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2201
p. 998
DE POLOGNE.
Début :
Il a été résolu dans le Conseil des Sénateur, de [...]
Mots clefs :
Pologne, Charges
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texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POL OG NE.
£ a été résolu dans le Conseil des Sénateurs ;
de construire un nouveau Pont de bois sur la
Vistule; et pour contribuer aux frais extraordinaires de ce Pont , on y employera une année
du revenu des Charges qui vaquent actuellement
ou qui viendront à vaquer ; les nouveaux Pala- tins de Culmi er de Cracovie , er le nouveau
Grand- Maréchal de la Cour , qui ont obtenu
leurs Charges avant cette déliberation , n'y con- tribueront que de la moitié des revenus de leurs
Charges.
Il y a eu depuis peu une émotion populaire à
Jarnowo , dans la grande Pologne , à l'occasion
de quelques ordres qu'on vouloit executer contre les Protestans de cette petite Ville. L'Official
de Camin qui s'y étoit rendu , accompagné d'un Chanoine et de deux autres Ecclesiastiques , y
24 fut maltraité , et il est mort quelques jours après
des coups qu'il avoit reçus ; ona appris depuis
qu'un grand nombre de Catholiques des environs étoient entrez en armes dans cette Ville ,
avoient obligé les Protestans d'abattre eux- mêmes leur Eglise , et en avoient emmené avec eux
les principaux , à la réserve de leur Ministre qui s'étoit sauvé.
•
£ a été résolu dans le Conseil des Sénateurs ;
de construire un nouveau Pont de bois sur la
Vistule; et pour contribuer aux frais extraordinaires de ce Pont , on y employera une année
du revenu des Charges qui vaquent actuellement
ou qui viendront à vaquer ; les nouveaux Pala- tins de Culmi er de Cracovie , er le nouveau
Grand- Maréchal de la Cour , qui ont obtenu
leurs Charges avant cette déliberation , n'y con- tribueront que de la moitié des revenus de leurs
Charges.
Il y a eu depuis peu une émotion populaire à
Jarnowo , dans la grande Pologne , à l'occasion
de quelques ordres qu'on vouloit executer contre les Protestans de cette petite Ville. L'Official
de Camin qui s'y étoit rendu , accompagné d'un Chanoine et de deux autres Ecclesiastiques , y
24 fut maltraité , et il est mort quelques jours après
des coups qu'il avoit reçus ; ona appris depuis
qu'un grand nombre de Catholiques des environs étoient entrez en armes dans cette Ville ,
avoient obligé les Protestans d'abattre eux- mêmes leur Eglise , et en avoient emmené avec eux
les principaux , à la réserve de leur Ministre qui s'étoit sauvé.
•
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Résumé : DE POLOGNE.
Le Conseil des Sénateurs a décidé de construire un nouveau pont de bois sur la Vistule. Pour financer ce projet, une année de revenu des charges vacantes ou à venir sera utilisée. Les nouveaux détenteurs des charges de Palatin de Culm, de Palatin de Cracovie et de Grand-Maréchal de la Cour, nommés avant cette délibération, contribueront seulement à hauteur de la moitié des revenus de leurs charges. Récemment, une émeute populaire a eu lieu à Jarnowo, en grande Pologne, à la suite de l'exécution d'ordres contre les protestants de cette ville. L'official de Camin, accompagné d'un chanoine et de deux autres ecclésiastiques, a été maltraité et est décédé quelques jours plus tard des blessures reçues. Il a été révélé par la suite qu'un grand nombre de catholiques des environs étaient entrés en armes dans la ville, avaient forcé les protestants à démolir leur église et avaient emmené les principaux protestants, à l'exception de leur ministre qui avait pris la fuite.
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2202
p. 998-1000
ALLEMAGNE.
Début :
On apprend de Vienne, que le 14. Avril les Boulangers [...]
Mots clefs :
Allemagne, Vagabonds
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Napprend de Vienne , que le 14 Avril les Boulangers de cette Capitale firene leur
Marche accoûtumée , Tambour battant et Enseignes déployées , en memoire de ce que cette Ville
étant assiegée par les Turcs en 1529. ils firent sur
MAY. 1732. 9999
sur eux une sortie qui les obligea de prendre la
fuite et de lever le Siege. L'empereur Charles- >
Quint leur accorda à cette occasion des Privileges dont ils ont joui jusqu'à present , et en vertu ›
desquels ils sont exemps de toute imposition..
La nomination du Duc de Lorraine àla Viceroyauté de Hongrie , ayant été publiée à Pres-,
bourg, a causé beaucoup de joye aux Habitans ,
et le Grand- Chancelier de ce Royaume leur
ayant déclaré que S. M. Imp. n'avoit eu aucune
intention de restraindre par cette nomination les
droits et les Privileges des Hongrois , ni de supprimer la Charge vacante de Palatin de Hongrie,
il y a eu des feux et des Illuminations dans tou- tes les rues de la Ville.
Le 16. du Mois dernier , vers les 7. heures du
soir , le Duc de Lorraine arriva au Palais , où il
occupe les mêmes Appartemens qu'il avoit avant
son départ pour ses Etats ; et après s'y être reposé peudant une heure ,il alla saluer l'Empereur
et l'Imperatrice , avec lesquels il soupa.
Le 23. M. Dominique Passionci , Archevêque
d'Ephese et nouveau Nonce du Pape , fit son. En-,
trée publique dans cette Capitale, avec beaucoup
de Pompe , &c.
On a mis depuis peu au Carcan , plusieurs Vagabonds , Mandians et autres gens sans aveu
qu'on avoit arrêtez quinze jours auparavant , il a été deffendu aux Hôteliers de leur donner , retraite , et aux Voituriers par eau de les laisser
entrer dans leurs Bateaux.
L'Empereur a nommé le Comte Ferdinand de
Lambert , Sur Intendant General de sa Musique,
à la place du Prince Pio , qui doit aller en Am- bassade à Venise.
On écrit de Berlin , que 1100. Protestans arri- YCLCAL
1000 MERCURE DE FRANCE
verent à Postdam le 23. du mois dernier , sortis
depuis peu de l'Evêché de Saltzbourg; ils passe-t
rent en revûë devant le Roy, et 5.-M. leur fit
donner des rafraîchissemens. On les a fait partir
pour la Prusse , où le Roy en veut établir une
Golonie qui jouira de toutes exemptions pendant dix années.
DMA
Napprend de Vienne , que le 14 Avril les Boulangers de cette Capitale firene leur
Marche accoûtumée , Tambour battant et Enseignes déployées , en memoire de ce que cette Ville
étant assiegée par les Turcs en 1529. ils firent sur
MAY. 1732. 9999
sur eux une sortie qui les obligea de prendre la
fuite et de lever le Siege. L'empereur Charles- >
Quint leur accorda à cette occasion des Privileges dont ils ont joui jusqu'à present , et en vertu ›
desquels ils sont exemps de toute imposition..
La nomination du Duc de Lorraine àla Viceroyauté de Hongrie , ayant été publiée à Pres-,
bourg, a causé beaucoup de joye aux Habitans ,
et le Grand- Chancelier de ce Royaume leur
ayant déclaré que S. M. Imp. n'avoit eu aucune
intention de restraindre par cette nomination les
droits et les Privileges des Hongrois , ni de supprimer la Charge vacante de Palatin de Hongrie,
il y a eu des feux et des Illuminations dans tou- tes les rues de la Ville.
Le 16. du Mois dernier , vers les 7. heures du
soir , le Duc de Lorraine arriva au Palais , où il
occupe les mêmes Appartemens qu'il avoit avant
son départ pour ses Etats ; et après s'y être reposé peudant une heure ,il alla saluer l'Empereur
et l'Imperatrice , avec lesquels il soupa.
Le 23. M. Dominique Passionci , Archevêque
d'Ephese et nouveau Nonce du Pape , fit son. En-,
trée publique dans cette Capitale, avec beaucoup
de Pompe , &c.
On a mis depuis peu au Carcan , plusieurs Vagabonds , Mandians et autres gens sans aveu
qu'on avoit arrêtez quinze jours auparavant , il a été deffendu aux Hôteliers de leur donner , retraite , et aux Voituriers par eau de les laisser
entrer dans leurs Bateaux.
L'Empereur a nommé le Comte Ferdinand de
Lambert , Sur Intendant General de sa Musique,
à la place du Prince Pio , qui doit aller en Am- bassade à Venise.
On écrit de Berlin , que 1100. Protestans arri- YCLCAL
1000 MERCURE DE FRANCE
verent à Postdam le 23. du mois dernier , sortis
depuis peu de l'Evêché de Saltzbourg; ils passe-t
rent en revûë devant le Roy, et 5.-M. leur fit
donner des rafraîchissemens. On les a fait partir
pour la Prusse , où le Roy en veut établir une
Golonie qui jouira de toutes exemptions pendant dix années.
DMA
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Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1732, les boulangers de Vienne célébrèrent la victoire contre les Turcs lors du siège de 1529, obtenant ainsi des privilèges fiscaux toujours en vigueur. La nomination du Duc de Lorraine à la vice-royauté de Hongrie fut accueillie avec enthousiasme par les habitants, qui illuminèrent la ville. Le Duc arriva à son palais le 16 mai et rencontra l'empereur et l'impératrice lors d'un souper. L'archevêque Dominique Passionei, nouveau nonce du Pape, fit une entrée solennelle à Vienne. Des mesures furent prises contre les vagabonds, et l'empereur nomma le Comte Ferdinand de Lambert surintendant général de sa musique, remplaçant le Prince Pio, envoyé en ambassade à Venise. À Berlin, le roi de Prusse accueillit 1100 protestants expulsés de l'évêché de Salzbourg, prévoyant de les établir en colonie avec des exemptions fiscales pour dix ans.
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2203
p. 1000-1004
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire que le Pape tint le 31. Mars, [...]
Mots clefs :
Italie, Rebelles, Congrégation
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
IT A LI E. وخ
Ans le Consistoire que le Pape tint le 31.
Mars, Sa Sainteté proposa l'Archevêché titulaire de Thessalonique , pour le Pere Galliani,
Religieux Celestin , Archevêque de Tarente ; le
Cardinal Ottoboni proposa l'Evêché de Peri- gueux pour l'Abbé de Prémeaux; celui de Treguier, pour l'Abbé Frugulay de Kenver , et l'Abbaye de Morimond , pour le P. Languet de Gergy , Procureur General de l'Ordre de Câteaux.
Il préconisa ensuite l'Abbé de Valras , pour l'Ë-- vêché de Mâcon , et l'Abbé de la Pause , pour l'Abbaye de S. Hilaire de Carcassone.
La Chambre Apostolique ayant eu un profic Considerable de deux Extractions de la Loterie
rétablie , le Pape a ordonné qu'on en employeroit
20000. écus à soulager les pauvres Communau
tez Religieuses ; qu'on en donneroit 2000. aux
Monts de Preté , pour soutenir leur crédit, et pareille somme aux pauvres Familles des Paroisses
de la Ville de Rome.
Le Pape a établi une Congrégation particu- lier de Cardinaux , pour connoître de l'affaire du
Cardinal Coscia, qui arriva à Rome le 13. d'Aril. Il alla descendre chez le Prince de Caserte
et après une Conference de près d'une heure, il
se rendit au Convent de sainte Praxede , d'où il
envoya le Marquis Bieschicci au Cardinal Secretaire
MAY. 1732. 1001
retaire d'Etat , pour le prier. de donner part an
Pape de son arrivée.
La Congrégation de Nonmillis a changé ce Titre en celui de Pro causa nota , à l'occasion du
nouveau Bref qui lui auribuë la connoissance des
affaires du Cardinal de Coscia.
On a publié depuis peu à Rome , avec les Cé- sémonies accoûtumées , une Bulle du Pape , par
laquelle S. S. a réduit aux termes du Droit comun , les Constitutions et Priviléges donnez par
le feu Pape Benoît XIII. à quelques Ordres Re- digieux et Mandians.
Le Cardinal de Polignac , cy-devant chargé
des affaires du Roy T. Ch. ayant pris congé du
Pape et du Sacré Collége , partit de Rome le 8
d'Avril , dans les Calosses du Duc de S. Aignan,
Ambassadeur Extraordinaire de S. M. T. C. qui
le conduisirent jusqu'à deux lieuës hors de la
Ville; toutes les personnes de considération l'ont
vú partir avec beaucoup de regret.
Vers le commencement du mois deMay,un Sol- dat Allemand fut tué dans le Territoire du Diocèse de Benevent ; et ce meurtre ayant fait naître de grandes contestations entre les Officiers
de Justice du Diocèse , et ceux du Royaume de
Naples , le Gouvernement a pris le parti de faire
mettre des Troupes sur toutes les avenues set les
chemins de ce Diocèse , par lesquels on peut enarrer dans ce Royaume , afin d'arrêter tous ceux
qui en voudront sortir ; mais les Officiers Beneventins refusant toujours de livrer les Auteurs du
meurtre qui sont connus , le Conseil Collatéral
s'est déterminé à faire saisir tous les biens et autres effets que les habitans du Diocèse de Benerent peuvent avoir dans le Royaume de Naples.
On apprend de Gênes que le reste des Trou-
Tooz MERCURE DE FRANCE
•
pes que l'Empereur a accordées à la République,
est arrivé de Lombardie, et qu'on les fait embar
quer pour l'Isle de Corse, avec une grande quantité de Provisions et de Munitions de Guerre. Ce
secours est de 6400 hommes. Le Pr. de Culmbach et le Pr. Louis de Wirtemberg sont partis
pour aller les commander.
On mande de Milan , que le Pr. Louis de Wir.
temberg, qui commande les Troupes de l'Empe- reur dans l'Isle de Corse , avoit eu ordre , avant
que d'attaquer les Rebelles de cette Isle , d'employer la voie de la Négociation pour les rame- ner àleur devoir , et pour les engager à se soumettre à la République. On ajoute qu'il a ordre ,
aussi de leur offrir la Médiation et la Garantie de
S.M. Imp. pour la sureté du Traité de Pacification , qu'ils pourroient conclure avec les Génois.
Des Lettres posterieures de la même Ville porzent qu'ilyétoit arrivé de nouveaux Ordres de
l'Empereur , pour faire défiler vers l'Etat de Gê-
-nes un nouveau Corps de Troupes , pour faire
-passer dans l'Isle de Corse , en cas de besoin. *
On écrit de Rome qu'on y voit plusieurs Copies d'une Lettre des Rebelles de l'Isle de Corse ,
adressée à tous leurs Compatriotes qui sont hors
du Pais , par laquelle ils les exhortent à les venir
ejoindre , pour deffendre ensemble leur liberté et
leurs Privileges.
On a appris de Gênes , que le Dey d'Alger a
fait tenir une Lettre aux Chefs des Rebelles de
PIsle de Corse , par laquelle il les remercie de ce
qu'ils ont bien reçu les Forçats Turcs, qui se sont
sauvez des Galleres de la République de Gênes ,
de ce qu'ils n'ont pas voulu les livrer à ceux qui
les ont reclamez, et de ce qu'ils les ont renvoyez
Alger, les assurant qu'en reconnoissance, il deur auroit
MAY. 17328 1003
·
auroit envoyé quelques Munitions de Guerre ,
s'il en avoit eu assez pour le service de son Païs;
mais qu'il les prioit d'accepter chacun un Sabre,
garni de Diamans , avec deux pieces de Drap écarlate.
du
Les dernieres Lettres de Gênes portent , qu'on
y avoit appris de Clavenzana , dans l'Isle de Corse , que le Pr. Louis de Wirtemberg soupçonnant que les Rebelles cherchoient a gagner
temps par les négociations , dans l'esperance d'
tre secourus par quelque Puissance Etrangeres, il
les avoit fait sommer dans leurs differens quartiers de quitter les Armes , de se soumettre à la
République , d'accepter l'Amnistie générale qui
leur avoit été offerte, et de livrer des Otages sous
la garantie de l'Emp. Ces propositions furent reçues avec beaucoup de respect , de la part des
Chefs , par rapport à l'offre faite au nom.de Sa
M. Imp. mais ils ne rendirent aucune réponse
positive ; sur quoi le Pr. de Culmbach , Général
de Bataille , se mit en marche avec 2500 hom--
mes , et les ayant divisez en trois Corps il s'avança vers le Bourg de Clavenzana ; il apprit que
les habitans de ce Bourg , et ceux de Monistero
et.de Montemaggiore , avoient quitté les Armes
et s'étoient soumis , de sorte que la Province de
Balagna , la plus fertile de l'isle , est rentrée sous
Pobéissance de la République. Les habitans de
Chastagnezza et des environs , plus opiniâtres ,
ayant refusé le pardon offert, le Général Schmet
tau et le Colonel Wachtendone , ausquels le Pr.
de Wirtemberg avoit envoyé quelques détachemens pour renforcer le.Corps de Troupes qu'ils
commandoient, partirent de S. Fiorenzo , peur
aller attaquer les trois Postes de S Jacques , de
Biganno, et de la Croix de Lento. L'attaque se
H fit
-1004 MERCURE DE FRANCE
fit en même-temps dans ces trois endroits. Les
Troupes de l'Empereur trouverent d'abord quelque résistance; mais après une heure de combat,
les Rebelles se retirerent et abandonnerent ces 3
postes pour se retirer dans les Montagnes où on
doit les poursuivre. Les Impériaux n'ont eu que huit hommes de tuez et dix de blessez dans cette
attaque , quoique les Rebelles , commandez par
Ciaccaldi , l'un de leurs Chefs , fussent au, nombre de près de 2000.
On a appris par des Lettres de Malte , que le
Chevalier de Ricard , Commandeur de Châlons
en Champagne , et de Pontaubert en Bourgogne,
ancien Capitaine de Galeres , a été fait Bailly
Grand- Croix de l'Ordre. C'est un des freres de
M. de Ricard , second Président de la Courdes
Aydes de Paris.
Ans le Consistoire que le Pape tint le 31.
Mars, Sa Sainteté proposa l'Archevêché titulaire de Thessalonique , pour le Pere Galliani,
Religieux Celestin , Archevêque de Tarente ; le
Cardinal Ottoboni proposa l'Evêché de Peri- gueux pour l'Abbé de Prémeaux; celui de Treguier, pour l'Abbé Frugulay de Kenver , et l'Abbaye de Morimond , pour le P. Languet de Gergy , Procureur General de l'Ordre de Câteaux.
Il préconisa ensuite l'Abbé de Valras , pour l'Ë-- vêché de Mâcon , et l'Abbé de la Pause , pour l'Abbaye de S. Hilaire de Carcassone.
La Chambre Apostolique ayant eu un profic Considerable de deux Extractions de la Loterie
rétablie , le Pape a ordonné qu'on en employeroit
20000. écus à soulager les pauvres Communau
tez Religieuses ; qu'on en donneroit 2000. aux
Monts de Preté , pour soutenir leur crédit, et pareille somme aux pauvres Familles des Paroisses
de la Ville de Rome.
Le Pape a établi une Congrégation particu- lier de Cardinaux , pour connoître de l'affaire du
Cardinal Coscia, qui arriva à Rome le 13. d'Aril. Il alla descendre chez le Prince de Caserte
et après une Conference de près d'une heure, il
se rendit au Convent de sainte Praxede , d'où il
envoya le Marquis Bieschicci au Cardinal Secretaire
MAY. 1732. 1001
retaire d'Etat , pour le prier. de donner part an
Pape de son arrivée.
La Congrégation de Nonmillis a changé ce Titre en celui de Pro causa nota , à l'occasion du
nouveau Bref qui lui auribuë la connoissance des
affaires du Cardinal de Coscia.
On a publié depuis peu à Rome , avec les Cé- sémonies accoûtumées , une Bulle du Pape , par
laquelle S. S. a réduit aux termes du Droit comun , les Constitutions et Priviléges donnez par
le feu Pape Benoît XIII. à quelques Ordres Re- digieux et Mandians.
Le Cardinal de Polignac , cy-devant chargé
des affaires du Roy T. Ch. ayant pris congé du
Pape et du Sacré Collége , partit de Rome le 8
d'Avril , dans les Calosses du Duc de S. Aignan,
Ambassadeur Extraordinaire de S. M. T. C. qui
le conduisirent jusqu'à deux lieuës hors de la
Ville; toutes les personnes de considération l'ont
vú partir avec beaucoup de regret.
Vers le commencement du mois deMay,un Sol- dat Allemand fut tué dans le Territoire du Diocèse de Benevent ; et ce meurtre ayant fait naître de grandes contestations entre les Officiers
de Justice du Diocèse , et ceux du Royaume de
Naples , le Gouvernement a pris le parti de faire
mettre des Troupes sur toutes les avenues set les
chemins de ce Diocèse , par lesquels on peut enarrer dans ce Royaume , afin d'arrêter tous ceux
qui en voudront sortir ; mais les Officiers Beneventins refusant toujours de livrer les Auteurs du
meurtre qui sont connus , le Conseil Collatéral
s'est déterminé à faire saisir tous les biens et autres effets que les habitans du Diocèse de Benerent peuvent avoir dans le Royaume de Naples.
On apprend de Gênes que le reste des Trou-
Tooz MERCURE DE FRANCE
•
pes que l'Empereur a accordées à la République,
est arrivé de Lombardie, et qu'on les fait embar
quer pour l'Isle de Corse, avec une grande quantité de Provisions et de Munitions de Guerre. Ce
secours est de 6400 hommes. Le Pr. de Culmbach et le Pr. Louis de Wirtemberg sont partis
pour aller les commander.
On mande de Milan , que le Pr. Louis de Wir.
temberg, qui commande les Troupes de l'Empe- reur dans l'Isle de Corse , avoit eu ordre , avant
que d'attaquer les Rebelles de cette Isle , d'employer la voie de la Négociation pour les rame- ner àleur devoir , et pour les engager à se soumettre à la République. On ajoute qu'il a ordre ,
aussi de leur offrir la Médiation et la Garantie de
S.M. Imp. pour la sureté du Traité de Pacification , qu'ils pourroient conclure avec les Génois.
Des Lettres posterieures de la même Ville porzent qu'ilyétoit arrivé de nouveaux Ordres de
l'Empereur , pour faire défiler vers l'Etat de Gê-
-nes un nouveau Corps de Troupes , pour faire
-passer dans l'Isle de Corse , en cas de besoin. *
On écrit de Rome qu'on y voit plusieurs Copies d'une Lettre des Rebelles de l'Isle de Corse ,
adressée à tous leurs Compatriotes qui sont hors
du Pais , par laquelle ils les exhortent à les venir
ejoindre , pour deffendre ensemble leur liberté et
leurs Privileges.
On a appris de Gênes , que le Dey d'Alger a
fait tenir une Lettre aux Chefs des Rebelles de
PIsle de Corse , par laquelle il les remercie de ce
qu'ils ont bien reçu les Forçats Turcs, qui se sont
sauvez des Galleres de la République de Gênes ,
de ce qu'ils n'ont pas voulu les livrer à ceux qui
les ont reclamez, et de ce qu'ils les ont renvoyez
Alger, les assurant qu'en reconnoissance, il deur auroit
MAY. 17328 1003
·
auroit envoyé quelques Munitions de Guerre ,
s'il en avoit eu assez pour le service de son Païs;
mais qu'il les prioit d'accepter chacun un Sabre,
garni de Diamans , avec deux pieces de Drap écarlate.
du
Les dernieres Lettres de Gênes portent , qu'on
y avoit appris de Clavenzana , dans l'Isle de Corse , que le Pr. Louis de Wirtemberg soupçonnant que les Rebelles cherchoient a gagner
temps par les négociations , dans l'esperance d'
tre secourus par quelque Puissance Etrangeres, il
les avoit fait sommer dans leurs differens quartiers de quitter les Armes , de se soumettre à la
République , d'accepter l'Amnistie générale qui
leur avoit été offerte, et de livrer des Otages sous
la garantie de l'Emp. Ces propositions furent reçues avec beaucoup de respect , de la part des
Chefs , par rapport à l'offre faite au nom.de Sa
M. Imp. mais ils ne rendirent aucune réponse
positive ; sur quoi le Pr. de Culmbach , Général
de Bataille , se mit en marche avec 2500 hom--
mes , et les ayant divisez en trois Corps il s'avança vers le Bourg de Clavenzana ; il apprit que
les habitans de ce Bourg , et ceux de Monistero
et.de Montemaggiore , avoient quitté les Armes
et s'étoient soumis , de sorte que la Province de
Balagna , la plus fertile de l'isle , est rentrée sous
Pobéissance de la République. Les habitans de
Chastagnezza et des environs , plus opiniâtres ,
ayant refusé le pardon offert, le Général Schmet
tau et le Colonel Wachtendone , ausquels le Pr.
de Wirtemberg avoit envoyé quelques détachemens pour renforcer le.Corps de Troupes qu'ils
commandoient, partirent de S. Fiorenzo , peur
aller attaquer les trois Postes de S Jacques , de
Biganno, et de la Croix de Lento. L'attaque se
H fit
-1004 MERCURE DE FRANCE
fit en même-temps dans ces trois endroits. Les
Troupes de l'Empereur trouverent d'abord quelque résistance; mais après une heure de combat,
les Rebelles se retirerent et abandonnerent ces 3
postes pour se retirer dans les Montagnes où on
doit les poursuivre. Les Impériaux n'ont eu que huit hommes de tuez et dix de blessez dans cette
attaque , quoique les Rebelles , commandez par
Ciaccaldi , l'un de leurs Chefs , fussent au, nombre de près de 2000.
On a appris par des Lettres de Malte , que le
Chevalier de Ricard , Commandeur de Châlons
en Champagne , et de Pontaubert en Bourgogne,
ancien Capitaine de Galeres , a été fait Bailly
Grand- Croix de l'Ordre. C'est un des freres de
M. de Ricard , second Président de la Courdes
Aydes de Paris.
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Résumé : ITALIE.
En mars 1732, le Pape organisa un Consistoire pour annoncer plusieurs nominations ecclésiastiques, dont l'Archevêché titulaire de Thessalonique pour le Père Galliani, ainsi que divers évêchés et abbayes pour d'autres religieux. La Chambre Apostolique, grâce aux gains de la loterie, alloua 20 000 écus pour aider les pauvres communautés religieuses, 2 000 écus pour les Monts-de-Piété, et une somme équivalente pour les familles pauvres des paroisses de Rome. Le Pape créa une congrégation de cardinaux pour traiter de l'affaire du Cardinal Coscia, qui était arrivé à Rome le 13 avril. Une bulle papale modifia les constitutions et privilèges accordés par Benoît XIII à certains ordres religieux. Le Cardinal de Polignac, représentant du Roi de France, quitta Rome le 8 avril. En mai, un soldat allemand fut tué dans le diocèse de Benevent, ce qui provoqua des tensions entre les autorités locales et celles du Royaume de Naples. Le gouvernement napolitain envoya des troupes pour contrôler les accès au diocèse. À Gênes, des troupes impériales furent envoyées en Corse pour réprimer une rébellion. Le Prince Louis de Wurtemberg, commandant ces troupes, tenta de négocier avec les rebelles avant de les attaquer. Les rebelles reçurent du soutien, notamment du Dey d'Alger, qui leur envoya des armes et des drapeaux. Après des combats, les troupes impériales prirent plusieurs postes rebelles, mais les rebelles se retirèrent dans les montagnes. À Malte, le Chevalier de Ricard fut nommé Bailly Grand-Croix de l'Ordre.
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2204
p. 1004-1005
D'ESPAGNE.
Début :
L'Embarquement des Troupes du Roy pour l'Expédition secrette [...]
Mots clefs :
Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'ESPAGNE.
'ESPAGNE.
'Embarquement des Troupes du Roy pour
l'Expédition secrette, se fait à Cadix, au Port
du Camp de S. Rach, à Alicante et à Barcelone ;
c'est dans le Port de cette derniere Ville qu'on a
embarqué toute l'Artillerie et l'Hôpital de l'Armée , et le rendez-vous de tous les Vaisseaux est
Alicante.
Les dernieres nouvelles d'Espagne portent
qu'on a déja embarqué à Barcelonne so grosses Piéces de Canon , P'Artillerie de Campagne et
PHôpital de l'Armée ; et que les Troupes qu'on embarque dans le Royaume de Valence, consisgent en 31 Bataillons et 24 Escadrons , faisant
en tout 1833 Officiers et 24747 Soldats , outre
42 Ingénieurs , 1500 Domestiques , et 4000 Chevaux,
Les
MAY. 1-3.2. 1005
Les dernieres Lettres de Cadix portent qu'on
y avoit arrêté et fretté, par ordre du Roy , tous
les Bâtimens Etrangers qui étoient dans la Baye;
que les Vaisseaux de Guerre qui étoient dans le
Port , en étoient partis pour aller à Alicante
joindre les autres Vaisseaux de la Flotte , qui y
ont leur rendez-vous , et qu'on avoit commencé
à délivrer aux Interressez dans le retour du der
nier Vaisseau de Registre qui est revenu de la
Vera-Cruz , tout l'argent , la Cochenille , et fes
autres Marchandises de ce Bâtiment , sur lesquels on retenoit 9 pour cent d'Indult pour le
Roy.
O
'Embarquement des Troupes du Roy pour
l'Expédition secrette, se fait à Cadix, au Port
du Camp de S. Rach, à Alicante et à Barcelone ;
c'est dans le Port de cette derniere Ville qu'on a
embarqué toute l'Artillerie et l'Hôpital de l'Armée , et le rendez-vous de tous les Vaisseaux est
Alicante.
Les dernieres nouvelles d'Espagne portent
qu'on a déja embarqué à Barcelonne so grosses Piéces de Canon , P'Artillerie de Campagne et
PHôpital de l'Armée ; et que les Troupes qu'on embarque dans le Royaume de Valence, consisgent en 31 Bataillons et 24 Escadrons , faisant
en tout 1833 Officiers et 24747 Soldats , outre
42 Ingénieurs , 1500 Domestiques , et 4000 Chevaux,
Les
MAY. 1-3.2. 1005
Les dernieres Lettres de Cadix portent qu'on
y avoit arrêté et fretté, par ordre du Roy , tous
les Bâtimens Etrangers qui étoient dans la Baye;
que les Vaisseaux de Guerre qui étoient dans le
Port , en étoient partis pour aller à Alicante
joindre les autres Vaisseaux de la Flotte , qui y
ont leur rendez-vous , et qu'on avoit commencé
à délivrer aux Interressez dans le retour du der
nier Vaisseau de Registre qui est revenu de la
Vera-Cruz , tout l'argent , la Cochenille , et fes
autres Marchandises de ce Bâtiment , sur lesquels on retenoit 9 pour cent d'Indult pour le
Roy.
O
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Résumé : D'ESPAGNE.
L'embarquement des troupes du roi pour une expédition secrète en Espagne se déroule à Cadix, au port du Camp de S. Rach, à Alicante et à Barcelone. À Barcelone, toute l'artillerie et l'hôpital de l'armée sont embarqués, et Alicante est le point de rendez-vous des vaisseaux. Les dernières nouvelles confirment l'embarquement de pièces d'artillerie, d'artillerie de campagne et de l'hôpital de l'armée à Barcelone. Les troupes embarquées dans le royaume de Valence comprennent 31 bataillons et 24 escadrons, totalisant 1833 officiers et 24747 soldats, ainsi que 42 ingénieurs, 1500 domestiques et 4000 chevaux. À Cadix, tous les bâtiments étrangers dans la baie ont été arrêtés et fretés par ordre du roi. Les vaisseaux de guerre du port sont partis pour Alicante afin de rejoindre la flotte. Les intéressés du retour du dernier vaisseau de registre revenu de Vera-Cruz ont reçu l'argent, la cochenille et autres marchandises, après une retenue de 9 pour cent d'indult pour le roi.
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2205
p. 1005
PORTUGAL.
Début :
On mande de Lisbonne, que le 31 Mars il y [...]
Mots clefs :
Portugal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAL.
N mande de Lisbonne , que le 31 Mars il
y eut Fête au Palais , à cause de l'anniversaire de la naissance de la Princesse du Brézil qui
entroit ce jour là dans la quinzième année de son
âge , &c. Le soir cette Princesse se rendit à l'Appartement qu'on avoit préparé pour Elie et pour
le Prince du Brézil son Epoux .
Les mêmes Lettres portent que quatre Villes
des Indes Orientales , soumises les années précédentes par les Portugais , s'étoient soulevées , et
que les habitans de ces Villes nouvellement bap tisez , étoient retournez au culte de leurs Idoles.
N mande de Lisbonne , que le 31 Mars il
y eut Fête au Palais , à cause de l'anniversaire de la naissance de la Princesse du Brézil qui
entroit ce jour là dans la quinzième année de son
âge , &c. Le soir cette Princesse se rendit à l'Appartement qu'on avoit préparé pour Elie et pour
le Prince du Brézil son Epoux .
Les mêmes Lettres portent que quatre Villes
des Indes Orientales , soumises les années précédentes par les Portugais , s'étoient soulevées , et
que les habitans de ces Villes nouvellement bap tisez , étoient retournez au culte de leurs Idoles.
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Résumé : PORTUGAL.
Le 31 mars, une fête a célébré les quinze ans de la princesse du Brésil au Palais de Lisbonne. Elle a ensuite rejoint son époux, le prince du Brésil. Parallèlement, une révolte a éclaté dans quatre villes des Indes Orientales, où les habitants nouvellement baptisés ont repris leur culte ancestral.
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2206
p. 1005
PAÏS-BAS.
Début :
Tout le Thé de la Compagnie d'Ostende a été [...]
Mots clefs :
Pays-Bas, Thé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAÏS-BAS.
PAÏS · BA S.
Out le Thé de la Compagnie d'Ostende a
Totevenda,Pun portant l'autre ,sur le pied
de trente sols la livre .
Hij GRANDI
1006 MERCURE DE FRANCE
Out le Thé de la Compagnie d'Ostende a
Totevenda,Pun portant l'autre ,sur le pied
de trente sols la livre .
Hij GRANDI
1006 MERCURE DE FRANCE
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2207
p. 1006
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On apprend de Londres une chose aussi cruelle que singulière [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N aprend de Londres une chose aussi
O
cruelle que singuliere : Le nommé Richard
Smith , Relieur , ayant été inquiété pour quel- que argent qu'une Parente de sa femme lui avoit
prêté , pendit sa femme à une des Colonnes de
son lit ; il tua ensuite, d'un coup.de Pistolet, son
enfant , âgé d'environ deux ans , qui étoit dans
un Berceau , après quoi il se pendit aussi à l'autre Colomne du lit.
Aux Sessions de Old Barly , du 3 May , sept
Malfaicteurs y reçurent Sentence de mort. Le
nommé Guillaume Hurst , qui étoit du nombre mourut immédiatement après qu'on l'a lui
cut prononcée.
9
Les de ce mois , les,Malles de Bristol et de
Glocester furent volées par un homme masqué ,
qui arrêta le Postillon , le fit descendre de Cheval , monta dessus et s'enfuit. On a promis 200 "liv. sterl . de récompense pour la découverte de
ce Voleur.
2
Il est arrivé à Londres deux Députez de la
Compagnie d'Ostende pour traiter avec la Com- pagnie des Indes de ce Païs , des Effets et Etablissemens que celle d'Ostende a aux Indes Orientales.
N aprend de Londres une chose aussi
O
cruelle que singuliere : Le nommé Richard
Smith , Relieur , ayant été inquiété pour quel- que argent qu'une Parente de sa femme lui avoit
prêté , pendit sa femme à une des Colonnes de
son lit ; il tua ensuite, d'un coup.de Pistolet, son
enfant , âgé d'environ deux ans , qui étoit dans
un Berceau , après quoi il se pendit aussi à l'autre Colomne du lit.
Aux Sessions de Old Barly , du 3 May , sept
Malfaicteurs y reçurent Sentence de mort. Le
nommé Guillaume Hurst , qui étoit du nombre mourut immédiatement après qu'on l'a lui
cut prononcée.
9
Les de ce mois , les,Malles de Bristol et de
Glocester furent volées par un homme masqué ,
qui arrêta le Postillon , le fit descendre de Cheval , monta dessus et s'enfuit. On a promis 200 "liv. sterl . de récompense pour la découverte de
ce Voleur.
2
Il est arrivé à Londres deux Députez de la
Compagnie d'Ostende pour traiter avec la Com- pagnie des Indes de ce Païs , des Effets et Etablissemens que celle d'Ostende a aux Indes Orientales.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, un drame familial a eu lieu à Londres où Richard Smith, un relieur, a tué sa femme et son enfant de deux ans avant de se suicider. À Old Barly, sept malfaiteurs ont été condamnés à mort le 3 mai, dont Guillaume Hurst, décédé peu après sa condamnation. Par ailleurs, les malles postales de Bristol et de Gloucester ont été volées par un homme masqué, qui a arrêté le postillon et s'est enfui. Une récompense de 200 livres sterling a été promise pour la capture du voleur. Enfin, deux députés de la Compagnie d'Ostende sont arrivés à Londres pour négocier avec la Compagnie des Indes concernant les effets et établissements de la Compagnie d'Ostende aux Indes Orientales.
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2208
p. 1009-1010
« Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
Début :
Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...]
Mots clefs :
Compiègne, Prince de Rohan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE25
.
E 25. Avril , le Roi partit de Versailles pour aller à Compiegne , où S. M.
arriva le même jour.
Le 1. de ce mois , la Reine après avoir
entendu dans la Chapelle du Château de
Versailles la Messe celebrée par l'Evêque
Comte de Châlons , son premier Aumohier , fut relevée de ses couches"par
même Prélat, avec les Céremonies accoutumées.
le
Le Roi a accordé au Prince de Rohan ,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes , l'agrément d'une des Charges de Guidon de
cette Compagnie , pour le Prince de Soubize , son Petit- fils.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçu les Ordres du Roi le 13. de ce mois
se rendirent le lendemain à Compiegne
M. Portail , Premier President , étant à
leur tête; ils furent présentez et conduits
avec les céremonies accoutumées à l'AuHiiij dience
TOTO MERCURE DE FRANCE
dience de S.M. qui leur déclara sa volonté.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE25
.
E 25. Avril , le Roi partit de Versailles pour aller à Compiegne , où S. M.
arriva le même jour.
Le 1. de ce mois , la Reine après avoir
entendu dans la Chapelle du Château de
Versailles la Messe celebrée par l'Evêque
Comte de Châlons , son premier Aumohier , fut relevée de ses couches"par
même Prélat, avec les Céremonies accoutumées.
le
Le Roi a accordé au Prince de Rohan ,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes , l'agrément d'une des Charges de Guidon de
cette Compagnie , pour le Prince de Soubize , son Petit- fils.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçu les Ordres du Roi le 13. de ce mois
se rendirent le lendemain à Compiegne
M. Portail , Premier President , étant à
leur tête; ils furent présentez et conduits
avec les céremonies accoutumées à l'AuHiiij dience
TOTO MERCURE DE FRANCE
dience de S.M. qui leur déclara sa volonté.
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Résumé : « Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
Le 25 avril, le roi de France se rendit à Compiègne. Le 1er mai, la reine accoucha à Versailles. Le roi accorda une charge au prince de Soubize. Le 13 mai, les députés du Parlement reçurent les ordres du roi et se rendirent à Compiègne le lendemain, dirigés par M. Portail.
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2209
p. 1010-1011
Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Début :
Le 21, les Officers et Dames de la Chambre de [...]
Mots clefs :
Convalescence, Mademoiselle de Beaujolais
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texteReconnaissance textuelle : Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Le ,
21 les Officiers et Dames de la
Chambre de Mademoiselle de Beaujollois,
firent chanter dans l'Eglise des Quinzevingtun Te Deum solemnel en musique,
avec Timballes et Trompettes, de la composition de M. Morin , en action de graces de la convalescence de cette Princesse
qui avoit été dangereusement malade de
la Rougeole. L'Eglise étoit décorée et ornée de riches Tapisseries , et éclairée d'un
grand nombre de Lustres garnis de bougies. L'Archevêque de Cambray officia
pontificalement. S. A. R , tous les Seigneurs et Dames de sa Cour , et un grand
nombre de personnes de distinction y assisterent.
Le soir , les mêmes Officiers de cette
Princesse signalerent encore leur zéle par
une quantité de fusées qui furent tirées
dans le Jardin du Palais Royal , et par
plusieurs décharges de boetes. Les Proprietaires et les Locataires firent illuminer toutes les Maisons qui communiquent
à ce Jardin. Celle de M. le Comte d'Argen: on , Conseiller d'Etat , Grand-Croix
et Chancelier , Garde des Sceaux de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis , Garde des Sceaux et Sur- Intendant des Finances
MAY. 1732. ΙΘΙΙ
hances de M. le Duc d'Orleans , fut illu
minée extraordinairement ; toute la façade qui donne sur le Jardin , étoit ornée
de quantité de Girandoles et d'une infinité de Lampions rangez avec autant de
goût que de symétrie. Cette belle illumination fut admirée par une foule de peuple qui vint joindre leurs vœux à
ceux de tous les Officiers de cette Princesse pour l'entier rétablissement de sa
santé.
21 les Officiers et Dames de la
Chambre de Mademoiselle de Beaujollois,
firent chanter dans l'Eglise des Quinzevingtun Te Deum solemnel en musique,
avec Timballes et Trompettes, de la composition de M. Morin , en action de graces de la convalescence de cette Princesse
qui avoit été dangereusement malade de
la Rougeole. L'Eglise étoit décorée et ornée de riches Tapisseries , et éclairée d'un
grand nombre de Lustres garnis de bougies. L'Archevêque de Cambray officia
pontificalement. S. A. R , tous les Seigneurs et Dames de sa Cour , et un grand
nombre de personnes de distinction y assisterent.
Le soir , les mêmes Officiers de cette
Princesse signalerent encore leur zéle par
une quantité de fusées qui furent tirées
dans le Jardin du Palais Royal , et par
plusieurs décharges de boetes. Les Proprietaires et les Locataires firent illuminer toutes les Maisons qui communiquent
à ce Jardin. Celle de M. le Comte d'Argen: on , Conseiller d'Etat , Grand-Croix
et Chancelier , Garde des Sceaux de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis , Garde des Sceaux et Sur- Intendant des Finances
MAY. 1732. ΙΘΙΙ
hances de M. le Duc d'Orleans , fut illu
minée extraordinairement ; toute la façade qui donne sur le Jardin , étoit ornée
de quantité de Girandoles et d'une infinité de Lampions rangez avec autant de
goût que de symétrie. Cette belle illumination fut admirée par une foule de peuple qui vint joindre leurs vœux à
ceux de tous les Officiers de cette Princesse pour l'entier rétablissement de sa
santé.
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Résumé : Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Le 21 mai 1732, les officiers et dames de la Chambre de Mademoiselle de Beaujollois célébrèrent sa convalescence après une grave maladie de la rougeole par un Te Deum solennel à l'Église des Quinze-Vingts. L'église était ornée de riches tapisseries et éclairée par de nombreux lustres. L'Archevêque de Cambray présida la cérémonie, en présence de Son Altesse Royale, des seigneurs et dames de la cour, ainsi que de nombreuses personnes distinguées. Le soir, des feux d'artifice et des salves de fusées furent tirés dans le jardin du Palais Royal, et les maisons voisines furent illuminées. La résidence du Comte d'Argen: on, Conseiller d'État et Garde des Sceaux, se distingua par une illumination particulièrement élaborée, attirant une foule venue souhaiter le rétablissement complet de la princesse.
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2210
p. 1011
« Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...] »
Début :
Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...]
Mots clefs :
Fête de l'Ascension
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...] »
Le 22. jour de la Fête de l'Ascension
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries qui commença par le Credidi
propter , Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi de plusieurs petits Motets à une
et à deux voix , et après plusieurs Pieces
de symfonie executez par les sieurs Leclerc , Blavet et autres ; le Concert fut
terminé par le beau Te Deum du même
Auteur , avec Timbales et Trompettes
et précedé d'une symfonie de M. Mouret.
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries qui commença par le Credidi
propter , Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi de plusieurs petits Motets à une
et à deux voix , et après plusieurs Pieces
de symfonie executez par les sieurs Leclerc , Blavet et autres ; le Concert fut
terminé par le beau Te Deum du même
Auteur , avec Timbales et Trompettes
et précedé d'une symfonie de M. Mouret.
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2211
p. 1011-1014
Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. Dubois, Directeur Géneral des Ponts et Chaussées, toujours attentif [...]
Mots clefs :
Pont, Compiègne, Médailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
M. Dubois , Directeur Géneral des
Ponts et Chaussées , toujours attentif à
tout ce qui peut contribuer à l'embelissement des Maisons Royales et à l'utilité
publique, ayant présenté au Roi il y a
deux ans le dessein d'un Pont , pour la
Hv partic
1012 MERCURE DE FRANCE
partie septentrionale de la Ville de Compiegne,sur la riviere d'Oyse qui en arrose
les murailles de ce côté- là , S.M.l'aprouva,
et voulut poser la premiere pierre duPont en attendant de mettre l'année suivante
dans une des Piles qui soutient une des
Arches de ce somptueux Edifice , des Médailles d'Or , d'Argent et de Bronze ;
mais une maladie épidemique qui regnoit,
dans la ville et aux environs de Compiegne , ayant interrompu le voyage, que
S. M. avoit résolu d'y faire , cette céremonie fut suspendue jusqu'au 11 du présent mois. Voicy comment elle se fit.
Après le Salut , le Roi se rendit au nou
veau Pont , accompagné des principauxSeigneurs de sa Cour , et d'une affluenceextraordinaire de peuple ; étant descendu
de Carosse au bord de la Riviere , M. Dubois alla recevoir S. M. dans une gondole
magnifique et la conduisit à la pile du
Pont où la céremonie devoit se faire. On
avoit fait dresser un échafaut trés - propre
sur lequel on avoit placé une table avec
un tapis : c'est là que M. Dubois avoit
mis la boëte de bois de cedre , dans laquel
le il y avoit six grandes Médailles , une
d'Or , deux d'Argent et trois de Bronze ,
laquelle fut présentée au Roi par M. Dubois, qui après l'avoir reprise des mains de
S. M.
M A Y. 1732. 1013
S.M. la ferma et la mit dans une autre boëte de plomb , laquelle fut soudée en presence duRoi, après quoi cette double boëte fut encore présentée à S.M. qui la plaça
dans le lieu destiné, et pour la couvrir arrangea elle - même des cales et du ciment
avec une petite truelle d'argent que M.
Dubois lui présenta , autour d'une grosse pierre qui y fut posée ; ensuite S.
M. pressa les cales avec un petit marteau
d'Argent que M. Dubois avoit fait faire
exprès.
Cela fait , le Roi suivi des mêmes Seigneurs rentra dans la gondole , et ayant
traversé la riviere , il vit du bord la manœuvre d'une excellente gruë , qui servoit à vouter la derniere Arche du Pont
du côté de la Campagne : elle parutà S. M.
aussi hardie que magnifique. "
Ensuite le Roi ayant repassé la riviere ,
s'avança à pied vers la ville pour voir
l'emplacement d'une porte d'un dessein
admirable qui doit être faite pour con
duire au Pont , et dont le plan qu'en a
tracé le sieur de la Hitte , Inspecteur Général des Ponts er Chaussées , fut fort ap
prouvé par le Roi , ainsi que tout ce qu'il
avoit vu au Pont : après quoi S. M. et toute sa suite se rendirent au Cours où
étoit un détachement de cent hommes du
Hvj Regi
1014 MERCURE DE FRANCE
Regiment de Bourgogne : le Roi leur fit
donner 15 Louis , S. M. en avoit fait donner autant aux Ouvriers du Pont. Après cela le Roi monta en Carosse et arriva au
Château , fort satisfait du zele M. Du- que
bois fait patoître dans toutes les occasions
où il s'agit de remplir les devoirs de sa
Charge.
Ponts et Chaussées , toujours attentif à
tout ce qui peut contribuer à l'embelissement des Maisons Royales et à l'utilité
publique, ayant présenté au Roi il y a
deux ans le dessein d'un Pont , pour la
Hv partic
1012 MERCURE DE FRANCE
partie septentrionale de la Ville de Compiegne,sur la riviere d'Oyse qui en arrose
les murailles de ce côté- là , S.M.l'aprouva,
et voulut poser la premiere pierre duPont en attendant de mettre l'année suivante
dans une des Piles qui soutient une des
Arches de ce somptueux Edifice , des Médailles d'Or , d'Argent et de Bronze ;
mais une maladie épidemique qui regnoit,
dans la ville et aux environs de Compiegne , ayant interrompu le voyage, que
S. M. avoit résolu d'y faire , cette céremonie fut suspendue jusqu'au 11 du présent mois. Voicy comment elle se fit.
Après le Salut , le Roi se rendit au nou
veau Pont , accompagné des principauxSeigneurs de sa Cour , et d'une affluenceextraordinaire de peuple ; étant descendu
de Carosse au bord de la Riviere , M. Dubois alla recevoir S. M. dans une gondole
magnifique et la conduisit à la pile du
Pont où la céremonie devoit se faire. On
avoit fait dresser un échafaut trés - propre
sur lequel on avoit placé une table avec
un tapis : c'est là que M. Dubois avoit
mis la boëte de bois de cedre , dans laquel
le il y avoit six grandes Médailles , une
d'Or , deux d'Argent et trois de Bronze ,
laquelle fut présentée au Roi par M. Dubois, qui après l'avoir reprise des mains de
S. M.
M A Y. 1732. 1013
S.M. la ferma et la mit dans une autre boëte de plomb , laquelle fut soudée en presence duRoi, après quoi cette double boëte fut encore présentée à S.M. qui la plaça
dans le lieu destiné, et pour la couvrir arrangea elle - même des cales et du ciment
avec une petite truelle d'argent que M.
Dubois lui présenta , autour d'une grosse pierre qui y fut posée ; ensuite S.
M. pressa les cales avec un petit marteau
d'Argent que M. Dubois avoit fait faire
exprès.
Cela fait , le Roi suivi des mêmes Seigneurs rentra dans la gondole , et ayant
traversé la riviere , il vit du bord la manœuvre d'une excellente gruë , qui servoit à vouter la derniere Arche du Pont
du côté de la Campagne : elle parutà S. M.
aussi hardie que magnifique. "
Ensuite le Roi ayant repassé la riviere ,
s'avança à pied vers la ville pour voir
l'emplacement d'une porte d'un dessein
admirable qui doit être faite pour con
duire au Pont , et dont le plan qu'en a
tracé le sieur de la Hitte , Inspecteur Général des Ponts er Chaussées , fut fort ap
prouvé par le Roi , ainsi que tout ce qu'il
avoit vu au Pont : après quoi S. M. et toute sa suite se rendirent au Cours où
étoit un détachement de cent hommes du
Hvj Regi
1014 MERCURE DE FRANCE
Regiment de Bourgogne : le Roi leur fit
donner 15 Louis , S. M. en avoit fait donner autant aux Ouvriers du Pont. Après cela le Roi monta en Carosse et arriva au
Château , fort satisfait du zele M. Du- que
bois fait patoître dans toutes les occasions
où il s'agit de remplir les devoirs de sa
Charge.
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Résumé : Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
M. Dubois, Directeur Général des Ponts et Chaussées, proposa au Roi la construction d'un pont dans la partie septentrionale de Compiègne, sur la rivière d'Oyse. Le Roi approuva le projet et prévoyait de poser la première pierre, mais une épidémie interrompit le voyage royal. La cérémonie eut lieu le 11 mai 1732. Le Roi, accompagné de seigneurs et d'une grande affluence de peuple, se rendit au nouveau pont. M. Dubois, à bord d'une gondole, conduisit le Roi à la pile du pont. Une boîte en bois de cèdre contenant six médailles fut présentée au Roi, qui la plaça dans une boîte de plomb soudée en sa présence. Le Roi scella ensuite la boîte dans la pile du pont à l'aide d'une truelle et d'un marteau d'argent. Il observa la manœuvre d'une grue pour voûter la dernière arche et traversa la rivière pour voir l'emplacement d'une porte. Le Roi fit don de 15 Louis aux ouvriers et à un détachement du régiment de Bourgogne, puis retourna au château, satisfait du zèle de M. Dubois.
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2212
p. 1014-1015
Benefices donnez, [titre d'après la table]
Début :
Le Roi a nommé l'Abbé de la Valette-Thomas [...]
Mots clefs :
Abbayes, Charges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Benefices donnez, [titre d'après la table]
Le Roi a nommé l'Abbé de la ValetteThomas , à l'Evêché d'Autun.
S. M. a accordé l'Abbaye de S. Urbain ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Châlons ,
à l'Abbé de Brissac , Aumonier du Roi
et Agent Géneral du Clergé.
Celle de Verteuil , Ordre de S. Augustin , Diocèse de Bordeaux , à l'Abbé de
Courtarvelle , Chanoine de l'Eglise Cathedrale de Blois.
Celle de S. André en Goufern , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Séez , à l'Abbé
d'Albergotti .
L'Abbaye Réguliere et Elective de Choques , Ordre de S. Augustin , Diocèse de
S. Omer , au P. Floride Lassus.
Celle de Sainte Genevieve de Monsort
Alençon , Ordre de S. Benoît , Diocése
1 Mans , à la Dame de Lisle.
Celle de la Deserte à Lyon , même Ortre , à la Dame de Chatillon- Moyria.
I
M*A*Y. 1732.
à
Le Prieuré de Sainte Radegondé , même Ordre , Diocése de la Rochelle ,
l'Abbé de Chateauneuf.
Celle de Chaumont- la- Piscine , Ordre
de Prémontré , Diòcése de Reims , à l'ancien Evêque d'Orange.
L'Evêché de Rennes , à l'Abbé de
Vaureal , Maître de l'Oratoire du Roy.
S. M. vient de lui donner l'agrément de
la Charge de Maître de la Chapelle de
Musique. Le Roy avoit accordé au Marquis de Breteuil , Chancelier de la Reine
la permission de vendre cette Charge qui
vaquoit par la mort de l'Evêque de Rennes son frere.
S. M. a accordé l'Abbaye de S. Urbain ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Châlons ,
à l'Abbé de Brissac , Aumonier du Roi
et Agent Géneral du Clergé.
Celle de Verteuil , Ordre de S. Augustin , Diocèse de Bordeaux , à l'Abbé de
Courtarvelle , Chanoine de l'Eglise Cathedrale de Blois.
Celle de S. André en Goufern , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Séez , à l'Abbé
d'Albergotti .
L'Abbaye Réguliere et Elective de Choques , Ordre de S. Augustin , Diocèse de
S. Omer , au P. Floride Lassus.
Celle de Sainte Genevieve de Monsort
Alençon , Ordre de S. Benoît , Diocése
1 Mans , à la Dame de Lisle.
Celle de la Deserte à Lyon , même Ortre , à la Dame de Chatillon- Moyria.
I
M*A*Y. 1732.
à
Le Prieuré de Sainte Radegondé , même Ordre , Diocése de la Rochelle ,
l'Abbé de Chateauneuf.
Celle de Chaumont- la- Piscine , Ordre
de Prémontré , Diòcése de Reims , à l'ancien Evêque d'Orange.
L'Evêché de Rennes , à l'Abbé de
Vaureal , Maître de l'Oratoire du Roy.
S. M. vient de lui donner l'agrément de
la Charge de Maître de la Chapelle de
Musique. Le Roy avoit accordé au Marquis de Breteuil , Chancelier de la Reine
la permission de vendre cette Charge qui
vaquoit par la mort de l'Evêque de Rennes son frere.
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Résumé : Benefices donnez, [titre d'après la table]
En mai 1732, le Roi a procédé à plusieurs nominations et attributions d'abbayes et d'évêchés. L'Abbé de la Valette-Thomas a été nommé à l'Évêché d'Autun. L'Abbaye de Saint Urbain, dans le Diocèse de Châlons, a été attribuée à l'Abbé de Brissac, Aumonier du Roi et Agent Général du Clergé. L'Abbé de Courtarvelle a reçu l'Abbaye de Verteuil, dans le Diocèse de Bordeaux. L'Abbé d'Albergotti a été nommé à l'Abbaye de Saint André en Goufern, dans le Diocèse de Séez. Le Père Floride Lassus a obtenu l'Abbaye Régulière et Élective de Choques, dans le Diocèse de Saint Omer. La Dame de Lisle a reçu l'Abbaye de Sainte Geneviève de Monsort, dans le Diocèse du Mans. La Dame de Châtillon-Moyria a été attribuée à l'Abbaye de la Déserte à Lyon. L'Abbé de Châteauneuf a obtenu le Prieuré de Sainte Radegonde, dans le Diocèse de La Rochelle. L'ancien Évêque d'Orange a reçu l'Abbaye de Chaumont-la-Piscine, dans le Diocèse de Reims. L'Abbé de Vaureal a été nommé à l'Évêché de Rennes et a reçu l'agrément pour la charge de Maître de la Chapelle de Musique. Le Marquis de Breteuil, Chancelier de la Reine, avait obtenu la permission de vendre cette charge, vacante à la suite du décès de l'Évêque de Rennes, son frère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2213
p. 1211-1212
TURQUIE, ET PERSE.
Début :
La Paix entre le G.S. et le Roy de Perse [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Sérail
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE, ET PERSE.
NOUVELLES ETRANGERES.
LA
TURQUIE, ET PERSE.
A Paix entre le G.S.et le Roy de Perse ayant
été ratifiée , les Turcs ont évacué les Places
rendues aux Persans , qui commencent a jouir, de
cette précieuse tranquillité que la révolution et
les troubles avoient bannie de ce Puissant Royaume,où toutes les Manufactures d'Etoffes de Soye se rétablissent.
On mande de Constantinople qu'il y étoit ar rivé au mois de Mars dernier , un Navire Anglois richement chargé , dont le Capitaine avoit donné une féte à l'Ambassadeur du Roy d'Angleterre ; que cette Ambassadeur sortant vers les dix heures du soir de ce Vaisseau , pour retourher à son Hôtel, le Capitaine l'avoit imprudem- ment fait saluer de 15 coups de Canon; que cette
Salve faite contre les anciennes deffenses , vers la
pointe du Sérail , y avoit porté l'épouvente , et
qu'on l'avoit prise pourle signal d'une nouvelle
Révolte dans la Ville ; que le Gr. Viz.et les principaux Officiers du Sérail étoient monté d'abord
à cheval pour faire mettre les Troupes sous les
Armes; mais qu'ayant appris que tout étoit tranquille , il étoit revenu rendre compte au G. S.
de ce que les Officiers du Port lui avoient rap- L. Vol. porté
1212 MERCURE DE FRANCE
porté , que le lendemain ce premier Ministre avoit mandé l'Ambassadeur d'Angleterre; mais
que sans lui donner Audience , il avoit déclaré à
un Drogman de la Nation Angloise , que le
Lord Kinnoul ne seroit plus regardé comme
Ambassadeur.
LA
TURQUIE, ET PERSE.
A Paix entre le G.S.et le Roy de Perse ayant
été ratifiée , les Turcs ont évacué les Places
rendues aux Persans , qui commencent a jouir, de
cette précieuse tranquillité que la révolution et
les troubles avoient bannie de ce Puissant Royaume,où toutes les Manufactures d'Etoffes de Soye se rétablissent.
On mande de Constantinople qu'il y étoit ar rivé au mois de Mars dernier , un Navire Anglois richement chargé , dont le Capitaine avoit donné une féte à l'Ambassadeur du Roy d'Angleterre ; que cette Ambassadeur sortant vers les dix heures du soir de ce Vaisseau , pour retourher à son Hôtel, le Capitaine l'avoit imprudem- ment fait saluer de 15 coups de Canon; que cette
Salve faite contre les anciennes deffenses , vers la
pointe du Sérail , y avoit porté l'épouvente , et
qu'on l'avoit prise pourle signal d'une nouvelle
Révolte dans la Ville ; que le Gr. Viz.et les principaux Officiers du Sérail étoient monté d'abord
à cheval pour faire mettre les Troupes sous les
Armes; mais qu'ayant appris que tout étoit tranquille , il étoit revenu rendre compte au G. S.
de ce que les Officiers du Port lui avoient rap- L. Vol. porté
1212 MERCURE DE FRANCE
porté , que le lendemain ce premier Ministre avoit mandé l'Ambassadeur d'Angleterre; mais
que sans lui donner Audience , il avoit déclaré à
un Drogman de la Nation Angloise , que le
Lord Kinnoul ne seroit plus regardé comme
Ambassadeur.
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Résumé : TURQUIE, ET PERSE.
Le texte décrit deux événements impliquant la Turquie et la Perse. Premièrement, la paix entre le Grand Sultan et le roi de Perse a été confirmée. Les Turcs ont quitté les territoires restitués aux Persans, permettant au royaume perse de retrouver la tranquillité après les troubles révolutionnaires. Les manufactures de tissus de soie persanes commencent à se rétablir. Deuxièmement, à Constantinople, un navire anglais a provoqué un incident diplomatique en mars. Le capitaine du navire a salué l'ambassadeur d'Angleterre avec 15 coups de canon, semant la panique près du Sérail. Le Grand Vizir et les officiers du Sérail ont mobilisé les troupes, mais la situation s'est apaisée après qu'ils ont compris l'origine de la salve. Le lendemain, le Grand Vizir a convoqué l'ambassadeur d'Angleterre et a annoncé via un drogman que Lord Kinnoul ne serait plus reconnu comme ambassadeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2214
p. 1212-1222
LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
Début :
La Victoire complete que les Turcs remporterent au mois de [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Constantinople, Pacha , Tauris, Achmet, Empire, Sultan, Chah, Thamas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
ETTRE écrite de Constantinople , le
6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite
des nouvelles de Turquie et de Perse.
LA
A Victoire complete que les Turcs rempor
terent au mois de Septembre dernier devant
Amadan , sur l'armée Persanne , où Chah- Tahmas étoit en personne , et la prise de cette Place
et de plusieurs autres, qui furent autant de suites
glorieuses de cette Victoire , avoient si considérablement diminué les forces de ce Prince , que
voulant prévenir la perte totale de ses Etats, dont
il étoit menacé, s'il continuoit la Guerre , il résolut de faire des tentatives auprès de ses Ennemispour en obtenir la paix. Il y eut d'abord des
propositions d'accommodement faites de sa part ,
a Achmet Pacha , Séraskier ou General de l'Armée Othomane , et Gouverneur de Babilonne
qui donnerent lieu le 20 Novembre suivant , à la
tenue d'un Conseil general , à la Porte , où l'on
examina plusieurs Lettres , qu'un Courier de ce
Pacha avoit apportées la veille. Il marquoit par
la sienne au G. V. que Chah - Tahmas lui avoit
écrit et envoyé l'Itimadil-deulet , c'est- à- dire ,
son premier Ministre , pour entrer en négociation,
Cette Lettre et trois autres du Roy de Perse ,
dont elle étoit accompagnée, l'une pour le G.S.
1. Vol. dans
JUIN. 1732. 1213
s laquelle Chah- Tahmas lui demandoit la
avec instance ; l'autre pour le G. V. et la
siéme pour Achmet Pacha ; ayant été lûës
présence de tous les gens,de Loy , des Chefs ,
Milices et des principaux Ministres ; et les
litions que ce Prince y proposoit , ayant été ées de toute l'assemblée , on convint unaement de les accepter ; et le Sultan, par l'avis
Mufti , dépêcha , en conséquence , un de ses aiers Officiers , avec des plein- pouvoirs pour
met Pacha , qui le rendoit le maître abde régler la paix , de la maniere qu'il le ju- it à propos ; lui faisant seulement observer
comme Chah-Tahmas n'avoit pas toujours
Fort religieux à exécuter les promesses qu'il
tcy devant faites à la Porte , il convenoit
conservât assez de Troupes sur les Frontiepour faire tête aux Persans , en cas de beCette précaution étoit d'autant plus raison-
, qu'on assure que Chah- Tahmas même,
la Lettre qu'il avoit écrite à Achmet Pacha,
conseilloit de la prendre , parce que ne se
ant pas assez-bien affermi sur le Thrône , il
gnoit de ne pouvoir pas également contenir
les Seigneurs Persans , dont il prévoyoit quelques- uns seroient capables de continuer hostilitez sans son consentement , et malgré
ordres les plus positifs.
ette résolution de la Porte s'étant divulguée,
indit une joïe universelle dans le public , er
cun se persuada , parce qu'il le souhaitoit ,
dès- lors on alloit mettre les Armes bas de
et d'autre. Cependant le 22 Decembre , au
nd étonnement du peuple , on entendit tirer
la pointe du jour le Canon du Sérail , ce qui
repeté à midi , l'après-dîné , et les deux jours
I. Vol. sui-
1214 MERCURE DE FRANCE
*suivans, aux mêmes heures, et l'on apprit qu'Ali
Pacha , Seraskier de la seconde Armée Turque ,
s'étoit emparé de l'importante Place de Tauris et
de tout son district. Un surcroît de Conquêtes si considérables mettant les affaires des Ottomans
en beaucoup meilleure situation qu'elles n'étoient
quand Chah Tahmas fit ses propositions de Paix , lé G. S. se crut en droit de ne la faire
qu'à des conditions plus avantageuses ; et se re- pentit d'avoir donné des pouvoirs trop étendus à
Achmet-Pacha , à la sollicitation du Mufti.
-
Sa Hautesse dépêcha aussi-tôt un Courrier à
ce Gouverneur , par lequel elle lui mandoit de
se prévaloir des nouveaux succès qu'avoient eu
ses Armes, et sur tout de ne se point relâcher
sur la possession des Province et Ville de Tauris , dans le Traité auquel il travailloit avec le
Roy de Perse ; mais le 7 du mois passé il arriva
deux Courriers , l'un de cette place , et l'autre de
Babilonne. Par celui- ci, Achmet- Pacha apprenoit,
qu'il ne pouvoit plus se flatter de conclure la
Paix , à moins que Tauris et ses dépendances ne fussent restituées aux Persans ; et par l'autre, AliPacha marquoit que si l'on rendoit Tauris à
Chah-Tahmas , il étoit à craindre , malgré le consentement qu'y donneroient les Officiers de
l'Armée , que la Soldatesque ne se portât à quel- que mutinerie.
Des circonstances si opposées , jetterent la
Porte dans un grand embarras. Le Sultan fit
convoquer sur le champ un Conseil general devant lui; et quand il fut assemblé , le G. V. pour
sonder les esprits , après avoir discuté la situation des affaires en Perse , demanda s'il falloit
faire la paix, ou non. Tous les avis se réunirent
d'abord pour l'affirmative ; mais quand il vint
I. Vol.
à
JUI N. 1732 1215
l'exposition des articles, dont le principal étoit la restitution de Tauris , chacun garda un profond silence ; ce que voyant le G. S. il dit aux
assistans , qu'il leur donnoitdeux jours pour refléchir murement sur une affaire de si grande
conséquence , et leur ordonna de venir ensuite
lui communiqner ce qu'ils en penseroient, en toute liberté.
Le 9 , le Conseil s'étant rassemblé , et la matiere ayant été de nouveau agitée , l'avis le plus
general fut , qu'il ne falloit faire la Paix qu'à
Gondition que Tauris resteroit à l'Empire Othoman , et que si Chah- Tahmas s'obstinoit à en
exiger la restitution , il valloit mieux continuer
la Guerre. Quoique ce ne fut pas le sentiment du G. V. il eut ordre de faire de nouveaux préparatifs de Guerre, et le G.S. dépêcha son ( a)Bach- Chokadar au Pacha de Babilonne , et un Offi
cier de confiance àAli- Pacha. Ces deux hommes,
sur les lumieres et la fidelité desquels le Sultan
se reposoit , furent expressément chargez de s'in- former avec soin du véritable état où étoient
les Armées Turques et Persannes , et de prendre
une connoissance exacte de toutes choses , parce
que Sa Hautesse avoit conçu de violens soup
gons contre Achmet Pacha , et qu'elle appréhendoit , comme on le lui avoit déja insinué , que ce Séraskier ne se fut laissé séduire par les présens
de Chah-Tahmas. En effet, ces soupçons paroissoient d'autant mieux fondez , qu'Achmet Pacha dans toutes les Lettres qui avoient précédé sa
derniere , bien loin de parler de rendre Tauris
aux Persans , avoit toujours mandé au contraire ,
qu'ils en passeroient par tout ce qu'on voudroit
( a )Maitre de la Garderobe.
1. Vol. exiger H
1216 MERCURE DE FRANCE
exiger d'eux ; et ce qui fit depuis encore présmer qu'il pouvoit y avoir quelque chose d'équivoque dans la négociation de ce Pacha, c'est que 23 de ce même mois un de ses Officiers arriva
à Constantinople avec la nouvelle que la Paix
étoit faite , et qu'il étoit convenu avec ChahTahmas de lui ceder les Ville et Province de
Tauris.
le
Le lendemain le Mufti Pasmadgi- Zadé, ressentit le premier effet que produisit certe nouvelles le G. S. piqué d'avoir , à sa persuasion ,
donné au Pacha de Babilonne des pleins pouvoirs
pour conclure et signer la Paix , le déposa et l'éxila (d'abord à Synope , Ville et Port de la Mer
noire ; ensuite ayant témoigné qu'il souhaiteroit .
de faire le pelerinage de la Mecque , Sa Hautesse y consentit , et lui fit pourtant donner un
Chiaoux pour le garder et le conduire jusqu'en Egypte ; mais cette nouveautéa yant blessé la délicatesse des Gens de Loy , ils intercederent si
puissamment en sa faveur auprês du G. V. que ce Ministre oubliant tous les sujets de mécontentemens que Pasmadgi- Zadé lui avoit donnez, lui.
ôta ce Garde, et le laissa librement partir avec son
Harem, ou maison de ses Femmes , et tous ses effets. On dit qu'il doit passer quelque temps à
la Mecque , et de là venir demeurer à Damas
dont il sera fait Moullah ou Juge en Chefpour
le reste de ses jours. Il est peu regrété , parce
que Damad- Zadé , ancien Cadilesker , qui l'a
remplacé, a toutes les qualitez qu'il faut pour s'attirer le respect , l'estime et l'amour du Public,
Le 25 , tous les Gens de Loy , et principaux
Seigneurs de l'Empire s'assemblerent à la Porte
shez le G. V, et allerent ensuite avec le nouI.Vol. Yeau
JUIN. 1732. 1217
reau Moufti chez le G. S. ou le Conseil se tint.
Après qu'on y eut fait lecture du Traité fait par
Achmet Pacha, plusieurs des premiers de l'assemblée suppliérent Sa Hautesse de vouloir bien
le ratifier , et sur tout Issac-Effendi , Cadiles ker
ou Juge suprême d'Asie , qui redoublant ses Ins
tances , representa avec force au Sultan , que s'il
désavoüoit un Traité qui n'avoit été conclu
qu'en vertu des pleins pouvoirs dont il avoit honoré le Pacha de Babilonne , on n'auroit plus de
foy à sa parole Imperiale ; et que d'ailleurs ,
tout bien considéré, une Paix solide avec la Perse,
après une Guerre si longue et si onéreuse, étoit
préférable à l'acquisition de cent Villes comme Tauris.
à sa
Le G. S. répondit que la ratification du Traité dont il s'agissoit , ne pressoit point encore
qu'il n'y avoit que peu de jours qu'il avoit dépêché son Bach- Chokadar à Achmet Pacha
pour lui signifier qu'il ne consentiroit jamais
faire la Paix qu'à condition que Tauris et ses dépendances resteroient à la Porte ; qu'après une
déclaration si précise , il ne convenoit pas
dignité de changer si-tôt de sentiment, et qu'il
êtoit dans celui d'attendre le retour des deux personnes qu'il avoit envoyées en Perse , avant que
de prendre , à cet égard , une résolution définitive. Cette réponse judicieuse, ayant fait impres- sion sur toute l'assemblée , personne n'insista
plus , et l'on se sépara sans rien conclure.
Le 1 Mars , le G. S. qui vouloit , à ce qu'on
présume , conférer avec le Mufti , sur le désordre arrivé la veille , lui envoya son premier
Asseki , et lui fit dire , avec une bonté qui fait
autant d'honneur à Sa Hautesse , qu'à ce venerable vieillard , qu'ayant à l'entretenir , et voulant
I. Vol.
Hij lui
1248 MERCURE DE FRANCE
lui épargner la peine de venir jusqu'au Serail , id
avoit fait la moitié du chemin , et qu'il le prioit
de vouloir bien se rendre à Aina , Serrail ou Serail des Miroirs , où il l'attendoit. Le Sultan fit
ordonner en même- temps au G. V. de convoquer pour le lendemain à la Porte les Officiers
les plus considerables des Troupes , et les Gens
de Loy , dont la capacité est le plus en réputation , pour former un grand Conseil en sa pré- sence , au sujet des affaires de Perse , et des Lertres qui venoient d'arriver de ce païs- là.
Cette Assemblée s'étant faite chez le G.V.après
la priere du midy , il s'y tint une courte confe-
'Lence , ensuite de laquelle on se rendit chez le
Sultan , où le Conseil dura deux heures. Voici
quel en fut le résultat : Une partie des Conseillers considerant les dommages infinis que la continuation de la Guerre pourroit apporter à l'Empire , opina qu'on ne pouvoit la terminer trop
tôt , et que sans s'opiniâtrer à vouloir conserver
tous les Païs conquis,il falloit approuver le Trai
té passé par Achmet Pacha , en y inserant les
dernieres conditions proposées par Chah - Tahmas ; le reste des Assistans soutint au contraire ,
qu'il falloit absolument rejetter l'article de la
restitution de Tauris , &c. parce que la possession de cette conquête renfermoit en quelque fa
çon de seul avantage de conséquence , qui put un
peu dedommager la Nation de tout ce qu'il lui
en avoit coûté , et justifier aux yeux de l'Univers la longue Guerre qu'elle avoit faite aux
chacun se fixant ainsi à son Persans: Si-bien que
opinion , l'Assemblée se séparoit déja sans être
convenue de rien , lorsque le G. V. s'approcha
du Sultan , et lui dit , que son zele pour les interêts de l'Empire; et en particulier pour celui
de I. Vol.
JUIN. 1732. 1219
de Sa Hautesse , ne lui permettoit pas de lui rient
déguiser de ce qu'il sçavoit,et de ce qu'il pensois
dans une conjoncture aussi délicate , que celle de faire la Paix , ou de continuer la Guerre ; que l'Asie étoit entierément ruinée que sans faire
mention de la quantité de Troupes qui péris
soient en Perse par la famine , et par les mala
dies , aucune des conquêtes qu'on y avoit faites , ne pouvoit produire un revenu suffisant à l'entretien des Garnisons qu'on seroit obligé d'y mertre ; qu'il étoit sorti du Tresor un argent im- mense en pure perte , la Porte n'en ayant retiré
aucun fruit ; qu'outre que par les raisons qu'il
venoit d'exposer , il n'y avoit point de meilleur parti à prendre que celui de confirmer la Paix faite par le Pacha de Babilonne , l'honneur et la
religion de Sa Hautesse y étoient particuliere- ment engagées , puisque ce Gouverneur n'avoit
agi qu'en consequence des pouvoirs sans limites ,
qu'elle lui avoit envoyez ; qu'enfin pour achever
de vaincre la répugnance qui paroissoit que Sa Hautesse avoit de ratifier ce Traité ; il la supplioit de considerer , que sur ce que les Troupes Othomanes n'avoient pas voulu évacuer Tauris
Ali Pacha marquoit par ses dernieres Lettres que Chah Tahmas offroit de payer â la Porte des
sommes considerables , pourvû qu'on lui rendic cette Place demantelée , avec ses dependances , et
que cette espece de tribut auquel ce Prince se sou- mettoit de lui-même , seroit aussi honorable et
plus utile à l'Empire, que la stérile gloire de pos- seder des Païs ruinez , dont on ne se priveroit
qu'en faveur d'une Paix qui étoit devenuë absolument necessaire par toute sorte d'endroits. Le G. S. touché de ce discours , fit rappeller
l'Aga des Janissaires , qui avoit déja quitté le
L. Vol. H iij Con-
1220 MERCURE DE FRANCE
Conseil , ainsi que plusieurs autres , er luj, dit
que voulant bien déferer au sentiment du Visir
il falloit qu'il fit partir le ( a) Tourmadgi-Bashi , pour aller joindre Achmet Pacha , et qu'il
dépêcha aussi un autre Officier de son Corps.
vers Ali-Pacha , qu'ils n'avoient qu'à venir pren
dre ses ordres qu'on alloit leur expedier.
Ces ordres , à ce qu'on rapporte , contenoient
en substance , que plusieurs Conseils ayant été
tenus en presence de Sa Hautesse , au sujet du
Traité conclu depuis peu entre Achmet- Pacha et le Roy de Perse , elle n'avoit pas d'abord voulu consentir à ce que Tauris et ses dépendances
fussent remises à ce Prince ; mais qu'à la priere
de tous les Grands de son Empire , et par complaisance pour ses peuples , qui désiroient la Paix,
elle se déterminoit enfin à se relâcher des droits
que lui donnoient ses Armes victorieuses ; c
qu'ainsi à l'arrivée de ses Commandemens , ong
eu à les faire lire en public , et à se mettre en
état d'y obéir , en retirant de la place de Tauris
et de son district toute l'Artillerie , et generalement toutes les Munitions , et tous les effets appartenans aux Garnisons , qui après la démolition de la Citadele de Tauris , sortiront de cette
Ville , et se retireront à Erivan jusqu'à nouvel
ordre , enjoignant à Achmet- Pacha de faire escorter ces Garnisons , afin qu'elles ne puissent
être insultées , ni souffrir aucun dommage sur
leur route de la part des Persans.
Le G. V. Topal Osman Pacha fût déposé
avant hier matin , 12 Mars , malgré tout son mé
(a ) C'est un des principaux Officiers des Janis
saires , qui est d'ailleurs comme le grand Vencur du Sultan.
I. Vol.
rite
JUIN. 1732, 1221
rite , et envoyé sur le champ à Cadi-Quevi, on
à Calcedoine , d'où il partit hier en poste avec
peu de monde, pourse rendre à Trebizonde, dont on lui a donné le Gouvernement ; le reste de ses
Gens s'est embarqué avec tous ses effets , pour
Faller joindre. On ne sçait pas bien encore la cause de sa disgrace , ni qui sera son Successeur,
En attendant Ali- Pacha Tetferdar, ou grand Tresorier , a été nommé Vekil , ou Délegué , pour
faire les fonctions de Grand Visir.
Quelques affaires de commerce ayant retardé
le départ du Bâtiment qui doit porter cette Lettre , je profite de cette prolongation ; pour ajoû
ter , aujourd'hui 14 Mars , encore quelques faits,
qui seront une nouvelle preuve de mon exacti- tude.
Le 3 Octobre , le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut sa premiere Audience du nouveau G. S. où les choses se passerent à l'ordinaire. Le 17 S. E. porta au G. V. les Lettres du Roy pour le Sultan et pour son Premier Ministre , à l'occasion de l'avenement de
S. Hautesse à l'Empire.
Le 21. le Commandement Imperial fut déli
vré , portant la permission de rebâtir les Monasteres et les Maisons des Religieux de Galata , qui
avoient été détruites par l'Incendie du 21. Juil- let ; non seulement ces Maisons sont solidement
rebâties et occupées à present , mais encore presque toutes celles des Particuliers que cet embra sement avoit consumées.
Le 30. Novembre, Chahim Mehemet , Capitan
Pacha , qui avoit été cy-devant Jannissaire- Aga,
et ensuite avoit fait les fonctions de G. V. par
interim, pendant 12..jours , depuis la déposition.
d'Ibrahim-Pacha , jusqu'à l'installation de Topal VI. Vol. Hiiij Osman
1222 MERCURE DE FRANCE
Osman Pacha , fut déposé et envoyé Pacha à la Cavée..
Le 31 Marabou Capitan , Capitaine du Port
de Constantinople , qui avoit fait les fonctions
de Capitan- Pacha depuis la déposition de Cháhim-Mehemet, fut élevé à cette dignité.
D'autres Lettres confirment la déposition du
G. V. et que le G. S..l'avoit fait conduire à Salonique , par un Détachement de Spahis , et que le Tetferdar de la Cour avoit été nommé pour
exercer cette Charge importante jusqu'à l'arrivée
du Bacha de Babylone , à qui elle est destinée.
Ces Lettres ajoûtent qu'il y avoit encore quel
ques Assemblées tumultueuses dans differens
quartiers de Constantinople, et qu'il y avoit beaucoup de mécontens dans l'Armée de Perse , qui
se plaignoient hautement de ce qu'on avoit promis de rendre la Ville de Tauris au Roy de Perse ;
que le Pacha qui y commande , avoit déclaré qu'il
n'en sortiroit qu'en vertu d'un ordre signé de la
main du G. S. et que S. H. avoit dû assembler
le grand Divan deux ou trois jours après le départ du Courier , pour déliberer sur les moyens
d'achever de rétablir la tranquillité dans l'interieur
de l'Empire.
On inande en dernier lieu de Constantinople
qu'on y avoit découvert une conspiration contre
le G. S. qu'on vouloit déposer pour mettre sur le
Trône le Sultan son oncle qui fut déposé l'année
derniere, et que S. H avoit fait punir de mort les
principaux Conjurez. On ajoute que le dernier
G. Visir déposé avoit été fait Pacha de Widin ,
et que le Pacha de Babylone , nommé pour le
remplacer , et qu'on attend incessamment , étoit fort aimé de la Milice et du Peuple.
6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite
des nouvelles de Turquie et de Perse.
LA
A Victoire complete que les Turcs rempor
terent au mois de Septembre dernier devant
Amadan , sur l'armée Persanne , où Chah- Tahmas étoit en personne , et la prise de cette Place
et de plusieurs autres, qui furent autant de suites
glorieuses de cette Victoire , avoient si considérablement diminué les forces de ce Prince , que
voulant prévenir la perte totale de ses Etats, dont
il étoit menacé, s'il continuoit la Guerre , il résolut de faire des tentatives auprès de ses Ennemispour en obtenir la paix. Il y eut d'abord des
propositions d'accommodement faites de sa part ,
a Achmet Pacha , Séraskier ou General de l'Armée Othomane , et Gouverneur de Babilonne
qui donnerent lieu le 20 Novembre suivant , à la
tenue d'un Conseil general , à la Porte , où l'on
examina plusieurs Lettres , qu'un Courier de ce
Pacha avoit apportées la veille. Il marquoit par
la sienne au G. V. que Chah - Tahmas lui avoit
écrit et envoyé l'Itimadil-deulet , c'est- à- dire ,
son premier Ministre , pour entrer en négociation,
Cette Lettre et trois autres du Roy de Perse ,
dont elle étoit accompagnée, l'une pour le G.S.
1. Vol. dans
JUIN. 1732. 1213
s laquelle Chah- Tahmas lui demandoit la
avec instance ; l'autre pour le G. V. et la
siéme pour Achmet Pacha ; ayant été lûës
présence de tous les gens,de Loy , des Chefs ,
Milices et des principaux Ministres ; et les
litions que ce Prince y proposoit , ayant été ées de toute l'assemblée , on convint unaement de les accepter ; et le Sultan, par l'avis
Mufti , dépêcha , en conséquence , un de ses aiers Officiers , avec des plein- pouvoirs pour
met Pacha , qui le rendoit le maître abde régler la paix , de la maniere qu'il le ju- it à propos ; lui faisant seulement observer
comme Chah-Tahmas n'avoit pas toujours
Fort religieux à exécuter les promesses qu'il
tcy devant faites à la Porte , il convenoit
conservât assez de Troupes sur les Frontiepour faire tête aux Persans , en cas de beCette précaution étoit d'autant plus raison-
, qu'on assure que Chah- Tahmas même,
la Lettre qu'il avoit écrite à Achmet Pacha,
conseilloit de la prendre , parce que ne se
ant pas assez-bien affermi sur le Thrône , il
gnoit de ne pouvoir pas également contenir
les Seigneurs Persans , dont il prévoyoit quelques- uns seroient capables de continuer hostilitez sans son consentement , et malgré
ordres les plus positifs.
ette résolution de la Porte s'étant divulguée,
indit une joïe universelle dans le public , er
cun se persuada , parce qu'il le souhaitoit ,
dès- lors on alloit mettre les Armes bas de
et d'autre. Cependant le 22 Decembre , au
nd étonnement du peuple , on entendit tirer
la pointe du jour le Canon du Sérail , ce qui
repeté à midi , l'après-dîné , et les deux jours
I. Vol. sui-
1214 MERCURE DE FRANCE
*suivans, aux mêmes heures, et l'on apprit qu'Ali
Pacha , Seraskier de la seconde Armée Turque ,
s'étoit emparé de l'importante Place de Tauris et
de tout son district. Un surcroît de Conquêtes si considérables mettant les affaires des Ottomans
en beaucoup meilleure situation qu'elles n'étoient
quand Chah Tahmas fit ses propositions de Paix , lé G. S. se crut en droit de ne la faire
qu'à des conditions plus avantageuses ; et se re- pentit d'avoir donné des pouvoirs trop étendus à
Achmet-Pacha , à la sollicitation du Mufti.
-
Sa Hautesse dépêcha aussi-tôt un Courrier à
ce Gouverneur , par lequel elle lui mandoit de
se prévaloir des nouveaux succès qu'avoient eu
ses Armes, et sur tout de ne se point relâcher
sur la possession des Province et Ville de Tauris , dans le Traité auquel il travailloit avec le
Roy de Perse ; mais le 7 du mois passé il arriva
deux Courriers , l'un de cette place , et l'autre de
Babilonne. Par celui- ci, Achmet- Pacha apprenoit,
qu'il ne pouvoit plus se flatter de conclure la
Paix , à moins que Tauris et ses dépendances ne fussent restituées aux Persans ; et par l'autre, AliPacha marquoit que si l'on rendoit Tauris à
Chah-Tahmas , il étoit à craindre , malgré le consentement qu'y donneroient les Officiers de
l'Armée , que la Soldatesque ne se portât à quel- que mutinerie.
Des circonstances si opposées , jetterent la
Porte dans un grand embarras. Le Sultan fit
convoquer sur le champ un Conseil general devant lui; et quand il fut assemblé , le G. V. pour
sonder les esprits , après avoir discuté la situation des affaires en Perse , demanda s'il falloit
faire la paix, ou non. Tous les avis se réunirent
d'abord pour l'affirmative ; mais quand il vint
I. Vol.
à
JUI N. 1732 1215
l'exposition des articles, dont le principal étoit la restitution de Tauris , chacun garda un profond silence ; ce que voyant le G. S. il dit aux
assistans , qu'il leur donnoitdeux jours pour refléchir murement sur une affaire de si grande
conséquence , et leur ordonna de venir ensuite
lui communiqner ce qu'ils en penseroient, en toute liberté.
Le 9 , le Conseil s'étant rassemblé , et la matiere ayant été de nouveau agitée , l'avis le plus
general fut , qu'il ne falloit faire la Paix qu'à
Gondition que Tauris resteroit à l'Empire Othoman , et que si Chah- Tahmas s'obstinoit à en
exiger la restitution , il valloit mieux continuer
la Guerre. Quoique ce ne fut pas le sentiment du G. V. il eut ordre de faire de nouveaux préparatifs de Guerre, et le G.S. dépêcha son ( a)Bach- Chokadar au Pacha de Babilonne , et un Offi
cier de confiance àAli- Pacha. Ces deux hommes,
sur les lumieres et la fidelité desquels le Sultan
se reposoit , furent expressément chargez de s'in- former avec soin du véritable état où étoient
les Armées Turques et Persannes , et de prendre
une connoissance exacte de toutes choses , parce
que Sa Hautesse avoit conçu de violens soup
gons contre Achmet Pacha , et qu'elle appréhendoit , comme on le lui avoit déja insinué , que ce Séraskier ne se fut laissé séduire par les présens
de Chah-Tahmas. En effet, ces soupçons paroissoient d'autant mieux fondez , qu'Achmet Pacha dans toutes les Lettres qui avoient précédé sa
derniere , bien loin de parler de rendre Tauris
aux Persans , avoit toujours mandé au contraire ,
qu'ils en passeroient par tout ce qu'on voudroit
( a )Maitre de la Garderobe.
1. Vol. exiger H
1216 MERCURE DE FRANCE
exiger d'eux ; et ce qui fit depuis encore présmer qu'il pouvoit y avoir quelque chose d'équivoque dans la négociation de ce Pacha, c'est que 23 de ce même mois un de ses Officiers arriva
à Constantinople avec la nouvelle que la Paix
étoit faite , et qu'il étoit convenu avec ChahTahmas de lui ceder les Ville et Province de
Tauris.
le
Le lendemain le Mufti Pasmadgi- Zadé, ressentit le premier effet que produisit certe nouvelles le G. S. piqué d'avoir , à sa persuasion ,
donné au Pacha de Babilonne des pleins pouvoirs
pour conclure et signer la Paix , le déposa et l'éxila (d'abord à Synope , Ville et Port de la Mer
noire ; ensuite ayant témoigné qu'il souhaiteroit .
de faire le pelerinage de la Mecque , Sa Hautesse y consentit , et lui fit pourtant donner un
Chiaoux pour le garder et le conduire jusqu'en Egypte ; mais cette nouveautéa yant blessé la délicatesse des Gens de Loy , ils intercederent si
puissamment en sa faveur auprês du G. V. que ce Ministre oubliant tous les sujets de mécontentemens que Pasmadgi- Zadé lui avoit donnez, lui.
ôta ce Garde, et le laissa librement partir avec son
Harem, ou maison de ses Femmes , et tous ses effets. On dit qu'il doit passer quelque temps à
la Mecque , et de là venir demeurer à Damas
dont il sera fait Moullah ou Juge en Chefpour
le reste de ses jours. Il est peu regrété , parce
que Damad- Zadé , ancien Cadilesker , qui l'a
remplacé, a toutes les qualitez qu'il faut pour s'attirer le respect , l'estime et l'amour du Public,
Le 25 , tous les Gens de Loy , et principaux
Seigneurs de l'Empire s'assemblerent à la Porte
shez le G. V, et allerent ensuite avec le nouI.Vol. Yeau
JUIN. 1732. 1217
reau Moufti chez le G. S. ou le Conseil se tint.
Après qu'on y eut fait lecture du Traité fait par
Achmet Pacha, plusieurs des premiers de l'assemblée suppliérent Sa Hautesse de vouloir bien
le ratifier , et sur tout Issac-Effendi , Cadiles ker
ou Juge suprême d'Asie , qui redoublant ses Ins
tances , representa avec force au Sultan , que s'il
désavoüoit un Traité qui n'avoit été conclu
qu'en vertu des pleins pouvoirs dont il avoit honoré le Pacha de Babilonne , on n'auroit plus de
foy à sa parole Imperiale ; et que d'ailleurs ,
tout bien considéré, une Paix solide avec la Perse,
après une Guerre si longue et si onéreuse, étoit
préférable à l'acquisition de cent Villes comme Tauris.
à sa
Le G. S. répondit que la ratification du Traité dont il s'agissoit , ne pressoit point encore
qu'il n'y avoit que peu de jours qu'il avoit dépêché son Bach- Chokadar à Achmet Pacha
pour lui signifier qu'il ne consentiroit jamais
faire la Paix qu'à condition que Tauris et ses dépendances resteroient à la Porte ; qu'après une
déclaration si précise , il ne convenoit pas
dignité de changer si-tôt de sentiment, et qu'il
êtoit dans celui d'attendre le retour des deux personnes qu'il avoit envoyées en Perse , avant que
de prendre , à cet égard , une résolution définitive. Cette réponse judicieuse, ayant fait impres- sion sur toute l'assemblée , personne n'insista
plus , et l'on se sépara sans rien conclure.
Le 1 Mars , le G. S. qui vouloit , à ce qu'on
présume , conférer avec le Mufti , sur le désordre arrivé la veille , lui envoya son premier
Asseki , et lui fit dire , avec une bonté qui fait
autant d'honneur à Sa Hautesse , qu'à ce venerable vieillard , qu'ayant à l'entretenir , et voulant
I. Vol.
Hij lui
1248 MERCURE DE FRANCE
lui épargner la peine de venir jusqu'au Serail , id
avoit fait la moitié du chemin , et qu'il le prioit
de vouloir bien se rendre à Aina , Serrail ou Serail des Miroirs , où il l'attendoit. Le Sultan fit
ordonner en même- temps au G. V. de convoquer pour le lendemain à la Porte les Officiers
les plus considerables des Troupes , et les Gens
de Loy , dont la capacité est le plus en réputation , pour former un grand Conseil en sa pré- sence , au sujet des affaires de Perse , et des Lertres qui venoient d'arriver de ce païs- là.
Cette Assemblée s'étant faite chez le G.V.après
la priere du midy , il s'y tint une courte confe-
'Lence , ensuite de laquelle on se rendit chez le
Sultan , où le Conseil dura deux heures. Voici
quel en fut le résultat : Une partie des Conseillers considerant les dommages infinis que la continuation de la Guerre pourroit apporter à l'Empire , opina qu'on ne pouvoit la terminer trop
tôt , et que sans s'opiniâtrer à vouloir conserver
tous les Païs conquis,il falloit approuver le Trai
té passé par Achmet Pacha , en y inserant les
dernieres conditions proposées par Chah - Tahmas ; le reste des Assistans soutint au contraire ,
qu'il falloit absolument rejetter l'article de la
restitution de Tauris , &c. parce que la possession de cette conquête renfermoit en quelque fa
çon de seul avantage de conséquence , qui put un
peu dedommager la Nation de tout ce qu'il lui
en avoit coûté , et justifier aux yeux de l'Univers la longue Guerre qu'elle avoit faite aux
chacun se fixant ainsi à son Persans: Si-bien que
opinion , l'Assemblée se séparoit déja sans être
convenue de rien , lorsque le G. V. s'approcha
du Sultan , et lui dit , que son zele pour les interêts de l'Empire; et en particulier pour celui
de I. Vol.
JUIN. 1732. 1219
de Sa Hautesse , ne lui permettoit pas de lui rient
déguiser de ce qu'il sçavoit,et de ce qu'il pensois
dans une conjoncture aussi délicate , que celle de faire la Paix , ou de continuer la Guerre ; que l'Asie étoit entierément ruinée que sans faire
mention de la quantité de Troupes qui péris
soient en Perse par la famine , et par les mala
dies , aucune des conquêtes qu'on y avoit faites , ne pouvoit produire un revenu suffisant à l'entretien des Garnisons qu'on seroit obligé d'y mertre ; qu'il étoit sorti du Tresor un argent im- mense en pure perte , la Porte n'en ayant retiré
aucun fruit ; qu'outre que par les raisons qu'il
venoit d'exposer , il n'y avoit point de meilleur parti à prendre que celui de confirmer la Paix faite par le Pacha de Babilonne , l'honneur et la
religion de Sa Hautesse y étoient particuliere- ment engagées , puisque ce Gouverneur n'avoit
agi qu'en consequence des pouvoirs sans limites ,
qu'elle lui avoit envoyez ; qu'enfin pour achever
de vaincre la répugnance qui paroissoit que Sa Hautesse avoit de ratifier ce Traité ; il la supplioit de considerer , que sur ce que les Troupes Othomanes n'avoient pas voulu évacuer Tauris
Ali Pacha marquoit par ses dernieres Lettres que Chah Tahmas offroit de payer â la Porte des
sommes considerables , pourvû qu'on lui rendic cette Place demantelée , avec ses dependances , et
que cette espece de tribut auquel ce Prince se sou- mettoit de lui-même , seroit aussi honorable et
plus utile à l'Empire, que la stérile gloire de pos- seder des Païs ruinez , dont on ne se priveroit
qu'en faveur d'une Paix qui étoit devenuë absolument necessaire par toute sorte d'endroits. Le G. S. touché de ce discours , fit rappeller
l'Aga des Janissaires , qui avoit déja quitté le
L. Vol. H iij Con-
1220 MERCURE DE FRANCE
Conseil , ainsi que plusieurs autres , er luj, dit
que voulant bien déferer au sentiment du Visir
il falloit qu'il fit partir le ( a) Tourmadgi-Bashi , pour aller joindre Achmet Pacha , et qu'il
dépêcha aussi un autre Officier de son Corps.
vers Ali-Pacha , qu'ils n'avoient qu'à venir pren
dre ses ordres qu'on alloit leur expedier.
Ces ordres , à ce qu'on rapporte , contenoient
en substance , que plusieurs Conseils ayant été
tenus en presence de Sa Hautesse , au sujet du
Traité conclu depuis peu entre Achmet- Pacha et le Roy de Perse , elle n'avoit pas d'abord voulu consentir à ce que Tauris et ses dépendances
fussent remises à ce Prince ; mais qu'à la priere
de tous les Grands de son Empire , et par complaisance pour ses peuples , qui désiroient la Paix,
elle se déterminoit enfin à se relâcher des droits
que lui donnoient ses Armes victorieuses ; c
qu'ainsi à l'arrivée de ses Commandemens , ong
eu à les faire lire en public , et à se mettre en
état d'y obéir , en retirant de la place de Tauris
et de son district toute l'Artillerie , et generalement toutes les Munitions , et tous les effets appartenans aux Garnisons , qui après la démolition de la Citadele de Tauris , sortiront de cette
Ville , et se retireront à Erivan jusqu'à nouvel
ordre , enjoignant à Achmet- Pacha de faire escorter ces Garnisons , afin qu'elles ne puissent
être insultées , ni souffrir aucun dommage sur
leur route de la part des Persans.
Le G. V. Topal Osman Pacha fût déposé
avant hier matin , 12 Mars , malgré tout son mé
(a ) C'est un des principaux Officiers des Janis
saires , qui est d'ailleurs comme le grand Vencur du Sultan.
I. Vol.
rite
JUIN. 1732, 1221
rite , et envoyé sur le champ à Cadi-Quevi, on
à Calcedoine , d'où il partit hier en poste avec
peu de monde, pourse rendre à Trebizonde, dont on lui a donné le Gouvernement ; le reste de ses
Gens s'est embarqué avec tous ses effets , pour
Faller joindre. On ne sçait pas bien encore la cause de sa disgrace , ni qui sera son Successeur,
En attendant Ali- Pacha Tetferdar, ou grand Tresorier , a été nommé Vekil , ou Délegué , pour
faire les fonctions de Grand Visir.
Quelques affaires de commerce ayant retardé
le départ du Bâtiment qui doit porter cette Lettre , je profite de cette prolongation ; pour ajoû
ter , aujourd'hui 14 Mars , encore quelques faits,
qui seront une nouvelle preuve de mon exacti- tude.
Le 3 Octobre , le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut sa premiere Audience du nouveau G. S. où les choses se passerent à l'ordinaire. Le 17 S. E. porta au G. V. les Lettres du Roy pour le Sultan et pour son Premier Ministre , à l'occasion de l'avenement de
S. Hautesse à l'Empire.
Le 21. le Commandement Imperial fut déli
vré , portant la permission de rebâtir les Monasteres et les Maisons des Religieux de Galata , qui
avoient été détruites par l'Incendie du 21. Juil- let ; non seulement ces Maisons sont solidement
rebâties et occupées à present , mais encore presque toutes celles des Particuliers que cet embra sement avoit consumées.
Le 30. Novembre, Chahim Mehemet , Capitan
Pacha , qui avoit été cy-devant Jannissaire- Aga,
et ensuite avoit fait les fonctions de G. V. par
interim, pendant 12..jours , depuis la déposition.
d'Ibrahim-Pacha , jusqu'à l'installation de Topal VI. Vol. Hiiij Osman
1222 MERCURE DE FRANCE
Osman Pacha , fut déposé et envoyé Pacha à la Cavée..
Le 31 Marabou Capitan , Capitaine du Port
de Constantinople , qui avoit fait les fonctions
de Capitan- Pacha depuis la déposition de Cháhim-Mehemet, fut élevé à cette dignité.
D'autres Lettres confirment la déposition du
G. V. et que le G. S..l'avoit fait conduire à Salonique , par un Détachement de Spahis , et que le Tetferdar de la Cour avoit été nommé pour
exercer cette Charge importante jusqu'à l'arrivée
du Bacha de Babylone , à qui elle est destinée.
Ces Lettres ajoûtent qu'il y avoit encore quel
ques Assemblées tumultueuses dans differens
quartiers de Constantinople, et qu'il y avoit beaucoup de mécontens dans l'Armée de Perse , qui
se plaignoient hautement de ce qu'on avoit promis de rendre la Ville de Tauris au Roy de Perse ;
que le Pacha qui y commande , avoit déclaré qu'il
n'en sortiroit qu'en vertu d'un ordre signé de la
main du G. S. et que S. H. avoit dû assembler
le grand Divan deux ou trois jours après le départ du Courier , pour déliberer sur les moyens
d'achever de rétablir la tranquillité dans l'interieur
de l'Empire.
On inande en dernier lieu de Constantinople
qu'on y avoit découvert une conspiration contre
le G. S. qu'on vouloit déposer pour mettre sur le
Trône le Sultan son oncle qui fut déposé l'année
derniere, et que S. H avoit fait punir de mort les
principaux Conjurez. On ajoute que le dernier
G. Visir déposé avoit été fait Pacha de Widin ,
et que le Pacha de Babylone , nommé pour le
remplacer , et qu'on attend incessamment , étoit fort aimé de la Milice et du Peuple.
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
En mars 1732, une lettre de Constantinople relate les événements en Turquie et en Perse. En septembre 1731, les Ottomans ont remporté une victoire décisive à Amadan contre les Perses, où le Chah Tahmas était présent. Cette victoire a permis la prise de plusieurs places fortes, affaiblissant les forces persanes. Pour éviter la perte totale de ses États, le Chah Tahmas a tenté de négocier la paix avec les Ottomans. Le 20 novembre, un conseil général à la Porte a examiné les propositions de paix du Chah, transmises par Achmet Pacha, le général de l'armée ottomane. Le Sultan a envoyé un officier avec des pleins pouvoirs pour négocier la paix, tout en maintenant des troupes aux frontières. Le 22 décembre, la prise de Tauris par Ali Pacha a renforcé la position ottomane, permettant au Sultan de durcir ses conditions de paix. Cependant, des courriers ont rapporté que la paix ne pouvait être conclue sans la restitution de Tauris aux Perses, plongeant la Porte dans l'embarras. Un conseil général a été convoqué et il a été décidé de continuer la guerre si Tauris n'était pas restitué. Le Sultan a envoyé des émissaires pour évaluer la situation des armées et les intentions d'Achmet Pacha, suspecté de trahison. Le 25 mars, une assemblée a demandé la ratification du traité de paix conclu par Achmet Pacha, mais le Sultan a préféré attendre le retour des émissaires. Le 1er mars, un grand conseil a discuté des affaires persanes. Les avis étaient partagés entre la nécessité de terminer la guerre et la volonté de conserver Tauris. Le Grand Vizir a convaincu le Sultan de ratifier le traité de paix, soulignant les ruines économiques et humaines causées par la guerre et l'honneur engagé par les pleins pouvoirs donnés à Achmet Pacha. Le texte mentionne également des troubles et des mécontentements dans l'armée perse et à Constantinople, ainsi qu'une conspiration contre le Grand Sultan, réprimée. Topal Osman Pacha, Grand Vizir, a été déposé le 12 mars et envoyé à Trebizonde. Ali-Pacha Tetferdar a été nommé Délegué pour exercer les fonctions de Grand Vizir en attendant un successeur. Le Marquis de Villeneuve, ambassadeur de France, a eu une audience avec le nouveau Grand Sultan le 3 octobre. Diverses décisions administratives ont été prises, comme la reconstruction des monastères à Galata et la déposition de Chahim Mehemet, ancien Capitain Pacha.
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2215
p. 1223-1224
RUSSIE.
Début :
La Czarine a abandonné à la Duchesse de Meckelbourg sa [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
A Czarine a abandonné à la Duchesse de
Meckelbourg sa sœur, la pension qui lui a été constituée sur le Duché de Curlande pour son
douaire et les autres droits qu'elle peut avoir sur
ce Duché.
S. M. Cz. a fait choisir dans ses Régimens.
d'Infanterie 30. Soldats des plus grands et des
mieux faits , pour envoyer au Roy de Prusse ,
qui les lui avoit demandés pour ses grands Gre nadiers.
Il a été résolu dans le dernier Conseil de
guerre , d'entretenir 4000. hommes dans les Provinces cedées par la Couronne de Suede , y
compris les Troupes qui sont en quartier dans la
Curlande , et qui resteront malgré les représen
rations du Roy et de la République de Pologne..
Le nouveau Serment qu'on fait prêter dans les
Provinces , par rapport aux dispositions secrettes.
de la Czarine , pour la succession au Trône , cause
bien des mécontentemens , et on a envoyé ordie aux Commandans et aux Gouverneurs de faire
arrêter tous ceux qui refuseront d'obéir, de quelque
rang et de quelque condition qu'ils puissent être..
On ne parle plus du Traité particulier de Com
merce qu'on disoit avoir été signé avec le Roy de Perse , mais on a sçû que ce Prince avoit faite
assurer tous les Marchands Moscovites qui sont
dans ses Etats , qu'il confirmeroit les Privileges.
que Roy son pere leur avoit accordez ; qu'om ne leveroit dorénavant sur leurs Marchandises
que les anciens droits d'Entrée et de sortie , et
qu'il avoit fait choix d'un des principaux Offi ciers de sa Cour, pour l'envoyer en Ambassade:
le.
I.. Vol Hy Come
1224 MERCURE DE FRANCE
complimenter la Czarine sur son avenement au Trône.
Les Ambassadeurs de la Chine qu'on attendoit
depuis long-temps , arriverent à Petersbourg le
5. de May. Le 7 ils y firent leur Entrée publique
et le 8. ils eurent leur premiere Audience publique de S. M. Cz.
A Czarine a abandonné à la Duchesse de
Meckelbourg sa sœur, la pension qui lui a été constituée sur le Duché de Curlande pour son
douaire et les autres droits qu'elle peut avoir sur
ce Duché.
S. M. Cz. a fait choisir dans ses Régimens.
d'Infanterie 30. Soldats des plus grands et des
mieux faits , pour envoyer au Roy de Prusse ,
qui les lui avoit demandés pour ses grands Gre nadiers.
Il a été résolu dans le dernier Conseil de
guerre , d'entretenir 4000. hommes dans les Provinces cedées par la Couronne de Suede , y
compris les Troupes qui sont en quartier dans la
Curlande , et qui resteront malgré les représen
rations du Roy et de la République de Pologne..
Le nouveau Serment qu'on fait prêter dans les
Provinces , par rapport aux dispositions secrettes.
de la Czarine , pour la succession au Trône , cause
bien des mécontentemens , et on a envoyé ordie aux Commandans et aux Gouverneurs de faire
arrêter tous ceux qui refuseront d'obéir, de quelque
rang et de quelque condition qu'ils puissent être..
On ne parle plus du Traité particulier de Com
merce qu'on disoit avoir été signé avec le Roy de Perse , mais on a sçû que ce Prince avoit faite
assurer tous les Marchands Moscovites qui sont
dans ses Etats , qu'il confirmeroit les Privileges.
que Roy son pere leur avoit accordez ; qu'om ne leveroit dorénavant sur leurs Marchandises
que les anciens droits d'Entrée et de sortie , et
qu'il avoit fait choix d'un des principaux Offi ciers de sa Cour, pour l'envoyer en Ambassade:
le.
I.. Vol Hy Come
1224 MERCURE DE FRANCE
complimenter la Czarine sur son avenement au Trône.
Les Ambassadeurs de la Chine qu'on attendoit
depuis long-temps , arriverent à Petersbourg le
5. de May. Le 7 ils y firent leur Entrée publique
et le 8. ils eurent leur premiere Audience publique de S. M. Cz.
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Résumé : RUSSIE.
Le texte relate plusieurs événements politiques en Russie. La Czarine a cédé à la Duchesse de Meckelbourg, sa sœur, la pension et les droits sur le Duché de Curlande. Le roi de Prusse a reçu 30 soldats russes pour ses grenadiers. Un conseil de guerre a décidé de maintenir 4 000 hommes dans les provinces cédées par la Couronne de Suède, malgré les objections du roi de Pologne. Un nouveau serment, lié aux dispositions secrètes de la Czarine pour la succession au trône, a provoqué des mécontentements et des arrestations. Un traité de commerce avec le roi de Perse n'est plus mentionné, mais ce dernier a assuré la protection des marchands russes et confirmé leurs privilèges. Un officier persan a été choisi pour une ambassade en Russie. Le roi de Volhy Come a envoyé des compliments à la Czarine pour son avènement. Les ambassadeurs de la Chine, attendus depuis longtemps, sont arrivés à Petersbourg le 5 mai et ont eu leur première audience publique avec la Czarine le 8 mai.
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2216
p. 1224
DE POLOGNE.
Début :
Les Lettres de Mittau portent que le bruit y couroit [...]
Mots clefs :
Pologne, Princesse grosse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POLOGNE.
Es Lettres de Mittau portent que le bruit y
LEScouroit que la Princesse Epouse du Duc Fer- dinand de Curlande , étoit grosse , mais que le
Prince son Epoux ne l'avoit pas encore déclaré
publiquement..
Il y a eu une émotion populaire à Bichow , à
l'occasion d'une Eglise des Grecs , dont les Catholiques de cette Ville se sont emparez. Les deux
partis ayant pris les armes , il y a eu plusieurs .
personnes de tuées de part et d'autre..
Le Roy a fait dresser un compte exact de tou
tes les sommes qu'il a tirées des Etats d'Allemagne pour les besoins de ce Royaume , ce qui fait croire que S. M. s'est proposée d'en demander le
remboursement à la République..
OFF
Es Lettres de Mittau portent que le bruit y
LEScouroit que la Princesse Epouse du Duc Fer- dinand de Curlande , étoit grosse , mais que le
Prince son Epoux ne l'avoit pas encore déclaré
publiquement..
Il y a eu une émotion populaire à Bichow , à
l'occasion d'une Eglise des Grecs , dont les Catholiques de cette Ville se sont emparez. Les deux
partis ayant pris les armes , il y a eu plusieurs .
personnes de tuées de part et d'autre..
Le Roy a fait dresser un compte exact de tou
tes les sommes qu'il a tirées des Etats d'Allemagne pour les besoins de ce Royaume , ce qui fait croire que S. M. s'est proposée d'en demander le
remboursement à la République..
OFF
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Résumé : DE POLOGNE.
En Pologne, des rumeurs évoquent la grossesse de la Princesse de Curlande. À Bichow, des violences ont éclaté entre catholiques et grecs orthodoxes pour une église, causant plusieurs morts. Le Roi a dressé un inventaire des sommes levées en Allemagne pour le Royaume, envisageant un remboursement par la République.
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2217
p. 1224-1226
ALLEMAGNE.
Début :
On assure que les Concurrens pour l'Evêché et Electorat [...]
Mots clefs :
Allemagne, Mayence, Empereur, Impératrice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Nassure que les Concurrens l'Evêché pour et Electorat de Mayence sont , l'Electeur de
Treves , l'Evêque de Wurtzbourg et de Bamberg
son neveu , et le Comte de Brettenach , Chanoine de Mayence, Cette Election est fixée au 9. du mois de Juin.
On écrit de Belgrade , que M. de la Torre ,
Evêque de cette Ville , avoit pris possession le- I. Vol. premier
JUIN. 7732 1225
premier May de cet Evêché nouvellement érigé: qu'il avoit celebré la Messe dans la nouvelle
Eglise Cathédrale , et que sa reception s'étoit faite au bruit d'une salve generale de l'Artillerie et
d'une décharge de la Mousqueterie des Régimens
de Marulli et de Ligneville.
Le Duc de Lorraine , qui prêta Serment le 22 .
de May, entre les mains de l'Empereur , en qualité de Viceroy d'Hongrie et des autres Provinces qui en relevent, ayant pris congé de L.M.Imp.
partit le 28. au matin pour aller faire sa priere à
l'Eglise de Marienzell en Stirie , d'où il se rendra
au neuf Schomborn , Terre qui appartient à l'Evêque de Ramberg er de Wurtzbourg ; et après
y avoir passé quelques jours , il ira a Presbourg
prendre possession de sa Viceroyauté.
Le Comte de Corsinski , Chambellan de l'Empereur et Premier Conseiller de la Cour de Bo--
heme , a été nommé pour assister en qualité de Commissaire de l'Empereur à l'Election de l'Evêque de Breslaw , qui doit se faire le 14. de
Juin. Celle de l'Evêque de Worms est fixée au 18. du même mois.
L'Imperatrice Amélie ayant prié l'Empereurde la dispenser d'accepter la Régence de la Ville
de Vienne , que S. M. Im. lui avoit offerte pen dant son absence , l'Empereur l'a donnée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine sa sœur , et il a
nommé le Cardinal Archevêque de Vienne et le
Comte de Kevenbuller , pour l'aider de leurs conseils.
*
On mande de Dusseldorp , que tous les Com
mandeurs qui ont voix déliberative dans le Chapitre de l'Ordre Teutonique , avoient été invitez
à se rendre incessamment à Mergeinthem pours assister à l'Election d'un Grand-Maître de cer
1 Vol Hv Ordre
1226 MERCURE DE FRANCE
Ordre, et que les Maisons de Baviere et Palatine
agissoient de concert pour faire élire le Prince Théodore de Baviere.
L'Empereur et l'Imperatrice partirent le 274 May, vers les 5. heures du matin du Château de
Laxembourg , pour se rendre aux Bains de Carelsbadt : L. M. Imp. dînerent à Hollabrun , et coucherent à Pulcaw : le 28. elles dînèrent à
Frotting et coucherent à Zlabrig , le 29 elles coucherent à Tabor , et arriverent le 30. à Prague , où elles ont passé trois jours ; ensuite elles:
ont continué leur voyage pour Carelsbadt , où,
après avoir séjourné 15. jours , elles reviendront
à Prague , d'où l'on croit qu'elles se rendront à
Lintz, pour y recevoir l'hommage de l'Archidu ché d'Autriche.
Un Courier arrivé de Gennes , a apporté à
Vienne la nouvelle de l'entiere réduction des Rebelles de l'Ile de Corse.
Les dernieres Lettres reçûës de Constantinople,
portent que M. Dahlman , Résident de l'Empe
reur , y avoir eu une Audience du Tetferdar , qui exerce la Charge de G. V. jusqu'à l'arrivée du
Pacha de Babylone , que ce Premier Ministre l'avoit assuré que Sa Hautesse persistoit toûjours dans la résolution de vivre en bonne intelligence
avec S. M. Im. et qu'elle avoit donné ordre à un
de ses Ecuyers de faire conduire à Vienne les qua
tre plus beaux Chevaux de son Ecurie , pour en
faire présent à l'Empereur. On a appris depuis,
qu'en vertu des ordres du G. S. le Gouverneur de
Nizza avoit fait couper la tête au Consul Turc
parti de Vienne depuis quelques mois,
Nassure que les Concurrens l'Evêché pour et Electorat de Mayence sont , l'Electeur de
Treves , l'Evêque de Wurtzbourg et de Bamberg
son neveu , et le Comte de Brettenach , Chanoine de Mayence, Cette Election est fixée au 9. du mois de Juin.
On écrit de Belgrade , que M. de la Torre ,
Evêque de cette Ville , avoit pris possession le- I. Vol. premier
JUIN. 7732 1225
premier May de cet Evêché nouvellement érigé: qu'il avoit celebré la Messe dans la nouvelle
Eglise Cathédrale , et que sa reception s'étoit faite au bruit d'une salve generale de l'Artillerie et
d'une décharge de la Mousqueterie des Régimens
de Marulli et de Ligneville.
Le Duc de Lorraine , qui prêta Serment le 22 .
de May, entre les mains de l'Empereur , en qualité de Viceroy d'Hongrie et des autres Provinces qui en relevent, ayant pris congé de L.M.Imp.
partit le 28. au matin pour aller faire sa priere à
l'Eglise de Marienzell en Stirie , d'où il se rendra
au neuf Schomborn , Terre qui appartient à l'Evêque de Ramberg er de Wurtzbourg ; et après
y avoir passé quelques jours , il ira a Presbourg
prendre possession de sa Viceroyauté.
Le Comte de Corsinski , Chambellan de l'Empereur et Premier Conseiller de la Cour de Bo--
heme , a été nommé pour assister en qualité de Commissaire de l'Empereur à l'Election de l'Evêque de Breslaw , qui doit se faire le 14. de
Juin. Celle de l'Evêque de Worms est fixée au 18. du même mois.
L'Imperatrice Amélie ayant prié l'Empereurde la dispenser d'accepter la Régence de la Ville
de Vienne , que S. M. Im. lui avoit offerte pen dant son absence , l'Empereur l'a donnée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine sa sœur , et il a
nommé le Cardinal Archevêque de Vienne et le
Comte de Kevenbuller , pour l'aider de leurs conseils.
*
On mande de Dusseldorp , que tous les Com
mandeurs qui ont voix déliberative dans le Chapitre de l'Ordre Teutonique , avoient été invitez
à se rendre incessamment à Mergeinthem pours assister à l'Election d'un Grand-Maître de cer
1 Vol Hv Ordre
1226 MERCURE DE FRANCE
Ordre, et que les Maisons de Baviere et Palatine
agissoient de concert pour faire élire le Prince Théodore de Baviere.
L'Empereur et l'Imperatrice partirent le 274 May, vers les 5. heures du matin du Château de
Laxembourg , pour se rendre aux Bains de Carelsbadt : L. M. Imp. dînerent à Hollabrun , et coucherent à Pulcaw : le 28. elles dînèrent à
Frotting et coucherent à Zlabrig , le 29 elles coucherent à Tabor , et arriverent le 30. à Prague , où elles ont passé trois jours ; ensuite elles:
ont continué leur voyage pour Carelsbadt , où,
après avoir séjourné 15. jours , elles reviendront
à Prague , d'où l'on croit qu'elles se rendront à
Lintz, pour y recevoir l'hommage de l'Archidu ché d'Autriche.
Un Courier arrivé de Gennes , a apporté à
Vienne la nouvelle de l'entiere réduction des Rebelles de l'Ile de Corse.
Les dernieres Lettres reçûës de Constantinople,
portent que M. Dahlman , Résident de l'Empe
reur , y avoir eu une Audience du Tetferdar , qui exerce la Charge de G. V. jusqu'à l'arrivée du
Pacha de Babylone , que ce Premier Ministre l'avoit assuré que Sa Hautesse persistoit toûjours dans la résolution de vivre en bonne intelligence
avec S. M. Im. et qu'elle avoit donné ordre à un
de ses Ecuyers de faire conduire à Vienne les qua
tre plus beaux Chevaux de son Ecurie , pour en
faire présent à l'Empereur. On a appris depuis,
qu'en vertu des ordres du G. S. le Gouverneur de
Nizza avoit fait couper la tête au Consul Turc
parti de Vienne depuis quelques mois,
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte relate divers événements politiques et religieux en Allemagne et dans les territoires voisins. À Mayence, l'élection de l'Évêque et Électeur est prévue pour le 9 juin, avec plusieurs concurrents, dont l'Électeur de Trèves et les évêques de Wurtzbourg et de Bamberg. À Belgrade, M. de la Torre a pris possession de l'Évêché le 1er mai. Le Duc de Lorraine, après avoir prêté serment comme Viceroy d'Hongrie le 22 mai, se rendra à Presbourg pour prendre possession de sa viceroyauté. Le Comte de Corsinski est nommé commissaire impérial pour l'élection de l'Évêque de Breslau le 14 juin, et celle de l'Évêque de Worms est fixée au 18 juin. L'Imperatrice Amélie a décliné la Régence de Vienne, attribuée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine. L'Empereur et l'Imperatrice ont quitté le Château de Luxembourg le 27 mai pour se rendre aux Bains de Carlsbad, passant par Prague. Des nouvelles de Gênes signalent la réduction des rebelles en Corse. À Constantinople, M. Dahlman a reçu l'assurance de bonne intelligence avec l'Empereur. Le Gouverneur de Nice a exécuté le Consul Turc parti de Vienne.
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2218
p. 1227-1230
ITALIE.
Début :
Sur la fin du mois dernier, un Notaire Apostolique alla [...]
Mots clefs :
Italie, Rebelles, Cardinal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
noUr la fin du mois dernier ,un Notaire AposStolique tolique alla au Convent de sainte Praxede , notifier au Cardinal Coscia , avec les formalitez or
dinaires , un Decret du Pape , par lequel il lui est .
deffendu de sortir de son Appartement jusqu'à ce
que son affaire soit entierement terminée. Malgré,
ces formalitez il reçoit les visites de plusieurs
personnes de consideration , et quelques Cardinaux l'ont vû même incognito.
Le Prince Jacques Sobieski , pere de la Princes ,
se, Epouse du Chevalier de S. George , a fait remettre au Mont de Pieté , des Joyaux de prix.
sur lesquels il a emprunté cent mille écus qui lui.
étoient necessaires pour rentrer dans quelquesunes de ses Terres en Pologne.
Le Pape a approuvé avec beaucoup de plaisir la proposition que lui a faite la Princesse Clementine Sobieska , de faire venir de Paris six Religieuses Ursulines , pour rétablir leur Regle dans les
Communautez Religieuses du même Ordre qui
sont à Rome.
!
7 .
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le Avril , Le Cardinal Otthoboni proposa l'Evêché de Noyon pour l'Abbé de S. Simon , après
quoi il préconisa l'Evêque d'Arras pour l'Abbaye de S. Vincent de Laon..
Le bruit court que le Cardinal Coscia paroîtra
dans peu en habit court et sans cortege devant la .
Congregation de Nonnullis pour y etre interrogé,
et que quelques jours après son affaire sera terminée.
Le Pape a résolu d'employer à l'ornement de la:
Chapelle de sa Famille qu'il fait rebâtir dans l'EI. Vol.
glise
1228 MERCURE DE FRANCE
glise de S. Jean de Latran , les belles Colomnes de
Marbre antique qu'on conservoit au Capitole, et
l'Urne de Porphire de l'Eglise de la Rotonde , qui
servoit a l'ancien Temple du Pantheon .
Le 17. du mois dernier le Capitaine Angelotti ,
Fermier du Tabac , fit present au Pape d'un Es--
turgeon que S. S. envoia sur le champ au Duc
de S. Aignan , Ambassadeur du Roy très Chré- tien.
Le même Duc de S. Aignan a deffendu depuis
peu aux Ecclesiastiques qui desservent l'Eglise de S. Louis des François, d'y donner azile à qui que ce soit pour des crimes capitaux .
On écrit de Florence que le 25. Avril au soir ,
le Cardinal de Polignac alla à l'Audience de l'Infant Don Carlos , chez lequel il fut reçû dans
l'Antichambre par le Marquis de Villafuerte.
S. A. R. le traita avec toutes les marques de distinction imaginables, et le soir il lui envoya 50.-
Bassins de rafraîchissemens.
Le 26. Son Eminence alla au Palais du Grand
Duc ; il fut reçû à la Porte par le Chevalier Billotti , dans l'Antichambre , par le Comte Pesenti ,
les Gardes étant en haye et sous les Armes. Le
Grand Duc, après s'être entretenu avec lui pen--
dant plus d'une demie heure , le fit reconduire
dans ses Carosses au Palais de l'Envoyé de France , où on lui présenta de la part de ce Prince '
19. Corbeilles de rafraîchissemens.
Le 275 ce Cardinal visita l'Electrice Douairiere Palatine.
On a appris depuis peu que ce Cárdinal étoit
parti de Florence , et qu'il étoit arrivé à Bologne,
où il avoit été traité magnifiquement par le Cardi nal Grimaldi , Légat de cette Ville , et que S. E. atriva le 19. May à Venise , où il avoit pris son Vol logement
JUIN. 17227 1229
logement dans le Palais de l'Ambassadeur der France.
Les Lettres de Florence ajoûtent que le Corps
de S. Zenobe y avoit été exposé pendant trois
jours à la veneration des Fidelles , à l'occasion dela maladie qui regnoit parmi les Bestiaux , et qui
diminue. considerablement depuis qu'il a tombé
de la pluye. Les Sauterelles font actuellement.
de grands ravages dans les Plaines de Pise. L'Ar
chevêque de cette Ville a ordonné des Prieres pu
bliques à ce sujet.
Le 21. May, il y eut à Livourne une Tempête
terrible , qui endommagea plusieurs Vaisseaux ,
et on ressentit l'après- midi six secousses de
Tremblement de terre , qui obligerent les habicans de se retirer à la campagne ; elles ne cause--
rent pas beaucoup de dommage.
On mande de Gennes , que les Rebelles avoient enfin déterminé leurs Chefs à se soumettre à la
République de Gennes ; qu'ils avoient donné des
ôtages,et qu'on étoit convenu de s'assembler dans
la Ville de Corte , Place située sur une Montagne
au milieu de l'Isle , près de la Riviere de Golo.
Les dernieres nouvelles reçues confirment les
premiers avis qu'on avoit eus de la résolution
prise par la plus grande partie des Rebelles, de se
soumettre à la République. M. de Rivarole qui a
été envoyé dans cette Isie en qualité de Com- missaire General , Y étant arrivé le 10. de May ,
et s'étant trouvé incommodé , le Prince Louis
de Wirtemberg alla le voir , et il eut avec lui
une longue Conference sur les moyens de réduire
les Rebelles , qui préviennent actuellement par:
leur soumission, ce qu'on pouvoit faire contre.
cux. Leurs Chefs Ciaccaldi , Çiafferi et Raffalli ,
sont venus se rendre ôtages pour tous ceux qui I. Vola par
T230 MERCURE DE FRANCE
par leurs conseils avoient pris les armes , e
M. de Rivarole les a envoyez dans un Château
où ils font gardez. Cette démarche des Chefs des Rebelles a été suivie d'un grand empressement
de la part des Peuples qui habitent en deçà des
Montagnes , à quitter les armes pour mériter leur
pardon , et il y a lieu de croire que tous les Re- belles qui sont au- delà des Montagnes , pren
dront bientôt le même parti. Le Prince de Culm- bach marche avec trois Bataillons et 200. Hussarts pour s'avancer de ce côté-là , et se joindre
aux Troupes de la République , commandées.
par le Colonel Vela , lequel depuis qu'il a défait
un Corps de Rebelles près de Calcatoggio , en
voit arriver à son Camp un grand nombre qui viennent. implorer la clémence de la République.
On a appris aussi que le Prince de Wirtemberg
étant persuadé que tous les Rebelles rentreront incessamment dans leur devoir , se disposoit à
s'embarquer vers le 15..de Juin pour retourner à
Gennes avec toutes les Troupes Imperiales qu'il commande.
On écrit de Naples , que l'un des Tigres que
L'Envoyé de Tunis conduisoit à Vienne pour
la Menagerie de l'Empereur , a rompu sa chaîne
et s'est échapé : on a appris depuis qu'il faisoit
beaucoup de ravage du côté du Milanez.
noUr la fin du mois dernier ,un Notaire AposStolique tolique alla au Convent de sainte Praxede , notifier au Cardinal Coscia , avec les formalitez or
dinaires , un Decret du Pape , par lequel il lui est .
deffendu de sortir de son Appartement jusqu'à ce
que son affaire soit entierement terminée. Malgré,
ces formalitez il reçoit les visites de plusieurs
personnes de consideration , et quelques Cardinaux l'ont vû même incognito.
Le Prince Jacques Sobieski , pere de la Princes ,
se, Epouse du Chevalier de S. George , a fait remettre au Mont de Pieté , des Joyaux de prix.
sur lesquels il a emprunté cent mille écus qui lui.
étoient necessaires pour rentrer dans quelquesunes de ses Terres en Pologne.
Le Pape a approuvé avec beaucoup de plaisir la proposition que lui a faite la Princesse Clementine Sobieska , de faire venir de Paris six Religieuses Ursulines , pour rétablir leur Regle dans les
Communautez Religieuses du même Ordre qui
sont à Rome.
!
7 .
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le Avril , Le Cardinal Otthoboni proposa l'Evêché de Noyon pour l'Abbé de S. Simon , après
quoi il préconisa l'Evêque d'Arras pour l'Abbaye de S. Vincent de Laon..
Le bruit court que le Cardinal Coscia paroîtra
dans peu en habit court et sans cortege devant la .
Congregation de Nonnullis pour y etre interrogé,
et que quelques jours après son affaire sera terminée.
Le Pape a résolu d'employer à l'ornement de la:
Chapelle de sa Famille qu'il fait rebâtir dans l'EI. Vol.
glise
1228 MERCURE DE FRANCE
glise de S. Jean de Latran , les belles Colomnes de
Marbre antique qu'on conservoit au Capitole, et
l'Urne de Porphire de l'Eglise de la Rotonde , qui
servoit a l'ancien Temple du Pantheon .
Le 17. du mois dernier le Capitaine Angelotti ,
Fermier du Tabac , fit present au Pape d'un Es--
turgeon que S. S. envoia sur le champ au Duc
de S. Aignan , Ambassadeur du Roy très Chré- tien.
Le même Duc de S. Aignan a deffendu depuis
peu aux Ecclesiastiques qui desservent l'Eglise de S. Louis des François, d'y donner azile à qui que ce soit pour des crimes capitaux .
On écrit de Florence que le 25. Avril au soir ,
le Cardinal de Polignac alla à l'Audience de l'Infant Don Carlos , chez lequel il fut reçû dans
l'Antichambre par le Marquis de Villafuerte.
S. A. R. le traita avec toutes les marques de distinction imaginables, et le soir il lui envoya 50.-
Bassins de rafraîchissemens.
Le 26. Son Eminence alla au Palais du Grand
Duc ; il fut reçû à la Porte par le Chevalier Billotti , dans l'Antichambre , par le Comte Pesenti ,
les Gardes étant en haye et sous les Armes. Le
Grand Duc, après s'être entretenu avec lui pen--
dant plus d'une demie heure , le fit reconduire
dans ses Carosses au Palais de l'Envoyé de France , où on lui présenta de la part de ce Prince '
19. Corbeilles de rafraîchissemens.
Le 275 ce Cardinal visita l'Electrice Douairiere Palatine.
On a appris depuis peu que ce Cárdinal étoit
parti de Florence , et qu'il étoit arrivé à Bologne,
où il avoit été traité magnifiquement par le Cardi nal Grimaldi , Légat de cette Ville , et que S. E. atriva le 19. May à Venise , où il avoit pris son Vol logement
JUIN. 17227 1229
logement dans le Palais de l'Ambassadeur der France.
Les Lettres de Florence ajoûtent que le Corps
de S. Zenobe y avoit été exposé pendant trois
jours à la veneration des Fidelles , à l'occasion dela maladie qui regnoit parmi les Bestiaux , et qui
diminue. considerablement depuis qu'il a tombé
de la pluye. Les Sauterelles font actuellement.
de grands ravages dans les Plaines de Pise. L'Ar
chevêque de cette Ville a ordonné des Prieres pu
bliques à ce sujet.
Le 21. May, il y eut à Livourne une Tempête
terrible , qui endommagea plusieurs Vaisseaux ,
et on ressentit l'après- midi six secousses de
Tremblement de terre , qui obligerent les habicans de se retirer à la campagne ; elles ne cause--
rent pas beaucoup de dommage.
On mande de Gennes , que les Rebelles avoient enfin déterminé leurs Chefs à se soumettre à la
République de Gennes ; qu'ils avoient donné des
ôtages,et qu'on étoit convenu de s'assembler dans
la Ville de Corte , Place située sur une Montagne
au milieu de l'Isle , près de la Riviere de Golo.
Les dernieres nouvelles reçues confirment les
premiers avis qu'on avoit eus de la résolution
prise par la plus grande partie des Rebelles, de se
soumettre à la République. M. de Rivarole qui a
été envoyé dans cette Isie en qualité de Com- missaire General , Y étant arrivé le 10. de May ,
et s'étant trouvé incommodé , le Prince Louis
de Wirtemberg alla le voir , et il eut avec lui
une longue Conference sur les moyens de réduire
les Rebelles , qui préviennent actuellement par:
leur soumission, ce qu'on pouvoit faire contre.
cux. Leurs Chefs Ciaccaldi , Çiafferi et Raffalli ,
sont venus se rendre ôtages pour tous ceux qui I. Vola par
T230 MERCURE DE FRANCE
par leurs conseils avoient pris les armes , e
M. de Rivarole les a envoyez dans un Château
où ils font gardez. Cette démarche des Chefs des Rebelles a été suivie d'un grand empressement
de la part des Peuples qui habitent en deçà des
Montagnes , à quitter les armes pour mériter leur
pardon , et il y a lieu de croire que tous les Re- belles qui sont au- delà des Montagnes , pren
dront bientôt le même parti. Le Prince de Culm- bach marche avec trois Bataillons et 200. Hussarts pour s'avancer de ce côté-là , et se joindre
aux Troupes de la République , commandées.
par le Colonel Vela , lequel depuis qu'il a défait
un Corps de Rebelles près de Calcatoggio , en
voit arriver à son Camp un grand nombre qui viennent. implorer la clémence de la République.
On a appris aussi que le Prince de Wirtemberg
étant persuadé que tous les Rebelles rentreront incessamment dans leur devoir , se disposoit à
s'embarquer vers le 15..de Juin pour retourner à
Gennes avec toutes les Troupes Imperiales qu'il commande.
On écrit de Naples , que l'un des Tigres que
L'Envoyé de Tunis conduisoit à Vienne pour
la Menagerie de l'Empereur , a rompu sa chaîne
et s'est échapé : on a appris depuis qu'il faisoit
beaucoup de ravage du côté du Milanez.
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Résumé : ITALIE.
En début d'année 1722, plusieurs événements marquants se sont produits en Italie et dans les régions voisines. À Rome, le Cardinal Coscia est confiné dans son appartement par décret papal, mais continue de recevoir des visites influentes. Le Prince Jacques Sobieski a emprunté de l'argent en mettant en gage des joyaux pour récupérer ses terres en Pologne. Le Pape a approuvé l'arrivée de religieuses ursulines de Paris afin de restaurer leur règle à Rome. Lors d'un consistoire secret, le Cardinal Otthoboni a proposé des nominations ecclésiastiques, et le Cardinal Coscia doit bientôt comparaître devant la Congrégation de Nonnullis pour être interrogé. Le Pape prévoit d'utiliser des colonnes de marbre antique et une urne de porphyre pour orner la chapelle de sa famille dans l'église de Saint-Jean-de-Latran. Le Duc de Saint-Aignan, ambassadeur du roi de France, a reçu un esturgeon du Pape et a interdit aux ecclésiastiques de l'église Saint-Louis-des-Français de donner asile à des criminels. À Florence, le Cardinal de Polignac a été reçu par l'Infant Don Carlos et le Grand-Duc, qui l'ont honoré de diverses marques de distinction. Le Cardinal s'est ensuite rendu à Bologne et Venise. À Florence, le corps de Saint-Zénobe a été exposé pour prier contre une maladie affectant le bétail, et des prières publiques ont été ordonnées à Pise pour contrer les ravages des sauterelles. À Livourne, une tempête et des tremblements de terre ont causé des dommages. En Corse, les rebelles se sont soumis à la République de Gênes, et leurs chefs ont été emprisonnés. Le Prince de Wurtemberg et le Prince de Culmbach dirigent les troupes pour maintenir l'ordre. À Naples, un tigre s'est échappé de sa chaîne, causant des ravages près de Milan.
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2219
p. 1230-1232
D'ESPAGNE.
Début :
La plus grande partie des Troupes qui doivent être embarquées [...]
Mots clefs :
Espagne, Ligne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'ESPAGNE.
DE SPAGNE,
Lêtre embarquées sur la Flote du Ray,est ar- A plus grande partie des Troupes qui doivent
rivée à Alicante, ainsi que l'Artillerie qu'on avoit
embarquée à Barcelone ; mais on doute que l'embarquement general puisse se faire au commencement de ce mois , comme la Cour Pavoit réI. Vol solu...
JUIN. 1732. 123.1
solu, parce qu'on n'a pas encore assez rassemblé
de Bâtimens de transport , quoiqu'on ait arrêté
tous les Navires étrangers qui étoient dans le
Port. On croit que tout cet armement est destiné
à faire le Siege d'Oran.
D'autres Lettres d'Alicante portent qu'ony avoit
commencé à embarquer so. Pieces de gros Canon et 30. Mortiers , qu'il y étoit arrivé de Cadix 44. Bâtimens de transport ; qu'il y en avoit
près de 150. dans les autres Ports , et que ce
nombre n'étant pas suffisant , on y avoit envoyé
ordre d'arrêter tous les Vaisseaux étrangers , et
même ceux qui étaient chargez.
Le bruit court qu'on va fortifier par de nouveaux Ouvrages la Ligne que le Roy a fait faire
en-deçà de Gibraltar , pour empêcher la contrebande des Marchandises. d'Angleterre dans l'interieur du Royaume , et qu'on va élever à l'une
des extrémitez de cette Ligne un nouveau Mole
qui s'étendra jusques dans la Baye , et dont l'Artillerie pourra incommoder les murailles de la
Ville , en cas de guerre.
Le Roya chargé son nouvel Agent à Londres,
de demander à la Compagnie de la Mer du Sud,
un compte general du droit particulier que S. M.
s'est réservé par le Traité de l'Assicute , sur les
profits que cette Compagnie peut faire par som
commerce dans les Ports Espagnols de l'Amerique.
,
Le 18. Avril , un Pinque venant de Livourne ,
arriva à Barcelonne ; il fut attaqué le 16. au matin , entre les Côtes de France et d'Espagne par
un Vaisseau Corsaire de 16 Pieces de Canon ,
de dix Pierriers et de 110. hommes d'équipage
parmi lesquels il y avoit trois ou quatre Renegats. Les deux Bâtimens ayant commencé à se
I. Vol. Canonner,
1232 MERCURE DE FRANCE
-
canonner , M. Ant. Ferrer, Capitaine du Pinque,
apperçut environ à deux lieues en Mer la Capi
tane des quatre Galeres du Roy, qui revenoit desMers d'Italie , laquelle étoit commandée par le
Lieutenant General Don Michel Reggio. Ce General , de son côté, ayant reconnu que le Corsaire donnoit la chasse au Pinque Espagnol , fit
force de Voiles et de Rames pour le secourir , er
Payant joint en moins d'une demie heure , il fir
une décharge de toute son Artillerie sur le Vaisseau Corsaire , dont le Capitaine fut tué avec sixhommes de l'Equipage : le Lieutenant s'étant sauvé dans la Chaloupe avec 20. Soldats , le Vaisseau se rendit. On y trouva 87. Maures , parmi
Jesquels il y en avoit 22. de blessez , et 14. Es--
claves Chrétiens ; sçavoir 8. du Royaume de Va
lence , et 6. de Catalogue , qui furent mis en li berté
Lêtre embarquées sur la Flote du Ray,est ar- A plus grande partie des Troupes qui doivent
rivée à Alicante, ainsi que l'Artillerie qu'on avoit
embarquée à Barcelone ; mais on doute que l'embarquement general puisse se faire au commencement de ce mois , comme la Cour Pavoit réI. Vol solu...
JUIN. 1732. 123.1
solu, parce qu'on n'a pas encore assez rassemblé
de Bâtimens de transport , quoiqu'on ait arrêté
tous les Navires étrangers qui étoient dans le
Port. On croit que tout cet armement est destiné
à faire le Siege d'Oran.
D'autres Lettres d'Alicante portent qu'ony avoit
commencé à embarquer so. Pieces de gros Canon et 30. Mortiers , qu'il y étoit arrivé de Cadix 44. Bâtimens de transport ; qu'il y en avoit
près de 150. dans les autres Ports , et que ce
nombre n'étant pas suffisant , on y avoit envoyé
ordre d'arrêter tous les Vaisseaux étrangers , et
même ceux qui étaient chargez.
Le bruit court qu'on va fortifier par de nouveaux Ouvrages la Ligne que le Roy a fait faire
en-deçà de Gibraltar , pour empêcher la contrebande des Marchandises. d'Angleterre dans l'interieur du Royaume , et qu'on va élever à l'une
des extrémitez de cette Ligne un nouveau Mole
qui s'étendra jusques dans la Baye , et dont l'Artillerie pourra incommoder les murailles de la
Ville , en cas de guerre.
Le Roya chargé son nouvel Agent à Londres,
de demander à la Compagnie de la Mer du Sud,
un compte general du droit particulier que S. M.
s'est réservé par le Traité de l'Assicute , sur les
profits que cette Compagnie peut faire par som
commerce dans les Ports Espagnols de l'Amerique.
,
Le 18. Avril , un Pinque venant de Livourne ,
arriva à Barcelonne ; il fut attaqué le 16. au matin , entre les Côtes de France et d'Espagne par
un Vaisseau Corsaire de 16 Pieces de Canon ,
de dix Pierriers et de 110. hommes d'équipage
parmi lesquels il y avoit trois ou quatre Renegats. Les deux Bâtimens ayant commencé à se
I. Vol. Canonner,
1232 MERCURE DE FRANCE
-
canonner , M. Ant. Ferrer, Capitaine du Pinque,
apperçut environ à deux lieues en Mer la Capi
tane des quatre Galeres du Roy, qui revenoit desMers d'Italie , laquelle étoit commandée par le
Lieutenant General Don Michel Reggio. Ce General , de son côté, ayant reconnu que le Corsaire donnoit la chasse au Pinque Espagnol , fit
force de Voiles et de Rames pour le secourir , er
Payant joint en moins d'une demie heure , il fir
une décharge de toute son Artillerie sur le Vaisseau Corsaire , dont le Capitaine fut tué avec sixhommes de l'Equipage : le Lieutenant s'étant sauvé dans la Chaloupe avec 20. Soldats , le Vaisseau se rendit. On y trouva 87. Maures , parmi
Jesquels il y en avoit 22. de blessez , et 14. Es--
claves Chrétiens ; sçavoir 8. du Royaume de Va
lence , et 6. de Catalogue , qui furent mis en li berté
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Résumé : D'ESPAGNE.
En juin 1732, des troupes et de l'artillerie destinées à la flotte du Ray sont arrivées à Alicante, mais l'embarquement est retardé par le manque de bâtiments de transport, malgré l'arrêt des navires étrangers. Cet armement vise probablement le siège d'Oran. Des lettres d'Alicante signalent l'embarquement de pièces d'artillerie et de mortiers, ainsi que l'arrivée de bâtiments de transport de Cadix et d'autres ports. Des ordres ont été donnés pour arrêter tous les vaisseaux étrangers, même ceux chargés. Des rumeurs mentionnent la fortification de la ligne défensive près de Gibraltar pour empêcher la contrebande de marchandises anglaises. Un nouveau môle pourrait être construit pour protéger la baie et incommoder les murailles de la ville en cas de guerre. Le roi d'Espagne a chargé son nouvel agent à Londres de demander à la Compagnie de la Mer du Sud un compte général des droits réservés par le traité de l'Asiento sur les profits réalisés dans les ports espagnols d'Amérique. Le 18 avril, un pinque venant de Livourne a été attaqué par un vaisseau corsaire entre les côtes de France et d'Espagne. La capitane des galères royales, commandée par le lieutenant général Don Michel Reggio, a capturé le vaisseau corsaire. À bord, on a trouvé des Maures et des esclaves chrétiens, qui ont été libérés.
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2220
p. 1232-1233
GRANDE BRETAGNE.
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Chambre des communes
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
A Compagnie de la Mer du Sud a reçû de- Seville la Scedule du Roy d'Espagne pour le
départ du Vaisseau qu'elle envoye tous les ans à
la Mer du Sud , et ce sera le Prince Guillaume ,
dont le nom est changé en celui de Royale Caroline , qui fera cette année le voyage ; on commencera incessamment à le charger , et il aura
pour Leste 80. Tonneaux de fer.
Le Comte d'Albemarle doit partir incessam- ment pour Gibraltar , où l'on envoyera dans peu
quelques Régimens de l'établissement d'Irlande
pour renforcer la Garnison de cette Place et de
celle de Port Mahon.
La Chambre des Communes ayant entendu le
rapport des affaires de la charitable corporation
et reconnu que plusieurs Commissaires , Assis- I. Vol tans
JUIN. 1732. 1233
tans ou Agens de cette Compagnie, avoient malversé, a passé un Bill , par lequel il est deffendu au Chevalier Rob. Sutton , au Chevalier Baronet
Archibard Grant , à M. Denis Bond et à plusieurs autres, de sortir du Royaume pendant l'espace d'un an , ou jusqu'à la fin de la prochaine
Session du Parlement , leur ordonnant de four--
nir un Etat de leurs Biens et de leurs Effets , avec
deffenses d'en rien aliéner sans permission. Ce
Bill ayant été porté à la Chambre des Pairs , on
en a fait les deux premieres lectures.
Le Chevalier Sutton a obtenu depuis de la
Chambre des Pairs , la permission de faire en-,
rendre ses Avocats pour sa justification , avant
que cette Chambre fit la derniere lecture du Bill ,
qui lui deffend de sortir du Royaume pendant un
an. It a communiqué aussi à la même Chambre
des Lettres de Rome, par lesquelles il a appris
qu'on y avoit arrêté et conduit au Château Saint
Ange , M. Jean Tompson , cy- devant Caissier
de la charitable Corporation , et qui s'étoit sauvé
d'Angleterre avec une grande quantité d'Effets ap
partenans à cette Compagnie.
La Chambre des Communes ayant lû depuis
la Traduction qu'elle a fait faire d'une Lettre da.
sieur Belloni , Banquier de Rome , contenant des
propositions faites par le même Jean Tompson ,
prisonnier à Rome, a déclaré que c'étoit un Libelle insolent et audacieux , tendant à en imposer au Parlement et à la Nation ; et comme tel 2
elle l'a condamné à être brulé p
A Compagnie de la Mer du Sud a reçû de- Seville la Scedule du Roy d'Espagne pour le
départ du Vaisseau qu'elle envoye tous les ans à
la Mer du Sud , et ce sera le Prince Guillaume ,
dont le nom est changé en celui de Royale Caroline , qui fera cette année le voyage ; on commencera incessamment à le charger , et il aura
pour Leste 80. Tonneaux de fer.
Le Comte d'Albemarle doit partir incessam- ment pour Gibraltar , où l'on envoyera dans peu
quelques Régimens de l'établissement d'Irlande
pour renforcer la Garnison de cette Place et de
celle de Port Mahon.
La Chambre des Communes ayant entendu le
rapport des affaires de la charitable corporation
et reconnu que plusieurs Commissaires , Assis- I. Vol tans
JUIN. 1732. 1233
tans ou Agens de cette Compagnie, avoient malversé, a passé un Bill , par lequel il est deffendu au Chevalier Rob. Sutton , au Chevalier Baronet
Archibard Grant , à M. Denis Bond et à plusieurs autres, de sortir du Royaume pendant l'espace d'un an , ou jusqu'à la fin de la prochaine
Session du Parlement , leur ordonnant de four--
nir un Etat de leurs Biens et de leurs Effets , avec
deffenses d'en rien aliéner sans permission. Ce
Bill ayant été porté à la Chambre des Pairs , on
en a fait les deux premieres lectures.
Le Chevalier Sutton a obtenu depuis de la
Chambre des Pairs , la permission de faire en-,
rendre ses Avocats pour sa justification , avant
que cette Chambre fit la derniere lecture du Bill ,
qui lui deffend de sortir du Royaume pendant un
an. It a communiqué aussi à la même Chambre
des Lettres de Rome, par lesquelles il a appris
qu'on y avoit arrêté et conduit au Château Saint
Ange , M. Jean Tompson , cy- devant Caissier
de la charitable Corporation , et qui s'étoit sauvé
d'Angleterre avec une grande quantité d'Effets ap
partenans à cette Compagnie.
La Chambre des Communes ayant lû depuis
la Traduction qu'elle a fait faire d'une Lettre da.
sieur Belloni , Banquier de Rome , contenant des
propositions faites par le même Jean Tompson ,
prisonnier à Rome, a déclaré que c'étoit un Libelle insolent et audacieux , tendant à en imposer au Parlement et à la Nation ; et comme tel 2
elle l'a condamné à être brulé p
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En juin 1732, la Compagnie de la Mer du Sud a reçu le calendrier du roi d'Espagne pour le départ annuel du vaisseau vers la Mer du Sud. Le vaisseau, nommé Prince Guillaume et rebaptisé Royale Caroline, transportera 80 tonneaux de fer. Le Comte d'Albemarle doit partir pour Gibraltar afin de renforcer les garnisons de Gibraltar et de Port Mahon avec des régiments d'Irlande. La Chambre des Communes a découvert des malversations impliquant plusieurs commissaires et agents de la charitable corporation. Un bill a été adopté, interdisant à des individus comme le Chevalier Robert Sutton, le Chevalier Archibald Grant et M. Denis Bond de quitter le Royaume pendant un an ou jusqu'à la fin de la prochaine session parlementaire. Ils doivent fournir un état de leurs biens et ne peuvent les aliéner sans permission. Ce bill a été lu deux fois à la Chambre des Pairs. Le Chevalier Sutton a obtenu la permission de présenter ses avocats pour sa justification avant la dernière lecture du bill. Il a également communiqué des lettres de Rome indiquant l'arrestation de M. Jean Tompson, ancien caissier de la charitable corporation, qui s'était enfui d'Angleterre avec des biens de la compagnie. La Chambre des Communes a condamné une lettre de M. Belloni, banquier de Rome, comme un libelle visant à tromper le Parlement et la Nation, et a ordonné sa destruction.
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2221
p. 1234-1236
Voyage de la Reine à Chartres, [titre d'après la table]
Début :
La Reine, qui depuis la Naissance de Monseigneur le Dauphin, [...]
Mots clefs :
Reine, Naissance, Chartres, Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Voyage de la Reine à Chartres, [titre d'après la table]
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LdeMonseigneur le Dauphin , desiA Reine , qui depuis la Naissance
roit d'en aller rendre ses actions de graces à Dieu , dans l'Eglise Cathedrale de
Chartres , dediée à la sainte Vierge , partit de Versailles le 26 du mois dernier
pour se rendre à Chartres , étant accompagnée de Mademoiselle de Clermont ,
Surintendante de sa Maison , des Dames
de sa Cour et de ses principaux Officiers.
Elle arriva le même jour au Château de
Rambouillet , où S. M. fut reçue par le
Comte et la Comtesse de Toulouse.
Le 27 la Reine , après avoir entendu
la Messe dans la Chapelle du Château,
partit pour Maintenon , où le Duc de
Noailles la reçut : S. M. y dîna , et arriva
à Chartres vers les sept heures du soir.
Le Marquis d'Armenonville , Gouverneur et Grand- Bailly de la Ville , accom
pagné des Maire et Echevins , complimenta la Reine à la porte de la Ville et
lui en presenta les clefs. Les rues par lesI. Vol quelles
JUIN. 1732 1235
quelles S. M. passa étoient tapissées , et
la Bourgeoisie y étoit rangée en haye et
sous les armes. La Reine alla descendre à
l'Eglise Cathédrale , devant laquelle S. M.
trouva les Gardes Françoises et Suisses en
haye et sous les armes. L'Evêque de Chartres , revêtu de ses habits pontificaux, et
à la tête des Chanoines en chappe , reçut
la Reine à la porte de l'Eglise , avec les
céremonies accoutumées ; et après l'avoir
complimentée, et lui avoir présenté l'eau
bénite , la conduisit dans le Chœur,
On chanta le Te Deum après lequel la
Reine fut accompagnée par l'Evêque et
par le Chapitre jusqu'à l'Evêché où S. M.
a logé.
Le 28 , la Reine fut conduite par l'Evêque et par le Chapitre à l'Eglise Cathé
drale et ensuite à la Chapelle basse dédiée
à la sainte Vierge. S. M. y entendit la
Messe, et y communia par les mains de
l'Abbé de S. Hermine son Aumônier en
quartier.
Le même jour , la Reine retourna à
l'Eglise Cathédrale , où S. M. entendit la
Messe qui fut célébrée par l'Evêque , pendant laquelle on chanta un Motet en Musique. Après la Messe , la Reine s'approcha de l'Autel où l'Evêque lui fit voir
toutes les Reliques et les présens que les
I. Vol. Rois
1236 MERCURE DE FRANCE
Rois et les Reines de France ont faits à
l'Eglise de Chartres : S. M. alla ensuite
faire sa priere à la Chapelle de la Vierge ,
où elle retourna le soir après avoir assisté
au Salut et reçu la bénédiction du S. Sacrement qui fut donnée par l'Evêque.
Le mêmejour , la Reine alla au Monastere des Religieuses Carmelites et à celui
des Religieuses de la Visitation. Le soir,
pendant le souper de la Reine , on tira
un grand nombre de boëtes et de fusées
dans le jardin de l'Evêché. Il y eut , comme le jour précedent , des illuminations
dans toute la Ville ; et pendant le sejour
que la Reine y a fait , le peuple a donné par des acclamations continuelles , des
marques de son respect et de son amour
pour S. M.
Le 29 , la Reine après avoir entendu la
Messe dans la Chapelle basse , partit de
Chartres : S. M. dîna à Maintenon , coucha à Rambouillet et le lendemain elle
arriva à Versailles vers les cinq heures du
soir
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LdeMonseigneur le Dauphin , desiA Reine , qui depuis la Naissance
roit d'en aller rendre ses actions de graces à Dieu , dans l'Eglise Cathedrale de
Chartres , dediée à la sainte Vierge , partit de Versailles le 26 du mois dernier
pour se rendre à Chartres , étant accompagnée de Mademoiselle de Clermont ,
Surintendante de sa Maison , des Dames
de sa Cour et de ses principaux Officiers.
Elle arriva le même jour au Château de
Rambouillet , où S. M. fut reçue par le
Comte et la Comtesse de Toulouse.
Le 27 la Reine , après avoir entendu
la Messe dans la Chapelle du Château,
partit pour Maintenon , où le Duc de
Noailles la reçut : S. M. y dîna , et arriva
à Chartres vers les sept heures du soir.
Le Marquis d'Armenonville , Gouverneur et Grand- Bailly de la Ville , accom
pagné des Maire et Echevins , complimenta la Reine à la porte de la Ville et
lui en presenta les clefs. Les rues par lesI. Vol quelles
JUIN. 1732 1235
quelles S. M. passa étoient tapissées , et
la Bourgeoisie y étoit rangée en haye et
sous les armes. La Reine alla descendre à
l'Eglise Cathédrale , devant laquelle S. M.
trouva les Gardes Françoises et Suisses en
haye et sous les armes. L'Evêque de Chartres , revêtu de ses habits pontificaux, et
à la tête des Chanoines en chappe , reçut
la Reine à la porte de l'Eglise , avec les
céremonies accoutumées ; et après l'avoir
complimentée, et lui avoir présenté l'eau
bénite , la conduisit dans le Chœur,
On chanta le Te Deum après lequel la
Reine fut accompagnée par l'Evêque et
par le Chapitre jusqu'à l'Evêché où S. M.
a logé.
Le 28 , la Reine fut conduite par l'Evêque et par le Chapitre à l'Eglise Cathé
drale et ensuite à la Chapelle basse dédiée
à la sainte Vierge. S. M. y entendit la
Messe, et y communia par les mains de
l'Abbé de S. Hermine son Aumônier en
quartier.
Le même jour , la Reine retourna à
l'Eglise Cathédrale , où S. M. entendit la
Messe qui fut célébrée par l'Evêque , pendant laquelle on chanta un Motet en Musique. Après la Messe , la Reine s'approcha de l'Autel où l'Evêque lui fit voir
toutes les Reliques et les présens que les
I. Vol. Rois
1236 MERCURE DE FRANCE
Rois et les Reines de France ont faits à
l'Eglise de Chartres : S. M. alla ensuite
faire sa priere à la Chapelle de la Vierge ,
où elle retourna le soir après avoir assisté
au Salut et reçu la bénédiction du S. Sacrement qui fut donnée par l'Evêque.
Le mêmejour , la Reine alla au Monastere des Religieuses Carmelites et à celui
des Religieuses de la Visitation. Le soir,
pendant le souper de la Reine , on tira
un grand nombre de boëtes et de fusées
dans le jardin de l'Evêché. Il y eut , comme le jour précedent , des illuminations
dans toute la Ville ; et pendant le sejour
que la Reine y a fait , le peuple a donné par des acclamations continuelles , des
marques de son respect et de son amour
pour S. M.
Le 29 , la Reine après avoir entendu la
Messe dans la Chapelle basse , partit de
Chartres : S. M. dîna à Maintenon , coucha à Rambouillet et le lendemain elle
arriva à Versailles vers les cinq heures du
soir
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Résumé : Voyage de la Reine à Chartres, [titre d'après la table]
En juin 1732, la Reine de France entreprit un voyage à Chartres. Le 26 juin, elle quitta Versailles avec Mademoiselle de Clermont et sa cour, s'arrêtant d'abord au Château de Rambouillet où elle fut reçue par le Comte et la Comtesse de Toulouse. Le lendemain, elle se rendit à Maintenon, accueillie par le Duc de Noailles, avant d'arriver à Chartres en soirée. À Chartres, elle fut accueillie par le Marquis d'Armenonville, le Maire et les Échevins, qui lui remirent les clefs de la ville. Les rues étaient décorées et la bourgeoisie était en armes. La Reine se rendit à la cathédrale, où elle fut reçue par l'Évêque de Chartres et les Chanoines, et un Te Deum fut chanté. Elle logea à l'Évêché. Le 28 juin, elle assista à la messe, communia, visita les reliques et les présents royaux, pria à la chapelle de la Vierge et visita les monastères des Carmélites et des Visitandines. Des feux d'artifice et des illuminations eurent lieu en son honneur. Le 29 juin, après la messe, elle quitta Chartres pour revenir à Versailles, en passant par Maintenon et Rambouillet.
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2222
p. 1236-1241
« Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
Début :
Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...]
Mots clefs :
Roi, Messe, Château, Musique, Procession, Fête de la Pentecôte, Fête-Dieu
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texteReconnaissance textuelle : « Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
Le 30 May , vers les 7. heures du soir ,
le Roi arriva du Château de Compiegne
à Versailles ; S. M. en partit le trois de
ce mois pour retourner à Compiegne.
Le 1.de ce mois , l'Abbé de S. Simon 'D
I. Vol. nommé
JUIN. 1732. 1237
nommé par le Roi à l'Evêché de Noyon ,
fut sacré dans l'Eglise du Noviciat des
Dominicains : la Céremonie fut faite par
l'Archevêque de Rouen , assisté de l'Evêque d'Uzés, et de l'Evêque de Bayeux.
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse , qui ont passé quelque tems à Versailles avec la Reine , en partirent le 23.
pour retourner au Château de Chambort.
M. de Gasville , Intendant de la Généralité de Rouen , ayant demandé au Roi
la permission de se retirer , S. M. a nommé pour le remplacer dans cette Intendance , M. de la Bourdonnaye Me des
Requêtes.
Le 1. de ce mois , Fête de la Pentecôte
le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à 3. heures du
matinà la Chapelle du Chateau de Versailles , oùS. M. entendit la Messe, et communia les mains de l'Abbé de Suze par
Aumônier du Roy en quartier. l'Evêque
de Perigueux prêta Serment de fidelité
entre les mains du Roy pendant, cette
Messe , après laquelle S. M. toucha un
grand nombre de Malades.
Le même jour , les Chevaliers , Com
I. Vol.
mandeurs
1238 MERCURE DE FRANCE
mandeurs , et Officiers de l'Ordre du S.
Esprit , s'étant rendus vers les 11. heures
du matin dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel le Prince
de Conti fut nommé Chevalier. Le Roi
alla ensuite à la Chapelle , étant précedé
du Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Duc du Maine , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse et des Chevaliers , Commandeurs et Officiers de l'Ordre. Le Roi,
devant lequel les deux Huissiers de la
Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. S. M.
entendit la Grand- Messe qui fut célébrée.
par l'Abbé Brosseau , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Musique, et chantée
par la Musique. La Reine accompagnée
des Dames de sa Cour , assista à la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du P. Hericourt , Religieux
Théatin , et ensuite les Vêpres chantées
par la Musique.
Le 2. après la Messe du Roi , le Duc
de Chartres reçut dans la Chapelle du
Château les Céremonies du Baptême , et
il fut nommé Louis-Philippe par le Roi
1. Vol. et
JUI N. 1732. 1239
et la Reine qui furent ses Parain et Maraine. Cette Ceremonie fut faite par
l'Abbé de Bellefons , Aumônier du Roi
en quartier , en présence du Curé de la
Paroisse du Château,
7
Le 12. de ce mois jour de la Fête- Dieu ,
le Roi accompagné du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu et du Comte de
Toulouse , se rendit à 1o. heures du matin à l'Eglise de l'Abbaye Royale de saint
Corneille de Compiegne , où S. M. assista à l'Office , à la Grand- Messe , à laquelle
l'Evêque de Soissons officia pontificalement, et ensuite à la Procession. Le R. P.
Dom Jean-Baptiste Alaydon , Superieur
Général de la Congrégation de S. Maur, à
la tête du Clergé de la Ville , eut l'honneur de recevoir et de complimenter le
Roi à l'entrée de l'Eglise. La Cour témoigna être également satisfaite et édifiée de
la dignité avec laquelle les Religieux de
cette Abbaye font l'Office divin et les
ceremonies.
Le jour de la Fête-Dieu , la Procession
de la Paroisse de Versailles , vint , suivant l'usage , à la Chapelle du Château ,
où la Reine s'étoit rendue dans sa Tri1. Vol. I bune.
4240 MERCURE DE FRANCE
bune. S. M. y reçut la bénédiction du
S. Sacrement et , entendit la Messe ensuite. Monseigneur le Dauphin , Monseigneur le Duc d'Anjou et Mesdames de
France , virent passer la Procession des
fenêtres de l'Apartement du Cardinal de
Fleury. Le soir , ainsi que pendant toute
l'Octave , la Reine assista au Salut dans
La Chapelle.
T
Les.Deputez du Parlement qui avoient
reçu les ordres du Roi le 16. de ce mois,
se rendirent le lendemain à Compiegne ,
et M. Portail , Premier Président , étant
à leur tête , ils furent conduits et présentez avec les cérémonies accoutumées à
l'Audience de S. M. qui leur declara sa
volonté
Les Dimanches et les Fêtes , le Roi asşiste au Service Divin le matin et l'aprèsmidy; le Jeudy S. M. ne sort point ; elle
voit jouer à la paume les quatre Maîtres
de Paris qui ont été mandez à Compie
gne ; les autres jours il y a jeu et chasse ,
du Cerfet du Sanglier , alternativement.
Ontrouve cette année une grande quantité de Cerfs et de Biches dans la Forêt
de Compiegne ; on en voit jusqu'à trente
en troupes,ce qui fait que le Roi en prend
Д. Vol. sou-
JUIN 1732 1241
souvent deux de suite. Le soir S.M. soupe avec les Seigneurs de sa Cour.
Le sieur Dedelay de la Garde , Secretaire du Roi et Payeur des rentes , a été
nommé Fermier Géneral à la place de
feu M. de Salins. Ce choix a été univer
sellement approuvé.
Le 19 Juin dernier jour de l'octave
de la Fête- Dieu , les Comédiens Italiens
firent construire un Reposoir à l'entrée
de la rue Françoise à l'occasion de la Procession de la Paroisse S. Sauveur qui passe par le bout de cette rue. Ce Reposoir
étoit orné de riches Tapisseries , décoré
et illuminé d'une maniere très- brillante.
Un chœur de Musique composé de plus
de cinquante personnes , s'étoit rendu
avant la Procession à l'Eglise de S. Sauveur où l'on chanta une Messe solemnelle
en Musique , après laquelle les mêmes
Musiciens se rendirent au Reposoir et se
placerent sur des Tribunes construites exprès à droite et à gauche ; on y chanta
dans le tems que la procession s'y arrêta ,
un tres-beau Motet à grand chœur, con
le Roi arriva du Château de Compiegne
à Versailles ; S. M. en partit le trois de
ce mois pour retourner à Compiegne.
Le 1.de ce mois , l'Abbé de S. Simon 'D
I. Vol. nommé
JUIN. 1732. 1237
nommé par le Roi à l'Evêché de Noyon ,
fut sacré dans l'Eglise du Noviciat des
Dominicains : la Céremonie fut faite par
l'Archevêque de Rouen , assisté de l'Evêque d'Uzés, et de l'Evêque de Bayeux.
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse , qui ont passé quelque tems à Versailles avec la Reine , en partirent le 23.
pour retourner au Château de Chambort.
M. de Gasville , Intendant de la Généralité de Rouen , ayant demandé au Roi
la permission de se retirer , S. M. a nommé pour le remplacer dans cette Intendance , M. de la Bourdonnaye Me des
Requêtes.
Le 1. de ce mois , Fête de la Pentecôte
le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à 3. heures du
matinà la Chapelle du Chateau de Versailles , oùS. M. entendit la Messe, et communia les mains de l'Abbé de Suze par
Aumônier du Roy en quartier. l'Evêque
de Perigueux prêta Serment de fidelité
entre les mains du Roy pendant, cette
Messe , après laquelle S. M. toucha un
grand nombre de Malades.
Le même jour , les Chevaliers , Com
I. Vol.
mandeurs
1238 MERCURE DE FRANCE
mandeurs , et Officiers de l'Ordre du S.
Esprit , s'étant rendus vers les 11. heures
du matin dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel le Prince
de Conti fut nommé Chevalier. Le Roi
alla ensuite à la Chapelle , étant précedé
du Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Duc du Maine , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse et des Chevaliers , Commandeurs et Officiers de l'Ordre. Le Roi,
devant lequel les deux Huissiers de la
Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. S. M.
entendit la Grand- Messe qui fut célébrée.
par l'Abbé Brosseau , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Musique, et chantée
par la Musique. La Reine accompagnée
des Dames de sa Cour , assista à la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du P. Hericourt , Religieux
Théatin , et ensuite les Vêpres chantées
par la Musique.
Le 2. après la Messe du Roi , le Duc
de Chartres reçut dans la Chapelle du
Château les Céremonies du Baptême , et
il fut nommé Louis-Philippe par le Roi
1. Vol. et
JUI N. 1732. 1239
et la Reine qui furent ses Parain et Maraine. Cette Ceremonie fut faite par
l'Abbé de Bellefons , Aumônier du Roi
en quartier , en présence du Curé de la
Paroisse du Château,
7
Le 12. de ce mois jour de la Fête- Dieu ,
le Roi accompagné du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu et du Comte de
Toulouse , se rendit à 1o. heures du matin à l'Eglise de l'Abbaye Royale de saint
Corneille de Compiegne , où S. M. assista à l'Office , à la Grand- Messe , à laquelle
l'Evêque de Soissons officia pontificalement, et ensuite à la Procession. Le R. P.
Dom Jean-Baptiste Alaydon , Superieur
Général de la Congrégation de S. Maur, à
la tête du Clergé de la Ville , eut l'honneur de recevoir et de complimenter le
Roi à l'entrée de l'Eglise. La Cour témoigna être également satisfaite et édifiée de
la dignité avec laquelle les Religieux de
cette Abbaye font l'Office divin et les
ceremonies.
Le jour de la Fête-Dieu , la Procession
de la Paroisse de Versailles , vint , suivant l'usage , à la Chapelle du Château ,
où la Reine s'étoit rendue dans sa Tri1. Vol. I bune.
4240 MERCURE DE FRANCE
bune. S. M. y reçut la bénédiction du
S. Sacrement et , entendit la Messe ensuite. Monseigneur le Dauphin , Monseigneur le Duc d'Anjou et Mesdames de
France , virent passer la Procession des
fenêtres de l'Apartement du Cardinal de
Fleury. Le soir , ainsi que pendant toute
l'Octave , la Reine assista au Salut dans
La Chapelle.
T
Les.Deputez du Parlement qui avoient
reçu les ordres du Roi le 16. de ce mois,
se rendirent le lendemain à Compiegne ,
et M. Portail , Premier Président , étant
à leur tête , ils furent conduits et présentez avec les cérémonies accoutumées à
l'Audience de S. M. qui leur declara sa
volonté
Les Dimanches et les Fêtes , le Roi asşiste au Service Divin le matin et l'aprèsmidy; le Jeudy S. M. ne sort point ; elle
voit jouer à la paume les quatre Maîtres
de Paris qui ont été mandez à Compie
gne ; les autres jours il y a jeu et chasse ,
du Cerfet du Sanglier , alternativement.
Ontrouve cette année une grande quantité de Cerfs et de Biches dans la Forêt
de Compiegne ; on en voit jusqu'à trente
en troupes,ce qui fait que le Roi en prend
Д. Vol. sou-
JUIN 1732 1241
souvent deux de suite. Le soir S.M. soupe avec les Seigneurs de sa Cour.
Le sieur Dedelay de la Garde , Secretaire du Roi et Payeur des rentes , a été
nommé Fermier Géneral à la place de
feu M. de Salins. Ce choix a été univer
sellement approuvé.
Le 19 Juin dernier jour de l'octave
de la Fête- Dieu , les Comédiens Italiens
firent construire un Reposoir à l'entrée
de la rue Françoise à l'occasion de la Procession de la Paroisse S. Sauveur qui passe par le bout de cette rue. Ce Reposoir
étoit orné de riches Tapisseries , décoré
et illuminé d'une maniere très- brillante.
Un chœur de Musique composé de plus
de cinquante personnes , s'étoit rendu
avant la Procession à l'Eglise de S. Sauveur où l'on chanta une Messe solemnelle
en Musique , après laquelle les mêmes
Musiciens se rendirent au Reposoir et se
placerent sur des Tribunes construites exprès à droite et à gauche ; on y chanta
dans le tems que la procession s'y arrêta ,
un tres-beau Motet à grand chœur, con
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Résumé : « Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
En juin 1732, le roi séjourna à Versailles du 30 mai au 3 juin, avant de retourner au Château de Compiègne. Le 1er juin, l'Abbé de Saint-Simon fut nommé et sacré évêque de Noyon par l'archevêque de Rouen, assisté des évêques d'Uzès et de Bayeux. Le roi Stanislas et la reine quittèrent Versailles le 23 juin pour le Château de Chambord. M. de Gasville, intendant de la généralité de Rouen, fut remplacé par M. de la Bourdonnaye. Le 1er juin, jour de la Pentecôte, le roi, portant le grand collier de l'Ordre du Saint-Esprit, assista à la messe et communia. L'évêque de Périgueux prêta serment de fidélité, et le roi toucha un grand nombre de malades. Le prince de Conti fut nommé chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit lors d'un chapitre royal. Le duc de Chartres reçut les cérémonies du baptême et fut nommé Louis-Philippe par le roi et la reine. Le 12 juin, jour de la Fête-Dieu, le roi se rendit à l'abbaye royale de Saint-Corneille de Compiègne pour l'office et la procession. La reine reçut la bénédiction du Saint-Sacrement à la chapelle du château de Versailles. Les députés du Parlement reçurent les ordres du roi et se rendirent à Compiègne pour une audience. Le roi participait aux services divins les dimanches et fêtes, jouait à la paume le jeudi, et chassait les autres jours. Une grande quantité de cerfs et de biches fut observée dans la forêt de Compiègne. Le sieur Dedelay de la Garde fut nommé fermier général à la place de M. de Salins. Le 19 juin, les comédiens italiens construisirent un reposoir pour la procession de la paroisse Saint-Sauveur, orné de riches tapisseries et illuminé de manière brillante.
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2223
p. 1243-1244
BENEFICES DONNEZ.
Début :
Le Roy a nommé à l'Evêché de Lodève, l'Abbé [...]
Mots clefs :
Bénéfices, Ordres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
BENEFICES DONNEZ
E Roy a nommé à l'Evêché de LodeLELve,l'Abbé deSouliac ,Grand Vicai >
res de l'Evêque de Périgueux.
S. M. a donné l'Abbaye de S. Gilles ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Nismes ,
à l'Evêque de Nísmies.
Celle de Nants , Ordre de S. Benoît ,
Diocèse de Vabres , à l'Evêque de Gap.
Celle de Mazun , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Viviers, à l'Evêque d'Orange.
Celle de Fontdouce , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Xaintes , à l'Abbé de
Coulanges , Grand-Vicaire de l'Evêque
de S. Paul-Trois- Châteaux.
Celle de S. Sauveur de Lodève , Ordre
de S. Benoît , à l'Abbé le Noir , Théologal de l'Eglise Cathedrale de Montpellier.
Celle de S. Jacques de Provins , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de Sens, àl'Abbé
Mercier , Chanoine de la Ste Chapelle
de Paris.
Celle de Mauleon , Ordre de S. Auguftin , Diocèse de la Rochelle, à l'Abbé
de la Garde Jasier , Chanoine de l'Eglise
Cathédrale de S. Malo.
Celle de S. Gilbert, Ordre de PrémonI. Vol. I iij tré,
1244 MERCURE DE FRANCE
tré , Diocèse de Clermont , à l'Abbé de
Lisle du Guast , Chanoine de l'Eglise Ca
thédrale de Chartres.
Celle de Notre Dame de Vielmeur
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Castres
à la Dame d'Espinouse.
Celle de Ste Geneviève de Chaillot,
lez - Paris , Ordre de S. Augustin , à la
Dame de Tournefort.
L'Abbaye de S. Savin , Ordre de S.Benoît , Diocèse de Poitiers ; à l'Abbé de la..
Richardie, Grand-Vicaire de l'Evêque de
Noyon.
Le Prieuré de S. Robert de Cornillon
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Gre
noble , à l'Evêque de Grenoble.
E Roy a nommé à l'Evêché de LodeLELve,l'Abbé deSouliac ,Grand Vicai >
res de l'Evêque de Périgueux.
S. M. a donné l'Abbaye de S. Gilles ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Nismes ,
à l'Evêque de Nísmies.
Celle de Nants , Ordre de S. Benoît ,
Diocèse de Vabres , à l'Evêque de Gap.
Celle de Mazun , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Viviers, à l'Evêque d'Orange.
Celle de Fontdouce , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Xaintes , à l'Abbé de
Coulanges , Grand-Vicaire de l'Evêque
de S. Paul-Trois- Châteaux.
Celle de S. Sauveur de Lodève , Ordre
de S. Benoît , à l'Abbé le Noir , Théologal de l'Eglise Cathedrale de Montpellier.
Celle de S. Jacques de Provins , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de Sens, àl'Abbé
Mercier , Chanoine de la Ste Chapelle
de Paris.
Celle de Mauleon , Ordre de S. Auguftin , Diocèse de la Rochelle, à l'Abbé
de la Garde Jasier , Chanoine de l'Eglise
Cathédrale de S. Malo.
Celle de S. Gilbert, Ordre de PrémonI. Vol. I iij tré,
1244 MERCURE DE FRANCE
tré , Diocèse de Clermont , à l'Abbé de
Lisle du Guast , Chanoine de l'Eglise Ca
thédrale de Chartres.
Celle de Notre Dame de Vielmeur
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Castres
à la Dame d'Espinouse.
Celle de Ste Geneviève de Chaillot,
lez - Paris , Ordre de S. Augustin , à la
Dame de Tournefort.
L'Abbaye de S. Savin , Ordre de S.Benoît , Diocèse de Poitiers ; à l'Abbé de la..
Richardie, Grand-Vicaire de l'Evêque de
Noyon.
Le Prieuré de S. Robert de Cornillon
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Gre
noble , à l'Evêque de Grenoble.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
Le document relate diverses nominations et attributions de bénéfices ecclésiastiques. Le roi a nommé l'Abbé de Souliac, Grand Vicaire de l'Évêque de Périgueux, à l'Évêché de Lodève. Plusieurs abbayes ont été attribuées à divers évêques et abbés. L'Abbaye de Saint-Gilles, dans le Diocèse de Nîmes, a été donnée à l'Évêque de Nîmes. L'Abbaye de Nants, dans le Diocèse de Vabres, a été attribuée à l'Évêque de Gap. L'Abbaye de Mazun, dans le Diocèse de Viviers, a été donnée à l'Évêque d'Orange. L'Abbaye de Fontdouce, dans le Diocèse de Saintes, a été attribuée à l'Abbé de Coulanges, Grand-Vicaire de l'Évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux. L'Abbaye de Saint-Sauveur de Lodève a été donnée à l'Abbé le Noir, Théologal de l'Église Cathédrale de Montpellier. L'Abbaye de Saint-Jacques de Provins, dans le Diocèse de Sens, a été attribuée à l'Abbé Mercier, Chanoine de la Sainte Chapelle de Paris. L'Abbaye de Mauleon, dans le Diocèse de la Rochelle, a été donnée à l'Abbé de la Garde Jasier, Chanoine de l'Église Cathédrale de Saint-Malo. L'Abbaye de Saint-Gilbert, dans le Diocèse de Clermont, a été attribuée à l'Abbé de Lisle du Guast, Chanoine de l'Église Cathédrale de Chartres. L'Abbaye de Notre-Dame de Vielmeur, dans le Diocèse de Castres, a été donnée à la Dame d'Espinouse. L'Abbaye de Sainte-Geneviève de Chaillot, près de Paris, a été attribuée à la Dame de Tournefort. L'Abbaye de Saint-Savin, dans le Diocèse de Poitiers, a été donnée à l'Abbé de la Richardie, Grand-Vicaire de l'Évêque de Noyon. Enfin, le Prieuré de Saint-Robert de Cornillon, dans le Diocèse de Grenoble, a été attribué à l'Évêque de Grenoble.
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2224
p. 1422-1423
TURQUIE, ET PERSE, &c.
Début :
On mande de Constantinople que le Grand-Seigneur avoit fait [...]
Mots clefs :
Constantinople, Traité de paix
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE, ET PERSE, &c.
TURQUIE , ET PERSE , &c.
Nmande de Constantinople que le GrandSeigneur avoit fait changer la Garde et les
Officiers qui étoient dans le vieux Serrail auprès
du Sultan son Oncle , déposé l'année derniere
que Sa Hautesse avoit reçû d'Ispaham la ratifi- cation du Traité de Paix conclu avec le Roi de
Perse , et qu'elle avoit envoyé au Gouverneur de
Tauris un ordre particulier signé de sa main de remettre cette Place aux Perfans.
Les Lettres de Barbarie portent qu'on étoit à
II. Vol.
Alger
JUIN. 17320 1423
Alger dans une grande consternation au sujet de l'armement qui s'est fait en Espagne ; que les
Algériens avoient envoyé leurs femmes , leurs
enfans et leurs meilleurs effets dans les Montagnes , et que la Régence avoit député à Cons-.
tantinople pour demander du secours au GrandSeigneur.
Nmande de Constantinople que le GrandSeigneur avoit fait changer la Garde et les
Officiers qui étoient dans le vieux Serrail auprès
du Sultan son Oncle , déposé l'année derniere
que Sa Hautesse avoit reçû d'Ispaham la ratifi- cation du Traité de Paix conclu avec le Roi de
Perse , et qu'elle avoit envoyé au Gouverneur de
Tauris un ordre particulier signé de sa main de remettre cette Place aux Perfans.
Les Lettres de Barbarie portent qu'on étoit à
II. Vol.
Alger
JUIN. 17320 1423
Alger dans une grande consternation au sujet de l'armement qui s'est fait en Espagne ; que les
Algériens avoient envoyé leurs femmes , leurs
enfans et leurs meilleurs effets dans les Montagnes , et que la Régence avoit député à Cons-.
tantinople pour demander du secours au GrandSeigneur.
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Résumé : TURQUIE, ET PERSE, &c.
À Constantinople, le Grand-Seigneur a remplacé la garde du sultan et ratifié un traité de paix avec la Perse, ordonnant la remise de Tauris aux Persans. En Algérie, l'armement espagnol provoque la consternation. Les Algériens ont évacué leurs familles et biens, et la Régence d'Alger a demandé de l'aide à Constantinople.
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2225
p. 1423
RUSSIE.
Début :
Le Chef de l'Ambassade de la Chine qui fait [...]
Mots clefs :
Académie des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Chef de l'Ambassade de la Chine qui faitLa Petersbourg une dépense beaucoup plus considérable que les 300 Rubles que la Czarine
lui fait donner par ſemaine , a soin de faire écrire la description de tout ce qu'il y voit de plus
curieux , et S. M. Cz. lui a fait présent d'un Plan des Fortifications de cette Ville. Il a assisté
à deux Assemblées de l'Académie des Sciences ,
dont on lui a fait voir le Cabinet des Machines
er des Curiositez naturelles , et le grand Globe
Terrestre qu'on a fait venir de Hollande.
E Chef de l'Ambassade de la Chine qui faitLa Petersbourg une dépense beaucoup plus considérable que les 300 Rubles que la Czarine
lui fait donner par ſemaine , a soin de faire écrire la description de tout ce qu'il y voit de plus
curieux , et S. M. Cz. lui a fait présent d'un Plan des Fortifications de cette Ville. Il a assisté
à deux Assemblées de l'Académie des Sciences ,
dont on lui a fait voir le Cabinet des Machines
er des Curiositez naturelles , et le grand Globe
Terrestre qu'on a fait venir de Hollande.
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Résumé : RUSSIE.
En Russie, l'ambassadeur de Chine à Saint-Pétersbourg dépasse les 300 roubles hebdomadaires alloués par la tsarine. Il décrit les éléments remarquables observés et reçoit un plan des fortifications de la ville. Il assiste à deux réunions de l'Académie des Sciences, où il voit le cabinet des machines, des curiosités naturelles et un globe terrestre des Pays-Bas.
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2226
p. 1423-1424
DE POLOGNE.
Début :
Ce ne sont point les Catholiques de Bichow qui se [...]
Mots clefs :
Pologne, Comte de Sapicha
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texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POLOGNE.
E ne sont point les Catholiques de Bichow
Cqui se sont emparez par force de l'Eglise
des Grecs de cette Ville , comme le bruit s'en
étoit répandu d'abord : les Grecs au contraire ,
sont les premiers auteurs du tumulte dont nous
avons parlé , et on a pris contre eux des mesures
pour les punir de cette violence .
Le Comte de Sapicha , fils unique du Palatin
de Poldachie , qui étoit venu passer quelques
jours à Warsovie, où il étoit logé dans le Palais de la Comtesse de Wiloposka , se tua au commencement de ce mois d'un coup de pistolet ,
sans qu'on ait pû découvrir le sujet de son désespoir.
Le bruit qui s'étoit répandu de la grossesse de
I.Vola la
7424 MERCURE DE FRANCE
laPrincesse épouse du Duc Ferdinand deCurlan.·
de , étoit sans fondement
E ne sont point les Catholiques de Bichow
Cqui se sont emparez par force de l'Eglise
des Grecs de cette Ville , comme le bruit s'en
étoit répandu d'abord : les Grecs au contraire ,
sont les premiers auteurs du tumulte dont nous
avons parlé , et on a pris contre eux des mesures
pour les punir de cette violence .
Le Comte de Sapicha , fils unique du Palatin
de Poldachie , qui étoit venu passer quelques
jours à Warsovie, où il étoit logé dans le Palais de la Comtesse de Wiloposka , se tua au commencement de ce mois d'un coup de pistolet ,
sans qu'on ait pû découvrir le sujet de son désespoir.
Le bruit qui s'étoit répandu de la grossesse de
I.Vola la
7424 MERCURE DE FRANCE
laPrincesse épouse du Duc Ferdinand deCurlan.·
de , étoit sans fondement
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Résumé : DE POLOGNE.
En Pologne, les Grecs ont provoqué un tumulte à Bichow et des mesures punitives ont été prises. Le Comte de Sapicha s'est suicidé à Varsovie, au Palais de la Comtesse de Wiloposka. Les rumeurs sur la grossesse de la Princesse, épouse du Duc Ferdinand de Curlan, sont infondées.
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2227
p. 1424
SUEDE.
Début :
On assûre que le Roi a résolu dans un Conseil [...]
Mots clefs :
Suède, Traité de Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
N assûre que le Roi a résolu dans un Conseil extraordinaire tenu depuis peu , d'augmenter la Flote jusqu'à 42 Vaisseaux de ligne ,
et 22 Frégates.
On assure aussi que le Comte de Seckendorf,
Ministre de l'Empereur qu'on attend à Stoc
Kolme , est chargé de faire des propositions d'un
nouveau Traité de commerce , ou plutôt d'une
focieté de commerce , entre la Compagnie des
Indes Orientales de ce pays , et la Compagnie
Impériale de Trieste et que le Ministre des Etats Généraux a reçû des instructions particu
dieres pour prévenir l'éxécution de ce projet.
On publie qu'il a été conclu une Ligue offen- sive et deffensive entre le Roi de Suede et le Roi
de Pologne pour la défense mutuelle de leurs
Etats d'Allemagne
N assûre que le Roi a résolu dans un Conseil extraordinaire tenu depuis peu , d'augmenter la Flote jusqu'à 42 Vaisseaux de ligne ,
et 22 Frégates.
On assure aussi que le Comte de Seckendorf,
Ministre de l'Empereur qu'on attend à Stoc
Kolme , est chargé de faire des propositions d'un
nouveau Traité de commerce , ou plutôt d'une
focieté de commerce , entre la Compagnie des
Indes Orientales de ce pays , et la Compagnie
Impériale de Trieste et que le Ministre des Etats Généraux a reçû des instructions particu
dieres pour prévenir l'éxécution de ce projet.
On publie qu'il a été conclu une Ligue offen- sive et deffensive entre le Roi de Suede et le Roi
de Pologne pour la défense mutuelle de leurs
Etats d'Allemagne
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Résumé : SUEDE.
Le roi suédois prévoit d'augmenter sa flotte à 42 vaisseaux de ligne et 22 frégates. Le comte de Seckendorf doit proposer un traité de commerce entre la Compagnie des Indes Orientales suédoise et la Compagnie Impériale de Trieste. Le ministre des États Généraux doit empêcher ce projet. Une alliance offensive et défensive a été conclue entre les rois de Suède et de Pologne.
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2228
p. 1424-1426
ALLEMAGNE.
Début :
Le Duc de Lorraine partit le 3 de ce mois [...]
Mots clefs :
Allemagne, Roi, Duc de Lorraine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
E Duc de Lorraine partit le 3 de ce mois de Neustadt pour aller à
Neustadt pour aller à Presbourg prendre
possession de la Viceroyauté d'Hongrie.Ce Prince ydoit demeurer quinze jours , et ensuite il
visitera les principales Places de ce Royaume :
le bruit court qu'il ira l'Automne prochain en
Italie , et qu'il passera une partie de l'Hyver
Milan , et l'autre à Naples.
Ce Prince arriva le 6 Juin à Petersboug , et
trouva à son passage sur le premier Pont de la Ville 200. Cuirassiers en haye et sous les armes;
au second Pont un pareil nombre de Soldats , et
dans la Ville toute la Bourgeoisie aussi sous les
II. Val. armes.
JUIN. 17320 1425
armes. S. A. R. fur saluée par une décharge gé- nérale. de toute l'Artillerie des Fortifications de
cette Ville , dont il visita la Place , après quoi il
se rendit à l'Appartement qui lui avoir été préparé au Château. Il doit faire incessamment son
Entrée publique en qualité de Viceroi du Royauet aprês avoir pris séance dans l'Assemblée
des Etats en cette qualité , il ira avec le Feldt ,
Maréchal Comte de Palfi , visiter les principales Places du Royaume.
me ;
On a appris depuis que le Duc de Lorraine a
fait son Entrée publique à Presbourg , et qu'il a
pris séance dans l'Assemblée des Etats du Royau- me de Hongrie en qualité de Viceroy.
On a reçu avis que l'Empereur étoit arrivé le
14. Juin aux Bains de Carelsbadt , qu'il y avoit
dîné trois jours de suite avec le Duc et la Duchesse de Wolfembutel, Pere et Mere de l'Impé-.
ratrice , qui en étoient partis le 17. pour retourner dans leurs Etats ,
et que le mêmee jour l'Em➡
pereur avoit commencé de prendre les eaux.
On écrit de Berlin que le Comte de Seckendorff , Ministre Plénipotentiaire de l'Empereur .
qui est revenu de Copenhague , eut le 9. de Juin
une Audience particuliere du Roi , et le bruit se
répandit que par le Traité qu'il a conclu avec le
Roi de Dannemarc , S. M. Danoise s'est obligée
de garantir la Pragmatique- Sanction de l'Empe- reur , par rapport à la succession future des Etats
héréditaires de la Maison d'Autriche.
Les Lettres de Vienne portent qu'on y pu
blioit que par le dernier Traité conclu à Copenhague entre l'Empereur , le Roi de Dannemarc
et la Czarine , on avoit non- seulement stipulé
la garantie de la Pragmatique- Sanction, mais encore la garantie du Duché de Sleswick , dont le
II. Vol. H Roi
1426 MERCURE DE FRANCE
C
Roi de Dannemarc est en possession ; et que
pour dédommager le Duc d'Holstein , la Czarine et S. M. Dan. s'obligeoient de lui donner un
équivalent ; mais qu'au cas que ce Prince refusat
d'accepter l'équivalent qui lui seroit offert , ces deux Puissances seroient libres alors de leurs engagemens.
Čes Lettres ajoûtent que le Confeil Impérial ,
dit d'Espagne , a enregistré les Lettres Patentes de
1'Empereur; par lesquelles le Comte de Visconti ,
Grand- Maître de la Maison de l'Archiduchesse,
Gouvernante des Pays-Bas , est nommé Viceroy
de Naples ; on croit que le Comte d'Harrach fils du Viceroi de Naples , ira remplir saplace
à Bruxelles.
On a appris de Mayence que le Chapitre
de l'Eglise Métropolitaine s'y étant assemblé
de 9. de Juin , le Baron Philippe- Charles d'Els avoit été élu Archevêque , Electeur de Mayence,
à la pluralité des voix. Il étoit Chanoine er
Grand- Chantre de cette Eglise , Chanoine et
Coévêque de celle de Tréves , Prévôt de l'Eglise Collegiale de S Pierre de Monstadt , Conseil- ler intime du feu Electeur de Mayence , et Président de son Conseil.
On a appris aussi que le Comte GeorgesFrançois de Schomborn Bucheim , Archevêque ,
Electeur de Tréves, avoit été élu Prévôt du Cha
pitre d'Elvangen en Franconie , titre d'un trèsgrand revenu , et qui vaquoit aussi par la mort du feu Electeur de Mayence.
L'élection du Grand- Maître de l'Ordre Teusonique est fixée au premier de Juillet prochain ,
et on ne doute point qu'elle ne se fasse en faveur de l'Electeur de Cologne , ou du Pr. Theodore
de Baviere , son frere
E Duc de Lorraine partit le 3 de ce mois de Neustadt pour aller à
Neustadt pour aller à Presbourg prendre
possession de la Viceroyauté d'Hongrie.Ce Prince ydoit demeurer quinze jours , et ensuite il
visitera les principales Places de ce Royaume :
le bruit court qu'il ira l'Automne prochain en
Italie , et qu'il passera une partie de l'Hyver
Milan , et l'autre à Naples.
Ce Prince arriva le 6 Juin à Petersboug , et
trouva à son passage sur le premier Pont de la Ville 200. Cuirassiers en haye et sous les armes;
au second Pont un pareil nombre de Soldats , et
dans la Ville toute la Bourgeoisie aussi sous les
II. Val. armes.
JUIN. 17320 1425
armes. S. A. R. fur saluée par une décharge gé- nérale. de toute l'Artillerie des Fortifications de
cette Ville , dont il visita la Place , après quoi il
se rendit à l'Appartement qui lui avoir été préparé au Château. Il doit faire incessamment son
Entrée publique en qualité de Viceroi du Royauet aprês avoir pris séance dans l'Assemblée
des Etats en cette qualité , il ira avec le Feldt ,
Maréchal Comte de Palfi , visiter les principales Places du Royaume.
me ;
On a appris depuis que le Duc de Lorraine a
fait son Entrée publique à Presbourg , et qu'il a
pris séance dans l'Assemblée des Etats du Royau- me de Hongrie en qualité de Viceroy.
On a reçu avis que l'Empereur étoit arrivé le
14. Juin aux Bains de Carelsbadt , qu'il y avoit
dîné trois jours de suite avec le Duc et la Duchesse de Wolfembutel, Pere et Mere de l'Impé-.
ratrice , qui en étoient partis le 17. pour retourner dans leurs Etats ,
et que le mêmee jour l'Em➡
pereur avoit commencé de prendre les eaux.
On écrit de Berlin que le Comte de Seckendorff , Ministre Plénipotentiaire de l'Empereur .
qui est revenu de Copenhague , eut le 9. de Juin
une Audience particuliere du Roi , et le bruit se
répandit que par le Traité qu'il a conclu avec le
Roi de Dannemarc , S. M. Danoise s'est obligée
de garantir la Pragmatique- Sanction de l'Empe- reur , par rapport à la succession future des Etats
héréditaires de la Maison d'Autriche.
Les Lettres de Vienne portent qu'on y pu
blioit que par le dernier Traité conclu à Copenhague entre l'Empereur , le Roi de Dannemarc
et la Czarine , on avoit non- seulement stipulé
la garantie de la Pragmatique- Sanction, mais encore la garantie du Duché de Sleswick , dont le
II. Vol. H Roi
1426 MERCURE DE FRANCE
C
Roi de Dannemarc est en possession ; et que
pour dédommager le Duc d'Holstein , la Czarine et S. M. Dan. s'obligeoient de lui donner un
équivalent ; mais qu'au cas que ce Prince refusat
d'accepter l'équivalent qui lui seroit offert , ces deux Puissances seroient libres alors de leurs engagemens.
Čes Lettres ajoûtent que le Confeil Impérial ,
dit d'Espagne , a enregistré les Lettres Patentes de
1'Empereur; par lesquelles le Comte de Visconti ,
Grand- Maître de la Maison de l'Archiduchesse,
Gouvernante des Pays-Bas , est nommé Viceroy
de Naples ; on croit que le Comte d'Harrach fils du Viceroi de Naples , ira remplir saplace
à Bruxelles.
On a appris de Mayence que le Chapitre
de l'Eglise Métropolitaine s'y étant assemblé
de 9. de Juin , le Baron Philippe- Charles d'Els avoit été élu Archevêque , Electeur de Mayence,
à la pluralité des voix. Il étoit Chanoine er
Grand- Chantre de cette Eglise , Chanoine et
Coévêque de celle de Tréves , Prévôt de l'Eglise Collegiale de S Pierre de Monstadt , Conseil- ler intime du feu Electeur de Mayence , et Président de son Conseil.
On a appris aussi que le Comte GeorgesFrançois de Schomborn Bucheim , Archevêque ,
Electeur de Tréves, avoit été élu Prévôt du Cha
pitre d'Elvangen en Franconie , titre d'un trèsgrand revenu , et qui vaquoit aussi par la mort du feu Electeur de Mayence.
L'élection du Grand- Maître de l'Ordre Teusonique est fixée au premier de Juillet prochain ,
et on ne doute point qu'elle ne se fasse en faveur de l'Electeur de Cologne , ou du Pr. Theodore
de Baviere , son frere
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Résumé : ALLEMAGNE.
En juin 1732, le Duc de Lorraine se rendit à Presbourg pour prendre possession de la viceroyauté d'Hongrie. Il y séjourna quinze jours avant de visiter les principales places du royaume. Le 6 juin, il arriva à Petersbourg, où il fut accueilli par 200 cuirassiers et la bourgeoisie armée. Il fit son entrée publique à Presbourg en tant que viceroy et prit séance dans l'Assemblée des États du royaume de Hongrie. L'Empereur arriva aux Bains de Carelsbadt le 14 juin et dîna avec le Duc et la Duchesse de Wolfenbüttel. Le Comte de Seckendorff, ministre plénipotentiaire de l'Empereur, eut une audience avec le Roi de Danemark le 9 juin. Un traité garantissait la Pragmatique Sanction de l'Empereur concernant la succession des États héréditaires de la Maison d'Autriche. Des lettres de Vienne mentionnèrent un traité entre l'Empereur, le Roi de Danemark et la Czarine garantissant le Duché de Schleswig. Le Conseil Impérial d'Espagne enregistra les lettres patentes nommant le Comte de Visconti viceroy de Naples et le Comte d'Harrach comme son remplaçant à Bruxelles. À Mayence, le Baron Philippe-Charles d'Elz fut élu Archevêque et Électeur. L'élection du Grand-Maître de l'Ordre Teutsonique était prévue pour le 1er juillet, avec des favoris tels que l'Électeur de Cologne ou le Prince Théodore de Bavière.
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2229
p. 1427-1428
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire secret du 9. de ce mois, le [...]
Mots clefs :
Italie, Escadre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
IT A LI E.
Ans le Consistoire secret du Die 9. de ce mois
le Cardinal Ottoboni proposa l'Evêché de
Mâcon pour l'Abbé de Valras , ci- devant Agent
General du Clergé de France , et l'Abbaye de
$. Vincent de Lâon pour l'Evêque d'Arras. Il
préconisa ensuite l'Abbé de la Valette pour l'E- vêché d'Autun ; l'Abbé de Vauréal , ci devant
Maître de l'Oratoire du Roi T. Ch. pour l'Evêché de Rennes , l'Abbé de Brissac pour l'Abbaye
de S. Urbain, Diocèse de Châlons ; et l'Abbé de
la Briffe, pour celle d'Obasine , Diocèse de Limoges.
Ön mande de Parme qu'on y meubloit au Palais un Appartement pour la Duchesse Douairiere Henriette , du consentement de la Cour
d'Espagne.
Les Lettres de Livourne portent que l'Escadre
du Roi de France , commandée par le Chevalier
de Vattan , étoit entrée le 12 de Juin dans le
Port , et que le Comte de Charny avoit régalé
magnifiquement le Commandant et les autres Officiers de cette Escadre.
On écrit de Venise , que le Chevalier Charles
Ruzzini , avoit été élu Doge de cette République
et qu'il avoit eu le Chevalier Louis Pisani pour Concurrent.
On apprend de Genes , que le 6. de ce mois ,
l'Escadre des Vaisseaux du Roy T. Chr. mouilla
à deux lieues de ce Port , elle y reçut le salut de
la Ville , et le Bailly de Vattan , qui commande
cette Escadre , fut complimenté par M. Thomas
Centurione, que le Sénat lui avoit député. Après
cette députation et quelques Conferences entre
II. Vel. Hij M.
1428 MERCURE DE FRANGE
C
M. de Campredon , Envoyé de France et le Se
cretaire d'Etat de la République , le Sénat rendit
une Ordonnance qui a depuis été imprimée et
affichée , par laquelle il est deffendu de faire au- cune visite sur les Bâtimens portant Pavillon
François. On remit en même-temps à l'Envoyé
de France la somme à laquelle avoient été évaInez le prix du Navire François brûlé à Giralate,
sur la Côte de Corse , et celui de son chargement.
L'Officier Genois qui a eu part à cette action ,
reçut ordre de se rendre prisonnier dans la For teresse de Savone, et les Patrons des Pinques qui
font commise , ont été enfermez dans la Tour de Genes
Ans le Consistoire secret du Die 9. de ce mois
le Cardinal Ottoboni proposa l'Evêché de
Mâcon pour l'Abbé de Valras , ci- devant Agent
General du Clergé de France , et l'Abbaye de
$. Vincent de Lâon pour l'Evêque d'Arras. Il
préconisa ensuite l'Abbé de la Valette pour l'E- vêché d'Autun ; l'Abbé de Vauréal , ci devant
Maître de l'Oratoire du Roi T. Ch. pour l'Evêché de Rennes , l'Abbé de Brissac pour l'Abbaye
de S. Urbain, Diocèse de Châlons ; et l'Abbé de
la Briffe, pour celle d'Obasine , Diocèse de Limoges.
Ön mande de Parme qu'on y meubloit au Palais un Appartement pour la Duchesse Douairiere Henriette , du consentement de la Cour
d'Espagne.
Les Lettres de Livourne portent que l'Escadre
du Roi de France , commandée par le Chevalier
de Vattan , étoit entrée le 12 de Juin dans le
Port , et que le Comte de Charny avoit régalé
magnifiquement le Commandant et les autres Officiers de cette Escadre.
On écrit de Venise , que le Chevalier Charles
Ruzzini , avoit été élu Doge de cette République
et qu'il avoit eu le Chevalier Louis Pisani pour Concurrent.
On apprend de Genes , que le 6. de ce mois ,
l'Escadre des Vaisseaux du Roy T. Chr. mouilla
à deux lieues de ce Port , elle y reçut le salut de
la Ville , et le Bailly de Vattan , qui commande
cette Escadre , fut complimenté par M. Thomas
Centurione, que le Sénat lui avoit député. Après
cette députation et quelques Conferences entre
II. Vel. Hij M.
1428 MERCURE DE FRANGE
C
M. de Campredon , Envoyé de France et le Se
cretaire d'Etat de la République , le Sénat rendit
une Ordonnance qui a depuis été imprimée et
affichée , par laquelle il est deffendu de faire au- cune visite sur les Bâtimens portant Pavillon
François. On remit en même-temps à l'Envoyé
de France la somme à laquelle avoient été évaInez le prix du Navire François brûlé à Giralate,
sur la Côte de Corse , et celui de son chargement.
L'Officier Genois qui a eu part à cette action ,
reçut ordre de se rendre prisonnier dans la For teresse de Savone, et les Patrons des Pinques qui
font commise , ont été enfermez dans la Tour de Genes
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Résumé : ITALIE.
Le 9 du mois en cours, le Cardinal Ottoboni a proposé plusieurs nominations ecclésiastiques : l'Abbé de Valras pour l'Évêché de Mâcon, l'Abbaye de Saint-Vincent de Laon pour l'Évêque d'Arras, l'Abbé de la Valette pour l'Évêché d'Autun, l'Abbé de Vauréal pour l'Évêché de Rennes, l'Abbé de Brissac pour l'Abbaye de Saint-Urbain à Châlons, et l'Abbé de la Briffe pour l'Abbaye d'Obazine à Limoges. À Parme, un appartement est préparé pour la Duchesse Douairière Henriette avec l'accord de la Cour d'Espagne. À Livourne, l'escadre française commandée par le Chevalier de Vattan est arrivée le 12 juin, et le Comte de Charny a offert un banquet aux officiers. À Venise, le Chevalier Charles Ruzzini a été élu Doge, avec le Chevalier Louis Pisani comme concurrent. À Gênes, l'escadre du Roi a mouillé à deux lieues du port le 6 du mois, recevant le salut de la ville. Le Sénat de Gênes a interdit les visites sur les bâtiments français et a remboursé la valeur d'un navire français brûlé près de la Corse, ordonnant également l'emprisonnement des responsables.
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2230
p. 1428-1429
D'ESPAGNE.
Début :
Le Roy ayant résolu de reprendre la Ville d'Oran [...]
Mots clefs :
Espagne, Expédition, Oran
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texteReconnaissance textuelle : D'ESPAGNE.
D'ESPAGNE.
E Roy ayant résolu de reprendre la Ville d'Oran sur les Maures d'Afrique , et ayant à
cet effet assemblé une Armée considerable à Ali
çante , et fait tous les autres préparatifs nécessai res , S. M. a envoyé ses ordres dans toutes les
Villes de son Royaume pour faire des Prieres
publiques et demander à Dieu les graces et les
benedictions necessaires pour le succès de cette entreprise.
La Flotte pour cette Expedition est sur son départ , à ce que portent les dernieres Lettres de Se
ville , d'où l'on mande qu'on a embarqué , outre
les provisions ordinaires , une grande quantité de
Selles , et tout ce qui est necèssaire pour monter
la Cavallerie ; de plus 2000. Pelles et autres
Outils propres à remuer la terre ; 18, Fours de
Campagne 60000. Facines d'environ 20. pieds
de long, 81000. Sacqs de Laine; 102200. Gabions;
plus de 80000 Pors à feu , Saucissons , &c.
12scoo. livres de Poudre à Canon ; 21, millions 11 Fol
JUIN. 1732. 1429
de Rations pour les hommes et pour les chevaux,
24000 muids d'eau et de vin , &c. 80000. Aro
bes de Paille , chaque Arobe pesant 25. livres .
Le Capitaine d'un Bâtiment arrivé à Marseille
le 24. du mois dernier , dit avoir vu une partic
de la Flotte Espagnole, faisant route vers les Cô tes de Barbarie.
de ce Les Lettres d'Espagne portent que cette Flotte
est partie d'Alicante la nuit du 12. au 13 mois , nombreuse de 7. à 860. Voiles , en comptant tous les Bâtimens de transport.
E Roy ayant résolu de reprendre la Ville d'Oran sur les Maures d'Afrique , et ayant à
cet effet assemblé une Armée considerable à Ali
çante , et fait tous les autres préparatifs nécessai res , S. M. a envoyé ses ordres dans toutes les
Villes de son Royaume pour faire des Prieres
publiques et demander à Dieu les graces et les
benedictions necessaires pour le succès de cette entreprise.
La Flotte pour cette Expedition est sur son départ , à ce que portent les dernieres Lettres de Se
ville , d'où l'on mande qu'on a embarqué , outre
les provisions ordinaires , une grande quantité de
Selles , et tout ce qui est necèssaire pour monter
la Cavallerie ; de plus 2000. Pelles et autres
Outils propres à remuer la terre ; 18, Fours de
Campagne 60000. Facines d'environ 20. pieds
de long, 81000. Sacqs de Laine; 102200. Gabions;
plus de 80000 Pors à feu , Saucissons , &c.
12scoo. livres de Poudre à Canon ; 21, millions 11 Fol
JUIN. 1732. 1429
de Rations pour les hommes et pour les chevaux,
24000 muids d'eau et de vin , &c. 80000. Aro
bes de Paille , chaque Arobe pesant 25. livres .
Le Capitaine d'un Bâtiment arrivé à Marseille
le 24. du mois dernier , dit avoir vu une partic
de la Flotte Espagnole, faisant route vers les Cô tes de Barbarie.
de ce Les Lettres d'Espagne portent que cette Flotte
est partie d'Alicante la nuit du 12. au 13 mois , nombreuse de 7. à 860. Voiles , en comptant tous les Bâtimens de transport.
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Résumé : D'ESPAGNE.
Le roi d'Espagne a entrepris de reconquérir la ville d'Oran, alors aux mains des Maures d'Afrique. Pour ce faire, il a rassemblé une armée imposante à Alicante et préparé les équipements nécessaires. Des prières publiques ont été ordonnées dans tout le royaume pour obtenir la bénédiction divine. La flotte, prête à partir, a embarqué diverses provisions, y compris des selles pour la cavalerie, 2000 pelles et autres outils, 18 fours de campagne, 60 000 fascines, 81 000 sacs de laine, 102 200 gabions, plus de 80 000 porcs à feu, 12 500 livres de poudre à canon, 21 millions 11 fol de rations pour les hommes et les chevaux, 24 000 muids d'eau et de vin, et 80 000 arobes de paille. Un capitaine à Marseille a confirmé avoir vu une partie de la flotte espagnole se diriger vers les côtes de Barbarie. Selon les lettres d'Espagne, cette flotte est partie d'Alicante la nuit du 12 au 13 juin, composée de 70 à 80 voiles, incluant tous les bâtiments de transport.
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2231
p. 1429-1430
PORTUGAL.
Début :
On a publié à Lisbonne un Edit du Roy, portant [...]
Mots clefs :
Portugal, Brésil
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texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAL.
Na publié à Lisbonne un Edit du Roy
portant en substance , que S. M. ayant été
informée que le transport qu'on fait du Bresil danš
ce Royaume, de quantité de filles , sous prétexte
d'embrasser l'état Monastique , est une des principaLes raisons pour laquelle ce Pays n'est pas si peuplé
qu'il le pourroit être , et ayant appris que plusieurs de ces filles qu'on pourroit marier dans le Bresil
sont conduites dans ce Royaume malgré elles, et for cées à entrer contre leur inclination dans des Con
vents , où elles menent une triste vie ; S. M. ajugé
qu'il étoit necessaire pour le service de Dieu , pour
le sien et pour l'avantage du Bresil , de deffendre
qu'on ne transporte dans ce Royaume aucunefille ou
femme qu'après que S. M, en étant requise , y aura
donné son sonsentement , et que l'Archevêque et les Evêques duBresil,les auront duement examinées dans
leurs Districs respectifs , pour sçavoir si c'est de leur propre mouvement qu'elles embrassent l'étatEcclesias-"
tique , et si elles n'y sont pas forcées ; que le Roy sur
le rapport desdits Archevêque et Evêques , en dispo
sera ainsi qu'il le trouvera convcnable ; qu'en atII. Vol. Hiij tendant
1430 MERCURE DE FRANCE
tendant on ne pourra envoyer au Bresil aucunee per- mission pour le transport des femmes ou filles ; et
que les Capitaines ou Maitres des Navires , qui en
prendront sur leurs bords pour les conduire en
Royaume , sans une permission expresse de S. M.
payeront une amende de 2000 Cruzades pour cha
cune de ces femmes ou filles qu'en trouvera à bord deleurs Vaisseaux ,
GRANDE
Na publié à Lisbonne un Edit du Roy
portant en substance , que S. M. ayant été
informée que le transport qu'on fait du Bresil danš
ce Royaume, de quantité de filles , sous prétexte
d'embrasser l'état Monastique , est une des principaLes raisons pour laquelle ce Pays n'est pas si peuplé
qu'il le pourroit être , et ayant appris que plusieurs de ces filles qu'on pourroit marier dans le Bresil
sont conduites dans ce Royaume malgré elles, et for cées à entrer contre leur inclination dans des Con
vents , où elles menent une triste vie ; S. M. ajugé
qu'il étoit necessaire pour le service de Dieu , pour
le sien et pour l'avantage du Bresil , de deffendre
qu'on ne transporte dans ce Royaume aucunefille ou
femme qu'après que S. M, en étant requise , y aura
donné son sonsentement , et que l'Archevêque et les Evêques duBresil,les auront duement examinées dans
leurs Districs respectifs , pour sçavoir si c'est de leur propre mouvement qu'elles embrassent l'étatEcclesias-"
tique , et si elles n'y sont pas forcées ; que le Roy sur
le rapport desdits Archevêque et Evêques , en dispo
sera ainsi qu'il le trouvera convcnable ; qu'en atII. Vol. Hiij tendant
1430 MERCURE DE FRANCE
tendant on ne pourra envoyer au Bresil aucunee per- mission pour le transport des femmes ou filles ; et
que les Capitaines ou Maitres des Navires , qui en
prendront sur leurs bords pour les conduire en
Royaume , sans une permission expresse de S. M.
payeront une amende de 2000 Cruzades pour cha
cune de ces femmes ou filles qu'en trouvera à bord deleurs Vaisseaux ,
GRANDE
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Résumé : PORTUGAL.
En 1730, un édit royal fut publié à Lisbonne, révélant que le roi du Portugal avait été informé que le transport de femmes du Brésil vers le Royaume, sous prétexte de vie monastique, était une des principales raisons pour lesquelles le Brésil n'était pas aussi peuplé qu'il pourrait l'être. Le roi avait également appris que plusieurs de ces femmes étaient forcées contre leur gré à entrer dans des couvents, y menant une vie triste. Pour remédier à cette situation, le roi décida qu'il était nécessaire, pour le service de Dieu, pour son propre intérêt et pour l'avantage du Brésil, de défendre le transport de femmes ou de filles sans le consentement royal et l'examen préalable par l'archevêque et les évêques du Brésil. Ces autorités devaient vérifier si les femmes embrassaient l'état ecclésiastique de leur propre mouvement. Le roi disposerait ensuite des cas selon son bon vouloir. L'édit stipulait également qu'aucune permission pour le transport des femmes ou filles vers le Brésil ne serait accordée sans l'approbation royale. Les capitaines ou maîtres des navires transportant des femmes sans autorisation expresse seraient passibles d'une amende de 2000 cruzades par femme trouvée à bord.
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2232
p. 1420-1432
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 28. du mois dernier, le Vicomte de Mecklewaith et [...]
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Chambre des communes, Chambre des pairs
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
се
E 28. du mois dernier , le Vicomte de Mec- Lklewaith etAs Crowie, Avocat,se battirent.
>
en duel au haut du Parc S. James ; le Vicomte
ayant été desarmé avant qu'il y eut eu aucune
blessure de part et d'autre , leurs seconds les séparerent on dit que leur querelle procede de
quelques paroles lâchées par le Lord Mekletwaith
contre M.Crowle, lorsque celui-ci plaidoit sur la fin de l'année derniere une cause dans laquelle le
premier étoit interessé.
Le 12. de ce mois , le Roi se rendit à la Cham
bre des Pairs , et S. M. ayant mandé les Communes , fit aux Chambres le Discours suivant.
MILORDS ET MESSIEURS,
Comme vous avez expedié les affaires publiques
autant qu'il vous a étépossible , et quela saison est
déja fort avancée, Je crois vous faire plaisir de vous
procurer le moyen de vous retirer dans vos Provinces
enfaisant finir cette séance du Parlement. Il m'est
inutile de vous répresenter l'état et la situation heu- reuse des affaires publiques , tant au dehors qu'au
dedans du Royaume ; vous devez tous être sensibles
a ce qui aété negocié pour vous assurer lajoüissance
d'une Paix generale. Le consentement que les Etats.
II. Vol. Generaux
JUIN. 1732. 1437 Generaux ont donné au dernier Traité de Vienne,
a perfectionné l'établissement de la tranquillité publique , et paroît assurer l'execution fidelle des Traitez et Alliances faits entre les differens Princes et
Puissances de l'Europe , et comme il n'y a plus de
jalousie mal fondée et de vies d'ambition , le bonbeur et la tranquillité de ce Royaume en seront plus
assurez.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES.
Je vous remercie de ce que vous avez pourvû à
ce qui est necessaire pour la deffense et pour la sen- reté de ce Royaume , etpour le service de l'année
courante. Je suis très-satisfait de ce que vous avez
cherché les moyens de lever les subsides necessaires
d'une maniere qui fût moins à charge à mon peuple;
et comme cela doit être agreable aux Provinces ,
vous serez engagez à suivre les mêmes vûës à l'avenir et à prendre les mêmes mesures.
MILORDS IT MESSIEURS ,
Comme je ne puis me dispenser de visiter cette
année mes Etats d'Allemagne , j'ai résolu de laisser la Reine Regente de ce Royaume pendant mon
absence, et je ne doute point que vous ne fassiez vos
`efforts pour lui rendre le Gouvernement aussi aisé,
que je suis persuadé qu'elle s'appliquera à mériter
vos devoirs et vos égards par une juste et prudente administration. Je vous recommande à tous dans vos
differens états , de vous étudier à procuer la conservation de la Paix et de la tranquillité dans ce
Royaume
Après ce Discours , le Lord- Chancelier , par
ordre du Roy, prorogea le Parlement jusqu'au
7. du mois d'Août prochain,
EL Vol.
Le • Hij
7432 MERCURE DE FRANCE
Le 14. le Roy , après avoir reçû sur son départ les Complimens des Seigneurs de sa Cour ,
se rendit en Chaise à Whitehall ; et ayant traversé la Riviere à Lambeth , S. M. monta dans
une Caleche , et fut escortée jusqu'à Greenwich ,
par un Détachement des Gardes du. Corps. Le Roy s'y embarqua en arrivant , sur le Yacht la
Caroline , où il dîna. Vers les cinq heures le
Yacht leva l'Ancre ; et comme il n'y avoit point
de vent , il se fit remorquer par des Bateaux jusqu'à Woolwich , où le vent se trouva contraire ,
ce qui fut cause que le Roy ne put aller cette
nuit- là que jusqu'à Long- Reach.
On a appris depuis de Scherneff , que le Roy
y avoit été retenu par les vents contraires jusqu'au 19. au matin , que son Escadre avoit mis
a la Voile pour la Hollande. On a appris depuis
que S. M. y avoit débarqué le 21 à 8. heures
du matin , que le 22 à minuit , elle étoit arrivée.
à Utrecht , d'où elle partit le 23. à 9. heures du
matin pour, Hanover ; elle arriva le lendemain
à trois heures après midi en bonne santé au Châ
teau d'Herrenhausen , où elle reçut les Complimens de la principale Noblesse.
Les dernieres Lettres de Londres , portent que
la Reine avoit dépêché un Courier à Hanover à
l'issue d'un Conseil extraordinaire qui fut tenu
le 28. de Juin , et le bruit court qu'il a été résolu dans ce Conseil , d'équiper une Escadre de 25.
Vaisseaux de ligne , sans comprendre les VaisseauxGarde- Côtes, et ceux qui ont escorté le Roy
dans son passage en Hollande.
се
E 28. du mois dernier , le Vicomte de Mec- Lklewaith etAs Crowie, Avocat,se battirent.
>
en duel au haut du Parc S. James ; le Vicomte
ayant été desarmé avant qu'il y eut eu aucune
blessure de part et d'autre , leurs seconds les séparerent on dit que leur querelle procede de
quelques paroles lâchées par le Lord Mekletwaith
contre M.Crowle, lorsque celui-ci plaidoit sur la fin de l'année derniere une cause dans laquelle le
premier étoit interessé.
Le 12. de ce mois , le Roi se rendit à la Cham
bre des Pairs , et S. M. ayant mandé les Communes , fit aux Chambres le Discours suivant.
MILORDS ET MESSIEURS,
Comme vous avez expedié les affaires publiques
autant qu'il vous a étépossible , et quela saison est
déja fort avancée, Je crois vous faire plaisir de vous
procurer le moyen de vous retirer dans vos Provinces
enfaisant finir cette séance du Parlement. Il m'est
inutile de vous répresenter l'état et la situation heu- reuse des affaires publiques , tant au dehors qu'au
dedans du Royaume ; vous devez tous être sensibles
a ce qui aété negocié pour vous assurer lajoüissance
d'une Paix generale. Le consentement que les Etats.
II. Vol. Generaux
JUIN. 1732. 1437 Generaux ont donné au dernier Traité de Vienne,
a perfectionné l'établissement de la tranquillité publique , et paroît assurer l'execution fidelle des Traitez et Alliances faits entre les differens Princes et
Puissances de l'Europe , et comme il n'y a plus de
jalousie mal fondée et de vies d'ambition , le bonbeur et la tranquillité de ce Royaume en seront plus
assurez.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES.
Je vous remercie de ce que vous avez pourvû à
ce qui est necessaire pour la deffense et pour la sen- reté de ce Royaume , etpour le service de l'année
courante. Je suis très-satisfait de ce que vous avez
cherché les moyens de lever les subsides necessaires
d'une maniere qui fût moins à charge à mon peuple;
et comme cela doit être agreable aux Provinces ,
vous serez engagez à suivre les mêmes vûës à l'avenir et à prendre les mêmes mesures.
MILORDS IT MESSIEURS ,
Comme je ne puis me dispenser de visiter cette
année mes Etats d'Allemagne , j'ai résolu de laisser la Reine Regente de ce Royaume pendant mon
absence, et je ne doute point que vous ne fassiez vos
`efforts pour lui rendre le Gouvernement aussi aisé,
que je suis persuadé qu'elle s'appliquera à mériter
vos devoirs et vos égards par une juste et prudente administration. Je vous recommande à tous dans vos
differens états , de vous étudier à procuer la conservation de la Paix et de la tranquillité dans ce
Royaume
Après ce Discours , le Lord- Chancelier , par
ordre du Roy, prorogea le Parlement jusqu'au
7. du mois d'Août prochain,
EL Vol.
Le • Hij
7432 MERCURE DE FRANCE
Le 14. le Roy , après avoir reçû sur son départ les Complimens des Seigneurs de sa Cour ,
se rendit en Chaise à Whitehall ; et ayant traversé la Riviere à Lambeth , S. M. monta dans
une Caleche , et fut escortée jusqu'à Greenwich ,
par un Détachement des Gardes du. Corps. Le Roy s'y embarqua en arrivant , sur le Yacht la
Caroline , où il dîna. Vers les cinq heures le
Yacht leva l'Ancre ; et comme il n'y avoit point
de vent , il se fit remorquer par des Bateaux jusqu'à Woolwich , où le vent se trouva contraire ,
ce qui fut cause que le Roy ne put aller cette
nuit- là que jusqu'à Long- Reach.
On a appris depuis de Scherneff , que le Roy
y avoit été retenu par les vents contraires jusqu'au 19. au matin , que son Escadre avoit mis
a la Voile pour la Hollande. On a appris depuis
que S. M. y avoit débarqué le 21 à 8. heures
du matin , que le 22 à minuit , elle étoit arrivée.
à Utrecht , d'où elle partit le 23. à 9. heures du
matin pour, Hanover ; elle arriva le lendemain
à trois heures après midi en bonne santé au Châ
teau d'Herrenhausen , où elle reçut les Complimens de la principale Noblesse.
Les dernieres Lettres de Londres , portent que
la Reine avoit dépêché un Courier à Hanover à
l'issue d'un Conseil extraordinaire qui fut tenu
le 28. de Juin , et le bruit court qu'il a été résolu dans ce Conseil , d'équiper une Escadre de 25.
Vaisseaux de ligne , sans comprendre les VaisseauxGarde- Côtes, et ceux qui ont escorté le Roy
dans son passage en Hollande.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 28 du mois précédent, le Vicomte de Mekletwaith et M. Crowie, Avocat, se battirent en duel au haut du Parc S. James. Le duel fut interrompu avant toute blessure, les seconds séparant les duelistes. La querelle provenait de paroles prononcées par Lord Mekletwaith contre M. Crowie lors d'un procès. Le 12 du mois en cours, le Roi se rendit à la Chambre des Pairs et convoqua les Communes. Il annonça la fin de la session parlementaire, soulignant la situation favorable des affaires publiques et la paix générale assurée par le Traité de Vienne. Le Roi exprima sa satisfaction quant aux mesures prises pour la défense du Royaume et la levée des subsides nécessaires. Il annonça également son départ pour visiter ses États d'Allemagne, laissant la Reine régente pendant son absence. Après ce discours, le Lord-Chancelier prorogea le Parlement jusqu'au 7 août. Le 14, le Roi quitta Londres pour Greenwich, où il s'embarqua sur le yacht la Caroline. En raison des vents contraires, il fut retardé à Scherneff jusqu'au 19, date à laquelle il mit voile pour la Hollande. Il débarqua le 21 à Utrecht, arriva à Hanover le 23, et fut accueilli au Château d'Herrenhausen. Des lettres de Londres mentionnent qu'un conseil extraordinaire fut tenu le 28 juin, durant lequel il fut décidé d'équiper une escadre de 25 vaisseaux de ligne.
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2233
p. 1433-1435
« Le Roi a accordé l'agrément de la Charge de [...] »
Début :
Le Roi a accordé l'agrément de la Charge de [...]
Mots clefs :
Maître de l'Oratoire, Surintendant de la Musique du roi, Fête-Dieu, Loterie de la Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roi a accordé l'agrément de la Charge de [...] »
FRANCE, ·
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
E Roi a accordé l'agrément de la
LCharge de Maitre de Pont de
l'Abbé de Cosnac , Grand-Vicaire de l'Archevêque de Paris , et Doyen du Chapi-"
tre de S. Germain de l'Auxerrois.
Le 21. Mai , il y eut Concert à Versailles chez à Reine , M. Destouches
Sur-Intendant de la Musique du Roi
fit chanter devant S. M. les deux derniers
Actes du Ballet des Elemens , dont les
principaux Rôles furent chantez par les
IllesAntier et le Maure , et par les Sicurs *
d'Angerville et Tribou.
•
Le 24 , on exécutà dans le Salon de la
Reine , un nouveau Te Deum de la com-`
position de M. Destouches , dont le suc-”
cès fut très brillant.
Le 9. Juin , on chanta devant la Rei
ne le Prologue et le premier Acte de l'Opeta de Callirhoé , du même Auteur.
Le 21 et le 25 on continua le même
Opéra par le second et troisiéme Acte
II. Vol. Hv
1474 MERCURE DE FRANCE
qui fut suivi de la Cantate de l'Amour
et de Bacchus , de M. Clerambault
d'une autre Cantate nouvelle , mise en
Musique par le sieur Marchand le fils
Dessus de Violon de la Musique du
Roy.
2
Le 30. on finit la même Piéce par le
quatrième et cinquiéme Acte , les Llles
Courvasier et Mathieu ont chanté les
Rôles de la Gloire et d'Astrée dans le Prologue , celui de Callirhoé a été éxécuté
d'une maniere très- touchante par la Elle
Pellissier , et les Srs Tribou et Chassé ont
chanté ceux d'Agenor et de Coresus ; les
Chœurs et la Simfonie se sont distinguez,
dans l'éxécution de la Piéce qui a été fort
applaudie.
La Procession du S. Sacrement de la
Paroisse de S. Sulpice , le jour de la FêteDieu, et le dernier jour de l'Octave, a été,
aussi belle cette année que bien ordonnée..
ce pieux Spectacle étoit encore rendu plus
pompeux et plus édifiant par la présence
de la Reine Douairiere d'Espagne , qui accompagna les deux Processions à pied
suivie de ses Dames d'Honneur , et des
Officiers de sa Maison , avec une dévotion
éxemplaire. On voyoit encore avec édification à la derniere de ces Processions un.
II.Vo! fort
JUIN 1732. 1435
fort grand nombre de prisonniers , hommes et femmes , délivrez pour dettes
des aumônes de M. le Curé. Il y en avoit
encore un très-grand nombre à la Procession de S. Germain l'Auxerrois.
Le 25 Juin , la Lotterie de la Compagnie des Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans des
Actions et dixièmes d'Actions qui doivent être temboursez , a été renduë pu
blique , faisant en tout le nombre de
305. Action's."
Le 28 Juin l'ouverture de la Foire saint
Laurent fut faite par le Lieutenant Géné--
ral de Police en la maniere accoûtumée.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
E Roi a accordé l'agrément de la
LCharge de Maitre de Pont de
l'Abbé de Cosnac , Grand-Vicaire de l'Archevêque de Paris , et Doyen du Chapi-"
tre de S. Germain de l'Auxerrois.
Le 21. Mai , il y eut Concert à Versailles chez à Reine , M. Destouches
Sur-Intendant de la Musique du Roi
fit chanter devant S. M. les deux derniers
Actes du Ballet des Elemens , dont les
principaux Rôles furent chantez par les
IllesAntier et le Maure , et par les Sicurs *
d'Angerville et Tribou.
•
Le 24 , on exécutà dans le Salon de la
Reine , un nouveau Te Deum de la com-`
position de M. Destouches , dont le suc-”
cès fut très brillant.
Le 9. Juin , on chanta devant la Rei
ne le Prologue et le premier Acte de l'Opeta de Callirhoé , du même Auteur.
Le 21 et le 25 on continua le même
Opéra par le second et troisiéme Acte
II. Vol. Hv
1474 MERCURE DE FRANCE
qui fut suivi de la Cantate de l'Amour
et de Bacchus , de M. Clerambault
d'une autre Cantate nouvelle , mise en
Musique par le sieur Marchand le fils
Dessus de Violon de la Musique du
Roy.
2
Le 30. on finit la même Piéce par le
quatrième et cinquiéme Acte , les Llles
Courvasier et Mathieu ont chanté les
Rôles de la Gloire et d'Astrée dans le Prologue , celui de Callirhoé a été éxécuté
d'une maniere très- touchante par la Elle
Pellissier , et les Srs Tribou et Chassé ont
chanté ceux d'Agenor et de Coresus ; les
Chœurs et la Simfonie se sont distinguez,
dans l'éxécution de la Piéce qui a été fort
applaudie.
La Procession du S. Sacrement de la
Paroisse de S. Sulpice , le jour de la FêteDieu, et le dernier jour de l'Octave, a été,
aussi belle cette année que bien ordonnée..
ce pieux Spectacle étoit encore rendu plus
pompeux et plus édifiant par la présence
de la Reine Douairiere d'Espagne , qui accompagna les deux Processions à pied
suivie de ses Dames d'Honneur , et des
Officiers de sa Maison , avec une dévotion
éxemplaire. On voyoit encore avec édification à la derniere de ces Processions un.
II.Vo! fort
JUIN 1732. 1435
fort grand nombre de prisonniers , hommes et femmes , délivrez pour dettes
des aumônes de M. le Curé. Il y en avoit
encore un très-grand nombre à la Procession de S. Germain l'Auxerrois.
Le 25 Juin , la Lotterie de la Compagnie des Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans des
Actions et dixièmes d'Actions qui doivent être temboursez , a été renduë pu
blique , faisant en tout le nombre de
305. Action's."
Le 28 Juin l'ouverture de la Foire saint
Laurent fut faite par le Lieutenant Géné--
ral de Police en la maniere accoûtumée.
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Résumé : « Le Roi a accordé l'agrément de la Charge de [...] »
En mai et juin 1732, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le roi a validé la nomination de l'Abbé de Cosnac à trois postes : Maître de Pont, Grand-Vicaire de l'Archevêque de Paris et Doyen du Chapitre de Saint-Germain de l'Auxerrois. Le 21 mai, un concert à Versailles a présenté les deux derniers actes du Ballet des Éléments par M. Destouches, Sur-Intendant de la Musique du Roi. Le 24 mai, un nouveau Te Deum composé par M. Destouches a été interprété dans le Salon de la Reine. Du 9 au 30 juin, l'opéra Callirhoé de M. Destouches a été joué en plusieurs actes, accompagné de cantates de M. Clerambault et du sieur Marchand. Les rôles principaux ont été tenus par les demoiselles Courvasier, Mathieu, Pellissier, et les sieurs Tribou et Chassé. La procession du Saint-Sacrement à Saint-Sulpice, en présence de la Reine Douairière d'Espagne, a été notable. Le 25 juin, la lotterie de la Compagnie des Indes a été tirée avec 305 actions gagnantes. Enfin, le 28 juin, la foire Saint-Laurent a été inaugurée par le Lieutenant Général de Police.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2234
p. 1445
Nombre des Baptêmes, Mariages, Enfans Trouvez, et Morts de la Ville et Fauxbourg de Paris pendant l'année 1731. sçavoir:
Début :
Baptêmes, 18877 Mariages, 4169 Enfans Trouvez, 2539 Maisons Religieuses, hommes [...]
Mots clefs :
Nombre, 1731, Paris
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texteReconnaissance textuelle : Nombre des Baptêmes, Mariages, Enfans Trouvez, et Morts de la Ville et Fauxbourg de Paris pendant l'année 1731. sçavoir:
Nombre des Baptêmes , Mariages , Enfans
Trouvez, et Morts de la Ville et Fauxbourg de Paris pendant l'année 1731.
sçavoir:
Baptêmes
Mariages ,
Enfans Trouvez ,
Morts ,
Maisons Religieuses , hommes
et filles ,
18877
4169
2539
20620
20832 212
Partant le nombre des Morts de l'année
1731. excede celui des Baptêmes de Le nombre des Baptêmes de 17 ; 1 . est inoindre que celui de 1730. de
Celui des Mariages est diminué de
Celui des Morts est augmenté de
Celui des Enfans Trouvez est augmenté de
1955
89
234
3402
138
Trouvez, et Morts de la Ville et Fauxbourg de Paris pendant l'année 1731.
sçavoir:
Baptêmes
Mariages ,
Enfans Trouvez ,
Morts ,
Maisons Religieuses , hommes
et filles ,
18877
4169
2539
20620
20832 212
Partant le nombre des Morts de l'année
1731. excede celui des Baptêmes de Le nombre des Baptêmes de 17 ; 1 . est inoindre que celui de 1730. de
Celui des Mariages est diminué de
Celui des Morts est augmenté de
Celui des Enfans Trouvez est augmenté de
1955
89
234
3402
138
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Résumé : Nombre des Baptêmes, Mariages, Enfans Trouvez, et Morts de la Ville et Fauxbourg de Paris pendant l'année 1731. sçavoir:
En 1731, à Paris, il y a eu 18 877 baptêmes, 4 169 mariages, 2 539 enfants trouvés et 20 620 décès. Par rapport à 1730, les baptêmes ont diminué de 1 955, les mariages de 89, tandis que les décès ont augmenté de 2 340 et les enfants trouvés de 3 402. Les décès ont dépassé les baptêmes de 17.
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2235
p. 1620-1621
DE TURQUIE.
Début :
On écrit de Constantinople, du 3. Avril, que l'Affaire [...]
Mots clefs :
Constantinople, Affaire des Anglais, Traité de paix, Vienne
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texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE.
NOUVELLES ETRANGERES
DE TURQUIE.
N écrit de Constantinople , du. 3. Avril
que l'Affaire des Anglois , dont on parle
cy-devant , avoit été heureusement accommo- dée par l'entremise du Kislar-Aga , ou Chef des
Eunuques noirs , qui a aussi la Sur- Intendance
des Mosquées Royales. D'abord après l'accom,
modement , le Grand- Seigneur envoya dire à
M. l'Ambassadeur qu'il pardonnoit la faute da
Capitaine qui avoit fait tirer le Canon du Vaisseau Anglois à heure induë , quoiqu'il méritât
d'être séverement puni pour une pareille contra
vention aux usages , &c. et que Sa Hautesse con- tinuoit de le reconnoître comme Ambassadeur
et Ministre du Roy de la Grande- Bretagne à la
Porte Othomane. En même-temps les ordres fu- rent donnez pour faire élargir les sieurs Hanguer et Gesnit , Négocians Anglois , qui avoient
étearrêtez dès le lendemain des coups de Canon. La
prudence et la douceur naturelle du G. Vizir Osman Pacha , qui étoit alors en place , a été fort
louée , en empêchant d'abord que cette affaire ne
fût poussée suivant le reffentiment de S. H. et en gagnant du temps pout l'accommoder.
On apprend en dernier lieu d'Allemagne , par
un Courrier arrivé de Constantinople à Vienne
le 8, de ce mois , que le Roy de Perse , à la persuasion d'un des principaux Seigneurs de sa Courqui a beaucoup contribué à le remettre sur le
Trône , avoit pris la résolution de ne point observer
JUILLET. 173.2. 1621
erver le dernier Traité de Paix conclu avec le
r. Seigneur ; qu'une partie de son Armée avoit
ttaqué avec avantage le reste de l'Armée de Sa
Hautesse et l'avoit défaite , et que les Persans
narchoient vers les Provinces qui avoienr été
bandonnées au G. S. par ce Traité ; que cette
ouvelle avoit causé une grande consternation
lans Constantinoble , et qu'on avoit tenu à ce
sujet un Divan general
DE TURQUIE.
N écrit de Constantinople , du. 3. Avril
que l'Affaire des Anglois , dont on parle
cy-devant , avoit été heureusement accommo- dée par l'entremise du Kislar-Aga , ou Chef des
Eunuques noirs , qui a aussi la Sur- Intendance
des Mosquées Royales. D'abord après l'accom,
modement , le Grand- Seigneur envoya dire à
M. l'Ambassadeur qu'il pardonnoit la faute da
Capitaine qui avoit fait tirer le Canon du Vaisseau Anglois à heure induë , quoiqu'il méritât
d'être séverement puni pour une pareille contra
vention aux usages , &c. et que Sa Hautesse con- tinuoit de le reconnoître comme Ambassadeur
et Ministre du Roy de la Grande- Bretagne à la
Porte Othomane. En même-temps les ordres fu- rent donnez pour faire élargir les sieurs Hanguer et Gesnit , Négocians Anglois , qui avoient
étearrêtez dès le lendemain des coups de Canon. La
prudence et la douceur naturelle du G. Vizir Osman Pacha , qui étoit alors en place , a été fort
louée , en empêchant d'abord que cette affaire ne
fût poussée suivant le reffentiment de S. H. et en gagnant du temps pout l'accommoder.
On apprend en dernier lieu d'Allemagne , par
un Courrier arrivé de Constantinople à Vienne
le 8, de ce mois , que le Roy de Perse , à la persuasion d'un des principaux Seigneurs de sa Courqui a beaucoup contribué à le remettre sur le
Trône , avoit pris la résolution de ne point observer
JUILLET. 173.2. 1621
erver le dernier Traité de Paix conclu avec le
r. Seigneur ; qu'une partie de son Armée avoit
ttaqué avec avantage le reste de l'Armée de Sa
Hautesse et l'avoit défaite , et que les Persans
narchoient vers les Provinces qui avoienr été
bandonnées au G. S. par ce Traité ; que cette
ouvelle avoit causé une grande consternation
lans Constantinoble , et qu'on avoit tenu à ce
sujet un Divan general
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Résumé : DE TURQUIE.
En Turquie, une affaire diplomatique impliquant des Britanniques a été résolue grâce à l'intervention du Kislar-Aga, chef des eunuques noirs et surintendant des mosquées royales. Le sultan a pardonné au capitaine britannique d'avoir tiré un canon à une heure inappropriée et a confirmé la reconnaissance de l'ambassadeur britannique. Les négociants anglais arrêtés après l'incident, M. Hanguer et M. Gesnit, ont été libérés. La prudence et la douceur du Grand Vizir Osman Pacha ont été saluées pour leur rôle dans la résolution pacifique de l'affaire. En Perse, le roi a décidé de ne pas respecter le dernier traité de paix conclu avec le sultan ottoman, influencé par un seigneur de sa cour. Une partie de l'armée perse a attaqué et vaincu les forces ottomanes, marchant vers les provinces cédées par le traité. Cette nouvelle a provoqué une grande consternation à Constantinople, où un divan général a été convoqué pour discuter de la situation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2236
p. 1621-1627
LETTRE écrite de Constantinople, le 8. Juin 1732.
Début :
Quoique vous soyez déjà, sans doute, informé, Monsieur, de la [...]
Mots clefs :
Grand vizir, Chef des Eunuques noirs, Kaïkman, Sultan, Canon, Constantinople, Topal Osman Pacha
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, le 8. Juin 1732.
LETTRE écrite de Constantinople ,
le 8. Juin 1732.
Qué,Monsieur , de la déposition duGrandUoique vous soyez déja , sans doute , infor-
•
Vizir Topal Osman Pacha , arrivée le 12 Mars
lernier , je ne laisse pas de vous la rappeller ici ,
our vous mander quelques particularitez sur ce
ujet, que vous ignorez peut- être, et qui méritent
Votre curiosité.
Le Kislar- Aga ou Chef des Eunuques noirs, qui
ossede toûjours toute la confiance du G.S.lui dit,
nlui redemandant le SceauImperial de la part de
, H. qu'il ne devoit par regarder ce qui lui arivoit comme une disgrace ; que le Sultan l'ainoit toûjours et étoit très-satisfait de ses services,
t qu'en lui ôtant la Charge de Premier Ministre,
avoit eu moins en vûë de l'en dépouiller , que de
soulager du fardeau qui l'accompagnoit, et qui ar rapport à son âge , à ses infirmitez et aux connctures où se trouvoit l'Empire , étoit devenué
un poids à l'acabler. Qu'il n'avoit non-seulement
rien à craindre ni pour lui ni pour les siens , mais
que l'intention du G.S. étoit que le Bey , son cher
fils unique, qui est Capigi Bachi , restat à la Cour
pour lui faire du bien , et que lui-même KislarAga
1622 MERCURE DE FRANCE
Aga, l'assuroit qu'il en prendroit autant de soin que s'il étoit son propre enfant.
Topal-Osman , qui reçût cette nouvelle avec
ne fermeté admirable , répondit , après l'avoir
remercié de ses sentimens , que sa conscience
ne fui reprochant rien , et que connoissant l'équité du G. S. qu'il avoit servi avec zele , il étoit
en repos sur ses jours , et que d'ailleurs n'ayant
jamais craint de les perdre dans tant de périls
qu'il avoit courus à la guerre pendant toute sa
vie, il étoit trop vieux à present pour s'en- inquieter.
Il fut ensuite conduit à Calcedoine pour y attendre sa destination , et dans le même temps,
c'est-à- dire entre zo. et 11 heures du matin
Ali-Pacha Defterdar , nommé Kaïmakan , pour
exercer les fonctions du Viziriat pendant l'interim , alla tenir le Divan en sa place.
D
Apeine Topal-Osman fut- il arrivé à Calcedoi.
ne , que ses Amis et ses Domestiques s'y rendirent et se présenterent devant lui , la plupart les
yeux baignez de larmes. Pourquoi pleurez- vous
leur dit- il avec un air de satisfaction peint sur le
visage , de me voir délivré d'un Emploi , que
comme vous le sçavez bien , je n'étois venu remplir qu'avec répugnance ? Il s'entretint ensuite
avec eux le plus tranquillement du monde , entrant même dans de grands détails sur des affaires particulieres , et pour mieux marquer la sincerité de la joye que lui causoit son changement
de fortune ; il fit égorger une douzaine de Moutons en action de grace , comme c'est la coûtume chez les Mahométans , de faire de ces sortes de
Sacrifices , pour remercier Dieu des bons évenemens qui leur arrivent , ou pour lui demander un heureux succès dans leurs entreprises.
JUILLET
. 173.2. 1523
H fut nommé le même jour Pacha de Trébizonde , et partit le lendemain de Calcédoine pour
Smit
, autrefois Nicomédie
, où il demeura jusqu'après le Beiram ou la Pâque des Turcs. Le Tchaoux- Bachi , qui étoit son neveu , fut aussi
déposé et devint son Kiaya ou Lieutenant
, par
ordre de la Porte
, qui en cette derniere qualité le
chargea d'assembler les Equipages et toute la
Maison de son Oncle
à Calcedoine
, et de l'aller
joindre ensuite
à Nicomédie
.
L'amour que Topal Osman conservoit toujours pour le bien public , ne lui permettant pas
de le négliger et de rester oisif pendant environ
15. jours qu'il demeura dans cette Ville
, il s'appliqua à remedier aux desordres qui s'y commertoient dans la Police , et ayant appris qu'entr'autres abus nouvellement introdus , il y avoit des
gens qui achetoient tous les œufs du Pays
, dont ils faisoient des réserves et qu'ils n'en envoyoient
qu'en petite quantité
à la fois
à Constantinople
,
où par ce moyen ils étoient devenus fort chers . Il
fit pendre ces Monopoleurs
, et saisir tous leurs
œufs
, qui furent portez par son ordre
à cette
Capitale où ils devinrent
à très
- grand marché
.
Il partit de Smit les premiers jours d'Avril
,
avec une Maison magnifique
, composée de plus
de 600. Domestiques
, car le G. S. lui ayant laissé
generalement tous ses biens
, il est
, malgré ses
liberalitez continuelles
, un dés plus riches Particuliers de l'Empire ; et plus de 6000. personnes
le conduisirent bien loin hors de la Ville
.
Je ne puis
, Monsieur
, me dispenser de vous
rapporter ici un trait de Topal
- Osman
, qui suffiroit seul pour vous donner une juste idée de la
grandeur de son ame
. Quelques jours avant celui auquel on le déposa , qui fut le 15. de la Lu-ne
L
1624 MERCURE DE FRANCE
de Ramasan ou du Jeûne , il avoit déja fait préparer tous les Présens que les Grands Visirs sont en
usage de faire au Serrail à la fin de ce Carême des
Mahometans , et il se trouvoit parmi ceux qu'il
vouloit donner au G. S. un Harnois de Cheval ,
garni de Pierreries , qui lui coûtoit seul près de
170. mille livres. Quoique ces, Présens n'eussent
point été consignez et qu'il les eût encore entre
ses mains au moment de sa déposition , il ne
laissa pas moins ses ordres en partant de Calcedoine , pour qu'ils fussent distribuez à la tête du
Beiram , à ceux à qui il les avoit destinez , comme s'il eût encore été en place. Il est vrai que le
Sultan , de son côté , pour lui marquer qu'il n'avoit point perdu les bonnes graces de S. H. lui envoya aussi à Nicomédie les mêmes Présens
qu'elle fait toujours dans ces Fêtes au G. Visir.
A l'égard du nouveau G. V. Ali- Pacha , outre
ce nom , on lui donne encore par un usage fort ordinaire chez les Turcs , celui de Ekim-Oglou,
c'est- à- dire , fils de Medecin. Son pere , à ce
qu'on assure , étoit Venitien et s'appelloit Cornero ; il fut fait Esclave en Candie , étant encore
jeune, mais professant déja la Medecine, et desesperant de pouvoir jamais recouvrer sa liberté , il
embrassa le Mahometisme , et se maria avec une
Turque. La réputation qu'il acquit dans son Art
ayant été portée jusqu'au Serrail , il y fut appellé et devint Ekim- Bachi , ou Premier Medecin du
dernier Sultan déposé , au service duquel il est
mort dans un âge fort avancé. Entre plusieurs
enfans qu'il avoit eus de sa femme , il introduisit
deux de ses fils auprès de ce Sultan , par la faveur
du Kislar Aga , qui avoit été autrefois son Esclave ; l'aîné en qualité de Gerrah-Bachi , ou
Premier Chirurgien , qui remplit encore le même
Poste
JUILLET. 1732. 1625
poste auprès du G. S. regnant ; le second qui fut
d'abord fait Capigi- Bachi ; et qui après avoir essuyé bien des revers sous le Regne precedent ,
parvint il y a quelques années au Generalat de Arme Othomane .sur les Frontieres , et vient
d'être élevé à l'éminente Charge de Grand Visir.
C'est un homme d'environ 45. ans, d'assez bonne
mine, qui passe pour aimer la magnificence, et qui
est liberal jusqu'à la prodigalité. Il arriva à Scu- tary de Perse , le 10. May au matin , où tous les
Grands de l'Empire l'attendoient sous des Tentes
dans la campagne. 11 s'y trouva un concours de plus de 6000. femmes ou filles , attirées par la
Curiosité que leur donna le renom qu'a ce Visir
d'être aussi galant que feu Ibrahim Pacha , et en
nême-temps pour se dédommager un peu de la
retraite rigoureuse que son Prédecesseur Topal- Osman faisoit observer au beau Sexe. Après avoir fîné là , il remonta à cheval et traversa Scutary
avec un magnifique et nombreux cortege , jusqu'à la Marine , jettant de temps en temps des
poignées de Sequins au Peuple.
Il se mit ensuite dans le Caïc ou la Gondole à
Tendelet des G. Visirs ; le Vaisseau Contre- Amiral bien pavoisé , et qu'on avoit fait avancer à
son occasion près de la Tour de Leandre , le salua de 15. coups de Canon à son passage , et cette
Tour de cinq ; il vint débarquer au Kiosc ou Pavillon du Serrail qui est au bord de la Mer , ou
la Maison du G. S. étoir rangée en haye pour le
recevoir ; il eut sur le champ audience de S. H.
avec laquelle il demeura plus de deux heures ; le
G. S. après lui avoir confié le Sceau Imperial et
= l'avoir fait revêtir des autres marques de dignité
attachées à sa Charge , le fit conduire par ses prog
pres Officiers au Palais des G. V. où il se rendit,
marchans
1626 MERCURE DE FRANCE
où
marchant à la droite du Mufti , et répandant
toujours à pleines mains les Sequins sur sa route.
Le même jour Ismaël- Pacha , Janissaire- Aga ,
fut fait Pacha à trois Queues en plein Divan ,
le G. V. lui fit donner une Pelisse de Samour ,
couverte d'un drap d'or du Pays. Le Kiaya ou
Lieutenant de Topal Osman , qui étoit resté en
fonction jusqu'alors , fut déposé , et celui d'AliPacha prit sa place.
Ce Premier Ministre fit rouvrir tous les Caffez publics , qui depuis la grande Révolution de 1730. avoient presque toûjours été fermez , et sur
les plaintes qu'on lui porta des fraudes qui s'étoient renouvellées dans le débit des Vivres et des
Denrées depuis la déposition de Topal- Osman ,
quoique dans l'interim le Kaimakan eût fait pendre plusieurs prévaricateurs en ce genre , il alla
faire une tournée dans Constantinople chez les
Bouchers et les Boulangers ; il fixa le prix de la
viande, qui se vendoit fort cher , et dont on manquoit même souvent , fit augmenter le poids du
pain , envoya aux Galeres ceux des Boulangers
qu'il trouva en contravention , et donna dix Sequins à chacun de ceux qui étoient en regle , ce
qui lui attira de grandes louanges.
Le 22. du même mois de May , ayant mandé
le Defterdar ou Trésorier Ali- Pacha , cy-devant
Kaimakan, il le fit revêtir d'une Pelisse de Samour, en lui disant que le G. S. l'avoit nommé
Pacha de Cutaya , (' en Asie , près de Brousse ,
qui est une espece d'exil ) et qu'il se préparât à
partir dans deux jours. L'ancien Reis Effendi du
temps d'Achmet III. qui étoit devenu TefterEmini, ou Garde des Rôles de la Milice , sous le
G. S d'apresent , et que ce Ministre avoit aussi
mandé, reçut le Caftan ou Robe d'honneur ,-
avec
JUILLET. 1732. 1627
avec la Charge de Defterdar , et ceda la sienne de
Tefter- Emini à SerdensiEffendi , qui avoit été Se- cretaire de la Porte aux Conferences de Passarowitz. Le Tchaoux- Bachi et le Bostandgi- Bachi ,
furent pareillement déposez : le poste du premier fut donné à l'ancien General de la Cavalerie, resté
depuis quelque temps sans emploi, et celui du second , a l'Asseki- Aga, qui fut relevé dans le sien
par l'Oda-Bachi. Voilà, Monsieur , en quoi consistent jusqu'à present les principaux changemens survenus à la Porte , depuis l'arrivée du nouveau
G. Visir. Je suis , &c.
L
E -25
P. V. D.
le 8. Juin 1732.
Qué,Monsieur , de la déposition duGrandUoique vous soyez déja , sans doute , infor-
•
Vizir Topal Osman Pacha , arrivée le 12 Mars
lernier , je ne laisse pas de vous la rappeller ici ,
our vous mander quelques particularitez sur ce
ujet, que vous ignorez peut- être, et qui méritent
Votre curiosité.
Le Kislar- Aga ou Chef des Eunuques noirs, qui
ossede toûjours toute la confiance du G.S.lui dit,
nlui redemandant le SceauImperial de la part de
, H. qu'il ne devoit par regarder ce qui lui arivoit comme une disgrace ; que le Sultan l'ainoit toûjours et étoit très-satisfait de ses services,
t qu'en lui ôtant la Charge de Premier Ministre,
avoit eu moins en vûë de l'en dépouiller , que de
soulager du fardeau qui l'accompagnoit, et qui ar rapport à son âge , à ses infirmitez et aux connctures où se trouvoit l'Empire , étoit devenué
un poids à l'acabler. Qu'il n'avoit non-seulement
rien à craindre ni pour lui ni pour les siens , mais
que l'intention du G.S. étoit que le Bey , son cher
fils unique, qui est Capigi Bachi , restat à la Cour
pour lui faire du bien , et que lui-même KislarAga
1622 MERCURE DE FRANCE
Aga, l'assuroit qu'il en prendroit autant de soin que s'il étoit son propre enfant.
Topal-Osman , qui reçût cette nouvelle avec
ne fermeté admirable , répondit , après l'avoir
remercié de ses sentimens , que sa conscience
ne fui reprochant rien , et que connoissant l'équité du G. S. qu'il avoit servi avec zele , il étoit
en repos sur ses jours , et que d'ailleurs n'ayant
jamais craint de les perdre dans tant de périls
qu'il avoit courus à la guerre pendant toute sa
vie, il étoit trop vieux à present pour s'en- inquieter.
Il fut ensuite conduit à Calcedoine pour y attendre sa destination , et dans le même temps,
c'est-à- dire entre zo. et 11 heures du matin
Ali-Pacha Defterdar , nommé Kaïmakan , pour
exercer les fonctions du Viziriat pendant l'interim , alla tenir le Divan en sa place.
D
Apeine Topal-Osman fut- il arrivé à Calcedoi.
ne , que ses Amis et ses Domestiques s'y rendirent et se présenterent devant lui , la plupart les
yeux baignez de larmes. Pourquoi pleurez- vous
leur dit- il avec un air de satisfaction peint sur le
visage , de me voir délivré d'un Emploi , que
comme vous le sçavez bien , je n'étois venu remplir qu'avec répugnance ? Il s'entretint ensuite
avec eux le plus tranquillement du monde , entrant même dans de grands détails sur des affaires particulieres , et pour mieux marquer la sincerité de la joye que lui causoit son changement
de fortune ; il fit égorger une douzaine de Moutons en action de grace , comme c'est la coûtume chez les Mahométans , de faire de ces sortes de
Sacrifices , pour remercier Dieu des bons évenemens qui leur arrivent , ou pour lui demander un heureux succès dans leurs entreprises.
JUILLET
. 173.2. 1523
H fut nommé le même jour Pacha de Trébizonde , et partit le lendemain de Calcédoine pour
Smit
, autrefois Nicomédie
, où il demeura jusqu'après le Beiram ou la Pâque des Turcs. Le Tchaoux- Bachi , qui étoit son neveu , fut aussi
déposé et devint son Kiaya ou Lieutenant
, par
ordre de la Porte
, qui en cette derniere qualité le
chargea d'assembler les Equipages et toute la
Maison de son Oncle
à Calcedoine
, et de l'aller
joindre ensuite
à Nicomédie
.
L'amour que Topal Osman conservoit toujours pour le bien public , ne lui permettant pas
de le négliger et de rester oisif pendant environ
15. jours qu'il demeura dans cette Ville
, il s'appliqua à remedier aux desordres qui s'y commertoient dans la Police , et ayant appris qu'entr'autres abus nouvellement introdus , il y avoit des
gens qui achetoient tous les œufs du Pays
, dont ils faisoient des réserves et qu'ils n'en envoyoient
qu'en petite quantité
à la fois
à Constantinople
,
où par ce moyen ils étoient devenus fort chers . Il
fit pendre ces Monopoleurs
, et saisir tous leurs
œufs
, qui furent portez par son ordre
à cette
Capitale où ils devinrent
à très
- grand marché
.
Il partit de Smit les premiers jours d'Avril
,
avec une Maison magnifique
, composée de plus
de 600. Domestiques
, car le G. S. lui ayant laissé
generalement tous ses biens
, il est
, malgré ses
liberalitez continuelles
, un dés plus riches Particuliers de l'Empire ; et plus de 6000. personnes
le conduisirent bien loin hors de la Ville
.
Je ne puis
, Monsieur
, me dispenser de vous
rapporter ici un trait de Topal
- Osman
, qui suffiroit seul pour vous donner une juste idée de la
grandeur de son ame
. Quelques jours avant celui auquel on le déposa , qui fut le 15. de la Lu-ne
L
1624 MERCURE DE FRANCE
de Ramasan ou du Jeûne , il avoit déja fait préparer tous les Présens que les Grands Visirs sont en
usage de faire au Serrail à la fin de ce Carême des
Mahometans , et il se trouvoit parmi ceux qu'il
vouloit donner au G. S. un Harnois de Cheval ,
garni de Pierreries , qui lui coûtoit seul près de
170. mille livres. Quoique ces, Présens n'eussent
point été consignez et qu'il les eût encore entre
ses mains au moment de sa déposition , il ne
laissa pas moins ses ordres en partant de Calcedoine , pour qu'ils fussent distribuez à la tête du
Beiram , à ceux à qui il les avoit destinez , comme s'il eût encore été en place. Il est vrai que le
Sultan , de son côté , pour lui marquer qu'il n'avoit point perdu les bonnes graces de S. H. lui envoya aussi à Nicomédie les mêmes Présens
qu'elle fait toujours dans ces Fêtes au G. Visir.
A l'égard du nouveau G. V. Ali- Pacha , outre
ce nom , on lui donne encore par un usage fort ordinaire chez les Turcs , celui de Ekim-Oglou,
c'est- à- dire , fils de Medecin. Son pere , à ce
qu'on assure , étoit Venitien et s'appelloit Cornero ; il fut fait Esclave en Candie , étant encore
jeune, mais professant déja la Medecine, et desesperant de pouvoir jamais recouvrer sa liberté , il
embrassa le Mahometisme , et se maria avec une
Turque. La réputation qu'il acquit dans son Art
ayant été portée jusqu'au Serrail , il y fut appellé et devint Ekim- Bachi , ou Premier Medecin du
dernier Sultan déposé , au service duquel il est
mort dans un âge fort avancé. Entre plusieurs
enfans qu'il avoit eus de sa femme , il introduisit
deux de ses fils auprès de ce Sultan , par la faveur
du Kislar Aga , qui avoit été autrefois son Esclave ; l'aîné en qualité de Gerrah-Bachi , ou
Premier Chirurgien , qui remplit encore le même
Poste
JUILLET. 1732. 1625
poste auprès du G. S. regnant ; le second qui fut
d'abord fait Capigi- Bachi ; et qui après avoir essuyé bien des revers sous le Regne precedent ,
parvint il y a quelques années au Generalat de Arme Othomane .sur les Frontieres , et vient
d'être élevé à l'éminente Charge de Grand Visir.
C'est un homme d'environ 45. ans, d'assez bonne
mine, qui passe pour aimer la magnificence, et qui
est liberal jusqu'à la prodigalité. Il arriva à Scu- tary de Perse , le 10. May au matin , où tous les
Grands de l'Empire l'attendoient sous des Tentes
dans la campagne. 11 s'y trouva un concours de plus de 6000. femmes ou filles , attirées par la
Curiosité que leur donna le renom qu'a ce Visir
d'être aussi galant que feu Ibrahim Pacha , et en
nême-temps pour se dédommager un peu de la
retraite rigoureuse que son Prédecesseur Topal- Osman faisoit observer au beau Sexe. Après avoir fîné là , il remonta à cheval et traversa Scutary
avec un magnifique et nombreux cortege , jusqu'à la Marine , jettant de temps en temps des
poignées de Sequins au Peuple.
Il se mit ensuite dans le Caïc ou la Gondole à
Tendelet des G. Visirs ; le Vaisseau Contre- Amiral bien pavoisé , et qu'on avoit fait avancer à
son occasion près de la Tour de Leandre , le salua de 15. coups de Canon à son passage , et cette
Tour de cinq ; il vint débarquer au Kiosc ou Pavillon du Serrail qui est au bord de la Mer , ou
la Maison du G. S. étoir rangée en haye pour le
recevoir ; il eut sur le champ audience de S. H.
avec laquelle il demeura plus de deux heures ; le
G. S. après lui avoir confié le Sceau Imperial et
= l'avoir fait revêtir des autres marques de dignité
attachées à sa Charge , le fit conduire par ses prog
pres Officiers au Palais des G. V. où il se rendit,
marchans
1626 MERCURE DE FRANCE
où
marchant à la droite du Mufti , et répandant
toujours à pleines mains les Sequins sur sa route.
Le même jour Ismaël- Pacha , Janissaire- Aga ,
fut fait Pacha à trois Queues en plein Divan ,
le G. V. lui fit donner une Pelisse de Samour ,
couverte d'un drap d'or du Pays. Le Kiaya ou
Lieutenant de Topal Osman , qui étoit resté en
fonction jusqu'alors , fut déposé , et celui d'AliPacha prit sa place.
Ce Premier Ministre fit rouvrir tous les Caffez publics , qui depuis la grande Révolution de 1730. avoient presque toûjours été fermez , et sur
les plaintes qu'on lui porta des fraudes qui s'étoient renouvellées dans le débit des Vivres et des
Denrées depuis la déposition de Topal- Osman ,
quoique dans l'interim le Kaimakan eût fait pendre plusieurs prévaricateurs en ce genre , il alla
faire une tournée dans Constantinople chez les
Bouchers et les Boulangers ; il fixa le prix de la
viande, qui se vendoit fort cher , et dont on manquoit même souvent , fit augmenter le poids du
pain , envoya aux Galeres ceux des Boulangers
qu'il trouva en contravention , et donna dix Sequins à chacun de ceux qui étoient en regle , ce
qui lui attira de grandes louanges.
Le 22. du même mois de May , ayant mandé
le Defterdar ou Trésorier Ali- Pacha , cy-devant
Kaimakan, il le fit revêtir d'une Pelisse de Samour, en lui disant que le G. S. l'avoit nommé
Pacha de Cutaya , (' en Asie , près de Brousse ,
qui est une espece d'exil ) et qu'il se préparât à
partir dans deux jours. L'ancien Reis Effendi du
temps d'Achmet III. qui étoit devenu TefterEmini, ou Garde des Rôles de la Milice , sous le
G. S d'apresent , et que ce Ministre avoit aussi
mandé, reçut le Caftan ou Robe d'honneur ,-
avec
JUILLET. 1732. 1627
avec la Charge de Defterdar , et ceda la sienne de
Tefter- Emini à SerdensiEffendi , qui avoit été Se- cretaire de la Porte aux Conferences de Passarowitz. Le Tchaoux- Bachi et le Bostandgi- Bachi ,
furent pareillement déposez : le poste du premier fut donné à l'ancien General de la Cavalerie, resté
depuis quelque temps sans emploi, et celui du second , a l'Asseki- Aga, qui fut relevé dans le sien
par l'Oda-Bachi. Voilà, Monsieur , en quoi consistent jusqu'à present les principaux changemens survenus à la Porte , depuis l'arrivée du nouveau
G. Visir. Je suis , &c.
L
E -25
P. V. D.
Fermer
Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, le 8. Juin 1732.
Le 8 juin 1732, une lettre rapporta la déposition de Topal Osman Pacha, Grand Vizir de l'Empire ottoman, survenue le 12 mars 1732. Le Kislar Aga, chef des eunuques noirs, rassura Topal Osman en expliquant que cette déposition visait à soulager le vizir de ses responsabilités en raison de son âge et de ses infirmités. Topal Osman accepta cette décision avec sérénité, affirmant n'avoir rien à se reprocher et avoir toujours servi avec zèle. Après sa déposition, Topal Osman fut conduit à Calcédoine, où il reçut la visite de ses amis et domestiques. Il exprima sa satisfaction de se voir délivré d'un emploi qu'il remplissait avec répugnance. Il organisa un sacrifice pour remercier Dieu et partit ensuite pour Trébizonde, où il fut nommé pacha. Pendant son séjour à Nicomédie, il s'occupa de remédier aux désordres dans la police locale, notamment en faisant pendre des monopoleurs d'œufs. Ali Pacha, également connu sous le nom d'Ekim-Oglou, fut nommé Kaïmakan pour exercer les fonctions du vizirat pendant l'interim. Il rouvrit les cafés publics et s'occupa des fraudes dans le débit des vivres et des denrées. Ali Pacha arriva à Scutari de Perse le 10 mai, accueilli par les grands de l'Empire et une foule curieuse. Il fut reçu par le sultan, qui lui confia le sceau impérial et les marques de sa dignité. Ismaël Pacha fut nommé pacha à trois queues en plein Divan, et plusieurs autres nominations et démissions eurent lieu parmi les hauts fonctionnaires. Ali Pacha fit également une tournée à Constantinople pour réguler les prix des vivres et punir les contrevenants.
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2237
p. 1627-1628
ALLEMAGNE.
Début :
Le 25. du mois dernier, on exposa au Pilory à Vienne [...]
Mots clefs :
Allemagne, Pilori, Majorité des enfants
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
du mois dernier , on exposa au Pilory
Là Vienne 25. Mandians et Vagabonds qui
furent bannis ensuite de la Ville , sous peine d'être punis de mort s'ils y rentrent , sous quelque
prétexte que ce soit.
On apprend dɔ Duffeldorp , que l'Electeur de
Cologne avoit été élû Grand- Maître de l'Ordre
Teutonique.
On mande d'Hambourg , que les Magistrats
de cette Ville avoient fait un changement aux
Loix touchant la Majorité des Enfans , et qu'en
conséquence les garçons qui étoient majeurs à
18. ans , ne le seront plus qu'à 22. et les filies
qui l'étoient à 14. ne le seront qu'à 18. accomplis.
On écrit de Berlin , qu'il y étoit déja arrivé à
la fin du mois dernier dans la Pruffe Royale ,
près de 7000. Fugitifs de l'Evêché de Saltzbourg,
et on en attend encore 3. ou 4000. qui sont attirez dans ce Pays par les conditions avantageuses que le Roy leur a faites.
On
1628 MERCURE DE FRANCE
On a appris de Mergentheim , que l'Electeur
de Cologne, avoit été élûGrand- Maître de l'Ordre
Teutonique , et qu'il y étoit attendu le 16. de ce
mois pour prendre possession de cette nouvelle
Dignité
du mois dernier , on exposa au Pilory
Là Vienne 25. Mandians et Vagabonds qui
furent bannis ensuite de la Ville , sous peine d'être punis de mort s'ils y rentrent , sous quelque
prétexte que ce soit.
On apprend dɔ Duffeldorp , que l'Electeur de
Cologne avoit été élû Grand- Maître de l'Ordre
Teutonique.
On mande d'Hambourg , que les Magistrats
de cette Ville avoient fait un changement aux
Loix touchant la Majorité des Enfans , et qu'en
conséquence les garçons qui étoient majeurs à
18. ans , ne le seront plus qu'à 22. et les filies
qui l'étoient à 14. ne le seront qu'à 18. accomplis.
On écrit de Berlin , qu'il y étoit déja arrivé à
la fin du mois dernier dans la Pruffe Royale ,
près de 7000. Fugitifs de l'Evêché de Saltzbourg,
et on en attend encore 3. ou 4000. qui sont attirez dans ce Pays par les conditions avantageuses que le Roy leur a faites.
On
1628 MERCURE DE FRANCE
On a appris de Mergentheim , que l'Electeur
de Cologne, avoit été élûGrand- Maître de l'Ordre
Teutonique , et qu'il y étoit attendu le 16. de ce
mois pour prendre possession de cette nouvelle
Dignité
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, des mesures sévères ont été prises contre les mendiants et vagabonds à Vienne, où 25 individus ont été exposés au pilori puis bannis sous peine de mort en cas de retour. À Duffeldorp et Mergentheim, il a été rapporté que l'Électeur de Cologne avait été élu Grand-Maître de l'Ordre Teutonique, avec une prise de possession prévue le 16 du mois. À Hambourg, les lois sur la majorité des enfants ont été modifiées : les garçons atteindront la majorité à 22 ans au lieu de 18, et les filles à 18 ans au lieu de 14. À Berlin, environ 7 000 fugitifs de l'Évêché de Salzbourg sont arrivés en Prusse Royale, attirés par les conditions avantageuses offertes par le roi, avec l'attente de 3 000 à 4 000 autres.
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2238
p. 1628
ITALIE.
Début :
Il a été décidé dans la derniere Congrégation de Non [...]
Mots clefs :
Cardinal Coscia, Criminels, Galères
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
L a été décidé dans la derniere Congrégation
de Non Nullis , que le Cardinal Coscia seroit
interrogé en presence des Cardinaux Barberin ,
Imperiali et Laurent Altieri , qui sont Chefs d'Ordres , et qu'ils se transporteront à ce sujet
au Convent de sainte Praxede , où ce Cardinal
est obligé de demeurer jusqu'à - ce que ses affaires
soient terminées.
Le Roy de Sardaigne fait faire à ses frais dans
T'Eglise des Dominicains de sainte Marie sur la Minerve , un superbe Mausolée pour le corps du
feu Pape Benoît XIII . qui, doit y être tranporté incessamment.
Le 3. Juillet on fit partir de Rome pour
Civitavechia , une Chaîne de 34. Criminels condamnez aux Galeres , parmi lesquels il y a un
Prêtre Maltois , qui celebroit 5. ou 6. Messes
par jour.
Le s de ce mois au matin , le Cardinal Coscia
fut interrogé pendant cinq heures , dans le Convent de S. Praxede , en presence des Cardinaux
Barberin , Zondodari , Imperiali , Laurent Altieri
et Origini , après la Séance , on laissa auprès de
lui une Garde d'un Officier et de 12. Soldats qui ont ordre de ne le laisser parler à qui que ce
soit , jusqu'à- ce qu'il ait subi le second et le troi- siéme Interrogatoire.
L a été décidé dans la derniere Congrégation
de Non Nullis , que le Cardinal Coscia seroit
interrogé en presence des Cardinaux Barberin ,
Imperiali et Laurent Altieri , qui sont Chefs d'Ordres , et qu'ils se transporteront à ce sujet
au Convent de sainte Praxede , où ce Cardinal
est obligé de demeurer jusqu'à - ce que ses affaires
soient terminées.
Le Roy de Sardaigne fait faire à ses frais dans
T'Eglise des Dominicains de sainte Marie sur la Minerve , un superbe Mausolée pour le corps du
feu Pape Benoît XIII . qui, doit y être tranporté incessamment.
Le 3. Juillet on fit partir de Rome pour
Civitavechia , une Chaîne de 34. Criminels condamnez aux Galeres , parmi lesquels il y a un
Prêtre Maltois , qui celebroit 5. ou 6. Messes
par jour.
Le s de ce mois au matin , le Cardinal Coscia
fut interrogé pendant cinq heures , dans le Convent de S. Praxede , en presence des Cardinaux
Barberin , Zondodari , Imperiali , Laurent Altieri
et Origini , après la Séance , on laissa auprès de
lui une Garde d'un Officier et de 12. Soldats qui ont ordre de ne le laisser parler à qui que ce
soit , jusqu'à- ce qu'il ait subi le second et le troi- siéme Interrogatoire.
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Résumé : ITALIE.
Le texte relate plusieurs événements impliquant la Curie romaine et des figures ecclésiastiques. Lors de la dernière Congrégation de Non Nullis, il a été décidé d'interroger le Cardinal Coscia en présence des Cardinaux Barberin, Imperiali et Laurent Altieri au Convent de Sainte Praxède, où il doit résider jusqu'à la fin des procédures. Le Roi de Sardaigne finance la construction d'un mausolée pour le Pape Benoît XIII dans l'église des Dominicains de Sainte Marie sur la Minerve, où son corps doit être transféré prochainement. Le 3 juillet, 34 criminels condamnés aux galères, dont un prêtre maltais célébrant plusieurs messes par jour, ont été envoyés de Rome à Civitavecchia. Le 8 juillet, le Cardinal Coscia a été interrogé pendant cinq heures en présence des Cardinaux Barberin, Zondodari, Imperiali, Laurent Altieri et Origini. Après cette séance, une garde composée d'un officier et de douze soldats a été placée auprès de lui pour l'empêcher de communiquer avec quiconque jusqu'à ses prochains interrogatoires.
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2239
p. 1629-1635
ESPAGNE. TRADUCTION d'un Decret de S. M. Catholique.
Début :
Mon intention étant de ne laisser séparé du sein de [...]
Mots clefs :
Espagne, Traduction d'un décret, Toute-Puissance, Roi d'Espagne, Tribunaux, Alicante, Flotte, Armée, Oran
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE. TRADUCTION d'un Decret de S. M. Catholique.
ESPAGNE.
TRADUCTION d'un Decret
de S. M. Catholique.
Mo
2
On intention étant de ne laisser séparé dis
sein de l'Eglise et de notre Religion Catho
lique , aucun des Domaines que la Divine Provi
dence remit à mes soins , quand elle me plaça sur le Trône de cette Monarchie , et qui par la superiorité
et la multitude de mes ennemis , m'ont été vioLemment et frauduleusement enlevez. J'ai médité
de tout temps la maniere dont je pourrois les réunirs .
mais comme la diversité des Evenemens m'a
empêchéjusqu'à present de parvenir à ce but tant
souhaité, je n'ai pu employer, selon ma volonté , les forces que la-Toute-Puissance m'a confiées; et quoique je ne sois pas aujourd'hui entierement libre d'autres soins , j'ai résolu de ne point differer à recouvrer l'importante Place d'Oran, qui a été autrefois l'objet de la pieté et de la valeur de la Nation
Espagnole ; et ayant principalement consideré
cette Place étant au pouvoir des Barbares Affri- que
cains, la porte est fermée à la Propagation de notre sacrée Religion , et qu'elle leur sert de moyen pour
mettre en esclavage les Habitans des Côtes immé--
·diates del'Espagne et d'ailleurs ayant dejustes raisons de craindre que les Barbares unefois instruits a
faire la guerre par Mer et par Terre , ne se préva- lent de cette Place et de son Port , pour causer des
fatalitez et des dommages aux Provinces voisines
de ce Royaume , si unefois elles étoient moins pourvûës de Troupes qu'elles ne le sont aujourd'hui.
Pour parveniravec l'assistance du Tout-Puissant ,
àun but si important , j'ai ordonné de faire assem-
:
H blox
1630 MERCURE DE FRANCE
>
dans
bler auprès d'Alicante un Corps de 30. mille hommes, s'il en est besoin , tant d'Infanterie que de
Cavalerie , pourvûs de tous les Vivres , Artillerie ,
Munitions et Outils convenables pour quelque entreprise considerable , sous les ordres du Capitaine General le Comte de Montemar et d'autres Officiers Generaux et particuliers que j'ai nommez
dont l'experience et la valeur me font esperer un
succès glorieux ; embarquez par mes ordres ,
un nombre suffisant de Navires ,
par les Escadres des Vaisseaux , des Galeres et
des Galiotes que j'ai fait armer, ils partent pour
le recouvrement d'Oran ; et comme toutes les pré- cautions humaines ne peuvent rien sans le secours de la Toute-Puissance , j'ordonne que ce Decret de
mon Conseil soit communiqué aux Archevêques ,
Evêques , Chapitres Ecclesiastiques , Villes et Bourgs
de mes Royaumes , comme on l'a pratiqué dans
d'autres occasions , afin d'obtenir , par des Prieres ,
et escortez
que le Tout-Puissant benisse et protege mes Armes
et mes vives ardeurs pour une Expedition si importante . Donné à Seville , le 6. Juin 1732. Signé,
MOY LE ROY. Et au bas est écrit , A
'Archevêque , Gouverneur du Conseil de Castille.
Le 25. Juin , les Tribunaux , le Corps de Ville
de Madrid , le Clergé Séculier et les Religieux
des Ordres Mandians , se rendirent à l'Eglise de
la Paroisse de sainte Marie de Almuneda , où en
vertu du Decret du Roy , adressé au Président
du Conseil de Castille , on commença des Prieres publiques pour demander à Dieu ses graces
et ses benedictions pour le succès de l'entreprise
de S. M. Cath. sur la Ville d'Oran en Afrique. L'ouverture de la Neuvaine se par une Procession generale qui sortit de cette Eglise, et se renfit
dit
JUILLET. 1732 : 1631
dit à celle de Sainte Croix. Le lendemain la mê
me Procession alla de la Paroisse de S. Jacques
à la Chapelle de N. Dame d'Atocha , et le 27. à
l'Eglise des Capucins de S. Antoine.
Le même jour , le Cardinal d'Astorga , Archevêque de Tolede , fit aussi l'ouverture des
Prieres publiques dans son Eglise Métropolitaine , dont relevoit autrefois la Ville d'Oran depuis la conquête qui en fut faite en 1509. par le
Cardinal Ximenes de Cisneros.
On a appris d'Alicante , que la Fotte du Roy
avoit mis à la voile le 15. du mois dernier , et
qu'on l'avoit perduë de vûë le 16.
Les Officiers Generaux qui commandent
dans l'Armée du Roy , embarquez sur cette
Flote , sont , le Comte de Montemar , qui en est
Capitaine General ; le Comte de Bureta ; Don
Philippe Dupuy ; le Comte de Zueveghen ; le
Marquis de Rerves ; le Vicomte del Puerto ,
Don Jerôme de Solis , le Marquis de Grassia
Real , le Comte de Roy- de - Ville , le Baron de
Sandrasqui, le Marquis de Montreal , Don Louis
d'Acosta , Don Gonçales de Carvagal´, le Marquis de Pozoblanco , Don François de Valanza ,
Don Jean Gonçales , Don Antoine Alvarés de
Bonorques , le Marquis de Santa- Cruz , et Don
Louis Dormay , Lieutenans Generaux ; Don Jo- seph Ybanez , Don André de Benincasa , Don
Barthelemy Ladron , Don Jean- Bapt. de Gages,
Don Renaud Mac- Donel , Don Jean Ely , le
Comte de Cecil , Don Nicolas Sangro , Don
Michel Cavanillas , Don Gregoire Gualoy Pueyo,
Don Dominique Sangro , Don Lelio Caraffe ,
Don François Ocampo , Don Joseph de Vicaria,
Don Isidore Germa , le Marquis de la Mina , le
Comte de Mariani , Don Luc Ferdinand PatinHij ho
1632 MERCURE DE FRANCE
Don
ho et Don André d'Afffito , Maréchaux de
Camp ; Don Sebastien d'Eselava , Don Manuel
de Sada-y- Antillon , Don Philippe Ramirez ,
Don Jean -François d'Horcasitas , Don Greg
Filtz Gerald , le Duc de S. Blas , Don Diegue
Fonce , Don Sauveur Joseph de Roldan , Jacques de Sylva , le Marquis de Baldacannas.et
Don Charles Vander Cruzen , Brigadiers.
Par la Liste publiée à Séville , des Régimens
employez à cette expedition , ces Troupes consistent en 32. Bataillons , faisant.21.23000 . hommes , 12. Escadrons , faisant 1676. hommes , er
12. Escadros de . Dragons , montant à 1709. hommes , ensemble 26377. hommes. L'Artillerie
consiste en 110. Pieces de Canon , dont. 60. porlivres de balle , 20. 16. livres , 16. 12.
livres , et 14. 4. livres , et 60 Mortiers , sçavoir , 20. de 18 et 40. de 12. pouces de circonference ;
Il y a cent Bombardiers , 25. Mineurs et 40. Ingenieurs. Outre les Escadrons marquez cy- dessus,
4. Régimens de. Cavalerie de 3 Escadrons chacun , ainsi que quelques Bataillons , ont ordre de
se tenir prêts à être transportez en Afrique , en
cas de besoin.
tent 240
" On a appris depuis de, Séville , que la Flote
partie d'Alicante , étoit composée de 12. Vaisseaux de ligne , 2 Frégates , 2. Galiotes à Bom
bes , sept Galeres , dix -huit Galiotes à Rames , 12. Barques longues armées , et plus de :
joo. Bâtimens de transport ; que cette Flate
avoit été retenue pendant 7. jours au Cap de Palos , par les vents contraires , qu'elle n'en étoit
partie que
le 24. et que le 25. elle étoit devant
Oran que les vents, contraires avoient fait retar
der le débarquement jusqu'au 28 au soir ; que
le 29. à la pointe du jour , les Troupes débarquées
JUILLET. 17325 1633
quées avoient commencé à s'étendre du côté de
la Plage des Aiguades , qui est à une lieuë au
Couchant du Château d'Almarza , ou Mazarquibir ; qu'elles s'y étoient mises en Bataille sur
einq lignes ; que pendant que ces lignes se for
moient , les Maures avoient paru au nombre de
10. à 12000 hommes divisez en plusieurs troupes , pour être moins exposez au grand feu de
PArtillerie des Vaisseaux et des Galeres ; qu'on
avoit remarqué que le premier coup de Canon
tiré par la Galere le S. Joseph , avoit emporté l'Etendart de la plus nombreuse Troupe des Mau
res , ce qui les avoit fait reculer ; que toutes les
Troupes du Roy , tant Infanterie que Cavalerie ;
avoient débarqué malgré les escarmouches continuelles des Ennemis , et qu'il n'y avoit eu qu'un
petit nombre de Soldats blessez ; que les Maureg
ayant reconnu que tout le débarquement étoit
fait , leur Commandant avoit envoyé un Déta
chement de Cavalerie pour enlever beaucoup de
Soldats qui étoient restez à une Fontaine un peur
éloignée du Camp des Espagnols ; que le Comte de Montemar averti de cette marche avoit envoyé contre eux un détachement de 16. Compa gnies de Grenadiers , commandé par Don Luc
Ferdinand Patinho , et de 400. Cavaliers, sous les
ordres du Marquis de la Mina , pour favoriser la
retraite de ces Soldats écartez, mais qu'une partie
du Régiment du Prince , qui par hazard avois
débarqué du même côté de la Fontaine , avoit eté
suffisant pour repousser les Maures , et pour
obliger à se retirer sur le haut de la Montagne.
Les Lettres reçûës en dernier lieu de Seville portent , que le 5. le 6. et le 7. de ce mois , Don
Diegue Yopuli , le Comte de Valhermoso , et le
Marquis de la Mina , y avoient été dépêchez par
H iij
les
le
1624 MERCURE DE FRANCE
le Comte de Montemar , pour apporter au Roy
la nouvelle et le détail du Combat qui s'étoit
donné le 30. du mois dernier aux environs de
Mazarquibir , entre l'Armée de S M. Cat. et celle des Maures. Ces Lettres ajoûtent que les Maures avoient été défaits et mis en fuite , et que le
premier de ce mois l'Armée du Roy avoit prisle Château de Mazarquibir , la Ville et les Forts
d'Oran ; qu'on y avoit trouvé 138. pieces de
Canon, parmi lesquelles il y en avoit 87. de
bronze , 7. Mortiers , une grande quantité de Fusils. , de Sabres et d'autres Armes , et beaucoup
de Munitions de guerre et de Provisions , que la
fuite précipitée des Maures ne leur a pas permis d'emporter.
Pour rendre graces à Dieu d'un succès si heureux , le Roy a écrit dans les principales Villes
de son Royaume , pour y faire chanter le Te
Deum , et en consequence des ordres de S. M.
on a fait à Sevi le une Procession generale du
Clergé Séculier et Régulier , à laquelle l'Archevêque et le Corps de Ville ont assisté, et on a exposé à la veneration publique le Corps du Roy S. Ferdinand.
Les. on chanta le Te Deum, et on fit une se
conde Procession , qui alla faire sa Station à la
Chapelle où l'on conserve le Corps de ce S. Roy.
Le 6. on recommença une Neuvaine dans l'Église de N. Dame de l'Antiga , où il y a une
Image miraculeuse de la sainte Vierge , devant
Jaque le S. Ferdinand alloit souvent faire ses
prieres.
Le 9. il y eut à Madrid des Réjouissances publiques , des Feux d'Artifices et des Illuminations
qui ont duré trois nuits consécutives , à l'occasion de la nouvelle du débarquement , et on les
:
JUILLET. 1732. 1635
a recommencées depuis pour la Prise d'Oran
et de Mazarquibir.
On apprend d'Alger , que la Regence avoit fait
de grands préparatifs pour sa deffense , en cas
que la Ville fût attaquée ; que le vieux et le nouveau Mole , étoient garnis de Troupes et d'Artillerie , que le Dey avoit renforcé de 9000.
hommes la Garnison d'Oran , où il avoit fait
entrer quelques Ingenieurs étrangers , pour la
deffense des Ouvrages ; qu'il y avoit actuellement à Alger 14000. hommes de Troupes re- glées , sans compter les Milices de la Ville , et
que la Régence pouvoit mettre en campagne un
Corps de 15000. hommes de Cavalerie,
TRADUCTION d'un Decret
de S. M. Catholique.
Mo
2
On intention étant de ne laisser séparé dis
sein de l'Eglise et de notre Religion Catho
lique , aucun des Domaines que la Divine Provi
dence remit à mes soins , quand elle me plaça sur le Trône de cette Monarchie , et qui par la superiorité
et la multitude de mes ennemis , m'ont été vioLemment et frauduleusement enlevez. J'ai médité
de tout temps la maniere dont je pourrois les réunirs .
mais comme la diversité des Evenemens m'a
empêchéjusqu'à present de parvenir à ce but tant
souhaité, je n'ai pu employer, selon ma volonté , les forces que la-Toute-Puissance m'a confiées; et quoique je ne sois pas aujourd'hui entierement libre d'autres soins , j'ai résolu de ne point differer à recouvrer l'importante Place d'Oran, qui a été autrefois l'objet de la pieté et de la valeur de la Nation
Espagnole ; et ayant principalement consideré
cette Place étant au pouvoir des Barbares Affri- que
cains, la porte est fermée à la Propagation de notre sacrée Religion , et qu'elle leur sert de moyen pour
mettre en esclavage les Habitans des Côtes immé--
·diates del'Espagne et d'ailleurs ayant dejustes raisons de craindre que les Barbares unefois instruits a
faire la guerre par Mer et par Terre , ne se préva- lent de cette Place et de son Port , pour causer des
fatalitez et des dommages aux Provinces voisines
de ce Royaume , si unefois elles étoient moins pourvûës de Troupes qu'elles ne le sont aujourd'hui.
Pour parveniravec l'assistance du Tout-Puissant ,
àun but si important , j'ai ordonné de faire assem-
:
H blox
1630 MERCURE DE FRANCE
>
dans
bler auprès d'Alicante un Corps de 30. mille hommes, s'il en est besoin , tant d'Infanterie que de
Cavalerie , pourvûs de tous les Vivres , Artillerie ,
Munitions et Outils convenables pour quelque entreprise considerable , sous les ordres du Capitaine General le Comte de Montemar et d'autres Officiers Generaux et particuliers que j'ai nommez
dont l'experience et la valeur me font esperer un
succès glorieux ; embarquez par mes ordres ,
un nombre suffisant de Navires ,
par les Escadres des Vaisseaux , des Galeres et
des Galiotes que j'ai fait armer, ils partent pour
le recouvrement d'Oran ; et comme toutes les pré- cautions humaines ne peuvent rien sans le secours de la Toute-Puissance , j'ordonne que ce Decret de
mon Conseil soit communiqué aux Archevêques ,
Evêques , Chapitres Ecclesiastiques , Villes et Bourgs
de mes Royaumes , comme on l'a pratiqué dans
d'autres occasions , afin d'obtenir , par des Prieres ,
et escortez
que le Tout-Puissant benisse et protege mes Armes
et mes vives ardeurs pour une Expedition si importante . Donné à Seville , le 6. Juin 1732. Signé,
MOY LE ROY. Et au bas est écrit , A
'Archevêque , Gouverneur du Conseil de Castille.
Le 25. Juin , les Tribunaux , le Corps de Ville
de Madrid , le Clergé Séculier et les Religieux
des Ordres Mandians , se rendirent à l'Eglise de
la Paroisse de sainte Marie de Almuneda , où en
vertu du Decret du Roy , adressé au Président
du Conseil de Castille , on commença des Prieres publiques pour demander à Dieu ses graces
et ses benedictions pour le succès de l'entreprise
de S. M. Cath. sur la Ville d'Oran en Afrique. L'ouverture de la Neuvaine se par une Procession generale qui sortit de cette Eglise, et se renfit
dit
JUILLET. 1732 : 1631
dit à celle de Sainte Croix. Le lendemain la mê
me Procession alla de la Paroisse de S. Jacques
à la Chapelle de N. Dame d'Atocha , et le 27. à
l'Eglise des Capucins de S. Antoine.
Le même jour , le Cardinal d'Astorga , Archevêque de Tolede , fit aussi l'ouverture des
Prieres publiques dans son Eglise Métropolitaine , dont relevoit autrefois la Ville d'Oran depuis la conquête qui en fut faite en 1509. par le
Cardinal Ximenes de Cisneros.
On a appris d'Alicante , que la Fotte du Roy
avoit mis à la voile le 15. du mois dernier , et
qu'on l'avoit perduë de vûë le 16.
Les Officiers Generaux qui commandent
dans l'Armée du Roy , embarquez sur cette
Flote , sont , le Comte de Montemar , qui en est
Capitaine General ; le Comte de Bureta ; Don
Philippe Dupuy ; le Comte de Zueveghen ; le
Marquis de Rerves ; le Vicomte del Puerto ,
Don Jerôme de Solis , le Marquis de Grassia
Real , le Comte de Roy- de - Ville , le Baron de
Sandrasqui, le Marquis de Montreal , Don Louis
d'Acosta , Don Gonçales de Carvagal´, le Marquis de Pozoblanco , Don François de Valanza ,
Don Jean Gonçales , Don Antoine Alvarés de
Bonorques , le Marquis de Santa- Cruz , et Don
Louis Dormay , Lieutenans Generaux ; Don Jo- seph Ybanez , Don André de Benincasa , Don
Barthelemy Ladron , Don Jean- Bapt. de Gages,
Don Renaud Mac- Donel , Don Jean Ely , le
Comte de Cecil , Don Nicolas Sangro , Don
Michel Cavanillas , Don Gregoire Gualoy Pueyo,
Don Dominique Sangro , Don Lelio Caraffe ,
Don François Ocampo , Don Joseph de Vicaria,
Don Isidore Germa , le Marquis de la Mina , le
Comte de Mariani , Don Luc Ferdinand PatinHij ho
1632 MERCURE DE FRANCE
Don
ho et Don André d'Afffito , Maréchaux de
Camp ; Don Sebastien d'Eselava , Don Manuel
de Sada-y- Antillon , Don Philippe Ramirez ,
Don Jean -François d'Horcasitas , Don Greg
Filtz Gerald , le Duc de S. Blas , Don Diegue
Fonce , Don Sauveur Joseph de Roldan , Jacques de Sylva , le Marquis de Baldacannas.et
Don Charles Vander Cruzen , Brigadiers.
Par la Liste publiée à Séville , des Régimens
employez à cette expedition , ces Troupes consistent en 32. Bataillons , faisant.21.23000 . hommes , 12. Escadrons , faisant 1676. hommes , er
12. Escadros de . Dragons , montant à 1709. hommes , ensemble 26377. hommes. L'Artillerie
consiste en 110. Pieces de Canon , dont. 60. porlivres de balle , 20. 16. livres , 16. 12.
livres , et 14. 4. livres , et 60 Mortiers , sçavoir , 20. de 18 et 40. de 12. pouces de circonference ;
Il y a cent Bombardiers , 25. Mineurs et 40. Ingenieurs. Outre les Escadrons marquez cy- dessus,
4. Régimens de. Cavalerie de 3 Escadrons chacun , ainsi que quelques Bataillons , ont ordre de
se tenir prêts à être transportez en Afrique , en
cas de besoin.
tent 240
" On a appris depuis de, Séville , que la Flote
partie d'Alicante , étoit composée de 12. Vaisseaux de ligne , 2 Frégates , 2. Galiotes à Bom
bes , sept Galeres , dix -huit Galiotes à Rames , 12. Barques longues armées , et plus de :
joo. Bâtimens de transport ; que cette Flate
avoit été retenue pendant 7. jours au Cap de Palos , par les vents contraires , qu'elle n'en étoit
partie que
le 24. et que le 25. elle étoit devant
Oran que les vents, contraires avoient fait retar
der le débarquement jusqu'au 28 au soir ; que
le 29. à la pointe du jour , les Troupes débarquées
JUILLET. 17325 1633
quées avoient commencé à s'étendre du côté de
la Plage des Aiguades , qui est à une lieuë au
Couchant du Château d'Almarza , ou Mazarquibir ; qu'elles s'y étoient mises en Bataille sur
einq lignes ; que pendant que ces lignes se for
moient , les Maures avoient paru au nombre de
10. à 12000 hommes divisez en plusieurs troupes , pour être moins exposez au grand feu de
PArtillerie des Vaisseaux et des Galeres ; qu'on
avoit remarqué que le premier coup de Canon
tiré par la Galere le S. Joseph , avoit emporté l'Etendart de la plus nombreuse Troupe des Mau
res , ce qui les avoit fait reculer ; que toutes les
Troupes du Roy , tant Infanterie que Cavalerie ;
avoient débarqué malgré les escarmouches continuelles des Ennemis , et qu'il n'y avoit eu qu'un
petit nombre de Soldats blessez ; que les Maureg
ayant reconnu que tout le débarquement étoit
fait , leur Commandant avoit envoyé un Déta
chement de Cavalerie pour enlever beaucoup de
Soldats qui étoient restez à une Fontaine un peur
éloignée du Camp des Espagnols ; que le Comte de Montemar averti de cette marche avoit envoyé contre eux un détachement de 16. Compa gnies de Grenadiers , commandé par Don Luc
Ferdinand Patinho , et de 400. Cavaliers, sous les
ordres du Marquis de la Mina , pour favoriser la
retraite de ces Soldats écartez, mais qu'une partie
du Régiment du Prince , qui par hazard avois
débarqué du même côté de la Fontaine , avoit eté
suffisant pour repousser les Maures , et pour
obliger à se retirer sur le haut de la Montagne.
Les Lettres reçûës en dernier lieu de Seville portent , que le 5. le 6. et le 7. de ce mois , Don
Diegue Yopuli , le Comte de Valhermoso , et le
Marquis de la Mina , y avoient été dépêchez par
H iij
les
le
1624 MERCURE DE FRANCE
le Comte de Montemar , pour apporter au Roy
la nouvelle et le détail du Combat qui s'étoit
donné le 30. du mois dernier aux environs de
Mazarquibir , entre l'Armée de S M. Cat. et celle des Maures. Ces Lettres ajoûtent que les Maures avoient été défaits et mis en fuite , et que le
premier de ce mois l'Armée du Roy avoit prisle Château de Mazarquibir , la Ville et les Forts
d'Oran ; qu'on y avoit trouvé 138. pieces de
Canon, parmi lesquelles il y en avoit 87. de
bronze , 7. Mortiers , une grande quantité de Fusils. , de Sabres et d'autres Armes , et beaucoup
de Munitions de guerre et de Provisions , que la
fuite précipitée des Maures ne leur a pas permis d'emporter.
Pour rendre graces à Dieu d'un succès si heureux , le Roy a écrit dans les principales Villes
de son Royaume , pour y faire chanter le Te
Deum , et en consequence des ordres de S. M.
on a fait à Sevi le une Procession generale du
Clergé Séculier et Régulier , à laquelle l'Archevêque et le Corps de Ville ont assisté, et on a exposé à la veneration publique le Corps du Roy S. Ferdinand.
Les. on chanta le Te Deum, et on fit une se
conde Procession , qui alla faire sa Station à la
Chapelle où l'on conserve le Corps de ce S. Roy.
Le 6. on recommença une Neuvaine dans l'Église de N. Dame de l'Antiga , où il y a une
Image miraculeuse de la sainte Vierge , devant
Jaque le S. Ferdinand alloit souvent faire ses
prieres.
Le 9. il y eut à Madrid des Réjouissances publiques , des Feux d'Artifices et des Illuminations
qui ont duré trois nuits consécutives , à l'occasion de la nouvelle du débarquement , et on les
:
JUILLET. 1732. 1635
a recommencées depuis pour la Prise d'Oran
et de Mazarquibir.
On apprend d'Alger , que la Regence avoit fait
de grands préparatifs pour sa deffense , en cas
que la Ville fût attaquée ; que le vieux et le nouveau Mole , étoient garnis de Troupes et d'Artillerie , que le Dey avoit renforcé de 9000.
hommes la Garnison d'Oran , où il avoit fait
entrer quelques Ingenieurs étrangers , pour la
deffense des Ouvrages ; qu'il y avoit actuellement à Alger 14000. hommes de Troupes re- glées , sans compter les Milices de la Ville , et
que la Régence pouvoit mettre en campagne un
Corps de 15000. hommes de Cavalerie,
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Résumé : ESPAGNE. TRADUCTION d'un Decret de S. M. Catholique.
Le 6 juin 1732, le roi d'Espagne promulgue un décret visant à récupérer la ville d'Oran, alors sous contrôle des Barbaresques. Le roi exprime son intention de réunir les domaines séparés de l'Église et de la religion catholique, enlevés par la force et la fraude. La possession d'Oran par les Barbaresques empêche la propagation de la religion catholique et menace les côtes espagnoles. Pour cette raison, il ordonne l'assemblage d'une armée de 30 000 hommes près d'Alicante, sous le commandement du Comte de Montemar, et la préparation d'une flotte composée de vaisseaux, galères et galiotes. Le décret appelle également à des prières publiques pour obtenir la bénédiction divine. Le 25 juin 1732, des prières publiques sont organisées à Madrid et dans d'autres villes pour le succès de l'expédition. La flotte, partie le 15 juin, atteint Oran le 25 juin. Malgré des vents contraires et des escarmouches avec les Maures, les troupes espagnoles débarquent et commencent à s'étendre. Le 30 juin, un combat a lieu près de Mazarquivir, où les Maures sont défaits. Le 1er juillet, l'armée espagnole prend le château de Mazarquivir, la ville et les forts d'Oran, y trouvant une grande quantité d'armes et de munitions. Pour célébrer cette victoire, le roi ordonne des actions de grâce, notamment des processions et des Te Deum dans les principales villes du royaume. Des réjouissances publiques sont organisées à Madrid. Alger, de son côté, avait préparé des défenses, mais celles-ci n'ont pas suffi à empêcher la prise d'Oran.
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2240
p. 1635-1636
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le Roy d'Espagne a fait proposer à la Compagne [...]
Mots clefs :
Compagnie de la Mer du Sud, Grande-Bretagne, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
Lpagne de la Mer da Sul , d'annuler la con- E Roy d'Espagne a fait proposer à la Comvention , suivant laquelle elle envoye tous les ans
'un Vaisseau à la Mer du Sud , ce qui fait tort à
tous les Négocians de l'Europe , et en particulier
à la Nation Angloise , et de lui donner en échange un équivalent de deux pour cent sur toutes Ies Marchandises du retour des Gallions et de la
Flotille , et qui pour cette année seroit un peu
plus fort , en considération de ce que cette Compagnie a déja acheté les Marchandises qu'elle de- voit envoyer au mois d'Août à la Mer du Sud.
On ne sçait pas encore si ces propositions seront
acceptées , mais la plupart des Négocians les
trouvent très-favorables , parce que cette Compagnie leur fait un très - grand tort.
Le Chevalier Rob. Sutton , qui a été exclus de la Chambre des Communes à l'occasion des affaires de la Charitable Corporation , a signé de- vant
Hiiij
3636 MERCURE DE FRANCE
vant les Barons de l'Echiquier sa soumission de
ne point sortir du Royaume jusqu'à la fin de la
prochaine Séance du Parlement.
Lpagne de la Mer da Sul , d'annuler la con- E Roy d'Espagne a fait proposer à la Comvention , suivant laquelle elle envoye tous les ans
'un Vaisseau à la Mer du Sud , ce qui fait tort à
tous les Négocians de l'Europe , et en particulier
à la Nation Angloise , et de lui donner en échange un équivalent de deux pour cent sur toutes Ies Marchandises du retour des Gallions et de la
Flotille , et qui pour cette année seroit un peu
plus fort , en considération de ce que cette Compagnie a déja acheté les Marchandises qu'elle de- voit envoyer au mois d'Août à la Mer du Sud.
On ne sçait pas encore si ces propositions seront
acceptées , mais la plupart des Négocians les
trouvent très-favorables , parce que cette Compagnie leur fait un très - grand tort.
Le Chevalier Rob. Sutton , qui a été exclus de la Chambre des Communes à l'occasion des affaires de la Charitable Corporation , a signé de- vant
Hiiij
3636 MERCURE DE FRANCE
vant les Barons de l'Echiquier sa soumission de
ne point sortir du Royaume jusqu'à la fin de la
prochaine Séance du Parlement.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le texte aborde deux sujets principaux concernant la Grande-Bretagne. Premièrement, il mentionne une proposition du roi d'Espagne à la Convention nationale française. Cette proposition consiste à envoyer annuellement un vaisseau dans la Mer du Sud, ce qui nuit aux négociants européens, notamment aux Britanniques. En échange, la Compagnie devrait recevoir un équivalent de deux pour cent sur toutes les marchandises ramenées par les galions et la flotille. Pour l'année en cours, ce pourcentage serait légèrement plus élevé en raison des achats déjà effectués par la Compagnie pour l'expédition d'août vers la Mer du Sud. L'acceptation de ces propositions est encore incertaine, mais la majorité des négociants les trouvent favorables car la Compagnie leur cause un préjudice significatif. Deuxièmement, le texte évoque le cas du Chevalier Robert Sutton. Exclu de la Chambre des Communes à la suite des affaires de la Charitable Corporation, il a signé devant les Barons de l'Echiquier sa soumission de ne pas quitter le Royaume jusqu'à la fin de la prochaine séance du Parlement.
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2241
p. 1648-1653
« Le 14, le Prévôt des Marchands et Echevins descendirent la [...] »
Début :
Le 14, le Prévôt des Marchands et Echevins descendirent la [...]
Mots clefs :
Prévôt des marchands, Conversion religieuse, Te Deum, Collège royal de Navarre, Camargo, Mademoiselle Sallé, Ballet, Loterie de la Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 14, le Prévôt des Marchands et Echevins descendirent la [...] »
Le 14 , le Prévôt des Marchands et
Echevins descendirent la Riviere de Seine dans leur Gondole , et firent faire , selon la coûtume , par des Plorgeurs , la
visite des Ponts et des Quays de Paris.
On a eu avis de Toulouse que le 31.
Mai dernier , veille de la Pentecôte , le
sieur Hain Petit , Juif de la Syna- gogue d'Avignon ayant été converti
à la foi par les soins de l'Abbé de La-
-
و
rocque ,
JUILLET. 1732. 1649
rocque , Conseiller Clerc au Parlement
de Toulouse , et Doyen des Enquêtes , et
après avoir été par lui instruit des principes de la Religion , y avoit reçû le Baptême dans l'Eglise Métropolitaine , par
les mains de M. l'Archevêque de Toulause , qui fit à cette occasion un Discours très-éloquent , et rempli d'érudition. Le nouveau Chrétien eut pour
Parrain M. de Maniban , Premier Prési
dent du Parlement de Toulouse , et pour
Maraine Mad. le Mazuyer , épouse
du Procureur Géneral du même Parlement. On lui donna les noms de JosephMarie Gaspard. Après les cérémonies da
-Baptême , l'Archevêque de Toulouse lui
donna le Sacrement de Confirmation , et
ayant ensuite célebré la Messe , il donna
Eucharistie à ce Neophite , qui avoit été
pareillement disposé à recevoir ces Sacremens , par les soins de l'Abbé de Laroque.
Le 19.de ce mois , M. le Grand-Prieur
fit chanter sur le soir dans l'Eglise du
Temple un Te Deum en musique à grand
Choeur , pour la convalescence de Mademoiselle Son Altesse Royale y assista
avec cette Princesse.
3
L'Eglise étoit magnifiquement ornée
et
1650 MERCURE DE FRANCE
et éclairée ; on avoit élevé dans la Nef
une Tribune pour y placer la Musique
le Te Deum de la composition de M. de
Blamont , Sur-Intendant de la Musique
du Roi , y fut éxecuté sous ses ordres et
applaudi d'un grand nombre de personnes de considération qui s'y trouverent.
Après le Te Deum il se fit une décharge
de quantité de Boëtes , et S. A. R. fut
conduite aux Appartemens du Palais
Prieural , où l'on servit des rafraîchissemens.
A l'entrée de la nuit on tira du haut
des Tours des Fusées avec d'autres artifices , dont l'Assemblée qui s'étoit repandue dans le Jardin,pût voir agréablement
tout l'effet.
Le TeDeum fut admirablement éxecuté
par 80. Musiciens des plus célebres , avec
un Motet à voix seule et simphonie , aussi de la composition de M. de Blamont
ainsi que plusieurs grandes Simphonies
à Trompettes et Timbales. Les principaux
qui réciterent furent les Dlles le Maure
Petitpas , Courvassier , Ducroc er Bourbonnois l'aînée ; les Sieurs le Prince
Ducroc , le Baigue , Hardouin , Petitot ,
Cuvillier , Sautier , et les Abbez Benoît
et Maline , qui tous à l'envie se surpasserent ,
JUILLET. 1732. 1651
•
=
tent , ensorte qu'il n'y avoit rien à désirer pour la beauté de l'éxécution et l'effet
de la Musique , dont l'Auteur reçût des
complimens très-gracieux.
,
Le 20. il y eut un Acte considérable au
College Royal de Navarre. M. de Bauffremont , Chevalier de Malthe ay sou
tint des Theses de Mathematiques en présence d'une illustre et nombreuse Assemblée , depuis trois heures jusqu'à six heures du soir. Les Theses étoient sur la
Géometrie spéculative et pratique , sur la
Trigonométrie Rectiligne , sur la Longi
métrie , et sur la Mécanique. Jamais Répondant ne mérita mieux des applaudissemens que ceux que fûrent donnez à
M. de Bauffremont par quantité de Connoisseurs , par ceux même qui disputerent
contre lui, ou qui lui proposerent des difficultez capables d'embarasser des personnes très-avancées dans cette Science.
dans
Il y eut dans cet Exercice une singularité ; c'est pour la premiere fois que
le Pays Latin on a imprimé et distribué
des Theses de Mathematiques en François.
M. le Recteur a bien voulu le permettre ,
à cause que l'usage étant que les Objections , les Demandes et les Réponses ne
se fassent qu'en François dans le tems de
l'Exer
r52 MERCURE DE FRANCE
Exercice , on a crû qu'il y auroit plus
d'uniformité à imprimer aussi les Theses
en François , et que cela donneroit lieu
de proposer les Objections avec plus de
justesse. Il y a lieu de croire que ce premier exemple sera suivi.
Le 24. de ce mois , il y eut une trèsgrande et très-illustre Assemblée au PaLais de Bourbon , chez Madame la Duchesse Douairiere. On y representa , dans
la grande Gallerie , sur un Théatre trèsbien disposé , ainsi que le reste de la Gallerie , la Tragédie de Venceslas , et ensuite une petite Comédie de la composition
de M. de Moncrif , intitulée les Abderites , qui fut extrêmement applaudie : elle
fut terminée par un Balet , dans lequel
les Diles Camargo et Sallé danserent.
Quelques Seigneurs de la Cour ne craignirent point de paroître sous le masque aux
côtez de ces illustres Danseuses , et firent
admirer leur grace et leur noblesse. D'autres Seigneurs joüerent avec beaucoup
d'intelligence les principaux Rôles dans
les deux Piéces dont on vient de parler.
Le 24. Juillet , la Lotterie de la Compagnie des Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere
JUILLET. 17320 1653
maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Com
pagnie. La Liste des Numeros gagnans
des Actions et dixièmes d'Actions qui doivent être remboursées a été renduë publique ,
faisant en tout le nombre de 319.
Actions.
Le 27. de ce mois , l'Abbé de Valras
nommé par le Roi à l'Evêché de Mâcon
fut sacré dans la Chapelle du Seminaire
de S. Sulpice par l'Archevêque de Cambray , assisté de l'Evêque d'Uzès , et de
l'Evêque de Bayeux
Echevins descendirent la Riviere de Seine dans leur Gondole , et firent faire , selon la coûtume , par des Plorgeurs , la
visite des Ponts et des Quays de Paris.
On a eu avis de Toulouse que le 31.
Mai dernier , veille de la Pentecôte , le
sieur Hain Petit , Juif de la Syna- gogue d'Avignon ayant été converti
à la foi par les soins de l'Abbé de La-
-
و
rocque ,
JUILLET. 1732. 1649
rocque , Conseiller Clerc au Parlement
de Toulouse , et Doyen des Enquêtes , et
après avoir été par lui instruit des principes de la Religion , y avoit reçû le Baptême dans l'Eglise Métropolitaine , par
les mains de M. l'Archevêque de Toulause , qui fit à cette occasion un Discours très-éloquent , et rempli d'érudition. Le nouveau Chrétien eut pour
Parrain M. de Maniban , Premier Prési
dent du Parlement de Toulouse , et pour
Maraine Mad. le Mazuyer , épouse
du Procureur Géneral du même Parlement. On lui donna les noms de JosephMarie Gaspard. Après les cérémonies da
-Baptême , l'Archevêque de Toulouse lui
donna le Sacrement de Confirmation , et
ayant ensuite célebré la Messe , il donna
Eucharistie à ce Neophite , qui avoit été
pareillement disposé à recevoir ces Sacremens , par les soins de l'Abbé de Laroque.
Le 19.de ce mois , M. le Grand-Prieur
fit chanter sur le soir dans l'Eglise du
Temple un Te Deum en musique à grand
Choeur , pour la convalescence de Mademoiselle Son Altesse Royale y assista
avec cette Princesse.
3
L'Eglise étoit magnifiquement ornée
et
1650 MERCURE DE FRANCE
et éclairée ; on avoit élevé dans la Nef
une Tribune pour y placer la Musique
le Te Deum de la composition de M. de
Blamont , Sur-Intendant de la Musique
du Roi , y fut éxecuté sous ses ordres et
applaudi d'un grand nombre de personnes de considération qui s'y trouverent.
Après le Te Deum il se fit une décharge
de quantité de Boëtes , et S. A. R. fut
conduite aux Appartemens du Palais
Prieural , où l'on servit des rafraîchissemens.
A l'entrée de la nuit on tira du haut
des Tours des Fusées avec d'autres artifices , dont l'Assemblée qui s'étoit repandue dans le Jardin,pût voir agréablement
tout l'effet.
Le TeDeum fut admirablement éxecuté
par 80. Musiciens des plus célebres , avec
un Motet à voix seule et simphonie , aussi de la composition de M. de Blamont
ainsi que plusieurs grandes Simphonies
à Trompettes et Timbales. Les principaux
qui réciterent furent les Dlles le Maure
Petitpas , Courvassier , Ducroc er Bourbonnois l'aînée ; les Sieurs le Prince
Ducroc , le Baigue , Hardouin , Petitot ,
Cuvillier , Sautier , et les Abbez Benoît
et Maline , qui tous à l'envie se surpasserent ,
JUILLET. 1732. 1651
•
=
tent , ensorte qu'il n'y avoit rien à désirer pour la beauté de l'éxécution et l'effet
de la Musique , dont l'Auteur reçût des
complimens très-gracieux.
,
Le 20. il y eut un Acte considérable au
College Royal de Navarre. M. de Bauffremont , Chevalier de Malthe ay sou
tint des Theses de Mathematiques en présence d'une illustre et nombreuse Assemblée , depuis trois heures jusqu'à six heures du soir. Les Theses étoient sur la
Géometrie spéculative et pratique , sur la
Trigonométrie Rectiligne , sur la Longi
métrie , et sur la Mécanique. Jamais Répondant ne mérita mieux des applaudissemens que ceux que fûrent donnez à
M. de Bauffremont par quantité de Connoisseurs , par ceux même qui disputerent
contre lui, ou qui lui proposerent des difficultez capables d'embarasser des personnes très-avancées dans cette Science.
dans
Il y eut dans cet Exercice une singularité ; c'est pour la premiere fois que
le Pays Latin on a imprimé et distribué
des Theses de Mathematiques en François.
M. le Recteur a bien voulu le permettre ,
à cause que l'usage étant que les Objections , les Demandes et les Réponses ne
se fassent qu'en François dans le tems de
l'Exer
r52 MERCURE DE FRANCE
Exercice , on a crû qu'il y auroit plus
d'uniformité à imprimer aussi les Theses
en François , et que cela donneroit lieu
de proposer les Objections avec plus de
justesse. Il y a lieu de croire que ce premier exemple sera suivi.
Le 24. de ce mois , il y eut une trèsgrande et très-illustre Assemblée au PaLais de Bourbon , chez Madame la Duchesse Douairiere. On y representa , dans
la grande Gallerie , sur un Théatre trèsbien disposé , ainsi que le reste de la Gallerie , la Tragédie de Venceslas , et ensuite une petite Comédie de la composition
de M. de Moncrif , intitulée les Abderites , qui fut extrêmement applaudie : elle
fut terminée par un Balet , dans lequel
les Diles Camargo et Sallé danserent.
Quelques Seigneurs de la Cour ne craignirent point de paroître sous le masque aux
côtez de ces illustres Danseuses , et firent
admirer leur grace et leur noblesse. D'autres Seigneurs joüerent avec beaucoup
d'intelligence les principaux Rôles dans
les deux Piéces dont on vient de parler.
Le 24. Juillet , la Lotterie de la Compagnie des Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere
JUILLET. 17320 1653
maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Com
pagnie. La Liste des Numeros gagnans
des Actions et dixièmes d'Actions qui doivent être remboursées a été renduë publique ,
faisant en tout le nombre de 319.
Actions.
Le 27. de ce mois , l'Abbé de Valras
nommé par le Roi à l'Evêché de Mâcon
fut sacré dans la Chapelle du Seminaire
de S. Sulpice par l'Archevêque de Cambray , assisté de l'Evêque d'Uzès , et de
l'Evêque de Bayeux
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Résumé : « Le 14, le Prévôt des Marchands et Echevins descendirent la [...] »
En juillet 1732, plusieurs événements marquants ont eu lieu à Paris et en France. Le 14 juillet, le Prévôt des Marchands et les Échevins ont inspecté les ponts et les quais de Paris selon la tradition. À Toulouse, le 31 mai précédent, le sieur Hain Petit, un Juif de la synagogue d'Avignon, s'est converti au christianisme grâce à l'Abbé de La Roque. Il a été baptisé dans l'église métropolitaine de Toulouse, avec pour parrain M. de Maniban, Premier Président du Parlement, et pour marraine Madame le Mazuyer, épouse du Procureur Général. Après le baptême, l'Archevêque de Toulouse lui a administré les sacrements de confirmation et d'eucharistie. Le 19 juillet, un Te Deum a été chanté dans l'église du Temple pour célébrer la convalescence de Mademoiselle, fille de Son Altesse Royale. L'église était somptueusement décorée et éclairée, et le Te Deum, composé par M. de Blamont, a été interprété par 80 musiciens renommés. Des feux d'artifice et des rafraîchissements ont suivi au Palais Prieural. Le 20 juillet, M. de Bauffremont a soutenu des thèses de mathématiques au Collège Royal de Navarre devant une assemblée nombreuse. Les thèses portaient sur la géométrie, la trigonométrie, la longimétrie et la mécanique. Pour la première fois, les thèses ont été imprimées et distribuées en français. Le 24 juillet, une grande assemblée s'est tenue au Palais de Bourbon chez Madame la Duchesse Douairière. La tragédie de Venceslas et la comédie 'Les Abderites' ont été représentées, suivies d'un ballet où les danseuses Camargo et Sallé ont excellé. Le même jour, la loterie de la Compagnie des Indes a été tirée à l'Hôtel de la Compagnie, avec 319 actions gagnantes. Enfin, le 27 juillet, l'Abbé de Valras, nommé par le Roi à l'évêché de Mâcon, a été sacré dans la chapelle du Séminaire de Saint-Sulpice par l'Archevêque de Cambrai, assisté des évêques d'Uzès et de Bayeux.
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2242
p. 1736-1755
TRADUCTION d'une Relation Turque, sur ce qui s'est passé dans les Conferences teuuës pour la Paix entre les Turcs et les Persans, à l'Armée du Grand-Seigneur, près d'Hamadan, par les Plénipotentiaires de Sa Hautesse, et ceux de Chah Thamas, Roy de Perse.
Début :
Achmet-Pacha, Seraskier ou General de l'Armée Otomane, et [...]
Mots clefs :
Traduction, Achmet Pacha, Sérasker, Province de Babylone, Conférences, Paix, Turques, Persans, Plénipotentiaires, Empires, Royaume de Perse, Moscovites, Cours, Gratitude, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION d'une Relation Turque, sur ce qui s'est passé dans les Conferences teuuës pour la Paix entre les Turcs et les Persans, à l'Armée du Grand-Seigneur, près d'Hamadan, par les Plénipotentiaires de Sa Hautesse, et ceux de Chah Thamas, Roy de Perse.
TRADUCTION d'une Relation Turque,
sur ce qui s'est passé dans les Conferences tennës pour la Paix entre les Turcs et les
Persans , à l'Armée du Grand- Seigneur,
près d' Hamadan, par les Plénipotentiaires de Sa Hautesse , et ceux de ChabThamas , Roy de Perse.
Chmer- Pacha, Seraskier ou General
Adel'armée Otomane, et BeylerBey,
( c'est-à- dire Gouverneur ) de la Province de Babylone , en vertu des pleins
pouvoirs que le G. S. lui envoit envoyez pour faire la paix avec les Persans,
ayant nommé Achmet- Pacha , Beylerbey
de Rika, (1) Abdi- Pacha-Zadé- Ali- Bey,
Salahor ( 2 ) de S. H. Kassim- Effendi ,
Defterdar ( 3 ) de l'Armée , et Raghib
Effendi , Defterdar de Bagdat , pour PleB
( 1) Rika , est un des 17. Beylerbeys ou
Grand - Gouvernemens d'Asie , qu'on appelle
Hassilez. Voyez Ricaut , et le 3. du Diarbekir ,
consideré seulement comme l'ancienne Mesopotamie , renfermée entre le Tygre et l'Euphrate.
(2) Salahor, Ecuyer Cavalcadour , qui exerceet travaille les Chevaux du G. S. il y en a″12.
( 3 ) Defterdar , Intendant des Finances et Trésorier. 1
nipo
A O UST. 1732. 1737
nipotentiaires de la Poste > et ChahThamas , ayant choisi pour les siens ,
Mehemet-Riza-Khan , ( 1 ) _ Kouroudgi
Bachi, et Mustapha Khan. Tous ces Ministres se rendirent au quartier du Beylerbey de Rika , où ils s'assemblerent
sous sa Tente , le premier de Janvier de
la présente année 1732.
PREMIERE CONFERENCE.
Après que les Plenipotentiaires respectifs se furent fait les complimens et les
politesses d'usage en pareille occasion .
ceux de la Porte ouvrant la Conférence
dirent à ceux du Roy de Perse.
7
Le Seraskier Achmet-Pacha , nous. a
donné pouvoir d'entrer avec vos Excellences , dans une négociation dont le
succès ne peut être que très- avantageux
à la Perse. Nous sommes disposez de notre part à travailler si éfficacement a la
paix qu'il ne dependra certainement pas
de ncs foins que nous n'en voyions bientôt une heureuse conclusion. Ainsi c'est
à vos Excellences à nous faire connoître
jusqu'à quel point elles sont autorisées de
(1 ) Khan , est la même chose en Perse qu'un Pacha ou un Gouverneur de Province en Turquie, et Kouroudgi Bachi , y fait l'équivalent da
Janissaire Aga chez les Turcs.
leur
1738 MERCURE DE FRANCE
leur Maître , et quelles sont leurs pré- tentions.
Les Plenipotentiaires de Perse, prenant
alors la parole , répondirent que de tout
temps l'illustre Maison des Rois de Perse
avoit été liée d'amitié avec l'illustreMaison
Otomane , et que cette amitié n'avoit jamais été interrompuë que par la fatalité
du destin , qui avoit quelquefois produit
des évenemens surnaturels , suivis de la
discorde , et contre toute attente. Mais
ajoûterent- ils , nous desirons aujourd'hui
avec ardeur de faire revivre entre nous une
union si intime, qu'elle puisse rétablir
une tranquillité inalterable entre ces deux
Empires.
C'est aussi le même motif qui nous
anime, répliquerent les Ministres Turcs ;
mais pour parvenir au but que nous nous
proposons tous, il faut commencer par
convenir de certains points fondamentaux
qui puissent servir de base au Traité qui
nous assemble , et il est necessaire pour
cela que vous nous découvriez d'abord
sans détour, vos véritables intentions, afin
qu'après en avoir informé le très heureux
Seraskier , nous puissions , sur les ordres
que nous en recevrons , donner quelque
forme à la Négociation que nous enta
mons aujourd'hui.
Puisque
1
A O UST. 1732. 1739
Puisque vos Excellences souhaitent
que nous nous expliquions nettement ,
reprirent les Ministres de Perse , nous
demandons que generalement tous les
Pays que vous nous avez prís nous soient
restituez , et que la Paix et nos Frontieres avec l'EmpireOtoman soient reglées
sur le même pied qu'elles le furent sous
le Regne du Sultan Soliman , ( 1 ) de
glorieuse memoire.
Ce discours a de quoi nous surprendre,
répartirent les Turcs , et vous nous faiteslà une proposition des plus nouvelles. Il
a toûjours été d'usage , lorsque des Princes ennemis font la paix ensemble , que
non-seulement le vainqueur conserve les
conquêtes dont il est en possession , mais
que le vaincu lui fasse encore des avantages. C'est le cours ordinaire ; les Histoires , tant anciennes que modernes ,
en fournissent mille exemples , et nous
nedoutons pas que vous ne sçachiez tout
cela comme nous. D'ailleurs dans la Paix
que vous nous citez , qui fut concluë entre nos devanciers et les vôtres sous l'Emperéur Soliman , on y convint pour Préliminaires , que les Provinces de Tchildir , ( 2 ) de Cars , ( 3 ) de Van , ( 4 ) et
(1) Soliman II. prit et pilla Tauris en 1535
( 2 ) Tchildir est le ye Gouvernement d'Asie ,
plu-
1740 MERCURE DE FRANCE
plusieurs autres lieux resteroient à la Porte ; et vous , bien loin de nous offrir au
moins quelques Places au- delà des Pays
que le sort des armes a mis entre nos mains , vous demandez que nous vous
rendions ces mêmes Pays , qui subis
sent nos Loix depuis long - temps et
dont la conquête nous a coûté des trésors immenses et des torrens de notre
sang.
Vous avez raison , dirent les Persans ;
` nous convenons de la justesse de vos rai
sonnemens, mais un Empire aussi puissant et d'une aussi prodigieuse érenduë
que le vôtre , ne doit pas s'attacher , ni
même daigner faire attention à quelques
coins de terre si ruinez , qu'ils sont devenus plus propres à servir de retraite à
de tristes Hiboux , que de demeure à
de valeureux Soldats comme les- Otomans. Neanmoins quoique ces contrées
désolées ne puissent êtte considerées
1
que
de ceux qu'on appelle Hasilé. Il est sur les Frontieres de la Georgie.
(3) Cars , Ville de la grande Armenie , dans
cette partie qu'on appelle aujourd'hui Iran , ou
Carabag , entre l'Araxe et le Cyrus.
(4) Van , Ville de la même contrée que Cars,
et située sur un Lac du même nom , que l'on
appelle la Mer de Van ou d'Armenie , à cause
de son extréme grandeur... comme
A O UST. 1732. 1740
.
comme un rien pour votre Empire il est
pourtant vrai qu'elles sont un objet fort
considerable pour le nôtre , et que nous
en regarderons la restitution comme une
grace singuliere , purement émanée de
la clémence du G. S. que nous osons implorer aujourd'hui ; au surplus vous êtes
les Maîtres et nous nous en remettons
à vous avec une entiere confiance.
II. CONFERENCE, tenu le lendemais
entre les mêmes Ministres et au même
endroit.
Les Plénipotentiaires Turcs adressant
la parole à ceux de Perse , leur dirent :
si vous êtes effectivement dans le dessein
de finir la guerre , ( 1 ) ne vous amusez pas,
comme vous fites hier , à battre le fer
froid. Mais au lieu de vous entretenir
dans la vaine idée de la pouvoir terminer sur le même plan que nos Ancêtres
suivirent sous Soliman , songez plutôt à
joindre à nos conquêtes quelques Pro
vinces qui puissent nous convenir , ainsi
que les vaincus en ont toûjours agi envers leurs vainqueurs.
Et que nous reste-t'il , pour vous don
ner de nouvelles Provinces , se récrierent
(1 )Proverbe Arabe , qui revient au nôtre , il
faut battre le fer tandis qu'il est chaud,
les
1742 MERCURE DE FRANCE
les Persans ? Nous venons humblement
vous demander grace ; nous reclamons
la misericorde de la Porte ; notre intention n'est pas de marchander ni de chicaner avec vous ; nous connoissons.trop
l'état d'humiliation où l'enchainement de
nos malheurs nous a réduits , pour avoir
la présomption de vous rien contester
mais si la décadence de nos affaires , arrivée par le concours de mille fâcheux évenemens , a été cause que vous nous avez
traitez de la maniere la plus cruelle, pourriez vous laisser échapper la belle occasion que le Ciel vous offre aujourd'hui de
réparer nos maux , en faisant autant de
bien à notre Monarque , que vous lui
-avez porté de préjudice ? non , au lieu
de lui rien demander davantage , réta
blissez-le sur son Trône , avec autant de
puissance et de splendeur qu'y brillerent
autrefois ses illustres Ayeux , et persua
dez- vous que la gloire de votre Empire.
et de votre Empereur y est interessée. Du
reste, à notre égard, nous serons toujours
satisfaits de tout ce que feront vos Excellences.
Nous voulons bien le croire ainsi , répondirent les Plénipotentiaires de la
Porte , et votre modestie nous confirme
dans l'opinion que nous avions déja conçuë
A O UST. 1732. 1743
çue de votre prudence et ' de votre capacité. C'est pourquoi nous vous déclarons de la part de l'Empereur notre Maî
tre, que par un excès de bonté pour vous,
il veut bien , non- seulement vous accorder la Paix et se désister des justes prétentions qu'il auroit comme victorieux
d'exiger de nouveaux Païs qui seroient
à sa bienseance , outre ceux qu'il a conquis sur vous , il veut encore faire plus
en votre faveur , et pour vous marquer
jusqu'où va son extrême generosité , il
vous donne le choix entre les derniers
Pays que ses Armes lui ont acquis en
deçà de l'Araxe , et à l'exception de la
Province de Tauris , ( ) vous n'avez qu'à
demander , tout vous sera accordé.
Nous vous avons exposé ce que nous
desirions , répliquerent les Persans , et
sans varier dans l'unique point- de- vûë
qu'il nous est permis d'avoir , nous continuons à vous prier de rétablir notre Roy
dans tous ses Etats. Faites cependant ce
que vous jugerez de plus digne de vous
et de la gloire de votre Empire. Mais
comme nous nous app rcevons que nos
instances les plus vives ne produisent pas
(1) Tauris ou Tebris , grande Ville et Provin- ce enclavée dans l'Airbeitzan ou Edzerbaijan
qui fait partie de l'ancienne Médie,
sur
1744 MERCURE DE FRANCE
sur vos Excellences l'effet que nous avions
crû pouvoir nous en promettre , qu'elles
nous donnent , s'il leur plaît le reste du
jour pour consulter entre nous , et demain matin Mustapha Khan (. ) viendra
vous rendre compte de la résolution que
nous aurons prise.
III. CONFERENCE , où il n'y ent
que Mustapha - Khan , de la part de Chah-Thamas.
Le lendemain , ainsi que les Plénipotentiaires Persans l'avoient promis , Mustapha- Kan se rendit au lieu de l'Assemblée et dit aux Ministres Turcs qui l'y
attendoient. A la verité jusqu'à present
nous avions été obligez , Mehemet RizaKhan et moi , de nous en tenir , conformement à nos instructions , à vous
prier de restituer generalement à notre
Souverain tous les Pays que la Porte lui
a enlevez , mais ayant reconnu combien
vos Excellences étoient éloignées de remplir nos souhaits à cet égard , nous hous
sommes retranchez à les supplier d'agréer
une des deux propositions que je vais
avoir l'honneur de leur faire. La premie-
*
(1) N. B. c'étoir Mehemet Riza Khan , qui
tomme Premier Plénipotentiaire , portoit la parolc.
A O UST. 17327 1745
re, que la Perse payera annuellement à
la sublime Porte une certaine somme
dont on conviendra , moyennant quoi
les limites des deux Empires seront bor :
nées par les Rivieres d'Arpatchaï ( 1 ) et :
de Karct-Kalkan , et vous nous restituerez tous les Etats que vous avez conquis .
sur nous. La seconde , qui vous sera peutêtre plus agréable , que les Provinces de
Tiflis ( 2 ) d'Herdelan, resteront sous votre
domination , et que vous nous ferez la
grace de laisser rentrer le reste sous celle
de notre Roy.
Ni l'une ni l'autre de ces propositions
n'est acceptable , répondirent les Plenipotentiaires de Turquie , et il nous paroît si hors de propos , que vous fassiez
la moindre ouverture sur les Pays audelà del'Araxe qu'il ne nous convient ›
même pas d'ouvrir la bouche pour vous
répondre sur cet article. En verité , continua le Pacha de Rika , qui comme le
premier entre ses Collegues parloit pour
tous , il est bien étrange , que dans le
temps même qu'également touchez de
11) Ces deux Rivieres sont en Géorgie.
(2) Tiflis , ou Téffis , Capitaine du Gurgistan,
qui est la Géorgie , proprement dite. Elle est si- tuée sur le bord du Kur , anciennement le Cyrus.
Herdelan est dans le même Pays.
D YOS
1746 MERCURE DE FRANCE
vos malheurs et de vos prieres , nous
consentons , non- seulement à renoncer
en faveur de la Paix aux Provinces que
nous serions en droit d'exiger par- dessusnos conquêtes , mais que notre complaisance pour vous s'étend jusqu'à vous of→
frir de vous en rendre de celles que nous
venons d'acquerir ; il est bien étrange ,
dis-je , que vous nous fassiez sérieusement
des propositions si éloignées de toute raison. Vous voulez ceci , vous ne vou
lez pas cela , et vous prétendez disposer
des Pays qui sont entre nos mains, comme
si vous en étiez encore les paisibles possesseurs.N'avez vous donc pas de honte d'ê
tre si peu judicieux ? Le Pacha s'emporta
en proferant ces dernieres paroles , ou
du moins fit semblant de s'emporter ,
car il se radoucit bien- tôt , quand Mustapha l'interrompant d'un air humble et
flateur , s'exprima en ces termes : Nous
sommes venus implorer la générosité de
la sublime Porte , à laquelle nous nous
abandonnons sans réserve , et dont la
puissance s'étend d'un bout du Pole à l'au
tre; vous nous voyez accablez de revers,
sans appui , sans secours; nous ne possedons plus rien qui mérite de porter le
nom de Païs et de Provinces ; il n'est pas
étonnant que dans des circonstances si
affligeantes,
A O UST. 1732. 1747
affligeantes , nous vous fassions des demandes qui vous paroissent inconsiderées , mais vous ne devez pas nous en
sçavoir mauvais gré , et quelque extraordinaires que vous semblent nos prétentions , l'état violent où nous sommes,
doit les excuser auprès de vos Excellences.
Pourquoi , reprirent les Turcs , faites-vous tant les miserables ? Est- ce que
le Royaume de Perse est renfermé seulement dans les conquêtes que nous y
avons faites ? et peut-on appeller pauvre
un Souverain qui possede Ispaham , le
Guilhan , ( 1 ) Chiras , ( 2 ) le Korassan , (3)
et tant d'autres Contrées , qui forment
encore un vaste Empire ?
De tous les Etats , dont vous venez de
faire l'énumération , repartit Mustapha ,
en soupirant , une partie a passé sous les
Loix des Infideles Moscovites , et l'autre
est , pour ainsi dire , totalement boule-
(i) Le Guilhan ou Kilan , est le long de la
Mer Caspienne , et compose avec le Mazandran ,
l'ancienne Hyrcanie.
(2 ) Chiras ou Schiras , Ville sur le Kur, dans
le Farsistan ou la Perse proprement dite.
(3) Le Korassan , Corasan , ou Chorasan ,
comprend l'anciene Ariane , partie de la Bactriane , et du Païs des Parthes , c'est une des plus
Considerables Contrées de la Perse.
Dij versée
1748 MERCURE DE FRANCE
1
versée par les ravages et les désordres
qu'y ont faits , ou qu'y ont attirez les
cruels ( 1 ) Esghans. De sorte qu'à proprement parler , nous n'avons plus frien
de quelque conséquence que Coni ( 2 ) ,
Kiachan ( 3 ), et ( 4 ) Ispaham.
Mais si votre situation , repliquerent
les Turcs , est aussi déplorable que vous
nous la dépeignez ; si outre cela vous affectez dans toutes les occasions de vous
dire , nos Freres , de vous vanter d'être
avec nous dans la même unité de Religion, et si vous avez d'ailleurs tant d'embarras et d'ennemis sur les bras, d'où vient
ne vous pas appliquer à vous en délivrer?
Pourquoi vous acharner particulierement
contre nous , comme vous faites ? Car s'il
en faut juger par toutes vos démarches ,
il n'y a que nous seuls qui vous occu-
( 1 ) Esghans , Eughans , ou Aguans , Peuples
du Candahar , qui fait partie du Sablustan , autrefois le Paropamisus.
(2 ) Com , ou Kom , Ville dans l'Hierak ou
Yerak- Agemi , partie de l'ancien Royaume des
Parthes.
( 3 ) Kiachan ou Cachan, grande Ville du même Pais.
( 4 ) Ispaham , Spahan , ou Spahon , comme prononcent les Persans , est aussi dans le même
Païs. Les uns croient que cette Capitale de toute
la Perse , a été bârie sur les ruines d'HécatomPylos , et d'autres sur celles d'Aspa.
pions ;
AOUST. 1732. 1749
}
pions ; vos divisions , vos disputes , vos
guerres,votre empressement pour la Paix,
tout semble en vous n'avoir que Nous
pour unique objet.
C'est aussi , dit Mustapha , l'affaire qui
nous interesse le plus , et que nous prenons le plus à cœur. Vous êtes l'ennemi
le plus redoutable que nous ayions en tête;
si nous pouvons parvenir à cimenter avec
vous une Paix solide , nous nous démêlerons facilement de nos autres ennemis ;
et s'il plaît à Dieu, nous vérifierons bientôt le Proverbe Arabe, qui dit que l'hommese releve où il est tombé.
Mais enfin , continua- t-il , si les Otomans nous ont fait éprouver la fureur de
leurs armes , et s'ils nous ont maltraitez
au delà de ce que nous pouvions jamais
prévoir , nous esperons qu'à tant de calamitez qu'ils nous ont fait souffrir , ils feront succeder des dédommagemens qui
Ies égaleront. C'est uniquement dans cet
esprit, que nous venons négocier avec
vous, et non pour disputer sur le plus ou
le moins de Pais à prétendre et à ceder.
Nous vous retraçons au naturel l'image
de nos infortunes ; nos prieres y sont relatives ; c'est à vos Excellences , comme
nous leur avons déja dit, de prendre une
détermination à notre égard , qui distinDiij gue
1750 MERCURE DE FRANCE
gue d'une façon glorieuse , la grandeur et
la dignité de votre Empire.
Tout cela est excellent , répondirent les
Ministres Turcs , et vous avez raison de
vous attendre à recevoir des faveurs de la
Porte ; mais votre attente, pour être bien
fondée , ne doit pas être sans mesure , et
nous voyons avec peine , qu'au lieu de
resserrer vos désirs dans de justes bornes,
vous n'avez fait , jusqu'icy , que vous répandre en demandes indiscretes , qui
loin de nous approcher du but , nous en
écartent. Ainsi comme vous n'avancerez
jamais rien avec nous , si vous ne prenez
une autre route , nous voulons bien encore vous donner le loisir de réfléchir de
nouveau plus murement , sur vos véri
tables intérêts, et nous les discuterons vo
lontiers plus en détail dans la Conféren
ce que nous tiendrons demain.
IV. CONFERENCE , où tous les Ple
nipotentiaires des deux Cours assisterent.
Le 4 dudit mois de Janvier , les Ministres de la Porte , parlant toujours les
premiers , dirent à ceux de Perse : Nous
nous étions persuadez , qu'en agitant une
affaire d'aussi grande importance que celle.
de la Paix , nous ne devions rien négliger
pour la porter à son point de perfectionle
AOUST. 1732. 1791 8
le plutôt qu'il se pourroit ; et nous nous
étions flatez de trouver dans vos Excellences , des dispositions conformes aux
nôtres en cela. Mais nous reconnoissons ,
à regret , que nous avions mal pénétré
leurs intentions , puisqu'il paroît clairement , qu'elles ne cherchent qu'à éluder
les nôtres, et qu'à gagner du temps, pour
faire échouer la négociation à force de la
tirer en longueur. En effet , si ce n'étoit
pas là votre vûë, pourriez- vous vous opiniatrer , comme vous faites , à former des
prétentions , ausqu'elles vous sçavez bien
vous-même qu'il ne nous est pas possible
de souscrire ?
Nous sommes pleinement convaincus
de notre impuissance, répondirent les Persans, et que nous ne pourrons secoüer le
joug qu'il vous plaira de nous imposer.
Vous possedez tout, nous sommes privez
de tout ; c'est à vous d'ordonner,èt à nous
d'obéïr.
S'il étoit vrai , comme vous le dites, reprirent les Turcs , qu'il ne dépendit que
de nous d'achever heureusement cette
négociation , vous ne nous feriez pas des
demandes si peu mesurées , et toutes nos
prétentions réciproques seroient reglées
dans un moment. Il faut être équitable,
et que vos Excellences se restraignent à ce
Diiij qu'on
1752 MERCURE DE FRANCE
qu'on peut raisonnablement leur accorder. Ainsi, sans perdre davantage le temps
en discours specieux , qui ne conduisent
à rien de décisif, parlez- nous une bonne
fois positivement ; nous vous réïterons ,
que vous nous trouverez toujours disposez à nous prêter à tout ce que vous nous
proposerez de faisable. Mais nous devons
vous prévenir auparavant , qu'il ne faut
plus nous contester la possession des Païs
au-delà de l'Araxe , ni que vous insistiez
de nouveau sur la restitution de Tauris ,
qui est en deçà de ce Fleuve. Hors ces
deux articles , vous pouvez tout esperer
du désir sincere que nous avons de faire
tenaître entre les deux Empires une harmonie inalterable.
qui
Vous êtes les maîtres , encore un coup,
repliquerent les Persans ; nous continuons d'avouer que tout vous appartient chez nous ; mais dès que vous rejetteż la priere que nous vous faisons , de
-nous rendre nos Etats au delà de l'Araxe,
set la Province de Tauris en deçà ; surquoi
voulez-vous que roulent nos Conféren-
´ces, puisque tout ce qui nous reste de notre Monarchie , ne vaut pas seulement la
peine qu'on en fasse mention ?
Comment , s'écrierent les Plénipotentiaires de la Porte; n'y at- il pas encore
( 1)
A OUST. 1732. 1753
(1 ) Amadan , avec son vaste territoire ?
et si nous vous le rendons , ne devez- vous
pas être satisfaits ?
-
Nous avions toujours esperé , repartirent ceux de Perse , que vous fériez rentrer Chah Tahmas dans les Païs d'audelà de l'Araxe , et toute la faveur que
vous voulez lui faire , consiste à lui rendre Amadan , qui est en deçà. Dès que
vous montrez si peu d'égard à nos humbles et constantes supplications , nous ne
sçavons plus que vous proposer , et votre infléxibilité nous rend muets.
Que nous dites- vous-là , reprirent les
Turcs; avez- vous oublié , que lors même
que votre Maître se vantoit de nous avoir
battus , il envoïa à la Porte (2) Riza Kouli Khan et Méhémet-Veli - Khan, qui dans
leurs conférences, avec nos Ministres , cederent tous ces Païs Surquoi , s'il vous
plaît , aujourd'hui que vous vous confessez vaincus, pouvez appuïer votre obs
tination à les répéter ?
>
Nous convenons de ce fait , replique-
( 1 ) Hamadan , Ville des plus considérables de
Perse. Elle est dans l'Yerax - Agemi , qui est l'ancienne region des Parthes.
( 2 )Ils firent leur entrée à Constantinople le
18 Juin 1730. Riza- Kouli-Khan , qui étoit le
chef de l'ambassade , eut la tête tranchée peu
après son retour en Perse.
D v rent
1754 MERCURE DE FRANCE
rent les Persans ; mais peut-être feignezvous d'ignorer , que ce fut par l'habileté
et les adroites insinuations de vos négociateurs , que les nôtres consentirent im
prudemmentàce que ces Païs vous restassent ,en quoi ayant excedé leur pouvoir,
ils furent fort désaprouvez de notre Souverain. Aussi pouvons- nous dire , que ce
fut la source de tous les malheurs qui nous
ont accablez depuis ! Mais ne nous rapellez plus des temps funestes , que nous
voudrions pouvoir ensevelir dans un éternel oubli ; rappellez vous seulement que
l'infortuné Chah Tahmas a recours à la
clémence de la sublime Porte , et qu'il remet entierementson sort entre vos mains.
C'est sur ce principe que vous devez raisonner , et vous résoudre ensuite au parti
qui vous paroîtra le plus glorieux à votre
Empire.
>
N'est ce donc pas une grande grace de
notre part , dirent les Ministres Turcs
que tout ce que nous vous offrons ? Il est
vtai , répondirent ceux de Perse , qu'à ne
considerer , que la ruine presqu'universelle où notre Royaume est tombé , ce qué
vous voulez bien nous rendre , peut passer pour une faveur signalée , mais cette
faveur,toute rare qu'elle est , ne répond
pas encore ni à notre état , ni à nos prieres
AOUST. 17320 1755
res ; daignez - y faire plus d'attention , et
vous conviendrez que la Porte qui nous a
tant fait de maux , depuis l'inondation
des Esghans sur nos terres , est en quelque façon obligée pour son honneur de
réparer, autant qu'il est en elle, les dommages infinis qu'elle nous a causez , et que
la compassion qu'elle aura pour nous,doit
être au moins proportionnée à la reconnoissance que nous en conserverons éternellement. Nous osons même ajouter ,
que si votre tres-magnifique Empereur
reconnoit ,comme il le doit , que ses Vic.
toires et le bonheur de ses armes,sont des
bien faits qu'il a reçus de la Providence s
il est de sa piété d'en témoigner à Dieu
sa gratitude d'une maniere extraordinaire. Hé! comment peut-il mieux s'en acquitter , qu'en nous faisant ressentir de si
grands effets de sa magnanimité, que tous
les Monarques de la terre, surpris, soient
forcez deconvenir qu'ils n'ont jamais rien
vû , ni entendu parler de semblable ?
On donnera la suite dans le prochain
Mercure.
sur ce qui s'est passé dans les Conferences tennës pour la Paix entre les Turcs et les
Persans , à l'Armée du Grand- Seigneur,
près d' Hamadan, par les Plénipotentiaires de Sa Hautesse , et ceux de ChabThamas , Roy de Perse.
Chmer- Pacha, Seraskier ou General
Adel'armée Otomane, et BeylerBey,
( c'est-à- dire Gouverneur ) de la Province de Babylone , en vertu des pleins
pouvoirs que le G. S. lui envoit envoyez pour faire la paix avec les Persans,
ayant nommé Achmet- Pacha , Beylerbey
de Rika, (1) Abdi- Pacha-Zadé- Ali- Bey,
Salahor ( 2 ) de S. H. Kassim- Effendi ,
Defterdar ( 3 ) de l'Armée , et Raghib
Effendi , Defterdar de Bagdat , pour PleB
( 1) Rika , est un des 17. Beylerbeys ou
Grand - Gouvernemens d'Asie , qu'on appelle
Hassilez. Voyez Ricaut , et le 3. du Diarbekir ,
consideré seulement comme l'ancienne Mesopotamie , renfermée entre le Tygre et l'Euphrate.
(2) Salahor, Ecuyer Cavalcadour , qui exerceet travaille les Chevaux du G. S. il y en a″12.
( 3 ) Defterdar , Intendant des Finances et Trésorier. 1
nipo
A O UST. 1732. 1737
nipotentiaires de la Poste > et ChahThamas , ayant choisi pour les siens ,
Mehemet-Riza-Khan , ( 1 ) _ Kouroudgi
Bachi, et Mustapha Khan. Tous ces Ministres se rendirent au quartier du Beylerbey de Rika , où ils s'assemblerent
sous sa Tente , le premier de Janvier de
la présente année 1732.
PREMIERE CONFERENCE.
Après que les Plenipotentiaires respectifs se furent fait les complimens et les
politesses d'usage en pareille occasion .
ceux de la Porte ouvrant la Conférence
dirent à ceux du Roy de Perse.
7
Le Seraskier Achmet-Pacha , nous. a
donné pouvoir d'entrer avec vos Excellences , dans une négociation dont le
succès ne peut être que très- avantageux
à la Perse. Nous sommes disposez de notre part à travailler si éfficacement a la
paix qu'il ne dependra certainement pas
de ncs foins que nous n'en voyions bientôt une heureuse conclusion. Ainsi c'est
à vos Excellences à nous faire connoître
jusqu'à quel point elles sont autorisées de
(1 ) Khan , est la même chose en Perse qu'un Pacha ou un Gouverneur de Province en Turquie, et Kouroudgi Bachi , y fait l'équivalent da
Janissaire Aga chez les Turcs.
leur
1738 MERCURE DE FRANCE
leur Maître , et quelles sont leurs pré- tentions.
Les Plenipotentiaires de Perse, prenant
alors la parole , répondirent que de tout
temps l'illustre Maison des Rois de Perse
avoit été liée d'amitié avec l'illustreMaison
Otomane , et que cette amitié n'avoit jamais été interrompuë que par la fatalité
du destin , qui avoit quelquefois produit
des évenemens surnaturels , suivis de la
discorde , et contre toute attente. Mais
ajoûterent- ils , nous desirons aujourd'hui
avec ardeur de faire revivre entre nous une
union si intime, qu'elle puisse rétablir
une tranquillité inalterable entre ces deux
Empires.
C'est aussi le même motif qui nous
anime, répliquerent les Ministres Turcs ;
mais pour parvenir au but que nous nous
proposons tous, il faut commencer par
convenir de certains points fondamentaux
qui puissent servir de base au Traité qui
nous assemble , et il est necessaire pour
cela que vous nous découvriez d'abord
sans détour, vos véritables intentions, afin
qu'après en avoir informé le très heureux
Seraskier , nous puissions , sur les ordres
que nous en recevrons , donner quelque
forme à la Négociation que nous enta
mons aujourd'hui.
Puisque
1
A O UST. 1732. 1739
Puisque vos Excellences souhaitent
que nous nous expliquions nettement ,
reprirent les Ministres de Perse , nous
demandons que generalement tous les
Pays que vous nous avez prís nous soient
restituez , et que la Paix et nos Frontieres avec l'EmpireOtoman soient reglées
sur le même pied qu'elles le furent sous
le Regne du Sultan Soliman , ( 1 ) de
glorieuse memoire.
Ce discours a de quoi nous surprendre,
répartirent les Turcs , et vous nous faiteslà une proposition des plus nouvelles. Il
a toûjours été d'usage , lorsque des Princes ennemis font la paix ensemble , que
non-seulement le vainqueur conserve les
conquêtes dont il est en possession , mais
que le vaincu lui fasse encore des avantages. C'est le cours ordinaire ; les Histoires , tant anciennes que modernes ,
en fournissent mille exemples , et nous
nedoutons pas que vous ne sçachiez tout
cela comme nous. D'ailleurs dans la Paix
que vous nous citez , qui fut concluë entre nos devanciers et les vôtres sous l'Emperéur Soliman , on y convint pour Préliminaires , que les Provinces de Tchildir , ( 2 ) de Cars , ( 3 ) de Van , ( 4 ) et
(1) Soliman II. prit et pilla Tauris en 1535
( 2 ) Tchildir est le ye Gouvernement d'Asie ,
plu-
1740 MERCURE DE FRANCE
plusieurs autres lieux resteroient à la Porte ; et vous , bien loin de nous offrir au
moins quelques Places au- delà des Pays
que le sort des armes a mis entre nos mains , vous demandez que nous vous
rendions ces mêmes Pays , qui subis
sent nos Loix depuis long - temps et
dont la conquête nous a coûté des trésors immenses et des torrens de notre
sang.
Vous avez raison , dirent les Persans ;
` nous convenons de la justesse de vos rai
sonnemens, mais un Empire aussi puissant et d'une aussi prodigieuse érenduë
que le vôtre , ne doit pas s'attacher , ni
même daigner faire attention à quelques
coins de terre si ruinez , qu'ils sont devenus plus propres à servir de retraite à
de tristes Hiboux , que de demeure à
de valeureux Soldats comme les- Otomans. Neanmoins quoique ces contrées
désolées ne puissent êtte considerées
1
que
de ceux qu'on appelle Hasilé. Il est sur les Frontieres de la Georgie.
(3) Cars , Ville de la grande Armenie , dans
cette partie qu'on appelle aujourd'hui Iran , ou
Carabag , entre l'Araxe et le Cyrus.
(4) Van , Ville de la même contrée que Cars,
et située sur un Lac du même nom , que l'on
appelle la Mer de Van ou d'Armenie , à cause
de son extréme grandeur... comme
A O UST. 1732. 1740
.
comme un rien pour votre Empire il est
pourtant vrai qu'elles sont un objet fort
considerable pour le nôtre , et que nous
en regarderons la restitution comme une
grace singuliere , purement émanée de
la clémence du G. S. que nous osons implorer aujourd'hui ; au surplus vous êtes
les Maîtres et nous nous en remettons
à vous avec une entiere confiance.
II. CONFERENCE, tenu le lendemais
entre les mêmes Ministres et au même
endroit.
Les Plénipotentiaires Turcs adressant
la parole à ceux de Perse , leur dirent :
si vous êtes effectivement dans le dessein
de finir la guerre , ( 1 ) ne vous amusez pas,
comme vous fites hier , à battre le fer
froid. Mais au lieu de vous entretenir
dans la vaine idée de la pouvoir terminer sur le même plan que nos Ancêtres
suivirent sous Soliman , songez plutôt à
joindre à nos conquêtes quelques Pro
vinces qui puissent nous convenir , ainsi
que les vaincus en ont toûjours agi envers leurs vainqueurs.
Et que nous reste-t'il , pour vous don
ner de nouvelles Provinces , se récrierent
(1 )Proverbe Arabe , qui revient au nôtre , il
faut battre le fer tandis qu'il est chaud,
les
1742 MERCURE DE FRANCE
les Persans ? Nous venons humblement
vous demander grace ; nous reclamons
la misericorde de la Porte ; notre intention n'est pas de marchander ni de chicaner avec vous ; nous connoissons.trop
l'état d'humiliation où l'enchainement de
nos malheurs nous a réduits , pour avoir
la présomption de vous rien contester
mais si la décadence de nos affaires , arrivée par le concours de mille fâcheux évenemens , a été cause que vous nous avez
traitez de la maniere la plus cruelle, pourriez vous laisser échapper la belle occasion que le Ciel vous offre aujourd'hui de
réparer nos maux , en faisant autant de
bien à notre Monarque , que vous lui
-avez porté de préjudice ? non , au lieu
de lui rien demander davantage , réta
blissez-le sur son Trône , avec autant de
puissance et de splendeur qu'y brillerent
autrefois ses illustres Ayeux , et persua
dez- vous que la gloire de votre Empire.
et de votre Empereur y est interessée. Du
reste, à notre égard, nous serons toujours
satisfaits de tout ce que feront vos Excellences.
Nous voulons bien le croire ainsi , répondirent les Plénipotentiaires de la
Porte , et votre modestie nous confirme
dans l'opinion que nous avions déja conçuë
A O UST. 1732. 1743
çue de votre prudence et ' de votre capacité. C'est pourquoi nous vous déclarons de la part de l'Empereur notre Maî
tre, que par un excès de bonté pour vous,
il veut bien , non- seulement vous accorder la Paix et se désister des justes prétentions qu'il auroit comme victorieux
d'exiger de nouveaux Païs qui seroient
à sa bienseance , outre ceux qu'il a conquis sur vous , il veut encore faire plus
en votre faveur , et pour vous marquer
jusqu'où va son extrême generosité , il
vous donne le choix entre les derniers
Pays que ses Armes lui ont acquis en
deçà de l'Araxe , et à l'exception de la
Province de Tauris , ( ) vous n'avez qu'à
demander , tout vous sera accordé.
Nous vous avons exposé ce que nous
desirions , répliquerent les Persans , et
sans varier dans l'unique point- de- vûë
qu'il nous est permis d'avoir , nous continuons à vous prier de rétablir notre Roy
dans tous ses Etats. Faites cependant ce
que vous jugerez de plus digne de vous
et de la gloire de votre Empire. Mais
comme nous nous app rcevons que nos
instances les plus vives ne produisent pas
(1) Tauris ou Tebris , grande Ville et Provin- ce enclavée dans l'Airbeitzan ou Edzerbaijan
qui fait partie de l'ancienne Médie,
sur
1744 MERCURE DE FRANCE
sur vos Excellences l'effet que nous avions
crû pouvoir nous en promettre , qu'elles
nous donnent , s'il leur plaît le reste du
jour pour consulter entre nous , et demain matin Mustapha Khan (. ) viendra
vous rendre compte de la résolution que
nous aurons prise.
III. CONFERENCE , où il n'y ent
que Mustapha - Khan , de la part de Chah-Thamas.
Le lendemain , ainsi que les Plénipotentiaires Persans l'avoient promis , Mustapha- Kan se rendit au lieu de l'Assemblée et dit aux Ministres Turcs qui l'y
attendoient. A la verité jusqu'à present
nous avions été obligez , Mehemet RizaKhan et moi , de nous en tenir , conformement à nos instructions , à vous
prier de restituer generalement à notre
Souverain tous les Pays que la Porte lui
a enlevez , mais ayant reconnu combien
vos Excellences étoient éloignées de remplir nos souhaits à cet égard , nous hous
sommes retranchez à les supplier d'agréer
une des deux propositions que je vais
avoir l'honneur de leur faire. La premie-
*
(1) N. B. c'étoir Mehemet Riza Khan , qui
tomme Premier Plénipotentiaire , portoit la parolc.
A O UST. 17327 1745
re, que la Perse payera annuellement à
la sublime Porte une certaine somme
dont on conviendra , moyennant quoi
les limites des deux Empires seront bor :
nées par les Rivieres d'Arpatchaï ( 1 ) et :
de Karct-Kalkan , et vous nous restituerez tous les Etats que vous avez conquis .
sur nous. La seconde , qui vous sera peutêtre plus agréable , que les Provinces de
Tiflis ( 2 ) d'Herdelan, resteront sous votre
domination , et que vous nous ferez la
grace de laisser rentrer le reste sous celle
de notre Roy.
Ni l'une ni l'autre de ces propositions
n'est acceptable , répondirent les Plenipotentiaires de Turquie , et il nous paroît si hors de propos , que vous fassiez
la moindre ouverture sur les Pays audelà del'Araxe qu'il ne nous convient ›
même pas d'ouvrir la bouche pour vous
répondre sur cet article. En verité , continua le Pacha de Rika , qui comme le
premier entre ses Collegues parloit pour
tous , il est bien étrange , que dans le
temps même qu'également touchez de
11) Ces deux Rivieres sont en Géorgie.
(2) Tiflis , ou Téffis , Capitaine du Gurgistan,
qui est la Géorgie , proprement dite. Elle est si- tuée sur le bord du Kur , anciennement le Cyrus.
Herdelan est dans le même Pays.
D YOS
1746 MERCURE DE FRANCE
vos malheurs et de vos prieres , nous
consentons , non- seulement à renoncer
en faveur de la Paix aux Provinces que
nous serions en droit d'exiger par- dessusnos conquêtes , mais que notre complaisance pour vous s'étend jusqu'à vous of→
frir de vous en rendre de celles que nous
venons d'acquerir ; il est bien étrange ,
dis-je , que vous nous fassiez sérieusement
des propositions si éloignées de toute raison. Vous voulez ceci , vous ne vou
lez pas cela , et vous prétendez disposer
des Pays qui sont entre nos mains, comme
si vous en étiez encore les paisibles possesseurs.N'avez vous donc pas de honte d'ê
tre si peu judicieux ? Le Pacha s'emporta
en proferant ces dernieres paroles , ou
du moins fit semblant de s'emporter ,
car il se radoucit bien- tôt , quand Mustapha l'interrompant d'un air humble et
flateur , s'exprima en ces termes : Nous
sommes venus implorer la générosité de
la sublime Porte , à laquelle nous nous
abandonnons sans réserve , et dont la
puissance s'étend d'un bout du Pole à l'au
tre; vous nous voyez accablez de revers,
sans appui , sans secours; nous ne possedons plus rien qui mérite de porter le
nom de Païs et de Provinces ; il n'est pas
étonnant que dans des circonstances si
affligeantes,
A O UST. 1732. 1747
affligeantes , nous vous fassions des demandes qui vous paroissent inconsiderées , mais vous ne devez pas nous en
sçavoir mauvais gré , et quelque extraordinaires que vous semblent nos prétentions , l'état violent où nous sommes,
doit les excuser auprès de vos Excellences.
Pourquoi , reprirent les Turcs , faites-vous tant les miserables ? Est- ce que
le Royaume de Perse est renfermé seulement dans les conquêtes que nous y
avons faites ? et peut-on appeller pauvre
un Souverain qui possede Ispaham , le
Guilhan , ( 1 ) Chiras , ( 2 ) le Korassan , (3)
et tant d'autres Contrées , qui forment
encore un vaste Empire ?
De tous les Etats , dont vous venez de
faire l'énumération , repartit Mustapha ,
en soupirant , une partie a passé sous les
Loix des Infideles Moscovites , et l'autre
est , pour ainsi dire , totalement boule-
(i) Le Guilhan ou Kilan , est le long de la
Mer Caspienne , et compose avec le Mazandran ,
l'ancienne Hyrcanie.
(2 ) Chiras ou Schiras , Ville sur le Kur, dans
le Farsistan ou la Perse proprement dite.
(3) Le Korassan , Corasan , ou Chorasan ,
comprend l'anciene Ariane , partie de la Bactriane , et du Païs des Parthes , c'est une des plus
Considerables Contrées de la Perse.
Dij versée
1748 MERCURE DE FRANCE
1
versée par les ravages et les désordres
qu'y ont faits , ou qu'y ont attirez les
cruels ( 1 ) Esghans. De sorte qu'à proprement parler , nous n'avons plus frien
de quelque conséquence que Coni ( 2 ) ,
Kiachan ( 3 ), et ( 4 ) Ispaham.
Mais si votre situation , repliquerent
les Turcs , est aussi déplorable que vous
nous la dépeignez ; si outre cela vous affectez dans toutes les occasions de vous
dire , nos Freres , de vous vanter d'être
avec nous dans la même unité de Religion, et si vous avez d'ailleurs tant d'embarras et d'ennemis sur les bras, d'où vient
ne vous pas appliquer à vous en délivrer?
Pourquoi vous acharner particulierement
contre nous , comme vous faites ? Car s'il
en faut juger par toutes vos démarches ,
il n'y a que nous seuls qui vous occu-
( 1 ) Esghans , Eughans , ou Aguans , Peuples
du Candahar , qui fait partie du Sablustan , autrefois le Paropamisus.
(2 ) Com , ou Kom , Ville dans l'Hierak ou
Yerak- Agemi , partie de l'ancien Royaume des
Parthes.
( 3 ) Kiachan ou Cachan, grande Ville du même Pais.
( 4 ) Ispaham , Spahan , ou Spahon , comme prononcent les Persans , est aussi dans le même
Païs. Les uns croient que cette Capitale de toute
la Perse , a été bârie sur les ruines d'HécatomPylos , et d'autres sur celles d'Aspa.
pions ;
AOUST. 1732. 1749
}
pions ; vos divisions , vos disputes , vos
guerres,votre empressement pour la Paix,
tout semble en vous n'avoir que Nous
pour unique objet.
C'est aussi , dit Mustapha , l'affaire qui
nous interesse le plus , et que nous prenons le plus à cœur. Vous êtes l'ennemi
le plus redoutable que nous ayions en tête;
si nous pouvons parvenir à cimenter avec
vous une Paix solide , nous nous démêlerons facilement de nos autres ennemis ;
et s'il plaît à Dieu, nous vérifierons bientôt le Proverbe Arabe, qui dit que l'hommese releve où il est tombé.
Mais enfin , continua- t-il , si les Otomans nous ont fait éprouver la fureur de
leurs armes , et s'ils nous ont maltraitez
au delà de ce que nous pouvions jamais
prévoir , nous esperons qu'à tant de calamitez qu'ils nous ont fait souffrir , ils feront succeder des dédommagemens qui
Ies égaleront. C'est uniquement dans cet
esprit, que nous venons négocier avec
vous, et non pour disputer sur le plus ou
le moins de Pais à prétendre et à ceder.
Nous vous retraçons au naturel l'image
de nos infortunes ; nos prieres y sont relatives ; c'est à vos Excellences , comme
nous leur avons déja dit, de prendre une
détermination à notre égard , qui distinDiij gue
1750 MERCURE DE FRANCE
gue d'une façon glorieuse , la grandeur et
la dignité de votre Empire.
Tout cela est excellent , répondirent les
Ministres Turcs , et vous avez raison de
vous attendre à recevoir des faveurs de la
Porte ; mais votre attente, pour être bien
fondée , ne doit pas être sans mesure , et
nous voyons avec peine , qu'au lieu de
resserrer vos désirs dans de justes bornes,
vous n'avez fait , jusqu'icy , que vous répandre en demandes indiscretes , qui
loin de nous approcher du but , nous en
écartent. Ainsi comme vous n'avancerez
jamais rien avec nous , si vous ne prenez
une autre route , nous voulons bien encore vous donner le loisir de réfléchir de
nouveau plus murement , sur vos véri
tables intérêts, et nous les discuterons vo
lontiers plus en détail dans la Conféren
ce que nous tiendrons demain.
IV. CONFERENCE , où tous les Ple
nipotentiaires des deux Cours assisterent.
Le 4 dudit mois de Janvier , les Ministres de la Porte , parlant toujours les
premiers , dirent à ceux de Perse : Nous
nous étions persuadez , qu'en agitant une
affaire d'aussi grande importance que celle.
de la Paix , nous ne devions rien négliger
pour la porter à son point de perfectionle
AOUST. 1732. 1791 8
le plutôt qu'il se pourroit ; et nous nous
étions flatez de trouver dans vos Excellences , des dispositions conformes aux
nôtres en cela. Mais nous reconnoissons ,
à regret , que nous avions mal pénétré
leurs intentions , puisqu'il paroît clairement , qu'elles ne cherchent qu'à éluder
les nôtres, et qu'à gagner du temps, pour
faire échouer la négociation à force de la
tirer en longueur. En effet , si ce n'étoit
pas là votre vûë, pourriez- vous vous opiniatrer , comme vous faites , à former des
prétentions , ausqu'elles vous sçavez bien
vous-même qu'il ne nous est pas possible
de souscrire ?
Nous sommes pleinement convaincus
de notre impuissance, répondirent les Persans, et que nous ne pourrons secoüer le
joug qu'il vous plaira de nous imposer.
Vous possedez tout, nous sommes privez
de tout ; c'est à vous d'ordonner,èt à nous
d'obéïr.
S'il étoit vrai , comme vous le dites, reprirent les Turcs , qu'il ne dépendit que
de nous d'achever heureusement cette
négociation , vous ne nous feriez pas des
demandes si peu mesurées , et toutes nos
prétentions réciproques seroient reglées
dans un moment. Il faut être équitable,
et que vos Excellences se restraignent à ce
Diiij qu'on
1752 MERCURE DE FRANCE
qu'on peut raisonnablement leur accorder. Ainsi, sans perdre davantage le temps
en discours specieux , qui ne conduisent
à rien de décisif, parlez- nous une bonne
fois positivement ; nous vous réïterons ,
que vous nous trouverez toujours disposez à nous prêter à tout ce que vous nous
proposerez de faisable. Mais nous devons
vous prévenir auparavant , qu'il ne faut
plus nous contester la possession des Païs
au-delà de l'Araxe , ni que vous insistiez
de nouveau sur la restitution de Tauris ,
qui est en deçà de ce Fleuve. Hors ces
deux articles , vous pouvez tout esperer
du désir sincere que nous avons de faire
tenaître entre les deux Empires une harmonie inalterable.
qui
Vous êtes les maîtres , encore un coup,
repliquerent les Persans ; nous continuons d'avouer que tout vous appartient chez nous ; mais dès que vous rejetteż la priere que nous vous faisons , de
-nous rendre nos Etats au delà de l'Araxe,
set la Province de Tauris en deçà ; surquoi
voulez-vous que roulent nos Conféren-
´ces, puisque tout ce qui nous reste de notre Monarchie , ne vaut pas seulement la
peine qu'on en fasse mention ?
Comment , s'écrierent les Plénipotentiaires de la Porte; n'y at- il pas encore
( 1)
A OUST. 1732. 1753
(1 ) Amadan , avec son vaste territoire ?
et si nous vous le rendons , ne devez- vous
pas être satisfaits ?
-
Nous avions toujours esperé , repartirent ceux de Perse , que vous fériez rentrer Chah Tahmas dans les Païs d'audelà de l'Araxe , et toute la faveur que
vous voulez lui faire , consiste à lui rendre Amadan , qui est en deçà. Dès que
vous montrez si peu d'égard à nos humbles et constantes supplications , nous ne
sçavons plus que vous proposer , et votre infléxibilité nous rend muets.
Que nous dites- vous-là , reprirent les
Turcs; avez- vous oublié , que lors même
que votre Maître se vantoit de nous avoir
battus , il envoïa à la Porte (2) Riza Kouli Khan et Méhémet-Veli - Khan, qui dans
leurs conférences, avec nos Ministres , cederent tous ces Païs Surquoi , s'il vous
plaît , aujourd'hui que vous vous confessez vaincus, pouvez appuïer votre obs
tination à les répéter ?
>
Nous convenons de ce fait , replique-
( 1 ) Hamadan , Ville des plus considérables de
Perse. Elle est dans l'Yerax - Agemi , qui est l'ancienne region des Parthes.
( 2 )Ils firent leur entrée à Constantinople le
18 Juin 1730. Riza- Kouli-Khan , qui étoit le
chef de l'ambassade , eut la tête tranchée peu
après son retour en Perse.
D v rent
1754 MERCURE DE FRANCE
rent les Persans ; mais peut-être feignezvous d'ignorer , que ce fut par l'habileté
et les adroites insinuations de vos négociateurs , que les nôtres consentirent im
prudemmentàce que ces Païs vous restassent ,en quoi ayant excedé leur pouvoir,
ils furent fort désaprouvez de notre Souverain. Aussi pouvons- nous dire , que ce
fut la source de tous les malheurs qui nous
ont accablez depuis ! Mais ne nous rapellez plus des temps funestes , que nous
voudrions pouvoir ensevelir dans un éternel oubli ; rappellez vous seulement que
l'infortuné Chah Tahmas a recours à la
clémence de la sublime Porte , et qu'il remet entierementson sort entre vos mains.
C'est sur ce principe que vous devez raisonner , et vous résoudre ensuite au parti
qui vous paroîtra le plus glorieux à votre
Empire.
>
N'est ce donc pas une grande grace de
notre part , dirent les Ministres Turcs
que tout ce que nous vous offrons ? Il est
vtai , répondirent ceux de Perse , qu'à ne
considerer , que la ruine presqu'universelle où notre Royaume est tombé , ce qué
vous voulez bien nous rendre , peut passer pour une faveur signalée , mais cette
faveur,toute rare qu'elle est , ne répond
pas encore ni à notre état , ni à nos prieres
AOUST. 17320 1755
res ; daignez - y faire plus d'attention , et
vous conviendrez que la Porte qui nous a
tant fait de maux , depuis l'inondation
des Esghans sur nos terres , est en quelque façon obligée pour son honneur de
réparer, autant qu'il est en elle, les dommages infinis qu'elle nous a causez , et que
la compassion qu'elle aura pour nous,doit
être au moins proportionnée à la reconnoissance que nous en conserverons éternellement. Nous osons même ajouter ,
que si votre tres-magnifique Empereur
reconnoit ,comme il le doit , que ses Vic.
toires et le bonheur de ses armes,sont des
bien faits qu'il a reçus de la Providence s
il est de sa piété d'en témoigner à Dieu
sa gratitude d'une maniere extraordinaire. Hé! comment peut-il mieux s'en acquitter , qu'en nous faisant ressentir de si
grands effets de sa magnanimité, que tous
les Monarques de la terre, surpris, soient
forcez deconvenir qu'ils n'ont jamais rien
vû , ni entendu parler de semblable ?
On donnera la suite dans le prochain
Mercure.
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Résumé : TRADUCTION d'une Relation Turque, sur ce qui s'est passé dans les Conferences teuuës pour la Paix entre les Turcs et les Persans, à l'Armée du Grand-Seigneur, près d'Hamadan, par les Plénipotentiaires de Sa Hautesse, et ceux de Chah Thamas, Roy de Perse.
En 1732, des conférences de paix entre les Turcs et les Persans se tinrent près d'Hamadan. Du côté ottoman, Chmer-Pacha, gouverneur de Babylone, nomma plusieurs plénipotentiaires, dont Achmet-Pacha et Salahor. Du côté persan, Chah-Thamas choisit Mehemet-Riza-Khan et Mustapha Khan. Lors de la première conférence, les Turcs exprimèrent leur volonté de paix, tandis que les Persans souhaitaient rétablir une union intime entre les deux empires. Les Persans demandèrent la restitution des territoires conquis par les Turcs et la régulation des frontières comme sous le règne de Soliman II, ce que les Turcs refusèrent, arguant que les vainqueurs conservent généralement leurs conquêtes. Lors de la deuxième conférence, les Turcs insistèrent sur la nécessité de conclure la paix sans revenir aux conditions de Soliman II. Les Persans, reconnaissant leur état d'humiliation, demandèrent miséricorde et la restauration de leur roi sur son trône. Les Turcs offrirent aux Persans de choisir entre les derniers pays conquis, à l'exception de la province de Tauris. Lors de la troisième conférence, Mustapha Khan proposa deux solutions : un paiement annuel à la Porte ottomane ou la rétention des provinces de Tiflis et d'Herdelan par les Turcs. Les Turcs rejetèrent ces propositions, trouvant inappropriées les demandes persanes concernant les territoires au-delà de l'Araxe. En août 1732, les Persans demandèrent aux Turcs de considérer leurs prétentions malgré des circonstances affligeantes. Les Turcs rappelèrent que le Royaume de Perse possédait encore des territoires importants, mais Mustapha Khan expliqua que ces territoires étaient soit sous contrôle des Moscovites, soit ravagés par les Esghans. Les Turcs, sceptiques, interrogèrent la stratégie perse de les considérer comme frères tout en étant en conflit. Lors de la conférence du 4 janvier, les Turcs accusèrent les Perses de vouloir gagner du temps. Les Perses, reconnaissant leur impuissance, acceptèrent de se soumettre aux décisions turques. Les Turcs proposèrent de ne plus contester la possession des territoires au-delà de l'Araxe et la restitution de Tauris. Les Persans insistèrent sur la restitution de leurs États et se dirent prêts à accepter toute décision turque. Les Turcs rappelèrent la cession des territoires lors des négociations précédentes et la désapprobation du souverain perse. Les Persans demandèrent clémence et remirent leur sort entre les mains des Turcs, mais les Turcs trouvèrent les Persans ingrats et insistèrent sur la réparation des dommages causés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2243
p. 1781-1782
Bibliqtheque raisonnée, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE RAISONNÉE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe; pour [...]
Mots clefs :
Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants, Aménités de Médecine, Révolutions de l'Empire du Maroc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliqtheque raisonnée, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE RAISONNE'E des.
Ouvrages des Sçavans de l'Europe ;
pour les mois de Janvier , Fevrier , Mars,
Avril , May et Juin 1731. Tome VI.
premiere et seconde Partie. A Amsterdam,
chez les Westeins et Smith , in 12 de 480.
pages.
Nous ne donnerons pas l'Extrait d'un :
Livre composé d'Extraits , nous ferons
seulement connoître quelques Ouvrages
rapportez dans ce volume et quelques
articles des plus interessans des Nouvelles Litteraires.
· AMENITEZ DE MEDECINE , où l'on décrit son origine , ses progrès , son excellence , sa nécessité , son usage , les récompenses , les honneurs et les privile
ges accordez aux Medecins. On y examine encore si la Medecine a été autrefois une étude qui n'appartenoit qu'aux
Esclaves. Par Dan. Vink A Virecht ;
1730. in 8. de 528. pages , sans compter
l'Epitre Dédicatoire , la Préface et la Ta
ble. Tout l'Ouvrage est en Latin.
His-
1782 MERCURE DE FRANCE
HISTOIRE DES REVOLUTIONS de l'Empire de Maroc depuis la mort du dernier Empereur Muley-Ismaël , qui contient une Relation exacte de ce qui s'est
passé dans cette Contrée pendant l'année
1727. et une partie de 1728. avec des
Observations naturelles , morales et poliques sur le Païs et les Habitans , traduite du Journal Anglois , écrit par
Capitaine Braithwaite , qui a accompagné M. Jean Russel , Ecuyer , Consul
general du Roy d'Angleterre en Barbarie,et qui a été témoin oculaire des plus remarquables évenemens mentionnez dans
cet Ouvrage. A Amsterdam, chez P. Mor
tier, 1731. in 12. de 470. pages.
Ouvrages des Sçavans de l'Europe ;
pour les mois de Janvier , Fevrier , Mars,
Avril , May et Juin 1731. Tome VI.
premiere et seconde Partie. A Amsterdam,
chez les Westeins et Smith , in 12 de 480.
pages.
Nous ne donnerons pas l'Extrait d'un :
Livre composé d'Extraits , nous ferons
seulement connoître quelques Ouvrages
rapportez dans ce volume et quelques
articles des plus interessans des Nouvelles Litteraires.
· AMENITEZ DE MEDECINE , où l'on décrit son origine , ses progrès , son excellence , sa nécessité , son usage , les récompenses , les honneurs et les privile
ges accordez aux Medecins. On y examine encore si la Medecine a été autrefois une étude qui n'appartenoit qu'aux
Esclaves. Par Dan. Vink A Virecht ;
1730. in 8. de 528. pages , sans compter
l'Epitre Dédicatoire , la Préface et la Ta
ble. Tout l'Ouvrage est en Latin.
His-
1782 MERCURE DE FRANCE
HISTOIRE DES REVOLUTIONS de l'Empire de Maroc depuis la mort du dernier Empereur Muley-Ismaël , qui contient une Relation exacte de ce qui s'est
passé dans cette Contrée pendant l'année
1727. et une partie de 1728. avec des
Observations naturelles , morales et poliques sur le Païs et les Habitans , traduite du Journal Anglois , écrit par
Capitaine Braithwaite , qui a accompagné M. Jean Russel , Ecuyer , Consul
general du Roy d'Angleterre en Barbarie,et qui a été témoin oculaire des plus remarquables évenemens mentionnez dans
cet Ouvrage. A Amsterdam, chez P. Mor
tier, 1731. in 12. de 470. pages.
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Résumé : Bibliqtheque raisonnée, &c. [titre d'après la table]
La revue 'BIBLIOTHEQUE RAISONNEE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe' couvre les mois de janvier à juin 1731 et est publiée en deux parties à Amsterdam par les Westeins et Smith. Elle présente divers ouvrages et articles des Nouvelles Littéraires. Parmi les ouvrages mentionnés, 'AMENITEZ DE MEDECINE' de Dan. Vink A Virecht, publié en 1730, traite de l'origine, des progrès, de l'excellence, de la nécessité et de l'usage de la médecine, ainsi que des récompenses et privilèges accordés aux médecins. Il explore également la question de savoir si la médecine était autrefois réservée aux esclaves. Un autre ouvrage notable est 'HISTOIRE DES REVOLUTIONS de l'Empire de Maroc', qui relate les événements survenus au Maroc après la mort de l'empereur Muley-Ismaël, couvrant l'année 1727 et une partie de 1728. Ce livre inclut des observations naturelles, morales et politiques sur le pays et ses habitants. Il est traduit du journal anglais écrit par le capitaine Braithwaite, qui a accompagné M. Jean Russel, consul général du roi d'Angleterre en Barbarie. Cet ouvrage a été publié à Amsterdam par P. Mortier en 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2244
p. 1814
« On écrit de Londres, que M. Hamilton, Gentilhomme Ecossois, qui prétend [...] »
Début :
On écrit de Londres, que M. Hamilton, Gentilhomme Ecossois, qui prétend [...]
Mots clefs :
Londres, Monsieur Hamilton, Naviguer
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texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Londres, que M. Hamilton, Gentilhomme Ecossois, qui prétend [...] »
On écrit de Londres , que M. Hamilton , Gentilhomme Ecossois , qui prétend
avoir trouvé les Longitudes , doit s'embarquer pour les Indes Occidentales , accompagné de deux Capitaines des plus
expérimentez dans l'Art de naviger
pour être témoins des preuves qu'il donnera de sa découverte dans son operation Astronomique ; et on dit qu'en cas
de succès , les Commissaires de l'Amirauté lui donneront une récompense de
20000. livres sterlins , outre les 100. mille livres sterlins que le Gouvernement a
promis à celui qui aura découvert les
Longitudes. Il doit operer avec l'Instrument du Docteur Wright , qu'on nomne l'Orrery.
avoir trouvé les Longitudes , doit s'embarquer pour les Indes Occidentales , accompagné de deux Capitaines des plus
expérimentez dans l'Art de naviger
pour être témoins des preuves qu'il donnera de sa découverte dans son operation Astronomique ; et on dit qu'en cas
de succès , les Commissaires de l'Amirauté lui donneront une récompense de
20000. livres sterlins , outre les 100. mille livres sterlins que le Gouvernement a
promis à celui qui aura découvert les
Longitudes. Il doit operer avec l'Instrument du Docteur Wright , qu'on nomne l'Orrery.
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Résumé : « On écrit de Londres, que M. Hamilton, Gentilhomme Ecossois, qui prétend [...] »
M. Hamilton, un gentleman écossais, affirme avoir découvert les longitudes. Il doit se rendre aux Indes Occidentales avec deux capitaines pour démontrer sa découverte à l'aide de l'instrument du Docteur Wright, l'Orrery. En cas de succès, il recevra 20 000 livres sterling de l'Amirauté et 100 000 livres sterling du gouvernement.
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2245
p. 1846-1849
DE TURQUIE ET PERSE.
Début :
Les Lettres de Constantinoples, de la fin du mois de Juin; portent qu'il avoit été résolu [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Divan, Constantinople, Topal
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texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE ET PERSE.
DE TURQUIE ET PERSE.
Es Lettres de Constantinople , de la fin du
mois de Juin , portent qu'il avoit été résolu
dans le dernier Divan , de renvoyer en Perse un
Corps considérable de Janissaires et de Spahis ,
pour s'opposer au progrès de l'Armée du Roy
de Perse , qui a déja attaqué plusieurs Places ,
cedées à Sa Hautesse par le dernier Traité ;
faire équiper sur la Mer Noire 200 Navires pour transporter des Munitions de Guerre et des Provisions à Trébisonde , et de dresser un Rôle de
de
tous
A OUST. 17320 1847
tous les habitans de Constantinople, et des au
ores principales Villes de l'Empire Ottoman, qui
sont en état de porter les Armes , pour s'en servir en cas de besoin.
Ces Lettres ajoutent que le G. Viz. avoit fait
disgracier le Caïmacan, qui faisoit aussi les fonctions de Tefterdar, et que le G.S.lui avoit donné,
en Pexilant , le Gouvernement de Kintaïa , l'une
des plus considérables Places de l'Asie ; que la
Charge de Tefterdar avoit été donnée à Mehemet Effendi, qui a été Grand- Trésorier de l'Empire , sous le Regne du Sultan Achmet ; que,
Marabout , Capitan Pacha , ou grand Amiral
avoit été déposé le 11 Juin, et qu'on avoit nommé Bekir Pacha , pour exercer cette Charge
en sa place ; que le 12 , le nouveau Capitan Pacha avoit épousé la sœur du G S. qui étoit veuve du Vizir Numan Pacha Kuperli , et que le
Capitan, Pacha disgracié , avoit été fait Pacha
de Nicomédie.
On a appris en dernier lieu de Constantinople ,
que le 6. Juillet on avoit arboré la Queue de
Cheval à la porte du Serrail, et déclaré publiquement la guerre au Roy de Perse , qu'il étoit parti par la Mer Noire plus de 80000. hommes de
Troupes d'Europe ; qu'on en rassembloit encore
de tous côtez dans l'Asie , et que dans deux mois
au plus tard le G. S. auroit en Perse une Armée
de plus de 300. mille hommes
On apprend par les Lettres d'Ispahan , reçûës par la voye de Smirne , que la nouvelle de la Paix conclue avec les Turcs, n'avoit pas été bien
reçue des, Peuples ; qu'il y avoit eu à Ispahan , à
- Tauris et dans d'autres Villes plusieurs émotions
populaires à cette occasion ; que le Roy de Perse:
avoit tâché d'abord d'appaiser ses Peuples , en Hij leur
1848 MERCURE DE FRANCE
3.
leur faisant voir que le Traité étoit plus avantageux à la Nation qu'ils ne le croyoient , qu'il
avoit été contraint de prendre le parti de cette
Paix , pour sauver le reste de son Royaume , et
que les Villes qu'il avoit cedées au G. S. n'étoient
-pas d'aussi graude conséquence qu'on se l'imaginoit ; enfin qu'il exhortoit ses Peuples à ne point rompre une Paix , signée et ratifiée solemnellement , conformément à la Loy.
Ces remontrances n'ayant rien opéré sur l'esprit des Mécontens , le premier General des Persans fut contraint de déchirer en presence du
Muphti , tous les Traitez et Ecrits particuliers ,
qui avoient quelque relation à cette Paix , com- me contraires aux Constitutions fondamentales
du Royaume, et de déclarer la Guerre aux Turcs.
Quelques jours après , le Roy de Perse ayant
rassemblé ses Troupes , en forma deux Armées ,
avec l'une desquelles il se proposa de passer en
Géorgie, pour en faire la conquête ; pendant que
l'autre s'empareroit des Provinces d'Erivan et de Babilone.
Un Courier dêpêché par le Gouverneur de
Bagdad , et qui arriva le 16 Juin à Constantinople, a confirmé cette nouvelle, en apprenant aussi celle de la prise d'Erivan par les Persans.
Le 18 Juillet, le G. S. fit publier que tous ceux
de ses Sujets , qui sont en état de porter les Armes , eussent à se présenter aux Commissaires
qu'il avoit nommés , sous peine de la vie. Par
cet ordre , Sa Hautesse compte de rassembler en peu de temps une Armée de 20000 hommes , et
d'être en état de l'envoyer en Perse , à la fin du mois de Juillet.
En attendant , les vieilles Troupes qui sont en
quartiers , dans les Provinces voisines de Perse
ant ordre de joindre le Séraskier , qui comman-dc
>
AOUST. 1732 1849
•
de dans ce Païs -là , et elles seront remplacées par
des Milices. Sa Hautesse a fait dépêcher depuis ,
plusieurs Courriers , dans differentes Cours de
I'Europe , pour avertir les Princes Chrétiens , ses
voisins , de ne point prendre d'ombrage des
grands Armemens qu'elle fait faire dans toute P'étendue de son Empire ; parce qu'ils n'ont pour
objet , que de vanger la Porte de la perfidie des Persans.
On a appris depuis ces Lettres , que le G. S.
avoit nommé Topal , Osman-Bacha , cy- devant
G. V. et qui depuis sa déposition avoit été envoyé à Trébisonde , pour commander son Ar- mêe en Perse.
Es Lettres de Constantinople , de la fin du
mois de Juin , portent qu'il avoit été résolu
dans le dernier Divan , de renvoyer en Perse un
Corps considérable de Janissaires et de Spahis ,
pour s'opposer au progrès de l'Armée du Roy
de Perse , qui a déja attaqué plusieurs Places ,
cedées à Sa Hautesse par le dernier Traité ;
faire équiper sur la Mer Noire 200 Navires pour transporter des Munitions de Guerre et des Provisions à Trébisonde , et de dresser un Rôle de
de
tous
A OUST. 17320 1847
tous les habitans de Constantinople, et des au
ores principales Villes de l'Empire Ottoman, qui
sont en état de porter les Armes , pour s'en servir en cas de besoin.
Ces Lettres ajoutent que le G. Viz. avoit fait
disgracier le Caïmacan, qui faisoit aussi les fonctions de Tefterdar, et que le G.S.lui avoit donné,
en Pexilant , le Gouvernement de Kintaïa , l'une
des plus considérables Places de l'Asie ; que la
Charge de Tefterdar avoit été donnée à Mehemet Effendi, qui a été Grand- Trésorier de l'Empire , sous le Regne du Sultan Achmet ; que,
Marabout , Capitan Pacha , ou grand Amiral
avoit été déposé le 11 Juin, et qu'on avoit nommé Bekir Pacha , pour exercer cette Charge
en sa place ; que le 12 , le nouveau Capitan Pacha avoit épousé la sœur du G S. qui étoit veuve du Vizir Numan Pacha Kuperli , et que le
Capitan, Pacha disgracié , avoit été fait Pacha
de Nicomédie.
On a appris en dernier lieu de Constantinople ,
que le 6. Juillet on avoit arboré la Queue de
Cheval à la porte du Serrail, et déclaré publiquement la guerre au Roy de Perse , qu'il étoit parti par la Mer Noire plus de 80000. hommes de
Troupes d'Europe ; qu'on en rassembloit encore
de tous côtez dans l'Asie , et que dans deux mois
au plus tard le G. S. auroit en Perse une Armée
de plus de 300. mille hommes
On apprend par les Lettres d'Ispahan , reçûës par la voye de Smirne , que la nouvelle de la Paix conclue avec les Turcs, n'avoit pas été bien
reçue des, Peuples ; qu'il y avoit eu à Ispahan , à
- Tauris et dans d'autres Villes plusieurs émotions
populaires à cette occasion ; que le Roy de Perse:
avoit tâché d'abord d'appaiser ses Peuples , en Hij leur
1848 MERCURE DE FRANCE
3.
leur faisant voir que le Traité étoit plus avantageux à la Nation qu'ils ne le croyoient , qu'il
avoit été contraint de prendre le parti de cette
Paix , pour sauver le reste de son Royaume , et
que les Villes qu'il avoit cedées au G. S. n'étoient
-pas d'aussi graude conséquence qu'on se l'imaginoit ; enfin qu'il exhortoit ses Peuples à ne point rompre une Paix , signée et ratifiée solemnellement , conformément à la Loy.
Ces remontrances n'ayant rien opéré sur l'esprit des Mécontens , le premier General des Persans fut contraint de déchirer en presence du
Muphti , tous les Traitez et Ecrits particuliers ,
qui avoient quelque relation à cette Paix , com- me contraires aux Constitutions fondamentales
du Royaume, et de déclarer la Guerre aux Turcs.
Quelques jours après , le Roy de Perse ayant
rassemblé ses Troupes , en forma deux Armées ,
avec l'une desquelles il se proposa de passer en
Géorgie, pour en faire la conquête ; pendant que
l'autre s'empareroit des Provinces d'Erivan et de Babilone.
Un Courier dêpêché par le Gouverneur de
Bagdad , et qui arriva le 16 Juin à Constantinople, a confirmé cette nouvelle, en apprenant aussi celle de la prise d'Erivan par les Persans.
Le 18 Juillet, le G. S. fit publier que tous ceux
de ses Sujets , qui sont en état de porter les Armes , eussent à se présenter aux Commissaires
qu'il avoit nommés , sous peine de la vie. Par
cet ordre , Sa Hautesse compte de rassembler en peu de temps une Armée de 20000 hommes , et
d'être en état de l'envoyer en Perse , à la fin du mois de Juillet.
En attendant , les vieilles Troupes qui sont en
quartiers , dans les Provinces voisines de Perse
ant ordre de joindre le Séraskier , qui comman-dc
>
AOUST. 1732 1849
•
de dans ce Païs -là , et elles seront remplacées par
des Milices. Sa Hautesse a fait dépêcher depuis ,
plusieurs Courriers , dans differentes Cours de
I'Europe , pour avertir les Princes Chrétiens , ses
voisins , de ne point prendre d'ombrage des
grands Armemens qu'elle fait faire dans toute P'étendue de son Empire ; parce qu'ils n'ont pour
objet , que de vanger la Porte de la perfidie des Persans.
On a appris depuis ces Lettres , que le G. S.
avoit nommé Topal , Osman-Bacha , cy- devant
G. V. et qui depuis sa déposition avoit été envoyé à Trébisonde , pour commander son Ar- mêe en Perse.
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Résumé : DE TURQUIE ET PERSE.
En juin 1732, l'Empire Ottoman a pris des mesures pour renforcer ses troupes en Perse afin de contrer les attaques perses sur des places cédées par le dernier traité. Les préparatifs incluaient l'équipement de 200 navires sur la Mer Noire pour transporter des munitions et des provisions à Trébisonde, ainsi que la mobilisation des habitants capables de porter les armes. Le Grand Vizir a démis le Caïmacan, également Tefterdar, et l'a exilé à Kintaïa. Mehmet Effendi a été nommé nouveau Tefterdar, et Bekir Pacha a remplacé le Capitain Pacha déposé le 11 juin. Le 6 juillet, la guerre contre le roi de Perse a été déclarée publiquement, avec plus de 80 000 hommes de troupes européennes partis par la Mer Noire et des rassemblements continus en Asie. À Ispahan, la nouvelle de la paix avec les Turcs a suscité des émotions populaires. Le roi de Perse a tenté d'apaiser ses sujets en expliquant les avantages du traité, mais les mécontents ont forcé le général perse à déclarer la guerre aux Turcs. Les Perses ont formé deux armées, l'une pour la Géorgie et l'autre pour les provinces d'Erivan et de Babilone. La prise d'Erivan par les Perses a été confirmée par un courrier de Bagdad. Le sultan ottoman a ordonné à tous ses sujets capables de porter les armes de se présenter aux commissaires sous peine de la vie, visant à rassembler 20 000 hommes pour la fin juillet. Des courriers ont été envoyés en Europe pour rassurer les princes chrétiens sur les intentions ottomanes, qui visent à venger la perfidie perse. Topal Osman-Bacha a été nommé pour commander l'armée ottomane en Perse.
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2246
p. 1849-1850
RUSSIE.
Début :
Le 27 Juin, le feu prit à Cronsloot, dans un des quartiers qui joint le Port; et en moins [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine, Incendie
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E 27 Juin , le feu prit à Cronsloot , dans un
des quartiers qui joint le Port ; et en moins
de deux heures il y eut près de 200 Maisons consommées par les flammes , qui endommagerent aussi quelques Vaisseaux , qu'on n'avoit pas eu le temps d'éloigner de l'incendie..
La Czarine a rendu une Ordonnance , suivant
laquelle tous ceux qui se proposent de bâtir des
Maisons , dans les principales rues de Petersbourg , sont obligez de prendre l'alignement et
de faire exécuter le plan que leur donnera l'Architecte , chargé de la décoration extérieure des
Maisons de cette Ville. Cependant pour engager
les habitans à y faire bâtir, S. M. Cz. a accordé તે
des Exemptions et des Privileges , dont jouiront.
pendant dix ans tous les Proprietaires des nou- velles Maisons.
On apprend par les Lettres du Gouverneur de
Derbent , qui depuis la Paix conclue avec le
Roy de Perse , les Doüanes de Derbent et de Hy Terki
1850 MERCURE DE FRANCE
Terki , étoient si considérablement augmentées
par l'arrivée continuelle des Marchandises de
Perse , que le produit suffiroit pour payer dans la suite les Garnisons de toutes les Places fortes de
la Mer Caspienne. On est cependant dans quel- que inquiétude sur l'exécution de ce Traité , de
la part du Roy de Perse , depuis qu'on a appris
qu'il n'avoit pas observé celui qu'il avoit fait
avec le G. S. car les Lettres d'Ispahan portent
que ce Prince s'étoit mis en marche avec une
Armée de 70000 hommes , et qu'il avoit déja
repris deux Places, cédées à Sa Hautesse par ce Traité.
Les Ambassadeurs de la Chine partirent de
Petersbourg le 26. Juillet , escortez par un Détachement de Cavalerie jusqu'aux Frontieres. La
Czarine a envoyé des ordres à tous les Gouver◄
neurs de Province de les faire défrayer sur leur
route.Plusieurs Négocians Moscovites ont profité
de cette occasion pour aller à Nanokin , où ils
esperent établir une correspondance de Commer
ce qui sera avantageux à ce Païs.
E 27 Juin , le feu prit à Cronsloot , dans un
des quartiers qui joint le Port ; et en moins
de deux heures il y eut près de 200 Maisons consommées par les flammes , qui endommagerent aussi quelques Vaisseaux , qu'on n'avoit pas eu le temps d'éloigner de l'incendie..
La Czarine a rendu une Ordonnance , suivant
laquelle tous ceux qui se proposent de bâtir des
Maisons , dans les principales rues de Petersbourg , sont obligez de prendre l'alignement et
de faire exécuter le plan que leur donnera l'Architecte , chargé de la décoration extérieure des
Maisons de cette Ville. Cependant pour engager
les habitans à y faire bâtir, S. M. Cz. a accordé તે
des Exemptions et des Privileges , dont jouiront.
pendant dix ans tous les Proprietaires des nou- velles Maisons.
On apprend par les Lettres du Gouverneur de
Derbent , qui depuis la Paix conclue avec le
Roy de Perse , les Doüanes de Derbent et de Hy Terki
1850 MERCURE DE FRANCE
Terki , étoient si considérablement augmentées
par l'arrivée continuelle des Marchandises de
Perse , que le produit suffiroit pour payer dans la suite les Garnisons de toutes les Places fortes de
la Mer Caspienne. On est cependant dans quel- que inquiétude sur l'exécution de ce Traité , de
la part du Roy de Perse , depuis qu'on a appris
qu'il n'avoit pas observé celui qu'il avoit fait
avec le G. S. car les Lettres d'Ispahan portent
que ce Prince s'étoit mis en marche avec une
Armée de 70000 hommes , et qu'il avoit déja
repris deux Places, cédées à Sa Hautesse par ce Traité.
Les Ambassadeurs de la Chine partirent de
Petersbourg le 26. Juillet , escortez par un Détachement de Cavalerie jusqu'aux Frontieres. La
Czarine a envoyé des ordres à tous les Gouver◄
neurs de Province de les faire défrayer sur leur
route.Plusieurs Négocians Moscovites ont profité
de cette occasion pour aller à Nanokin , où ils
esperent établir une correspondance de Commer
ce qui sera avantageux à ce Païs.
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Résumé : RUSSIE.
Le 27 juin, un incendie à Cronsloot, près du port de Saint-Pétersbourg, a détruit environ 200 maisons et endommagé plusieurs vaisseaux en moins de deux heures. La czarine a alors émis une ordonnance imposant un plan d'alignement pour les constructions dans les principales rues de la ville, tout en accordant des exemptions et des privilèges aux propriétaires de nouvelles maisons pour une durée de dix ans. Par ailleurs, le gouverneur de Derbent a signalé une augmentation des marchandises persanes dans les douanes de Derbent et de Bakou depuis la paix avec le roi de Perse, permettant de financer les garnisons des places fortes de la mer Caspienne. Cependant, des préoccupations subsistent concernant le respect du traité, car le roi de Perse a repris deux places avec une armée de 70 000 hommes. Les ambassadeurs chinois ont quitté Saint-Pétersbourg le 26 juillet, escortés par un détachement de cavalerie jusqu'aux frontières, et les gouverneurs de province ont reçu l'ordre de les défrayer durant leur trajet. Plusieurs négociants moscovites ont profité de cette occasion pour se rendre à Nanokin afin d'établir des relations commerciales.
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2247
p. 1850-1856
POLOGNE.
Début :
Le 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décamper à l'armée qui occupe le Camp de Villanova [...]
Mots clefs :
Camp de Villanova, Pologne, Klingenberg, Infanterie, Palatin de Mazovie, Canon, Camp, Bataillons, Ligne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
E 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décam
à
nova , près de Warsovie. On batit la Generale
et les Uhlans Tartares, la nouvelle Grande- Garde
et les Quartiers-Maîtres et Fourriers des Régimens respectifs , se rendirent sur le chemin du
nouveau Camp , et attendirent près de l'Hôpital
de Czerniakow , le Quartier - Maître General.
L'Armée ayant plié ses Tentes , se rangea en
bataille à la tête du Camp ' , et se mit ensuite en
marche sur cinq Colonnes ; 2 de Cavalerie et 3
d'Infanterie. La Colonne de la droite , comman- dée
A OUST 1732. 1851
dée par le Major General Klingenberg , étoit
composée de 8 Escadrons de Gotha et de Nassau , celle de la gauche , commandée par le Major General Mir ,
de 4 Escadrons du Régiment
de Mir, et de 4 Escadrons , détachez de differens '
Regimens de la Couronne.
La Colonne d'Infanterie de la droite , commandée par le Pr. Czartoriski , Palatin de Russie, consistoit en un Bataillon de Grenadiers , er
en deux des Gardes de la Couronne ; celle de la
gauche , commandée par le Major General Campenhausen , étoit composée d'un Bataillon de
Grenadiers,da 3e des Gardes de la Couronne, et
des Gardes de Lithuanie et celle du Centre
commandée par le Major General Flemming ,
du Bataillon de Flemming , et de ceux de Denhof et de Frise..
;
Les Colonnes de la droite défilerent par la
gauche , et celles de la gauche par la droite. Les
Bagages de chaque Colonne marchoient à la
queue , selon l'ordre des Corps qui la formoient,.
et la vieille grande Garde faisoit l'Arriere- Garde de tout.
"
Le Palatin de Mazovie , Regimentaire , marchoit à la tête de la Colonne du Centre , il étoit
suivi du Lieutenant General Comte de Denhof,
et on portoit devant lui le Bonzouk , ( c'est une
marque d'honneur , faite en forme de queue de Cheval attachée au bout d'une espece de Pique.) Il a été placé dans le nouveau Camp , entre
·les Drapeaux du centre ; mais comme le Roy en
´a aussi un devant son Pavillon , on le portera:
devant S.M. lorsqu'elle ira au Camp ; et alors on
baissera le Bonzoux du Regimentaire. Les trois
Colonnes d'Infanterie furent obligées de se rejoindre à quelque distance du vieux Camp pour
passer une Digue; mais après l'avoir passée ,.
Havj elless
1852 MERCURE DE FRANCE
!
elles se remirent dans leur premier ordre de Bataille , et s'arrêterent au lieu marqué, pour attendre les signaux.
le
Le Roy ayant fait donner le premier signal ,
par un coup de Canon , tiré de son Pavillon ,
Quartier- Maître - General alla reconnoître le
Camp, passa la nouvelle grande- Garde ; et ayant
distribué le terrain aux Quartiers-Maîtres des
Regimens , les Fouriers tracerent le Camp.
Pendant ce temps- là les Uhlans firent plusieurs
courses à la tête du Camp, imitant des Détachemens ennemis qui se rencontrent. Au second signal , les Colonnes se mirent en mouvement,
L'Artillerie composée de 38. Canons , et de 4
Mortiers , marcha à la queue de la Colonne du
centre , et elle étoit fermée par une Compagnie
franche de Dragons , qui lui est attachée.
L'Armée étant arrivée au terrain tracé , se mit
en Bataille à la tête du nouveau Camp , dans le
même ordre où elle avoit été rangée avant de
partir de l'autre , et au 3e signal elle entra dans le Camp; les Equipages y entrerent aussi par la
queue. L'Artillerie forma son Parc derriere le Bataillon du Centre. Dès que l'Armée fut entrée, la Cour passa à l'autre face du Pavillon, et vit faire l'Exercice aux grands Mousquetaires ,
et immédiatement après on vit toutes les Tentes
tendues , &c.
Le 2 Aoust on fit la Revûë generale de l'Armée après ; sitôt eut battu la Generale , l'Assemblée et le Bouteselle , chaque Corps se rangea à
la tête de son Camp; et après que l'ordre de marcher eut été donné , toute l'Armée s'avança vers
la Place d'armes , à 150 pas , devant le front du
Camp. Chaque Bataillon avoit 2 Pieces de Campagne avec un Chariot de Munitions, qui étoient
rangez
A O UST. 1732. 1853
噶
rangez en ordre de Bataille , dans les intervales
de l'Infanterie.
Les 38 Pieces de grosse Artillerie "sortirent en
même-temps de leur Parc , avec leurs Canoniers
et Fuzeliers , et se rangerent en 2 Colonnes, cent
pas derriere le Bataillon du centre de l'Armée ;
leurs Timbales étoient posées à leur droite , sur
un Char , traîné par 4 Chevaux de front , la
Compagnie de Dragons attachée à l'Artillerie ,
étant rangée à la gauche.
Les grands Mousquetaires étoient venus de
leur Camp du quartier du Roy, joindre la droite
de l'armée , et les 2 Compagnies des Comtes de Rutouski et Prominitz se rangerent à la droite ;
et à la gauche des Tentes destinées pour la Cour.
Quand tout fut en ordre , le Regimentaire le
fit sçavoir au Roy , qui précédé de son Bon- ZOUK se rendit à la droite de l'Armée; elle y fut
reçue par le Régimentaire , qui ayant pris la droite du Roy , pour lui laisser la vûë de la Ligne , le conduisit le long du front de la queue de l'Armée , pour passer devant l'Artillerie.
Quand S. M. tourna à la queue de la Ligne, le
dernier rang de la Cavalerie et les 2 derniers de
I'Infanterie firent face. Le Roy ayant regagné la
droite de l'Armée , le Régimentaire conduisit S.
M. aux Tentes qui lui étoient préparées , et re- tourna à l'Armée ordonner les feux de salut.
Ils commencerent par les Pieces de Campagne,
qui tirerent dans les intervalles où elles étoient rangées , l'une après l'autre , de la droite à la
gauche, ensuite la grosse Artillerie de la gauche
à la droite , et enfin le feu coulant de toute l'Armée de la droite à la gauche. Tout ce feu se répeta deux autres fois ; la premiere , de la gauche à la droite ; et la seconde de la droite à la
gauche,
;
Ensuite
1854 MERCURE DE FRANCE
Ensuire au signal donné avec le Canon , toute
la Ligne fit la conversion à droite , par Brigades.
et demi division , excepté la Compagnie des.
grands Mousquetaires , qui marcha en avant , et
qui par une conversion à gauche se trouva sur la
Ligne , où l'Armée devoit passer devant le Roy.
Le Régimentaire , précédé de son Bonzouk, marcha à la tête de toute l'Armée; le General Comte
de Denhofà la tête de l'Infanterie , et les Majors
Generaux à la tête de leurs Brigades. Les deux
Pieces de Campagne , et le Chariot de Munitions
marchoient à la tête de chaque Bataillon; la grosse Artillerie suivit la Ligne , et toute la marche
fut fermée par la Compagnie de Dragons , atta-
´chée à l'Artillerie. L'Armée s'étant remise en
marche sur son premier Terrain , rentra dans le
Camp.. Le 3 , le Roy celebra la Fête de l'Ordre de
l'Aigle blanc , les Chevaliers qui se trouverent à
portée , eurent l'honneur de dîner avec S. M. quifit ce jour-là 4 nouveaux Chevaliers.
Le 4 , P'Infanterie fit l'Exercice sur la Place
d'Arines ; les Grenadiers détachez» de l'Armée , -
qui composoient deux Bataillons , se joignirent.
leurs Corps , et formerent deux Pelotons sur
chaque aîle de leurs Bataillons. Le General ayant
averti par un signal de 2 coups de Canon que l'Infanterie étoit en Bataille , le Roy par un autre coup de Canon , lui donna le signal de se
mettre en marche , ce qu'elle fit sur 3 Colonnes dans l'ordre suivant.
Les 2 Bataillons des Gardes de la Couronne
et celui de Flemming , formoient la Colonne de
la droite. Le 3e Bataillon des Gardes de la Couronne, celui de Denhof, et les Gardes de Lithua
nie formoient la Colonne de la gauche , et le
Bataillon de Frise , renforcé de la Compagnie
détachée
AOUST. 1732. 1855
.
détachée du Régiment de Campenhausen, for→
moit celle du centre.
3
Les Colonnes s'avancerent en même · temps.
par demi division vers le Pavillon , et la Colon ne du centre s'étant arrêtée à une distance marquée , celles de la droite et de la gauche continuerent leur marche ; et étant arrivées à 40 pas
de la Batterie du Pavillon , la tête de celle de la
droite fit la conversion à droite et celle de la gauche la fit à gauche , pour former des Flancs.
Le premier Bataillon des Gardes de la Couronne formoit le flanc de la droite , et celui des
Gardes de Lithuanie celui de la gauche. La Colonne du centre , dont la tête étoit en ligne avec
la queue des 2 autres Colonnes, forma en même..
temps une Phalange.
Par un second signal , les demi Divisions for❤
merent à droite et à gauche des Bataillons , et la
Colonne du Centre rompit en même- temps sa.
Phalange, en faisant joindre aux deux demi-Divisions de la tête celles qui formoient les flancs de
la Phalange.
Par un troisiéme signal , la queue des Colonnes de la droitê et de la gauche , vint se joindre aux Aîles du Bataillon du centre.
Après ce mouvement , les Bataillons étant en
parade , presenterent les Armes , et les Officiers
saluerent de pied ferme , après quoi on donna
Pavertissement pour le maniement des Armes quis se fit au son du Tambour, et fut suivi de 3 feux..
Le fut le feu coulant de la droite à la gauche ;
ensuite le feu de Chaîne par demi Bataillon , et
enfin une décharge generale de toute l'Infante- rie.
I
Par un quatriéme signal , tous les Bataillons.
défilerent à droite et à gauche par demi - Division , et celui du centre se partagea en deux
pour
1856 MERCURE DE FRANCE
pour suivre la queue des trois Bataillons de la
droite , et des trois de la gauche, qui se mirent en
marche sur 2 Colonnes , pour passer devant le
Roy. La droite et la gauche des flancs formant
les têtes des Colonnes qui s'avancerent en mêmetemps , étant vis à-vis le Pavillon , les Officiers
saluerent , et par une autre conversion , à droite
et à gauche , les Colonnes retournerent par la
centre , et se remirent en marche sur une seule
Ligne.
Par un cinquiéme signal , l'Infanterie sur une Ligne fit feu par demi Division sur la Place , et
en avançant , et par un sixiéme signal , elle fit
demi tour à droite pour se retirer au Camp , et
continua à faire feu pendant la retraite.
E 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décam
à
nova , près de Warsovie. On batit la Generale
et les Uhlans Tartares, la nouvelle Grande- Garde
et les Quartiers-Maîtres et Fourriers des Régimens respectifs , se rendirent sur le chemin du
nouveau Camp , et attendirent près de l'Hôpital
de Czerniakow , le Quartier - Maître General.
L'Armée ayant plié ses Tentes , se rangea en
bataille à la tête du Camp ' , et se mit ensuite en
marche sur cinq Colonnes ; 2 de Cavalerie et 3
d'Infanterie. La Colonne de la droite , comman- dée
A OUST 1732. 1851
dée par le Major General Klingenberg , étoit
composée de 8 Escadrons de Gotha et de Nassau , celle de la gauche , commandée par le Major General Mir ,
de 4 Escadrons du Régiment
de Mir, et de 4 Escadrons , détachez de differens '
Regimens de la Couronne.
La Colonne d'Infanterie de la droite , commandée par le Pr. Czartoriski , Palatin de Russie, consistoit en un Bataillon de Grenadiers , er
en deux des Gardes de la Couronne ; celle de la
gauche , commandée par le Major General Campenhausen , étoit composée d'un Bataillon de
Grenadiers,da 3e des Gardes de la Couronne, et
des Gardes de Lithuanie et celle du Centre
commandée par le Major General Flemming ,
du Bataillon de Flemming , et de ceux de Denhof et de Frise..
;
Les Colonnes de la droite défilerent par la
gauche , et celles de la gauche par la droite. Les
Bagages de chaque Colonne marchoient à la
queue , selon l'ordre des Corps qui la formoient,.
et la vieille grande Garde faisoit l'Arriere- Garde de tout.
"
Le Palatin de Mazovie , Regimentaire , marchoit à la tête de la Colonne du Centre , il étoit
suivi du Lieutenant General Comte de Denhof,
et on portoit devant lui le Bonzouk , ( c'est une
marque d'honneur , faite en forme de queue de Cheval attachée au bout d'une espece de Pique.) Il a été placé dans le nouveau Camp , entre
·les Drapeaux du centre ; mais comme le Roy en
´a aussi un devant son Pavillon , on le portera:
devant S.M. lorsqu'elle ira au Camp ; et alors on
baissera le Bonzoux du Regimentaire. Les trois
Colonnes d'Infanterie furent obligées de se rejoindre à quelque distance du vieux Camp pour
passer une Digue; mais après l'avoir passée ,.
Havj elless
1852 MERCURE DE FRANCE
!
elles se remirent dans leur premier ordre de Bataille , et s'arrêterent au lieu marqué, pour attendre les signaux.
le
Le Roy ayant fait donner le premier signal ,
par un coup de Canon , tiré de son Pavillon ,
Quartier- Maître - General alla reconnoître le
Camp, passa la nouvelle grande- Garde ; et ayant
distribué le terrain aux Quartiers-Maîtres des
Regimens , les Fouriers tracerent le Camp.
Pendant ce temps- là les Uhlans firent plusieurs
courses à la tête du Camp, imitant des Détachemens ennemis qui se rencontrent. Au second signal , les Colonnes se mirent en mouvement,
L'Artillerie composée de 38. Canons , et de 4
Mortiers , marcha à la queue de la Colonne du
centre , et elle étoit fermée par une Compagnie
franche de Dragons , qui lui est attachée.
L'Armée étant arrivée au terrain tracé , se mit
en Bataille à la tête du nouveau Camp , dans le
même ordre où elle avoit été rangée avant de
partir de l'autre , et au 3e signal elle entra dans le Camp; les Equipages y entrerent aussi par la
queue. L'Artillerie forma son Parc derriere le Bataillon du Centre. Dès que l'Armée fut entrée, la Cour passa à l'autre face du Pavillon, et vit faire l'Exercice aux grands Mousquetaires ,
et immédiatement après on vit toutes les Tentes
tendues , &c.
Le 2 Aoust on fit la Revûë generale de l'Armée après ; sitôt eut battu la Generale , l'Assemblée et le Bouteselle , chaque Corps se rangea à
la tête de son Camp; et après que l'ordre de marcher eut été donné , toute l'Armée s'avança vers
la Place d'armes , à 150 pas , devant le front du
Camp. Chaque Bataillon avoit 2 Pieces de Campagne avec un Chariot de Munitions, qui étoient
rangez
A O UST. 1732. 1853
噶
rangez en ordre de Bataille , dans les intervales
de l'Infanterie.
Les 38 Pieces de grosse Artillerie "sortirent en
même-temps de leur Parc , avec leurs Canoniers
et Fuzeliers , et se rangerent en 2 Colonnes, cent
pas derriere le Bataillon du centre de l'Armée ;
leurs Timbales étoient posées à leur droite , sur
un Char , traîné par 4 Chevaux de front , la
Compagnie de Dragons attachée à l'Artillerie ,
étant rangée à la gauche.
Les grands Mousquetaires étoient venus de
leur Camp du quartier du Roy, joindre la droite
de l'armée , et les 2 Compagnies des Comtes de Rutouski et Prominitz se rangerent à la droite ;
et à la gauche des Tentes destinées pour la Cour.
Quand tout fut en ordre , le Regimentaire le
fit sçavoir au Roy , qui précédé de son Bon- ZOUK se rendit à la droite de l'Armée; elle y fut
reçue par le Régimentaire , qui ayant pris la droite du Roy , pour lui laisser la vûë de la Ligne , le conduisit le long du front de la queue de l'Armée , pour passer devant l'Artillerie.
Quand S. M. tourna à la queue de la Ligne, le
dernier rang de la Cavalerie et les 2 derniers de
I'Infanterie firent face. Le Roy ayant regagné la
droite de l'Armée , le Régimentaire conduisit S.
M. aux Tentes qui lui étoient préparées , et re- tourna à l'Armée ordonner les feux de salut.
Ils commencerent par les Pieces de Campagne,
qui tirerent dans les intervalles où elles étoient rangées , l'une après l'autre , de la droite à la
gauche, ensuite la grosse Artillerie de la gauche
à la droite , et enfin le feu coulant de toute l'Armée de la droite à la gauche. Tout ce feu se répeta deux autres fois ; la premiere , de la gauche à la droite ; et la seconde de la droite à la
gauche,
;
Ensuite
1854 MERCURE DE FRANCE
Ensuire au signal donné avec le Canon , toute
la Ligne fit la conversion à droite , par Brigades.
et demi division , excepté la Compagnie des.
grands Mousquetaires , qui marcha en avant , et
qui par une conversion à gauche se trouva sur la
Ligne , où l'Armée devoit passer devant le Roy.
Le Régimentaire , précédé de son Bonzouk, marcha à la tête de toute l'Armée; le General Comte
de Denhofà la tête de l'Infanterie , et les Majors
Generaux à la tête de leurs Brigades. Les deux
Pieces de Campagne , et le Chariot de Munitions
marchoient à la tête de chaque Bataillon; la grosse Artillerie suivit la Ligne , et toute la marche
fut fermée par la Compagnie de Dragons , atta-
´chée à l'Artillerie. L'Armée s'étant remise en
marche sur son premier Terrain , rentra dans le
Camp.. Le 3 , le Roy celebra la Fête de l'Ordre de
l'Aigle blanc , les Chevaliers qui se trouverent à
portée , eurent l'honneur de dîner avec S. M. quifit ce jour-là 4 nouveaux Chevaliers.
Le 4 , P'Infanterie fit l'Exercice sur la Place
d'Arines ; les Grenadiers détachez» de l'Armée , -
qui composoient deux Bataillons , se joignirent.
leurs Corps , et formerent deux Pelotons sur
chaque aîle de leurs Bataillons. Le General ayant
averti par un signal de 2 coups de Canon que l'Infanterie étoit en Bataille , le Roy par un autre coup de Canon , lui donna le signal de se
mettre en marche , ce qu'elle fit sur 3 Colonnes dans l'ordre suivant.
Les 2 Bataillons des Gardes de la Couronne
et celui de Flemming , formoient la Colonne de
la droite. Le 3e Bataillon des Gardes de la Couronne, celui de Denhof, et les Gardes de Lithua
nie formoient la Colonne de la gauche , et le
Bataillon de Frise , renforcé de la Compagnie
détachée
AOUST. 1732. 1855
.
détachée du Régiment de Campenhausen, for→
moit celle du centre.
3
Les Colonnes s'avancerent en même · temps.
par demi division vers le Pavillon , et la Colon ne du centre s'étant arrêtée à une distance marquée , celles de la droite et de la gauche continuerent leur marche ; et étant arrivées à 40 pas
de la Batterie du Pavillon , la tête de celle de la
droite fit la conversion à droite et celle de la gauche la fit à gauche , pour former des Flancs.
Le premier Bataillon des Gardes de la Couronne formoit le flanc de la droite , et celui des
Gardes de Lithuanie celui de la gauche. La Colonne du centre , dont la tête étoit en ligne avec
la queue des 2 autres Colonnes, forma en même..
temps une Phalange.
Par un second signal , les demi Divisions for❤
merent à droite et à gauche des Bataillons , et la
Colonne du Centre rompit en même- temps sa.
Phalange, en faisant joindre aux deux demi-Divisions de la tête celles qui formoient les flancs de
la Phalange.
Par un troisiéme signal , la queue des Colonnes de la droitê et de la gauche , vint se joindre aux Aîles du Bataillon du centre.
Après ce mouvement , les Bataillons étant en
parade , presenterent les Armes , et les Officiers
saluerent de pied ferme , après quoi on donna
Pavertissement pour le maniement des Armes quis se fit au son du Tambour, et fut suivi de 3 feux..
Le fut le feu coulant de la droite à la gauche ;
ensuite le feu de Chaîne par demi Bataillon , et
enfin une décharge generale de toute l'Infante- rie.
I
Par un quatriéme signal , tous les Bataillons.
défilerent à droite et à gauche par demi - Division , et celui du centre se partagea en deux
pour
1856 MERCURE DE FRANCE
pour suivre la queue des trois Bataillons de la
droite , et des trois de la gauche, qui se mirent en
marche sur 2 Colonnes , pour passer devant le
Roy. La droite et la gauche des flancs formant
les têtes des Colonnes qui s'avancerent en mêmetemps , étant vis à-vis le Pavillon , les Officiers
saluerent , et par une autre conversion , à droite
et à gauche , les Colonnes retournerent par la
centre , et se remirent en marche sur une seule
Ligne.
Par un cinquiéme signal , l'Infanterie sur une Ligne fit feu par demi Division sur la Place , et
en avançant , et par un sixiéme signal , elle fit
demi tour à droite pour se retirer au Camp , et
continua à faire feu pendant la retraite.
Fermer
Résumé : POLOGNE.
Le 31 juillet, le roi ordonna à l'armée de quitter Nova, près de Varsovie. Les troupes se disposèrent en cinq colonnes : deux de cavalerie et trois d'infanterie. La colonne de droite, dirigée par le Major General Klingenberg, comprenait 8 escadrons de Gotha et de Nassau. La colonne de gauche, sous le commandement du Major General Mir, incluait 4 escadrons du Régiment de Mir et 4 escadrons de divers régiments de la Couronne. Les colonnes d'infanterie étaient commandées par le Prince Czartoriski, le Major General Campenhausen et le Major General Flemming. Les colonnes de droite avancèrent par la gauche et celles de gauche par la droite. Les bagages suivaient à l'arrière de chaque colonne, et la vieille grande garde formait l'arrière-garde. Le Palatin de Mazovie, régimentaire, menait la colonne du centre, suivi du Lieutenant General Comte de Denhof portant le Bonzouk, une marque d'honneur. Après avoir traversé une digue, les colonnes se remirent en ordre de bataille et attendirent les signaux. Le roi donna le premier signal par un coup de canon, et le Quartier-Maître Général reconnut le camp. L'artillerie, composée de 38 canons et 4 mortiers, suivit la colonne du centre, fermée par une compagnie de dragons. L'armée se mit en bataille à la tête du nouveau camp et y entra au troisième signal. Le 2 août, une revue générale de l'armée fut organisée. Les troupes se rangèrent à la tête de leur camp et avancèrent vers la place d'armes. Les pièces de campagne et l'artillerie se disposèrent en ordre de bataille. Le roi, précédé de son Bonzouk, passa en revue l'armée et regagna sa tente. Des feux de salut furent tirés par les pièces de campagne et l'artillerie, suivis d'un feu coulant de toute l'armée. L'armée effectua ensuite une conversion à droite et passa devant le roi. Le 3 août, le roi célébra la fête de l'Ordre de l'Aigle blanc. Le 4 août, l'infanterie fit l'exercice sur la place d'armes, effectuant divers mouvements et tirs en présence du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2248
p. 1856-1861
ALLEMAGNE.
Début :
On a appris de Prague, que le 30. du mois dernier, le Roy de Prusse (qui y étoit attendu) [...]
Mots clefs :
Allemagne, Bohême, Comte de Schlick, Roi de Prusse, Prague, Vienne, Ordonnance de l'empereur contre le luxe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Na appris de Prague , que le 30. du mois
Odernier ,le Roy dePrusse (qui y étoit attendu ) arriva à Torowits , premiere Ville de
Boheme , er y dîna , servi par les Officiers de
l'Empereur. La Chambre qu'on avoit préparée
pour S.M.étoit meublée des mêmes Meubles dont
S. M. Imp. se sert dans ses voyages ; sçavoir
de Velours cramoisi , garni de Galons et de Franges d'or ; le dîné fut servi de la même maniere
qu'on sert l'Empereur. Le Roy de Prusse fit partit aussi-tôt le General de Grumbkow , pour aller donner part à L. M. Imp. à Clumitz , de son arrivée en Boheme. Le General eut Audience de
L. M. Imp. à 8. heures du soir , et les remercia
au nom de S. M. Prussienne , de toutes les attentions qu'on avoit eues pendant son voyage ;
L. M. Imp. lui ayant témoigné la satisfaction
qu'elles avaient d'apprendre que le Roy étoit si
près
" AOUST. 1732 1857
1
Près d'elles , il repartit d'abord pour aller retrouver le Roy à Bistho , où S. M. coucha cette nuit-là.
Le 31. Le Comte de Schlick y arriva de grand
matin et complimenta le Roy de Prusse au nom
de l'Empereur et de l'Imperatrice , sur son heureuse arrivée, en lui témoignant que L.M. Imp.
étoient fort impatientes d'embrasser S. M. Le
Koy partit là-dessus pour Klodrop , Maison de
Plaisance de l'Empereur , où sont ses Haras ;
S. M. y fut reçûë à la descente de sa chaise , par
le Prince Eugene de Savoye ; elle ne put assez
exprimer la joye qu'elle avoit de revoir un si
grand Capitaine. L. M. Imp. y arriverent immédiatement après. L'Empereur embrassa le Roy,
avec beaucoup de tendresse. Les deux Monar
ques se donnerent les plus grandes marques d'u
ne veritable amitié. Après les premiers compli
mens , on se rendit à une espece de Tribune
qu'on y avoit fait construire.Le Roy mena l'Imperatrice , qui avoit l'Empereur à sa droite ,
L. M. Imp. et Royales y resterent près de deux heures pour voir passer les Chevaux des Haras ,
après quoi le Roy se retira dans son Apartement
jusqu'au temps du dîner que S. M. vint prendre
'Imperatrice et la conduisit à table , où cette
Princesse se mit au milieu , ayant l'Empereur à
sa droite et le Roy de Prusse à sa gauche. L'Empereur but le premier à la santé du Roy de Prusse,
en faisant des vœux pour la continuation et la
longue durée de l'amitié sincere qui regnoit entre eux. Les expressions dont S. M. Imp. se servit à cette occasion , étoient des plus énergiques.
Le Roy de Prusse s'étant fait donner à boire ,
y répondit dans des termes qui marquoient com
bien il étoit sensible aux vœux de S. M. Imp. er combic
1858 MERCURE DE FRANCE
combien les souhaits qu'il faisoit pour la prospe
rité de sa Personne et de tout ce qui la regardoit, étoient sinceres. On fut deux heures à table.
Après le repas , le Roy s'entretint plus d'une demie-heare avec l'Empereur , et se rendit ensuite'
dans son Appartement , où S. M. Imp. alla le
trouver quelque temps après. Ces deux Monarques y furent seuls pendant une bonne demie
heure. L'Empereur s'étant retiré , le Roy se rendit chez l'Imperatrice et la mena dans un endroit
où l'on avoit construit diverses Loges , ornées de
verdure , et où L. M. virent passer les Poulains
des Haras de l'Empereur.
Vers les 5. heures du soir , le Roy prit congé
de L. M. Imp. et dit à l'Empereur qu'il esperoit
que S. M. Imp. ne trouveroit pas mauvais qu'il
s'arrêtat quelques jours, incognito , à Prague . L'Em
pereur, en l'embrassant , l'assura que plus il s'ar
rêteroit dans ses Etats , plus cela lui seroit agréa
ble. Le Roy de Prusse partit immédiatement
après et alla coucher à Nieubourg. L'Empereur et l'Imperatrice retournerent à Clumitz.
Le premier de ce mois , le Roy de Prusse arriva à Prague , et alla descendre à l'Hôtel du
Comte de Nostitz ; il se rendit ensuite à celui du
Comte de Thum, où le Prince Eugene de Savoye
le traita magnifiquement à dîner. Pendant que le
Roy étoit à table , il fut complimenté sur son
heureuse arrivée par un Chambellan de L. M. I. qu'elles avoient envoyé pour cet effet de Clumitz,
Après le repas , le Roy alla se promener par la Ville , et le soir il se rendit à l'Assemblée chez
le Comte de Czernin. S.M. y joüa avec la Princesse de Furstemberg , la Comtesse de Czernin et
le Prince Eugene de Savoye. On alla ensuite sou
per chez le Comte de Wurby ; il y avoit plu sieurs
AOUST. 1732. 1859
sieurs Tables de quaranse Converts chacune ,
servies avec profusion et route la délicatesse pos sible.
Le 2. le Roy vit la Maison des Invalides qu'on
bâtit, et qui en doit contenir 4000. S M. fut dîner chez le Comte de Sinzendorff , Grand..
Chancelier de la Cour , et le soir elle alla à l'Assemblée chez le Grand- Prieur , Comte de Dictrichstein. L. M. Imp. revinrent le même soir à
Prague.
par
Le 3. le Roy envoya complimenter L.M.Imp.
le General de Borck. S. M. alla ensuite, inco
gnito, à l'Eglise de la Cour , où le Prince de Saxezeitz , Evêque de Konigsgratz, officia pontifica
lement. Pendant le Service Divin , l'Archevêque
de Prague reçût le Pallium avec les ceremonies.
ordinaires , et le tout s'executa avec beaucoup
d'ordre et de magnificence. Le Roy vit les Re
liques et la Langue de S. Népomucene , et alla ensuite dîner chez le Comte de Czernin. L'aprèsmidi S. M. fut voir le Château de Prague ; l'Empereur y survint , et ces deux Princes s'entretinrent encore seuls pendant une demie heure. Le
Roy se rendit ensuite chez l'Imperatrice , et s'y
arrêta une heure pour faire ses adieux. Le soir
S. M. alla à l'Assemblée chez le Comte de Wurby, et soupa chez la Princesse de Furstenberg.
Le 4.le Roy alla au Parc , et y tua quelques
Dains ; aprês avoir dîné chez le Grand- Prieur
Comte de Dietrichstein, il retourna à son Hôtel
L'Empereur y vint vers les cinq heures du soir .
ils s'enfermerent ensemble pendant trois quarte
d'heure. Après cette entrevûë, L. M. prirent .
congé l'un de l'autre d'une maniere qui mar
quoit véritablement combien ces Princes étoient
ravis de se connoître personnellement , et combien ils étoient touchez de se séparer..
860 MERCURE DE FRANCE
Le Roy se rendit ensuite chez le Prince Eugene
de Savoye , après quoi S M. alla à l'Assemblée
chez le Comte de Sinzendorff , Grand- Chancelier de la Cour , dont le Jardin étoit illuminé ,
et soupa chez le Comte Gundez d'Althan , dans
la grande Sale du Château.
Le Roy partit le s . à 8. heures du matin , au
bruit du Canon. Il vit en passant l'endroit où la
bataille de la Montagne Blanche s'est donnée
autrefois ; et après avoir dîné à la Terre du
Comte de Martinitz , il alla coucher à Petershoff.
Le 6. le Roy arriva à Carelsbadt , et le 7. à
Bareith. Ce voyage a fait un plaisir infini au
Roy de Prusse , et l'Empereur en a marqué une satisfaction extraordinaire , tant en public qu'en
particulier. S. M. I. a fait de magnifiques présens
à toute la Suite du Roy de Prusse ; elle a donné entr'autres aux Generaux de Grumbkow et de
Borck , à chacun son Portrait enrichi de brillans,
estimé 6000. écus , et de fort belles Bagues de
brillans , &c. aux Generaux de Schulembourg ,
de Bodenbrock , au Colonel Derschau , &c. Le
Roy de Prusse , en se retirant le 4. au soir dans
son Appartement , trouva une Tabagie d'or que
l'Empereur y avoit fait mettre ; il donna foo.
écus au Porteur, S M. a fait avant son départ
de Prague , de ført beaux présens à diverses personnes , et on s'est beaucoup loué de la género- sité de ce Prince.
On a publié à Vienne le 13. de ce mois , une Ordonnance de l'Empereur contre le Luxe , par
laquelle il est deffendu à tous les Sujets de S. M. I. de s'habiller d'autres étoffes que de celles de laines , qui sont fabriquées dans ses Pays hereditaires. S. M. I. veut que les femmes , même du pre mier
AOUST. 1732. 1861
nier rang , ne soient habillées que d'étoffes de
ye unie , sans or ni argent ; il n'est permis qu'à lles , qui par leur rang , doivent paroître à la
Cour , de porter des Pierreries ; la quantité de
a Vaisselle d'argent est réduite aussi par la mêafe Ordonnance , dont l'execution , qui est fixée
premier Janvier prochain , est commise aux
Officiers de la Régence de la Basse- Autriche.
Le Conseil Aulique a fait publier un Edit de
'Empereur , par lequel il est deffendu aux Prines Protestans de l'Empire , d'user de représailles
l'occasion de l'exil des Protestans du Diocèse
e Saltzbourg , et il leur est ordonné d'attendre
résolution de ce Conseil sur cette affaire.
Na appris de Prague , que le 30. du mois
Odernier ,le Roy dePrusse (qui y étoit attendu ) arriva à Torowits , premiere Ville de
Boheme , er y dîna , servi par les Officiers de
l'Empereur. La Chambre qu'on avoit préparée
pour S.M.étoit meublée des mêmes Meubles dont
S. M. Imp. se sert dans ses voyages ; sçavoir
de Velours cramoisi , garni de Galons et de Franges d'or ; le dîné fut servi de la même maniere
qu'on sert l'Empereur. Le Roy de Prusse fit partit aussi-tôt le General de Grumbkow , pour aller donner part à L. M. Imp. à Clumitz , de son arrivée en Boheme. Le General eut Audience de
L. M. Imp. à 8. heures du soir , et les remercia
au nom de S. M. Prussienne , de toutes les attentions qu'on avoit eues pendant son voyage ;
L. M. Imp. lui ayant témoigné la satisfaction
qu'elles avaient d'apprendre que le Roy étoit si
près
" AOUST. 1732 1857
1
Près d'elles , il repartit d'abord pour aller retrouver le Roy à Bistho , où S. M. coucha cette nuit-là.
Le 31. Le Comte de Schlick y arriva de grand
matin et complimenta le Roy de Prusse au nom
de l'Empereur et de l'Imperatrice , sur son heureuse arrivée, en lui témoignant que L.M. Imp.
étoient fort impatientes d'embrasser S. M. Le
Koy partit là-dessus pour Klodrop , Maison de
Plaisance de l'Empereur , où sont ses Haras ;
S. M. y fut reçûë à la descente de sa chaise , par
le Prince Eugene de Savoye ; elle ne put assez
exprimer la joye qu'elle avoit de revoir un si
grand Capitaine. L. M. Imp. y arriverent immédiatement après. L'Empereur embrassa le Roy,
avec beaucoup de tendresse. Les deux Monar
ques se donnerent les plus grandes marques d'u
ne veritable amitié. Après les premiers compli
mens , on se rendit à une espece de Tribune
qu'on y avoit fait construire.Le Roy mena l'Imperatrice , qui avoit l'Empereur à sa droite ,
L. M. Imp. et Royales y resterent près de deux heures pour voir passer les Chevaux des Haras ,
après quoi le Roy se retira dans son Apartement
jusqu'au temps du dîner que S. M. vint prendre
'Imperatrice et la conduisit à table , où cette
Princesse se mit au milieu , ayant l'Empereur à
sa droite et le Roy de Prusse à sa gauche. L'Empereur but le premier à la santé du Roy de Prusse,
en faisant des vœux pour la continuation et la
longue durée de l'amitié sincere qui regnoit entre eux. Les expressions dont S. M. Imp. se servit à cette occasion , étoient des plus énergiques.
Le Roy de Prusse s'étant fait donner à boire ,
y répondit dans des termes qui marquoient com
bien il étoit sensible aux vœux de S. M. Imp. er combic
1858 MERCURE DE FRANCE
combien les souhaits qu'il faisoit pour la prospe
rité de sa Personne et de tout ce qui la regardoit, étoient sinceres. On fut deux heures à table.
Après le repas , le Roy s'entretint plus d'une demie-heare avec l'Empereur , et se rendit ensuite'
dans son Appartement , où S. M. Imp. alla le
trouver quelque temps après. Ces deux Monarques y furent seuls pendant une bonne demie
heure. L'Empereur s'étant retiré , le Roy se rendit chez l'Imperatrice et la mena dans un endroit
où l'on avoit construit diverses Loges , ornées de
verdure , et où L. M. virent passer les Poulains
des Haras de l'Empereur.
Vers les 5. heures du soir , le Roy prit congé
de L. M. Imp. et dit à l'Empereur qu'il esperoit
que S. M. Imp. ne trouveroit pas mauvais qu'il
s'arrêtat quelques jours, incognito , à Prague . L'Em
pereur, en l'embrassant , l'assura que plus il s'ar
rêteroit dans ses Etats , plus cela lui seroit agréa
ble. Le Roy de Prusse partit immédiatement
après et alla coucher à Nieubourg. L'Empereur et l'Imperatrice retournerent à Clumitz.
Le premier de ce mois , le Roy de Prusse arriva à Prague , et alla descendre à l'Hôtel du
Comte de Nostitz ; il se rendit ensuite à celui du
Comte de Thum, où le Prince Eugene de Savoye
le traita magnifiquement à dîner. Pendant que le
Roy étoit à table , il fut complimenté sur son
heureuse arrivée par un Chambellan de L. M. I. qu'elles avoient envoyé pour cet effet de Clumitz,
Après le repas , le Roy alla se promener par la Ville , et le soir il se rendit à l'Assemblée chez
le Comte de Czernin. S.M. y joüa avec la Princesse de Furstemberg , la Comtesse de Czernin et
le Prince Eugene de Savoye. On alla ensuite sou
per chez le Comte de Wurby ; il y avoit plu sieurs
AOUST. 1732. 1859
sieurs Tables de quaranse Converts chacune ,
servies avec profusion et route la délicatesse pos sible.
Le 2. le Roy vit la Maison des Invalides qu'on
bâtit, et qui en doit contenir 4000. S M. fut dîner chez le Comte de Sinzendorff , Grand..
Chancelier de la Cour , et le soir elle alla à l'Assemblée chez le Grand- Prieur , Comte de Dictrichstein. L. M. Imp. revinrent le même soir à
Prague.
par
Le 3. le Roy envoya complimenter L.M.Imp.
le General de Borck. S. M. alla ensuite, inco
gnito, à l'Eglise de la Cour , où le Prince de Saxezeitz , Evêque de Konigsgratz, officia pontifica
lement. Pendant le Service Divin , l'Archevêque
de Prague reçût le Pallium avec les ceremonies.
ordinaires , et le tout s'executa avec beaucoup
d'ordre et de magnificence. Le Roy vit les Re
liques et la Langue de S. Népomucene , et alla ensuite dîner chez le Comte de Czernin. L'aprèsmidi S. M. fut voir le Château de Prague ; l'Empereur y survint , et ces deux Princes s'entretinrent encore seuls pendant une demie heure. Le
Roy se rendit ensuite chez l'Imperatrice , et s'y
arrêta une heure pour faire ses adieux. Le soir
S. M. alla à l'Assemblée chez le Comte de Wurby, et soupa chez la Princesse de Furstenberg.
Le 4.le Roy alla au Parc , et y tua quelques
Dains ; aprês avoir dîné chez le Grand- Prieur
Comte de Dietrichstein, il retourna à son Hôtel
L'Empereur y vint vers les cinq heures du soir .
ils s'enfermerent ensemble pendant trois quarte
d'heure. Après cette entrevûë, L. M. prirent .
congé l'un de l'autre d'une maniere qui mar
quoit véritablement combien ces Princes étoient
ravis de se connoître personnellement , et combien ils étoient touchez de se séparer..
860 MERCURE DE FRANCE
Le Roy se rendit ensuite chez le Prince Eugene
de Savoye , après quoi S M. alla à l'Assemblée
chez le Comte de Sinzendorff , Grand- Chancelier de la Cour , dont le Jardin étoit illuminé ,
et soupa chez le Comte Gundez d'Althan , dans
la grande Sale du Château.
Le Roy partit le s . à 8. heures du matin , au
bruit du Canon. Il vit en passant l'endroit où la
bataille de la Montagne Blanche s'est donnée
autrefois ; et après avoir dîné à la Terre du
Comte de Martinitz , il alla coucher à Petershoff.
Le 6. le Roy arriva à Carelsbadt , et le 7. à
Bareith. Ce voyage a fait un plaisir infini au
Roy de Prusse , et l'Empereur en a marqué une satisfaction extraordinaire , tant en public qu'en
particulier. S. M. I. a fait de magnifiques présens
à toute la Suite du Roy de Prusse ; elle a donné entr'autres aux Generaux de Grumbkow et de
Borck , à chacun son Portrait enrichi de brillans,
estimé 6000. écus , et de fort belles Bagues de
brillans , &c. aux Generaux de Schulembourg ,
de Bodenbrock , au Colonel Derschau , &c. Le
Roy de Prusse , en se retirant le 4. au soir dans
son Appartement , trouva une Tabagie d'or que
l'Empereur y avoit fait mettre ; il donna foo.
écus au Porteur, S M. a fait avant son départ
de Prague , de ført beaux présens à diverses personnes , et on s'est beaucoup loué de la género- sité de ce Prince.
On a publié à Vienne le 13. de ce mois , une Ordonnance de l'Empereur contre le Luxe , par
laquelle il est deffendu à tous les Sujets de S. M. I. de s'habiller d'autres étoffes que de celles de laines , qui sont fabriquées dans ses Pays hereditaires. S. M. I. veut que les femmes , même du pre mier
AOUST. 1732. 1861
nier rang , ne soient habillées que d'étoffes de
ye unie , sans or ni argent ; il n'est permis qu'à lles , qui par leur rang , doivent paroître à la
Cour , de porter des Pierreries ; la quantité de
a Vaisselle d'argent est réduite aussi par la mêafe Ordonnance , dont l'execution , qui est fixée
premier Janvier prochain , est commise aux
Officiers de la Régence de la Basse- Autriche.
Le Conseil Aulique a fait publier un Edit de
'Empereur , par lequel il est deffendu aux Prines Protestans de l'Empire , d'user de représailles
l'occasion de l'exil des Protestans du Diocèse
e Saltzbourg , et il leur est ordonné d'attendre
résolution de ce Conseil sur cette affaire.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En août 1732, le roi de Prusse arriva à Torowits, en Bohême, où il fut accueilli par les officiers de l'empereur. Sa chambre était meublée avec les mêmes meubles utilisés par l'empereur lors de ses voyages, et son dîner fut servi de manière similaire. Le général de Grumbkow fut envoyé pour informer l'empereur de l'arrivée du roi de Prusse, qui fut ensuite reçu par le prince Eugène de Savoie à Klodrop. L'empereur et l'impératrice exprimèrent leur joie de revoir le roi, et les trois monarques passèrent la journée ensemble, visitant les haras impériaux et partageant un dîner où ils échangèrent des vœux d'amitié. Le roi de Prusse se rendit ensuite à Prague, où il fut accueilli par divers nobles et participa à plusieurs événements sociaux. Il visita également des sites historiques et reçut des cadeaux de l'empereur. Avant son départ, le roi et l'empereur eurent une dernière entrevue privée. Le roi quitta Prague le 5 août, après avoir reçu des présents de l'empereur et en ayant offert à divers personnages. Par ailleurs, l'empereur publia une ordonnance contre le luxe et un édit concernant les princes protestants de l'Empire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2249
p. 1861-1863
ITALIE.
Début :
Il est arrivé à Rome de Lisbone, un Jesuite nommé le P. Gomez, qui sera chargé, à ce [...]
Mots clefs :
Italie, Père Gomez, Cardinal Ottoboni, Loterie de l'État, Corsaire
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
FL est arrivé à Rome de Lisbone , un Jesuite
nommé le P. Gomez , qui sera chargé , à ce
tr'on assure , des affaires du Roy de Portugal , à
a place du P.d'Evora, Franciscain ; un autre Jeuite qui l'a accompagné , est destiné à remplir
ane place de Sous- Pénitencier de l'Eglise de saint
Pierre , où le Confessional en Langue Portugaise
aquoit depuis quelque temps.
Dans le Consistoire du 21. Juillet , le Cardiaal Ottoboni proposa l'Evêché de Rennes pour
l'Abbé de Vaureal ; l'Abbaye de S. Urbain de
Châlons , pour l'Abbé de Brissac et celle d'Obaine , Diocèse de Limoges , pour l'Abbé de la Briffe.
Le 24. du même mois , on tira la Loterie de
Etat sur laquelle la Chambre Apostolique retirera pour ce mois- là un profit de plus de 120000 écus , qui sera distribué en aumônes comme les
mois précedens. Les Prêtres de la Doctrine Chré- tienne
1862 MERCURE DE FRANCE
tienne d'Avignon en ont obtenu 1500. écu
pour augmenter les Bâtimens de leur Maison.
Lenouvel Electeur de Mayence fait solliciter
ane diminution de 1500. ducats d'or, qu'il doit
payer à la Chambre Apostolique , outre les frais
de ses Bulles , et les cent pistoles qu'il est obligé
de donner à tous les Cardinaux qui étoient Rome dans le temps de son Election.
Le bruit court à Rome, que le Pape a accordé une Bulle d'absolution en faveur des Protestans
de l'Electorat de Saxe , qui voudront embrasser
la Religion Catholique , et que par cette Bulle
ils seront confirmez dans la possession des biens
dont ils jouissent , qui auroient pû appartenir
aux Ecclesiastiques avant la réformation.
On a publié à Florence une nouvelle Ordon
nance qui rappelle les anciennes, par lesquelles il
est deffenda aux Sujets du Grand- Duc , de s'in❤
teresser aux Loteries étrangeres , tant de Gennes
de Naples que de Rome , à peine de punition
corporelle.
On écrit de Gennes , que le Prince Louis de
Wirtemberg a eu de fréquentes Conferences avec
les Principaux du Conseil , ensuite des Dépêches
qu'il a reçûës de Vienne, et le bruit s'est répande
depuis que le sentiment de l'Empereur , sous la
garantie duquel les Rebelles deCorse ont quitté les armes , étoit qu'on executât incessamment le
Traité que le Prince de Wirtemberg a fait avec
eux , et qu'on les mit en jouissance de tout ce
qui leur a été accordé par ce Traité.
On apprend de Naples , que le 2. Juillet , le
Comte d'Arrache se rendit en cortege à la Sale
du Conseil Collateral , où il déclara que l'Empe
reur avoit nommé le Comte Jules Visconti
Grand · Maître de la Maison de l'Archiduchesse,
Goa-
AOUST. 1732. 1863
Gouvernante des Pays-Bas , pour lui succeder
dans la Viceroyauté du Royaume de Naples.
On apprend de Venise , que le 31. Juillet , les
Rivieres du Rio, Ano et l'Arnestino, ayant étéenflées prodigieusement par les pluyes, sortirent de
leurs lits avec un rapidité incroyable ; et qu'ayant
rompu les Digues des Chaussées des environs du
Bourg de Gallerate, elles inonderent les Prairies ,
entrainant les plus gros arbres , qui étant poussez avec impétuosité dans le seul endroit où le
Torrent pouvoit s'écouler , s'y amasserent e12
si grand nombre , qu'ayant fermé ce débouché ,
l'eau commença à remonter insensiblement , puis
à entrer dans le Bourg , où elle s'éleva dans des
endroits jusqu'à 9. brasses de hauteur La plupart
des maisons furent entraînées par l'impétuosité
du courant de l'eau , un grand nombre des habitans furent submergez , er ceux qui se sauvercnt
à la nage , auroient été réduits à mourir de misere , ayant perdu toutes leurs provisions , sans
de secours que leur ont donné les Religieuses de
ce Bourg , qui ont leur Monastere sur une hauteur. On ne croit pas que ce Boung puisse se rétablir ni remettre sur pied son Commerce qui
étoit assez considerable. Le Torrent d'Oronna, a
causé aussi beaucoup de dommage à Lagnano et
Castellanza. On a appris depuis de Plaisance qu'à
la suite d'un orage qui avoit duré 41 ou ƒ. heures , l'eau étoit entrée dans la Ville et avoit renversé dix maisons.
On a appris par des Lettres de Corfou , que le fameux Corsaire Ali Codgea , étoit mort en
revenant
FL est arrivé à Rome de Lisbone , un Jesuite
nommé le P. Gomez , qui sera chargé , à ce
tr'on assure , des affaires du Roy de Portugal , à
a place du P.d'Evora, Franciscain ; un autre Jeuite qui l'a accompagné , est destiné à remplir
ane place de Sous- Pénitencier de l'Eglise de saint
Pierre , où le Confessional en Langue Portugaise
aquoit depuis quelque temps.
Dans le Consistoire du 21. Juillet , le Cardiaal Ottoboni proposa l'Evêché de Rennes pour
l'Abbé de Vaureal ; l'Abbaye de S. Urbain de
Châlons , pour l'Abbé de Brissac et celle d'Obaine , Diocèse de Limoges , pour l'Abbé de la Briffe.
Le 24. du même mois , on tira la Loterie de
Etat sur laquelle la Chambre Apostolique retirera pour ce mois- là un profit de plus de 120000 écus , qui sera distribué en aumônes comme les
mois précedens. Les Prêtres de la Doctrine Chré- tienne
1862 MERCURE DE FRANCE
tienne d'Avignon en ont obtenu 1500. écu
pour augmenter les Bâtimens de leur Maison.
Lenouvel Electeur de Mayence fait solliciter
ane diminution de 1500. ducats d'or, qu'il doit
payer à la Chambre Apostolique , outre les frais
de ses Bulles , et les cent pistoles qu'il est obligé
de donner à tous les Cardinaux qui étoient Rome dans le temps de son Election.
Le bruit court à Rome, que le Pape a accordé une Bulle d'absolution en faveur des Protestans
de l'Electorat de Saxe , qui voudront embrasser
la Religion Catholique , et que par cette Bulle
ils seront confirmez dans la possession des biens
dont ils jouissent , qui auroient pû appartenir
aux Ecclesiastiques avant la réformation.
On a publié à Florence une nouvelle Ordon
nance qui rappelle les anciennes, par lesquelles il
est deffenda aux Sujets du Grand- Duc , de s'in❤
teresser aux Loteries étrangeres , tant de Gennes
de Naples que de Rome , à peine de punition
corporelle.
On écrit de Gennes , que le Prince Louis de
Wirtemberg a eu de fréquentes Conferences avec
les Principaux du Conseil , ensuite des Dépêches
qu'il a reçûës de Vienne, et le bruit s'est répande
depuis que le sentiment de l'Empereur , sous la
garantie duquel les Rebelles deCorse ont quitté les armes , étoit qu'on executât incessamment le
Traité que le Prince de Wirtemberg a fait avec
eux , et qu'on les mit en jouissance de tout ce
qui leur a été accordé par ce Traité.
On apprend de Naples , que le 2. Juillet , le
Comte d'Arrache se rendit en cortege à la Sale
du Conseil Collateral , où il déclara que l'Empe
reur avoit nommé le Comte Jules Visconti
Grand · Maître de la Maison de l'Archiduchesse,
Goa-
AOUST. 1732. 1863
Gouvernante des Pays-Bas , pour lui succeder
dans la Viceroyauté du Royaume de Naples.
On apprend de Venise , que le 31. Juillet , les
Rivieres du Rio, Ano et l'Arnestino, ayant étéenflées prodigieusement par les pluyes, sortirent de
leurs lits avec un rapidité incroyable ; et qu'ayant
rompu les Digues des Chaussées des environs du
Bourg de Gallerate, elles inonderent les Prairies ,
entrainant les plus gros arbres , qui étant poussez avec impétuosité dans le seul endroit où le
Torrent pouvoit s'écouler , s'y amasserent e12
si grand nombre , qu'ayant fermé ce débouché ,
l'eau commença à remonter insensiblement , puis
à entrer dans le Bourg , où elle s'éleva dans des
endroits jusqu'à 9. brasses de hauteur La plupart
des maisons furent entraînées par l'impétuosité
du courant de l'eau , un grand nombre des habitans furent submergez , er ceux qui se sauvercnt
à la nage , auroient été réduits à mourir de misere , ayant perdu toutes leurs provisions , sans
de secours que leur ont donné les Religieuses de
ce Bourg , qui ont leur Monastere sur une hauteur. On ne croit pas que ce Boung puisse se rétablir ni remettre sur pied son Commerce qui
étoit assez considerable. Le Torrent d'Oronna, a
causé aussi beaucoup de dommage à Lagnano et
Castellanza. On a appris depuis de Plaisance qu'à
la suite d'un orage qui avoit duré 41 ou ƒ. heures , l'eau étoit entrée dans la Ville et avoit renversé dix maisons.
On a appris par des Lettres de Corfou , que le fameux Corsaire Ali Codgea , étoit mort en
revenant
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Résumé : ITALIE.
En 1732, plusieurs événements politiques et religieux ont marqué l'Italie et ses régions voisines. À Rome, le jésuite Père Gomez, arrivé de Lisbonne, a remplacé le Père d'Evora dans les affaires du roi de Portugal. Un autre jésuite a été nommé sous-pénitencier de l'Église de Saint-Pierre, où un confessional en langue portugaise avait récemment été utilisé. Lors du consistoire du 21 juillet, le cardinal Ottoboni a proposé diverses nominations épiscopales et abbatiales. La loterie d'État a rapporté plus de 120 000 écus, dont 1 500 ont été attribués aux Prêtres de la Doctrine Chrétienne d'Avignon pour leurs bâtiments. L'électeur de Mayence a demandé une réduction de ses paiements à la Chambre Apostolique. Le pape a accordé une bulle d'absolution aux protestants de Saxe souhaitant se convertir au catholicisme. À Florence, une ordonnance a interdit aux sujets du Grand-Duc de participer aux loteries étrangères. À Gênes, le prince Louis de Wurtemberg a eu des conférences avec le conseil après des dépêches de Vienne, concernant l'exécution du traité avec les rebelles corses. À Naples, le comte d'Arrache a annoncé la nomination du comte Jules Visconti comme grand maître de la maison de l'archiduchesse. À Venise, des inondations ont causé des dégâts importants dans plusieurs bourgs, notamment Gallerate, Lagnano et Castellanza. Enfin, des lettres de Corfou ont mentionné la mort du célèbre corsaire Ali Codgea.
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2250
p. 1864-1866
ESPAGNE.
Début :
On apprend de Madrid, que tous les COnseils, les Paroisses et les Communautez Religieuses [...]
Mots clefs :
Espagne, Te Deum, Mascarade, Conquête d'Oran, Détachement
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNI.
Napprend de Madrid, que tous les Conseils,
les Paroisses et les Communautez Religieuses de certe Ville , ont fait chanter le Te Deum
en action de graces de la Prise d'Oran et de Mazarquibir. Le 15. Juillet il y eut une nombreuse
Mascarade qui se rendit à la petite Place du Palais , et qui traversant une partie de la Ville ,
revint à la Place de l'Hôtel de Ville. L'après midy
on représenta la Comédie dans la grande Sale de
cet Hôtel , et le soir on tira dans la Place un trèsbeau Feu d'artifice , par lequel les Réjouissances
publiques ont été terminées.
On a appris par le Patron d'une Barque arrivée des Côtes de Barbarie , que le Comte de Montemar , General de l'Armée du Roy d'Espagne ,
qui a fait la conquête d'Oran , ayant envoyé un Détachement considerable pour attaquer les Maures dans quelques Montagnes peu éloignées de la
Ville , où ils s'étoient retirez , ce Détachement
avoit été surpris dans un défilé , où les Maures
s'étoient mis en embuscade ; que le Duc de Saint
Blas avoit été tué dans cette rencontre , et que
malgré ce petit avantage remporté par les Maures , le General Espagnol se préparoit à les faire attaquer de nouveau.
Des Lettres d'Oran , portent que les Peuples
de 15. à 20. lieuës des environs de cette Place
étoient venus se soumettre au Roy et demander
sa protection.
Ôn écrit de Madrid , qu'on y avoit appris
'Afrique qu'un Détachement de mille Grenadiers , placez dans une Embuscade , où il y avoit seize pieces de Canon , chargées à cartouche
1
1
AOUST. 17༣2. 1865
touche , avoit tué près de 800. Maures , qu'un
Cautre Détachement de Cavalerie Espagnole avoit
attiré des Montagnes dans un défilé ; que le Comte de Cecil, qui commandoit ce Détachement ,
les avoit poursuivis jusqu'à une Colline où il
avoit trouvé un Convoi de mille Chameaux ,
chargez de froment et d'orge,
>
D'autres Lettres arrivées depuis , portent
qu'il est venu au Camp un Pacha d'une Province voisine d'Orau , accompagné de son fils ,
pour offrir au Comte de Montemar de mettre
35000. Maures en campagne au service de S.M.C.
à condition qu'on assureroit le Gouvernement de
cette Province à son fils , et qu'on établiroit avec
lui un Commerce de Bestiaux et de denrées , offrant de laisser son fils en ôtage pour sureté de
sa parole , et de fournir d'avance.200. mille mesures de froment. Le bruit court que cè Pacha
doit arriver à Madrid incessamment avec une
suite de 30. Maurės. 1
On inande de Ceuta , qu'on y avoit arrêté un
homme qui se disoit Domestique du Duc de
Riperda, et qu'on a sçû depuis être un Ingenieur
qu'il avoit chargé de lever le plan des Fortifica- tions de cette Place. On a appris aussi par ce Pri
sonnier , que le Duc de Riperda s'étoit fait Mahometan , et qu'il étoit actuellement au service
du Roy de Maroc. Cette déclaration ayant été confirmée par d'autres Lettres , que le Roy a
donné ordre au Conseil de Castille , de rayer le
nom de ce Renegat dans tous les Registres où il avoit été inscrit dans le temps de sa faveur en
Espagne.
On vient de recevoir des Lettres du Comte de
Montemar , par lesquelles on apprend que ce
General avoit fait un détachement de souo. hom- 13 I mes
1866 MERCURE DE FRANCE
mes d'Infanterie et de 2000. Chevaux , qui de- ,
voient être commandez par le Marquis de VillaDarias , pour aller faire le Siege de la petite Ville
de Mazangran , située à l'Embouchure de la Ri
viere de Chilef, à 15. lieues d'Oran , où il avoit
envoyé en même temps deux Vaisseaux de guerre
et 7. Galeres , qui devoient l'attaquer par Mer.
Napprend de Madrid, que tous les Conseils,
les Paroisses et les Communautez Religieuses de certe Ville , ont fait chanter le Te Deum
en action de graces de la Prise d'Oran et de Mazarquibir. Le 15. Juillet il y eut une nombreuse
Mascarade qui se rendit à la petite Place du Palais , et qui traversant une partie de la Ville ,
revint à la Place de l'Hôtel de Ville. L'après midy
on représenta la Comédie dans la grande Sale de
cet Hôtel , et le soir on tira dans la Place un trèsbeau Feu d'artifice , par lequel les Réjouissances
publiques ont été terminées.
On a appris par le Patron d'une Barque arrivée des Côtes de Barbarie , que le Comte de Montemar , General de l'Armée du Roy d'Espagne ,
qui a fait la conquête d'Oran , ayant envoyé un Détachement considerable pour attaquer les Maures dans quelques Montagnes peu éloignées de la
Ville , où ils s'étoient retirez , ce Détachement
avoit été surpris dans un défilé , où les Maures
s'étoient mis en embuscade ; que le Duc de Saint
Blas avoit été tué dans cette rencontre , et que
malgré ce petit avantage remporté par les Maures , le General Espagnol se préparoit à les faire attaquer de nouveau.
Des Lettres d'Oran , portent que les Peuples
de 15. à 20. lieuës des environs de cette Place
étoient venus se soumettre au Roy et demander
sa protection.
Ôn écrit de Madrid , qu'on y avoit appris
'Afrique qu'un Détachement de mille Grenadiers , placez dans une Embuscade , où il y avoit seize pieces de Canon , chargées à cartouche
1
1
AOUST. 17༣2. 1865
touche , avoit tué près de 800. Maures , qu'un
Cautre Détachement de Cavalerie Espagnole avoit
attiré des Montagnes dans un défilé ; que le Comte de Cecil, qui commandoit ce Détachement ,
les avoit poursuivis jusqu'à une Colline où il
avoit trouvé un Convoi de mille Chameaux ,
chargez de froment et d'orge,
>
D'autres Lettres arrivées depuis , portent
qu'il est venu au Camp un Pacha d'une Province voisine d'Orau , accompagné de son fils ,
pour offrir au Comte de Montemar de mettre
35000. Maures en campagne au service de S.M.C.
à condition qu'on assureroit le Gouvernement de
cette Province à son fils , et qu'on établiroit avec
lui un Commerce de Bestiaux et de denrées , offrant de laisser son fils en ôtage pour sureté de
sa parole , et de fournir d'avance.200. mille mesures de froment. Le bruit court que cè Pacha
doit arriver à Madrid incessamment avec une
suite de 30. Maurės. 1
On inande de Ceuta , qu'on y avoit arrêté un
homme qui se disoit Domestique du Duc de
Riperda, et qu'on a sçû depuis être un Ingenieur
qu'il avoit chargé de lever le plan des Fortifica- tions de cette Place. On a appris aussi par ce Pri
sonnier , que le Duc de Riperda s'étoit fait Mahometan , et qu'il étoit actuellement au service
du Roy de Maroc. Cette déclaration ayant été confirmée par d'autres Lettres , que le Roy a
donné ordre au Conseil de Castille , de rayer le
nom de ce Renegat dans tous les Registres où il avoit été inscrit dans le temps de sa faveur en
Espagne.
On vient de recevoir des Lettres du Comte de
Montemar , par lesquelles on apprend que ce
General avoit fait un détachement de souo. hom- 13 I mes
1866 MERCURE DE FRANCE
mes d'Infanterie et de 2000. Chevaux , qui de- ,
voient être commandez par le Marquis de VillaDarias , pour aller faire le Siege de la petite Ville
de Mazangran , située à l'Embouchure de la Ri
viere de Chilef, à 15. lieues d'Oran , où il avoit
envoyé en même temps deux Vaisseaux de guerre
et 7. Galeres , qui devoient l'attaquer par Mer.
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Résumé : ESPAGNE.
Le texte décrit la prise d'Oran et de Mazarquivir par les Espagnols. À Madrid, des Te Deum et des réjouissances publiques ont célébré ces victoires. Le Comte de Montemar a envoyé un détachement attaquer des Maures, mais une embuscade a causé la mort du Duc de Saint Blas. Malgré cette défaite, les Espagnols se préparaient à une nouvelle attaque. Des populations locales se sont soumises au roi d'Espagne. Un détachement de grenadiers a tué près de 800 Maures, et la cavalerie espagnole a capturé un convoi de chameaux. Un pacha voisin a proposé de mettre 35 000 Maures au service du roi d'Espagne en échange de privilèges. À Ceuta, un ingénieur a été arrêté pour trahison. Le Duc de Riperda, devenu mahométan, a été rayé des registres espagnols. Le Comte de Montemar a envoyé un détachement commandé par le Marquis de Villadarias pour assiéger Mazangran, avec le soutien naval de deux vaisseaux et sept galères.
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