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Liste
2151
p. 2881-2883
LETTRE écrite de Constantinople, le 2 . Novembre 1731.
Début :
Notre nouveau Grand Vizir Topal Osman Nucha a paru jusqu'à present d'une humeur [...]
Mots clefs :
Grand vizir, Ministre, Grand Trésorier
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, le 2 . Novembre 1731.
LETTRE écrite de Constantinople , le 2 .
Novembre 1731 .
Otre nouveau Grand Vizir Topal Osman
,
Nucha a paru jusqu'à present d'une humeur
assès moderée et très- genereuse ; il est fort
porté en faveur des Chrétiens , tant Catholiques
que Grecs Schismatiques , de quoi il a déja
donné quelques marques , en leur accordant la
permission de rébâtir leurs Eglises consumées
dans le dernier Incendie .
Ce Ministre s'est d'abord appliqué à rétablir
icy l'abondance des Vivres ; plusieurs Navires
étant déja partis de ce Port pour aller chercher
des Bleds ; et comme la Viande commençoit à
être à un trop haut prix , il a fait dire au Chef
des Bouchers qu'il le feroit pendre si on en manquoit.
Cette ménace a produit un merveilleux
effet ; la Viande étant presentement bien plus
abondante , et à son prix ordinaire. Ainsi l'une
des principales causes du mécontentement étant
ôtée , nous nous trouvons dans une assez grande
tranquillité , et on n'entend plus parler de rébellion
ni d'incendie.
Il y a quelques jours que le Prince de Valachie
a été déposé , la Porte a mis à sa place le
fils du Waivode Nicolas Maurocordato , ce dernier
étant mort de la Peste quelques jours avant
la derniere Rebellion .
Il y a eu quelque mutinerie dans l'Armée des
Turcs sur la Frontiere de Perse , et le bruit a
même couru que le Seraskier ou Commandant
en chef avoit passé par le sabre des Mutins . On
a tenu là- dessus de fréquentes Conferences à la
Porte.
I. Vol.
Le
2882 MERCURE DE FRANCE
Le Tefterdar ou Grand -Trésorier , qui étoit
sur la Liste du dernier Vizir déposé , pour ceux
qui devoient être releguez, a été élevé à la Charge
de Pacha à trois queues , conservant cependant
sa Charge de Grand- Trésorier ; on croit même
qu'il pourra succeder au Grand- Vizir. C'est un
homme de beaucoup d'esprit et de mérite.
Le Patriarche de Constantinople en charge , a
été d'abord confirmé par le nouveauG. V. ce qui
affoiblit l'esperance dont se flatoit le Patriarche
Jeremie son Concurrent , de remonter à ce Poste
éminent ; cependant ce Prélat s'est accommodé
et promis de se retirer ; sur quoi on lui a conferé
l'Archevêché de Negrepont : il est encore actuellement
chez les PP. Capucins de Pera , sans qu'on
dise que son départ soit fixé.
ou
Aujourd'hui le Prince de Scherbataf,, envoyé
de la Czarine , est arrivé à Ponte- Piccolo
il doit rester deux jours , et le S. de ce mois faire
son Entrée publique dans Pera-lès - Constantinople.
1
Suivant les dernieres nouvelles de l'Armée , les
Persans étoient retranchez sous le Canon de
Tauris avec 1 5oooo. Combattans , et paroissoient
n'avoir nulle envie de donner bataille; mais nous
apprenons aujourd'hui qu'elle a été donnée sans
qu'on dise qui des Turcs ou des Persans a commencé
l'attaque , ni ce qui peut l'avoir occasionnée;
on assure seulement que l'action a été trèsconsiderable
et au désavantage des Persans. Voici
les principales circonstances qu'on public.
La Bataille dont on ne fixe pas le jour , a duré
heures entieres. Le Pacha de Babylone y commandoit
en chef l'Armée de la Porte, comme Seraskier.
Les deux premieres heures se sont passées
dans un feu continuel du Canon et de la Mous-
I. Vol. queterie
DECEMBRE 1731. 2883
queterie, et les cinq dernieres à combattre à
Coups de Sabre. La victoire a cu de la peine à se
déterminer ; les Turcs ont perdu 12 mille hommes
, parmi lesquels étoit l'élite des plus braves
Officiers que le Commandant avoit cu soin de
placer auprès de lui.
✓
Du côté des Persans , toute l'Infanterie est
presque restée sur le champ de bataille ; leur Bagage
est tombé entre les mains des Turcs , qui
ont trouvé dans les dépouilles les Ornemens
Royaux de Schach Thamas ; ce Monarque s'étant
à peine sauvé du debris de son Armée, Sans
parler de 30 Pieces de Canon de fonte , qui sont
d'une telle beauté , que les Turcs croyent que
c'est l'ouvrage des Chrétiens. Outre ce butin si
considerable , les Turcs ont trouvé dans Hamadan
100. Pieces de Canon ; sçavoir , 70. qu'ils y
avoient laissez , et 30. dont les Persans avoient
augmenté l'Artillerie de cette Place.
Cette nouvelle a été annoncée au Peuple pen
dant trois jours consecutifs et par trois décharges
par jour de toute l'Artillerie du Serrail.
Nonobstant la publication de ce grand avanta
ge , il semble. que cette Guerre ne soit pas du
goût de la Nation. Les Lettres qui nous appren
nent ces circonstances , confirment qu'il y a eu
quelque mutinerie dans l'Armée des Turcs , mais
elles ne confirment pas que le Seraskier ait été sabré
par les Mutins , comme on l'avoit dit ; on voir
au contraire , que ce General a conduit toute
P'Action , et que c'est à lui qu'est duë la victoire
dont on fait ici tant de bruit.
Novembre 1731 .
Otre nouveau Grand Vizir Topal Osman
,
Nucha a paru jusqu'à present d'une humeur
assès moderée et très- genereuse ; il est fort
porté en faveur des Chrétiens , tant Catholiques
que Grecs Schismatiques , de quoi il a déja
donné quelques marques , en leur accordant la
permission de rébâtir leurs Eglises consumées
dans le dernier Incendie .
Ce Ministre s'est d'abord appliqué à rétablir
icy l'abondance des Vivres ; plusieurs Navires
étant déja partis de ce Port pour aller chercher
des Bleds ; et comme la Viande commençoit à
être à un trop haut prix , il a fait dire au Chef
des Bouchers qu'il le feroit pendre si on en manquoit.
Cette ménace a produit un merveilleux
effet ; la Viande étant presentement bien plus
abondante , et à son prix ordinaire. Ainsi l'une
des principales causes du mécontentement étant
ôtée , nous nous trouvons dans une assez grande
tranquillité , et on n'entend plus parler de rébellion
ni d'incendie.
Il y a quelques jours que le Prince de Valachie
a été déposé , la Porte a mis à sa place le
fils du Waivode Nicolas Maurocordato , ce dernier
étant mort de la Peste quelques jours avant
la derniere Rebellion .
Il y a eu quelque mutinerie dans l'Armée des
Turcs sur la Frontiere de Perse , et le bruit a
même couru que le Seraskier ou Commandant
en chef avoit passé par le sabre des Mutins . On
a tenu là- dessus de fréquentes Conferences à la
Porte.
I. Vol.
Le
2882 MERCURE DE FRANCE
Le Tefterdar ou Grand -Trésorier , qui étoit
sur la Liste du dernier Vizir déposé , pour ceux
qui devoient être releguez, a été élevé à la Charge
de Pacha à trois queues , conservant cependant
sa Charge de Grand- Trésorier ; on croit même
qu'il pourra succeder au Grand- Vizir. C'est un
homme de beaucoup d'esprit et de mérite.
Le Patriarche de Constantinople en charge , a
été d'abord confirmé par le nouveauG. V. ce qui
affoiblit l'esperance dont se flatoit le Patriarche
Jeremie son Concurrent , de remonter à ce Poste
éminent ; cependant ce Prélat s'est accommodé
et promis de se retirer ; sur quoi on lui a conferé
l'Archevêché de Negrepont : il est encore actuellement
chez les PP. Capucins de Pera , sans qu'on
dise que son départ soit fixé.
ou
Aujourd'hui le Prince de Scherbataf,, envoyé
de la Czarine , est arrivé à Ponte- Piccolo
il doit rester deux jours , et le S. de ce mois faire
son Entrée publique dans Pera-lès - Constantinople.
1
Suivant les dernieres nouvelles de l'Armée , les
Persans étoient retranchez sous le Canon de
Tauris avec 1 5oooo. Combattans , et paroissoient
n'avoir nulle envie de donner bataille; mais nous
apprenons aujourd'hui qu'elle a été donnée sans
qu'on dise qui des Turcs ou des Persans a commencé
l'attaque , ni ce qui peut l'avoir occasionnée;
on assure seulement que l'action a été trèsconsiderable
et au désavantage des Persans. Voici
les principales circonstances qu'on public.
La Bataille dont on ne fixe pas le jour , a duré
heures entieres. Le Pacha de Babylone y commandoit
en chef l'Armée de la Porte, comme Seraskier.
Les deux premieres heures se sont passées
dans un feu continuel du Canon et de la Mous-
I. Vol. queterie
DECEMBRE 1731. 2883
queterie, et les cinq dernieres à combattre à
Coups de Sabre. La victoire a cu de la peine à se
déterminer ; les Turcs ont perdu 12 mille hommes
, parmi lesquels étoit l'élite des plus braves
Officiers que le Commandant avoit cu soin de
placer auprès de lui.
✓
Du côté des Persans , toute l'Infanterie est
presque restée sur le champ de bataille ; leur Bagage
est tombé entre les mains des Turcs , qui
ont trouvé dans les dépouilles les Ornemens
Royaux de Schach Thamas ; ce Monarque s'étant
à peine sauvé du debris de son Armée, Sans
parler de 30 Pieces de Canon de fonte , qui sont
d'une telle beauté , que les Turcs croyent que
c'est l'ouvrage des Chrétiens. Outre ce butin si
considerable , les Turcs ont trouvé dans Hamadan
100. Pieces de Canon ; sçavoir , 70. qu'ils y
avoient laissez , et 30. dont les Persans avoient
augmenté l'Artillerie de cette Place.
Cette nouvelle a été annoncée au Peuple pen
dant trois jours consecutifs et par trois décharges
par jour de toute l'Artillerie du Serrail.
Nonobstant la publication de ce grand avanta
ge , il semble. que cette Guerre ne soit pas du
goût de la Nation. Les Lettres qui nous appren
nent ces circonstances , confirment qu'il y a eu
quelque mutinerie dans l'Armée des Turcs , mais
elles ne confirment pas que le Seraskier ait été sabré
par les Mutins , comme on l'avoit dit ; on voir
au contraire , que ce General a conduit toute
P'Action , et que c'est à lui qu'est duë la victoire
dont on fait ici tant de bruit.
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, le 2 . Novembre 1731.
La lettre datée du 2 novembre 1731 de Constantinople relate divers événements politiques et militaires. Le nouveau Grand Vizir, Topal Osman, se distingue par son attitude modérée et généreuse envers les Chrétiens, permettant la reconstruction de leurs églises détruites par un incendie. Il a également pris des mesures pour rétablir l'abondance des vivres et stabiliser les prix de la viande, contribuant ainsi à apaiser les tensions et éviter les rébellions. Le Prince de Valachie a été déposé et remplacé par le fils de Nicolas Maurocordato, décédé de la peste. Des mutineries ont été signalées dans l'armée turque à la frontière perse, mais le Seraskier a mené une bataille victorieuse contre les Persans, capturant des trésors et des canons. Le Tefterdar a été promu au rang de Pacha à trois queues tout en conservant son poste, et est considéré comme un potentiel successeur au Grand Vizir. Le Patriarche de Constantinople a été confirmé dans ses fonctions, tandis que son concurrent, Jérémie, a accepté un archevêché à Negrepont. L'envoyé de la Czarine, le Prince de Scherbataf, est arrivé à Ponte-Piccolo et doit faire son entrée publique à Pera-lès-Constantinople. Les nouvelles de l'armée indiquent que les Persans étaient retranchés à Tauris, mais une bataille a eu lieu, dont les détails exacts restent flous. Les Turcs ont subi des pertes importantes, mais ont finalement remporté la victoire, capturant des trésors et des canons persans. Malgré cette victoire, la guerre semble impopulaire parmi la population.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2152
p. 2893-2908
RELATION du Passage de l'Infant DON CARLOS, dans la Province du Roussillon.
Début :
Le Marquis de Gailus, Grand-Croix de l'Ondre de 3. Loüis, Lieutenant General des armées [...]
Mots clefs :
Prince, Province, Officiers, Perpignan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION du Passage de l'Infant DON CARLOS, dans la Province du Roussillon.
RELATION du Passage de l'Infans
DON CARLOS , dans la Province.
du. Roussillon..
E Marquis de Gailus , Grand- Croix de l'On-
> Edre de 3. Louis ,Lieutenant General des at
mées du Roy et de la Province du Roussillon ,,
commandant en chef, reçut les ordres de la
1. Voli
F Cou
2894 MERCURE DE FRANCE
Cour le 8. Novembre , au sujet du Passage de
Don Carlos en France , lesquels portoient que
Pintention du Roy étoit qu'il fût reçû comme
Fils de France , et qu'on lui rendît tous les honneurs
dûs à cette qualité. A ces ordres on avoit
joint la route qu'il devoit tenir , et ajoûté que
M. Desgranges , Maître des Ceremonies , se rendroit
incessamment dans cette Province pour se
trouver à l'arrivée du Prince , et regler le Ceremonial.
Suivant cet itineraire , la Marche de Don
Carlos devoit être de Seville à Barcelonne de 47.
jours , les séjours non compris , et par là ce Prin
ce ne partant que le 20. d'Octobre , ne pouvoit,
en la suivant, arriver à Perpignan que vers le 15.
de Decembre , ce qui auroit donné un temps sufe
fisant pour les préparatifs nécessaires.
Le M. de Cailus donna d'abord ses ordres ,
tant pour la réparation des chemins , que pour
les logemens et l'abondance des vivres ; et comme
Je Col du Pertus , par où il faut passer , est un
chemin très - étroit entre deux Montagues , que
la chute des eaux avoit depuis un temps- infini
rendu impraticable et qui demandoit beaucoup
de soin et de travail pour le réparer ; il chargea
de Viguier du Roussillon , de se rendre sur les
lieux pour le mettre en l'état qu'il convenoit,
Une grande partie de ce chemin n'étant que de
Rocher , il cominanda un Sergent et 16. Mineurs.
pour y travailler ; soo. Paysans furent employez
à cet ouvrage , dont la moitié étoit de cette Province
et l'autre moitié d'Espagne ; ce qui se fit
de concert entre les Marquis de Cailus et de Risbourg,
Capitaine General de Catalogne. Les pré-
Cautions que le M. de Cailus avoit prises à l'égard
de ce passage , furent si utiles et ses ordres
si bien executez, que quoique l'Infant soit arrivé
-1 Volo
DECEMBRE. 1931. 1895
18. jours plutôt qu'il n'étoit marqué par sa route
, l'on a passé très -commodément dans ce che
min , et le succès a été au-delà de ce que l'on
pouvoit esperer.
Sur quelques bruits qui se répandirent que le
Prince acceleroit sa marche et doubloit ses journées
, le M. de Cailus voulut voir par lui- même
dans quel état étoit ce chemin ; il s'y rendit le
22. Novembre , et étant à portée du Pertus , il
rencontra un Courrier dépêché par le M. de Risbourg
, qui lui donnoit avis que l'Infant arrive
foit le 25. à Figuieres , et le 26. à coucher au
Boulou.
A cette nouvelle inopinée , le M. de Cailus re
int sur ses pas au Boulou. Ce lieu est un des plus
mauvais Villages du Roussillon , à peine y trou
veroit- on six Maisons où il y ait des
portes eg
des fenêtres ; l'état affreux de ce Village ne déconcerta
pas M. de Cailus , après l'avoir visité
il choisit la maison la plus propre pour loger le
Prince et trois autres maisons voisines pour les
gens nécessaires auprès de sa personne ; la plus
logeable après celle du Prince fut destinée pour
M. le Comte de Sant- Estevan , Gouverneur de
sa Personne , &c. et le M. de Cailus fut obligé ,
dans celle qu'il prit pour lui , d'y joindre une
Grange voisine , où il fallut pratiquer et faire
bâtir des cheminées et generalement tout ce qui
est necessaire pour des Cuisines et Offices ; il fal
lut aussi ouvrir des portes pour communiquer
dans la Maison où il tient ses Tables , et le tour :
fut executé en deux fois vingt - quatre heures par
la quantité d'Ouvriers que l'on y employa .
*
* Voyez toutes les qualitez de ce Seigneur
dans le Mercure de Novembre 173 1. page 2661.
I: Vol.
4.vi Ces
2896 MERCURE DE FRANCE
Ces ordres donnez , ce General se rendit à Peri
pignan , où ses premiers soins furent d'envoyer,
une partie de ses Officiers au Boulou , et tout ca
qui étoit necessaire pour recevoir avec dignité le
Prince et sa Suite.
Le 25. Le M. de Cailus accompagné de la No.
blesse du Roussillon et de la Compagnie des Gardes
de la Province , se rendit à Bellegarde , où il
coucha. M. de Jallais , Intendant , s'y rendit aussi.
Le 26. sur les 11. heures du matin , ce General
se rendit sur la petite Riviere d'Allobragat , qui
fait la séparation des deux Rouyaumes ; il trouva
au-de là de cette Riviere deux Escadrons de Dra
gons en bataille , du Régiment de Sagunte. A
une heure après midi arriverent le M. de Risbourg
et M. de Sartim , Intendant de Catalogne. M. de
Cailus présenta M. de Jallais à M. de Risbourg ,
et ces deux Generaux , après s'être donné plu
sieurs marques de cordialité et d'amitié , eurent
une conference ensemble jusques à l'arrivée du
Prince , qui fut vers les trois heures ; les deux Intendants
en eurent une autre séparément .
Son Altesse Royale arriva dans sa Berline ;
dans laquelle étoient le Comte de Sant- Estevan
et un Gentilhomme de sa Chambre , elle étoit
escortée par ses Gardes du Corps et par ses Hallebardiers
. M. de Risbourg présenta au Prince
M. de Cailus et ce dernier présenta à S. A. R.
M. de Jallais et la Noblesse de la Province ; il lui
offrit en même- temps sa Littiere pour passer
plus commodement la Montagne , le Prince lui .
dit qu'il étoit informé de l'attention qu'il avoit
eue à la faire venir , qu'il lui étoit obligé , qu'il
passeroit la Montagne en Berline , et que s'il y
avoit quelque mauvais pas , il mettroit pied à
terre , aimant fort à marcher ; à quoi il ne fug.
1. Yola
poing
DECEMBRE . 1731. 28977
oint obligé, les Equipages étant passez très - aisé
ment et sans nulle difficulté . Mi de Cailus offrit
aux Gentilshommes de la Maison du Prince sa
Berline , attelée de six chevaux , qu'il avoit fair
mener à vuide , mais ces Messieurs le remercie
rent et ne s'en servirent pas .
L'Infant continuant sa Marche , fut salué en
passant sous Bellegarde , d'un décharge generale
du Canon de cette Place. La Maréchausséeétoit
postée par Brigades de distance en distance .
sur la route ; la Compagnie des Gardes de la
Province marchoit un quart de lieuë devant ;
M. de Cailus suivit à cheval pendant quelque:
temps S. A. R. Il s'avança ensuite pour se trou
ver à la descente du Carrosse . Le Prince arriva à¸
P'entrée de la nuit au Boulou. M. de Cailus eut-
Phonneur de lui donner la main pour le conduire
dans sa chambre , où il fut vû de tout le mondejusqu'à
l'heure du souper et pendant son souper.
Suivant les instructions de la Cour , M. Des
granges devoit conferer avec le Comte de Sant-.
Estevan , regler avec lui le Ceremonial , en ren-.
dre compte à M. de Cailus , et s'arranger ensemble
là - dessus ; mais M. Desgranges n'étant pas
arrivé , M. de Cailus fut obligé de suppléer à
tout. Il eut une Conference avec M. de Sant-
Estevan , de plus d'une heure , à laquelle fut présent
M. de Jallais ; ce Seigneur , qui est particu
lierement chargé de la conduite du Prince , parue
très -satisfait des attentions et des politesses de
M. de Cailus.
Ce fut dans cette Conference que M. de Cailus .
fit changer l'ordre de la Marche du Prince , qui
devoit , partant de Perpignan le 28. aller coucher
à Salces et détermina M. de Sant - Estevan à séjourner
à Perpignan ce jour là, et d'aller le 29. à
L. Fel Sigeant
ક
2898 MERCURE DE FRANCE
Sigean ; ce General se détermina à cela , à cause
des maladies qui sont à Salce , ne voulant pas hazarder
que S. A. R. logeât dans un lieu , ou de-.
puis trois mois , il est peu de Maisons où il n'y
ait des malades.
Le M. de Cailus avoit fait venir de Couliouvre
au Boulou , les deux Compagnies des Grenadiers
du Régiment de Toulouse et deux Détachemens
de so. hommes chacun . La premiere Compagniede
Grenadiers monta la Garde chez l'Infant , et
les autres Troupes furent dispersées en differens :
postes , pour la sureté du Quartier et des Equipages
du Prince.
Les attentions de M. de Cailus furent jusques à
faire illuminer par des flambeaux de poing et par
des Réchauts de Rempart , tout le Village du
Boulou , ce qui évita tous désordres et toute la
confusion .
Le foin et la paille furent distribuez gratis des
Magazins de la Province , par les ordres de :
M.P'Intendant.
Après le souper de S. A. R..M de Cailus demanda
la permisson au Prince de prendre les devants
pour le recevoir à son Entrée à Perpignan ,
après quoi il se rendit dans sa Maison du Boulou
, où il y avoit 4. Tables de 20. couverts chacune,
et une cinquième pour les Gardes du Corps
du Prince. Ces Tables furent servies en mêmetemps
avec toute la magnificence , la délicatesse
et la somptuosité possible. Les Vins étrangers et
les Liqueurs y furent abondantes ; elles furent
remplies par les Officiers de la Maison du Prince,.
par la Noblesse de la Province et par les Officiers
du Détachement. Tous ces Messieurs parurent
surpris qu'en aussi peu de temps et dans un si
mauvais lieu , on cût pû donner à manger avec
Io, Veho autane
DECEMBRE . 1731 . 2899
autant d'arrangement , de gout et d'abondance,
M. l'Inrendant eût aussi des Tables dans sa
Maison.
A une heure après minuit M. de Cailus monta
dans sa Berline et se rend à Perpignan , où le
Prince arriva à onze heures du matin , il fut reçu
à la Barriere par le M.de Cailus, à la tête de l'Etat
Major , qu'il eut l'honneur de présenter à S. A. R.
qui lui demanda à quelle heure il étoit parti du
Boulou , ajoutant qu'il n'avoit pas eû le temps de
se reposer , M. de Cailus lui dit qu'il étoit venu
en diligence pour que rien ne manquât à sa réception.
Le Canon de la Ville et celui de la Citadelle ,
firent une dêcharge generale , et depuis la Porte
de S. Martin , par où l'Infant entra , jusqu'à sons
Palais , il -marcha entre les Troupes qui bordoient.
la haye des deux côtez , et il fut salué de l'Esponton
par les Officiers. Sa Garde étoit composée
de 150 hommes avec un Drapeau.
M. de Cailus , suivi de l'Etat- Major et de la
Noblesse , se trouva à la descente du Carrosse du
Prince, il eut l'honneur de lui donner la main , et
de le conduire dans son Appartement : M. l'Evêque
et M. l'Intendant s'y trouverent aussi,
Le M. de Cailus avoit cedé entierement son
Hôtel à S. A. R. Le Comte de Sant- Estevan ,
Madame son Epouse , le Duc et la Duchesse d'Arion
, les trois Enfans du Comte de Sant -Estevan
et les principaux Officiers necessaires auprés de
la Personne du Prince , logerent dans le même
Hôtel , aussi-bien que les Officiers de la Chame
bre , de la Garderobe et de la Bouche ; on n'avoit
rien épargné pour le meubler superbement. L'Appartement
étoit composé en enfilade de deux
grandes Sales , d'une troisième ou étoit placé le
1. Vola Daio
2900 MERCURE DE FRANCE
Dais de la Chambre du Prince , de deux Cabi
nets et Garderobes , et d'une Sale à manger ; la
tout meublé d'un goût et d'une magnificence peu
ordinaire dans les Provinces ; tous les autres Appartemens
de l'Hôtel ou logeoit la Maison de
S. A. R. l'étoient à proportion , et rien ne man→
quoit pour l'utile et pour l'agréable..
2
et
L'attention de M. de Cailus fut portée si loin ,
que ses Offices et Gardes- mangers furent toûjours
remplis de tout ce qu'il y a de plus recherché ,
e'est de-là que les Officiers du Prince tirerent pour
sa Bouche et pour sa Maison , tout ce qui leur
étoit necessaire, aussi -bien que ceux du Comte de
Sant-Estevan les Officiers 1 . de M. de Cailus
avoient soin de remplacer ce que l'on en tiroit
comme l'on avoit fait au Boulou.
Le Prince mange toûjours seul ; il est servi par
ses Officiers.
Comme l'Infant avoit prévenu M. de Cailus
qu'il seroit bien aise de recevoir les Complimens
qu'on avoit à lui faire avant le dîner , ce General
fit avertir les Corps qui devoient haranguer , de
se rendre au Palais de l'Infant d'abord après'son
arrivée Le Conseil Souverain s'y rendit et harangua
le premier ; le M. de Cailus marchoit à la
tête, et eut l'honneur de le presenter au Prince. Le
Premier Président porta la parole. Il reçut ensuite
les respects du Chapitre de la Cathedrale , l'Archidiacre
Salleles parla au nom du Clergé. Les
Consuls en Robes de Ceremonie , suivirent le
Clergé et offrirent les présens accoutumez . Tous
tes autres Corps complimenterent successivement
Le Chevalier de Cailus , fils du Marquis de
Cailus , âgé de 8. ans , fit aussi à S. A. R. un
Compliment avec beaucoup de grace. Le Prince
en fut si charmé , qu'il l'a toujours voulu avoir
La Vol.
auprès
DECEMBRE. 1731. 2908
auprès de sa Personne pendant son séjour , cejeune
Seigneur , auquel il a marqué plusieurs dé
monstrations de bienveillance et de bonté.
Les Harangues finies , Madame la M. de Cai
lus , suivie des principales Dames de cette Ville ,
fit demander au Comte de Sant Estevan , si elle
pourroit avoir l'honneur de faire la réverence à
P'Infant , le Comte de Sant- Estevan ayant reçu ,
les ordres du . Prince , vint chercher la Marquise .
de Cailus , et l'annonça à S , A, R. Cette Dame ,
ornée de toutes les graces possibles et d'un esprit
superieur , moins brillante encore par toutes ses
qualitez , que par sa vertu et par le talent de se
faire aimer generalement de tout le monde , charma
le Prince et tonte sa Cour , par la maniere
noble avec laquelle elle se présenta et parla à.
SA. R. Elle lui présenta toutes les Dames de sa
suite .
Le Prince dîna en public , et peu de temps.
après son dîner il alla à la Chasse dans la Réserves.
il fit paroître dans cet exercice beaucoup d'adresse
et d'inclination , et tua plusieurs pieces de Gibier.
Il arriva à la nuit et trouva son Hôtel illuminé
d'un goût singulier ; tous les Appartemens étoient
éclairez par quantité de Lustres , de Girandoles ,
et de Bras arrangez avec un ordre qui présentoit
à la vûë une illumination peu commune.
La Terrasse qui regne le long de l'Apparte
ment qu'occupoit l'Infant étoit ornée de Lauriers
er de Festons de fleurs , qui formoient des Colomnes
et des Bordures que l'on avoit garnies de
Lampions et de Guirlandes , avec une admirable
cimetrie; ce qui joint à plusieurs Vases remplis
d'Orangers et d'Arbrisseaux dont la Terrasse
étoit couverte , offroit un spectacle charmant et
qui frappoit très agréablement la vûë lorsque
tout était illuminé, La
2902 MERCURE DEFRANCE
::
و م
La façade de l'Hotel étoit décorée d'un goût
aussi singulier que charmant : c'étoit un Arc
de Triomphe élevé sur un Plan dressé par M.
Boutiller Dauroy , Officier d'Artillerie . Cet Edifice
avoit 44 pieds et demy de largeur sur 45.
pieds de hauteur ; il étoit orné de Trophées ,.
desquels pen loient deux Médaillons qui représentoient
, l'un le Soleil dans le signe du Lion
avec ces paroles Transeundo recreat . Et l'au
tre , le Soleil levant , avec la Legende : jubess
sperare. Les Pilastres qui portoient les Médaillóns
, étoient surmontés d'une Corniche termi➡
née par une Balustrade de 4 pieds et demy de
hauteur , sur laquelle s'élevoit un Attique de six :
pieds de hauteur , lequel soûtenoit les Armes
d'Espagne , au côté desquelles étoient deux Piramides
hautes de 11. pieds , terminées par une
Fleur de Lys .
Tout l'Edifice étoit peint en Marbre de diffe
rentes couleurs Pintervalle qui restoit entre
l'architrave et la principale porte , étoit rempli
par un Tableau de 9 pieds de largeur sur 4 pieds
de hauteur , qui représentoit Mars et Minerve
se donnant la main ; derriere ces Figures s'élevoit
un Olivier , aux branches duquel étoit atta-,
ché l'Ecu de France entre ceux de l'Empire
l'Espagne , de l'Angleterre et de la Hollande .
avec cette Legende : Spes pacis eterna fundata.
> de
L'espace depuis chaque Pilastre jusqu'au Mur
où se terminoit le côté de la façade étoit dé
coré par une Maçonnerie de 2 pieds de hauteur:
sur 11. de largeur , sur laquelle regnoit encore
une Balustrade faisant simetrie avec celle qui
étoit au- dessus de la Corniche : cet intervalle
étoit aussi orné de deux Médaillons , sur un
I. Vel.. desquels ,
DECEMBRE 1731. 2903
esquels étoit représentée l'Espagne assise sur
Un Globe avec ses armes , la Rénommée lui
présentoit la Couronne des Etats d'Italie , dont :
le . Prince Don Carlos va prendre possession ,
avec cette Inscription : Spes matura felicitatis .
Sur l'autre étoit représentée l'Europe assise et en
repos au milieu de ses attributs , avec ces mots ::
Tranquillitas Europa . La bordure du grand.
Tableau et celle des Médaillons , aussi-bien ;
que l'Arceau du milieu , étoient ornés de Guirlandes
, de Lauriers , et de Mirthes entrelassés
de fleurs.
Tout l'Edifice étoit garni de Lampions qui
suivoient par tout la forme et les Profils de l'Architecture.
Ces Lampions allumés joints à l'Ar-,
tifice qui sortoit de divers endroits de cet Arc de
Triomphe,formerent pendant une partiede la nuit
un spectacle brillant aux yeux du Peuple qui y étoit
accouru de toute la Ville , ou que la curiosité.
avoit attiré de divers endroits de la Province,
Les autres façades de cet Hôtel et toutes les
fenêtres étoient illuminées par un nombre infini
de flambeaux de poing. L'Hôtel de M. l'Intendant
étoit aussi éclairé avec beaucoup de
goût , tant en- dehors qu'en dedans.
2.
>
2
L'Hôtel de Ville , dont la façade est trèsétendue
étoit éclairé avec autant de goût et de
cimetrie , les Consuls , pour marquer leur zele
donnerent le 27 une danse sur la Place de l'Hôtel
, nommée la Loge , avec les Instruments qui
sont en usage dans le Pays , où tout le Peuple
dansa une partie de la nuit. Le 28 , ils donnerent
un Bal dans la grande Sale du même Hôtel
pour toutes les Personnes de consideration ; il
y eût une collation magnifique , et toute sorte
de rafraîchissemens,
1. Vol Pendang
2904 MERCURE DE FRANCE
Pendant les deux nuits que le Prince a passées
Perpignan , toutes les maisons ont été illuminées
, et il n'y a personne qui n'ait fait paroître.
du zéle et de l'émulation.
>
La Marquise de Cailus se trouva chez le
Prince au retour de la Chasse suivie de plusieurs
Dames qu'elle eût encore l'honneur de lui
présenter et l'invita, d'assister à un Concert
qu'elle avoit fait préparer dans la grande Salle
des Gardes : S. A. R. parut très contente du
Concert , et dit à la Marquise de Cailus que
c'étoit le premier Concert qu'il eût entendu en
François. Madame de Jallais eût l'honneur de
faire la réverence au Prince un moment avant:
qu'il entrât au Concert. S. A. R. soupa ensuite
en Public comme le matin..
Le 28 , le Prince entendit la Messe dans la
Chapelle de son Appartement , qui étoit magnifiquement
ornée. Il avoit dit le soir à M. de
Cailus qu'il souhaittoit voir la . Citadelle le
lendemain à 9 heures du matin . Ce Commandant
se rendit chez S. A. R. à l'heure marquée
puis la devança pour se trouver sur la Place
d'Armes de la Citadelle , à la descente du Carosse.
Les Troupes de la Garnison étoient en
Bataille sur cette Place , le Prince ayant mis pied.
à terre , fut salué en passant à la tête des Troupes
; il fit le tour des Remparts et vit la Sale :
d'Armes ; il fut encore salué en entrant à la Citadelle
par toute l'Artillerie ; la même Salve fut
repetée à sa sortie , qu'il fit à pied , appuyé sur
le Marquis de Cailus , et il ne monta en Carosse
qu'après avoir passé le dernier Pont Levis.
›
Le Prince dina et soupa en public , alla à la
Chasse et au Concert, comme le jour précédent.
Après le Concert , Mad . de Cailus prit congé de
La Kola $
DECEMBRE 1731. 2905
E. A. R. qui parut tres- satisfaite de toutes les attentions
de cette Dame.
Le Marquis de Cailus qui avoit abandonné son
Hôtel à S.A.R. étoit logé dans celui du Marquis
d'Aguilar , où il tint pendant tout le temps que
Prince a resta à Perpignan , cinq Tables , de so
Couverts chacune , qui furent toujours remplies
tant par les Officiers de la Maison du Prince , les
Dames de la Ville,la Noblesse , les Officiers,Mess.
du Conseil Souverain , que par d'autres personnes
de distinction .
Ces cinq Tables furent toujours servies soir et
matin en même- temps , avec toute la profusion
et toute la délicatesse imaginable. Les Vins
étrangers et les Liqueurs s'y trouverent en abondance
. Le Dessert sur tout y étoit magnifique et
fort ingénieux . Les Cristaux des côtez et des bouts
étoient dispersez en Cascade , et à chaque repas ,
d'un arrangement different. Les Découpures qui
les accompagnoient , presentoient de tous côtez
les Armes de France , d'Espagne , de Parme et de
Toscane. On distinguoit pareillement dans les
festons des Fleurs de Lys , des Lions , des Tours
et les autres Symboles convenables. Les Pirami
des des Cristaux du milieu étoient terminées par
des Banderolles en découpure , peintes en miniature
, et chargées d'emblêmes , faisant allusion
au voyage de l'Infant. Toutes ces Piramides
étoient garnies aux soupers de quantité de Bougies
à quatre méches , artistement placées , qui
faisoient un effet aussi charmant que singulier
Il ne fut pas possible à M. de Cailus de faire
les honneurs aux dîners , ayant toujours suivi
S. A. R. à la chasse ; mais la Marquise son
Epouse y suppléa. De l'aveu general de tous ceux
qui ont assisté à ces Repas , il est impossible de
1. Vol s'en2905
MERCURE DE FRANCE
s'en acquitter avec plus de grace , de politesse
d'attention et d'enjouement que cette illustre
Dame l'a fait. Les Etrangers ne cesserent de lui
donner des louanges et d'applaudir , le Prince
même , satisfait au dernier point , eut la bonté de
dire à M. de Cailus que s'il n'étoit aussi pressé
de partir qu'il l'étoit , il auroit séjourné deux
jours de plus avec plaisir dans cette Ville . S.A.R.
ordonna de plus au Comte de Candelle et à quelques,
autres Officiers de lui rendre un compte
exact de la façon dont ils avoient été traitez , er
de la maniere avec laquelle les Tables avoient été
servies chez le M. de Cailus : Elle parut si contente
de la Relation qu'on lui en fit , qu'il l'écrivit
de sa main pour l'envoyer à la Reine d'Espagne
, sa Mere .
M. de Jallais de son côté tint des Tables chez
lui qui furent servies avec délicatesse et magnificence.
M. le Comte de Sant Estevan ne pouvant pas
quitter la Personne du Prince , tint une Table
pour les Officiers qui étoient de service auprès de
' Infant , et pour ceux qui étoient de garde , et il
n'a mangé nulle part qu'à cette Table.
2M Desgranges , Maître des Cérémonies , arriva
à Perpignan le 28 , à 9 heures du matin ; il
fut présenté au Prince par M. de Cailus ; il n'eut
qu'à applaudir à tout ce qui s'étoit fait en son
absence sur le Cérémonial , et dit que quand il
auroit été présent , il n'auroit rien pû ajouter à
tout ce que M. de Cailus avoit fait, tant pour le
Cérémonial , que pour les honneurs qu'on avoit
rendus à l'Infant , &c.
Le 29 , sur les 8 heures du matin , le Prince
partit après avoir entendu la Messe , comme le
jour précédent, Les Troupes bordoient la Have
I. Vol.
desDECEMBRE
. 1731. 2907
des deux côtez , depuis son Hôtel , jusques à la
porte de Notre Dame par où il sortit. Îl fut salué
de l'Esponton par les Officiers , et l'Artillerie
de la Ville , et la Citadelle firent les mêmes salves
qu'à son arrivée .
La marche du Prince de Perpignan à Fitou , se
fit dans le même ordre qu'elle avoit été du Boulou
à Pérpignan
Le M. de Cailus , suivi de la Noblesse de la Province
, se rendit à Fitou ; il avoit eu la précaution
de faire porter à Salces une abondante & magnifique
alte , qui ne fut pas inutile , plusieurs of
ficiers du Prince en ayant profité .
Depuis l'entrée de l'Infant dans le Roussillon
jusques à sa sortie de cetté Province M. de Cailus
ne l'a point quitté , lui faisant sa cour tres- exactement
avec une noblesse et une dignité dont peu
de personnes sont capables. Toute la Maison du
Prince a été charmée de ses politesses et de ses attentions
, et M.de Sant -Estevan le lui a témoigné
plusieurs fois ; non- seulement les Etrangers ont
été tres- contens , mais il n'est personnes dans
cette Province qui n'ait eu lieu de se louer de ses
bonnes manieres , de son affabilité et de sa douceur.
On ne peut rien ajouter à la magnificence
avec laquelle il a agi dans cette occasion , et enfin
on est surpris de la dépense excessive qu'il a
faite.
S. A. R. passant à Salces fut salué de tout le
Canon de cette Place : Elle arriva à Fitou à onze
heures et demie du matin . Le M. de Lafare, Chevalier
des Ordres du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , Commandant dans la Province de
Languedoc, étoit à Fitou pour y attendre le Prin
ce. M. de Cailus le presenta à S. A. R. et remit
ge Prince entre ses mains, comme M.de Risbourg
1. Vol. l'avoit
2908 MERCURE DE FRANCE
T'avoit remis entre les siennes. Les Intendans de
Roussillon et de Languedoc s'y trouverent aussi.
Le Comte de Sant- Estevan pria le M. de Cailus
a dîner , et le Prince s'amusa à tuer des Lapins
que M. de Cailus avoit fait porter à Fitou .
DON CARLOS , dans la Province.
du. Roussillon..
E Marquis de Gailus , Grand- Croix de l'On-
> Edre de 3. Louis ,Lieutenant General des at
mées du Roy et de la Province du Roussillon ,,
commandant en chef, reçut les ordres de la
1. Voli
F Cou
2894 MERCURE DE FRANCE
Cour le 8. Novembre , au sujet du Passage de
Don Carlos en France , lesquels portoient que
Pintention du Roy étoit qu'il fût reçû comme
Fils de France , et qu'on lui rendît tous les honneurs
dûs à cette qualité. A ces ordres on avoit
joint la route qu'il devoit tenir , et ajoûté que
M. Desgranges , Maître des Ceremonies , se rendroit
incessamment dans cette Province pour se
trouver à l'arrivée du Prince , et regler le Ceremonial.
Suivant cet itineraire , la Marche de Don
Carlos devoit être de Seville à Barcelonne de 47.
jours , les séjours non compris , et par là ce Prin
ce ne partant que le 20. d'Octobre , ne pouvoit,
en la suivant, arriver à Perpignan que vers le 15.
de Decembre , ce qui auroit donné un temps sufe
fisant pour les préparatifs nécessaires.
Le M. de Cailus donna d'abord ses ordres ,
tant pour la réparation des chemins , que pour
les logemens et l'abondance des vivres ; et comme
Je Col du Pertus , par où il faut passer , est un
chemin très - étroit entre deux Montagues , que
la chute des eaux avoit depuis un temps- infini
rendu impraticable et qui demandoit beaucoup
de soin et de travail pour le réparer ; il chargea
de Viguier du Roussillon , de se rendre sur les
lieux pour le mettre en l'état qu'il convenoit,
Une grande partie de ce chemin n'étant que de
Rocher , il cominanda un Sergent et 16. Mineurs.
pour y travailler ; soo. Paysans furent employez
à cet ouvrage , dont la moitié étoit de cette Province
et l'autre moitié d'Espagne ; ce qui se fit
de concert entre les Marquis de Cailus et de Risbourg,
Capitaine General de Catalogne. Les pré-
Cautions que le M. de Cailus avoit prises à l'égard
de ce passage , furent si utiles et ses ordres
si bien executez, que quoique l'Infant soit arrivé
-1 Volo
DECEMBRE. 1931. 1895
18. jours plutôt qu'il n'étoit marqué par sa route
, l'on a passé très -commodément dans ce che
min , et le succès a été au-delà de ce que l'on
pouvoit esperer.
Sur quelques bruits qui se répandirent que le
Prince acceleroit sa marche et doubloit ses journées
, le M. de Cailus voulut voir par lui- même
dans quel état étoit ce chemin ; il s'y rendit le
22. Novembre , et étant à portée du Pertus , il
rencontra un Courrier dépêché par le M. de Risbourg
, qui lui donnoit avis que l'Infant arrive
foit le 25. à Figuieres , et le 26. à coucher au
Boulou.
A cette nouvelle inopinée , le M. de Cailus re
int sur ses pas au Boulou. Ce lieu est un des plus
mauvais Villages du Roussillon , à peine y trou
veroit- on six Maisons où il y ait des
portes eg
des fenêtres ; l'état affreux de ce Village ne déconcerta
pas M. de Cailus , après l'avoir visité
il choisit la maison la plus propre pour loger le
Prince et trois autres maisons voisines pour les
gens nécessaires auprès de sa personne ; la plus
logeable après celle du Prince fut destinée pour
M. le Comte de Sant- Estevan , Gouverneur de
sa Personne , &c. et le M. de Cailus fut obligé ,
dans celle qu'il prit pour lui , d'y joindre une
Grange voisine , où il fallut pratiquer et faire
bâtir des cheminées et generalement tout ce qui
est necessaire pour des Cuisines et Offices ; il fal
lut aussi ouvrir des portes pour communiquer
dans la Maison où il tient ses Tables , et le tour :
fut executé en deux fois vingt - quatre heures par
la quantité d'Ouvriers que l'on y employa .
*
* Voyez toutes les qualitez de ce Seigneur
dans le Mercure de Novembre 173 1. page 2661.
I: Vol.
4.vi Ces
2896 MERCURE DE FRANCE
Ces ordres donnez , ce General se rendit à Peri
pignan , où ses premiers soins furent d'envoyer,
une partie de ses Officiers au Boulou , et tout ca
qui étoit necessaire pour recevoir avec dignité le
Prince et sa Suite.
Le 25. Le M. de Cailus accompagné de la No.
blesse du Roussillon et de la Compagnie des Gardes
de la Province , se rendit à Bellegarde , où il
coucha. M. de Jallais , Intendant , s'y rendit aussi.
Le 26. sur les 11. heures du matin , ce General
se rendit sur la petite Riviere d'Allobragat , qui
fait la séparation des deux Rouyaumes ; il trouva
au-de là de cette Riviere deux Escadrons de Dra
gons en bataille , du Régiment de Sagunte. A
une heure après midi arriverent le M. de Risbourg
et M. de Sartim , Intendant de Catalogne. M. de
Cailus présenta M. de Jallais à M. de Risbourg ,
et ces deux Generaux , après s'être donné plu
sieurs marques de cordialité et d'amitié , eurent
une conference ensemble jusques à l'arrivée du
Prince , qui fut vers les trois heures ; les deux Intendants
en eurent une autre séparément .
Son Altesse Royale arriva dans sa Berline ;
dans laquelle étoient le Comte de Sant- Estevan
et un Gentilhomme de sa Chambre , elle étoit
escortée par ses Gardes du Corps et par ses Hallebardiers
. M. de Risbourg présenta au Prince
M. de Cailus et ce dernier présenta à S. A. R.
M. de Jallais et la Noblesse de la Province ; il lui
offrit en même- temps sa Littiere pour passer
plus commodement la Montagne , le Prince lui .
dit qu'il étoit informé de l'attention qu'il avoit
eue à la faire venir , qu'il lui étoit obligé , qu'il
passeroit la Montagne en Berline , et que s'il y
avoit quelque mauvais pas , il mettroit pied à
terre , aimant fort à marcher ; à quoi il ne fug.
1. Yola
poing
DECEMBRE . 1731. 28977
oint obligé, les Equipages étant passez très - aisé
ment et sans nulle difficulté . Mi de Cailus offrit
aux Gentilshommes de la Maison du Prince sa
Berline , attelée de six chevaux , qu'il avoit fair
mener à vuide , mais ces Messieurs le remercie
rent et ne s'en servirent pas .
L'Infant continuant sa Marche , fut salué en
passant sous Bellegarde , d'un décharge generale
du Canon de cette Place. La Maréchausséeétoit
postée par Brigades de distance en distance .
sur la route ; la Compagnie des Gardes de la
Province marchoit un quart de lieuë devant ;
M. de Cailus suivit à cheval pendant quelque:
temps S. A. R. Il s'avança ensuite pour se trou
ver à la descente du Carrosse . Le Prince arriva à¸
P'entrée de la nuit au Boulou. M. de Cailus eut-
Phonneur de lui donner la main pour le conduire
dans sa chambre , où il fut vû de tout le mondejusqu'à
l'heure du souper et pendant son souper.
Suivant les instructions de la Cour , M. Des
granges devoit conferer avec le Comte de Sant-.
Estevan , regler avec lui le Ceremonial , en ren-.
dre compte à M. de Cailus , et s'arranger ensemble
là - dessus ; mais M. Desgranges n'étant pas
arrivé , M. de Cailus fut obligé de suppléer à
tout. Il eut une Conference avec M. de Sant-
Estevan , de plus d'une heure , à laquelle fut présent
M. de Jallais ; ce Seigneur , qui est particu
lierement chargé de la conduite du Prince , parue
très -satisfait des attentions et des politesses de
M. de Cailus.
Ce fut dans cette Conference que M. de Cailus .
fit changer l'ordre de la Marche du Prince , qui
devoit , partant de Perpignan le 28. aller coucher
à Salces et détermina M. de Sant - Estevan à séjourner
à Perpignan ce jour là, et d'aller le 29. à
L. Fel Sigeant
ક
2898 MERCURE DE FRANCE
Sigean ; ce General se détermina à cela , à cause
des maladies qui sont à Salce , ne voulant pas hazarder
que S. A. R. logeât dans un lieu , ou de-.
puis trois mois , il est peu de Maisons où il n'y
ait des malades.
Le M. de Cailus avoit fait venir de Couliouvre
au Boulou , les deux Compagnies des Grenadiers
du Régiment de Toulouse et deux Détachemens
de so. hommes chacun . La premiere Compagniede
Grenadiers monta la Garde chez l'Infant , et
les autres Troupes furent dispersées en differens :
postes , pour la sureté du Quartier et des Equipages
du Prince.
Les attentions de M. de Cailus furent jusques à
faire illuminer par des flambeaux de poing et par
des Réchauts de Rempart , tout le Village du
Boulou , ce qui évita tous désordres et toute la
confusion .
Le foin et la paille furent distribuez gratis des
Magazins de la Province , par les ordres de :
M.P'Intendant.
Après le souper de S. A. R..M de Cailus demanda
la permisson au Prince de prendre les devants
pour le recevoir à son Entrée à Perpignan ,
après quoi il se rendit dans sa Maison du Boulou
, où il y avoit 4. Tables de 20. couverts chacune,
et une cinquième pour les Gardes du Corps
du Prince. Ces Tables furent servies en mêmetemps
avec toute la magnificence , la délicatesse
et la somptuosité possible. Les Vins étrangers et
les Liqueurs y furent abondantes ; elles furent
remplies par les Officiers de la Maison du Prince,.
par la Noblesse de la Province et par les Officiers
du Détachement. Tous ces Messieurs parurent
surpris qu'en aussi peu de temps et dans un si
mauvais lieu , on cût pû donner à manger avec
Io, Veho autane
DECEMBRE . 1731 . 2899
autant d'arrangement , de gout et d'abondance,
M. l'Inrendant eût aussi des Tables dans sa
Maison.
A une heure après minuit M. de Cailus monta
dans sa Berline et se rend à Perpignan , où le
Prince arriva à onze heures du matin , il fut reçu
à la Barriere par le M.de Cailus, à la tête de l'Etat
Major , qu'il eut l'honneur de présenter à S. A. R.
qui lui demanda à quelle heure il étoit parti du
Boulou , ajoutant qu'il n'avoit pas eû le temps de
se reposer , M. de Cailus lui dit qu'il étoit venu
en diligence pour que rien ne manquât à sa réception.
Le Canon de la Ville et celui de la Citadelle ,
firent une dêcharge generale , et depuis la Porte
de S. Martin , par où l'Infant entra , jusqu'à sons
Palais , il -marcha entre les Troupes qui bordoient.
la haye des deux côtez , et il fut salué de l'Esponton
par les Officiers. Sa Garde étoit composée
de 150 hommes avec un Drapeau.
M. de Cailus , suivi de l'Etat- Major et de la
Noblesse , se trouva à la descente du Carrosse du
Prince, il eut l'honneur de lui donner la main , et
de le conduire dans son Appartement : M. l'Evêque
et M. l'Intendant s'y trouverent aussi,
Le M. de Cailus avoit cedé entierement son
Hôtel à S. A. R. Le Comte de Sant- Estevan ,
Madame son Epouse , le Duc et la Duchesse d'Arion
, les trois Enfans du Comte de Sant -Estevan
et les principaux Officiers necessaires auprés de
la Personne du Prince , logerent dans le même
Hôtel , aussi-bien que les Officiers de la Chame
bre , de la Garderobe et de la Bouche ; on n'avoit
rien épargné pour le meubler superbement. L'Appartement
étoit composé en enfilade de deux
grandes Sales , d'une troisième ou étoit placé le
1. Vola Daio
2900 MERCURE DE FRANCE
Dais de la Chambre du Prince , de deux Cabi
nets et Garderobes , et d'une Sale à manger ; la
tout meublé d'un goût et d'une magnificence peu
ordinaire dans les Provinces ; tous les autres Appartemens
de l'Hôtel ou logeoit la Maison de
S. A. R. l'étoient à proportion , et rien ne man→
quoit pour l'utile et pour l'agréable..
2
et
L'attention de M. de Cailus fut portée si loin ,
que ses Offices et Gardes- mangers furent toûjours
remplis de tout ce qu'il y a de plus recherché ,
e'est de-là que les Officiers du Prince tirerent pour
sa Bouche et pour sa Maison , tout ce qui leur
étoit necessaire, aussi -bien que ceux du Comte de
Sant-Estevan les Officiers 1 . de M. de Cailus
avoient soin de remplacer ce que l'on en tiroit
comme l'on avoit fait au Boulou.
Le Prince mange toûjours seul ; il est servi par
ses Officiers.
Comme l'Infant avoit prévenu M. de Cailus
qu'il seroit bien aise de recevoir les Complimens
qu'on avoit à lui faire avant le dîner , ce General
fit avertir les Corps qui devoient haranguer , de
se rendre au Palais de l'Infant d'abord après'son
arrivée Le Conseil Souverain s'y rendit et harangua
le premier ; le M. de Cailus marchoit à la
tête, et eut l'honneur de le presenter au Prince. Le
Premier Président porta la parole. Il reçut ensuite
les respects du Chapitre de la Cathedrale , l'Archidiacre
Salleles parla au nom du Clergé. Les
Consuls en Robes de Ceremonie , suivirent le
Clergé et offrirent les présens accoutumez . Tous
tes autres Corps complimenterent successivement
Le Chevalier de Cailus , fils du Marquis de
Cailus , âgé de 8. ans , fit aussi à S. A. R. un
Compliment avec beaucoup de grace. Le Prince
en fut si charmé , qu'il l'a toujours voulu avoir
La Vol.
auprès
DECEMBRE. 1731. 2908
auprès de sa Personne pendant son séjour , cejeune
Seigneur , auquel il a marqué plusieurs dé
monstrations de bienveillance et de bonté.
Les Harangues finies , Madame la M. de Cai
lus , suivie des principales Dames de cette Ville ,
fit demander au Comte de Sant Estevan , si elle
pourroit avoir l'honneur de faire la réverence à
P'Infant , le Comte de Sant- Estevan ayant reçu ,
les ordres du . Prince , vint chercher la Marquise .
de Cailus , et l'annonça à S , A, R. Cette Dame ,
ornée de toutes les graces possibles et d'un esprit
superieur , moins brillante encore par toutes ses
qualitez , que par sa vertu et par le talent de se
faire aimer generalement de tout le monde , charma
le Prince et tonte sa Cour , par la maniere
noble avec laquelle elle se présenta et parla à.
SA. R. Elle lui présenta toutes les Dames de sa
suite .
Le Prince dîna en public , et peu de temps.
après son dîner il alla à la Chasse dans la Réserves.
il fit paroître dans cet exercice beaucoup d'adresse
et d'inclination , et tua plusieurs pieces de Gibier.
Il arriva à la nuit et trouva son Hôtel illuminé
d'un goût singulier ; tous les Appartemens étoient
éclairez par quantité de Lustres , de Girandoles ,
et de Bras arrangez avec un ordre qui présentoit
à la vûë une illumination peu commune.
La Terrasse qui regne le long de l'Apparte
ment qu'occupoit l'Infant étoit ornée de Lauriers
er de Festons de fleurs , qui formoient des Colomnes
et des Bordures que l'on avoit garnies de
Lampions et de Guirlandes , avec une admirable
cimetrie; ce qui joint à plusieurs Vases remplis
d'Orangers et d'Arbrisseaux dont la Terrasse
étoit couverte , offroit un spectacle charmant et
qui frappoit très agréablement la vûë lorsque
tout était illuminé, La
2902 MERCURE DEFRANCE
::
و م
La façade de l'Hotel étoit décorée d'un goût
aussi singulier que charmant : c'étoit un Arc
de Triomphe élevé sur un Plan dressé par M.
Boutiller Dauroy , Officier d'Artillerie . Cet Edifice
avoit 44 pieds et demy de largeur sur 45.
pieds de hauteur ; il étoit orné de Trophées ,.
desquels pen loient deux Médaillons qui représentoient
, l'un le Soleil dans le signe du Lion
avec ces paroles Transeundo recreat . Et l'au
tre , le Soleil levant , avec la Legende : jubess
sperare. Les Pilastres qui portoient les Médaillóns
, étoient surmontés d'une Corniche termi➡
née par une Balustrade de 4 pieds et demy de
hauteur , sur laquelle s'élevoit un Attique de six :
pieds de hauteur , lequel soûtenoit les Armes
d'Espagne , au côté desquelles étoient deux Piramides
hautes de 11. pieds , terminées par une
Fleur de Lys .
Tout l'Edifice étoit peint en Marbre de diffe
rentes couleurs Pintervalle qui restoit entre
l'architrave et la principale porte , étoit rempli
par un Tableau de 9 pieds de largeur sur 4 pieds
de hauteur , qui représentoit Mars et Minerve
se donnant la main ; derriere ces Figures s'élevoit
un Olivier , aux branches duquel étoit atta-,
ché l'Ecu de France entre ceux de l'Empire
l'Espagne , de l'Angleterre et de la Hollande .
avec cette Legende : Spes pacis eterna fundata.
> de
L'espace depuis chaque Pilastre jusqu'au Mur
où se terminoit le côté de la façade étoit dé
coré par une Maçonnerie de 2 pieds de hauteur:
sur 11. de largeur , sur laquelle regnoit encore
une Balustrade faisant simetrie avec celle qui
étoit au- dessus de la Corniche : cet intervalle
étoit aussi orné de deux Médaillons , sur un
I. Vel.. desquels ,
DECEMBRE 1731. 2903
esquels étoit représentée l'Espagne assise sur
Un Globe avec ses armes , la Rénommée lui
présentoit la Couronne des Etats d'Italie , dont :
le . Prince Don Carlos va prendre possession ,
avec cette Inscription : Spes matura felicitatis .
Sur l'autre étoit représentée l'Europe assise et en
repos au milieu de ses attributs , avec ces mots ::
Tranquillitas Europa . La bordure du grand.
Tableau et celle des Médaillons , aussi-bien ;
que l'Arceau du milieu , étoient ornés de Guirlandes
, de Lauriers , et de Mirthes entrelassés
de fleurs.
Tout l'Edifice étoit garni de Lampions qui
suivoient par tout la forme et les Profils de l'Architecture.
Ces Lampions allumés joints à l'Ar-,
tifice qui sortoit de divers endroits de cet Arc de
Triomphe,formerent pendant une partiede la nuit
un spectacle brillant aux yeux du Peuple qui y étoit
accouru de toute la Ville , ou que la curiosité.
avoit attiré de divers endroits de la Province,
Les autres façades de cet Hôtel et toutes les
fenêtres étoient illuminées par un nombre infini
de flambeaux de poing. L'Hôtel de M. l'Intendant
étoit aussi éclairé avec beaucoup de
goût , tant en- dehors qu'en dedans.
2.
>
2
L'Hôtel de Ville , dont la façade est trèsétendue
étoit éclairé avec autant de goût et de
cimetrie , les Consuls , pour marquer leur zele
donnerent le 27 une danse sur la Place de l'Hôtel
, nommée la Loge , avec les Instruments qui
sont en usage dans le Pays , où tout le Peuple
dansa une partie de la nuit. Le 28 , ils donnerent
un Bal dans la grande Sale du même Hôtel
pour toutes les Personnes de consideration ; il
y eût une collation magnifique , et toute sorte
de rafraîchissemens,
1. Vol Pendang
2904 MERCURE DE FRANCE
Pendant les deux nuits que le Prince a passées
Perpignan , toutes les maisons ont été illuminées
, et il n'y a personne qui n'ait fait paroître.
du zéle et de l'émulation.
>
La Marquise de Cailus se trouva chez le
Prince au retour de la Chasse suivie de plusieurs
Dames qu'elle eût encore l'honneur de lui
présenter et l'invita, d'assister à un Concert
qu'elle avoit fait préparer dans la grande Salle
des Gardes : S. A. R. parut très contente du
Concert , et dit à la Marquise de Cailus que
c'étoit le premier Concert qu'il eût entendu en
François. Madame de Jallais eût l'honneur de
faire la réverence au Prince un moment avant:
qu'il entrât au Concert. S. A. R. soupa ensuite
en Public comme le matin..
Le 28 , le Prince entendit la Messe dans la
Chapelle de son Appartement , qui étoit magnifiquement
ornée. Il avoit dit le soir à M. de
Cailus qu'il souhaittoit voir la . Citadelle le
lendemain à 9 heures du matin . Ce Commandant
se rendit chez S. A. R. à l'heure marquée
puis la devança pour se trouver sur la Place
d'Armes de la Citadelle , à la descente du Carosse.
Les Troupes de la Garnison étoient en
Bataille sur cette Place , le Prince ayant mis pied.
à terre , fut salué en passant à la tête des Troupes
; il fit le tour des Remparts et vit la Sale :
d'Armes ; il fut encore salué en entrant à la Citadelle
par toute l'Artillerie ; la même Salve fut
repetée à sa sortie , qu'il fit à pied , appuyé sur
le Marquis de Cailus , et il ne monta en Carosse
qu'après avoir passé le dernier Pont Levis.
›
Le Prince dina et soupa en public , alla à la
Chasse et au Concert, comme le jour précédent.
Après le Concert , Mad . de Cailus prit congé de
La Kola $
DECEMBRE 1731. 2905
E. A. R. qui parut tres- satisfaite de toutes les attentions
de cette Dame.
Le Marquis de Cailus qui avoit abandonné son
Hôtel à S.A.R. étoit logé dans celui du Marquis
d'Aguilar , où il tint pendant tout le temps que
Prince a resta à Perpignan , cinq Tables , de so
Couverts chacune , qui furent toujours remplies
tant par les Officiers de la Maison du Prince , les
Dames de la Ville,la Noblesse , les Officiers,Mess.
du Conseil Souverain , que par d'autres personnes
de distinction .
Ces cinq Tables furent toujours servies soir et
matin en même- temps , avec toute la profusion
et toute la délicatesse imaginable. Les Vins
étrangers et les Liqueurs s'y trouverent en abondance
. Le Dessert sur tout y étoit magnifique et
fort ingénieux . Les Cristaux des côtez et des bouts
étoient dispersez en Cascade , et à chaque repas ,
d'un arrangement different. Les Découpures qui
les accompagnoient , presentoient de tous côtez
les Armes de France , d'Espagne , de Parme et de
Toscane. On distinguoit pareillement dans les
festons des Fleurs de Lys , des Lions , des Tours
et les autres Symboles convenables. Les Pirami
des des Cristaux du milieu étoient terminées par
des Banderolles en découpure , peintes en miniature
, et chargées d'emblêmes , faisant allusion
au voyage de l'Infant. Toutes ces Piramides
étoient garnies aux soupers de quantité de Bougies
à quatre méches , artistement placées , qui
faisoient un effet aussi charmant que singulier
Il ne fut pas possible à M. de Cailus de faire
les honneurs aux dîners , ayant toujours suivi
S. A. R. à la chasse ; mais la Marquise son
Epouse y suppléa. De l'aveu general de tous ceux
qui ont assisté à ces Repas , il est impossible de
1. Vol s'en2905
MERCURE DE FRANCE
s'en acquitter avec plus de grace , de politesse
d'attention et d'enjouement que cette illustre
Dame l'a fait. Les Etrangers ne cesserent de lui
donner des louanges et d'applaudir , le Prince
même , satisfait au dernier point , eut la bonté de
dire à M. de Cailus que s'il n'étoit aussi pressé
de partir qu'il l'étoit , il auroit séjourné deux
jours de plus avec plaisir dans cette Ville . S.A.R.
ordonna de plus au Comte de Candelle et à quelques,
autres Officiers de lui rendre un compte
exact de la façon dont ils avoient été traitez , er
de la maniere avec laquelle les Tables avoient été
servies chez le M. de Cailus : Elle parut si contente
de la Relation qu'on lui en fit , qu'il l'écrivit
de sa main pour l'envoyer à la Reine d'Espagne
, sa Mere .
M. de Jallais de son côté tint des Tables chez
lui qui furent servies avec délicatesse et magnificence.
M. le Comte de Sant Estevan ne pouvant pas
quitter la Personne du Prince , tint une Table
pour les Officiers qui étoient de service auprès de
' Infant , et pour ceux qui étoient de garde , et il
n'a mangé nulle part qu'à cette Table.
2M Desgranges , Maître des Cérémonies , arriva
à Perpignan le 28 , à 9 heures du matin ; il
fut présenté au Prince par M. de Cailus ; il n'eut
qu'à applaudir à tout ce qui s'étoit fait en son
absence sur le Cérémonial , et dit que quand il
auroit été présent , il n'auroit rien pû ajouter à
tout ce que M. de Cailus avoit fait, tant pour le
Cérémonial , que pour les honneurs qu'on avoit
rendus à l'Infant , &c.
Le 29 , sur les 8 heures du matin , le Prince
partit après avoir entendu la Messe , comme le
jour précédent, Les Troupes bordoient la Have
I. Vol.
desDECEMBRE
. 1731. 2907
des deux côtez , depuis son Hôtel , jusques à la
porte de Notre Dame par où il sortit. Îl fut salué
de l'Esponton par les Officiers , et l'Artillerie
de la Ville , et la Citadelle firent les mêmes salves
qu'à son arrivée .
La marche du Prince de Perpignan à Fitou , se
fit dans le même ordre qu'elle avoit été du Boulou
à Pérpignan
Le M. de Cailus , suivi de la Noblesse de la Province
, se rendit à Fitou ; il avoit eu la précaution
de faire porter à Salces une abondante & magnifique
alte , qui ne fut pas inutile , plusieurs of
ficiers du Prince en ayant profité .
Depuis l'entrée de l'Infant dans le Roussillon
jusques à sa sortie de cetté Province M. de Cailus
ne l'a point quitté , lui faisant sa cour tres- exactement
avec une noblesse et une dignité dont peu
de personnes sont capables. Toute la Maison du
Prince a été charmée de ses politesses et de ses attentions
, et M.de Sant -Estevan le lui a témoigné
plusieurs fois ; non- seulement les Etrangers ont
été tres- contens , mais il n'est personnes dans
cette Province qui n'ait eu lieu de se louer de ses
bonnes manieres , de son affabilité et de sa douceur.
On ne peut rien ajouter à la magnificence
avec laquelle il a agi dans cette occasion , et enfin
on est surpris de la dépense excessive qu'il a
faite.
S. A. R. passant à Salces fut salué de tout le
Canon de cette Place : Elle arriva à Fitou à onze
heures et demie du matin . Le M. de Lafare, Chevalier
des Ordres du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , Commandant dans la Province de
Languedoc, étoit à Fitou pour y attendre le Prin
ce. M. de Cailus le presenta à S. A. R. et remit
ge Prince entre ses mains, comme M.de Risbourg
1. Vol. l'avoit
2908 MERCURE DE FRANCE
T'avoit remis entre les siennes. Les Intendans de
Roussillon et de Languedoc s'y trouverent aussi.
Le Comte de Sant- Estevan pria le M. de Cailus
a dîner , et le Prince s'amusa à tuer des Lapins
que M. de Cailus avoit fait porter à Fitou .
Fermer
Résumé : RELATION du Passage de l'Infant DON CARLOS, dans la Province du Roussillon.
Le marquis de Gailus, Grand-Croix de l'Ordre de Saint-Louis et Lieutenant Général des armées du roi, reçut le 8 novembre des instructions pour préparer le passage de Don Carlos en France. Le roi souhaitait que Don Carlos soit accueilli comme Fils de France avec tous les honneurs. Le trajet de Seville à Barcelone, prévu pour durer 47 jours, devait permettre une arrivée à Perpignan vers le 15 décembre. Le marquis de Gailus organisa la réparation des chemins, notamment le col du Pertus, en mobilisant des mineurs et des paysans. Malgré l'arrivée anticipée de Don Carlos, les préparatifs assurèrent un passage confortable. Le 22 novembre, le marquis de Gailus inspecta le chemin et apprit que Don Carlos arriverait le 25 à Figueras et le 26 au Boulou. Il prépara rapidement des logements appropriés dans ce village. Le 26 décembre, il accueillit Don Carlos à la frontière, accompagné de nobles et de gardes. Don Carlos traversa la rivière Allobragat et fut salué par une décharge de canon à Bellegarde. La maréchaussée assura la sécurité le long du trajet. À Perpignan, Don Carlos fut accueilli par des salves de canon et escorté par diverses troupes et autorités locales. M. de Cailus, chargé de l'organisation, prit des initiatives pour assurer la sécurité et le confort du Prince. Il modifia l'itinéraire pour éviter les zones touchées par des maladies à Salces et organisa des mesures de sécurité et des réceptions somptueuses. Le Prince fut logé dans l'hôtel de M. de Cailus, magnifiquement aménagé. Les officiers du Prince et du Comte de Sant-Estevan bénéficièrent des provisions et des services préparés par M. de Cailus. Le séjour du Prince à Perpignan fut marqué par des réceptions fastueuses. Divers corps et dignitaires se rendirent au Palais de l'Infant pour le saluer. Le Conseil Souverain, mené par le marquis de Cailus, harangua le prince en premier, suivi par les représentants du clergé, les consuls, et d'autres corps. Le chevalier de Cailus, fils du marquis, impressionna le prince par son compliment gracieux. Madame de Cailus, accompagnée des principales dames de la ville, charma le prince et sa cour par sa grâce et son esprit. Le prince dîna en public, partit à la chasse, et découvrit son hôtel illuminé à son retour. Les façades de l'hôtel et de l'Hôtel de Ville étaient également illuminées, et des danses et un bal furent organisés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2153
p. 2908-2913
LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre 1731. contenant le détail du voyage de DON CARLOS, depuis Perpignan jusqu'à Montpellier.
Début :
L'Infant Don Carlos, qui arriva le 27 de Novembre à Perpignan, et qui y séjourna le 28, [...]
Mots clefs :
Prince, Régiment, Garde, Consuls
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre 1731. contenant le détail du voyage de DON CARLOS, depuis Perpignan jusqu'à Montpellier.
LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre
1731. contenant le détail du voya❤
ge de DON CARLOS , depuis Perpignan
jusqu'à Montpellier.
'Infant Don Carlos , qui arriva le 27 de No-
L'efabre àPerpignan, et qui y séjourna le 28,
entra en Langnedoc le 29. vers les onze heures du
matin , et fut reçu aux Cabanes de Fitou , premieres
Maisons qui se rencontrent sur le chemin ,
par M.le Marquis de la Fare, Commandant, et par
M. de Bernage de S. Maurice , Intendant de la
Province. Le Prince descendit -là , à une petite
Chapelle , parce que M. de Fitou , Seigneur de
cet endroit , dont la femme étoit accouchée. la
veille d'une fille , avoit envoyé un Courier à M.
de Cailus , à Perpignan , pour l'engager à obtenir
de S.A.R, qu'elle fit à cette enfant l'honneur de
la tenir sur les Fonts de Baptême ; ce que ce Prince
a fait avec beaucoup de bonté , et après la ceremonie
, il a fait donner au Pere un present .de
la valeur de trois mille Hyres , et cent Pistolles
au Curé.
L'Infant dina en ce lieu - là ; les Officiers que
M. l'Archevêque de Narbonne avoit prêtez à M.
le Marquis de la Fare, parce qu'à peine son équipage
avoit il eu le temps d'arriver ce jour-là à
Sigean , servirent une grande Table à toute sa
Suite
Ce Prince continuă sa foute l'après dînée, jus-
I.Vol. ques
DECEMBRE. 1931. 2909.
ques à Sigean , et chassa en chemin ; ce qui joint
a la longueur de la journée , fit qu'il n'y arriva
que la nuit. M. de la Fare n'avoir pu faire trouver
là que les deux Compagnies de Grenadiers
du Regiment de Talard , qui ont servi de garde
pour cette couchée .
Le lendemain za , S. A. R. se mit en marche,
dès sept heutes du matin , et arriva à Narbonnet
sur les onze heures. Il fur reçu à la porte par les
Consuls , au bruit de tout le Canon. Il trouva
ensuite sous les armes la Compagnie d'Halebardiers
, qui compose la garnison ordinaire , et le
Regiment de Médoc qui formoit une double Haye
jusqu'à l'Archevêché,où une Garde de 1so ham
mes , commandez par deux Capitaines , deux
Lieutenans et deux Enseignes , avec un Drapeau ,
Pattendoit , conformément aux Ordres du Roys
M. l'Archevêque de Narbonne se trouva à la
descente du Carosse, Ge: Prince étant monté dans
le grand appartement de ce Palais . qu'il trouva
fort beau , y reçut les présens de la Ville, se mig
Table et dîna en public. M. l'Archevêque fit
servir dans un appartement séparé, plusieurs Tasi
bles , pour toute sa suite.
· S. A. R. partit à deux heures après midi de
Narbonne , au bruit du Ganon , et le Régiment
de Médoc sousdes armes sur son chemin , pour
aller coucher à Béziers . Elle cyy arriva à l'entrée da
la nuit, Les Consuls l'attendoient à la porte, er la
reçurent au bruit de quantité de Boëtes , L'Ine
fant logea à l'Evêché , et y trouva une Garde pas
teille à celle du matin , du second Bataillon du
Regiment du Maine, S.. A. R. reçut une demis
Keure après les presens de la Ville. Elle admit en
suite le Chapitre de la Cathedrale , à la tête dun
quel-M. P'Evêque de Béziers harangua , et le Pré-
Kaidial
2920 MERCURE DE FRANCE
sidial aussi qui eut l'honneur de lui faire son com→›
pliment , par la bouche du Jage-Mage. Après le
soupé , l'Infant assista à un Concert qui lui avoit
été préparé dans un autre appartement , et il en
parut tres-content.
Le samedi premier de Decembre , ce Prince ar
riva sur le midi à Pezenas. Il trouva les Consuls à
la porte et une Garde du premier Bataillon dù
Regiment de Talard . Il reçut avant son dîné les
présens de la Ville. Comme S. A. R. aime fort à
tirer du Gibier , M. de la Fare en avoit fait rassembler
plusieurs pieces, dans le Parc de la Grange
des Prex , où ce Prince passa quelque temps
et il en tua la plus grande partie.
Le Dimanche deux Decembre , l'Infant ayant
voulu faire absolument la journée de Pezenas à
Montpellier, quoiqu'il y ait huit grandes lieuës ,
en partit extrémement matin , et s'arrêta au
Bourg de Loupian, où il trouva encore une Garde
, pareille aux précedentes , du premier Batail-
Jon du Régiment de Talard , qui avoit été envoyé
exprès dans les Cazernes de Meze. Comme
le Gibier de cette Terre est assez bien conservé ,
le Prince s'amusa encore une heure ou deux à y
tirer. Le Marquis de Montault , Seigueur de ce
lieu , s'y étoit rendu pour en faire les honneurs ,
et y avoit fait rassembler le plus de Gibier qui
Jui avoit été possible.
*.M. de la Faré fit servir à tout le Cortege une
grande alte , après laquelle on se remit en mar
che jusqu'à Montpelliet.
S. A. R. est descendu à la Maison du Roy ;
ou loge le premier President de la Chambre des
Comptes et Cour des Aydes de Languedoc , ou
le Roy d'Espagne son pere , et la Reine sa premiere
Epouse , avoient logé lorsque LL. MM
1. Vol……. passereng
DECEMBRE . 1731. 2911
L
passerent par cette Province. Le, Premier Prési
dent n'a rien oublié de tout ce qui pouvoit rendre
cette Maison commode , non seulement à §.
A.R. mais aux Principaux Seigneurs qui sont indispensablement
obligez', par leurs Charges , de
coucher dans la même Maison où est logé l'Infant.
>
Ce Prince a fait son entree dans cette Ville par
la Place du Pérou , où est la Statue-Equestre de
Louis LE GRAND son bis-ayeul , qu'il a trouvée
fort belle, Outre la Harangue des Consuls à
la Porte , et les presens de Ville dans la Maison
du Roy , il a reçu les Complimens du Clergé
par la bouche de M. l'Abbé de Belleval , Grand
Prevôt de l'Eglise Cathedrale ; ceux de la Chambre
des Comptes er Cour des Aydes , par celle du
Premier Président. M. le Vicomte Daumelas a
porté la parole pour les Trésoriers de France ,
et M. de Massillan, Juge-Mage, a eu aussi l'honneur
de le complimenter , ainsi que le Corps des
-deux Facultez de Droit et de Médecine.
-Le Regiment de Tessé reçut le Prince de la même
façon que celui de Médoc fit à Narbonne
toute l'Artillerie de la Citadelle , à laquelle étoit
joint un grand nombre de Boëttes , placées sur
Je Pérou , fit une longue salve.
Le Chevalet ( a ) qui est un grand divertisse
ment pour les peuples de ces païs-cy , est allé à
plus de demi lieuë au devant de l'Infant , qui
en a paru fort satisfait. Si ce Prince avoit fait
quelque séjour, on lui auroit donné plusieurs autres
divertissemens , qu'ona été obligé de supprimer.
Toutes les Villes de cette Province ou l'In
(a) Voyez le Mercure
I. Vol. Kij
fant
2912 MERCURE DE FRANCE
fant à couche , ont été illuminées , sur tout la
Maison qui avoit été choisie pour le loger, et les
rues ont éié tendues et tapissées , &c.
Malgré la sécheresse de l'année et la marche
précipitée de ce Prince , M. l'Intendant avoit sibien
disposé toutes choses , que les subsistances
ont été tres -abondantes pour les Hommes et
pour les Chevaux, et hors le logement de Sigean,
qui encore n'a pas été des plus mauvais , il serdir
difficile de traverser aussi rapidement aucun païs
fet d'y trouver autant de commoditez.
La suite de l'Infant est composée d'environ
250 personnes. Pour M. le Comte de S. Estevan ,
il est trop connu à la Cour de France pour un
-Seigneur et pour un Ministre des plus accomplis,
pour qu'on puisse rien ajouter icy à son égard.
Les Equipages sont composés d'environ mille
‹ tant Chevaux que Mulets : il est étonnant qu'ils
soient en si bon état , après avoir fait une si longne
route.p
Nous partirons demain matin , Lundy 3 Decembre
, pour Nismes et après demain on arri-
* vera à Tarascon , où se trouvera M. le Bret , pre-
* mier Président du Parlement d'Aix , Intendant de
Provence et . Commandant. Suivant la derniere
route qui a été arrêtée , en séjournant un jour à
Marseille et un jour à Toulon, S. A. R. arrivera
le 14 de ce mois à Antibes.
S. A R. vient de se déterminer dans le mo◄
'ment , (c'est-à-dire , le Dimanche au soir , z. Decembre)
à séjourner icy demain , >
Au reste , l'Infant Don Carlos est un très -beau
Prince , affable, populaire, genereux ; parlant bon
et marquant en tout autant de vivacité
que de lumieres d'esprit et de goût. Les Peuples de
ces Provinces en sont charmez. Ils ont reconnu
1.Vol.
·
en
DECEMBRE. 1731. 2913
en lui la bonté du naturel, et les grandes qualitez
du Sang des Bourbons ; et ils ont témoigné leur
tendre zele , par les transports de joye et les acclamations
les plus éclatantes.
1731. contenant le détail du voya❤
ge de DON CARLOS , depuis Perpignan
jusqu'à Montpellier.
'Infant Don Carlos , qui arriva le 27 de No-
L'efabre àPerpignan, et qui y séjourna le 28,
entra en Langnedoc le 29. vers les onze heures du
matin , et fut reçu aux Cabanes de Fitou , premieres
Maisons qui se rencontrent sur le chemin ,
par M.le Marquis de la Fare, Commandant, et par
M. de Bernage de S. Maurice , Intendant de la
Province. Le Prince descendit -là , à une petite
Chapelle , parce que M. de Fitou , Seigneur de
cet endroit , dont la femme étoit accouchée. la
veille d'une fille , avoit envoyé un Courier à M.
de Cailus , à Perpignan , pour l'engager à obtenir
de S.A.R, qu'elle fit à cette enfant l'honneur de
la tenir sur les Fonts de Baptême ; ce que ce Prince
a fait avec beaucoup de bonté , et après la ceremonie
, il a fait donner au Pere un present .de
la valeur de trois mille Hyres , et cent Pistolles
au Curé.
L'Infant dina en ce lieu - là ; les Officiers que
M. l'Archevêque de Narbonne avoit prêtez à M.
le Marquis de la Fare, parce qu'à peine son équipage
avoit il eu le temps d'arriver ce jour-là à
Sigean , servirent une grande Table à toute sa
Suite
Ce Prince continuă sa foute l'après dînée, jus-
I.Vol. ques
DECEMBRE. 1931. 2909.
ques à Sigean , et chassa en chemin ; ce qui joint
a la longueur de la journée , fit qu'il n'y arriva
que la nuit. M. de la Fare n'avoir pu faire trouver
là que les deux Compagnies de Grenadiers
du Regiment de Talard , qui ont servi de garde
pour cette couchée .
Le lendemain za , S. A. R. se mit en marche,
dès sept heutes du matin , et arriva à Narbonnet
sur les onze heures. Il fur reçu à la porte par les
Consuls , au bruit de tout le Canon. Il trouva
ensuite sous les armes la Compagnie d'Halebardiers
, qui compose la garnison ordinaire , et le
Regiment de Médoc qui formoit une double Haye
jusqu'à l'Archevêché,où une Garde de 1so ham
mes , commandez par deux Capitaines , deux
Lieutenans et deux Enseignes , avec un Drapeau ,
Pattendoit , conformément aux Ordres du Roys
M. l'Archevêque de Narbonne se trouva à la
descente du Carosse, Ge: Prince étant monté dans
le grand appartement de ce Palais . qu'il trouva
fort beau , y reçut les présens de la Ville, se mig
Table et dîna en public. M. l'Archevêque fit
servir dans un appartement séparé, plusieurs Tasi
bles , pour toute sa suite.
· S. A. R. partit à deux heures après midi de
Narbonne , au bruit du Ganon , et le Régiment
de Médoc sousdes armes sur son chemin , pour
aller coucher à Béziers . Elle cyy arriva à l'entrée da
la nuit, Les Consuls l'attendoient à la porte, er la
reçurent au bruit de quantité de Boëtes , L'Ine
fant logea à l'Evêché , et y trouva une Garde pas
teille à celle du matin , du second Bataillon du
Regiment du Maine, S.. A. R. reçut une demis
Keure après les presens de la Ville. Elle admit en
suite le Chapitre de la Cathedrale , à la tête dun
quel-M. P'Evêque de Béziers harangua , et le Pré-
Kaidial
2920 MERCURE DE FRANCE
sidial aussi qui eut l'honneur de lui faire son com→›
pliment , par la bouche du Jage-Mage. Après le
soupé , l'Infant assista à un Concert qui lui avoit
été préparé dans un autre appartement , et il en
parut tres-content.
Le samedi premier de Decembre , ce Prince ar
riva sur le midi à Pezenas. Il trouva les Consuls à
la porte et une Garde du premier Bataillon dù
Regiment de Talard . Il reçut avant son dîné les
présens de la Ville. Comme S. A. R. aime fort à
tirer du Gibier , M. de la Fare en avoit fait rassembler
plusieurs pieces, dans le Parc de la Grange
des Prex , où ce Prince passa quelque temps
et il en tua la plus grande partie.
Le Dimanche deux Decembre , l'Infant ayant
voulu faire absolument la journée de Pezenas à
Montpellier, quoiqu'il y ait huit grandes lieuës ,
en partit extrémement matin , et s'arrêta au
Bourg de Loupian, où il trouva encore une Garde
, pareille aux précedentes , du premier Batail-
Jon du Régiment de Talard , qui avoit été envoyé
exprès dans les Cazernes de Meze. Comme
le Gibier de cette Terre est assez bien conservé ,
le Prince s'amusa encore une heure ou deux à y
tirer. Le Marquis de Montault , Seigueur de ce
lieu , s'y étoit rendu pour en faire les honneurs ,
et y avoit fait rassembler le plus de Gibier qui
Jui avoit été possible.
*.M. de la Faré fit servir à tout le Cortege une
grande alte , après laquelle on se remit en mar
che jusqu'à Montpelliet.
S. A. R. est descendu à la Maison du Roy ;
ou loge le premier President de la Chambre des
Comptes et Cour des Aydes de Languedoc , ou
le Roy d'Espagne son pere , et la Reine sa premiere
Epouse , avoient logé lorsque LL. MM
1. Vol……. passereng
DECEMBRE . 1731. 2911
L
passerent par cette Province. Le, Premier Prési
dent n'a rien oublié de tout ce qui pouvoit rendre
cette Maison commode , non seulement à §.
A.R. mais aux Principaux Seigneurs qui sont indispensablement
obligez', par leurs Charges , de
coucher dans la même Maison où est logé l'Infant.
>
Ce Prince a fait son entree dans cette Ville par
la Place du Pérou , où est la Statue-Equestre de
Louis LE GRAND son bis-ayeul , qu'il a trouvée
fort belle, Outre la Harangue des Consuls à
la Porte , et les presens de Ville dans la Maison
du Roy , il a reçu les Complimens du Clergé
par la bouche de M. l'Abbé de Belleval , Grand
Prevôt de l'Eglise Cathedrale ; ceux de la Chambre
des Comptes er Cour des Aydes , par celle du
Premier Président. M. le Vicomte Daumelas a
porté la parole pour les Trésoriers de France ,
et M. de Massillan, Juge-Mage, a eu aussi l'honneur
de le complimenter , ainsi que le Corps des
-deux Facultez de Droit et de Médecine.
-Le Regiment de Tessé reçut le Prince de la même
façon que celui de Médoc fit à Narbonne
toute l'Artillerie de la Citadelle , à laquelle étoit
joint un grand nombre de Boëttes , placées sur
Je Pérou , fit une longue salve.
Le Chevalet ( a ) qui est un grand divertisse
ment pour les peuples de ces païs-cy , est allé à
plus de demi lieuë au devant de l'Infant , qui
en a paru fort satisfait. Si ce Prince avoit fait
quelque séjour, on lui auroit donné plusieurs autres
divertissemens , qu'ona été obligé de supprimer.
Toutes les Villes de cette Province ou l'In
(a) Voyez le Mercure
I. Vol. Kij
fant
2912 MERCURE DE FRANCE
fant à couche , ont été illuminées , sur tout la
Maison qui avoit été choisie pour le loger, et les
rues ont éié tendues et tapissées , &c.
Malgré la sécheresse de l'année et la marche
précipitée de ce Prince , M. l'Intendant avoit sibien
disposé toutes choses , que les subsistances
ont été tres -abondantes pour les Hommes et
pour les Chevaux, et hors le logement de Sigean,
qui encore n'a pas été des plus mauvais , il serdir
difficile de traverser aussi rapidement aucun païs
fet d'y trouver autant de commoditez.
La suite de l'Infant est composée d'environ
250 personnes. Pour M. le Comte de S. Estevan ,
il est trop connu à la Cour de France pour un
-Seigneur et pour un Ministre des plus accomplis,
pour qu'on puisse rien ajouter icy à son égard.
Les Equipages sont composés d'environ mille
‹ tant Chevaux que Mulets : il est étonnant qu'ils
soient en si bon état , après avoir fait une si longne
route.p
Nous partirons demain matin , Lundy 3 Decembre
, pour Nismes et après demain on arri-
* vera à Tarascon , où se trouvera M. le Bret , pre-
* mier Président du Parlement d'Aix , Intendant de
Provence et . Commandant. Suivant la derniere
route qui a été arrêtée , en séjournant un jour à
Marseille et un jour à Toulon, S. A. R. arrivera
le 14 de ce mois à Antibes.
S. A R. vient de se déterminer dans le mo◄
'ment , (c'est-à-dire , le Dimanche au soir , z. Decembre)
à séjourner icy demain , >
Au reste , l'Infant Don Carlos est un très -beau
Prince , affable, populaire, genereux ; parlant bon
et marquant en tout autant de vivacité
que de lumieres d'esprit et de goût. Les Peuples de
ces Provinces en sont charmez. Ils ont reconnu
1.Vol.
·
en
DECEMBRE. 1731. 2913
en lui la bonté du naturel, et les grandes qualitez
du Sang des Bourbons ; et ils ont témoigné leur
tendre zele , par les transports de joye et les acclamations
les plus éclatantes.
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Résumé : LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre 1731. contenant le détail du voyage de DON CARLOS, depuis Perpignan jusqu'à Montpellier.
La lettre du 2 décembre 1731 relate le voyage de l'Infant Don Carlos depuis Perpignan jusqu'à Montpellier. Don Carlos arriva à Perpignan le 27 novembre et entra en Languedoc le 29 novembre. À son arrivée aux Cabanes de Fitou, il fut accueilli par le Marquis de la Fare et l'Intendant de la Province, M. de Bernage de Saint-Maurice. Il baptisa une enfant née la veille et fit des dons au père et au curé. Après avoir dîné sur place, il poursuivit son voyage jusqu'à Sigean, où il arriva de nuit. Le lendemain, il se rendit à Narbonne, où il fut reçu par les Consuls et les autorités locales. Il visita ensuite Béziers, Pezenas, et Loupian, où il chassa et fut accueilli par les autorités locales. Le 2 décembre, il arriva à Montpellier et logea à la Maison du Roy. Il reçut les compliments des autorités locales et des corps constitués. La suite de l'Infant, composée d'environ 250 personnes et 1000 chevaux et mulets, était en bon état malgré la longue route. Don Carlos est décrit comme un prince affable, populaire et généreux, apprécié par les populations locales. Il prévoit de continuer son voyage vers Nîmes, Tarascon, Marseille, Toulon, et Antibes.
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2154
p. 3045
« Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...] »
Début :
Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...]
Mots clefs :
Perse, Gouverneur, Château, Salzbourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...] »
Lle Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage,
une partie du secours que le Grand- Seigneur
envoyoit au Pacha , Gouverneur d'Erivan ; mais
que le reste de ce secours étant arrivé , les Turcs
avoient battu les Persans.
Ont écrit de Stokolm , que M. Finch , Ministre
du Roy d'Angleterre , avoit reçu ordre de
déclarer aux Directeurs de la nouvelle Compa
gnie des Indes , que S. M. B. et la Nation Angloise
prendroient toutes les mesures imaginables
pour empêcher le succès de leur nouveau
Commerce , si on venoit à découvrir que quelques-
uns des principaux Interessez de la Compagnie
d'Ostende y eussent mis des fonds.
On mande de Saltzbourg , que le 27. Novembre
, deux Compagnies de Dragons y avoient,
amené 460. Montagnards avec leurs femmes ,
leurs enfans et leurs domestiques , et que le len
demain ces mêmes Compagnics étoient retournées
dans les Montagnes pour en chercher d'autres
que le même jour > 2.5. de leurs Chefs
avoient été enfermez dans le Château ; qu'on
avoit embarqué les autres pour les envoyer en
Hongrie , et qu'à l'égard de leurs enfans , les
Bourgeois de Saltzbourg les avoient pris chez
eux pour les faire élever .
une partie du secours que le Grand- Seigneur
envoyoit au Pacha , Gouverneur d'Erivan ; mais
que le reste de ce secours étant arrivé , les Turcs
avoient battu les Persans.
Ont écrit de Stokolm , que M. Finch , Ministre
du Roy d'Angleterre , avoit reçu ordre de
déclarer aux Directeurs de la nouvelle Compa
gnie des Indes , que S. M. B. et la Nation Angloise
prendroient toutes les mesures imaginables
pour empêcher le succès de leur nouveau
Commerce , si on venoit à découvrir que quelques-
uns des principaux Interessez de la Compagnie
d'Ostende y eussent mis des fonds.
On mande de Saltzbourg , que le 27. Novembre
, deux Compagnies de Dragons y avoient,
amené 460. Montagnards avec leurs femmes ,
leurs enfans et leurs domestiques , et que le len
demain ces mêmes Compagnics étoient retournées
dans les Montagnes pour en chercher d'autres
que le même jour > 2.5. de leurs Chefs
avoient été enfermez dans le Château ; qu'on
avoit embarqué les autres pour les envoyer en
Hongrie , et qu'à l'égard de leurs enfans , les
Bourgeois de Saltzbourg les avoient pris chez
eux pour les faire élever .
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Résumé : « Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...] »
Le roi de Perse a attaqué avec succès une partie des renforts envoyés par le Grand Seigneur au Pacha d'Erivan. Cependant, les Turcs, renforcés par le reste des troupes, ont vaincu les Persans. À Stockholm, il a été rapporté que M. Finch, ministre du roi d'Angleterre, avait reçu l'ordre de déclarer aux directeurs de la nouvelle Compagnie des Indes que la Grande-Bretagne empêcherait le succès de leur commerce si des fonds de la Compagnie d'Ostende étaient impliqués. À Salzbourg, le 27 novembre, deux compagnies de dragons ont amené 460 montagnards avec leurs familles. Le lendemain, ces compagnies sont retournées chercher d'autres montagnards. Vingt-cinq chefs ont été emprisonnés, tandis que les autres montagnards étaient envoyés en Hongrie. Les enfants des montagnards ont été confiés aux bourgeois de Salzbourg pour être élevés.
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2155
p. 3046
ITALIE.
Début :
Le Pape a envoyé au Cardinal Bichi, une Cedule de 3000. écus, pour le mettre en état [...]
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
Ledule de 1000, écus , pour le mettre en état
E Pape a envoyé au Cardinal Bichi , une
de faire son Entrée publique à Rome , où l'on
croit qu'il ne viendra que vers les Fêtes de Pâques .
On a appris de la Bastia , que les Rebelles de
PIsle de Corse faisoient des préparatifs extraordinaires
pour attaquer le Poste de San - Pelegrino ,
aussi-tôt que le terme de la Suspension d'Armes
seroit expiré ; que le General qui commande les
Troupes de la République , avoit fait fortifierce
Poste , qui est dans une situation avantageuse ;.
que les Troupes Genoises étoient entrées en
quartier d'hyver , ainsi que les Troupes Auxiliaires
de l'Empereur , dont il est mort plus de 800.
hommes de differentes maladies..
On écrit de Florence , qu'on a envoyé les
ordres du Grand Duc à Livourne , pour y faireéquiper
en diligence les Galeres de ce Prince, qui
doivent aller au - devant de l'Infant Don Carlos ,
et que le Grand-Dac a nommé vingt Chevaliers de
P'Ordre de S. Etienne , pour monter ces Galeres ,
qui iront jusqu'à Antibes .
On attend de Rome le Prince Barthelemi Corsini
, Grand - Ecuyer de Don Carlos , qui doit se
rendre à Livourne , pour y remplir les fonctions
de sa Charge.
E Pape a envoyé au Cardinal Bichi , une
de faire son Entrée publique à Rome , où l'on
croit qu'il ne viendra que vers les Fêtes de Pâques .
On a appris de la Bastia , que les Rebelles de
PIsle de Corse faisoient des préparatifs extraordinaires
pour attaquer le Poste de San - Pelegrino ,
aussi-tôt que le terme de la Suspension d'Armes
seroit expiré ; que le General qui commande les
Troupes de la République , avoit fait fortifierce
Poste , qui est dans une situation avantageuse ;.
que les Troupes Genoises étoient entrées en
quartier d'hyver , ainsi que les Troupes Auxiliaires
de l'Empereur , dont il est mort plus de 800.
hommes de differentes maladies..
On écrit de Florence , qu'on a envoyé les
ordres du Grand Duc à Livourne , pour y faireéquiper
en diligence les Galeres de ce Prince, qui
doivent aller au - devant de l'Infant Don Carlos ,
et que le Grand-Dac a nommé vingt Chevaliers de
P'Ordre de S. Etienne , pour monter ces Galeres ,
qui iront jusqu'à Antibes .
On attend de Rome le Prince Barthelemi Corsini
, Grand - Ecuyer de Don Carlos , qui doit se
rendre à Livourne , pour y remplir les fonctions
de sa Charge.
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Résumé : ITALIE.
Au début du XVIIIe siècle en Italie, plusieurs événements politiques et militaires sont rapportés. À Rome, le pape a adressé une lettre au Cardinal Bichi pour organiser son entrée publique prévue vers les fêtes de Pâques. En Corse, les rebelles se préparent à attaquer le poste de San-Pelegrino après la fin de la suspension d'armes, tandis que le général commandant les troupes de la République a renforcé ce poste. Les troupes génoises et les forces auxiliaires de l'empereur sont en quartiers d'hiver, mais plus de 800 hommes sont décédés de diverses maladies. À Florence, le Grand-Duc a ordonné l'équipement des galères à Livourne pour accueillir l'Infant Don Carlos. Vingt chevaliers de l'Ordre de Saint-Étienne ont été désignés pour servir sur ces galères, qui se dirigeront vers Antibes. Le Prince Barthélemi Corsini, Grand-Écuyer de Don Carlos, est attendu à Rome avant de se rendre à Livourne pour y exercer ses fonctions.
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2156
p. 3047-3050
REGLEMENT fait et publié à Livourne, au sujet des Troupes débarquées, &c.
Début :
Les Troupes Espagnoles qu'on introduira dans les Places de la Toscane, seront payées et entretenues [...]
Mots clefs :
Toscane, Bataillons, Dragons, Garnisons, Lisbonne, Londres
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texteReconnaissance textuelle : REGLEMENT fait et publié à Livourne, au sujet des Troupes débarquées, &c.
REGLEMENT fait et publié à
Livourne , au sujet des Troupes
débarquées , &c.
Es Troupes Espagnoles qu'on introduira dans
les Places de la Toscane , seront payées et entretenues
aux dépens de S. M. Cat. sans que le
Trésor du Grand- Duc , ni le Pays , soient tenus ,
d'y subvenir en aucune maniere.
Deux Bataillons de ces Troupes entreront
dans Pise avec 300. Dragons ; deux autres Bataillons
seront introduits dans Porto - Ferrayo ,..
et on mettra dans Livourne 60. à 70. Dragons ,
avec autant d'Infanterie , que les Magazins de la
Porte Murée, des Cantines et de l'Huile pourront
en contenir, jusqu'à ce que le Comte de Charni et :
le Gouverneur,soient convenus des quartiers pour
les autres Troupes , qui , en attendant ,
peront aux environs de cette Ville , sans que le
Comte de Charni puisse prétendre , sous quelque
prétexte que ce soit , de les distribuer dans d'autres
endroits des Etats du Grand - Duc.
cam-
Le Comte de Charni aura dans Livourne le
Commandement suprême du Militaire ; et les
Troupes Espagnoles , conjointement avec celles
de S. A. R. y feront le Service , selon l'alternative
des Officiers des Corps des unes et des autres
, selon leur rang , les deux tiers des Troupes
de la Garnison seront Espagnoles , et le reste
Toscanes. Le Comte de Charni sera chargé de
distribuer lesdites Troupes dans les Postes qu'il
jugera convenabies , mais il ne pourra se mêler
des affaires du Gouvernement Civil , @ conomique
, Politique et Marchand , non - plus que du:
Département de la Santé , ce qui dépendra uni- .
1.1. Vol.
quement:
3048 MERCURE DE FRANCE
ment du Gouverneur de Livourne , auquel le
Comte de Charni sera tenu de donner des Trot
pes au cas qu'il en ait besoin , avec des Officiers .
qui seront obligez d'aller prendre les ordres du.
Gouverneur.
Les Galeres du Grand - Duc demeureront en
tout et partout sous le commandement immédiat
de S.A.R.de même que le Corps de Troupes Toscanes
, faisant partie de la Garnison de Livourne
, que S. A. R. pourra réduire à sa volonté
sans pouvoir néanmoins l'augmenter au- delà
du tiers.
Le Salut sera rendu selon le stile ordinaire de
la Place , et si on veut y faire quelque changement
, le Comte de Charni et le Gouverneur devront
être d'accord ; ce dernier continuera d'avoir
sa . Garde composée de Soldats et Officiers Toscans.
On conviendra sur le mêine pied par rapport
à l'autorité des Officiers Espagnols à Porto - Ferrayo
, et à celle du Gouverneur de cette Place ,
sur les Troupes respectives de la Garnison . On
tiendra un Inventaire juste de toute l'Artillerie et
autres Agrets , appartenans au Grand- Duc. , et les .
Commandans Espagnols en auront un double.
S. A. R. pourra toujours tirer des Provisions et
des Munitions de guerre de Livourne et de Porto-
Ferrayo , mais seulement de ce qui sera reconnu
lui appartenir , et qui sera mis sous les clefs à la
disposition des Ministres de S. A. R. Si les Espagnols
venoient à manquer de Provisions et d'aųtres
choses semblables , ils pourront en tirer des
Magazins du Grand - Duc , à un prix raisonnable
, & c. Signé , Frere Sauveur Ascanio , Emmanuel
Comte de Charni ; le Marquis de Mari ,.
Charles Renuccini , Charles Wager , François
Colman.
DECEMBRE . 1731. 3049
On mande de Lisbonne , que les Vaisseaux de
la Flote de Rio de Janeiro , avoient apporté
pour le compte du Roy de Portugal 148. Arobes
, 37. Marcs , 38. onces , 17. grains d'or ca
lingots ; un Million 118697. Cruzades d'or monnoyé
; 102000. Crusades d'or , confisquées sur
quelques Particuliers qui vouloient les faire entrer
en contrebande , et une boëte de Diamans
de la nouvelle Mine.
Il y avoit sur les mêmes Vaisseaux pour le
compte des Particuliers , 24. millions , 117697 .
Cruzades , et 220. Arobes d'or ; 40000. Cuirs
de Buenos- Aires , et 4000. Caisses de Sucre . Ces
Lettres ajoûtent qu'aucune Flote du Brezil n'avoit
jamais apporté une si grande quantité d'or .
On écrit de Londres , que le 18 Decembre le
Duc de Lorraine se rendit au Palais de S James
où il prit congé du Roy , de la Reine et des Prin .
ces et Princesses de la Famille Royale. Vers les
deux heures après midi il partit pour Greenwich,
dans le Carosse du Comte de Kinski , Envoyé
Extraordinaire de l'Empereur , accompagné de
ce Ministre , du Duc de Rishmond et du Lord
Baltimore. Après avoir dîné chez le Duc de
Rishmond , il s'embarqua pour la Hollande à
bord du Yacht le Fubbs .
Ce Prince yit sur le Théatre du Marché au
Foin le 14. de ce mois , le combat des Srs Figg et
Sporks , deux fameux Gladiateurs , le Duc de
Lorraine fit donner une gratification considerable
aux Acteurs de ce terrible Spectacle.
On écrit d'Hollande , que le Duc de Lorraine
Y. étoit arrivé, et qu'il étoit parti pour Nimegue ,
d'où il doit se rendre dans diverses Cours de
P'Empire.
11. Vol. I
• 3050 MERCURE DE FRANCE
Il a été résolu dans le commun Conseil de la i
Ville de Bristol , d'ériger dans cette Ville une
Statue Equestre au feu Roy Guillaume III . Cette
Statue qui sera de Bronze , sera posée sur un C
Piedestal de Marbre au milieu de la Place , dite.
de la Reine.
Depuis le 28. Décembre 1730. jusqu'au 2 5. Décembre
1731. on a baptisé dans Londres et dans
Westminster 9177 garçons et 8658. filles , ce
qui fait en tout. 1783 5. enfans.
Il est mort pendant le même temps 12608 .
hommes ou garçons , et 12654. femmes ou filles,
ce qui comparé avec l'Etat des Morts de l'année
derniere , qui furent en plus grand nombre , fait
une difference de 14079.
Livourne , au sujet des Troupes
débarquées , &c.
Es Troupes Espagnoles qu'on introduira dans
les Places de la Toscane , seront payées et entretenues
aux dépens de S. M. Cat. sans que le
Trésor du Grand- Duc , ni le Pays , soient tenus ,
d'y subvenir en aucune maniere.
Deux Bataillons de ces Troupes entreront
dans Pise avec 300. Dragons ; deux autres Bataillons
seront introduits dans Porto - Ferrayo ,..
et on mettra dans Livourne 60. à 70. Dragons ,
avec autant d'Infanterie , que les Magazins de la
Porte Murée, des Cantines et de l'Huile pourront
en contenir, jusqu'à ce que le Comte de Charni et :
le Gouverneur,soient convenus des quartiers pour
les autres Troupes , qui , en attendant ,
peront aux environs de cette Ville , sans que le
Comte de Charni puisse prétendre , sous quelque
prétexte que ce soit , de les distribuer dans d'autres
endroits des Etats du Grand - Duc.
cam-
Le Comte de Charni aura dans Livourne le
Commandement suprême du Militaire ; et les
Troupes Espagnoles , conjointement avec celles
de S. A. R. y feront le Service , selon l'alternative
des Officiers des Corps des unes et des autres
, selon leur rang , les deux tiers des Troupes
de la Garnison seront Espagnoles , et le reste
Toscanes. Le Comte de Charni sera chargé de
distribuer lesdites Troupes dans les Postes qu'il
jugera convenabies , mais il ne pourra se mêler
des affaires du Gouvernement Civil , @ conomique
, Politique et Marchand , non - plus que du:
Département de la Santé , ce qui dépendra uni- .
1.1. Vol.
quement:
3048 MERCURE DE FRANCE
ment du Gouverneur de Livourne , auquel le
Comte de Charni sera tenu de donner des Trot
pes au cas qu'il en ait besoin , avec des Officiers .
qui seront obligez d'aller prendre les ordres du.
Gouverneur.
Les Galeres du Grand - Duc demeureront en
tout et partout sous le commandement immédiat
de S.A.R.de même que le Corps de Troupes Toscanes
, faisant partie de la Garnison de Livourne
, que S. A. R. pourra réduire à sa volonté
sans pouvoir néanmoins l'augmenter au- delà
du tiers.
Le Salut sera rendu selon le stile ordinaire de
la Place , et si on veut y faire quelque changement
, le Comte de Charni et le Gouverneur devront
être d'accord ; ce dernier continuera d'avoir
sa . Garde composée de Soldats et Officiers Toscans.
On conviendra sur le mêine pied par rapport
à l'autorité des Officiers Espagnols à Porto - Ferrayo
, et à celle du Gouverneur de cette Place ,
sur les Troupes respectives de la Garnison . On
tiendra un Inventaire juste de toute l'Artillerie et
autres Agrets , appartenans au Grand- Duc. , et les .
Commandans Espagnols en auront un double.
S. A. R. pourra toujours tirer des Provisions et
des Munitions de guerre de Livourne et de Porto-
Ferrayo , mais seulement de ce qui sera reconnu
lui appartenir , et qui sera mis sous les clefs à la
disposition des Ministres de S. A. R. Si les Espagnols
venoient à manquer de Provisions et d'aųtres
choses semblables , ils pourront en tirer des
Magazins du Grand - Duc , à un prix raisonnable
, & c. Signé , Frere Sauveur Ascanio , Emmanuel
Comte de Charni ; le Marquis de Mari ,.
Charles Renuccini , Charles Wager , François
Colman.
DECEMBRE . 1731. 3049
On mande de Lisbonne , que les Vaisseaux de
la Flote de Rio de Janeiro , avoient apporté
pour le compte du Roy de Portugal 148. Arobes
, 37. Marcs , 38. onces , 17. grains d'or ca
lingots ; un Million 118697. Cruzades d'or monnoyé
; 102000. Crusades d'or , confisquées sur
quelques Particuliers qui vouloient les faire entrer
en contrebande , et une boëte de Diamans
de la nouvelle Mine.
Il y avoit sur les mêmes Vaisseaux pour le
compte des Particuliers , 24. millions , 117697 .
Cruzades , et 220. Arobes d'or ; 40000. Cuirs
de Buenos- Aires , et 4000. Caisses de Sucre . Ces
Lettres ajoûtent qu'aucune Flote du Brezil n'avoit
jamais apporté une si grande quantité d'or .
On écrit de Londres , que le 18 Decembre le
Duc de Lorraine se rendit au Palais de S James
où il prit congé du Roy , de la Reine et des Prin .
ces et Princesses de la Famille Royale. Vers les
deux heures après midi il partit pour Greenwich,
dans le Carosse du Comte de Kinski , Envoyé
Extraordinaire de l'Empereur , accompagné de
ce Ministre , du Duc de Rishmond et du Lord
Baltimore. Après avoir dîné chez le Duc de
Rishmond , il s'embarqua pour la Hollande à
bord du Yacht le Fubbs .
Ce Prince yit sur le Théatre du Marché au
Foin le 14. de ce mois , le combat des Srs Figg et
Sporks , deux fameux Gladiateurs , le Duc de
Lorraine fit donner une gratification considerable
aux Acteurs de ce terrible Spectacle.
On écrit d'Hollande , que le Duc de Lorraine
Y. étoit arrivé, et qu'il étoit parti pour Nimegue ,
d'où il doit se rendre dans diverses Cours de
P'Empire.
11. Vol. I
• 3050 MERCURE DE FRANCE
Il a été résolu dans le commun Conseil de la i
Ville de Bristol , d'ériger dans cette Ville une
Statue Equestre au feu Roy Guillaume III . Cette
Statue qui sera de Bronze , sera posée sur un C
Piedestal de Marbre au milieu de la Place , dite.
de la Reine.
Depuis le 28. Décembre 1730. jusqu'au 2 5. Décembre
1731. on a baptisé dans Londres et dans
Westminster 9177 garçons et 8658. filles , ce
qui fait en tout. 1783 5. enfans.
Il est mort pendant le même temps 12608 .
hommes ou garçons , et 12654. femmes ou filles,
ce qui comparé avec l'Etat des Morts de l'année
derniere , qui furent en plus grand nombre , fait
une difference de 14079.
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Résumé : REGLEMENT fait et publié à Livourne, au sujet des Troupes débarquées, &c.
Le règlement de Livourne, daté de décembre 1731, traite de l'introduction et de l'entretien des troupes espagnoles dans les places de la Toscane. Les troupes espagnoles seront financées et entretenues par le roi d'Espagne, sans implication du trésor du Grand-Duc ou du pays. Deux bataillons de troupes espagnoles, accompagnés de 300 dragons, entreront à Pise, tandis que deux autres bataillons iront à Porto-Ferrajo. À Livourne, 60 à 70 dragons et autant d'infanterie seront stationnés en attendant la décision du Comte de Charni et du gouverneur concernant les quartiers des autres troupes. Le Comte de Charni exercera le commandement militaire suprême à Livourne, où les troupes espagnoles et toscanes serviront alternativement. Les galères du Grand-Duc resteront sous le commandement de Son Altesse Royale, qui pourra également ajuster le nombre de troupes toscanes dans la garnison de Livourne. Le salut sera rendu selon les coutumes locales, et les officiers espagnols et toscans partageront l'autorité à Porto-Ferrajo. Un inventaire de l'artillerie et des équipements du Grand-Duc sera dressé, et les commandants espagnols en recevront une copie. Son Altesse Royale pourra se procurer des provisions et des munitions à Livourne et Porto-Ferrajo, à condition qu'elles lui appartiennent. En cas de besoin, les Espagnols pourront acheter des provisions des magasins du Grand-Duc à un prix raisonnable. Le document est signé par Frère Sauveur Ascanio, Emmanuel Comte de Charni, le Marquis de Mari, Charles Renuccini, Charles Wager, et François Colman. Par ailleurs, des nouvelles de Lisbonne signalent l'arrivée de vaisseaux de la flotte de Rio de Janeiro apportant une grande quantité d'or et de marchandises.
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2157
p. 3051-3052
Addition aux Nouvelles Etrangeres.
Début :
Les dernieres Lettres de Constantinople ne confirment pas les premiers avis qu'on avoit [...]
Mots clefs :
Constantinople, Armée du roi de Perse, Traité de paix, Puissance chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Addition aux Nouvelles Etrangeres.
Lconfirment
pas les premiers avis qu'on avoit
cûs de la Victoire remportée par les Turcs sur
P'Armée du Roi de Perse : elles ne font mention
que de quelques avantages peu considerables.
Par un Courier arrivé à Vienne le 23 Decembre
de Constantinople , on a appris qu'il y avoit
un Traité de Paix conclu entre le G. S. et le
Roi de Perse , qu'on devoit faire incessamment
des réjouissances à ce sujet , et que comme on
continuoit d'y faire de grands préparatifs de
Guerre on croyoit que S. H, avoit résolu ,
pour contenter le Peuple et les Janissaires de
déclarer la Guerre à quelque Puissance Chrézienne.
II, Vol .
,
On
3052 MERCURE DE FRANCE
On apprend aussi de Vienne , que le Roy de
Pologne , l'Electeur Palatin , et l'Electeur de Ba
viere s'étoient excusés de signer les Garanties de
la Pragmatique-Sanction , par laquelle l'Empereur
veut assurer à l'Archiduchesse , sa Fille ainée
, la succession des Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche.
On apprend de Coppenhague , que le Roi de
Dannemarck a accordé à la Reine le revenu de
la pêche des Perles de Drontheim en Norwegue
dont la Reine Douairiere joüissoit , et qui a rapporté
quelquefois jusqu'à 80000 Ecus.
2
Le 8 de ce mois , il arriva à Naples un Courier
de Vienne , avec les Lettres Patentes de l'Empereur
, par lesquelles le Comte d'Harrach est
continué dans les fonctions de Viceroy dans co
Royaume pendant trois ans & c.
pas les premiers avis qu'on avoit
cûs de la Victoire remportée par les Turcs sur
P'Armée du Roi de Perse : elles ne font mention
que de quelques avantages peu considerables.
Par un Courier arrivé à Vienne le 23 Decembre
de Constantinople , on a appris qu'il y avoit
un Traité de Paix conclu entre le G. S. et le
Roi de Perse , qu'on devoit faire incessamment
des réjouissances à ce sujet , et que comme on
continuoit d'y faire de grands préparatifs de
Guerre on croyoit que S. H, avoit résolu ,
pour contenter le Peuple et les Janissaires de
déclarer la Guerre à quelque Puissance Chrézienne.
II, Vol .
,
On
3052 MERCURE DE FRANCE
On apprend aussi de Vienne , que le Roy de
Pologne , l'Electeur Palatin , et l'Electeur de Ba
viere s'étoient excusés de signer les Garanties de
la Pragmatique-Sanction , par laquelle l'Empereur
veut assurer à l'Archiduchesse , sa Fille ainée
, la succession des Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche.
On apprend de Coppenhague , que le Roi de
Dannemarck a accordé à la Reine le revenu de
la pêche des Perles de Drontheim en Norwegue
dont la Reine Douairiere joüissoit , et qui a rapporté
quelquefois jusqu'à 80000 Ecus.
2
Le 8 de ce mois , il arriva à Naples un Courier
de Vienne , avec les Lettres Patentes de l'Empereur
, par lesquelles le Comte d'Harrach est
continué dans les fonctions de Viceroy dans co
Royaume pendant trois ans & c.
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Résumé : Addition aux Nouvelles Etrangeres.
Le texte décrit plusieurs événements diplomatiques et politiques. Initialement, les informations sur une victoire des Turcs contre l'armée perse étaient exagérées. Un courrier du 23 décembre à Vienne a révélé un traité de paix entre le sultan ottoman et le roi de Perse, mais des préparatifs de guerre continuaient, suggérant une possible déclaration de guerre contre une puissance chrétienne pour apaiser le peuple et les janissaires. Par ailleurs, le roi de Pologne, l'électeur palatin et l'électeur de Bavière ont refusé de signer les garanties de la Pragmatique Sanction, un acte visant à assurer la succession des pays héréditaires de la Maison d'Autriche à l'archiduchesse, fille aînée de l'empereur. Enfin, le roi de Danemark a accordé à la reine le revenu de la pêche des perles de Drontheim en Norvège, une source de revenus ayant rapporté jusqu'à 80 000 écus. Le 8 du mois, un courrier de Vienne à Naples a apporté les lettres patentes de l'empereur nommant le comte d'Harrach vice-roi du royaume de Naples pour trois ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2158
p. 3052-3056
Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné son agrément pour le Mariage du Prince de Conti avec [...]
Mots clefs :
Duc, Roi, Orateur, Course de traîneaux
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
FRANCE ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , & Gà -
E Roy a donné son agrément pour
le Mariage du Prince de Conti avec
Mademoiselle de Chartres , soeur cadette
du Duc d'Orleans , et de Mademoiselle
de Beaujolois . On a dépêché un Courier
à Rome , pour demander au Pape les
dispenses pour ce Mariage , dont la Cé→
lébration est fixée au 22. Janvier. -
I. Vol. Le
DECEMBRE 1731. 3053
Le Comte d'Ayen , auquel le Roy
'avoit accordé , il y a quelques années , la
Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , en survivance
du Duc de Noailles , son Pere Pere ,
prêta serment le 23 Decembre entre les
mains de S. M , et il est entré en exercice
pour servir conjointement avec son Pere .
Le Roy a accordé au Marquis de Ximenés
, Brigadier de ses Armées , l'agrément
de la Charge de Maréchal General
des Logis , des Camps et Armées de S.M.
Le 10 de ce mois , il y eût une magnifique
Course de Traineaux dans le Parc
de Versailles . Elle étoit composée de dix
Traineaux à un Cheval , dans l'un desquels
étoit le Roy ; d'un autre à quatre
Chevaux , conduit par le Marquis de
Beringhen , premier Ecuyer de S. M ;
d'un à cinq places , tiré par six Chevaux ,
et de celui qui représentoit le Cerf, poursuivi
par
des Chiens , qui étoit à deux
Chevaux. Tous ces Traineaux étoient pa
rez d'Etendarts , de Banderoles , et autres
ornemens . Les Chevaux étoient caparaçonnés
et garnis de Sonnettes et de
Grelots d'Argent . Le Roy , après avoir
fait le tour de la Piece d'Eau , qu'on ap-
II. Vol.
pelle
3054 MERCURE DE FRANCE
pelle des Suisses , monta dans le Parterre
du Château , et passa devant les fenêtres
de l'Appartement de la Reine , devant
celles de l'Appartement du Duc d'Orleans
, où étoit le Duc de Chartres , et devant
celles de l'Appartement des Enfans
de France , où S. M. s'arrêta pour pren
dre Mesdemoiselles de Charolois , de Clermont
, et de la Roche -sur-Yon , qui entrerent
chacune dans un Traineau , conduites
par des Seigneurs de la Cour ; d'autres
Dames entrerent dans le Traineau à
cinq places ; on continua la course autour
du Parc des Jardins , et on se rendit à la
Menagerie .
3
Le 18 Decembre les Chambres du
Parlement assemblées , on reçut M.Talon
Président à Mortier , M. Joly de Fleury ,
Fils de M. le Procureur General , Avocat
General , et Mr. de St. Contest , Avocat
du Roy au Châtelet , Conseiller au Parlement.
Le jour de Noël le feu prit à Estrée
St. Denis , près de Compiegne , et consuma
une Maison considerable , appartenante
au Sr. de Ste Croix , Capitaine
au Regiment d'Auxerrois , qui abbandonna
sa Maison , et la sacrifia pour sauver
tout le Village , dont plusieurs Mai-
II. Vol. sons
DECEMBRE. 1731. 3055
sons étoient déja en feu , et auroient été
consumées infailliblement , à cause du
grand vent qu'il faisoit ce jour - là.
La veille de Noël , le Roy , revêtu du
grand Collier de l'ordre du S. Esprit , se
rendit à la Chapelle du Château de Versailles
, où S. M. communia par les mains
de l'Abbé du Guesclin , Aumônier du
Roy en quartier : S. M. toucha ensuite
un grand nombre de Malades .
Le 25 Decembre , Fête de la Nativité
de Notre Seigneur , le Roy et la Reine
qui avoient entendu trois Messes à minuit
, assisterent le matin à la grande-
Messe , célebrée pontificalement par l'Evêque
de Grasse , et chantée par la Musique.
و
L'aprés- midy , L. M , accompagnées
du Duc d'Orleans , de Mesdemoiselles de
Clermont , et de la Roche- sur-Yon , du
Duc du Maine , &c. entendirent la Prédication
du Pere Boursault , Supérieur
des Théatins lequel termina sa course
de l'Avent avec autant de force et d'applaudissemens
qu'il l'avoit commencée ,
et qu'il l'a toûjours soûtenuë. Tous ses
Sermons lui ont attiré une admiration si
unanime de toute la Cour , et même une
affection si generale de tous ( Grands et
11. Vol. Petits
3058 MERCURE DE FRANCE
Petits , ) que les Personnes les plus âgées
ne se souviennent pas d'avoir jamais vû
un plus grand succés .
L'Orateur eût l'art de répandre dans
son compliment au Roy, des Instructions
si nobles et si chrétiennes, que Sa Majesté
en parut penetrée et ce fut avec tant de
dignité , et d'un stile si pathétique , qu'il
toucha la Royale Education qui est due
aux Enfans de France , que tous les Auditeurs
, à commencer pat tout ce qu'il
ya de plus grand et de plus auguste , ne
pûrent retenir des larmes d'approbation.
et de tendresse , qui font également honneur
et à la bonté du coeur de ceux qui
les ont versées , et à la supériorité de l'esprit
de celui qui les a fait répandre. Ensuite
leurs Majestez assisterent aux Vêpres
chantées par la Musique , &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & Gà -
E Roy a donné son agrément pour
le Mariage du Prince de Conti avec
Mademoiselle de Chartres , soeur cadette
du Duc d'Orleans , et de Mademoiselle
de Beaujolois . On a dépêché un Courier
à Rome , pour demander au Pape les
dispenses pour ce Mariage , dont la Cé→
lébration est fixée au 22. Janvier. -
I. Vol. Le
DECEMBRE 1731. 3053
Le Comte d'Ayen , auquel le Roy
'avoit accordé , il y a quelques années , la
Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , en survivance
du Duc de Noailles , son Pere Pere ,
prêta serment le 23 Decembre entre les
mains de S. M , et il est entré en exercice
pour servir conjointement avec son Pere .
Le Roy a accordé au Marquis de Ximenés
, Brigadier de ses Armées , l'agrément
de la Charge de Maréchal General
des Logis , des Camps et Armées de S.M.
Le 10 de ce mois , il y eût une magnifique
Course de Traineaux dans le Parc
de Versailles . Elle étoit composée de dix
Traineaux à un Cheval , dans l'un desquels
étoit le Roy ; d'un autre à quatre
Chevaux , conduit par le Marquis de
Beringhen , premier Ecuyer de S. M ;
d'un à cinq places , tiré par six Chevaux ,
et de celui qui représentoit le Cerf, poursuivi
par
des Chiens , qui étoit à deux
Chevaux. Tous ces Traineaux étoient pa
rez d'Etendarts , de Banderoles , et autres
ornemens . Les Chevaux étoient caparaçonnés
et garnis de Sonnettes et de
Grelots d'Argent . Le Roy , après avoir
fait le tour de la Piece d'Eau , qu'on ap-
II. Vol.
pelle
3054 MERCURE DE FRANCE
pelle des Suisses , monta dans le Parterre
du Château , et passa devant les fenêtres
de l'Appartement de la Reine , devant
celles de l'Appartement du Duc d'Orleans
, où étoit le Duc de Chartres , et devant
celles de l'Appartement des Enfans
de France , où S. M. s'arrêta pour pren
dre Mesdemoiselles de Charolois , de Clermont
, et de la Roche -sur-Yon , qui entrerent
chacune dans un Traineau , conduites
par des Seigneurs de la Cour ; d'autres
Dames entrerent dans le Traineau à
cinq places ; on continua la course autour
du Parc des Jardins , et on se rendit à la
Menagerie .
3
Le 18 Decembre les Chambres du
Parlement assemblées , on reçut M.Talon
Président à Mortier , M. Joly de Fleury ,
Fils de M. le Procureur General , Avocat
General , et Mr. de St. Contest , Avocat
du Roy au Châtelet , Conseiller au Parlement.
Le jour de Noël le feu prit à Estrée
St. Denis , près de Compiegne , et consuma
une Maison considerable , appartenante
au Sr. de Ste Croix , Capitaine
au Regiment d'Auxerrois , qui abbandonna
sa Maison , et la sacrifia pour sauver
tout le Village , dont plusieurs Mai-
II. Vol. sons
DECEMBRE. 1731. 3055
sons étoient déja en feu , et auroient été
consumées infailliblement , à cause du
grand vent qu'il faisoit ce jour - là.
La veille de Noël , le Roy , revêtu du
grand Collier de l'ordre du S. Esprit , se
rendit à la Chapelle du Château de Versailles
, où S. M. communia par les mains
de l'Abbé du Guesclin , Aumônier du
Roy en quartier : S. M. toucha ensuite
un grand nombre de Malades .
Le 25 Decembre , Fête de la Nativité
de Notre Seigneur , le Roy et la Reine
qui avoient entendu trois Messes à minuit
, assisterent le matin à la grande-
Messe , célebrée pontificalement par l'Evêque
de Grasse , et chantée par la Musique.
و
L'aprés- midy , L. M , accompagnées
du Duc d'Orleans , de Mesdemoiselles de
Clermont , et de la Roche- sur-Yon , du
Duc du Maine , &c. entendirent la Prédication
du Pere Boursault , Supérieur
des Théatins lequel termina sa course
de l'Avent avec autant de force et d'applaudissemens
qu'il l'avoit commencée ,
et qu'il l'a toûjours soûtenuë. Tous ses
Sermons lui ont attiré une admiration si
unanime de toute la Cour , et même une
affection si generale de tous ( Grands et
11. Vol. Petits
3058 MERCURE DE FRANCE
Petits , ) que les Personnes les plus âgées
ne se souviennent pas d'avoir jamais vû
un plus grand succés .
L'Orateur eût l'art de répandre dans
son compliment au Roy, des Instructions
si nobles et si chrétiennes, que Sa Majesté
en parut penetrée et ce fut avec tant de
dignité , et d'un stile si pathétique , qu'il
toucha la Royale Education qui est due
aux Enfans de France , que tous les Auditeurs
, à commencer pat tout ce qu'il
ya de plus grand et de plus auguste , ne
pûrent retenir des larmes d'approbation.
et de tendresse , qui font également honneur
et à la bonté du coeur de ceux qui
les ont versées , et à la supériorité de l'esprit
de celui qui les a fait répandre. Ensuite
leurs Majestez assisterent aux Vêpres
chantées par la Musique , &c.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
En décembre 1731, le roi de France approuva le mariage du Prince de Conti avec Mademoiselle de Chartres, sœur cadette du Duc d'Orléans, et de Mademoiselle de Beaujolais. Une demande de dispenses fut envoyée à Rome pour permettre la célébration prévue le 22 janvier. Le Comte d'Ayen prêta serment pour la charge de Capitaine de la première Compagnie des Gardes du Corps, en survivance de son père, le Duc de Noailles, et commença à exercer conjointement avec lui. Le roi accorda également au Marquis de Ximenés, Brigadier des Armées, l'agrément pour la charge de Maréchal Général des Logis des Camps et Armées. Le 10 décembre, une course de traîneaux se tint dans le parc de Versailles, avec la participation du roi et de plusieurs nobles. Le 18 décembre, de nouveaux membres furent intégrés aux Chambres du Parlement, dont M. Talon, Président à Mortier, et M. Joly de Fleury, Avocat Général. Le jour de Noël, un incendie détruisit une maison à Estrées-Saint-Denis, près de Compiègne, appartenant au Sr. de Ste Croix. La veille de Noël, le roi communia et toucha un grand nombre de malades. Le 25 décembre, le roi et la reine assistèrent à la grande-messe et à la prédication du Père Boursault, Supérieur des Théatins, qui reçut une admiration unanime pour ses sermons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2159
p. 3057-3066
Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant appris que l'Infant Don Carlos étoit parti de Seville pour se rendre [...]
Mots clefs :
Infant Don Carlos, Intendants, Séville, Perpignan, Narbonne, Consuls
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texteReconnaissance textuelle : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Le Roy ayant appris que l'Infant Don
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
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Résumé : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
L'Infant Don Carlos traversa la France en route pour l'Italie, passant par le Roussillon, le Languedoc et la Provence. Le roi de France ordonna aux commandants et intendants de ces provinces de l'accueillir avec tous les honneurs dus à son rang. M. Desgranges, Maître des Cérémonies, fut chargé de l'accompagner jusqu'à Antibes. L'Infant arriva au Ruisseau de Lobregat le 26 novembre et fut accueilli par le Marquis de Cailus et M. de Jallais. Des cérémonies appropriées, incluant des salves d'artillerie et des illuminations, furent organisées en son honneur. À Perpignan, il fut reçu par divers corps de la ville et participa à des activités telles que la chasse et des concerts. Son voyage continua à travers plusieurs villes, dont Narbonne, Béziers, Pezenas, Montpellier, Nîmes, Tarascon, Aix, et enfin Antibes. Dans chaque ville, il reçut des honneurs similaires, incluant des salves de canon, des compliments des autorités locales et des illuminations. Le Grand-Prieur de France le rejoignit à Cannes et lui remit une épée garnie de diamants de la part du roi de France. L'Infant s'embarqua à Antibes le 23 décembre sur les galères d'Espagne. Il exprima sa satisfaction des honneurs reçus en France. Les commandants et intendants des provinces traversées avaient préparé des réceptions somptueuses, avec des tables abondantes et des amusements variés. Marseille, bien que préparée pour sa visite, ne le reçut pas en raison d'un changement d'itinéraire.
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2160
p. 3070-3073
Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
Début :
M. de Nicolaï, Conseiller au Parlement, fils aîné de M. le Premier President [...]
Mots clefs :
Chambre des comptes, Président, Conseiller, Comptes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
M. de Nicolaï , Conseiller au Parle
ment , fils aîné de M. le Premier President
de la Chambre des Comptes , et
dont il est fait mention dans le Mer
cure de France du mois de Juillet der
nier , ayant été pourvû en survivance
( qui est le neuviéme de sa Famille , ) de
la Charge de son pere , a été reçû à l'âge
de vingt - deux ans et demi à la Chambre
le 8. Decembre , ayant obtenu en même-
temps la voix déliberative au Parle
11. Vol:
ment
DECEMBRE. 1731. 307✡
ment. Cette Reception s'est faite en pré-.
sence de tous les Officiers de la Chambre
et d'un grand concours de persona
nes de distinction . M. de Villiers , Maî
tre des Comptes , Rapporteur des Provide
donner son avis, fit un
>
sions, avant que
grand Eloge de ce jeune Magistrat , qui
après avoir prêté Serment entre les mains .
de M. le Président de Paris , et avoir pris
place , fut complimenté
par ce Président,
qui dans un Discours très éloquent , exposa
tout ce qui étoit honorable à la
Chambre et à la Maison de Nicolaï , par
les Graces que nos Rois ont toûjours accordées
en faveur de l'une et de l'autre..
Ensuite M. de Nicolaï fit un très- beau.
Remerciement
, digne de son nom , qu'il
prononça avec toute grace et toute la
dignité convenable
au Poste éminent
qu'il doit occuper un jour.
t
' la
On verra par la lecture de l'Exposé de
ses Provisions , quels ont été les justes
motis de Sa Majesté.
LOUIS , par par la Grace de Dieu , Roy
de France et de Navarre , à tous ceux qui
ces Rresentes verront , SALUT. Les Graces
extraordinaires que nous faisons à quelquesans
de nos Sujets , en consideration de leurs
services , outre ceux de leurs Ancêtres , ne
11. Velo pouvant
1572 MERCURE
DE FRANCE
pouvant que confirmer les autres dans in
fidelité qu'ils nous doivent , nous croyons
qu'en ces rencontres l'avantage d'un Particulier
est celui de l'Etat et du Public , c'est
pourquoi nous ne faisons aucune difficulté
d'accorder de nouvelles marques de notre bien³
veillance à notre amé et feal Conseiller en
nos Conseils d'Etat et Privé , Jean- Aymard
Nicolay , .Premier President Clerc en notre
Chambre des Comptes de Paris , en considération
des grands et importans services
qu'il nous a rendus et au feu Roy , notre
très- honoré Seigneur et Bisayeul, de gloriense
mémoire , et pour lui faire connoître de plus
en plus l'estime toute particuliere que nous
faisons de son mérite personnel et de ses
vertus , nous avons en agréable la supplication
qu'il nous a faite d'admettre la
résignation de sondit Office de Premier President
en faveur de notre amé et féal Ayž
mard-Jean Nicolay , son fils , Conseiller en
notre Cour de Parlement de Paris , et Com
missaire aux Requêtes de notre Palais , à
Condition ncanmoins de survivance et retenue
de services , laquelle nous lui avions accor
dée dès l'année mil sept cent dix -sept , pour
Antoine- Nicolas Nicolay son fils ainé,qu'une
mort prématurée auroit enlevé dans un temps
où sa droiture , sa capacité et une experience
de près de vingt années dans l'exercice de
I A Vola
DECEMBRE. 1731. 3075
la Charge de Conseiller en notredite Cour de
Parlement , le mettoient en état de remplir
avec toute la distinction possible une place
aussi importante , et d'ailleurs bien informez
des qualitez avantageuses qui se trouvent en
la personne dudit Sieur Nicolay , fils , ainsi
que de son affection à notre service dans les
differes Emplois qu'il a exercez , tant en
qualité de Lieutenant dans notre Régiment
d'Infanterie , et de Capitaine de Cavalerie ,
que dans celle de Mesire de Camp d'un Régiment
de Dragonspendant près de dix années
, nous aurions estimé qu'il étoit du bien
de notre service , de le pourvoir cy- devans
dudit Office de Conseiller , dont ledit Sieur
son frere est mort revêtu , étant persuadez
qu'il nous serviroit dans la Magistrature
avec le même Zele qu'il a fait dans nos Trou
pes , ce qu'il nous a déja fait connoître par
une application suivie et une integrité à toute
épreuves ensorte que nous avons tout lien
d'esperer qu'il remplira un jour avec dignité
ladite Charge de Premier President , surtout
étant instruit et formé par un Pere d'une ex-.
perience la plus consommée , animé par son
exemple et celui de ses Ancêtres , qui ont possedé
la même Charge pendant septgenerations ,
et nousy ont servi et les Rois nos predecesseurs,
à leur satisfaction et à la nôtre. A Ces Cau-
SES , &c. 18. Octobre 1731 .
ment , fils aîné de M. le Premier President
de la Chambre des Comptes , et
dont il est fait mention dans le Mer
cure de France du mois de Juillet der
nier , ayant été pourvû en survivance
( qui est le neuviéme de sa Famille , ) de
la Charge de son pere , a été reçû à l'âge
de vingt - deux ans et demi à la Chambre
le 8. Decembre , ayant obtenu en même-
temps la voix déliberative au Parle
11. Vol:
ment
DECEMBRE. 1731. 307✡
ment. Cette Reception s'est faite en pré-.
sence de tous les Officiers de la Chambre
et d'un grand concours de persona
nes de distinction . M. de Villiers , Maî
tre des Comptes , Rapporteur des Provide
donner son avis, fit un
>
sions, avant que
grand Eloge de ce jeune Magistrat , qui
après avoir prêté Serment entre les mains .
de M. le Président de Paris , et avoir pris
place , fut complimenté
par ce Président,
qui dans un Discours très éloquent , exposa
tout ce qui étoit honorable à la
Chambre et à la Maison de Nicolaï , par
les Graces que nos Rois ont toûjours accordées
en faveur de l'une et de l'autre..
Ensuite M. de Nicolaï fit un très- beau.
Remerciement
, digne de son nom , qu'il
prononça avec toute grace et toute la
dignité convenable
au Poste éminent
qu'il doit occuper un jour.
t
' la
On verra par la lecture de l'Exposé de
ses Provisions , quels ont été les justes
motis de Sa Majesté.
LOUIS , par par la Grace de Dieu , Roy
de France et de Navarre , à tous ceux qui
ces Rresentes verront , SALUT. Les Graces
extraordinaires que nous faisons à quelquesans
de nos Sujets , en consideration de leurs
services , outre ceux de leurs Ancêtres , ne
11. Velo pouvant
1572 MERCURE
DE FRANCE
pouvant que confirmer les autres dans in
fidelité qu'ils nous doivent , nous croyons
qu'en ces rencontres l'avantage d'un Particulier
est celui de l'Etat et du Public , c'est
pourquoi nous ne faisons aucune difficulté
d'accorder de nouvelles marques de notre bien³
veillance à notre amé et feal Conseiller en
nos Conseils d'Etat et Privé , Jean- Aymard
Nicolay , .Premier President Clerc en notre
Chambre des Comptes de Paris , en considération
des grands et importans services
qu'il nous a rendus et au feu Roy , notre
très- honoré Seigneur et Bisayeul, de gloriense
mémoire , et pour lui faire connoître de plus
en plus l'estime toute particuliere que nous
faisons de son mérite personnel et de ses
vertus , nous avons en agréable la supplication
qu'il nous a faite d'admettre la
résignation de sondit Office de Premier President
en faveur de notre amé et féal Ayž
mard-Jean Nicolay , son fils , Conseiller en
notre Cour de Parlement de Paris , et Com
missaire aux Requêtes de notre Palais , à
Condition ncanmoins de survivance et retenue
de services , laquelle nous lui avions accor
dée dès l'année mil sept cent dix -sept , pour
Antoine- Nicolas Nicolay son fils ainé,qu'une
mort prématurée auroit enlevé dans un temps
où sa droiture , sa capacité et une experience
de près de vingt années dans l'exercice de
I A Vola
DECEMBRE. 1731. 3075
la Charge de Conseiller en notredite Cour de
Parlement , le mettoient en état de remplir
avec toute la distinction possible une place
aussi importante , et d'ailleurs bien informez
des qualitez avantageuses qui se trouvent en
la personne dudit Sieur Nicolay , fils , ainsi
que de son affection à notre service dans les
differes Emplois qu'il a exercez , tant en
qualité de Lieutenant dans notre Régiment
d'Infanterie , et de Capitaine de Cavalerie ,
que dans celle de Mesire de Camp d'un Régiment
de Dragonspendant près de dix années
, nous aurions estimé qu'il étoit du bien
de notre service , de le pourvoir cy- devans
dudit Office de Conseiller , dont ledit Sieur
son frere est mort revêtu , étant persuadez
qu'il nous serviroit dans la Magistrature
avec le même Zele qu'il a fait dans nos Trou
pes , ce qu'il nous a déja fait connoître par
une application suivie et une integrité à toute
épreuves ensorte que nous avons tout lien
d'esperer qu'il remplira un jour avec dignité
ladite Charge de Premier President , surtout
étant instruit et formé par un Pere d'une ex-.
perience la plus consommée , animé par son
exemple et celui de ses Ancêtres , qui ont possedé
la même Charge pendant septgenerations ,
et nousy ont servi et les Rois nos predecesseurs,
à leur satisfaction et à la nôtre. A Ces Cau-
SES , &c. 18. Octobre 1731 .
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Résumé : Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
Le texte décrit la réception de M. de Nicolaï, fils aîné de M. le Premier Président de la Chambre des Comptes, à la Chambre des Comptes le 8 décembre 1731. À l'âge de vingt-deux ans et demi, il a été nommé pour succéder à son père, devenant ainsi le neuvième membre de sa famille à occuper cette charge. La cérémonie a eu lieu en présence de tous les officiers de la Chambre et de nombreuses personnes de distinction. M. de Villiers, Maître des Comptes, a loué les qualités du jeune magistrat, qui a ensuite prêté serment et été félicité par M. le Président de Paris. Le roi Louis XV a accordé cette nomination en reconnaissance des services rendus par Jean-Aymard Nicolay, le père, et en considération des qualités d'Aymard-Jean Nicolay, le fils. Le roi a accepté la résignation de la charge de Premier Président en faveur de son fils, avec une clause de survivance et de retenue de services. Cette décision a été motivée par les qualités et les services du fils, tant dans la magistrature que dans l'armée, ainsi que par l'exemple et l'expérience de son père et de ses ancêtres, qui ont occupé cette charge pendant sept générations.
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2161
p. 3075-3077
Promotion d'Officiers Géneraux.
Début :
Le Roy a fait Lieutenant Generaux. Messieurs Le Marquis de Livry. [...]
Mots clefs :
Régiment, Lieutenant, Brigadier, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Promotion d'Officiers Géneraux.
Le Roy a fait Lieutenant Generaux.
Messieurs Le Marquis de Livry.
Ceberet.
M. de Louville.
M. de Mallebois.
Comte de Belle - Ifle .
Messieurs le Marquis de Lille , Colo
41, Kol nek
076 MERCURE DE FRANCE
1
nel du Regiment de la Fere , et le Chexalier
de Rocausel , Colonel du Regiment
d'Angoumois , Maréchaux de Camps.
Le Regiment de la Fere a été donné
au Chevalier de l'Isle , et celui d'Angoumois
au Marquis de Fleury , Capitaine
dans le Regiment de la Marine.
M. Bosnier a vendu sa Charge de Ma
réchal general des Logis des Camps et Ar◄
mées au Marquis de Ximenes , Brigadier
d'Infanterie , cy - devant Colonel
du Regiment Royal Roussillon.
›
Le Gouvernement de Seyne a été
donné au Comte de Chastellux , Brigadier
de Cavalerie , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes de Flandre.
Le Gouvernement de S. André de Villeneuve-
lez-Avignon , à M. de Montalembert
, Brigadier d'Infanterie , Lieute
nant Colonel du Regiment de Nivernois.
La Majorité d'Arras , à M, du Roure ,
Major du Regiment d'Auvergne.
La Lieutenance de Roy de Sisteron , à
M. de Leautaud , Commandant le second
Bataillon du Regiment de Pons.
Le Roy a aussi donné la Sous Lieutenance
de la Compagnie des Chevaux
Legers d'Orleans au Comte de Casteja
Enseigne de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et Ministre Plenipoten-
IL.Kola
tiaire
DECEMBRE. 1731. 3077
tiaire de S. M. auprès du Roy de Suede .
Le Marquis de Vassy a été nommé Enseigne
de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et M.de la Chaise, Cornette
de la Compagnie des Chevaux Legers
de la Reine .
Messieurs Le Marquis de Livry.
Ceberet.
M. de Louville.
M. de Mallebois.
Comte de Belle - Ifle .
Messieurs le Marquis de Lille , Colo
41, Kol nek
076 MERCURE DE FRANCE
1
nel du Regiment de la Fere , et le Chexalier
de Rocausel , Colonel du Regiment
d'Angoumois , Maréchaux de Camps.
Le Regiment de la Fere a été donné
au Chevalier de l'Isle , et celui d'Angoumois
au Marquis de Fleury , Capitaine
dans le Regiment de la Marine.
M. Bosnier a vendu sa Charge de Ma
réchal general des Logis des Camps et Ar◄
mées au Marquis de Ximenes , Brigadier
d'Infanterie , cy - devant Colonel
du Regiment Royal Roussillon.
›
Le Gouvernement de Seyne a été
donné au Comte de Chastellux , Brigadier
de Cavalerie , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes de Flandre.
Le Gouvernement de S. André de Villeneuve-
lez-Avignon , à M. de Montalembert
, Brigadier d'Infanterie , Lieute
nant Colonel du Regiment de Nivernois.
La Majorité d'Arras , à M, du Roure ,
Major du Regiment d'Auvergne.
La Lieutenance de Roy de Sisteron , à
M. de Leautaud , Commandant le second
Bataillon du Regiment de Pons.
Le Roy a aussi donné la Sous Lieutenance
de la Compagnie des Chevaux
Legers d'Orleans au Comte de Casteja
Enseigne de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et Ministre Plenipoten-
IL.Kola
tiaire
DECEMBRE. 1731. 3077
tiaire de S. M. auprès du Roy de Suede .
Le Marquis de Vassy a été nommé Enseigne
de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et M.de la Chaise, Cornette
de la Compagnie des Chevaux Legers
de la Reine .
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Résumé : Promotion d'Officiers Géneraux.
En décembre 1731, le roi a procédé à plusieurs nominations et promotions militaires. Les Marquis de Livry, Ceberet, M. de Louville, M. de Mallebois et le Comte de Belle-Île ont été nommés lieutenants généraux. Les Marquis de Lille et le Chevalier de Rocausel ont été promus maréchaux de camp. Le Chevalier de l'Isle a reçu le Régiment de la Fère, tandis que le Marquis de Fleury a obtenu celui d'Angoumois. M. Bosnier a cédé sa charge de maréchal général des logis des camps et armées au Marquis de Ximenes. Le Gouvernement de Seyne a été confié au Comte de Chastellux, celui de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon à M. de Montalembert, la majorité d'Arras à M. du Roure, et la lieutenance royale de Sisteron à M. de Leautaud. Le Comte de Casteja a été nommé sous-lieutenant de la Compagnie des Chevaux légers d'Orléans et ministre plénipotentiaire auprès du roi de Suède. Enfin, le Marquis de Vassy a été nommé enseigne de la Compagnie des Gendarmes de Bretagne, et M. de la Chaise, cornette de la Compagnie des Chevaux légers de la Reine.
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2162
p. 149-150
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Les Lettres du Levant confirment la Suspension d'armes, signée [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Suspension d'armes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
Es Léttres du Levant confirment la Suspension d'armes , signée par le Roy de Perse et
par les Generaux Turcs ; mais on ajoûte que la
Paix paroît difficile à conclure entre les deux
Nations
rso MERCURE DE FRANCE.
Nations , le Roy de Perse n'étant pas disposé à
rien ceder aux Turcs des conquêtes qu'ils ont :
faites en Perse pendant la derniere Révolution.
Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit arboré à Cons
tantinople la Queiie de Cheval , et que le bruit
couroit qu'au Printemps prochain le G. S. déclareroit la guerre à quelque Puissance Chrétienne
D'autres Lettres de Constantinople portent
que la Paix est sur le point d'être conclue entre
le G. S. et le Roy de Perse , et qu'on ne
doutoit pas qu'aussi- tôt qu'on auroit reçû la nou- velle de la signature , Sa Hautesse ne déclarât la
guerre à quelques autres Puissances , afin d'occu
per les Milices qui paroissoient toûjours dispo sées à la révolte.
Es Léttres du Levant confirment la Suspension d'armes , signée par le Roy de Perse et
par les Generaux Turcs ; mais on ajoûte que la
Paix paroît difficile à conclure entre les deux
Nations
rso MERCURE DE FRANCE.
Nations , le Roy de Perse n'étant pas disposé à
rien ceder aux Turcs des conquêtes qu'ils ont :
faites en Perse pendant la derniere Révolution.
Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit arboré à Cons
tantinople la Queiie de Cheval , et que le bruit
couroit qu'au Printemps prochain le G. S. déclareroit la guerre à quelque Puissance Chrétienne
D'autres Lettres de Constantinople portent
que la Paix est sur le point d'être conclue entre
le G. S. et le Roy de Perse , et qu'on ne
doutoit pas qu'aussi- tôt qu'on auroit reçû la nou- velle de la signature , Sa Hautesse ne déclarât la
guerre à quelques autres Puissances , afin d'occu
per les Milices qui paroissoient toûjours dispo sées à la révolte.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Les lettres du Levant confirment une suspension d'armes entre le roi de Perse et les généraux turcs, mais la paix est difficile à conclure. Le roi de Perse refuse de céder les territoires conquis. À Constantinople, la Queue de Cheval a été arborée, et des rumeurs de guerre contre une puissance chrétienne circulent. D'autres lettres annoncent une paix imminente entre le Grand Seigneur et le roi de Perse, suivie d'une déclaration de guerre contre d'autres puissances.
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2163
p. 150-153
RUSSIE.
Début :
On écrit de Moscou, que les Lettres du Gouverneur de [...]
Mots clefs :
Russie, Tsar Pierre I, Conquêtes, Tsarine Anne, Succession au Trône, Prisonniers d'État, Empire
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
N écrit de Moscou , que les Lettres du Gouverneur de Derbent , portent que l'un
des articles préliminaires du Traité qui se négocient entre le G. S. et le Roy de Perse , est de
réünir leurs forces pour attaquer telle Puissance
Chrétienne qu'il leur conviendra , et qu'il a été
résolu dans le Conseil de la Czarine de prendre
toutes les précautions necessaires pour conserver les Conquêtes que le Czar Pierre I. a faites du côté de la Mer Caspienne , et d'y envoyer pour
cela un nouveau renfort des Troupes.
La République de Pologne a fait prier la Czarine de retirer ses Troupes de la Curlande et de ne
plus se mêler des affaires de ce Duché , si elle
vouloit continuer de vivre en bonne intelligence
avec la Couronne de Pologne.
Le Feld Maréchal Dolhorucki , qui fut arrêté
au mois de Movembre dernier , a éte condamné
JANVIER 1732. IST
avoir la tête tranchée ; mais la Czarine , cedant
aux instances des principaux Seigneurs de la
Cour, a converti sa peine en une prison perpetuelle dans la Citadelle de Schlusselbourg , on
l'on met ordinairement les Prisonniers d'Etat.
Sur la fin du mois de Janvier , la Czarine fit
appeller au Palais tous les Generaux , les Ministres et les principaux Membres du Clergé , après
avoir donné ordre au General Soltikoff , d'assem
bler au Château du Cremelin , les trois Régimens.
des Gardes; S. M. Cz. leur fit un Discours qui
dura un quart d'heure , et ordonna à l'Archevêque de Novogrood de lire le Formulaire d'un
Serment , portant qu'ils reconnoîtront pour leur
Souverain ceux que S. M. Cz. nommeroit pour
ses successeurs ce qui fut executé , Nemine contradicente ; et la Duchesse de Mekelbourg , la
Princesse sa fille et la Princesse Elizabeth , le sigaerent les premieres. Voici la Traduction de
cette Déclaration de la Czarine , touchant la Suc
cession au Trône.
NOUS , ANNE, par la grace de Dieu , Impera
trice et Souveraine de tous les Russes , ¿c. sçavoir
faisons par la Presente, à tous nos fideles Sujets. Il
paroit par tant de Manifestes , nouvelles Loix , Re-.
glemens et Ordonnances , que nous avons fait pu-.
blier depuis le commencement de notre Regne , avec
sombien de zele et de soins , conformément audevoir
qui nous a été imposé de Dieu , nous avons employé
tous nos efforts pour maintenir et étendre la Religion Chrétienne et Örthodoxe selon le Rit Grec , pour soutenir la Justice , pour deffendre nos Sujets opprimez.
pourintroduire unmeilleur ordre et discipline dans nos Armées, destinées à la deffense de cet Empire contre
toute attaque de l'Ennemi , pour eriger des Ecoles
Suffi
152 MERCURE DE FRANCE
suffisantes et de belles Académies , dans lesquelles la
Jeunesse est non-seulement élevée gratis , dans la
crainte de Dieu et dans notre Religion Orthodoxe ,
mais aussi dans toutes les Sciences , tant Civiles que
Militaires , utiles à l'Empire , et qui peuvent tendre
a procurer tout ce qui peut avancer le bien , la tranquillité et le salut de tous nos fideles Sujets , et àfai
re fleurir de plus en plus notre chere Patrie. Nous
employons aussi actuellement nos soins gracieux à
chercher les moyens necessaires pour mettre les Subsides sur un meilleur pied , et les diminuer le plus
qu'il sera possible , dès que les necessitez generales
et les interêts de l'Empire pourront le permettre.
En consequence de tous ces efforts salutaires et
continuels pour le bien de notre Empire , nous avons
jugé qu'il étoit principalement de notre devoir
tant envers Dieu qui nous a confié le souverain gouvernement de nos Royaumes , qu'envers nos Sujets ,
davoir soin de confirmer par de bonnes et suffisantes Loix et Ordonnances , cette heureuse situation de nos
Royaumes , non-seulement pendant notre Régence ,
mais aussi pour les temps à venir , afin que dans tous
les incidens qui peuvent survenir et qui dépendent
du Ciel , nos fidèles Sujets puissent , pour la conservation de l'Empire , être maintenus en toute tranquillité et mis en sureté contre les desordres et trou- bles contraires aux Loix divines et auxConstitutions
et Loix fondamentales de notre Empire , comme il
en est arrivé à notre avenement au Trône , qui au- roient certainement ruiné notre chere Patrie , si Dieu
par sa grace particuliere et par sa bonté ne les est
éloignés.
>
Quoique nosfideles Sujets nous ayent déja prêté,
comme à leur Souveraine et Dame , le Serment de
fidelité et de soumission parfaite , et que , conformé- ment à l'ordre de succession , établi le J. Février
17220
JANVIER. 1732. 153
1722. et confirmé par un Serment solemnel de tous
les Etats et fideles Sujets de l'Empire Russien , il a
oûjours dépendu du choix et du bon plaisir des Souverains , de nommer leur Successeur ; néanmoins
afin de confirmer le bonheur et la conservation de
l'Empire , maintenir tous nos fideles Sujets dans une
parfaite tranquillité , et prévenir tout ce qui pourroit troubler ces vues salutaires , nous avons jugé à propos d'ordonner par la Presente , à tous et un cha
cun de nos fideles Sujets , tant Ecclesiastiques que
Temporels , Militaires et Civils , de quelque nom
qu'on puisse les nommer , de nous prêter de nouveau
serment et hommage , selon le Formulaire cy-joint ,
entierement conforme auSerment qui a été prêté auk
Empereurs nos Prédecesseurs. C'est pourquoi nous
avons ordonné defaire imprimer notre present Com
mandement avec le Formulaire, et de le faire publier
par tout notre Empire , afin que personne n'on puisse
prétendre cause d'ignorance : et de notre part , nous avons résolu , et notre volonté est , après avoir invoqué l'assistance divine par des Prieres ardentes ,
de prendre de telles mesures qui ne peuvent tendre qu'au veritable avantage et au bonheur de tout
l'Empire et de tous nos fideles Sujets et à la conservation de notre Religion Orthodoxe. En foi de quoi
nous avons signé la Presente de notre propre main Fait à Moscou le 28. Decembre 1731.
N écrit de Moscou , que les Lettres du Gouverneur de Derbent , portent que l'un
des articles préliminaires du Traité qui se négocient entre le G. S. et le Roy de Perse , est de
réünir leurs forces pour attaquer telle Puissance
Chrétienne qu'il leur conviendra , et qu'il a été
résolu dans le Conseil de la Czarine de prendre
toutes les précautions necessaires pour conserver les Conquêtes que le Czar Pierre I. a faites du côté de la Mer Caspienne , et d'y envoyer pour
cela un nouveau renfort des Troupes.
La République de Pologne a fait prier la Czarine de retirer ses Troupes de la Curlande et de ne
plus se mêler des affaires de ce Duché , si elle
vouloit continuer de vivre en bonne intelligence
avec la Couronne de Pologne.
Le Feld Maréchal Dolhorucki , qui fut arrêté
au mois de Movembre dernier , a éte condamné
JANVIER 1732. IST
avoir la tête tranchée ; mais la Czarine , cedant
aux instances des principaux Seigneurs de la
Cour, a converti sa peine en une prison perpetuelle dans la Citadelle de Schlusselbourg , on
l'on met ordinairement les Prisonniers d'Etat.
Sur la fin du mois de Janvier , la Czarine fit
appeller au Palais tous les Generaux , les Ministres et les principaux Membres du Clergé , après
avoir donné ordre au General Soltikoff , d'assem
bler au Château du Cremelin , les trois Régimens.
des Gardes; S. M. Cz. leur fit un Discours qui
dura un quart d'heure , et ordonna à l'Archevêque de Novogrood de lire le Formulaire d'un
Serment , portant qu'ils reconnoîtront pour leur
Souverain ceux que S. M. Cz. nommeroit pour
ses successeurs ce qui fut executé , Nemine contradicente ; et la Duchesse de Mekelbourg , la
Princesse sa fille et la Princesse Elizabeth , le sigaerent les premieres. Voici la Traduction de
cette Déclaration de la Czarine , touchant la Suc
cession au Trône.
NOUS , ANNE, par la grace de Dieu , Impera
trice et Souveraine de tous les Russes , ¿c. sçavoir
faisons par la Presente, à tous nos fideles Sujets. Il
paroit par tant de Manifestes , nouvelles Loix , Re-.
glemens et Ordonnances , que nous avons fait pu-.
blier depuis le commencement de notre Regne , avec
sombien de zele et de soins , conformément audevoir
qui nous a été imposé de Dieu , nous avons employé
tous nos efforts pour maintenir et étendre la Religion Chrétienne et Örthodoxe selon le Rit Grec , pour soutenir la Justice , pour deffendre nos Sujets opprimez.
pourintroduire unmeilleur ordre et discipline dans nos Armées, destinées à la deffense de cet Empire contre
toute attaque de l'Ennemi , pour eriger des Ecoles
Suffi
152 MERCURE DE FRANCE
suffisantes et de belles Académies , dans lesquelles la
Jeunesse est non-seulement élevée gratis , dans la
crainte de Dieu et dans notre Religion Orthodoxe ,
mais aussi dans toutes les Sciences , tant Civiles que
Militaires , utiles à l'Empire , et qui peuvent tendre
a procurer tout ce qui peut avancer le bien , la tranquillité et le salut de tous nos fideles Sujets , et àfai
re fleurir de plus en plus notre chere Patrie. Nous
employons aussi actuellement nos soins gracieux à
chercher les moyens necessaires pour mettre les Subsides sur un meilleur pied , et les diminuer le plus
qu'il sera possible , dès que les necessitez generales
et les interêts de l'Empire pourront le permettre.
En consequence de tous ces efforts salutaires et
continuels pour le bien de notre Empire , nous avons
jugé qu'il étoit principalement de notre devoir
tant envers Dieu qui nous a confié le souverain gouvernement de nos Royaumes , qu'envers nos Sujets ,
davoir soin de confirmer par de bonnes et suffisantes Loix et Ordonnances , cette heureuse situation de nos
Royaumes , non-seulement pendant notre Régence ,
mais aussi pour les temps à venir , afin que dans tous
les incidens qui peuvent survenir et qui dépendent
du Ciel , nos fidèles Sujets puissent , pour la conservation de l'Empire , être maintenus en toute tranquillité et mis en sureté contre les desordres et trou- bles contraires aux Loix divines et auxConstitutions
et Loix fondamentales de notre Empire , comme il
en est arrivé à notre avenement au Trône , qui au- roient certainement ruiné notre chere Patrie , si Dieu
par sa grace particuliere et par sa bonté ne les est
éloignés.
>
Quoique nosfideles Sujets nous ayent déja prêté,
comme à leur Souveraine et Dame , le Serment de
fidelité et de soumission parfaite , et que , conformé- ment à l'ordre de succession , établi le J. Février
17220
JANVIER. 1732. 153
1722. et confirmé par un Serment solemnel de tous
les Etats et fideles Sujets de l'Empire Russien , il a
oûjours dépendu du choix et du bon plaisir des Souverains , de nommer leur Successeur ; néanmoins
afin de confirmer le bonheur et la conservation de
l'Empire , maintenir tous nos fideles Sujets dans une
parfaite tranquillité , et prévenir tout ce qui pourroit troubler ces vues salutaires , nous avons jugé à propos d'ordonner par la Presente , à tous et un cha
cun de nos fideles Sujets , tant Ecclesiastiques que
Temporels , Militaires et Civils , de quelque nom
qu'on puisse les nommer , de nous prêter de nouveau
serment et hommage , selon le Formulaire cy-joint ,
entierement conforme auSerment qui a été prêté auk
Empereurs nos Prédecesseurs. C'est pourquoi nous
avons ordonné defaire imprimer notre present Com
mandement avec le Formulaire, et de le faire publier
par tout notre Empire , afin que personne n'on puisse
prétendre cause d'ignorance : et de notre part , nous avons résolu , et notre volonté est , après avoir invoqué l'assistance divine par des Prieres ardentes ,
de prendre de telles mesures qui ne peuvent tendre qu'au veritable avantage et au bonheur de tout
l'Empire et de tous nos fideles Sujets et à la conservation de notre Religion Orthodoxe. En foi de quoi
nous avons signé la Presente de notre propre main Fait à Moscou le 28. Decembre 1731.
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Résumé : RUSSIE.
En 1732, plusieurs événements politiques et militaires marquent la Russie. Les négociations entre le Gouvernement russe et le roi de Perse incluent un article préliminaire visant à attaquer une puissance chrétienne. La Russie prévoit de renforcer ses troupes dans la région de la mer Caspienne pour conserver les conquêtes de Pierre Ier. La République de Pologne demande à la czarine de retirer ses troupes de la Courlande afin de maintenir de bonnes relations. Le feld-maréchal Dolhorucki, arrêté en novembre précédent, est condamné à mort, mais sa peine est commuée en prison perpétuelle à Schlusselbourg. En janvier 1732, la czarine Anne convoque les généraux, ministres et membres du clergé pour un discours. Elle leur fait prêter serment de fidélité à ses successeurs. La déclaration de la czarine met en avant ses efforts pour maintenir et étendre la religion orthodoxe, soutenir la justice, défendre les sujets opprimés, et améliorer l'ordre et la discipline dans les armées. Elle souligne également ses initiatives pour éduquer la jeunesse et chercher des moyens de réduire les subsides. La czarine ordonne à ses sujets de prêter serment de fidélité et de soumission, conformément aux lois de succession établies en 1722.
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2164
p. 153-154
SUEDE.
Début :
La Flotte du Roi consiste déjà en 38 Vaisseaux de [...]
Mots clefs :
Suède
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texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
A Flotte du Roi consiste déja en 38. Vaisseaux de ligne , et quantité d'autres Bâtimens armez en guerre.
Les Lettres de Stokolm , portent qu'on y publia un Edit le 23. du mois dernier , pour reprimer le luxe dans les habillemens , et les dépenses H ex-
134 MERCURE DE FRANCE ,
excessives qui se font aux Nôces , aux Enterreamens , &c.
Οtoffes d'or et d'argent..
A Flotte du Roi consiste déja en 38. Vaisseaux de ligne , et quantité d'autres Bâtimens armez en guerre.
Les Lettres de Stokolm , portent qu'on y publia un Edit le 23. du mois dernier , pour reprimer le luxe dans les habillemens , et les dépenses H ex-
134 MERCURE DE FRANCE ,
excessives qui se font aux Nôces , aux Enterreamens , &c.
Οtoffes d'or et d'argent..
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2165
p. 154-155
ALLEMAGNE.
Début :
On apprend de Vienne que le 7. de ce mois [...]
Mots clefs :
Allemagne, Don Carlos
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
ONonapprend y reçut deavisVienne que ,29.quedulemois 7. dedernier ce moisla
possession des Duchez de Parme et de Plaisance
avoit été prise au nom de l'Infant Don Carlos
par la Duchesse Douairiere Dorothée , qui a la tutelle de ce Prince jusqu'à sa Majorité , que les
Troupes de l'Empereur étoient sorties de ces Duehez, et s'étoient retirées dans le Milanez.
D'autres Lettres du 8 portent que l'Infant
Don Carlos étoit arrivé à Livourne le 27. De-.
cembre.
On mande de Saltzbourg , qu'il étoit sorti de
ce Diocèse un grand nombre de Protestans ; que
près de 900. s'étoient retirez dans la Suabe ; que les Magistrats des Bailliages avoient exhortéles
Habitans de les retirer chez eux, et de leur donner tous les secours possibles ; que 800. autres de
ces Protestans avoient passé en Baviere , et que l'Electeur avoit donné des ordres pour faire une
collecte d'aumônes en leur faveur.
On apprend de Ratisbonne , que la garantie de la Pragmatique - Sanction avoit fait naître de
grandes contestations dans la Diette de l'Empire;
que le Ministre de l'Electeur de Baviere avoit déclaré que ce Prince étoit dans la disposition d'obliger l'Empereur en toute occasion ; mais qu'il
étoit forcé de représenter que si les Princes de
P'Empire signoient cette garantie de la succession.
des Pays hereditaires de la Maison d'Autriche en
faveur de l'Archiduchesse , fille aînée de l'Empecur , ils s'engageroïent à entrer dans les guerres qui
JANVIER 1732. 155
qui pourroient en résulter , et ce pour des Do
maines qui ne dépendent pas de l'Empire , puisqu'ils n'y ont jamais été immatriculez , tels que
sont le Royaume de Hongrie , la Transilvanie ,
la Moravie , les Royaumes de Naples et de Sicile
Yet autres Etats ; on ajoute que les Ministres de l'Electeur de Saxe et de l'Electeur Palatin avoient
fait les mêmes représentations.
ONonapprend y reçut deavisVienne que ,29.quedulemois 7. dedernier ce moisla
possession des Duchez de Parme et de Plaisance
avoit été prise au nom de l'Infant Don Carlos
par la Duchesse Douairiere Dorothée , qui a la tutelle de ce Prince jusqu'à sa Majorité , que les
Troupes de l'Empereur étoient sorties de ces Duehez, et s'étoient retirées dans le Milanez.
D'autres Lettres du 8 portent que l'Infant
Don Carlos étoit arrivé à Livourne le 27. De-.
cembre.
On mande de Saltzbourg , qu'il étoit sorti de
ce Diocèse un grand nombre de Protestans ; que
près de 900. s'étoient retirez dans la Suabe ; que les Magistrats des Bailliages avoient exhortéles
Habitans de les retirer chez eux, et de leur donner tous les secours possibles ; que 800. autres de
ces Protestans avoient passé en Baviere , et que l'Electeur avoit donné des ordres pour faire une
collecte d'aumônes en leur faveur.
On apprend de Ratisbonne , que la garantie de la Pragmatique - Sanction avoit fait naître de
grandes contestations dans la Diette de l'Empire;
que le Ministre de l'Electeur de Baviere avoit déclaré que ce Prince étoit dans la disposition d'obliger l'Empereur en toute occasion ; mais qu'il
étoit forcé de représenter que si les Princes de
P'Empire signoient cette garantie de la succession.
des Pays hereditaires de la Maison d'Autriche en
faveur de l'Archiduchesse , fille aînée de l'Empecur , ils s'engageroïent à entrer dans les guerres qui
JANVIER 1732. 155
qui pourroient en résulter , et ce pour des Do
maines qui ne dépendent pas de l'Empire , puisqu'ils n'y ont jamais été immatriculez , tels que
sont le Royaume de Hongrie , la Transilvanie ,
la Moravie , les Royaumes de Naples et de Sicile
Yet autres Etats ; on ajoute que les Ministres de l'Electeur de Saxe et de l'Electeur Palatin avoient
fait les mêmes représentations.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, le 29 décembre, la Duchesse Douairière Dorothée a pris possession des Duchés de Parme et de Plaisance au nom de l'Infant Don Carlos, dont elle assure la tutelle. Les troupes impériales ont quitté ces duchés pour regagner le Milanais. Par ailleurs, l'Infant Don Carlos est arrivé à Livourne le 27 décembre. À Salzbourg, environ 1700 protestants ont fui le diocèse, se réfugiant en Souabe et en Bavière. Les magistrats locaux et l'Électeur de Bavière ont organisé leur accueil et leur secours. À Ratisbonne, lors de la Diète de l'Empire, la garantie de la Pragmatique Sanction a suscité des contestations. Les ministres des Électeurs de Bavière, de Saxe et du Palatinat ont déclaré que les princes de l'Empire ne s'engageraient pas dans des guerres pour des domaines non immatriculés dans l'Empire, comme la Hongrie, la Transylvanie, la Moravie, les Royaumes de Naples et de Sicile, et autres États.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2166
p. 155-157
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire que le Pape tint le 17. du [...]
Mots clefs :
Italie, Protestants, Éruption du Vésuve, Tremblements de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
TALIE.
Doisdernier ,le Cardinal Otthoboni , proAns le Consistoire que le Pape fint le 17. du
posa l'Abbaye de Bonneval , Diocèse de Rhodez,
pour l'Archevêque de Narbonne ; celle d'Essey ,
Diocèse d'Agen , pour l'Abbé Salomon ; celle
de Vierzon , Diocèse de Bourges , pour l'Abbé de
Charand, et celle de S. Etienne de Vaux , Diocèse
de Saintes , pour l'Abbé Nerét.
Le Projet pour la franchise du Port d'Ancone
a été approuvé dans la derniere Congrégation
tenue à ce sujet ; et le Pape en a remis l'execution au Trésorier de la Chambre Apostolique et
au Cardinal Firrao.
La Loterie établie à Rome à l'imitation de
celle de Genes , sera tirée neuf fois l'année au
Capitole ; on mettra chaque fois dans la roüe dite
de Fortune , les noms de '90. jeunes filles dont on
en tirera seulement sept , à chacune desquelles on
donnera so. Ecus et des habits. Ce seront ces
septnoms qui procureront le gain à ceux qui au- 2
ront pris interêt dans la Loterie , et qui seront
assez heureux d'avoir choisi ceux qui sortiront
de la rouë. On fera du profit qui en reviendra au
Gouvernement , un fonds pour le soulagement des pauvres Communautez , des Familles honteuHij ses
75€ MERCURE DE FRANCE
ses et des Pauvres de la Charité de S. Jerône er
pour les besoins les plus pressans de la Chambre
Apostolique. Il est deffendu aux Sujets du Pape
de s'interesser dans les Loteries étrangeres. Le
Comte Peluchi a été choisi pour être Directeur
General de cette Loterie avec cent écus d'appointement par mois.
Le Roi de Portugal ayantfait present de soooo.
écus à la Fabrique de S. Pierre , le Pape les a
destinez avec 70000. écus qu'il y a ajouté , à
augmenter de quelques Salles la Sacristie du PaJais du Vatican.
Par les ordres de l'Empereur , on a commencé
à Naples à reformer les quatre Compagnies dont
on avoit augmenté chaque Regiment d'Infanterie Allemande. Les Soldats reformez ont servi de
Recrues aux autres Compagnies , et les Officiers
qui n'ont pas d'employ , ont été mis à la demipaye.
M. Monditle Orsini , Archevêque de Capouë,
et neveu du feu Pape Benoit XIII , a quitté son
Diocèse , et s'est retiré à Naples dans le Convent des Religieux de Sainte Marie , qui a été fondé par ces Ancêtres.
On entendit sur la fin du mois dernier , un
bruit extraordinaire du côté du Mont Vesuve
et l'on a sçu depuis que les éruptions du feu
étoient plus frequentes que de coûtume , ce qui
fait craindre qu'il n'y ait bien- tôt quelque violent Tremblement de Terre , et quelques dégorgemens de matieres bitumineuses.
On écrit de Florence , que le Signor Roggieri , Ingenieur et célebre Dessinateur , est
allé à Livourne , pour faire exécuter le Dessein d'un Arc de Triomphe , que les Marchands Anglois , établis dans cette Ville , y
font
JANVIER. 1732. 1 ཉ 7 ་
font élever en l'honneur de l'Infant Don
Carlos.
La Garde que le Grand Duc y a envoyée pour
le service de ce Prince , est composée de 24 CuiLassiers Allemands , de deux Caporaux , et deux
Trompettes , tous habillés de Drap écarlate , ga- lonné d'or.
Le Duc Salviati , Grand-Veneur du Duché de
Toscane , est allé à Pise avec vinge Chasseurs ,
pour garnir un Parc de toutes sortes de Gibier
afin que l'Infant puisse y prendre le divertissément de la Chasse lorsqu'il ira voir cette
Ville.
Le Grand Duc a promis d'avancer 50000
Ecus aux Exécuteurs du Testament de la feng
Princesse Douairiere de Florence , afin qu'ils puis
cent acquitter les legs qu'elle a faits , sans être
obligez de vendre ses Diamans.
Le Roi d'Espagne a fait present au Grand Duc d'un Vaisseau de Guerre de so pieces da Canon , tout neuf, et garni de tous ses agrets. S
M. Cat. lui a envoyé en même temps so mil
liers de Cacao , 300 livres de Vannille , cent
Caisses de Liqueurs et de Vins exquis , huit
grains de Mine d'or naturelle d'un poids consi
derable , qui ont été tirés des Mines du Perou
sans qu'il se soit trouvé uni avec cet or aucune
matiere étrangere comme dans les Mines ordi
maires , une Cassette de Diamans brutes ,
Cages d'Oiseaux rares des Indes Occidentales er
Orientales , 30 Caisses des plus fines Porcelaines
et & bales d'Etoffes d'or et d'argent..
Doisdernier ,le Cardinal Otthoboni , proAns le Consistoire que le Pape fint le 17. du
posa l'Abbaye de Bonneval , Diocèse de Rhodez,
pour l'Archevêque de Narbonne ; celle d'Essey ,
Diocèse d'Agen , pour l'Abbé Salomon ; celle
de Vierzon , Diocèse de Bourges , pour l'Abbé de
Charand, et celle de S. Etienne de Vaux , Diocèse
de Saintes , pour l'Abbé Nerét.
Le Projet pour la franchise du Port d'Ancone
a été approuvé dans la derniere Congrégation
tenue à ce sujet ; et le Pape en a remis l'execution au Trésorier de la Chambre Apostolique et
au Cardinal Firrao.
La Loterie établie à Rome à l'imitation de
celle de Genes , sera tirée neuf fois l'année au
Capitole ; on mettra chaque fois dans la roüe dite
de Fortune , les noms de '90. jeunes filles dont on
en tirera seulement sept , à chacune desquelles on
donnera so. Ecus et des habits. Ce seront ces
septnoms qui procureront le gain à ceux qui au- 2
ront pris interêt dans la Loterie , et qui seront
assez heureux d'avoir choisi ceux qui sortiront
de la rouë. On fera du profit qui en reviendra au
Gouvernement , un fonds pour le soulagement des pauvres Communautez , des Familles honteuHij ses
75€ MERCURE DE FRANCE
ses et des Pauvres de la Charité de S. Jerône er
pour les besoins les plus pressans de la Chambre
Apostolique. Il est deffendu aux Sujets du Pape
de s'interesser dans les Loteries étrangeres. Le
Comte Peluchi a été choisi pour être Directeur
General de cette Loterie avec cent écus d'appointement par mois.
Le Roi de Portugal ayantfait present de soooo.
écus à la Fabrique de S. Pierre , le Pape les a
destinez avec 70000. écus qu'il y a ajouté , à
augmenter de quelques Salles la Sacristie du PaJais du Vatican.
Par les ordres de l'Empereur , on a commencé
à Naples à reformer les quatre Compagnies dont
on avoit augmenté chaque Regiment d'Infanterie Allemande. Les Soldats reformez ont servi de
Recrues aux autres Compagnies , et les Officiers
qui n'ont pas d'employ , ont été mis à la demipaye.
M. Monditle Orsini , Archevêque de Capouë,
et neveu du feu Pape Benoit XIII , a quitté son
Diocèse , et s'est retiré à Naples dans le Convent des Religieux de Sainte Marie , qui a été fondé par ces Ancêtres.
On entendit sur la fin du mois dernier , un
bruit extraordinaire du côté du Mont Vesuve
et l'on a sçu depuis que les éruptions du feu
étoient plus frequentes que de coûtume , ce qui
fait craindre qu'il n'y ait bien- tôt quelque violent Tremblement de Terre , et quelques dégorgemens de matieres bitumineuses.
On écrit de Florence , que le Signor Roggieri , Ingenieur et célebre Dessinateur , est
allé à Livourne , pour faire exécuter le Dessein d'un Arc de Triomphe , que les Marchands Anglois , établis dans cette Ville , y
font
JANVIER. 1732. 1 ཉ 7 ་
font élever en l'honneur de l'Infant Don
Carlos.
La Garde que le Grand Duc y a envoyée pour
le service de ce Prince , est composée de 24 CuiLassiers Allemands , de deux Caporaux , et deux
Trompettes , tous habillés de Drap écarlate , ga- lonné d'or.
Le Duc Salviati , Grand-Veneur du Duché de
Toscane , est allé à Pise avec vinge Chasseurs ,
pour garnir un Parc de toutes sortes de Gibier
afin que l'Infant puisse y prendre le divertissément de la Chasse lorsqu'il ira voir cette
Ville.
Le Grand Duc a promis d'avancer 50000
Ecus aux Exécuteurs du Testament de la feng
Princesse Douairiere de Florence , afin qu'ils puis
cent acquitter les legs qu'elle a faits , sans être
obligez de vendre ses Diamans.
Le Roi d'Espagne a fait present au Grand Duc d'un Vaisseau de Guerre de so pieces da Canon , tout neuf, et garni de tous ses agrets. S
M. Cat. lui a envoyé en même temps so mil
liers de Cacao , 300 livres de Vannille , cent
Caisses de Liqueurs et de Vins exquis , huit
grains de Mine d'or naturelle d'un poids consi
derable , qui ont été tirés des Mines du Perou
sans qu'il se soit trouvé uni avec cet or aucune
matiere étrangere comme dans les Mines ordi
maires , une Cassette de Diamans brutes ,
Cages d'Oiseaux rares des Indes Occidentales er
Orientales , 30 Caisses des plus fines Porcelaines
et & bales d'Etoffes d'or et d'argent..
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Résumé : ITALIE.
En 1732, plusieurs décisions ecclésiastiques et politiques ont été prises. Le Cardinal Otthoboni a proposé au Consistoire que le Pape attribue diverses abbayes à des dignitaires : Bonneval à l'Archevêque de Narbonne, Essey à l'Abbé Salomon, Vierzon à l'Abbé de Charand, et Saint-Étienne de Vaux à l'Abbé Nerét. Le projet pour la franchise du Port d'Ancone a été approuvé, et sa mise en œuvre a été confiée au Trésorier de la Chambre Apostolique et au Cardinal Firrao. Une loterie, inspirée de celle de Gênes, a été établie à Rome avec des tirages neuf fois par an au Capitole. Les gains de cette loterie sont destinés à aider les pauvres et les familles nécessiteuses. Le Comte Peluchi a été nommé Directeur Général de cette loterie. Le Roi de Portugal a fait don de 5 000 écus à la Fabrique de Saint-Pierre, somme augmentée de 70 000 écus par le Pape pour agrandir la sacristie du Palais du Vatican. À Naples, l'Empereur a ordonné la réforme des compagnies d'infanterie allemande. L'Archevêque de Capoue, M. Monditle Orsini, s'est retiré à Naples. Des éruptions fréquentes du Mont Vesuve ont été signalées, suscitant des craintes de tremblements de terre. À Florence, le Signor Roggieri a été chargé de construire un Arc de Triomphe pour l'Infant Don Carlos. Le Grand Duc de Toscane a envoyé une garde et des chasseurs pour le service de l'Infant. Le Roi d'Espagne a offert divers présents au Grand Duc, incluant un vaisseau de guerre, des denrées rares et des objets précieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2167
p. 157-159
Arrivée de Don Carlos en Italie, [titre d'après la table]
Début :
L'Infant Don Carlos étant parti d'Antibes le 23. [...]
Mots clefs :
Don Carlos, Livourne, Arrivée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arrivée de Don Carlos en Italie, [titre d'après la table]
L'Infant Don Carlos étant parti d'Antibes le 23 Decembre , sur les Galeres du Roy d'Espagne , accompagnées de trois Galeres du Grand Duc de Toscane , arriva à Livourne le 27 , au
Hij bruit
158 MERCURE DE FRANCE
,
bruit de toute l'Artillerie , à bord d'une des Ga
leres d'Espagne ; S. A. R. ayant débarqué vers
le soir , fit son Entrée publique dans cette Ville ,
où elle fut reçue en qualité de Grand Prince de Toscane avec tout l'éclat et toute la magnificence possible ; la Ville étoit entierement illuminée , et les Ruës par où ce Prince passa étoient ornées de riches Tapisseries &c. Don Carlos
a essuyé une terrible tempête la nuit du 26 au
27. à la hauteur du Cap Noli : toutes les Galeres
ayant été dispersées , mais elles ont eû le bonheur de resister à la violence des Vents ; les trois
Galeres de Toscane étant déja entrées dans le
Port de Livourne) , de même que les autres Galeres d'Espagne.
Après que Don Carlos fut arrivé en Toscane
son premier soin fut d'expedier des Couriers au
Grand-Duc et àla Duchesse Dorothée , Douairiere de Parme , pour leur donner avis de son
arrivée , et pour faire reconnoître cette Princesse
en son nom , Regente de Parme et de Plaisance.
En effet , la Princesse Dorothée prit possession
te 29 au nom de l'Infant Don Carlos ,
de ces
deux Duchez. Elle reçut les Sermens de tous les
Ordres , les Troupes de ces deux Etats reprirent
leurs Postes , et le lendemain au matin les Troupes Imperiales sortirent de Parme et de Plai- sance pour se retirer dans le Milanez.
>
Le jour de cette prise de Possession , la Duchesse Dorothée fit distribuer un grand nombre
de Medailles d'or , d'argent et de cuivre , qu'elle
avoit fait frapper à ce sujet , pour en marquer L'Epoque de cet évenement.
Le soir du 28 , S. A. R. vit passer sous ses
fenêtres un Char de Triomphe magnifiquement.
orné que la Nation Françoise avoit fait préparer
JANVIER. 1732. r59
parer , sur lequel il y avoit un fort beau Con
cert de toutes sortes d'Instrumens et de Voix. Le
l'Infant retourna chasser dans le Bosquer
des Capucins , où il tua plusieurs Oiseaux et un
Marcassin.
Hij bruit
158 MERCURE DE FRANCE
,
bruit de toute l'Artillerie , à bord d'une des Ga
leres d'Espagne ; S. A. R. ayant débarqué vers
le soir , fit son Entrée publique dans cette Ville ,
où elle fut reçue en qualité de Grand Prince de Toscane avec tout l'éclat et toute la magnificence possible ; la Ville étoit entierement illuminée , et les Ruës par où ce Prince passa étoient ornées de riches Tapisseries &c. Don Carlos
a essuyé une terrible tempête la nuit du 26 au
27. à la hauteur du Cap Noli : toutes les Galeres
ayant été dispersées , mais elles ont eû le bonheur de resister à la violence des Vents ; les trois
Galeres de Toscane étant déja entrées dans le
Port de Livourne) , de même que les autres Galeres d'Espagne.
Après que Don Carlos fut arrivé en Toscane
son premier soin fut d'expedier des Couriers au
Grand-Duc et àla Duchesse Dorothée , Douairiere de Parme , pour leur donner avis de son
arrivée , et pour faire reconnoître cette Princesse
en son nom , Regente de Parme et de Plaisance.
En effet , la Princesse Dorothée prit possession
te 29 au nom de l'Infant Don Carlos ,
de ces
deux Duchez. Elle reçut les Sermens de tous les
Ordres , les Troupes de ces deux Etats reprirent
leurs Postes , et le lendemain au matin les Troupes Imperiales sortirent de Parme et de Plai- sance pour se retirer dans le Milanez.
>
Le jour de cette prise de Possession , la Duchesse Dorothée fit distribuer un grand nombre
de Medailles d'or , d'argent et de cuivre , qu'elle
avoit fait frapper à ce sujet , pour en marquer L'Epoque de cet évenement.
Le soir du 28 , S. A. R. vit passer sous ses
fenêtres un Char de Triomphe magnifiquement.
orné que la Nation Françoise avoit fait préparer
JANVIER. 1732. r59
parer , sur lequel il y avoit un fort beau Con
cert de toutes sortes d'Instrumens et de Voix. Le
l'Infant retourna chasser dans le Bosquer
des Capucins , où il tua plusieurs Oiseaux et un
Marcassin.
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Résumé : Arrivée de Don Carlos en Italie, [titre d'après la table]
Le 23 décembre, l'Infant Don Carlos quitta Antibes à bord des galères du roi d'Espagne, escorté par trois galères du Grand Duc de Toscane. Après avoir surmonté une violente tempête près du Cap Noli, il arriva à Livourne le 27 décembre. Il fut accueilli solennellement en tant que Grand Prince de Toscane, avec des illuminations et des décorations somptueuses. À son arrivée en Toscane, Don Carlos envoya des courriers au Grand-Duc et à la Duchesse Dorothée pour annoncer sa venue et reconnaître cette dernière comme régente de Parme et de Plaisance. Le 29 décembre, la Duchesse Dorothée prit possession de ces duchés au nom de Don Carlos, reçut les serments des différents ordres et ordonna le retrait des troupes impériales. Elle fit également distribuer des médailles commémorant cet événement. Le soir du 28 décembre, Don Carlos assista à un concert sur un char de triomphe préparé par la nation française. Le lendemain, il se rendit dans le bois des Capucins pour chasser, y tuant plusieurs oiseaux et un marcassin.
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2168
p. 159-163
Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
Début :
Le I. de ce mois, S. A. R. reçut les complimens [...]
Mots clefs :
Don Carlos, Infant, Arc de triomphe, Médaillons, Inscriptions, Arrivée, Livourne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
Le r. de ce mois,S. A. R. reçut les complimens
sur la nouvelle année de toutes les personnes de
distinction qui sont à Livourne. La Nation Hol landoise donna à ce Prince le divertissement d'une
Course de chevaux , dont le Prix étoit un Man
teau de Velours cramoisi garni d'argent ; et la
Nation Angloise exposa la Machine qu'elle avoir
fait construire. C'étoit un Arc de Triomphe.
qui avoit sa principale face tournée du côté
de la Porte de la Marine on y voyoit deux Pilastres peints à l'imitation du Marbre verd antique , avec les Bases et les Chapiteaux dorez ,
d'un Ordre composé entre chaque Pilastre étoit
placée une Statue , dont l'une représentoit la
Justice , et l'autre la Clemence. On voyoit un
bas-relief au Piedestal de la Justice , le Conseil
des Dieux , et Mercure conduisant par la main
un jeune Héros , en action de parler , pour le
présenter aux Muses qui se réjouissoient sur les
Mont Parnasse à la vue de ce Héros :
sous on lisoit ::
au-desJam novaprogenies calo demittitur alto.
Dans l'autre bas- relief du Piedestal de la Clemence , étoient représentés le Port et la Ville
de Livourne , ayant les Portes ouvertes : dans le
lointain , diverses Galeres qui y dirigeoient leur
course , dont on distinguoit la Royale d'Espagne , sur le devant de laquelle on voyoit la Fe
Licité qui prioit Neptune de calmer la Mer , et
d'accorder un heureux Voyage au Prince Don
Carlos ; et derriere Neptune on voyoit le Temps Hij qui:
166 MERCURE DE FRANCE
qui tenoit la Tempête assujettie à ses pieds : au dessus étoit écrit :
Volvenda dies en attulit ultro..
L'Inscription suivante paroissoit sur la partie
supérieure , en lettres d'or et noires , comme sur un fond imité de Marbre blanc.
SALVO ATQUE INCOLUMI CAROLO PRIN-.-
CIPE PHILIPPI V , Hispaniarum Regis , et Ré-,
gina Elisabetha Farnesia , Filio inclito , Felice ,
Augusto , Parma et Placentia Duce , quod optatissimo adventu suo impletis omnium votis qualis
quantusque futurus sit in hoc Imperio faustis aus-,
piciis ostendat restituta Europa pace , confirmataque Etruria felicitate Britanni hic Negociantes ,
annuente et favente Joanne Gastone , Magno Duce
Etruria , summa_latitia gestientibus animis po- suere.
Sur les Médaillons de chaque côté étoient as¬
sises deux Statues , dont l'une représentoit la
Gloire , et l'autre l'Eternité , et au dessus de
FInscription étoient les Armes d'Espagne.
Il y avoit dans l'autre façade de l'Arc de
Triomphe , tournée du côté de la Porte de Pise
entre deux Pilastres , deux Statues , dont l'une
à droite représentoit la Providence , et l'autre la Liberalité. Les Arts liberaux et l'accroissement
du Commerce étoient dépeints dans le bas-relief
du Piedestal qui étoit sous la Providence , avec ces mots FELICITAS ETRURIÆ ; et sous la
Liberalité , on voyoit la Paix et la Felicité qui
embrassoient l'Europe. Le Temple de Janus paroissoit fermé , et sur le devant on voyoit des
petits genies qui amassoient des Armes et des
Instrumens de Guerre , et en faisoient un Feu de
joye , avec ces mots ; PAIX D'EUROPE.
L'Ins
JANVIER 1732 161
L'Inscription suivante , en lettres d'or et noi-
> étoit dans la partie supérieure de cette:
façade.
Ingresso feliciter Etruriam exoptatissimo ›Prin+-
cipe Carolo , multiplicatis ubique votis latisque
acclamationibus , Britanni hac Negociantes maximo gestientes gaudio , Philippi V. Hispaniarum
Regis , et Regina Elizabetha Farnesis , atque Joanni Gastori; Magno Duci Etruria , Sospite filio inclito , dignoque successore , perenni obsequio gratu lantur.
Sur les deux Médaillons des côtez , paroissoient assises la Joye et la Constance , avec les
Symboles et les Attributs qui leur sont propres ;
et sur l'Inscription de cette Façade , de même que
sur les deux côtez de l'édifice , on voyoit pareillement les Armes d'Espagne, surmontées par tout
d'une Couronne dorée , et supportées par deux :
Lions.
Aux quatres parties intérieures de l'Arc de :
triomphe étoient placez quatre Médaillons ovales , peints au Chiaro Oscuro. Dans le premier ,
qui répondoit à l'alignement de la Justice , paroissoit unjeune Prince, avec son Manteau Royal,, tenant de la main droite un Globe ; et de la gauche une Lance , avec ces mots : PRINCIPI JU- ·
VENTUTIS ; et dans l'endroit qui répondoit à la Clémence , étoit peinte une Galere , conduite par
Neptune , et faisant voile , avec un vent fa vorable , avec ces mots : FELIX ADVENTUS.
Vis-à- vis , à l'endroit qui répondoit à la Sa--
rue de la Liberalité, il y avoit un autre Médaillon,
dans lequel étoit représentée l'Esperance , avec une
Fleur à la main , et ayant à ses pieds une Mesuse remplie d'Epics. de Blé , avec cette Devise a :
H.v. SPES ›
162 MERCURE DE FRANCE®
SPES PUBLICA; et vis- à vis le premier Médail
lon , du côté de la Statuë de la Providence ,
étoient peints quatre petits Genies , faisant un
beau Groupe , représentant allégoriquement les
quatre Saisons , avec ces mots : FELICITAS,
TEMPORUM.
Les Bases , Chapiteaux , Corniches , Festons et- autres ornemens de cet Edifice étoient tous dorez; ce qui, joint au bon gout qui regnoit dans la
distribution des couleurs , à l'imitation des plus beaux marbres , offroit à la vue tout ce qu'on
peut s'imaginer de plus magnifique et de plus .
Beau. Les huit Statues et les quatre Médaillons ,
étoient pris des Revers des Médailles des Empereurs Romains et peints par differens Peintres ,
qui ont le plus de réputation . Les deux Façades ,
avoient 47 pieds , et les deux côtez 28 pieds de largeur , et 76 pieds de hauteur. Le tout a été
conduit par le sieur Ferdinand Ruggier , celebre Architecte Florentin. L'Abbé Antoine - François
Gori , Professeur en l'Histoire de l'Université
deFlorence , est l'Auteur des Inscriptions,.
de vent
Voicy d'autres circonstances sur l'arrivée de
Don Carlos , en Italie. Le 27 Decembre dernier
la Galere du Chevalier Marescotti , entra dans le
Port deLivourne, ayant été séparée des deux-au-.. tres Galeres du Grand Duc , par un coup
qui l'avoit assez endommagée. Deux heures après
il arriva une autre Galere du Grand Duc , commandée par le Capitaine Nanglé , et le soir on .
vit entrer dans le Port , la Capitane des Galeres .
du Roy d'Espagne , que montoit l'Infant Don Carlos , suivie d'une autre Galere Espagnole. Aussi-tôr qu'on eut donné le signal de l'arrivée de
se Prince , onfit plusieurs décharges d'Artillerie ,.
après
JANVIER. 17326 163
après lesquelles S. A. R. descendit dans la ChaFoupe du Grand Duc , qui étoit magnifiquement
ornée. Il fit ensuite son Entrée publique en cette
Ville , dont la Garnison et la Bourgeoisie étoient.
en Haye et sous les Armes.
Il se rendit d'abord à l'Eglise du Dôme , dans ›
les Carosses du Grand Duc , et il fut reçu par
l'Archevêque de Pise , qui après l'avoir conduit
dans le Choeur , entonna le Te Deum , pendant
lequel on fit encore plusieurs Salves d'Artillerie.
Après le TeDeum , l'Infant Don Carlos se rendir au Palais , où il fut complimenté de la part du
Grand Duc, par la Noblesse et les Officiers de la ·
Ville , ausquels il donna sa main à baiser. Il se
mit à Table à neuf heures du soir , et il fut servi
par le Marquis Ricardi , qui fit les fonctions de
premier Maître d'Hôtel , et par le Comte Ca
nale, qui fit celles d'Echanson. Vers les onze heures du soir , le Marquis de Villa- Réal fut dépêché à Séville , pour porter à L, M. Cath, la nou-- velle de l'arrivée de S. A. R. en Italie.
Le 29 au matin , l'Infant , après avoir fait ses
dévotions la veille , se rendit au Bosquer des Capucins , où il prit le divertissement de tirer des:
Cignes dont on avoit mis un grand nombre
dans le Canal ; l'après midi il se promena dans .
divers quartiers de la Ville , pour se faire voir :
au peuple , qui a fait pendant trois nuits consé
cutives des Feux de joye et des Illuminations.
Les dernieres Lettres d'Italie portent que l'Infant Don Carlos avoit été attaqué de la Petite
Verole peu de tems après son arrivée à Livourne ,
mais que ce Prince étoit hors de tout danger au
départ du Courier.
sur la nouvelle année de toutes les personnes de
distinction qui sont à Livourne. La Nation Hol landoise donna à ce Prince le divertissement d'une
Course de chevaux , dont le Prix étoit un Man
teau de Velours cramoisi garni d'argent ; et la
Nation Angloise exposa la Machine qu'elle avoir
fait construire. C'étoit un Arc de Triomphe.
qui avoit sa principale face tournée du côté
de la Porte de la Marine on y voyoit deux Pilastres peints à l'imitation du Marbre verd antique , avec les Bases et les Chapiteaux dorez ,
d'un Ordre composé entre chaque Pilastre étoit
placée une Statue , dont l'une représentoit la
Justice , et l'autre la Clemence. On voyoit un
bas-relief au Piedestal de la Justice , le Conseil
des Dieux , et Mercure conduisant par la main
un jeune Héros , en action de parler , pour le
présenter aux Muses qui se réjouissoient sur les
Mont Parnasse à la vue de ce Héros :
sous on lisoit ::
au-desJam novaprogenies calo demittitur alto.
Dans l'autre bas- relief du Piedestal de la Clemence , étoient représentés le Port et la Ville
de Livourne , ayant les Portes ouvertes : dans le
lointain , diverses Galeres qui y dirigeoient leur
course , dont on distinguoit la Royale d'Espagne , sur le devant de laquelle on voyoit la Fe
Licité qui prioit Neptune de calmer la Mer , et
d'accorder un heureux Voyage au Prince Don
Carlos ; et derriere Neptune on voyoit le Temps Hij qui:
166 MERCURE DE FRANCE
qui tenoit la Tempête assujettie à ses pieds : au dessus étoit écrit :
Volvenda dies en attulit ultro..
L'Inscription suivante paroissoit sur la partie
supérieure , en lettres d'or et noires , comme sur un fond imité de Marbre blanc.
SALVO ATQUE INCOLUMI CAROLO PRIN-.-
CIPE PHILIPPI V , Hispaniarum Regis , et Ré-,
gina Elisabetha Farnesia , Filio inclito , Felice ,
Augusto , Parma et Placentia Duce , quod optatissimo adventu suo impletis omnium votis qualis
quantusque futurus sit in hoc Imperio faustis aus-,
piciis ostendat restituta Europa pace , confirmataque Etruria felicitate Britanni hic Negociantes ,
annuente et favente Joanne Gastone , Magno Duce
Etruria , summa_latitia gestientibus animis po- suere.
Sur les Médaillons de chaque côté étoient as¬
sises deux Statues , dont l'une représentoit la
Gloire , et l'autre l'Eternité , et au dessus de
FInscription étoient les Armes d'Espagne.
Il y avoit dans l'autre façade de l'Arc de
Triomphe , tournée du côté de la Porte de Pise
entre deux Pilastres , deux Statues , dont l'une
à droite représentoit la Providence , et l'autre la Liberalité. Les Arts liberaux et l'accroissement
du Commerce étoient dépeints dans le bas-relief
du Piedestal qui étoit sous la Providence , avec ces mots FELICITAS ETRURIÆ ; et sous la
Liberalité , on voyoit la Paix et la Felicité qui
embrassoient l'Europe. Le Temple de Janus paroissoit fermé , et sur le devant on voyoit des
petits genies qui amassoient des Armes et des
Instrumens de Guerre , et en faisoient un Feu de
joye , avec ces mots ; PAIX D'EUROPE.
L'Ins
JANVIER 1732 161
L'Inscription suivante , en lettres d'or et noi-
> étoit dans la partie supérieure de cette:
façade.
Ingresso feliciter Etruriam exoptatissimo ›Prin+-
cipe Carolo , multiplicatis ubique votis latisque
acclamationibus , Britanni hac Negociantes maximo gestientes gaudio , Philippi V. Hispaniarum
Regis , et Regina Elizabetha Farnesis , atque Joanni Gastori; Magno Duci Etruria , Sospite filio inclito , dignoque successore , perenni obsequio gratu lantur.
Sur les deux Médaillons des côtez , paroissoient assises la Joye et la Constance , avec les
Symboles et les Attributs qui leur sont propres ;
et sur l'Inscription de cette Façade , de même que
sur les deux côtez de l'édifice , on voyoit pareillement les Armes d'Espagne, surmontées par tout
d'une Couronne dorée , et supportées par deux :
Lions.
Aux quatres parties intérieures de l'Arc de :
triomphe étoient placez quatre Médaillons ovales , peints au Chiaro Oscuro. Dans le premier ,
qui répondoit à l'alignement de la Justice , paroissoit unjeune Prince, avec son Manteau Royal,, tenant de la main droite un Globe ; et de la gauche une Lance , avec ces mots : PRINCIPI JU- ·
VENTUTIS ; et dans l'endroit qui répondoit à la Clémence , étoit peinte une Galere , conduite par
Neptune , et faisant voile , avec un vent fa vorable , avec ces mots : FELIX ADVENTUS.
Vis-à- vis , à l'endroit qui répondoit à la Sa--
rue de la Liberalité, il y avoit un autre Médaillon,
dans lequel étoit représentée l'Esperance , avec une
Fleur à la main , et ayant à ses pieds une Mesuse remplie d'Epics. de Blé , avec cette Devise a :
H.v. SPES ›
162 MERCURE DE FRANCE®
SPES PUBLICA; et vis- à vis le premier Médail
lon , du côté de la Statuë de la Providence ,
étoient peints quatre petits Genies , faisant un
beau Groupe , représentant allégoriquement les
quatre Saisons , avec ces mots : FELICITAS,
TEMPORUM.
Les Bases , Chapiteaux , Corniches , Festons et- autres ornemens de cet Edifice étoient tous dorez; ce qui, joint au bon gout qui regnoit dans la
distribution des couleurs , à l'imitation des plus beaux marbres , offroit à la vue tout ce qu'on
peut s'imaginer de plus magnifique et de plus .
Beau. Les huit Statues et les quatre Médaillons ,
étoient pris des Revers des Médailles des Empereurs Romains et peints par differens Peintres ,
qui ont le plus de réputation . Les deux Façades ,
avoient 47 pieds , et les deux côtez 28 pieds de largeur , et 76 pieds de hauteur. Le tout a été
conduit par le sieur Ferdinand Ruggier , celebre Architecte Florentin. L'Abbé Antoine - François
Gori , Professeur en l'Histoire de l'Université
deFlorence , est l'Auteur des Inscriptions,.
de vent
Voicy d'autres circonstances sur l'arrivée de
Don Carlos , en Italie. Le 27 Decembre dernier
la Galere du Chevalier Marescotti , entra dans le
Port deLivourne, ayant été séparée des deux-au-.. tres Galeres du Grand Duc , par un coup
qui l'avoit assez endommagée. Deux heures après
il arriva une autre Galere du Grand Duc , commandée par le Capitaine Nanglé , et le soir on .
vit entrer dans le Port , la Capitane des Galeres .
du Roy d'Espagne , que montoit l'Infant Don Carlos , suivie d'une autre Galere Espagnole. Aussi-tôr qu'on eut donné le signal de l'arrivée de
se Prince , onfit plusieurs décharges d'Artillerie ,.
après
JANVIER. 17326 163
après lesquelles S. A. R. descendit dans la ChaFoupe du Grand Duc , qui étoit magnifiquement
ornée. Il fit ensuite son Entrée publique en cette
Ville , dont la Garnison et la Bourgeoisie étoient.
en Haye et sous les Armes.
Il se rendit d'abord à l'Eglise du Dôme , dans ›
les Carosses du Grand Duc , et il fut reçu par
l'Archevêque de Pise , qui après l'avoir conduit
dans le Choeur , entonna le Te Deum , pendant
lequel on fit encore plusieurs Salves d'Artillerie.
Après le TeDeum , l'Infant Don Carlos se rendir au Palais , où il fut complimenté de la part du
Grand Duc, par la Noblesse et les Officiers de la ·
Ville , ausquels il donna sa main à baiser. Il se
mit à Table à neuf heures du soir , et il fut servi
par le Marquis Ricardi , qui fit les fonctions de
premier Maître d'Hôtel , et par le Comte Ca
nale, qui fit celles d'Echanson. Vers les onze heures du soir , le Marquis de Villa- Réal fut dépêché à Séville , pour porter à L, M. Cath, la nou-- velle de l'arrivée de S. A. R. en Italie.
Le 29 au matin , l'Infant , après avoir fait ses
dévotions la veille , se rendit au Bosquer des Capucins , où il prit le divertissement de tirer des:
Cignes dont on avoit mis un grand nombre
dans le Canal ; l'après midi il se promena dans .
divers quartiers de la Ville , pour se faire voir :
au peuple , qui a fait pendant trois nuits consé
cutives des Feux de joye et des Illuminations.
Les dernieres Lettres d'Italie portent que l'Infant Don Carlos avoit été attaqué de la Petite
Verole peu de tems après son arrivée à Livourne ,
mais que ce Prince étoit hors de tout danger au
départ du Courier.
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Résumé : Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
En janvier 1732, Son Altesse Royale reçut les vœux de la nouvelle année de la part des personnalités distinguées de Livourne. La Nation Hollandais organisa une course de chevaux pour le prince, avec un manteau de velours cramoisi garni d'argent comme prix. La Nation Anglaise présenta un Arc de Triomphe devant la Porte de la Marine. Cet arc comportait deux pilastres imitant le marbre vert antique, avec des bases et des chapiteaux dorés. Entre les pilastres se trouvaient des statues représentant la Justice et la Clémence. Le bas-relief du piédestal de la Justice montrait le Conseil des Dieux et Mercure conduisant un jeune héros vers les Muses sur le Mont Parnasse. Celui de la Clémence représentait le port et la ville de Livourne, avec des galères et des figures allégoriques comme la Félicité et Neptune. L'Arc de Triomphe comportait des inscriptions en lettres d'or et noires, louant le prince Don Carlos et ses parents, le roi Philippe V d'Espagne et la reine Élisabeth Farnèse. Des statues de la Gloire et de l'Éternité, ainsi que les armes d'Espagne, étaient présentes. Sur la façade tournée vers la Porte de Pise, se trouvaient des statues de la Providence et de la Liberalité, avec des bas-reliefs représentant les arts libéraux, le commerce, la paix et la félicité embrassant l'Europe. Le Temple de Janus fermé symbolisait la paix en Europe. L'arrivée de Don Carlos en Italie fut marquée par plusieurs événements. Le 27 décembre, la galère du Chevalier Marescotti entra dans le port de Livourne, suivie par d'autres galères du Grand Duc et du roi d'Espagne. Don Carlos fut accueilli par des salves d'artillerie et se rendit à l'église du Dôme pour le Te Deum. Il fut ensuite complimenté par la noblesse et les officiers de la ville. Le 29 décembre, il se promena dans divers quartiers de Livourne pour se faire voir au peuple. Peu après son arrivée, Don Carlos contracta la petite vérole, mais il était hors de danger au départ du courrier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2169
p. 164-165
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On écrit de Londres que le 8. de ce mois, [...]
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Parlement d'Irlande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N écrit de Londres que le 8 de ce mois
Adgi Mahomet Said et Adgi Ali , Envoyez de la Regence d'Alger, eurent leur premiere Audience particuliere du Roy , dans l'appar
tement duquel ils furent introduits par le Lord
Harrington , Secretaire d'Etat. Ils eurent ensuite
Audience de la Reine, étant présentez par le Com
te de Grantham , Lord Chambellan de S. M. Le
lendemain ils eurent Audience du Pr. de Galles ee
du Duc de Cumberland. Le Roy a accordé à ces
deux Envoyez 80 liv. sterl. par mois, pendant leur
séjour en Angleterre.
་
LeParlement d'Irlande a continué la taxe sur la
Biere , le Vin et les Eaux Spiriteuses , et pour
être en état de fournir un nouveau subside auRoy,
ila mis une imposition de quatre Chelins par liv.
sur tous les revenus des terres , rentes et pensions.
Quelques Gentils- hommes ayant formé dans、
de
JANVIER. 1732. 165
le même Royaume une Société , pour le progrès
de l'Agriculture , ils ont choisi le Duc de Dorset,
Viceroy, pour leur Président , et le Primat dus
Royaume pour leur Vice-Président..
-
L'Amiral Wager arriva sur la fin du mois dernier à Londres , de retour de Livourne , avec
la Flotte Angloise. Il fut tres favorablement
reçu du Roy et de la Reine ; et fit voir à L. M.
le magnifique Portrait du Roy d'Espagne , dontS. M. Cath. lui a fait présent. Il est enrichi de deux rangs de Diamans brillans, surmonté d'une
Couronne , au haut de laquelle est un tres-gros
Diamant , estimé 800liv. sterl, et le tout ensein.
ble sooo liv. sterl.
N écrit de Londres que le 8 de ce mois
Adgi Mahomet Said et Adgi Ali , Envoyez de la Regence d'Alger, eurent leur premiere Audience particuliere du Roy , dans l'appar
tement duquel ils furent introduits par le Lord
Harrington , Secretaire d'Etat. Ils eurent ensuite
Audience de la Reine, étant présentez par le Com
te de Grantham , Lord Chambellan de S. M. Le
lendemain ils eurent Audience du Pr. de Galles ee
du Duc de Cumberland. Le Roy a accordé à ces
deux Envoyez 80 liv. sterl. par mois, pendant leur
séjour en Angleterre.
་
LeParlement d'Irlande a continué la taxe sur la
Biere , le Vin et les Eaux Spiriteuses , et pour
être en état de fournir un nouveau subside auRoy,
ila mis une imposition de quatre Chelins par liv.
sur tous les revenus des terres , rentes et pensions.
Quelques Gentils- hommes ayant formé dans、
de
JANVIER. 1732. 165
le même Royaume une Société , pour le progrès
de l'Agriculture , ils ont choisi le Duc de Dorset,
Viceroy, pour leur Président , et le Primat dus
Royaume pour leur Vice-Président..
-
L'Amiral Wager arriva sur la fin du mois dernier à Londres , de retour de Livourne , avec
la Flotte Angloise. Il fut tres favorablement
reçu du Roy et de la Reine ; et fit voir à L. M.
le magnifique Portrait du Roy d'Espagne , dontS. M. Cath. lui a fait présent. Il est enrichi de deux rangs de Diamans brillans, surmonté d'une
Couronne , au haut de laquelle est un tres-gros
Diamant , estimé 800liv. sterl, et le tout ensein.
ble sooo liv. sterl.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En janvier 1732, Adgi Mahomet Said et Adgi Ali, représentants de la Régence d'Alger, ont été reçus à Londres par le roi, la reine, le prince de Galles et le duc de Cumberland. Le roi leur a accordé une allocation mensuelle de 80 livres sterling. En Irlande, le Parlement a maintenu des taxes sur la bière, le vin et les spiritueux, et a instauré une nouvelle imposition de quatre shillings par livre sur les revenus des terres, rentes et pensions. Parallèlement, des gentilshommes ont fondé une société pour le progrès de l'agriculture, avec le duc de Dorset comme président et le primat du royaume comme vice-président. L'amiral Wager est rentré à Londres avec la flotte anglaise après un voyage à Livourne. Il a été accueilli par le roi et la reine, et a présenté un portrait du roi d'Espagne orné de diamants, estimé à 5000 livres sterling.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2170
p. 164-165
ESPAGNE.
Début :
Les Ouvrages que le Roy a fait construire le long [...]
Mots clefs :
Espagne, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Ouvrages que le Roy a fait construire le
Llong de la Ligne, qui empêche la communica
tion de Gibraltar avec l'Andalousie , étant suffisans pour empêcher que les Anglois ne fassene la contrebande dans cette Province. S.M.a donné
depuis peu des Ordres pour les faire cesser et
pour renvoyer dans leurs quartiers, les Troupes
qui y étoient occupées.
On apprend que le Duc de Riperda qui étoit
arrivé à Tanger , sur un Vaisseau Hollandois ,
en étoit parti pour se rendre à la Cour du Roy de Maroc
Ouvrages que le Roy a fait construire le
Llong de la Ligne, qui empêche la communica
tion de Gibraltar avec l'Andalousie , étant suffisans pour empêcher que les Anglois ne fassene la contrebande dans cette Province. S.M.a donné
depuis peu des Ordres pour les faire cesser et
pour renvoyer dans leurs quartiers, les Troupes
qui y étoient occupées.
On apprend que le Duc de Riperda qui étoit
arrivé à Tanger , sur un Vaisseau Hollandois ,
en étoit parti pour se rendre à la Cour du Roy de Maroc
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Résumé : ESPAGNE.
Le roi d'Espagne a ordonné l'arrêt des travaux et le retrait des troupes des fortifications entre Gibraltar et l'Andalousie. Ces ouvrages empêchaient la contrebande anglaise. Par ailleurs, le Duc de Riperda a quitté Tanger pour la cour du roi du Maroc.
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2171
p. 165-169
Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
Début :
MYLORDS ET MESSIEURS, C'est un grand plaisir pour moi [...]
Mots clefs :
Discours, Roi d'Angleterre, Chambre des pairs, Espagne, Chambre des communes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
idi , le Roy se rendit en Cortège en la Chambre des Pairs , ayant mandé les Communes.S M. fit l'ouverture de la Scéance du Parlement par le.
Discours suivant.
MYLORDS ET MESSIEURS,
C'est un grand plaisir pour moi de pouvoir vous dire que les esperances que je vous ai données de
temps en temps , de voir la tranquillité de l'Europe rétablie et affermie , sont à present entierement
accomplies,je m'assure que la part du crédit et de
l'influence que la Couronne d'Angleterre a eue dans
La réussite de cette affaire , comme on le reconnoît au dehors , sera agréable à mon peuple , et que vous en aurez de la reconnoissance..
On sçait que depuis le temps de la conclusion,
de la Quadruple Alliance , les diferentes Cours de
l'Europe ont cherché les moyens d'exécuter ce qui
avoit été convenu par les Puissances principales pour la succession de Toscane , et des Duchez de
Parme et de Plaisance , en faveur d'un Infant
d'Espagne
2
18 MERCURE DE FRANCE
Espagne , mais les interets differens et opposez
difficiles à concilier et à réunir pour faire réussir
une affaire de si grande importance; les vues éten
dues et les esperances qu'on avoit conçûës de chaque côté, d'obtenir de plus grands avantages , les ja- ·
lousies naturelles et les défiances que de tels principes
et des desseins contraires les uns aux autres , ont
fait naître parmi les differentes Puissances interessées avoit tenu en suspens et dans l'inéxécution ;
ce quela Cour d'Espagne avoit extrêmement àcœur,,
et avoit causé des troubles et des désordes qui ont
embarassé les affaires de l'Europe pendant plusieurs
années , et dans lesquels les interêts particuliers de
cette Nation ont été envelopez. ,
Vous avez été de temps en temps informez des :
differentes mesures et négociations qu'on a employées
de tous côtez durant cette situation incertaine des affaires , et vous m'avez mis en état de continuer
mes soins , pour conserver les droits et possessions .
de ce Royaume, la paix et la balance de l'Europe
Les articles préliminaires et les transactions qui les
ont suivies , n'ayant pas répondu aux attentes de la
Cour d'Espagne , et ayant causéde la froideur et du mécontentement entre les Parties contractantes di
premier Traité de Vienne , furent le fondement et là
cause du Traité de Séville , et détruisirent parla :
cette union , qui avoit fait naître tant de crainte et allarmé le monde si long- temps.
L'exécution du Traité de Séville étoit la grande
difficulté qui restoit encore ; et quelqu'insurmontable qu'on a crût,j'aipar lesecours etparlaconfiance que vous avez euë en moi , été en état de la vaincre par des Traitez justes et honorables , sans en
venir aux extrémitez , sans courir le hazard ni
m'exposer à la dépense qu'auroit causé une rupture··
générale , et sans allumer la guerre dans aucune
partie de l'Europe... Parme
JANVIER 1732: 167-
Parme et Plaisance sont à présent dans l'actuelle ·
possession de l'Infant Don Carlos. Six mille Espagnols ont été tranquillement reçus et mis en quar-.
tiers dans le Duché de Toscane , afin d'assurer à ce
Prince, du propre consentement et de l'agrément du Grand Duc, la survivance à ses Etats ; et l'on a:
fait une convention de famille entre les Cours d'Espagne et de Toscane , pour conserver la Paixet l'a
mitié entre ses deux Maisons pendant la vie du
Grand Duc.
Pour perfectionner et finir cet Ouvrage ennuyeux,
conduit au travers d'une suite de changement et de ·
vicissitude infinie , et embarassé de toutes les diffe .
rentes vûës d'interêts et d'ambition ; j'ay conclu le :
dernier Traité de Vienne , oùje ne suis entré dans ;
aucuns engagemens contraires aux précédens Trai
tez, ni qui tendent à agrandir ou diminuer lepouvoir ou le poids d'aucun Potentat ; le but n'étant, &
de conserver une juste balance et d'éviter la confusion que les nouveaux changemens et de nouveaux troubles , que les évenemens futurs feroient
naitre , causeroient inévitablement, et dans lesquels .
PAngleterre ne pourroit jamais demeurer tranquille
ni être spectatrice oisive.
que
Quandcela aura été bien consideréet qu'on verra
queles playes qui ont saigné long-temps , sont entierement consolidées ; les jalousies sans fondement cesseront , la paix et la bonne harmonie reviendront
ensemble , toute défiance et soupçon , effet naturel des
délais réitérez , artificieusement insinués et indus-..
trieusement augmentez et aggravez , seront éloignez ; une mutuelle satisfaction sera la conséquence
de la ponctuelle et effective exécution de tous nos
Engagemens , dont on se ressouviendra toujours
avec beaucoup d'égard et d'honneur pour la Couronne et pour cette Nation , et qui mettra ceux quiJu
13 MERCURE DE FRANCE
·
sont immédiatement intéressez , dans une obliga--
tion indispensable d'en avoir la reconnoissance que
P'honneur et la justice demandent.
MESSIEURS de la Chambre des
Communes ,
On remettra devant vous les estimations où l'é--
tat des dépenses pour le service de l'année courante , qui , comme vous le remarquerez, sont beau coup moins considérables que celles des années précédentes. C'est un plaisir pour moi de soulager mes :
Sujets quand le temps le permet , vous avez veu les
heureux effets de votre ancien zele et fermeté , le
succès a accompagné mes mesures et vous recueillez
le fruit de mes efforts et de votre confiance en moy.
C'est pour vous une satisfaction de sçavoir quetour
tes les dépenses que vous avez faites en dernier lieu,
sont amplement recompensées, en en évitant de beaucoup plus grandes.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Je mepromets que cette heureuse situation des affaires vous donnera des dispositions unanimes et un juste zele pour le bien public , telles qu'elles convien
nenta un Parlement qui connoit les grands bonheurs
dont il jouit. Le devoir et l'affection de mes Sujets ·
sont toute la reconnoissance queje désire pour l'amour paternel que j'ai pour eux , et pour l'interêt que
jeprends en tout ce qui les regarde.. Mon gouvernement n'a de sureté que dans -ce
qui peut contribuer également à votre bonheur et
ala protection de mon peuple , et votre prosperité n'a
de fondement que dans la défense et le soutien de
mon gouvernement. Notre sureté est mutuelle , nas
intérêts sont inséparables. ·
Le Roy étant sorti de la Chambre , les Sei
gneurs
JANVIER. 1732. 169
gneurs résolurent unanimement de présenter une
adresse à S M. pour le remercier de sa Harangue,
Les Communes retirées dans leur Chambre , y
prirent une semblable résolution.
Discours suivant.
MYLORDS ET MESSIEURS,
C'est un grand plaisir pour moi de pouvoir vous dire que les esperances que je vous ai données de
temps en temps , de voir la tranquillité de l'Europe rétablie et affermie , sont à present entierement
accomplies,je m'assure que la part du crédit et de
l'influence que la Couronne d'Angleterre a eue dans
La réussite de cette affaire , comme on le reconnoît au dehors , sera agréable à mon peuple , et que vous en aurez de la reconnoissance..
On sçait que depuis le temps de la conclusion,
de la Quadruple Alliance , les diferentes Cours de
l'Europe ont cherché les moyens d'exécuter ce qui
avoit été convenu par les Puissances principales pour la succession de Toscane , et des Duchez de
Parme et de Plaisance , en faveur d'un Infant
d'Espagne
2
18 MERCURE DE FRANCE
Espagne , mais les interets differens et opposez
difficiles à concilier et à réunir pour faire réussir
une affaire de si grande importance; les vues éten
dues et les esperances qu'on avoit conçûës de chaque côté, d'obtenir de plus grands avantages , les ja- ·
lousies naturelles et les défiances que de tels principes
et des desseins contraires les uns aux autres , ont
fait naître parmi les differentes Puissances interessées avoit tenu en suspens et dans l'inéxécution ;
ce quela Cour d'Espagne avoit extrêmement àcœur,,
et avoit causé des troubles et des désordes qui ont
embarassé les affaires de l'Europe pendant plusieurs
années , et dans lesquels les interêts particuliers de
cette Nation ont été envelopez. ,
Vous avez été de temps en temps informez des :
differentes mesures et négociations qu'on a employées
de tous côtez durant cette situation incertaine des affaires , et vous m'avez mis en état de continuer
mes soins , pour conserver les droits et possessions .
de ce Royaume, la paix et la balance de l'Europe
Les articles préliminaires et les transactions qui les
ont suivies , n'ayant pas répondu aux attentes de la
Cour d'Espagne , et ayant causéde la froideur et du mécontentement entre les Parties contractantes di
premier Traité de Vienne , furent le fondement et là
cause du Traité de Séville , et détruisirent parla :
cette union , qui avoit fait naître tant de crainte et allarmé le monde si long- temps.
L'exécution du Traité de Séville étoit la grande
difficulté qui restoit encore ; et quelqu'insurmontable qu'on a crût,j'aipar lesecours etparlaconfiance que vous avez euë en moi , été en état de la vaincre par des Traitez justes et honorables , sans en
venir aux extrémitez , sans courir le hazard ni
m'exposer à la dépense qu'auroit causé une rupture··
générale , et sans allumer la guerre dans aucune
partie de l'Europe... Parme
JANVIER 1732: 167-
Parme et Plaisance sont à présent dans l'actuelle ·
possession de l'Infant Don Carlos. Six mille Espagnols ont été tranquillement reçus et mis en quar-.
tiers dans le Duché de Toscane , afin d'assurer à ce
Prince, du propre consentement et de l'agrément du Grand Duc, la survivance à ses Etats ; et l'on a:
fait une convention de famille entre les Cours d'Espagne et de Toscane , pour conserver la Paixet l'a
mitié entre ses deux Maisons pendant la vie du
Grand Duc.
Pour perfectionner et finir cet Ouvrage ennuyeux,
conduit au travers d'une suite de changement et de ·
vicissitude infinie , et embarassé de toutes les diffe .
rentes vûës d'interêts et d'ambition ; j'ay conclu le :
dernier Traité de Vienne , oùje ne suis entré dans ;
aucuns engagemens contraires aux précédens Trai
tez, ni qui tendent à agrandir ou diminuer lepouvoir ou le poids d'aucun Potentat ; le but n'étant, &
de conserver une juste balance et d'éviter la confusion que les nouveaux changemens et de nouveaux troubles , que les évenemens futurs feroient
naitre , causeroient inévitablement, et dans lesquels .
PAngleterre ne pourroit jamais demeurer tranquille
ni être spectatrice oisive.
que
Quandcela aura été bien consideréet qu'on verra
queles playes qui ont saigné long-temps , sont entierement consolidées ; les jalousies sans fondement cesseront , la paix et la bonne harmonie reviendront
ensemble , toute défiance et soupçon , effet naturel des
délais réitérez , artificieusement insinués et indus-..
trieusement augmentez et aggravez , seront éloignez ; une mutuelle satisfaction sera la conséquence
de la ponctuelle et effective exécution de tous nos
Engagemens , dont on se ressouviendra toujours
avec beaucoup d'égard et d'honneur pour la Couronne et pour cette Nation , et qui mettra ceux quiJu
13 MERCURE DE FRANCE
·
sont immédiatement intéressez , dans une obliga--
tion indispensable d'en avoir la reconnoissance que
P'honneur et la justice demandent.
MESSIEURS de la Chambre des
Communes ,
On remettra devant vous les estimations où l'é--
tat des dépenses pour le service de l'année courante , qui , comme vous le remarquerez, sont beau coup moins considérables que celles des années précédentes. C'est un plaisir pour moi de soulager mes :
Sujets quand le temps le permet , vous avez veu les
heureux effets de votre ancien zele et fermeté , le
succès a accompagné mes mesures et vous recueillez
le fruit de mes efforts et de votre confiance en moy.
C'est pour vous une satisfaction de sçavoir quetour
tes les dépenses que vous avez faites en dernier lieu,
sont amplement recompensées, en en évitant de beaucoup plus grandes.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Je mepromets que cette heureuse situation des affaires vous donnera des dispositions unanimes et un juste zele pour le bien public , telles qu'elles convien
nenta un Parlement qui connoit les grands bonheurs
dont il jouit. Le devoir et l'affection de mes Sujets ·
sont toute la reconnoissance queje désire pour l'amour paternel que j'ai pour eux , et pour l'interêt que
jeprends en tout ce qui les regarde.. Mon gouvernement n'a de sureté que dans -ce
qui peut contribuer également à votre bonheur et
ala protection de mon peuple , et votre prosperité n'a
de fondement que dans la défense et le soutien de
mon gouvernement. Notre sureté est mutuelle , nas
intérêts sont inséparables. ·
Le Roy étant sorti de la Chambre , les Sei
gneurs
JANVIER. 1732. 169
gneurs résolurent unanimement de présenter une
adresse à S M. pour le remercier de sa Harangue,
Les Communes retirées dans leur Chambre , y
prirent une semblable résolution.
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Résumé : Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
Le roi s'est rendu à la Chambre des Pairs pour ouvrir la séance du Parlement par un discours. Il a annoncé que les espoirs de rétablir la tranquillité en Europe étaient accomplis, mettant en avant le rôle de la Couronne d'Angleterre dans cette réussite. Depuis la Quadruple Alliance, les cours européennes cherchaient à exécuter les accords concernant la succession de la Toscane et des duchés de Parme et de Plaisance en faveur d'un infant d'Espagne. Cependant, les intérêts divergents et les défiances avaient retardé l'exécution de ces accords, causant des troubles en Europe. Le roi a mentionné les différentes mesures et négociations employées durant cette période incertaine, visant à conserver les droits et possessions du Royaume, ainsi que la paix et la balance en Europe. Les articles préliminaires et les transactions du premier Traité de Vienne n'ayant pas répondu aux attentes de la Cour d'Espagne, ils furent à l'origine du Traité de Séville. L'exécution de ce traité fut facilitée par des accords justes et honorables, évitant ainsi une rupture générale et une guerre en Europe. Parme et Plaisance sont désormais sous la possession de l'infant Don Carlos, et des Espagnols ont été installés en Toscane pour assurer la succession. Une convention de famille entre les cours d'Espagne et de Toscane a été conclue pour maintenir la paix et l'amitié. Le roi a conclu le dernier Traité de Vienne, visant à conserver une juste balance et à éviter de nouveaux troubles. Le roi a souligné que les dépenses pour l'année courante étaient moins considérables que les années précédentes, remerciant ses sujets pour leur zèle et leur confiance. Il a exprimé son désir de voir le Parlement uni et zélé pour le bien public, soulignant que la sécurité et la prospérité mutuelles dépendaient de la défense et du soutien réciproques. À la fin du discours, les seigneurs et les communes ont résolu de présenter une adresse au roi pour le remercier de sa harangue.
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2172
p. 170-174
« Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
Début :
Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...]
Mots clefs :
Symphonie, Concert, Opéra, Ballet, Théâtre, Course de traîneaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
FRANCE
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
E premier Janvier , les Hautbois de
la Chambre du Roy joüerent selon
la coutume , plusieurs Pieces de Sympho
nie de M. de Lully , au lever de S. M. et:
les Vingt- quatre executerent au dîner une
suite d'Airs de la composition de M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique du
Roy en semestre.
Le 2 , il y eut Concert dans le salon de
de la Reine , et on chanta devant S. M. le
quattiéme Acte de l'Opera de Roland ,
dont le principal Rôle fut chanté par le:
sieur Chassé , les Actes precedens avoient
été chantés au mois de Decembre.
Le7. on fit entendre à la Reine le Prologue et le premier Acte d'Amadis , et on
continua la suite le 9. etle 14.La Dlle Antier chanta le Rôle d'Arcabonne , le sieur
d'Angerville: celui d'Arcalaus , le sieur
Guedon celui d'Amadis , & la Dle le.
Maurefit avec un grand succès leRôle d'O-- rianne.
•
Le is. la Reine demanda l'Opera d'Omphale:
JANVIER. 1732. 171
phale, mis en Musique par M.Destouches.
S. M. entendit le Prologue et le 1er Acte
dans son Salon. Le même Opera fut continué le 21. et le 23. les Dlles Antier et
Lenners chanterent les Rôles d'Argine et
d'Omphale , et les sieurs d'Angerville et;
Petillot ceux d'Hercule et d'Iphis.
Le 28. il y eut Ballet sur le Theatre ou
Pon joue ordinairement la Comedie. Le
divertissement étoit composé de la qua
triéme Entrée du Ballet de l'Europe Galante, intitulé la Turquie, de la quatriéme Entrée du Ballet des Elemens , qui a pour titre
la Terre, et de l'Acte du Bal des Fêtes Ve nitiennes.
Dans le premier Acte les sieurs Thevenard et Chassé chanterent les Rôles du
Sultan et du Grand Bostangi , et les Dlles
Antier etPellessier ceux des deux Sultanes,
P'une favorite et l'autre disgraciée.
Dans le second Acte , les sieurs Tribou ;
et Chassé firent les Rôles de Vertumne et
de Pan , et la Dlle le Maure celui de Pamone.
›
Dans l'Acte du Bal , les sieurs Chassé
et Dumats , ont fait les Rôles d'Alamir
et de Themir; ceux du Maître de Musique et de Danse ont été joués par les sieurs
Tribou et Laval , et la Dlle Petit- Pas a
chanté le Rôle d'Iphise... Les
72 MERCURE DE FRANCE,
Les sieurs du Pré , du Moulin Freres
Laval , Javilliers , Malter & les Diles Prevôr , Camargo , Salé et autres , ont executé le Ballet composé par le sieur Blondi ;
on y a dansépar ordre de la Reine le Past
de Trois du quatriéme Acte de Callirhoé.
L'Orchestre étoit composé des Violons,
Hautbois et Flutes du Roy, et les Chœurs
ont été executés par les Acteurs et Actrices de l'Académie Royalede Musique.
Le 7. de ce mois, le Roy prit le Divertissement d'uneCourse deTraineaux.S.M.
après avoir été prendre à l'Appartement
de Mädemoiselle de Charolois , les Princesses du Sang et les Dames de la Cour,
qui entrerent dans des Traineaux , conduits par les Seigneurs en habits et bonnets de velours cramoisi , doublez d'hermine, fit plusieurs tours dans les Allées
du Parc et le long du grand Canal pendant trois heures ; ayant changé deux
fois de Relais , le Roy mena ensuite la
Compagnie à Trianon , où elle eu l'honneur de souper avec S. M. qui ne retour“
na à Versailles que vers les deux heures
du matin au clair de la Lune.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçû les ordres du Roy le 9. Janvier , se
rendirent à Versailles le lendemain matin,
M. Portail, Premier Président , étant à
lcut
JANVIER. 1732. 173
leur tête ; ils furent présentez et conduits
avec les ceremonies ordinaires à l'AKdiance de S. M. qui leur déclara sa volonté.
.Le 13 L'Abbé de Laubriere., cy- devant
Conseiller au Parlement , nommé à l'Evêché de Soissons , fut sacré dans la Chapelle de l'Archevêché, par l'Archevêque de
Paris , assisté de l'Evêque de Châlons sur
Marne , et de l'Evêque de Luçon , et le
20 il prêta serment de fidelité entre les
mains du Roy.
Le 15.et le 16.les Religieux Mathurins,
de l'Ordre de la sainte Trinité , condui
sirent en Procession dans la Ville de Paris , 33. Esclaves qu'ils ont rachetez à
Constantinople pendant l'année derniere.
Le Marquis de Solera , premier Gentilhomme de la Chambre de l'Infant Dan
Carlos , et que son A. R. a envoyé à Paris
pour remercier le Roy des honneurs qui
lui ont été rendus dans son passage en
France , et pour marquer à S. M. sa reconnoissance de la maniere avec laquelle
on l'a reçu , s'acquitta de cette commission le 15 de ce mois ; il fut présenté au
Roy, par le Marquis de Castellar , Ambassadeur Extraordinaire de S. M. Cath.
Il prit congé de S. M. le 29 , présenté par
le même Ambassadeur.
Le
174 MERCURE DE FRANCE
Le 19 de ce mois , après la Messe du
Roy, Mademoiselle de Chartres reçut
dans la Chapelle du Chateau de Versailles les Cérémonies du Baptême. Le Roy
fut son Parrain ; la Princesse de Conty ,
troisiéme Douairiere, la Maraine ; et cette
Princesse fut nommé Louise Diane. La
Reine et les Princes et Princesses assisterent à cette Cérémonie , qui fut faite par
le Cardinal de Rohan , Grand Aumonier
de France , en présence du Curé de la
Paroisse du Château.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
E premier Janvier , les Hautbois de
la Chambre du Roy joüerent selon
la coutume , plusieurs Pieces de Sympho
nie de M. de Lully , au lever de S. M. et:
les Vingt- quatre executerent au dîner une
suite d'Airs de la composition de M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique du
Roy en semestre.
Le 2 , il y eut Concert dans le salon de
de la Reine , et on chanta devant S. M. le
quattiéme Acte de l'Opera de Roland ,
dont le principal Rôle fut chanté par le:
sieur Chassé , les Actes precedens avoient
été chantés au mois de Decembre.
Le7. on fit entendre à la Reine le Prologue et le premier Acte d'Amadis , et on
continua la suite le 9. etle 14.La Dlle Antier chanta le Rôle d'Arcabonne , le sieur
d'Angerville: celui d'Arcalaus , le sieur
Guedon celui d'Amadis , & la Dle le.
Maurefit avec un grand succès leRôle d'O-- rianne.
•
Le is. la Reine demanda l'Opera d'Omphale:
JANVIER. 1732. 171
phale, mis en Musique par M.Destouches.
S. M. entendit le Prologue et le 1er Acte
dans son Salon. Le même Opera fut continué le 21. et le 23. les Dlles Antier et
Lenners chanterent les Rôles d'Argine et
d'Omphale , et les sieurs d'Angerville et;
Petillot ceux d'Hercule et d'Iphis.
Le 28. il y eut Ballet sur le Theatre ou
Pon joue ordinairement la Comedie. Le
divertissement étoit composé de la qua
triéme Entrée du Ballet de l'Europe Galante, intitulé la Turquie, de la quatriéme Entrée du Ballet des Elemens , qui a pour titre
la Terre, et de l'Acte du Bal des Fêtes Ve nitiennes.
Dans le premier Acte les sieurs Thevenard et Chassé chanterent les Rôles du
Sultan et du Grand Bostangi , et les Dlles
Antier etPellessier ceux des deux Sultanes,
P'une favorite et l'autre disgraciée.
Dans le second Acte , les sieurs Tribou ;
et Chassé firent les Rôles de Vertumne et
de Pan , et la Dlle le Maure celui de Pamone.
›
Dans l'Acte du Bal , les sieurs Chassé
et Dumats , ont fait les Rôles d'Alamir
et de Themir; ceux du Maître de Musique et de Danse ont été joués par les sieurs
Tribou et Laval , et la Dlle Petit- Pas a
chanté le Rôle d'Iphise... Les
72 MERCURE DE FRANCE,
Les sieurs du Pré , du Moulin Freres
Laval , Javilliers , Malter & les Diles Prevôr , Camargo , Salé et autres , ont executé le Ballet composé par le sieur Blondi ;
on y a dansépar ordre de la Reine le Past
de Trois du quatriéme Acte de Callirhoé.
L'Orchestre étoit composé des Violons,
Hautbois et Flutes du Roy, et les Chœurs
ont été executés par les Acteurs et Actrices de l'Académie Royalede Musique.
Le 7. de ce mois, le Roy prit le Divertissement d'uneCourse deTraineaux.S.M.
après avoir été prendre à l'Appartement
de Mädemoiselle de Charolois , les Princesses du Sang et les Dames de la Cour,
qui entrerent dans des Traineaux , conduits par les Seigneurs en habits et bonnets de velours cramoisi , doublez d'hermine, fit plusieurs tours dans les Allées
du Parc et le long du grand Canal pendant trois heures ; ayant changé deux
fois de Relais , le Roy mena ensuite la
Compagnie à Trianon , où elle eu l'honneur de souper avec S. M. qui ne retour“
na à Versailles que vers les deux heures
du matin au clair de la Lune.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçû les ordres du Roy le 9. Janvier , se
rendirent à Versailles le lendemain matin,
M. Portail, Premier Président , étant à
lcut
JANVIER. 1732. 173
leur tête ; ils furent présentez et conduits
avec les ceremonies ordinaires à l'AKdiance de S. M. qui leur déclara sa volonté.
.Le 13 L'Abbé de Laubriere., cy- devant
Conseiller au Parlement , nommé à l'Evêché de Soissons , fut sacré dans la Chapelle de l'Archevêché, par l'Archevêque de
Paris , assisté de l'Evêque de Châlons sur
Marne , et de l'Evêque de Luçon , et le
20 il prêta serment de fidelité entre les
mains du Roy.
Le 15.et le 16.les Religieux Mathurins,
de l'Ordre de la sainte Trinité , condui
sirent en Procession dans la Ville de Paris , 33. Esclaves qu'ils ont rachetez à
Constantinople pendant l'année derniere.
Le Marquis de Solera , premier Gentilhomme de la Chambre de l'Infant Dan
Carlos , et que son A. R. a envoyé à Paris
pour remercier le Roy des honneurs qui
lui ont été rendus dans son passage en
France , et pour marquer à S. M. sa reconnoissance de la maniere avec laquelle
on l'a reçu , s'acquitta de cette commission le 15 de ce mois ; il fut présenté au
Roy, par le Marquis de Castellar , Ambassadeur Extraordinaire de S. M. Cath.
Il prit congé de S. M. le 29 , présenté par
le même Ambassadeur.
Le
174 MERCURE DE FRANCE
Le 19 de ce mois , après la Messe du
Roy, Mademoiselle de Chartres reçut
dans la Chapelle du Chateau de Versailles les Cérémonies du Baptême. Le Roy
fut son Parrain ; la Princesse de Conty ,
troisiéme Douairiere, la Maraine ; et cette
Princesse fut nommé Louise Diane. La
Reine et les Princes et Princesses assisterent à cette Cérémonie , qui fut faite par
le Cardinal de Rohan , Grand Aumonier
de France , en présence du Curé de la
Paroisse du Château.
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Résumé : « Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
En janvier 1732 à la cour de France, plusieurs événements musicaux et sociaux marquèrent le mois. Le 1er janvier, les hautbois de la chambre du roi jouèrent des pièces de Jean-Baptiste Lully au lever du roi, et les Vingt-quatre exécutèrent des airs de Michel Richard Delalande au dîner. Le 2 janvier, un concert eut lieu dans le salon de la reine, avec la représentation du quatrième acte de l'opéra 'Roland', interprété par le sieur Chassé. Du 7 au 14 janvier, des extraits de l'opéra 'Amadis' furent chantés, avec des rôles interprétés par la demoiselle Antier, le sieur d'Angerville, le sieur Guédon et la demoiselle Le Maure. Le 11 janvier, la reine demanda l'opéra 'Omphale' de Michel Richard Delalande, continué les 21 et 23 janvier avec les demoiselles Antier et Lenners, et les sieurs d'Angerville et Petillot. Le 28 janvier, un ballet fut présenté sur le théâtre de la comédie, composé de plusieurs entrées de ballets célèbres. Les rôles furent interprétés par divers artistes, dont les sieurs Thévenard, Chassé, Tribou, Dumats, et les demoiselles Antier et Pellessier. Le 7 janvier, le roi participa à une course de traîneaux avec les princesses du sang et les dames de la cour, suivie d'un souper à Trianon. Le 10 janvier, les députés du Parlement se rendirent à Versailles pour recevoir les ordres du roi. Le 13 janvier, l'abbé de Laubrière fut sacré évêque de Soissons et prêta serment de fidélité au roi le 20 janvier. Les 15 et 16 janvier, les Religieux Mathurins conduisirent une procession dans Paris avec des esclaves rachetés à Constantinople. Le 15 janvier, le marquis de Solera, premier gentilhomme de la chambre de l'infant Don Carlos, remercia le roi pour les honneurs reçus et prit congé le 29 janvier. Le 19 janvier, Mademoiselle de Chartres reçut les cérémonies du baptême au château de Versailles, avec le roi comme parrain et la princesse de Conty comme marraine.
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2173
p. 177-179
« Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Début :
Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...]
Mots clefs :
Députés des États de Bretagne, Audience publique, Église de Notre-Dame de Paris, Décoration, Chapitre, Tableaux, Neffe
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texteReconnaissance textuelle : « Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Le 27. les Députez des Etats de Breeurent Audience publique du
Roy, étant présentez par le Comte de Toulouse , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et conduits par le Grand- Maître et le Maître des Ceremonies ; la
Députation étoit composée de l'Evêque
de S. Pol de Leon , pour le Clergé qui
porta la parole , du Comte de Kercado
pour la Noblesse , du Senechal du Quimper pour le Tiers Etat , et du Pré ident
de Bedé , Syndic de la Province. Ces Députez furent ensuite conduits à l'Audiance de la Reine, et à celles de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le Duc
d'Anjou et de Mesdames de France.
Il n'y a pas lieu d'être surpris de tous
les embellissemens qui se sont faits depuis un temps et qui se font encore dans
la celebre Eglise de Notre- Dame de Paris.
Son illustre Chapitre a toûjours eu grande attention sur ce qui regarde le culte
de Dieu , dans lequl est toujours renfermée la Décoration et la magnificence
de son Temple.
I C'est
178 MERCURE DE FRANCE
et
C'est à quoi il semble que ce Chapitre
se soit encore appliqué plus particulierement depuis un temps. Les soins et les
attentions des Abbez de la Croix , de
Fleury et de Cotte , Chanoines , et Intendans du Trésor et de la Fabrique ,
n'ont pas peu contribué à de si nobles er
de si pieuses entreprises ; et le bonheur a
voulu qu'ils ayent heureusement rencontré dans l'Abbé Colin' , Trésorier de cette
Eglise , une personne plus propre à rencherir sur leur zele , qu'à le diminuer.
Son ardeur pour tout ce qui regarde l'Eglise et sa décoration , est sans exemple
ainsi que sa vigilance et son activité.
La derniere réparation qu'on vient de
faire et qui a le plus frappé les yeux du
Public et des Curieux , est le nettoyementet la restauration de tousles Tableaux
de la Nef, qui , quoique des plus grands
Maîtres, avoient été de longue main aban.
donnez aux insultes du temps et de la
poussiere ; l'on n'y reconnoissoit plus.
rien, la plus grande partie pleins de troux
et tout écaillez. Il falloit une main legere
sçavante et habile pour les nettoyer sans
alteration et les repeindre sans qu'il y
parût, et ce fut pour cela que le sieur
Grégoire, jeune homme , Eleve de M.Reitout, neveu da celebre Jean Jouvenet
£us
JANVIER 1732. 179
1
1
fut choisi ; il s'en est acquitté si bien et
avec tant de prudence , qu'il a rendu à
tous ces Tableaux leur premier lustre et
leur ancien éclat , sans avoir rien alteré
des endroits mêmes les plus délicats. Il a
eû aussi la satisfaction de se voir applaudi , non-seulement du Public , mais même de M. Boulogne , premier Peintre du
Roy et Directeur de l'Académie , &c.
Un si, heureux succès fait esperer que
le sieur Grégoire ne se tirera pas moins
heureusement des Tableaux de la Croisée
de la même Eglise, qui sont, la plus grande partie , d'un prix infini.
Roy, étant présentez par le Comte de Toulouse , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et conduits par le Grand- Maître et le Maître des Ceremonies ; la
Députation étoit composée de l'Evêque
de S. Pol de Leon , pour le Clergé qui
porta la parole , du Comte de Kercado
pour la Noblesse , du Senechal du Quimper pour le Tiers Etat , et du Pré ident
de Bedé , Syndic de la Province. Ces Députez furent ensuite conduits à l'Audiance de la Reine, et à celles de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le Duc
d'Anjou et de Mesdames de France.
Il n'y a pas lieu d'être surpris de tous
les embellissemens qui se sont faits depuis un temps et qui se font encore dans
la celebre Eglise de Notre- Dame de Paris.
Son illustre Chapitre a toûjours eu grande attention sur ce qui regarde le culte
de Dieu , dans lequl est toujours renfermée la Décoration et la magnificence
de son Temple.
I C'est
178 MERCURE DE FRANCE
et
C'est à quoi il semble que ce Chapitre
se soit encore appliqué plus particulierement depuis un temps. Les soins et les
attentions des Abbez de la Croix , de
Fleury et de Cotte , Chanoines , et Intendans du Trésor et de la Fabrique ,
n'ont pas peu contribué à de si nobles er
de si pieuses entreprises ; et le bonheur a
voulu qu'ils ayent heureusement rencontré dans l'Abbé Colin' , Trésorier de cette
Eglise , une personne plus propre à rencherir sur leur zele , qu'à le diminuer.
Son ardeur pour tout ce qui regarde l'Eglise et sa décoration , est sans exemple
ainsi que sa vigilance et son activité.
La derniere réparation qu'on vient de
faire et qui a le plus frappé les yeux du
Public et des Curieux , est le nettoyementet la restauration de tousles Tableaux
de la Nef, qui , quoique des plus grands
Maîtres, avoient été de longue main aban.
donnez aux insultes du temps et de la
poussiere ; l'on n'y reconnoissoit plus.
rien, la plus grande partie pleins de troux
et tout écaillez. Il falloit une main legere
sçavante et habile pour les nettoyer sans
alteration et les repeindre sans qu'il y
parût, et ce fut pour cela que le sieur
Grégoire, jeune homme , Eleve de M.Reitout, neveu da celebre Jean Jouvenet
£us
JANVIER 1732. 179
1
1
fut choisi ; il s'en est acquitté si bien et
avec tant de prudence , qu'il a rendu à
tous ces Tableaux leur premier lustre et
leur ancien éclat , sans avoir rien alteré
des endroits mêmes les plus délicats. Il a
eû aussi la satisfaction de se voir applaudi , non-seulement du Public , mais même de M. Boulogne , premier Peintre du
Roy et Directeur de l'Académie , &c.
Un si, heureux succès fait esperer que
le sieur Grégoire ne se tirera pas moins
heureusement des Tableaux de la Croisée
de la même Eglise, qui sont, la plus grande partie , d'un prix infini.
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Résumé : « Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Le 27 janvier 1732, les députés des États de Bretagne furent reçus en audience publique par le roi, en présence du comte de Toulouse et du comte de Saint-Florentin. La délégation comprenait l'évêque de Saint-Pol-de-Léon pour le clergé, le comte de Kercado pour la noblesse, le sénéchal de Quimper pour le tiers état, et le président de Bédé, syndic de la province. Ils rencontrèrent également la reine, le dauphin, le duc d'Anjou et Mesdames de France. Le texte évoque par ailleurs les travaux récents et en cours dans l'église Notre-Dame de Paris. Le chapitre de cette église a toujours accordé une grande importance au culte divin, à la décoration et à la magnificence du temple. Les abbés de la Croix, Fleury, Cotte et Colin, trésorier, ont particulièrement contribué à ces entreprises. La dernière réparation notable fut la restauration des tableaux de la nef par le sieur Grégoire, élève de M. Reitout et neveu de Jean Jouvenet. Grégoire a restauré les tableaux avec prudence, leur rendant leur lustre initial sans les altérer. Son travail a été salué par le public et par M. Boulogne, premier peintre du roi et directeur de l'Académie. Une restauration similaire est attendue pour les tableaux de la croisée de l'église.
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2174
p. 179-180
BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Début :
L'Evêché de Mâcon, à l'Abbé de Valras, Agent [...]
Mots clefs :
Bénéfices, Dons, Abbayes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
ENEFICES DONNEZ
par le Roy.
'Evêché de Mâcon , à l'Abbé de ValLEras , Agent du Clergé.
L'Abbaye de S. Vincent de Laon
l'Evêque d'Arras.
Celle de S. Julien de Dijon , Ordre de
S. Benoît , vacante par la démission de
la Dame de Bussy-Rabutin , à la Dame
de Langhac , Prieure de l'Abbaye de
Praslon.
Celle de Preaux , même Ordre , Diocèse de Lizieux , à la Dame de Brancas.
Celle de Montsor d'Alençon , même
Iij Ordre
180 MERCURE DE FRANCE
Ordre , à la Dame de Chateaurenault.
Le Prieuré de S. Pancras de Fontaine ,
Diocèse de Besançon , à M. Franchet
Chanoine de l'Eglise Métropolitaine de
la même Ville.
Le Prieuré de Vausse , Ordre du Valdes- Choux , Diocèse de Langres , à M. Pẹ
titbenoist , Chanoine de Besançon.
par le Roy.
'Evêché de Mâcon , à l'Abbé de ValLEras , Agent du Clergé.
L'Abbaye de S. Vincent de Laon
l'Evêque d'Arras.
Celle de S. Julien de Dijon , Ordre de
S. Benoît , vacante par la démission de
la Dame de Bussy-Rabutin , à la Dame
de Langhac , Prieure de l'Abbaye de
Praslon.
Celle de Preaux , même Ordre , Diocèse de Lizieux , à la Dame de Brancas.
Celle de Montsor d'Alençon , même
Iij Ordre
180 MERCURE DE FRANCE
Ordre , à la Dame de Chateaurenault.
Le Prieuré de S. Pancras de Fontaine ,
Diocèse de Besançon , à M. Franchet
Chanoine de l'Eglise Métropolitaine de
la même Ville.
Le Prieuré de Vausse , Ordre du Valdes- Choux , Diocèse de Langres , à M. Pẹ
titbenoist , Chanoine de Besançon.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Le roi attribue divers bénéfices ecclésiastiques. L'évêché de Mâcon accorde un bénéfice à l'abbé de Val-Leras. Plusieurs abbayes et prieurés changent de titulaires, notamment Saint-Vincent de Laon, Saint-Julien de Dijon, Preaux, Montsor d'Alençon, Saint-Pancras de Fontaine et Vausse.
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2175
p. 180-191
LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
Début :
L'Infant entra en Provence le 5. Decembre dernier, et [...]
Mots clefs :
Infant, Don Carlos, Provence, Officiers, Dîner, Monsieur le Bret, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
LETTRE sur le Passage de Don Carlos
par la Provence.
'Infant entra en Provence le 5 Decembre dernier , et se rendit de Nismes à
Tarascon en traversant le Rhône sur le
Pont de Beaucaite.
M.le Brer , Conseiller d'Etat , Premier
Presi-
JANVIER. 1732. 181
President du Parlement d'Aix , Intendant et Commandant en chef de la Pro
vince , s'y étoit rendu deux jours auparavant avec un détachement de la Compagnie des Gardes du Gouverneur de la
Province , et un détachement de la Maréchaussée , commandé par M. d'Escra
gnolle , Prévôt Général. Le Marquis de
Graveson , et MM. Pazery de Thoraine,
Assesseur , et de Thomassin de la Garde
Consuls d'Aix , Procureurs du pays ou
Syndics Généraux de la Province, accom "
pagnez du Trésorier des Etats , de l'Ingenieur et des autres Officiers de la Province , avoient suivi M. l'Intendant sui
vant l'usage.
M. le Bret et les Procureurs du Pays
accompagnez du Comte de Marignane ,
Lieutenant General des Armées du Roi et
de 200 Gentilhommes ou Officiers des
premieres Maisons de la Province
n'ayant pu recevoir S. A. R. à la descente du Pont,à cause d'une grande pluie , se
rendirent à l'Hôtel qui avoit été préparé
pour le logement du Prince , et eurent
l'honneur de le recevoir à la porte, et de
lui présenter les respects de la Province;
M. Pazery de Thoraine, Assesseur, en chaperon, ainsi que ses Collegues , lui adressa
un Discours au nom de la Province , qui
fut très aplaudi.
I iiij Les
182 MERCURE DE FRANCE
Les Consuls de Tarascon en chaperon ,
à la tête des Gentilhommes et des Bourgeois de cette Ville , avoient déja eu
l'honneur de recevoir et de haranguer le
Prince à la Porte de la Ville qui étoit ornée d'un Arc de Triomphe , le Prince fut
salué en y entrant par une triple salve de
Boëtes qui avoient été placées sur les remparts , et passa au milieu d'une double haye de Milice Bourgeoise fort leste.
S. A. R. reçut après son dîner les respects du Chapitre Royal de sainte Marthe, fondé par le Roi Louis XI. M. l'Abbé de Fenelon qui en est le Doyen porta la parole ; le Corps de Ville eut aussi le même honneur.
M. Buon del Monti , Florentin, ViceLegat d'Avignon, qui s'étoit rendu à Tarascon avec tous les Officiers de la Legation et une nombreuse suite , eut aussi
l'honneur de saluer l'Infant qui le reçut
très gracieusement.
Le 6 S. A. R. arriva à Salon et logea
dans le Château qui appartient à l'Arche
vêque d'Arles qui l'avoit fait meubler
magnifiquement. Il y eut séjour à Salon
le 7 et le 8 , le Prince arriva à Aix le 9
à deux heures après midy.
Les Consuls haranguerent le Prince à
la Porte de la Ville où il y avoit une Garde
JANVIER. 17321 182
de bourgeoise sous les armes ; de- là , Dom
Carlos se rendit en la Maison de M. Maurel , l'une des plus belles du Cours , où il
devoit loger ; il y eut une autre Garde à
la porte composée de 150 hommes du Regiment de Flandres, commandés par deux
Capitaines avec un Drapeau , le reste des
neuf Compagnies étoient en bataille de
vant l'Hôtel du Prince ; toutes les Mai
sons du Cours étoient ornées en dehors
de Tapisseries , ce qui formoit un coupd'eil magnifique.
M. le Bret , à la tête de la Noblesse de
la Ville , reçut le Prince à la descente du
Carosse, et lui donna là main pour mon
ter dans son Appartement.
Après le diner , l'Infant s'amusa à tirer
des Lapins et des Pigeons qu'on avoit fait
mettre dans le Jardin.
Sur les cinq heures, les Députez du Par
lement , au nombre de 38 , ayant à leur
tête le Premier President , six autres Presidents , deux Avocats Generaux et 30
Conseillers,eurent l'honneur de haranguer
le Prince , M. le Bret portant la paroles
la Chambre des Comptes , Aydes et Finances , M. Albertas Premier President à
la tête , les Trésoriers de France , l'Université et la Senechaussée eurent aussi le
même honneur , ainsi que l'Archevêque
I iiij d'Aix
184 MERCURE DE FRANCE
d'Aix à la tête du Chapitre de l'Eglise
Metropolitaine de S. Sauveur , sa harangue fut fort pathetique, et il n'oublia pas
les graces quela Maison de Brancas a reçues duRoi d'Espagne , tous ces differens
Corps furent présentez au Prince par M.
Desgranges, Maître des Ceremonies , qui
presenta aussi au Prince et au Comte de
Sant-Estevan les Présens de la Ville &c.
Le soir il y eut des feux de joie devant
les portes de toutes les Maisons de la Ville et des illuminations aux fenêtres , cequi avoit été ordonné par le Parlement.
Le neufle Prince arriva à S. Maximin,
et logea dans le Monastere des Religieux
Dominiquains Réformez.
Le ro à Brignolle où S. A. R. fut obligée de rester à cause des neges , elle y reçut les complimens de la Ville, de la Se
nechaussée &c.
Le 11 le Prince arriva au Luc , et logea
au Château du Comte du Luc , Chevalierdes Ordres du Roi qui l'avoit fait meubler magnifiquement , tous les Officiers
et Seigneurs de sa suite y furent logez
aussi,et trouverent dans une belle Maison
toutes les commoditez possibles ; ce Prince y séjourna le 12, 13 et 14 , à cause des
pluyes et des neges qui avoient inondé
la plaine.
L.
JANVIER 1732.
189
Le 15 , le Prince alla dîner au Muy où
le Seigneur de ce lieu avoit fait préparer
uneAlte aussi splendide que délicate,pour
S. A. R. et pour sa suite. Le Marquis du
Muyaprès avoir fait les honneurs de chez
lui , alla lui- même reconnoître les chemins extrêmement remplis par les pluyes,
et sur son raport l'Infant continua sa route , et arriva le soir à Frejus ; il fut recu
à la porte de la Ville par les Consuls ,
avec les ceremonies ordinaires, et logea à
l'Evêché.
Le 16 S. A. R. arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe , Chevalier de
f'Ordre de S. Michel et Subdelegué de
l'Intendant de Provence , il y eut une
garde de jeunes gens fort lestement vétus
à la porte du Prince ; il y eut aussi une
danse de Matelots à la manière du pays
qui divertit Beaucoup le Prince. Il soupa
dans son lit à cause d'une indisposition
de rhume. ·
Le 17, le Chevalier d'Orleans arrivá
à Cannes , et se rendit chez le Prince ,
accompagné du Comte de Sant- Estevan ,
de M. le Brét et de M. Desgranges , il fit
un compliment au Prince de la part du
Roi auquel S. A. R. parut fort sensible.
L'Infant partit le même jour de Cannés et arriva à Antibes à midy , il fut Iv salué
186 MERCURE DE FRANCE
salué en passant devant les Isles sainte
Marguerite de tout le canon de cette Citadelle.
M. de Montesquiou Commandant ,
accompagné de l'Etat Major , reçut le
Prince à la Porte Royale , au bruit de
toute l'Artillerie de la Place , des Forts ,
et des neuf Galeres qui étoient dans le
Port, le Regiment de Luxembourg étoit
en haye depuis la porte de la Ville jusqu'au Château où logea le Prince , il y
avoit aussi une Garde de 150 hommes du
même Regiment avec un Drapeau.
Le Grand-Prieur , les Procureurs du
pays , M. le Bret , M. Desgranges , l'Etat
Major de la Place et la Noblesse du pays
reçurent le Prince à la porte du Château,
et l'accompagnerent dans son Apparte
ment. S. A. R. y trouva Don Miguel
Reggio , Sicilien , Chevalier de Malthe
Commandant les six Galeres d'Espagne
avec tous les autres Officiers des Galeres,
tous en habits uniformes de drap bleu
galonés d'or , M. de Marescotti , Commandeur des trois Galeres du Grand Duc
avec tous les Officiers et plusieurs autres
Seigneurs Florentins , dont la plûpart
étoient revétus de l'Ordre de S. Etienne,
en habits uniformes de drap écarlate galonés d'argent , et M. de Chateaufort ,
Ma-
.JANVIER. 1732 187
Maréchal de Camp des Armées du Roi
d'Espagne , avec le Commandant d'une
Frégate Espagnole qui étoit dans le Port
d'Antibes. Tous ces Seigneurs et Officiers
Espagnols et Italiens eurent l'honneur de
baiser la main au Prince. M. le Bret présenta ensuite à S. A. R. tous les Officiers
de la Garnison.
Le Prince fut fort incommodé d'un thume les premiers jours qu'il séjourna à
Antibes , et fut obligé de rester au lit
pendant trois jours , ce qui l'empêcha de
prendre le divertissement qu'on lui avoit
préparé. S. A. R. reçut des mains du
Grand Prieur une Epée enrichie de diamans que le Roi envoyoit au: Prince
comme un nouveâu gage de son amitié ;
l'Infant la reçut avec de grandes démonstrations de joie , il a gardé cette Epée pendant deux jours entiers aux pieds'
de son lit , pour la faire voir à tous les
Seigneurs et Officiers qui venoient lui
faire leur Cour.
Pendant le séjour d'Antibes , le Général
des Galeres Espagnoles donna sur la Réale un splendide dîner à M. le GrandPrieur , aux principaux Seigneurs François , Espagnols et Italiens qui se trouvoient à la suite du Prince ; M. le Breg
ne put pas se trouver à ce repas , étant
I vj oblige
188 MERCURE DE FRANCE
obligé de faire les honneurs de la table
qu'il a tenue à Antibes pour les autres Sei-,
gneurs qui y étoient Les santés de leurs,
Majestés très Chrétienne et Catholique ,,
de S. A. R , du Grand- Prieur , des Commandans , &c. furent célébré, s au bruic
du Canon , et pendant tout le repas il y
eut Concert d'Instrumens.
3.
Le Comte de San Severino , Envoyé
de Parme à la Cour de France , se rendit
aussi à Antibes pour faire sa cour à son
nouveau Souverain ; enfin cette Ville a
toûjours été remplie d'une infinité d'Etrangers et de toute la Noblesse de la
Province qui n'a rien oublié pourtémoigner le plaisir qu'elle avoit de voir et de
faire sa cour à un Prince issu du sang de ses Maîtres.
La Princesse de Monaco envoya aussi
un de ses Gentilhommes pour compli
menter le Prince.
Le 23 , S. A. R. s'embarqua sur la
Réale , à dix heures du matin , cette Galere étoit richement ornée , et tous les
Forçats en habits neufs.
Le Grand- Prieur , M.le Bret , M. Desgranges , les Procureurs du Pays , le
Marquis de Montesquiou , Commandant
de la Place , l'Etat Major , le Marquis de
Brancas Ceireste , fils de M. de Brancas ,
Grand
JANVIER. 1732. 189
$
Grand d'Espagne et Lieutenant General
de la Province qui sert dans la Marine et
qui s'étoit rendu à la suite du Prince pour
lui faire sa Cour , et enfin un nombre infini de Gentilhommes et d'Officiers François , se trouverent sur le Quay du Port
et à bord de la Galere pour recevoir le
Prince , et pour lui souhaiter un heureux
voyage , et lui témoigner en même tems
leurs regrets et leurs inquiétudes à cause
de la rigueur de la saison. La Garnison for
moit une double haye depuis le Château
jusqu'à la Porte Marine. Le Prince fut
salué en y passant de toute l'Artillerie de
la Ville et des Förts , et en entrant dans
la Gale e , par le canon de neuf Galeres.
S. A. R. entra d'abord dans la Chambre
de poupe pour écrire avant son départ au
Roy et à la Reine d'Espagne.
Malgré les tems affreux qui ont régné
en Provence pendant la route du Prince ,
M. le Bret dont le zele pour le service du
Roi est connudepuis longtems, avoit don
né de si bons ordres que tout ce qui étoit
necessaire pour la subsistance et les com
moditez de la vie, s'est trouvé par tout en
abondance; toutela suite et les équipages
nombreux du Prince ont été commodé
ment logez , les chemins avoient été réparez autant que la saison et le peu de
tems
rgo MERCURE DE FRANCE
tems qu'on a eu pour y travailler , l'ont
pu permettre ; plus de mille Ouvriers y
ont été employez , et travailloient nuit
et jour sous les ordres de Messieurs les
Procureurs du Pays et du sieur Vallon ,
Ingenieur de la Province , lesquels n'ont
rien oublié pour donner des marques de leur zele et de leur attachement : enfin
toute la Provence a témoigné tant de
zele et d'attachement , qu'elle ne s'est
point démentie de l'amour et de la fidélité qu'elle a toûjours porté à l'Auguste
Sang de BOURBON.
Onpeut ajouter ici avec raison que M.
le Bret a toujours fait sa cour au Prince,
avec une assiduité sans égale , et qu'il est
allé au- devant de tout ce qui pouvoit lui
être agreable , qu'il a eu chez lui pendant
tout le tems que ce Prince a voyagé ou
resté danssonDépartement, deux grandes
tables et quelquefois trois , le matin et le
soir , servies avec autant de profusion que
de délicatesse, où les Seigneurs Espagnols
et Italiens ont toujours mangé. Ce Magistrat s'étant aperçu que l'Infant aimoit
beaucoup les Ortholans qui sont d'un gout exquis en Provence , il a eu soin de lui en
fournir pendant tout le tems qu'il y aresté
malgré la rareté de ces oiseaux dans cette
saison. Ainsi le Prince et le Comte de San
Estevan
JANVIER. 17327 198
Estevan et tous les Seigneurs dela suite fui
ont donné en partant les marques les plus
flateuses de leur satisfaction et de leur estime. M. le Bret ayant enfin témoigné à
S. A. R. l'inquietude que son Rhume lui
causoit , elle eut la bonte de lui répondre
qu'elle n'avoit point pris ce Rhume dans
sa Province.
Ce Prince avoit donné des marques de
sa liberalité avant son départ. Il a fait present de son portrait enrichi de diamans
au Grand- Prieur, à M.le Bret d'un diamant
de prix , et à M. Desgranges un diamant
et une montre d'or d'un travail exquis. Il
a fait aussi donner une gratification à la
Maréchaussée qui avoit escorté sesEquipages et le Trésor On a appris ce que Prince
après avoir été obligé de relâcher à Monaco à cause du mauvais tems , en repartit le 25. et est heureusement arrivé à Livourne. On ajoute que ce Prince a essuyé
Ia tempête avec une grande fermeté. Il
est d'uncaractere le plus aimable et le plus
égal , d'une humeur fort enjouée , extremementvifet avectout l'esprit du monde.
par la Provence.
'Infant entra en Provence le 5 Decembre dernier , et se rendit de Nismes à
Tarascon en traversant le Rhône sur le
Pont de Beaucaite.
M.le Brer , Conseiller d'Etat , Premier
Presi-
JANVIER. 1732. 181
President du Parlement d'Aix , Intendant et Commandant en chef de la Pro
vince , s'y étoit rendu deux jours auparavant avec un détachement de la Compagnie des Gardes du Gouverneur de la
Province , et un détachement de la Maréchaussée , commandé par M. d'Escra
gnolle , Prévôt Général. Le Marquis de
Graveson , et MM. Pazery de Thoraine,
Assesseur , et de Thomassin de la Garde
Consuls d'Aix , Procureurs du pays ou
Syndics Généraux de la Province, accom "
pagnez du Trésorier des Etats , de l'Ingenieur et des autres Officiers de la Province , avoient suivi M. l'Intendant sui
vant l'usage.
M. le Bret et les Procureurs du Pays
accompagnez du Comte de Marignane ,
Lieutenant General des Armées du Roi et
de 200 Gentilhommes ou Officiers des
premieres Maisons de la Province
n'ayant pu recevoir S. A. R. à la descente du Pont,à cause d'une grande pluie , se
rendirent à l'Hôtel qui avoit été préparé
pour le logement du Prince , et eurent
l'honneur de le recevoir à la porte, et de
lui présenter les respects de la Province;
M. Pazery de Thoraine, Assesseur, en chaperon, ainsi que ses Collegues , lui adressa
un Discours au nom de la Province , qui
fut très aplaudi.
I iiij Les
182 MERCURE DE FRANCE
Les Consuls de Tarascon en chaperon ,
à la tête des Gentilhommes et des Bourgeois de cette Ville , avoient déja eu
l'honneur de recevoir et de haranguer le
Prince à la Porte de la Ville qui étoit ornée d'un Arc de Triomphe , le Prince fut
salué en y entrant par une triple salve de
Boëtes qui avoient été placées sur les remparts , et passa au milieu d'une double haye de Milice Bourgeoise fort leste.
S. A. R. reçut après son dîner les respects du Chapitre Royal de sainte Marthe, fondé par le Roi Louis XI. M. l'Abbé de Fenelon qui en est le Doyen porta la parole ; le Corps de Ville eut aussi le même honneur.
M. Buon del Monti , Florentin, ViceLegat d'Avignon, qui s'étoit rendu à Tarascon avec tous les Officiers de la Legation et une nombreuse suite , eut aussi
l'honneur de saluer l'Infant qui le reçut
très gracieusement.
Le 6 S. A. R. arriva à Salon et logea
dans le Château qui appartient à l'Arche
vêque d'Arles qui l'avoit fait meubler
magnifiquement. Il y eut séjour à Salon
le 7 et le 8 , le Prince arriva à Aix le 9
à deux heures après midy.
Les Consuls haranguerent le Prince à
la Porte de la Ville où il y avoit une Garde
JANVIER. 17321 182
de bourgeoise sous les armes ; de- là , Dom
Carlos se rendit en la Maison de M. Maurel , l'une des plus belles du Cours , où il
devoit loger ; il y eut une autre Garde à
la porte composée de 150 hommes du Regiment de Flandres, commandés par deux
Capitaines avec un Drapeau , le reste des
neuf Compagnies étoient en bataille de
vant l'Hôtel du Prince ; toutes les Mai
sons du Cours étoient ornées en dehors
de Tapisseries , ce qui formoit un coupd'eil magnifique.
M. le Bret , à la tête de la Noblesse de
la Ville , reçut le Prince à la descente du
Carosse, et lui donna là main pour mon
ter dans son Appartement.
Après le diner , l'Infant s'amusa à tirer
des Lapins et des Pigeons qu'on avoit fait
mettre dans le Jardin.
Sur les cinq heures, les Députez du Par
lement , au nombre de 38 , ayant à leur
tête le Premier President , six autres Presidents , deux Avocats Generaux et 30
Conseillers,eurent l'honneur de haranguer
le Prince , M. le Bret portant la paroles
la Chambre des Comptes , Aydes et Finances , M. Albertas Premier President à
la tête , les Trésoriers de France , l'Université et la Senechaussée eurent aussi le
même honneur , ainsi que l'Archevêque
I iiij d'Aix
184 MERCURE DE FRANCE
d'Aix à la tête du Chapitre de l'Eglise
Metropolitaine de S. Sauveur , sa harangue fut fort pathetique, et il n'oublia pas
les graces quela Maison de Brancas a reçues duRoi d'Espagne , tous ces differens
Corps furent présentez au Prince par M.
Desgranges, Maître des Ceremonies , qui
presenta aussi au Prince et au Comte de
Sant-Estevan les Présens de la Ville &c.
Le soir il y eut des feux de joie devant
les portes de toutes les Maisons de la Ville et des illuminations aux fenêtres , cequi avoit été ordonné par le Parlement.
Le neufle Prince arriva à S. Maximin,
et logea dans le Monastere des Religieux
Dominiquains Réformez.
Le ro à Brignolle où S. A. R. fut obligée de rester à cause des neges , elle y reçut les complimens de la Ville, de la Se
nechaussée &c.
Le 11 le Prince arriva au Luc , et logea
au Château du Comte du Luc , Chevalierdes Ordres du Roi qui l'avoit fait meubler magnifiquement , tous les Officiers
et Seigneurs de sa suite y furent logez
aussi,et trouverent dans une belle Maison
toutes les commoditez possibles ; ce Prince y séjourna le 12, 13 et 14 , à cause des
pluyes et des neges qui avoient inondé
la plaine.
L.
JANVIER 1732.
189
Le 15 , le Prince alla dîner au Muy où
le Seigneur de ce lieu avoit fait préparer
uneAlte aussi splendide que délicate,pour
S. A. R. et pour sa suite. Le Marquis du
Muyaprès avoir fait les honneurs de chez
lui , alla lui- même reconnoître les chemins extrêmement remplis par les pluyes,
et sur son raport l'Infant continua sa route , et arriva le soir à Frejus ; il fut recu
à la porte de la Ville par les Consuls ,
avec les ceremonies ordinaires, et logea à
l'Evêché.
Le 16 S. A. R. arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe , Chevalier de
f'Ordre de S. Michel et Subdelegué de
l'Intendant de Provence , il y eut une
garde de jeunes gens fort lestement vétus
à la porte du Prince ; il y eut aussi une
danse de Matelots à la manière du pays
qui divertit Beaucoup le Prince. Il soupa
dans son lit à cause d'une indisposition
de rhume. ·
Le 17, le Chevalier d'Orleans arrivá
à Cannes , et se rendit chez le Prince ,
accompagné du Comte de Sant- Estevan ,
de M. le Brét et de M. Desgranges , il fit
un compliment au Prince de la part du
Roi auquel S. A. R. parut fort sensible.
L'Infant partit le même jour de Cannés et arriva à Antibes à midy , il fut Iv salué
186 MERCURE DE FRANCE
salué en passant devant les Isles sainte
Marguerite de tout le canon de cette Citadelle.
M. de Montesquiou Commandant ,
accompagné de l'Etat Major , reçut le
Prince à la Porte Royale , au bruit de
toute l'Artillerie de la Place , des Forts ,
et des neuf Galeres qui étoient dans le
Port, le Regiment de Luxembourg étoit
en haye depuis la porte de la Ville jusqu'au Château où logea le Prince , il y
avoit aussi une Garde de 150 hommes du
même Regiment avec un Drapeau.
Le Grand-Prieur , les Procureurs du
pays , M. le Bret , M. Desgranges , l'Etat
Major de la Place et la Noblesse du pays
reçurent le Prince à la porte du Château,
et l'accompagnerent dans son Apparte
ment. S. A. R. y trouva Don Miguel
Reggio , Sicilien , Chevalier de Malthe
Commandant les six Galeres d'Espagne
avec tous les autres Officiers des Galeres,
tous en habits uniformes de drap bleu
galonés d'or , M. de Marescotti , Commandeur des trois Galeres du Grand Duc
avec tous les Officiers et plusieurs autres
Seigneurs Florentins , dont la plûpart
étoient revétus de l'Ordre de S. Etienne,
en habits uniformes de drap écarlate galonés d'argent , et M. de Chateaufort ,
Ma-
.JANVIER. 1732 187
Maréchal de Camp des Armées du Roi
d'Espagne , avec le Commandant d'une
Frégate Espagnole qui étoit dans le Port
d'Antibes. Tous ces Seigneurs et Officiers
Espagnols et Italiens eurent l'honneur de
baiser la main au Prince. M. le Bret présenta ensuite à S. A. R. tous les Officiers
de la Garnison.
Le Prince fut fort incommodé d'un thume les premiers jours qu'il séjourna à
Antibes , et fut obligé de rester au lit
pendant trois jours , ce qui l'empêcha de
prendre le divertissement qu'on lui avoit
préparé. S. A. R. reçut des mains du
Grand Prieur une Epée enrichie de diamans que le Roi envoyoit au: Prince
comme un nouveâu gage de son amitié ;
l'Infant la reçut avec de grandes démonstrations de joie , il a gardé cette Epée pendant deux jours entiers aux pieds'
de son lit , pour la faire voir à tous les
Seigneurs et Officiers qui venoient lui
faire leur Cour.
Pendant le séjour d'Antibes , le Général
des Galeres Espagnoles donna sur la Réale un splendide dîner à M. le GrandPrieur , aux principaux Seigneurs François , Espagnols et Italiens qui se trouvoient à la suite du Prince ; M. le Breg
ne put pas se trouver à ce repas , étant
I vj oblige
188 MERCURE DE FRANCE
obligé de faire les honneurs de la table
qu'il a tenue à Antibes pour les autres Sei-,
gneurs qui y étoient Les santés de leurs,
Majestés très Chrétienne et Catholique ,,
de S. A. R , du Grand- Prieur , des Commandans , &c. furent célébré, s au bruic
du Canon , et pendant tout le repas il y
eut Concert d'Instrumens.
3.
Le Comte de San Severino , Envoyé
de Parme à la Cour de France , se rendit
aussi à Antibes pour faire sa cour à son
nouveau Souverain ; enfin cette Ville a
toûjours été remplie d'une infinité d'Etrangers et de toute la Noblesse de la
Province qui n'a rien oublié pourtémoigner le plaisir qu'elle avoit de voir et de
faire sa cour à un Prince issu du sang de ses Maîtres.
La Princesse de Monaco envoya aussi
un de ses Gentilhommes pour compli
menter le Prince.
Le 23 , S. A. R. s'embarqua sur la
Réale , à dix heures du matin , cette Galere étoit richement ornée , et tous les
Forçats en habits neufs.
Le Grand- Prieur , M.le Bret , M. Desgranges , les Procureurs du Pays , le
Marquis de Montesquiou , Commandant
de la Place , l'Etat Major , le Marquis de
Brancas Ceireste , fils de M. de Brancas ,
Grand
JANVIER. 1732. 189
$
Grand d'Espagne et Lieutenant General
de la Province qui sert dans la Marine et
qui s'étoit rendu à la suite du Prince pour
lui faire sa Cour , et enfin un nombre infini de Gentilhommes et d'Officiers François , se trouverent sur le Quay du Port
et à bord de la Galere pour recevoir le
Prince , et pour lui souhaiter un heureux
voyage , et lui témoigner en même tems
leurs regrets et leurs inquiétudes à cause
de la rigueur de la saison. La Garnison for
moit une double haye depuis le Château
jusqu'à la Porte Marine. Le Prince fut
salué en y passant de toute l'Artillerie de
la Ville et des Förts , et en entrant dans
la Gale e , par le canon de neuf Galeres.
S. A. R. entra d'abord dans la Chambre
de poupe pour écrire avant son départ au
Roy et à la Reine d'Espagne.
Malgré les tems affreux qui ont régné
en Provence pendant la route du Prince ,
M. le Bret dont le zele pour le service du
Roi est connudepuis longtems, avoit don
né de si bons ordres que tout ce qui étoit
necessaire pour la subsistance et les com
moditez de la vie, s'est trouvé par tout en
abondance; toutela suite et les équipages
nombreux du Prince ont été commodé
ment logez , les chemins avoient été réparez autant que la saison et le peu de
tems
rgo MERCURE DE FRANCE
tems qu'on a eu pour y travailler , l'ont
pu permettre ; plus de mille Ouvriers y
ont été employez , et travailloient nuit
et jour sous les ordres de Messieurs les
Procureurs du Pays et du sieur Vallon ,
Ingenieur de la Province , lesquels n'ont
rien oublié pour donner des marques de leur zele et de leur attachement : enfin
toute la Provence a témoigné tant de
zele et d'attachement , qu'elle ne s'est
point démentie de l'amour et de la fidélité qu'elle a toûjours porté à l'Auguste
Sang de BOURBON.
Onpeut ajouter ici avec raison que M.
le Bret a toujours fait sa cour au Prince,
avec une assiduité sans égale , et qu'il est
allé au- devant de tout ce qui pouvoit lui
être agreable , qu'il a eu chez lui pendant
tout le tems que ce Prince a voyagé ou
resté danssonDépartement, deux grandes
tables et quelquefois trois , le matin et le
soir , servies avec autant de profusion que
de délicatesse, où les Seigneurs Espagnols
et Italiens ont toujours mangé. Ce Magistrat s'étant aperçu que l'Infant aimoit
beaucoup les Ortholans qui sont d'un gout exquis en Provence , il a eu soin de lui en
fournir pendant tout le tems qu'il y aresté
malgré la rareté de ces oiseaux dans cette
saison. Ainsi le Prince et le Comte de San
Estevan
JANVIER. 17327 198
Estevan et tous les Seigneurs dela suite fui
ont donné en partant les marques les plus
flateuses de leur satisfaction et de leur estime. M. le Bret ayant enfin témoigné à
S. A. R. l'inquietude que son Rhume lui
causoit , elle eut la bonte de lui répondre
qu'elle n'avoit point pris ce Rhume dans
sa Province.
Ce Prince avoit donné des marques de
sa liberalité avant son départ. Il a fait present de son portrait enrichi de diamans
au Grand- Prieur, à M.le Bret d'un diamant
de prix , et à M. Desgranges un diamant
et une montre d'or d'un travail exquis. Il
a fait aussi donner une gratification à la
Maréchaussée qui avoit escorté sesEquipages et le Trésor On a appris ce que Prince
après avoir été obligé de relâcher à Monaco à cause du mauvais tems , en repartit le 25. et est heureusement arrivé à Livourne. On ajoute que ce Prince a essuyé
Ia tempête avec une grande fermeté. Il
est d'uncaractere le plus aimable et le plus
égal , d'une humeur fort enjouée , extremementvifet avectout l'esprit du monde.
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Résumé : LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
Le 5 décembre, Don Carlos, l'Infant d'Espagne, entra en Provence et traversa le Rhône sur le Pont de Beaucaire. Le 7 décembre, il fut accueilli à Tarascon par M. le Bret, Conseiller d'État et Premier Président du Parlement d'Aix, ainsi que par divers dignitaires et officiers. Le Prince reçut des honneurs militaires et des discours de bienvenue. Il séjourna à Salon les 7 et 8 décembre, puis arriva à Aix le 9 décembre, où il fut accueilli par les Consuls et la noblesse locale. À Aix, il logea chez M. Maurel et reçut les hommages de divers corps et dignitaires, dont l'Archevêque d'Aix. Le même jour, il se rendit à Saint-Maximin et logea au monastère des Dominicains. Le 10 décembre, il resta à Brignoles en raison des neiges. Le 11 décembre, il arriva au Luc et y séjourna jusqu'au 14 décembre à cause des pluies et des neiges. Le 15 décembre, il dîna au Muy avant de se rendre à Fréjus, où il logea à l'Évêché. Le 16 décembre, il arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe. Le 17 décembre, le Chevalier d'Orléans lui rendit visite. Le même jour, l'Infant se rendit à Antibes, où il fut accueilli par M. de Montesquiou et divers dignitaires. Il y resta plusieurs jours en raison d'un rhume et reçut une épée enrichie de diamants du Roi d'Espagne. Le 23 décembre, il s'embarqua sur la Réale à Antibes, accompagné de nombreux dignitaires et officiers. Malgré les conditions météorologiques difficiles, M. le Bret avait pris des mesures pour assurer le confort et la subsistance de la suite du Prince. La Provence témoigna de son zèle et de son attachement envers le Prince, qui quitta la région en exprimant sa satisfaction. Par ailleurs, le texte mentionne que le prince, après avoir été contraint de s'arrêter à Monaco en raison de mauvaises conditions météorologiques, a repris la mer le 25 et est parvenu à Livourne sans encombre. Il est souligné que le prince a affronté la tempête avec une grande fermeté. Le prince est décrit comme ayant un caractère aimable et égal, une humeur enjouée, ainsi qu'une grande vivacité et beaucoup d'esprit.
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2176
p. 192-196
DELIBERATION de la Noblesse de Provence, prise dans l'Assemblée du 15 Decembre 1731, au sujet du Passage de l'Infant Don Carlos dans cette Province.
Début :
Mr Le Blanc Castillon, Syndic de robe, portant la parole, [...]
Mots clefs :
Infant, Don Carlos, Provence, Syndic, Noblesse, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DELIBERATION de la Noblesse de Provence, prise dans l'Assemblée du 15 Decembre 1731, au sujet du Passage de l'Infant Don Carlos dans cette Province.
DELIBERATION de la Noblesse de
Provence, prife dans l' Affemblée du 15
Decembre 1731 , au sujet du Paffage de
l'Infant Don Carlos dans cette Province.
M
R Le Blanc Castillon , Syndic de *
robe , portant la parole , a dit , que l'arrivée de S. A. R. le Duc Infant en
cette Province , ayant été avancée de près
d'un mois , on n'a pûavertir assez tôt
Mrs de Villeneuve Vence , & de Villeneuve du Cadre , Syndics en exercice ,
qui sont actuellement dans leurs Terres ,
pour les engager à venir en cette ville
d'Aix.
3
Mais M. Le Blanc en ayant conferé
avec le Marquis de Vauvenargues , &
avec M. Le Camus Peypin , Syndics de la
même Election , avec quelques-uns des
Commissaires & plusieurs Gentilshom- ~
mes , ils ont tous pensé unanimement ,
qu'il convient dans cette occasion de ne
rien oublier de la part du Corps de la
Noblesse , pour donner des marques de
son zele pour la gloire du Roy en la personne d'un Prince de la Maison de France , &c.
Il a été jugé à propos d'assembler les *
Gentilshommes qui se trouveroient à por.
tée
JANVIER 1737.
1934
tee , lesquels en qualité de Députez du
Corps , iroient avec les Syndics offrir
leurs respects à ce Prince ; & comme onapprit qu'il devoit arriver en cette ville
le 8. de ce mois , M. le Marquis de Vau
venargues & M. Le Blanc crurent devoir
prévenir M. Desgranges , Maître des Ce
remonies , qui étoit arrivé la veille à Aix.
Il leur demanda quelques éclaircissemens
sur les Titres & les Usages en vertu desquels la Noblesse de cette Province for
me un Corps , les preuves en furent facilement raportées & confirmées par le té--
moignage de M. l'Archevêque; sur quoy'
M. Desgranges ayant consulté ses Memoires , & pris les arrangemens qu'il crut
les plus convenables , dit que Mrs les
Consuls représentant le Corps de Ville
devoient recevoir le Prince à la porte ,
lay faire le premier compliment ; que
lorsque S. A. R. se seroit renduë dans
l'apartement qui luy avoit été destiné ,
il recevroit les complimens des Corps de
Juftice qu'on introduiroit ensuite les
deux Corps qui font partie des deux
premiers Ordres du Royaume ; c'eſtà- dire , qu'après que le Chapitre do
PEglise Metropolitaine en Corps , ayant
à la tête M. l'Archevêque , qui por-.
toit la parole , auroit fait son compli-
&
ment
194 MERCURE DE FRANCE
ment , les Deputez de la Noblesse seroientadmis pour faire le leur au nom de
ce Corps. Cet ordre ayant été ainsi reglé,
les Syndics firent la convocation dont on
étoit convenu, et partirent du lieu ordinairé des Assemblées du Corps avec plusieurs
Gentilshommes.
Ils furent reçus chez le Prince par
M. Desgranges au moment qu'ils se firent annoncer , ils traverserent avec lui la Sale
et l'Antichambre où ils trouverent un
grand nombre d'autres Gentilshommes, et
furentaussitôt introduits dans la chambre
de S. A. R.
M. le Marquis de Vauvenargues après.
une profonde reverence dit :
MONSEIGNEUR ,
Nous venons offrir à V. A. R. les respects
de la Noblesse de Provence , et lui exprimer
nos sentimens parla bouche de notre Syndic de Robe
Après quoi M. le Blanc dit :
MONSEIGNEUR ,
La Noblesse decette Province quijouit du
Privilege de s'assembler'en Corps , n'en sçauroit faire un plus glorieux usage , qu'en venant offrir ses vœux et ses respects à votre Altesse Royale. Plus attachez que le reste du
Peuple au sort et à la personne des grands Princes
JANVIER. 1732. 195
Princes , nous ressentons plus vivement la
douce impression que votre presence fait sur
tous les cœurs , et nous sommes charmez de
pouvoirvous exprimer des sentimens que votre nom seul nous avoit deja inspirés .
Nous respectons en vous , Monseigneur ;
Auguste Sang de nos Roys , et celui d'un
Prince aussi grand par ses vertus que par sa
naissance ; nous admirons tant de belles qua
litez qui, devançant le cours des années, vous
ont rendu l'amour des Peuples , et nous preju
geons avecjoye l'heureux avenir que les hau
tes destinées de votre Altesse Royale lui preparent.
Vous avez été , Monseigneur, dès votre
naissance l'objet de l'attention de toute l'Europe , vous êtes devenu le lien et le sceau de la
paix , vousallezporter lagloire des deux plus
grands Royaumes de l'Univers au delà des
bornes qui les renferment , et donner à l'Italie
un nouvel éclat en lui communiquant celui
dela France et de l'Espagne.
Puisse votre Altesse Royale , jouir long
tems de cesglorieux avantages, ajouter de nonveaux Empires aux Etats florissants qu'un
illustre sort lui destine , les transmettre à la
posterité la plus reculée , et recevoir de nos
neveux de nouvelles preuves du même zele
dont nous sommes animez.
L'Infant témoignant beaucoup de satis- faction
196 MERCURE DE FRANCE
*
tion du zele de Mrs de laNoblesse s'avança
quelque pas avec eux et jusqu'au milieu de
sa chambreà mesure qu'ils se retiroient, et
lorsqu'ils en sortirent ils furent recon
duits par M. Desgranges.
*********
Provence, prife dans l' Affemblée du 15
Decembre 1731 , au sujet du Paffage de
l'Infant Don Carlos dans cette Province.
M
R Le Blanc Castillon , Syndic de *
robe , portant la parole , a dit , que l'arrivée de S. A. R. le Duc Infant en
cette Province , ayant été avancée de près
d'un mois , on n'a pûavertir assez tôt
Mrs de Villeneuve Vence , & de Villeneuve du Cadre , Syndics en exercice ,
qui sont actuellement dans leurs Terres ,
pour les engager à venir en cette ville
d'Aix.
3
Mais M. Le Blanc en ayant conferé
avec le Marquis de Vauvenargues , &
avec M. Le Camus Peypin , Syndics de la
même Election , avec quelques-uns des
Commissaires & plusieurs Gentilshom- ~
mes , ils ont tous pensé unanimement ,
qu'il convient dans cette occasion de ne
rien oublier de la part du Corps de la
Noblesse , pour donner des marques de
son zele pour la gloire du Roy en la personne d'un Prince de la Maison de France , &c.
Il a été jugé à propos d'assembler les *
Gentilshommes qui se trouveroient à por.
tée
JANVIER 1737.
1934
tee , lesquels en qualité de Députez du
Corps , iroient avec les Syndics offrir
leurs respects à ce Prince ; & comme onapprit qu'il devoit arriver en cette ville
le 8. de ce mois , M. le Marquis de Vau
venargues & M. Le Blanc crurent devoir
prévenir M. Desgranges , Maître des Ce
remonies , qui étoit arrivé la veille à Aix.
Il leur demanda quelques éclaircissemens
sur les Titres & les Usages en vertu desquels la Noblesse de cette Province for
me un Corps , les preuves en furent facilement raportées & confirmées par le té--
moignage de M. l'Archevêque; sur quoy'
M. Desgranges ayant consulté ses Memoires , & pris les arrangemens qu'il crut
les plus convenables , dit que Mrs les
Consuls représentant le Corps de Ville
devoient recevoir le Prince à la porte ,
lay faire le premier compliment ; que
lorsque S. A. R. se seroit renduë dans
l'apartement qui luy avoit été destiné ,
il recevroit les complimens des Corps de
Juftice qu'on introduiroit ensuite les
deux Corps qui font partie des deux
premiers Ordres du Royaume ; c'eſtà- dire , qu'après que le Chapitre do
PEglise Metropolitaine en Corps , ayant
à la tête M. l'Archevêque , qui por-.
toit la parole , auroit fait son compli-
&
ment
194 MERCURE DE FRANCE
ment , les Deputez de la Noblesse seroientadmis pour faire le leur au nom de
ce Corps. Cet ordre ayant été ainsi reglé,
les Syndics firent la convocation dont on
étoit convenu, et partirent du lieu ordinairé des Assemblées du Corps avec plusieurs
Gentilshommes.
Ils furent reçus chez le Prince par
M. Desgranges au moment qu'ils se firent annoncer , ils traverserent avec lui la Sale
et l'Antichambre où ils trouverent un
grand nombre d'autres Gentilshommes, et
furentaussitôt introduits dans la chambre
de S. A. R.
M. le Marquis de Vauvenargues après.
une profonde reverence dit :
MONSEIGNEUR ,
Nous venons offrir à V. A. R. les respects
de la Noblesse de Provence , et lui exprimer
nos sentimens parla bouche de notre Syndic de Robe
Après quoi M. le Blanc dit :
MONSEIGNEUR ,
La Noblesse decette Province quijouit du
Privilege de s'assembler'en Corps , n'en sçauroit faire un plus glorieux usage , qu'en venant offrir ses vœux et ses respects à votre Altesse Royale. Plus attachez que le reste du
Peuple au sort et à la personne des grands Princes
JANVIER. 1732. 195
Princes , nous ressentons plus vivement la
douce impression que votre presence fait sur
tous les cœurs , et nous sommes charmez de
pouvoirvous exprimer des sentimens que votre nom seul nous avoit deja inspirés .
Nous respectons en vous , Monseigneur ;
Auguste Sang de nos Roys , et celui d'un
Prince aussi grand par ses vertus que par sa
naissance ; nous admirons tant de belles qua
litez qui, devançant le cours des années, vous
ont rendu l'amour des Peuples , et nous preju
geons avecjoye l'heureux avenir que les hau
tes destinées de votre Altesse Royale lui preparent.
Vous avez été , Monseigneur, dès votre
naissance l'objet de l'attention de toute l'Europe , vous êtes devenu le lien et le sceau de la
paix , vousallezporter lagloire des deux plus
grands Royaumes de l'Univers au delà des
bornes qui les renferment , et donner à l'Italie
un nouvel éclat en lui communiquant celui
dela France et de l'Espagne.
Puisse votre Altesse Royale , jouir long
tems de cesglorieux avantages, ajouter de nonveaux Empires aux Etats florissants qu'un
illustre sort lui destine , les transmettre à la
posterité la plus reculée , et recevoir de nos
neveux de nouvelles preuves du même zele
dont nous sommes animez.
L'Infant témoignant beaucoup de satis- faction
196 MERCURE DE FRANCE
*
tion du zele de Mrs de laNoblesse s'avança
quelque pas avec eux et jusqu'au milieu de
sa chambreà mesure qu'ils se retiroient, et
lorsqu'ils en sortirent ils furent recon
duits par M. Desgranges.
*********
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Résumé : DELIBERATION de la Noblesse de Provence, prise dans l'Assemblée du 15 Decembre 1731, au sujet du Passage de l'Infant Don Carlos dans cette Province.
Le 15 décembre 1731, la Noblesse de Provence a délibéré sur le passage de l'Infant Don Carlos dans la province. L'arrivée anticipée du Duc Infant a empêché les syndics en exercice d'être avertis à temps. M. Le Blanc, syndic de robe, a consulté le Marquis de Vauvenargues, M. Le Camus Peypin et plusieurs gentilshommes pour organiser une réception appropriée. Ils ont décidé de rassembler des gentilshommes pour offrir leurs respects au prince, prévu arriver le 8 janvier. M. Desgranges, Maître des Cérémonies, a été informé et a consulté ses mémoires pour établir l'ordre des réceptions. Les consuls représentant le Corps de Ville devaient accueillir le prince à la porte, suivis par les corps de justice, le Chapitre de l'Église Métropolitaine, et enfin les députés de la Noblesse. Le jour de l'arrivée, les syndics et plusieurs gentilshommes se sont rendus chez le prince. Le Marquis de Vauvenargues a exprimé les respects de la Noblesse de Provence. M. Le Blanc a souligné le privilège de la Noblesse de s'assembler en corps pour offrir ses vœux et ses respects au prince. Il a également mentionné l'attachement de la Noblesse au sort des grands princes et l'admiration pour les qualités du prince. L'Infant a témoigné sa satisfaction et a accompagné les gentilshommes jusqu'à la sortie de sa chambre.
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2177
p. 380-382
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Les Lettres de Constantinople du mois de Decembre portent, que [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Guerre, Ministres, Pacha , Grand vizir
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
NOUVELLES ETRANGERES.
TURQUIE ET PERS E.
Es. Lettres de Constantinople du mois de De- du Traité
Paix , que les Ministres du Roy de Perse ont envoyé au Pacha de Babilone , a été communiqué
par le Gr Viz. aux autres Ministres du Serrail ,
et qu'on en a fait la lecture dans un Divan general, qui s'assembla le 12 de Decembre à cette occa- sion, et le bruit courtqu'on y a fait peu de changement. On assure que suivant ce projet , le G.
S. rendra les Provinces conquises sur la Perse ,
à l'exception de la Georgie et de l'ancienne Province de Babilone , que le Daghestan sera rendu
au Prince particu ier qui en est le Souverainet
qui est à Constantinople depuis 18. mois pour
solliciter cette restitution ; que les deux Puissances réunies par la Paix , joindront leurs forces
pour obliger les Moscovites à rendre tout le Pays
qu'ils ont conquis sur la Perse, mais qu'elles n'en
viendront à cette extremité qu'après avoir emplové les voyes de la négociation ; qu'en cas de
refus de la part de la Czarine , elles ne quitteront
les Armes qu'après avoir repris tout ce Pays , et
que les conquêtes qui se feront pendant cette
guerre , resteront à celle des deux Puissances qui les aura faites.
Од
FEVRIER. 1732. 381
On assure que le G. V. a fait remettre à quel
ques Ministres Etrangers un Memoire par lequel
il fait connoître la necessité de s'opposer à l'agrandissement des Moscovites et de quelle conse
quence il est pour l'Empire Ottoman de les éloi
gner des bords de la Mer Caspienne.
On continue de travailler à la construction de
plusieurs Vaisseaux de guerre du premier et du
second rang; on fait de grands Magazins de munitions de guerre et de bouche , et S. H. a envoyé ordre aux Pachas des Provinces Maritimes de lui fournir un certain nombre de Matelots et
de Bâtimens de transport.
Le G. S. se tient très- retiré dans le Serrail depuis trois mois , et il ne se fait voir que rarement ses Troupes et au Peuple , ce qui a donné lieu
à quelques murmures.
Les dernieres Lettres de Constantinople ne con
firment pas les bruits qui s'étoient répandus qu'on
y avoit arboré la Queue de Cheval et déclaré la
guerre aux Venitiens ; ona appris que Mehemet Effendi qui avoit été cy - devant envoyé du G. S. à la Cour de Vienne avoit été étranglé
Elles portent encore , que la Paix étoit
concluë entre les Turcs et les Persans ; que
par un des articles du Traité , les Villes de
Tauris et d'Erivan devoient être rendues au
Roy de Perse " et que les Pays conquis par les Persans du côté de l'ancienne Babilone seroient remis au G. S. à la charge de payer au
Roy de Perse six millions d'Asprès pour les frais
de la guerre.
Ces Lettres ajoutent que le 30. de Decembre
dernier , le Capitan Pacha avoit éré exilé en Candie ; que le lendemain , son Drogman , ou Interprete , avoit eu la tête tranchée dans l'une des Cours
382 MERCURE DE FRANCE
Cours du Serail , et que le G. Viz. avoit menacé
d'un pareil sort tous les Drogmans qui se mêleroient à l'avenir de quelque intrigue secrette , ce
..Ministre voulant qu'on ne s'adresse qu'à lui ou à
son Reys-Effendi.
TURQUIE ET PERS E.
Es. Lettres de Constantinople du mois de De- du Traité
Paix , que les Ministres du Roy de Perse ont envoyé au Pacha de Babilone , a été communiqué
par le Gr Viz. aux autres Ministres du Serrail ,
et qu'on en a fait la lecture dans un Divan general, qui s'assembla le 12 de Decembre à cette occa- sion, et le bruit courtqu'on y a fait peu de changement. On assure que suivant ce projet , le G.
S. rendra les Provinces conquises sur la Perse ,
à l'exception de la Georgie et de l'ancienne Province de Babilone , que le Daghestan sera rendu
au Prince particu ier qui en est le Souverainet
qui est à Constantinople depuis 18. mois pour
solliciter cette restitution ; que les deux Puissances réunies par la Paix , joindront leurs forces
pour obliger les Moscovites à rendre tout le Pays
qu'ils ont conquis sur la Perse, mais qu'elles n'en
viendront à cette extremité qu'après avoir emplové les voyes de la négociation ; qu'en cas de
refus de la part de la Czarine , elles ne quitteront
les Armes qu'après avoir repris tout ce Pays , et
que les conquêtes qui se feront pendant cette
guerre , resteront à celle des deux Puissances qui les aura faites.
Од
FEVRIER. 1732. 381
On assure que le G. V. a fait remettre à quel
ques Ministres Etrangers un Memoire par lequel
il fait connoître la necessité de s'opposer à l'agrandissement des Moscovites et de quelle conse
quence il est pour l'Empire Ottoman de les éloi
gner des bords de la Mer Caspienne.
On continue de travailler à la construction de
plusieurs Vaisseaux de guerre du premier et du
second rang; on fait de grands Magazins de munitions de guerre et de bouche , et S. H. a envoyé ordre aux Pachas des Provinces Maritimes de lui fournir un certain nombre de Matelots et
de Bâtimens de transport.
Le G. S. se tient très- retiré dans le Serrail depuis trois mois , et il ne se fait voir que rarement ses Troupes et au Peuple , ce qui a donné lieu
à quelques murmures.
Les dernieres Lettres de Constantinople ne con
firment pas les bruits qui s'étoient répandus qu'on
y avoit arboré la Queue de Cheval et déclaré la
guerre aux Venitiens ; ona appris que Mehemet Effendi qui avoit été cy - devant envoyé du G. S. à la Cour de Vienne avoit été étranglé
Elles portent encore , que la Paix étoit
concluë entre les Turcs et les Persans ; que
par un des articles du Traité , les Villes de
Tauris et d'Erivan devoient être rendues au
Roy de Perse " et que les Pays conquis par les Persans du côté de l'ancienne Babilone seroient remis au G. S. à la charge de payer au
Roy de Perse six millions d'Asprès pour les frais
de la guerre.
Ces Lettres ajoutent que le 30. de Decembre
dernier , le Capitan Pacha avoit éré exilé en Candie ; que le lendemain , son Drogman , ou Interprete , avoit eu la tête tranchée dans l'une des Cours
382 MERCURE DE FRANCE
Cours du Serail , et que le G. Viz. avoit menacé
d'un pareil sort tous les Drogmans qui se mêleroient à l'avenir de quelque intrigue secrette , ce
..Ministre voulant qu'on ne s'adresse qu'à lui ou à
son Reys-Effendi.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
En 1732, un traité de paix entre la Turquie et la Perse a été communiqué aux ministres du Serrail à Constantinople. Ce traité prévoit la restitution des provinces conquises par la Turquie, sauf la Géorgie et l'ancienne province de Babylone. Le Daghestan sera rendu à son souverain, alors à Constantinople. Les deux puissances s'engagent à récupérer les territoires conquis par les Moscovites en Perse, par la négociation ou la force. Les conquêtes durant cette guerre reviendront à la puissance qui les aura réalisées. Le Grand Vizir a informé les ministres étrangers de la nécessité de contrer l'expansion des Moscovites et de les éloigner de la mer Caspienne. La Turquie intensifie ses préparatifs militaires en construisant des vaisseaux de guerre et en stockant des munitions. Le Grand Sultan se tient retiré depuis trois mois, suscitant des murmures. Les dernières lettres de Constantinople confirment la paix entre les Turcs et les Persans. Le traité stipule la restitution des villes de Tauris et d'Erivan au roi de Perse et le paiement de six millions d'Asprès pour les frais de guerre. Le Capitan Pacha a été exilé en Candie, et son interprète exécuté pour intrigues secrètes. Le Grand Vizir a menacé de punir sévèrement tout interprète impliqué dans des intrigues.
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2178
p. 382-385
RUSSIE.
Début :
Le 13. Janvier la Czarine partit de Moscou pour se [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E 13. Janvier la Czarine partit de Moscou
pour se rendre à Petersbourg par Olonitz et
Novogrod. S. M. Cz. est accompagnée dans ce
voyage de la jeune Princesse de Meckelbourg ,
de la Princesse Elizabeth et de leurs Cours , du
Grand Chancelier, du Comte d'Osterman , ViceChancelier, et de six Senateurs; le reste de sa suite
peut monter à 600. personnes. Les Ministres
Etrangers partent successivement avec toute leur
suite , et tous leurs bagages , parce qu'on ne croit
pas que S. M. Czarienne revienne de deux ans à
Moscou.
Le General Comte de Munich , Gouverneur
de Petersbourg , y a fait des préparatifs extraor- dinaires pourla reception de la Czarine qui est
attendue à chaque instant : toute la Ville est ornée d'Arcs de Triomphe, de Trophées , &c.
Les Lettres venues en dernier lieu de Derbeut
sont du General Lewaschaw : Elles marquent
que la Paix est conclue entre les Turcs et les Persans ; que ces derniers avoient déja fait quelques
mouvemens pour s'approcher des Provinces conquises par les Moscovites ; et qu'il étoit certain
que par undes articles du Traité, le G. S s'étoit
obligé de fournir des secours au Roy de Perse
pour l'aider à reprendre ces conquêtes.
Les Lettres de Constantinople confirment ces
nouvelles, et ajoutent que le Resident de S. M. Cz.
n'avoit
FEVRIER. 1732. 383
+
7
n'avoit pû obtenir du Gr. Viz. l'Audience qu'il
avoit fait demander pour sçavoir si S. H. s'étoit
déterminée a executer l'article de ce Traité qui
interesse les Moscovites.
Sur ces avis , la Czarine a tenu un Conseil ex
traordinaire, dans lequel il a été resolu d'envoyer
au General Lewaschaw un secours de 20000.
hommes avec un train d'Artillerie.
Ona appris de S.Petersbourg que les Membres
des Colleges de cette Ville , les Generaux , les Amiraux , &c. s'étant rendus le 5. Janvier dans
la Grande Eglise , le General Comte de Munick leur presenta par ordre de la Czarine , le dernier
Manifeste de S. M. Cz. avec le Formulaire du
·Serment qu'ils prêterent tous , et dont voici la teneur.
>
que
Quoiquej'aye déja prêté le Serment de fidelitéet de soumission à laTrès- Illustre et Très- Puissante Dame
·Anne Joannovva, Imperatrice et Souveraine de tous
les Russes , ma legitime Souveraine Imperatrice et
·Dame , Je soussigné promets néanmoins de nouveau
par la Presente , pour plus grande confirmation de
ma très-soumise fidelité , et jure par le Dieu Tout- Puissant , et devant son Saint Evangile , tant pour
moi que pour mes Heritiers presens et à venir ,
je veux et queje serai , comme y'étant obligé , fidele , ebéissant et soumis , non-seulement à S. M₁ ma
legitime Dame et Imperatrice Anne Joannovuna
mais aussi dans la suite aux Successeurs de S. M.
qu'en vertu de la Souveraine et Imperiale Puissance , qui lui a été donnée de Dieu , elle a établi , ou
qu'elle établira , et jugera digne du Souverain Trône de Russie,que je défendrai de toutes mes forces,de
tout mon pouvoir et sur ma conscience tous les
droits et prérogatives de l'Autorité et de la Puissance
deS.M. Imperiale et de ses Successeurs qu'elle nom-
"
mer
384 MERCURE DE FRANCE
mera, en la maniere que lesdits drois et prérogatives
sont à present établis , ou qu'ils pourront l'être à l'avenir, et quepour cet effet , au cas que le besoin vint à l'exiger , jen'épargnerai pas ma vie , mais que je
ferai tous mes efforts pour avanter constamment et
avec žele , tout ce qui peut être utile au service de
S. M. I. et des Successeurs qu'elle nommera , et au
bien de l'Empire , de telle maniere que je puisse en
répondre devant Dieu et son Tribunal : Ainsi Dieu
Tout - Puissant me soit en aide : Pour conclusion de
mon present Serment , je baise le Saint Evangile et la Croix de mon Sauveur. Amen.
D'autres Lettres de Moscou portent que le
Prince Basile Dolhorucki , Feld - Maréchal , le
Pr. Jurja Dolhorucki, Capitaine dans le Regiment
des Gardes , le Pr. Alexis Boratinskoy , Enseigne
dans le même Regiment , et M. Jegorstoletow ,
ayant été convaincus de crimes d'Etat , commis
contre S. M. Czarienne , avoient été condamnez
à mort , mais que cette Princesse leur avoit accordé la vie et avoit ordonné avant son départ
de Moscou qu'ils fussent privés de toutes leurs
Charges et Titres d'honneur; que tous leurs biens,
meubles et immeubles , fussent confisquez , et
qu'ils fussent envoyez sous une escorte ; sçavoir,
le Pr. Basile Dołhorucki à Schulsselbourg , le Pr.
Jurja Dolhorucki à Kuspetzk , le Pr. Boratinskoy à Ochotskoy. Ostrog, M. Stoletow aux mi
nes de Nertschinskoy.
Ces Lettres ajoutent qu'on ne doutoit plus que
la Czarine ne désignât pour heritiere du Trône
de Moscovie , la jeune Princesse de Meckelbourg sa niece.
Le Roy de Pologne partit le 26 Decembre de
Varsovie et arriva heureusement à Dresde , d'où
l'on assure qu'il reviendra en Pologne avant la
fin de l'hyver, On
FEVRIER 17320 385 .
On a reçu avis de Rome que l'Evêque de Posnanie y étoit arrivé ; qu'il avoit eu du Pape une
Audience favorable , et qu'il avoit obtenu de S. S.
qu'elle n'exigeroit plus l'execution des Bulles que le Nonce du Pape vouloit faire accepter dans ce .
Royaume , quoique contraires aux privileges des Prélats et des Monasteres de Roy a envoyé au
Primat et aux principaux Senateurs la coppie des
dépêches de cet Evêque.
E 13. Janvier la Czarine partit de Moscou
pour se rendre à Petersbourg par Olonitz et
Novogrod. S. M. Cz. est accompagnée dans ce
voyage de la jeune Princesse de Meckelbourg ,
de la Princesse Elizabeth et de leurs Cours , du
Grand Chancelier, du Comte d'Osterman , ViceChancelier, et de six Senateurs; le reste de sa suite
peut monter à 600. personnes. Les Ministres
Etrangers partent successivement avec toute leur
suite , et tous leurs bagages , parce qu'on ne croit
pas que S. M. Czarienne revienne de deux ans à
Moscou.
Le General Comte de Munich , Gouverneur
de Petersbourg , y a fait des préparatifs extraor- dinaires pourla reception de la Czarine qui est
attendue à chaque instant : toute la Ville est ornée d'Arcs de Triomphe, de Trophées , &c.
Les Lettres venues en dernier lieu de Derbeut
sont du General Lewaschaw : Elles marquent
que la Paix est conclue entre les Turcs et les Persans ; que ces derniers avoient déja fait quelques
mouvemens pour s'approcher des Provinces conquises par les Moscovites ; et qu'il étoit certain
que par undes articles du Traité, le G. S s'étoit
obligé de fournir des secours au Roy de Perse
pour l'aider à reprendre ces conquêtes.
Les Lettres de Constantinople confirment ces
nouvelles, et ajoutent que le Resident de S. M. Cz.
n'avoit
FEVRIER. 1732. 383
+
7
n'avoit pû obtenir du Gr. Viz. l'Audience qu'il
avoit fait demander pour sçavoir si S. H. s'étoit
déterminée a executer l'article de ce Traité qui
interesse les Moscovites.
Sur ces avis , la Czarine a tenu un Conseil ex
traordinaire, dans lequel il a été resolu d'envoyer
au General Lewaschaw un secours de 20000.
hommes avec un train d'Artillerie.
Ona appris de S.Petersbourg que les Membres
des Colleges de cette Ville , les Generaux , les Amiraux , &c. s'étant rendus le 5. Janvier dans
la Grande Eglise , le General Comte de Munick leur presenta par ordre de la Czarine , le dernier
Manifeste de S. M. Cz. avec le Formulaire du
·Serment qu'ils prêterent tous , et dont voici la teneur.
>
que
Quoiquej'aye déja prêté le Serment de fidelitéet de soumission à laTrès- Illustre et Très- Puissante Dame
·Anne Joannovva, Imperatrice et Souveraine de tous
les Russes , ma legitime Souveraine Imperatrice et
·Dame , Je soussigné promets néanmoins de nouveau
par la Presente , pour plus grande confirmation de
ma très-soumise fidelité , et jure par le Dieu Tout- Puissant , et devant son Saint Evangile , tant pour
moi que pour mes Heritiers presens et à venir ,
je veux et queje serai , comme y'étant obligé , fidele , ebéissant et soumis , non-seulement à S. M₁ ma
legitime Dame et Imperatrice Anne Joannovuna
mais aussi dans la suite aux Successeurs de S. M.
qu'en vertu de la Souveraine et Imperiale Puissance , qui lui a été donnée de Dieu , elle a établi , ou
qu'elle établira , et jugera digne du Souverain Trône de Russie,que je défendrai de toutes mes forces,de
tout mon pouvoir et sur ma conscience tous les
droits et prérogatives de l'Autorité et de la Puissance
deS.M. Imperiale et de ses Successeurs qu'elle nom-
"
mer
384 MERCURE DE FRANCE
mera, en la maniere que lesdits drois et prérogatives
sont à present établis , ou qu'ils pourront l'être à l'avenir, et quepour cet effet , au cas que le besoin vint à l'exiger , jen'épargnerai pas ma vie , mais que je
ferai tous mes efforts pour avanter constamment et
avec žele , tout ce qui peut être utile au service de
S. M. I. et des Successeurs qu'elle nommera , et au
bien de l'Empire , de telle maniere que je puisse en
répondre devant Dieu et son Tribunal : Ainsi Dieu
Tout - Puissant me soit en aide : Pour conclusion de
mon present Serment , je baise le Saint Evangile et la Croix de mon Sauveur. Amen.
D'autres Lettres de Moscou portent que le
Prince Basile Dolhorucki , Feld - Maréchal , le
Pr. Jurja Dolhorucki, Capitaine dans le Regiment
des Gardes , le Pr. Alexis Boratinskoy , Enseigne
dans le même Regiment , et M. Jegorstoletow ,
ayant été convaincus de crimes d'Etat , commis
contre S. M. Czarienne , avoient été condamnez
à mort , mais que cette Princesse leur avoit accordé la vie et avoit ordonné avant son départ
de Moscou qu'ils fussent privés de toutes leurs
Charges et Titres d'honneur; que tous leurs biens,
meubles et immeubles , fussent confisquez , et
qu'ils fussent envoyez sous une escorte ; sçavoir,
le Pr. Basile Dołhorucki à Schulsselbourg , le Pr.
Jurja Dolhorucki à Kuspetzk , le Pr. Boratinskoy à Ochotskoy. Ostrog, M. Stoletow aux mi
nes de Nertschinskoy.
Ces Lettres ajoutent qu'on ne doutoit plus que
la Czarine ne désignât pour heritiere du Trône
de Moscovie , la jeune Princesse de Meckelbourg sa niece.
Le Roy de Pologne partit le 26 Decembre de
Varsovie et arriva heureusement à Dresde , d'où
l'on assure qu'il reviendra en Pologne avant la
fin de l'hyver, On
FEVRIER 17320 385 .
On a reçu avis de Rome que l'Evêque de Posnanie y étoit arrivé ; qu'il avoit eu du Pape une
Audience favorable , et qu'il avoit obtenu de S. S.
qu'elle n'exigeroit plus l'execution des Bulles que le Nonce du Pape vouloit faire accepter dans ce .
Royaume , quoique contraires aux privileges des Prélats et des Monasteres de Roy a envoyé au
Primat et aux principaux Senateurs la coppie des
dépêches de cet Evêque.
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Résumé : RUSSIE.
En janvier 1732, la czarine de Russie quitta Moscou pour Saint-Pétersbourg, accompagnée de la princesse de Mecklembourg, de la princesse Élisabeth et de leurs cours, ainsi que de hauts dignitaires comme le grand chancelier et six sénateurs. La suite totale comptait environ 600 personnes. Les ministres étrangers suivirent également, indiquant que la czarine ne prévoyait pas de revenir à Moscou avant deux ans. À Saint-Pétersbourg, le général comte de Munich, gouverneur de la ville, avait préparé des réceptions extraordinaires avec des arcs de triomphe et des trophées. Des nouvelles de Derbeut rapportaient que la paix avait été conclue entre les Turcs et les Perses, et que ces derniers préparaient des mouvements pour récupérer des provinces conquises par les Moscovites. Un article du traité obligeait la Russie à fournir des secours au roi de Perse. Les lettres de Constantinople confirmaient ces informations et mentionnaient que le résident de la czarine n'avait pas obtenu d'audience auprès du grand vizir pour discuter de l'exécution de cet article. En réponse, la czarine tint un conseil extraordinaire et décida d'envoyer 20 000 hommes avec un train d'artillerie au général Lewaschaw. À Saint-Pétersbourg, les membres des collèges, les généraux et les amiraux prêtèrent serment de fidélité à la czarine Anne Ioannovna et à ses successeurs le 5 janvier. Plusieurs princes, dont le feld-maréchal Prince Basile Dolhorucki, furent condamnés pour crimes d'État et privés de leurs charges et biens, avant d'être exilés. Des rumeurs indiquaient que la czarine pourrait désigner la jeune princesse de Mecklembourg, sa nièce, comme héritière du trône de Moscovie. Par ailleurs, le roi de Pologne quitta Varsovie pour Dresde et devait revenir en Pologne avant la fin de l'hiver. À Rome, l'évêque de Posnanie obtint une audience favorable du pape, qui accepta de ne plus exiger l'exécution de bulles contraires aux privilèges des prélats et monastères du royaume de Pologne.
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2179
p. 385
ALLEMAGNE.
Début :
On attend à Vienne le Baron de Kircher, Commissaire de [...]
Mots clefs :
Allemagne, Électeurs
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N attend à Vienne le Baron de Kircher ;
Commissaire de l'Empereur à la Diette de Ratisbonne , d'où il a écrit à S. M. Imp. que la
Pragmatique Sanction y avoit été reçûe à la plu- ralité des voix ; mais on a appris en même- tems
de Ratisbonne que cet acte de garantie de la Pragmatique ayant été signé le 11. Janvier , les Ministres de l'Electeur de Saxe, de l'Electeur de Ba- viere et de l'Electeur Palatin avoient protesté contre cet Acte , et que le lendemain ils étoient sor
tís de Ratisbonne suivant les ordres que ces Elecreurs leur avoient donnés.
La grande quantité de Nége tombée en Hongrie dont la terre est couvertede trois pieds, ayant rendu les Loups extrêmement affamez , ils attaquent indifferemment les Hommes et les Bestiaux:
commeil y a déja eu plusieurs Femmes et Enfaus
déchirez par ces Animaux , on a permis aux
Paysans de s'assembler et de porter des Armes à
feu pour les détruire.
Le Grand- Maître de Malte à écrit des Lettres
circulaires à tous les Chevaliers de cet Ordre qui
sont en Allemagne et en Italie , pour les engager à se rendre à Malte , afin de l'aider à défendre
cire Isle en cas qu'elle soit attaquée par les Turcs
N attend à Vienne le Baron de Kircher ;
Commissaire de l'Empereur à la Diette de Ratisbonne , d'où il a écrit à S. M. Imp. que la
Pragmatique Sanction y avoit été reçûe à la plu- ralité des voix ; mais on a appris en même- tems
de Ratisbonne que cet acte de garantie de la Pragmatique ayant été signé le 11. Janvier , les Ministres de l'Electeur de Saxe, de l'Electeur de Ba- viere et de l'Electeur Palatin avoient protesté contre cet Acte , et que le lendemain ils étoient sor
tís de Ratisbonne suivant les ordres que ces Elecreurs leur avoient donnés.
La grande quantité de Nége tombée en Hongrie dont la terre est couvertede trois pieds, ayant rendu les Loups extrêmement affamez , ils attaquent indifferemment les Hommes et les Bestiaux:
commeil y a déja eu plusieurs Femmes et Enfaus
déchirez par ces Animaux , on a permis aux
Paysans de s'assembler et de porter des Armes à
feu pour les détruire.
Le Grand- Maître de Malte à écrit des Lettres
circulaires à tous les Chevaliers de cet Ordre qui
sont en Allemagne et en Italie , pour les engager à se rendre à Malte , afin de l'aider à défendre
cire Isle en cas qu'elle soit attaquée par les Turcs
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte relate divers événements en Allemagne et en Europe. À Vienne, l'attente du Baron de Kircher, commissaire de l'Empereur à la Diète de Ratisbonne, est marquée par l'acceptation de la Pragmatique Sanction à la majorité des voix. Cependant, les ministres des Électeurs de Saxe, de Bavière et du Palatinat ont protesté contre cet acte de garantie signé le 11 janvier et ont quitté Ratisbonne sur ordre de leurs Électeurs. En Hongrie, une abondante chute de neige a affamé les loups, qui attaquent désormais indifféremment les hommes et le bétail. Plusieurs femmes et enfants ont été tués, conduisant à autoriser les paysans à se regrouper et à porter des armes à feu pour se défendre. Par ailleurs, le Grand Maître de Malte a envoyé des lettres circulaires aux Chevaliers de l'Ordre en Allemagne et en Italie, les exhortant à se rendre à Malte pour aider à défendre l'île contre une éventuelle attaque turque.
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2180
p. 386-387
ITALIE.
Début :
Le Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albani Camerlingue, qu'il [...]
Mots clefs :
Italie, Don Carlos, Loterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
IT ALI E.
E Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albani Camerlingue , qu'il ne pouvoit vivre plus
long - tems sans lui faire connoître la douleur
qu'il ressent de l'avoir désobligé ; qu'il se pro- de vivre dans la suite de toute autre maniere,
déclarant qu'il veut tenir tout de sa faveur; qu'il
ne manque à ses sentimens que le pouvoir de les effectuer , mais que la goute dont il est tourmenté , l'empêche d'aller se jetter aux pieds de Sa
S. Cette Lettre dans laquelle il y a encore beaucoup d'autres expressions plus soumises , a été
communiquée au Pape.
Un Chapelain du Cardinal Coscia , quatre
Chanoines de l'Eglise Metropolitaine de Benevent , et deux Gentilshommes de la Ville , ayant
publié que les affaires de ce Cardinal étoient accommodées , qu'il rentreroit incessamment en
possession de son Archevêché , et en consequence de ce bruit, qui avoit causé quelque émotion ,
ayant ôté de dessus la porte du Palais Archiepiscopal les Armes du Cardinal Doria , le Gouver- neur de la Ville a fait arrêter les deux Gentilshommes et le Chapelain , mais les quatre Chanoines ont pris la fuite.
On a fait à Florence des Prieres publiques , et
découvert la Chasse de saint Zenobe à l'occasion
de l'Infant Don Carlos , et on a suspendu tous
les divertissemens du Carnaval .
Le 25. Janvier , on reçut avis de Livourne que
ce Prince étoit tout à fait hors de danger , et
qu'aussi-tôt qu'il seroit parfaitement retabli , il
iroit à Pise prendre part aux Fêtes qu'on lui a préparées , et qu'ensuite il se rendroit à Florence.
La
FEVRIER. 1732. 387
D
Le Grand Duc lui a envoyé du vin de Montepulciano avec de l'eau de la Fontaine des Feuil- lans de Florence , et de celle de Sainte Croix ,
parce que les Medecins ont trouvé que les eaux
de Pise qu'on faisoit boire à S. A. R. étoient trop Minerales.
On prépare à Livourne plusieurs divertisse
mens pour l'Infant. Il y aura entre autres le pillage d'un grand Théatre représentant le Pays de
Cocagne ; il sera suivi d'une Course de Chevaux
autour de la Place pour laquelle il y aura un prix
de 800. Ecus.
瓶
M. Oddi Commiffaire Apostolique , a protesté
contre la prise de possession faite par la Duchesse Douairiere Dorothée , des Duchez de Parme
et de Plaisance , au nom de l'Infant Don Carlos,
prétendant qu'ils sont Fiefs de l'Eglise , et que
la ligne masculine de la Maison Farnese étant
éteinte , ces Duchez étoient reversibles et pleine
ment dévolus au S. Siege.
Les Lettres de Genes portent qu'on y avoit ap
pris d'Ajaccio qu'un détachement de Hussars y
avoit apporté 24. Têtes de Chefs des Rebelles , et
que dans une autre action ils avoient tué 120 au
tres de ces Rebelles sans avoir perdu qu'un seul homme.
Le 29. Janvier , Don Dominique Marie Spinola fut élû Doge de la Republ que de Genes à
la pluralité de 398. voix , contre 211.
On a publié à Naples une Ordopnance qui défend aux Napolitains de prendre des Billets de la Lotterie de Rome,
E Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albani Camerlingue , qu'il ne pouvoit vivre plus
long - tems sans lui faire connoître la douleur
qu'il ressent de l'avoir désobligé ; qu'il se pro- de vivre dans la suite de toute autre maniere,
déclarant qu'il veut tenir tout de sa faveur; qu'il
ne manque à ses sentimens que le pouvoir de les effectuer , mais que la goute dont il est tourmenté , l'empêche d'aller se jetter aux pieds de Sa
S. Cette Lettre dans laquelle il y a encore beaucoup d'autres expressions plus soumises , a été
communiquée au Pape.
Un Chapelain du Cardinal Coscia , quatre
Chanoines de l'Eglise Metropolitaine de Benevent , et deux Gentilshommes de la Ville , ayant
publié que les affaires de ce Cardinal étoient accommodées , qu'il rentreroit incessamment en
possession de son Archevêché , et en consequence de ce bruit, qui avoit causé quelque émotion ,
ayant ôté de dessus la porte du Palais Archiepiscopal les Armes du Cardinal Doria , le Gouver- neur de la Ville a fait arrêter les deux Gentilshommes et le Chapelain , mais les quatre Chanoines ont pris la fuite.
On a fait à Florence des Prieres publiques , et
découvert la Chasse de saint Zenobe à l'occasion
de l'Infant Don Carlos , et on a suspendu tous
les divertissemens du Carnaval .
Le 25. Janvier , on reçut avis de Livourne que
ce Prince étoit tout à fait hors de danger , et
qu'aussi-tôt qu'il seroit parfaitement retabli , il
iroit à Pise prendre part aux Fêtes qu'on lui a préparées , et qu'ensuite il se rendroit à Florence.
La
FEVRIER. 1732. 387
D
Le Grand Duc lui a envoyé du vin de Montepulciano avec de l'eau de la Fontaine des Feuil- lans de Florence , et de celle de Sainte Croix ,
parce que les Medecins ont trouvé que les eaux
de Pise qu'on faisoit boire à S. A. R. étoient trop Minerales.
On prépare à Livourne plusieurs divertisse
mens pour l'Infant. Il y aura entre autres le pillage d'un grand Théatre représentant le Pays de
Cocagne ; il sera suivi d'une Course de Chevaux
autour de la Place pour laquelle il y aura un prix
de 800. Ecus.
瓶
M. Oddi Commiffaire Apostolique , a protesté
contre la prise de possession faite par la Duchesse Douairiere Dorothée , des Duchez de Parme
et de Plaisance , au nom de l'Infant Don Carlos,
prétendant qu'ils sont Fiefs de l'Eglise , et que
la ligne masculine de la Maison Farnese étant
éteinte , ces Duchez étoient reversibles et pleine
ment dévolus au S. Siege.
Les Lettres de Genes portent qu'on y avoit ap
pris d'Ajaccio qu'un détachement de Hussars y
avoit apporté 24. Têtes de Chefs des Rebelles , et
que dans une autre action ils avoient tué 120 au
tres de ces Rebelles sans avoir perdu qu'un seul homme.
Le 29. Janvier , Don Dominique Marie Spinola fut élû Doge de la Republ que de Genes à
la pluralité de 398. voix , contre 211.
On a publié à Naples une Ordopnance qui défend aux Napolitains de prendre des Billets de la Lotterie de Rome,
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Résumé : ITALIE.
Le Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albàni pour exprimer son regret de l'avoir offensé et sa volonté de se soumettre à sa faveur. Cette lettre a été transmise au Pape. Suite à des rumeurs sur la réhabilitation du Cardinal Cossia, plusieurs personnes ont été arrêtées ou ont fui après avoir retiré les armes du Cardinal Doria du palais archiépiscopal de Bénévent. À Florence, des prières publiques et la découverte de la chasse de saint Zénobe ont été organisées pour l'Infant Don Carlos, dont l'état de santé s'est amélioré. Le Grand-Duc lui a envoyé du vin et de l'eau de sources florentines. Des divertissements sont préparés à Livourne pour l'Infant. Le Commissaire Apostolique M. Oddi a protesté contre la prise de possession des duchés de Parme et de Plaisance par la Duchesse Douairière Dorothée au nom de l'Infant Don Carlos, affirmant que ces duchés sont des fiefs de l'Église. À Gênes, des lettres rapportent l'apport de têtes de chefs rebelles par des hussards à Ajaccio et l'élection de Don Dominique Marie Spinola comme Doge de la République de Gênes. À Naples, une ordonnance interdit aux Napolitains d'acheter des billets de la loterie romaine.
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2181
p. 388
ESPAGNE.
Début :
On mande de Madrid que le Marquis de Villareal, Exempt [...]
Mots clefs :
Espagne, Vaisseaux
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
E.S.PAGNE,
N mande de Madrid que le Marquis de Villareal , Exempt des Gardes du Corps du
Roy , y avoit apporte la nouvelle que l'Infant
DonCarlos étoit arrivé à Livourne le 27. de Decembre , à bord de la Capitane des Galeres du
Roy; qu'aussi-tôt après son arrivée , le Mar-,
quis Renuccini, premier Ministre du Grand Duc,
étoit venu le complimenter de la part de 'ce Prin- ce et de la part de l'Electrice Doüairiere Palatine;
on a chanté le Te Deum à l'occasion de cette nouvelle dans la Chapelle Royale du Palais de l'Alcaçar et dans l'Eglise Cathedrale de Seville , et
pendant trois nuits consecutives il y a eu des
Feux , des Illuminations et d'autres marques de
réjouissance tant à Madrid qu'à Seville , et dans
les principales Villes du Royaume.
Il est entré dans la Baye de Cadix , pendant le
cours de l'année derniere 301. Vaisseaux Anglois, 130. François , 3. Hollandois ; non compris les Vaisseaux de Guerre de cette Nation , 9.
Suedois , 3. Hambourgois , un Imperial , un Danois et un Genois.
Le Roy a formé depuis peu une Compagnie
Royale de Carabiniers ou Mousquetaires , composée de trois Brigades , et chaque Brigade de 450. hommes. S M. s'est reservé le titre de
Capitaine de cette Compagnie , dont elle a donné le Commandement à Don Bonaventure de
Morimont.
N mande de Madrid que le Marquis de Villareal , Exempt des Gardes du Corps du
Roy , y avoit apporte la nouvelle que l'Infant
DonCarlos étoit arrivé à Livourne le 27. de Decembre , à bord de la Capitane des Galeres du
Roy; qu'aussi-tôt après son arrivée , le Mar-,
quis Renuccini, premier Ministre du Grand Duc,
étoit venu le complimenter de la part de 'ce Prin- ce et de la part de l'Electrice Doüairiere Palatine;
on a chanté le Te Deum à l'occasion de cette nouvelle dans la Chapelle Royale du Palais de l'Alcaçar et dans l'Eglise Cathedrale de Seville , et
pendant trois nuits consecutives il y a eu des
Feux , des Illuminations et d'autres marques de
réjouissance tant à Madrid qu'à Seville , et dans
les principales Villes du Royaume.
Il est entré dans la Baye de Cadix , pendant le
cours de l'année derniere 301. Vaisseaux Anglois, 130. François , 3. Hollandois ; non compris les Vaisseaux de Guerre de cette Nation , 9.
Suedois , 3. Hambourgois , un Imperial , un Danois et un Genois.
Le Roy a formé depuis peu une Compagnie
Royale de Carabiniers ou Mousquetaires , composée de trois Brigades , et chaque Brigade de 450. hommes. S M. s'est reservé le titre de
Capitaine de cette Compagnie , dont elle a donné le Commandement à Don Bonaventure de
Morimont.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 27 décembre, l'Infant Don Carlos est arrivé à Livourne à bord de la capitane des galères du roi. Le Marquis Renuccini, premier ministre du Grand Duc, l'a accueilli au nom du prince et de l'Électrice Douairière Palatine. Cette arrivée a été célébrée par des Te Deum dans la chapelle royale du palais de l'Alcazar et dans la cathédrale de Séville, ainsi que par des feux, des illuminations et des réjouissances à Madrid, Séville et dans les principales villes du royaume. Par ailleurs, 301 vaisseaux anglais, 130 français, 3 hollandais, 9 suédois, 3 hambourgeois, un impérial, un danois et un génois ont entré dans la baie de Cadix au cours de l'année précédente, sans compter les vaisseaux de guerre de la nation. Enfin, le roi a créé une compagnie royale de carabiniers ou mousquetaires, composée de trois brigades de 450 hommes chacune. Sa Majesté s'est réservé le titre de capitaine de cette compagnie et a confié son commandement à Don Bonaventure de Morimont.
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2182
p. 589-591
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On apprend du Levant, que la derniere Bataille qui s' [...]
Mots clefs :
Perse, Pacha , Turquie
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
ON
N apprend du Levant , que la derniere Bataille qui s'étoit donnée entre lesTurcs et les
Persans, près d'Amadan, avoit été très- sanglante;
H vj que
590 MERCURE DE FRANCE
que la perte avoit été égale de part et d'autre ,
mais que le Champ de bataille étoit demeuré aux
Turcs que cette Bataille avoit déterminé le Roy
de Perse à écouter les propositions qui lui avoient
été faites de la part du Grand- Seigneur , qu'on
attendoit incessamment la nouvelle de la signature
du Traité de Paix ou de Trévé , et qu'il paroissoit que S. H. avoit projetté quelque grande en- treprise , puisqu'elle continuoit de faire travailler
à des Armemens considerables par Mer et par
Terre.
Les Lettres reçues depuis de Constantinople ,
portent qu'on y avoit fait pendant trois jours
des Réjouissances publiques à l'occasion de la
cessation d'armes , dont le Pacha de Babylone est
convenu avec le Roy de Perse , pendant laquelle
on ne doute plus qu'on ne trouve les moyens
d'accommoder les differends des deux Nations . Le
bruit court même que les Préliminaires du Traité
de Paix que ce Pacha a envoyez , ont été approuvez par le G. S. et que S. H. les a renvoyez en
Perse après les avoir signez. Cette Paix a causé
tant dejoye aux Habitans de cette Capitale et aux
Janissaires , qu'ils ont perdu le souvenir de tout
ce qui s'est passé l'année derniere , et que jamais
on n'a vû à Constantinople des Réjouissances
plus complettes en tout genre , sans qu'il soit ar- rivé aucun désordre.
Le 4. de Janvier , on tint au Serrail un Divan
extraordinaire , à la fin duquel on donna la liberté à l'Ambassadeur du Roy de Perse , qu'on
tenoit prisonnier depuis plusieurs mois.
On continue sans interruption les travaux ordinaires de l'Arsenal , et la Flote qu'on équipe dans
le Port , sera en état de mettre à la voile dans
le commencement du mois de May prochain.
On
MARS. 17328 591
On assure que cette Flote est déja de 60. Sultanes
et de près de 80. Galeres.
Le G. S. a envoyé ses ordres aux Regens d'Alger, de Tripoli et de Tunis , de tenir prêts pour
le mêmetemps,les secours qu'elles doivent fournir
à S. H. en cas de guerre contre les Chrétiens.
Les Troupes qui arrivent des Provinces de
l'Empire, sont assez bien équipées , et on en fait
défiler la plus grande partie du côté de la Transilvanie ,où on publie que le G. S. aura cette an- née deux Armées considerables , sans compter
celle qui paroît destinée à servir contre les Moscovites en faveur du Roy de Perse.
On écrit de Barbarie , que les Troupes du Roy
de Maroc , Muley- Abdallah, avoient entierement défait les Arabes Rebelles de ce Royaume , qu'on
ne croyoit pas qu'ils pussent se remettre en cam- pagne , et que le Pacha de Tanger avoit reçû ordre d'assembler une armée considerable près de cette Ville.
ON
N apprend du Levant , que la derniere Bataille qui s'étoit donnée entre lesTurcs et les
Persans, près d'Amadan, avoit été très- sanglante;
H vj que
590 MERCURE DE FRANCE
que la perte avoit été égale de part et d'autre ,
mais que le Champ de bataille étoit demeuré aux
Turcs que cette Bataille avoit déterminé le Roy
de Perse à écouter les propositions qui lui avoient
été faites de la part du Grand- Seigneur , qu'on
attendoit incessamment la nouvelle de la signature
du Traité de Paix ou de Trévé , et qu'il paroissoit que S. H. avoit projetté quelque grande en- treprise , puisqu'elle continuoit de faire travailler
à des Armemens considerables par Mer et par
Terre.
Les Lettres reçues depuis de Constantinople ,
portent qu'on y avoit fait pendant trois jours
des Réjouissances publiques à l'occasion de la
cessation d'armes , dont le Pacha de Babylone est
convenu avec le Roy de Perse , pendant laquelle
on ne doute plus qu'on ne trouve les moyens
d'accommoder les differends des deux Nations . Le
bruit court même que les Préliminaires du Traité
de Paix que ce Pacha a envoyez , ont été approuvez par le G. S. et que S. H. les a renvoyez en
Perse après les avoir signez. Cette Paix a causé
tant dejoye aux Habitans de cette Capitale et aux
Janissaires , qu'ils ont perdu le souvenir de tout
ce qui s'est passé l'année derniere , et que jamais
on n'a vû à Constantinople des Réjouissances
plus complettes en tout genre , sans qu'il soit ar- rivé aucun désordre.
Le 4. de Janvier , on tint au Serrail un Divan
extraordinaire , à la fin duquel on donna la liberté à l'Ambassadeur du Roy de Perse , qu'on
tenoit prisonnier depuis plusieurs mois.
On continue sans interruption les travaux ordinaires de l'Arsenal , et la Flote qu'on équipe dans
le Port , sera en état de mettre à la voile dans
le commencement du mois de May prochain.
On
MARS. 17328 591
On assure que cette Flote est déja de 60. Sultanes
et de près de 80. Galeres.
Le G. S. a envoyé ses ordres aux Regens d'Alger, de Tripoli et de Tunis , de tenir prêts pour
le mêmetemps,les secours qu'elles doivent fournir
à S. H. en cas de guerre contre les Chrétiens.
Les Troupes qui arrivent des Provinces de
l'Empire, sont assez bien équipées , et on en fait
défiler la plus grande partie du côté de la Transilvanie ,où on publie que le G. S. aura cette an- née deux Armées considerables , sans compter
celle qui paroît destinée à servir contre les Moscovites en faveur du Roy de Perse.
On écrit de Barbarie , que les Troupes du Roy
de Maroc , Muley- Abdallah, avoient entierement défait les Arabes Rebelles de ce Royaume , qu'on
ne croyoit pas qu'ils pussent se remettre en cam- pagne , et que le Pacha de Tanger avoit reçû ordre d'assembler une armée considerable près de cette Ville.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Le texte décrit des événements militaires et diplomatiques entre la Turquie et la Perse. Une bataille près d'Amadan a opposé les Turcs et les Persans, entraînant des pertes égales. Les Turcs ont gardé le contrôle du champ de bataille, poussant le roi de Perse à considérer les propositions de paix du Grand Seigneur. À Constantinople, des réjouissances publiques ont marqué la fin des hostilités, et l'ambassadeur perse a été libéré. La flotte turque, composée de 60 navires et 80 galères, se prépare à prendre la mer en mai. Le Grand Seigneur a ordonné aux régences d'Alger, de Tripoli et de Tunis de se tenir prêtes à soutenir une éventuelle guerre contre les Chrétiens. Des troupes sont déployées en Transylvanie, et deux armées importantes sont prévues pour l'année. En Barbarie, les troupes du roi du Maroc ont vaincu des rebelles arabes, et le pacha de Tanger a reçu l'ordre de rassembler une armée.
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2183
p. 591-594
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, écrite le 10. Novembre 1731.
Début :
Il y a quelques jours qu'il se répandit ici [...]
Mots clefs :
Constantinople, Pacha , Armée, Bataille
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, écrite le 10. Novembre 1731.
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople , écrite le 10. Novembre 1731.
y a quelques jours qu'il se répandit ici un bruit que les Turcs avoient été battus par les
Troupes de Schah Thamas , du côté de Tauris ,
mais cette nouvelle , bien loin d'avoir été confir- mée, s'est trouvée entierement fausse , et inventée
sur ce qu'on avoit été un très long temps sans
recevoir des Lettres du Seraskier- Aly Pacha.
On a sçû depuis que ce qui avoit donné lieu à
ce bruit , est le mouvement de quelques Partis de
Milice Turque , qui s'étant soustraits à l'obéïssance du Seraskier , s'étoient déba ndez pour piller et saccager le Pays , ayant laissé ce Pacha avec trente
$92 MERCURE DE FRANCE
trente mille hommes seulement. Ce General s'é
tant retiré à quelques journées de Tauris , il for ma le blocus de cette Place, et ferma tous les passages pour empêcher qu'elle ne reçût aucun seCours , ce qui fait présumer qu'elle se rendra -
bientôt. Le Pacha même en a écrit en ces termes
à la Porte , ajoûtant que les Habitans étoient
fort portez à se rendre , ne voulant pas s'exposer
à être faits Esclaves , comme cela leur est déja arrivé.
On a reçû ici des nouvelles qu'on croit beau
coup plus certaines et plus favorables du Camp
près d'Hamadan. Les Lettres du 23. Septembre portent qu'Achmet - Pacha étant campé à six
lieues de cette Ville , eut avis que Schah- Thamas,
en personne, s'approchoit dans le dessein de l'at
taquer avec une armée de 60. mille hommes, 30%
Pieces de gros Canons , des Bombes et beaucoup
d'autre Artillerie , portée par des Chameaux ; que
sur cet avis ce Pacha suspendit l'attaque de la
Place, et qu'il fit marcher son Armée du côté des
Ennemis , que quand les deux Armées furent en
présence , Schah- Thamas envoya un Ambassadeur , lequel entra en conférence avec le Pacha ;
mais on fat surpris d'apprendre que dans le mê- metemps, non- seulement l'Armée Persanne avoir
continué sa marche , mais qu'elle avoit même
déja attaqué l'avant- Garde de l'Armée Othomane, et que plusieurs des principaux OfficiersTurcs avoient été tuez dans cette attaque. Ach,
met- Pacha , surpris d'un pareil procedé , en de→
manda la raison à l'Ambassadeur , lequel répondit que l'intention du Roy son Maître , étoit de continuer les hostilitez jusqu'à ce que le Pacha
eût signé les conditions du Traité qui avoit été
proposé par ie dernier Vizir Ibrahim ; sur quoiعا
MAR S. 173.2. 593-
Le Pacha ayant congedié l'Ambassadeur , il se
prépara sur le champ à livrer bataille. Le combat dura sept heures entieres , sçavoir deux heu
res avec l'Artillerie ou les Armes à feu , et cinq
heures le Sabre à la main ; les Turcs demeurerent enfin les maîtres du Champ de bataille , presque toute l'Infanterie Persanne étant demeurée
sur la place. Les Turcs se sont emparez de tout
le Bagage , des Munitions , de l'Artillerie et generalement de tout ce qui étoit dans le Camp des
Persans , sans avoir perdu que fort peu de monde.
On a trouvé parmi le butin sept Pieces de gros
Canons , qui avoient été transportez d'Ispaham ,
traînés chacune par so. Buffles , cinq autres Canons fabriquez à Chiras , d'un fort beau Bronze,
dont les Boulets étoient marquez du nom de
Schah Thamas. Après la Bataille , ce Prince s'est
retiré à Casbin avec une petite partie de sa Cavalerie , le reste s'étant dispersé.
Les mêmes Lettres portent que la nuit préce
dente , la plus grande partie de la Garnison:
d'Hamadan s'étoit jointe à l'Armée du Roy de
Perse , mais qu'après la victoire remportée par Achmet Pacha , la Forteresse de cette Place s'étoit rendue à discretion ; que le Pacha y étoit entré
en victorieux , et qu'ayant visité les Portes ,
ik
avoit trouvé cent pieces de Cañon , dont trente
avoient été apportées d'Hispaham pour la deffense
de la Place, les autres 70. y ayant été laissées
-l'année passées enfin qu'on avoit envoyé à Constantinople plusieurs Drapeaux et d'autres dépouilles qui passoient pour une marque assurée de l'entiere défaite des Persans. Si la saison n'eût pas
été si avancée , l'Armée auroit, dit- on, pû marcher sans obstacle vers Ispaham ; cependant cette Armée, après avoir suffisamment fortifié la Ci- ✨tadelle-
594 MERCURE DE FRANCE
tadelle d'Amadan , se trouve campée aux environs
de cette Ville , sans que l'on sçache encore où
elle hyvernera.
Malgré tant de mauvais succès de la part des
Persans , on souhaite ici la Paix , et si on ne peut
pas la conclure , la Porte prendra , dit-on , le
Parti de faire démolir toutes les Places Frontieres,
pour laisser entre les deux Empires un grand es- pace de Pays inhabité , qui servira de barriere aux
Etats du G. S, mais on ne sera bien éclairci sur
les résolutions que prendra la Cour Ottomane ,
qu'après le succès de mouvemens qui se font en- core du côté de Tauris.
Avant hier le Tefterdar ou le Grand-Trésorier,
fut fait Vizir à trois queues, et son Emploi de
Trésorier lui a été conservé ; il a reçû cet hon- neur par la faveur du nouveau Grand- Vizir , à
l'occasion des nouvelles agréables venuës d'Ha- madam.
Constantin Bey, fils de feu Nicolas Mauro
Cordato, qui avoit été dépouillé de la Principauté de Valaquie , après la mort de son pere , dans
le temps de la derniere Révolution , a été nomméavant hier de nouveau à cette Principauté par
la protection du même G. V. auprès de qui toute
la Famille des Cordato est en très -grande faveur.
Ali- Kalvoda , qui avoit joui de la Principauté
environ un an , a été déposé , et il y a apparence
qu'il sera mis en prison à son arrivée à Cons
tantinople. Sa personne est devenue suspecte parce qu'il avoit été élevé à cette Dignité par les
Chefs des Rebelles,
y a quelques jours qu'il se répandit ici un bruit que les Turcs avoient été battus par les
Troupes de Schah Thamas , du côté de Tauris ,
mais cette nouvelle , bien loin d'avoir été confir- mée, s'est trouvée entierement fausse , et inventée
sur ce qu'on avoit été un très long temps sans
recevoir des Lettres du Seraskier- Aly Pacha.
On a sçû depuis que ce qui avoit donné lieu à
ce bruit , est le mouvement de quelques Partis de
Milice Turque , qui s'étant soustraits à l'obéïssance du Seraskier , s'étoient déba ndez pour piller et saccager le Pays , ayant laissé ce Pacha avec trente
$92 MERCURE DE FRANCE
trente mille hommes seulement. Ce General s'é
tant retiré à quelques journées de Tauris , il for ma le blocus de cette Place, et ferma tous les passages pour empêcher qu'elle ne reçût aucun seCours , ce qui fait présumer qu'elle se rendra -
bientôt. Le Pacha même en a écrit en ces termes
à la Porte , ajoûtant que les Habitans étoient
fort portez à se rendre , ne voulant pas s'exposer
à être faits Esclaves , comme cela leur est déja arrivé.
On a reçû ici des nouvelles qu'on croit beau
coup plus certaines et plus favorables du Camp
près d'Hamadan. Les Lettres du 23. Septembre portent qu'Achmet - Pacha étant campé à six
lieues de cette Ville , eut avis que Schah- Thamas,
en personne, s'approchoit dans le dessein de l'at
taquer avec une armée de 60. mille hommes, 30%
Pieces de gros Canons , des Bombes et beaucoup
d'autre Artillerie , portée par des Chameaux ; que
sur cet avis ce Pacha suspendit l'attaque de la
Place, et qu'il fit marcher son Armée du côté des
Ennemis , que quand les deux Armées furent en
présence , Schah- Thamas envoya un Ambassadeur , lequel entra en conférence avec le Pacha ;
mais on fat surpris d'apprendre que dans le mê- metemps, non- seulement l'Armée Persanne avoir
continué sa marche , mais qu'elle avoit même
déja attaqué l'avant- Garde de l'Armée Othomane, et que plusieurs des principaux OfficiersTurcs avoient été tuez dans cette attaque. Ach,
met- Pacha , surpris d'un pareil procedé , en de→
manda la raison à l'Ambassadeur , lequel répondit que l'intention du Roy son Maître , étoit de continuer les hostilitez jusqu'à ce que le Pacha
eût signé les conditions du Traité qui avoit été
proposé par ie dernier Vizir Ibrahim ; sur quoiعا
MAR S. 173.2. 593-
Le Pacha ayant congedié l'Ambassadeur , il se
prépara sur le champ à livrer bataille. Le combat dura sept heures entieres , sçavoir deux heu
res avec l'Artillerie ou les Armes à feu , et cinq
heures le Sabre à la main ; les Turcs demeurerent enfin les maîtres du Champ de bataille , presque toute l'Infanterie Persanne étant demeurée
sur la place. Les Turcs se sont emparez de tout
le Bagage , des Munitions , de l'Artillerie et generalement de tout ce qui étoit dans le Camp des
Persans , sans avoir perdu que fort peu de monde.
On a trouvé parmi le butin sept Pieces de gros
Canons , qui avoient été transportez d'Ispaham ,
traînés chacune par so. Buffles , cinq autres Canons fabriquez à Chiras , d'un fort beau Bronze,
dont les Boulets étoient marquez du nom de
Schah Thamas. Après la Bataille , ce Prince s'est
retiré à Casbin avec une petite partie de sa Cavalerie , le reste s'étant dispersé.
Les mêmes Lettres portent que la nuit préce
dente , la plus grande partie de la Garnison:
d'Hamadan s'étoit jointe à l'Armée du Roy de
Perse , mais qu'après la victoire remportée par Achmet Pacha , la Forteresse de cette Place s'étoit rendue à discretion ; que le Pacha y étoit entré
en victorieux , et qu'ayant visité les Portes ,
ik
avoit trouvé cent pieces de Cañon , dont trente
avoient été apportées d'Hispaham pour la deffense
de la Place, les autres 70. y ayant été laissées
-l'année passées enfin qu'on avoit envoyé à Constantinople plusieurs Drapeaux et d'autres dépouilles qui passoient pour une marque assurée de l'entiere défaite des Persans. Si la saison n'eût pas
été si avancée , l'Armée auroit, dit- on, pû marcher sans obstacle vers Ispaham ; cependant cette Armée, après avoir suffisamment fortifié la Ci- ✨tadelle-
594 MERCURE DE FRANCE
tadelle d'Amadan , se trouve campée aux environs
de cette Ville , sans que l'on sçache encore où
elle hyvernera.
Malgré tant de mauvais succès de la part des
Persans , on souhaite ici la Paix , et si on ne peut
pas la conclure , la Porte prendra , dit-on , le
Parti de faire démolir toutes les Places Frontieres,
pour laisser entre les deux Empires un grand es- pace de Pays inhabité , qui servira de barriere aux
Etats du G. S, mais on ne sera bien éclairci sur
les résolutions que prendra la Cour Ottomane ,
qu'après le succès de mouvemens qui se font en- core du côté de Tauris.
Avant hier le Tefterdar ou le Grand-Trésorier,
fut fait Vizir à trois queues, et son Emploi de
Trésorier lui a été conservé ; il a reçû cet hon- neur par la faveur du nouveau Grand- Vizir , à
l'occasion des nouvelles agréables venuës d'Ha- madam.
Constantin Bey, fils de feu Nicolas Mauro
Cordato, qui avoit été dépouillé de la Principauté de Valaquie , après la mort de son pere , dans
le temps de la derniere Révolution , a été nomméavant hier de nouveau à cette Principauté par
la protection du même G. V. auprès de qui toute
la Famille des Cordato est en très -grande faveur.
Ali- Kalvoda , qui avoit joui de la Principauté
environ un an , a été déposé , et il y a apparence
qu'il sera mis en prison à son arrivée à Cons
tantinople. Sa personne est devenue suspecte parce qu'il avoit été élevé à cette Dignité par les
Chefs des Rebelles,
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, écrite le 10. Novembre 1731.
En novembre 1731, des rumeurs à Constantinople annonçaient une défaite turque face aux troupes du Schah Thamas près de Tauris, mais ces informations se révélèrent fausses. Le mouvement observé provenait de milices turques rebelles contre le Seraskier Aly Pacha, qui avait encerclé Tauris avec trente mille hommes. Des nouvelles plus précises provenaient du camp près d'Hamadan. Achmet Pacha, positionné à six lieues de la ville, apprit que Schah Thamas approchait avec une armée de 60 000 hommes et une artillerie importante. Après une tentative de négociation infructueuse, les Persans attaquèrent l'avant-garde turque. La bataille, qui dura sept heures, se solda par une victoire turque. Les Turcs capturèrent l'artillerie, les munitions et plusieurs drapeaux persans. Suite à cette victoire, Schah Thamas se retira à Casbin, et la forteresse d'Hamadan se rendit peu après. Achmet Pacha entra dans la ville en vainqueur, y découvrant cent pièces de canon. Malgré ces succès militaires, les Turcs souhaitaient la paix et envisageaient de démolir les places frontalières pour créer une zone tampon entre les empires. À Constantinople, plusieurs promotions et nominations eurent lieu. Le Tefterdar fut nommé Vizir, Constantin Bey fut rétabli dans la principauté de Valachie, et Ali-Kalvoda, suspecté de liens avec des rebelles, fut déposé et risquait d'être emprisonné.
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2184
p. 595
RUSSIE.
Début :
La Czarine arriva fort tard le 28. Janvier de Petersbourg. [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
A Czarine arriva fort tard le 28. Janvier
LePetersbourg. Elle passa la nuit dans un des
Fauxbourgs , et le lendemain vers les onze heures du matin , elle fit son Entrée publique au bruit des salves réïterées de l'Artillerie et aux accla
mations du Peuple. Le soir il y eut des Feux des Illuminations et d'autres marques de réjouis,
sance dans toutes les rues de la Ville , ce qui a
duré pendant huit nuits consécutives.
A Czarine arriva fort tard le 28. Janvier
LePetersbourg. Elle passa la nuit dans un des
Fauxbourgs , et le lendemain vers les onze heures du matin , elle fit son Entrée publique au bruit des salves réïterées de l'Artillerie et aux accla
mations du Peuple. Le soir il y eut des Feux des Illuminations et d'autres marques de réjouis,
sance dans toutes les rues de la Ville , ce qui a
duré pendant huit nuits consécutives.
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2185
p. 595-596
DE POLOGNE.
Début :
On écrit de Warsovie, qu'on y avoit appris de [...]
Mots clefs :
Pologne, Couvent
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texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POLOGNE.
N écrit de Warsovie , qu'on y avoit appris
de Dublin , que le feu ayant pris la nuit dú 17. au 18. de Février , dans la Cellule d'une Religieuse du Convent de la Visitation , s'étoit
communiqué avec tant de rapidité aux apparte
mens voisins , et particulierement à celui où
étoient les Pensionaires , que ces jeunes Demoiselles n'ayant pas eu le temps de se sauver
avoient été devorées par les flammes ou étouffées
par la fumée , au nombre de 18. toutes personnes de condition , avec trois ou quatre Servantes ;
que cinq Religieuses avoient aussi perdu la vie ,
mais que P'Abbesse et quelques autres avoient eu
le bonheur de se sauver , tout le Convent ayant été entierement consumé avec l'Eglise , d'où on
n'avoit pû emporter que les Vases sacrez et quel- ques Ornemens.
On apprend de Copenhague que trois personnes
qui y sont dans les Prisons depuis quelque tems ,
l'occasion d'une fausse Lettre de Change
viennent d'être condamnées ; sçavoir, celui qui
?
-
faita.
596 MERCURE DE FRANCE
fait la Lettre , et celui qui s'en est servi , à avoir
la main coupée , et à être bannis du Royaume
avec confiscation de tous leurs biens ; le 3e , qui a fait , à ce sujet , un faux serment, aura les trois
doigts coupez , et sera pareillement banni des
Etats de S. M. Danoise.
N écrit de Warsovie , qu'on y avoit appris
de Dublin , que le feu ayant pris la nuit dú 17. au 18. de Février , dans la Cellule d'une Religieuse du Convent de la Visitation , s'étoit
communiqué avec tant de rapidité aux apparte
mens voisins , et particulierement à celui où
étoient les Pensionaires , que ces jeunes Demoiselles n'ayant pas eu le temps de se sauver
avoient été devorées par les flammes ou étouffées
par la fumée , au nombre de 18. toutes personnes de condition , avec trois ou quatre Servantes ;
que cinq Religieuses avoient aussi perdu la vie ,
mais que P'Abbesse et quelques autres avoient eu
le bonheur de se sauver , tout le Convent ayant été entierement consumé avec l'Eglise , d'où on
n'avoit pû emporter que les Vases sacrez et quel- ques Ornemens.
On apprend de Copenhague que trois personnes
qui y sont dans les Prisons depuis quelque tems ,
l'occasion d'une fausse Lettre de Change
viennent d'être condamnées ; sçavoir, celui qui
?
-
faita.
596 MERCURE DE FRANCE
fait la Lettre , et celui qui s'en est servi , à avoir
la main coupée , et à être bannis du Royaume
avec confiscation de tous leurs biens ; le 3e , qui a fait , à ce sujet , un faux serment, aura les trois
doigts coupez , et sera pareillement banni des
Etats de S. M. Danoise.
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Résumé : DE POLOGNE.
Le texte décrit deux événements distincts. À Dublin, dans la nuit du 17 au 18 février, un incendie a éclaté dans la cellule d'une religieuse du couvent de la Visitation. Le feu s'est propagé aux appartements voisins, notamment à celui des pensionnaires. Dix-huit jeunes demoiselles et trois ou quatre servantes ont péri, soit brûlées, soit asphyxiées. Cinq religieuses ont également perdu la vie, tandis que l'abbesse et quelques autres ont réussi à s'échapper. Le couvent et l'église ont été entièrement détruits, seuls les vases sacrés et quelques ornements ont été sauvés. À Copenhague, trois personnes ont été condamnées pour une fausse lettre de change. Le fauxaire et celui qui a utilisé la lettre ont été condamnés à avoir la main coupée, à être bannis du royaume et à la confiscation de leurs biens. La troisième personne, coupable de faux serment, aura les trois doigts coupés et sera également bannie des États danois.
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2186
p. 596
ALLEMAGNE.
Début :
Il est tombé en huit jours une si grande quantité [...]
Mots clefs :
Allemagne, Neige
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
L est tombé en huit jours une si grande
Iquantité de Neige dans le Bannat de Belgrade,
à ce qu'on écrit de Vienne , au commencement
de ce mois , qu'il y en a eu près de cinq pieds ;
la fonte de ces Neiges , qui est arrivée subite ment , a fait déborder la Save , dont le Pont a été
emporté , avec 13 personnes qui étoient dessus
dans le temps de sa chute.
On a reçu avis de Dresden que le Roy de Pologne, avoit donné des Ordres à tous les Officiers des Bailliages de son Electorat , de bien recevoir
les Réfugiez de l'Evêché de Saltzbourg, et de leur
procurer , aux frais de S. M. tous les soulagemens nécessaires.
Le 25 du mois dernier , il y eut à Berlin une
grande Chasse , à laquelle le Roy de Prusse n'as- sista point , à cause d'un grand rhume ; la Chasse fut des plus magnifiques. Le Duc de Lorraine y,
tira avec beaucoup d'adresse. On tua 400 Dains ,
22 Sangliers , un desquels pesoit 560 liv.
L est tombé en huit jours une si grande
Iquantité de Neige dans le Bannat de Belgrade,
à ce qu'on écrit de Vienne , au commencement
de ce mois , qu'il y en a eu près de cinq pieds ;
la fonte de ces Neiges , qui est arrivée subite ment , a fait déborder la Save , dont le Pont a été
emporté , avec 13 personnes qui étoient dessus
dans le temps de sa chute.
On a reçu avis de Dresden que le Roy de Pologne, avoit donné des Ordres à tous les Officiers des Bailliages de son Electorat , de bien recevoir
les Réfugiez de l'Evêché de Saltzbourg, et de leur
procurer , aux frais de S. M. tous les soulagemens nécessaires.
Le 25 du mois dernier , il y eut à Berlin une
grande Chasse , à laquelle le Roy de Prusse n'as- sista point , à cause d'un grand rhume ; la Chasse fut des plus magnifiques. Le Duc de Lorraine y,
tira avec beaucoup d'adresse. On tua 400 Dains ,
22 Sangliers , un desquels pesoit 560 liv.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, une importante chute de neige a provoqué la crue de la Save, détruisant un pont et causant la mort de 13 personnes. À Dresde, le roi de Pologne a ordonné d'accueillir les réfugiés de l'évêché de Salzbourg. À Berlin, une grande chasse a eu lieu, avec la participation du duc de Lorraine, tuant 400 daims et 22 sangliers.
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2187
p. 596-599
ITALIE.
Début :
On écrit de Rome, que par un Edit du Cardinal Camerlingue, [...]
Mots clefs :
Italie, Don Carlos
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
N écrit de Rome, que par un Edit du Cardinal Camerlingue , publié le 16 de Février , le Port d'Ancone a été déclaré Port
fran: pour tous les Vaisseaux Etrangers , qui n'y
payc-
MARS. 1132. 797
payeront à l'avenir qu'un droit d'Ancrage , fort
modique , lequel est reglé par le même Edit.
Le Duc de S. Aignan , Ambassadeur de France auprés du Pape , arriva à Livourne le 15 Février avec trois Galeres de France. Après les
Saluts réciproques du Pavillon du Roy et de la
Place , et celui fait par les Galeres de S. M. pour
l'Infant Don Carlos. L'Ambassadeur fut salué
de 30 coups , et lorsqu'il mit pied à terre , il le
fut encore de 21 coups,
Le Duc de S. Aignan alla+ au Palais de l'Infant
Don Carlos , qui le reçut avec toutes les marques
de distinction imaginables , s'étant rendu ensuite à l'Hôtel du Consul de France , le Comte de
Charni, Commandant des Troupes du Roy d'Espagne , en Italie , envoya un Officier , avec un
détachement de Soldats , pour monter la Garde à la porte de son Hôtel , mais le Duc de S. Aignan les renvoya , et le fit remercier de cette
marque d'honneur.
Le 22 , Don Carlos partit de Livourne vers les
heures après midi , au bruit de l'Artillerie ,
&c. f
Son A. R. arriva à Pise vers les heures du
soir , et s'étant rendue à l'Eglise Métropolitai
ne , elle yfut reçue par l'Archevêque , à la tête
des Chanoines. Toute l'Eglise étoit magnifiquement illuminée ; on y chanta le Te Deum à plusieurs Choeurs de Musique. Après le Te Deum ,
P'Infant Don Carlos alla voir les Illuminations
de la Ville; et ensuite la Représentation de l'Opera. Le 23 , ce Prince prit le divertissement de
la Chasse ; au retour de laquelle le Duc Salviati
Grand-Veneur du Grand Duc de Toscane, lui fit présent de deux Dains blancs , de la part de ce
Prince.
La Noblesse et les autres habitans du rivage de
l'Aino
8 MERCURE DE FRANCE
l'Arno , ont donné à l'Infant Don Carlos, le divertissement du combat qu'on appelle à Pise , le
Combat du Pont , dont ce Prince a paru tres- satisfait.
Le 2 de Mars , S. A. R. soupa chez le Sénateur Baluzzi , et dansa ensuite avec plusieurs Dames qui eurent l'honneur de lui baiser la main.
Ce Prince visita l'Eglise des Chevaliers de l'Ordre Militaire de S. Etienne , et celle du Dôme, dont
l'Archevêque de Pise lui fit voir le trésor. Le 3 , à
10 heures du matin , S. A. R. partit pour l'Ambrogiana , Maison de Plaisance du Grand-Duc ,
où elle resterajusqu'au 6, qu'elle se rendra à Flo rence , &c.
Les Lettres de l'Isle de Corse , de la fin de Jan
vier , portent , qu'à la requisition de quelques
Religieux Corses , le Gouverneur de Calvi ayant
envoyé 400 hommes de sa Garnison, pour s'em- parer du Bourg de Cabezzana , dont on l'avoit
assuré que les habitans demandoient ce secours ,
pour se soumettre en sureté à la République de
Génes , ce détachement avoit été surpris près de
ce Bourg , par un grand nombre de Rebelles, qui
s'étoient mis en embuscade, et qu'il avoit été
taillé en pièces.
On a appris depuis que les Troupes de l'Em- pereury étoient diminuées de la moitié , tant par
les maladies , que par les pertes qu'elles ont faites
en differentes rencontres, de sorte qu'elles avoient
été obligées d'abandonner plusieurs Postes, dont
les Rebelles s'étoient emparez depuis
On écrit de Naples , que les bruits qui s'étoient
répandus de l'accommodement du Cardinal Coscia , avec le S. Siége , étoit sans fondement, et on
prétend qu'il n'a aucun dessein de risquer le voyage de Rome.
On a apris par des Lettres de Lisbonne , que le
Roy
MARS. 1732. 599
Roy de Portugal avoit privé de tout Honneur ,
Privilege et Noblesse , ceux de ses Sujets , qul
pendant le tempsdes derniers differends de S.M.P.
avec le S. Siége , ont accepté du Pape quelques
Benefices.
N écrit de Rome, que par un Edit du Cardinal Camerlingue , publié le 16 de Février , le Port d'Ancone a été déclaré Port
fran: pour tous les Vaisseaux Etrangers , qui n'y
payc-
MARS. 1132. 797
payeront à l'avenir qu'un droit d'Ancrage , fort
modique , lequel est reglé par le même Edit.
Le Duc de S. Aignan , Ambassadeur de France auprés du Pape , arriva à Livourne le 15 Février avec trois Galeres de France. Après les
Saluts réciproques du Pavillon du Roy et de la
Place , et celui fait par les Galeres de S. M. pour
l'Infant Don Carlos. L'Ambassadeur fut salué
de 30 coups , et lorsqu'il mit pied à terre , il le
fut encore de 21 coups,
Le Duc de S. Aignan alla+ au Palais de l'Infant
Don Carlos , qui le reçut avec toutes les marques
de distinction imaginables , s'étant rendu ensuite à l'Hôtel du Consul de France , le Comte de
Charni, Commandant des Troupes du Roy d'Espagne , en Italie , envoya un Officier , avec un
détachement de Soldats , pour monter la Garde à la porte de son Hôtel , mais le Duc de S. Aignan les renvoya , et le fit remercier de cette
marque d'honneur.
Le 22 , Don Carlos partit de Livourne vers les
heures après midi , au bruit de l'Artillerie ,
&c. f
Son A. R. arriva à Pise vers les heures du
soir , et s'étant rendue à l'Eglise Métropolitai
ne , elle yfut reçue par l'Archevêque , à la tête
des Chanoines. Toute l'Eglise étoit magnifiquement illuminée ; on y chanta le Te Deum à plusieurs Choeurs de Musique. Après le Te Deum ,
P'Infant Don Carlos alla voir les Illuminations
de la Ville; et ensuite la Représentation de l'Opera. Le 23 , ce Prince prit le divertissement de
la Chasse ; au retour de laquelle le Duc Salviati
Grand-Veneur du Grand Duc de Toscane, lui fit présent de deux Dains blancs , de la part de ce
Prince.
La Noblesse et les autres habitans du rivage de
l'Aino
8 MERCURE DE FRANCE
l'Arno , ont donné à l'Infant Don Carlos, le divertissement du combat qu'on appelle à Pise , le
Combat du Pont , dont ce Prince a paru tres- satisfait.
Le 2 de Mars , S. A. R. soupa chez le Sénateur Baluzzi , et dansa ensuite avec plusieurs Dames qui eurent l'honneur de lui baiser la main.
Ce Prince visita l'Eglise des Chevaliers de l'Ordre Militaire de S. Etienne , et celle du Dôme, dont
l'Archevêque de Pise lui fit voir le trésor. Le 3 , à
10 heures du matin , S. A. R. partit pour l'Ambrogiana , Maison de Plaisance du Grand-Duc ,
où elle resterajusqu'au 6, qu'elle se rendra à Flo rence , &c.
Les Lettres de l'Isle de Corse , de la fin de Jan
vier , portent , qu'à la requisition de quelques
Religieux Corses , le Gouverneur de Calvi ayant
envoyé 400 hommes de sa Garnison, pour s'em- parer du Bourg de Cabezzana , dont on l'avoit
assuré que les habitans demandoient ce secours ,
pour se soumettre en sureté à la République de
Génes , ce détachement avoit été surpris près de
ce Bourg , par un grand nombre de Rebelles, qui
s'étoient mis en embuscade, et qu'il avoit été
taillé en pièces.
On a appris depuis que les Troupes de l'Em- pereury étoient diminuées de la moitié , tant par
les maladies , que par les pertes qu'elles ont faites
en differentes rencontres, de sorte qu'elles avoient
été obligées d'abandonner plusieurs Postes, dont
les Rebelles s'étoient emparez depuis
On écrit de Naples , que les bruits qui s'étoient
répandus de l'accommodement du Cardinal Coscia , avec le S. Siége , étoit sans fondement, et on
prétend qu'il n'a aucun dessein de risquer le voyage de Rome.
On a apris par des Lettres de Lisbonne , que le
Roy
MARS. 1732. 599
Roy de Portugal avoit privé de tout Honneur ,
Privilege et Noblesse , ceux de ses Sujets , qul
pendant le tempsdes derniers differends de S.M.P.
avec le S. Siége , ont accepté du Pape quelques
Benefices.
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Résumé : ITALIE.
En février 1732, un édit du Cardinal Camerlingue a désigné le port d'Ancone comme port franc pour les vaisseaux étrangers, avec un droit d'ancrage modique. Le Duc de Saint-Aignan, ambassadeur de France, est arrivé à Livourne le 15 février avec trois galères françaises. Il a été accueilli par l'Infant Don Carlos et a refusé une garde d'honneur espagnole. Le 22 février, Don Carlos a quitté Livourne pour Pise, où il a été reçu par l'archevêque et a assisté à un Te Deum. Il a visité les illuminations de la ville, assisté à un opéra, participé à une chasse et reçu des présents du Duc Salviati. La noblesse pisane lui a offert un combat traditionnel. Le 2 mars, Don Carlos a soupé chez le Sénateur Baluzzi, visité des églises et des trésors, puis est parti pour l'Ambrogiana, où il est resté jusqu'au 6 mars. En Corse, un détachement de 400 hommes a été attaqué par des rebelles, subissant des pertes et abandonnant plusieurs postes. À Naples, les rumeurs d'un accommodement entre le Cardinal Coscia et le Saint-Siège ont été démenties. À Lisbonne, le Roi de Portugal a privé de leurs honneurs et privilèges les sujets ayant accepté des bénéfices du Pape pendant les derniers différends.
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2188
p. 599
ESPAGNE.
Début :
Le Roy a donné des Ordres pour faire assembler 12 000 [...]
Mots clefs :
Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAG «N»E.
LEsembler Roy a12000 donnéhommes des Ordres , du pour côté defairela Ca- astalogne ; on les croit destinez pour un embarquement , et on arme plusieurs Vaisseaux de
Guerre à Cadix , à Malaga et à Barcelone.
.
Les Troupes qui sont en marche pour cette,
expédition , consistent en 26 Bataillons ; sçavoir,
6 du Regiment des Gardes Espagnoles , 6 de celui des Gardes Walones , 2 du Regiment des Asturies , 2 de celui de Hainault , 2 de celui de Soria; 2 du Regiment d'Arragon, 2 de celui de Batavia et un de celui de Victoria; trois Regimens de
Cavalerie, qui sont ceux de Bourbon, de la Reine
et deS. Jacques, et les quatre Regimens de Dra-.
gons de Lusitanie ou Portugal, de Belgia , de Sa- gunte et de Numance.
O
LEsembler Roy a12000 donnéhommes des Ordres , du pour côté defairela Ca- astalogne ; on les croit destinez pour un embarquement , et on arme plusieurs Vaisseaux de
Guerre à Cadix , à Malaga et à Barcelone.
.
Les Troupes qui sont en marche pour cette,
expédition , consistent en 26 Bataillons ; sçavoir,
6 du Regiment des Gardes Espagnoles , 6 de celui des Gardes Walones , 2 du Regiment des Asturies , 2 de celui de Hainault , 2 de celui de Soria; 2 du Regiment d'Arragon, 2 de celui de Batavia et un de celui de Victoria; trois Regimens de
Cavalerie, qui sont ceux de Bourbon, de la Reine
et deS. Jacques, et les quatre Regimens de Dra-.
gons de Lusitanie ou Portugal, de Belgia , de Sa- gunte et de Numance.
O
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Résumé : ESPAGNE.
Au début du XIIIe siècle, le roi espagnol mobilise 12 000 hommes des Ordres militaires pour une campagne en Castille. L'expédition, comprenant 26 bataillons et trois régiments de cavalerie, embarque à Cadix, Malaga et Barcelone. Quatre régiments de dragons participent également.
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2189
p. 599-600
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On apprend de Londres, que le Duc de Cumberland a [...]
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N apprend de Londres, que le Duc de Cum
berland a formé une Compagnie de Grénadiers , qui est composée de jeunes gens de la premiere distinction , qu'il a fait habiller de l'uni
forme du second Régiment des Gardes Infante- rie. Le fils du Colonel Carskarh a l'honneur de
commander cette Compagnie , dont le Duc de Cumberland n'a voulu être que le Caporal. Le 2
Mars , elle fit ses exercices devant le Roy et la
Reine, qui en furent tres-satisfaits.
M
600 MERCURE DE FRANCE
M. Hammond arriva de la Haye le 25 de Février , de la part du Comte de Chesterfied , avec
la coppie de l'Acte d'Approbation des Etats Généraux , du Traité conclu à Vienne , le 16 Mars
de l'année derniere , lequel avoit été signé le 20
Là la Haye.
N apprend de Londres, que le Duc de Cum
berland a formé une Compagnie de Grénadiers , qui est composée de jeunes gens de la premiere distinction , qu'il a fait habiller de l'uni
forme du second Régiment des Gardes Infante- rie. Le fils du Colonel Carskarh a l'honneur de
commander cette Compagnie , dont le Duc de Cumberland n'a voulu être que le Caporal. Le 2
Mars , elle fit ses exercices devant le Roy et la
Reine, qui en furent tres-satisfaits.
M
600 MERCURE DE FRANCE
M. Hammond arriva de la Haye le 25 de Février , de la part du Comte de Chesterfied , avec
la coppie de l'Acte d'Approbation des Etats Généraux , du Traité conclu à Vienne , le 16 Mars
de l'année derniere , lequel avoit été signé le 20
Là la Haye.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le Duc de Cumberland a formé une compagnie de grenadiers composée de jeunes de haute distinction, portant l'uniforme du second régiment des Gardes Infanterie. Le fils du Colonel Carskarh en est le commandant, tandis que le Duc est caporal. Le 2 mars, ils ont exercé devant le roi et la reine, qui en ont été satisfaits. M. Hammond a apporté l'Acte d'Approbation des États Généraux et le Traité de Vienne signé le 16 mars précédent.
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2190
p. 601-602
« Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...] »
Début :
Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...]
Mots clefs :
Princesse de Conti, Audience du roi, Comédiens-Italiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...] »
RANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &C.
E 9 de ce mois , les Députez des Etats
d'Artois eurent audiance du Roy ,
étant présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouverneur de la Province , et par M. d'Angervilliers , Ministre et Secretaire d'Etat.
Ils y furent conduits en la maniere accoutumée , par le Grand-Maître et le Maî
tre des Cérémonies. La Députation étoit
composée de l'Abbé de Ruissauvaille
pour le Clergé , qui porta la parole ; du
Comte de Louvignies pour la Noblesse
et de M. Henin , Echevin de la Ville
d'Arras pour le Tiers Etat.
La Princesse de Conti , seconde Douairiere, ayant demandé par son Testament
d'être enterrée sans aucune des Cérémo
nies qui s'observent après la mort des Princesses du Sang, son corps qui avoit été embaumé le 22 de Fév. ne fut exposé dans
son Hôtel que le 28. Ce jour-là , vers les
9 heures du soir , il fut porté en Carosse
à
602 MERCURE DE FRANCE
à l'Eglise de S. André des Arcs , et il furt
presenté au Curé par l'Evêque de Leitoure qui étoit accompagné du Curé de
la Paroisse de S. Sulpice. La Princesse de
de Conty , troisiéme Doüairiere , accòmpagnée de la Princesse de Conty, sa bellefille , de la Princesse de Lambesc , et de
la Princesse de Lixin , menoit le Deüil.
Après les Prieres ordinaires , le Corps de
la Princesse de Conty fut mis dans le
Caveau où est le Corps du Prince son
Epoux.
Le Marquis de Vaugrenant , que le
Roi a nommé son Ambassadeur auprès
du Roy de Sardaigne , prit congé de
S. M. le 18. de ce mois , et il partira incessamment pour se rendre à Turin.
Le Roy a donné le Gouvernement de
Boüay au Comte de Beauvau , Chevalier des Ordres de S. M. Lieutenant General de ses Armées , et Directeur General de Cavalerie , et celui des Iles de
sainte Marguerite et de S. Honorat , au
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Ceremonies de France , et Lieutenant
General des Armées du Roy.
Le premier Mars , les Comédiens ItaHens représenterent à la Cour la Double
In-
MARS. 17328 63
Inconstance , et la petite Piece nouvelle
de la Critique.
Le 8. Le Prince Travesti , et la Veuve
Coquette.
Le 15. La Piéce nouvelle du Triomphe
de l'Amour, et Agnès de Chaillot.
+
Le 22: Démocrite , prétendu Fon , et le
Retour de Tendresse.
Le Mardy 4. les Comédiens François
représenterent à la Cour , Espritfolet, et
l'Esprit de contradiction.
Le 6. Les Ménechmes , et le Deuil.
Le 11. Agrippa , ou le Faux Tiberinus,
et Crispin , Rival de son Maître.
Le 13. Le Flateur , et le Mariageforce".
Le 18. Phedre et Hyppolite, et la Comtesse d'Escarbagnas.
Le 20. La Réconciliation Normande , et
La Tontine.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &C.
E 9 de ce mois , les Députez des Etats
d'Artois eurent audiance du Roy ,
étant présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouverneur de la Province , et par M. d'Angervilliers , Ministre et Secretaire d'Etat.
Ils y furent conduits en la maniere accoutumée , par le Grand-Maître et le Maî
tre des Cérémonies. La Députation étoit
composée de l'Abbé de Ruissauvaille
pour le Clergé , qui porta la parole ; du
Comte de Louvignies pour la Noblesse
et de M. Henin , Echevin de la Ville
d'Arras pour le Tiers Etat.
La Princesse de Conti , seconde Douairiere, ayant demandé par son Testament
d'être enterrée sans aucune des Cérémo
nies qui s'observent après la mort des Princesses du Sang, son corps qui avoit été embaumé le 22 de Fév. ne fut exposé dans
son Hôtel que le 28. Ce jour-là , vers les
9 heures du soir , il fut porté en Carosse
à
602 MERCURE DE FRANCE
à l'Eglise de S. André des Arcs , et il furt
presenté au Curé par l'Evêque de Leitoure qui étoit accompagné du Curé de
la Paroisse de S. Sulpice. La Princesse de
de Conty , troisiéme Doüairiere , accòmpagnée de la Princesse de Conty, sa bellefille , de la Princesse de Lambesc , et de
la Princesse de Lixin , menoit le Deüil.
Après les Prieres ordinaires , le Corps de
la Princesse de Conty fut mis dans le
Caveau où est le Corps du Prince son
Epoux.
Le Marquis de Vaugrenant , que le
Roi a nommé son Ambassadeur auprès
du Roy de Sardaigne , prit congé de
S. M. le 18. de ce mois , et il partira incessamment pour se rendre à Turin.
Le Roy a donné le Gouvernement de
Boüay au Comte de Beauvau , Chevalier des Ordres de S. M. Lieutenant General de ses Armées , et Directeur General de Cavalerie , et celui des Iles de
sainte Marguerite et de S. Honorat , au
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Ceremonies de France , et Lieutenant
General des Armées du Roy.
Le premier Mars , les Comédiens ItaHens représenterent à la Cour la Double
In-
MARS. 17328 63
Inconstance , et la petite Piece nouvelle
de la Critique.
Le 8. Le Prince Travesti , et la Veuve
Coquette.
Le 15. La Piéce nouvelle du Triomphe
de l'Amour, et Agnès de Chaillot.
+
Le 22: Démocrite , prétendu Fon , et le
Retour de Tendresse.
Le Mardy 4. les Comédiens François
représenterent à la Cour , Espritfolet, et
l'Esprit de contradiction.
Le 6. Les Ménechmes , et le Deuil.
Le 11. Agrippa , ou le Faux Tiberinus,
et Crispin , Rival de son Maître.
Le 13. Le Flateur , et le Mariageforce".
Le 18. Phedre et Hyppolite, et la Comtesse d'Escarbagnas.
Le 20. La Réconciliation Normande , et
La Tontine.
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Résumé : « Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...] »
Le 9 mars, les députés des États d'Artois furent reçus par le roi, accompagnés par le duc d'Elbeuf et M. d'Angervilliers. La délégation incluait l'abbé de Ruissauvaille pour le clergé, le comte de Louvignies pour la noblesse, et M. Henin pour le tiers état. La princesse de Conti, seconde douairière, avait demandé à être enterrée sans cérémonies. Son corps, embaumé le 22 février, fut exposé le 28 mars et transporté à l'église de Saint-André-des-Arts. La princesse de Conti, troisième douairière, mena le deuil, accompagnée de plusieurs princesses. Après les prières, le corps fut placé dans le caveau où reposait son époux. Le marquis de Vaugrenant, nommé ambassadeur auprès du roi de Sardaigne, prit congé le 18 mars et partit pour Turin. Le roi attribua le gouvernement de Bouay au comte de Beauvau et celui des îles de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat au marquis de Dreux. En mars, les comédiens italiens représentèrent plusieurs pièces à la cour, dont 'La Double Inconstance' et 'La Critique'. Les comédiens français jouèrent également diverses pièces, comme 'Espritfolet', 'Les Ménechmes', 'Phedre et Hyppolite', et 'La Réconciliation Normande'.
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2191
p. 602-603
Couches de la Reine, [titre d'après la table]
Début :
Le 22 de ce mois, la Reine qui étoit entrée [...]
Mots clefs :
Reine, Couches
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texteReconnaissance textuelle : Couches de la Reine, [titre d'après la table]
Le 22 de ce mois , la Reine qui étoit
entrée depuis quelques jours dans le 9
mois de sa grossesse , sentit quelques.dou- leurs pour accoucher. On dépêcha un
Courrier au Roy , qui étoit à la Chasse
dans les Bois de Verrieres , à quatre lieuës
de Versailles, S.M. quitta la Chasse et revint dans l'instant au Château de Versaille , et sans s'arrêter , le Roy monta à l'ap
I parte
694 MERCURE DE FRANCE
,
partement de la Reine. Cependant les
douleurs , quoique vives , se calmerent ,
et la Reine passa la nuit tranquillement;
mais le Dimanche 23 Mars , les douleurs
ayant recommencé à une heure après
midi , la Reine accoucha heureusement à
cinq heures , d'une Princesse qui fut ondoyée par le Cardinal de Rohan , GrandAumônier de France,en présence du Curé
de la Paroisse du Château de Versailles.
Après la Cérémonie , cette Princesse fut
portée dans son appartement , par la Duchesse de Talard , Gouvernante des Enfans de France. La Reine se porte aussibien qu'on puisse le désirer
entrée depuis quelques jours dans le 9
mois de sa grossesse , sentit quelques.dou- leurs pour accoucher. On dépêcha un
Courrier au Roy , qui étoit à la Chasse
dans les Bois de Verrieres , à quatre lieuës
de Versailles, S.M. quitta la Chasse et revint dans l'instant au Château de Versaille , et sans s'arrêter , le Roy monta à l'ap
I parte
694 MERCURE DE FRANCE
,
partement de la Reine. Cependant les
douleurs , quoique vives , se calmerent ,
et la Reine passa la nuit tranquillement;
mais le Dimanche 23 Mars , les douleurs
ayant recommencé à une heure après
midi , la Reine accoucha heureusement à
cinq heures , d'une Princesse qui fut ondoyée par le Cardinal de Rohan , GrandAumônier de France,en présence du Curé
de la Paroisse du Château de Versailles.
Après la Cérémonie , cette Princesse fut
portée dans son appartement , par la Duchesse de Talard , Gouvernante des Enfans de France. La Reine se porte aussibien qu'on puisse le désirer
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Résumé : Couches de la Reine, [titre d'après la table]
Le 22 mars, la Reine, enceinte de neuf mois, ressentit des douleurs annonçant l'accouchement. Le Roi, informé, revint immédiatement au château de Versailles. Après une nuit tranquille, la Reine accoucha le 23 mars à cinq heures d'une princesse. Le Cardinal de Rohan procéda à l'ondoiement en présence du curé de Versailles. La Reine se portait bien.
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2192
p. 603-604
« Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...] »
Début :
Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...]
Mots clefs :
Loterie de la Compagnie des Indes, Fête de l'Annonciation de la Vierge
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texteReconnaissance textuelle : « Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...] »
Le 24 Mars , la Lotterie de la Compa
gnie des Indes , établie pour le rembour
sement des Actions , fut tirée en la maniere accoutumée , à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros gagnans ,
des Actions et dixièmes d'Actions , qui
doivent être remboursées , a été renduë
publique. Elle fait en tout le nombre de
304 Actions.
Le 25 , Fête de l'Annonciation de la
Vierge , il y eut Concert spirituel au Château des Tuilleries. Il commença par
Exurgat Deus, Motet de M. de la Lande.
尊
On
MARS. 1732 605
On chanta ensuite plusieurs petits Motets , qui furent suivis de differentés pieces de Symphonies , exécutées d'une maniere tres brillante , par d'excellens Maî
treses.Le .Le Concertfut terminé par le Cantate,
qui est un des beaux Motets du même Auteur
gnie des Indes , établie pour le rembour
sement des Actions , fut tirée en la maniere accoutumée , à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros gagnans ,
des Actions et dixièmes d'Actions , qui
doivent être remboursées , a été renduë
publique. Elle fait en tout le nombre de
304 Actions.
Le 25 , Fête de l'Annonciation de la
Vierge , il y eut Concert spirituel au Château des Tuilleries. Il commença par
Exurgat Deus, Motet de M. de la Lande.
尊
On
MARS. 1732 605
On chanta ensuite plusieurs petits Motets , qui furent suivis de differentés pieces de Symphonies , exécutées d'une maniere tres brillante , par d'excellens Maî
treses.Le .Le Concertfut terminé par le Cantate,
qui est un des beaux Motets du même Auteur
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Résumé : « Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...] »
Le 24 mars 1732, la Lotterie de la Compagnie des Indes a attribué 304 actions. Le 25 mars, un concert spirituel a eu lieu au Château des Tuileries. Il a commencé avec le motet 'Exurgat Deus' de M. de la Lande et s'est conclu par une cantate. Divers motets et symphonies ont été interprétés par des maîtres excellents.
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2193
p. 783-784
DE TURQUIE ET BARBARIE.
Début :
On apprend de Constantinople, que le Grand-Visir avoit fait [...]
Mots clefs :
Turquie, Barbarie, Combats sanglants
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texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE ET BARBARIE.
DE TURQUIE ET BARBARIE,
N apprend de Constantinople, que le Grand- Visir avoit fait dire aux Ambassadeurs de
France , d'Angleterre et de Hollande , que le
Grand-Seigneur avoit donné ordre qu'on ne levât dorénavant sur les Marchandises de leurs
Pays que les droits d'entrée reglez par le Tarif de 1701.
Les Lettres de Barbarie portent que les Ha
bitans des Montagnes du côté de sainte Croix ,
se faisoient une guerre cruelle , sans se donner
de quartier les uns aux autres ; qu'il y avoit ea
deux Combats sanglans à une journée de la Ville
de Maroc , entre l'Armée du Roy Muley Ab
dallah et celle des Arabes ; que quelques jours
après , ces deux Armées s'étant approchées dans
la Plcine , leur Combat general avoit duré deux
heures ; que la perte avoit été presque égale de
part et d'autre; mais que cependant l'Armée des
Noirs , qui est celle du Roy , étoit restée maîtresse du Champ de bataille , et que le Roy avoit
résolu de continuer le Siege de Maroc.
On apprend par d'autres Lettres que la guerre Civile continuoit à faire de grands ravages , que
les Montagnards mettoient à feu et à sang les
Provinces, exposées à leurs courses , et que les Arabes
784 MERCURE DE FRANCE
>
Arabes s'étant encore rassemblez en corps , nonobstant leur derniere deffaite , avoient attaqué à
deux reprises l'Armée du Roy Muley Abdallah ,
aux environs de Maroc , avec une perte égale ,
les Negres n'ayant eu d'autre avantage que celui d'avoir conservé le Champ de bataille , et que le
Roy avoit été obligé de renforcer considerable- ment son Armée , afin d'être en état de pouvoir
continuer le Siege de Maroc.
N apprend de Constantinople, que le Grand- Visir avoit fait dire aux Ambassadeurs de
France , d'Angleterre et de Hollande , que le
Grand-Seigneur avoit donné ordre qu'on ne levât dorénavant sur les Marchandises de leurs
Pays que les droits d'entrée reglez par le Tarif de 1701.
Les Lettres de Barbarie portent que les Ha
bitans des Montagnes du côté de sainte Croix ,
se faisoient une guerre cruelle , sans se donner
de quartier les uns aux autres ; qu'il y avoit ea
deux Combats sanglans à une journée de la Ville
de Maroc , entre l'Armée du Roy Muley Ab
dallah et celle des Arabes ; que quelques jours
après , ces deux Armées s'étant approchées dans
la Plcine , leur Combat general avoit duré deux
heures ; que la perte avoit été presque égale de
part et d'autre; mais que cependant l'Armée des
Noirs , qui est celle du Roy , étoit restée maîtresse du Champ de bataille , et que le Roy avoit
résolu de continuer le Siege de Maroc.
On apprend par d'autres Lettres que la guerre Civile continuoit à faire de grands ravages , que
les Montagnards mettoient à feu et à sang les
Provinces, exposées à leurs courses , et que les Arabes
784 MERCURE DE FRANCE
>
Arabes s'étant encore rassemblez en corps , nonobstant leur derniere deffaite , avoient attaqué à
deux reprises l'Armée du Roy Muley Abdallah ,
aux environs de Maroc , avec une perte égale ,
les Negres n'ayant eu d'autre avantage que celui d'avoir conservé le Champ de bataille , et que le
Roy avoit été obligé de renforcer considerable- ment son Armée , afin d'être en état de pouvoir
continuer le Siege de Maroc.
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Résumé : DE TURQUIE ET BARBARIE.
Le texte décrit des événements politiques et militaires en Turquie et en Barbarie. À Constantinople, le Grand-Visir a informé les ambassadeurs de France, d'Angleterre et de Hollande que le Grand-Seigneur a ordonné de lever uniquement les droits d'entrée régis par le tarif de 1701 sur les marchandises de leurs pays. En Barbarie, des conflits violents opposent les habitants des montagnes près de Sainte-Croix, l'armée du roi Muley Abdallah et les Arabes. Deux combats sanglants ont eu lieu près de la ville de Maroc, entraînant des pertes presque égales, mais l'armée des Noirs, loyale au roi, a pris le contrôle du champ de bataille. Le roi a décidé de poursuivre le siège de Maroc malgré les attaques répétées des Arabes, qui l'ont contraint à renforcer son armée. La guerre civile continue de causer des ravages, les montagnards incendiant et pillant les provinces exposées à leurs incursions.
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2194
p. 784
RUSSIE.
Début :
Le Baron de Schaffirof, Ambassadeur de la Czarine à Ispahan [...]
Mots clefs :
Mariage, Armée
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Baron de Schaffirof , Ambassadeur de la
Czarine à Ispahan, a écrit que le Roy de
Perse, avoit donné des ordres pour faire marcher
son Armée composée de roo. mille hommes , du
côté des Places conquises par les Moscovites , et
qu'il faisoit rassembler des provisions dans la
basse Armenie , où ce Prince avoit envoyé un
train d'Artillerie de 150. Pieces de Canon..
Depuis qu'on a appris par les Lettres de BerJin, que le Roy de Prusse avoit conclu le Maria.
ge du Prince Royal son fils , avec la Princesse
de Beveren ; on publie que la Princesse de Meckelbourg , Niece de la Czarine , épousera le fils
du Margrave Albert de Brandebourg,
O
E Baron de Schaffirof , Ambassadeur de la
Czarine à Ispahan, a écrit que le Roy de
Perse, avoit donné des ordres pour faire marcher
son Armée composée de roo. mille hommes , du
côté des Places conquises par les Moscovites , et
qu'il faisoit rassembler des provisions dans la
basse Armenie , où ce Prince avoit envoyé un
train d'Artillerie de 150. Pieces de Canon..
Depuis qu'on a appris par les Lettres de BerJin, que le Roy de Prusse avoit conclu le Maria.
ge du Prince Royal son fils , avec la Princesse
de Beveren ; on publie que la Princesse de Meckelbourg , Niece de la Czarine , épousera le fils
du Margrave Albert de Brandebourg,
O
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Résumé : RUSSIE.
Le baron de Schaffirof, ambassadeur de la czarine à Ispahan, rapporte que le roi de Perse a ordonné à son armée de 100 000 hommes de se diriger vers les territoires conquis par les Moscovites. Des provisions et un train d'artillerie de 150 pièces de canon sont rassemblés en basse Arménie. Par ailleurs, des lettres de Berlin annoncent les mariages du prince royal de Prusse avec la princesse de Beveren et de la princesse de Meckelbourg, nièce de la czarine, avec le fils du margrave Albert de Brandebourg.
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2195
p. 784-785
DE POLOGNE.
Début :
On écrit de Warsovie, que le Roy y arriva le 5. du [...]
Mots clefs :
Pologne, Tsarine
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texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POLOGNE.
N écrit de Warsovie , que le Roy y arriva le S. du mois dernier , et de Dantzick , qu'il
y avoit passé depuis un mois plusieurs Courriers allant de Berlin àPetersbourg , où on dit qu'il
se négocie une triple Alliance entre l'Empereur , la Czarine et le Roy de Prusse pour la
garantie et la deffense réciproque de leurs Etats ,
en
AVRIL. 1722. 7°5
de guerre avec quelque Puissance que ce être .
a dépêché depuis peu un Officier à Peters-
; , pour porter à la Czarine une Lettre du
par laquelle S M. la prie de retirer ses
pes des environs de la Curlande , parce que
Séjour près de ce Duché cause de l'inquiéa la République et pourroit faire naître dela
ntelligence entre les deux Nations. On dit
i cette Lettre du Roy ne produit pas l'effer en espere , les Sénateurs ont résolu de faire
her les Troupes de la Couronne , pour oblis Moscovites à se retirer.
écrit de Stokolm , que par le Traité d'Alqui a été conclu depuis entre le Roi de et le Roi de Dannemarc , il a été stipulé
yes deux Puissances réuniroient leurs Fotes
observer les mouvemens de celle de la Czaet s'opposer aux entreprises que cette Prin-
, ou ses Alliez pourroient faire sur les Etats Roy de Suede ou du Roy de Dannemarc.
N écrit de Warsovie , que le Roy y arriva le S. du mois dernier , et de Dantzick , qu'il
y avoit passé depuis un mois plusieurs Courriers allant de Berlin àPetersbourg , où on dit qu'il
se négocie une triple Alliance entre l'Empereur , la Czarine et le Roy de Prusse pour la
garantie et la deffense réciproque de leurs Etats ,
en
AVRIL. 1722. 7°5
de guerre avec quelque Puissance que ce être .
a dépêché depuis peu un Officier à Peters-
; , pour porter à la Czarine une Lettre du
par laquelle S M. la prie de retirer ses
pes des environs de la Curlande , parce que
Séjour près de ce Duché cause de l'inquiéa la République et pourroit faire naître dela
ntelligence entre les deux Nations. On dit
i cette Lettre du Roy ne produit pas l'effer en espere , les Sénateurs ont résolu de faire
her les Troupes de la Couronne , pour oblis Moscovites à se retirer.
écrit de Stokolm , que par le Traité d'Alqui a été conclu depuis entre le Roi de et le Roi de Dannemarc , il a été stipulé
yes deux Puissances réuniroient leurs Fotes
observer les mouvemens de celle de la Czaet s'opposer aux entreprises que cette Prin-
, ou ses Alliez pourroient faire sur les Etats Roy de Suede ou du Roy de Dannemarc.
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Résumé : DE POLOGNE.
En avril 1722, plusieurs événements diplomatiques et militaires se déroulent en Pologne et dans les pays voisins. Le roi de Pologne arrive à Varsovie, tandis que des courriers entre Berlin et Saint-Pétersbourg annoncent une négociation pour une triple alliance entre l'empereur, la czarine et le roi de Prusse. Cette alliance vise à garantir et défendre réciproquement leurs États contre toute puissance étrangère. Le roi de Pologne envoie un officier à Saint-Pétersbourg pour demander à la czarine de retirer ses troupes des environs de la Curlande, craignant des tensions. Les Moscovites ne semblent pas prêts à se retirer, poussant les Sénateurs à mobiliser les troupes de la Couronne. Par ailleurs, un traité d'alliance entre les rois de Suède et de Danemark prévoit l'union de leurs forces pour surveiller les mouvements de la czarine et s'opposer à toute entreprise contre leurs États.
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2196
p. 785-786
ALLEMAGNE.
Début :
Es Lettres de Vienne, portent que les instances du Roy [...]
Mots clefs :
Allemagne, Hongrie
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Es Lettres de Vienne , portent que les instances du Roy de Suede en faveur des Protestans
Diocèce de Saltzbourg avoient déterminé
pereur à prendre des mesures contre l'Evê- pour l'obliger à observer les Constitutions
Empire , et à donner des dédommagemens
ux de ses Sujets qu'il a forcez de quitter leur j.
e Duc de Lorraine doit arriver incessamt à Vienne pour remercier l'Empereur du
de Viceroy de Hongrie , Pays et Terres délans de ce Royaume , que S. M. Imp. lui donna
786 MERCURE DE FRANCE
donna le 31. du mois de Mars dernier , par un
Decret Imperial qui fut lû er publié le même
jour dans le Conseil ; on dit que ce Prince fera
son séjour ordinaire àPresbourg, où l'on travaille
aux préparatifs necessaires pour son installation
en qualité de Viceroy de Hongrie. On croit que
l'Empereur s'y rendra pour en faire la cerémonie.
On fait dans le Royaume de Hongrie un Chemin Royal , qui conduira à Trieste , en traversant l'Esclavonie et la Croatie ; ces Provinces ont
été taxées pour cela à un contingent payable en argent,et à des corvées d'hommes et de Voitures.
C'est une entreprise des plus considerables qui s
Es Lettres de Vienne , portent que les instances du Roy de Suede en faveur des Protestans
Diocèce de Saltzbourg avoient déterminé
pereur à prendre des mesures contre l'Evê- pour l'obliger à observer les Constitutions
Empire , et à donner des dédommagemens
ux de ses Sujets qu'il a forcez de quitter leur j.
e Duc de Lorraine doit arriver incessamt à Vienne pour remercier l'Empereur du
de Viceroy de Hongrie , Pays et Terres délans de ce Royaume , que S. M. Imp. lui donna
786 MERCURE DE FRANCE
donna le 31. du mois de Mars dernier , par un
Decret Imperial qui fut lû er publié le même
jour dans le Conseil ; on dit que ce Prince fera
son séjour ordinaire àPresbourg, où l'on travaille
aux préparatifs necessaires pour son installation
en qualité de Viceroy de Hongrie. On croit que
l'Empereur s'y rendra pour en faire la cerémonie.
On fait dans le Royaume de Hongrie un Chemin Royal , qui conduira à Trieste , en traversant l'Esclavonie et la Croatie ; ces Provinces ont
été taxées pour cela à un contingent payable en argent,et à des corvées d'hommes et de Voitures.
C'est une entreprise des plus considerables qui s
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte évoque des événements politiques et administratifs en Allemagne et en Hongrie. À Vienne, les interventions du roi de Suède en faveur des protestants dans le diocèse de Salzbourg ont incité l'empereur à agir pour respecter les constitutions de l'Empire et indemniser les sujets déplacés. Parallèlement, le duc de Lorraine est attendu à Vienne pour remercier l'empereur de sa nomination comme vice-roi de Hongrie et des territoires associés, officialisée par un décret impérial le 31 mars. Le duc de Lorraine devrait s'installer à Presbourg, où les préparatifs sont en cours. L'empereur pourrait assister à la cérémonie. En Hongrie, un chemin royal reliant Trieste et traversant l'Esclavonie et la Croatie est en construction. Les provinces concernées financent ce projet par des taxes en argent et des corvées d'hommes et de voitures.
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2197
p. 786-792
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire tenu le 3. Mars, le Cardinal Otthoboni [...]
Mots clefs :
Église, Infant, Don Carlos, Te Deum, Sénateurs, Venise, Amnistie générale
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITA LIE!
Ddinal Choist roposa 3. Mars,le Cant dinal Otthoboni proposa l'Abbaye de saint
Per-en-Vallée , Diocèse de Chartres , pour l'Ab
bé de la Farre- Lopis; il préconisa l'Evêque d'Autun pour l'Archevêché de Besançon ; l'Abbé de
Premeaux , pour l'Evêché de Perigueux ; l'Abbé
de Fruquelay de Kervers , pour celui de Treguier.
Le 13. Mars , vers les heures du soir , le
Duc de S. Aignan , Ambassadeur Extraordinaire
du Roy Tr.Ch. arriva à Rome avec la Duchesse
son Epouse , et alla descendre au Palais du Cardinal de Polignac , qui le lendemain fit donner
part au Sacré College de l'arrivée de cet Ambassadeur , et le lendemain le Cardinal de Polignac
mena le Duc de S. Aignan chez le Cardinal Se- cretaire d'Etat.
Le 1. ce Cardinal eut une Audience particuliere du Pape , dans laquelle il lui présenta les
Officiers des Galeres de France , qui ont accompagné
AVRI L. 1732. 787
pagné à Rome l'Ambassadeur de S.M. T. Chr.
Le Roy de Porttugal a fait présent d'un Diamant du poids de 35. grains au Cardinal Cienfuegos , et de quatre barres ou lingots d'or à
M. d'Acquilla , Auditeur de ce Cardinal , qui a
remis depuis peu aux Prêtres Portugais l'administration de leur Eglise Nationale de S. Antoine.
Les Religieux Dominicains ont obtenu du
Pape la permission de faire exhumer le Corps du
feu Pape Benoît XIII. qui est dans l'Eglise de
S. Pierre , pour le faire transporter dans leur
Eglise de sainte Marie sur la Minerve.
Le 31. Mars , on reçut avis que le Cardinal
Coscia étoit parti de Naples à bord d'une Galere qui l'avoit conduit à Procida , d'où il se rendra dans peu à Nettuno , pour aller ensuie à Rome se soumettre aux ordres du Pape.
L'Infant Don Carlos , qui étoit parti de Pise
le 3. Mars , accompagné dans son Carrosse du Comte de San-Estévan et du Prince Corsini , arriva vers les onze heures du matin à Pontadere
où il dina , et à cinq heures du soir à l'Ambro
giana , Maison de Plaisance du Grand- Duc. Il se rendit d'abord à PEglise , dite des Espagnols ,
où l'on chanta le Te Deum , et ensuite il se promena dans les Jardins.
Le 4. ce Prince donna audiance aux Secretaires
d'Etat du Grand- Duc , qui étoient venus le complimenter de sa part.
200
Le s . un Détachement de la Garnison du Fort
de S. Jean-Baptiste se rendit au Palais pour monter la garde.
Le 9. jour qu'on attendoit l'Infant à Florence,
on sonna toutes les cloches de la Ville dès le
point du jour. A sept heures , le Grand- Prieur
Del- Bene , les Secretaires d'Etat, le Prieur Garaldi
788 MERCURE DE FRANCE
di , le Marquis de Monteleon et le Duc de Tursis, se rendirent à Montepulci pour complimen
ter l'Infant , qni vers les 6. heures du soir arriva et fit son Entrée dans l'ordre suivant.
Les Cuirassiers et les Grenadiers Allemands du
Grand-Duc, commencerent la marche ; ils étoient
suivis de 40. Trabans , ayant leurs Officiers à
leur tête , de 6. Carrosses à 6. Chevaux qui pré,
cedoient le Carrosse de l'Infant , lequel étoit suivi de 80. de ses Gardes à Cheval , ayant leur
Etendart , Timbales et Trompettes, Ce Prince se
rendit d'abord à l'Eglise Métropolitaine , au bruit
des salves generales de l'Artillerie des deux Citadelles. Il fut reçû par les Sénateurs en habit de
ceremonie , à l'enrrée de l'Eglise , et en dedans
par l'Archevêque , à la tête de son Chapitre ; on chanta le Te Deum à huit Chœurs de Musique ,
et après le Te Deum ; S. A. R. remonta en Car- resse et se rendit dans le même ordre au Palais
Ducal , où elle fut saluée d'une salve Royale de
l'Artillerie du Château de S. George , l'Electrice
Douairiere Palatine , Gouvernante de Sienne,
reçut ce Prince à l'entrée de l'Appartement qui
lui étoit destiné et après l'avoir embrassé et
complimenté , elle se retira dans son Apparte- ment , où peu de temps après elle reçut la visite
de l'Infant , qu'elle conduisit ensuite chez le
Grand- Duc , avec lequel il resta plus d'une heure. Après cette entrevûe , l'Infant Don Carlos
reconduisit la Princesse dans son Appartement ,
où il trouva un cercle de plus de 60 Dames avec
lesquelles il resta quelque temps. Lors qu'il fut
retiré dans son Appartement , il donna audiance
à l'Archevêque de Florence et à l'Evêque de Fiesole. Le soir on tira des Feux d'artifice dans diverses Places ; toute la Ville fut illuminée , et les
Ré-
A V RI L. 017325 789.
Réjouissances publiques durerent jusqu'à quatre
heures du matin.
Le 10. Les Sénateurs , accompagnez du Corps,
de Ville , se rendirent à l'Eglise Métropolitaine
où la Messe du S, Esprit tut celebrée pontificalement par Archevêque, après la Messe , les Sé- nateurs allerent en corps complimenter S. A. R.
sur son arrivée , M. Gaetani , Lieutenant du Sénat , portant la parole ; les Députez de Sienne ,
de Parme et de Plaisance eurent ensuite audience
de l'Infant.
Le 11.l'Infant reçut les Complimens des Chanoines de l'Eglise Métropolitaine , ces Députez
de plusieurs Vill´s de la Toscane et de la princi
pale Nobicsse de Florence,
Le 12. Ce Prince après avoir écrit la à L. M.
Cath. alla voir les Ecuries du Grand Duc , après
quoi il prit le divertissement de la Chasse.
Le 13. il rendit visite à l'Electric Douairiere Palatine.
Le if. il alla avec toute sa Cour entendre la
Messe dans l'Eglise des Religieuses de l'Annon- .
ciade.
- L'execution des ordres de l'Empereur pour le
dénom rement des Familles dans le Royaume de
Naples , continue d'exciter le mécontentement de la Noblesse et du Peuple. Les Seigneurs des anciennes Baronies prétendant avoir des exemp
tions particulieres par lesquelles ils sont dispensez
de s'y soumettre , ont refusé de donner leurs Déclarations ; et s'étant assemblez , ils ont dressé
un Mémoire qu'ils ont envoye à Vienne et au
Conseil Collateral de Naples.
On écrit de Milan , qu'il en étoit parti pour
Genes un Corps de Troupes de 6500. hommes
qui doivent être suivis incessamment par le Prin-
790 MERCURE DE FRANCE
ce Louis de Wirtemberg ; par le Prince de Culmbach et par le General Smettaw , nommez pour
commander les Troupes de l'Empereur dans l'Ife.
de Corse pendant la Campagne prochaine.
On apprend de Venise , que le 25. Mars , le
'Doge , accompagné du Nonce du Pape et de la
Seigneurie , alla tenir Chapelle dans l'Eglise Ducale de S. Marc , où on chanta le Te Deum , en
memoire de la Fondation de cette Ville , qu'on
dit avoir été commencée à pareil jour de l'année
421. suivant quelques Auteurs , et selon d'autres de l'année 450.
On a appris par plusieurs Lettres de l'Ile de
Corse du commencement du mois de Mars , que 1200. Rebelles , commandez par Chiaffero , Pun
de leurs Chefs , ayant été renforcez par un plus grand nombre , étoient entrez dans la Plaine
d'Almetta ; que le Gouverneur d'Ajaccio en ayant
été informé , avoit envoyé contre eux le Colonel Arnaud avec une partie de sa Garnison , qui
'avoit contraint les Rebelles à prendre la fuite
après un leger combat; que ce Colonel étoit entré ensuite dans le Bourg de Bactelia , où il avoir
brulé plusieurs Granges pleines de grains , et enlevé plus de soo. Bêtes à corne.
On a reçû avis depuis de la Bastia , que les Re
belles étoient revenus en plus grand nombre dans
la Plaine d'Almetta ; qu'ils avoient pris la petite
Ville de ce nom , et qu'ils assiegoient actuellefement celle de Sarsaine qu'on ne croyoit paspouvoir secourir ; qu'une partie s'étant détachée
avoit tenté d'enlever le poste de San- Pelegrino
mais inutilement ; que les Rebelles avoient passé
quelques jours après le Torrent de Plincho, dans
le dessein d'assieger Biguglia ; que le Baron de Wachtendonc étoit allé au secours de cette Place
"
A V RIL. 1732. 791
que les ayant rencontrez dans une Vallée à la
portée du fusil , il les avoit fait attaquer par tous les Grenadiers du Détachement qu'il commandoit, par deux Bataillons des Régimens de Zum- jungen et de Culmbach , et par trois Bataillons
de ceux de Lewingstein , de Walsegg et de Wachtendonc.; que les Rebelles étant dans un poste avantageux , avoient fait d'abord quelque résistance; mais qu'après deux heures de combat assez
opiniâtre , ils avoient été contraints de prendre la fuite et de se retirer par des défilez impraticables et inconnus aux Troupes Allemandes ; de- sortequ'on n'avoit pas jugé à propos de les pour
suivre , de crainte de quelque embuscade. Le Baron Wachtendonc n'a perdu dans cette occasion
que trois Hussarts et cinq Soldats.
·
Depuis ces nouvelles, la République de Gennes
a fait publier une Amnistie generale pour engager les Rebelles à rentrer dans leur devoir ; mais
on a appris qu'ils ont refusé l'Amnistie , quoique Leurs Chefs y fussent compris ; desorte que n'y
ayant plus d'esperance de les ramener à leur de
voir par la voye de la négociation , on a fait partir une partie des Troupes de l'Empereur à bord
de plusieurs Bâtimens de transport , escortez par
deux Galeres de la République , et le General
Schmettau s'est embarqué depuis pour aller reconnoître les principaux défilez de l'Ile de Cor se , où le Prince Louis de Wirtemberg se rendra
avec le reste du secours des Troupes Imperiales
qu'on attend avec quelques Officiers Prussiens
qui vont servir en qualité de Volontaires.
On apprend de Villefranche , que les Galeres
du Roy de Sardaigne y étoient arrivées avec plu- sieurs Bâtimens de transport , pour y prendre les
Troupes que ce Prince a résolu d'envoyer dans
H la
792 MERCURE DE FRANCE
la Sardaigne , sous les ordres du General de
Schulembourg.
Ddinal Choist roposa 3. Mars,le Cant dinal Otthoboni proposa l'Abbaye de saint
Per-en-Vallée , Diocèse de Chartres , pour l'Ab
bé de la Farre- Lopis; il préconisa l'Evêque d'Autun pour l'Archevêché de Besançon ; l'Abbé de
Premeaux , pour l'Evêché de Perigueux ; l'Abbé
de Fruquelay de Kervers , pour celui de Treguier.
Le 13. Mars , vers les heures du soir , le
Duc de S. Aignan , Ambassadeur Extraordinaire
du Roy Tr.Ch. arriva à Rome avec la Duchesse
son Epouse , et alla descendre au Palais du Cardinal de Polignac , qui le lendemain fit donner
part au Sacré College de l'arrivée de cet Ambassadeur , et le lendemain le Cardinal de Polignac
mena le Duc de S. Aignan chez le Cardinal Se- cretaire d'Etat.
Le 1. ce Cardinal eut une Audience particuliere du Pape , dans laquelle il lui présenta les
Officiers des Galeres de France , qui ont accompagné
AVRI L. 1732. 787
pagné à Rome l'Ambassadeur de S.M. T. Chr.
Le Roy de Porttugal a fait présent d'un Diamant du poids de 35. grains au Cardinal Cienfuegos , et de quatre barres ou lingots d'or à
M. d'Acquilla , Auditeur de ce Cardinal , qui a
remis depuis peu aux Prêtres Portugais l'administration de leur Eglise Nationale de S. Antoine.
Les Religieux Dominicains ont obtenu du
Pape la permission de faire exhumer le Corps du
feu Pape Benoît XIII. qui est dans l'Eglise de
S. Pierre , pour le faire transporter dans leur
Eglise de sainte Marie sur la Minerve.
Le 31. Mars , on reçut avis que le Cardinal
Coscia étoit parti de Naples à bord d'une Galere qui l'avoit conduit à Procida , d'où il se rendra dans peu à Nettuno , pour aller ensuie à Rome se soumettre aux ordres du Pape.
L'Infant Don Carlos , qui étoit parti de Pise
le 3. Mars , accompagné dans son Carrosse du Comte de San-Estévan et du Prince Corsini , arriva vers les onze heures du matin à Pontadere
où il dina , et à cinq heures du soir à l'Ambro
giana , Maison de Plaisance du Grand- Duc. Il se rendit d'abord à PEglise , dite des Espagnols ,
où l'on chanta le Te Deum , et ensuite il se promena dans les Jardins.
Le 4. ce Prince donna audiance aux Secretaires
d'Etat du Grand- Duc , qui étoient venus le complimenter de sa part.
200
Le s . un Détachement de la Garnison du Fort
de S. Jean-Baptiste se rendit au Palais pour monter la garde.
Le 9. jour qu'on attendoit l'Infant à Florence,
on sonna toutes les cloches de la Ville dès le
point du jour. A sept heures , le Grand- Prieur
Del- Bene , les Secretaires d'Etat, le Prieur Garaldi
788 MERCURE DE FRANCE
di , le Marquis de Monteleon et le Duc de Tursis, se rendirent à Montepulci pour complimen
ter l'Infant , qni vers les 6. heures du soir arriva et fit son Entrée dans l'ordre suivant.
Les Cuirassiers et les Grenadiers Allemands du
Grand-Duc, commencerent la marche ; ils étoient
suivis de 40. Trabans , ayant leurs Officiers à
leur tête , de 6. Carrosses à 6. Chevaux qui pré,
cedoient le Carrosse de l'Infant , lequel étoit suivi de 80. de ses Gardes à Cheval , ayant leur
Etendart , Timbales et Trompettes, Ce Prince se
rendit d'abord à l'Eglise Métropolitaine , au bruit
des salves generales de l'Artillerie des deux Citadelles. Il fut reçû par les Sénateurs en habit de
ceremonie , à l'enrrée de l'Eglise , et en dedans
par l'Archevêque , à la tête de son Chapitre ; on chanta le Te Deum à huit Chœurs de Musique ,
et après le Te Deum ; S. A. R. remonta en Car- resse et se rendit dans le même ordre au Palais
Ducal , où elle fut saluée d'une salve Royale de
l'Artillerie du Château de S. George , l'Electrice
Douairiere Palatine , Gouvernante de Sienne,
reçut ce Prince à l'entrée de l'Appartement qui
lui étoit destiné et après l'avoir embrassé et
complimenté , elle se retira dans son Apparte- ment , où peu de temps après elle reçut la visite
de l'Infant , qu'elle conduisit ensuite chez le
Grand- Duc , avec lequel il resta plus d'une heure. Après cette entrevûe , l'Infant Don Carlos
reconduisit la Princesse dans son Appartement ,
où il trouva un cercle de plus de 60 Dames avec
lesquelles il resta quelque temps. Lors qu'il fut
retiré dans son Appartement , il donna audiance
à l'Archevêque de Florence et à l'Evêque de Fiesole. Le soir on tira des Feux d'artifice dans diverses Places ; toute la Ville fut illuminée , et les
Ré-
A V RI L. 017325 789.
Réjouissances publiques durerent jusqu'à quatre
heures du matin.
Le 10. Les Sénateurs , accompagnez du Corps,
de Ville , se rendirent à l'Eglise Métropolitaine
où la Messe du S, Esprit tut celebrée pontificalement par Archevêque, après la Messe , les Sé- nateurs allerent en corps complimenter S. A. R.
sur son arrivée , M. Gaetani , Lieutenant du Sénat , portant la parole ; les Députez de Sienne ,
de Parme et de Plaisance eurent ensuite audience
de l'Infant.
Le 11.l'Infant reçut les Complimens des Chanoines de l'Eglise Métropolitaine , ces Députez
de plusieurs Vill´s de la Toscane et de la princi
pale Nobicsse de Florence,
Le 12. Ce Prince après avoir écrit la à L. M.
Cath. alla voir les Ecuries du Grand Duc , après
quoi il prit le divertissement de la Chasse.
Le 13. il rendit visite à l'Electric Douairiere Palatine.
Le if. il alla avec toute sa Cour entendre la
Messe dans l'Eglise des Religieuses de l'Annon- .
ciade.
- L'execution des ordres de l'Empereur pour le
dénom rement des Familles dans le Royaume de
Naples , continue d'exciter le mécontentement de la Noblesse et du Peuple. Les Seigneurs des anciennes Baronies prétendant avoir des exemp
tions particulieres par lesquelles ils sont dispensez
de s'y soumettre , ont refusé de donner leurs Déclarations ; et s'étant assemblez , ils ont dressé
un Mémoire qu'ils ont envoye à Vienne et au
Conseil Collateral de Naples.
On écrit de Milan , qu'il en étoit parti pour
Genes un Corps de Troupes de 6500. hommes
qui doivent être suivis incessamment par le Prin-
790 MERCURE DE FRANCE
ce Louis de Wirtemberg ; par le Prince de Culmbach et par le General Smettaw , nommez pour
commander les Troupes de l'Empereur dans l'Ife.
de Corse pendant la Campagne prochaine.
On apprend de Venise , que le 25. Mars , le
'Doge , accompagné du Nonce du Pape et de la
Seigneurie , alla tenir Chapelle dans l'Eglise Ducale de S. Marc , où on chanta le Te Deum , en
memoire de la Fondation de cette Ville , qu'on
dit avoir été commencée à pareil jour de l'année
421. suivant quelques Auteurs , et selon d'autres de l'année 450.
On a appris par plusieurs Lettres de l'Ile de
Corse du commencement du mois de Mars , que 1200. Rebelles , commandez par Chiaffero , Pun
de leurs Chefs , ayant été renforcez par un plus grand nombre , étoient entrez dans la Plaine
d'Almetta ; que le Gouverneur d'Ajaccio en ayant
été informé , avoit envoyé contre eux le Colonel Arnaud avec une partie de sa Garnison , qui
'avoit contraint les Rebelles à prendre la fuite
après un leger combat; que ce Colonel étoit entré ensuite dans le Bourg de Bactelia , où il avoir
brulé plusieurs Granges pleines de grains , et enlevé plus de soo. Bêtes à corne.
On a reçû avis depuis de la Bastia , que les Re
belles étoient revenus en plus grand nombre dans
la Plaine d'Almetta ; qu'ils avoient pris la petite
Ville de ce nom , et qu'ils assiegoient actuellefement celle de Sarsaine qu'on ne croyoit paspouvoir secourir ; qu'une partie s'étant détachée
avoit tenté d'enlever le poste de San- Pelegrino
mais inutilement ; que les Rebelles avoient passé
quelques jours après le Torrent de Plincho, dans
le dessein d'assieger Biguglia ; que le Baron de Wachtendonc étoit allé au secours de cette Place
"
A V RIL. 1732. 791
que les ayant rencontrez dans une Vallée à la
portée du fusil , il les avoit fait attaquer par tous les Grenadiers du Détachement qu'il commandoit, par deux Bataillons des Régimens de Zum- jungen et de Culmbach , et par trois Bataillons
de ceux de Lewingstein , de Walsegg et de Wachtendonc.; que les Rebelles étant dans un poste avantageux , avoient fait d'abord quelque résistance; mais qu'après deux heures de combat assez
opiniâtre , ils avoient été contraints de prendre la fuite et de se retirer par des défilez impraticables et inconnus aux Troupes Allemandes ; de- sortequ'on n'avoit pas jugé à propos de les pour
suivre , de crainte de quelque embuscade. Le Baron Wachtendonc n'a perdu dans cette occasion
que trois Hussarts et cinq Soldats.
·
Depuis ces nouvelles, la République de Gennes
a fait publier une Amnistie generale pour engager les Rebelles à rentrer dans leur devoir ; mais
on a appris qu'ils ont refusé l'Amnistie , quoique Leurs Chefs y fussent compris ; desorte que n'y
ayant plus d'esperance de les ramener à leur de
voir par la voye de la négociation , on a fait partir une partie des Troupes de l'Empereur à bord
de plusieurs Bâtimens de transport , escortez par
deux Galeres de la République , et le General
Schmettau s'est embarqué depuis pour aller reconnoître les principaux défilez de l'Ile de Cor se , où le Prince Louis de Wirtemberg se rendra
avec le reste du secours des Troupes Imperiales
qu'on attend avec quelques Officiers Prussiens
qui vont servir en qualité de Volontaires.
On apprend de Villefranche , que les Galeres
du Roy de Sardaigne y étoient arrivées avec plu- sieurs Bâtimens de transport , pour y prendre les
Troupes que ce Prince a résolu d'envoyer dans
H la
792 MERCURE DE FRANCE
la Sardaigne , sous les ordres du General de
Schulembourg.
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Résumé : ITALIE.
Le 3 mars, le cardinal Otthoboni proposa plusieurs nominations ecclésiastiques, notamment l'Abbaye de Saint-Père-en-Vallée pour l'Abbé de la Fare-Lopis, l'Évêque d'Autun pour l'Archevêché de Besançon, l'Abbé de Prémaux pour l'Évêché de Périgueux, et l'Abbé de Fruquelay de Kervers pour celui de Tréguier. Le 13 mars, le Duc de Saint-Aignan, Ambassadeur Extraordinaire du Roi Très Chrétien, arriva à Rome avec la Duchesse son épouse et descendit au Palais du Cardinal de Polignac. Le Cardinal de Polignac informa le Sacré Collège de l'arrivée de cet Ambassadeur et le mena ensuite chez le Cardinal Secrétaire d'État. Le 1er avril, le Cardinal de Polignac eut une audience particulière avec le Pape, durant laquelle il présenta les Officiers des Galères de France accompagnant l'Ambassadeur. Le Roi de Portugal fit don d'un diamant de 35 grains au Cardinal Cienfuegos et de quatre lingots d'or à M. d'Acquilla, Auditeur de ce Cardinal. Les Religieux Dominicains obtinrent la permission du Pape d'exhumer le corps du Pape Benoît XIII pour le transférer dans leur église de Sainte-Marie-sur-la-Minerve. Le 31 mars, on apprit que le Cardinal Coscia avait quitté Naples pour se rendre à Rome afin de se soumettre aux ordres du Pape. L'Infant Don Carlos, parti de Pise le 3 mars, arriva à Pontedera où il dina, puis à l'Ambrogiana, Maison de Plaisance du Grand-Duc. Il se rendit à l'église des Espagnols où le Te Deum fut chanté, puis se promena dans les jardins. Le 4 avril, il donna audience aux Secrétaires d'État du Grand-Duc. Le 9 avril, à Florence, des festivités furent organisées pour son arrivée, incluant des salves d'artillerie, des chants du Te Deum, et des feux d'artifice. Les jours suivants, il reçut des compliments de divers dignitaires et visita les écuries du Grand-Duc. En Italie, l'exécution des ordres de l'Empereur concernant le dénombrement des familles dans le Royaume de Naples suscitait le mécontentement de la noblesse et du peuple. À Milan, un corps de troupes de 6500 hommes partit pour Gênes. À Venise, des célébrations eurent lieu pour l'anniversaire de la fondation de la ville. En Corse, des rebelles menés par Chiaffero attaquèrent plusieurs localités, mais furent repoussés par les troupes impériales commandées par le Baron de Wachtendonc. La République de Gênes publia une amnistie générale, refusée par les rebelles, conduisant à l'envoi de troupes impériales pour les combattre. Les galères du Roi de Sardaigne arrivèrent à Villefranche pour transporter des troupes en Sardaigne sous les ordres du Général de Schulenburg.
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2198
p. 792-793
ESPAGNE ET PORTUGAL.
Début :
Le Roy a nommé le Comte de Montemar pour commander [...]
Mots clefs :
Comte de Montemart, Expédition, Compagnie des Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE ET PORTUGAL.
ESPAGNE IT PORTUGAL.
pour commander les Troupes qui s'assembloient en Catalogne , et qui ont reçû ordre de
puis peu de défiler du côté de Malaga et d'Alicant.
Le Marquis de Villadarias , le Marquis de
Santa-Cruz , le Comte de Suedegen et le Baron.
de Saudraski , Maréchaux de Camp , qui doi
vent servir sous le General Comte de Montemar,
sont partis pour s'y rendre. Toute la jeune Noblesse de la Cour , sollicite des Permissions pour.
aller servir dans cette Armée , qui s'embarquera
dans le courant du mois d'Avril, sans qu'on sçaThe encore à quelle Expedition elle est destinée. 42
Ce Corps d'Armée qui est composé de 32. Bataillons à 700. hommes et de 24. Escadrons à
720. hommes , d'une Compagnie de Travailleurs.
et de 33. Ingénieurs , est déja en marche vers la
Valence , pour s'y embarquer sur l'Escadre composée de 12. Vaisseaux de guerre et de deux
Gallions à Bombes , sans les Galeres et les Bâtimens de transport ; l'Artillerie consiste en fo.
Pieces de Canon de 24. livres , 10. Pieces de 16.
livres , 8. Pieces de Campagne , 8, Pieces qu'on
peut transporter sur des Mulets , 8. Mortiers à
Bombes, et 4. autres pour jetter des pierres ;
L'Escadre qu'on équipe à Cadix , est prête à
mettre en Mer , le bruit court même qu'elle a
déja mis à la voile. On mande de Barcelone, que
les Equipages et les autres choses necessaires pour
éette Expedition , sont presque prêts , et qu'on
travailloit avec toute la diligence possible pour achever
AVRIL. 1732. 793
chever le peu qui reste encore à faire. Les Ba
taillons respectifs des Gardes Walonnes et Espagnoles , ayant eu ordre de tirer au sort pour
servir dans cette Expedition , les premieres l'ont
déja fait , le sort étant tombé sur le premier , le
aet le 4 Bataillon , et les autres sont occupez
à le faire : on assure qu'on doit encore y joindre
un 4 Bataillon des Gardes Walonnes. Tous les
Régimens d'Infanterie ont été mis à deux BatailFons de 700. hommes chacun. Les Escadrons ne sont que de 120. Maîtres
. On a aussi formé
plu
sieurs Bataillons d'Invalides , qui seront mis en
garnison à la place des Troupes reglées.
Le Comte de Montemar , après avoir pris con
gé du Roy, partit le 22. du mois dernier.
Le Roi de Portugal offrit à la nouvelle
Compagnie des Indes Orientales, établie à Stoc
olm, sa protection pour la réussite de son
Commerce , et le Port de Goa pour la retraite
de ses Vaisseaux , avec la permission d'y bâtir des Magazins pour ses Marchandises.
pour commander les Troupes qui s'assembloient en Catalogne , et qui ont reçû ordre de
puis peu de défiler du côté de Malaga et d'Alicant.
Le Marquis de Villadarias , le Marquis de
Santa-Cruz , le Comte de Suedegen et le Baron.
de Saudraski , Maréchaux de Camp , qui doi
vent servir sous le General Comte de Montemar,
sont partis pour s'y rendre. Toute la jeune Noblesse de la Cour , sollicite des Permissions pour.
aller servir dans cette Armée , qui s'embarquera
dans le courant du mois d'Avril, sans qu'on sçaThe encore à quelle Expedition elle est destinée. 42
Ce Corps d'Armée qui est composé de 32. Bataillons à 700. hommes et de 24. Escadrons à
720. hommes , d'une Compagnie de Travailleurs.
et de 33. Ingénieurs , est déja en marche vers la
Valence , pour s'y embarquer sur l'Escadre composée de 12. Vaisseaux de guerre et de deux
Gallions à Bombes , sans les Galeres et les Bâtimens de transport ; l'Artillerie consiste en fo.
Pieces de Canon de 24. livres , 10. Pieces de 16.
livres , 8. Pieces de Campagne , 8, Pieces qu'on
peut transporter sur des Mulets , 8. Mortiers à
Bombes, et 4. autres pour jetter des pierres ;
L'Escadre qu'on équipe à Cadix , est prête à
mettre en Mer , le bruit court même qu'elle a
déja mis à la voile. On mande de Barcelone, que
les Equipages et les autres choses necessaires pour
éette Expedition , sont presque prêts , et qu'on
travailloit avec toute la diligence possible pour achever
AVRIL. 1732. 793
chever le peu qui reste encore à faire. Les Ba
taillons respectifs des Gardes Walonnes et Espagnoles , ayant eu ordre de tirer au sort pour
servir dans cette Expedition , les premieres l'ont
déja fait , le sort étant tombé sur le premier , le
aet le 4 Bataillon , et les autres sont occupez
à le faire : on assure qu'on doit encore y joindre
un 4 Bataillon des Gardes Walonnes. Tous les
Régimens d'Infanterie ont été mis à deux BatailFons de 700. hommes chacun. Les Escadrons ne sont que de 120. Maîtres
. On a aussi formé
plu
sieurs Bataillons d'Invalides , qui seront mis en
garnison à la place des Troupes reglées.
Le Comte de Montemar , après avoir pris con
gé du Roy, partit le 22. du mois dernier.
Le Roi de Portugal offrit à la nouvelle
Compagnie des Indes Orientales, établie à Stoc
olm, sa protection pour la réussite de son
Commerce , et le Port de Goa pour la retraite
de ses Vaisseaux , avec la permission d'y bâtir des Magazins pour ses Marchandises.
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Résumé : ESPAGNE ET PORTUGAL.
En avril 1732, des troupes se rassemblent en Catalogne pour une expédition vers Malaga et Alicante. Les maréchaux de camp Marquis de Villadarias, Marquis de Santa-Cruz, Comte de Suedegen et Baron de Saudraski doivent servir sous le général Comte de Montemar. La jeune noblesse de la cour demande des permissions pour rejoindre cette armée, qui doit s'embarquer en avril. Le corps d'armée, composé de 32 bataillons à 700 hommes, 24 escadrons à 720 hommes, une compagnie de travailleurs et 33 ingénieurs, se dirige vers Valence pour s'embarquer sur une escadre de 12 vaisseaux de guerre et deux gallions à bombes. L'artillerie inclut des pièces de divers calibres, des mortiers et des machines pour lancer des pierres. L'escadre équipée à Cadix est prête à prendre la mer. À Barcelone, les préparatifs sont presque achevés. Les bataillons des Gardes Walonnes et Espagnoles ont tiré au sort pour participer à cette expédition, avec les 1er et 4e bataillons des Gardes Walonnes sélectionnés. Tous les régiments d'infanterie ont été divisés en deux bataillons de 700 hommes chacun, et des bataillons d'invalides sont formés pour remplacer les troupes régulières en garnison. Le Comte de Montemar a quitté le roi le 22 mars. Par ailleurs, le roi du Portugal a offert sa protection à la nouvelle Compagnie des Indes Orientales établie à Stockholm, ainsi que le port de Goa pour la retraite de ses vaisseaux et la permission d'y construire des magasins pour ses marchandises.
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2199
p. 794-798
« L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...] »
Début :
L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...]
Mots clefs :
Château, Musique, Dimanche des Rameaux, Concert, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...] »
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Lat
'Office de Bailly de Sarreloüis , va
cant par la mort de M. le Comte
de Lommont , a été donné le premier de
ce mois , au Marquis du Chastelet , Colonel du Régiment d'Hainault.
Le Gouvernement du Château de
Chambord au Chevalier de Saumery , &
le Marquis de Pifon , fon frere, a eu la
Charge de Grand-Bailly de la ville de
Blois.
Le Roi a nommé pour fon premier
Medecin M. Chicoineau ; il étoit depuis
quelque tems Medecin des Enfans de
France , & M. Bouillac lui fuccede dans
cette place.
S. M. a accordé la Charge de GrandPannetier de France au Chevalier de Brif
fae qui est à present Duc de Brissac.
*
Le 2. Avril le Jardin du Roi a été mis
dans le département du Secretaire d'Etat
de la Maison du Roi , et la Charge d'Inrendant vacante par la mort de M. Chirac , a été donné à M. Dufay , de l'Académie Royale des Sciences.
Le
AVRIE, 17323 795
Le 3. Mars , il y eut Concert chez la
Reine; M.Destouches, Surintendant de la
Musique du Roi , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera d'Amadis
de Grèce , qui est de sa composition : cetge Piéce fut continuée le 5. et le 10. Les
principaux Rôles furent chantez par les
Dlles Lenner et Courvasier , et par les
sieurs D'Angerville et le Prince , avec
beaucoup d'applaudissemens.
Le12 , le 17 et le 19 on chanta l'Opera
de Telemaque , du même Auteur. La Dlle
Lenner fit le rôle de Minerve dans le
Prologue , et la Dile Mathieu celui de
Amour. La Dlle Antier fut fort applaudie dans le rôle de Calypso , ainsi que
la Dlle Pelissier dans celui d'Eucharis. Les
sieurs Petillot er Dangerville executerent
ceux de Telemaque et d'Astrate avec beaucoup de vivacité. La Simphonie et les
Chœurs furent rendus avec la même précision.
Le 6. Avril , Dimanche des Rameaux
le Roi accompagné du Duc du Maine et
du Comte d'Eu , se rendit dans la Chapelle du Château, où S.M. assista à la Bénediction des Palmes , qui fut faite par
L'Abbé Brosseau , Chapellain ordinaire de
la Chapelle de Musique , qui en présenta
Hiij un e
796 MERCURE DE FRANCE
1
ane au Roi ; S. M. allà à la Procession , et
après l'Evangile elle adora la Croix, Le
Roi entendit ensuite la Grand- Messe célebrée par le même Chapellain , et cham
tée par la Musique. L'après midy le Roi
assista à la Prédication du P. Segaudi
après quoi S. M. entendit les Vêpres chantées par la Musique.
Le Jeudy saint , le Roi entendit le Ser
mon de l'Abbé Pichaud , Theologal de
Eglise Cathedrale de Meanx , après quoi ,
l'Evêque de Dol fit l'Absoute. Ensuite le
Roi lava les pieds à 12 pauvres, et les seri
vit à table : le Duc de Bourbon , GrandMaître de la Maison du Roi , à la tête des
Maîtres d'Hotel,précedoit le Service dont
les plats étoient portez par le Comte de
Charolois , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes, le Comte d'Eu, et par les prin
cipaux Officiers de S. M. Après cette Cé
remonie , le Roi se rendit à la Chapelle
du Château , où S. M. entendit la Grande.
Messe , assista à la Procession et ensuite..
aux Vêpres. L'après midy le Roi assista
à l'Office des Tenebres.
Le 8. de ce mois , le Marquis Doria
Envoyé extraordinaire de la Republique
de Genes , eut sa premiere audience publique du Roi , étant conduit par M. He- bers
AVRIL. 1732. 797
bert, Introducteur des Ambassadeurs ; il
alla le prendre dans les Carosses du Roiet de la Reine ; après avoir été traité par
les Officiers du Roi , il fut reconduit à
Paris dans les carosses de L. M. avec les
céremonies accoutumées.
M. Mendez, chargé des affaires du Roi
de Portugal , se rendit le 27. Mars à
là Fonderie pour y voir les six cloches
destinées pour S. M. Port. qu'on sonna
et tinta en présence d'un grand nombre
d'habiles connoisseurs sur les fontes et
l'alliage des métaux , et elles furent trouvées fort harmonieuses , et du ton que le
Roi de Portugal les a demandées ; on
trouva seulement quelque chose à dire
aux deux gros battans qu'on sera obligé
de refaire : l'un de ces battans pese 732 liv.
et l'autre 4831
Le 30. Mars, Dimanche dela Passion
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries , qui a été continué tous les
jours jusques et compris le Dimanche de
Quasimodo. M. Mouret y a fait executer
les plus beaux Moters à grand choeur , des
feu M. de la Lande et d'autres Maîtres
modernes. On a chanté aussi avec succès
differens petits Motets nouveaux, conveHij nables
798 MERCURE DE FRANCE
>
nables au tems de Pâques , à une , à deux
et à trois voix. On a aussi exécuté tous
les jours differens Concerto sur le Violon
la Flute et le Basson , avec autant de vivacité que de justesse. Le sieur Batiste excellent Simphoniste , s'y est distingué , et
a joué sur le Violon differentes Pieces de
sa composition avec beaucoup d'applaudissemens.
***
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Lat
'Office de Bailly de Sarreloüis , va
cant par la mort de M. le Comte
de Lommont , a été donné le premier de
ce mois , au Marquis du Chastelet , Colonel du Régiment d'Hainault.
Le Gouvernement du Château de
Chambord au Chevalier de Saumery , &
le Marquis de Pifon , fon frere, a eu la
Charge de Grand-Bailly de la ville de
Blois.
Le Roi a nommé pour fon premier
Medecin M. Chicoineau ; il étoit depuis
quelque tems Medecin des Enfans de
France , & M. Bouillac lui fuccede dans
cette place.
S. M. a accordé la Charge de GrandPannetier de France au Chevalier de Brif
fae qui est à present Duc de Brissac.
*
Le 2. Avril le Jardin du Roi a été mis
dans le département du Secretaire d'Etat
de la Maison du Roi , et la Charge d'Inrendant vacante par la mort de M. Chirac , a été donné à M. Dufay , de l'Académie Royale des Sciences.
Le
AVRIE, 17323 795
Le 3. Mars , il y eut Concert chez la
Reine; M.Destouches, Surintendant de la
Musique du Roi , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera d'Amadis
de Grèce , qui est de sa composition : cetge Piéce fut continuée le 5. et le 10. Les
principaux Rôles furent chantez par les
Dlles Lenner et Courvasier , et par les
sieurs D'Angerville et le Prince , avec
beaucoup d'applaudissemens.
Le12 , le 17 et le 19 on chanta l'Opera
de Telemaque , du même Auteur. La Dlle
Lenner fit le rôle de Minerve dans le
Prologue , et la Dile Mathieu celui de
Amour. La Dlle Antier fut fort applaudie dans le rôle de Calypso , ainsi que
la Dlle Pelissier dans celui d'Eucharis. Les
sieurs Petillot er Dangerville executerent
ceux de Telemaque et d'Astrate avec beaucoup de vivacité. La Simphonie et les
Chœurs furent rendus avec la même précision.
Le 6. Avril , Dimanche des Rameaux
le Roi accompagné du Duc du Maine et
du Comte d'Eu , se rendit dans la Chapelle du Château, où S.M. assista à la Bénediction des Palmes , qui fut faite par
L'Abbé Brosseau , Chapellain ordinaire de
la Chapelle de Musique , qui en présenta
Hiij un e
796 MERCURE DE FRANCE
1
ane au Roi ; S. M. allà à la Procession , et
après l'Evangile elle adora la Croix, Le
Roi entendit ensuite la Grand- Messe célebrée par le même Chapellain , et cham
tée par la Musique. L'après midy le Roi
assista à la Prédication du P. Segaudi
après quoi S. M. entendit les Vêpres chantées par la Musique.
Le Jeudy saint , le Roi entendit le Ser
mon de l'Abbé Pichaud , Theologal de
Eglise Cathedrale de Meanx , après quoi ,
l'Evêque de Dol fit l'Absoute. Ensuite le
Roi lava les pieds à 12 pauvres, et les seri
vit à table : le Duc de Bourbon , GrandMaître de la Maison du Roi , à la tête des
Maîtres d'Hotel,précedoit le Service dont
les plats étoient portez par le Comte de
Charolois , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes, le Comte d'Eu, et par les prin
cipaux Officiers de S. M. Après cette Cé
remonie , le Roi se rendit à la Chapelle
du Château , où S. M. entendit la Grande.
Messe , assista à la Procession et ensuite..
aux Vêpres. L'après midy le Roi assista
à l'Office des Tenebres.
Le 8. de ce mois , le Marquis Doria
Envoyé extraordinaire de la Republique
de Genes , eut sa premiere audience publique du Roi , étant conduit par M. He- bers
AVRIL. 1732. 797
bert, Introducteur des Ambassadeurs ; il
alla le prendre dans les Carosses du Roiet de la Reine ; après avoir été traité par
les Officiers du Roi , il fut reconduit à
Paris dans les carosses de L. M. avec les
céremonies accoutumées.
M. Mendez, chargé des affaires du Roi
de Portugal , se rendit le 27. Mars à
là Fonderie pour y voir les six cloches
destinées pour S. M. Port. qu'on sonna
et tinta en présence d'un grand nombre
d'habiles connoisseurs sur les fontes et
l'alliage des métaux , et elles furent trouvées fort harmonieuses , et du ton que le
Roi de Portugal les a demandées ; on
trouva seulement quelque chose à dire
aux deux gros battans qu'on sera obligé
de refaire : l'un de ces battans pese 732 liv.
et l'autre 4831
Le 30. Mars, Dimanche dela Passion
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries , qui a été continué tous les
jours jusques et compris le Dimanche de
Quasimodo. M. Mouret y a fait executer
les plus beaux Moters à grand choeur , des
feu M. de la Lande et d'autres Maîtres
modernes. On a chanté aussi avec succès
differens petits Motets nouveaux, conveHij nables
798 MERCURE DE FRANCE
>
nables au tems de Pâques , à une , à deux
et à trois voix. On a aussi exécuté tous
les jours differens Concerto sur le Violon
la Flute et le Basson , avec autant de vivacité que de justesse. Le sieur Batiste excellent Simphoniste , s'y est distingué , et
a joué sur le Violon differentes Pieces de
sa composition avec beaucoup d'applaudissemens.
***
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Résumé : « L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...] »
En 1732, plusieurs nominations importantes ont eu lieu à la cour de France. L'Office de Bailly de Sarreloüis a été attribué au Marquis du Chastelet, tandis que le Gouvernement du Château de Chambord a été confié au Chevalier de Saumery. Le Marquis de Pifon a obtenu la charge de Grand-Bailly de la ville de Blois. Le Roi a nommé M. Chicoineau comme premier Médecin, succédant à M. Bouillac pour les Enfants de France. Le Chevalier de Briffaut, Duc de Brissac, a été nommé Grand-Pannetier de France. Le Jardin du Roi a été placé sous la responsabilité du Secrétaire d'État de la Maison du Roi, et M. Dufay a été nommé Intendant à la place de M. Chirac. Des concerts ont été organisés à la cour, notamment des extraits des opéras 'Amadis de Grèce' et 'Télémaque' composés par M. Destouches, qui ont été applaudis par les spectateurs. Le Roi a assisté à diverses cérémonies religieuses, notamment la bénédiction des palmes et la lavande des pieds le Jeudi Saint. Le Marquis Doria, Envoyé extraordinaire de la République de Gênes, a eu sa première audience publique auprès du Roi. M. Mendez, représentant le Roi de Portugal, a visité la Fonderie pour inspecter des cloches destinées au Portugal. Des concerts spirituels ont également été organisés au Château des Tuileries, avec des exécutions de motets et de concertos.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2200
p. 803-809
ADDITION.
Début :
Pierre Chirac, Conseiller d'Etat, Sur-Intendant du Jardin Royal des [...]
Mots clefs :
Médecin, Ecole de Montpellier, Pierre Chirac, Académie royale des sciences, Méthode analytique, Anatomie
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texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDIT Ï O N.
Terre Chirac , Conseiller d'Etat, Sur
PIntendant du Jardin Royal des Plantes , et des Eaux Minérales , Bains etFontaines Médicinales du Royaume , Profes--
seur Royal de Médecine en l'Université
de Montpellier , Membre de l'Académic
Royale des Sciences de Paris , et premier
Médecin du Roy , mourut à Marly, le
a du mois de Mars dernier.
Quoique son Eloge soit renfermé dans
son
804 MERCURE DE FRANCE
son Nom, nous ne sçaurions nous dispenser de dire qu'il est mort , généralement
regretté du Public , dont il avoit mérité
depuis long-temps l'estime et la confiance : c'est un témoignage que nous devons
à sa Mémoire.
Il se fit admirer depuis l'année 1687.
qu'il fut reçu Professeur Royal de Médecine en l'Université de Montpellier ,
où il avoit pris ses dégrez. Il s'y distingua d'abord par les Leçons publiques et
les Cours particuliers qu'il faisoit sur tou
tes les Parties de la Médecine, qu'il a trai
tées chacune en détail ; ses écrits étoient
enrichis des découvertes qu'il faisoit dans
L'Anatomie, Science qu'il aimoit et qu'il
cultivoit particulierement, et qui lui servie
toujours de guide pour rectifier la prati❤
que de la Médecine.
Nous n'avons de cet excellent homme
que quelques petits Traitez particu
liers, imprimez en forme de Dissertation,
n'ayant jamais eu assez de loisir pour
pouvoir mettre ses écrits en état d'être
imprimez en un Corps d'Ouvrage.
En effet ses talens l'enleverent bien-tôt
àl'Ecole de Montpellier , dont il faisoie
l'ornement. Cette Ecole n'a eu d'autre
dédommagement de son absence que l'établissement d'une doctrine refléchie , dont
PAA 3
AVRIL 1732. 8051
1'Anatomie étoit la baze , et que plusieurs
Experiences et Observations réïterées
avoient confirmée.
La Méthode analytique est celle qu'il
avoit employée , comme la plus propre
conduire à la vérité.
Il sortit pour la premiere fois de Montpelier,en l'année 1692. pour aller en qualité de Medecin de l'Armée , au Siege de
Rose , où il sauva au Roy beaucoup de
Soldats attaquez d'une Dissenterie Epidémique , dont il arrêta heureusement le
cours par le changement de nourriture
&c. Ce ne fut pas là la seule occasion
où il signala son zéle pour le service du
Roy ; car ayant été envoyé à Rochefort
où regnoit une maladie pestilentielle ...
inconnue jusqu'alors , il en découvrit la
cause par les fréquentes ouvertures des
Gadavres. Après avoir établi un genre de
Traitement convenable à ce te maladie
par rapport à la cause prochaine et aux
accidens qui l'accompagnoient , il reme
dia à la cause commune par le change
ment de nourriture , et prescrivit un regime préservatif pour ceux qui avoient
été épargnez jusques là; mais à qui la violence de cette maladie avoit fait perdre
tout espoir d'échaper à ses coups.
Après qu'il eut mis tout en regle à
Rem
80s MERCURE DE FRANCE
Rochefort pour l'établissement et la fourniture des Hôpitaux , sans oublier la Police necessaire dans une Ville désolée ,
dequor M. Bégon , Intendant de la Province et de la Marine , l'avoit laissé le
Maître , prévoyant qu'il pourroit bien
être attaqué lui- même de la même maladie Epidémique , à laquelle un travail
et une application continuelle , mais indispensables, l'exposoient à tout moment;
il dicta à un Chirurgien qu'il avoit auprès de lui en qualité de Secretaire , une
Methode particuliere et relative à son
temperamment , suivant laquelle il voulbit être traité , en cas qu'il tomba malade , ce qui arriva effectivement ; il fut
tres-long- temps à se remettre , et il vint
achever sa convalescence à Montpellier.
Dès qu'il fut rétabli , il reprit ses exercices de l'Ecole , toujours avec le même
plaisir et la même application. Le succès
de sa pratique enMedecine dédommageoit
alors les habitans de Montpellier et les
Etrangers de la perte du fameux M. Barbeyrac , le plus grand Praticien du siecle
passé.
En l'année 1706. S.A. R. le Duc d'Orléans lui fit l'honneur de le mander pour:
aller en Italie avec lui en qualité de son
Medecin de confiance; il ne fut pas lọngtemps
AVRIL 1732. 807
temps à mériter cet honneur , car il sauva
à cePrince unbras qu'on étoit sur le point
de lui couper , àcause d'une blessure tresdangereuse qu'il avoit reçue au poignet au
Siege de Turin. L'année suivante S.A.R:
ne mena point d'autre Medecin que lup
en Espagne.
Il fut très-utile par lui-même et par ses
conseils à l'Armée des deux Couronnes.
M. Chirac revint à Paris , après avoir
demeuré quelque temps en Espagne , et
dès que le fameux M.Homberg fut mort,
S. A. R. lui donna la place de premier
Medecin de sa Personne.
I
Le Roy lui donna à la mort de M. Fagon , la Sur-Intendance du Jardin du
Roy. Sa Majesté lui accorda des Lettres
de Noblesse en 1728. ses longs services et
la supériorité de ses talens en furent le
motif. Enfin le Roy le choisit pour son
premier Medecin , au mois de Decembre
1730. Tout le monde a été témoin de son
attachement pour la Personne du Roy;
mais on verra , avec beaucoup plus d'étendue , tout ce que M. Chirac avoit de
grand , dans l'Eloge qu'en donnera Pillustre Académicien , à qui , avec des ta-"
lens au dessus des loüanges , il a été
particulierement donné de transmettre
à la posterité , la mémoire des grands hom-
868 MERCURE DE FRANCE
hommes , avec toute la gloire qu'ils se
sont acquise pendant leur vie, ce qui nous
dispense d'en dire davantage..
.
M. François Chicoineau , Conseiller
er Medecin du Roy, Professeur Royal
d'Anatomie et de Botanique , Chancelier
et Juge de l'Université de Medecine de
Montpellier,Intendant du Jardin du Roy,
Membre de la Societé Royale des Sciences , Conseiller en la Cour des Aydes de
la même Ville , depuis peu premier Medecin de Monseigneur le Dauphin et des
Entans de France , gendre de M.Chirac ,
a été nommé par le Roy , le 2 de ce mois,
pour remplir la place de son premier
Medecin. Tout le monde. sçait avec quel
zele M. Chicoineau a signalé sa capacité
er sa charité , à la tête des Medecins envoyez à Marseille , lors de la derniere
Peste: Il a laissé M. son Fils à Montpellier,.
digne heritier de ses talens ; et qui avoit
dès l'année, 1723. la survivance, de toutes
ses Charges, qu'il a exercées sous les yeux
de son pere , depuis ce temps- là.
C'est le cinquiéme de ce nom, de pere
en fils que la celebre Ecole de Montpellier , voit avec plaisir à sa tête , en qua
lité de Chancelier et Juge de l'Universi❤ .
té, Place à laquelle est toujours attachée
l'Intendance du Jardin du Roy, avec
une :
AVRIL 173.2. 869
une Charge de Professeur Royal de Bo
tanique et une d'Anatomie , qui font
l'exercice et la pension annuelle du Chancelier.
Tous les Titres cy-dessus ont été transmis à M. Chicoineau , aujourd'hui pre
mier Medecin du Roy, et Conseiller d'E
tat après la mort de ses deux freres aînez,
tous deux ayant été successivement déco .
résparfeu M.MichelChicoineau leur pere,
Conseiller en la Cour des Aydes de Montpellier, un des plus sçavans Medecins du
siecle dernier , et l'ornement de l'Ecole de
Montpellier.
A MADE
Terre Chirac , Conseiller d'Etat, Sur
PIntendant du Jardin Royal des Plantes , et des Eaux Minérales , Bains etFontaines Médicinales du Royaume , Profes--
seur Royal de Médecine en l'Université
de Montpellier , Membre de l'Académic
Royale des Sciences de Paris , et premier
Médecin du Roy , mourut à Marly, le
a du mois de Mars dernier.
Quoique son Eloge soit renfermé dans
son
804 MERCURE DE FRANCE
son Nom, nous ne sçaurions nous dispenser de dire qu'il est mort , généralement
regretté du Public , dont il avoit mérité
depuis long-temps l'estime et la confiance : c'est un témoignage que nous devons
à sa Mémoire.
Il se fit admirer depuis l'année 1687.
qu'il fut reçu Professeur Royal de Médecine en l'Université de Montpellier ,
où il avoit pris ses dégrez. Il s'y distingua d'abord par les Leçons publiques et
les Cours particuliers qu'il faisoit sur tou
tes les Parties de la Médecine, qu'il a trai
tées chacune en détail ; ses écrits étoient
enrichis des découvertes qu'il faisoit dans
L'Anatomie, Science qu'il aimoit et qu'il
cultivoit particulierement, et qui lui servie
toujours de guide pour rectifier la prati❤
que de la Médecine.
Nous n'avons de cet excellent homme
que quelques petits Traitez particu
liers, imprimez en forme de Dissertation,
n'ayant jamais eu assez de loisir pour
pouvoir mettre ses écrits en état d'être
imprimez en un Corps d'Ouvrage.
En effet ses talens l'enleverent bien-tôt
àl'Ecole de Montpellier , dont il faisoie
l'ornement. Cette Ecole n'a eu d'autre
dédommagement de son absence que l'établissement d'une doctrine refléchie , dont
PAA 3
AVRIL 1732. 8051
1'Anatomie étoit la baze , et que plusieurs
Experiences et Observations réïterées
avoient confirmée.
La Méthode analytique est celle qu'il
avoit employée , comme la plus propre
conduire à la vérité.
Il sortit pour la premiere fois de Montpelier,en l'année 1692. pour aller en qualité de Medecin de l'Armée , au Siege de
Rose , où il sauva au Roy beaucoup de
Soldats attaquez d'une Dissenterie Epidémique , dont il arrêta heureusement le
cours par le changement de nourriture
&c. Ce ne fut pas là la seule occasion
où il signala son zéle pour le service du
Roy ; car ayant été envoyé à Rochefort
où regnoit une maladie pestilentielle ...
inconnue jusqu'alors , il en découvrit la
cause par les fréquentes ouvertures des
Gadavres. Après avoir établi un genre de
Traitement convenable à ce te maladie
par rapport à la cause prochaine et aux
accidens qui l'accompagnoient , il reme
dia à la cause commune par le change
ment de nourriture , et prescrivit un regime préservatif pour ceux qui avoient
été épargnez jusques là; mais à qui la violence de cette maladie avoit fait perdre
tout espoir d'échaper à ses coups.
Après qu'il eut mis tout en regle à
Rem
80s MERCURE DE FRANCE
Rochefort pour l'établissement et la fourniture des Hôpitaux , sans oublier la Police necessaire dans une Ville désolée ,
dequor M. Bégon , Intendant de la Province et de la Marine , l'avoit laissé le
Maître , prévoyant qu'il pourroit bien
être attaqué lui- même de la même maladie Epidémique , à laquelle un travail
et une application continuelle , mais indispensables, l'exposoient à tout moment;
il dicta à un Chirurgien qu'il avoit auprès de lui en qualité de Secretaire , une
Methode particuliere et relative à son
temperamment , suivant laquelle il voulbit être traité , en cas qu'il tomba malade , ce qui arriva effectivement ; il fut
tres-long- temps à se remettre , et il vint
achever sa convalescence à Montpellier.
Dès qu'il fut rétabli , il reprit ses exercices de l'Ecole , toujours avec le même
plaisir et la même application. Le succès
de sa pratique enMedecine dédommageoit
alors les habitans de Montpellier et les
Etrangers de la perte du fameux M. Barbeyrac , le plus grand Praticien du siecle
passé.
En l'année 1706. S.A. R. le Duc d'Orléans lui fit l'honneur de le mander pour:
aller en Italie avec lui en qualité de son
Medecin de confiance; il ne fut pas lọngtemps
AVRIL 1732. 807
temps à mériter cet honneur , car il sauva
à cePrince unbras qu'on étoit sur le point
de lui couper , àcause d'une blessure tresdangereuse qu'il avoit reçue au poignet au
Siege de Turin. L'année suivante S.A.R:
ne mena point d'autre Medecin que lup
en Espagne.
Il fut très-utile par lui-même et par ses
conseils à l'Armée des deux Couronnes.
M. Chirac revint à Paris , après avoir
demeuré quelque temps en Espagne , et
dès que le fameux M.Homberg fut mort,
S. A. R. lui donna la place de premier
Medecin de sa Personne.
I
Le Roy lui donna à la mort de M. Fagon , la Sur-Intendance du Jardin du
Roy. Sa Majesté lui accorda des Lettres
de Noblesse en 1728. ses longs services et
la supériorité de ses talens en furent le
motif. Enfin le Roy le choisit pour son
premier Medecin , au mois de Decembre
1730. Tout le monde a été témoin de son
attachement pour la Personne du Roy;
mais on verra , avec beaucoup plus d'étendue , tout ce que M. Chirac avoit de
grand , dans l'Eloge qu'en donnera Pillustre Académicien , à qui , avec des ta-"
lens au dessus des loüanges , il a été
particulierement donné de transmettre
à la posterité , la mémoire des grands hom-
868 MERCURE DE FRANCE
hommes , avec toute la gloire qu'ils se
sont acquise pendant leur vie, ce qui nous
dispense d'en dire davantage..
.
M. François Chicoineau , Conseiller
er Medecin du Roy, Professeur Royal
d'Anatomie et de Botanique , Chancelier
et Juge de l'Université de Medecine de
Montpellier,Intendant du Jardin du Roy,
Membre de la Societé Royale des Sciences , Conseiller en la Cour des Aydes de
la même Ville , depuis peu premier Medecin de Monseigneur le Dauphin et des
Entans de France , gendre de M.Chirac ,
a été nommé par le Roy , le 2 de ce mois,
pour remplir la place de son premier
Medecin. Tout le monde. sçait avec quel
zele M. Chicoineau a signalé sa capacité
er sa charité , à la tête des Medecins envoyez à Marseille , lors de la derniere
Peste: Il a laissé M. son Fils à Montpellier,.
digne heritier de ses talens ; et qui avoit
dès l'année, 1723. la survivance, de toutes
ses Charges, qu'il a exercées sous les yeux
de son pere , depuis ce temps- là.
C'est le cinquiéme de ce nom, de pere
en fils que la celebre Ecole de Montpellier , voit avec plaisir à sa tête , en qua
lité de Chancelier et Juge de l'Universi❤ .
té, Place à laquelle est toujours attachée
l'Intendance du Jardin du Roy, avec
une :
AVRIL 173.2. 869
une Charge de Professeur Royal de Bo
tanique et une d'Anatomie , qui font
l'exercice et la pension annuelle du Chancelier.
Tous les Titres cy-dessus ont été transmis à M. Chicoineau , aujourd'hui pre
mier Medecin du Roy, et Conseiller d'E
tat après la mort de ses deux freres aînez,
tous deux ayant été successivement déco .
résparfeu M.MichelChicoineau leur pere,
Conseiller en la Cour des Aydes de Montpellier, un des plus sçavans Medecins du
siecle dernier , et l'ornement de l'Ecole de
Montpellier.
A MADE
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Résumé : ADDITION.
Théodore de Chirac, médecin et scientifique français éminent, a marqué l'histoire par ses contributions significatives à la médecine. Né à Montpellier, il a débuté sa carrière en 1687 en tant que Professeur Royal de Médecine à l'Université de Montpellier, où il s'est illustré par ses leçons publiques et ses cours particuliers sur diverses branches de la médecine. Ses écrits étaient enrichis de découvertes en anatomie, une science qu'il cultivait particulièrement et qui guidait sa pratique médicale. En 1692, Chirac a servi comme médecin de l'armée lors du siège de Rose, où il a sauvé de nombreux soldats d'une dissenterie épidémique. Il a également été envoyé à Rochefort pour combattre une maladie pestilentielle, découvrant la cause de la maladie par l'autopsie des cadavres et établissant un traitement approprié. En 1706, il a été appelé en Italie et en Espagne par le Duc d'Orléans, où il a sauvé ce dernier d'une blessure grave. À son retour à Paris, il a succédé à Homberg comme premier Médecin du Duc d'Orléans, puis à Fagon comme Surintendant du Jardin du Roi. En 1728, il a reçu des lettres de noblesse pour ses services et ses talents. En décembre 1730, il a été nommé premier Médecin du Roi. Chirac a occupé plusieurs postes prestigieux, notamment celui de Conseiller d'État, d'Intendant du Jardin Royal des Plantes, et de Membre de l'Académie Royale des Sciences de Paris. Il est décédé à Marly en mars 1732. Le texte mentionne également François Chicoineau, gendre de Chirac et son successeur en tant que premier Médecin du Roi. Chicoineau était également Professeur Royal d'Anatomie et de Botanique, Chancelier et Juge de l'Université de Médecine de Montpellier, et Intendant du Jardin du Roi. Il a été reconnu pour son zèle et sa charité, notamment lors de la peste à Marseille.
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