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4801
p. 1154-1155
ENIGME.
Début :
Parcourez & la Terre & l'Onde, [...]
Mots clefs :
Bonnet carré
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
A rcourez & la Terre & l'Onde ,
J'y regne avec diftinction ,
Et fuis dans chaque coin du monde ,
En grande veneration .
I. Kol.
J'aime
JUIN. 1730.
J'aime tant la Robe & l'Eglife ,
Que fouvent ils font avec moi :
Bien des cherchent mon emploi , gens
Je fers l'un & l'autre à ſa guiſe.
Il eft une rude faiſon ,
Ou , rentrant dans mon Hermitage ,
Je prends congé de l'horizon ,
Et je ceffe d'être en ufage.
A Noël comme à la faint Jean ,
Pour obferver Dame Rubrique ,
Dans mainte & mainte République ,
On me garde pendant tout l'an.
Je donne , avec juſte raiſon ,
Au Lecteur , ample tablature ,
Car , s'il ne connoit ma figure ,
Il nepeut deviner mon nom.
A rcourez & la Terre & l'Onde ,
J'y regne avec diftinction ,
Et fuis dans chaque coin du monde ,
En grande veneration .
I. Kol.
J'aime
JUIN. 1730.
J'aime tant la Robe & l'Eglife ,
Que fouvent ils font avec moi :
Bien des cherchent mon emploi , gens
Je fers l'un & l'autre à ſa guiſe.
Il eft une rude faiſon ,
Ou , rentrant dans mon Hermitage ,
Je prends congé de l'horizon ,
Et je ceffe d'être en ufage.
A Noël comme à la faint Jean ,
Pour obferver Dame Rubrique ,
Dans mainte & mainte République ,
On me garde pendant tout l'an.
Je donne , avec juſte raiſon ,
Au Lecteur , ample tablature ,
Car , s'il ne connoit ma figure ,
Il nepeut deviner mon nom.
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4802
p. 1155-1156
LOGOGRIPHE.
Début :
De ma nature, haïssable, [...]
Mots clefs :
Amer
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGO GRIP HE.
DE
E ma nature , haïfſable ;
Souvent parunehabile main ,
Je deviens pourtant délectable ,
Retranchez ma tête & foudain
Je fuis dans plus d'un fens , utile au genre humain
.
• Otés mon col , un mot étranger refte
Et fans ce qu'il exprime , il n'eft grand , ni petit ,
Qui n'éprouvât un fort funefte ,
I. Vol.
Sans
E ij
1156 MERCURE DE FRANCE
Sans dernier pied , j'ai beaucoup de credit
Je fers à la Mufique , aux hommes , à la bête ,
Et de plufieurs façons , on me peut attacher,
Mettez ma queuë après ma tête ,
Malheur à qui par moi ſe laiffe trop toucher.
Faites mon chef de ma lettre derniere ,
Funefte aux uns , aux autres neceffaire ,
Je fais gémir ceux - là , je fais rire ceux- ci ,
Qui malgré mes efforts , peuvent être en fouci
Ma premiere part renversée ;
Et mes membres fuivant aprés ,
Selon le même ordre rangez ,
Je deviens une choſe & fale & mépriſée ,
Qui fût , à ce que dit , un Poëte chrétien ,
Sur la foy d'un hiftorien ,
Par une Belle convoitée.
Alors coupant mon col , & pour le remplacer ,
Si l'on emprunte un pied à mon dernier femblable
,
L'on trouvera que je fuis fort aimable ,
Et
que fans crainte on peut me careffer.
DE
E ma nature , haïfſable ;
Souvent parunehabile main ,
Je deviens pourtant délectable ,
Retranchez ma tête & foudain
Je fuis dans plus d'un fens , utile au genre humain
.
• Otés mon col , un mot étranger refte
Et fans ce qu'il exprime , il n'eft grand , ni petit ,
Qui n'éprouvât un fort funefte ,
I. Vol.
Sans
E ij
1156 MERCURE DE FRANCE
Sans dernier pied , j'ai beaucoup de credit
Je fers à la Mufique , aux hommes , à la bête ,
Et de plufieurs façons , on me peut attacher,
Mettez ma queuë après ma tête ,
Malheur à qui par moi ſe laiffe trop toucher.
Faites mon chef de ma lettre derniere ,
Funefte aux uns , aux autres neceffaire ,
Je fais gémir ceux - là , je fais rire ceux- ci ,
Qui malgré mes efforts , peuvent être en fouci
Ma premiere part renversée ;
Et mes membres fuivant aprés ,
Selon le même ordre rangez ,
Je deviens une choſe & fale & mépriſée ,
Qui fût , à ce que dit , un Poëte chrétien ,
Sur la foy d'un hiftorien ,
Par une Belle convoitée.
Alors coupant mon col , & pour le remplacer ,
Si l'on emprunte un pied à mon dernier femblable
,
L'on trouvera que je fuis fort aimable ,
Et
que fans crainte on peut me careffer.
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4803
p. 1156-1159
« Commentaire sur la Géométrie de M. Descartes. Par le R. P. Claude [...] »
Début :
Commentaire sur la Géométrie de M. Descartes. Par le R. P. Claude [...]
Mots clefs :
Médecine, Cours de physique, Géométrie, Aventures de Télémaque
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texteReconnaissance textuelle : « Commentaire sur la Géométrie de M. Descartes. Par le R. P. Claude [...] »
OMMENTAIRE fur la Géométrie
Cde M. Delcartes . Par le R.P. Claude
Rebuel, de la C. de J. à Lyon , rue Mer-
I. Vol. ciere
JUIN. 1730. 1157
ciere , chez Marcelin Duplain , in 4. de 590
pages , & 23 Planches.
COURS DE PHYSIQUE , accompagné de
plufieurs piéces concernant la Phyfique ,
qui ont déja paru , & d'un Extrait critique
des Lettres de M. Leeuwenhoek , par
feu M. Harfoeker. A la Haye, chez Fean
Swrat , 1730. in 4.
On trouve entre autres pieces dans cet
Ouvrage , une Differtation fur la Pefte
& fur les moyens de s'en garantir.
3
OBSERVATIONS fur les effets de la
Saignée , tant dans les Maladies du reffort
de la Médecine , que de la Chirurgie
, fondées fur les Loix de l'Hydroftatique
, avec des Remarques Critiques fur
le Traité de l'ufage des differentes fortes
de Saignées de M. Silva. Par François
Quefnay , Maître ès Arts , Membre de la
Société des Arts , & Chirurgien de Mante
, reçu à S. Côme. Paris, ruë S. Jacques,
chez Ofmont , 1730. in 12.
HISTOIRE DE LA MEDECINE
depuis Galien , jufqu'au xvi . fiecle , où
l'on voit les progrès de cet Art , de fiecle
en fiecle , par rapport principalement à
la Pratique .
Les nouvelles maladies qu'on a vû naî-
I. Vol. E iij tre
1158 MERCURE DE FRANCE
tre , & les noms des Medecins ; avec les
circonftances les plus remarquables de
leur vie , leurs découvertes , leurs opinions
, & enfin leur méthode de traiter les
Maladies , traduite de l'Anglois de Jean
Freind , Docteur en Medecine. A Paris ,
ruë S. Severin , chez Jacq. Vincent , 1730.
NOUVELLES DE COUVERTES En Mede-
CINE , ou ancienne Médecine développée;
très-utile pour le fervice du Roy & du
public. Par le fieur de Marcounay , Docteursen
Médecine. Nouvelle édition , A
Paris , rue de la Harpe , & Quay de Conti,
chez d' Houry , la veuve Piſſot , &c. 1730.
40 fols relié
ABREGE' CHRONOLOGIQUE de
P'Hiftoire univerfelle, facrée & prophane.
traduction nouvelle , fuivant la derniere
édition latine du P. Petan , par M. Maucroix
, & continuée jufqu'en 1701. avec
un Traité de Chronologie , par M. de
Pifle. A Paris , rue faint Jacques , chez la i
veuve Delaulne , 1730. 3. vol . in 12.
LES AVANTURES DE TELEMAQUE , fils
d'Uliffe , par feu M" François de Salignac
de la Motte- Fenelon , Precepteur de
Meffeigneurs les Enfans de France , &
depuis Archevêque de Cambray , &c.
I. Vel
NouJUIN.
1730. 1159
Nouvelle Edition, enrichie de Figures en.
Taille - douce , avec des Notes , chez lamême
, 1730. 2. vol. in 4° .
Cde M. Delcartes . Par le R.P. Claude
Rebuel, de la C. de J. à Lyon , rue Mer-
I. Vol. ciere
JUIN. 1730. 1157
ciere , chez Marcelin Duplain , in 4. de 590
pages , & 23 Planches.
COURS DE PHYSIQUE , accompagné de
plufieurs piéces concernant la Phyfique ,
qui ont déja paru , & d'un Extrait critique
des Lettres de M. Leeuwenhoek , par
feu M. Harfoeker. A la Haye, chez Fean
Swrat , 1730. in 4.
On trouve entre autres pieces dans cet
Ouvrage , une Differtation fur la Pefte
& fur les moyens de s'en garantir.
3
OBSERVATIONS fur les effets de la
Saignée , tant dans les Maladies du reffort
de la Médecine , que de la Chirurgie
, fondées fur les Loix de l'Hydroftatique
, avec des Remarques Critiques fur
le Traité de l'ufage des differentes fortes
de Saignées de M. Silva. Par François
Quefnay , Maître ès Arts , Membre de la
Société des Arts , & Chirurgien de Mante
, reçu à S. Côme. Paris, ruë S. Jacques,
chez Ofmont , 1730. in 12.
HISTOIRE DE LA MEDECINE
depuis Galien , jufqu'au xvi . fiecle , où
l'on voit les progrès de cet Art , de fiecle
en fiecle , par rapport principalement à
la Pratique .
Les nouvelles maladies qu'on a vû naî-
I. Vol. E iij tre
1158 MERCURE DE FRANCE
tre , & les noms des Medecins ; avec les
circonftances les plus remarquables de
leur vie , leurs découvertes , leurs opinions
, & enfin leur méthode de traiter les
Maladies , traduite de l'Anglois de Jean
Freind , Docteur en Medecine. A Paris ,
ruë S. Severin , chez Jacq. Vincent , 1730.
NOUVELLES DE COUVERTES En Mede-
CINE , ou ancienne Médecine développée;
très-utile pour le fervice du Roy & du
public. Par le fieur de Marcounay , Docteursen
Médecine. Nouvelle édition , A
Paris , rue de la Harpe , & Quay de Conti,
chez d' Houry , la veuve Piſſot , &c. 1730.
40 fols relié
ABREGE' CHRONOLOGIQUE de
P'Hiftoire univerfelle, facrée & prophane.
traduction nouvelle , fuivant la derniere
édition latine du P. Petan , par M. Maucroix
, & continuée jufqu'en 1701. avec
un Traité de Chronologie , par M. de
Pifle. A Paris , rue faint Jacques , chez la i
veuve Delaulne , 1730. 3. vol . in 12.
LES AVANTURES DE TELEMAQUE , fils
d'Uliffe , par feu M" François de Salignac
de la Motte- Fenelon , Precepteur de
Meffeigneurs les Enfans de France , &
depuis Archevêque de Cambray , &c.
I. Vel
NouJUIN.
1730. 1159
Nouvelle Edition, enrichie de Figures en.
Taille - douce , avec des Notes , chez lamême
, 1730. 2. vol. in 4° .
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Résumé : « Commentaire sur la Géométrie de M. Descartes. Par le R. P. Claude [...] »
En 1730, plusieurs publications scientifiques et littéraires ont été publiées. À Lyon, le R.P. Claude Rebuel a commenté la géométrie de Descartes. À La Haye, un 'Cours de Physique' a été publié avec des pièces critiques et des extraits des lettres de M. Leeuwenhoek. À Paris, François Quefnay a publié 'Observations sur les effets de la Saignée', traitant des pratiques médicales et chirurgicales. Jean Freind a traduit une 'Histoire de la Médecine' depuis Galien jusqu'au XVIe siècle. Le sieur de Marcounay a publié une nouvelle édition des 'Nouvelles Découvertes en Médecine'. M. Maucroix a traduit et continué jusqu'en 1701 un 'Abrégé Chronologique de l'Histoire Universelle'. Enfin, une nouvelle édition des 'Aventures de Télémaque' de François de Salignac de La Motte-Fénelon, enrichie de figures et de notes, a été publiée à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4804
p. 1159-1169
La Vie de Pierre Mignard, premier Peintre, &c. [titre d'après la table]
Début :
LA VIE DE PIERRE MIGNARD, premier Peintre du Roy, par M. l'Abbé Maziere [...]
Mots clefs :
Peinture, Peintre, Sculpture, Pierre Mignard, Académie royale de peinture, Titien, Portraits, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Vie de Pierre Mignard, premier Peintre, &c. [titre d'après la table]
LA VIE DE PIERRE MIGNARD , premier
Peintre du Roy , par M. l'Abbé Maziere
de Mouville , avec le Poëme de Moliere
-fur les Peintures du Val-de - Grace , & deux
Dialogues de M. de Fénelon , Archevêques
de Cambrai , fur la Peinture. A Paris
, Quai des Auguftins , chez Jean Boudos
Jacq. Guerin , 1730. in 12. de 235 pages,
fans l'Epître & la Préface qui en contiennent
71. avec un beau Portrait de Mignard
au Frontifpice.
L'Elegant Auteur en parlant des Arts
dans l'Epître dédicatoire au Roy , dit que
te vulgaire n'en connoît pas toute la nobleffes
leur fin principale , pourfuit il , eft d'honorer
la vertu le Genie les enfante , l'Emulation
les perfectionne & l'Honneur ſeul pent
en être le digne prix.
:
On obferve dans la Preface que cet
Ouvrage eft en quelque forte le feul de
cette efpece qui ait paru parmi nous. En
cela bien differens des Italiens , qui , outre
une infinité de gros volumes fur les vies
des Peintres ont donné plufieurs Vies
particulieres. On en compte trois du
feul Michel- Ange , deux de Raphaël ,
deux du Titien , &c. On lit enfuite ,
,
1. Vol.
E iiij
avec
1160 MERCURE DE FRANCE
avec plaifir , une Réfléxion jufte & fenfée
fur ce que nous fommes devenus
trop délicats & trop difficiles dans
nos jugemens fur la Peinture , la Mufique
, la Poëfie , & c. Le Portrait qu'on
trouve dans la page fuivante eft un morceau
dont nous ne devons pas priver
le Lecteur : Le voici .
Qu'est- ce en effet qu'un Peintre digne
de ce nom ? C'eft l'homme de tous les ta
lens , un génie élevé & fécond , une immagination
vive & brillante , un jugement
exquis , un efprit capable de prendre
toute forte de formes ; la nobleſſe , la
grace , dons précieux qu'on reçoit avec la
vie , mais qu'il faut cultiver fans ceffe par
un travail opiniâtre , fidele imitateur , out
plutôt rival de la nature. Un fçavant
Peintre , non content de l'étaler toute entiere
à nos yeux , l'embellit encore & la
perfectionne ; fon muet langage intelligible
également à toutes les Nations , plaît ,
frappe, inftruit , avec un peu de couleur
il touche, il remue les fentimens du coeur,
les paffions de l'ame ; il fçait les rendre en
quelque maniere fenfibles & vifibles : Effort
qui femble tellement au - deffus de l'humanité
que M. du Frenoy ofe dire qu'il
faut participer de la divinité pour operer
de fi -grandes merveilles.
Sur les honneurs rendus dans tous les
I. Vol. tems
JUIN. 1730. 1161
tems à la Peinture & à la Sculpture , on
fait remarquer qu'Athenes , & la plupart
des Républiques de la Grece prenoient
des Magiftrats & des Ambaffadeurs parmi
ces mêmes hommes , des mains de qui
elles recevoient les images de leurs Divinitez.
Les Phidias , & les Policletes , felon
Lucien , fe font fait adorer dans leurs Ouvrages
. On les réveroit avec les Dieux
qu'ils avoient faits . On préparoit des entrées
publiques à Polignote, dans toutes les
Villes de la Grece où il y avoit des Tableaux
de fa main. Il fut ordonné par un
Decret des Amphyctions , qu'il feroit défrayé
aux dépens du public, dans tous les
Heux où il iroit. UnTableau de Parrhafius
fait pour Epheſe fa patric , lui fit donner
par fes Concitoyens une Robe de Pourpre
& une Couronne d'Or.
· Alexandre avoit mis Apelle & Lyfippe
au rang de fes favoris ; ce n'étoit pas ,
dit Ciceron , par un fimple defir d'être
bien repréſenté qu'il vouloit que feuls ils
fiffent , l'un fon portrait & l'autre fa Statuë
, mais parcequ'il croyoit que la fuperiorité
qu'ils avoient acquife dans leur
art contribueroit autant à fa gloire qu'à
la leur. Pour ne pas tifquer d'enfevelir
fous les ruines de Rhodes un Peintre dont
l'habileté étoit celebre , Demetrius Poliocertes
leva le Siege de cette Ville ; ce
th. I. Vol.
Ev Prince
1162 MERCURE DE FRANCE
Prince ne pouvant y mettre le feu par un
autre endroit que par celui où travailloit
Protogenes , il aima mieux , au rapport
de Pline , épargner la Peinture que de recevoir
la victoire qui lui étoit offerte.
Les Romains devenus les maîtres du
monde , regardoient les Ouvrages des
Peintres & des Sculpteurs Grecs comme
la portion la plus précieufe de leurs Conquêtes
les Chef- d'oeuvres de ces grands
Maîtres faifoient le principal ornement
de la Capitale de l'Univers.
L'Auteur dit plus bas , en parlant de
la Peinture & de la Sculpture , que les
Rois font venus leur rendre une espece
d'hommage à leur Berceau . Charles d'Anjou
, Roi de Naples , fit le voyage de Florence
pour y voir Cimabué , Peintre mort
à Florence en 1300. qui le premier a fait
connoître la Peinture dans fa Patrie . Michel-
Ange fut aimé & eftimé de tous les
Souverains de fon fiecle. Raphaël eft mort
à la veille d'être élevé au Cardinalat par
Leon X. Leonard de Vinci expira dans les
bras de François I. Je puis ' , difoit ce Prince
aux Courtilans furpris des regrets dont
il honoroit la mort de Leonard , faire en
un jour beaucoup de Seigneurs, mais Dieu
feul peut faire un homme tel que celui
que je perds. Charles - Quint fe glorifioit
d'avoir reçû trois fois l'immortalité des
1. Vol. mains
7
1730. 1163
JUIN.
mains du Titien. Il le fit Chevalier &
Comte Palatin , & l'honora de la Clef
d'or. Ce Peintre ayant laiffé tomber fon
Pinceau dans le tems qu'il faifoit le Portrait
de l'Empereur , Charles dit en le
ramaffant que Titien méritoit d'être fervi
par Cefar. Le Primatice fut nommé par le
Roi François II . Intendant General des
Bâtimens , Charge déja confiderable , que
M. de Villeroi & le pere du Cardinal de
la Boudaifiere avoient auparavant exercée .
Le dernier fiecle a vû Rubens , Ambaffadeur
d'Efpagne en Angleterre , & Secre
taire d'Etat des Pays-Bas. Vandeick , fon
Difciple , attiré à Londres par Charles I.
fut fait Chevalier. Il époufa la fille unique
du Comte de Gowry de la Maiſon de
Stwart.
y
Les Grecs avoient donné par un Decret
folemnel le premier rang à la Peinture
entre les Arts Liberaux ; ils voulcient
que ce fût la premiere Leçon que reçûffent
les Enfans de naiffance noble , qu'elle
ne fut exercée que par des perfonnes libres
, & ils en avoient abfolument interdit
l'ufage aux Efclaves.
Le feu Roi dans des Brevets donnés à
PAcadémie Royale de Peinture & de Sculpture
au mois d'Octobre 1664. & de Janvier
1667. accorde à ceux qui exercent
cette noble vertu , l'un des plus riches
I. Vol. E vj or
1164 MERCURE DE FRANCE
ornemens de l'Etat , les mêmes privileges !
que ceux de l'Académie Françoife , afin
que ces Arts Liberaux foient exercés plus
noblement , & avec une entiere liberté
n'y ayant rien entre les Beaux Arts de
plus noble que la Peinture & la Sculpture..
L'Abbé de Monville a fuivi l'ordre des
tems autant qu'il l'a pû dans les morceaux
de Mignard dont il fait mention . Renfermé
dans mon fujet , dit-il , je ne m'en
fuis écarté qu'avec retenue , & feulement
pour delaffer le Lecteur des Defcriptions:
trop fréquentes de Tableaux & de Portraits.
Après la Préface , on trouve le Catalo
gue des Oeuvres gravées d'après Mignard
, contenu en 22. pages , avec les
noms des Graveurs qui ont travaillé d'a
près fes Tableaux & fes Portraits , ou fur
fes Deffeins , des Frontifpices de Livres &
Vignetes &c.
Pierre Mignard nâquit à Troyes en
Champagne au mois de Novembre 1610 ..
Şa famille originaire d'Angleterre , mais
établie en France depuis deux generations;
s'étoit diftinguée par une fidelité inviolable
pour nos Rois durant les troubles.
de la Ligue. Son pere , Pierre More , changea
fon nom , fur ce que Henry IV. le
voyant un jour avec fix de fes freres
tous Officiers dans l'Armée Royale , &
1. Vol d'une
JUIN. 1730. IFS
d'une figure agréable , dit , Ce ne font pas
là des Mores , ce font des Mignards ; ce
nom de Mignard leur eft depuis resté , &
ileft devenu celui de toute cette nombreuſe
famille.
Après le Traité de Vervins , Mignard
fe retira à Troyes , & laiſſa la liberté à Nicolas
& à Pierre , deux de fes enfans , de
fuivre leur goût qui les portoit l'un &
Pautre à la Peinture. Nicolas , qui étoit
l'aîné , a eu de la réputation ; fon féjour
à Avignon , où il s'étoit marié avantageufement
, lui fit donner le nom de Mignard
d'Avignon. Il mourut à Paris en
1668. Recteur de l'Académie Royale de
Peinture.
Le cadet dont il s'agit ici , avoit d'abord
été destiné à l'étude de la Medecine,
mais fon pere l'ayant furpris à l'âge d'onze
ans , occupé à achever un Portrait
au crayon qu'il faifoit de mémoire , &
ayant découvert qu'il en avoit déja fait
un grand nombre d'autres , tous reffem
blans & pleins de feu , il fut envoyé à
Bourges auprès de Boucher , Peintre , fort
eftimé de la même Ville , dont il étoit natif
, & où l'on fait encore aujourd'hui
beaucoup de cas de fes Ouvrages. Après
un an d'étude fous ce Maître , le jeune
Mignard revint à Troyes , où il deffina
d'après la Boffe , fous François Gentil , ha-
1. Vol. bile
1166 MERCURE DE FRANCE
bile Sculpteur. Il alla enfuite à Fontainebleau
, & y étudia pendant deux ans fans
relâche , tant d'après les Ouvrages de
Sculpture qu'on avoit fait venir de Rome
que d'après les Peintures de Maître Roux,
du Primatice , de Meffer Nicolo & de Martin
Freminet , Parifien , Premier Peintre
du Roi.
Revenu à Troye pour la feconde fois ,
le Maréchal de Vitri l'emmena , & lui fic
peindre la Chapelle de fon Château de
Coubert en Brie. Ce même Maréchal fort
fatisfait de fon Ouvrage , le mena à Paris
& le mit fous la conduite de Simon Vouet
Premier Peintre du Roi , alors en grande
réputation , & il réuffit fi bien à imiter
les Ouvrages de fon Maître ,qu'on ne pouvoit
les diftinguer de ceux du Difciple.
Il partit pour l'Italie fur la fin de 1635.
& arriva à Rome l'année fuivante . Il fit
peu de tems après le Portrait du Pape Urbain
VIII . qui en fut très fatisfait ; il co
pia la Gallerie du Palais Farnefe , logé
dans la même chambre qu'Annibal Carrache
avoit occupée en la peignant ; il fit
enfuite les Portraits d'Innocent X. d'Alexandre
VII. & une très-grande quantité
d'autres de divers Cardinaux , Princes
Seigneurs & Dames Romaines & c .
Parmi un grand nombre d'Ouvrages à
Frefque , capables de faire juger , quoique
I. Vol.
peu
JUIN. 1730. 1167
peu confiderables , de ce qu'on devoit
attendre de Mignard , il avoit peint pour
s'amufer une Perſpective au fond de la
maiſon où il logeoit. On y voyoit peint
avec tant de verité un Chat qui guette
une Tortue cachee fous des feuilles , qu'on
dit avoir vû plus d'une fois des Chiens ,
courir , s'y bleffer & y laiffer les traces de
leur fang.
Quelques foins que prennent d'ordi
naire les Peintres Italiens pour empêcher
que ceux des autres Nations ne laiffent à
Rome des monumens publics de leur capacité
, plus d'une Eglife eft ornée de plu
fieurs morceaux de la main de Mignard
à frefque & à huile , ainfi que divers Palais
; il eut même pour concurrent le
Cavalier Pietro de Cortonne , celebre Peintre
, Diſciple de l'Albane.
L'empreffement qu'on eut d'avoir des
Ouvrages , & fur tout des Portraits de la
main de Mignard , & l'accueil favorable
que lui firent divers Princes d'Italie dans
Feurs Etats marquent bien le cas qu'on
faifoit de fa perfonne & de fes talens . Ce
qui lui arriva à Parme mérite d'être remarqué.
Marguerite de Medicis Ducheffe
Douairiere de Parme , inftruite de l'arrivée
du Peintre François , lui manda de
fe rendre au Palais ; on l'introduifit dans
1. Vol. un
1168 MERCURE DE FRANCE
un vafte Appartement , où tout étoit tendu
de noir ; nulle fenêtre ne donnoit
entrée au jour ; chaque Piece n'étoit éclairée
que par une feule bougie jaune , dont
la lumiere lugubre faifoit remarquer la
trifteffe de ces lieux. Mignard parvint
enfim à la Chambre de la Ducheffe ; deux
hommes en grand manteau noir en ouvrirent
la Porte dans un profond filence.
Je vous fais , lui dit elle , un honneur fingulier
, l'état où je fuis ne me permet de voir
que les Princes de ma Maiſon ; mais votre
réputation m'a donné de la curiofité. Après
diverfes queſtions fur fon âge , fur fon
Pays , fur les voyages , fur fa fortune , elle
lui dit , Feriez- vous de moi un beau Por- ~
trait ? Mignard avoit eu le tems de l'examiner
; elle n'avoit ni jeuneffe ni beauté ,
& fon deuil n'étoit pas de ceux qui fervent
de parure ; mais cet ajuſtement lugubre
étoit peut-être capable de faire un
effet heureux en Peinture , il répondit
comme elle le pouvoit fouhaiter : Cette
fatisfaction m' eft interdite , interrompit- elle ,
allez , dites par tout que la Ducheffe Douai--
riere de Parme a voulu vous voir , & qu'elle
vous a admis auprèsd'elle : Adieu , Seigneur
François.
On eftime beaucoup les Tableaux de
Vierges que Mignard peignit à ſon retour
de Venife. François Pouilli en a gravé plu
L.Vola
heurs
JUIN. 1730. 1169
hieurs qu'on appelle les Mignardes.
Après 20. ans de féjour à Rome , il y
époufa fur la fin de l'année 1656. Anna
Avolara , fille de Jean Carle Avolara ,
Architecte Romain , belle & jeune perfonne
, en qui il trouva un excellent modele.
Peu de tems après , il reçût des Lettres
de M. de Lionne qui lui ordonnoit de la
part du Roi de fe rendre à Paris &c . Prêt
à partir , & ne voulant plus entreprendre
aucun Ouvrage , il fut follicité d'en commencer
un nouveau . La plus belle Courtifane
de Rome defiroit paffionnément
d'être peinte de fa main ; La Cocque , c'eft
ainfi qu'elle s'appelloit , eut merité d'être
vertueufe ; elle s'étoit diftinguée par des
fentimens nobles & délicats. Mignard
confentit d'autant plus volontiers à la
peindre qu'elle ne lui demandoit fon Portrait
qu'afin qu'il le portât en France , où
il le vendit à fon retour un prix confiderable.
Il partit de Rome , après y avoir demeuré
près de 22. ans au mois d'Octobre
1657. & arriva à Marſeille après 8. jours
de Navigation.
Nous donnerons une feconde Partie de cet
Extrait.
Peintre du Roy , par M. l'Abbé Maziere
de Mouville , avec le Poëme de Moliere
-fur les Peintures du Val-de - Grace , & deux
Dialogues de M. de Fénelon , Archevêques
de Cambrai , fur la Peinture. A Paris
, Quai des Auguftins , chez Jean Boudos
Jacq. Guerin , 1730. in 12. de 235 pages,
fans l'Epître & la Préface qui en contiennent
71. avec un beau Portrait de Mignard
au Frontifpice.
L'Elegant Auteur en parlant des Arts
dans l'Epître dédicatoire au Roy , dit que
te vulgaire n'en connoît pas toute la nobleffes
leur fin principale , pourfuit il , eft d'honorer
la vertu le Genie les enfante , l'Emulation
les perfectionne & l'Honneur ſeul pent
en être le digne prix.
:
On obferve dans la Preface que cet
Ouvrage eft en quelque forte le feul de
cette efpece qui ait paru parmi nous. En
cela bien differens des Italiens , qui , outre
une infinité de gros volumes fur les vies
des Peintres ont donné plufieurs Vies
particulieres. On en compte trois du
feul Michel- Ange , deux de Raphaël ,
deux du Titien , &c. On lit enfuite ,
,
1. Vol.
E iiij
avec
1160 MERCURE DE FRANCE
avec plaifir , une Réfléxion jufte & fenfée
fur ce que nous fommes devenus
trop délicats & trop difficiles dans
nos jugemens fur la Peinture , la Mufique
, la Poëfie , & c. Le Portrait qu'on
trouve dans la page fuivante eft un morceau
dont nous ne devons pas priver
le Lecteur : Le voici .
Qu'est- ce en effet qu'un Peintre digne
de ce nom ? C'eft l'homme de tous les ta
lens , un génie élevé & fécond , une immagination
vive & brillante , un jugement
exquis , un efprit capable de prendre
toute forte de formes ; la nobleſſe , la
grace , dons précieux qu'on reçoit avec la
vie , mais qu'il faut cultiver fans ceffe par
un travail opiniâtre , fidele imitateur , out
plutôt rival de la nature. Un fçavant
Peintre , non content de l'étaler toute entiere
à nos yeux , l'embellit encore & la
perfectionne ; fon muet langage intelligible
également à toutes les Nations , plaît ,
frappe, inftruit , avec un peu de couleur
il touche, il remue les fentimens du coeur,
les paffions de l'ame ; il fçait les rendre en
quelque maniere fenfibles & vifibles : Effort
qui femble tellement au - deffus de l'humanité
que M. du Frenoy ofe dire qu'il
faut participer de la divinité pour operer
de fi -grandes merveilles.
Sur les honneurs rendus dans tous les
I. Vol. tems
JUIN. 1730. 1161
tems à la Peinture & à la Sculpture , on
fait remarquer qu'Athenes , & la plupart
des Républiques de la Grece prenoient
des Magiftrats & des Ambaffadeurs parmi
ces mêmes hommes , des mains de qui
elles recevoient les images de leurs Divinitez.
Les Phidias , & les Policletes , felon
Lucien , fe font fait adorer dans leurs Ouvrages
. On les réveroit avec les Dieux
qu'ils avoient faits . On préparoit des entrées
publiques à Polignote, dans toutes les
Villes de la Grece où il y avoit des Tableaux
de fa main. Il fut ordonné par un
Decret des Amphyctions , qu'il feroit défrayé
aux dépens du public, dans tous les
Heux où il iroit. UnTableau de Parrhafius
fait pour Epheſe fa patric , lui fit donner
par fes Concitoyens une Robe de Pourpre
& une Couronne d'Or.
· Alexandre avoit mis Apelle & Lyfippe
au rang de fes favoris ; ce n'étoit pas ,
dit Ciceron , par un fimple defir d'être
bien repréſenté qu'il vouloit que feuls ils
fiffent , l'un fon portrait & l'autre fa Statuë
, mais parcequ'il croyoit que la fuperiorité
qu'ils avoient acquife dans leur
art contribueroit autant à fa gloire qu'à
la leur. Pour ne pas tifquer d'enfevelir
fous les ruines de Rhodes un Peintre dont
l'habileté étoit celebre , Demetrius Poliocertes
leva le Siege de cette Ville ; ce
th. I. Vol.
Ev Prince
1162 MERCURE DE FRANCE
Prince ne pouvant y mettre le feu par un
autre endroit que par celui où travailloit
Protogenes , il aima mieux , au rapport
de Pline , épargner la Peinture que de recevoir
la victoire qui lui étoit offerte.
Les Romains devenus les maîtres du
monde , regardoient les Ouvrages des
Peintres & des Sculpteurs Grecs comme
la portion la plus précieufe de leurs Conquêtes
les Chef- d'oeuvres de ces grands
Maîtres faifoient le principal ornement
de la Capitale de l'Univers.
L'Auteur dit plus bas , en parlant de
la Peinture & de la Sculpture , que les
Rois font venus leur rendre une espece
d'hommage à leur Berceau . Charles d'Anjou
, Roi de Naples , fit le voyage de Florence
pour y voir Cimabué , Peintre mort
à Florence en 1300. qui le premier a fait
connoître la Peinture dans fa Patrie . Michel-
Ange fut aimé & eftimé de tous les
Souverains de fon fiecle. Raphaël eft mort
à la veille d'être élevé au Cardinalat par
Leon X. Leonard de Vinci expira dans les
bras de François I. Je puis ' , difoit ce Prince
aux Courtilans furpris des regrets dont
il honoroit la mort de Leonard , faire en
un jour beaucoup de Seigneurs, mais Dieu
feul peut faire un homme tel que celui
que je perds. Charles - Quint fe glorifioit
d'avoir reçû trois fois l'immortalité des
1. Vol. mains
7
1730. 1163
JUIN.
mains du Titien. Il le fit Chevalier &
Comte Palatin , & l'honora de la Clef
d'or. Ce Peintre ayant laiffé tomber fon
Pinceau dans le tems qu'il faifoit le Portrait
de l'Empereur , Charles dit en le
ramaffant que Titien méritoit d'être fervi
par Cefar. Le Primatice fut nommé par le
Roi François II . Intendant General des
Bâtimens , Charge déja confiderable , que
M. de Villeroi & le pere du Cardinal de
la Boudaifiere avoient auparavant exercée .
Le dernier fiecle a vû Rubens , Ambaffadeur
d'Efpagne en Angleterre , & Secre
taire d'Etat des Pays-Bas. Vandeick , fon
Difciple , attiré à Londres par Charles I.
fut fait Chevalier. Il époufa la fille unique
du Comte de Gowry de la Maiſon de
Stwart.
y
Les Grecs avoient donné par un Decret
folemnel le premier rang à la Peinture
entre les Arts Liberaux ; ils voulcient
que ce fût la premiere Leçon que reçûffent
les Enfans de naiffance noble , qu'elle
ne fut exercée que par des perfonnes libres
, & ils en avoient abfolument interdit
l'ufage aux Efclaves.
Le feu Roi dans des Brevets donnés à
PAcadémie Royale de Peinture & de Sculpture
au mois d'Octobre 1664. & de Janvier
1667. accorde à ceux qui exercent
cette noble vertu , l'un des plus riches
I. Vol. E vj or
1164 MERCURE DE FRANCE
ornemens de l'Etat , les mêmes privileges !
que ceux de l'Académie Françoife , afin
que ces Arts Liberaux foient exercés plus
noblement , & avec une entiere liberté
n'y ayant rien entre les Beaux Arts de
plus noble que la Peinture & la Sculpture..
L'Abbé de Monville a fuivi l'ordre des
tems autant qu'il l'a pû dans les morceaux
de Mignard dont il fait mention . Renfermé
dans mon fujet , dit-il , je ne m'en
fuis écarté qu'avec retenue , & feulement
pour delaffer le Lecteur des Defcriptions:
trop fréquentes de Tableaux & de Portraits.
Après la Préface , on trouve le Catalo
gue des Oeuvres gravées d'après Mignard
, contenu en 22. pages , avec les
noms des Graveurs qui ont travaillé d'a
près fes Tableaux & fes Portraits , ou fur
fes Deffeins , des Frontifpices de Livres &
Vignetes &c.
Pierre Mignard nâquit à Troyes en
Champagne au mois de Novembre 1610 ..
Şa famille originaire d'Angleterre , mais
établie en France depuis deux generations;
s'étoit diftinguée par une fidelité inviolable
pour nos Rois durant les troubles.
de la Ligue. Son pere , Pierre More , changea
fon nom , fur ce que Henry IV. le
voyant un jour avec fix de fes freres
tous Officiers dans l'Armée Royale , &
1. Vol d'une
JUIN. 1730. IFS
d'une figure agréable , dit , Ce ne font pas
là des Mores , ce font des Mignards ; ce
nom de Mignard leur eft depuis resté , &
ileft devenu celui de toute cette nombreuſe
famille.
Après le Traité de Vervins , Mignard
fe retira à Troyes , & laiſſa la liberté à Nicolas
& à Pierre , deux de fes enfans , de
fuivre leur goût qui les portoit l'un &
Pautre à la Peinture. Nicolas , qui étoit
l'aîné , a eu de la réputation ; fon féjour
à Avignon , où il s'étoit marié avantageufement
, lui fit donner le nom de Mignard
d'Avignon. Il mourut à Paris en
1668. Recteur de l'Académie Royale de
Peinture.
Le cadet dont il s'agit ici , avoit d'abord
été destiné à l'étude de la Medecine,
mais fon pere l'ayant furpris à l'âge d'onze
ans , occupé à achever un Portrait
au crayon qu'il faifoit de mémoire , &
ayant découvert qu'il en avoit déja fait
un grand nombre d'autres , tous reffem
blans & pleins de feu , il fut envoyé à
Bourges auprès de Boucher , Peintre , fort
eftimé de la même Ville , dont il étoit natif
, & où l'on fait encore aujourd'hui
beaucoup de cas de fes Ouvrages. Après
un an d'étude fous ce Maître , le jeune
Mignard revint à Troyes , où il deffina
d'après la Boffe , fous François Gentil , ha-
1. Vol. bile
1166 MERCURE DE FRANCE
bile Sculpteur. Il alla enfuite à Fontainebleau
, & y étudia pendant deux ans fans
relâche , tant d'après les Ouvrages de
Sculpture qu'on avoit fait venir de Rome
que d'après les Peintures de Maître Roux,
du Primatice , de Meffer Nicolo & de Martin
Freminet , Parifien , Premier Peintre
du Roi.
Revenu à Troye pour la feconde fois ,
le Maréchal de Vitri l'emmena , & lui fic
peindre la Chapelle de fon Château de
Coubert en Brie. Ce même Maréchal fort
fatisfait de fon Ouvrage , le mena à Paris
& le mit fous la conduite de Simon Vouet
Premier Peintre du Roi , alors en grande
réputation , & il réuffit fi bien à imiter
les Ouvrages de fon Maître ,qu'on ne pouvoit
les diftinguer de ceux du Difciple.
Il partit pour l'Italie fur la fin de 1635.
& arriva à Rome l'année fuivante . Il fit
peu de tems après le Portrait du Pape Urbain
VIII . qui en fut très fatisfait ; il co
pia la Gallerie du Palais Farnefe , logé
dans la même chambre qu'Annibal Carrache
avoit occupée en la peignant ; il fit
enfuite les Portraits d'Innocent X. d'Alexandre
VII. & une très-grande quantité
d'autres de divers Cardinaux , Princes
Seigneurs & Dames Romaines & c .
Parmi un grand nombre d'Ouvrages à
Frefque , capables de faire juger , quoique
I. Vol.
peu
JUIN. 1730. 1167
peu confiderables , de ce qu'on devoit
attendre de Mignard , il avoit peint pour
s'amufer une Perſpective au fond de la
maiſon où il logeoit. On y voyoit peint
avec tant de verité un Chat qui guette
une Tortue cachee fous des feuilles , qu'on
dit avoir vû plus d'une fois des Chiens ,
courir , s'y bleffer & y laiffer les traces de
leur fang.
Quelques foins que prennent d'ordi
naire les Peintres Italiens pour empêcher
que ceux des autres Nations ne laiffent à
Rome des monumens publics de leur capacité
, plus d'une Eglife eft ornée de plu
fieurs morceaux de la main de Mignard
à frefque & à huile , ainfi que divers Palais
; il eut même pour concurrent le
Cavalier Pietro de Cortonne , celebre Peintre
, Diſciple de l'Albane.
L'empreffement qu'on eut d'avoir des
Ouvrages , & fur tout des Portraits de la
main de Mignard , & l'accueil favorable
que lui firent divers Princes d'Italie dans
Feurs Etats marquent bien le cas qu'on
faifoit de fa perfonne & de fes talens . Ce
qui lui arriva à Parme mérite d'être remarqué.
Marguerite de Medicis Ducheffe
Douairiere de Parme , inftruite de l'arrivée
du Peintre François , lui manda de
fe rendre au Palais ; on l'introduifit dans
1. Vol. un
1168 MERCURE DE FRANCE
un vafte Appartement , où tout étoit tendu
de noir ; nulle fenêtre ne donnoit
entrée au jour ; chaque Piece n'étoit éclairée
que par une feule bougie jaune , dont
la lumiere lugubre faifoit remarquer la
trifteffe de ces lieux. Mignard parvint
enfim à la Chambre de la Ducheffe ; deux
hommes en grand manteau noir en ouvrirent
la Porte dans un profond filence.
Je vous fais , lui dit elle , un honneur fingulier
, l'état où je fuis ne me permet de voir
que les Princes de ma Maiſon ; mais votre
réputation m'a donné de la curiofité. Après
diverfes queſtions fur fon âge , fur fon
Pays , fur les voyages , fur fa fortune , elle
lui dit , Feriez- vous de moi un beau Por- ~
trait ? Mignard avoit eu le tems de l'examiner
; elle n'avoit ni jeuneffe ni beauté ,
& fon deuil n'étoit pas de ceux qui fervent
de parure ; mais cet ajuſtement lugubre
étoit peut-être capable de faire un
effet heureux en Peinture , il répondit
comme elle le pouvoit fouhaiter : Cette
fatisfaction m' eft interdite , interrompit- elle ,
allez , dites par tout que la Ducheffe Douai--
riere de Parme a voulu vous voir , & qu'elle
vous a admis auprèsd'elle : Adieu , Seigneur
François.
On eftime beaucoup les Tableaux de
Vierges que Mignard peignit à ſon retour
de Venife. François Pouilli en a gravé plu
L.Vola
heurs
JUIN. 1730. 1169
hieurs qu'on appelle les Mignardes.
Après 20. ans de féjour à Rome , il y
époufa fur la fin de l'année 1656. Anna
Avolara , fille de Jean Carle Avolara ,
Architecte Romain , belle & jeune perfonne
, en qui il trouva un excellent modele.
Peu de tems après , il reçût des Lettres
de M. de Lionne qui lui ordonnoit de la
part du Roi de fe rendre à Paris &c . Prêt
à partir , & ne voulant plus entreprendre
aucun Ouvrage , il fut follicité d'en commencer
un nouveau . La plus belle Courtifane
de Rome defiroit paffionnément
d'être peinte de fa main ; La Cocque , c'eft
ainfi qu'elle s'appelloit , eut merité d'être
vertueufe ; elle s'étoit diftinguée par des
fentimens nobles & délicats. Mignard
confentit d'autant plus volontiers à la
peindre qu'elle ne lui demandoit fon Portrait
qu'afin qu'il le portât en France , où
il le vendit à fon retour un prix confiderable.
Il partit de Rome , après y avoir demeuré
près de 22. ans au mois d'Octobre
1657. & arriva à Marſeille après 8. jours
de Navigation.
Nous donnerons une feconde Partie de cet
Extrait.
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Résumé : La Vie de Pierre Mignard, premier Peintre, &c. [titre d'après la table]
Le document 'La Vie de Pierre Mignard, premier Peintre du Roy' par l'Abbé Maziere de Mouville, publié en 1730, est un ouvrage de 235 pages incluant une épître et une préface. Il se distingue par son caractère unique en France, contrairement à l'Italie qui possède de nombreux volumes sur les vies des peintres. L'auteur critique la délicatesse excessive des jugements contemporains sur les arts. Le texte décrit les qualités essentielles d'un peintre, le comparant à un génie capable de rivaliser avec la nature et de toucher les émotions humaines. Il souligne les honneurs rendus à la peinture et à la sculpture dans l'Antiquité grecque et romaine, ainsi que durant la Renaissance et les siècles suivants. Les Grecs considéraient la peinture comme un art libéral et l'enseignaient aux enfants nobles. Les rois et les empereurs, comme Alexandre, Charles Quint, et François I, honoraient les peintres et les sculpteurs. L'ouvrage inclut un catalogue des œuvres gravées d'après Mignard et retrace sa vie. Pierre Mignard, né à Troyes en 1610, provenait d'une famille anglaise établie en France. Son père, impressionné par ses talents artistiques, le laissa étudier la peinture. Mignard se forma auprès de plusieurs maîtres en France avant de partir pour l'Italie en 1635. À Rome, il réalisa de nombreux portraits et œuvres remarquables, gagnant la faveur de divers princes et du pape. De retour en France, il épousa Anna Avolara et fut rappelé à Paris par le roi sur recommandation de M. de Lionne. Le texte mentionne également une femme nommée La Cocque, connue pour sa vertu et ses sentiments nobles et délicats. Mignard accepta de la peindre, non pas à sa demande, mais pour vendre le portrait en France. Mignard quitta Rome après y avoir séjourné près de 22 ans, au mois d'octobre 1657, et arriva à Marseille après huit jours de navigation.
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4805
p. 1170-1172
Livres que Cavelier, Libraire, rüe Saint Jacques, a nouvellement reçûs des Pays Etrangers.
Début :
Essay Philosophique concernant l'entendement humain, par Lock, traduit de [...]
Mots clefs :
Livres, Libraire
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texteReconnaissance textuelle : Livres que Cavelier, Libraire, rüe Saint Jacques, a nouvellement reçûs des Pays Etrangers.
Livres que Cavelier , Libraire , rue Saint
Jacques , a nouvellement reçûs des
Pay's Etrangers.
Effay Philofophique concernant l'entende
ment humain , par Lock , traduit de
l'Anglois par Cofte. Nouvelle Edition
augmentée d'Additions de l'Auteur
qui n'ont paru qu'après fa mort. in 4.
Amfterdam 1729.
Mémoire du Regne de Catherine , Imperatrice
de Jouf en Kuffie . in 12. Fig.
Amft. 1729 .
"
"
Lettres Choifies de M. Simon , où l'on
trouve un grand nombre de faits Anecdotes
de Litterature. Nov. Edition
augmentée d'un Volume & de la Vie
de l'Auteur. Par La Martiniere, 4. vol.
. in 12. Amft. 1630 .
3
"
Hiftoire des Provinces Unies des Pays- Bas,
par Le Clerc , depuis la naiffance de la
République jufqu'à la Paix d'Utrecht ,
& le Traité de la Barriere de 1716.
avec des Médailles. Tome 2. in fol.
Amft. 1728.
Robaulti ( Jac. ) Phyfica Annotationibus
ex Newtoni Philofophia hauftis , amplificavit
J. Clarke. 8. fig. Lug. Bat.
1729 .
Eutropii , Hiftoria Romana cum Notis
I. Vol. Cellarii
JUI N. 1730.
1171
Cellarii & variorum , recenfuit Havercampus
, Heumanni Notas adjecit.
in 8. Gr. Lat. Lug. Bat. 1729.
Mémoires du Regne de George I. Roi de la
Grande Bretagne. 3. vol . in 8. La Haye
1729.
Etat préfent de la République des Provinces
Unies & des Pays qui en dépendent ,
par Janiçon. in 12. La Haye 1729 .
Etat & les délices de la Suiffe , en forme
de Relation Critique , par plufieurs
Auteurs celebres . 4. vol. in 12. Fig.
Amft. 1730.
Journal Litteraire. Tomes XI. 2. Partie
XII . Sec. XIII & XIV. complet in 8 .
La Haye 1729.
Bibliotheque Italique , ou Hiftoire Litteraire
de l'Italie . Année 1728. & 4.
mois de 1729. 4. vol. in 8. Geneve .
Eloge de la Folie , d'Erafme , traduit en
François par Geudeville in 8. Fig. Amft.
1728.
Horatius ex recenfione & cum Notis R.
Benfley. 3. Editio in 4. Amft. 1728.
Bourguet , Lettres Philofophiques fur la for
mation des Sels & des Criftaux , in 12.
fig . Amft. 1729.
Maffei , delli Amfiteatri , quanto appar
tenne all' Hiftoria el quanto al Archi
tettura in 1. Verona 1728. fig.
L'Avanturier Hollandois , ou la Vie &
I. Vol. les
1172 MERCURE DE FRANCE *
les avantures divertiffantes d'un Hol
fandois. 2. vol. in 12. fig. Amft. 1729.
Il Paftorfido , del Cavaliere Guarini. in 4.
in Londra 1729.
S'allengre , Effai d'une Hiftoire des Provin
ces Unies , pour l'année 1721. in 4 .
La Haye 1728 .
Mémoires du Regne de Pierre le Grand
Empereur de Ruffie , par Juan Neftervrande.
4. vol in 12. fig. Amft. 1728 .
Nov. Edition augmentée.
Grotius , Droit de la Guerre & de la Paix.
Traduction nouvelle , avec les Notes
de Barbeirac. 2. vol . in 4. Amft. 1729 .
Recueil de Cantates , par Bachelier in 12.
La Haye 1728.
Hiftoire de la Medecine , où l'on voit l'origine
& le progrès de cet Art, de ficcle
en fiecle , les Vies des Medecins , & c.
par Le Clerc. Nouv. Edition augmentée
confiderablement par l'Auteur, in 4.
fig. La Haye 1729.
Ovidii Opera omnia , cum Notis integris
variorum Studio Burmanni. 4. vol. in
4. Amft. 1727.
L'ufage & les fins de la Prophetie dans les
divers Ages du monde , par Sherlock ,
traduit de l'Anglois par Le Moine , in
8. Amft. 1729.
Jacques , a nouvellement reçûs des
Pay's Etrangers.
Effay Philofophique concernant l'entende
ment humain , par Lock , traduit de
l'Anglois par Cofte. Nouvelle Edition
augmentée d'Additions de l'Auteur
qui n'ont paru qu'après fa mort. in 4.
Amfterdam 1729.
Mémoire du Regne de Catherine , Imperatrice
de Jouf en Kuffie . in 12. Fig.
Amft. 1729 .
"
"
Lettres Choifies de M. Simon , où l'on
trouve un grand nombre de faits Anecdotes
de Litterature. Nov. Edition
augmentée d'un Volume & de la Vie
de l'Auteur. Par La Martiniere, 4. vol.
. in 12. Amft. 1630 .
3
"
Hiftoire des Provinces Unies des Pays- Bas,
par Le Clerc , depuis la naiffance de la
République jufqu'à la Paix d'Utrecht ,
& le Traité de la Barriere de 1716.
avec des Médailles. Tome 2. in fol.
Amft. 1728.
Robaulti ( Jac. ) Phyfica Annotationibus
ex Newtoni Philofophia hauftis , amplificavit
J. Clarke. 8. fig. Lug. Bat.
1729 .
Eutropii , Hiftoria Romana cum Notis
I. Vol. Cellarii
JUI N. 1730.
1171
Cellarii & variorum , recenfuit Havercampus
, Heumanni Notas adjecit.
in 8. Gr. Lat. Lug. Bat. 1729.
Mémoires du Regne de George I. Roi de la
Grande Bretagne. 3. vol . in 8. La Haye
1729.
Etat préfent de la République des Provinces
Unies & des Pays qui en dépendent ,
par Janiçon. in 12. La Haye 1729 .
Etat & les délices de la Suiffe , en forme
de Relation Critique , par plufieurs
Auteurs celebres . 4. vol. in 12. Fig.
Amft. 1730.
Journal Litteraire. Tomes XI. 2. Partie
XII . Sec. XIII & XIV. complet in 8 .
La Haye 1729.
Bibliotheque Italique , ou Hiftoire Litteraire
de l'Italie . Année 1728. & 4.
mois de 1729. 4. vol. in 8. Geneve .
Eloge de la Folie , d'Erafme , traduit en
François par Geudeville in 8. Fig. Amft.
1728.
Horatius ex recenfione & cum Notis R.
Benfley. 3. Editio in 4. Amft. 1728.
Bourguet , Lettres Philofophiques fur la for
mation des Sels & des Criftaux , in 12.
fig . Amft. 1729.
Maffei , delli Amfiteatri , quanto appar
tenne all' Hiftoria el quanto al Archi
tettura in 1. Verona 1728. fig.
L'Avanturier Hollandois , ou la Vie &
I. Vol. les
1172 MERCURE DE FRANCE *
les avantures divertiffantes d'un Hol
fandois. 2. vol. in 12. fig. Amft. 1729.
Il Paftorfido , del Cavaliere Guarini. in 4.
in Londra 1729.
S'allengre , Effai d'une Hiftoire des Provin
ces Unies , pour l'année 1721. in 4 .
La Haye 1728 .
Mémoires du Regne de Pierre le Grand
Empereur de Ruffie , par Juan Neftervrande.
4. vol in 12. fig. Amft. 1728 .
Nov. Edition augmentée.
Grotius , Droit de la Guerre & de la Paix.
Traduction nouvelle , avec les Notes
de Barbeirac. 2. vol . in 4. Amft. 1729 .
Recueil de Cantates , par Bachelier in 12.
La Haye 1728.
Hiftoire de la Medecine , où l'on voit l'origine
& le progrès de cet Art, de ficcle
en fiecle , les Vies des Medecins , & c.
par Le Clerc. Nouv. Edition augmentée
confiderablement par l'Auteur, in 4.
fig. La Haye 1729.
Ovidii Opera omnia , cum Notis integris
variorum Studio Burmanni. 4. vol. in
4. Amft. 1727.
L'ufage & les fins de la Prophetie dans les
divers Ages du monde , par Sherlock ,
traduit de l'Anglois par Le Moine , in
8. Amft. 1729.
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Résumé : Livres que Cavelier, Libraire, rüe Saint Jacques, a nouvellement reçûs des Pays Etrangers.
Le document énumère les livres récemment reçus par Cavelier, libraire situé rue Saint-Jacques. Parmi ces ouvrages, on trouve des traductions et des éditions augmentées d'auteurs divers. Les titres notables incluent 'Essai philosophique concernant l'entendement humain' de Locke, traduit par Coste, et 'Mémoire du règne de Catherine, Impératrice de Jouf en Kuffie'. D'autres ouvrages importants sont les 'Lettres choisies' de M. Simon, augmentées d'un volume et de la vie de l'auteur, ainsi que 'Histoire des Provinces Unies des Pays-Bas' de Le Clerc, couvrant la période jusqu'à la Paix d'Utrecht et le Traité de la Barrière de 1716. La liste comprend également des mémoires sur les règnes de George I et de Pierre le Grand, ainsi que des travaux sur la médecine, la philosophie et la littérature. Plusieurs ouvrages ont été publiés à Amsterdam, La Haye et Genève entre 1727 et 1730.
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4806
p. 1172-1173
Les Monumens de la Monarchie Françoise, [titre d'après la table]
Début :
On distribuë le premier & le second Tome de l'Ouvrage qui a pour titre : LES MONUMENS [...]
Mots clefs :
Monuments de la monarchie française
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texteReconnaissance textuelle : Les Monumens de la Monarchie Françoise, [titre d'après la table]
On diftribue le premier & le fecond Tome de
1. Vol.
P'Ouvrage
JUIN. 1730. 1173
l'Ouvrage qui a pour titre : LES MONUMENS
DE LA MONARCHIE FRANÇOISE , qui compren
nent l'Hiftoire de France , avec une grande
quantité de Figures de chaque Regne que l'ins
jure des tems a épargnées; s.vol . in -fol. Par D.
Bernard de Montfaucon , Benedictin de la Congregation
de S. Maur.
Au commencement du fecond Tome eft la
conquête de l'Angleterre , par Guillaume le Conquérant
, tirée d'un Monument fort fingulier fait
dans le temps même. Après vient la fuite des
Rois de France , qui commence par Louis le
Gros , & finit par le Roi Jean II.
s'il leur
Ceux qui ont foufcrit apporteront ,
plaît , leur Billet de Soufcription , & payeront,
pour ce fecond Tome , comme il eft porté par
l'avis cy-devant imprimé , 20 liv. pour le grand
papier , & 12 liv. pour le petit. Ils s'addrefferont
à Dom Bernard de Montfaucon , ou aux Libraires
cy-deffous nommez .
Julien- Michel Gandouin , Quai de Conti, aux
trois Vertus , & Pierre François Giffart , rue
5. Jacques , à Sainte Thereſe.
1. Vol.
P'Ouvrage
JUIN. 1730. 1173
l'Ouvrage qui a pour titre : LES MONUMENS
DE LA MONARCHIE FRANÇOISE , qui compren
nent l'Hiftoire de France , avec une grande
quantité de Figures de chaque Regne que l'ins
jure des tems a épargnées; s.vol . in -fol. Par D.
Bernard de Montfaucon , Benedictin de la Congregation
de S. Maur.
Au commencement du fecond Tome eft la
conquête de l'Angleterre , par Guillaume le Conquérant
, tirée d'un Monument fort fingulier fait
dans le temps même. Après vient la fuite des
Rois de France , qui commence par Louis le
Gros , & finit par le Roi Jean II.
s'il leur
Ceux qui ont foufcrit apporteront ,
plaît , leur Billet de Soufcription , & payeront,
pour ce fecond Tome , comme il eft porté par
l'avis cy-devant imprimé , 20 liv. pour le grand
papier , & 12 liv. pour le petit. Ils s'addrefferont
à Dom Bernard de Montfaucon , ou aux Libraires
cy-deffous nommez .
Julien- Michel Gandouin , Quai de Conti, aux
trois Vertus , & Pierre François Giffart , rue
5. Jacques , à Sainte Thereſe.
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Résumé : Les Monumens de la Monarchie Françoise, [titre d'après la table]
Le texte annonce la distribution des premier et second tomes de l'ouvrage 'Les Monumens de la Monarchie Françoise' rédigé par Dom Bernard de Montfaucon, bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur. Cet ouvrage traite de l'histoire de France et comprend de nombreuses illustrations des différentes périodes royales. Le second tome débute avec la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant, décrite à partir d'un monument contemporain à cet événement. Il aborde ensuite la fuite des rois de France, depuis Louis le Gros jusqu'à Jean II. Les souscripteurs peuvent acquérir le second tome en présentant leur billet de souscription et en payant 20 livres pour le grand papier ou 12 livres pour le petit. Les points de contact pour l'achat sont Dom Bernard de Montfaucon, Julien-Michel Gandouin au Quai de Conti, et Pierre François Giffart rue Saint-Jacques.
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4807
p. 1173-1174
« D'Arles en Provence. Il paroît ici une Brochure d'environ 90 pages, dans laquelle après [...] »
Début :
D'Arles en Provence. Il paroît ici une Brochure d'environ 90 pages, dans laquelle après [...]
Mots clefs :
Versification
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texteReconnaissance textuelle : « D'Arles en Provence. Il paroît ici une Brochure d'environ 90 pages, dans laquelle après [...] »
D'Arles en Provence. Il paroît ici une Brachure
d'environ 90 pages , dans laquelle après
avoir appuyé les raifons dont M. de la Motte fe
fert pour prouver que la Verfification n'eſt pas
neceffaire à une Tragedie , après avoir réfuté les
raifons qu'employe M. de Voltaire dans la Préface
de la nouvelle édition de fon Edipe , pour
combattre le fentiment de M. de la Motte ; ou
enfin , après avoir répondu à l'Ode fur l'harmo
nie de M. de la Faye , par une tres-belle Ode en
Profe , on démontre invinciblement que la Verfification
n'eft pas neceffaire à aucun genre de
Pocfie , puifqu'elle peut fubfifter fans les Vers ,
1. Vol
pas,
1174 MERCURE DE FRANCE.
pas même dans les Ouvrages faits pour la Mufique
, & l'on fait voir que la Verfification ne
peut être utile qu'aux Sermons & aux Plaidoyers ;
ne fuffe- ce que pour empêcher les Juges de dormir
à l'Audiance & pour attirer plus de Curieux
aux Difcours publics. On ne doute pas que ce
petit Ouvrage ne faffe bien - tôt du bruit à Paris ,
& n'ait pour Protecteurs les Adhérans de M. de
la Motte.
d'environ 90 pages , dans laquelle après
avoir appuyé les raifons dont M. de la Motte fe
fert pour prouver que la Verfification n'eſt pas
neceffaire à une Tragedie , après avoir réfuté les
raifons qu'employe M. de Voltaire dans la Préface
de la nouvelle édition de fon Edipe , pour
combattre le fentiment de M. de la Motte ; ou
enfin , après avoir répondu à l'Ode fur l'harmo
nie de M. de la Faye , par une tres-belle Ode en
Profe , on démontre invinciblement que la Verfification
n'eft pas neceffaire à aucun genre de
Pocfie , puifqu'elle peut fubfifter fans les Vers ,
1. Vol
pas,
1174 MERCURE DE FRANCE.
pas même dans les Ouvrages faits pour la Mufique
, & l'on fait voir que la Verfification ne
peut être utile qu'aux Sermons & aux Plaidoyers ;
ne fuffe- ce que pour empêcher les Juges de dormir
à l'Audiance & pour attirer plus de Curieux
aux Difcours publics. On ne doute pas que ce
petit Ouvrage ne faffe bien - tôt du bruit à Paris ,
& n'ait pour Protecteurs les Adhérans de M. de
la Motte.
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Résumé : « D'Arles en Provence. Il paroît ici une Brochure d'environ 90 pages, dans laquelle après [...] »
Une brochure d'environ 90 pages, publiée à Arles en Provence, défend les arguments de M. de la Motte selon lesquels la vérification n'est pas nécessaire pour une tragédie. Elle conteste les raisons avancées par M. de Voltaire dans la préface de la nouvelle édition de son Œdipe, qui s'opposent à la position de M. de la Motte. La brochure répond également à l'Ode sur l'harmonie de M. de la Faye par une ode en prose. L'auteur soutient que la vérification n'est pas indispensable à aucun genre de poésie, car elle peut exister sans les vers, même dans les œuvres destinées à la musique. Il affirme que la vérification est utile uniquement aux sermons et aux plaidoyers, pour empêcher les juges de s'endormir lors des audiences et pour attirer plus de curieux aux discours publics. La brochure est attendue pour susciter des réactions à Paris et pour compter les partisans de M. de la Motte parmi ses défenseurs.
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4808
p. 1174-1176
Extraits des Memoires lûs à l'Académie des Sciences par Mrs de Jussieu & Geauffroy le cadet, [titre d'après la table]
Début :
Dans la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, M. de [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Viande, Botanique
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texteReconnaissance textuelle : Extraits des Memoires lûs à l'Académie des Sciences par Mrs de Jussieu & Geauffroy le cadet, [titre d'après la table]
Dans la derniere Affemblée publique
de l'Académie Royale des Sciences, M. de
Juffieu lut un Memoire dans lequel il fit
voir les avantages que l'on peut tirer d'un
commerce litteraire avec les perſonnes
qui s'appliquent à la Botanique dans les
païs Etrangers : Avantages qu'il ne fit pas
confifter feulement dans la connoiffance
des Plantes propres à orner nos Jardins ,
& à augmenter de quelque nouvel aliment
le ſervice de nos tables , mais à enrichir
la Médecine de quelqu'un de ces
remedes qu'on appelle fpécifiques , & à
nous apprendre par la comparaifon de
beaucoup de ces Plantes étrangeres avec
les nôtres , & par le rapport qu'elles ont
avec celles de Continent , les Vertus des
Plantes qui font communes , & qui ſont
fouvent regardées comme inutiles , parce
qu'on en ignoroit les ufages .
Pour cela M. de Juffien fit part au public
de cinq differentes Relations qu'il
I. Vol.
reçut
JUIN. 1730. 1175
reçut l'année paffée de divers endroits des
Indes Orientales , tels que de l'Ile de
Bourbon , de Pontichery , de Mahé & de
la côte de Bengale . Dans chacune de ces
Relations il y a quelque chofe d'interef
fant à ce fujet.
M. Geoffroy le cadet , lût un Mémoire
qui avoit pour titre Examen Chymique
des Viandes qu'on employe ordinairement
dans les Bouillons , par lequel on peut connoître
la quantité d'Extrait qu'elles fournif
fent , & détermine ce que chaque Bouillon
doit contenir de fuc nourriffant.
Après avoir fait le détail de ce que ces
Viandes diftillées crues contiennent de
principes , il fit voir ce que les Extraits
tirez de ces viandes par l'évaporation des
Bouillons , fourniffent de ces principes ,
& la diverfité de ces mêmes principes tant
dans les differentes Viandes , que dans
leurs os , le bois de Cerf , l'Yvoire , & c.
Il finit fon Mémoire par une récapitulation
exacte du poids des Extraits des dif
ferentes Viandes , afin de prouver, contre
l'opinion commune , qu'un malade auquel
on donne par jour cinq ou fix boiiilfons
, faits fuivant l'ufage , avec la tranche
de Boeuf , la Rouëlle de Veau & un
demi Chapon , reçoit autant de nourri
ture de cet aliment liquide en vingt- qua
I. Vol. tic
1176 MERCURE DE FRANCE .
tre heures , que lui en fourniroit en fanté
l'ufage des alimens folides ordinaires .
M. Geoffroy a joint à ce Mémoire une
table divifée , dont chaque article contient
les differens produits des Analifes
qu'il a faites de la Chair de Boeuf , de fes
Ôs ; de celle du Veau , de fon Coeur & de
fon Foye ; de l'Agneau , du Mouton , du
Poulet , du Cocq , du Chapon ,du Pigeon ,
du Faiſan , de la Perdrix , du Poulet d'Inde
, du bois de Cerf, de l'Yvoire , des Viperes
, du Brochet , de la Carpe , de la Tanche
, de la Tortuë , des Ecreviffes , des
Grenouilles , des Moules , & c.
de l'Académie Royale des Sciences, M. de
Juffieu lut un Memoire dans lequel il fit
voir les avantages que l'on peut tirer d'un
commerce litteraire avec les perſonnes
qui s'appliquent à la Botanique dans les
païs Etrangers : Avantages qu'il ne fit pas
confifter feulement dans la connoiffance
des Plantes propres à orner nos Jardins ,
& à augmenter de quelque nouvel aliment
le ſervice de nos tables , mais à enrichir
la Médecine de quelqu'un de ces
remedes qu'on appelle fpécifiques , & à
nous apprendre par la comparaifon de
beaucoup de ces Plantes étrangeres avec
les nôtres , & par le rapport qu'elles ont
avec celles de Continent , les Vertus des
Plantes qui font communes , & qui ſont
fouvent regardées comme inutiles , parce
qu'on en ignoroit les ufages .
Pour cela M. de Juffien fit part au public
de cinq differentes Relations qu'il
I. Vol.
reçut
JUIN. 1730. 1175
reçut l'année paffée de divers endroits des
Indes Orientales , tels que de l'Ile de
Bourbon , de Pontichery , de Mahé & de
la côte de Bengale . Dans chacune de ces
Relations il y a quelque chofe d'interef
fant à ce fujet.
M. Geoffroy le cadet , lût un Mémoire
qui avoit pour titre Examen Chymique
des Viandes qu'on employe ordinairement
dans les Bouillons , par lequel on peut connoître
la quantité d'Extrait qu'elles fournif
fent , & détermine ce que chaque Bouillon
doit contenir de fuc nourriffant.
Après avoir fait le détail de ce que ces
Viandes diftillées crues contiennent de
principes , il fit voir ce que les Extraits
tirez de ces viandes par l'évaporation des
Bouillons , fourniffent de ces principes ,
& la diverfité de ces mêmes principes tant
dans les differentes Viandes , que dans
leurs os , le bois de Cerf , l'Yvoire , & c.
Il finit fon Mémoire par une récapitulation
exacte du poids des Extraits des dif
ferentes Viandes , afin de prouver, contre
l'opinion commune , qu'un malade auquel
on donne par jour cinq ou fix boiiilfons
, faits fuivant l'ufage , avec la tranche
de Boeuf , la Rouëlle de Veau & un
demi Chapon , reçoit autant de nourri
ture de cet aliment liquide en vingt- qua
I. Vol. tic
1176 MERCURE DE FRANCE .
tre heures , que lui en fourniroit en fanté
l'ufage des alimens folides ordinaires .
M. Geoffroy a joint à ce Mémoire une
table divifée , dont chaque article contient
les differens produits des Analifes
qu'il a faites de la Chair de Boeuf , de fes
Ôs ; de celle du Veau , de fon Coeur & de
fon Foye ; de l'Agneau , du Mouton , du
Poulet , du Cocq , du Chapon ,du Pigeon ,
du Faiſan , de la Perdrix , du Poulet d'Inde
, du bois de Cerf, de l'Yvoire , des Viperes
, du Brochet , de la Carpe , de la Tanche
, de la Tortuë , des Ecreviffes , des
Grenouilles , des Moules , & c.
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Résumé : Extraits des Memoires lûs à l'Académie des Sciences par Mrs de Jussieu & Geauffroy le cadet, [titre d'après la table]
Lors de la dernière assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, M. de Juffieu présenta un mémoire sur les avantages d'un commerce littéraire avec les botanistes étrangers. Il souligna les bénéfices pour l'ornement des jardins, l'enrichissement des tables, l'amélioration de la médecine grâce à des remèdes spécifiques et la découverte des vertus des plantes communes. Il partagea cinq relations reçues des Indes Orientales, incluant l'île de Bourbon, Pondichéry, Mahé et la côte de Bengale, contenant des informations sur les plantes. Par ailleurs, M. Geoffroy le cadet lut un mémoire intitulé 'Examen Chimique des Viandes qu'on emploie ordinairement dans les Bouillons'. Il y détailla la quantité d'extrait fourni par les viandes et la composition nutritive des bouillons. Geoffroy analysa les principes contenus dans les viandes distillées crues et les extraits obtenus par évaporation des bouillons, comparant différentes viandes, os, bois de cerf et ivoire. Il conclut que cinq ou six bouillons par jour, préparés avec de la tranche de bœuf, de la rouelle de veau et un demi-chapon, fournissent autant de nourriture liquide en vingt-quatre heures que des aliments solides ordinaires. Geoffroy joignit une table listant les produits des analyses effectuées sur diverses viandes, poissons et autres animaux.
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4809
p. 1176-1178
These de M. Falconet, sur l'Extraction de la Pierre, [titre d'après la table]
Début :
Le Jeudi 11. May 1730. on soûtint à Paris, dans les Ecoles de Médecine, une [...]
Mots clefs :
Écoles de médecine, Chirurgie, Soutenance de thèse, Pierre
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texteReconnaissance textuelle : These de M. Falconet, sur l'Extraction de la Pierre, [titre d'après la table]
Le Jeudi 11. May 1730. on foûtint à
Paris , dans les Ecoles de Médecine , une
Theſe de Chirurgie , pour autorifer une
nouvelle maniere d'ôter la Pierre de la
Veffie ; on donne à cette nouvelle méthode
de tailler , le nom d'Appareil Lateral
. Dans la premiere pofition de cette
Théfe , on explique la nature & la naiffance
des Pierres dans le corps humain .
Dans la feconde , on donne une fçavante
Deſcription Anatomique des parties expofées
à l'opération de la taille . (a) Mon-
(a ) M. Falconet Docteur Regent de la Faculté
de Médecine de Paris , Médecin confulsant
du Roy , eft fils de M. Falconet dont il eft
I. Vol. fieur
JUIN. 1730. 1177
fieur Falconet,dont l'érudition eft connue
de tous les Gens de Lettres, eft l'Auteur
de cette Theſe. Il y fait remarquer que
Celle dit , que la Veffie eft plus inclinée
du côté gauche que du droit ; il rapporte
les raifons de cette fituation , qu'il confirme
par plufieurs obfervations ; aucun
Anatomifte avant M. Falconet n'avoit
fait attention à cette fituation de la Vef
fie , quoique cela foit d'une grande con
féquence pour laTaille.Dans la troifiéme,
il décrit avec une grande erudition toutes
les differentes manieres de tailler, qui
ont été mifes en ufage dans tous les tems.
Dans la quatrième , il donne la maniere
d'exécuter furement l'Appareil Lateral ,
qu'il recommande ; & il remonte à toutes
les fources , pour trouver l'origine de
cette méthode , qu'il dit n'être aujour
d'hui que renouvellée ; il la fait voir dans
la méthode de Celfe (a ) , qui coupoit la
parlé dans les fameufes Lettres de Guy Patin
chez qui il étoit en penfion , lorfqu'il commençoit
à étudier la Médecine. On vit avec plaifir ce
venerable & refpectable Medecin affifter à une
partie de cet Acte , auquel M. fon fils préfidoit.
( a ) Celfe , Médecin Latin , vivoit dans le premier
fiecle, fous l'Empire de Tibere; il étoit Philofophe
de la Secte dAfclepiade , & eft loué par
Quintilien; il a écrit de la Rhétorique , de l'Art
Militaire, & huit Livres de Médecine que non's
avons encore,& que Jofeph Scaliger avoit eu def
I. Vol.
F tera
1178 MERCURE DEFRANCE ,
teralement fur la Pierre le Sphincter de
la Veffie , & une partie de la Veffie même;
fur tout , depuis que André de la
Croix , Medecin de Venife , & plufieurs
autres fe furent avifez d'introduire une
Sonde dans la Veffie , au lieu où l'on fai
foit defcendre la Pierre , pour couper
deffus.Ce que M.Falconet montre comme
une image de l'Appareil Lateral ; enfin il
rapporte comment cette méthode ayant
été introduite en France par un Hermite,
nommé Frere Jacques , M. Raw , Profeffeur
en Médecine , perfectionna cette
operation , & l'exerça lui - même en Hollande
avec un fuccès fi grand , que ce
fçavant Anatomifte, plufieurs années avant
fa mort , avoit guéri quinze cens taillez
lateralement. Dans la derniere pofition
M. Falconet compare les avantages & les
défavantages de toutes les méthodes , & il
conclut pour l'Appareil Lateral. Cette
queftion fut fçavamment agitée le jour de
la difpute ; on répondit pleinement à tou
tes les objections , & on foutînt avec force
les avantages de l'Appareil Lateral fus
toutes les autres méthodes de tailler.
fein de donner de nouveau au public, comme Voffius
le remarque; mais depuis Jean Antoine Vanderlinden
publia en 1657. les huit Livres de Cormelius
Celfus à Léïden.
Paris , dans les Ecoles de Médecine , une
Theſe de Chirurgie , pour autorifer une
nouvelle maniere d'ôter la Pierre de la
Veffie ; on donne à cette nouvelle méthode
de tailler , le nom d'Appareil Lateral
. Dans la premiere pofition de cette
Théfe , on explique la nature & la naiffance
des Pierres dans le corps humain .
Dans la feconde , on donne une fçavante
Deſcription Anatomique des parties expofées
à l'opération de la taille . (a) Mon-
(a ) M. Falconet Docteur Regent de la Faculté
de Médecine de Paris , Médecin confulsant
du Roy , eft fils de M. Falconet dont il eft
I. Vol. fieur
JUIN. 1730. 1177
fieur Falconet,dont l'érudition eft connue
de tous les Gens de Lettres, eft l'Auteur
de cette Theſe. Il y fait remarquer que
Celle dit , que la Veffie eft plus inclinée
du côté gauche que du droit ; il rapporte
les raifons de cette fituation , qu'il confirme
par plufieurs obfervations ; aucun
Anatomifte avant M. Falconet n'avoit
fait attention à cette fituation de la Vef
fie , quoique cela foit d'une grande con
féquence pour laTaille.Dans la troifiéme,
il décrit avec une grande erudition toutes
les differentes manieres de tailler, qui
ont été mifes en ufage dans tous les tems.
Dans la quatrième , il donne la maniere
d'exécuter furement l'Appareil Lateral ,
qu'il recommande ; & il remonte à toutes
les fources , pour trouver l'origine de
cette méthode , qu'il dit n'être aujour
d'hui que renouvellée ; il la fait voir dans
la méthode de Celfe (a ) , qui coupoit la
parlé dans les fameufes Lettres de Guy Patin
chez qui il étoit en penfion , lorfqu'il commençoit
à étudier la Médecine. On vit avec plaifir ce
venerable & refpectable Medecin affifter à une
partie de cet Acte , auquel M. fon fils préfidoit.
( a ) Celfe , Médecin Latin , vivoit dans le premier
fiecle, fous l'Empire de Tibere; il étoit Philofophe
de la Secte dAfclepiade , & eft loué par
Quintilien; il a écrit de la Rhétorique , de l'Art
Militaire, & huit Livres de Médecine que non's
avons encore,& que Jofeph Scaliger avoit eu def
I. Vol.
F tera
1178 MERCURE DEFRANCE ,
teralement fur la Pierre le Sphincter de
la Veffie , & une partie de la Veffie même;
fur tout , depuis que André de la
Croix , Medecin de Venife , & plufieurs
autres fe furent avifez d'introduire une
Sonde dans la Veffie , au lieu où l'on fai
foit defcendre la Pierre , pour couper
deffus.Ce que M.Falconet montre comme
une image de l'Appareil Lateral ; enfin il
rapporte comment cette méthode ayant
été introduite en France par un Hermite,
nommé Frere Jacques , M. Raw , Profeffeur
en Médecine , perfectionna cette
operation , & l'exerça lui - même en Hollande
avec un fuccès fi grand , que ce
fçavant Anatomifte, plufieurs années avant
fa mort , avoit guéri quinze cens taillez
lateralement. Dans la derniere pofition
M. Falconet compare les avantages & les
défavantages de toutes les méthodes , & il
conclut pour l'Appareil Lateral. Cette
queftion fut fçavamment agitée le jour de
la difpute ; on répondit pleinement à tou
tes les objections , & on foutînt avec force
les avantages de l'Appareil Lateral fus
toutes les autres méthodes de tailler.
fein de donner de nouveau au public, comme Voffius
le remarque; mais depuis Jean Antoine Vanderlinden
publia en 1657. les huit Livres de Cormelius
Celfus à Léïden.
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Résumé : These de M. Falconet, sur l'Extraction de la Pierre, [titre d'après la table]
Le 11 mai 1730, à Paris, M. Falconet, Docteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris et Médecin consultant du Roi, présenta une thèse sur une nouvelle méthode d'ablation de la pierre de la vessie, nommée 'Appareil Lateral'. La thèse se divise en plusieurs parties. La première explique la nature et la formation des pierres dans le corps humain. La seconde fournit une description anatomique détaillée des parties concernées par l'opération, soulignant que la vessie est plus inclinée du côté gauche que du droit, une observation inédite. La troisième partie décrit diverses méthodes de taille utilisées au fil du temps. La quatrième partie détaille la méthode de l'Appareil Lateral, recommandée par Falconet, et en retrace l'origine jusqu'à la méthode de Celse, un médecin latin du premier siècle. Falconet mentionne également l'introduction de cette méthode en France par un ermite nommé Frère Jacques et son perfectionnement par M. Raw en Hollande. La dernière partie compare les avantages et les inconvénients des différentes méthodes et conclut en faveur de l'Appareil Lateral. La discussion publique sur cette thèse fut marquée par une défense rigoureuse des avantages de cette nouvelle méthode.
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4810
p. 1179
QUESTION, si la gloire des Orateurs est préférable à celle des Poëtes.
Début :
QUESTION, si la gloire des Orateurs est préférable à celle des Poëtes. [...]
Mots clefs :
Orateurs, Poètes
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texteReconnaissance textuelle : QUESTION, si la gloire des Orateurs est préférable à celle des Poëtes.
QUESTION, fi la gloire des Orateurs
eft préférable à celle des Poëtes.
eft préférable à celle des Poëtes.
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4811
p. 1179
« On écrit de Marseille que l'Academie des Belles Lettres tint le 19 du mois d'Avril [...] »
Début :
On écrit de Marseille que l'Academie des Belles Lettres tint le 19 du mois d'Avril [...]
Mots clefs :
Académie des belles-lettres
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texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Marseille que l'Academie des Belles Lettres tint le 19 du mois d'Avril [...] »
On écrit de Marſeille que l'Academie
des Belles Lettres tint le 19 du mois d'Avril
1730. fa premiere Affemblée publique
dans la Sale que le Roy vient de lui
accorder dans l'Arfenal des Galéres.L'Affemblée
étoit tres-nombreuſe. M. de la
Vifclede , Secretaire perpetuel , prononça
un Difcours , & dit les raifons que la Compagnie
avoit eues de ne pas donner le prix
cette année. On y lut auffi plufieurs
tres Difcours qui furent goûtez. Le Chevalier
de Romieu fit la clôture d'une ma
niere qui lui attira tous les applaudiffemens
.
des Belles Lettres tint le 19 du mois d'Avril
1730. fa premiere Affemblée publique
dans la Sale que le Roy vient de lui
accorder dans l'Arfenal des Galéres.L'Affemblée
étoit tres-nombreuſe. M. de la
Vifclede , Secretaire perpetuel , prononça
un Difcours , & dit les raifons que la Compagnie
avoit eues de ne pas donner le prix
cette année. On y lut auffi plufieurs
tres Difcours qui furent goûtez. Le Chevalier
de Romieu fit la clôture d'une ma
niere qui lui attira tous les applaudiffemens
.
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Résumé : « On écrit de Marseille que l'Academie des Belles Lettres tint le 19 du mois d'Avril [...] »
Le 19 avril 1730, l'Académie des Belles Lettres de Marseille a organisé sa première assemblée publique dans une salle de l'arsenal des galères. M. de la Vifclede a expliqué l'absence de prix cette année. Plusieurs discours ont été lus et applaudis. Le Chevalier de Romieu a clôturé la séance.
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4812
p. 1179-1184
Tableau fait pour le Roi, Chasse du Cerf, &c. [titre d'après la table]
Début :
Au mois de Janvier 1728. le Roy ordonna au Sr Oudry, son Peintre ordinaire, [...]
Mots clefs :
Jean-Baptiste Oudry, Roi, Tableau, Chasse du cerf
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texteReconnaissance textuelle : Tableau fait pour le Roi, Chasse du Cerf, &c. [titre d'après la table]
U mois de Janvier 1728.le Roy ordonna
au S'Oudry ,fonPeintre ordi-
-naire , de le fuivre à la chaffe pour reprefenter
une Chaffe de Cerf dans l'eau.
Le fieur Oudry en fit un Deffein qui fut
agréé , fur lequel le Roy lui demanda un
Tableau de 12 pieds de large ,fur 6 pieds
& demi de haut , pour placer dans le Ca- .
binet de Sa Majesté à Marly.
Les Figures ont à peu près 13 à 14 pouces
de hauteur . Il y a treize Portraits reffemblants.
Le Roy dans le milieu , fur un
Cheval blanc , nommé le Braffeur. A la
I. Vel. Fij droite
1180 MERCURE DE FRANCE
droite du Roy , M. le Prince Charles ,
monté fur l'Eclair. A la gauche , M. le
Premier , monté fur un Cheval , nommé
Aigle.
Sur le devant du Tableau , M.le Comte
de Toulouſe,à qui Sa Majefté parle , & lui
montre la Chaffe. Ce Prince eft monté fur
le Cheval nommé l'Arpenteur. Derriere le
Roy , M. le Duc de Retz , monté fur le
Royal.
A la droite de ce principal Groupe , M.
de Sourcy , Commandant de l'Equi page
du Cerf, monté fur le Cheval nommé
Poifeau ; & à côté , M. de Lanfmath:
Gentilhomme de la Vennerie , monté fur
l'Infinuant.
Devant le Roy , à gauche , M. de Neſtier
, Commandant de la grande Ecurie
monté fur l'Effronté , monture du Roy ;
à côté , M. de Dampierre , fur le Cheval
le Galant , auffi monture du Roy. A l'extrémité
du Tableau , à gauche , le nommé
Bonnet,coureur de vin , monté fur fa Mulle
, avec fa Cantine & tout fon équipage.
Près de lui un valet de Limier , nommé
la Bretêche , tenant fon chien , tirant fur
le trait.
Sur le devant & du même côté un Bateau
de Pêcheur , dans lequel il y a un
homme de l'Equipage & le Marinier , qui
vont au devant du Cerf.
I. Vol.
De
JUIN. 1730 113F
De l'autre bout, à la droite du Tableau ,
un Valet de Chiens , nommé Jean, tenant
une garde de huit jeunes Chiens fur le
bord de l'Etang .
A côté , le Portrait de l'Auteur , avec
un Porte-Feuillé & le Crayon à la main
deffinant l'action.
Le Cerf eft dans l'eau , affailli par une
grande quantité de Chiens , d'autres qui
arrivent fur la voye , & plufieurs autres
dans des Rofeaux qui paroiffent aboyer ;
ce qui fait un fracas & une action tresvive.
Tous ces Chiens font les plus beaux
de la Meutte, que Sa Majefté a choifis pour
cette Chaffe, qu'Elle a fouhaité être peints ,
& dont quelques- uns l'ont été en la préfence.
On voit dans le lointain , la Ville de
S. Germain & la partie du Bois , faite d'après
nature . Le Roy & tous les Seigneurs
font en habit de l'Equipage deftiné pour
la Chaffe du Cerf.
Le tout eft peint avec un foin extrême ;
& fait beaucoup d'honneur à l'Auteur.
C'est dans ce genre le premier Tableau
qui ait été fait. Le Roy en a été tres-fatisfait
, & toute la Cour a rendu juftice à ce
bel Ouvrage qu'on ne fe laffe point de
voir. Ce Tableau a donné lieu aux Vers
qu'on va lire.
I. Vol.
Fiij AU
1182 MERCURE DE FRANCE
A U ROY
PRINCE, dont les vertus aimables ,
Font le bonheur de l'Empire des Lys ,
ROY , modele parfait des Rois les plus affa
bles >
Sous ton regne charmant , fous tes yeux favorables
;
Par de nouveaux progrès les Arts font einbellis
,
La paix les fait fleurir fous ton paiſible Empire ;
Mars ne les trouble plus par fes fanglans Exploits .
Heureux le peuple qui reſpire
Dans les Climats où tu donnes des Loix !
Far les foins affidus d'un Miniſtre fidele
Nous goútons un profond repos.
Il ne veut pour prix de fon zéle
Que ce doux fruit de ſes travaux.
Déja le Ciel comble notre efperance ,
rend à fes défirs le calme & l'abondance ;
Nos fertiles Guérets étalent à nos yeux
Leurs tréfors les plus précieux .
La fageffe toujours fut ton plus cher partage ,
Du Ciel en ta perfonne on admire l'ouvrage ;
Que de vertus il couronne en un jour !
Il te fait un prefent par les mains de l'Amour.
Par un Héros naiffant il affure a la France ,
Le comble de fon efperance.
Les plaifirs & les jeux entourent fon berceau.
1. Vol. Tout
JUI N. 1730 .
1183
Tout lui promet le deftin le plus beau .
On voit croître avec toi ce rejetton aimable ,
Quels aimables objets te frappent tour à tour !
Tu vois avec plaifir l'affemblage adorable ,
Des trois Graces & de l'Amour.
Orné de la douceut de fon augufte Mere ,
Il porte dans fes yeux la grandeur de fon Perei
Il aura les vertus d'un couple fi charmant.
Le Ciel qui des vertus eft le dépofitaire ,
Dans l'ame des Bourbons les verſe abondam
ment.
Tu formeras bien-tôt fon illuftre courage ;
;
>
La paix loin de ses yeux écarte les combats ;
Mais la chaffe od Diane accompagne tés pas
Des plus fameux exploits lui tracera l'image.
Un mortel dont la France admirè le Pinceau ,
Qui fçait tout animer par fa vive peinture ;
Vient de s'éternifer par un fuccès nouveau
Son Art ingénieux , rival de la nature
De tes nobles plaiſirs nous a fait un Tableau.
J'y reconnois LOUIS , fon courage le guide ;
Les Graces , les Amours lui prêtent leurs apas ;
Il vole , il eft vainqueur , le Cerf las & timide ,
Semble à nos yeux émus , déplorer fon trépas.
Et le Chien de fa proye avide
Pour l'arrêter , précipite fes pas.
Cet illuftre fujet a fçû plaire à fon Maître ;
LOUIS veut à fon Art affurer fes biensfaits.
1. Vol. Fij Louis
1184 MERCURE DE FRANCE.
LOUIS à tout ſçait ſe connoître
Tous les Arts feront fatisfaits.
au S'Oudry ,fonPeintre ordi-
-naire , de le fuivre à la chaffe pour reprefenter
une Chaffe de Cerf dans l'eau.
Le fieur Oudry en fit un Deffein qui fut
agréé , fur lequel le Roy lui demanda un
Tableau de 12 pieds de large ,fur 6 pieds
& demi de haut , pour placer dans le Ca- .
binet de Sa Majesté à Marly.
Les Figures ont à peu près 13 à 14 pouces
de hauteur . Il y a treize Portraits reffemblants.
Le Roy dans le milieu , fur un
Cheval blanc , nommé le Braffeur. A la
I. Vel. Fij droite
1180 MERCURE DE FRANCE
droite du Roy , M. le Prince Charles ,
monté fur l'Eclair. A la gauche , M. le
Premier , monté fur un Cheval , nommé
Aigle.
Sur le devant du Tableau , M.le Comte
de Toulouſe,à qui Sa Majefté parle , & lui
montre la Chaffe. Ce Prince eft monté fur
le Cheval nommé l'Arpenteur. Derriere le
Roy , M. le Duc de Retz , monté fur le
Royal.
A la droite de ce principal Groupe , M.
de Sourcy , Commandant de l'Equi page
du Cerf, monté fur le Cheval nommé
Poifeau ; & à côté , M. de Lanfmath:
Gentilhomme de la Vennerie , monté fur
l'Infinuant.
Devant le Roy , à gauche , M. de Neſtier
, Commandant de la grande Ecurie
monté fur l'Effronté , monture du Roy ;
à côté , M. de Dampierre , fur le Cheval
le Galant , auffi monture du Roy. A l'extrémité
du Tableau , à gauche , le nommé
Bonnet,coureur de vin , monté fur fa Mulle
, avec fa Cantine & tout fon équipage.
Près de lui un valet de Limier , nommé
la Bretêche , tenant fon chien , tirant fur
le trait.
Sur le devant & du même côté un Bateau
de Pêcheur , dans lequel il y a un
homme de l'Equipage & le Marinier , qui
vont au devant du Cerf.
I. Vol.
De
JUIN. 1730 113F
De l'autre bout, à la droite du Tableau ,
un Valet de Chiens , nommé Jean, tenant
une garde de huit jeunes Chiens fur le
bord de l'Etang .
A côté , le Portrait de l'Auteur , avec
un Porte-Feuillé & le Crayon à la main
deffinant l'action.
Le Cerf eft dans l'eau , affailli par une
grande quantité de Chiens , d'autres qui
arrivent fur la voye , & plufieurs autres
dans des Rofeaux qui paroiffent aboyer ;
ce qui fait un fracas & une action tresvive.
Tous ces Chiens font les plus beaux
de la Meutte, que Sa Majefté a choifis pour
cette Chaffe, qu'Elle a fouhaité être peints ,
& dont quelques- uns l'ont été en la préfence.
On voit dans le lointain , la Ville de
S. Germain & la partie du Bois , faite d'après
nature . Le Roy & tous les Seigneurs
font en habit de l'Equipage deftiné pour
la Chaffe du Cerf.
Le tout eft peint avec un foin extrême ;
& fait beaucoup d'honneur à l'Auteur.
C'est dans ce genre le premier Tableau
qui ait été fait. Le Roy en a été tres-fatisfait
, & toute la Cour a rendu juftice à ce
bel Ouvrage qu'on ne fe laffe point de
voir. Ce Tableau a donné lieu aux Vers
qu'on va lire.
I. Vol.
Fiij AU
1182 MERCURE DE FRANCE
A U ROY
PRINCE, dont les vertus aimables ,
Font le bonheur de l'Empire des Lys ,
ROY , modele parfait des Rois les plus affa
bles >
Sous ton regne charmant , fous tes yeux favorables
;
Par de nouveaux progrès les Arts font einbellis
,
La paix les fait fleurir fous ton paiſible Empire ;
Mars ne les trouble plus par fes fanglans Exploits .
Heureux le peuple qui reſpire
Dans les Climats où tu donnes des Loix !
Far les foins affidus d'un Miniſtre fidele
Nous goútons un profond repos.
Il ne veut pour prix de fon zéle
Que ce doux fruit de ſes travaux.
Déja le Ciel comble notre efperance ,
rend à fes défirs le calme & l'abondance ;
Nos fertiles Guérets étalent à nos yeux
Leurs tréfors les plus précieux .
La fageffe toujours fut ton plus cher partage ,
Du Ciel en ta perfonne on admire l'ouvrage ;
Que de vertus il couronne en un jour !
Il te fait un prefent par les mains de l'Amour.
Par un Héros naiffant il affure a la France ,
Le comble de fon efperance.
Les plaifirs & les jeux entourent fon berceau.
1. Vol. Tout
JUI N. 1730 .
1183
Tout lui promet le deftin le plus beau .
On voit croître avec toi ce rejetton aimable ,
Quels aimables objets te frappent tour à tour !
Tu vois avec plaifir l'affemblage adorable ,
Des trois Graces & de l'Amour.
Orné de la douceut de fon augufte Mere ,
Il porte dans fes yeux la grandeur de fon Perei
Il aura les vertus d'un couple fi charmant.
Le Ciel qui des vertus eft le dépofitaire ,
Dans l'ame des Bourbons les verſe abondam
ment.
Tu formeras bien-tôt fon illuftre courage ;
;
>
La paix loin de ses yeux écarte les combats ;
Mais la chaffe od Diane accompagne tés pas
Des plus fameux exploits lui tracera l'image.
Un mortel dont la France admirè le Pinceau ,
Qui fçait tout animer par fa vive peinture ;
Vient de s'éternifer par un fuccès nouveau
Son Art ingénieux , rival de la nature
De tes nobles plaiſirs nous a fait un Tableau.
J'y reconnois LOUIS , fon courage le guide ;
Les Graces , les Amours lui prêtent leurs apas ;
Il vole , il eft vainqueur , le Cerf las & timide ,
Semble à nos yeux émus , déplorer fon trépas.
Et le Chien de fa proye avide
Pour l'arrêter , précipite fes pas.
Cet illuftre fujet a fçû plaire à fon Maître ;
LOUIS veut à fon Art affurer fes biensfaits.
1. Vol. Fij Louis
1184 MERCURE DE FRANCE.
LOUIS à tout ſçait ſe connoître
Tous les Arts feront fatisfaits.
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Résumé : Tableau fait pour le Roi, Chasse du Cerf, &c. [titre d'après la table]
En janvier 1728, le roi ordonna à Jean-Baptiste Oudry, peintre ordinaire, de l'accompagner lors d'une chasse pour représenter une chasse au cerf dans l'eau. Oudry réalisa un dessin approuvé par le roi, qui lui commanda ensuite un tableau de 12 pieds de large sur 6 pieds et demi de haut pour le cabinet de Sa Majesté à Marly. Les figures mesuraient environ 13 à 14 pouces de hauteur, et le tableau incluait treize portraits ressemblants. Le roi était représenté au centre, monté sur un cheval blanc nommé le Braffeur. À sa droite se trouvait le Prince Charles sur l'Éclair, et à sa gauche, le Premier sur un cheval nommé l'Aigle. Devant le roi, le Comte de Toulouse était en conversation avec lui, monté sur l'Arpenteur. Derrière le roi, le Duc de Retz était sur le Royal. D'autres personnages, comme le Comte de Sourcy et le Marquis de Lanfmath, étaient également présents, chacun monté sur un cheval spécifique. Le tableau montrait également des personnages secondaires, comme Bonnet, un coureur de vin, et des valets de chiens. Le cerf, affaibli par les chiens, était représenté dans l'eau, entouré de chiens aboyant. Le tableau incluait des détails naturels, comme la ville de Saint-Germain et une partie du bois, peints d'après nature. Le roi et les seigneurs étaient en habit de chasse. Le tableau fut très apprécié par le roi et la cour, et il fut considéré comme le premier de ce genre. Il inspira également des vers en l'honneur du roi et de l'artiste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4813
p. 1184-1183
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Il paroit deux nouvelles Estampes d'après Watteau, gravées par Baron & par [...]
Mots clefs :
Estampes, Antoine Watteau, Charles André van Loo
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Il paroit deux nouvelles Eftampes d'après
Watteau , gravées par Baron & par
E.Brien; la premiere,intitulée Colin - Maillard
, & la feconde l'Accord parfait.On les
vend ainfi que les précedentes , chez la
veuve Chereau & chez Surugue , ruë faint
Jacques & rue des Noyers.
La veuve deFrançois Chereau , de l'Aca-
'demie Royale de Peinture & de Sculptu
re , & Graveur du Cabinet du Roy, vend
le Portrait du Roy & de la Reine , tresreffemblant
, d'après les derniers Originaux
, peints par M. Vanloo. Le Roy eft
gravé par le feur Gilles- Edme Petit , & la
Reine , par le fieur Jacques Cherean. Ils
ont tous deux tres -bien réüffi. Ces Portraits
font de la même grandeur de ceux
qui ont paru gravez par le fieur Larmefin.
La veuve Chereau demeure rue S.Fac
ques aux Pilliers d'Or. On trouvera chez
elle le mois prochain , les quatre Saifons
de l'année , d'après M.Lancret , d'un goût
nouveau & fort agréable. Elles font gravées
par les Sieurs Tardieu , Benoît Audran,
Lebas & Girard Scotin. On trouvera auffi
plufieurs Eftampes qu'on grave actuelle-
I. Vol. men
JUIN. 1730. 1183
ment d'après les plus beaux Tableaux de
Watteau.
Watteau , gravées par Baron & par
E.Brien; la premiere,intitulée Colin - Maillard
, & la feconde l'Accord parfait.On les
vend ainfi que les précedentes , chez la
veuve Chereau & chez Surugue , ruë faint
Jacques & rue des Noyers.
La veuve deFrançois Chereau , de l'Aca-
'demie Royale de Peinture & de Sculptu
re , & Graveur du Cabinet du Roy, vend
le Portrait du Roy & de la Reine , tresreffemblant
, d'après les derniers Originaux
, peints par M. Vanloo. Le Roy eft
gravé par le feur Gilles- Edme Petit , & la
Reine , par le fieur Jacques Cherean. Ils
ont tous deux tres -bien réüffi. Ces Portraits
font de la même grandeur de ceux
qui ont paru gravez par le fieur Larmefin.
La veuve Chereau demeure rue S.Fac
ques aux Pilliers d'Or. On trouvera chez
elle le mois prochain , les quatre Saifons
de l'année , d'après M.Lancret , d'un goût
nouveau & fort agréable. Elles font gravées
par les Sieurs Tardieu , Benoît Audran,
Lebas & Girard Scotin. On trouvera auffi
plufieurs Eftampes qu'on grave actuelle-
I. Vol. men
JUIN. 1730. 1183
ment d'après les plus beaux Tableaux de
Watteau.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication de deux nouvelles estampes d'après Watteau, gravées par Baron et E. Brien. La première est intitulée 'Colin-Maillard' et la seconde 'L'Accord parfait'. Ces estampes sont en vente chez la veuve Chereau et chez Surugue, respectivement rue Saint-Jacques et rue des Noyers. La veuve de François Chereau, graveur du Cabinet du Roy et membre de l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, propose également des portraits du Roi et de la Reine, peints par M. Vanloo. Le Roi est gravé par Gilles-Edme Petit et la Reine par Jacques Chereau. Ces portraits sont de la même grandeur que ceux gravés par Larmefin et sont très ressemblants. La veuve Chereau réside rue Saint-Jacques aux Pilliers d'Or. Prochainement, elle mettra en vente les quatre saisons de l'année, d'après M. Lancret, gravées par Tardieu, Benoît Audran, Lebas et Girard Scotin. Elle propose également plusieurs estampes gravées d'après les tableaux de Watteau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4814
p. 1183
« Le Tigre Marin en vie, qu'on a vû avec satisfaction à la Foire S. Germain derniere, [...] »
Début :
Le Tigre Marin en vie, qu'on a vû avec satisfaction à la Foire S. Germain derniere, [...]
Mots clefs :
Tigre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Tigre Marin en vie, qu'on a vû avec satisfaction à la Foire S. Germain derniere, [...] »
LeTigre Marin en vie, qu'on a vû avec
fatisfaction à la Foire S. Germain derniere
, dans une Baignoire à demi pleine
d'eau , & qui attiroit quantité de curieux,
eft mort. S. A. S. M. le Comte de Clermont
l'a fait diffequer pour en conferver
le Squelette , & a fait remplir fa peau,
qu'on voit dans le Cabinet de ce Prince
avec quantité d'autres curiofitez de cette
efpece.
fatisfaction à la Foire S. Germain derniere
, dans une Baignoire à demi pleine
d'eau , & qui attiroit quantité de curieux,
eft mort. S. A. S. M. le Comte de Clermont
l'a fait diffequer pour en conferver
le Squelette , & a fait remplir fa peau,
qu'on voit dans le Cabinet de ce Prince
avec quantité d'autres curiofitez de cette
efpece.
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4815
p. 1183-1187
« Méthode nouvelle, abregée & figurée, pour apprendre conjointement le François & le Latin, [...] »
Début :
Méthode nouvelle, abregée & figurée, pour apprendre conjointement le François & le Latin, [...]
Mots clefs :
Méthode d'apprentissage, Français, Latin, Grammaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Méthode nouvelle, abregée & figurée, pour apprendre conjointement le François & le Latin, [...] »
Méthode nouvelle , abregée & figurée , pour
apprendre conjointement le François & le Latin ,
enfemble l'Ortographe & la Ponctuation , le tout
par regles & par principes , en moins d'un an,
L'Auteur commence par le François , il y fait
d'abord une fenfible application des regles & des
préceptes de la Grammaire , y diftingue les huit
fortes de mots , leur proprieté , leur ufage & les
differences Grammaticales qui en procedent ; il
fait voir de combien de Parties eft compofée la
Phrafe , le rapport qu'elles ont les unes avec les
autres , & l'ordre qui s'y obferve. En un mót ,
raffemble ce que les Langues ont de commun ,
en fait un Corps d'inftruction qu'il réduit en
pratique par un exercice fimple & familier ; &
pour plus de facilité , il y joint encore certains
caracteres qui fans caufer de confufion femblent,
pour ainsi dire , conduire au doigt & à l'oeil.
il
Ayant mis le fondement de fa Méthode fur le
François , il s'agit de la faire paffer au Latin.
Pour cet effet , il donne fur un quarré de papier
le précis des terminaifons Latine's, dans un ordre
1. Vol.
qui Fv
1186 MERCURE DE FRANCE
qui , quoique fimple , fuffit néanmoins pour les
diftinguer , en faire la jufte application & demêler
ce qu'elles ont d'équivoque. C'eft donc fur
ces terminaiſons & les parties grammaticales
qu'elles dénotent , que s'appliquent ces caracteres
François , qui paffant au Latin , ont la vertu d'y
porter avec eux toutes ces notions fondamentales
de Grammaire qu'on y avoit déja attachées.
Pour venir enfuite à l'explication des Auteurs
qui d'ordinaire eft le but qu'on fe propofe dans
Cette forte d'étude , il eft effentiel de trouver cette
conftruction Latine par laquelle l'Ecrivain a voulu
nous communiquer fes penfées , & c'est ce que
la Méthode apprend , & qui fera d'autant plus
aifé à faire , qu'on fera plus jufte & plus habile à
diftinguer par les terminaifons les differentes parties
dont la Phrafe fe trouvera conpofée , & que
de plus on s'attachera à obferver le même ordre
qui s'eft pratiqué dans le François.
C'eft enfin par cette conftruction que l'Auteur
de la Méthode prétend conduire à une explication
promte & facile. Trois chofes felon lui y
concourent. 1º Le fens de l'Ecrivain renfermé
dans cette conftruction, qui n'eft autre chofe qu'u
ne fuite d'idées , lefquelles jointes enſemble font
un fens , & concourrent à le manifefter. 2 ° L'étimologie
ou rapport de fignification qui fe trouve
entre le Latin & le François. 5 L'analogie
autre rapport de fignification que les mots de
certaines claffes ont les uns avec les autres. Sur
les moyens dévelopés comme il faut , le fréquent
exercice qu'il y joint & l'experience qu'il en a ,
l'Auteur fe promet d'apprendre le Latin en peu de
tems , d'y remettre très promtement ceux qui
croyent l'avoir oublié & comme il a plus à
coeur l'interêt public que le fien propre , il fe
prêtera volontiers gratis à ceux à qui il convien-
>
dra de le faire.
Méthode nouvelle , abregée & figurée , pour
apprendre conjointement le François & le Latin ,
enfemble l'Ortographe & la Ponctuation , le tout
par regles & par principes , en moins d'un an,
L'Auteur commence par le François , il y fait
d'abord une fenfible application des regles & des
préceptes de la Grammaire , y diftingue les huit
fortes de mots , leur proprieté , leur ufage & les
differences Grammaticales qui en procedent ; il
fait voir de combien de Parties eft compofée la
Phrafe , le rapport qu'elles ont les unes avec les
autres , & l'ordre qui s'y obferve. En un mót ,
raffemble ce que les Langues ont de commun ,
en fait un Corps d'inftruction qu'il réduit en
pratique par un exercice fimple & familier ; &
pour plus de facilité , il y joint encore certains
caracteres qui fans caufer de confufion femblent,
pour ainsi dire , conduire au doigt & à l'oeil.
il
Ayant mis le fondement de fa Méthode fur le
François , il s'agit de la faire paffer au Latin.
Pour cet effet , il donne fur un quarré de papier
le précis des terminaifons Latine's, dans un ordre
1. Vol.
qui Fv
1186 MERCURE DE FRANCE
qui , quoique fimple , fuffit néanmoins pour les
diftinguer , en faire la jufte application & demêler
ce qu'elles ont d'équivoque. C'eft donc fur
ces terminaiſons & les parties grammaticales
qu'elles dénotent , que s'appliquent ces caracteres
François , qui paffant au Latin , ont la vertu d'y
porter avec eux toutes ces notions fondamentales
de Grammaire qu'on y avoit déja attachées.
Pour venir enfuite à l'explication des Auteurs
qui d'ordinaire eft le but qu'on fe propofe dans
Cette forte d'étude , il eft effentiel de trouver cette
conftruction Latine par laquelle l'Ecrivain a voulu
nous communiquer fes penfées , & c'est ce que
la Méthode apprend , & qui fera d'autant plus
aifé à faire , qu'on fera plus jufte & plus habile à
diftinguer par les terminaifons les differentes parties
dont la Phrafe fe trouvera conpofée , & que
de plus on s'attachera à obferver le même ordre
qui s'eft pratiqué dans le François.
C'eft enfin par cette conftruction que l'Auteur
de la Méthode prétend conduire à une explication
promte & facile. Trois chofes felon lui y
concourent. 1º Le fens de l'Ecrivain renfermé
dans cette conftruction, qui n'eft autre chofe qu'u
ne fuite d'idées , lefquelles jointes enſemble font
un fens , & concourrent à le manifefter. 2 ° L'étimologie
ou rapport de fignification qui fe trouve
entre le Latin & le François. 5 L'analogie
autre rapport de fignification que les mots de
certaines claffes ont les uns avec les autres. Sur
les moyens dévelopés comme il faut , le fréquent
exercice qu'il y joint & l'experience qu'il en a ,
l'Auteur fe promet d'apprendre le Latin en peu de
tems , d'y remettre très promtement ceux qui
croyent l'avoir oublié & comme il a plus à
coeur l'interêt public que le fien propre , il fe
prêtera volontiers gratis à ceux à qui il convien-
>
dra de le faire.
E YORK
PUBLIC LIBRARY .
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
Vol .
FORK
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
JUIN. 1730. 1187
Il faut s'adreffer au S. Monier de Colonge
rue S. Chriftophe , chez Me de Quainfy , la derniere
Porte joignant celle du Cloître Notre-
Dame.
apprendre conjointement le François & le Latin ,
enfemble l'Ortographe & la Ponctuation , le tout
par regles & par principes , en moins d'un an,
L'Auteur commence par le François , il y fait
d'abord une fenfible application des regles & des
préceptes de la Grammaire , y diftingue les huit
fortes de mots , leur proprieté , leur ufage & les
differences Grammaticales qui en procedent ; il
fait voir de combien de Parties eft compofée la
Phrafe , le rapport qu'elles ont les unes avec les
autres , & l'ordre qui s'y obferve. En un mót ,
raffemble ce que les Langues ont de commun ,
en fait un Corps d'inftruction qu'il réduit en
pratique par un exercice fimple & familier ; &
pour plus de facilité , il y joint encore certains
caracteres qui fans caufer de confufion femblent,
pour ainsi dire , conduire au doigt & à l'oeil.
il
Ayant mis le fondement de fa Méthode fur le
François , il s'agit de la faire paffer au Latin.
Pour cet effet , il donne fur un quarré de papier
le précis des terminaifons Latine's, dans un ordre
1. Vol.
qui Fv
1186 MERCURE DE FRANCE
qui , quoique fimple , fuffit néanmoins pour les
diftinguer , en faire la jufte application & demêler
ce qu'elles ont d'équivoque. C'eft donc fur
ces terminaiſons & les parties grammaticales
qu'elles dénotent , que s'appliquent ces caracteres
François , qui paffant au Latin , ont la vertu d'y
porter avec eux toutes ces notions fondamentales
de Grammaire qu'on y avoit déja attachées.
Pour venir enfuite à l'explication des Auteurs
qui d'ordinaire eft le but qu'on fe propofe dans
Cette forte d'étude , il eft effentiel de trouver cette
conftruction Latine par laquelle l'Ecrivain a voulu
nous communiquer fes penfées , & c'est ce que
la Méthode apprend , & qui fera d'autant plus
aifé à faire , qu'on fera plus jufte & plus habile à
diftinguer par les terminaifons les differentes parties
dont la Phrafe fe trouvera conpofée , & que
de plus on s'attachera à obferver le même ordre
qui s'eft pratiqué dans le François.
C'eft enfin par cette conftruction que l'Auteur
de la Méthode prétend conduire à une explication
promte & facile. Trois chofes felon lui y
concourent. 1º Le fens de l'Ecrivain renfermé
dans cette conftruction, qui n'eft autre chofe qu'u
ne fuite d'idées , lefquelles jointes enſemble font
un fens , & concourrent à le manifefter. 2 ° L'étimologie
ou rapport de fignification qui fe trouve
entre le Latin & le François. 5 L'analogie
autre rapport de fignification que les mots de
certaines claffes ont les uns avec les autres. Sur
les moyens dévelopés comme il faut , le fréquent
exercice qu'il y joint & l'experience qu'il en a ,
l'Auteur fe promet d'apprendre le Latin en peu de
tems , d'y remettre très promtement ceux qui
croyent l'avoir oublié & comme il a plus à
coeur l'interêt public que le fien propre , il fe
prêtera volontiers gratis à ceux à qui il convien-
>
dra de le faire.
Méthode nouvelle , abregée & figurée , pour
apprendre conjointement le François & le Latin ,
enfemble l'Ortographe & la Ponctuation , le tout
par regles & par principes , en moins d'un an,
L'Auteur commence par le François , il y fait
d'abord une fenfible application des regles & des
préceptes de la Grammaire , y diftingue les huit
fortes de mots , leur proprieté , leur ufage & les
differences Grammaticales qui en procedent ; il
fait voir de combien de Parties eft compofée la
Phrafe , le rapport qu'elles ont les unes avec les
autres , & l'ordre qui s'y obferve. En un mót ,
raffemble ce que les Langues ont de commun ,
en fait un Corps d'inftruction qu'il réduit en
pratique par un exercice fimple & familier ; &
pour plus de facilité , il y joint encore certains
caracteres qui fans caufer de confufion femblent,
pour ainsi dire , conduire au doigt & à l'oeil.
il
Ayant mis le fondement de fa Méthode fur le
François , il s'agit de la faire paffer au Latin.
Pour cet effet , il donne fur un quarré de papier
le précis des terminaifons Latine's, dans un ordre
1. Vol.
qui Fv
1186 MERCURE DE FRANCE
qui , quoique fimple , fuffit néanmoins pour les
diftinguer , en faire la jufte application & demêler
ce qu'elles ont d'équivoque. C'eft donc fur
ces terminaiſons & les parties grammaticales
qu'elles dénotent , que s'appliquent ces caracteres
François , qui paffant au Latin , ont la vertu d'y
porter avec eux toutes ces notions fondamentales
de Grammaire qu'on y avoit déja attachées.
Pour venir enfuite à l'explication des Auteurs
qui d'ordinaire eft le but qu'on fe propofe dans
Cette forte d'étude , il eft effentiel de trouver cette
conftruction Latine par laquelle l'Ecrivain a voulu
nous communiquer fes penfées , & c'est ce que
la Méthode apprend , & qui fera d'autant plus
aifé à faire , qu'on fera plus jufte & plus habile à
diftinguer par les terminaifons les differentes parties
dont la Phrafe fe trouvera conpofée , & que
de plus on s'attachera à obferver le même ordre
qui s'eft pratiqué dans le François.
C'eft enfin par cette conftruction que l'Auteur
de la Méthode prétend conduire à une explication
promte & facile. Trois chofes felon lui y
concourent. 1º Le fens de l'Ecrivain renfermé
dans cette conftruction, qui n'eft autre chofe qu'u
ne fuite d'idées , lefquelles jointes enſemble font
un fens , & concourrent à le manifefter. 2 ° L'étimologie
ou rapport de fignification qui fe trouve
entre le Latin & le François. 5 L'analogie
autre rapport de fignification que les mots de
certaines claffes ont les uns avec les autres. Sur
les moyens dévelopés comme il faut , le fréquent
exercice qu'il y joint & l'experience qu'il en a ,
l'Auteur fe promet d'apprendre le Latin en peu de
tems , d'y remettre très promtement ceux qui
croyent l'avoir oublié & comme il a plus à
coeur l'interêt public que le fien propre , il fe
prêtera volontiers gratis à ceux à qui il convien-
>
dra de le faire.
E YORK
PUBLIC LIBRARY .
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
Vol .
FORK
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
JUIN. 1730. 1187
Il faut s'adreffer au S. Monier de Colonge
rue S. Chriftophe , chez Me de Quainfy , la derniere
Porte joignant celle du Cloître Notre-
Dame.
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Résumé : « Méthode nouvelle, abregée & figurée, pour apprendre conjointement le François & le Latin, [...] »
Le texte décrit une méthode pédagogique visant à apprendre simultanément le français et le latin, ainsi que l'orthographe et la ponctuation, en moins d'un an. La méthode commence par l'enseignement du français, en appliquant rigoureusement les règles et préceptes de la grammaire. L'auteur distingue les huit types de mots, leurs propriétés, usages et différences grammaticales. Il explique également la composition des phrases, les rapports entre leurs parties et l'ordre observé. Cette approche rassemble les éléments communs aux langues et les réduit en pratique par des exercices simples et familiers, aidés par des caractères facilitant l'apprentissage. Ensuite, la méthode est transposée au latin. L'auteur fournit un résumé des terminaisons latines sur un carré de papier, permettant de les distinguer et de les appliquer correctement. Les caractères français sont utilisés pour porter les notions grammaticales au latin. Pour expliquer les auteurs latins, il est essentiel de trouver la construction latine utilisée par l'écrivain pour communiquer ses pensées. La méthode enseigne cette construction, facilitant ainsi la compréhension des textes latins. Trois éléments contribuent à cette explication : le sens de l'écrivain, l'étymologie et l'analogie entre les mots. L'auteur se propose d'enseigner le latin rapidement et de rafraîchir les connaissances de ceux qui l'ont oublié. Il offre son aide gratuitement, priorisant l'intérêt public à son propre gain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4816
p. 1187
CHANSON A BOIRE.
Début :
Non, l'amour est trop dangereux ; [...]
Mots clefs :
Amour
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON A BOIRE.
CHANSON
A BOIRE .
Non , l'amour eft trop dangereux ;
On s'y livre fans le connoître :
Prenons plutôt Bacchus pour Maître
En aimant on peut être heureux ;
En buvant on eft für de l'être.
A BOIRE .
Non , l'amour eft trop dangereux ;
On s'y livre fans le connoître :
Prenons plutôt Bacchus pour Maître
En aimant on peut être heureux ;
En buvant on eft für de l'être.
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4817
p. 1187
« Briart continuë avec succès à vendre la veritable Essence de Savon à la Bergamotte & autres [...] »
Début :
Briart continuë avec succès à vendre la veritable Essence de Savon à la Bergamotte & autres [...]
Mots clefs :
Savon
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texteReconnaissance textuelle : « Briart continuë avec succès à vendre la veritable Essence de Savon à la Bergamotte & autres [...] »
Briart continue avec fuccès à vendre la veritable
Effence de Savon à la Bergamotte & autres
odeurs douces dont on fe fert pour la barbe au
fieu de Savonnere , & dont les Dames fe fervent
auffi pour ſe laver le viſage & les mains ; il compofe
depuis peu une Effence d'une odeur trèsagréable
, & qui a plufieurs bonnes qualités . Un
Parfumeur Napolitain lui en a donné le fecret
fous le nom d'Aqua d'ogni fiori. On en mer
quelques goutes dans l'eau dont on fe lave après
avoir été raſé ; il la vent quinze fols l'once.
Sa demeure est toujours Cour Abbatiale de
S. Germain des Prés , vis-à- vis le Bailliage , à
Paris ;
fes bouteilles font cachetées de fon adreffe.
Effence de Savon à la Bergamotte & autres
odeurs douces dont on fe fert pour la barbe au
fieu de Savonnere , & dont les Dames fe fervent
auffi pour ſe laver le viſage & les mains ; il compofe
depuis peu une Effence d'une odeur trèsagréable
, & qui a plufieurs bonnes qualités . Un
Parfumeur Napolitain lui en a donné le fecret
fous le nom d'Aqua d'ogni fiori. On en mer
quelques goutes dans l'eau dont on fe lave après
avoir été raſé ; il la vent quinze fols l'once.
Sa demeure est toujours Cour Abbatiale de
S. Germain des Prés , vis-à- vis le Bailliage , à
Paris ;
fes bouteilles font cachetées de fon adreffe.
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Résumé : « Briart continuë avec succès à vendre la veritable Essence de Savon à la Bergamotte & autres [...] »
Le document décrit les activités commerciales de Briart, qui vend une essence de savon à la bergamotte et d'autres odeurs douces. Ses produits sont utilisés par les hommes pour la barbe et par les femmes pour le visage et les mains. Briart a créé l''Aqua d'ogni fiori', une essence vendue à quinze sols l'once, utile pour l'eau de rasage. Il réside à la Cour Abbatiale de Saint-Germain-des-Prés, à Paris. Ses bouteilles portent son adresse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4818
p. 1188-1200
Opera d'Alcione, [titre d'après la table]
Début :
Le mardi 9. May, l'Académie Royale de Musique donna la premiere [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Alcione, Théâtre, Dieux, Coeur, Époux, Palais, Enfers, Musiciens, Opéra
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texteReconnaissance textuelle : Opera d'Alcione, [titre d'après la table]
E mardi 9. May , l'Académie Roya
le de Mufique donna la premiere
Repréſentation d'Alcione , Tragédie de
M. de La Mothe & de M. Marais. Cet
Opera fut donné pour la premiere fois
le 18. Fevrier 1706. le fuccès qu'il eut engagea
à le remettre au Théatre le 17.
Avril 1719. la repriſe ne répondit pas aux
efperances qu'on en avoit conçues dans
fa naiffance ; mais on vient de rendre à
cet Ouvrage la juftice qui lui eft dûë . Le
Poëte & le Muficien ont partagé les applaudiffemens
; & fi quelques Critiques
fe font élevés contre le Poëme , M. de
La Mothe n'y a donné lieu que pour
s'être un peu trop fcrupuleufement attaché
à la maniere dont Ovide a traité ce
ſujet ; tant il eſt vrai que dans les Ou
vrages de Théatre , le vrai -femblable doit
être préferé au vrai. Au refte , le Public
trouve ce Poëme très bien écrit , & rempli
d'efprit & de fentimens on en va juger
par quelques morceaux.
Le Theatre représente au Prologue le Mont
Tmole ; des Fleuves & des Nayades appuyés
fur leurs urnes occupent la Montagne , &
I. Vol. forJUIN
1730. 1189
Forment une efpecè de cafcade.
Tmole fait connoître qu'Apollon &
Pan l'ont chiofi pour Arbitre de leurs
Chants. Pan choifit la guerre pour fujet.
Voici comment il s'exprime :
Fuyez , Mortels , fuyez un indigne repos ;
Non , ne vous plaignez plus des horreurs de la
guerre ; 1
Elle vous donne les Héros ;
Elle fait les Dieux de la Terre.
Courez affronter le trépas ;
Allez jouir de la victoire .
Sur fon front couronné , qu'elle étale d'appas §
L'affreufe mort qui vole au devant de ſes pas
Fait naître l'immortelle gloire.
Apollon celebre les avantages de la
Paix en ces termes :
Aimable Paix , c'eft toi que celebrent mes chants;
Defcends , vien triompher du fier Dieu de la
Thrace.
Tout rit à ton retour tout brille dans nos
champs ;
Dès que tu difparois , tout l'éclat s'en efface.
Regne , Fille du Ciel , mets la Difcorde aux fers;
Que le bruit des tambours dont la terre s'allarme
Ne trouble plus nos doux Concerts.
I. Vol.
Que
1196 MERCURE DE FRANCÉ
Heureux , heureux cent fois le vainqueur qui aè
s'arme
Que pour te rendre à l'Univers.
Le Chaur repete trois Vers de ce qu'Apollon
a chanté ; ce qui peut être ne contribuë
pas peu à déterminer Tmole en
faveur d'Apollon ; il couronne le Dieu '
des Vers , & Pan fe retire , non ſans ſe
plaindre de fon Juge . Le Prologue finit
par des danfes en l'honneur d'Apollon
& de l'Amour. Apollon annonce la Paix
à l'Univers , & ordonne aux Mufes derenouveller
l'Hiftoire des Alcions qui font
regner le calme fur les flots.
Au premier Acte , le Théatre repréſente
une Galerie du Palais de Ceix , terminée par
un endroit du Palais confacré aux Dieux.
Cet Acte n'eft pas chargé de beaucoup
d'action. Pelée amoureux d'Alcione , que
Ceix , Roi de Trachines , & fon ami ,
va époufer , témoigne fon defefpoir à
Phorbas , Magicien , dont les Ayeux ont
occupé le Trône de Ceix ; Phorbas lui
promet le fecours des Enfers pour troubler
un Hymen fi fatal à fon amour ; la
vertu de Pelée s'oppofe à cette perfidie ;
il le fait connoître par ces Vers :
Amour , cede à mes pleurs , & refpecte ma
gloire ;
Ah ! laiffe-moi brifer mes fers.
I. Vol. C'eft
I JUIN. 1730. 1191
C'est trop à la vertu difputer la victoire ,
Contente-toi , cruel , des maux que j'ai foufferts
Amour &c.
Phorbas le veut fervir malgré lui , &
lui dit :
Iſmene & moi , nous allons par nos charmes
Secourir votre amour contre votre vertu.
Pelée ne donne qu'un demi confentement
, exprimé par ce Vers :
}
Arrête ... on vient , ô Ciel , à quoi me réduis-tu?” ,
Ceix vient avec Alcione ; ils font fuivis
de leurs Sujets qui font le divertiffement.
Le Grand Prêtre invite ces deux Amans
à s'approcher de l'Autel. Ils n'achevent
pas le facré ferment qui doit les unir ; le
tonnerre gronde ; des Furies fortent des
Enfers ; elles faififfent en volant les flambeaux
des Prêtres , & embrafent tout le
Palais. Pelée témoigne fes remords par
ces Vers :
-Cet Autel , ce Palais devoré par la flamme
Malgré moi flatte mon ardeur ;
Mais je ne fens qu'avec horreur
Le perfide plaifir qui renaît dans mon ame.
Dieux , juftes Dieux , vengez- les-, vengez vous ;
Lancez vos traits ; je me livre à vos coups .
I
I. Vol.
Le
1192 MERCURE DE FRANCE
Le fecond Acte où le Théatré repréſente
une folitude affreuse & l'entrée de l'antre de
Phorbas & d'Ifmene , n'eft gueres plus
chargé d'action que le précedent. Phorbas
& Ilmene le préparent à fervir Pelée
malgré lui même . Ceix accufe les Dieux
de fon malheur , & les irrite par ces blafphêmes
:
Dieux cruels ! puniffez ma rage & mes murmu
res ;
Frappor , Dieux inhumains , comblez votre ri
gueur ;
Vous plaiſez vous à voir dans mes injures
L'excès du defefpoir où vous livrer mon coeur.
Dans la croyance où il eft que les Dieux
font armés contre lui , il fe réfoud à armer
les Enfers contre eux . Phorbas & If
mene feignent de le fervir malgré eux ;
ils confultent les Enfers. Voici l'oracle
que Phorbas lui prononce , en lifant fon
fort dans les Enfers qu'il a tranfportés en
ces lieux
par fes enchantemens , où dont
il leur fait voir la terrible, apparence.
Que vois-je ? où fuis-je ? ô Ciel ! quels effroyables
cris !
Infortuné tu perds l'objet que tú chéris
Od t'entraine l'amour arrête ; tu péris.
Quoique cet oracle paroiffe d'abord ab-.
I. Vol.
ܝ
folu
JUIN. 1730. 1193
folu , Phorbas le rend conditionel
Vers qu'il ajoûte :
par
ces
Hâte toi ; cours chercher du fecours à Claros
Apollon à ton fort peut encor mettre obftacle ;
Il n'eft permis qu'à lui d'affurer ton repos.
Pour le déterminer à partir , Phorbas
lui fait entendre que les jours de fa Princeffe
dépendent de ce voyage. Jufques là
on croit que Phorbas a inventé ce qu'il
vient d'annoncer ; mais il ne laiffe plus
douter qu'il n'ait vû le fort de Ceix
quand il dit en confidence à Ifmene , fon
Ecoliere en Magie :
J'ai vu fon fort ; fon départ va hâter
Les malheurs qu'il croit éviter.
Le Port de Trachines & un Vaiffeau
prêt à partir font la décoration du troifiéme
Acte . Pelée continue à fe livrer à fes
remords ; mais par malheur ils font infruc
tueux. Phorbas le flatte d'un plus heureux
fuccès dans fon amour par le départ de
Ceix ; il lui répond :
L'abfence d'un Rival flatte peu mes defirs
Rien ne rendra mon fort moins déplorable ;
Les maux de ce Rival m'arrachent des foupirs
Je ne puis à la fois être heureux & coupable.
Non , pour un coeur que le remors accable,
I. Vol.
Les
1194 MERCURE DE FRANCE
Les faveurs de l'amour ne font plus des plaifirs .
>
Les Matelots qui doivent conduire Ceix
à Claros viennent témoigner la joye
qu'ils ont de fervir leur Roi . Cette Fête
eft très guaye & très brillante ; elle eft
fuivie des adieux de Ceix & d'Alcione.
Cette Scene eft des plus intereffantes ;
en voici quelques fragmens.
Alcione
Mon coeur à chaque inftant vous croira la victime
t
Des flots & des vents en courroux ;
Je connois l'ardeur qui m'anime ;
Je mourrai des dangers que je craindrai pour
Yous.
Ceix.
Ah ! plus dans cet amour mon coeur trouve de
charmes ,
Et plus je fens pour vous redoubler mes frayeurs.
Laiffez moi fur vos jours diffiper mes allarmes ,
Et ne craignez pour moi que vos propres malheurs
, &c.
Alcione.
Vous partez donc, cruels ! Dieux ! je frémis ; je
tremble ;
Eft-ce ainfi qu'à mes pleurs s'attendrit un Epoux
Laiffez- moi par pitié m'expoſer avec vous ;
Du moins , s'il faut fouffrir , nous fouffrirons enfemble,
&c.
Ceix
JUIN. 1730. 1195
Ceix part après avoir recommandé Alcione
à Pelée ; Alcione fuit le Vaiffeau des
yeux ; & ceffant de voir Ceix , elle s'évanouit
; elle reprend fes fens en prononçant
le nom de Ceix . L'Acte finit
duo entre Alcione & Pelée.
Que j'éprouve un fupplice horrible !
Ciel , ne nous donnez -vous ,
Un coeur tendre & fenfible ,
par ce
Que pour le mieux percer de vos funeftes coups
Alcione commence le 4 Acte par ce
beau Monologue . Le Théatre reprefente
le Temple de Junon ,
Amour, cruel Amour , fois touché de mes peines,
Ecoute mes foupirs & voi couler mes pleurs.
Depuis que je fuis dans tes chaînes ,
Tu m'as fait éprouver les plus affreux malheurs ,
Le départ d'un Amant a comblé mes douleurs ;
Mais malgré tant de maux, fi tu me le ramenes,
Je te pardonne tes rigueurs.
Amour , &c.
La Grande Prêtreffe de Junon & fa fuite
viennent implorer la Déeffe en faveur de
Ceix & d'Alcione , ce qui forme le Divertiffement.
Alcione s'endort par un
pouvoir auquel elle ne peut refifter . Le
Dieu du fommeil ordonne qu'on la laiffe
I. Vol.
feule
1196 MERCURE DE FRANCE
feule , après avoir fait entendre qu'il va
executer les ordres fouverains de Junona
Voici ce qui donne lieu à cette fameuſe
tempête d'Alcione , fi connuë & fi admirée
:
Le Sommeil.
Volez , fonges , volez ; faites lui voir l'orage
Qui dans ce même inftant lui ravit fon Epoux ;
De l'onde foulevée imitez le courroux ',
Et des vents déchaînés l'impitoyable rage.
Toi qui fçais des Mortels emprunter tous les
traits ,
Morphée , à fes efprits offre une vaine image ;
Préfente lui Ceix dans l'horreur du naufrage ,
Et qu'elle entende fes regrets. &c.
Les fonges executent les ordres de Jus
non & du Dieu du fommeil. Alcione à
fon réveil ne peut mieux remercier Junon
que par ces Vers :
Déeffe, c'eft donc toi qui m'offres cette image
Tu viens m'avertir de mon fort ;
Eh bien pour prix de mon hommage ,
Acheve & donne moi la mort.
'Au cinquième Acte , Le Théatre repré .
fente un endroit des Jardins de Ceix Le
commencement de la Scene fe paffe dans la
nuit .
I. Vol. Les
JUIN, 1730, 1197
Les remors de Pelée vont toûjours en
augmentant ; l'ombre de Ceix les a re
doublez : il le fait connoître par ces Vers
L'ombre de mon ami s'éleve contre moi ;
Je vois couler les pleurs , j'entends fes cris funes
bres &c.
Alcione reproche à fes Suivantes la
cruauté qu'elles ont eue de lui arracherle
fer & le poifon ; Pelée la preffe de vivre
pour venger Ceix ; il lui promet de
lui livrer l'Auteur du crime , pourvû
qu'elle lui jure de lui percer le coeur. Al
cione fait le ferment que Pelée lui demande
; Pelée lui donne fon épée , &lui montre
fon coeur à fraper, Alcione faifie d'horreur
veut ſe frapper elle- même , après
avoir dit çe Vers ; се
Eh bien , fi vous m'aimez , ma mort va vous
punir.
Ses Suivantes lui , retiennent le bras
Phofphore vient calmer fon defefpoir par
ces Vers :
Ce que le fort m'apprend doit calmer tes allar
mes ;
Alcione , le Ciel va te rendre mon Fils
Aujourd'hui , pour prix de tes larmes ,
Vous devez fur ces bords être à jamais unis,
I. Vol. Pelée
1198 MERCURE DE FRANCE
Pelée reçoit ce nouvel Oracle avec beau
de moderation; il quitte pour jamais
Alcione , en lui diſant :
Coup
Pardonnez-moi le feu qui me dévore,
Je vais loin de vos yeux expier mes défirs ;
Je vais percer ce coeur qui vous adore
Et je meurs trop heureux encore ,
Si le Ciel à mes maux égale vos plaiſirs,
Alcione lui rend générofité pour générofité
; elle dit :
C'eft l'ami de Ceix ; ciel , pour lui je t'implore.
Le bonheur que Phoſphore a annoncé à
Alcione eft acheté par de mortelles allarmes;
elle apperçoit un corps pouffé par les
vagues fur le rivage ; elle approche & reconnoît
que c'est celui de fon Amant; elle
prend l'épée de fon cher Ceix, & s'en frappe.
Neptune pour réparer les maux qu'il
leur a faits , les reffufcite tous deux & les
rend immortels. Les Peuples celebrent
leur Apothéose.
On ne fçauroit difconvenir qu'il n'y ait
d'excellentes chofes dans la Mufique &
dans le Poëme de cet Opéra, Le Muficien
a eu moins de contradicteurs que le Poëte
; mais toutes les Critiques qu'on a faites
contre M. de la Mothe retombent fur
Qvide. Il n'a jamais tant fignalé fon ref-
I. Vol.
pect
JUIN. 1739. 1199
pect pour les anciens que dans cet ouvrage.
On a beau dire que Ceix joue bien de
malheur d'être noyé après avoir épousé
la fille du Dieu des Vents , d'autant plus
qu'il eft lui- même protégé de Neptune .
On ajoute en vain que Junon auroit
bien pû fe paffet de faire offrir à Alcione
qui l'implore , le cruel ſpectacle du naufrage
de fon époux . Tout cela fe trouve
à la lettre dans la Fable fur laquelle on a
compofé cet Opera. Il eft vrai que l'Auteur
n'a pas mis Pelée en fituation de
briller ; mais ce vertueux époux de Thétis
s'eft trouvé pour fon malheur dans la
Cour de Céix , & M. de la Mothe n'a pas
cru devoir chercher ailleurs un Rival de
ce Roy de Trachines , lieu de la Scene ;
s'il ne lui donne pas de la vertu , il lui
donne au moins des remors. Il ne lui
auroit pas été difficile , dit- on , de jetter
tout l'odieux de fa Tragedie fur fon perfonnage
épifodique.
Phorbas animé par fes droits au Trône,
& par l'amour, qu'on auroit pû y ajoûter
pour Alcione , auroit agi d'une maniere
moins indécife , & on auroit vû en lui.
plus de crimes que de remors. Quelques
Critiques trop feyeres ont encore reproché
à M. de la Mothe , l'amour que Pelée
reffent pour Alcione , tout uni qu'il eft
avec Thétis par des noeuds immortels ;
I. Vol.
mais
1200 MERCURE DE FRANCE .
mais M, de la Mothe peut aifément réfuter
cette objection , en difant qu'il fuppofe
que Pélée n'a pas encore époufé
Thétis; quoiqu'Ovide le faffe pere d'Achille
avant fon arrivée à la Cour de Céix;
un auteur de Tragédie n'eft pas efclave
des temps jufqu'à n'ofer en faire la moin,
dre tranfpofition, quand le fujet qu'il trai
te en a befoin. 1
Cet Opera n'a jamais été fi-bien exécuté
qu'à cette feconde repriſe , les rôles de
Céix & d'Alcione y font rendus d'une
maniere tres-pathetique par le fieur Triboult,
& par la DePeliffier, le S'Chaffe prête
au fien tout l'interêt dont il eft fufceptible.
Le fieur du Moulin , & les Dlles Camargo
& Salé brillent chacune dans leur
genre. Tous les autres Acteurs chantans
& dançants fe diftinguent auffi , & contribuent
, à l'envi , au fuccès.
le de Mufique donna la premiere
Repréſentation d'Alcione , Tragédie de
M. de La Mothe & de M. Marais. Cet
Opera fut donné pour la premiere fois
le 18. Fevrier 1706. le fuccès qu'il eut engagea
à le remettre au Théatre le 17.
Avril 1719. la repriſe ne répondit pas aux
efperances qu'on en avoit conçues dans
fa naiffance ; mais on vient de rendre à
cet Ouvrage la juftice qui lui eft dûë . Le
Poëte & le Muficien ont partagé les applaudiffemens
; & fi quelques Critiques
fe font élevés contre le Poëme , M. de
La Mothe n'y a donné lieu que pour
s'être un peu trop fcrupuleufement attaché
à la maniere dont Ovide a traité ce
ſujet ; tant il eſt vrai que dans les Ou
vrages de Théatre , le vrai -femblable doit
être préferé au vrai. Au refte , le Public
trouve ce Poëme très bien écrit , & rempli
d'efprit & de fentimens on en va juger
par quelques morceaux.
Le Theatre représente au Prologue le Mont
Tmole ; des Fleuves & des Nayades appuyés
fur leurs urnes occupent la Montagne , &
I. Vol. forJUIN
1730. 1189
Forment une efpecè de cafcade.
Tmole fait connoître qu'Apollon &
Pan l'ont chiofi pour Arbitre de leurs
Chants. Pan choifit la guerre pour fujet.
Voici comment il s'exprime :
Fuyez , Mortels , fuyez un indigne repos ;
Non , ne vous plaignez plus des horreurs de la
guerre ; 1
Elle vous donne les Héros ;
Elle fait les Dieux de la Terre.
Courez affronter le trépas ;
Allez jouir de la victoire .
Sur fon front couronné , qu'elle étale d'appas §
L'affreufe mort qui vole au devant de ſes pas
Fait naître l'immortelle gloire.
Apollon celebre les avantages de la
Paix en ces termes :
Aimable Paix , c'eft toi que celebrent mes chants;
Defcends , vien triompher du fier Dieu de la
Thrace.
Tout rit à ton retour tout brille dans nos
champs ;
Dès que tu difparois , tout l'éclat s'en efface.
Regne , Fille du Ciel , mets la Difcorde aux fers;
Que le bruit des tambours dont la terre s'allarme
Ne trouble plus nos doux Concerts.
I. Vol.
Que
1196 MERCURE DE FRANCÉ
Heureux , heureux cent fois le vainqueur qui aè
s'arme
Que pour te rendre à l'Univers.
Le Chaur repete trois Vers de ce qu'Apollon
a chanté ; ce qui peut être ne contribuë
pas peu à déterminer Tmole en
faveur d'Apollon ; il couronne le Dieu '
des Vers , & Pan fe retire , non ſans ſe
plaindre de fon Juge . Le Prologue finit
par des danfes en l'honneur d'Apollon
& de l'Amour. Apollon annonce la Paix
à l'Univers , & ordonne aux Mufes derenouveller
l'Hiftoire des Alcions qui font
regner le calme fur les flots.
Au premier Acte , le Théatre repréſente
une Galerie du Palais de Ceix , terminée par
un endroit du Palais confacré aux Dieux.
Cet Acte n'eft pas chargé de beaucoup
d'action. Pelée amoureux d'Alcione , que
Ceix , Roi de Trachines , & fon ami ,
va époufer , témoigne fon defefpoir à
Phorbas , Magicien , dont les Ayeux ont
occupé le Trône de Ceix ; Phorbas lui
promet le fecours des Enfers pour troubler
un Hymen fi fatal à fon amour ; la
vertu de Pelée s'oppofe à cette perfidie ;
il le fait connoître par ces Vers :
Amour , cede à mes pleurs , & refpecte ma
gloire ;
Ah ! laiffe-moi brifer mes fers.
I. Vol. C'eft
I JUIN. 1730. 1191
C'est trop à la vertu difputer la victoire ,
Contente-toi , cruel , des maux que j'ai foufferts
Amour &c.
Phorbas le veut fervir malgré lui , &
lui dit :
Iſmene & moi , nous allons par nos charmes
Secourir votre amour contre votre vertu.
Pelée ne donne qu'un demi confentement
, exprimé par ce Vers :
}
Arrête ... on vient , ô Ciel , à quoi me réduis-tu?” ,
Ceix vient avec Alcione ; ils font fuivis
de leurs Sujets qui font le divertiffement.
Le Grand Prêtre invite ces deux Amans
à s'approcher de l'Autel. Ils n'achevent
pas le facré ferment qui doit les unir ; le
tonnerre gronde ; des Furies fortent des
Enfers ; elles faififfent en volant les flambeaux
des Prêtres , & embrafent tout le
Palais. Pelée témoigne fes remords par
ces Vers :
-Cet Autel , ce Palais devoré par la flamme
Malgré moi flatte mon ardeur ;
Mais je ne fens qu'avec horreur
Le perfide plaifir qui renaît dans mon ame.
Dieux , juftes Dieux , vengez- les-, vengez vous ;
Lancez vos traits ; je me livre à vos coups .
I
I. Vol.
Le
1192 MERCURE DE FRANCE
Le fecond Acte où le Théatré repréſente
une folitude affreuse & l'entrée de l'antre de
Phorbas & d'Ifmene , n'eft gueres plus
chargé d'action que le précedent. Phorbas
& Ilmene le préparent à fervir Pelée
malgré lui même . Ceix accufe les Dieux
de fon malheur , & les irrite par ces blafphêmes
:
Dieux cruels ! puniffez ma rage & mes murmu
res ;
Frappor , Dieux inhumains , comblez votre ri
gueur ;
Vous plaiſez vous à voir dans mes injures
L'excès du defefpoir où vous livrer mon coeur.
Dans la croyance où il eft que les Dieux
font armés contre lui , il fe réfoud à armer
les Enfers contre eux . Phorbas & If
mene feignent de le fervir malgré eux ;
ils confultent les Enfers. Voici l'oracle
que Phorbas lui prononce , en lifant fon
fort dans les Enfers qu'il a tranfportés en
ces lieux
par fes enchantemens , où dont
il leur fait voir la terrible, apparence.
Que vois-je ? où fuis-je ? ô Ciel ! quels effroyables
cris !
Infortuné tu perds l'objet que tú chéris
Od t'entraine l'amour arrête ; tu péris.
Quoique cet oracle paroiffe d'abord ab-.
I. Vol.
ܝ
folu
JUIN. 1730. 1193
folu , Phorbas le rend conditionel
Vers qu'il ajoûte :
par
ces
Hâte toi ; cours chercher du fecours à Claros
Apollon à ton fort peut encor mettre obftacle ;
Il n'eft permis qu'à lui d'affurer ton repos.
Pour le déterminer à partir , Phorbas
lui fait entendre que les jours de fa Princeffe
dépendent de ce voyage. Jufques là
on croit que Phorbas a inventé ce qu'il
vient d'annoncer ; mais il ne laiffe plus
douter qu'il n'ait vû le fort de Ceix
quand il dit en confidence à Ifmene , fon
Ecoliere en Magie :
J'ai vu fon fort ; fon départ va hâter
Les malheurs qu'il croit éviter.
Le Port de Trachines & un Vaiffeau
prêt à partir font la décoration du troifiéme
Acte . Pelée continue à fe livrer à fes
remords ; mais par malheur ils font infruc
tueux. Phorbas le flatte d'un plus heureux
fuccès dans fon amour par le départ de
Ceix ; il lui répond :
L'abfence d'un Rival flatte peu mes defirs
Rien ne rendra mon fort moins déplorable ;
Les maux de ce Rival m'arrachent des foupirs
Je ne puis à la fois être heureux & coupable.
Non , pour un coeur que le remors accable,
I. Vol.
Les
1194 MERCURE DE FRANCE
Les faveurs de l'amour ne font plus des plaifirs .
>
Les Matelots qui doivent conduire Ceix
à Claros viennent témoigner la joye
qu'ils ont de fervir leur Roi . Cette Fête
eft très guaye & très brillante ; elle eft
fuivie des adieux de Ceix & d'Alcione.
Cette Scene eft des plus intereffantes ;
en voici quelques fragmens.
Alcione
Mon coeur à chaque inftant vous croira la victime
t
Des flots & des vents en courroux ;
Je connois l'ardeur qui m'anime ;
Je mourrai des dangers que je craindrai pour
Yous.
Ceix.
Ah ! plus dans cet amour mon coeur trouve de
charmes ,
Et plus je fens pour vous redoubler mes frayeurs.
Laiffez moi fur vos jours diffiper mes allarmes ,
Et ne craignez pour moi que vos propres malheurs
, &c.
Alcione.
Vous partez donc, cruels ! Dieux ! je frémis ; je
tremble ;
Eft-ce ainfi qu'à mes pleurs s'attendrit un Epoux
Laiffez- moi par pitié m'expoſer avec vous ;
Du moins , s'il faut fouffrir , nous fouffrirons enfemble,
&c.
Ceix
JUIN. 1730. 1195
Ceix part après avoir recommandé Alcione
à Pelée ; Alcione fuit le Vaiffeau des
yeux ; & ceffant de voir Ceix , elle s'évanouit
; elle reprend fes fens en prononçant
le nom de Ceix . L'Acte finit
duo entre Alcione & Pelée.
Que j'éprouve un fupplice horrible !
Ciel , ne nous donnez -vous ,
Un coeur tendre & fenfible ,
par ce
Que pour le mieux percer de vos funeftes coups
Alcione commence le 4 Acte par ce
beau Monologue . Le Théatre reprefente
le Temple de Junon ,
Amour, cruel Amour , fois touché de mes peines,
Ecoute mes foupirs & voi couler mes pleurs.
Depuis que je fuis dans tes chaînes ,
Tu m'as fait éprouver les plus affreux malheurs ,
Le départ d'un Amant a comblé mes douleurs ;
Mais malgré tant de maux, fi tu me le ramenes,
Je te pardonne tes rigueurs.
Amour , &c.
La Grande Prêtreffe de Junon & fa fuite
viennent implorer la Déeffe en faveur de
Ceix & d'Alcione , ce qui forme le Divertiffement.
Alcione s'endort par un
pouvoir auquel elle ne peut refifter . Le
Dieu du fommeil ordonne qu'on la laiffe
I. Vol.
feule
1196 MERCURE DE FRANCE
feule , après avoir fait entendre qu'il va
executer les ordres fouverains de Junona
Voici ce qui donne lieu à cette fameuſe
tempête d'Alcione , fi connuë & fi admirée
:
Le Sommeil.
Volez , fonges , volez ; faites lui voir l'orage
Qui dans ce même inftant lui ravit fon Epoux ;
De l'onde foulevée imitez le courroux ',
Et des vents déchaînés l'impitoyable rage.
Toi qui fçais des Mortels emprunter tous les
traits ,
Morphée , à fes efprits offre une vaine image ;
Préfente lui Ceix dans l'horreur du naufrage ,
Et qu'elle entende fes regrets. &c.
Les fonges executent les ordres de Jus
non & du Dieu du fommeil. Alcione à
fon réveil ne peut mieux remercier Junon
que par ces Vers :
Déeffe, c'eft donc toi qui m'offres cette image
Tu viens m'avertir de mon fort ;
Eh bien pour prix de mon hommage ,
Acheve & donne moi la mort.
'Au cinquième Acte , Le Théatre repré .
fente un endroit des Jardins de Ceix Le
commencement de la Scene fe paffe dans la
nuit .
I. Vol. Les
JUIN, 1730, 1197
Les remors de Pelée vont toûjours en
augmentant ; l'ombre de Ceix les a re
doublez : il le fait connoître par ces Vers
L'ombre de mon ami s'éleve contre moi ;
Je vois couler les pleurs , j'entends fes cris funes
bres &c.
Alcione reproche à fes Suivantes la
cruauté qu'elles ont eue de lui arracherle
fer & le poifon ; Pelée la preffe de vivre
pour venger Ceix ; il lui promet de
lui livrer l'Auteur du crime , pourvû
qu'elle lui jure de lui percer le coeur. Al
cione fait le ferment que Pelée lui demande
; Pelée lui donne fon épée , &lui montre
fon coeur à fraper, Alcione faifie d'horreur
veut ſe frapper elle- même , après
avoir dit çe Vers ; се
Eh bien , fi vous m'aimez , ma mort va vous
punir.
Ses Suivantes lui , retiennent le bras
Phofphore vient calmer fon defefpoir par
ces Vers :
Ce que le fort m'apprend doit calmer tes allar
mes ;
Alcione , le Ciel va te rendre mon Fils
Aujourd'hui , pour prix de tes larmes ,
Vous devez fur ces bords être à jamais unis,
I. Vol. Pelée
1198 MERCURE DE FRANCE
Pelée reçoit ce nouvel Oracle avec beau
de moderation; il quitte pour jamais
Alcione , en lui diſant :
Coup
Pardonnez-moi le feu qui me dévore,
Je vais loin de vos yeux expier mes défirs ;
Je vais percer ce coeur qui vous adore
Et je meurs trop heureux encore ,
Si le Ciel à mes maux égale vos plaiſirs,
Alcione lui rend générofité pour générofité
; elle dit :
C'eft l'ami de Ceix ; ciel , pour lui je t'implore.
Le bonheur que Phoſphore a annoncé à
Alcione eft acheté par de mortelles allarmes;
elle apperçoit un corps pouffé par les
vagues fur le rivage ; elle approche & reconnoît
que c'est celui de fon Amant; elle
prend l'épée de fon cher Ceix, & s'en frappe.
Neptune pour réparer les maux qu'il
leur a faits , les reffufcite tous deux & les
rend immortels. Les Peuples celebrent
leur Apothéose.
On ne fçauroit difconvenir qu'il n'y ait
d'excellentes chofes dans la Mufique &
dans le Poëme de cet Opéra, Le Muficien
a eu moins de contradicteurs que le Poëte
; mais toutes les Critiques qu'on a faites
contre M. de la Mothe retombent fur
Qvide. Il n'a jamais tant fignalé fon ref-
I. Vol.
pect
JUIN. 1739. 1199
pect pour les anciens que dans cet ouvrage.
On a beau dire que Ceix joue bien de
malheur d'être noyé après avoir épousé
la fille du Dieu des Vents , d'autant plus
qu'il eft lui- même protégé de Neptune .
On ajoute en vain que Junon auroit
bien pû fe paffet de faire offrir à Alcione
qui l'implore , le cruel ſpectacle du naufrage
de fon époux . Tout cela fe trouve
à la lettre dans la Fable fur laquelle on a
compofé cet Opera. Il eft vrai que l'Auteur
n'a pas mis Pelée en fituation de
briller ; mais ce vertueux époux de Thétis
s'eft trouvé pour fon malheur dans la
Cour de Céix , & M. de la Mothe n'a pas
cru devoir chercher ailleurs un Rival de
ce Roy de Trachines , lieu de la Scene ;
s'il ne lui donne pas de la vertu , il lui
donne au moins des remors. Il ne lui
auroit pas été difficile , dit- on , de jetter
tout l'odieux de fa Tragedie fur fon perfonnage
épifodique.
Phorbas animé par fes droits au Trône,
& par l'amour, qu'on auroit pû y ajoûter
pour Alcione , auroit agi d'une maniere
moins indécife , & on auroit vû en lui.
plus de crimes que de remors. Quelques
Critiques trop feyeres ont encore reproché
à M. de la Mothe , l'amour que Pelée
reffent pour Alcione , tout uni qu'il eft
avec Thétis par des noeuds immortels ;
I. Vol.
mais
1200 MERCURE DE FRANCE .
mais M, de la Mothe peut aifément réfuter
cette objection , en difant qu'il fuppofe
que Pélée n'a pas encore époufé
Thétis; quoiqu'Ovide le faffe pere d'Achille
avant fon arrivée à la Cour de Céix;
un auteur de Tragédie n'eft pas efclave
des temps jufqu'à n'ofer en faire la moin,
dre tranfpofition, quand le fujet qu'il trai
te en a befoin. 1
Cet Opera n'a jamais été fi-bien exécuté
qu'à cette feconde repriſe , les rôles de
Céix & d'Alcione y font rendus d'une
maniere tres-pathetique par le fieur Triboult,
& par la DePeliffier, le S'Chaffe prête
au fien tout l'interêt dont il eft fufceptible.
Le fieur du Moulin , & les Dlles Camargo
& Salé brillent chacune dans leur
genre. Tous les autres Acteurs chantans
& dançants fe diftinguent auffi , & contribuent
, à l'envi , au fuccès.
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Résumé : Opera d'Alcione, [titre d'après la table]
Le 9 mai, l'Académie Royale de Musique présenta 'Alcione', une tragédie en musique de M. de La Mothe et M. Marais. Cet opéra avait déjà été joué en 1706 et repris en 1719, mais sans le succès attendu. La dernière représentation a été acclamée, partageant les applaudissements entre le poète et le musicien. Certaines critiques ont été formulées contre le poème, M. de La Mothe étant reproché d'avoir trop fidèlement suivi Ovide. L'opéra commence par un prologue où le mont Tmole arbitre entre Apollon et Pan, qui chantent respectivement les mérites de la paix et de la guerre. Apollon est couronné, et le prologue se termine par des danses en l'honneur d'Apollon et de l'Amour. Dans le premier acte, Pelée, amoureux d'Alcione, exprime son désespoir à Phorbas, un magicien. Phorbas propose d'utiliser la magie pour troubler le mariage entre Alcione et Ceix, roi de Trachines et ami de Pelée. Pelée refuse initialement, mais Phorbas insiste. Lors de la cérémonie de mariage, un tonnerre interrompt la célébration, et des furies mettent le feu au palais. Dans le second acte, Phorbas et Ismène préparent un oracle pour Ceix, qui accuse les dieux de son malheur. L'oracle lui conseille de se rendre à Claros pour consulter Apollon. Ceix part, laissant Alcione en larmes. Le troisième acte se déroule au port de Trachines, où Ceix et Alcione échangent des adieux poignants avant le départ de Ceix. Alcione s'évanouit après avoir perdu de vue Ceix. Dans le quatrième acte, Alcione, désespérée, implore Junon en rêve. Junon lui montre la mort de Ceix dans une tempête. À son réveil, Alcione est dévastée. Le cinquième acte commence dans les jardins de Ceix. Pelée, tourmenté par les remords, rencontre Alcione. Ils décident de se venger mutuellement, mais Phosphore annonce que Ceix est vivant. Alcione trouve le corps de Ceix sur le rivage et se suicide. Neptune les ressuscite et les rend immortels, célébrant leur apothéose. La représentation a été particulièrement bien exécutée, avec des interprétations émotives des rôles principaux par le sieur Triboult et la demoiselle Delpissier. Le sieur Chasse, ainsi que les demoiselles Camargo et Salé, se sont également distingués. Tous les acteurs, qu'ils chantent ou dansent, ont contribué au succès de la représentation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4819
p. 1200-1201
« L'Academie Royale de Musique a repris l'Opera de Thesée. On prépare le Carnaval [...] »
Début :
L'Academie Royale de Musique a repris l'Opera de Thesée. On prépare le Carnaval [...]
Mots clefs :
Thésée, Comédiens-Italiens, Académie royale de musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Academie Royale de Musique a repris l'Opera de Thesée. On prépare le Carnaval [...] »
L'Academie Royale de Mufique a re
pris l'Opera de Thefee. On prépare le Carnaval
& la Folie , Ballet.
Les Comédiens François remirent au
Théatre au commencement de ce mois
la petite Comédie des trois Gafcons.Ils donnerent
le 24 , la Tragédie d'Andromaque
dans laquelle la jeune Dule Dangeville , qui
n'avoit encore brillé que dans des Rôles
Comiques , joua celui d'Hermione ; elle y
I. Vol. fut
JUIN. 1730.
1201
fut generalement applaudie , & les plus
difficiles furent également fatisfaits &
étonnez de trouver tant de talens dans
une auffi jeune perfonne. Le fieur Dangeville
fon frere , a été reçu depuis peu,
dans cette Troupe , à laquelle if ya eu
quelques changemens. Les fieurs Dumirail
& du Chemin fils , & les Dlles le Grand
& de Cléves n'y font plus .
Le 14. les Comédiens Italiens donnerent
la premiere Repréſentation d'une
Piéce nouvelle en Profe & en trois Actes ,
avec trois Divertiffemens , compofez de
Danfes & de Vaudevilles , intitulée : PAmoureuxfans
le fçavoir ; laquelle n'ayant
pas été goûtée du public , n'a eu qu'une
feule Repréfentation,
pris l'Opera de Thefee. On prépare le Carnaval
& la Folie , Ballet.
Les Comédiens François remirent au
Théatre au commencement de ce mois
la petite Comédie des trois Gafcons.Ils donnerent
le 24 , la Tragédie d'Andromaque
dans laquelle la jeune Dule Dangeville , qui
n'avoit encore brillé que dans des Rôles
Comiques , joua celui d'Hermione ; elle y
I. Vol. fut
JUIN. 1730.
1201
fut generalement applaudie , & les plus
difficiles furent également fatisfaits &
étonnez de trouver tant de talens dans
une auffi jeune perfonne. Le fieur Dangeville
fon frere , a été reçu depuis peu,
dans cette Troupe , à laquelle if ya eu
quelques changemens. Les fieurs Dumirail
& du Chemin fils , & les Dlles le Grand
& de Cléves n'y font plus .
Le 14. les Comédiens Italiens donnerent
la premiere Repréſentation d'une
Piéce nouvelle en Profe & en trois Actes ,
avec trois Divertiffemens , compofez de
Danfes & de Vaudevilles , intitulée : PAmoureuxfans
le fçavoir ; laquelle n'ayant
pas été goûtée du public , n'a eu qu'une
feule Repréfentation,
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Résumé : « L'Academie Royale de Musique a repris l'Opera de Thesée. On prépare le Carnaval [...] »
En juin 1730, l'Académie Royale de Musique a repris l'opéra 'Théée' et préparait un ballet intitulé 'Le Carnaval et la Folie'. Les Comédiens Français ont rouvert leur théâtre au début du mois avec la pièce 'Les Trois Gafcons'. Le 24 juin, ils ont joué 'Andromaque', où Mlle Dangeville a interprété Hermione, malgré son expérience principalement comique, elle a été acclamée par le public. Son frère, M. Dangeville, a récemment rejoint la troupe, qui a également vu plusieurs départs, notamment ceux des sieurs Dumirail et du Chemin fils, ainsi que des demoiselles Le Grand et de Clèves. Le 14 juin, les Comédiens Italiens ont présenté 'Les Amoureux sans le savoir', une pièce en prose et en trois actes, accompagnée de divertissements musicaux. Cependant, cette pièce n'a pas été appréciée du public et n'a eu qu'une seule représentation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4820
p. 1202-1210
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Smirne, le 20 Janvier 1730. Réjoüissances faites au sujet de la Naissance de MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Début :
Mr de Fontenu, Consul de France à Smirne, ayant reçû cette heureuse nouvelle, assembla [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Consul, Roi, Fête, Smyrne, Armes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Smirne, le 20 Janvier 1730. Réjoüissances faites au sujet de la Naissance de MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Smirne, le 20Janvier 1730. Réjouiffances
faites au fujet de la Naiffance de MON
SEIGNEUR LE DAUPHIN.
R de Fontenu, Conful de France à Smirne,
M'ayant reçu cette heureufe nouvelle , af
fembla chez lui toute la Nation , lui communiqua
les ordres qu'il venoit de recevoir , & fit à
cette occafion un fort beau Difcours. Il fut réfolu
que pour célébrer dignement un tel événement
, on fe conformeroit en quelque façon à ce
qui s'étoit pratiqué en cette Echelle en 1704.
Vol
la
JUIN. 1730. 1203
la naiffance du Duc de Bretagne. La Nation don
na en même -temps aux Sieurs de Saint - Amant
& Vincent , Députez du Commerce , les pou
voirs neceffaires pour faire travailler aux prépa
ratifs.
Le Conful envoya quelques jours après deux
Drogmans , accompagnez de deux Janiffaires,
chez les Confuls d'Angleterre , de Venife &
d'Hollande , pour leur faire part de la Naiffance
du Dauphin. Ils reçurent cette nouvelle avec de
grandes démonftrations de joye,& ils envoyerent
Le même jour complimenter le Conful de Fran
ce par un pareil nombre d'Interpretes & de Janiffaires
; ils vinrent eux-mêmes quelques jours
après en grande cérémonie,accompagnés de plufieurs
perfonnes de leur Nation , témoigner au
Conful la part fincere qu'ils prenoient à fa joye
& à celle de toute la France . M. de Fontenu leur
rendit vifite dans le même ordre & avec les mêmes
cérémonies , & les pria de la Fête.
Le Conful envoya auffi deux de fes Interpre
tes & deux Janiffaires , chez le Muffelem on
Commandant , le Cady ,le Grand Douanier , le
Serdar ou Commandant des Janiffaires & autres
Puiffances du Païs,pour leur notifier la Naiffance
du Dauphin, à laquelle ils parurent fort fenfibles;
ils ne le furent pas moins aux préfens que le
Conful leur f ( fuivant l'ufage du Pais ) en Ve
ftes de Draps, Caffé, Chocolat & toutes fortes de
Confitures.
La Fête commença le 18 Decembre.On arbora
d'abord le Pavillon de France à la Maiſon
Confulaire, qui fut à l'inſtant falué d'une déchar
.ge de 150 Boëtes & par 200 coups de Canons
des Vaiffeaux François , Anglois , Vénitiens &
Hollandois qui étoient dans le Port. On fit couler
en même temps une Fontaine de vin qui ne
1 Vole Gij difcon1204
MERCURE DE FRANCE
difcontinua que bien avant dans la nuit;une mul
xitude de peuple de toutes fortes de Nations vint
s'y défalterer , pouffant des cris réiterez de joye,
& ne ceffant de boire à la ſanté du Roy , de la
Reine & du Prince nouveau né.
- A trois heures , toute la Nation de France, magnifiquement
habillée , s'étant rendue à la Mai
fon Confulaire , on fe mit en marche. Le Conful
étoit précédé de fes Janniffaires & Interpre
tes , & fuivi de trente Négotians François qui
donnoient la main à un pareil nombre de Dames.
Il fut reçu à la porte de l'Eglife des Capu
cins par le Religieux qui devoit officier. L'Egli
fe de ces Peres, qui eft une des plus belles de tout
de Levant , étoit ornée extraordinairement de
riches Tapifleries , &c. On avoit placé dans le
fond de l'Eglife un magnifique Dais , fous lequel
étoient les Portraits du Roy & de la Reine.
Il regnoit autour de l'Eglife une ceinture de Feftons
, de Luftres , de Tableaux & d'Ecuffons aux
armes du Roy , de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin & de la Ville de Marfeille.
Gloriam
La Cérémonie commença par l'Eloge du Roy,
que le P. Barnabé , Superieur des Capucins , prononça
avec beaucoup d'applaudiffement. Il prit
pour texte ces paroles d'un Pleaume
regni tui dicent: On chanta enfuite le Te Deum
au bruit de 150 Boëtes & de toute l'Artillerie
des Vaiffeaux & autres Bâtimens de toutes fortes
de Nations qui fe trouverent dans le Port. On fit
après la Proceffion autour du Cloître , laquelle
fut terminée en rentrant dans l'Eglife par l'Exau
diat & la benediction du S. Sacrement. Le Conful
fe remit en marche dans le même ordre qu'il
étoit venu , éclairé d'un grand nombre de Flam
beaux , & au fon de tous les Inftrumens qu'on
Byoit pû raffembler; il eut bien de la peine à par
yenir
JUIN. 1730. 1205
venir jufqu'à la porte de la Maiſon Confulaire
tout le peuple y étant accouru pour voir l'illu
mination qui étoit fuperbe par la quantité &
l'arrangement des lumieres ; on avoit placé à
l'extrémité des aîles du Corps de Logis qui don
ne fur la rue , un Arc de Triomphe à deux faces
, de 21 pieds de hauteur,fur 17 de large, foûtenu
par huit Colonnes d'ordre Ionique , entoutées
de Feftons ; fur l'entablement defquelles
étoient les Armes de Monfeigneur le Dauphin ,
& plufieurs Urnes enflammées. L'Arcade avoit
12 pieds de hauteur fur fix de largeur. Elle étoit
furmontée de chaque côté par un beau Cartou
che , dans lequel on lifoit les Infcriptions fui
yantes ;
REGI, REGINE,
ET NATATIBUS
Galli
DELPHINI
Smirnis commorantes
Benè precantur.
L'Infcription du côté de la Cour , étoit
Sereniffimi Delphini incunabulis ,
Galli faufta acclamantes ,
Hunc Arcum triumphalem erexere.
M. D C C. XXI X.
On voyoit au-deffus du Cartouche les Armes
de France , & dans les Intercolonnes de grands
Vafes , chargez de fleurs avec leurs Piédeftaux
fur lefquels on avoit placé plufieurs Emblêmes
convenables au Prince auquel elles étoient appli
quées. Il y en avoit deux de chaque côté .
Une Etoille brillante de la premiere grandeur ,
1. Vol.
au G
1206 MERCURE DE FRANCE.
au coeur de laquelle étoit une Hermine, avec ces
mots :
Nova Lux Pronuntia Pacis.
Un Chêne dans fa vigueur , de lá Tige duquel
fortoient d'autres Chênes de differentes hauteurs.
Plura videbit.
Un Soleil qui diffipe un nuage :
Dum orior umbra fugit.
Un Lionceau dans une Forêt.
Avita virtutis non degener.
'Au fond de la Cour , faifant face à l'Arc de
triomphe , étoit la Fontaine de Vin , & aux côtez
deux Piramides quadrangulaires , hautes de
17 pieds , furmontées d'une Fleur de Lys à quatre
faces , & foutenues par deux Piedeftaux , fur
lefquels on voyoit les Emblêmes fuivantes ":
Un Oranger chargé tout à la fois de fleurs &
de fruits , avec ces paroles :
Gaudia fpemque fimul.
Hercule au berceau , ſe débarraffant de fes
langes , & étoufant un Serpent.
Hinc virtus & labor.
Un grand Lys & de petits Lys qui naiffent de
fa tige.
Ex Lilio Lilia.
Un Grenadier chargé de fruits qui ont tous
cette propriété d'avoir une espece de Diadême.
Nafcendo fert Coronam.
Plufieurs perfonnes devant un Palais qui regardent
un Soleil levant .
Expectatus adeft.
1. Vel.
Une
JU.IN. 1730. 1207
Une Ruche avec un effain d'Abeilles autour de
leur Roy.
Exultatio publica.
Entre les deux Piramides étoient les Armes de
France dans un grand ovale, à bordure dorée, de
18 pieds de tour & plus haut, à quelque diftance
les Portraits du Roy & de la Reine, en grand,
couronnez de Lauriers , de Rofes , d'Oeillets &
des plus belles fleurs qu'on avoit pu trouver
tous les Pilliers de la Cour & des Galeries étoient
entourez de Mirtes , de Guirlandes & de Feftons.
Il y avoit un pareil Tableau aux armes du Roy,
dans l'enfoncement du Corps de Logis du côté
de la ruë.
Sur les cinq heures du foir la Maifon Confu
laire parut toute en feu dans moins d'un quart
d'heure ; l'Arc de triomphe , & les deux grands
Tableaux , aux armes du Roy , étoient chargez
d'un nombre infini de Lampions , & les deux Piramides,
depuis leurs bafes jufqu'en haut, des Fanaux
aux armes du Roy & de Monfeigneur le
Dauphin.
La Galerie qui regne autour de la Maiſon étoit
auffi extraordinairement éclairée par quatre ceintures
de lumieres, placées avec fimétrie . Toutes ces
Jumieres ainfi difpofées fembloient fe multiplier
fans nombre par la réfléxion des Vitrages ; &
enfin cette illumination fut vue avec admiration
par toutes les differentes Nations établies à Smirne.
Le derriere de la Maiſon qui fait face à la
Mer , n'étoit pas moins bien éclairée , & faifoit
une perfpective charmante pour ceux qui étoient
fur les Vaiffeaux & fur les autres Bâtimens du
Port.On avoit employé plus de 6000 Fanaux ou
Lampions à cette illumination , fans compter
tous les appartemens qui étoient éclairez par
une quantité tres confiderable de Luftres , Gi-
I. Vol. Giuj randoles
208 MERCURE DE FRANCE
randoles , Flambeaux d'argent & de Bras dofez
garnis de bougies .
On commença lè Bal à fix heures qu'on difcontinua
à huit pour fe mettre à table , il y en
avoit quatre de 60 , 50 , 40 & 25 couverts qui
qui furent fervies avec autant de profufion que
de délicateffe, outre deux autres Tables de 30 couverts
chacune , chez deux particuliers de la Nation
, voifins de la Maiſon Confulaire , pour les
Perfonnes qui n'auroient pas pú trouver place
chez le Conful.
Pendant le repas on but les fantez du Roy , de
la Reine , de Monfeigneur le Dauphin , à la profperité
des Nations , chacune en particulier , à
celles des Ambaffadeurs ou Réfidens à la Porte
& on finit par celle des Souverains. On fit a
chaque fanté une falve de cent coups de Canon
des Vaiffeaux François , mouillez vis - à - vis la
Maiſon Confulaire. On refta à table jufqu'à minuit
, & on recommença le Bal , qui ne finit qu'à
fept heures du matin.
Quoiqu'on eut fixé la durée de la Fête à trois
jours , elle continua deux jours de plus à diverfes
repriſes. La Maiſon Confulaire fut également
illuminée , & le vin coula pour le peuple. Il n'y
cut pendant les deux derniers jours que trois Tables
de 60 , de 40 & de 25 couverts , les Nations
Etrangeres n'ayant point été invitées.
Le Vicaire Apoftolique qui réfide à Smirne &
qui eft à la tête du Clergé,s'eft trouvé à toutes les
fonctions de l'Eglife , & à un des repas.
Le fecond jour , le Muffelem , le Grand Douanier
, & autres Turcs de diftinction , voulurent
être témoins de la Fête ; ils pafferent une partie
de la nuit à voir danfer; ils fouperent même dans
·la Sale du Bal , où le Conful leur fit fervir fur
un Sopha , toute forte de Mets à la Turque ,fans
J. Vol. compter
JUIN. 1730. 12.00
compter le Caffé, le Sorbet , Parfums , &c . Ils fe
retirerent à trois heures du matin , autant char
mez de ce qu'ils avoient vûs , que de la maniere
noble & gracieufe avec laquelle le Conful les
avoit reçûs.
marques de
Toutes les différentes Nations de cette Echelle
ont donné dans cette occafion des
joye ; mais les Courtiers Juifs des Négocians
François , fe font particulierement diftinguez.
Ils vinrent le premier jour de la Fête au nombre
de plus de cent à la Maiſon Confulaire, pré-
*cédez de plufieurs Joueurs d'Inftrumens à la ma
niere du Païs. Ils marchoient deux à deux avec
chacun un Cierge allumé à la main.
"
Au milieu de cette efpece de Proceffion,s'élevoit
un Arc de triomphe , porté par quatre perfonnes
, tres -bien illuminé & chargé d'Ecuffons , &
de Banderolles aux arines de France & du Dau
phin ; ils firent le tour de la Cour en danſant
& criant à plufieurs reprifes : Vive le Roy Après
quoi ils allerent fe placer dans deux grandes
Chambres qu'on leur avoit deſtinées au Rez-dechauffée
, où ils trouverent trois Tables couver
tes de differentes Confitures , de Caffé & autres
rafraichiffements qu'ils diftribuoient à tous
venans.
Enfin on
-
peut dire que cette Fête a été des plus
galantes , des mieux ordonnées & des plus magnifiques
; & ce qui a paru de plus extraordi
naire , eft que toute la Maifon Confulaire s'é
tant trouvée remplie de differentes Nations
& en tres grand nombre , le vin y ait été
diftribué dans la plus grande abondance ; il n'eft
pas cependant arrivé le moindre défordre , par
les bons ordres que le Conful avoit donnez. Son
zéle infatigable à fuppléé à tout ; les Sieurs de
a
Saint- Amand & Vincent, Députez du Commer- >
1. Voig
1210 MERCURE DE FRANCE
ce en exercice , ont parfaitement bien ſecondé
-le zele de M. le Conful , de même que le fieur
de S. Amand le cadet , qui s'eft donné beaucoup
de foin pour la conftruction de l'Arc de triomphe
, & des Piramides dont il avoit donné les
deffeins.
Smirne, le 20Janvier 1730. Réjouiffances
faites au fujet de la Naiffance de MON
SEIGNEUR LE DAUPHIN.
R de Fontenu, Conful de France à Smirne,
M'ayant reçu cette heureufe nouvelle , af
fembla chez lui toute la Nation , lui communiqua
les ordres qu'il venoit de recevoir , & fit à
cette occafion un fort beau Difcours. Il fut réfolu
que pour célébrer dignement un tel événement
, on fe conformeroit en quelque façon à ce
qui s'étoit pratiqué en cette Echelle en 1704.
Vol
la
JUIN. 1730. 1203
la naiffance du Duc de Bretagne. La Nation don
na en même -temps aux Sieurs de Saint - Amant
& Vincent , Députez du Commerce , les pou
voirs neceffaires pour faire travailler aux prépa
ratifs.
Le Conful envoya quelques jours après deux
Drogmans , accompagnez de deux Janiffaires,
chez les Confuls d'Angleterre , de Venife &
d'Hollande , pour leur faire part de la Naiffance
du Dauphin. Ils reçurent cette nouvelle avec de
grandes démonftrations de joye,& ils envoyerent
Le même jour complimenter le Conful de Fran
ce par un pareil nombre d'Interpretes & de Janiffaires
; ils vinrent eux-mêmes quelques jours
après en grande cérémonie,accompagnés de plufieurs
perfonnes de leur Nation , témoigner au
Conful la part fincere qu'ils prenoient à fa joye
& à celle de toute la France . M. de Fontenu leur
rendit vifite dans le même ordre & avec les mêmes
cérémonies , & les pria de la Fête.
Le Conful envoya auffi deux de fes Interpre
tes & deux Janiffaires , chez le Muffelem on
Commandant , le Cady ,le Grand Douanier , le
Serdar ou Commandant des Janiffaires & autres
Puiffances du Païs,pour leur notifier la Naiffance
du Dauphin, à laquelle ils parurent fort fenfibles;
ils ne le furent pas moins aux préfens que le
Conful leur f ( fuivant l'ufage du Pais ) en Ve
ftes de Draps, Caffé, Chocolat & toutes fortes de
Confitures.
La Fête commença le 18 Decembre.On arbora
d'abord le Pavillon de France à la Maiſon
Confulaire, qui fut à l'inſtant falué d'une déchar
.ge de 150 Boëtes & par 200 coups de Canons
des Vaiffeaux François , Anglois , Vénitiens &
Hollandois qui étoient dans le Port. On fit couler
en même temps une Fontaine de vin qui ne
1 Vole Gij difcon1204
MERCURE DE FRANCE
difcontinua que bien avant dans la nuit;une mul
xitude de peuple de toutes fortes de Nations vint
s'y défalterer , pouffant des cris réiterez de joye,
& ne ceffant de boire à la ſanté du Roy , de la
Reine & du Prince nouveau né.
- A trois heures , toute la Nation de France, magnifiquement
habillée , s'étant rendue à la Mai
fon Confulaire , on fe mit en marche. Le Conful
étoit précédé de fes Janniffaires & Interpre
tes , & fuivi de trente Négotians François qui
donnoient la main à un pareil nombre de Dames.
Il fut reçu à la porte de l'Eglife des Capu
cins par le Religieux qui devoit officier. L'Egli
fe de ces Peres, qui eft une des plus belles de tout
de Levant , étoit ornée extraordinairement de
riches Tapifleries , &c. On avoit placé dans le
fond de l'Eglife un magnifique Dais , fous lequel
étoient les Portraits du Roy & de la Reine.
Il regnoit autour de l'Eglife une ceinture de Feftons
, de Luftres , de Tableaux & d'Ecuffons aux
armes du Roy , de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin & de la Ville de Marfeille.
Gloriam
La Cérémonie commença par l'Eloge du Roy,
que le P. Barnabé , Superieur des Capucins , prononça
avec beaucoup d'applaudiffement. Il prit
pour texte ces paroles d'un Pleaume
regni tui dicent: On chanta enfuite le Te Deum
au bruit de 150 Boëtes & de toute l'Artillerie
des Vaiffeaux & autres Bâtimens de toutes fortes
de Nations qui fe trouverent dans le Port. On fit
après la Proceffion autour du Cloître , laquelle
fut terminée en rentrant dans l'Eglife par l'Exau
diat & la benediction du S. Sacrement. Le Conful
fe remit en marche dans le même ordre qu'il
étoit venu , éclairé d'un grand nombre de Flam
beaux , & au fon de tous les Inftrumens qu'on
Byoit pû raffembler; il eut bien de la peine à par
yenir
JUIN. 1730. 1205
venir jufqu'à la porte de la Maiſon Confulaire
tout le peuple y étant accouru pour voir l'illu
mination qui étoit fuperbe par la quantité &
l'arrangement des lumieres ; on avoit placé à
l'extrémité des aîles du Corps de Logis qui don
ne fur la rue , un Arc de Triomphe à deux faces
, de 21 pieds de hauteur,fur 17 de large, foûtenu
par huit Colonnes d'ordre Ionique , entoutées
de Feftons ; fur l'entablement defquelles
étoient les Armes de Monfeigneur le Dauphin ,
& plufieurs Urnes enflammées. L'Arcade avoit
12 pieds de hauteur fur fix de largeur. Elle étoit
furmontée de chaque côté par un beau Cartou
che , dans lequel on lifoit les Infcriptions fui
yantes ;
REGI, REGINE,
ET NATATIBUS
Galli
DELPHINI
Smirnis commorantes
Benè precantur.
L'Infcription du côté de la Cour , étoit
Sereniffimi Delphini incunabulis ,
Galli faufta acclamantes ,
Hunc Arcum triumphalem erexere.
M. D C C. XXI X.
On voyoit au-deffus du Cartouche les Armes
de France , & dans les Intercolonnes de grands
Vafes , chargez de fleurs avec leurs Piédeftaux
fur lefquels on avoit placé plufieurs Emblêmes
convenables au Prince auquel elles étoient appli
quées. Il y en avoit deux de chaque côté .
Une Etoille brillante de la premiere grandeur ,
1. Vol.
au G
1206 MERCURE DE FRANCE.
au coeur de laquelle étoit une Hermine, avec ces
mots :
Nova Lux Pronuntia Pacis.
Un Chêne dans fa vigueur , de lá Tige duquel
fortoient d'autres Chênes de differentes hauteurs.
Plura videbit.
Un Soleil qui diffipe un nuage :
Dum orior umbra fugit.
Un Lionceau dans une Forêt.
Avita virtutis non degener.
'Au fond de la Cour , faifant face à l'Arc de
triomphe , étoit la Fontaine de Vin , & aux côtez
deux Piramides quadrangulaires , hautes de
17 pieds , furmontées d'une Fleur de Lys à quatre
faces , & foutenues par deux Piedeftaux , fur
lefquels on voyoit les Emblêmes fuivantes ":
Un Oranger chargé tout à la fois de fleurs &
de fruits , avec ces paroles :
Gaudia fpemque fimul.
Hercule au berceau , ſe débarraffant de fes
langes , & étoufant un Serpent.
Hinc virtus & labor.
Un grand Lys & de petits Lys qui naiffent de
fa tige.
Ex Lilio Lilia.
Un Grenadier chargé de fruits qui ont tous
cette propriété d'avoir une espece de Diadême.
Nafcendo fert Coronam.
Plufieurs perfonnes devant un Palais qui regardent
un Soleil levant .
Expectatus adeft.
1. Vel.
Une
JU.IN. 1730. 1207
Une Ruche avec un effain d'Abeilles autour de
leur Roy.
Exultatio publica.
Entre les deux Piramides étoient les Armes de
France dans un grand ovale, à bordure dorée, de
18 pieds de tour & plus haut, à quelque diftance
les Portraits du Roy & de la Reine, en grand,
couronnez de Lauriers , de Rofes , d'Oeillets &
des plus belles fleurs qu'on avoit pu trouver
tous les Pilliers de la Cour & des Galeries étoient
entourez de Mirtes , de Guirlandes & de Feftons.
Il y avoit un pareil Tableau aux armes du Roy,
dans l'enfoncement du Corps de Logis du côté
de la ruë.
Sur les cinq heures du foir la Maifon Confu
laire parut toute en feu dans moins d'un quart
d'heure ; l'Arc de triomphe , & les deux grands
Tableaux , aux armes du Roy , étoient chargez
d'un nombre infini de Lampions , & les deux Piramides,
depuis leurs bafes jufqu'en haut, des Fanaux
aux armes du Roy & de Monfeigneur le
Dauphin.
La Galerie qui regne autour de la Maiſon étoit
auffi extraordinairement éclairée par quatre ceintures
de lumieres, placées avec fimétrie . Toutes ces
Jumieres ainfi difpofées fembloient fe multiplier
fans nombre par la réfléxion des Vitrages ; &
enfin cette illumination fut vue avec admiration
par toutes les differentes Nations établies à Smirne.
Le derriere de la Maiſon qui fait face à la
Mer , n'étoit pas moins bien éclairée , & faifoit
une perfpective charmante pour ceux qui étoient
fur les Vaiffeaux & fur les autres Bâtimens du
Port.On avoit employé plus de 6000 Fanaux ou
Lampions à cette illumination , fans compter
tous les appartemens qui étoient éclairez par
une quantité tres confiderable de Luftres , Gi-
I. Vol. Giuj randoles
208 MERCURE DE FRANCE
randoles , Flambeaux d'argent & de Bras dofez
garnis de bougies .
On commença lè Bal à fix heures qu'on difcontinua
à huit pour fe mettre à table , il y en
avoit quatre de 60 , 50 , 40 & 25 couverts qui
qui furent fervies avec autant de profufion que
de délicateffe, outre deux autres Tables de 30 couverts
chacune , chez deux particuliers de la Nation
, voifins de la Maiſon Confulaire , pour les
Perfonnes qui n'auroient pas pú trouver place
chez le Conful.
Pendant le repas on but les fantez du Roy , de
la Reine , de Monfeigneur le Dauphin , à la profperité
des Nations , chacune en particulier , à
celles des Ambaffadeurs ou Réfidens à la Porte
& on finit par celle des Souverains. On fit a
chaque fanté une falve de cent coups de Canon
des Vaiffeaux François , mouillez vis - à - vis la
Maiſon Confulaire. On refta à table jufqu'à minuit
, & on recommença le Bal , qui ne finit qu'à
fept heures du matin.
Quoiqu'on eut fixé la durée de la Fête à trois
jours , elle continua deux jours de plus à diverfes
repriſes. La Maiſon Confulaire fut également
illuminée , & le vin coula pour le peuple. Il n'y
cut pendant les deux derniers jours que trois Tables
de 60 , de 40 & de 25 couverts , les Nations
Etrangeres n'ayant point été invitées.
Le Vicaire Apoftolique qui réfide à Smirne &
qui eft à la tête du Clergé,s'eft trouvé à toutes les
fonctions de l'Eglife , & à un des repas.
Le fecond jour , le Muffelem , le Grand Douanier
, & autres Turcs de diftinction , voulurent
être témoins de la Fête ; ils pafferent une partie
de la nuit à voir danfer; ils fouperent même dans
·la Sale du Bal , où le Conful leur fit fervir fur
un Sopha , toute forte de Mets à la Turque ,fans
J. Vol. compter
JUIN. 1730. 12.00
compter le Caffé, le Sorbet , Parfums , &c . Ils fe
retirerent à trois heures du matin , autant char
mez de ce qu'ils avoient vûs , que de la maniere
noble & gracieufe avec laquelle le Conful les
avoit reçûs.
marques de
Toutes les différentes Nations de cette Echelle
ont donné dans cette occafion des
joye ; mais les Courtiers Juifs des Négocians
François , fe font particulierement diftinguez.
Ils vinrent le premier jour de la Fête au nombre
de plus de cent à la Maiſon Confulaire, pré-
*cédez de plufieurs Joueurs d'Inftrumens à la ma
niere du Païs. Ils marchoient deux à deux avec
chacun un Cierge allumé à la main.
"
Au milieu de cette efpece de Proceffion,s'élevoit
un Arc de triomphe , porté par quatre perfonnes
, tres -bien illuminé & chargé d'Ecuffons , &
de Banderolles aux arines de France & du Dau
phin ; ils firent le tour de la Cour en danſant
& criant à plufieurs reprifes : Vive le Roy Après
quoi ils allerent fe placer dans deux grandes
Chambres qu'on leur avoit deſtinées au Rez-dechauffée
, où ils trouverent trois Tables couver
tes de differentes Confitures , de Caffé & autres
rafraichiffements qu'ils diftribuoient à tous
venans.
Enfin on
-
peut dire que cette Fête a été des plus
galantes , des mieux ordonnées & des plus magnifiques
; & ce qui a paru de plus extraordi
naire , eft que toute la Maifon Confulaire s'é
tant trouvée remplie de differentes Nations
& en tres grand nombre , le vin y ait été
diftribué dans la plus grande abondance ; il n'eft
pas cependant arrivé le moindre défordre , par
les bons ordres que le Conful avoit donnez. Son
zéle infatigable à fuppléé à tout ; les Sieurs de
a
Saint- Amand & Vincent, Députez du Commer- >
1. Voig
1210 MERCURE DE FRANCE
ce en exercice , ont parfaitement bien ſecondé
-le zele de M. le Conful , de même que le fieur
de S. Amand le cadet , qui s'eft donné beaucoup
de foin pour la conftruction de l'Arc de triomphe
, & des Piramides dont il avoit donné les
deffeins.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Smirne, le 20 Janvier 1730. Réjoüissances faites au sujet de la Naissance de MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Le 20 janvier 1730, à Smirne, le consul de France, M. de Fontenu, a appris la naissance du Dauphin. Il a immédiatement informé la communauté française locale et prononcé un discours. Les festivités ont été organisées en s'inspirant de celles de 1704 pour la naissance du Duc de Bretagne. Les députés du commerce, les Sieurs de Saint-Amant et Vincent, ont été chargés des préparatifs. Le consul a envoyé des drogmans et des janissaires aux consuls d'Angleterre, de Venise et de Hollande pour annoncer la naissance du Dauphin. Ces derniers ont exprimé leur joie et envoyé des compliments au consul de France. Des visites cérémonielles ont suivi entre les consuls et les dignitaires locaux, incluant le mufti, le cadi, le grand douanier et le serdar. La fête a débuté le 18 décembre avec l'arboration du pavillon français et des salves de mousquets et de canons. Une fontaine de vin a été ouverte, attirant une multitude de personnes de diverses nations. Le consul, accompagné de janissaires, d'interprètes et de négociants français, s'est rendu à l'église des Capucins, décorée de riches tapisseries et de portraits du roi et de la reine. La cérémonie a inclus un éloge du roi, un Te Deum et une procession autour du cloître. La maison consulaire a été illuminée avec des flambeaux et des lampions. Un arc de triomphe et des pyramides décorées d'emblèmes et d'inscriptions ont été érigés. Les festivités ont inclus un bal, des repas somptueux et des salves de canon. Les célébrations ont duré cinq jours, avec la participation de diverses nations et dignitaires locaux. Les Juifs courtiers des négociants français se sont particulièrement distingués par leurs marques de joie. La fête a été marquée par une grande abondance de vin sans désordre, grâce aux bons ordres du consul et au zèle des députés du commerce.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4821
p. 1210-1213
RÉJOUISSANCES faites à Chypres. Extrait d'une Lettre écrite le 25. Février 1730.
Début :
M. de Montgrand, Consul de France à Chypres, dont la demeure est à Lernica, n'eut [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Consul de France, Chypre, Naissance du Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES faites à Chypres. Extrait d'une Lettre écrite le 25. Février 1730.
REJOUISSANCES
faites à Chypres.
Extrait d'une Lettre écrite le 25. Février
1730.
Mi
.de Montgrand , Conful de France à Chypres
, dont la demeure eft à Lernica , n'eut
pas plutôt appris la Naiffance de Monfeigneur le
-Dauphin , qu'il en fit part au Corps de la Nation
, & on travailla , fans perdre temps aux
préparatifs pour les réjouiffances.
Le Conful , après avoir fait avertir par fon
premier Interprete , le Gouverneur du Pays , des
réjouiflances qu'on alloit faire , & du fujet qui
les occafionnoit , fe rendit le matin du 6. Février
en ceremonie , & fuivi de la Nation , à l'Eglife
Paroiffiale des Cordeliers de la Terre- Sainte
pour affifter à la grande Meffe que le Pere Gardien
celebra folemnelement , à la fin de laquelle
le Pere Prédicateur fit un très - beau Difcours Italien
fur la Fête qu'on celebroit , fon Texte étoit :
A Domino factum eft iftud , & eft mirabile oculis
noftris . On chanta enfuite le Te Deum enMufique,
pendant lequel on fit une décharge de quantité
de boëtes & de toute l'artillerie des Bâtimens
qui fe trouverent à la rade . Le Conful fe rendit
enfuite , avec le même Cortege , à la Maiſon
Confulaire , où les Confuls étrangers , fuivis de
leurs Nations , vinrent faire leur compliment.
On ne s'entreţint enfuite que de jeux , de plai
firs 1. Vo.
JUIN. 1730, 1211
frs & de divertiffemens , en attendant l'heure du
dîner. Le Conful avoit donné de fi bons ordres ,
fecondé par le fieur Manaire , Deputé du Commerce
, qu'il fit fervir un fuperbe Repas fur
deux differentes Tables , l'une de 40. Couverts,
& l'autre de 30. Tout fut trouvé de la derniere
délicateffe , les Vins de Chypres fi renommés y
furent répandus avec profufion ; le Conful com
mença le premier à boire la Santé du Roy , de la
Reine , & de Monfeigneur le Dauphin ; toute la
Nation , les Capitaines des vaiffeaux , & tous les
Etrangers invités fuivirent fon exemple , pendant
qu'on faifoit tirer un grand nombre de boëtes
placées dans le Jardin. Plufieurs Perfonnes diftinguées
du Pays vinrent prendre part à la Fête , &
on leur préfenta toutes fortes de rafraîchiffemens.
Après le Diner on commença le Bal' , qu'on
interrompit fur les quatre heures , pour aller en
ceremonie chanter un fecond Te Deum , à la
Chapelle du Roy , chez les Peres Capucins . Le
Pere Superieur fit un Difcours fur la Naiffance
du Prince ; il y eut le Salut enfuite , & la Benediction
du S. Sacrement , au bruit d'une déchar→
de boëtes.
gc
On retourna à la Maiſon Confulaire , où l'on
continua le Bal jufqu'à l'heure du Souper,qui fut
fervi avec la même profufion , les Santés Roya
les y furent encore buës plus d'une fois ,au bruit
des boetes qui ne cefforent de tirer , pendant
qu'une bande de douze Violons jouoient differens
Airs à la maniere du Pays , ce qui divertit beau--
coup pendant la Fête.
Le grand vent qu'il fit ce jour- là empêcha Pil
Junination qu'on devoit faire le foir , elle fut re
nife au premier jour calme ; cependant tout
étoit prêt , & les portes des maifons de tous les
AnVol-2
Gvji Fran
212 MERCURE DE FRANCE
François étoient déja ornées d'un Arc de triomphe
fait de lierre & de laurier , avec diverfes
Guirlandes de fleurs & de fruits , en forme de
Couronnes , avec ces Devifes :
•
Ridet humus , ridet Zephiris fpirantibus ather¿
It tota in plaufus altera Roma noves.
Et fous un Soleil naiffant on lifoit ,
Nec pluribus impar.
Après le Souper on reprit encore le Bal dans
une autre Sale très-vafte , ornée de quantité de
Luftres garnis de bougies. On y danſa jufqu'à
deux heures du matin à la Françoiſe , à la Gre
que , & à la Turque ; il y eut même quantité de
Mafques inconnus , qui furent très-bien reçus
on les fit danfer , & on leur prefenta des rafraî
chiffemens ; enfin tout ſe paſſa ſans la moindre
confufion.
Les deux jours fuivans , le 7. & le 8. Fevrier ,
les Fêtes recommencerent , le Te Deum fut encore
chanté avec les mêmes ceremonies , & les
Repas fervis avec la même delicateffe ; les Santés
Royales y furent encore buës , au bruit des boëtes
, & il y eut pendant les trois jours plus de
4000. verres caffés. Le Bal a toujours terminé
les réjouiffances de chaque jour , mais fans illumination
à caufe du vent.
Cela fut reparé le 11. par un tems des plus
favorables , chaque particulier ayant imaginé
quelque chofe d'ingenieux pour fe diftinguer en
illumination , les uns avoient élevé fur leurs
terraffes des Piramides d'une hauteur proportionnée
, dont les angles étoient garni à fond
de lampions , d'autres y avoient formé en illu
mination differentes Figures par le moyen d'un
A Vola
nombre
JUIN. 1730. 1213
nombre infini de Lampes fufpendues ; on apercevoit
fur d'autres Terraffes des Globes de feu
pofés à l'extrémité des Piramides , ce qui produifoit
un effet merveilleux. Outre toutes ces
ingenieufes illuminations , chacun avoit allumé
un feu de joye devant fa porte , & fait illuminer
les deffus des Galeries , les Terraffes , les Croifées
, &c. Tous les Bâtimens qui étoient en rade
étoient auffi illuminez ; on y voyoit un fuperbe
Obelifque , artiftement travaillé , qui s'élevoit
felon les regles de l'équilibre tout le long de
l'Enſeigne du Pavillon , élevé à la hauteur de 60%
pieds , garni de 1200. Lampes de verre , en égales
diftances , ce qui faifoit l'admiration de tout
le monde.
La petite Ville de Lernica parut en même tems
toute en feu par la quantité de Fufées qui partoient
d'un Feu d'Artifice , & qui rempliffoient .
l'air de mille clartez des plus brillantes ; on joignit
à cela une déchargé de Moufquetairie,, de
Petards , de Boëtes , & de fept Pieces de canon
de fonte , qu'un des Marchands François avoit
fait mettre en batterie chez luy.
Les deux jours fuivans furent encore employés
à réiterer les mêmes illuminations & les autres
marques de joye qui égalerent celles du premier
jour par les bons ordres que le Conful & le
Deputé avoient donnez , pour qu'il ne manqua
rien à la Fête , ayant même fait diftribuer des
aumônes aux pauvres.
Les principaux Marchands de la Nation ne fe
contenterent pas d'avoir pris part à la Fête publique
, ils voulurent encore témoigner leur zele
par des Fêtes particulieres ; chacun en fit à fon
tour par des Affemblées , des Repas , des Danfes
, &c. ce qui continua tout le refte du Carna →
yal.
faites à Chypres.
Extrait d'une Lettre écrite le 25. Février
1730.
Mi
.de Montgrand , Conful de France à Chypres
, dont la demeure eft à Lernica , n'eut
pas plutôt appris la Naiffance de Monfeigneur le
-Dauphin , qu'il en fit part au Corps de la Nation
, & on travailla , fans perdre temps aux
préparatifs pour les réjouiffances.
Le Conful , après avoir fait avertir par fon
premier Interprete , le Gouverneur du Pays , des
réjouiflances qu'on alloit faire , & du fujet qui
les occafionnoit , fe rendit le matin du 6. Février
en ceremonie , & fuivi de la Nation , à l'Eglife
Paroiffiale des Cordeliers de la Terre- Sainte
pour affifter à la grande Meffe que le Pere Gardien
celebra folemnelement , à la fin de laquelle
le Pere Prédicateur fit un très - beau Difcours Italien
fur la Fête qu'on celebroit , fon Texte étoit :
A Domino factum eft iftud , & eft mirabile oculis
noftris . On chanta enfuite le Te Deum enMufique,
pendant lequel on fit une décharge de quantité
de boëtes & de toute l'artillerie des Bâtimens
qui fe trouverent à la rade . Le Conful fe rendit
enfuite , avec le même Cortege , à la Maiſon
Confulaire , où les Confuls étrangers , fuivis de
leurs Nations , vinrent faire leur compliment.
On ne s'entreţint enfuite que de jeux , de plai
firs 1. Vo.
JUIN. 1730, 1211
frs & de divertiffemens , en attendant l'heure du
dîner. Le Conful avoit donné de fi bons ordres ,
fecondé par le fieur Manaire , Deputé du Commerce
, qu'il fit fervir un fuperbe Repas fur
deux differentes Tables , l'une de 40. Couverts,
& l'autre de 30. Tout fut trouvé de la derniere
délicateffe , les Vins de Chypres fi renommés y
furent répandus avec profufion ; le Conful com
mença le premier à boire la Santé du Roy , de la
Reine , & de Monfeigneur le Dauphin ; toute la
Nation , les Capitaines des vaiffeaux , & tous les
Etrangers invités fuivirent fon exemple , pendant
qu'on faifoit tirer un grand nombre de boëtes
placées dans le Jardin. Plufieurs Perfonnes diftinguées
du Pays vinrent prendre part à la Fête , &
on leur préfenta toutes fortes de rafraîchiffemens.
Après le Diner on commença le Bal' , qu'on
interrompit fur les quatre heures , pour aller en
ceremonie chanter un fecond Te Deum , à la
Chapelle du Roy , chez les Peres Capucins . Le
Pere Superieur fit un Difcours fur la Naiffance
du Prince ; il y eut le Salut enfuite , & la Benediction
du S. Sacrement , au bruit d'une déchar→
de boëtes.
gc
On retourna à la Maiſon Confulaire , où l'on
continua le Bal jufqu'à l'heure du Souper,qui fut
fervi avec la même profufion , les Santés Roya
les y furent encore buës plus d'une fois ,au bruit
des boetes qui ne cefforent de tirer , pendant
qu'une bande de douze Violons jouoient differens
Airs à la maniere du Pays , ce qui divertit beau--
coup pendant la Fête.
Le grand vent qu'il fit ce jour- là empêcha Pil
Junination qu'on devoit faire le foir , elle fut re
nife au premier jour calme ; cependant tout
étoit prêt , & les portes des maifons de tous les
AnVol-2
Gvji Fran
212 MERCURE DE FRANCE
François étoient déja ornées d'un Arc de triomphe
fait de lierre & de laurier , avec diverfes
Guirlandes de fleurs & de fruits , en forme de
Couronnes , avec ces Devifes :
•
Ridet humus , ridet Zephiris fpirantibus ather¿
It tota in plaufus altera Roma noves.
Et fous un Soleil naiffant on lifoit ,
Nec pluribus impar.
Après le Souper on reprit encore le Bal dans
une autre Sale très-vafte , ornée de quantité de
Luftres garnis de bougies. On y danſa jufqu'à
deux heures du matin à la Françoiſe , à la Gre
que , & à la Turque ; il y eut même quantité de
Mafques inconnus , qui furent très-bien reçus
on les fit danfer , & on leur prefenta des rafraî
chiffemens ; enfin tout ſe paſſa ſans la moindre
confufion.
Les deux jours fuivans , le 7. & le 8. Fevrier ,
les Fêtes recommencerent , le Te Deum fut encore
chanté avec les mêmes ceremonies , & les
Repas fervis avec la même delicateffe ; les Santés
Royales y furent encore buës , au bruit des boëtes
, & il y eut pendant les trois jours plus de
4000. verres caffés. Le Bal a toujours terminé
les réjouiffances de chaque jour , mais fans illumination
à caufe du vent.
Cela fut reparé le 11. par un tems des plus
favorables , chaque particulier ayant imaginé
quelque chofe d'ingenieux pour fe diftinguer en
illumination , les uns avoient élevé fur leurs
terraffes des Piramides d'une hauteur proportionnée
, dont les angles étoient garni à fond
de lampions , d'autres y avoient formé en illu
mination differentes Figures par le moyen d'un
A Vola
nombre
JUIN. 1730. 1213
nombre infini de Lampes fufpendues ; on apercevoit
fur d'autres Terraffes des Globes de feu
pofés à l'extrémité des Piramides , ce qui produifoit
un effet merveilleux. Outre toutes ces
ingenieufes illuminations , chacun avoit allumé
un feu de joye devant fa porte , & fait illuminer
les deffus des Galeries , les Terraffes , les Croifées
, &c. Tous les Bâtimens qui étoient en rade
étoient auffi illuminez ; on y voyoit un fuperbe
Obelifque , artiftement travaillé , qui s'élevoit
felon les regles de l'équilibre tout le long de
l'Enſeigne du Pavillon , élevé à la hauteur de 60%
pieds , garni de 1200. Lampes de verre , en égales
diftances , ce qui faifoit l'admiration de tout
le monde.
La petite Ville de Lernica parut en même tems
toute en feu par la quantité de Fufées qui partoient
d'un Feu d'Artifice , & qui rempliffoient .
l'air de mille clartez des plus brillantes ; on joignit
à cela une déchargé de Moufquetairie,, de
Petards , de Boëtes , & de fept Pieces de canon
de fonte , qu'un des Marchands François avoit
fait mettre en batterie chez luy.
Les deux jours fuivans furent encore employés
à réiterer les mêmes illuminations & les autres
marques de joye qui égalerent celles du premier
jour par les bons ordres que le Conful & le
Deputé avoient donnez , pour qu'il ne manqua
rien à la Fête , ayant même fait diftribuer des
aumônes aux pauvres.
Les principaux Marchands de la Nation ne fe
contenterent pas d'avoir pris part à la Fête publique
, ils voulurent encore témoigner leur zele
par des Fêtes particulieres ; chacun en fit à fon
tour par des Affemblées , des Repas , des Danfes
, &c. ce qui continua tout le refte du Carna →
yal.
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Résumé : RÉJOUISSANCES faites à Chypres. Extrait d'une Lettre écrite le 25. Février 1730.
Le 25 février 1730, M. de Montgrand, consul de France à Chypre résidant à Lernica, annonça la naissance du Dauphin au Corps de la Nation. Des préparatifs pour les réjouissances furent rapidement organisés. Le 6 février, le consul assista à une messe solennelle à l'église paroissiale des Cordeliers de la Terre Sainte. Un discours en italien fut prononcé, suivi du chant du Te Deum accompagné de salves d'artillerie. Le consul et son cortège se dirigèrent ensuite à la Maison Consulaire, où des consuls étrangers vinrent présenter leurs compliments. Des jeux, des plaisirs et des divertissements furent organisés avant un somptueux repas servi sur deux tables, avec des vins de Chypre renommés. Les santés du Roi, de la Reine et du Dauphin furent portées, accompagnées de tirs de boëtes. Après le dîner, un bal fut interrompu pour un second Te Deum chez les Pères Capucins, suivi d'un salut et d'une bénédiction. Le bal reprit à la Maison Consulaire jusqu'au souper, où les santés royales furent à nouveau portées. Un grand vent empêcha la pillerie prévue pour le lendemain, mais les maisons étaient déjà ornées d'arcs de triomphe et de devises. Les fêtes continuèrent les 7 et 8 février avec des Te Deum, des repas délicats et des bals. Le 11 février, des illuminations ingénieuses eurent lieu, avec des pyramides de lampions, des figures lumineuses et des feux de joie. La ville de Lernica fut illuminée par des fusées et des feux d'artifice, accompagnés de décharges de mousqueterie et de canon. Les jours suivants, les illuminations et les marques de joie furent réitérées. Les principaux marchands de la Nation organisèrent également des fêtes particulières tout au long du carnaval.
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4822
p. 1214-1216
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Seyde, le 25. Janvier 1730.
Début :
M. Benoît le Maire, Consul de France en cette Echelle, n'eut pas plutôt reçu la nouvelle [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Fête, Roi, Consul de France
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Seyde, le 25. Janvier 1730.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Seyde,
le 25. Janvier 1730.
Benoît le Maire , Conful de France en
Mcette Echelle , n'eut pas plutôt reçu la nouyelle
de la Naiffance de Monfeigneur le Dauphin,
qu'il fit convoquer auffi-tôt toute la Nation, pour
luy faire part d'un heureux évenement ; on
travailla dès le même jour à faire tous les préparatifs
neceffaires pour celebrer avec éclat une fi
heureufe Naiffance.
Le 14. Janvier , veille du jour deſtiné aux réjouiffances
, le Conful accompagné des Deputez
de la Nation , & de tous les Negocians , alla
rendre vifite au Pacha , pour avoir fon agrément
fur les réjouiffances qu'on alloit faire , afin que
les Sujets du Grand - Seigneur puffent être les té
moins de la veneration & de l'amour que les
François ont pour leur Roy & pour toute fa
Royale Famille. Ce Gouverneur reçut le Conful
très-gracieuſement , il témoigna prendre beaucoup
de part à cet évenement , & accorda tout ce
qu'on luy demandoit.
Le 15. toute la Nation précedée des deux Deputez
du Commerce , allerent prendre le Conful.
& fe rendirent , en grande ceremonie , à l'Eglife
des Religieux de la Terre- Sainte , fuivis d'une
multitude de peuples. On y chanta folemnellement
la grande Meffe & l'Exaudiat , au bruit
d'une décharge de Boetes ; les Timbales , les
Tambours & les Fifres fuccederent à cette déchar
ge , ce qui fut continué prefque toute la journée.
Le Conful fut reconduit avec tout fon cortege
à la Maiſon Confulaire , où l'on fervit un Repas
magnifique , en ambigu , compofé de toutes for
tess
JUIN. 1730. 1215
tes de Mets , & des Vins les plus exquis ; on y
but , à plufieurs reprifes , les fantez du Roy , de
la Reine , & de toute la Famille Royale , au
bruit d'une pareille décharge de Boëtes . Le Bal
fucceda au Repas ; & pour procurer quelque divertiffement
à cette multitude de peuples qui étoit
accouruë au Kan des François , on fit entrer
dans la cour une troupe de Danfeurs de cordes ,
Joueurs d'inftrumens & de gobelets , qui divertit
parfaitement cette populace.
On avoit placé fur la porte du Kan le Portrait
du Roy , fous un fuperbe Dais , & toute la façade
étoit ornée de riches Tapifferies , & des Etofes
les plus rares. Comme l'ufage du vin eſt défendu
en Turquie , le Conful fit diftribuer du Caffé &
toutes fortes de rafraîchiffemens à l'ufage du
pays , qu'on prefentoit à toutes fortes de perfonnes.
Sur le foir , le Conful , accompagné de la Na
tion , fe rendit encore à l'Eglife , ou le Te Deum
fut chanté en Mufique , au bruit des Boetes &
des Fanfares ; on revint à la Maiſon Confulaire
où l'on fervit un fecond Repas avec la même
profufion.
A l'entrée de la nuit le Kan parut tout en feu
par l'illumination qui parut tout d'un coup. On
avoit placé une quantité innombrable de lam--
pions fur les terraffes , les galeries , les croisées ,
& fur tous les endroits qui en pouvoient conte
* Vafte Bâtiment quarré & ifolé en forme de
Cloître , où le Conful & tous les Negocians
François font logez dans des differents Appar
temens très commodes ; il y a une Cour Spa
tieufe , au milieu de laquelle il y a un magnifique
Baffin de marbre avec plufieurs Jers
d'eau.
at I Vil
A
1216 MERCURE DE FRANCE ,
ir. La façade du Kan où étoit le Portrait du
Roy , étoit fort ingenieufement illuminée . On
avoit auffi placé avec fymetrie une quantité
de lampions fur les arbres qui font autour
du Baffin , qui faifoient un effet admirable ,
fans compter une Piramide quadrangulaire de
60. pieds de hauteur , couverte de plus de 2000 .
lampions , qui s'élevoient fur le grand Baffin de
marbre du milieu de la cour du Kan , dont les
lumieres fe repetoient dans l'eau , ce qui produifoit
un grand éclat. On tira pendant l'illumination
quantité de Fufées , Pots à feu , &c . ce qui
continua pendant toute la nuit.
Les deux jours fuivans fe pafferent également
en réjouiffances ; le Te Deum fut chanté encore
avec beaucoup de folemnité chez les Peres Capucins,
avec les mêmes décharges de Boëtes ,Trompetes
, Timballes , & c. Enfin tout répondit parfaitement
aux foins que le Conful & les Députez
de la Nation s'étoient donnez pour l'exécution
d'une fi belle Fête. Celle du troifiéme jour fut un
peu dérangée, & fur tout l'illumination , par une
pluye très- abondante qui furvint ; cette même
pluye fut encore un nouveau fujet de réjouiffance
; tout le monde étoit en priere depuis trois
' mois pour en avoir , & la fechereffe regnoit à un
point à faire craindre des fuites fâcheufes pour la
recolte du bled. Tous ces peuples recommencerent
leurs danfes , ils allerent en foule où étoit le
Portrait du Poy , pouffer des cris de joye & de
remerciement, attribuant à ce Monarque la playe
abondante qui les garantiffoit d'une prochaine
famine,
le 25. Janvier 1730.
Benoît le Maire , Conful de France en
Mcette Echelle , n'eut pas plutôt reçu la nouyelle
de la Naiffance de Monfeigneur le Dauphin,
qu'il fit convoquer auffi-tôt toute la Nation, pour
luy faire part d'un heureux évenement ; on
travailla dès le même jour à faire tous les préparatifs
neceffaires pour celebrer avec éclat une fi
heureufe Naiffance.
Le 14. Janvier , veille du jour deſtiné aux réjouiffances
, le Conful accompagné des Deputez
de la Nation , & de tous les Negocians , alla
rendre vifite au Pacha , pour avoir fon agrément
fur les réjouiffances qu'on alloit faire , afin que
les Sujets du Grand - Seigneur puffent être les té
moins de la veneration & de l'amour que les
François ont pour leur Roy & pour toute fa
Royale Famille. Ce Gouverneur reçut le Conful
très-gracieuſement , il témoigna prendre beaucoup
de part à cet évenement , & accorda tout ce
qu'on luy demandoit.
Le 15. toute la Nation précedée des deux Deputez
du Commerce , allerent prendre le Conful.
& fe rendirent , en grande ceremonie , à l'Eglife
des Religieux de la Terre- Sainte , fuivis d'une
multitude de peuples. On y chanta folemnellement
la grande Meffe & l'Exaudiat , au bruit
d'une décharge de Boetes ; les Timbales , les
Tambours & les Fifres fuccederent à cette déchar
ge , ce qui fut continué prefque toute la journée.
Le Conful fut reconduit avec tout fon cortege
à la Maiſon Confulaire , où l'on fervit un Repas
magnifique , en ambigu , compofé de toutes for
tess
JUIN. 1730. 1215
tes de Mets , & des Vins les plus exquis ; on y
but , à plufieurs reprifes , les fantez du Roy , de
la Reine , & de toute la Famille Royale , au
bruit d'une pareille décharge de Boëtes . Le Bal
fucceda au Repas ; & pour procurer quelque divertiffement
à cette multitude de peuples qui étoit
accouruë au Kan des François , on fit entrer
dans la cour une troupe de Danfeurs de cordes ,
Joueurs d'inftrumens & de gobelets , qui divertit
parfaitement cette populace.
On avoit placé fur la porte du Kan le Portrait
du Roy , fous un fuperbe Dais , & toute la façade
étoit ornée de riches Tapifferies , & des Etofes
les plus rares. Comme l'ufage du vin eſt défendu
en Turquie , le Conful fit diftribuer du Caffé &
toutes fortes de rafraîchiffemens à l'ufage du
pays , qu'on prefentoit à toutes fortes de perfonnes.
Sur le foir , le Conful , accompagné de la Na
tion , fe rendit encore à l'Eglife , ou le Te Deum
fut chanté en Mufique , au bruit des Boetes &
des Fanfares ; on revint à la Maiſon Confulaire
où l'on fervit un fecond Repas avec la même
profufion.
A l'entrée de la nuit le Kan parut tout en feu
par l'illumination qui parut tout d'un coup. On
avoit placé une quantité innombrable de lam--
pions fur les terraffes , les galeries , les croisées ,
& fur tous les endroits qui en pouvoient conte
* Vafte Bâtiment quarré & ifolé en forme de
Cloître , où le Conful & tous les Negocians
François font logez dans des differents Appar
temens très commodes ; il y a une Cour Spa
tieufe , au milieu de laquelle il y a un magnifique
Baffin de marbre avec plufieurs Jers
d'eau.
at I Vil
A
1216 MERCURE DE FRANCE ,
ir. La façade du Kan où étoit le Portrait du
Roy , étoit fort ingenieufement illuminée . On
avoit auffi placé avec fymetrie une quantité
de lampions fur les arbres qui font autour
du Baffin , qui faifoient un effet admirable ,
fans compter une Piramide quadrangulaire de
60. pieds de hauteur , couverte de plus de 2000 .
lampions , qui s'élevoient fur le grand Baffin de
marbre du milieu de la cour du Kan , dont les
lumieres fe repetoient dans l'eau , ce qui produifoit
un grand éclat. On tira pendant l'illumination
quantité de Fufées , Pots à feu , &c . ce qui
continua pendant toute la nuit.
Les deux jours fuivans fe pafferent également
en réjouiffances ; le Te Deum fut chanté encore
avec beaucoup de folemnité chez les Peres Capucins,
avec les mêmes décharges de Boëtes ,Trompetes
, Timballes , & c. Enfin tout répondit parfaitement
aux foins que le Conful & les Députez
de la Nation s'étoient donnez pour l'exécution
d'une fi belle Fête. Celle du troifiéme jour fut un
peu dérangée, & fur tout l'illumination , par une
pluye très- abondante qui furvint ; cette même
pluye fut encore un nouveau fujet de réjouiffance
; tout le monde étoit en priere depuis trois
' mois pour en avoir , & la fechereffe regnoit à un
point à faire craindre des fuites fâcheufes pour la
recolte du bled. Tous ces peuples recommencerent
leurs danfes , ils allerent en foule où étoit le
Portrait du Poy , pouffer des cris de joye & de
remerciement, attribuant à ce Monarque la playe
abondante qui les garantiffoit d'une prochaine
famine,
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Seyde, le 25. Janvier 1730.
Le 25 janvier 1730, Benoît le Maire, consul de France à Mcette Echelle, annonça la naissance du Dauphin en convoquant la nation pour célébrer cet événement. Le 14 janvier, il obtint l'autorisation du Pacha pour organiser des réjouissances, afin de montrer la vénération et l'amour des Français pour leur roi et la famille royale. Ces festivités incluaient des députés et des négociants. Le 15 janvier, une grande cérémonie religieuse fut organisée à l'église des Religieux de la Terre-Sainte, suivie d'un repas somptueux à la maison consulaire. Des divertissements, tels que des danses et des spectacles, furent offerts à la population. Le bâtiment consulaire fut illuminé et décoré avec des portraits du roi et des lampions. Les festivités se poursuivirent les jours suivants, avec des Te Deum et des illuminations. Une pluie abondante, bien que perturbant l'illumination du troisième jour, fut perçue comme une bénédiction, mettant fin à une sécheresse prolongée.
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4823
p. 1217-1218
LETTRE écrite de Rame, le 4. Janvier 1730.
Début :
Le Consul de France à Rame ayant appris l'heureuse nouvelle de la Naissance d'un [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Fête
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Rame, le 4. Janvier 1730.
LETTRE écrite de Rame , le 4.
Janvier 1730.
E Conful de France à Rame ayant appris
LFConfil à
Dauphin , alla en ceremonie le 27. Decembre
dernier , accompagné de toute la Nation , &
d'une Compagnie de Fufeliers , compofée de so.
hommes , Catholiques , Grecs , & Gens du Pays,
à l'Eglife des Religieux de la Terre- Sainte , que
le Pere Préfident du Convent avoit fait orner
des plus belles Tapifferies. La Meffe y fut chan
tée avec toute la folemnité poffible , & le Te
Deum , pendant lequel on fit plufieurs décharges
de Moufqueterie : les Tambours , Timbales ,
& autres Inftrumens du Gouverneur de la Ville ,
fe firent entendre pendant tout le Service. " Le
Conful avoit eu la précaution de prendre l'agrément
de ce Gouverneur pour la Fête qu'il devoit
donner.
Après la Meffe , le Conful fortit de l'Eglife
accompagné du même Cortege , & de la Compagnie
des Fufeliers , & fe rendit à ſa maiſon
où l'on fervit à dîner au Préfident , à fon Curé ,
& à toute la Nation ; on but les fantez du Roy
de la Reine & de Monfeigneur le Dauphin , au
bruit de la Moufqueterie & des Inftrumens ; on
fit diftribuer des vivres & des rafraîchiffemens à
toutes les perfonnes du pays qui s'étoient rendues
à la Maiſon Confulaire pour voir la Fête.
A l'entrée de la nuit le Conful fe rendit encore
avec le même Cortege & la même fuite , à l'Eglife
où le Te Deum fut chanté, comme le matin
, au bruit de la Moufqueterie & des Inftrumens;
après quoi le Conful , accompagné des .
Religieux & de la Nation , alla allumer un
I. Vol. grand
1218 MERCURE DE FRANCE
grand Feu qu'il avoit fait préparer hors la porte
de la ville. On revint enfuite à la Maiſon Confulaire
, qu'on trouva illuminée en lampions
d'une maniere très ingenieufe , on fervit un Repas
auffi delicat que celuy du matin , pendant lequel
les Inftrumens ne cefferent de jouer,
Le Gouverneur & autres Puiffances du Pays
voulant prendre part à la Fête , fe rendirent fur
le foir à la Maiſon Confulaire , où on leur fervit
une Collation , compofée de confitures, fruits
du Pays , Sorbet , Caffé , &c. Ce Gouverneur
pour rendre la Fête encore plus réjouiffante ,
avoit amené avec luy des Danfeurs & des Boufons
du Pays , qui divertirent beaucoup , & qui
terminerent la Fête , après avoir dansé une par
tie de la nuit.
Janvier 1730.
E Conful de France à Rame ayant appris
LFConfil à
Dauphin , alla en ceremonie le 27. Decembre
dernier , accompagné de toute la Nation , &
d'une Compagnie de Fufeliers , compofée de so.
hommes , Catholiques , Grecs , & Gens du Pays,
à l'Eglife des Religieux de la Terre- Sainte , que
le Pere Préfident du Convent avoit fait orner
des plus belles Tapifferies. La Meffe y fut chan
tée avec toute la folemnité poffible , & le Te
Deum , pendant lequel on fit plufieurs décharges
de Moufqueterie : les Tambours , Timbales ,
& autres Inftrumens du Gouverneur de la Ville ,
fe firent entendre pendant tout le Service. " Le
Conful avoit eu la précaution de prendre l'agrément
de ce Gouverneur pour la Fête qu'il devoit
donner.
Après la Meffe , le Conful fortit de l'Eglife
accompagné du même Cortege , & de la Compagnie
des Fufeliers , & fe rendit à ſa maiſon
où l'on fervit à dîner au Préfident , à fon Curé ,
& à toute la Nation ; on but les fantez du Roy
de la Reine & de Monfeigneur le Dauphin , au
bruit de la Moufqueterie & des Inftrumens ; on
fit diftribuer des vivres & des rafraîchiffemens à
toutes les perfonnes du pays qui s'étoient rendues
à la Maiſon Confulaire pour voir la Fête.
A l'entrée de la nuit le Conful fe rendit encore
avec le même Cortege & la même fuite , à l'Eglife
où le Te Deum fut chanté, comme le matin
, au bruit de la Moufqueterie & des Inftrumens;
après quoi le Conful , accompagné des .
Religieux & de la Nation , alla allumer un
I. Vol. grand
1218 MERCURE DE FRANCE
grand Feu qu'il avoit fait préparer hors la porte
de la ville. On revint enfuite à la Maiſon Confulaire
, qu'on trouva illuminée en lampions
d'une maniere très ingenieufe , on fervit un Repas
auffi delicat que celuy du matin , pendant lequel
les Inftrumens ne cefferent de jouer,
Le Gouverneur & autres Puiffances du Pays
voulant prendre part à la Fête , fe rendirent fur
le foir à la Maiſon Confulaire , où on leur fervit
une Collation , compofée de confitures, fruits
du Pays , Sorbet , Caffé , &c. Ce Gouverneur
pour rendre la Fête encore plus réjouiffante ,
avoit amené avec luy des Danfeurs & des Boufons
du Pays , qui divertirent beaucoup , & qui
terminerent la Fête , après avoir dansé une par
tie de la nuit.
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Résumé : LETTRE écrite de Rame, le 4. Janvier 1730.
Le 4 janvier 1730, une lettre de Rame rapporte qu'en décembre 1729, le consul de France à Rame a organisé une cérémonie à l'église des Religieux de la Terre Sainte. Accompagné de la nation française et d'une compagnie de fusiliers composée de catholiques, de Grecs et de locaux, il a assisté à une messe solennelle suivie d'un Te Deum, avec décharges de mousqueterie et musique. Le consul avait obtenu l'accord du gouverneur de la ville. Après la messe, un dîner a été servi à la maison du consul pour les dignitaires et des vivres distribués aux habitants. En soirée, le Te Deum a été chanté à nouveau, suivi d'un grand feu hors de la ville. De retour à la maison consulaire, illuminée pour l'occasion, un repas délicat a été servi avec musique. Le gouverneur et d'autres autorités locales ont rejoint la fête, offrant des collations. Des danseurs et des bouffons ont diverti les invités jusqu'à une partie de la nuit.
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4824
p. 1218-1219
AUTRE de Saint Jean d'Acre, le 4 Janvier 1730.
Début :
On n'eut pas plutôt appris icy la nouvelle de la Naissance de Monseigneur le Dauphin, [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Fête
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE de Saint Jean d'Acre, le 4 Janvier 1730.
AUTRE de Saint Jean d'Acre ,
le 4. Janvier 17.30,
ON
N n'ent pas plutôt appris icy la nouvelle de
la Naiffance de Monfeigneur le Dauphin
que M. Carbonnel , Conful de France , en infor
ma toute la Nation ; le Gouverneur & les autres
Seigneurs de la Ville & de la Campagne vinrent
áuffi - tôt lui en faire compliment , ainfi que les
Confuls d'Angleterre & d'Hollande , accompa
gnez de toute leur Nation.
M. le Conful choifit le jour de la Fête de
Noël pour celebrer la Naiffance de Monfeigneur
le Dauphin. Il fit orner extraordinairement la
Chapelle de la Maiſon Confulaire , qui fert de
Paroiffe , & s'y rendit , en ceremonie , à neuf
heures du matin , accompagné des Confuls d'Angleterre
, d'Hollande , des Dames des trois Nations
, & de plufieurs Negocians de Seyde. On
celebra une grande Meffe folemnelle en Mufi-
I, Vol.
que ,
JUIN. 1219
que , le Te Deum & l'Exaudiat furent chantés
par quelques perfonnes de la Compagnie qui
voulurent bien mêler leurs voix & leurs inftrumens
au chant des Religieux. On revint à la
Maifon Confulaire , où il fut fervi un Repas , en
ambigu ,auffi délicat qu'abondant ; & où les Vins
les plus rares furent prodiguez ;les fantez du Roy,
de la Reine , & de toute la Famille Royale furent
bues à diverfes repriſes , avec des cris réiterez de
Vive le Roy. On fit l'après- midy une magnifique
Promenade à cheval,après laquelle le Conful, accompagné
de toute cette Affemblée & des Religieux
, alla allumer un grand Feu qu'on avoit
préparé dans l'endroit le plus éminent de la ville,
où tous les habitans de differentes Nations & de
Religions étoient accourus. Le Domine , Salvum
fac Regem y fut chanté à plusieurs repriſes , &
on tira une très- grande quantité de Fulées.
On revint à la Maiſon Confulaire , qu'on trou
va illuminée de quantité de lampions ; les Terraffes
, toutes les Croifées , & tous les endroits
convenables en étoient garnis ; les Armès du Roy
étoient expofées fur la principale Porte, & celles
de la Reine & du Dauphin l'étoient dans un autre
Tableau en forme de Cartouche.
Aprês l'Illumination on fervit encore un Repas
très - delicat , où les Dames Françoifes , An--
gloifes , & autres Perfonnes diftinguées du Pays ,
furent invitées , les Santez Royales furent encore
bues plus d'une fois. Le Bal fucceda au Souper ,
il y cut plufieurs Tables de Jeu , & on fervit pendant
la nuit toutes fortes de Rafraichiffemens.
L'Aga ou le Gouverneur de la ville , & les plus
notables Seigneurs de la campagne vinrent prendre
part à la Fête , qui leur parut bien nouvelle ,
& fur tout aux Gens du Pays qui n'en avoient
de leur vie vû de plus finguliere.
le 4. Janvier 17.30,
ON
N n'ent pas plutôt appris icy la nouvelle de
la Naiffance de Monfeigneur le Dauphin
que M. Carbonnel , Conful de France , en infor
ma toute la Nation ; le Gouverneur & les autres
Seigneurs de la Ville & de la Campagne vinrent
áuffi - tôt lui en faire compliment , ainfi que les
Confuls d'Angleterre & d'Hollande , accompa
gnez de toute leur Nation.
M. le Conful choifit le jour de la Fête de
Noël pour celebrer la Naiffance de Monfeigneur
le Dauphin. Il fit orner extraordinairement la
Chapelle de la Maiſon Confulaire , qui fert de
Paroiffe , & s'y rendit , en ceremonie , à neuf
heures du matin , accompagné des Confuls d'Angleterre
, d'Hollande , des Dames des trois Nations
, & de plufieurs Negocians de Seyde. On
celebra une grande Meffe folemnelle en Mufi-
I, Vol.
que ,
JUIN. 1219
que , le Te Deum & l'Exaudiat furent chantés
par quelques perfonnes de la Compagnie qui
voulurent bien mêler leurs voix & leurs inftrumens
au chant des Religieux. On revint à la
Maifon Confulaire , où il fut fervi un Repas , en
ambigu ,auffi délicat qu'abondant ; & où les Vins
les plus rares furent prodiguez ;les fantez du Roy,
de la Reine , & de toute la Famille Royale furent
bues à diverfes repriſes , avec des cris réiterez de
Vive le Roy. On fit l'après- midy une magnifique
Promenade à cheval,après laquelle le Conful, accompagné
de toute cette Affemblée & des Religieux
, alla allumer un grand Feu qu'on avoit
préparé dans l'endroit le plus éminent de la ville,
où tous les habitans de differentes Nations & de
Religions étoient accourus. Le Domine , Salvum
fac Regem y fut chanté à plusieurs repriſes , &
on tira une très- grande quantité de Fulées.
On revint à la Maiſon Confulaire , qu'on trou
va illuminée de quantité de lampions ; les Terraffes
, toutes les Croifées , & tous les endroits
convenables en étoient garnis ; les Armès du Roy
étoient expofées fur la principale Porte, & celles
de la Reine & du Dauphin l'étoient dans un autre
Tableau en forme de Cartouche.
Aprês l'Illumination on fervit encore un Repas
très - delicat , où les Dames Françoifes , An--
gloifes , & autres Perfonnes diftinguées du Pays ,
furent invitées , les Santez Royales furent encore
bues plus d'une fois. Le Bal fucceda au Souper ,
il y cut plufieurs Tables de Jeu , & on fervit pendant
la nuit toutes fortes de Rafraichiffemens.
L'Aga ou le Gouverneur de la ville , & les plus
notables Seigneurs de la campagne vinrent prendre
part à la Fête , qui leur parut bien nouvelle ,
& fur tout aux Gens du Pays qui n'en avoient
de leur vie vû de plus finguliere.
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Résumé : AUTRE de Saint Jean d'Acre, le 4 Janvier 1730.
Le 4 janvier 1730, la naissance du Dauphin fut annoncée à Saint Jean d'Acre par M. Carbonnel, consul de France. Le gouverneur et divers seigneurs de la ville, ainsi que les consuls d'Angleterre et de Hollande, vinrent le féliciter. Pour célébrer cet événement, M. Carbonnel organisa des festivités le jour de Noël. La chapelle de la maison consulaire fut décorée et une messe solennelle y fut célébrée en présence des consuls d'Angleterre et de Hollande, des dames des trois nations et de plusieurs négociants. Le Te Deum et l'Exaudiat furent chantés. Un repas abondant fut servi, durant lequel les santés du roi, de la reine et de la famille royale furent portées. L'après-midi, une promenade à cheval fut suivie de l'allumage d'un grand feu. Le Domine, Salvum fac Regem fut chanté et des fusées furent tirées. La maison consulaire fut illuminée et un second repas fut servi, auquel assistèrent des dames françaises, anglaises et autres personnes distinguées. Un bal et des jeux de table suivirent, avec des rafraîchissements servis toute la nuit. L'Aga et les seigneurs notables de la campagne participèrent à la fête, la trouvant remarquable.
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4825
p. 1120-1221
RUSSIE.
Début :
On mande de Moscou, de la fin d'Avril que les Princes Bazile & Alexis Dolhorucki [...]
Mots clefs :
Tsarine, Tsar
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE .
N mande de Mofcou , de la fin d'Avril
que les Princes Bazile & Alexis Dolhorucki
dont toute la famille étoit fufpecte à la Czarine
ont été exilez. Le Prince Alexis & le Prince Jean
fon fils font accufés principalement d'avoir fait faire
au feu Czar divers voyages dans des maifons de
campagne aux environs de Mofcou, afin de le détourner
du foin des affaires, pour en être feuls les
maîtres ; de l'avoir engagé à fiancer la Princeffe
Dolhorucki , fans en avoir donné aucune part
la Famille de ce Prince , & d'avoir enlevé du
Tréfor un grand nombre de pierreries , dont on
fait monter le prix à cent mille Roubles. Ces
trois Princes Dolhorucki ont été conduits à To-
-bolskoy avec une Efcorte de 40. Dragons. La
Princeffe Dolhorucki qui a eu l'honneur d'être
fiancée au feu Czar,& les autres femmes & enfans
de cette Famille ont été envoyez dans divers Mo
nafteres , pour y refter jufqu'à nouvel ordre.
On a publié à Mofcou un Edit , par lequel les
Archevêques , Evêques , Archimandrites , & au
tres Chefs des Ecclefiaftiques de ce Pays , font
obligez de fe conformer dans toutes leurs fonttions
Ecclefiaftiques au Rite reçû & approuvé icy
depuis plufieurs ficcles , fans rien emprunter du
Ceremonial des autres Religions.
Le Miniftre que l'Ufurpateur Sultan Acheraff
avoit envoyé à Mofcou , a reçu ordre de ſe retirer
, parce qu'on attend un Envoyé du nouveau
Roy de Perfe Sehah Thamas. Le General Ma ,
taonof , qui eft prefentement à Derbent , a été
nommé pour aller à Ifpahan en qualité d'Ambaffadeur
de S. M. Cz. avec les pleins pouvoits
pour renouveller les précedensTraitez entre le feu
Czar Pierre I. & le Prince Thamas , à preſent
Roy de Perfe.
La
7
JUIN. 17.30. 1221
*
La Czarine a augmenté les revenus des Colleges
de la Ville de Dorpt , l'une de celles qui ont été
cedées par la Couronne de Suede,& ruinée par la
derniere guerre,& les apointemens des Profefleurs
de l'Univerfité ; & pour rétablir cette Univerfité
dans fon ancienne fplendeur , Sa Majefté Czarienne
a déclaré qu'elle n'admettra aucun de fes
Sujets aux Emplois Civils & Ecclefiaftiques de
fes Etats que lorfqu'ils apporteront des certificats
de leurs Etudes dan scette Univerfité , au moins
pendant deux ans ,
Le Couronnement de la Czarine fe fit le 9 du
mois dernier dans l'Eglife Cathédrale de Mofcou,
avec une très -grande magnificence , & on a expedié
des ordres à tous les Miniftres de S. M. Czę
dans les Cours Etrangeres , pour celebrer par des
Fêtes la Cerémonie du Gouvernement de leur
Souveraine,
Aprés le Te Deum qu'on chanta à Petersbourg
dans l'Eglife de la Trinité , le même jour , avec
beaucoup de folemnité , on fit une décharge de
200 pieces de Canon , le foir ', le Genéral Comte
Munich donna un repas magnifique de soo
Couverts fur cinq Tables , qui fut fuivi d'un très
beau Feu d'artifice. Toutes les maiſons & Quais
de la Villé furent illuminez , ainfi que plufieurs
Bâtimens plats que le Vice- Amiral Stevers avoit
fait orner. Cette Fête fut terminée par un Bal
qui dura toute la nuit,
N mande de Mofcou , de la fin d'Avril
que les Princes Bazile & Alexis Dolhorucki
dont toute la famille étoit fufpecte à la Czarine
ont été exilez. Le Prince Alexis & le Prince Jean
fon fils font accufés principalement d'avoir fait faire
au feu Czar divers voyages dans des maifons de
campagne aux environs de Mofcou, afin de le détourner
du foin des affaires, pour en être feuls les
maîtres ; de l'avoir engagé à fiancer la Princeffe
Dolhorucki , fans en avoir donné aucune part
la Famille de ce Prince , & d'avoir enlevé du
Tréfor un grand nombre de pierreries , dont on
fait monter le prix à cent mille Roubles. Ces
trois Princes Dolhorucki ont été conduits à To-
-bolskoy avec une Efcorte de 40. Dragons. La
Princeffe Dolhorucki qui a eu l'honneur d'être
fiancée au feu Czar,& les autres femmes & enfans
de cette Famille ont été envoyez dans divers Mo
nafteres , pour y refter jufqu'à nouvel ordre.
On a publié à Mofcou un Edit , par lequel les
Archevêques , Evêques , Archimandrites , & au
tres Chefs des Ecclefiaftiques de ce Pays , font
obligez de fe conformer dans toutes leurs fonttions
Ecclefiaftiques au Rite reçû & approuvé icy
depuis plufieurs ficcles , fans rien emprunter du
Ceremonial des autres Religions.
Le Miniftre que l'Ufurpateur Sultan Acheraff
avoit envoyé à Mofcou , a reçu ordre de ſe retirer
, parce qu'on attend un Envoyé du nouveau
Roy de Perfe Sehah Thamas. Le General Ma ,
taonof , qui eft prefentement à Derbent , a été
nommé pour aller à Ifpahan en qualité d'Ambaffadeur
de S. M. Cz. avec les pleins pouvoits
pour renouveller les précedensTraitez entre le feu
Czar Pierre I. & le Prince Thamas , à preſent
Roy de Perfe.
La
7
JUIN. 17.30. 1221
*
La Czarine a augmenté les revenus des Colleges
de la Ville de Dorpt , l'une de celles qui ont été
cedées par la Couronne de Suede,& ruinée par la
derniere guerre,& les apointemens des Profefleurs
de l'Univerfité ; & pour rétablir cette Univerfité
dans fon ancienne fplendeur , Sa Majefté Czarienne
a déclaré qu'elle n'admettra aucun de fes
Sujets aux Emplois Civils & Ecclefiaftiques de
fes Etats que lorfqu'ils apporteront des certificats
de leurs Etudes dan scette Univerfité , au moins
pendant deux ans ,
Le Couronnement de la Czarine fe fit le 9 du
mois dernier dans l'Eglife Cathédrale de Mofcou,
avec une très -grande magnificence , & on a expedié
des ordres à tous les Miniftres de S. M. Czę
dans les Cours Etrangeres , pour celebrer par des
Fêtes la Cerémonie du Gouvernement de leur
Souveraine,
Aprés le Te Deum qu'on chanta à Petersbourg
dans l'Eglife de la Trinité , le même jour , avec
beaucoup de folemnité , on fit une décharge de
200 pieces de Canon , le foir ', le Genéral Comte
Munich donna un repas magnifique de soo
Couverts fur cinq Tables , qui fut fuivi d'un très
beau Feu d'artifice. Toutes les maiſons & Quais
de la Villé furent illuminez , ainfi que plufieurs
Bâtimens plats que le Vice- Amiral Stevers avoit
fait orner. Cette Fête fut terminée par un Bal
qui dura toute la nuit,
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Résumé : RUSSIE.
En avril, les princes Bazile et Alexis Dolhoroucki, ainsi que leur famille, ont été exilés par la czarine. Les princes Alexis et Jean Dolhoroucki sont accusés d'avoir détourné le feu czar des affaires d'État, de l'avoir poussé à fiancer la princesse Dolhoroucki sans l'accord de sa famille, et d'avoir volé des pierreries évaluées à cent mille roubles. Les trois princes ont été conduits à Tobolsk sous escorte, tandis que la princesse Dolhoroucki et les autres membres de la famille ont été envoyés dans divers monastères. Un édit a été publié à Moscou, obligeant les chefs ecclésiastiques à se conformer au rite traditionnel. Le ministre envoyé par l'usurpateur Sultan Acheraff a reçu l'ordre de quitter Moscou, car un envoyé du nouveau roi de Perse, Shah Thamas, est attendu. Le général Matafonof, actuellement à Derbent, a été nommé ambassadeur pour renégocier les traités entre le feu czar Pierre Ier et le prince Thamas. Le 7 juin 1730, la czarine a augmenté les revenus des collèges de la ville de Dorpt et les appointements des professeurs de l'université, déclarant que seuls les sujets ayant étudié dans cette université pendant au moins deux ans seraient admis aux emplois civils et ecclésiastiques. Le couronnement de la czarine a eu lieu le 9 mai dans la cathédrale de Moscou, avec une grande magnificence. Des ordres ont été envoyés aux ministres de Sa Majesté dans les cours étrangères pour célébrer cette cérémonie. À Saint-Pétersbourg, après un Te Deum solennel, une salve de 200 coups de canon a été tirée, suivie d'un repas somptueux et d'un feu d'artifice. Les maisons et quais de la ville, ainsi que plusieurs bâtiments, ont été illuminés, et la fête s'est terminée par un bal nocturne.
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4826
p. 1221-1222
SUEDE.
Début :
On attend à Stokolm le Roi & la Reine qui doivent arriver de Carlsberg pour assister au [...]
Mots clefs :
Roi et reine de Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
N attend à Stokolm le Roi & la Reine qui
doivent arriver de Carlsberg pour affifter au
Jubilé de la Confeffion d'Augsbourg qu'on doit
celebrer inceffamment:Les Univerfités d'Upſale &
d'Abo en Finlande ont reçû au fujet de cette Fête
Ja Vol.
des
1222 MERCURE DE FRANCE
des inftructions conformes à celles qui leur furentenvoyées
il y a cent ans par ordre du Guftave
Adolphe. Les Profeffeurs de l'Univerfité de Grypfwalde
en Pomeranie , en ont reçû de femb ables,
afin que cette Fête qui doit durer huit jours.
foit obfervée uniformement. Tous les Etudians de
feront traitez pendant ce temps çes Univerfitez y
aux dépens du Roi.
N attend à Stokolm le Roi & la Reine qui
doivent arriver de Carlsberg pour affifter au
Jubilé de la Confeffion d'Augsbourg qu'on doit
celebrer inceffamment:Les Univerfités d'Upſale &
d'Abo en Finlande ont reçû au fujet de cette Fête
Ja Vol.
des
1222 MERCURE DE FRANCE
des inftructions conformes à celles qui leur furentenvoyées
il y a cent ans par ordre du Guftave
Adolphe. Les Profeffeurs de l'Univerfité de Grypfwalde
en Pomeranie , en ont reçû de femb ables,
afin que cette Fête qui doit durer huit jours.
foit obfervée uniformement. Tous les Etudians de
feront traitez pendant ce temps çes Univerfitez y
aux dépens du Roi.
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Résumé : SUEDE.
Le roi et la reine suédois se rendent à Stockholm pour le jubilé de la Confession d'Augsbourg. Les universités d'Upsale, d'Abo et de Greifswald suivent des instructions similaires à celles de Gustave Adolphe. La fête durera huit jours, durant lesquels les étudiants seront pris en charge par le roi.
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4827
p. 1222-1223
ALLEMAGNE.
Début :
On assure que le commandement general des Troupes de l'Empereur en Italie a été donné [...]
Mots clefs :
Troupes de l'empereur en Italie, Tonnerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N affure
a
le commandement general des
Troupes de l'Empereur en Italie à été donné
au General Comte de Mercy , & que le Comte
de Daun y commandera par interim jufqu'à
fon arrivée , que le Duc Regent de Wirtemberg
commandera fur le Rhin en qualité de Maréchal
de Camp General de l'Empire. On vient d'apprendre
que les -Princes Frederick & Louis de
Wirtemberg , qui ont offert leurs fervices à l'Empereur
, commanderont en Italie en cas de guerre.
On écrit de Manheim que l'Electeur Palatin
avoit promis de fournir 8000. hommes de fes
Troupes à S. M. I. en cas que l'Empire fut attaqué.
Le 24. Mai , vers les 9. heures du foir , le ton .
nerre tomba fur le nouveau Clocher de Peglife
de S. Pierre à Berlin ; il y mit le feu , & en moins
d'un quart d'heure la Tour fut détruite ; par fa
chute,le feu fe communiqua à l'Eglife & aux maifons
voisines avec tant de violence & de rapidité
que les maifons de plufieurs rues étoient déja réduites
en cendre au départ du Courrier.
On apprend de Drefde que le Roi de Pologne
étoit arrivé au Camp de Muhiberg , accompagné
de plufieurs Princes de l'Empire & de la principale
Nobleffe de la Haute & Baffe Saxe , & que
le Duc de Saxe Gotha avoit fait présent à
1. Vol
S.
JUIN
1223
1730 .
•
S. M. P. du Regiment des Grenadiers à Cheval
qu'il a fait lever depuis un an dans la Principauté
Alembourg.
N affure
a
le commandement general des
Troupes de l'Empereur en Italie à été donné
au General Comte de Mercy , & que le Comte
de Daun y commandera par interim jufqu'à
fon arrivée , que le Duc Regent de Wirtemberg
commandera fur le Rhin en qualité de Maréchal
de Camp General de l'Empire. On vient d'apprendre
que les -Princes Frederick & Louis de
Wirtemberg , qui ont offert leurs fervices à l'Empereur
, commanderont en Italie en cas de guerre.
On écrit de Manheim que l'Electeur Palatin
avoit promis de fournir 8000. hommes de fes
Troupes à S. M. I. en cas que l'Empire fut attaqué.
Le 24. Mai , vers les 9. heures du foir , le ton .
nerre tomba fur le nouveau Clocher de Peglife
de S. Pierre à Berlin ; il y mit le feu , & en moins
d'un quart d'heure la Tour fut détruite ; par fa
chute,le feu fe communiqua à l'Eglife & aux maifons
voisines avec tant de violence & de rapidité
que les maifons de plufieurs rues étoient déja réduites
en cendre au départ du Courrier.
On apprend de Drefde que le Roi de Pologne
étoit arrivé au Camp de Muhiberg , accompagné
de plufieurs Princes de l'Empire & de la principale
Nobleffe de la Haute & Baffe Saxe , & que
le Duc de Saxe Gotha avoit fait présent à
1. Vol
S.
JUIN
1223
1730 .
•
S. M. P. du Regiment des Grenadiers à Cheval
qu'il a fait lever depuis un an dans la Principauté
Alembourg.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En 1730, plusieurs nominations militaires et événements notables ont eu lieu en Allemagne. Le général comte de Mercy a été nommé commandant général des troupes impériales en Italie, avec le comte de Daun comme commandant par intérim. Le duc régent de Wurtemberg a été désigné maréchal de camp général de l'Empire sur le Rhin. Les princes Frédéric et Louis de Wurtemberg se tiennent prêts à commander en Italie en cas de conflit. L'électeur Palatin a promis de fournir 8 000 hommes à l'Empereur en cas d'attaque contre l'Empire. Le 24 mai, la foudre a détruit le clocher de l'église Saint-Pierre à Berlin, provoquant un incendie qui a endommagé plusieurs maisons voisines. À Dresde, le roi de Pologne est arrivé au camp de Muhlberg, accompagné de princes de l'Empire et de la noblesse saxonne. Le duc de Saxe-Gotha a offert au roi de Pologne un régiment de grenadiers à cheval récemment levé dans la principauté d'Alembourg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4828
p. 1223-1226
ITALIE.
Début :
Le Sacré College désirant de faire cesser les differends du Saint Siege avec la Cour de [...]
Mots clefs :
Italie, Naples, Tremblement de terre, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E Sacré College défirant de faire ceffer les
Ldifferends du Saint Siege avec la Cour de
Portugal , a écrit à M. Aldobrandini, Nonce en
Efpagne , d'employer toutes fortes de moyens
pour engager Sa Majefté Portugaife à permettre
aux Cardinaux fes Sujets , ou du moins au Cardinal
de Motta , de venir à Rome , & de lui
donner fes pleins pouvoirs pour finir cette affaire,
On a rendu au Cardinal Cofcia tous les meu→
bles , linges , hardes & vaiffaille d'argent ; on n'a
gardé au Chateau S. Ange que fa Bibliotheque &
fes papiers que le Sacré College fait examiner.
Le 12. Mai , vers les 10. heures du foir , on
fentit à Rome une fecouffe de tremblement de
terre affez violente qui dura environ 6 minutes
& n'a caufé aucun dommage ; mais elle a été plus
confiderable à Tivoli , où elle a fait tomber quelques
murailles , & elle a abbatu prefque toutes
les Maifons de la petite Ville de Norcia , où plufeurs
perfonnes ont été enfevelies fous les ruines;
les autres habitans ont quitté leurs maifons , &
fe font fauvés fur la Place de S. Simon;
On a appris de Venife qu'une Montagne voifine
de la petite Ville de Chiapeffa s'étoit ouverte
le 2 Mai , vers les 9 heures du matin , après une
violente fecouffe de tremblement de terre, & qu'elle
avoit englouti plus de 30 maifons avec une partie
de ceux qui les habitoient ,
Le dernier tremblement de terre qu'on reffen
tit à Rome le 12 du mois dernier , a caufé beau-
I. Vol. coup
1224 MERCURE DE FRANCE
coup de dommages dans les Villes de Notcia ,
d'Aquila , de Cafcia , de Virfa , de Matrica , de
Monteleone & dans plufieurs Bourgs & Villages
des environs. Il y a eu à Norcia trois fecouffes ,
dont la derniere a été fi violente , que toutes les
Maifons de la Ville ont été renverfées de fond
en comble , à la réſerve de la Maifon de Ville &
des Couvents de S. François & de S. Antoine.
On a appris que depuis ce jour-là juſqu'au 14
on avoit déterré 400 perfonnes enfevelies fous
les ruines; les unes mortes & les autres eftropiées.
Cette Ville fituée dans l'Ombrie , près le Mont
Apennin , pouvoit contenir 4000 habitans , qui
la plupart fe retirerent à la Campagne, où ils font
dans une grande mifere. On y a fait venir 500
Soldats qu'on a mis autour des Murs & aux Por
bes , pour arrêter & fouiller tous ceux qui fortent
, afin de prévenir le pillage des effets qu'on
retire de deffous les démolitions. Ce tremblement
de terre s'eft fait fentir à Spolette , mais il n'y a
caufé aucun dommage confiderable.
Le 22 , on envoya de Rome à Norcia 3000
écus d'aumône pour les habitans de cette Ville ,
avec plufieurs Chirurgiens pour panfer les bleffez,
& des Médecins pour traiter les malades. On a
envoyé depuis d'autres fecours d'argent.
Les Cardinaux , Chefs d'Ordres , ont fait arrêter
un Religieux qui , prêchant dans une des
principales Eglifes de Rome , a été affez témé
raire pour prédire & affurer que la nuit du 14 au
15 May , la Ville de Rome feroit renversée de
fond en comble par un tremblement de terre , &
que cet évenement avoit été annoncé en fonge à
une de fes pénitentes, །
Le 17. les Cardinaux ordonnerent des Prieres
publiques pendant trois jours , dans differentes
Eglifes de Rome, & une Neuvaine dans l'Eglife
+
I Vol. de
JUI N. 1730. 1225
de S. Philippe de Neri , pour demander à Dieu
les lumieres neceffaires pour l'Election du Pape.
Les Pourvoyeurs du Conclave ont reçû ordre
d'y faire de nouvelles Provifions d'Huille , de
Bougies , de Bois & de Charbon.
Le bruit court que les Cardinaux de Schrot
tembach & Czacki ont reçû ordre de fe rendre
en diligence au Conclave , pour augmenter le
nombre de ceux qui font affectionnez à l'Empe
teur.
Le Cardinal Innico Carraccioli Napolitain
ayant vifité,fuivant la coutume , l'Eglife de faint
Pierre , entra le 21 du mois dernier au Concla
ve , où il y a prefentement 54 Cardinaux.
Le Commandeur Santini , nommé par le
Grand-Maître de Malte au Prieuré de Rome , a
offert au Sacré Collège d'en donner fa démiffion
, à condition d'une penfion fur ce Prieuré
, auquel les Cardinaux ont nommé le fecond
fils du Chevalier de S. George.
On apprend de Boulogne , qu'au commence→
ment du mois dernier , des Ouvriers travaillant
dans l'Eglife de S. Dominique de la même Ville,
y trouverent le tombeau de Lucius , Roy de
Sardaigne.
Pae un Courrier dépêché d'Anconne , on a re
çu avis qu'il étoit arrivé dans la Marche 3000
hommes de Troupes Impériales qui doivent fe
rendre dans le Royaume de Naples.
Le 25 Avril , on chanta à Naples un Te Deum,
folemnel , en mémoire de ce que cette Ville fut
préfervée de l'Incendie dont elle étoit menacée
par la chute de la Bourre enflammée d'un Canon
qui tomba dans le Magazin des Poudres du Châ
teau de l'Oeuf, lorsqu'on faifoit en 1723. des
décharges d'Artillerie à la fin d'un Te Deum
qu'on avoit chanté , pour rendre graces à Dieu
1. Val
da H
226 MERCURE DE FRANCE
de ce que cette Ville avoit été préfervée de la
communication du mal Contagieux qu'on crainoit
alors.
Le Comte de Wallis qui eft arrivé depuis peu
d'Allemagne à Naples, doit partir pour la Sicile,
pour aller commander en chef les Troupes de
PEmpereur.
On a appris de l'Ile de Corfe , par la voye de
Genes , que M. Venerolo avoit fait fommer trois
fois les Rebelles de cette Ifle de quitter les armes,
fans qu'ils cuffent obéi; & que ces Montagnards
ayant eu l'audace , au contraire , de venir piller
plufieurs Maifons de Campagne à quelques lieuës
de Baftia , le Commiffaire General de la Répus
Blique étoit parti ,à la tête de 500 hommes, pour
fes diffiper, Ces Lettres ajoutent qu'on doutoit à
Genes que les Corfes vouluffent rentrer dans leur
devoir , & qu'ils paroiffoient déterminez à fe
fouftraire à la domination de la République ;
e qui faifoit craindre qu'ils ne fuflent affurez
de la protection fecrete de quelque Puiffance.
E Sacré College défirant de faire ceffer les
Ldifferends du Saint Siege avec la Cour de
Portugal , a écrit à M. Aldobrandini, Nonce en
Efpagne , d'employer toutes fortes de moyens
pour engager Sa Majefté Portugaife à permettre
aux Cardinaux fes Sujets , ou du moins au Cardinal
de Motta , de venir à Rome , & de lui
donner fes pleins pouvoirs pour finir cette affaire,
On a rendu au Cardinal Cofcia tous les meu→
bles , linges , hardes & vaiffaille d'argent ; on n'a
gardé au Chateau S. Ange que fa Bibliotheque &
fes papiers que le Sacré College fait examiner.
Le 12. Mai , vers les 10. heures du foir , on
fentit à Rome une fecouffe de tremblement de
terre affez violente qui dura environ 6 minutes
& n'a caufé aucun dommage ; mais elle a été plus
confiderable à Tivoli , où elle a fait tomber quelques
murailles , & elle a abbatu prefque toutes
les Maifons de la petite Ville de Norcia , où plufeurs
perfonnes ont été enfevelies fous les ruines;
les autres habitans ont quitté leurs maifons , &
fe font fauvés fur la Place de S. Simon;
On a appris de Venife qu'une Montagne voifine
de la petite Ville de Chiapeffa s'étoit ouverte
le 2 Mai , vers les 9 heures du matin , après une
violente fecouffe de tremblement de terre, & qu'elle
avoit englouti plus de 30 maifons avec une partie
de ceux qui les habitoient ,
Le dernier tremblement de terre qu'on reffen
tit à Rome le 12 du mois dernier , a caufé beau-
I. Vol. coup
1224 MERCURE DE FRANCE
coup de dommages dans les Villes de Notcia ,
d'Aquila , de Cafcia , de Virfa , de Matrica , de
Monteleone & dans plufieurs Bourgs & Villages
des environs. Il y a eu à Norcia trois fecouffes ,
dont la derniere a été fi violente , que toutes les
Maifons de la Ville ont été renverfées de fond
en comble , à la réſerve de la Maifon de Ville &
des Couvents de S. François & de S. Antoine.
On a appris que depuis ce jour-là juſqu'au 14
on avoit déterré 400 perfonnes enfevelies fous
les ruines; les unes mortes & les autres eftropiées.
Cette Ville fituée dans l'Ombrie , près le Mont
Apennin , pouvoit contenir 4000 habitans , qui
la plupart fe retirerent à la Campagne, où ils font
dans une grande mifere. On y a fait venir 500
Soldats qu'on a mis autour des Murs & aux Por
bes , pour arrêter & fouiller tous ceux qui fortent
, afin de prévenir le pillage des effets qu'on
retire de deffous les démolitions. Ce tremblement
de terre s'eft fait fentir à Spolette , mais il n'y a
caufé aucun dommage confiderable.
Le 22 , on envoya de Rome à Norcia 3000
écus d'aumône pour les habitans de cette Ville ,
avec plufieurs Chirurgiens pour panfer les bleffez,
& des Médecins pour traiter les malades. On a
envoyé depuis d'autres fecours d'argent.
Les Cardinaux , Chefs d'Ordres , ont fait arrêter
un Religieux qui , prêchant dans une des
principales Eglifes de Rome , a été affez témé
raire pour prédire & affurer que la nuit du 14 au
15 May , la Ville de Rome feroit renversée de
fond en comble par un tremblement de terre , &
que cet évenement avoit été annoncé en fonge à
une de fes pénitentes, །
Le 17. les Cardinaux ordonnerent des Prieres
publiques pendant trois jours , dans differentes
Eglifes de Rome, & une Neuvaine dans l'Eglife
+
I Vol. de
JUI N. 1730. 1225
de S. Philippe de Neri , pour demander à Dieu
les lumieres neceffaires pour l'Election du Pape.
Les Pourvoyeurs du Conclave ont reçû ordre
d'y faire de nouvelles Provifions d'Huille , de
Bougies , de Bois & de Charbon.
Le bruit court que les Cardinaux de Schrot
tembach & Czacki ont reçû ordre de fe rendre
en diligence au Conclave , pour augmenter le
nombre de ceux qui font affectionnez à l'Empe
teur.
Le Cardinal Innico Carraccioli Napolitain
ayant vifité,fuivant la coutume , l'Eglife de faint
Pierre , entra le 21 du mois dernier au Concla
ve , où il y a prefentement 54 Cardinaux.
Le Commandeur Santini , nommé par le
Grand-Maître de Malte au Prieuré de Rome , a
offert au Sacré Collège d'en donner fa démiffion
, à condition d'une penfion fur ce Prieuré
, auquel les Cardinaux ont nommé le fecond
fils du Chevalier de S. George.
On apprend de Boulogne , qu'au commence→
ment du mois dernier , des Ouvriers travaillant
dans l'Eglife de S. Dominique de la même Ville,
y trouverent le tombeau de Lucius , Roy de
Sardaigne.
Pae un Courrier dépêché d'Anconne , on a re
çu avis qu'il étoit arrivé dans la Marche 3000
hommes de Troupes Impériales qui doivent fe
rendre dans le Royaume de Naples.
Le 25 Avril , on chanta à Naples un Te Deum,
folemnel , en mémoire de ce que cette Ville fut
préfervée de l'Incendie dont elle étoit menacée
par la chute de la Bourre enflammée d'un Canon
qui tomba dans le Magazin des Poudres du Châ
teau de l'Oeuf, lorsqu'on faifoit en 1723. des
décharges d'Artillerie à la fin d'un Te Deum
qu'on avoit chanté , pour rendre graces à Dieu
1. Val
da H
226 MERCURE DE FRANCE
de ce que cette Ville avoit été préfervée de la
communication du mal Contagieux qu'on crainoit
alors.
Le Comte de Wallis qui eft arrivé depuis peu
d'Allemagne à Naples, doit partir pour la Sicile,
pour aller commander en chef les Troupes de
PEmpereur.
On a appris de l'Ile de Corfe , par la voye de
Genes , que M. Venerolo avoit fait fommer trois
fois les Rebelles de cette Ifle de quitter les armes,
fans qu'ils cuffent obéi; & que ces Montagnards
ayant eu l'audace , au contraire , de venir piller
plufieurs Maifons de Campagne à quelques lieuës
de Baftia , le Commiffaire General de la Répus
Blique étoit parti ,à la tête de 500 hommes, pour
fes diffiper, Ces Lettres ajoutent qu'on doutoit à
Genes que les Corfes vouluffent rentrer dans leur
devoir , & qu'ils paroiffoient déterminez à fe
fouftraire à la domination de la République ;
e qui faifoit craindre qu'ils ne fuflent affurez
de la protection fecrete de quelque Puiffance.
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Résumé : ITALIE.
En mai 1730, plusieurs événements marquants se sont produits en Italie. Le Sacré Collège a sollicité l'intervention du nonce en Espagne, M. Aldobrandini, auprès du roi du Portugal pour permettre à certains cardinaux, dont le Cardinal de Motta, de se rendre à Rome afin de résoudre des conflits. Les biens du Cardinal Coscia lui ont été restitués, à l'exception de sa bibliothèque et de ses papiers, qui sont examinés par le Sacré Collège. Le 12 mai, un violent tremblement de terre a frappé Rome, causant des dégâts à Tivoli et détruisant presque toutes les maisons de Norcia, où plusieurs personnes ont été ensevelies. Un autre séisme, le 2 mai, a ouvert une montagne près de Chiapessa, engloutissant plus de 30 maisons. Un précédent tremblement de terre, le 12 du mois précédent, avait déjà causé des dommages importants dans plusieurs villes, notamment Norcia, où 400 personnes ont été déterrées, mortes ou blessées. Des secours, incluant des aumônes et des médecins, ont été envoyés à Norcia. À Rome, un religieux a été arrêté pour avoir prédit la destruction de la ville par un tremblement de terre. Les cardinaux ont ordonné des prières publiques pour demander des lumières pour l'élection du pape. Des préparatifs ont été faits pour le conclave, et des cardinaux ont été convoqués pour augmenter le nombre de ceux favorables à l'empereur. Le Cardinal Innico Caraccioli a rejoint le conclave, où 54 cardinaux sont présents. D'autres événements notables incluent la découverte du tombeau de Lucius, roi de Sardaigne, à Boulogne, l'arrivée de troupes impériales dans la Marche d'Ancône, un Te Deum à Naples pour commémorer un incendie évité, et des troubles à l'île de Corfou où des rebelles refusent de se soumettre à la République. Le Comte de Wallis doit partir pour la Sicile afin de commander les troupes de l'empereur.
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4829
p. 1226-1227
ESPAGNE
Début :
Le 24 du mois dernier, le Marquis de Brancas, Ambassadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire [...]
Mots clefs :
Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE
ESPAGNE
E 24 du mois dernier , le Marquis de Bran
Le
cas, Ambaffadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire
du Roy Tres - Chrétien , prit poffeffion
des honneurs de la Grandeffe, & fe couvrit pour
la premiere fois en cette qualité devant le Roy
yant pour parrain le Duc Del-Arco qui avoit
invité à cette cérémonie tous les Grands du
Royaume qui font à la Cour , & aufquels il
donna un repas magnifique , ainfi qu'aux Miniftres
Etrangers & à plufieurs autres Perfonnes
de diftinction ,
On mande de Grénade que le Roy , la Reine
les Princes & Princeffes de la Famille Royale
1. Vel.
conţinuent
JUIN 1730. 1227
Continuent à jouir d'une parfaite , fanté à Soto
de Roma.
E 24 du mois dernier , le Marquis de Bran
Le
cas, Ambaffadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire
du Roy Tres - Chrétien , prit poffeffion
des honneurs de la Grandeffe, & fe couvrit pour
la premiere fois en cette qualité devant le Roy
yant pour parrain le Duc Del-Arco qui avoit
invité à cette cérémonie tous les Grands du
Royaume qui font à la Cour , & aufquels il
donna un repas magnifique , ainfi qu'aux Miniftres
Etrangers & à plufieurs autres Perfonnes
de diftinction ,
On mande de Grénade que le Roy , la Reine
les Princes & Princeffes de la Famille Royale
1. Vel.
conţinuent
JUIN 1730. 1227
Continuent à jouir d'une parfaite , fanté à Soto
de Roma.
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Résumé : ESPAGNE
Le 24 du mois dernier, le Marquis de Bran, Ambassadeur du Roi Très Chrétien, a reçu les honneurs de la Grandeffe en présence du Roi. Le Duc Del'Arco a été parrain, invitant les Grands du Royaume, les Ministres Étrangers et des personnes distinguées. Un repas somptueux a été servi. À Grenade, la Famille Royale est en parfaite santé à Soto de Roma.
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4830
p. 1227-1229
« Le 31. du mois dernier, la Reine partit de Fontainebleau vers les deux [...] »
Début :
Le 31. du mois dernier, la Reine partit de Fontainebleau vers les deux [...]
Mots clefs :
Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 31. du mois dernier, la Reine partit de Fontainebleau vers les deux [...] »
FRANCE
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
L
E 31. dumois dernier , la Reine
partit
de Fontainebleau vers les deux
heures après midi , pour aller coucher au
Château de Petit-Bourg , d'où S. M. fè
rendit le lendemain à Verfailles. Le Roi
y arriva le 6. de ce mois , & le 8. Fête du
S.Sacrement,
S.M.accommpagné du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu , & des
principaux Officiers de fa Maifon , fe rendit
à l'Eglife de la Paroiffe , où elle entendit
la grande Meffe , après avoir affifté
à la Proceffion , qui vint , fuivant l'ufage,
à la Chapelle du Château. La Reine n'étant
point allée à la Paroiffe à caufe de
fa groffeffe , vit paffer la Proceffion &
entendit enfuite la Meffe dans la Tribune
de la
Chapelle .
Le Roi a accordé la Charge de Premier
Prefident du Parlement de Grenoble ,
au Préſident de Grammont , le plus ancien
des Préfidens à Mortier de ce Parlement.
- S. M. a donné le Gouvernement de
AVol. Hij PHô1228
MERCURE DE FRANCE
'Hôtel Royal des Invalides , vacant par
la mort du Marquis de Beaujeu , au Che
valier de Ganges , Lieutenant de Roy du
même Hôtel, & le Chevalier de S. André,
Brigadier des Armées du Roi , a été nommé
à la Lieutenance de Roi.
Le 15. fur le foir , le Roi & la Reine
partirent de Verfaillles pour aller coucher
au Château de Marly , où L, M. dojvent
paffer quelque temps.
Le 24. du mois dernier , les Prieur &
Chanoines Réguliers de S, Jean des Vignes
, Ordre de S. Auguftin , dans le Dio .
cèfe de Soiffons , élurent pour Superieur
de leurMaifonChefde l'OrdreN.Joüailles,
cy- devant Prieur de Vandieres , dans le
même Diocèfe . La fage conduite de M. de
Jouailles dans les Maifons qu'il a gouvernées
, juftifie le choix des Chanoines de
S. Jean des Vignes,
Le Roi a accordé au Comte de Sainte
Maure , Lieutenant General de fes Armées
Navales , la Charge de Vice- Amiral
du Levant , vacante par la mort du Maréchal
de Coetlogon , & S. M. a nommé
Lieutenant General de fes Armées Navales
, M. de la Rocheallart , qui étoit Chef
d'Efcadre.
M. Marcel de Lopés de la Fare , Chevalier
Profès de l'Ordre de Malthe , Baron
né de l'Empire , Lieutenant de Ga-
1 Vol · leurs
MAUI1 N. 1730. 1229
lere & de la Compagnie des Gardes de
l'Etendart , vient d'être nommé le
par
Roi , Capitaine de Galere , il confervera
la Lieutenance des Gardes de l'Etendart.
Le 24. du mois dernier l'Archevêque
de Paris fe rendit en Sorbonne & y reçut
de Bonnet de Docteur,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
L
E 31. dumois dernier , la Reine
partit
de Fontainebleau vers les deux
heures après midi , pour aller coucher au
Château de Petit-Bourg , d'où S. M. fè
rendit le lendemain à Verfailles. Le Roi
y arriva le 6. de ce mois , & le 8. Fête du
S.Sacrement,
S.M.accommpagné du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu , & des
principaux Officiers de fa Maifon , fe rendit
à l'Eglife de la Paroiffe , où elle entendit
la grande Meffe , après avoir affifté
à la Proceffion , qui vint , fuivant l'ufage,
à la Chapelle du Château. La Reine n'étant
point allée à la Paroiffe à caufe de
fa groffeffe , vit paffer la Proceffion &
entendit enfuite la Meffe dans la Tribune
de la
Chapelle .
Le Roi a accordé la Charge de Premier
Prefident du Parlement de Grenoble ,
au Préſident de Grammont , le plus ancien
des Préfidens à Mortier de ce Parlement.
- S. M. a donné le Gouvernement de
AVol. Hij PHô1228
MERCURE DE FRANCE
'Hôtel Royal des Invalides , vacant par
la mort du Marquis de Beaujeu , au Che
valier de Ganges , Lieutenant de Roy du
même Hôtel, & le Chevalier de S. André,
Brigadier des Armées du Roi , a été nommé
à la Lieutenance de Roi.
Le 15. fur le foir , le Roi & la Reine
partirent de Verfaillles pour aller coucher
au Château de Marly , où L, M. dojvent
paffer quelque temps.
Le 24. du mois dernier , les Prieur &
Chanoines Réguliers de S, Jean des Vignes
, Ordre de S. Auguftin , dans le Dio .
cèfe de Soiffons , élurent pour Superieur
de leurMaifonChefde l'OrdreN.Joüailles,
cy- devant Prieur de Vandieres , dans le
même Diocèfe . La fage conduite de M. de
Jouailles dans les Maifons qu'il a gouvernées
, juftifie le choix des Chanoines de
S. Jean des Vignes,
Le Roi a accordé au Comte de Sainte
Maure , Lieutenant General de fes Armées
Navales , la Charge de Vice- Amiral
du Levant , vacante par la mort du Maréchal
de Coetlogon , & S. M. a nommé
Lieutenant General de fes Armées Navales
, M. de la Rocheallart , qui étoit Chef
d'Efcadre.
M. Marcel de Lopés de la Fare , Chevalier
Profès de l'Ordre de Malthe , Baron
né de l'Empire , Lieutenant de Ga-
1 Vol · leurs
MAUI1 N. 1730. 1229
lere & de la Compagnie des Gardes de
l'Etendart , vient d'être nommé le
par
Roi , Capitaine de Galere , il confervera
la Lieutenance des Gardes de l'Etendart.
Le 24. du mois dernier l'Archevêque
de Paris fe rendit en Sorbonne & y reçut
de Bonnet de Docteur,
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Résumé : « Le 31. du mois dernier, la Reine partit de Fontainebleau vers les deux [...] »
Le 31 du mois dernier, la Reine se rendit au Château de Petit-Bourg puis à Versailles le lendemain. Le Roi arriva à Versailles le 6 du mois et participa à la Fête du Saint-Sacrement le 8, accompagné de plusieurs dignitaires. La Reine, en raison de sa grossesse, resta au château et assista à la procession et à la messe depuis la tribune de la chapelle. Le Roi accorda la charge de Premier Président du Parlement de Grenoble au Président de Grammont et nomma le Chevalier de Ganges au Gouvernement de l'Hôtel Royal des Invalides et le Chevalier de Saint-André à la Lieutenance Royale. Le 15, le Roi et la Reine partirent pour le Château de Marly. Par ailleurs, le 24 du mois dernier, les Prieur et Chanoines Réguliers de Saint-Jean-des-Vignes élurent M. de Jouailles comme Supérieur de leur maison. Le Roi nomma également le Comte de Sainte-Maure Vice-Amiral du Levant et M. de La Rocheallart Lieutenant Général de ses Armées Navales. M. Marcel de Lopés de la Fare fut nommé Capitaine de Galère tout en conservant sa Lieutenance des Gardes de l'Étendard. Le même jour, l'Archevêque de Paris reçut le bonnet de Docteur en Sorbonne.
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4831
p. 1231
A LA REINE.
Début :
MADAME, Nous esperons que vous recevrez favorablement les Actes que nous avons l'honneur [...]
Mots clefs :
Reine, Religion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LA REINE.
A LA REINE.
MADA ADAME,
Nous efperons que vous recevrez favoran
blement les Actes que nous avons l'honneur
de présenter à V. M. ils vous doivent être
d'autant plus chers , qu'ils font appuyez de
Fautorité du Roi , & qu'ils tendent à la confervation
de lafaine Doctrine . Toutes lesgrandes
qualitez de V. M. ne feroient rien de
vant Dieu , fi elles n'étoient foutenues de
votre zele pour la Religion , qui leur donne
leurprincipal luftre.
Le Ciel a commencé à les récompenfer
dès ce mondes elles vous ont placée sur le
premier Trône de l'Univers , elles vous ont
obtenu un Enfant fi defiré , qui fait la joye
de V. M. celle de vos Sujets , & qui affure
le repos de l'Europe.
Qu'il croiffe , MADAME , fous vos yeux,
eet aimable Dauphin ? qu'il recueille le fruit
de vos exemples , qu'il marche fur les pas de
fon augufte Pere & de fon Roi , qu'il foit un
four à fon exemple le Protecteur de l'Eglife
le foutien de la vraye Religion.
MADA ADAME,
Nous efperons que vous recevrez favoran
blement les Actes que nous avons l'honneur
de présenter à V. M. ils vous doivent être
d'autant plus chers , qu'ils font appuyez de
Fautorité du Roi , & qu'ils tendent à la confervation
de lafaine Doctrine . Toutes lesgrandes
qualitez de V. M. ne feroient rien de
vant Dieu , fi elles n'étoient foutenues de
votre zele pour la Religion , qui leur donne
leurprincipal luftre.
Le Ciel a commencé à les récompenfer
dès ce mondes elles vous ont placée sur le
premier Trône de l'Univers , elles vous ont
obtenu un Enfant fi defiré , qui fait la joye
de V. M. celle de vos Sujets , & qui affure
le repos de l'Europe.
Qu'il croiffe , MADAME , fous vos yeux,
eet aimable Dauphin ? qu'il recueille le fruit
de vos exemples , qu'il marche fur les pas de
fon augufte Pere & de fon Roi , qu'il foit un
four à fon exemple le Protecteur de l'Eglife
le foutien de la vraye Religion.
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Résumé : A LA REINE.
La lettre est adressée à Marie Leszczyńska, épouse de Louis XV. Les auteurs espèrent que la reine approuvera les Actes présentés, soutenus par l'autorité royale et visant à préserver la foi chrétienne. Ils soulignent son zèle religieux et les bénédictions divines, comme la naissance du dauphin Louis. Ils souhaitent que le dauphin suive l'exemple de son père et protège l'Église.
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4832
p. 1232-1233
A. S. E. MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE FLEURY.
Début :
MONSEIGNEUR, Si la Faculté de Théologie reprend son ancienne splendeur, si après des jours nébuleux [...]
Mots clefs :
Cardinal de Fleury, Faculté de théologie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A. S. E. MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE FLEURY.
A. S. E. MONSEIGNEUR
LE CARDINAL DE FLEURY.
MONSEIG ONSEIGNEUR ,
Si la Faculté de Théologie reprend fon
ancienne fplendeur, fi après des jours nébuleux
qui l'ont obfcurcie , elle repand un nou
vel éclat , c'est à V. E. que nous en fommes
redevables ! Qu'il vous eft glorieux , Mon-
SEIGNEUR , de travailler avec tant de
Zele à étouffer ces femences de guerre ,. dons
les Peuples étoient allarmez ! mais j'ofe dire
qu'il ne vous le fera pas moins , ni moins
important pour le bien de l'Etat , de réunir
les efprits divifez fur la Religion. V. E, à
faifi l'unique voye d'y parvenir ; le calme
que vous avez remis dans la Faculté de
Théologie , la derniere Déclaration du Roi ,
fi neceffaire dans les circonstances prefentes,
font des préfages certains de la paix de l'Eglife
; paix qui confifte uniquement dans l'obéiffance
à l'autorité légitime. Que nos Freres
indociles ne ferment plus les yeux à la
lumiere qui brille de toutes parts en faveur
du Decret Apoftolique , qu'ils ceffent de préferer
leurs efprits particuliers au jugement de
tant de Pontifes unis avec le S. Siege. En
vain fe vantent-ils du zele qu'ils difent avoir
1. Vol.
•pour
SWAJULN. 1730. 1233
pour les Droits facrez de la Couronne ; en
vain fe donnent-ils la gloire d'être les plus
fideles Sujets de S. M. Cet artifice groffier,
ce langage feduifant mis en ufage par les
Novateurs de tous les fiecles , pour couvrir
leurs erreurs, ne trompe plus perfonne. Connoiffent-
ils donc mieux les Droits facrez du
Diademe , que le Souverain & les grands
Hommes à qui il donnefa confiance , & qu'il
admet dans fes Confeils ? Est-ce être fidele
Sujet du Roi que de réfifter à fes ordres les
plus précis ? Non , MONSEIGNEUR , il
n'y a point de Sujets plus fideles à leur Prin
ce que ceux qui font foumis à l'Eglife . C'eft
pour ramener nos Confreres à des fentimens
plus dignes de Théologiens Catholiques, que
la Faculté a dreffe les Alles qu'elle nous or◄
donne de préfenter à Votre Eminence
LE CARDINAL DE FLEURY.
MONSEIG ONSEIGNEUR ,
Si la Faculté de Théologie reprend fon
ancienne fplendeur, fi après des jours nébuleux
qui l'ont obfcurcie , elle repand un nou
vel éclat , c'est à V. E. que nous en fommes
redevables ! Qu'il vous eft glorieux , Mon-
SEIGNEUR , de travailler avec tant de
Zele à étouffer ces femences de guerre ,. dons
les Peuples étoient allarmez ! mais j'ofe dire
qu'il ne vous le fera pas moins , ni moins
important pour le bien de l'Etat , de réunir
les efprits divifez fur la Religion. V. E, à
faifi l'unique voye d'y parvenir ; le calme
que vous avez remis dans la Faculté de
Théologie , la derniere Déclaration du Roi ,
fi neceffaire dans les circonstances prefentes,
font des préfages certains de la paix de l'Eglife
; paix qui confifte uniquement dans l'obéiffance
à l'autorité légitime. Que nos Freres
indociles ne ferment plus les yeux à la
lumiere qui brille de toutes parts en faveur
du Decret Apoftolique , qu'ils ceffent de préferer
leurs efprits particuliers au jugement de
tant de Pontifes unis avec le S. Siege. En
vain fe vantent-ils du zele qu'ils difent avoir
1. Vol.
•pour
SWAJULN. 1730. 1233
pour les Droits facrez de la Couronne ; en
vain fe donnent-ils la gloire d'être les plus
fideles Sujets de S. M. Cet artifice groffier,
ce langage feduifant mis en ufage par les
Novateurs de tous les fiecles , pour couvrir
leurs erreurs, ne trompe plus perfonne. Connoiffent-
ils donc mieux les Droits facrez du
Diademe , que le Souverain & les grands
Hommes à qui il donnefa confiance , & qu'il
admet dans fes Confeils ? Est-ce être fidele
Sujet du Roi que de réfifter à fes ordres les
plus précis ? Non , MONSEIGNEUR , il
n'y a point de Sujets plus fideles à leur Prin
ce que ceux qui font foumis à l'Eglife . C'eft
pour ramener nos Confreres à des fentimens
plus dignes de Théologiens Catholiques, que
la Faculté a dreffe les Alles qu'elle nous or◄
donne de préfenter à Votre Eminence
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Résumé : A. S. E. MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE FLEURY.
L'auteur d'une lettre félicite Monseigneur le Cardinal de Fleury pour la restauration de la splendeur de la Faculté de Théologie après une période obscure. Il exprime sa gratitude pour les efforts du Cardinal visant à apaiser les tensions et à réunir les esprits divisés sur la religion. La lettre souligne que le calme rétabli dans la Faculté et la dernière Déclaration du Roi sont des signes prometteurs de la paix de l'Église, fondée sur l'obéissance à l'autorité légitime. L'auteur appelle les frères indociles à cesser de résister au Décret Apostolique et à ne pas privilégier leurs opinions personnelles au jugement des Pontifes unis avec le Saint-Siège. Il critique ceux qui se vantent de leur zèle pour les droits de la Couronne et de leur fidélité au Roi tout en résistant aux ordres du souverain. La lettre conclut en affirmant que les sujets les plus fidèles au prince sont ceux qui sont soumis à l'Église, et que la Faculté adresse des allèles pour ramener les confrères à des sentiments plus dignes de théologiens catholiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4833
p. 1233-1235
A MONSEIGNEUR, LE CHANCELIER.
Début :
MONSEIGNEUR, Elevé au supreme degré de la Magistrature, il vous appartient d'appuyer également [...]
Mots clefs :
Pasteurs, Chancelier de France, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR, LE CHANCELIER.
A MONSEIGNEUR ,
LE CHANCELIER
MONSEIGNEUR ,
Elevé au fupreme degré de la Magiftra
ture , il vous appartient d'appuyer également
les Loix de l'Eglife celles de l'Etat,
& à nous de leur rendre une entiere &
parfaite
obéiffance ; quand l'Eglife parle à fes
Enfans & le Roi à fes Sujets , le feul parti
1. Voli Hv de
1234 MERCURE DE FRANCE
de ceux- cy eft celui de la foumiffion. Dans les
questions judicieufes , nous déliberons , nous
formons nos avis ; mais après le jugement
des premiers Pafteurs , notre gloire eft d'obeir.
Vous le difiez autrefois , MONSE 1-
GNEUR, dans l'importante place que vous
occupiez au Parlemenp & que vous foute
niez avec tant de dignité & d'éloquences
vous affuriez que le fuffrage des Evêques
affermit irrevocablement la décifion du Sou
verain Pontife , & que c'eft à cette union
parfaite des Membres avec les Chefs , que
les Chrétiens font obligez de reconnoître la
voix de la verité & le jugement de Dieu
même. Cependant , MONSEIGNEUR ,
quelle monftrueuse Doctrine n'a-t-on pas
avancée depuis quelques années , fous lefpecieux
prétexte d'attachement aux maximes
du Royaume ? on a foutenu avec opiniâtreté
des erreurs capitales profcrites par l'une &
Pautre Puiffance. On a ébranlé tous les fondemens
de ta Hyerarchie & de la fubordination
on a autorife chaque Particulier à s'ériger
en Juge & arbitre de fa foy , onfour
met les décifions des premiers Pafteurs unis
avec leur Chef , à l'approbation du Peuple..
On fait dépendre la validité de leurs Juge
mens , du confentement des fimples Fideles
nous le difons avec douleur , le malheur des
temps a entraîné dans ces écarts des perſon- ·
d'ailleurs refpectables , & quelques-uns
nes .
I.. Vola de
JUIN 1730. 1235.
de nos Confreres qui paroiffent y perfeverer
avec opiniâtreté.
·Ne pouvons-nous pas efperer , MON
SEIGNEUR
, que Les Actes que nous avons
Phonneur de vous prefenter , & fur tout la
derniere Déclaration du Roy , dreffée avec
tant de fageffe , tes feront revenir de leur
prévention & les rameneront à l'unité.
Oui , MONSEIGNEUR , nous l'efpe
rons , mais nous ne l'espérons que de la bonté
de celui qui a l'a toute puiffance de tournerles
Geurs les plus rebelles comme il lui plait &
de lesfaire rentrer dans l'obéiffance & dans
La foumission.
LE CHANCELIER
MONSEIGNEUR ,
Elevé au fupreme degré de la Magiftra
ture , il vous appartient d'appuyer également
les Loix de l'Eglife celles de l'Etat,
& à nous de leur rendre une entiere &
parfaite
obéiffance ; quand l'Eglife parle à fes
Enfans & le Roi à fes Sujets , le feul parti
1. Voli Hv de
1234 MERCURE DE FRANCE
de ceux- cy eft celui de la foumiffion. Dans les
questions judicieufes , nous déliberons , nous
formons nos avis ; mais après le jugement
des premiers Pafteurs , notre gloire eft d'obeir.
Vous le difiez autrefois , MONSE 1-
GNEUR, dans l'importante place que vous
occupiez au Parlemenp & que vous foute
niez avec tant de dignité & d'éloquences
vous affuriez que le fuffrage des Evêques
affermit irrevocablement la décifion du Sou
verain Pontife , & que c'eft à cette union
parfaite des Membres avec les Chefs , que
les Chrétiens font obligez de reconnoître la
voix de la verité & le jugement de Dieu
même. Cependant , MONSEIGNEUR ,
quelle monftrueuse Doctrine n'a-t-on pas
avancée depuis quelques années , fous lefpecieux
prétexte d'attachement aux maximes
du Royaume ? on a foutenu avec opiniâtreté
des erreurs capitales profcrites par l'une &
Pautre Puiffance. On a ébranlé tous les fondemens
de ta Hyerarchie & de la fubordination
on a autorife chaque Particulier à s'ériger
en Juge & arbitre de fa foy , onfour
met les décifions des premiers Pafteurs unis
avec leur Chef , à l'approbation du Peuple..
On fait dépendre la validité de leurs Juge
mens , du confentement des fimples Fideles
nous le difons avec douleur , le malheur des
temps a entraîné dans ces écarts des perſon- ·
d'ailleurs refpectables , & quelques-uns
nes .
I.. Vola de
JUIN 1730. 1235.
de nos Confreres qui paroiffent y perfeverer
avec opiniâtreté.
·Ne pouvons-nous pas efperer , MON
SEIGNEUR
, que Les Actes que nous avons
Phonneur de vous prefenter , & fur tout la
derniere Déclaration du Roy , dreffée avec
tant de fageffe , tes feront revenir de leur
prévention & les rameneront à l'unité.
Oui , MONSEIGNEUR , nous l'efpe
rons , mais nous ne l'espérons que de la bonté
de celui qui a l'a toute puiffance de tournerles
Geurs les plus rebelles comme il lui plait &
de lesfaire rentrer dans l'obéiffance & dans
La foumission.
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Résumé : A MONSEIGNEUR, LE CHANCELIER.
L'auteur d'une lettre adressée à un chancelier insiste sur l'importance de l'obéissance aux lois de l'Église et de l'État. Il rappelle que les fidèles doivent se soumettre aux jugements des premiers pasteurs et aux décisions du souverain pontife, soulignant que l'union entre les membres et les chefs est cruciale pour reconnaître la vérité et le jugement divin. L'auteur exprime son inquiétude face à des doctrines récentes qui contestent la hiérarchie et la subordination, permettant aux individus de juger leur foi et de contester les décisions des autorités ecclésiastiques. Cette situation a conduit des personnes respectables, y compris certains confrères, à persévérer dans ces erreurs. L'auteur espère que les actes présentés, notamment la dernière déclaration du roi, ramèneront les égarés à l'unité et à l'obéissance, en comptant sur la puissance divine pour convertir les cœurs rebelles.
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4834
p. 1236
A MONSEIGNEUR LE GARDE DES SCEAUX.
Début :
MONSEIGNEUR, L'inclination, d'accord avec le devoir, nous invite à vous presenter un Decret de la Faculté [...]
Mots clefs :
Faculté de théologie, Garde des sceaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE GARDE DES SCEAUX.
A MONSEIGNEUR
LE GARDE DES SCEAUX
MONSET ONSEIGNEUR ,
L'inclination, d'accord avec le devoir, nous
invite à vous prefenter un Decret de la Fa
culté de Théologie , qui n'eft pas tant un
effet de notre déliberation , qu'un témoignage
autentique de notre obéiffance à une Loy de
Eglife de l'Etat . L'Approbation dont
nous efperons que vous l'honorerez , entraî
nera celle de toutes les perfonnes fenfees.
Si le Roy eft le feul Légiflateur de for
Royaume , c'est vous , MONSEIGNEUR ,
qui imprimez le caractere de l'autorité à fes
I., Vol. E vj Loixs
1236 MERCURE DE FRANCE
Loix , & ce font les Théologiens qui doivent
donner aux autres Sujets l'exemple du respect
& de la foumiffion.
Nous voyons cependant avec douleur quel.
qu'un des nôtres s'en difpenfer fous des pré-.
textes les plus frivoles , & donner au contraire
Le fcandale de la résistance la plus marquée,
ils craignent , difent-ils , de donner atteinte
aux Droitsfacrez de la Couronne , mais en
effet c'est l'attachement qu'ils ont aux erreurs
tant de fois profcrites. Ces Droitsfacrez conrent-
ils quelques rifques , MONSEIGNEUR,
quand ils font fous votre garde ? C'est pour
faire revenir ces Docteurs de leur prévention
fi peu digne de Théologiens Ortodoxes , que
la Faculté de Théologie a dreffé les Actes que
nous avons l'honneur de vous préſenter.
LE GARDE DES SCEAUX
MONSET ONSEIGNEUR ,
L'inclination, d'accord avec le devoir, nous
invite à vous prefenter un Decret de la Fa
culté de Théologie , qui n'eft pas tant un
effet de notre déliberation , qu'un témoignage
autentique de notre obéiffance à une Loy de
Eglife de l'Etat . L'Approbation dont
nous efperons que vous l'honorerez , entraî
nera celle de toutes les perfonnes fenfees.
Si le Roy eft le feul Légiflateur de for
Royaume , c'est vous , MONSEIGNEUR ,
qui imprimez le caractere de l'autorité à fes
I., Vol. E vj Loixs
1236 MERCURE DE FRANCE
Loix , & ce font les Théologiens qui doivent
donner aux autres Sujets l'exemple du respect
& de la foumiffion.
Nous voyons cependant avec douleur quel.
qu'un des nôtres s'en difpenfer fous des pré-.
textes les plus frivoles , & donner au contraire
Le fcandale de la résistance la plus marquée,
ils craignent , difent-ils , de donner atteinte
aux Droitsfacrez de la Couronne , mais en
effet c'est l'attachement qu'ils ont aux erreurs
tant de fois profcrites. Ces Droitsfacrez conrent-
ils quelques rifques , MONSEIGNEUR,
quand ils font fous votre garde ? C'est pour
faire revenir ces Docteurs de leur prévention
fi peu digne de Théologiens Ortodoxes , que
la Faculté de Théologie a dreffé les Actes que
nous avons l'honneur de vous préſenter.
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Résumé : A MONSEIGNEUR LE GARDE DES SCEAUX.
La lettre est adressée à Monseigneur le Garde des Sceaux et présente un décret de la Faculté de Théologie. Les auteurs soulignent leur obéissance aux lois de l'Église et de l'État et espèrent l'approbation de Monseigneur. Ils affirment que le roi est le seul législateur du royaume, mais que Monseigneur confère l'autorité aux lois. Les théologiens doivent montrer l'exemple du respect et de la soumission. Cependant, un membre de la communauté refuse cette obligation, créant un scandale de résistance. Ce théologien invoque des prétextes frivoles et prétend protéger les droits sacrés de la Couronne, mais est en réalité attaché à des erreurs souvent condamnées. Pour remédier à cette situation, la Faculté de Théologie a rédigé des actes présentés à Monseigneur afin de faire revenir ces docteurs de leurs préventions.
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4835
p. 1236-1237
Vers à la Duchesse de Vantadour, [titre d'après la table]
Début :
Vous, qui nous élevez des Rois, [...]
Mots clefs :
Dauphin, Duchesse de Vantadour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers à la Duchesse de Vantadour, [titre d'après la table]
Un grand nombre de Penfionnaires du
College de Louis le Grand , étant allé
à Verfailles le jour du Landy , la Ducheffe
de Ventadour eut , non-feulement la bonté
de les prefenter à Monfeigneur le Dau :
phin , mais elle voulut bien écrire ellemême
une Lettre , où elle marqua que
Monfeigneur le Dauphin , à qui ils étoient
venus faire leur cour , vouloit pour premiere
grace , leur donner un congé . C'eft
ce qui a donné occafion au Remerciement
fuivant.
I. Vol.
Vous
JUIN. 1237
% 1730.
Vous , qui nous élevez des Rois ,
Moins en Gouvernante qu'en Mere ,
Et qui formant le Fils après l'augufte Pere ,
Faites fi bien parler un Dauphin de dix mois ,'
Illuftre Ventadour , malgré fon âge tendre ,
S'il parle par vos foins, il peut bien vous entendre
Daignez donc un moment lui faire notre cour.
Pour un fi doux congé que pouvons - nous lui
rendre ?
Dites-lui que le Ciel fe chargeant du retour ,
Lui promet comme àvous un fiecle pour unjour
College de Louis le Grand , étant allé
à Verfailles le jour du Landy , la Ducheffe
de Ventadour eut , non-feulement la bonté
de les prefenter à Monfeigneur le Dau :
phin , mais elle voulut bien écrire ellemême
une Lettre , où elle marqua que
Monfeigneur le Dauphin , à qui ils étoient
venus faire leur cour , vouloit pour premiere
grace , leur donner un congé . C'eft
ce qui a donné occafion au Remerciement
fuivant.
I. Vol.
Vous
JUIN. 1237
% 1730.
Vous , qui nous élevez des Rois ,
Moins en Gouvernante qu'en Mere ,
Et qui formant le Fils après l'augufte Pere ,
Faites fi bien parler un Dauphin de dix mois ,'
Illuftre Ventadour , malgré fon âge tendre ,
S'il parle par vos foins, il peut bien vous entendre
Daignez donc un moment lui faire notre cour.
Pour un fi doux congé que pouvons - nous lui
rendre ?
Dites-lui que le Ciel fe chargeant du retour ,
Lui promet comme àvous un fiecle pour unjour
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Résumé : Vers à la Duchesse de Vantadour, [titre d'après la table]
Le 12 juin 1730, des pensionnaires du Collège de Louis le Grand visitèrent Versailles et furent présentés au Dauphin par la Duchesse de Ventadour. Cette dernière accorda un congé aux élèves. Un poème remercia la Duchesse, la comparant à une mère élevant des rois, et souligna l'éducation exceptionnelle prodiguée. Les élèves exprimèrent leur gratitude et souhaitèrent une longue vie à la Duchesse et au Dauphin.
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4836
p. 1237-1238
« Le 8. jour de la Fête-Dieu, il y eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries, [...] »
Début :
Le 8. jour de la Fête-Dieu, il y eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries, [...]
Mots clefs :
Concert, Loterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 8. jour de la Fête-Dieu, il y eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries, [...] »
Le 8. jour de la Fête- Dieu , il y eut
Concert Spirituel au Château des Thuilleries
, on y chanta Sacris Solemniis , Motet
de M. de la Lande. Les Dies Eremens &
le Maure , en chanterent un autre nouveau
, O Sacrum convivium , à deux voix,
avec Symphonie , de la compofition de
M. Mouret , qui fut très- applaudi . Le
freur le Clair joüa un Concerto, & fit executer
un Trio de fa compofition qui fit plaifir;
on finit par le Te Deum, avec Timbales
& Trompettes , précedé d'une très - belle
Piece de Symphonie de M. Mouret .
Le 9. la Loterie pour le Rembourfement
des Rentes de l'Hôtel de Ville , fut
tirée en prefence du Prévôt des Marchands
& des Echevins , en la maniere
accoûtumée , le fonds de ce mois s'eft
J. Vol. ac
1118 MERCURE DE FRANCE
trouvé monter à la fomme de 1168225 .
livres , laquelle a été diftribuée aux Rentiers
, pour les Lots qui leur font échûs
conformement à la Lifte generale qui a
été rendue publique.
Le 26. la Lotterie de la Compagnie des
Endes ,
ordonnée par Arrêt du Confeil du
2. Mai pour le
rembourſement des Ac
tions fut tirée comme la precedente, Il y
a eu 280. Actions & 250. dixièmes d'Actions
de rembourfées , fuivant la Lifte
Numerotée qui a été rendue publique.
Concert Spirituel au Château des Thuilleries
, on y chanta Sacris Solemniis , Motet
de M. de la Lande. Les Dies Eremens &
le Maure , en chanterent un autre nouveau
, O Sacrum convivium , à deux voix,
avec Symphonie , de la compofition de
M. Mouret , qui fut très- applaudi . Le
freur le Clair joüa un Concerto, & fit executer
un Trio de fa compofition qui fit plaifir;
on finit par le Te Deum, avec Timbales
& Trompettes , précedé d'une très - belle
Piece de Symphonie de M. Mouret .
Le 9. la Loterie pour le Rembourfement
des Rentes de l'Hôtel de Ville , fut
tirée en prefence du Prévôt des Marchands
& des Echevins , en la maniere
accoûtumée , le fonds de ce mois s'eft
J. Vol. ac
1118 MERCURE DE FRANCE
trouvé monter à la fomme de 1168225 .
livres , laquelle a été diftribuée aux Rentiers
, pour les Lots qui leur font échûs
conformement à la Lifte generale qui a
été rendue publique.
Le 26. la Lotterie de la Compagnie des
Endes ,
ordonnée par Arrêt du Confeil du
2. Mai pour le
rembourſement des Ac
tions fut tirée comme la precedente, Il y
a eu 280. Actions & 250. dixièmes d'Actions
de rembourfées , fuivant la Lifte
Numerotée qui a été rendue publique.
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Résumé : « Le 8. jour de la Fête-Dieu, il y eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries, [...] »
Le 8 juin, lors de la Fête-Dieu, un Concert Spirituel a été organisé au Château des Tuileries. Le programme incluait les œuvres Sacris Solemniis de M. de la Lande et O Sacrum convivium de M. Mouret, cette dernière étant très applaudie. Le frère Leclair a interprété un concerto et un trio de sa composition, appréciés par le public. La journée s'est achevée par un Te Deum accompagné de timbales et de trompettes, précédé d'une pièce symphonique de M. Mouret. Le 9 juin, la loterie pour le remboursement des rentes de l'Hôtel de Ville a été tirée en présence du Prévôt des Marchands et des Échevins. Le fonds du mois s'est élevé à 1 168 225 livres, distribuées aux rentiers selon la liste générale publiée. Le 26 juin, la loterie de la Compagnie des Indes, ordonnée par un arrêt du Conseil du 2 mai, a permis de rembourser 280 actions et 250 dixièmes d'actions, conformément à la liste numérotée publiée.
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4837
p. 1238-1239
Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 5. de ce mois, l'Ouverture solemnelle de l'Assemblée generale du Clergé [...]
Mots clefs :
Assemblée générale, Clergé, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Le So de ce mois , l'Ouverture folemelle
de l'Affemblée generale du Clergé
de France fe fit avec les ceremonies ac
coûtumées dans l'Eglife des Grands Auguftins
, par la Meffe du S. Efprit , à la➡
quelle les Prélats & les autres Députez qui
compofent l'Affemblée , communierent.
L'Archevêque de Paris y officia pontificalement
, & l'Evêque de Nîmes y prê
cha avec beaucoup d'éloquence.
L'Affemblée generale du Clergé , après
avoir élû pour Préfidents l'Archevêque
de Paris , l'Archevêque de Sens , l'Àrchevêque
de Rouen , l'Evêque de S. Pol
de Leon , l'Evêque de Marfeille & l'Evêque
de Nîmes , l'Abbé de Maugiron
pour Promoteur, & l'Abbé de Valras pour
Secretaire , a choifi pour Premier Préfi
dent le Cardinal de Fleury, Miniftre d'E
ZORJUIN
. 1730.
1119
tat , & l'Affemblée lui a député pour le
prier d'accepter ce choix.
Le 7. Juin les Prélats & les autres
Députez qui compofent l'Affemblée generale
du Clergé , allerent à Verſailles ren
dre leurs refpects au Roi .Ils s'affemblerent
dans laSale du Château qui leur eſt deſtinée
dans ces occafions , & le Comte de Mau
repas , Secretaire d'Etat , étant venu les
prendre pour les prefenter au Roi , ils
furent conduits à l'Audience de S. M. par
le Marquis de Dreux , Grand- Maître des
Ceremonies , & par M. Defgranges , Maître
des Ceremonies , avec les honneurs
qui fe rendent au Clergé lorfqu'il eft en
Corps , les Gardes du Corps étant dans
leur Sale en haye , & fous les armes , &
les deux Batans des Portes étant ouverts,
Le Cardinal de Fleuri , Premier Préfident
de l'Affemblée , alla ſe joindre aux Députés
dans la Sale où ils étoient affemblés,
& il marcha avec eux à la droite des Archevêques
de Paris & de Sens. L'Archevêque
de Paris complimenta le Roi par
un Difcours très éloquent , après lequel
le Cardinal de Fleuri préfenta à S. M. chaque
Député en particulier. Enfuite les
mêmes Deputés ayant le Cardinal de
Fleuri à leur tête , curent l'honneur de
complimenter la Reine & Monfeigneur
le Dauphin. L'Archevêque de Paris qui
fir les trois Harangues parla en ces termes.
de l'Affemblée generale du Clergé
de France fe fit avec les ceremonies ac
coûtumées dans l'Eglife des Grands Auguftins
, par la Meffe du S. Efprit , à la➡
quelle les Prélats & les autres Députez qui
compofent l'Affemblée , communierent.
L'Archevêque de Paris y officia pontificalement
, & l'Evêque de Nîmes y prê
cha avec beaucoup d'éloquence.
L'Affemblée generale du Clergé , après
avoir élû pour Préfidents l'Archevêque
de Paris , l'Archevêque de Sens , l'Àrchevêque
de Rouen , l'Evêque de S. Pol
de Leon , l'Evêque de Marfeille & l'Evêque
de Nîmes , l'Abbé de Maugiron
pour Promoteur, & l'Abbé de Valras pour
Secretaire , a choifi pour Premier Préfi
dent le Cardinal de Fleury, Miniftre d'E
ZORJUIN
. 1730.
1119
tat , & l'Affemblée lui a député pour le
prier d'accepter ce choix.
Le 7. Juin les Prélats & les autres
Députez qui compofent l'Affemblée generale
du Clergé , allerent à Verſailles ren
dre leurs refpects au Roi .Ils s'affemblerent
dans laSale du Château qui leur eſt deſtinée
dans ces occafions , & le Comte de Mau
repas , Secretaire d'Etat , étant venu les
prendre pour les prefenter au Roi , ils
furent conduits à l'Audience de S. M. par
le Marquis de Dreux , Grand- Maître des
Ceremonies , & par M. Defgranges , Maître
des Ceremonies , avec les honneurs
qui fe rendent au Clergé lorfqu'il eft en
Corps , les Gardes du Corps étant dans
leur Sale en haye , & fous les armes , &
les deux Batans des Portes étant ouverts,
Le Cardinal de Fleuri , Premier Préfident
de l'Affemblée , alla ſe joindre aux Députés
dans la Sale où ils étoient affemblés,
& il marcha avec eux à la droite des Archevêques
de Paris & de Sens. L'Archevêque
de Paris complimenta le Roi par
un Difcours très éloquent , après lequel
le Cardinal de Fleuri préfenta à S. M. chaque
Député en particulier. Enfuite les
mêmes Deputés ayant le Cardinal de
Fleuri à leur tête , curent l'honneur de
complimenter la Reine & Monfeigneur
le Dauphin. L'Archevêque de Paris qui
fir les trois Harangues parla en ces termes.
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Résumé : Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Le 1er juin 1730, l'Assemblée générale du Clergé de France a été ouverte solennellement à l'église des Grands Augustins. Les prélats et députés ont communié lors de la messe du Saint-Esprit, célébrée par l'archevêque de Paris. L'évêque de Nîmes a prononcé un sermon. Plusieurs prélats ont été élus présidents, dont le cardinal de Fleury, ministre d'État, choisi comme premier président. Le 7 juin, les prélats et députés se sont rendus à Versailles pour rendre hommage au roi, accompagnés par le comte de Maurepas et le marquis de Dreux. Ils ont été reçus avec les honneurs dus au clergé. L'archevêque de Paris a adressé un discours au roi, suivi par la présentation des députés par le cardinal de Fleury. Les députés ont également salué la reine et le dauphin.
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4838
p. 1240-1241
AU ROY.
Début :
SIRE, Le Clergé de votre Royaume assemblé par vos Ordres, vient avec empressement rendre [...]
Mots clefs :
Clergé, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
AURO Y.
SIRE ,
Le Clergé de votre Royaume affemblé par:
vos Ordres , vient avec empreffement rendre
À VOTRE MAJESTE' fes refpectueux
hommages , & lui renouveller les assurances
de fon inviolable fidélité.
Nous vous l'avons promiſe avec ferment,
Dieu même nous l'ordonne comme une obli
gation effentielle ; mais , SIRE , indépendamment
de ces motifs , que la naiſſance &
·la Religion ont gravez dans nos coeurs , l'ufage
que vousfaites de l'autorité que vous tenez
de Dieu feul , fuffiroit pour nous porter
à remplir, par reconnoiffance , un devoir qui
eft d'ailleurs pour nous indifpenfable.
En effet , quel Princefut jamais plus ca
pable d'exciter ces fentimens dans le coeur des
Miniftres de JESUS - CHRIST , qu'un:
Roy qui a fait éclater en toute occafion fon
refpect pour la Religion , fon zéle pour protéger
l'Eglife , & qui employe fon autorité à
faire rendre à celle des Pafteurs , & à leurs
décifions , l'obéiffance qui leur est dûë ?
Animez par votre exemple , & foutenus
par votre protection , nous employerons tous
les moyens que la charité nous dicte pour appaifer
les troubles qui affligent l'Eglife , &
I. Vol.
pour
JUIN. 1730. 1241
pour infpirer à tous les Fidéles cet efprit de
docilité & de foûmiffion qui peut feul rétablir
lapaix & la tranquillité.
Le premier Corps de l'Etat , SIRE , en
donnant Pexemple aux autres , regardera
toujours comme un de fes principaux devoirs,
de fe diftinguer par un zéle ardent pour votre
fervices d'offrir à Dieu des Prieres
ferventes pour la confervation de la perfonne
facrée de VOTRE MAJESTE'.
SIRE ,
Le Clergé de votre Royaume affemblé par:
vos Ordres , vient avec empreffement rendre
À VOTRE MAJESTE' fes refpectueux
hommages , & lui renouveller les assurances
de fon inviolable fidélité.
Nous vous l'avons promiſe avec ferment,
Dieu même nous l'ordonne comme une obli
gation effentielle ; mais , SIRE , indépendamment
de ces motifs , que la naiſſance &
·la Religion ont gravez dans nos coeurs , l'ufage
que vousfaites de l'autorité que vous tenez
de Dieu feul , fuffiroit pour nous porter
à remplir, par reconnoiffance , un devoir qui
eft d'ailleurs pour nous indifpenfable.
En effet , quel Princefut jamais plus ca
pable d'exciter ces fentimens dans le coeur des
Miniftres de JESUS - CHRIST , qu'un:
Roy qui a fait éclater en toute occafion fon
refpect pour la Religion , fon zéle pour protéger
l'Eglife , & qui employe fon autorité à
faire rendre à celle des Pafteurs , & à leurs
décifions , l'obéiffance qui leur est dûë ?
Animez par votre exemple , & foutenus
par votre protection , nous employerons tous
les moyens que la charité nous dicte pour appaifer
les troubles qui affligent l'Eglife , &
I. Vol.
pour
JUIN. 1730. 1241
pour infpirer à tous les Fidéles cet efprit de
docilité & de foûmiffion qui peut feul rétablir
lapaix & la tranquillité.
Le premier Corps de l'Etat , SIRE , en
donnant Pexemple aux autres , regardera
toujours comme un de fes principaux devoirs,
de fe diftinguer par un zéle ardent pour votre
fervices d'offrir à Dieu des Prieres
ferventes pour la confervation de la perfonne
facrée de VOTRE MAJESTE'.
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Résumé : AU ROY.
Dans une lettre datée de juin 1730, le clergé du royaume adresse au souverain des expressions de respect et de fidélité, motivées par des obligations religieuses et morales. Ils soulignent que le roi incarne des valeurs de respect et de protection de la religion, ce qui les pousse à lui être reconnaissants et loyaux. Le clergé s'engage à utiliser tous les moyens nécessaires pour apaiser les troubles affectant l'Église et à inspirer un esprit de docilité et de soumission parmi les fidèles. Ils promettent également de prier pour la conservation de la personne sacrée du roi, considérant cela comme un de leurs principaux devoirs.
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4839
p. 1241-1242
A LA REINE.
Début :
MADAME, Ce n'est pas moins par les mouvemens du coeur que par devoir, que le Clergé du Royaume [...]
Mots clefs :
Clergé, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LA REINE.
A LA REINE;
MADAME,
Ce n'est pas moins parles mouvemens du
coeur que par devoir , que le Clergé du Royaume
vient rendre fes profonds refpects à une
Augufte Reine , que fes vertus ont élevée
fur le Trône , & dont la plus grande éléva- .
tion n'a fervi qu'à faire éclater fa Religion
&Sa Foy.
Quelle confolation pour les Miniftres de
JESUS-CHRIST , de trouver dans VOTRE
MAJESTE' le modèle des fentimens qu'ils
défirent d'inspirer à tous les Fidéles , & de
n'avoir , pourformer de vrais Chrétiens ,
qu'à fouhaiter qu'ils vous imitent.
Nousjouiffons déja , MADAME, des
fruits de votre piété , par l'heureuſe fécondité
I. Vol.
dont
3242 MERCURE DE FRANCE.
dont il a plû à Dieu de favorifer VOTRE
MAJESTE' , & par la naissance d'un Dauphin
fi défiré de toute la Nation , qu'il a
bien voulu accorder à la ferveur de vos
prieres.
Que nous refte-t-il à demander encore ,finon
que le Seigneur daigne nous conferver les
dons qu'il nous a faits , que ce Prince puiſſe
pendant long-tems profiter de vos exemples ,
apprendrefous le Roy fon Pere , à gouverner
avec fageffe ; & que le Ciel , qui protége
d'une manière fi visible ce grand Royaume
continue de verfer fes bénédictions fur Vo-
TRE MAJEST E' , en lui donnant enco☛
re des Princes , qui assurent pour toujours le
repos & le bonheur de la France ?
MADAME,
Ce n'est pas moins parles mouvemens du
coeur que par devoir , que le Clergé du Royaume
vient rendre fes profonds refpects à une
Augufte Reine , que fes vertus ont élevée
fur le Trône , & dont la plus grande éléva- .
tion n'a fervi qu'à faire éclater fa Religion
&Sa Foy.
Quelle confolation pour les Miniftres de
JESUS-CHRIST , de trouver dans VOTRE
MAJESTE' le modèle des fentimens qu'ils
défirent d'inspirer à tous les Fidéles , & de
n'avoir , pourformer de vrais Chrétiens ,
qu'à fouhaiter qu'ils vous imitent.
Nousjouiffons déja , MADAME, des
fruits de votre piété , par l'heureuſe fécondité
I. Vol.
dont
3242 MERCURE DE FRANCE.
dont il a plû à Dieu de favorifer VOTRE
MAJESTE' , & par la naissance d'un Dauphin
fi défiré de toute la Nation , qu'il a
bien voulu accorder à la ferveur de vos
prieres.
Que nous refte-t-il à demander encore ,finon
que le Seigneur daigne nous conferver les
dons qu'il nous a faits , que ce Prince puiſſe
pendant long-tems profiter de vos exemples ,
apprendrefous le Roy fon Pere , à gouverner
avec fageffe ; & que le Ciel , qui protége
d'une manière fi visible ce grand Royaume
continue de verfer fes bénédictions fur Vo-
TRE MAJEST E' , en lui donnant enco☛
re des Princes , qui assurent pour toujours le
repos & le bonheur de la France ?
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Résumé : A LA REINE.
Le Clergé du Royaume adresse une lettre à une reine, exprimant respect et admiration pour ses vertus, qui ont conduit à son élévation sur le trône et à la promotion de la religion et de la foi. La reine incarne les sentiments que les ministres de Jésus-Christ souhaitent inspirer à tous les fidèles. Le Clergé exprime sa joie face à la fécondité de la reine et à la naissance d'un dauphin, désiré par toute la nation et considéré comme une réponse aux prières de la reine. Ils prient pour que Dieu conserve ces dons, que le dauphin apprenne à gouverner sagement en suivant l'exemple de son père, et que le royaume continue de recevoir les bénédictions divines. Ils espèrent également la naissance de futurs princes pour assurer le repos et le bonheur de la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4840
p. 1242-1243
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Début :
MONSEIGNEUR, Votre naissance est le fruit des instantes Prieres & des Sacrifices que nous n'avons [...]
Mots clefs :
Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
A MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN.
MONSEIGNEUR ,
Votre naiffance eft le fruit des inftantes
Prieres & des Sacrifices que nous n'avons
cefsé d'offrir au Dieu de Miféricordes nous
continuerons nos Voeux avec la même ferveur
pour la confervation d'un Prince , qui fait
dès - à- prefent l'efperance du Royaume ; &
ous demanderons encore avec inftance à ce
I. Vol Dien
JUI N. 17:30: 1243
ن م
Dieu de bonté , qu'il grave dans votre coeur
fon amour & fa crainte , & que par les foins
de votre illuftre Gouvernante , nous puiffions
voir croître en vous , avec l'âge , ceite fageffe
qui vous rendra lajoye & la confolation du
Roy , le bonheur & la gloire de la Nation.
LE DAUPHIN.
MONSEIGNEUR ,
Votre naiffance eft le fruit des inftantes
Prieres & des Sacrifices que nous n'avons
cefsé d'offrir au Dieu de Miféricordes nous
continuerons nos Voeux avec la même ferveur
pour la confervation d'un Prince , qui fait
dès - à- prefent l'efperance du Royaume ; &
ous demanderons encore avec inftance à ce
I. Vol Dien
JUI N. 17:30: 1243
ن م
Dieu de bonté , qu'il grave dans votre coeur
fon amour & fa crainte , & que par les foins
de votre illuftre Gouvernante , nous puiffions
voir croître en vous , avec l'âge , ceite fageffe
qui vous rendra lajoye & la confolation du
Roy , le bonheur & la gloire de la Nation.
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Résumé : A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Les auteurs écrivent au Dauphin, fils du roi de France, pour exprimer leur joie et gratitude. Ils prient pour sa conservation et son éducation. Ils souhaitent qu'il devienne un prince espoir du royaume, guidé par la sagesse et l'amour de Dieu, apportant bonheur et gloire à la nation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4841
p. 1243-1244
« Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...] »
Début :
Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...]
Mots clefs :
Roi, Cardinal de Fleury
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texteReconnaissance textuelle : « Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...] »
Le 12. de ce mois , M. Fagon , Confeiller
d'Etat. Ordinaire & du Confeil
Royal des Finances , le Comte de Maurepas,
Secretaire d'Etat ; M. de Courfon ,
Confeiller d'Etat ordinaire & ' du Confeil
Royal des Finances ; M. d'Ormeffon,
Confeiller d'Etat & Intendant des Finan
ces; & M. Orry , Confeiller du Conſeil
Royal des Finances & Controleur Genetal
des Finances , Commiffaires du Roy,
allerent à l'Affemblée generale du Clergé
, où ils furent reçus avec les ceremo→
nies ordinaires , & M. Fagon fit un Dif
cours auquel l'Archevêque de Paris repondit
au nom, de l'Affemblée.
Les Commiffaires du Roy qui étoient
allez , comme on vient de le dire , à l'Af
femblée generale du Clergé , y retournerent
le 16 , & ils demanderent aux Députez
, au nom de S. M. un , fecours de
quatre millions de livres , ce qui fut unanimement
accordé .
Le 22 , le Cardinal de Fleury, Miniftre
d'Etat , alla préfider à l'Affemblée du
Clergé , qui ayant étéinformée de fon ar
1244 MERCURE DE FRANCE .
rivée dans l'Eglife des Grands Auguftins ,
députa pour aller le recevoir, l'Archevêque
de Bordeaux , les Evêques de Nifmes ,
de Glandéves , d'Autun , de Boulogne &
de Grenoble ; & les Abbez de Chamron ,
de Coetlofque , de Caftelane , de Montferrand
, de Peruffy & de Vaulfere. Ces
Députez allerent audevant du Cardinal
de Fleury jufqu'à l'Eglife , d'où ils le conduifirent
dans la Sale de l'Affemblée.
Il prit fa place de Premier Préfident ;
& il fit un Difcours tres-éloquent , auquel
l'Archevêque de Paris répondit au
nom de l'Affemblée . Le Cardinal de Fleury
tint la Séance , & lorfqu'elle fut finie,
il fut reconduit par plufieurs des Prélats
de l'Affemblée.
d'Etat. Ordinaire & du Confeil
Royal des Finances , le Comte de Maurepas,
Secretaire d'Etat ; M. de Courfon ,
Confeiller d'Etat ordinaire & ' du Confeil
Royal des Finances ; M. d'Ormeffon,
Confeiller d'Etat & Intendant des Finan
ces; & M. Orry , Confeiller du Conſeil
Royal des Finances & Controleur Genetal
des Finances , Commiffaires du Roy,
allerent à l'Affemblée generale du Clergé
, où ils furent reçus avec les ceremo→
nies ordinaires , & M. Fagon fit un Dif
cours auquel l'Archevêque de Paris repondit
au nom, de l'Affemblée.
Les Commiffaires du Roy qui étoient
allez , comme on vient de le dire , à l'Af
femblée generale du Clergé , y retournerent
le 16 , & ils demanderent aux Députez
, au nom de S. M. un , fecours de
quatre millions de livres , ce qui fut unanimement
accordé .
Le 22 , le Cardinal de Fleury, Miniftre
d'Etat , alla préfider à l'Affemblée du
Clergé , qui ayant étéinformée de fon ar
1244 MERCURE DE FRANCE .
rivée dans l'Eglife des Grands Auguftins ,
députa pour aller le recevoir, l'Archevêque
de Bordeaux , les Evêques de Nifmes ,
de Glandéves , d'Autun , de Boulogne &
de Grenoble ; & les Abbez de Chamron ,
de Coetlofque , de Caftelane , de Montferrand
, de Peruffy & de Vaulfere. Ces
Députez allerent audevant du Cardinal
de Fleury jufqu'à l'Eglife , d'où ils le conduifirent
dans la Sale de l'Affemblée.
Il prit fa place de Premier Préfident ;
& il fit un Difcours tres-éloquent , auquel
l'Archevêque de Paris répondit au
nom de l'Affemblée . Le Cardinal de Fleury
tint la Séance , & lorfqu'elle fut finie,
il fut reconduit par plufieurs des Prélats
de l'Affemblée.
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Résumé : « Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...] »
Le 12 du mois, plusieurs hauts fonctionnaires, dont M. Fagon, le Comte de Maurepas, M. de Courfon, M. d'Ormeffon et M. Orry, se rendirent à l'Assemblée générale du Clergé. Ils furent reçus avec les cérémonies ordinaires et M. Fagon prononça un discours auquel l'Archevêque de Paris répondit. Le 16, ces commissaires demandèrent aux députés un secours de quatre millions de livres au nom du roi, lequel fut unanimement accordé. Le 22, le Cardinal de Fleury, ministre d'État, présida à l'Assemblée du Clergé. Informée de son arrivée à l'église des Grands Augustins, l'Assemblée dépêcha plusieurs prélats, dont l'Archevêque de Bordeaux et les évêques de Nîmes, de Glanéves, d'Autun, de Boulogne et de Grenoble, pour l'accueillir. Le Cardinal de Fleury fit un discours éloquent auquel l'Archevêque de Paris répondit. Après la séance, il fut reconduit par plusieurs prélats.
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4842
p. 1244-1249
Réception du Prince & de la Princesse de Conty à Carpentras, &c. [titre d'après la table]
Début :
La Ville de Carpentras, Capitale du Contat Vénaissin, quoique du Domaine [...]
Mots clefs :
Prince de Conti, Princesse de Conti, Carpentras, Altesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réception du Prince & de la Princesse de Conty à Carpentras, &c. [titre d'après la table]
La Ville de Carpentras , Capitale du
Contat Vénaiffin , quoique du Domaine
du S. Siége , ne laiffe échaper aucune occafion
de donner des marques de fon attachement
pour la France. Le nombre
d'Officiers & de Soldats qu'elle a toujours
fourni à fes Rois , lui a mérité depuis
long-tems le Privilege de Regnicole . Les
nouvelles publiques ont fait mention des
réjouiffances qu'on y fit pour le mariage
du Roy ; celles qu'on a faites à la naiffance
de Monfeigneur le Dauphin méritoient
certainement d'y avoir place. Sa
joye & fa reconnoiffance d'avoir été ho
JUIN 1730. 12:4
Dorée de la prefence de L, A. S. Madame
la Princeffe de Conti , troifiéme Douairiere
, & M. le Prince de Conti fon fils ,
viennent encore d'éclater.
Cette Princeffe étant allée fur fes Torres
avec le Prince fon fils , fut vifitée à
Orange & à Bedarrides par M. Abati
Evêque de Carpentras , par M. Gafparini,
Recteur ou Gouverneur pour le Pape du
Comtat Venaiffin , & par la principale
Nobleffe du païs ,
Le voifinage de la Ville de Carpentras ,
quatre petites lieuës du Comtat , & fa
charmante fituation , engagerent la Prin
cefle de Conti de s'y rendre le 22 May.
M. l'Evêque de Carpentras alla au devant
de leurs Alteffes dans fon Caroffe à
fix Chevaux , le Marquis de la Roque y
alla dans le fien auffi à fix Chevaux , accompagné
du Comte de Valoufe , Briga
dier des Armées du Roy , & autres perfonnes
de diftinction ,
A une lieuë de la Ville , leurs Alteffes
furent faluées par M.Cottier , riche Mar
chand , à la tête de quarante Maîtres ,
parfaitement bien montez , tous en has
bits rouges& la Bandoüillere , aux couleurs
de la livrée de Conti. Le fieur Cottier
leur offrit la Troupe pour fervir de
Gardes du Corps , ce qui fut accepté. La
Compagnie le partagea , la plus grande
I. Fol.
partie
#246 MERCURE DE FRANCE.
partie prit les devants , ayant à fa tête
deux Trompetes , un Timbalier & un
Etendart aux Armes de leurs Alteffes ,
l'autre partie entoura leur Berline.
C'eft ainfi qu'Elles arriverent fur les fix
heures du foir à une Sale bien décorée
qu'on avoit conſtruite hors de la Ville ; la
Façade de cette Sale étoit de verdure, d'un
tres- bel ordre d'architecture ; on avoit
placé fur le couronnement les Armoiries
de leurs Alteffes , avec cette devife .
Majeftas & Amor ; & aux côtez , deux
Renommées. Leurs Alteffes y furent reçues
par M. Gafparini , Gouverneur de la
Province , & par le Corps de Ville , au
bruit des Boëtes & d'une décharge d'une
nombreuſe Infanterie.
M. Charpaud , premier Conful , les
harangua avec fon éloquence ordinaire ;
il fit fentir que de tout tems la Ville de
Carpentras n'avoit pas moins été attachée
aux Rois de France & à leur Augufte
Maiſon , que foûmiſe & fidele au S. Siége,
& aux Pontifes Romains fes Souverains ;
c'eſt à ce même attachement qu'elle eft)
redevable des Privileges dont elle joüit &
qui lui ont été confirmez par tous les
Rois Tres- Chrétiens , depuis François I.
& en dernier lieu par Louis XV . glorieufement
regnant.
Au fortir de cette Sale , leurs Alteffes
Vol.
entre-
"
UIN. 1730. 1247
entrerent dans la Ville à travers un peuple
infini ; l'Infanterie commandée par les
Officiers de quartier , bordoit la haye
jufques à la porte du Palais Epifcopal , où
Elles furent reçûës par M. l'Evêque , ac
compagné d'une belle Nobleffe , & conduites
dans les magnifiques Appartemens,
Elles trouverent dans la Sale , qui eft
d'une grande beauté , toutes les Dames
de la Ville , & un grand Concert d'Inf
trumens , qui commença auffi- tôt.
L'Infanterie prit poffeffion de la porte
du Palais , & les Gardes du Corps de celles
des Appartemens. Leurs Alteffes furent
haranguées par le Magiftrat , M.Roleri
fils , reçû en furvivance à la Charge
d'Avocat General du Pape , que fon pere
remplit dignement depuis plufieurs années
, portant la parole,
La Princeffe en fut fi contente qu'elle
lui dit fort obligéamment ; qu'on voyoit
bien qu'en lui l'Eloquence devançoit les
années.
Leurs Alteffes reçurent enfuite le Prefent
la Ville lui offrit , compofé de
que
cent Boëtes de Confiture & d'un quintal
de Bougies de Table. Le Secretaire de la
Ville qui eut l'honneur de le leur preſenter
, leur fit fon compliment en Vers ; la
Princeffe les trouva fi jolis , qu'elle voulut
les avoir par écrit.
I. V.
L'Abbé:
1248 MERCURE DE FRANCE.
L'Abbé d'Aurel , Prevôt de la Cathe
drale , à la tête du Clergé , eut enſuite
Audiance de leurs Alteffes ,qu'il harangua
noblement & en peu de mots . Tous les
Corps Religieux le prefenterent auffi ,
mais on trouva à propos de les remercier
pour ne pas fatiguer leurs Alteffes , &
pour faire place à quelque chofe de moins
férieux ; ce furent une danfe qu'on nomme
vulgairement des Arquets, & une danfe
de Bergers & de Bergeres ; les premiers
plurent beaucoup.
Ces divertiffemens furent fuivis d'un
grand Souper , ordonné avec la magnificence
, la profufion & le bon goûr qu'on
connoît à M. de Carpentras , pendant lequel
la Symphonie ne ceffa pas de jouer.
Tout étoit difpofé pour le Bal , mais comme
il étoit déja tard , la Princeffe fe retira
dans fon Appartement.
Le 23 , après avoir vû la Synagogue des
Juifs , L. A. fe rendirent à la Cathedrale,
où elles tinrent fur les Fonts un fils de
M. de Limon- Mornas , beaufrere du Marquis
de Lapalun , & une fille du Marquis
de Lopis , M. l'Evêque leur adminiftrà ce
Sacrement. Enfuite leurs Alteffes baiferent,
entre les mains de ce Prélat, le Saint
Clou , qu'on conferve dans cette Cathedrale.
Les Miracles que fait cette fainte Relique
en prouvent l'authenticité ,
1. Vol.
Do
JUIN 1730. 1249
De la Cathedrale , leurs Alteffes le rendirent
chez le Marquis de la Palun , qui
eut l'honneur de leur donner un magni
fique Diner.Peu de jours auparavant cette
Princeffe avoit donné le gouvernement de
la Ville & Principauté d'Orange à ce
Marquis , Capitaine de Cavalerie , qui a
déja celui de Bourbon l'Archambaud, cydevant
Capitaine des Gardes de S.A.S.M.
le Comte de Charolois.
Contat Vénaiffin , quoique du Domaine
du S. Siége , ne laiffe échaper aucune occafion
de donner des marques de fon attachement
pour la France. Le nombre
d'Officiers & de Soldats qu'elle a toujours
fourni à fes Rois , lui a mérité depuis
long-tems le Privilege de Regnicole . Les
nouvelles publiques ont fait mention des
réjouiffances qu'on y fit pour le mariage
du Roy ; celles qu'on a faites à la naiffance
de Monfeigneur le Dauphin méritoient
certainement d'y avoir place. Sa
joye & fa reconnoiffance d'avoir été ho
JUIN 1730. 12:4
Dorée de la prefence de L, A. S. Madame
la Princeffe de Conti , troifiéme Douairiere
, & M. le Prince de Conti fon fils ,
viennent encore d'éclater.
Cette Princeffe étant allée fur fes Torres
avec le Prince fon fils , fut vifitée à
Orange & à Bedarrides par M. Abati
Evêque de Carpentras , par M. Gafparini,
Recteur ou Gouverneur pour le Pape du
Comtat Venaiffin , & par la principale
Nobleffe du païs ,
Le voifinage de la Ville de Carpentras ,
quatre petites lieuës du Comtat , & fa
charmante fituation , engagerent la Prin
cefle de Conti de s'y rendre le 22 May.
M. l'Evêque de Carpentras alla au devant
de leurs Alteffes dans fon Caroffe à
fix Chevaux , le Marquis de la Roque y
alla dans le fien auffi à fix Chevaux , accompagné
du Comte de Valoufe , Briga
dier des Armées du Roy , & autres perfonnes
de diftinction ,
A une lieuë de la Ville , leurs Alteffes
furent faluées par M.Cottier , riche Mar
chand , à la tête de quarante Maîtres ,
parfaitement bien montez , tous en has
bits rouges& la Bandoüillere , aux couleurs
de la livrée de Conti. Le fieur Cottier
leur offrit la Troupe pour fervir de
Gardes du Corps , ce qui fut accepté. La
Compagnie le partagea , la plus grande
I. Fol.
partie
#246 MERCURE DE FRANCE.
partie prit les devants , ayant à fa tête
deux Trompetes , un Timbalier & un
Etendart aux Armes de leurs Alteffes ,
l'autre partie entoura leur Berline.
C'eft ainfi qu'Elles arriverent fur les fix
heures du foir à une Sale bien décorée
qu'on avoit conſtruite hors de la Ville ; la
Façade de cette Sale étoit de verdure, d'un
tres- bel ordre d'architecture ; on avoit
placé fur le couronnement les Armoiries
de leurs Alteffes , avec cette devife .
Majeftas & Amor ; & aux côtez , deux
Renommées. Leurs Alteffes y furent reçues
par M. Gafparini , Gouverneur de la
Province , & par le Corps de Ville , au
bruit des Boëtes & d'une décharge d'une
nombreuſe Infanterie.
M. Charpaud , premier Conful , les
harangua avec fon éloquence ordinaire ;
il fit fentir que de tout tems la Ville de
Carpentras n'avoit pas moins été attachée
aux Rois de France & à leur Augufte
Maiſon , que foûmiſe & fidele au S. Siége,
& aux Pontifes Romains fes Souverains ;
c'eſt à ce même attachement qu'elle eft)
redevable des Privileges dont elle joüit &
qui lui ont été confirmez par tous les
Rois Tres- Chrétiens , depuis François I.
& en dernier lieu par Louis XV . glorieufement
regnant.
Au fortir de cette Sale , leurs Alteffes
Vol.
entre-
"
UIN. 1730. 1247
entrerent dans la Ville à travers un peuple
infini ; l'Infanterie commandée par les
Officiers de quartier , bordoit la haye
jufques à la porte du Palais Epifcopal , où
Elles furent reçûës par M. l'Evêque , ac
compagné d'une belle Nobleffe , & conduites
dans les magnifiques Appartemens,
Elles trouverent dans la Sale , qui eft
d'une grande beauté , toutes les Dames
de la Ville , & un grand Concert d'Inf
trumens , qui commença auffi- tôt.
L'Infanterie prit poffeffion de la porte
du Palais , & les Gardes du Corps de celles
des Appartemens. Leurs Alteffes furent
haranguées par le Magiftrat , M.Roleri
fils , reçû en furvivance à la Charge
d'Avocat General du Pape , que fon pere
remplit dignement depuis plufieurs années
, portant la parole,
La Princeffe en fut fi contente qu'elle
lui dit fort obligéamment ; qu'on voyoit
bien qu'en lui l'Eloquence devançoit les
années.
Leurs Alteffes reçurent enfuite le Prefent
la Ville lui offrit , compofé de
que
cent Boëtes de Confiture & d'un quintal
de Bougies de Table. Le Secretaire de la
Ville qui eut l'honneur de le leur preſenter
, leur fit fon compliment en Vers ; la
Princeffe les trouva fi jolis , qu'elle voulut
les avoir par écrit.
I. V.
L'Abbé:
1248 MERCURE DE FRANCE.
L'Abbé d'Aurel , Prevôt de la Cathe
drale , à la tête du Clergé , eut enſuite
Audiance de leurs Alteffes ,qu'il harangua
noblement & en peu de mots . Tous les
Corps Religieux le prefenterent auffi ,
mais on trouva à propos de les remercier
pour ne pas fatiguer leurs Alteffes , &
pour faire place à quelque chofe de moins
férieux ; ce furent une danfe qu'on nomme
vulgairement des Arquets, & une danfe
de Bergers & de Bergeres ; les premiers
plurent beaucoup.
Ces divertiffemens furent fuivis d'un
grand Souper , ordonné avec la magnificence
, la profufion & le bon goûr qu'on
connoît à M. de Carpentras , pendant lequel
la Symphonie ne ceffa pas de jouer.
Tout étoit difpofé pour le Bal , mais comme
il étoit déja tard , la Princeffe fe retira
dans fon Appartement.
Le 23 , après avoir vû la Synagogue des
Juifs , L. A. fe rendirent à la Cathedrale,
où elles tinrent fur les Fonts un fils de
M. de Limon- Mornas , beaufrere du Marquis
de Lapalun , & une fille du Marquis
de Lopis , M. l'Evêque leur adminiftrà ce
Sacrement. Enfuite leurs Alteffes baiferent,
entre les mains de ce Prélat, le Saint
Clou , qu'on conferve dans cette Cathedrale.
Les Miracles que fait cette fainte Relique
en prouvent l'authenticité ,
1. Vol.
Do
JUIN 1730. 1249
De la Cathedrale , leurs Alteffes le rendirent
chez le Marquis de la Palun , qui
eut l'honneur de leur donner un magni
fique Diner.Peu de jours auparavant cette
Princeffe avoit donné le gouvernement de
la Ville & Principauté d'Orange à ce
Marquis , Capitaine de Cavalerie , qui a
déja celui de Bourbon l'Archambaud, cydevant
Capitaine des Gardes de S.A.S.M.
le Comte de Charolois.
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Résumé : Réception du Prince & de la Princesse de Conty à Carpentras, &c. [titre d'après la table]
La ville de Carpentras, capitale du Comtat Venaissin, bien que relevant du Saint-Siège, a toujours manifesté son attachement à la France. Elle a fourni de nombreux officiers et soldats aux rois de France, ce qui lui a valu le privilège de régnicole. La ville a célébré les réjouissances pour le mariage du roi et la naissance du Dauphin. En juin 1730, elle a exprimé sa joie et sa reconnaissance lors de la visite de Madame la Princesse de Conti et de son fils, le Prince de Conti. La Princesse de Conti, accompagnée de son fils, a été visitée à Orange et à Bédarrides par l'évêque de Carpentras, le recteur Gasparini, et les principales nobles du pays. Attirée par la proximité et la situation charmante de Carpentras, la Princesse s'y est rendue le 22 mai. Elle a été accueillie par l'évêque et d'autres personnalités de distinction, ainsi que par une troupe de cavaliers dirigée par Cottier, un riche marchand. À leur arrivée, la Princesse et le Prince ont été reçus dans une salle décorée en dehors de la ville, où ils ont été harangués par le gouverneur et le corps de ville. Le premier consul, Charpaud, a souligné l'attachement de Carpentras aux rois de France et au Saint-Siège, ainsi que les privilèges confirmés par les rois depuis François Ier jusqu'à Louis XV. La Princesse et le Prince ont ensuite été conduits à travers la ville jusqu'au palais épiscopal, où ils ont été reçus par l'évêque et les dames de la ville. Ils ont assisté à un concert et ont été harangués par le magistrat Roleri. La ville leur a offert un présent composé de cent boîtes de confiture et d'un quintal de bougies. Après une danse et un souper, la Princesse s'est retirée dans ses appartements. Le lendemain, ils ont visité la synagogue des Juifs et la cathédrale, où ils ont assisté à un baptême. Ils ont également admiré le Saint Clou, une relique conservée dans la cathédrale. Ensuite, ils se sont rendus chez le Marquis de Lapalun pour un dîner.
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4843
p. 1249-1251
A MADAME LA PRINCESSE DE CONTI
Début :
MADAME, Depuis le tems que V.A.S s'ennuie si poliment à entendre des harangues, vous [...]
Mots clefs :
Princesse de Conti, Académie de Marseille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME LA PRINCESSE DE CONTI
Au fortir de Table , leurs Alteffes partirent
pour Marſeille , dans le deffein de
voir en paffant la fameufe Fontaine de
Vauclufe. Elles trouverent le fieur Cot
tiér à la tête de fa Troupe , en bon ordre ,
qui eut l'honneur de les accompagner
jufques à ce qu'il plût à la Princeffe de les
congédier, après les avoir remerciés avec
cette bonté qui lui eft fi naturelle , & dont
tout le monde a été charmé. En fortant
de la Ville , leurs Alteffes voulurent voir
le cours de l'Aqueduc des Fontaines . On
tira les Boëtes & on fit une Salve generale
comme à leur arrivée.
La Princeffe de Conti & le Prince de
Conti fon fils , ont été reçûs dans toutes
les Villes & lieux de leur paffage avec les
honneurs dûs au Princes du Sang.
Le Chevalier de Lopés de la Fare , à la
tête de l'Academie des Belles Lettres de
Marfeille , harangua L.A.S. en ces termes.
J. Vol.
I. A
1250 MERCURE DE FRANCE .
A MADAME
LA PRINCESSE , DE CONTE
MADDAAMME
Depuis le tems que V. A. S. s'ennuie fi
poliment à entendre des harangues , vous
n'avez point reçû d'hommages plus pardonnable
que celui de l'Academie de Marſeille.
Ellone vient point vous louer d'être du Sang
de fes Rois pas même d'avoir legrand Conde
pour ayeul , fources d'éloges pour qui n'en
mériteroit pas de perfonnels ; mais , MADAME
, vous lui apprenez vous - même à
mépriser ces prefens du hazard . Elle s'inter
dira donc jufqu'au plaifir de parler de cette
imagination vive & jufte , qui, en fe jouant,
corrige & fixe le goût de la France ; & nous
feindrons d'ignorer que les graces répandent
fur vos difcours tout le brillant & le majef
tueux que l'efprit feul ne peut donner; mais
des dons plus folides & des qualitez vraiment
refpectables nous forcent à admirer en
Vous des fentimens & des vertus dignes de
notre culte. Si les Mufes qui fe piquent ordinairement
d'indépendance & de verité, uſent
quelquefois de complaisance & de politique,
on fçait affez , MADAME, que les
L Vol. A • Mufes
JUIN 1730. 11231
Mufes de Provence Je diftinguent par leur
franchife.
pour Marſeille , dans le deffein de
voir en paffant la fameufe Fontaine de
Vauclufe. Elles trouverent le fieur Cot
tiér à la tête de fa Troupe , en bon ordre ,
qui eut l'honneur de les accompagner
jufques à ce qu'il plût à la Princeffe de les
congédier, après les avoir remerciés avec
cette bonté qui lui eft fi naturelle , & dont
tout le monde a été charmé. En fortant
de la Ville , leurs Alteffes voulurent voir
le cours de l'Aqueduc des Fontaines . On
tira les Boëtes & on fit une Salve generale
comme à leur arrivée.
La Princeffe de Conti & le Prince de
Conti fon fils , ont été reçûs dans toutes
les Villes & lieux de leur paffage avec les
honneurs dûs au Princes du Sang.
Le Chevalier de Lopés de la Fare , à la
tête de l'Academie des Belles Lettres de
Marfeille , harangua L.A.S. en ces termes.
J. Vol.
I. A
1250 MERCURE DE FRANCE .
A MADAME
LA PRINCESSE , DE CONTE
MADDAAMME
Depuis le tems que V. A. S. s'ennuie fi
poliment à entendre des harangues , vous
n'avez point reçû d'hommages plus pardonnable
que celui de l'Academie de Marſeille.
Ellone vient point vous louer d'être du Sang
de fes Rois pas même d'avoir legrand Conde
pour ayeul , fources d'éloges pour qui n'en
mériteroit pas de perfonnels ; mais , MADAME
, vous lui apprenez vous - même à
mépriser ces prefens du hazard . Elle s'inter
dira donc jufqu'au plaifir de parler de cette
imagination vive & jufte , qui, en fe jouant,
corrige & fixe le goût de la France ; & nous
feindrons d'ignorer que les graces répandent
fur vos difcours tout le brillant & le majef
tueux que l'efprit feul ne peut donner; mais
des dons plus folides & des qualitez vraiment
refpectables nous forcent à admirer en
Vous des fentimens & des vertus dignes de
notre culte. Si les Mufes qui fe piquent ordinairement
d'indépendance & de verité, uſent
quelquefois de complaisance & de politique,
on fçait affez , MADAME, que les
L Vol. A • Mufes
JUIN 1730. 11231
Mufes de Provence Je diftinguent par leur
franchife.
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Résumé : A MADAME LA PRINCESSE DE CONTI
Le texte décrit le voyage de la Princesse de Conti et du Prince de Conti, son fils, du fort de Table à Marseille pour visiter la Fontaine de Vaucluse. Ils furent escortés par le sieur Cottier et sa troupe jusqu'à ce qu'ils les congédient après les avoir remerciés. En quittant Marseille, ils admirèrent l'aqueduc des Fontaines, salué par une salve générale en leur honneur. Partout, ils reçurent les honneurs dus aux Princes du Sang. À Marseille, le Chevalier de Lopés de la Fare, représentant l'Académie des Belles Lettres, adressa un discours à la Princesse. Il loua son imagination vive et juste, influençant le goût de la France, ainsi que ses discours empreints de grâce et de majesté, et ses vertus dignes de respect. Les Muses de Provence exprimèrent également leur admiration pour la Princesse.
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4844
p. 1251
A MONSEIGNEUR LE PRINCE DE CONTI.
Début :
MONSEIGNEUR, L'Academie de Marseille vient offrir ses plus profonds respects à V.A.S & s'acquite [...]
Mots clefs :
Prince de Conti, Académie de Marseille
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texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE PRINCE DE CONTI.
MONSEIGNEUR ,
LE PRINCE DE CONTI
MONSEIGNEUR ,
L'Academie de Marseille vient offrir fes
plus profonds refpects à V. A. S. & s'acte
quite de ce tribut avec autant dejoye qu'elle
en reffentira dans la fuite à chanter vos béroiques
vertus. L'hiftoire de vos Auguftes
Ayeux vous en fournira les plus grands modeles
, mais vous en trouverez les plus pref
fans & les plus sûrs principes dans vousmême.
LE PRINCE DE CONTI
MONSEIGNEUR ,
L'Academie de Marseille vient offrir fes
plus profonds refpects à V. A. S. & s'acte
quite de ce tribut avec autant dejoye qu'elle
en reffentira dans la fuite à chanter vos béroiques
vertus. L'hiftoire de vos Auguftes
Ayeux vous en fournira les plus grands modeles
, mais vous en trouverez les plus pref
fans & les plus sûrs principes dans vousmême.
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4845
p. 1251-1252
LE BANDEAU EPIGRAMME.
Début :
Celimene a Philis fait present d'un bandeau, [...]
Mots clefs :
Bandeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE BANDEAU EPIGRAMME.
LE BANDEAU
EPIGRAMME.
Elimene a Philis falt prefent d'un bandeau
Qui déridant le front lui donne un teint plus
beau ;
Elle en eft par Philis foudain recompenfée ,
Et reçoit une fleur qu'on appelle Pensée.
C'est préfent pour préfent ; mais le nom de la
fleur
Sur fon front agité fait monter la rougeur ;
JI. Vol.
Iij Quoi
1252 MERCURE DE FRANCE
Quoi , dit -elle , à mon tour elle veut que je
penfe
» Contre l'affront des ans à me mettre en deffenfe
!
» C'eſt m'infulter ; mais quoi , fuis-je dans mon
Printems ?
» Auffi bien que Philis n'ai-je pas cinquante ans ?
>> C'eft affront pour affront
; chút ! il vaut mieux
fe taire ,
Qu'étaler en Public fon Extrait Babtiftaire,
Ce Bandeau n'eft point une fiction ; il eft
bon d'en avertir les fronts rides ; on le trouve
rue S. Honoré , au Berceau d'or , chez M.
Dulac , Parfumeur du Roi.
EPIGRAMME.
Elimene a Philis falt prefent d'un bandeau
Qui déridant le front lui donne un teint plus
beau ;
Elle en eft par Philis foudain recompenfée ,
Et reçoit une fleur qu'on appelle Pensée.
C'est préfent pour préfent ; mais le nom de la
fleur
Sur fon front agité fait monter la rougeur ;
JI. Vol.
Iij Quoi
1252 MERCURE DE FRANCE
Quoi , dit -elle , à mon tour elle veut que je
penfe
» Contre l'affront des ans à me mettre en deffenfe
!
» C'eſt m'infulter ; mais quoi , fuis-je dans mon
Printems ?
» Auffi bien que Philis n'ai-je pas cinquante ans ?
>> C'eft affront pour affront
; chút ! il vaut mieux
fe taire ,
Qu'étaler en Public fon Extrait Babtiftaire,
Ce Bandeau n'eft point une fiction ; il eft
bon d'en avertir les fronts rides ; on le trouve
rue S. Honoré , au Berceau d'or , chez M.
Dulac , Parfumeur du Roi.
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Résumé : LE BANDEAU EPIGRAMME.
Le poème 'Le Bandeau' relate l'échange entre Élimène et Philis. Élimène porte un bandeau améliorant son apparence. Philis lui offre une Pensée, rappelant à Élimène la lutte contre le vieillissement. Elle choisit de taire son âge. Le bandeau est réel et disponible chez M. Dulac, parfumeur du Roi, rue Saint-Honoré.
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4846
p. 1252
« Le 24. de ce mois, le Roi nomma Conseiller d'Etat M. Herault, Lieutenant General [...] »
Début :
Le 24. de ce mois, le Roi nomma Conseiller d'Etat M. Herault, Lieutenant General [...]
Mots clefs :
Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 24. de ce mois, le Roi nomma Conseiller d'Etat M. Herault, Lieutenant General [...] »
Le 24. de ce mois , le Roi nomma Confeiller
d'Etat M. Herault, Lieutenant General
de Police.
d'Etat M. Herault, Lieutenant General
de Police.
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4847
p. 1252-1257
MORTS, NAISSANCE.
Début :
Dame Marie Madelaine Françoise Voisin, Epouse de M. Robert Deslandes, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Seigneur, Maréchal, Conseiller au Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCE.
MORTS NAISSANCE.
AmeMarieMadelaine FrançoifeVoifin,
Epoufe de M. Robert Deflandes ,
Chevalier , Seigneur de Crevecoeur , Confeiller
au Parlement de Normandie , mourut
à Paris le 22. Mai , âgée de 33. ans .
Le 27. mourut à Paris , âgée de
51. ans , Dame Elifabeth Françoife Huillier
, femme de Paul Benoit , Comte de
I. Vol. BraJUIN.
1730. 1253
Braque , Chevalier , Seigneur du Luat de
Boifrenaud & c. Intendant & Contrôleur
General des Ecuries & Livrées du Roi ;
fon corps fut porté le 29. en l'Eglife de
S. Roch fa Paroiffe , & delà tranfporté en
l'Eglife des P. P. de la Mercy, lieu de la
fepulture de la Maifon de Braque qui l'a
fondée & dotée dès l'année 1348. où
M de Braque avoient établis cinq Chapellenies
& un Hôpital à l'inftar de
' Hôtel- Dieu , avec trois Religieux & un
Gouverneur pour regir cet Hôpital defervi
par les Chapelains de Braque depuis
fon établiffement jufqu'en 1613. que la
Reine Marie de Medicis fit demander
cette Maiſon , Hôpital & Chapelle de
Braque à François de Braque , Chevalier,
Seigneur du Luat , pour y établir les
Religieux de l'Ordre de la Menci , Redemption
des Captifs. Ledit François de
Braque , quatriéme Ayeul du Comte de
Braque , confentit avec fes Enfans les
que
PP. de la Merci fuflent êtablis en la Chapelle
& Maifon de Braque , & ceda à la
Reine le droit de Patronage en ladite
Eglife il fe referva neanmoins & aux
fiens, les droits de fondateurs & de dotateurs
de ladite Egliſe & Maiſon de Braque
qui leur ont été confirmés par plufeurs
Arrêts du Parlement. 7
Jean de Nompere , Chevalier , Com-
;
I. Vol. I iij man1254
MERCURE DE FRANCE
mandeur de la Commanderie de S. Jac
ques Dulys , de l'Ordre Royal de M. D.
de Mont Carmel & de S. Lazare , mou
rut le 30. âgé de 76. ans.
Le 7 Juin , Alain -Emanuel de Coëtlogon
, Maréchal & Vive- Amiral de Fran-
Chevalier des Ordres du Roy , mourut
à Paris âgé de 83 ans , fix mois. Le
Roy l'avoit nommé Maréchal de France ,
le premier de ce mois .
La Maifon de Coëtlogon eft originaire
de Bretagne , & très-ancienne ; par les
Pieces produites à la verification des preuves
de M. le Maréchal de Coëtlogon ,
pour facreception dans l'Ordre du Saint-
Efprit , il paroît que la Terre de Coëtlogon
étoit poffedée en 1207 par Eudes
de Coëtlogon.
Le Pere Lobineau , page 396 des preuves
de fon Hiftoire de Bretagne , rapporte
tout au long une Tranfaction paffée en
1248 , fur le partage de la Seigneurie de
Porrhoet ; & dans cette Tranfaction Henry
de Coëtlogon , fils d'Eudes , eft qualifié ,
Monfeigneur.
Le Public nous fçaura gré , fans doute
de lui donner quelque détail , fur la vie &
-le caractere du Maréchal de Coëtlogon :
-toûjours attentifà celebrer le vray merite;
nous yfommes encore invitez par les Provifions
de Maréchal de France , de cetil-
1. Vol.
luftre
EST
TUIN. 1730 .
luftre Mort , que le hazard a fait tomber
entre nos mains ; on y apprend entr'au
tres chofes, que ce Maréchal s'étoit trou
vé à onze combats , & qu'après plufieurs
actions d'éclat , qu'il feroit trop long
de rapportet de la maniere qu'elles font
énoncées dans les Provifions . Son dernier
combat fut en 1703 , lorfque comman
dant cinq vaiffeaux du Roy , iill eenn prit
cinq de guerre Hollandois. A l'égard de
fon caractere , le Roy lui rend cet illuftre
témoignage ; que S. M. a réfolu de l'élever
à la dignité de Maréchal de France ,
pour reconnoître d'une maniere éclatante une
longuefuite defervices , & honorer en fa Perfonne
la vertu la plus pure & le plus parfait
defintereffement. Ce font les
termes des Provifions.
propres
Le 18 de ce mois , François Cornu de
Baliviere , Lieutenant General des armées
du Roy , Grand- Croix de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis , Gouverneur de
Rocroy , & ci - devant Lieutenant des
Gardes du-Corps , mourut à Paris , âgé
d'environ 78 , ans.
- D. Marguerite - Therefe Fleuriau , veuve
de Meffire Louis de Laurency , Chevalier
, Marquis de Montbrun , Confeiller
du Roy en tous fes Confeils d'Etat & Pri-
Prefident à Mortier du Parlement de
Touloufe, mourut à Paris le 19 Juin dans
I. Vol I j
la
1256 MERCURE DE FRANCE
la foixante & troifiéme année de fon âge,
F. Honoré Marion , Religieux , Prêtre,
de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem , de la
Langue de Provence , de la ville de Marſeil
les ,Prieur,Curé de l'Eglife de la Commanderie
de S.Jean de Latran à Paris, mourut le
21 Juin âgé d'environ 54 ans.. Il étoit fort
eftimé dans fon Ordre , & il eft regreté
de tous ceux qu'un Miniftere. de vingt
années avoit conduits & édifiez
Dominique Barberię de Saint- Conteſt
Confeiller d'Etat Ordinaire , mourut à
Paris le 22. dans la 62. année de fon âge,
Il avoit été Ambaffadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire du Roi au Congrès de
Bade & de Cambray.
D. Marie Henriette Bourgoin , épouſe
de M. Anne- Louis Pinon , Chevalier ,
Vicomte de Quincy , &c. Confeiller au
Parlement , accoucha le 4. Juin , d'une
fille qui fut tenuë fur les fonts , & nommée
Marie- Agnès , par M. André- François
de Paul le Febvre d'Ormefon , Cons
feiller au Parlement , Chevalier Seigneur
Deftournelles ; & par Dame Marie-
Agnès Soullet , époufe de M. Jean
le Boulanger , Maître des Comptes.
D. Geneviève de Vandeuil , épouſe
d'Antoine-François de Lanquedouë de
Vandeuil , Seigneur de Paffay , Capitai-
I. Vol. ne
JUIN. 1730. 1257
ne de Cavalerie , accoucha le 15 Juin ,
d'une fille qui fut tenuë fur les fonts , &
nommée Anne-Loüife par François - Anne
de Vandeuil , Seigneur de Montgiron ,
&c. Ecuyer du Roy ; & par D. Louiſe
Charlotte le Fevre , veuve d'Aléxandro
Martinot , Maistre des Comptes.
On s'eft trompé en annonçant dans le
dernier Mercure , la mort de Pierre le
Clerc , Chevalier Seigneur des Hayes ,
Jumelles- le-Frefne , au Verfe- Guedenyau;
Confeiller au Parlement. Ce n'eſt point
lui qui eft mort , mais Dame Marie-Madeleine
Bachelier , fon époufe , fille de
M. Bachelier , Prefident des Tréforiers de
France , laquelle eft decedée le 11 May
dernier , âgée de 32. ans,
AmeMarieMadelaine FrançoifeVoifin,
Epoufe de M. Robert Deflandes ,
Chevalier , Seigneur de Crevecoeur , Confeiller
au Parlement de Normandie , mourut
à Paris le 22. Mai , âgée de 33. ans .
Le 27. mourut à Paris , âgée de
51. ans , Dame Elifabeth Françoife Huillier
, femme de Paul Benoit , Comte de
I. Vol. BraJUIN.
1730. 1253
Braque , Chevalier , Seigneur du Luat de
Boifrenaud & c. Intendant & Contrôleur
General des Ecuries & Livrées du Roi ;
fon corps fut porté le 29. en l'Eglife de
S. Roch fa Paroiffe , & delà tranfporté en
l'Eglife des P. P. de la Mercy, lieu de la
fepulture de la Maifon de Braque qui l'a
fondée & dotée dès l'année 1348. où
M de Braque avoient établis cinq Chapellenies
& un Hôpital à l'inftar de
' Hôtel- Dieu , avec trois Religieux & un
Gouverneur pour regir cet Hôpital defervi
par les Chapelains de Braque depuis
fon établiffement jufqu'en 1613. que la
Reine Marie de Medicis fit demander
cette Maiſon , Hôpital & Chapelle de
Braque à François de Braque , Chevalier,
Seigneur du Luat , pour y établir les
Religieux de l'Ordre de la Menci , Redemption
des Captifs. Ledit François de
Braque , quatriéme Ayeul du Comte de
Braque , confentit avec fes Enfans les
que
PP. de la Merci fuflent êtablis en la Chapelle
& Maifon de Braque , & ceda à la
Reine le droit de Patronage en ladite
Eglife il fe referva neanmoins & aux
fiens, les droits de fondateurs & de dotateurs
de ladite Egliſe & Maiſon de Braque
qui leur ont été confirmés par plufeurs
Arrêts du Parlement. 7
Jean de Nompere , Chevalier , Com-
;
I. Vol. I iij man1254
MERCURE DE FRANCE
mandeur de la Commanderie de S. Jac
ques Dulys , de l'Ordre Royal de M. D.
de Mont Carmel & de S. Lazare , mou
rut le 30. âgé de 76. ans.
Le 7 Juin , Alain -Emanuel de Coëtlogon
, Maréchal & Vive- Amiral de Fran-
Chevalier des Ordres du Roy , mourut
à Paris âgé de 83 ans , fix mois. Le
Roy l'avoit nommé Maréchal de France ,
le premier de ce mois .
La Maifon de Coëtlogon eft originaire
de Bretagne , & très-ancienne ; par les
Pieces produites à la verification des preuves
de M. le Maréchal de Coëtlogon ,
pour facreception dans l'Ordre du Saint-
Efprit , il paroît que la Terre de Coëtlogon
étoit poffedée en 1207 par Eudes
de Coëtlogon.
Le Pere Lobineau , page 396 des preuves
de fon Hiftoire de Bretagne , rapporte
tout au long une Tranfaction paffée en
1248 , fur le partage de la Seigneurie de
Porrhoet ; & dans cette Tranfaction Henry
de Coëtlogon , fils d'Eudes , eft qualifié ,
Monfeigneur.
Le Public nous fçaura gré , fans doute
de lui donner quelque détail , fur la vie &
-le caractere du Maréchal de Coëtlogon :
-toûjours attentifà celebrer le vray merite;
nous yfommes encore invitez par les Provifions
de Maréchal de France , de cetil-
1. Vol.
luftre
EST
TUIN. 1730 .
luftre Mort , que le hazard a fait tomber
entre nos mains ; on y apprend entr'au
tres chofes, que ce Maréchal s'étoit trou
vé à onze combats , & qu'après plufieurs
actions d'éclat , qu'il feroit trop long
de rapportet de la maniere qu'elles font
énoncées dans les Provifions . Son dernier
combat fut en 1703 , lorfque comman
dant cinq vaiffeaux du Roy , iill eenn prit
cinq de guerre Hollandois. A l'égard de
fon caractere , le Roy lui rend cet illuftre
témoignage ; que S. M. a réfolu de l'élever
à la dignité de Maréchal de France ,
pour reconnoître d'une maniere éclatante une
longuefuite defervices , & honorer en fa Perfonne
la vertu la plus pure & le plus parfait
defintereffement. Ce font les
termes des Provifions.
propres
Le 18 de ce mois , François Cornu de
Baliviere , Lieutenant General des armées
du Roy , Grand- Croix de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis , Gouverneur de
Rocroy , & ci - devant Lieutenant des
Gardes du-Corps , mourut à Paris , âgé
d'environ 78 , ans.
- D. Marguerite - Therefe Fleuriau , veuve
de Meffire Louis de Laurency , Chevalier
, Marquis de Montbrun , Confeiller
du Roy en tous fes Confeils d'Etat & Pri-
Prefident à Mortier du Parlement de
Touloufe, mourut à Paris le 19 Juin dans
I. Vol I j
la
1256 MERCURE DE FRANCE
la foixante & troifiéme année de fon âge,
F. Honoré Marion , Religieux , Prêtre,
de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem , de la
Langue de Provence , de la ville de Marſeil
les ,Prieur,Curé de l'Eglife de la Commanderie
de S.Jean de Latran à Paris, mourut le
21 Juin âgé d'environ 54 ans.. Il étoit fort
eftimé dans fon Ordre , & il eft regreté
de tous ceux qu'un Miniftere. de vingt
années avoit conduits & édifiez
Dominique Barberię de Saint- Conteſt
Confeiller d'Etat Ordinaire , mourut à
Paris le 22. dans la 62. année de fon âge,
Il avoit été Ambaffadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire du Roi au Congrès de
Bade & de Cambray.
D. Marie Henriette Bourgoin , épouſe
de M. Anne- Louis Pinon , Chevalier ,
Vicomte de Quincy , &c. Confeiller au
Parlement , accoucha le 4. Juin , d'une
fille qui fut tenuë fur les fonts , & nommée
Marie- Agnès , par M. André- François
de Paul le Febvre d'Ormefon , Cons
feiller au Parlement , Chevalier Seigneur
Deftournelles ; & par Dame Marie-
Agnès Soullet , époufe de M. Jean
le Boulanger , Maître des Comptes.
D. Geneviève de Vandeuil , épouſe
d'Antoine-François de Lanquedouë de
Vandeuil , Seigneur de Paffay , Capitai-
I. Vol. ne
JUIN. 1730. 1257
ne de Cavalerie , accoucha le 15 Juin ,
d'une fille qui fut tenuë fur les fonts , &
nommée Anne-Loüife par François - Anne
de Vandeuil , Seigneur de Montgiron ,
&c. Ecuyer du Roy ; & par D. Louiſe
Charlotte le Fevre , veuve d'Aléxandro
Martinot , Maistre des Comptes.
On s'eft trompé en annonçant dans le
dernier Mercure , la mort de Pierre le
Clerc , Chevalier Seigneur des Hayes ,
Jumelles- le-Frefne , au Verfe- Guedenyau;
Confeiller au Parlement. Ce n'eſt point
lui qui eft mort , mais Dame Marie-Madeleine
Bachelier , fon époufe , fille de
M. Bachelier , Prefident des Tréforiers de
France , laquelle eft decedée le 11 May
dernier , âgée de 32. ans,
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Résumé : MORTS, NAISSANCE.
En 1730 à Paris, plusieurs décès et naissances ont été enregistrés. Ame-Marie-Madelaine Françoise Voifin, épouse de Robert Deflandes, Chevalier et Seigneur de Crevecoeur, est décédée le 22 mai à l'âge de 33 ans. Dame Élisabeth Françoise Huillier, femme de Paul Benoit, Comte de Brajuin, est morte le 27 mai à 51 ans. Braque, Chevalier et Seigneur du Luat de Boisfrenaud, Intendant et Contrôleur Général des Écuries et Livrées du Roi, est décédé le 29 mai. Son corps a été transporté à l'église des Pères de la Merci, fondée par la famille Braque en 1348. Jean de Nompere, Chevalier et Commandeur de la Commanderie de Saint-Jacques-Dulys, est mort le 30 mai à 76 ans. Alain-Emanuel de Coëtlogon, Maréchal et Vice-Amiral de France, est décédé le 7 juin à 83 ans. La maison de Coëtlogon est originaire de Bretagne et possède des archives remontant à 1207. François Cornu de Balivière, Lieutenant Général des armées du Roi et Gouverneur de Rocroy, est mort le 18 juin à environ 78 ans. Dame Marguerite-Thérèse Fleuriau, veuve de Louis de Laurency, Chevalier et Marquis de Montbrun, est décédée le 19 juin à 63 ans. Honoré Marion, Prêtre de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est mort le 21 juin à environ 54 ans. Dominique Barberini de Saint-Contest, Conseiller d'État, est décédé le 22 juin à 62 ans. Il a été Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Roi au Congrès de Bade et de Cambray. Marie Henriette Bourgoin, épouse d'Anne-Louis Pinon, Chevalier et Vicomte de Quincy, a accouché le 4 juin d'une fille nommée Marie-Agnès. Geneviève de Vandeuil, épouse d'Antoine-François de Lanquedouë de Vandeuil, a accouché le 15 juin d'une fille nommée Anne-Louise. Le document corrige également une erreur concernant la mort de Pierre le Clerc, signalant en réalité le décès de son épouse, Dame Marie-Madeleine Bachelier, fille de Bachelier, Président des Trésoriers de France, survenue le 11 mai à 32 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4848
p. 1257-1262
ARRESTS, DECLARATIONS,ORDONNANCES, &c.
Début :
DECLARATION du Roi, pour la redition des comptes du Cinquantiéme. Donnée [...]
Mots clefs :
Ordonnance, Arrêt, Règlement, Roi
4849
s. p.
« Le second Volume de ce mois est actuellement sous la presse & paroîtra incessamment. [...] »
Début :
Le second Volume de ce mois est actuellement sous la presse & paroîtra incessamment. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le second Volume de ce mois est actuellement sous la presse & paroîtra incessamment. [...] »
Le Second Volume de ce mois eft actuellement
fous la preffe & paroîtra inceffamment.
fous la preffe & paroîtra inceffamment.
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4850
s. p.
TABLE.
Début :
Pieces Fugitives. Polymnie, Ode, 1059 Memoire sur les Antiquitez d'Angleterre, 1063 [...]