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5801
p. 2916-2917
EXTRAIT d'une Lettre du R. P. Emmanuel de Viviers, Capucin, écrite de Toulouse le 30. Novembre 1730.
Début :
J'ay lû dans le Journal de Verdun de ce mois, que le P. Papon, Capucin, a [...]
Mots clefs :
Phénomène, Aurore boréale
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre du R. P. Emmanuel de Viviers, Capucin, écrite de Toulouse le 30. Novembre 1730.
EXTRAIT d'une Lettre du R.P.Emmanuel
de Viviers , Capucin , écrite de
Toulouse le 30. Novembre 1730.
J'A
'Ay lû dans le Journal de Verdun de
ce mois , que le P. Papon , Capucin , a
obfervé l'Aurore Boréale qui parut le 7
d'Octobre dernier à Gannat , en Bourbonnois.
J'envoyai mon obfervation à
M. Caffini , deux jours après l'aparition'
de ce Phénoméne , dont voici le détail.
Le 7 Octobre , environ fur les fept
heures & demie du foir , j'apperçus une
petite lumiere fort vive , à l'endroit où
le Soleil s'étoit couché. Cette lumiere
s'augmenta peu à peu & devint fort éclatante.
Elle étoit dirigée au Nord- Oüeft ,
changeoit fouvent de figure, s'élevoit fur
Phorifon par intervalles , & s'abbaiffoit
en même-temps, jettánt de petites flammes
vives & legeres , qui étoient quelquefois
ondoyantes ; de forte, qu'environ
vers les neuf heures " , elle occupa une efpace
de l'horifon , d'environ cinquante
dégrez.
Če Phénomené demeura dans cette fi-.
tuation jufqu'à onze heures & demie ,
qu'il s'éleva inſenſiblement à la hauteur
de plus de 40 dégrez,& fe divifa en trois
bandes , prefque paralleles entr'elles,dont
It. Vol.
les.
DECEMBRE. 1730. 2917
les extrémitez étoient canellées . Ces bandes
jettoient un grand nombre de flammes
, qui s'étendoient par tout le ciel , &
éclairoient toute la campagne. A douze
heures & environ 30 minutes , une de
ces bandes changea de figure , & devint
comme un tapis de quatre toifes de largeur
, formant une queue femblable à
celle d'une Cométe , laquelle étoit variée
de differentes couleurs . Ce Phénomene
dura jufqu'à quatre heures & demie. Les
obfervations que plufieurs Membres de
notre nouvelle Académie ont faites en
leur particulier fe. trouvent conformes à
ce que j'ai l'honneur de vous mander.Ce
jour-là il fit un vent marin tres- violent,
accompagné d'éclairs , & de tonnerres ,
qui furentfuivis de quelque peu de pluie.
de Viviers , Capucin , écrite de
Toulouse le 30. Novembre 1730.
J'A
'Ay lû dans le Journal de Verdun de
ce mois , que le P. Papon , Capucin , a
obfervé l'Aurore Boréale qui parut le 7
d'Octobre dernier à Gannat , en Bourbonnois.
J'envoyai mon obfervation à
M. Caffini , deux jours après l'aparition'
de ce Phénoméne , dont voici le détail.
Le 7 Octobre , environ fur les fept
heures & demie du foir , j'apperçus une
petite lumiere fort vive , à l'endroit où
le Soleil s'étoit couché. Cette lumiere
s'augmenta peu à peu & devint fort éclatante.
Elle étoit dirigée au Nord- Oüeft ,
changeoit fouvent de figure, s'élevoit fur
Phorifon par intervalles , & s'abbaiffoit
en même-temps, jettánt de petites flammes
vives & legeres , qui étoient quelquefois
ondoyantes ; de forte, qu'environ
vers les neuf heures " , elle occupa une efpace
de l'horifon , d'environ cinquante
dégrez.
Če Phénomené demeura dans cette fi-.
tuation jufqu'à onze heures & demie ,
qu'il s'éleva inſenſiblement à la hauteur
de plus de 40 dégrez,& fe divifa en trois
bandes , prefque paralleles entr'elles,dont
It. Vol.
les.
DECEMBRE. 1730. 2917
les extrémitez étoient canellées . Ces bandes
jettoient un grand nombre de flammes
, qui s'étendoient par tout le ciel , &
éclairoient toute la campagne. A douze
heures & environ 30 minutes , une de
ces bandes changea de figure , & devint
comme un tapis de quatre toifes de largeur
, formant une queue femblable à
celle d'une Cométe , laquelle étoit variée
de differentes couleurs . Ce Phénomene
dura jufqu'à quatre heures & demie. Les
obfervations que plufieurs Membres de
notre nouvelle Académie ont faites en
leur particulier fe. trouvent conformes à
ce que j'ai l'honneur de vous mander.Ce
jour-là il fit un vent marin tres- violent,
accompagné d'éclairs , & de tonnerres ,
qui furentfuivis de quelque peu de pluie.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre du R. P. Emmanuel de Viviers, Capucin, écrite de Toulouse le 30. Novembre 1730.
Le 7 octobre 1730, le Père Emmanuel de Viviers, Capucin, observa une aurore boréale à Toulouse. Vers 19h30, il remarqua une petite lumière vive à l'ouest, qui s'intensifia et se dirigea vers le nord-ouest. Cette lumière changea de forme, s'élevant et s'abaissant par intervalles, et émettant des flammes ondoyantes. Vers 21h, elle couvrit environ cinquante degrés de l'horizon. Le phénomène persista jusqu'à 23h30, s'élevant à plus de quarante degrés et se divisant en trois bandes parallèles aux extrémités cannelées, illuminant la campagne. À 00h30, une bande se transforma en un tapis large de quatre toises, ressemblant à la queue d'une comète avec des couleurs variées. L'aurore boréale dura jusqu'à 4h30 du matin. Les observations furent confirmées par plusieurs membres de la nouvelle Académie de Toulouse. Ce jour-là, un vent marin violent, accompagné d'éclairs et de tonnerre, fut suivi de pluies.
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5802
p. 2917-2919
Imitation de J. C. &c. [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Cusson, Libraire à Nancy, vient de nous envoyer deux Brochures [...]
Mots clefs :
Édition, Imprimeur, Imitation de Jésus-Christ
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texteReconnaissance textuelle : Imitation de J. C. &c. [titre d'après la table]
Le fieur Cuffon , Libraire à Nancy
vient de nous envoyer deux Brochures
in 4°. dont l'une eft de grand & l'autre
de petit papier. C'eft un effay d'une nouvelle
Edition de l'Imitation de J. C. mife
en vers par M. Corneille , à la fuite de
laquelle on trouvera l'Office de la fainte
Vierge , les fept Pleaumes de la Peniten
ce , les Vêpres du Dimanche, les Hymnes
du Breviaire Romain , pour tout le cours
de l'année ; le tout mis en vers par le
même Auteur,avec le Texte latin en mar-
"
II. Vol. G iiij ge.
2918 MERCURE DE FRANCE
ge. A Nancy , chez J. B. Cuffon , Imprimeur-
Libraire de S. A. R.
L'Imprimeur diftribue ces deux Brochures
, pour confulter le public fur l'édition
qu'il médite . Comme il a réformé
plufieurs endroits de la Traduction de
I'Imitation , & qu'il a changé des termes
furannez , des tours un peu durs , des
pluriels hors d'ufage & quelques autres
negligences pardonnables au fiecle de l'Illuftre
Traducteur , il ne veut pas s'expofer
à donner ainfi les Ouvrages de M. Corneille
fans favoir auparavant fi ces Réformations
feront reçues favorablement , &
fi on agréera qu'un tel Auteur ait été retouché.
Il rend compte dans l'avis qu'il donne
au Lecteur , à la tête de la grande Brochure
, de l'arrangement qu'il prendra
dans cette Edition . Il y joindra l'ancien
Texte des endroits retouchez. Il avoit
d'abord mis dans le petit effay , l'ancien
Texte au bas des pages : mais après avoir
confideré que ces Scholies ne font pas du
gout de tout le monde , il s'eft déterminé
à les réferver pour la fin , & à les y placer
dans une espece d'Errata , à deux colonnes
, dont l'une contiendra la Lifte des
endroits retouchez , & l'autre expoſera
l'ancienTexte. On trouvera auffi dans cette
Edition un abrégé de la vie de M. Corneille.
II
DECEMBRE. 1730. 2919
pour
Il paroît que l'Imprimeur ne veut rien
épargner , ni pour la bonté du papier, ni ,
la beauté & la netteté des caracte
res . Il s'eft déterminé à fuivre la forme de
la grande Brochure , dans fon Edition , fi
on en juge par l'avis qu'il y donne au
Lecteur, & qui ne fe trouve point dans la
petite. Il eft au refte à fouhaiter que l'Editeur
enrichifle fon Livre de Vignettes
dignes de cet Ouvrage . Celles des Effays
ne paroiffent pas affez choifies , & ne répondent
point à la beauté des caracteres .
vient de nous envoyer deux Brochures
in 4°. dont l'une eft de grand & l'autre
de petit papier. C'eft un effay d'une nouvelle
Edition de l'Imitation de J. C. mife
en vers par M. Corneille , à la fuite de
laquelle on trouvera l'Office de la fainte
Vierge , les fept Pleaumes de la Peniten
ce , les Vêpres du Dimanche, les Hymnes
du Breviaire Romain , pour tout le cours
de l'année ; le tout mis en vers par le
même Auteur,avec le Texte latin en mar-
"
II. Vol. G iiij ge.
2918 MERCURE DE FRANCE
ge. A Nancy , chez J. B. Cuffon , Imprimeur-
Libraire de S. A. R.
L'Imprimeur diftribue ces deux Brochures
, pour confulter le public fur l'édition
qu'il médite . Comme il a réformé
plufieurs endroits de la Traduction de
I'Imitation , & qu'il a changé des termes
furannez , des tours un peu durs , des
pluriels hors d'ufage & quelques autres
negligences pardonnables au fiecle de l'Illuftre
Traducteur , il ne veut pas s'expofer
à donner ainfi les Ouvrages de M. Corneille
fans favoir auparavant fi ces Réformations
feront reçues favorablement , &
fi on agréera qu'un tel Auteur ait été retouché.
Il rend compte dans l'avis qu'il donne
au Lecteur , à la tête de la grande Brochure
, de l'arrangement qu'il prendra
dans cette Edition . Il y joindra l'ancien
Texte des endroits retouchez. Il avoit
d'abord mis dans le petit effay , l'ancien
Texte au bas des pages : mais après avoir
confideré que ces Scholies ne font pas du
gout de tout le monde , il s'eft déterminé
à les réferver pour la fin , & à les y placer
dans une espece d'Errata , à deux colonnes
, dont l'une contiendra la Lifte des
endroits retouchez , & l'autre expoſera
l'ancienTexte. On trouvera auffi dans cette
Edition un abrégé de la vie de M. Corneille.
II
DECEMBRE. 1730. 2919
pour
Il paroît que l'Imprimeur ne veut rien
épargner , ni pour la bonté du papier, ni ,
la beauté & la netteté des caracte
res . Il s'eft déterminé à fuivre la forme de
la grande Brochure , dans fon Edition , fi
on en juge par l'avis qu'il y donne au
Lecteur, & qui ne fe trouve point dans la
petite. Il eft au refte à fouhaiter que l'Editeur
enrichifle fon Livre de Vignettes
dignes de cet Ouvrage . Celles des Effays
ne paroiffent pas affez choifies , & ne répondent
point à la beauté des caracteres .
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Résumé : Imitation de J. C. &c. [titre d'après la table]
Le libraire Cuffon de Nancy a envoyé deux brochures contenant un essai d'une nouvelle édition de l'Imitation de Jésus-Christ mise en vers par Pierre Corneille. Ces brochures incluent également l'Office de la Sainte Vierge, les sept Psaumes de la Pénitence, les Vêpres du Dimanche, et les Hymnes du Bréviaire Romain pour toute l'année, tous mis en vers par Corneille, avec le texte latin en marge. L'imprimeur distribue ces brochures pour consulter le public sur l'édition projetée. Il a réformé plusieurs passages de la traduction de l'Imitation, modifiant des termes surannés, des expressions dures, des pluriels désuets et d'autres négligences. Il souhaite savoir si ces réformes seront bien accueillies avant de publier l'édition complète. Dans l'avis au lecteur, l'imprimeur explique l'arrangement de l'édition, incluant l'ancien texte des passages retouchés, initialement placé au bas des pages dans la petite brochure, mais déplacé en fin d'ouvrage dans une section d'errata à deux colonnes. Une vie abrégée de Corneille sera également incluse. L'imprimeur prévoit d'utiliser un bon papier et des caractères nets pour l'édition finale, suivant le format de la grande brochure. Il est suggéré d'enrichir le livre de vignettes dignes de l'ouvrage, les illustrations des essais actuels n'étant pas jugées suffisantes.
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5803
p. 2919
Roman Comique en Estampe, [titre d'après la table]
Début :
Le Sieur L. SURUGUE, Graveur du Roy, donne avis au public, qu'il distribuë [...]
Mots clefs :
Graveur du roi, Estampes, Roman comique
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texteReconnaissance textuelle : Roman Comique en Estampe, [titre d'après la table]
Le Sieur L. SURUGUE , Graveur du
Roy , donne avis au public , qu'il diftribue
les 4 & 5 Eftampes du Roman Comique
, d'après les Tableaux de M. Pater. Il
demeure rue des Noyers , entre les deux
premieres Portes cocheres , en entrant par
la rue S. Jacques, vis - à- vis le mur de faint
Yves , à Paris. Nous avons donné les fujets
des trois premieres. Celles- cy qui ne
font pas moins bien traitées , reprefentent
: Rabotin à Cheval, la Carabine tirant
fous lui , & la Rapiniere tombant fur ba
Chevre.
Roy , donne avis au public , qu'il diftribue
les 4 & 5 Eftampes du Roman Comique
, d'après les Tableaux de M. Pater. Il
demeure rue des Noyers , entre les deux
premieres Portes cocheres , en entrant par
la rue S. Jacques, vis - à- vis le mur de faint
Yves , à Paris. Nous avons donné les fujets
des trois premieres. Celles- cy qui ne
font pas moins bien traitées , reprefentent
: Rabotin à Cheval, la Carabine tirant
fous lui , & la Rapiniere tombant fur ba
Chevre.
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5804
p. 2919-2920
« On mande de Lisbonne que le 4 du mois de Janvier, vers les 8 heures du soir [...] »
Début :
On mande de Lisbonne que le 4 du mois de Janvier, vers les 8 heures du soir [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Aurore boréale
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texteReconnaissance textuelle : « On mande de Lisbonne que le 4 du mois de Janvier, vers les 8 heures du soir [...] »
On mande de Lisbonne que le 4 du
mois de Janvier , vers les 8 heures du foir
il parut à l'horifon une Aurore Boréale ,
d'une feule colonne , qui une heure après
IF. Vol. fe Gv
1 2920
MERCURE
DE FRANCE
fe fépara en quatre. Leur lumiere fut
vive vers les onze heures du foir , mais
elle diminua enfuite infenfiblement & difparut
entierement à minuit . Ce Phénoméne
a été vû à Elvas , à Campo-Mayor ,
à Evora , à Porto , & dans plufieurs autres
Villes de Portugal.
mois de Janvier , vers les 8 heures du foir
il parut à l'horifon une Aurore Boréale ,
d'une feule colonne , qui une heure après
IF. Vol. fe Gv
1 2920
MERCURE
DE FRANCE
fe fépara en quatre. Leur lumiere fut
vive vers les onze heures du foir , mais
elle diminua enfuite infenfiblement & difparut
entierement à minuit . Ce Phénoméne
a été vû à Elvas , à Campo-Mayor ,
à Evora , à Porto , & dans plufieurs autres
Villes de Portugal.
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5805
p. 2920-2922
Châsse d'argent de S. Aignan, [titre d'après la table]
Début :
Nous sommes trop attentifs à celebrer le progrès des beaux Arts en France, [...]
Mots clefs :
Chasse, Tombeau de Saint-Aignan, Orléans
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texteReconnaissance textuelle : Châsse d'argent de S. Aignan, [titre d'après la table]
Nous fommes trop attentifs à celebrer
le progrès des beaux Arts en France,
pour ne pas dire quelque chofe d'un
grand Ouvrage d'Orfévrerie , fait depuis
peu par M. Meiffonniere , & que quantité
de Curieux ont été voir chez lui avec
une tres- grande fatisfaction .
و
C'eft la Châffe ou Tombeau de S. Aignan
qui doit être pofée à Orleans
dans l'Eglife érigée fous l'invocation de
ce Saint. Elle a la forme d'une efpece
de Tombe antique. Au deffus font
deux Cherubins , dont les aîles entrelaffées
foutiennent une Croix , & des
Rayons au bas des Cherubins ; le long
des deux côtez tombent des Fef
tons de fleurs izolées. Au corps du
deffous de cette Tombe font deux basreliefs
, couronnez par deux frontons
ceintrez ; un devant , l'autre derriere
haut de 20 pouces , où font repréſenteż
deux fujets de la vie de S. Aignan ; on
voit à celui de devant le Saint en priere,
11. Vol.
au
DECEMBRE. 1730. 2921
au bas d'un Autel , pour implorer la délivrance
d'Orleans , pour lors affiégé par
Atila ; à l'autre , S. Aignan qui guérit
Agripin , General des Romains , d'une
bleffure à la tête . Les principales figures
de ces deux bas- reliefs ont 15 pouces de
proportion , & font prefque izolées . Le
pourtour eft orné de Palmes , & au deffus
du fronton fortent des Guirlandes de
Feuilles de Chêne , qui entourent le
Corps de la Châffe . Aux deux bouts font
des Cartelles , où font d'un côté les Armes
de l'Evêque d'Orleans & de M. le
Coadjuteur; & de l'autre , les Armes de
la Ville & du Chapitre. La Châffe a cinq
pieds de haut , fur quatre pieds & demi
de long & deux pieds & demi de large .
Voicy la Defcription de l'Autel & la
décoration magnifique où la Châffe fera
pofée , pour pouvoir juger de l'effet
qu'elle fera.
.
L'Eglife eft gotique , le fond du Chour
eft angulaire , & chaque Angle eft percé
d'une arcade qui éclaire les bas côtez :
l'Autel eft izolé a huit pieds de diftance
du fond de la Nef, & élevé au
deffus de fept marches , dont la forme eft
circulaire , & foutenu par deux Confoles
de marbre de ferrancolin ; au deffus eft
pofée une Croix , formée par quatre
rayons ; au centre eft une Couronne d'EII.
Vol.
Govj - pine
2922 MERCURE DE FRANCE
pine , & au deffous un Groupe de Cherubins
& de nuages d'argent , pofez fur
un pied deftail , en partie doré , & fix
Chandeliers d'une belle forme ; le Retable
eft de Bréche violette, orné de bronze
doré .
L'Arcade du milieu du fond de la
Nef eft ceintrée fur fon plan , & s'éleve
en vouffure , dont le couronnement eft
de deux pieds & demi , plus élevé du percé
de l'Arcade , qui eft revêtu de marbre
Verdcampam , de même que les pieds
droits & les bandeaux des deux Arcades
des côtez , au deffus de la vouffure;
qui a trois pieds de fallie fur le nu du
mur , il y aun Socle haut de deux pieds;
au deffus du Socle eft la Châffe d'argent.
On voit derriere un Globe de verre
jaune, qui recevra le jour , entouré d'une
Gloire d'Anges & de nuages , d'où fortent
plufieurs rayons dorez , qui paffent derriere
des Anges qui font aux 2 côtez de
la Châffe, affis fur la vouffure. Ces Anges
qui ont fix pieds de proportion , ainfi
que la Gloire , feront de marbre blanc.
Au deffous de la vouffure eft un Ange
qui tient une Lampe ; & aux deux Arcades
des côtez , le long des deux pieds
droits de celle du milieu , font fufpendues
des Confoles ou Cartalames ,
tiennent chacune une Lampe.
le progrès des beaux Arts en France,
pour ne pas dire quelque chofe d'un
grand Ouvrage d'Orfévrerie , fait depuis
peu par M. Meiffonniere , & que quantité
de Curieux ont été voir chez lui avec
une tres- grande fatisfaction .
و
C'eft la Châffe ou Tombeau de S. Aignan
qui doit être pofée à Orleans
dans l'Eglife érigée fous l'invocation de
ce Saint. Elle a la forme d'une efpece
de Tombe antique. Au deffus font
deux Cherubins , dont les aîles entrelaffées
foutiennent une Croix , & des
Rayons au bas des Cherubins ; le long
des deux côtez tombent des Fef
tons de fleurs izolées. Au corps du
deffous de cette Tombe font deux basreliefs
, couronnez par deux frontons
ceintrez ; un devant , l'autre derriere
haut de 20 pouces , où font repréſenteż
deux fujets de la vie de S. Aignan ; on
voit à celui de devant le Saint en priere,
11. Vol.
au
DECEMBRE. 1730. 2921
au bas d'un Autel , pour implorer la délivrance
d'Orleans , pour lors affiégé par
Atila ; à l'autre , S. Aignan qui guérit
Agripin , General des Romains , d'une
bleffure à la tête . Les principales figures
de ces deux bas- reliefs ont 15 pouces de
proportion , & font prefque izolées . Le
pourtour eft orné de Palmes , & au deffus
du fronton fortent des Guirlandes de
Feuilles de Chêne , qui entourent le
Corps de la Châffe . Aux deux bouts font
des Cartelles , où font d'un côté les Armes
de l'Evêque d'Orleans & de M. le
Coadjuteur; & de l'autre , les Armes de
la Ville & du Chapitre. La Châffe a cinq
pieds de haut , fur quatre pieds & demi
de long & deux pieds & demi de large .
Voicy la Defcription de l'Autel & la
décoration magnifique où la Châffe fera
pofée , pour pouvoir juger de l'effet
qu'elle fera.
.
L'Eglife eft gotique , le fond du Chour
eft angulaire , & chaque Angle eft percé
d'une arcade qui éclaire les bas côtez :
l'Autel eft izolé a huit pieds de diftance
du fond de la Nef, & élevé au
deffus de fept marches , dont la forme eft
circulaire , & foutenu par deux Confoles
de marbre de ferrancolin ; au deffus eft
pofée une Croix , formée par quatre
rayons ; au centre eft une Couronne d'EII.
Vol.
Govj - pine
2922 MERCURE DE FRANCE
pine , & au deffous un Groupe de Cherubins
& de nuages d'argent , pofez fur
un pied deftail , en partie doré , & fix
Chandeliers d'une belle forme ; le Retable
eft de Bréche violette, orné de bronze
doré .
L'Arcade du milieu du fond de la
Nef eft ceintrée fur fon plan , & s'éleve
en vouffure , dont le couronnement eft
de deux pieds & demi , plus élevé du percé
de l'Arcade , qui eft revêtu de marbre
Verdcampam , de même que les pieds
droits & les bandeaux des deux Arcades
des côtez , au deffus de la vouffure;
qui a trois pieds de fallie fur le nu du
mur , il y aun Socle haut de deux pieds;
au deffus du Socle eft la Châffe d'argent.
On voit derriere un Globe de verre
jaune, qui recevra le jour , entouré d'une
Gloire d'Anges & de nuages , d'où fortent
plufieurs rayons dorez , qui paffent derriere
des Anges qui font aux 2 côtez de
la Châffe, affis fur la vouffure. Ces Anges
qui ont fix pieds de proportion , ainfi
que la Gloire , feront de marbre blanc.
Au deffous de la vouffure eft un Ange
qui tient une Lampe ; & aux deux Arcades
des côtez , le long des deux pieds
droits de celle du milieu , font fufpendues
des Confoles ou Cartalames ,
tiennent chacune une Lampe.
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Résumé : Châsse d'argent de S. Aignan, [titre d'après la table]
Le texte décrit une œuvre d'orfèvrerie réalisée par M. Meiffonniere, la châsse de Saint Aignan, destinée à l'église d'Orléans dédiée à ce saint. La châsse, en forme de tombe antique, est ornée de divers éléments décoratifs. Au-dessus, deux chérubins soutiennent une croix et des rayons, avec des festons de fleurs le long des côtés. Sur le corps de la châsse, deux bas-reliefs représentent des épisodes de la vie de Saint Aignan : le saint en prière pour la délivrance d'Orléans assiégée par Attila, et Saint Aignan guérissant Agripin, général romain. Les figures mesurent 15 pouces et sont entourées de palmes et de guirlandes de feuilles de chêne. Aux extrémités, des cartouches affichent les armes de l'évêque, du coadjuteur, de la ville et du chapitre. La châsse mesure cinq pieds de haut, quatre pieds et demi de long, et deux pieds et demi de large. L'église est de style gothique, avec un chœur angulaire éclairant les bas-côtés. L'autel est isolé et élevé sur sept marches, soutenu par des consoles de marbre. Au-dessus se trouve une croix avec une couronne d'épines et des chérubins. Le retable est en brèche violette, orné de bronze doré. La châsse est placée sur un socle de marbre blanc, entourée d'une gloire d'anges et de nuages, avec des rayons dorés et des lampes tenues par des anges et des consoles.
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5806
p. 2923
« On apprend de Londres, que la nuit du 27 au 28 du mois dernier il y eut deux [...] »
Début :
On apprend de Londres, que la nuit du 27 au 28 du mois dernier il y eut deux [...]
Mots clefs :
Statues de marbre, Marées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Londres, que la nuit du 27 au 28 du mois dernier il y eut deux [...] »
On apprend de Londres , que la nuit
27 au 28 du mois dernier il y eut deux
Marées dans la Tamife : Phénoméne extraordinaire
, dont on a peu d'exemples ;
& qui occupe actuellement tous les Phyficiens
de cette Ville , pour en découvrir
la cauſe ..
On a appris de Florence , que le Gr. Duc
a fait placer dans la grande Galerie de l'ancien
Palais , les deux Statues de marbre ,
reprefentant Adam & Eve , que quelques
Chanoines de l'Eglife Métropolitaine
avoient fait ôter du principal Autel de
cette Eglife , fous prétexte qu'elles font
trop découvertes . Ces deux figures, d'une
finguliere beauté , font de Baccio Bandinelli
, fameux Sculpteur & Peintre, mort
en 1559. âgé de 72 ans . Il étoit difciple
& imitateur de Michel Ange , & tresgrand
Deffinateur. Quoique l'ouvrage
qui donne lieu à cet article , ſoit admiré
de tout le monde , on a toujours fort
blâmé ce ftatuaire d'avoir fait Eve plus
grande qu'Adam .
27 au 28 du mois dernier il y eut deux
Marées dans la Tamife : Phénoméne extraordinaire
, dont on a peu d'exemples ;
& qui occupe actuellement tous les Phyficiens
de cette Ville , pour en découvrir
la cauſe ..
On a appris de Florence , que le Gr. Duc
a fait placer dans la grande Galerie de l'ancien
Palais , les deux Statues de marbre ,
reprefentant Adam & Eve , que quelques
Chanoines de l'Eglife Métropolitaine
avoient fait ôter du principal Autel de
cette Eglife , fous prétexte qu'elles font
trop découvertes . Ces deux figures, d'une
finguliere beauté , font de Baccio Bandinelli
, fameux Sculpteur & Peintre, mort
en 1559. âgé de 72 ans . Il étoit difciple
& imitateur de Michel Ange , & tresgrand
Deffinateur. Quoique l'ouvrage
qui donne lieu à cet article , ſoit admiré
de tout le monde , on a toujours fort
blâmé ce ftatuaire d'avoir fait Eve plus
grande qu'Adam .
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Résumé : « On apprend de Londres, que la nuit du 27 au 28 du mois dernier il y eut deux [...] »
À Londres, deux marées successives dans la Tamise ont intrigué les physiciens. À Florence, le Grand Duc a installé des statues de marbre d'Adam et Ève par Baccio Bandinelli dans la Galerie du Palais. Ces œuvres, retirées de l'église métropolitaine pour indécence, ont suscité des critiques malgré l'admiration générale pour Bandinelli.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5807
p. 2923-2924
Médaille du Pape, gravée en taille douce, [titre d'après la table]
Début :
Nous donnons au public, avec plaisir, la premiere Médaille du Pape, qui nous [...]
Mots clefs :
Médaille du pape, Médaille
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texteReconnaissance textuelle : Médaille du Pape, gravée en taille douce, [titre d'après la table]
Nous donnons au public , avec plaifir,
la premiere Médaille du Pape , qui nous
eft tombée entre les mains . Elle eft d'ar
gent.On y voit d'un côté la tête du S.Pere
avec cette Légende : CLEMENS XII .
H. Val. PONT.
2924 MERCURE DE FRANCE
PONT. M. & de l'autre le fymbole
qui convient le plus ; fçavoir , une Charité
Romaine , avec cette Infcription : NON
QUÆRIT QUE SUA SUNT . Les Coins de
cette Médaille ont été faits par Hameranus
, fameux Graveur Romain , qui a
un talent particulier pour donner la reffemblance
& pour animer les figures.
Nous l'avons faite graver ici en Tailledouce
par une bonne main.
plu
Outre cette Médaille , il y en a eu auffi
quelques autres, frappées depuis à Rome,
en or & en argent , pour S. S. dont la
plus diftinguée nous a paru être celle qui
lui fut préfentée en ceremonie le jour de
fa prife de poffeffion de l'Eglife Patriarchale
de S. Jean de Latran. On y voit
d'un côté la tête du Pape avec la même
Légende : CLEMENS XII.PONT.M. &
fur le revers , la Juftice , tenant d'une
main des Balances , & de lautre un Laurier
, avec cette Infcription : R BCTIS
CORDE LÆTITIA & dans l'Exergue ' , M.
DCC. X X X,
la premiere Médaille du Pape , qui nous
eft tombée entre les mains . Elle eft d'ar
gent.On y voit d'un côté la tête du S.Pere
avec cette Légende : CLEMENS XII .
H. Val. PONT.
2924 MERCURE DE FRANCE
PONT. M. & de l'autre le fymbole
qui convient le plus ; fçavoir , une Charité
Romaine , avec cette Infcription : NON
QUÆRIT QUE SUA SUNT . Les Coins de
cette Médaille ont été faits par Hameranus
, fameux Graveur Romain , qui a
un talent particulier pour donner la reffemblance
& pour animer les figures.
Nous l'avons faite graver ici en Tailledouce
par une bonne main.
plu
Outre cette Médaille , il y en a eu auffi
quelques autres, frappées depuis à Rome,
en or & en argent , pour S. S. dont la
plus diftinguée nous a paru être celle qui
lui fut préfentée en ceremonie le jour de
fa prife de poffeffion de l'Eglife Patriarchale
de S. Jean de Latran. On y voit
d'un côté la tête du Pape avec la même
Légende : CLEMENS XII.PONT.M. &
fur le revers , la Juftice , tenant d'une
main des Balances , & de lautre un Laurier
, avec cette Infcription : R BCTIS
CORDE LÆTITIA & dans l'Exergue ' , M.
DCC. X X X,
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Résumé : Médaille du Pape, gravée en taille douce, [titre d'après la table]
Le texte décrit une médaille en argent du pape Clément XII, la première de ce type à être découverte par les auteurs. Cette médaille présente sur une face la tête du pape avec l'inscription 'CLEMENS XII. H. Val. PONT. 2924 MERCURE DE FRANCE PONT. M.' et sur l'autre face une Charité Romaine avec l'inscription 'NON QUÆRIT QUÆ SUA SUNT'. Les coins de la médaille ont été réalisés par Hameranus, un graveur romain renommé pour son talent dans la représentation des figures. La médaille a été gravée en taille-douce par un artiste compétent. D'autres médailles ont également été frappées à Rome en or et en argent pour le pape. La plus notable est celle offerte lors de la cérémonie de prise de possession de l'Église Patriarchale de Saint-Jean-de-Latran. Cette médaille montre la tête du pape avec la même légende et, au revers, la Justice tenant des balances d'une main et un laurier de l'autre, avec l'inscription 'RECTIS CORDE LÆTITIA' et l'année 'M. DCC. X X X' dans l'exergue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5808
p. 2925-2935
Tragedie de Brutus, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
La Tragédie nouvelle de Brutus, de M. de Voltaire, fut représentée à la [...]
Mots clefs :
Voltaire, Théâtre, Brutus , Titus, Vol, Homme, Père, Fille, Fils, Passion
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texteReconnaissance textuelle : Tragedie de Brutus, Extrait, [titre d'après la table]
A Tragédie nouvelle de Brutus , de
M. de Voltaire , fut repréſentée à la
Cour le Samedi 30. de ce mois , avec un
très-grand fuccès ; on la donna le lendemain
fur le Théatre François pour la neu
viéme fois , & toujours avec beaucoup
d'applaudiffemens.
La Scene de cette Piéce dont nous
avons promis de parler , fe paffe dans le
Capitole. Les principaux perfonnages font
Brutus , Conful , Titus , fon fils , & Tullie,
fille de Tarquin. Les S Sarrazin , Du
Freſne , & la Dile Du Frefne rempliffent
ces trois Rôles . Ceux de Valerius Publicola
, deuxième Conful , de Proculus , de
Meffala , Romain , conjuré dans le parti
de Tarquin , d'Aruns , Ambaffadeur du
Roi d'Etrurie , d'Albin , fon Confident,
& d'Argine , Confidente de Tullie , font
remplis par les Srs Grandval , Dubreuil ,
Montmenil , Le Grand , Berci , & la De
Jouvenot , fans parler des fix Senateurs .
, ,
La Piéce commence par une Affemblée
du Senat , où l'on introduit un Ambaffadeur
de Porfenna & de Tarquin . Ce Miniftre
remontre tout ce qu'un Royalite
II. Vol.
zelé
2926 MERCURE DE FRANCE
zelé peut dire en faveur des droits des
Souverains. Le Conful Brutus répond
tout ce qu'un Republicain rigide doit
dire pour le Peuple Romain. Il s'exprime
ainfi :
Nous avons fait , Aruns , en lui rendant hommage
,
Serment d'obéiffance , & non pas d'efclavage ,
Et puifqu'il vous fouvient d'avoir vu dans ces
lieux ,
Le Senat à fes pieds faifant pour lui des voeux ,
Songez qu'en ces lieux même , à cet Autel augufte
,
Devant ces mêmes Dieux il jura d'être juſte ;
De fon peuple & de lui tel étoit le lien.
Il nous rend nos fermens quand il trahit le fien
Et dès qu'aux loix de Rome il ofe être infidele
Rome n'eſt plus fujette , & lui ſeul eft rebelle.
Aruns.
Ah ! quand il feroit vrai que l'abfolu pouvoir
Eut entraîné Tarquin par delà fon devoir ,
Qu'il en eut trop ſuivi l'amorce enchantereffe ,
Quel homme eft fans erreur , & quel Roi fans
foibleffe ?
Eft- ce à vous de prétendre au droit de le punir ?
Vous nés tous fes Sujets , vous faits pour obéir?
Un fils ne s'arme point contre un coupable pere
Il détourne les yeux , le plaint & le revere.
II. Vol.
Les
DECEMBRE. 1730. 2927
Les droits des Souverains font - ils moins précieux
?
Nous fommes leurs enfans , leurs Jages font les
Dieux ;
Si le Ciel quelquefois les donne en fa coleré ,
N'allez pas mériter un préfent plus fevere ,
Trahir toutes les loix en voulant les vanger ,
Et renverser l'Etat au lieu de le changer .
Inftruit par le malheur
l'homme ,
› ce grand Maitre de
Tarquin fera plus jufte & plus digne de Rome ;
Vous pouvez
raffermir par un accord heureux
Des Peuples & des Rois les legitimes noeuds ,
Et faire encor fleurir la liberté publique
Sous l'ombrage facré du pouvoir Monarchique.
Brutus plein de fes fentimens refuſe la
paix au nom du Sénat , quoiqu'affiegé
par deux Rois . Le Sénat jure fur l'Autel
de Mars de ne jamais admettre les Tarquins
dans Rome ; l'Ambaffadeut jure
fur le même Autel une guerre éternelle
aux Romains. Cependant ce Miniftre demande
fierement qu'on lui remette Tullie,
fille de Tarquin , jeune Princeffe qui n'avoit
pû fe fauver de Rome dans le commencement
de la Guerre civile , & que
le Sénat faifoit élever chez la femme de
Brutus le Sénat ordonne qu'on rende à
Tarquin fa fille & tous fes biens ; & Bru-
II. Vol.
tus
2928 MERCURE DE FRANCE
tus , l'organe du Sénat , dit à ce Miniftre:
Qu'à Tarquin déformais rien ne refte en ces
lieux
Que la haine de Rome & le couroux des Dieux ;
Pour emporter au Camp l'or qu'il faut y conduire
Rome vous donne un jour , ce tems doit vous
fuffire .
Ma Maiſon cependant eſt votre fûreté &c.
Ce Miniftre ayant donc la liberté de
refter un jour dans Rome veut employer
ce tems à ruiner la liberté des Romains ;
il avoit depuis long- tems une fecrete cor
refpondance avec un Citoyen nommé
Meffala , homme adroit & intrépide ,
qui defefperant de faire fa fortune fous
le gouvernement fevere d'une Républi
que , vouloit s'élever en rappelant les Tirans.
C'eft un vrai confpirateur.
Maître de fon fecret , & maître de lui-même ,
Impenetrable & calme en fa fureur extrême ;
Il a déja gagné quelques amis ; mais ,
dit- il , à l'Ambaffadeur :
Ne prétendez pas
Qu'en aveugles Sujets ils fervent des ingrats ;
Ils ne fe piquent point du devoir fanatique
De fervir de victime au pouvoir defpotique ,
II. Vol.
Ni
DECEMBRE. 1730. 2929.
Ni du zele inſenſé de courir au trépas
Pour venger un Tiran qui ne les connoît pas.
Tarquin promet beaucoup ; mais devenu leur
maître ,
Il les oublira tous , ou les craindra peut -être :
Je connois trop les Grands dans le malheur
amis ,
;
Ingrats dans la fortune , & bientôt ennemis..
Nous fommes de leur gloire un inftrument fervile
Rejetté par dédain dès qu'il eft inutile ,
Et brifé fans pitié s'il devient dangereux.
Meffala avoit befoin d'un Chef digne
de pareils conjurés , affez illuftre par fa
naiffance pour le faire obéir , affez.courageux
pour faire réuffir l'entreprife ,
affez hardi même pour forcer le Roi ,
Même après le fuccés à leur tenir la foi.
Titus , fils du Conful Brutus , jeune
homme impétueux dans fes défirs , qui
venoit de triompher des deux Rois , mais
qui n'avoit pû obtenir le Confulat , pa-'
roit à ces deux conjurés un homme propre
à mettre à la tête de leur parti . Titus,
à la verité , aime tendrement Rome &
fon
pere ; il eft le plus grand ennemi des
Rois , il adore la liberté , mais il eft piqué
contre le Sénat ; & Meffala a découvert
qu'il a depuis long- tems une paſſion fu-
II. Vol.
rieufe
29 30 MERCURE DE FRANCE
rieule
pour la fille de Tarquin : Titus a
été jufqu'à préfent le maître de fa paffion ;
mais il y peut fuccomber. Meffala ajoute :
Dans le champ de la gloire il ne fait que d'en
trer ,
Il y marche en aveugle , on l'y peut égarer ;
La bouillante Jeuneffe eft facile à féduire .
Cependant Tullie , cette fille de Tarquin
, nourriffoit depuis long- tems une
inclination fecrette pour le jeune Titus ;
elle vouloit haïr l'ennemi de fon pere &
le fils de Brutus ; mais elle l'aimoit d'autant
plus , qu'il ne fouffroit plus qu'il pa-.
rut en fa préfence depuis que la Guerre
étoit déclarée . Ainfi Titus & Tullie s'adorant
l'un l'autre , & n'ofant fe voir
combattoient en fecret leur paffion . Enfin
le moment arrive qui doit les féparer
pour jamais ; alors Titus entraîné malgré
lui vers Tullie , vient pour lui dire un
éternel adieu , & l'aveu de fon amour lui
échape .
Ce feu que jufqu'alors il avoit fçû contraindre
S'irrite en s'échapant , & ne peut plus s'éteindre
L'adroit Ambaffadeur qui fçait bientôt
à quelles agitations Titus eft livré , faifit
ces momens pour tenter fa fidelité ; il
oppofe tous les artifices à la hauteur im
II. Vol. pétueufe
DECEMBRE. 1730. 2931
pétueufe de Titus ; il lui repréfente la
trifte feverité d'une République & tous
les charmes d'une Cour , il effaye de
l'attendrir pour Tarquin ; enfin il lui dit
que Tarquin avoit autrefois le deffein de
lui donner fa fille Tullie en mariage.
L'Ambaffadeur en lui parlant ainfi , obferve
attentivement l'émotion involontaire
du jeune Romain. Meffala , ce Chef
de conjurés , vient encore envenimer la
bleffure de Titus. L'Ambaffadeur fait plus,
il a découvert la paffion de Tullie , & il
veut s'en fervir pour fes deffeins. Oui ,
dit il ,
N'attendons des humains rien que par leur foibleffe.
Il ne perd point de tems , il envoye
un homme fûr au Camp de Tarquin ; ce
Courrier rapporte une Lettre du Roi ;
l'Ambaffadeur donne la Lettre à la Princeffe
: elle lit , elle voit avec furpriſe que
fon pere lui permet
de refufer le Roi de
Ligurie qu'elle devoit époufer , & que
c'eft à Titus qu'il la deftine ; qu'en un
mot il ne tient qu'à Titus de rappeler
Tarquin , de regner avec lui & d'époufer
Tullie. Cette Princeffe à la lecture de
cette Lettre eft partagée entre le trouble
& la joye , entre la défiance & l'efpoir ;
l'Ambafladeur la raffure & l'encourage ;
ĮI. Ful
1
2932 MERCURE DE FRANCE
il lui dit que Titus eft déja ébranlé , qu'il
eft prêt à relever le Trône de Tarquin
qu'un mot de la bouche va tout achever.
La jeune Princeffe pleine de l'efperance
de rétablir fon pere & d'être unie avec
fon Amant , envoye chercher Titus , lui
fait lire cette Lettre ; mais quelle furprife
& quelle douleur pour elle ! Titus
eft penetré d'horreur à l'afpect de ce billet
de Tarquin , par lequel on lui propoſe de
trahir Brutus & Rome. Son Amante s'écrie
:
Infpirez -lui , grands Dieux , le parti qu'il doit
prendre.
Mon choix eft fait.
Titus.
Tullie.
Eh bien ! crains -tu de me l'apprendre ♣
Parle , ofe mériter ta grace ou mon courroux ;
Quel fera ton deftin ?
Titus.
D'être digne de vous ,
Digne encor de moi-même , à Rome encor fidele
,
Brulant
d'amour
pour
vous , de
combattre
pour
elle ,
D'adorer vos vertus , mais de les imiter ,
De vous perdre , Madame , & de yous mériter &c.
II. Vol
Ац
DECEMBRE. 1730. 2933-
Au milieu de cette conteftation douloureuſe
, Brutus arrive , & dit à Tullie
qu'il faut partir ; déja même il l'emmene.
Titus defefperé arrête un moment l'Ambaffadeur
qui feint de vouloir partir , &
qui jouir tranquilement du trouble affreux
de cet Amant ; Titus lui demande
un moment d'entretien , & le prie de
retarder le départ d'une heure. C'eſt pendant
ce court efpace de tems que Meffala
fe découvre enfin à Titus , c'eft alors qu'il
lui apprend que Tiberinus , fon propre
frere
,
eft de la conjuration . Titus fe
trouve réduit à être le délateur ou le
complice de fon frere. Dans ce moment
même l'Ambaffadeur lui fait dire que
Tullie l'attend ; il parle à Tullie pour la
derniere fois , & c'est là que cedant à fa
paffion , penetré d'amour , d'horreur &
de remords , & fe trouvant dans le cas
de dire : Video meliora proboque , deteriora
fequor , il dit à Tullie :
› Eh hien , cruelle , il faut vous fatisfaire ;
Le crime en eft affreux ; mais j'y cours pour vous
plaire ;
D
t plus malheureux que dans ma paffion ;
Mon coeur n'a pour excufe aucune illufion ,
Que je ne goute point dans ce défordre extrême
Le trifte & vain plaifir de me tromper moimême
,
11. Vol, Que
2934 MERCURE DE FRANCE
Que l'amour aux forfaits me force de voler ,
Que vous m'avez vaincu fans pouvoir m'aveugler
,
Et qu'encor indigné de l'ardeur qui m'anime ,
Je chéris la vertu , mais j'embraffe le crime .
Haiffez-moi , fuyez , quittez un malheureux
Qui meurt d'amour pour vous , & detefte ſes
feux & c .
A peine Titus emporté par tant de paſfions
a -t'il promis de trahir Rome , que
Brutus inftruit qu'on doit donner un affaut
la nuit même,vient remettre le commandement
de la Ville de la part du
Sénat entre les mains de Titus même ; le
defeſpoir de Titus augmente à cette marque
de confiance ; une cruelle irréfolution
l'agite ; fon pere en eft étonné ; mais
dans le moment même le fecond Conful
annonce à Brutus que l'on confpire . On
n'a encore que des foupçons , & ces foupçons
ne tombent point fur les fils de Brutus.
On affemble le Sénat ; l'Ambaffadeur
y vient rendre compte de fa conduite
; Brutus le renvoye avec mépris &
avec horreur. On renouvelle les fermens
de punir fans remiffion quiconque auroit
confpiré en faveur des Rois ; Brutus qui
fait ce ferment eft bien éloigné de croire
fes Enfans coupables ; il apprend au milieu
du Sénat même que Tiberinus eft un
II. Vol.
des
DECEMBRE . 1730. 2935
des conjurés ; l'inftant d'après il apprend
que fon cher fils Titus , le Deffenfeur de
Rome , eft le Chef de la Confpiration .
Tiberinus eft tué en fe deffendant , avec
quelques complices . Titus qui avoit horreur
d'un crime qu'il n'avoit pas même
confommé , & dont il n'avoit été coupable
qu'un inftant , vient s'accuſer devant
fon Pere ; Brutus qui l'aime tendrement
le condamne à la mort en pleurant , &
Titus reçoit fon Arrêt en grand Homme.
Tullie defefperée ſe tuë . Ainfi finit cette
Piéce que l'on regarde dans Paris comme
l'Ouvrage Dramatique que M. de Voltaire
ait le mieux écrit , mais qui exige
une grande execution , extrêmement difficile
& neceffaire , pour avoir un long
fuccès au Théatre.
M. de Voltaire , fut repréſentée à la
Cour le Samedi 30. de ce mois , avec un
très-grand fuccès ; on la donna le lendemain
fur le Théatre François pour la neu
viéme fois , & toujours avec beaucoup
d'applaudiffemens.
La Scene de cette Piéce dont nous
avons promis de parler , fe paffe dans le
Capitole. Les principaux perfonnages font
Brutus , Conful , Titus , fon fils , & Tullie,
fille de Tarquin. Les S Sarrazin , Du
Freſne , & la Dile Du Frefne rempliffent
ces trois Rôles . Ceux de Valerius Publicola
, deuxième Conful , de Proculus , de
Meffala , Romain , conjuré dans le parti
de Tarquin , d'Aruns , Ambaffadeur du
Roi d'Etrurie , d'Albin , fon Confident,
& d'Argine , Confidente de Tullie , font
remplis par les Srs Grandval , Dubreuil ,
Montmenil , Le Grand , Berci , & la De
Jouvenot , fans parler des fix Senateurs .
, ,
La Piéce commence par une Affemblée
du Senat , où l'on introduit un Ambaffadeur
de Porfenna & de Tarquin . Ce Miniftre
remontre tout ce qu'un Royalite
II. Vol.
zelé
2926 MERCURE DE FRANCE
zelé peut dire en faveur des droits des
Souverains. Le Conful Brutus répond
tout ce qu'un Republicain rigide doit
dire pour le Peuple Romain. Il s'exprime
ainfi :
Nous avons fait , Aruns , en lui rendant hommage
,
Serment d'obéiffance , & non pas d'efclavage ,
Et puifqu'il vous fouvient d'avoir vu dans ces
lieux ,
Le Senat à fes pieds faifant pour lui des voeux ,
Songez qu'en ces lieux même , à cet Autel augufte
,
Devant ces mêmes Dieux il jura d'être juſte ;
De fon peuple & de lui tel étoit le lien.
Il nous rend nos fermens quand il trahit le fien
Et dès qu'aux loix de Rome il ofe être infidele
Rome n'eſt plus fujette , & lui ſeul eft rebelle.
Aruns.
Ah ! quand il feroit vrai que l'abfolu pouvoir
Eut entraîné Tarquin par delà fon devoir ,
Qu'il en eut trop ſuivi l'amorce enchantereffe ,
Quel homme eft fans erreur , & quel Roi fans
foibleffe ?
Eft- ce à vous de prétendre au droit de le punir ?
Vous nés tous fes Sujets , vous faits pour obéir?
Un fils ne s'arme point contre un coupable pere
Il détourne les yeux , le plaint & le revere.
II. Vol.
Les
DECEMBRE. 1730. 2927
Les droits des Souverains font - ils moins précieux
?
Nous fommes leurs enfans , leurs Jages font les
Dieux ;
Si le Ciel quelquefois les donne en fa coleré ,
N'allez pas mériter un préfent plus fevere ,
Trahir toutes les loix en voulant les vanger ,
Et renverser l'Etat au lieu de le changer .
Inftruit par le malheur
l'homme ,
› ce grand Maitre de
Tarquin fera plus jufte & plus digne de Rome ;
Vous pouvez
raffermir par un accord heureux
Des Peuples & des Rois les legitimes noeuds ,
Et faire encor fleurir la liberté publique
Sous l'ombrage facré du pouvoir Monarchique.
Brutus plein de fes fentimens refuſe la
paix au nom du Sénat , quoiqu'affiegé
par deux Rois . Le Sénat jure fur l'Autel
de Mars de ne jamais admettre les Tarquins
dans Rome ; l'Ambaffadeut jure
fur le même Autel une guerre éternelle
aux Romains. Cependant ce Miniftre demande
fierement qu'on lui remette Tullie,
fille de Tarquin , jeune Princeffe qui n'avoit
pû fe fauver de Rome dans le commencement
de la Guerre civile , & que
le Sénat faifoit élever chez la femme de
Brutus le Sénat ordonne qu'on rende à
Tarquin fa fille & tous fes biens ; & Bru-
II. Vol.
tus
2928 MERCURE DE FRANCE
tus , l'organe du Sénat , dit à ce Miniftre:
Qu'à Tarquin déformais rien ne refte en ces
lieux
Que la haine de Rome & le couroux des Dieux ;
Pour emporter au Camp l'or qu'il faut y conduire
Rome vous donne un jour , ce tems doit vous
fuffire .
Ma Maiſon cependant eſt votre fûreté &c.
Ce Miniftre ayant donc la liberté de
refter un jour dans Rome veut employer
ce tems à ruiner la liberté des Romains ;
il avoit depuis long- tems une fecrete cor
refpondance avec un Citoyen nommé
Meffala , homme adroit & intrépide ,
qui defefperant de faire fa fortune fous
le gouvernement fevere d'une Républi
que , vouloit s'élever en rappelant les Tirans.
C'eft un vrai confpirateur.
Maître de fon fecret , & maître de lui-même ,
Impenetrable & calme en fa fureur extrême ;
Il a déja gagné quelques amis ; mais ,
dit- il , à l'Ambaffadeur :
Ne prétendez pas
Qu'en aveugles Sujets ils fervent des ingrats ;
Ils ne fe piquent point du devoir fanatique
De fervir de victime au pouvoir defpotique ,
II. Vol.
Ni
DECEMBRE. 1730. 2929.
Ni du zele inſenſé de courir au trépas
Pour venger un Tiran qui ne les connoît pas.
Tarquin promet beaucoup ; mais devenu leur
maître ,
Il les oublira tous , ou les craindra peut -être :
Je connois trop les Grands dans le malheur
amis ,
;
Ingrats dans la fortune , & bientôt ennemis..
Nous fommes de leur gloire un inftrument fervile
Rejetté par dédain dès qu'il eft inutile ,
Et brifé fans pitié s'il devient dangereux.
Meffala avoit befoin d'un Chef digne
de pareils conjurés , affez illuftre par fa
naiffance pour le faire obéir , affez.courageux
pour faire réuffir l'entreprife ,
affez hardi même pour forcer le Roi ,
Même après le fuccés à leur tenir la foi.
Titus , fils du Conful Brutus , jeune
homme impétueux dans fes défirs , qui
venoit de triompher des deux Rois , mais
qui n'avoit pû obtenir le Confulat , pa-'
roit à ces deux conjurés un homme propre
à mettre à la tête de leur parti . Titus,
à la verité , aime tendrement Rome &
fon
pere ; il eft le plus grand ennemi des
Rois , il adore la liberté , mais il eft piqué
contre le Sénat ; & Meffala a découvert
qu'il a depuis long- tems une paſſion fu-
II. Vol.
rieufe
29 30 MERCURE DE FRANCE
rieule
pour la fille de Tarquin : Titus a
été jufqu'à préfent le maître de fa paffion ;
mais il y peut fuccomber. Meffala ajoute :
Dans le champ de la gloire il ne fait que d'en
trer ,
Il y marche en aveugle , on l'y peut égarer ;
La bouillante Jeuneffe eft facile à féduire .
Cependant Tullie , cette fille de Tarquin
, nourriffoit depuis long- tems une
inclination fecrette pour le jeune Titus ;
elle vouloit haïr l'ennemi de fon pere &
le fils de Brutus ; mais elle l'aimoit d'autant
plus , qu'il ne fouffroit plus qu'il pa-.
rut en fa préfence depuis que la Guerre
étoit déclarée . Ainfi Titus & Tullie s'adorant
l'un l'autre , & n'ofant fe voir
combattoient en fecret leur paffion . Enfin
le moment arrive qui doit les féparer
pour jamais ; alors Titus entraîné malgré
lui vers Tullie , vient pour lui dire un
éternel adieu , & l'aveu de fon amour lui
échape .
Ce feu que jufqu'alors il avoit fçû contraindre
S'irrite en s'échapant , & ne peut plus s'éteindre
L'adroit Ambaffadeur qui fçait bientôt
à quelles agitations Titus eft livré , faifit
ces momens pour tenter fa fidelité ; il
oppofe tous les artifices à la hauteur im
II. Vol. pétueufe
DECEMBRE. 1730. 2931
pétueufe de Titus ; il lui repréfente la
trifte feverité d'une République & tous
les charmes d'une Cour , il effaye de
l'attendrir pour Tarquin ; enfin il lui dit
que Tarquin avoit autrefois le deffein de
lui donner fa fille Tullie en mariage.
L'Ambaffadeur en lui parlant ainfi , obferve
attentivement l'émotion involontaire
du jeune Romain. Meffala , ce Chef
de conjurés , vient encore envenimer la
bleffure de Titus. L'Ambaffadeur fait plus,
il a découvert la paffion de Tullie , & il
veut s'en fervir pour fes deffeins. Oui ,
dit il ,
N'attendons des humains rien que par leur foibleffe.
Il ne perd point de tems , il envoye
un homme fûr au Camp de Tarquin ; ce
Courrier rapporte une Lettre du Roi ;
l'Ambaffadeur donne la Lettre à la Princeffe
: elle lit , elle voit avec furpriſe que
fon pere lui permet
de refufer le Roi de
Ligurie qu'elle devoit époufer , & que
c'eft à Titus qu'il la deftine ; qu'en un
mot il ne tient qu'à Titus de rappeler
Tarquin , de regner avec lui & d'époufer
Tullie. Cette Princeffe à la lecture de
cette Lettre eft partagée entre le trouble
& la joye , entre la défiance & l'efpoir ;
l'Ambafladeur la raffure & l'encourage ;
ĮI. Ful
1
2932 MERCURE DE FRANCE
il lui dit que Titus eft déja ébranlé , qu'il
eft prêt à relever le Trône de Tarquin
qu'un mot de la bouche va tout achever.
La jeune Princeffe pleine de l'efperance
de rétablir fon pere & d'être unie avec
fon Amant , envoye chercher Titus , lui
fait lire cette Lettre ; mais quelle furprife
& quelle douleur pour elle ! Titus
eft penetré d'horreur à l'afpect de ce billet
de Tarquin , par lequel on lui propoſe de
trahir Brutus & Rome. Son Amante s'écrie
:
Infpirez -lui , grands Dieux , le parti qu'il doit
prendre.
Mon choix eft fait.
Titus.
Tullie.
Eh bien ! crains -tu de me l'apprendre ♣
Parle , ofe mériter ta grace ou mon courroux ;
Quel fera ton deftin ?
Titus.
D'être digne de vous ,
Digne encor de moi-même , à Rome encor fidele
,
Brulant
d'amour
pour
vous , de
combattre
pour
elle ,
D'adorer vos vertus , mais de les imiter ,
De vous perdre , Madame , & de yous mériter &c.
II. Vol
Ац
DECEMBRE. 1730. 2933-
Au milieu de cette conteftation douloureuſe
, Brutus arrive , & dit à Tullie
qu'il faut partir ; déja même il l'emmene.
Titus defefperé arrête un moment l'Ambaffadeur
qui feint de vouloir partir , &
qui jouir tranquilement du trouble affreux
de cet Amant ; Titus lui demande
un moment d'entretien , & le prie de
retarder le départ d'une heure. C'eſt pendant
ce court efpace de tems que Meffala
fe découvre enfin à Titus , c'eft alors qu'il
lui apprend que Tiberinus , fon propre
frere
,
eft de la conjuration . Titus fe
trouve réduit à être le délateur ou le
complice de fon frere. Dans ce moment
même l'Ambaffadeur lui fait dire que
Tullie l'attend ; il parle à Tullie pour la
derniere fois , & c'est là que cedant à fa
paffion , penetré d'amour , d'horreur &
de remords , & fe trouvant dans le cas
de dire : Video meliora proboque , deteriora
fequor , il dit à Tullie :
› Eh hien , cruelle , il faut vous fatisfaire ;
Le crime en eft affreux ; mais j'y cours pour vous
plaire ;
D
t plus malheureux que dans ma paffion ;
Mon coeur n'a pour excufe aucune illufion ,
Que je ne goute point dans ce défordre extrême
Le trifte & vain plaifir de me tromper moimême
,
11. Vol, Que
2934 MERCURE DE FRANCE
Que l'amour aux forfaits me force de voler ,
Que vous m'avez vaincu fans pouvoir m'aveugler
,
Et qu'encor indigné de l'ardeur qui m'anime ,
Je chéris la vertu , mais j'embraffe le crime .
Haiffez-moi , fuyez , quittez un malheureux
Qui meurt d'amour pour vous , & detefte ſes
feux & c .
A peine Titus emporté par tant de paſfions
a -t'il promis de trahir Rome , que
Brutus inftruit qu'on doit donner un affaut
la nuit même,vient remettre le commandement
de la Ville de la part du
Sénat entre les mains de Titus même ; le
defeſpoir de Titus augmente à cette marque
de confiance ; une cruelle irréfolution
l'agite ; fon pere en eft étonné ; mais
dans le moment même le fecond Conful
annonce à Brutus que l'on confpire . On
n'a encore que des foupçons , & ces foupçons
ne tombent point fur les fils de Brutus.
On affemble le Sénat ; l'Ambaffadeur
y vient rendre compte de fa conduite
; Brutus le renvoye avec mépris &
avec horreur. On renouvelle les fermens
de punir fans remiffion quiconque auroit
confpiré en faveur des Rois ; Brutus qui
fait ce ferment eft bien éloigné de croire
fes Enfans coupables ; il apprend au milieu
du Sénat même que Tiberinus eft un
II. Vol.
des
DECEMBRE . 1730. 2935
des conjurés ; l'inftant d'après il apprend
que fon cher fils Titus , le Deffenfeur de
Rome , eft le Chef de la Confpiration .
Tiberinus eft tué en fe deffendant , avec
quelques complices . Titus qui avoit horreur
d'un crime qu'il n'avoit pas même
confommé , & dont il n'avoit été coupable
qu'un inftant , vient s'accuſer devant
fon Pere ; Brutus qui l'aime tendrement
le condamne à la mort en pleurant , &
Titus reçoit fon Arrêt en grand Homme.
Tullie defefperée ſe tuë . Ainfi finit cette
Piéce que l'on regarde dans Paris comme
l'Ouvrage Dramatique que M. de Voltaire
ait le mieux écrit , mais qui exige
une grande execution , extrêmement difficile
& neceffaire , pour avoir un long
fuccès au Théatre.
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Résumé : Tragedie de Brutus, Extrait, [titre d'après la table]
La pièce 'Brutus' de Voltaire a été représentée à la Cour le 30 décembre avec un grand succès, puis au Théâtre Français le lendemain pour la neuvième fois, toujours avec beaucoup d'applaudissements. L'action se déroule au Capitole de Rome et met en scène Brutus, consul, Titus, son fils, et Tullie, fille de Tarquin. Les rôles principaux sont interprétés par les acteurs Sarrazin, Du Fresne, et la Dile Du Fresne. La pièce commence par une assemblée du Sénat où un ambassadeur de Porfenna et de Tarquin défend les droits des souverains. Brutus répond en faveur du peuple romain, affirmant que le serment d'obéissance ne signifie pas esclavage. L'ambassadeur argue que les droits des souverains sont précieux et que les Romains doivent obéir. Brutus refuse la paix au nom du Sénat et jure de ne jamais admettre les Tarquins à Rome. L'ambassadeur demande la remise de Tullie, et le Sénat accepte de la rendre ainsi que ses biens. Meffala, un citoyen romain, correspond secrètement avec l'ambassadeur pour ruiner la liberté des Romains. Il cherche un chef pour sa conjuration et choisit Titus, fils de Brutus, qui est impétueux et jaloux du Sénat. Titus aime Tullie, et est tenté par l'ambassadeur et Meffala de trahir Rome. Tullie, de son côté, aime Titus malgré elle. L'ambassadeur tente de séduire Titus en lui offrant le trône de Tarquin et la main de Tullie. Après une lutte intérieure, Titus décide de rester fidèle à Rome. Brutus, informé d'une conjuration, découvre que Titus et son frère Tiberinus en font partie. Tiberinus est tué en se défendant, et Titus, après avoir avoué son crime, est condamné à mort par son père. Tullie, désespérée, se suicide. La pièce est considérée comme l'œuvre dramatique la plus réussie de Voltaire, mais elle nécessite une grande maîtrise pour être bien interprétée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5809
p. 2935-2941
L'Opera Phaéton, Décorations, [titre d'après la table]
Début :
Le 29. Decembre le Roi honora de sa présence l'Opera de Phaëton, qui fut [...]
Mots clefs :
Décorations, Colonnes, Arcades, Soleil, Lumière, Galerie, Vestibules, Phaëton, Opéra
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Opera Phaéton, Décorations, [titre d'après la table]
Le 29. Decembre le Roi honora de
fa préfence l'Opera de Phaeton , qui fut
executé dans fa plus grande perfection :
on danfa par extraordinaire à la fin dư
Divertiffement du quatriéme Acte le Pas
de Trois , dont on a déja parlé , exécuté
par les Srs Blondi , Dumoulin le jeune , &
la Dile Camargo . S. M. étoit placée dans
fa Loge, accompagnée des Ducs de Charoft
, de la Roche-Foucault & d'Harcourt;
les autres Loges du même côté étoient
occupées par les autres Seigneurs & Officiers
de fa Maiſon, H Nous
=
2936 MERCURE DE FRANCE
Nous avons affez parlé de cet Opera la
derniere fois qu'il fut remis au Théatre
au mois de Novembre 1721 , des paroles,
de la Muſique , du Ballet , des Habits &
des Décorations de ce tems- là , avec une
Deſcription particuliere de celle du Palais
du Soleil.
Dans cette repriſe les habits ſont très
magnifiques & très bien caracteriſés . Les
Balets,toujours compofés par le St Blondi,
font auffi ingénieux que variés.
Les principaux Danfeurs font les fieurs
Dumoulin , Dupré , Malterre & Laval ,
& la De Camargo en Egyptienne , termine
le Divertiffement du cinquième
Acte. Les principaux Rôles dans la Tragedie
de Lybie , de Theone & de Climene
font remplis par les Diles Antier , le
-Maure & Erremens ; ceux de Phaëton
d'Epaphus , de Protée & du Soleil fort
repréſentés par les fieurs Tribou , Chaſſe,
Dun & du Mas.
A l'égard des deux principales Décorations
dont nous avons à parler , celle
du fecond Acte repréfente une des Entrées
d'un Palais du Roy d'Egypte , d'ordre
Dorique. On y voit une grande Arcade
de chaque côté , aux côtez deſquelles
font deux Colonnes , dont l'entrecolonne
eft d'un Diametre & demi
felon l'ordre Dorique.
II. Vol. Après
DECEMBRE . 1730. 2937
Après les Arcades on voit un Veftibule
qui forme un quarré , fe reliant avec les
autres Colonnes . Ce Veftibule eft foutenu
par huit Colonnes , efpacées de 4
Diametres au milieu , & fur les côtez ,
d'un Diamétre & demi ; & fous le Veftibule
, de chaque côté , il y a deux autres
Arcades , comme les premieres , ayant
3 diametres de large , & 3 quarts de colonnes
& 8 diametres de haut.
Les Colonnes ont 2 pieds 3 pouces de
diametre ; elles pofent fur un Socle, font
canelées jufqu'au tiers , & font de marbre
d'Egypte , ainfi que la frife , les chapiteaux
, les bazes & les triglifles , faits en
confole , font de bronze , ainfi que le
refte des ornemens.
Ce Veftibule porte une grande Terraſſe
avec une Balustrade , qui fuppofe après
l'efcalier , conduire dans le reste du Palais
; & à travers le Veftibule , on voit
une continuation d'Arcades , portées
par des Colonnes qui ne fe voyent qu'obliquement.
L'habile Architecte fuppofe
par là y en avoir autant de l'autre côté
en fimetrie , & ce point de vûë qui eft
tres - pictorefque & tres- ingénieulement
imaginé , fait parfaitement l'effet qu'il
doit faire. L'air de grandeur & de noble
fimplicité de cette magnifique décoration
la font admirer par tous les Spectateurs
II. Vol.
inte-
Hij
2938 MERCURE DE FRANCE
intelligens. Elle eſt éclairée par une lumiere
douce qui donne le repos & le relief
convenable à toutes les parties. La
Perfpective & le Clair- obfcur y font employez
avec un art infini . On a remarqué,
Tans doute , que cette décoration fait un
parfait contraſte avec celle dont nous alfons
parler ; ce qui marque le génie &
l'habileté du fieur Servandoni , qui a fait
l'une & l'autre.
Le Palais du Soleil , au 4° Acte , eft tresélevé,
& ouvert en plufieurs endroits ; il
paroît à la vûë d'un vafte prodigieux par
la quantité des Colonnes & des Arcades
qui s'y trouvent , & qui fuppofent conduire
dans Pimmenfe étendue des nuages
qui paroiffent porter le Palais , & qui s'y
introduifent de toutes parts.
Le Thrône du Soleil eft placé au fond
d'une grande Galerie , ornée à droite &
à gauche d'une colonade d'ordre Compofite
, & entre les colonnes font de
grandes & magnifiques arcades .
Derriere le Thrône eft une Baluftrade
circulaire , à hauteur d'appui , au deffus
de laquelle ou voit plufieurs Divinitez
& grand nombre de Génies ; partie perfonnages
vivans , partie figures en relief,
imitant parfaitement le naturel.
Au delà de la Balustrade fe voyent
grandes Arcades , portées par des Co-
II.Vol
lonDECEMBRE
. 1730. 29 39
·
lonnes couplées , qui forment des ouvertures
pour
aller , par un plan de niveau
, derriere les colonnes de la Galerie,
& qui, font voir par la Perfpective un
magnifique Salon , formé par des Arcades
, foutenues par des Colonnes , de
même que la Galerie.
Vers le milieu de la Galerie , on commence
à monter au Thrône du Soleil ; on
y trouve une Baluftrade interrompuë au
milieu par trois marches , pour monter
fur un grand Palier , après lequel font
trois autres marches & un fecond Palier ,
par lequel on arrive par trois autres marches
circulaires au Thrône du Soleil. Ce
fecond Palier eft à niveau des bazes des
colonnes .
Toutes les colonnes font torfes , portées
par des piedeftaux compofez ; leurs chapiteaux
& entablemens font auffi compofez
pour placer les ornemens & les pierreries
dont ils font enrichis .
Le plafond de la Galerie eft en ceintre,
formé d'une colonne à l'autre , & enrichi
de feftons & autres ornemens . Entre
les travées font des ouvertures ovales
par où entrent les nuées , & aux bas côtez
du plafond , entre chaque colonne
il y a des médaillons , chacun reprefentant
quelque Attribut du Soleil .
>
Le Thrône eſt d'une forme prefque py.
II. Vol. Hij rami
2940 MERCURE DE FRANCE
ramidale & majeftueufe , il eft entouré
par derriere de rayons , formez avec du
tranfparent de gazes d'or , à travers lefquelles
on voit une lumiere fi vive & fi
brillante , que les yeux ont peine à en
foutenir l'éclat . Cette lumiere fort du
Thrône , & fe rependant de tous côtez ,
éclaire le Salon , la Galerie & tout le refte
de la Décoration , laquelle paroît fi chargée
d'or & de pierreries , de differentes
couleurs , comme Diamans , Rubis , Topafes
, Emeraudes , Perles , Lapis , &c.
qu'il eft impoffible d'imaginer quelque
chofe qui approche de fa richeſſe & de fa
fplendeur.
Ces Pierreries , qui font au nombre de
plus de 7000. & dont les plus petites
ont au moins un pouce & demi de diametre
, jettent à la lumiere un éclat & un
brillant prodigieux , tant par rapport à
leurs formes convexes , concaves & à facettes
, que par le grand poly & les cou
leurs tranfparentes qu'on leur a données.
Le public voit tous les jours avec beaucoup
de plaifir & de nouveaux applaudiffemens
, ce pompeux & refplandiffant
Spectacle , aujourd'hui le plus magnifique
de l'Europe ; le Roy qui a voulu
le voir, a témoigné publiquement en avoir
été tres fatisfait.
Le fieur Servandoni , Florentin , dont
II. Vol Dous
DECEMBRE. 1730. 2941
nous avons eu occaſion de parler tant de
fois , & dont nous avons donné des def
criptions des décorations qu'il a faites .
comme celle du Palais de Ninus , le Tem
ple de Minerve , les Champs élizées dans
Proferpine , la vafte Galerie dans Pyrrhus
la Calcade ou Torrent avec fluctuation ;
la chute du Nil , ou grande Cafcade ;
une Forêt , & c . & plufieurs autres Décorations
qui ont été generalement ap
plaudies & reconnues poffibles dans l'execation
réelle , felon les Regles de l'Architecture
. Il a fait auffi le Feu d'artifice
fur la Riviere,à l'occafion de la naiffance
de Monfeigneur le Dauphin ; les Plans &
Profils , pour bâtir l'Eglife des Grands
Auguftins ; pour un Arc de Triomphe à
la Porte de la Conference ; pour un nou
veau Théatre avec toutes fes dépendances
; le modele d'un Temple fait par
coupe de pierres , au nombre de plus de
fooo. toutes les parties le foutenant par
la coupe des pierres . Tous ces deffeins &
modeles qui lui ont été ordonnez par la
Cour , ont attiré chez lui grand nombre
de Seigneurs & de Curieux de diftinction,
qui l'ont honoré de leurs aplaudiffemens.
Il a fait encore au Château de Trenel
pour la Ducheffe d'Orleans plufieurs Ou
vrages que tous les Princes du Sang &
Seigneurs de la Cour ont vû avec une
finguliere fatisfaction .
fa préfence l'Opera de Phaeton , qui fut
executé dans fa plus grande perfection :
on danfa par extraordinaire à la fin dư
Divertiffement du quatriéme Acte le Pas
de Trois , dont on a déja parlé , exécuté
par les Srs Blondi , Dumoulin le jeune , &
la Dile Camargo . S. M. étoit placée dans
fa Loge, accompagnée des Ducs de Charoft
, de la Roche-Foucault & d'Harcourt;
les autres Loges du même côté étoient
occupées par les autres Seigneurs & Officiers
de fa Maiſon, H Nous
=
2936 MERCURE DE FRANCE
Nous avons affez parlé de cet Opera la
derniere fois qu'il fut remis au Théatre
au mois de Novembre 1721 , des paroles,
de la Muſique , du Ballet , des Habits &
des Décorations de ce tems- là , avec une
Deſcription particuliere de celle du Palais
du Soleil.
Dans cette repriſe les habits ſont très
magnifiques & très bien caracteriſés . Les
Balets,toujours compofés par le St Blondi,
font auffi ingénieux que variés.
Les principaux Danfeurs font les fieurs
Dumoulin , Dupré , Malterre & Laval ,
& la De Camargo en Egyptienne , termine
le Divertiffement du cinquième
Acte. Les principaux Rôles dans la Tragedie
de Lybie , de Theone & de Climene
font remplis par les Diles Antier , le
-Maure & Erremens ; ceux de Phaëton
d'Epaphus , de Protée & du Soleil fort
repréſentés par les fieurs Tribou , Chaſſe,
Dun & du Mas.
A l'égard des deux principales Décorations
dont nous avons à parler , celle
du fecond Acte repréfente une des Entrées
d'un Palais du Roy d'Egypte , d'ordre
Dorique. On y voit une grande Arcade
de chaque côté , aux côtez deſquelles
font deux Colonnes , dont l'entrecolonne
eft d'un Diametre & demi
felon l'ordre Dorique.
II. Vol. Après
DECEMBRE . 1730. 2937
Après les Arcades on voit un Veftibule
qui forme un quarré , fe reliant avec les
autres Colonnes . Ce Veftibule eft foutenu
par huit Colonnes , efpacées de 4
Diametres au milieu , & fur les côtez ,
d'un Diamétre & demi ; & fous le Veftibule
, de chaque côté , il y a deux autres
Arcades , comme les premieres , ayant
3 diametres de large , & 3 quarts de colonnes
& 8 diametres de haut.
Les Colonnes ont 2 pieds 3 pouces de
diametre ; elles pofent fur un Socle, font
canelées jufqu'au tiers , & font de marbre
d'Egypte , ainfi que la frife , les chapiteaux
, les bazes & les triglifles , faits en
confole , font de bronze , ainfi que le
refte des ornemens.
Ce Veftibule porte une grande Terraſſe
avec une Balustrade , qui fuppofe après
l'efcalier , conduire dans le reste du Palais
; & à travers le Veftibule , on voit
une continuation d'Arcades , portées
par des Colonnes qui ne fe voyent qu'obliquement.
L'habile Architecte fuppofe
par là y en avoir autant de l'autre côté
en fimetrie , & ce point de vûë qui eft
tres - pictorefque & tres- ingénieulement
imaginé , fait parfaitement l'effet qu'il
doit faire. L'air de grandeur & de noble
fimplicité de cette magnifique décoration
la font admirer par tous les Spectateurs
II. Vol.
inte-
Hij
2938 MERCURE DE FRANCE
intelligens. Elle eſt éclairée par une lumiere
douce qui donne le repos & le relief
convenable à toutes les parties. La
Perfpective & le Clair- obfcur y font employez
avec un art infini . On a remarqué,
Tans doute , que cette décoration fait un
parfait contraſte avec celle dont nous alfons
parler ; ce qui marque le génie &
l'habileté du fieur Servandoni , qui a fait
l'une & l'autre.
Le Palais du Soleil , au 4° Acte , eft tresélevé,
& ouvert en plufieurs endroits ; il
paroît à la vûë d'un vafte prodigieux par
la quantité des Colonnes & des Arcades
qui s'y trouvent , & qui fuppofent conduire
dans Pimmenfe étendue des nuages
qui paroiffent porter le Palais , & qui s'y
introduifent de toutes parts.
Le Thrône du Soleil eft placé au fond
d'une grande Galerie , ornée à droite &
à gauche d'une colonade d'ordre Compofite
, & entre les colonnes font de
grandes & magnifiques arcades .
Derriere le Thrône eft une Baluftrade
circulaire , à hauteur d'appui , au deffus
de laquelle ou voit plufieurs Divinitez
& grand nombre de Génies ; partie perfonnages
vivans , partie figures en relief,
imitant parfaitement le naturel.
Au delà de la Balustrade fe voyent
grandes Arcades , portées par des Co-
II.Vol
lonDECEMBRE
. 1730. 29 39
·
lonnes couplées , qui forment des ouvertures
pour
aller , par un plan de niveau
, derriere les colonnes de la Galerie,
& qui, font voir par la Perfpective un
magnifique Salon , formé par des Arcades
, foutenues par des Colonnes , de
même que la Galerie.
Vers le milieu de la Galerie , on commence
à monter au Thrône du Soleil ; on
y trouve une Baluftrade interrompuë au
milieu par trois marches , pour monter
fur un grand Palier , après lequel font
trois autres marches & un fecond Palier ,
par lequel on arrive par trois autres marches
circulaires au Thrône du Soleil. Ce
fecond Palier eft à niveau des bazes des
colonnes .
Toutes les colonnes font torfes , portées
par des piedeftaux compofez ; leurs chapiteaux
& entablemens font auffi compofez
pour placer les ornemens & les pierreries
dont ils font enrichis .
Le plafond de la Galerie eft en ceintre,
formé d'une colonne à l'autre , & enrichi
de feftons & autres ornemens . Entre
les travées font des ouvertures ovales
par où entrent les nuées , & aux bas côtez
du plafond , entre chaque colonne
il y a des médaillons , chacun reprefentant
quelque Attribut du Soleil .
>
Le Thrône eſt d'une forme prefque py.
II. Vol. Hij rami
2940 MERCURE DE FRANCE
ramidale & majeftueufe , il eft entouré
par derriere de rayons , formez avec du
tranfparent de gazes d'or , à travers lefquelles
on voit une lumiere fi vive & fi
brillante , que les yeux ont peine à en
foutenir l'éclat . Cette lumiere fort du
Thrône , & fe rependant de tous côtez ,
éclaire le Salon , la Galerie & tout le refte
de la Décoration , laquelle paroît fi chargée
d'or & de pierreries , de differentes
couleurs , comme Diamans , Rubis , Topafes
, Emeraudes , Perles , Lapis , &c.
qu'il eft impoffible d'imaginer quelque
chofe qui approche de fa richeſſe & de fa
fplendeur.
Ces Pierreries , qui font au nombre de
plus de 7000. & dont les plus petites
ont au moins un pouce & demi de diametre
, jettent à la lumiere un éclat & un
brillant prodigieux , tant par rapport à
leurs formes convexes , concaves & à facettes
, que par le grand poly & les cou
leurs tranfparentes qu'on leur a données.
Le public voit tous les jours avec beaucoup
de plaifir & de nouveaux applaudiffemens
, ce pompeux & refplandiffant
Spectacle , aujourd'hui le plus magnifique
de l'Europe ; le Roy qui a voulu
le voir, a témoigné publiquement en avoir
été tres fatisfait.
Le fieur Servandoni , Florentin , dont
II. Vol Dous
DECEMBRE. 1730. 2941
nous avons eu occaſion de parler tant de
fois , & dont nous avons donné des def
criptions des décorations qu'il a faites .
comme celle du Palais de Ninus , le Tem
ple de Minerve , les Champs élizées dans
Proferpine , la vafte Galerie dans Pyrrhus
la Calcade ou Torrent avec fluctuation ;
la chute du Nil , ou grande Cafcade ;
une Forêt , & c . & plufieurs autres Décorations
qui ont été generalement ap
plaudies & reconnues poffibles dans l'execation
réelle , felon les Regles de l'Architecture
. Il a fait auffi le Feu d'artifice
fur la Riviere,à l'occafion de la naiffance
de Monfeigneur le Dauphin ; les Plans &
Profils , pour bâtir l'Eglife des Grands
Auguftins ; pour un Arc de Triomphe à
la Porte de la Conference ; pour un nou
veau Théatre avec toutes fes dépendances
; le modele d'un Temple fait par
coupe de pierres , au nombre de plus de
fooo. toutes les parties le foutenant par
la coupe des pierres . Tous ces deffeins &
modeles qui lui ont été ordonnez par la
Cour , ont attiré chez lui grand nombre
de Seigneurs & de Curieux de diftinction,
qui l'ont honoré de leurs aplaudiffemens.
Il a fait encore au Château de Trenel
pour la Ducheffe d'Orleans plufieurs Ou
vrages que tous les Princes du Sang &
Seigneurs de la Cour ont vû avec une
finguliere fatisfaction .
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Résumé : L'Opera Phaéton, Décorations, [titre d'après la table]
Le 29 décembre, le roi assista à la représentation de l'opéra 'Phaéton', exécuté avec une grande perfection. À la fin du quatrième acte, un 'Pas de Trois' fut dansé par Blondi, Dumoulin le jeune et la dame Camargo. Le roi était accompagné des ducs de Charost, de la Roche-Foucault et d'Harcourt, tandis que les autres loges étaient occupées par divers seigneurs et officiers de la maison royale. L'opéra 'Phaéton' avait déjà été repris en novembre 1721, avec des descriptions détaillées des paroles, de la musique, du ballet, des habits et des décorations. Les habits étaient magnifiques et bien caractérisés. Les ballets, composés par Blondi, étaient ingénieux et variés. Les principaux danseurs incluaient Dumoulin, Dupré, Malterre, Laval et la dame Camargo, qui dansait le rôle d'une Égyptienne. Dans la tragédie de 'Lybie', les rôles principaux étaient interprétés par les dames Antier, le Maure et Erremens, et les sieurs Tribou, Chasse, Dun et du Mas. Les décorations étaient particulièrement remarquables. Le second acte représentait une entrée d'un palais du roi d'Égypte d'ordre dorique, avec des arcades et des colonnes en marbre d'Égypte, éclairées par une lumière douce. Le palais du Soleil, au quatrième acte, était très élevé et ouvert, avec de nombreuses colonnes et arcades. Le trône du Soleil, placé au fond d'une grande galerie, était entouré de colonnes composites et d'arcades magnifiques. La galerie menait à un salon formé par des arcades et des colonnes, avec un plafond en voûte enrichi de festons et d'ornements. Le trône avait une forme pyramidale et majestueuse, entouré de rayons transparents diffusant une lumière vive. La décoration était riche en or et en pierreries, au nombre de plus de 7000, jetant un éclat prodigieux. Le public applaudit ce spectacle magnifique, et le roi témoigna publiquement sa satisfaction. L'architecte Servandoni, Florentin, était reconnu pour ses nombreuses décorations applaudies et ses réalisations architecturales, telles que le feu d'artifice pour la naissance du Dauphin, les plans pour l'église des Grands Augustins, et divers ouvrages au château de Trianon pour la duchesse d'Orléans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5810
p. 2942
« Le 28 Décembre le sieur Théveneau, Chanteur de la Comédie Italienne, depuis [...] »
Début :
Le 28 Décembre le sieur Théveneau, Chanteur de la Comédie Italienne, depuis [...]
Mots clefs :
Comédie italienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 28 Décembre le sieur Théveneau, Chanteur de la Comédie Italienne, depuis [...] »
Le 28 Décembre , le fieur Théveneau
Chanteur de la Comédie Italienne , depuis
plus de 12 ans , qui outre fes talens
pour la Mufique & le Chant , en a en-
Tore beaucoup pour la Déclamation &
l'action Théatrale , a été reçû dans cette
Troupe. On ne doute pas qu'il ne devienne
un tres bon fujet.
Chanteur de la Comédie Italienne , depuis
plus de 12 ans , qui outre fes talens
pour la Mufique & le Chant , en a en-
Tore beaucoup pour la Déclamation &
l'action Théatrale , a été reçû dans cette
Troupe. On ne doute pas qu'il ne devienne
un tres bon fujet.
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5811
p. 2942-2953
Extrait de plusieurs Lettres de Turquie.
Début :
Le Sultan Achmet IV. après un Regne de 28 ans, vient d'être déposé. Le G. Visir Hibraim [...]
Mots clefs :
Sultan, Ministre, Chefs, Rebelles, Constantinople, Révolte, Vizir, Janissaires, Troupes, Règne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de plusieurs Lettres de Turquie.
E Sultan Achmet IV. après un Regne de 28
Lans ,vient d'être dépofé. Le G.Vifir Hibraim
Pacha , fon gendre & fon favori, avoit gouverné
PEmpire fous lui pendant douze ans, & connoiffant
le defir du Sultan pour les richeſſes , il n'avoit
rien oublié pour en amaffer ; mais le Kiaia
& les perfonnes qu'il avoit employées pour cela ,
s'étant rendues infupportables par leur orgueil ,
leurs monopoles & leurs véxations ; & le G.Viz.
après avoir amufé long- temps les peuples par
des préparatifs de Guerre , ayant enfin affemblé
une Armée près de Scutari , & mécontenté les
Docteurs de la Loy & les Troupes , qui en general
n'approuvoient pas la Guerre contre les
Perfans , fe défiant d'ailleurs des réfolutions
chancelantes & myfterieufes du Vizir , toutes
ces circonstances animerent un certain Janiffaire ,
furnommé Patrona , Albanois de nation , homme
hardi & intriguant , à entreprendre la Révolution
arrivée le 28 Septembre dernier . Il s'affo-
II. Vel. cia
DECEMBRE. 1730. 2943
cia pour cet effet avec un nommé Emir-Ali , &
fix autres hommes .
Ce jour- là , 28 Septembre , à 8 heures du matin
, ces 8 perfonnes parurent fur la grande Place,
avec une ferme réfolution d'exécuter leur deffein
Ils attacherent au bout d'un bâton un morceau
de vieux Taffetas , en guife de Drapeau ; &
parcourant toute la Place; un criant à haute voix:
Que tout vrai Muſulman devoit fuivre leur parti
& s'affembler dans la grande Place d'Atmeidan ,
pour deffendre le bien public & faire exécuter les
Loix. Delà ils fe rendirent au grand Bezenften ,
qui eft un Place ou Halle , couverte d'un Toît, &
où il y a plus de mille Boutiques, de toutes fortes
de riches Marchandiſes . Ils ordonnerent à l'Inf→
pecteur de cette Place d'en fermer les Portes , &
commanderent la même chofe aux Marchands ,
qui là- deffus fermerent leurs Boutiques & fe retirerent
chez eux. Cette entrepriſe fi hardie ne promettoit
pas une heureuſe iffuë ; neanmoins une
concurrence tacite des habitans de Conftantino .
ple paroiffoit la favorifer plutôt qu'aucun ſe- cours réel.
Quelques autres Janiflaires voyant la hardieffe
de ces Mécontens , en furent émus ; ils ſe joignirent
à eux avec quelques Gebelis , qui font
ceux qui fervent l'Artillerie , & coururent tous
au Marché aux Armes , où ils s'armérent. Ils allerent
enfuite à la Maiſon des Janiſſaires , qui eft
un grand Bâtiment , au milieu de Conftantinople
, partagé en plufieurs Chambres , & où l'on
peut loger quelques milliers de cette Milice : Ils
s'arréterent devant la 1ere & st Chambres,qui en
font les principales , & inviterent les Janiffaires
de fe joindre à eux . Les principaux Officiers de ces
Chambres les avoient abandonnées pour aller au
Rendez -vous , où on avoit porté le Drapeau des •
II. Vol.
Hv Janif
2944 MERCURE DE FRANCE
Janiflaires.Les Chefs de cette Milice & le Chaoux
Bachi , s'étoient auffi retirez , tant pour n'être
pas accufez d'être les Auteurs de cette Révolte
que pour n'être pas obligez de s'opposer aux
Mécontens qui s'étoient partagez en Compagnies
, & avoient pofé des Sentinelles pour la
fureté des Marchands & des grandes Places..
Pendant ce temps là , l'Infpecteur du Bezenften
tâcha à diverſes repriſes de r'ouvrir cette Place
, & d'y faire revenir les Marchands ; il fut fecondé
en cela par diverfes perfonnes , que le Capitan
Pacha , ou Grand Amiral , qui commandoit
en l'abfence du G Viz. lui avoit envoyées
mais inutilement , plufieurs de ces derniers fe
joignirent aux Mécontens,& l'Aga des Janiflairés
étant venu en perfonne , & voyant qu'il étoit
trop tard pour arrêter le mal , jugea à propos.
de fe retirer dans fa Maiſon , & ne parut plus
depuis. Le Kiaia ou Lieute ant du Gr Vizir
qui étoit venu ce jour là à Conftantinople pour
Les affaires particulieres , fut fi faifi d'épouvente à.
la premiere nouvelle de cette émotion , qu'il fe
fauva avec deux de fes confidens , à bord d'un:
pest Bitiment.
Le Capitan Pacha qui étoit dans fon Palais ;
fur le Canal de la Mer Noire , ayant appris la
révolte , vint d'abord à Conftantinople , où il fit
de nouveaux efforts pour faire r'ouvrir le Buzenften
& les Boutiques qui y font . Il tâcha auffi
par toutes fortes de moyens d'appaifer le tumulte,
fans néanmoins y employer la force ; &
voyant que tous fes efforts étoient inutiles , il fe
retira pour aller joindre le Sultan , après avoir
laiffé quelques ordres à l'Arſenal.
Tous les autres Pa has en firent de même. Le
G. V. à la reception de la trifte nouvelle , monta
à cheval , & alla trouver le Sultan qui étoit dans
1.Vol le
DECEMBRE . 1730. 2945
Le Palais de la Sultane Chahige fa foeur , fitué
près de Scutari. On y tint un grand Confeil ,
pour déliberer fur les moyens d'arrêter le progrès
de la révolte.
A l'iffue du Conſeil , le Sultan fe retira dans
fon Serrail , & le foir il partit pour Conftantinople.
On dit qu'à cette occafion la Sultane Chahige
confeilla a fon frere de ne pas permettre que
fes principaux Vizirs abandonnaflent fa perfonne
, parce que , comme il étoit à préfumer que
les Mécontens en vouloient à fes Miniftres ,
pourroit , en les facrifiant à leur vengeance, fe
tirer d'affaires , au cas que le mal fut fans remede.
>"
il
La nouvelle de cette révolte mit tout le Camp
dans une grande confufion & dans la derniere
confternation ; ceux qui poffedoient des Charges
en furent les plus allarmée ; ils fe cacherent
tous , & fans fonger au devoir auquel ils étoient
obligez par leurs Charges , ils abandonnerent lâchement
leurs Maîtres ; enforte que le G. Viz.
lorfqu'il arriva au Serrail n'étoit fuivi que
de fon Ecuyer , de fon Valet de Chambre & de
autres domeftiques . Ce Miniftre fongea d'abord
à employer la force , pour mettre les Rebelles à
la raiſon. Il envoya pour cet effet les Ordres
au Camp pour en faire venir du monde ; mais il
ne put affembler cette nuit que cent perfonnes.
On employa neanmoins quelques Matelots pour
tranfporter du Camp au Serrail le tréfor & les
effets les plus précieux du Sultan.
Quoique les Mécontens fe donnaffent de leur
côté tous les mouvemens poffibles pour augmenter
leur parti , ils ne purent affembler ce jour-là
que 300 hommes , qui pafferent la nuit au lieu de
leur rendez -vous; mais le lendemain leur nombre
augmenta fi confiderablement , u'ils furent bientôt
en état de donner la loy à toute la Ville 3 ils
I L. Vol. Hovi déla
2946 MERCURE DE FRANCE
détacherent plufieurs Compagnies pour ouvrir
toutes les priſons , & délivrer tous les Galeriens;
dans cette confufion quantité d'Efclaves Chréziens
eurent le bonheur d'être mis en liberté.
Les Révoltés voyant que leur entrepriſe avoit
tout le fuccès qu'ils en pouvoient attendre , réfolurent
d'élire un Aga des Janiffaires ; ils choifirent
pour cet effet un nommé Chanefey , homme
hardi,bon Soldat,& qui avoit déja exercé la
Charge d'Aga des Janiflaires dans le Bamat deTemefvar,
mais dont il avoit été privé fous le précédent
Gouvernement; ils choiſirent enfuite les plus
courageux d'entre eux pour remplir les places
vacantes par l'abſence des Officiers des Janiflaires
, qui s'étoient cachés ou qui refufoient de
fuivre leur parti. Ils élurent auffi un Topigi Bachi
, ou Genéral de l'Artillerie ; & s'étant emparés
du grand Etendart , ils le porterent au lieu
de leur Rendez- vous , où ils drefferent leurs Tenzes
, & formerent leur Camp ; après quoi ils pri
rent les mesures convenables pour pourvoir à
la fureté publique , & pouffer à bout leur entreprife
, fi heureufement commencée. Pendant ce
rems là le G. S. ne fe trouvant pas en état d'appaifer
ce tumulte par la force , envoya un de fes
principaux Officiers aux Mécontens , pour leur
demander la raifon de leur révolte , & ce qu'ils
fouhaitoient de S.H. Ils répondirent à cet Offcier
que les malverfations des Miniftres du Sultan
en étoient la caufe , & qu'ils demandoient
qu'on les leur livrât. Sur cette nouvelle , le Grand
Vízir tâcha d'infinuer au Sultan que la demande
que les Mécontens venoient de faire n'étoit
qu'un prétexte pour cacher le deffein qu'ils méditoient
de le détrôner , & peut- être de lui ôter
la vie. S. H. en fut émuë , & fe retira dans le
Harem , ou Appartement des femmes.
11. Velo
DECEMBRE. 1730. 2947
Cependant ce premier Miniftre & le Kiaya
après avoir tenu divers Confeils fur la trifte fitua
tion de leurs affaires , ſe voyant fans reffource ,
réfolurent dans cette extrémité d'avoir recours
l'Etendart de Mahomet , dans l'efperance que le
refpect pour la Religion animeroit le Peuple à
fe ranger par devoir & par affection du côté du
Sultan. Ils arborerent effectivement cet Etendart
fur la deuxième porte du Sérail , & firent faire
de grandes promeffes au Peuple pour l'engager à
prendre les armes contre les Mécontens , en ordonnant
en même- tems aux Topigis ou Canoniers
de venir au Sérail pour le défendre contre
les ennemis de S. H. mais tous leurs efforts furent
inutiles ; l'expofition de l'Etendart imprima
bien quelque venération dans le coeur des habitans
de Conftantinople , fans que perfonne néanmoins
prit les armes pour la défenſe du G. S.
& les Topigis refuferent de le rendre au Sérail .
Les Boftandgis , ou Jardiniers , & les Baltagis
qui fervent de Gardes du Corps auroient été
en état de défendre le Sérail , mais la défunion
fe mit entr'eux ; de forte que le G. Vizir réduit
au defefpoir , couroit comme un infenfé dans le
Sérail , animant tout le monde à prendre les
armes & demandant à chaque inftant fi les
Rebelles ne s'étoient pas encore rendu maîtres
du Sérail . Tout ceci fe paffa le 29. Septembre.
Le 30. les Mécontens firent venir dans leur
armée le Morza Sibelfackiafcher , qui eft un
des Grands Juges de l'Empire que le G. V. avoit
exilé , pour avoir parlé trop librement dans le
Confeil contre les deffeins de ce Miniftre ; ils
le reçurent avec beaucoup de refpect , le reconaurent
pour leur Legiflatcur , & envoyerent enfuite
un Détachement à Topana pour inviter les
Topigis de fe joindre à eux , ce qu'ils firent le
même jour.
La
2948 MERCURE DE FRANCE
<
Le Sultan confera la Charge de Capitan Pacha
, ou Grand- Amiral , à l'Alidy , ou Premier
Capitaine des Vaiffeaux de Guerre , afin de fe
conferver par fon moyen , en cas de beſoin , la
poffeffion de l'Arfenal. Cet Officier accepta ce
grand Emploi , & fit même en cette qualité fon
Entrée à PArfenal , où il fut reçû au bruit de 9.
pieces de Canon de chaque Vaiffeaux de Guerre ;
mais jugeant que la neceffité lui avoit procuré
cet honneur , & prévoyant bien que fon autorité
ne feroit pas de longue durée , il fe retira peu
après , & alla joindre les Mécontens , qui le
confirmerent dans la Charge de Grand- Amiral.
Après qu'il eut pris quelques mefures avec eux ,
il retourna à l'Arfenal , où il fit équiper 4. Galeres
qu'il envoya devant le Sérail , afin d'en couper
la communication , & empêcher l'entrée du
fecours on défendit en même tems fous de
groffes peines d'y porter des vivres , & on ferna
tous les Acqueducs..
D'un autre côté le nouvel Aga des Janiffaires
donna les ordres neceffaires pour procurer l'abondance
dans la Ville ; il mit des Gardes par
tout pour la fûreté des Marchands ,
& pour empêcher
le pillage . I fi: punir feverement ceux
qui contrevenoient à fes ordres .
Cependant le Sultan étoit dans des angoiffes
morte les ; il fe voyoit abandonné de tout le
monde ; & fe trouvant fans reffource , il réfolut
de faire un dernier effort fur l'efprit des Mécontens
, il leur envoya pour cet effet l'Iprizade
& le Mirza Effendi'; mais les Mécontens furent
inexorables , & perfifterent dans la demande qu'ils .
avoient faite des principaux Miniftres , fur quoi
Je Sultan réfolut enfin d'envoyer en prifon le
G. V. le Kiaia & le Capitan Pacha , & i envoya
le Mufti en exil dans une des Iles de l'Archipel.
Le
DECEMBRE. 1730. 2949
Le premier Octobre 7000. Janiffaires , qui
quelques jours auparavant avoient été détachés
pour la Perfe , ayant appris la Revolte , revinrent
fur leurs pas , & allerent joindre l'arméedes
Mécontens. Ils étoient commandés par uns
Pacha à neuës , qui en paffant à Scutari avoit
pris avec lui le prétendu Prince de Perfe , &
l'avoit conduit à l'armée des Rebelles , ou par
honneur on lui donna une Garde. Ce Prince fe
difoit fits aîné du dernier Roi de Perfe ; il étoit
venu à Conftantinople pour demander la protection
de la Porte contre le Prince Thamas fon
frere.
Cependant la confufion continuoit au Sérail ;
des amis du Sultan lui repréſenterent la neceſſité
qu'il y avoit de facrifier fes 3. Miniftres à la
vengeance des Mécontens , comme étant l'unique
moyen d'appaifer leur animofité , & même de
conferver la vie. Sur quoi S. H. ordonna qu'ils
fuffent étranglés , & qu'on envoyar leurs corps
aux Mécontens , ce qui fut executé , & chaque
corps fut mis fur un Chariot attelé de boeufs . On
ne (çauroit exprimer les injures que les Mécontans
vomirent contre ces 3. miferables corps
fur lefques ils exercerent tout ce que la rage leur
pouvoient infpirer ; enfin après avoir affouvi
leur vengeance, ils jetterent le corps du Kiaya dans.
un puits rempli d'immondices , mais aux inſtantes
prieres & aux larmes de la mere du Capitan
Pacha , ils lui rendirent celui de fon fils. Quant:
au corps du G. V les Chefs des Mécontens pu
blierent que le Sultan les avoit trompés , que ce
corps n'étoit pas celui d'Ibrahim Pacha , mais
le corps d'une autre perfonne qui lui reffembloit.
Dans cette croyance les Mécontens attacherent
ce corps
à la queue d'un cheval , & le:
traînerent devant le Sérail auprès d'une magnifi
LL. Vol. que
2950 MERCURE DE FRANCE
que fontaine que le G. V. avoit fait élever , &
le jetterent en proye aux chiens.
Les Chefs des Mécontens qui avoient déja
réfolu de détrôner le Sultan , publierent exprès
que le corps du G.V. étoit un corps fuppofé ,
dans la crainte que l'indulgence que S. H. avoit
euë de facrifier fes plus chers favoris , n'appaifàt
la colere des Soldats. C'eſt ainfi que les 3. premiers
Miniftres de l'Empire Ottoman finirent
miferablement leur vie. On dit que le G. V. appréhendant
d'être livré vif aux Mécontens , s'étoit
empoisonné dans la prifon. On dit auffi que
le Mufti , envoyé par le Sultan en exil dans une
des Inles de l'Archipel , y a été jetté dans la Mer,
de même que le Finfulch Molla , que S. H. y
avoit pareillement exilé.
Les Mécontens ayant obtenu tout ce qu'ils
avoient defiré par rapport aux Miniftres , réfolurent
de mettre en execution le deffein qu'ils
avoient conçu de détrôner le Sultan Achmet , &
de mettre à la place le Sultan Mahmoud , fon
neveu , fils du Sultan Muſtapha , déposé en 1703 .
En confequence de cette réfolution , ce Prince
fut proclamé Empereur le même jour premier
Octobre à 11. heures du foir par toute la Milice.
Dès que le Sultan Achmet eut reçû cette triſte
nouvelle , il donna ordre qu'on fit fortir ce nouveauSultan
de l'Appartement
où il l'avoit fait gar.
der avec foin , & après s'être entretenu quelque
tems avec lui , il le fit entrer dans l'Apartement
Imperial , & fe retira enfuite dans celui qui est
deftiné pour les Sultans déposez.
Après les proclamations du nouvel Empereur
le Seliktar , à qui le Sultan Achmet avoit donné
les Sceaux de l'Empire , fut confirmé par les Méso
ntens dans la Charge de G. V. mais feulement
II. Vol. par
DECEMBRE. 1730. 2951
par provifion & en attendant le retour d'Abdalab
Kuperly , Pacha d'Egypte , qu'ils avoient choifi
pour exercer cette haute dignité.
Les Janniffaires & les autres Troupes , afin de
fe rendre plus formidables , réfolurent enfuite
d'augmenter leur Corps par de nouvelles Recrues;
ce qu'ils commencerent à executer dès cette nuit
même le nombre de ceux qui fe preſentoient
pour être enrollez , fut d'autant plus grand
qu'ils étoient animez par l'efperance de recevoir .
les 15. Piaftres qu'on donne à chaque Janniflaire
à l'avenement au Trône d'un nouveau Sultan.Le
2. le Kul-Kiaya , qui eft chargé de faire entrer
dans les Coffres du G. S. la finance provenant
des droits que les Sujets payent au Souverain , fut
mis en piece par les Mécontens , à cauſe qu'il
avoit repréfenté qu'il ne falloit pas augmenter la
dépenfe du Tréfor Imperial par un plus grand
nombre de Troupes.
Ce jour là & les deux jours fuivans , furent em
ployez à vifiter les Palais des Miniftres & les
Maifons de leurs adherans ; on trouva dans celui
du Kiaya ou Lieutenantt du G. V. des
fommes immenfes , quantité de Vaiffeile d'argent
& beaucoup de Diamans. On chercha par tout le
Reis Effendi ou Grand- Chancelier & plufieurs
autres créatures des Miniftres , fans les trouver.
Les Mécontens ordonnerent aux Changeurs
Arméniens & Juifs, & à diverfes autres perfonnes
qui avoient la réputation de s'être enrichi , de
ne ss'habiller que de drap ou d'étoffe d'une certaine
couleur , & de ne porter à l'avenir que des bas
jaunes , cette couleur étant après le noir , celle
que les Turcs ont le plus en horreur. Cet ordre
fut executé avec beaucoup de rigueur envers
ceux qui y contrevenoient , leurs habits ayant été
arrachez de leurs corps & déchirez en pleine rue.
I I. Vol. Pendant
2952 MERCURE DE FRANCE
Pendant ce tems-là le nouveau Sultan ayant fouhaité
de voir les principaux Chefs des Mécontens,
ils les fit venir , & après leur avoir fait diverfes
queftions , il leur offrit de les faire Pachas ; mais
dans la crainte que cet honneur ne leur devint un
jour fatal , ils s'excuferent de l'accepter.
Le 5. Octobre on tint un grand Divan ; le 6.
fe fit le Couronnement du nouveau Sultan , dont
toute la ceremonie confifte à lui mettre le Sabre
d'Othoman au côté , dans la Moſquée d'Ajoub
qui eft à l'extremité du Port. Le Sultan , precedé
des Chefs des Rebelles , s'y rendit avec un magnifique
cortege ; pendant la Marche on jetta de
l'argent au peuple & à la Milice qui étoient rangez
le long des rues. Après cette ceremonie S. H
fe rendit à la Moſquée de Sultan Mahomet , y
fit fa priere du midi , & retourna enfuite au Serrail.
;
Les Chefs des Rebelles,à qui le Sultan avoit fais
prefent de très- beaux chevaux magnifiquement
harnachez , retournerent au Camp , d'où confervant
toujours leur autorité , ils députerent quelques
perfonnes au Sultan , pour le prier de leur
accorder les furetez convenables pour leur vie
ils demanderent aufſi qu'on rafa jufqu'aux fondemens
la belle Maifon de plaifance que le dernier
G. V. avoit fait bâtir fur le Canal de la Mer
Noire , à deux lieues de Conftantinople , dont
ce Miniftre fe fervoit pour fes plaifirs . Le premier
Chef des Rebelles nommé Patrona, alla ce jour là.
voir le G.V. qui le reçut très gracieuſement, fans
l'obliger à aucune des foumiffions que ce Minif
tre exige même des plus Grands de l'Empire , &
le fit mettre à fes côtez.
Le 7. on confera divers emplois : le Teftherdar
ou Chef des Finances , fut confirmé dans
cette Charge : Miri- Alem , qui eft en faveur au-
II. Vol. près
DECEMBRE. 1730. 2953
près de la Sultane Validé , Mere du Sultan regnant
, fut fait Kiaia , & l'on rétablit le Sulelm
qui eft fort aimé des Troupes , dans la Charge de
Secretaire du G. V. qu'il l'avoit exercée fous le
Vizir Ali-Pacha , qui fut défait à la bataille de
Peter-Waradin. Le même jour le Reys - Effendi ,
le Vaivode de Galata & quelques autres qu'on
avoit cherchez pendant plufieurs jours , furent
enfis trouvez ; mais au moyen de préfens confiderables
, ils obtinrent leur pardon des Chefs
des Rebelles.
Le 8. Hazi -Achmet , Pacha , fut inftallé dans
la Charge de Capitan Pacha , ou Grand- Amiral.
Le 9. & le 10. on paya aux Troupes les
Piaftres
par tête , dont on a parlé , après quoi on pu
blia un ordre de r'ouvrir le grand Bezeftan & les
Boutiques des Marchands ; fur quoi les Soldats
commencerent le foir à rentrer dans leurs anciens
quartiers , où l'on porta les Drapeaux & autres
fignes Militaires , ce que l'on continua le 11. &
le 12.
Lans ,vient d'être dépofé. Le G.Vifir Hibraim
Pacha , fon gendre & fon favori, avoit gouverné
PEmpire fous lui pendant douze ans, & connoiffant
le defir du Sultan pour les richeſſes , il n'avoit
rien oublié pour en amaffer ; mais le Kiaia
& les perfonnes qu'il avoit employées pour cela ,
s'étant rendues infupportables par leur orgueil ,
leurs monopoles & leurs véxations ; & le G.Viz.
après avoir amufé long- temps les peuples par
des préparatifs de Guerre , ayant enfin affemblé
une Armée près de Scutari , & mécontenté les
Docteurs de la Loy & les Troupes , qui en general
n'approuvoient pas la Guerre contre les
Perfans , fe défiant d'ailleurs des réfolutions
chancelantes & myfterieufes du Vizir , toutes
ces circonstances animerent un certain Janiffaire ,
furnommé Patrona , Albanois de nation , homme
hardi & intriguant , à entreprendre la Révolution
arrivée le 28 Septembre dernier . Il s'affo-
II. Vel. cia
DECEMBRE. 1730. 2943
cia pour cet effet avec un nommé Emir-Ali , &
fix autres hommes .
Ce jour- là , 28 Septembre , à 8 heures du matin
, ces 8 perfonnes parurent fur la grande Place,
avec une ferme réfolution d'exécuter leur deffein
Ils attacherent au bout d'un bâton un morceau
de vieux Taffetas , en guife de Drapeau ; &
parcourant toute la Place; un criant à haute voix:
Que tout vrai Muſulman devoit fuivre leur parti
& s'affembler dans la grande Place d'Atmeidan ,
pour deffendre le bien public & faire exécuter les
Loix. Delà ils fe rendirent au grand Bezenften ,
qui eft un Place ou Halle , couverte d'un Toît, &
où il y a plus de mille Boutiques, de toutes fortes
de riches Marchandiſes . Ils ordonnerent à l'Inf→
pecteur de cette Place d'en fermer les Portes , &
commanderent la même chofe aux Marchands ,
qui là- deffus fermerent leurs Boutiques & fe retirerent
chez eux. Cette entrepriſe fi hardie ne promettoit
pas une heureuſe iffuë ; neanmoins une
concurrence tacite des habitans de Conftantino .
ple paroiffoit la favorifer plutôt qu'aucun ſe- cours réel.
Quelques autres Janiflaires voyant la hardieffe
de ces Mécontens , en furent émus ; ils ſe joignirent
à eux avec quelques Gebelis , qui font
ceux qui fervent l'Artillerie , & coururent tous
au Marché aux Armes , où ils s'armérent. Ils allerent
enfuite à la Maiſon des Janiſſaires , qui eft
un grand Bâtiment , au milieu de Conftantinople
, partagé en plufieurs Chambres , & où l'on
peut loger quelques milliers de cette Milice : Ils
s'arréterent devant la 1ere & st Chambres,qui en
font les principales , & inviterent les Janiffaires
de fe joindre à eux . Les principaux Officiers de ces
Chambres les avoient abandonnées pour aller au
Rendez -vous , où on avoit porté le Drapeau des •
II. Vol.
Hv Janif
2944 MERCURE DE FRANCE
Janiflaires.Les Chefs de cette Milice & le Chaoux
Bachi , s'étoient auffi retirez , tant pour n'être
pas accufez d'être les Auteurs de cette Révolte
que pour n'être pas obligez de s'opposer aux
Mécontens qui s'étoient partagez en Compagnies
, & avoient pofé des Sentinelles pour la
fureté des Marchands & des grandes Places..
Pendant ce temps là , l'Infpecteur du Bezenften
tâcha à diverſes repriſes de r'ouvrir cette Place
, & d'y faire revenir les Marchands ; il fut fecondé
en cela par diverfes perfonnes , que le Capitan
Pacha , ou Grand Amiral , qui commandoit
en l'abfence du G Viz. lui avoit envoyées
mais inutilement , plufieurs de ces derniers fe
joignirent aux Mécontens,& l'Aga des Janiflairés
étant venu en perfonne , & voyant qu'il étoit
trop tard pour arrêter le mal , jugea à propos.
de fe retirer dans fa Maiſon , & ne parut plus
depuis. Le Kiaia ou Lieute ant du Gr Vizir
qui étoit venu ce jour là à Conftantinople pour
Les affaires particulieres , fut fi faifi d'épouvente à.
la premiere nouvelle de cette émotion , qu'il fe
fauva avec deux de fes confidens , à bord d'un:
pest Bitiment.
Le Capitan Pacha qui étoit dans fon Palais ;
fur le Canal de la Mer Noire , ayant appris la
révolte , vint d'abord à Conftantinople , où il fit
de nouveaux efforts pour faire r'ouvrir le Buzenften
& les Boutiques qui y font . Il tâcha auffi
par toutes fortes de moyens d'appaifer le tumulte,
fans néanmoins y employer la force ; &
voyant que tous fes efforts étoient inutiles , il fe
retira pour aller joindre le Sultan , après avoir
laiffé quelques ordres à l'Arſenal.
Tous les autres Pa has en firent de même. Le
G. V. à la reception de la trifte nouvelle , monta
à cheval , & alla trouver le Sultan qui étoit dans
1.Vol le
DECEMBRE . 1730. 2945
Le Palais de la Sultane Chahige fa foeur , fitué
près de Scutari. On y tint un grand Confeil ,
pour déliberer fur les moyens d'arrêter le progrès
de la révolte.
A l'iffue du Conſeil , le Sultan fe retira dans
fon Serrail , & le foir il partit pour Conftantinople.
On dit qu'à cette occafion la Sultane Chahige
confeilla a fon frere de ne pas permettre que
fes principaux Vizirs abandonnaflent fa perfonne
, parce que , comme il étoit à préfumer que
les Mécontens en vouloient à fes Miniftres ,
pourroit , en les facrifiant à leur vengeance, fe
tirer d'affaires , au cas que le mal fut fans remede.
>"
il
La nouvelle de cette révolte mit tout le Camp
dans une grande confufion & dans la derniere
confternation ; ceux qui poffedoient des Charges
en furent les plus allarmée ; ils fe cacherent
tous , & fans fonger au devoir auquel ils étoient
obligez par leurs Charges , ils abandonnerent lâchement
leurs Maîtres ; enforte que le G. Viz.
lorfqu'il arriva au Serrail n'étoit fuivi que
de fon Ecuyer , de fon Valet de Chambre & de
autres domeftiques . Ce Miniftre fongea d'abord
à employer la force , pour mettre les Rebelles à
la raiſon. Il envoya pour cet effet les Ordres
au Camp pour en faire venir du monde ; mais il
ne put affembler cette nuit que cent perfonnes.
On employa neanmoins quelques Matelots pour
tranfporter du Camp au Serrail le tréfor & les
effets les plus précieux du Sultan.
Quoique les Mécontens fe donnaffent de leur
côté tous les mouvemens poffibles pour augmenter
leur parti , ils ne purent affembler ce jour-là
que 300 hommes , qui pafferent la nuit au lieu de
leur rendez -vous; mais le lendemain leur nombre
augmenta fi confiderablement , u'ils furent bientôt
en état de donner la loy à toute la Ville 3 ils
I L. Vol. Hovi déla
2946 MERCURE DE FRANCE
détacherent plufieurs Compagnies pour ouvrir
toutes les priſons , & délivrer tous les Galeriens;
dans cette confufion quantité d'Efclaves Chréziens
eurent le bonheur d'être mis en liberté.
Les Révoltés voyant que leur entrepriſe avoit
tout le fuccès qu'ils en pouvoient attendre , réfolurent
d'élire un Aga des Janiffaires ; ils choifirent
pour cet effet un nommé Chanefey , homme
hardi,bon Soldat,& qui avoit déja exercé la
Charge d'Aga des Janiflaires dans le Bamat deTemefvar,
mais dont il avoit été privé fous le précédent
Gouvernement; ils choiſirent enfuite les plus
courageux d'entre eux pour remplir les places
vacantes par l'abſence des Officiers des Janiflaires
, qui s'étoient cachés ou qui refufoient de
fuivre leur parti. Ils élurent auffi un Topigi Bachi
, ou Genéral de l'Artillerie ; & s'étant emparés
du grand Etendart , ils le porterent au lieu
de leur Rendez- vous , où ils drefferent leurs Tenzes
, & formerent leur Camp ; après quoi ils pri
rent les mesures convenables pour pourvoir à
la fureté publique , & pouffer à bout leur entreprife
, fi heureufement commencée. Pendant ce
rems là le G. S. ne fe trouvant pas en état d'appaifer
ce tumulte par la force , envoya un de fes
principaux Officiers aux Mécontens , pour leur
demander la raifon de leur révolte , & ce qu'ils
fouhaitoient de S.H. Ils répondirent à cet Offcier
que les malverfations des Miniftres du Sultan
en étoient la caufe , & qu'ils demandoient
qu'on les leur livrât. Sur cette nouvelle , le Grand
Vízir tâcha d'infinuer au Sultan que la demande
que les Mécontens venoient de faire n'étoit
qu'un prétexte pour cacher le deffein qu'ils méditoient
de le détrôner , & peut- être de lui ôter
la vie. S. H. en fut émuë , & fe retira dans le
Harem , ou Appartement des femmes.
11. Velo
DECEMBRE. 1730. 2947
Cependant ce premier Miniftre & le Kiaya
après avoir tenu divers Confeils fur la trifte fitua
tion de leurs affaires , ſe voyant fans reffource ,
réfolurent dans cette extrémité d'avoir recours
l'Etendart de Mahomet , dans l'efperance que le
refpect pour la Religion animeroit le Peuple à
fe ranger par devoir & par affection du côté du
Sultan. Ils arborerent effectivement cet Etendart
fur la deuxième porte du Sérail , & firent faire
de grandes promeffes au Peuple pour l'engager à
prendre les armes contre les Mécontens , en ordonnant
en même- tems aux Topigis ou Canoniers
de venir au Sérail pour le défendre contre
les ennemis de S. H. mais tous leurs efforts furent
inutiles ; l'expofition de l'Etendart imprima
bien quelque venération dans le coeur des habitans
de Conftantinople , fans que perfonne néanmoins
prit les armes pour la défenſe du G. S.
& les Topigis refuferent de le rendre au Sérail .
Les Boftandgis , ou Jardiniers , & les Baltagis
qui fervent de Gardes du Corps auroient été
en état de défendre le Sérail , mais la défunion
fe mit entr'eux ; de forte que le G. Vizir réduit
au defefpoir , couroit comme un infenfé dans le
Sérail , animant tout le monde à prendre les
armes & demandant à chaque inftant fi les
Rebelles ne s'étoient pas encore rendu maîtres
du Sérail . Tout ceci fe paffa le 29. Septembre.
Le 30. les Mécontens firent venir dans leur
armée le Morza Sibelfackiafcher , qui eft un
des Grands Juges de l'Empire que le G. V. avoit
exilé , pour avoir parlé trop librement dans le
Confeil contre les deffeins de ce Miniftre ; ils
le reçurent avec beaucoup de refpect , le reconaurent
pour leur Legiflatcur , & envoyerent enfuite
un Détachement à Topana pour inviter les
Topigis de fe joindre à eux , ce qu'ils firent le
même jour.
La
2948 MERCURE DE FRANCE
<
Le Sultan confera la Charge de Capitan Pacha
, ou Grand- Amiral , à l'Alidy , ou Premier
Capitaine des Vaiffeaux de Guerre , afin de fe
conferver par fon moyen , en cas de beſoin , la
poffeffion de l'Arfenal. Cet Officier accepta ce
grand Emploi , & fit même en cette qualité fon
Entrée à PArfenal , où il fut reçû au bruit de 9.
pieces de Canon de chaque Vaiffeaux de Guerre ;
mais jugeant que la neceffité lui avoit procuré
cet honneur , & prévoyant bien que fon autorité
ne feroit pas de longue durée , il fe retira peu
après , & alla joindre les Mécontens , qui le
confirmerent dans la Charge de Grand- Amiral.
Après qu'il eut pris quelques mefures avec eux ,
il retourna à l'Arfenal , où il fit équiper 4. Galeres
qu'il envoya devant le Sérail , afin d'en couper
la communication , & empêcher l'entrée du
fecours on défendit en même tems fous de
groffes peines d'y porter des vivres , & on ferna
tous les Acqueducs..
D'un autre côté le nouvel Aga des Janiffaires
donna les ordres neceffaires pour procurer l'abondance
dans la Ville ; il mit des Gardes par
tout pour la fûreté des Marchands ,
& pour empêcher
le pillage . I fi: punir feverement ceux
qui contrevenoient à fes ordres .
Cependant le Sultan étoit dans des angoiffes
morte les ; il fe voyoit abandonné de tout le
monde ; & fe trouvant fans reffource , il réfolut
de faire un dernier effort fur l'efprit des Mécontens
, il leur envoya pour cet effet l'Iprizade
& le Mirza Effendi'; mais les Mécontens furent
inexorables , & perfifterent dans la demande qu'ils .
avoient faite des principaux Miniftres , fur quoi
Je Sultan réfolut enfin d'envoyer en prifon le
G. V. le Kiaia & le Capitan Pacha , & i envoya
le Mufti en exil dans une des Iles de l'Archipel.
Le
DECEMBRE. 1730. 2949
Le premier Octobre 7000. Janiffaires , qui
quelques jours auparavant avoient été détachés
pour la Perfe , ayant appris la Revolte , revinrent
fur leurs pas , & allerent joindre l'arméedes
Mécontens. Ils étoient commandés par uns
Pacha à neuës , qui en paffant à Scutari avoit
pris avec lui le prétendu Prince de Perfe , &
l'avoit conduit à l'armée des Rebelles , ou par
honneur on lui donna une Garde. Ce Prince fe
difoit fits aîné du dernier Roi de Perfe ; il étoit
venu à Conftantinople pour demander la protection
de la Porte contre le Prince Thamas fon
frere.
Cependant la confufion continuoit au Sérail ;
des amis du Sultan lui repréſenterent la neceſſité
qu'il y avoit de facrifier fes 3. Miniftres à la
vengeance des Mécontens , comme étant l'unique
moyen d'appaifer leur animofité , & même de
conferver la vie. Sur quoi S. H. ordonna qu'ils
fuffent étranglés , & qu'on envoyar leurs corps
aux Mécontens , ce qui fut executé , & chaque
corps fut mis fur un Chariot attelé de boeufs . On
ne (çauroit exprimer les injures que les Mécontans
vomirent contre ces 3. miferables corps
fur lefques ils exercerent tout ce que la rage leur
pouvoient infpirer ; enfin après avoir affouvi
leur vengeance, ils jetterent le corps du Kiaya dans.
un puits rempli d'immondices , mais aux inſtantes
prieres & aux larmes de la mere du Capitan
Pacha , ils lui rendirent celui de fon fils. Quant:
au corps du G. V les Chefs des Mécontens pu
blierent que le Sultan les avoit trompés , que ce
corps n'étoit pas celui d'Ibrahim Pacha , mais
le corps d'une autre perfonne qui lui reffembloit.
Dans cette croyance les Mécontens attacherent
ce corps
à la queue d'un cheval , & le:
traînerent devant le Sérail auprès d'une magnifi
LL. Vol. que
2950 MERCURE DE FRANCE
que fontaine que le G. V. avoit fait élever , &
le jetterent en proye aux chiens.
Les Chefs des Mécontens qui avoient déja
réfolu de détrôner le Sultan , publierent exprès
que le corps du G.V. étoit un corps fuppofé ,
dans la crainte que l'indulgence que S. H. avoit
euë de facrifier fes plus chers favoris , n'appaifàt
la colere des Soldats. C'eſt ainfi que les 3. premiers
Miniftres de l'Empire Ottoman finirent
miferablement leur vie. On dit que le G. V. appréhendant
d'être livré vif aux Mécontens , s'étoit
empoisonné dans la prifon. On dit auffi que
le Mufti , envoyé par le Sultan en exil dans une
des Inles de l'Archipel , y a été jetté dans la Mer,
de même que le Finfulch Molla , que S. H. y
avoit pareillement exilé.
Les Mécontens ayant obtenu tout ce qu'ils
avoient defiré par rapport aux Miniftres , réfolurent
de mettre en execution le deffein qu'ils
avoient conçu de détrôner le Sultan Achmet , &
de mettre à la place le Sultan Mahmoud , fon
neveu , fils du Sultan Muſtapha , déposé en 1703 .
En confequence de cette réfolution , ce Prince
fut proclamé Empereur le même jour premier
Octobre à 11. heures du foir par toute la Milice.
Dès que le Sultan Achmet eut reçû cette triſte
nouvelle , il donna ordre qu'on fit fortir ce nouveauSultan
de l'Appartement
où il l'avoit fait gar.
der avec foin , & après s'être entretenu quelque
tems avec lui , il le fit entrer dans l'Apartement
Imperial , & fe retira enfuite dans celui qui est
deftiné pour les Sultans déposez.
Après les proclamations du nouvel Empereur
le Seliktar , à qui le Sultan Achmet avoit donné
les Sceaux de l'Empire , fut confirmé par les Méso
ntens dans la Charge de G. V. mais feulement
II. Vol. par
DECEMBRE. 1730. 2951
par provifion & en attendant le retour d'Abdalab
Kuperly , Pacha d'Egypte , qu'ils avoient choifi
pour exercer cette haute dignité.
Les Janniffaires & les autres Troupes , afin de
fe rendre plus formidables , réfolurent enfuite
d'augmenter leur Corps par de nouvelles Recrues;
ce qu'ils commencerent à executer dès cette nuit
même le nombre de ceux qui fe preſentoient
pour être enrollez , fut d'autant plus grand
qu'ils étoient animez par l'efperance de recevoir .
les 15. Piaftres qu'on donne à chaque Janniflaire
à l'avenement au Trône d'un nouveau Sultan.Le
2. le Kul-Kiaya , qui eft chargé de faire entrer
dans les Coffres du G. S. la finance provenant
des droits que les Sujets payent au Souverain , fut
mis en piece par les Mécontens , à cauſe qu'il
avoit repréfenté qu'il ne falloit pas augmenter la
dépenfe du Tréfor Imperial par un plus grand
nombre de Troupes.
Ce jour là & les deux jours fuivans , furent em
ployez à vifiter les Palais des Miniftres & les
Maifons de leurs adherans ; on trouva dans celui
du Kiaya ou Lieutenantt du G. V. des
fommes immenfes , quantité de Vaiffeile d'argent
& beaucoup de Diamans. On chercha par tout le
Reis Effendi ou Grand- Chancelier & plufieurs
autres créatures des Miniftres , fans les trouver.
Les Mécontens ordonnerent aux Changeurs
Arméniens & Juifs, & à diverfes autres perfonnes
qui avoient la réputation de s'être enrichi , de
ne ss'habiller que de drap ou d'étoffe d'une certaine
couleur , & de ne porter à l'avenir que des bas
jaunes , cette couleur étant après le noir , celle
que les Turcs ont le plus en horreur. Cet ordre
fut executé avec beaucoup de rigueur envers
ceux qui y contrevenoient , leurs habits ayant été
arrachez de leurs corps & déchirez en pleine rue.
I I. Vol. Pendant
2952 MERCURE DE FRANCE
Pendant ce tems-là le nouveau Sultan ayant fouhaité
de voir les principaux Chefs des Mécontens,
ils les fit venir , & après leur avoir fait diverfes
queftions , il leur offrit de les faire Pachas ; mais
dans la crainte que cet honneur ne leur devint un
jour fatal , ils s'excuferent de l'accepter.
Le 5. Octobre on tint un grand Divan ; le 6.
fe fit le Couronnement du nouveau Sultan , dont
toute la ceremonie confifte à lui mettre le Sabre
d'Othoman au côté , dans la Moſquée d'Ajoub
qui eft à l'extremité du Port. Le Sultan , precedé
des Chefs des Rebelles , s'y rendit avec un magnifique
cortege ; pendant la Marche on jetta de
l'argent au peuple & à la Milice qui étoient rangez
le long des rues. Après cette ceremonie S. H
fe rendit à la Moſquée de Sultan Mahomet , y
fit fa priere du midi , & retourna enfuite au Serrail.
;
Les Chefs des Rebelles,à qui le Sultan avoit fais
prefent de très- beaux chevaux magnifiquement
harnachez , retournerent au Camp , d'où confervant
toujours leur autorité , ils députerent quelques
perfonnes au Sultan , pour le prier de leur
accorder les furetez convenables pour leur vie
ils demanderent aufſi qu'on rafa jufqu'aux fondemens
la belle Maifon de plaifance que le dernier
G. V. avoit fait bâtir fur le Canal de la Mer
Noire , à deux lieues de Conftantinople , dont
ce Miniftre fe fervoit pour fes plaifirs . Le premier
Chef des Rebelles nommé Patrona, alla ce jour là.
voir le G.V. qui le reçut très gracieuſement, fans
l'obliger à aucune des foumiffions que ce Minif
tre exige même des plus Grands de l'Empire , &
le fit mettre à fes côtez.
Le 7. on confera divers emplois : le Teftherdar
ou Chef des Finances , fut confirmé dans
cette Charge : Miri- Alem , qui eft en faveur au-
II. Vol. près
DECEMBRE. 1730. 2953
près de la Sultane Validé , Mere du Sultan regnant
, fut fait Kiaia , & l'on rétablit le Sulelm
qui eft fort aimé des Troupes , dans la Charge de
Secretaire du G. V. qu'il l'avoit exercée fous le
Vizir Ali-Pacha , qui fut défait à la bataille de
Peter-Waradin. Le même jour le Reys - Effendi ,
le Vaivode de Galata & quelques autres qu'on
avoit cherchez pendant plufieurs jours , furent
enfis trouvez ; mais au moyen de préfens confiderables
, ils obtinrent leur pardon des Chefs
des Rebelles.
Le 8. Hazi -Achmet , Pacha , fut inftallé dans
la Charge de Capitan Pacha , ou Grand- Amiral.
Le 9. & le 10. on paya aux Troupes les
Piaftres
par tête , dont on a parlé , après quoi on pu
blia un ordre de r'ouvrir le grand Bezeftan & les
Boutiques des Marchands ; fur quoi les Soldats
commencerent le foir à rentrer dans leurs anciens
quartiers , où l'on porta les Drapeaux & autres
fignes Militaires , ce que l'on continua le 11. &
le 12.
Fermer
Résumé : Extrait de plusieurs Lettres de Turquie.
Le sultan Ahmed III a été déposé après 28 ans de règne. Son gendre et favori, le grand vizir Ibrahim Pacha, avait gouverné l'Empire pendant douze ans et accumulé des richesses, ce qui avait suscité l'orgueil et les vexations de ses subordonnés. Une guerre préparée par le grand vizir et une armée rassemblée près de Scutari ont mécontenté les docteurs de la loi et les troupes. Le 28 septembre 1730, un janissaire nommé Patrona a déclenché une révolution à Constantinople. Patrona et sept autres hommes ont appelé les musulmans à les rejoindre pour défendre le bien public et faire exécuter les lois. Ils ont fermé les boutiques du grand bazar et se sont armés avec l'aide de janissaires et d'artilleurs. Les principaux officiers des janissaires se sont retirés, craignant d'être accusés de rébellion. Le sultan, informé de la révolte, s'est retiré dans le palais de la sultane Chahige près de Scutari. Les rebelles ont libéré les prisonniers et les galériens, et élu un nouveau chef des janissaires. Le grand vizir, voyant l'échec de ses tentatives pour réprimer la révolte, a envoyé des émissaires aux rebelles, qui ont demandé la livraison des ministres du sultan. Le sultan, craignant pour sa vie, s'est retiré dans le harem. Les rebelles ont continué à renforcer leur position, libérant des juges exilés et prenant le contrôle de l'arsenal. Le sultan a finalement ordonné l'exécution des principaux ministres pour apaiser les rebelles. Les chefs des mécontents ont découvert que le corps présenté comme celui d'Ibrahim Pacha était en réalité celui d'une autre personne. Ils ont propagé la rumeur que le corps du grand vizir était supposé, craignant que l'indulgence du sultan envers ses favoris n'apaisât la colère des soldats. Les trois principaux ministres de l'Empire ottoman ont péri. Le grand vizir s'est empoisonné en prison, tandis que le mufti et le Finfulch Molla, exilés par le sultan, furent jetés à la mer. Les mécontents ont décidé de destituer le sultan Ahmed pour placer à sa place le sultan Mahmoud, neveu du sultan Mustapha, déposé en 1703. Mahmoud a été proclamé empereur le 1er octobre. Ahmed, informé de cette nouvelle, a fait sortir Mahmoud de sa garde et s'est retiré dans les appartements destinés aux sultans déposés. Après la proclamation de Mahmoud, le Seliktar a été confirmé dans sa charge en attendant le retour d'Abdulab Kuperly, pacha d'Égypte. Les Jannissaires et autres troupes ont augmenté leurs effectifs, espérant recevoir des paiements à l'avènement du nouveau sultan. Le Kul-Kiaya a été tué pour s'être opposé à cette augmentation des dépenses impériales.
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5812
p. 2953-2956
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 9. Octobre 1730. au sujet de la derniere Révolution arrivée dans cette Ville.
Début :
Je ne veux pas, Monsieur, vous laisser ignorer un Evenement aussi singulier qu'interessant, [...]
Mots clefs :
Hommes, Rebelles, Janissaires, Révolution
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 9. Octobre 1730. au sujet de la derniere Révolution arrivée dans cette Ville.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Conftantinople le 9. Octobre 1730 , au sujet
de la derniere Révolution arrivée dans
cette Ville.
JE
E ne veux pas , Monfieur , vous laiffer ignorer
un Evenement auffi fingulier qu'intereffant ,
dont nous venons d'être les témoins. Sur la fin
du mois dernier , les Janniffaires fe révolterent.
fous un Chef nommé Patrona , c'eft un homme
qui avoit dépensé tout fon petit argent à ſe ménager
un équipage pour fuivre l'Armée Turque ,
deftinée contre la Perfe ; voyant qu'elle ne partoit
point, il employa la derniere Piaftre qui lui reftoit
11. Vela
2954 MERCURE DE FRANCE
à l'achat d'un Mouton , dont il régala fes Camarades
, au nombre de 12. Janniffaires . Après le
Repas il leur dit : Vous venez de manger tout ce
qui me reftoit au monde , demain je n'aurai
pas de quoi payer une taffe de Caffé ; fi vous êtes
gens
à
vous procurer une meilleure fortune, il n'y
a qu'à m'aider à fecouer le joug. Le complot fut
à peine projetté , qu'il fut exccuté ; ces douze
convives fe répandirent dans la Ville , en criant
Liberté , & ils exciterent une fédition qui a eu
des fuites très-confiderables , comme vous allez
le voir.
Si le G. S. eût eu la prudence d'étouffer d'abord
cette émeute , ce qui étoit facile , il ne feroit pas
réduit à l'état où il eft aujourd'hui ; mais ayant
méprifé tous les avis qui lui furent donnez , il fe
contenta de quitter fon Serrail d'Afie , pour venir
occuper celui d'Europe , il s'y enferma avec quelques
Pieces de Canon & des munitions de bouche
& de guerre pour trois mois. A peine y fut-il
entré qu'il arbora le Pavillon Imperial, & promit
20. Piaftres à tous ceux qui viendroient ſe ranger
deffous.On étoit fi mécontent du Gouvernement,
que perfonne ne bougea.
Le lendemain les Janniffaires qui n'étoient pas
plus de 12. le jour précedent , furent renforcez
par les Rebelles qui quittoient l'Armée, & par la
populace qu'ils contraignirent d'entrer dans leur
parti , par des promeffes ou par de mauvais traitemens.
Quand les Mutins fe virent les maîtres , ils allerent
en tumulte à la porte du Serrail, demander
qu'on leur livrât le G. V. le Capitan Pacha & le
Kiaya; le Sultan eut la foibleffe de les faire étrangler
tous trois , & il envoya leurs corps aux Rebelles
, qui vinrent lui faire audacieuſement des
reproches de ce qu'il ne les leur avoit pas livrez
II. Vol. en
DECEMBRE. 1730. 2955
en vie, ajoutant que c'étoit à eux de les faire mourir.
Ils pendirent ces cadavres par les pieds , leur
firent mille indignitez & les abandonnerent enfin
aux chiens.
Le Mufti fut arrêté quelque temps après , on
lui donna la qualité de Pacha , pour effacer en
quelque maniere le caractere dont il étoit revêtu ,
on le décapita enfuite. Il n'eſt pas permis de faire
mourir un Mufti qu'il n'ait été auparavant dégradé.
Le nombre des Grands que les Rebelles ont
profcrit eft de 90. la plupart ont pris la fuite ;
mais on en arrête tous les jours quelqu'un , auquel
les Rebelles font fouffrir les plus cruels fupplices.
De la maniere dont ils s'y prennent , il n'y
a pas d'apparence qu'aucun puiffe échapper à leur
fureur. Enfin le 30. Septembre ils dépoferent le
G. S. qu'ils mirent en prifon , & ils éleverent fur
le Trône Sultan Mahmout , Prince de grande efperance,
& fous lequel on fe flate que les chofes
prendront une meilleure face .
Il faut avouer que le Sultan dépofé s'eſt attiré
lui-même fa difgrace par le peu de part qu'il prenoit
au Gouvernement , duquel il fe repofoit entierement
fur le G. V. celui- cy en faifoit autant
à l'égard de fon Kiaya , qui étoit l'homme du
monde le plus méchant. Les autres Seigneurs
fuivoient , à l'envi , l'exemple du Maître.
&
On dit que Patrona , Chef de la Revolte , veut
obliger le nouvel Empereur à demeurer à Andrinople
, & de faire la guerre aux Chrétiens ,
qu'en attendant il lui fait dire de demeurer tranquille
& de le laiffer faire. Enfin cet homme qui
n'avoit pas le fol il y a 8. jours , eft aujoud'hui
le Maître à Conftantinople ; il eſt monté fur un
Cheval de mille Piaftres,& jette les Sequins à pleiges
mains. Il fit hier un Capitan Pacha, & il vient
II. Vol.
2956 MERCURE DE FRANCE
aujourd'hui de lui faire couper la tête : il a faiɛ
auffi un G. V. mais il le menace de le faire
mourir , s'il ne lui trouve dans trois jours un
certain homme qu'il lui demande. On dit qu'on.
a trouvé trente-cinq millions dans les Coffres du
Capitan Pacha.
Conftantinople le 9. Octobre 1730 , au sujet
de la derniere Révolution arrivée dans
cette Ville.
JE
E ne veux pas , Monfieur , vous laiffer ignorer
un Evenement auffi fingulier qu'intereffant ,
dont nous venons d'être les témoins. Sur la fin
du mois dernier , les Janniffaires fe révolterent.
fous un Chef nommé Patrona , c'eft un homme
qui avoit dépensé tout fon petit argent à ſe ménager
un équipage pour fuivre l'Armée Turque ,
deftinée contre la Perfe ; voyant qu'elle ne partoit
point, il employa la derniere Piaftre qui lui reftoit
11. Vela
2954 MERCURE DE FRANCE
à l'achat d'un Mouton , dont il régala fes Camarades
, au nombre de 12. Janniffaires . Après le
Repas il leur dit : Vous venez de manger tout ce
qui me reftoit au monde , demain je n'aurai
pas de quoi payer une taffe de Caffé ; fi vous êtes
gens
à
vous procurer une meilleure fortune, il n'y
a qu'à m'aider à fecouer le joug. Le complot fut
à peine projetté , qu'il fut exccuté ; ces douze
convives fe répandirent dans la Ville , en criant
Liberté , & ils exciterent une fédition qui a eu
des fuites très-confiderables , comme vous allez
le voir.
Si le G. S. eût eu la prudence d'étouffer d'abord
cette émeute , ce qui étoit facile , il ne feroit pas
réduit à l'état où il eft aujourd'hui ; mais ayant
méprifé tous les avis qui lui furent donnez , il fe
contenta de quitter fon Serrail d'Afie , pour venir
occuper celui d'Europe , il s'y enferma avec quelques
Pieces de Canon & des munitions de bouche
& de guerre pour trois mois. A peine y fut-il
entré qu'il arbora le Pavillon Imperial, & promit
20. Piaftres à tous ceux qui viendroient ſe ranger
deffous.On étoit fi mécontent du Gouvernement,
que perfonne ne bougea.
Le lendemain les Janniffaires qui n'étoient pas
plus de 12. le jour précedent , furent renforcez
par les Rebelles qui quittoient l'Armée, & par la
populace qu'ils contraignirent d'entrer dans leur
parti , par des promeffes ou par de mauvais traitemens.
Quand les Mutins fe virent les maîtres , ils allerent
en tumulte à la porte du Serrail, demander
qu'on leur livrât le G. V. le Capitan Pacha & le
Kiaya; le Sultan eut la foibleffe de les faire étrangler
tous trois , & il envoya leurs corps aux Rebelles
, qui vinrent lui faire audacieuſement des
reproches de ce qu'il ne les leur avoit pas livrez
II. Vol. en
DECEMBRE. 1730. 2955
en vie, ajoutant que c'étoit à eux de les faire mourir.
Ils pendirent ces cadavres par les pieds , leur
firent mille indignitez & les abandonnerent enfin
aux chiens.
Le Mufti fut arrêté quelque temps après , on
lui donna la qualité de Pacha , pour effacer en
quelque maniere le caractere dont il étoit revêtu ,
on le décapita enfuite. Il n'eſt pas permis de faire
mourir un Mufti qu'il n'ait été auparavant dégradé.
Le nombre des Grands que les Rebelles ont
profcrit eft de 90. la plupart ont pris la fuite ;
mais on en arrête tous les jours quelqu'un , auquel
les Rebelles font fouffrir les plus cruels fupplices.
De la maniere dont ils s'y prennent , il n'y
a pas d'apparence qu'aucun puiffe échapper à leur
fureur. Enfin le 30. Septembre ils dépoferent le
G. S. qu'ils mirent en prifon , & ils éleverent fur
le Trône Sultan Mahmout , Prince de grande efperance,
& fous lequel on fe flate que les chofes
prendront une meilleure face .
Il faut avouer que le Sultan dépofé s'eſt attiré
lui-même fa difgrace par le peu de part qu'il prenoit
au Gouvernement , duquel il fe repofoit entierement
fur le G. V. celui- cy en faifoit autant
à l'égard de fon Kiaya , qui étoit l'homme du
monde le plus méchant. Les autres Seigneurs
fuivoient , à l'envi , l'exemple du Maître.
&
On dit que Patrona , Chef de la Revolte , veut
obliger le nouvel Empereur à demeurer à Andrinople
, & de faire la guerre aux Chrétiens ,
qu'en attendant il lui fait dire de demeurer tranquille
& de le laiffer faire. Enfin cet homme qui
n'avoit pas le fol il y a 8. jours , eft aujoud'hui
le Maître à Conftantinople ; il eſt monté fur un
Cheval de mille Piaftres,& jette les Sequins à pleiges
mains. Il fit hier un Capitan Pacha, & il vient
II. Vol.
2956 MERCURE DE FRANCE
aujourd'hui de lui faire couper la tête : il a faiɛ
auffi un G. V. mais il le menace de le faire
mourir , s'il ne lui trouve dans trois jours un
certain homme qu'il lui demande. On dit qu'on.
a trouvé trente-cinq millions dans les Coffres du
Capitan Pacha.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 9. Octobre 1730. au sujet de la derniere Révolution arrivée dans cette Ville.
Le 9 octobre 1730, une révolte éclata à Constantinople, menée par un homme nommé Patrona. Après avoir partagé un repas avec douze camarades, Patrona les incita à se révolter contre le gouvernement en criant 'Liberté'. Cette sédition se propagea rapidement dans la ville. Le Grand Vizir (G. V.) tenta de réprimer la révolte mais se réfugia dans le Serrail d'Europe avec des munitions, offrant 20 piastres à ses soutiens sans succès. Le lendemain, les rebelles, renforcés par des déserteurs et la populace, demandèrent la livraison du G. V., du Capitan Pacha et du Kiaya. Le Sultan ordonna leur exécution, mais les rebelles pendirent leurs cadavres et les abandonnèrent aux chiens. Le Mufti fut arrêté, dégradé et décapité. Les rebelles poursuivirent et exécutèrent cruellement de nombreux Grands. Le 30 septembre, ils déposèrent le Sultan, jugé indifférent au gouvernement, et le remplacèrent par Sultan Mahmout. Patrona, chef de la révolte, chercha à influencer le nouvel Empereur, accumulant richesse et pouvoir. Il nomma et exécuta des hauts fonctionnaires à sa guise. On découvrit également trente-cinq millions dans les coffres du Capitan Pacha.
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5813
p. 2956-2957
« Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...] »
Début :
Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...]
Mots clefs :
Constantinople, Guerre, Sultan
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texteReconnaissance textuelle : « Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...] »
Des Lettres venues par l'Italie , écrites de Conftantinople
le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur
dans la date , portent que ce jour - là la Milice
étoit encore fous les armes , qu'elle avoit déclaré
qu'elle ne les poferoit pas avant qu'on eût
execute les promeffes qu'on lui avoit faites ; que
les] Troupes demandoient la guerre , que fur la
propofition qui leur avoit été faite de la faire aur
Perfans , les Janiffaires l'avoient rejettée , fous
prétexte qu'ils ne vouloient pas être féparez, qu'ils
le plaignoient fortement des injuftices faites par,
le dernier Gouvernement à Gianon - Coggia , qui
a été banni de la Cour , & dont ils demandent le
retour avec beaucoup d'inftances. Ces Lettres
ajoûtent qu'on a trouvé des Tréfors immenfes
dans les coffres du dernier Sultan , du G. V. du
Kiaya & du Kaimakan .
Les dernieres Lettres de Conftantinople, venues
auffi par l'Italie , portent qu'on avoit reçû avis
que l'Aga des Janniffaires s'étoit fauvé du côté
de la Morée , que le Mufti avoit été arrêté &
étranglé à deux journées de Conftantinople; que
les fils du Sultan dépofé , qui étoient reftez dans
le Camp de Scutari , avoient été arrêtez & renfermez
aux Sept Tours ; qu'on efperoit que la
guerre avec les Perfans feroit inceffamment terminée
par un Traité dont on avoit déja reçû les
Préliminaires ; que le nouveau Sultan gouvernoit
Les Sujets avec beaucoup de douceur , qu'il leur
faifoit rendre la juftice avec la plus grande exac-
II. Vol.
titude
DECEMBRE 1730. 2957
titude , & qu'il avoit menacé de faire punir de
mort les Juges qui prévariqueroient dans les fon-
Etions de leurs Charges.
le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur
dans la date , portent que ce jour - là la Milice
étoit encore fous les armes , qu'elle avoit déclaré
qu'elle ne les poferoit pas avant qu'on eût
execute les promeffes qu'on lui avoit faites ; que
les] Troupes demandoient la guerre , que fur la
propofition qui leur avoit été faite de la faire aur
Perfans , les Janiffaires l'avoient rejettée , fous
prétexte qu'ils ne vouloient pas être féparez, qu'ils
le plaignoient fortement des injuftices faites par,
le dernier Gouvernement à Gianon - Coggia , qui
a été banni de la Cour , & dont ils demandent le
retour avec beaucoup d'inftances. Ces Lettres
ajoûtent qu'on a trouvé des Tréfors immenfes
dans les coffres du dernier Sultan , du G. V. du
Kiaya & du Kaimakan .
Les dernieres Lettres de Conftantinople, venues
auffi par l'Italie , portent qu'on avoit reçû avis
que l'Aga des Janniffaires s'étoit fauvé du côté
de la Morée , que le Mufti avoit été arrêté &
étranglé à deux journées de Conftantinople; que
les fils du Sultan dépofé , qui étoient reftez dans
le Camp de Scutari , avoient été arrêtez & renfermez
aux Sept Tours ; qu'on efperoit que la
guerre avec les Perfans feroit inceffamment terminée
par un Traité dont on avoit déja reçû les
Préliminaires ; que le nouveau Sultan gouvernoit
Les Sujets avec beaucoup de douceur , qu'il leur
faifoit rendre la juftice avec la plus grande exac-
II. Vol.
titude
DECEMBRE 1730. 2957
titude , & qu'il avoit menacé de faire punir de
mort les Juges qui prévariqueroient dans les fon-
Etions de leurs Charges.
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Résumé : « Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...] »
En novembre 1730, à Constantinople, des tensions politiques et militaires étaient palpables. Le 13 novembre, la milice refusait de déposer les armes tant que les promesses faites ne seraient pas tenues. Les troupes réclamaient la guerre, mais les janissaires avaient rejeté une campagne contre les Persans, préférant rester unis. Ils dénonçaient les injustices commises par le dernier gouvernement envers Gianon-Coggia, banni de la cour, et exigeaient son retour. Des trésors considérables ont été trouvés dans les coffres du dernier sultan, du grand vizir, du kiaya et du kaimakan. Par la suite, l'aga des janissaires s'était enfui en Morée, tandis que le mufti avait été arrêté et exécuté. Les fils du sultan déchu, restés dans le camp de Scutari, furent arrêtés et emprisonnés aux Sept Tours. Un traité de paix avec les Persans était en négociation. Le nouveau sultan gouvernait avec douceur, rendait la justice avec exactitude et menaçait de punir les juges corrompus.
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5814
p. 2957-2958
RUSSIE.
Début :
Le bruit court à Moscou qu'il y a un nouveau Traité d'Alliance conclu entre la Czarine, [...]
Mots clefs :
Moscou, Vaisseaux, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E bruit court à Mofcou qu'il y a un nouveau
Traité d'Alliance conclu entre la Czarine ,
l'Empereur & le Roi de Pruffe , par lequel ils
doivent fe donner des fecours mutuels en cas de
guerre.
S. M. Cz. a envoyé des ordres dans diverſes
Provinces pour faire des levées de Soldats , cette
Princeffe ayant réfolu d'augmenter les Troupes
ſes
de 60000. hommes.
Les Négociations qui fe font entre les Princes
du Nord , donnent beaucoup d'inquiétude, & l'on
craint qu'il n'y ait quelque Alliance entre ces
Puiffances , pour réduire cet Etat à fes anciennes
limites.
Le Duc de Liria , Ambaffadeur d'Eſpagne en
Ruffie , partit de Mofcou le 30. Novembre pour
retourner à la Cour du Roi Catholique. La Cza
rine a ordonné qu'on le défrayât jufqu'aux Frontieres
de la Pologne , ayant dirigé la route par
Warfovie. S. M. Cz. a affuré S. Ex. avant fon
départ , dans les termes les plus obligeans , qu'elle
étoit fort fatisfaite de fa conduite, & qu'elle ne
négligeroit rien pour conferver l'amitié du Roi
fon Maître , & qu'elle favoriferoit en toute occafion
le Commerce établi entre l'Eſpagne & la
Ruffie.
On a appris par Mofcou , que le Pacha de Babylone
qui avoit été obligé de ſe retirer vers
Bagdat avec les Troupes du G. S. qu'il commande
, avoit trouvé le moyen de figner un Traité
d'accommodement avec le Roi de Perfe , en pro-
11. Vol. mettant
2958 MERCURE DE FRANCE
mettant au nom de S. H. de fournir à ce Prince
les fecours néceffaires pour l'aider à reprendre
toutes les Places conquifes en Perfe par le feu
Czar Pierre I. & qu'il avoit dépêché un Exprès
à Conftantinople pour faire ratifier ce Traité
le nouveau Sultan.
par
Des Lettres de l'Ukraine , portent que les Turcs
font divers mouvemens de ce côté là , & que les
Tartares voifins ont reçû ordre de ſe joindre à
eux dans un mois ou fix femaines .
On mande auffi de Conftantinople, qu'on y chargeoit
un grand nombre de Barques de Munitions
de guerre , qu'elles devoient traverſer la Mer
Noire , & que le bruit couroit que tous les préparatifs
qu'on faifoit , étoient contre les Mofcovites.
Il a été ftipulé par le Traité de Commerce ,
que le Duc de Liria , Ambaſſadeur Extaordinaire
de S. M. Cath. a conclu à Mofcou , que tous les
Vaiffeaux Mofcovites , foit de guerre , foit Mar
chands , feront reçus dans les Ports d'Eſpagne
comme les Vaiffeaux des autres Nations ; que
ceux qui apporteront des Goudrons , des bois
propres à la conftruction des Vaiffeaux & d'autres
Marchandiſes convenables à la Marine , ne payeront
qu'un droit très-modique , & que les Vaiffeaux
Eſpagnols qui iront dans les Ports de Mofcovie
, jouiront de la même liberté & des mê→
mes franchiſes .
E bruit court à Mofcou qu'il y a un nouveau
Traité d'Alliance conclu entre la Czarine ,
l'Empereur & le Roi de Pruffe , par lequel ils
doivent fe donner des fecours mutuels en cas de
guerre.
S. M. Cz. a envoyé des ordres dans diverſes
Provinces pour faire des levées de Soldats , cette
Princeffe ayant réfolu d'augmenter les Troupes
ſes
de 60000. hommes.
Les Négociations qui fe font entre les Princes
du Nord , donnent beaucoup d'inquiétude, & l'on
craint qu'il n'y ait quelque Alliance entre ces
Puiffances , pour réduire cet Etat à fes anciennes
limites.
Le Duc de Liria , Ambaffadeur d'Eſpagne en
Ruffie , partit de Mofcou le 30. Novembre pour
retourner à la Cour du Roi Catholique. La Cza
rine a ordonné qu'on le défrayât jufqu'aux Frontieres
de la Pologne , ayant dirigé la route par
Warfovie. S. M. Cz. a affuré S. Ex. avant fon
départ , dans les termes les plus obligeans , qu'elle
étoit fort fatisfaite de fa conduite, & qu'elle ne
négligeroit rien pour conferver l'amitié du Roi
fon Maître , & qu'elle favoriferoit en toute occafion
le Commerce établi entre l'Eſpagne & la
Ruffie.
On a appris par Mofcou , que le Pacha de Babylone
qui avoit été obligé de ſe retirer vers
Bagdat avec les Troupes du G. S. qu'il commande
, avoit trouvé le moyen de figner un Traité
d'accommodement avec le Roi de Perfe , en pro-
11. Vol. mettant
2958 MERCURE DE FRANCE
mettant au nom de S. H. de fournir à ce Prince
les fecours néceffaires pour l'aider à reprendre
toutes les Places conquifes en Perfe par le feu
Czar Pierre I. & qu'il avoit dépêché un Exprès
à Conftantinople pour faire ratifier ce Traité
le nouveau Sultan.
par
Des Lettres de l'Ukraine , portent que les Turcs
font divers mouvemens de ce côté là , & que les
Tartares voifins ont reçû ordre de ſe joindre à
eux dans un mois ou fix femaines .
On mande auffi de Conftantinople, qu'on y chargeoit
un grand nombre de Barques de Munitions
de guerre , qu'elles devoient traverſer la Mer
Noire , & que le bruit couroit que tous les préparatifs
qu'on faifoit , étoient contre les Mofcovites.
Il a été ftipulé par le Traité de Commerce ,
que le Duc de Liria , Ambaſſadeur Extaordinaire
de S. M. Cath. a conclu à Mofcou , que tous les
Vaiffeaux Mofcovites , foit de guerre , foit Mar
chands , feront reçus dans les Ports d'Eſpagne
comme les Vaiffeaux des autres Nations ; que
ceux qui apporteront des Goudrons , des bois
propres à la conftruction des Vaiffeaux & d'autres
Marchandiſes convenables à la Marine , ne payeront
qu'un droit très-modique , & que les Vaiffeaux
Eſpagnols qui iront dans les Ports de Mofcovie
, jouiront de la même liberté & des mê→
mes franchiſes .
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Résumé : RUSSIE.
En Russie, des rumeurs évoquent un nouveau traité d'alliance entre la tsarine, l'empereur et le roi de Prusse, prévoyant des secours mutuels en cas de guerre. La tsarine a ordonné des levées de soldats pour augmenter ses troupes de 60 000 hommes. Les négociations entre les princes du Nord suscitent des inquiétudes, avec des craintes d'une alliance visant à réduire la Russie à ses anciennes limites. Le duc de Liria, ambassadeur d'Espagne en Russie, a quitté Moscou le 30 novembre pour retourner en Espagne. La tsarine l'a assuré de sa satisfaction quant à sa conduite et a promis de favoriser le commerce entre l'Espagne et la Russie. Par ailleurs, le pacha de Babylone a signé un traité avec le roi de Perse pour reprendre les places conquises par le tsar Pierre Ier. Des mouvements turcs et tartares sont signalés en Ukraine. À Constantinople, des barques sont chargées de munitions de guerre destinées à traverser la mer Noire, probablement contre les Moscovites. Un traité de commerce conclu par le duc de Liria stipule que les vaisseaux russes, qu'ils soient de guerre ou marchands, seront reçus dans les ports espagnols avec des droits modiques, et réciproquement pour les vaisseaux espagnols en Russie.
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5815
p. 2959
SUEDE.
Début :
On assure qu'il a été signé à Stokolm, au commencement de ce mois, un Traité d'Alliance [...]
Mots clefs :
Traité d'alliance, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
N affure qu'il a été figné à Stokolm , an
commencement de ce mois, un Traité d'Alliance
deffenfive entre le Roi , le Roi de la Grande
Bretagne & le Duc de Brunfwik- Wolfembutel,
pour la confervation & défenſe mutuelle de leurs
Etats d'Allemagne. Suivant ce Traité , ces trois
Puiffances doivent raffembler dans la Baff: Saxe
un Corps de Troupes de 35000. hommes , & on
invitera les autres Puiffances voifines d'acceder à
ce Traité pour la fureté de leurs Etats.
Il a été réſolu dans le Conſeil du Roi , de faire
drefler une Lifte de tous les jeunes gens depuis 20
juſqu'à 36. ans , dans toutes les Vilies , Bourgs
& Villages de fes Etats d'Allemagne , on établira
pour cet effet des Magazins d'Armes dans les Arfenaux
de Caffel , de Ziegenheim & de Marpurg.
Le Miniftre du Roi à Warfovie , a écrit que le
Roi de Pologne avoit accordé aux Proteftans de
fon Royaume le libre exercice de leur Religion
& qu'ils efperoient que dans la prochaine Diete
generale on les remettroit en poff ffion des biens
qu'on leur a enlevez depuis 12. ou 15. ans.
N affure qu'il a été figné à Stokolm , an
commencement de ce mois, un Traité d'Alliance
deffenfive entre le Roi , le Roi de la Grande
Bretagne & le Duc de Brunfwik- Wolfembutel,
pour la confervation & défenſe mutuelle de leurs
Etats d'Allemagne. Suivant ce Traité , ces trois
Puiffances doivent raffembler dans la Baff: Saxe
un Corps de Troupes de 35000. hommes , & on
invitera les autres Puiffances voifines d'acceder à
ce Traité pour la fureté de leurs Etats.
Il a été réſolu dans le Conſeil du Roi , de faire
drefler une Lifte de tous les jeunes gens depuis 20
juſqu'à 36. ans , dans toutes les Vilies , Bourgs
& Villages de fes Etats d'Allemagne , on établira
pour cet effet des Magazins d'Armes dans les Arfenaux
de Caffel , de Ziegenheim & de Marpurg.
Le Miniftre du Roi à Warfovie , a écrit que le
Roi de Pologne avoit accordé aux Proteftans de
fon Royaume le libre exercice de leur Religion
& qu'ils efperoient que dans la prochaine Diete
generale on les remettroit en poff ffion des biens
qu'on leur a enlevez depuis 12. ou 15. ans.
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Résumé : SUEDE.
En Suède, un traité d'alliance défensive a été signé à Stockholm entre le roi de Suède, le roi de Grande-Bretagne et le duc de Brunswick-Wolfenbüttel. Ce traité vise à la conservation et à la défense mutuelle de leurs États en Allemagne. Les trois puissances doivent rassembler un corps de troupes de 35 000 hommes en Basse-Saxe et invitent les autres puissances voisines à adhérer à ce traité pour assurer la sûreté de leurs États. Par ailleurs, il a été décidé de dresser une liste de tous les jeunes gens âgés de 20 à 36 ans dans toutes les villes, bourgs et villages des États d'Allemagne. Des magasins d'armes seront établis dans les arsenaux de Cassel, de Ziegenheim et de Marpurg. En Pologne, le roi a accordé aux protestants le libre exercice de leur religion. Ils espèrent que lors de la prochaine diète générale, les biens qui leur ont été enlevés au cours des 12 à 15 dernières années leur seront restitués.
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5816
p. 2958
POLOGNE.
Début :
Le Roy ayant résolu d'augmenter jusqu'à 400000. hommes les Troupes de l'Electorat [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
LE-Roy ayant réfolu d'augmenter jufqu'à
de Saxe , S. M. a envoyé fes ordres à Dreſde
pour y faire délivrer aux Officiers les fonds neceffaires
pour cette augmentation , & pour faire
remplir les Magazins de toutes fortes de munitions.
LE-Roy ayant réfolu d'augmenter jufqu'à
de Saxe , S. M. a envoyé fes ordres à Dreſde
pour y faire délivrer aux Officiers les fonds neceffaires
pour cette augmentation , & pour faire
remplir les Magazins de toutes fortes de munitions.
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5817
p. 2959-2960
DANNEMARCK.
Début :
On a découvert aux environs de Konigsberg en Norwege une Mine d'argent dont les [...]
Mots clefs :
Roi, Officiers, Corps du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DANNEMARCK.
DANNEM ARC K.
Na découvert aux environs de Konigsberg
en Norwege une Mine d'argent dont les
produits font trés-confiderables.
Le Corps du teu Roy fut porté le 13. du mois
dernier d'Odenfée à la Fregate qui devoit le tranfporter
en Zelande , au bruit de plufieurs décharges
d'artillerie. Les Seigneurs de la Cour & les
Officiers de ce Prince s'embarquerent fur divers
Batinens , & pafferent le Belt en trés- peu de
! 11. Vol. 1 tems
2960 MERCURE DE FRANCE
temps. Auffi - tôt que la Fregate eut jetté l'ancre ,
le Corps du Roy fut reçu à terre par un étachement
de Cavalerie , qui le conduifit à Rofchild
, où eſt la Sepulture des Rois de Dannemarck.
La marche du Convoi commença dans la
Ville par un Eſcadron des Gardes à cheval , qui
étoit fuivi de 34. Caroffes de deuil , où étoient les
Chevaliers de l'Ordre de l'Elephant , & de l'Ordre
de Dannebrock , des Pages du Roy , des
Trompettes & des Hautbois de S. M. de plufieurs
Officiers portant des Drapeaux & des Etendarts
aux Armes des differentes Provinces de ce Royau
me , & de trois Lieutenans Colonels qui portoient
le grand Etendart Royal. Le Corps du feu Roy
étoit dans un Carofle à huit chevaux , précedé
du Grand - Maréchal de la Cour , du Grand-
Chambellan , & du Grand- Ecuyer. Le Roy qui
s'y etoit rendu pour recevoir le Corps à la Porte
-de l'Eglife , revint à Copenhague aprés la ceremonie.
Na découvert aux environs de Konigsberg
en Norwege une Mine d'argent dont les
produits font trés-confiderables.
Le Corps du teu Roy fut porté le 13. du mois
dernier d'Odenfée à la Fregate qui devoit le tranfporter
en Zelande , au bruit de plufieurs décharges
d'artillerie. Les Seigneurs de la Cour & les
Officiers de ce Prince s'embarquerent fur divers
Batinens , & pafferent le Belt en trés- peu de
! 11. Vol. 1 tems
2960 MERCURE DE FRANCE
temps. Auffi - tôt que la Fregate eut jetté l'ancre ,
le Corps du Roy fut reçu à terre par un étachement
de Cavalerie , qui le conduifit à Rofchild
, où eſt la Sepulture des Rois de Dannemarck.
La marche du Convoi commença dans la
Ville par un Eſcadron des Gardes à cheval , qui
étoit fuivi de 34. Caroffes de deuil , où étoient les
Chevaliers de l'Ordre de l'Elephant , & de l'Ordre
de Dannebrock , des Pages du Roy , des
Trompettes & des Hautbois de S. M. de plufieurs
Officiers portant des Drapeaux & des Etendarts
aux Armes des differentes Provinces de ce Royau
me , & de trois Lieutenans Colonels qui portoient
le grand Etendart Royal. Le Corps du feu Roy
étoit dans un Carofle à huit chevaux , précedé
du Grand - Maréchal de la Cour , du Grand-
Chambellan , & du Grand- Ecuyer. Le Roy qui
s'y etoit rendu pour recevoir le Corps à la Porte
-de l'Eglife , revint à Copenhague aprés la ceremonie.
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Résumé : DANNEMARCK.
Le texte relate deux événements historiques distincts. Premièrement, il mentionne la découverte d'une mine d'argent près de Konigsberg en Norvège, dont les produits sont très considérables. Deuxièmement, il décrit le transfert du corps du roi de Dannemarck. Le 13 du mois précédent, le corps du roi a été transporté d'Odenfée à une frégate, qui devait le transporter en Zelande, au son de plusieurs décharges d'artillerie. Les seigneurs de la cour et les officiers du prince se sont embarqués sur divers bateaux et ont traversé le Belt en peu de temps. Une fois la frégate ancrée, le corps du roi a été accueilli à terre par un détachement de cavalerie, qui l'a conduit à Roschild, où se trouve la sépulture des rois de Dannemarck. La procession funéraire a commencé dans la ville avec un escadron des Gardes à cheval, suivi de 34 carrosses de deuil. Ces carrosses transportaient les Chevaliers de l'Ordre de l'Éléphant et de l'Ordre de Dannebrock, des pages du roi, des trompettes et des hautbois de Sa Majesté, ainsi que plusieurs officiers portant des drapeaux et des étendards aux armes des différentes provinces du royaume. Trois lieutenants-colonels portaient le grand étendard royal. Le corps du défunt roi était placé dans un carrosse à huit chevaux, précédé du Grand-Maréchal de la Cour, du Grand-Chambellan et du Grand-Écuyer. Le roi, qui s'était rendu à la porte de l'église pour recevoir le corps, est retourné à Copenhague après la cérémonie.
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5818
p. 2960-2961
ALLEMAGNE.
Début :
On écrit de Vienne qu'on a envoyé au Roy d'Angleterre, comme Electeur d'Hanover, [...]
Mots clefs :
Duché de Mecklembourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N écrit de Vienne qu'on a envoyé au Roy
O agile de V, cone a au
& au Duc de Brunſwick- Woltembutel , un Refcript
Imperial , concernant les affaires du Duché
de Meckelbourg , par lequel ces Princes font priés
de repréfenter au Duc Charles Leopold les fuites fâcheufes
de fa longue defobéiflance aux Refcripts de
P'Empereur,&de faire leurs efforts pour l'engager à
fe foumettre fans aucune reſtriction , d'empêcher
que les peuples du Duché de Meckelbourg ne
foient ruinez par les véxations des troupes d'execution
, & a'employer toutes fortes de moyens
pour mettre à l'abri de toutes violences le Duc
Chrétien Louis , fa Famille , & la Nobleffe qui
luy eft affectionnée,
II. Vole Оп
DECEMBRE . 1730. 2961
On a reçu avis de Roftock , depuis la publica
tion de ce Decret , que la Nobleffe & les Etats du
Duché de Mekelbourg devoient s'aſſembler au
commencement de l'année prochaine , pour déliberer
fur les affaires du Duché , conformément
aux intentions de S. M. Imp .
On a auffi reçu avis de Conftantinople , que le
G. S. avoit refolu de renforcer de 40000. homines
les garnifons qui font fur les frontieres de
Tranfilvanie , & de faire marcher au Printems
prochain , vers les mêmes Frontieres , une armée
de 150. mille hommes .
On a appris d'Hanover que S. M. Brit. auroit
dans cet Electorat au Printems prochain 34000.
hommes , non compris la Milice & les Compagnies
d'Invalides qui font diftribuées dans divers
endroits.
On écrit de Dantzick que le Roi de Pologne
avoit refufé le paffage par ce Royaume aux
30000. Mofcovites que la Czarine a promis de
fournir à l'Empereur en cas de guerre.
N écrit de Vienne qu'on a envoyé au Roy
O agile de V, cone a au
& au Duc de Brunſwick- Woltembutel , un Refcript
Imperial , concernant les affaires du Duché
de Meckelbourg , par lequel ces Princes font priés
de repréfenter au Duc Charles Leopold les fuites fâcheufes
de fa longue defobéiflance aux Refcripts de
P'Empereur,&de faire leurs efforts pour l'engager à
fe foumettre fans aucune reſtriction , d'empêcher
que les peuples du Duché de Meckelbourg ne
foient ruinez par les véxations des troupes d'execution
, & a'employer toutes fortes de moyens
pour mettre à l'abri de toutes violences le Duc
Chrétien Louis , fa Famille , & la Nobleffe qui
luy eft affectionnée,
II. Vole Оп
DECEMBRE . 1730. 2961
On a reçu avis de Roftock , depuis la publica
tion de ce Decret , que la Nobleffe & les Etats du
Duché de Mekelbourg devoient s'aſſembler au
commencement de l'année prochaine , pour déliberer
fur les affaires du Duché , conformément
aux intentions de S. M. Imp .
On a auffi reçu avis de Conftantinople , que le
G. S. avoit refolu de renforcer de 40000. homines
les garnifons qui font fur les frontieres de
Tranfilvanie , & de faire marcher au Printems
prochain , vers les mêmes Frontieres , une armée
de 150. mille hommes .
On a appris d'Hanover que S. M. Brit. auroit
dans cet Electorat au Printems prochain 34000.
hommes , non compris la Milice & les Compagnies
d'Invalides qui font diftribuées dans divers
endroits.
On écrit de Dantzick que le Roi de Pologne
avoit refufé le paffage par ce Royaume aux
30000. Mofcovites que la Czarine a promis de
fournir à l'Empereur en cas de guerre.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En décembre 1730, l'empereur a adressé un réquisitoire aux rois de Vienne, de Prusse et au Duc de Brunswick-Wolfenbüttel concernant le Duché de Meckelbourg. Ce document demande à ces princes de convaincre le Duc Charles Léopold de se soumettre aux ordres impériaux pour éviter la ruine des peuples du duché par les vexations des troupes d'exécution. Il est également demandé de protéger le Duc Chrétien Louis, sa famille et la noblesse fidèle. La noblesse et les États du Duché de Meckelbourg doivent se réunir au début de l'année suivante pour délibérer sur les affaires du duché, conformément aux intentions de l'empereur. À Constantinople, le Grand Sultan a décidé de renforcer les garnisons aux frontières de Transylvanie de 40 000 hommes et de préparer une armée de 150 000 hommes pour le printemps. À Hanover, le roi de Grande-Bretagne disposera de 34 000 hommes au printemps, sans compter la milice et les compagnies d'invalides. Enfin, le roi de Pologne a refusé le passage à travers son royaume aux 30 000 Moscovites promis par la tsarine à l'empereur en cas de guerre.
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5819
p. 2961-2963
ITALIE.
Début :
Le 30. Novembre les Peres de la Compagnie de Jesus élurent pour leur General le Pere [...]
Mots clefs :
Cardinal, Abbé, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
E 30. Novembre les Peres de la Compagnie
de Jefus élurent pour leur General le Pere
François Res , du Royaume de Bohéme , âgé de
54. ans ; il exerçoit la Charge de Vicaire Genéral
de leur Ordre depuis la mort de leur préce
dent General.
On a affiché un ordre du Pape , figné par le
Cardinal Secretaire d'Etat , par lequel M. Cofcia,
Evêque Titulaire de Targa , eft cité à comparoître
dans un mois aux pieds de S. S à peine de
fufpenfion à divinis , de l'entrée de l'Eglife &
de faifie de tous fes revenus Ecclefiaftiques ; fi
dans le fecond mois il n'a pas encore company ,
}
19
II. Vol. Loij tous
2962 MERCURE DE FRANCE
tous les Benefices feront impetrables , & s'il continue
ae defobéir jufqu'au troifiéme mois , il encourera
l'excommunication majeure , & fera privé
de la Dignité Epifcopale.
Le Cardinal de Polignac eft allé à Orviette tenir
fur les Fonts de Baptême , au nom du Roi
T. Ch. le fils du Marquis Gualterio , & il doit
remettre à la Mere de l'enfant un portrait de
$. M. T. Ch . enrichi de diamans .
Le 11. Decembre , il y eut dans l'Antichambre
du Pape un Confiftoire fecret , dans lequel
S. S. propofa fix nouveaux Evêques , après quoi
elle nomma le Cardinal Aldobrandini à la Lega.
tion de Bologne ; le Cardinal Grimaldi à celle
de Ferrare & le Cardinal Maffei à celle de la
Romagne.
L'affaire du Grand - Prieur de Rome a été décidée
en faveur du Cardinal Cibo , mais le Pape
ayant voulu charger ce Prieuré d'une penfion
confiderable , affectée à l'entretien des Galeres
de Malte , ce Cardinal s'en eſt démis entre les
mains de S. S. qui l'a donné au Cardinal Rufpoli
, à la charge d'une penfion pour le Cardinal
Cibo.
Dans le Confiftoire du 11. de ce mois le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France
, propofa l'Evêché de Mirepoix pour le Pere
Boyer , Théatin , l'Abbaye de S. Etienne de Bal
fac Ordre de S. Benoît , Diocèle de Saintes
pour l'Abbé de la Vigerie ; il préconifa enfuite
' Abbé de Vaugirauld , pour l'Evêché d'Angers,
dont il étoit Grand- Vicaire.
Dans le Confiftoire du 18. le même Cardinal
propofa Evêché de Carcaffonne & l'Abbaye
de la Graffe dans le même Diocèfe , pour l'Abbé
de Bezons , & l'ivêché d'Angers pour l'Abbé
de Vaugirauld. Il préconifa l'Abbé de Forbin
,
11. Vol
d'Oppede
DECEMBRE. 1730. 2963
d'Oppede , Aumônier du Roi T. Ch. pour l'Abbaye
de S. Florent- lez - Saumur , Diocèſe d'An
gers.
On a appris que le peuple de Benevent s'étoit
attroupé , & que malgré les défenſes il avoit arraché
du Portail du Palais Archiepifcopal les
Armes du Cardinal Coſcia. On mande de Rome
que ce Cardinal n'offrant fa démiffion de l'Archevêché
de Benevent qu'à condition de retenir
deffus une penfion de 3000. écus , & de conferver
la collation des Benefices qui en dépendent,
fa démiffion n'a point été acceptée. Le bruit
court qu'en cas que ce Cardinal foit forcé de
fe demettre fans referve de cet Archevêché , il
fera donné au Cardinal Grimaldi.
On mande de Genes que M. Jerôme Venerofo
qui étoit allé dans l'Ile de Corfe en qualité
de Commiffaire de la République , eft revenu
à Genes avec les deux Galeres qui l'avoient
accompagné , & l'on croit que M. Camille Doria
ira en fa place dans cette Ifle , d'où l'on
mande que les Revoltés des Montagnes s'étoient
retirés dans leurs habitations , après avoir
remis leurs armes dans des Magazins publics
E 30. Novembre les Peres de la Compagnie
de Jefus élurent pour leur General le Pere
François Res , du Royaume de Bohéme , âgé de
54. ans ; il exerçoit la Charge de Vicaire Genéral
de leur Ordre depuis la mort de leur préce
dent General.
On a affiché un ordre du Pape , figné par le
Cardinal Secretaire d'Etat , par lequel M. Cofcia,
Evêque Titulaire de Targa , eft cité à comparoître
dans un mois aux pieds de S. S à peine de
fufpenfion à divinis , de l'entrée de l'Eglife &
de faifie de tous fes revenus Ecclefiaftiques ; fi
dans le fecond mois il n'a pas encore company ,
}
19
II. Vol. Loij tous
2962 MERCURE DE FRANCE
tous les Benefices feront impetrables , & s'il continue
ae defobéir jufqu'au troifiéme mois , il encourera
l'excommunication majeure , & fera privé
de la Dignité Epifcopale.
Le Cardinal de Polignac eft allé à Orviette tenir
fur les Fonts de Baptême , au nom du Roi
T. Ch. le fils du Marquis Gualterio , & il doit
remettre à la Mere de l'enfant un portrait de
$. M. T. Ch . enrichi de diamans .
Le 11. Decembre , il y eut dans l'Antichambre
du Pape un Confiftoire fecret , dans lequel
S. S. propofa fix nouveaux Evêques , après quoi
elle nomma le Cardinal Aldobrandini à la Lega.
tion de Bologne ; le Cardinal Grimaldi à celle
de Ferrare & le Cardinal Maffei à celle de la
Romagne.
L'affaire du Grand - Prieur de Rome a été décidée
en faveur du Cardinal Cibo , mais le Pape
ayant voulu charger ce Prieuré d'une penfion
confiderable , affectée à l'entretien des Galeres
de Malte , ce Cardinal s'en eſt démis entre les
mains de S. S. qui l'a donné au Cardinal Rufpoli
, à la charge d'une penfion pour le Cardinal
Cibo.
Dans le Confiftoire du 11. de ce mois le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France
, propofa l'Evêché de Mirepoix pour le Pere
Boyer , Théatin , l'Abbaye de S. Etienne de Bal
fac Ordre de S. Benoît , Diocèle de Saintes
pour l'Abbé de la Vigerie ; il préconifa enfuite
' Abbé de Vaugirauld , pour l'Evêché d'Angers,
dont il étoit Grand- Vicaire.
Dans le Confiftoire du 18. le même Cardinal
propofa Evêché de Carcaffonne & l'Abbaye
de la Graffe dans le même Diocèfe , pour l'Abbé
de Bezons , & l'ivêché d'Angers pour l'Abbé
de Vaugirauld. Il préconifa l'Abbé de Forbin
,
11. Vol
d'Oppede
DECEMBRE. 1730. 2963
d'Oppede , Aumônier du Roi T. Ch. pour l'Abbaye
de S. Florent- lez - Saumur , Diocèſe d'An
gers.
On a appris que le peuple de Benevent s'étoit
attroupé , & que malgré les défenſes il avoit arraché
du Portail du Palais Archiepifcopal les
Armes du Cardinal Coſcia. On mande de Rome
que ce Cardinal n'offrant fa démiffion de l'Archevêché
de Benevent qu'à condition de retenir
deffus une penfion de 3000. écus , & de conferver
la collation des Benefices qui en dépendent,
fa démiffion n'a point été acceptée. Le bruit
court qu'en cas que ce Cardinal foit forcé de
fe demettre fans referve de cet Archevêché , il
fera donné au Cardinal Grimaldi.
On mande de Genes que M. Jerôme Venerofo
qui étoit allé dans l'Ile de Corfe en qualité
de Commiffaire de la République , eft revenu
à Genes avec les deux Galeres qui l'avoient
accompagné , & l'on croit que M. Camille Doria
ira en fa place dans cette Ifle , d'où l'on
mande que les Revoltés des Montagnes s'étoient
retirés dans leurs habitations , après avoir
remis leurs armes dans des Magazins publics
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Résumé : ITALIE.
Le 30 novembre, les Jésuites élurent François Res comme nouveau Général. Le Cardinal Secrétaire d'État convoqua Mgr Coscia, Évêque de Targa, à comparaître devant le Pape sous peine de suspension et d'excommunication. Le Cardinal de Polignac baptisa le fils du Marquis Gualterio et remit un portrait du Roi à la mère. Le 11 décembre, un consistoire secret nomma les Cardinaux Aldobrandini, Grimaldi et Maffei aux légations de Bologne, Ferrare et Romagne. L'affaire du Grand-Prieuré de Rome fut résolue en faveur du Cardinal Cibo, qui transmit ensuite cette charge au Cardinal Ruspoli. Le Cardinal Ottoboni proposa plusieurs postes ecclésiastiques, dont l'évêché de Mirepoix, l'abbaye de Saint-Étienne de Baulge, et l'évêché d'Angers. Lors du consistoire du 18 décembre, il proposa l'évêché de Carcassonne, l'abbaye de la Grave, et l'abbaye de Saint-Florent-lez-Saumur. À Benevent, la population enleva les armes du Cardinal Coscia du portail du Palais Archépiscopal. On murmurait que l'archevêché pourrait être donné au Cardinal Grimaldi si Coscia démissionnait. À Gênes, Jérôme Veneroso revint de Corse avec deux galères, et Camille Doria était attendu pour le remplacer. Les rebelles des montagnes avaient remis leurs armes dans des magasins publics.
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5820
p. 2963
ESPAGNE.
Début :
Quelques Troupes du Roy sont occupées à revêtir le retranchement qui empêche la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
QTelques Troupes du Roy font occupées à
revêtir le retranchement qui empêche la
Contrebande qu'on pourroit faire de Gibraltar
dans l'intérieur du Pays , & à conſtruire un Fort
à la pointe Occidentale de la Baye de Gibraltar
QTelques Troupes du Roy font occupées à
revêtir le retranchement qui empêche la
Contrebande qu'on pourroit faire de Gibraltar
dans l'intérieur du Pays , & à conſtruire un Fort
à la pointe Occidentale de la Baye de Gibraltar
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5821
p. 2963-2964
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On a arrêté depuis peu à Winchester un Gentilhomme, d'une des plus anciennes Familles [...]
Mots clefs :
Enfants, Morts
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
Orilhomme, d'une des plus anciennes Familles
Na arrêté depuis peu à Wincheſter un Gendu
Comté de Warwick , & un Lieutenant d'un
II. Vol. Vaif-
I iij
2964 MERCURE DE FRANCE
Vaiffeau de Guerre du Roy , accufez d'avoir fait
deux vols de grand chemin.
On mande de Dublin , du z 5 du mois dernier
que ce jour-là le fieur Richard Johnfton , frere
d'un fameux Avocat , & le fieur Jean Porter , fils
aîné de M. Porter , Alderman de cette Ville,&
cy devant Maire , y avoient été exécutez pour
meurtre, quoiqu'ï's euffent nié le fait juſques à la
-mort; & que peu après leur exécution , il y arriva
un répit pour 40 jours , du Duc de Dorfet ,
Viceroy d'Irlande , mais trop tard , au grand
regret de tous les Spectateurs , qui étoient extrê
mement touchez du malheur de ces deux Gentilshommes
.
Suivant l'Extrait des Regiftres Baptiftaires &
Mortuaires des Paroiffes de Londres , on a bap-
-tifé pendant l'année 1730., tant dans cette Ville ,
que dans les dépendances de Weftminſter 8606
garçons , & 812. filles , ce qui fait en tout
17118 enfans. Il eft mort pendant la même an.
née 13306 hommes ou enfans , & 13455 femmes
ou filles . Le nombre des morts eft moindre que
celui de l'année précedente de 2951, Dans le
nombre des morts de cette année, il y en a 10368
au deffous de l'âge de 2 ans , 2448. entre 2 & 5
ans , 1092 entre 5 & 10 ans , 901. entre 10 &
entre 30
20 ans , 2048. entre 20 & 30. 2471
40. 2373. entre 40 & 50. 1713. entre 50 & 60.
1577. entre 60 & 70. 1001. entre 70 & 80.
622. entre 80 & 90. 138. entre 90 & 100. 22
101 ans. 2 à 103. ans. 3 à 104. & un à 105 .
Orilhomme, d'une des plus anciennes Familles
Na arrêté depuis peu à Wincheſter un Gendu
Comté de Warwick , & un Lieutenant d'un
II. Vol. Vaif-
I iij
2964 MERCURE DE FRANCE
Vaiffeau de Guerre du Roy , accufez d'avoir fait
deux vols de grand chemin.
On mande de Dublin , du z 5 du mois dernier
que ce jour-là le fieur Richard Johnfton , frere
d'un fameux Avocat , & le fieur Jean Porter , fils
aîné de M. Porter , Alderman de cette Ville,&
cy devant Maire , y avoient été exécutez pour
meurtre, quoiqu'ï's euffent nié le fait juſques à la
-mort; & que peu après leur exécution , il y arriva
un répit pour 40 jours , du Duc de Dorfet ,
Viceroy d'Irlande , mais trop tard , au grand
regret de tous les Spectateurs , qui étoient extrê
mement touchez du malheur de ces deux Gentilshommes
.
Suivant l'Extrait des Regiftres Baptiftaires &
Mortuaires des Paroiffes de Londres , on a bap-
-tifé pendant l'année 1730., tant dans cette Ville ,
que dans les dépendances de Weftminſter 8606
garçons , & 812. filles , ce qui fait en tout
17118 enfans. Il eft mort pendant la même an.
née 13306 hommes ou enfans , & 13455 femmes
ou filles . Le nombre des morts eft moindre que
celui de l'année précedente de 2951, Dans le
nombre des morts de cette année, il y en a 10368
au deffous de l'âge de 2 ans , 2448. entre 2 & 5
ans , 1092 entre 5 & 10 ans , 901. entre 10 &
entre 30
20 ans , 2048. entre 20 & 30. 2471
40. 2373. entre 40 & 50. 1713. entre 50 & 60.
1577. entre 60 & 70. 1001. entre 70 & 80.
622. entre 80 & 90. 138. entre 90 & 100. 22
101 ans. 2 à 103. ans. 3 à 104. & un à 105 .
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, deux individus, un gentilhomme du comté de Warwick et un lieutenant de vaisseau de guerre, ont été arrêtés à Winchester pour des vols de grand chemin. À Dublin, Richard Johnston et Jean Porter ont été exécutés pour meurtre le 25 du mois précédent, malgré leurs dénégations. Un répit du Duc de Dorset est arrivé trop tard. En 1730, à Londres, 8606 garçons et 812 filles ont été baptisés, totalisant 17118 enfants. La même année, 13306 hommes ou enfants et 13455 femmes ou filles sont décédés, soit 2951 de moins que l'année précédente. Les décès étaient répartis selon les tranches d'âge suivantes : 10368 enfants de moins de 2 ans, 2448 entre 2 et 5 ans, 1092 entre 5 et 10 ans, 901 entre 10 et 20 ans, 2048 entre 20 et 30 ans, 2471 entre 30 et 40 ans, 2373 entre 40 et 50 ans, 1713 entre 50 et 60 ans, 1577 entre 60 et 70 ans, 1001 entre 70 et 80 ans, 622 entre 80 et 90 ans, 138 entre 90 et 100 ans, 2 à 101 ans, 3 à 104 ans et 1 à 105 ans.
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5822
p. 2965
MARIAGES des Païs Etrangers.
Début :
Le Mariage du Duc de Guastella, avec la Princesse Marie Eléonore de Holstein-Weissembourg [...]
Mots clefs :
Princesse, Baron, Prince, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES des Païs Etrangers.
MARIAGES
des Pais Etrangers.
LE Mariage du Duc de Guaftella , avec la Princeffe
Marie Eléonore de Holftein - Weiffembourg
a été conclu à Vienne depuis peu, avec l'agrément
de l'Empereur.
On mande de Turin que le Baron de Sthall
Confeiller Privé de l'Electeur Palatin , y étoit arrivé
avec les pleins pouvoirs du Prince hereditaire
de Sultzbach , pour la conclufion du Mariage de
ce Prince avec la Princeffe de Heffe - Rheinfels .
foeur de la Reine de Sardaigne, & de la Princeffe,
Epoufe du Duc de Bourbon ; que le 8 de ce mois
les articles de Mariage avoient été fignez par
cette Princeffe & par le Baron de Sthall , au nom
du Pr.'de Sultzbach , en prefence du Roy , de la
Reine de Sardaigne & des principaux Seigneurs
de la Cour , que le 9 , cet Envoyé avoit preſenté
à la Princeffe une Caffette pleine de Bijoux ; que
le. 20 , jour deſtiné pour la cérémonie dn mariage
, la Princeffe de Heffe , conduite par le Baron
de Sthall , s'étoit rendue à la grande Salle du Palais
, où l'Archevêque de Turin leur avoit donné
la Benediction nuptiale ; que le foir il y avoit eu
un Feftin, & enfuite un Bal magnifique dans l'ap
partement de la Princeffe de Sultzbach ; que le 21
elle avoit pris congé de L. M. & que le 22. elle
étoit partie pour fe rendre à Manheim,
des Pais Etrangers.
LE Mariage du Duc de Guaftella , avec la Princeffe
Marie Eléonore de Holftein - Weiffembourg
a été conclu à Vienne depuis peu, avec l'agrément
de l'Empereur.
On mande de Turin que le Baron de Sthall
Confeiller Privé de l'Electeur Palatin , y étoit arrivé
avec les pleins pouvoirs du Prince hereditaire
de Sultzbach , pour la conclufion du Mariage de
ce Prince avec la Princeffe de Heffe - Rheinfels .
foeur de la Reine de Sardaigne, & de la Princeffe,
Epoufe du Duc de Bourbon ; que le 8 de ce mois
les articles de Mariage avoient été fignez par
cette Princeffe & par le Baron de Sthall , au nom
du Pr.'de Sultzbach , en prefence du Roy , de la
Reine de Sardaigne & des principaux Seigneurs
de la Cour , que le 9 , cet Envoyé avoit preſenté
à la Princeffe une Caffette pleine de Bijoux ; que
le. 20 , jour deſtiné pour la cérémonie dn mariage
, la Princeffe de Heffe , conduite par le Baron
de Sthall , s'étoit rendue à la grande Salle du Palais
, où l'Archevêque de Turin leur avoit donné
la Benediction nuptiale ; que le foir il y avoit eu
un Feftin, & enfuite un Bal magnifique dans l'ap
partement de la Princeffe de Sultzbach ; que le 21
elle avoit pris congé de L. M. & que le 22. elle
étoit partie pour fe rendre à Manheim,
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Résumé : MARIAGES des Païs Etrangers.
Le texte décrit deux mariages de princes étrangers. Le premier est celui du Duc de Guaftella avec la Princesse Marie Eléonore de Holftein-Weiffembourg, approuvé par l'Empereur à Vienne. Le second concerne le mariage du Prince héritier de Sultzbach avec la Princesse de Heffe-Rheinfels, fille de la Reine de Sardaigne et sœur du Duc de Bourbon. Le Baron de Sthall, conseiller privé de l'Électeur Palatin, a représenté le Prince de Sultzbach à Turin. Le 8 du mois, les articles de mariage ont été signés en présence du Roi, de la Reine de Sardaigne et des principaux seigneurs de la cour. Le 9, le Baron a offert des bijoux à la Princesse. Le mariage a eu lieu le 20, bénit par l'Archevêque de Turin, suivi d'un festin et d'un bal. Le 21, la Princesse de Sultzbach a pris congé du Roi et est partie pour Manheim le 22.
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5823
p. 2966
« Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...] »
Début :
Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...]
Mots clefs :
Roi, Loterie de la Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...] »
E 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes ,
pour le Remboursement des Actions , fut tirée
en la maniere accoûtumée , à l'Hôtel de la Compagnie.
La Lifte des Numero des Actions & Dixiemes
d'Action , qui doivent être remboursées ,
a été renduë publique , faiſant en tout le nombre
de trois cens Actions.
Le Roy a nommé à l'Evêché de Soiffons l'Abbé
'de Sefmaifons , Aumônier de S. M.
Le Roy a accordé l'Abbaye de S. Quentin de
Beauvais , Ordre de S. Auguftin , à l'Abbé Labifenski
, Confeffeur de la Reine.
pour le Remboursement des Actions , fut tirée
en la maniere accoûtumée , à l'Hôtel de la Compagnie.
La Lifte des Numero des Actions & Dixiemes
d'Action , qui doivent être remboursées ,
a été renduë publique , faiſant en tout le nombre
de trois cens Actions.
Le Roy a nommé à l'Evêché de Soiffons l'Abbé
'de Sefmaifons , Aumônier de S. M.
Le Roy a accordé l'Abbaye de S. Quentin de
Beauvais , Ordre de S. Auguftin , à l'Abbé Labifenski
, Confeffeur de la Reine.
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Résumé : « Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...] »
Le 23, la Lotterie de la Compagnie des Indes a été organisée pour rembourser trois cents actions. Le roi a nommé l'Abbé de Sefmaifons à l'évêché de Soiffons et l'Abbé Labifenski à l'Abbaye de Saint-Quentin de Beauvais.
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5824
p. 2966-2970
MORTS, NAISSANCES
Début :
M. Christople Pajot, Abbé Commandataire des Abbayes Royales de S. Jacques de Provins [...]
Mots clefs :
Roi, Duc, Épouse, Paris, Duchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES
MORTS , NAISSANCES
M® Chriftople Pajot , Abbé Commandataire
des Abbayes Royales de S.Jacques deProvins
de N. D. de Valfainte , Confeiller en la Grand'-
Chambre du Parlement , eft decedé le 24. Novembre
, âgé d'environ 80. ans.
-
Dame Magdelaine le Tellier , veuve de Germain
Chriftophe de. Thumery , Seigneur de
Boiflifle-le- Roy , &c. Doyen des Préfidens des
Enquêtes, eft décedée le 11.Decembre, âgée de 96.
ans 5. mois 15. jours .
Nicolas Clérambault , Secretaire du Roy , pre-
Lla Vol
mier
DECEMBRE. 1730. 2967
mier Commis du Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat , décéda le 11 Décembre , âge de 87
à 88 ans. Il est mort comme il a vécu , dans une
grande pratique de vertu & de charité . Il a été
chargé pendant 30 ans de la diftribution des aumônes
du Roy aux nouveaux Catholiques &
aux pauvres de Paris.
>
Charles Amelot de Gournay , Préfident à Mortier
, mourut à Paris le 25. de ce mois‚âgé d'erviron
51. ans.
Dame Eléonor Thomelin , veuve de M. Nicolas
Aunillon , Ecuyer, Confeiller du Roy, premier
Préſident de l'Election de Paris , eft décédée
le 25 Decembre , âgée de 66 ans .
Dame Marie-Anne -Françoife Bignon , Epoufe
de M. François - Michel de Verthamont , Commandeur
des Ordres du Roy , & Premier Préfr
dent du Grand-Confeil , mourut à Paris le 26.
dans la 70 année de fon âge.
Dame Charlotte - Felice - Armande de Durfort ,
Epoufe de Paul- Jules Mazarin , Duc de Mazarin
de la Meilleraye & de Mayenne , Pair de France ,
Prince de Chateau- Portien , Gouverneur des Villes
& Citadelles de Port-Louis , &c . mourut le
27. Decembre , âgée de 58. ans. Elle fut portéé le
24. au foir à S. Roch , fa Paroiffe , & enfuite
tranfportée dans la Chapelle du College Mazarin.
Dans l'une & dans l'autre Egliſe il n'y eut
aucune tenture , ainfi qu'elle l'avoit ordonné.
M. Bence , Curé de S. Roch , en préfentant le
Corps à M. Robbe , Grand- Maître du College
Mazarin , dit que dans la maladie dont elle eft
morte , elle avoit demandé avec empreffement à
recevoir les Sacremens de l'Eglife , & qu'elle les
avoit reçus avec des ſentimens de pieté & d'édifrcation
non communs. M. le Grand- Maître en recevant
le corps , loua la pieté de cette Ducheffe
LI Vol Iv
2968 MERCURE DE FRANCE
fa patience dans fa maladie : & il exprima en
peu de mots les regrets de tout le College fur la
perte d'une Dame qui vouloit bien honorer de fes
bontés & de fa protection tous les Membres de
ce Corps.
La maladie de cette Ducheffe a été longue , elle
ne la regardoit dans le commencement que comme
des vapeurs. La mort de Mad. de Ñefle , ſa
fille , qu'elle reffentit vivement , augmenta beaucoup
fon mal. Pendant long- temps elle fut attaquée
de violentes coliques. Malgré les douleurs
dont elle fe plaignoit , fa famille ne croyoit pas
que fa mort fut fi prochaine. On l'ouvrit , & on
luy trouva plufieurs caufes de mort , entr'autres
la grande aorte offifiée , deux Polypes au coeur
& le foye gâté.
Elle a eu trois enfans de Mr le Duc de Mazarin
, qu'elle époufa en 1685 , fçavoir Armande-
Felice Mazarin , Epoufe de Louis de Mailly, Marquis
de Nefle , décedée à Verſailles le 14. Octobre
1729. dans fa trente- huitième année. Guy-
Paul-Jule Mazarin , Duc de la Meilleraye , qui
époufa le 26. Avril 1716. Louife de Rohan- Soubize.
Et Paul Jule Mazarin , Duc de Mayenne ,
qui mourut le 28. Juin 1715. âgé de douze ans.
La Ducheffe de Mazarin étoit fille de Jacques
Henry de Durfort , Duc de Duras , Marechal
de France , & de Marguerite Felice de Levi Vantadour
, mariés en 1668. La Maifon de Durfort
eft des plus anciennes , & affez connue pour que
nous nous difpenfions d'entrer icy dans un long
détail fur ce fujet : nous dirons feulement que Arnault
de Durfort époufa vers 1300. la Marquife,
de Gouth , fille d'Arnault Garcie de Gouth , Vicomte
de Loumagne & de Miramonde de Mauleon.
Cette Dame étoit niéce du Pape Clement V.
& foeur de Regine , qui époula Bernard de Dur-
11 Vol.
fort
DECEMBRE. 1730. 2969
fort , Seigneur de Flamarins. Le Roy Philippe le
"Bel étant à Poitiers , luy donna & à fon Epoufe ,
en 1308. la Juftice de la Terre de Montaguillon.
C'eſt par ce mariage que la Terre de Duras & au
tres font entrées & font encore dans cette Maiſon.
On peut confulter là - deffus les Genealogiftes , les .
Hiftoriens de France , d'Angleterre , &c.
Le 28. Jean-Antoine Chef- de-ville , Ecuyer ,,
Confeiller du Roy , Subftitut du Procureur Ge
neral du Parlement , mourut âgé de 72 ans.
Le 30. Lucius - Henry Cary , Vicomte de Falkland,
Pair de la Grande Bretagne, mourut à Pa--
ris , âgé d'environ 43 ans.
Jeanne Gradou , veuve de Jean du Chefne, l'un
des Cent - Suiffes du Roy , mourut à Paris le 31
Decembre , âgée de 103 ans 9 mois , étant née
au mios d'Avril 1627 .
François Mornay , de Montchevreuil, Abbé de
P'Abbaye de S. Quentin de Beauvais , Ordre de
S. Auguftin , mourut à Paris le 2. de ce mois ,
âgé de 72. ans .
Ca-
D. Louife Elifabeth le Maffon de Tréves ,
Epoufe de Charles Louis Baron d'Haubits ,
pitaine dans le Régiment Allemand de la Mark ,
accoucha le 28 Novembre d'un fils qui fut nom
mé Marie Louis par Louis Engelbert , Comte de
la Mark , Colonel , & par D. Marie Anne Ce--
farée de Lanty , Ducheffe d'Havré & de Croy.
D. Françoife Magdelaine Chauvelin , Epoufe
de Louis Denis Talon , Marquis du Boulay ,.
Avocat Genéral au Parlement , accoucha le 2.
Decembre d'une fille qui fut nommée Françoife:
Magdelaine par M. Guillaume François Joly de
Fleury , Procureur Genéral du Parlement
par D. Louife Marthe Billard , Veuve de Jerômes
Bignon , Confeilier d'Etat ordinaire , & Ancien.
·2 &
Prevêt des Marchands,
2970 MERCURE DE FRANCE
D. Anne Charlotte de Cruffol , Epouſe d'Armand
Louis de Vignerod du Pleffis , de Richelieu
, Comte d'Agenois , Duc d'Aiguillon &c.
accoucha le s . du même mois d'un fils qui fut
nommé Armand Jules Charles.
D. Emilie de la Roche- Foucault Epoufe de
Charles_Emmanuel de Cruffol S. Sulpice , Duc
de Cruffol , Meftre de Camp du Régiment de
Medoc Infanterie , accoucha le 29. Decembre
d'un fils qui fut nommé Charles Emmanuel par
Jean Charles de Cruffol , Duc d'Ufez , Premier
Pair de France , Prince de Soyon , Comte de
Cruffol &c. Chevalier des Ordres du Roi , Gouverneur
& Lieutenant Genéral pour Sa Majeſté
en fes Provinces de Xaintonge & Angoumois ,
& Gouverneur particulier des Villes & Châteaux
de Xaintes & d'Angoulême , & par D. Magdelaine
Charlotte Le Tellier de Louvois , Ducheffe
de la Roche- Foucault.
M® Chriftople Pajot , Abbé Commandataire
des Abbayes Royales de S.Jacques deProvins
de N. D. de Valfainte , Confeiller en la Grand'-
Chambre du Parlement , eft decedé le 24. Novembre
, âgé d'environ 80. ans.
-
Dame Magdelaine le Tellier , veuve de Germain
Chriftophe de. Thumery , Seigneur de
Boiflifle-le- Roy , &c. Doyen des Préfidens des
Enquêtes, eft décedée le 11.Decembre, âgée de 96.
ans 5. mois 15. jours .
Nicolas Clérambault , Secretaire du Roy , pre-
Lla Vol
mier
DECEMBRE. 1730. 2967
mier Commis du Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat , décéda le 11 Décembre , âge de 87
à 88 ans. Il est mort comme il a vécu , dans une
grande pratique de vertu & de charité . Il a été
chargé pendant 30 ans de la diftribution des aumônes
du Roy aux nouveaux Catholiques &
aux pauvres de Paris.
>
Charles Amelot de Gournay , Préfident à Mortier
, mourut à Paris le 25. de ce mois‚âgé d'erviron
51. ans.
Dame Eléonor Thomelin , veuve de M. Nicolas
Aunillon , Ecuyer, Confeiller du Roy, premier
Préſident de l'Election de Paris , eft décédée
le 25 Decembre , âgée de 66 ans .
Dame Marie-Anne -Françoife Bignon , Epoufe
de M. François - Michel de Verthamont , Commandeur
des Ordres du Roy , & Premier Préfr
dent du Grand-Confeil , mourut à Paris le 26.
dans la 70 année de fon âge.
Dame Charlotte - Felice - Armande de Durfort ,
Epoufe de Paul- Jules Mazarin , Duc de Mazarin
de la Meilleraye & de Mayenne , Pair de France ,
Prince de Chateau- Portien , Gouverneur des Villes
& Citadelles de Port-Louis , &c . mourut le
27. Decembre , âgée de 58. ans. Elle fut portéé le
24. au foir à S. Roch , fa Paroiffe , & enfuite
tranfportée dans la Chapelle du College Mazarin.
Dans l'une & dans l'autre Egliſe il n'y eut
aucune tenture , ainfi qu'elle l'avoit ordonné.
M. Bence , Curé de S. Roch , en préfentant le
Corps à M. Robbe , Grand- Maître du College
Mazarin , dit que dans la maladie dont elle eft
morte , elle avoit demandé avec empreffement à
recevoir les Sacremens de l'Eglife , & qu'elle les
avoit reçus avec des ſentimens de pieté & d'édifrcation
non communs. M. le Grand- Maître en recevant
le corps , loua la pieté de cette Ducheffe
LI Vol Iv
2968 MERCURE DE FRANCE
fa patience dans fa maladie : & il exprima en
peu de mots les regrets de tout le College fur la
perte d'une Dame qui vouloit bien honorer de fes
bontés & de fa protection tous les Membres de
ce Corps.
La maladie de cette Ducheffe a été longue , elle
ne la regardoit dans le commencement que comme
des vapeurs. La mort de Mad. de Ñefle , ſa
fille , qu'elle reffentit vivement , augmenta beaucoup
fon mal. Pendant long- temps elle fut attaquée
de violentes coliques. Malgré les douleurs
dont elle fe plaignoit , fa famille ne croyoit pas
que fa mort fut fi prochaine. On l'ouvrit , & on
luy trouva plufieurs caufes de mort , entr'autres
la grande aorte offifiée , deux Polypes au coeur
& le foye gâté.
Elle a eu trois enfans de Mr le Duc de Mazarin
, qu'elle époufa en 1685 , fçavoir Armande-
Felice Mazarin , Epoufe de Louis de Mailly, Marquis
de Nefle , décedée à Verſailles le 14. Octobre
1729. dans fa trente- huitième année. Guy-
Paul-Jule Mazarin , Duc de la Meilleraye , qui
époufa le 26. Avril 1716. Louife de Rohan- Soubize.
Et Paul Jule Mazarin , Duc de Mayenne ,
qui mourut le 28. Juin 1715. âgé de douze ans.
La Ducheffe de Mazarin étoit fille de Jacques
Henry de Durfort , Duc de Duras , Marechal
de France , & de Marguerite Felice de Levi Vantadour
, mariés en 1668. La Maifon de Durfort
eft des plus anciennes , & affez connue pour que
nous nous difpenfions d'entrer icy dans un long
détail fur ce fujet : nous dirons feulement que Arnault
de Durfort époufa vers 1300. la Marquife,
de Gouth , fille d'Arnault Garcie de Gouth , Vicomte
de Loumagne & de Miramonde de Mauleon.
Cette Dame étoit niéce du Pape Clement V.
& foeur de Regine , qui époula Bernard de Dur-
11 Vol.
fort
DECEMBRE. 1730. 2969
fort , Seigneur de Flamarins. Le Roy Philippe le
"Bel étant à Poitiers , luy donna & à fon Epoufe ,
en 1308. la Juftice de la Terre de Montaguillon.
C'eſt par ce mariage que la Terre de Duras & au
tres font entrées & font encore dans cette Maiſon.
On peut confulter là - deffus les Genealogiftes , les .
Hiftoriens de France , d'Angleterre , &c.
Le 28. Jean-Antoine Chef- de-ville , Ecuyer ,,
Confeiller du Roy , Subftitut du Procureur Ge
neral du Parlement , mourut âgé de 72 ans.
Le 30. Lucius - Henry Cary , Vicomte de Falkland,
Pair de la Grande Bretagne, mourut à Pa--
ris , âgé d'environ 43 ans.
Jeanne Gradou , veuve de Jean du Chefne, l'un
des Cent - Suiffes du Roy , mourut à Paris le 31
Decembre , âgée de 103 ans 9 mois , étant née
au mios d'Avril 1627 .
François Mornay , de Montchevreuil, Abbé de
P'Abbaye de S. Quentin de Beauvais , Ordre de
S. Auguftin , mourut à Paris le 2. de ce mois ,
âgé de 72. ans .
Ca-
D. Louife Elifabeth le Maffon de Tréves ,
Epoufe de Charles Louis Baron d'Haubits ,
pitaine dans le Régiment Allemand de la Mark ,
accoucha le 28 Novembre d'un fils qui fut nom
mé Marie Louis par Louis Engelbert , Comte de
la Mark , Colonel , & par D. Marie Anne Ce--
farée de Lanty , Ducheffe d'Havré & de Croy.
D. Françoife Magdelaine Chauvelin , Epoufe
de Louis Denis Talon , Marquis du Boulay ,.
Avocat Genéral au Parlement , accoucha le 2.
Decembre d'une fille qui fut nommée Françoife:
Magdelaine par M. Guillaume François Joly de
Fleury , Procureur Genéral du Parlement
par D. Louife Marthe Billard , Veuve de Jerômes
Bignon , Confeilier d'Etat ordinaire , & Ancien.
·2 &
Prevêt des Marchands,
2970 MERCURE DE FRANCE
D. Anne Charlotte de Cruffol , Epouſe d'Armand
Louis de Vignerod du Pleffis , de Richelieu
, Comte d'Agenois , Duc d'Aiguillon &c.
accoucha le s . du même mois d'un fils qui fut
nommé Armand Jules Charles.
D. Emilie de la Roche- Foucault Epoufe de
Charles_Emmanuel de Cruffol S. Sulpice , Duc
de Cruffol , Meftre de Camp du Régiment de
Medoc Infanterie , accoucha le 29. Decembre
d'un fils qui fut nommé Charles Emmanuel par
Jean Charles de Cruffol , Duc d'Ufez , Premier
Pair de France , Prince de Soyon , Comte de
Cruffol &c. Chevalier des Ordres du Roi , Gouverneur
& Lieutenant Genéral pour Sa Majeſté
en fes Provinces de Xaintonge & Angoumois ,
& Gouverneur particulier des Villes & Châteaux
de Xaintes & d'Angoulême , & par D. Magdelaine
Charlotte Le Tellier de Louvois , Ducheffe
de la Roche- Foucault.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES
En décembre 1730, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Parmi eux, M. Christophe Pajot, abbé commandataire des abbayes royales de Saint-Jacques de Provins et de Notre-Dame de Valfainte, conseiller au Parlement, est décédé le 24 novembre à environ 80 ans. Dame Magdelaine le Tellier, veuve de Germain Christophe de Thumery, seigneur de Boisfle-le-Roy et doyen des présidents des enquêtes, est décédée le 11 décembre à l'âge de 96 ans, 5 mois et 15 jours. Nicolas Clérambault, secrétaire du roi et premier commis du comte de Maurepas, secrétaire d'État, est décédé le même jour à l'âge de 87 à 88 ans. Il était reconnu pour sa pratique de la vertu et de la charité, ayant distribué les aumônes du roi pendant 30 ans. Charles Amelot de Gournay, président à mortier, est mort à Paris le 25 décembre à environ 51 ans. Dame Éléonore Thomelin, veuve de Nicolas Aunillon, écuyer et conseiller du roi, premier président de l'élection de Paris, est décédée le même jour à 66 ans. Dame Marie-Anne-Françoise Bignon, épouse de François-Michel de Verthamont, commandeur des ordres du roi et premier président du Grand-Conseil, est morte à Paris le 26 décembre à 70 ans. Dame Charlotte-Félice-Armande de Durfort, épouse de Paul-Jules Mazarin, duc de Mazarin, de la Meilleraye et de Mayenne, pair de France, est décédée le 27 décembre à 58 ans. Elle a été portée au chœur de l'église Saint-Roch puis transportée dans la chapelle du Collège Mazarin. Jean-Antoine Chef-de-ville, écuyer et conseiller du roi, substitut du procureur général du Parlement, est mort le 28 décembre à 72 ans. Lucius-Henry Cary, vicomte de Falkland, pair de Grande-Bretagne, est décédé à Paris le 30 décembre à environ 43 ans. Jeanne Gradou, veuve de Jean du Chefne, l'un des Cent-Suisses du roi, est morte à Paris le 31 décembre à 103 ans et 9 mois. François Mornay, abbé de l'abbaye de Saint-Quentin de Beauvais, est décédé à Paris le 2 janvier à 72 ans. Du côté des naissances, Dame Louise-Élisabeth Le Masson de Trèves, épouse de Charles-Louis baron d'Haubits, a accouché le 28 novembre d'un fils nommé Marie-Louis. Dame Françoise-Magdelaine Chauvelin, épouse de Louis-Denis Talon, marquis du Boulay, avocat général au Parlement, a accouché le 2 décembre d'une fille nommée Françoise-Magdelaine. Dame Anne-Charlotte de Crussol, épouse d'Armand-Louis de Vignerot du Plessis, duc d'Aiguillon, a accouché le 5 décembre d'un fils nommé Armand-Jules-Charles. Dame Émilie de La Roche-Fontault, épouse de Charles-Emmanuel de Crussol, duc de Crussol, a accouché le 29 décembre d'un fils nommé Charles-Emmanuel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5825
p. 2970
TABLE GENERALE, de l'année 1730.
Début :
A. Absalon, Tragedie, 1832 Académie Françoise, 552. 2262 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE GENERALE, de l'année 1730.
TABLE
A
GENERALE ,
de
l'année 1730.
Bfalon, Tragedie ,
Académie Françoiſe
-Des Sciences ,
-Des Belles Lettres ,
Des Jeux Floraux ,
De Pau ,
De Marſeille ,
A.
2:
1832
552.2252
366.763
. 2680
758.2680
179
167
1398
De
DES MATIERES.
De Montpellier ,
29-3
De Lisbonne ,
123
De Petersbourg ,
2054
De Peinture , 2017.2466
Acheron , comment fe doit prononcer , 1557
Acta Eruditorum 1795
Alcione , Opera ,
1188
Ame des Bêtes ,
752
Anevrifme mixte gueri ,
294
Angleterre ( Abregé de l'Histoire d' ) 1990
Anjou ( Naiffance du Duc d' ) 1900
Antiquitez , 463. 642. 1096. 1225. 1814
Arden , fignifie Forêt , 1.300
Ardennes , Abbaye , 1300
Arrêts d'Amour 950
Arquebufiers ( établiffement d'y 1560
Affemblée du Clergé , 1238
Avocats. Arrêt au fujet de leurs Confultations
2543
Autreau , fes Ouvrages ,
1.379
B.
Bacon ,
Acchus ( refte de la Fête de ) 2185
Baron , Eloge de François ) Conful en Syrie,
Baron , Comedien
Bafile ( OEuvres de S. )
Benoît XIII. ( Mort de )
1269. 1503-
15.97.2233
2010
592. 596.
Biblioteque des enfans , 1319. 1511. 1696. 1912.
2117. 2336. 255.4.
Bigarures calotines ,
Blainville. Village ,,
2770
2668
1307
Bouillons ( les ) nourriffent autant que les alimens
ordinaires ,
Bouquet , 47. 1730. 1972. 2315. 2364.
Bouquet du Roi ( le ) Opera Comique ,
Bregance ( Nobleffe du B. Barthelemi de )
Broderie
1175
2614.
2022.
2147
2265
Bruit
TABLE
Bruit extraordinaire entenda dans l'Air , 2304
Brutus, Tragedie ,
Budé , ( Guillaume )
Adran univerfel ,
C.
Canonifation de S. Fidel ,
Callifthene. Tragedie ,
Canons d'une nouvelle invention ,
2688.2925
343.734-
356
1039
370. 569
970
Cantate , injufte foupçon , 250. Le defefpoir
Amoureux , 425. L'Amant fidele & malheureux.
650. L'Ombre de Pétarque , 2202 .
Ariane & Thefée , 2551. Vertumne & Pomone
Caprice d'Erato
Carnaval & la Folie ( le ) Opera ,
2801
2273
1622
Carte des environs de Paris , 355. Generale &
Hiftorique de la Monarchie & du Militaire
de France > 2903
Caftel ( Mathématique univerfelle du P. ) 1973
Cataractes Criſtallines ,
IIOS
Cavalerie ( Ecole de ) 2250
Cazernes de Metz , 1035
Cerceau ( Mort & Eloge du P. Jean - Antoine
du ) 1962
Châffe de S. Aignan , 2920
Clavecin (Obfervation fur la Méthode d'Accompagnement
pour le ) 253. 489. 880. 1079 .
Clement XII. ( Election de )
College Royal ,
Commerce Litteraire neceffaire à la Botanique ,
Comete vûë en 1723. à la Chine ,
Conte. Les Serins , 635. Le Belier ,
Corneille ( Imitation de J. C. de )
Corneilles. Moyen de les détruire ,
Cornicula ( fignification de ,
Couleurs nouvellement inventées ,
Crifpin bel efprit , Comedie, 2687
1337. 1945
1649
2684
1174
1983
744
2917
557
1350
968
DES MATIERES.
Czar. Son Mariage , 172. Sa Mort ,
D.
DE
Eclaration fur la Conftitution
Délivrande , Village , -
Démocrite prétendu fou , Comedie ,
Diamans ( Mine de ) au Brefil ,
584
839
1301
991
124.
Divorce ( le ) Comedie , 807. 1003. L'Ile du
Divorce , Comedie , 2040
Docteur (ceremonie de la prife de Bonet de ) 1890
Duchefne ( le Livre des Antiquitez des Villes ,
Châteaux , &c . n'eft pas d'André ,
Ea
E.
340
Aux de Bourbon ( Analife des ) 5. Qualité
de l'Eau de vie , 868. 1721. 1732 2195. 2369
Egypte ( Trouble d' )
Elegies de l'Abbé le Blanc ,
Eloge des Grans hommes ,
682
2884
1969
Enigmes , 95. 331. 534. 733. 946. 1154. 1359 .
1572. 1791. 1988. 2211. 2419. 2650 2871 .
Leur Explication en Vers , 945. I154. 2650.
Epigramme , 940-1788 . 2834.
Epitalame ,
Epitaphe du Cardinal de Noailles , 121. D'Ælia ,
Lælia Crifpis expliquée, 1794. D'une Chienne,
471
2270
Epitre en Vers du P. A. J. 24. A Me de Chabrillant,
437 . A la Comteffe de B... , 1518. A l'Abbé
de , 1565. Retour d'un Voyage , 1739. à l'Evêque
de Grenoble , 2142
Effai de comparaifon entre la Déclamation & la
Poëfie Dramatique ( Remarques Critiques fur
1' ) 908 . Effais hebdomadaires , 1992
Eftampes , 551. 768. 1184. 1831. 2465. 2919
Etrennes ,
Eu (Hiftoire naturelle , civile & Ecclefiaftique
du Comté d' )
Evêques de Nortumberland ,
176
1541. 1742. 1952
1063
TABLE
F
Fable. Le Corbeau & le Pigeon 1538. Le Re- nard & l'Afne
Facardins ( les quatre )`
1967
1998
Fête pour le Dauphin. 49. 111. 155….159. 304.
378. 390. 586. 604. 702. 1007. 1012. 1202 .
1429. 1716. Pour le Duc d'Anjou 2088. De
Nemours 1457
Fiefs Remarques fur les Principes du Droit
François fur les )
Fierte ( Cerémonie de la )
35. 850 2399
Í 122 Flocel, fi c'eft un Saint de Normandie
1678
Foi & hommage rendu par le Duc de Loraine
Foire des Poëtes ( la ) Comedie ,
Aronne , Riviere ,
G
G Gelée extraordinaire
Glace , comment elle fe fond
Goute ( Remede pour la )
408
2033
I555
2838
301
554
Grammaire Françoiſe ( Principes generaux &
raifonnés de la )
Grammaire Hébraïque
2237
2677
Gregoire VII. ( Arrêt au fujet de la Legende de )
H
Aggi Calfah , Auteur moderne
621
360
Hinque de M. Gaulliere 238. de M. Cho
plet, 599.Des Peres Porée & la Sante, 654.Du
P. du Parc , 671. Au Prince de Conti , 1669.
1674.
Henriade ( la ) Poëme , 2878 Herrera ( Memoire fur deux Editions nouvelles
des Decades d'Antonio
de )
544 Hiſtoire des Hommes Illuftres dans la Républi- que des Lettres ( Mémoires
pour fervir à P' ),
339.1574.2225.2453
. 2652. Bifantine, ssa.
De
DES MATIERES.
I
De l'Eglife de France
I
754
Dille fur le Dauphin , 916. Les Defordres de
l'Amour dans l'Ile de la Sageffe , 92 5. A la
Marquife de , 1691 . Les Hirondelles , 2577
Jettons , 125
Jeu de l'Amour & du hazard ( le ) Comedie , 145 •
Imprimerie de Conſtantinople,
772
317
Incendie, 1027 . 1435.D'une Forêt de la Finlande,
Induſtrie , ( l' ) Prologue ,
Ino & Melicerte , Tragedie ,
Infecte particulier , 1551. Infectes d'Angleterre ,
Journal de Paris ,
Jouvenet ( vie de ) Peintre ,
2282
1402
127
1607
2616
1484
Jugement criminel ( forme finguliere de ) 2835
Ivraye ( Analife de l' )
Juvifi ( chemin , Pont & Fontaine de )
L
Anguedoc ( Hiftoire generale de )
29.9
1783
2425
Langues Orientales , ncceffairespour làconnoiffance
de l'Hiftoire , 759
Latin ( Méthode pour apprendre le ) 1185. 1816
Lecouvreur ( mort & éloge d'Adrienne ) 577.
1600. 2234
Lettre de l'Archevêque de Paris au Roi , 474 .
Réponſe ,487 A Milord fur Baron & Lecouvreur,
Lifou ( Batailles données à )
Lit de Juftice ,
f
1596
205
833
Logogryphe , 95. 328. 532. 733. 947. 1155 .
1359. 1573 1791. 1988. 2212. 2420. 2651 .
2871. Leur explication en Vers , 94. 531. 731 .
943. 945. 2650 ·
Lyon ( Hiftoire Litteraire de ) 2432.2662.
M.
TABLE
M
MAchine extraordinaire pour rejoindre une
voute d'Eglife ,
Madrigal , 285. 292. 1559. 1790 1976. 2399
Malade par complaitance ( le ) Comedie , 371
Maladies ( Méthode pour connoître toutes les )
2441. Il faut guerir l'efprit en même - tems
que le corps ,
Marſeille Sçavante ,
Martial d'Auvergne , Poëte
1 2602
1267
947
Mafiai , Palais des Rois de la premiere Race, 212
Maurice , Tragedie , 1856
Médailles qui font mention des Cohortes & Legions
de Caraufiùs , 503 . De François I. 1134.
1568. D'Attila, 1805. Du Roi,2467. Du Pape ,
Métal qui imite l'or
2923
769
.
Microſcope par reflection
Mignard ( vie de Pierre )
Minerve ( Eglife de la )
Miffel de Chartres ,
970. 1393
1159. 1365
1391
2281
2582
Mines d'or en Calabre , 366. en Siberie ,
Miffiffipi ( longitude de l'embouchure du ) 1985
Modes
2311. 2624
Monnoye de Philippe Augufte & de S. Louis
( explication de la Legende d'une
Monftres marins
Mullberg ( Camp de )
9.2 Ö
2015
1437. 1641. 2057
2678 Cco nouvelle Edition de l' ).
Ode. La Raifon , 229. Sur la Fête des Ambaffadeurs
d'Efpagne , 702. 1086. La Poefie
861. Sur la Naiffance du Dauphin , 875 . 1935 .
1940. Du Palinod, 892.Polymnie, 1059. L'A
mour de la Patrie , 1074. La Beauté , 1263 .
Les Conquêtes de Villars, 1286. A la Princeffe
de Corsi, 1330. La Douceur, 1479 . A M. D. C.
1549
DES MATIERES.
1549. Anacreontique , 1553. Les Miracles ,
1752. Sur la Na flance au Duc d'Anjou ,2083.
2097. 2163. 2417. L'Amour deguilé , 2116.
Les Jardins de S. Martin , 2181 L'Enfer, 2331 .
La gloire des Saints, 2597. 2641. La Jeuneffe,
2628
524
Imitée du Cantique de Moyfe, 1.Du Vexilla,
715. Du Victima Pafchali , 847. D'Horace ,
447. 2623. D'Anacreon ,
Oldfield ( Miftris Anne ) Comédienne. Sa mort
& fon éloge,
2494
Orateurs ( fi la gloire des ) eft préferable à celle
des Poëtes ,
1773. 2382
Ortographe par principes 743. Projet pour per
fectionner l'Ortographe desLangues de l'Europe,
Oudart derivé d'Odon
Alinod ,
P.
1581
439
361
Prangurique de S.Sulpice , 266.de S. Jean Bap .
1395 de S. Louis , 2006. de S. Auguſtih, 2215
Paranimphes de Medecine , 2257
Perfe , 51. 376. 583. 699. 808. 1011. 1 © 25 .
1201. 220. 2496 .
Phenoméne celefte , 553. 1977. 2462. 2916.25 19
Phoſphores nouveaux ,
Pierres extraordinaires dans les reins
pereil lateral ,
Plomb Moulin pour faire des
2263 .
$ 2681
, 929. Ap-
1176. 1826
Tables de }
Poeme , le jeune Eléazar , 263. Traduit de Petrone
,
Poefies fpirituelles ,
Poetes voy. Orateurs.
1310. 1494
114
Poudre à Canon. Quand elle a été trouvée, 1954
Prince de Noifi ( le ) Comédie , 2482
du
Profeffion religieufe , s'il y faut le confentement
TABLE
'du Pere ;
Punique ( effai fur la langue , )
Pyrrhus , Opera ,
Q
Q
897
1800
2469
Ueftion , qu'elle eft la femme la plus malheureufe
, ou celle qui a un mari qu'elle
hait , & dont elle eft aimée ; ou celle qui a un
mari qu'elle aime & dont elle eft haie ,
Eflexions ,
R
Remedes chauds ( abus des )
Renaudot ( Eufebe )
Réputarices , explication de ce mot ,
Réunion forcée ( la ) , Comédie ,
Rhume ( regime contre le ) ,
429
"
1355. 2205. 2646
IIII
8454. 2652
709
1853
285
Rituel de Blois ,
2242
Roman Comique ( le ) en vers,
2761
Rondeau ,
2839
Routes du monde ( les ) Comedie , 1414
S
Sonnet au Roy ,
Songe ,
Soufleur réponſe du )
Stances ,
Ainte Ménéhould rebâtie
S.Sallufte (Traduction de )
Saluftii Opera.
Samfon Tragedie.
Sang ( changer dans le corps la diftribution du )
526.
Sciences ( cours des )
Sels , contenus dans l'air
Silphide , ( la ) Comedie ,
Sponde ( Henri de )
105
450
2044
2231
2115
2168
2232
.1147. 1961
1864
1149
103
2259
581. 794
Suivantes , ( les deux ) Comédie
Supplications de la Faculté de Théologie , 1465
T
DES MATIERES.
T
Able Reglemens pour la dépenfe de la) 2617
Tabicaux , 1184. 1682. 2299.2465
TA
Theatre des Grecs ,
Telémaque , Opera.
Jean de Jerufalem ,
1381
375. 779
Tenque ( Gérard ) Fondateur de l'Ordre de faint
Théiée , nouvelle décoration de )
Théfes fupprimées ,
2874
147
1056. 1057
Tibulle a connu le vrai caractere de l'Elégie ,
363.
Tourbillon de Montpellier , 295
Tourneli , mort d'Honoré ) 122
Tragédie en profe , ( la ) Comedie , 807. 1005
Tragédies Italiennes , Recueil de ) 967.968
Tremblement de terre , 1223. 1448. 1646. 2462 ·
Triomphe de l'Interêt , ( le , Comedie ,
Troy ( mort & éloge de François de )
24, 2
973
Turquie. Empereur dépofé , 2511. 2733. 2750
V
Albonnays ( mort & éloge de Jean - Pierre
de ›
Venceslas , Tragedie,
(
Vérole , petite ) de S. Cyr ,
976
2689
2840
Vers , Triomphe de Pallas , 461. Sur la mort
d'un Chien , 502 , à Gribouri , 679. Printems ,
905. Le Rhume à la mode , 1 100. Imitez des
Vers latins de la Monoye , 1109. Les Fléches
de l'Amour , 1119. Remerciment , 1132 Le
Bandeau , 1251. Au P. & à la P.de Conti, 1334.
Sur le rétabuiflement de la fanté de M . 1344 .
Pour Corinte , Chienne , 1554. Sur une Brulure
, 1570. Le Moucheron , 1718. A Mlie de
V. 1781 , Remerciment, 1786. A Madamoiſelle
Pafquier , 1787. L'homme , 1903. Avis à une
Demoiſelle de 12 ans, 1951.Le veritable amour
perdu , 2192. Cauſe de fa perte , 2193. Portrait
TABLE DES MATIERES.
trait de l'Amant , 2379. Portrait de la Maîtreffe
, 381. A Fontenelle , 2620.
Verfification n'eft pas peceffaire à la Tragedie
1173.
Vice , (le ) rend hommage à la vertu ,
Victor Amédée II. ( abdication de )
Vieilleffe extraordinaire ,
2075.
Vieux , village ,
2631
2078
171. 421. 598. 599.
7
1293
Vinci têtes de caractere & de charge de Leonard
de )
Vocations forcées , ( les ) Comédie ,
Voyage de baffe Normandie ,
Ꮓ
Z
Z Emine & Almanfor , Comédie ,
1818
557
1292
1407
Fin de la Table des Matieres.
A
GENERALE ,
de
l'année 1730.
Bfalon, Tragedie ,
Académie Françoiſe
-Des Sciences ,
-Des Belles Lettres ,
Des Jeux Floraux ,
De Pau ,
De Marſeille ,
A.
2:
1832
552.2252
366.763
. 2680
758.2680
179
167
1398
De
DES MATIERES.
De Montpellier ,
29-3
De Lisbonne ,
123
De Petersbourg ,
2054
De Peinture , 2017.2466
Acheron , comment fe doit prononcer , 1557
Acta Eruditorum 1795
Alcione , Opera ,
1188
Ame des Bêtes ,
752
Anevrifme mixte gueri ,
294
Angleterre ( Abregé de l'Histoire d' ) 1990
Anjou ( Naiffance du Duc d' ) 1900
Antiquitez , 463. 642. 1096. 1225. 1814
Arden , fignifie Forêt , 1.300
Ardennes , Abbaye , 1300
Arrêts d'Amour 950
Arquebufiers ( établiffement d'y 1560
Affemblée du Clergé , 1238
Avocats. Arrêt au fujet de leurs Confultations
2543
Autreau , fes Ouvrages ,
1.379
B.
Bacon ,
Acchus ( refte de la Fête de ) 2185
Baron , Eloge de François ) Conful en Syrie,
Baron , Comedien
Bafile ( OEuvres de S. )
Benoît XIII. ( Mort de )
1269. 1503-
15.97.2233
2010
592. 596.
Biblioteque des enfans , 1319. 1511. 1696. 1912.
2117. 2336. 255.4.
Bigarures calotines ,
Blainville. Village ,,
2770
2668
1307
Bouillons ( les ) nourriffent autant que les alimens
ordinaires ,
Bouquet , 47. 1730. 1972. 2315. 2364.
Bouquet du Roi ( le ) Opera Comique ,
Bregance ( Nobleffe du B. Barthelemi de )
Broderie
1175
2614.
2022.
2147
2265
Bruit
TABLE
Bruit extraordinaire entenda dans l'Air , 2304
Brutus, Tragedie ,
Budé , ( Guillaume )
Adran univerfel ,
C.
Canonifation de S. Fidel ,
Callifthene. Tragedie ,
Canons d'une nouvelle invention ,
2688.2925
343.734-
356
1039
370. 569
970
Cantate , injufte foupçon , 250. Le defefpoir
Amoureux , 425. L'Amant fidele & malheureux.
650. L'Ombre de Pétarque , 2202 .
Ariane & Thefée , 2551. Vertumne & Pomone
Caprice d'Erato
Carnaval & la Folie ( le ) Opera ,
2801
2273
1622
Carte des environs de Paris , 355. Generale &
Hiftorique de la Monarchie & du Militaire
de France > 2903
Caftel ( Mathématique univerfelle du P. ) 1973
Cataractes Criſtallines ,
IIOS
Cavalerie ( Ecole de ) 2250
Cazernes de Metz , 1035
Cerceau ( Mort & Eloge du P. Jean - Antoine
du ) 1962
Châffe de S. Aignan , 2920
Clavecin (Obfervation fur la Méthode d'Accompagnement
pour le ) 253. 489. 880. 1079 .
Clement XII. ( Election de )
College Royal ,
Commerce Litteraire neceffaire à la Botanique ,
Comete vûë en 1723. à la Chine ,
Conte. Les Serins , 635. Le Belier ,
Corneille ( Imitation de J. C. de )
Corneilles. Moyen de les détruire ,
Cornicula ( fignification de ,
Couleurs nouvellement inventées ,
Crifpin bel efprit , Comedie, 2687
1337. 1945
1649
2684
1174
1983
744
2917
557
1350
968
DES MATIERES.
Czar. Son Mariage , 172. Sa Mort ,
D.
DE
Eclaration fur la Conftitution
Délivrande , Village , -
Démocrite prétendu fou , Comedie ,
Diamans ( Mine de ) au Brefil ,
584
839
1301
991
124.
Divorce ( le ) Comedie , 807. 1003. L'Ile du
Divorce , Comedie , 2040
Docteur (ceremonie de la prife de Bonet de ) 1890
Duchefne ( le Livre des Antiquitez des Villes ,
Châteaux , &c . n'eft pas d'André ,
Ea
E.
340
Aux de Bourbon ( Analife des ) 5. Qualité
de l'Eau de vie , 868. 1721. 1732 2195. 2369
Egypte ( Trouble d' )
Elegies de l'Abbé le Blanc ,
Eloge des Grans hommes ,
682
2884
1969
Enigmes , 95. 331. 534. 733. 946. 1154. 1359 .
1572. 1791. 1988. 2211. 2419. 2650 2871 .
Leur Explication en Vers , 945. I154. 2650.
Epigramme , 940-1788 . 2834.
Epitalame ,
Epitaphe du Cardinal de Noailles , 121. D'Ælia ,
Lælia Crifpis expliquée, 1794. D'une Chienne,
471
2270
Epitre en Vers du P. A. J. 24. A Me de Chabrillant,
437 . A la Comteffe de B... , 1518. A l'Abbé
de , 1565. Retour d'un Voyage , 1739. à l'Evêque
de Grenoble , 2142
Effai de comparaifon entre la Déclamation & la
Poëfie Dramatique ( Remarques Critiques fur
1' ) 908 . Effais hebdomadaires , 1992
Eftampes , 551. 768. 1184. 1831. 2465. 2919
Etrennes ,
Eu (Hiftoire naturelle , civile & Ecclefiaftique
du Comté d' )
Evêques de Nortumberland ,
176
1541. 1742. 1952
1063
TABLE
F
Fable. Le Corbeau & le Pigeon 1538. Le Re- nard & l'Afne
Facardins ( les quatre )`
1967
1998
Fête pour le Dauphin. 49. 111. 155….159. 304.
378. 390. 586. 604. 702. 1007. 1012. 1202 .
1429. 1716. Pour le Duc d'Anjou 2088. De
Nemours 1457
Fiefs Remarques fur les Principes du Droit
François fur les )
Fierte ( Cerémonie de la )
35. 850 2399
Í 122 Flocel, fi c'eft un Saint de Normandie
1678
Foi & hommage rendu par le Duc de Loraine
Foire des Poëtes ( la ) Comedie ,
Aronne , Riviere ,
G
G Gelée extraordinaire
Glace , comment elle fe fond
Goute ( Remede pour la )
408
2033
I555
2838
301
554
Grammaire Françoiſe ( Principes generaux &
raifonnés de la )
Grammaire Hébraïque
2237
2677
Gregoire VII. ( Arrêt au fujet de la Legende de )
H
Aggi Calfah , Auteur moderne
621
360
Hinque de M. Gaulliere 238. de M. Cho
plet, 599.Des Peres Porée & la Sante, 654.Du
P. du Parc , 671. Au Prince de Conti , 1669.
1674.
Henriade ( la ) Poëme , 2878 Herrera ( Memoire fur deux Editions nouvelles
des Decades d'Antonio
de )
544 Hiſtoire des Hommes Illuftres dans la Républi- que des Lettres ( Mémoires
pour fervir à P' ),
339.1574.2225.2453
. 2652. Bifantine, ssa.
De
DES MATIERES.
I
De l'Eglife de France
I
754
Dille fur le Dauphin , 916. Les Defordres de
l'Amour dans l'Ile de la Sageffe , 92 5. A la
Marquife de , 1691 . Les Hirondelles , 2577
Jettons , 125
Jeu de l'Amour & du hazard ( le ) Comedie , 145 •
Imprimerie de Conſtantinople,
772
317
Incendie, 1027 . 1435.D'une Forêt de la Finlande,
Induſtrie , ( l' ) Prologue ,
Ino & Melicerte , Tragedie ,
Infecte particulier , 1551. Infectes d'Angleterre ,
Journal de Paris ,
Jouvenet ( vie de ) Peintre ,
2282
1402
127
1607
2616
1484
Jugement criminel ( forme finguliere de ) 2835
Ivraye ( Analife de l' )
Juvifi ( chemin , Pont & Fontaine de )
L
Anguedoc ( Hiftoire generale de )
29.9
1783
2425
Langues Orientales , ncceffairespour làconnoiffance
de l'Hiftoire , 759
Latin ( Méthode pour apprendre le ) 1185. 1816
Lecouvreur ( mort & éloge d'Adrienne ) 577.
1600. 2234
Lettre de l'Archevêque de Paris au Roi , 474 .
Réponſe ,487 A Milord fur Baron & Lecouvreur,
Lifou ( Batailles données à )
Lit de Juftice ,
f
1596
205
833
Logogryphe , 95. 328. 532. 733. 947. 1155 .
1359. 1573 1791. 1988. 2212. 2420. 2651 .
2871. Leur explication en Vers , 94. 531. 731 .
943. 945. 2650 ·
Lyon ( Hiftoire Litteraire de ) 2432.2662.
M.
TABLE
M
MAchine extraordinaire pour rejoindre une
voute d'Eglife ,
Madrigal , 285. 292. 1559. 1790 1976. 2399
Malade par complaitance ( le ) Comedie , 371
Maladies ( Méthode pour connoître toutes les )
2441. Il faut guerir l'efprit en même - tems
que le corps ,
Marſeille Sçavante ,
Martial d'Auvergne , Poëte
1 2602
1267
947
Mafiai , Palais des Rois de la premiere Race, 212
Maurice , Tragedie , 1856
Médailles qui font mention des Cohortes & Legions
de Caraufiùs , 503 . De François I. 1134.
1568. D'Attila, 1805. Du Roi,2467. Du Pape ,
Métal qui imite l'or
2923
769
.
Microſcope par reflection
Mignard ( vie de Pierre )
Minerve ( Eglife de la )
Miffel de Chartres ,
970. 1393
1159. 1365
1391
2281
2582
Mines d'or en Calabre , 366. en Siberie ,
Miffiffipi ( longitude de l'embouchure du ) 1985
Modes
2311. 2624
Monnoye de Philippe Augufte & de S. Louis
( explication de la Legende d'une
Monftres marins
Mullberg ( Camp de )
9.2 Ö
2015
1437. 1641. 2057
2678 Cco nouvelle Edition de l' ).
Ode. La Raifon , 229. Sur la Fête des Ambaffadeurs
d'Efpagne , 702. 1086. La Poefie
861. Sur la Naiffance du Dauphin , 875 . 1935 .
1940. Du Palinod, 892.Polymnie, 1059. L'A
mour de la Patrie , 1074. La Beauté , 1263 .
Les Conquêtes de Villars, 1286. A la Princeffe
de Corsi, 1330. La Douceur, 1479 . A M. D. C.
1549
DES MATIERES.
1549. Anacreontique , 1553. Les Miracles ,
1752. Sur la Na flance au Duc d'Anjou ,2083.
2097. 2163. 2417. L'Amour deguilé , 2116.
Les Jardins de S. Martin , 2181 L'Enfer, 2331 .
La gloire des Saints, 2597. 2641. La Jeuneffe,
2628
524
Imitée du Cantique de Moyfe, 1.Du Vexilla,
715. Du Victima Pafchali , 847. D'Horace ,
447. 2623. D'Anacreon ,
Oldfield ( Miftris Anne ) Comédienne. Sa mort
& fon éloge,
2494
Orateurs ( fi la gloire des ) eft préferable à celle
des Poëtes ,
1773. 2382
Ortographe par principes 743. Projet pour per
fectionner l'Ortographe desLangues de l'Europe,
Oudart derivé d'Odon
Alinod ,
P.
1581
439
361
Prangurique de S.Sulpice , 266.de S. Jean Bap .
1395 de S. Louis , 2006. de S. Auguſtih, 2215
Paranimphes de Medecine , 2257
Perfe , 51. 376. 583. 699. 808. 1011. 1 © 25 .
1201. 220. 2496 .
Phenoméne celefte , 553. 1977. 2462. 2916.25 19
Phoſphores nouveaux ,
Pierres extraordinaires dans les reins
pereil lateral ,
Plomb Moulin pour faire des
2263 .
$ 2681
, 929. Ap-
1176. 1826
Tables de }
Poeme , le jeune Eléazar , 263. Traduit de Petrone
,
Poefies fpirituelles ,
Poetes voy. Orateurs.
1310. 1494
114
Poudre à Canon. Quand elle a été trouvée, 1954
Prince de Noifi ( le ) Comédie , 2482
du
Profeffion religieufe , s'il y faut le confentement
TABLE
'du Pere ;
Punique ( effai fur la langue , )
Pyrrhus , Opera ,
Q
Q
897
1800
2469
Ueftion , qu'elle eft la femme la plus malheureufe
, ou celle qui a un mari qu'elle
hait , & dont elle eft aimée ; ou celle qui a un
mari qu'elle aime & dont elle eft haie ,
Eflexions ,
R
Remedes chauds ( abus des )
Renaudot ( Eufebe )
Réputarices , explication de ce mot ,
Réunion forcée ( la ) , Comédie ,
Rhume ( regime contre le ) ,
429
"
1355. 2205. 2646
IIII
8454. 2652
709
1853
285
Rituel de Blois ,
2242
Roman Comique ( le ) en vers,
2761
Rondeau ,
2839
Routes du monde ( les ) Comedie , 1414
S
Sonnet au Roy ,
Songe ,
Soufleur réponſe du )
Stances ,
Ainte Ménéhould rebâtie
S.Sallufte (Traduction de )
Saluftii Opera.
Samfon Tragedie.
Sang ( changer dans le corps la diftribution du )
526.
Sciences ( cours des )
Sels , contenus dans l'air
Silphide , ( la ) Comedie ,
Sponde ( Henri de )
105
450
2044
2231
2115
2168
2232
.1147. 1961
1864
1149
103
2259
581. 794
Suivantes , ( les deux ) Comédie
Supplications de la Faculté de Théologie , 1465
T
DES MATIERES.
T
Able Reglemens pour la dépenfe de la) 2617
Tabicaux , 1184. 1682. 2299.2465
TA
Theatre des Grecs ,
Telémaque , Opera.
Jean de Jerufalem ,
1381
375. 779
Tenque ( Gérard ) Fondateur de l'Ordre de faint
Théiée , nouvelle décoration de )
Théfes fupprimées ,
2874
147
1056. 1057
Tibulle a connu le vrai caractere de l'Elégie ,
363.
Tourbillon de Montpellier , 295
Tourneli , mort d'Honoré ) 122
Tragédie en profe , ( la ) Comedie , 807. 1005
Tragédies Italiennes , Recueil de ) 967.968
Tremblement de terre , 1223. 1448. 1646. 2462 ·
Triomphe de l'Interêt , ( le , Comedie ,
Troy ( mort & éloge de François de )
24, 2
973
Turquie. Empereur dépofé , 2511. 2733. 2750
V
Albonnays ( mort & éloge de Jean - Pierre
de ›
Venceslas , Tragedie,
(
Vérole , petite ) de S. Cyr ,
976
2689
2840
Vers , Triomphe de Pallas , 461. Sur la mort
d'un Chien , 502 , à Gribouri , 679. Printems ,
905. Le Rhume à la mode , 1 100. Imitez des
Vers latins de la Monoye , 1109. Les Fléches
de l'Amour , 1119. Remerciment , 1132 Le
Bandeau , 1251. Au P. & à la P.de Conti, 1334.
Sur le rétabuiflement de la fanté de M . 1344 .
Pour Corinte , Chienne , 1554. Sur une Brulure
, 1570. Le Moucheron , 1718. A Mlie de
V. 1781 , Remerciment, 1786. A Madamoiſelle
Pafquier , 1787. L'homme , 1903. Avis à une
Demoiſelle de 12 ans, 1951.Le veritable amour
perdu , 2192. Cauſe de fa perte , 2193. Portrait
TABLE DES MATIERES.
trait de l'Amant , 2379. Portrait de la Maîtreffe
, 381. A Fontenelle , 2620.
Verfification n'eft pas peceffaire à la Tragedie
1173.
Vice , (le ) rend hommage à la vertu ,
Victor Amédée II. ( abdication de )
Vieilleffe extraordinaire ,
2075.
Vieux , village ,
2631
2078
171. 421. 598. 599.
7
1293
Vinci têtes de caractere & de charge de Leonard
de )
Vocations forcées , ( les ) Comédie ,
Voyage de baffe Normandie ,
Ꮓ
Z
Z Emine & Almanfor , Comédie ,
1818
557
1292
1407
Fin de la Table des Matieres.
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Résumé : TABLE GENERALE, de l'année 1730.
Le document est une table des matières d'une publication de l'année 1730, répertoriant divers sujets et œuvres littéraires, scientifiques et historiques. Parmi les œuvres littéraires notables, on trouve des tragédies telles que 'Brutus' et 'Venceslas', ainsi que des comédies comme 'Le Prince de Noisi' et 'Les Routes du monde'. Des poèmes et des odes sont également mentionnés. Les sujets historiques incluent 'Histoire des Hommes Illustres' et des références à des figures historiques comme l'œuvre 'Henriade' de Voltaire. Des traductions de textes anciens sont également présentes. Les œuvres scientifiques listées comprennent 'Microscope par réflexion' et 'Métal qui imite l'or'. Des événements et phénomènes naturels sont également répertoriés, tels que 'Tremblement de terre' et 'Gelée extraordinaire'. Enfin, des sujets médicaux et des remèdes sont inclus, comme 'Méthode pour connaître toutes les maladies' et 'Régime contre le rhume'. Cette table des matières offre un aperçu des divers domaines de connaissance et des œuvres littéraires et scientifiques de l'époque.
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5826
s. p.
TABLE.
Début :
Piéces fugitives. Le Roman comique, Poëme, &c. 2764 [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABL E.
léces fugitives . Le Roman comique , Poëme ,
Pléces
&c .
2764
2773
Suite de la feptiéme Lettre , fur la Bibliotheque
des Enfans , &c.
Vertumne & Pomene , Cantate , 2801
Relation d'un Phénoméne extraordinaire, arrivé
à fept lieues d'icy ,
Epigrammes ,
2804
2834
Lettre de Laufanne , au fujet d'une forme fingu
liere de Jugement criminel , & fur un Phénoméne
arrivé au mois d'Oct. dern .
2835
2839
Lettre fur la petite Vérole,dont les Religieufes &
Rondeau ,
les Demoifelles de S.Cyr ont été affligées , 1840
Enigme. Logogryphes , 2871
Nouvelles Litteraires , &c. 2873
Hiftoire du B. H. Gérard Tenque ,
2874
Airs férieux & à boire , & c. 2876
Le Calendrier chronologique & hiftorique , & c.
2877
La Henriade , nouvelle édition. Poëme, 2878
Elegies de M. L. B. C. avec un Difcours fur ce
genre de Poefie, & quelques autres Piéces , &c.
2887
Nouvelles Poëfies fpirituelles & morales , fur les
plus beaux Airs , &c.
Defcription abregée de la Carte generale & hiftorique
de la Monarchie & du Militaire de
France , &c.
Phénomene , &c.
Imitation de J. C. &c.
Roman Comique en Eftampe ,
2901
2903
2916
2917
2919
2920 Châffe d'argent de S. Aignan ,
Médaille du Pape , gravée en taille doucè , 2923
؟
Spec
2925
2936
Spectacles , Tragedie de Brutus , Extrait ,
L'Opera de Phaéton , Décorations ,
Nouvelles étrangeres , extraites de plufieurs Lettres
de Conftantinople , fur la révolution , &c.
De Ruffie , de Pologne ,
Suede , Dannemarc ,
Allemagne ,
Italie ,
2942
2957
2959
2960
1961
Efpagne , Grande Bretagne >
2963
Morts des Pays Etrangers 2965
France. Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.2966
Morts , Naiffances ,
ibid.
léces fugitives . Le Roman comique , Poëme ,
Pléces
&c .
2764
2773
Suite de la feptiéme Lettre , fur la Bibliotheque
des Enfans , &c.
Vertumne & Pomene , Cantate , 2801
Relation d'un Phénoméne extraordinaire, arrivé
à fept lieues d'icy ,
Epigrammes ,
2804
2834
Lettre de Laufanne , au fujet d'une forme fingu
liere de Jugement criminel , & fur un Phénoméne
arrivé au mois d'Oct. dern .
2835
2839
Lettre fur la petite Vérole,dont les Religieufes &
Rondeau ,
les Demoifelles de S.Cyr ont été affligées , 1840
Enigme. Logogryphes , 2871
Nouvelles Litteraires , &c. 2873
Hiftoire du B. H. Gérard Tenque ,
2874
Airs férieux & à boire , & c. 2876
Le Calendrier chronologique & hiftorique , & c.
2877
La Henriade , nouvelle édition. Poëme, 2878
Elegies de M. L. B. C. avec un Difcours fur ce
genre de Poefie, & quelques autres Piéces , &c.
2887
Nouvelles Poëfies fpirituelles & morales , fur les
plus beaux Airs , &c.
Defcription abregée de la Carte generale & hiftorique
de la Monarchie & du Militaire de
France , &c.
Phénomene , &c.
Imitation de J. C. &c.
Roman Comique en Eftampe ,
2901
2903
2916
2917
2919
2920 Châffe d'argent de S. Aignan ,
Médaille du Pape , gravée en taille doucè , 2923
؟
Spec
2925
2936
Spectacles , Tragedie de Brutus , Extrait ,
L'Opera de Phaéton , Décorations ,
Nouvelles étrangeres , extraites de plufieurs Lettres
de Conftantinople , fur la révolution , &c.
De Ruffie , de Pologne ,
Suede , Dannemarc ,
Allemagne ,
Italie ,
2942
2957
2959
2960
1961
Efpagne , Grande Bretagne >
2963
Morts des Pays Etrangers 2965
France. Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.2966
Morts , Naiffances ,
ibid.
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Résumé : TABLE.
Le document présente une liste de publications et d'événements divers. Il inclut des œuvres littéraires telles que 'Le Roman comique' et 'La Henriade', ainsi que des poèmes et des cantates comme 'Vertumne & Pomone'. On y trouve également des lettres et des relations sur des phénomènes extraordinaires, des épigrammes, et des lettres sur des sujets variés comme la variole et des formes singulières de jugement criminel. Le document mentionne des œuvres spirituelles et morales, des descriptions de cartes, et des imitations littéraires. Parmi les objets notables, figurent des médailles et des gravures. Il relate aussi des spectacles, des tragédies, des opéras, et des nouvelles étrangères provenant de diverses régions comme Constantinople, la Pologne, la Suède, le Danemark, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, et la Grande-Bretagne. Le document se termine par des annonces de décès et de naissances en France et à l'étranger.
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5827
s. p.
« La Médaille gravée doit regarder la page 2923. [...] »
Début :
La Médaille gravée doit regarder la page 2923. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Médaille gravée doit regarder la page 2923. [...] »
La Médaille gravée doit regarder la page 2923.
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5828
s. p.
Errata du premier volume de Decembre.
Début :
Page 2620. lig. 7. Paperbroch, lisez Bollandus. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata du premier volume de Decembre.
Page 2620. lig. 7. Paperbroch, lisez Bollandus.
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5829
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 2792. ligne 25. les, ôtez ce mot. Pag. 2809. l. 17 dans, lisez de. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fantes à corriger dans ce Livre.
PAge 2792. ligne 25. les , ôtez ce mos.
Pag. 2809. 1. 17 dans , lifez de.
P. 28 17. 1. 26. il feroit , lif. il fe fercit.
P. 284. 1. 11. effrayer le , f. effrayer par le.
P. 2853. 1. 20. entiere , lif. en tierce.
P. 2877. I. 21. année , ôtez ce mot.
P. 2882. 1. 8. ces aftres , tif. cet aſtre.
P. 2919. 1. 23. Rabotin , lif. Ragotin.
Ibid. 1. 26. 4. du mois de Janvier , lif. le 14 du
mois dernier.
P. 2910. l. 12. Meiffonniere , lif. Meiffonnier
PAge 2792. ligne 25. les , ôtez ce mos.
Pag. 2809. 1. 17 dans , lifez de.
P. 28 17. 1. 26. il feroit , lif. il fe fercit.
P. 284. 1. 11. effrayer le , f. effrayer par le.
P. 2853. 1. 20. entiere , lif. en tierce.
P. 2877. I. 21. année , ôtez ce mot.
P. 2882. 1. 8. ces aftres , tif. cet aſtre.
P. 2919. 1. 23. Rabotin , lif. Ragotin.
Ibid. 1. 26. 4. du mois de Janvier , lif. le 14 du
mois dernier.
P. 2910. l. 12. Meiffonniere , lif. Meiffonnier
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5830
s. p.
PRIVILEGE DU ROY.
Début :
LOUIS, par la grace de Dieu, Roi de France & [...]
Mots clefs :
France, Brevet, Chevalier, Avenir, Ordre militaire de Saint Louis, Ouvrage, Lettres de Privilège, Examinateur , Obéissance, Exemplaires
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texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROY.
LIBRABYRIVILEGE
$
35165
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
1005
-
DU RO r.
•
>
LOUTS ,par la race de Dieu , Roi de France & de Navarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maitres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand - Confeil
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & autres
nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra, SA--
LUT : l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE
FRANCE , Cy devant appellé le Mercure Galant
compofé depuis l'année 1672. par le fieur de Vifé , &
autres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne convient
pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou
vrage auffi utile qu'a réable , tant à nos fujets qu'aux
étrangers ; c'eft dans cette vûë que bien informé des
talens , & de la fageffe du fieur ANTOINE DE LA ROQUE ,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des
Gendarmes de notre Garde ordinaire , & Chevalier
de nôtre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choisi pour compoſer à l'avenir exclufivement à tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE
FRANCE , & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
Brevet le 17. Octobre dernier , pour l'execution du.
quel ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de
lui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceffai.
res :A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Prefentes de
compofer & donner au Public à l'avenir tous les mois ,
à lui feul exclufivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge ,
caractere , conjointement , ou ſeparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, & ce
pendant le temps de douze années confecutives , à
compter du jour de la datze des Prefentes ; à condi
tion neanmoins que chaque volume portera fon Approbation
expreffè de l'Examinateur , qui aura été com.
9
9
9
mis à cet effet. Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitéz & conditions qu'elles
foient , d'en introduire d'inpreilions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéi fance , comme auffi à tous
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres d'inprimer
, faireimprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tout
ou en parce , ni d'en faire aucun Extrait , fous quel
que prétexte que ce foit , d'augmenta ion corrections
, changement de titre , ou autrement fans la
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou de
ceux qui auront droit de lui ; le tout à peine de confifcation
des exemplaires contrefaits , de 6000. livres
d'amende , payables fans déport par chacun des contrevenans
, dont un ciers à Nous , un tiers à l'Hôtel-
Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceux
q i auront droit de lui , & de tous dépens ,
dommages
& interefts ; à la charge que ces Prefentes feront
enregistrées tout au long fur le Regiftre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impretion
de ce Livre fera faite dans notre Royaume , & non
ailleurs , en fin papier , & en beau caractere , conformément
aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manufcrit ou imprimé qui
aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fora
remis dans le même état où les Approbacions y au❤
ront été données , ès mains de nôtre très-cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLEURIAU D'ARM NON VILLA, Commandeur de nos
ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai.
res de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de notredit très- cher & feal Chevalier , Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu deſquelles Vous enjoignons de
faire jouir ledit Expofant , ou fes ayans caufe pleinement
& paifiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait
aucuns troubles & empêche nens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donnez cy -devant à d'autres
qu'audit Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commence nent ou
à la fin dudit Livre foit tenue pour dúëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez
& Feaux Confeillers. Secretaires, foy ſoit ajoûtée, &c.
$
35165
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
1005
-
DU RO r.
•
>
LOUTS ,par la race de Dieu , Roi de France & de Navarre à nos Amez & Feaux Confeillers , les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maitres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand - Confeil
Baillifs , Senéchaux , leurs Lieutenans Civils , & autres
nos Officiers & Jufticiers qu'il appartiendra, SA--
LUT : l'applaudiffement que reçoit le MERCURE DE
FRANCE , Cy devant appellé le Mercure Galant
compofé depuis l'année 1672. par le fieur de Vifé , &
autres Auteurs , nous fait croire que le fieur Dufreni
Titulaire du dernier Brevet étant decedé , il ne convient
pas que le Public foit à l'avenir privé d'un ou
vrage auffi utile qu'a réable , tant à nos fujets qu'aux
étrangers ; c'eft dans cette vûë que bien informé des
talens , & de la fageffe du fieur ANTOINE DE LA ROQUE ,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie des
Gendarmes de notre Garde ordinaire , & Chevalier
de nôtre Ordre Militaire de Saint Louis ; nous l'avons
choisi pour compoſer à l'avenir exclufivement à tout
autre ledit Ouvrage , fous le titre de MERCURE DE
FRANCE , & nous lui en avons à cet effet accordé nôtre
Brevet le 17. Octobre dernier , pour l'execution du.
quel ledit fieur de la Roque nous a fait fupplier de
lui accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceffai.
res :A CES CAUSES , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Prefentes de
compofer & donner au Public à l'avenir tous les mois ,
à lui feul exclufivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge ,
caractere , conjointement , ou ſeparement , & autant
de fois que bon lui femblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, & ce
pendant le temps de douze années confecutives , à
compter du jour de la datze des Prefentes ; à condi
tion neanmoins que chaque volume portera fon Approbation
expreffè de l'Examinateur , qui aura été com.
9
9
9
mis à cet effet. Faifons défenfes à toutes fortes de
perfonnes , de quelques qualitéz & conditions qu'elles
foient , d'en introduire d'inpreilions étrangeres dans
aucun lieu de nôtre obéi fance , comme auffi à tous
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres d'inprimer
, faireimprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en tout
ou en parce , ni d'en faire aucun Extrait , fous quel
que prétexte que ce foit , d'augmenta ion corrections
, changement de titre , ou autrement fans la
permiffion expreffe & par écrit de l'Expofant , ou de
ceux qui auront droit de lui ; le tout à peine de confifcation
des exemplaires contrefaits , de 6000. livres
d'amende , payables fans déport par chacun des contrevenans
, dont un ciers à Nous , un tiers à l'Hôtel-
Dieu de Paris , l'autre tiers à l'Expofant , ou à ceux
q i auront droit de lui , & de tous dépens ,
dommages
& interefts ; à la charge que ces Prefentes feront
enregistrées tout au long fur le Regiftre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris , & ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impretion
de ce Livre fera faite dans notre Royaume , & non
ailleurs , en fin papier , & en beau caractere , conformément
aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'expofer en vente , le manufcrit ou imprimé qui
aura fervi de copie à l'impreflion dudit Livre fora
remis dans le même état où les Approbacions y au❤
ront été données , ès mains de nôtre très-cher &
Feal Chevalier , Garde des Sceaux de France , le
fieur FLEURIAU D'ARM NON VILLA, Commandeur de nos
ordres , & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplai.
res de chacun dans nôtre Bibliotheque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans
celle de notredit très- cher & feal Chevalier , Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Prefentes , du contenu deſquelles Vous enjoignons de
faire jouir ledit Expofant , ou fes ayans caufe pleinement
& paifiblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait
aucuns troubles & empêche nens , & à cet effet nous
avons revoqué & revoquons tous autres Privileges
qui pourroient avoir été donnez cy -devant à d'autres
qu'audit Expofant ; Voulons que la copie des Prefentes
qui fera imprimée tout au long au commence nent ou
à la fin dudit Livre foit tenue pour dúëment fignifiée ,
& qu'aux copies collationnées par l'un de nos Amez
& Feaux Confeillers. Secretaires, foy ſoit ajoûtée, &c.
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Résumé : PRIVILEGE DU ROY.
Le document est un privilège royal émanant du roi de France et de Navarre, accordant la publication exclusive du 'Mercure de France'. Le roi reconnaît la valeur de cet ouvrage, initialement composé par le sieur de Visé et d'autres auteurs depuis 1672. À la suite du décès du titulaire du dernier brevet, le roi désigne le sieur Antoine de La Roque, écuyer et chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Louis, pour composer et publier le 'Mercure de France'. Ce privilège accorde à La Roque le droit exclusif de composer et de publier cet ouvrage mensuellement pour une durée de douze années consécutives. Chaque volume doit obtenir l'approbation expresse de l'examinateur. Le document interdit à toute personne d'imprimer, vendre ou contrefaire le livre sans autorisation, sous peine de confiscation et d'amende. Le privilège doit être enregistré auprès de la communauté des libraires et imprimeurs de Paris, et l'impression doit se faire dans le royaume, en respectant les règlements de la librairie. Deux exemplaires de chaque volume doivent être remis à la bibliothèque publique, au château du Louvre, et au Garde des Sceaux de France.
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5831
s. p.
CATALOGUE des Mercures de France, depuis l'année 1721. jusqu'à present.
Début :
JUin et Juillet 1721. 2. vol. Août, Septembre, Octobre, Novembre [...]
Mots clefs :
Catalogue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CATALOGUE des Mercures de France, depuis l'année 1721. jusqu'à present.
CATALOGUE des Mercures de France,
depuis l'année 1721. jusqu'à present .
Uin et Juillet 1721 .
Août , Septembre , Cctobre, Novembre
2. vol.
et Decembre , 5. vol,
Janvier et Fevrier 1722 . 2. vol.
Mars 1723. 2. vol.
Avril , 1. vol.
May ,
Juin , Juillet & Août ,
2. vol.
Septembre ,
3. vol,
2. vol.
Octobre ,
Novembre ,
1. vol.
Decembre ,
2. vol.
Année 1723
Année 1724. les mois de Juin & de Decembre
doubles ,
Année 1725. les mois de Juin , Septembre
& Decembre doubles ,
le mois de Decembre double,
I. vol.
13. vol.
14. vol.
de
15. vol. 'Année 1726. les mois de Juin & de Decembre
doubles ,
14. vol.
Année 1727. les mois de Juin et de Decembre
doubles ,
Année 1728. les mois de Juin et de De-
14. vol.
cembre doubles ,
Année 1729. les mois de Juin , de Sep-
14. vol.
tembre et Decembre doubles , Is. vol. Année 1730. les mois de Juin et de Decembre
doubles , 14 vol.
Janvier 1731 .
1. vol,
137. vol.
depuis l'année 1721. jusqu'à present .
Uin et Juillet 1721 .
Août , Septembre , Cctobre, Novembre
2. vol.
et Decembre , 5. vol,
Janvier et Fevrier 1722 . 2. vol.
Mars 1723. 2. vol.
Avril , 1. vol.
May ,
Juin , Juillet & Août ,
2. vol.
Septembre ,
3. vol,
2. vol.
Octobre ,
Novembre ,
1. vol.
Decembre ,
2. vol.
Année 1723
Année 1724. les mois de Juin & de Decembre
doubles ,
Année 1725. les mois de Juin , Septembre
& Decembre doubles ,
le mois de Decembre double,
I. vol.
13. vol.
14. vol.
de
15. vol. 'Année 1726. les mois de Juin & de Decembre
doubles ,
14. vol.
Année 1727. les mois de Juin et de Decembre
doubles ,
Année 1728. les mois de Juin et de De-
14. vol.
cembre doubles ,
Année 1729. les mois de Juin , de Sep-
14. vol.
tembre et Decembre doubles , Is. vol. Année 1730. les mois de Juin et de Decembre
doubles , 14 vol.
Janvier 1731 .
1. vol,
137. vol.
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Résumé : CATALOGUE des Mercures de France, depuis l'année 1721. jusqu'à present.
Le catalogue des Mercures de France de 1721 à 1731 détaille la périodicité et le nombre de volumes publiés chaque mois et chaque année. En 1721, les publications couvrent juin à décembre. En 1722 et 1723, les publications sont régulières avec des variations mensuelles. De 1724 à 1730, certains mois sont doubles. En 1731, seul janvier est mentionné.
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5832
s. p.
LISTE DES LIBRAIRES qui debitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
Début :
A Toulouse, chez Enaut & Forest. Bordeaux, chez Raymond Labottiere [...]
Mots clefs :
Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE DES LIBRAIRES qui debitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
LISTE DES LIBRAIRES
qui debitent le Mercure dans les
Provinces du Royaume , &c.
A Toulouſe , chez Enaut & Foreſt .
Bordeaux , chez Raymond Labottiere , chez
Etienne Labottiere , & chez Chapui , fils ,
au Palais , & à la Pofte.
Nantes , chez Julien Maillard , & chez du
Verger.
Rennes , chez Jofeph ' Vattar , Julien Vatar ,
Guillaume Vatar , Jouanet Vatar & la veuve
Garnier.
Blois , chez Mafſſon .
Tours , chez Gripon , & chez Maffon.
Rouen , chez Herault.
Châlons-fur - Marne , chez Seneuze
Amiens , chez la veuve François , Godard &
Redé le fils.
Arras , chez C. Duchamp.
Orleans , chez Rouzeaux.
Angers , chez Fourreau & à la Pofte.
Chartres , chez Fetil , & chez J. Roux .
Dijon , chez la veuve Armil , & à la Pofte.
Verſailles , chez Pigeon .
Befançon , chez Charmet & à la Pofte.
Saint Germain , chez Doré.
Lyon , à la Pofte.
Reims , chez Godard.
A Vitry- le-François , chez Vitalis.
Beauvais , chez De Saint.
Douay , chez Willerval.
Charleville , chez P. Thefin.
qui debitent le Mercure dans les
Provinces du Royaume , &c.
A Toulouſe , chez Enaut & Foreſt .
Bordeaux , chez Raymond Labottiere , chez
Etienne Labottiere , & chez Chapui , fils ,
au Palais , & à la Pofte.
Nantes , chez Julien Maillard , & chez du
Verger.
Rennes , chez Jofeph ' Vattar , Julien Vatar ,
Guillaume Vatar , Jouanet Vatar & la veuve
Garnier.
Blois , chez Mafſſon .
Tours , chez Gripon , & chez Maffon.
Rouen , chez Herault.
Châlons-fur - Marne , chez Seneuze
Amiens , chez la veuve François , Godard &
Redé le fils.
Arras , chez C. Duchamp.
Orleans , chez Rouzeaux.
Angers , chez Fourreau & à la Pofte.
Chartres , chez Fetil , & chez J. Roux .
Dijon , chez la veuve Armil , & à la Pofte.
Verſailles , chez Pigeon .
Befançon , chez Charmet & à la Pofte.
Saint Germain , chez Doré.
Lyon , à la Pofte.
Reims , chez Godard.
A Vitry- le-François , chez Vitalis.
Beauvais , chez De Saint.
Douay , chez Willerval.
Charleville , chez P. Thefin.
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Résumé : LISTE DES LIBRAIRES qui debitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
Le document énumère les libraires distribuant le Mercure dans diverses provinces du Royaume. Les villes mentionnées incluent Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes, Blois, Tours, Rouen, Châlons-sur-Marne, Amiens, Arras, Orléans, Angers, Chartres, Dijon, Versailles, Besançon, Saint-Germain, Lyon, Reims, Vitry-le-François, Beauvais, Douai et Charleville.
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5833
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
Voici le cent trente-septiéme Volume du Mercure de France [...]
Mots clefs :
Public, Lecteurs, Livre, Ouvrage, Marchands
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texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
Voici le cent trente- septième Volume du
Mercure de France , que nous avons
l'honneur de présenter au Public , depuis le
mois de fuin 1721. que nous y travaillons ,
sans que ce Livre ait souffert aucune interruption
, ayant toujours paru régulierement
au tems marqué , et quelquefois même avec
des Supplémens , selon l'exigence des cas ,
de quoi nos Lecteurs ne se sont pas plaint.
Nous
redoublerons nos soins et notre application
,» pour que la lecture du Mercure soit
desarmais encore plus utile et plus amusante.
Nous sommes cependant bien éloignez du
nombre des Mercures de la composition defen
M. de Visé , qui jusques et compris le mois de
May 1710. tems de sa mort , en avoit fait
paroître 483. Volumes , lesquels sont aujour→
d'hui fort recherchez pour quantité de faits
historiques qu'on ne trouve que dans cet Ouvrage
, et dont il n'y a peut être pas de collection
parfaitement complette , si ce n'est
celle qui est à la Bibliotheque du Roi,
il ne manque pas un seul Volume de toute
la suite des Mercures depuis les premiers
que M.de Visé fit paroître jusqu'aujourd'hui.
ой
En remerciant nos Lecteurs du cas qu'ils
daignent faire de ce Livre , nous leur demandons
AVERTISSEMENT
.
mandons toujours quelque indulgence pour
les endroits qui paroîtront négligez et dont
la diction n'est pas assez ehatiée . Le Lecteur
judicieux fera , s'il lui plaît , reflexion
que dans un Ouvrage tel que celui - cy , il est
trés aisé de manquer , même dans les choses
les plus communes , dont chacune en parti
culier est facile , mais qui ramassées , font
une multiplicité si grande , qu'il est bien
malaisé de donner à toutes la même attention
, quelque soin qu'on y apporte ; sur tout
quand une collection est faite en aussi
de tems. Une chose qui paroît un peu
juste , c'est qu'on nous reproche assez souvent
des inattentions , et qu'on ne nous sçache aucun
gré des corrections sans nombre qu'on
fait et des fautes qu'on évite .
pen
in-
Nous faisons de la part du Public de
nouvelles instances aux Libraires qui en- .
voyent des Livres pour les annoncer dans
le Mercure , d'en marquer le prix au juste ;
cela sert beaucoup dans les Provinces aux
personnes qui se déterminent là-dessus à les
acheter, et qui ne sont pas sûrs de l'exactitude
des Messagers et des autres personnes
qu'elles chargent de leurs commissions , qui
souvent les font surpayer,
On invite ici les Marchands et les Onvriers
qui ont quelques nouvelles Modes ,
soitpar des Etoffes nouvelles , Habits Ajustemens
, Perruques , Coëffures , Ornemens de
A iiij tête
AVERTISSEMENT.
que gête et autres parures , ainsi de meubles,
Carosses , Chaises et autres choses , soit pour
P'utilité , soit pour l'agrément , d'en donner
quelques Memoires pour en avertir le Public
, ce qui pourrafaire plaisir à divers Particuliers,
et procurer un débit avantageux
aux Marchans et aux Ouvriers.
Plusieurs Pieces en Prose et en Vers ,
envoyées pour le Mercure , sont souvent si
mal écrites qu'on ne peut les déchifrer , et
elles sont pour cela rejettées ; d'autres sont
bonnes à quelques égards , et défectueuses en
d'autres ; lorsquelles peuvent en valoir la peine
, nous les retouchons avec soin ; mais comme
nous ne prenons ce parti qu'avec peine ,
nous prions les Auteurs de ne le pas trouver
mauvais , et de travailler leurs Ouvrages
avec le plus d'attention qu'il leur sera possible.
Si on sçavoit leur addresse , on leur
indiqueroit les défectuositez et les corrections
à faire.
Les Sçavans et les Curieux sont priez de
vouloir concourir avec nous pour rendre ce
Livre encore plus utile et plus agréable , en
nous communiquant les Memoires et les Pieces
en Prose et en Vers , qui peuvent instruire
et amuser. Aucun point de Litterature
n'est exclus de ce Recueil , où l'on tâche de
mettre une agréable varieté , Poësies , Elaquence
, nouvelles Découvertes dans les Arts
et dans les Sciences , Morale , Antiquités ,
HisAVERTISSEMENT.
Histoire sacrée et profane , Historiette , Mythologie
, Physique et Métaphysique , Pieces
de Théatre, Jurisprudence, Anatomie et Médecine
, Critique, Mathématique, Mémoires,
Projets , Traductions , Grammaire , Pieces
amusantes et récréatives , etc. Quand les
morceaux d'une certaine considération seront
trop longs , on les placera dans un Volume
extraordinaire , on fera ensorte qu'on puisse
les en détacherfacilement , pour la satisfaction
des Auteurs et des personnes qui ne
veulent avoir que certaines Pieces.
Quelques morceaux de Prose et de Vers
rejeitez par bonnes raisons , ont souvent donné
lieu à des plaintes de la part des per
sonnes interessées ; mais nous les prions de
considerer que c'est toujours malgré nous que
certaines Pieces sont rebutées ; nous ne nous
en rapportons pas toujours à notre seul ju
gement dans le choix que nous faisons de
eelles qui méritent l'impression.
Quoiqu'on ait toujours la précaution de
faire mettre un Avis à la tête de chaque
Mercure ,pour avertir qu'on ne recevra point
de Lettres ni Paquets par la Postel dont le
port ne soit affranchi , il en vient cependant
quelquefois qu'on est obligé de rebuter. Ceux
qui n'auront pas pris cette précaution ne doi
vent pas être surpris de ne pas voir paroî
tre les Pieces qu'ils ont envoyées .
Les personnes qui désirent avoir le Mer
A v Curc
AVERTISSEMENT.
cure des premiers , soit dans les Provinces on
dans les Pais Etrangers , n'auront qu'à s'addresser
à M. Moreau , Commis au Mercure,
vis-à- vis la Comedie Françoise , à Paris ,
qui le leur envoyera par la voye la plus convenable
, et avant qu'il soit en vente ici. Les
amis à qui on s'adresse pour cela ne sont
ordinairement fort exacts ; ils n'envoyent
gueres acheter ce Livre précisément dans le
tems qu'il paroît; ils ne manquent pas de lo
Lire , souvent ils le prêtent à d'autres , et ne
l'envoyent que fort tard , sous le prétexte specieux
que le Mercure n'a pas paru plutôt.
pas
Nous renouvellons la priere que nous avons
déja faite , quand on envoye des Pieces , soit
en Vers , soit en Prose , de les faire transcrire
lisiblement sur des papiers séparez , et
d'unegrandeur raisonnable avec des marges,
et que les noms propres , sur tout , soient exactement
écrits.
Nous aurons toujours les mêmes égards
pour les Auteurs qui ne veulent pas se faire
connoître ; mais il seroit bon qu'ils donnassènt
une adresse , sur tout quand il s'agit de
quelque Ouvrage qui peut demander des
éclaircissemens ; car souvent faute d'un tel secours
, des Pieces nous demeurent entre les:
mains , sans pouvoir les faire paroître.
Nous prions ceux qui par le moyen de leurs
correspondances reçoivent des nouvelles d'Affrique
du Levant , de Perse , de Tartarie
dia
G
AVERTISSEMENT.
les
du Japon , de la Chine , des Indes Orientales
et Occidentales et d'autres Pays et Contrées
éloignées , de vouloir nous en faire part
à l'adresse generale du Mercure. Ces nouvelles
peuvent rouler sur les guerres présentes
des Etats voisins , leurs Révolutions ,
Traite de Paix ou de Tréve , les оссира-
tions des Souverains , la Religion des Peuples
,leurs Ceremonies , Coûtumes et Usages,
les Phénomenes et les productions de la Nature
et de l'Art , etc. comme Pierres figurées ,
Marcassites rares , Pétrifications et Christalisations
extraordinaires , Coquillages , etc.
Nous serons plus attentifs que jamais à
apprendre au Public la mort des Sçavans et
de ceux qui se sont distinguez dans les Arts
et dans la Mécanique ; on y joindra le récit
de leurs principales occupations , et des plus
considérables actions de leur vie. L'Histoire
des Lettres et des Arts doit cette marque de
reconnoissance à la mémoire de ceux qui s'y
sont rendus celebres , ou qui les ont cultiveZ
avec soin. Nous esperons que les parens et
les amis de ces illustres Morts aideront volontiers
à leur rendre ce devoir par les instructions
qu'ils voudront bien nous fournir.
Ce que nous venons de dire , regarde nonseulement
Paris , mais encore toutes les Provinces
du Royaume , qui peuvent fournir des
Evenemens considerables Morts , Mariages
, Actes solemnels , Fêtes et autres
A vj Faits
3
AVERTISSEMENT.
Faits dignes d'êtres transmis à la posterité.
Nous prions les personnes qui nous font
l'honneur de nous écrire pour demander des
nouvelles ou des éclaircissemens sur quelque
chose que ce soit , qui se trouve imprimé
dans ce Livre , et à laquelle ils prennent interêt
; nous prions , disje , ces personnes de
vouloir bien citer l'année , le mois , la page
même du Mercure dans lequel ils ont lû ce
qui fait le sujet de leur demande , pour nous
mettre en état de leur donner une plus prompte
satisfaction ; car il est impossible que nous
ayons assez présents toutes les matieres et
tous les arcicles contenus dans un´si grand
nombre de Volumes , pour sçavoir à point
nommé où trouver la chose dont il s'agit.
le tems nous étant d'ailleurs assez précieux.
Cet Avis servira de réponse à la Lettre
qu'on nous a écrite de Villeneuve d'Agenois
le 29. Novembre 1730 .
Il nous reste à marquer notre reconnoissance
et à remercier au nom du Public plusieurs
Sçavans du premier ordre , et quantité
d'autres personnes d'un mérite distingué,
dont les productions enrichissent le Mercure,
et le font lire et rechercher.
Voici le cent trente- septième Volume du
Mercure de France , que nous avons
l'honneur de présenter au Public , depuis le
mois de fuin 1721. que nous y travaillons ,
sans que ce Livre ait souffert aucune interruption
, ayant toujours paru régulierement
au tems marqué , et quelquefois même avec
des Supplémens , selon l'exigence des cas ,
de quoi nos Lecteurs ne se sont pas plaint.
Nous
redoublerons nos soins et notre application
,» pour que la lecture du Mercure soit
desarmais encore plus utile et plus amusante.
Nous sommes cependant bien éloignez du
nombre des Mercures de la composition defen
M. de Visé , qui jusques et compris le mois de
May 1710. tems de sa mort , en avoit fait
paroître 483. Volumes , lesquels sont aujour→
d'hui fort recherchez pour quantité de faits
historiques qu'on ne trouve que dans cet Ouvrage
, et dont il n'y a peut être pas de collection
parfaitement complette , si ce n'est
celle qui est à la Bibliotheque du Roi,
il ne manque pas un seul Volume de toute
la suite des Mercures depuis les premiers
que M.de Visé fit paroître jusqu'aujourd'hui.
ой
En remerciant nos Lecteurs du cas qu'ils
daignent faire de ce Livre , nous leur demandons
AVERTISSEMENT
.
mandons toujours quelque indulgence pour
les endroits qui paroîtront négligez et dont
la diction n'est pas assez ehatiée . Le Lecteur
judicieux fera , s'il lui plaît , reflexion
que dans un Ouvrage tel que celui - cy , il est
trés aisé de manquer , même dans les choses
les plus communes , dont chacune en parti
culier est facile , mais qui ramassées , font
une multiplicité si grande , qu'il est bien
malaisé de donner à toutes la même attention
, quelque soin qu'on y apporte ; sur tout
quand une collection est faite en aussi
de tems. Une chose qui paroît un peu
juste , c'est qu'on nous reproche assez souvent
des inattentions , et qu'on ne nous sçache aucun
gré des corrections sans nombre qu'on
fait et des fautes qu'on évite .
pen
in-
Nous faisons de la part du Public de
nouvelles instances aux Libraires qui en- .
voyent des Livres pour les annoncer dans
le Mercure , d'en marquer le prix au juste ;
cela sert beaucoup dans les Provinces aux
personnes qui se déterminent là-dessus à les
acheter, et qui ne sont pas sûrs de l'exactitude
des Messagers et des autres personnes
qu'elles chargent de leurs commissions , qui
souvent les font surpayer,
On invite ici les Marchands et les Onvriers
qui ont quelques nouvelles Modes ,
soitpar des Etoffes nouvelles , Habits Ajustemens
, Perruques , Coëffures , Ornemens de
A iiij tête
AVERTISSEMENT.
que gête et autres parures , ainsi de meubles,
Carosses , Chaises et autres choses , soit pour
P'utilité , soit pour l'agrément , d'en donner
quelques Memoires pour en avertir le Public
, ce qui pourrafaire plaisir à divers Particuliers,
et procurer un débit avantageux
aux Marchans et aux Ouvriers.
Plusieurs Pieces en Prose et en Vers ,
envoyées pour le Mercure , sont souvent si
mal écrites qu'on ne peut les déchifrer , et
elles sont pour cela rejettées ; d'autres sont
bonnes à quelques égards , et défectueuses en
d'autres ; lorsquelles peuvent en valoir la peine
, nous les retouchons avec soin ; mais comme
nous ne prenons ce parti qu'avec peine ,
nous prions les Auteurs de ne le pas trouver
mauvais , et de travailler leurs Ouvrages
avec le plus d'attention qu'il leur sera possible.
Si on sçavoit leur addresse , on leur
indiqueroit les défectuositez et les corrections
à faire.
Les Sçavans et les Curieux sont priez de
vouloir concourir avec nous pour rendre ce
Livre encore plus utile et plus agréable , en
nous communiquant les Memoires et les Pieces
en Prose et en Vers , qui peuvent instruire
et amuser. Aucun point de Litterature
n'est exclus de ce Recueil , où l'on tâche de
mettre une agréable varieté , Poësies , Elaquence
, nouvelles Découvertes dans les Arts
et dans les Sciences , Morale , Antiquités ,
HisAVERTISSEMENT.
Histoire sacrée et profane , Historiette , Mythologie
, Physique et Métaphysique , Pieces
de Théatre, Jurisprudence, Anatomie et Médecine
, Critique, Mathématique, Mémoires,
Projets , Traductions , Grammaire , Pieces
amusantes et récréatives , etc. Quand les
morceaux d'une certaine considération seront
trop longs , on les placera dans un Volume
extraordinaire , on fera ensorte qu'on puisse
les en détacherfacilement , pour la satisfaction
des Auteurs et des personnes qui ne
veulent avoir que certaines Pieces.
Quelques morceaux de Prose et de Vers
rejeitez par bonnes raisons , ont souvent donné
lieu à des plaintes de la part des per
sonnes interessées ; mais nous les prions de
considerer que c'est toujours malgré nous que
certaines Pieces sont rebutées ; nous ne nous
en rapportons pas toujours à notre seul ju
gement dans le choix que nous faisons de
eelles qui méritent l'impression.
Quoiqu'on ait toujours la précaution de
faire mettre un Avis à la tête de chaque
Mercure ,pour avertir qu'on ne recevra point
de Lettres ni Paquets par la Postel dont le
port ne soit affranchi , il en vient cependant
quelquefois qu'on est obligé de rebuter. Ceux
qui n'auront pas pris cette précaution ne doi
vent pas être surpris de ne pas voir paroî
tre les Pieces qu'ils ont envoyées .
Les personnes qui désirent avoir le Mer
A v Curc
AVERTISSEMENT.
cure des premiers , soit dans les Provinces on
dans les Pais Etrangers , n'auront qu'à s'addresser
à M. Moreau , Commis au Mercure,
vis-à- vis la Comedie Françoise , à Paris ,
qui le leur envoyera par la voye la plus convenable
, et avant qu'il soit en vente ici. Les
amis à qui on s'adresse pour cela ne sont
ordinairement fort exacts ; ils n'envoyent
gueres acheter ce Livre précisément dans le
tems qu'il paroît; ils ne manquent pas de lo
Lire , souvent ils le prêtent à d'autres , et ne
l'envoyent que fort tard , sous le prétexte specieux
que le Mercure n'a pas paru plutôt.
pas
Nous renouvellons la priere que nous avons
déja faite , quand on envoye des Pieces , soit
en Vers , soit en Prose , de les faire transcrire
lisiblement sur des papiers séparez , et
d'unegrandeur raisonnable avec des marges,
et que les noms propres , sur tout , soient exactement
écrits.
Nous aurons toujours les mêmes égards
pour les Auteurs qui ne veulent pas se faire
connoître ; mais il seroit bon qu'ils donnassènt
une adresse , sur tout quand il s'agit de
quelque Ouvrage qui peut demander des
éclaircissemens ; car souvent faute d'un tel secours
, des Pieces nous demeurent entre les:
mains , sans pouvoir les faire paroître.
Nous prions ceux qui par le moyen de leurs
correspondances reçoivent des nouvelles d'Affrique
du Levant , de Perse , de Tartarie
dia
G
AVERTISSEMENT.
les
du Japon , de la Chine , des Indes Orientales
et Occidentales et d'autres Pays et Contrées
éloignées , de vouloir nous en faire part
à l'adresse generale du Mercure. Ces nouvelles
peuvent rouler sur les guerres présentes
des Etats voisins , leurs Révolutions ,
Traite de Paix ou de Tréve , les оссира-
tions des Souverains , la Religion des Peuples
,leurs Ceremonies , Coûtumes et Usages,
les Phénomenes et les productions de la Nature
et de l'Art , etc. comme Pierres figurées ,
Marcassites rares , Pétrifications et Christalisations
extraordinaires , Coquillages , etc.
Nous serons plus attentifs que jamais à
apprendre au Public la mort des Sçavans et
de ceux qui se sont distinguez dans les Arts
et dans la Mécanique ; on y joindra le récit
de leurs principales occupations , et des plus
considérables actions de leur vie. L'Histoire
des Lettres et des Arts doit cette marque de
reconnoissance à la mémoire de ceux qui s'y
sont rendus celebres , ou qui les ont cultiveZ
avec soin. Nous esperons que les parens et
les amis de ces illustres Morts aideront volontiers
à leur rendre ce devoir par les instructions
qu'ils voudront bien nous fournir.
Ce que nous venons de dire , regarde nonseulement
Paris , mais encore toutes les Provinces
du Royaume , qui peuvent fournir des
Evenemens considerables Morts , Mariages
, Actes solemnels , Fêtes et autres
A vj Faits
3
AVERTISSEMENT.
Faits dignes d'êtres transmis à la posterité.
Nous prions les personnes qui nous font
l'honneur de nous écrire pour demander des
nouvelles ou des éclaircissemens sur quelque
chose que ce soit , qui se trouve imprimé
dans ce Livre , et à laquelle ils prennent interêt
; nous prions , disje , ces personnes de
vouloir bien citer l'année , le mois , la page
même du Mercure dans lequel ils ont lû ce
qui fait le sujet de leur demande , pour nous
mettre en état de leur donner une plus prompte
satisfaction ; car il est impossible que nous
ayons assez présents toutes les matieres et
tous les arcicles contenus dans un´si grand
nombre de Volumes , pour sçavoir à point
nommé où trouver la chose dont il s'agit.
le tems nous étant d'ailleurs assez précieux.
Cet Avis servira de réponse à la Lettre
qu'on nous a écrite de Villeneuve d'Agenois
le 29. Novembre 1730 .
Il nous reste à marquer notre reconnoissance
et à remercier au nom du Public plusieurs
Sçavans du premier ordre , et quantité
d'autres personnes d'un mérite distingué,
dont les productions enrichissent le Mercure,
et le font lire et rechercher.
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le Mercure de France, publié sans interruption depuis juin 1721, annonce dans son cent trente-septième volume son intention de rendre la lecture plus utile et amusante. Les éditeurs reconnaissent la valeur historique des volumes précédents, publiés par M. de Visé, qui sont très prisés pour leur contenu historique. La bibliothèque du Roi possède une collection complète de ces volumes. Les éditeurs sollicitent l'indulgence des lecteurs pour les négligences et erreurs, soulignant la difficulté de maintenir une haute qualité dans une publication aussi vaste et régulière. Ils demandent aux libraires de préciser le prix des livres annoncés et aux marchands de partager les nouvelles modes et innovations. Les auteurs sont invités à bien écrire et à corriger leurs œuvres avant de les soumettre. Le Mercure accepte diverses contributions, allant de la poésie à la jurisprudence, en passant par les découvertes scientifiques et les pièces de théâtre. Les textes trop longs seront placés dans des volumes extraordinaires. Les éditeurs rappellent également les précautions à prendre pour l'envoi des manuscrits et des lettres. Les correspondants sont encouragés à partager des nouvelles de régions éloignées et des informations sur des événements notables, tels que des décès de savants ou des révolutions. Les lecteurs sont invités à citer précisément les références des articles qu'ils consultent pour faciliter les réponses aux demandes d'informations. Enfin, les éditeurs expriment leur gratitude envers les savants et les personnes de mérite qui contribuent au Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5834
p. [1]-9
LE ROMAN COMIQUE, CHAPITRE SECOND. POEME. Quel homme étoit le Sieur de la Rapiniere.
Début :
Ayant donc pris quelque repos, [...]
Mots clefs :
Sieur de la Rapinière, Humour, Comédie, Troupe de théâtre , Ville du Mans, Mésaventures , Improvisation, Costumes , Représentation, Tumulte
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texteReconnaissance textuelle : LE ROMAN COMIQUE, CHAPITRE SECOND. POEME. Quel homme étoit le Sieur de la Rapiniere.
LE ROMAN COMIQUE,
CHAPITRE SECOND.
.
POEM E.
Quel homme étoit le Sieur de la Rapiniere:
ADIO Yant donc pris quelque repos ,
A Je vais vous dire en peu
de mots
Que le sieur de la Rapiniere ,
Etoit le Rieur ordinaire
De la bonne Ville du Mans ;
L'on trouve partout de ces gens ,
C'ef
2 MERCURE DE FRANCE.
1
C'est une race trés- fertile ,
Il n'est point de petite Ville ,
Qui n'ait son Rieur importun
Et Paris n'en a pas pour un ;
Souvent le nombre en est extrême`,
Dans chaque quartier , & moi-même ,
Si j'avois voulu , l'on sçait bien ,
Que je le serois dans le mien ,
Mais depuis trop long-tems je gronde ,
Contre les vanitez du monde ,
Et c'eft un fort vilain métier
2
D'être le Rieur d'un quartier.
Revenons à la Rapiniere ,
Qui pour mieux entrer en matiere ,
Reprit la conversation ,
Que les coups et l'émotion ,
Avoient d'abord interrompuë ,
Dans le beau milieu de la ruë
Et s'adressant au sieur Destin ,?
'
" Qui décrotoit son Brodequin ,
Lui conta mainte baliverne ,
Et demanda si la Caverne ,´
Monsieur de la Rancune et lui ,
Dont il vouloit être l'appui ,
Pouvoient composer une Troupe ,
Et s'ils avoient le vent en poupe ;
Notre Troupe , répondit- il ,
En fronçant un peu le sourcil ,
Vaut
JANVIER. 1731.
Vaut bien , sans outrer la louange
Et celle du Prince d'Orange,
Et celle du Duc d'Epernon .
Nous ne manquons pas
de renom
*
Nous déclamons tous avec grace ;
Mais , hélas ! par une disgrace
Qui nous est arrivée à Tours
Je m'en ressouviendrai toujours ,
Car la récolte étoit fertile ,
Dans cette grande et belle,Ville ,
Ou notre étourdi de Portier ,
A mis à mort un Fuzelier ,
De l'Intendant de la Province ,
Sçachant l'Ordonnance du Prince
Chacun s'est enfui tout ému
2
Le pied droit chaussé , l'autre nu ,
Dans un assez triste équipage ,
Comme vous voyez , j'en enrage ;
Les Fuzeliers de l'Intendant ,
A la Fleche en on fait autant ,,
Dit le sieur de la Rapiniere ,
Ventrebleu , dit la Tripotiere ,,
Ces gens me causent des transports .
Que le diable soit dans leurs corps ,
Qu'après mainte et mainte nazarde
Le feu S. Antoine les arde.
Ils méritent ce châtiment ;
Quel terrible dérangement }
97
Au
1
4
MERCURE DE FRANCE.
Aujourd'hui par leur perfidie,
Nous n'aurons point la Comedie ;
Ah ! tout cela ne seroit rien ,
Répond le vieux Comédien ,
Ma peine seroit moins fatale ,
Si j'avois la clef d'une Male,
Où sont la plupart des habits ;
Je serais vraiment bien d'avis ,
De ne pas rester inutile ,
Pour plaire à Messieurs de la Ville ,
Trois ou quatre jours sans faço n ,
Avant de gagner Alençon ,
Où notre Troupe doit se rendre.
Comme on ne devoit pas s'attendre
A cette réponse , aussi - tôt ,
Le sieur Lieutenant de Prévôt ,
Offrit
gayement à la Caverne ,
Robbe qui n'étoit pas moderne ,
Puisque sa femme et ses enfans ,
S'en servoient depuis quatorze ans ;
De son côté la Tripotiere ,
Qui cherchoit à se satisfaire ,
Dit que chez elle on avoit mis ,
gage deux ou trois habits ,
Fort propres pour la Mascarade ,
Que Destin et son Camarade ,
Pouvoient aisément s'en saisir,
Que cela lui feroit plaisir ;
En
Mais
JANVIER.
1731.
Mais quelqu'un de la Compagnie',
Ajoûta que la Comedie ,
Seroit tout d'un coup
aux abois ,
N'étant pour cet effet que
trois ;
Oh oh ! s'écria la Rancune ,
L'avanture est assez commune
Sur les leçons de mon Ayeul ,
Je joue une Piece moi seul ,
Je puis faire sans grande peine ,'
En même-temps le Roi , la Reine ,
Aussi-bien que l'Ambassadeur ;
Je sçai tous les Rôies par coeur
Par exemple dans une Scene ,
Qui doit commencer par la Reine ,
Je garde un moment le tacet ,
Après quoi je parle en faucet ;
Pour l'Ambassadeur je nazonne ,
En me tournant vers ma Couroe ,
Que je mets sur un Tabouret ;
Cependant admirez ce trait :
Pour le Roi , sans aucun cortege ,
Je prens ma Couronne et mon Siege ,
Et grossissant un peu ma voix ,
Je
MERCURE DE FRANCE.
Je parle avec beaucoup de poids ,
Mais qu'ainsi ne soit pour vous plaire ,
Nous voulons bien vous satisfaire
Par un plat de notre métier ;
Messieurs contentez le Chartier ,
Avant qu'il aille à l'Ecurie ,
Et payez notre Hôtellerie J
*
Fournissez à chacun l'habit ,
Et nous joueront avant la nuit ;
Sur ma parole on m'en doit croire ,
Ou bien ma foi nous allons boire ,
Chacun quatre coups seulement ,
Puis reposer tranquilement ;
Car nous n'avons point de l'année
Fait une si grande journée.
Un tel parti si bien conçu ,
Unanimement fut reçû ,
Et le diable de Rapiniere ,
Malicieux à l'ordinaire ,
Dit que sans chercher au taudis ,
Il falloit prendre les habits ,
De deux jeunes gens de la Ville ,
Que la chose étoit fort facile ,
Parce
JANVIER. 1731 .
>
Farce que ces deux jeunes gens ,
Dans le Tripot joüeroient long-temps;
Que la Caverne pourroit faire ,
Avec son habit ordinaire ,
Tel personnage qu'on voudroit ,
Que partout elle passeroit ,
Soit dans une Piece tragique ,
Soit dans une Piece comique ;
Aussi-tôt dit , aussi-tôt fait
Les Comédiens en effet ,
Vuiderent bien vîte une pinte ,
La mesure parut succinte ,
Et s'emparant desdits habits ,
Ils furent bien- tôt travestis ;
L'Assemblée étant fort grossie ,
Par la meilleure Bourgeoisie ,
Prit place dans un Galetas ,
Dont le plancher étoit très-bas ;
On leva d'abord un drap sale ,
D'une maniere originale ,
Et l'on vit sur un matelas ,
Le Destin qui paroissoit las ,
Le Corbillon de quelque Nonne ,
Lui servoit alors de Couronne ,
Il n'avoit pas de quoi choisir ,
Donc il faloit bien s'en servir ;
Se frotant les yeux et l'oreille ,
Comme un homme qui se réveille ,
's MERCURE DE FRANCE.
Il fit un peu le rencheri ,
Et sur un ton de Mondori ,
Parce qu'il étoit à la mode ,
Récita le Rôle d'Herode ,
Qui commence par ces cinq mots ,
Ombre qui troubles mon repos.
Il déclama d'un grand courage ;
Et l'emplâtre de son visage ,
N'empêcha pas qu'on ne vît bien ,
Qu'il étoit bon Comedien ;
La Caverne fit à merveille ,
L'on n'avoit point vû sa pareille ,
Et tout le monde l'approuva ,
Dans les Rôles qu'elle joua ,
De Mariane et de Salome ;
La Rancune n'étoit pas homme ,
A ne point plaire au Spectateur ,
Aussi parut-il bon Acteur ,
En montrant beaucoup de noblesse ,
Dans plusieurs Rôles de la Piece ,
On alloit tirer le Rideau
Ce n'étoit pas la le moins beau ,
Quand le diable , qui rien n'oublie ,
Fit finir cette Tragedie ,
Non-pas par la cruelle mort ,
De Mariane qu'on plaint fort
Ni par les desespoirs d'Hérode ;
Mais si le sieur Scaron ne brode ,
Y
Ce
JANVIER.
1731 .
Ce fut par mille coups complets ,
Du poing , des pieds , sans les soufflets
Par des juremens effroyables ,
Que n'auroient pas fait tous les diables
Dans une telle occasion ,
Et par une information ,
Que fit le sieur la Rapiniere ,
Fort expert en cette matiere ,
Et plus sçavant que .... mais ,
hola !
Notre Chapitre finit là.
Par M. le Tellier d'Orvilliers , Lieutenant
General d'Epée à Vernon.
La suite pour les Mercures suivans.
CHAPITRE SECOND.
.
POEM E.
Quel homme étoit le Sieur de la Rapiniere:
ADIO Yant donc pris quelque repos ,
A Je vais vous dire en peu
de mots
Que le sieur de la Rapiniere ,
Etoit le Rieur ordinaire
De la bonne Ville du Mans ;
L'on trouve partout de ces gens ,
C'ef
2 MERCURE DE FRANCE.
1
C'est une race trés- fertile ,
Il n'est point de petite Ville ,
Qui n'ait son Rieur importun
Et Paris n'en a pas pour un ;
Souvent le nombre en est extrême`,
Dans chaque quartier , & moi-même ,
Si j'avois voulu , l'on sçait bien ,
Que je le serois dans le mien ,
Mais depuis trop long-tems je gronde ,
Contre les vanitez du monde ,
Et c'eft un fort vilain métier
2
D'être le Rieur d'un quartier.
Revenons à la Rapiniere ,
Qui pour mieux entrer en matiere ,
Reprit la conversation ,
Que les coups et l'émotion ,
Avoient d'abord interrompuë ,
Dans le beau milieu de la ruë
Et s'adressant au sieur Destin ,?
'
" Qui décrotoit son Brodequin ,
Lui conta mainte baliverne ,
Et demanda si la Caverne ,´
Monsieur de la Rancune et lui ,
Dont il vouloit être l'appui ,
Pouvoient composer une Troupe ,
Et s'ils avoient le vent en poupe ;
Notre Troupe , répondit- il ,
En fronçant un peu le sourcil ,
Vaut
JANVIER. 1731.
Vaut bien , sans outrer la louange
Et celle du Prince d'Orange,
Et celle du Duc d'Epernon .
Nous ne manquons pas
de renom
*
Nous déclamons tous avec grace ;
Mais , hélas ! par une disgrace
Qui nous est arrivée à Tours
Je m'en ressouviendrai toujours ,
Car la récolte étoit fertile ,
Dans cette grande et belle,Ville ,
Ou notre étourdi de Portier ,
A mis à mort un Fuzelier ,
De l'Intendant de la Province ,
Sçachant l'Ordonnance du Prince
Chacun s'est enfui tout ému
2
Le pied droit chaussé , l'autre nu ,
Dans un assez triste équipage ,
Comme vous voyez , j'en enrage ;
Les Fuzeliers de l'Intendant ,
A la Fleche en on fait autant ,,
Dit le sieur de la Rapiniere ,
Ventrebleu , dit la Tripotiere ,,
Ces gens me causent des transports .
Que le diable soit dans leurs corps ,
Qu'après mainte et mainte nazarde
Le feu S. Antoine les arde.
Ils méritent ce châtiment ;
Quel terrible dérangement }
97
Au
1
4
MERCURE DE FRANCE.
Aujourd'hui par leur perfidie,
Nous n'aurons point la Comedie ;
Ah ! tout cela ne seroit rien ,
Répond le vieux Comédien ,
Ma peine seroit moins fatale ,
Si j'avois la clef d'une Male,
Où sont la plupart des habits ;
Je serais vraiment bien d'avis ,
De ne pas rester inutile ,
Pour plaire à Messieurs de la Ville ,
Trois ou quatre jours sans faço n ,
Avant de gagner Alençon ,
Où notre Troupe doit se rendre.
Comme on ne devoit pas s'attendre
A cette réponse , aussi - tôt ,
Le sieur Lieutenant de Prévôt ,
Offrit
gayement à la Caverne ,
Robbe qui n'étoit pas moderne ,
Puisque sa femme et ses enfans ,
S'en servoient depuis quatorze ans ;
De son côté la Tripotiere ,
Qui cherchoit à se satisfaire ,
Dit que chez elle on avoit mis ,
gage deux ou trois habits ,
Fort propres pour la Mascarade ,
Que Destin et son Camarade ,
Pouvoient aisément s'en saisir,
Que cela lui feroit plaisir ;
En
Mais
JANVIER.
1731.
Mais quelqu'un de la Compagnie',
Ajoûta que la Comedie ,
Seroit tout d'un coup
aux abois ,
N'étant pour cet effet que
trois ;
Oh oh ! s'écria la Rancune ,
L'avanture est assez commune
Sur les leçons de mon Ayeul ,
Je joue une Piece moi seul ,
Je puis faire sans grande peine ,'
En même-temps le Roi , la Reine ,
Aussi-bien que l'Ambassadeur ;
Je sçai tous les Rôies par coeur
Par exemple dans une Scene ,
Qui doit commencer par la Reine ,
Je garde un moment le tacet ,
Après quoi je parle en faucet ;
Pour l'Ambassadeur je nazonne ,
En me tournant vers ma Couroe ,
Que je mets sur un Tabouret ;
Cependant admirez ce trait :
Pour le Roi , sans aucun cortege ,
Je prens ma Couronne et mon Siege ,
Et grossissant un peu ma voix ,
Je
MERCURE DE FRANCE.
Je parle avec beaucoup de poids ,
Mais qu'ainsi ne soit pour vous plaire ,
Nous voulons bien vous satisfaire
Par un plat de notre métier ;
Messieurs contentez le Chartier ,
Avant qu'il aille à l'Ecurie ,
Et payez notre Hôtellerie J
*
Fournissez à chacun l'habit ,
Et nous joueront avant la nuit ;
Sur ma parole on m'en doit croire ,
Ou bien ma foi nous allons boire ,
Chacun quatre coups seulement ,
Puis reposer tranquilement ;
Car nous n'avons point de l'année
Fait une si grande journée.
Un tel parti si bien conçu ,
Unanimement fut reçû ,
Et le diable de Rapiniere ,
Malicieux à l'ordinaire ,
Dit que sans chercher au taudis ,
Il falloit prendre les habits ,
De deux jeunes gens de la Ville ,
Que la chose étoit fort facile ,
Parce
JANVIER. 1731 .
>
Farce que ces deux jeunes gens ,
Dans le Tripot joüeroient long-temps;
Que la Caverne pourroit faire ,
Avec son habit ordinaire ,
Tel personnage qu'on voudroit ,
Que partout elle passeroit ,
Soit dans une Piece tragique ,
Soit dans une Piece comique ;
Aussi-tôt dit , aussi-tôt fait
Les Comédiens en effet ,
Vuiderent bien vîte une pinte ,
La mesure parut succinte ,
Et s'emparant desdits habits ,
Ils furent bien- tôt travestis ;
L'Assemblée étant fort grossie ,
Par la meilleure Bourgeoisie ,
Prit place dans un Galetas ,
Dont le plancher étoit très-bas ;
On leva d'abord un drap sale ,
D'une maniere originale ,
Et l'on vit sur un matelas ,
Le Destin qui paroissoit las ,
Le Corbillon de quelque Nonne ,
Lui servoit alors de Couronne ,
Il n'avoit pas de quoi choisir ,
Donc il faloit bien s'en servir ;
Se frotant les yeux et l'oreille ,
Comme un homme qui se réveille ,
's MERCURE DE FRANCE.
Il fit un peu le rencheri ,
Et sur un ton de Mondori ,
Parce qu'il étoit à la mode ,
Récita le Rôle d'Herode ,
Qui commence par ces cinq mots ,
Ombre qui troubles mon repos.
Il déclama d'un grand courage ;
Et l'emplâtre de son visage ,
N'empêcha pas qu'on ne vît bien ,
Qu'il étoit bon Comedien ;
La Caverne fit à merveille ,
L'on n'avoit point vû sa pareille ,
Et tout le monde l'approuva ,
Dans les Rôles qu'elle joua ,
De Mariane et de Salome ;
La Rancune n'étoit pas homme ,
A ne point plaire au Spectateur ,
Aussi parut-il bon Acteur ,
En montrant beaucoup de noblesse ,
Dans plusieurs Rôles de la Piece ,
On alloit tirer le Rideau
Ce n'étoit pas la le moins beau ,
Quand le diable , qui rien n'oublie ,
Fit finir cette Tragedie ,
Non-pas par la cruelle mort ,
De Mariane qu'on plaint fort
Ni par les desespoirs d'Hérode ;
Mais si le sieur Scaron ne brode ,
Y
Ce
JANVIER.
1731 .
Ce fut par mille coups complets ,
Du poing , des pieds , sans les soufflets
Par des juremens effroyables ,
Que n'auroient pas fait tous les diables
Dans une telle occasion ,
Et par une information ,
Que fit le sieur la Rapiniere ,
Fort expert en cette matiere ,
Et plus sçavant que .... mais ,
hola !
Notre Chapitre finit là.
Par M. le Tellier d'Orvilliers , Lieutenant
General d'Epée à Vernon.
La suite pour les Mercures suivans.
Fermer
Résumé : LE ROMAN COMIQUE, CHAPITRE SECOND. POEME. Quel homme étoit le Sieur de la Rapiniere.
Le texte extrait du 'Roman Comique' intitulé 'Quel homme étoit le Sieur de la Rapinière' présente le Sieur de la Rapinière comme le 'Rieur ordinaire' de la ville du Mans, une figure connue dans de nombreuses villes. Il fait partie d'une troupe de comédiens qui se retrouvent en difficulté après qu'un portier ait tué un Fuzelier à Tours, forçant les comédiens à fuir. La troupe, composée de la Rapinière, Destin, la Caverne, la Tripotiere et la Rancune, se trouve confrontée à un problème : ils manquent d'habits pour jouer. Ils décident alors d'emprunter les vêtements de deux jeunes gens de la ville pour se déguiser et monter une pièce devant une assemblée de bourgeois. La représentation commence, mais elle est interrompue par une bagarre déclenchée par le diable, mettant fin à la tragédie. Le chapitre se termine sans conclusion définitive, laissant la suite des événements à découvrir dans les prochains numéros du Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5835
p. 9-30
HUITIEME Lètre sur la bibliotèque des enfans, etc.
Début :
Monsieur, La plupart des lecteurs ne cherchant qu'à s'amuser [...]
Mots clefs :
Éducation, Enfants, Bureau typographique, Lecture, Écriture, Orthographe, Grammaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HUITIEME Lètre sur la bibliotèque des enfans, etc.
HUITIEME Lètre sur la bibliotèque
des enfans , etc.
MONSIEUR ,
La plupart des lecteurs ne cherchant
qu'à s'amuser , parcourent un Mercure
sans beaucoup d'atention , au hazard de
ne pas entendre ce qu'ils lisent . Le mal
ne seroit pas grand s'ils s'en tenoìent-là ;
mais ils veulent ensuite parler , raisoner
et mème juger de ce qu'ils avouent
n'avoir
* MERCURE DE FRANCE.
n'avoir pas bien compris : leur défaut,
d'aplication leur fait souvent acuser d'obscurité
et de négligence l'auteur le plus
clair et le plus laborieus ; car la critique
verbale bien ou mal fondée , sera
toujours plus aisée à pratiquer , que la
composition de quelque ouvrage ; il est
dificile de parer le coup. cependant en
faveur des persones bien intentionées qui
n'ont pas le tems de lire tout , et des
persones indulgentes qui voudront bien
me pardoner des repetitions necessaires
sur l'importante matiere de la premiere
éducation des enfans , je vaì récapituler
ici le plus succintement qu'il me sera
possible , ce qui dans les précedentes lètres
a été dit , pour faire voir 1 ° . que
les enfans de deus à trois ans sont capables
des prémières operations litéraìres ; 2 ° .
que les métodes vulgaires ne sont ni sufisantes
, ni proportionées à l'age et à la
foiblesse de la prémière enfance ; 3 ° . que
la métode du bureau tipografique a les
conditions convenables et proportionées
à tout age d'enfant ou d'home mis aus
premiers élémens des lètres .
L'ordre métodique et géométrique n'est
par malheur guere utile que pour le petit
nombre de lecteurs capables de saisir , de
retenir la suite , la liaison et l'enchainement
des idées ; de voir et d'envisager
en
JANVIER. 1731. IF
en mème- tems les principes et les consequences
; mais le comun des lecteurs
à l'exemple des enfans , conte et détache,
pour ainsi- dire , les mots et les idées
sans faire atention aus principes , aus raports
et aus conséquences qu'on en peut
tirer. Les répetitions serviront donc ici
quelquefois à éclaircir les choses , et mème
à rendre souvent plus atentif un lecteur
distrait. que je dise , par exemple ,
à un lecteur vulgaire qu'il y a quatre
triangles dans un quaré divisé par ses deust
diagonales , il m'entendra d'abord ; si je
dis qu'il y en a sis , il comencera à ne
plus voir ; et si j'ajoute qu'il y en a huit ,
il n'en vera peut ètre pas plus clair : mais
si je continue à répeter qu'il y a huit
triangles dans ce quaré , le lecteur obligé
par cète répetition de revenir sur ses pas ,
et d'y penser avec plus de soin , parviendra
enfin sans éfort de génie , à la petite
découverte des huit triangles de ce quaré,
savoir , des quatre grans come des quatre
petits : j'espere que sans beaucoup de sagacité
, on fera à peu près la mème chose
sur le détail des avantages de la métode
du bureau tipografique.
Ceus qui dans l'éducation ne content
presque pour rien la diference de deus
ou trois ans entre des enfans comencés -
plutot ou plus tard , voudront bien me
permètre
12 MERCURE DE FRANCE.
permètre ici une comparaison : je suposo
donc deus enfans comencés l'un de bone
heure par la métode du bureau tipografique
, et l'autre plus tard par la métode
vulgaire , et je dis que , si le premier maitre
a bien semé et bien recueilli la
premiere
anée , il poura semer et recueillir
encore plus la segonde anée , et encore
plus la troisième anée. or , par quel moyen
le segond maitre semant plus tard et recueillant
peut-ètre moins , poura-t'il jamais
ratraper la progression des avantages
réels du bureau tipografique ? Dirat'on
que
la terre négligée , inculte et en
friche , sera ensuite plus fertile ? il faudra
examiner si cète fécondité sera en
bon ou en mauvais grain ; car il y a bien
des chams dont on ne peut jamais extirper
totalement les mauvaises herbes.
Autre comparaison ; un courier , fut- il
des plus robustes , qui part plus tard , qui
prend la plus longue route et qui va plus
lentement , poura- t'il jamais ateindre un
autre courier parti plutot , qui a pris le
chemin le plus court et qui va plus vite ?
il s'agit donc de savoir si la métode du
bureau tipografique a tant d'avantages sur
la métode vulgaire , et c'est ce que je
vai démontrer au lecteur atentif et nulement
prévenu,
1.L'experience m'aïant fait voir depuis
lontems
JANVIER. 1731. 13
,
lontems l'imperfection des métodes vulgaires
qui faute de pouvoir faire
mieus , regardent come perdu le tems .
de la premiere enfance , j'ai cherché
les moyens d'employer utilement les premieres
anées de l'enfant , et j'ai trouvé
qu'on pouvoit sans danger pour le corps,
lui montrer la figure des lètres , et ranger
ces lètres devant lui sur la table du
bureau , mème avant qu'il sut articuler
la moindre silabe , il voudra bientot ,
come les singes , faire la mème chose par
un mouvement organique et machinal ,
sur tout si l'on a la précaution de le presenter
souvent devant le bureau tipografique
, et de lui doner à manger et à
jouer sur cète mème table faite exprès pour
lui , et c'est là un des premiers avantages
du bureau tipografique sur la métode vulgaire
, qui afecte de mépriser cetè diligence
, et se flate de pouvoir ensuite également
enseigner tout , quoique plus tard
et avec plus de tems ou plus de vie.
Dès que l'enfant articulera des sons et
qu'il fera bien l'Eco , on poura lui apren
dre come à un peroquet la veritable
dénomination des lètres , et cète dénomination
metra peu à peu les enfans en état
de lire à trois et à quatre ans , bien mieus
que ne lisent ordinairement les enfans
de sis à sèt ans , par la métode vulg ire.
B LC
14 MERCURE DE FRANCE.
Le premier aïant d'abord été mis dans
l'agréable , la bone et la nouvele route ,
-va toujours gaìment son chemin ; au lieu
que les autres mis dans la triste , l'anciene
et souvent la mauvaise voie , ont
peine à revenir sur leurs pas , et ne sacrifient
pas volontiers leurs amusemens
agréables , quoique frivoles , aus ocupations
literaires qu'ils trouvent pénibles
dans un age plus avancé. Les peres et les
meres sont toujours contens des petits.
enfans qu'ils gâtent , mais ils trouvent
mauvais ensuite qu'un gouverneur ou un
précepteur n'ait pas le talent d'en faire
un prodige : il y a bien du préjugé et de
l'aveuglement sur cet article.
3. Selon la métode du bureau tipografique
un enfant , avant que de savoir lire,
poura imprimer toutes sortes de langues
mortes ou vivantes , il ne faut avoir pour
cela que des ïeus et des mains , car il est
bien plus aisé d'imprimer , par exemple ,
du latin et du françois , qu'il n'est aisé
de les lire. La grande ignorance de la
plupart des compositeurs d'une imprimerie
ne le prouve que trop ; d'ailleurs il
est clair qu'un sourd voyant , pouroit
ètre imprimeur , mème chès M. Ballard
pour la musique.
4. Un enfant de trois à quatre ans
qui conoit par les feus la figure des
lètres,
JANVIER. 1730. IS
>
lètres , et ensuite par l'oreille , le son des
caracteres simples ou combinés , saura
bientot écrire ou imprimer les sons qu'on
lui donera sur des cartes , et ceus qu'on
lui dictera il poura s'ocuper pour lors
avec autant de plaisir que les autres enfans
ont ordinairement de dégout par
les métodes vulgaires . Le premier nouri
dans les lètres , en fait ses amusemens
pendant que les autres , au contraire n'y
trouvent que des crois et des épines . si
les persones zelées et charitables , qui
dirigent les écoles des pauvres , conoissolent
donc le mérite et l'utilité de la métode
tipografique , elles en introduiroìent
bientot l'usage dans les paroisses et dans
les Monasteres , en fesant bâtir ou construire
des amfiteatres où les petits enfans
aprendro ent pour lors presque seuls et
d'eus mèmes , en voyant travailler les
que les grans. J'oserai donc dire
parens
et les maitres bien intentionés , aprouveront
et pratiqueront l'usage du bureau,
dès qu'ils en auront vu les avantages réels,
pratiques , et superieurs à ceus des métodes
vulgaires.
5. Selon cète métode , l'enfant aprendra
facilement et par des principes surs
non captieus ni équivoques , l'ortografe
des sons ou de l'oreille ; ce que la plupart
des maitres ignorent toute leur vie .
Bij L'enj
16 MERCURE DE FRANCE.
L'enfant aprendra par pratique et par téorie
l'ortografe courante et d'usage , anciene
et nouvelle, d'une maniere à bien lire
dans toute sorte de livres , et à se rendre
ensuite capable de faire un bon chois
d'ortografe françoise.
6. L'enfant saura lire dans le manuscrit
en mème- tems que dans les livres ,
et cela par la pratique journalière d'avoir
imprimé des tèmes interlinéaires sur la
table du bureau , non - seulement avec
des caractères romains , mais encore avec
des caracteres italiques et manuscrits.
7. Le petit enfant poura savoir bien
lire le françois , le latin et le grec avant
l'age auquel , selon la métode vulgaire , la
plupart des enfans ne sont pas encore mis
à l'A BC ; avantage inexprimable , qui influe
, non- seulement dans toute la suite
des études , mais dans toute la vie.
8.Les A BC ordinaires , faus ,équivoques
et captieus,induisent les enfans en êreur et
les exposent souvent à des chatimens injustes;
desorte que, sans diminuer en rien le
mérite et la juste réputation des bons
maitres , on peut dire que la métode vulgaire
dans toute l'Europe n'a pas les raports
necessaires entre les lètres et les
sons , ou entre les signes et les sons des
choses signifiées ; au lieu que la métode
du bureau tipografique n'étant fondée que
sur
JANVIER. 1731. 17
sur la verité et sur la justesse de ces mè
mes raports remarqués il y a plus d'un
siecle, par de très - habiles maitres , cète
métode , dis je , atache agréablement au
jeu tipografique le mème enfant qui venoit
de pleurer à la seule vue de la persone
qui lui montroit les lètres selon la
métode des écoles.on ne doit pas craindre,
au reste , que l'enfant ignore dans la suite
la fausse et vulgaire dénomination des
lètres ; il ne l'aprendra que trop tot , en
vironé de persones souvent oficieuses à
contre-tems , quand il s'agit de bien nomer
les lètres.
9. La lecture est d'abord mise à profit
sur la table du bureau : on y aprend à
conoìtre et à sentir les parties du discours
indéclinables , déclinables et conjugables
de la langue françoise et de la langue la
tine , laquelle conoissance dispose les enfans
à employer plutot leur loisir et
d'une maniere plus aisée , plus utile ,
plus sure et plus agréable. Bien des
maitres indépendament de l'usage du
bureau tipografique , ont abandoné la
métode vulgaire des rudimens téoriques,
pour suivre celle du rudiment pratique
dont j'ai doné l'essaì aprouvé des meilleurs
métodistes , filosofes non prévenust
10. Fesant imprimer à l'enfant les deus
langues en glose interlinéaire et mot à
B iij mot
18 MERCURE DE FRANCE.
mot , on dispose et prépare plu - tot son
imagination aus grandes operations literaires
et grammaticales que la métode
vulgaire n'entreprend pas ordinairement
d'enseigner à des enfans de deus à trois.
et à quatre ans.
11. L'enfant aprend par pratique les
terminaisons des noms et des verbes , et
enfin à décliner et à conjuguer ; il aprend
les genres , les déclinaisons , les prêterits
et les supins , les concordances , et partie
de la sintaxe , par les principales règles
donées sur des cartes en glose interlinealre
, et par les exemples pratiques donés
aussi sur des cartes , et expliqués peu à
peu et de vive vois , à mesure qu'il les
imprime sur sa table.
12. On écrit ce qu'on veut dans les
tèmes donés sur des cartes : chaque jour
fournit son sujet , et l'on met à profit
le chois des programes , des afiches , des
placars , des tèses , des avis , des anonces,
des enseignes , et enfin de tous les écritaus
publics ; la table du bureau devient un livre
ouvert à tous les spectateurs ; livre
cheri de l'enfant qui en est le composi
teur , et livre qui n'est jamais nuisible à
sa posture come le sont ordinairement
les petits livres élementaires .
13. Par le moyen du dictionaire du bu--
reau tipografique , l'enfant fera provision
de
JANVIER. 1731 . 19
de plusieurs miliers de mots latins et françois
avant l'age de cinq à sis ans ; avan
tage qui doit nécessairement influer sur
toute la suite des études , et qu'on n'aquiert
que
fort tard par la routine vulgaire.
14. L'enfant aprendra , non -seulement
Portografe de l'oreille et des ïeus par ra
port aus lètres , mais encore l'accentuation
, la ponctuation , les petites abrevia
rions françoises , latines et greques , et
la quantité latine , par la pratique jour
nalière du bureau , où il trouvera les signes
, les voyèles longues et brèves
come caracteres utiles et necessaires pour
Fimpression de la glose interlinéaire ; ce
que la métode vulgaire ne peut faire pratiquer
à l'enfant que lorsqu'il sait écrire,
c'est-à-dire fort tard.
15. L'enfant qui imprimera du latin
avec de beaus caracteres manuscrits , disposera
et préparera son imagination pour
mieus faire imiter ensuite à sa main , les
traits , les figures et les lètres , dont la
parfaite image sera vivement , distinc
tement et profondément gravée dans son
cerveau.
16. Par l'impression des tèmes donés à
l'enfant , il poura aprendre de bone heu
re les élémens de tout ce qu'on pourolt
lui montrer par le moyen de l'écriture ;
B iiij
c'est18
MERCURE DE FRANCE.
mot , on dispose et prépare plu-tot son
imagination aus grandes operations literaires
et grammaticales que la métode
vulgaire n'entreprend pas ordinairement
d'enseigner à des enfans de deus à trois.
et à quatre ans.
11. L'enfant aprend par pratique les
terminaisons des noms et des verbes , et
enfin à décliner et à conjuguer ; il aprend
les genres , les déclinaisons , les prêterits
et les supins , les concordances , et partie
de la sintaxe , par les principales règles
donées sur des cartes en glose interlinéal
re , et par les exemples pratiques donés
aussi sur des cartes , et expliqués peu
peu et de vive vois , à mesure qu'il les
imprime sur sa table.
à
12. On écrit ce qu'on veut dans les
tèmes donés sur des cartes : chaque jour
fournit son sujet , et l'on met à profit
le chois des programes , des afiches , des
placars , des tèses , des avis , des anonces,
des enseignes, et enfin de tous les écritaus
publics ; la table du bureau devient un livre
ouvert à tous les spectateurs ; livre
cheri de l'enfant qui en est le compositeur
, et livre qui n'est jamais nuisible à
sa posture come le sont ordinairement
les petits livres élementaires .
13. Par le moyen du dictionaire du bureau
tipografique , l'enfant fera provision
de
JANVIER. 1731 . 19
de plusieurs miliers de mots latins et françois
avant l'age de cinq à sis ans ; avan➡
tage qui doit nécessairement influer sur
toute la suite des études , et qu'on n'a→
quiert que fort tard par la routine vulgaire.
14. L'enfant aprendra , non-seulement
Portografe de l'oreille et des feus par raport
aus lètres , mais encore l'accentuation
, la ponctuation , les petites abreviations
françoises , latines et greques , et
la quantité latine , par la pratique jour
nalière du bureau , où il trouvera les signes
, les voyèles longues et brèves
come caracteres utiles et necessaires pour
Fimpression de la glose interlinéaire ; ce
que la métode vulgaire ne peut faire pratiquer
à l'enfant que lorsqu'il sait écrire,
c'est-à-dire fort tard.
15. L'enfant qui imprimera du latin
avec de beaus caracteres manuscrits , disposera
et préparera son imagination pour
mieus faire imiter ensuite à sa main , les
traits , les figures et les lètres , dont la
parfaite image sera vivement , distinc
tement et profondément gravée dans son
cerveau.
16. Par l'impression des tèmes donés à
l'enfant , il poura aprendre de bone heu
re les élémens de tout ce qu'on pourolt
lui montrer par le moyen de l'écriture ;
Biiij c'est20
MERCURE DE FRANCE
c'est-à- dire , qu'on poura lui enseigner
tous les principes sensibles , et lui doner
par là les premieres notions des arts et
des siences. Il a été déja démontré que
les enfans de deus à trois ans sont capables
de ces premières notions , par le
moyens des idées et des mèmes opérations
dont il se servent pour aprendre
leur langue ; verité à laquelle les seuls
préjugés empêchent de faire toute l'atention
necessaire. L'experience et l'aveu
des maîtres qui en faveur du corps négligent
, éloignent , diferent et retardent
les premiers soins literaires , au préjudice
de l'esprit prouvent l'insufisance des
métodes vulgaires dans l'éducation diligente
et hâtée des enfans. or la métode
du Bureau tipografique alant toujours ,
pour ainsi dire , de niveau avec l'enfant ,
done les moyens surs et infaillibles de le
suivre pas à pas ,
et de comancer sans
danger , à lui former plutot l'esprit et le
coeur. on peut donc , sans temerité
avancer cète proposition , que les enfans
étant capables d'aprendre , plutot que la
métode vulgaire n'est propre à les enseigner
, on doit aprouver et préferer cele
du Bureau tipogràfique ; ce que je vai tacher
de confirmer encore par le détail
des choses sensibles , que l'on peut montrer
à un petit enfant , avant qu'il soit en
état
JANVIER. 1731 . 21
état d'y ètre conduit par les métodes
ordinaires.
17. Quoique l'erreur , le mensonge ,
l'imposture , la charlatanerie , la chicane
et l'injustice , abusent des mots et dés
expressions de la langue françoise , il
ne s'ensuit pas que dans un ouvrage la
verité , la justice , et la bone foi doivent
s'abstenir de ces mèmes mots et
de ces mèmes expressions ; le zèle pour
le bien public ne perd jamais ses droits ;
c'est pourquoi je demande un peu d'indulgence
, ou de tolerance de la part des
maitres trop prévenus , et qui mal à
propos s'identifiant , pour ainsi dire ,
avec les métodes vulgaires qu'ils pratiquent
, ont le courage de mètre sur leur
conte , ce que je n'ai jamais pretendų
dire que contre les métodes sur l'abus.
desqueles , il y a toujours eu liberté d'écrire
, malgré le respect et le préjugé en
faveur du DESPAUTERE du .......
De tout ce que j'aí , dit jusqu'ici on peut
conclure qu'il sera aisé d'enseigner à l'enfant
le latin , des mèmes mots qu'il aprendra
d'abord en françois , et pour cet éfet
on essayera de suivre peu à peu l'ordre et:
la métode qu'indiquera la langue mater
nele ou d'usage .
etc.
18. On donera à l'enfant , et sur des
cartes , les noms des persones et des ob
By Jets
22 MERCURE DE FRANCE
jets qu'il voit et qu'il conoìt ; cela servira
à le familiariser avec les raports des signes
et des choses signifiées.
19. Les figures de la Bible fournissent
la liste des noms propres des patriarches ,
des juges, des Rois , des pontifes , des grans
homes, etc. ces listes ou suites historiques,
généalogiques , cronologiques et géografiques,
devienent la base de l'histoire universéle
pour un enfant de 3 à 4 ans.
20. La Fable , les Métamorfoses d'ovide
, les Dieus , les Déesses , les demi - Dieus
les Heros du Paganisme fournissent aussi
dequoi varier agréablement l'exercice
tipografique .
21. L'histoire profane fournit également
des époques , des listes , des suites
qui amusent et instruisent l'enfant de 3
à 4 ans. Toutes les cartes étant numé
rotées , pouront ètre lues , et rangées selon
l'ordre cronologique sur la table du
Bureau.
22. On poura doner ainsi les souve-.
rains et les capitales de tous les Etats du
monde , et les capitales des provinces ou
des Gouvernemens de France ; et à l'ocasion
des mots , des choses ou des racines
historiques , on poura amuser et instruire
l'enfant , en essayant peu à peu de lui
doner de tems en tems des idées sensibles
sur le bien et le mal , sur le vice et
la:
JANVIER. 1731 . 23
fa vertu , sur le juste et l'injuste , et sur
Fe vrat et le faus.
23. On peut doner des cartes de bla
son , faire imprimer sur la table du Bureau
les termes héraldiques , et en montrer
tous les objets sensibles quand l'ocasion
s'en presentera.
24. On pratiquera facilement les premières
règles de l'aritmétique et de l'algèbre
sur la table du Bureau , aiant sur
des cartes les chifres et les signes nécessaires
pour ces petites opérations , et
pouvant d'ailleurs employer utilement
des jetons , des marques , et des dés ;
pour rendre les nombres plus sensibles.
25. On peut également doner la conoissance
des premiers élémens de géométrie
sur les lignes , les surfaces et les solides
des corps réguliers , avec lesquels
un enfant se familiarise , et se rend peu
à peu capable de toutes les parties sen
sibles des matématiques , sans en excepter
les sections coniques donées aussi en
relief.
26. La Musique mème trouvera son
avantage sur la table du Bureau. on pou .
ra montrer à l'enfant la game et le dia
pason , sur la tringle ou la règle de bois
mobile qui a servi à l'enfant pour le jeu
de la première classe. on y poura done
mètre les clés , les notes et les signes , que
B.vj L'en
24 MERCURE DE FRANCE
l'enfant aura également sur des cartes ;
qu'il poura ranger vis-à - vis de ces mèmes
signes marqués sur la tringle ou re
gle de bois , il se metra par là en état de
lire et de conoître le clavier d'une épinete
ou d'un clavecin , qui pouront lui
doner ensuite le son et le ton des figures
ou des notes conues, et colées sur les touches
d'un clavier.
,
27. Chaque art peut également ètre
rendu sensible à un petit enfant , si l'on
veut bien prendre la peine de lui démontrer
l'usage des choses , et de lui faire
imprimer le nom des outils , des objets
et des pièces des machines qu'on lui présentera
; c'est ainsi que l'anatomiste , le
botaniste et le machiniste, pouront amuser
et instruire de bone heure leurs petits
enfans ; l'ainé deviendra ensuite le maitre
de ses frères .. Des os , des plantes , des
Machines , des outils , des instrumens
des Balances , des poids , des mesures, des
Jétons , des Dés , des monoies , des médailes
, etc. Tout cela fournit l'abondance.,
la variété , le plaisir du chois, et done par
consequent les moyens de mètre bien à
profit les premieres anées de l'enfance ,.
par toute sorte de métodes , mais non
pas si - tot ni si-bien que par la métode
du Bureau tipografique.
28. On peut faire aprendre l'A , B , C.
Grec
JAVIER. 1731. 25
crec , Ebreu , Arabe , etc. avec l'A , B , C ,
François; faire imprimer du françois avec
les caracteres grecs , et avec les lètres
ébraïques , de droit à gauche , et montrer
ensuite la casse des imprimeurs, avec des
caracteres renversés , lus à rebours ; avantage
considérable pour les enfans des im
primeurs et des graveurs,ausquels on pou
ra doner un casseau , dont les cartes seront
distribuées come les lètres d'un casseau
d'imprimerie , et pour lors en peu de
mois on poura leur enseigner à imprimer
sur le Bureau les racines latines , gre--
ques , ébraïques , caldaïques , et arabes ;
de mème qu'aus enfans destinés à l'église
ou à l'étude des langues saintes et
orientales.
29. On poura faire imprimer en fran
çois , des rimes ou des vers de peu de
silabes , pour sonder , essayer et former
l'oreille de l'enfant dans la lecture soutenue
et dans la déclamation . on poura
jouer au jeu des rimes après avoir fait
déviner les sons et les lètres des mots ..
on peut doner de petites anagrames , et
mème des vers latins , examètres et pen-.
tamètres , pour faire aprendre à conoìtre
, à sentir et à ranger les piés de cète
structure de vers , dont on trouvera tous
les mots sur autant de cartes diférentes
dans la derniere logète du se rang sous.
cele de la
syntaxe
-
26 MERCURE DE FRANCE.
Exemple :
Tot tibi sunt dotes , Virgo , quot sïdërå.
coelo.
omnia sunt hominum , tenůī pēndentia filo
Et subito casu , que valuere ruunt.
30. On metra donc d'abord un en--
fant en état . d'imprimer des mots ,
des lignes , des frases en glose interli
naire , en latin et en françois ; 2° . d'imprimer
et de faire lui - mème la construc
tion du texte de rhèdre chifré ou numeroté.
3 ° . de faire de petites versions.
4. d'imprimer aussi de petites compositions
; et ces quatre exercices fourni
ront au maitre Focasion de doner à l'enfant
plus d'idées et de conoissances literaires
et grammaticales , qu'aucun rudiment
vulgaire n'en poura jamais doner sitôt
et en si peu de tems .
31. Les enfans du Bureau tipografique
seront plutot en état d'exercer leur mé
moire et d'aprendre quelque chose par
coeur , non seulement par Foreille , étant
siflés come des oiseaus , mais encore par
les ïeus , dès qu'ils sauront lire seuls.
32. Un enfant sera plutot en état de
travailler seul avec un domestique ou
avec d'autres persones , pendant que le
maître sera absent , ou ocupé à quelque
autre chose et l'enfant , plutot que de
A
Bester
JANVIER. 1731. 27
et à
rester oisif, vera toujours avec plaisir un
domestique employé à imprimer les cartes
de la garniture du bureau , ou à tailler
rogner des cartes sur un modele de
fer -blanc proportioné aus logetes des petits
bureaus portatifs de 4 piés de long
dont les cartes apelées Etrenes mignones
auront is lignes de largeur , et 2 pouces.
de hauteur , ainsi qu'on l'a déja pratiqué.
33. Non seulement les enfans qui parlent
, mais encore les sours et les muets
pouront aprendre presque tout , excepté
les sons , par les combinaisons pratiques
des signes sensibles , extérieurs , soumis à
la vue, et en passant , pour ainsi dire , des
ïeus du corps à ceus de l'esprit..
34. Les abécédaires de tout age seront
moins honteus sur la table d'un bureau ,.
que sur la crois de pardieu , leur intelligence
et leur empressement les feront lire.
passablement dans un mois ou deus..
35. L'enfant du Bureau conservera_sa
main en aprenant à écrire , et poura sans
préjudicier à l'étude des langues , n'écrire
jamais au comencement que sous
les ieus et sous la main d'un bon maître.
Je parleraí ailleurs d'une métode tres - utile
pour aprendre à écrire en assés peu de
tems.
36. L'enfant conoìtra plu-tot l'usage
des livres , des dictionaires , et des tables
des :
28 MERCURE DE FRANCE.
des matières , qu'on lui aprendra à parcourir
et à feuilleter tout seul ; il aquêra
aussi plu-tôt le gout de la lecture , de
l'étude , du travail , des livres , et des savans
; et il sera enfin plutot et beaucoup
plus sensible à la gloire et à l'émulation
literaire , que ne le sont ordinai
rement les enfans conduits et dirigés par
la métode vulgaire et tardive.
qua-
37. L'enfant aura plu - tôt l'adresse des
doits et des mains ; adresse qui manque
souvent à la plupart des enfans de
lité , peu exercés à l'action de la maîn ;
l'enfant aura plutot le gout , le coup
d'euil , l'esprit d'ordre et l'esprit rangé
si rares parmi les homes , et plus rares encore
parmi les jeunes gens.
38. L'enfant du Bureau est mis en état
d'aler plutot et plus fort au colege, et parconsequent
d'entrer plutot à l'académic
pour y faire tous ses exercices , avantage
considerable pour la jeunesse destinée et
apelée au noble et glorieus métier des
armes.
39. Beaucoup de savans par principe
de santé , travaillent debout , à l'exemple
des imprimeurs et de plusieurs autres nobles
artisans ; or l'action , l'exercice et le
mouvement du jeu tipografique , entre
tenant aussi le corps en santé , done en
mème- tems à l'esprit la meilleure culture
possi
JANVIER. 1730. 2
possible de l'aveu des medecins et de
'ESCULAPE de notre siècle . on ne prétend
pas dire par là que l'exercice du Bureau
rende immortel ou invulnerable ; cette
remarque est pour les bones gens qui ne
jugent des choses que par l'évenement, et
qui regardent souvent come un éfet necessaire
, ce qui n'est qu'un pur accident
40. La métode du Bureau tipografique
donera lieu aus bons maitres d'ètre encore
plus atachés et plus atentifs à leur de
voir , et plus utiles à leurs éleves ; ils auront
plus souvent ocasion de precher
d'exemple ; article essentiel dont se dispensent
volontiers bien des maîtres négligens
et indiferens sur l'éducation d'un
enfant , ou trop ocupés du seul esprit
mercenaire, ces derniers ne manqueront
pas de faire leurs éforts contre la métode
du Bureau , qui les remet,pour ainsi dire,
à l'A , B, C , et qui demande de leur part,
au moins au comancement , plus d'assiduité
et de soins que n'en paroit exiger
la routine vulgaire.
41. Persuadé de la verité , de l'utilité et
de la diligence de cete métode , j'ose assurer
et prédire que toutes choses dail
leurs égales , les viles qui les premieres
feront usage du Bureau tipografique , seront
dans la suite , à proportion des écoles
et des écoliers , les premieres à produi
re
30 MERCURE DE FRANCE.
>
re le plus grand nombre d'enfans et
d'homes celebres dans les arts et dans les
siences.
Si on ne goute point la métode du Bureau
tipografique , je m'en étone , et si on la
goute , je m'en étone de même.
des enfans , etc.
MONSIEUR ,
La plupart des lecteurs ne cherchant
qu'à s'amuser , parcourent un Mercure
sans beaucoup d'atention , au hazard de
ne pas entendre ce qu'ils lisent . Le mal
ne seroit pas grand s'ils s'en tenoìent-là ;
mais ils veulent ensuite parler , raisoner
et mème juger de ce qu'ils avouent
n'avoir
* MERCURE DE FRANCE.
n'avoir pas bien compris : leur défaut,
d'aplication leur fait souvent acuser d'obscurité
et de négligence l'auteur le plus
clair et le plus laborieus ; car la critique
verbale bien ou mal fondée , sera
toujours plus aisée à pratiquer , que la
composition de quelque ouvrage ; il est
dificile de parer le coup. cependant en
faveur des persones bien intentionées qui
n'ont pas le tems de lire tout , et des
persones indulgentes qui voudront bien
me pardoner des repetitions necessaires
sur l'importante matiere de la premiere
éducation des enfans , je vaì récapituler
ici le plus succintement qu'il me sera
possible , ce qui dans les précedentes lètres
a été dit , pour faire voir 1 ° . que
les enfans de deus à trois ans sont capables
des prémières operations litéraìres ; 2 ° .
que les métodes vulgaires ne sont ni sufisantes
, ni proportionées à l'age et à la
foiblesse de la prémière enfance ; 3 ° . que
la métode du bureau tipografique a les
conditions convenables et proportionées
à tout age d'enfant ou d'home mis aus
premiers élémens des lètres .
L'ordre métodique et géométrique n'est
par malheur guere utile que pour le petit
nombre de lecteurs capables de saisir , de
retenir la suite , la liaison et l'enchainement
des idées ; de voir et d'envisager
en
JANVIER. 1731. IF
en mème- tems les principes et les consequences
; mais le comun des lecteurs
à l'exemple des enfans , conte et détache,
pour ainsi- dire , les mots et les idées
sans faire atention aus principes , aus raports
et aus conséquences qu'on en peut
tirer. Les répetitions serviront donc ici
quelquefois à éclaircir les choses , et mème
à rendre souvent plus atentif un lecteur
distrait. que je dise , par exemple ,
à un lecteur vulgaire qu'il y a quatre
triangles dans un quaré divisé par ses deust
diagonales , il m'entendra d'abord ; si je
dis qu'il y en a sis , il comencera à ne
plus voir ; et si j'ajoute qu'il y en a huit ,
il n'en vera peut ètre pas plus clair : mais
si je continue à répeter qu'il y a huit
triangles dans ce quaré , le lecteur obligé
par cète répetition de revenir sur ses pas ,
et d'y penser avec plus de soin , parviendra
enfin sans éfort de génie , à la petite
découverte des huit triangles de ce quaré,
savoir , des quatre grans come des quatre
petits : j'espere que sans beaucoup de sagacité
, on fera à peu près la mème chose
sur le détail des avantages de la métode
du bureau tipografique.
Ceus qui dans l'éducation ne content
presque pour rien la diference de deus
ou trois ans entre des enfans comencés -
plutot ou plus tard , voudront bien me
permètre
12 MERCURE DE FRANCE.
permètre ici une comparaison : je suposo
donc deus enfans comencés l'un de bone
heure par la métode du bureau tipografique
, et l'autre plus tard par la métode
vulgaire , et je dis que , si le premier maitre
a bien semé et bien recueilli la
premiere
anée , il poura semer et recueillir
encore plus la segonde anée , et encore
plus la troisième anée. or , par quel moyen
le segond maitre semant plus tard et recueillant
peut-ètre moins , poura-t'il jamais
ratraper la progression des avantages
réels du bureau tipografique ? Dirat'on
que
la terre négligée , inculte et en
friche , sera ensuite plus fertile ? il faudra
examiner si cète fécondité sera en
bon ou en mauvais grain ; car il y a bien
des chams dont on ne peut jamais extirper
totalement les mauvaises herbes.
Autre comparaison ; un courier , fut- il
des plus robustes , qui part plus tard , qui
prend la plus longue route et qui va plus
lentement , poura- t'il jamais ateindre un
autre courier parti plutot , qui a pris le
chemin le plus court et qui va plus vite ?
il s'agit donc de savoir si la métode du
bureau tipografique a tant d'avantages sur
la métode vulgaire , et c'est ce que je
vai démontrer au lecteur atentif et nulement
prévenu,
1.L'experience m'aïant fait voir depuis
lontems
JANVIER. 1731. 13
,
lontems l'imperfection des métodes vulgaires
qui faute de pouvoir faire
mieus , regardent come perdu le tems .
de la premiere enfance , j'ai cherché
les moyens d'employer utilement les premieres
anées de l'enfant , et j'ai trouvé
qu'on pouvoit sans danger pour le corps,
lui montrer la figure des lètres , et ranger
ces lètres devant lui sur la table du
bureau , mème avant qu'il sut articuler
la moindre silabe , il voudra bientot ,
come les singes , faire la mème chose par
un mouvement organique et machinal ,
sur tout si l'on a la précaution de le presenter
souvent devant le bureau tipografique
, et de lui doner à manger et à
jouer sur cète mème table faite exprès pour
lui , et c'est là un des premiers avantages
du bureau tipografique sur la métode vulgaire
, qui afecte de mépriser cetè diligence
, et se flate de pouvoir ensuite également
enseigner tout , quoique plus tard
et avec plus de tems ou plus de vie.
Dès que l'enfant articulera des sons et
qu'il fera bien l'Eco , on poura lui apren
dre come à un peroquet la veritable
dénomination des lètres , et cète dénomination
metra peu à peu les enfans en état
de lire à trois et à quatre ans , bien mieus
que ne lisent ordinairement les enfans
de sis à sèt ans , par la métode vulg ire.
B LC
14 MERCURE DE FRANCE.
Le premier aïant d'abord été mis dans
l'agréable , la bone et la nouvele route ,
-va toujours gaìment son chemin ; au lieu
que les autres mis dans la triste , l'anciene
et souvent la mauvaise voie , ont
peine à revenir sur leurs pas , et ne sacrifient
pas volontiers leurs amusemens
agréables , quoique frivoles , aus ocupations
literaires qu'ils trouvent pénibles
dans un age plus avancé. Les peres et les
meres sont toujours contens des petits.
enfans qu'ils gâtent , mais ils trouvent
mauvais ensuite qu'un gouverneur ou un
précepteur n'ait pas le talent d'en faire
un prodige : il y a bien du préjugé et de
l'aveuglement sur cet article.
3. Selon la métode du bureau tipografique
un enfant , avant que de savoir lire,
poura imprimer toutes sortes de langues
mortes ou vivantes , il ne faut avoir pour
cela que des ïeus et des mains , car il est
bien plus aisé d'imprimer , par exemple ,
du latin et du françois , qu'il n'est aisé
de les lire. La grande ignorance de la
plupart des compositeurs d'une imprimerie
ne le prouve que trop ; d'ailleurs il
est clair qu'un sourd voyant , pouroit
ètre imprimeur , mème chès M. Ballard
pour la musique.
4. Un enfant de trois à quatre ans
qui conoit par les feus la figure des
lètres,
JANVIER. 1730. IS
>
lètres , et ensuite par l'oreille , le son des
caracteres simples ou combinés , saura
bientot écrire ou imprimer les sons qu'on
lui donera sur des cartes , et ceus qu'on
lui dictera il poura s'ocuper pour lors
avec autant de plaisir que les autres enfans
ont ordinairement de dégout par
les métodes vulgaires . Le premier nouri
dans les lètres , en fait ses amusemens
pendant que les autres , au contraire n'y
trouvent que des crois et des épines . si
les persones zelées et charitables , qui
dirigent les écoles des pauvres , conoissolent
donc le mérite et l'utilité de la métode
tipografique , elles en introduiroìent
bientot l'usage dans les paroisses et dans
les Monasteres , en fesant bâtir ou construire
des amfiteatres où les petits enfans
aprendro ent pour lors presque seuls et
d'eus mèmes , en voyant travailler les
que les grans. J'oserai donc dire
parens
et les maitres bien intentionés , aprouveront
et pratiqueront l'usage du bureau,
dès qu'ils en auront vu les avantages réels,
pratiques , et superieurs à ceus des métodes
vulgaires.
5. Selon cète métode , l'enfant aprendra
facilement et par des principes surs
non captieus ni équivoques , l'ortografe
des sons ou de l'oreille ; ce que la plupart
des maitres ignorent toute leur vie .
Bij L'enj
16 MERCURE DE FRANCE.
L'enfant aprendra par pratique et par téorie
l'ortografe courante et d'usage , anciene
et nouvelle, d'une maniere à bien lire
dans toute sorte de livres , et à se rendre
ensuite capable de faire un bon chois
d'ortografe françoise.
6. L'enfant saura lire dans le manuscrit
en mème- tems que dans les livres ,
et cela par la pratique journalière d'avoir
imprimé des tèmes interlinéaires sur la
table du bureau , non - seulement avec
des caractères romains , mais encore avec
des caracteres italiques et manuscrits.
7. Le petit enfant poura savoir bien
lire le françois , le latin et le grec avant
l'age auquel , selon la métode vulgaire , la
plupart des enfans ne sont pas encore mis
à l'A BC ; avantage inexprimable , qui influe
, non- seulement dans toute la suite
des études , mais dans toute la vie.
8.Les A BC ordinaires , faus ,équivoques
et captieus,induisent les enfans en êreur et
les exposent souvent à des chatimens injustes;
desorte que, sans diminuer en rien le
mérite et la juste réputation des bons
maitres , on peut dire que la métode vulgaire
dans toute l'Europe n'a pas les raports
necessaires entre les lètres et les
sons , ou entre les signes et les sons des
choses signifiées ; au lieu que la métode
du bureau tipografique n'étant fondée que
sur
JANVIER. 1731. 17
sur la verité et sur la justesse de ces mè
mes raports remarqués il y a plus d'un
siecle, par de très - habiles maitres , cète
métode , dis je , atache agréablement au
jeu tipografique le mème enfant qui venoit
de pleurer à la seule vue de la persone
qui lui montroit les lètres selon la
métode des écoles.on ne doit pas craindre,
au reste , que l'enfant ignore dans la suite
la fausse et vulgaire dénomination des
lètres ; il ne l'aprendra que trop tot , en
vironé de persones souvent oficieuses à
contre-tems , quand il s'agit de bien nomer
les lètres.
9. La lecture est d'abord mise à profit
sur la table du bureau : on y aprend à
conoìtre et à sentir les parties du discours
indéclinables , déclinables et conjugables
de la langue françoise et de la langue la
tine , laquelle conoissance dispose les enfans
à employer plutot leur loisir et
d'une maniere plus aisée , plus utile ,
plus sure et plus agréable. Bien des
maitres indépendament de l'usage du
bureau tipografique , ont abandoné la
métode vulgaire des rudimens téoriques,
pour suivre celle du rudiment pratique
dont j'ai doné l'essaì aprouvé des meilleurs
métodistes , filosofes non prévenust
10. Fesant imprimer à l'enfant les deus
langues en glose interlinéaire et mot à
B iij mot
18 MERCURE DE FRANCE.
mot , on dispose et prépare plu - tot son
imagination aus grandes operations literaires
et grammaticales que la métode
vulgaire n'entreprend pas ordinairement
d'enseigner à des enfans de deus à trois.
et à quatre ans.
11. L'enfant aprend par pratique les
terminaisons des noms et des verbes , et
enfin à décliner et à conjuguer ; il aprend
les genres , les déclinaisons , les prêterits
et les supins , les concordances , et partie
de la sintaxe , par les principales règles
donées sur des cartes en glose interlinealre
, et par les exemples pratiques donés
aussi sur des cartes , et expliqués peu à
peu et de vive vois , à mesure qu'il les
imprime sur sa table.
12. On écrit ce qu'on veut dans les
tèmes donés sur des cartes : chaque jour
fournit son sujet , et l'on met à profit
le chois des programes , des afiches , des
placars , des tèses , des avis , des anonces,
des enseignes , et enfin de tous les écritaus
publics ; la table du bureau devient un livre
ouvert à tous les spectateurs ; livre
cheri de l'enfant qui en est le composi
teur , et livre qui n'est jamais nuisible à
sa posture come le sont ordinairement
les petits livres élementaires .
13. Par le moyen du dictionaire du bu--
reau tipografique , l'enfant fera provision
de
JANVIER. 1731 . 19
de plusieurs miliers de mots latins et françois
avant l'age de cinq à sis ans ; avan
tage qui doit nécessairement influer sur
toute la suite des études , et qu'on n'aquiert
que
fort tard par la routine vulgaire.
14. L'enfant aprendra , non -seulement
Portografe de l'oreille et des ïeus par ra
port aus lètres , mais encore l'accentuation
, la ponctuation , les petites abrevia
rions françoises , latines et greques , et
la quantité latine , par la pratique jour
nalière du bureau , où il trouvera les signes
, les voyèles longues et brèves
come caracteres utiles et necessaires pour
Fimpression de la glose interlinéaire ; ce
que la métode vulgaire ne peut faire pratiquer
à l'enfant que lorsqu'il sait écrire,
c'est-à-dire fort tard.
15. L'enfant qui imprimera du latin
avec de beaus caracteres manuscrits , disposera
et préparera son imagination pour
mieus faire imiter ensuite à sa main , les
traits , les figures et les lètres , dont la
parfaite image sera vivement , distinc
tement et profondément gravée dans son
cerveau.
16. Par l'impression des tèmes donés à
l'enfant , il poura aprendre de bone heu
re les élémens de tout ce qu'on pourolt
lui montrer par le moyen de l'écriture ;
B iiij
c'est18
MERCURE DE FRANCE.
mot , on dispose et prépare plu-tot son
imagination aus grandes operations literaires
et grammaticales que la métode
vulgaire n'entreprend pas ordinairement
d'enseigner à des enfans de deus à trois.
et à quatre ans.
11. L'enfant aprend par pratique les
terminaisons des noms et des verbes , et
enfin à décliner et à conjuguer ; il aprend
les genres , les déclinaisons , les prêterits
et les supins , les concordances , et partie
de la sintaxe , par les principales règles
donées sur des cartes en glose interlinéal
re , et par les exemples pratiques donés
aussi sur des cartes , et expliqués peu
peu et de vive vois , à mesure qu'il les
imprime sur sa table.
à
12. On écrit ce qu'on veut dans les
tèmes donés sur des cartes : chaque jour
fournit son sujet , et l'on met à profit
le chois des programes , des afiches , des
placars , des tèses , des avis , des anonces,
des enseignes, et enfin de tous les écritaus
publics ; la table du bureau devient un livre
ouvert à tous les spectateurs ; livre
cheri de l'enfant qui en est le compositeur
, et livre qui n'est jamais nuisible à
sa posture come le sont ordinairement
les petits livres élementaires .
13. Par le moyen du dictionaire du bureau
tipografique , l'enfant fera provision
de
JANVIER. 1731 . 19
de plusieurs miliers de mots latins et françois
avant l'age de cinq à sis ans ; avan➡
tage qui doit nécessairement influer sur
toute la suite des études , et qu'on n'a→
quiert que fort tard par la routine vulgaire.
14. L'enfant aprendra , non-seulement
Portografe de l'oreille et des feus par raport
aus lètres , mais encore l'accentuation
, la ponctuation , les petites abreviations
françoises , latines et greques , et
la quantité latine , par la pratique jour
nalière du bureau , où il trouvera les signes
, les voyèles longues et brèves
come caracteres utiles et necessaires pour
Fimpression de la glose interlinéaire ; ce
que la métode vulgaire ne peut faire pratiquer
à l'enfant que lorsqu'il sait écrire,
c'est-à-dire fort tard.
15. L'enfant qui imprimera du latin
avec de beaus caracteres manuscrits , disposera
et préparera son imagination pour
mieus faire imiter ensuite à sa main , les
traits , les figures et les lètres , dont la
parfaite image sera vivement , distinc
tement et profondément gravée dans son
cerveau.
16. Par l'impression des tèmes donés à
l'enfant , il poura aprendre de bone heu
re les élémens de tout ce qu'on pourolt
lui montrer par le moyen de l'écriture ;
Biiij c'est20
MERCURE DE FRANCE
c'est-à- dire , qu'on poura lui enseigner
tous les principes sensibles , et lui doner
par là les premieres notions des arts et
des siences. Il a été déja démontré que
les enfans de deus à trois ans sont capables
de ces premières notions , par le
moyens des idées et des mèmes opérations
dont il se servent pour aprendre
leur langue ; verité à laquelle les seuls
préjugés empêchent de faire toute l'atention
necessaire. L'experience et l'aveu
des maîtres qui en faveur du corps négligent
, éloignent , diferent et retardent
les premiers soins literaires , au préjudice
de l'esprit prouvent l'insufisance des
métodes vulgaires dans l'éducation diligente
et hâtée des enfans. or la métode
du Bureau tipografique alant toujours ,
pour ainsi dire , de niveau avec l'enfant ,
done les moyens surs et infaillibles de le
suivre pas à pas ,
et de comancer sans
danger , à lui former plutot l'esprit et le
coeur. on peut donc , sans temerité
avancer cète proposition , que les enfans
étant capables d'aprendre , plutot que la
métode vulgaire n'est propre à les enseigner
, on doit aprouver et préferer cele
du Bureau tipogràfique ; ce que je vai tacher
de confirmer encore par le détail
des choses sensibles , que l'on peut montrer
à un petit enfant , avant qu'il soit en
état
JANVIER. 1731 . 21
état d'y ètre conduit par les métodes
ordinaires.
17. Quoique l'erreur , le mensonge ,
l'imposture , la charlatanerie , la chicane
et l'injustice , abusent des mots et dés
expressions de la langue françoise , il
ne s'ensuit pas que dans un ouvrage la
verité , la justice , et la bone foi doivent
s'abstenir de ces mèmes mots et
de ces mèmes expressions ; le zèle pour
le bien public ne perd jamais ses droits ;
c'est pourquoi je demande un peu d'indulgence
, ou de tolerance de la part des
maitres trop prévenus , et qui mal à
propos s'identifiant , pour ainsi dire ,
avec les métodes vulgaires qu'ils pratiquent
, ont le courage de mètre sur leur
conte , ce que je n'ai jamais pretendų
dire que contre les métodes sur l'abus.
desqueles , il y a toujours eu liberté d'écrire
, malgré le respect et le préjugé en
faveur du DESPAUTERE du .......
De tout ce que j'aí , dit jusqu'ici on peut
conclure qu'il sera aisé d'enseigner à l'enfant
le latin , des mèmes mots qu'il aprendra
d'abord en françois , et pour cet éfet
on essayera de suivre peu à peu l'ordre et:
la métode qu'indiquera la langue mater
nele ou d'usage .
etc.
18. On donera à l'enfant , et sur des
cartes , les noms des persones et des ob
By Jets
22 MERCURE DE FRANCE
jets qu'il voit et qu'il conoìt ; cela servira
à le familiariser avec les raports des signes
et des choses signifiées.
19. Les figures de la Bible fournissent
la liste des noms propres des patriarches ,
des juges, des Rois , des pontifes , des grans
homes, etc. ces listes ou suites historiques,
généalogiques , cronologiques et géografiques,
devienent la base de l'histoire universéle
pour un enfant de 3 à 4 ans.
20. La Fable , les Métamorfoses d'ovide
, les Dieus , les Déesses , les demi - Dieus
les Heros du Paganisme fournissent aussi
dequoi varier agréablement l'exercice
tipografique .
21. L'histoire profane fournit également
des époques , des listes , des suites
qui amusent et instruisent l'enfant de 3
à 4 ans. Toutes les cartes étant numé
rotées , pouront ètre lues , et rangées selon
l'ordre cronologique sur la table du
Bureau.
22. On poura doner ainsi les souve-.
rains et les capitales de tous les Etats du
monde , et les capitales des provinces ou
des Gouvernemens de France ; et à l'ocasion
des mots , des choses ou des racines
historiques , on poura amuser et instruire
l'enfant , en essayant peu à peu de lui
doner de tems en tems des idées sensibles
sur le bien et le mal , sur le vice et
la:
JANVIER. 1731 . 23
fa vertu , sur le juste et l'injuste , et sur
Fe vrat et le faus.
23. On peut doner des cartes de bla
son , faire imprimer sur la table du Bureau
les termes héraldiques , et en montrer
tous les objets sensibles quand l'ocasion
s'en presentera.
24. On pratiquera facilement les premières
règles de l'aritmétique et de l'algèbre
sur la table du Bureau , aiant sur
des cartes les chifres et les signes nécessaires
pour ces petites opérations , et
pouvant d'ailleurs employer utilement
des jetons , des marques , et des dés ;
pour rendre les nombres plus sensibles.
25. On peut également doner la conoissance
des premiers élémens de géométrie
sur les lignes , les surfaces et les solides
des corps réguliers , avec lesquels
un enfant se familiarise , et se rend peu
à peu capable de toutes les parties sen
sibles des matématiques , sans en excepter
les sections coniques donées aussi en
relief.
26. La Musique mème trouvera son
avantage sur la table du Bureau. on pou .
ra montrer à l'enfant la game et le dia
pason , sur la tringle ou la règle de bois
mobile qui a servi à l'enfant pour le jeu
de la première classe. on y poura done
mètre les clés , les notes et les signes , que
B.vj L'en
24 MERCURE DE FRANCE
l'enfant aura également sur des cartes ;
qu'il poura ranger vis-à - vis de ces mèmes
signes marqués sur la tringle ou re
gle de bois , il se metra par là en état de
lire et de conoître le clavier d'une épinete
ou d'un clavecin , qui pouront lui
doner ensuite le son et le ton des figures
ou des notes conues, et colées sur les touches
d'un clavier.
,
27. Chaque art peut également ètre
rendu sensible à un petit enfant , si l'on
veut bien prendre la peine de lui démontrer
l'usage des choses , et de lui faire
imprimer le nom des outils , des objets
et des pièces des machines qu'on lui présentera
; c'est ainsi que l'anatomiste , le
botaniste et le machiniste, pouront amuser
et instruire de bone heure leurs petits
enfans ; l'ainé deviendra ensuite le maitre
de ses frères .. Des os , des plantes , des
Machines , des outils , des instrumens
des Balances , des poids , des mesures, des
Jétons , des Dés , des monoies , des médailes
, etc. Tout cela fournit l'abondance.,
la variété , le plaisir du chois, et done par
consequent les moyens de mètre bien à
profit les premieres anées de l'enfance ,.
par toute sorte de métodes , mais non
pas si - tot ni si-bien que par la métode
du Bureau tipografique.
28. On peut faire aprendre l'A , B , C.
Grec
JAVIER. 1731. 25
crec , Ebreu , Arabe , etc. avec l'A , B , C ,
François; faire imprimer du françois avec
les caracteres grecs , et avec les lètres
ébraïques , de droit à gauche , et montrer
ensuite la casse des imprimeurs, avec des
caracteres renversés , lus à rebours ; avantage
considérable pour les enfans des im
primeurs et des graveurs,ausquels on pou
ra doner un casseau , dont les cartes seront
distribuées come les lètres d'un casseau
d'imprimerie , et pour lors en peu de
mois on poura leur enseigner à imprimer
sur le Bureau les racines latines , gre--
ques , ébraïques , caldaïques , et arabes ;
de mème qu'aus enfans destinés à l'église
ou à l'étude des langues saintes et
orientales.
29. On poura faire imprimer en fran
çois , des rimes ou des vers de peu de
silabes , pour sonder , essayer et former
l'oreille de l'enfant dans la lecture soutenue
et dans la déclamation . on poura
jouer au jeu des rimes après avoir fait
déviner les sons et les lètres des mots ..
on peut doner de petites anagrames , et
mème des vers latins , examètres et pen-.
tamètres , pour faire aprendre à conoìtre
, à sentir et à ranger les piés de cète
structure de vers , dont on trouvera tous
les mots sur autant de cartes diférentes
dans la derniere logète du se rang sous.
cele de la
syntaxe
-
26 MERCURE DE FRANCE.
Exemple :
Tot tibi sunt dotes , Virgo , quot sïdërå.
coelo.
omnia sunt hominum , tenůī pēndentia filo
Et subito casu , que valuere ruunt.
30. On metra donc d'abord un en--
fant en état . d'imprimer des mots ,
des lignes , des frases en glose interli
naire , en latin et en françois ; 2° . d'imprimer
et de faire lui - mème la construc
tion du texte de rhèdre chifré ou numeroté.
3 ° . de faire de petites versions.
4. d'imprimer aussi de petites compositions
; et ces quatre exercices fourni
ront au maitre Focasion de doner à l'enfant
plus d'idées et de conoissances literaires
et grammaticales , qu'aucun rudiment
vulgaire n'en poura jamais doner sitôt
et en si peu de tems .
31. Les enfans du Bureau tipografique
seront plutot en état d'exercer leur mé
moire et d'aprendre quelque chose par
coeur , non seulement par Foreille , étant
siflés come des oiseaus , mais encore par
les ïeus , dès qu'ils sauront lire seuls.
32. Un enfant sera plutot en état de
travailler seul avec un domestique ou
avec d'autres persones , pendant que le
maître sera absent , ou ocupé à quelque
autre chose et l'enfant , plutot que de
A
Bester
JANVIER. 1731. 27
et à
rester oisif, vera toujours avec plaisir un
domestique employé à imprimer les cartes
de la garniture du bureau , ou à tailler
rogner des cartes sur un modele de
fer -blanc proportioné aus logetes des petits
bureaus portatifs de 4 piés de long
dont les cartes apelées Etrenes mignones
auront is lignes de largeur , et 2 pouces.
de hauteur , ainsi qu'on l'a déja pratiqué.
33. Non seulement les enfans qui parlent
, mais encore les sours et les muets
pouront aprendre presque tout , excepté
les sons , par les combinaisons pratiques
des signes sensibles , extérieurs , soumis à
la vue, et en passant , pour ainsi dire , des
ïeus du corps à ceus de l'esprit..
34. Les abécédaires de tout age seront
moins honteus sur la table d'un bureau ,.
que sur la crois de pardieu , leur intelligence
et leur empressement les feront lire.
passablement dans un mois ou deus..
35. L'enfant du Bureau conservera_sa
main en aprenant à écrire , et poura sans
préjudicier à l'étude des langues , n'écrire
jamais au comencement que sous
les ieus et sous la main d'un bon maître.
Je parleraí ailleurs d'une métode tres - utile
pour aprendre à écrire en assés peu de
tems.
36. L'enfant conoìtra plu-tot l'usage
des livres , des dictionaires , et des tables
des :
28 MERCURE DE FRANCE.
des matières , qu'on lui aprendra à parcourir
et à feuilleter tout seul ; il aquêra
aussi plu-tôt le gout de la lecture , de
l'étude , du travail , des livres , et des savans
; et il sera enfin plutot et beaucoup
plus sensible à la gloire et à l'émulation
literaire , que ne le sont ordinai
rement les enfans conduits et dirigés par
la métode vulgaire et tardive.
qua-
37. L'enfant aura plu - tôt l'adresse des
doits et des mains ; adresse qui manque
souvent à la plupart des enfans de
lité , peu exercés à l'action de la maîn ;
l'enfant aura plutot le gout , le coup
d'euil , l'esprit d'ordre et l'esprit rangé
si rares parmi les homes , et plus rares encore
parmi les jeunes gens.
38. L'enfant du Bureau est mis en état
d'aler plutot et plus fort au colege, et parconsequent
d'entrer plutot à l'académic
pour y faire tous ses exercices , avantage
considerable pour la jeunesse destinée et
apelée au noble et glorieus métier des
armes.
39. Beaucoup de savans par principe
de santé , travaillent debout , à l'exemple
des imprimeurs et de plusieurs autres nobles
artisans ; or l'action , l'exercice et le
mouvement du jeu tipografique , entre
tenant aussi le corps en santé , done en
mème- tems à l'esprit la meilleure culture
possi
JANVIER. 1730. 2
possible de l'aveu des medecins et de
'ESCULAPE de notre siècle . on ne prétend
pas dire par là que l'exercice du Bureau
rende immortel ou invulnerable ; cette
remarque est pour les bones gens qui ne
jugent des choses que par l'évenement, et
qui regardent souvent come un éfet necessaire
, ce qui n'est qu'un pur accident
40. La métode du Bureau tipografique
donera lieu aus bons maitres d'ètre encore
plus atachés et plus atentifs à leur de
voir , et plus utiles à leurs éleves ; ils auront
plus souvent ocasion de precher
d'exemple ; article essentiel dont se dispensent
volontiers bien des maîtres négligens
et indiferens sur l'éducation d'un
enfant , ou trop ocupés du seul esprit
mercenaire, ces derniers ne manqueront
pas de faire leurs éforts contre la métode
du Bureau , qui les remet,pour ainsi dire,
à l'A , B, C , et qui demande de leur part,
au moins au comancement , plus d'assiduité
et de soins que n'en paroit exiger
la routine vulgaire.
41. Persuadé de la verité , de l'utilité et
de la diligence de cete métode , j'ose assurer
et prédire que toutes choses dail
leurs égales , les viles qui les premieres
feront usage du Bureau tipografique , seront
dans la suite , à proportion des écoles
et des écoliers , les premieres à produi
re
30 MERCURE DE FRANCE.
>
re le plus grand nombre d'enfans et
d'homes celebres dans les arts et dans les
siences.
Si on ne goute point la métode du Bureau
tipografique , je m'en étone , et si on la
goute , je m'en étone de même.
Fermer
Résumé : HUITIEME Lètre sur la bibliotèque des enfans, etc.
Le texte aborde les défis liés à la lecture et à la compréhension des lecteurs du Mercure de France, qui souvent ne prêtent pas suffisamment attention aux textes, ce qui les rend incapables de les analyser ou d'en parler de manière éclairée. Cette inattention conduit à des critiques injustes envers les auteurs, car il est plus facile de critiquer que de créer. L'auteur récapitule les points essentiels de ses lettres précédentes sur l'éducation des enfants. Il souligne que les enfants de deux à trois ans sont capables des premières opérations littéraires et que les méthodes vulgaires sont inadaptées à leur âge. Il recommande la méthode du bureau typographique, qui est proportionnée à tous les âges et permet une meilleure éducation. Le texte compare les avantages de commencer l'éducation tôt avec la méthode du bureau typographique par rapport à une initiation tardive avec des méthodes vulgaires. Il utilise des analogies, comme celle du coureur, pour illustrer que commencer tôt et par la bonne méthode permet de progresser plus rapidement et efficacement. L'auteur décrit les étapes de la méthode du bureau typographique : montrer les lettres aux enfants dès leur jeune âge, leur apprendre à les nommer comme un perroquet, et les faire imprimer différentes langues. Cette méthode rend l'apprentissage agréable et évite les difficultés rencontrées avec les méthodes traditionnelles. Le texte détaille également les avantages spécifiques de la méthode du bureau typographique, tels que l'apprentissage précoce de la lecture et de l'écriture, la maîtrise de l'orthographe, la capacité de lire manuscrits et imprimés, et l'acquisition de vocabulaire latin et français. Cette méthode prépare les enfants aux opérations littéraires et grammaticales de manière plus efficace que les méthodes vulgaires. Les enfants, dès l'âge de deux à quatre ans, apprennent les terminaisons des noms et des verbes, les genres, les déclinaisons, les préterits, les supins, les concordances et la syntaxe par des cartes et des exemples pratiques. Ils écrivent sur des cartes des sujets variés, comme des programmes, des affiches ou des annonces, transformant la table du bureau en un livre ouvert. Grâce à un dictionnaire typographique, ils acquièrent plusieurs milliers de mots latins et français avant l'âge de cinq ou six ans. La méthode enseigne également la ponctuation, les abréviations et la quantité latine par la pratique quotidienne. Les enfants impriment du latin avec des caractères manuscrits, préparant ainsi leur imagination pour imiter ensuite des traits et des lettres. Ils apprennent les éléments de divers arts et sciences par l'écriture, démontrant que les enfants de deux à trois ans sont capables de ces premières notions. Le texte critique les méthodes vulgaires, jugées insuffisantes et tardives, et vante les avantages de la méthode du bureau typographique, qui suit l'enfant pas à pas et forme son esprit et son cœur dès le plus jeune âge. Les enfants apprennent également les noms des personnes et des objets, les figures de la Bible, les fables, les métamorphoses d'Ovide, et l'histoire profane. Ils pratiquent les règles de l'arithmétique, de l'algèbre, de la géométrie et même de la musique sur la table du bureau. La méthode permet aussi d'enseigner plusieurs langues, comme le grec, l'hébreu et l'arabe, et de former l'oreille des enfants à la lecture et à la déclamation. Les enfants du bureau typographique sont capables de travailler seuls et d'apprendre par cœur, développant ainsi leur mémoire et leur adresse manuelle. Ils acquièrent également le goût de la lecture et de l'étude, et sont plus sensibles à la gloire et à l'émulation littéraire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5836
p. 30-35
LA HAINE. ODE
Début :
Sçavantes Nymphes du Parnasse, [...]
Mots clefs :
Haine, Vengeance, Indulgence, Amitié, Guerre, Justice, Muses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA HAINE. ODE
L.A HAINE
ODE
S Cavantes Nymphes du Parnasse ,
Si jamais vous cûtes pitié ,
Des malheurs qu'à l'humaine race
Causa souvent l'Inimitié ;
Déesses , soyez- moi propices.
Contre le plus cruel des vices ,
Armez votre sévérité ;
D'une voix pénétrante et forte,
Blâmez les excès ou se porte ,
L'homme contre l'homme irrité.
Pour le désir de la vengeance ,
Muses , donnez lui tant d'horreur
Qu'enfin une noble indulgence
Succede à sa lâche fureur ;
2
Qu'en ses yeux desormais l'on voye ,
Briller
JANVIER. 1731. 31
Briller l'assurance et la joye ,
Au lieu du trouble et de l'ennui ;
Et qu'au mépris d'un faux sistême
Il devienne ami de soi- même ,
In cessant de hair autrui.
Peuples , dont un instinct sauvage ,
Regle les sentimens pervers ,
Et dont cet orgueilleux rivage.
Est séparé par tant de Mers :
Vous , chez qui l'homme impitoyable
Du corps fumant de son semblable
Se fait de monstrueux festins ;
De vos forfaits , Peuples impies ,
On voit les fidelles copies ,
Dans nos désordres intestins.
•
Oui , ce seroit peu que la Guerre ,
Employant le souphre et le fer ;
Eût tant de fois rendu la Terre ,
L'horrible image de l'Enfer ,
Si l'Entêtement , l'Hérésie ,
L'Ambition , la Jalousie ,
Les faux soupçons , les noirs complots ,
Tirans implacables des Hommes ,
Du triste climat où nous sommes
Ne bannissoient pas le repos.
>
Com(
32 MERCURE
DE FRANCE .
Combien de fois cet Hémisphère ,
Non sans en frémir , a- t-il vú ,
Du sang de son malhûreux frere ,
Le frere indignement repû ?
Est- il parjures , sacriléges ,
Intrigues , fureurs , sortiléges ,
Trahisons , souplesses , détours ,
A qui , dans nos projets iniques ,
Honteux , criminels Politiques ,
Nous n'ayons sans cesse recours ?
Sur tout , quand l'Interêt nous guide ,
Ses absolus commandemens
De l'amitié la plus solide ,
Sappent toûjours les fondemens.
D'Alecton , sanguinaire éleve ,
Il aiguisa le premier Glaive
Et chassant l'équité des coeurs ;
Il substitua par ses ruses ;
Un vil amas de Loix confuses ,
A l'empire des bonnes moeurs.
Et toi , dont l'éloquence outrée ,
Consiste en des cris infernaux ,
Qui de la fugitive Astrée ,
Usurpas les saints Tribunaux ,
Hydre , qu'anime la vengeance ,
Que suit la fatale indigence ,
Que
JANVIER . 1731. 33
Que conduit
l'obstination ,
Chicane , indomtable Génie ,
Quels objets offre ta manie ,
A ma juste indignation !
Les Loix les plus sages détruites ,
Par des Sophismes effrontez ;
Des veuves aux portes réduites ,
Des Orphelins déshéritez ;
L'Impunité vendue au crime
A son possesseur légitime
Un bien pour jamais interdit
L'Innocence qu'on persécute ,
Et le droit le plus ferme en butte
A l'oppression
du crédit.
›
Mais quelle voix audacieuse ,
Eclate , en discours menaçans ?
Quelle langue malicieuse ,
Exerce ici ses traits perçans ?
Lâches Auteurs de ces tempêtes ,
Craignez d'attirer sur vos têtes ,
Les rigueurs du courroux divin ,
Et que le Ciel en sa justice ,
D'Etéocle et de Polinice ,
Ne vous ait réservé la fin.
Témoins d'un Spectacle barbare ;
Que dis-je ! Nous n'esperons pas ,
Que
34 MERCURE DE FRANCE.
Que la haine qui nous sépare ,
Puisse ceder même au trépàs.
L'aigreur qui partage vos ames ,
Un jour partagera les flâmes
Qui doivent consumer vos corps ;
Un jour , vos Ombres fratricides ,
Iront se joindre aux Eumenides ,
- Pour troubler l'Empire des Morts.
=
•
Ainsi donc cedant à la force ,
Du plus exécrable poison ,
Vous faites un honteux divorce ,
Avec votre propre raison.
Malheureux ! prenez pour modeles .
Les Colombes , les Tourterelles ,
Qu'un tendre amour unit toujours ;
Ou bien dans quelque affreux bocage ,
Allez écouter le langage ,
Des Loups , des Tigres et des Ours.
Vous , Muses , allez les premieres ,
Vers ces Animaux ravissans ,
Et daignez de quelques lumieres ,
Eclairer leurs aveugles sens .
Instruits de nos moeurs intraitables ,
De cent reproches équitables .
Ils sçauront bien- tôt nous combler ,
Plus épouvantez de connoître ,
L'Or
JANVIER . 1-31 .
35
i
L'Orgueilleux, qui se dit leur Maître ,
Qu'envieux de lui ressembler.
C'en est trop ; gardez le silence ,
Barbares , hôtes des Forêts ,"
Hélas ! de notre ressemblance ,
Il suffit d'avouer les traits.
Quand la Terre ignoroit encore ,
Les malheurs qu'apporta Pandore.
Les crimes de Thebe et d'Argos ,
L'Homme goûtoit un sort celeste :
Mais quoi ! la discorde funeste ,
Nous a tous rendus vos égaux .
F. M. F. DE VAL GNE
ODE
S Cavantes Nymphes du Parnasse ,
Si jamais vous cûtes pitié ,
Des malheurs qu'à l'humaine race
Causa souvent l'Inimitié ;
Déesses , soyez- moi propices.
Contre le plus cruel des vices ,
Armez votre sévérité ;
D'une voix pénétrante et forte,
Blâmez les excès ou se porte ,
L'homme contre l'homme irrité.
Pour le désir de la vengeance ,
Muses , donnez lui tant d'horreur
Qu'enfin une noble indulgence
Succede à sa lâche fureur ;
2
Qu'en ses yeux desormais l'on voye ,
Briller
JANVIER. 1731. 31
Briller l'assurance et la joye ,
Au lieu du trouble et de l'ennui ;
Et qu'au mépris d'un faux sistême
Il devienne ami de soi- même ,
In cessant de hair autrui.
Peuples , dont un instinct sauvage ,
Regle les sentimens pervers ,
Et dont cet orgueilleux rivage.
Est séparé par tant de Mers :
Vous , chez qui l'homme impitoyable
Du corps fumant de son semblable
Se fait de monstrueux festins ;
De vos forfaits , Peuples impies ,
On voit les fidelles copies ,
Dans nos désordres intestins.
•
Oui , ce seroit peu que la Guerre ,
Employant le souphre et le fer ;
Eût tant de fois rendu la Terre ,
L'horrible image de l'Enfer ,
Si l'Entêtement , l'Hérésie ,
L'Ambition , la Jalousie ,
Les faux soupçons , les noirs complots ,
Tirans implacables des Hommes ,
Du triste climat où nous sommes
Ne bannissoient pas le repos.
>
Com(
32 MERCURE
DE FRANCE .
Combien de fois cet Hémisphère ,
Non sans en frémir , a- t-il vú ,
Du sang de son malhûreux frere ,
Le frere indignement repû ?
Est- il parjures , sacriléges ,
Intrigues , fureurs , sortiléges ,
Trahisons , souplesses , détours ,
A qui , dans nos projets iniques ,
Honteux , criminels Politiques ,
Nous n'ayons sans cesse recours ?
Sur tout , quand l'Interêt nous guide ,
Ses absolus commandemens
De l'amitié la plus solide ,
Sappent toûjours les fondemens.
D'Alecton , sanguinaire éleve ,
Il aiguisa le premier Glaive
Et chassant l'équité des coeurs ;
Il substitua par ses ruses ;
Un vil amas de Loix confuses ,
A l'empire des bonnes moeurs.
Et toi , dont l'éloquence outrée ,
Consiste en des cris infernaux ,
Qui de la fugitive Astrée ,
Usurpas les saints Tribunaux ,
Hydre , qu'anime la vengeance ,
Que suit la fatale indigence ,
Que
JANVIER . 1731. 33
Que conduit
l'obstination ,
Chicane , indomtable Génie ,
Quels objets offre ta manie ,
A ma juste indignation !
Les Loix les plus sages détruites ,
Par des Sophismes effrontez ;
Des veuves aux portes réduites ,
Des Orphelins déshéritez ;
L'Impunité vendue au crime
A son possesseur légitime
Un bien pour jamais interdit
L'Innocence qu'on persécute ,
Et le droit le plus ferme en butte
A l'oppression
du crédit.
›
Mais quelle voix audacieuse ,
Eclate , en discours menaçans ?
Quelle langue malicieuse ,
Exerce ici ses traits perçans ?
Lâches Auteurs de ces tempêtes ,
Craignez d'attirer sur vos têtes ,
Les rigueurs du courroux divin ,
Et que le Ciel en sa justice ,
D'Etéocle et de Polinice ,
Ne vous ait réservé la fin.
Témoins d'un Spectacle barbare ;
Que dis-je ! Nous n'esperons pas ,
Que
34 MERCURE DE FRANCE.
Que la haine qui nous sépare ,
Puisse ceder même au trépàs.
L'aigreur qui partage vos ames ,
Un jour partagera les flâmes
Qui doivent consumer vos corps ;
Un jour , vos Ombres fratricides ,
Iront se joindre aux Eumenides ,
- Pour troubler l'Empire des Morts.
=
•
Ainsi donc cedant à la force ,
Du plus exécrable poison ,
Vous faites un honteux divorce ,
Avec votre propre raison.
Malheureux ! prenez pour modeles .
Les Colombes , les Tourterelles ,
Qu'un tendre amour unit toujours ;
Ou bien dans quelque affreux bocage ,
Allez écouter le langage ,
Des Loups , des Tigres et des Ours.
Vous , Muses , allez les premieres ,
Vers ces Animaux ravissans ,
Et daignez de quelques lumieres ,
Eclairer leurs aveugles sens .
Instruits de nos moeurs intraitables ,
De cent reproches équitables .
Ils sçauront bien- tôt nous combler ,
Plus épouvantez de connoître ,
L'Or
JANVIER . 1-31 .
35
i
L'Orgueilleux, qui se dit leur Maître ,
Qu'envieux de lui ressembler.
C'en est trop ; gardez le silence ,
Barbares , hôtes des Forêts ,"
Hélas ! de notre ressemblance ,
Il suffit d'avouer les traits.
Quand la Terre ignoroit encore ,
Les malheurs qu'apporta Pandore.
Les crimes de Thebe et d'Argos ,
L'Homme goûtoit un sort celeste :
Mais quoi ! la discorde funeste ,
Nous a tous rendus vos égaux .
F. M. F. DE VAL GNE
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Résumé : LA HAINE. ODE
L'ode 'La Haine', publiée en janvier 1731 dans le Mercure de France, est une supplique adressée aux muses et aux nymphes du Parnasse pour qu'elles condamnent la haine et l'inimitié entre les hommes. L'auteur aspire à voir la vengeance remplacée par une noble indulgence et souhaite que les hommes apprennent à se pardonner et à s'aimer eux-mêmes. L'auteur dénonce les peuples barbares qui se nourrissent de la chair de leurs semblables et compare leurs actes aux désordres internes des sociétés civilisées. Il critique la guerre, l'entêtement, l'hérésie, l'ambition, la jalousie, les faux soupçons et les complots qui perturbent la paix. Il accuse également l'intérêt personnel de corrompre les amitiés et de substituer des lois confuses à l'empire des bonnes mœurs. L'auteur s'indigne contre les abus de la justice, les sophismes qui détruisent les lois sages, et l'impunité du crime. Il met en garde les auteurs de ces tempêtes contre la colère divine et prédit que la haine persistera même après la mort. Enfin, l'auteur invite les hommes à prendre exemple sur les colombes et les tourterelles, unies par un tendre amour, plutôt que sur les animaux sauvages. Il appelle les muses à éclairer les sens des hommes, aveugles par leurs mœurs intraitables, et à leur faire connaître leur propre barbarie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5837
p. 35-48
LETTRE d'un Grammairien de Provence, sur le Bureau Tipographique.
Début :
Est-il licite de vous demander, Monsieur, pourquoi et comment [...]
Mots clefs :
Charlatans, Bureau typographique, Méthode vulgaire, Grammaire, Apprentissage, Scepticisme, Mémoire, Rigueur, Langues
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Grammairien de Provence, sur le Bureau Tipographique.
LETTRE d'un Grammairien de Provence
, fur le Bureau Tipographique.
E
St-il licite de vous demander , Monsieur
>
pourquoi et comment tant de
charlatans de la République des Lettres
sont écoutés à la Cour et à la Ville ? Votre
Mercure parle toujours de quelqu'un
de ces Messieurs ; divertissent- ils donc le
Public à ses dépens ? Jadis des fols et des
bouffons augmentoient le nombre des
domes
36 MERCURE DE FRANCE.
domestiques des grands Seigneurs , ensuite
par un meilleur goût , on préfera
les Menétriers , les Troubadours , les Baladins
et les Saltinbanques ; ne seroit- ce
point aujourd'hui le tour des Charlatans ?
il semble qu'ils soient devenus à la mode,
( car en France , comme vous sçavez ) la
mode est l'ame et le mobile presque de
tout , et on dit que Paris seul pourroit
fournir plus de troupes de Charlatans
que tout le Royaume ensemble.
·
Je ne vous parle point ici , Monsieur ,
des prétendus inventeurs de la Pierre.
Philosophale , de la Quadrature du Cercle
, du mouvement perpetuel , des longitudes
etc. je n'y prens aucun interêt ;
mais je vous avouë que je ne puis comprendre
comment des gens de Lettres
donnent dans de pareils travers , et comment
ils peuvent être non -seulement tolerés
et protegés, mais encore quelquefois
récompensés.
On dit que tous les jours vous êtes regalés
d'Affiches nouvelles qui annoncent
au Public des Phénomenes litteraires ;
par l'une on promer de mettre une femme
, une nourisse , un Suisse même , en
état de montrer à un François la Langue
Latine en peu de tems , par le secret ou
le moyen de quelques Monosillabes techniques
et de quelques signe sou herissons
hyeroglifiques.
Un
JANVIER. 1731. 37
Un autre Auteur donne les Sciences
dévoilées et le moyen d'apprendre le Latin
et les Sciences sans le secours d'aucun
Maître ; il donne l'art d'enseigner
le Latin aux petits enfans en les divertissant
, et sans qu'ils s'en apperçoivent :
ce même Auteur dit qu'il ne faut pas
plus de six mois pour apprendre le Latin
et faire son droit , six mois pour être en
état d'entrer dans un Seminaire
mois pour le Latin qui regarde la Medecine.
Je m'imagine qu'avec de tels secrets
on ne manque pas de faire rouler carosse
& c .
trois
Ce qui me revolte le plus en lisant votre
Mercure , c'est d'y trouver un de ces
Charlatans qui affecte de décrier les méthodes
des autres pour donner plus de
crédit à la sienne , et l'élever sur le débris
des autres. Il parle toujours d'un
rudiment pratique de bois , par le moyen
duquel il promet de mieux montrer que
les autres la silabisation , l'orthographe
et les rudimens de la Langue Latine . On
dit que ce Bureau pour un enfant de
deux à trois ans a plus d'une toise de
long , et si ce Bureau si nécessaire pour
l'instruction d'un enfant , croit à mesure
que l'écolier avance en âge , il lui
faudra cinq ou six toises avant que
l'enfant
en quitte l'usage ; à ce
compte là
C le
38 MERCURE DE FRANCE
les jeux de paume vont devenir prodigieusement
chers , car où placer ces machines
de bois à moins qu'on n'ait de
grandes Sales , ou des Galeries telles que
celles des Princes et des grands Seigneurs
une voye plus abregée , à mon avis , ce
seroit d'habiter une Bibliotheque. En atrendant
que je sçache bien la construction
de cette machine , je vous suplie de ne pas
me refuser les éclaircissemens que je vous
demande ; car il appert visiblement que
tet Auteur ignore lui-même ce qu'il veur
montrer aux autres .
Quelle plaisante route n'est- ce point
de faire pratiquer une fausse orthographe
qu'il appelle l'orthographe de l'oreille,
pour parvenir enfin à la veritable or
thographe des yeux ou de l'usage ? A quoi
bon ce détour ? Est-ce là cette simplicité
dont il se pique tant ? La méthode vulgaire
n'est- elle pas plus simple d'aller
droit à la veritable orthographe , sans
chercher les détours qu'indique ce rudiment
de bois car enfin c'est abuser de
la tolerance et de la liberté dont on jouit
dans la République des Lettres , que de
donner ainsi au Public une méthode bizarre
et embarassante sur le nom des lettres
, sur la sillabisation , sur l'ortographe
et sur le rudiment de la Langue Latine
, pendant que nous avons d'excellentes
JANVIER. 1731. 39
lentes méthodes sur chacune de ces parties.
Pourquoi les abandonne - t'on , et
pourquoi leur préferer le - sistême de la
chienne lettrée de la Foire , puisque selon
l'exposé de l'Auteur , un enfant travaille
à ce nouveau Bureau de la même
maniere que la chienne en question ; l'enfant
, à ce qu'on dit , prend dans son Bureau
les lettres dont il a besoin pour composer
un mot tout comme la chienne les
prend sur le pavé ou sur le plancher , et
les donne à son Maître,suivant l'ordre de
l'orthographe
, ainsi que l'enfant
les range
l'une après l'autre sur la table de son
Bureau ; et si l'un et l'autre fait est bien
constant , n'y auroit- il point quelque mistere
que nous ne sçaurions penetrer , et
qui n'est entendu que par ces nouveaux
maîtres et par leurs éleves ? Je me défie
extrêmement
de ces merveilles .
Quoiqu'à la rigueur , je ne doute nullement
qu'on ne puisse dresser un enfant
à ces sortes de jeux comme on dresse un
chien ou tout autre animal. Il me reste
toujours un scrupule dont je sens bien
que je ne guerirai que par ma propre experience
, ou par le témoignage de personnes
sensées , et sans prévention ; je
serois curieux , par exemple , de sçavoir
si un enfant dressé par cette nouvelle.
façon pourroit lire dans un Livre impricij
mé
MERCURE DE FRANCE
mé à Paris , et qu'il n'auroit jamais vû ?
ces faits une fois posés , je passe à ce
prétendu rudiment pratique , et je voudrois
sçavoir si ce rudiment de bois , futil
d'ébene , ou de quelqu'autre bois plus
précieux , apprendra à l'enfant les principes
de la Langue Latine suivis , observés
, et scrupuleusement pratiqués depuis
tant de siecles ? nos maîtres qui n'avoient
point ces moyens prestigieux , ne sontils
pas parvenus à un dégré de sçavoir
auquel nous avons bien de la peine à atteindre
, et finalement auquel tous ces
beaux esprits à rechercher ne parviendront
jamais ? Quoi ! nous aurons passé
bien des années à nous tourmenter pour
apprendre des choses que nous sentons
ne sçavoir pas encore bien dans un âge
avancé , et des enfans de quatre ou cinq
des Gouvernantes , des domestiques
apprendront en jouant ce qui nous a
couté tant de peines , tant de pleurs et
et de fatigues ? nous faudra- t'il remettre
à la Croix de pardieu , sous peine d'être
repris par des enfans ?
ans ,
Que je crains , Monsieur , qu'à force
de vouloir rendre les Sciences aisées , on
ne les rende trop communes , et qu'on
ne méprise les Sçavans par la facilité que
l'on aura à tout âge et en toute condition
de se mettre de niveau avec eux.
En
JANVIER. 1731. 41
En verité , Monsieur , on a bien peu d'é
gard pour des personnes qui ont vieilli
sur les livres , et qui se livrent avec tant
de zele à l'instruction de la jeunesse. On
se livre trop aisément à de nouveaux
venus qui nous ravissent nos droits par
des jeux et par des prestiges , car je ne
sçaurois nommer autrement ces inventions
phantastiques.
Despautere , Hannibal Quadret , le
P. Pomey et tant d'autres auront donc
travaillé inutilement pour la Jeunesse
si l'on suit d'autres routes que celles qu'ils
nous ont marquées. L'experience journaliere
nous apprend que la voye de la récitation
et d'apprendre par coeur est la
plus sure pour exercer la mémoire des
enfans ; nous voyons avec satisfaction que
des enfans sçavent à peine lire qu'ils
nous recitent sans faute leur Mufa , leur
Penelope , la femme d'Ulisse , leur Templum
, Pater, Fructus , Cornu , Dies , et
tous les Paradigmes des Rudimens , nous
voyons qu'ils retiennent avec un succès
égal toutes les concordances , les difficultes
sur la particule On , sur le Que relatif
ou particule , les quatre Questions de
lieu , celles de tems , les régimes des Verbes
Celo , rogo , doceo , moneo , posco , flagito
, ceux de refert et interest , des Verbes ,
piget , pudet , penitet , enfin tout ce qu'il,
Ciij y
42 MERCURE DE FRANCE
ya de plus épineux dans la Grammaire
et dans la Syntaxe , et après cela on viendra
nous débiter des préceptes qui sont
de vrais paradoxes , pour ne rien dire
de plus , ceux qui les débitent seront
crus , seront suivis , tandis que l'on rira
de nos raisonnemens et que nos Ecoles
seront desertes : Que deviendra le fruit
de nos veilles et de nos travaux ? Permettez
-moi , Monsieur , de m'écrier ici avec
un Ancien : 0 tempora ! ô mores !
Avant que de finir ma Lettre
, agréez
,
Monsieur
, que je vous demande
un éclaircissement
sur le titre ridicule
que cet Au-
`teur
avoit
dabord
donné
à sa nouvelle
méthode
, l'A , B , C de Candiac
; ce titre
porte
bien
avec
lui un caractere
de
vision
; car ou ce Candiac
est un nom
propre
de Ville
, ou de personne
, quelque
ce puisse
être des deux
, je dis qu'il
est absurde
de vouloir
ériger
ses visions
en dogmes
litteraires
, au préjudice
de
la doctrine
reçuë
depuis
tant de tems
par
lés plus habiles
Maîtres
; et si cette
voye
a lieu il sera donc
permis
à chacun
de
donner
ses idées
au Public
comme
des
régles
infaillibles
. Je n'aurai
donc
qu'à
donner
må maniere
de montrer
à lire et
le Latin
sous le nom de l'A , B , C , ou
du rudiment
de Ventabrén
, un autre
donnera
la Grammaire
d'Auron
, et quelqu'autre
1
JANVIER. 1731. 43
qu'autre aussi la Sintaxe de Vitrole ; tour
le monde doit sentir les inconveniens d'un
tel abus et le ridicule de pareilles maximes.
Cette reflexion m'en fait naître une
autre que je ne dois pas obmettre , vous
jugerez de sa valeur . Toute personne qui
n'est point née à Paris ou à Blois a mauvaise
grace de vouloir donner des regles
d'orthographe françoise , et qui ne possede
pas le Grec et le Latin ne peut écrire
correctement et suivant l'étimologie des
mots françois qui dérivent de ces deux
Langues. Laissons donc à nos Professeurs
des Universités du Royaume , et sur tout
à ceux de notre Capitale , le soin de nous
donner des regles pour la prononciation
et pour l'orthographe françoise ; nourris
depuis leur enfance dans les Langues oríginales
, ils sçavent mieux que tout au
tre la vraye source du françois , ils en
sçavent mieux la prononciation , ils ont
vieilli dans l'étude du Grec et du Latin .
Plus j'y pense , plus je suis frappé de
la singularité du titre de ce nouveau sistême
, l'A , B , C de Candiac , la Biblio
theque des enfans ; un livre ne sçauroit
être une Bibliotheque , car une Bibliotheque
est une grande chambre , ou appartement
où l'on met des livres de touté
de tout genre ; or un Livre sur
C iiij
espece ,
l'a
4 MERCURE DE FRANCE
l'a , b , c , pour des enfans ne sçauroit
composer une Bibliotheque. Ce titre me
fait ressouvenir d'une Epigramme du fameux
Owen , le Martial Anglois , contre.
un certain Rider , Auteur d'un Lexicon
qu'il avoit donné au Public sous le titre
de Bibliotheque ; ne pourroit on pas en
faire une application à ce nouveau sistême
? La voici :
Quid sibi ridendi vult Bibliotheca , Rideri
Unus enim non est Bibliotheca liber ;
Verborum cum theca fit hac , non theca Librorum
,
Lexicon hoc dici , Dictio theca potest.
Un Livre seul est- il une Bibliotheque
Ma foi , Rider , cette pensée est Grecque ;
Tu ne me comprens pas ; voici donc mes raisons;
Ton Livre tout au plus est de mots un repaire ;.
Une aire au plus de Dictions ;
Nommons-le donc Dictionnaire .
Ce Bureau à niches de bois peut encore
moins passer pour une Bibliotheque
puisqu'on n'y doit mettre que des verbes
, des noms substantifs , des adjectifs ,
des indéclinables ; et ces niches continssent-
elles tous les substantifs imaginables ,
ne donneront jamais à un enfant la connoissance
de la nature du substantif , de
l'adjectif, du verbe &c.
Ca
JANVIER. 1731 45
Ce Bureau , ce Colombier , puisque
Colombier y a , ne rendra jamais un enfant
imperturbable sur les déclinaisons ,
les conjugaisons et les genres , sur les concordances
, car si , par exemple , je viens à
lui demander de quel genre est pileus
sçaura t'il me le dire ? et s'il le dit , sera:
t'il en état de répondre au da regulam ?
ce sera là pour lui un langage inconnu
son Bureau ne pouvant lui fournir cette:
maxime si courte , si usitée dans nos Ecoles
, et qui est le fruit des veilles du co…
riphée des Grammairiens.
Omne viro soli quod convenit esto virile .
Mais sans entrer dans ce détail qui
mettroit en déroute ces nouveaux Maîtres
, et leur Bureau en éclats , je me
borne à un raisonnement que peu de
personnes sont en état de faire , parceque
peu de gens prennent un aussi grand
interêt à ces sortes de matieres.
Tout ce qu'un enfant instruit par cette
méthode acquerra de connoissance de la
Langue Latine , de la Grammaire et de
la Syntaxe, ne sera qu'une mémoire locale:
artificielle et méchanique du substantif ,
de l'adjectif et de toutes les parties d'o
raison ; mais il n'aura jamais ce qu'on
appelle la mémoire spirituelle et métaphisique
de ce que ces mots signifient..
Cv Car
46 MERCURE DE FRANCE
Car enfin , lors qu'on lui aura ôté son
Bureau , ses logettes , et qu'on lui demandera
ce que c'est qu'un substantif , un
adjectif , un Verbe &c. il sera entierement
dérouté , et manquant de l'outil
ou de l'instrument qui lui donnoit ce
dont il avoit besoin , il ne sçaura que
devenir. Mais quelle difference à l'égard
d'un enfant instruit par l'ingénieuse méthode
du Rudiment ? avec son Quadret ,
et sans son Quadret , avec son Despautere
, ou sans son Despautere , il répondra
positivement , et ad rem , sur tout ce
qu'on pourra lui demander , parce qu'il
sçaura que ces définitions sont dans ces
Livres , qu'on les lui a expliquées , qu'il
les a apprises par coeur , et vous les recitera
même sans faute , sa mémoire qu'on
a cultivée avec tant de soin ne sçauroit
lui manquer dans une pareille occasion.
C'est , au reste , se tromper lourdement
et donner dans une erreur manifeste , de
croire qu'il faille cultiver autre chose que
la mémoire dans les enfans ; c'est là tout
leur fonds , leur ame , leur esprit n'est
point encore assez formé pour pouvoir
faire toutes les opérations qui conduisent
à l'intelligence . Donnez leur donc beaucoup
de mots beaucoup de termes à
apprendre par coeur , faites les leur recizer
souvent , et vous en ferez des prodi-
>
ga
JANVIER. 1731. 47
ges . On perdra son tems et sa peine quand
on voudra leur donner l'intelligence des
définitions , leur en faire comprendre le
sens ; le tems de les entendre viendra
toujours assez tôt , ne vint-il qu'à l'âge
de quinze ou vingt ans , et c'est justement
alors que leur esprit formé commence
à sentir la valeur des termes qu'ils
ont appris avant ce tems là , et que leur
mémoire conserve comme en depôt ; car
ce n'est que la mémoire qui nous rend
sçavans , et nous fait paroître tels . Autant
que je puis m'en ressouvenir un Ancien
Fa dit avant moi nous ne sommes sçavans
qu'autant que nous avons de la mémoire.
Que ces Tipographistes me font de compassion
, et que je plains les personnes
qui ont à essuyer leurs visions ! Tenonsnous-
en à nos anciennes maximes ; sui
vons les traces qu'on nous a frayées , et
marchons par la voye qu'ils nous ont
indiquée , dussions nous ne jamais arteindre
au but où nous tendons. Et quoique
puisse dire' Seneque , les hommes font
toujours bien de suivre la foule : errer
avec de grands Maîtres , c'est suivre la
bonne tou
, et j'ose le dire , c'e
jours ou presque toujours errer , que
suivre de nouvelles routes . En attendant
C vj
de
l'hort
48 MERCURE DE FRANCE
l'honneur de votre Réponse , j'ai celui
d'être &c.
A Ventabrén , ce 2. Octobre 1730 .
, fur le Bureau Tipographique.
E
St-il licite de vous demander , Monsieur
>
pourquoi et comment tant de
charlatans de la République des Lettres
sont écoutés à la Cour et à la Ville ? Votre
Mercure parle toujours de quelqu'un
de ces Messieurs ; divertissent- ils donc le
Public à ses dépens ? Jadis des fols et des
bouffons augmentoient le nombre des
domes
36 MERCURE DE FRANCE.
domestiques des grands Seigneurs , ensuite
par un meilleur goût , on préfera
les Menétriers , les Troubadours , les Baladins
et les Saltinbanques ; ne seroit- ce
point aujourd'hui le tour des Charlatans ?
il semble qu'ils soient devenus à la mode,
( car en France , comme vous sçavez ) la
mode est l'ame et le mobile presque de
tout , et on dit que Paris seul pourroit
fournir plus de troupes de Charlatans
que tout le Royaume ensemble.
·
Je ne vous parle point ici , Monsieur ,
des prétendus inventeurs de la Pierre.
Philosophale , de la Quadrature du Cercle
, du mouvement perpetuel , des longitudes
etc. je n'y prens aucun interêt ;
mais je vous avouë que je ne puis comprendre
comment des gens de Lettres
donnent dans de pareils travers , et comment
ils peuvent être non -seulement tolerés
et protegés, mais encore quelquefois
récompensés.
On dit que tous les jours vous êtes regalés
d'Affiches nouvelles qui annoncent
au Public des Phénomenes litteraires ;
par l'une on promer de mettre une femme
, une nourisse , un Suisse même , en
état de montrer à un François la Langue
Latine en peu de tems , par le secret ou
le moyen de quelques Monosillabes techniques
et de quelques signe sou herissons
hyeroglifiques.
Un
JANVIER. 1731. 37
Un autre Auteur donne les Sciences
dévoilées et le moyen d'apprendre le Latin
et les Sciences sans le secours d'aucun
Maître ; il donne l'art d'enseigner
le Latin aux petits enfans en les divertissant
, et sans qu'ils s'en apperçoivent :
ce même Auteur dit qu'il ne faut pas
plus de six mois pour apprendre le Latin
et faire son droit , six mois pour être en
état d'entrer dans un Seminaire
mois pour le Latin qui regarde la Medecine.
Je m'imagine qu'avec de tels secrets
on ne manque pas de faire rouler carosse
& c .
trois
Ce qui me revolte le plus en lisant votre
Mercure , c'est d'y trouver un de ces
Charlatans qui affecte de décrier les méthodes
des autres pour donner plus de
crédit à la sienne , et l'élever sur le débris
des autres. Il parle toujours d'un
rudiment pratique de bois , par le moyen
duquel il promet de mieux montrer que
les autres la silabisation , l'orthographe
et les rudimens de la Langue Latine . On
dit que ce Bureau pour un enfant de
deux à trois ans a plus d'une toise de
long , et si ce Bureau si nécessaire pour
l'instruction d'un enfant , croit à mesure
que l'écolier avance en âge , il lui
faudra cinq ou six toises avant que
l'enfant
en quitte l'usage ; à ce
compte là
C le
38 MERCURE DE FRANCE
les jeux de paume vont devenir prodigieusement
chers , car où placer ces machines
de bois à moins qu'on n'ait de
grandes Sales , ou des Galeries telles que
celles des Princes et des grands Seigneurs
une voye plus abregée , à mon avis , ce
seroit d'habiter une Bibliotheque. En atrendant
que je sçache bien la construction
de cette machine , je vous suplie de ne pas
me refuser les éclaircissemens que je vous
demande ; car il appert visiblement que
tet Auteur ignore lui-même ce qu'il veur
montrer aux autres .
Quelle plaisante route n'est- ce point
de faire pratiquer une fausse orthographe
qu'il appelle l'orthographe de l'oreille,
pour parvenir enfin à la veritable or
thographe des yeux ou de l'usage ? A quoi
bon ce détour ? Est-ce là cette simplicité
dont il se pique tant ? La méthode vulgaire
n'est- elle pas plus simple d'aller
droit à la veritable orthographe , sans
chercher les détours qu'indique ce rudiment
de bois car enfin c'est abuser de
la tolerance et de la liberté dont on jouit
dans la République des Lettres , que de
donner ainsi au Public une méthode bizarre
et embarassante sur le nom des lettres
, sur la sillabisation , sur l'ortographe
et sur le rudiment de la Langue Latine
, pendant que nous avons d'excellentes
JANVIER. 1731. 39
lentes méthodes sur chacune de ces parties.
Pourquoi les abandonne - t'on , et
pourquoi leur préferer le - sistême de la
chienne lettrée de la Foire , puisque selon
l'exposé de l'Auteur , un enfant travaille
à ce nouveau Bureau de la même
maniere que la chienne en question ; l'enfant
, à ce qu'on dit , prend dans son Bureau
les lettres dont il a besoin pour composer
un mot tout comme la chienne les
prend sur le pavé ou sur le plancher , et
les donne à son Maître,suivant l'ordre de
l'orthographe
, ainsi que l'enfant
les range
l'une après l'autre sur la table de son
Bureau ; et si l'un et l'autre fait est bien
constant , n'y auroit- il point quelque mistere
que nous ne sçaurions penetrer , et
qui n'est entendu que par ces nouveaux
maîtres et par leurs éleves ? Je me défie
extrêmement
de ces merveilles .
Quoiqu'à la rigueur , je ne doute nullement
qu'on ne puisse dresser un enfant
à ces sortes de jeux comme on dresse un
chien ou tout autre animal. Il me reste
toujours un scrupule dont je sens bien
que je ne guerirai que par ma propre experience
, ou par le témoignage de personnes
sensées , et sans prévention ; je
serois curieux , par exemple , de sçavoir
si un enfant dressé par cette nouvelle.
façon pourroit lire dans un Livre impricij
mé
MERCURE DE FRANCE
mé à Paris , et qu'il n'auroit jamais vû ?
ces faits une fois posés , je passe à ce
prétendu rudiment pratique , et je voudrois
sçavoir si ce rudiment de bois , futil
d'ébene , ou de quelqu'autre bois plus
précieux , apprendra à l'enfant les principes
de la Langue Latine suivis , observés
, et scrupuleusement pratiqués depuis
tant de siecles ? nos maîtres qui n'avoient
point ces moyens prestigieux , ne sontils
pas parvenus à un dégré de sçavoir
auquel nous avons bien de la peine à atteindre
, et finalement auquel tous ces
beaux esprits à rechercher ne parviendront
jamais ? Quoi ! nous aurons passé
bien des années à nous tourmenter pour
apprendre des choses que nous sentons
ne sçavoir pas encore bien dans un âge
avancé , et des enfans de quatre ou cinq
des Gouvernantes , des domestiques
apprendront en jouant ce qui nous a
couté tant de peines , tant de pleurs et
et de fatigues ? nous faudra- t'il remettre
à la Croix de pardieu , sous peine d'être
repris par des enfans ?
ans ,
Que je crains , Monsieur , qu'à force
de vouloir rendre les Sciences aisées , on
ne les rende trop communes , et qu'on
ne méprise les Sçavans par la facilité que
l'on aura à tout âge et en toute condition
de se mettre de niveau avec eux.
En
JANVIER. 1731. 41
En verité , Monsieur , on a bien peu d'é
gard pour des personnes qui ont vieilli
sur les livres , et qui se livrent avec tant
de zele à l'instruction de la jeunesse. On
se livre trop aisément à de nouveaux
venus qui nous ravissent nos droits par
des jeux et par des prestiges , car je ne
sçaurois nommer autrement ces inventions
phantastiques.
Despautere , Hannibal Quadret , le
P. Pomey et tant d'autres auront donc
travaillé inutilement pour la Jeunesse
si l'on suit d'autres routes que celles qu'ils
nous ont marquées. L'experience journaliere
nous apprend que la voye de la récitation
et d'apprendre par coeur est la
plus sure pour exercer la mémoire des
enfans ; nous voyons avec satisfaction que
des enfans sçavent à peine lire qu'ils
nous recitent sans faute leur Mufa , leur
Penelope , la femme d'Ulisse , leur Templum
, Pater, Fructus , Cornu , Dies , et
tous les Paradigmes des Rudimens , nous
voyons qu'ils retiennent avec un succès
égal toutes les concordances , les difficultes
sur la particule On , sur le Que relatif
ou particule , les quatre Questions de
lieu , celles de tems , les régimes des Verbes
Celo , rogo , doceo , moneo , posco , flagito
, ceux de refert et interest , des Verbes ,
piget , pudet , penitet , enfin tout ce qu'il,
Ciij y
42 MERCURE DE FRANCE
ya de plus épineux dans la Grammaire
et dans la Syntaxe , et après cela on viendra
nous débiter des préceptes qui sont
de vrais paradoxes , pour ne rien dire
de plus , ceux qui les débitent seront
crus , seront suivis , tandis que l'on rira
de nos raisonnemens et que nos Ecoles
seront desertes : Que deviendra le fruit
de nos veilles et de nos travaux ? Permettez
-moi , Monsieur , de m'écrier ici avec
un Ancien : 0 tempora ! ô mores !
Avant que de finir ma Lettre
, agréez
,
Monsieur
, que je vous demande
un éclaircissement
sur le titre ridicule
que cet Au-
`teur
avoit
dabord
donné
à sa nouvelle
méthode
, l'A , B , C de Candiac
; ce titre
porte
bien
avec
lui un caractere
de
vision
; car ou ce Candiac
est un nom
propre
de Ville
, ou de personne
, quelque
ce puisse
être des deux
, je dis qu'il
est absurde
de vouloir
ériger
ses visions
en dogmes
litteraires
, au préjudice
de
la doctrine
reçuë
depuis
tant de tems
par
lés plus habiles
Maîtres
; et si cette
voye
a lieu il sera donc
permis
à chacun
de
donner
ses idées
au Public
comme
des
régles
infaillibles
. Je n'aurai
donc
qu'à
donner
må maniere
de montrer
à lire et
le Latin
sous le nom de l'A , B , C , ou
du rudiment
de Ventabrén
, un autre
donnera
la Grammaire
d'Auron
, et quelqu'autre
1
JANVIER. 1731. 43
qu'autre aussi la Sintaxe de Vitrole ; tour
le monde doit sentir les inconveniens d'un
tel abus et le ridicule de pareilles maximes.
Cette reflexion m'en fait naître une
autre que je ne dois pas obmettre , vous
jugerez de sa valeur . Toute personne qui
n'est point née à Paris ou à Blois a mauvaise
grace de vouloir donner des regles
d'orthographe françoise , et qui ne possede
pas le Grec et le Latin ne peut écrire
correctement et suivant l'étimologie des
mots françois qui dérivent de ces deux
Langues. Laissons donc à nos Professeurs
des Universités du Royaume , et sur tout
à ceux de notre Capitale , le soin de nous
donner des regles pour la prononciation
et pour l'orthographe françoise ; nourris
depuis leur enfance dans les Langues oríginales
, ils sçavent mieux que tout au
tre la vraye source du françois , ils en
sçavent mieux la prononciation , ils ont
vieilli dans l'étude du Grec et du Latin .
Plus j'y pense , plus je suis frappé de
la singularité du titre de ce nouveau sistême
, l'A , B , C de Candiac , la Biblio
theque des enfans ; un livre ne sçauroit
être une Bibliotheque , car une Bibliotheque
est une grande chambre , ou appartement
où l'on met des livres de touté
de tout genre ; or un Livre sur
C iiij
espece ,
l'a
4 MERCURE DE FRANCE
l'a , b , c , pour des enfans ne sçauroit
composer une Bibliotheque. Ce titre me
fait ressouvenir d'une Epigramme du fameux
Owen , le Martial Anglois , contre.
un certain Rider , Auteur d'un Lexicon
qu'il avoit donné au Public sous le titre
de Bibliotheque ; ne pourroit on pas en
faire une application à ce nouveau sistême
? La voici :
Quid sibi ridendi vult Bibliotheca , Rideri
Unus enim non est Bibliotheca liber ;
Verborum cum theca fit hac , non theca Librorum
,
Lexicon hoc dici , Dictio theca potest.
Un Livre seul est- il une Bibliotheque
Ma foi , Rider , cette pensée est Grecque ;
Tu ne me comprens pas ; voici donc mes raisons;
Ton Livre tout au plus est de mots un repaire ;.
Une aire au plus de Dictions ;
Nommons-le donc Dictionnaire .
Ce Bureau à niches de bois peut encore
moins passer pour une Bibliotheque
puisqu'on n'y doit mettre que des verbes
, des noms substantifs , des adjectifs ,
des indéclinables ; et ces niches continssent-
elles tous les substantifs imaginables ,
ne donneront jamais à un enfant la connoissance
de la nature du substantif , de
l'adjectif, du verbe &c.
Ca
JANVIER. 1731 45
Ce Bureau , ce Colombier , puisque
Colombier y a , ne rendra jamais un enfant
imperturbable sur les déclinaisons ,
les conjugaisons et les genres , sur les concordances
, car si , par exemple , je viens à
lui demander de quel genre est pileus
sçaura t'il me le dire ? et s'il le dit , sera:
t'il en état de répondre au da regulam ?
ce sera là pour lui un langage inconnu
son Bureau ne pouvant lui fournir cette:
maxime si courte , si usitée dans nos Ecoles
, et qui est le fruit des veilles du co…
riphée des Grammairiens.
Omne viro soli quod convenit esto virile .
Mais sans entrer dans ce détail qui
mettroit en déroute ces nouveaux Maîtres
, et leur Bureau en éclats , je me
borne à un raisonnement que peu de
personnes sont en état de faire , parceque
peu de gens prennent un aussi grand
interêt à ces sortes de matieres.
Tout ce qu'un enfant instruit par cette
méthode acquerra de connoissance de la
Langue Latine , de la Grammaire et de
la Syntaxe, ne sera qu'une mémoire locale:
artificielle et méchanique du substantif ,
de l'adjectif et de toutes les parties d'o
raison ; mais il n'aura jamais ce qu'on
appelle la mémoire spirituelle et métaphisique
de ce que ces mots signifient..
Cv Car
46 MERCURE DE FRANCE
Car enfin , lors qu'on lui aura ôté son
Bureau , ses logettes , et qu'on lui demandera
ce que c'est qu'un substantif , un
adjectif , un Verbe &c. il sera entierement
dérouté , et manquant de l'outil
ou de l'instrument qui lui donnoit ce
dont il avoit besoin , il ne sçaura que
devenir. Mais quelle difference à l'égard
d'un enfant instruit par l'ingénieuse méthode
du Rudiment ? avec son Quadret ,
et sans son Quadret , avec son Despautere
, ou sans son Despautere , il répondra
positivement , et ad rem , sur tout ce
qu'on pourra lui demander , parce qu'il
sçaura que ces définitions sont dans ces
Livres , qu'on les lui a expliquées , qu'il
les a apprises par coeur , et vous les recitera
même sans faute , sa mémoire qu'on
a cultivée avec tant de soin ne sçauroit
lui manquer dans une pareille occasion.
C'est , au reste , se tromper lourdement
et donner dans une erreur manifeste , de
croire qu'il faille cultiver autre chose que
la mémoire dans les enfans ; c'est là tout
leur fonds , leur ame , leur esprit n'est
point encore assez formé pour pouvoir
faire toutes les opérations qui conduisent
à l'intelligence . Donnez leur donc beaucoup
de mots beaucoup de termes à
apprendre par coeur , faites les leur recizer
souvent , et vous en ferez des prodi-
>
ga
JANVIER. 1731. 47
ges . On perdra son tems et sa peine quand
on voudra leur donner l'intelligence des
définitions , leur en faire comprendre le
sens ; le tems de les entendre viendra
toujours assez tôt , ne vint-il qu'à l'âge
de quinze ou vingt ans , et c'est justement
alors que leur esprit formé commence
à sentir la valeur des termes qu'ils
ont appris avant ce tems là , et que leur
mémoire conserve comme en depôt ; car
ce n'est que la mémoire qui nous rend
sçavans , et nous fait paroître tels . Autant
que je puis m'en ressouvenir un Ancien
Fa dit avant moi nous ne sommes sçavans
qu'autant que nous avons de la mémoire.
Que ces Tipographistes me font de compassion
, et que je plains les personnes
qui ont à essuyer leurs visions ! Tenonsnous-
en à nos anciennes maximes ; sui
vons les traces qu'on nous a frayées , et
marchons par la voye qu'ils nous ont
indiquée , dussions nous ne jamais arteindre
au but où nous tendons. Et quoique
puisse dire' Seneque , les hommes font
toujours bien de suivre la foule : errer
avec de grands Maîtres , c'est suivre la
bonne tou
, et j'ose le dire , c'e
jours ou presque toujours errer , que
suivre de nouvelles routes . En attendant
C vj
de
l'hort
48 MERCURE DE FRANCE
l'honneur de votre Réponse , j'ai celui
d'être &c.
A Ventabrén , ce 2. Octobre 1730 .
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Résumé : LETTRE d'un Grammairien de Provence, sur le Bureau Tipographique.
Un grammairien de Provence critique la prolifération de charlatans dans la République des Lettres, notant qu'ils sont écoutés à la Cour et en ville. Il compare ces individus aux fous et bouffons d'antan, soulignant que la mode en France favorise leur ascension. Le grammairien exprime son incompréhension face à la tolérance et au soutien accordés à ces charlatans, qui promettent des méthodes révolutionnaires pour apprendre le latin et d'autres sciences. Il mentionne des affiches annonçant des méthodes rapides pour apprendre le latin, telles que l'utilisation de monosyllabes techniques et de signes hiéroglyphiques. Un auteur prétend enseigner le latin et les sciences sans maître, en divertissant les enfants. Un autre charlatan utilise un rudiment pratique de bois pour enseigner la syllabisation et l'orthographe, mais le grammairien trouve cette méthode absurde et inutile. Le grammairien déplore que ces méthodes soient préférées aux méthodes traditionnelles éprouvées. Il craint que la facilité d'accès aux connaissances ne dévalue les savants et leurs efforts. Il critique également le titre ridicule donné à une nouvelle méthode, 'l'A, B, C de Candiac', et compare cette méthode à un dictionnaire plutôt qu'à une bibliothèque. Le grammairien conclut que les connaissances acquises par ces méthodes ne seront que mécaniques et locales, sans véritable compréhension des concepts. Le texte oppose ensuite un enfant non instruit à un enfant formé par la méthode du 'Rudiment', utilisant des ouvrages comme le 'Quadret' et le 'Despautere'. L'enfant instruit peut répondre précisément aux questions grâce à sa mémoire bien cultivée, où il a appris par cœur les définitions expliquées dans ces livres. L'auteur affirme que se concentrer uniquement sur la mémoire est essentiel chez les enfants, car leur esprit n'est pas encore suffisamment développé pour comprendre les définitions. Il recommande d'apprendre beaucoup de mots et de termes par cœur et de les réciter souvent pour en faire des prodiges. Selon lui, essayer de donner aux enfants une compréhension des définitions est une perte de temps, car ils comprendront leur sens plus tard, vers quinze ou vingt ans. L'auteur exprime également sa compassion pour les imprimeurs qui propagent des idées nouvelles et préfère suivre les anciennes maximes et les traces des maîtres. Il conclut en soulignant que suivre la foule et les méthodes éprouvées est préférable à explorer de nouvelles voies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5838
p. 48-49
EPITRE A Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne, sur son Idille des Hirondelles, inserée dans le premier Volume du Mercure de Decembre 1730.
Début :
N'Allez point vous fâcher de ce qu'un inconnu [...]
Mots clefs :
Épître, Mlle de Malcrais de la Vigne, Hirondelles, Idylle, Parnasse, Apollon
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE A Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne, sur son Idille des Hirondelles, inserée dans le premier Volume du Mercure de Decembre 1730.
EPITRE
A Mile de Malcrais de la Vigne , du
Croisic en Bretagne , sur son Idille des
Hirondelles , inserée dans le premier Volume
du Mercure de Decembre 1730 .
N'Allez point vous facher de ce qu'un inconnu
Sans quelque aveu de vous ose ainsi vous écrire ,
Donnez - vous la peine de lire ,
Vous lui pardonnerez quand vous aurez tout lû..
On est zelé quand on estime ;
Clidamis vous l'apprit ; le dirai - je en passant >-
Votre Hirondelle nous l'apprend .
C'est par vous que l'amour avec la raison rime
Ah ! que l'on aime la raison
-
Quand ce Dieu lui fait sa leçon !
Mais je reviens bien vîte au motif qui m'anime
Il vous regarde de trop près.
Je crains qu'en ce moment sur vos jours on n'át→
tente ;
Votre Hirondelle , helas ! cette Idille charmante
Vous fait sur le Parnasse un terrible procés..
Vous
JANVIER. 1731. 49
Vous sçaurez qu'elle est parvenuë
En droite ligne au Mont facré ;.
Apollon après l'avoir luë
Aux doctes Soeurs a déclaré
Qu'il nommoit sa dixiéme Muse:
L'aimable & digne de Malcrais ;
C'est le plus juste des Arrêts ..
Chacune cependant est comme une „ Méduse ;;
On ne voit plus que des serpens
En place des lauriers qui leur ceignoient la tête ,
Et j'ai lû sur leurs fronts et dans leurs yeux ar
dens
Contre vous tout ce qui s'apprête.
La jalouse fureur porte par tout leurs pas ;
Une femme est alors capable de tout faire ;
Plus d'un Neftor l'a dit ; mais je ne le crois pas,
Quoiqu'il en soit , on doit prevenir leur colere :
L'avis est important ; voyez ce qu'il faut faire ; .
Mais s'il y falloit joindre & mon zele & mes
soins ,
De mon foible pouvoir je romprois la limite
Pour rendre vos yeux les témoins
Du cas que je fais du mérite.
Carrelet d'Hauteculle.
A Mile de Malcrais de la Vigne , du
Croisic en Bretagne , sur son Idille des
Hirondelles , inserée dans le premier Volume
du Mercure de Decembre 1730 .
N'Allez point vous facher de ce qu'un inconnu
Sans quelque aveu de vous ose ainsi vous écrire ,
Donnez - vous la peine de lire ,
Vous lui pardonnerez quand vous aurez tout lû..
On est zelé quand on estime ;
Clidamis vous l'apprit ; le dirai - je en passant >-
Votre Hirondelle nous l'apprend .
C'est par vous que l'amour avec la raison rime
Ah ! que l'on aime la raison
-
Quand ce Dieu lui fait sa leçon !
Mais je reviens bien vîte au motif qui m'anime
Il vous regarde de trop près.
Je crains qu'en ce moment sur vos jours on n'át→
tente ;
Votre Hirondelle , helas ! cette Idille charmante
Vous fait sur le Parnasse un terrible procés..
Vous
JANVIER. 1731. 49
Vous sçaurez qu'elle est parvenuë
En droite ligne au Mont facré ;.
Apollon après l'avoir luë
Aux doctes Soeurs a déclaré
Qu'il nommoit sa dixiéme Muse:
L'aimable & digne de Malcrais ;
C'est le plus juste des Arrêts ..
Chacune cependant est comme une „ Méduse ;;
On ne voit plus que des serpens
En place des lauriers qui leur ceignoient la tête ,
Et j'ai lû sur leurs fronts et dans leurs yeux ar
dens
Contre vous tout ce qui s'apprête.
La jalouse fureur porte par tout leurs pas ;
Une femme est alors capable de tout faire ;
Plus d'un Neftor l'a dit ; mais je ne le crois pas,
Quoiqu'il en soit , on doit prevenir leur colere :
L'avis est important ; voyez ce qu'il faut faire ; .
Mais s'il y falloit joindre & mon zele & mes
soins ,
De mon foible pouvoir je romprois la limite
Pour rendre vos yeux les témoins
Du cas que je fais du mérite.
Carrelet d'Hauteculle.
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Résumé : EPITRE A Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne, sur son Idille des Hirondelles, inserée dans le premier Volume du Mercure de Decembre 1730.
L'épître est adressée à Mile de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne, et traite de son œuvre 'Idille des Hirondelles' publiée dans le premier volume du Mercure de décembre 1730. L'auteur inconnu exprime son admiration pour le travail de Mile de Malcrais, soulignant l'harmonie entre l'amour et la raison. Il manifeste une inquiétude pour la sécurité de Mile de Malcrais, craignant des menaces en raison du succès de son œuvre. L'auteur rapporte que l''Idille des Hirondelles' a été acclamée par Apollon, qui l'a déclarée digne d'être sa dixième Muse, suscitant ainsi la jalousie des autres Muses. Comparées à Méduse, elles voient des serpents à la place de lauriers. L'auteur met en garde contre la fureur jalouse des femmes et offre son soutien pour protéger Mile de Malcrais. L'épître est datée de janvier 1731 et signée Carrelet d'Hauteculle.
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5839
p. 50-53
EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. Bourgoin, Maître Chirurgien Juré à Auxerre, le 26. Decembre 1730. au sujet d'un enfant monstrueux.
Début :
Il y a six jours qu'on m'envoya un [...]
Mots clefs :
Chirurgien, Monstruosité, Crâne
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. Bourgoin, Maître Chirurgien Juré à Auxerre, le 26. Decembre 1730. au sujet d'un enfant monstrueux.
EXTRAIT d'une Lettre écrite par M.
Bourgoin , Maître Chirurgien Juré à
Auxerre , le 26. Decembre 1730. au sujet
d'un enfant monstrueux.
I
Ly a six jours qu'on m'envoya un enfant
de sexe feminin , dont une pauvre
femme venoit d'accoucher. Cet enfant
estoit monstrueux , non par sa grosseur
, puisqu'il étoit comme les autres enfans
nés à neuf mois , mais parcequ'il étoit
sans crâne , sans col , sans moëlle épiniere
, et par conséquent sans nerfs , le
visage étoit situé immédiatement au dessus
des clavicules , à la partie superieure
et anterieure de la poitrine , sans aucune
marque ni vestige de cou , pas même le
moindre espace pour le jeu et le mouvement
de la mâchoire inférieure , qui
étoit immobile , et qui l'auroit toujours
été si cet enfant avoit pû vivre , nonseulement
par l'adherence de la mâchoire
inférieure avec le sternum par le moyen
de la peau et d'autres parties , mais encore
par le défaut du muscle pterigoïdien,
moteur de la mâchoire. Ses deux oreilles
étoient situées à peu près comme dans
l'état naturel , étant seulement plus allongées
JANVIER. 1731. SI
longées et plus saillantes qu'elles ne sont
d'ordinaire aux autres enfans, elles avoient
la conque rabaissée , et retournée en devant
comme celle d'un chat , à la difference
qu'elles n'étoient ni veluës ni
pointues. Le conduit pour l'air externe
n'alloit point se rendre dans des parties
osseuses , telle que la roche , mais seulement
dans une masse de glandes , de
chairs , de graisse , le tout confondu ensemble
, sans pouvoir faire aucune distinction
de parties.
>
Le nez étoit posé presque au sommet
du visage , n'ayant qu'environ une ligne
de saillie dans l'endroit le plus éminent;
les deux narines assez bien disposées communiquoient
dans les fosses nazales sur
la cloison du palais et dans la bouche,
Au côté de la racine du nez tout au
haut du visage , paroissoient vers les paupieres
deux vessies de figure un peu conique
comme deux olives , sous lesquelles
étoient renfermés les yeux , ce qui représentoit
comme deux cornes , principalement
quand on examinoit cet enfant par
sa partie posterieure.
Quant à la bouche , on n'y remarquoit
rien de particulier , sinon qu'elle étoit
toujours ouverte et béante , parceque les
deux levres étoient tendues autour des
gencives , et que le menton étoit attaché
52 MERCURE DE FRANCE
- au sternum , de maniere que cette bouche
étoit plus ronde qu'ovale , et que la
commissure des levres étoit à peine marquée.
Comme cet enfant n'avoit point de
crâne , et par conséquent point de front,
non plus que de parietaux temporaux.
ctc. Il y avoit derriere ce visage , au lieu
et place du crâne , une partie de figure:
triangulaire platte , recouverte de peau
seulement , qui renfermoit un os assez.
dur de la même figure , lequel sembloit
servir de baze et d'appui à ce visage ..
Cette peau étoit couverte de cheveux
assez courts et clairement plantés , qui bordoient
une ouverture oblongue avec de
grosses levres , dans laquelle on introduisoit
facilement une grosse sonde , qui
descendoit tout le long du canal de Pépine
du dos et qui ne contenoit ni
matiere solide ni liquide .
,
J'aurois bien des particularités à faire
observer sur le squelette de cet enfant
tant sur le derriere de la tête qui paroît
être un crâne renversé , que sur la grande
ouverture à la partie supérieure de l'épine
qui regne , comme je viens de le dire
dans tout ce canal , mais je sortirois des
bornes que je me suis prescrites ; je reserve
ce détail pour une description plus
détaillée que j'espere faire du squelette
JANVIER. 1731. 53
lette en question . Ce monstre , au reste,
a attiré tous les curieux de notre Villet
qui ont été surpris de voir un enfant non
corrompu , avec de l'embonpoint et toutes
les parties au-dessous du col bien figurées
, né sans cerveau , sans moële de
l'épine , et sans nerfs .
Bourgoin , Maître Chirurgien Juré à
Auxerre , le 26. Decembre 1730. au sujet
d'un enfant monstrueux.
I
Ly a six jours qu'on m'envoya un enfant
de sexe feminin , dont une pauvre
femme venoit d'accoucher. Cet enfant
estoit monstrueux , non par sa grosseur
, puisqu'il étoit comme les autres enfans
nés à neuf mois , mais parcequ'il étoit
sans crâne , sans col , sans moëlle épiniere
, et par conséquent sans nerfs , le
visage étoit situé immédiatement au dessus
des clavicules , à la partie superieure
et anterieure de la poitrine , sans aucune
marque ni vestige de cou , pas même le
moindre espace pour le jeu et le mouvement
de la mâchoire inférieure , qui
étoit immobile , et qui l'auroit toujours
été si cet enfant avoit pû vivre , nonseulement
par l'adherence de la mâchoire
inférieure avec le sternum par le moyen
de la peau et d'autres parties , mais encore
par le défaut du muscle pterigoïdien,
moteur de la mâchoire. Ses deux oreilles
étoient situées à peu près comme dans
l'état naturel , étant seulement plus allongées
JANVIER. 1731. SI
longées et plus saillantes qu'elles ne sont
d'ordinaire aux autres enfans, elles avoient
la conque rabaissée , et retournée en devant
comme celle d'un chat , à la difference
qu'elles n'étoient ni veluës ni
pointues. Le conduit pour l'air externe
n'alloit point se rendre dans des parties
osseuses , telle que la roche , mais seulement
dans une masse de glandes , de
chairs , de graisse , le tout confondu ensemble
, sans pouvoir faire aucune distinction
de parties.
>
Le nez étoit posé presque au sommet
du visage , n'ayant qu'environ une ligne
de saillie dans l'endroit le plus éminent;
les deux narines assez bien disposées communiquoient
dans les fosses nazales sur
la cloison du palais et dans la bouche,
Au côté de la racine du nez tout au
haut du visage , paroissoient vers les paupieres
deux vessies de figure un peu conique
comme deux olives , sous lesquelles
étoient renfermés les yeux , ce qui représentoit
comme deux cornes , principalement
quand on examinoit cet enfant par
sa partie posterieure.
Quant à la bouche , on n'y remarquoit
rien de particulier , sinon qu'elle étoit
toujours ouverte et béante , parceque les
deux levres étoient tendues autour des
gencives , et que le menton étoit attaché
52 MERCURE DE FRANCE
- au sternum , de maniere que cette bouche
étoit plus ronde qu'ovale , et que la
commissure des levres étoit à peine marquée.
Comme cet enfant n'avoit point de
crâne , et par conséquent point de front,
non plus que de parietaux temporaux.
ctc. Il y avoit derriere ce visage , au lieu
et place du crâne , une partie de figure:
triangulaire platte , recouverte de peau
seulement , qui renfermoit un os assez.
dur de la même figure , lequel sembloit
servir de baze et d'appui à ce visage ..
Cette peau étoit couverte de cheveux
assez courts et clairement plantés , qui bordoient
une ouverture oblongue avec de
grosses levres , dans laquelle on introduisoit
facilement une grosse sonde , qui
descendoit tout le long du canal de Pépine
du dos et qui ne contenoit ni
matiere solide ni liquide .
,
J'aurois bien des particularités à faire
observer sur le squelette de cet enfant
tant sur le derriere de la tête qui paroît
être un crâne renversé , que sur la grande
ouverture à la partie supérieure de l'épine
qui regne , comme je viens de le dire
dans tout ce canal , mais je sortirois des
bornes que je me suis prescrites ; je reserve
ce détail pour une description plus
détaillée que j'espere faire du squelette
JANVIER. 1731. 53
lette en question . Ce monstre , au reste,
a attiré tous les curieux de notre Villet
qui ont été surpris de voir un enfant non
corrompu , avec de l'embonpoint et toutes
les parties au-dessous du col bien figurées
, né sans cerveau , sans moële de
l'épine , et sans nerfs .
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. Bourgoin, Maître Chirurgien Juré à Auxerre, le 26. Decembre 1730. au sujet d'un enfant monstrueux.
Le 20 décembre 1730, M. Bourgoin, Maître Chirurgien Juré à Auxerre, examina un enfant femelle né six jours plus tôt avec plusieurs anomalies. Cet enfant était dépourvu de crâne, de cou, de moelle épinière et de nerfs. Son visage était situé directement au-dessus des clavicules, sans espace pour le mouvement de la mâchoire inférieure, qui était immobile. Les oreilles étaient allongées et saillantes, avec une conque retournée. Le nez était presque au sommet du visage, avec des narines communiquant avec les fosses nasales et la bouche. Deux vessies coniques, semblables à des olives, renfermaient les yeux, donnant l'apparence de cornes. La bouche était toujours ouverte et béante, les lèvres tendues autour des gencives. À la place du crâne, il y avait une partie triangulaire plate recouverte de peau, avec un os dur servant de base au visage. Cette peau était couverte de cheveux courts bordant une ouverture oblongue menant au canal de l'épine. L'enfant a attiré de nombreux curieux à Auxerre, étonnés de voir un enfant sans cerveau, moelle épinière et nerfs, mais avec un embonpoint et des parties bien formées en dessous du cou.
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5840
p. 53
ETRENNES à Madame la Comtesse de ***
Début :
Trouver un cœur bienfait n'est pas chose facile ; [...]
Mots clefs :
Étrennes, Comtesse, Coeur, Reconnaissance, Hommage, Sincérité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETRENNES à Madame la Comtesse de ***
ETRENNES à Madame la
Comtesse de ***
Rouver un coeur bienfait n'est pas chose fa .
cile ;
On court pour le chercher au bout de l'Univers
Et de ses voyages divers
On n'emporte souvent qu'une peine inutile.
Puisse le mien être digne de vous ;
Vous l'avez rencontré sans prendre tant de peine
De l'honneur de vous plaire uniquement jaloux ,
Au votre il s'est lié d'une secrete chaîne ,
Et c'eft dans mes malheurs un remede bien doux
Ma parfaite reconnoissance
S'exprime mieux par un humble silence
Que par les longs détours d'un éloge apprêté ;
L'esprit n'a point de part à mon sincere hommage
Il est du coeur le pur langage ;
Le langage du coeur est toujours écouté.
Comtesse de ***
Rouver un coeur bienfait n'est pas chose fa .
cile ;
On court pour le chercher au bout de l'Univers
Et de ses voyages divers
On n'emporte souvent qu'une peine inutile.
Puisse le mien être digne de vous ;
Vous l'avez rencontré sans prendre tant de peine
De l'honneur de vous plaire uniquement jaloux ,
Au votre il s'est lié d'une secrete chaîne ,
Et c'eft dans mes malheurs un remede bien doux
Ma parfaite reconnoissance
S'exprime mieux par un humble silence
Que par les longs détours d'un éloge apprêté ;
L'esprit n'a point de part à mon sincere hommage
Il est du coeur le pur langage ;
Le langage du coeur est toujours écouté.
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Résumé : ETRENNES à Madame la Comtesse de ***
Le poème est dédié à une comtesse et exprime la difficulté de trouver un cœur bienveillant. L'auteur espère que son propre cœur soit digne de la comtesse, rencontrée sans effort. Leur lien est secret et apaisant. La reconnaissance de l'auteur se manifeste par un silence humble plutôt que par des éloges. Son hommage est sincère et vient du cœur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5841
p. 54-57
DISCOURS de M. l'Olivier, Avocat au Parlement, Substitut de M. le Procureur General, et l'un des deux Substituts des Procureurs Generaux, Sindics des Etats de Bretagne, prononcé dans l'Assemblée des Etats.
Début :
Messieurs, Depuis l'élection que vous avez bien voulu faire en [...]
Mots clefs :
Discours, Assemblée, Prélat, Épiscopat, Honneur, Magistrat, Reconnaissance
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS de M. l'Olivier, Avocat au Parlement, Substitut de M. le Procureur General, et l'un des deux Substituts des Procureurs Generaux, Sindics des Etats de Bretagne, prononcé dans l'Assemblée des Etats.
DISCOURS de M. l'Olivier , Avocat
au Parlement , Substitut de M. le
Procureur General , et l'un des deux
Substituts des Procureurs Generaux ,
Sindics des Etats de Bretagne , prononcé
dans l'Assemblée des Etats.
MESSI ESSIEURS ,
Depuis l'élection que vous avez bien voulu
faire en ma faveur , j'ai 'souhaité avec
empressement qu'il se présentat quelque occasion
de vous en faire mes trés
remercimens.
respectueux
Penetré de la reconnoissance la plus vive,
je m'étois flatté que les expressions qui pou
voient la rendre sensible suivroient de près
les mouvemens de mon coeur ; mais le
respect
at la crainte dont je me sens penetré à la vuë
de cette auguste assemblée , ne me permettent
qu'à peine de vous faire entendre ma timide
voix.
Je ne trouve rien , Messieurs , de comparable
pour moi à la grace dont vous avez
bien voulu m'honorer. La préference que
vous m'avez donnée sur une foule de concurrens
distingués par leur mérite , en rehausse
infiniment le prix . Quelle gloire ne reçois-je
pas
JANVIER. 1731. 58
pas d'une place où je suis chargé de veiller
à la conservation des droits de la patrie ?
quelle satisfaction de pouvoir chaque jour
trouver de nouvelles occasions de la servir ?
L'honneur d'être admis dans vos assemblées
est encore un avantage qui me rend
cette place très précieuse ; c'est cette prérogative
, Messieurs , qui me met à portée de
connoître et d'admirer en même tems la superiorité
de vos lumieres , la penétration de
vos esprits , la sagesse de vos déliberations
c'est cette prérogative qui me rend témoin de
Fart et de la prudence avec lesquels vous
Scavez , Messieurs , concilier le service du
Roi avec les franchises et les libertés de cette
grande Province.
C'est enfin cette prérogative qui me procure
l'inestimable honneur d'approcher les augustes
personnages qui président à vos déliberations.
Un Prélat nourri dans la sagesse et dans
la pieté , également instruit de tous ses devoirs,
et fidele à les observer , qui joignant aux
vertus de l'Episcopat une parfaite connoissance
des affaires , et destiné à remplir
un jour les plus sublimes emplois de l'Eglise
et de l'Etat.
Un Seigneur aussi grand par sa haute
naissance , qu'il est aimable par les graces
naturelles qui l'accompagnent ; un Seigneur
qui dans un âge de tout tems consacré auxe
plaisirs
56 MERCURE DE FRANCE
plaisirs sçait s'occuper avec autant de dignité
que de succès des affaires les plus importantes
d'une Nation dont il est tout à la fois les délices
et la gloire.
Un Magistrat habile , prudent , équitable
qui par ses lumieres et une longue experience
s'est acquis une profonde connoissance des affaires
de la Province , et s'est tant de fois
distingué dans la place qu'il occupe si dignement.
Quelle gloire n'est ce pas pour moi , Messieurs
, de devoir à vos suffrages une place
qui me procure l'honneur de parler devant
des Personnes si illustres .
"
Des témoignages de bonté si marqués et si
éclatans exigent sans doute de ma part des
hommages pleins de respect pour cette majestueuse
assemblée , un zele à toute épreuve
pour les interêts qu'elle confie et une exactitude
scrupuleuse à tous mes devoirs.
C'est aussi , Messieurs , ce que je vous
supplie d'agréer , et en même tems tout ce
que je puis vous offrir. Quoique jeune , jose
esperer et le désir de répondre à votre choix
est le garant de mon esperance , que par mes:
soins et par mon attention à consulter les
maximes et à suivre les exemples de Messieurs
vos Procureurs Generaux Sindics , je
serai dans peu en état de travailler utilement
sous leurs ordres , et de vous donner des preuves
de mon inviolable dévouëment et de ma
respecineuse reconnoissance- Le
JANVIER. 1731. 57
Le Collegue de M. l'Olivier , dans la
même Charge de Subsitut des Procureurs
Generaux Sindics des Etats , est M. Odye,
Avocat au Parlement , et d'une réputation
distinguée.
au Parlement , Substitut de M. le
Procureur General , et l'un des deux
Substituts des Procureurs Generaux ,
Sindics des Etats de Bretagne , prononcé
dans l'Assemblée des Etats.
MESSI ESSIEURS ,
Depuis l'élection que vous avez bien voulu
faire en ma faveur , j'ai 'souhaité avec
empressement qu'il se présentat quelque occasion
de vous en faire mes trés
remercimens.
respectueux
Penetré de la reconnoissance la plus vive,
je m'étois flatté que les expressions qui pou
voient la rendre sensible suivroient de près
les mouvemens de mon coeur ; mais le
respect
at la crainte dont je me sens penetré à la vuë
de cette auguste assemblée , ne me permettent
qu'à peine de vous faire entendre ma timide
voix.
Je ne trouve rien , Messieurs , de comparable
pour moi à la grace dont vous avez
bien voulu m'honorer. La préference que
vous m'avez donnée sur une foule de concurrens
distingués par leur mérite , en rehausse
infiniment le prix . Quelle gloire ne reçois-je
pas
JANVIER. 1731. 58
pas d'une place où je suis chargé de veiller
à la conservation des droits de la patrie ?
quelle satisfaction de pouvoir chaque jour
trouver de nouvelles occasions de la servir ?
L'honneur d'être admis dans vos assemblées
est encore un avantage qui me rend
cette place très précieuse ; c'est cette prérogative
, Messieurs , qui me met à portée de
connoître et d'admirer en même tems la superiorité
de vos lumieres , la penétration de
vos esprits , la sagesse de vos déliberations
c'est cette prérogative qui me rend témoin de
Fart et de la prudence avec lesquels vous
Scavez , Messieurs , concilier le service du
Roi avec les franchises et les libertés de cette
grande Province.
C'est enfin cette prérogative qui me procure
l'inestimable honneur d'approcher les augustes
personnages qui président à vos déliberations.
Un Prélat nourri dans la sagesse et dans
la pieté , également instruit de tous ses devoirs,
et fidele à les observer , qui joignant aux
vertus de l'Episcopat une parfaite connoissance
des affaires , et destiné à remplir
un jour les plus sublimes emplois de l'Eglise
et de l'Etat.
Un Seigneur aussi grand par sa haute
naissance , qu'il est aimable par les graces
naturelles qui l'accompagnent ; un Seigneur
qui dans un âge de tout tems consacré auxe
plaisirs
56 MERCURE DE FRANCE
plaisirs sçait s'occuper avec autant de dignité
que de succès des affaires les plus importantes
d'une Nation dont il est tout à la fois les délices
et la gloire.
Un Magistrat habile , prudent , équitable
qui par ses lumieres et une longue experience
s'est acquis une profonde connoissance des affaires
de la Province , et s'est tant de fois
distingué dans la place qu'il occupe si dignement.
Quelle gloire n'est ce pas pour moi , Messieurs
, de devoir à vos suffrages une place
qui me procure l'honneur de parler devant
des Personnes si illustres .
"
Des témoignages de bonté si marqués et si
éclatans exigent sans doute de ma part des
hommages pleins de respect pour cette majestueuse
assemblée , un zele à toute épreuve
pour les interêts qu'elle confie et une exactitude
scrupuleuse à tous mes devoirs.
C'est aussi , Messieurs , ce que je vous
supplie d'agréer , et en même tems tout ce
que je puis vous offrir. Quoique jeune , jose
esperer et le désir de répondre à votre choix
est le garant de mon esperance , que par mes:
soins et par mon attention à consulter les
maximes et à suivre les exemples de Messieurs
vos Procureurs Generaux Sindics , je
serai dans peu en état de travailler utilement
sous leurs ordres , et de vous donner des preuves
de mon inviolable dévouëment et de ma
respecineuse reconnoissance- Le
JANVIER. 1731. 57
Le Collegue de M. l'Olivier , dans la
même Charge de Subsitut des Procureurs
Generaux Sindics des Etats , est M. Odye,
Avocat au Parlement , et d'une réputation
distinguée.
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Résumé : DISCOURS de M. l'Olivier, Avocat au Parlement, Substitut de M. le Procureur General, et l'un des deux Substituts des Procureurs Generaux, Sindics des Etats de Bretagne, prononcé dans l'Assemblée des Etats.
M. l'Olivier, avocat au Parlement et substitut du Procureur Général, adresse un discours aux États de Bretagne après son élection. Il exprime sa gratitude pour l'honneur reçu et la préférence accordée parmi de nombreux concurrents. Il se réjouit de pouvoir veiller sur les droits de la patrie et servir quotidiennement la province. L'honneur d'être admis dans les assemblées lui permet d'admirer la sagesse et la prudence des délibérations des États, ainsi que leur capacité à concilier le service du Roi avec les franchises et libertés de la Bretagne. M. l'Olivier admire également les personnalités présentes, notamment un prélat sage et pieux, un seigneur distingué par sa naissance et ses compétences, et un magistrat expérimenté. Il promet de faire preuve de respect, de zèle et de scrupule dans l'exercice de ses devoirs. Bien que jeune, il espère, en suivant les exemples de ses prédécesseurs, pouvoir travailler utilement et prouver son dévouement et sa reconnaissance. Son collègue, M. Odye, est également mentionné pour sa réputation distinguée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5842
p. 57
CONTE EPIGRAMMATIQUE.
Début :
Certain Pédant fut choisi par un Fat [...]
Mots clefs :
Pédant, Conte épigrammatique, Fat, Moquerie, Gloire
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texteReconnaissance textuelle : CONTE EPIGRAMMATIQUE.
CONTE
EPIGRAMMATIQUE.
CErt Ertain Pédant fut choisi par un Fat
Pour vanter ses hauts faits et son vaste génie ,
Sans avoir fait marché , la besogne finie ,
Entr'eux survint un grand débat :
Sur le prix le fat se récrie ,
Payer si cher des Vers ! c'est une mocquerie ,
Pour le particulier il faut être plus doux,
Monsieur , dit le Pédant , vous êtes bon et sage ,
Faites attention , s'il vous plaît , à l'Ouvrage ,
Je ferois moins payer Alexandre que vous ;
J'eusse pour le louer mis en vers son Histoire ;
Mais pour vous j'ai fait du nouveau ,
Et foi d'homme d'honneur en chantant votre
gloire ,
?
J'ai tout tiré de mon cerveau.
EPIGRAMMATIQUE.
CErt Ertain Pédant fut choisi par un Fat
Pour vanter ses hauts faits et son vaste génie ,
Sans avoir fait marché , la besogne finie ,
Entr'eux survint un grand débat :
Sur le prix le fat se récrie ,
Payer si cher des Vers ! c'est une mocquerie ,
Pour le particulier il faut être plus doux,
Monsieur , dit le Pédant , vous êtes bon et sage ,
Faites attention , s'il vous plaît , à l'Ouvrage ,
Je ferois moins payer Alexandre que vous ;
J'eusse pour le louer mis en vers son Histoire ;
Mais pour vous j'ai fait du nouveau ,
Et foi d'homme d'honneur en chantant votre
gloire ,
?
J'ai tout tiré de mon cerveau.
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Résumé : CONTE EPIGRAMMATIQUE.
Un conte relate un désaccord entre un pédant et un fat. Le fat avait demandé au pédant de vanter ses hauts faits sans contrat. Un débat éclate sur le prix des vers. Le fat trouve le prix élevé, mais le pédant affirme avoir créé un travail original et unique.
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5843
p. 58-59
LETTRE écrite de S. Ouïn en Picardie, le 20. Novembre 1730. sur les Perce-oreilles.
Début :
Vous avez bien voulu, Messieurs, inserer dans les Mercures les [...]
Mots clefs :
Perce-oreilles, Eau-de-vie, Maladie, Insectes
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de S. Ouïn en Picardie, le 20. Novembre 1730. sur les Perce-oreilles.
LETTRE écrite de S. Ouin en Picardie,
Le 20. Novembre 1730. sur les Perceoreilles.
1
Ous avez bien voulu , Messieurs ,
inserer dans les Mercures les lettres.
que je me suis donné l'honneur de vous
écrire au sujet du fils du sieur Lafitte
Chirurgien , demeurant au Bourg de Domart-
les-Ponthieu. Ce jeune homme qui
a été incommodé pendant cinq à six ans
par le grand nombre de Perce -oreilles
qui se sont engendrés successivement dans
sa tête , et qui sortoient par ses oreilles et
en partie par le nez , se trouve aujourd'hui
gueri parfaitement , et cela par l'effet
du pur hazard ensorte qu'on peut
dire que sa guerison est aussi surprenante
la maladie même , si toutefois on
que
peut qualifier cette incommodité de maladie.
Voici comme la chose est arrivée.
,
Etant chez un des amis de son pere ,
au mois de Janvier dernier , où on buvoit
de l'Eau de vie , boisson trop familiere
dans notre Province , sur tout parmi
les petites gens , on lui en fit boire
plusieurs verres dont il s'est trouvé yvre,
et cette boisson meurtriere ayant porté
sa fumée à la tête , on en vit sortir une
quantité
JANVIER. 1731. 59
quantité prodigieuse de ces insectes , ce
qui surprit étrangement les personnes
qui étoient présentes , et depuis ce tems
jusqu'à la fin d'Avril il ne ressentit aucun
des piquottemens qui lui faisoient souffrir
de très vives douleurs ; mais enfin il
en restoit un seul qui sortit alors , et depuis
il n'en a plus paru . Son teint devient
beaucoup meilleur , et ses cheveux qui
étoient bruns , et par les extrémités à demi
blancs , reprennent une couleur égale,
J'ai crû , Messieurs , vous faire plaisir de
vous informer de cet évenement. Je suis
toujours etc.
De Savoye , Curé de S. Ouin et Doyen
Rural de Vinacourt.
Le 20. Novembre 1730. sur les Perceoreilles.
1
Ous avez bien voulu , Messieurs ,
inserer dans les Mercures les lettres.
que je me suis donné l'honneur de vous
écrire au sujet du fils du sieur Lafitte
Chirurgien , demeurant au Bourg de Domart-
les-Ponthieu. Ce jeune homme qui
a été incommodé pendant cinq à six ans
par le grand nombre de Perce -oreilles
qui se sont engendrés successivement dans
sa tête , et qui sortoient par ses oreilles et
en partie par le nez , se trouve aujourd'hui
gueri parfaitement , et cela par l'effet
du pur hazard ensorte qu'on peut
dire que sa guerison est aussi surprenante
la maladie même , si toutefois on
que
peut qualifier cette incommodité de maladie.
Voici comme la chose est arrivée.
,
Etant chez un des amis de son pere ,
au mois de Janvier dernier , où on buvoit
de l'Eau de vie , boisson trop familiere
dans notre Province , sur tout parmi
les petites gens , on lui en fit boire
plusieurs verres dont il s'est trouvé yvre,
et cette boisson meurtriere ayant porté
sa fumée à la tête , on en vit sortir une
quantité
JANVIER. 1731. 59
quantité prodigieuse de ces insectes , ce
qui surprit étrangement les personnes
qui étoient présentes , et depuis ce tems
jusqu'à la fin d'Avril il ne ressentit aucun
des piquottemens qui lui faisoient souffrir
de très vives douleurs ; mais enfin il
en restoit un seul qui sortit alors , et depuis
il n'en a plus paru . Son teint devient
beaucoup meilleur , et ses cheveux qui
étoient bruns , et par les extrémités à demi
blancs , reprennent une couleur égale,
J'ai crû , Messieurs , vous faire plaisir de
vous informer de cet évenement. Je suis
toujours etc.
De Savoye , Curé de S. Ouin et Doyen
Rural de Vinacourt.
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Résumé : LETTRE écrite de S. Ouïn en Picardie, le 20. Novembre 1730. sur les Perce-oreilles.
Le 20 novembre 1730, une lettre de S. Ouin en Picardie relate le cas d'un jeune homme, fils du chirurgien Lafitte à Domart-les-Ponthieu, souffrant depuis cinq à six ans d'une infestation de perce-oreilles dans sa tête. Ces insectes sortaient par ses oreilles et son nez. En janvier 1730, après avoir bu plusieurs verres d'eau-de-vie chez un ami de son père, une grande quantité de perce-oreilles est sortie de sa tête, surprenant les témoins. Par la suite, il n'a plus ressenti de douleurs jusqu'à avril, date à laquelle le dernier perce-oreille est sorti. Depuis, il est guéri et son teint s'est amélioré. Ses cheveux, auparavant brun avec des extrémités blanches, reprennent une couleur uniforme. L'auteur de la lettre, le curé de S. Ouin et doyen rural de Vinacourt, informe les destinataires de cet événement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5844
p. 59-60
VERS Faits par un Partisan du Celibat.
Début :
Veut-on que je prenne une femme ? [...]
Mots clefs :
Célibat, Complaisance, Sincérité, Jalousie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS Faits par un Partisan du Celibat.
VERS
Faits par un Partisan du Celibat,
VEut- on que je prenne une femme ?
J'y veux trouver ensemble et jeunesse et beauté ,
L'esprit bienfait , une belle ame ,
Agrément et simplicité ,
Coeur sensible sans jalousie ,
Complaisance et sincerité ,
Vivacité sans fantaisie ,
Sagesse
小
o MERCURE DE FRANCE
Sagesse sans austerité ;
Enfin , pour la rendre parfaite ,
A toutes les vertus joignez tous les appas ;
Voila celle que je souhaite ;
Trop heureux cependant de ne la trouver pas !
Faits par un Partisan du Celibat,
VEut- on que je prenne une femme ?
J'y veux trouver ensemble et jeunesse et beauté ,
L'esprit bienfait , une belle ame ,
Agrément et simplicité ,
Coeur sensible sans jalousie ,
Complaisance et sincerité ,
Vivacité sans fantaisie ,
Sagesse
小
o MERCURE DE FRANCE
Sagesse sans austerité ;
Enfin , pour la rendre parfaite ,
A toutes les vertus joignez tous les appas ;
Voila celle que je souhaite ;
Trop heureux cependant de ne la trouver pas !
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5845
p. 60-75
LETTRE écrite à M. Ziorcal au sujet de sa Réponse à M. Barrés, inserée dans le Mercure du mois d'Octobre 1730. sur l'usage interieur de l'Eau de vie.
Début :
Il n'est pas juste, Monsieur, d'établir sur les [...]
Mots clefs :
Eau-de-vie, Santé, Alcool, Digestion, Critique, Médecine
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. Ziorcal au sujet de sa Réponse à M. Barrés, inserée dans le Mercure du mois d'Octobre 1730. sur l'usage interieur de l'Eau de vie.
LETTRE écrite à M. Ziorcal au sujet
de sa Réponse à M. Barrés , inserée dans
le Mercure du mois d'Octobre 1730. sur
l'usage interieur de l'Eau de vie.
L n'est pas juste , Monsieur , d'éta-
I blir sur les débris que vous faites de
nos bons sentimens pour le Public , le
grand air de confiance qu'on découvre
d'abord dans votre Réponse à ma Lettre;
pardon , peut- être ne sçavez vous pas que
les gens raisonnables ne se laissent jamais
prévenir follement , & que le ton imposant
d'un Auteur insipide pour s'assurer
leurs suffrages , est moins capable de les
séduire que de les rendre plus scrupuleux
dans leurs décisions . Cela soit dit néanmoins
sans blesser en aucune maniere
l'honneur que vous avez bien voulu nous
faire , en nous proposant brievement vos
doutes , que vous auriez pû , à la verité,
épargner aux dépens d'une plus sérieuse
attenJANVIER.
1731. 61
attention , si sans doute elle n'eut été
trop penible pour vous , ce qui fait que
sans nous détourner beaucoup des devoirs
de notre profession , nous esperons de
vous ramener de votre pirrhonisme.
En premier lieu , quoiqu'on soit assuré
que tous les raisonnemens vagues ne sçauroient
convaincre les personnes raisonnables
de la verité des propositions qu'on
avance , il n'est pas moins à propos cependant
de s'en servir quelquefois , et de
les placer dès l'entrée de la question , où
on les dévelope ensuite , et qu'on ne fait
devancer uniquement que pour disposer
l'esprit du lecteur à la concevoir plus aisément.
Notre Lettre peut fort bien être
l'exemple d'un pareil cas , d'ailleurs ces
grands mots qui vous choquent si rude--
ment n'ont pourtant point blessé le goût:
ni les oreilles des plus fameux Medecins .
de ce tems qui les ont introduits dans leurs
Ouvrages qu'êtes vous , Monsieur
pour ne pas les souffrir ? et pouvez- vous
penser de bonne foi que ces grands Maîtres
de l'Art s'en rapportent à vous quicondamnez
leurs expressions sans les entendre.
Pour moi , je me tiens à l'abri .
des justes reproches qu'on seroit en droit.
de me faire, si j'osois temerairement rien
entreprendre là- dessus , et il me suffit de
trouver dans leur signification autant
D d'éner
-
62 MERCURE DE FRANCE
ト
d'énergie et de force qu'il m'en faut
dans le besoin , pour ne pas en désaprouver
le
sçavant usage ; ainsi vous nous permettrez
, sans doute , de nous en accommoder
dans toutes les occasions favorables
dont vous profiterez aussi , si vous le
pouvez , par la même licence que nous
vous donnons à notre tour . Je serois
beaucoup moins éloigné de bannir des
questions les raisonnemens dénués d'experience
; mais vous ne nous faites jamais
voir que ceux qui viennent de notre part
méritent la rigueur de cet exil. Au reste,
on n'a pas toujours besoin de raisons
fondées sur des principes mathématiques
pour convaincre , ce seroit faire tort à
bien des gens d'esprit qui ne sont point
dans ce goût , quoique pourtant trèsraisonnables
et très judicieux , que de leur
ravir le droit d'une question qui les interesse
avec tout le reste des hommes.
Maintenant sans perdre notre tems à
disputer des termes qu'on peut apprendre.
à l'Ecole , et à discuter de vains raisonnemens
, venons au fait de la question .
Nous assurons que l'Eau de vie est une
eau de mort sur ce qu'elle ne releve les forcés
que pour les abattre peu après , parceque cette
liqueurport: les puissances ou les ressorts des
solides au delà de leur tonus , ou de cettejuste
étendue que la nature leur a donnée,d'où étant
de
JANVIER. 1731. 63
>
on n'ide
retour sur eux mêmes , ils tombent dans la
langueur. Voyons si ce trait de notre Lettre
doit passer justement pour obscur.
Tout le monde sçait ce qu'on entend
par le tonus des parties solides
gnore pas même qu'il n'aille jusqu'à un
certain point , ou qu'il n'ait une, juste
étenduë ; qu'importe qu'on vous l'assigne?
Keil ( a ) et Borelli ( b ) n'ont pas sçû nous
éclaircir touchant l'étendue de la force du
coeur ; a-t'on moins de raison de se persuader
que les ressorts des solides sont
contraints bien souvent de se porter au
delà ? la vessie trop remplie d'urine se
porte au delà de son tonus , les vaisseaux
engorgés de sang souffrent aussi quelquefois
de semblables distensions , dans ces
violens tiraillemens qu'on pratique pour
remettre les os luxés à leur place les
fibres musculaires revenant ensuite sur
elles mêmes, ont-elles cette force d'un arc
bandé qui se débande ? et les membranes
dont elles composent le tissu joüissentt'elles
d'abord après leur retour de leur
premiere vigueur dans le jeu de leur contraction
? qu'en pensez vous , M. le Doc
teur ? Ainsi les ressorts des solides débridés
, pour ainsi dire , ou portés au delà
›
( a ) Jacques Keil donne au coeur une force
de cinq onces.
(b) Alphonse Borelli de trois mille livres.
Dij
de
64 MERCURE DE FRANCE
de leur juste étenduë , se trouvent dans
la langueur ou l'abattement qu'on se sent
après de violens exercices , et après même
l'usage des liqueurs ardentes. En effet , le
corps ayant souffert de trop rudes travaux
se sent fatigué , languissant , ou
pour éviter de passer chez vous pour
obscur , ses ressorts par le jeu continuel
qu'ils ont exercé pendant un assez lorg
tems , se sont comme relâchés , ensorte
que revenant sur eux-mêmes ils ont perdu
leur premiere vigueur , ce qui se fait
infailliblement par l'effort réïteré que
font les liqueurs contre les parois membraneuses
des vaisseaux qu'elles poussent
en dehors avec violence dans leurs cours
acceleré par la contraction continuelle
des muscles qui les envoye au coeur , et
que le coeur leur renvoye de même. Ce
' est donc point ici un arc qui acquiert
d'autant plus de force à se remettre, qu'on
le resserre jusqu'à un certain point , mais
c'est un arc qui en a d'autant moins , que
sa flexion est portée au delà , ou qu'on
le courbe trop , delà vient que dans les
premiers tems de son jeu il se redresse
avec beaucoup de vitesse et de force , et
que dans les derniers elle se trouve molle,
foible et languissante.
Il en est à peu près de même touchant
l'effet que les liqueurs ardentes produisent
JANVIER. 1731. 65
ร
sent dans leur usage interieur ( ce qu'on
reconnoit par le poulx ) d'abord le sang
se gonfle , les parois des vaisseaux sont
repoussées en dehors en tout sens ; les
ressorts des fibres musculaires des tuniques
portés alors au delà de leur tonus ne
pouvant rester constamment dans la même
distension , ni aller plus loin , par l'absence
de la cause qui les a mis en jeu
et qui à force de perdre de son énergie
s'est retirée ( ce qui arrive dans le second
tems de l'action de cette liqueur ) il faut
non seulement que ces puissances revien
nent sur elles- mêmes mais encore que
leur vigueur soit moindre qu'auparavant
pour deux raisons. 1º Parceque les fibres
après cette distension outrée se trouvent
lâches et incapables de repren
dre leur état naturel , si ce n'est après
un certain tems qui est celui de la lan~
gueur.. 20 Que les liqueurs épaissies
étant inhabiles au mouvement , obéïssent
moins à la pression des solides relâ
chés , et leur opposent de plus grandes
résistances à surmonter ; pour lors le sang
ralenti dans son cours passe dans le tissu
des muscles , rend leur contraction laborieuse
qui se force de les en dégager ; delà
ces lassitudes ces langueurs qui ne
manquent jamais de succeder à la force
à la fureur même qu'on observe d'abord
D iij
,
dans
66 MERCURE DE FRANCE
dans ceux qui ont usé des liqueurs ardentes
. Ajoutez à cela que le terme de
tout ce desordre étant le racornissement
des solides et l'épaississement des liquides,
ces langueurs perseverent , augmentent
même tous les jours avec l'usage des eauxde
vie , d'où suit ce nombre prodigieux
de maux qui retranchent une bonne partie
des jours de la durée de l'homme.
L'Eau de vie produit moins cette distension
dont il s'agit par sa quantité que
par sa nature , et vous devriez , Monsieur,
avoir ici plus de honte que dans tout autre
endroit de votre Réponse à ma Lettre,
de sentir mieux que personne qu'un de
mes confreres ne sçache point que ce n'est
pas le seul remede qui pris à petite dose
produit dans le corps de très sensibles
effets. Qu'est - ce qu'un grain d'opium
dans un corps de 160. livres ? Est- ce la
1600 partie de ce même corps ? soyez
surpris après cela , tant qu'il vous plaira ,
qu'on prenne 128. onces d'alimens sans
craindre cette distension qui se fait tou
jours appréhender avec juste raison dans
l'usage de l'Eau de vie qui rarefie le sang,
et qui l'épaissit dans des tems differens.
Le terme des tems que l'Eau de vie parcourt
dans sa maniere d'agir étant surve→
nu , les parties solides se trouvent dépourvues
des sucs lymphatiques qui en
humecJANVIER
. 1731. 67 humectent
le tissu , elles en deviennent
plus seches , plus compactes
, plus fortes,
mais aussi plus rebelles aux causes de leurs
mouvemens
, ou plus difficiles à se mettre
en jeu , ce qui fait voir que la langueur
est une suite de ce qui arrive dans
l'usage des liqueurs ardentes , malgré ces
prétendues
contradictions
dont vous nous
faites un crime , dans le tems que nous
si vous eussiez rapsommes
assurés que
porté plus au long ce trait de notre Lettre
, ou que vous eussiez aimé à méditer
plus attentivement
ce qui se passe dans les differens tems de l'action de l'Eau de
vie , vous auriez été moins scrupuleux
sur vos doutes.
{
Permettez
moi , Monsieur , de vous
dire ici qu'il faut ou que vous n'ayez
jamais pris par excès des liqueurs ardentes
, ou que vous n'ayez jamais vu des
gens
livrés à la débauche de l'Eau de vie
et du vin , pour nier la langueur , l'abattement
qui les ensevelit dans le sommeil,
et qui se fait sentir même quelque tems
après le repos ; sans cela il ne vous seroit
pas difficile par ces grands effets qu'une
quantité considerable
de ces liqueurs peut
produire très sensiblement
, d'inferer ma
thematiquement
par des calculs exacts
que vous faites si bien , quel doit être ce
lui d'une plus petite dose ; que si cepen-
Diiij dant
68
MERCURE DE
FRANCE.
faire
dant l'experience qu'un chacun peut
à ses propres dépens n'est pas un moyen
assuré pour vous convaincre du fait dont
il s'agit, tenez vous en à Regnier qui sçait,
sans doute , mieux que Sidenham & c.
Qu'un jeune Medecin vit moins qu'un vieil yvrogne.
C'est sur ce Vers que le Poëte n'a pas
crû , en le faisant , devoir servir de regle
dans la
Medecine , que vous croyez tout
de bon que le témoignage des buveurs
d'Eau de vie ou de vin ne nous est pas
avantageux , fondé veritablement encore
sur ce que s'ils sont exposés aux maladies
rapportées dans notre Lettre , les buveurs
d'eau n'en sont point exemts . Mais je vous
demande ( à part , s'il vous plaît , votre
grand air de confiance ) lesquels de ces
deux sortes de gens sont plus sujets à ces
mêmes maladies ? parlez sans vous émouvoir.
Quoique vous en disiez , on sçait
fort bien que dans le Pays du Nord ou
l'on se permet trop librement ces sortes
de liqueurs , les habitans se voyent tourmentés
de mille maladies , plus rares dans
tout autre climat où l'on est plus reservé
sur leur usage. Il n'est point question de
l'abus de l'eau simple ou de l'Eau de vie ,
on ne nous apprendra rien là dessus ; il
s'agit seulement de cet usage des Eaux
de
JANVIER. 1731. 69.
de vie qui a scû s'introduire parmi les
hommes , et qui fait voir bien souvent
au prix de la perte de la santé d'un très .
grand nombre , qu'il vaudroit mieux suivre
la saine pratique de Fernel de Sydenham
&c. que toutes les rêveries des
Poëtes que vous pouviez rapporter en,
grand nombre contre de si grands Medecins.
Qu'on ne nous accuse point ici cependant
de desaprouver l'Eau de vie ; nous.
sçavons aussi bien que ceux qui semblent
présomptueusement vouloir nous instruire
sur ce sujet , les bons usages que cette
liqueur spiritueuse remplit dans la Mcdecine
comme remede , soit qu'on l'employe
exterieurement ou interieurement,
nais qu'on la regarde comme necessaire
pour la santé. C'est ce que la Medecine,
ne pardonnera jamais à ceux qui font profession
de suivre sa saine doctrine ; il,
n'est pas possible de penser combien j'ai
été touché de reconnoitre dans un de mes
confreres un si fier ennemi contre un sentiment
qui ne peut qu'être salutaire à
l'homme dans le tems que le sien lui
est très dangereux ; en effet , puisque nous
voyons tous les jours des gens dans l'usage
de l'eau douce route pure joüir d'une
parfaite santé , l'homme ne pourroit-il
pas se passer de l'Eau de vie et se bien
DV porter
70 MERCURE DE FRANCE
porter ? dans les siecles plus reculés où
cette liqueur n'étoit point connue , vivoiton
moins qu'aujourd'hui ? les vieux yvrognes
du tems présent ont-ils une plus
belle vieillesse que ceux qui les ont devancés
loin de l'usage du vin où des liqueurs
ardentes ? que peut- on penser sur
cela ? Enfin doute qui voudra que
la maladie
doive plus à l'Eau de vie que la
santé parfaite dans un doute si dangereux
, il n'y aura que des témeraires et
des insensés qui se livreront au danger.
Malgré toute la sagesse de ces précautions
séduisantes que vous exigez dans l'usage
de l'Eau de vie après des grands repas , sous
le faux prétexte d'aider à la digestion
bien loin d'approuver votre pratique en
pareil cas , nous regardons cette liqueur
comme très contraire à cette fonction ;
et la méchanique que vous faites jouer
dans le secours qu'elle y apporte est toutà
fait ridicule. Cette liqueur acide et spiritueuse
, dites vous , tombant dans l'estomac
, perd son activité dans les parties
graisseuses des alimens , et ne garde qu'une
legere force pour exciter la contraction
de ce viscere affaissé sous leur poids ; comme
s'il se trouvoit dans les alimens divic
sés de petites celulles capables de retenir
ces parties spiritueuses , qu'une bouteille
bien bouchée laissé souvent échaper , et
d'en
JANVIER. 1731 7I
d'en refrener l'énergie. Les rapports vi
neux après une débauche semblent nous
montrer assez vrai semblablement qu'il
doit se passer pour lors dans l'estomac
échauffé en tout sens , farci d'alimens et
de vin , ce qui se passe à peu près dans
un alambic sur le feu , où les parties les
plus volatiles de ce qu'on distile ne sçauroient
se tenir cantonnées , intriquées
bien avant dans la texture du mixte , mais
se trouvent forcées d'obéir aux secousses.
du feu , et de donner lateralement en tout
sens contre ses parois , ou de sortir à la
faveur de la premiere issuë qui se présente.
Maintenant si notre conjecture n'est
pas trop hardie , et si on doit attendre un
semblable effet dans l'estomac après l'usage
du vin , quel sera celui des liqueurs
plus volatiles ? c'est alors que les parois.
de ce viscere continuellement agacées ,
arcelées par un nombre infini de petits
corps rigides effarouchés , qui ne peuvent
que les tourmenter considerablement dans
Feurs rudes et fréquentes atteintes , sont
obligées d'exercer des contractions vio→
lentes et extraordinaires dont la digestion
se passeroit plutôt que d'en recevoir du
secours. Vous direz , sans doute , que lesromac
affaissé sous le poids de trop d'alimens
a besoin d'être reveillé pour s'em
dégager.
D vj
Om
72 MERCURE DE FRANCE
>
On répond à cela que comme cette inhabileté
dans le jeu de ces contractions
ne vient que de trop de résistance qui
s'y oppose il ne faut pour les rendre
plus libres , plus aisées , que la diminuer .
Est- ce par le secours des Liqueurs ardentes
qu'on doit esperer d'y réussir ? Mais
au contraire , elles ne serviroient qu'à
dessecher ou durcir davantage cette masse
d'alimens , soit en interceptant le cours
de la Lymphe stomacale , soit en tarissant
la source de la salive et des autres
sucs lymphatiques qui vaquent à la dijestion
; ce qui augmenteroit la résistance
et rendroit les contractions plus laborieuses
; un bon délayant insipide , propre
à s'insinuer dans la masse des alimens
divisez , à la ramolir , à la détremper ,
à la liquefier et à la rendre ainsi docile
aux pressions de ce Viscere et des parties
voisines , suffit pour l'ouvrage de la digestion
; et comme de tous ceux que la
Nature a toujours offerts à l'homme , il
n'en est point de plus capable de s'acquiter
benignement de cet emploi , que
l'eau douce toute pure ; nous la regardons
comme très - salutaire dans cet usage;
alors les alimens en pâte plus détrempée,
plus mole , résistent moins et cedent aisément
aux contractions de ce Viscere
qui s'en dégage sans peine.
Les:
JANVIER. 1731. 73
·
que la
Les Acides de l'Eau de vie ( continuezvous
) fermentant avec les alimens , se
changent en Sels salez , aident à la division
des viandes , passent dans le sang ,
en accelerent le cours et les sécretions.
Croyez vous de bonne foi
chose se passe de même , et pouvezvous
sur votre même air de confiance
nous proposer publiquement une Méchanique
si mal établie ; de semblables.
raisonnemens ne méritent point de réponse
aux preuves que l'on apporte pour
les soutenir ; car outre qu'il se peut fort.
bien que ces Acides ne rencontrant que
des Acides dans les alimens , vous aurez
beau attendre pour lors de la fermentation
et des changemens en Sels salez
que d'ailleurs le chyle qui résulte après.
la dijestion , étant acide et non point salé,
votre changement est imaginaire , c'est
qu'on ne sçauroit convenir avec vous que
l'Eau de vie est un veritable Acide , et.
que prenant les routes du sang , s'il étoit
vrai que cela fût , loin d'en accelerer le
cours , elle ne dût plutôt le ralentir . Enfin
quand même vous auriez droit d'accuser
votre Sel salé d'augmenter le mouvement
des Liqueurs et des sécretions ,
vous avez oublié, sans doute , qu'on ap-.
prend sur les bancs que le cours des Liqueurs
augmenté , est une maladie dans
leurs
བྱ་
74 MERCURE DE FRANCE
leurs mouvemens que l'Eau de vie occasionne
dans son usage , suivant même
Votre sentiment , qui voudroit la faire
passer pour une Eau de santé.
Puisque vous avez pû vous dispenser
de citer les Auteurs de vos fameuses Experiences
, vous auriez pû aussi beaucoup
mieux vous épargner cette délicatesse affectée
qui vous rend si honteux pour ceux
qui les ignorent , et qui n'en font aucun
cas dans des faits étrangers à notre sujet.
On doit regarder l'Eau de vie dans son
usage interieur , quelque moderé qu'il
soit , comme un remede qui altere le
corps , Pharmaca sunt venena , et non
comme un aliment. Ainsi on peut , sans
craindre de perdre un secours pour
la santé
, s'en priver totalement ; et je conseille
à ceux qui se portent bien sans son usage ,
de ne point envier de se mieux porter
en la pratiquant ; Ovide n'est point une
regle pour nous dans la Medecine`, nous
consultons moins ses Ecrits dans l'Art
de guérir , que dans l'Art de plaire ; et il
faut , à la verité , ou que vous ne connoissiez
nullement vos Auteurs , dont vous
auriez pû préferer l'autorité , ou que vous
croyez que les Poëtes ont droit sur des
hypotheses comme la vôtre .
On reconnoît assez maintenant , sans
no en avertir vous -même , que tout ce
que
JANVIER. 1731.
75
que vous nous dites sur l'Eau de vie , n'est
pas si démonstratif que vous le donnez ;
mais plutôt , puisque vous avoüez ingénument
qu'il vous reste encore bien des
doutes sur ce sujet , n'a-t'on pas raison
de penser que dans cette incertitude des
choses où vous vous trouvez , les gens
raisonnables ne s'en rapportent plus à
vos belles paroles , ainsi ayant déja perdu
par un aveu si sincere de votre part , unebonne
partie de leur confiance , nos éclaircissemens
sur vos doutes , vous ayant entierement
desabusé de la votre propre ;
sera-t'il surprenant qu'il n'en reste à present
du tout point à personne ?
Au reste , Monsieur , on auroit grand
fort de ne pas vous juger digne d'excuse ,
vos doutes ne nous ont amusés que très-peu
de tems , et nous n'avons dérobé à nos
Malades que quelques momens pour les
éclaircir quelque grand que soit cet air
de confiance que vous voulez vous donner
en les proposant , ils ne nous ont
pas paru plus recommandables ; tout au
plus de semblables productions d'esprit ,
suivies d'un si grand bruit , ont sçu nous
rappeller la Fable dont parle Horace.
Quid dignum tanto feret hic promissor hiatus
Parturient montes , nascetur ridiculus mus.
A Pezenas , ce 24. Decembre 1730 .
de sa Réponse à M. Barrés , inserée dans
le Mercure du mois d'Octobre 1730. sur
l'usage interieur de l'Eau de vie.
L n'est pas juste , Monsieur , d'éta-
I blir sur les débris que vous faites de
nos bons sentimens pour le Public , le
grand air de confiance qu'on découvre
d'abord dans votre Réponse à ma Lettre;
pardon , peut- être ne sçavez vous pas que
les gens raisonnables ne se laissent jamais
prévenir follement , & que le ton imposant
d'un Auteur insipide pour s'assurer
leurs suffrages , est moins capable de les
séduire que de les rendre plus scrupuleux
dans leurs décisions . Cela soit dit néanmoins
sans blesser en aucune maniere
l'honneur que vous avez bien voulu nous
faire , en nous proposant brievement vos
doutes , que vous auriez pû , à la verité,
épargner aux dépens d'une plus sérieuse
attenJANVIER.
1731. 61
attention , si sans doute elle n'eut été
trop penible pour vous , ce qui fait que
sans nous détourner beaucoup des devoirs
de notre profession , nous esperons de
vous ramener de votre pirrhonisme.
En premier lieu , quoiqu'on soit assuré
que tous les raisonnemens vagues ne sçauroient
convaincre les personnes raisonnables
de la verité des propositions qu'on
avance , il n'est pas moins à propos cependant
de s'en servir quelquefois , et de
les placer dès l'entrée de la question , où
on les dévelope ensuite , et qu'on ne fait
devancer uniquement que pour disposer
l'esprit du lecteur à la concevoir plus aisément.
Notre Lettre peut fort bien être
l'exemple d'un pareil cas , d'ailleurs ces
grands mots qui vous choquent si rude--
ment n'ont pourtant point blessé le goût:
ni les oreilles des plus fameux Medecins .
de ce tems qui les ont introduits dans leurs
Ouvrages qu'êtes vous , Monsieur
pour ne pas les souffrir ? et pouvez- vous
penser de bonne foi que ces grands Maîtres
de l'Art s'en rapportent à vous quicondamnez
leurs expressions sans les entendre.
Pour moi , je me tiens à l'abri .
des justes reproches qu'on seroit en droit.
de me faire, si j'osois temerairement rien
entreprendre là- dessus , et il me suffit de
trouver dans leur signification autant
D d'éner
-
62 MERCURE DE FRANCE
ト
d'énergie et de force qu'il m'en faut
dans le besoin , pour ne pas en désaprouver
le
sçavant usage ; ainsi vous nous permettrez
, sans doute , de nous en accommoder
dans toutes les occasions favorables
dont vous profiterez aussi , si vous le
pouvez , par la même licence que nous
vous donnons à notre tour . Je serois
beaucoup moins éloigné de bannir des
questions les raisonnemens dénués d'experience
; mais vous ne nous faites jamais
voir que ceux qui viennent de notre part
méritent la rigueur de cet exil. Au reste,
on n'a pas toujours besoin de raisons
fondées sur des principes mathématiques
pour convaincre , ce seroit faire tort à
bien des gens d'esprit qui ne sont point
dans ce goût , quoique pourtant trèsraisonnables
et très judicieux , que de leur
ravir le droit d'une question qui les interesse
avec tout le reste des hommes.
Maintenant sans perdre notre tems à
disputer des termes qu'on peut apprendre.
à l'Ecole , et à discuter de vains raisonnemens
, venons au fait de la question .
Nous assurons que l'Eau de vie est une
eau de mort sur ce qu'elle ne releve les forcés
que pour les abattre peu après , parceque cette
liqueurport: les puissances ou les ressorts des
solides au delà de leur tonus , ou de cettejuste
étendue que la nature leur a donnée,d'où étant
de
JANVIER. 1731. 63
>
on n'ide
retour sur eux mêmes , ils tombent dans la
langueur. Voyons si ce trait de notre Lettre
doit passer justement pour obscur.
Tout le monde sçait ce qu'on entend
par le tonus des parties solides
gnore pas même qu'il n'aille jusqu'à un
certain point , ou qu'il n'ait une, juste
étenduë ; qu'importe qu'on vous l'assigne?
Keil ( a ) et Borelli ( b ) n'ont pas sçû nous
éclaircir touchant l'étendue de la force du
coeur ; a-t'on moins de raison de se persuader
que les ressorts des solides sont
contraints bien souvent de se porter au
delà ? la vessie trop remplie d'urine se
porte au delà de son tonus , les vaisseaux
engorgés de sang souffrent aussi quelquefois
de semblables distensions , dans ces
violens tiraillemens qu'on pratique pour
remettre les os luxés à leur place les
fibres musculaires revenant ensuite sur
elles mêmes, ont-elles cette force d'un arc
bandé qui se débande ? et les membranes
dont elles composent le tissu joüissentt'elles
d'abord après leur retour de leur
premiere vigueur dans le jeu de leur contraction
? qu'en pensez vous , M. le Doc
teur ? Ainsi les ressorts des solides débridés
, pour ainsi dire , ou portés au delà
›
( a ) Jacques Keil donne au coeur une force
de cinq onces.
(b) Alphonse Borelli de trois mille livres.
Dij
de
64 MERCURE DE FRANCE
de leur juste étenduë , se trouvent dans
la langueur ou l'abattement qu'on se sent
après de violens exercices , et après même
l'usage des liqueurs ardentes. En effet , le
corps ayant souffert de trop rudes travaux
se sent fatigué , languissant , ou
pour éviter de passer chez vous pour
obscur , ses ressorts par le jeu continuel
qu'ils ont exercé pendant un assez lorg
tems , se sont comme relâchés , ensorte
que revenant sur eux-mêmes ils ont perdu
leur premiere vigueur , ce qui se fait
infailliblement par l'effort réïteré que
font les liqueurs contre les parois membraneuses
des vaisseaux qu'elles poussent
en dehors avec violence dans leurs cours
acceleré par la contraction continuelle
des muscles qui les envoye au coeur , et
que le coeur leur renvoye de même. Ce
' est donc point ici un arc qui acquiert
d'autant plus de force à se remettre, qu'on
le resserre jusqu'à un certain point , mais
c'est un arc qui en a d'autant moins , que
sa flexion est portée au delà , ou qu'on
le courbe trop , delà vient que dans les
premiers tems de son jeu il se redresse
avec beaucoup de vitesse et de force , et
que dans les derniers elle se trouve molle,
foible et languissante.
Il en est à peu près de même touchant
l'effet que les liqueurs ardentes produisent
JANVIER. 1731. 65
ร
sent dans leur usage interieur ( ce qu'on
reconnoit par le poulx ) d'abord le sang
se gonfle , les parois des vaisseaux sont
repoussées en dehors en tout sens ; les
ressorts des fibres musculaires des tuniques
portés alors au delà de leur tonus ne
pouvant rester constamment dans la même
distension , ni aller plus loin , par l'absence
de la cause qui les a mis en jeu
et qui à force de perdre de son énergie
s'est retirée ( ce qui arrive dans le second
tems de l'action de cette liqueur ) il faut
non seulement que ces puissances revien
nent sur elles- mêmes mais encore que
leur vigueur soit moindre qu'auparavant
pour deux raisons. 1º Parceque les fibres
après cette distension outrée se trouvent
lâches et incapables de repren
dre leur état naturel , si ce n'est après
un certain tems qui est celui de la lan~
gueur.. 20 Que les liqueurs épaissies
étant inhabiles au mouvement , obéïssent
moins à la pression des solides relâ
chés , et leur opposent de plus grandes
résistances à surmonter ; pour lors le sang
ralenti dans son cours passe dans le tissu
des muscles , rend leur contraction laborieuse
qui se force de les en dégager ; delà
ces lassitudes ces langueurs qui ne
manquent jamais de succeder à la force
à la fureur même qu'on observe d'abord
D iij
,
dans
66 MERCURE DE FRANCE
dans ceux qui ont usé des liqueurs ardentes
. Ajoutez à cela que le terme de
tout ce desordre étant le racornissement
des solides et l'épaississement des liquides,
ces langueurs perseverent , augmentent
même tous les jours avec l'usage des eauxde
vie , d'où suit ce nombre prodigieux
de maux qui retranchent une bonne partie
des jours de la durée de l'homme.
L'Eau de vie produit moins cette distension
dont il s'agit par sa quantité que
par sa nature , et vous devriez , Monsieur,
avoir ici plus de honte que dans tout autre
endroit de votre Réponse à ma Lettre,
de sentir mieux que personne qu'un de
mes confreres ne sçache point que ce n'est
pas le seul remede qui pris à petite dose
produit dans le corps de très sensibles
effets. Qu'est - ce qu'un grain d'opium
dans un corps de 160. livres ? Est- ce la
1600 partie de ce même corps ? soyez
surpris après cela , tant qu'il vous plaira ,
qu'on prenne 128. onces d'alimens sans
craindre cette distension qui se fait tou
jours appréhender avec juste raison dans
l'usage de l'Eau de vie qui rarefie le sang,
et qui l'épaissit dans des tems differens.
Le terme des tems que l'Eau de vie parcourt
dans sa maniere d'agir étant surve→
nu , les parties solides se trouvent dépourvues
des sucs lymphatiques qui en
humecJANVIER
. 1731. 67 humectent
le tissu , elles en deviennent
plus seches , plus compactes
, plus fortes,
mais aussi plus rebelles aux causes de leurs
mouvemens
, ou plus difficiles à se mettre
en jeu , ce qui fait voir que la langueur
est une suite de ce qui arrive dans
l'usage des liqueurs ardentes , malgré ces
prétendues
contradictions
dont vous nous
faites un crime , dans le tems que nous
si vous eussiez rapsommes
assurés que
porté plus au long ce trait de notre Lettre
, ou que vous eussiez aimé à méditer
plus attentivement
ce qui se passe dans les differens tems de l'action de l'Eau de
vie , vous auriez été moins scrupuleux
sur vos doutes.
{
Permettez
moi , Monsieur , de vous
dire ici qu'il faut ou que vous n'ayez
jamais pris par excès des liqueurs ardentes
, ou que vous n'ayez jamais vu des
gens
livrés à la débauche de l'Eau de vie
et du vin , pour nier la langueur , l'abattement
qui les ensevelit dans le sommeil,
et qui se fait sentir même quelque tems
après le repos ; sans cela il ne vous seroit
pas difficile par ces grands effets qu'une
quantité considerable
de ces liqueurs peut
produire très sensiblement
, d'inferer ma
thematiquement
par des calculs exacts
que vous faites si bien , quel doit être ce
lui d'une plus petite dose ; que si cepen-
Diiij dant
68
MERCURE DE
FRANCE.
faire
dant l'experience qu'un chacun peut
à ses propres dépens n'est pas un moyen
assuré pour vous convaincre du fait dont
il s'agit, tenez vous en à Regnier qui sçait,
sans doute , mieux que Sidenham & c.
Qu'un jeune Medecin vit moins qu'un vieil yvrogne.
C'est sur ce Vers que le Poëte n'a pas
crû , en le faisant , devoir servir de regle
dans la
Medecine , que vous croyez tout
de bon que le témoignage des buveurs
d'Eau de vie ou de vin ne nous est pas
avantageux , fondé veritablement encore
sur ce que s'ils sont exposés aux maladies
rapportées dans notre Lettre , les buveurs
d'eau n'en sont point exemts . Mais je vous
demande ( à part , s'il vous plaît , votre
grand air de confiance ) lesquels de ces
deux sortes de gens sont plus sujets à ces
mêmes maladies ? parlez sans vous émouvoir.
Quoique vous en disiez , on sçait
fort bien que dans le Pays du Nord ou
l'on se permet trop librement ces sortes
de liqueurs , les habitans se voyent tourmentés
de mille maladies , plus rares dans
tout autre climat où l'on est plus reservé
sur leur usage. Il n'est point question de
l'abus de l'eau simple ou de l'Eau de vie ,
on ne nous apprendra rien là dessus ; il
s'agit seulement de cet usage des Eaux
de
JANVIER. 1731. 69.
de vie qui a scû s'introduire parmi les
hommes , et qui fait voir bien souvent
au prix de la perte de la santé d'un très .
grand nombre , qu'il vaudroit mieux suivre
la saine pratique de Fernel de Sydenham
&c. que toutes les rêveries des
Poëtes que vous pouviez rapporter en,
grand nombre contre de si grands Medecins.
Qu'on ne nous accuse point ici cependant
de desaprouver l'Eau de vie ; nous.
sçavons aussi bien que ceux qui semblent
présomptueusement vouloir nous instruire
sur ce sujet , les bons usages que cette
liqueur spiritueuse remplit dans la Mcdecine
comme remede , soit qu'on l'employe
exterieurement ou interieurement,
nais qu'on la regarde comme necessaire
pour la santé. C'est ce que la Medecine,
ne pardonnera jamais à ceux qui font profession
de suivre sa saine doctrine ; il,
n'est pas possible de penser combien j'ai
été touché de reconnoitre dans un de mes
confreres un si fier ennemi contre un sentiment
qui ne peut qu'être salutaire à
l'homme dans le tems que le sien lui
est très dangereux ; en effet , puisque nous
voyons tous les jours des gens dans l'usage
de l'eau douce route pure joüir d'une
parfaite santé , l'homme ne pourroit-il
pas se passer de l'Eau de vie et se bien
DV porter
70 MERCURE DE FRANCE
porter ? dans les siecles plus reculés où
cette liqueur n'étoit point connue , vivoiton
moins qu'aujourd'hui ? les vieux yvrognes
du tems présent ont-ils une plus
belle vieillesse que ceux qui les ont devancés
loin de l'usage du vin où des liqueurs
ardentes ? que peut- on penser sur
cela ? Enfin doute qui voudra que
la maladie
doive plus à l'Eau de vie que la
santé parfaite dans un doute si dangereux
, il n'y aura que des témeraires et
des insensés qui se livreront au danger.
Malgré toute la sagesse de ces précautions
séduisantes que vous exigez dans l'usage
de l'Eau de vie après des grands repas , sous
le faux prétexte d'aider à la digestion
bien loin d'approuver votre pratique en
pareil cas , nous regardons cette liqueur
comme très contraire à cette fonction ;
et la méchanique que vous faites jouer
dans le secours qu'elle y apporte est toutà
fait ridicule. Cette liqueur acide et spiritueuse
, dites vous , tombant dans l'estomac
, perd son activité dans les parties
graisseuses des alimens , et ne garde qu'une
legere force pour exciter la contraction
de ce viscere affaissé sous leur poids ; comme
s'il se trouvoit dans les alimens divic
sés de petites celulles capables de retenir
ces parties spiritueuses , qu'une bouteille
bien bouchée laissé souvent échaper , et
d'en
JANVIER. 1731 7I
d'en refrener l'énergie. Les rapports vi
neux après une débauche semblent nous
montrer assez vrai semblablement qu'il
doit se passer pour lors dans l'estomac
échauffé en tout sens , farci d'alimens et
de vin , ce qui se passe à peu près dans
un alambic sur le feu , où les parties les
plus volatiles de ce qu'on distile ne sçauroient
se tenir cantonnées , intriquées
bien avant dans la texture du mixte , mais
se trouvent forcées d'obéir aux secousses.
du feu , et de donner lateralement en tout
sens contre ses parois , ou de sortir à la
faveur de la premiere issuë qui se présente.
Maintenant si notre conjecture n'est
pas trop hardie , et si on doit attendre un
semblable effet dans l'estomac après l'usage
du vin , quel sera celui des liqueurs
plus volatiles ? c'est alors que les parois.
de ce viscere continuellement agacées ,
arcelées par un nombre infini de petits
corps rigides effarouchés , qui ne peuvent
que les tourmenter considerablement dans
Feurs rudes et fréquentes atteintes , sont
obligées d'exercer des contractions vio→
lentes et extraordinaires dont la digestion
se passeroit plutôt que d'en recevoir du
secours. Vous direz , sans doute , que lesromac
affaissé sous le poids de trop d'alimens
a besoin d'être reveillé pour s'em
dégager.
D vj
Om
72 MERCURE DE FRANCE
>
On répond à cela que comme cette inhabileté
dans le jeu de ces contractions
ne vient que de trop de résistance qui
s'y oppose il ne faut pour les rendre
plus libres , plus aisées , que la diminuer .
Est- ce par le secours des Liqueurs ardentes
qu'on doit esperer d'y réussir ? Mais
au contraire , elles ne serviroient qu'à
dessecher ou durcir davantage cette masse
d'alimens , soit en interceptant le cours
de la Lymphe stomacale , soit en tarissant
la source de la salive et des autres
sucs lymphatiques qui vaquent à la dijestion
; ce qui augmenteroit la résistance
et rendroit les contractions plus laborieuses
; un bon délayant insipide , propre
à s'insinuer dans la masse des alimens
divisez , à la ramolir , à la détremper ,
à la liquefier et à la rendre ainsi docile
aux pressions de ce Viscere et des parties
voisines , suffit pour l'ouvrage de la digestion
; et comme de tous ceux que la
Nature a toujours offerts à l'homme , il
n'en est point de plus capable de s'acquiter
benignement de cet emploi , que
l'eau douce toute pure ; nous la regardons
comme très - salutaire dans cet usage;
alors les alimens en pâte plus détrempée,
plus mole , résistent moins et cedent aisément
aux contractions de ce Viscere
qui s'en dégage sans peine.
Les:
JANVIER. 1731. 73
·
que la
Les Acides de l'Eau de vie ( continuezvous
) fermentant avec les alimens , se
changent en Sels salez , aident à la division
des viandes , passent dans le sang ,
en accelerent le cours et les sécretions.
Croyez vous de bonne foi
chose se passe de même , et pouvezvous
sur votre même air de confiance
nous proposer publiquement une Méchanique
si mal établie ; de semblables.
raisonnemens ne méritent point de réponse
aux preuves que l'on apporte pour
les soutenir ; car outre qu'il se peut fort.
bien que ces Acides ne rencontrant que
des Acides dans les alimens , vous aurez
beau attendre pour lors de la fermentation
et des changemens en Sels salez
que d'ailleurs le chyle qui résulte après.
la dijestion , étant acide et non point salé,
votre changement est imaginaire , c'est
qu'on ne sçauroit convenir avec vous que
l'Eau de vie est un veritable Acide , et.
que prenant les routes du sang , s'il étoit
vrai que cela fût , loin d'en accelerer le
cours , elle ne dût plutôt le ralentir . Enfin
quand même vous auriez droit d'accuser
votre Sel salé d'augmenter le mouvement
des Liqueurs et des sécretions ,
vous avez oublié, sans doute , qu'on ap-.
prend sur les bancs que le cours des Liqueurs
augmenté , est une maladie dans
leurs
བྱ་
74 MERCURE DE FRANCE
leurs mouvemens que l'Eau de vie occasionne
dans son usage , suivant même
Votre sentiment , qui voudroit la faire
passer pour une Eau de santé.
Puisque vous avez pû vous dispenser
de citer les Auteurs de vos fameuses Experiences
, vous auriez pû aussi beaucoup
mieux vous épargner cette délicatesse affectée
qui vous rend si honteux pour ceux
qui les ignorent , et qui n'en font aucun
cas dans des faits étrangers à notre sujet.
On doit regarder l'Eau de vie dans son
usage interieur , quelque moderé qu'il
soit , comme un remede qui altere le
corps , Pharmaca sunt venena , et non
comme un aliment. Ainsi on peut , sans
craindre de perdre un secours pour
la santé
, s'en priver totalement ; et je conseille
à ceux qui se portent bien sans son usage ,
de ne point envier de se mieux porter
en la pratiquant ; Ovide n'est point une
regle pour nous dans la Medecine`, nous
consultons moins ses Ecrits dans l'Art
de guérir , que dans l'Art de plaire ; et il
faut , à la verité , ou que vous ne connoissiez
nullement vos Auteurs , dont vous
auriez pû préferer l'autorité , ou que vous
croyez que les Poëtes ont droit sur des
hypotheses comme la vôtre .
On reconnoît assez maintenant , sans
no en avertir vous -même , que tout ce
que
JANVIER. 1731.
75
que vous nous dites sur l'Eau de vie , n'est
pas si démonstratif que vous le donnez ;
mais plutôt , puisque vous avoüez ingénument
qu'il vous reste encore bien des
doutes sur ce sujet , n'a-t'on pas raison
de penser que dans cette incertitude des
choses où vous vous trouvez , les gens
raisonnables ne s'en rapportent plus à
vos belles paroles , ainsi ayant déja perdu
par un aveu si sincere de votre part , unebonne
partie de leur confiance , nos éclaircissemens
sur vos doutes , vous ayant entierement
desabusé de la votre propre ;
sera-t'il surprenant qu'il n'en reste à present
du tout point à personne ?
Au reste , Monsieur , on auroit grand
fort de ne pas vous juger digne d'excuse ,
vos doutes ne nous ont amusés que très-peu
de tems , et nous n'avons dérobé à nos
Malades que quelques momens pour les
éclaircir quelque grand que soit cet air
de confiance que vous voulez vous donner
en les proposant , ils ne nous ont
pas paru plus recommandables ; tout au
plus de semblables productions d'esprit ,
suivies d'un si grand bruit , ont sçu nous
rappeller la Fable dont parle Horace.
Quid dignum tanto feret hic promissor hiatus
Parturient montes , nascetur ridiculus mus.
A Pezenas , ce 24. Decembre 1730 .
Fermer
Résumé : LETTRE écrite à M. Ziorcal au sujet de sa Réponse à M. Barrés, inserée dans le Mercure du mois d'Octobre 1730. sur l'usage interieur de l'Eau de vie.
L'auteur répond à une lettre de M. Ziorcal publiée dans le Mercure d'octobre 1730, qui traitait de l'usage intérieur de l'eau-de-vie. Il critique l'attitude confiante de M. Ziorcal et souligne que les personnes raisonnables ne se laissent pas facilement convaincre par des arguments imposants mais vagues. L'auteur défend l'utilisation de termes techniques, soutenus par des médecins célèbres, et rejette les critiques de M. Ziorcal sur ces expressions. L'auteur explique que l'eau-de-vie, bien qu'elle relève temporairement les forces, les abat ensuite en poussant les ressorts des solides au-delà de leur tonus naturel, entraînant une langueur. Il illustre ce phénomène par des exemples physiologiques et compare les effets de l'eau-de-vie à ceux des exercices violents. Il souligne que même en petites quantités, l'eau-de-vie peut produire des effets significatifs, similaires à ceux d'un grain d'opium. L'auteur critique M. Ziorcal pour son manque de compréhension des effets à long terme de l'eau-de-vie, qui assèche les parties solides et épaissit les liquides, entraînant diverses maladies. L'auteur discute également des effets de l'eau-de-vie après les repas, la qualifiant d'acide et spiritueuse, et décrivant son action dans l'estomac comme ridicule. Il compare l'effet du vin et des liqueurs volatiles dans l'estomac à celui d'un alambic, où les parties volatiles sont forcées de se déplacer ou de sortir. Il soutient que les liqueurs ardentes ne font que dessécher ou durcir la masse des aliments, augmentant ainsi la résistance et rendant les contractions de l'estomac plus laborieuses. Il recommande l'eau douce comme un délayant insipide pour faciliter la digestion. L'auteur critique les arguments selon lesquels les acides de l'eau-de-vie fermentent avec les aliments pour se transformer en sels salés, accélérant ainsi la digestion. Il conclut en déconseillant l'usage de l'eau-de-vie comme remède, la considérant plutôt comme un médicament altérant le corps. Il invite ceux qui se portent bien sans elle à ne pas l'utiliser et critique les arguments présentés comme non démonstratifs et incertains. L'auteur affirme que, bien que l'eau-de-vie ait des usages médicaux, son abus est dangereux et qu'il vaut mieux suivre les pratiques de médecins comme Fernel et Sydenham. Il invite M. Ziorcal à reconnaître les dangers de l'eau-de-vie et à promouvoir une meilleure hygiène de vie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5846
p. 76-87
RÉPONSE à l'Esprit en if, de M. l'Abbé L*** inserée dans le Mercure du mois d'Août 1730.
Début :
Parbleu ! vous faites l'apprentif, [...]
Mots clefs :
Satire, Critique, Inventif, Ironie, Grammaire, Style, Excessif
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à l'Esprit en if, de M. l'Abbé L*** inserée dans le Mercure du mois d'Août 1730.
REPONSE à l'Epitre en If , de
M. l'Abbé L *** inserée dans le Mercure
du mois d'Août 1730 .
Parbleu Arbleu ! vous faites l'apprentif ,
Et vous montrez le plus chetif,
Malgré l'amusant narratif,
Et le parfait compositif ,
De votre versificatif !
Quoi ! sans aucun émulatif,
Et quittant tout ostentatif ,
Yous êtes annonciatif¸
Que votre renonciatif ,
Est causé par le défestif ,
Du litteraire plumitif ,
Qui n'ayant plus de munitif ,λ
De ces mots qui riment en If ,
Vous rend assez peu restrictif a
Et vous vous tenez inactif ,
Dans ce honteux limitatif?
Mais dans votre imaginatif ,
Ou si l'on veut intellectif ,
Vous n'avez donc pas d'argent vif
Le Dieu Phoebus inspiratif ,
Est donc sourd à tout rogatif
Et d'Hélicon le libatif ,
N'est
JANVIER.
77 1731.
N'est pas pour vous excitatif?
Sans quoi votre cerveau fictif,
Cedant à son operatif,
Auroit été plus inventif;
Et de bien des mots créatif
Dans ce même terminatif,
Dont par aisé cumulatif ,
Vous auriez fait un productif,
A notre gré prolongatif ,
Et de tout Lecteur adoptif.
Des Noms et Pronoms l'ablatif
Auffi bien que le genitif ,
Et des Verbes le gerondif ,
Sans oublier le fubjonctif ,
Et même tout nom possessif ,
Auroient par incorporatif ,
Beaucoup augmenté l'électif,,
De votre borné collectif.
En nous décrivant l'ornatif
Et l'arrangé décoratif ,
De ce repas saturatif,
Qui se trouvant appetitif ,
Vous rendit par trop repletif ,
Ce gros Prieur figuratif,
De son corps peu maceratif ,
"
Ains pour le repas propensif,
L'auroit rendu prorogatif ,
En faisant faire innovatif,
D'assiete , avec exhibitif,
D
D'um
48 MERCURE DE FNANCE
D'un plat garni d'un rôt de bif,
Délicieux et tentatif ,
Malgré le surérogatif ,
Dont son couteau très-incisif
Ayant fait un prompt dissectif,
Vous auriez eu le traditif
Avec pressant invitatif ,
Poussé jusques à l'injonctif ,
D'un morceau très - manducatif ,
Et d'appétit imitatif,
Le vin non falsificatif ,
Dans un sceau de glace immersif ,
Et dans votre verre effusif,
Frais et non réverberatif,
Eut été plus incitatif,
De boire par iteratif , 愿
Et vous cût rendu locutif,
Par forme de gratulatif.
Sur sa fraîcheur exclamatif.
Puis du dessert expectatif ,
Il falloit être informatif,
De quel Vignoble émanatif ,
Ce vin étoit transpositif ;
A combien par supputatif ,
Se montoit le rétributif ,
Du Prieural habitatif ,
S'il avoit un attributif ,
De quelque revenu censif ;
Que coutoit le réparatik ; -
Et
JANVIER.
79 1731.
1
Et de combien par exactif ,
Aux Décimes contributif ,
Il en souffroit le vexatif ,
Sous quel bon Saint invocatif ,
De son Clocher dominatif,
Il se trouvoit occupatif,
Et depuis quel tems obtentif;
Si dans l'Eglise un positif, *
Au maître Autel oppositif ,
Avoit un Jeu bien diversif,
Et de tous sons imitatif;
Si lors de son visitatif ,
Son jeune cheval impassif ,
Faisoit frequent évolutif ,
S'il avoit pas bien progressif.
Et de ce discours mutatif,
Vous l'auriez comme indignatif,
Vû faire le renovatif,
De fait au long explicatif ,
( Avec plus d'un imprécatif,
En terme non mitigatif , )
De certain procès dévictif ,
Qu'un Chicaneur supplicatif,
En Cour de Rome impétratif,
D'un Bref dont l'intitulatif,
Est celui de dévolutif,
Lui fit jadis comme intrusif,
* Petite Orgue posée au bas de la grande.
Par
80 MERCURE DE FRANCE
Par exploit interpellatif,
En haîne du révocatif ,
D'un sien accord permutatif ,
Et contre les Loix extorsif ;
Sur quoi par trop inattentif
Le Chicaneur machinatif ,
Surprit Jugement forclusif;
Mais que par un évocatif,
Suivi d'un examinatif ,
Et d'un très - exact révisif ,
De son droit verificatif ,
Il avoit le procuratif,
D'un bon Arrêt manutentif,
Et de frais adjudicatif,
Dont il étoit exultatif,
Et son Plaideur tribulatif;
Que pourtant fort inclinatif ,
A prévenir tout discussif ,
Et d'âge non retrogressif,
Il formoit le méditatif”,
De faire son résignatif ,
Avec un sur moderatif,
Irritament stipulatif,
Et dans l'Acte même insertif,,
D'une pension rétentif ,
Revétu d'homologatif ,
Non sujet à rétractatif.
- Là , cessant le contemplatif ,
Et de son discours irruptif,.
Votre
JANVIER.
< 1731 .
Votre perçant lamentatif ,
L'auroit rendu stupefactif,
Et vraiment mortificatif ,
De ses fàcheux révolutif,
Vous voyant plaindre d'excessif ,
Et trop incommode oppressif,
D'un violent suffocatif
D'estomac extenuatif;
Qu'en Medecin transformatif,
Et toujours irrésolutif ,
Dans son avis vacillatif ,
Il eût traité d'opilatif,
Et même de vaporatif ,
Venant de ventre inflammatif.
Votre pouls moins élevatif ,
Votre coeur peu palpitatif ,
Eût fait son préoccupatif ;
Sans songer au fomentatif ,
Il eût proposé l'inflictif ,
D'un sanglant scarificatif ;
Et malgré votre déjectif ,
Selon vous , évacuatif ,
Vous auriez par intercessif,
Crainte d'aucun imputatif,
Avalé l'amer infusif ,
D'un gros de Séné transfusif ,
Violent et répercussif,
Avec Sel évaporatif,
Mineral
82 MERCURE DE FRANCE
Mineral et vegetatif,
Qu'il eût dit spécificatif,
Pour operer le digestif,
Par son effet dissolutif,
Et parfaitement abstersif.
Après ce premier purgatif,
Votre sang peu circulatif ,
Et devenu fermentatif ,
Auroit souffert l'introductif
Du remede carminatif ,
Et même du palliatif ;
Quoique du mal peu suppreffif,
Et presque toujours abusif ,
Pour n'être assez liberatif.
Enfin rendant le relatif ,
( A l'aide d'un suppositif ,
Un peu forcé , mais extensif. )
Pour le Lecteur désolatif,
Vous vous seriez , par disjonctif ,
De la terre en mer translatif ,
Embarqué près du Château- d'If , *
Dans un Vaisseau navigatif,
Dont un gros tems tempestatif ,
Ayant fait un rude implusif,
Sur un Rocher laceratif,
Vous auriez , peur du sumèrsif,
Sauté promptement dans l'esquif,
Au gré des eaux dérivatif,
Isle près de Marseille,
酥
JANVIER.
83 1731. Et de
tout secous privatif ,
Ne portant jamais Papefif , *
Et n'ayant besoin d'accoursif ;
Ou seul , et très - anxiatif ,
De mort prochaine appréhensif,
Au bon saint Nicolas votif ,
Et de tous Saints imploratif ,
Mécreant , après maint estrif,
Fer à la main décolatif,
Et très-souvent mutilatif,
Ayant Pair exterminatif ,
Et le geste verberatif,
Vous auroient pris comme furtif
Et comme espion putatif
De son fait dissimulatif,
Mis avec cordon coactif
Vos mains enserré conjonctif ,
Presque jusqu'au dislocatif ;
Et par l'effet consecutif,
Aussi l'on veut subsecutif,
D'un secret déliberatif ,
De votre sort définitif ,
Vous auroient sans exhortatif ,
Et differant votre occisif ,
Traîné dans leur Ville Eleatif.
Là vous auriez vû le Cherif ,
* Partie superieure de la grand Voile.
Passage de la Proie à la Poupe.
* Elcatif, Ville d'Arabie.
Qu'on
84 MERCURE DE FRANCE.
Qu'on dit se nommer Ilgerif ,
Plus fier qu'en France aucun Baillif
L'oeil fixe et jamais conversif
Avec un air rebarbatif
Et le verbe haut et jussif ,
Sans le moindre salutatif,
Vous faire l'abord primitif,
( Ainsi qu'on traite un fugitif, )
Don cruel et numératif,
Sans aucun modificatif ,•
De cent coups d'un bâton massif
Qui des pieds est le destructif ,
Ensuite un interrogatif
Très- sec & très-instigatif,
Par quel veritable motif
Chez lui vous étiez adventif,
De quel Pays étiez natif,
De quel Peuple fréquentatif,
De quel pere generatif,
Et de quel nom appellatif,
Avec certain observatif,
Que fussiez surtout attentif
Dans tout votre déclaratif ,
A n'être du vrai corruptif ,
Mais bien très fidele instructif :
Qu'autrement très reprehensif,
Il feroit faire un erectif,
De votre col très - suspensif ,
Après quoi du corps divisif
Chaque
JANVIER.
85 1731.
Chaque membre séparatif
Occuperoit son locatif
Au bout d'un piquet plantatif .
Si mieux vous n'aimiez l'éversif
D'un plomb fondu plus que frictif ,
Ou qu'un grand brasier très- arsif,
De tout votre corps abstractif,
Fût de vos os calcinatif.
A ce barbare conclusif,
De l'un et l'autre alternatif,
Votre fang coagulatif
Vous eut causé le convulsif ;
Et n'étant rien moins qu'obstructif ,
Un subit et promt soustractif ,
Pour chaque nez très-offensif,
Tout autant qu'un suppuratif ,
Auroit par multiplicatif,
Gâté le purificatif
De votre linge deffensif.
Puis sur la fin constitutif,
Après un simple affirmatif,
De verité confirmatif ,
Vous auriez fait un responsif
Pour votre salut solutif ,
Et votre représentatif
N'ayant rien que de probatif,
Et pas aucun fait négatif ,
Nous aurions vû notre Cherif,
Devenu plus adulatif,
E Yous
8 % MERCURE DE FRANCE.
Vous faire communicatif ,
Ou plutôt gratificatif ,
Par forme de restauratif ,
D'un Sorbet bon et potatif,
Et nullement alteratif .
Dieu vous donne bon reversif ,
Et vous garde du suggestif ,
De tout heritier présomptif ,
Qui , sous un faux démonstratif.
N'aimant que votre successif ,
Et craignant le subrogatif ,
De tout Acte substitutif,
Voudroit avoir l'institutif,
Sans aucun mot dérogatif ,
D'un testament nuncupatif
Pour l'universel lucratif
De maint contract pignoratif.
Or sus , pour peu que processif
Soyez , ou bien vindicatif,
Vous me rendrez le respectif ,
Lequel ( sauf le restitutif )
J'attends en froid speculatif.
Auteur de ces Rimes en If ,
Soyez un peu mémoratif,
Que par avis iteratif,
On affranchit tout productif,
Au Mercure destinatif,
Sans
JANVIER. 1731
Sans quoi le plus bel inventif,
Sera mis au rebutatif.
Soyez aussi plus attentif ,
A ne broncher sur l'élisif ;
Cela rend le Vers bien chetif ,
Mais nous avons fait corrrectif.
M. l'Abbé L *** inserée dans le Mercure
du mois d'Août 1730 .
Parbleu Arbleu ! vous faites l'apprentif ,
Et vous montrez le plus chetif,
Malgré l'amusant narratif,
Et le parfait compositif ,
De votre versificatif !
Quoi ! sans aucun émulatif,
Et quittant tout ostentatif ,
Yous êtes annonciatif¸
Que votre renonciatif ,
Est causé par le défestif ,
Du litteraire plumitif ,
Qui n'ayant plus de munitif ,λ
De ces mots qui riment en If ,
Vous rend assez peu restrictif a
Et vous vous tenez inactif ,
Dans ce honteux limitatif?
Mais dans votre imaginatif ,
Ou si l'on veut intellectif ,
Vous n'avez donc pas d'argent vif
Le Dieu Phoebus inspiratif ,
Est donc sourd à tout rogatif
Et d'Hélicon le libatif ,
N'est
JANVIER.
77 1731.
N'est pas pour vous excitatif?
Sans quoi votre cerveau fictif,
Cedant à son operatif,
Auroit été plus inventif;
Et de bien des mots créatif
Dans ce même terminatif,
Dont par aisé cumulatif ,
Vous auriez fait un productif,
A notre gré prolongatif ,
Et de tout Lecteur adoptif.
Des Noms et Pronoms l'ablatif
Auffi bien que le genitif ,
Et des Verbes le gerondif ,
Sans oublier le fubjonctif ,
Et même tout nom possessif ,
Auroient par incorporatif ,
Beaucoup augmenté l'électif,,
De votre borné collectif.
En nous décrivant l'ornatif
Et l'arrangé décoratif ,
De ce repas saturatif,
Qui se trouvant appetitif ,
Vous rendit par trop repletif ,
Ce gros Prieur figuratif,
De son corps peu maceratif ,
"
Ains pour le repas propensif,
L'auroit rendu prorogatif ,
En faisant faire innovatif,
D'assiete , avec exhibitif,
D
D'um
48 MERCURE DE FNANCE
D'un plat garni d'un rôt de bif,
Délicieux et tentatif ,
Malgré le surérogatif ,
Dont son couteau très-incisif
Ayant fait un prompt dissectif,
Vous auriez eu le traditif
Avec pressant invitatif ,
Poussé jusques à l'injonctif ,
D'un morceau très - manducatif ,
Et d'appétit imitatif,
Le vin non falsificatif ,
Dans un sceau de glace immersif ,
Et dans votre verre effusif,
Frais et non réverberatif,
Eut été plus incitatif,
De boire par iteratif , 愿
Et vous cût rendu locutif,
Par forme de gratulatif.
Sur sa fraîcheur exclamatif.
Puis du dessert expectatif ,
Il falloit être informatif,
De quel Vignoble émanatif ,
Ce vin étoit transpositif ;
A combien par supputatif ,
Se montoit le rétributif ,
Du Prieural habitatif ,
S'il avoit un attributif ,
De quelque revenu censif ;
Que coutoit le réparatik ; -
Et
JANVIER.
79 1731.
1
Et de combien par exactif ,
Aux Décimes contributif ,
Il en souffroit le vexatif ,
Sous quel bon Saint invocatif ,
De son Clocher dominatif,
Il se trouvoit occupatif,
Et depuis quel tems obtentif;
Si dans l'Eglise un positif, *
Au maître Autel oppositif ,
Avoit un Jeu bien diversif,
Et de tous sons imitatif;
Si lors de son visitatif ,
Son jeune cheval impassif ,
Faisoit frequent évolutif ,
S'il avoit pas bien progressif.
Et de ce discours mutatif,
Vous l'auriez comme indignatif,
Vû faire le renovatif,
De fait au long explicatif ,
( Avec plus d'un imprécatif,
En terme non mitigatif , )
De certain procès dévictif ,
Qu'un Chicaneur supplicatif,
En Cour de Rome impétratif,
D'un Bref dont l'intitulatif,
Est celui de dévolutif,
Lui fit jadis comme intrusif,
* Petite Orgue posée au bas de la grande.
Par
80 MERCURE DE FRANCE
Par exploit interpellatif,
En haîne du révocatif ,
D'un sien accord permutatif ,
Et contre les Loix extorsif ;
Sur quoi par trop inattentif
Le Chicaneur machinatif ,
Surprit Jugement forclusif;
Mais que par un évocatif,
Suivi d'un examinatif ,
Et d'un très - exact révisif ,
De son droit verificatif ,
Il avoit le procuratif,
D'un bon Arrêt manutentif,
Et de frais adjudicatif,
Dont il étoit exultatif,
Et son Plaideur tribulatif;
Que pourtant fort inclinatif ,
A prévenir tout discussif ,
Et d'âge non retrogressif,
Il formoit le méditatif”,
De faire son résignatif ,
Avec un sur moderatif,
Irritament stipulatif,
Et dans l'Acte même insertif,,
D'une pension rétentif ,
Revétu d'homologatif ,
Non sujet à rétractatif.
- Là , cessant le contemplatif ,
Et de son discours irruptif,.
Votre
JANVIER.
< 1731 .
Votre perçant lamentatif ,
L'auroit rendu stupefactif,
Et vraiment mortificatif ,
De ses fàcheux révolutif,
Vous voyant plaindre d'excessif ,
Et trop incommode oppressif,
D'un violent suffocatif
D'estomac extenuatif;
Qu'en Medecin transformatif,
Et toujours irrésolutif ,
Dans son avis vacillatif ,
Il eût traité d'opilatif,
Et même de vaporatif ,
Venant de ventre inflammatif.
Votre pouls moins élevatif ,
Votre coeur peu palpitatif ,
Eût fait son préoccupatif ;
Sans songer au fomentatif ,
Il eût proposé l'inflictif ,
D'un sanglant scarificatif ;
Et malgré votre déjectif ,
Selon vous , évacuatif ,
Vous auriez par intercessif,
Crainte d'aucun imputatif,
Avalé l'amer infusif ,
D'un gros de Séné transfusif ,
Violent et répercussif,
Avec Sel évaporatif,
Mineral
82 MERCURE DE FRANCE
Mineral et vegetatif,
Qu'il eût dit spécificatif,
Pour operer le digestif,
Par son effet dissolutif,
Et parfaitement abstersif.
Après ce premier purgatif,
Votre sang peu circulatif ,
Et devenu fermentatif ,
Auroit souffert l'introductif
Du remede carminatif ,
Et même du palliatif ;
Quoique du mal peu suppreffif,
Et presque toujours abusif ,
Pour n'être assez liberatif.
Enfin rendant le relatif ,
( A l'aide d'un suppositif ,
Un peu forcé , mais extensif. )
Pour le Lecteur désolatif,
Vous vous seriez , par disjonctif ,
De la terre en mer translatif ,
Embarqué près du Château- d'If , *
Dans un Vaisseau navigatif,
Dont un gros tems tempestatif ,
Ayant fait un rude implusif,
Sur un Rocher laceratif,
Vous auriez , peur du sumèrsif,
Sauté promptement dans l'esquif,
Au gré des eaux dérivatif,
Isle près de Marseille,
酥
JANVIER.
83 1731. Et de
tout secous privatif ,
Ne portant jamais Papefif , *
Et n'ayant besoin d'accoursif ;
Ou seul , et très - anxiatif ,
De mort prochaine appréhensif,
Au bon saint Nicolas votif ,
Et de tous Saints imploratif ,
Mécreant , après maint estrif,
Fer à la main décolatif,
Et très-souvent mutilatif,
Ayant Pair exterminatif ,
Et le geste verberatif,
Vous auroient pris comme furtif
Et comme espion putatif
De son fait dissimulatif,
Mis avec cordon coactif
Vos mains enserré conjonctif ,
Presque jusqu'au dislocatif ;
Et par l'effet consecutif,
Aussi l'on veut subsecutif,
D'un secret déliberatif ,
De votre sort définitif ,
Vous auroient sans exhortatif ,
Et differant votre occisif ,
Traîné dans leur Ville Eleatif.
Là vous auriez vû le Cherif ,
* Partie superieure de la grand Voile.
Passage de la Proie à la Poupe.
* Elcatif, Ville d'Arabie.
Qu'on
84 MERCURE DE FRANCE.
Qu'on dit se nommer Ilgerif ,
Plus fier qu'en France aucun Baillif
L'oeil fixe et jamais conversif
Avec un air rebarbatif
Et le verbe haut et jussif ,
Sans le moindre salutatif,
Vous faire l'abord primitif,
( Ainsi qu'on traite un fugitif, )
Don cruel et numératif,
Sans aucun modificatif ,•
De cent coups d'un bâton massif
Qui des pieds est le destructif ,
Ensuite un interrogatif
Très- sec & très-instigatif,
Par quel veritable motif
Chez lui vous étiez adventif,
De quel Pays étiez natif,
De quel Peuple fréquentatif,
De quel pere generatif,
Et de quel nom appellatif,
Avec certain observatif,
Que fussiez surtout attentif
Dans tout votre déclaratif ,
A n'être du vrai corruptif ,
Mais bien très fidele instructif :
Qu'autrement très reprehensif,
Il feroit faire un erectif,
De votre col très - suspensif ,
Après quoi du corps divisif
Chaque
JANVIER.
85 1731.
Chaque membre séparatif
Occuperoit son locatif
Au bout d'un piquet plantatif .
Si mieux vous n'aimiez l'éversif
D'un plomb fondu plus que frictif ,
Ou qu'un grand brasier très- arsif,
De tout votre corps abstractif,
Fût de vos os calcinatif.
A ce barbare conclusif,
De l'un et l'autre alternatif,
Votre fang coagulatif
Vous eut causé le convulsif ;
Et n'étant rien moins qu'obstructif ,
Un subit et promt soustractif ,
Pour chaque nez très-offensif,
Tout autant qu'un suppuratif ,
Auroit par multiplicatif,
Gâté le purificatif
De votre linge deffensif.
Puis sur la fin constitutif,
Après un simple affirmatif,
De verité confirmatif ,
Vous auriez fait un responsif
Pour votre salut solutif ,
Et votre représentatif
N'ayant rien que de probatif,
Et pas aucun fait négatif ,
Nous aurions vû notre Cherif,
Devenu plus adulatif,
E Yous
8 % MERCURE DE FRANCE.
Vous faire communicatif ,
Ou plutôt gratificatif ,
Par forme de restauratif ,
D'un Sorbet bon et potatif,
Et nullement alteratif .
Dieu vous donne bon reversif ,
Et vous garde du suggestif ,
De tout heritier présomptif ,
Qui , sous un faux démonstratif.
N'aimant que votre successif ,
Et craignant le subrogatif ,
De tout Acte substitutif,
Voudroit avoir l'institutif,
Sans aucun mot dérogatif ,
D'un testament nuncupatif
Pour l'universel lucratif
De maint contract pignoratif.
Or sus , pour peu que processif
Soyez , ou bien vindicatif,
Vous me rendrez le respectif ,
Lequel ( sauf le restitutif )
J'attends en froid speculatif.
Auteur de ces Rimes en If ,
Soyez un peu mémoratif,
Que par avis iteratif,
On affranchit tout productif,
Au Mercure destinatif,
Sans
JANVIER. 1731
Sans quoi le plus bel inventif,
Sera mis au rebutatif.
Soyez aussi plus attentif ,
A ne broncher sur l'élisif ;
Cela rend le Vers bien chetif ,
Mais nous avons fait corrrectif.
Fermer
Résumé : RÉPONSE à l'Esprit en if, de M. l'Abbé L*** inserée dans le Mercure du mois d'Août 1730.
Le texte est une réponse à une épître de l'abbé L*** publiée dans le Mercure d'août 1730. L'auteur critique l'épître pour son manque d'originalité et d'inspiration, soulignant ce point en utilisant des termes rimant en 'if'. Il reproche à l'abbé de ne pas avoir exploité pleinement les ressources linguistiques disponibles, telles que les noms, pronoms, verbes et autres formes grammaticales. L'auteur imagine ensuite diverses situations où l'abbé aurait pu enrichir son texte en décrivant des détails spécifiques, comme un repas, un procès ou une maladie. Il critique également l'abbé pour son manque d'imagination et de créativité, le comparant à un médecin incapable de diagnostiquer correctement. L'auteur raconte ensuite une histoire fictive où l'abbé, après avoir été capturé et torturé, finit par obtenir une récompense sous forme de sorbet. Il conclut en conseillant à l'abbé d'être plus attentif et productif dans ses écrits pour éviter que ses efforts ne soient rejetés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5847
p. 87-93
RÉFLEXIONS sur la conjecture proposée, touchant la correction d'un endroit des traductions d'Horace.
Début :
En raisonnant ces jours passez avec un Grammairien, sur la [...]
Mots clefs :
Traduction, Horace, Grammaire, Traducteurs, Cornicula, Conjecture, Journal des savants, Hésiode
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉFLEXIONS sur la conjecture proposée, touchant la correction d'un endroit des traductions d'Horace.
REFLEXIONS sur la conjecture
proposée , touchant la correction d'un endroit
des traductions d'Horace.
N raisonnant ces jours passez avec
ENun Gramairien , sur la remarque inprimée
dans le Mercure de Juin , page
1350. la premiere pensée qui m'est venue
a été , qu'il n'est nullement deffendu de
s'opposer au torrent des Traducteurs ou
Interpretes des Aureurs Classiques. Je suis
ensuite allé plus loin , et j'ai cru qu'il
étoit necessaire de faire sentir aux Imprimeurs
le tort qu'ils ont de faire copier
souvent les fautes des manuscrits. Il n'est
pas
étonnant
, disois
-je , que
ceux
qui
lisent
Cornicula
dans
Horace
, traduisent
ce terme
par
celui
de Corneille
. Peut
-être
n'ont
-ils pas
bien
examiné
s'il
faut
veritablement
lire
Cornicula
dans
ce Poëte
,
et si ce
mot
a toujours
été
écrit
ainsi
.
Dès
lors
je
suis
tombé
d'accord
avec
E ij
l'Au-
-
88 MERCURE DE FRANCE.
sert pour
l'Auteur de la conjecture proposée , que
le mot Cornix écarte tout- à- fait l'idée de
Geai ; mais sans user du détour dont il se
faire valoir son sentiment, voicy
la pensée que je hazardois. Je ne prétendois
point qu'il en dût être autrement
de Cornicula par rapport à Cornix , que
de graculus par rapport à gracus et de
hædulus par rapport à heedus. Je présumois
seulement que le substantif corvus
avoit pû avoir dans l'antiquité ses diminutifs
, de même que ces trois autres coravec
l'autre avant
nix ,, gracus et hædus , et qu'ainsi on a pû
'dire corviculus et corvicula. Il seroit ennuyeux
de produire une infinité d'exemples
où l'on voit que la lettre n a été
prise pour la lettre . Ces méprises sont
venues de la ressemblance que l'une avoit
que dans l'écriture latine
on eut inventé une v consone pour
le besoin , et chez les grecs même la ressemblance
de ces deux caracteres est si
grande, que je lisois encore dernierement
dans le Journal des Sçavans du mois de
Juillet, que c'est sur le principe de cette
conformité que M. l'Abbé Sévin s'appuye
pour avoir la veritable lecture d'un
passage d'Hésiode ; ensorte qu'au lieu
de Dion genos , il faut lire, selon lui , Dion
genos.
Dans le texte de notre Poëte , il ne s'agit
JANVIER. 1731. 89
git point de race divine , mais de race.
corvine. Le Geai étant donc compris sub
genere corvino , selon l'Auteur de la Remarque
, qui me paroissoit suffisainment
autorisée , en ce que les bons Dictionaires
rendent le xoλe d'Esope , par le
terme Graculus . J'en concluois que si
Graculus signifie un Geai , xoxoids est
surement cet oiseau , et non pas la Corneille.
Mais comme il n'est pas certain
que graculus soit le Geai . C'est ce qui
doit arrêter toutes les consequences qu'on
pourroit tirer en supposant la chose.
D'ailleurs , la conjecture par laquelle on
prétendoit qu'Horace a mis originaire
ment corvicula, ne peut se soutenir , parce
que le Poëte , pour faire son vers , a
du mettre un mot dont la seconde syllabe
fût longue. Or la seconde de corvi
cula ( si ce mot existoit ) seroit breve , suivant
les regles des dérivez.
Comment donc ajuster tout cela : Ce
ne sera point en suivant l'auteur de la
conjecture dans tous les raisonnemens
qu'il fait , mais seulement dans quelques-
uns. Il a raison d'improuver ceux
qui croyent qu'Horace et Phédre ont
voulu désigner un oiseau different , et ilne
faut pas s'imaginer que le graculus
de celui- ci , soit different du cornicula du
premier.
E iij L'Augo
MERCURE DE FRANCE.
L'Auteur doit , selon moi , revenir au
sentiment de Furetiere , qui dit que
graculus n'est point le Geai. A la verité
son Dictionaire ne renferme point de
Dissertation pour le prouver ; mais je
suis persuadé qu'il n'a pas pris la négative
sur cet article sans avoir de bonnes
raisons . Laissons donc les Traducteurs
d'Horace dans l'usage de prendre l'oiseau
de la fable pour une corneille ; et
tâchons seulement d'empêcher ceux qui
dans la suite traduiront Phédre , de rendre
le mot graculus par celui de Geai .
Déja il faut avouer que le terme latin
n'a pas grande affinité avec le françois
et c'est un assez grand fondement pour
douter.
J'avoue encore une fois que le noλorde
κολοιός
des Grees , et le graculus des Latins sont
le même oiseau. Il faut attribuer à
gram
eulus tout ce que les Grecs ont dit du ca
quet importun et désagréable du xoxoide.
figure des grands parleurs , qui cherchent
leurs semblables, et qui se plaisent à s'at-
Troupper pour faire grand bruit. Si le
Geai aime à jazer , le Graculus se plait à
grailler. Ces deux sortes d'oiseaux sont
loquaces, pour ainsi dire , et cependant ils
sont differens. Je n'ai point dans ma solitude
tous les Livres des Auteurs Payens
des premiers temps , qui ont parlé de ces
SOEJANVIER.
1731. 9:19
sortes d'animaux ; mais parmi quelques
collections que j'ai faites des Ecrivains
des moyens temps , je trouve un Historien
du huitième siècle , Auteur de la
Vie de S. Frichoux ou Fructueux , Archevêque
de Brague , en Portugal , mort
en 665 , lequel s'exprime ainsi : Nigras
parvasque aves quas usitato nomine vulgus
graculas vocitat , mansuetas in Monasterio
babuisse perhibetur. Il est important de
remarquer icy que selon ce texte , graculus
ou gracula est un oiseau de couleur
noire. Or le Geai n'est pas un oiseau
noir ; il est varié dans sa couleur.
Outre cela le but de l'Auteur de la
fable n'eût pas été assez sensible , ni le
sujer assez exactement traité , s'il eut
pris pour le fond de sa moralité un oi
seau qui eut eu un plumage de diver
ses couleurs , et qui n'eut point été laid
à voir. Il vouloit representer un oiseau
different du Paon, generalement en tou
tes choses , un oiseau peu agréable à la
uë , un oiseau d'un plumage uniforme
et de couleur lugubre et triste , lequet
dégouté de sa propre laideur , qui le faisoit
mépriser , avoit entrepris de se mé
tamorphoser en un autre oiseau infiniment
mieux habillé .
Sur le fondement de la disproportion
des deux oiseaux , la morale étoit ensuite
E iiij bien
92 MERCURE DE FRANCE.
*
bien plus sensible, et tomboit bien plus
visiblement sur ceux qui honteux de leur
pauvreté ou de la sterilité de leurs_talens
, se parent et s'ornent des biens et
des productions d'autrui . Je conclus
donc tout au contraire de la remarque.
inserée dans le Mercure , que ce sont les
Traducteurs de Phédre qui ont tort , et
non pas ceux d'Horace ; et qu'il ne faudroit
point intituler cette fable du Geai
glorieux , mais de la Corneille glorieuſe. Il
me paroît que l'Auteur a eu intention
de parler d'un oiseau semblable à nos
Corneilles. Il ne seroit peut-être pas même
hors de vrai-semblance que cet oinommé
par l'un de nos Auteurs
Latins , graculus , et par l'autre cornicula,
fut la Pie. On trouve dans cet oiseau
la loquacité reconnue par les Anciens.
dans le graculus , et elle est d'une espece
noire. Outre cela c'est un oiseau
qu'on apprivoise facilement ; cela convient
avec le texte de l'Auteur de la
Vie de S, Fructueux , qui écrivoit il y a
mille ans .
seau ,
. La Corneille dont il est fait mention
dans la Vie de S. Sour , Hermite en Périgord
, au sixième siècle , étoit un oiseau
domestique ; mais le nom de Cornicula
employé par l'Ecrivain de cette Vie , fait
croire qu'elle étoit de la couleur de nos
"
CorJANVIER.
1731. 93
Corneilles , et par consequent si on veut
allier en quelque maniere la domesticité
de cet oiseau avec sa couleur , on peut
dire que c'est la Pie . Il est vrai que la Pie:
et le Geal se ressemblent aussi du côté
de la domesticité ; peut-être est- ce pour
cela que les vocabulaires du moyen
temps , tels que celui de Papias de Lom.
bardie , identifient Gaius , Gaia , avec
Picus et Pica. Mais il y a trop de difference
du côté de la couleur , pour pou-.
voir dire que l'un soit l'autre. Et comme
dans la fable , c'est de la variété du
plumage qu'il est question , autant ques
principe de la beauté, je reviens toujours
à dire que l'animal le plus triste en couleur
et le plus laid en plumage , est celui
que nos Poëtes ont eu en vue , et non cefui
dont le plumage est aussi varié que
l'est celui du Geai . Et puisqu'il n'est pas .
rare de trouver des Geais blancs , trèsagréables
à la vue ; c'est une justice
qu'on doit rendre à cette espece d'oiseau
que de ne la pas mettre dans la catégorie:
des oiseaux naturellement laids , qui ont
besoin d'emprunter du Paon ,de quoi se
farder et s'embellir ..
que
Ce 2. Aouft 1730 ..
proposée , touchant la correction d'un endroit
des traductions d'Horace.
N raisonnant ces jours passez avec
ENun Gramairien , sur la remarque inprimée
dans le Mercure de Juin , page
1350. la premiere pensée qui m'est venue
a été , qu'il n'est nullement deffendu de
s'opposer au torrent des Traducteurs ou
Interpretes des Aureurs Classiques. Je suis
ensuite allé plus loin , et j'ai cru qu'il
étoit necessaire de faire sentir aux Imprimeurs
le tort qu'ils ont de faire copier
souvent les fautes des manuscrits. Il n'est
pas
étonnant
, disois
-je , que
ceux
qui
lisent
Cornicula
dans
Horace
, traduisent
ce terme
par
celui
de Corneille
. Peut
-être
n'ont
-ils pas
bien
examiné
s'il
faut
veritablement
lire
Cornicula
dans
ce Poëte
,
et si ce
mot
a toujours
été
écrit
ainsi
.
Dès
lors
je
suis
tombé
d'accord
avec
E ij
l'Au-
-
88 MERCURE DE FRANCE.
sert pour
l'Auteur de la conjecture proposée , que
le mot Cornix écarte tout- à- fait l'idée de
Geai ; mais sans user du détour dont il se
faire valoir son sentiment, voicy
la pensée que je hazardois. Je ne prétendois
point qu'il en dût être autrement
de Cornicula par rapport à Cornix , que
de graculus par rapport à gracus et de
hædulus par rapport à heedus. Je présumois
seulement que le substantif corvus
avoit pû avoir dans l'antiquité ses diminutifs
, de même que ces trois autres coravec
l'autre avant
nix ,, gracus et hædus , et qu'ainsi on a pû
'dire corviculus et corvicula. Il seroit ennuyeux
de produire une infinité d'exemples
où l'on voit que la lettre n a été
prise pour la lettre . Ces méprises sont
venues de la ressemblance que l'une avoit
que dans l'écriture latine
on eut inventé une v consone pour
le besoin , et chez les grecs même la ressemblance
de ces deux caracteres est si
grande, que je lisois encore dernierement
dans le Journal des Sçavans du mois de
Juillet, que c'est sur le principe de cette
conformité que M. l'Abbé Sévin s'appuye
pour avoir la veritable lecture d'un
passage d'Hésiode ; ensorte qu'au lieu
de Dion genos , il faut lire, selon lui , Dion
genos.
Dans le texte de notre Poëte , il ne s'agit
JANVIER. 1731. 89
git point de race divine , mais de race.
corvine. Le Geai étant donc compris sub
genere corvino , selon l'Auteur de la Remarque
, qui me paroissoit suffisainment
autorisée , en ce que les bons Dictionaires
rendent le xoλe d'Esope , par le
terme Graculus . J'en concluois que si
Graculus signifie un Geai , xoxoids est
surement cet oiseau , et non pas la Corneille.
Mais comme il n'est pas certain
que graculus soit le Geai . C'est ce qui
doit arrêter toutes les consequences qu'on
pourroit tirer en supposant la chose.
D'ailleurs , la conjecture par laquelle on
prétendoit qu'Horace a mis originaire
ment corvicula, ne peut se soutenir , parce
que le Poëte , pour faire son vers , a
du mettre un mot dont la seconde syllabe
fût longue. Or la seconde de corvi
cula ( si ce mot existoit ) seroit breve , suivant
les regles des dérivez.
Comment donc ajuster tout cela : Ce
ne sera point en suivant l'auteur de la
conjecture dans tous les raisonnemens
qu'il fait , mais seulement dans quelques-
uns. Il a raison d'improuver ceux
qui croyent qu'Horace et Phédre ont
voulu désigner un oiseau different , et ilne
faut pas s'imaginer que le graculus
de celui- ci , soit different du cornicula du
premier.
E iij L'Augo
MERCURE DE FRANCE.
L'Auteur doit , selon moi , revenir au
sentiment de Furetiere , qui dit que
graculus n'est point le Geai. A la verité
son Dictionaire ne renferme point de
Dissertation pour le prouver ; mais je
suis persuadé qu'il n'a pas pris la négative
sur cet article sans avoir de bonnes
raisons . Laissons donc les Traducteurs
d'Horace dans l'usage de prendre l'oiseau
de la fable pour une corneille ; et
tâchons seulement d'empêcher ceux qui
dans la suite traduiront Phédre , de rendre
le mot graculus par celui de Geai .
Déja il faut avouer que le terme latin
n'a pas grande affinité avec le françois
et c'est un assez grand fondement pour
douter.
J'avoue encore une fois que le noλorde
κολοιός
des Grees , et le graculus des Latins sont
le même oiseau. Il faut attribuer à
gram
eulus tout ce que les Grecs ont dit du ca
quet importun et désagréable du xoxoide.
figure des grands parleurs , qui cherchent
leurs semblables, et qui se plaisent à s'at-
Troupper pour faire grand bruit. Si le
Geai aime à jazer , le Graculus se plait à
grailler. Ces deux sortes d'oiseaux sont
loquaces, pour ainsi dire , et cependant ils
sont differens. Je n'ai point dans ma solitude
tous les Livres des Auteurs Payens
des premiers temps , qui ont parlé de ces
SOEJANVIER.
1731. 9:19
sortes d'animaux ; mais parmi quelques
collections que j'ai faites des Ecrivains
des moyens temps , je trouve un Historien
du huitième siècle , Auteur de la
Vie de S. Frichoux ou Fructueux , Archevêque
de Brague , en Portugal , mort
en 665 , lequel s'exprime ainsi : Nigras
parvasque aves quas usitato nomine vulgus
graculas vocitat , mansuetas in Monasterio
babuisse perhibetur. Il est important de
remarquer icy que selon ce texte , graculus
ou gracula est un oiseau de couleur
noire. Or le Geai n'est pas un oiseau
noir ; il est varié dans sa couleur.
Outre cela le but de l'Auteur de la
fable n'eût pas été assez sensible , ni le
sujer assez exactement traité , s'il eut
pris pour le fond de sa moralité un oi
seau qui eut eu un plumage de diver
ses couleurs , et qui n'eut point été laid
à voir. Il vouloit representer un oiseau
different du Paon, generalement en tou
tes choses , un oiseau peu agréable à la
uë , un oiseau d'un plumage uniforme
et de couleur lugubre et triste , lequet
dégouté de sa propre laideur , qui le faisoit
mépriser , avoit entrepris de se mé
tamorphoser en un autre oiseau infiniment
mieux habillé .
Sur le fondement de la disproportion
des deux oiseaux , la morale étoit ensuite
E iiij bien
92 MERCURE DE FRANCE.
*
bien plus sensible, et tomboit bien plus
visiblement sur ceux qui honteux de leur
pauvreté ou de la sterilité de leurs_talens
, se parent et s'ornent des biens et
des productions d'autrui . Je conclus
donc tout au contraire de la remarque.
inserée dans le Mercure , que ce sont les
Traducteurs de Phédre qui ont tort , et
non pas ceux d'Horace ; et qu'il ne faudroit
point intituler cette fable du Geai
glorieux , mais de la Corneille glorieuſe. Il
me paroît que l'Auteur a eu intention
de parler d'un oiseau semblable à nos
Corneilles. Il ne seroit peut-être pas même
hors de vrai-semblance que cet oinommé
par l'un de nos Auteurs
Latins , graculus , et par l'autre cornicula,
fut la Pie. On trouve dans cet oiseau
la loquacité reconnue par les Anciens.
dans le graculus , et elle est d'une espece
noire. Outre cela c'est un oiseau
qu'on apprivoise facilement ; cela convient
avec le texte de l'Auteur de la
Vie de S, Fructueux , qui écrivoit il y a
mille ans .
seau ,
. La Corneille dont il est fait mention
dans la Vie de S. Sour , Hermite en Périgord
, au sixième siècle , étoit un oiseau
domestique ; mais le nom de Cornicula
employé par l'Ecrivain de cette Vie , fait
croire qu'elle étoit de la couleur de nos
"
CorJANVIER.
1731. 93
Corneilles , et par consequent si on veut
allier en quelque maniere la domesticité
de cet oiseau avec sa couleur , on peut
dire que c'est la Pie . Il est vrai que la Pie:
et le Geal se ressemblent aussi du côté
de la domesticité ; peut-être est- ce pour
cela que les vocabulaires du moyen
temps , tels que celui de Papias de Lom.
bardie , identifient Gaius , Gaia , avec
Picus et Pica. Mais il y a trop de difference
du côté de la couleur , pour pou-.
voir dire que l'un soit l'autre. Et comme
dans la fable , c'est de la variété du
plumage qu'il est question , autant ques
principe de la beauté, je reviens toujours
à dire que l'animal le plus triste en couleur
et le plus laid en plumage , est celui
que nos Poëtes ont eu en vue , et non cefui
dont le plumage est aussi varié que
l'est celui du Geai . Et puisqu'il n'est pas .
rare de trouver des Geais blancs , trèsagréables
à la vue ; c'est une justice
qu'on doit rendre à cette espece d'oiseau
que de ne la pas mettre dans la catégorie:
des oiseaux naturellement laids , qui ont
besoin d'emprunter du Paon ,de quoi se
farder et s'embellir ..
que
Ce 2. Aouft 1730 ..
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Résumé : RÉFLEXIONS sur la conjecture proposée, touchant la correction d'un endroit des traductions d'Horace.
Le texte traite d'une conjecture sur la correction d'un terme dans les traductions d'Horace, en se concentrant sur le mot 'Cornicula' et sa possible confusion avec 'Corneille'. L'auteur souligne que les traducteurs et imprimeurs reproduisent souvent les erreurs des manuscrits, ce qui peut entraîner des traductions incorrectes. Il examine la possibilité que 'Cornicula' soit un diminutif de 'corvus' (corbeau), de même que 'graculus' est un diminutif de 'gracus' (geai). Il mentionne des erreurs courantes dans l'écriture latine et grecque, où la lettre 'n' est souvent confondue avec la lettre 'u'. Le texte aborde également la fable d'Ésope et la traduction du terme grec 'xoλe' par 'Graculus'. L'auteur conclut que 'graculus' ne désigne pas le geai mais plutôt la corneille, en se basant sur des descriptions historiques et des dictionnaires. Il cite un historien du VIIIe siècle qui décrit 'graculus' comme un oiseau noir, ce qui correspond mieux à la corneille qu'au geai. L'auteur critique les traducteurs de Phèdre qui traduisent 'graculus' par 'geai' et propose que la fable devrait être intitulée 'La Corneille glorieuse' plutôt que 'Le Geai glorieux'. Il suggère que l'oiseau en question pourrait être la pie, qui est noire et loquace, et qui correspond mieux aux descriptions historiques. Enfin, l'auteur insiste sur l'importance de la couleur et de l'apparence des oiseaux dans la fable, concluant que l'oiseau décrit est probablement la pie, en raison de son plumage uniforme et sombre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5848
p. 94
EXPLICATION de l'Enigme du I vol. du Mercure du mois de Decembre, & des deux premiers Logogryphes.
Début :
Un doux maintien, une agréable humeur, [...]
Mots clefs :
Dents, Coucou, Cul
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION de l'Enigme du I vol. du Mercure du mois de Decembre, & des deux premiers Logogryphes.
XPLICATION de l'Enigme du
I vol. du Mercure du mois de Decem-
bre ,
&
des
deux
premiers
Logogryphes
.
UN
doux
maintien
,
une
agréable
humeur
„
Souris
flateur
,
simple parure
,
Un
beau
Chef
-
d'œuvre
de nature ,
Beaucoup
d'esprit
,
d'enjoüment
,
de douceur
.
Un teint vermeil , un brillant coloris ,
"
.
Des
Dents
plus blanches
que
l'ivoire
,
Gorge
d'albâtre
,
et
point
de
gloire
C'est
le
portrait
de
l'aimable
Phylis
.
Je
crois
En
vain m'appelle
-
t
-
on Hibou
,
que
c'est
un
avantage
,
De
porter
le
nom
de Sauvage
,
Plutot
que
celui
de Cousou
.
Le Cul
assis
près
de
mon
feu
Je
laisse
passer
la
gelée
,
Je
dors
la
grasse
matinée
;
Je dîne bien
,
et
soupe peu
..
F. M. Nic H
I vol. du Mercure du mois de Decem-
bre ,
&
des
deux
premiers
Logogryphes
.
UN
doux
maintien
,
une
agréable
humeur
„
Souris
flateur
,
simple parure
,
Un
beau
Chef
-
d'œuvre
de nature ,
Beaucoup
d'esprit
,
d'enjoüment
,
de douceur
.
Un teint vermeil , un brillant coloris ,
"
.
Des
Dents
plus blanches
que
l'ivoire
,
Gorge
d'albâtre
,
et
point
de
gloire
C'est
le
portrait
de
l'aimable
Phylis
.
Je
crois
En
vain m'appelle
-
t
-
on Hibou
,
que
c'est
un
avantage
,
De
porter
le
nom
de Sauvage
,
Plutot
que
celui
de Cousou
.
Le Cul
assis
près
de
mon
feu
Je
laisse
passer
la
gelée
,
Je
dors
la
grasse
matinée
;
Je dîne bien
,
et
soupe peu
..
F. M. Nic H
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Résumé : EXPLICATION de l'Enigme du I vol. du Mercure du mois de Decembre, & des deux premiers Logogryphes.
Le texte explique une énigme et des logogryphes du Mercure de décembre. Il idéalise Phyllis, la décrivant comme douce, enjouée et belle, avec un teint vermeil et des dents blanches. L'auteur se compare à un hibou et préfère être appelé 'Sauvage'. Il décrit ses habitudes : rester près du feu, dormir tard, bien dîner et peu souper. Le texte se termine par les initiales 'F. M. Nic H'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5849
p. 95
« On a dû expliquer le dernier Logogrife du premier vol. du mois dernier, [...] »
Début :
On a dû expliquer le dernier Logogrife du premier vol. du mois dernier, [...]
Mots clefs :
Aigle, Dés, Maire, Collecteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a dû expliquer le dernier Logogrife du premier vol. du mois dernier, [...] »
a
dû
expliquer
le
dernier
Logo-
grife
du
premier
vol
.
du
mois
dernier
par
Aigle
.
L'Enigme du
deuxième
volume
s'ex-
plique par
Dez
;
et
les
Logogrifes
par
Maire
et
Collecteur
.
dû
expliquer
le
dernier
Logo-
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du
premier
vol
.
du
mois
dernier
par
Aigle
.
L'Enigme du
deuxième
volume
s'ex-
plique par
Dez
;
et
les
Logogrifes
par
Maire
et
Collecteur
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5850
p. 95
ENIGME.
Début :
Je vas vîte, et je vas toujours, [...]
Mots clefs :
Temps
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E vas vite , et je vas toujours ,
Je ne trouve rien qui m'arrête :
Le vent , la pluye , la tempête ,
S'opposeroient en vain à mon rapide
cours.
Je donne et ravis les richesses ,
Je renverse les Forteresses.
Et mets l'intelligence entre les ennemis ,
Que l'on désesperoit de voir jamais unis.
Contre ses crean ciers , tel mon secours implore ,
Qui se verroit persécuté ,
Si par
bonheur pour lui je n'avois acquité ,
Ce qu'au fond il leur doit encore,
E vas vite , et je vas toujours ,
Je ne trouve rien qui m'arrête :
Le vent , la pluye , la tempête ,
S'opposeroient en vain à mon rapide
cours.
Je donne et ravis les richesses ,
Je renverse les Forteresses.
Et mets l'intelligence entre les ennemis ,
Que l'on désesperoit de voir jamais unis.
Contre ses crean ciers , tel mon secours implore ,
Qui se verroit persécuté ,
Si par
bonheur pour lui je n'avois acquité ,
Ce qu'au fond il leur doit encore,
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