elle avoit vomi
, et les ayant tirez les uns après les
autres , elle fut bien surprise de voir que
c'étoient quinze ou seize petits Champignons
, aussi exactement formez que
ceux qui croissent sur la terre ; les
les ayant
rangez sur un petit plat , elle me les fit
apporter un moment après qu'elle fut
venue chez moi. Quelques jours après
elle en jetta encore d'autres , qui me furent
pareillement apportez par la même
personne qui les lui avoit vû vomir.
Les ayant examinez à loisir et avec toute
l'attention possible , j'y en ai trouvé
particulierement un , dont la tête parfaitement
épanouie , a au moins un bon
pouce de largeur , et dont le pédicule
est long de dix lignes ; quelques autres
également épanouis , dont les têtes sont.
larges de dix à onze lignes , posées sur
des pédicules longs de cinq à six lignes ;
d'autres tant soit peu plus petits , dont
les uns sont ouverts et d'autres encore
Cij fer884
MERCURE DE FRANCE
fermez , ayant tous leurs têtes et leurs
pédicules. Il y en a un qui n'a même
que cinq lignes de hauteur , et dont
la tête ronde est fermée n'est large
que d'environ trois lignes , de couleur
plus noire que les autres ; car il est à
observer , que loin d'avoir la moindre
blancheur , ils sont tous très - bruns et
d'une contexture très - tendre. Je les ai
tous mis dans l'eau de vie , où je les conserve
pour les faire voir à ceux qui en
sont curieux .
Après cet exposé , Monsieur , il s'agit
de sçavoir d'où sont provenus ces Champignons
dans l'estomach de cette femme ;
comment ils ont pû y germer , y vege
ter et y croître . Pour bien connoître
cela , je lui demandai d'abord si dans la
la maison où elle demeure on n'y mangeoit
pas souvent des Champignons , et
si elle n'en avoit pas mangé comme les
autres , soit dans les ragoûts ou autrement
? Si elle n'avoit pas coûtume de
boire quelquefois de l'eau pendant le
jour ? Elle me répondit qu'il étoit vrai
qu'elle avoit mangé des Champignons
comme les autres ; que pendant le jour
elle buvoit quelquefois de l'eau avec
un peu de vin , et quelquefois même de
l'eau pure.
DeMAY.
1734 885
De- là j'ai conclu , que suivant toute
apparence , s'étant trouvé quelques graines
de Champignons dans l'eau qu'on
lui avoit donnée à boire , pour être res
tées imperceptibles dans quelque perit
endroit des vaisseaux où on les avoit
lavez , et que s'étant répandues ensuite
dans l'eau plus claire qu'on avoit mise
dans ces vaisseaux , c'étoit sans doute de
cette eau qu'on lui avoit donnée pour
boire , et où ces graines s'étoient trouvées
, et avec laquelle elles étoient tombées
dans son estomach. Je dis qu'il y
a plus lieu de croire que ça été par le
moyen de cette eau , plutôt qu'en mangeant
les Champignons mêmes cuits , apprêtez
et mêlangez dans des ragoûts et
des sausses ; la cuisson et le mêlange du
beure ou de graisse , ayant dû leur
ôter la disposition convenable qui leur
est nécessaire pour germer et vegeter.
On ne peut pas dire que cette Dame
a pû les manger et les avaler tels qu'ils
se sont trouvez dans son vomissement ;
car outre qu'on n'apprête pas les Champignons
pour les manger et pour les met
tre dans les ragouts avec leurs têtes toutes
épanouies , les pédicules y restant
attachez dans tout leur entier , c'est que
cette Dame n'auroit pas avalé ces Cham-
C iij pignons
886 MERCURE DE FRANCE
pignons ainsi entiers , sans leur avoir auparavant
donné le moindre coup de dent;
il faudroit pour cela qu'elle fût extrê
mement vorace , ce qui n'est pas.
Disons donc d'abord que dans l'estomach
, il se trouve une liqueur mucilagineuse
, qui s'y filtre par des ouvertures
qui représentent des especes de mamelons
, laquelle sert pour empêcher que
les choses trop âcres , trop picquantes et
trop corrosives qu'on peut avaler , n'irritent
fortement ce viscere ; et c'est cette.
liqueur mucilagineuse qui enduit le fond
de l'estomach , plus ou moins , selon que
le sang se trouve plus ou moins grossier
et visqueux dans certaines personnes.
Cela étant , il n'est pas surprenant que
des graines de Champignons, ayant été
avalées , elles se soient attachées à cette
matiere visqueuse , d'autant plus abon
dante dans l'estomach de cette Dame ;
qu'elle est d'un temperamment flegmatique
, dont le sang doit avoir moins de
volatilité à cause de son grand âge ; et
ces graines ainsi attachées et incorporées
dans cette matiere glaireuse , aidées par
la douce chaleur de l'estomach , s'y sont
suffisamment dilatées pour y pousser de
légeres racines et y vegeter de la manie
re dont on les voit.
C'est
MAY. 1734
887
-
C'est même ce qui n'est pas nouveau ,
puisqu'on voit dans les Observations de
Physique , imprimées en 1717. qu'un
Soldat à Coppenhague , ayant mangé
quelques grains d'avoine , ces grains lui
demeurerent pendant plusieurs mois dans
l'estomach , où ils lui causerent differentes
douleurs , jusqu'à ce qu'ayant pris
un remede vomitif , cela lui fit jetter
ces grains , lesquels avoient pris racine
et avoient germé comme en pleine terre,
ayant même poussé des feuilles , quoique
sans grains. C'est par le même moyen
qu'on a vû souvent des personnes vomir de
petites Grenouilles et d'autres Insectes ;
ce qu'on attribuoit souvent à sortilege ;
mais cela ne venoit que pour avoir bû
de quelque eau dormante , où s'étoient
trouvez des germes de ces animaux , lesquels
attachez aux matieres glaireuses
de l'estomach , et y ayant reçû l'impres
sion de la douce chaleur qui s'y trouve
accompagnée des parties salines et ter
restres de ces viscositez , avoient été di
latez , nourris et formez comme s'ils
avoient été dans l'eau ou dans la terre.
Enfin la conséquence naturelle qu'on
"S
* Ce Fait est rapporté par M. Bayle , dans ses
Nouvelles de la République des Lettres , mois de
Septembre 1685. page 1005.
C iiij peut
888 MERCURE DE FRANCE
peut tirer de l'état où ces Champignons
se sont trouvez à la sortie de l'estomach
où ils s'étoient formez , c'est de conclure
qu'ayant été trouvez entiers avec leurs
têtes et leurs pédicules qui y étoient attachez
, aussi tendres et aussi délicats
qu'ils sont , c'est une preuve certaine que
la digestion des aliments ne se fait pas
par la trituration causée par le simple
mouvement de l'estomach ; puisqu'il auroit
été impossible que ces petites plantes
eussent pû se former , s'étendre et
croître jusqu'au point où elles sont , sans
se trouver à la fin rompuës par pieces et
brisées , à cause de leur contexture si tendre
et si délicate . Je suis , Monsieur , & c..
A la Ville d'Eu le 14.
Avril
1734
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Résumé : LETTRE de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, à M. D. L. R. sur des Champignons formez dans l'estomach d'une Femme.
M. Capperon, ancien doyen de Saint-Maxent, a relaté un cas exceptionnel impliquant une femme de soixante-dix ans au tempérament flegmatique. Cette femme a vomi plusieurs petits champignons après avoir consommé de l'eau-de-vie pour soulager des flatulences. Les matières vomies contenaient des champignons parfaitement formés, au nombre de quinze ou seize, variant en taille et en état de développement. M. Capperon a examiné ces champignons et les a conservés dans de l'eau-de-vie pour les montrer à des personnes intéressées. Il a émis l'hypothèse que les graines de champignons, présentes dans l'eau qu'elle buvait, avaient germé dans son estomac grâce à la liqueur mucilagineuse qui tapisse cet organe. Cette liqueur, plus abondante chez les personnes au sang visqueux, aurait permis aux graines de s'attacher et de se développer grâce à la chaleur de l'estomac. Ce phénomène n'est pas isolé, car des cas similaires ont été observés, comme celui d'un soldat ayant vomi des grains d'avoine germés dans son estomac. M. Capperon en a déduit que la digestion ne se fait pas uniquement par la trituration des aliments, car les champignons sont sortis intacts et entiers.
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10
p. 237-238
AUTRE.
Début :
Elixir Stomachique du Sieur Camus, Marchand Epicier-Droguiste, [...]
Mots clefs :
Elixir stomachique, Sieur Camus, Estomac, Digestion, Toux, Asthme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Elixir Stomachique du Sieur Camus , Marchand
Epicier-Droguifte , rue S. Denis , vis -à- vis la rue
Guerin - Boileau , au figne de la Croix du Fer à
Cheval , à Paris. Cet Elixir fortifie l'eftomac ;
facilite la digeftion , recrée les efprits animaux &
chaffe les vents ; il foulage auffi les perfonnes attaquées
de Toux pituiteufe & d'Afthme humide ; il
eft un préfervatif contre le mauvais air. C'eſt un
très-bon cordial d'un goût fort agréable. Les perfonnes
en fanté peuvent auffi en faire ufage avec
fuccès. On donnera la maniere de s'en fervir
238 MERCURE DE FRANCE.
avec les bouteilles fcellées du cachet, & l'étiquette
fignée de l'Auteur . Pour la facilité du Public , il y
a des bouteilles de 4 liv. & de 8 liv.
Elixir Stomachique du Sieur Camus , Marchand
Epicier-Droguifte , rue S. Denis , vis -à- vis la rue
Guerin - Boileau , au figne de la Croix du Fer à
Cheval , à Paris. Cet Elixir fortifie l'eftomac ;
facilite la digeftion , recrée les efprits animaux &
chaffe les vents ; il foulage auffi les perfonnes attaquées
de Toux pituiteufe & d'Afthme humide ; il
eft un préfervatif contre le mauvais air. C'eſt un
très-bon cordial d'un goût fort agréable. Les perfonnes
en fanté peuvent auffi en faire ufage avec
fuccès. On donnera la maniere de s'en fervir
238 MERCURE DE FRANCE.
avec les bouteilles fcellées du cachet, & l'étiquette
fignée de l'Auteur . Pour la facilité du Public , il y
a des bouteilles de 4 liv. & de 8 liv.
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Résumé : AUTRE.
L'Elixir Stomachique du Sieur Camus, épicier-droguiste à Paris, fortifie l'estomac, facilite la digestion et traite la toux et l'asthme. Il prévient les effets du mauvais air et est un cordial au goût agréable. Disponible en bouteilles de 4 et 8 livres, il est accompagné d'instructions d'utilisation.
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11
p. 196-197
Les Tablettes d'Angleterre, pectorales & stomachales, trouvées par le sieur ARCHBALD.
Début :
CES Tablettes sont un remède sûr & infaillible contre les Maladies ordinaires de la Poitrine & du [...]
Mots clefs :
Maladies ordinaires de la poitrine et du poumon, Rhume, Toux, Estomac
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texteReconnaissance textuelle : Les Tablettes d'Angleterre, pectorales & stomachales, trouvées par le sieur ARCHBALD.
Les Tablettes d'Angleterre , pectorales & flomachales
, trouvées par lefieur ARCHBald.
CES Tablettes font un remède fûr & infaillible
contre les Maladies ordinaires de la Poitrine & du
Poulmon , telies que le Rhume , la Toux & l'Enrouement
, &c. Elles préviennent l'Afthme , la
Phtifie , la Poulmonie, & diffipent les humeurs
qui fe fixent fur la Poitrine , & dont l'irritation
occafionne des efforts continuels pour touffer.
FEVRIER. 1763 . 197
"
Ces Tablettes , par leurs vertus balfamiques &
nutritives , guérillent les tendres vaiffeaux de
l'efto mac , qui font fouvent lacérés par fes mouvemens
convulsifs ; & en fortifiant les organes ,
elles aident à la digeftion , & ne manquent
jamais d'avancer la chylification .
Ces Tablettes fe fondent dans l'eau comme
du fucre ; le goût en eft des plus agréable , & ne
manque jamais de corriger l'haleine & les exhalaifons
impures de l'eftomac .
Manière de fe fervir de ces Tablettes .
Quand on est enrhumé ou enroué , on prend
une de ces Tablettes dans la bouche , cù elles fe
fondent comme du fucre. On le répéte toutes les
fois que la toux devient incommode , & on en
peut prendre ainfi cinq cu fix fois par jour , ce
qui préviendra en même temps les maladies
dont le poulmon eft fi fouvent attaqué. Ceux
qui ont l'estomac foible , ou mauvais gout dans
la bouche , en prennent également cinq ou fix
par jour , ou plus ou moins . La quantité ne fauroit
nuire en aucune façon ; l'épreuve qu'on en
peut faire en laiffant fondre une de ces Tablettes
dans un verre d'eau , fera voir qu'il n'y entre
rien de pernicieux , & que la compofition eft bienfaifante
& des plus falutaire.
Ces Tablettes fe vendent chez LEBRUN , fuc
ceffeur dufieur LEDUC , Marchand Epicier , rue
Dauphine , au Magafin de Provence , à 36 fols la
Boëte.
, trouvées par lefieur ARCHBald.
CES Tablettes font un remède fûr & infaillible
contre les Maladies ordinaires de la Poitrine & du
Poulmon , telies que le Rhume , la Toux & l'Enrouement
, &c. Elles préviennent l'Afthme , la
Phtifie , la Poulmonie, & diffipent les humeurs
qui fe fixent fur la Poitrine , & dont l'irritation
occafionne des efforts continuels pour touffer.
FEVRIER. 1763 . 197
"
Ces Tablettes , par leurs vertus balfamiques &
nutritives , guérillent les tendres vaiffeaux de
l'efto mac , qui font fouvent lacérés par fes mouvemens
convulsifs ; & en fortifiant les organes ,
elles aident à la digeftion , & ne manquent
jamais d'avancer la chylification .
Ces Tablettes fe fondent dans l'eau comme
du fucre ; le goût en eft des plus agréable , & ne
manque jamais de corriger l'haleine & les exhalaifons
impures de l'eftomac .
Manière de fe fervir de ces Tablettes .
Quand on est enrhumé ou enroué , on prend
une de ces Tablettes dans la bouche , cù elles fe
fondent comme du fucre. On le répéte toutes les
fois que la toux devient incommode , & on en
peut prendre ainfi cinq cu fix fois par jour , ce
qui préviendra en même temps les maladies
dont le poulmon eft fi fouvent attaqué. Ceux
qui ont l'estomac foible , ou mauvais gout dans
la bouche , en prennent également cinq ou fix
par jour , ou plus ou moins . La quantité ne fauroit
nuire en aucune façon ; l'épreuve qu'on en
peut faire en laiffant fondre une de ces Tablettes
dans un verre d'eau , fera voir qu'il n'y entre
rien de pernicieux , & que la compofition eft bienfaifante
& des plus falutaire.
Ces Tablettes fe vendent chez LEBRUN , fuc
ceffeur dufieur LEDUC , Marchand Epicier , rue
Dauphine , au Magafin de Provence , à 36 fols la
Boëte.
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Résumé : Les Tablettes d'Angleterre, pectorales & stomachales, trouvées par le sieur ARCHBALD.
Le texte présente les Tablettes d'Angleterre, découvertes par le sieur Archibald, comme un remède efficace contre diverses maladies de la poitrine et des poumons, telles que le rhume, la toux, l'enrouement, l'asthme, la phtisie et la pneumonie. Elles préviennent également l'accumulation d'humeurs irritantes dans la poitrine. Ces tablettes possèdent des vertus balsamiques et nutritives, guérissant les vaisseaux sanguins endommagés et renforçant les organes. Elles favorisent la digestion et la chylification, se dissolvent dans l'eau comme du sucre, et corrigent l'haleine et les exhalaisons impures de l'estomac. Pour l'utilisation, il est recommandé de laisser fondre une tablette dans la bouche en cas de rhume ou d'enrouement, et de répéter cette action jusqu'à cinq ou six fois par jour pour prévenir les maladies pulmonaires. Les personnes ayant un estomac faible ou un mauvais goût dans la bouche peuvent en prendre cinq ou six par jour, ou plus selon les besoins. La quantité n'est pas nocive. Ces tablettes sont vendues chez Lebrun, successeur du sieur Leduc, marchand épicier, rue Dauphine, au Magasin de Provence, au prix de 36 sols la boîte.
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12
p. 210-211
AVIS AU PUBLIC, REMEDE EXTERIEUR.
Début :
Le sieur THIEBAULT, Fayancier, Cour de la Trinité, à Paris, distribue avec succès des Sachets [...]
Mots clefs :
Faïencier, Sachets, Femmes en couche, Estomac
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texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC, REMEDE EXTERIEUR.
AVIS AU PUBLIC ,
REMEDE EXTERIEUR.
Le fieur THIEBAULT , Fayancier , Cour de la
Trinité , à Paris , diftribue avec fuccès des Sachets
d'une poudre ayant la vertu de faire évacuer
le lait aux Femmes en couche , & fans qu'il
en puille arriver aucun accident .
•
FEVRIER . 1763. 211
MANIERE de s'en fervir.
En appliquant le Sachet extérieurement fur
l'Eftomach ou fur le côté , à cru fur la peau : le
troifiéme jour il faut le faire fécher au feu l'efpace
d'une heure , & tous les trois jours en faire
de même.
Les prix font de a liv. & i liv. 10 f.
REMEDE EXTERIEUR.
Le fieur THIEBAULT , Fayancier , Cour de la
Trinité , à Paris , diftribue avec fuccès des Sachets
d'une poudre ayant la vertu de faire évacuer
le lait aux Femmes en couche , & fans qu'il
en puille arriver aucun accident .
•
FEVRIER . 1763. 211
MANIERE de s'en fervir.
En appliquant le Sachet extérieurement fur
l'Eftomach ou fur le côté , à cru fur la peau : le
troifiéme jour il faut le faire fécher au feu l'efpace
d'une heure , & tous les trois jours en faire
de même.
Les prix font de a liv. & i liv. 10 f.
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Résumé : AVIS AU PUBLIC, REMEDE EXTERIEUR.
En février 1763, Thiebault, fayancier à Paris, vend des sachets de poudre pour faciliter l'évacuation du lait chez les femmes en couches. Appliqués sur la peau, ces sachets doivent être chauffés au feu tous les trois jours. Leur prix varie entre une livre et une livre dix sols.
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