Résultats : 1121 textes (indexation en cours)
Détail
Liste
301
p. 221
« Pour vous, Messieurs, qui n'aimez pas les Vers, je vous [...] »
Début :
Pour vous, Messieurs, qui n'aimez pas les Vers, je vous [...]
Mots clefs :
Vers, Dissertation
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texteReconnaissance textuelle : « Pour vous, Messieurs, qui n'aimez pas les Vers, je vous [...] »
Pour vous , Meffieurs , qui
n'aimez pas les Vers , je vous
excepte du nombre de ceux
que cette Diflertation n'aura
pas ennuyé , & je m'imagine :
Qu'à preſent les Sonnets
vous ſortent par les yeux.
Mais d'uffiez vous bailler
juſqu'à demain, ou de dépit
envoyer promener le Mercure
& fon Auteur , j'ay encore
des Vers à vous donner , &
peut eſtre
encore d'autres
aprés ceux là.Préludons àbon
compre.
n'aimez pas les Vers , je vous
excepte du nombre de ceux
que cette Diflertation n'aura
pas ennuyé , & je m'imagine :
Qu'à preſent les Sonnets
vous ſortent par les yeux.
Mais d'uffiez vous bailler
juſqu'à demain, ou de dépit
envoyer promener le Mercure
& fon Auteur , j'ay encore
des Vers à vous donner , &
peut eſtre
encore d'autres
aprés ceux là.Préludons àbon
compre.
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302
p. 221-224
RONDEAU.
Début :
Son Altesse Sérénissime Madame la Duchesse de Vendôme, / Que de Gibiers & que de volatilles [...]
Mots clefs :
Gibiers, Duchesse de Vendôme, Gibier
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texteReconnaissance textuelle : RONDEAU.
Son A'teffe Séréniffime Madam:
la Ducheffe de Vendôme
L
Tinj
222 MERCURE
envoya il y a quelques jours à
M. de Palapra , du Gibier de
Sa maison d' Anet. M. de Palapra
reconnoiſſant des bontez
de cette Princeſſe , juzea à propos
de luy rendre preſent pour
preſent ; & aprés avoir longtemps
cherché dans sa tefte
quelque chose qui convintàfon
Alteſſe , il crût que rien ne luy
feroit plus agréable que le Rondeau
que voicy.
RONDEAU.
Que de Gibiers & que
de volatilles
GALANT. 225
Ont vû perir l'eſpoir de
leurs familles::
Mon croc chargé des
dépoüilles d'Anet
Va parfumer ma table
d'un fumet
Plus odorant que Truffes
& Morilles .
Ce Gibier vaut trente
cochons de lait ,
Je n'ay le gout de l'aîné
fait Cadet ,
Qui mieux aima ſe gorger
de lentilles ,
Que de Gibiers.
Tiiij
224 MERCURE
Vos dons pour moy font
plus doux que paſtilles ,
Par tout j'en parle en let
tres apoſtilles ,
Et j'ay l'Eſprit fi plein de
ce bien fait ,
Qu'à l'Opera de mon amy
Danchet ,
Je mécriay , voyant toutes
ces filles
Que de Gibiers.
la Ducheffe de Vendôme
L
Tinj
222 MERCURE
envoya il y a quelques jours à
M. de Palapra , du Gibier de
Sa maison d' Anet. M. de Palapra
reconnoiſſant des bontez
de cette Princeſſe , juzea à propos
de luy rendre preſent pour
preſent ; & aprés avoir longtemps
cherché dans sa tefte
quelque chose qui convintàfon
Alteſſe , il crût que rien ne luy
feroit plus agréable que le Rondeau
que voicy.
RONDEAU.
Que de Gibiers & que
de volatilles
GALANT. 225
Ont vû perir l'eſpoir de
leurs familles::
Mon croc chargé des
dépoüilles d'Anet
Va parfumer ma table
d'un fumet
Plus odorant que Truffes
& Morilles .
Ce Gibier vaut trente
cochons de lait ,
Je n'ay le gout de l'aîné
fait Cadet ,
Qui mieux aima ſe gorger
de lentilles ,
Que de Gibiers.
Tiiij
224 MERCURE
Vos dons pour moy font
plus doux que paſtilles ,
Par tout j'en parle en let
tres apoſtilles ,
Et j'ay l'Eſprit fi plein de
ce bien fait ,
Qu'à l'Opera de mon amy
Danchet ,
Je mécriay , voyant toutes
ces filles
Que de Gibiers.
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Résumé : RONDEAU.
M. de Palapra adresse une lettre à la Duchesse de Vendôme pour la remercier du gibier qu'elle lui a envoyé depuis sa maison d'Anet. En guise de reconnaissance, il lui offre un rondeau. Dans ce poème, il loue la qualité exceptionnelle du gibier, le comparant favorablement aux truffes, aux morilles et même à trente cochons de lait. Il exprime également sa préférence pour ce gibier plutôt que pour les lentilles. M. de Palapra souligne que les dons de la Duchesse sont plus agréables que des pastilles et qu'il en parle dans toutes ses correspondances. Il conclut en affirmant que, même lors de l'opéra de son ami Danchet, il ne peut s'empêcher de penser au gibier reçu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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303
p. 224-225
« Puisque je suis entrain de vous parler de Poësie, approuvez [...] »
Début :
Puisque je suis entrain de vous parler de Poësie, approuvez [...]
Mots clefs :
Poésie, Opéra
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texteReconnaissance textuelle : « Puisque je suis entrain de vous parler de Poësie, approuvez [...] »
Puiſque je fuis entrain de
vous parler de Poëfie, approu .
vez,Meſſieurs,que je continuë
ce que j'ay à vous en dire , &
GALANT . 225
que je vous tienne du moins
parole au ſujet de l'Opera de
Telemaque , dont je vous ay
promis l'examen dans ma Préface.
vous parler de Poëfie, approu .
vez,Meſſieurs,que je continuë
ce que j'ay à vous en dire , &
GALANT . 225
que je vous tienne du moins
parole au ſujet de l'Opera de
Telemaque , dont je vous ay
promis l'examen dans ma Préface.
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304
p. 225-233
Examen de l'Opera de Telemaque. [titre d'après la table]
Début :
Cinq ou six representations m'ont mieux instruit de ce [...]
Mots clefs :
Réputation, Poème, Critique, Musique, André Cardinal Destouches
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Examen de l'Opera de Telemaque. [titre d'après la table]
Cinq ou fix reprefentations
m'ont mieux inſtruit de
ce que le Public en penfe &
voſtre curiofité aura plus lieu
d'eſtre ſatisfaite. Je vais d'abord
vous expoſer le jugement
du public en ſimpleHiftorien
, aprés quoy je feray
le commentateur. Ce ſera à
> vous à me faire connoiſtre ſi
je dois continuer un metier fi
décrié dans Mathanafius . Le
226 MERCURE
jugement avantageux qu'on
a porté du Poëme ne s'eſt
point dementi , & tout le
monde le met au- deſſus de la
Muſique. C'eſt peut eſtre la
premiere fois qu'on a fait cet
honneur àla Poëfie , en fait
d'Opera , on n'en a pas moins
eſté injuſte par le paffé , &j'ay
toûjours eſté ſurpris qu'il ſe
trouva des Auteurs en reputation
qui daignaſſent travailler
à ces fortes d'ouvrages , veu
le danger où ils s'expoſoient
de ſe degrader.
Je neveux pas icy diminuer
la gloire de M. Pellegrin ;
GALANT. 227
mais comme il y auroit de
l'injuſtice à l'élever ſur les ruïnes
de la réputation de M.
Deſtouches , je tacheray de
rendre au Poëte & au Muficien
, ce qui leur appartient.
Cela ſuppoſé , permettez moy
de vous faire part de mes réflexions
.
Il ya plus d'un an que la
réputation du Poëme de Telemaque
eſt établie : pluſieurs
lectures qui en avoient eſté
faites devant des perſonnes de
goût avoient ſi rapidement
emporté les fuffrages , que la
critique n'a oſé luter contre
Ictorrent.
228 MERCURE
L'impreſſion qui a paruhuit
jours avant la premiere répreſentation
, n'a fait que juftifier
les partiſans de cette Piece.
Quel parti reftoit il à prendre
aux Cenſeurs , fi non de fronderla
Mofique. On peut comparer
cette maudite engeance ,
au Medecin de Pourceaugnac
à qui il faut un malade. Voilà ,
fije ne me trompe , la premiere
cauſe de l'orage qui s'eſt
élevé contre la Muſique de
Telemaque , en voicy la ſeconde
: la qualité d'Inſpecteur
General de l'Académie
Royale de Muſique dont le
1
GALANT. 229
2
Roy a honore M. Deſtouches
luy a fait preſque autant de
jaloux qu'ilyy a de Muſiciens ,
la plupart de ces Meffieurs ,
montrent à chanter , en fautil
d'avantage pour donner le
ton à la critique. Les écoliers
&les écolieres décident ſur la
foy de leurs maiſtres & toutes
ces déciſions réünies decredi
tent pour quelque temps les
meilleurs ouvrages .
Mais me dira- ton , eſt ce
affez de dire du mal d'unOpera
pour eſtre crû , n'en faut- il
pasdétailler les défauts & les
prouver.
230 MERCURE
Je répons à cela qu'il n'en
eſtpas tout à faitde la Mufique
comme de la Poësie , les
Muficiens n'ont d'ordinaire
queleur Muſique en partage
ils ne ſe piquent guere d'un
raiſonnement exact & fuivi ,
&comme il eſt établi qu'ils
n'ont pas ce don d'éloquence
perfuafive dont les Poëtes
ſont plus à portée d'eftre partagez
, on n'exige pas qu'ils
appuyent ce qu'ils avancent ,
&on aime mieux les en croire .
fur leur parole , que d'effuyer
de leur part des preuves mal
errangées& peu concluantes.
GALANT. 231
Deforte qu'il fuffit àunMuficien
de dire qu'un Opera ne
luy plaiſt pas ,pour empêcher
trente perſonnes à quiil a fait
plaiſir de faireun aveu fincere
del'effet qu'il a produit ſureux
Cependant comme il faut du
moins quelques raiſons vagues
pour appuyer la mediſance
on ſaiſit un faux air de reffemblance
, pour répandredans le
mondeque tout eſt pillé ; on
ne convient des bons morceaux
que pour dire qu'ils
pourroient eſtre meilleurs ; fi
l'Acteur ou l'Actrice ſont
enthumez , on dit que le reci-
,
232 MERCURE
tatifeft froid , & quoy que le
bon l'emporte de beaucoup
fur le mauvais , on s'attache
au dernier , ſans tenir compte
du premier , n'y eut il qu'un
deffaut pour trente beautez .
Voila à peu prés ce qui s'eft
paſſé dans les premieres répreſentations
de Telemaque ;
j'apprends que la cabale commence
à ſe diffipper & que la
verité ſe fait jout à travers les
nuages. Je ne doute point que
cela ne vous faſſe autant de
plaifir qu'à moy ; vous avez
tousjours aimé qu'on rendit
iuſtice au merite & j'ofe
vous
GALANT. 233
vous aſſurer que M. Deſtouches
en a & qu'il n'eſt pas '
comme la plupart des Muſiciens
qui n'ont que la note
pour tout talent. Ila du ſentiment
, des entrailles ,& du
goût. Iffé , Amadis de Grece ,
& Callhyroé nous l'avoient
déja prouvé & Telemaque va
achever de nous en convaincre....
m'ont mieux inſtruit de
ce que le Public en penfe &
voſtre curiofité aura plus lieu
d'eſtre ſatisfaite. Je vais d'abord
vous expoſer le jugement
du public en ſimpleHiftorien
, aprés quoy je feray
le commentateur. Ce ſera à
> vous à me faire connoiſtre ſi
je dois continuer un metier fi
décrié dans Mathanafius . Le
226 MERCURE
jugement avantageux qu'on
a porté du Poëme ne s'eſt
point dementi , & tout le
monde le met au- deſſus de la
Muſique. C'eſt peut eſtre la
premiere fois qu'on a fait cet
honneur àla Poëfie , en fait
d'Opera , on n'en a pas moins
eſté injuſte par le paffé , &j'ay
toûjours eſté ſurpris qu'il ſe
trouva des Auteurs en reputation
qui daignaſſent travailler
à ces fortes d'ouvrages , veu
le danger où ils s'expoſoient
de ſe degrader.
Je neveux pas icy diminuer
la gloire de M. Pellegrin ;
GALANT. 227
mais comme il y auroit de
l'injuſtice à l'élever ſur les ruïnes
de la réputation de M.
Deſtouches , je tacheray de
rendre au Poëte & au Muficien
, ce qui leur appartient.
Cela ſuppoſé , permettez moy
de vous faire part de mes réflexions
.
Il ya plus d'un an que la
réputation du Poëme de Telemaque
eſt établie : pluſieurs
lectures qui en avoient eſté
faites devant des perſonnes de
goût avoient ſi rapidement
emporté les fuffrages , que la
critique n'a oſé luter contre
Ictorrent.
228 MERCURE
L'impreſſion qui a paruhuit
jours avant la premiere répreſentation
, n'a fait que juftifier
les partiſans de cette Piece.
Quel parti reftoit il à prendre
aux Cenſeurs , fi non de fronderla
Mofique. On peut comparer
cette maudite engeance ,
au Medecin de Pourceaugnac
à qui il faut un malade. Voilà ,
fije ne me trompe , la premiere
cauſe de l'orage qui s'eſt
élevé contre la Muſique de
Telemaque , en voicy la ſeconde
: la qualité d'Inſpecteur
General de l'Académie
Royale de Muſique dont le
1
GALANT. 229
2
Roy a honore M. Deſtouches
luy a fait preſque autant de
jaloux qu'ilyy a de Muſiciens ,
la plupart de ces Meffieurs ,
montrent à chanter , en fautil
d'avantage pour donner le
ton à la critique. Les écoliers
&les écolieres décident ſur la
foy de leurs maiſtres & toutes
ces déciſions réünies decredi
tent pour quelque temps les
meilleurs ouvrages .
Mais me dira- ton , eſt ce
affez de dire du mal d'unOpera
pour eſtre crû , n'en faut- il
pasdétailler les défauts & les
prouver.
230 MERCURE
Je répons à cela qu'il n'en
eſtpas tout à faitde la Mufique
comme de la Poësie , les
Muficiens n'ont d'ordinaire
queleur Muſique en partage
ils ne ſe piquent guere d'un
raiſonnement exact & fuivi ,
&comme il eſt établi qu'ils
n'ont pas ce don d'éloquence
perfuafive dont les Poëtes
ſont plus à portée d'eftre partagez
, on n'exige pas qu'ils
appuyent ce qu'ils avancent ,
&on aime mieux les en croire .
fur leur parole , que d'effuyer
de leur part des preuves mal
errangées& peu concluantes.
GALANT. 231
Deforte qu'il fuffit àunMuficien
de dire qu'un Opera ne
luy plaiſt pas ,pour empêcher
trente perſonnes à quiil a fait
plaiſir de faireun aveu fincere
del'effet qu'il a produit ſureux
Cependant comme il faut du
moins quelques raiſons vagues
pour appuyer la mediſance
on ſaiſit un faux air de reffemblance
, pour répandredans le
mondeque tout eſt pillé ; on
ne convient des bons morceaux
que pour dire qu'ils
pourroient eſtre meilleurs ; fi
l'Acteur ou l'Actrice ſont
enthumez , on dit que le reci-
,
232 MERCURE
tatifeft froid , & quoy que le
bon l'emporte de beaucoup
fur le mauvais , on s'attache
au dernier , ſans tenir compte
du premier , n'y eut il qu'un
deffaut pour trente beautez .
Voila à peu prés ce qui s'eft
paſſé dans les premieres répreſentations
de Telemaque ;
j'apprends que la cabale commence
à ſe diffipper & que la
verité ſe fait jout à travers les
nuages. Je ne doute point que
cela ne vous faſſe autant de
plaifir qu'à moy ; vous avez
tousjours aimé qu'on rendit
iuſtice au merite & j'ofe
vous
GALANT. 233
vous aſſurer que M. Deſtouches
en a & qu'il n'eſt pas '
comme la plupart des Muſiciens
qui n'ont que la note
pour tout talent. Ila du ſentiment
, des entrailles ,& du
goût. Iffé , Amadis de Grece ,
& Callhyroé nous l'avoient
déja prouvé & Telemaque va
achever de nous en convaincre....
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Résumé : Examen de l'Opera de Telemaque. [titre d'après la table]
Le texte traite de la réception publique de l'opéra 'Télémaque', soulignant que le poème a été particulièrement apprécié par le public, même avant sa première représentation. Des lectures positives devant des personnes de goût et une impression du texte publiée peu avant la première ont renforcé cette opinion favorable. Deux principales raisons expliquent les critiques négatives portées sur la musique de l'opéra. La première est la jalousie des musiciens envers M. Destouches, l'Inspecteur Général de l'Académie Royale de Musique. La seconde est l'influence des écoliers et écolières qui suivent les avis de leurs maîtres. Les musiciens, contrairement aux poètes, n'ont pas besoin de justifier leurs critiques par des arguments solides, se contentant souvent de déclarer qu'un opéra ne leur plaît pas, ce qui suffit à influencer l'opinion publique. Les critiques tendent à se concentrer sur des défauts mineurs, négligeant les qualités majeures de l'œuvre. Cependant, la cabale contre l'opéra semble se dissiper, permettant à la vérité de ressortir. L'auteur conclut en reconnaissant les mérites de M. Destouches, soulignant son talent, son sentiment et son goût, illustrés par ses œuvres précédentes telles que 'Issé', 'Amadis de Grèce' et 'Callirhoé'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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305
p. 233-235
« Aprés la Critique & les Eloges de la Musique & de la [...] »
Début :
Aprés la Critique & les Eloges de la Musique & de la [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Aprés la Critique & les Eloges de la Musique & de la [...] »
Aprés la Critique & les
Eloges de la Muſique & de la
Poësie , dont je croy vous
avoir affez entretenu , permettez-
moy , Meffieurs , de
vous demander lamême indif
Decembre x714. V
234 MERCURE
,
ference ou plutoſt la même
attention pour le Chapitre des
morts que vous allez lire. Si
vous n'y trouvez pas ce langage
& cette liberté qui font
dans les autres , c'eſt parce que
jecroy qu'on nes'eſt fait une
loy raisonnable d'en parler
ferieuſement , que pour rendre
du moins aux morts ce
qui leur eſt dû , & que pour
diſpoſer l'eſprit du lecteur à
recevoir plus agréablement les
Pieces qui fuivent ordinairement
cet article. Tel a eſté ſije
je ne me trompe l'intention
du fondateurdu MercureGa
GALANT. 235
lant , fi non c'eſt la mienne.
Eloges de la Muſique & de la
Poësie , dont je croy vous
avoir affez entretenu , permettez-
moy , Meffieurs , de
vous demander lamême indif
Decembre x714. V
234 MERCURE
,
ference ou plutoſt la même
attention pour le Chapitre des
morts que vous allez lire. Si
vous n'y trouvez pas ce langage
& cette liberté qui font
dans les autres , c'eſt parce que
jecroy qu'on nes'eſt fait une
loy raisonnable d'en parler
ferieuſement , que pour rendre
du moins aux morts ce
qui leur eſt dû , & que pour
diſpoſer l'eſprit du lecteur à
recevoir plus agréablement les
Pieces qui fuivent ordinairement
cet article. Tel a eſté ſije
je ne me trompe l'intention
du fondateurdu MercureGa
GALANT. 235
lant , fi non c'eſt la mienne.
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Résumé : « Aprés la Critique & les Eloges de la Musique & de la [...] »
L'auteur demande aux lecteurs d'accorder une attention particulière au chapitre sur les morts. Il justifie l'absence de langage libre et critique par le respect dû aux défunts. Cette approche vise à mieux préparer les lecteurs aux éléments habituels du texte. L'intention pourrait appartenir au fondateur du Mercure Galant ou à l'auteur lui-même.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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306
p. 235-247
MORTS.
Début :
Alexandre Benoist Stanislas Sobieski, dit le Prince Alexandre de Pologne [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Roi de Pologne, Chevalier, Prince, Roi, Fille, Marquis, Seigneur, Dame, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Alexandre Benoist Stanislas
Sobieski , dit le Prince Alexandre
de Pologne , Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit , dont
il receut le Collier à Rome le
19. Decembre 1700. en l'E.
gliſe de S. Loüis des mains du
Prince de Monaco Ambaffadeur
de France, mourut àRo
me le 19. Novembre fans
eſtre marié. Il eſtoit né le 6.
Septembre 1677. fils de Jean
Sobieski ſucceſſivement Petit
Vij
236 MERCURE
-
1
General & Grand Maréchal
de la Couronne en 1665 .
Grand General du Royaume
en 1667 élû Roy de Pologne
le 21. May 1674. couronné
le 2. Février 1676. fait Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit
la même année , & mort à
Varſovie le 17. Juin 1696.
âgé de 72. ans , & de Marie-
Caſimire de la Grange d'Arquien
qu'il avoit épousé étant
veuve de Jean Prince de Zamoski
, & fille d'Henry de la
Grange , Marquis d'Arquien ,
Capitaine , & Colonel des
Gardes Suiſſes de Philippes de
2
GALANT. 237.
د
France , Duc d'Orleans , Chevalier
des Ordresdu Roy, puis
Cardinal , & de Françoiſe de
la Chartre. Le Prince Alexan .
dre qui vient de mourir avoit
pour frere aîné Jacques-
Loüis Henry Sobieski , dit le
Prince Jacques de Pologne né
en 1677. Chevalier de la Toiſon
d'or , marié le 10. Février
1691. avec Hedwige- Elifabeth
- Amelie de Baviere , fille
de Philippes GuillaumeComte
Palatin du Rhin , Electeur
de Baviere ,& de Neuf bourg ,
& d'Elizabeth - Amelie de
Heſſe d'Armſtat , de laquelle
)
238 MERCURE
il a des enfans , & pour puiné,
Conſtantin-Philippes Uladiflas
Sobieski , dit le Prince
Conſtantin de Pologne , néle
1. May 1680. Chevalier de
l'Ordre du S. Eſprit , dont il
receut le Collier en même
temps que ſon frere non marié
, & pour ſoeur Therefe-
Cafimire Sobieski née le 3.
Mars 1676. mariée le 15.
Aouſt 1694. avec Maximilien
Marie Electeur Duc de
Baviere à preſent vivant. Le
Roy de Pologne leur pere
eſtoit fils de Jacques Sobieski
Caftelan de Cracovic , Am
GALANT. 239
baffadeur Extraordinaire de la
Couronne de Pologne auprés
du Sultan Ofman Empereur
des Turcs , mort en 1646. &
de .... Zolkiewiski , fille de
Staniflas Zolkiewiski , Grand
Chancelier , & Grand General
de laCouronne ,tué à l'âge de
73. ans à la guerre contre les
Turcs le 6. Octobre 1620 .
Dame Marie- Anne Mitte
• de Chevrieres de S. Chaumont
, Epouſe de Meffire
Charles-Emmanuel de laVieuville,
Comtede Vienne,mourut
le 22. Novembre 1714.
âgée de 51. ans , laiffant pour
240 MERCURE
し
fils leMarquisde S. Chaumont
Colonel d'un Regiment de
Dragons; elle étoit fille d' Henry
Mitte de Chevrieres Comte
de S.Chaumont, &deCharlore
Suſanne de Grammont ,
& petite - fille de Melchior
Mitte de Miolans , Marquis
de S. Chaumont , Seigneur de
Chevrieres,Chevalier delOrdre
du Saint Eſprit , Ambaſſadeur
Extraordinaire àRome ,
&d'Iſabeau de Tournon ,&
arriere petite fille de Jacques
Mitte , Seigneur de Chevricses
, auffi Chevalier de l'Ordre
du S. Eſprit , LieutenantGeneral
GALANT. 248
24
(
neral au Gouvernement de
Lyonnois , d'où ſa Maiſon
étoit originaire , & de Ga
briele Dame de S. Chaumont
ſa premiere femme. M. le
Comte de Vienne ſon mary
eſt frere de M. le Marquis de
la Vieuville , cy-devant Chevalier
d'Honneurde la Reine ,
puis de Madamela Dauphine,
&Gouverneur des Provinces
du Haut & Bas Poitou , & de
feu M. le Bailly de la Vieuville
, Ambaſſadeur de la Religion
de Malthe en France ,
dont je vous appris la mort
dans mon dernier Journal.
Decembre 1714 . X
242 MERCURE
Dame Anne de Longueval
, veuve de Meffire Henry
de Saint Nectaire , Marquis
de Saint Nectaire & de Chateauneuf,
Vicomte de l'Eſtrange
, Lieutenant de Roy du
Haut Poitou , mourut le 28 .
Novembre 1714 âgée de 71 .
ans, ayant eu de fon mariage
pour fille uniqueDame Loafe
Therefe de S. Nectaire , femme
de Loüis de Cruffol d'Uzés
, Marquis de Florenfac ,
morte le 2. Juillet 1705. àl'â
ge de 33. ans , laffant un fils
&une fille. La Maiſon deLon
gueval eſt une des plus an
GALANT . 243
ciennes , & des mieux alliées
de la Province de Picardie,&
connue dans les premiers
temps ſous le nom de leChien:
pour celle de S. Nectaire , elle
eſt originaire de la Province
d'Auvergne , & une des plus
illuſtres du Royaume par fon
ancienneté , par ſes alliances ,
& par les dignitez dont elle a
été decorée comme on le
peut voir dans l'Hiſtoire des
GrandsOfficiers de la Couronne
auChapitre desMaréchaux
de France , où la Genealogie
en eſt rapportée tout au long.
Dame Marguerite de Ram--
,
Xij *
244 MERCURE
boüillet , Epouſe de Meſſire
Charles de Nocé , Chevalier
Seigneur de Fontenay , & de
la Chapelle , & auparavant
veuve de Meffire Guillaume
Scott , Chevalier Seigneur de
la Mezangere , Boſchervilles ,
&Confeiller au Parlement de
Roüen , mourut le 30. Novembre
âgée de 57. ans. La
Famille de Ramboüillet, et
connue à Paris pour avoir
donné pluſieurs Secretaires du
Roy; celle de Noré eſt originaire
de Normandie ,&d'une
nobleſſe diftinguée , & celle
de Scott eft connue à Roüen
GALANT. 245
pour avoir donné pluſieurs
Conſeillers , & des Préſidents
à Mortier au Parlement de
Normandie.
د
Dame Marguerite Rollor ,
veuve de Meſſire Loüis Doublet
, Tréforier General des
Maiſon , & Finances de feu
Monfieur le Duc d'Orleans ,
Frereunique du Roy , mourut
le s. Decembre âgée de 77.
ans , laiſſant pour fils unique
M. Doublet , auſſi Treſorier
Generalde la Maiſon& Finances
de M. le Duc d'Orleans ,
puis Secretaire de ſes Commandemens
, marié en 1698 .
X iij
246 MERCURE
avec N .... le Gendre , ſoeur
de Madame Crozat , & fille
de François le Gendre , Fermier
General ,& Secretaire du
Roy , & de Marguerite le
Roux. Madame Doublet qui
vient de mourir eftoit fille de
Nicolas Rollot , Secretaire du
Roy,& Commis de l'Epargne;
&de Claude Boutault ; & Μ.
Doublet ſon mary eſtoit oncle
deM. de Perfan , Conſeil-
Her au Parlement , de M. de
Croüy, Maistre des Requef.
tes ,& de Madame de Barıllon
femme du Maiſtre des Requêtes
de ce nom , tous trois enGALANT.
247
fins de Nicolas Doublet , Seigneur
de Perſan , Secretaire
du Roy & Fermier General ,
fils de Nicolas Doublet, Avocat
au Parlement , originaire
de Champagne.
Alexandre Benoist Stanislas
Sobieski , dit le Prince Alexandre
de Pologne , Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit , dont
il receut le Collier à Rome le
19. Decembre 1700. en l'E.
gliſe de S. Loüis des mains du
Prince de Monaco Ambaffadeur
de France, mourut àRo
me le 19. Novembre fans
eſtre marié. Il eſtoit né le 6.
Septembre 1677. fils de Jean
Sobieski ſucceſſivement Petit
Vij
236 MERCURE
-
1
General & Grand Maréchal
de la Couronne en 1665 .
Grand General du Royaume
en 1667 élû Roy de Pologne
le 21. May 1674. couronné
le 2. Février 1676. fait Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit
la même année , & mort à
Varſovie le 17. Juin 1696.
âgé de 72. ans , & de Marie-
Caſimire de la Grange d'Arquien
qu'il avoit épousé étant
veuve de Jean Prince de Zamoski
, & fille d'Henry de la
Grange , Marquis d'Arquien ,
Capitaine , & Colonel des
Gardes Suiſſes de Philippes de
2
GALANT. 237.
د
France , Duc d'Orleans , Chevalier
des Ordresdu Roy, puis
Cardinal , & de Françoiſe de
la Chartre. Le Prince Alexan .
dre qui vient de mourir avoit
pour frere aîné Jacques-
Loüis Henry Sobieski , dit le
Prince Jacques de Pologne né
en 1677. Chevalier de la Toiſon
d'or , marié le 10. Février
1691. avec Hedwige- Elifabeth
- Amelie de Baviere , fille
de Philippes GuillaumeComte
Palatin du Rhin , Electeur
de Baviere ,& de Neuf bourg ,
& d'Elizabeth - Amelie de
Heſſe d'Armſtat , de laquelle
)
238 MERCURE
il a des enfans , & pour puiné,
Conſtantin-Philippes Uladiflas
Sobieski , dit le Prince
Conſtantin de Pologne , néle
1. May 1680. Chevalier de
l'Ordre du S. Eſprit , dont il
receut le Collier en même
temps que ſon frere non marié
, & pour ſoeur Therefe-
Cafimire Sobieski née le 3.
Mars 1676. mariée le 15.
Aouſt 1694. avec Maximilien
Marie Electeur Duc de
Baviere à preſent vivant. Le
Roy de Pologne leur pere
eſtoit fils de Jacques Sobieski
Caftelan de Cracovic , Am
GALANT. 239
baffadeur Extraordinaire de la
Couronne de Pologne auprés
du Sultan Ofman Empereur
des Turcs , mort en 1646. &
de .... Zolkiewiski , fille de
Staniflas Zolkiewiski , Grand
Chancelier , & Grand General
de laCouronne ,tué à l'âge de
73. ans à la guerre contre les
Turcs le 6. Octobre 1620 .
Dame Marie- Anne Mitte
• de Chevrieres de S. Chaumont
, Epouſe de Meffire
Charles-Emmanuel de laVieuville,
Comtede Vienne,mourut
le 22. Novembre 1714.
âgée de 51. ans , laiffant pour
240 MERCURE
し
fils leMarquisde S. Chaumont
Colonel d'un Regiment de
Dragons; elle étoit fille d' Henry
Mitte de Chevrieres Comte
de S.Chaumont, &deCharlore
Suſanne de Grammont ,
& petite - fille de Melchior
Mitte de Miolans , Marquis
de S. Chaumont , Seigneur de
Chevrieres,Chevalier delOrdre
du Saint Eſprit , Ambaſſadeur
Extraordinaire àRome ,
&d'Iſabeau de Tournon ,&
arriere petite fille de Jacques
Mitte , Seigneur de Chevricses
, auffi Chevalier de l'Ordre
du S. Eſprit , LieutenantGeneral
GALANT. 248
24
(
neral au Gouvernement de
Lyonnois , d'où ſa Maiſon
étoit originaire , & de Ga
briele Dame de S. Chaumont
ſa premiere femme. M. le
Comte de Vienne ſon mary
eſt frere de M. le Marquis de
la Vieuville , cy-devant Chevalier
d'Honneurde la Reine ,
puis de Madamela Dauphine,
&Gouverneur des Provinces
du Haut & Bas Poitou , & de
feu M. le Bailly de la Vieuville
, Ambaſſadeur de la Religion
de Malthe en France ,
dont je vous appris la mort
dans mon dernier Journal.
Decembre 1714 . X
242 MERCURE
Dame Anne de Longueval
, veuve de Meffire Henry
de Saint Nectaire , Marquis
de Saint Nectaire & de Chateauneuf,
Vicomte de l'Eſtrange
, Lieutenant de Roy du
Haut Poitou , mourut le 28 .
Novembre 1714 âgée de 71 .
ans, ayant eu de fon mariage
pour fille uniqueDame Loafe
Therefe de S. Nectaire , femme
de Loüis de Cruffol d'Uzés
, Marquis de Florenfac ,
morte le 2. Juillet 1705. àl'â
ge de 33. ans , laffant un fils
&une fille. La Maiſon deLon
gueval eſt une des plus an
GALANT . 243
ciennes , & des mieux alliées
de la Province de Picardie,&
connue dans les premiers
temps ſous le nom de leChien:
pour celle de S. Nectaire , elle
eſt originaire de la Province
d'Auvergne , & une des plus
illuſtres du Royaume par fon
ancienneté , par ſes alliances ,
& par les dignitez dont elle a
été decorée comme on le
peut voir dans l'Hiſtoire des
GrandsOfficiers de la Couronne
auChapitre desMaréchaux
de France , où la Genealogie
en eſt rapportée tout au long.
Dame Marguerite de Ram--
,
Xij *
244 MERCURE
boüillet , Epouſe de Meſſire
Charles de Nocé , Chevalier
Seigneur de Fontenay , & de
la Chapelle , & auparavant
veuve de Meffire Guillaume
Scott , Chevalier Seigneur de
la Mezangere , Boſchervilles ,
&Confeiller au Parlement de
Roüen , mourut le 30. Novembre
âgée de 57. ans. La
Famille de Ramboüillet, et
connue à Paris pour avoir
donné pluſieurs Secretaires du
Roy; celle de Noré eſt originaire
de Normandie ,&d'une
nobleſſe diftinguée , & celle
de Scott eft connue à Roüen
GALANT. 245
pour avoir donné pluſieurs
Conſeillers , & des Préſidents
à Mortier au Parlement de
Normandie.
د
Dame Marguerite Rollor ,
veuve de Meſſire Loüis Doublet
, Tréforier General des
Maiſon , & Finances de feu
Monfieur le Duc d'Orleans ,
Frereunique du Roy , mourut
le s. Decembre âgée de 77.
ans , laiſſant pour fils unique
M. Doublet , auſſi Treſorier
Generalde la Maiſon& Finances
de M. le Duc d'Orleans ,
puis Secretaire de ſes Commandemens
, marié en 1698 .
X iij
246 MERCURE
avec N .... le Gendre , ſoeur
de Madame Crozat , & fille
de François le Gendre , Fermier
General ,& Secretaire du
Roy , & de Marguerite le
Roux. Madame Doublet qui
vient de mourir eftoit fille de
Nicolas Rollot , Secretaire du
Roy,& Commis de l'Epargne;
&de Claude Boutault ; & Μ.
Doublet ſon mary eſtoit oncle
deM. de Perfan , Conſeil-
Her au Parlement , de M. de
Croüy, Maistre des Requef.
tes ,& de Madame de Barıllon
femme du Maiſtre des Requêtes
de ce nom , tous trois enGALANT.
247
fins de Nicolas Doublet , Seigneur
de Perſan , Secretaire
du Roy & Fermier General ,
fils de Nicolas Doublet, Avocat
au Parlement , originaire
de Champagne.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate plusieurs décès et détails biographiques. Alexandre Sobieski, Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit, est décédé à Rome le 19 novembre sans être marié. Né le 6 septembre 1677, il était le fils de Jean Sobieski, qui a occupé divers postes prestigieux avant d'être élu Roi de Pologne le 21 mai 1674 et couronné le 2 février 1676. Jean Sobieski est décédé à Varsovie le 17 juin 1696 à l'âge de 72 ans. Il était marié à Marie-Casimire de la Grange d'Arquien. Alexandre Sobieski avait deux frères : Jacques-Louis Henry Sobieski, né en 1677, Chevalier de la Toison d'or, marié en 1691 à Hedwige-Élisabeth-Amélie de Bavière, et Constantin-Philippe Vladislas Sobieski, né le 1er mai 1680. Il avait également une sœur, Thérèse-Casimire Sobieski, née le 3 mars 1676, mariée en 1694 à Maximilien-Marie, Électeur Duc de Bavière. Le texte mentionne aussi le décès de Dame Marie-Anne Mitte de Chevrières de Saint-Chaumont, épouse de Charles-Emmanuel de la Vieuville, Comte de Vienne, décédée le 22 novembre 1714 à l'âge de 51 ans. Il fait référence à une rue nommée 'stre des Requef' et à Madame de Barillon, épouse du Maître des Requêtes portant ce nom. Trois personnes sont décrites comme étant 'enGALANT'. Enfin, le document présente Nicolas Doublet, Seigneur de Persan, Secrétaire du Roi et Fermier Général, fils de Nicolas Doublet, avocat au Parlement, originaire de Champagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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307
p. 247-248
« Mais aprés toutes les Morts que vous venez de lire, [...] »
Début :
Mais aprés toutes les Morts que vous venez de lire, [...]
Mots clefs :
Morts, Muse, Marier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mais aprés toutes les Morts que vous venez de lire, [...] »
Mais apréstoutes lesMorts
que vous venez de tire , l
Pourquoy donc , Mefdames
,Meldemoifelles , Meffieurs
, perfonne ne ſe marietil
ce mois cy , eft- ce parce
qu'une Muſe charmante me
fit preſent il y a quatre jours
d'uneEpithalame magnifiques
fi c'eſt un tour que vous lay
voulez joüer , tant pis pour
X iiij
248 MERCURE
vous : pour moy ſi vous connoiffiez
mon humeur , vous
verriez ( mariez - vous , ou ne
vous mariez pas ) que cette
piece ne vieillira pas dans mes
mains , & que bon gré , malgré
, vous la lirez , ou vous la
fauterez . En voicy la preuve.
que vous venez de tire , l
Pourquoy donc , Mefdames
,Meldemoifelles , Meffieurs
, perfonne ne ſe marietil
ce mois cy , eft- ce parce
qu'une Muſe charmante me
fit preſent il y a quatre jours
d'uneEpithalame magnifiques
fi c'eſt un tour que vous lay
voulez joüer , tant pis pour
X iiij
248 MERCURE
vous : pour moy ſi vous connoiffiez
mon humeur , vous
verriez ( mariez - vous , ou ne
vous mariez pas ) que cette
piece ne vieillira pas dans mes
mains , & que bon gré , malgré
, vous la lirez , ou vous la
fauterez . En voicy la preuve.
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Résumé : « Mais aprés toutes les Morts que vous venez de lire, [...] »
L'auteur d'une lettre s'adresse à des dames, demoiselles et messieurs concernant l'absence de mariages ce mois-ci. Il mentionne avoir reçu un poème nuptial, laissant penser qu'il pourrait s'agir d'une plaisanterie. Il assure qu'il lira ou jettera la pièce, indépendamment de leur décision de se marier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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308
p. 248-255
EPITHALAME.
Début :
Hymen que ton triomphe est beau, [...]
Mots clefs :
Hymen, Triomphe, Amour, Flambeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME.
EPITHALAME.
Hymen que ton triomphe
est beau ,
L'amour allume tonflambeau
Vole,fends la celesteplaine
GALANT. 249
Suivy d'une riante Cour
Qui foit digne de ce grand
jour.
Daphne s'unit à Celimene,
Et l'hymen s'unit à l'a
mour.
DoctesNymphes de l'Hypocrene
Uniſſez-vous à votre tour,
Pour chanter cette double
chaîne.
Hymen que ton triomphe
est beau ,
L'amour allume tonflambeau.
250 MERCURE
Tu defcends ; je vois ſur
tes traces
Les plaisirs , les ris &les
graces ;
Au tour de toy, parmy les
airs ,
Je n'entends que chants
d'allegreffe.
Du fond des bois l'écho
sempreffe
Arepetercesdoux concerts;
Dans ta gloire tout s'intereffe
,
Tout s'unit , tout chante
GALANT. 251
Jans ceße ;
Hymen que ton triomphe
est beau ,
L'amour allume tonflambeau.
Mais quelcry frappe mon
oreille !
C'est la difcorde au coeur
jaloux ,
Qui dans son antrefe reveille,
Au bruit d'un triomphe fi
:
doux :
Quoy !furieuse, échevelée ,
252 MERCURE
Elle vient fans estre appellée.
Hymen bannis - là de tes
yeux;
Préviensfes projetsodieux,
Tu sçais qu'aux noces de
Pelée,
Ellediviſa tous les Dieux;
Crains le noir poisonqu'elle
exhale;
Mais tu réponds à mes
Souhaits ,
EtlaDiſcordepourjamais
Rentre dans la nuit infernale.
GALANT..253
Hymen que ton triomphe
est beau ,
L'amour allume ton flambeau.
C'en estfait, je vois qu'il
s'allume
En faveur d'un couple
charmant ;
Celimene dans un moment
Mais où va s'égarer ma
plume ?
Arrêtons , c'eſt aller trop
loin ,
254 MERCURE
1
Ne penetronspas un mystere
Dont l'aimable Dieu de
Cythere
Prétend être leſeul témoin.
Heureux Ероих, сouplefidelle,
Goûtezfes douceurs àloifir
,
Unis d'une chaîne éternelle
Quifit votre plus cher defir
:
Puiffiez - vous avoir le
plaisir
De la trouver toûjours
nouvelle.
GALANT. 255
Hymen que ton triomphe
est beau ,
L'amour allume ton flambeau.
Hymen que ton triomphe
est beau ,
L'amour allume tonflambeau
Vole,fends la celesteplaine
GALANT. 249
Suivy d'une riante Cour
Qui foit digne de ce grand
jour.
Daphne s'unit à Celimene,
Et l'hymen s'unit à l'a
mour.
DoctesNymphes de l'Hypocrene
Uniſſez-vous à votre tour,
Pour chanter cette double
chaîne.
Hymen que ton triomphe
est beau ,
L'amour allume tonflambeau.
250 MERCURE
Tu defcends ; je vois ſur
tes traces
Les plaisirs , les ris &les
graces ;
Au tour de toy, parmy les
airs ,
Je n'entends que chants
d'allegreffe.
Du fond des bois l'écho
sempreffe
Arepetercesdoux concerts;
Dans ta gloire tout s'intereffe
,
Tout s'unit , tout chante
GALANT. 251
Jans ceße ;
Hymen que ton triomphe
est beau ,
L'amour allume tonflambeau.
Mais quelcry frappe mon
oreille !
C'est la difcorde au coeur
jaloux ,
Qui dans son antrefe reveille,
Au bruit d'un triomphe fi
:
doux :
Quoy !furieuse, échevelée ,
252 MERCURE
Elle vient fans estre appellée.
Hymen bannis - là de tes
yeux;
Préviensfes projetsodieux,
Tu sçais qu'aux noces de
Pelée,
Ellediviſa tous les Dieux;
Crains le noir poisonqu'elle
exhale;
Mais tu réponds à mes
Souhaits ,
EtlaDiſcordepourjamais
Rentre dans la nuit infernale.
GALANT..253
Hymen que ton triomphe
est beau ,
L'amour allume ton flambeau.
C'en estfait, je vois qu'il
s'allume
En faveur d'un couple
charmant ;
Celimene dans un moment
Mais où va s'égarer ma
plume ?
Arrêtons , c'eſt aller trop
loin ,
254 MERCURE
1
Ne penetronspas un mystere
Dont l'aimable Dieu de
Cythere
Prétend être leſeul témoin.
Heureux Ероих, сouplefidelle,
Goûtezfes douceurs àloifir
,
Unis d'une chaîne éternelle
Quifit votre plus cher defir
:
Puiffiez - vous avoir le
plaisir
De la trouver toûjours
nouvelle.
GALANT. 255
Hymen que ton triomphe
est beau ,
L'amour allume ton flambeau.
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Résumé : EPITHALAME.
L'épithalame célèbre le mariage de Daphne et Célimène, louant la beauté du triomphe d'Hyménée et l'amour illuminant leur chemin. Une cour joyeuse et harmonieuse entoure les mariés, et les nymphes de l'Hypocrène sont invitées à chanter cette union. Mercure observe les plaisirs et les grâces accompagnant la cérémonie, tandis que l'écho des bois répète les chants joyeux. Cependant, la déesse Discord, jalouse du bonheur des mariés, introduit une discorde. Mercure met en garde contre ce danger, rappelant son intervention lors des noces de Pélée, et espère que la discorde soit bannie pour toujours. Le poème se conclut par des vœux de bonheur éternel pour le couple, souhaitant qu'ils goûtent toujours aux douceurs de leur amour.
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309
p. 255-257
« Je me souviens à propos, de vous avoir donné au commencement [...] »
Début :
Je me souviens à propos, de vous avoir donné au commencement [...]
Mots clefs :
Savants, Honnêtes gens, Mercure, La Bruyère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je me souviens à propos, de vous avoir donné au commencement [...] »
Je me ſouviens à propos ,
de vous avoir donné au commencement
de ce Mercure ,
une Hiſtoire ſi ſerieuſe , que
( toutes mes reflexions faites )
j'ay reſolu devous dedommager
de la melancolie où elle
pouvoit vous avoir jetté , par
un tiflu continuel de bagatelles
, de la façon de ceux qui aiment
à badiner , & de la
mienne.
256 MERCURE
Que les partiſans de M de
laBruyerediſentà preſent que
le Mercure eſt tout de bon ,
au-deſſous de rien; je leur répondray
que cela n'eſt pas
vray ,& qu'au contraire , il eft
bon , s'il vous amuſe. Ceux
qui voudront eſtreinſtruits fur
un autre ton , n'auront qu'à
chercher un autre Precepteur.
Pour moy je vous avouë de
bonne foy que je ne fais pas
mon Livre pour ces Sçavans ,
Dont on lit dans les yeux , le
faſte de leur nom.
Mais pour les honneſtes
gens qui n'aiment pas à s'ennuyer.
GALANT. 257
nuyer. Pourvû qu'ils fe divertiſffent
à le lire , comme je
medivertis à le faire , nous ſerons
tous contents.
de vous avoir donné au commencement
de ce Mercure ,
une Hiſtoire ſi ſerieuſe , que
( toutes mes reflexions faites )
j'ay reſolu devous dedommager
de la melancolie où elle
pouvoit vous avoir jetté , par
un tiflu continuel de bagatelles
, de la façon de ceux qui aiment
à badiner , & de la
mienne.
256 MERCURE
Que les partiſans de M de
laBruyerediſentà preſent que
le Mercure eſt tout de bon ,
au-deſſous de rien; je leur répondray
que cela n'eſt pas
vray ,& qu'au contraire , il eft
bon , s'il vous amuſe. Ceux
qui voudront eſtreinſtruits fur
un autre ton , n'auront qu'à
chercher un autre Precepteur.
Pour moy je vous avouë de
bonne foy que je ne fais pas
mon Livre pour ces Sçavans ,
Dont on lit dans les yeux , le
faſte de leur nom.
Mais pour les honneſtes
gens qui n'aiment pas à s'ennuyer.
GALANT. 257
nuyer. Pourvû qu'ils fe divertiſffent
à le lire , comme je
medivertis à le faire , nous ſerons
tous contents.
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Résumé : « Je me souviens à propos, de vous avoir donné au commencement [...] »
L'auteur de 'Mercure' souhaite alléger le ton après une histoire sérieuse. Il vise à divertir les lecteurs honnêtes, non les savants arrogants. Il espère que son ouvrage procure autant de plaisir à lire qu'à écrire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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310
p. 257-264
Histoire originale qu'on lira peut-estre. [titre d'après la table]
Début :
Je vais, par exemple, vous conter, Messieurs, une Histoire vraye [...]
Mots clefs :
Histoire, Auberge, Jeune homme, Tante, Lettre, Neveu, Paris, Champ, Arras
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire originale qu'on lira peut-estre. [titre d'après la table]
Je vais ,
par exemple , vous conter ,
Meffieurs , une Hiſtoire vraye
& originale , qui ne plaira pas
à tout le monde , mais qui me
plaît , quelque triſte & quelque
extraordinaire qu'elle ſoit,
parce qu'elle eſt du nombre
de celles que je recherche avec
le plus de foin.
Ily a environ quinze jours,
plus ou moins , jenem'en embarraffe
pas , auffi - bien le
temps ne fait rien à la choſe ,
Decembre 1714. Y
258 MERCURE
ilya , disje , environ quinze
jours , qu'un jeune homme
natif d'Arras arriva à Paris par
le Carroffe de voiture.
Le Fauxbourg S. Germain ,
où il ſe fit conduire avec ſa
valize , fût le quartier où il
prit l'Auberge que ſon conducteur
jugea à propos de luy
choiſir. En y entrant ,il demanda
à fouper , & il ſoupa ;
il ſe coucha enſuite , comme
de raiſon :uneheurė aprés s'être
couché , il ſe trouva mal ,
mais fi mal , qu'aprés avoir
baillé , ſoupiré , & râllé toute
la nuit, le matin une ſervante
GALANT. 259
de l'Auberge pallant devant
la porte de la chambre , comporte
de fa
prit , au bruit qu'elle y entendit
, qu'apparemment ce pauvre
jeune homme eſtoit malade
; elle y entra , & le vit
dans un estat fi pitoyable ,
qu'elle cria au ſecours : à fes
cris , l'hoſteſſe , les hoftes , les
voiſins , &les Chirurgiens accoururent
; mais ils arriverent
trop tard ,& le malade expira.
Un Etranger , de l'âge à
peu prés du deffunt , qui demeuroitdans
la même Auberge
,& que le bruit qu'il avoit
entendu , avoit attiré dans la
Yij
260 MERCURE
1
,
chambre du mort , auſſi bierni
qu'un tas de perſonnes qui y
étoient inutiles comme luy
foüilla adroitementdans lava
lize du Flamand trepaffé, dont
il tira un paquet de papiers
qu'il alla lire dans ſa chambre.
La lecture de ces papiers luy
apprit que le jeune homme
eftoit d'une bonne famille
d'Arras ; qu'il avoit à Paris
une tante qu'il n'avoit jamais
vcuë ; que cette tante eſtoit
une fort jolie femme ,&tresaimée
d'un Capitaine d'Infanterie
de la Garniſon d'Arras
même; que ceCapitaine, amy
GALANT. 261
du deffunt , l'avoit prié avant
de partir de ſe charger d'une
Lettre ,& qu'il luy avoit promis
de la luyremettre en mains
propres. La Lettre estoit tendre
, & le Cavalier qui l'avoit
'écrite , prioit avec inſtance la
Dame de ſe rendre préciſément
un certain jour , à certaine
heure , au rendez-vous
qu'il luy marquoit.
L'indifcret jeune homme
qui avoit découvert tout ce
myſtere , part fur le champ de
l'Auberge , avec la Lettre de
l'Officier bien recachetée. Il va
chez la Dame à qui elle étoit
262 MERCURE
adreſſée ; il parle àunDomef.
tique par qui il ſe fait annoncer
pour le neveu de Madame.
Sous ce beau nom , le même
Domeſtique l'introduit dans
la chambre de fa maitreſſe ,
qui court auffitoſt à luy les
bras ouverts , pour embraffer
ce cher neveu ; mais loin de
recevoir ſes carreſſes , il luy dit
fur le champ d'un ton effroyable
,& en ſe reculant , arreftez
maTante,ne me touchez pas ?
écoutez moy ſeulement ? je
n'ay pas voulu partir pour
l'autre monde , ſans vous
avoir donné la Lettre de M.
1.
GALANT. 263
de.. que vous aimez. Je vous
ladonne : voilà ma commiffion
faite. Au reſte je ſuis arrivé
hier au foir à Paris , j'ay
defcendu à telle Auberge
j'y ay ſoupé , j'y ay couché
je m'y ſuis trouvé mal cette
nuit , je ſuis mort ce matin ,
& l'on m'attend à preſent
pour m'enterrer. Adicu ma
Tante , adieu.
La tante effrayée de la
viſion , ſe pâme , & le mort
s'enva. Peu de temps aprés
cependant elle revient de fon
évanoüiſſement ; auſſi- toft elle
envoye à l'Auberge de fon
264 MERCURE
neveu ſçavoir s'il eſtoit vray
qu'il fut mort. Le valet chargé
de cette commiffion s'informe
de tout à la lettre ; &
ſadépoſition ſe trouve en tout
fi conforme a celle du deffunt
que ſur le champ Madame ſa
tante en meurt elle-même.
par exemple , vous conter ,
Meffieurs , une Hiſtoire vraye
& originale , qui ne plaira pas
à tout le monde , mais qui me
plaît , quelque triſte & quelque
extraordinaire qu'elle ſoit,
parce qu'elle eſt du nombre
de celles que je recherche avec
le plus de foin.
Ily a environ quinze jours,
plus ou moins , jenem'en embarraffe
pas , auffi - bien le
temps ne fait rien à la choſe ,
Decembre 1714. Y
258 MERCURE
ilya , disje , environ quinze
jours , qu'un jeune homme
natif d'Arras arriva à Paris par
le Carroffe de voiture.
Le Fauxbourg S. Germain ,
où il ſe fit conduire avec ſa
valize , fût le quartier où il
prit l'Auberge que ſon conducteur
jugea à propos de luy
choiſir. En y entrant ,il demanda
à fouper , & il ſoupa ;
il ſe coucha enſuite , comme
de raiſon :uneheurė aprés s'être
couché , il ſe trouva mal ,
mais fi mal , qu'aprés avoir
baillé , ſoupiré , & râllé toute
la nuit, le matin une ſervante
GALANT. 259
de l'Auberge pallant devant
la porte de la chambre , comporte
de fa
prit , au bruit qu'elle y entendit
, qu'apparemment ce pauvre
jeune homme eſtoit malade
; elle y entra , & le vit
dans un estat fi pitoyable ,
qu'elle cria au ſecours : à fes
cris , l'hoſteſſe , les hoftes , les
voiſins , &les Chirurgiens accoururent
; mais ils arriverent
trop tard ,& le malade expira.
Un Etranger , de l'âge à
peu prés du deffunt , qui demeuroitdans
la même Auberge
,& que le bruit qu'il avoit
entendu , avoit attiré dans la
Yij
260 MERCURE
1
,
chambre du mort , auſſi bierni
qu'un tas de perſonnes qui y
étoient inutiles comme luy
foüilla adroitementdans lava
lize du Flamand trepaffé, dont
il tira un paquet de papiers
qu'il alla lire dans ſa chambre.
La lecture de ces papiers luy
apprit que le jeune homme
eftoit d'une bonne famille
d'Arras ; qu'il avoit à Paris
une tante qu'il n'avoit jamais
vcuë ; que cette tante eſtoit
une fort jolie femme ,&tresaimée
d'un Capitaine d'Infanterie
de la Garniſon d'Arras
même; que ceCapitaine, amy
GALANT. 261
du deffunt , l'avoit prié avant
de partir de ſe charger d'une
Lettre ,& qu'il luy avoit promis
de la luyremettre en mains
propres. La Lettre estoit tendre
, & le Cavalier qui l'avoit
'écrite , prioit avec inſtance la
Dame de ſe rendre préciſément
un certain jour , à certaine
heure , au rendez-vous
qu'il luy marquoit.
L'indifcret jeune homme
qui avoit découvert tout ce
myſtere , part fur le champ de
l'Auberge , avec la Lettre de
l'Officier bien recachetée. Il va
chez la Dame à qui elle étoit
262 MERCURE
adreſſée ; il parle àunDomef.
tique par qui il ſe fait annoncer
pour le neveu de Madame.
Sous ce beau nom , le même
Domeſtique l'introduit dans
la chambre de fa maitreſſe ,
qui court auffitoſt à luy les
bras ouverts , pour embraffer
ce cher neveu ; mais loin de
recevoir ſes carreſſes , il luy dit
fur le champ d'un ton effroyable
,& en ſe reculant , arreftez
maTante,ne me touchez pas ?
écoutez moy ſeulement ? je
n'ay pas voulu partir pour
l'autre monde , ſans vous
avoir donné la Lettre de M.
1.
GALANT. 263
de.. que vous aimez. Je vous
ladonne : voilà ma commiffion
faite. Au reſte je ſuis arrivé
hier au foir à Paris , j'ay
defcendu à telle Auberge
j'y ay ſoupé , j'y ay couché
je m'y ſuis trouvé mal cette
nuit , je ſuis mort ce matin ,
& l'on m'attend à preſent
pour m'enterrer. Adicu ma
Tante , adieu.
La tante effrayée de la
viſion , ſe pâme , & le mort
s'enva. Peu de temps aprés
cependant elle revient de fon
évanoüiſſement ; auſſi- toft elle
envoye à l'Auberge de fon
264 MERCURE
neveu ſçavoir s'il eſtoit vray
qu'il fut mort. Le valet chargé
de cette commiffion s'informe
de tout à la lettre ; &
ſadépoſition ſe trouve en tout
fi conforme a celle du deffunt
que ſur le champ Madame ſa
tante en meurt elle-même.
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Résumé : Histoire originale qu'on lira peut-estre. [titre d'après la table]
En décembre 1714, un jeune homme d'Arras arrive à Paris et séjourne dans une auberge du Faubourg Saint-Germain. Après avoir dîné et s'être couché, il meurt subitement. Un étranger trouve dans ses bagages une lettre adressée à la tante parisienne du jeune homme, écrite par un capitaine d'infanterie exprimant des sentiments tendres et fixant un rendez-vous. L'étranger se présente chez la tante en se faisant passer pour le neveu et lui remet la lettre. Il révèle ensuite la mort du jeune homme et les circonstances de celle-ci. Terrifiée, la tante s'évanouit. À son réveil, elle envoie un domestique vérifier les faits à l'auberge, confirmant ainsi le décès. La tante décède peu après, sous le choc de la nouvelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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311
p. 264-265
« Faites vos reflexions sur cette avanture, Messieurs, si vous le [...] »
Début :
Faites vos reflexions sur cette avanture, Messieurs, si vous le [...]
Mots clefs :
Histoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Faites vos reflexions sur cette avanture, Messieurs, si vous le [...] »
Faites vos reflexions ſur
, ,
cette avanture Meffieurs
ſi vous le jugez à propos , pour
moy , tant que j'auray de pareilles
Hiſtoires à vous conter ,
je ne perdray pas mon temps
à faire les miennes. En voicy
encoreuneqquuiinn'eſt peut-eſtre
pas moins finguliere que celle
1. que
GALANT 265
que vous venez de lire.
, ,
cette avanture Meffieurs
ſi vous le jugez à propos , pour
moy , tant que j'auray de pareilles
Hiſtoires à vous conter ,
je ne perdray pas mon temps
à faire les miennes. En voicy
encoreuneqquuiinn'eſt peut-eſtre
pas moins finguliere que celle
1. que
GALANT 265
que vous venez de lire.
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312
p. 265-269
Histoire singuliere qu'on ne lira peut estre pas. [titre d'après la table]
Début :
Deux femmes enceintes qui estoient en route, & qui faisoient [...]
Mots clefs :
Femmes, Mères, Sage-femme, Héritier, Procès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire singuliere qu'on ne lira peut estre pas. [titre d'après la table]
Deux femmes enceintes qui
eſtoient en route , & qui faiſoient
un même voyage par
le carroſſe de voiture , arriverent
ils y a quelques années
dans une Ville ou Village de
France , dont je ne ſçay pas
le nom ; là elles ſe trouverent
routes deux preſtes d'accoucher
. On envoya auflitoſt
chercher la Sage-femme du
lieu ,& dés qu'elle fut arrivée,
elles accoucherent. La Sagefemme
mit par malheur indifferemment
les deux enfans auprés
du feu , à coſté l'un de
Decembre 1714. Z
266 MERCURE
l'autre Cette befogne faite ,
elle eſt obligée , faute de domeſtiques
de deſcendre dans la
cuiſine du cabaret pour aller
chercher quelque choſe dont
elle abeſoin pour ces femmes
malades. A ſon retour elle
trouve undes enfants morts ,
& malheureuſement elle ne
Içait pas , ou elle a oublié laquelle
de ces deux femmes eſt
la mere de celuy qui reſte.
Auffitoft grande contention
entre les accouchées , ny l'une
ny l'autre ne veut eſtrela mere
dumort , elles ſe font apporter
tour à tour l'enfant vivant,
GALANT . 267
)
&à force de bons & de mauvais
raiſonnements , chacune
d'elles ſe perfuade qu'elle en
eſtla mere. Enfin au milieu de
leur embarras , elles conclüent
qu'elles n'ont pas de meilleur
moyen pour vuider leur querelle
, que celuy d'adopter
toutes deux le même enfant ,
elles le font baptiſer ſous leurs
noms ,& ſous le nom de leurs
marys , l'un deſquels meurt
quelques années aprés cette
adoption, &laiſſe en mourant
à ce fils bienheureux ce qu'il
peut luy laiſſer de ſon bien.
Peude temps aprés l'autre pere
Zij
268 MERCURE
1
1
!
meurt aufli,& fait ce même en.
fant fonheritier univerſel . Les
parents du dernier pere s'oppoſent
à l'execution du Teftament,
& diſent pour leurs raiſons
qu'un homme ne ſcauroit
avoir deux peres; que puifqu'il
a herité du bien de l'un ,
il n'a rien à pretendre au bieri
de l'autre ; mais lheritier qui
n'eſt pas fâché de cette duplicité
, dit au contraire , que
Monfieur un tel mort ily a
quelques années a pû luy laiſſer
fonbien ſous tel titre quiluy
a plû ; & que le dernier est fon
pere. Voilà où en eſt le procés :
DE
LYON
*1893
Etle
Leurs
urs .
GALANT. 269
je ne ſçay qu'elle en fera la
déciſion ; mais je croy que les
Loix n'ont pas prévû ces évenemens.
eſtoient en route , & qui faiſoient
un même voyage par
le carroſſe de voiture , arriverent
ils y a quelques années
dans une Ville ou Village de
France , dont je ne ſçay pas
le nom ; là elles ſe trouverent
routes deux preſtes d'accoucher
. On envoya auflitoſt
chercher la Sage-femme du
lieu ,& dés qu'elle fut arrivée,
elles accoucherent. La Sagefemme
mit par malheur indifferemment
les deux enfans auprés
du feu , à coſté l'un de
Decembre 1714. Z
266 MERCURE
l'autre Cette befogne faite ,
elle eſt obligée , faute de domeſtiques
de deſcendre dans la
cuiſine du cabaret pour aller
chercher quelque choſe dont
elle abeſoin pour ces femmes
malades. A ſon retour elle
trouve undes enfants morts ,
& malheureuſement elle ne
Içait pas , ou elle a oublié laquelle
de ces deux femmes eſt
la mere de celuy qui reſte.
Auffitoft grande contention
entre les accouchées , ny l'une
ny l'autre ne veut eſtrela mere
dumort , elles ſe font apporter
tour à tour l'enfant vivant,
GALANT . 267
)
&à force de bons & de mauvais
raiſonnements , chacune
d'elles ſe perfuade qu'elle en
eſtla mere. Enfin au milieu de
leur embarras , elles conclüent
qu'elles n'ont pas de meilleur
moyen pour vuider leur querelle
, que celuy d'adopter
toutes deux le même enfant ,
elles le font baptiſer ſous leurs
noms ,& ſous le nom de leurs
marys , l'un deſquels meurt
quelques années aprés cette
adoption, &laiſſe en mourant
à ce fils bienheureux ce qu'il
peut luy laiſſer de ſon bien.
Peude temps aprés l'autre pere
Zij
268 MERCURE
1
1
!
meurt aufli,& fait ce même en.
fant fonheritier univerſel . Les
parents du dernier pere s'oppoſent
à l'execution du Teftament,
& diſent pour leurs raiſons
qu'un homme ne ſcauroit
avoir deux peres; que puifqu'il
a herité du bien de l'un ,
il n'a rien à pretendre au bieri
de l'autre ; mais lheritier qui
n'eſt pas fâché de cette duplicité
, dit au contraire , que
Monfieur un tel mort ily a
quelques années a pû luy laiſſer
fonbien ſous tel titre quiluy
a plû ; & que le dernier est fon
pere. Voilà où en eſt le procés :
DE
LYON
*1893
Etle
Leurs
urs .
GALANT. 269
je ne ſçay qu'elle en fera la
déciſion ; mais je croy que les
Loix n'ont pas prévû ces évenemens.
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Résumé : Histoire singuliere qu'on ne lira peut estre pas. [titre d'après la table]
Deux femmes enceintes accouchèrent simultanément en France. Une sage-femme, après les avoir aidées, découvrit qu'un des nouveau-nés était mort. Incapable de déterminer laquelle des mères était celle de l'enfant survivant, une dispute éclata. Les deux femmes décidèrent d'adopter conjointement l'enfant, baptisé avec les noms des deux mères et de leurs maris. Quelques années plus tard, les deux pères de l'enfant décédèrent, chacun léguant sa fortune à l'enfant. Les parents du second père contestèrent le testament, affirmant qu'une personne ne peut avoir deux pères. L'héritier, soutenu par les lois, maintint que chaque père avait le droit de lui léguer ses biens. Le procès est en cours, et l'issue reste incertaine, car les lois n'ont pas prévu de telles situations.
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313
p. 269-272
ODE ANACREONTIQUE.
Début :
En attendant qu'on en fasse sur ce sujet, nous / Maudit soit le mortel avare [...]
Mots clefs :
Coeurs, Amour, Jour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE ANACREONTIQUE.
En attendant qu'on
en faſſe ſur ce ſujet
chanterons ſi vous voulez la
Chanſon ſuivante.
,
nous
ODE ANACREONTIQUE.
Maudit foitle mortel
avare
Qui de la terre tira l'ors
Etlejour où lefort barbare
Luy montra ce fatal
trésor.
Z iij
270 MERCURE
Avant ce jour la plus
fevere
Cedoit à de tendres langueurs
,
Ilnefalloit qu'aimer pour
plaire ,
Les coeurs estoient le prix
des coeurs. 1
Soupirs , transports , ardeursfidelles
,
C'en estfait n'esperez plus
rien ,
L'or est le feul maiſtre des
belles,
i
GALANT. 271
Il vous a voilé voſtre bien.
Avant ce jour , &c.
Depuis un an près de
Glycere,
Je perds te plus ardent
amour ,
Ce qu'un an d'amour n'a
pů faire,
L'or le vient de faire en
un jour ,
Avant ce jour , &c.
ॐ
Fatalité trop importune
Faut- il donc pour me
Zinj
272 MERCURE
faire aimer ,
Me refoudre à faire fortune.
Faime autant ne plus
m'erflamer.
Avant ce jour , &c.
en faſſe ſur ce ſujet
chanterons ſi vous voulez la
Chanſon ſuivante.
,
nous
ODE ANACREONTIQUE.
Maudit foitle mortel
avare
Qui de la terre tira l'ors
Etlejour où lefort barbare
Luy montra ce fatal
trésor.
Z iij
270 MERCURE
Avant ce jour la plus
fevere
Cedoit à de tendres langueurs
,
Ilnefalloit qu'aimer pour
plaire ,
Les coeurs estoient le prix
des coeurs. 1
Soupirs , transports , ardeursfidelles
,
C'en estfait n'esperez plus
rien ,
L'or est le feul maiſtre des
belles,
i
GALANT. 271
Il vous a voilé voſtre bien.
Avant ce jour , &c.
Depuis un an près de
Glycere,
Je perds te plus ardent
amour ,
Ce qu'un an d'amour n'a
pů faire,
L'or le vient de faire en
un jour ,
Avant ce jour , &c.
ॐ
Fatalité trop importune
Faut- il donc pour me
Zinj
272 MERCURE
faire aimer ,
Me refoudre à faire fortune.
Faime autant ne plus
m'erflamer.
Avant ce jour , &c.
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Résumé : ODE ANACREONTIQUE.
L'Ode Anacréontique déplore l'impact négatif de l'or sur les relations humaines. Avant sa découverte, les gens vivaient dans une société régie par l'amour et les sentiments authentiques. Depuis, l'or a remplacé ces valeurs, poussant les individus à rechercher la richesse. Le narrateur regrette cette transformation et relate avoir perdu l'amour de Glycère à cause de l'or.
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314
p. 272-274
Chapitre admirable des Enigmes. [titre d'après la table]
Début :
Des Chansons aux Enigmes, je croy qu'il n'y a qu'un [...]
Mots clefs :
Guerre, Énigmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chapitre admirable des Enigmes. [titre d'après la table]
Des Chanſons aux Enigmes
, je croy qu'il n'y a qu un
pas à faire.
Je vous l'ay bien dit le mois
paflé ,Moffieurs , que la guerre
ne manqueroit pas de ſe déclarer
entre M. Anceau & M.
Dumoulin , pourvû que les
traits n'en retombent pas fur
GALANT . 273
moy , je nem'en foucie guere.
Si cependant elle s'échauffe
plus que de raiſon , je m'offre
à eſtre le mediateur de leur
paix. En attendant le fuccés
de cette avanture , voyons
comment M.. Dumoulin ſe
vange de l'envoy de M. Anccau.
Tout le monde n'est pas
obligé de réver,
Le genie estsouvent fort
mal avec l'adreſſe ,
Et l'on doit aider la
• foibleffe
274 MERCURE
De gens dont l'ignorance
est facile àprouver.
Ortoy,qui viens m'infulter
dans tes rimes ,
Anceau , veux- tu sçavoir
pour quoy
Tu trouveſitot mes Enigmes
,
C'est que j'ay travaillé
pour to
, je croy qu'il n'y a qu un
pas à faire.
Je vous l'ay bien dit le mois
paflé ,Moffieurs , que la guerre
ne manqueroit pas de ſe déclarer
entre M. Anceau & M.
Dumoulin , pourvû que les
traits n'en retombent pas fur
GALANT . 273
moy , je nem'en foucie guere.
Si cependant elle s'échauffe
plus que de raiſon , je m'offre
à eſtre le mediateur de leur
paix. En attendant le fuccés
de cette avanture , voyons
comment M.. Dumoulin ſe
vange de l'envoy de M. Anccau.
Tout le monde n'est pas
obligé de réver,
Le genie estsouvent fort
mal avec l'adreſſe ,
Et l'on doit aider la
• foibleffe
274 MERCURE
De gens dont l'ignorance
est facile àprouver.
Ortoy,qui viens m'infulter
dans tes rimes ,
Anceau , veux- tu sçavoir
pour quoy
Tu trouveſitot mes Enigmes
,
C'est que j'ay travaillé
pour to
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Résumé : Chapitre admirable des Enigmes. [titre d'après la table]
Le texte relate une rivalité littéraire entre M. Anceau et M. Dumoulin. L'auteur reste indifférent mais propose de médier si nécessaire. Il réfléchit sur les différences de capacités et l'aide nécessaire pour pallier l'ignorance. Il précise que ses énigmes sont conçues pour être résolues par Anceau.
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315
p. 274-276
« Mais puisque j'en suis au chapitre des Enigmes, avant d'en [...] »
Début :
Mais puisque j'en suis au chapitre des Enigmes, avant d'en [...]
Mots clefs :
Armée, Poire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mais puisque j'en suis au chapitre des Enigmes, avant d'en [...] »
Mais paiſque j'en fuis au
chapitre des Enigmes , avant
d'en propoſer de nouvelles
j'ay fur cet article quelque
choſe à dire pour majuftification.
GALANT. 275
Jefçay que la premiere du
mois paſſe eſtoit bonne , &
l'autre mauvaile ; mais cen'eſt
ma faute que par la complais
fance quej'ay cuë pour Mada
me deN ..qui l'a faite &qui
m'a preſſe malgré moy de
m'en dire l'auteur : je l'ay fair,
& je me garderois biendeparler
de cette avanture , fi , lorfque
jeluy ay dit aprés tout le
monde , qu'elle ne valoit rien,
elle ne s'eſtoit pas mocquée
de moy , & ne s'en mocquoit
pas encore. Aureſte ſon
Enigme reſſemble à une poire
comme à un moulin à vent.
۱
276 MERCURE
Le mot de la premiere eſt
l'Armée , les noms de ceux qui
les ont deviné , ſont , la belle
& charmante Manon ,qui
mangeroit bien une orange ,
lesAmoursde l'illuſtre Mademoiſelle
** , l'Amant d'une
des quatre brunes de la terraſſe
de Luxembourg , de l'Eſclache
le jeune , la Maitreffe à
Follette,le folitaire Quémine,
& M. de Bonneval , & fon
Iris.
chapitre des Enigmes , avant
d'en propoſer de nouvelles
j'ay fur cet article quelque
choſe à dire pour majuftification.
GALANT. 275
Jefçay que la premiere du
mois paſſe eſtoit bonne , &
l'autre mauvaile ; mais cen'eſt
ma faute que par la complais
fance quej'ay cuë pour Mada
me deN ..qui l'a faite &qui
m'a preſſe malgré moy de
m'en dire l'auteur : je l'ay fair,
& je me garderois biendeparler
de cette avanture , fi , lorfque
jeluy ay dit aprés tout le
monde , qu'elle ne valoit rien,
elle ne s'eſtoit pas mocquée
de moy , & ne s'en mocquoit
pas encore. Aureſte ſon
Enigme reſſemble à une poire
comme à un moulin à vent.
۱
276 MERCURE
Le mot de la premiere eſt
l'Armée , les noms de ceux qui
les ont deviné , ſont , la belle
& charmante Manon ,qui
mangeroit bien une orange ,
lesAmoursde l'illuſtre Mademoiſelle
** , l'Amant d'une
des quatre brunes de la terraſſe
de Luxembourg , de l'Eſclache
le jeune , la Maitreffe à
Follette,le folitaire Quémine,
& M. de Bonneval , & fon
Iris.
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Résumé : « Mais puisque j'en suis au chapitre des Enigmes, avant d'en [...] »
L'auteur discute de la publication d'énigmes dans un périodique, probablement le Mercure Galant. Il justifie un article précédent sur les énigmes en reconnaissant que la première énigme du mois était bonne, tandis que la seconde était mauvaise. Cette dernière a été publiée par complaisance envers Madame de N., qui a insisté pour révéler son auteur. L'auteur, malgré ses réserves, a accédé à sa demande sans offenser Madame de N. Il compare ensuite une énigme d'Aureste à une 'poire' ou à un 'moulin à vent', sans expliquer ces comparaisons. Enfin, il révèle que le mot de la première énigme est 'l'Armée' et liste les personnes ayant résolu cette énigme : Manon, les Amours de l'illustre Mademoiselle **, l'Amant d'une des quatre brunes de la terrasse de Luxembourg, Esclache le jeune, la Maîtresse à Follette, Quémine le solitaire, et M. de Bonneval avec son Iris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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316
p. 276-277
ENVOY.
Début :
M. P. m'a envoyé ces Vers sur le mot de la premiere Enigme / Iris ayant revé longtemps [...]
Mots clefs :
Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY.
M. P. m'a envoyé ces Vers
fur le mot de la premiere Enigme
avec l'Enigme qui les
fuit...
4
GALANT. 277
ENVOY.
Iris ayant revé longtemps
Delapremiere Enigme en
vain cherchoit le ſens.
Sa penetration en étoit allarmée:
Elle jette le Livre, en tombant
il s'ouvrit ,
Elley porte les yeux ,
d'abord elle lit
Sur lefeillet le mot d'Armée.
fur le mot de la premiere Enigme
avec l'Enigme qui les
fuit...
4
GALANT. 277
ENVOY.
Iris ayant revé longtemps
Delapremiere Enigme en
vain cherchoit le ſens.
Sa penetration en étoit allarmée:
Elle jette le Livre, en tombant
il s'ouvrit ,
Elley porte les yeux ,
d'abord elle lit
Sur lefeillet le mot d'Armée.
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317
p. 278-279
ENIGME.
Début :
Quoyque je sois un mets dont personne ne taste, [...]
Mots clefs :
Fève du gâteau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Quoyquejefois un mets
dont perfonne ne taste ,
On a besoin de moy dans
de certains repas :
Tous les ans on mysert en
paste ,
On fçait bien que j'ysuis ,
mais je n'y parois pas.
On me cherche , on me
trouve , & souvent
avec peine:
Un feul alors de tous ,
GALANT. 279
rend la recherche vaine ,
Prend un titre poтрeих ,
maisfi fragile , helas !
Qu'a peine a-t- il le temps
d'en gouster les appas.
Quoyquejefois un mets
dont perfonne ne taste ,
On a besoin de moy dans
de certains repas :
Tous les ans on mysert en
paste ,
On fçait bien que j'ysuis ,
mais je n'y parois pas.
On me cherche , on me
trouve , & souvent
avec peine:
Un feul alors de tous ,
GALANT. 279
rend la recherche vaine ,
Prend un titre poтрeих ,
maisfi fragile , helas !
Qu'a peine a-t- il le temps
d'en gouster les appas.
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318
p. 279-280
AUTRE.
Début :
Un de mes amis m'a donné cette autre Enigme qu'il a dérobé [sic] / La guerre a pour moy des appas, [...]
Mots clefs :
Peau du tambour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
Unde mes amis m'a donné
cette autreEnigme qu'ila dérobé
à un des ſiens. Celuyquien
eſt l'Auteur eſt de Villeneuve
d'Avignon ; c'eſt un homme
de Lettre , connu non ſeulement
par un Journal qu'il a
fait des nouvelles de l'ordre
de laboiſſon ; mais encore par
pluſieurs autres ouvrages d'efprit.
280 MERCURE
AUTRE.
La guerre a pour moy
des appas ,
Elle fait ma plus chere
envie ,
Aufort des plus rudes combats,
Sous les coups jamais je
neplie,
Et je fais aprés mon
trepas ,
Plus de bruit que pendant
ma vie.
cette autreEnigme qu'ila dérobé
à un des ſiens. Celuyquien
eſt l'Auteur eſt de Villeneuve
d'Avignon ; c'eſt un homme
de Lettre , connu non ſeulement
par un Journal qu'il a
fait des nouvelles de l'ordre
de laboiſſon ; mais encore par
pluſieurs autres ouvrages d'efprit.
280 MERCURE
AUTRE.
La guerre a pour moy
des appas ,
Elle fait ma plus chere
envie ,
Aufort des plus rudes combats,
Sous les coups jamais je
neplie,
Et je fais aprés mon
trepas ,
Plus de bruit que pendant
ma vie.
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319
p. 281
« Des Enigmes passons aux Phenomenes. Cet article est admirable pour [...] »
Début :
Des Enigmes passons aux Phenomenes. Cet article est admirable pour [...]
Mots clefs :
Physiciens, Énigmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Des Enigmes passons aux Phenomenes. Cet article est admirable pour [...] »
Des Enigmes paffons aux
Phenomenes . Cet article eft
admirable pour les Phiſiciens,
& je ſuis ravi qu'on me l'ait
envoyé , puiſque cela me donne
lieu de mettre dans mon
Journal quelque choſe qui ſoit
digne de leurs raisonnements.
Phenomenes . Cet article eft
admirable pour les Phiſiciens,
& je ſuis ravi qu'on me l'ait
envoyé , puiſque cela me donne
lieu de mettre dans mon
Journal quelque choſe qui ſoit
digne de leurs raisonnements.
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320
p. 281-284
Phenomêne, tremblement de terre, & chûte de la Montagne de Cheville dans le plat pays de Luzerne. [titre d'après la table]
Début :
Voicy ce qu'on me mande de Berne du 9. Novembre / Le premier de ce mois un tres-grand rocher de la Montagne [...]
Mots clefs :
Berne, Montagnes, Lucerne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Phenomêne, tremblement de terre, & chûte de la Montagne de Cheville dans le plat pays de Luzerne. [titre d'après la table]
Voicy ce qu'on me mande
de Berne du 9. Novembre
dernier.
Il y a deux Montagnes fur
les frontieres de Berne & de
Vallais qui ſe touchent , dont
l'une s'appelle Cheville appartenant
aux Vallefans , & l'autre
Anzeinde ſituée dans la
Decembre 17 14. A
282 MERCURE
Jurisdiction de Berne. Il ya
entre ces deux Montagnes
une fource , de laquelle fortent
deux rivieres , l'une nommée
Lavançon, paffe par le
Bourg deBex , Pays de Berne ,
l'autre appellée Luzerne , traverſe
le Pays de Vallais. La
Cime de la Montagne de
Cheville conſiſte dans un
rocher fort élevé& fort dur.
Le Dimanche 23. Septembre
, l'on entendit un grand
bruit fouterrain ſur la Montagne
de Cheville , qui s'augmenta
le lendemain , & qui
GALANT. 285
continua pendant 24. heures ,
avec une telle vehemence
que l'on croyoit entendre la
décharge de gros canons. Enfaite
l'on vit fortir de la Mon.
tagne une fumée épaiffe , &
une flamme claire , aprés quoy
la Cime de la Montagne ſauta
& couvrit une grande quantité
de bétail & pluſieurs
maiſons , & boucha la riviere
de Luzerne , enforte qu'on
n'en pû plus trouver une goute.
D'où l'on conjecture ,
que cette Montagne eft remplie
de mines de ſouffre & de
poix. On l'a fait viſiter par
Aaij
284 MERCURE
des hommes , qui aflurent
qu'il ne ſeroit pas poflible de
comprendre l'effet de cette
ſecouſſe , ſi l'on n'avoit pas
connu auparavant la fituation
du licu . L'on mande du
23. du paffé , que le bruit &le
mouvement continuent toûjours.
de Berne du 9. Novembre
dernier.
Il y a deux Montagnes fur
les frontieres de Berne & de
Vallais qui ſe touchent , dont
l'une s'appelle Cheville appartenant
aux Vallefans , & l'autre
Anzeinde ſituée dans la
Decembre 17 14. A
282 MERCURE
Jurisdiction de Berne. Il ya
entre ces deux Montagnes
une fource , de laquelle fortent
deux rivieres , l'une nommée
Lavançon, paffe par le
Bourg deBex , Pays de Berne ,
l'autre appellée Luzerne , traverſe
le Pays de Vallais. La
Cime de la Montagne de
Cheville conſiſte dans un
rocher fort élevé& fort dur.
Le Dimanche 23. Septembre
, l'on entendit un grand
bruit fouterrain ſur la Montagne
de Cheville , qui s'augmenta
le lendemain , & qui
GALANT. 285
continua pendant 24. heures ,
avec une telle vehemence
que l'on croyoit entendre la
décharge de gros canons. Enfaite
l'on vit fortir de la Mon.
tagne une fumée épaiffe , &
une flamme claire , aprés quoy
la Cime de la Montagne ſauta
& couvrit une grande quantité
de bétail & pluſieurs
maiſons , & boucha la riviere
de Luzerne , enforte qu'on
n'en pû plus trouver une goute.
D'où l'on conjecture ,
que cette Montagne eft remplie
de mines de ſouffre & de
poix. On l'a fait viſiter par
Aaij
284 MERCURE
des hommes , qui aflurent
qu'il ne ſeroit pas poflible de
comprendre l'effet de cette
ſecouſſe , ſi l'on n'avoit pas
connu auparavant la fituation
du licu . L'on mande du
23. du paffé , que le bruit &le
mouvement continuent toûjours.
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Résumé : Phenomêne, tremblement de terre, & chûte de la Montagne de Cheville dans le plat pays de Luzerne. [titre d'après la table]
Le document décrit un événement survenu entre les frontières de Berne et du Valais, impliquant deux montagnes voisines : Cheville, appartenant aux Valaisans, et Anzeinde, sous juridiction bernoise. Entre ces montagnes coule une source d'où naissent deux rivières : la Lavançon, traversant Bex en pays bernois, et la Luzerne, traversant le Valais. Le 23 septembre, un bruit souterrain intense fut entendu sur la montagne de Cheville, augmentant le lendemain et continuant pendant 24 heures avec une violence comparable à des détonations de canons. Une fumée épaisse et une flamme claire émergèrent de la montagne, provoquant l'effondrement de son sommet, qui recouvrit du bétail, plusieurs maisons et obstrua la rivière de Luzerne. Des experts ont conjecturé que la montagne pourrait contenir des mines de soufre et de poix. Les secousses et le bruit se poursuivaient encore au 23 du mois passé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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321
p. 284-286
De Berne le 10. Novembre 1714.
Début :
Le premier de ce mois un tres-grand rocher de la Montagne [...]
Mots clefs :
Rocher, Montagne, Berne, Torrent, Poussière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Berne le 10. Novembre 1714.
De Berne le 10. Novembre
1714.
Le premier de ce mois un
tres -grand rocher de la Montagne
de Cheville , où font
les limites de Berne & de
GALANT. 285
Vallais , fe fundit & tomba
dans la Vallée avec quantité
de ſouffre , de bois , & de
pouffiere , qui couvroient foixante
journaux de pâturage ,
&du monde & du bétail , appartenants
aux Vallefans. Le
torrent appellé Lizerne fut
bouché pendant trois jours ,
&il ſe fit enſuite une ouverture
entre le rocher & un bois,
au travers d'une petite Montagne
, & le torrent entraina
des arbres de ſapin de deux
toiſes d'épaiſſeur. Les Montagnes
de Bex n'ont pas cu
t
grand dommage , tous les
286 MERCURE
rochers eftant tombez dansles
terres de Vallais , où il y a cu
dix huit perſonnes tuées ,&
trois de bleffées : une femme
fe trouva enterrée juſques aux
épaules , &deux autres eurent
leurs habits brulez : ces femmes
virent tout ,& eſtant affez
éloignées, elles necrurent pas
que la pouffiere put les bruler.
L'on entendit encore Lundy
dernier ungrandcoup ,& l'on
vit fortir une fumée noire
& rouge ,& la formation de
deux étangs.
1714.
Le premier de ce mois un
tres -grand rocher de la Montagne
de Cheville , où font
les limites de Berne & de
GALANT. 285
Vallais , fe fundit & tomba
dans la Vallée avec quantité
de ſouffre , de bois , & de
pouffiere , qui couvroient foixante
journaux de pâturage ,
&du monde & du bétail , appartenants
aux Vallefans. Le
torrent appellé Lizerne fut
bouché pendant trois jours ,
&il ſe fit enſuite une ouverture
entre le rocher & un bois,
au travers d'une petite Montagne
, & le torrent entraina
des arbres de ſapin de deux
toiſes d'épaiſſeur. Les Montagnes
de Bex n'ont pas cu
t
grand dommage , tous les
286 MERCURE
rochers eftant tombez dansles
terres de Vallais , où il y a cu
dix huit perſonnes tuées ,&
trois de bleffées : une femme
fe trouva enterrée juſques aux
épaules , &deux autres eurent
leurs habits brulez : ces femmes
virent tout ,& eſtant affez
éloignées, elles necrurent pas
que la pouffiere put les bruler.
L'on entendit encore Lundy
dernier ungrandcoup ,& l'on
vit fortir une fumée noire
& rouge ,& la formation de
deux étangs.
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Résumé : De Berne le 10. Novembre 1714.
Le 1er novembre 1714, un éboulement majeur s'est produit sur la montagne de Cheville, à la frontière entre Berne et le Valais. Cet événement a causé la chute de soufre, de bois et de poussière sur soixante journaux de pâturages valaisans, entraînant la mort de dix-huit personnes et blessant trois autres. Une femme a été partiellement ensevelie, tandis que deux autres ont eu leurs vêtements brûlés par la poussière enflammée. Le torrent de la Lizerne a été obstrué pendant trois jours avant de se libérer, emportant des arbres de sapin de deux toises d'épaisseur. Les montagnes de Bex ont subi peu de dommages, les rochers étant principalement tombés sur les terres valaisannes. Le 9 novembre, un bruit violent accompagné de fumée noire et rouge a été observé, et deux étangs se sont formés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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322
p. 286-305
Extrait d'un Discours éloquent que M. Herault, Avocat du Roy du Chastelet, a prononcé dans la Grande Chambre de cette Cour le 22. Octobre dernier. [titre d'après la table]
Début :
Je ne suis pas le maistre de satisfaire l'empressement que / [...]
Mots clefs :
Avocat, Homme, Esprit, Probité, Justice, Vertu, Vérité, Lumières, Ennemis, Confiance, Paix, Qualités, Honnête homme, Orateur, Éloquence, Qualités du coeur, Avocat, Avocat du roi au Châtelet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'un Discours éloquent que M. Herault, Avocat du Roy du Chastelet, a prononcé dans la Grande Chambre de cette Cour le 22. Octobre dernier. [titre d'après la table]
Je ne fuis pas le maiſtrede
fatisfaire l'empreſſement que
GALANT. 287
vous me marquez , Meffieurs ,
pour les Pieces d'Eloquence
que leurs Auteurs , quelques
belles qu'elles foient ,& malgré
les applaudiſſemens qu'elles
ont receuës de tous ceux
qui les ont entendu prononcer
, n'aiment ſouvent pas à
rendre publiques. S'il ne tenoit
qu'à moyde vousen fairepart,
jecroy querien ne feroit plus
capable de contenter parfaite.
ment voſtre curiofité que le
Diſcours que MonfieurChauvelin
Avocat General fit dans
le Parlement , le 26. Novembre
dernier , ſur laréputation
188 MERCURE
des Avocats ,j'en ay entendur
de quelques uns de fes Audi
teurs ,&lû des fragmens dans
une Gazette de Hollande
dont je croy qu'il n'approuveroit
pas la peine qu'on prendroit
de les imiter. Je ſerois
preſquedans le même embarras
au ſujet de la Harangue de
M. Herault Avocat du Roy
du Chaſtelet , fi un de mes
amis n'avoit pas pris le ſoin
d'en ramaffer exactement les
morceaux que vous allez lire.
C'eſt un preſent qu'il m'a fait,
& certainement un preſent
que jecroy vous faire.
Le
GALANT. 289
A
Le but queM. Herault s'eſt
propoſé dans leDifcours qu'il
a fait aux Avocats à la
rentrée du Chaſtelet , a été de
leur faire perfuader que les
qualitez du coeur ſont preferables
à celles de l'eſprit. Loin ,
dit- il , de trop donner à la gloire
qui vient de l'esprit , affeurons
aux qualitez du coeur la préference
qu'elles meritent ,
fons voir qu'ellesfontplus effentielles
à l'Avocat que celles de
l'esprit. L'Orateur , continuet-
il un peu plus loin , doit eftre
honneste homme , éloquent, mais
la probitéfait le fond de fon ca-
Decembre 1714. Bb
fai290
MERCURE
1
ractere , l'éloquence n'en estpour
ainſi dire , que le colori : la probité
demande ſes demande festpremiersfoins , l'art
de bien dire ne demande que les
Seconds.Orator, ditQuintilien ,
vir bonus , dicendi peritus ...
vous en conviendrez bientoft ,
ajoute t- il , vous eſtes,nous ofons
le dire , neceffaires auxMagiftrats.
Le Jugefait par vous ce
qu'il ne peutfaire parluy-mêm ;
par vous , il demaſque les fourbes
qui viennent par des dehors
trompeurs furprendreſon équité,
en ſurprenant ſa compaffion. Par
à travers un amas confus
de circonstances embroüillées , il
vous
GALANT. 291
va reconnoijtre delivrer l'innocence
opprimée par l'imposture :
c'est par vous qu'il fuit la chicane
dans tous ſes détours , vous
luy montrez la verité, c'estàluy
de la vanger. Qui réuffira le
mieux dans ſes fonctions ſi importantes
& fihonorables ? qui
remplira mieux l'attente dufuge?
ou l'Avocat habile , fans probité,
ou l'Avocat honnestehomme.
Le premier aveuglé par l'in
terest, ou féduit par ta preſomption
, entreprendra la deffenſe
des cauſes les plus injustes , se
fiant trop à luy même , il aura
trop peu d'application pour les
Bbij
292 MERCURE
ilmé.
autres , plus il fera éloquent ,
plus ilfera dangereux ; aux lumieres
pures qui éclairent ,
lera un fauxbrillant qui ébloüit ,
ſaſcience luy fournira de ſpécieuses
raiſons pourparer le men-
Jonge , &fon industrie luy mettra
en mains des Armes pour combattre
la justice ; il puiſera dans
Son efprit millemoyens capcieux ,
mille détours peu finceres : icy il
donnera de belles couleurs à la
cupidité , il mettra l'innocence
dans unfaux jour , nul fcrupule
d'impofer aux Magistrats, de calomnier
ſes Parties , de trabir
mêmeſes Clients . Que d'intriGALANT.
293
gues. Car de quoy ne peut pas
eftre capable un Avocat avec un
bel eſprit ,fans un bon
beaucoup de lumieres
coeur, avec
د
;
peu
efde
probité ; en un mot qui est
habilefans estre honneſte homme.
Au contraire , dit il, dans un
autre endroit , à la loüarige
d'un Avocat honneſte hom,
me , le fuge instruit d'une cause
parun Avocat, qui avec un
prit mediocre , joint une vertu
qui ne l'estpas ,qui à la verité,
a moins d'éloquence , mais plus
de bonnefoy , habile, non pas autant
qu'on peut le foubaitter ,
mais autant qu'on peut lefou-
Bb iij
294 MERCURE
>
haitter honneste homme : comme
il n'a pas un grand fonds d'érudition
, il a la Justice pour fin
laſageſſe pour confeil , comme
c'est la droiture de ſon coeur
qui fait celle de ſon esprit ,fon
esprit ne porte jamais de faußes
lumieres dansfon coeur , fcrupuleuxſurtout,
il cherchepluſtoſtà
affurer le repos de ſa confcience ,
qu'à se preparer l'honneur d'une
victoire, il nese laiſſe ni émouvoir
par l'autorité , ni entraîner
par une compaffion aveugle qui
n'envisage dans la mifere ,que la
miſere même , il neprête ſon ſecours
à l'affligéquelorsqu'ilmerite
GALANT. 295
d'estre jecouru , il ne prend fous
Sa protection l'opprimé , que ,
quand il reconnoît injuste la puif-
Jance qui l'accable , ex par- là
digne enfin de la confiance du Juge,
lefuge avec luy marche en
feureté, & dans le cahos d'une
cauſe que la cupidité avoit pris
Soin d'embarraffer , il ne craint
p'us qu'on ne lui déguise,ou qu'on
ne luy ſupprimeſes faiis , qu'on
ne ſubſtiriüe la vray-Jemblance
à la verité , qu'au lieu de développer
lesens de la Loy ,on ne luy
coorrrroommmpppee le texte qu'au licu en
2
d'éclairerſon eſprit on ne s'appli
que àfurprendre ſon coeur , il ſe
B b iiij
८
296 MERCURE
repoſe enfinfur l'attention exacte
de l'Orateur qui l'empêche de ſe
tromper luy-même , &fur la
bonne foy qui luyfait ignorer
l'art funeste de tromper les autres
... SSii ll''oonn eefsttccoonduitparla droiture
de ſon coeur , on est toujours
habile à conduire les autres par
les routes de la ſageſſe , on sçait
tout dans une ſcience où le coeur
est le Maistre qui inſtruit ....
En parlant de l'Avocat
fans probité , le coeur , dit- il ,
n'a que trop d'empireſur l'esprit ,
la raison devroit le conduire
c'eſt luy qui domine la raison , il
la réduit enfervitude , il ne luy
GALANT. 197
permet plus d'écouter la ſageße
qui luy feroit connoiſtre la justice
ola verité , il faut que l'esprit
malgréluy , penſe comme le coeur
fent ,&fi le coeur est esclave de
quelque paſſion , il faut que la
raiſon pour estre écoutée apprenne
le langage de cette paſſion....
L'Avocat honneste homme neſe
laiſſegagner ny intimider ; il ne
craint d'avoir pour ennemis que
la verité , infenfible aux plus
touchantes prieres , rien ne le
frappe que lajustice ,rien ne luy
est recommandable que la justice,
&s'il en estoit beſoin , il la défendroit
contre le fuge même....
298 MERCURE
1
د
S'il manque de brillant pour
furprendre , il nemanque point de
force pour convaincre... En un
mot la veritéſur les lévres de
l'honneste homme ,fait aimer
fait triompher la justice ; &jamais
lajustice neſe trouveparlay
la victime de l'interest.
Le Client , les Parties , tout
l'Etat est intereßé à la probité
de l'Avocat , & il ne faut pas
croire que lorſqu'il s'acquitte de
fes fonctions , il le ſerve moins
que les guerriers qui repouſſent
loin de nos frontieres , ceux qui
qui les attaquent. L'Etat porte
dans ſes entrailles des ennemis
د
THEQUE DELAVILL
nous a
GALANT
plus dangereux , &plus remuans
que toutes les Puißances liguées
au dehors : ne parlons même plus
d'ennemis étrangers , aujourdhuy
que la ſageße du Roy
rendu la Paix,fans qu'il luy
ait coûté tout ce que ſon amour
pourfonpeuple, estoitprest de luy
Sacrifier aujourd'huy que ce
Monarque grand dans l'une
l'autrefortune,faifiſſant le moment
heureux que fa pieté avoit
obtenu du Ciel , a changé une
partie de nos ennemis en alliez
zelez, & réduit l'autre par la
force de ses armes , aujourd'huy
د
qu'il leur donne en Vainqueur ,
300 MERCURE
la Paix qu'ils luy avoient refufée.
Enfin , conclut-il dans la
premiere partie de ſon difcours
, glorieuse profeſſion , dans
laquelle rien ne borne l'honneur
de servir l'Etat, ou pendant la
guerre on a l'avantage de faire
gouter par la justice ,les fruits
de la Paix , ou pendant la Paix
on a la gloire de receüillir les
Lauriers qui viennentse confondre
avec les Palmes .
Dans la ſeconde partie , Ce
n'est pas aßz , dit- il , que l'Avocat
, avec les qualitez du coeur
foitplus utile auxJuges &au
GALANT . 301
Public , qu'avec les qualicez de
l'esprit , il estencoreplus utile à
luy-même.
Qu'il est aisé de concevoir ce
que la renommée en aura bientoft
publié , ce que la réputation
luy procurera de confiance,ceque
fa
la confiance luy attirera de nouveaux
Chents ; l'on verra les
innocens & les opprimez sempreffer
également aprés luy
maison devenir frequentéc comme
unTemple ,ſes décisions écoutées,
receuës comme des Oracles.
Il a le coeur compatißant; qui eft
la veuve , quifontles orphelins,
quifont les malheureux qui neſe
302 MERCURE
trouvent intereßezàl'avoir pour
Patron. Il est incapable de tromper
, les grands
les petits se Je
croiront donc également enſeuretéen
le rendant l'arbitre de leur
fortune ,&vous ne le verrez
descendre du Barreau , que pour
venir exercer chez luy uneMagiftrature
domestique d'autant
pius floriſſante qu'elle n'aura
pour titre que la vertu même....
Ne pensez pas d'ailleurs , que
pour devenir homme privéildevienne
pour cela homme moins
neceffaire à la Republique , Sa
maison n'est plus afſiegée des
plaideurs , mais son cabinet est
GALANT. 303
l'école de la vertu , on s'y affemble
en foule pour s'y instruire
les jeunes le prennent pour leur
maiſtre ,les autres ſefe le choiſiſſent
pourleur conſeil , tous ont en luy
la même confiance ; c'est la vertu
& la probité qui l'ont formé ,
peut- on suivre de plus fideles
guides.... Qu'elle excuſe pourroit
apporter Orateur,fi les qualitez
effentielles luy manquoient
puiſque lafacilité deles acquerir
égale encore la neceffité de les
poffeder.
Quant aux Procureurs ....
manquent- ils deScience,lesFuges
peuventy suppléer par leurs
304 MERCURE
lumieres ; mais lorsqu'ils manquent
de probité ; les Juges ne
peuventysuppléerparleur vertu.
Perfectionnez vostre coeur , il eft
le centre des paſſions quand on le
neglige ; il est leprincipe de toutes
les vertus ,quand on le cultive.
Enfin voicy comme il conclut,
Pourquoy dans la ſocieté civile ,
voyez vous qu'onsevanteſiſouvent
d'avoir un bon coeur , &fi
rarement d'avoir un bel eſprit ;
l'amour proprey trouvefon compte;
c'est qu'enſepiquant du bon
coeur on oublie rien pour fon
éloge,au lieu qu'enſepiquantseulement
du bel eſprit , on laiffe
,
mille
GALANT. 305
mille défauts à foupçonner :en
un mot ( croyez nous ) le bon coeur
est tout à la fois ce qui ſoutient
la dignité de l'Avocat , &ce qui
fait le plus grand merite du
Procureur.
fatisfaire l'empreſſement que
GALANT. 287
vous me marquez , Meffieurs ,
pour les Pieces d'Eloquence
que leurs Auteurs , quelques
belles qu'elles foient ,& malgré
les applaudiſſemens qu'elles
ont receuës de tous ceux
qui les ont entendu prononcer
, n'aiment ſouvent pas à
rendre publiques. S'il ne tenoit
qu'à moyde vousen fairepart,
jecroy querien ne feroit plus
capable de contenter parfaite.
ment voſtre curiofité que le
Diſcours que MonfieurChauvelin
Avocat General fit dans
le Parlement , le 26. Novembre
dernier , ſur laréputation
188 MERCURE
des Avocats ,j'en ay entendur
de quelques uns de fes Audi
teurs ,&lû des fragmens dans
une Gazette de Hollande
dont je croy qu'il n'approuveroit
pas la peine qu'on prendroit
de les imiter. Je ſerois
preſquedans le même embarras
au ſujet de la Harangue de
M. Herault Avocat du Roy
du Chaſtelet , fi un de mes
amis n'avoit pas pris le ſoin
d'en ramaffer exactement les
morceaux que vous allez lire.
C'eſt un preſent qu'il m'a fait,
& certainement un preſent
que jecroy vous faire.
Le
GALANT. 289
A
Le but queM. Herault s'eſt
propoſé dans leDifcours qu'il
a fait aux Avocats à la
rentrée du Chaſtelet , a été de
leur faire perfuader que les
qualitez du coeur ſont preferables
à celles de l'eſprit. Loin ,
dit- il , de trop donner à la gloire
qui vient de l'esprit , affeurons
aux qualitez du coeur la préference
qu'elles meritent ,
fons voir qu'ellesfontplus effentielles
à l'Avocat que celles de
l'esprit. L'Orateur , continuet-
il un peu plus loin , doit eftre
honneste homme , éloquent, mais
la probitéfait le fond de fon ca-
Decembre 1714. Bb
fai290
MERCURE
1
ractere , l'éloquence n'en estpour
ainſi dire , que le colori : la probité
demande ſes demande festpremiersfoins , l'art
de bien dire ne demande que les
Seconds.Orator, ditQuintilien ,
vir bonus , dicendi peritus ...
vous en conviendrez bientoft ,
ajoute t- il , vous eſtes,nous ofons
le dire , neceffaires auxMagiftrats.
Le Jugefait par vous ce
qu'il ne peutfaire parluy-mêm ;
par vous , il demaſque les fourbes
qui viennent par des dehors
trompeurs furprendreſon équité,
en ſurprenant ſa compaffion. Par
à travers un amas confus
de circonstances embroüillées , il
vous
GALANT. 291
va reconnoijtre delivrer l'innocence
opprimée par l'imposture :
c'est par vous qu'il fuit la chicane
dans tous ſes détours , vous
luy montrez la verité, c'estàluy
de la vanger. Qui réuffira le
mieux dans ſes fonctions ſi importantes
& fihonorables ? qui
remplira mieux l'attente dufuge?
ou l'Avocat habile , fans probité,
ou l'Avocat honnestehomme.
Le premier aveuglé par l'in
terest, ou féduit par ta preſomption
, entreprendra la deffenſe
des cauſes les plus injustes , se
fiant trop à luy même , il aura
trop peu d'application pour les
Bbij
292 MERCURE
ilmé.
autres , plus il fera éloquent ,
plus ilfera dangereux ; aux lumieres
pures qui éclairent ,
lera un fauxbrillant qui ébloüit ,
ſaſcience luy fournira de ſpécieuses
raiſons pourparer le men-
Jonge , &fon industrie luy mettra
en mains des Armes pour combattre
la justice ; il puiſera dans
Son efprit millemoyens capcieux ,
mille détours peu finceres : icy il
donnera de belles couleurs à la
cupidité , il mettra l'innocence
dans unfaux jour , nul fcrupule
d'impofer aux Magistrats, de calomnier
ſes Parties , de trabir
mêmeſes Clients . Que d'intriGALANT.
293
gues. Car de quoy ne peut pas
eftre capable un Avocat avec un
bel eſprit ,fans un bon
beaucoup de lumieres
coeur, avec
د
;
peu
efde
probité ; en un mot qui est
habilefans estre honneſte homme.
Au contraire , dit il, dans un
autre endroit , à la loüarige
d'un Avocat honneſte hom,
me , le fuge instruit d'une cause
parun Avocat, qui avec un
prit mediocre , joint une vertu
qui ne l'estpas ,qui à la verité,
a moins d'éloquence , mais plus
de bonnefoy , habile, non pas autant
qu'on peut le foubaitter ,
mais autant qu'on peut lefou-
Bb iij
294 MERCURE
>
haitter honneste homme : comme
il n'a pas un grand fonds d'érudition
, il a la Justice pour fin
laſageſſe pour confeil , comme
c'est la droiture de ſon coeur
qui fait celle de ſon esprit ,fon
esprit ne porte jamais de faußes
lumieres dansfon coeur , fcrupuleuxſurtout,
il cherchepluſtoſtà
affurer le repos de ſa confcience ,
qu'à se preparer l'honneur d'une
victoire, il nese laiſſe ni émouvoir
par l'autorité , ni entraîner
par une compaffion aveugle qui
n'envisage dans la mifere ,que la
miſere même , il neprête ſon ſecours
à l'affligéquelorsqu'ilmerite
GALANT. 295
d'estre jecouru , il ne prend fous
Sa protection l'opprimé , que ,
quand il reconnoît injuste la puif-
Jance qui l'accable , ex par- là
digne enfin de la confiance du Juge,
lefuge avec luy marche en
feureté, & dans le cahos d'une
cauſe que la cupidité avoit pris
Soin d'embarraffer , il ne craint
p'us qu'on ne lui déguise,ou qu'on
ne luy ſupprimeſes faiis , qu'on
ne ſubſtiriüe la vray-Jemblance
à la verité , qu'au lieu de développer
lesens de la Loy ,on ne luy
coorrrroommmpppee le texte qu'au licu en
2
d'éclairerſon eſprit on ne s'appli
que àfurprendre ſon coeur , il ſe
B b iiij
८
296 MERCURE
repoſe enfinfur l'attention exacte
de l'Orateur qui l'empêche de ſe
tromper luy-même , &fur la
bonne foy qui luyfait ignorer
l'art funeste de tromper les autres
... SSii ll''oonn eefsttccoonduitparla droiture
de ſon coeur , on est toujours
habile à conduire les autres par
les routes de la ſageſſe , on sçait
tout dans une ſcience où le coeur
est le Maistre qui inſtruit ....
En parlant de l'Avocat
fans probité , le coeur , dit- il ,
n'a que trop d'empireſur l'esprit ,
la raison devroit le conduire
c'eſt luy qui domine la raison , il
la réduit enfervitude , il ne luy
GALANT. 197
permet plus d'écouter la ſageße
qui luy feroit connoiſtre la justice
ola verité , il faut que l'esprit
malgréluy , penſe comme le coeur
fent ,&fi le coeur est esclave de
quelque paſſion , il faut que la
raiſon pour estre écoutée apprenne
le langage de cette paſſion....
L'Avocat honneste homme neſe
laiſſegagner ny intimider ; il ne
craint d'avoir pour ennemis que
la verité , infenfible aux plus
touchantes prieres , rien ne le
frappe que lajustice ,rien ne luy
est recommandable que la justice,
&s'il en estoit beſoin , il la défendroit
contre le fuge même....
298 MERCURE
1
د
S'il manque de brillant pour
furprendre , il nemanque point de
force pour convaincre... En un
mot la veritéſur les lévres de
l'honneste homme ,fait aimer
fait triompher la justice ; &jamais
lajustice neſe trouveparlay
la victime de l'interest.
Le Client , les Parties , tout
l'Etat est intereßé à la probité
de l'Avocat , & il ne faut pas
croire que lorſqu'il s'acquitte de
fes fonctions , il le ſerve moins
que les guerriers qui repouſſent
loin de nos frontieres , ceux qui
qui les attaquent. L'Etat porte
dans ſes entrailles des ennemis
د
THEQUE DELAVILL
nous a
GALANT
plus dangereux , &plus remuans
que toutes les Puißances liguées
au dehors : ne parlons même plus
d'ennemis étrangers , aujourdhuy
que la ſageße du Roy
rendu la Paix,fans qu'il luy
ait coûté tout ce que ſon amour
pourfonpeuple, estoitprest de luy
Sacrifier aujourd'huy que ce
Monarque grand dans l'une
l'autrefortune,faifiſſant le moment
heureux que fa pieté avoit
obtenu du Ciel , a changé une
partie de nos ennemis en alliez
zelez, & réduit l'autre par la
force de ses armes , aujourd'huy
د
qu'il leur donne en Vainqueur ,
300 MERCURE
la Paix qu'ils luy avoient refufée.
Enfin , conclut-il dans la
premiere partie de ſon difcours
, glorieuse profeſſion , dans
laquelle rien ne borne l'honneur
de servir l'Etat, ou pendant la
guerre on a l'avantage de faire
gouter par la justice ,les fruits
de la Paix , ou pendant la Paix
on a la gloire de receüillir les
Lauriers qui viennentse confondre
avec les Palmes .
Dans la ſeconde partie , Ce
n'est pas aßz , dit- il , que l'Avocat
, avec les qualitez du coeur
foitplus utile auxJuges &au
GALANT . 301
Public , qu'avec les qualicez de
l'esprit , il estencoreplus utile à
luy-même.
Qu'il est aisé de concevoir ce
que la renommée en aura bientoft
publié , ce que la réputation
luy procurera de confiance,ceque
fa
la confiance luy attirera de nouveaux
Chents ; l'on verra les
innocens & les opprimez sempreffer
également aprés luy
maison devenir frequentéc comme
unTemple ,ſes décisions écoutées,
receuës comme des Oracles.
Il a le coeur compatißant; qui eft
la veuve , quifontles orphelins,
quifont les malheureux qui neſe
302 MERCURE
trouvent intereßezàl'avoir pour
Patron. Il est incapable de tromper
, les grands
les petits se Je
croiront donc également enſeuretéen
le rendant l'arbitre de leur
fortune ,&vous ne le verrez
descendre du Barreau , que pour
venir exercer chez luy uneMagiftrature
domestique d'autant
pius floriſſante qu'elle n'aura
pour titre que la vertu même....
Ne pensez pas d'ailleurs , que
pour devenir homme privéildevienne
pour cela homme moins
neceffaire à la Republique , Sa
maison n'est plus afſiegée des
plaideurs , mais son cabinet est
GALANT. 303
l'école de la vertu , on s'y affemble
en foule pour s'y instruire
les jeunes le prennent pour leur
maiſtre ,les autres ſefe le choiſiſſent
pourleur conſeil , tous ont en luy
la même confiance ; c'est la vertu
& la probité qui l'ont formé ,
peut- on suivre de plus fideles
guides.... Qu'elle excuſe pourroit
apporter Orateur,fi les qualitez
effentielles luy manquoient
puiſque lafacilité deles acquerir
égale encore la neceffité de les
poffeder.
Quant aux Procureurs ....
manquent- ils deScience,lesFuges
peuventy suppléer par leurs
304 MERCURE
lumieres ; mais lorsqu'ils manquent
de probité ; les Juges ne
peuventysuppléerparleur vertu.
Perfectionnez vostre coeur , il eft
le centre des paſſions quand on le
neglige ; il est leprincipe de toutes
les vertus ,quand on le cultive.
Enfin voicy comme il conclut,
Pourquoy dans la ſocieté civile ,
voyez vous qu'onsevanteſiſouvent
d'avoir un bon coeur , &fi
rarement d'avoir un bel eſprit ;
l'amour proprey trouvefon compte;
c'est qu'enſepiquant du bon
coeur on oublie rien pour fon
éloge,au lieu qu'enſepiquantseulement
du bel eſprit , on laiffe
,
mille
GALANT. 305
mille défauts à foupçonner :en
un mot ( croyez nous ) le bon coeur
est tout à la fois ce qui ſoutient
la dignité de l'Avocat , &ce qui
fait le plus grand merite du
Procureur.
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Résumé : Extrait d'un Discours éloquent que M. Herault, Avocat du Roy du Chastelet, a prononcé dans la Grande Chambre de cette Cour le 22. Octobre dernier. [titre d'après la table]
Le Mercure Galant de décembre 1714 mentionne deux discours récents. Le premier, prononcé par Monsieur Chauvelin au Parlement le 26 novembre précédent, n'est pas détaillé. Le second, tenu par Monsieur Hérault, Avocat du Roi au Châtelet, lors de la rentrée du Châtelet, souligne la supériorité des qualités du cœur sur celles de l'esprit pour un avocat. Hérault met en avant la nécessité de la probité, considérant l'éloquence comme un simple accessoire. Un avocat honnête et probe aide les magistrats à démêler la vérité et à rendre justice, tandis qu'un avocat habile mais sans probité peut être dangereux en utilisant son éloquence pour tromper. Le texte insiste sur le rôle crucial de l'avocat honnête dans la société, qui défend la justice. Il doit comprendre et parler le langage des passions humaines, car la raison seule ne suffit pas. L'avocat honnête sert la vérité et la justice, même contre le pouvoir souverain. Sa probité est essentielle pour les clients, les parties et l'État, qui combat des ennemis intérieurs plus dangereux que les menaces extérieures. L'avocat, par sa probité et sa compétence, attire la confiance et devient un refuge pour les innocents et les opprimés. Même après avoir quitté le barreau, il continue de servir la République en étant un modèle de vertu et de probité. Le texte souligne également l'importance de la probité des procureurs, qui ne peut être compensée par la science ou la vertu des juges. La probité est essentielle pour maintenir la dignité de l'avocat et constitue la plus grande qualité du procureur.
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323
p. 312-313
« Pendant que nous sommes dans les Pays Etrangers, il n'en [...] »
Début :
Pendant que nous sommes dans les Pays Etrangers, il n'en [...]
Mots clefs :
Vers, Pays étrangers, Port de Dunkerque
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texteReconnaissance textuelle : « Pendant que nous sommes dans les Pays Etrangers, il n'en [...] »
Pendant que nous ſommes
dans les Pays Etrangers, il n'en
coutera pas davantage d'y refter
quelques quarts d'heure
de plus, pour y voir en paſſant
les debris &les ruines du Port
de Dunkerque , dont les Gazertes
GALANT. 313
4
zettes , le Mercure & Verdun
ont pris le ſoin de publier la
demolition , qui a tellement
affligé un homme d'eſprit de
cette Ville , qu'il m'en a envoyé
des marques de ſa douleur
en Vers Latins , que les
Dames liront affeurement
avec beaucoup de plaifir .Pour
moy je les trouve fort beaux.
dans les Pays Etrangers, il n'en
coutera pas davantage d'y refter
quelques quarts d'heure
de plus, pour y voir en paſſant
les debris &les ruines du Port
de Dunkerque , dont les Gazertes
GALANT. 313
4
zettes , le Mercure & Verdun
ont pris le ſoin de publier la
demolition , qui a tellement
affligé un homme d'eſprit de
cette Ville , qu'il m'en a envoyé
des marques de ſa douleur
en Vers Latins , que les
Dames liront affeurement
avec beaucoup de plaifir .Pour
moy je les trouve fort beaux.
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Résumé : « Pendant que nous sommes dans les Pays Etrangers, il n'en [...] »
L'auteur recommande de visiter les ruines du port de Dunkerque lors d'un séjour aux Pays Étrangers. La démolition du port a été relatée par plusieurs publications comme les Gazettes Galantes, le Mercure et Verdun. Un habitant de Dunkerque a exprimé sa tristesse par des vers latins, jugés beaux par l'auteur.
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324
p. 313-315
Vers Latins sur la Démolition du Port de Dunkerque, dont l'Auteur donnera peut-estre la traduction en Vers François. [titre d'après la table]
Début :
Classibus armatis celebris Dunkerka per orbem [...]
Mots clefs :
Dunkerque, Port de Dunkerque, Démolition du port de Dunkerque
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texteReconnaissance textuelle : Vers Latins sur la Démolition du Port de Dunkerque, dont l'Auteur donnera peut-estre la traduction en Vers François. [titre d'après la table]
Claflibus armatis celebris
Dunkerka per orbem
Urbs invicta Mari , non ruitura
cadit.
7
Triſtem jure doles portus
Dunkerka ruinam ,
Sed Gemis incaffum , numina
** Decembre 1714. Dd
314 MERCURE
læva ſinunt
Portum Neptunus pofuit bo,
realibus oris,
Ut Dunkerka maris fola manerer
hera
Abnuit Imperium Domina
ſeptentrio totus ,
Jacturam portus Jupiter ipſe
ljuber, OVS
Fit Carthago potens armis
hinc æmula Romæ ,
Bello rivalem perdere Roma
cupit. ved U
Dunkerka nequeunt hoftes
ſpectare Trophas ,
Funditus ut perear , cuncta
movere volunt ,
GALANT 315
$
Vincere conantur pugnis na
valibus Angli ,
At fruftra quærunt ſternere
}
pacis ope ,
Omnibus illuſtrem populis te
gloria fecit ,
Perniciemque tuam Gloria
ſumma paric .
Quid tibi nobilius , quam tali
occumbere fato.
SiDunkerka-labes,Gallia pace
Beat.
Dunkerka per orbem
Urbs invicta Mari , non ruitura
cadit.
7
Triſtem jure doles portus
Dunkerka ruinam ,
Sed Gemis incaffum , numina
** Decembre 1714. Dd
314 MERCURE
læva ſinunt
Portum Neptunus pofuit bo,
realibus oris,
Ut Dunkerka maris fola manerer
hera
Abnuit Imperium Domina
ſeptentrio totus ,
Jacturam portus Jupiter ipſe
ljuber, OVS
Fit Carthago potens armis
hinc æmula Romæ ,
Bello rivalem perdere Roma
cupit. ved U
Dunkerka nequeunt hoftes
ſpectare Trophas ,
Funditus ut perear , cuncta
movere volunt ,
GALANT 315
$
Vincere conantur pugnis na
valibus Angli ,
At fruftra quærunt ſternere
}
pacis ope ,
Omnibus illuſtrem populis te
gloria fecit ,
Perniciemque tuam Gloria
ſumma paric .
Quid tibi nobilius , quam tali
occumbere fato.
SiDunkerka-labes,Gallia pace
Beat.
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Résumé : Vers Latins sur la Démolition du Port de Dunkerque, dont l'Auteur donnera peut-estre la traduction en Vers François. [titre d'après la table]
En décembre 1714, Dunkerque, célèbre pour son port, est détruite mais reste invaincue par la mer. Neptune avait fondé ce port pour dominer les côtes, mais l'Empire du Nord s'y oppose. Jupiter approuve sa destruction, permettant à Carthage de rivaliser avec Rome. Les Anglais échouent à vaincre Dunkerque. Sa chute conduit à la paix en Gaule.
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325
p. 316-320
PRINCIPALES Obligations des Chevaliers, des Ecclesiastiques, & des Freres Servans de l'Ordre Royal, Hospitalier, & Militaire de Nostre-Dame de Mont-Carmel, & de S. Lazare, suivant les Bulles des Papes, & les Statuts de l'Ordre.
Début :
Le 18. de ce mois M. de l'Escorailles fut reçû dans l'Eglise / On est obligé d'aller à la Guerre contre les ennemis de [...]
Mots clefs :
Obligations, Chevaliers, Ecclésiastiques, Statuts, Notre-Dame du Mont-Carmel, Bulles des papes
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texteReconnaissance textuelle : PRINCIPALES Obligations des Chevaliers, des Ecclesiastiques, & des Freres Servans de l'Ordre Royal, Hospitalier, & Militaire de Nostre-Dame de Mont-Carmel, & de S. Lazare, suivant les Bulles des Papes, & les Statuts de l'Ordre.
Le 18. de ce mois M. de
l'Eſcorailles fut reçû dans l'Egliſe
de l'Abbaye de S. Germain
des Prez,Chevalier de S.
Lazare par M le Marquis de
Dangeau Grand Maistre de
cet Ordre , dont voicy les
Obligations & les Statuts.
GALANT. 317
:
PRINCIPALES
Obligations des Chevaliers ,
desEcclefiaftiques , &des Freres
Servans de l'Ordre Royal,
Hospitalier , e Militaire de
Noftre-DamedeMont-Carmel
, & de S. Lazare ,fui
vant les Bulles desPapes,
les Statuts de l'Ordre.
On est obligé d'aller à la
Guerre contre les ennemis de
la Foy , & de la Religion Catholique
, lorſqu'il eſt commandé
par le Roy ouleGrand
Maiſtre .
Ddüj
18 MERCURE
On doitgarder 1 Hofpitalité
envers les pauvres lépreux.
On doit dire tous les jours
le petit Office de Noſtre-Dame
à l'uſage de l'Ordre , ou
laCouronne de la Vierge.
Ondoit faire abſtinence de
viande tous les Mecredis de
chaque Semaine , & entendre
la Meſſe tous les Samedis.
On doit ſe confeffer , &
communier les Feſtes de la
Vierge , & particulierement
le jour de Noſtre-Dame de
Mont Carmel.
On ne peut le marier que
deux fois ,& l'on peut époufer
GALANT. 319
une des deux fois une veuve.
On est obligé de porter une
Croix d'or aux Emaux de
l'Ordre, attachée àunCordon
amarante ,& les Freres Servans
une Medaille aux mêmes
Emaux, attachée à une chaî
ne , & fans rubans.
Un des principaux Privileges
de l'Ordre eſt que les
les Chevaliers&Freres , quoique
matiez & non tonfurez ,
peuvent avoir , & tenir des
Penſions fur toute forte de
Benefices à l'exception des
Cures , juſqu'à mille Ducats
d'or dela Chambre Apofto,
Dd iiij
*
320 MERCURE
lique , évaluez environ à fix
mil livres monnoyedeFrance.
Ces Devoirs & Obligations
n'engagent point les Chevaliers
, les Eccleſiaſtiques , &
les Freres Servans ſur peine
de peché mortel , le Grand-
Maiſtre les en peut diſpenſer.
M. d'Eſcorailles eſt d'une
Maiſon des plus anciennes &
des mieux alliées de la Provin.
ce d'Auvergne , dont eſtoit
feuë Madame la Ducheſſe de
Fontange.
l'Eſcorailles fut reçû dans l'Egliſe
de l'Abbaye de S. Germain
des Prez,Chevalier de S.
Lazare par M le Marquis de
Dangeau Grand Maistre de
cet Ordre , dont voicy les
Obligations & les Statuts.
GALANT. 317
:
PRINCIPALES
Obligations des Chevaliers ,
desEcclefiaftiques , &des Freres
Servans de l'Ordre Royal,
Hospitalier , e Militaire de
Noftre-DamedeMont-Carmel
, & de S. Lazare ,fui
vant les Bulles desPapes,
les Statuts de l'Ordre.
On est obligé d'aller à la
Guerre contre les ennemis de
la Foy , & de la Religion Catholique
, lorſqu'il eſt commandé
par le Roy ouleGrand
Maiſtre .
Ddüj
18 MERCURE
On doitgarder 1 Hofpitalité
envers les pauvres lépreux.
On doit dire tous les jours
le petit Office de Noſtre-Dame
à l'uſage de l'Ordre , ou
laCouronne de la Vierge.
Ondoit faire abſtinence de
viande tous les Mecredis de
chaque Semaine , & entendre
la Meſſe tous les Samedis.
On doit ſe confeffer , &
communier les Feſtes de la
Vierge , & particulierement
le jour de Noſtre-Dame de
Mont Carmel.
On ne peut le marier que
deux fois ,& l'on peut époufer
GALANT. 319
une des deux fois une veuve.
On est obligé de porter une
Croix d'or aux Emaux de
l'Ordre, attachée àunCordon
amarante ,& les Freres Servans
une Medaille aux mêmes
Emaux, attachée à une chaî
ne , & fans rubans.
Un des principaux Privileges
de l'Ordre eſt que les
les Chevaliers&Freres , quoique
matiez & non tonfurez ,
peuvent avoir , & tenir des
Penſions fur toute forte de
Benefices à l'exception des
Cures , juſqu'à mille Ducats
d'or dela Chambre Apofto,
Dd iiij
*
320 MERCURE
lique , évaluez environ à fix
mil livres monnoyedeFrance.
Ces Devoirs & Obligations
n'engagent point les Chevaliers
, les Eccleſiaſtiques , &
les Freres Servans ſur peine
de peché mortel , le Grand-
Maiſtre les en peut diſpenſer.
M. d'Eſcorailles eſt d'une
Maiſon des plus anciennes &
des mieux alliées de la Provin.
ce d'Auvergne , dont eſtoit
feuë Madame la Ducheſſe de
Fontange.
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Résumé : PRINCIPALES Obligations des Chevaliers, des Ecclesiastiques, & des Freres Servans de l'Ordre Royal, Hospitalier, & Militaire de Nostre-Dame de Mont-Carmel, & de S. Lazare, suivant les Bulles des Papes, & les Statuts de l'Ordre.
Le 18 du mois, Monsieur de l'Escorailles a été accueilli dans l'Église de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés comme Chevalier de Saint-Lazare par le Marquis de Dangeau, Grand Maître de cet Ordre. Les obligations de l'Ordre Royal, Hospitalier et Militaire de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare ont été exposées. Elles incluent la participation à la guerre contre les ennemis de la foi catholique sur ordre du roi ou du Grand Maître, l'accueil des pauvres lépreux, la récitation quotidienne du petit office de Notre-Dame ou de la Couronne de la Vierge, l'abstinence de viande les mercredis, l'assistance à la messe les samedis, et la confession ainsi que la communion lors des fêtes de la Vierge, notamment le jour de Notre-Dame du Mont-Carmel. Les chevaliers peuvent se marier jusqu'à deux fois, avec la possibilité d'épouser une veuve une seule fois. Ils doivent porter une croix d'or aux émaux de l'Ordre attachée à un cordon amarante, tandis que les frères servants portent une médaille similaire attachée à une chaîne sans rubans. Un privilège notable est la possibilité pour les chevaliers et frères, même mariés et non tonsurés, de recevoir des pensions sur divers bénéfices, sauf les cures, jusqu'à mille ducats d'or de la Chambre Apostolique, évalués à environ six mille livres monnaie de France. Ces devoirs n'engagent pas les membres sur peine de péché mortel, le Grand Maître pouvant les en dispenser. Monsieur de l'Escorailles appartient à une des maisons les plus anciennes et bien alliées de la province d'Auvergne, dont faisait partie feu Madame la Duchesse de Fontange.
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326
p. 320-331
MARIAGES.
Début :
J'aurais esté bien fâché de n'avoir point de Mariages ce / Messire Loüis-Vincent de Goesbriand, Marquis de [...]
Mots clefs :
Chevalier, Roi, Alliances, Seigneur, Marquis, Comte, Armées, Chevalier de l'ordre du roi, Fils
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
J'aurois eſté bien fâché de
n'avoir point de Mariages co
mois- cy , mais on vient heu
GALANT. 321
reuſement de m'en apporter
deux trop confiderables pour
n'en pas faire honneur à mon
Journal.
MARIAGES.
Meſſire Loüis - Vincent
de Goefbriand , Marquis de
Goëfbriand , a épouſé le ...
Damoiſelle Marie Roſalie de
Chaſtillon , focur puînée de
Mademoiselle de Chaſtillon ;
dont je vous appris il ya quelques
mois le mariage avec M.
le Comte de Bacqueville du
nom de Boyvin , & fille de
/
322 MERCURE
Meffire Alexis Henry , Marquis
de Chaftillon , Chevalier
des Ordres du Roy, cy-devant
Premier Gentilhomme
de la Chambre de S.A. R. M.
Duc d'Orleans , & de Dame
Marie Roſalie de Broüilly de
Piennes , foeur de Madame
la Ducheffe d'Aumont.
L'Hiftoire Genealogique de
laMaiſon de Chaftillon ayant
efté donnée au Public par le
celebre André du Cheſne , en
un Volume in folio , & fe
trouvant encore rapportée
dans la nouvelle Hiſtoire des
grands Officiers de la Cou-
1
GALANT. 323
ronne par le ſieur du Fourny ,
on ſe contentera de dire icy
que cette Maiſon & celle de
Montmorency ne le cedent à
aucuneMaiſon du Royaume
pourl'ancienneté, la grandeur
des alliances ,&qu'elles les furpaffent
toutes fans contredit
par le luſtre & grandes Charges
de la Couronne qu'elles
ont poſſedées de tout temps.
Meffire Alexis Magdelaine
Rofalie de Chaſtillon, Comte
de Chaſtillon , Colonel d'un
Regiment de Dragons , de
fon nom , Brigadier General
des Armées du Roy , Grand
324 MERCURE
Bailly de Haguenau , & CommiſſaireGeneral
de laCavalcric
Legere de France , Gendre de
Monfieur le Chancelier Voifin
, & couſin germain de
Mesdames de Bacqueville &
de Goefbriand , eft le ſeul
mafle reſtant de cette Illuſtre
Maiſon.
M. le Marquis de Goëfbriand
qui vient de ſe marier,
eſt fils de Meſſire Loüis Vincent
, Marquis de Goëfbriand
en Bretagne , Chevalier des
Ordres du Roy , & Lieutenant
General de ſes Armées ; & de
Dame Marie-MagdelaineD.f
GALANT. 325
maretz , fiile de M. Deſmaretz,
Controlleur General des Finances
de France , & Miniſtre
d'Etat ,, petit fils d Yves de
Goësbriand , Seigneur dudit
lieu , Chevalier de l'Ordre du
Roy , Gouverneur du Château
Toro en Bretagne , encore
vivant , & de Dame Françoiſe
Gabriele de Kerguelay
Dame de Erodon , de Kergoumar
, de Kermorvan , de
Belle- Ifle , & Vicomtefle de
Troboder , & arriere petit fils
de Pierre de Goësbriand , Seigneur
deKergrech , &de Maric
Simon Dame de Penen
326 MERCURE
quer, lequel Pierre citon fils
puîné de François de Goësbriand
, Seigneur de Goefbriand
,Chevalier de l'Ordre
du Roy , Gentilhomme ordi
naire de ſa Chambre , & de
Renée de la Marzeliere , &
petit fils d'Yves , Seigneur de
Goesbriand , Chevalier de
l'Ordre du Roy , inſtituéCa,
pitaine & Gouverneur de la
Ville de Morlaix par Lettres
du 11. Août 155 8. forti d'une
Maiſon connuë en Bretagne
depuis plus de 400. ans ,
& diftinguée par ſes alliances
&par ſes ſervices,
GALANT . 327
-François - Emmanuel de
Cruffol , Comte de Lettrange
& Baron de Privas , &c. a
époulé le 17 Decembre Damoiſelle
Marguerite Colbert
de Villacerf ſa coufine , fille
de Meffire Pierre Gilbert Colbert
,Marquis de Villacerf ,
Premier Maiſtre d'Hoſtel de
Madame la Dauphine , &de
Damoiſelle Marie Magdelaine
de S. Nectaire de Brinon.
La Famille de Colbert eſt originaire
de la Ville deRheims';
elle eſt diſtinguée par ſes grandes
alliances ,par quatre grands
Miniſtres qu'elle a donné à la
328 MERCURE
France ,&par un grandnombre
d'Officiers Generaux des
Armées du Roy dont plufieurs
ont eſté tuez pour le
ſervice de Sa Majefté.
M. le Comte de Leftrange
qui vient de ſe marier , eft
couſin germain de Meffire
Jean Charles de Cruffol , Duc
dUzés, Premier Pair de France
,& fils de Meffire Loüis de
Crufſol , Marquis de Florenfac
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy , & Menin
de feu Morſeigneur le Dauphin&
de feuë Marie-Loüiſe
Thereſe de Saint Nectaire
GALANT. 329
1
re Leſtrange. La Maiſon de
Crufſol l'une des plus anciennes
& des plus illuftres
du Royaume , tant par ſes alliances
avec les premieresMaiſons
du Royaume , que par
les grandes Charges & les
grandes Terres qu'elle a pofſedées
, a pris fon nom de la
Terre de Cruſſol ſituée ſur le
Rhône en Vivarais , qu'elle
poſſede de tems immemorial :
le Vicomté d'Uzés fut érigé
enDuché l'an 1565.& en Pairie
en 1572. en faveur d'Antoine
Comte de Crufſol, Scigneur
deLevis &de Florenfac,
Decembre 1714. Ec
330 MERCURE
Chevalier del Ordre du Roy ,
Confeiller au Conſeil Privé
Capitaine de so. Hommes
d'Armes des Ordres du Roy ,
Chevalier d'Honneur de la
Reine Catherine de Medicis
par la mort duquel fans enfans
il paſſa à Jacques deCruffol
ſon frere puîné renommé
alors ſous le nomdu Seigneur
d'Affier , & il eft le trifayeul
de M.le Duc d'Uzés d'à prefent
, & de M. le Comte de
Florenfac , qui a donné heu à
cetArticle. Voyez pour laGenealogie
de cette Maifon,
'Histoire des grands Officiers
GALANT
de la Couronne par M. du
Fourny.
n'avoir point de Mariages co
mois- cy , mais on vient heu
GALANT. 321
reuſement de m'en apporter
deux trop confiderables pour
n'en pas faire honneur à mon
Journal.
MARIAGES.
Meſſire Loüis - Vincent
de Goefbriand , Marquis de
Goëfbriand , a épouſé le ...
Damoiſelle Marie Roſalie de
Chaſtillon , focur puînée de
Mademoiselle de Chaſtillon ;
dont je vous appris il ya quelques
mois le mariage avec M.
le Comte de Bacqueville du
nom de Boyvin , & fille de
/
322 MERCURE
Meffire Alexis Henry , Marquis
de Chaftillon , Chevalier
des Ordres du Roy, cy-devant
Premier Gentilhomme
de la Chambre de S.A. R. M.
Duc d'Orleans , & de Dame
Marie Roſalie de Broüilly de
Piennes , foeur de Madame
la Ducheffe d'Aumont.
L'Hiftoire Genealogique de
laMaiſon de Chaftillon ayant
efté donnée au Public par le
celebre André du Cheſne , en
un Volume in folio , & fe
trouvant encore rapportée
dans la nouvelle Hiſtoire des
grands Officiers de la Cou-
1
GALANT. 323
ronne par le ſieur du Fourny ,
on ſe contentera de dire icy
que cette Maiſon & celle de
Montmorency ne le cedent à
aucuneMaiſon du Royaume
pourl'ancienneté, la grandeur
des alliances ,&qu'elles les furpaffent
toutes fans contredit
par le luſtre & grandes Charges
de la Couronne qu'elles
ont poſſedées de tout temps.
Meffire Alexis Magdelaine
Rofalie de Chaſtillon, Comte
de Chaſtillon , Colonel d'un
Regiment de Dragons , de
fon nom , Brigadier General
des Armées du Roy , Grand
324 MERCURE
Bailly de Haguenau , & CommiſſaireGeneral
de laCavalcric
Legere de France , Gendre de
Monfieur le Chancelier Voifin
, & couſin germain de
Mesdames de Bacqueville &
de Goefbriand , eft le ſeul
mafle reſtant de cette Illuſtre
Maiſon.
M. le Marquis de Goëfbriand
qui vient de ſe marier,
eſt fils de Meſſire Loüis Vincent
, Marquis de Goëfbriand
en Bretagne , Chevalier des
Ordres du Roy , & Lieutenant
General de ſes Armées ; & de
Dame Marie-MagdelaineD.f
GALANT. 325
maretz , fiile de M. Deſmaretz,
Controlleur General des Finances
de France , & Miniſtre
d'Etat ,, petit fils d Yves de
Goësbriand , Seigneur dudit
lieu , Chevalier de l'Ordre du
Roy , Gouverneur du Château
Toro en Bretagne , encore
vivant , & de Dame Françoiſe
Gabriele de Kerguelay
Dame de Erodon , de Kergoumar
, de Kermorvan , de
Belle- Ifle , & Vicomtefle de
Troboder , & arriere petit fils
de Pierre de Goësbriand , Seigneur
deKergrech , &de Maric
Simon Dame de Penen
326 MERCURE
quer, lequel Pierre citon fils
puîné de François de Goësbriand
, Seigneur de Goefbriand
,Chevalier de l'Ordre
du Roy , Gentilhomme ordi
naire de ſa Chambre , & de
Renée de la Marzeliere , &
petit fils d'Yves , Seigneur de
Goesbriand , Chevalier de
l'Ordre du Roy , inſtituéCa,
pitaine & Gouverneur de la
Ville de Morlaix par Lettres
du 11. Août 155 8. forti d'une
Maiſon connuë en Bretagne
depuis plus de 400. ans ,
& diftinguée par ſes alliances
&par ſes ſervices,
GALANT . 327
-François - Emmanuel de
Cruffol , Comte de Lettrange
& Baron de Privas , &c. a
époulé le 17 Decembre Damoiſelle
Marguerite Colbert
de Villacerf ſa coufine , fille
de Meffire Pierre Gilbert Colbert
,Marquis de Villacerf ,
Premier Maiſtre d'Hoſtel de
Madame la Dauphine , &de
Damoiſelle Marie Magdelaine
de S. Nectaire de Brinon.
La Famille de Colbert eſt originaire
de la Ville deRheims';
elle eſt diſtinguée par ſes grandes
alliances ,par quatre grands
Miniſtres qu'elle a donné à la
328 MERCURE
France ,&par un grandnombre
d'Officiers Generaux des
Armées du Roy dont plufieurs
ont eſté tuez pour le
ſervice de Sa Majefté.
M. le Comte de Leftrange
qui vient de ſe marier , eft
couſin germain de Meffire
Jean Charles de Cruffol , Duc
dUzés, Premier Pair de France
,& fils de Meffire Loüis de
Crufſol , Marquis de Florenfac
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy , & Menin
de feu Morſeigneur le Dauphin&
de feuë Marie-Loüiſe
Thereſe de Saint Nectaire
GALANT. 329
1
re Leſtrange. La Maiſon de
Crufſol l'une des plus anciennes
& des plus illuftres
du Royaume , tant par ſes alliances
avec les premieresMaiſons
du Royaume , que par
les grandes Charges & les
grandes Terres qu'elle a pofſedées
, a pris fon nom de la
Terre de Cruſſol ſituée ſur le
Rhône en Vivarais , qu'elle
poſſede de tems immemorial :
le Vicomté d'Uzés fut érigé
enDuché l'an 1565.& en Pairie
en 1572. en faveur d'Antoine
Comte de Crufſol, Scigneur
deLevis &de Florenfac,
Decembre 1714. Ec
330 MERCURE
Chevalier del Ordre du Roy ,
Confeiller au Conſeil Privé
Capitaine de so. Hommes
d'Armes des Ordres du Roy ,
Chevalier d'Honneur de la
Reine Catherine de Medicis
par la mort duquel fans enfans
il paſſa à Jacques deCruffol
ſon frere puîné renommé
alors ſous le nomdu Seigneur
d'Affier , & il eft le trifayeul
de M.le Duc d'Uzés d'à prefent
, & de M. le Comte de
Florenfac , qui a donné heu à
cetArticle. Voyez pour laGenealogie
de cette Maifon,
'Histoire des grands Officiers
GALANT
de la Couronne par M. du
Fourny.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte décrit deux mariages notables au sein de la noblesse française. Le premier mariage unit Messire Louis-Vincent de Goëfbriand, Marquis de Goëfbriand, et Damoiselle Marie Rosalie de Chastillon, fille cadette de Mademoiselle de Chastillon. La famille de Chastillon est renommée pour son ancienneté et son prestige, comparable à celui de la maison de Montmorency. Le marié est le fils de Messire Louis Vincent, Chevalier des Ordres du Roy et Lieutenant Général des Armées, et de Dame Marie-Magdelaine Desmaretz, fille du Contrôleur Général des Finances de France. Le second mariage concerne François-Emmanuel de Cruffol, Comte de Lettrange et Baron de Privas, et Damoiselle Marguerite Colbert de Villacerf, sa cousine. La famille Colbert, originaire de Reims, est distinguée par ses grandes alliances et ses ministres. Le marié est cousin germain du Duc d'Uzés et fils de Loüis de Crufsol, Marquis de Florenfac et Maréchal des Camps et Armées du Roy. La Maison de Crufsol est l'une des plus anciennes et illustres du Royaume, reconnue pour ses alliances prestigieuses et ses possessions territoriales.
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327
p. 331
« Le nombre des Festes qui sont à la fin de ce mois m'a [...] »
Début :
Le nombre des Festes qui sont à la fin de ce mois m'a [...]
Mots clefs :
Journal, Cardinal d'Estrées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le nombre des Festes qui sont à la fin de ce mois m'a [...] »
Le nombre des Feſtes qui
font à la fin de ce mois m'a
tellement precipité l'impref.
fion de ce Journal , queje n'ay
pas été le maiſtre d'y faire
entrer d'une maniere convenable
l'article qui regarde fon
Eminence Monseigneur le
Cardinal d'Eſtrées ,qui mourut
le 18. ny celuy deMadame
la Comteſſe de Brionne
mortele.. que je reprendray
le mois prochain.
font à la fin de ce mois m'a
tellement precipité l'impref.
fion de ce Journal , queje n'ay
pas été le maiſtre d'y faire
entrer d'une maniere convenable
l'article qui regarde fon
Eminence Monseigneur le
Cardinal d'Eſtrées ,qui mourut
le 18. ny celuy deMadame
la Comteſſe de Brionne
mortele.. que je reprendray
le mois prochain.
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328
p. 331-340
Lettre de l'Auteur au Public. [titre d'après la table]
Début :
Le Mercure dérogeroit au Titre de Galant qui luy est [...]
Mots clefs :
Journal, Jupiter, Mercure, Sculpteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de l'Auteur au Public. [titre d'après la table]
Le Mercure dérogeroit au
Titre de Galant qui luy eft
Ecij
332 MERCURE
affecté depuis tant d'années
ſi celuy qui en eſt l'Auteur
en commençoit une , ſans
faire au moins un Compliment
à ſes Lecteurs .
Voicy donc le mien Mefſicurs
, Meſdames & Meſdemoiſelles.
Que le Ciel multiplie à jamais
les Ans & la Gloire de
noſtre incomparable Roy.
Qu'il conſerve toûjours les
Princes & Princeſſes de ſa
Royale Maiſon , qu'il vous
donne des jours longs& heureux
, & à moy le loiſir de
vous preſenter encore cinq
GALANT. 333
ou fix cens Mercures , ce que
je feray volontiers, ſi vous jugez
à propos d'orner les Anti-
Chambres de vosBibliotheques
, de la ſuite de mes Ouvrages
, ſi le malin vouloir de
la fortune prompte à me
joüer ſouvent de mécliants
tours , ne m'eſcamote pas vos
fuffrages , ou fi quelque Géant
ne s'oppoſe pas à l'intention
que j'ay de vous amufer longtemps.
Suppoſé cependant que je
ne continuë pas à le faire, ce
qui eſt à la veillede m'arriver,
je croy que mon devoir &
334 MERCURE
de
ma confcience m'ordonnent
d'encourager fur cette matiére
ceux qui pourroient s'en
charger aprés moy. Elle eft
premierement inépuiſable par
la quantité prodigieuſe
mauvaiſes Pieces que l'Auteur
du MercureGalant reçoit
tous les jours , & dont il peut
choifir & tirer ſuffisamment
de circonstances , pour emplir
fon Volume tous les
mois . En donnant cet avis
àmes fucceffeurs , je leur confeille
juſtement ce que je n'ay
pas fait , & j'ay ſouvent aimé
micux courir les riſques de
GALANT. 335
parler à mes dépens , que
corriger & dépoüiller avec
une peine infinie , des Fragmens
des ouvrages des autres.
Secondement , qu'il ſe garde
bien de critiquer les pieces
de Theatre , ny les Livres
courants , outre qu'on luy
dira que ce n'eſt pas l'affaire
du Mercure , on luy fera
encore entendre que tous les
Auteurs exigent à prefent
l'impunité de leurs fotifes ,
&qu'enfin le refus de ſes applaudiſſemens
peut expoſer
quelque fois à ſe faire des
ennemis confiderables. Pour
336 MERCURE
moy de thumeur dont je
fuis , je ſens , que ſi l'on me
preſſoit de loüer tels & tels ,
je répondrois tout net àcette
tyrannie : Qu'on me remene aux
carrieres.
Troifiémement , qu'il ne
ſoit ny temeraire Nouveliſte ,
ny Jurifconfulte impertinent.
Quatrièmement, qu'il obferve
mieux que moy , qui ne
ſuis encore qu'un Novice , les
bien- léances & les égards qu'il
doit au Public , & qu'il fonge
que ce Public voit à ſa teſte
tant de grands perſonnages ,
qu'il ne doit pas les revolter
par
1
GALANT. 337.
par ces difcours qui fervent
à amuſer le peuple.
Cinquiénement qu'il ne
parle pas de luy , à beaucoup
prés , autant que j'ay parlé
de moy.
A ces conditions qu'il invente
, qu'il mente , qu'il
louë à outrance , on luy pardonnera
tout. Mais qu'il n'oublie
pas de changer le Titre
de ſon Livre , qui ſous le nom
de Mercure ne luy produira
jamais rien : En voicy la
preuve.
Unparticulier fut jadis chez
un Sculpteur pour acheter des
Decembre 1714. Ff
338 MERCURE
Statuës qu'il dettimoit à orner
fon Jardin. En y entrant , il
vit celles de Jupiter & de
Junon qui luy plûrent. Auffitoſt
il demanda au Sculpteur
combien il les vouloit vendre.
Comment , dit le Sculpteur ,
vous marchandez là les deux
plus belles Statues qui foient
dans mes Atteliers , je ne peus
pas vous les donner à moins
detant; la fomme prodigieufe
éronna tellement leMarchand
qu'il luy dit qu'il n'en vouloit
point ; mais de celle de Mercure
, ajoûta- r il , combien en
voulez vous : nous n'aurons
1
ALANT. 339
pasde different funcet article,
reprit le Sculpteur. Vous marchandez
Jupiter & Junon ,
l'un eſt le Maiſtre , & l'autre
eſt la Femme & la Soeur du
Maistre des Dieux ; achetez
les pour le juſte prix que je
vous en demande , & je vous
donneray Mercure par deſſus
le marché.
Mercure cût eſté eſtimé
autant que Jupiter , s'il eûc
porté un autli beau nom.
Jay dit , en attendant que
je ſcache de vous , au commencement
de cette année ,
s'il vous plaiſt que je continuë
Ffij
340 MERCURE
ce Journal ; je ſuis , avec un
tres-profond reſpect , Meffieurs
, Mesdames & Meſdemoiſelles
, Voſtre tres - humble
& tres -obeiſſant Serviteur
Mercure.
Titre de Galant qui luy eft
Ecij
332 MERCURE
affecté depuis tant d'années
ſi celuy qui en eſt l'Auteur
en commençoit une , ſans
faire au moins un Compliment
à ſes Lecteurs .
Voicy donc le mien Mefſicurs
, Meſdames & Meſdemoiſelles.
Que le Ciel multiplie à jamais
les Ans & la Gloire de
noſtre incomparable Roy.
Qu'il conſerve toûjours les
Princes & Princeſſes de ſa
Royale Maiſon , qu'il vous
donne des jours longs& heureux
, & à moy le loiſir de
vous preſenter encore cinq
GALANT. 333
ou fix cens Mercures , ce que
je feray volontiers, ſi vous jugez
à propos d'orner les Anti-
Chambres de vosBibliotheques
, de la ſuite de mes Ouvrages
, ſi le malin vouloir de
la fortune prompte à me
joüer ſouvent de mécliants
tours , ne m'eſcamote pas vos
fuffrages , ou fi quelque Géant
ne s'oppoſe pas à l'intention
que j'ay de vous amufer longtemps.
Suppoſé cependant que je
ne continuë pas à le faire, ce
qui eſt à la veillede m'arriver,
je croy que mon devoir &
334 MERCURE
de
ma confcience m'ordonnent
d'encourager fur cette matiére
ceux qui pourroient s'en
charger aprés moy. Elle eft
premierement inépuiſable par
la quantité prodigieuſe
mauvaiſes Pieces que l'Auteur
du MercureGalant reçoit
tous les jours , & dont il peut
choifir & tirer ſuffisamment
de circonstances , pour emplir
fon Volume tous les
mois . En donnant cet avis
àmes fucceffeurs , je leur confeille
juſtement ce que je n'ay
pas fait , & j'ay ſouvent aimé
micux courir les riſques de
GALANT. 335
parler à mes dépens , que
corriger & dépoüiller avec
une peine infinie , des Fragmens
des ouvrages des autres.
Secondement , qu'il ſe garde
bien de critiquer les pieces
de Theatre , ny les Livres
courants , outre qu'on luy
dira que ce n'eſt pas l'affaire
du Mercure , on luy fera
encore entendre que tous les
Auteurs exigent à prefent
l'impunité de leurs fotifes ,
&qu'enfin le refus de ſes applaudiſſemens
peut expoſer
quelque fois à ſe faire des
ennemis confiderables. Pour
336 MERCURE
moy de thumeur dont je
fuis , je ſens , que ſi l'on me
preſſoit de loüer tels & tels ,
je répondrois tout net àcette
tyrannie : Qu'on me remene aux
carrieres.
Troifiémement , qu'il ne
ſoit ny temeraire Nouveliſte ,
ny Jurifconfulte impertinent.
Quatrièmement, qu'il obferve
mieux que moy , qui ne
ſuis encore qu'un Novice , les
bien- léances & les égards qu'il
doit au Public , & qu'il fonge
que ce Public voit à ſa teſte
tant de grands perſonnages ,
qu'il ne doit pas les revolter
par
1
GALANT. 337.
par ces difcours qui fervent
à amuſer le peuple.
Cinquiénement qu'il ne
parle pas de luy , à beaucoup
prés , autant que j'ay parlé
de moy.
A ces conditions qu'il invente
, qu'il mente , qu'il
louë à outrance , on luy pardonnera
tout. Mais qu'il n'oublie
pas de changer le Titre
de ſon Livre , qui ſous le nom
de Mercure ne luy produira
jamais rien : En voicy la
preuve.
Unparticulier fut jadis chez
un Sculpteur pour acheter des
Decembre 1714. Ff
338 MERCURE
Statuës qu'il dettimoit à orner
fon Jardin. En y entrant , il
vit celles de Jupiter & de
Junon qui luy plûrent. Auffitoſt
il demanda au Sculpteur
combien il les vouloit vendre.
Comment , dit le Sculpteur ,
vous marchandez là les deux
plus belles Statues qui foient
dans mes Atteliers , je ne peus
pas vous les donner à moins
detant; la fomme prodigieufe
éronna tellement leMarchand
qu'il luy dit qu'il n'en vouloit
point ; mais de celle de Mercure
, ajoûta- r il , combien en
voulez vous : nous n'aurons
1
ALANT. 339
pasde different funcet article,
reprit le Sculpteur. Vous marchandez
Jupiter & Junon ,
l'un eſt le Maiſtre , & l'autre
eſt la Femme & la Soeur du
Maistre des Dieux ; achetez
les pour le juſte prix que je
vous en demande , & je vous
donneray Mercure par deſſus
le marché.
Mercure cût eſté eſtimé
autant que Jupiter , s'il eûc
porté un autli beau nom.
Jay dit , en attendant que
je ſcache de vous , au commencement
de cette année ,
s'il vous plaiſt que je continuë
Ffij
340 MERCURE
ce Journal ; je ſuis , avec un
tres-profond reſpect , Meffieurs
, Mesdames & Meſdemoiſelles
, Voſtre tres - humble
& tres -obeiſſant Serviteur
Mercure.
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Résumé : Lettre de l'Auteur au Public. [titre d'après la table]
Dans cette lettre, l'auteur du 'Mercure Galant', une publication périodique, adresse ses vœux de santé et de prospérité au roi, à sa famille royale et à ses lecteurs. Il exprime son désir de poursuivre la publication du 'Mercure Galant' et encourage ses éventuels successeurs à prendre la relève. L'auteur souligne que la revue reçoit quotidiennement une abondance de contributions de qualité médiocre, ce qui garantit un approvisionnement constant en contenu. Il prodigue plusieurs conseils à ses successeurs. Tout d'abord, il leur recommande d'éviter de critiquer les pièces de théâtre ou les livres contemporains afin de prévenir les conflits avec les auteurs. Ensuite, il les met en garde contre l'excès de nouveauté ou d'impertinence, insistant sur le respect du public et la modération dans l'auto-promotion. L'auteur illustre ces conseils par une anecdote concernant la valeur perçue des statues de Mercure, Jupiter et Junon. Il explique que la statue de Mercure, bien que moins prestigieuse que celles de Jupiter et Junon, est plus appréciée en raison de son nom et de son titre. Cette comparaison sert à souligner l'importance du nom et du titre de la publication. Enfin, l'auteur sollicite l'avis de ses lecteurs sur la poursuite de la publication du journal, montrant ainsi son attachement à leur opinion et à leur satisfaction.
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329
p. 340
AVIS.
Début :
Le Sieur Varin, dont j'ay déja parlé, a certainement des Secrets [...]
Mots clefs :
Remèdes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS .
Mercure.
Le Sieur Varin, dontj'ay déjaparlé,
a certainementdes Secrets
admirables contre laGoute, Paralifie
, Sciatiques Rhumatismes
goûteux , Migraine & autres
Maux : Il a auffi un Remede
Specifique pour guerir les Animaux
des Maladies contagieuses.
Il demeure ruë Tictonne , chez le
Sieur Lambert , Perruquier.
Mercure.
Le Sieur Varin, dontj'ay déjaparlé,
a certainementdes Secrets
admirables contre laGoute, Paralifie
, Sciatiques Rhumatismes
goûteux , Migraine & autres
Maux : Il a auffi un Remede
Specifique pour guerir les Animaux
des Maladies contagieuses.
Il demeure ruë Tictonne , chez le
Sieur Lambert , Perruquier.
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330
p. 341-342
AUTRE.
Début :
Mademoiselle de Rezé ayant la Permission de M. le Lieutenant [...]
Mots clefs :
Boutons, Maux, Docteurs en médecine de la faculté de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Mademoiselle de Rezé ayant
ta Pern iffion deM. le Lieutenant
General de Poise, & l'Approbation
des Doct urs en Medecinede
la Faculté de Paris , donne unRemede
composéde fimples , qui querit&
preferve de laGoute d'une
manicre fortarfée &fans aucun
danger. Ledit Romede purgepar
les crachats er les urines tous les
fucs aigres ,falez & acerbes qui
font contre nature er qui coulans
fur les articulations les bleffent :
رد
Ilfortifie leurs fibres y les vétablis
dans leur état naturel : Il est
encore propre aux écroüelles, Rhu-
Ff iij
342 MERCURE
matismes & maladies provenant
d'obstruction . Elleguerit auf: avec
un Baume ſpecifique tous les maux
de Dents pour toûjours , quelques
gâtées qu'elles foient, les conſerve,
& affermit celles qui branlent ,guerit
les ulceres qui viennent dans le
nez, le gencives & ailleurs, diffipe
l'humeur scorbutique , &c . Elle a
des Boutons composez pourlesfluxions,
maux de teste, migraine,&
qui prefervent du mauvais air ;
Une poudre qui blanchit les dents :
Elleguerit avec uneEau ,lesDartres
vives & farineuses ,Boutons , Rougeurs,
Taches & Rouffeurs fans retour.
Lesdits Remedes se gardent
tant que l'on veut, & peuvent se
tranſporter par tout . Elle demeure à
Paris , ruë de la Comedie , chez un
Grenetier , Au
artement.
Mademoiselle de Rezé ayant
ta Pern iffion deM. le Lieutenant
General de Poise, & l'Approbation
des Doct urs en Medecinede
la Faculté de Paris , donne unRemede
composéde fimples , qui querit&
preferve de laGoute d'une
manicre fortarfée &fans aucun
danger. Ledit Romede purgepar
les crachats er les urines tous les
fucs aigres ,falez & acerbes qui
font contre nature er qui coulans
fur les articulations les bleffent :
رد
Ilfortifie leurs fibres y les vétablis
dans leur état naturel : Il est
encore propre aux écroüelles, Rhu-
Ff iij
342 MERCURE
matismes & maladies provenant
d'obstruction . Elleguerit auf: avec
un Baume ſpecifique tous les maux
de Dents pour toûjours , quelques
gâtées qu'elles foient, les conſerve,
& affermit celles qui branlent ,guerit
les ulceres qui viennent dans le
nez, le gencives & ailleurs, diffipe
l'humeur scorbutique , &c . Elle a
des Boutons composez pourlesfluxions,
maux de teste, migraine,&
qui prefervent du mauvais air ;
Une poudre qui blanchit les dents :
Elleguerit avec uneEau ,lesDartres
vives & farineuses ,Boutons , Rougeurs,
Taches & Rouffeurs fans retour.
Lesdits Remedes se gardent
tant que l'on veut, & peuvent se
tranſporter par tout . Elle demeure à
Paris , ruë de la Comedie , chez un
Grenetier , Au
artement.
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Résumé : AUTRE.
Le document décrit un remède élaboré par Mademoiselle de Rezé, approuvé par le Lieutenant Général de Poise et les docteurs de la Faculté de Médecine de Paris. Ce remède, à base de plantes, traite efficacement la goutte en éliminant les substances nocives par les crachats et les urines, et en renforçant les articulations. Il est également efficace contre les écrouelles, les rhumatismes et les maladies dues à des obstructions. De plus, il guérit les maux de dents, stabilise les dents branlantes, soigne les ulcères dans le nez et les gencives, et combat l'humeur scorbutique. Mademoiselle de Rezé propose aussi des boutons pour les fluxions, maux de tête et migraines, ainsi qu'une poudre pour blanchir les dents. Elle offre une eau pour traiter les dartres, boutons, rougeurs, taches et rougissements. Ces remèdes sont conservables et transportables. Mademoiselle de Rezé réside à Paris, rue de la Comédie, chez un grenetier.
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331
s. p.
TABLE.
Début :
Huitiéme Préface de l'Auteur, & pourquoy. 3 Epigramme de Godart [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Hvitiéme Préface de l'Auteur
,&pourquoy. 3
Epigramme de Godart. 8
Hiſtoire tragique ,tendre, vraye,
peu vray-Semblable. Is
Discoursfur l'origine du mois.
108
Description du Feu d'artificefait
:
pour la réjoüifſſance de la Paix
generale par les Magiftrats
delellaaVViilllleeddeeLiſte.
Nouvelles de Catalogne.
HO
117
Nouvellesde Stralfund. 124
TABLE.
イ
Nouvellesde Madrid.
Nouvellesde Londres. 135
Manifeste. 136
Nouvelles de Paris. 169
Extrait hiſtorique d'une Differtation
de M. de Menagefur
les Sonnets pourla belle matineuse.
169
Sonnetde Petrarque. ۱ 175
Sonnet d'Annibal Caro. 178
Sonnet deRaïnerio. 181
Sonnet d'Olivier de Magny.
T 184
Sonnet deM. de Meziriac. 186
Sonnet de M. de Voiture. 189
Trois Sonnets de M. de Malle
ville.. 192
TABLE.
Sonnet de M.Tristan. 199
Sonnet d'un Inconnu. 201
Madrigal de M. de Rampalle.
204
Autre Sonnet de M. de Voiture.
206
Sonnet de M. Tristan. 209
Sonnet de M. l'AbbéTeftu. 211
Sonnet moderne de M. D. C.
214
Autre du même Auteur. 218
Rondeau de M. de Palapra à Son
Alteffe Sereniffime. Madame
laDucheße de Vandôme 222
Examen de l'Opera de Telem -
que. 225
Morts. 235
TABLE.
Epithalame accompagné d'un joli
prélude , & d'une tranfuion
fort touchante. 248
Hiſtoire originalequ'onlira peutestre.
257
Hiftoirefinguliere qu'on ne lira
peut estre pas. 265
Ode Anacreontique , Chanson.
269
Chapitre admirable des Enigmes .
272
Phenomene, tremblement de terre
, & chute de la Montagne
de Cheville dans le platpays
de Luzerne. 2.81
Extrait d'un Discours éloquent
que M. Herault, Avocat du
TABLE.
Roydu Chastelet , a prononcé
dans la Grande Chambre de
cetteCour le 22. Octobre dernier.
289
Autre extrait d'une Harangue
admirable prononcée à S AR.
Monseigneur le Duc de Lorraine
le .... de ce mois . 306
Vers Latinsfurla Démolition du
Port de Dunkerque , dont
l'Auteur donnera peut- eftre la
traduction en Vers François.
312
Principales Obligations des Chevaliers
, des Ecclefiastiques ,
des Freres Servants de
l'Ordre Royal , Hospitalier
TABLE.
Militaire deNotre-Dame
de Mont Carmel , & de S.
Lazare ,ſuivant les Bulles
des Papes , &les Statuts de
l'Ordre.
Mariages.
3'7
321
Lettre de l'Auteur au Public.
Avis.
331
340
AutreAvis. 341
Hvitiéme Préface de l'Auteur
,&pourquoy. 3
Epigramme de Godart. 8
Hiſtoire tragique ,tendre, vraye,
peu vray-Semblable. Is
Discoursfur l'origine du mois.
108
Description du Feu d'artificefait
:
pour la réjoüifſſance de la Paix
generale par les Magiftrats
delellaaVViilllleeddeeLiſte.
Nouvelles de Catalogne.
HO
117
Nouvellesde Stralfund. 124
TABLE.
イ
Nouvellesde Madrid.
Nouvellesde Londres. 135
Manifeste. 136
Nouvelles de Paris. 169
Extrait hiſtorique d'une Differtation
de M. de Menagefur
les Sonnets pourla belle matineuse.
169
Sonnetde Petrarque. ۱ 175
Sonnet d'Annibal Caro. 178
Sonnet deRaïnerio. 181
Sonnet d'Olivier de Magny.
T 184
Sonnet deM. de Meziriac. 186
Sonnet de M. de Voiture. 189
Trois Sonnets de M. de Malle
ville.. 192
TABLE.
Sonnet de M.Tristan. 199
Sonnet d'un Inconnu. 201
Madrigal de M. de Rampalle.
204
Autre Sonnet de M. de Voiture.
206
Sonnet de M. Tristan. 209
Sonnet de M. l'AbbéTeftu. 211
Sonnet moderne de M. D. C.
214
Autre du même Auteur. 218
Rondeau de M. de Palapra à Son
Alteffe Sereniffime. Madame
laDucheße de Vandôme 222
Examen de l'Opera de Telem -
que. 225
Morts. 235
TABLE.
Epithalame accompagné d'un joli
prélude , & d'une tranfuion
fort touchante. 248
Hiſtoire originalequ'onlira peutestre.
257
Hiftoirefinguliere qu'on ne lira
peut estre pas. 265
Ode Anacreontique , Chanson.
269
Chapitre admirable des Enigmes .
272
Phenomene, tremblement de terre
, & chute de la Montagne
de Cheville dans le platpays
de Luzerne. 2.81
Extrait d'un Discours éloquent
que M. Herault, Avocat du
TABLE.
Roydu Chastelet , a prononcé
dans la Grande Chambre de
cetteCour le 22. Octobre dernier.
289
Autre extrait d'une Harangue
admirable prononcée à S AR.
Monseigneur le Duc de Lorraine
le .... de ce mois . 306
Vers Latinsfurla Démolition du
Port de Dunkerque , dont
l'Auteur donnera peut- eftre la
traduction en Vers François.
312
Principales Obligations des Chevaliers
, des Ecclefiastiques ,
des Freres Servants de
l'Ordre Royal , Hospitalier
TABLE.
Militaire deNotre-Dame
de Mont Carmel , & de S.
Lazare ,ſuivant les Bulles
des Papes , &les Statuts de
l'Ordre.
Mariages.
3'7
321
Lettre de l'Auteur au Public.
Avis.
331
340
AutreAvis. 341
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Résumé : TABLE.
Le document présente la table des matières d'une œuvre littéraire ou périodique, incluant divers genres textuels tels que des préfaces, épigrammes, histoires, nouvelles, manifestes, extraits historiques, poèmes (sonnets, madrigaux, rondeaux), odes, chapitres sur les énigmes, phénomènes naturels, discours juridiques, vers latins, obligations des chevaliers et des ecclésiastiques, ainsi que des lettres et avis de l'auteur. Les sections notables comportent des descriptions de feux d'artifice, des nouvelles de différentes régions (Catalogne, Strasbourg, Madrid, Londres, Paris), des examens d'œuvres littéraires, des épithalames et des comptes rendus de phénomènes naturels comme un tremblement de terre. La table des matières se conclut par des informations sur les mariages et des communications directes de l'auteur au public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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332
s. p.
« Avis pour placer la Figure. L'air doit regarder la page 269. [...] »
Début :
Avis pour placer la Figure. L'air doit regarder la page 269. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Avis pour placer la Figure. L'air doit regarder la page 269. [...] »
Avis pour placer la Figure. L'air doit regarder la page 269.
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333
p. 3-14
Prélude où l'Auteur laisse adroitement entrevoir la crainte qu'il a de ne pas recevoir les Etrennes que ses devanciers qui n'étaient pas meilleurs faiseurs de Mercure que luy, recevoient au commencement de chaque année. Ses inquietudes, ses exclamations & ses propos interrompus sont des situations interessantes dans le Préambule, dont le resultat est un Conte de Fées. [titre d'après la table]
Début :
Viginti talentis unam orationem vendidit Isocrates.* Isocrate reçut d'un [...]
Mots clefs :
Mécène, Hommes, Éloquence, Rhétorique, Grecs, Romains, Discours
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texteReconnaissance textuelle : Prélude où l'Auteur laisse adroitement entrevoir la crainte qu'il a de ne pas recevoir les Etrennes que ses devanciers qui n'étaient pas meilleurs faiseurs de Mercure que luy, recevoient au commencement de chaque année. Ses inquietudes, ses exclamations & ses propos interrompus sont des situations interessantes dans le Préambule, dont le resultat est un Conte de Fées. [titre d'après la table]
Igintitalentis unam
orationem njendidit
Isocrates. *
Isocrate reçut d'un cer-,
tain Prince dix mille écus
pour une harangue. Aretin
reçut d'un autre une chaîne
d'orpour se taire. On payoic
alors les gens pour les obli-
* Plutarque.
ger à garder le silence, ou à parler. Dans ces temps
l'éloquence avoit des licences
que de justes droits
ont supprimées
: mais aussi
d'un autre côté elle meritoit
lX trouvoit souvent des
recompenses.
Chez les Grecs & chez
les Romains on voyoit des
peuples assemblez sous des
portiques & des tribunes.
prêter attentivement l'oreille
aux discours d'un seul
homme, decider sur l'harmonie
de fès paroles, des
interêts du monde,sûmet.
tre l'Europe,ravager l'Afrique&
l'Asie, dérrôner des
Rois,disposer des Empires,
& doner des loix à l'univers.
On couronnoit ensuite de
lauriers rorateur ,
dont on
avoirapprouvé les conseils,
& il retournoit à sa maison,
comme en triomphe,
au milieu des acclamations
du peuple. Alors les plus
grands hommes de Rome
& d'Athenes étoient les
plus éloquens. Lesenfans
des Senateurs, des Consuls
& des Dictateurs n'étoient
distinguez des autres dans
les Ecoles publiques, que
par le nombre des prix qu'-
ils remportoient. Tout le
monde enfin aimoit & cultivoit
les beaux arts.
Les hommes aujourd'hui
ont au moins autant de
goût <5cdespris que nos anciens
: mais les succés de
leurétude ne seressemblent
pas.
Isocratereçut, dis- je,
un present de vingt talens
pour une harangue. Que la
Rethorique épuise maintenant
toutes les figures &
toutes les beautez naturelles
de son art, nul ne lui
en tiendra compte, si ses
merveilles coûtentplus
d'un remerciment. Cette
.indifference a rendu les Auteurs
modernes plus negligens
qu'ils ne feroient.
* Ploravere suis non respondere
favorem
Speratum meritis.
Piquez d'être traitez avec
, tant d'injustice,
Et que chacun les dédaignoit,
* ~Mf. J?~. I. X.x.
Ils ont deleurs talens faits
de prompts sacrifîces
Aux mépris qu'on leur témoignoit.
Cette froideur de ces
mortels élevez,qui sembloient
devoir être les prorecteurs
des partisans des
Muses,a engendréles plaintes,
les murmures & les salm
tyres.
Juvenal en courroux a cherché
dans les hommes
Mille défauts qu'en nous on
n'auroit pas trouvez,
Si son esprit de bile & de
fiel abreuvé
Ne nous avoit dépeints
pires que nous ne
familles.
Ceux à qui lanature a depuis
accordé des talens du
côté de l'esprit, & que la
fortune a maltraitez
, ont
tenu le même langage que
lui, & ilsont presque tous avoüé
que leur verve s'est allumée
contre le mépris qu'-
on a fait de leurs ouvrages.
* Facit indignatio njerjuw.
* Juvenal.Sat.
Mais il faut convenir
aussi que chacun a voulu
avoir des Mecenes, avant
de prendre la peine d'examiners'il
en meritoit.
Pour moy, Meilleurs,
voila le cas où je suis maintenant
; & faute d'en avoir
méritéjusqu'à present pour
mon Livre, c'est le Public
lui même que je prie d'être
le mien. Je fuis en possession
de lui parler tous
lesmois, & cet usage m'apprend
que les Auteurs sont
dans l'erreur,lors qu'ils refusent
de le croire plus indulgent
que les particuliers
ausquelsilss'attachent. Si
nous lui plaisons
,
ses suffrages
nous encouragent;
& s'il ne nous épargne pas
sur nos défauts, il nous ouvre
du moinsles yeux,
& sessifflersnousaident
souventà nous en corriger.
En un mot, quelque lue-"
ces qu'ayent ma priere Se
mes intentions, je lui promets
po" éf trenes, au commencement
de cette année,
de lui faireexactement
confidence de tout ce qui
me tombera entre les
mains ,&qui me paroitra
digne de lui être offert
; je
lui promets de sacrifier mon
livre & ma personne à son
amusement, & de lui communiquer
sincerementjusqu'aux
ouvrages de Prose
& de Poësie dont me me
nacent ceux a qui je n'ai
pas eu l'honneur de plaire.
Enfin je m'en ga ge à lui tenir
toutes les paroles que
je lui ai données dans ma
premiere Preface, mieux
que je ne l'ai fait jusqu'à
present. Je suis persuadé
qu'il est trop équitable pour
ne pas avouer qu'il a bonne
part aux fautes que j'ai commises,
&qu'il n'a tenu qu'à
lui de m'envoyer assez de
bonnes pieces pour remedier
à l'inconvenient de
m'entendre raisonner à ma
fantaisieaussi souvent que
j'ai été obligé de le faire.
En un mot, Messieurs
,
toute la grace que je vous
demande pour vôtre latisfaction,
& pour la
mienne, ne roule que sur
une chose. Que tous ceux
d'entre vous qui se mêlent
d'écrire me fassent part de
leurs ouvrages, aprés en
avoir affranchi le porc,ôç
qu'ils me les envoyent, de
quelques matieres qu'ils
traitent, je tâcherai de
rendre corrects ceux qui
ne le feront pas, & je vous
assurequeje traiterai mieux
les Auteurs, qu'ils n'oseroient
le traiter eux -
mêmes
, s'ils se faisoient imprimer
à part.
.;
J'avois resolu
orationem njendidit
Isocrates. *
Isocrate reçut d'un cer-,
tain Prince dix mille écus
pour une harangue. Aretin
reçut d'un autre une chaîne
d'orpour se taire. On payoic
alors les gens pour les obli-
* Plutarque.
ger à garder le silence, ou à parler. Dans ces temps
l'éloquence avoit des licences
que de justes droits
ont supprimées
: mais aussi
d'un autre côté elle meritoit
lX trouvoit souvent des
recompenses.
Chez les Grecs & chez
les Romains on voyoit des
peuples assemblez sous des
portiques & des tribunes.
prêter attentivement l'oreille
aux discours d'un seul
homme, decider sur l'harmonie
de fès paroles, des
interêts du monde,sûmet.
tre l'Europe,ravager l'Afrique&
l'Asie, dérrôner des
Rois,disposer des Empires,
& doner des loix à l'univers.
On couronnoit ensuite de
lauriers rorateur ,
dont on
avoirapprouvé les conseils,
& il retournoit à sa maison,
comme en triomphe,
au milieu des acclamations
du peuple. Alors les plus
grands hommes de Rome
& d'Athenes étoient les
plus éloquens. Lesenfans
des Senateurs, des Consuls
& des Dictateurs n'étoient
distinguez des autres dans
les Ecoles publiques, que
par le nombre des prix qu'-
ils remportoient. Tout le
monde enfin aimoit & cultivoit
les beaux arts.
Les hommes aujourd'hui
ont au moins autant de
goût <5cdespris que nos anciens
: mais les succés de
leurétude ne seressemblent
pas.
Isocratereçut, dis- je,
un present de vingt talens
pour une harangue. Que la
Rethorique épuise maintenant
toutes les figures &
toutes les beautez naturelles
de son art, nul ne lui
en tiendra compte, si ses
merveilles coûtentplus
d'un remerciment. Cette
.indifference a rendu les Auteurs
modernes plus negligens
qu'ils ne feroient.
* Ploravere suis non respondere
favorem
Speratum meritis.
Piquez d'être traitez avec
, tant d'injustice,
Et que chacun les dédaignoit,
* ~Mf. J?~. I. X.x.
Ils ont deleurs talens faits
de prompts sacrifîces
Aux mépris qu'on leur témoignoit.
Cette froideur de ces
mortels élevez,qui sembloient
devoir être les prorecteurs
des partisans des
Muses,a engendréles plaintes,
les murmures & les salm
tyres.
Juvenal en courroux a cherché
dans les hommes
Mille défauts qu'en nous on
n'auroit pas trouvez,
Si son esprit de bile & de
fiel abreuvé
Ne nous avoit dépeints
pires que nous ne
familles.
Ceux à qui lanature a depuis
accordé des talens du
côté de l'esprit, & que la
fortune a maltraitez
, ont
tenu le même langage que
lui, & ilsont presque tous avoüé
que leur verve s'est allumée
contre le mépris qu'-
on a fait de leurs ouvrages.
* Facit indignatio njerjuw.
* Juvenal.Sat.
Mais il faut convenir
aussi que chacun a voulu
avoir des Mecenes, avant
de prendre la peine d'examiners'il
en meritoit.
Pour moy, Meilleurs,
voila le cas où je suis maintenant
; & faute d'en avoir
méritéjusqu'à present pour
mon Livre, c'est le Public
lui même que je prie d'être
le mien. Je fuis en possession
de lui parler tous
lesmois, & cet usage m'apprend
que les Auteurs sont
dans l'erreur,lors qu'ils refusent
de le croire plus indulgent
que les particuliers
ausquelsilss'attachent. Si
nous lui plaisons
,
ses suffrages
nous encouragent;
& s'il ne nous épargne pas
sur nos défauts, il nous ouvre
du moinsles yeux,
& sessifflersnousaident
souventà nous en corriger.
En un mot, quelque lue-"
ces qu'ayent ma priere Se
mes intentions, je lui promets
po" éf trenes, au commencement
de cette année,
de lui faireexactement
confidence de tout ce qui
me tombera entre les
mains ,&qui me paroitra
digne de lui être offert
; je
lui promets de sacrifier mon
livre & ma personne à son
amusement, & de lui communiquer
sincerementjusqu'aux
ouvrages de Prose
& de Poësie dont me me
nacent ceux a qui je n'ai
pas eu l'honneur de plaire.
Enfin je m'en ga ge à lui tenir
toutes les paroles que
je lui ai données dans ma
premiere Preface, mieux
que je ne l'ai fait jusqu'à
present. Je suis persuadé
qu'il est trop équitable pour
ne pas avouer qu'il a bonne
part aux fautes que j'ai commises,
&qu'il n'a tenu qu'à
lui de m'envoyer assez de
bonnes pieces pour remedier
à l'inconvenient de
m'entendre raisonner à ma
fantaisieaussi souvent que
j'ai été obligé de le faire.
En un mot, Messieurs
,
toute la grace que je vous
demande pour vôtre latisfaction,
& pour la
mienne, ne roule que sur
une chose. Que tous ceux
d'entre vous qui se mêlent
d'écrire me fassent part de
leurs ouvrages, aprés en
avoir affranchi le porc,ôç
qu'ils me les envoyent, de
quelques matieres qu'ils
traitent, je tâcherai de
rendre corrects ceux qui
ne le feront pas, & je vous
assurequeje traiterai mieux
les Auteurs, qu'ils n'oseroient
le traiter eux -
mêmes
, s'ils se faisoient imprimer
à part.
.;
J'avois resolu
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Résumé : Prélude où l'Auteur laisse adroitement entrevoir la crainte qu'il a de ne pas recevoir les Etrennes que ses devanciers qui n'étaient pas meilleurs faiseurs de Mercure que luy, recevoient au commencement de chaque année. Ses inquietudes, ses exclamations & ses propos interrompus sont des situations interessantes dans le Préambule, dont le resultat est un Conte de Fées. [titre d'après la table]
Le texte examine la valeur accordée à l'éloquence et à la rhétorique dans l'Antiquité et la compare à l'époque contemporaine. Dans l'Antiquité, l'éloquence était extrêmement prisée. Par exemple, Isocrate reçut une somme importante pour une harangue, tandis qu'Aretin fut récompensé pour se taire, illustrant les différentes manières dont les orateurs étaient valorisés. Chez les Grecs et les Romains, l'éloquence permettait d'influencer des décisions majeures, telles que ravager des continents ou destituer des rois. Les orateurs célèbres étaient couronnés de lauriers et acclamés par le peuple. Les enfants des dignitaires étaient également distingués par leurs talents oratoires. De nos jours, bien que le goût pour les arts soit toujours présent, les succès littéraires ne sont plus récompensés de la même manière. Les auteurs modernes se plaignent souvent de l'indifférence et du mépris qu'ils rencontrent, ce qui les pousse à critiquer sévèrement la société. Cependant, chacun souhaite obtenir des mécènes avant de prouver sa valeur. L'auteur s'adresse au public, le priant de devenir son mécène et promettant de partager avec lui des œuvres littéraires variées. Il reconnaît ses erreurs passées et s'engage à améliorer ses publications futures. Enfin, il invite les écrivains à lui envoyer leurs œuvres pour les corriger et les publier correctement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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333
Prélude où l'Auteur laisse adroitement entrevoir la crainte qu'il a de ne pas recevoir les Etrennes que ses devanciers qui n'étaient pas meilleurs faiseurs de Mercure que luy, recevoient au commencement de chaque année. Ses inquietudes, ses exclamations & ses propos interrompus sont des situations interessantes dans le Préambule, dont le resultat est un Conte de Fées. [titre d'après la table]
334
p. 14-49
GRIMACE. CONTE.
Début :
J'avois resolu de vous donner à l'entrée de ce volume / Il y avoit une fois un Roy si beau, si beau, qu'il [...]
Mots clefs :
Grimace, Roi, Laideur, Amour, Princesse, Cabinet, Fées, Cour, Beauté, Palais, Esprit, Père, Fontaine, Yeux, Bonheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRIMACE. CONTE.
J'avois resolu de vous
donner à l'entrée de ce volume
une Histoire Angloise
: mais je viens de recevoir,
avec une lettre qui
me détermine, un Conte
des Fées qui me paroît aCsez
joliment écrit, & plein
d'une (i bonne morale, que
je change de resolution en
faveurdela nouveauté.
G K I MAC E.
CONTE. I Ly avoir une fois un
Roy si beau,sibeau, qu'il
n'y avoit rien de plus beau
xjue la Reine sonépouse. Il
voit étécoquet dans sa
jeunesse, & s'étaitjetté à
co ps perdu dans les bonnes
fortunes. C'etoit alors
le regne des Fées, regne
fameux parmi les gens de
facile' croyance. Elles se
servoient de leur pouvoir,
les unes bien, les autres
mal Ces capricieuses chimeres
avoient le coeur sensible.
Des Féessensibles!
cela paroîtra nouveau, &
ce n'est pas ainsi que les dé.
peint Madame la Comtesse
d'Aulnoy, qui les connoissoit
à fonds: mais que ne
risque point un conteur
pour
pvouer daonnuer rdaens 'la.n?ou- :Deux* des plus consido-
Fables d'entr'elles, nommées
Bonne & Maligne,
sentirentla puissance des
cchhaarmesduRRooyy ff~aanlsls*; ppaaiirr..
Dan$ IcsmgJcs de la galanterie
ordinaire les hommes
sontles premieres démarches
;.
il n'enest pas de
•flijcttifc parmi lés Fées, elles
font les avances. Bonne fut
plus vive ou plus heureuse
queMaligne
;
elle parla la
çrcttiiere, ôç fut bien reçûë.
Maligne au contraire fut
éconduite. Ce n'est pas que
Beau sans pair ne pût fournir
à.deux passions
,
il avoir
le coeur grand: mais Maligne
lui déplut, & comme
elle n'avoir point fait de
façons pour lui ,dire;quJelle
l'aimoit, iln'en fit point
aussipour lui répondre qu'il
ne l'aimoir pas, & qu'ilne
l'aimerait jamais. Cette réponse
mit Maligne en fureur,
elle lui promit de se
vanger, & lui tint parole.
Quelque remps après le
Roy se maria, & au bout
d'une année la Reine accoucha
d'une fille. Bonne,
& Maligne assisterent à sa
naissance. Bonne dit: Je. la
douë de beauté pour toûjours
;Maligne dit: Et moy
de mauvaise humeur. Un
an après la Reine accoucha
encore d'une fille; Maligne
arriva la premierc, & dit:
Je la douë de laideur, & je
la nomme Grimace. Bonne
survint qui dit: Et ffivy je
la douë dadrefle & de douceur
pour toûjours.
Tel futle partage de ces
deux Princesses
; elles devinrent
grandes, l'ai iee effacoit
toutes les beaucez de
la Cour du Roy son pere:
mais elle étoit si fiere & si
bizarre
,
qu'elle revoltoit
tout le monde. Elle épousa
un Prince de son caractere,
en sorte qu'ilsn'eurent pas
peu à souffrir de leur caprice.
réciproque. Nous les
laisserons se chagriner l'un
& l'autre, & n'en dirons
pas davanrage.
La cadette étoit laide,
ôc d'une laideur si choquante
d'abord
,
qu'on avoit
de la peine à la regarder.
Elle ne pouvoir ni rire
ni parler, qu'elle ne fît la»
grimace; ce quifutcause
qu'on lui en donna le noira
Cependant elle étoit si douce
& si spirituelle
,
qu'on
s'accoûtumoit à sa laideur,
& qu'elle avoir plus de partisans
que la Princesse si
soeur.
Dans ce temps- là il vint
un étranger dans la Cour
de Beau sans pair. C'étoit
un Marchand de bijoux. Il
avoir entr'autres choses des
miroirs dont on avoir trouvé
depuis peu l'invention
dans son pays. Il en vendit
un au Roy, à la Reine, aux
Princesses Se à toutes les
Dames, qui étaient charmées
de s'y voir, & de les
trouver aussî flateurs que
leurs amans. Que devint
Grimace, lors qu'elle se regarda?
Le miroir lui tomba
des mains, & se brisa
encent morceaux. Quand
on n'est laide qu'à un certain
point, on te flate, on
se console: mais quand on
l'est à l'exçés, on tombe
dans le desespoir. On a dit
tant de fois qu'une femme
se pardonne tout hors l'extreme
laideur, que je n'ose *
encore le dire ici.
Grimace se retira dans
sa chambre, & semità
pleurer amerement.Sa gouvernanteeutbeau
lui dire,
qu'à la verité elle n'écoit
pas sibelle que la Princesse
sa soeur, mais qu'elleavoit
d'ailleurs tant d'esprit &
des maniérés si graciéuses,
qu'elle n'étoit pas la plus
mal partagée, Grimace ino
consolable ne lui répondit
rien, & forma le dessein
deseretirer de la Cour, &
d'aller mourir dans quelque
desert.
",', Beau sans pair donna
une fête le lendemain. On
n'avoit point alors l'usage
dumasque, il faloit paroîtreàvisage
découvert. Grimace
eûtbien voulu nele
pointtrouver à l'aflcmblccx
cependant leRoy ayant souhaité
qu'elle y fût,elle feignit
de se rendre à sa votoncéy
& souffrit qu'onl'habillât
magnifiquement. La
fête fut galante,& chacun
étoit si occu pé de ses plaillrs.,
que Grimace eut le
temps des'esquiver,sans
qu'on s'apperçûtdesa fuites,
du
du moins on ne s'en apperçut
que bien avant dans la
nuit. Aussitôt on la fit chef-*
cher de tous côtez ; mais
elle se cacha si bien, qu'on
ne put la trouver; ou plûtôtBonnela
renditinvisible
à tousceux qui passerent
auprès d'elle. La Fée
avoit desdesseins sur Grimace
, qu'elle ne pouvoit
rxecucerque lors qu'elle ne
seroit plus dans le Palais du
Royson pere.
m Elle avoir emporté quelques
bonsbons dans un pe- titpanier,où il yavoitaussi
des aiguilles, des soyes de
toutes couleurs, & de petits
morceaux d'étoffes d'or
& d'argent.
Ellemarcha quelques
jours sans s'arrêter, & fit
autant de chemin que sa
delicatesse & son peu de
forces lui permirent d'en
faire. Elle le nourrissoit de
ses bonsbons qui ne diminuoient
point. Enfin elle
trouva un endroit si agreable,
qu'elle resolut d'y rcL
ter. C'étoit un petit cabinet
de myrrhes, où l'art sembloit
avoir fecondé la nature
3 tant il étoit rangé5.
Une fontaine enrourëed'un
gazon semé de fleurs, cc
loit autour de ce cabinet;
des oiseaux de toutes especes
venoient s y garantir
des rayons dusoleil, & s'y
desalterer. Ils étaient si familiers,
qu'ils se laissoient
prendre, & Grimace donnoit
à les caresser le temps
qu'elle ne donnoit point à
son travail. Quelques mois
se passerent de la sorte,
pendant lesquels elle fit une
boëte d'un travail si merveilleux,
qu'on n'avait jaoais
rien vu de semblable.
Mais Maligne fut jalouse
dC repos dont elle jouissoit
dans sa solitude, & elle eue
la cruauté de le troubler.
Deux rustres qui avoient
chassé tout le jour aux environs
de sa retraite, vinrent
sur le soir se rafraîchir
à la fontaine; ils y trouverent
Grimace, dont l'aspect
leur fit peur: mais frapez
de la magnificence & dela
richesse de ses habits,ils
resolurent de s'enemparer.
Cela ne leur fut pas difficile,
Grimace sedépouilla
sans murmurer. Il est vrajj,
leur dit elle, qu'ils sont [r.
beaux pour une infortunée
; je vousles donne de
bon coeur: mais du moins
laissez- moy, je vous prie,
mes soyes & mes aiguilles,
c'est peu de chose pour
vous, & c'est toute ma consolation.
Ils ne l'écouterent
point, ils lui prirent tout,
& la laisserent fondante en
larmes. Helas! disoit
-
elle
d'une voix qui eût attendri
les rochers, que vais je devenir?
de quoy vivrai-je }
à quoym'occuperai -je7
CruelleMaligne,c'est vous
qui me suscitez ce nouveau
malheur. Mourons,continua-
t-elle; la mort est le
seul parti qui me reste
,
mes maux sont sans exemple
& sans remede. Lorsque
Psyché se vit en butte
à la haine de Venus, l'Amour
l'aimoit; elle étoit
belle, quelle différence entr'elle
& moy ?
Nous avons dans le coeur
un certain amour pour la
vie, que les malheurs affoiblissent,
mais qu'ils n'éteignent
jamais tout à fait. Insensiblement
Grimace fo
consola ;
elle trouva
des
fruits, dont elle se nourrit,
& ses chers oiseaux lui tinrent
une fidclle compagnie.
-1
Les voleurs verdirent
ses habits; ils eneurent
tant d'argent, qu'ils ic virent
en état de faire belle
figure.L'un d'eux mourut
quelque temps aprés) &
l'autre se retira dans un
Royaumeétranger. Le premier
avoit un fils qui n'avoit
rien de rustre que la
naissance, & qui prometcoit
beaucoup. Quand ilse
viit riche, il eut l'ambition se produire à la Cour.
La boëte lui étoit restée;
il crut qu'elle meritoit d'ër
tre offerte au Roy, & lui en
fit present. Dés que le Roy
l' eut en sa possession il en
fut si charmé
,
qu'il devint
passionnément amoureux
de celle qui l'avoir faite. Il
demanda au jeune homme
de qui il voit eu cette boëte,
& de qui il la tenait.
Celui-ci ignorant la passion
du Roy, & menteur comme
le sont la plûpart des
courtisans, lui dit, que son
pere, peu de tempsavant
sa mort, l'avoit achetée d'une
fille qui passoit par leur
village,qui leur avoit dit
qu'elle étoit de sa façon, &
que tout ce qu'il sçavoit de
cette fille, qu'il n'avoit jamais
vûe depuis, cest qu'-
elle étoit horriblement laide
, & qu'elle faisait la grimace
à tout moment. Ce
recit déplut fort au. Roy,
qui se laissa néanmoins entraîner
à son penchant. Il
n'est pas le premier qui ait
aimé sans scavoir pour,
quoy, & même sans cotY.
noître & (ans avoir vu ce qu'ilaimoit.
L'amour est enfant du caprice,
Rien ne regle ses mouvemens;
Sans cette raison-là,Clarice
Trouveroit elle des amans?
Quoy qu'il en (oit, le
Roy ayant entendu dire
que son inconnuë faisoit la
grimace, il en donna le
nom à la boëte qu'elleavoir
faite, & voulut qu'on ap.
pellât ainsi toutes celles
qu'on feroit sur son modele
Sa volonté fut suivie, & ce
nom a passé jusqu'à nous,
& selon toutes les apparences,
il passera jusqu'aux
siecles les plus reculez. Il
s'en servit à serrer sa bourse,
ses bijoux; son cacher,
& tout ce qu'il avoit de
plus precieux.
Bonne qui sembloit avoir
oublié Grimace, vint la
voir, & lui apprit toutes
ces choses. Elle eut de la
peine à les croire: Quoy
disoitelle, laide , comme je
fuis, je ferois aimée par un"
grand Roy? Non, non, je
ne suis propre qu'à inspirer
de l'horreur. Cependant un
rayon d'esperance s'éleva
dans son coeur; & la Fée,
qui ne pouvoit rester avec
elle que quelques momens,
la quitta, persuadée quelle
ne seroit pas toûjours si
malheureuse.
Cependant l'amoureux
Saphirin, c'est ainsi que se
nommoit le Roy, ne dormoit
ninuit,ni jour; l'idée
de sa chere inconnue lui
revenoit sans cesse. Ingenieuxà
letromper
,
il se la
representoit moins laide:
Elle peut, disoit. il, avoir
quelque chose de disgracieux
dans le visage ;tmais
elle a peut-être de belles
dents,de beaux yeux, une
belle main: & promenant
son imagination surtout ce
qui pouvoit le flater, il et
peroit lui trouver le corps
d'une Venus qui le consoleroit
de la difformité du
rçfte.
Sa passion se fortifîa^de
.jour en jour, & le peu d'esperancede
fc rendre heureux
lechangea si fort, qu'il
devint mêconnoissable. Ses
courtisans s'apperçurent Ôc
se sentirent desamauvaise
humeur
- on ne faisoit rien àsafantaisie ; quelque
prompts que fussent ses domestiques
à executer ses
commandemens, ils ne le
servoient jamais ni assez
vîte, ni à son gré; il n'avoit
plus de plaisir que celui
d'être seul
;
il s'échapoit
souvent de son Palais,pour
aller rêverenliberté dans
quelque lieu solitaire.
Un jour il se livra si fort
à sa rêverie, qu'il ne s'apperçue
pas qu'il s'écartoit
trop ; ilse trouva dans un
bois percé de huit ou dix
venuë.Incertain du choix,
il prit justement celle qu'il
ne devoit point prendre:la
nuit vint, il fut obligé de
coucher au pied d'un arbre.
Quelles furent ses pensées
& ses réflexions ? Je ne
lesçai pas precisément:mais
jem'imagineque l'amour
& Grimace y eurent bonne
part. Le lendemain il marcha
encore jusqu'au soir
sans - trouver d'issuë.
Cela commençoit à Finquierer.
Il fit le même ma- nege que la veille; & dés
que l'aurore parut, il monta
à cheval, & continua de
marcher si long -temps,
qu'accablé de chaleur & de
lassitude, il fut contraint
de se reposer auprès d'une
fontaine qui s'offrit à sa
veuë. C'étoit celle où Grimace
avoit paffé prés de
deux ans. fclle étoit dans le
~caomet de myrthes,do
elle entrelassoit les branch
, & en composoit les
chiffres. Elle chantoit ces
paroles. Grir
Grimace infortunée,
A des maux éternels le;
Dieux t'ont condamnée.
Ah ! vous m'avez promis
qu'ils finiroient un
jour,
Vous qui me-faisiez voir
une amitié si tendre;
Que je fuis lasse de l'attendre
Ce moment marqué par
- l'amour.
Envain les échos d'alentour
Font retentir ma peine,
Mon esperance est vaine.
Rien ne paroît dans ce sejour.
Grimace inforcunée,
A des maux éternels les
Dieux t'ont condamnée.
Cela fut chanté d'un air
si touchant, que Saphirin
en fut êmû. Helas! s'écriat-
il tout transporté,queje
ferois heureux si c'étoit la
voix de mon inconnuë !
mon coeur n'en doute point,
c'estelle. Aussitôtilseleve,
& court precipitamment
au cabinet de myrthes.
Grimace sentit à son a.
bord ce qu'elle n'avoitja
mais senti
;
l'amour lui di
que c'était son libérateur
elle le crut. L'amour ne
trouve jamais d'incredule.
Elle avança quelques pas
au. devant du Roy: mais
lors qu'elle alloit lui parler,
elle remarqua tant de
trouble & de surprise dans
ses yeux, que se retraçant
toute sa laideur, elle courut
se cacher. Où fuyezvous,
Madame, lui dit le
passionné Saphirin ? Pardonnez
à l'erreur de mes
sens; mon coeur n'est point
coupable de leur injustice.
Il lui dit encore tant de
choses rendres, que Grimace
s'apprivoisa, & souffrit
qu'il lui baisât la main.
On conçoit aisément que
la conversation fut vive &
spirituelle. Grimace grimaça
mille jolies choses sur
sa laideur, & le Roy fit de
son mieux pour la lui faire
oublier.
Le Roy la fit consentir
à quitter son defert & à le
suivre illa mit en croupe.
L'amour qui l'avoir égaré
luifit retrouver son Palais.
Quelque respect qu'oncLiC
pour lui, Grimace [Cj V!t
l'objet de la raillerie de tous
les courdians. On sefforçoit
àl'envi de lui découvrir
quelque trait de laideur,
6c on n'avoit pas de
peine. Saphirin , malgré
leurs murmures, fitfaire
de magnifiques préparatifs
: pour laceremoniede ses
noces. Il avoit sçû par Grimace
qu'elle étoit fille de
Eeau sans pair; il la lui envoya
demander, en maria-
> ge: Beau sans pair lui accorda
de bonne grace, 6c
vint luimême au mariage.
Le jour venu ,
Lejourvenu, Saphirin menaça
de son indignation
tous ceux qui ne se trouveroient
pas à la fête. Grimace
parut encore plus
laide dans la parure superbe
où elle étoit. Enfin elle arriva
au Temple, au milieu
d'une foule de peuple, attiré
par sa laideur autant
que par la beauté du spectacle.
Déja la coupe sacrée
étoit entre les mains du
Roy, qui aprés en avoir
bû,l'offrit à la Princesse. A
peine l'approcha-t-elle de
les levres, que tout d'un
coup elle parut d'une beau
té ravissante. Quelle agreable
surprise pour son époux
& pour son pere!quel sujet
d'admiration ôc d'applaudissemens
pour toute l'assemblée!
Grimace elle-même
ne voulut point en croire
ses yeux, & si Bonne ne
fût venuë lui confirmer ion
bonheur) elle en eût douté
long-temps.
Lorsque Maligne l'avoit
doüée de laideur, elle n'avoit
point dit par bonheur
que ce feroit pour toûjours,
ôc Bonne avoit trouve Ire moyen de l'adoucir, &de
faire la paix de Grimace.
Ainsi Saphirin, qui avoit
preferél'esprit à la beauté,
trouva son épouseaussi accomplie
par les charmes
du corps que par les quali-
~tez de l'elprit»
Un amour rendre & genereux
Trouve toujours sa recompense
;
La beauté peut nous rendre
heureux,
Je sçai jusqu'où va sa puis
sance: Mais
Mais un bonheur durable
-
&sans retour,
L'esprit & la
-
douceur peu-r)
vent seuls le produire;
La beautés'efface en un
jour, i:
L'esprit est éternel, & ne,
peut se détruire.
donner à l'entrée de ce volume
une Histoire Angloise
: mais je viens de recevoir,
avec une lettre qui
me détermine, un Conte
des Fées qui me paroît aCsez
joliment écrit, & plein
d'une (i bonne morale, que
je change de resolution en
faveurdela nouveauté.
G K I MAC E.
CONTE. I Ly avoir une fois un
Roy si beau,sibeau, qu'il
n'y avoit rien de plus beau
xjue la Reine sonépouse. Il
voit étécoquet dans sa
jeunesse, & s'étaitjetté à
co ps perdu dans les bonnes
fortunes. C'etoit alors
le regne des Fées, regne
fameux parmi les gens de
facile' croyance. Elles se
servoient de leur pouvoir,
les unes bien, les autres
mal Ces capricieuses chimeres
avoient le coeur sensible.
Des Féessensibles!
cela paroîtra nouveau, &
ce n'est pas ainsi que les dé.
peint Madame la Comtesse
d'Aulnoy, qui les connoissoit
à fonds: mais que ne
risque point un conteur
pour
pvouer daonnuer rdaens 'la.n?ou- :Deux* des plus consido-
Fables d'entr'elles, nommées
Bonne & Maligne,
sentirentla puissance des
cchhaarmesduRRooyy ff~aanlsls*; ppaaiirr..
Dan$ IcsmgJcs de la galanterie
ordinaire les hommes
sontles premieres démarches
;.
il n'enest pas de
•flijcttifc parmi lés Fées, elles
font les avances. Bonne fut
plus vive ou plus heureuse
queMaligne
;
elle parla la
çrcttiiere, ôç fut bien reçûë.
Maligne au contraire fut
éconduite. Ce n'est pas que
Beau sans pair ne pût fournir
à.deux passions
,
il avoir
le coeur grand: mais Maligne
lui déplut, & comme
elle n'avoir point fait de
façons pour lui ,dire;quJelle
l'aimoit, iln'en fit point
aussipour lui répondre qu'il
ne l'aimoir pas, & qu'ilne
l'aimerait jamais. Cette réponse
mit Maligne en fureur,
elle lui promit de se
vanger, & lui tint parole.
Quelque remps après le
Roy se maria, & au bout
d'une année la Reine accoucha
d'une fille. Bonne,
& Maligne assisterent à sa
naissance. Bonne dit: Je. la
douë de beauté pour toûjours
;Maligne dit: Et moy
de mauvaise humeur. Un
an après la Reine accoucha
encore d'une fille; Maligne
arriva la premierc, & dit:
Je la douë de laideur, & je
la nomme Grimace. Bonne
survint qui dit: Et ffivy je
la douë dadrefle & de douceur
pour toûjours.
Tel futle partage de ces
deux Princesses
; elles devinrent
grandes, l'ai iee effacoit
toutes les beaucez de
la Cour du Roy son pere:
mais elle étoit si fiere & si
bizarre
,
qu'elle revoltoit
tout le monde. Elle épousa
un Prince de son caractere,
en sorte qu'ilsn'eurent pas
peu à souffrir de leur caprice.
réciproque. Nous les
laisserons se chagriner l'un
& l'autre, & n'en dirons
pas davanrage.
La cadette étoit laide,
ôc d'une laideur si choquante
d'abord
,
qu'on avoit
de la peine à la regarder.
Elle ne pouvoir ni rire
ni parler, qu'elle ne fît la»
grimace; ce quifutcause
qu'on lui en donna le noira
Cependant elle étoit si douce
& si spirituelle
,
qu'on
s'accoûtumoit à sa laideur,
& qu'elle avoir plus de partisans
que la Princesse si
soeur.
Dans ce temps- là il vint
un étranger dans la Cour
de Beau sans pair. C'étoit
un Marchand de bijoux. Il
avoir entr'autres choses des
miroirs dont on avoir trouvé
depuis peu l'invention
dans son pays. Il en vendit
un au Roy, à la Reine, aux
Princesses Se à toutes les
Dames, qui étaient charmées
de s'y voir, & de les
trouver aussî flateurs que
leurs amans. Que devint
Grimace, lors qu'elle se regarda?
Le miroir lui tomba
des mains, & se brisa
encent morceaux. Quand
on n'est laide qu'à un certain
point, on te flate, on
se console: mais quand on
l'est à l'exçés, on tombe
dans le desespoir. On a dit
tant de fois qu'une femme
se pardonne tout hors l'extreme
laideur, que je n'ose *
encore le dire ici.
Grimace se retira dans
sa chambre, & semità
pleurer amerement.Sa gouvernanteeutbeau
lui dire,
qu'à la verité elle n'écoit
pas sibelle que la Princesse
sa soeur, mais qu'elleavoit
d'ailleurs tant d'esprit &
des maniérés si graciéuses,
qu'elle n'étoit pas la plus
mal partagée, Grimace ino
consolable ne lui répondit
rien, & forma le dessein
deseretirer de la Cour, &
d'aller mourir dans quelque
desert.
",', Beau sans pair donna
une fête le lendemain. On
n'avoit point alors l'usage
dumasque, il faloit paroîtreàvisage
découvert. Grimace
eûtbien voulu nele
pointtrouver à l'aflcmblccx
cependant leRoy ayant souhaité
qu'elle y fût,elle feignit
de se rendre à sa votoncéy
& souffrit qu'onl'habillât
magnifiquement. La
fête fut galante,& chacun
étoit si occu pé de ses plaillrs.,
que Grimace eut le
temps des'esquiver,sans
qu'on s'apperçûtdesa fuites,
du
du moins on ne s'en apperçut
que bien avant dans la
nuit. Aussitôt on la fit chef-*
cher de tous côtez ; mais
elle se cacha si bien, qu'on
ne put la trouver; ou plûtôtBonnela
renditinvisible
à tousceux qui passerent
auprès d'elle. La Fée
avoit desdesseins sur Grimace
, qu'elle ne pouvoit
rxecucerque lors qu'elle ne
seroit plus dans le Palais du
Royson pere.
m Elle avoir emporté quelques
bonsbons dans un pe- titpanier,où il yavoitaussi
des aiguilles, des soyes de
toutes couleurs, & de petits
morceaux d'étoffes d'or
& d'argent.
Ellemarcha quelques
jours sans s'arrêter, & fit
autant de chemin que sa
delicatesse & son peu de
forces lui permirent d'en
faire. Elle le nourrissoit de
ses bonsbons qui ne diminuoient
point. Enfin elle
trouva un endroit si agreable,
qu'elle resolut d'y rcL
ter. C'étoit un petit cabinet
de myrrhes, où l'art sembloit
avoir fecondé la nature
3 tant il étoit rangé5.
Une fontaine enrourëed'un
gazon semé de fleurs, cc
loit autour de ce cabinet;
des oiseaux de toutes especes
venoient s y garantir
des rayons dusoleil, & s'y
desalterer. Ils étaient si familiers,
qu'ils se laissoient
prendre, & Grimace donnoit
à les caresser le temps
qu'elle ne donnoit point à
son travail. Quelques mois
se passerent de la sorte,
pendant lesquels elle fit une
boëte d'un travail si merveilleux,
qu'on n'avait jaoais
rien vu de semblable.
Mais Maligne fut jalouse
dC repos dont elle jouissoit
dans sa solitude, & elle eue
la cruauté de le troubler.
Deux rustres qui avoient
chassé tout le jour aux environs
de sa retraite, vinrent
sur le soir se rafraîchir
à la fontaine; ils y trouverent
Grimace, dont l'aspect
leur fit peur: mais frapez
de la magnificence & dela
richesse de ses habits,ils
resolurent de s'enemparer.
Cela ne leur fut pas difficile,
Grimace sedépouilla
sans murmurer. Il est vrajj,
leur dit elle, qu'ils sont [r.
beaux pour une infortunée
; je vousles donne de
bon coeur: mais du moins
laissez- moy, je vous prie,
mes soyes & mes aiguilles,
c'est peu de chose pour
vous, & c'est toute ma consolation.
Ils ne l'écouterent
point, ils lui prirent tout,
& la laisserent fondante en
larmes. Helas! disoit
-
elle
d'une voix qui eût attendri
les rochers, que vais je devenir?
de quoy vivrai-je }
à quoym'occuperai -je7
CruelleMaligne,c'est vous
qui me suscitez ce nouveau
malheur. Mourons,continua-
t-elle; la mort est le
seul parti qui me reste
,
mes maux sont sans exemple
& sans remede. Lorsque
Psyché se vit en butte
à la haine de Venus, l'Amour
l'aimoit; elle étoit
belle, quelle différence entr'elle
& moy ?
Nous avons dans le coeur
un certain amour pour la
vie, que les malheurs affoiblissent,
mais qu'ils n'éteignent
jamais tout à fait. Insensiblement
Grimace fo
consola ;
elle trouva
des
fruits, dont elle se nourrit,
& ses chers oiseaux lui tinrent
une fidclle compagnie.
-1
Les voleurs verdirent
ses habits; ils eneurent
tant d'argent, qu'ils ic virent
en état de faire belle
figure.L'un d'eux mourut
quelque temps aprés) &
l'autre se retira dans un
Royaumeétranger. Le premier
avoit un fils qui n'avoit
rien de rustre que la
naissance, & qui prometcoit
beaucoup. Quand ilse
viit riche, il eut l'ambition se produire à la Cour.
La boëte lui étoit restée;
il crut qu'elle meritoit d'ër
tre offerte au Roy, & lui en
fit present. Dés que le Roy
l' eut en sa possession il en
fut si charmé
,
qu'il devint
passionnément amoureux
de celle qui l'avoir faite. Il
demanda au jeune homme
de qui il voit eu cette boëte,
& de qui il la tenait.
Celui-ci ignorant la passion
du Roy, & menteur comme
le sont la plûpart des
courtisans, lui dit, que son
pere, peu de tempsavant
sa mort, l'avoit achetée d'une
fille qui passoit par leur
village,qui leur avoit dit
qu'elle étoit de sa façon, &
que tout ce qu'il sçavoit de
cette fille, qu'il n'avoit jamais
vûe depuis, cest qu'-
elle étoit horriblement laide
, & qu'elle faisait la grimace
à tout moment. Ce
recit déplut fort au. Roy,
qui se laissa néanmoins entraîner
à son penchant. Il
n'est pas le premier qui ait
aimé sans scavoir pour,
quoy, & même sans cotY.
noître & (ans avoir vu ce qu'ilaimoit.
L'amour est enfant du caprice,
Rien ne regle ses mouvemens;
Sans cette raison-là,Clarice
Trouveroit elle des amans?
Quoy qu'il en (oit, le
Roy ayant entendu dire
que son inconnuë faisoit la
grimace, il en donna le
nom à la boëte qu'elleavoir
faite, & voulut qu'on ap.
pellât ainsi toutes celles
qu'on feroit sur son modele
Sa volonté fut suivie, & ce
nom a passé jusqu'à nous,
& selon toutes les apparences,
il passera jusqu'aux
siecles les plus reculez. Il
s'en servit à serrer sa bourse,
ses bijoux; son cacher,
& tout ce qu'il avoit de
plus precieux.
Bonne qui sembloit avoir
oublié Grimace, vint la
voir, & lui apprit toutes
ces choses. Elle eut de la
peine à les croire: Quoy
disoitelle, laide , comme je
fuis, je ferois aimée par un"
grand Roy? Non, non, je
ne suis propre qu'à inspirer
de l'horreur. Cependant un
rayon d'esperance s'éleva
dans son coeur; & la Fée,
qui ne pouvoit rester avec
elle que quelques momens,
la quitta, persuadée quelle
ne seroit pas toûjours si
malheureuse.
Cependant l'amoureux
Saphirin, c'est ainsi que se
nommoit le Roy, ne dormoit
ninuit,ni jour; l'idée
de sa chere inconnue lui
revenoit sans cesse. Ingenieuxà
letromper
,
il se la
representoit moins laide:
Elle peut, disoit. il, avoir
quelque chose de disgracieux
dans le visage ;tmais
elle a peut-être de belles
dents,de beaux yeux, une
belle main: & promenant
son imagination surtout ce
qui pouvoit le flater, il et
peroit lui trouver le corps
d'une Venus qui le consoleroit
de la difformité du
rçfte.
Sa passion se fortifîa^de
.jour en jour, & le peu d'esperancede
fc rendre heureux
lechangea si fort, qu'il
devint mêconnoissable. Ses
courtisans s'apperçurent Ôc
se sentirent desamauvaise
humeur
- on ne faisoit rien àsafantaisie ; quelque
prompts que fussent ses domestiques
à executer ses
commandemens, ils ne le
servoient jamais ni assez
vîte, ni à son gré; il n'avoit
plus de plaisir que celui
d'être seul
;
il s'échapoit
souvent de son Palais,pour
aller rêverenliberté dans
quelque lieu solitaire.
Un jour il se livra si fort
à sa rêverie, qu'il ne s'apperçue
pas qu'il s'écartoit
trop ; ilse trouva dans un
bois percé de huit ou dix
venuë.Incertain du choix,
il prit justement celle qu'il
ne devoit point prendre:la
nuit vint, il fut obligé de
coucher au pied d'un arbre.
Quelles furent ses pensées
& ses réflexions ? Je ne
lesçai pas precisément:mais
jem'imagineque l'amour
& Grimace y eurent bonne
part. Le lendemain il marcha
encore jusqu'au soir
sans - trouver d'issuë.
Cela commençoit à Finquierer.
Il fit le même ma- nege que la veille; & dés
que l'aurore parut, il monta
à cheval, & continua de
marcher si long -temps,
qu'accablé de chaleur & de
lassitude, il fut contraint
de se reposer auprès d'une
fontaine qui s'offrit à sa
veuë. C'étoit celle où Grimace
avoit paffé prés de
deux ans. fclle étoit dans le
~caomet de myrthes,do
elle entrelassoit les branch
, & en composoit les
chiffres. Elle chantoit ces
paroles. Grir
Grimace infortunée,
A des maux éternels le;
Dieux t'ont condamnée.
Ah ! vous m'avez promis
qu'ils finiroient un
jour,
Vous qui me-faisiez voir
une amitié si tendre;
Que je fuis lasse de l'attendre
Ce moment marqué par
- l'amour.
Envain les échos d'alentour
Font retentir ma peine,
Mon esperance est vaine.
Rien ne paroît dans ce sejour.
Grimace inforcunée,
A des maux éternels les
Dieux t'ont condamnée.
Cela fut chanté d'un air
si touchant, que Saphirin
en fut êmû. Helas! s'écriat-
il tout transporté,queje
ferois heureux si c'étoit la
voix de mon inconnuë !
mon coeur n'en doute point,
c'estelle. Aussitôtilseleve,
& court precipitamment
au cabinet de myrthes.
Grimace sentit à son a.
bord ce qu'elle n'avoitja
mais senti
;
l'amour lui di
que c'était son libérateur
elle le crut. L'amour ne
trouve jamais d'incredule.
Elle avança quelques pas
au. devant du Roy: mais
lors qu'elle alloit lui parler,
elle remarqua tant de
trouble & de surprise dans
ses yeux, que se retraçant
toute sa laideur, elle courut
se cacher. Où fuyezvous,
Madame, lui dit le
passionné Saphirin ? Pardonnez
à l'erreur de mes
sens; mon coeur n'est point
coupable de leur injustice.
Il lui dit encore tant de
choses rendres, que Grimace
s'apprivoisa, & souffrit
qu'il lui baisât la main.
On conçoit aisément que
la conversation fut vive &
spirituelle. Grimace grimaça
mille jolies choses sur
sa laideur, & le Roy fit de
son mieux pour la lui faire
oublier.
Le Roy la fit consentir
à quitter son defert & à le
suivre illa mit en croupe.
L'amour qui l'avoir égaré
luifit retrouver son Palais.
Quelque respect qu'oncLiC
pour lui, Grimace [Cj V!t
l'objet de la raillerie de tous
les courdians. On sefforçoit
àl'envi de lui découvrir
quelque trait de laideur,
6c on n'avoit pas de
peine. Saphirin , malgré
leurs murmures, fitfaire
de magnifiques préparatifs
: pour laceremoniede ses
noces. Il avoit sçû par Grimace
qu'elle étoit fille de
Eeau sans pair; il la lui envoya
demander, en maria-
> ge: Beau sans pair lui accorda
de bonne grace, 6c
vint luimême au mariage.
Le jour venu ,
Lejourvenu, Saphirin menaça
de son indignation
tous ceux qui ne se trouveroient
pas à la fête. Grimace
parut encore plus
laide dans la parure superbe
où elle étoit. Enfin elle arriva
au Temple, au milieu
d'une foule de peuple, attiré
par sa laideur autant
que par la beauté du spectacle.
Déja la coupe sacrée
étoit entre les mains du
Roy, qui aprés en avoir
bû,l'offrit à la Princesse. A
peine l'approcha-t-elle de
les levres, que tout d'un
coup elle parut d'une beau
té ravissante. Quelle agreable
surprise pour son époux
& pour son pere!quel sujet
d'admiration ôc d'applaudissemens
pour toute l'assemblée!
Grimace elle-même
ne voulut point en croire
ses yeux, & si Bonne ne
fût venuë lui confirmer ion
bonheur) elle en eût douté
long-temps.
Lorsque Maligne l'avoit
doüée de laideur, elle n'avoit
point dit par bonheur
que ce feroit pour toûjours,
ôc Bonne avoit trouve Ire moyen de l'adoucir, &de
faire la paix de Grimace.
Ainsi Saphirin, qui avoit
preferél'esprit à la beauté,
trouva son épouseaussi accomplie
par les charmes
du corps que par les quali-
~tez de l'elprit»
Un amour rendre & genereux
Trouve toujours sa recompense
;
La beauté peut nous rendre
heureux,
Je sçai jusqu'où va sa puis
sance: Mais
Mais un bonheur durable
-
&sans retour,
L'esprit & la
-
douceur peu-r)
vent seuls le produire;
La beautés'efface en un
jour, i:
L'esprit est éternel, & ne,
peut se détruire.
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Résumé : GRIMACE. CONTE.
L'auteur avait initialement prévu de narrer une histoire anglaise, mais modifia son projet après avoir reçu un conte de fées bien rédigé et moralisateur. Ce conte relate l'histoire du roi Beau sans pair et de sa reine, tous deux extrêmement beaux. Deux fées, Bonne et Maligne, s'éprirent du roi. Bonne fut bien accueillie, tandis que Maligne, rejetée, promit de se venger. La reine mit au monde deux filles : Aimée, à qui Bonne offrit la beauté éternelle et Maligne une mauvaise humeur, et Grimace, à qui Maligne attribua la laideur et Bonne la douceur et le reflet. Aimée, malgré sa beauté, était orgueilleuse, alors que Grimace, bien que laide, était douce et spirituelle. Un jour, Grimace, désespérée par sa laideur, se retira dans un désert après avoir vu son reflet dans un miroir. Avec l'aide de la fée Bonne, elle s'échappa lors d'une fête et emporta des objets précieux. Dans le désert, elle créa une boîte magnifique. Maligne, jalouse, incita deux voleurs à dérober ses biens. Grimace trouva du réconfort dans la nature. Les voleurs connurent des sorts différents : l'un mourut, l'autre devint riche et offrit la boîte au roi. Le roi, charmé, tomba amoureux de la créatrice imaginaire de la boîte et la nomma 'Grimance'. Plus tard, le roi Saphirin découvrit Grimance près d'une fontaine et tomba amoureux d'elle malgré sa laideur. Ils se marièrent, et lors de la cérémonie, Grimance se transforma en une femme ravissante. Il fut révélé que la fée Bonne avait adouci la malédiction de Maligne, permettant à Grimance de retrouver sa beauté. Ainsi, Saphirin obtint une épouse belle et spirituelle. Le conte souligne que l'amour véritable et généreux trouve toujours sa récompense, et que l'esprit et la douceur sont essentiels pour un bonheur durable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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335
p. 49-50
« J'ai assez de peine à deviner l'accüeil que vous aurez [...] »
Début :
J'ai assez de peine à deviner l'accüeil que vous aurez [...]
Mots clefs :
Transitions
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texteReconnaissance textuelle : « J'ai assez de peine à deviner l'accüeil que vous aurez [...] »
J'ai assez de peine à deviner
l'accüeil que vous aurez
fait, Meilleurs
,
à un
ContedesFées. Si vous avez
bien reçucelui-ci, à la
bonne heure; linon, je
croy que l'attention que
j'aurai à ne vous en plus
donner, me dispense de
m'en affliger. Mais ces excuses
& ces éclaircissemens
font de mauvaises transitions
qui ne fervent qu'à
amuser le tapis, pendant
que je suis pressé du foin de
vous debiter des matieres
plus interessantes, dont je
n'entreprendrai, s'il vous
plaît, le détail, qu'aprés
vous avoir dit deux mots
sur l'origine dumois de Janvier.
L'opinion
l'accüeil que vous aurez
fait, Meilleurs
,
à un
ContedesFées. Si vous avez
bien reçucelui-ci, à la
bonne heure; linon, je
croy que l'attention que
j'aurai à ne vous en plus
donner, me dispense de
m'en affliger. Mais ces excuses
& ces éclaircissemens
font de mauvaises transitions
qui ne fervent qu'à
amuser le tapis, pendant
que je suis pressé du foin de
vous debiter des matieres
plus interessantes, dont je
n'entreprendrai, s'il vous
plaît, le détail, qu'aprés
vous avoir dit deux mots
sur l'origine dumois de Janvier.
L'opinion
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Résumé : « J'ai assez de peine à deviner l'accüeil que vous aurez [...] »
L'auteur exprime ses doutes sur la réception d'un conte de fées. Il espère qu'il a été bien accueilli mais se prépare à ne plus en envoyer. Il s'excuse pour ces digressions et souhaite aborder des sujets plus intéressants. Avant cela, il évoque l'origine du mois de janvier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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336
p. 50-54
Discours sur l'origine du Mois. [titre d'après la table]
Début :
L'opinion la plus commune est que Numa Pompilius ajoûta [...]
Mots clefs :
Mois de janvier, Année, Janvier
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texteReconnaissance textuelle : Discours sur l'origine du Mois. [titre d'après la table]
L'opinion la plus commune
est que Numa Pompilius
ajouta à l'année les
mois de Janvier & de Février)
&qu'il voulut qu'elle
commenât par celui d)
Janvier:mais Ovide, dans
le second Livre des Fastes,
semble nous affurer que
l'année a toûjours commencé
par le mois de Janvier,
& fini quelquefois par Février
, comme on peut le
voir dansces vers.
Sed tamen (antiqui ne nescius
ordinis erres )
Primus ut estJanimensis C?
Antefuit.
Qui sequitur Fanum, veteris
fuit ultimus anni.
Tu quoquesacrorum.Termine
ìfin.i)Te1iU ;1:': ..:" '} *'fininerzsq:i:: :•;
Primus eratJani menfis4 quid
januaprimaest.
§hufixer est imis ,..;vlanju;t
irnus erat.
Postmodo credunturfipatio dif
I tantia longo
Tempora bis quini continuasse *njiri.
Les années eurent ensuite
de differenschangemens,
jusquà ce que, sélon la supputation
donc on e ferc en
Occident, le Roy Charles
IX. ordonna par un Edit de
l'année1564. qu'on cora^j
menceroit à compter l'année
par le premier de Janvier.
Auparavant on la
commençoir à Pâques ouà
Noël, comme letémoigne
le Pere Peteau en (on Rationarium.
LesRomains lui
ont donné ce nomàcause
de Janus, Divinité à qui ils
attribuoient deux têtes,parce
que d'un côté le premier
jour de Janvierregarda
l'année precedente, 3c de
l'autre cellequi vient. Ce
mot péuraufïi venirduLa:
tilljanuarius, dejanua,pDY.
tdee. Ce mois étant le premier
tous, est comme la porte
des années.
On dit proverbialement
que Janvier a trois bonnets
, pour dire qu'il saic
fort froid en ce temps-là,
& qu'il faut bien se couvrir
la tête. On dit aussi
: C'est
un Soleil de Janvier, qui
n'a ni force.ni vertu.
Passonsmaintenant,
est que Numa Pompilius
ajouta à l'année les
mois de Janvier & de Février)
&qu'il voulut qu'elle
commenât par celui d)
Janvier:mais Ovide, dans
le second Livre des Fastes,
semble nous affurer que
l'année a toûjours commencé
par le mois de Janvier,
& fini quelquefois par Février
, comme on peut le
voir dansces vers.
Sed tamen (antiqui ne nescius
ordinis erres )
Primus ut estJanimensis C?
Antefuit.
Qui sequitur Fanum, veteris
fuit ultimus anni.
Tu quoquesacrorum.Termine
ìfin.i)Te1iU ;1:': ..:" '} *'fininerzsq:i:: :•;
Primus eratJani menfis4 quid
januaprimaest.
§hufixer est imis ,..;vlanju;t
irnus erat.
Postmodo credunturfipatio dif
I tantia longo
Tempora bis quini continuasse *njiri.
Les années eurent ensuite
de differenschangemens,
jusquà ce que, sélon la supputation
donc on e ferc en
Occident, le Roy Charles
IX. ordonna par un Edit de
l'année1564. qu'on cora^j
menceroit à compter l'année
par le premier de Janvier.
Auparavant on la
commençoir à Pâques ouà
Noël, comme letémoigne
le Pere Peteau en (on Rationarium.
LesRomains lui
ont donné ce nomàcause
de Janus, Divinité à qui ils
attribuoient deux têtes,parce
que d'un côté le premier
jour de Janvierregarda
l'année precedente, 3c de
l'autre cellequi vient. Ce
mot péuraufïi venirduLa:
tilljanuarius, dejanua,pDY.
tdee. Ce mois étant le premier
tous, est comme la porte
des années.
On dit proverbialement
que Janvier a trois bonnets
, pour dire qu'il saic
fort froid en ce temps-là,
& qu'il faut bien se couvrir
la tête. On dit aussi
: C'est
un Soleil de Janvier, qui
n'a ni force.ni vertu.
Passonsmaintenant,
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Résumé : Discours sur l'origine du Mois. [titre d'après la table]
Le texte traite de l'origine et des variations du début de l'année dans le calendrier romain. Traditionnellement, Numa Pompilius est crédité d'avoir ajouté les mois de janvier et février et d'avoir fixé le début de l'année en janvier. Cependant, Ovide soutient que l'année a toujours commencé en janvier et parfois se terminait en février. Le mois de janvier tire son nom de Janus, une divinité à deux visages représentant le passé et l'avenir. Le terme 'janvier' provient du latin 'januarius', lié à 'janua' signifiant 'porte', car janvier est le premier mois de l'année. Ce mois est également connu pour son froid intense, illustré par l'expression 'Janvier a trois bonnets'. En Occident, avant 1564, l'année débutait soit à Pâques, soit à Noël. En 1564, le roi Charles IX a décrété par édit que l'année commencerait le 1er janvier.
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337
p. 54-73
Ebauche de quelques unes des principales Nuits de Sceaux. [titre d'après la table]
Début :
Passons maintenant, Messieurs, aux autres articles de ce Journal. En [...]
Mots clefs :
Fête, Duchesse de Brissac, Princesse, Intermède, Abeille, Divertissements, Roi, Danse, Marquis de Caumont La Force, Comédie italienne, Nuits de Sceaux
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texteReconnaissance textuelle : Ebauche de quelques unes des principales Nuits de Sceaux. [titre d'après la table]
Messïeurs
, aux autres articles
de ce Journal. En voicijustement
un, que vous lirez
sans doute avec plaisir.
Son Altesse Serenissîme
Madame la Duchesse du
Maine, donr je fuis persuadé
que tout le monde a
entendu mille fois loüer
avec justicele goût,la delicatesse
& l'esprit, a paru
si contente de plusieurs Fêtes
charmantes qui ont été
representées dans sa maison
de Sceaux, que j'ai mis tout
en usage pour en avoir la
datte, l'arrangement,les
divertissemens, les paroles
& la musique, dont je me
fuis long-temps flaté de
vous donner le détail, si je
pouvois reiïflîr dans mon
adbesssoeliunm:emntais cela m'a été
impossible, lX;
c'est de quoy je fuis d'autant
plus mortifié, que j'ose
vous affurer, sur la parole
d'un grand nombre de gens
d'eiprit & de distinction qui
les ont vûës, que c'est ce
que je vous aurois peut-être
donné de meilleur. Cependant
tous mes soins
n'ont pas été inutiles, ôc
après bien des mouvemens,
j'ai enfin été assez heureux
pour en apprendre ce que
vous en allez lire.
La Fête que donna Madame
la Duchesse de Brissac
avec M le Marquis de
Caumont la Force, étoic
compolée de trois Intermedes
differens) mais qui
avoient quelque liaisonentreux.
Le premier, intitulé
les Champs Elysées, commençât
par le Roy de la
Fête, qui conjuroit la nuit
de le favoriser dans le def.
fein qu'il avoit de donner
une Fête à Son Alreflfe Se.
reniflime. Apres cette invocation
il rencontroit un
Magiciende ses amis, à qui
-ilconfiait l'embarras ou il
jfe trouvoit d'être obligé de
presideràcefpc&acle, &
de ne sçavoir comment s'y
prendre pour le rendre
agreable & nouveau. Le
Magicien lui offroit de le
conduire aux Champs Elysées,
pour y consulter les
ombres des plus grands
Poètes de l'antiquité, &
des Poëtes modernes. Le
Roy acceptoic l'offre du
Migicieniils defcendoienc
dans le Royaume de Pluton
, où tous ces grands
hommes leur temoignoienf
un égal empressement a fe- *
conder leur entreprise, par
ce qu'ils connoilloient les
grandes vertus de la Princesse)
& que (on nom avoic
paffé Fonde noire. Enfin
Anacrcon étoit celui qui se
chargeoit lui seul de fecou.
rir le Roy de la Fête. Il prioit
l'Amour de la conduire luimême,
& de lui marquer
par là sa reconnoissance de
ce que ce Poëte galant l'avoir
si bien celebré dans Ces
écrits. Orphée venoit en.
fuite avec Arion, & plufleurs
ombres) qui charmées
de les entendre, les
environnoient sans ccfTc.
Cet Intermede finiÍfoit par
une scené que chantoienc
deux grands Musiciens, 8c
les ombres témoignoient
par leur danse le plaisir qu'-
ellesavoient d'écouter leurs
agreables concerts.
Le second Intermede
étoit intitulé l'Amour bief,
fé par l'Abeille. L'Amour
engagé par Anacreon à se
charger du foin de la Fête,
venoit à Sceaux pour la préparer.
Le Sommeil defefperé
d'être banni de la Cour
de la Princcflè, & ne poui
vanfc iupporrer que l'Amour)
qu'il regarde comnie
Ion plus grand ennemi,
fût!charge" d'une commiffion
sihonorable, répandoit
ses pavots sur ce petit
Dieu, & faisoit si bien qu'il
l'endormoit. Pendant le
sommeil de l'Amour une
abeille venoit le piquer.
L'Amour se réveilloit en
faisant des imprecations
contr'ellejôc dans le temps
qu'il alloit jurer par le Styx
de l'exterminer elle & toute
[on espece yVenus paroiffoie
pour arrêter le efrment
temeraire de son fils, & lui
reprefenranc que l'abeille
étoit fous la proteâion de
la Princesse
; qu'elle en avoit
composé sa dévise
, &
inllitué nn Ordre fous le
nom de l'Abeille. L'Amour
fc repentoit, de sa colere,
Se difoic sur le champ qu'il
guerissoit sa blessure;enfuite
il appelloit tous les autres
Amours, & mettant
l'abeille au rang des astres,
il en celebroit lapotheofe
avec eux.
L'Amour & [es. freres
composoient aussi le troi:"\
siéme Intermede. Il paroisfoit
fous la figure d'Arlequin)
& tous les freres fous
celles des personnages de
la ComedieItalienne,parce
qu'ils avoient remarqué
que la Princesse les voyoit
avec peine dans sa Cour
fous leur propre figure, &
quelle craignôic qu'ils n'y
causassent du desordre:mais
souhaitant de n'en point
sortir, & de former un spec.
tacle qui lui fût agréable,
ils alloient mettre leur arc
& leurs fleches à ses pieds,
& representoient ensuite
une petite Comedie Italienne-.,
intitulée les Fêtesnocturnes
J ou l'Epée enchantée.
Quinze jours après, cette
Fête fut suivie de celle de
l'inconnu. Voicien peu de
mots quel en étaie le sujet.
Une personne qui ne vouloit
point se faire connoî?
tre entreprenoit de donner
une Fête, mais d'y rappel-
1er, s'il écoit poilible, cette
premiere (Implicite que les
grandes nuits de Sceaux
avoient euë lors qu'elles
comcommencerent,
parce que
l'éclat où on les avoit portées
mettoit une trop grandeémulation
entre ceux
qui donnoient ces fortes de
divertissemens. Le premier
Intermedecommençoitpar
le Mystere, quivenoit avec
deux deks.. suivans pour
preparer laFête,&pour
dépayser les curieux qui
voudroient découvrir par
qui elle auroit été donnée.
D'autressuivans du Mystere
venoient le joindre, &
aprés quelques discours&
quelques ceremonies convenables
au sujet, ils formoienctous
ensemble un
divertissement.
Pourrépondre à l'idée
qu'on avoir de rappeller la
simplicité dans les grandes
nuits, Astrée paroissoitavec
deux de les suivantes,
pour donner à la Princesse
unerepresentationdesplaisirs
simples & innocens du
premierâge. PlusieursBergers
, &un grand nombre
de Bergeres formoient ce
divertissement,& par leurs
chansons, aussi bien que
par leurs danses, ils exprimoient
les charmes de ]a
vie champêtre, & ils faisoient
une naïve description
des plaisirs que l'ongoûte
lors qu'on est exempt d'ambition
, & que l'on fuit les
loix de la nature. C'étoit là
le second Intermede de la
Fête de l'inconnu.
Cerés formoit le troisiéme,
& suivie d'un grand
nombre de Laboureurs &
de Moissonneurs, elle venoit
offrir à la Princesse les
premices des fruits &des
moissons.
La Fête qui fut donnée
aprés celle-ci avoit pour
fujer la ceinture de Venus
qui avoit été perduë
,
&
que l'on venoit chercher à
Sceaux. Elle est de la composition
de M. de laMotte;
maiscomme j'en ignore les
circonstances, je n$ peux
en faire ici la description.
C'étoit encore un inconnu
qui donnoit cette Fête.
Un troisiéme inconnu
s'est chargé du dernier de
ces Divertissemens, qui a
précédé de peu de jours le
départ de Son Altesse Serenissime
pour Versailles. Le
sujet de cette Fête étoitsingulier.
C'étoit une de ces
veillées que les paysans &
les paysannes de villages
font pendant les hyvers,
lors qu'ils se rassemblent
pour travailler tous enferra
ble aprés leur souper. Celle-
ci étoit composée des
habitans de Sceaux. Une
vieille nommée Ragonde,
veuve fort riche, aimoit
passionnément un jeune
paysan nommé Colin. Celui
ci ne pouvoit la souffrir
à cause de l'inégalité de
'r¡g.e., & parce qu'il avoit
du goût pour la fille de la
veuve, nommée Colette.
C'est sur cette matiere que
rouloient tous les entretiens
de la veillée. La vieille
amoureusefaisoit tous ses
efforts pour gagner Colin;
ôc voyant qu'il sobftinoit à
la mépriser, elle contoit
une histoire qui tendoit à
lui faire croire qu'elle étoit
sorciere, & que s'il ne l'aimoit
pas, elle sçauroit bien
l'y contraindre par ses malefices.
Colin racontoit une
autre histoire qui tendoit à
lui persuader qu'il ne la
craignoit point. Les autres
paysans interrompoient
cette conversation on dansoit
,
& par là finissoit le
premier Intermede.
-; Le second Intermede étoit
composé de plusieurs
paysansapostez par lavieille,
& déguisez en Lutins,
en Demons & en Sorciers.
Colin trompé par Colette,
qui obeïssoit aux ordres de
sa mere, & aux conseils
d'un autre paysan nommé
Lucas,pour qui cette jeune
paysanne avoit beaucoup
de tendresse
,
donnoit un
rendez-vous à Colin, lui
faisant accroire que c'étoit
àl'insçûdesamere.Colins'y
rendoitavec empressemet;
& dans le moment qu'il
attendoit sa chere Coletre,
tous ces faux Lutins & Demons
effrayoient Colin,
tant par leurs danses que
parleurs chants. Ragonde
le voyant presque mort de;
peur,paroissoit, pour lui
dire qu'elle alloit l'abandonner
à la fureur de ces
Lutins soûmis à ses ordres,
s'il ne promettoit pas de
l'épouser. Colin épouvanté
ne
ne faisoit plus aucune resistance,
&:
faisoit
des sermens
d'épouser Ragonde. La
vieille satisfaite congedioit
les Lutins, les Sorciers ôc
les Demons,&emmenoit
son cher Colin.
Le troisiémeIntermede
étoit la noce de Lucas & de
Colette, & celle de Ragonde
& de Colin. Tout le
villagecelebroitce double
mariage;ôc aprésplusieurs
danses &: plusieurs chansons,
cette ceremonie sinissoit
par uncharivari.
, aux autres articles
de ce Journal. En voicijustement
un, que vous lirez
sans doute avec plaisir.
Son Altesse Serenissîme
Madame la Duchesse du
Maine, donr je fuis persuadé
que tout le monde a
entendu mille fois loüer
avec justicele goût,la delicatesse
& l'esprit, a paru
si contente de plusieurs Fêtes
charmantes qui ont été
representées dans sa maison
de Sceaux, que j'ai mis tout
en usage pour en avoir la
datte, l'arrangement,les
divertissemens, les paroles
& la musique, dont je me
fuis long-temps flaté de
vous donner le détail, si je
pouvois reiïflîr dans mon
adbesssoeliunm:emntais cela m'a été
impossible, lX;
c'est de quoy je fuis d'autant
plus mortifié, que j'ose
vous affurer, sur la parole
d'un grand nombre de gens
d'eiprit & de distinction qui
les ont vûës, que c'est ce
que je vous aurois peut-être
donné de meilleur. Cependant
tous mes soins
n'ont pas été inutiles, ôc
après bien des mouvemens,
j'ai enfin été assez heureux
pour en apprendre ce que
vous en allez lire.
La Fête que donna Madame
la Duchesse de Brissac
avec M le Marquis de
Caumont la Force, étoic
compolée de trois Intermedes
differens) mais qui
avoient quelque liaisonentreux.
Le premier, intitulé
les Champs Elysées, commençât
par le Roy de la
Fête, qui conjuroit la nuit
de le favoriser dans le def.
fein qu'il avoit de donner
une Fête à Son Alreflfe Se.
reniflime. Apres cette invocation
il rencontroit un
Magiciende ses amis, à qui
-ilconfiait l'embarras ou il
jfe trouvoit d'être obligé de
presideràcefpc&acle, &
de ne sçavoir comment s'y
prendre pour le rendre
agreable & nouveau. Le
Magicien lui offroit de le
conduire aux Champs Elysées,
pour y consulter les
ombres des plus grands
Poètes de l'antiquité, &
des Poëtes modernes. Le
Roy acceptoic l'offre du
Migicieniils defcendoienc
dans le Royaume de Pluton
, où tous ces grands
hommes leur temoignoienf
un égal empressement a fe- *
conder leur entreprise, par
ce qu'ils connoilloient les
grandes vertus de la Princesse)
& que (on nom avoic
paffé Fonde noire. Enfin
Anacrcon étoit celui qui se
chargeoit lui seul de fecou.
rir le Roy de la Fête. Il prioit
l'Amour de la conduire luimême,
& de lui marquer
par là sa reconnoissance de
ce que ce Poëte galant l'avoir
si bien celebré dans Ces
écrits. Orphée venoit en.
fuite avec Arion, & plufleurs
ombres) qui charmées
de les entendre, les
environnoient sans ccfTc.
Cet Intermede finiÍfoit par
une scené que chantoienc
deux grands Musiciens, 8c
les ombres témoignoient
par leur danse le plaisir qu'-
ellesavoient d'écouter leurs
agreables concerts.
Le second Intermede
étoit intitulé l'Amour bief,
fé par l'Abeille. L'Amour
engagé par Anacreon à se
charger du foin de la Fête,
venoit à Sceaux pour la préparer.
Le Sommeil defefperé
d'être banni de la Cour
de la Princcflè, & ne poui
vanfc iupporrer que l'Amour)
qu'il regarde comnie
Ion plus grand ennemi,
fût!charge" d'une commiffion
sihonorable, répandoit
ses pavots sur ce petit
Dieu, & faisoit si bien qu'il
l'endormoit. Pendant le
sommeil de l'Amour une
abeille venoit le piquer.
L'Amour se réveilloit en
faisant des imprecations
contr'ellejôc dans le temps
qu'il alloit jurer par le Styx
de l'exterminer elle & toute
[on espece yVenus paroiffoie
pour arrêter le efrment
temeraire de son fils, & lui
reprefenranc que l'abeille
étoit fous la proteâion de
la Princesse
; qu'elle en avoit
composé sa dévise
, &
inllitué nn Ordre fous le
nom de l'Abeille. L'Amour
fc repentoit, de sa colere,
Se difoic sur le champ qu'il
guerissoit sa blessure;enfuite
il appelloit tous les autres
Amours, & mettant
l'abeille au rang des astres,
il en celebroit lapotheofe
avec eux.
L'Amour & [es. freres
composoient aussi le troi:"\
siéme Intermede. Il paroisfoit
fous la figure d'Arlequin)
& tous les freres fous
celles des personnages de
la ComedieItalienne,parce
qu'ils avoient remarqué
que la Princesse les voyoit
avec peine dans sa Cour
fous leur propre figure, &
quelle craignôic qu'ils n'y
causassent du desordre:mais
souhaitant de n'en point
sortir, & de former un spec.
tacle qui lui fût agréable,
ils alloient mettre leur arc
& leurs fleches à ses pieds,
& representoient ensuite
une petite Comedie Italienne-.,
intitulée les Fêtesnocturnes
J ou l'Epée enchantée.
Quinze jours après, cette
Fête fut suivie de celle de
l'inconnu. Voicien peu de
mots quel en étaie le sujet.
Une personne qui ne vouloit
point se faire connoî?
tre entreprenoit de donner
une Fête, mais d'y rappel-
1er, s'il écoit poilible, cette
premiere (Implicite que les
grandes nuits de Sceaux
avoient euë lors qu'elles
comcommencerent,
parce que
l'éclat où on les avoit portées
mettoit une trop grandeémulation
entre ceux
qui donnoient ces fortes de
divertissemens. Le premier
Intermedecommençoitpar
le Mystere, quivenoit avec
deux deks.. suivans pour
preparer laFête,&pour
dépayser les curieux qui
voudroient découvrir par
qui elle auroit été donnée.
D'autressuivans du Mystere
venoient le joindre, &
aprés quelques discours&
quelques ceremonies convenables
au sujet, ils formoienctous
ensemble un
divertissement.
Pourrépondre à l'idée
qu'on avoir de rappeller la
simplicité dans les grandes
nuits, Astrée paroissoitavec
deux de les suivantes,
pour donner à la Princesse
unerepresentationdesplaisirs
simples & innocens du
premierâge. PlusieursBergers
, &un grand nombre
de Bergeres formoient ce
divertissement,& par leurs
chansons, aussi bien que
par leurs danses, ils exprimoient
les charmes de ]a
vie champêtre, & ils faisoient
une naïve description
des plaisirs que l'ongoûte
lors qu'on est exempt d'ambition
, & que l'on fuit les
loix de la nature. C'étoit là
le second Intermede de la
Fête de l'inconnu.
Cerés formoit le troisiéme,
& suivie d'un grand
nombre de Laboureurs &
de Moissonneurs, elle venoit
offrir à la Princesse les
premices des fruits &des
moissons.
La Fête qui fut donnée
aprés celle-ci avoit pour
fujer la ceinture de Venus
qui avoit été perduë
,
&
que l'on venoit chercher à
Sceaux. Elle est de la composition
de M. de laMotte;
maiscomme j'en ignore les
circonstances, je n$ peux
en faire ici la description.
C'étoit encore un inconnu
qui donnoit cette Fête.
Un troisiéme inconnu
s'est chargé du dernier de
ces Divertissemens, qui a
précédé de peu de jours le
départ de Son Altesse Serenissime
pour Versailles. Le
sujet de cette Fête étoitsingulier.
C'étoit une de ces
veillées que les paysans &
les paysannes de villages
font pendant les hyvers,
lors qu'ils se rassemblent
pour travailler tous enferra
ble aprés leur souper. Celle-
ci étoit composée des
habitans de Sceaux. Une
vieille nommée Ragonde,
veuve fort riche, aimoit
passionnément un jeune
paysan nommé Colin. Celui
ci ne pouvoit la souffrir
à cause de l'inégalité de
'r¡g.e., & parce qu'il avoit
du goût pour la fille de la
veuve, nommée Colette.
C'est sur cette matiere que
rouloient tous les entretiens
de la veillée. La vieille
amoureusefaisoit tous ses
efforts pour gagner Colin;
ôc voyant qu'il sobftinoit à
la mépriser, elle contoit
une histoire qui tendoit à
lui faire croire qu'elle étoit
sorciere, & que s'il ne l'aimoit
pas, elle sçauroit bien
l'y contraindre par ses malefices.
Colin racontoit une
autre histoire qui tendoit à
lui persuader qu'il ne la
craignoit point. Les autres
paysans interrompoient
cette conversation on dansoit
,
& par là finissoit le
premier Intermede.
-; Le second Intermede étoit
composé de plusieurs
paysansapostez par lavieille,
& déguisez en Lutins,
en Demons & en Sorciers.
Colin trompé par Colette,
qui obeïssoit aux ordres de
sa mere, & aux conseils
d'un autre paysan nommé
Lucas,pour qui cette jeune
paysanne avoit beaucoup
de tendresse
,
donnoit un
rendez-vous à Colin, lui
faisant accroire que c'étoit
àl'insçûdesamere.Colins'y
rendoitavec empressemet;
& dans le moment qu'il
attendoit sa chere Coletre,
tous ces faux Lutins & Demons
effrayoient Colin,
tant par leurs danses que
parleurs chants. Ragonde
le voyant presque mort de;
peur,paroissoit, pour lui
dire qu'elle alloit l'abandonner
à la fureur de ces
Lutins soûmis à ses ordres,
s'il ne promettoit pas de
l'épouser. Colin épouvanté
ne
ne faisoit plus aucune resistance,
&:
faisoit
des sermens
d'épouser Ragonde. La
vieille satisfaite congedioit
les Lutins, les Sorciers ôc
les Demons,&emmenoit
son cher Colin.
Le troisiémeIntermede
étoit la noce de Lucas & de
Colette, & celle de Ragonde
& de Colin. Tout le
villagecelebroitce double
mariage;ôc aprésplusieurs
danses &: plusieurs chansons,
cette ceremonie sinissoit
par uncharivari.
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Résumé : Ebauche de quelques unes des principales Nuits de Sceaux. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs fêtes organisées par des personnalités de la haute société française. La première fête, organisée par Madame la Duchesse du Maine à Sceaux, comportait trois intermèdes. Le premier, 'Les Champs Élysées', montrait le Roi de la Fête consultant les ombres des grands poètes pour honorer la Duchesse. Le deuxième intermède, 'L'Amour blessé par l'Abeille', représentait l'Amour piqué par une abeille, symbolisant la protection de la Duchesse. Le troisième intermède présentait l'Amour et ses frères dans une pièce intitulée 'Les Fêtes nocturnes ou l'Épée enchantée'. Une autre fête, 'La Fête de l'Inconnu', fut organisée par une personne anonyme pour rappeler la simplicité des premières grandes nuits de Sceaux. Elle comprenait trois intermèdes : un mystère préparant la fête, Astrée et ses suivantes illustrant les plaisirs champêtres, et Cérès offrant les prémices des fruits et des moissons à la Princesse. Trois autres fêtes furent organisées en l'honneur d'une princesse. La première voyait Cérès offrir les prémices des fruits et des moissons à la princesse. La deuxième, organisée par M. de la Motte, concernait la recherche de la ceinture de Vénus perdue à Sceaux. La troisième fête, avant le départ de la princesse pour Versailles, représentait une veillée paysanne de Sceaux. Cette veillée mettait en scène Ragonde, une veuve riche, amoureuse de Colin, un jeune paysan préférant Colette, la fille de Ragonde. Avec l'aide de Colette et de Lucas, Ragonde tentait de séduire Colin en utilisant la peur et la sorcellerie. Colin, effrayé par des lutins et des démons, acceptait finalement d'épouser Ragonde. La fête se concluait par un double mariage entre Lucas et Colette, ainsi que Ragonde et Colin, célébré par des danses et des chansons, et se terminait par un charivari.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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338
p. 73-75
« La confusion prodigieuse des memoires qui s'offrent à mes [...] »
Début :
La confusion prodigieuse des memoires qui s'offrent à mes [...]
Mots clefs :
Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La confusion prodigieuse des memoires qui s'offrent à mes [...] »
Laconfusion prodigieuse
des memoires qui s'offrent
à mes yeux me laisse à peine
la liberté de démêler ceux
qui peuvent le mieux aller
aprés ces divertissemens.
Une avanture singuliere,
une histoire bouffonne, une
piece d'éloquence,une dissertarion
physique, des
morts, des Benefices, des
Enigmes, des Chansons,
des Vers, des Lettres ôc
des Nouvelles me tombent
indifferemment fous la
main,sauf à moy maintenant
à examiner si la lecture
de ces choses peut vous
amuser. PPourlmoy je le croy ; jugez à vôtre tour,
Messieurs, si vous devez le
croire aussi.
La police
des memoires qui s'offrent
à mes yeux me laisse à peine
la liberté de démêler ceux
qui peuvent le mieux aller
aprés ces divertissemens.
Une avanture singuliere,
une histoire bouffonne, une
piece d'éloquence,une dissertarion
physique, des
morts, des Benefices, des
Enigmes, des Chansons,
des Vers, des Lettres ôc
des Nouvelles me tombent
indifferemment fous la
main,sauf à moy maintenant
à examiner si la lecture
de ces choses peut vous
amuser. PPourlmoy je le croy ; jugez à vôtre tour,
Messieurs, si vous devez le
croire aussi.
La police
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Résumé : « La confusion prodigieuse des memoires qui s'offrent à mes [...] »
L'auteur relate une confusion de souvenirs et d'éléments littéraires variés, incluant aventures, histoires bouffonnes, discours, dissertations, récits de morts, bénéfices, énigmes, chansons, vers, lettres et nouvelles. Il se demande si ces éléments peuvent amuser le lecteur et invite ce dernier à en juger par lui-même. Le texte se conclut par le mot 'police'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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339
p. 75-85
Aventure singuliere. [titre d'après la table]
Début :
La police exacte qui s'observe à Paris est sans contredit [...]
Mots clefs :
Police de Paris, Police, Chevalier, Magistrat, Paris, Prince de Transylvanie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Aventure singuliere. [titre d'après la table]
La police exacte qui s'observe
à Paris est sans contredit
une des plus admirables
choses du monde; les
ordres y sont si bien donnez
& les mesures si bien
prises contre tout ce qui
peut nuire à la furece publique,
qu'on pretend qu'il
est presque impossible que
rien y échape à la precaution
& aux lumieres du Magiftrat
illustre quiest revêtu
presque seul du soin
penible de contenir jour &
nuitunmillion dames dans
un ordre presque toûjours
égal. Cependant, malgré
ses soins & sa vigilance infinis,
il ne laisse peut- erre
pas de s'y passer foliveftfc
bien deschoses(la galanterie
à part) dont le secret
ne fort pas facilement des
mains de ceux qui en font
les auteurs. En voici une
preuve.
M. le Chevalier de P.
sortant il y a environ quinze
jours, entre les dis pu
onze heures du soir, de'
chez le Prince de Transylvanie
,
dont chacun sçait
que la maison cita present
la première & laplusnoble
academie (le' jeu qui (oft
dans le ROYJUIlle) fut embrassé
brusquement par
quatre hommes déguisez,
jetté dans un carosse, promené
une bonne heure
dans les ruës de Paris, 5c
deposé enfindansunemaifOD).
QÙ d'abord on lemena a
la cave )
où on le laissa faire
d'assez tristesreflexions juc.-
qu'au lendemain matin.
Ses guides masquez furent
à la pointe du jour lui
rendre visite
, non pour lui
demander comment il avoit
passé la nuit, ni pour
le consoler de la mauvaise
avanture quilui étoit arrivée
la veille, mais pour l'exhorter
à la mert. Un d'eux
prie la parole, & lui dit:
Dans l'extremitéoùvôtre
imprudéce vous jette,Monsieur,
il ne vous reste plus
d'autre parti à prendre que
celui de mourir. Examinezvous,&
disposez-vous au
plus grand voyageque vous
puissiez faire.L'hommeque
vous avez offensé doit venir
incessamment vous arracher
la vie; si en attendant
vous avez besoin de
quelque chose, on va vous
apporter à boire ôc à manger.
Le Chevalier, qui est
homme d'honneur,&: qu'il
en faut croire sur sa parole,
assure que, quoique nature
pâtît beaucoup en lui, il ne
reçut pas trop mal ce compliment,
& qu'il répondit à
ces Meilleurs qu'ilétoitresolu
à la mort, puis qu'ils
l'avoient condamnéàmourir,
qu'au reste il étoit sûr
qu'il n'avoir ni querelles
J ni procès, ni affaires de
coeur, niintrigues de jeu
qui pussent luisusciter aucup
ennemi dans le monde;
que cependant il y avoit
long-temps qu'il n'avait
rien pris, & qu'ils lui feroiéc
plaisir de lui donner quelque
chose à manger. Ce
qu'onfit sur le champ. La
compagnie alors le quitta.
Vers le milieu de la nuit
suivante, il entendit ouvrir
avec grand bruit les portes
de la cave où il ccoic. Je
vous -
laisse à penser s'ilfc
crut prés de saderniere
heure, lors qu'il vit à la faveur
des lumieres les quatresatellites
s'approcher de
lui, & le livrer en même
temps à la fureur d'un autre
homme qu'il n'avoit point
encore vû. Cet homme tenoità
sa main une epéenue:
mais il fut bien étonné, lors
qu'au lieu de la sentir employer
à l'usageauquel illa
croyoit destinée, il entendit
celuiqu'il prenoit déjà pour
son bourreau dire aux autres
acteurs de la tragedie :
(
Quel homme m'avez-vous
amenéici,Meiffeurs?&d'où
vient cette mépri[c?Nevous
avois- je pas assez bien fait
son portrait ? Et toy, maraud,
dit-il à un d'entr'eux,
ne m'as,tu pas assuré que
tu le connoissois ? Allez,
vous êtes des faquins, re.
menez-moy feulement cet
homme dans la ville, Se
gardez-vous de lui faire aucun
tort.
Ilstirerent aussîtôt le pauvre
Chevalier de son cachot;
ils lui banderent les
yeux,ils le jetterent dans
le carosse de celui qui venoit
de leur parler avec
tant d'autorité
; & après un
grand nombre de tours &
de détours, ils le mirent enfin
au milieu du boulevard
de la porte Montmartre
où , avant de le quitter, ils
lui firent ce dernier compliment:
Vous sçavez,Monsieur,
que nous ne vous avons
rien pris de vôrre argent
, ni de vosnipes, &
mêmenousn'en voulons
rien; voici vôtre canne ôc
vôtreépée que nous mettons
à vos pieds: mais ne
soyez pas assez imprudent
pour vous débander les
yeux d'un bon quart d'heurc.
Nous allons rester deux
auprès de vous a vous examiner
, & prêts a vous tuer
si ce malheur vous arrive.
Le Chevalier qui venoit
de l'echaper si belle, leur
jura qu'il se garderoit bien
d'avoir envie de voir clair,
malgré eux. Il leur tint parole
; ils se retirèrent : il
rentra dans la ville, & le
lendemain J au plus tard, il
conta son histoire à tout le
monde. Je l'ai fçûc de la
premiere main, & je vous
la donne de lamienne,telle
qu'on me l'a donnée.
à Paris est sans contredit
une des plus admirables
choses du monde; les
ordres y sont si bien donnez
& les mesures si bien
prises contre tout ce qui
peut nuire à la furece publique,
qu'on pretend qu'il
est presque impossible que
rien y échape à la precaution
& aux lumieres du Magiftrat
illustre quiest revêtu
presque seul du soin
penible de contenir jour &
nuitunmillion dames dans
un ordre presque toûjours
égal. Cependant, malgré
ses soins & sa vigilance infinis,
il ne laisse peut- erre
pas de s'y passer foliveftfc
bien deschoses(la galanterie
à part) dont le secret
ne fort pas facilement des
mains de ceux qui en font
les auteurs. En voici une
preuve.
M. le Chevalier de P.
sortant il y a environ quinze
jours, entre les dis pu
onze heures du soir, de'
chez le Prince de Transylvanie
,
dont chacun sçait
que la maison cita present
la première & laplusnoble
academie (le' jeu qui (oft
dans le ROYJUIlle) fut embrassé
brusquement par
quatre hommes déguisez,
jetté dans un carosse, promené
une bonne heure
dans les ruës de Paris, 5c
deposé enfindansunemaifOD).
QÙ d'abord on lemena a
la cave )
où on le laissa faire
d'assez tristesreflexions juc.-
qu'au lendemain matin.
Ses guides masquez furent
à la pointe du jour lui
rendre visite
, non pour lui
demander comment il avoit
passé la nuit, ni pour
le consoler de la mauvaise
avanture quilui étoit arrivée
la veille, mais pour l'exhorter
à la mert. Un d'eux
prie la parole, & lui dit:
Dans l'extremitéoùvôtre
imprudéce vous jette,Monsieur,
il ne vous reste plus
d'autre parti à prendre que
celui de mourir. Examinezvous,&
disposez-vous au
plus grand voyageque vous
puissiez faire.L'hommeque
vous avez offensé doit venir
incessamment vous arracher
la vie; si en attendant
vous avez besoin de
quelque chose, on va vous
apporter à boire ôc à manger.
Le Chevalier, qui est
homme d'honneur,&: qu'il
en faut croire sur sa parole,
assure que, quoique nature
pâtît beaucoup en lui, il ne
reçut pas trop mal ce compliment,
& qu'il répondit à
ces Meilleurs qu'ilétoitresolu
à la mort, puis qu'ils
l'avoient condamnéàmourir,
qu'au reste il étoit sûr
qu'il n'avoir ni querelles
J ni procès, ni affaires de
coeur, niintrigues de jeu
qui pussent luisusciter aucup
ennemi dans le monde;
que cependant il y avoit
long-temps qu'il n'avait
rien pris, & qu'ils lui feroiéc
plaisir de lui donner quelque
chose à manger. Ce
qu'onfit sur le champ. La
compagnie alors le quitta.
Vers le milieu de la nuit
suivante, il entendit ouvrir
avec grand bruit les portes
de la cave où il ccoic. Je
vous -
laisse à penser s'ilfc
crut prés de saderniere
heure, lors qu'il vit à la faveur
des lumieres les quatresatellites
s'approcher de
lui, & le livrer en même
temps à la fureur d'un autre
homme qu'il n'avoit point
encore vû. Cet homme tenoità
sa main une epéenue:
mais il fut bien étonné, lors
qu'au lieu de la sentir employer
à l'usageauquel illa
croyoit destinée, il entendit
celuiqu'il prenoit déjà pour
son bourreau dire aux autres
acteurs de la tragedie :
(
Quel homme m'avez-vous
amenéici,Meiffeurs?&d'où
vient cette mépri[c?Nevous
avois- je pas assez bien fait
son portrait ? Et toy, maraud,
dit-il à un d'entr'eux,
ne m'as,tu pas assuré que
tu le connoissois ? Allez,
vous êtes des faquins, re.
menez-moy feulement cet
homme dans la ville, Se
gardez-vous de lui faire aucun
tort.
Ilstirerent aussîtôt le pauvre
Chevalier de son cachot;
ils lui banderent les
yeux,ils le jetterent dans
le carosse de celui qui venoit
de leur parler avec
tant d'autorité
; & après un
grand nombre de tours &
de détours, ils le mirent enfin
au milieu du boulevard
de la porte Montmartre
où , avant de le quitter, ils
lui firent ce dernier compliment:
Vous sçavez,Monsieur,
que nous ne vous avons
rien pris de vôrre argent
, ni de vosnipes, &
mêmenousn'en voulons
rien; voici vôtre canne ôc
vôtreépée que nous mettons
à vos pieds: mais ne
soyez pas assez imprudent
pour vous débander les
yeux d'un bon quart d'heurc.
Nous allons rester deux
auprès de vous a vous examiner
, & prêts a vous tuer
si ce malheur vous arrive.
Le Chevalier qui venoit
de l'echaper si belle, leur
jura qu'il se garderoit bien
d'avoir envie de voir clair,
malgré eux. Il leur tint parole
; ils se retirèrent : il
rentra dans la ville, & le
lendemain J au plus tard, il
conta son histoire à tout le
monde. Je l'ai fçûc de la
premiere main, & je vous
la donne de lamienne,telle
qu'on me l'a donnée.
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Résumé : Aventure singuliere. [titre d'après la table]
Le texte relate l'enlèvement du Chevalier de P. à Paris, malgré la surveillance de la police. L'incident se produit alors que le Chevalier quitte la résidence du Prince de Transylvanie. Quatre individus déguisés l'enlèvent et le conduisent dans une cave. On lui annonce qu'il sera exécuté en raison de ses imprudences. Le Chevalier, affirmant ne pas avoir d'ennemis, demande à manger. Pendant la nuit, un homme armé d'une épée pénètre dans la cave. Après avoir réprimandé ses complices, il décide de libérer le Chevalier. Ce dernier est ensuite ramené à Paris, où on lui restitue ses effets personnels. Dès le lendemain, il raconte son aventure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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340
p. 85
« Si la lecture de cette avanture vous afflige, il ne [...] »
Début :
Si la lecture de cette avanture vous afflige, il ne [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Si la lecture de cette avanture vous afflige, il ne [...] »
Si la lecture de cette avanturevous afflige, il ne
tient qu'à vous, Messieurs,
de vous dédommager par lalecture de celle qui la
suit.
tient qu'à vous, Messieurs,
de vous dédommager par lalecture de celle qui la
suit.
Fermer
341
p. 85-92
Histoire boufonne. [titre d'après la table]
Début :
Le trait est nouveau, il est ancien, il y a plus d'un [...]
Mots clefs :
Cocher, Maître, Médecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire boufonne. [titre d'après la table]
Le trait est nouveau ilest ancien, il , y aplus d'un
an que vous l'avez entendu
conter, ou vous ne le
sçavez pas encore;tout cela
peut être,&n'être pasaussi.
Pour moy ,qui ignore presque
tout ce qui s'est fait&
dit depuis dix ans à Paris,
je vous assure que je ne le
sçai que d'hier au soir, ôc
que j'aiappris, comme une
chose nouvelle & fort réjoüissante,
que le cocher de
M. Elvetius, fameux Medecin
Hollandois, ennuyé
depuis long-temps de sa
condicion,& las de panser
ses chevaux & de mener
son maître, lui dir un beau
jour, d'un air suffisant &
plein de confiance, qu'il
étoit resolu de le quitter,
qu'il vouloir faire une fin ,
en un mot prendre un parti.
M.Elvetiusétonné de la
proposition de son cocher
dont il étoit content, lui
demanda quelle raison le
portoit à lui tenirce langage,
& quel parri il vouloir
prendre. Ecoutez mon defsein,
Monsieur, lui dit-il.
Il y a, comme vous sçavez,
tant d'années que je fuis à
vôtre service, que j'ai foin
de vos chevaux,que je fais
vos commissions chez vos
malades, que je porte &
rapporte vos ordonnances
de chez l'Apoticaire
,
&
que je vous entends parler
Medecine, que j'en ai retenu,
outre presque tous les
termes dont vous vous servez,
l'usage des remedes
que vous employez contre
un grand nombre de maladies
; enfin je croy en
avoir assez appris pour pouvoir
m'ériger en Médecin
à montour. Vraiment,mon
ami, lui dit M. Elvenus,
tu as raison, si ce que tu
me dis est vrai. Vous pouvez,
Monsieur,reprit-il,
me mettre q, l'épreuve. Je
le veux, lui répliqua (on
maître, & demain nous en
essayerons:cependantjete
prie
prie pour aujourd'hui de
me mener à l'ordinaire.
Dans la journée M. EL
vetius alla voir deux de ses
amis à qui il conta la i.
sion de son cocher, & convint
avec eux d'un expedient
singulier pour le faire
rentrer dans son bon sens.
Je vous lamenerai demain,
dit-il à l'un& à l'autre i reC.
tez au lit jusqu'à ce que
nous arrivions, & ayez le
foinde faire mettre de la
marmelade dans un bassin;
sur-toutne m'attrapez pas.
J'y goûteraiJe raisonnerai
sur lamatiere à ma fantaisie
, & je la ferai jetter sur
le champ. Pour mon cocher,
que je vous enverrai
après demain, & qui ne
manquera pas de vouloir
faire ce qu'il m'aura vu faire,
vous lui donnerez à
goûter de ce qu'il vous
plaira
Lelendemain M. Elvetius
mene son cocher chez
ses amis, il le leur presente
comme un éleve qui pro.
mettoit de se distinguer un
jour dans la profession, ôc
fait enfin gravement ôc
sans peril, tout ce qu'illeur
avoit dit la veille. Ji\:
Le jqur suivant il le leur
envoye à sa place: mais le
pauvre diable n'eut pas entame
la visite&le bassin,
qu'il se hâta d'aller dans
l'antichambre rendre juiqu'au
fang les menus suffrages
de ion coup d'essai,
en jurant à chaque hoquet
contre son maitre,qu'il donna
cent fois au diable. Il
retourne cependant au logis;
& reprend tranquiler.
ment, avec le foin de son
écurie, la fonquenille &
lalivrée qu'il porte.
an que vous l'avez entendu
conter, ou vous ne le
sçavez pas encore;tout cela
peut être,&n'être pasaussi.
Pour moy ,qui ignore presque
tout ce qui s'est fait&
dit depuis dix ans à Paris,
je vous assure que je ne le
sçai que d'hier au soir, ôc
que j'aiappris, comme une
chose nouvelle & fort réjoüissante,
que le cocher de
M. Elvetius, fameux Medecin
Hollandois, ennuyé
depuis long-temps de sa
condicion,& las de panser
ses chevaux & de mener
son maître, lui dir un beau
jour, d'un air suffisant &
plein de confiance, qu'il
étoit resolu de le quitter,
qu'il vouloir faire une fin ,
en un mot prendre un parti.
M.Elvetiusétonné de la
proposition de son cocher
dont il étoit content, lui
demanda quelle raison le
portoit à lui tenirce langage,
& quel parri il vouloir
prendre. Ecoutez mon defsein,
Monsieur, lui dit-il.
Il y a, comme vous sçavez,
tant d'années que je fuis à
vôtre service, que j'ai foin
de vos chevaux,que je fais
vos commissions chez vos
malades, que je porte &
rapporte vos ordonnances
de chez l'Apoticaire
,
&
que je vous entends parler
Medecine, que j'en ai retenu,
outre presque tous les
termes dont vous vous servez,
l'usage des remedes
que vous employez contre
un grand nombre de maladies
; enfin je croy en
avoir assez appris pour pouvoir
m'ériger en Médecin
à montour. Vraiment,mon
ami, lui dit M. Elvenus,
tu as raison, si ce que tu
me dis est vrai. Vous pouvez,
Monsieur,reprit-il,
me mettre q, l'épreuve. Je
le veux, lui répliqua (on
maître, & demain nous en
essayerons:cependantjete
prie
prie pour aujourd'hui de
me mener à l'ordinaire.
Dans la journée M. EL
vetius alla voir deux de ses
amis à qui il conta la i.
sion de son cocher, & convint
avec eux d'un expedient
singulier pour le faire
rentrer dans son bon sens.
Je vous lamenerai demain,
dit-il à l'un& à l'autre i reC.
tez au lit jusqu'à ce que
nous arrivions, & ayez le
foinde faire mettre de la
marmelade dans un bassin;
sur-toutne m'attrapez pas.
J'y goûteraiJe raisonnerai
sur lamatiere à ma fantaisie
, & je la ferai jetter sur
le champ. Pour mon cocher,
que je vous enverrai
après demain, & qui ne
manquera pas de vouloir
faire ce qu'il m'aura vu faire,
vous lui donnerez à
goûter de ce qu'il vous
plaira
Lelendemain M. Elvetius
mene son cocher chez
ses amis, il le leur presente
comme un éleve qui pro.
mettoit de se distinguer un
jour dans la profession, ôc
fait enfin gravement ôc
sans peril, tout ce qu'illeur
avoit dit la veille. Ji\:
Le jqur suivant il le leur
envoye à sa place: mais le
pauvre diable n'eut pas entame
la visite&le bassin,
qu'il se hâta d'aller dans
l'antichambre rendre juiqu'au
fang les menus suffrages
de ion coup d'essai,
en jurant à chaque hoquet
contre son maitre,qu'il donna
cent fois au diable. Il
retourne cependant au logis;
& reprend tranquiler.
ment, avec le foin de son
écurie, la fonquenille &
lalivrée qu'il porte.
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Résumé : Histoire boufonne. [titre d'après la table]
Un cocher au service de M. Elvetius, un médecin hollandais réputé, décide de quitter son emploi pour devenir médecin. Il affirme avoir acquis des connaissances médicales en observant et aidant M. Elvetius. Ce dernier, intrigué, organise une mise en scène avec deux amis pour dissuader le cocher. Ils simulent des maladies et lui donnent un bassin contenant de la marmelade, prétendant qu'il s'agit d'un remède. Le cocher, dégoûté, comprend son erreur et renonce à son projet de devenir médecin, retournant à son poste de cocher.
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342
p. 92
« Aprés les bagatelles que vous venez de lire, je croy [...] »
Début :
Aprés les bagatelles que vous venez de lire, je croy [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Aprés les bagatelles que vous venez de lire, je croy [...] »
Aprés les bagatelles que
vous venez de lire, je croy
qu'il cit à propos de rendre
ce Journal un peu plus serieux.
Une querelle entre
des sçavans ne convient pas
mal pour cela, & voici justement
un reproche qu'un
très-habile homme de ce
pays-ci fait à M. D. L. 5.
qui a une assez belle reputation
dans sa Province,
; pour yrepondre s'il est
d'humeur à le faire.
vous venez de lire, je croy
qu'il cit à propos de rendre
ce Journal un peu plus serieux.
Une querelle entre
des sçavans ne convient pas
mal pour cela, & voici justement
un reproche qu'un
très-habile homme de ce
pays-ci fait à M. D. L. 5.
qui a une assez belle reputation
dans sa Province,
; pour yrepondre s'il est
d'humeur à le faire.
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343
p. 92-94
Réponse à la Critique d'un Distique de Santeüil qui a paru dans le Mercure de Septembre. [titre d'après la table]
Début :
Dans le Mercure de Septembre M. D. L. S. a fort [...]
Mots clefs :
Poète, Portrait du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse à la Critique d'un Distique de Santeüil qui a paru dans le Mercure de Septembre. [titre d'après la table]
Dans le Mercure de Septembre
M. D. L. 5. a fort
bien critiqué le vicit & le
consisas de l'hexametre du
Distique qui est nlis[ous
le Portrait du Roy,à cause
de l'impropriété& du barbarisme
de ces mots mais
je m'étonnequ'iln'aie rien
repris dans le pentametre,
qui est encore plusvicieux,
parce qu'il est sans cesure,
& qu'il y manque une longue,
à cause de l'ecthlipsis
quis'y rencontre. D'ailleurs
qu'il n'ait pas jugé que ces
vers ne pouvoient pasêtre
deSanteüil, mais de quelque
Poëte dupays du Nord,
qui sçait malles réglés de liPoësie Latine, & scande
les pentametres par des anapestes.
Pour rendre sa pensée
toute entiere, il faloit
donc dire;
Stravit inaccessisstructas in
ntPibusarCsS ;
Quiàni ? hic per Rhenum fie
fibifecit iter.
Sic, àcause du fort de
Tholhuys, duqm uel le canon
faisoit grand feu, comme
de la forteresse qui est dans
l'estampe en eloignement.
M. D. L. 5. a fort
bien critiqué le vicit & le
consisas de l'hexametre du
Distique qui est nlis[ous
le Portrait du Roy,à cause
de l'impropriété& du barbarisme
de ces mots mais
je m'étonnequ'iln'aie rien
repris dans le pentametre,
qui est encore plusvicieux,
parce qu'il est sans cesure,
& qu'il y manque une longue,
à cause de l'ecthlipsis
quis'y rencontre. D'ailleurs
qu'il n'ait pas jugé que ces
vers ne pouvoient pasêtre
deSanteüil, mais de quelque
Poëte dupays du Nord,
qui sçait malles réglés de liPoësie Latine, & scande
les pentametres par des anapestes.
Pour rendre sa pensée
toute entiere, il faloit
donc dire;
Stravit inaccessisstructas in
ntPibusarCsS ;
Quiàni ? hic per Rhenum fie
fibifecit iter.
Sic, àcause du fort de
Tholhuys, duqm uel le canon
faisoit grand feu, comme
de la forteresse qui est dans
l'estampe en eloignement.
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Résumé : Réponse à la Critique d'un Distique de Santeüil qui a paru dans le Mercure de Septembre. [titre d'après la table]
Le texte critique le poème 'Portrait du Roy' pour ses fautes métriques et stylistiques. L'auteur reproche à M. D. L. de ne pas avoir signalé les défauts du pentamètre, comme l'absence de césure et de syllabe longue due à une ecthlipsis. Il suggère que l'auteur pourrait être un poète du Nord ignorant les règles latines. Une version corrigée des vers est proposée, en référence au fort de Tholhuys et à une estampe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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344
p. 95
« Ceci n'a rien de commun avec ce que vous venez de [...] »
Début :
Ceci n'a rien de commun avec ce que vous venez de [...]
Mots clefs :
Transition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ceci n'a rien de commun avec ce que vous venez de [...] »
Ceci n'a rien de commun
avec ce que vous venez de
lire; la matiere d'ailleurs
en est si respectable, qu'elle
n'entre en parallele avec
rien. Ce qui m'embarasse
feulement, c'est qu'elleme
paroît si difficile à annoncer
,que je me trouve obligé
de vous laisser le foin de
ma transition; C'est la faute
de ceux qui me l'ont envoyé1
e que n y mettoientils
un titre.
avec ce que vous venez de
lire; la matiere d'ailleurs
en est si respectable, qu'elle
n'entre en parallele avec
rien. Ce qui m'embarasse
feulement, c'est qu'elleme
paroît si difficile à annoncer
,que je me trouve obligé
de vous laisser le foin de
ma transition; C'est la faute
de ceux qui me l'ont envoyé1
e que n y mettoientils
un titre.
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345
p. 95-99
Décision de la dispute entre les Chanoines de la Cathedrale d'Amiens & les Religieux de l'Abbaye de S. Acheul. [titre d'après la table]
Début :
La dispute entre les Chanoines de la Cathedrale d'Amiens [...]
Mots clefs :
Chanoines, Chanoines de la Cathédrale d'Amiens, Religieux, Religieux de l'abbaye de Saint-Acheul, Église, Cathédrale d'Amiens, Abbaye de Saint-Acheul, Dispute
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texteReconnaissance textuelle : Décision de la dispute entre les Chanoines de la Cathedrale d'Amiens & les Religieux de l'Abbaye de S. Acheul. [titre d'après la table]
La dispute entre les Chanoines
de la Cathédrale
d'Amiens & les Religieux
de l'Abbaye de S. Acheal;
touchant le corps de Saint
Firmin leConfesseur,vient
enfin d'être terminée dune
manière bien glorieuse
pour M.l'Abbé de l'Estocq,
Chanoine, Théologal, &
grand Vicaire de Monseigneur
l'Evêque d'Amiens,
qui a fait voir avec beaucoup
de solidité & de précision,
dans deux ouvrages
qu'il a donnez là-dessus au
public, le bon droit de son
Eglise. Le ic. du present
mois.,la châsse de saint Firmin
le Consesseur,troisiéme
me Evêqued'Amiens, &;
dont estquestion depuis
1697. entre le Chapitre 'ci'A:
miens & les Chanoines Réguliers
de S. Acheul, a été,
ouverte. Non feulement on
ya trouvélesreliques de
ce Saint, mais encore raae
le plus autentique que l'on
puisse desirer. Il ne faloit
plus que cette derniere
preuvepour mettre le comble
à la conviaion. Le
Choeur de l'Eglise Cathédrale
s'esttrouvéàcette ouverture
importante rempli
de ce qu'il y a de plus distingué
dans la ville. On a
trouve dans cette châtre des
ossemens entiers de saint
Firmin, & une quantité de
cendres considerable. L'acte
quimarque la translation
de ce Saint dans l'Eglise
d'Amiens, s'y est trouvé
entier avec les sceaux, renfermé
dans une boëte de
bois de hêtre. La justification
de la translation de saint
Firmin
) que M. l'Abbé de
l'Estocq a donnée au Public
l'année derniere 1714.
ne laisse rien à desirer touchant
la certitude de la
translation de ce Saint
dans la Cathédrale d'Amiens.
Les raisons qu'il apporte
dans cet ouvrage font
deduites avec beaucoup de
netteté & de jugement.
C'est une piece excellente
en son genre.
de la Cathédrale
d'Amiens & les Religieux
de l'Abbaye de S. Acheal;
touchant le corps de Saint
Firmin leConfesseur,vient
enfin d'être terminée dune
manière bien glorieuse
pour M.l'Abbé de l'Estocq,
Chanoine, Théologal, &
grand Vicaire de Monseigneur
l'Evêque d'Amiens,
qui a fait voir avec beaucoup
de solidité & de précision,
dans deux ouvrages
qu'il a donnez là-dessus au
public, le bon droit de son
Eglise. Le ic. du present
mois.,la châsse de saint Firmin
le Consesseur,troisiéme
me Evêqued'Amiens, &;
dont estquestion depuis
1697. entre le Chapitre 'ci'A:
miens & les Chanoines Réguliers
de S. Acheul, a été,
ouverte. Non feulement on
ya trouvélesreliques de
ce Saint, mais encore raae
le plus autentique que l'on
puisse desirer. Il ne faloit
plus que cette derniere
preuvepour mettre le comble
à la conviaion. Le
Choeur de l'Eglise Cathédrale
s'esttrouvéàcette ouverture
importante rempli
de ce qu'il y a de plus distingué
dans la ville. On a
trouve dans cette châtre des
ossemens entiers de saint
Firmin, & une quantité de
cendres considerable. L'acte
quimarque la translation
de ce Saint dans l'Eglise
d'Amiens, s'y est trouvé
entier avec les sceaux, renfermé
dans une boëte de
bois de hêtre. La justification
de la translation de saint
Firmin
) que M. l'Abbé de
l'Estocq a donnée au Public
l'année derniere 1714.
ne laisse rien à desirer touchant
la certitude de la
translation de ce Saint
dans la Cathédrale d'Amiens.
Les raisons qu'il apporte
dans cet ouvrage font
deduites avec beaucoup de
netteté & de jugement.
C'est une piece excellente
en son genre.
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Résumé : Décision de la dispute entre les Chanoines de la Cathedrale d'Amiens & les Religieux de l'Abbaye de S. Acheul. [titre d'après la table]
Le texte décrit la résolution d'une dispute entre les Chanoines de la Cathédrale d'Amiens et les Religieux de l'Abbaye de Saint-Acheul au sujet du corps de Saint Firmin le Confesseur. Cette querelle, débutée en 1697, a été tranchée en faveur de l'Église d'Amiens grâce à l'intervention de M. l'Abbé de l'Estocq, Chanoine, Théologal et grand Vicaire de l'Évêque d'Amiens. En mars, la châsse de Saint Firmin, troisième évêque d'Amiens, a été ouverte en présence de notables de la ville. Les reliques du saint y ont été trouvées intactes, accompagnées d'un acte authentique de sa translation vers Amiens, conservé dans une boîte de bois de hêtre. Cet événement a validé les arguments présentés par M. l'Abbé de l'Estocq dans ses écrits, notamment un ouvrage publié en 1714, qui prouvait la légitimité de la présence des reliques à Amiens.
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346
p. 99-103
Nouvelles d'Espagne. / Noms des Seigneurs qui composent l'Academie des beaux Esprits de Castille. [titre d'après la table]
Début :
Passons maintenant, s'il vous plaît, Messieurs, aux nouvelles [...]
Mots clefs :
Espagne, Madrid, Académie des beaux esprits de Castille, Roi d'Espagne, Langue castillane
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne. / Noms des Seigneurs qui composent l'Academie des beaux Esprits de Castille. [titre d'après la table]
Passons maintenant, s'il
vous plaît, Meilleurs, aux
nouvelles generales. Je ne
sçai par quelle raison favorite
je fuis dans l'usage de
commencer par celles d'Espagne.
En attendant que je
vous rende raison de cela,
comme de tous mes caprices,
voici celles quej'ai rCJ
çûës de ce Royaume.
Sa Majesté Catholique,
comme je vous l'ai déjà dit,
a établi une Academiede
beaux esprits à Madrid pour
l'ornement, l'augmentation
& la correction de la Langue
Castillane. Les Membres
de cet illustre Corps,
dont le Roy d'Espagne est
le protecteur, font.
Le Marquis de Villena,
Duc d'Escalonne, premier
Majordome du Roy, Be
Grand d'Espagne) Dirctteur.
D. Vincent de Squarzafigo,
Secretaire.
D. Jean de Terreras,
Curé de Saint André.
D. André de Barzia,Avocat
general du Conseil des
Finances, ôc depuis peu
Conseiller de Castille.
Le R. Pere Jean de Ayalla
, Docteur en Langue Hebreuse
dans l'Université de
Salamanque.
Le Pere Aleazard
,
Jesuite.
Le Pere Cassani, Jesuite.
D. Jean deVillamoros
Prêtre.*
Le Marquis de saint Philippe)
qui a été Envoyé du
Roy à Genes.
D. Gonzales Machado,
President du Conseil des
Indes.
D. Jerôme Pardo, qui a
été du Conseil des Finances
,& à present du Conseil
Royal de Castille.
Le Comte de Salduena.
Le Marquis d'Aguillard,
Comte de Sant Estevan,
Capitaine des Gardes du
Corps, & Grand d'Espagne.
D. Jean de Solis y Avocat.
D. François Villegas)
Avocat.
D. Manuel de Fuentes,
Conseiller des Finances.
vous plaît, Meilleurs, aux
nouvelles generales. Je ne
sçai par quelle raison favorite
je fuis dans l'usage de
commencer par celles d'Espagne.
En attendant que je
vous rende raison de cela,
comme de tous mes caprices,
voici celles quej'ai rCJ
çûës de ce Royaume.
Sa Majesté Catholique,
comme je vous l'ai déjà dit,
a établi une Academiede
beaux esprits à Madrid pour
l'ornement, l'augmentation
& la correction de la Langue
Castillane. Les Membres
de cet illustre Corps,
dont le Roy d'Espagne est
le protecteur, font.
Le Marquis de Villena,
Duc d'Escalonne, premier
Majordome du Roy, Be
Grand d'Espagne) Dirctteur.
D. Vincent de Squarzafigo,
Secretaire.
D. Jean de Terreras,
Curé de Saint André.
D. André de Barzia,Avocat
general du Conseil des
Finances, ôc depuis peu
Conseiller de Castille.
Le R. Pere Jean de Ayalla
, Docteur en Langue Hebreuse
dans l'Université de
Salamanque.
Le Pere Aleazard
,
Jesuite.
Le Pere Cassani, Jesuite.
D. Jean deVillamoros
Prêtre.*
Le Marquis de saint Philippe)
qui a été Envoyé du
Roy à Genes.
D. Gonzales Machado,
President du Conseil des
Indes.
D. Jerôme Pardo, qui a
été du Conseil des Finances
,& à present du Conseil
Royal de Castille.
Le Comte de Salduena.
Le Marquis d'Aguillard,
Comte de Sant Estevan,
Capitaine des Gardes du
Corps, & Grand d'Espagne.
D. Jean de Solis y Avocat.
D. François Villegas)
Avocat.
D. Manuel de Fuentes,
Conseiller des Finances.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne. / Noms des Seigneurs qui composent l'Academie des beaux Esprits de Castille. [titre d'après la table]
Le texte relate des nouvelles générales concernant l'Espagne. Sa Majesté Catholique a établi une Académie des beaux esprits à Madrid pour embellir, enrichir et corriger la langue castillane. Cette institution est sous la protection du roi d'Espagne et dirigée par plusieurs personnalités éminentes. Parmi elles, on trouve le Marquis de Villena, Duc d'Escalonne, premier Majordome du Roi et Directeur. D'autres membres notables incluent D. Vincent de Squarzafigo, Secrétaire, D. Jean de Terreras, Curé de Saint André, et D. André de Barzia, Avocat général du Conseil des Finances. L'Académie compte également le Père Jean de Ayalla, Docteur en Langue Hébraïque, ainsi que des Jésuites tels que le Père Aleazard et le Père Cassani. Le texte mentionne également des figures politiques et religieuses importantes, comme le Marquis de Saint Philippe, D. Gonzales Machado, Président du Conseil des Indes, et le Comte de Salduena.
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347
p. 103-107
Noms des Presidens & Officiers des Finances d'Espagne. [titre d'après la table]
Début :
Les bontez de Sa Majesté Catholique, toûjours attentive à tout [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne, Avocats, Conseillers, Marquis, Finances, Présidents des finances d'Espagne, Officiers des finances d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms des Presidens & Officiers des Finances d'Espagne. [titre d'après la table]
Les bontez de Sa Majesté
Catholique,toujours at.
tentive à tout ce qui peut
contribuer au repos, au
profit & à l'instruction de
ses sujets, n'éclatent pas
feulement dans le choix
qu'Elle fait d'hommes il.
lustres & sçavans pour conserver
la pureté, ôc augmenter,
s'il est possible,les
beautez d'une des principales
& des plus énergi
ques Langues de l'Europe,
telle quel'est la LangueEspagnole
:maisencoredans
les soins qu'Elle prend de
choisir des sujets dignes tk
capables d'administrer avec
toute l'intégrité qu'ils lui
doivent les finances de ses
Royaumes.
Ceux qu'Elle a preposez
à cette administration, sont.
Presidens de Caflille. -
D. Michel François Guerra.
Le Marquis d'Arenda.
D. François Portel.
D. Sebastien Romero.
D. Manuel de Azevedo.
Avocats Generaux.
D. Juan Rozillo.
D. François de Harriara.
Nouveaux Conseillers de Cc
tille.
D. Alphonse Castellanos.
D. Pedre Gomez de la Cava.
D. André Gonzales de Bar-
Zia.*
D. François Ycolano.
D. Jerôme Pardo.
Ajjejjeurs d'Etat.
D. Garcia de Haraziel.
Le Marquis de Handia.
Ajjejjcur Militaire.
Le Comte de Valdé de Aguilao.
Nouveaux Presidens des Finances.
D. François Rimol Qui-»
ro ga.
D. Balchazard de Hazevedo.
Avocats Généraux des Fi.
nances.
D. Manuel de Tolede.
D. François de Hetera.
Avocats Generaux du Conseil
des Indes.
D. François la Chica.
D. Diegue Valdez.
L'on a ordonné à D. François
de Harana, & à D. Pedro
de la Grava, tous deux
Conseillers de Castille, de
• ne point paroître à la Junte
jusqu'à nouvel ordre.
Catholique,toujours at.
tentive à tout ce qui peut
contribuer au repos, au
profit & à l'instruction de
ses sujets, n'éclatent pas
feulement dans le choix
qu'Elle fait d'hommes il.
lustres & sçavans pour conserver
la pureté, ôc augmenter,
s'il est possible,les
beautez d'une des principales
& des plus énergi
ques Langues de l'Europe,
telle quel'est la LangueEspagnole
:maisencoredans
les soins qu'Elle prend de
choisir des sujets dignes tk
capables d'administrer avec
toute l'intégrité qu'ils lui
doivent les finances de ses
Royaumes.
Ceux qu'Elle a preposez
à cette administration, sont.
Presidens de Caflille. -
D. Michel François Guerra.
Le Marquis d'Arenda.
D. François Portel.
D. Sebastien Romero.
D. Manuel de Azevedo.
Avocats Generaux.
D. Juan Rozillo.
D. François de Harriara.
Nouveaux Conseillers de Cc
tille.
D. Alphonse Castellanos.
D. Pedre Gomez de la Cava.
D. André Gonzales de Bar-
Zia.*
D. François Ycolano.
D. Jerôme Pardo.
Ajjejjeurs d'Etat.
D. Garcia de Haraziel.
Le Marquis de Handia.
Ajjejjcur Militaire.
Le Comte de Valdé de Aguilao.
Nouveaux Presidens des Finances.
D. François Rimol Qui-»
ro ga.
D. Balchazard de Hazevedo.
Avocats Généraux des Fi.
nances.
D. Manuel de Tolede.
D. François de Hetera.
Avocats Generaux du Conseil
des Indes.
D. François la Chica.
D. Diegue Valdez.
L'on a ordonné à D. François
de Harana, & à D. Pedro
de la Grava, tous deux
Conseillers de Castille, de
• ne point paroître à la Junte
jusqu'à nouvel ordre.
Fermer
Résumé : Noms des Presidens & Officiers des Finances d'Espagne. [titre d'après la table]
Le texte souligne les initiatives de Sa Majesté Catholique pour le bien-être, le profit et l'instruction de ses sujets. Cette attention se traduit par la sélection d'hommes illustres et savants pour préserver et enrichir la langue espagnole, reconnue comme l'une des principales et plus énergiques langues d'Europe. De plus, Sa Majesté s'assure de choisir des individus dignes et capables pour gérer avec intégrité les finances de ses royaumes. Plusieurs personnalités sont nommées à divers postes administratifs et judiciaires, tels que Présidents de Castille, Avocats Généraux, Conseillers de Castille, Ajjejjeurs d'État, Ajjejjcurs Militaires, Présidents des Finances, et Avocats Généraux des Finances et du Conseil des Indes. Parmi ces noms figurent D. Michel François Guerra, le Marquis d'Arenda, D. François Portel, et d'autres. Enfin, il est précisé que D. François de Harana et D. Pedro de la Grava, Conseillers de Castille, ont reçu l'ordre de ne pas se présenter à la Junte jusqu'à nouvel ordre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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348
p. 107-120
Copie du Decret rendu le 8. Decembre dernier, pour l'établissement d'un Conseil pour l'administration des Finances.
Début :
Sa Majesté Catholique a ajoûté à cette nomination / Puis qu'enfin nous avons obtenu la paix, nous avons [...]
Mots clefs :
Administration des finances d'Espagne, Finances d'Espagne, Espagne, Conseil, Décret, Droits, Rentes, Fraudes, Officiers, Revenus, Royaumes
349
p. 121-138
Suite du Voyage de la Reine d'Espagne jusqu'à son arrivé à Madrid. [titre d'après la table]
Début :
Reprenons maintenant, s'il vous plaît, Messieurs, la suite du [...]
Mots clefs :
Reine d'Espagne, Voyage, Madrid, Roi, Prince, Princesse, Palais, Sa Majesté, Officiers, Feu d'artifice, Dames, Carosses, Évêque, Balcons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite du Voyage de la Reine d'Espagne jusqu'à son arrivé à Madrid. [titre d'après la table]
Reprenons maintenant,
s'il vous plaît, Messieurs -
la suite du , voyage de la
Reine d'Espagne, que nous
laissâmes le mois passé à
Bayonne ,
d'où elle partit
le 4. pour se rendre à saint
Jean pied- de- port, où Son
Excellence M. le Prince de
Castiglionne
,
Viceroy de
Pampelune fut au devant
d'elle.
Sa Majesté y arriva le
soir du 4, s'y reposa un jour,
& ensuite continua [on
voyage à Roncevaux, ou
, elle arriva à neufheures du
soir, se plaisant beaucoupà
voyager de nuit & aux
flambeaux. Elle a eu heureusement
une huitaine de
jours de printemps. Le Prince
de Castiglionne, le Marquis
de sensaCruz,Majordome
Major, eurent l'honneur
de l'escorter avec toute
la Noblesse de Navarre,
qui avoit été au devant de
Sa Majesté jusqu'aux confins
du Royaume. Aprés
l'avoir laissée un peu reposer,
on fit la fonction de
prendre possession de sa
Personne Royale, & de la
faire servir par les Officiers
que le Roy lui avoit envoyez.
Ensuite M. de Medina-
Celi lui presenta le joyau de
la part du Roy; & M.de
Castiglionne s'étant mis à
genoux, lui presenta le bâton
de commandement,
en lui disant qu'il n'en avoit
aucun où étoit Sa Majesté,
& qu'il la supplioit d'ordonner
ce quelle avoit agréable
qu'ilfît pour son fervice.
Sa Majesté lereçut,
le tint un moment, & lui
dit cet mots que j'entendis
distinctement en Italien:
Le Roy, Monseigneur, a rendu
justiceàvôtre mérité;connoissant
votre fidelité pour son
service, & ce quevous avez
souffertàceJujet,son autorité
ne peut être en de meilleures
mains,&je ne puis rien faire
qui luisoitplus agreable,que de
vous la remettre toute entiere.
Son Excellence, un genou
en terre, reprit le bâton
& le baisant, dit à la.
Reine, qu'il lui rendoit tréshumbles
graces de l'honneur
que Sa Majesté lui faisoit,
qu'il n'étoit né que
pour mourir & sacrifier sa
vie pour le Roy & pour elle.
Le lendemain la Reine
continua si marche à Subiry.
C'est un Palais magnifique
qui est au Lieutenant
de Roy de Pampelune. Sa
Majesté y reposa à merveille
: mais presque toute sa
fuite dormit sur de la paille.
Son Excellence eut le même
sort que moy ,
& nous
ne nous deshabillâmes pas.
Le lendemain elle prit le
chemin dePampelune. Le
Conseil Royal l'attendoit
aux Capucins, qui n'en est
qu'à une trés petite distance.
Aprés lui avoir rendu
l'hommage&baisé la main,
elle passa outre par un chemin
qui la conduisit à la
Tacconnoire, pour entrer
par la grande porte, qui
répond à la rue principale,
qui étoit toute illuminée,
avec des arcs de triomphe
trés-magnifiques; & dans
cette ruë, & toutes les autres
par où Sa Majesté devoit
passer, les balcons étoient
remplis des Dames
de la Ville & de la Province,
qui s'étoient trouvées à
Pampelune pour cette entrée.
Quoy qu'elle Ce Se de
nuit, il sembloit que ce fût
en plein jour, par la quantité
innombrable d'illuminations.
Les salves d'artillerie
de lacitadelle, lamousqueterie
de toute la garnison
dans tous les postes,
l'acclamation des peuples
crians
,
Viva Dona Isabella
Farnesioviva : tout cela ne
cessa point,& la Reine en
tra dans son Palais avec ce
grand fracas, dont s'étant
un peu reposée, elle passa
dans une gallerie qui répond
sur la cour du Chl.
teau, où il y avoir un trèsbeau
feu d'artifice. Tous les
Gardes du Corps nouvellement
vêtus, qui avoient
é1térpresens à sron entrée au
Palais
, avec tous les Offiiers
de la garni£àn richement
vécus, ne quitterent
point la place tant que ta
Reine assista à ce feu, qui
dura une grosse demi-heure
; à quoy elle parut prendre
beaucoup de plaisir.
Ensuite elle fut se reposer,
& le lendemain il y
eut une trés belle mascarade
acheval, qui mit pied
à terre sous les balcons de
la Reine. Ils dévoient faire
un ballet devant Sa Majesté
: maiscomme elle
voulut aller au Te Deum à
l'Eglise Cathedrale, cela
fut differé à une autre heure.
A son retour au Palais,
elle eut la patience de se
laisser baiser la main par
toutes les Dames dela ville,
ensuite par le Conseil, puis
par l'Evêque & tous les
Chanoines, que l'on nommoit
l'un après l'autre par
leurs nom, tous les Superieurs
des Convens, les Officiers
de la garnison, avec
le Gouverneur. Cette fonction
fut assez longue:mais
Sa Majeste n'en parut pas
fatiguée. Le soir un crésbeau
feu d'artifice finit
cette seconds nuit, avec
une mascarade de routes
fortes d'animaux à cheval,
chacun tenant un papier
de musique, escortant un
chariot de triomphe qui
portoit quantité de joüeurs
d'instrumens & de petits
enfans qui chantoienttrésagreablement
les louanges
de la Reine fous ses balcons.
Sa Majesté parut tréssatisfaite
de cette soirée.
Le 15. on la regala d'une
autre mascarade magnifique,
d'un tre's- beau feu
d'artifice, avec une course
de taureaux, que ia Reine
avoit beaucoup d'envie de
voir. Ce sur par où l'on finit
la troisiéme journée.
Le 15. elle partit de Pampelune
,
après avoir renvoyé
la suite qu'elle avoit
amenée de Parme, à la reserve
de la Princesse de
Piombino
-
A son départ l'Evêque
de Pampelune lui presenta
deux mille écus pour les
distribuer aux pauvres. La
Princesse des Ursins étoit
partie le 19. pour aller l'attendre
à Xadraquez. Sur
ces avis le Roy alla le vingtdeux
au foir avec le Prince,
en deux carosses differens,
à Nôtre- Dame d'Atocha.
Le Prince prit les
devans, & ayant mis pied
à terre, il vint ouvrir la portiere
au Roy& après avoir
fait ensemhle leurs prières
dans la tribune, le Prince
alla au Buen-Retire prendre
congé des Infans Don
Philippe & Don Ferdinand
ses freres. Le 13. le Roy ôc
le Prince partirent en deux
carosses separez pour aller
à Alcala, quoique le temps
fût trés-froid& qu'il tombât
une grande abondance
de neige. Le 14. le Roy
partit avec le Prince, & il
entra sur le midià Guada.
laxara,ou la Reine arriva
sur les quatre heures du
soir;&quelque temps aprés,
le Patriarc he des Indes
fit la ceremonie du mariage,
en presence de tous
les Grands d'Espagne qui
s'y étoient rendus. Le Jo5
au foir ils baiserent la main
à la Reine, & ils se rangerent
en deux files, pendant
que les Magistrats de la
ville & d'autres personnes
de diftinaion qui y étoient
accouruës baiserent aussi
la main à Sa Majesté. Le
26. le Roy & la Reine vinrent
à Alcala. Le27. ils arrivèrent
en cetteville,à
travers une grande foule
de carosses & de gens qui
s'étoient avancez sur leur
route, sans qu'il arrivât aucun
desordre, nonobstant
les mauvais chemins & la
grande quantité de neige.
Leurs Majestez entrerent
par la porte d'Alcala, aux
acclamations du peuple,
& allèrent par le Pardo
à Nôtre- Dame d'Atocha,
Où le Te Deum fut chanté
? par la Musique de la Chapelle
,& aprés Elles vinrent
au Palais. Le 28. & le29.le
Roy, la Reine & le Prince
~-allèrent auBuen-Retiro vi-
! siser les deux Infans. Ils y
retournerenr le 30. & en-j
fuite la Reine admit les Dames
de la Cour àlui baiser
la main. Durant ces jourslà
les Conseils
,
les Minie.
tres & les Magiftracs de la
ville lui rendirent les mêmes
devoirs. Hier Leurs
Majestez & le Prince allerent
encore au Buen-Reciro,
& on a fait durant ces
quatre jours des illuminations
par toute la ville. Le
Roy a nommé à l'Archevêché
de Tolede D. Franeifeo
Valero & Lossa,Evêque
de Badajoz. On a appris
que quand la Reine arriva
riva à Xadraquez - elle y
trouva la Princesse des Urfins
qui l'y attendoit. La
Reine entra dans sa chambre,
oùcette Princesse la
suivit, & elle eut un entretien
avec Sa Majesté, après
lequel la Princesse se retira
à son appartement. La Reine
sortit bientôt après, ôc
fit appeller le Lieutenant
general Amezaga, Commandant
des Gardes du
Corps qui l'escortoient
auquel elle donna ordre,
parécrit de faire partir la
Princesse des Ursins avec
deux Officiers & cinquante
gardes, pour la conduire
en France.
s'il vous plaît, Messieurs -
la suite du , voyage de la
Reine d'Espagne, que nous
laissâmes le mois passé à
Bayonne ,
d'où elle partit
le 4. pour se rendre à saint
Jean pied- de- port, où Son
Excellence M. le Prince de
Castiglionne
,
Viceroy de
Pampelune fut au devant
d'elle.
Sa Majesté y arriva le
soir du 4, s'y reposa un jour,
& ensuite continua [on
voyage à Roncevaux, ou
, elle arriva à neufheures du
soir, se plaisant beaucoupà
voyager de nuit & aux
flambeaux. Elle a eu heureusement
une huitaine de
jours de printemps. Le Prince
de Castiglionne, le Marquis
de sensaCruz,Majordome
Major, eurent l'honneur
de l'escorter avec toute
la Noblesse de Navarre,
qui avoit été au devant de
Sa Majesté jusqu'aux confins
du Royaume. Aprés
l'avoir laissée un peu reposer,
on fit la fonction de
prendre possession de sa
Personne Royale, & de la
faire servir par les Officiers
que le Roy lui avoit envoyez.
Ensuite M. de Medina-
Celi lui presenta le joyau de
la part du Roy; & M.de
Castiglionne s'étant mis à
genoux, lui presenta le bâton
de commandement,
en lui disant qu'il n'en avoit
aucun où étoit Sa Majesté,
& qu'il la supplioit d'ordonner
ce quelle avoit agréable
qu'ilfît pour son fervice.
Sa Majesté lereçut,
le tint un moment, & lui
dit cet mots que j'entendis
distinctement en Italien:
Le Roy, Monseigneur, a rendu
justiceàvôtre mérité;connoissant
votre fidelité pour son
service, & ce quevous avez
souffertàceJujet,son autorité
ne peut être en de meilleures
mains,&je ne puis rien faire
qui luisoitplus agreable,que de
vous la remettre toute entiere.
Son Excellence, un genou
en terre, reprit le bâton
& le baisant, dit à la.
Reine, qu'il lui rendoit tréshumbles
graces de l'honneur
que Sa Majesté lui faisoit,
qu'il n'étoit né que
pour mourir & sacrifier sa
vie pour le Roy & pour elle.
Le lendemain la Reine
continua si marche à Subiry.
C'est un Palais magnifique
qui est au Lieutenant
de Roy de Pampelune. Sa
Majesté y reposa à merveille
: mais presque toute sa
fuite dormit sur de la paille.
Son Excellence eut le même
sort que moy ,
& nous
ne nous deshabillâmes pas.
Le lendemain elle prit le
chemin dePampelune. Le
Conseil Royal l'attendoit
aux Capucins, qui n'en est
qu'à une trés petite distance.
Aprés lui avoir rendu
l'hommage&baisé la main,
elle passa outre par un chemin
qui la conduisit à la
Tacconnoire, pour entrer
par la grande porte, qui
répond à la rue principale,
qui étoit toute illuminée,
avec des arcs de triomphe
trés-magnifiques; & dans
cette ruë, & toutes les autres
par où Sa Majesté devoit
passer, les balcons étoient
remplis des Dames
de la Ville & de la Province,
qui s'étoient trouvées à
Pampelune pour cette entrée.
Quoy qu'elle Ce Se de
nuit, il sembloit que ce fût
en plein jour, par la quantité
innombrable d'illuminations.
Les salves d'artillerie
de lacitadelle, lamousqueterie
de toute la garnison
dans tous les postes,
l'acclamation des peuples
crians
,
Viva Dona Isabella
Farnesioviva : tout cela ne
cessa point,& la Reine en
tra dans son Palais avec ce
grand fracas, dont s'étant
un peu reposée, elle passa
dans une gallerie qui répond
sur la cour du Chl.
teau, où il y avoir un trèsbeau
feu d'artifice. Tous les
Gardes du Corps nouvellement
vêtus, qui avoient
é1térpresens à sron entrée au
Palais
, avec tous les Offiiers
de la garni£àn richement
vécus, ne quitterent
point la place tant que ta
Reine assista à ce feu, qui
dura une grosse demi-heure
; à quoy elle parut prendre
beaucoup de plaisir.
Ensuite elle fut se reposer,
& le lendemain il y
eut une trés belle mascarade
acheval, qui mit pied
à terre sous les balcons de
la Reine. Ils dévoient faire
un ballet devant Sa Majesté
: maiscomme elle
voulut aller au Te Deum à
l'Eglise Cathedrale, cela
fut differé à une autre heure.
A son retour au Palais,
elle eut la patience de se
laisser baiser la main par
toutes les Dames dela ville,
ensuite par le Conseil, puis
par l'Evêque & tous les
Chanoines, que l'on nommoit
l'un après l'autre par
leurs nom, tous les Superieurs
des Convens, les Officiers
de la garnison, avec
le Gouverneur. Cette fonction
fut assez longue:mais
Sa Majeste n'en parut pas
fatiguée. Le soir un crésbeau
feu d'artifice finit
cette seconds nuit, avec
une mascarade de routes
fortes d'animaux à cheval,
chacun tenant un papier
de musique, escortant un
chariot de triomphe qui
portoit quantité de joüeurs
d'instrumens & de petits
enfans qui chantoienttrésagreablement
les louanges
de la Reine fous ses balcons.
Sa Majesté parut tréssatisfaite
de cette soirée.
Le 15. on la regala d'une
autre mascarade magnifique,
d'un tre's- beau feu
d'artifice, avec une course
de taureaux, que ia Reine
avoit beaucoup d'envie de
voir. Ce sur par où l'on finit
la troisiéme journée.
Le 15. elle partit de Pampelune
,
après avoir renvoyé
la suite qu'elle avoit
amenée de Parme, à la reserve
de la Princesse de
Piombino
-
A son départ l'Evêque
de Pampelune lui presenta
deux mille écus pour les
distribuer aux pauvres. La
Princesse des Ursins étoit
partie le 19. pour aller l'attendre
à Xadraquez. Sur
ces avis le Roy alla le vingtdeux
au foir avec le Prince,
en deux carosses differens,
à Nôtre- Dame d'Atocha.
Le Prince prit les
devans, & ayant mis pied
à terre, il vint ouvrir la portiere
au Roy& après avoir
fait ensemhle leurs prières
dans la tribune, le Prince
alla au Buen-Retire prendre
congé des Infans Don
Philippe & Don Ferdinand
ses freres. Le 13. le Roy ôc
le Prince partirent en deux
carosses separez pour aller
à Alcala, quoique le temps
fût trés-froid& qu'il tombât
une grande abondance
de neige. Le 14. le Roy
partit avec le Prince, & il
entra sur le midià Guada.
laxara,ou la Reine arriva
sur les quatre heures du
soir;&quelque temps aprés,
le Patriarc he des Indes
fit la ceremonie du mariage,
en presence de tous
les Grands d'Espagne qui
s'y étoient rendus. Le Jo5
au foir ils baiserent la main
à la Reine, & ils se rangerent
en deux files, pendant
que les Magistrats de la
ville & d'autres personnes
de diftinaion qui y étoient
accouruës baiserent aussi
la main à Sa Majesté. Le
26. le Roy & la Reine vinrent
à Alcala. Le27. ils arrivèrent
en cetteville,à
travers une grande foule
de carosses & de gens qui
s'étoient avancez sur leur
route, sans qu'il arrivât aucun
desordre, nonobstant
les mauvais chemins & la
grande quantité de neige.
Leurs Majestez entrerent
par la porte d'Alcala, aux
acclamations du peuple,
& allèrent par le Pardo
à Nôtre- Dame d'Atocha,
Où le Te Deum fut chanté
? par la Musique de la Chapelle
,& aprés Elles vinrent
au Palais. Le 28. & le29.le
Roy, la Reine & le Prince
~-allèrent auBuen-Retiro vi-
! siser les deux Infans. Ils y
retournerenr le 30. & en-j
fuite la Reine admit les Dames
de la Cour àlui baiser
la main. Durant ces jourslà
les Conseils
,
les Minie.
tres & les Magiftracs de la
ville lui rendirent les mêmes
devoirs. Hier Leurs
Majestez & le Prince allerent
encore au Buen-Reciro,
& on a fait durant ces
quatre jours des illuminations
par toute la ville. Le
Roy a nommé à l'Archevêché
de Tolede D. Franeifeo
Valero & Lossa,Evêque
de Badajoz. On a appris
que quand la Reine arriva
riva à Xadraquez - elle y
trouva la Princesse des Urfins
qui l'y attendoit. La
Reine entra dans sa chambre,
oùcette Princesse la
suivit, & elle eut un entretien
avec Sa Majesté, après
lequel la Princesse se retira
à son appartement. La Reine
sortit bientôt après, ôc
fit appeller le Lieutenant
general Amezaga, Commandant
des Gardes du
Corps qui l'escortoient
auquel elle donna ordre,
parécrit de faire partir la
Princesse des Ursins avec
deux Officiers & cinquante
gardes, pour la conduire
en France.
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Résumé : Suite du Voyage de la Reine d'Espagne jusqu'à son arrivé à Madrid. [titre d'après la table]
Le texte décrit le voyage de la Reine d'Espagne depuis Bayonne jusqu'à Madrid, en passant par plusieurs étapes significatives. Le 4, la Reine quitta Bayonne pour Saint-Jean-Pied-de-Port, où elle fut accueillie par le Prince de Castiglione, Viceroy de Pampelune. Elle continua ensuite vers Roncevaux, accompagnée par des dignitaires navarrais. À Roncevaux, elle reçut un joyau du Roi et le bâton de commandement du Prince de Castiglione, qu'elle lui rendit par la suite. La Reine séjourna à Subiry dans un palais somptueux, mais choisit de dormir sur de la paille. Elle arriva à Pampelune le lendemain, où elle fut accueillie par le Conseil Royal et des festivités, incluant des feux d'artifice et une course de taureaux. Le 15, elle quitta Pampelune après avoir distribué des aumônes. En parallèle, le Roi et le Prince se rendirent à Notre-Dame d'Atocha, puis à Alcalá et Guadalajara, malgré des conditions météorologiques difficiles. Le Patriarche des Indes célébra leur mariage en présence des Grands d'Espagne. Le 26, le Roi et la Reine arrivèrent à Alcalá, et le 27, ils entrèrent à Madrid sous les acclamations du peuple. Ils assistèrent au Te Deum à Notre-Dame d'Atocha avant de se rendre au Palais. Les jours suivants, ils visitèrent le Buen Retiro et reçurent les hommages des dignitaires. Le Roi nomma Don Francisco Valero y Losada à l'archevêché de Tolède. À Xadraquez, la Reine rencontra la Princesse des Ursins et ordonna son renvoi en France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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350
p. 138-139
« J'interromps ici le cours des Nouvelles, pour les reprendre [...] »
Début :
J'interromps ici le cours des Nouvelles, pour les reprendre [...]
Mots clefs :
Nouvelles, Jeune homme
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texteReconnaissance textuelle : « J'interromps ici le cours des Nouvelles, pour les reprendre [...] »
J'interromps ici le cours
des Nouvelles, pour les
reprendre dans un autre
endroit, où je croy qu'elles
trouveront mieux leur
place, & je leur substitue
une Ode d'un jeune homme
de quatorze ans, dont
l'esprit promçt beeucoup.
Le fils de M. Chappe, ancien
Payeur des Rentes,
en est l'auteur. Il a reçu
tant d'applaudissemenssur
cet ouvrage, qu'il ya lieu
d'esperes que les suffrages
des honnêtes gens qui l'ont
vû l'encourageront à en
faire de meilleurs, & le
rendront plus correct.
des Nouvelles, pour les
reprendre dans un autre
endroit, où je croy qu'elles
trouveront mieux leur
place, & je leur substitue
une Ode d'un jeune homme
de quatorze ans, dont
l'esprit promçt beeucoup.
Le fils de M. Chappe, ancien
Payeur des Rentes,
en est l'auteur. Il a reçu
tant d'applaudissemenssur
cet ouvrage, qu'il ya lieu
d'esperes que les suffrages
des honnêtes gens qui l'ont
vû l'encourageront à en
faire de meilleurs, & le
rendront plus correct.
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