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3351
p. 1067-1070
LA VIE DE L'HOMME. ODE.
Début :
Ou suis-je ? quelle est la lumiére, [...]
Mots clefs :
Âme, Vol, Vie, Voix, Instant
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texteReconnaissance textuelle : LA VIE DE L'HOMME. ODE.
LA VIE DE L'HOMME.
O
O D E.
U suis-je ? quelle est la lumiére ,
Qui vient frapper mes yeux surpris ?
O ciel ! quelle vaste carriere !
Où vont s'égarer mes esprits !
Quel amas confus de merveilles !
Que de cris frapent mes oreilles !
Quel est ce superbe appareil ?
C'est la vie où tout est mensonge ,
Et qui n'est dans le fond qu'un songe ,
Dont la mort seule est le réveil-
1.Vol. B Ainsi
1068 MERCURE DE FRANCE
Ainsi dans la plus tendre enfance ,
Tout nous ravit , tout nous surprend ;
Ensevelis dans l'ignorance
L'Etre pour nous est le néant,
Une clarté qui luit à peine ,
De notre ame encore incertaine ‚ '
Eclaire les timides pas ;
Mais bien-tôt ce Printemps s'envole ,
Sur l'aîle des Sujets d'Eole ,
Et nous livre à mille combats.
Les passions dans la jeunesse ,
Sont les idoles de nos coeurs ;
Plongés dans leur coupable yvresse ,
Ils n'encensent que leurs erreurs.
Envain la raison se presente ,
Pour sauver notre ame flotante
Sur cette Mer d'égarements ,
Envain elle crie et murmure
La seule voix de la nature ,
?
Regle nos divers mouvements.
M
Dans un écueil non moins à craindre ,
L'âge mur bien- tôt nous conduit ;
Sans cesse nous voulons atteindre ,
Tout ce qui plaît , tout ce qui luit,
1. Vol. Richesse
JUIN
1733. 1069
Richesses , honneurs , rang.suprême ;
Il n'est rien jusqu'au diadême ,
Où nous n'élevions nos projets ,
Ne vivant que dans l'espérance ,
Et méprisant la joüissance ,
De tout ce qui fit nos souhaits .
Mais je vois déja la vieillesse ,
Qui vient arrêter nos désirs ,
Tout la chagrine , tout la blesse ,
Ambition , tendres plaisirs.
Le seul soin d'amasser l'agite
Et telle qu'une Israëlite ,
Elle n'idolâtre que l'or ;
Dans le tems qu'un instant funeste ,
Va lui ravir le triste reste
De sa vie avec son trésor.
Dans peu notre foible machine ,
En proïe à mille maux divers ,
Avant- coureurs de sa ruine ,
Eprouve de nouveaux revers.
Chaque instant enfante un supplice ;
Ce n'est plus que par artifice ,
Qu'existe notre corps perclus ;
Ou notre ame triste , éplorée ,
Aux remords sans cesse livrée ,
I. Vol.
Bij Trem1070
MERCURE DE FRANCE
"
Tremble d'être , et de n'être plus.
諾
De parens un essain avide ,
Noyé dans des pleurs empruntés ,
N'attend que l'instant homicide ,
Pour s'arroger nos facultés .
Une voix de cruel présage ,
Vient nous annoncer le voïage
De la terrible éternité ;
Alors le passé nous dévore ,
Et le présent n'est qu'une aurore ,
Dont l'avenir est sans clarté.
De l'Univers la meurtriere
Enfin se présente à nos yeux ,
Soudain notre foible paupiere ,
Se ferme à son aspect hideux.
Les jours du Berger , du Monarque ,
Pour elle n'ont aucune marque :
Elle, les moissonne sans choix ,
Soumettons - nous à şa puissance ,
Tout ce qui reçoit la naissance ,
Est sujet à ses dures Loix.
Par M. de S. R.
O
O D E.
U suis-je ? quelle est la lumiére ,
Qui vient frapper mes yeux surpris ?
O ciel ! quelle vaste carriere !
Où vont s'égarer mes esprits !
Quel amas confus de merveilles !
Que de cris frapent mes oreilles !
Quel est ce superbe appareil ?
C'est la vie où tout est mensonge ,
Et qui n'est dans le fond qu'un songe ,
Dont la mort seule est le réveil-
1.Vol. B Ainsi
1068 MERCURE DE FRANCE
Ainsi dans la plus tendre enfance ,
Tout nous ravit , tout nous surprend ;
Ensevelis dans l'ignorance
L'Etre pour nous est le néant,
Une clarté qui luit à peine ,
De notre ame encore incertaine ‚ '
Eclaire les timides pas ;
Mais bien-tôt ce Printemps s'envole ,
Sur l'aîle des Sujets d'Eole ,
Et nous livre à mille combats.
Les passions dans la jeunesse ,
Sont les idoles de nos coeurs ;
Plongés dans leur coupable yvresse ,
Ils n'encensent que leurs erreurs.
Envain la raison se presente ,
Pour sauver notre ame flotante
Sur cette Mer d'égarements ,
Envain elle crie et murmure
La seule voix de la nature ,
?
Regle nos divers mouvements.
M
Dans un écueil non moins à craindre ,
L'âge mur bien- tôt nous conduit ;
Sans cesse nous voulons atteindre ,
Tout ce qui plaît , tout ce qui luit,
1. Vol. Richesse
JUIN
1733. 1069
Richesses , honneurs , rang.suprême ;
Il n'est rien jusqu'au diadême ,
Où nous n'élevions nos projets ,
Ne vivant que dans l'espérance ,
Et méprisant la joüissance ,
De tout ce qui fit nos souhaits .
Mais je vois déja la vieillesse ,
Qui vient arrêter nos désirs ,
Tout la chagrine , tout la blesse ,
Ambition , tendres plaisirs.
Le seul soin d'amasser l'agite
Et telle qu'une Israëlite ,
Elle n'idolâtre que l'or ;
Dans le tems qu'un instant funeste ,
Va lui ravir le triste reste
De sa vie avec son trésor.
Dans peu notre foible machine ,
En proïe à mille maux divers ,
Avant- coureurs de sa ruine ,
Eprouve de nouveaux revers.
Chaque instant enfante un supplice ;
Ce n'est plus que par artifice ,
Qu'existe notre corps perclus ;
Ou notre ame triste , éplorée ,
Aux remords sans cesse livrée ,
I. Vol.
Bij Trem1070
MERCURE DE FRANCE
"
Tremble d'être , et de n'être plus.
諾
De parens un essain avide ,
Noyé dans des pleurs empruntés ,
N'attend que l'instant homicide ,
Pour s'arroger nos facultés .
Une voix de cruel présage ,
Vient nous annoncer le voïage
De la terrible éternité ;
Alors le passé nous dévore ,
Et le présent n'est qu'une aurore ,
Dont l'avenir est sans clarté.
De l'Univers la meurtriere
Enfin se présente à nos yeux ,
Soudain notre foible paupiere ,
Se ferme à son aspect hideux.
Les jours du Berger , du Monarque ,
Pour elle n'ont aucune marque :
Elle, les moissonne sans choix ,
Soumettons - nous à şa puissance ,
Tout ce qui reçoit la naissance ,
Est sujet à ses dures Loix.
Par M. de S. R.
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Résumé : LA VIE DE L'HOMME. ODE.
Le texte 'La Vie de l'Homme' explore les diverses phases de l'existence humaine. L'enfance est caractérisée par la surprise et l'émerveillement, mais elle est de courte durée. La jeunesse est dominée par les passions et les erreurs, malgré les tentatives de la raison de guider les individus. À l'âge mur, les aspirations se portent sur les richesses, les honneurs et les plaisirs, mais ces désirs restent insatisfaits. La vieillesse apporte des soucis et des regrets, notamment une avidité pour l'argent. La fin de la vie est marquée par la souffrance et la peur de la mort. Les proches, attirés par l'héritage, attendent impatiemment le décès. La mort, indifférente à la condition sociale, frappe tous les êtres humains, les soumettant à ses lois inévitables.
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3352
p. 1077-[1]078
IMITATION de la Fable Latine qui a pour titre, Caena insperata, inserée dans le Mercure de Novembre.
Début :
Un pecheur sur les bords d'une Rive profonde, [...]
Mots clefs :
Pêcheur, Poisson, Airs
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texteReconnaissance textuelle : IMITATION de la Fable Latine qui a pour titre, Caena insperata, inserée dans le Mercure de Novembre.
IMITATION de la Fable Latinė
qui a pour titre , Cæna insperata , inserée
dans le Mercure de Novembre .
UN pecheur sur les bords d'une Rive profonde
,
Qui dans les eaux à jeun cherchoit un bon repas,
L'autre jour préparoit aux Hahitans de l'Onde ,
Sous des mets imposteurs un funeste trépas ;
Mais en vain ; ce jour - là la Nation muette
I. Vol B vj Voit
7078 MERCURE DE FRANCE
Voit le danger caché sous ces mets délicats ,
Et fait une sage retraite ;
Le Goujon même n'y mord pas.
Que faire ! il se retire , il fuit des bords ingrats ;
Mais vuide à son taudis , tandis qu'il s'achemine ,
Et que d'autres moyens en soi-même il rumine ,
Il entend dans les Airs un terrible fracas .
Une Gruë avoit fait ce qu'il n'avoit pû faire ,
Et sa Troupe comme elle avide et sanguinaire ,
Pour avoir son butin lui livroit cent combats .
Notre Pêcheur alloit à coups de pierre ,
Terminer soudain cette guerre ,
Quand à ses pieds par un merveilleux cas ,
Choit un Poisson , sujet de ses débats.
Fortune , c'est-là ton ouvrage ,
Un Pêcheur , quand tu veux , cherche en vain
dans les Mers ,
Un Poisson que sans peine il trouve dans les Airs.
L'inconstance est ton apanage ,
Et le caprice te conduit ;
Te plairas tu toujours , volage ,
A fuir qui te cherche , à chercher qui te fuit ?
De Montpellier.
qui a pour titre , Cæna insperata , inserée
dans le Mercure de Novembre .
UN pecheur sur les bords d'une Rive profonde
,
Qui dans les eaux à jeun cherchoit un bon repas,
L'autre jour préparoit aux Hahitans de l'Onde ,
Sous des mets imposteurs un funeste trépas ;
Mais en vain ; ce jour - là la Nation muette
I. Vol B vj Voit
7078 MERCURE DE FRANCE
Voit le danger caché sous ces mets délicats ,
Et fait une sage retraite ;
Le Goujon même n'y mord pas.
Que faire ! il se retire , il fuit des bords ingrats ;
Mais vuide à son taudis , tandis qu'il s'achemine ,
Et que d'autres moyens en soi-même il rumine ,
Il entend dans les Airs un terrible fracas .
Une Gruë avoit fait ce qu'il n'avoit pû faire ,
Et sa Troupe comme elle avide et sanguinaire ,
Pour avoir son butin lui livroit cent combats .
Notre Pêcheur alloit à coups de pierre ,
Terminer soudain cette guerre ,
Quand à ses pieds par un merveilleux cas ,
Choit un Poisson , sujet de ses débats.
Fortune , c'est-là ton ouvrage ,
Un Pêcheur , quand tu veux , cherche en vain
dans les Mers ,
Un Poisson que sans peine il trouve dans les Airs.
L'inconstance est ton apanage ,
Et le caprice te conduit ;
Te plairas tu toujours , volage ,
A fuir qui te cherche , à chercher qui te fuit ?
De Montpellier.
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Résumé : IMITATION de la Fable Latine qui a pour titre, Caena insperata, inserée dans le Mercure de Novembre.
Le texte décrit une imitation de la fable latine 'Cæna insperata', publiée dans le Mercure de Novembre. L'histoire suit un pêcheur sur les bords d'une rivière profonde. Ce pêcheur, cherchant un repas, utilise des appâts empoisonnés pour attraper des poissons. Cependant, les poissons reconnaissent le danger et évitent les appâts. Déçu, le pêcheur se retire. En rentrant chez lui, il entend un bruit de combat. Une grue et sa troupe attaquent un poisson, que le pêcheur convoitait. Alors qu'il tente d'intervenir, un poisson tombe miraculeusement à ses pieds. La fable met en lumière l'inconstance de la fortune, qui offre souvent ce que l'on cherche sans effort là où on ne l'attend pas. Le texte se conclut par une réflexion sur l'inconstance et le caprice de la fortune. L'auteur de cette fable est originaire de Montpellier.
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3353
p. 1089-1093
L'AMITIÉ. ODE. A M. Thomazon de Sens.
Début :
Toi, qui prends naissance en nos ames [...]
Mots clefs :
Amitié, Inspire, Coeur, Ciel
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texteReconnaissance textuelle : L'AMITIÉ. ODE. A M. Thomazon de Sens.
L'AMITIE .
O D E.
A M. Thomazon de Sens
Toi , qui prends naissance en nos ames
Par de sympathiques accords ,
Tendre Amitié , tes douces flammes
M'inspirent d'aimables transports .
Tes attraits enchantent ma Muse ,
Ma bouche même se refuse
A d'autre éloge que le tien ;
Oui , sans toi , rien ne m'interesse ;
I. Vol.
Tü
1050 MERCURE DE FRANCE
Tu fais seule mon allegresse ;
Sans toi le reste ne m'est rien.
Enfant , qui te nourris de crimes ,
Garde- toi de suivre mes pas ;
Cherche ailleurs d'illustres Victimes
Que séduisent tes vains appas ;
Vas loin d'ici , Dieu de Cythere
Cacher dans l'ombre du mystere. ,
Tes séductions , tes forfaits ;
Où s'égare en voulant te suivre ,
L'Amitié seule nous fait vivre
Au rang des Mortels satisfaits.
M
La raison en tous lieux la guide ,
Et la sincerité la suit :
Elle arrache au flatçur perfide
Un coeur simple qu'il a séduit.
Souvent sans elle l'innocence
Succomberoit à la licence ,
Que voile un discours enchanteur ;
A l'aide d'un flambeau propice
Elle sauve du précipice
Ceux qu'abuse un calme imposteur.
Elle sçait charmer la tristesse ,
I. Vol.
Ec
J U´I ÑЛ 1733 . 1091
Et rend les plaisirs plus charmants
Une aimable délicatesse
Assaisonne ses agrémens.
Un bon heur que le Ciel m'envoye ,
M'inspire une secrete joye ,
Cher amï, vien la partager ;
Peut-être un revers de fortune
T'attirant ma plainte importune
D'autres soins viendront te charger.
I
3
La foudre gronde sur ma tête ;
Mais je ne crains rien pour mes jours s
Quelqu'un s'expose à la tempête
Pour me donner un prompt secours ;
Je te vois ( ami charitable )
Me tendre une main favorable
Je l'accepte avec devouement ;
Et d'avance mon coeur te jure
Dans une aussi triste avanture
Un aussi grand empressement.
Auteurs des plus cruels suplices,
Tyrans , seriez- vous sans pitié ,
Si vous connoissiez les délices
Que sçait procurer l'amitié :
Au pouvoir que le Ciel vous donne
1. Vol.
52 :
C Lors
10 MERCURE DE FRANCE
}
Lorsque notre corps s'abandonné
Le coeur ne vous est point soumis :
Ah ! voulez- vous sur ces coeurs même
Exercer un pouvoir suprême , modiolad
Faites de nous autant d'amis, 15
L'Amitié sert à tous les âges
Aux personnes de tous états ;
Elle offre de grands avantages
Aux Sujets comme aux Potentats.
Dieux qui réglez les destinées ,
Veuillez abréger mes années ,
Et que votre bras , par pitié
Au coup de la Parque, me livre ,
Si quelque jour il me faut vivre
Sans les douceurs de l'amitié.
1
Ce
Et toi pour qui son feu m'inspire
que tu viens de lire ici ,
Pour celui qui sçut te l'écrire ;
Que l'amitié t'inspire aussi :
En peignant les attraits que j'aime ,
J'en ai copié dans moi- même
Les traits les plus interessants :
Oui , d'une amitié si fidele ,
1.Vol.
JUIN. 1733-
1093
Je n'ai voulu d'autre modele
Que celle
que pour toi je sens.
PESSELIER , de la Ferté
Sous -Jouars.
O D E.
A M. Thomazon de Sens
Toi , qui prends naissance en nos ames
Par de sympathiques accords ,
Tendre Amitié , tes douces flammes
M'inspirent d'aimables transports .
Tes attraits enchantent ma Muse ,
Ma bouche même se refuse
A d'autre éloge que le tien ;
Oui , sans toi , rien ne m'interesse ;
I. Vol.
Tü
1050 MERCURE DE FRANCE
Tu fais seule mon allegresse ;
Sans toi le reste ne m'est rien.
Enfant , qui te nourris de crimes ,
Garde- toi de suivre mes pas ;
Cherche ailleurs d'illustres Victimes
Que séduisent tes vains appas ;
Vas loin d'ici , Dieu de Cythere
Cacher dans l'ombre du mystere. ,
Tes séductions , tes forfaits ;
Où s'égare en voulant te suivre ,
L'Amitié seule nous fait vivre
Au rang des Mortels satisfaits.
M
La raison en tous lieux la guide ,
Et la sincerité la suit :
Elle arrache au flatçur perfide
Un coeur simple qu'il a séduit.
Souvent sans elle l'innocence
Succomberoit à la licence ,
Que voile un discours enchanteur ;
A l'aide d'un flambeau propice
Elle sauve du précipice
Ceux qu'abuse un calme imposteur.
Elle sçait charmer la tristesse ,
I. Vol.
Ec
J U´I ÑЛ 1733 . 1091
Et rend les plaisirs plus charmants
Une aimable délicatesse
Assaisonne ses agrémens.
Un bon heur que le Ciel m'envoye ,
M'inspire une secrete joye ,
Cher amï, vien la partager ;
Peut-être un revers de fortune
T'attirant ma plainte importune
D'autres soins viendront te charger.
I
3
La foudre gronde sur ma tête ;
Mais je ne crains rien pour mes jours s
Quelqu'un s'expose à la tempête
Pour me donner un prompt secours ;
Je te vois ( ami charitable )
Me tendre une main favorable
Je l'accepte avec devouement ;
Et d'avance mon coeur te jure
Dans une aussi triste avanture
Un aussi grand empressement.
Auteurs des plus cruels suplices,
Tyrans , seriez- vous sans pitié ,
Si vous connoissiez les délices
Que sçait procurer l'amitié :
Au pouvoir que le Ciel vous donne
1. Vol.
52 :
C Lors
10 MERCURE DE FRANCE
}
Lorsque notre corps s'abandonné
Le coeur ne vous est point soumis :
Ah ! voulez- vous sur ces coeurs même
Exercer un pouvoir suprême , modiolad
Faites de nous autant d'amis, 15
L'Amitié sert à tous les âges
Aux personnes de tous états ;
Elle offre de grands avantages
Aux Sujets comme aux Potentats.
Dieux qui réglez les destinées ,
Veuillez abréger mes années ,
Et que votre bras , par pitié
Au coup de la Parque, me livre ,
Si quelque jour il me faut vivre
Sans les douceurs de l'amitié.
1
Ce
Et toi pour qui son feu m'inspire
que tu viens de lire ici ,
Pour celui qui sçut te l'écrire ;
Que l'amitié t'inspire aussi :
En peignant les attraits que j'aime ,
J'en ai copié dans moi- même
Les traits les plus interessants :
Oui , d'une amitié si fidele ,
1.Vol.
JUIN. 1733-
1093
Je n'ai voulu d'autre modele
Que celle
que pour toi je sens.
PESSELIER , de la Ferté
Sous -Jouars.
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Résumé : L'AMITIÉ. ODE. A M. Thomazon de Sens.
Le poème 'L'Amitié' est dédié à M. Thomazon de Sens. L'auteur y exalte l'amitié comme unique source de bonheur et d'intérêt. Il met en garde contre les crimes et les séductions, affirmant que l'amitié est essentielle pour vivre satisfait. Guidée par la raison et la sincérité, elle protège l'innocence et sauve ceux qui sont abusés. L'amitié charme la tristesse et rend les plaisirs plus agréables. L'auteur exprime sa gratitude envers un ami charitable qui l'aide en temps de besoin. Il souhaite que les tyrans connaissent les délices de l'amitié et exercent leur pouvoir pour créer des amis. L'amitié est bénéfique à tous les âges et pour toutes les personnes. L'auteur prie les dieux d'abréger ses jours s'il doit vivre sans amitié. Enfin, il souhaite que l'amitié inspire également le destinataire du poème, en copiant les traits les plus intéressants de cette amitié fidèle.
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3354
p. 1097-1100
MEPRISE DE L'AMOUR, A Mlle de Séricourt.
Début :
Tandis qu'à vos genoux, adorable Sylvie, [...]
Mots clefs :
Amour, Vol, Sylvie, Projets, Amant, Méprise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEPRISE DE L'AMOUR, A Mlle de Séricourt.
MEPRISE DE L'AMOUR ,
T
A Mlle de Séricourt.
1
Andis qu'à vos genour adorable Sylul
vie
J'exprimois les transports de mon coeur amoureux
,
1. Vol. Le C iiij
1098 MERCURE DE FRANCE
Le Dieu de Cithere eut envie
D'être témoin de l'ardeur de mes feux ;
Le voilà donc de la partie
Qui n'auroit crû que j'allois être heureux ?
Mais , helas ! vain espoir d'un - Amant qui se '
flatte ,
Rien ne peut attendrir votre inhumanité ,
L'Amour dont le pouvoir sur les Dieux même
éclate ,
Semble perdre les droits de sa Divinité ,
i Et dès qu'à ma vive tendresse ,
Sa clémence s'interesse ,
Il n'a plus d'autorité .
Lorsque voulant soulager mon martire ,
Par de nouveaux dédains il se voit outrager,
Indigné de vous voir mépriser son Empire ,
Et les doux fers dont il veut vous charger ,
Il prend un trait , bande son arc , et tire
Dans le dessein de se vanger.
Mais c'est en vain , cette fléche incertaine
Qui vous fût destinée , adorable Inhumaine
Nous trompa tous deux tour à tour.
Elle vint me percer d'une atteinte soudaine ,
Et sans servir les projets de l'Amour ,
Ne fit que redoubler ma peine.
De sa méprise interdit et confus ,
Cupidon vers Paphos vole avec diligence ,
1. Vol.
Pour
JUIN. 1733 .
1099
Pour y méditer la vengeance
Des affronts qu'il a reçûs.
L'aimable Reine de Cythere , '
Pour appaiser sa colere ,
Vient en vain le caresser
Dans les Forêts d'Amathonte ,
Il va cacher la honte
De n'avoir pû vous blesser.
C'est là que dans ces lieux consacrez à sa
gloire ,
Il a juré sur ses Autels ,
De remporter sur vous une illustre vice
toire ,
Et d'effacer jusques à la mémoire
De tous vos dédains criminels.
› En vain tâcherez-vous d'éluder sa poursuite
,
L'Amour , belle Sylvie , est plus subtil que
nous ,
Notre résistance l'irrite ,
Ce n'est qu'en se rendant qu'on fléchit son courroux.
Quand il éxige un Sacrifice"
Le coeur le plus cruel devient tendre et sou
mis ,
Et par un bizarre caprice ,
Souvent d'une Lucrece il fait une Laïs.
Sous des images
trompeuses ,
I. Vol. Cv Quand
1100 MERCURE DE FRANCE
Quand il lui plaît , il captive les coeurs ;
On vît jadis des beautez dédaigneuses
Au souverain des Dieux refuser leurs faveurs
;
Mais quittant de son rang les marques précieuses
>
Sous les formes les plus hideuses,
Le même Jupiter , fléchissoit leurs rigueurs.
Prévenés , belle Sylvie ,
Tous les projets de l'Amour ,
Et de sa bizarerie ,
N'attendez pas le retour
Sacrifiés au Dieu qui vous l'ordonne ;
Croyez-en un Ámant qui ressentît ses coups
> Et qui pour prix du conseil qu'il vous donne ,
N'aspire qu'au plaisir de le suivre avec vous.
Par René Soumard des Forges.
T
A Mlle de Séricourt.
1
Andis qu'à vos genour adorable Sylul
vie
J'exprimois les transports de mon coeur amoureux
,
1. Vol. Le C iiij
1098 MERCURE DE FRANCE
Le Dieu de Cithere eut envie
D'être témoin de l'ardeur de mes feux ;
Le voilà donc de la partie
Qui n'auroit crû que j'allois être heureux ?
Mais , helas ! vain espoir d'un - Amant qui se '
flatte ,
Rien ne peut attendrir votre inhumanité ,
L'Amour dont le pouvoir sur les Dieux même
éclate ,
Semble perdre les droits de sa Divinité ,
i Et dès qu'à ma vive tendresse ,
Sa clémence s'interesse ,
Il n'a plus d'autorité .
Lorsque voulant soulager mon martire ,
Par de nouveaux dédains il se voit outrager,
Indigné de vous voir mépriser son Empire ,
Et les doux fers dont il veut vous charger ,
Il prend un trait , bande son arc , et tire
Dans le dessein de se vanger.
Mais c'est en vain , cette fléche incertaine
Qui vous fût destinée , adorable Inhumaine
Nous trompa tous deux tour à tour.
Elle vint me percer d'une atteinte soudaine ,
Et sans servir les projets de l'Amour ,
Ne fit que redoubler ma peine.
De sa méprise interdit et confus ,
Cupidon vers Paphos vole avec diligence ,
1. Vol.
Pour
JUIN. 1733 .
1099
Pour y méditer la vengeance
Des affronts qu'il a reçûs.
L'aimable Reine de Cythere , '
Pour appaiser sa colere ,
Vient en vain le caresser
Dans les Forêts d'Amathonte ,
Il va cacher la honte
De n'avoir pû vous blesser.
C'est là que dans ces lieux consacrez à sa
gloire ,
Il a juré sur ses Autels ,
De remporter sur vous une illustre vice
toire ,
Et d'effacer jusques à la mémoire
De tous vos dédains criminels.
› En vain tâcherez-vous d'éluder sa poursuite
,
L'Amour , belle Sylvie , est plus subtil que
nous ,
Notre résistance l'irrite ,
Ce n'est qu'en se rendant qu'on fléchit son courroux.
Quand il éxige un Sacrifice"
Le coeur le plus cruel devient tendre et sou
mis ,
Et par un bizarre caprice ,
Souvent d'une Lucrece il fait une Laïs.
Sous des images
trompeuses ,
I. Vol. Cv Quand
1100 MERCURE DE FRANCE
Quand il lui plaît , il captive les coeurs ;
On vît jadis des beautez dédaigneuses
Au souverain des Dieux refuser leurs faveurs
;
Mais quittant de son rang les marques précieuses
>
Sous les formes les plus hideuses,
Le même Jupiter , fléchissoit leurs rigueurs.
Prévenés , belle Sylvie ,
Tous les projets de l'Amour ,
Et de sa bizarerie ,
N'attendez pas le retour
Sacrifiés au Dieu qui vous l'ordonne ;
Croyez-en un Ámant qui ressentît ses coups
> Et qui pour prix du conseil qu'il vous donne ,
N'aspire qu'au plaisir de le suivre avec vous.
Par René Soumard des Forges.
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Résumé : MEPRISE DE L'AMOUR, A Mlle de Séricourt.
Le poème est adressé à Mlle de Séricourt, surnommée Sylvie. Le narrateur y exprime son amour ardent et décrit une intervention du dieu de l'Amour, Cupidon. Ce dernier, témoin de la passion du narrateur, tente de toucher le cœur de Sylvie mais échoue. La flèche destinée à Sylvie blesse accidentellement le narrateur, augmentant sa souffrance. Humilié, Cupidon se retire à Paphos pour méditer sa vengeance. La déesse Vénus tente en vain de le consoler. Cupidon jure de triompher des dédains de Sylvie et de la soumettre à son pouvoir. Le narrateur avertit Sylvie que l'Amour est implacable et que la résistance ne fait qu'accroître sa détermination. Il cite des exemples mythologiques où des femmes résistantes ont fini par céder à l'Amour. Le narrateur conseille à Sylvie de se rendre à l'Amour pour éviter sa colère et exprime son désir de partager ce destin avec elle.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3355
p. 1125-1131
LE MÉPRIS DES RICHESSES. ODE. Qui a remporté le premier Prix à l'Académie des Jeux Floraux. Par M. Rainaud, de l'Oratoire, Préfet du College de Soissons.
Début :
Plutus, qui de nos coeurs avides, [...]
Mots clefs :
Plutus, Vol, Coeur, Coeurs, Désirs, Richesses, Plaisirs, Bonheur, Luxe, Académie des Jeux floraux
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texteReconnaissance textuelle : LE MÉPRIS DES RICHESSES. ODE. Qui a remporté le premier Prix à l'Académie des Jeux Floraux. Par M. Rainaud, de l'Oratoire, Préfet du College de Soissons.
E MEPRIS DES RICHESSES.
ODE.
Qui a remporté le premier Prix à
l'Académie des Jeux Floraux .
Par M. Rainaud , de l'Oratoire , Préfet du
College de Soissons.
PLutus , qui de nos coeurs avides ;
Bannis les innocens plaisirs ,
I. Vol.
Dvj Jusqu'à
1126 MERCURE DE FRANCE
Jusqu'à quand tes trésors perfides ,
Irriteront- ils nos désirs ?
Jusqu'à quand irons-nous , par d'aveugles ma
ximes ,
D'un Encens criminel et du sang des Victimes >
Offrir l'hommage à tes Autels ?
Tes funestes présents, enfantent nos miséres ,
Et qui sçait mépriser ces biens imaginaires ,
Est le plus riche des Mortels..
C'est en vain que
粥
de l'Opulence ,
'Adorant l'Eclat suborneur ,
Dans le luxe et dans l'abondance ,
On met le suprême bonheur.
Contemplons ce Crésus , pour qui les Arts s'épuisent
,
Pour qui la Terre et l'Onde à l'envi reprodui—
sent ,
Tout ce qui peut combler ses voeux ;
Dans le sein des plaisirs qu'enfante la molesse ,
Ce superbe mortel , aux yeux de la sagesse,
N'est qu'un illustre malheureux.
Quels traits à ma vûë il décéle !
Des besoins , toujours renaissans ;
J'apperçois la Troupe cruelle,
1. Vol. Qui
JUIN. 1733. 11-27
Qui le rend Esclave des sens.
Que de pâles soucis ! que de mortelles® craintes !
Sous ses lambris dorez , j'entends les tristes plaintes
;
C'est peu , quel spectacle nouveau !
Implacable Vautour , dans sa tristesse extrême ,
Son coeur qui se déchire , est toujours de luimême
,
Et la Victime et le Bourrean.
Doux repos que l'homme désire ,
Heureuse Paix , charme des coeurs r
Tu n'établis pas ton Empire ,
Dans les fastueuses grandeurs.
Loin des Palais pompeux , que le Luxe envi
ronne ,
De ceux que nos respects accablent sur le Thrône
,
Tu fuis la haute Majesté ;
Et des coeurs sans désirs , délicieux partage ;
Tu vas sous l'humble toît , habité par le Sage
Assurer sa félicité.
諾
Là , des Trésors , à qui tout céde ,
II dédaigne les vains appas ;
Trop content de ce qu'il possede',
Il méprise ce qu'il n'a pas..
I. Vol A
T128 MERCURE DE FRANCE
1
A l'envie , aux soupçons toujours inacsessible ,
L'inquiete Avarice , à son bonheur paisible ;
Ne vient jamais mêler l'ennui ;
Soleil , tu ne vois rien , dont son coeur soit
avide ;
Trop heureux ! il jouit d'un trésor plus solide ,
Qu'il porte toujours avec lui.
Fidelle aux Loix de la nature ,
Et Souverain de ses désirs ,
Sans soins , sans trouble , sans murmure ,
Il goute de parfaits plaisirs.
Envain sur l'Ocean , s'élevent les Tempêtes ;
Les Foudres menaçans , qui grondent sur nos
têtes
,
Ne l'arrachent point au sommeil ;
Tranquille , il ne va point , affrontant les maufrages
,
De leurs riches métaux , dépoüiller des rivages,
Eclairez d'un autre Soleil.
粥
Aveugle et bizare * Déesse ,
Qui regles le sort des humains ,
Dont les Autels fument sans cesse ;
De l'encens que t'offrent leurs mains ,
Tes éclatans revers signalant ta puissance ,
* La Fortune.
1. Vel. Ne
JUIN . 1733 .
1129
Ne sçauroient de son ame , ébranler la constance
Il brave leurs vaines rigueurs ,
Que pourroit contre lui ton courroux infléxible
Tu ne fais qu'affermir son courage invincible ,
En multipliant ses malheurs
Mais Dieux ! quel spectacle m'étonne !
L'Orage fond sur ses Moissons ,
L'Air s'embraze , l'Olympe tonne ,
Les Vents ont forcé leurs prisons.
Des Aquilons fougueux la cohorte effrénée ;
Emporte avec les dons de Cérès consternée ;
Ceux de Pomone et de Bachus .
De regreter ces biens ne peut -il se deffendre ›
Non , non , son coeur tranquille , avoit sçû les
attendre ,
Et tranquile, il les a perdus.
*
Vous qu'une implacable furie ,
Retient sous un joug odieux ,
Ministres de sa barbarie ,;
Brisez ses fers injurieux .
Dans ces frêles trésors , vos cruelles délices ,
Vous trouvez vos tourmens
supplices.
* L'Avarice.
Vous trouvez vos
1. Vol.
Ardens
1130 MERCURE DE FRANCE
Ardens à vous tyranniser ;
Plus heureux , ce * Romain , dont la vertu constante
,
Préfére au vain éclat de l'or qu'on lui présente ,
La gloire de le mépriser.
柒
Heureux le monde en son Enfance ,
Où l'homme , maître de son coeur
Dans la paix et dans l'innocence
Trouvoit un solide bonheur !
y
Pomone , tes présens faisoient sa nourriture ;
Son corps d'un vil feuillage , empruntoit sa pa→
rure "
Modeste ouvrage de ses mains ;
Et toujours affranchi de la sombre tristesse ,
Il goutoit ces vrais biens qu'au sein de la mo→
lesse ,
Regretent encor les humains.
Revivez „ antiques Exemples ,
De l'active frugalité ;
Que nos coeurs ne soient plus les temples
D'une aveugle Divinité.
Etoufons , au mépris de ses vaines largesses ,
Les désirs effrénez , qu'enfantent les Richesses ,
Sources fécondes de nos maux ,
* Curius.
I. Vol. Ec
JUIN. 1733. - 1131
It bornant ces besoins d'où renaissent nos peines
,
Sur les débris du faste et des grandeurs humai
mes ,
Etablissons notre repos,
潞
Quantò quisque sibi plura negaverit ,
A dis plura feret.
រ
Horat. Ode 16. lib. 3 .
ODE.
Qui a remporté le premier Prix à
l'Académie des Jeux Floraux .
Par M. Rainaud , de l'Oratoire , Préfet du
College de Soissons.
PLutus , qui de nos coeurs avides ;
Bannis les innocens plaisirs ,
I. Vol.
Dvj Jusqu'à
1126 MERCURE DE FRANCE
Jusqu'à quand tes trésors perfides ,
Irriteront- ils nos désirs ?
Jusqu'à quand irons-nous , par d'aveugles ma
ximes ,
D'un Encens criminel et du sang des Victimes >
Offrir l'hommage à tes Autels ?
Tes funestes présents, enfantent nos miséres ,
Et qui sçait mépriser ces biens imaginaires ,
Est le plus riche des Mortels..
C'est en vain que
粥
de l'Opulence ,
'Adorant l'Eclat suborneur ,
Dans le luxe et dans l'abondance ,
On met le suprême bonheur.
Contemplons ce Crésus , pour qui les Arts s'épuisent
,
Pour qui la Terre et l'Onde à l'envi reprodui—
sent ,
Tout ce qui peut combler ses voeux ;
Dans le sein des plaisirs qu'enfante la molesse ,
Ce superbe mortel , aux yeux de la sagesse,
N'est qu'un illustre malheureux.
Quels traits à ma vûë il décéle !
Des besoins , toujours renaissans ;
J'apperçois la Troupe cruelle,
1. Vol. Qui
JUIN. 1733. 11-27
Qui le rend Esclave des sens.
Que de pâles soucis ! que de mortelles® craintes !
Sous ses lambris dorez , j'entends les tristes plaintes
;
C'est peu , quel spectacle nouveau !
Implacable Vautour , dans sa tristesse extrême ,
Son coeur qui se déchire , est toujours de luimême
,
Et la Victime et le Bourrean.
Doux repos que l'homme désire ,
Heureuse Paix , charme des coeurs r
Tu n'établis pas ton Empire ,
Dans les fastueuses grandeurs.
Loin des Palais pompeux , que le Luxe envi
ronne ,
De ceux que nos respects accablent sur le Thrône
,
Tu fuis la haute Majesté ;
Et des coeurs sans désirs , délicieux partage ;
Tu vas sous l'humble toît , habité par le Sage
Assurer sa félicité.
諾
Là , des Trésors , à qui tout céde ,
II dédaigne les vains appas ;
Trop content de ce qu'il possede',
Il méprise ce qu'il n'a pas..
I. Vol A
T128 MERCURE DE FRANCE
1
A l'envie , aux soupçons toujours inacsessible ,
L'inquiete Avarice , à son bonheur paisible ;
Ne vient jamais mêler l'ennui ;
Soleil , tu ne vois rien , dont son coeur soit
avide ;
Trop heureux ! il jouit d'un trésor plus solide ,
Qu'il porte toujours avec lui.
Fidelle aux Loix de la nature ,
Et Souverain de ses désirs ,
Sans soins , sans trouble , sans murmure ,
Il goute de parfaits plaisirs.
Envain sur l'Ocean , s'élevent les Tempêtes ;
Les Foudres menaçans , qui grondent sur nos
têtes
,
Ne l'arrachent point au sommeil ;
Tranquille , il ne va point , affrontant les maufrages
,
De leurs riches métaux , dépoüiller des rivages,
Eclairez d'un autre Soleil.
粥
Aveugle et bizare * Déesse ,
Qui regles le sort des humains ,
Dont les Autels fument sans cesse ;
De l'encens que t'offrent leurs mains ,
Tes éclatans revers signalant ta puissance ,
* La Fortune.
1. Vel. Ne
JUIN . 1733 .
1129
Ne sçauroient de son ame , ébranler la constance
Il brave leurs vaines rigueurs ,
Que pourroit contre lui ton courroux infléxible
Tu ne fais qu'affermir son courage invincible ,
En multipliant ses malheurs
Mais Dieux ! quel spectacle m'étonne !
L'Orage fond sur ses Moissons ,
L'Air s'embraze , l'Olympe tonne ,
Les Vents ont forcé leurs prisons.
Des Aquilons fougueux la cohorte effrénée ;
Emporte avec les dons de Cérès consternée ;
Ceux de Pomone et de Bachus .
De regreter ces biens ne peut -il se deffendre ›
Non , non , son coeur tranquille , avoit sçû les
attendre ,
Et tranquile, il les a perdus.
*
Vous qu'une implacable furie ,
Retient sous un joug odieux ,
Ministres de sa barbarie ,;
Brisez ses fers injurieux .
Dans ces frêles trésors , vos cruelles délices ,
Vous trouvez vos tourmens
supplices.
* L'Avarice.
Vous trouvez vos
1. Vol.
Ardens
1130 MERCURE DE FRANCE
Ardens à vous tyranniser ;
Plus heureux , ce * Romain , dont la vertu constante
,
Préfére au vain éclat de l'or qu'on lui présente ,
La gloire de le mépriser.
柒
Heureux le monde en son Enfance ,
Où l'homme , maître de son coeur
Dans la paix et dans l'innocence
Trouvoit un solide bonheur !
y
Pomone , tes présens faisoient sa nourriture ;
Son corps d'un vil feuillage , empruntoit sa pa→
rure "
Modeste ouvrage de ses mains ;
Et toujours affranchi de la sombre tristesse ,
Il goutoit ces vrais biens qu'au sein de la mo→
lesse ,
Regretent encor les humains.
Revivez „ antiques Exemples ,
De l'active frugalité ;
Que nos coeurs ne soient plus les temples
D'une aveugle Divinité.
Etoufons , au mépris de ses vaines largesses ,
Les désirs effrénez , qu'enfantent les Richesses ,
Sources fécondes de nos maux ,
* Curius.
I. Vol. Ec
JUIN. 1733. - 1131
It bornant ces besoins d'où renaissent nos peines
,
Sur les débris du faste et des grandeurs humai
mes ,
Etablissons notre repos,
潞
Quantò quisque sibi plura negaverit ,
A dis plura feret.
រ
Horat. Ode 16. lib. 3 .
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Résumé : LE MÉPRIS DES RICHESSES. ODE. Qui a remporté le premier Prix à l'Académie des Jeux Floraux. Par M. Rainaud, de l'Oratoire, Préfet du College de Soissons.
L'ode 'E Mepris des Richesses' de M. Rainaud, préfet du Collège de Soissons, a remporté le premier prix à l'Académie des Jeux Floraux. Ce texte critique la quête incessante des richesses matérielles, qualifiées de 'trésors perfides' qui irritent les désirs et engendrent des misères. Rainaud dénonce l'adoration de l'opulence et du luxe, illustrée par l'exemple de Crésus, un homme riche mais malheureux, esclave de ses besoins et de ses craintes. Selon l'ode, la véritable richesse réside dans le mépris des biens imaginaires et dans la paix intérieure, loin des fastes et des grandeurs. Le sage, content de ce qu'il possède, est inaccessible aux soucis et aux désirs, et jouit d'une tranquillité inébranlable face aux tempêtes et aux malheurs. L'ode appelle à briser les fers de l'avarice et à revenir à une vie simple et frugale, comme celle des hommes dans leur enfance, où le bonheur était solide et affranchi de la tristesse. Elle conclut par une citation d'Horace, soulignant que celui qui se refuse beaucoup de choses recevra beaucoup des dieux.
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3356
p. 1136
A Mlle de Malcrais de la Vigne, en réplique à son Madrigal, inseré dans le Mercure du Mois de Mars dernier.
Début :
Lorsque tu dis, illustre Amie, [...]
Mots clefs :
Madrigal, Génie, Lauriers
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texteReconnaissance textuelle : A Mlle de Malcrais de la Vigne, en réplique à son Madrigal, inseré dans le Mercure du Mois de Mars dernier.
A Mile de Malcrais de la Vigne , en
réplique à son Madrigal , insere dans le
Mercure du Mois de Mars dernier.
Lorsque tu dis , illustre Amie ,
Que c'est moi qui guidai le premier ton génie
Dans les routes du sacré Mont ,
Tu me rends un honneur dont je ne suis pas
digne ;
Mais ton coeur genereux et ton esprit fécond ,
Ne pouvoient m'éxalter par un trait plus insigne
,
Qu'en , me couvrant ainsi des Lauriers de ton .
front.
réplique à son Madrigal , insere dans le
Mercure du Mois de Mars dernier.
Lorsque tu dis , illustre Amie ,
Que c'est moi qui guidai le premier ton génie
Dans les routes du sacré Mont ,
Tu me rends un honneur dont je ne suis pas
digne ;
Mais ton coeur genereux et ton esprit fécond ,
Ne pouvoient m'éxalter par un trait plus insigne
,
Qu'en , me couvrant ainsi des Lauriers de ton .
front.
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3357
p. 1143-1146
ODE SACRÉE, Sur quelques Versets du Pseaume XXV. v. VI. Lavabo inter innocentes manus meas.
Début :
Vous, à qui la Toute-puissance [...]
Mots clefs :
Autels, Âme, Temple
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texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Sur quelques Versets du Pseaume XXV. v. VI. Lavabo inter innocentes manus meas.
ODE SA CREE,
Sur quelques Versets du Pseaume XXV.
V. VI .
Lavabo inter innocentes manus meas.
Vous Ous , à qui la Toute - puissance
Du vrai , fait sentir les beautéz ,
Esprits , qui maintenant goûtez ,
Les fruits de l'heureuse innocence
Et qui vous éloignez des profanes Humains ,
Au milieu de vous tous j'irai laver mes mains.
'
Et circumdabo altare tuum , Domine.
Je sens ton Esprit qui m'anime ,
Oui , grand Dieu , je veux dans mes Vers,
Chanter l'Auteur de l'Univers ,
Et t'immoler une victime ;
Parmi mes saints transports et mes tendres accents
,
Autour de tes Autels brulera mon encens.
V. VII.
Ut audiam vocem laudis et enarrem universa
mirabilia tua.
C'est pour entendre tes loüanges ,
Que je t'adresse ainsi mes voeux ;
1. Vol. Vien
E )
1144 MERCURE DE FRANCE
"
Vien , Seigneur , seconder mes feux ,
Joins ma voix à celle des Anges ;
De concert avec eux ma bouche publiera ,
Tous tes faits merveilleux ; l'air en retentira.
*. VIII .
Domine dilexi decorem domus tuæ et loum
habitationis gloria tua.
Enfin j'ai trouvé mes délices ,
Dans le séjour de ta Grandeur,
Et de ce céleste bonheur ,
Mon ame a senti les prémices ;
La beauté de ton Temple , et ta brillante Cour
Vont être désormais l'objet de mon amour.
Y. IX.
Neperdas cum impiis Deus animam meam.
Grand Dicu , ne confonds point mon ame,
Avec ces malheureux Mortels ,
Profanateurs de tes Autels ;
Eloigne moi de cette flamme ,
Dont ils seront la proye au jour de ton courroux,
Que tes foudres , Seigneur , ne tombent point
sur nous.
Et cum viris sanguinum vitam meam.
Loin d'ici ces Monstres de rage , ...
Dépouillez de l'humanité ,
Et dont l'avide cruauté ,*
I. Vol.
CherJUIN.
1733. 1145
Cherche le meurtre et le carnage ;
Ah ! ne me plonge point dans la nuit de la mort ,
Sauve moi de l'horreur de partager leur sort.
V. X.
In quorum manibus iniquitates sunt ,
dextera eorum repleta est muneribus.
Comblez des dons de la fortune ,
Quel bruit font- ils dans un Etat ?
Richesses , Dignitez , Eclat ,
Qui plus est , vertu non commune ,
Semblent les illustrer,les mettre au premier rang ;
Leurs sacrileges mains sont encor dans le sang.
V. X I.
Ego autem innocentia mea ingressus sum;
redime me et miserere mei .
>
Mais ma conduite est innocente ;
Que le noir tyran des Enfers ,
Ne me tienne plus dans ses fers ;
Que ta bonté toute- puissante ,
Détourne loin de moi sa domination ;
Rachepte cet objet de ta compassion .
V. XII.
Pes meus stetit in directo , in Ecclesiis
benedicam te Domine.
Dans le chemin de la justice ,
I. Vol. E iiij Ta
146 MERCURE DE FRANCE
Ta grace a raffermi mes pas ;
J'en ai connu les vrais appas ;
Ils mont fait détester le vice ,
De tes divins bienfaits vivement penetré ,
Je benirai ton nom dans ton Temple sacré.
Regnard de Bussieres .
Sur quelques Versets du Pseaume XXV.
V. VI .
Lavabo inter innocentes manus meas.
Vous Ous , à qui la Toute - puissance
Du vrai , fait sentir les beautéz ,
Esprits , qui maintenant goûtez ,
Les fruits de l'heureuse innocence
Et qui vous éloignez des profanes Humains ,
Au milieu de vous tous j'irai laver mes mains.
'
Et circumdabo altare tuum , Domine.
Je sens ton Esprit qui m'anime ,
Oui , grand Dieu , je veux dans mes Vers,
Chanter l'Auteur de l'Univers ,
Et t'immoler une victime ;
Parmi mes saints transports et mes tendres accents
,
Autour de tes Autels brulera mon encens.
V. VII.
Ut audiam vocem laudis et enarrem universa
mirabilia tua.
C'est pour entendre tes loüanges ,
Que je t'adresse ainsi mes voeux ;
1. Vol. Vien
E )
1144 MERCURE DE FRANCE
"
Vien , Seigneur , seconder mes feux ,
Joins ma voix à celle des Anges ;
De concert avec eux ma bouche publiera ,
Tous tes faits merveilleux ; l'air en retentira.
*. VIII .
Domine dilexi decorem domus tuæ et loum
habitationis gloria tua.
Enfin j'ai trouvé mes délices ,
Dans le séjour de ta Grandeur,
Et de ce céleste bonheur ,
Mon ame a senti les prémices ;
La beauté de ton Temple , et ta brillante Cour
Vont être désormais l'objet de mon amour.
Y. IX.
Neperdas cum impiis Deus animam meam.
Grand Dicu , ne confonds point mon ame,
Avec ces malheureux Mortels ,
Profanateurs de tes Autels ;
Eloigne moi de cette flamme ,
Dont ils seront la proye au jour de ton courroux,
Que tes foudres , Seigneur , ne tombent point
sur nous.
Et cum viris sanguinum vitam meam.
Loin d'ici ces Monstres de rage , ...
Dépouillez de l'humanité ,
Et dont l'avide cruauté ,*
I. Vol.
CherJUIN.
1733. 1145
Cherche le meurtre et le carnage ;
Ah ! ne me plonge point dans la nuit de la mort ,
Sauve moi de l'horreur de partager leur sort.
V. X.
In quorum manibus iniquitates sunt ,
dextera eorum repleta est muneribus.
Comblez des dons de la fortune ,
Quel bruit font- ils dans un Etat ?
Richesses , Dignitez , Eclat ,
Qui plus est , vertu non commune ,
Semblent les illustrer,les mettre au premier rang ;
Leurs sacrileges mains sont encor dans le sang.
V. X I.
Ego autem innocentia mea ingressus sum;
redime me et miserere mei .
>
Mais ma conduite est innocente ;
Que le noir tyran des Enfers ,
Ne me tienne plus dans ses fers ;
Que ta bonté toute- puissante ,
Détourne loin de moi sa domination ;
Rachepte cet objet de ta compassion .
V. XII.
Pes meus stetit in directo , in Ecclesiis
benedicam te Domine.
Dans le chemin de la justice ,
I. Vol. E iiij Ta
146 MERCURE DE FRANCE
Ta grace a raffermi mes pas ;
J'en ai connu les vrais appas ;
Ils mont fait détester le vice ,
De tes divins bienfaits vivement penetré ,
Je benirai ton nom dans ton Temple sacré.
Regnard de Bussieres .
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Résumé : ODE SACRÉE, Sur quelques Versets du Pseaume XXV. v. VI. Lavabo inter innocentes manus meas.
Le poème 'ODE SA CREE' s'inspire du Psaume XXV et exprime le désir du poète de purifier son âme et de se rapprocher de Dieu. Il souhaite laver ses mains parmi les innocents et offrir des louanges autour des autels divins. Le poète cherche à entendre et à proclamer les merveilles de Dieu, trouvant ses délices dans le séjour divin. Il implore Dieu de ne pas le confondre avec les impies et les meurtriers, mais de le protéger et de le racheter. Se décrivant comme innocent, il demande à Dieu de le délivrer des tyrans et des injustices. Le poète affirme avoir suivi le chemin de la justice et exprime sa gratitude pour les bienfaits divins, promettant de bénir le nom de Dieu dans son temple.
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3358
p. 1147
ENIGME. SONNET.
Début :
Il n'est presque rien sous les Cieux, [...]
Mots clefs :
Larme
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME. SONNET.
ENIG ME.
SONNET.
L n'est presque rien sous les Cieux ,
Malgré mon titre de foiblesse ,
Plus rempli de force et d'adresse ;
Je suis toujours chere à vos yeux.
Je désarme les furieux.
Quand ce seroit une tigresse ,
J'appaise et touche ma Maîtresse,
Je puis fléchir même les Dieux.
Quelle chose au monde est parfaite ↓
Par malheur une horrible bête ,
Me cause un odieux renom ;
Comme elle me rend inhumaine ,
On n'a pour moi que de la haine ,
Lorsque je parois sous son nom.
Par le sieur de Rocherenb
SONNET.
L n'est presque rien sous les Cieux ,
Malgré mon titre de foiblesse ,
Plus rempli de force et d'adresse ;
Je suis toujours chere à vos yeux.
Je désarme les furieux.
Quand ce seroit une tigresse ,
J'appaise et touche ma Maîtresse,
Je puis fléchir même les Dieux.
Quelle chose au monde est parfaite ↓
Par malheur une horrible bête ,
Me cause un odieux renom ;
Comme elle me rend inhumaine ,
On n'a pour moi que de la haine ,
Lorsque je parois sous son nom.
Par le sieur de Rocherenb
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3359
p. 1147-1148
AUTRE ENIGME.
Début :
Dans le sein même de la France, [...]
Mots clefs :
Rime
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGM E.
DAns le sein même de la France ,
Jadis , dit- on ,je pris naissance ,
Mais à l'aide bien- tôt du celeste flambeau ,
Je choisis un séjour plus noble ,
1
1. Vol. Ev Ce
1148 MERCURE DE FRANCE
Ce fut sur un certain Côteau ,
Qui n'est pas fertile en vignoble ,
Mais ou coule en revanche un rapide Ruisseau ,
Dont l'onde toujours pure et claire ,
Fait plus de mal à maint cerveau ,
Que tous les vins n'en pourroient faire.
Pauvre le plus souvent , mais riche quelquefois ,
Je commande à des gens qui n'ont rien de solide,
Qui malgré le bon sens , me prennent pour leur
guide ,
i..
Et ne respectent que mes loix ;
Pourtant loin de paroître à leurs yeux toute nuë ,
Je me cache en toute saison ,
Et ne me présente à leur vûë ,
Qu'après qu'on m'a souvent immolé la raison.
Contente alors du Sacrifice ,
A leurs desirs je suis propice ;
Mais à toi , lecteur curieux ,
Je viens m'offrir sans artifice ,
Je parois même ici librement à tes yeux.
DAns le sein même de la France ,
Jadis , dit- on ,je pris naissance ,
Mais à l'aide bien- tôt du celeste flambeau ,
Je choisis un séjour plus noble ,
1
1. Vol. Ev Ce
1148 MERCURE DE FRANCE
Ce fut sur un certain Côteau ,
Qui n'est pas fertile en vignoble ,
Mais ou coule en revanche un rapide Ruisseau ,
Dont l'onde toujours pure et claire ,
Fait plus de mal à maint cerveau ,
Que tous les vins n'en pourroient faire.
Pauvre le plus souvent , mais riche quelquefois ,
Je commande à des gens qui n'ont rien de solide,
Qui malgré le bon sens , me prennent pour leur
guide ,
i..
Et ne respectent que mes loix ;
Pourtant loin de paroître à leurs yeux toute nuë ,
Je me cache en toute saison ,
Et ne me présente à leur vûë ,
Qu'après qu'on m'a souvent immolé la raison.
Contente alors du Sacrifice ,
A leurs desirs je suis propice ;
Mais à toi , lecteur curieux ,
Je viens m'offrir sans artifice ,
Je parois même ici librement à tes yeux.
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3360
p. 1148-1150
LOGOGRYPHE.
Début :
Dans mes six pieds je suis le chef-d'oeuvre des Cieux, [...]
Mots clefs :
Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Ans mes six pieds je suis le chef- d'oeuvre
DA des Cieux ,
Dans mes 2. 5 et 3. je suis celui des hommes,
Et lorsque réunis nous sommes ,
I. Vol.
Nous
JUIN. 1149 17330
Nous formons des objets qui charmeroient les
Dieux ;
Mon dernier tiers sert en Musique ,
Mon second ( s'il est renversé )
Est de même nature et de même pratique ,
Et mon premier ( son ordre boulversé )
Est des Saisons la premiere qu'on fête ;
Garde-toi , Lecteur imprudent ,
De lui prêter mon 6. et couronner sa tête ,
Tu nous offrirois une bête ,
Dont le front est trop impudent ;
5. 2 et 3. n'est pas bête moins vile ,
Mais si sa qualité nuit aux champs comme en
Ville ,
Son nom du moins est si gracieux ,
De sa fémelle même on vantè les vifs yeux ,
Joins y pour lors mon 6 au corps de l'homme
utile ,
On sçait que noblèment ,
Elle s'y conserve un azile ;
Mais si ton plaisir , cependant ,
Eroit de lui trancher la tête ,
Remplace lui donc promptement ,
Celle qui de mon tout fait d'abord l'ornement ,
Et que volontiers je te prête ,
Pour en parer ( comme on faisoit jadis )
Ou ton Cabinet ou ta Chambre ;
A mon deuxiéme tiers unis mou dernier membre,
Et crains que l'on ne te ... car souvent on est
pris >
E vi Pour
1150 MERCURE DE FRANCE
Pour un 2. 4. 3. 5. 6.
Qui veut voir femme sans chemise ,
Lecteur en es-tu curieux ?
Prends ma tête et ma queiie et mets 4 entre deux
Elle se présente à ta guise ,
N'abuse pas au moins de ma facilité
A te procurer ma recette ,
Et ne vas pas ainsi par trop
>
de dureté ,
Faire place à mon 5. aux dépens de sa tête ,
Et puis la laisser là !
4. 6. 1. et 3. déja .
Le temps calme change de facé ,
4. 5. 1. et 6. dedans mon flanc sans choix ,
Je porte le destin des Bergers et des Rois ;
Mais enfin , Lecteur , je fais grace
A quelques mots encor qui trouveroient bien
place ,
Si pour vouloir trop m'appuyer ,
Je ne craignois de t'ennuyer.
Ans mes six pieds je suis le chef- d'oeuvre
DA des Cieux ,
Dans mes 2. 5 et 3. je suis celui des hommes,
Et lorsque réunis nous sommes ,
I. Vol.
Nous
JUIN. 1149 17330
Nous formons des objets qui charmeroient les
Dieux ;
Mon dernier tiers sert en Musique ,
Mon second ( s'il est renversé )
Est de même nature et de même pratique ,
Et mon premier ( son ordre boulversé )
Est des Saisons la premiere qu'on fête ;
Garde-toi , Lecteur imprudent ,
De lui prêter mon 6. et couronner sa tête ,
Tu nous offrirois une bête ,
Dont le front est trop impudent ;
5. 2 et 3. n'est pas bête moins vile ,
Mais si sa qualité nuit aux champs comme en
Ville ,
Son nom du moins est si gracieux ,
De sa fémelle même on vantè les vifs yeux ,
Joins y pour lors mon 6 au corps de l'homme
utile ,
On sçait que noblèment ,
Elle s'y conserve un azile ;
Mais si ton plaisir , cependant ,
Eroit de lui trancher la tête ,
Remplace lui donc promptement ,
Celle qui de mon tout fait d'abord l'ornement ,
Et que volontiers je te prête ,
Pour en parer ( comme on faisoit jadis )
Ou ton Cabinet ou ta Chambre ;
A mon deuxiéme tiers unis mou dernier membre,
Et crains que l'on ne te ... car souvent on est
pris >
E vi Pour
1150 MERCURE DE FRANCE
Pour un 2. 4. 3. 5. 6.
Qui veut voir femme sans chemise ,
Lecteur en es-tu curieux ?
Prends ma tête et ma queiie et mets 4 entre deux
Elle se présente à ta guise ,
N'abuse pas au moins de ma facilité
A te procurer ma recette ,
Et ne vas pas ainsi par trop
>
de dureté ,
Faire place à mon 5. aux dépens de sa tête ,
Et puis la laisser là !
4. 6. 1. et 3. déja .
Le temps calme change de facé ,
4. 5. 1. et 6. dedans mon flanc sans choix ,
Je porte le destin des Bergers et des Rois ;
Mais enfin , Lecteur , je fais grace
A quelques mots encor qui trouveroient bien
place ,
Si pour vouloir trop m'appuyer ,
Je ne craignois de t'ennuyer.
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3361
p. 1150-1152
AUTRE.
Début :
Qui pourra faire de mon corps, [...]
Mots clefs :
Charles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Qui pourra
faire de mon corps ,
Une fidelle Anatomie ,
De mes membres épars connoître les rapports ,
Est digne de l'Académie ,
S'il me coupe la tête , il verra dans l'instant ,
Une Cité recommandable ,
Et par l'antiquité du temps ,
I. Vol.
E
JUIN. 1733. 7157
Ét par son climat agréable ;
Mais s'il rejoint má tête au milieu de m
corps ,
Et qu'il en sépare le reste ,
Il voit un composé de roue et de ressorts
Glorieux quelquefois et quelquefois funeste.
Admirez ma diversité ,
S'il prend ma derniere partie ,
Sans faire de cacophonie ,
Et qu'avec la troisiéme il m'ait bien ajusté ;
Pour me rejoindre à la cinquième ,
Conjointement à la sixième ,
Je deviens commode aux festins ,
Utile au Bal, à l'Audiance ,
Et comme piece d'importance ,
On me pare au Palais , et même aux Capucins ,
Mais quelle autre métamorphose !
Si l'Anatomis sçavant ,
Garde mon premier membre
dispose ,
> et du second
En conservant les deux suivans ,
Je strai tout d'un coup ce mot incomparable ,
Qu'un témeraire Auteur a tenté de bannir ,
Et que toujours nos Rois ont voulu retenir ,
Etant de leur vouloir le signe respectable ,
Sous un aspect nouveau , si l'on prétend me voir;
Que mon membre second , sans quitter le troisié.
ne ,
Se joigne étroitement au cinquiéme et sixième ,
1. Vol.
Je
1152 MERCURE DE FRANCE
e présente un objet aux yeux du Spectateur ,
Agréable au vendeur ,
Utile à l'acheteur ,
En un mot aux Mortels devenu nécessaire ,
Depuis qu'ils ont rendu l'aliment mercenaire.
Qu'on retourne ma queue et je suis bien changé ,
Vrai simbole de la sagesse ,
Hélas ! je rappelle sans cesse ,
Comment le Seigneur s'est vangé ,
D'un défaut ou d'une foiblesse ,
Dont le Sexe aujourd'hui n'est pas bien corrigé.
Pour finir cette Anatomie ,
Capable à la fin d'ennuyer ,
Comme un Calcul d'Astronomie ,
Du milieu de mon corps qu'on sépare un quartier
,
Qu'il marche à reculons et rejoigne ma tête ,
Qu'il reprenne la fin , hors le membre dernier ,
On trouvera le nom de l'aimable conquête ,
Que Jacob acheta quatorze ans de travaux ,
Et le Lecteur et moi nous prendrons du repos,
M. Dupin.
Qui pourra
faire de mon corps ,
Une fidelle Anatomie ,
De mes membres épars connoître les rapports ,
Est digne de l'Académie ,
S'il me coupe la tête , il verra dans l'instant ,
Une Cité recommandable ,
Et par l'antiquité du temps ,
I. Vol.
E
JUIN. 1733. 7157
Ét par son climat agréable ;
Mais s'il rejoint má tête au milieu de m
corps ,
Et qu'il en sépare le reste ,
Il voit un composé de roue et de ressorts
Glorieux quelquefois et quelquefois funeste.
Admirez ma diversité ,
S'il prend ma derniere partie ,
Sans faire de cacophonie ,
Et qu'avec la troisiéme il m'ait bien ajusté ;
Pour me rejoindre à la cinquième ,
Conjointement à la sixième ,
Je deviens commode aux festins ,
Utile au Bal, à l'Audiance ,
Et comme piece d'importance ,
On me pare au Palais , et même aux Capucins ,
Mais quelle autre métamorphose !
Si l'Anatomis sçavant ,
Garde mon premier membre
dispose ,
> et du second
En conservant les deux suivans ,
Je strai tout d'un coup ce mot incomparable ,
Qu'un témeraire Auteur a tenté de bannir ,
Et que toujours nos Rois ont voulu retenir ,
Etant de leur vouloir le signe respectable ,
Sous un aspect nouveau , si l'on prétend me voir;
Que mon membre second , sans quitter le troisié.
ne ,
Se joigne étroitement au cinquiéme et sixième ,
1. Vol.
Je
1152 MERCURE DE FRANCE
e présente un objet aux yeux du Spectateur ,
Agréable au vendeur ,
Utile à l'acheteur ,
En un mot aux Mortels devenu nécessaire ,
Depuis qu'ils ont rendu l'aliment mercenaire.
Qu'on retourne ma queue et je suis bien changé ,
Vrai simbole de la sagesse ,
Hélas ! je rappelle sans cesse ,
Comment le Seigneur s'est vangé ,
D'un défaut ou d'une foiblesse ,
Dont le Sexe aujourd'hui n'est pas bien corrigé.
Pour finir cette Anatomie ,
Capable à la fin d'ennuyer ,
Comme un Calcul d'Astronomie ,
Du milieu de mon corps qu'on sépare un quartier
,
Qu'il marche à reculons et rejoigne ma tête ,
Qu'il reprenne la fin , hors le membre dernier ,
On trouvera le nom de l'aimable conquête ,
Que Jacob acheta quatorze ans de travaux ,
Et le Lecteur et moi nous prendrons du repos,
M. Dupin.
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3362
p. 1152-1153
AUTRE.
Début :
Un jour dans le Fleuve du Tage, [...]
Mots clefs :
Orange
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
UN jour dans le Fleuve du Tage ,
Un tendre Amant s'étant plongé ,
Rejeté le long du Rivage,
1. Vol Ex
JUIN.
1153 1733.
En un bel arbre fut changé ;
D'une écorce très fine il vit couvrir ses charmes
Ses beaux cheveux moüillez de larmes ,
Ne furent plus qu'un feuillage nouveau ,
Et les Perles enfin qu'il avala dans l'eau ,
Produisirent les fleurs brillantes ,
Qui vinrent
doyantes.
couronner ses branches ver
Apprends ami Lecteur , que je suis le doux fruit,
Que cet arbre charmant produit ,
La Pomme qui des Dieux alluma la querelle ,
A tes regards seroit moins belle ;
Partage mon nom en deux mots ,
L'un t'offrira cette chimère ,
Que des Phisiciens la troupe mercenaire ,
Cherche en vain dans ses durs travaux ,
Et l'autre une pure substance ,
Eh ! bien pour deviner as-tu trop d'ignorance v
UN jour dans le Fleuve du Tage ,
Un tendre Amant s'étant plongé ,
Rejeté le long du Rivage,
1. Vol Ex
JUIN.
1153 1733.
En un bel arbre fut changé ;
D'une écorce très fine il vit couvrir ses charmes
Ses beaux cheveux moüillez de larmes ,
Ne furent plus qu'un feuillage nouveau ,
Et les Perles enfin qu'il avala dans l'eau ,
Produisirent les fleurs brillantes ,
Qui vinrent
doyantes.
couronner ses branches ver
Apprends ami Lecteur , que je suis le doux fruit,
Que cet arbre charmant produit ,
La Pomme qui des Dieux alluma la querelle ,
A tes regards seroit moins belle ;
Partage mon nom en deux mots ,
L'un t'offrira cette chimère ,
Que des Phisiciens la troupe mercenaire ,
Cherche en vain dans ses durs travaux ,
Et l'autre une pure substance ,
Eh ! bien pour deviner as-tu trop d'ignorance v
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3363
p. 1153
AUTRE.
Début :
J'ay beau faire pour moi parler mon rare prix, [...]
Mots clefs :
Vase
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
' Ay beau faire pour moi parler mon rare prix,
Je déplais si la main met peu d'ordre en ma
marche ,
Ami Lecteur , qu'à rebours je sois pris ,
L'Ecriture offre en moi le fils d'un Patriarche ,
L. H. D.
' Ay beau faire pour moi parler mon rare prix,
Je déplais si la main met peu d'ordre en ma
marche ,
Ami Lecteur , qu'à rebours je sois pris ,
L'Ecriture offre en moi le fils d'un Patriarche ,
L. H. D.
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3364
p. 1257-1262
L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE ODE. Présentée à l'Académie des Jeux Floraux, pour le Prix de cette année 1733. A M. Deslandes, Contrôleur Général de la Marine, à Brest, et de l'Académie Royale des Sciences. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
Début :
Funeste et vaine Astrologie, [...]
Mots clefs :
Vol, Astres, Ciel, Académie des Jeux floraux, Astrologie judiciaire, Deslandes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE ODE. Présentée à l'Académie des Jeux Floraux, pour le Prix de cette année 1733. A M. Deslandes, Contrôleur Général de la Marine, à Brest, et de l'Académie Royale des Sciences. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE
O DE.
Présentée à l'Académie des Jeux Floraux , pour le
Prix de cette année 1733.
A M. Deslandes , Contrôleur Général de la
Marine , à Brest , et de l'Académie Royale
des Sciences. <
Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisie
en Bretagne.
Uneste et vaine Astrologie ,
F
Qui dans les ténébreux replis ,
De ta séduisante Magie ,
Tiens tant de coeurs ensevelis ,
Reste à jamais dans la Chaldée ,
11. Vol. A ij UA
1250 MERCURE DE FRANCE
Une coupable et fausse idée ,
Nous a trop long - temps égarez ;
Ses Peuples qu'à tort on crut sages ,
Rendront bien sans nous leurs hommages ,
Aux Astres par eux adorez.
Monstre à qui fit voir la lumiere ,
L'avide curiosité ,
Tu ne dûs ta grandeur premiere ,
Qu'à l'humaine crédulité.
Tu profitas de nos foiblesses ,
L'appas trompeur de tes promesses ,
Masqua tes mensonges divers :
La peur fit valoir ton audace ,
Et ton Idole prit la place
Du Souverain de l'Univers,
M
Mortels , dont les cervelles folles ;
Changent les Astres en métaux ,
Vous voulez que des noms frivoles ,
Operent nos biens ou nos maux ?
Vous frémissez , Payens impies ,
De voir présider sur nos vies ,
Saturne ou Mars à l'oeil de fer ;
Garans d'une heureuse affluence ,
Pour ceux qu'anima l'influence ,
Deyénus ou de Jupiter ,
11. Voli Yous
JUIN.
1733. 1259
Vous prêtez à tels et tels Astres ,
De bizarres aversions ,
Cruels Messagers des désastres ,
Par leurs tristes conjonctions.
Le Scorpion me pronostique ,
Si dans ma Planette il s'implique
L'Exil , le Désespoir , la Mort ;
Et ma trame est infortunée ,
Si de sa queue empoisonnée ,
Le Dragon infecte mon sort .
Quoi cette Masse étincelante ,
Qui dans l'air roule loin de moi ,
Rendra mon ame chancelante ;
Entre l'espérance et l'effroi ?
Prête à m'en louer , ou m'en plaindre ,
J'aurai la bassesse de craindre ,
Un corps privé de sentiment ,
Qui n'a jamais connu son être ,
Et n'est pas lui- même le Maître ,
De regner sur son mouvement !
M
Croirai -je , étrange extravagance !
Que le Ciel à votre Art soumis ,
Au point qu'il fut à ma naissance ,
Puisse à vos yeux être remis ?
son compas infaillible , Seul de
II. Vol.
Dieu
A iij
260 MERCURE DE FRANCE
Dieu marque du temps insensible ,
Tous les espaces écoulez ,
Eternel Torrent ! cours immense !
Pendant que mon esprit y pense ,
Mille instans se sont envolez.
Si suivant votre absurde fable ;
La même Etoile au même aspect ,
D'un bonheur ou malheur semblable ,
Porte un présage non suspect ;
Pourquoi ne sont- ils pas insignes ,
Tant d'hommes nez sous mêmes signes ,
Que les Rois et les Conquérans ?
Où pourquoi le même naufrage ,
Perd-t-il cent Nochers à tout âge ,
Nez sous des signes differens ?
Celui-là vit et meurt infame ;
Cet autre est porté vers le bien ,
Et l'Astre seul captive une ame ,
Sous ce doux ou fatal lien :
Maudis ton sort , misérable homme ;
Ta liberté n'est qu'un Fantôme ;
N'attends plus rien des Immortels ,
Tes voeux sont désormais stériles ,
Détruits des Temples inutiles ,
Ravage et brûle leurs Autels.
11. Vol. Non
JUIN. 1251
1733.
Non, la ronde et vaste Machine ,
Du seul vrai Dieu connoît les Loix ,
Le Ciel à son aspect s'incline ,
Il parle et tout tremble à sa voix.
Toujours unie à sa justice ,
Sa volonté n'est point complice ,
De l'iniquité des humains ;
Le libre arbitre qu'il leur donne ,
De la honte ou de la couronne ,
Laisse le choix entre leurs mains.
學
Mais par de criminels prestiges ,
N'allons pas , esprits indiscrets ,
Chercher dans les airs les vestiges ,
De ses immuables Décrets .
Auroit-il de sa Providence ,
Fait aux Astres la confidence ?
L'idée en révolte mes sens :
Il créa ces Corps que j'admire ,
Pour éclairer , non pour prédire ,
pour recevoir mon encens. Ni
DESLANDES , mon hardi génie ,
Alla , loin des terrestres Lieux ,
Saisir la force et l'harmonie ,
Du brillant langage des Dieux.
Mon entousiasme intrépide ,
11.Vol. Aiiij Brive
126 2 MERCURE DE FRANCE
Brave en prenant le Nord pour guide ,
D'Icare l'éternel affront >
LefilsdeJapet sur son aîle
M'enleve , et m'offre une étincelle ,
Dont j'embrase le sacré Mont .
Cependant ma vigueur Lyrique ,
S'arma dans les Tournois FloraUX ,
Et le Laurier Académique ,
Récompensa d'autres travaux.
N'importe , ton docte suffrage ,
Me console et me dédommage
Du prix vainement espéré ;
Si conviens que des Couronnes
L'honneur à des Piéces moins bonnes ,
Plus d'unefois fut déféré.
O DE.
Présentée à l'Académie des Jeux Floraux , pour le
Prix de cette année 1733.
A M. Deslandes , Contrôleur Général de la
Marine , à Brest , et de l'Académie Royale
des Sciences. <
Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisie
en Bretagne.
Uneste et vaine Astrologie ,
F
Qui dans les ténébreux replis ,
De ta séduisante Magie ,
Tiens tant de coeurs ensevelis ,
Reste à jamais dans la Chaldée ,
11. Vol. A ij UA
1250 MERCURE DE FRANCE
Une coupable et fausse idée ,
Nous a trop long - temps égarez ;
Ses Peuples qu'à tort on crut sages ,
Rendront bien sans nous leurs hommages ,
Aux Astres par eux adorez.
Monstre à qui fit voir la lumiere ,
L'avide curiosité ,
Tu ne dûs ta grandeur premiere ,
Qu'à l'humaine crédulité.
Tu profitas de nos foiblesses ,
L'appas trompeur de tes promesses ,
Masqua tes mensonges divers :
La peur fit valoir ton audace ,
Et ton Idole prit la place
Du Souverain de l'Univers,
M
Mortels , dont les cervelles folles ;
Changent les Astres en métaux ,
Vous voulez que des noms frivoles ,
Operent nos biens ou nos maux ?
Vous frémissez , Payens impies ,
De voir présider sur nos vies ,
Saturne ou Mars à l'oeil de fer ;
Garans d'une heureuse affluence ,
Pour ceux qu'anima l'influence ,
Deyénus ou de Jupiter ,
11. Voli Yous
JUIN.
1733. 1259
Vous prêtez à tels et tels Astres ,
De bizarres aversions ,
Cruels Messagers des désastres ,
Par leurs tristes conjonctions.
Le Scorpion me pronostique ,
Si dans ma Planette il s'implique
L'Exil , le Désespoir , la Mort ;
Et ma trame est infortunée ,
Si de sa queue empoisonnée ,
Le Dragon infecte mon sort .
Quoi cette Masse étincelante ,
Qui dans l'air roule loin de moi ,
Rendra mon ame chancelante ;
Entre l'espérance et l'effroi ?
Prête à m'en louer , ou m'en plaindre ,
J'aurai la bassesse de craindre ,
Un corps privé de sentiment ,
Qui n'a jamais connu son être ,
Et n'est pas lui- même le Maître ,
De regner sur son mouvement !
M
Croirai -je , étrange extravagance !
Que le Ciel à votre Art soumis ,
Au point qu'il fut à ma naissance ,
Puisse à vos yeux être remis ?
son compas infaillible , Seul de
II. Vol.
Dieu
A iij
260 MERCURE DE FRANCE
Dieu marque du temps insensible ,
Tous les espaces écoulez ,
Eternel Torrent ! cours immense !
Pendant que mon esprit y pense ,
Mille instans se sont envolez.
Si suivant votre absurde fable ;
La même Etoile au même aspect ,
D'un bonheur ou malheur semblable ,
Porte un présage non suspect ;
Pourquoi ne sont- ils pas insignes ,
Tant d'hommes nez sous mêmes signes ,
Que les Rois et les Conquérans ?
Où pourquoi le même naufrage ,
Perd-t-il cent Nochers à tout âge ,
Nez sous des signes differens ?
Celui-là vit et meurt infame ;
Cet autre est porté vers le bien ,
Et l'Astre seul captive une ame ,
Sous ce doux ou fatal lien :
Maudis ton sort , misérable homme ;
Ta liberté n'est qu'un Fantôme ;
N'attends plus rien des Immortels ,
Tes voeux sont désormais stériles ,
Détruits des Temples inutiles ,
Ravage et brûle leurs Autels.
11. Vol. Non
JUIN. 1251
1733.
Non, la ronde et vaste Machine ,
Du seul vrai Dieu connoît les Loix ,
Le Ciel à son aspect s'incline ,
Il parle et tout tremble à sa voix.
Toujours unie à sa justice ,
Sa volonté n'est point complice ,
De l'iniquité des humains ;
Le libre arbitre qu'il leur donne ,
De la honte ou de la couronne ,
Laisse le choix entre leurs mains.
學
Mais par de criminels prestiges ,
N'allons pas , esprits indiscrets ,
Chercher dans les airs les vestiges ,
De ses immuables Décrets .
Auroit-il de sa Providence ,
Fait aux Astres la confidence ?
L'idée en révolte mes sens :
Il créa ces Corps que j'admire ,
Pour éclairer , non pour prédire ,
pour recevoir mon encens. Ni
DESLANDES , mon hardi génie ,
Alla , loin des terrestres Lieux ,
Saisir la force et l'harmonie ,
Du brillant langage des Dieux.
Mon entousiasme intrépide ,
11.Vol. Aiiij Brive
126 2 MERCURE DE FRANCE
Brave en prenant le Nord pour guide ,
D'Icare l'éternel affront >
LefilsdeJapet sur son aîle
M'enleve , et m'offre une étincelle ,
Dont j'embrase le sacré Mont .
Cependant ma vigueur Lyrique ,
S'arma dans les Tournois FloraUX ,
Et le Laurier Académique ,
Récompensa d'autres travaux.
N'importe , ton docte suffrage ,
Me console et me dédommage
Du prix vainement espéré ;
Si conviens que des Couronnes
L'honneur à des Piéces moins bonnes ,
Plus d'unefois fut déféré.
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Résumé : L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE ODE. Présentée à l'Académie des Jeux Floraux, pour le Prix de cette année 1733. A M. Deslandes, Contrôleur Général de la Marine, à Brest, et de l'Académie Royale des Sciences. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
Le texte 'L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE' a été présenté à l'Académie des Jeux Floraux en 1733 par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisie en Bretagne. L'auteur y critique sévèrement l'astrologie, qu'elle décrit comme une 'vain' et 'séduisante magie' ayant longtemps égaré les peuples. Elle dénonce l'astrologie comme un 'monstre' issu de la curiosité et de la crédulité humaines, qui a usurpé la place de Dieu. Le texte met en garde contre les fausses croyances astrologiques, qui attribuent aux astres des pouvoirs sur les vies humaines. L'auteur souligne l'absurdité de craindre des corps célestes privés de sentiment. Elle affirme que Dieu seul connaît les lois de l'univers et que les astres sont créés pour éclairer, non pour prédire. L'auteur exprime son admiration pour la science et la raison, illustrée par son 'entousiasme intrépide' et son désir de comprendre les lois divines. Malgré l'absence de récompense académique, elle trouve consolation dans le suffrage docte et l'honneur académique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3364
3365
p. 1276-1278
ULISSE ET CIRCÉ. FABLE.
Début :
L'un de l'autre charmez dans leur Isle enchantée, [...]
Mots clefs :
Moineaux, Printemps, Amour, Oiseaux, Bonheur, Amants, Coeur, Ulysse, Circé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ULISSE ET CIRCÉ. FABLE.
ULISSE ET CIRCE'.
FABLE.
L'un de l'autre charmez dans leur Isle en- chantée ,
La Fille du Soleil et son Amant un jour ,
De leur félicité rendoient grace à l'Amour ;
Par deux Oiseaux leur vûë est arrêtée ,
Ulisse les observe ( objets interessants ! )
Un trouble se répand dans leur ame attendrie à
Il regarde Circé ; la même rêverie ,
Tenoit enchantez tous ses sens.
Hé quoi dit- il, leur flâme ainsi favorisée ;
N'excite point encor d'inutiles désirs !
Ils n'éprouvent jamais dans de si doux plaisirs ,
La triste oeconomie aux Mortels imposée !
Il est vrai , les Moineaux s'aiment bien tendres
ment ,
Reprit la jeune Enchanteresse ;
Ne peut-on s'élever jusques à leur tendresse ?
Mon Art ne fut jamais employé vainement :
Que tardons- nous ? l'Amour sera d'intelligence ;
II. Vol. Oui
N. 1733 1277
Oui , c'est toi , Dieu charmant , qui nous ouvres
les yeux ,
Nous n'allons acquerir ces dons délicieux ,
Que pour mieux sentir ta puissance.
A ces mots ces Amans par l'espoir animez ,
En Moineaux tout- à - coup se trouvent trans
formez.
Des Aquilons alors l'influence bannie ,
Cédoit aux doux Zéphirs , la Terre rajeunie ;
Bien-tôt il n'est Palmiers , Mirthes , Cedres , Ro
seaux ,
Où cent fois ces heureux Oiseaux ,
Ne se soient assurez de leur métamorphose .
Quel exemple combien de Spectacles char
mans
Aux Nymphes de Circé chaque jour il expose
Elles comptent tous les momens
De ce changement admirable ;
Jamais l'Art des Enchantemens ,
Ne leur parut si respectable :
Mais ce Printemps si cher passa rapidement ,
Er dans ces mêmes lieux témoins de leur yvresse
On les voit, ces Oiseaux , séparez sans tristesse ,
Ou rejoints sans empressement.
Tous deux se retraçant leur commmune avan¬
ture ,
En formant les Moineaux , disoient- ils, la Nature
De leur bonheur s'occupoit foiblement ,
Il n'est qu'un seul plaisir , un seul nous rend
sensibles;
1278 MERCURE DE FRANCE
Le Printemps nous l'inspire , ô destins inflêxibles
!
Il s'envole avec le Printemps ,
Et dans cette absence fatale ,
Nous n'avons point un coeur pour remplir l'ing
tervale ,
Par ces troubles secrets , par ces ravissemens ,
Qui font le bonheur des Amans.
Quel don nous échappoit avec la forme hu →
maine ?
Reprenons , reprenons ce coeur ,
Source des biens parfaits , favorable Enchanteur,
Qui mêle un certain charme à sa plus triste peine,
Qui ménageant notre espoir , nos désirs ,
Au comble du bonheur par degrés nous amene ,
Et ces degrez sont autant de plaisirs.
Le Héros et l'Enchanteresse ,
Reprennent à l'instant leur forme et leur tendresse
,
Détrompez des faux biens qu'ils avoient éprouvez
,
Pour transmettre aux Amans un si puissant
exemple ,
Au véritable Amour ils élevent un Temple ,
"
Et sur l'Autel ces mots furent gravez ,
Au destin des Moineaux ne portez point envie ,
Mortels , un coeur sensible est le suprême bien ,
Aimez , vous le pouvez, tout le temps de la vie ;
Aimez bien tendrement , tout le reste n'est rien.
FABLE.
L'un de l'autre charmez dans leur Isle en- chantée ,
La Fille du Soleil et son Amant un jour ,
De leur félicité rendoient grace à l'Amour ;
Par deux Oiseaux leur vûë est arrêtée ,
Ulisse les observe ( objets interessants ! )
Un trouble se répand dans leur ame attendrie à
Il regarde Circé ; la même rêverie ,
Tenoit enchantez tous ses sens.
Hé quoi dit- il, leur flâme ainsi favorisée ;
N'excite point encor d'inutiles désirs !
Ils n'éprouvent jamais dans de si doux plaisirs ,
La triste oeconomie aux Mortels imposée !
Il est vrai , les Moineaux s'aiment bien tendres
ment ,
Reprit la jeune Enchanteresse ;
Ne peut-on s'élever jusques à leur tendresse ?
Mon Art ne fut jamais employé vainement :
Que tardons- nous ? l'Amour sera d'intelligence ;
II. Vol. Oui
N. 1733 1277
Oui , c'est toi , Dieu charmant , qui nous ouvres
les yeux ,
Nous n'allons acquerir ces dons délicieux ,
Que pour mieux sentir ta puissance.
A ces mots ces Amans par l'espoir animez ,
En Moineaux tout- à - coup se trouvent trans
formez.
Des Aquilons alors l'influence bannie ,
Cédoit aux doux Zéphirs , la Terre rajeunie ;
Bien-tôt il n'est Palmiers , Mirthes , Cedres , Ro
seaux ,
Où cent fois ces heureux Oiseaux ,
Ne se soient assurez de leur métamorphose .
Quel exemple combien de Spectacles char
mans
Aux Nymphes de Circé chaque jour il expose
Elles comptent tous les momens
De ce changement admirable ;
Jamais l'Art des Enchantemens ,
Ne leur parut si respectable :
Mais ce Printemps si cher passa rapidement ,
Er dans ces mêmes lieux témoins de leur yvresse
On les voit, ces Oiseaux , séparez sans tristesse ,
Ou rejoints sans empressement.
Tous deux se retraçant leur commmune avan¬
ture ,
En formant les Moineaux , disoient- ils, la Nature
De leur bonheur s'occupoit foiblement ,
Il n'est qu'un seul plaisir , un seul nous rend
sensibles;
1278 MERCURE DE FRANCE
Le Printemps nous l'inspire , ô destins inflêxibles
!
Il s'envole avec le Printemps ,
Et dans cette absence fatale ,
Nous n'avons point un coeur pour remplir l'ing
tervale ,
Par ces troubles secrets , par ces ravissemens ,
Qui font le bonheur des Amans.
Quel don nous échappoit avec la forme hu →
maine ?
Reprenons , reprenons ce coeur ,
Source des biens parfaits , favorable Enchanteur,
Qui mêle un certain charme à sa plus triste peine,
Qui ménageant notre espoir , nos désirs ,
Au comble du bonheur par degrés nous amene ,
Et ces degrez sont autant de plaisirs.
Le Héros et l'Enchanteresse ,
Reprennent à l'instant leur forme et leur tendresse
,
Détrompez des faux biens qu'ils avoient éprouvez
,
Pour transmettre aux Amans un si puissant
exemple ,
Au véritable Amour ils élevent un Temple ,
"
Et sur l'Autel ces mots furent gravez ,
Au destin des Moineaux ne portez point envie ,
Mortels , un coeur sensible est le suprême bien ,
Aimez , vous le pouvez, tout le temps de la vie ;
Aimez bien tendrement , tout le reste n'est rien.
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Résumé : ULISSE ET CIRCÉ. FABLE.
Le texte 'Ulysse et Circé' relate l'observation d'oiseaux s'aimant par Ulysse et Circé. Ulysse souhaite partager une telle félicité sans les contraintes humaines. Circé, enchanteresse, transforme les amants en moineaux pour qu'ils vivent pleinement leur amour. Ces oiseaux, symbolisant l'amour parfait, profitent de leur métamorphose dans un environnement idyllique. Leur bonheur est éphémère, car avec la fin du printemps, ils se retrouvent séparés sans tristesse ou réunis sans empressement. Ulysse et Circé réalisent alors que leur bonheur était incomplet sans les émotions humaines. Ils reprennent leur forme humaine et érigent un temple à l'amour véritable, gravant sur l'autel un message exhortant les mortels à aimer tendrement, car un cœur sensible est le suprême bien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3366
p. 1307-1309
EPITRE à M. de S...... pour le prier de lui renvoyer une Canne, appellée Roseau.
Début :
Des Chansons de ta Muse élégante et fertile, [...]
Mots clefs :
Muse, Dieu, Canne, Roseau
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE à M. de S...... pour le prier de lui renvoyer une Canne, appellée Roseau.
EPITRE à M. de S ..... Pour le
prier de lui renvoyer une Canne ,
appellée Roseau .
Es Chansons de ta Muse élégante et fer-
DES
Tile,
J'entendois autrefois résonner les Echos ;
Devenue aujourd'hui paresseuse et stérile ,
Elle s'endort dans le repos.
Par un innocent badinage ,
Je me flattois de l'agacer ,
Mais vainement par là j'ai voulu l'amorcer ,
Elle n'entend plus ce langage ,
( 2 ) Dans son Traité du contentement ou repos
de l'esprit , ch. 4. de la Traduction d'Amyot.
II. Vol
C iij RE1308
MERCURE DE FRANCE
Renoncer tout à coup aux faveurs d'Apollon ,
Est le moïen d'attirer sa disgrace.
Jusqu'en ces lieux un bruit transpire du Vallom ,
Que par sanglant Decret du Maître du Parnasse
,
Ton nom quoiqu'icy consacré ,
'Au double Mont , bien- tôt doit être lacéré.
On dit autre nouvelle , et qui me semble folle
On assure pour fait certain ,
Que tous les jours soir et matin
Tu viens faire la cour aux Suppôts de Barthole ,
Et que dans leur poudreuse Ecole ,
Ta Muse perdit sọn Latin.
Purge- toi d'un cas qui t'offense ,
Quoiqu'il en soit , du Dieu désarme la vers
geance :
Par un prompt repentir , tu pourras l'arrêter.
Venir implorer sa clemence ,
Est pour ce Dieu la mériter.
De notre 1 ) Jard en perspective ;
On découvre un ( 2 ) Temple fameux ;
Là , chacun de tout âge et de tout sexe arrive ,
Au Dieu des Vers offrir des voeux ,
En ce lieu Saint et vénérable ,
Est le grand ( 3 ) Sacrificateur.
( 1 ) Le Jard est un lieu celebrepour la prome.
made , aux Portes de Châlons.
( 2 ) Beat regard.
( 3 ) M. PAbbé de ***
11. Vol. MoJUI
N. 1733.
1309
Modeste et doux , sérieux , mais affable
Compatissant et charitable ;
Du Dieu qu'il sert , possédant la faveur ;
Il sera ton Médiateur.
Cours à ce Temple, au Dieu présenter en hommage
,
Sonnet , Ode , Elégie , Epigramme et Ron
deau ,
Et pour t'encourager je serai du voyage ;
L'air est serain , le temps est beau ,
Mais tu le sçais , ami , je suis déja sur l'âge,
Ainsi pour ce pelerinage ,
J'aurai besoin de mon Roseau.
Par M. DE SOMMEVES
prier de lui renvoyer une Canne ,
appellée Roseau .
Es Chansons de ta Muse élégante et fer-
DES
Tile,
J'entendois autrefois résonner les Echos ;
Devenue aujourd'hui paresseuse et stérile ,
Elle s'endort dans le repos.
Par un innocent badinage ,
Je me flattois de l'agacer ,
Mais vainement par là j'ai voulu l'amorcer ,
Elle n'entend plus ce langage ,
( 2 ) Dans son Traité du contentement ou repos
de l'esprit , ch. 4. de la Traduction d'Amyot.
II. Vol
C iij RE1308
MERCURE DE FRANCE
Renoncer tout à coup aux faveurs d'Apollon ,
Est le moïen d'attirer sa disgrace.
Jusqu'en ces lieux un bruit transpire du Vallom ,
Que par sanglant Decret du Maître du Parnasse
,
Ton nom quoiqu'icy consacré ,
'Au double Mont , bien- tôt doit être lacéré.
On dit autre nouvelle , et qui me semble folle
On assure pour fait certain ,
Que tous les jours soir et matin
Tu viens faire la cour aux Suppôts de Barthole ,
Et que dans leur poudreuse Ecole ,
Ta Muse perdit sọn Latin.
Purge- toi d'un cas qui t'offense ,
Quoiqu'il en soit , du Dieu désarme la vers
geance :
Par un prompt repentir , tu pourras l'arrêter.
Venir implorer sa clemence ,
Est pour ce Dieu la mériter.
De notre 1 ) Jard en perspective ;
On découvre un ( 2 ) Temple fameux ;
Là , chacun de tout âge et de tout sexe arrive ,
Au Dieu des Vers offrir des voeux ,
En ce lieu Saint et vénérable ,
Est le grand ( 3 ) Sacrificateur.
( 1 ) Le Jard est un lieu celebrepour la prome.
made , aux Portes de Châlons.
( 2 ) Beat regard.
( 3 ) M. PAbbé de ***
11. Vol. MoJUI
N. 1733.
1309
Modeste et doux , sérieux , mais affable
Compatissant et charitable ;
Du Dieu qu'il sert , possédant la faveur ;
Il sera ton Médiateur.
Cours à ce Temple, au Dieu présenter en hommage
,
Sonnet , Ode , Elégie , Epigramme et Ron
deau ,
Et pour t'encourager je serai du voyage ;
L'air est serain , le temps est beau ,
Mais tu le sçais , ami , je suis déja sur l'âge,
Ainsi pour ce pelerinage ,
J'aurai besoin de mon Roseau.
Par M. DE SOMMEVES
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Résumé : EPITRE à M. de S...... pour le prier de lui renvoyer une Canne, appellée Roseau.
L'épître est adressée à M. de S..... afin de lui demander de renvoyer une canne nommée 'Roseau'. L'auteur exprime son regret de ne plus pouvoir inspirer la Muse, autrefois active, mais désormais paresseuse et stérile. Il craint de perdre les faveurs d'Apollon et d'attirer sa disgrâce. Des rumeurs circulent, affirmant que le nom de l'interlocuteur sera bientôt lacéré par un décret du maître du Parnasse et qu'il fréquente l'école de Barthole, perdant ainsi son latin. L'auteur conseille de se purger de cette offense et d'implorer la clémence d'Apollon par un prompt repentir. Il mentionne un temple célèbre près de Châlons, où chacun offre des vœux au Dieu des Vers. Le grand sacrificateur, décrit comme modeste et charitable, pourra servir de médiateur. L'auteur propose de se rendre au temple pour offrir des poèmes et encourage son ami à l'accompagner, tout en soulignant son besoin de la canne pour ce pèlerinage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3367
p. 1322-1325
RÉPONSE à Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne, à son Elegie, inserée dans le Mercure mois de Mars 1733. ELEGIE.
Début :
Dans un profond repos, fruit de beaucoup de peine, [...]
Mots clefs :
Malcrais, Amour, Coeur, Heureux, Sylvie, Berger, Cruelle, Amant, Accents, Soupirs
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne, à son Elegie, inserée dans le Mercure mois de Mars 1733. ELEGIE.
REPONSE à Mlle de Malcrais de
la Vigne , du Croisic en Bretagne , à
son Elegie , inserée dans le Mercure du
mois de Mars 1733.
D
ELEGI E.
Ans un profond repos , fruit de beaucou
de peine ,
Je rêvois l'autre jour sur les bords de la Seine ,
Quand je vis un Berger dans un Bocage épais ,
Qu'il faisoit retentir de ses tristes
regrets.
Ma douleur , disoit-il , sera - t - elle éternelle ?
Heureux si je pouvois devenir infidelle !
Ton nom vole en tous lieux et tes Vers enchan
teurs ,
Docte et tendre Malcrais , séduisent tous les
coeurs ;
II. Vol.
JUIN.
1733 1323
Qui peut se refuser aux charmes de ta Lyre ?
Déja plus d'une Muse a pris soin de te dire ,
Que tu peux attendrir la cruelle Alecton ,
Arracher des soupirs au barbare Pluton ,
Comme un nouvel Orphée enchanter le Cerbere,
Endormir les Serpens de l'horrible Megere,
Rendre sensible enfin le séjour tenebieux ,
En déplorant le sort d'un Amant malheureux.
Mais ce n'est pas assez pour te combler de gloire;
Poursuis , chere Malcrais , tu n'as pas la victoire.
Rien n'a pû résister à tes divins accens ,
Que le coeur trop ingrat qui cause mes tourmens;
Reconnois ce Berger si fidele et și tendre ,
Dont la voix par hazard à toi se fit entendre ,
L'insensible Silvie a toujours les rigueurs ,
Que ton charmant Pinceau peignit avec mes
pleurs.
Et mon fidele coeur enchaîné par ses charmes ,
N'a point encor cessé de répandre des larmes ,
Si des mêmes couleurs dont tu peins mon tourment
,
Tu pouvois dégager un trop sensible Amant ;
Mais non , touche plutôt mon Amante cruelle,
He ! qui pourroit fléchir le coeur de cette belle !
Mes larmes mes soupirs et mes voeux sont
perdus ,
>
Tous tes charmans accens sont aussi superflus ;
Mes soins , mes tendres soins er ma flamme
constante ,
II. Vol. Sem1324
MERCURE DE FRANCE
Semblent rendre encor plus Sylvie indifférente.
Tu peux voir attentifs à tes divins concerts ,
Les Tygres , .les Rochers , même tout l'Univers;
Mais tu ne peux , Malcrais , attendrir la cruelle.
L'amour sourd à ma voix , et d'accord avec elle
Va bien-tôt me punir par un affreux trépas
Du soin que j'avois pris de vanter ses appas.
De même que l'on voit au Printemps la nature
Eraler à nos yeux sa riante parure ,
De diverses façons , briller de toutes parts ,
Sans le secours de l'art , enchanter nos regards ;
Telle s'offrit à moi la charmante Sylvie ,
De ses attraits d'abord mon ame fut ravie ,
Et frappé , j'admirai l'éclat de sa beauté.
Heureux ! si j'avois sçû prévoir sa cruauté.
Avec plaisir , Malcrais , je t'en fais confidence ,
Aussi- tôt ( car l'amour n'a guere de prudence }
Mon trop crédule coeur résolut en secret
De se rendre à Sylvie. Ha ! funête projet !
J'oubliai mes Moutons , mon Chien et ma Houlette
,•
Occupé du seul soin d'accorder ma Musette ,
J'importune bien-tôt les Echos d'alentour ,
Des appas de Sylvie et de mon tendre amour.
Momens délicieux ! un espoir téméraire ,
Malgré moi m'engageoit à chercher à lui plaire.
Que tes plaisirs , amour , ont des attraits mortels
!
II. Vol. Qu'on
JUIN. 1733. 1325
Qu'on a tort de vouloir t'élever des Autels !
Si tôt qu'elle apperçut le pouvoir de ses charines,
.
La cruelle se fit un tribut de mes larmes ;
Dans ses yeux dont moi seul je connois tout le
prix ,
Je ne lûs plus dèslors que de cruels mépris.
Son coeur à mes soupirs toujours inaccessible ,
A tes sons si touchants est encore insensible.
Tel est de mon destin l'implacable fureur ,
Que rien ne peut, Malciras,soulager ma douleur,
Ne cesse cependant de plaindre ma tendresse ,
Si tu ne peux fléchit mon ingrate Maîtresse ,
Tous les Bergers du moins apprendront quelque
jour ,
Par tes accens à fuir mon exemple en amour.
Il dit ; de sa douleur les mortelles atteintes ,
Finirent dans l'instant sa vie avec ses plaintes,
Ce malheureux Berger, descendu chez les morts,
Ne cesse de redire aux ombres tes accords ;
La Charmante Sapho , la trop tendre la Suse ,
Voyent revivre en toi les charmes de leur muse!
Heureux ! cent fois heureux ! un amant , dont
l'ardeur ,
Oseroit se flatter ... mais espoir séducteur !
Ton coeur fait pour l'amour , est engagé peutêtre
;
Le peindrois-tu si-bien , Malcrais , sans le connoître
?
Le Berger de Lutece.
la Vigne , du Croisic en Bretagne , à
son Elegie , inserée dans le Mercure du
mois de Mars 1733.
D
ELEGI E.
Ans un profond repos , fruit de beaucou
de peine ,
Je rêvois l'autre jour sur les bords de la Seine ,
Quand je vis un Berger dans un Bocage épais ,
Qu'il faisoit retentir de ses tristes
regrets.
Ma douleur , disoit-il , sera - t - elle éternelle ?
Heureux si je pouvois devenir infidelle !
Ton nom vole en tous lieux et tes Vers enchan
teurs ,
Docte et tendre Malcrais , séduisent tous les
coeurs ;
II. Vol.
JUIN.
1733 1323
Qui peut se refuser aux charmes de ta Lyre ?
Déja plus d'une Muse a pris soin de te dire ,
Que tu peux attendrir la cruelle Alecton ,
Arracher des soupirs au barbare Pluton ,
Comme un nouvel Orphée enchanter le Cerbere,
Endormir les Serpens de l'horrible Megere,
Rendre sensible enfin le séjour tenebieux ,
En déplorant le sort d'un Amant malheureux.
Mais ce n'est pas assez pour te combler de gloire;
Poursuis , chere Malcrais , tu n'as pas la victoire.
Rien n'a pû résister à tes divins accens ,
Que le coeur trop ingrat qui cause mes tourmens;
Reconnois ce Berger si fidele et și tendre ,
Dont la voix par hazard à toi se fit entendre ,
L'insensible Silvie a toujours les rigueurs ,
Que ton charmant Pinceau peignit avec mes
pleurs.
Et mon fidele coeur enchaîné par ses charmes ,
N'a point encor cessé de répandre des larmes ,
Si des mêmes couleurs dont tu peins mon tourment
,
Tu pouvois dégager un trop sensible Amant ;
Mais non , touche plutôt mon Amante cruelle,
He ! qui pourroit fléchir le coeur de cette belle !
Mes larmes mes soupirs et mes voeux sont
perdus ,
>
Tous tes charmans accens sont aussi superflus ;
Mes soins , mes tendres soins er ma flamme
constante ,
II. Vol. Sem1324
MERCURE DE FRANCE
Semblent rendre encor plus Sylvie indifférente.
Tu peux voir attentifs à tes divins concerts ,
Les Tygres , .les Rochers , même tout l'Univers;
Mais tu ne peux , Malcrais , attendrir la cruelle.
L'amour sourd à ma voix , et d'accord avec elle
Va bien-tôt me punir par un affreux trépas
Du soin que j'avois pris de vanter ses appas.
De même que l'on voit au Printemps la nature
Eraler à nos yeux sa riante parure ,
De diverses façons , briller de toutes parts ,
Sans le secours de l'art , enchanter nos regards ;
Telle s'offrit à moi la charmante Sylvie ,
De ses attraits d'abord mon ame fut ravie ,
Et frappé , j'admirai l'éclat de sa beauté.
Heureux ! si j'avois sçû prévoir sa cruauté.
Avec plaisir , Malcrais , je t'en fais confidence ,
Aussi- tôt ( car l'amour n'a guere de prudence }
Mon trop crédule coeur résolut en secret
De se rendre à Sylvie. Ha ! funête projet !
J'oubliai mes Moutons , mon Chien et ma Houlette
,•
Occupé du seul soin d'accorder ma Musette ,
J'importune bien-tôt les Echos d'alentour ,
Des appas de Sylvie et de mon tendre amour.
Momens délicieux ! un espoir téméraire ,
Malgré moi m'engageoit à chercher à lui plaire.
Que tes plaisirs , amour , ont des attraits mortels
!
II. Vol. Qu'on
JUIN. 1733. 1325
Qu'on a tort de vouloir t'élever des Autels !
Si tôt qu'elle apperçut le pouvoir de ses charines,
.
La cruelle se fit un tribut de mes larmes ;
Dans ses yeux dont moi seul je connois tout le
prix ,
Je ne lûs plus dèslors que de cruels mépris.
Son coeur à mes soupirs toujours inaccessible ,
A tes sons si touchants est encore insensible.
Tel est de mon destin l'implacable fureur ,
Que rien ne peut, Malciras,soulager ma douleur,
Ne cesse cependant de plaindre ma tendresse ,
Si tu ne peux fléchit mon ingrate Maîtresse ,
Tous les Bergers du moins apprendront quelque
jour ,
Par tes accens à fuir mon exemple en amour.
Il dit ; de sa douleur les mortelles atteintes ,
Finirent dans l'instant sa vie avec ses plaintes,
Ce malheureux Berger, descendu chez les morts,
Ne cesse de redire aux ombres tes accords ;
La Charmante Sapho , la trop tendre la Suse ,
Voyent revivre en toi les charmes de leur muse!
Heureux ! cent fois heureux ! un amant , dont
l'ardeur ,
Oseroit se flatter ... mais espoir séducteur !
Ton coeur fait pour l'amour , est engagé peutêtre
;
Le peindrois-tu si-bien , Malcrais , sans le connoître
?
Le Berger de Lutece.
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Résumé : RÉPONSE à Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne, à son Elegie, inserée dans le Mercure mois de Mars 1733. ELEGIE.
Le texte est une réponse à une élégie de Mlle de Malcrais, publiée dans le Mercure de mars 1733. L'auteur, un berger, exprime sa douleur amoureuse en rêvant sur les bords de la Seine. Il admire les talents poétiques de Malcrais, capable d'attendrir même les créatures les plus dures. Cependant, malgré ses vers enchanteurs, elle ne peut adoucir le cœur ingrat de Sylvie, l'amante cruelle du berger. Ce dernier, malgré ses efforts et ses larmes, ne parvient pas à attendrir Sylvie, qui reste indifférente à ses souffrances. Le berger compare l'amour à une force destructrice et regrette de ne pas avoir prévu la cruauté de Sylvie. Il finit par mourir de douleur, continuant à chanter les accords de Malcrais même après sa mort. Le texte se termine par une réflexion sur l'amour et ses dangers, soulignant l'incapacité de Malcrais à changer le destin tragique du berger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3368
p. 1330
A Mlle DE MALCRAIS.
Début :
Que tes Ecrits, docte Malcrais, [...]
Mots clefs :
Malcrais, Docte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mlle DE MALCRAIS.
A Mlle DE MALC RAIS.
Q Ue tes Ecrits , docte Malcrais ,
Ont pour moi de puissans attraits !
Que j'ai de plaisir à les lire !
Plus je les lis , et plus je les admire,
Certes , s'il brille dans tes yeux ,
Tant de beautez qu'en tes Ouvrages ;
'Avec de pareils avantages ,
Tu dois charmer les Hommes et les Dieux.
D. L. F.
Q Ue tes Ecrits , docte Malcrais ,
Ont pour moi de puissans attraits !
Que j'ai de plaisir à les lire !
Plus je les lis , et plus je les admire,
Certes , s'il brille dans tes yeux ,
Tant de beautez qu'en tes Ouvrages ;
'Avec de pareils avantages ,
Tu dois charmer les Hommes et les Dieux.
D. L. F.
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3369
p. 1342-1348
DIVERTISSEMENT Executé par l'Academie de Musique de Dijon.
Début :
SUJET. La Poësie et la Musique s'unissent pour contribuer au plaisir de la [...]
Mots clefs :
Musique, Choeur de musiciens, Poésie, Mortels, Désirs, Gloire, Plaisirs, Amours, Fille de mémoire, Concert, Académie de musique de Dijon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIVERTISSEMENT Executé par l'Academie de Musique de Dijon.
DIVERTISSEMENT
•
2
Executé
par
l'Academie de Musique
de Dijon.
SUJET. La Poësie et la Musique s'unissent
pour contribuer au plaisir de la:
Compagnie brillante et délicate , qui
assiste au Concert..
PERSONNAGES.
La Poësie :
La Musique..
Q
Choeur de Poëtes..
Choeur de Musiciens..
La Scene est à Dijon , dans la Sale
ordinaire du Concert..
LA POESIE.
Ue vois -je ? ou venez - vous de conduire
mes pas ?
Les Graces et les Ris' , les Amours et leur Mere :
Ont-ils abandonné Cythere ,
Pour fixer leur séjour dans ces lieux pleins d'ap
pas ?
La Musique.
Ma Soeur , cet agréable Azyle ,.
* Offre à vos yeux surpris , l'Elite d'une Ville ,
II. Vol. Off
JUIN.
1343 1733 .
Où l'on se plaît d'entendre et vos Vers et mes
Chants ,
Et dans ces lieux où je préside ,
Je voudrois signaler le zéle qui me guide ,
Par les accords les plus touchans .
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous mes désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloire
;
Prenous soin de leurs plaisirs.
Choeur de Musiciens.
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre
glaire ;
Prenons soin de leurs plaisirs.
Que nos voix se confondent ,
Pour mieux ravir les sens ;
Que les Echos répondent
A nos tendres accens !
Digne Fille de mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
2
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloi
re ,
Prenons soin de leurs plaisirs..
II. Vol. La
1344 MERCURE DE FRANCE
La Poësie .
Ne doutez point , ma Soeur , que ma reconnoissance
,
Ne réponde bien- tôt à votre impatience.
Déja pour vous servir( 1 ) , et pour vous conten
ter (2) ,
Je sens s'échauffer mon génie ;
y Et quand votre douce harmonie
Sur mes Vers pourroit l'emporter ,
Je vous surmonterai par l'ardeur infinie ,.
Qui va me faire tout tenter.
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux ,
applaudir à mes
Vers !
Quelle gloire charmante
D'attirer par vos Airs ,
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
L'Epoux d'Eurydice autrefois ,
Etoit moins glorieux sur les Monts de la Thrace
,
7
Quand des sons de sa Lyre , accompagnant sa
voix ,
Il voïoit accourir , pour plaindre sa disgrace ,
Les Ours , les Rochers et les Bois.
I A la Musique.
2 Au Choeur de Musiciens.
II. Vol. La
JUIN.
1345
1733 .
La Poësie et la Musique..
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux
applaudir à
mes
Evos
Vers!
Quelle gloire charmante ,
D'attirer par
VOS
Airs ,
mes
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
La Musique.
Eh bien , ma Soeur , sans différer ,
Sur les plus beaux sujets il faut nous préparer.
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ,
Sans les Graces et les Amours.
Que par leurs Chansons ravissantes ,
Nos plus fideles Nourrissons ,
Des Amphions et des Canentes
Fassent revivre icy les sons !
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ;
Sans les Graces et les Amours.
II. Vol. Choeur
1346 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Musiciens.
Accourez , & c.
La Musique. I
vous , à qui Louis a commis sa puissance
O vous , qui de Thémis gouvernez la balance
;
Vous , Amis des neuf Soeurs ; Belles , dont le
pouvoir
Aux mortels fait tout entreprendre ;
Flatez notre plus doux espoir ,
En daignant dans ces lieux vous rendre
La Poësie et la Musique.
Par les soins que nous allons prendre ,
Yos sens seront séduits , il vous semblera voir
Ce que nous vous ferons entendre.
La Poësie.
Le Cor animera les diligens Chasseurs.
Guerriers , les bruïantes Trompettes ,
Scauront de Bellone en vos coeurs
Réveiller toutes les fureurs.
2
*
La Muslque s'addresse tour à tour à M. le
Comte de Tavanes , Brigadier des Armées du Roy
et son premier Lieutenant General en Bourgogne ;
aux Magistrats , aux beaux Esprits et aux Dames
qui assistent au Concert.
II. Vol.
Tirsis
JUIN. 1733.
1347
Tirsis et Corydon sur leurs tendres Musettes ,
De la tranquillité chanteront les douceurs.
Au Vice , pour livrer la guerre ,
Neptune agitera les Mers ;
Pluton ébranlera la Terre ;
Les Vents mugiront dans les Airs
Et , précédé par les éclairs ,
Du Ciel avec éclat , tombera le Tonnerre,
Le paisible Buyeur , orné de Pampres verts ,
Ventera le pouvoir de cet Enfant aimable ,
Que Sémele eut du Dieu qui régit l'Univers.
Les Ménades aux sons de sa voix agréable ,
Applaudiront , le Thyrse en main
Et le Satyre et le Sylvain ,
Danseront avec lui , pleins du jus délectable ,
Qui des plus malheureux adoucit le chagrin.
Ne pense pas que je t'oublie ,
Fils de Venus , auteur des plaisirs de la vie,
Ces Belles , qu'avec tant d'atours ,
De toutes parts je vois paroître ,
Des Coeurs ont sçu te rendre maître ;
Ma Lyre sous mes doigts résonneroit toujours,
Si je chantois tous les amours ,
Que leurs divins attraits font naître,
11. Vol. Choeur
1348 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Poëtes et de Musiciens .
Chantons , livrons nos coeurs aux plus char
mans transports ,
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Ne troublez jamais nos accords.
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Que tout , au gré de nos désirs ,
Respire icy sans cesse ,
La joïe et les plaisirs !
Par M. CocQUART , Avocat al
Parlement de Dijon.
•
2
Executé
par
l'Academie de Musique
de Dijon.
SUJET. La Poësie et la Musique s'unissent
pour contribuer au plaisir de la:
Compagnie brillante et délicate , qui
assiste au Concert..
PERSONNAGES.
La Poësie :
La Musique..
Q
Choeur de Poëtes..
Choeur de Musiciens..
La Scene est à Dijon , dans la Sale
ordinaire du Concert..
LA POESIE.
Ue vois -je ? ou venez - vous de conduire
mes pas ?
Les Graces et les Ris' , les Amours et leur Mere :
Ont-ils abandonné Cythere ,
Pour fixer leur séjour dans ces lieux pleins d'ap
pas ?
La Musique.
Ma Soeur , cet agréable Azyle ,.
* Offre à vos yeux surpris , l'Elite d'une Ville ,
II. Vol. Off
JUIN.
1343 1733 .
Où l'on se plaît d'entendre et vos Vers et mes
Chants ,
Et dans ces lieux où je préside ,
Je voudrois signaler le zéle qui me guide ,
Par les accords les plus touchans .
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous mes désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloire
;
Prenous soin de leurs plaisirs.
Choeur de Musiciens.
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre
glaire ;
Prenons soin de leurs plaisirs.
Que nos voix se confondent ,
Pour mieux ravir les sens ;
Que les Echos répondent
A nos tendres accens !
Digne Fille de mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
2
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloi
re ,
Prenons soin de leurs plaisirs..
II. Vol. La
1344 MERCURE DE FRANCE
La Poësie .
Ne doutez point , ma Soeur , que ma reconnoissance
,
Ne réponde bien- tôt à votre impatience.
Déja pour vous servir( 1 ) , et pour vous conten
ter (2) ,
Je sens s'échauffer mon génie ;
y Et quand votre douce harmonie
Sur mes Vers pourroit l'emporter ,
Je vous surmonterai par l'ardeur infinie ,.
Qui va me faire tout tenter.
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux ,
applaudir à mes
Vers !
Quelle gloire charmante
D'attirer par vos Airs ,
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
L'Epoux d'Eurydice autrefois ,
Etoit moins glorieux sur les Monts de la Thrace
,
7
Quand des sons de sa Lyre , accompagnant sa
voix ,
Il voïoit accourir , pour plaindre sa disgrace ,
Les Ours , les Rochers et les Bois.
I A la Musique.
2 Au Choeur de Musiciens.
II. Vol. La
JUIN.
1345
1733 .
La Poësie et la Musique..
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux
applaudir à
mes
Evos
Vers!
Quelle gloire charmante ,
D'attirer par
VOS
Airs ,
mes
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
La Musique.
Eh bien , ma Soeur , sans différer ,
Sur les plus beaux sujets il faut nous préparer.
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ,
Sans les Graces et les Amours.
Que par leurs Chansons ravissantes ,
Nos plus fideles Nourrissons ,
Des Amphions et des Canentes
Fassent revivre icy les sons !
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ;
Sans les Graces et les Amours.
II. Vol. Choeur
1346 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Musiciens.
Accourez , & c.
La Musique. I
vous , à qui Louis a commis sa puissance
O vous , qui de Thémis gouvernez la balance
;
Vous , Amis des neuf Soeurs ; Belles , dont le
pouvoir
Aux mortels fait tout entreprendre ;
Flatez notre plus doux espoir ,
En daignant dans ces lieux vous rendre
La Poësie et la Musique.
Par les soins que nous allons prendre ,
Yos sens seront séduits , il vous semblera voir
Ce que nous vous ferons entendre.
La Poësie.
Le Cor animera les diligens Chasseurs.
Guerriers , les bruïantes Trompettes ,
Scauront de Bellone en vos coeurs
Réveiller toutes les fureurs.
2
*
La Muslque s'addresse tour à tour à M. le
Comte de Tavanes , Brigadier des Armées du Roy
et son premier Lieutenant General en Bourgogne ;
aux Magistrats , aux beaux Esprits et aux Dames
qui assistent au Concert.
II. Vol.
Tirsis
JUIN. 1733.
1347
Tirsis et Corydon sur leurs tendres Musettes ,
De la tranquillité chanteront les douceurs.
Au Vice , pour livrer la guerre ,
Neptune agitera les Mers ;
Pluton ébranlera la Terre ;
Les Vents mugiront dans les Airs
Et , précédé par les éclairs ,
Du Ciel avec éclat , tombera le Tonnerre,
Le paisible Buyeur , orné de Pampres verts ,
Ventera le pouvoir de cet Enfant aimable ,
Que Sémele eut du Dieu qui régit l'Univers.
Les Ménades aux sons de sa voix agréable ,
Applaudiront , le Thyrse en main
Et le Satyre et le Sylvain ,
Danseront avec lui , pleins du jus délectable ,
Qui des plus malheureux adoucit le chagrin.
Ne pense pas que je t'oublie ,
Fils de Venus , auteur des plaisirs de la vie,
Ces Belles , qu'avec tant d'atours ,
De toutes parts je vois paroître ,
Des Coeurs ont sçu te rendre maître ;
Ma Lyre sous mes doigts résonneroit toujours,
Si je chantois tous les amours ,
Que leurs divins attraits font naître,
11. Vol. Choeur
1348 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Poëtes et de Musiciens .
Chantons , livrons nos coeurs aux plus char
mans transports ,
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Ne troublez jamais nos accords.
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Que tout , au gré de nos désirs ,
Respire icy sans cesse ,
La joïe et les plaisirs !
Par M. CocQUART , Avocat al
Parlement de Dijon.
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Résumé : DIVERTISSEMENT Executé par l'Academie de Musique de Dijon.
Le texte relate une représentation organisée par l'Académie de Musique de Dijon, où la Poésie et la Musique se réunissent pour le divertissement d'une assemblée raffinée. L'événement se tient dans la salle habituelle des concerts de Dijon. La Poésie et la Musique dialoguent, exprimant leur souhait de contribuer au plaisir des spectateurs. La Poésie admire la beauté de la ville et l'harmonie entre les vers et les chants. Les chœurs de poètes et de musiciens soulignent l'importance de ravir les sens et de prendre soin de la gloire et des plaisirs des mortels. La Poésie et la Musique invoquent les Grâces, les Rires, les Amours et leur mère pour les assister. La Musique s'adresse ensuite à divers personnages présents, incluant M. le Comte de Tavanes, les magistrats, les beaux esprits et les dames. La représentation inclut des scènes animées par divers instruments comme le cor, les trompettes et les musettes, ainsi que des divinités telles que Neptune, Pluton et Jupiter. Ces scènes illustrent divers thèmes comme la chasse, la guerre, la tranquillité et les plaisirs. Le chœur final invite à chanter et à fuir la tristesse, célébrant la joie et les plaisirs. Le texte est signé par M. Cocquart, avocat au Parlement de Dijon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3370
p. 1353-1355
VERS à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par M. Clement, Receveur des Tailles de Dreux.
Début :
En qualité de Suivant d'Apollon, [...]
Mots clefs :
Princesse, Muse, Voltaire, Vers, Goût, Apollon
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texteReconnaissance textuelle : VERS à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par M. Clement, Receveur des Tailles de Dreux.
VERS à S. A. S. Madame la Duchesse
du Maine , par M. Clement , Receveur
des Tailles de Dreux.
EN qualité de Suivant d'Apollon
Je vous dois , Illustre PRINCESSE,
II. Vol.
E ij Un
1354 MERCURE DE FRANCE
Un compliment où regne la finesse ,
Et le feu du sacré Vallon.
Elevé loin du Sanctuaire,
Où le bon goût seul est admis ,
Je sçai trop qu'il ne m'est permis ,
Que d'admirer et de me taire ;
Mais quoiqu'infiniment soumis ,
Ne peut on sans être Voltaire ,
Par un effort digne de plaire ,
S'offrir à vos regards surpris.
Je gouverne aisément ma Muse ,
Et malgré sa legereté ,
Pour empêcher qu'on ne l'accuse ,
D'imprudente vivacité ,
J'arrête ici sa témeraire audace ,
Et je l'avertis sagement ,
De paroître avec enjoüement ,
Et d'éviter le jargon tout de glace ,
D'éloges rebattus , exprimez foiblement.
Je désire donc simplement ,
Qu'elle se présente avec grace ,
Et que du moins , PRINCESSE , ce moment ,
Şoit pour vous un amusement.
Qu'au milieu d'une Cour délicate et paisible;
Vous vous souveniez quelquefois ,
Qu'asservi sous vos douces Loix ,
Le Druide le moins sensible ,
Se ranime , et déja des accens de sa voix ,
II. Vol.
De
JUIN. 1733. 1355
ल
+
Du grand nom de Condé fait retentir nos bois.
Tout beau , Muse , qu'allez - vous dire
Est-ce donc là le souverain Empire ,
De ma raison sur vous jusqu'à ce jour.
Imitez La Fontaine , et des traits de l'Amour,
Chantez seulement la puissance ;
Si je flattois votre imprudence ,
Bien -tôt de ma Princesse adorant les vertus ,
Vous parleriez des divins attributs ,
Dont Apollon honora sa naissance.
De tels objets respectez la grandeur ;
Et ne rompez votre silence ,
Que pour annoncer le bonheur,
Qui doit bien- tôt ramener sa présence.
Peignez aussi le Plaisir enchanteur ,
Revolant vers Annet , et de Fêtes charmantes ,
Lui-même être l'ordonnateur
Recherchez , Muse , sa faveur ,
Tout brille sous ses mains sçavantes ,
Et sans craindre Voltaire , allez dire par tout ,
Qu'en ces dieux seulement est le Temple du
Goût.
du Maine , par M. Clement , Receveur
des Tailles de Dreux.
EN qualité de Suivant d'Apollon
Je vous dois , Illustre PRINCESSE,
II. Vol.
E ij Un
1354 MERCURE DE FRANCE
Un compliment où regne la finesse ,
Et le feu du sacré Vallon.
Elevé loin du Sanctuaire,
Où le bon goût seul est admis ,
Je sçai trop qu'il ne m'est permis ,
Que d'admirer et de me taire ;
Mais quoiqu'infiniment soumis ,
Ne peut on sans être Voltaire ,
Par un effort digne de plaire ,
S'offrir à vos regards surpris.
Je gouverne aisément ma Muse ,
Et malgré sa legereté ,
Pour empêcher qu'on ne l'accuse ,
D'imprudente vivacité ,
J'arrête ici sa témeraire audace ,
Et je l'avertis sagement ,
De paroître avec enjoüement ,
Et d'éviter le jargon tout de glace ,
D'éloges rebattus , exprimez foiblement.
Je désire donc simplement ,
Qu'elle se présente avec grace ,
Et que du moins , PRINCESSE , ce moment ,
Şoit pour vous un amusement.
Qu'au milieu d'une Cour délicate et paisible;
Vous vous souveniez quelquefois ,
Qu'asservi sous vos douces Loix ,
Le Druide le moins sensible ,
Se ranime , et déja des accens de sa voix ,
II. Vol.
De
JUIN. 1733. 1355
ल
+
Du grand nom de Condé fait retentir nos bois.
Tout beau , Muse , qu'allez - vous dire
Est-ce donc là le souverain Empire ,
De ma raison sur vous jusqu'à ce jour.
Imitez La Fontaine , et des traits de l'Amour,
Chantez seulement la puissance ;
Si je flattois votre imprudence ,
Bien -tôt de ma Princesse adorant les vertus ,
Vous parleriez des divins attributs ,
Dont Apollon honora sa naissance.
De tels objets respectez la grandeur ;
Et ne rompez votre silence ,
Que pour annoncer le bonheur,
Qui doit bien- tôt ramener sa présence.
Peignez aussi le Plaisir enchanteur ,
Revolant vers Annet , et de Fêtes charmantes ,
Lui-même être l'ordonnateur
Recherchez , Muse , sa faveur ,
Tout brille sous ses mains sçavantes ,
Et sans craindre Voltaire , allez dire par tout ,
Qu'en ces dieux seulement est le Temple du
Goût.
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Résumé : VERS à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par M. Clement, Receveur des Tailles de Dreux.
Le poème est adressé à Madame la Duchesse du Maine par M. Clément, Receveur des Tailles de Dreux, qui se présente comme Suivant d'Apollon. L'auteur reconnaît l'illustre statut de la Duchesse et exprime son admiration et sa soumission. Il souhaite que sa muse se présente avec grâce, évitant les éloges rebattus, et que ses vers soient un amusement pour la Duchesse. L'auteur espère qu'elle se souviendra de lui, même au sein de sa cour délicate et paisible. Il mentionne le nom prestigieux de Condé et invite sa muse à imiter La Fontaine en chantant la puissance de l'amour. Le poème se conclut par une évocation du plaisir enchanteur et des fêtes charmantes, soulignant que le véritable goût réside dans ces moments.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3371
p. 1371-1372
ENIGME.
Début :
Je suis un Instrument fragile et délicat, [...]
Mots clefs :
Pipe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
E suis un Instrument fragile et délicat ,
Quel'on exerce en paixaussi-bien qu'à la guerre;
Depuis le General jusqu'au dernier Soldat,
Chacun se sert de moi , tant sur Mer que sus
Terre.
II. Vol. Je
1372 MERCURE DE FRANCE
Je suis utile au Sage , et j'occupe le Fat.
J'attire en mon canal l'humeur attrabilaire ;
Par moi l'esprit s'éveille et si le coeur s'abbat ;
J'ai pour le relever un talent salutaire.
Je m'échauffe au travail , et mon corps plein
d'ardeur ,
Animant qui m'exerce , excite sa vigueur ;
Mais , le destin le veut , ma blancheur devient
noire.
Alors pour me blanchir , si l'on me jette au feu ,
J'en rougis ; puis prenant la couleur de l'yvoire ,
Je suis encor plus belle , et je dépense peu.
E suis un Instrument fragile et délicat ,
Quel'on exerce en paixaussi-bien qu'à la guerre;
Depuis le General jusqu'au dernier Soldat,
Chacun se sert de moi , tant sur Mer que sus
Terre.
II. Vol. Je
1372 MERCURE DE FRANCE
Je suis utile au Sage , et j'occupe le Fat.
J'attire en mon canal l'humeur attrabilaire ;
Par moi l'esprit s'éveille et si le coeur s'abbat ;
J'ai pour le relever un talent salutaire.
Je m'échauffe au travail , et mon corps plein
d'ardeur ,
Animant qui m'exerce , excite sa vigueur ;
Mais , le destin le veut , ma blancheur devient
noire.
Alors pour me blanchir , si l'on me jette au feu ,
J'en rougis ; puis prenant la couleur de l'yvoire ,
Je suis encor plus belle , et je dépense peu.
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3372
p. 1372
AUTRE ENIGME.
Début :
Je viens du Pays de l'Aurore, [...]
Mots clefs :
Clou de girofle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGM E.
JEE viens du Pays de l'Aurore,
J'ai traversé les Mers , j'en suis tout abatu.
Encore que je sois têtu ,
Je reçois des faveurs de Flore.
A la table des Rois je suis le bien venu ;
A celle des Sujets on veut m'avoir encore ,
Auroit- on cru qu'un petit More ,
De tant de gens seroit connu ?
JEE viens du Pays de l'Aurore,
J'ai traversé les Mers , j'en suis tout abatu.
Encore que je sois têtu ,
Je reçois des faveurs de Flore.
A la table des Rois je suis le bien venu ;
A celle des Sujets on veut m'avoir encore ,
Auroit- on cru qu'un petit More ,
De tant de gens seroit connu ?
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3373
p. 1372-1374
LOGOGRYPHE.
Début :
Ami Lecteur, qui tout pénetres, [...]
Mots clefs :
Mail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
AMi Lecteur , qui tout penetres ,
Devine qui je suis ; formé par quatre lettrés ,
11. Vol. Si
JUIN. 17331373
Si l'on coupe ma queue on trouve ces beaux
jours ,
Dù Zéphire folâtre avec la jeune Flore ,
Le temps où le Berger pour l'objet qu'il adore ,
De la Forêt voisine emprunte le secours.
Alors si de mon coeur on en forme ma tête,
Je puis rendre un plaisir plus vif et plus parfait ;
J'adoucis la douleur et souvent je l'arrête,
Quand on veut dans mon sein répandre son
secret .
Qu'on me rende ma queue et qu'on me décapite
,
Je suis , bien que chérie en de certains repas ,
Une herbe qu'Horace a maudite ,
Mais qu'on lise à rébours on verra tout de suite,
Femme qu'un Patriarche autrefois n'aima pas.
Toujours sans chef, si l'on opere ,
Et qu'on mette ma queue au coeur ,
De l'Alcoran c'est le Restaurateur.
Joignez tour ; à tout bien je suis toujours con⇒
traire ,
Si ma pénultiéme on fait taire ,
Qu'on me la rende et qu'à l'instant ,
On arrache la précédente ,
D'abord on découvre une plante
Que le volatile aime tant.
•
Un, trois et 4. et 2. je sers à la Musique ;
Quatre , 3. 2. je suis dans l'Amérique ,
Une Ville Ah ! c'est trop parler."
II. Vol.
Los
1374 MERCURE DE FRANCE
Logogryphe est souvent facile à dévoiler.
Lorsqu'en tant de Vers il s'explique .
De Broglio à Sens.
AMi Lecteur , qui tout penetres ,
Devine qui je suis ; formé par quatre lettrés ,
11. Vol. Si
JUIN. 17331373
Si l'on coupe ma queue on trouve ces beaux
jours ,
Dù Zéphire folâtre avec la jeune Flore ,
Le temps où le Berger pour l'objet qu'il adore ,
De la Forêt voisine emprunte le secours.
Alors si de mon coeur on en forme ma tête,
Je puis rendre un plaisir plus vif et plus parfait ;
J'adoucis la douleur et souvent je l'arrête,
Quand on veut dans mon sein répandre son
secret .
Qu'on me rende ma queue et qu'on me décapite
,
Je suis , bien que chérie en de certains repas ,
Une herbe qu'Horace a maudite ,
Mais qu'on lise à rébours on verra tout de suite,
Femme qu'un Patriarche autrefois n'aima pas.
Toujours sans chef, si l'on opere ,
Et qu'on mette ma queue au coeur ,
De l'Alcoran c'est le Restaurateur.
Joignez tour ; à tout bien je suis toujours con⇒
traire ,
Si ma pénultiéme on fait taire ,
Qu'on me la rende et qu'à l'instant ,
On arrache la précédente ,
D'abord on découvre une plante
Que le volatile aime tant.
•
Un, trois et 4. et 2. je sers à la Musique ;
Quatre , 3. 2. je suis dans l'Amérique ,
Une Ville Ah ! c'est trop parler."
II. Vol.
Los
1374 MERCURE DE FRANCE
Logogryphe est souvent facile à dévoiler.
Lorsqu'en tant de Vers il s'explique .
De Broglio à Sens.
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3374
p. 1374
AUTRE LOGOGRYPHE.
Début :
J'etois morte depuis long-temps, [...]
Mots clefs :
Zaïre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE LOGOGRYPHE.
AUTRE LOGOGRYPHE.
JE'Etois morte depuis long - temps ,
Lorsque dans ces climats un sublime génie ,
Par son Art enchanteur m'a sçû rendre la vie ,
Pour faire pleurer bien des gens.
Du nombre cinq , qui mon tout constituë ,
Retranchez un , mon sort est d'être bien battuë ,
Et sans en rien sentir , d'essuyer mille coups.
Orez un , deux , alors je jure , brise , tuë ;
Malheur à qui ne fuit l'effet de mon courroux.
Effacez un et cinq , par moi seul tout respire ,
Sous la vaste voute des Cieux.
Lecteur , pour seconder vos desirs curieux ,
Je n'ai rien de plus à vous dire.
Curton.
JE'Etois morte depuis long - temps ,
Lorsque dans ces climats un sublime génie ,
Par son Art enchanteur m'a sçû rendre la vie ,
Pour faire pleurer bien des gens.
Du nombre cinq , qui mon tout constituë ,
Retranchez un , mon sort est d'être bien battuë ,
Et sans en rien sentir , d'essuyer mille coups.
Orez un , deux , alors je jure , brise , tuë ;
Malheur à qui ne fuit l'effet de mon courroux.
Effacez un et cinq , par moi seul tout respire ,
Sous la vaste voute des Cieux.
Lecteur , pour seconder vos desirs curieux ,
Je n'ai rien de plus à vous dire.
Curton.
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3375
p. 1374-1375
AUTRE.
Début :
Des sept pieds je suis composé, [...]
Mots clefs :
Culotte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
DEs sept pieds je suis composé ,
Desquels,lorsque je sers je n'en cache que trois ,
Dont le dernier avec quatre autres que tu vois ,
Font un Poisson d'eau douce et non salé.
Pour t'amuser à present , change moi ,
11. Vol. Et
JUIN.
1733 1375
Et de mon tout prens seulement partie ,
En termes rustiques ma foi ,
Je suis la jupe de Sylvie ,
Du fer bien mince et bien battu ,
Une Ville sur la Moselle ,
L'Isle où nâquit la celebre Pucelle ,
Par qui jadis on a connu ,
Le grand profit du Ver à Soye ;
Item ce qui fait grande joye ,
Quant à nos voeux il est échu ,
Et qu'il est public dans la ruë ;
Ce qui dans un sens different ,
Est une Riviere connue ,
Dont le cours fait , des Sevennes venant ,
A la Garonne un confluant ;
Cherchez aussi certain Roy d'Angleterre ,
De son oncle le meurtrier ;
Des Ordres differens un habit régulier ,
D'un Orfévre le Vase à fondre la matiere ,
Ce qu'il faut couper au Chapon ,
Pour être bon dans une fête ;
Un morceau de fer ayant tête ;
Ce qu'en discours de Polisson ,
On appelle une menterie ;
Mais pris dans son sens naturel ,
Bien nécessaire aux Livres qu'on relie ;
A m'arranger sois ponctuel ,
Je t'offre tout , trouve- le , je te prie.
DEs sept pieds je suis composé ,
Desquels,lorsque je sers je n'en cache que trois ,
Dont le dernier avec quatre autres que tu vois ,
Font un Poisson d'eau douce et non salé.
Pour t'amuser à present , change moi ,
11. Vol. Et
JUIN.
1733 1375
Et de mon tout prens seulement partie ,
En termes rustiques ma foi ,
Je suis la jupe de Sylvie ,
Du fer bien mince et bien battu ,
Une Ville sur la Moselle ,
L'Isle où nâquit la celebre Pucelle ,
Par qui jadis on a connu ,
Le grand profit du Ver à Soye ;
Item ce qui fait grande joye ,
Quant à nos voeux il est échu ,
Et qu'il est public dans la ruë ;
Ce qui dans un sens different ,
Est une Riviere connue ,
Dont le cours fait , des Sevennes venant ,
A la Garonne un confluant ;
Cherchez aussi certain Roy d'Angleterre ,
De son oncle le meurtrier ;
Des Ordres differens un habit régulier ,
D'un Orfévre le Vase à fondre la matiere ,
Ce qu'il faut couper au Chapon ,
Pour être bon dans une fête ;
Un morceau de fer ayant tête ;
Ce qu'en discours de Polisson ,
On appelle une menterie ;
Mais pris dans son sens naturel ,
Bien nécessaire aux Livres qu'on relie ;
A m'arranger sois ponctuel ,
Je t'offre tout , trouve- le , je te prie.
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3376
p. *1376-1376
AUTRE.
Début :
Six pieds mis deux à deux, je suis drap et Cité ; [...]
Mots clefs :
Lodève
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Six pieds mis deux à deux , je suis drap et Cité;
Au premier de mes tiers , il est un Saint cité ;
Et des deux premiers tiers si la tête on enleve ,
Qui me fait sans défauts , d'Apollon est l'Eleve.
Joignez le cinq et deux au trois , posé d'abord ,
Un des sens est flaté , si l'on est bien d'accord,
Ma premiere moitié qu'en entier on renverse
Est l'ordinaire effet d'une ruse perverse,
La seconde aux Mortels a fait un triste sort.
Prenez cinq , deux et un , je suis digne de mort.
La Motte.
Six pieds mis deux à deux , je suis drap et Cité;
Au premier de mes tiers , il est un Saint cité ;
Et des deux premiers tiers si la tête on enleve ,
Qui me fait sans défauts , d'Apollon est l'Eleve.
Joignez le cinq et deux au trois , posé d'abord ,
Un des sens est flaté , si l'on est bien d'accord,
Ma premiere moitié qu'en entier on renverse
Est l'ordinaire effet d'une ruse perverse,
La seconde aux Mortels a fait un triste sort.
Prenez cinq , deux et un , je suis digne de mort.
La Motte.
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3377
p. 1423-1424
CHANSON. Sur le Rhume.
Début :
La, la, hem ! la, la, ma voix rauque, étouffée, [...]
Mots clefs :
Rhume, Boire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON. Sur le Rhume.
CHANSON.
Sur le Rhume .
LA , la , hem ! la , la , ma voix rauque , étouffée;
Se fait entendre à peine aux Echos du Bouchon ;
La , la , vive Bacchus ; hem ! est - ce un Moucheron
II. Vol. H Qui
1424 , MERCURE DE FRANCE
Qui seroit arrêté dans ma gorge échauffée ?
Non, c'est le rhume, ainsi l'insolent, par ma foi,
Comme aux autres Humains , s'ose jouer à moi !
Versez donc , poursuivit Grégoire ,
Versez , cecy va mieux , versez , versez souvent ;
J'ai gagné le rhume en buvant ,
Je le perds à force de boire.
Sur le Rhume .
LA , la , hem ! la , la , ma voix rauque , étouffée;
Se fait entendre à peine aux Echos du Bouchon ;
La , la , vive Bacchus ; hem ! est - ce un Moucheron
II. Vol. H Qui
1424 , MERCURE DE FRANCE
Qui seroit arrêté dans ma gorge échauffée ?
Non, c'est le rhume, ainsi l'insolent, par ma foi,
Comme aux autres Humains , s'ose jouer à moi !
Versez donc , poursuivit Grégoire ,
Versez , cecy va mieux , versez , versez souvent ;
J'ai gagné le rhume en buvant ,
Je le perds à force de boire.
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3378
p. 1428
MADRIGAL,
Début :
Damon, belle Dufresne, après quatre ans d'absence, [...]
Mots clefs :
Dufresne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL,
MADRIGAL ,
Damon , belle Dufresne , après quatre ans d'ab
sence ,
Revient , brûlant d'impatience ,
De voir , d'entendre et de louer
L'Actrice , dont encore sa mémoire est remplie
Quel changement , dit- il , en te voyant joüer !
La Lecouvreur est embellie .
Damon , belle Dufresne , après quatre ans d'ab
sence ,
Revient , brûlant d'impatience ,
De voir , d'entendre et de louer
L'Actrice , dont encore sa mémoire est remplie
Quel changement , dit- il , en te voyant joüer !
La Lecouvreur est embellie .
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3379
p. 1456
SUR LE PORTRAIT de la Marquise de P***.
Début :
Votre Portrait, belle P.... [...]
Mots clefs :
Portrait
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texteReconnaissance textuelle : SUR LE PORTRAIT de la Marquise de P***.
SUR LE PORTRAIT
de la Marquise de P ***.
Votre Portrait , belle P ....
A rendu la joye à Cithere ;
Depuis long-temps les Ris , les Jeux ,
N'y voyoient plus l'Amour leur frere a
On le fit chercher , mais en vain.
Le voilà découvert enfin •
Au moyen de cette Peinture ;
Par elle on voit que le fripon
A changé de sexe et de nom
Sans avoir changé de figure.
de la Marquise de P ***.
Votre Portrait , belle P ....
A rendu la joye à Cithere ;
Depuis long-temps les Ris , les Jeux ,
N'y voyoient plus l'Amour leur frere a
On le fit chercher , mais en vain.
Le voilà découvert enfin •
Au moyen de cette Peinture ;
Par elle on voit que le fripon
A changé de sexe et de nom
Sans avoir changé de figure.
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3380
p. 1458
EPIGRAMME. Plainte d'une jeune fille à une vieille Médisante.
Début :
Votre morale trop severe, [...]
Mots clefs :
Vieille médisante, Jeune fille
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME. Plainte d'une jeune fille à une vieille Médisante.
EPIGRA M M E,
Plainte d'une jeune fille à une vieilla
Médisante.
V Otre morale trop severe ,
Ne fait pas bien penser de vous ,
Et vos discours seroient plus doux ,.
'S'ils étoient les effets d'une vertu sincere.
Vous condamnez jusques au moindre jeu
Au moindre badinage, on vous voit prendre feu
Je sçai ce qui vous porte à tenir ce langage :
Vous enragez de me voir sage ,
Dans l'âge où vous l'étiez si peu.
Plainte d'une jeune fille à une vieilla
Médisante.
V Otre morale trop severe ,
Ne fait pas bien penser de vous ,
Et vos discours seroient plus doux ,.
'S'ils étoient les effets d'une vertu sincere.
Vous condamnez jusques au moindre jeu
Au moindre badinage, on vous voit prendre feu
Je sçai ce qui vous porte à tenir ce langage :
Vous enragez de me voir sage ,
Dans l'âge où vous l'étiez si peu.
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3381
p. 1459-1460
MADRIGAL, Sur un beau Narcisse qu'une Demoiselle avoit dans son sein.
Début :
Beau Garçon, que des Dieux la suprême faveur, [...]
Mots clefs :
Narcisse, Sein, Amour, Mort
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL, Sur un beau Narcisse qu'une Demoiselle avoit dans son sein.
MADRIGAL ,
Sur un beau Narcisse qu'une Demoiselle
avoit dans son sein.
B
Eau Garçon , que des Dieux la suprêm
faveur ,
Jadis après ta mort daigna changer en fleur ,
Narcisse , dans le sein de la jeune Isabelle ,
Tu reçois en ce jour une grace nouvelle.
II. Vola Ahe
1460 MERCURE DE FRANCE
Ah ! si tu l'avois vûë ainsi que je la voi ,
Tu n'aurois jamais på mourir d'amour pour toi,
Tu serois mort d'amour pour elle.
COCQUARD.
Sur un beau Narcisse qu'une Demoiselle
avoit dans son sein.
B
Eau Garçon , que des Dieux la suprêm
faveur ,
Jadis après ta mort daigna changer en fleur ,
Narcisse , dans le sein de la jeune Isabelle ,
Tu reçois en ce jour une grace nouvelle.
II. Vola Ahe
1460 MERCURE DE FRANCE
Ah ! si tu l'avois vûë ainsi que je la voi ,
Tu n'aurois jamais på mourir d'amour pour toi,
Tu serois mort d'amour pour elle.
COCQUARD.
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3382
p. 1467-1471
CODRUS. Poëme qui a remporté le Prix de l'Académie des Jeux Floraux.
Début :
Je chante ce Héros, qui cher à sa Patrie, [...]
Mots clefs :
Codros, Sort, Sujets, Doriens, Victoire, Roi, Yeux, Oracle, Académie des Jeux floraux, Gloire, Guide, Prix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CODRUS. Poëme qui a remporté le Prix de l'Académie des Jeux Floraux.
CODRU S.
Poëme qui a
remporté le Prix de
l'Académic
des Feux
Floraux.
J
chante ce
ce Héros , qui cher à sa
Patrie , dev1 ...
Conserva ses
es Sujets een
immolant sa
vie; ová 19.9 3 :
Si la seule vertu
mérites votre
encens ,
Muses, vous me devez vos plus
nobles accens.
La
discorde
féconde en
implacables haines ,
A ij Guide
1468 MERCURE DE FRANCE
Guide les Doriens jusques aux murs d'Athénes ;
Incertains du succès qu'ils brûlent d'obtenir ,
Leur inquiete ardeur cherche à le prévenir .
Ils veulent que le Ciel à leurs désirs révele ,
Ce secret important que l'avenir recele.
L'Oracle leur répond , pour flater leurs souhaits,
Vous vaincrez , si Codrus échappe à tous vos
traits ;
Mais si vous immolez ce Roi rempli de gloire ,
Aussitôt loin de vous s'enfuirà la victoire ;
Perdez vos ennemis , el respectez leur Roy.
Les Doriens charmez , acceptent cette Loy',
Satisfaits à ce prix de contenter leur rage ,
Ils s'avancent , l'espoir augmente leur courage ;
A leurs cris menaçants , tout s'allarme et to
fuit.
et tout
Cet Oracle est semé , Codrus en est instruit ;
Roi des Athéniens et plus encor leur Pere ,
Il veut hâter sa mort pour finir leur misere ;
Chers Sujets , que le sort à mes loix a soumis ,
>> Leur dit- il , vous voyez vos nombreux ennemis;
Suivis de la terreur , conduits par l'esperance ,
Il viennent contre vous assouvir leur vengeance,
Mais n'appréhendez rien , je sçaurai dissiper ,
»Cet orage tout prêt à vous envelopper ,
» Si l'Arrêt du Destin les flatte et les rassure •
» Vous avezdu triomphe un plus heureux augure;
» C'est mon amour pour vous , qui prompt à
yous servir
D
JUILLET. . 1733.
1469
» A leur joug odieux va bien-tôt vous ravir ;
» Esperez tout , dans moi votre bonheur réside ,
» En vain vers la victoire un Oracle les guide ,
» Je ne veux que moi seul pour les détruire tous,
J'irai pour vous sauver m'exposer à leurs coups,
par un noble effort , irritant leur farie ,
33
» Ét
Les forcer en tremblant de m'arracher la vie.
» Vous frémissez , ô Ciel ! vous répandez des
pleurs ;
»Ah ! plus vous me montrez l'excès de vos dou-
· leurs ,
» Plus vous plaignez mon sort , et plus je dois
encore ,
» Justifiek ces pleurs dont votre amour m'honore.
Suspendez vos regrets et calmez votre effroy ,
» Si vous m'attendrissez , c'est pour vous , non
pour moi;
B
Mais c'est trop m'arrêter à ce tendre spectacle ,
» Vous méritez ma mort , je vois remplir l'O
racle ,
» Je goûte tous les biens que vous en cueillerez ,
"
Je perirai pour vous , mais vous me vengerez,
Codrus cede à ces mots , au transport qui Pa- i
nime , N
Il vole , impatient de servir de victime
Ses Peuples effrayez d'un si hardi déssein ,
Le suivent dans sa course et l'arrêtent soudain
Et
pour mieux s'assurer de sa tête sacrée ,
De Soldats vigilans sa Tente est entourée ;
A iij Ses
1470 MERCURE DE FRANCE
Ses Sujets genereux , tranquilles sur son sort ,
Accourent au combat pour y trouver la mort.
Sous les yeux de Codrus , déja les deux Armées ,
Par des motifs divers au carnage animées ,
Se mêlent en tumulte , et répandant l'horreur ,
Ne paroissent avoir qu'une même fureur ;
Quel spectacle pour lui ! que son ame est émuë !
Sur mille objets affreux il promene sa vûë
Il voit perir de loin ses Sujets malheureux ,
Il reçoit tous les coups qu'on porte à chacun
2
d'eux ;
Allarmé de leurs maux , il use d'artifice
Pour aller consommer son triste sacrifice ;
Sous de vils vétemens éclipsant sa splendeur ,
Au - dedans de lui - même il cache sa grandeur .
Bien tôt par le secours de cette noble ruse ,
Il se dérobe aux yeux des Gardes qu'il abuse,
Il s'éloigne , il arrive au milieu des hazards ,
Sous ces dehors obscurs qui trompent les regards
,
·
Il court de tous côtez où le danger l'appelle ;
Le sort en l'épargnant , aime à trahir son zele
Il cherche , furieux , le trépas qui l'a fui ;
Chaque instant qu'il respire est un crime pour
lui ,
Trop heureux , si sans nuire au projet qui l'enflamme
,
Lui-même de ses jours pouvoit couper la trame.
Ses voeux sont satisfaits , un trait mortel Patteint
,
JUILLET. 1733 . 1471
De ses yeux affoiblis la lumiere s'éteint
Il expire , aussi -tôt la victoire fidelle ,
Pour payer tout le sang qu'il a versé pour elle ,
Rappelle ses Sujets qui fuyoient éperdus ;
A leur premiere ardeur ils sont soudain rendus ;
Leur crainte se dissipe et leurs efforts redoublent ;
Les Doriens surpris, se dispersent , se troublent
L'épouvanté et l'effroi s'emparent de leur coeur;
Ils tombent sous les traits dé l'ennemi vainqueur,
Mais ce vainqueur , hélas ! dans la gloire qu'il
goûte ,
Ignore encor quel prix son triomphe lui coûte ,
Et tandis qu'abusez par ce prompt changement ,
Tous les Athéniens suivent aveuglement
Les mouvemens divers que l'allegresse enfante ,
Qu'ils courent empressez vers la fatale Tente ,
Dans la foule des morts ils decouvrent leur Roi;
A cet horrible aspect tremblants , saisis d'effroi ,
Ils détestent leur gloire , et le sort de leurs armes,
Ils embrassent son corps , qu'il baignent de leurs
- larmes ,
Et
pour éterniser son regne et ses vertus ,
Choisissent Jupiter pour remplacer Codrus.
Codrus pro Patria non timidus mori. Hor. Ode.
M. l'Abbé P *** d'Avignon.
Poëme qui a
remporté le Prix de
l'Académic
des Feux
Floraux.
J
chante ce
ce Héros , qui cher à sa
Patrie , dev1 ...
Conserva ses
es Sujets een
immolant sa
vie; ová 19.9 3 :
Si la seule vertu
mérites votre
encens ,
Muses, vous me devez vos plus
nobles accens.
La
discorde
féconde en
implacables haines ,
A ij Guide
1468 MERCURE DE FRANCE
Guide les Doriens jusques aux murs d'Athénes ;
Incertains du succès qu'ils brûlent d'obtenir ,
Leur inquiete ardeur cherche à le prévenir .
Ils veulent que le Ciel à leurs désirs révele ,
Ce secret important que l'avenir recele.
L'Oracle leur répond , pour flater leurs souhaits,
Vous vaincrez , si Codrus échappe à tous vos
traits ;
Mais si vous immolez ce Roi rempli de gloire ,
Aussitôt loin de vous s'enfuirà la victoire ;
Perdez vos ennemis , el respectez leur Roy.
Les Doriens charmez , acceptent cette Loy',
Satisfaits à ce prix de contenter leur rage ,
Ils s'avancent , l'espoir augmente leur courage ;
A leurs cris menaçants , tout s'allarme et to
fuit.
et tout
Cet Oracle est semé , Codrus en est instruit ;
Roi des Athéniens et plus encor leur Pere ,
Il veut hâter sa mort pour finir leur misere ;
Chers Sujets , que le sort à mes loix a soumis ,
>> Leur dit- il , vous voyez vos nombreux ennemis;
Suivis de la terreur , conduits par l'esperance ,
Il viennent contre vous assouvir leur vengeance,
Mais n'appréhendez rien , je sçaurai dissiper ,
»Cet orage tout prêt à vous envelopper ,
» Si l'Arrêt du Destin les flatte et les rassure •
» Vous avezdu triomphe un plus heureux augure;
» C'est mon amour pour vous , qui prompt à
yous servir
D
JUILLET. . 1733.
1469
» A leur joug odieux va bien-tôt vous ravir ;
» Esperez tout , dans moi votre bonheur réside ,
» En vain vers la victoire un Oracle les guide ,
» Je ne veux que moi seul pour les détruire tous,
J'irai pour vous sauver m'exposer à leurs coups,
par un noble effort , irritant leur farie ,
33
» Ét
Les forcer en tremblant de m'arracher la vie.
» Vous frémissez , ô Ciel ! vous répandez des
pleurs ;
»Ah ! plus vous me montrez l'excès de vos dou-
· leurs ,
» Plus vous plaignez mon sort , et plus je dois
encore ,
» Justifiek ces pleurs dont votre amour m'honore.
Suspendez vos regrets et calmez votre effroy ,
» Si vous m'attendrissez , c'est pour vous , non
pour moi;
B
Mais c'est trop m'arrêter à ce tendre spectacle ,
» Vous méritez ma mort , je vois remplir l'O
racle ,
» Je goûte tous les biens que vous en cueillerez ,
"
Je perirai pour vous , mais vous me vengerez,
Codrus cede à ces mots , au transport qui Pa- i
nime , N
Il vole , impatient de servir de victime
Ses Peuples effrayez d'un si hardi déssein ,
Le suivent dans sa course et l'arrêtent soudain
Et
pour mieux s'assurer de sa tête sacrée ,
De Soldats vigilans sa Tente est entourée ;
A iij Ses
1470 MERCURE DE FRANCE
Ses Sujets genereux , tranquilles sur son sort ,
Accourent au combat pour y trouver la mort.
Sous les yeux de Codrus , déja les deux Armées ,
Par des motifs divers au carnage animées ,
Se mêlent en tumulte , et répandant l'horreur ,
Ne paroissent avoir qu'une même fureur ;
Quel spectacle pour lui ! que son ame est émuë !
Sur mille objets affreux il promene sa vûë
Il voit perir de loin ses Sujets malheureux ,
Il reçoit tous les coups qu'on porte à chacun
2
d'eux ;
Allarmé de leurs maux , il use d'artifice
Pour aller consommer son triste sacrifice ;
Sous de vils vétemens éclipsant sa splendeur ,
Au - dedans de lui - même il cache sa grandeur .
Bien tôt par le secours de cette noble ruse ,
Il se dérobe aux yeux des Gardes qu'il abuse,
Il s'éloigne , il arrive au milieu des hazards ,
Sous ces dehors obscurs qui trompent les regards
,
·
Il court de tous côtez où le danger l'appelle ;
Le sort en l'épargnant , aime à trahir son zele
Il cherche , furieux , le trépas qui l'a fui ;
Chaque instant qu'il respire est un crime pour
lui ,
Trop heureux , si sans nuire au projet qui l'enflamme
,
Lui-même de ses jours pouvoit couper la trame.
Ses voeux sont satisfaits , un trait mortel Patteint
,
JUILLET. 1733 . 1471
De ses yeux affoiblis la lumiere s'éteint
Il expire , aussi -tôt la victoire fidelle ,
Pour payer tout le sang qu'il a versé pour elle ,
Rappelle ses Sujets qui fuyoient éperdus ;
A leur premiere ardeur ils sont soudain rendus ;
Leur crainte se dissipe et leurs efforts redoublent ;
Les Doriens surpris, se dispersent , se troublent
L'épouvanté et l'effroi s'emparent de leur coeur;
Ils tombent sous les traits dé l'ennemi vainqueur,
Mais ce vainqueur , hélas ! dans la gloire qu'il
goûte ,
Ignore encor quel prix son triomphe lui coûte ,
Et tandis qu'abusez par ce prompt changement ,
Tous les Athéniens suivent aveuglement
Les mouvemens divers que l'allegresse enfante ,
Qu'ils courent empressez vers la fatale Tente ,
Dans la foule des morts ils decouvrent leur Roi;
A cet horrible aspect tremblants , saisis d'effroi ,
Ils détestent leur gloire , et le sort de leurs armes,
Ils embrassent son corps , qu'il baignent de leurs
- larmes ,
Et
pour éterniser son regne et ses vertus ,
Choisissent Jupiter pour remplacer Codrus.
Codrus pro Patria non timidus mori. Hor. Ode.
M. l'Abbé P *** d'Avignon.
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Résumé : CODRUS. Poëme qui a remporté le Prix de l'Académie des Jeux Floraux.
Le poème 'Codrus' a remporté le Prix de l'Académie des Jeux Floraux. Il relate l'histoire de Codrus, roi athénien, prêt à sacrifier sa vie pour sauver sa patrie des Doriens. Un oracle prédit que les Doriens vaincront si Codrus échappe à leurs attaques, mais seront vaincus s'ils le tuent. Connaissant son rôle crucial, Codrus décide de se sacrifier pour assurer la victoire de son peuple. Il se déguise et se jette dans la bataille, où il trouve la mort. Sa mort inspire ses sujets, qui repoussent les Doriens et remportent la victoire. Cependant, en découvrant le corps de Codrus, les Athéniens pleurent leur roi et choisissent Jupiter pour le remplacer. Le poème met en lumière le dévouement et le sacrifice de Codrus pour sa patrie.
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3383
p. 1484-1488
ODE. AUX MUSES.
Début :
Initié dans vos mysteres, [...]
Mots clefs :
Muses, Lyre, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE. AUX MUSES.
O D E.
AUX MUSES.
Nitié dans vos mysteres ,
Chastes Muses , qu'avec plaisir ,
Je cherche les lieux solitaires ,
Pour vous consacrer mon loisir !
Quelquefois , rompant le silence ,
Ma Lyre de votre assistance ,
Saisit le précieux moment .
Quelquefois les sublimes rêves
De vos plus celebres Eleves ,
Me tiennent lieu d'amusement.
Là , je lis par quelles adresses ,
Un Héros (a ) long- temps exercé ,
Brave les trompeuses caresses
Des Sirenes et de Circé :
Là , je lis avec quel courage ,
Un autre (6 ) de plus d'un nauffrage ,
Sauve les restes d'Ilion ;
Et dans un lieu rempli de charmes ,
( a ) Ulysse.
(b ) Enée.
N'est
JUILLET.
1733. 1485
N'est point retenu par les larmes ,
De la soeur de Pigmalion.
粥
Que j'aime le noble Génie , (4)
Qui par ses divines Chansons ,
A de la Lyre d'Ausonic ,
Eternisé les premiers sons !
La route au vulgaire cachée ,
Qu'avec succès il a cherchée ,
M'a déconcerté mille fois ,
Et n'a point étouffé l'audace
Qui me fait briguer une place
Entre les Lyriques François.
M
Ainsi , malgré la servitude
Où la Fortune m'a réduit ,
L'Instinct orné d'un peu d'étude ,
Vers le Mont sacré m'a conduit.
Ainsi vos douceurs plus qu'humaines ,
Muses , quelquefois de mes peines ,
Viennent interrompre le cours,
Peu desireux de l'opulence ,
Je vous aimai dès mon enfance
Et je vous aimerai toujours.
<
Mcelov ba
« 1b olasia 9. uutos 510
sidnqnon squalo nub culq siv 1.0
(2) Horate.
Non
1436 MERCURE DE FRANCE
Non , que d'une attente superbe ,
Trop prévenu , j'ose penser ,
Que quelque jour près de Malherbe ,
Vos bontez doivent me placer .
Ma seule attente est éxaucée ,
Si par une ardeur insensée ,
Ne m'étant point laissé régir ,
Exempts d'une doctrine immonde,
Mes Vers répandus, dans le Monde ,
N'ont rien qui vous fasse rougit
M
Au bel âge , où la Terre pure
Des déreglemens que je vois ,
Etoit fertile sans culture ,
Pour des hommes justes sans Loix ,
Vos Nourissons prudens et sages ,
Domptoient les animaux sauvages ,
Par leurs accès mélodieux ;
Et plus naïfs que nous ne sommes ,
Pour instruire et charmer les Hommes
Parloient le langage des Dieux.
Mais lorsque de ses flancs horribles ,
L'Enfer , le redoutable Enfer ,
Eût vomi les Monstres terribles ,
Que connut le siecle de fer ,
On vit plus d'un Chantre coupable ,
25 (Faire
Faire un abus abominable ,
De vos singulieres faveurs ,
Et par ses Ouvrages infâmes ,
Communiquer aux jeunes Ames ,
La corruption de ses moeurs .
M
L'Impieté , tête levée ,
Alors brava les Immortels ;
L'Injustice fut approuvée , oshigal, and
La Tirannie eut des Autels : 602
Alors la basse Flaterie ,
D'un Conquérant plein de furie ,
Vanta les barbares succès ;
Le mensonge affreux se fit croire ,
Et l'Amour reçut de la gloire ,
De ses impudiques excès.
Aux coeurs ingrats , chastes Déesses ;
Mon coeur ne veut point ressembler .
J'userai bien de vos largesses ,
Quand vous daignérez m'en combler.
O qu'animé d'un saint délire
3
Ne puis- je en consacrant ma Lyre,
Par les exemples les plus beaux ,
2
.[
Faire aimer les attraits, suprêmes ,
Des Vertus qui jusqu'aux Dieux mêmes,
Sçavent élever les Héross com.my
Mais
1488 MERCURE DE FRANCE
Mais puissent devenir mes rimes ,
L'objet d'un mépris éternel ,
Si déclarant la guerre aux crimes ,
J'attaque aussi le Criminel ;
Si prodiguant , vil hypocrite ,
L'encens qui n'est dû qu'au mérite
Muses , j'ose vous profaner ,
Et si l'Amour , dans mes saillies ,
Voyant dépeindre ses folies ,
Ne les y voit pas condamner.
7 NIA
jaI'I
LI
F. M. F.
AUX MUSES.
Nitié dans vos mysteres ,
Chastes Muses , qu'avec plaisir ,
Je cherche les lieux solitaires ,
Pour vous consacrer mon loisir !
Quelquefois , rompant le silence ,
Ma Lyre de votre assistance ,
Saisit le précieux moment .
Quelquefois les sublimes rêves
De vos plus celebres Eleves ,
Me tiennent lieu d'amusement.
Là , je lis par quelles adresses ,
Un Héros (a ) long- temps exercé ,
Brave les trompeuses caresses
Des Sirenes et de Circé :
Là , je lis avec quel courage ,
Un autre (6 ) de plus d'un nauffrage ,
Sauve les restes d'Ilion ;
Et dans un lieu rempli de charmes ,
( a ) Ulysse.
(b ) Enée.
N'est
JUILLET.
1733. 1485
N'est point retenu par les larmes ,
De la soeur de Pigmalion.
粥
Que j'aime le noble Génie , (4)
Qui par ses divines Chansons ,
A de la Lyre d'Ausonic ,
Eternisé les premiers sons !
La route au vulgaire cachée ,
Qu'avec succès il a cherchée ,
M'a déconcerté mille fois ,
Et n'a point étouffé l'audace
Qui me fait briguer une place
Entre les Lyriques François.
M
Ainsi , malgré la servitude
Où la Fortune m'a réduit ,
L'Instinct orné d'un peu d'étude ,
Vers le Mont sacré m'a conduit.
Ainsi vos douceurs plus qu'humaines ,
Muses , quelquefois de mes peines ,
Viennent interrompre le cours,
Peu desireux de l'opulence ,
Je vous aimai dès mon enfance
Et je vous aimerai toujours.
<
Mcelov ba
« 1b olasia 9. uutos 510
sidnqnon squalo nub culq siv 1.0
(2) Horate.
Non
1436 MERCURE DE FRANCE
Non , que d'une attente superbe ,
Trop prévenu , j'ose penser ,
Que quelque jour près de Malherbe ,
Vos bontez doivent me placer .
Ma seule attente est éxaucée ,
Si par une ardeur insensée ,
Ne m'étant point laissé régir ,
Exempts d'une doctrine immonde,
Mes Vers répandus, dans le Monde ,
N'ont rien qui vous fasse rougit
M
Au bel âge , où la Terre pure
Des déreglemens que je vois ,
Etoit fertile sans culture ,
Pour des hommes justes sans Loix ,
Vos Nourissons prudens et sages ,
Domptoient les animaux sauvages ,
Par leurs accès mélodieux ;
Et plus naïfs que nous ne sommes ,
Pour instruire et charmer les Hommes
Parloient le langage des Dieux.
Mais lorsque de ses flancs horribles ,
L'Enfer , le redoutable Enfer ,
Eût vomi les Monstres terribles ,
Que connut le siecle de fer ,
On vit plus d'un Chantre coupable ,
25 (Faire
Faire un abus abominable ,
De vos singulieres faveurs ,
Et par ses Ouvrages infâmes ,
Communiquer aux jeunes Ames ,
La corruption de ses moeurs .
M
L'Impieté , tête levée ,
Alors brava les Immortels ;
L'Injustice fut approuvée , oshigal, and
La Tirannie eut des Autels : 602
Alors la basse Flaterie ,
D'un Conquérant plein de furie ,
Vanta les barbares succès ;
Le mensonge affreux se fit croire ,
Et l'Amour reçut de la gloire ,
De ses impudiques excès.
Aux coeurs ingrats , chastes Déesses ;
Mon coeur ne veut point ressembler .
J'userai bien de vos largesses ,
Quand vous daignérez m'en combler.
O qu'animé d'un saint délire
3
Ne puis- je en consacrant ma Lyre,
Par les exemples les plus beaux ,
2
.[
Faire aimer les attraits, suprêmes ,
Des Vertus qui jusqu'aux Dieux mêmes,
Sçavent élever les Héross com.my
Mais
1488 MERCURE DE FRANCE
Mais puissent devenir mes rimes ,
L'objet d'un mépris éternel ,
Si déclarant la guerre aux crimes ,
J'attaque aussi le Criminel ;
Si prodiguant , vil hypocrite ,
L'encens qui n'est dû qu'au mérite
Muses , j'ose vous profaner ,
Et si l'Amour , dans mes saillies ,
Voyant dépeindre ses folies ,
Ne les y voit pas condamner.
7 NIA
jaI'I
LI
F. M. F.
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Résumé : ODE. AUX MUSES.
Le poème est une adresse aux Muses, divinités inspiratrices, exprimant admiration et dévouement. L'auteur cherche des lieux solitaires pour se consacrer à la poésie et à la lecture des grands poètes. Il mentionne des héros comme Ulysse et Énée, qui ont affronté des dangers et des tentations. Il admire les poètes ayant éternisé les premiers sons de la lyre. Malgré les difficultés et la servitude imposées par la Fortune, l'auteur est guidé par l'instinct et l'étude vers le Mont sacré, symbole de l'inspiration poétique. Il exprime son amour éternel pour les Muses, chéries dès l'enfance. Le poème évoque l'âge d'or où les hommes vivaient en harmonie avec la nature et les dieux, contrastant avec une époque plus sombre marquée par la corruption et l'impieté. L'auteur aspire à utiliser sa lyre pour promouvoir les vertus et condamner les crimes, en évitant l'hypocrisie et la flatterie.
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3384
p. 1502-1505
EPITRE, A M. le Comte de TAVANES, Brigadier des Armées du Roy, et son premier Lieutenant General en Bourgogne.
Début :
Si jusques à ce jour, dans ma verve lyrique, [...]
Mots clefs :
Tavannes, Apollon, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE, A M. le Comte de TAVANES, Brigadier des Armées du Roy, et son premier Lieutenant General en Bourgogne.
EPITRE ,
A M. le Come de TAVANES , Brigadier
des Armées du Roy , et son premier Lieutenant
General en Bourgogne.
Si jusques à ce jour , dans ma verve lyrique ;
Je ne t'ai point offert un encens poëtique ,
Tavanes , ce n'est pas que pour chanter ton nom ,
Ma Muse n'ait souvent rêvé sur l'Hélicon.
Cent fois , quand j'ai formé le plan d'un long
Poëme ;
Pour
JUILLET. 1733. 1503
Pour mon premier Héros je t'ai choisi toi - même ;
Mais à ce noble emploi j'avois beau destiner ,
La Lyre qu'on entend sous mes doigts raisonner,
Aussi-tôt Apollon et sa Troupe immortelle ,
Condamnoient mon audace en approuvant mon
zele.
Laisse , me disoient - ils , à de's Auteurs fameux
Le soin de celebrer un Mortel digne d'eux.
Pour Chantre , un Mécenas doit avoir un Horace,
Voltaire peut chanter ton Héros avec grace ,
Cet Aigle , du Soleil soutiendroit les rayons ;
Mais toi que parmi nous rarement nous voyons,
Quand tu veux t'élever aussi haut que Pindare ,
Dans la profonde Mer tu tombes comme Icare.
Ainsi dans mes projets interrompu toujours ,T
Demon travail pour toi j'ai suspendu le cours ,
Et sur d'autres sujets moins grands et plus faciles,
Employant quelquefois des momens ' inutiles ,
Tavanes , j'attendois que pour te bien louer ,
Phébus et les neuf Soeurs daignassent m'avouer.
Toutefois , puisqu'enfin ma Muse a pú te plaire' ,
Je me crois maintenant séparé du vulgaire.
D'un suffrage si beau , content et glorfeux ,
Je sens que je puis prendre un essor jusqu'aux
Cieux . KurzbĮ alum.5295 30591
13
Non, je n'ai plus besoin des Filles de Mémoire ,
Mon zele me suffit pour celebrer ta gloire.
I! K
Dieux avec quel plaisir je dirai dans mes Vers ,
E
504 MERCURE DE FRANCE
Et des rares vertus et tes exploits divers !
En vain ta modestie au silence m'invite ..
Plus on fuit la louange et plus on la mérite ;
Et les Fils d'Apollon aux génereux Mortels ,
Doivent dans leurs Ecrits ériger des Autels.
Eh ! qui fut plus que toi digne de notre hommage!
N'est-on pas informé qu'aussi vaillant que sage ,
Tu sçais dans les horreurs du plus sanglant
combat ,
Etre tout à la fois Capitaine et Soldat ?
Que depuis qu'au Laurier a succedé l'Olive ,
Ton ardeur pour ton Roi n'en est pas moins
active ?
Que ton coeur vertueux , toujours grand , toû
jours droit ,
Pouvant tout ce qu'il veut , ne veut que ce qu'il
doir. ?
Que par les dons divers que ta main liberale,
Répand de toutes parts dans cette Capitale ;
Tu cherches, non l'honneur d'être crû génereux,
Mais l'unique plaisir de faire des heureux ?
Qu'aux beaux Arts qu'Apollon tient sous sa dé
pendance ,
Tu prêtes un appui digne de ta.naissance ?
Que quand je n'osois pas m'élever jusqu'à toi ,
Ta facile bonté descendit jusqu'à moi ?
Que contraire à ces Grands de qui l'ame com
mune ,
I
N'offre rien à nos yeux de grand que leur fortune,
Affable sans bassesse , et fier sans vanité ;
JUILLET. 1733. 1505
On te voit en tous lieux aimé, craint, respecté ,
Que charmé que Louis t'ait placé sur nos têtes,
Le Peuple en prenant part à tes superbes Fêtes ,
Dit que toûjours la gloire excitant tes désirs ,
Tu te montres Héros jusques dans tes plaisirs.
Mais quoi ! je m'apperçois que frappant la barriere
,
Mon Pégase est tout prêt d'entrer dans la carriere;
Eh bien ! sans differer , il la lui faut ouvrir ;
Sur le Pinde avec lui je brûle de courir ,
Et dans l'heureux transport où mon coeur s'a→
bandonne ,
Je vais chercher des fleurs pour former ta Couronne.
Par M.COCQUARD, Avoc. au Parlement de Dijon.
A M. le Come de TAVANES , Brigadier
des Armées du Roy , et son premier Lieutenant
General en Bourgogne.
Si jusques à ce jour , dans ma verve lyrique ;
Je ne t'ai point offert un encens poëtique ,
Tavanes , ce n'est pas que pour chanter ton nom ,
Ma Muse n'ait souvent rêvé sur l'Hélicon.
Cent fois , quand j'ai formé le plan d'un long
Poëme ;
Pour
JUILLET. 1733. 1503
Pour mon premier Héros je t'ai choisi toi - même ;
Mais à ce noble emploi j'avois beau destiner ,
La Lyre qu'on entend sous mes doigts raisonner,
Aussi-tôt Apollon et sa Troupe immortelle ,
Condamnoient mon audace en approuvant mon
zele.
Laisse , me disoient - ils , à de's Auteurs fameux
Le soin de celebrer un Mortel digne d'eux.
Pour Chantre , un Mécenas doit avoir un Horace,
Voltaire peut chanter ton Héros avec grace ,
Cet Aigle , du Soleil soutiendroit les rayons ;
Mais toi que parmi nous rarement nous voyons,
Quand tu veux t'élever aussi haut que Pindare ,
Dans la profonde Mer tu tombes comme Icare.
Ainsi dans mes projets interrompu toujours ,T
Demon travail pour toi j'ai suspendu le cours ,
Et sur d'autres sujets moins grands et plus faciles,
Employant quelquefois des momens ' inutiles ,
Tavanes , j'attendois que pour te bien louer ,
Phébus et les neuf Soeurs daignassent m'avouer.
Toutefois , puisqu'enfin ma Muse a pú te plaire' ,
Je me crois maintenant séparé du vulgaire.
D'un suffrage si beau , content et glorfeux ,
Je sens que je puis prendre un essor jusqu'aux
Cieux . KurzbĮ alum.5295 30591
13
Non, je n'ai plus besoin des Filles de Mémoire ,
Mon zele me suffit pour celebrer ta gloire.
I! K
Dieux avec quel plaisir je dirai dans mes Vers ,
E
504 MERCURE DE FRANCE
Et des rares vertus et tes exploits divers !
En vain ta modestie au silence m'invite ..
Plus on fuit la louange et plus on la mérite ;
Et les Fils d'Apollon aux génereux Mortels ,
Doivent dans leurs Ecrits ériger des Autels.
Eh ! qui fut plus que toi digne de notre hommage!
N'est-on pas informé qu'aussi vaillant que sage ,
Tu sçais dans les horreurs du plus sanglant
combat ,
Etre tout à la fois Capitaine et Soldat ?
Que depuis qu'au Laurier a succedé l'Olive ,
Ton ardeur pour ton Roi n'en est pas moins
active ?
Que ton coeur vertueux , toujours grand , toû
jours droit ,
Pouvant tout ce qu'il veut , ne veut que ce qu'il
doir. ?
Que par les dons divers que ta main liberale,
Répand de toutes parts dans cette Capitale ;
Tu cherches, non l'honneur d'être crû génereux,
Mais l'unique plaisir de faire des heureux ?
Qu'aux beaux Arts qu'Apollon tient sous sa dé
pendance ,
Tu prêtes un appui digne de ta.naissance ?
Que quand je n'osois pas m'élever jusqu'à toi ,
Ta facile bonté descendit jusqu'à moi ?
Que contraire à ces Grands de qui l'ame com
mune ,
I
N'offre rien à nos yeux de grand que leur fortune,
Affable sans bassesse , et fier sans vanité ;
JUILLET. 1733. 1505
On te voit en tous lieux aimé, craint, respecté ,
Que charmé que Louis t'ait placé sur nos têtes,
Le Peuple en prenant part à tes superbes Fêtes ,
Dit que toûjours la gloire excitant tes désirs ,
Tu te montres Héros jusques dans tes plaisirs.
Mais quoi ! je m'apperçois que frappant la barriere
,
Mon Pégase est tout prêt d'entrer dans la carriere;
Eh bien ! sans differer , il la lui faut ouvrir ;
Sur le Pinde avec lui je brûle de courir ,
Et dans l'heureux transport où mon coeur s'a→
bandonne ,
Je vais chercher des fleurs pour former ta Couronne.
Par M.COCQUARD, Avoc. au Parlement de Dijon.
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Résumé : EPITRE, A M. le Comte de TAVANES, Brigadier des Armées du Roy, et son premier Lieutenant General en Bourgogne.
L'épître est adressée à M. le Comte de Tavanes, Brigadier des Armées du Roy et son premier Lieutenant Général en Bourgogne. Le poète auteur de l'épître explique qu'il n'a pas encore célébré Tavanes dans ses œuvres, non par manque de désir, mais parce qu'il se sentait inapte à cette tâche. Apollon et les Muses lui ont conseillé de laisser cette mission à des auteurs plus célèbres, comme Voltaire. Cependant, l'auteur décide finalement de louer Tavanes, se sentant désormais capable de le faire grâce à l'inspiration. Le poète énumère les qualités et les actions de Tavanes : son courage et sa sagesse sur le champ de bataille, son dévouement au roi même en temps de paix, sa générosité, son soutien aux arts, et sa bonté envers les autres. Il souligne également la modestie de Tavanes, qui fuit la louange malgré ses mérites. Le peuple, charmé par Tavanes, le voit comme un héros même dans ses plaisirs. L'auteur conclut en exprimant son désir de composer une œuvre en l'honneur de Tavanes, prêt à s'élancer dans cette entreprise poétique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3385
p. 1513-1516
AJAX, FILS D'OILÉE. CANTATE.
Début :
Prêts à renverser pour jamais, [...]
Mots clefs :
Ajax, Dieux, Flots, Fureurs, Mort
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texteReconnaissance textuelle : AJAX, FILS D'OILÉE. CANTATE.
AJAX , FILS D'OILEE.
CANTATE.
PRêts à renverser pour jamais ,
Ces remparts élevez par des mains immortelles ,
Les vainqueurs d'Ilion n'étoient pas satisfaits ,
Le carnage , la mort , les plus cruels forfaits ,
Pouvoient seals assouvir leurs fureurs criminelles.
C Pour
1514 MERCURE, DE FRANCE
Pour éviter un trépas inhumain ,
Au Temple de Pallas , Cassandre fuit en vain ,
Ajax va l'arracher du sein de la Déesse ,
Et l'Impie enflammé d'un sacrilege amour ,
Deshonore à la fois l'Autel et la Prêtresse .
C'étoit trop peu de lui ravir le jour.
Sans crainte, sans remords , il part ; rien ne l'ar
rêtė ;
Témeraire , oses -tu braver encor les flots?
Voi quels feux devorans s'allunent sur ta tête,
Voi les vents déchaînez menacer tes Vaisseaux.
Les Cieux s'obscurcissent ,
Les flots qui mugissent ,
Agitent les Airs ;
Et l'Onde écumante
Par tout lui présente ,
Cent gouffres ouverts.
Le puissant Nérée ,
Du fougueux Borée ,
Reçoit - il la Loy ?
Quelle horreur extrême ,
Jusqu'aux Tritons même ;
Tout frémit d'effroy.
Les Cieux s'obscurcissent , &c..
Chaque instant redouble l'orage ;
Ajax a déja fait nauffrage;
Tout
10% JUILLET. 1733. 1515
Tout l'art des Matelots n'a pû l'en garantir ;
Les abîmes des, Mers vont bien-tôt l'engloutie.
Tu péris , Monstre affreux , ta force est inutile.
Mais que vois-je ? il surmonte et les vents et les
eaux ,
Un Rocher brise ses Vaisseaux.M
De ce même Rocher il se fait un azile
Et là , bravant la foudre , il éclate en ces mots.
» Ma mort , Dieux impuissants , n'est pas encor
certaine ;
" Aux flots impétueux s'échappe malgré vous;
»Contre le fier Ajax , votre colere est vaine ;
D3
20
Trop heureux que le Ciel, vous dérobe à ses
coups !
Maîtres de l'Univers , un Mortel vous offense ;
» Unissez vos efforts , tâchez de l'accabler ;
Mais n'esperez jamais remplir votre vengeance ,
pour la satisfaire il faut me voir trembler ;
Ma mort , Dieux impuissants , n'est pas encor
certaine
» Si
་་་
Aux flots impetueux j'échappe malgré vous.
$
Jupiter , hate toi de le réduire en poudre ,
La Nature frémit de tant d'impieté.
Mais c'en est fait , Pallas vient d'emprunter la
foudre ,'
Ces dernieres fureurs ont lassé sa bonté.
Ajax , le Ciel enfin écoute sa justice ,
3:1
Tu vas par ton exemple étonner l'Univers;
Ci Meurs
1516 MERCURE DE FRANCE
Meurs ; pour achever ton supplice ,
Alecton t'attend aux Enfers.
Les Dieux épargnent les coupables ;
Pour les forcer au repentir ;
Mais leurs traits sont plus redoutables ;
Quand ils sont plus lents à partir. T
Ils ne nous prennent pour victimes ,
Qu'en gémissant de leurs rigueurs ,
Malheureux ! faut-il que nos crimes ,
Aillent plus loin que leurs fureurs .
Les Dieux , &c.
Par M. P. de Cette en Languedos .
CANTATE.
PRêts à renverser pour jamais ,
Ces remparts élevez par des mains immortelles ,
Les vainqueurs d'Ilion n'étoient pas satisfaits ,
Le carnage , la mort , les plus cruels forfaits ,
Pouvoient seals assouvir leurs fureurs criminelles.
C Pour
1514 MERCURE, DE FRANCE
Pour éviter un trépas inhumain ,
Au Temple de Pallas , Cassandre fuit en vain ,
Ajax va l'arracher du sein de la Déesse ,
Et l'Impie enflammé d'un sacrilege amour ,
Deshonore à la fois l'Autel et la Prêtresse .
C'étoit trop peu de lui ravir le jour.
Sans crainte, sans remords , il part ; rien ne l'ar
rêtė ;
Témeraire , oses -tu braver encor les flots?
Voi quels feux devorans s'allunent sur ta tête,
Voi les vents déchaînez menacer tes Vaisseaux.
Les Cieux s'obscurcissent ,
Les flots qui mugissent ,
Agitent les Airs ;
Et l'Onde écumante
Par tout lui présente ,
Cent gouffres ouverts.
Le puissant Nérée ,
Du fougueux Borée ,
Reçoit - il la Loy ?
Quelle horreur extrême ,
Jusqu'aux Tritons même ;
Tout frémit d'effroy.
Les Cieux s'obscurcissent , &c..
Chaque instant redouble l'orage ;
Ajax a déja fait nauffrage;
Tout
10% JUILLET. 1733. 1515
Tout l'art des Matelots n'a pû l'en garantir ;
Les abîmes des, Mers vont bien-tôt l'engloutie.
Tu péris , Monstre affreux , ta force est inutile.
Mais que vois-je ? il surmonte et les vents et les
eaux ,
Un Rocher brise ses Vaisseaux.M
De ce même Rocher il se fait un azile
Et là , bravant la foudre , il éclate en ces mots.
» Ma mort , Dieux impuissants , n'est pas encor
certaine ;
" Aux flots impétueux s'échappe malgré vous;
»Contre le fier Ajax , votre colere est vaine ;
D3
20
Trop heureux que le Ciel, vous dérobe à ses
coups !
Maîtres de l'Univers , un Mortel vous offense ;
» Unissez vos efforts , tâchez de l'accabler ;
Mais n'esperez jamais remplir votre vengeance ,
pour la satisfaire il faut me voir trembler ;
Ma mort , Dieux impuissants , n'est pas encor
certaine
» Si
་་་
Aux flots impetueux j'échappe malgré vous.
$
Jupiter , hate toi de le réduire en poudre ,
La Nature frémit de tant d'impieté.
Mais c'en est fait , Pallas vient d'emprunter la
foudre ,'
Ces dernieres fureurs ont lassé sa bonté.
Ajax , le Ciel enfin écoute sa justice ,
3:1
Tu vas par ton exemple étonner l'Univers;
Ci Meurs
1516 MERCURE DE FRANCE
Meurs ; pour achever ton supplice ,
Alecton t'attend aux Enfers.
Les Dieux épargnent les coupables ;
Pour les forcer au repentir ;
Mais leurs traits sont plus redoutables ;
Quand ils sont plus lents à partir. T
Ils ne nous prennent pour victimes ,
Qu'en gémissant de leurs rigueurs ,
Malheureux ! faut-il que nos crimes ,
Aillent plus loin que leurs fureurs .
Les Dieux , &c.
Par M. P. de Cette en Languedos .
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Résumé : AJAX, FILS D'OILÉE. CANTATE.
La cantate 'AJAX, FILS D'OILEE' raconte les événements tragiques impliquant Ajax, un des vainqueurs de Troie. Après la prise de la ville, les Grecs continuent de commettre des atrocités. Ajax, en proie à une folie sacrilège, poursuit Cassandre, une prêtresse d'Athéna, jusqu'à son temple et la déshonore. Malgré les avertissements divins et les tempêtes envoyées par les dieux, Ajax tente de fuir par mer. Son navire est détruit par un rocher, mais il survit et défie les dieux, affirmant que sa mort n'est pas certaine. Pallas Athéna, lassée de ses outrages, décide de le punir. Ajax est condamné à mourir et à être accueilli par Alecton, un des chiens de l'enfer. Le texte met en avant la justice divine qui, bien que lente, finit par punir les criminels impénitents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3386
p. 1520-1521
AVIS au Prestol d'Iac, cité dans un Rondeau du Mercure d'Avril, p. 650.
Début :
Aux Vers qu'écrit la Sapho du Croisic, [...]
Mots clefs :
Malcrais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS au Prestol d'Iac, cité dans un Rondeau du Mercure d'Avril, p. 650.
AVIS au Prestol d'Iac , cité dans un
Rondeau du Mercure d'Avril , p . 650.
Aux Vers qu'écrit la Sapho du Croisic ,
Que vous sert-il de vouloir faire injure ?
Prestol d'Inc , le suffrage public ,
Sera bien fort contre votre censure.
Tous Connoisseurs en naïve peinture ,
Vont appeller de votre Jugement ;
Ne doutez point qu'Apollon ne le casse :
N'en doutez point , Malcrais certainement ,
A des amis à la Cour du Parnasse.
D'ailleurs sa cause est bonne , et franchement ,
Ce qu'avez dit est de mauvaise grace.
Vous
JUILLET. 1733 . 1521
Vous serez là tondu vilainement.
Partant oyez l'avis d'un Bas- Normand
Si ne voulez nous aprêter à rire.
Dédites -vous , croyez - moi , promptement.
Pour son honneur on peut bien se dédire.
F. M. F.
Rondeau du Mercure d'Avril , p . 650.
Aux Vers qu'écrit la Sapho du Croisic ,
Que vous sert-il de vouloir faire injure ?
Prestol d'Inc , le suffrage public ,
Sera bien fort contre votre censure.
Tous Connoisseurs en naïve peinture ,
Vont appeller de votre Jugement ;
Ne doutez point qu'Apollon ne le casse :
N'en doutez point , Malcrais certainement ,
A des amis à la Cour du Parnasse.
D'ailleurs sa cause est bonne , et franchement ,
Ce qu'avez dit est de mauvaise grace.
Vous
JUILLET. 1733 . 1521
Vous serez là tondu vilainement.
Partant oyez l'avis d'un Bas- Normand
Si ne voulez nous aprêter à rire.
Dédites -vous , croyez - moi , promptement.
Pour son honneur on peut bien se dédire.
F. M. F.
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Résumé : AVIS au Prestol d'Iac, cité dans un Rondeau du Mercure d'Avril, p. 650.
Un avis critique les vers de Prestol d'Iac contre la 'Sapho du Croisic'. L'auteur soutient que le public et les connaisseurs en peinture défendront cette dernière. Apollon pourrait annuler le jugement de Prestol d'Iac. Malcrais, un autre poète, bénéficie d'amis influents. Prestol d'Iac est menacé de moquerie s'il ne se rétracte pas. Le texte date de juillet 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3387
p. 1534-1539
L'EPOUX MALHEUREUX, ET TOUJOURS AMOUREUX, ELEGIE.
Début :
Mortels, soumis aux loix de l'amoureux Empire, [...]
Mots clefs :
Sylvie, Malheureux, Coeur, Amour, Épouse, Époux, Ingrate, Ciel, Dieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'EPOUX MALHEUREUX, ET TOUJOURS AMOUREUX, ELEGIE.
L'E POUX MALHEUREUX ,
ET TOUJOURS AMOUREUX ,
M
ELEGI E.
Ortels , soumis aux loix de l'amoureux
Empire ,
Qui contez aux Rochers votre tendret martyre
,
Suspendez vos regrets , plaignez dans un
Epoux
Un amant mille fois plus malheureux que
vous. Y
Prêtez- vous , s'il se peut , aux disgraces des autres
;
Au
JUILLET. 1733 .
1733. 1535
Au
récit de mes maux vous oublirez les vô-
+ tres.
Des charmes de l'Amour connoissant le danger
,
Je formois te dessein de ne point m'engager
,.
Quand un hazard fatal au repos de ma vie
Offrit à mes regards l'inconstante Sylvie.
Venus sembloit en elle épuiser ses attraits ,
Et l'Amour par ses yeux blessoit de mille
traits.
Eu vain de leur pouvoir je voulus me deffendre
,
Mon trop sensible coeur s'empressa de se rendre.
<
Judicieux projet , sage raisonnement
Tout fuit , tout m'abandonne au dangereux
moment.
Moment qui me fut cher , & qui m'est si funeste
!
Mes pleurs et mes soupirs sont tout ce qui m'en
reste ,
Non , que d'abord Sylvie , en dédaignant mes
feux ,
Par de honteux refus eût rebuté mes voeux.
Ma famme par l'Hymen fut bientôt con
ronnée ;
Mais ce triomphe au plus ne dura qu'une an
née.
Pour l'ingrate attentif à redoubler mes soins
Sa
153 MERCURE DE FRANCE
Sa fierté , ses mépris .ne m'accabloient pa
moins ;
Je sens à chaque instant appesantir ma chaine ,
Sans espoir de toucher un e Epouse inhumaine.
Perfide , que devient le serment solemnel ,
Que de m'aimer toujours tu me fis à l'Autel
?
•
Dieux garants du serment , mais témoins du
parjure ,
Vous êtes plus que moi blessez par cette injure
:
Ah ! d'un si noir forfait , vangez moi , vȧngez
vous ;
Que dis-je ? malheureux ! non , suspendez vos
coups ;
A vos droits violez s'il faut une victime ,
Faites -moi de Sylvie expier tout le crime ;
Si l'ingrate que j'aime éprouvoit vos rigueurs ,
Il en coûteroit trop au plus tendre des coeurs.
Vous le sçavez assez , vallons , bois & fontaines
,
Cent fois je vous parlai de mes mortelles peines
,
Cent fois je vous ai fait le récit douloureux
Des chagrins que me cause un Hymen malheu
reux .
Vous sçavez mes tourmens , mais vous sçavez
de même
Combien
JUILLET. 1733 .
1537
Combien pour qui me hait ma tendresse est extrême
?
Je l'aime , ch ! quel pinceau par des traits assez
forts
De Sylvie en courroux marqueroit les transports.
D'un souffle impétueux l'Aquilon dans nos
plaines ,
Agitant des Ormeaux les feuilles incertaines
Abbat et fait languir les plantes et les fleurs
Que la brillante Aurore arrosa de ses pleurs.
C
Mais tout renaît bien - tôt , quand le calme succede
,
Tandis qu'à mon tourment il n'est point de
reméde .
Près du Cocyte un jour succombant sous mes
maux ,
Je voyois Atropos s'armer de ses ciseaux.
Auprès de moi déja ma famille assemblée.
Sur mon sort malheureux gémissoit désolée.
Que faisiez - vous alors , Sylvie , ah ! votre
coeur
Accusoit en secret la Parque de lenteur.
Qu'osai-je dire ? Ciel ! ... non dans mon trouble
extrême ,
Je m'égare
j'aime.
et j'outrage une Epouse que
Non , encore une fois , non , tant de cruauté
Ne se trouva jamais avec tant de beauté.
Fuyés , soupçon injuste , et respectez Sylvie ;
D Jamais
1538 MERCURE DE FRANCE
Jamais d'un pareil crime elle ne s'est noircie
,
Elle sçait quand la mort a menacé ses
jours ,
Que j'ai voulu des miens finir le triste cours.
Ce trait de ma douleur , croyons - le pour sa
gloire ,
Sans doute est pour jamais gravé dans sa mémoire.
Crédule que je suis ! si de mon déplaisir
Sylvie eut conservé le moindre souvenir ,
Pourquoi n'en pas donner un leger témoi
gnage ?
Non , je n'eus de son coeur que la haine en parə
tage ,
Quand je revis le jour par un bienfait des
Dieux ,
Je fus pour elle encor un objet odieux ;
Ses rigueurs de ma flamme égalent la constance
;
Que n'eut - elle à m'aimer , même perséve
rance ' !
Penser pour mon amour séduisant et fat❤
teur ,
Que ne m'abuses- tu par une fausse ardeur !
Je suis prêt , chere, Epouse , à seconder ta
feinte ;
Mais non , sa cruauté se nourrit de ma plainte ;
Allons au bout du monde étouffer nos sou
pirs ,
Par.
JUILLET. 1733. 1539
Par ma fuite à l'ingrate offrons mille plai
sirs ;
Cependant si le Ciel appaisoit sa colere ,
S'il pouvoit être un jour sensible à ma misere
....
Helas quoiqu'il lui plaise ordonner de mon
sort .
Mon amour ne pourra s'éteindre qu'à la
mort.
Changez , changez 8 Ciel , cette aimable
cruelle ;
Je la reçûs de vous , je lui serai fidele ,
Déja des Dieux fléchis j'éprouve le pouvoir ,
Ils versent dans mon coeur quelque rayon d'es
poir .
Viens t'offrir à mes yeux , Epouse que j'adore
,
Et bannir d'un regard l'ennui qui me devore
Viens , pour me rendre heureux , il suffit en
jour
D'un instant près de toi ménagé par l'A
mour.
ET TOUJOURS AMOUREUX ,
M
ELEGI E.
Ortels , soumis aux loix de l'amoureux
Empire ,
Qui contez aux Rochers votre tendret martyre
,
Suspendez vos regrets , plaignez dans un
Epoux
Un amant mille fois plus malheureux que
vous. Y
Prêtez- vous , s'il se peut , aux disgraces des autres
;
Au
JUILLET. 1733 .
1733. 1535
Au
récit de mes maux vous oublirez les vô-
+ tres.
Des charmes de l'Amour connoissant le danger
,
Je formois te dessein de ne point m'engager
,.
Quand un hazard fatal au repos de ma vie
Offrit à mes regards l'inconstante Sylvie.
Venus sembloit en elle épuiser ses attraits ,
Et l'Amour par ses yeux blessoit de mille
traits.
Eu vain de leur pouvoir je voulus me deffendre
,
Mon trop sensible coeur s'empressa de se rendre.
<
Judicieux projet , sage raisonnement
Tout fuit , tout m'abandonne au dangereux
moment.
Moment qui me fut cher , & qui m'est si funeste
!
Mes pleurs et mes soupirs sont tout ce qui m'en
reste ,
Non , que d'abord Sylvie , en dédaignant mes
feux ,
Par de honteux refus eût rebuté mes voeux.
Ma famme par l'Hymen fut bientôt con
ronnée ;
Mais ce triomphe au plus ne dura qu'une an
née.
Pour l'ingrate attentif à redoubler mes soins
Sa
153 MERCURE DE FRANCE
Sa fierté , ses mépris .ne m'accabloient pa
moins ;
Je sens à chaque instant appesantir ma chaine ,
Sans espoir de toucher un e Epouse inhumaine.
Perfide , que devient le serment solemnel ,
Que de m'aimer toujours tu me fis à l'Autel
?
•
Dieux garants du serment , mais témoins du
parjure ,
Vous êtes plus que moi blessez par cette injure
:
Ah ! d'un si noir forfait , vangez moi , vȧngez
vous ;
Que dis-je ? malheureux ! non , suspendez vos
coups ;
A vos droits violez s'il faut une victime ,
Faites -moi de Sylvie expier tout le crime ;
Si l'ingrate que j'aime éprouvoit vos rigueurs ,
Il en coûteroit trop au plus tendre des coeurs.
Vous le sçavez assez , vallons , bois & fontaines
,
Cent fois je vous parlai de mes mortelles peines
,
Cent fois je vous ai fait le récit douloureux
Des chagrins que me cause un Hymen malheu
reux .
Vous sçavez mes tourmens , mais vous sçavez
de même
Combien
JUILLET. 1733 .
1537
Combien pour qui me hait ma tendresse est extrême
?
Je l'aime , ch ! quel pinceau par des traits assez
forts
De Sylvie en courroux marqueroit les transports.
D'un souffle impétueux l'Aquilon dans nos
plaines ,
Agitant des Ormeaux les feuilles incertaines
Abbat et fait languir les plantes et les fleurs
Que la brillante Aurore arrosa de ses pleurs.
C
Mais tout renaît bien - tôt , quand le calme succede
,
Tandis qu'à mon tourment il n'est point de
reméde .
Près du Cocyte un jour succombant sous mes
maux ,
Je voyois Atropos s'armer de ses ciseaux.
Auprès de moi déja ma famille assemblée.
Sur mon sort malheureux gémissoit désolée.
Que faisiez - vous alors , Sylvie , ah ! votre
coeur
Accusoit en secret la Parque de lenteur.
Qu'osai-je dire ? Ciel ! ... non dans mon trouble
extrême ,
Je m'égare
j'aime.
et j'outrage une Epouse que
Non , encore une fois , non , tant de cruauté
Ne se trouva jamais avec tant de beauté.
Fuyés , soupçon injuste , et respectez Sylvie ;
D Jamais
1538 MERCURE DE FRANCE
Jamais d'un pareil crime elle ne s'est noircie
,
Elle sçait quand la mort a menacé ses
jours ,
Que j'ai voulu des miens finir le triste cours.
Ce trait de ma douleur , croyons - le pour sa
gloire ,
Sans doute est pour jamais gravé dans sa mémoire.
Crédule que je suis ! si de mon déplaisir
Sylvie eut conservé le moindre souvenir ,
Pourquoi n'en pas donner un leger témoi
gnage ?
Non , je n'eus de son coeur que la haine en parə
tage ,
Quand je revis le jour par un bienfait des
Dieux ,
Je fus pour elle encor un objet odieux ;
Ses rigueurs de ma flamme égalent la constance
;
Que n'eut - elle à m'aimer , même perséve
rance ' !
Penser pour mon amour séduisant et fat❤
teur ,
Que ne m'abuses- tu par une fausse ardeur !
Je suis prêt , chere, Epouse , à seconder ta
feinte ;
Mais non , sa cruauté se nourrit de ma plainte ;
Allons au bout du monde étouffer nos sou
pirs ,
Par.
JUILLET. 1733. 1539
Par ma fuite à l'ingrate offrons mille plai
sirs ;
Cependant si le Ciel appaisoit sa colere ,
S'il pouvoit être un jour sensible à ma misere
....
Helas quoiqu'il lui plaise ordonner de mon
sort .
Mon amour ne pourra s'éteindre qu'à la
mort.
Changez , changez 8 Ciel , cette aimable
cruelle ;
Je la reçûs de vous , je lui serai fidele ,
Déja des Dieux fléchis j'éprouve le pouvoir ,
Ils versent dans mon coeur quelque rayon d'es
poir .
Viens t'offrir à mes yeux , Epouse que j'adore
,
Et bannir d'un regard l'ennui qui me devore
Viens , pour me rendre heureux , il suffit en
jour
D'un instant près de toi ménagé par l'A
mour.
Fermer
Résumé : L'EPOUX MALHEUREUX, ET TOUJOURS AMOUREUX, ELEGIE.
Le texte est une élégie intitulée 'L'Époux malheureux, et toujours amoureux' datée de juillet 1733. Le narrateur, un homme marié, exprime sa douleur et son amour pour son épouse, Sylvie, qui le rejette et le méprise malgré ses efforts pour la satisfaire. Il se remémore le moment où il a rencontré Sylvie et comment il est tombé amoureux d'elle malgré ses tentatives de résistance. Leur mariage, initialement heureux, a tourné au drame après une année, Sylvie devenant froide et méprisante. Le narrateur se lamente sur l'injustice de son sort et implore les dieux de venger son malheur, tout en exprimant son amour inconditionnel pour Sylvie. Il évoque également les paysages naturels comme témoins de ses souffrances et de son amour persistant. Malgré les cruautés de Sylvie, il espère encore un changement et un retour de son affection.
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3388
p. 1547-1551
ODE en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Vierge, qui a remporté le Prix au Palinod de l'Université de Caën, le 8 Décembre 1732. SUJET. Le coeur de la Pucelle d'Orléans fut trouvé entier au milieu du feu après sa mort.
Début :
Ou vont ces Enfans de la terre, [...]
Mots clefs :
Sang, Coeur, Victoire, Gloire, Horreur, Dieu, Prix, Pucelle d'Orléans, Immaculée Conception de la Vierge, Palinod, Université de Caen
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texteReconnaissance textuelle : ODE en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Vierge, qui a remporté le Prix au Palinod de l'Université de Caën, le 8 Décembre 1732. SUJET. Le coeur de la Pucelle d'Orléans fut trouvé entier au milieu du feu après sa mort.
ODE en l'honneur de l'Immaculée
Conception de la Vierge , qui a rem
porté le Prix au Palinod de l'Université
de Caën , le 8 Décembre 1732.A
?
SUJET Le coeur de la Pucelle d'Orleans
fut trouvé entier au milieu du feu après
sa mort.
7
U vont ces Enfans de la terre ,
Porter le ravage et l'horreur ?
La discorde souffle la guerre ,
Dvj
En
1548 MERCURE DE FRANCE
En vient seconder leur fureur ;
Le cruel démon du carnage ,
Les yeux étincelans de rage ,
Conduit leurs sacrileges pas ,
Leurs mains de sang toutes fumantes
Offrent des victimes sanglantes ,
Au Dieu barbare des combats.
FRANCE , cette affreuse tempête ,
Va dans ton sein porter l'effroi ,
Albion tente la conquête
Du Trône sacré de ton Roi :
Déja cette troupe homicide ,
Dans le fol espoir qui la guide ,
Fait avancer ses . Bataillons :
La Victoire errante et séduite
Marche sans rougir à la suite
De leurs superbes Pavillons.
Nos Citadelles foudroyées ,
Nos champs pleins de sang et d'horreur
}
De nos Cohortes effraïées ,
Ne peuvent réveiller l'ardeur :
François , qu'on va charger de chaînes ,
Songés que le sang de vos veines
Est celui de ces fiers Guerriers
Dom le courage infatigable ,
Au
JUILLET.
1733. 1549
Au Capitole redoutable ,
Alloit moissonner des lauriers.
La Fortune aux Anglois fidéle
Sur ses yeux mettant son bandeau ,
Ose ' armer pour leur querelle ,
Et se ranger sous leur drapeau ;
Leurs Troupes de sang alterées ,
De nos déplorables Contrées ,
Couvrent les campagnes de morts :
Jamais l'Euphrate sur ses rives ,
Ne vît tant de Meres plaintives ,
Que la Seine en voit sur ses bords.
Mais quoi quelle main vengeresse !
Vient frapper ces nouveaux Titans ?
Quelle foudroïante Déesse ;
Renverse leurs Drapeaux flotans !
Du Dieu terrible de la Thrace ,
Elle a le courage et l'audace ;
Bellone marche à ses côtés ;
Et son bras s'arme de la foudre ,
Qui va faire mordre la poudre
Aux ennemis épouventés
De nos Troupes le triste reste ,
Brûle de marcher sur ses pas :
Elle
1550 MERCURE DE FRANCE
Elle frape , et sa main funeste
Abbat des milliers de Soldats ;
Tel l'Ange en sa fureur rapide ,
Frapa le Soldat homicide
De l'infidele Assyrien ,
Lorsque son glaive redoutable
Dans une nuit épouventable ,
Vengea le Peuple Iduméen.
Avec une ardeur redoublée
Bravant les efforts ennemis ,
Nos Guerriers vont dans la mêlée ,
Venger la gloire de nos Lys :
Des blessés les clameurs touchantes
Des morts les entrailles fumantes ,
Redoublent l'horreur et l'effroi ;
Chacun jaloux de la victoire ,
Se trouve heureux d'avoir la gloire ,
De verser son sang pour son Roi.
A ces effrayantes images ,
Semble succeder le repos ;
Tant de meurtres et de ravages ,
Ont lassé la fiere Atropos :
Le bruit des guerrieres Trompettes
Ne fait plus taire nos Musettes :
Mais quoi quel funeste retour !
I
I
I
La
JUILLET.
1733. I551
La Fortune nous abandonne ,
Et notre vaillante Amazonne
Tombe dans les fers à son tour.
L'Anglois que la vengeance anime ,
Fait dresser un bucher cruel ,
Où cette innocente Victime
Va recevoir le coup mortel ;
Son coeur , l'appui de nos murailles ,
Son coeur qui gagnoit des Batailles,
Triomphe encore après sa mort ;
Et par une grace invisible ,`
Du Ciel , à son malheur sensible
Des feux brave le vain effort.
ALLUSIO N.
Ce coeur d'une nouvelle gloire
Brille encore au milieu du feu ,
En nous figurant la victoire
De l'Auguste Mere de Dieu :
Τ .
Le Démon par son imposture
Embrasa toute la Nature"
De son souffle pernicieux ;"
par une grace céleste , Mais
La VIERGE en ce débris funeste
Fût seule exempte de ses feux.
Par M. l'Abbé Turpin.
Conception de la Vierge , qui a rem
porté le Prix au Palinod de l'Université
de Caën , le 8 Décembre 1732.A
?
SUJET Le coeur de la Pucelle d'Orleans
fut trouvé entier au milieu du feu après
sa mort.
7
U vont ces Enfans de la terre ,
Porter le ravage et l'horreur ?
La discorde souffle la guerre ,
Dvj
En
1548 MERCURE DE FRANCE
En vient seconder leur fureur ;
Le cruel démon du carnage ,
Les yeux étincelans de rage ,
Conduit leurs sacrileges pas ,
Leurs mains de sang toutes fumantes
Offrent des victimes sanglantes ,
Au Dieu barbare des combats.
FRANCE , cette affreuse tempête ,
Va dans ton sein porter l'effroi ,
Albion tente la conquête
Du Trône sacré de ton Roi :
Déja cette troupe homicide ,
Dans le fol espoir qui la guide ,
Fait avancer ses . Bataillons :
La Victoire errante et séduite
Marche sans rougir à la suite
De leurs superbes Pavillons.
Nos Citadelles foudroyées ,
Nos champs pleins de sang et d'horreur
}
De nos Cohortes effraïées ,
Ne peuvent réveiller l'ardeur :
François , qu'on va charger de chaînes ,
Songés que le sang de vos veines
Est celui de ces fiers Guerriers
Dom le courage infatigable ,
Au
JUILLET.
1733. 1549
Au Capitole redoutable ,
Alloit moissonner des lauriers.
La Fortune aux Anglois fidéle
Sur ses yeux mettant son bandeau ,
Ose ' armer pour leur querelle ,
Et se ranger sous leur drapeau ;
Leurs Troupes de sang alterées ,
De nos déplorables Contrées ,
Couvrent les campagnes de morts :
Jamais l'Euphrate sur ses rives ,
Ne vît tant de Meres plaintives ,
Que la Seine en voit sur ses bords.
Mais quoi quelle main vengeresse !
Vient frapper ces nouveaux Titans ?
Quelle foudroïante Déesse ;
Renverse leurs Drapeaux flotans !
Du Dieu terrible de la Thrace ,
Elle a le courage et l'audace ;
Bellone marche à ses côtés ;
Et son bras s'arme de la foudre ,
Qui va faire mordre la poudre
Aux ennemis épouventés
De nos Troupes le triste reste ,
Brûle de marcher sur ses pas :
Elle
1550 MERCURE DE FRANCE
Elle frape , et sa main funeste
Abbat des milliers de Soldats ;
Tel l'Ange en sa fureur rapide ,
Frapa le Soldat homicide
De l'infidele Assyrien ,
Lorsque son glaive redoutable
Dans une nuit épouventable ,
Vengea le Peuple Iduméen.
Avec une ardeur redoublée
Bravant les efforts ennemis ,
Nos Guerriers vont dans la mêlée ,
Venger la gloire de nos Lys :
Des blessés les clameurs touchantes
Des morts les entrailles fumantes ,
Redoublent l'horreur et l'effroi ;
Chacun jaloux de la victoire ,
Se trouve heureux d'avoir la gloire ,
De verser son sang pour son Roi.
A ces effrayantes images ,
Semble succeder le repos ;
Tant de meurtres et de ravages ,
Ont lassé la fiere Atropos :
Le bruit des guerrieres Trompettes
Ne fait plus taire nos Musettes :
Mais quoi quel funeste retour !
I
I
I
La
JUILLET.
1733. I551
La Fortune nous abandonne ,
Et notre vaillante Amazonne
Tombe dans les fers à son tour.
L'Anglois que la vengeance anime ,
Fait dresser un bucher cruel ,
Où cette innocente Victime
Va recevoir le coup mortel ;
Son coeur , l'appui de nos murailles ,
Son coeur qui gagnoit des Batailles,
Triomphe encore après sa mort ;
Et par une grace invisible ,`
Du Ciel , à son malheur sensible
Des feux brave le vain effort.
ALLUSIO N.
Ce coeur d'une nouvelle gloire
Brille encore au milieu du feu ,
En nous figurant la victoire
De l'Auguste Mere de Dieu :
Τ .
Le Démon par son imposture
Embrasa toute la Nature"
De son souffle pernicieux ;"
par une grace céleste , Mais
La VIERGE en ce débris funeste
Fût seule exempte de ses feux.
Par M. l'Abbé Turpin.
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Résumé : ODE en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Vierge, qui a remporté le Prix au Palinod de l'Université de Caën, le 8 Décembre 1732. SUJET. Le coeur de la Pucelle d'Orléans fut trouvé entier au milieu du feu après sa mort.
Le texte est une ode en l'honneur de l'Immaculée Conception, récompensée au Palinod de l'Université de Caen le 8 décembre 1732. Il évoque le cœur intact de Jeanne d'Arc retrouvé après sa mort. Le poème décrit les horreurs de la guerre, notamment les conflits entre la France et l'Angleterre au XVIe siècle. La France est menacée par les troupes anglaises, et la victoire semble incertaine. Une figure divine, comparée à Bellone, intervient pour renverser les ennemis. Les soldats français, malgré leurs pertes, continuent de se battre avec courage. Le texte se termine par une allusion au cœur de Jeanne d'Arc, symbolisant la victoire et la grâce divine. Cette image est comparée à la Vierge Marie, exemptée des feux de l'imposture démoniaque.
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3389
p. 1552-1558
LETTRE de M. de R*** de Soissons, à Mrs ** et **. Description de la Terre de C***. / PLAN DE CH***.
Début :
J'ai pris les devants, Mrs, et je vous attends dans les lieux enchantez où [...]
Mots clefs :
Aimable, Nature, Plan, Plaisirs, Douce, Heureux, Sagesse, Aimable, Main, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. de R*** de Soissons, à Mrs ** et **. Description de la Terre de C***. / PLAN DE CH***.
LETTRE de M. de R *** de
Soissons , à Mrs ** et * *. Description
de la Terre de C ***.
' Ai pris les devants , Mrs , et je vous
J'atteprisdend vanti, enchantez où
M. et Me de L ** vous invitent avec de
nouvelles instances à venir.
1: 0 . tə
L'amitié par ma voix hazarde aussi les
siennes. C'est elle , qui pour vous déterminer
, m'a engagé à tracer le plan de
cet aimable séjour . Foi d'homme sincere ,
je n'ai presque rien ajoûté à la Nature
dans la Description que je vous envoye }
arrivez et vous réaliserez mes promesses.
Je vous ferai voir les rives heureuses de
l'Eléte , nous nous promenerons dans ces
Jardins délicieux , où les Zéphirs choisissent
leur azile , où Flore les retient
dans ses chaînes , et où elle semble avoir
fixé le domicile du Printemps . Je vous
montrerai jusqu'à la Bergere dont les
amours un peu trop rapides m'ont donné
l'idée de la mienne. Elle seule perdra
quelque chose à être confrontée , et vous
serez surpris de sa métamorphose . Visà-
vis un fort joli Château vous décou
vrirez
JUILLET. 1733 . 1553
vrirez un Côteau qui produit d'excellent
vin , que Bacchus semble opposer aux
Eaux Minerales , dont la source est presque
sous ses pieds . Vous connoissez M. et
Me de L... et Me leur fille ; démentezmoi
, si vous l'osez et le pouvez
même ,
sur le portrait que j'en fais. Dès que vos
Occupations vous laisseront quelques mo.
mens , satisfaites notre impatience , elle
est commune ici sur votre compte ; Venez
prendre part à nos amusemens . Vous
serez à même de choisir dans les plaisirs
innocents , ce sont les seuls dont vous
connoissez l'usage. Vous y invoquerez
Apollon , il se plaît dans nos Solitudes.
Une Bibliotheque choisie vous offrira
des recréations et des modeles ; là Pêche ,'
la Chasse , la Musique et le Jeu , diver- •
sifieront vos plaisirs , et les nôtres seront
infailliblement augmentez pår votre aimable
présence.
PLAN DE CH **
AUXUx bords enchantez ,
Qn'arrose l'Eléte ,
La Nature prête ,
De vives beautez .
La prodigue Aurore ,
Y répand des pleurs ,
Dont
1554 MERCURE DE FRANCE
Dont l'aimable Flore ,
Forme ses couleurs.
La riche Pomone ,
De ses dons couronne ,
De vastes Vergers ,
Des Zéphirs legers ,
Volent dans la Plaine,
Parfument les Airs ;
Et leur douce haleine ,
Fait fuir les hyvers.
Amant de Nannette ,
Un Berger
pressant ,
Tendrement repete ,
Un Air
languissant ;
Sur l'herbe fleurie ;
La Nymphe attendrie ,
Ne résiste pas ;
Du tendre embarras ,
Qui la rend muette
L'Amour s'applaudit ;
Et de sa défaite ,
Le malin sourit.
Dans ces champs fertiles
La blonde Cerés ,
De moissons utiles ,
Orne ses guerets.
Sur la douce pente ,
D'un
JUILLET. 1733.
1555
D'un charmant Côteau
Bacchus nous présente
་
Son Pampre nouveau.
Rival de ton Onde ,
En biens si féconde ,
Utile Ruisseau ;
Avec abondance ,
>
Il étale aux yeux ,
Une ample esperance ,
De fruits précieux.
Là , d'Architecture ,
Un morceau vanté
Tient sur sa structure
Notre ceil arrêté.
L'Art dans sa parure;
N'a rien affecté ;
Et par la Nature ,
Tout y fut dicté.
'Un Couple fidelle ,
Et chéri des Dieux ,
Nous y renouvelle ,
Ces siecles heureux ,
Où dans la sagesse
L'homme
vertueux
Puisoit sa richesse.
•
>
Les Jeux enchanteurs ,
L'ai1556
MERCURE DE FRANCE
L'Aimable sourire ,
Assurent Thémire ,
Du tribut des coeurs .
Ses yeux pleins de charmes ,
Donnent à la fois ,
A l'Amour des armes ,
Aux Mortels des Loix.
Dans ce doux aziłe ,
Heureux d'être admis ,
Illustres amis ,
D'un destin tranquille ,
Je goûte le prix .
Rien ne m'importune ,
Loin de moi , Fortune ,
Tes appas trompeurs.
Caresse , ou menace
Eleve ou terrasse
Tes Adorateurs ;
Froid pour tes faveurs ,
Sourd â ta disgrace ,
Ta prosperité ,
N'a rien qui me tente ;
Ton adversité ,
Rien qui m'épouvante,
Loin ces repentirs,
Que l'excès nous laisse
Toujours la sagesse ,
1
I
Borne
JUILLET. 1733.
Borne mes désirs ;
Et d'intelligence ,
La douce innocence ,
Fournit des plaisirs ,
A mon insconstance.
D'un épais Berceau ,
Sous le verd feüillage ,
Où d'un tendre oiseau
J'entends le ramage ;
Ma main d'un Ouvrage,
Trace un plan nouveau.
A mes voeux docile ,
Ma Muse facile ,
Vient m'y caresser;
Pour me délasser ,
Horace ou Virgile ,
Racine on Boileau ,
Favoris des Graces ,
M'offrent sur leurs traces ,
La route du beau;
Adroite et cruelle ,
Ma main sous ses coups ,
D'une
Tourterelle ,
Fait tomber l'Epoux.
Du séjour humide ,
Le Peuple glouton ,
D'une bouche avide ,
Sous
1558 MERCURE DE FRANCE
Sous l'appas perfide ,
Saisit l'hameçon.
D'un heureux délire ,
Suivant les transports ,
Souvent de ma Lyre ,
J'unis les accords ,
Aux Chants de Thémire.
Tranquile et serein ,
Sans inquietude ,
Dans un Jeu badin
Je vois du Destin ,
La vicissitude.
>
Amis paresseux ,
Votre seule absence ,
Laisse en ma puissance
De faire des voeux.
Calmez les allarmes
De mon coeur jaloux :
Venez avec nous ,
Partager les charmes ,
D'un loisir si doux.
Soissons , à Mrs ** et * *. Description
de la Terre de C ***.
' Ai pris les devants , Mrs , et je vous
J'atteprisdend vanti, enchantez où
M. et Me de L ** vous invitent avec de
nouvelles instances à venir.
1: 0 . tə
L'amitié par ma voix hazarde aussi les
siennes. C'est elle , qui pour vous déterminer
, m'a engagé à tracer le plan de
cet aimable séjour . Foi d'homme sincere ,
je n'ai presque rien ajoûté à la Nature
dans la Description que je vous envoye }
arrivez et vous réaliserez mes promesses.
Je vous ferai voir les rives heureuses de
l'Eléte , nous nous promenerons dans ces
Jardins délicieux , où les Zéphirs choisissent
leur azile , où Flore les retient
dans ses chaînes , et où elle semble avoir
fixé le domicile du Printemps . Je vous
montrerai jusqu'à la Bergere dont les
amours un peu trop rapides m'ont donné
l'idée de la mienne. Elle seule perdra
quelque chose à être confrontée , et vous
serez surpris de sa métamorphose . Visà-
vis un fort joli Château vous décou
vrirez
JUILLET. 1733 . 1553
vrirez un Côteau qui produit d'excellent
vin , que Bacchus semble opposer aux
Eaux Minerales , dont la source est presque
sous ses pieds . Vous connoissez M. et
Me de L... et Me leur fille ; démentezmoi
, si vous l'osez et le pouvez
même ,
sur le portrait que j'en fais. Dès que vos
Occupations vous laisseront quelques mo.
mens , satisfaites notre impatience , elle
est commune ici sur votre compte ; Venez
prendre part à nos amusemens . Vous
serez à même de choisir dans les plaisirs
innocents , ce sont les seuls dont vous
connoissez l'usage. Vous y invoquerez
Apollon , il se plaît dans nos Solitudes.
Une Bibliotheque choisie vous offrira
des recréations et des modeles ; là Pêche ,'
la Chasse , la Musique et le Jeu , diver- •
sifieront vos plaisirs , et les nôtres seront
infailliblement augmentez pår votre aimable
présence.
PLAN DE CH **
AUXUx bords enchantez ,
Qn'arrose l'Eléte ,
La Nature prête ,
De vives beautez .
La prodigue Aurore ,
Y répand des pleurs ,
Dont
1554 MERCURE DE FRANCE
Dont l'aimable Flore ,
Forme ses couleurs.
La riche Pomone ,
De ses dons couronne ,
De vastes Vergers ,
Des Zéphirs legers ,
Volent dans la Plaine,
Parfument les Airs ;
Et leur douce haleine ,
Fait fuir les hyvers.
Amant de Nannette ,
Un Berger
pressant ,
Tendrement repete ,
Un Air
languissant ;
Sur l'herbe fleurie ;
La Nymphe attendrie ,
Ne résiste pas ;
Du tendre embarras ,
Qui la rend muette
L'Amour s'applaudit ;
Et de sa défaite ,
Le malin sourit.
Dans ces champs fertiles
La blonde Cerés ,
De moissons utiles ,
Orne ses guerets.
Sur la douce pente ,
D'un
JUILLET. 1733.
1555
D'un charmant Côteau
Bacchus nous présente
་
Son Pampre nouveau.
Rival de ton Onde ,
En biens si féconde ,
Utile Ruisseau ;
Avec abondance ,
>
Il étale aux yeux ,
Une ample esperance ,
De fruits précieux.
Là , d'Architecture ,
Un morceau vanté
Tient sur sa structure
Notre ceil arrêté.
L'Art dans sa parure;
N'a rien affecté ;
Et par la Nature ,
Tout y fut dicté.
'Un Couple fidelle ,
Et chéri des Dieux ,
Nous y renouvelle ,
Ces siecles heureux ,
Où dans la sagesse
L'homme
vertueux
Puisoit sa richesse.
•
>
Les Jeux enchanteurs ,
L'ai1556
MERCURE DE FRANCE
L'Aimable sourire ,
Assurent Thémire ,
Du tribut des coeurs .
Ses yeux pleins de charmes ,
Donnent à la fois ,
A l'Amour des armes ,
Aux Mortels des Loix.
Dans ce doux aziłe ,
Heureux d'être admis ,
Illustres amis ,
D'un destin tranquille ,
Je goûte le prix .
Rien ne m'importune ,
Loin de moi , Fortune ,
Tes appas trompeurs.
Caresse , ou menace
Eleve ou terrasse
Tes Adorateurs ;
Froid pour tes faveurs ,
Sourd â ta disgrace ,
Ta prosperité ,
N'a rien qui me tente ;
Ton adversité ,
Rien qui m'épouvante,
Loin ces repentirs,
Que l'excès nous laisse
Toujours la sagesse ,
1
I
Borne
JUILLET. 1733.
Borne mes désirs ;
Et d'intelligence ,
La douce innocence ,
Fournit des plaisirs ,
A mon insconstance.
D'un épais Berceau ,
Sous le verd feüillage ,
Où d'un tendre oiseau
J'entends le ramage ;
Ma main d'un Ouvrage,
Trace un plan nouveau.
A mes voeux docile ,
Ma Muse facile ,
Vient m'y caresser;
Pour me délasser ,
Horace ou Virgile ,
Racine on Boileau ,
Favoris des Graces ,
M'offrent sur leurs traces ,
La route du beau;
Adroite et cruelle ,
Ma main sous ses coups ,
D'une
Tourterelle ,
Fait tomber l'Epoux.
Du séjour humide ,
Le Peuple glouton ,
D'une bouche avide ,
Sous
1558 MERCURE DE FRANCE
Sous l'appas perfide ,
Saisit l'hameçon.
D'un heureux délire ,
Suivant les transports ,
Souvent de ma Lyre ,
J'unis les accords ,
Aux Chants de Thémire.
Tranquile et serein ,
Sans inquietude ,
Dans un Jeu badin
Je vois du Destin ,
La vicissitude.
>
Amis paresseux ,
Votre seule absence ,
Laisse en ma puissance
De faire des voeux.
Calmez les allarmes
De mon coeur jaloux :
Venez avec nous ,
Partager les charmes ,
D'un loisir si doux.
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Résumé : LETTRE de M. de R*** de Soissons, à Mrs ** et **. Description de la Terre de C***. / PLAN DE CH***.
La lettre de M. de R *** de Soissons convie les destinataires à visiter la terre de C ***. L'auteur met en avant les attraits naturels et les plaisirs que ce lieu offre, affirmant que sa description est presque fidèle à la réalité. Il promet de leur montrer les rives de l'Eléte, des jardins délicieux, ainsi qu'un château situé sur un coteau produisant un excellent vin. La lettre mentionne également diverses occupations agréables disponibles sur place, telles que la pêche, la chasse, la musique, le jeu, et une bibliothèque sélectionnée pour les moments de récréation. L'auteur exprime son impatience de les accueillir et les encourage à venir profiter des plaisirs innocents offerts par ce séjour. Le texte inclut également un plan poétique de CH **, qui décrit les beautés naturelles et les activités agréables du lieu, tout en exprimant le désir de voir les amis partager ces moments de loisir.
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3390
p. 1571-1574
EPITRE De M. M. D. G. A Mlle sa fille unique, qui entroit dans sa 13 année.
Début :
Je vois un arbrisseau dont les Rameaux fleuris, [...]
Mots clefs :
Temps, Fille, Fruits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE De M. M. D. G. A Mlle sa fille unique, qui entroit dans sa 13 année.
EP IT RE
De M. M. D. G.
A Mile sa fille unique , qui entroit dans se
13 année.
JE voi
E vois un arbrisseau dont les Rameaux fleuris
,
Me promettent déja les fruits que je chéris ,
L'art avec la nature à son sort s'interessent ,
Zéphire et le Soleil tour à tour le caressent ,
La sêve doucement monte dans ses rameaux ,
Et les rend chaque jour et plus forts et plus
beaux,
Tel est de ton Printemps la flateuse apparence ,
Mais puis-je sur des fleurs fonder quelque esperance
?
Oui , le ciel les protége et j'attendrai de lui
Les fruits que sa bonté me promet aujourd'hui.
Je ne veux pas , ma fille , attrister ta jeunesse ,
E vj Pas
1572 MERCURE DE FRANCE
Par l'ennui des leçons qu'on répette sans cesse ;
Un long Sermon endort et les meilleurs avis ,
Donnez à contre- temps , sont toujours mal
suivis :
Quand la raison nous luit , nous devons nous
conduire ,
De nos propres devoirs , nous - mêmes nous instruire
Et
>
par l'heureux secours de nos réfléxions ,
Arrêter le progrès des folles passions ;
Je t'ai déja tracé dans une allégorie ,
Le fidele Tableau des malheurs de ma vie .
Pour t'apprendre comment , par le sort trå
versé
Ce que je fis de mieux fut toujours renversé.
Il ne faut point compter sur l'aveugle fortune ,
En vain on la méprise , en vain on l'importune.
Ses biens sont refusez ou donnez par hazard ,
Rarement à propos , presque toujours trop
tard.
J'ai vécu quelque temps dans la triste indigence
,
J'ai gouté les douceurs d'une heureuse abon
dance .
Et j'envie aujourd'hui la médiocrité !
Au dessus , au dessous , nulle sécurité .
La vertu s'amollit au sein de la richesse ,
Dans la misére , hélas ! que devient la sagesse ?
L'abîme
JUILLET. 1733 . 1573
L'abîme s'ouvre ; un pas peut y précipiter ,
Et souvent on y court , quand on croit l'éviter.
Pour laisser loin de nous ces écueils redoutables
,
Bornons tous nos desirs aux besoins véritables,
Il en est peu de tels ; Le reste est vanité ,
Caprice , erreur , chimere et puérilité.
Ces frivoles besoins que l'homme
multiplié
,
Enfans de son orgueil , nourris par sa folie.
N'ont jamais occupé que de foibles esprits ,
Et méritent bien moins , nos soins , que nos
mépris.
Four atteindre à l'honneur d'un mérite solide
Ne cheri que le vrai,prends la vertu pour guide.
N'ouvre jamais ton coeur à d'injustes désirs ,
Et fais de tes devoirs , ta gloire et tes plaisirs.
Ma fille , ces conseils sont d'un Pere qui
t'aime !
Veus-tu le rendre heureux ? sois heureuse toimême
;
Corrige tes deffauts ; cultive tes talens ;
Fui de l'oisiveté les conseils nonchalans
Préfere rarement l'agréable à l'utile ;
Par l'application rend ton travail facile ;
Poursuis avec constance un ouvrage entrepris ;
Du temps et de l'honneur , reconnois tout le
prix ;
Mo
2
1574 MERCURE DE FRANCE
Modeste en ton maintien , modeste en ton langage
,
Sans contrainte et sans art, montre-toi toujours
sage ;
Et par les doux attraits d'une noble candeur ,
Annonce d'un coeur pur le tranquille bonheur.
De M. M. D. G.
A Mile sa fille unique , qui entroit dans se
13 année.
JE voi
E vois un arbrisseau dont les Rameaux fleuris
,
Me promettent déja les fruits que je chéris ,
L'art avec la nature à son sort s'interessent ,
Zéphire et le Soleil tour à tour le caressent ,
La sêve doucement monte dans ses rameaux ,
Et les rend chaque jour et plus forts et plus
beaux,
Tel est de ton Printemps la flateuse apparence ,
Mais puis-je sur des fleurs fonder quelque esperance
?
Oui , le ciel les protége et j'attendrai de lui
Les fruits que sa bonté me promet aujourd'hui.
Je ne veux pas , ma fille , attrister ta jeunesse ,
E vj Pas
1572 MERCURE DE FRANCE
Par l'ennui des leçons qu'on répette sans cesse ;
Un long Sermon endort et les meilleurs avis ,
Donnez à contre- temps , sont toujours mal
suivis :
Quand la raison nous luit , nous devons nous
conduire ,
De nos propres devoirs , nous - mêmes nous instruire
Et
>
par l'heureux secours de nos réfléxions ,
Arrêter le progrès des folles passions ;
Je t'ai déja tracé dans une allégorie ,
Le fidele Tableau des malheurs de ma vie .
Pour t'apprendre comment , par le sort trå
versé
Ce que je fis de mieux fut toujours renversé.
Il ne faut point compter sur l'aveugle fortune ,
En vain on la méprise , en vain on l'importune.
Ses biens sont refusez ou donnez par hazard ,
Rarement à propos , presque toujours trop
tard.
J'ai vécu quelque temps dans la triste indigence
,
J'ai gouté les douceurs d'une heureuse abon
dance .
Et j'envie aujourd'hui la médiocrité !
Au dessus , au dessous , nulle sécurité .
La vertu s'amollit au sein de la richesse ,
Dans la misére , hélas ! que devient la sagesse ?
L'abîme
JUILLET. 1733 . 1573
L'abîme s'ouvre ; un pas peut y précipiter ,
Et souvent on y court , quand on croit l'éviter.
Pour laisser loin de nous ces écueils redoutables
,
Bornons tous nos desirs aux besoins véritables,
Il en est peu de tels ; Le reste est vanité ,
Caprice , erreur , chimere et puérilité.
Ces frivoles besoins que l'homme
multiplié
,
Enfans de son orgueil , nourris par sa folie.
N'ont jamais occupé que de foibles esprits ,
Et méritent bien moins , nos soins , que nos
mépris.
Four atteindre à l'honneur d'un mérite solide
Ne cheri que le vrai,prends la vertu pour guide.
N'ouvre jamais ton coeur à d'injustes désirs ,
Et fais de tes devoirs , ta gloire et tes plaisirs.
Ma fille , ces conseils sont d'un Pere qui
t'aime !
Veus-tu le rendre heureux ? sois heureuse toimême
;
Corrige tes deffauts ; cultive tes talens ;
Fui de l'oisiveté les conseils nonchalans
Préfere rarement l'agréable à l'utile ;
Par l'application rend ton travail facile ;
Poursuis avec constance un ouvrage entrepris ;
Du temps et de l'honneur , reconnois tout le
prix ;
Mo
2
1574 MERCURE DE FRANCE
Modeste en ton maintien , modeste en ton langage
,
Sans contrainte et sans art, montre-toi toujours
sage ;
Et par les doux attraits d'une noble candeur ,
Annonce d'un coeur pur le tranquille bonheur.
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Résumé : EPITRE De M. M. D. G. A Mlle sa fille unique, qui entroit dans sa 13 année.
Un père écrit à sa fille unique, qui entre dans sa treizième année, en utilisant la métaphore d'un arbrisseau pour symboliser son avenir prometteur. Il espère que le ciel protégera cet avenir et souhaite éviter de l'attrister avec des leçons répétitives. Il met en garde contre les dangers de la fortune aveugle, qui distribue ses biens de manière aléatoire et souvent trop tard. Le père évoque ses propres malheurs pour illustrer les revers du sort. Il conseille à sa fille de limiter ses désirs aux besoins véritables pour éviter les écueils de la richesse et de la misère. Il l'encourage à cultiver ses talents, à fuir l'oisiveté et à préférer l'utile à l'agréable. Enfin, il lui recommande de rester modeste, sage et de montrer une noble candeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3391
p. 1575
ENIGME.
Début :
Deux freres de concert portent un édifice, [...]
Mots clefs :
Pieds
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
DEux freres de concert portent un édifice ,
Sans lequel ils ne seroitent pas ;
L'un d'eux ne peut sans l'autre faire un pas ;
La fin du jour interrompt leur office.
DEux freres de concert portent un édifice ,
Sans lequel ils ne seroitent pas ;
L'un d'eux ne peut sans l'autre faire un pas ;
La fin du jour interrompt leur office.
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3392
p. 1575-1576
AUTRE.
Début :
On me sent sans me voir ; je suis pourtant un corps, [...]
Mots clefs :
Vent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ON me sent sans me voir ;je suis pourtant
un corps ,
Qui fait souvent bien du ravage ;
Quand je suis en couroux , tout cede à mes efforrs
,
Malheureux qui se trouve alors sur mon passage
;
Je deviens cependant quelquefois gracieux ,
Doux , chaud ou froid , utile et favorable ,
Ne vous y fiez pas , je n'ai rien de durable ;
Et suis de ma nature un peu capricieux ;
Tel au matin me loüe et me fait fête ,
Qui le soir contre moi , peste , jure et tempeste.
Comment me définir ? C'est- là tout l'embarras ;
Je ne puis me faire connoître ; .
Le plus sçavant convient qu'il ne me connoît
pas ,
Qu'il
1576 MERCURE DE FRANCE
Qu'il ne sçait d'où je viens , ni qui me donna
l'être.
ON me sent sans me voir ;je suis pourtant
un corps ,
Qui fait souvent bien du ravage ;
Quand je suis en couroux , tout cede à mes efforrs
,
Malheureux qui se trouve alors sur mon passage
;
Je deviens cependant quelquefois gracieux ,
Doux , chaud ou froid , utile et favorable ,
Ne vous y fiez pas , je n'ai rien de durable ;
Et suis de ma nature un peu capricieux ;
Tel au matin me loüe et me fait fête ,
Qui le soir contre moi , peste , jure et tempeste.
Comment me définir ? C'est- là tout l'embarras ;
Je ne puis me faire connoître ; .
Le plus sçavant convient qu'il ne me connoît
pas ,
Qu'il
1576 MERCURE DE FRANCE
Qu'il ne sçait d'où je viens , ni qui me donna
l'être.
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3393
p. 1576
LOGOGRYPHE.
Début :
En cinq lettres, je suis fort petite médaille, [...]
Mots clefs :
Liard
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
N cinq lettres , je suis fort petite médaille ;
Connuë , utile , mais dont on fait peu
Otez mes pieds , vaille que vaille ,
de cas ;
Avant ma soeur , d'hymen j'ai sçu franchir le
pas ,
Ce fut , dit- on , par certaine imposture ,
Qui dans ce temps causeroit embaras ;
Otez mon col , je suis fort gras de ma nature ,
Prenez ventre , col , pieds ; sans moi l'on ne vit
pas.
N cinq lettres , je suis fort petite médaille ;
Connuë , utile , mais dont on fait peu
Otez mes pieds , vaille que vaille ,
de cas ;
Avant ma soeur , d'hymen j'ai sçu franchir le
pas ,
Ce fut , dit- on , par certaine imposture ,
Qui dans ce temps causeroit embaras ;
Otez mon col , je suis fort gras de ma nature ,
Prenez ventre , col , pieds ; sans moi l'on ne vit
pas.
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3394
p. 1576-1577
AUTRE.
Début :
O Vous, ma tres-chere Patrie, [...]
Mots clefs :
Meaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Vous , ma tres -chere Patrie ,
Soit qu'on vous place en France ou bien en
Brie ,
Je fais en votre honneur , Logogryphe nouveau
,
Iris le veut , eh bien , tirons de mon cerveau
Des Vers tels quels ; item , il faut lui plaire,
Cinq lettres font mon tout , et voici le mystere.
Deux , trois , quatre , je suis Elément dange-
Un
JUILLET. 1733 :
1577
Un , trois , et quatre , et cinq , un Plurier contraire
A ce qu'on nomme bien ; un , quatré , avec le
deux ,
J'engraisse la jeune Volaille ,
Trois , quatre , deux , le Grand ainsi que la Ca
naille ,
Par moi le soir et le matin ,
Commence une priere utile ;
Trois , un et deux , je suis chose subtile ,
Sans qui l'homme et la brutte auroient même
destin :
Trois , quatre , cinq , je suis d'une légume vile ,
Le Plurier ; quoi plus ? Iris je suis about ,
Trois , cinq et deux , le ciel sur moi tourne ;
c'est tout.
E. M. J. D. L. Solitaire des bords
de la Marne.
Vous , ma tres -chere Patrie ,
Soit qu'on vous place en France ou bien en
Brie ,
Je fais en votre honneur , Logogryphe nouveau
,
Iris le veut , eh bien , tirons de mon cerveau
Des Vers tels quels ; item , il faut lui plaire,
Cinq lettres font mon tout , et voici le mystere.
Deux , trois , quatre , je suis Elément dange-
Un
JUILLET. 1733 :
1577
Un , trois , et quatre , et cinq , un Plurier contraire
A ce qu'on nomme bien ; un , quatré , avec le
deux ,
J'engraisse la jeune Volaille ,
Trois , quatre , deux , le Grand ainsi que la Ca
naille ,
Par moi le soir et le matin ,
Commence une priere utile ;
Trois , un et deux , je suis chose subtile ,
Sans qui l'homme et la brutte auroient même
destin :
Trois , quatre , cinq , je suis d'une légume vile ,
Le Plurier ; quoi plus ? Iris je suis about ,
Trois , cinq et deux , le ciel sur moi tourne ;
c'est tout.
E. M. J. D. L. Solitaire des bords
de la Marne.
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3395
p. 1577-1578
AUTRE.
Début :
Je suis dans un Païs, peu favorable aux Dames ; [...]
Mots clefs :
Constantinople
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E suis dans un Païs , peu favorable aux
Dames ; JE
Cependant mon aspect n'en est pas moins charmant.
Si tu veux , cher Lecteur , faire mes Anagra
mes
Combine bien mes pieds , tu verras à l'instant ,
Ce que certaines gens mettent dessus leur tête.
Tourne encor d'un autre côté ,
En moi tu trouveras une celebre fête ;
Un
1578 MERCURE DE FRANCE
Un Patriarche révéré
Ce qui fait rire et qu'on méprise ;
Un homme par tout recherché
Ce qui garantit de la Bize.
Un Empereur Romain , du Ciel favorisé.
Ce qui n'a point d'appuy , mais qui pourtant en
donne ,
Un terme dénigrant , ce qui guimpe une None."
Un sage de l'Antiquité,
Exemple de sévérité .
Ce que l'on met au feu , qui sert en tout ménage
;
Un Oyseau que l'on met en Cage ; }
Ce qui vient d'un Païs lointain
Et fait manchettes à Catin.
Poisson tres- estimé , ce qui sert à la table ,
Supplice destiné pour Roturier coupable.
Courage , ami Lecteur , travaille de nouveau ;
Allons , tourne , Combine , et cherche en tom
cerveau ;
.
Un terme de blazon à tes yeux se présente
Et ce qui répeté sert à grossir ta rente .
Une Ville fameuse un Fleuve tres connu ,
Un meuble aux mortels necessaire ;
Un fils cruel qui déchire sa meré ;
Et remede à la toux , quand on en a bien bu.
E suis dans un Païs , peu favorable aux
Dames ; JE
Cependant mon aspect n'en est pas moins charmant.
Si tu veux , cher Lecteur , faire mes Anagra
mes
Combine bien mes pieds , tu verras à l'instant ,
Ce que certaines gens mettent dessus leur tête.
Tourne encor d'un autre côté ,
En moi tu trouveras une celebre fête ;
Un
1578 MERCURE DE FRANCE
Un Patriarche révéré
Ce qui fait rire et qu'on méprise ;
Un homme par tout recherché
Ce qui garantit de la Bize.
Un Empereur Romain , du Ciel favorisé.
Ce qui n'a point d'appuy , mais qui pourtant en
donne ,
Un terme dénigrant , ce qui guimpe une None."
Un sage de l'Antiquité,
Exemple de sévérité .
Ce que l'on met au feu , qui sert en tout ménage
;
Un Oyseau que l'on met en Cage ; }
Ce qui vient d'un Païs lointain
Et fait manchettes à Catin.
Poisson tres- estimé , ce qui sert à la table ,
Supplice destiné pour Roturier coupable.
Courage , ami Lecteur , travaille de nouveau ;
Allons , tourne , Combine , et cherche en tom
cerveau ;
.
Un terme de blazon à tes yeux se présente
Et ce qui répeté sert à grossir ta rente .
Une Ville fameuse un Fleuve tres connu ,
Un meuble aux mortels necessaire ;
Un fils cruel qui déchire sa meré ;
Et remede à la toux , quand on en a bien bu.
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3396
p. 1579-1581
AUTRE.
Début :
En bref me dénommer est chose difficile, [...]
Mots clefs :
Épingle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
N bref me dénommer est chose difficile ,
Il faut plus d'un discours pour me définir
bien ;
En deux mots cependant ; par tout je suis utile ,
Presque par tout aussi je trouve accès facile ,
Et je ne suis , dit- on , qu'un peu plus que lc
rien ;
Mais voyons si ce rien produira quelque chose ;
Pour me découvrir mieux , usons un peu de
glose.
Mon nom est composé de sept lettres en tout ,
Quatre consonnes , trois voyelles ;
Combines-les de bout en bout ,
Et vous y trouverez maintes choses nouvelles,
Une terre qu'entoure l'eau ;
Des Naïades la plus aimable ;
Un Fleuve qui porte Vaisseau ,
Un Arbre dont on fait Batteau ,
Une Cité riche , agréable ,
Qui prise en autre sens , sert au jeune Ecolier ;
Pour l'instruire d'un art utile au Nautonnier ;
Ce que dans le mois d'Aoust le Laboureur enserre
;
Saint Prophete , autrefois enlevé de la terre ,
Sans qu'on sçache depuis ce qu'il est devenu ;
Personnage grotesque , à la Foire connu ?
Un
150 MERCURE DE FRANCE
.
Un composé de points , réel , imaginaire ,
Droit , courbé , comme on le veut
faire , ·
Que vantent tour à tour le Peintre, le Masson ,
Le Mathématicien , le Pêcheur de Poisson ;
Le Matelot enfin , mais avec différence ;
Chacun , selon son sens , son art , et sa science
Puis un je ne sçais quoi . plus blanc que le
Satin ;
Ce qui dans ce temps - cy , souvent pique. la
main ;
Piéce dont on ne peut se passer en ménage ,
Autre dans la Cuisine , en tout temps en usage :
Pour signifier ; Peau , terme du vieux François,
Que n'aguere au Mercure employa la Malerais.
Plus , différens tourmens et du corps et de
l'ame ,
Ôyséàu que le Flamand nomme Jacquette-
Dame.
Poule qui par le bec , à ce que l'on dit , pond,
De maints Tonneaux vuidez , fange qui reste
au fond ;
Avantage au trictrae qu'avec soin l'on conserve ;
Ce qui fait quelquefois aller avec réserve ;
L'Ennemi de la liberté ;
Hommage de fidelité ;
En fait d'Etoffe , ou Drap , mesure fort connue
Amas , Monceau , Graine menuë ;
Enfin que sçais-je encor que je n'aye point dit ?
Le
JUILLET. 1733. 1581
Le bon air , tout ensemble , et défaut d'un
habit ;
Le mobile , et le Dieu de l'humaine industrie ,
Sur les bords de la Loire une Ville jolie ;
Un article , un et deux Pronoms ;
Mais c'en est assez , terminons ;
Devines-tu , Lecteur , .. Qu'est- ce donc qui
t'arrête ? ..
Ah ! sur un rien , dis tu , c'est par trop s'entêter;
Tu te rends ... Rêve encor. . . Gratte bien fort
ta tête ,
Et quant à tes Cheveux , ne crains de les gâter ;
Car si tu viens about de faire ta conquête ,
Je te donne aussi -tôt de quoi les rajuster.
H ... de Menux , en Brie.
N bref me dénommer est chose difficile ,
Il faut plus d'un discours pour me définir
bien ;
En deux mots cependant ; par tout je suis utile ,
Presque par tout aussi je trouve accès facile ,
Et je ne suis , dit- on , qu'un peu plus que lc
rien ;
Mais voyons si ce rien produira quelque chose ;
Pour me découvrir mieux , usons un peu de
glose.
Mon nom est composé de sept lettres en tout ,
Quatre consonnes , trois voyelles ;
Combines-les de bout en bout ,
Et vous y trouverez maintes choses nouvelles,
Une terre qu'entoure l'eau ;
Des Naïades la plus aimable ;
Un Fleuve qui porte Vaisseau ,
Un Arbre dont on fait Batteau ,
Une Cité riche , agréable ,
Qui prise en autre sens , sert au jeune Ecolier ;
Pour l'instruire d'un art utile au Nautonnier ;
Ce que dans le mois d'Aoust le Laboureur enserre
;
Saint Prophete , autrefois enlevé de la terre ,
Sans qu'on sçache depuis ce qu'il est devenu ;
Personnage grotesque , à la Foire connu ?
Un
150 MERCURE DE FRANCE
.
Un composé de points , réel , imaginaire ,
Droit , courbé , comme on le veut
faire , ·
Que vantent tour à tour le Peintre, le Masson ,
Le Mathématicien , le Pêcheur de Poisson ;
Le Matelot enfin , mais avec différence ;
Chacun , selon son sens , son art , et sa science
Puis un je ne sçais quoi . plus blanc que le
Satin ;
Ce qui dans ce temps - cy , souvent pique. la
main ;
Piéce dont on ne peut se passer en ménage ,
Autre dans la Cuisine , en tout temps en usage :
Pour signifier ; Peau , terme du vieux François,
Que n'aguere au Mercure employa la Malerais.
Plus , différens tourmens et du corps et de
l'ame ,
Ôyséàu que le Flamand nomme Jacquette-
Dame.
Poule qui par le bec , à ce que l'on dit , pond,
De maints Tonneaux vuidez , fange qui reste
au fond ;
Avantage au trictrae qu'avec soin l'on conserve ;
Ce qui fait quelquefois aller avec réserve ;
L'Ennemi de la liberté ;
Hommage de fidelité ;
En fait d'Etoffe , ou Drap , mesure fort connue
Amas , Monceau , Graine menuë ;
Enfin que sçais-je encor que je n'aye point dit ?
Le
JUILLET. 1733. 1581
Le bon air , tout ensemble , et défaut d'un
habit ;
Le mobile , et le Dieu de l'humaine industrie ,
Sur les bords de la Loire une Ville jolie ;
Un article , un et deux Pronoms ;
Mais c'en est assez , terminons ;
Devines-tu , Lecteur , .. Qu'est- ce donc qui
t'arrête ? ..
Ah ! sur un rien , dis tu , c'est par trop s'entêter;
Tu te rends ... Rêve encor. . . Gratte bien fort
ta tête ,
Et quant à tes Cheveux , ne crains de les gâter ;
Car si tu viens about de faire ta conquête ,
Je te donne aussi -tôt de quoi les rajuster.
H ... de Menux , en Brie.
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3397
p. 1628-1630
VAUDEVILLE.
Début :
Ne nous préferons point aux Belles ; [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VAUDEVILLE.
VAUDEVILLE.
E nous préferons point aux Belles ;
Bien loin de l'emporter sur elles
De tous côtez nous leur cedons ;
Et si nous avons en partage
Quelque agrément , quelque avantage,
C'est d'elles que nous les tenons .
粥
Nous feur devons la politesse ,
Le bon goût , la délicatesse
Les façons et les sentimens ;
De leurs beaux yeux le doux langage
En un jour instruit davantage
Que tous les Livres en dix ans.
Tous les efforts de notre adresse
Ne sont rien contre leur finesse ,
Jamais on ne les prend sans verd ;
Et la femme la moins habile
Se
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
1628
secol
quat
mais
sanct
急急
N
Bien
De
*
W YORK
MIC
LIBRARY
.
Et !
Qu
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
C
Le
Le
D
ว
JUILLET. 1733 . 1629
Se tire d'un pas difficile ,
Mieux que l'homme le plus expert.
Les soins déconcertent nos ames ,
Nous nous rebutons , mais les Dames
Suivent jusqu'au bout leur dessein ;
Nul obstacle ne les arrête :
Et ce qu'elles ont dans la tête
Devient un arrêt du destin.
潞
Une longue et pénible étude
Ne peut nous donner l'habitude
De leur agréable jargon :
Ce Sexe en esprit nous surpasse
Et l'on compte sur le Parnasse
Neuf Muses contre un Apollon .
Moins vaines que nos plus discretes
Sur le fait de leurs amourettes
On ne les voit point éclater ;
Celle dont la raison s'oublie ,
N'ajoûte point à sa folie
Le sot plaisir de s'en vanter.
Dans les grands sujets de tristesse
Quoiqu'on disc sur leur foiblesse ,
Elles
1630 MERCURE DE FRANCE
Elles sont plus fortes que nous ;
Et tandis qu'un rien nous désole ,
Souvent un Moineau les console
De la perte de leurs Epoux.
E nous préferons point aux Belles ;
Bien loin de l'emporter sur elles
De tous côtez nous leur cedons ;
Et si nous avons en partage
Quelque agrément , quelque avantage,
C'est d'elles que nous les tenons .
粥
Nous feur devons la politesse ,
Le bon goût , la délicatesse
Les façons et les sentimens ;
De leurs beaux yeux le doux langage
En un jour instruit davantage
Que tous les Livres en dix ans.
Tous les efforts de notre adresse
Ne sont rien contre leur finesse ,
Jamais on ne les prend sans verd ;
Et la femme la moins habile
Se
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
1628
secol
quat
mais
sanct
急急
N
Bien
De
*
W YORK
MIC
LIBRARY
.
Et !
Qu
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
C
Le
Le
D
ว
JUILLET. 1733 . 1629
Se tire d'un pas difficile ,
Mieux que l'homme le plus expert.
Les soins déconcertent nos ames ,
Nous nous rebutons , mais les Dames
Suivent jusqu'au bout leur dessein ;
Nul obstacle ne les arrête :
Et ce qu'elles ont dans la tête
Devient un arrêt du destin.
潞
Une longue et pénible étude
Ne peut nous donner l'habitude
De leur agréable jargon :
Ce Sexe en esprit nous surpasse
Et l'on compte sur le Parnasse
Neuf Muses contre un Apollon .
Moins vaines que nos plus discretes
Sur le fait de leurs amourettes
On ne les voit point éclater ;
Celle dont la raison s'oublie ,
N'ajoûte point à sa folie
Le sot plaisir de s'en vanter.
Dans les grands sujets de tristesse
Quoiqu'on disc sur leur foiblesse ,
Elles
1630 MERCURE DE FRANCE
Elles sont plus fortes que nous ;
Et tandis qu'un rien nous désole ,
Souvent un Moineau les console
De la perte de leurs Epoux.
Fermer
Résumé : VAUDEVILLE.
Le texte est un extrait de vaudeville qui compare les hommes et les femmes, soulignant la supériorité de ces dernières dans divers domaines. Les femmes sont décrites comme possédant des qualités telles que la politesse, le bon goût, la délicatesse et une finesse que les hommes ne peuvent égaler. Elles apprennent plus rapidement et efficacement, notamment à travers le langage des yeux. Les efforts des hommes sont vains face à la finesse féminine, et même la femme la moins habile surpasse l'homme le plus expert. Les femmes montrent une détermination inébranlable et une habileté à naviguer les difficultés, tandis que les hommes se découragent facilement. Elles maîtrisent également un langage agréable et spirituel que les hommes ne peuvent acquérir par l'étude. Les femmes sont moins vaines et plus discrètes concernant leurs amours. Dans les moments de tristesse, elles sont plus résilientes et trouvent du réconfort dans des détails insignifiants, contrairement aux hommes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3398
p. 1689-1693
LA FLATERIE. ODE.
Début :
Plein de cette noble furie, [...]
Mots clefs :
Flatterie, Coeurs, Conseils
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texteReconnaissance textuelle : LA FLATERIE. ODE.
LA FLATERIE.
CORDE
Lein de cette noble furie ,
Qu'Horace sentit autrefois ,
Contre la basse flaterie ,
Aujourd'hui j'éleve ma voix;
Tremblez , sujets de la perfide ,
Le Dieu qui m'anime , et me guide ,
Dans mes mains a mis son pinceau ;
Je vais par des traits pleins de flammes ,
A ij De
1690 MERCURE DE FRANCE
De l'imposture de vos ames ,
Immortaliser le tableau.
+
Loin de moi , Troupe abominable
Dont l'Univers est infecté ;
Du Monstre le plus effroïable ,
Je crains moins la férocité :
Contre sa meurtriere rage
On peut opposer un courage ,
Un bras qui triomphe en Vainqueur ; "
Mais contre vous on est sans armes ,
Vos mensonges ont tant de charmes
Que l'on n'en peut sauver son coeur !
T
C'est nous qui sommes vos Ministres ;
Verra-t-on toujours les mortels ,
Charmezl que vos bouches sinistres , I
Les trouvent dignes des Autels ?
Le fol amour qui les domine
Sera - t- il toujours l'origine
De leur vaine crédulité ?
N'auront-ils jamais le courage ,
xicy am svoldi imenom
De ne point accepter l'hommage ,
Base al so se uz sadmit
Qu'ils connoîtront peu mérité ?
९ Sin 19 sminn'in up wɔɑ ɔI
assoliq nos & anism 29m 272Ɑ
vous , redoutables Monarquesa la mag day :1
ImaAOUST.
1733.
1691
Images vivantes des Dieux ,
Montrez-vous par d'illustres marques ;
Dignes d'un nom si glorieux,
Vos Palais seroient- ils l'azyle ,
D'une Troupe infâme et servile ,
D'Admirateurs de vos défauts?
Trop heureux celui qui gouverne ,
Quand du haut du Thrône il discerne ,
Les vrais honneurs d'avec les faux !
M
Tels que les trompeuses Sirénes ,
Dont les chants font faits pour toucher,
Donnent sur les liquides plaintes ,
Le trépas au foible Nocher.
t
Tels des flateurs , les traits fanestes ,
Dans des ames toutes célestes ,
Font couler leur fatal poison ;
Rois , imitez le sage Ulisse ;
Il triompha de leur malice ,
Par le flambeau de la raison.
W
Ainsi , jaloux de votre gloire ,
N'écoutez que la vérité ;
Elle rendra votre memoire ,
Plus chere à la postérité ;
Méprisez ces langues maudites
Qui sçavent peindre les Thersites
之
A iij Avec
1692 MERCURE DE FRANCE
Avec les couleurs des Héros ;
Et malgré la Parque , elle- même ,
Vous porterez le Diadême ,
Jusques dans le sein des Tombeaux.
M
Flateurs , que votre art disparoisse ;
Non , ne croyez pas désormais ,
Triompher de notre foiblesse ;
Nos coeurs vont repousser vos traits ;
De vos conseils illégitimes ,
Les vertus étoient les victimes ;
Nous en ignorions les beautez ;
Quelle étoit notre erreur extrême !
Nous préférions au bien suprême ,
Les vices les plus détestez.
Delâ la parricide rage ,
Qui massacra tant de Romains
Barbares , ce fut là l'ouvrage ,
De vos conseils trop inhumains .
Sans vous , ni Néron , ni Tibere ,
Jusqu'au sein d'un fils , d'une mere ;
N'eussent point porté leur fureur ;
Malheureux qui vous prend pour guides !
Il ose jusqu'aux parricides ,
De ses forfaits porter l'horreur.
Fille
A OUST.
1693 1733.
Fille du ciel , vérné sainte
Viens nous éclairer à jamais ,
Afin que leur maligne feinte ,,
Dans nos coeurs n'ait aucun accès ,
Ennemis de ce doux délire ,
Qui nous arrache à ton empire ,
Tout notre encen's sera pour toi ;
Et loin d'applaudir au mensonge ;
Nous le traiterons comme un songe ,
Trop indigne de notre foy.
Craignez la colère céleste ,
Vous qui sous des dehors charmans ;
Cachez un venin plus funeste ,
Que ne l'est celui des Serpens.
Déja sur vos coupables têtes ,
J'entends gronder mille tempêtes ,
L'air s'embraze , le jour s'enfuit ;
Et la foudre qui vous menace ,
A cette clarté qui s'efface ,
Va joindreune éternelle nuit.
Par M. de S. R.
CORDE
Lein de cette noble furie ,
Qu'Horace sentit autrefois ,
Contre la basse flaterie ,
Aujourd'hui j'éleve ma voix;
Tremblez , sujets de la perfide ,
Le Dieu qui m'anime , et me guide ,
Dans mes mains a mis son pinceau ;
Je vais par des traits pleins de flammes ,
A ij De
1690 MERCURE DE FRANCE
De l'imposture de vos ames ,
Immortaliser le tableau.
+
Loin de moi , Troupe abominable
Dont l'Univers est infecté ;
Du Monstre le plus effroïable ,
Je crains moins la férocité :
Contre sa meurtriere rage
On peut opposer un courage ,
Un bras qui triomphe en Vainqueur ; "
Mais contre vous on est sans armes ,
Vos mensonges ont tant de charmes
Que l'on n'en peut sauver son coeur !
T
C'est nous qui sommes vos Ministres ;
Verra-t-on toujours les mortels ,
Charmezl que vos bouches sinistres , I
Les trouvent dignes des Autels ?
Le fol amour qui les domine
Sera - t- il toujours l'origine
De leur vaine crédulité ?
N'auront-ils jamais le courage ,
xicy am svoldi imenom
De ne point accepter l'hommage ,
Base al so se uz sadmit
Qu'ils connoîtront peu mérité ?
९ Sin 19 sminn'in up wɔɑ ɔI
assoliq nos & anism 29m 272Ɑ
vous , redoutables Monarquesa la mag day :1
ImaAOUST.
1733.
1691
Images vivantes des Dieux ,
Montrez-vous par d'illustres marques ;
Dignes d'un nom si glorieux,
Vos Palais seroient- ils l'azyle ,
D'une Troupe infâme et servile ,
D'Admirateurs de vos défauts?
Trop heureux celui qui gouverne ,
Quand du haut du Thrône il discerne ,
Les vrais honneurs d'avec les faux !
M
Tels que les trompeuses Sirénes ,
Dont les chants font faits pour toucher,
Donnent sur les liquides plaintes ,
Le trépas au foible Nocher.
t
Tels des flateurs , les traits fanestes ,
Dans des ames toutes célestes ,
Font couler leur fatal poison ;
Rois , imitez le sage Ulisse ;
Il triompha de leur malice ,
Par le flambeau de la raison.
W
Ainsi , jaloux de votre gloire ,
N'écoutez que la vérité ;
Elle rendra votre memoire ,
Plus chere à la postérité ;
Méprisez ces langues maudites
Qui sçavent peindre les Thersites
之
A iij Avec
1692 MERCURE DE FRANCE
Avec les couleurs des Héros ;
Et malgré la Parque , elle- même ,
Vous porterez le Diadême ,
Jusques dans le sein des Tombeaux.
M
Flateurs , que votre art disparoisse ;
Non , ne croyez pas désormais ,
Triompher de notre foiblesse ;
Nos coeurs vont repousser vos traits ;
De vos conseils illégitimes ,
Les vertus étoient les victimes ;
Nous en ignorions les beautez ;
Quelle étoit notre erreur extrême !
Nous préférions au bien suprême ,
Les vices les plus détestez.
Delâ la parricide rage ,
Qui massacra tant de Romains
Barbares , ce fut là l'ouvrage ,
De vos conseils trop inhumains .
Sans vous , ni Néron , ni Tibere ,
Jusqu'au sein d'un fils , d'une mere ;
N'eussent point porté leur fureur ;
Malheureux qui vous prend pour guides !
Il ose jusqu'aux parricides ,
De ses forfaits porter l'horreur.
Fille
A OUST.
1693 1733.
Fille du ciel , vérné sainte
Viens nous éclairer à jamais ,
Afin que leur maligne feinte ,,
Dans nos coeurs n'ait aucun accès ,
Ennemis de ce doux délire ,
Qui nous arrache à ton empire ,
Tout notre encen's sera pour toi ;
Et loin d'applaudir au mensonge ;
Nous le traiterons comme un songe ,
Trop indigne de notre foy.
Craignez la colère céleste ,
Vous qui sous des dehors charmans ;
Cachez un venin plus funeste ,
Que ne l'est celui des Serpens.
Déja sur vos coupables têtes ,
J'entends gronder mille tempêtes ,
L'air s'embraze , le jour s'enfuit ;
Et la foudre qui vous menace ,
A cette clarté qui s'efface ,
Va joindreune éternelle nuit.
Par M. de S. R.
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Résumé : LA FLATERIE. ODE.
Le poème 'La Flaterie', publié dans le Mercure de France entre 1690 et 1693, exprime la colère de l'auteur contre la flatterie, qu'il considère comme une perfidie. Il dénonce les flatteurs, les qualifiant de 'troupe abominable' et 'infâme', et les compare à des sirènes trompeuses. L'auteur met en garde contre les dangers de la flatterie, capable de corrompre les âmes et de conduire à des actes odieux, comme les parricides commis par des empereurs romains tels que Néron et Tibère. Il appelle à rejeter la flatterie et à préférer la vérité, qui rendra la mémoire des rois plus chère à la postérité. Le poème se termine par une invocation à une entité céleste pour protéger les cœurs de la malice des flatteurs et par une menace de châtiment divin contre ces derniers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3399
p. 1710-1713
L'AMOUR ET LA BEAUTÉ, CANTATE A DEUX VOIX, A mettre en Musique.
Début :
L'Amour. / C'est à toi, charmante Beauté, [...]
Mots clefs :
Amour, Beauté, Plaisirs
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texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR ET LA BEAUTÉ, CANTATE A DEUX VOIX, A mettre en Musique.
L'AMOUR ET LA BEAUTE' ,
ANTATE A DEUX VOIX ,
3
"A mettre en Musique.
L'Amour, 200
C'Est à toi , charmante Beauté ,
Que je dois mon immense Empire ;
Par toi tout souffre mon martyre,
Ou goûte ma félicité.
J
Mortels, qui redoutés le pouvoir de mes armes
Redoutés plutôt ses attraits.
Ce sont là mes feux et mes traits ,
Mes chaînes , mon carquois , mes plaisirs et mes
larmes.
sirdangLaw Beautés sang rebus mus
Tendre et cruel Enfant , dont tout chérit les
fers ,
Si c'est de mes attraits que tu tiens ta puissance
,
N'est-ce pas par tes soins qu'à l'envi l'on m'encense
Sur la Terre , dans l'Onde , aux Cieux , dans
les Enfers ?
Jeunes
AOUST. 1733- 1711
Jeunes coeurs , venés rendre hommage
Au plus puissant des immortels .
Ignorer son tendre esclavage ,
C'est perdre les seuls biens réels.
L'Amour.
«Et vous , tendres Amans , qui vivés dans mes
chaînes ,
Sans cesse à la Beauté prodigués votre Encens
:
Ne vous piqués jamais de ces constances vaines
,
Qui font de mes plaisirs de trop cruels tourmens.
C'est à ses charmes seuls que je dois l'éxistence
;
Oû je ne les vois plus , j'expire dans l'instant.
Et ce n'est que par l'inconstance ,
Qu'un coeur peut devenir constant.
Beauté , porte par tout mes flammes ,
Prens soin d'un Dieu qui t'est soumis
C'est faire le bonheur des ames ,
Que d'y faire régner ton Fils.
Ensemble.
Unissons à jamais nos charmes ,
Partageons l'empire des coeurs ;
Leur pouvoir triomphe des armes
Des plus redoutables Vainqueurs.
B
i
La
1712 MERCURE
DE FRANCE
La Beauté.
Au succès de tes feux , mon bonheur s'inte
resse ;
Je m'immole moi même à leurs vives ardeurs.
Helas ! je ne serois , sans l'aimable tendresse ,
Qu'un Printems dépouillé de fleurs,
Vole sur mes traces ,
Vole , tendre Amour.
Les Jeux , et les Graces ,
Vont former ta Cour,
C'est moi qui t'appelle ,
Cours ; vienm'emflamer.]
Déja Philoméle
Me parle d'aimer.
Elle te prépare
Un nouveau flambeau ,
Tandis que je pare
Ton heureux bandeau.
L'Amour.
Comment pourrois- je füir le seul objet que
{ _j'aime ?
Sans relâche je suis à te suivre empressé.
Où tu portes tes pas , on y voit l'Amour même,
Je ne suis point ailleurs , ou j'y suis déguisé. ▲
Je
AOUST. 1733.
1713
Je trouverois des coeurs rébelles ,
Qui mépriseroient mon carquois ,
Si mes Conquêtes les plus belles ,
N'étoient celles que je te dois ,
Les beaux Lauriers qui me couronnent
Far toi seul ont été cueillis ;
Et tous les feux qui m'environnent ,
Par ton éclat sont réfléchis .
Ensemble.
L'Univers nous doit sa naissance
Ainsi que ses plus doux plaisirs ;
Et pour toute reconnoissance
Nous n'éxigeons que ses désirs.
Par M. de S. R.
ANTATE A DEUX VOIX ,
3
"A mettre en Musique.
L'Amour, 200
C'Est à toi , charmante Beauté ,
Que je dois mon immense Empire ;
Par toi tout souffre mon martyre,
Ou goûte ma félicité.
J
Mortels, qui redoutés le pouvoir de mes armes
Redoutés plutôt ses attraits.
Ce sont là mes feux et mes traits ,
Mes chaînes , mon carquois , mes plaisirs et mes
larmes.
sirdangLaw Beautés sang rebus mus
Tendre et cruel Enfant , dont tout chérit les
fers ,
Si c'est de mes attraits que tu tiens ta puissance
,
N'est-ce pas par tes soins qu'à l'envi l'on m'encense
Sur la Terre , dans l'Onde , aux Cieux , dans
les Enfers ?
Jeunes
AOUST. 1733- 1711
Jeunes coeurs , venés rendre hommage
Au plus puissant des immortels .
Ignorer son tendre esclavage ,
C'est perdre les seuls biens réels.
L'Amour.
«Et vous , tendres Amans , qui vivés dans mes
chaînes ,
Sans cesse à la Beauté prodigués votre Encens
:
Ne vous piqués jamais de ces constances vaines
,
Qui font de mes plaisirs de trop cruels tourmens.
C'est à ses charmes seuls que je dois l'éxistence
;
Oû je ne les vois plus , j'expire dans l'instant.
Et ce n'est que par l'inconstance ,
Qu'un coeur peut devenir constant.
Beauté , porte par tout mes flammes ,
Prens soin d'un Dieu qui t'est soumis
C'est faire le bonheur des ames ,
Que d'y faire régner ton Fils.
Ensemble.
Unissons à jamais nos charmes ,
Partageons l'empire des coeurs ;
Leur pouvoir triomphe des armes
Des plus redoutables Vainqueurs.
B
i
La
1712 MERCURE
DE FRANCE
La Beauté.
Au succès de tes feux , mon bonheur s'inte
resse ;
Je m'immole moi même à leurs vives ardeurs.
Helas ! je ne serois , sans l'aimable tendresse ,
Qu'un Printems dépouillé de fleurs,
Vole sur mes traces ,
Vole , tendre Amour.
Les Jeux , et les Graces ,
Vont former ta Cour,
C'est moi qui t'appelle ,
Cours ; vienm'emflamer.]
Déja Philoméle
Me parle d'aimer.
Elle te prépare
Un nouveau flambeau ,
Tandis que je pare
Ton heureux bandeau.
L'Amour.
Comment pourrois- je füir le seul objet que
{ _j'aime ?
Sans relâche je suis à te suivre empressé.
Où tu portes tes pas , on y voit l'Amour même,
Je ne suis point ailleurs , ou j'y suis déguisé. ▲
Je
AOUST. 1733.
1713
Je trouverois des coeurs rébelles ,
Qui mépriseroient mon carquois ,
Si mes Conquêtes les plus belles ,
N'étoient celles que je te dois ,
Les beaux Lauriers qui me couronnent
Far toi seul ont été cueillis ;
Et tous les feux qui m'environnent ,
Par ton éclat sont réfléchis .
Ensemble.
L'Univers nous doit sa naissance
Ainsi que ses plus doux plaisirs ;
Et pour toute reconnoissance
Nous n'éxigeons que ses désirs.
Par M. de S. R.
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Résumé : L'AMOUR ET LA BEAUTÉ, CANTATE A DEUX VOIX, A mettre en Musique.
Le texte 'L'AMOUR ET LA BEAUTE' est une antate à deux voix destinée à être mise en musique. Il présente un dialogue entre l'Amour et la Beauté. L'Amour reconnaît que son pouvoir et son empire proviennent de la Beauté, qui inspire à la fois souffrance et félicité. Il met en garde les mortels contre les attraits de l'amour plutôt que ses armes. La Beauté affirme que son bonheur dépend du succès des feux de l'Amour et se décrit comme un printemps fleuri grâce à la tendresse de l'Amour. L'Amour déclare qu'il ne peut fuir l'objet de son amour et suit la Beauté partout, même déguisé. Ensemble, ils reconnaissent que l'univers doit sa naissance et ses plaisirs à leur union et qu'ils n'exigent en retour que les désirs des hommes. Le texte est daté d'août 1733 et a été publié dans le Mercure de France en 1712.
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3400
p. 1728-1731
ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume XXVIII. Afferte Domino filii Dei.
Début :
Images du Tres-Haut, Princes, Dieux de la Terre, [...]
Mots clefs :
Voix, Dieu, Gloire, Terrible, Ciel, Tourbillons
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texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume XXVIII. Afferte Domino filii Dei.
ODE SACRE' E ,
Tirée du Pseaume X X VI I I.
Afferte Domina filii Dei..
I Mages du Tres- Haut , Princes , Dieux de "Iz
Terre ,
Qu'il instruit dans la Paix et qu'il forme â la
Guerre ,
Apprenez aux mortels à respecter ses Loix ;
Et que le Peuple Saint, conduit par votre Exem
ple ,
Adore dans son Temple,
Le Dieu , Maître des Rois.
La gloire de son Nom , fit toute votre gloire ,
Que pouvoient , sans l'aveu du Dieu de la victoire
>
Le zéle de vos coeurs ? l'effort de votre bras
Venez ,reconnoissez pleins d'amour et de crainte,
Dans
AOUST. 1733- 1729
Dans sa Majesté sainte ,
Un pouvoir que vous n'avez pas.
來
Quellé éclatante voix , dans les airs répanduë
,
Fait frémir de respect cette mer suspanduë ,
Qu'une invisible main soutient du haut des
Cieux ?
C'est la voix du Seigneur ; les abîmes l'enten
dent ;
Et les Ondes suspendent ,
Leurs Flots tumultueux.
Lâche intrépidité , constance de l'Impie ,
Pourras-tu soutenir cette voix ennemie
Que fait tonner sur toi le Dieu de Majesté ,
Tandis que l'innocent rempli de confiance ,
Même dans sa Puissance ,
Adore sa bonté ?
Quels Tourbillons affreux suivent sa voix
terrible ?
Quels cris ? Quels sifflemens ? Quelle tempête
horrible ?
Les Cedres du Liban volent en mille éclats :
Quels efforts redoublez , ébranlent leurs racines ,
Jus1730
MERCURE DE FRANCE
Jusqu'aux voutes voisines ,
Des Portes du trépasa
Liban , et vous Sion , fameux par cent mirzcles
,
Monts chéris , où le ciel nous rendoit des Ora
cles ,
Vos Sommets chancelants , s'éloignent de mes
yeux ,
:
Vous fuyez Telle on voit la Licorne tremblante
,
Fuir l'approche sanglante ,
Du Lion furieux .
Quels nuages , percez d'éclairs épouvantables ,
'Annoncent cette voix , aux Déserts effroyables ,
Où Jacob opprimé , fuyoit son ennemi ?
Queile pâle clarté , plus triste que les ombres ,
Luit dans ces antres sombres ?
Cades en a frémi.
Les Echos allarmez dans leur retraite obscure .
Répondent à la voix par un affreux murmure
Les Monstres des Forêts en avortent d'effroi :
Et l'Impie allarmé de sa perte infaillible ,
Voudroit du Dieu terrible ,
Avoir suivi la Loy.
Vain
AOUST . 1733 1731
Vains remors ! Dieu paroît , la gloire l'environne
,
Quels tourbillons de feux s'élancent de son
Trône ?
La Terre est embrasée , et le Ciel s'est enfui ;
Et la nature entiere , étonnée , éperduë ,
A ses pieds confonduë ,
Ne voit d'Etre que lui.
Mais le Juste , brillant d'une splendeur nou
velle ,
Retrouve avec transport cet objet de son zele ,
Terrible en sa fureur , prodigue en ses bienfaits
De son bonheur immense , il partage les charmes
,
Et goute sans allarmes ,
Une éternelle paix.
Tirée du Pseaume X X VI I I.
Afferte Domina filii Dei..
I Mages du Tres- Haut , Princes , Dieux de "Iz
Terre ,
Qu'il instruit dans la Paix et qu'il forme â la
Guerre ,
Apprenez aux mortels à respecter ses Loix ;
Et que le Peuple Saint, conduit par votre Exem
ple ,
Adore dans son Temple,
Le Dieu , Maître des Rois.
La gloire de son Nom , fit toute votre gloire ,
Que pouvoient , sans l'aveu du Dieu de la victoire
>
Le zéle de vos coeurs ? l'effort de votre bras
Venez ,reconnoissez pleins d'amour et de crainte,
Dans
AOUST. 1733- 1729
Dans sa Majesté sainte ,
Un pouvoir que vous n'avez pas.
來
Quellé éclatante voix , dans les airs répanduë
,
Fait frémir de respect cette mer suspanduë ,
Qu'une invisible main soutient du haut des
Cieux ?
C'est la voix du Seigneur ; les abîmes l'enten
dent ;
Et les Ondes suspendent ,
Leurs Flots tumultueux.
Lâche intrépidité , constance de l'Impie ,
Pourras-tu soutenir cette voix ennemie
Que fait tonner sur toi le Dieu de Majesté ,
Tandis que l'innocent rempli de confiance ,
Même dans sa Puissance ,
Adore sa bonté ?
Quels Tourbillons affreux suivent sa voix
terrible ?
Quels cris ? Quels sifflemens ? Quelle tempête
horrible ?
Les Cedres du Liban volent en mille éclats :
Quels efforts redoublez , ébranlent leurs racines ,
Jus1730
MERCURE DE FRANCE
Jusqu'aux voutes voisines ,
Des Portes du trépasa
Liban , et vous Sion , fameux par cent mirzcles
,
Monts chéris , où le ciel nous rendoit des Ora
cles ,
Vos Sommets chancelants , s'éloignent de mes
yeux ,
:
Vous fuyez Telle on voit la Licorne tremblante
,
Fuir l'approche sanglante ,
Du Lion furieux .
Quels nuages , percez d'éclairs épouvantables ,
'Annoncent cette voix , aux Déserts effroyables ,
Où Jacob opprimé , fuyoit son ennemi ?
Queile pâle clarté , plus triste que les ombres ,
Luit dans ces antres sombres ?
Cades en a frémi.
Les Echos allarmez dans leur retraite obscure .
Répondent à la voix par un affreux murmure
Les Monstres des Forêts en avortent d'effroi :
Et l'Impie allarmé de sa perte infaillible ,
Voudroit du Dieu terrible ,
Avoir suivi la Loy.
Vain
AOUST . 1733 1731
Vains remors ! Dieu paroît , la gloire l'environne
,
Quels tourbillons de feux s'élancent de son
Trône ?
La Terre est embrasée , et le Ciel s'est enfui ;
Et la nature entiere , étonnée , éperduë ,
A ses pieds confonduë ,
Ne voit d'Etre que lui.
Mais le Juste , brillant d'une splendeur nou
velle ,
Retrouve avec transport cet objet de son zele ,
Terrible en sa fureur , prodigue en ses bienfaits
De son bonheur immense , il partage les charmes
,
Et goute sans allarmes ,
Une éternelle paix.
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Résumé : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume XXVIII. Afferte Domino filii Dei.
Le poème 'ODE SACRE' E' du Psaume 118 s'adresse aux 'Mages du Très-Haut,' 'Princes' et 'Dieux de la Terre,' les exhortant à instruire les mortels dans la paix et la guerre et à les guider pour respecter les lois divines. Le peuple saint doit adorer Dieu, maître des rois, dans son temple. La gloire de Dieu est la seule source de gloire pour ces dirigeants, car sans l'approbation divine, leurs efforts sont vains. Le poème décrit la voix puissante de Dieu, qui fait trembler la mer et les abîmes. Les impies ne peuvent soutenir cette voix, tandis que les innocents l'adorent avec confiance. Cette voix provoque des tourbillons, des cris et des tempêtes, ébranlant les cèdres du Liban et les montagnes de Sion. Les impies, alarmés par leur perte imminente, regrettent de ne pas avoir suivi la loi divine. Enfin, le poème décrit l'apparition de Dieu, entouré de gloire et de tourbillons de feu, embrasant la terre et effrayant le ciel. La nature entière est confondue et ne voit que Dieu. Les justes, brillants d'une nouvelle splendeur, retrouvent avec transport cet objet de leur zèle, partageant les charmes de son bonheur immense et goûtant une paix éternelle.
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