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2101
s. p.
TABLE
Début :
Preface Livres nouveaux, Traduction en vers françois, [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE
TABLE
Preface
Livresnouveaux
Traductionenve,rsfrançois,i
Nouvellesd'Hollande349.
Nouvelles dIt Nord,64^
Nouvellesdefpagne
>
83,
odesir la prijè de Gironne, f 6.
Du CavmprdeiVeillarlua, le 11. Fe- j96,
Fragment d'une autre Lettre , 98.
DonsduRoyd'Espagne, 99,
ArticledesMorts:1 100.
RemarquesJ 101, 106 ?11 &
114-
Mariages, 116,
TABLE.
Remarques,11
Remarques, 1130
Inondations, 116.
Ceremonie faite par VElefteur
deCologne, 1 3 -.
fiijloire generale de la Fonderie
des Lettres & de l'Imprimerie,
parPierre Cot, 137.
fiijloriettes& autres Amufepiens
,
Ilî*
Çhanjon contre k Cassé. 135,
Hifloriettepresque toute véritable,
193*
Suplément, *49»
foèjies deMrP.
Pour une Dame qui avoit deman.
dé des Vers à l'Auteur, 1j1.
SN' le recouvrement de la fante
duRoyy 25S.
Sur la retraite de 1^. de s98.
Pour Mademoiselle de 3°3.
Preface
Livresnouveaux
Traductionenve,rsfrançois,i
Nouvellesd'Hollande349.
Nouvelles dIt Nord,64^
Nouvellesdefpagne
>
83,
odesir la prijè de Gironne, f 6.
Du CavmprdeiVeillarlua, le 11. Fe- j96,
Fragment d'une autre Lettre , 98.
DonsduRoyd'Espagne, 99,
ArticledesMorts:1 100.
RemarquesJ 101, 106 ?11 &
114-
Mariages, 116,
TABLE.
Remarques,11
Remarques, 1130
Inondations, 116.
Ceremonie faite par VElefteur
deCologne, 1 3 -.
fiijloire generale de la Fonderie
des Lettres & de l'Imprimerie,
parPierre Cot, 137.
fiijloriettes& autres Amufepiens
,
Ilî*
Çhanjon contre k Cassé. 135,
Hifloriettepresque toute véritable,
193*
Suplément, *49»
foèjies deMrP.
Pour une Dame qui avoit deman.
dé des Vers à l'Auteur, 1j1.
SN' le recouvrement de la fante
duRoyy 25S.
Sur la retraite de 1^. de s98.
Pour Mademoiselle de 3°3.
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Résumé : TABLE
Le document est une table des matières d'un ouvrage historique. Il inclut des traductions en vers français, des nouvelles de Hollande, du Nord et d'Espagne, des lettres, des dons du roi d'Espagne, des articles de décès, des remarques, des mariages, des inondations, et des cérémonies. Il mentionne aussi la fonderie des lettres et de l'imprimerie par Pierre Cot, des historiettes, des suppléments, et des poèmes dédiés à des personnes spécifiques. Le texte se termine par des notes sur la santé du roi et la retraite de l'année 1698.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2102
p. 8-31
« Suivant les Traités faits en 1343. & 1344. entre Philippe [...] »
Début :
Suivant les Traités faits en 1343. & 1344. entre Philippe [...]
Mots clefs :
Roi, Dauphin, Duc de Normandie
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texteReconnaissance textuelle : « Suivant les Traités faits en 1343. & 1344. entre Philippe [...] »
Voicy un Mémoire
tres curieux sur l'origine
des premiers Dauphins
de France, je le
tiens d'un illustre Auteur
qui a donné un ouvrage
excellent sur
spareilles matieres. Uivant lesTraités
faits en 1543. & 1344.,
entre Ph- il-ippe de Val-ois &
le Dauphin Humbert. CeluidesenfansdeFrancequi
estoit appelle â la fuccJ.
sion de Humbert riypouvoir
pretendre qu'après sa.
mort, encore n'estoit-ce
que fous des conditions
dont l'évenement estoit
incertain: mais le dessein
d'entrer en religion qu'il
formât en 1349. rendit inutiles
toutes ces clauses,
voulant renoncer au monde,
&'ne songeant plus à
consenver la jouissancede
sesEtats,son Successeur
devoitenestremis déslors
en possession, & y estre reconnu
pour Souverain. Le
Royneût pas plûtôt appris
la disposition où il se
trouvoit,&les esperances
qu'il donnoit d'une prochaineabdication,
qu'illui
envoya des Députés pour
le confirmer de plus en
plus dans cette lituation
par de nouvelles offres:
Ceux
- cy s'estant rendus
à Tournon deslemois de
Février y eurent avec ce
Prince des conferences secretes
dont on ne fçût le
resultat que sur la fin du
même mois; ce fut alors
feulement qu'il declara le
party qu'il avoit pris, &
dans le quel il persista malgré
les effortsqu'on fit
pour l'en détournera negociation
fut continuée
à Romans pendant tout
le mois de Mars, c'est là
que rAtte de Transport
reçût la derniere main, il
fût ligné par le Dauphin
& par les Commissaires
du Roy & du Duc de Normandie,
on ne s'y attacha
pas absolument à suivre
les dispositions contenues
dans lestraités precedens
sur , tout à l'égard de la personne
du Succeueur. Le
choix tomba sur Charles,
fils aîné du Duc de Normandie,
pour estre revêtu
déslors des Droits de la
Souveraineté fans- reserves
& sans conditions. Si
on en excepte la remission
des fonds en Terre & en
argent qui devoit estre
faite au Dauphin par le
même Acte.
Il manquoit encore une
solemnité a ce Traité pour
estre dans toute sa. perfection
;
l'entrevûë des parties
paroissoit necessaire
pour donner elles-mêmes
un consentementauthentique
a tout ce qui avoit
esté promis en leur nom;
on convint d'un rendezvous
àLyon au mois de
Juillet suivant, où le Duc,
de Normandie & Charles
son fils aîné devoient se
-
trouver avec le Dauphin,
le dernier s'y rendit quelques
jours auparavant: Dans une Assemblée solemnelle
qui s'y tint le 16.
Juillet où estoient le Duc
de Normandie & plusieurs
Seigneurs de faiuite,
Humbert lit- une cefsion
pure&simpls de ses
Etats à Charles fils aîné
de ce Duc, il l'en mit en
possession par la tradition
du Sceptre,de l'Anneau,
de la Banniere & de l'Epée
ancienne de Dauphiné:
Les Comtes, Barons 8c
Seigneurs qui estoient
presens, dont laplupart
estoient intervenus comme
témoins dans TAde
public qui en fût dressé
prêterent hommage en
même temps au nouveau
Dauphin,& luy firent ferment
de fidelité
;
le Duc
de Bourbon, le Comte
d'Armagnac, le Comte
d'Auxerre & Jacques de
Bourbon, qui n'estoient
pas ses vassaux, en furent
exceptez. Les Baillifs &
les Chatelains de Dauphiné
Suivirentl'exemple de
ces premiers;le lendemain
quelquesautres Seigneurs
satisfirent au même devoir
; on peut voir à la
fuite de cet Acte le nom
-
de la plupart des nobles
du Viennois qui vinrent
reconnoistreleurnouveau
Seigneur, on envoya des
., lettres dans tous les Bailliages
pour informer les
Peuples du changement
arrivé dans le Gouvernement,
& pour leur faire
connoistre le nouveau
Maistre, à qui ils feroient
désormais tenus d'obéir,
ri ils apprirent ensuite par
une Déclaration de Humbert
qu'ils ne devoient
plus le regarder comme
leur Souverain,&qu'ils
estoientaffranchis à son
égard de tous leurs fermens
; c'estainsi que ce
Prince, pour ne se point
démenrir, voulut établir
l'autorité de son Succes.
leur sur le débris de la
sienne, il quitta le monde
dés le lendemain du transport
qu'il avoit fait de ses
Etats, & prit à Lyon ce
jour-là mêmel'Habit de
saint Dominique dans le
Convent des Freres Prêcheurs.
Les
Les chosesen cet: état,
le Duc de Normandie partit
pour retourner à Paris,
oùil rendit compte au Roy
du succés de son voyage; illuy representa en même
temps les consequences
avantageuses du Traité,
qu'il venoit de conclure
avec le Dauphin, &la necessité
de le rendre ferme
ôc stable, en détournant
tout ce qui pourroital'avenir
y donner quelque
atteinte: c'est par cette
confédération qu'il le porta
à faire renoncer Philippes
son second fils aux
esperances qu'il auroit pu
fonder sur la nomination
que Humbert avoir faite
en sa faveur par raéte de
1343. Ce Prince pour se
conformer aux volontez
du Roy,qui eut foin de le
dédommager d'ailleurs,
declara, par des Lettres du
mois de Septembre, que
non feulement il se départoit
de toutes les pretentions
qu'il pouvoit avoir
sur le Dauphiné, comme
héritier designé par Humbert,
mais aussi qu'il approuvoit
&ratifioit le nouvel
acte fait par le même,
en faveur de Charles son
Neveu, à qui il cedoit tous
les droits que les Traitez
precedenspouvoient luy
avoir acquis. Le Roy,qui
l'avoitautorisé pourl'acceptation
du Don, confirma
pareillement la renonciation
qu'il en fit pour la
rendre plus autentique.
Charles prit la qualité
de Dauphin après que les
droits luy en eurent esté
confirmez par l'acte du 16
Juillet, voulant se montrer
àses nouveaux sujets
il parcourut ses principales
Villes: Vienne fut la
premierequ'il visita, après
y avoir fait quelque séjour
il se rendit à Tain,
& de là à Romans, où il ;tomba malade
;
sa santé
s'estant rétablie sur la fin
de l'Automne, il se disposa
à faire son Entrée dans
sa Capitale; il y arriva
quinze jours avant la feste
de Noël, l'ancien Dauphin
s'y trouva dans le
même temps, fous l'habit
de Jacobin, & faisant sa
demeure parmyles Religieux
de cet Ordre. Dans
à une Assemblée où estoit
laprincipale Noblesse du
Bailliage de Graisivaudan,
Humbert declara publiquement
qu'il avoit fait
,
choix de Charles, fils aîné
du premier fils de France
pour estre son successeur,
que luy ayant remis les
•
droits & les honneurs de
la Souveraineté, c'estoit
le seul désormaisqu'ils devoient
reconnoître pour
leur Prince légitimer,&à
qui ils devoient jurer d'estre
toujours obéissans &
fîdeles,sousl'obligation
réciproque où il seroit envers
eux de garder leurs
Loix & leurs Coustumes,
& de conserver sur tout les
Privilèges de la NabletTe;
c'est ce que Charles jura
sur les Saints Evangiles
d'observerinviolablement
en ayant esté requis au
nom detoute l'Assemblée,
par Hugues Allemand,
Disdier deSassenage
,
6c
Estienne d'Arvillars; quelques
jours, après le nou-
,, veau Dauphin fut proclame
solemnellement dans
la même Ville, & reçut le
Serment de fidélité des
habitans
;
plusieurs Seigneurs
des environs s'empresserent
de luy venir
rendre leurs Hommages,
tout le reste du temps que
le Prince passa à Grenoble
fut employéauxaffaires
publiques.
L'Acte d'Investiture des
Estats de Humbert, qui
fut passé à Lyon le 16 Juillet
en execution du tranf-
,
port qu'il avoit fait de ses
Etats le 30. Mars precedent,
contient une clausè
qui merite d'estreremarquée
,il est porté expressement
que Humbertsedefsaisit
ie dévestitréelment
& corporelment, & de
fait desdizd'Alphiné. &
de toutes ses autres Terres,
Seigneuries & Noblesses
& , en saisi & vestireelment
& corporelment (3*
de fait, ledit Charles present
& acceptantpourli &
ses hoirs & Successeurs,present
ledit Monsieur le Duc
son pere, &àce consentant,
& transporta encore audit
CharCharles
jei boirs. &faccesseurs
-&.Ceauls qui murent
Gtufe deliperpetuelment &
heritablement,etsaisine &
propriétéplaine
,
ledit À'Al-,
]>hiné,&toutes lesautresTerres
dessus nomées
:
Il semble
qu'ona voulu expliquer
ces mots Successeurs ècAuvent
cause
, en faveur des.
:
premiers nez de France
- sqeunitesreuls pouvoient reprele
Dauphin Charles
& estre regardez comme
ses Successeurs fous cette
qualité, & non fous celle
de Roy qu'iln'avaitpas
alors: on s'est persuadé
que la condition estoit tacitement
renfermée dans
les termes de rAéteJ &
quoyquelle n'y fut pas
clairement exprimée, que
l'intention du Donateur
ne s'y faisoit pas moins appercevoir
; en effet on a
consideré depuis les premiers
Fils de France comme
Successeurs légitimes
des Dauphins;ils en ont
toûjours porté le titre, qui.
se trouvant réuni en leur
personne à celuy d'heritiers
de la Couronne, a
rendu le nom beaucoup
plus grand & plus auguste,
& l'a mis au-dessus de
toutes les autres Dignitez
du Royaume.
S'il faut chercher l'interpretation
des clauses
qu'on vient de rapporter
dans lexecution qu'elles
ont eu fous les Regnes
suivans, il semble qu'il n'y
a point eu d'usage constant,
qui puisse servir de
Loy sur cet article; les
Roys ont cedé quelquefois
cet état à leurs fils
aînez pour y exercer tous
les droits de la Souveraineté;
quelquefois ils en
ont joüi par eux-mêmes,
& se sont contentezde leur
en donner le Titre,il fèroit
aisé de citer plusieurs
exemples qur fontassez
connoistre qu'ils ont crû
pouvoir en user sur ce
point comme ils le jugeoient
à propos pour le
bien de leurs affaires, &
suivant les dispositions où ils
se trouvoient de gratîfierleurs
filsaînezj8c(ans qu'il
soit necessaire d'entrer sur
cela dans une plus longue
discussion
, on peut dire
qu'ils remplirent euxmêmes
les principales de
ces conditions, comme il
estoit porté par les Actes
du Transport,que le nom
&les Armes des Dauphins
feroient conservez par
ceux qui leur succede.
roientà perpétuité
5
& que
leur état seroit toûjours
possedé separément de la
Couronne de France, à
moins que l'Empire n'y
fût réuni. On ne peut douter
que les Rois nayent
eu en vûë de se conformer
à cette disposition dans
l'usage qu'ils ont toujours
suivi à l'égard des Declarations
& autres Lettres
expediées pour le Dauphinois
n'y ordonnent l'execution
de leur volonté
qu'en qualité de Dauphins
& fous le sceau & les Armes
des anciens Princes
de ce nom. D'ailleurs
quoyque leursOrdonnances
puissent estre générales
pour tout le Royaume
,
elles ne sont reçues
dans cette Province que
comme dans un état separé,
lorsqu'elles portent
les marques particulières
de leur autorité.
tres curieux sur l'origine
des premiers Dauphins
de France, je le
tiens d'un illustre Auteur
qui a donné un ouvrage
excellent sur
spareilles matieres. Uivant lesTraités
faits en 1543. & 1344.,
entre Ph- il-ippe de Val-ois &
le Dauphin Humbert. CeluidesenfansdeFrancequi
estoit appelle â la fuccJ.
sion de Humbert riypouvoir
pretendre qu'après sa.
mort, encore n'estoit-ce
que fous des conditions
dont l'évenement estoit
incertain: mais le dessein
d'entrer en religion qu'il
formât en 1349. rendit inutiles
toutes ces clauses,
voulant renoncer au monde,
&'ne songeant plus à
consenver la jouissancede
sesEtats,son Successeur
devoitenestremis déslors
en possession, & y estre reconnu
pour Souverain. Le
Royneût pas plûtôt appris
la disposition où il se
trouvoit,&les esperances
qu'il donnoit d'une prochaineabdication,
qu'illui
envoya des Députés pour
le confirmer de plus en
plus dans cette lituation
par de nouvelles offres:
Ceux
- cy s'estant rendus
à Tournon deslemois de
Février y eurent avec ce
Prince des conferences secretes
dont on ne fçût le
resultat que sur la fin du
même mois; ce fut alors
feulement qu'il declara le
party qu'il avoit pris, &
dans le quel il persista malgré
les effortsqu'on fit
pour l'en détournera negociation
fut continuée
à Romans pendant tout
le mois de Mars, c'est là
que rAtte de Transport
reçût la derniere main, il
fût ligné par le Dauphin
& par les Commissaires
du Roy & du Duc de Normandie,
on ne s'y attacha
pas absolument à suivre
les dispositions contenues
dans lestraités precedens
sur , tout à l'égard de la personne
du Succeueur. Le
choix tomba sur Charles,
fils aîné du Duc de Normandie,
pour estre revêtu
déslors des Droits de la
Souveraineté fans- reserves
& sans conditions. Si
on en excepte la remission
des fonds en Terre & en
argent qui devoit estre
faite au Dauphin par le
même Acte.
Il manquoit encore une
solemnité a ce Traité pour
estre dans toute sa. perfection
;
l'entrevûë des parties
paroissoit necessaire
pour donner elles-mêmes
un consentementauthentique
a tout ce qui avoit
esté promis en leur nom;
on convint d'un rendezvous
àLyon au mois de
Juillet suivant, où le Duc,
de Normandie & Charles
son fils aîné devoient se
-
trouver avec le Dauphin,
le dernier s'y rendit quelques
jours auparavant: Dans une Assemblée solemnelle
qui s'y tint le 16.
Juillet où estoient le Duc
de Normandie & plusieurs
Seigneurs de faiuite,
Humbert lit- une cefsion
pure&simpls de ses
Etats à Charles fils aîné
de ce Duc, il l'en mit en
possession par la tradition
du Sceptre,de l'Anneau,
de la Banniere & de l'Epée
ancienne de Dauphiné:
Les Comtes, Barons 8c
Seigneurs qui estoient
presens, dont laplupart
estoient intervenus comme
témoins dans TAde
public qui en fût dressé
prêterent hommage en
même temps au nouveau
Dauphin,& luy firent ferment
de fidelité
;
le Duc
de Bourbon, le Comte
d'Armagnac, le Comte
d'Auxerre & Jacques de
Bourbon, qui n'estoient
pas ses vassaux, en furent
exceptez. Les Baillifs &
les Chatelains de Dauphiné
Suivirentl'exemple de
ces premiers;le lendemain
quelquesautres Seigneurs
satisfirent au même devoir
; on peut voir à la
fuite de cet Acte le nom
-
de la plupart des nobles
du Viennois qui vinrent
reconnoistreleurnouveau
Seigneur, on envoya des
., lettres dans tous les Bailliages
pour informer les
Peuples du changement
arrivé dans le Gouvernement,
& pour leur faire
connoistre le nouveau
Maistre, à qui ils feroient
désormais tenus d'obéir,
ri ils apprirent ensuite par
une Déclaration de Humbert
qu'ils ne devoient
plus le regarder comme
leur Souverain,&qu'ils
estoientaffranchis à son
égard de tous leurs fermens
; c'estainsi que ce
Prince, pour ne se point
démenrir, voulut établir
l'autorité de son Succes.
leur sur le débris de la
sienne, il quitta le monde
dés le lendemain du transport
qu'il avoit fait de ses
Etats, & prit à Lyon ce
jour-là mêmel'Habit de
saint Dominique dans le
Convent des Freres Prêcheurs.
Les
Les chosesen cet: état,
le Duc de Normandie partit
pour retourner à Paris,
oùil rendit compte au Roy
du succés de son voyage; illuy representa en même
temps les consequences
avantageuses du Traité,
qu'il venoit de conclure
avec le Dauphin, &la necessité
de le rendre ferme
ôc stable, en détournant
tout ce qui pourroital'avenir
y donner quelque
atteinte: c'est par cette
confédération qu'il le porta
à faire renoncer Philippes
son second fils aux
esperances qu'il auroit pu
fonder sur la nomination
que Humbert avoir faite
en sa faveur par raéte de
1343. Ce Prince pour se
conformer aux volontez
du Roy,qui eut foin de le
dédommager d'ailleurs,
declara, par des Lettres du
mois de Septembre, que
non feulement il se départoit
de toutes les pretentions
qu'il pouvoit avoir
sur le Dauphiné, comme
héritier designé par Humbert,
mais aussi qu'il approuvoit
&ratifioit le nouvel
acte fait par le même,
en faveur de Charles son
Neveu, à qui il cedoit tous
les droits que les Traitez
precedenspouvoient luy
avoir acquis. Le Roy,qui
l'avoitautorisé pourl'acceptation
du Don, confirma
pareillement la renonciation
qu'il en fit pour la
rendre plus autentique.
Charles prit la qualité
de Dauphin après que les
droits luy en eurent esté
confirmez par l'acte du 16
Juillet, voulant se montrer
àses nouveaux sujets
il parcourut ses principales
Villes: Vienne fut la
premierequ'il visita, après
y avoir fait quelque séjour
il se rendit à Tain,
& de là à Romans, où il ;tomba malade
;
sa santé
s'estant rétablie sur la fin
de l'Automne, il se disposa
à faire son Entrée dans
sa Capitale; il y arriva
quinze jours avant la feste
de Noël, l'ancien Dauphin
s'y trouva dans le
même temps, fous l'habit
de Jacobin, & faisant sa
demeure parmyles Religieux
de cet Ordre. Dans
à une Assemblée où estoit
laprincipale Noblesse du
Bailliage de Graisivaudan,
Humbert declara publiquement
qu'il avoit fait
,
choix de Charles, fils aîné
du premier fils de France
pour estre son successeur,
que luy ayant remis les
•
droits & les honneurs de
la Souveraineté, c'estoit
le seul désormaisqu'ils devoient
reconnoître pour
leur Prince légitimer,&à
qui ils devoient jurer d'estre
toujours obéissans &
fîdeles,sousl'obligation
réciproque où il seroit envers
eux de garder leurs
Loix & leurs Coustumes,
& de conserver sur tout les
Privilèges de la NabletTe;
c'est ce que Charles jura
sur les Saints Evangiles
d'observerinviolablement
en ayant esté requis au
nom detoute l'Assemblée,
par Hugues Allemand,
Disdier deSassenage
,
6c
Estienne d'Arvillars; quelques
jours, après le nou-
,, veau Dauphin fut proclame
solemnellement dans
la même Ville, & reçut le
Serment de fidélité des
habitans
;
plusieurs Seigneurs
des environs s'empresserent
de luy venir
rendre leurs Hommages,
tout le reste du temps que
le Prince passa à Grenoble
fut employéauxaffaires
publiques.
L'Acte d'Investiture des
Estats de Humbert, qui
fut passé à Lyon le 16 Juillet
en execution du tranf-
,
port qu'il avoit fait de ses
Etats le 30. Mars precedent,
contient une clausè
qui merite d'estreremarquée
,il est porté expressement
que Humbertsedefsaisit
ie dévestitréelment
& corporelment, & de
fait desdizd'Alphiné. &
de toutes ses autres Terres,
Seigneuries & Noblesses
& , en saisi & vestireelment
& corporelment (3*
de fait, ledit Charles present
& acceptantpourli &
ses hoirs & Successeurs,present
ledit Monsieur le Duc
son pere, &àce consentant,
& transporta encore audit
CharCharles
jei boirs. &faccesseurs
-&.Ceauls qui murent
Gtufe deliperpetuelment &
heritablement,etsaisine &
propriétéplaine
,
ledit À'Al-,
]>hiné,&toutes lesautresTerres
dessus nomées
:
Il semble
qu'ona voulu expliquer
ces mots Successeurs ècAuvent
cause
, en faveur des.
:
premiers nez de France
- sqeunitesreuls pouvoient reprele
Dauphin Charles
& estre regardez comme
ses Successeurs fous cette
qualité, & non fous celle
de Roy qu'iln'avaitpas
alors: on s'est persuadé
que la condition estoit tacitement
renfermée dans
les termes de rAéteJ &
quoyquelle n'y fut pas
clairement exprimée, que
l'intention du Donateur
ne s'y faisoit pas moins appercevoir
; en effet on a
consideré depuis les premiers
Fils de France comme
Successeurs légitimes
des Dauphins;ils en ont
toûjours porté le titre, qui.
se trouvant réuni en leur
personne à celuy d'heritiers
de la Couronne, a
rendu le nom beaucoup
plus grand & plus auguste,
& l'a mis au-dessus de
toutes les autres Dignitez
du Royaume.
S'il faut chercher l'interpretation
des clauses
qu'on vient de rapporter
dans lexecution qu'elles
ont eu fous les Regnes
suivans, il semble qu'il n'y
a point eu d'usage constant,
qui puisse servir de
Loy sur cet article; les
Roys ont cedé quelquefois
cet état à leurs fils
aînez pour y exercer tous
les droits de la Souveraineté;
quelquefois ils en
ont joüi par eux-mêmes,
& se sont contentezde leur
en donner le Titre,il fèroit
aisé de citer plusieurs
exemples qur fontassez
connoistre qu'ils ont crû
pouvoir en user sur ce
point comme ils le jugeoient
à propos pour le
bien de leurs affaires, &
suivant les dispositions où ils
se trouvoient de gratîfierleurs
filsaînezj8c(ans qu'il
soit necessaire d'entrer sur
cela dans une plus longue
discussion
, on peut dire
qu'ils remplirent euxmêmes
les principales de
ces conditions, comme il
estoit porté par les Actes
du Transport,que le nom
&les Armes des Dauphins
feroient conservez par
ceux qui leur succede.
roientà perpétuité
5
& que
leur état seroit toûjours
possedé separément de la
Couronne de France, à
moins que l'Empire n'y
fût réuni. On ne peut douter
que les Rois nayent
eu en vûë de se conformer
à cette disposition dans
l'usage qu'ils ont toujours
suivi à l'égard des Declarations
& autres Lettres
expediées pour le Dauphinois
n'y ordonnent l'execution
de leur volonté
qu'en qualité de Dauphins
& fous le sceau & les Armes
des anciens Princes
de ce nom. D'ailleurs
quoyque leursOrdonnances
puissent estre générales
pour tout le Royaume
,
elles ne sont reçues
dans cette Province que
comme dans un état separé,
lorsqu'elles portent
les marques particulières
de leur autorité.
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Résumé : « Suivant les Traités faits en 1343. & 1344. entre Philippe [...] »
Le mémoire examine l'origine des premiers Dauphins de France, s'appuyant sur des traités de 1543 et 1344 entre Philippe de Valois et le Dauphin Humbert. Humbert, fils de France, envisageait de renoncer à ses droits en entrant en religion en 1349, rendant les clauses des traités inutiles. Informé de cette décision, le roi envoya des députés à Tournon pour confirmer Humbert dans sa résolution. Des négociations secrètes suivirent, et Humbert déclara son intention de renoncer à ses États. En mars 1349, un acte de transport fut rédigé à Romans, désignant Charles, fils aîné du Duc de Normandie, comme successeur sans conditions. Une cérémonie solennelle à Lyon le 16 juillet 1349 officialisa cette décision, où Humbert céda ses États à Charles en présence de nobles et de seigneurs. Humbert quitta le monde le lendemain en prenant l'habit de saint Dominique. Le Duc de Normandie retourna à Paris pour informer le roi, qui fit renoncer Philippe, son second fils, à ses prétentions sur le Dauphiné. Charles, confirmé dans ses droits, parcourut ses principales villes et fut proclamé Dauphin à Grenoble. L'acte d'investiture stipulait que Humbert se dépossédait réellement et corporellement de ses États, les transmettant à Charles et à ses successeurs. Les premiers fils de France furent alors considérés comme successeurs légitimes des Dauphins, portant ce titre en plus de celui d'héritiers de la Couronne. Les rois utilisèrent ce titre selon leurs besoins politiques et dynastiques, conservant les noms et armes des Dauphins dans leurs déclarations et ordonnances.
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2103
p. 31-43
SUITE DES ENFANS de France, qui ont porté le titre de Dauphins.
Début :
Le premier Dauphin de France, comme on vient de l'établir [...]
Mots clefs :
Dauphin, Roi, Prince
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DES ENFANS de France, qui ont porté le titre de Dauphins.
SUITE DES ENFANS
de France, qui ont porte
le titre de Dauphins, LE premier Dauphin
de France,commeon
vient de l'établir par les
actes du transport de Dauphiné,
fut Charles fils aîné
du Duc Jean de Normandie;
illuy succeda au Royaume
de France en 1364.
f1ous le nom de Charles V.
Charles, fils aîné de
Charles V. fut le second
qui porta le nom de Dauphin
du vivant du Roy
son Pere, sans que pourtant
la remission du Dauphiné
luy ait jamais esté
faite; il estvray que l'Empereur
Charles de Bohelue,
estant à Paris, l'établit
par une Bulle du mois
de Janvier 1378. Vicaire
de l'Empire en Dauphiné
& dans les Evêchez de
Valence ôc de Dye, quoiqu'il
ne fût alors âgéque
de dix ansLe
troisieme Dauphin
fut Loüis
,
fils aîné de
ClurlesVI. Le Roy, par
une Declaration du mois
de Janvier 1410. ajouta au
titre de Dauphin, qu'il
portoit déja, la remission
actuelle de cette Province,
dont il prit possession
le 19*,d'Avril [tiivant;-il
confirmaen cette qualité
Reynier Pot, dans le gouvernement
de Dauphiné.
Le même destituaen
1414$.Reynier Pot,&nomma
en sa pl ace Jean d'Angenes
, Seigneur de la
Loupe, après la mort du
DauphinLouis, arrivée le
18. Septembre 1415.Le Roy
commit le Conseil Delphinal
aux fondrions du
Gouvernement.
Le quatrième, fut Jean
puisné de Charles VI. qui
succeda en la possession
adluelledeDauphiné à
son frere Loüis, estant au
Quenoy en 1416. il nomma
Henry de Sassenage
pour exercer les fonctions
degouverneur de Dauphiné
: Ce même Prince ne
joüit pas long-temps du
Titre de Dauphin,estant
mort le 5. d'Avril1417.
On ne compte point
deux autres fils de Charles
VI. qui porterent auni
le-nom de Dauphin, parce
qu'ils moururent fort
jeunes, ¿k qu'il n'en est
point parlé dans l'hstoire.
Le sixiéme Dauphin fut
Charles, autre Fils de
Charles V I. Quclques
jours aprés la mort du
Dauphin Jean son frere le
Roy lui ceda le Dauphiné
par lettres du 18. Avril,
pour en joüir fous le meme
Titre; il confirma
en même temps Henryde
Sassenage dans les
fonctions du Gouvernemenacemême
Prince parvint
ensuiteàla Couronne
souslenom deCharlesVII.
Le sixieme fut Loüis fils
aîné deCharles VII.Quoi-,
qu'il n'eût encore que 5.
ans le Roy son pere lui remit
le Dauphiné le 16.
Juillet 1416. il confirma
ensuite en 1440. le 13. du
mois de Juin5 la cession
qu'il luy en avoit faite
en 1416. Ce n'est que de
ce temps que le Dauphin
Louis commença d'exercer
les droits de la Souveraineté
dans cette Provkw
ce: c'est le même qui eC
tant devenuRoy, est connu
sous le nom de Louis
XI. Depuis ce temps il ne
paroist pas que les Rois
ayent cedé la jouissance
actuelle decette Province
à leurs fils aînez;ils leur ont
feulement donné le Titre
& s'en sont reservélapos
session suivant la facutté
qu'ils en avoient.
Leseptiéme a esté Charles,
fils aisné de Loüis
XI. qui luy a succedé enfuite
sous le nom de Charles
VIII. Il porta le nom
de Dauphin pendant la
vie du Roy Loüis son pere,
sans avoir jamais esté
revêtu de la Souveraineté,
comme quelques-uns de
ceux qui l'avoient précedé.
Oh ne met pas dans le
Rang des Dauphins deux
enfans qu'eut ce Prince de
• son mariage avec Anne
de Bretagne, qui ne vecurent
que peu de jours, &
n'eurent point de nom de
Bâtême.
Charles VIII. & Loüis
XII. son successeurestant
morts sans enfans, la Courone
passa à FrançoisComte
d'Angoulême,quirégna
fous le nom de François I.
François fils de François
I. doit estre compté pour
le huitième des Dauphins
de France; il mourut en
1536. du vivant du Roy son
pere, n'estant encore âgé
que de 19. ans.
Henry II. fils de François
I. succeda au Titre & à
-
la qualité de Dauphin a-
prés la mort de François
son frere aîné
: C'est le
même qui estant devenu
Roy, porta le nom de
Henry II..
François fils aîné de1
Henry II. avoit le Titre
de Dauphin, lorsqu'il (uc-.rceda
au Roy son pere , estans
mort un an ou en-
viron aprèsqu'il fut mon- =
té sur le Trône,il n'y eut
point de son temps de
Prince qui porta le nom
de Dauphin non plus ,
que fous les Régnés de
CharCharles
1 X. &: de Henry
III. ses freres, qui moururent
comme luy sans ensans.
La Couronne ayant passé
dans la Maison de Bourbon
, en la personne de
Henry VI. on n'a point vû
de Dauphins en France
jusqu'àl'aîné de sesenfans
qui futrevêtu de ce
,Titre.
Louis qui esté depuis
Roy, sous le nom
de Louis XIII. est l'onzième
des Princes del'Auguste
Maison. de France, qui
a porté le nom de Dauphin
: il le quitta en 1610.
pour monter sur le Trône.
Ce na esté qu'en 1638.
que le titre de Dauphin a
esté rempli par l'heureue
naissance de Louis XIV.
qui regne apresent;il efl: .;
le douziéme des Dauphins
de France.
Louis, dont nous regrettons
la perte, a occupé
le rang de treizième
Dauphin de France. 1
Louis, petit-fils deLouis
le Grand remplit à pre- ;I
sent la place du 14. Dauphin
: Il est né le
& a esté nommé à cetitre
le Avril 17n.
de France, qui ont porte
le titre de Dauphins, LE premier Dauphin
de France,commeon
vient de l'établir par les
actes du transport de Dauphiné,
fut Charles fils aîné
du Duc Jean de Normandie;
illuy succeda au Royaume
de France en 1364.
f1ous le nom de Charles V.
Charles, fils aîné de
Charles V. fut le second
qui porta le nom de Dauphin
du vivant du Roy
son Pere, sans que pourtant
la remission du Dauphiné
luy ait jamais esté
faite; il estvray que l'Empereur
Charles de Bohelue,
estant à Paris, l'établit
par une Bulle du mois
de Janvier 1378. Vicaire
de l'Empire en Dauphiné
& dans les Evêchez de
Valence ôc de Dye, quoiqu'il
ne fût alors âgéque
de dix ansLe
troisieme Dauphin
fut Loüis
,
fils aîné de
ClurlesVI. Le Roy, par
une Declaration du mois
de Janvier 1410. ajouta au
titre de Dauphin, qu'il
portoit déja, la remission
actuelle de cette Province,
dont il prit possession
le 19*,d'Avril [tiivant;-il
confirmaen cette qualité
Reynier Pot, dans le gouvernement
de Dauphiné.
Le même destituaen
1414$.Reynier Pot,&nomma
en sa pl ace Jean d'Angenes
, Seigneur de la
Loupe, après la mort du
DauphinLouis, arrivée le
18. Septembre 1415.Le Roy
commit le Conseil Delphinal
aux fondrions du
Gouvernement.
Le quatrième, fut Jean
puisné de Charles VI. qui
succeda en la possession
adluelledeDauphiné à
son frere Loüis, estant au
Quenoy en 1416. il nomma
Henry de Sassenage
pour exercer les fonctions
degouverneur de Dauphiné
: Ce même Prince ne
joüit pas long-temps du
Titre de Dauphin,estant
mort le 5. d'Avril1417.
On ne compte point
deux autres fils de Charles
VI. qui porterent auni
le-nom de Dauphin, parce
qu'ils moururent fort
jeunes, ¿k qu'il n'en est
point parlé dans l'hstoire.
Le sixiéme Dauphin fut
Charles, autre Fils de
Charles V I. Quclques
jours aprés la mort du
Dauphin Jean son frere le
Roy lui ceda le Dauphiné
par lettres du 18. Avril,
pour en joüir fous le meme
Titre; il confirma
en même temps Henryde
Sassenage dans les
fonctions du Gouvernemenacemême
Prince parvint
ensuiteàla Couronne
souslenom deCharlesVII.
Le sixieme fut Loüis fils
aîné deCharles VII.Quoi-,
qu'il n'eût encore que 5.
ans le Roy son pere lui remit
le Dauphiné le 16.
Juillet 1416. il confirma
ensuite en 1440. le 13. du
mois de Juin5 la cession
qu'il luy en avoit faite
en 1416. Ce n'est que de
ce temps que le Dauphin
Louis commença d'exercer
les droits de la Souveraineté
dans cette Provkw
ce: c'est le même qui eC
tant devenuRoy, est connu
sous le nom de Louis
XI. Depuis ce temps il ne
paroist pas que les Rois
ayent cedé la jouissance
actuelle decette Province
à leurs fils aînez;ils leur ont
feulement donné le Titre
& s'en sont reservélapos
session suivant la facutté
qu'ils en avoient.
Leseptiéme a esté Charles,
fils aisné de Loüis
XI. qui luy a succedé enfuite
sous le nom de Charles
VIII. Il porta le nom
de Dauphin pendant la
vie du Roy Loüis son pere,
sans avoir jamais esté
revêtu de la Souveraineté,
comme quelques-uns de
ceux qui l'avoient précedé.
Oh ne met pas dans le
Rang des Dauphins deux
enfans qu'eut ce Prince de
• son mariage avec Anne
de Bretagne, qui ne vecurent
que peu de jours, &
n'eurent point de nom de
Bâtême.
Charles VIII. & Loüis
XII. son successeurestant
morts sans enfans, la Courone
passa à FrançoisComte
d'Angoulême,quirégna
fous le nom de François I.
François fils de François
I. doit estre compté pour
le huitième des Dauphins
de France; il mourut en
1536. du vivant du Roy son
pere, n'estant encore âgé
que de 19. ans.
Henry II. fils de François
I. succeda au Titre & à
-
la qualité de Dauphin a-
prés la mort de François
son frere aîné
: C'est le
même qui estant devenu
Roy, porta le nom de
Henry II..
François fils aîné de1
Henry II. avoit le Titre
de Dauphin, lorsqu'il (uc-.rceda
au Roy son pere , estans
mort un an ou en-
viron aprèsqu'il fut mon- =
té sur le Trône,il n'y eut
point de son temps de
Prince qui porta le nom
de Dauphin non plus ,
que fous les Régnés de
CharCharles
1 X. &: de Henry
III. ses freres, qui moururent
comme luy sans ensans.
La Couronne ayant passé
dans la Maison de Bourbon
, en la personne de
Henry VI. on n'a point vû
de Dauphins en France
jusqu'àl'aîné de sesenfans
qui futrevêtu de ce
,Titre.
Louis qui esté depuis
Roy, sous le nom
de Louis XIII. est l'onzième
des Princes del'Auguste
Maison. de France, qui
a porté le nom de Dauphin
: il le quitta en 1610.
pour monter sur le Trône.
Ce na esté qu'en 1638.
que le titre de Dauphin a
esté rempli par l'heureue
naissance de Louis XIV.
qui regne apresent;il efl: .;
le douziéme des Dauphins
de France.
Louis, dont nous regrettons
la perte, a occupé
le rang de treizième
Dauphin de France. 1
Louis, petit-fils deLouis
le Grand remplit à pre- ;I
sent la place du 14. Dauphin
: Il est né le
& a esté nommé à cetitre
le Avril 17n.
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Résumé : SUITE DES ENFANS de France, qui ont porté le titre de Dauphins.
Le texte expose la succession des Dauphins de France, titulaires du titre de Dauphin et héritiers présomptifs du trône de France. Le premier Dauphin fut Charles, fils aîné du Duc Jean de Normandie, qui devint roi en 1364 sous le nom de Charles V. Son fils aîné, également nommé Charles, fut le second Dauphin, établi par une bulle impériale en 1378. Le troisième Dauphin fut Louis, fils de Charles VI, qui reçut la remise du Dauphiné en 1410. Jean, autre fils de Charles VI, fut le quatrième Dauphin en 1416. Charles, fils de Charles VI, devint le cinquième Dauphin après la mort de son frère Jean en 1417 et accéda au trône sous le nom de Charles VII. Louis, fils de Charles VII, fut le sixième Dauphin en 1416 et devint roi sous le nom de Louis XI. Charles, fils de Louis XI, fut le septième Dauphin et succéda à son père sous le nom de Charles VIII. François, fils de François I, fut le huitième Dauphin. Henry II, fils de François I, devint le neuvième Dauphin après la mort de son frère François. François, fils aîné de Henry II, fut le dixième Dauphin mais mourut peu après son accession au trône. La couronne passa ensuite à la Maison de Bourbon avec Henry IV. Louis, fils de Henry IV, fut le onzième Dauphin et devint roi sous le nom de Louis XIII. Louis XIV fut le douzième Dauphin en 1638. Louis, fils de Louis XIV, fut le treizième Dauphin. Enfin, Louis, petit-fils de Louis XIV, fut le quatorzième Dauphin, né en avril 1711.
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2104
p. 15-26
Conjectures & reflexions sur la matiere du Feu, ou de la Lumiere. Par Mr Lemery le fils.
Début :
Le Feu, selon les Cartesiens, consiste uniquement dans une violente [...]
Mots clefs :
Feu, Eau, Soleil
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texteReconnaissance textuelle : Conjectures & reflexions sur la matiere du Feu, ou de la Lumiere. Par Mr Lemery le fils.
Conjectures& rejiexions
sur la matiere du
Feu , ou de la Lu.
miere.
ParMrLemery le fils.
Le Feu, selon les Car.
tesiens, consiste uniquement
dans une violente
agitation des parties
d'une matiere crcs-iub"
tile.
-
Maiscommel'experiencefait
connoistre
que le Regule d'AntimoVine
calcinéau miroirardent augmente de•
poids, aussi
-
bien que
tous les corps métalliques
, quand ils oiu
filé expofez à un grand
feu :Mr Lemery qui
juge avec raison,qu'il.
s'efl: introduit necessaiféluent
dans ces Corps
de nouvelles parties,
sans quoy il feroit tresmalaisé
de concevoir
comment ilsseroient
devenus plus pesants
ilprétend , que ces nouvelles
parties sont matiere
de feu & de lu-
Iniere, &c qu'elles ont,
outre leur agicarionSe
leur subtilité, une figure
qui leur est propre, Se
qui les determine à être
essentiellement du feu.
En forte qu'une matiere
autrementfigurée (fûtelleplus
agitée &plus
subtile )neseroitpoint
matiere de feu; &que
lamatiere du feu ne
cesse point de récréa
quoyqu'elle ait perdu
une partie de son mouvement.
C'est l'action de cette
matiere
,
selon Mr
Lemery
, qui fait làchaleur,
la lumiere, la
fluidité des liqueurs, la
susion de métaux.
- Cette matière agic
d'autant plus vivement
qu'elle est plus abondante
& plus réunie.
i-r. Le Soleil est unamas
tres considerable de matiere
de feu & de lumière:
Il nous éclaire
& nous échauffe de fort
loin,par l'entremise de
semblables parties de
matieres , qui sont placéesdans
les Inrerstices.
du grand fluide.interposé
entre luy & nous
Se qui sont poussées vigoureusement
vers les
corpsTerrestres.
Ilen est de nôtre flame
ordinaire comme
du Soleil, proportion
gardée de leurs distances
& de l'agitation de
leurs parties; car le Soseil
& la plus petite flame
ne different point
essentiellenlent
,
mais
fmeulemoent idunplsus .au
L'Eau,quand elleest
glacée, eU dans l' estat
qui luy convient : L~
fluidité ne luy est point
naturelle,elle est causée
par l'action des parties
de feu , qui sont
rarement en assez petite
quantité pourcesser
de l'entretenir.
Au contraire, il faut
une grande abondance
de matiere de feu pour
fondre lesmétaux.Aussi
reprennent -
ils bien-tost
leur premier état de fod'
lidité quandon les éloigne
de la cause de leur
fusion.
Les corps inflammables
comme les huiles
èc les graisses ne sont
tels que parce qu'ils
contiennent beaucoup
de parties de matiere
de feu
,
qui demeurent
enfermées dans de petites
cellules jusqu'à ce
qu'elles soient mises en
liberté parun agentexterieur
,
qui venant à
briser leur prison , leur
donne lieu de se déclarer
& de paroîtresous
la forme de flame.
Quoyque les corps
calcinez ayent reçû de
la matiere de feu pendant
la calcination, ils
n'en ont pas fait uneassez
grande provision
pour se pouvoir enflamer
au feu comme les
huiles. L'effet decette
matiere ne laiiTe Pafd'être
bien marquédans
la chaux vive ,par la
violente effervescence
qui s'y fait quand on la
détrempe dans t'eau,
qui desunissant alors les
parties de la chaux, degage
celles du feu qui y
étoient emprisonnées.
Il faut remarquer:
1° Que cette matiere
qui s'est enfermée dans
les cavitez des corps calcinez,
& qui semble
y être interdite de ses
fonctions,
fondions ': ne cesse pas
d'être ce qu'elle étoit
avant d'y entrer; &c,
qu'une matiere beaucoup
plus subtile &
plus agitée coule incesfamment
dans les lieux
où elle est, &entretient
son mouvement. '-, .: -
2° Que la matieredu
feu ne sçauroit sortit
des corps calcinez corn*
elle y est entrée. La
raison en est que les
pores qui luy ont servi
depassage , parce qu'ils
étoient devenus plus
grands par Fanionchï
tèu" Ce sont retrécis depuis
la calcination.
Voila les principales
conjectures de Mr Lemery
sur la -ii-utiere du
Feu. Son Systême a cet
avantage sur les autres,
qu'il explique tres-naturellement
l'augmentation
du poids des métaux
calcinez au miroir
ardent.
sur la matiere du
Feu , ou de la Lu.
miere.
ParMrLemery le fils.
Le Feu, selon les Car.
tesiens, consiste uniquement
dans une violente
agitation des parties
d'une matiere crcs-iub"
tile.
-
Maiscommel'experiencefait
connoistre
que le Regule d'AntimoVine
calcinéau miroirardent augmente de•
poids, aussi
-
bien que
tous les corps métalliques
, quand ils oiu
filé expofez à un grand
feu :Mr Lemery qui
juge avec raison,qu'il.
s'efl: introduit necessaiféluent
dans ces Corps
de nouvelles parties,
sans quoy il feroit tresmalaisé
de concevoir
comment ilsseroient
devenus plus pesants
ilprétend , que ces nouvelles
parties sont matiere
de feu & de lu-
Iniere, &c qu'elles ont,
outre leur agicarionSe
leur subtilité, une figure
qui leur est propre, Se
qui les determine à être
essentiellement du feu.
En forte qu'une matiere
autrementfigurée (fûtelleplus
agitée &plus
subtile )neseroitpoint
matiere de feu; &que
lamatiere du feu ne
cesse point de récréa
quoyqu'elle ait perdu
une partie de son mouvement.
C'est l'action de cette
matiere
,
selon Mr
Lemery
, qui fait làchaleur,
la lumiere, la
fluidité des liqueurs, la
susion de métaux.
- Cette matière agic
d'autant plus vivement
qu'elle est plus abondante
& plus réunie.
i-r. Le Soleil est unamas
tres considerable de matiere
de feu & de lumière:
Il nous éclaire
& nous échauffe de fort
loin,par l'entremise de
semblables parties de
matieres , qui sont placéesdans
les Inrerstices.
du grand fluide.interposé
entre luy & nous
Se qui sont poussées vigoureusement
vers les
corpsTerrestres.
Ilen est de nôtre flame
ordinaire comme
du Soleil, proportion
gardée de leurs distances
& de l'agitation de
leurs parties; car le Soseil
& la plus petite flame
ne different point
essentiellenlent
,
mais
fmeulemoent idunplsus .au
L'Eau,quand elleest
glacée, eU dans l' estat
qui luy convient : L~
fluidité ne luy est point
naturelle,elle est causée
par l'action des parties
de feu , qui sont
rarement en assez petite
quantité pourcesser
de l'entretenir.
Au contraire, il faut
une grande abondance
de matiere de feu pour
fondre lesmétaux.Aussi
reprennent -
ils bien-tost
leur premier état de fod'
lidité quandon les éloigne
de la cause de leur
fusion.
Les corps inflammables
comme les huiles
èc les graisses ne sont
tels que parce qu'ils
contiennent beaucoup
de parties de matiere
de feu
,
qui demeurent
enfermées dans de petites
cellules jusqu'à ce
qu'elles soient mises en
liberté parun agentexterieur
,
qui venant à
briser leur prison , leur
donne lieu de se déclarer
& de paroîtresous
la forme de flame.
Quoyque les corps
calcinez ayent reçû de
la matiere de feu pendant
la calcination, ils
n'en ont pas fait uneassez
grande provision
pour se pouvoir enflamer
au feu comme les
huiles. L'effet decette
matiere ne laiiTe Pafd'être
bien marquédans
la chaux vive ,par la
violente effervescence
qui s'y fait quand on la
détrempe dans t'eau,
qui desunissant alors les
parties de la chaux, degage
celles du feu qui y
étoient emprisonnées.
Il faut remarquer:
1° Que cette matiere
qui s'est enfermée dans
les cavitez des corps calcinez,
& qui semble
y être interdite de ses
fonctions,
fondions ': ne cesse pas
d'être ce qu'elle étoit
avant d'y entrer; &c,
qu'une matiere beaucoup
plus subtile &
plus agitée coule incesfamment
dans les lieux
où elle est, &entretient
son mouvement. '-, .: -
2° Que la matieredu
feu ne sçauroit sortit
des corps calcinez corn*
elle y est entrée. La
raison en est que les
pores qui luy ont servi
depassage , parce qu'ils
étoient devenus plus
grands par Fanionchï
tèu" Ce sont retrécis depuis
la calcination.
Voila les principales
conjectures de Mr Lemery
sur la -ii-utiere du
Feu. Son Systême a cet
avantage sur les autres,
qu'il explique tres-naturellement
l'augmentation
du poids des métaux
calcinez au miroir
ardent.
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Résumé : Conjectures & reflexions sur la matiere du Feu, ou de la Lumiere. Par Mr Lemery le fils.
Le texte 'Conjectures & rejiexions sur la matière du Feu, ou de la Lumière' de Mr Lemery explore la nature du feu et de la lumière. Contrairement aux Cartésiens, qui voient le feu comme une agitation des parties d'une matière combustible, Lemery observe que les métaux calcinés augmentent de poids, suggérant l'ajout de nouvelles parties. Il propose que ces parties sont la matière du feu et de la lumière, caractérisées par leur agitation, subtilité et figure propre. Cette matière est responsable de la chaleur, de la lumière, de la fluidité des liquides et de la fusion des métaux. Le Soleil, par exemple, est une masse de cette matière qui éclaire et échauffe la Terre. Les corps inflammables, comme les huiles, contiennent cette matière enfermée dans des cellules, qui se libère sous forme de flamme lorsqu'elles sont brisées. Les corps calcinés, bien qu'ils contiennent de la matière de feu, ne peuvent pas s'enflammer comme les huiles. La chaux vive, par exemple, réagit violemment avec l'eau en libérant les parties de feu emprisonnées.
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2105
p. 27-31
OBSERVATIONS sur les Ecrevisses de Riviere. Par Mr Geoffroy le jeune
Début :
Ce qu'on appelle yeux d'Ecrevisses sont de petites [...]
Mots clefs :
Écrevisses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur les Ecrevisses de Riviere. Par Mr Geoffroy le jeune
OBSERVATIONS
sRur liesvEcireevissnesd.e
ParMrGeoffro*y le jeune ,Ce' qu'on appelle y<oe*
d'Ecrevisses sont de petites
pierres blanches,
rondes, & ordinairementplates
à qui 91?>
donnéce nom , parce
qu'effevtiveiwotelles(è
rirent desEcrevisses de
Riviere, &; que quoyqu'elles
ne ressemblent
guereà des yeux, elles
y ressem blent encore
plus qu'à toute autre
partie.
Il resulte des Obkr.
vations queMr Geoffroy
-à-faites queces pierres
jlnee,cseervfeoarmudenetpsaEscredvainfs- comme lesplus
habiles Naturalistes lavoient
crû.,, mais dans
-la regionde l^eftomac.
comme Vanhelmont l'a
trouve le premier.
, Ces pierres ne se trouvent
dans les écrévisses qu'au
temps de leur muë qui leur
arrive tous les ans au mois
de Juin. Alors elles se dépoüillent
de leur écaille.Une
membrane qui en tapiuc le
dedans devient en se durcissantune
écaillenouvel le.
Leur ancien estomac s'en
va 3- & apparemment aussi
l'intestin; au moins Mon*
sieurGeoffroy le conjecture;
& lesmembranes exterieures
de ces vifccres leur fuccedcnr,
Ciij
Les écrevissespendant
jettes muënt font foibles
&languissantes, & ne mangent
point.
Mais uneparticularité
tres remarquable; ctcfi que
l'ancien estomac estdigeré
par le nouveau ,
& leur sert
d'aliment pendant la muë.
Mr Geoffroy croit que
les pierres que l'on trouve
dans les écrevisses,
contribuënt à leur nourriture
pendant leur fftâladie.
La raison de cette
conjecture est que ces
pierres diminuënt toûjours
de grandeur,jusdqiusp'àacroeissent.
cii fin' celllleess
OBSERVATIONS
sRur liesvEcireevissnesd.e
ParMrGeoffro*y le jeune ,Ce' qu'on appelle y<oe*
d'Ecrevisses sont de petites
pierres blanches,
rondes, & ordinairementplates
à qui 91?>
donnéce nom , parce
qu'effevtiveiwotelles(è
rirent desEcrevisses de
Riviere, &; que quoyqu'elles
ne ressemblent
guereà des yeux, elles
y ressem blent encore
plus qu'à toute autre
partie.
Il resulte des Obkr.
vations queMr Geoffroy
-à-faites queces pierres
jlnee,cseervfeoarmudenetpsaEscredvainfs- comme lesplus
habiles Naturalistes lavoient
crû.,, mais dans
-la regionde l^eftomac.
comme Vanhelmont l'a
trouve le premier.
, Ces pierres ne se trouvent
dans les écrévisses qu'au
temps de leur muë qui leur
arrive tous les ans au mois
de Juin. Alors elles se dépoüillent
de leur écaille.Une
membrane qui en tapiuc le
dedans devient en se durcissantune
écaillenouvel le.
Leur ancien estomac s'en
va 3- & apparemment aussi
l'intestin; au moins Mon*
sieurGeoffroy le conjecture;
& lesmembranes exterieures
de ces vifccres leur fuccedcnr,
Ciij
Les écrevissespendant
jettes muënt font foibles
&languissantes, & ne mangent
point.
Mais uneparticularité
tres remarquable; ctcfi que
l'ancien estomac estdigeré
par le nouveau ,
& leur sert
d'aliment pendant la muë.
Mr Geoffroy croit que
les pierres que l'on trouve
dans les écrevisses,
contribuënt à leur nourriture
pendant leur fftâladie.
La raison de cette
conjecture est que ces
pierres diminuënt toûjours
de grandeur,jusdqiusp'àacroeissent.
cii fin' celllleess
OBSERVATIONS
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Résumé : OBSERVATIONS sur les Ecrevisses de Riviere. Par Mr Geoffroy le jeune
Monsieur Geoffroy le Jeune a observé les écrevisses de rivière, notant leur ressemblance avec des yeux. Il a constaté que des pierres se forment dans leur estomac, surtout durant la mue annuelle en juin. Pendant cette période, les écrevisses perdent leur ancienne écaille et développent une nouvelle membrane qui durcit. Leur ancien estomac et potentiellement leur intestin disparaissent, remplacés par de nouvelles membranes. Les écrevisses sont alors faibles et ne mangent pas. Cependant, l'ancien estomac est digéré par le nouveau, servant d'aliment pendant la mue. Geoffroy suppose que les pierres dans l'estomac contribuent à la nutrition des écrevisses pendant cette phase, diminuant de taille jusqu'à disparaître complètement à la fin de la mue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2106
p. 31-40
OBSERVATIONS sur le froid de l'Hiver 1709.
Début :
Il a esté étonnant que le froid de l'année 1709. [...]
Mots clefs :
Eau, Huile, Hiver, Grand froid, Gelée, Air
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur le froid de l'Hiver 1709.
OBSERVATIONS
sur lefroid del'Hiver1709
Il a esté étonnant que
le froid de l'année 17°98
qui fut si extraorinaire & si
rigoureux, aie esté pendant
plusieurs jours à Paris par
un vent de Sud. Pour en
rendre raison Monsieur de
la Hire a dit queles Monragnes
d'Auvergne,qui sont
au Sud de Paris, estoient
toutes couvertes de nége;
& Monsieur Homberg,
qu'un vent du Nord tresfroid,
&qui venoit de loin
&s'étendoitloin ayant précedé,
le vent de Sud ne fut
qu'un reflux du même air
que le Nord avoit poussé,
& qui ne s'estoitéchauffé en
aucun pays. Ces deux causes
peuvent fortbiens'être
jointes.
On a sçû que dans le
même Hyver la glace du
Port de Copenhague avoit
estéépaisse de vingt-sept
pouces dans les endroits
mêmas où elle n'estoit
point accumulée. Ce faitc
c(V d'autant plus digne d'attention,
que dans la grande
gelée de 1683. la Société
Royale ayant fait mesurer
l'épaisseur de la Tamise,
quand on alloit dessus en
carosse
,
elle ne se trouva
que de onze pouces.
Cetteannée là Messieurs
de la Societé Royale des
Sciences établie à Montpellier
envoyerent à Messieurs
de l'Academie Royale
des Sciences de Paris an • Ouvrage de Monsieur Gauteron
un de leurs Associez,
pour entretenir l'union intime
qui doit estre entr'-
elles, comme ne faisant
qu'unseul Corps auxrermes
des Statuts accordez
parle Roy au mois de Fevrier
1706.
Cet Ouvrage est intitulé,
Observation sur l'évaporalion
qui arriveauxliquides
pendant le grand froid,
avec des remarques sur
quelques effets de la gelée.
Il cft surprenant que levaporation
des fluides qui
est. ordinairement causée
par un grand chaud
,
le
soit aussi parun grand
froid.
Voicy quelle est sur cela
la pensée de Mr Gauteron.
On est convaincu par
plusieurs experiences que
l'air contientun sel que
l'on croit estreàpeu prés
de la nature du Nitre.
L'air est plus condensé
en hyver que dans un autre
saison de l'année.Cette
condensationde l'air donne
lieu auxmolecules du Nitre
de se raprocher & de s'assembler
sous une plus grande
masse
,
d'où resulte avec
la même vitesse une plus
grande quantité de mouvement.
Il n'en faut pas davantage
pour faire agir ce sel
avec plus de force contre les
parties du fluide & le faire
évaporer, au lieu qu'enesté
l'évaporation des liquides
est causée par la violente
agitation de la matiere
etheré1e.
Les principales remarques
que Mr Gauteron a
faites sur la gelée de1709.
sont:
Que l'eau couverte d'huile
par-dessus &par lescôtez
a gelé environ demie
heure plus tard que l'eau
exposéeà l'air sans précaucaution
;& qu'en se gelant
elle a formé un champignon
deglace relevé d'un pouce
au dessus de la superficie
de l'huile.
Que l'huile de noixa
garanti 1* eau d'une gelée
mediocre
, ce que l'huile
d'olive n'avoit pas pu faire.
Quel'eau chaude &prê
te àboüilliragelé plus tarcl
d'environ demie heure que
la naturelle.
Que l'eau de vie, l'huile
de noix,& l'huiledeTherebentinen'ont
point gelé
du tout.
Que pendans la gelet'lu-cq>
que le ciel fûtfort serein,
le Soleil paroissoitun peu
pale.
Qu'à Montpellier les
Orangers,& les Grenadiers
ont perdu leurs feüilles &
leurs branches;que lapJus
grande partie de ces arbres
sont morts jusqu'àlaracine;
, 8. èt ce qu'on n'avoitjamais
vû dans cc Pays-là, lesLai>*
riers, les Figuiets. les Grenadiers,
les Jasmins; les
Yeuses, & quelques Chesncs
même ont eu le même
sort:Le Rhône a estégelé
jusqu'à la hauteur de douze
pieds par les couches de
glaces qui s'y sont amassées;
& l'étang de Thau ordinaiment
fort orageux, & qui
communique à la mer par
un court & large caonaI,s"eû
pris d'un bout à l'autre, ce
qui n'estoit jamais arrivé.
Enfin le dégel du 13.. de
Janvier, & celuy du ic;
, Février ont esté suivis d'un
rhume épidemique, dont
presque personne n'a esté
exempt.
Tous ces faits doivent
estredédoits de la rpême
cause, c'est- dire du changement
qui arrive à l'air
pendantla gelée.
-
Mr Gautheron dans son
memoireexplique d'une maniéréassezétendue,
en quoi
cansistexe changement
sur lefroid del'Hiver1709
Il a esté étonnant que
le froid de l'année 17°98
qui fut si extraorinaire & si
rigoureux, aie esté pendant
plusieurs jours à Paris par
un vent de Sud. Pour en
rendre raison Monsieur de
la Hire a dit queles Monragnes
d'Auvergne,qui sont
au Sud de Paris, estoient
toutes couvertes de nége;
& Monsieur Homberg,
qu'un vent du Nord tresfroid,
&qui venoit de loin
&s'étendoitloin ayant précedé,
le vent de Sud ne fut
qu'un reflux du même air
que le Nord avoit poussé,
& qui ne s'estoitéchauffé en
aucun pays. Ces deux causes
peuvent fortbiens'être
jointes.
On a sçû que dans le
même Hyver la glace du
Port de Copenhague avoit
estéépaisse de vingt-sept
pouces dans les endroits
mêmas où elle n'estoit
point accumulée. Ce faitc
c(V d'autant plus digne d'attention,
que dans la grande
gelée de 1683. la Société
Royale ayant fait mesurer
l'épaisseur de la Tamise,
quand on alloit dessus en
carosse
,
elle ne se trouva
que de onze pouces.
Cetteannée là Messieurs
de la Societé Royale des
Sciences établie à Montpellier
envoyerent à Messieurs
de l'Academie Royale
des Sciences de Paris an • Ouvrage de Monsieur Gauteron
un de leurs Associez,
pour entretenir l'union intime
qui doit estre entr'-
elles, comme ne faisant
qu'unseul Corps auxrermes
des Statuts accordez
parle Roy au mois de Fevrier
1706.
Cet Ouvrage est intitulé,
Observation sur l'évaporalion
qui arriveauxliquides
pendant le grand froid,
avec des remarques sur
quelques effets de la gelée.
Il cft surprenant que levaporation
des fluides qui
est. ordinairement causée
par un grand chaud
,
le
soit aussi parun grand
froid.
Voicy quelle est sur cela
la pensée de Mr Gauteron.
On est convaincu par
plusieurs experiences que
l'air contientun sel que
l'on croit estreàpeu prés
de la nature du Nitre.
L'air est plus condensé
en hyver que dans un autre
saison de l'année.Cette
condensationde l'air donne
lieu auxmolecules du Nitre
de se raprocher & de s'assembler
sous une plus grande
masse
,
d'où resulte avec
la même vitesse une plus
grande quantité de mouvement.
Il n'en faut pas davantage
pour faire agir ce sel
avec plus de force contre les
parties du fluide & le faire
évaporer, au lieu qu'enesté
l'évaporation des liquides
est causée par la violente
agitation de la matiere
etheré1e.
Les principales remarques
que Mr Gauteron a
faites sur la gelée de1709.
sont:
Que l'eau couverte d'huile
par-dessus &par lescôtez
a gelé environ demie
heure plus tard que l'eau
exposéeà l'air sans précaucaution
;& qu'en se gelant
elle a formé un champignon
deglace relevé d'un pouce
au dessus de la superficie
de l'huile.
Que l'huile de noixa
garanti 1* eau d'une gelée
mediocre
, ce que l'huile
d'olive n'avoit pas pu faire.
Quel'eau chaude &prê
te àboüilliragelé plus tarcl
d'environ demie heure que
la naturelle.
Que l'eau de vie, l'huile
de noix,& l'huiledeTherebentinen'ont
point gelé
du tout.
Que pendans la gelet'lu-cq>
que le ciel fûtfort serein,
le Soleil paroissoitun peu
pale.
Qu'à Montpellier les
Orangers,& les Grenadiers
ont perdu leurs feüilles &
leurs branches;que lapJus
grande partie de ces arbres
sont morts jusqu'àlaracine;
, 8. èt ce qu'on n'avoitjamais
vû dans cc Pays-là, lesLai>*
riers, les Figuiets. les Grenadiers,
les Jasmins; les
Yeuses, & quelques Chesncs
même ont eu le même
sort:Le Rhône a estégelé
jusqu'à la hauteur de douze
pieds par les couches de
glaces qui s'y sont amassées;
& l'étang de Thau ordinaiment
fort orageux, & qui
communique à la mer par
un court & large caonaI,s"eû
pris d'un bout à l'autre, ce
qui n'estoit jamais arrivé.
Enfin le dégel du 13.. de
Janvier, & celuy du ic;
, Février ont esté suivis d'un
rhume épidemique, dont
presque personne n'a esté
exempt.
Tous ces faits doivent
estredédoits de la rpême
cause, c'est- dire du changement
qui arrive à l'air
pendantla gelée.
-
Mr Gautheron dans son
memoireexplique d'une maniéréassezétendue,
en quoi
cansistexe changement
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Résumé : OBSERVATIONS sur le froid de l'Hiver 1709.
Le texte 'Observations sur le froid de l'Hiver 1709' relate un hiver particulièrement sévère à Paris, caractérisé par un vent de sud malgré la neige présente dans les montagnes d'Auvergne au sud de la ville. Deux hypothèses sont avancées pour expliquer ce phénomène. Monsieur de la Hire attribue le froid intense à la couverture neigeuse des montagnes, tandis que Monsieur Homberg propose que le vent de sud soit un reflux d'air froid provenant du nord. La glace sur le port de Copenhague a atteint une épaisseur de vingt-sept pouces, comparée aux onze pouces mesurés sur la Tamise en 1683. La Société Royale des Sciences de Montpellier a transmis à l'Académie Royale des Sciences de Paris un ouvrage de Monsieur Gauteron, qui détaille les observations sur l'évaporation des liquides en période de grand froid. Gauteron explique que l'air, plus condensé en hiver, contient un sel similaire au nitre, favorisant l'évaporation des fluides. Il observe également que l'eau couverte d'huile gèle plus tard et forme un champignon de glace, et que certaines substances comme l'eau-de-vie et l'huile de noix ne gèlent pas. À Montpellier, de nombreux arbres ont péri et le Rhône s'est gelé jusqu'à douze pieds de hauteur. Le dégel a été suivi d'un rhume épidémique. Tous ces phénomènes sont attribués à un changement dans l'air pendant la gelée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2107
p. 1-50
A Québec le 31. Octobre 1710.
Début :
MONSIEUR, Voici une suite non interrompuë des Nouvelles que j'ay [...]
Mots clefs :
Canada, Montréal, Sauvages, Québec, New York, Angleterre, Général, Officiers, Gouverneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Québec le 31. Octobre 1710.
A Qjtêbec le 31. Octobre
1710.
MONSIEUR,
Voici une suite non interrompue
des Nouvelles
que j'ai coustume de vous
donnerchaqueannée dece
qui s'ell: passé de plus nlé.
morable en Canada.
1
Le desseinque les Anglois
avaient eu l'année
derniere d'envahir la Colonie
ayant avorté, & s'es-
"- tant vûs eux-mêmes les
Artisans de leur propre défaite
& de leur ruine ,en
brûlant les Forts - qu'ils
avoient construits à grands
frais aux environs des lacs
dua Saint Sacrement & de
a Lacs de l'Amérique Septentrionale
entre la Nouvelle Angleterre &'
la Nouvelle France vers les 43. & les
45. Dégrez delatitude du Nord
,
(elon
les plusexafl.:.:s observations.
Champlain; &qui plusest
tous leurs Bateaux, b Pirogués,
Chaloupes, & bon
nombre de Canots de toutes
grandeurs ayant esté
brisés de leurs propres
mains,& toutes leurs munitions
de guerre & de
bouche jettées ça & là
,
difsipées
par leur ordre,ils ont
trouvé dans leur patrie l'imaged'une
mort aussi tristequecellede
l'epée, dont
ils menaçoient les habitans
AbrbPreectirtesuPsiem,feonrtstfeaniutssadge'usunrl~ed
fleuvedeMissisipi
dela Nouvelle France depuis
quatre ou cinq ans.
Les Anglois,dis je, ont
trouvéà leur retour dans
leur pays, la contagion répanduë
dans presque toutes
les famillesde la Nouvelle
Angleterre & de la
Nouvelle Yorck
,
funeste
fuite d'uneexpédition an1-
bitieuse, tentée sur nous &
non executée,restemalheureux
de tant d'inutiles
travaux, fruits des dépenses
immenses que nos Ennemis
ont faites» qui en
achevant de diminuer le
nombre des habitants ,
leur a ôté le moyen de nous
faire la guerre, en lesépuisant
d'argent qui en est le
nerf& prerque tout le soutien.
La crainte de l'Ennemi
étant éloignée vers lafin
de 1709. par le bon ordre
que mit par tout Mr le
Marquis de Vaudreüll
, Gouverneur general de Canada,
on envoya en qualitéd'Ambassadeur
chez les
Iroquois, Mr le Baron de
Longuëil
,
Chevalier de
l'Ordre Militaire de saint
Loüis.Comme cet Officieir
a le coeur des Sauvages ,
l'affection étant passée du
pere au c fils
,
le choix
qu'en a fait Mr le General
a esté tres-judicieux &
vousen jugerez vous-même
,
Mr,lorsqueje vous
assureray que Mr de Longuëil
a la cabane chez ces
Peuples du Nord c'est-àdire
sa Maisonà l'Iroquoise
y
qui luy est conservée
avec autant de respect que
c M. le Moine, pere de M. de
Longuëil, étoit appelle par les Iroç
quois à KrÚÚfliln
,
c'est-à-dire la
Perdrix.
les Palais où logentord inairement
les Ambassadeurs
en Europe.
Mr de la Chauvinerie
accompagnaMr le Moyne
de Longuëil ;
il entend
parfaitement la Langue
Iroquoise. LeCalumet de
Paix, qui est une grande
Pipe garnie de longues plumes
vertes, rouges, bleuës,
grises, &c. Fut arboré à nos
Canots, en arrivant chez
les cinq Nations: les principaux
chefs des Iroquois
enfirent autant; la joye se
répanditaussi-tôt par tout,
& l'AmbassadeurFrançois
futconduit à sa cabane au
bruit des chansons des jeur
nes guerriers; la foule l'empeschoit
de passer. Aprés
les repas ordinaires & les
danses entremeslées selon
l'usage de ces Sauvages
Ameriquains,leCalumet
de paix fut plantéau milieu
d'un grand cercleformé
par les Vieillards ôc les
plus considerez d'entre ces
chefs des Nations Iroquoises.
L'Officier Canadien
leur fit une courte harangue,&
leur exposa les raisons
qu'avoit Onnonito,
c'est-à-dire le Gouverneur
general des, François, de
l'envoyer chez eux. Celuy
des Iroquoisqui porroit la
parole pour les Nations, y
fit la réponsequevoicy à
peu prés. Que veritablement
les Anglois les avoient
engagez par de magnifiques
& de tics-riches
presens à se retirer au près
d'eux : qu'ils leur avoient
donné la Hache, ( stile sauvage
, cela veut dire qu'ils
leur avoient fourni des armes,)
mais qu'ilsn'avoient
jamais eu le dessein de la
décharger sur les François:
qu'ilsn'avoient eu d'autre
vue en toutes ces démarches,
quoyque tres-desavantageuses
en apparence
aux François
, que d'estre
spectateurs des coups qui
se donneroient de part &
d'autre, sans prendre d'autre
parti: que d'ailleurs ils
étoient tres-resolus de ne
rompre jamais le celebre
Traité fait avec feu Onnontio
Mr le Chevalier de
Callieres d leur pere en
duGouverneur General de la Nou1701.
entre treizeNations :
Que l'arbre e de Li Paix
étoit encore tout verd
,
6c
qu'ils n'y donneroient aucun
coup de hache: que
pour montrer la sincerité
de leurs intentions ils étoient
prests de choisirplusieurs
d'entre leurs chefs
pourenassurerOnnontio,
le grand General des François,
&: c'etf ce que ces Nations
sauvagesont executé
quelquetems après. Il faut
velleFrance, & frere du Plenipotentiaire
pour la Paix de R i(V ick.
e Stilefiguré très-usité chez Ici-
Sauvages du Nord.
avoüer, Monsieur, que le
sieur de Junquieres quidepuis
plusieurs annéess'acquitte
avec beaucoup de
soin de sa negociation auprés
des Iroquois, a beaucou
p contribué à nous gagner
ces Peuples sauvages
& guerriers, par son habileté
à manier des esprits
aussi difficiles que le sont
ceux-là.
Le trouble qu'avoient
cause ces grands préparatifs
de nos Ennemis voisins,
pour nous soumettre
à leur domination étant
âppaisé ôc les Iroquois
qu'ils avoient gagné autant
par menaces que par promesles
& encore davantage
par des effets, je veux
dire par de larges presens,
étant venus chanter la palinodie
, & reconnoître en
presenced'Onnontio qu'ils
s'étoient trop avancez en
écoutant les propoeitiens
de l'Anglois nostre Ennemi,
nous avons joui d'une
tranquillité charmante cette
année 1710mais comme
dans lapaix il faut sedéfier
d'un voisin jaloux
,
ambitieux
& inquiet ,Mr le
Marquis de Vaudrciiil,ciî,
homme habile,avoit en- fj voyeaucommencement
de la mesme année, dans
la nouvelle Anglecerre,
deux Officiers,Meilleurs
Dupuy & de la Periere ;
avec quelques Canadiensatercesy
qui en menageant
la liberté de quelques prisonniers
faitsde, part &
d'autre, apprendroient par
eux-mesmsl'étatdes ColoniesAngloises
ôc leurs
divers mouvements. Je
trouve, Monsïeur, quenostre
General a fait comme
dit le Proverbe) d'une pierre
deux coups, car par cet
te espece, d'ambassade il
içu au retour de ces Officiers
aucommencement
d'Avril bien des choies
dont il n'étoit point assùré.
parfaitement; au reste il
faut rendre icy le mente à
quiil appartient, & dire à
la louange des Anglois
qu'ils ont receu avec toute
forte d'honneur nos Envoyezy&
qu'ils n'ont point
seint d'avouer que l'alarme
avoit été chez eux en J702.
jusqu'aun pointqu'il éUJ
difficile d'exprimer [ur
bruit de la marche c
François resolus de les
taquer par tout où ils
rencontreraient
, & c'
dans letems mesme qui
estoient renfermez dz
leurs Forts du collé du D
Champlain. Cette terr*
répanditsi universel
ment danstoute laNo
velle York, que lèsfaà*
tants de la villed'Oran
vuderent avec beauco
f Ville de la Nouvelle Yorkq
appelleaussiAlbany.
- d'empressemt
dempressement leurs magazins
,
& transporterent
leurs effets a Manhate, qui
est le lieu de la residence
des Gouverneursde Ne$r-
.york,& s'appelle vulgairement
la Menade. Le*
fleurs Dupuy ôc Boucher
de la Periere ramenèrent
de ce Pays-là entr'autres
prisonniers échange
,
le
Pere de Mareuil, Jesuite
Missionnaire chez , les Sauvages
de laNation des On-
, montagues. Ce bon Pere
s'écoitréfugié chez les Flamands
deNew-York pour
éviter la fureur des Iroquoisquile
menaçoientdé
luy faire un mauvais quartier,
justement dans letems
que les Anglois employoient
le verd & le sec
pour attirer ces-Sauvages
dans leur parti contre nouy.
La garnison du Détroit
poste dontje vous aytant
parlé dans mespremieres
Lettres, efl défendue-au
mois de May en l'ille de
Montréal
,
fans- doute, par
g Fort environnéde quelques habitations
firué entre le lac Eric&kc
lac dcs Huronsau43e. degic d:luti-»
tude Septentrionale. 4'"'•*
ordre de la Cour. Mr de la
Mothe qui en est Gouverneur
y est resté avec les
Canadiens établis en cet
endroit: mais cet Officier
ayant esténommé par Sa
Majesté, Gouverneur de la
Louiliane autrement dite
leMissisipi il n'y demeurera
pas longtems.Mr de la
Forest:
,
Capitaine, est allé
le relever pour leDétroit
De plus de trente partis
que nous avons formez
,
tant de Canadiens h que de
hLesCanadiens font les Ff.mcoM
Sauvages
, pour tenir en
respect les Colonies Anglosses
)
il n'yena. paseu
un seul qui ne se foie
distingué par quelques ex.
ploits les uns en amenant
bonnombre de prisonniers,
& les autres en apportant
des chevelures:
ceuxcy regardent les Sauvvaaggeess,,
qquuiiaapprreèss aavvooiirr renverse
leurs Ennemis avec
la massue les fléchés où le
fusil, leurincitent la peau
dufront, & tout autourde
rez en Canada, il faut direCanada
&nonpis Canadois.
latête,puis leur levent la
chevelure, & la portent
au bout de leur arc ou de
leur fusil,&lorsqu'ilsfont
arrivez a leur cabane, les
arborent à l'entrée en maniere
de trophée & de dépouille
de l'Ennemy ; les
Anglois se font donc vus
réduits aux abois & exposez
à mourir de faim. Les
Sauvages nos alliez lesempeschent
( a la maniéré des
chiens couchans) de sortir
de leurs habitations, les
gardant à vûë, cela allait
si loin qu'à peine osoientils
sortir de ces cabanes, Se
pour les besoins les plus
pressants. ? 6-
-
Quinze denos Sauvages
s'étant mis en embuscade
dans un liois ont défait dixhuitAngloisarmezjusques?
aux dents & sur leurs gar-:,
des. Ces Anglois étoient
commandez par un Colonel
qui a été tué dans le
combat avec plusieurs des
fiens le reste fut mis en
fuire. :Voicy un fait assezsingulier
au sujet d'un parti
de Sauvages nos alliez.
DeuxAlgonKins de la Mission
de Lorette - establis
dans l'IsledeMontréal
sous, la conduite de i\'lef.
sieurs dé S. Sulpice,attaquent
deux Cavaliers du
côté de la Nouvelle Angleterre
, eux n'étant qu'à
pied à leur ordinaire,&en
prennent un. Voilà, Monssiieeuurr,
conlnle vous vovez,
, comme voyez,
ce qu'on peut appeller la
petite guerre. Les Sauvages
du Nord. del'Amerique,
ainsi que les chasseurs vont
à la poursuite des animaux,
cherchent les hommes
comme du gibier qui leur
convient. L'Anglois pris,
ils le lient & se mettent en
devoir de l'amener, la compassion
des deux Sauvages,
ne l'avoit fait lier quetrèslegerement
;les deux Sauvages
fatiguez s'arrestent
en chemin pour prendre
quelque repos ,
l'Anglais
les croyant fort endormis
& dans le premier sommeil
qui d'ordinaireest le plus
profond,se délie & court
se saisir d'une hache qui
appartenoit à ses vainqueurs,
mais non si adroitement
tement que l'un des Algonkins
ne s'en apperçust: celuy-
cyfrappédu desseindu
Prisonniercommun, éveille
son camarade: alors le
pauvre Anglois se voyant
découvert, met son fàluc
dans la suite; la circonstance
du temps luy estoit
favorable,à cause de la
nuit: cependant les deux
Sauvages le. suivent à la
blancheur de sa chemise
>,
car il estoit nud, ôc ne
pouvantl'ateindre de prés,
ils l'attraperent de loin,en
luy laschant un grand
coup de fusil qui arrefta,
ftouut, cyourtalerptris.onnier Le Printemps & l'Esté
de l'année où nous femmes
, ayant presque esté
sans pluye
,
la secheresse
s'est trouvée si excessive
que lesoiseauxqui dans ces
saisons seretirent pour l'ordinaire
dans les bois, ont
eâc obligez d'en sortir
pour trouverdequoy boire
&c mander sur les bords du '!
fleuve S. Laurent. On estime
icy que ce manque de
pluye & cette chaleur estonnante
nous oru: procure
une multitude infinie de
Tourtes,espèces de Ramiers
ou de Bisets qui ont
desolez une partie des bleds
&mesme les legumes
, comme pois, feves, &c.
en beaucoup d'endroits:
-mais de peur que ces animaux
ne nous mangeassent
davantage, nous les avens
mangé eux-mesmes par la
chasse que nous leur avons
donnée à grands coups de
fusil.,
Les Ours ces animaux si
feroces ont quitté leurs
trous,ôc se sont jettez sur
lesterres ensemencées;ils
ont porté leur audacejusqu'à
s'approcher des habitations
à
& on en voyoit
souvent à la pointe del'Isle
de Montréal qui est du côté
que l'on appelle la Chine.
Au mois d'Aoust quelques
Sauvages des nôtres
venant de la ville d'Orange
en New-YorK nous ont appris
qu'une flotte de la
vieille ! i Angleterre avoit
paru sur les costes de cette >?
i Vieille par rapport à la Nouvelle
tpidl: nostrevoisine.
contrée, ôc y amenoit un
nouveau Gouverneur:c'est
si je ne me trompe ,
le Colonel
Hunter
,
qui a esté
choisi par la Princesse Anne
pour succeder à Mylord
Lorelace mortGouverneur
de la Nouvelle York. Les
mesmes Sauvages ont rapportéque
Peter Schuiler
vulgairement pitre Schul-,
le ,Major d'Orange étoit
arrivéavec ces Sauvages
que les Gazettes de Roterdam
nous marquent avoir
esté traitez de Rois à Londres,
Ôc ce ne sont que trois
miserables Iroquois dela
Nation des Aniez que le
pauvre Pitre Schulleavoir
traisné avec luy, pourjetter
de la poudre aux yeux
& prelenter du brillant à
la Cour d'Angleterre parune
ambassade de trois
gueux venus de loin.
Des Lettres que l'on a
reçues de la même Colonie
, nous ont encore appris
que cinq cents familles
duPalatinat ont passé d'Europe
en Amérique, & sont
venus habiter le Pays des
Aniez
, une des cinq Nations
Iroquoisesfortamie
des Anglois. Ce sont ces
Palatins si souvent répétez
dans les nouvellespubliques
y
passez avec tant de
frais en Hollande, puis en
Angleterre, & delà dans
les Colonies Angloises de
IJAInerique septentrional.
Voilà du gibier pour les
Sauvagesytk il y a beir de
croire,Monsieur, ques'il
y a guerre entre les Iroquois
nos alliez, & ceux
qui peuvent estre gagnez
par les Anglois, ces bonnes
gens, qui ont fait tant
de chemin, courrontgrand
risquedese repentir bien
des fois,&de dire eneuxmesmes.
, que sommesnGous
veanuslfaeire dransecet.te
Le 8. de. Septembre dernier
nous avons eulajoye
de voir moüiller dans la
belle rade de Quebeç
,
le
Vaisseaudu Roy,l'Afriquain,
commandé par Mi
deMarigny.Ce Bastiment
est percé pour cinquante
canons. -.
-
Phenomene pour Messieurs
les Philosophes. Le
16, de Septembre de lapresente
année
,
sur les huit
heures du matin, il y Cà
un.tremblement & une secousse
deterredans l'Isle de
MonrreaI.Comme lemouvve&
mmenetnnienefruuttppoominttlolonngg,,
car il ne dura tout au plus
qu'un demi quart d'heure,
on serassura. Noussommes
icy assez sujets à ces
fortes de tremblements,
Le sieur Guyon Phlibustier
,amena le
10. de ce
moiscy devant Quebec
unepriseAngloise chargée,
deSel, de Moruë 5c d'Huile.
Cet Armateur rapports
qu'il avoir vu dix ou douze
gros vaisseaux Anglois
&trois Galiotes à bombes,
approcher des codes de
l'Acadie. Mr le Marquis
de Vaudreüil,nostre General
,
avoit envoyé des
Officiers & des Troupes des
renfort à Mr de Subercasse
Gouverneur dePort-Royal
& deFAcjdie.
Mr le Duc, cy-devant
Avocat au Parlement des
Paris & envoyéde France
pourremplir dans leConteil.
fouveraiii de Quebec
la Charge de Procureur
General, yest mort huit
rjours après son arrivée.
prépatoitàcequ'onm'a
dit une fort belle haran-
:j,gue,Quoyque la pluyeait
manque cette année crc
partie pour les biens de la
-
terre , nous avonscep ri-
;- dant fait une recolté Cft:
toute sortedegrains, & sur
tout en bled. L'année precedente
nous avons tiré, a
ce que l'on prérend, pour
,,
deux cent mil livres d'ar- t gent, du surplus de nos 1
bleds: mais cette année om
en usera autrement pour de)
bonnes raisons.
On vient d'achever unouvrage
dans le liautcaiiida,,
qui fera beaucoup d'honneurà
Mr le General aussibienqu'à
Mrle Chevalier
deBeaucour qui en a donn
le plan, ôc comme cetOfsicier
entend l'architecture
militaire
,
il l'a parfaitement
bien fait executer
C'est un Fort flanqué de
quatre bons Bastions. Il
environcentpieds en quar
ré & ca revestu de pierre
Te tailles dures comme du
marbre, que l'on a trouve
leplus heureusement du
monde dans une carriere
toifine. Ce quiest de merveilleux
,
c'estqu'onn'à
presque point eu besoinde
marteaux pour les mettre
en oeuvre s'eftariî^rèh'co'ni
tr¿es pour la pluparttoutéfc
taillées naturellement Ce
Fort eil: basti dansunlieu
appelleChambly, ;lesmurailles
sont élevées par dessus
le niveau de la campagne
devingt-cinq pieds au -
moffîs.j leur épaisseur est
de six pieds au bas vers les
talu ; elles sont faites de lac
pierre dontj'ay parlé; chaque
Bastion eL1 garni do
trois rangs de J^teriçs;
composées de bons-Canons
&de gros Pierriers'"?
Tout cet exterieur du Forn
couvreentierement les ma
gazins à poud re qui fonjr
bien voutez; les Caves tres
Je Ce sont de petites pieces d'artil
leues communement desa' ,
qui m
poneurras loin
,
mais qui font 1
-gr,in,d- écarts, on s'en sert à jetter do
pierres & des cailloux, desballes si
de la feraille enveloppées dans d'h
cartouches; cette espécede Canon
jtlurge p,tf la culalle avecune boeCGj
spatieuses & très-belles ;
les Boulangeriesfortadroitemen-
t menagé1es
,
&: par
dessus tout cela une Chapelle
d'unfort bon goust
& bien entenduë
;
les logements
dans ce Fort sont
!
si considerables que Mr le
Général, leGouverneur de
Montreal, ôc le Gouverneur
particulier du Fort
avec quarante ou cinquante
Officiers
, pourronty
estre placez à leur aise, sans
comptertrois ou quatre
centsSoldats &: huit cents
en cas d'attaque
, rangez
dans les bastiments le long
des courtines &en dedans,
la place d' rmes demeurant
libre & dégagée, quoyque
tout y aboutisse; en un
mot on ne peut rien de plus
beau & en mesme temps
de plusaiséà deffendre. Ce
Fortestsituéau46° degré
: de latitude Nord, au de[-,.
fous delacataracte formée ;
par les eaux du lac Cham-
-
plain, dans un terrain a.
vantageux&quifedtffend
presquedetous costez. La
chasse & la pesche contribuent
à l'entretien de laj,
garnison ,
garnison,& la riviere qui
fort LortChamplain,conduitau
fleuve S.Laurent,
vis-à-vis les Isles de Richelieu
, d'où l'on peut envoyer
des Canots à Quebec
& à Montreal :. tel est , Monsieur, le nouveau Fort
de Chambly ,qui met à
couvert tout le Gouvernement
de Montreal ,&qui
avec quatre ou cinq cents
hommes de garnison peut
resister à tous les efforts des
Anglois nos voisins ,les
empeschent de passer , èc
les obligent de retourner
chez eux,fussentils venus
jusques-là au nombre de
dix mille.
Mr deBreslay ce zeleM
MissionnairedeSulpice,
dont je vous ay parlé tant
de fois dans mes Lettres,
qui a quité la Cour des
Rois pour gagner des Sau--
vages d'Amerique au fbu--
verain maistre de l'Univers
, a fait construire une;
Fort dans l'isleaux Tourtrès
où est le principallieu
de sa Million, elle est f-1-
tuée entre le lac S. Louis&
le lac des deux montagnes.
Commeil a este autrefois
Ingenieur
, vouspourrez
juger Monsieur,qu'il na.
voit pas besoin de Conseil
pour l'aider; ce Fort est à
un quart de lieuë de celuy
deM. deSenneville quiest
à la pointe de Ile de Montréaldu
costé du lac sains
Louis;c'est: proprement là,
qu'est le bout du Canada.
Lemesme
1
Ecclesiastiquea
commencéune Eglisebastiede
bonnes psierres,dans
la petite Isle dontjeviens
de faire mention Le Roy
abien voulu signaler aspieté
dans ce nouvel establi
sement,& sa bonté envers
Mr de Breslay
, qui a este
un des Gentilliommes de
sa Chambre
, en luy envoyant
des Ornemens pour
son Eglise.
Il ya eu une pronlotion
d'Officiers de Guerre & do
Jullicc: en ce payscy Ministre la faite , cette ani
née par ordre du Roy, en-r
viron deux mois avant l
départ des derniers vaiC)
seaux pour le Canada, Mil
de Galifet cy-devantLieu
tenant de Roy auMontréa
a eilé choisi pour Gouverneur
des trois rivières
Ville également distante,
de Quebec & de Montréal,
à la place de feuMrleMarquis
de Chrysaphi, Mr des
Bergeres en a esté fait Major,
Mr le Baron de Longuëilest
Lieutenant deRoy
de Ville Marie ou Montréal,&:
Mrde la Chasaigne
Major de cette Ville
Mr le Marquis de , Vaudreüil
fils aisné de Mr le
General, a esté fait Capitaine
; Messieurs de la Pipardiere
,deBeaujeu,d'Argenteüil,
le Gardeur
, &c.
ont esté eslevez au mefmr
rang. A l'egard des Officiers
de Justice,Mrde la
Martiniere a esté nomme
Doyen du ConseilSouverain
de Québec,àla place
de feu Mr Chartier deLorbiniere,
dont un des filsa
esté faitConseiller dans 1*
mesmepromotion, &c.
Les plus remarquables
d'entre 1rs passagers qui
fontcetteannée le voyage
de France, sont Mr Raudot
le fils,Intendant confort;
Mr son Pere doit le
sui vre l'année prochaine ,
èc il fera relevé par Mr Bergon,
le filsdufeu Intendant
de R ochofort, homme
tressçavant ôc.des plusintelligens
que nous ayons
eu dans la Marine. Mr le
Fevre Ecclesiastique né en
Canada,qui dans un âge
peu avancé, possede plusieurs
Langues de l'Europe
& a de l'apritude pour toutes
les belles choses
; c'est
le premier Canad ien de
l'Isle de Montréal qui ait
pris le parti de l'Eglise, depuis
que les François en
font les maistres,.. Madame
le Vasseurfemme de
l'Ingénieur de Québec,
mené avec elle ses ensans.
Je ne trouve de considérableentre
les morts , parmi
ceux qui me frapent laS
mémoire, en achevant ma
Lettre, que Mr du Chut,
Capitaine expérimente, de
qui connoissoit à merveille,
leNord du Canada,aussi
bien que les grands lacs,
êc le sieur delaMorandiere
Garde-Magazin du Roy.
Mettons fin à cette Lettre
qui n'est déjà que trop
longue
longue par une petite avanture
que vous trouverez
assez plaisante, quoyque
tirée d'un sujet fort
serieux -, voicy le fait en
deux mots. La femme d'un
Sauvage Chrestien estant
morte, son mary est venu
avertir le Bedeau de l'Eglise
de Montreal de faire
une fosse pour elle; on a
sonné pour 11 personne
morte, ÔC lorsqu'on a esté
prest d'enlever le corps
pour le mettre en terre, le
Sauvage a demande du
temps alléguant pour ses
raisons que sa femme refpiroic
encore; que duresse
il avoit esté bien aise de
faire préparer toutes choses
de son vivant, & sonner
les cloches pour ne la point
faire attendre lorsqu'elle
seroit decedée tout de bon,
voulant luy faire connoistre
en cela la bonne volontéquil
avoit pourelle.
'0 Comme l'Afriquain va
mettre à la voile, & qu'il
n'y a pas de temps à per- ,
dre
, je me trouve obligé
de vous dire que dans cet
endroit je vous fuis
1710.
MONSIEUR,
Voici une suite non interrompue
des Nouvelles
que j'ai coustume de vous
donnerchaqueannée dece
qui s'ell: passé de plus nlé.
morable en Canada.
1
Le desseinque les Anglois
avaient eu l'année
derniere d'envahir la Colonie
ayant avorté, & s'es-
"- tant vûs eux-mêmes les
Artisans de leur propre défaite
& de leur ruine ,en
brûlant les Forts - qu'ils
avoient construits à grands
frais aux environs des lacs
dua Saint Sacrement & de
a Lacs de l'Amérique Septentrionale
entre la Nouvelle Angleterre &'
la Nouvelle France vers les 43. & les
45. Dégrez delatitude du Nord
,
(elon
les plusexafl.:.:s observations.
Champlain; &qui plusest
tous leurs Bateaux, b Pirogués,
Chaloupes, & bon
nombre de Canots de toutes
grandeurs ayant esté
brisés de leurs propres
mains,& toutes leurs munitions
de guerre & de
bouche jettées ça & là
,
difsipées
par leur ordre,ils ont
trouvé dans leur patrie l'imaged'une
mort aussi tristequecellede
l'epée, dont
ils menaçoient les habitans
AbrbPreectirtesuPsiem,feonrtstfeaniutssadge'usunrl~ed
fleuvedeMissisipi
dela Nouvelle France depuis
quatre ou cinq ans.
Les Anglois,dis je, ont
trouvéà leur retour dans
leur pays, la contagion répanduë
dans presque toutes
les famillesde la Nouvelle
Angleterre & de la
Nouvelle Yorck
,
funeste
fuite d'uneexpédition an1-
bitieuse, tentée sur nous &
non executée,restemalheureux
de tant d'inutiles
travaux, fruits des dépenses
immenses que nos Ennemis
ont faites» qui en
achevant de diminuer le
nombre des habitants ,
leur a ôté le moyen de nous
faire la guerre, en lesépuisant
d'argent qui en est le
nerf& prerque tout le soutien.
La crainte de l'Ennemi
étant éloignée vers lafin
de 1709. par le bon ordre
que mit par tout Mr le
Marquis de Vaudreüll
, Gouverneur general de Canada,
on envoya en qualitéd'Ambassadeur
chez les
Iroquois, Mr le Baron de
Longuëil
,
Chevalier de
l'Ordre Militaire de saint
Loüis.Comme cet Officieir
a le coeur des Sauvages ,
l'affection étant passée du
pere au c fils
,
le choix
qu'en a fait Mr le General
a esté tres-judicieux &
vousen jugerez vous-même
,
Mr,lorsqueje vous
assureray que Mr de Longuëil
a la cabane chez ces
Peuples du Nord c'est-àdire
sa Maisonà l'Iroquoise
y
qui luy est conservée
avec autant de respect que
c M. le Moine, pere de M. de
Longuëil, étoit appelle par les Iroç
quois à KrÚÚfliln
,
c'est-à-dire la
Perdrix.
les Palais où logentord inairement
les Ambassadeurs
en Europe.
Mr de la Chauvinerie
accompagnaMr le Moyne
de Longuëil ;
il entend
parfaitement la Langue
Iroquoise. LeCalumet de
Paix, qui est une grande
Pipe garnie de longues plumes
vertes, rouges, bleuës,
grises, &c. Fut arboré à nos
Canots, en arrivant chez
les cinq Nations: les principaux
chefs des Iroquois
enfirent autant; la joye se
répanditaussi-tôt par tout,
& l'AmbassadeurFrançois
futconduit à sa cabane au
bruit des chansons des jeur
nes guerriers; la foule l'empeschoit
de passer. Aprés
les repas ordinaires & les
danses entremeslées selon
l'usage de ces Sauvages
Ameriquains,leCalumet
de paix fut plantéau milieu
d'un grand cercleformé
par les Vieillards ôc les
plus considerez d'entre ces
chefs des Nations Iroquoises.
L'Officier Canadien
leur fit une courte harangue,&
leur exposa les raisons
qu'avoit Onnonito,
c'est-à-dire le Gouverneur
general des, François, de
l'envoyer chez eux. Celuy
des Iroquoisqui porroit la
parole pour les Nations, y
fit la réponsequevoicy à
peu prés. Que veritablement
les Anglois les avoient
engagez par de magnifiques
& de tics-riches
presens à se retirer au près
d'eux : qu'ils leur avoient
donné la Hache, ( stile sauvage
, cela veut dire qu'ils
leur avoient fourni des armes,)
mais qu'ilsn'avoient
jamais eu le dessein de la
décharger sur les François:
qu'ilsn'avoient eu d'autre
vue en toutes ces démarches,
quoyque tres-desavantageuses
en apparence
aux François
, que d'estre
spectateurs des coups qui
se donneroient de part &
d'autre, sans prendre d'autre
parti: que d'ailleurs ils
étoient tres-resolus de ne
rompre jamais le celebre
Traité fait avec feu Onnontio
Mr le Chevalier de
Callieres d leur pere en
duGouverneur General de la Nou1701.
entre treizeNations :
Que l'arbre e de Li Paix
étoit encore tout verd
,
6c
qu'ils n'y donneroient aucun
coup de hache: que
pour montrer la sincerité
de leurs intentions ils étoient
prests de choisirplusieurs
d'entre leurs chefs
pourenassurerOnnontio,
le grand General des François,
&: c'etf ce que ces Nations
sauvagesont executé
quelquetems après. Il faut
velleFrance, & frere du Plenipotentiaire
pour la Paix de R i(V ick.
e Stilefiguré très-usité chez Ici-
Sauvages du Nord.
avoüer, Monsieur, que le
sieur de Junquieres quidepuis
plusieurs annéess'acquitte
avec beaucoup de
soin de sa negociation auprés
des Iroquois, a beaucou
p contribué à nous gagner
ces Peuples sauvages
& guerriers, par son habileté
à manier des esprits
aussi difficiles que le sont
ceux-là.
Le trouble qu'avoient
cause ces grands préparatifs
de nos Ennemis voisins,
pour nous soumettre
à leur domination étant
âppaisé ôc les Iroquois
qu'ils avoient gagné autant
par menaces que par promesles
& encore davantage
par des effets, je veux
dire par de larges presens,
étant venus chanter la palinodie
, & reconnoître en
presenced'Onnontio qu'ils
s'étoient trop avancez en
écoutant les propoeitiens
de l'Anglois nostre Ennemi,
nous avons joui d'une
tranquillité charmante cette
année 1710mais comme
dans lapaix il faut sedéfier
d'un voisin jaloux
,
ambitieux
& inquiet ,Mr le
Marquis de Vaudrciiil,ciî,
homme habile,avoit en- fj voyeaucommencement
de la mesme année, dans
la nouvelle Anglecerre,
deux Officiers,Meilleurs
Dupuy & de la Periere ;
avec quelques Canadiensatercesy
qui en menageant
la liberté de quelques prisonniers
faitsde, part &
d'autre, apprendroient par
eux-mesmsl'étatdes ColoniesAngloises
ôc leurs
divers mouvements. Je
trouve, Monsïeur, quenostre
General a fait comme
dit le Proverbe) d'une pierre
deux coups, car par cet
te espece, d'ambassade il
içu au retour de ces Officiers
aucommencement
d'Avril bien des choies
dont il n'étoit point assùré.
parfaitement; au reste il
faut rendre icy le mente à
quiil appartient, & dire à
la louange des Anglois
qu'ils ont receu avec toute
forte d'honneur nos Envoyezy&
qu'ils n'ont point
seint d'avouer que l'alarme
avoit été chez eux en J702.
jusqu'aun pointqu'il éUJ
difficile d'exprimer [ur
bruit de la marche c
François resolus de les
taquer par tout où ils
rencontreraient
, & c'
dans letems mesme qui
estoient renfermez dz
leurs Forts du collé du D
Champlain. Cette terr*
répanditsi universel
ment danstoute laNo
velle York, que lèsfaà*
tants de la villed'Oran
vuderent avec beauco
f Ville de la Nouvelle Yorkq
appelleaussiAlbany.
- d'empressemt
dempressement leurs magazins
,
& transporterent
leurs effets a Manhate, qui
est le lieu de la residence
des Gouverneursde Ne$r-
.york,& s'appelle vulgairement
la Menade. Le*
fleurs Dupuy ôc Boucher
de la Periere ramenèrent
de ce Pays-là entr'autres
prisonniers échange
,
le
Pere de Mareuil, Jesuite
Missionnaire chez , les Sauvages
de laNation des On-
, montagues. Ce bon Pere
s'écoitréfugié chez les Flamands
deNew-York pour
éviter la fureur des Iroquoisquile
menaçoientdé
luy faire un mauvais quartier,
justement dans letems
que les Anglois employoient
le verd & le sec
pour attirer ces-Sauvages
dans leur parti contre nouy.
La garnison du Détroit
poste dontje vous aytant
parlé dans mespremieres
Lettres, efl défendue-au
mois de May en l'ille de
Montréal
,
fans- doute, par
g Fort environnéde quelques habitations
firué entre le lac Eric&kc
lac dcs Huronsau43e. degic d:luti-»
tude Septentrionale. 4'"'•*
ordre de la Cour. Mr de la
Mothe qui en est Gouverneur
y est resté avec les
Canadiens établis en cet
endroit: mais cet Officier
ayant esténommé par Sa
Majesté, Gouverneur de la
Louiliane autrement dite
leMissisipi il n'y demeurera
pas longtems.Mr de la
Forest:
,
Capitaine, est allé
le relever pour leDétroit
De plus de trente partis
que nous avons formez
,
tant de Canadiens h que de
hLesCanadiens font les Ff.mcoM
Sauvages
, pour tenir en
respect les Colonies Anglosses
)
il n'yena. paseu
un seul qui ne se foie
distingué par quelques ex.
ploits les uns en amenant
bonnombre de prisonniers,
& les autres en apportant
des chevelures:
ceuxcy regardent les Sauvvaaggeess,,
qquuiiaapprreèss aavvooiirr renverse
leurs Ennemis avec
la massue les fléchés où le
fusil, leurincitent la peau
dufront, & tout autourde
rez en Canada, il faut direCanada
&nonpis Canadois.
latête,puis leur levent la
chevelure, & la portent
au bout de leur arc ou de
leur fusil,&lorsqu'ilsfont
arrivez a leur cabane, les
arborent à l'entrée en maniere
de trophée & de dépouille
de l'Ennemy ; les
Anglois se font donc vus
réduits aux abois & exposez
à mourir de faim. Les
Sauvages nos alliez lesempeschent
( a la maniéré des
chiens couchans) de sortir
de leurs habitations, les
gardant à vûë, cela allait
si loin qu'à peine osoientils
sortir de ces cabanes, Se
pour les besoins les plus
pressants. ? 6-
-
Quinze denos Sauvages
s'étant mis en embuscade
dans un liois ont défait dixhuitAngloisarmezjusques?
aux dents & sur leurs gar-:,
des. Ces Anglois étoient
commandez par un Colonel
qui a été tué dans le
combat avec plusieurs des
fiens le reste fut mis en
fuire. :Voicy un fait assezsingulier
au sujet d'un parti
de Sauvages nos alliez.
DeuxAlgonKins de la Mission
de Lorette - establis
dans l'IsledeMontréal
sous, la conduite de i\'lef.
sieurs dé S. Sulpice,attaquent
deux Cavaliers du
côté de la Nouvelle Angleterre
, eux n'étant qu'à
pied à leur ordinaire,&en
prennent un. Voilà, Monssiieeuurr,
conlnle vous vovez,
, comme voyez,
ce qu'on peut appeller la
petite guerre. Les Sauvages
du Nord. del'Amerique,
ainsi que les chasseurs vont
à la poursuite des animaux,
cherchent les hommes
comme du gibier qui leur
convient. L'Anglois pris,
ils le lient & se mettent en
devoir de l'amener, la compassion
des deux Sauvages,
ne l'avoit fait lier quetrèslegerement
;les deux Sauvages
fatiguez s'arrestent
en chemin pour prendre
quelque repos ,
l'Anglais
les croyant fort endormis
& dans le premier sommeil
qui d'ordinaireest le plus
profond,se délie & court
se saisir d'une hache qui
appartenoit à ses vainqueurs,
mais non si adroitement
tement que l'un des Algonkins
ne s'en apperçust: celuy-
cyfrappédu desseindu
Prisonniercommun, éveille
son camarade: alors le
pauvre Anglois se voyant
découvert, met son fàluc
dans la suite; la circonstance
du temps luy estoit
favorable,à cause de la
nuit: cependant les deux
Sauvages le. suivent à la
blancheur de sa chemise
>,
car il estoit nud, ôc ne
pouvantl'ateindre de prés,
ils l'attraperent de loin,en
luy laschant un grand
coup de fusil qui arrefta,
ftouut, cyourtalerptris.onnier Le Printemps & l'Esté
de l'année où nous femmes
, ayant presque esté
sans pluye
,
la secheresse
s'est trouvée si excessive
que lesoiseauxqui dans ces
saisons seretirent pour l'ordinaire
dans les bois, ont
eâc obligez d'en sortir
pour trouverdequoy boire
&c mander sur les bords du '!
fleuve S. Laurent. On estime
icy que ce manque de
pluye & cette chaleur estonnante
nous oru: procure
une multitude infinie de
Tourtes,espèces de Ramiers
ou de Bisets qui ont
desolez une partie des bleds
&mesme les legumes
, comme pois, feves, &c.
en beaucoup d'endroits:
-mais de peur que ces animaux
ne nous mangeassent
davantage, nous les avens
mangé eux-mesmes par la
chasse que nous leur avons
donnée à grands coups de
fusil.,
Les Ours ces animaux si
feroces ont quitté leurs
trous,ôc se sont jettez sur
lesterres ensemencées;ils
ont porté leur audacejusqu'à
s'approcher des habitations
à
& on en voyoit
souvent à la pointe del'Isle
de Montréal qui est du côté
que l'on appelle la Chine.
Au mois d'Aoust quelques
Sauvages des nôtres
venant de la ville d'Orange
en New-YorK nous ont appris
qu'une flotte de la
vieille ! i Angleterre avoit
paru sur les costes de cette >?
i Vieille par rapport à la Nouvelle
tpidl: nostrevoisine.
contrée, ôc y amenoit un
nouveau Gouverneur:c'est
si je ne me trompe ,
le Colonel
Hunter
,
qui a esté
choisi par la Princesse Anne
pour succeder à Mylord
Lorelace mortGouverneur
de la Nouvelle York. Les
mesmes Sauvages ont rapportéque
Peter Schuiler
vulgairement pitre Schul-,
le ,Major d'Orange étoit
arrivéavec ces Sauvages
que les Gazettes de Roterdam
nous marquent avoir
esté traitez de Rois à Londres,
Ôc ce ne sont que trois
miserables Iroquois dela
Nation des Aniez que le
pauvre Pitre Schulleavoir
traisné avec luy, pourjetter
de la poudre aux yeux
& prelenter du brillant à
la Cour d'Angleterre parune
ambassade de trois
gueux venus de loin.
Des Lettres que l'on a
reçues de la même Colonie
, nous ont encore appris
que cinq cents familles
duPalatinat ont passé d'Europe
en Amérique, & sont
venus habiter le Pays des
Aniez
, une des cinq Nations
Iroquoisesfortamie
des Anglois. Ce sont ces
Palatins si souvent répétez
dans les nouvellespubliques
y
passez avec tant de
frais en Hollande, puis en
Angleterre, & delà dans
les Colonies Angloises de
IJAInerique septentrional.
Voilà du gibier pour les
Sauvagesytk il y a beir de
croire,Monsieur, ques'il
y a guerre entre les Iroquois
nos alliez, & ceux
qui peuvent estre gagnez
par les Anglois, ces bonnes
gens, qui ont fait tant
de chemin, courrontgrand
risquedese repentir bien
des fois,&de dire eneuxmesmes.
, que sommesnGous
veanuslfaeire dransecet.te
Le 8. de. Septembre dernier
nous avons eulajoye
de voir moüiller dans la
belle rade de Quebeç
,
le
Vaisseaudu Roy,l'Afriquain,
commandé par Mi
deMarigny.Ce Bastiment
est percé pour cinquante
canons. -.
-
Phenomene pour Messieurs
les Philosophes. Le
16, de Septembre de lapresente
année
,
sur les huit
heures du matin, il y Cà
un.tremblement & une secousse
deterredans l'Isle de
MonrreaI.Comme lemouvve&
mmenetnnienefruuttppoominttlolonngg,,
car il ne dura tout au plus
qu'un demi quart d'heure,
on serassura. Noussommes
icy assez sujets à ces
fortes de tremblements,
Le sieur Guyon Phlibustier
,amena le
10. de ce
moiscy devant Quebec
unepriseAngloise chargée,
deSel, de Moruë 5c d'Huile.
Cet Armateur rapports
qu'il avoir vu dix ou douze
gros vaisseaux Anglois
&trois Galiotes à bombes,
approcher des codes de
l'Acadie. Mr le Marquis
de Vaudreüil,nostre General
,
avoit envoyé des
Officiers & des Troupes des
renfort à Mr de Subercasse
Gouverneur dePort-Royal
& deFAcjdie.
Mr le Duc, cy-devant
Avocat au Parlement des
Paris & envoyéde France
pourremplir dans leConteil.
fouveraiii de Quebec
la Charge de Procureur
General, yest mort huit
rjours après son arrivée.
prépatoitàcequ'onm'a
dit une fort belle haran-
:j,gue,Quoyque la pluyeait
manque cette année crc
partie pour les biens de la
-
terre , nous avonscep ri-
;- dant fait une recolté Cft:
toute sortedegrains, & sur
tout en bled. L'année precedente
nous avons tiré, a
ce que l'on prérend, pour
,,
deux cent mil livres d'ar- t gent, du surplus de nos 1
bleds: mais cette année om
en usera autrement pour de)
bonnes raisons.
On vient d'achever unouvrage
dans le liautcaiiida,,
qui fera beaucoup d'honneurà
Mr le General aussibienqu'à
Mrle Chevalier
deBeaucour qui en a donn
le plan, ôc comme cetOfsicier
entend l'architecture
militaire
,
il l'a parfaitement
bien fait executer
C'est un Fort flanqué de
quatre bons Bastions. Il
environcentpieds en quar
ré & ca revestu de pierre
Te tailles dures comme du
marbre, que l'on a trouve
leplus heureusement du
monde dans une carriere
toifine. Ce quiest de merveilleux
,
c'estqu'onn'à
presque point eu besoinde
marteaux pour les mettre
en oeuvre s'eftariî^rèh'co'ni
tr¿es pour la pluparttoutéfc
taillées naturellement Ce
Fort eil: basti dansunlieu
appelleChambly, ;lesmurailles
sont élevées par dessus
le niveau de la campagne
devingt-cinq pieds au -
moffîs.j leur épaisseur est
de six pieds au bas vers les
talu ; elles sont faites de lac
pierre dontj'ay parlé; chaque
Bastion eL1 garni do
trois rangs de J^teriçs;
composées de bons-Canons
&de gros Pierriers'"?
Tout cet exterieur du Forn
couvreentierement les ma
gazins à poud re qui fonjr
bien voutez; les Caves tres
Je Ce sont de petites pieces d'artil
leues communement desa' ,
qui m
poneurras loin
,
mais qui font 1
-gr,in,d- écarts, on s'en sert à jetter do
pierres & des cailloux, desballes si
de la feraille enveloppées dans d'h
cartouches; cette espécede Canon
jtlurge p,tf la culalle avecune boeCGj
spatieuses & très-belles ;
les Boulangeriesfortadroitemen-
t menagé1es
,
&: par
dessus tout cela une Chapelle
d'unfort bon goust
& bien entenduë
;
les logements
dans ce Fort sont
!
si considerables que Mr le
Général, leGouverneur de
Montreal, ôc le Gouverneur
particulier du Fort
avec quarante ou cinquante
Officiers
, pourronty
estre placez à leur aise, sans
comptertrois ou quatre
centsSoldats &: huit cents
en cas d'attaque
, rangez
dans les bastiments le long
des courtines &en dedans,
la place d' rmes demeurant
libre & dégagée, quoyque
tout y aboutisse; en un
mot on ne peut rien de plus
beau & en mesme temps
de plusaiséà deffendre. Ce
Fortestsituéau46° degré
: de latitude Nord, au de[-,.
fous delacataracte formée ;
par les eaux du lac Cham-
-
plain, dans un terrain a.
vantageux&quifedtffend
presquedetous costez. La
chasse & la pesche contribuent
à l'entretien de laj,
garnison ,
garnison,& la riviere qui
fort LortChamplain,conduitau
fleuve S.Laurent,
vis-à-vis les Isles de Richelieu
, d'où l'on peut envoyer
des Canots à Quebec
& à Montreal :. tel est , Monsieur, le nouveau Fort
de Chambly ,qui met à
couvert tout le Gouvernement
de Montreal ,&qui
avec quatre ou cinq cents
hommes de garnison peut
resister à tous les efforts des
Anglois nos voisins ,les
empeschent de passer , èc
les obligent de retourner
chez eux,fussentils venus
jusques-là au nombre de
dix mille.
Mr deBreslay ce zeleM
MissionnairedeSulpice,
dont je vous ay parlé tant
de fois dans mes Lettres,
qui a quité la Cour des
Rois pour gagner des Sau--
vages d'Amerique au fbu--
verain maistre de l'Univers
, a fait construire une;
Fort dans l'isleaux Tourtrès
où est le principallieu
de sa Million, elle est f-1-
tuée entre le lac S. Louis&
le lac des deux montagnes.
Commeil a este autrefois
Ingenieur
, vouspourrez
juger Monsieur,qu'il na.
voit pas besoin de Conseil
pour l'aider; ce Fort est à
un quart de lieuë de celuy
deM. deSenneville quiest
à la pointe de Ile de Montréaldu
costé du lac sains
Louis;c'est: proprement là,
qu'est le bout du Canada.
Lemesme
1
Ecclesiastiquea
commencéune Eglisebastiede
bonnes psierres,dans
la petite Isle dontjeviens
de faire mention Le Roy
abien voulu signaler aspieté
dans ce nouvel establi
sement,& sa bonté envers
Mr de Breslay
, qui a este
un des Gentilliommes de
sa Chambre
, en luy envoyant
des Ornemens pour
son Eglise.
Il ya eu une pronlotion
d'Officiers de Guerre & do
Jullicc: en ce payscy Ministre la faite , cette ani
née par ordre du Roy, en-r
viron deux mois avant l
départ des derniers vaiC)
seaux pour le Canada, Mil
de Galifet cy-devantLieu
tenant de Roy auMontréa
a eilé choisi pour Gouverneur
des trois rivières
Ville également distante,
de Quebec & de Montréal,
à la place de feuMrleMarquis
de Chrysaphi, Mr des
Bergeres en a esté fait Major,
Mr le Baron de Longuëilest
Lieutenant deRoy
de Ville Marie ou Montréal,&:
Mrde la Chasaigne
Major de cette Ville
Mr le Marquis de , Vaudreüil
fils aisné de Mr le
General, a esté fait Capitaine
; Messieurs de la Pipardiere
,deBeaujeu,d'Argenteüil,
le Gardeur
, &c.
ont esté eslevez au mefmr
rang. A l'egard des Officiers
de Justice,Mrde la
Martiniere a esté nomme
Doyen du ConseilSouverain
de Québec,àla place
de feu Mr Chartier deLorbiniere,
dont un des filsa
esté faitConseiller dans 1*
mesmepromotion, &c.
Les plus remarquables
d'entre 1rs passagers qui
fontcetteannée le voyage
de France, sont Mr Raudot
le fils,Intendant confort;
Mr son Pere doit le
sui vre l'année prochaine ,
èc il fera relevé par Mr Bergon,
le filsdufeu Intendant
de R ochofort, homme
tressçavant ôc.des plusintelligens
que nous ayons
eu dans la Marine. Mr le
Fevre Ecclesiastique né en
Canada,qui dans un âge
peu avancé, possede plusieurs
Langues de l'Europe
& a de l'apritude pour toutes
les belles choses
; c'est
le premier Canad ien de
l'Isle de Montréal qui ait
pris le parti de l'Eglise, depuis
que les François en
font les maistres,.. Madame
le Vasseurfemme de
l'Ingénieur de Québec,
mené avec elle ses ensans.
Je ne trouve de considérableentre
les morts , parmi
ceux qui me frapent laS
mémoire, en achevant ma
Lettre, que Mr du Chut,
Capitaine expérimente, de
qui connoissoit à merveille,
leNord du Canada,aussi
bien que les grands lacs,
êc le sieur delaMorandiere
Garde-Magazin du Roy.
Mettons fin à cette Lettre
qui n'est déjà que trop
longue
longue par une petite avanture
que vous trouverez
assez plaisante, quoyque
tirée d'un sujet fort
serieux -, voicy le fait en
deux mots. La femme d'un
Sauvage Chrestien estant
morte, son mary est venu
avertir le Bedeau de l'Eglise
de Montreal de faire
une fosse pour elle; on a
sonné pour 11 personne
morte, ÔC lorsqu'on a esté
prest d'enlever le corps
pour le mettre en terre, le
Sauvage a demande du
temps alléguant pour ses
raisons que sa femme refpiroic
encore; que duresse
il avoit esté bien aise de
faire préparer toutes choses
de son vivant, & sonner
les cloches pour ne la point
faire attendre lorsqu'elle
seroit decedée tout de bon,
voulant luy faire connoistre
en cela la bonne volontéquil
avoit pourelle.
'0 Comme l'Afriquain va
mettre à la voile, & qu'il
n'y a pas de temps à per- ,
dre
, je me trouve obligé
de vous dire que dans cet
endroit je vous fuis
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Résumé : A Québec le 31. Octobre 1710.
En 1710, les Anglais ont échoué dans leur tentative d'envahir la colonie canadienne à Québec, subissant une défaite auto-infligée après avoir détruit leurs propres forts et munitions. De retour en Nouvelle-Angleterre et en Nouvelle-York, ils ont été frappés par une contagion, réduisant leur capacité militaire. La situation en Nouvelle-France s'est stabilisée grâce à l'ordre établi par le Marquis de Vaudreuil, gouverneur général du Canada. Le Baron de Longueuil, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis, a renforcé les alliances françaises en étant envoyé en ambassade chez les Iroquois. Ces derniers ont réaffirmé leur fidélité au traité de paix de 1701, malgré les tentatives de séduction des Anglais. Le Sieur de Junquières a joué un rôle crucial dans le maintien de ces alliances. La tranquillité a régné en 1710, mais le Marquis de Vaudreuil a envoyé des officiers en Nouvelle-Angleterre pour surveiller les mouvements ennemis. Les Anglais ont accueilli les envoyés français avec honneur, confirmant leur alarme de l'année précédente. Des expéditions françaises ont capturé des prisonniers et repoussé les Anglais, réduisant leurs colonies à une situation précaire. Les alliés autochtones ont empêché les Anglais de sortir de leurs habitations. Des incidents notables, comme la capture d'un Anglais par deux Algonquins, illustrent la 'petite guerre' menée par les Français et leurs alliés. Parallèlement, environ cinq cents familles du Palatinat ont émigré d'Europe vers l'Amérique et se sont installées dans le pays des Aniez, une des cinq Nations Iroquoises alliées des Anglais. Leur situation est préoccupante car ils risquent de se retrouver pris entre les Iroquois et les Anglais. Le 8 septembre, le vaisseau du roi, l'Afriquain, commandé par M. de Marigny, a accosté à Québec, armé de cinquante canons. Le 16 septembre, un tremblement de terre a été ressenti sur l'île de Montréal. Le sieur Guyon, un flibustier, a intercepté une prise anglaise près de Québec et signalé la présence de vaisseaux anglais près des côtes de l'Acadie. En réponse, M. le Marquis de Vaudreuil a envoyé des renforts à M. de Subercasse, gouverneur de Port-Royal et de l'Acadie. M. le Duc, ancien avocat au Parlement de Paris, est décédé peu après son arrivée en France pour remplir la charge de Procureur Général au Conseil souverain de Québec. Malgré une année sèche, la récolte a été bonne, surtout en blé. Un nouvel ouvrage, un fort flanqué de quatre bastions à Chambly, a été achevé pour protéger le gouvernement de Montréal. M. de Breslay, un missionnaire sulpicien, a construit un fort sur l'île aux Tourtres et commencé la construction d'une église en pierre. Plusieurs promotions d'officiers de guerre et de justice ont été annoncées, notamment M. de Galifet comme gouverneur des Trois-Rivières et M. le Baron de Longueuil comme lieutenant du roi à Montréal. Parmi les passagers arrivés de France, on note M. Raudot le fils, intendant confirmé, et M. le Fèvre, un ecclésiastique canadien polyglotte. Parmi les décès, on mentionne M. du Chast, capitaine expérimenté, et le sieur de la Morandière, garde-magazin du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2108
p. 51-55
EXTRAIT d'un Compliment prononcé à la Martinique à Mr de Phelypeaux.
Début :
MONSIEUR, Quelle obligation n'avons-vous pas à nostre grand [...]
Mots clefs :
Gouverneur, Martinique, Monarque, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Compliment prononcé à la Martinique à Mr de Phelypeaux.
EXTRAIT
d'un ComplimentproflancedlaMartmique
àMrdePhelypeaux.
MONSIEURY
Quelle obligation n'avons-
nous;pas à nostre
grand Monarquequi malgré
tant d'affaires qui sembloient
occuper toute sa
pnidence& son courage
pour soutenir son Royaume
contre l'envie de la
pluspart des Princes de
l'Europe, n'oublie cependant
pas les peuples qu'il a
loin de ses yeux, & leur
donne des marques de son
attention pour leur bonheur,
& a leur fureté en
vous choisissant pour son
Gouverneur general dans
UUEC partie dç l'Arnerique
qu'il possede.
Quel plaisir pour nous
de remarquer que le Roy.
regarde les Isles quoyqu'éloignées
de luy par cette
vaste étendue de mer ,
comme ua membre inseparable
de sa Monarchie,
puisqu'il nous donne un
Gouverneurd'un nom par
lequel non-seulement nostre
Nouvelle France se
soutient depuis si longtemps
,
mais encore qui
luy est si utile dans le coeur
de son Royaume où nous
le voyons remplir & la premiere
Charge de la Couronne
dans la personne de
l'auguste Chancelier
,
&
les grands travaux du ministere
dans ce' le de t'itiustre
Secretaire d'Estat de la
Marine, & enfin les premiersemploisdela
Guerre
&: du Conseil d'ilftat qui
sont réünis en vous.
Ce nom si connu si respecté,
si cheri, nousest un
gage du bonheur que nous
allons gouster. L es Loix la Police, le , COlnnlerce,
ôc la tranquillité vont fleurir
parmy nous, Se nous
aurons la consolation de
rendre long-temps des graces
singulieres au Seigneur
pqouu'ilr les longues années donnera au grand
Monarque,au grand Ministre,
Se àl'illustre Gouverneur,
qui daignent nous
proteger.
d'un ComplimentproflancedlaMartmique
àMrdePhelypeaux.
MONSIEURY
Quelle obligation n'avons-
nous;pas à nostre
grand Monarquequi malgré
tant d'affaires qui sembloient
occuper toute sa
pnidence& son courage
pour soutenir son Royaume
contre l'envie de la
pluspart des Princes de
l'Europe, n'oublie cependant
pas les peuples qu'il a
loin de ses yeux, & leur
donne des marques de son
attention pour leur bonheur,
& a leur fureté en
vous choisissant pour son
Gouverneur general dans
UUEC partie dç l'Arnerique
qu'il possede.
Quel plaisir pour nous
de remarquer que le Roy.
regarde les Isles quoyqu'éloignées
de luy par cette
vaste étendue de mer ,
comme ua membre inseparable
de sa Monarchie,
puisqu'il nous donne un
Gouverneurd'un nom par
lequel non-seulement nostre
Nouvelle France se
soutient depuis si longtemps
,
mais encore qui
luy est si utile dans le coeur
de son Royaume où nous
le voyons remplir & la premiere
Charge de la Couronne
dans la personne de
l'auguste Chancelier
,
&
les grands travaux du ministere
dans ce' le de t'itiustre
Secretaire d'Estat de la
Marine, & enfin les premiersemploisdela
Guerre
&: du Conseil d'ilftat qui
sont réünis en vous.
Ce nom si connu si respecté,
si cheri, nousest un
gage du bonheur que nous
allons gouster. L es Loix la Police, le , COlnnlerce,
ôc la tranquillité vont fleurir
parmy nous, Se nous
aurons la consolation de
rendre long-temps des graces
singulieres au Seigneur
pqouu'ilr les longues années donnera au grand
Monarque,au grand Ministre,
Se àl'illustre Gouverneur,
qui daignent nous
proteger.
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Résumé : EXTRAIT d'un Compliment prononcé à la Martinique à Mr de Phelypeaux.
Le texte est un hommage à Monsieur de Phélypeaux, nouvellement nommé gouverneur général d'une partie de l'Amérique. L'auteur exprime sa gratitude envers le roi pour son attention envers les peuples éloignés, malgré les nombreuses affaires européennes. Le choix de Phélypeaux souligne l'importance des îles américaines pour la monarchie. Phélypeaux est reconnu pour ses multiples rôles prestigieux : chancelier, secrétaire d'État de la Marine, et haut fonctionnaire dans les domaines de la guerre et du Conseil d'État. Son nom inspire respect et confiance, promettant prospérité, justice et tranquillité. L'auteur espère que le roi, le ministre et le gouverneur bénéficieront de longues années pour continuer à protéger et à gouverner.
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2109
p. 55-58
Nouvelles du Nord.
Début :
Les Lettres de Constantinople du 16. Janvier portent que les [...]
Mots clefs :
Tartares, Constantinople, Turcs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles du Nord.
Nouvelles du Nord.
Les Lettres de Constantinople
du 16. Janvier
portent que les Turcs continuent
à faire de grands
préparatifs par mer & par
terre, & qu'on avoit proposé
dans le Divan de desarmer
tous les Grecs, de
crainte qu'il n'yeust quelque
intelligence entr'eux à
cause de la conformité de
Religion.
Celles de Russieassurent
quequatre-vingt mille
Tartares sont en rez en
Moscovie
,
& en Ukraine,
afin de faire declarer les
Cosaques en faveur des
Rois de Suede& Stanislas.
Un Courrier arrivé à
Dresde a confirmé que le
Palatin de Kiovie avec le
fils Kandes Tartaresestoit
entré enUKraine, & qu'il
estoit suivi par le Roy de
Suede avec ses Troupes &
une ArméedeTurcs & de
Tartares
, & qu'il devoit
s'avancer vers la Vistule.
Cette nouvelle a fort consterné
la Cour de Saxe qui
travaille à bien faire munir
les Places frontieres.
Des Lettres de Bender
du 1 8. Février confirment
aussi que lePalatin deKiovie
marchoit vers l'Ukraine
avec quatre mille Polonois
six mille Cosaques,
& quarante mille Tartares,
commandez par le fils du
Kan; que le Kan s'avançoit
vers la Moscovie au delà
du Borifthene avec deux
cent mille Tartares en attendant
la grande Armée
¿cs.. Turcs que le Grand-
Vizirdoitcommander
Les Lettres de Constantinople
du 16. Janvier
portent que les Turcs continuent
à faire de grands
préparatifs par mer & par
terre, & qu'on avoit proposé
dans le Divan de desarmer
tous les Grecs, de
crainte qu'il n'yeust quelque
intelligence entr'eux à
cause de la conformité de
Religion.
Celles de Russieassurent
quequatre-vingt mille
Tartares sont en rez en
Moscovie
,
& en Ukraine,
afin de faire declarer les
Cosaques en faveur des
Rois de Suede& Stanislas.
Un Courrier arrivé à
Dresde a confirmé que le
Palatin de Kiovie avec le
fils Kandes Tartaresestoit
entré enUKraine, & qu'il
estoit suivi par le Roy de
Suede avec ses Troupes &
une ArméedeTurcs & de
Tartares
, & qu'il devoit
s'avancer vers la Vistule.
Cette nouvelle a fort consterné
la Cour de Saxe qui
travaille à bien faire munir
les Places frontieres.
Des Lettres de Bender
du 1 8. Février confirment
aussi que lePalatin deKiovie
marchoit vers l'Ukraine
avec quatre mille Polonois
six mille Cosaques,
& quarante mille Tartares,
commandez par le fils du
Kan; que le Kan s'avançoit
vers la Moscovie au delà
du Borifthene avec deux
cent mille Tartares en attendant
la grande Armée
¿cs.. Turcs que le Grand-
Vizirdoitcommander
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Résumé : Nouvelles du Nord.
Au début du XVIIIe siècle, des rapports indiquent des préparatifs militaires en Europe de l'Est et au Moyen-Orient. À Constantinople, les Turcs se préparent à désarmer les Grecs par crainte de complots religieux. En Russie, 80 000 Tartares sont présents en Moscovie et en Ukraine, cherchant à rallier les Cosaques aux rois de Suède et de Stanislas. À Dresde, on confirme l'entrée du Palatin de Kiev et du fils du Khan des Tartares en Ukraine, suivis par le roi de Suède et une armée turco-tartare se dirigeant vers la Vistule. Cette nouvelle alerte la cour de Saxe, qui renforce ses frontières. Des lettres de Bender du 18 février rapportent que le Palatin de Kiev avance vers l'Ukraine avec 4 000 Polonais, 6 000 Cosaques et 40 000 Tartares commandés par le fils du Khan. Le Khan lui-même progresse vers la Moscovie avec 200 000 Tartares, attendant une grande armée turque dirigée par le Grand-Vizir.
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2110
p. 58-63
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Mr Graston, Maréchal de Camp, a défait un Corps de [...]
Mots clefs :
Troupes, Madrid, Marquis de Valdecañas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles £Efha?ne*
Jl CI Mr Grassois-Matci..
chal de Camp,adéfait u*
Corps de Troupes com«-
mandé par le GeneralSIK*.
srely ce qui a obligé les Ea«
nemisà abandonner Solfo*
ne, & plusieursautresportes,
dans lesquels Mr le
Marquis de Valdecanas a
mis-des Troupes pour teCferrer
de plus en plus les
Ennemis.
Les Lettres de Sarragosse
du 13. Mars portent
que les Miquelets rebelles
avoient surpris prés de Benavarri,
trois Compagnies
des GardesEspagnoles&
Walonnes
,
dont environ
quarante hommes avoient
esté tuez ou blessez : mais
que ces Miquelets avoient
estéensuite dispersez
,
&
qu'on avoit brusleplusieurs
de leurs Village
-,
que Mr le Comte d'Aguilar
avoir envoyé à l'Armée
huitmilleFusils, autant de
Bayonnettes
, Ôc qu'il envoyoit
les habits des Soldats
à mesure qu'il y en
avoit un certain nombre de
faits, que le President des
Finances avoit amassé un
fond suffisant pour lacampagne;
qu'il arrivoit d'Andalousie
& de plusieurs endroits
de la Castille un
grand nombre de Mulets
&de Boeufs pour voiturer
les vivres & les munitions;
qu'il estoit party de Madrid
un train d'artillerie
pour joindre à ceux qui
estoient déjaprests sur la
frontiere,& que l'on conduisoit
à Tortose les convois
de vivres & de munitionsqui
estoient arrivez à,
Peniscola
,
& qui y arrivoient
tous les jours.
Le 3,3. Mars on publia à
Madrid une Ordonnance
portant interdiction de
commerce vec les Hollandois,
& deffense de laisser
entrer en Espagne leurs
draps & leurs autres marchandises,
& de leur laisser
enlever des laines.
LesLettres deSarragosse
du 19. Mars portent
qu'on y devoit tenir un
conseil de guerre sur les
projets de la campagne, 3c
que Mr le Duc de Noailles
s'estoit mis en chemin pour
s'y trouver avec Mr de
Vendosme & les autres
principaux Officiers Generaux.
Mr le Marquis de Valdecañas
aprés avoir mis des
Troupes dans Solfone
,
marcha àCalafdans ledessein
de l'attaquer. Les Ennemis
ne se trouvant pas
en état d'en soustenir le
siége, prirent le party de
l'abandonner;maisn'ayant
puse retirer avec assezde
diligence, environ cent
cinquante furent faits Prisonniers
,
& on prit une
partie de leurs bagages. Ce
Posteconserve la communication
de laPlaineavec
les Montagnes, & donne
lieu aux TroupesEspagnoles
de s'étendre plus avant
dans la Catalogne de ce
costé là.
.ioitvelles
Jl CI Mr Grassois-Matci..
chal de Camp,adéfait u*
Corps de Troupes com«-
mandé par le GeneralSIK*.
srely ce qui a obligé les Ea«
nemisà abandonner Solfo*
ne, & plusieursautresportes,
dans lesquels Mr le
Marquis de Valdecanas a
mis-des Troupes pour teCferrer
de plus en plus les
Ennemis.
Les Lettres de Sarragosse
du 13. Mars portent
que les Miquelets rebelles
avoient surpris prés de Benavarri,
trois Compagnies
des GardesEspagnoles&
Walonnes
,
dont environ
quarante hommes avoient
esté tuez ou blessez : mais
que ces Miquelets avoient
estéensuite dispersez
,
&
qu'on avoit brusleplusieurs
de leurs Village
-,
que Mr le Comte d'Aguilar
avoir envoyé à l'Armée
huitmilleFusils, autant de
Bayonnettes
, Ôc qu'il envoyoit
les habits des Soldats
à mesure qu'il y en
avoit un certain nombre de
faits, que le President des
Finances avoit amassé un
fond suffisant pour lacampagne;
qu'il arrivoit d'Andalousie
& de plusieurs endroits
de la Castille un
grand nombre de Mulets
&de Boeufs pour voiturer
les vivres & les munitions;
qu'il estoit party de Madrid
un train d'artillerie
pour joindre à ceux qui
estoient déjaprests sur la
frontiere,& que l'on conduisoit
à Tortose les convois
de vivres & de munitionsqui
estoient arrivez à,
Peniscola
,
& qui y arrivoient
tous les jours.
Le 3,3. Mars on publia à
Madrid une Ordonnance
portant interdiction de
commerce vec les Hollandois,
& deffense de laisser
entrer en Espagne leurs
draps & leurs autres marchandises,
& de leur laisser
enlever des laines.
LesLettres deSarragosse
du 19. Mars portent
qu'on y devoit tenir un
conseil de guerre sur les
projets de la campagne, 3c
que Mr le Duc de Noailles
s'estoit mis en chemin pour
s'y trouver avec Mr de
Vendosme & les autres
principaux Officiers Generaux.
Mr le Marquis de Valdecañas
aprés avoir mis des
Troupes dans Solfone
,
marcha àCalafdans ledessein
de l'attaquer. Les Ennemis
ne se trouvant pas
en état d'en soustenir le
siége, prirent le party de
l'abandonner;maisn'ayant
puse retirer avec assezde
diligence, environ cent
cinquante furent faits Prisonniers
,
& on prit une
partie de leurs bagages. Ce
Posteconserve la communication
de laPlaineavec
les Montagnes, & donne
lieu aux TroupesEspagnoles
de s'étendre plus avant
dans la Catalogne de ce
costé là.
.ioitvelles
Fermer
Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le texte décrit des opérations militaires et logistiques en Espagne. Le général Sik, soutenu par le marquis de Valdecanas, a mené une campagne forçant les ennemis à abandonner Solfone et d'autres ports. Le 13 mars, des Miquelets rebelles ont attaqué près de Benavarri, causant des pertes à trois compagnies de gardes espagnoles et wallonnes. Les Miquelets ont été dispersés et plusieurs de leurs villages incendiés. Le comte d'Aguilar a fourni des fusils, des baïonnettes et des habits aux troupes. Des vivres et des munitions ont été envoyés à Tortose et Peniscola. À Madrid, une ordonnance du 3 mars a interdit le commerce avec les Hollandais. Le 19 mars, un conseil de guerre a été annoncé à Sarragosse pour planifier la campagne, avec la présence du duc de Noailles et d'autres officiers généraux. Le marquis de Valdecanas a pris Calaf après son abandon par les ennemis, capturant environ cent cinquante prisonniers et une partie de leurs bagages, améliorant ainsi le contrôle des communications en Catalogne.
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2111
p. 63-65
Nouvelles de Flandre.
Début :
Les Ennemis ont commencé les premier jours de ce mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandre.
ioitvelles de Flandre,
IL
es Ennemis ont commencé
les premiers jours
de ce mois à assembler un
Corps de vingt mille hommes
qui est commandé par
le Comte d'Albemarle.Ce
Corps est posté au-delà 6c
le long de laScarpe & du
Canal de Douay à Lille;
leur gauche està Saint Amand
où ils ont mis de
nouvelles Troupes, ainsi
qu'à Marchienne& à ISAb..
baye d'Hasmon, & leur
droite s'étend jusqu'à Pont
à Vendin où ils se retranchent.
Les Recruës des TroupesduRoyétoientpresque
toutes
toutes arrivées aux Corps
auxquels elles estoient destinées,
& il arriva le 2. à
Dunkerque quarente deux
Barques chargées de bled,
ce qui devoit suffire pour
achever de garnir les Magasins
de SaMajesté pour
toute la Campagne.
IL
es Ennemis ont commencé
les premiers jours
de ce mois à assembler un
Corps de vingt mille hommes
qui est commandé par
le Comte d'Albemarle.Ce
Corps est posté au-delà 6c
le long de laScarpe & du
Canal de Douay à Lille;
leur gauche està Saint Amand
où ils ont mis de
nouvelles Troupes, ainsi
qu'à Marchienne& à ISAb..
baye d'Hasmon, & leur
droite s'étend jusqu'à Pont
à Vendin où ils se retranchent.
Les Recruës des TroupesduRoyétoientpresque
toutes
toutes arrivées aux Corps
auxquels elles estoient destinées,
& il arriva le 2. à
Dunkerque quarente deux
Barques chargées de bled,
ce qui devoit suffire pour
achever de garnir les Magasins
de SaMajesté pour
toute la Campagne.
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Résumé : Nouvelles de Flandre.
Les ennemis ont assemblé un corps de vingt mille hommes dirigé par le Comte d'Albemarle, positionné au-delà de la Scarpe et du Canal de Douai à Lille. Leur gauche est à Saint Amand, Marchiennes et l'Abbaye d'Hasnon, leur droite à Pont-à-Vendin. Les recrues du Roi sont arrivées dans leurs corps respectifs. Le 2 du mois, quarante-deux barques de blé sont arrivées à Dunkerque pour approvisionner les magasins du Roi.
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2112
p. 65-67
Lettre d'Arras.
Début :
Le onze Avril Mr le Compte de Lille Commandant dans [...]
Mots clefs :
Arras
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre d'Arras.
Lettre d'Arras,
Le
onze Avril Mr le
Comte de Lille Commandant
dans Arras,détacha
Mr du Clos avec cinquante
Grenadiers
, & Mr Sersosi
avec 50. Hussarts pour
aller en parti. En revenant
ils trouverent à trois lieues
d'Arras au Village de Vimy
un Party des Ennemis
de cinq cents Chevaux,
qu'ils désirententierement
avec leurs cent Maistres
feulement. Ils ont ramené
quarante prisonniers
, un
Capitaine& deux Lieutenants,
avec trente chevaux,
outre environ deux cent
chevaux qui se sont ccha-"
pez dans la campagne 6e
dont les Paysans ontprofité.
C'est là le premier coup
demain de l'ouverture de
cette campagne Mr Duclos
est le mesme quia
arrestéle nommé la Ha,e
à la teste des traistres qu'il
vouloir introduire dans
Peronne, dont je vous écrivis
l'aventure le mois pasle.
Le
onze Avril Mr le
Comte de Lille Commandant
dans Arras,détacha
Mr du Clos avec cinquante
Grenadiers
, & Mr Sersosi
avec 50. Hussarts pour
aller en parti. En revenant
ils trouverent à trois lieues
d'Arras au Village de Vimy
un Party des Ennemis
de cinq cents Chevaux,
qu'ils désirententierement
avec leurs cent Maistres
feulement. Ils ont ramené
quarante prisonniers
, un
Capitaine& deux Lieutenants,
avec trente chevaux,
outre environ deux cent
chevaux qui se sont ccha-"
pez dans la campagne 6e
dont les Paysans ontprofité.
C'est là le premier coup
demain de l'ouverture de
cette campagne Mr Duclos
est le mesme quia
arrestéle nommé la Ha,e
à la teste des traistres qu'il
vouloir introduire dans
Peronne, dont je vous écrivis
l'aventure le mois pasle.
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Résumé : Lettre d'Arras.
Le 11 avril, le comte de Lille, commandant à Arras, a envoyé M. du Clos et M. Sersosi avec des grenadiers et des hussards. Ils ont vaincu cinq cents cavaliers ennemis près de Vimy, capturant quarante prisonniers et trente chevaux. Deux cents chevaux ennemis ont été récupérés par les paysans. M. du Clos a aussi arrêté un individu nommé La Haie à Péronne.
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2113
p. 67-72
MARINE. Avis de Prises.
Début :
De Calais le 2. Mars 1711. Le Capitaine Larmet commendant la [...]
Mots clefs :
Calais, Morlaix, Saint-Malo, Nantes, Abbeville
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texteReconnaissance textuelle : MARINE. Avis de Prises.
MA RINE.
—AvisdePrises.
De Calais le 2. Alvlrs
17
"tko Le CapitaineLarmet
commendant la Fregate le
Comte de Toulouse, a
amené en ce Port leNavire
le Jacob d'Husum.
Le CapitaineDuplessis,
commentant leDogre l'Agneau,
a aussi pris unVais-
seau nommé la Bénédiction
de Dublin qu'il a amene
à Calais.
Le Vaisseau nommé la
Buchepale de Londres, pris
& mené au mesme Port
par les Capitaines Robert
& Jean Leguillon & Cardon.
De Calais le 8. Mars.
Le Capitaine Marc-Teste
a aussiamené au mesme
Porc un Vaisseau Anglois
nommé la NostreDame
duRosaire.
Et le Capitaine Bachelier
une autre prise nommée
la Fortune de Zerixée.
De Morlaix le 2. Mars.
LeVaisseau le Guillaume
& Anne de Baston,
pris& menéàMorlaix par
le heur de la Cité, commendant
la Fregate les
deux Amis de S. Malo.
Le François-Marie de
Bristol
,
pris & mené à
Morlaix par le sieurViel,
commandant laFregate le
Luzancey de Nantes.
De S.Malo le 2. Mars.
Le Jean & Jeanne de
Londres pris par la Frégate
le Chasseur de S. Malo.
Le Comeleon de Londres
pris par la mesme Frcgate.
La Christine de Flith,
pris & conduit à S. Malo
par la Fregatel'Amitié du
Havre.
L'Esabeth de Corek pris
par lamesme Fregate.
La Fregate nommée le
Brave de S. Malo, reprise
sur les Ennemis par le sieur
PaulDanican
, commandant
le Vaisseau les deux
Amis.
De Nantes le I. Adan.
Le sieur Filz Gerard
commandant la Fregate le
Barentin a amené en ce
Port une Flute chargée de
canons, & autres munitions
de guerre destinées
pourLisbone.
D'Abbevillele 6. Mars.
Un Vaisseau Ostendois
échoué à la coste de Berk,
venant d'Irlande.
—AvisdePrises.
De Calais le 2. Alvlrs
17
"tko Le CapitaineLarmet
commendant la Fregate le
Comte de Toulouse, a
amené en ce Port leNavire
le Jacob d'Husum.
Le CapitaineDuplessis,
commentant leDogre l'Agneau,
a aussi pris unVais-
seau nommé la Bénédiction
de Dublin qu'il a amene
à Calais.
Le Vaisseau nommé la
Buchepale de Londres, pris
& mené au mesme Port
par les Capitaines Robert
& Jean Leguillon & Cardon.
De Calais le 8. Mars.
Le Capitaine Marc-Teste
a aussiamené au mesme
Porc un Vaisseau Anglois
nommé la NostreDame
duRosaire.
Et le Capitaine Bachelier
une autre prise nommée
la Fortune de Zerixée.
De Morlaix le 2. Mars.
LeVaisseau le Guillaume
& Anne de Baston,
pris& menéàMorlaix par
le heur de la Cité, commendant
la Fregate les
deux Amis de S. Malo.
Le François-Marie de
Bristol
,
pris & mené à
Morlaix par le sieurViel,
commandant laFregate le
Luzancey de Nantes.
De S.Malo le 2. Mars.
Le Jean & Jeanne de
Londres pris par la Frégate
le Chasseur de S. Malo.
Le Comeleon de Londres
pris par la mesme Frcgate.
La Christine de Flith,
pris & conduit à S. Malo
par la Fregatel'Amitié du
Havre.
L'Esabeth de Corek pris
par lamesme Fregate.
La Fregate nommée le
Brave de S. Malo, reprise
sur les Ennemis par le sieur
PaulDanican
, commandant
le Vaisseau les deux
Amis.
De Nantes le I. Adan.
Le sieur Filz Gerard
commandant la Fregate le
Barentin a amené en ce
Port une Flute chargée de
canons, & autres munitions
de guerre destinées
pourLisbone.
D'Abbevillele 6. Mars.
Un Vaisseau Ostendois
échoué à la coste de Berk,
venant d'Irlande.
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Résumé : MARINE. Avis de Prises.
Entre le 2 mars et le 8 mars, plusieurs prises de navires ont été effectuées par des capitaines français dans divers ports. À Calais, le capitaine Larmet a capturé 'le Jacob d'Husum'. Les capitaines Duplessis, Robert, Jean Leguillon et Cardon ont respectivement pris 'la Bénédiction de Dublin', 'la Buchepale de Londres', 'la Notre-Dame du Rosaire' et 'la Fortune de Zerixée', tous amenés à Calais. À Morlaix, 'le Guillaume et Anne de Baston' a été pris par le heur de la Cité et 'le François-Marie de Bristol' par le sieur Viel. À Saint-Malo, des prises incluent 'le Jean et Jeanne de Londres', 'le Comeleon de Londres', 'la Christine de Flith' et 'l'Esabeth de Corek'. La frégate 'le Brave' a été reprise par le sieur Paul Danican. À Nantes, le sieur Filz Gerard a amené une flûte chargée de canons et de munitions pour Lisbonne. Un vaisseau ostendois s'est échoué sur la côte de Berk, venant d'Irlande.
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2114
p. 73-79
Liste des Grands Officiers de Monseigneur le Duc & de Madame la Duchesse de Berry.
Début :
Premiers Gentilshommes de la Chambre. Mr le Duc de Saint Aignan, [...]
Mots clefs :
Duc de Berry, Duchesse de Berry
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texteReconnaissance textuelle : Liste des Grands Officiers de Monseigneur le Duc & de Madame la Duchesse de Berry.
Lifte des Grands Officiers
de Monseigneur
le Duc & de Madame
la Duchelle de Berry.
Premiers Gentilshommes
dela Chambre.
Mr le Duc de SaintAignan,
Brigadier & Colonel
de Cavalerie.
Mr le M. de Bethune,
cy devant Colonel duRegiment
de la Reine.
Capitaines des Gardes
du Corps.
Mr le Chevalier de
Roye,Maréchal desCamps
& Armées du Roy.
Mr le Marquis deClermont,
Colonel de Dragons.
Cent Gardes, & cin-
- quante Suisses.
Premier Ecuyen
Mr de Razilly, cy-devant
Sous-Gouverneur de
Monseigneur le Duc de
Berry.
MlliftreJ: de la Garde-
Rp[?$>e. -,- - Mrle Marquis deMonchy,
Maréchal des Camps
&Armées du Roy.
-
Mr leMarquis dePons.
-
PremierMaifîre-
-.
d'Hostel. -
Mr le Marquis de Cbampigtiel.
Dame d'honneur.
Mela Duchesse de Saint
Simon.
--
Dame d'Atour,
Me la Marquise de la
Vieuville.
Chevalier d'Honneur.
Mr le Marquis de Coetanfo,
Lieutenannt General
desArmées du Roy, &
Sous-Lieutenantdes Gen-
darmes de la Garde.
Premier Ecuyer,
Mr le Chevalier d'Hautefort,
Maréchal desCamps
&: Armées du Roy,frere
de Mr de Surville.
Premier Adaijtred'Hojlel.
Mr le Comte de Saumery
,
frere de Mr de Saumery,
Sous-Gouverneur de
Monseigneur le Duc de
Bourgogne
, & fils du
Gouverneurde Chambort.
Premier (3*
Chambellan ordinaire.
Mrde la Hugé, Ecuyer
de Monseigneur le Duc
deBerry, premier
&Chambellan ordinaire.
Capitaine des Gardes
de la Porte.
Mr le Baron de Beauvais,
cy-devant Capitaine
des Chassesde la Garenne
du Louvre.
Premier Aumosnier. • Mr Turgot, Evesque
de Secz ,
cydevant Aumosnier
du Roy.
Chancelier.-
-.
Mr de la Rochepot, là
Berchere.
Sur-Intendant.
Mr Menon.
Me de Coetanfo, nommée.
pour laivre Madame
la Duchesse de Berry.
de Monseigneur
le Duc & de Madame
la Duchelle de Berry.
Premiers Gentilshommes
dela Chambre.
Mr le Duc de SaintAignan,
Brigadier & Colonel
de Cavalerie.
Mr le M. de Bethune,
cy devant Colonel duRegiment
de la Reine.
Capitaines des Gardes
du Corps.
Mr le Chevalier de
Roye,Maréchal desCamps
& Armées du Roy.
Mr le Marquis deClermont,
Colonel de Dragons.
Cent Gardes, & cin-
- quante Suisses.
Premier Ecuyen
Mr de Razilly, cy-devant
Sous-Gouverneur de
Monseigneur le Duc de
Berry.
MlliftreJ: de la Garde-
Rp[?$>e. -,- - Mrle Marquis deMonchy,
Maréchal des Camps
&Armées du Roy.
-
Mr leMarquis dePons.
-
PremierMaifîre-
-.
d'Hostel. -
Mr le Marquis de Cbampigtiel.
Dame d'honneur.
Mela Duchesse de Saint
Simon.
--
Dame d'Atour,
Me la Marquise de la
Vieuville.
Chevalier d'Honneur.
Mr le Marquis de Coetanfo,
Lieutenannt General
desArmées du Roy, &
Sous-Lieutenantdes Gen-
darmes de la Garde.
Premier Ecuyer,
Mr le Chevalier d'Hautefort,
Maréchal desCamps
&: Armées du Roy,frere
de Mr de Surville.
Premier Adaijtred'Hojlel.
Mr le Comte de Saumery
,
frere de Mr de Saumery,
Sous-Gouverneur de
Monseigneur le Duc de
Bourgogne
, & fils du
Gouverneurde Chambort.
Premier (3*
Chambellan ordinaire.
Mrde la Hugé, Ecuyer
de Monseigneur le Duc
deBerry, premier
&Chambellan ordinaire.
Capitaine des Gardes
de la Porte.
Mr le Baron de Beauvais,
cy-devant Capitaine
des Chassesde la Garenne
du Louvre.
Premier Aumosnier. • Mr Turgot, Evesque
de Secz ,
cydevant Aumosnier
du Roy.
Chancelier.-
-.
Mr de la Rochepot, là
Berchere.
Sur-Intendant.
Mr Menon.
Me de Coetanfo, nommée.
pour laivre Madame
la Duchesse de Berry.
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Résumé : Liste des Grands Officiers de Monseigneur le Duc & de Madame la Duchesse de Berry.
Le document énumère les Grands Officiers au service de Monseigneur le Duc et de Madame la Duchesse de Berry. Les Premiers Gentilshommes de la Chambre sont le Duc de Saint-Aignan et Monsieur de Béthune. Les Capitaines des Gardes du Corps sont le Chevalier de Roye et le Marquis de Clermont. Le Premier Écuyer est Monsieur de Razilly, et les Maréchaux de la Garde-Robe sont les Marquis de Monchy et de Pons. Le Premier Maître d'Hôtel est le Marquis de Champigniel. La Dame d'honneur est la Duchesse de Saint-Simon, et la Dame d'Atour est la Marquise de la Vieuville. Le Chevalier d'Honneur est le Marquis de Coëtanfao. Un autre Premier Écuyer est le Chevalier d'Hautefort, et le Premier Aide de l'Hôtel est le Comte de Saumery. Le Premier Chambellan ordinaire est Monsieur de la Hugué, le Capitaine des Gardes de la Porte est le Baron de Beauvais, et le Premier Aumônier est l'Évêque de Séez, Monsieur Turgot. Le Chancelier est Monsieur de la Rochepot, et le Sur-Intendant est Monsieur Menon. Madame de Coëtanfao est nommée pour servir Madame la Duchesse de Berry.
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2115
p. 79-84
MORTS. Article qu'on a omis dans les mois precedents.
Début :
Charles Calliope de Vaucouleurs, Seigneur de Lanjamet, Aide de Camp [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS. Article qu'on a omis dans les mois precedents.
MORTS.
Article qu'onaomisdans
les moisprecedents.
Charles Calliope de
Vaucouleurs, Seigneur de
lanjamet, Aide de Camp
deSaMajesté Gouverneur
de Guerande &: le Croisic,
mourut à Verssailles le I-d.
Janvier. Il n'a point laisse
de posterité deMagdelaine
de Rez, fille de feu N. de
Rez ,
celebre Avocat au
Parlement. :
Jacques Pouletier, Conseiller
d'Estat ordinaire, Be
Intendant des Finances,
mourut le 4. Avril. Pierre
Pouletier
, Seigneur de
Nainville,Maistredes Requestes
, luy succede en la
Charge d'intendantdes
Finances.
Leopold Mathias, Prince
de Lamberg, Chevalier
de la Toisond'or, Chambellan
& Grand-Ecuyer
de 1 Empereur, mourut à
Vienne en sa54eannée. Il
n'a laisse que deux filles,
& le Comte Jean-Adam,
son frere,herite de sa dignité
de Prince de l'Empire,&
de la pluspart de ses
Terres.
LePereValernod
,
General
de l'Ordre de S. Ruf,
mourut à Valence en Dauphinéle14.
Février.
Françoise-Angeliquede
la Mothe Houdancourt
, veuvede Louis-Marie,Duc
d'Aumont, Pair de France
,
Chevalier des Ordres
du Roy , mourut le 5.
Avril.
Bachelier deBaubourg
, Receveur General
des Finances
9
est mort le
Avril Saveuve
efl soeur de Madame de la
Ravois.
La Comtesse de Turbilly
est morte en son Chasteau
de la Rongere dans le
Bas-Poitou âgée de 46. f
ans. Elleestoitfilled'Hyacinthe
de Quatrebarbes
Marquis de la , Rongere
7
Chevalier des Ordres du
:Roy,& Chevalier d'Honneur
de S. A. R. Madame
laDuchesse d'Orléans, &
de Françoise du Plessis
Chastillon.
Elle avoit estémariée
deux fois; la première à
FrançoisdeRousselé, Marqu
is de Sache, dont ellen'a
point eu d'enfants; & la
seconde à François de Menon
,
Comte de Tuibilly
dont elle laisse une fille
âgée de douze ans.Ses deux
Epoux estoient parents de
MessieursdeLuxembourg.
!
LeChevalierSebastiano
Foscarini, Procurateur det.
S. Marc Ambassadeur Ul
Plenipotentiairede la Républiquede
Vemfè auprés
des Estats Generaux, mourutà
la Haye le 23. Mars..
Il avoitesté Ambassadeur
en France & en Espagne.
Article qu'onaomisdans
les moisprecedents.
Charles Calliope de
Vaucouleurs, Seigneur de
lanjamet, Aide de Camp
deSaMajesté Gouverneur
de Guerande &: le Croisic,
mourut à Verssailles le I-d.
Janvier. Il n'a point laisse
de posterité deMagdelaine
de Rez, fille de feu N. de
Rez ,
celebre Avocat au
Parlement. :
Jacques Pouletier, Conseiller
d'Estat ordinaire, Be
Intendant des Finances,
mourut le 4. Avril. Pierre
Pouletier
, Seigneur de
Nainville,Maistredes Requestes
, luy succede en la
Charge d'intendantdes
Finances.
Leopold Mathias, Prince
de Lamberg, Chevalier
de la Toisond'or, Chambellan
& Grand-Ecuyer
de 1 Empereur, mourut à
Vienne en sa54eannée. Il
n'a laisse que deux filles,
& le Comte Jean-Adam,
son frere,herite de sa dignité
de Prince de l'Empire,&
de la pluspart de ses
Terres.
LePereValernod
,
General
de l'Ordre de S. Ruf,
mourut à Valence en Dauphinéle14.
Février.
Françoise-Angeliquede
la Mothe Houdancourt
, veuvede Louis-Marie,Duc
d'Aumont, Pair de France
,
Chevalier des Ordres
du Roy , mourut le 5.
Avril.
Bachelier deBaubourg
, Receveur General
des Finances
9
est mort le
Avril Saveuve
efl soeur de Madame de la
Ravois.
La Comtesse de Turbilly
est morte en son Chasteau
de la Rongere dans le
Bas-Poitou âgée de 46. f
ans. Elleestoitfilled'Hyacinthe
de Quatrebarbes
Marquis de la , Rongere
7
Chevalier des Ordres du
:Roy,& Chevalier d'Honneur
de S. A. R. Madame
laDuchesse d'Orléans, &
de Françoise du Plessis
Chastillon.
Elle avoit estémariée
deux fois; la première à
FrançoisdeRousselé, Marqu
is de Sache, dont ellen'a
point eu d'enfants; & la
seconde à François de Menon
,
Comte de Tuibilly
dont elle laisse une fille
âgée de douze ans.Ses deux
Epoux estoient parents de
MessieursdeLuxembourg.
!
LeChevalierSebastiano
Foscarini, Procurateur det.
S. Marc Ambassadeur Ul
Plenipotentiairede la Républiquede
Vemfè auprés
des Estats Generaux, mourutà
la Haye le 23. Mars..
Il avoitesté Ambassadeur
en France & en Espagne.
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Résumé : MORTS. Article qu'on a omis dans les mois precedents.
Le document relate plusieurs décès survenus au cours des mois précédents. Charles Calliope de Vaucouleurs, Seigneur de Lanjamet et Aide de Camp du Gouverneur de Guérande et du Croisic, est décédé à Versailles le 1er janvier. Il n'a pas laissé de descendance de Magdeleine de Rez. Jacques Pouletier, Conseiller d'État et Intendant des Finances, est mort le 4 avril. Son successeur, Pierre Pouletier, Seigneur de Nainville et Maître des Requêtes, a pris sa charge. Léopold Mathias, Prince de Lamberg, Chevalier de la Toison d'or et Chambellan de l'Empereur, est décédé à Vienne à l'âge de 54 ans, laissant deux filles et son frère, le Comte Jean-Adam, héritier de sa dignité et de ses terres. Le Père Valernod, Général de l'Ordre de Saint-Ruf, est mort à Valence en Dauphiné le 14 février. Françoise-Angélique de la Mothe Houdancourt, veuve du Duc d'Aumont, est décédée le 5 avril. Bachelier de Baubourg, Receveur Général des Finances, est mort le 9 avril, laissant une sœur, Madame de la Ravois. La Comtesse de Turbilly est morte à l'âge de 46 ans dans son château de la Rongère en Bas-Poitou, laissant une fille de douze ans de son second mariage avec François de Menon, Comte de Turbilly. Elle avait été mariée deux fois et ses époux étaient parents des Luxembourg. Le Chevalier Sebastiano Foscarini, Procurateur de Saint-Marc et Ambassadeur de la République de Venise auprès des États Généraux, est mort à La Haye le 23 mars. Il avait également été Ambassadeur en France et en Espagne.
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2116
p. 84-85
MARIAGES.
Début :
N .... de Boniface du Boslehart, troisiéme fils d'Alexandre [...]
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
N de Boniface du1
Boslehart, troisiéme fils
d'A lexandre de Boniface
& de Marie Elizabeth de
Roncherolles, a épousé Me!
e Mounier, veuve & riche
~heritiere de la Ville d'El-
?euf.
N de Boniface du1
Boslehart, troisiéme fils
d'A lexandre de Boniface
& de Marie Elizabeth de
Roncherolles, a épousé Me!
e Mounier, veuve & riche
~heritiere de la Ville d'El-
?euf.
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2117
p. 85-95
Remarques sur les Maisons de Boniface & de Roncherolles.
Début :
La Maison de Boniface tire son origine d'un Comte [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remarques sur les Maisons de Boniface & de Roncherolles.
Remarques sur les MaisonsdeBoniface
r5 de
Roncherolles.
La Maison de Boniface
cire son origine d'un Com-
~te de Boniface, Tribun &:
Gouverneur de toute l'Afrique,
Amy particulier de
5>. Augustin
, comme on
le remarque par trois Lettres
queceSaint écrivit à.cc
Comte.
La premiere de ces Lettres
qui estoit autrefois las.
50e.dans leRecuëildesLettres
de ce Saint,se trouve
la 185e. dans l'Edition que
les PP. Benedictins en ~ont
faite, parce qu'ils les ~ont
rangées selon l'ordre des;
temps où elles ont estéécri-i
tes. C'estcelle où S. Augustin
parle au livre Kc* do
sesRetractationsou Revue'i
de sesOuvrages. Elle fut*
écriteenviron l'an 417&£
ne traite presque que deîa
*
Affaires des Donatistes, &a
de quelle maniereon pou-i
voit ramener ces Hérétiques
à l'union de l'Eglise.
: Cette Lettre commence
ainsi: Laudo egratulore
admiror ,fiLi dilectissime Bonifaci
,
quod inter curas bellorum
& armorum, vehementer
desideras ea nosse quoe Dei
funt.4
5i- La seconde est la 189c,
du mesme ordre Benedictin,
ôc la 105e. de l'ancien;
& c'est dans cette Lettre
écrite aparemmentl'année
suivante418. qu'il luy
donne un Reglement de
vie pourl'armée & que
l'on voit ces beaux endroits
Pacemdebet habere volantas
bellum necessitas, non enim
pax quoeritur ut bellum excitetur,
sed bellum geritur ut
pax requiratur.in his erAt
sanctusDavid,&c. "':. La troisiéme qui sa à
present la 220e. & quiestoit
autrefois la 70e. fut écrite
l'an 427. trois ans
avantla mort de S.Augustin;
c'est proprement une 1
instruction pour les Séculiers.
Envoicyun des plus
beaux endroits:Ut Deum
diligas non diligas mundum,
sed
11
Jed ex mundi bonisfacias opera
bona, &proptermundi bottay
nonfaciasopera mala.
Il y a eu de la Maison
deBoniface plusieurs Chevaliers
de Malthe. Elie de
Boniface, Marquis de Fenestrelles,
servit de second
à Jarnac contre la Chastaigneraye
dans le combat
qu'il y eust en champ clos
le 16. Juille 1547 devant le
Roy Henry II. Il fut tué à
la bataille deVaureal donnée
entre les Catholiques
& les Heretiques dans le
ComtatVenaissin. Ses obseques
furent faitesavec
grande pompe dans 1 Eglisede
S. Symphorien d'A.:a.
vignon Les Corps dé Ville
y assisterent ainsi que le
Cardinal Legat dont il estoit
fort consideré. Il fut
fort regretté en France.
Ozias de Boniface, vint
à la Cour avec l'Amiral de
Villars, son parent, ôc le
Roy le fit Chevalier de
l'Ordre de Saint Michel
,
& Gouverneur du Fort
de Sainte Catherine de
Roüen.
Henry IV. érigea en
J606. la Terre du Boslehart
en Baronie à cause des
grands services que ceux
de cette Maison avoient
rendus à la Couronne. Mr
de Boniface vint joindre ce
Monarque au siege d'Amiens
avec son Regiment
de deux mille hommes de
pied, ce qui se connoist
par le Brevet que ce Prince
donna à cet Officier.
Il La Maison de Roncherollesest
aussi tres-ancienne.
Elle a donnée des
Chambellans à nos Rois,
des Gouverneurs de Provinces,
& des Amiraux.
Robert de Roncherolles
futChambellan de Philippe
Auguste en 1160. & ses
successeurs le furent de
Charles VI.VII.& VIII. ôe
de Loüis XL )[JPlfC,. li
Ln En 1232.PierredeRoncherolles
estoit Couver
neur de Vermandois, & du
Corps du Parlement de Paris
composé alors des Barons
du Royaume qui alloient
exercer une justice
ambulante dans les Provincesau
nomdu Roy»,j£
Lorsque les Danois descendirenten
Neustrie, ce
fut un Roncherolles qui
disputalepassage de lariviere
de Seine à Olric leur
chef, & quand Guillaume
le Conquerant passa en
Angleterre le Seigneur de
Villars,cadetde la Maison
de Roncherolles ypassa
avec luy. Il s'y establit, &:
c'estde luy que sont descendus
les Ducs de Bukir**
gham.
Dans le Prieuré des deux
Amants fondé par cette
Klaïfon)on voit un Tombeau
sur lequel lesmots suivants
font gravez: Beatrix
de Roncherolles
,
Miles egregius,
obiitanno960. ,:,,",,
Nos Rois ont accordé
auxAisnez de cette Maison
le privilege d'estre Con..:
seiller né au Parlement de
Roüen, ainsique l'ont les
Conseillers d'honneur aux
autres Parlements du
Royaume. C'est presentement
Mr le Marquis de
Pont S. Pierre qui estl'Aisné
de cette Maison
,
dont
les Armes sont d'argent à
deux faces ou lignes de
Gueules ;celles de Boniface
sont d'argent à trois regles
-Ou faces de Synople.
r5 de
Roncherolles.
La Maison de Boniface
cire son origine d'un Com-
~te de Boniface, Tribun &:
Gouverneur de toute l'Afrique,
Amy particulier de
5>. Augustin
, comme on
le remarque par trois Lettres
queceSaint écrivit à.cc
Comte.
La premiere de ces Lettres
qui estoit autrefois las.
50e.dans leRecuëildesLettres
de ce Saint,se trouve
la 185e. dans l'Edition que
les PP. Benedictins en ~ont
faite, parce qu'ils les ~ont
rangées selon l'ordre des;
temps où elles ont estéécri-i
tes. C'estcelle où S. Augustin
parle au livre Kc* do
sesRetractationsou Revue'i
de sesOuvrages. Elle fut*
écriteenviron l'an 417&£
ne traite presque que deîa
*
Affaires des Donatistes, &a
de quelle maniereon pou-i
voit ramener ces Hérétiques
à l'union de l'Eglise.
: Cette Lettre commence
ainsi: Laudo egratulore
admiror ,fiLi dilectissime Bonifaci
,
quod inter curas bellorum
& armorum, vehementer
desideras ea nosse quoe Dei
funt.4
5i- La seconde est la 189c,
du mesme ordre Benedictin,
ôc la 105e. de l'ancien;
& c'est dans cette Lettre
écrite aparemmentl'année
suivante418. qu'il luy
donne un Reglement de
vie pourl'armée & que
l'on voit ces beaux endroits
Pacemdebet habere volantas
bellum necessitas, non enim
pax quoeritur ut bellum excitetur,
sed bellum geritur ut
pax requiratur.in his erAt
sanctusDavid,&c. "':. La troisiéme qui sa à
present la 220e. & quiestoit
autrefois la 70e. fut écrite
l'an 427. trois ans
avantla mort de S.Augustin;
c'est proprement une 1
instruction pour les Séculiers.
Envoicyun des plus
beaux endroits:Ut Deum
diligas non diligas mundum,
sed
11
Jed ex mundi bonisfacias opera
bona, &proptermundi bottay
nonfaciasopera mala.
Il y a eu de la Maison
deBoniface plusieurs Chevaliers
de Malthe. Elie de
Boniface, Marquis de Fenestrelles,
servit de second
à Jarnac contre la Chastaigneraye
dans le combat
qu'il y eust en champ clos
le 16. Juille 1547 devant le
Roy Henry II. Il fut tué à
la bataille deVaureal donnée
entre les Catholiques
& les Heretiques dans le
ComtatVenaissin. Ses obseques
furent faitesavec
grande pompe dans 1 Eglisede
S. Symphorien d'A.:a.
vignon Les Corps dé Ville
y assisterent ainsi que le
Cardinal Legat dont il estoit
fort consideré. Il fut
fort regretté en France.
Ozias de Boniface, vint
à la Cour avec l'Amiral de
Villars, son parent, ôc le
Roy le fit Chevalier de
l'Ordre de Saint Michel
,
& Gouverneur du Fort
de Sainte Catherine de
Roüen.
Henry IV. érigea en
J606. la Terre du Boslehart
en Baronie à cause des
grands services que ceux
de cette Maison avoient
rendus à la Couronne. Mr
de Boniface vint joindre ce
Monarque au siege d'Amiens
avec son Regiment
de deux mille hommes de
pied, ce qui se connoist
par le Brevet que ce Prince
donna à cet Officier.
Il La Maison de Roncherollesest
aussi tres-ancienne.
Elle a donnée des
Chambellans à nos Rois,
des Gouverneurs de Provinces,
& des Amiraux.
Robert de Roncherolles
futChambellan de Philippe
Auguste en 1160. & ses
successeurs le furent de
Charles VI.VII.& VIII. ôe
de Loüis XL )[JPlfC,. li
Ln En 1232.PierredeRoncherolles
estoit Couver
neur de Vermandois, & du
Corps du Parlement de Paris
composé alors des Barons
du Royaume qui alloient
exercer une justice
ambulante dans les Provincesau
nomdu Roy»,j£
Lorsque les Danois descendirenten
Neustrie, ce
fut un Roncherolles qui
disputalepassage de lariviere
de Seine à Olric leur
chef, & quand Guillaume
le Conquerant passa en
Angleterre le Seigneur de
Villars,cadetde la Maison
de Roncherolles ypassa
avec luy. Il s'y establit, &:
c'estde luy que sont descendus
les Ducs de Bukir**
gham.
Dans le Prieuré des deux
Amants fondé par cette
Klaïfon)on voit un Tombeau
sur lequel lesmots suivants
font gravez: Beatrix
de Roncherolles
,
Miles egregius,
obiitanno960. ,:,,",,
Nos Rois ont accordé
auxAisnez de cette Maison
le privilege d'estre Con..:
seiller né au Parlement de
Roüen, ainsique l'ont les
Conseillers d'honneur aux
autres Parlements du
Royaume. C'est presentement
Mr le Marquis de
Pont S. Pierre qui estl'Aisné
de cette Maison
,
dont
les Armes sont d'argent à
deux faces ou lignes de
Gueules ;celles de Boniface
sont d'argent à trois regles
-Ou faces de Synople.
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Résumé : Remarques sur les Maisons de Boniface & de Roncherolles.
Le texte présente les maisons nobles de Boniface et de Roncherolles, en soulignant leurs origines et leurs membres notables. La Maison de Boniface trouve ses racines dans un comte du même nom, tribun et gouverneur de l'Afrique, ami de saint Augustin. Trois lettres de saint Augustin adressées à ce comte sont mentionnées : la première, écrite vers 417, traite des affaires des Donatistes ; la seconde, datée de 418, contient des règlements pour la vie militaire ; la troisième, écrite en 427, est une instruction pour les séculiers. Plusieurs membres de cette maison ont été chevaliers de Malte. Elie de Boniface, marquis de Fenestrelles, a servi lors du combat de Jarnac en 1547 et a été tué à la bataille de Vaureal. Ozias de Boniface a été fait chevalier de l'Ordre de Saint-Michel et gouverneur du Fort de Sainte-Catherine de Rouen. En 1606, Henri IV a érigé la Terre du Boslehart en baronnie en reconnaissance des services rendus par cette maison. La Maison de Roncherolles est également très ancienne. Elle a fourni des chambellans aux rois de France, des gouverneurs de provinces et des amiraux. Robert de Roncherolles a été chambellan de Philippe Auguste en 1160. Pierre de Roncherolles a été gouverneur de Vermandois en 1232. Un membre de cette maison a disputé le passage de la Seine aux Danois en Neustrie. Le seigneur de Villars, cadet de la Maison de Roncherolles, a accompagné Guillaume le Conquerant en Angleterre. Les armes de la maison sont d'argent à deux faces ou lignes de gueules. Les aînés de cette maison bénéficient du privilège d'être conseiller né au Parlement de Rouen. Actuellement, le marquis de Pont-Saint-Pierre est l'aîné de cette maison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2118
p. 95-96
BENEFICES.
Début :
Le Roy a donné l'Archevesché d'Arles à Mr [...]
Mots clefs :
Roi, Arles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES.
LBeENEFICES. Royidonnél'Ar-
-n«LeRoyadonnéTArchevesché
d'Arles à Mr
l'Abbé de Janson
,
Grand
Vicaire 6c Chanoine honoraire
de laCathédraledc
Beauvais.
f':- Il estfilsde Laurent de
Fourbin
,
Marquis de Janson
en Provence, & de
Françoise de Briançon la
Saludie, & neveu de Tout
saint de Fourbin,Cardinal
de Janson, Evesque de
Beauvais, Grand-Aumosnier
de France, & Commandeur
des Ordres du
Roy.
-n«LeRoyadonnéTArchevesché
d'Arles à Mr
l'Abbé de Janson
,
Grand
Vicaire 6c Chanoine honoraire
de laCathédraledc
Beauvais.
f':- Il estfilsde Laurent de
Fourbin
,
Marquis de Janson
en Provence, & de
Françoise de Briançon la
Saludie, & neveu de Tout
saint de Fourbin,Cardinal
de Janson, Evesque de
Beauvais, Grand-Aumosnier
de France, & Commandeur
des Ordres du
Roy.
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2119
p. 96-98
REMARQUE.
Début :
Arles est une Ville de Provence, Métropole particuliere de la [...]
Mots clefs :
Arles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUE.
EMAR QUE.
Arles est une Ville de
Provence, Métropole par
ticuliere dela secondeNarbonnoise.
Arles autrefois
Arelate qui fignisioit en
LangueCeltique une Ville
bastie dansun marais. Ou
appelle encoreen Languedoc
docun Etan Late. Arles est
une des plus anciennes ôc
des plus illustres Villes des
Gaules; on l'appelloit la
Rome des Gaules,GtlluU
Roma Arelas. La statuë de
Diane qui fut découverte
il y a quelques années
,
&
qu'on voit aujourd'huy à
l'HosteldeVille,est peutestre
une de celles que les
Fociens apporterent lorsqu'ils
vinrent s'establir
dans les Gaules, à Arles
ainsi qu'à Marseille. Il y
trouvera le détail dans l'histoire
de l'Eglise d'Arles
parMrDuport; ce Livre
a paru en i6.9o. Il y a dans
le Chapitre un Provost
,
un Archidiacre, un Sacriltain,
un Archiprestre, un
Capiscol
, un Primicier
,
un Tresorier
, & treize
Chanoines
,
dont l'un eil:
Theologal. L'Archevêque
a pour suffragans, Marseille,
Orange, S. Paul Trois
Chasteaux, & Toulon. Son
Diocese a cinquante& une
Paroisse.
Arles est une Ville de
Provence, Métropole par
ticuliere dela secondeNarbonnoise.
Arles autrefois
Arelate qui fignisioit en
LangueCeltique une Ville
bastie dansun marais. Ou
appelle encoreen Languedoc
docun Etan Late. Arles est
une des plus anciennes ôc
des plus illustres Villes des
Gaules; on l'appelloit la
Rome des Gaules,GtlluU
Roma Arelas. La statuë de
Diane qui fut découverte
il y a quelques années
,
&
qu'on voit aujourd'huy à
l'HosteldeVille,est peutestre
une de celles que les
Fociens apporterent lorsqu'ils
vinrent s'establir
dans les Gaules, à Arles
ainsi qu'à Marseille. Il y
trouvera le détail dans l'histoire
de l'Eglise d'Arles
parMrDuport; ce Livre
a paru en i6.9o. Il y a dans
le Chapitre un Provost
,
un Archidiacre, un Sacriltain,
un Archiprestre, un
Capiscol
, un Primicier
,
un Tresorier
, & treize
Chanoines
,
dont l'un eil:
Theologal. L'Archevêque
a pour suffragans, Marseille,
Orange, S. Paul Trois
Chasteaux, & Toulon. Son
Diocese a cinquante& une
Paroisse.
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Résumé : REMARQUE.
Arles, située en Provence, est une ville historique de la seconde Narbonnaise, autrefois connue sous le nom d'Arelate. Construite dans un marais, elle est également appelée 'Etan Late' en Languedoc. Arles est l'une des plus anciennes et des plus illustres villes des Gaules, surnommée la 'Rome des Gaules' ou 'Gallia Roma Arelas'. Une statue de Diane, récemment découverte et exposée à l'Hôtel de Ville, pourrait avoir été apportée par les Phocéens lors de leur établissement à Arles et à Marseille. Les détails de cette histoire sont disponibles dans l'ouvrage 'Histoire de l'Église d'Arles' de M. Duport, publié en 1690. Le chapitre de la ville comprend plusieurs dignitaires : un provost, un archidiacre, un sacristain, un archiprêtre, un capiscol, un primicier, un trésorier et treize chanoines, dont un théologal. L'archevêque d'Arles a pour suffragants les diocèses de Marseille, Orange, Saint-Paul-Trois-Châteaux et Toulon. Son diocèse compte cinquante-et-une paroisses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2120
p. 98-99
« L'Evesché de Lombez, à Mr l'Abbé Fagon, premier [...] »
Début :
L'Evesché de Lombez, à Mr l'Abbé Fagon, premier [...]
Mots clefs :
Lombez
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Evesché de Lombez, à Mr l'Abbé Fagon, premier [...] »
L'Evesché de Lombez,
à Mr l'AbbéFagon, premier
Medecin du Roy &:
Conseiller d'Estat.
à Mr l'AbbéFagon, premier
Medecin du Roy &:
Conseiller d'Estat.
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2121
p. 99-100
REMARQUE.
Début :
L'Evesché de Lombez est suffragant de l'Archevesché [...]
Mots clefs :
Lombez
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUE.
REMARQUE.
L'Evesché de Lombez
est suffragant de l'Archevesché
de Toulouse. Lombez
ou selon Duchesne
Lombers, Lombaria,située
sur la riviere de Save ou
Seve,audelà de la Garonne
à quatre lieuësd'Auch,
àcinq de Rieux,àhuit de
Toulouse
,
environnée de
vignobles d'un tbfté
, &
d'une plate campagne de
l'autre; la Cathedrale se
nommel'Assomption, ancienne
Abbaye que le Pape
JeanXXII, érigea en Evek
ché l'an 1317. Arnoul Roger
de Cominge en fut le
premier Evesque. Ily 3.
quatre-vingtdix Paroisses
dans ceDiocese, & l'Evesque
est Seigneur de Lombez,
.: -7
L'Evesché
L'Evesché de Lombez
est suffragant de l'Archevesché
de Toulouse. Lombez
ou selon Duchesne
Lombers, Lombaria,située
sur la riviere de Save ou
Seve,audelà de la Garonne
à quatre lieuësd'Auch,
àcinq de Rieux,àhuit de
Toulouse
,
environnée de
vignobles d'un tbfté
, &
d'une plate campagne de
l'autre; la Cathedrale se
nommel'Assomption, ancienne
Abbaye que le Pape
JeanXXII, érigea en Evek
ché l'an 1317. Arnoul Roger
de Cominge en fut le
premier Evesque. Ily 3.
quatre-vingtdix Paroisses
dans ceDiocese, & l'Evesque
est Seigneur de Lombez,
.: -7
L'Evesché
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Résumé : REMARQUE.
L'Évêché de Lombez, diocèse suffragant de Toulouse, est situé sur la rivière Save, à quatre lieues d'Auch. La cathédrale de Lombez, dédiée à l'Assomption, fut élevée au rang d'évêché en 1317 par le Pape Jean XXII. Le diocèse compte 390 paroisses et l'évêque est seigneur de Lombez.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2122
p. 100-106
« L'Evesché de Saintes, à Mr l'Abbé le Pileur, Visiteur [...] »
Début :
L'Evesché de Saintes, à Mr l'Abbé le Pileur, Visiteur [...]
Mots clefs :
Saintes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Evesché de Saintes, à Mr l'Abbé le Pileur, Visiteur [...] »
L'Evesché de Saintes, a
MrlabbélePileur,Visiteur
General des Carmelites
de France. Il est neveu
de Mr du BuifTQa, Çotv
seiller d'Estat & Intendant
desFinances
Sa Majesté vient de justifier
par un nouveau traie
son glorieux titre de Fils
Aisnéde l'Eglise, attenti f,
comme S. Loüis , à luy
procurer de dignes Ministres,
il sçait demefler les
meilleurs sujets qui se ca- chent dans
l'obscurité
du
Cloistre le plushumble &
; le plus austere; il a nom-
, mé ces jours cy à l'Evesché
de Graffe le R. P. Athanase
de Mesgrigny
,
Capucin,
homme bien plus recommandable
encore par sa capacité
& par ses vertus que
parsanaissance. Il s'appelloit
dans le monde Baptiste-
Josep-Ignace,Vicomte
de Troyes; il est fils de
Jean de Mesgrigny,Marquis
de Villeneuve,de Mesgrigny
& de Vendeuvre,
Vicomte deTroye, Doyen
des Conseillers d'Estat ordinaires
;il avoiresté Conseiller
au Grand-Conseil,
Maistre des Requestes, Intendant
dejusticeen Biour*
bonnois & Auvergne, premier
President du Parlede
Provence, & de HuberteRenée
de Buffi, Baronne
d'Emery & de Lorme,fille
de Joachim de Bussi
,
Comte de Brion, & de
Françoise de Saulx de Tavanne.
,
Le Pere de Mesgrigny a
eu pour frere aisnéJean-
François de Mefgrigny
,
Marquis de Vendeuvre
,
Baron de Concheri, Scigneur
de Montmartin, lequel
a épousé Henriette-
Françoisedu Mesnil-simon
Dame de Beaujeu, fille
d'Edme, Marquis de Beaujeu,
Lieutenant de la Compagnie
des ChevauxLégers
de Mr le Prince, & de
Loüise Pot de Rode, dont
ila Jean- Loüis, Charles-
Hubert
à
& Gabrielle de
Mesgrigny,neveux&nio
ces du P de Mesgrigny.
Pour oncle paternel
,
il
avait François de Mesgrigny,
ChevalierdeMalthe,
Gouverneur des Tours de
Toulon,& de Balaguier,
Capitaine -
Commandant
de Vaisseaux & Galeres ,
Seigneur de Briel, d'Echarson,
&c.lequel a épousé
RenéedeBeüil,fille de
Jean de Beüil
,
Comte de
Marans
,
Seigneur de la:
Marchere,Vouvray. &c.
dontil a François Joseph,
Chevalier de rvlalrhc; RenéeFrançoise
, Simone-
Marie, & Loüise de NIe!:
grigny. Il porte d argent au
Lion de sable, Heaume
couronné d'une couronne,
de Marquis, Cimier un
Grifon
,
Supports deux
Grisons
1
L'Abbaye de S Martin
d*Aucun àtVIr l'Abbé Mon..
gin, Précepteur des Enfans
de Mr le Duc, & qui el1 à
present de FAendémie Françoise.
MrlabbélePileur,Visiteur
General des Carmelites
de France. Il est neveu
de Mr du BuifTQa, Çotv
seiller d'Estat & Intendant
desFinances
Sa Majesté vient de justifier
par un nouveau traie
son glorieux titre de Fils
Aisnéde l'Eglise, attenti f,
comme S. Loüis , à luy
procurer de dignes Ministres,
il sçait demefler les
meilleurs sujets qui se ca- chent dans
l'obscurité
du
Cloistre le plushumble &
; le plus austere; il a nom-
, mé ces jours cy à l'Evesché
de Graffe le R. P. Athanase
de Mesgrigny
,
Capucin,
homme bien plus recommandable
encore par sa capacité
& par ses vertus que
parsanaissance. Il s'appelloit
dans le monde Baptiste-
Josep-Ignace,Vicomte
de Troyes; il est fils de
Jean de Mesgrigny,Marquis
de Villeneuve,de Mesgrigny
& de Vendeuvre,
Vicomte deTroye, Doyen
des Conseillers d'Estat ordinaires
;il avoiresté Conseiller
au Grand-Conseil,
Maistre des Requestes, Intendant
dejusticeen Biour*
bonnois & Auvergne, premier
President du Parlede
Provence, & de HuberteRenée
de Buffi, Baronne
d'Emery & de Lorme,fille
de Joachim de Bussi
,
Comte de Brion, & de
Françoise de Saulx de Tavanne.
,
Le Pere de Mesgrigny a
eu pour frere aisnéJean-
François de Mefgrigny
,
Marquis de Vendeuvre
,
Baron de Concheri, Scigneur
de Montmartin, lequel
a épousé Henriette-
Françoisedu Mesnil-simon
Dame de Beaujeu, fille
d'Edme, Marquis de Beaujeu,
Lieutenant de la Compagnie
des ChevauxLégers
de Mr le Prince, & de
Loüise Pot de Rode, dont
ila Jean- Loüis, Charles-
Hubert
à
& Gabrielle de
Mesgrigny,neveux&nio
ces du P de Mesgrigny.
Pour oncle paternel
,
il
avait François de Mesgrigny,
ChevalierdeMalthe,
Gouverneur des Tours de
Toulon,& de Balaguier,
Capitaine -
Commandant
de Vaisseaux & Galeres ,
Seigneur de Briel, d'Echarson,
&c.lequel a épousé
RenéedeBeüil,fille de
Jean de Beüil
,
Comte de
Marans
,
Seigneur de la:
Marchere,Vouvray. &c.
dontil a François Joseph,
Chevalier de rvlalrhc; RenéeFrançoise
, Simone-
Marie, & Loüise de NIe!:
grigny. Il porte d argent au
Lion de sable, Heaume
couronné d'une couronne,
de Marquis, Cimier un
Grifon
,
Supports deux
Grisons
1
L'Abbaye de S Martin
d*Aucun àtVIr l'Abbé Mon..
gin, Précepteur des Enfans
de Mr le Duc, & qui el1 à
present de FAendémie Françoise.
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Résumé : « L'Evesché de Saintes, à Mr l'Abbé le Pileur, Visiteur [...] »
Le texte relate plusieurs nominations et distinctions au sein de l'Église et de la noblesse française. Le roi, en tant que 'Fils Aîné de l'Église', a nommé le Père Athanase de Mesgrigny à l'évêché de Graffe. Ce dernier, anciennement Baptiste-Joseph-Ignace, Vicomte de Troyes, est issu d'une famille noble. Il est le fils de Jean de Mesgrigny, Marquis de Villeneuve, et de Huberte-Renée de Buffi. Athanase de Mesgrigny a occupé divers postes prestigieux, notamment Conseiller au Grand-Conseil, Maître des Requêtes, Intendant de justice en Bourbonnais et Auvergne, et Premier Président du Parlement de Provence. Le texte mentionne également des membres de sa famille, tels que son frère aîné Jean-François de Mesgrigny, Marquis de Vendeuvre, et son oncle François de Mesgrigny, Chevalier de Malthe. Enfin, il est fait référence à l'Abbaye de Saint-Martin d'Auch, dirigée par l'Abbé Mongin, Précepteur des Enfants de Monsieur le Duc et actuellement à la tête de l'Académie Françoise.
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2123
p. 106
REMARQUE.
Début :
Cette Abbaye est l'Ordre de S. Benoist. Aimon le [...]
Mots clefs :
Saintes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUE.
REMARQVE.
Cette Abbaye est de
l'Ordre de S. Benoist. Aimon
le Moine dit que la
Reine Brunehaud dont le
corps y repose
, en est la
Fondatrice. S. Mederic,
natifd'Autun, aestéAbbé
deSaint Martin avant que
d'allerresiderà Paris où il
est mort.
L'Abbaye
Cette Abbaye est de
l'Ordre de S. Benoist. Aimon
le Moine dit que la
Reine Brunehaud dont le
corps y repose
, en est la
Fondatrice. S. Mederic,
natifd'Autun, aestéAbbé
deSaint Martin avant que
d'allerresiderà Paris où il
est mort.
L'Abbaye
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2124
p. 106-107
« L'Abbaye de Savigny à Mr l'Abbé de Damas [...] »
Début :
L'Abbaye de Savigny à Mr l'Abbé de Damas [...]
Mots clefs :
Ordre de Saint Benoît, Abbaye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Abbaye de Savigny à Mr l'Abbé de Damas [...] »
L'Abbaye de Savigny, à
Mr l'Abbé de Damas; il
est frere de Mr de DaniasY
Maréchal deCamp ; qui
estdistinguéau siege de
Gironne.
Mr l'Abbé de Damas; il
est frere de Mr de DaniasY
Maréchal deCamp ; qui
estdistinguéau siege de
Gironne.
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2125
p. 107-108
REMARQUE.
Début :
Cette Abbaye, nommée en Latin Sabiniacum, est de l'Ordre [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre de Saint Benoît
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUE.
REMAR,QVE.
Cette Abbaye
, nommée
en
LatinSabiniacum,
est de l'Ordre desBenoist,
& situéeà quatre lieuës de
Lyon.
Il y a dans la BasseNormandie
une autreAbbaye
qui porte le nom deS,;,vigny.
Elle est dans le Diocesc
d'Avranches & Domfront,
environà une lieuë
de la rivière d'Aidée. Les
anciennes Chroniques de
cette Abbaye portent que
leSolitaire Virai quienfut
le premier Abbé acheva de
la bastir dans les bois de
Savigny, sousl'invocation
de la sainte Trinité
,
l'an
III2. par les hberalirefc de
Robert, Seigneur de Fougères,
& qu'il donnaaux
Religieux la Régie de Cisteauxdans
route sa pureté.
Il mourut le 7.JanvierIII9.
&. eut Gcofroy pour successeur.
Cette Abbaye
, nommée
en
LatinSabiniacum,
est de l'Ordre desBenoist,
& situéeà quatre lieuës de
Lyon.
Il y a dans la BasseNormandie
une autreAbbaye
qui porte le nom deS,;,vigny.
Elle est dans le Diocesc
d'Avranches & Domfront,
environà une lieuë
de la rivière d'Aidée. Les
anciennes Chroniques de
cette Abbaye portent que
leSolitaire Virai quienfut
le premier Abbé acheva de
la bastir dans les bois de
Savigny, sousl'invocation
de la sainte Trinité
,
l'an
III2. par les hberalirefc de
Robert, Seigneur de Fougères,
& qu'il donnaaux
Religieux la Régie de Cisteauxdans
route sa pureté.
Il mourut le 7.JanvierIII9.
&. eut Gcofroy pour successeur.
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Résumé : REMARQUE.
Le texte mentionne deux abbayes : Sabiniacum, bénédictine, près de Lyon, et Savigny, en Basse-Normandie, dans le diocèse d'Avranches et Domfront. Virial, premier abbé, construisit Savigny en 1112 avec l'aide de Robert de Fougères. Virial mourut en 1119 et Geoffroy lui succéda.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2126
p. 109
« L'Abbaye de la Magdelaine de Chasteaudun à [...] »
Début :
L'Abbaye de la Magdelaine de Chasteaudun à [...]
Mots clefs :
Abbaye de la Madeleine, Châteaudun
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Abbaye de la Magdelaine de Chasteaudun à [...] »
Magdelaine
de ChasteaudunàMr
l'Abbé de Saumery.
de ChasteaudunàMr
l'Abbé de Saumery.
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2127
p. 109
REMARQUE.
Début :
Cette Abbaye, qui sert aussi de Paroisse, a esté fondée [...]
Mots clefs :
Abbaye de la Madeleine, Châteaudun
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUE.
REMJRQJVE.
Cette Abbaye, qui sert
aussi de Paroisse,aesté fondée
par Charlemagne.
L'Abbaye d'Entremont
Cette Abbaye, qui sert
aussi de Paroisse,aesté fondée
par Charlemagne.
L'Abbaye d'Entremont
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2128
p. 109-110
« L'Abbaye d'Entremont à Mr l'Abbé Viala, Grand-Vicaire [...] »
Début :
L'Abbaye d'Entremont à Mr l'Abbé Viala, Grand-Vicaire [...]
Mots clefs :
Abbaye d'Entremont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Abbaye d'Entremont à Mr l'Abbé Viala, Grand-Vicaire [...] »
L'Abbaye d'Entremont
àMr l'Abbé Viala, Grand-
Vicaire d'Ambrun.
L'Abbayede S. Pierre
de Rheims
,
à Madame de
Roye,dela Maison de la
Rochesoucault
,
& soeur de Mrs les Comtes de
[
Roye oc de Roucy ,&de
seuë Me de Pontchartrain.
àMr l'Abbé Viala, Grand-
Vicaire d'Ambrun.
L'Abbayede S. Pierre
de Rheims
,
à Madame de
Roye,dela Maison de la
Rochesoucault
,
& soeur de Mrs les Comtes de
[
Roye oc de Roucy ,&de
seuë Me de Pontchartrain.
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2129
p. 110-111
REMARQUE.
Début :
Cette Abbaye fut d'abord bastie dans le Faux-bourg [...]
Mots clefs :
Abbaye d'Entremont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUE.
REMARQUE
Cette Abbaye sur d'abord
bastie dans le Fauxbourg
par saint Baldric,
frere de sainte Dode, niece
de sainte Bcuve
, toutes
deux Abbesses de S. Pierre.
Sainte Beuve gouverna cette
Abbaye en 61.7. ôcmourut
en 673. Leurs trois
Corps furent transportez
dans la nouvelle Abbaye
de saint Pierre qui est dans
l'enceinte de la Ville de
Rheims prés les Cordeliers.
Cette Abbaye sur d'abord
bastie dans le Fauxbourg
par saint Baldric,
frere de sainte Dode, niece
de sainte Bcuve
, toutes
deux Abbesses de S. Pierre.
Sainte Beuve gouverna cette
Abbaye en 61.7. ôcmourut
en 673. Leurs trois
Corps furent transportez
dans la nouvelle Abbaye
de saint Pierre qui est dans
l'enceinte de la Ville de
Rheims prés les Cordeliers.
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2130
p. 111
« L'Abbaye de Juvigny, à Me de Vassinhac. [...] »
Début :
L'Abbaye de Juvigny, à Me de Vassinhac. [...]
Mots clefs :
Abbaye de Juvigny
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Abbaye de Juvigny, à Me de Vassinhac. [...] »
L'Abbaye de Juvigny,
à Me deVassinhac.
à Me deVassinhac.
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2131
p. 111
REMARQUE.
Début :
Cette Abbaye, nommée en Latin Joviniacum, est du Diocese de [...]
Mots clefs :
Abbaye de Juvigny
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUE.
REMJRQJVE.
Cette Abbave
, nommée
en Latin Joviniacum
, efl: du Diocese de Treves,
dans le Duché de Luxembourg
,à (ept ou huit lieuës
de Verdun. Elle fut sondée
dans le 9e siecle.
Cette Abbave
, nommée
en Latin Joviniacum
, efl: du Diocese de Treves,
dans le Duché de Luxembourg
,à (ept ou huit lieuës
de Verdun. Elle fut sondée
dans le 9e siecle.
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2132
p. 111-115
« L'Abbaye de la Barre, à Me du Bois. Au [...] »
Début :
L'Abbaye de la Barre, à Me du Bois. Au [...]
Mots clefs :
Abbaye Notre-Dame de La Barre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Abbaye de la Barre, à Me du Bois. Au [...] »
L'Abbaye de la Barre,
à Me du Bois.
Au mois de Mars Mre
Antoine SicauldAbbé de
Bonlieu
,
Grand Vicaire
de Lyon , Chanoine &
Chantre de SaineNizier,
futnomméEvesquesuffragant
deLyon.
L'Abbé de Dromesnil ,
Aumosnier du Roy
,
fut
sacréEvesque d'Autun,
Dimanche 22. Mars dants
l'Eglis de la MaisonProfessedes
Jesuites, par Mr
le Cardinal de Noailles,
assisté de l'EvesqueDucde
l-wn, & de l'Evesque de : Troye.L'Abbé deDromcfnil
mesnilest Docteur de Sorbonne
;il eut le premier
lieu de sa licenceen 1704,
l'année precedente il avoit,
remporté le prix d'Eloquence
del'Académie
Françoise,& dans la: mer..,
me année, il fut fait A umosnierdu
Roy. Cet AbbéestdelaMaisond'Hallencourt,
l'une des plusanciennes,&
des mieuxalliées
dé Picardie;cetAbbé elfe
frere d'EmmanuelJoseph
d'Hallencourt ,Marquis
de Dronicfnul- cy-devant
Capitaine Lieutenantdela
Compagnie des Chevaux
Legers de M. le Dauphin.
Il est fils ainsi que l'Evêque
d'Autun, de Loüis
François d'Hallencourt
Comte de Dromesnil ,
, &
de Françoise de Proisi;&
petit fils de Françoisede
Boufflers, soeur depere du
Mareschal
deBouffltrsr.
les
autres fillesquisont entrées
dans la Maison d'Hallencourt,
onttou rtaiflanceelleseftoienédes 4
Maisons de l'IsleMarivaut;
Estampes, Valençay,Humieres
,
Boulainvilliers, ;
& d'autres Maisons illustres.
Le 31. Mars Mrc Henry
Charles du Cambout
, Evesque de Mets,prit seance
au Parlement en qualitè
de Duc de Coislin
, Pair
de France.
En finissant
à Me du Bois.
Au mois de Mars Mre
Antoine SicauldAbbé de
Bonlieu
,
Grand Vicaire
de Lyon , Chanoine &
Chantre de SaineNizier,
futnomméEvesquesuffragant
deLyon.
L'Abbé de Dromesnil ,
Aumosnier du Roy
,
fut
sacréEvesque d'Autun,
Dimanche 22. Mars dants
l'Eglis de la MaisonProfessedes
Jesuites, par Mr
le Cardinal de Noailles,
assisté de l'EvesqueDucde
l-wn, & de l'Evesque de : Troye.L'Abbé deDromcfnil
mesnilest Docteur de Sorbonne
;il eut le premier
lieu de sa licenceen 1704,
l'année precedente il avoit,
remporté le prix d'Eloquence
del'Académie
Françoise,& dans la: mer..,
me année, il fut fait A umosnierdu
Roy. Cet AbbéestdelaMaisond'Hallencourt,
l'une des plusanciennes,&
des mieuxalliées
dé Picardie;cetAbbé elfe
frere d'EmmanuelJoseph
d'Hallencourt ,Marquis
de Dronicfnul- cy-devant
Capitaine Lieutenantdela
Compagnie des Chevaux
Legers de M. le Dauphin.
Il est fils ainsi que l'Evêque
d'Autun, de Loüis
François d'Hallencourt
Comte de Dromesnil ,
, &
de Françoise de Proisi;&
petit fils de Françoisede
Boufflers, soeur depere du
Mareschal
deBouffltrsr.
les
autres fillesquisont entrées
dans la Maison d'Hallencourt,
onttou rtaiflanceelleseftoienédes 4
Maisons de l'IsleMarivaut;
Estampes, Valençay,Humieres
,
Boulainvilliers, ;
& d'autres Maisons illustres.
Le 31. Mars Mrc Henry
Charles du Cambout
, Evesque de Mets,prit seance
au Parlement en qualitè
de Duc de Coislin
, Pair
de France.
En finissant
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Résumé : « L'Abbaye de la Barre, à Me du Bois. Au [...] »
En mars, Antoine Sicauld, Abbé de Bonlieu, fut nommé évêque suffragant de Lyon. Le même mois, l'Abbé de Dromesnil, aumônier du roi, fut sacré évêque d'Autun le 22 mars dans l'église de la Maison Professe des Jésuites par le Cardinal de Noailles, assisté des évêques de Luçon et de Troyes. L'Abbé de Dromesnil, docteur de Sorbonne, avait obtenu sa licence en 1704 et remporté le prix d'éloquence de l'Académie Française l'année précédente. Il appartenait à la Maison d'Hallencourt, une des plus anciennes et des mieux alliées de Picardie, et était frère d'Emmanuel Joseph d'Hallencourt, Marquis de Droncin. Il était également fils de Louis François d'Hallencourt, Comte de Dromesnil, et de Françoise de Proisi, et petit-fils de Françoise de Boufflers, sœur du père du Maréchal de Boufflers. Les autres filles de la Maison d'Hallencourt avaient épousé des membres des Maisons de l'Isle Marivaut, Estampes, Valençay, Humieres, Boulainvilliers, et d'autres Maisons illustres. Le 31 mars, Henry Charles du Cambout, évêque de Metz, prit séance au Parlement en qualité de Duc de Coislin, Pair de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2133
p. 115-120
« En finissant la seconde Partie je viens de recevoir [...] »
Début :
En finissant la seconde Partie je viens de recevoir [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « En finissant la seconde Partie je viens de recevoir [...] »
En finissant la seconde
Partie je viens de recevoir
la nouvelle de ce
Mariage.
MonsïeurleComte de
Lassay ,ColanèJ.duRégiment
d'Enguien,vientd'époufer.
Mademoiselle de
Montataire, Il est fils d'Armand
de Madaillan de
Lesparre, Marquis de Lassay
, Lieutenant General
pour le Roy des Provinces
cJePrefle, Bugey,Valromay
& Gex.Mademoiselle
de Montataire est fille de
Loüis de Madail lan de
Lesparre, MarquisdeMontataire
5
& de Mariede
Rabutin, fille de feu Mon*
sieus le Comte de Bussi.
•, LaMaison deMadaillanest
originairedeGuyenne,
où elle a possedéde
grandes Terres. Les Seigneurs
de cette Maison
connus dans les anciennes
Histoires fous le nom des
Sires de esparre,ont esté
pendant longtemps Gouverneurs
de cette Province,
où ils ont pris des alliances
avec les plus grandes
Maisons de ce pays
Guillaume Amanieu de
Madaillan Sire de Lesparre,
épousa en I408.Jeanne,
fille aisnée du Comte d'Armagnac
,
dont la grande
mere estoit Princesse de la
Maison de France, & petite
fille deS.Loüis
Le filsaisné de ce Sire
de Lesparre né fous la domination
des Anglois,
soustint rrop opiniatrément
leurParry,aprés avoir
défendu Bourdeauxcontre
Charles septiéme
; ce qui
luy fist perdre la vie, & ses
biens furent confisquées.
La branche cadette de
cette Maison qui estoit dés
lors dans le service des Rois
de France, & connuë fous
le nom desCSe7igneurs de Montataire,a produit des
gens de mente , qui ont
tousjours servy nos Rois
avec beaucoup d'attachement&
dans desemplois
considérables ; & qui ont
continué de prendre des
alliances dans les meilleures
Maisons du Royaume.
C'estdccerte branche à
present la sule de cette
Maison ,qu'est sorty Mr le
Comte de Lassay dont je
vous apprens aujourd'huy
le mariage.
~1roiflart Monstrelet ,
l'Histoire de Foix, d'Avila,
d'Aubigné,Mezeray,
& la Genealogie de la Maison
de France par le Pere
Anselme, rapportent ce
qui est ditcy-dessus
, fit
beaucoup d'autres cliofcs
choses quigrofliroienc
trop ce Memoire.
Partie je viens de recevoir
la nouvelle de ce
Mariage.
MonsïeurleComte de
Lassay ,ColanèJ.duRégiment
d'Enguien,vientd'époufer.
Mademoiselle de
Montataire, Il est fils d'Armand
de Madaillan de
Lesparre, Marquis de Lassay
, Lieutenant General
pour le Roy des Provinces
cJePrefle, Bugey,Valromay
& Gex.Mademoiselle
de Montataire est fille de
Loüis de Madail lan de
Lesparre, MarquisdeMontataire
5
& de Mariede
Rabutin, fille de feu Mon*
sieus le Comte de Bussi.
•, LaMaison deMadaillanest
originairedeGuyenne,
où elle a possedéde
grandes Terres. Les Seigneurs
de cette Maison
connus dans les anciennes
Histoires fous le nom des
Sires de esparre,ont esté
pendant longtemps Gouverneurs
de cette Province,
où ils ont pris des alliances
avec les plus grandes
Maisons de ce pays
Guillaume Amanieu de
Madaillan Sire de Lesparre,
épousa en I408.Jeanne,
fille aisnée du Comte d'Armagnac
,
dont la grande
mere estoit Princesse de la
Maison de France, & petite
fille deS.Loüis
Le filsaisné de ce Sire
de Lesparre né fous la domination
des Anglois,
soustint rrop opiniatrément
leurParry,aprés avoir
défendu Bourdeauxcontre
Charles septiéme
; ce qui
luy fist perdre la vie, & ses
biens furent confisquées.
La branche cadette de
cette Maison qui estoit dés
lors dans le service des Rois
de France, & connuë fous
le nom desCSe7igneurs de Montataire,a produit des
gens de mente , qui ont
tousjours servy nos Rois
avec beaucoup d'attachement&
dans desemplois
considérables ; & qui ont
continué de prendre des
alliances dans les meilleures
Maisons du Royaume.
C'estdccerte branche à
present la sule de cette
Maison ,qu'est sorty Mr le
Comte de Lassay dont je
vous apprens aujourd'huy
le mariage.
~1roiflart Monstrelet ,
l'Histoire de Foix, d'Avila,
d'Aubigné,Mezeray,
& la Genealogie de la Maison
de France par le Pere
Anselme, rapportent ce
qui est ditcy-dessus
, fit
beaucoup d'autres cliofcs
choses quigrofliroienc
trop ce Memoire.
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Résumé : « En finissant la seconde Partie je viens de recevoir [...] »
Le texte annonce le mariage entre Monsieur le Comte de Lassay, Colonel du Régiment d'Enguien, et Mademoiselle de Montataire. Le Comte est le fils d'Armand de Madaillan de Lesparre, Marquis de Lassay, Lieutenant Général pour le Roi des Provinces de CjePrefle, Bugey, Valromay et Gex. Mademoiselle de Montataire est la fille de Louis de Madail lan de Lesparre, Marquis de Montataire, et de Marie de Rabutin, fille du défunt Comte de Bussi. La Maison de Madaillan, originaire de Guyenne, a possédé de grandes terres et ses seigneurs, connus sous le nom de Sires de Lesparre, ont été gouverneurs de cette province. Ils ont contracté des alliances avec les plus grandes maisons du pays. Guillaume Amanieu de Madaillan, Sire de Lesparre, épousa en 1408 Jeanne, fille aînée du Comte d'Armagnac, dont la grand-mère était Princesse de la Maison de France et petite-fille de Saint Louis. La branche cadette de cette maison, connue sous le nom de Seigneurs de Montataire, a toujours servi les Rois de France avec attachement et dans des emplois considérables. Plusieurs historiens, dont Monstrelet et le Père Anselme, rapportent ces informations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2134
p. 2-66
EXTRAIT DES FAITS LES PLUS IMPORTANS CONCERNANTS FEU Mr LE MARÉCHAL DE CHOISEUL.
Début :
La Maison de Choiseul est si connuë dans l'Europe [...]
Mots clefs :
Maréchal Choiseul, Troupes, Roi, Majesté, Prince, Ennemis, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT DES FAITS LES PLUS IMPORTANS CONCERNANTS FEU Mr LE MARÉCHAL DE CHOISEUL.
EXTRAIT
DES FÀITS
V
LES PLUS IMPORTANS
CONCERNANTS
FEUM'LEMARE'CHAL
DE CHOISEUL. LA Maison de Choi-
,-
seul est si connue
dans l'Europe pour son ancienneté,
& la Noblesse de
son origine estsi amplement
rapportçc dans le Nobilier
de la Province de
Champagne, d'où elle la
tire, qu'il suffira pour établir
la haute naissance de
Monsieur le Maréchal de
Choiseul, de dire que dans
la preuve qu'ilfit de sa Noblesleen1688.
lors qu'il
fut faitChevalier de l'Ordre
par une genealogie qui remonte
jusqu'à
17 ayeuls &
ayeules; il justifiequeJean de
Choiseul quivivoit audouziémesiécle
son ;onziéfQc
ayeulfit l'hômage-lige avec
la Princesse Alix de Dreux
sa mère, dans untitre: de
l'Abbaye dela Chancedatté
de l'an 1239qu'ildevoit
à l'Evêque deLangres à cau
fc de son Château de Choiseul
,
qu'ils'obligeaàdeux
cent marcs d'argent pour
les conventions du Mariage
de Margueritte de Navarre
avec Ferry II.Duc de
Lorraine,&endonna Ces
Lettres l'an 1149, qu'il
confirma au moisd'Avril
de l'an 1252,,toutesles dotations
queReignier Seigneur
d'Aigremont perc
d'Alix d'Aigremontsafemme,
avoitfâitaux Religieux
del'Abbayede Moritnont
dontilsfont Fondateurst
&de-* celle de Molesme
,
& qu'au mois d'Aoust de
l'ànnée suivante, il promit
à Hugues Comte de Bourgogne
de faire la guerre
auCotme de Champagne,
& de l'aider de Ces Châteaux
de Choiseul& d'Aigremont
,
& qu'en l'an
126 5 ,
il termina un différent
qu'il avoit avec Thibault
Comte de Bar son
Coufin, au nom duquel il
avoit répondu de mil marcs
d'argent pour laseureté des
conventions du Mariage
de ses Enfans avec ceux du
Comte deBourgogne, son
pere qui écoit Regnard de
Choiseul 1
2e ayeul du
Nom. Sirede Choiseul
assigna l'an im, la moitié
de sonChâteau deChoiseul
pour le douaire de -la.
Princesse Alix de Dreux sa
femme )men: dudit Jean de
Choiseul
,
qui étoit veuve
de Gautier de Bourgogne
frere d'Estienne II. Comte
de Bourgogne ; Elle étoit
fille de Robert11. Comte
de Dreux 4e fils. du Roy
Loiâis VI dit le Gros &
d'Alix de Savoye
,
l'an
12 jj, il fut l'une des cautions
du Mariage de Blanche
fille de Thibault Comte
de Champagne, & Roy
de Navarre, avec Jean fils
de Pierre Duc deBretagne :
cette Maison a toujours été
reputée grande dans son
enginc , tous les Historiens
qui l'ont curieufcmçnt
recherchée la croyant sortie
des anciens Comtes de
Langres, &du Bassignyqui
étoient Souverains, dont
plusieurs Branches se font
conservées, JLïtejuàprêtent.
LesMarquis de Langres, Barons
dïAmbonnéville, & de
Beaupré; les Barons de Meuse
,
Marquis de Germay ; les
Comtes de Che'Vigny) les Bâtonsd'Aguelly
; lesSeigneurs
:
de Villars & de Bussieres ;
les Marquis de Praslain Comtes
du Plessis &Ducs de Choiseul
Pairs de France
,
d'où
sont issus les Maréchaux de
Praflain & du Plejfis ; les
ComtesdHostel> & les Seigneurs
de Voteau.
Mr leMaréchal de Choiseul
cft né le dernier Decembrc
1632.. & morele1j
Mars 1 7 11. âgé de 78 ans
deuxmois& 15 jours. Il
étoit fils de Loüis. de Choiseul
,
Seigneur Marquis de
Francieres, Lieutenant General
des Armées du Roy,
Grand Bailly & Gouverneur
de Langres. Il s'appelloit
Claudede Choiseul Marquis
deFrancieres, Premier
Maréchal de France
,
Chevalier
des Ordres du Roy,
Gouverneur des Ville &,
Citadelle de Valenciennes,
GrandBailly&Gouverneur
de laVillede Langres,
-
-
En l'année1649. dés Tige
de 16. ans il commença
à donner des preuves de son
courage,en servant de Vo
lontaire jusqu'au temps que
le Marquis de Franciere fart
pere,luy avant cédé la Compagnie
qu'il avoit dans le
Régiment du Grand Prince
de Condé,il se trouva en
cette qualité au combat de
Vurysur Seine, appelléle
combat S. Antoine, oùil
mérita
, par la valeur qu'il y
fit paroistre
,
le Regiment
de Cavalerie, dont Sa Majessé
lhonnora en 16 3.
temps oùil n' y en avoit que
huit au neufen France, ce
que leCardinal Mazarin luy
ditavant d'obtenir cc Régiment
,est digne de rermaque
; on l'appelloit alors le
Comte de Choiseul, nom
qu'il a toujours porté depuis,
jusquace qu'ilaitesté
fait Maréchal de France : il
avoir combattu en cetce fameusejournée
avec tant de
courage à la tête du Régiment
de Coridé, où la
plupart des Officiers furent
tués, & il s'estoit si fort ex- posé qu'il y futblessé ÔC
pris prisonnier,leCardinal
le voulutvoir,& luy parla
en cette forte: Monsieur
evousavezbienfaitniais voûï
ave% malfaitvous avek bien
fait en combattant en -tre^~
brave hommé, maisvousavez
malfaitdeservircontreleRoy
vôtre Maistre ; le Comte de
Choiseul luy répondir.-Â/arë.
siuerjesuisencore trop jeune
pourfaire des refléélions3jfajf
obéi aveuglémentàmon Pere;
le Cardinal luy répliqua:
Hé bien, fyîonficur
,
le Roy
seravostre premier Pere
y
alltz
Chf'{--WNS attendre fis ordres
Eneffet quelque tempsaprès
onluy envoya le Brevet de
Mettre de Camp de Cavalerie,
qu'ilreçût del'agrément
même de Monsieurle
Prince; il se signalaà la tête
de son RegimentauxSièges
deMouzon & de Sainte
Menehoult,en 1654. àceluy
d'Arras, où les Ennemis
qui attaquoient cette Place,
ayant esté forcez dans leurs
retranchemens,ildeffità
la tête de son Régiment cc:
luy d'Obock, dont ilgagna
les Timballes,SaMajesté eu
fut sicontente,qu'Elle IUY
accorda une pensionde mil
écus, qui estoit pour lors
sort considerable. En16
il se trouva aux Sieges de.
Landrecies, Condé & S.
Guillain, & àce dernier
ayant joint la capacitéauf
courage, il opposa si à propos
quelques Escadrons aux
Ennemis, qu'il facilitabeaucouplaréduction
decette
Place.
1 En1656.ausiege deValenciennes
,
les Ennemis
ayant attaqué le Maréchal
de la Ferté qui y comman-; doit,le Comtede Choiseul ;
par sa vigilance & par sa
valeur
,
donna moyen au
Marquis de Renelde retirer.
les Gardes Suisses restées
dansles Tranchées,où ellles.
auroient esté accablées par
le grand nombre des Ennemis.
En 1657.lorsque feu
Monsieur le Maréchal de
Turenne investitCambray
la fermeté que le Comte do)
Choiseul témoigna en attendant
avec 12. Escadrons
seulementles ennemis, qui
enavoient trente&quivenoient
pourtomber surles
bagagesdel'Armée,qu'ils
auroient pillez, cette fermeté
leséconria tellement,
qu'ils seretirèrentsans oser
rienentreprendre.En1658.
sonmenteaugmentant de
jour en jourluyacquit avec
raison la confiance des Ge"
neraux ,le Maréchal de la
Ferté luy donna le, Commandement
d'unCorps.de
deux mil hommes, pour
couvrir Landrecies, le
Quesnoy &les Places voisines,
pendant qu'il aflîegeoitSaineVenant&
Mardick,
&que le Maréchal de
Turenne&ttaquoit DpnKçtque.
En
En 1664. après la Paix
des Pyrenées, le Comte de
Choiseul n'ayant plus d'occasson
en France designaler
sa valeur, il demanda
d'aller à la tête d'un Regiment
en Hongrie avec
les Troupes que Sa Majesté
envoya au secours de l'Empereur
,
qui arresterent par
le gain du fameux Combat
de Saint Godard le cours
des prosperitez des Armées
Ottomanes. Ilse signala
fort en cette occasion.
En 1667 le Comte de
Choiseulfut faitBrigadier
des ArméesduRoy&dans
la guerre qui recommença
alors il donna de nouvelles
marquesde sa capacité& de
son zele, En 1668. aux sieges
de Tournay., Doüay
& Lisle, que Sa Majestésir
en personne, il fut détaché
pour chercher le Comtede
Martin
,
commandant les
Troupes Espagnolles yit
dessità latête du Regiment
d'Hostein ce célébré Général,
&,fit beaucoup d'Officiers
prisonniers, cette doffaite
fut encore remarquable
par laprise de Don*
Antoine de Cordouë
,
qui
commandoit la Cavalerie
Espagnolle.
En1669. leComte de
Choiseul fut fait Maréchal
de Camp, & envoyé en
Candie, où il demanda d'alleér
avec les Troupes que le
Roy y fit passer au secours
des Venitiens : Il répondit
tellement par ses actions à
la bonne opinion qu'on
avoit de sa capacité
, que
les Venitiens ,& le Sieur
Morosini, leur General, en
firent des Eloges, qui ont
cIe rendus publics partoute
l'Europe ; ils reconnurent
authentiquement combien
sa presence leur avoircfté
necessaire, lorsqu'estant
demeuré à ce Siège feulearjenc
avec six cens hommes
après rembarquement du
leste des Troupes
-
de Sa
Majesté il dit au General
Morosini : Les François n'aandonnent
point leurs amis
sans les mettre au moins en
seureté, quand il est impossible
de leur procurer la victoire.:
Ensuite il fit un tel effort
avec Ces six cens hommes,
(jtui epoussa les Turcs, &
lui donnal ieud'obtenirune
Capitulation honorable, dans le moment qu'il devoitpérir
avec toute &
Garnison.
La Republique de Venise
fut si touchée de cet important
service,qu'elle ordonna
à son Ambassadeur à Paris,
d'aller de sa part faire
des complimens &:des remercimens
au Comte de
Choiseul, dontils'acquitta.
En 1671. àla Guerre de
Hollande il se distingua
aux Sieges d'Arnheim, du
Fort de Schinck, de Nime:
gue, de Crevccoeur
, & de
Bomel.
;
En 1673. à la deffese
de Prague près de Wesel, qu'il ne gardoit qu'avec un
Bataillon & une Compagnie
de Cavallerie
,
il arrêrai
tout court le Prince d'o.
range,qui ne pût le forcer
avec toute son Armée.:
En 1674.il se distingue
au Combat de Seneff. '.;
En 1675.ilcommande
un Corps de Troupes pen..
dant l'EstésurlaMeuse,&
l'Hyver en Lorraine fous le
M^t&chal de Rochefort il
pritla Ville de Deuxponts,,
& plusieursChafteaux.
En 1476. le Comte de
Choiseul fut fait Lieutenant
General des Armées;
du Roy:Il deffit cette même
année une Efcortc tresconfiderable
de Fourageurs,
& lorsque le Maréchal Duc
de Luxembourg se retira
fous Saverne, le Comte de
Choiseul conduifir l'Arrieregarde
de l'Armée qu'il
commandoit, & la garantit
par sa bonne conduite du
rilque qu'elle couroit d'être
entamée par l'Aimée^ çanemie.
En 1677. il se trouva à
la Journée de Cochsberg,
où l'Armée des Ennnemis
fut défaire, il avoir déjà
disposé toute l'Armée,
quand le Maréchal de Crequy
arriva juste pour avoir
Thonneur de la victoire,
MonsieurdeChoiseul finie
cette campagne par le
siege de Fribourg.
En 1677. ilattaqua avec
le même succès un Corps
de Troupes des Ennemis,
fit plusieurs Prisonniers,apprit
beaucoup de bagages
cetteactionfut, suivie d'une
autre
autre prés Rhinfeld
,
où il
força & battit les Ennemis
retranchez, prit SeKingen.
aprés s'être rendu Maistre
d'un Poste qui en estoit
proche.
En 16-, p. il se trouva à
laprise des Forts de Stras
bourg,& battit l'arrieregarde
des Ennemis prés de
Minden.
Son merite & sa capacité
s'estant fait remarquer dans
tous les endroits où ila fer-
.J
vi; le feu Electeurde Cologne
le demanda au Roy
en 1684. pour commander
son Arméeenqualité de General
& FeldMaréchal, & il
est dit dans le monde à ce
sujet, qu'une personne puissante
qui ne lui estoit pas
favorable, dit au Roy que leComte de Choiseulestoit
un Officier tres-capable
,
mais qu'il avoitla veuë basse;
à quoi Sa Majesté répliqua
il en verra mes Ennemis de
plus prés.
Il réduisit la Ville de Liege
à l'obeissance de cet Electeur,
par une action qui eue
esté temeraire s'il y eut eu
unmeilleur party à prendre;
maisla témérité devient pruetice
en certaines extremitez
où l'audace est necessaire
pourintimider ceux qui vous
accableroient par le grand
nombre un petit parti qui
tenoit encore pour l'Electeur
dans la Ville contre
cinquantemille revohez
en armes, lui livrant une
des portes, par laquelle il
entra avec sa seule Compagnie
des Gardes, pendant
que toute son Armée étoit
derriere
, un des Mutins le
coucha en jouë avec un fusil
bandé pour le tuer;son Capitainc
desGardes se jetta dcf,
ÍUs, & l'alloit tuer d'uncoup
depistollet ; mais leComte
de Choiseull'empêcha en;
cliant; ah ne luifaitespointde
mal, ilestassezpuni,puisqu'ila
peur; en fuiteil sempara sans.
perdre temps de toutes les
places&des avenues par le
moyen du party
-
qu'il avoic
dans la Ville,destrouppes
qu'il y fit entrer sur le
champ;cette richeVillevoulut
luyfaire present d'une
somme tres-conisiderablea
qu'il refusa
, coûtent du
present de l'Electeru qui
lui donna uneépée garnie de
diamants, & quatre picces
de canons qui sont sur la
principale Tour du Chas.
tcaud'Irouer en Bourgogne,
parBrevet de Sa Majesté.
En 1689. il commanda
un Corps separé sur le haut
Rhin, pour s'opposer à fEJelèeûr:
de Bavierre qui le
trouva posté, de maniéré
qu'il n'osa rien entreprendre
avec toute son armée, quoy
que le Comte de Choiseul
n'rot que trente-deux Efèadrons
fous ses ordres, & un
RegimentdInfanterie. Il
prie à la fin de la Campagne
Bretten dans le Marquisat de
Baden, fit prifonnicrs 600
hommes quiétoient dedans,
& repoussa un Corps de
Troupes qui s'estoit approché
pour la secourir.
-
En 1690. il continua ses
services en Allemagne fous
le Maréchal de Lorges, en
1 6 9 1. il fut envoyé à
S.Omer, à desseind'yassemblerun
corps detroupes
; les Ennemis menaçany
d'attraquer nos Places Maritimes
,
& en 1692. il servit
en ladite qualité de Lieutenant
général
,
fousle Marechal
de Bellefond
,
le long
des Costes de Normandie.
Au mois de Mars 1693.
le Comte de Choiseul fuy
fait Maréchal de France,
lamêmeCampagne de1693.
il commanda en sécond l'Armée
d'Allemagne,que Mr
le Maréchal de Lor ge comme
son ancien commandoiy
en chef; Mr le Maréchal de
Choiseulla commanda fcul
pendant quelque temps ;
Mr le Maréchal de Lorge
estant allé au devant de
Monseigneur&de son Armée,
que conduisoit Monlïeur.
le Maréchal de Bouf
flers.
En 1694. Mr le MaréchaldeChoiseul
fut nommé
,
pour commander surles
Costes Maritimes du Ponent
une Armée pour s'apporer
aux enrreprifes des Ennemis;
il commandoit dans toute
l'etenduë des Provinces de
Normandie & Bretagne ,
comme General d'Armée,&
comme Gouverneur, de maniéré
que Sa Majesté en l'honorant
de cet Employ
,
lui
dit je vous donne le même
Commandement, avec la
même authorité qu'avoit
mon frere la campagne dernière;
en sorte que ses ordres
depuis le Conquest par delà.
Brest se portoient jusqu'au
Treporc au delà de Dieppe;
ce qui fait plus de cent quatrevingt
lieues.
En 1695. Mr le Maréchal
de Choiseul eut le même
Commandement sur les
Costes de Normandie & de
Bretagne, Dieppe;qui se trouvoie
éloigné de plus de 60
lieues de la Hogue, où il campoit
avec son Armée fut
bombardé par les Ennemis
& sort endommagé, le Maréchal
de Choiseul quelque
.diligence qu'il sit nayant pû
s'y rendre assez tost, il prévint
les Ennemis au Havre qu'ils
bombarderent ensuite avec
furie; mais par sa prévoyance&
par les bons ordres qu'il
donna dans la Ville; les Ennemis
après avoirresté devant
trois jours & trois nuits,
furent obligez de se retirer
après y avoir perdu leur plusgrande
Galiotre, qui fauta
d'une deno s bombes;on prit
tout ce qui estoit dessus ;ils
esperoient dans la terreur où
tout ce Pays se trouvoit;s'emparer
de cette Ville que le
Bourgeois avoit entièrement
abandonné en laissant lesportes
de la Ville ouvertes, &
même le Commandant , quoi- que jusqueslà connu
pour un brave homme, se
trouvoit saisi de la même
crainte,&s'étoit enfermé dans
une tour dont il n'osoit fortir
avant que le Maréchal de
Choiseul fut arrivé; lequel
par sa presence & par ses (agesprécautions
sauva l-el Ville
de l'incendie; il n'y eut seulement
que deux ou trois maifons
endommagées ou brulées.
En 1696 ,
Sa Majesté
nomma Mrle Maréchal de
Choiseul pour commander
en chef son Arméed'Allemagne,
avec laquelle il
passa d'abord le Rhin, &
-
subsista longtems dans le
Marquisat de Baden aux
dépens desEnnemis; cfrfuite
ayant repassé éèfleuvê
avec son Armée, il marcha
jusques auprès de Mayence
,jusqu'à ce que la
substance luy manquant,
il fut obligé de remonter
fut le ruisseau duSpirback,
qu'il occupa dans toute son
étenduë,depuis Neustat jusqu'à
Spire
,
qui font5grandeslieuesd'
Allemagne.Mr le
Prince de Baden ayant passé
le Rhin à Mayencc avec
toutes les forces de l'Empire
qui rendoient son Armée
plus nombreuse d'un
tiers que cclle de Sa Majesté,
quoy qu'elle eûtesté
jointe par un corps détaché
de celle de Flandres , commandé par Mr le Marquisd'Harcourt
Lieutenant
General, publioit aussi-bien
que tous les Alliezqu'il aL
loit faire le siege de philisbourg
ou celuy de Landau
,
& ravager l'Alsice.
Il avoit à sa suite toute
l'artillerie, &les munitions
de guerres necessaires
,
&
ses magasinsassurez ; fou
projet paroissoitbon, aucun
General jusques
-
là
n'avoit pensé de garder un
si grand espace de pays,
avec une Armée fort infe- ;
ricure à celle de son Ennemy
,
n'ayant pour se couvrir
qu'un simple Ruisseau
gayable, & presque deses- ¡,
chépar tout, sans aucuns
retranchemens. Mnsieur
le Maréchal de Choiseul
fit feulement à la haste relever
un peu de terre le long
dece ruisseau,& quelques
abatis d'arbres. Le Prince de
Baden marchoit à luy à
grandes journées, ille trouva
campé en cetétat,ayant
sa droite appuyée à Spire,
c'est à dire, au Rhin, sa
gauche à Neustat
petite
»
Ville au pied de la Montagne,
& son centre fortifié
de quelques redoutes,
&
d'arbres abatus, sa fituation
, & plus encore l'alfu.
rance de son Armée fous
un tel General, arresta tout
court le Prince de Baden ; il s'amusa à cannoner un
Château au-dessus de Neuflac
qu'il ne prit point,
non plus que cette Ville
qui n'auroit pas tenuë contre
un détachement de cent
Dragons, quoy qu'ellefût
de son côté au-delà dudit
ruisseau,& après avoir passé
trois semaines, les deux
Armées en presence à se
cannoner de part & d'autre,
Mrle Prince de Baden fc
retira ,
retira, & finit la campagne,
sonArmée en tres mauvais
état, ayant beaucoup souffert.,
sur tout sa Cavalerie,
celledu Roy ayant auparavant
consommé ce qu'il
y avoit de fourages,au lieu
quecelle deSa Majesté avoit
aborrdahcedetouteschoses;
sanstrop loüer Mr le Maréchalde
Choiseul, on peut
dire que ce parti hardi qu'il
prit de luy-même contré
l'avisde plusieurs Officiers
Généraux, est un trait de
grand Capitaine, & des
plusexpcîrimeiitez.1
En 1627.il continua le
même commandement CD
Allemagne, subsista longtems
avec son Armée aLi
prés de Mayence aux dépens
des Ennemis, pendant que
Mr le Prince de Baden avec
celle de l'Empire assembloit
de l'autre côté du Rhin
plusieurs ponts pour passer.
ce fleuve, & ravagerl'Alsace
; Mr le Marechal de
Choiseul pour l'empêchec
marchaàl'entréedela nuit,
avec tant dediligence qu'cD
moins de trois joursil avoit
passé le Rhinau FortLoüis
avec toute son Armee , armes
, canons & bagages,
& campa au milieu du Mat*
quisatde Baden,ayant fait
plusde trente lieuësd'Allemagne
; Mr le Prince de
l'autre, côté du Rhin, pour
lobserver ,croyant que
nôtre Illustre General, vouloit
feulement couvrir l'Alface
, comme il en faisoit
courir le bruit,fut dans un
étonnement incroyable d'aprendre
que l'Armée du
Roy innondoit son propre
Païs,tous sesprojetsenfurent
deconcertez;ilnepensa
plus qu'à couvrir l'Allemagne
où l'Armée du Roy
subsista la plus grandepartie
de la campagne au desfous
& au-dessus de Strasbourg,
où le Maréchalde
Choiseul auroit emporté de
grands avantages, sans les
pluies qui tomberent pendant
prés d'un mois sans
discontinuation,&qui rendirent
les chemins tellement
impraticables qu'il fut impossible
d'attaquer les Ennemis
dans leurs retranchemens
le long de la Montagne
; cet espece de deluge
embarassa même extrêmement
l'Amée du Roy dans
sa retraite, où les Ennemis
parurent inutilement
pour donner sur l'arrierc..
garde,ils ne purent l'enta.
mer par aucun endroit:
elle subsista le reste de la
campagne toujours aux dépens
des ennemis au Païsde
la Saarre
,
où les ordres
arriverent pour une cessation.
d'Actesd'Hostilitez
de part &d'autres en attendant
la fin du Traité de Paix
qui fut conclu à Rifwick ;
Mrle Mareschal ds Ghoiseul
à son retour à la Cour
aprèsavoir rendu compte
au Roy de sa Campagne, luy representat que sa santé
& sa vûe eftoienr si fort affoiblis
qu'il estoit obligé
de dire à Sa Majesté, avec
regret, qu'il ne se trouvoir.
plus en estat de pouvoir
aller à la guerre à l'avenir,
& qu'il estoit heureux d'en
sortir avec l'honneur de son
<eftimë ; le Roy luy repon?-
dit avec bonté qu'un Homme
commeluy luy seroit
toûjoursnecessaire.
Eusuite SaM. pour mac--
quer qu'Elle étoit contente
de ses services, de son propre
mouvement, ju geant
qu'il n'avoit pas assez de revenupour
subsister convenablement
selon son rang,
changea le Gouvernement
qu'il avoit de Saint Orner
,
qui ne valoir que 12 mil
livres à celuy de Vallenciennes.
quiest de 30 mil
Ivres.,
Au commencement de
Jannéç'1707érpnt.devenu'
leDoyen des. Maréchaux
de France, par la
mort de Mr le, Marefcb^l
d'Estrées, malgré la màtivaisesanté,
il fé donna
tout entier aux affaires de
la Mareschaussée jusqu'au
mois de Fevrier 1711,
que se sentant afforblir
beaucoup
,
il supplia- Sa
lMajcll:é de trouver bon
qu'ilquittât ce tra~ait~~u~c
sa santé neluypouvoit plus
foût-t-ilit-) le Roy k luy
permit avec Eloges,die
qu'ilapi^buvbittôûjours
que-lèsj Ht>mrnSs?dè diftitlaion
,commeluymissent
un intervale entrela vie
& morè ,SaMajestédit
qu'il
qu'il le prioit de conserver
la santéd'un Homme qu'il
avoit toûjours estimé.
A sa mort qui arriva
le quinze Mars, c'est-àdire
, fort peu de tem ps
après,SaMajesté dit publiquement
à son sujet, qu'-
Ellevenoitde perdre un
vertueux Gt--litilï.hon-Ime
:
grandElogo danslabouche
d'un Roy,qui parlant [don
r
son coeurcomprend f-ou'$lc'è-,-
mot devertueuxtout ce
; qui peut faire le Panegirique
d'un grand Homme.
LorsquesaFamilleallaannoncer
cettemort à Sa M;,,,
& témoigner sadouleur sur
cette perte, SaMajestérépondit
je perds aussi un Sujet
qui m'a rendu d'importants
fervices, &qui a sçûrendre
dignementla Justice ;
SaMajestéavoit un si grand,
fonds de confiance en sa
probité &sincerité
, qu'en
plusieurs rencontres Elle a
cité, pour faitsconstants,
cequ'Elle sçavoit par luy,
en disant, Cboifeulmcula
dit. ii On a fort admiré dans
le Monde la maniere
dont il remit la Connétablio
entre les mains du
Mareschal de Villeroy
soïs esprit fain & entier,
sa santé luy promettoit encore
plusieurs annéesde
vie; mais il vouluen'être
plus occupé que des foins
de son salut,& de l'arrangement,
de ses affaires ,-&
lors que quelque tems a près
il vit sa santé diminuer
il preparoit luy-même se,s
Amis à une separation qui
l'attendrissoit sans s*allarmer.
Enfin quand on luy
annnonça qu'il falloitfonger
à ses Sacrements
,
il
dit d'un air ferme & gracieux.
t^ous me faites plaifr
, car je me sens diminuer;
il eut l'aprésmidy
une conversation avec Mr
l'Abbé Fl.., homme
doüé d'un profond sçavoir
& d'une aussi grande pieté,
aveclequel il en avoir déja
eu plusieurs de cette manière
: Le foir il seconter
ôç le sit avec grande présence
d'esprit le lendemainqui
estoit le Vendredy
matin 13 Mars
,
il recût
le saint Viatique & l'Extrême-
Onction; repondant
à toutes les Prières,
avec une humilité, unepiété
& une édification admirable
;le reste dii jour ille
passa tranquillement, , parlantavec
une entiere connoissance
; même le soit
son Domestique luy parlant
d'une querellede deux
Medecins qui estoient prests
à se battre dans son antichambre
,
sur un remède
qu'onvouloitluy donner,
il répondit en riant
,
ilssi
battent pour peu de chose
le peu de , vie qui me reste
ne vaut pas la peine de disputer
; >ynais il faut pourtant
mourrir dans les formes ; la nuit sepassa encore assez
bien; mais sur lesquatre
heuresdumatin, ilfut
fort agité, il fallutle lever
dans son fauteüil
,
où il
resta, du temps ; mais ne
pouvant plus tenir, on le
remit au lit avant midy , auquel temps il ne parla
presqueplus, mais il entendoit
& serroit la main
à son Confesseur en embrassant
le Crucifix; le Samedy
jusqu'à minuit,il
fut à peu prés de Inefrne',
-
en empirant toûjours jut:
qu'au Dimanche à midy
1 5 Mars qu'il expira, sans
aucune violence
, comme
une lumière qui s'éteint
faute d'huile.
, Mr le Maréchal de
Choiseul à la mort de
son pere quil'avoittoûjours
flaté de luy laisser
trente mille livre de rente,
trouva plus de dettes
que debiens; on luy
proposa de prendre des
,
Lettres, d'Etat
3,
pour
.pouvoiravec* le/tenis,
s'aqufetêr petitàpetit
sans s'incommoder;non,
: dit-il ; il vaut mieux
-siftcômàderquedéfaire
attendre ceux a qui l'on
doit ; ensuiteilassembla
tous les Créanciers
de sa Maison, S( leur
distribuà les Terres dont
,
il auroit pû joüir long-
,
tems malgré eux, & seroit
restésans bien si le
Roy parses bien-faits ne
-
l'eût mis en étatdesub-
: sister.fplong -Ilfèroittroplongde
raporter toutes sesactions,
dejufticc,&C de
rgénerofité , ilprenoit
souvent sur fbii necef-
-- saire pour aider ses proches,
ses amis, & ceux
quis'atachoientàluy. Il
n'y a jamais eu un meilleur
parent,un meilleur
Ami, ni un meilleur Maître;
en un mot, le grand
nombre d'actionséclatantes
publiques & particulieres,
Tiinformioé
desoncaracterependant
une longue vie ; le jugement
des plus grands
Hommes du dernier Siecle,
qui l'ont loüéhautement
, prouvent bien
lemérite du coeur &
de l'esprit de ce grand Homme.
En effet, peut-on gagner
tant de suffrages,
réussir dans unsi grand
nombre d'entreprises ,
,
se conduire pendant
soixanteans, à la Cour,
à la Guerre,dans lavie
privée,& dans les conjonctures
les plus delicates,
avecune équité parfaite,
un honneur franc,
une exactebien-seance,
& une fermetéinébranlable
, sans avoir un
grand coeur, un bon
sens, un jugement seur,
& un grand fond de veritableesprit.
Mr le Maréchal de
: Choiseul ne1 se piquoit
<point de cette subtilité
,degenie y&C de cette
-politique rafinée, qui
fait le méritede la plus-
- part des Courtisants;
son grand coeur en ref,
fufoit l'étude, &en mé-
"prifoir l'usage:Iln'avoit
.pas besoin d'Art, lavivacitédu
sentiment luy
rfuffifoic faloit - il agir,
falait-ilparler dans une
occasion importante, il
agissoit, il parloit avec
une promptitude ,. ôc
,. une justesse dont les plus
deliez Courtisants ,au..,
roient fait un grand
honneur à leur esprit. i Ila eu le bonheur de
n'en sçavoir point trop,
&de se laisser conduire
par une nature excellen-
-,
te, quilatoûjoursporté
droit à ce qu'il y avoit
de plus raisonnable, &c
de plus vertueux; aurions-
nous en sa personne
le modelleparfait
d'un Gentil-homme ;1,
s'il eûttantsubtilisé surles
principes de la vertus
-& de l'honneur, & H.
lesentiment chez luy eût?*
été embarassé par les
raisonnements delaPhi-1-
lofofie &delaPolitique,
en plusieurs occasions,
dans des tems dificiles,
son honneur Se la reli—>
giondesonsermentsurent,
tentez par l'interest,
d'une grande fortune;
il né fut point assezrafiné
politiquepour se former
denouveaux devoirs par
des raisonnements fub-
19s
, en ces occasions
,
il répondoit gauloise—
ment; il nJcft pas en
moy de faire cela,j'aimerois
mieux mourIr.
Enfin l'ame du Maréchal
de Choiseul étoit
celled'un véritableChelier
Gaulois, verseuse
> confiance
,
intrepide
:1
comme celle des Guesclins,
& des Bayards
,
Pi pendant soixaute ans
comme le modele denô-î
tre.gncieiiiie ?.&£ verjta-i
hle iClicvaiçe : i:
Je parojtroisufurpec.
les droits de la Chaire,;
&entreprendre. l'Osai-;
son Funebredu Masê-î
chal de Choiseul ,ii je.)
voulois montrer,icy,dans
touc leurjour le$;gfàndsî
sentimens - quil'ani- ,,'
moient 8c qui fori
moient en luy ce çoncert
de vertus qui fait le
parfait honneste hotn.
me & le veritable Chrétien
, cette bonté
, cette
humanité
,
cettecharité1
extrême d
:l ce pardon
courageux des injures,
jointà cette suprême valeur;
cette libéralité exercée
de bonne foy ôtiecrettement
sur desennemis,
sur desingrats; ces
vertus sublimesdansun
homme simple font hon..
neur à l'homme & à la
Religion:oüy, l'on peut
dire que l'homme& la
Religion luy ont obligation
d'avoir fourni une
preuve vivante &inCOfl.
testable, que les conseils
de l'Evangile sont sondez
dans la bonne nature,
&que le véritable
heroïsine du monde ne
peut estre perfectionné
qtuiepaanr
DES FÀITS
V
LES PLUS IMPORTANS
CONCERNANTS
FEUM'LEMARE'CHAL
DE CHOISEUL. LA Maison de Choi-
,-
seul est si connue
dans l'Europe pour son ancienneté,
& la Noblesse de
son origine estsi amplement
rapportçc dans le Nobilier
de la Province de
Champagne, d'où elle la
tire, qu'il suffira pour établir
la haute naissance de
Monsieur le Maréchal de
Choiseul, de dire que dans
la preuve qu'ilfit de sa Noblesleen1688.
lors qu'il
fut faitChevalier de l'Ordre
par une genealogie qui remonte
jusqu'à
17 ayeuls &
ayeules; il justifiequeJean de
Choiseul quivivoit audouziémesiécle
son ;onziéfQc
ayeulfit l'hômage-lige avec
la Princesse Alix de Dreux
sa mère, dans untitre: de
l'Abbaye dela Chancedatté
de l'an 1239qu'ildevoit
à l'Evêque deLangres à cau
fc de son Château de Choiseul
,
qu'ils'obligeaàdeux
cent marcs d'argent pour
les conventions du Mariage
de Margueritte de Navarre
avec Ferry II.Duc de
Lorraine,&endonna Ces
Lettres l'an 1149, qu'il
confirma au moisd'Avril
de l'an 1252,,toutesles dotations
queReignier Seigneur
d'Aigremont perc
d'Alix d'Aigremontsafemme,
avoitfâitaux Religieux
del'Abbayede Moritnont
dontilsfont Fondateurst
&de-* celle de Molesme
,
& qu'au mois d'Aoust de
l'ànnée suivante, il promit
à Hugues Comte de Bourgogne
de faire la guerre
auCotme de Champagne,
& de l'aider de Ces Châteaux
de Choiseul& d'Aigremont
,
& qu'en l'an
126 5 ,
il termina un différent
qu'il avoit avec Thibault
Comte de Bar son
Coufin, au nom duquel il
avoit répondu de mil marcs
d'argent pour laseureté des
conventions du Mariage
de ses Enfans avec ceux du
Comte deBourgogne, son
pere qui écoit Regnard de
Choiseul 1
2e ayeul du
Nom. Sirede Choiseul
assigna l'an im, la moitié
de sonChâteau deChoiseul
pour le douaire de -la.
Princesse Alix de Dreux sa
femme )men: dudit Jean de
Choiseul
,
qui étoit veuve
de Gautier de Bourgogne
frere d'Estienne II. Comte
de Bourgogne ; Elle étoit
fille de Robert11. Comte
de Dreux 4e fils. du Roy
Loiâis VI dit le Gros &
d'Alix de Savoye
,
l'an
12 jj, il fut l'une des cautions
du Mariage de Blanche
fille de Thibault Comte
de Champagne, & Roy
de Navarre, avec Jean fils
de Pierre Duc deBretagne :
cette Maison a toujours été
reputée grande dans son
enginc , tous les Historiens
qui l'ont curieufcmçnt
recherchée la croyant sortie
des anciens Comtes de
Langres, &du Bassignyqui
étoient Souverains, dont
plusieurs Branches se font
conservées, JLïtejuàprêtent.
LesMarquis de Langres, Barons
dïAmbonnéville, & de
Beaupré; les Barons de Meuse
,
Marquis de Germay ; les
Comtes de Che'Vigny) les Bâtonsd'Aguelly
; lesSeigneurs
:
de Villars & de Bussieres ;
les Marquis de Praslain Comtes
du Plessis &Ducs de Choiseul
Pairs de France
,
d'où
sont issus les Maréchaux de
Praflain & du Plejfis ; les
ComtesdHostel> & les Seigneurs
de Voteau.
Mr leMaréchal de Choiseul
cft né le dernier Decembrc
1632.. & morele1j
Mars 1 7 11. âgé de 78 ans
deuxmois& 15 jours. Il
étoit fils de Loüis. de Choiseul
,
Seigneur Marquis de
Francieres, Lieutenant General
des Armées du Roy,
Grand Bailly & Gouverneur
de Langres. Il s'appelloit
Claudede Choiseul Marquis
deFrancieres, Premier
Maréchal de France
,
Chevalier
des Ordres du Roy,
Gouverneur des Ville &,
Citadelle de Valenciennes,
GrandBailly&Gouverneur
de laVillede Langres,
-
-
En l'année1649. dés Tige
de 16. ans il commença
à donner des preuves de son
courage,en servant de Vo
lontaire jusqu'au temps que
le Marquis de Franciere fart
pere,luy avant cédé la Compagnie
qu'il avoit dans le
Régiment du Grand Prince
de Condé,il se trouva en
cette qualité au combat de
Vurysur Seine, appelléle
combat S. Antoine, oùil
mérita
, par la valeur qu'il y
fit paroistre
,
le Regiment
de Cavalerie, dont Sa Majessé
lhonnora en 16 3.
temps oùil n' y en avoit que
huit au neufen France, ce
que leCardinal Mazarin luy
ditavant d'obtenir cc Régiment
,est digne de rermaque
; on l'appelloit alors le
Comte de Choiseul, nom
qu'il a toujours porté depuis,
jusquace qu'ilaitesté
fait Maréchal de France : il
avoir combattu en cetce fameusejournée
avec tant de
courage à la tête du Régiment
de Coridé, où la
plupart des Officiers furent
tués, & il s'estoit si fort ex- posé qu'il y futblessé ÔC
pris prisonnier,leCardinal
le voulutvoir,& luy parla
en cette forte: Monsieur
evousavezbienfaitniais voûï
ave% malfaitvous avek bien
fait en combattant en -tre^~
brave hommé, maisvousavez
malfaitdeservircontreleRoy
vôtre Maistre ; le Comte de
Choiseul luy répondir.-Â/arë.
siuerjesuisencore trop jeune
pourfaire des refléélions3jfajf
obéi aveuglémentàmon Pere;
le Cardinal luy répliqua:
Hé bien, fyîonficur
,
le Roy
seravostre premier Pere
y
alltz
Chf'{--WNS attendre fis ordres
Eneffet quelque tempsaprès
onluy envoya le Brevet de
Mettre de Camp de Cavalerie,
qu'ilreçût del'agrément
même de Monsieurle
Prince; il se signalaà la tête
de son RegimentauxSièges
deMouzon & de Sainte
Menehoult,en 1654. àceluy
d'Arras, où les Ennemis
qui attaquoient cette Place,
ayant esté forcez dans leurs
retranchemens,ildeffità
la tête de son Régiment cc:
luy d'Obock, dont ilgagna
les Timballes,SaMajesté eu
fut sicontente,qu'Elle IUY
accorda une pensionde mil
écus, qui estoit pour lors
sort considerable. En16
il se trouva aux Sieges de.
Landrecies, Condé & S.
Guillain, & àce dernier
ayant joint la capacitéauf
courage, il opposa si à propos
quelques Escadrons aux
Ennemis, qu'il facilitabeaucouplaréduction
decette
Place.
1 En1656.ausiege deValenciennes
,
les Ennemis
ayant attaqué le Maréchal
de la Ferté qui y comman-; doit,le Comtede Choiseul ;
par sa vigilance & par sa
valeur
,
donna moyen au
Marquis de Renelde retirer.
les Gardes Suisses restées
dansles Tranchées,où ellles.
auroient esté accablées par
le grand nombre des Ennemis.
En 1657.lorsque feu
Monsieur le Maréchal de
Turenne investitCambray
la fermeté que le Comte do)
Choiseul témoigna en attendant
avec 12. Escadrons
seulementles ennemis, qui
enavoient trente&quivenoient
pourtomber surles
bagagesdel'Armée,qu'ils
auroient pillez, cette fermeté
leséconria tellement,
qu'ils seretirèrentsans oser
rienentreprendre.En1658.
sonmenteaugmentant de
jour en jourluyacquit avec
raison la confiance des Ge"
neraux ,le Maréchal de la
Ferté luy donna le, Commandement
d'unCorps.de
deux mil hommes, pour
couvrir Landrecies, le
Quesnoy &les Places voisines,
pendant qu'il aflîegeoitSaineVenant&
Mardick,
&que le Maréchal de
Turenne&ttaquoit DpnKçtque.
En
En 1664. après la Paix
des Pyrenées, le Comte de
Choiseul n'ayant plus d'occasson
en France designaler
sa valeur, il demanda
d'aller à la tête d'un Regiment
en Hongrie avec
les Troupes que Sa Majesté
envoya au secours de l'Empereur
,
qui arresterent par
le gain du fameux Combat
de Saint Godard le cours
des prosperitez des Armées
Ottomanes. Ilse signala
fort en cette occasion.
En 1667 le Comte de
Choiseulfut faitBrigadier
des ArméesduRoy&dans
la guerre qui recommença
alors il donna de nouvelles
marquesde sa capacité& de
son zele, En 1668. aux sieges
de Tournay., Doüay
& Lisle, que Sa Majestésir
en personne, il fut détaché
pour chercher le Comtede
Martin
,
commandant les
Troupes Espagnolles yit
dessità latête du Regiment
d'Hostein ce célébré Général,
&,fit beaucoup d'Officiers
prisonniers, cette doffaite
fut encore remarquable
par laprise de Don*
Antoine de Cordouë
,
qui
commandoit la Cavalerie
Espagnolle.
En1669. leComte de
Choiseul fut fait Maréchal
de Camp, & envoyé en
Candie, où il demanda d'alleér
avec les Troupes que le
Roy y fit passer au secours
des Venitiens : Il répondit
tellement par ses actions à
la bonne opinion qu'on
avoit de sa capacité
, que
les Venitiens ,& le Sieur
Morosini, leur General, en
firent des Eloges, qui ont
cIe rendus publics partoute
l'Europe ; ils reconnurent
authentiquement combien
sa presence leur avoircfté
necessaire, lorsqu'estant
demeuré à ce Siège feulearjenc
avec six cens hommes
après rembarquement du
leste des Troupes
-
de Sa
Majesté il dit au General
Morosini : Les François n'aandonnent
point leurs amis
sans les mettre au moins en
seureté, quand il est impossible
de leur procurer la victoire.:
Ensuite il fit un tel effort
avec Ces six cens hommes,
(jtui epoussa les Turcs, &
lui donnal ieud'obtenirune
Capitulation honorable, dans le moment qu'il devoitpérir
avec toute &
Garnison.
La Republique de Venise
fut si touchée de cet important
service,qu'elle ordonna
à son Ambassadeur à Paris,
d'aller de sa part faire
des complimens &:des remercimens
au Comte de
Choiseul, dontils'acquitta.
En 1671. àla Guerre de
Hollande il se distingua
aux Sieges d'Arnheim, du
Fort de Schinck, de Nime:
gue, de Crevccoeur
, & de
Bomel.
;
En 1673. à la deffese
de Prague près de Wesel, qu'il ne gardoit qu'avec un
Bataillon & une Compagnie
de Cavallerie
,
il arrêrai
tout court le Prince d'o.
range,qui ne pût le forcer
avec toute son Armée.:
En 1674.il se distingue
au Combat de Seneff. '.;
En 1675.ilcommande
un Corps de Troupes pen..
dant l'EstésurlaMeuse,&
l'Hyver en Lorraine fous le
M^t&chal de Rochefort il
pritla Ville de Deuxponts,,
& plusieursChafteaux.
En 1476. le Comte de
Choiseul fut fait Lieutenant
General des Armées;
du Roy:Il deffit cette même
année une Efcortc tresconfiderable
de Fourageurs,
& lorsque le Maréchal Duc
de Luxembourg se retira
fous Saverne, le Comte de
Choiseul conduifir l'Arrieregarde
de l'Armée qu'il
commandoit, & la garantit
par sa bonne conduite du
rilque qu'elle couroit d'être
entamée par l'Aimée^ çanemie.
En 1677. il se trouva à
la Journée de Cochsberg,
où l'Armée des Ennnemis
fut défaire, il avoir déjà
disposé toute l'Armée,
quand le Maréchal de Crequy
arriva juste pour avoir
Thonneur de la victoire,
MonsieurdeChoiseul finie
cette campagne par le
siege de Fribourg.
En 1677. ilattaqua avec
le même succès un Corps
de Troupes des Ennemis,
fit plusieurs Prisonniers,apprit
beaucoup de bagages
cetteactionfut, suivie d'une
autre
autre prés Rhinfeld
,
où il
força & battit les Ennemis
retranchez, prit SeKingen.
aprés s'être rendu Maistre
d'un Poste qui en estoit
proche.
En 16-, p. il se trouva à
laprise des Forts de Stras
bourg,& battit l'arrieregarde
des Ennemis prés de
Minden.
Son merite & sa capacité
s'estant fait remarquer dans
tous les endroits où ila fer-
.J
vi; le feu Electeurde Cologne
le demanda au Roy
en 1684. pour commander
son Arméeenqualité de General
& FeldMaréchal, & il
est dit dans le monde à ce
sujet, qu'une personne puissante
qui ne lui estoit pas
favorable, dit au Roy que leComte de Choiseulestoit
un Officier tres-capable
,
mais qu'il avoitla veuë basse;
à quoi Sa Majesté répliqua
il en verra mes Ennemis de
plus prés.
Il réduisit la Ville de Liege
à l'obeissance de cet Electeur,
par une action qui eue
esté temeraire s'il y eut eu
unmeilleur party à prendre;
maisla témérité devient pruetice
en certaines extremitez
où l'audace est necessaire
pourintimider ceux qui vous
accableroient par le grand
nombre un petit parti qui
tenoit encore pour l'Electeur
dans la Ville contre
cinquantemille revohez
en armes, lui livrant une
des portes, par laquelle il
entra avec sa seule Compagnie
des Gardes, pendant
que toute son Armée étoit
derriere
, un des Mutins le
coucha en jouë avec un fusil
bandé pour le tuer;son Capitainc
desGardes se jetta dcf,
ÍUs, & l'alloit tuer d'uncoup
depistollet ; mais leComte
de Choiseull'empêcha en;
cliant; ah ne luifaitespointde
mal, ilestassezpuni,puisqu'ila
peur; en fuiteil sempara sans.
perdre temps de toutes les
places&des avenues par le
moyen du party
-
qu'il avoic
dans la Ville,destrouppes
qu'il y fit entrer sur le
champ;cette richeVillevoulut
luyfaire present d'une
somme tres-conisiderablea
qu'il refusa
, coûtent du
present de l'Electeru qui
lui donna uneépée garnie de
diamants, & quatre picces
de canons qui sont sur la
principale Tour du Chas.
tcaud'Irouer en Bourgogne,
parBrevet de Sa Majesté.
En 1689. il commanda
un Corps separé sur le haut
Rhin, pour s'opposer à fEJelèeûr:
de Bavierre qui le
trouva posté, de maniéré
qu'il n'osa rien entreprendre
avec toute son armée, quoy
que le Comte de Choiseul
n'rot que trente-deux Efèadrons
fous ses ordres, & un
RegimentdInfanterie. Il
prie à la fin de la Campagne
Bretten dans le Marquisat de
Baden, fit prifonnicrs 600
hommes quiétoient dedans,
& repoussa un Corps de
Troupes qui s'estoit approché
pour la secourir.
-
En 1690. il continua ses
services en Allemagne fous
le Maréchal de Lorges, en
1 6 9 1. il fut envoyé à
S.Omer, à desseind'yassemblerun
corps detroupes
; les Ennemis menaçany
d'attraquer nos Places Maritimes
,
& en 1692. il servit
en ladite qualité de Lieutenant
général
,
fousle Marechal
de Bellefond
,
le long
des Costes de Normandie.
Au mois de Mars 1693.
le Comte de Choiseul fuy
fait Maréchal de France,
lamêmeCampagne de1693.
il commanda en sécond l'Armée
d'Allemagne,que Mr
le Maréchal de Lor ge comme
son ancien commandoiy
en chef; Mr le Maréchal de
Choiseulla commanda fcul
pendant quelque temps ;
Mr le Maréchal de Lorge
estant allé au devant de
Monseigneur&de son Armée,
que conduisoit Monlïeur.
le Maréchal de Bouf
flers.
En 1694. Mr le MaréchaldeChoiseul
fut nommé
,
pour commander surles
Costes Maritimes du Ponent
une Armée pour s'apporer
aux enrreprifes des Ennemis;
il commandoit dans toute
l'etenduë des Provinces de
Normandie & Bretagne ,
comme General d'Armée,&
comme Gouverneur, de maniéré
que Sa Majesté en l'honorant
de cet Employ
,
lui
dit je vous donne le même
Commandement, avec la
même authorité qu'avoit
mon frere la campagne dernière;
en sorte que ses ordres
depuis le Conquest par delà.
Brest se portoient jusqu'au
Treporc au delà de Dieppe;
ce qui fait plus de cent quatrevingt
lieues.
En 1695. Mr le Maréchal
de Choiseul eut le même
Commandement sur les
Costes de Normandie & de
Bretagne, Dieppe;qui se trouvoie
éloigné de plus de 60
lieues de la Hogue, où il campoit
avec son Armée fut
bombardé par les Ennemis
& sort endommagé, le Maréchal
de Choiseul quelque
.diligence qu'il sit nayant pû
s'y rendre assez tost, il prévint
les Ennemis au Havre qu'ils
bombarderent ensuite avec
furie; mais par sa prévoyance&
par les bons ordres qu'il
donna dans la Ville; les Ennemis
après avoirresté devant
trois jours & trois nuits,
furent obligez de se retirer
après y avoir perdu leur plusgrande
Galiotre, qui fauta
d'une deno s bombes;on prit
tout ce qui estoit dessus ;ils
esperoient dans la terreur où
tout ce Pays se trouvoit;s'emparer
de cette Ville que le
Bourgeois avoit entièrement
abandonné en laissant lesportes
de la Ville ouvertes, &
même le Commandant , quoi- que jusqueslà connu
pour un brave homme, se
trouvoit saisi de la même
crainte,&s'étoit enfermé dans
une tour dont il n'osoit fortir
avant que le Maréchal de
Choiseul fut arrivé; lequel
par sa presence & par ses (agesprécautions
sauva l-el Ville
de l'incendie; il n'y eut seulement
que deux ou trois maifons
endommagées ou brulées.
En 1696 ,
Sa Majesté
nomma Mrle Maréchal de
Choiseul pour commander
en chef son Arméed'Allemagne,
avec laquelle il
passa d'abord le Rhin, &
-
subsista longtems dans le
Marquisat de Baden aux
dépens desEnnemis; cfrfuite
ayant repassé éèfleuvê
avec son Armée, il marcha
jusques auprès de Mayence
,jusqu'à ce que la
substance luy manquant,
il fut obligé de remonter
fut le ruisseau duSpirback,
qu'il occupa dans toute son
étenduë,depuis Neustat jusqu'à
Spire
,
qui font5grandeslieuesd'
Allemagne.Mr le
Prince de Baden ayant passé
le Rhin à Mayencc avec
toutes les forces de l'Empire
qui rendoient son Armée
plus nombreuse d'un
tiers que cclle de Sa Majesté,
quoy qu'elle eûtesté
jointe par un corps détaché
de celle de Flandres , commandé par Mr le Marquisd'Harcourt
Lieutenant
General, publioit aussi-bien
que tous les Alliezqu'il aL
loit faire le siege de philisbourg
ou celuy de Landau
,
& ravager l'Alsice.
Il avoit à sa suite toute
l'artillerie, &les munitions
de guerres necessaires
,
&
ses magasinsassurez ; fou
projet paroissoitbon, aucun
General jusques
-
là
n'avoit pensé de garder un
si grand espace de pays,
avec une Armée fort infe- ;
ricure à celle de son Ennemy
,
n'ayant pour se couvrir
qu'un simple Ruisseau
gayable, & presque deses- ¡,
chépar tout, sans aucuns
retranchemens. Mnsieur
le Maréchal de Choiseul
fit feulement à la haste relever
un peu de terre le long
dece ruisseau,& quelques
abatis d'arbres. Le Prince de
Baden marchoit à luy à
grandes journées, ille trouva
campé en cetétat,ayant
sa droite appuyée à Spire,
c'est à dire, au Rhin, sa
gauche à Neustat
petite
»
Ville au pied de la Montagne,
& son centre fortifié
de quelques redoutes,
&
d'arbres abatus, sa fituation
, & plus encore l'alfu.
rance de son Armée fous
un tel General, arresta tout
court le Prince de Baden ; il s'amusa à cannoner un
Château au-dessus de Neuflac
qu'il ne prit point,
non plus que cette Ville
qui n'auroit pas tenuë contre
un détachement de cent
Dragons, quoy qu'ellefût
de son côté au-delà dudit
ruisseau,& après avoir passé
trois semaines, les deux
Armées en presence à se
cannoner de part & d'autre,
Mrle Prince de Baden fc
retira ,
retira, & finit la campagne,
sonArmée en tres mauvais
état, ayant beaucoup souffert.,
sur tout sa Cavalerie,
celledu Roy ayant auparavant
consommé ce qu'il
y avoit de fourages,au lieu
quecelle deSa Majesté avoit
aborrdahcedetouteschoses;
sanstrop loüer Mr le Maréchalde
Choiseul, on peut
dire que ce parti hardi qu'il
prit de luy-même contré
l'avisde plusieurs Officiers
Généraux, est un trait de
grand Capitaine, & des
plusexpcîrimeiitez.1
En 1627.il continua le
même commandement CD
Allemagne, subsista longtems
avec son Armée aLi
prés de Mayence aux dépens
des Ennemis, pendant que
Mr le Prince de Baden avec
celle de l'Empire assembloit
de l'autre côté du Rhin
plusieurs ponts pour passer.
ce fleuve, & ravagerl'Alsace
; Mr le Marechal de
Choiseul pour l'empêchec
marchaàl'entréedela nuit,
avec tant dediligence qu'cD
moins de trois joursil avoit
passé le Rhinau FortLoüis
avec toute son Armee , armes
, canons & bagages,
& campa au milieu du Mat*
quisatde Baden,ayant fait
plusde trente lieuësd'Allemagne
; Mr le Prince de
l'autre, côté du Rhin, pour
lobserver ,croyant que
nôtre Illustre General, vouloit
feulement couvrir l'Alface
, comme il en faisoit
courir le bruit,fut dans un
étonnement incroyable d'aprendre
que l'Armée du
Roy innondoit son propre
Païs,tous sesprojetsenfurent
deconcertez;ilnepensa
plus qu'à couvrir l'Allemagne
où l'Armée du Roy
subsista la plus grandepartie
de la campagne au desfous
& au-dessus de Strasbourg,
où le Maréchalde
Choiseul auroit emporté de
grands avantages, sans les
pluies qui tomberent pendant
prés d'un mois sans
discontinuation,&qui rendirent
les chemins tellement
impraticables qu'il fut impossible
d'attaquer les Ennemis
dans leurs retranchemens
le long de la Montagne
; cet espece de deluge
embarassa même extrêmement
l'Amée du Roy dans
sa retraite, où les Ennemis
parurent inutilement
pour donner sur l'arrierc..
garde,ils ne purent l'enta.
mer par aucun endroit:
elle subsista le reste de la
campagne toujours aux dépens
des ennemis au Païsde
la Saarre
,
où les ordres
arriverent pour une cessation.
d'Actesd'Hostilitez
de part &d'autres en attendant
la fin du Traité de Paix
qui fut conclu à Rifwick ;
Mrle Mareschal ds Ghoiseul
à son retour à la Cour
aprèsavoir rendu compte
au Roy de sa Campagne, luy representat que sa santé
& sa vûe eftoienr si fort affoiblis
qu'il estoit obligé
de dire à Sa Majesté, avec
regret, qu'il ne se trouvoir.
plus en estat de pouvoir
aller à la guerre à l'avenir,
& qu'il estoit heureux d'en
sortir avec l'honneur de son
<eftimë ; le Roy luy repon?-
dit avec bonté qu'un Homme
commeluy luy seroit
toûjoursnecessaire.
Eusuite SaM. pour mac--
quer qu'Elle étoit contente
de ses services, de son propre
mouvement, ju geant
qu'il n'avoit pas assez de revenupour
subsister convenablement
selon son rang,
changea le Gouvernement
qu'il avoit de Saint Orner
,
qui ne valoir que 12 mil
livres à celuy de Vallenciennes.
quiest de 30 mil
Ivres.,
Au commencement de
Jannéç'1707érpnt.devenu'
leDoyen des. Maréchaux
de France, par la
mort de Mr le, Marefcb^l
d'Estrées, malgré la màtivaisesanté,
il fé donna
tout entier aux affaires de
la Mareschaussée jusqu'au
mois de Fevrier 1711,
que se sentant afforblir
beaucoup
,
il supplia- Sa
lMajcll:é de trouver bon
qu'ilquittât ce tra~ait~~u~c
sa santé neluypouvoit plus
foût-t-ilit-) le Roy k luy
permit avec Eloges,die
qu'ilapi^buvbittôûjours
que-lèsj Ht>mrnSs?dè diftitlaion
,commeluymissent
un intervale entrela vie
& morè ,SaMajestédit
qu'il
qu'il le prioit de conserver
la santéd'un Homme qu'il
avoit toûjours estimé.
A sa mort qui arriva
le quinze Mars, c'est-àdire
, fort peu de tem ps
après,SaMajesté dit publiquement
à son sujet, qu'-
Ellevenoitde perdre un
vertueux Gt--litilï.hon-Ime
:
grandElogo danslabouche
d'un Roy,qui parlant [don
r
son coeurcomprend f-ou'$lc'è-,-
mot devertueuxtout ce
; qui peut faire le Panegirique
d'un grand Homme.
LorsquesaFamilleallaannoncer
cettemort à Sa M;,,,
& témoigner sadouleur sur
cette perte, SaMajestérépondit
je perds aussi un Sujet
qui m'a rendu d'importants
fervices, &qui a sçûrendre
dignementla Justice ;
SaMajestéavoit un si grand,
fonds de confiance en sa
probité &sincerité
, qu'en
plusieurs rencontres Elle a
cité, pour faitsconstants,
cequ'Elle sçavoit par luy,
en disant, Cboifeulmcula
dit. ii On a fort admiré dans
le Monde la maniere
dont il remit la Connétablio
entre les mains du
Mareschal de Villeroy
soïs esprit fain & entier,
sa santé luy promettoit encore
plusieurs annéesde
vie; mais il vouluen'être
plus occupé que des foins
de son salut,& de l'arrangement,
de ses affaires ,-&
lors que quelque tems a près
il vit sa santé diminuer
il preparoit luy-même se,s
Amis à une separation qui
l'attendrissoit sans s*allarmer.
Enfin quand on luy
annnonça qu'il falloitfonger
à ses Sacrements
,
il
dit d'un air ferme & gracieux.
t^ous me faites plaifr
, car je me sens diminuer;
il eut l'aprésmidy
une conversation avec Mr
l'Abbé Fl.., homme
doüé d'un profond sçavoir
& d'une aussi grande pieté,
aveclequel il en avoir déja
eu plusieurs de cette manière
: Le foir il seconter
ôç le sit avec grande présence
d'esprit le lendemainqui
estoit le Vendredy
matin 13 Mars
,
il recût
le saint Viatique & l'Extrême-
Onction; repondant
à toutes les Prières,
avec une humilité, unepiété
& une édification admirable
;le reste dii jour ille
passa tranquillement, , parlantavec
une entiere connoissance
; même le soit
son Domestique luy parlant
d'une querellede deux
Medecins qui estoient prests
à se battre dans son antichambre
,
sur un remède
qu'onvouloitluy donner,
il répondit en riant
,
ilssi
battent pour peu de chose
le peu de , vie qui me reste
ne vaut pas la peine de disputer
; >ynais il faut pourtant
mourrir dans les formes ; la nuit sepassa encore assez
bien; mais sur lesquatre
heuresdumatin, ilfut
fort agité, il fallutle lever
dans son fauteüil
,
où il
resta, du temps ; mais ne
pouvant plus tenir, on le
remit au lit avant midy , auquel temps il ne parla
presqueplus, mais il entendoit
& serroit la main
à son Confesseur en embrassant
le Crucifix; le Samedy
jusqu'à minuit,il
fut à peu prés de Inefrne',
-
en empirant toûjours jut:
qu'au Dimanche à midy
1 5 Mars qu'il expira, sans
aucune violence
, comme
une lumière qui s'éteint
faute d'huile.
, Mr le Maréchal de
Choiseul à la mort de
son pere quil'avoittoûjours
flaté de luy laisser
trente mille livre de rente,
trouva plus de dettes
que debiens; on luy
proposa de prendre des
,
Lettres, d'Etat
3,
pour
.pouvoiravec* le/tenis,
s'aqufetêr petitàpetit
sans s'incommoder;non,
: dit-il ; il vaut mieux
-siftcômàderquedéfaire
attendre ceux a qui l'on
doit ; ensuiteilassembla
tous les Créanciers
de sa Maison, S( leur
distribuà les Terres dont
,
il auroit pû joüir long-
,
tems malgré eux, & seroit
restésans bien si le
Roy parses bien-faits ne
-
l'eût mis en étatdesub-
: sister.fplong -Ilfèroittroplongde
raporter toutes sesactions,
dejufticc,&C de
rgénerofité , ilprenoit
souvent sur fbii necef-
-- saire pour aider ses proches,
ses amis, & ceux
quis'atachoientàluy. Il
n'y a jamais eu un meilleur
parent,un meilleur
Ami, ni un meilleur Maître;
en un mot, le grand
nombre d'actionséclatantes
publiques & particulieres,
Tiinformioé
desoncaracterependant
une longue vie ; le jugement
des plus grands
Hommes du dernier Siecle,
qui l'ont loüéhautement
, prouvent bien
lemérite du coeur &
de l'esprit de ce grand Homme.
En effet, peut-on gagner
tant de suffrages,
réussir dans unsi grand
nombre d'entreprises ,
,
se conduire pendant
soixanteans, à la Cour,
à la Guerre,dans lavie
privée,& dans les conjonctures
les plus delicates,
avecune équité parfaite,
un honneur franc,
une exactebien-seance,
& une fermetéinébranlable
, sans avoir un
grand coeur, un bon
sens, un jugement seur,
& un grand fond de veritableesprit.
Mr le Maréchal de
: Choiseul ne1 se piquoit
<point de cette subtilité
,degenie y&C de cette
-politique rafinée, qui
fait le méritede la plus-
- part des Courtisants;
son grand coeur en ref,
fufoit l'étude, &en mé-
"prifoir l'usage:Iln'avoit
.pas besoin d'Art, lavivacitédu
sentiment luy
rfuffifoic faloit - il agir,
falait-ilparler dans une
occasion importante, il
agissoit, il parloit avec
une promptitude ,. ôc
,. une justesse dont les plus
deliez Courtisants ,au..,
roient fait un grand
honneur à leur esprit. i Ila eu le bonheur de
n'en sçavoir point trop,
&de se laisser conduire
par une nature excellen-
-,
te, quilatoûjoursporté
droit à ce qu'il y avoit
de plus raisonnable, &c
de plus vertueux; aurions-
nous en sa personne
le modelleparfait
d'un Gentil-homme ;1,
s'il eûttantsubtilisé surles
principes de la vertus
-& de l'honneur, & H.
lesentiment chez luy eût?*
été embarassé par les
raisonnements delaPhi-1-
lofofie &delaPolitique,
en plusieurs occasions,
dans des tems dificiles,
son honneur Se la reli—>
giondesonsermentsurent,
tentez par l'interest,
d'une grande fortune;
il né fut point assezrafiné
politiquepour se former
denouveaux devoirs par
des raisonnements fub-
19s
, en ces occasions
,
il répondoit gauloise—
ment; il nJcft pas en
moy de faire cela,j'aimerois
mieux mourIr.
Enfin l'ame du Maréchal
de Choiseul étoit
celled'un véritableChelier
Gaulois, verseuse
> confiance
,
intrepide
:1
comme celle des Guesclins,
& des Bayards
,
Pi pendant soixaute ans
comme le modele denô-î
tre.gncieiiiie ?.&£ verjta-i
hle iClicvaiçe : i:
Je parojtroisufurpec.
les droits de la Chaire,;
&entreprendre. l'Osai-;
son Funebredu Masê-î
chal de Choiseul ,ii je.)
voulois montrer,icy,dans
touc leurjour le$;gfàndsî
sentimens - quil'ani- ,,'
moient 8c qui fori
moient en luy ce çoncert
de vertus qui fait le
parfait honneste hotn.
me & le veritable Chrétien
, cette bonté
, cette
humanité
,
cettecharité1
extrême d
:l ce pardon
courageux des injures,
jointà cette suprême valeur;
cette libéralité exercée
de bonne foy ôtiecrettement
sur desennemis,
sur desingrats; ces
vertus sublimesdansun
homme simple font hon..
neur à l'homme & à la
Religion:oüy, l'on peut
dire que l'homme& la
Religion luy ont obligation
d'avoir fourni une
preuve vivante &inCOfl.
testable, que les conseils
de l'Evangile sont sondez
dans la bonne nature,
&que le véritable
heroïsine du monde ne
peut estre perfectionné
qtuiepaanr
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Résumé : EXTRAIT DES FAITS LES PLUS IMPORTANS CONCERNANTS FEU Mr LE MARÉCHAL DE CHOISEUL.
Le texte présente les faits marquants concernant la vie et la carrière militaire du Maréchal de Choiseul. La maison de Choiseul, originaire de Champagne, est réputée pour son ancienneté et sa noblesse, confirmée par une généalogie remontant à 17 aïeuls et aïeules. Jean de Choiseul, ancêtre de Choiseul, fit hommage-lige à la princesse Alix de Dreux en 1239. La famille Choiseul est liée à plusieurs branches nobles, dont les marquis de Langres et les ducs de Choiseul. Claude de Choiseul, né le 16 décembre 1632 et mort le 13 mars 1711, commença sa carrière militaire à 16 ans en 1649. Il se distingua lors du combat de Vurysur Seine et reçut le régiment de cavalerie de Sa Majesté en 1653. Il participa à de nombreux sièges et batailles, notamment à Mouzon, Sainte-Menehoult, Arras, et Valenciennes. En 1664, il combattit en Hongrie au secours de l'Empereur. Promu brigadier en 1667, il se distingua lors des sièges de Tournay, Douay, et Lisle. En 1669, il fut nommé maréchal de camp et envoyé en Candie, où il négocia une capitulation honorable avec les Turcs. En 1671, il se distingua lors de la guerre de Hollande et fut promu lieutenant général en 1676. Il commanda diverses troupes en Lorraine et sur le Rhin, et fut nommé maréchal de France en 1693. Sa carrière militaire fut marquée par son courage, sa capacité stratégique, et son dévouement au service du roi. Entre 1694 et 1697, le Maréchal de Choiseul continua à jouer un rôle crucial sur le plan militaire. En 1694, il fut nommé pour commander les côtes maritimes du Ponant, couvrant la Normandie et la Bretagne, avec une autorité étendue de Brest à Dieppe. En 1695, il défendit Dieppe contre les bombardements ennemis et sauva Le Havre grâce à ses précautions. En 1696, il commanda l'armée en Allemagne, traversa le Rhin et occupa le Marquisat de Baden. Il repoussa les forces du Prince de Baden, malgré leur supériorité numérique, en fortifiant un ruisseau. En 1697, il continua de subsister aux dépens des ennemis près de Mayence et traversa le Rhin pour empêcher les projets de l'ennemi. Sa santé déclinante le força à se retirer en 1697. Le roi exprima publiquement son estime pour lui. Le Maréchal de Choiseul mourut le 15 mars, après avoir réglé ses dettes et aidé ses créanciers. Il fut loué pour son honneur, sa générosité et son courage, incarnant les vertus d'un véritable chevalier et chrétien.
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2135
p. 72-78
AVIS DE PRISES.
Début :
Toulon 26 Mars 1711. Le sieur Laigle a pris sept [...]
Mots clefs :
Calais, Saint-Malo, Marseille, Morlaix, Dieppe, Le Havre, La Corogne, Toulon, Capitaine
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texteReconnaissance textuelle : AVIS DE PRISES.
AVIS DEPRISES.
Toulon 26 Mars 1711;
Le sieur Laigle a pris
sept vaisseaux , tant Anglais
, Hollandois, que Catalans
,
donc il en a mène
partieà Malte,& l'autre à
Toulon.
Deuxième Avril1711.
Messieurs les Chevaliers de
Beaudinard & Cassard, ont
pris un vaisseau nommé le
Prince
Prince de Frise, qu'ils ont
amené à Toulon.
La Corogne I Mars 1711.
Le Capitaine Grandjean
commandannt la Fregate
la Guiuguettc de S. Jean de
Luz, a pristrois Flutes qu'il
a conduit à Pontavedre
nommées la , Paix, vaisseau
Hollandais, la deuxieme la
Perle vaisseau Hambourgois,
& la troisiéme autre
Vaisseau Hollandois,chargé
de bled, dont l'Equipage
s'est sauvé à terre à la Coste
de Portugal.
Le Capitaine Nau commandantlaFregatela
Gaillarde
de Bayonne,aconduit
au même Port de Poirtavedre
un vaisseau Anglois
de trente tonneaux.
Le même y a encoreconduit
une prise faite en compagnie
dudit sieur Grandjean,
nommée lePot àfleurs.
Le Havre le 16 Mars 17 11
Le ifeur de Blangues
commandant la Fregate les
Zephirs de Dunkerque, a
conduit en ce Porc un vaisseau
Hambourgois nommé
le Roy David.
Le9 Avril 1711.
Le même a aussiamené
au même Port une prise
Angloifc nommée l'Empereur.
Dieppele 8Avril 1711
Le sieur Duquesnel commandant
la Fregate le Mercure
volant de Calais, a pris
un vaisseau Anglois nommé
la Providence.
Morlaix le 6 Avril 1711.
Le sieur Joachim Poitevin,
commandant laFregate
la Marguerite de S. Malo
, a amené en ce Port une
-
prise nommée la Galete de
Londres do cent tonneaux.
La Fregate nommée le
Marquis d'O de S. Malo
commandée , par le sieur Çadiou,
a aussi amené en ce
Pott une prisenommée le
Jean de Londres.
Marseille le 30 Mars 1711
Qu'il est arrivé en ce Port
un vaisseau chargé de bled
par le Capitaine Bremond.
Calais le31 Mars 1711.
Le Capitaine Duplessis
a pris un Smack
,
nommé
l'Esperance de Stade, qu'il
a amené à Calais.
Les Capitaines Potier &
Batez ont aussi amenez au
Porc de Calais deux prises",
l'une de trente & l'autre de
cent tonneaux.
S. Malo 10 Avril ijiï.
Le sieurHainscommamdant
le Vaisseau la Reine
des Anges,a pris un vaisseau
nommé le Darquin de
Corck) qu'il a amené à S.
Malo.
Calais du if Avril 1711.
Le Capitaine Pierre Live
a amené ence Port 6rançons
Anglais, montant ensemble
à 7005. liv. argent
de France.
Le Capitaine Potier y a
aussi amené un Vaisseau
Hollandois, nommé la
Foy de Rotterdam estimé
60000 livres.
Toulon 26 Mars 1711;
Le sieur Laigle a pris
sept vaisseaux , tant Anglais
, Hollandois, que Catalans
,
donc il en a mène
partieà Malte,& l'autre à
Toulon.
Deuxième Avril1711.
Messieurs les Chevaliers de
Beaudinard & Cassard, ont
pris un vaisseau nommé le
Prince
Prince de Frise, qu'ils ont
amené à Toulon.
La Corogne I Mars 1711.
Le Capitaine Grandjean
commandannt la Fregate
la Guiuguettc de S. Jean de
Luz, a pristrois Flutes qu'il
a conduit à Pontavedre
nommées la , Paix, vaisseau
Hollandais, la deuxieme la
Perle vaisseau Hambourgois,
& la troisiéme autre
Vaisseau Hollandois,chargé
de bled, dont l'Equipage
s'est sauvé à terre à la Coste
de Portugal.
Le Capitaine Nau commandantlaFregatela
Gaillarde
de Bayonne,aconduit
au même Port de Poirtavedre
un vaisseau Anglois
de trente tonneaux.
Le même y a encoreconduit
une prise faite en compagnie
dudit sieur Grandjean,
nommée lePot àfleurs.
Le Havre le 16 Mars 17 11
Le ifeur de Blangues
commandant la Fregate les
Zephirs de Dunkerque, a
conduit en ce Porc un vaisseau
Hambourgois nommé
le Roy David.
Le9 Avril 1711.
Le même a aussiamené
au même Port une prise
Angloifc nommée l'Empereur.
Dieppele 8Avril 1711
Le sieur Duquesnel commandant
la Fregate le Mercure
volant de Calais, a pris
un vaisseau Anglois nommé
la Providence.
Morlaix le 6 Avril 1711.
Le sieur Joachim Poitevin,
commandant laFregate
la Marguerite de S. Malo
, a amené en ce Port une
-
prise nommée la Galete de
Londres do cent tonneaux.
La Fregate nommée le
Marquis d'O de S. Malo
commandée , par le sieur Çadiou,
a aussi amené en ce
Pott une prisenommée le
Jean de Londres.
Marseille le 30 Mars 1711
Qu'il est arrivé en ce Port
un vaisseau chargé de bled
par le Capitaine Bremond.
Calais le31 Mars 1711.
Le Capitaine Duplessis
a pris un Smack
,
nommé
l'Esperance de Stade, qu'il
a amené à Calais.
Les Capitaines Potier &
Batez ont aussi amenez au
Porc de Calais deux prises",
l'une de trente & l'autre de
cent tonneaux.
S. Malo 10 Avril ijiï.
Le sieurHainscommamdant
le Vaisseau la Reine
des Anges,a pris un vaisseau
nommé le Darquin de
Corck) qu'il a amené à S.
Malo.
Calais du if Avril 1711.
Le Capitaine Pierre Live
a amené ence Port 6rançons
Anglais, montant ensemble
à 7005. liv. argent
de France.
Le Capitaine Potier y a
aussi amené un Vaisseau
Hollandois, nommé la
Foy de Rotterdam estimé
60000 livres.
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Résumé : AVIS DE PRISES.
Entre mars et avril 1711, plusieurs prises de vaisseaux ont été réalisées par des capitaines français dans divers ports. À Toulon, Laigle a capturé sept vaisseaux anglais, hollandais et catalans, dont certains ont été menés à Malte et d'autres à Toulon. Les chevaliers Beaudinard et Cassard ont également amené à Toulon le vaisseau 'Prince de Frise'. À La Corogne, Grandjean a pris trois flûtes hollandaises et les a conduites à Pontavedre, tandis que Nau a amené un vaisseau anglais et une prise nommée 'le Pot à fleurs' au même port. Au Havre, de Blangues a conduit un vaisseau hambourgeois nommé 'le Roy David' et une prise anglaise nommée 'l'Empereur'. À Dieppe, Duquesnel a capturé le vaisseau anglais 'la Providence'. À Morlaix, Poitevin et Çadiou ont amené respectivement les prises 'la Galete de Londres' et 'le Jean de Londres'. À Marseille, un vaisseau chargé de blé est arrivé. À Calais, Duplessis a pris un smack nommé 'l'Espérance de Stade', et Potier et Batez ont amené deux autres prises. À Saint-Malo, Hains a capturé le vaisseau 'le Darquin de Cork'. Live a amené six frégates anglaises à Calais, et Potier a amené un vaisseau hollandais nommé 'la Foy de Rotterdam'.
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2136
p. 78-82
LETTRE Ecrite de Sarragosse le 7 Avril.
Début :
Vous avez appris sans douste nostre resolution de faire le [...]
Mots clefs :
Troupes, Duc de Noailles, Catalogne
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE Ecrite de Sarragosse le 7 Avril.
LETTRE
Ecrite de Sarragosse le 7
Avril.
rousa'Vez apprissansdousienostreresolutiondefaire
le
Siege de Barcelone, combien on
travaille pour préparer toutes
les choses quiyfiN. necessaires.
L'Artilleriecomposée de cent
pieces de canon ,
dontsoixante
de vingt quatre font en mouvement
, pour se trouver du
-
quinze au vingt de ce mois à
Adequinença; les quarante autres
de Campagne
,
dont ily
en a dix huit de seize ,font
icy prestes à marcher au premierordre.
Nous avons déjàa
Mequinença quinze mille
bombes,quinze milleboulets
de tous calibres
,
huit mille
quintaux depoudre, cinquante
mille outils àremuer la terre
, avec cinq milleMulets
ou Mulespour le transport.
LesTroupes qui doivent
servir en Catalogne font ait
nombredesoixante-douze Bataillons
& de quatre-vingtcinq
Escadrons, dont dix-sept
Bataillons & quinzeEscadronssont
destinez pourgarder
les Places frontieres & pour
escorter les Convois.
Les recrues au nombre dedixsept
mille hommes pour tinfanterie
, & de deux mille
cinq cent pour la Cavalerie
font entierement achevées
y
habillées
&preslesàjoindre leurs
Corps qui feront complets le
vingt de ce mois ,
ainsi que h,
nmmte de la Çavderirquv
excede troismille cinq centchevaux.
Il arriva hier au soit un
Courier de Cadix, quiarapporte
que le Capitaine de Barlovento
envoyépar Monsieur
le Duc de Lignarez y estoit arrive
j&quelle avoit apporté
au Roy un million de piastres
& deux millions & demipour
des particuliers EsPar,nàls,dont
SaMajestétirerapour son In*
dult sept ou huit cent mille
ecus.
Nos Troupes de Catalogne
occupent toujours les quartiers
de Ceryer*, de Tarrega , de
Verdun
,
de Guizona, de Pons
& de Solfona ; mais tlles ont
abandonnéCalaf, parce qu'étant
trop avancé dans le Pays
on n'y trouvait pas dequoi subsister.
Monsieur le Ducde A/ouifies
est arrivéicy.
Ecrite de Sarragosse le 7
Avril.
rousa'Vez apprissansdousienostreresolutiondefaire
le
Siege de Barcelone, combien on
travaille pour préparer toutes
les choses quiyfiN. necessaires.
L'Artilleriecomposée de cent
pieces de canon ,
dontsoixante
de vingt quatre font en mouvement
, pour se trouver du
-
quinze au vingt de ce mois à
Adequinença; les quarante autres
de Campagne
,
dont ily
en a dix huit de seize ,font
icy prestes à marcher au premierordre.
Nous avons déjàa
Mequinença quinze mille
bombes,quinze milleboulets
de tous calibres
,
huit mille
quintaux depoudre, cinquante
mille outils àremuer la terre
, avec cinq milleMulets
ou Mulespour le transport.
LesTroupes qui doivent
servir en Catalogne font ait
nombredesoixante-douze Bataillons
& de quatre-vingtcinq
Escadrons, dont dix-sept
Bataillons & quinzeEscadronssont
destinez pourgarder
les Places frontieres & pour
escorter les Convois.
Les recrues au nombre dedixsept
mille hommes pour tinfanterie
, & de deux mille
cinq cent pour la Cavalerie
font entierement achevées
y
habillées
&preslesàjoindre leurs
Corps qui feront complets le
vingt de ce mois ,
ainsi que h,
nmmte de la Çavderirquv
excede troismille cinq centchevaux.
Il arriva hier au soit un
Courier de Cadix, quiarapporte
que le Capitaine de Barlovento
envoyépar Monsieur
le Duc de Lignarez y estoit arrive
j&quelle avoit apporté
au Roy un million de piastres
& deux millions & demipour
des particuliers EsPar,nàls,dont
SaMajestétirerapour son In*
dult sept ou huit cent mille
ecus.
Nos Troupes de Catalogne
occupent toujours les quartiers
de Ceryer*, de Tarrega , de
Verdun
,
de Guizona, de Pons
& de Solfona ; mais tlles ont
abandonnéCalaf, parce qu'étant
trop avancé dans le Pays
on n'y trouvait pas dequoi subsister.
Monsieur le Ducde A/ouifies
est arrivéicy.
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Résumé : LETTRE Ecrite de Sarragosse le 7 Avril.
Le 7 avril, une lettre de Sarragosse annonce la préparation du siège de Barcelone. L'artillerie, composée de cent pièces de canon, est en mouvement. Soixante pièces de vingt-quatre livres doivent arriver à Adequinença entre le 15 et le 20 avril, et quarante pièces de campagne sont prêtes à partir. Les provisions incluent quinze mille bombes, quinze mille boulets de divers calibres, huit mille quintaux de poudre, cinquante mille outils pour creuser, et cinq mille mulets ou mules pour le transport. Les troupes destinées à la Catalogne comptent soixante-douze bataillons et quatre-vingt-cinq escadrons, dont dix-sept bataillons et quinze escadrons pour garder les frontières et escorter les convois. Les recrues, au nombre de dix-sept mille hommes pour l'infanterie et deux mille cinq cents pour la cavalerie, doivent rejoindre leurs corps le 20 avril. Un courrier de Cadix rapporte l'arrivée du Capitaine de Barlovento avec un million de piastres pour le roi et deux millions et demi pour des particuliers espagnols. Les troupes en Catalogne occupent plusieurs quartiers, mais ont abandonné Calaf faute de ressources. Le Duc d'Albuquerque est également arrivé.
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2137
p. 82-85
A Amiens ce 18. Avril. 1711.
Début :
Il arrive incessamment cent vingt-six Escadrons sur la Somme [...]
Mots clefs :
Amiens, Régiment, Escadrons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Amiens ce 18. Avril. 1711.
A Amiens cc 18.Avril.
1711.
Il arrive incessammentcent
vingt-six Escadrons sur la
Somme, quiyseront aux ordresdeMonsieurleMarquis
ifex M^icres, Gouverneur
&Amiens LieutenantGenera.
i; vingt-six Escadrons
Aix-sept Bataillons, quiétoient
dans les environs d'Ivres
,
font
-$nmarche pour venirse cantonnerfur
la Canche sous les
ordres de Monsieurde Morsarri.
Le Régiment de Picardie.
estparti ce matin d'icy
, £7* va
Je poster entre Bonchain rr Valenciennes
; celuy du Roy en
.part Mardy, £7* s'en vaà,
Miraumont
,
cjuiefl la gauche
du Camp de Crinchon;celuy
dd'eAClbheavmipllaeg,nçeyvpaaàrtBudce^muaoiyn,
qui riefl qua deux lieuës de
A4iraumont.
Quelque mal- intentionné a
jetté une Jurée dans un de nos
Magasins de paille à Dourlens,
heureusement l'objet
n'cfi pas considerable; mais
cela ne laisse pas de faire faifè
des reflexions.
JIJe forme, icy quatre Pe.-
gimens de Milice, ausquels on
donne le nom de Regimens de
Picardie; cesquatre Regimtm
sont destinez pour la garde de
la Somme.
Monsieur le Comte d'Ef
trade eJ1 nommépourcommanIlr
en Picardie; il efl bon
Lieutenant General
, (7 fort
aimé des Troupes.
-
LesRecruës arrivent à
force,l'Infanterie est plus
belle qu'ellen'ajamais esté.
1711.
Il arrive incessammentcent
vingt-six Escadrons sur la
Somme, quiyseront aux ordresdeMonsieurleMarquis
ifex M^icres, Gouverneur
&Amiens LieutenantGenera.
i; vingt-six Escadrons
Aix-sept Bataillons, quiétoient
dans les environs d'Ivres
,
font
-$nmarche pour venirse cantonnerfur
la Canche sous les
ordres de Monsieurde Morsarri.
Le Régiment de Picardie.
estparti ce matin d'icy
, £7* va
Je poster entre Bonchain rr Valenciennes
; celuy du Roy en
.part Mardy, £7* s'en vaà,
Miraumont
,
cjuiefl la gauche
du Camp de Crinchon;celuy
dd'eAClbheavmipllaeg,nçeyvpaaàrtBudce^muaoiyn,
qui riefl qua deux lieuës de
A4iraumont.
Quelque mal- intentionné a
jetté une Jurée dans un de nos
Magasins de paille à Dourlens,
heureusement l'objet
n'cfi pas considerable; mais
cela ne laisse pas de faire faifè
des reflexions.
JIJe forme, icy quatre Pe.-
gimens de Milice, ausquels on
donne le nom de Regimens de
Picardie; cesquatre Regimtm
sont destinez pour la garde de
la Somme.
Monsieur le Comte d'Ef
trade eJ1 nommépourcommanIlr
en Picardie; il efl bon
Lieutenant General
, (7 fort
aimé des Troupes.
-
LesRecruës arrivent à
force,l'Infanterie est plus
belle qu'ellen'ajamais esté.
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Résumé : A Amiens ce 18. Avril. 1711.
Le document du 18 avril 1711 à Amiens décrit plusieurs mouvements militaires. Vingt-six escadrons sont placés sous les ordres du Marquis de Mires, gouverneur d'Amiens. Vingt-sept bataillons, précédemment près d'Ivry, se dirigent vers la Canche sous les ordres de Monsieur de Morsarri. Le régiment de Picardie se poste entre Bonchain et Valenciennes, tandis que le régiment du Roi se rend à Miraumont. Le régiment d'Albemarle part pour Bucquoy. Un incendie a endommagé un magasin de paille à Dourlens, mais les dégâts sont limités. Quatre régiments de milice, nommés régiments de Picardie, sont formés pour la garde de la Somme. Le Comte d'Estrades est nommé commandant en Picardie, apprécié pour ses qualités de lieutenant général. Les recrues affluent et l'infanterie est en excellent état.
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2138
p. 85-87
« Le Duc de Medina-Celi estant mort sans enfans, le [...] »
Début :
Le Duc de Medina-Celi estant mort sans enfans, le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Duc de Medina-Celi estant mort sans enfans, le [...] »
Le Duc de Medina-Celi
estant mort sans enfans, le
Marquis de Priego ,fils de
sa soeur aînée, succede aux
grandes Terres & Seigneuries
qu'il possedoit, qui,
suivant ce qui se pratique
dans les Maisons Nobles
en Espagne, sont en Mayo.
râZg,°> ou substituées &
inallienabies Comme les".
biens de cette nature ne sont
point susceptibles d'hypotcque
, ny d'aucun privilegc,
les creanciers du defsunt
n'avoient aucune action
contre celuy qui recüeille
la subftittuion Un
avantage si considerable
auroit pûflater tout autre
que MrdePriego, quibien;
loin de s'enprévaloir
,
s'eflr
fait remettre un état des;
dettes contractées par son
oncle, montant à plus de
douze cens millivres, qu'il
Vell volontairement chargé
d'acquitter,sans y estreporté
que par un pur motif de
Justice & on peut dire même
par une generosité, dont
il donne peut-être le premier
exemple.
Le Grand Visirest seulement
parti de Constantinofie:
le 19. Mars pour aller
a Andrinople, où il a sejourné
jusqu'ausixiéme
Avril, & en est party pour
faire prendre lesherbes à sa
Cavalerie & se mettre en.
état de commencer la campagne.
estant mort sans enfans, le
Marquis de Priego ,fils de
sa soeur aînée, succede aux
grandes Terres & Seigneuries
qu'il possedoit, qui,
suivant ce qui se pratique
dans les Maisons Nobles
en Espagne, sont en Mayo.
râZg,°> ou substituées &
inallienabies Comme les".
biens de cette nature ne sont
point susceptibles d'hypotcque
, ny d'aucun privilegc,
les creanciers du defsunt
n'avoient aucune action
contre celuy qui recüeille
la subftittuion Un
avantage si considerable
auroit pûflater tout autre
que MrdePriego, quibien;
loin de s'enprévaloir
,
s'eflr
fait remettre un état des;
dettes contractées par son
oncle, montant à plus de
douze cens millivres, qu'il
Vell volontairement chargé
d'acquitter,sans y estreporté
que par un pur motif de
Justice & on peut dire même
par une generosité, dont
il donne peut-être le premier
exemple.
Le Grand Visirest seulement
parti de Constantinofie:
le 19. Mars pour aller
a Andrinople, où il a sejourné
jusqu'ausixiéme
Avril, & en est party pour
faire prendre lesherbes à sa
Cavalerie & se mettre en.
état de commencer la campagne.
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Résumé : « Le Duc de Medina-Celi estant mort sans enfans, le [...] »
Le Duc de Medina-Celi est décédé sans héritiers directs, ce qui a conduit à la succession du Marquis de Priego, fils de la sœur aînée du Duc. Selon les pratiques des Maisons Nobles en Espagne, les grandes terres et seigneuries du Duc sont passées au Marquis et sont inaliénables. Ces biens ne peuvent être hypothéqués ni faire l'objet de privilèges, protégeant ainsi le successeur des actions des créanciers du défunt. Le Marquis de Priego a choisi de rembourser les dettes de son oncle, s'élevant à plus de douze cents livres, par un geste de justice et de générosité. Par ailleurs, le Grand Visir a quitté Constantinople le 19 mars pour se rendre à Andrinople, où il est resté jusqu'au 6 avril. Il a ensuite quitté Andrinople pour préparer sa cavalerie et débuter la campagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2139
p. 88
MORTS.
Début :
Vincent le Mée, Fermier General, mourut le 23. Avril 1711. [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Vincent le Mée, Fermier
General, mourut le2,3.
Avril 1711,
Marie de Fourcy
, veuve
de Balchazard Phelypeaux.
Marquis de Châteauneuf,
Secretaire d'E-.
tat, Commandeur & Secretaire
des Ordres du Roy,
mourut à Versailles le onze
Avril 1711.
On vient d'apprendre
que l'Empereur est mort
de la petite verole, on
n'en peut parler que le
mois prochain.
Vincent le Mée, Fermier
General, mourut le2,3.
Avril 1711,
Marie de Fourcy
, veuve
de Balchazard Phelypeaux.
Marquis de Châteauneuf,
Secretaire d'E-.
tat, Commandeur & Secretaire
des Ordres du Roy,
mourut à Versailles le onze
Avril 1711.
On vient d'apprendre
que l'Empereur est mort
de la petite verole, on
n'en peut parler que le
mois prochain.
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2140
p. 23-39
ACADEMIE ROYALE des Médailles & Inscriptions.
Début :
Le Mardy 14e Avril Messieurs de l'Academie Royale des [...]
Mots clefs :
Défunt, Morts, Funérailles, Tombeaux, Épithalame, Académie royale des médailles et inscriptions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACADEMIE ROYALE des Médailles & Inscriptions.
ACADEMIEROYALE
des Médailles &Inscriptions.
Le Mardy 14e Avril
Messieurs de l'Academie
Royale des Medailles &,
Inscriptions , firent iouverture
de leurs Aflcmblées.
Mr de Boze,Secretaire
perpetuel decetreAcademie
lût unEloge de feu Mr Defpreaux;
MrBaudelot lûtune
Dissertarton sur l'Antiquité
trouvée depuis peu dansffrglisedeNôtre-
Dame;&
Mr l'Abbé Anselme en lût
une sur les funerailles des
Anciens, dont voicy l'Extrait.
Je donneray dans la4
fuite les Extraits des deux
autres Discours de cette
Àflimblée.
Mr
Mr l'Abbé Anselme y
prononça une éloquente
& sçavante Dissertation
sur les Funerailles: ce
zéleardent,sincere,&
éclairé, qui fut toûjours
l'ame de ses prédications,
ne se dément pas même
icy dans un discours profane
,
son dessein est de
faire voir dans tous les
temps & dans toutes les
nations ce desir naturel
d'immorratiré
,
qui porte
les hommes à vouloir
simmortaliser les uns les
autres par des funerailles,
&c par des lTIOnumens
durables;c'est
ce sentimentd'immortalité
, dit-il, qui leur a
fait établir une esPece
de commerce & desocieté
avec les ames des
mortspar les devoirsfa*
nebres
,
dont ils esperoient
qu'elles auroient
quelque reconnoissance,
comme ils craignoient
qu'elles n'eussent duressentiment
contre ceux
qui manquoient à leur
rendre ces devoirs.
Mr L. A. établit les
devoirs des funerailles
par les idées qu'en ont
tous les hommes en general
; en fuite par les
coûtumes des Egyptiens,
parcelles des Grecs, par
celles des Romains; &
il promet enfin d'achever
son Ouvrage, en
continuant ainsi jusqu'aux
Chrétiens.
Je voudrois quela
mémoire me pût fournir
des morceaux suivis de
ce discours; mais je n'en
ay pu retenir que des
traits d'érudition, qui
seront icy dénuez des
graces, que Mr L. A.
leur a donnez en les
metant si bien en oeuvre.
Les Payens admettoient
trois Diviniccz aux funerailles
,
Pluton, Mercure,
& Venus Libitime ; cette
Venus, Dcesse des ombres,
marque l'idée qu'ilsavoient
de lareproduction dans la
mort ,
c'est-à-dire, de la
resurrection.
Il y avoit parmy eux des
fcpulchres vuides, qu'on
nommoit Cenotaphes ; ils
croyoient que les corps de
ceux Qui estoient morts
loin delà, venoient d'euxmêmes
s'y renfermer.
On enterroit les Morts
sur les chemins, d'où vient
l'inscription,Siste
,
Victor.
Pour marquer le respect
qu'on doit aux tombeaux,
on y representoit des grisons
,
des chiens, & des
lions, comme pour les garder
d'irreverence.
On conjuroit par les cendres
des Morts, Horace dit
à Barine, que n'ayant
jamais esté punie de ses
faux sermens
,
puisqu'elle
en devenoit plus belle, il
luy seroit avantageux de
jurer même par les cendres
de sa mere.
Les Egyptiens, aprés avoir
embaûmé les corps ,
les envelopoient dans des
bandelettes detoilles gom- -
mées, & les enchassoient
dans des boëtes de bois
odoriferant
,
c'estoient-là
leurs Momies, qu'ils conservoient,
les uns dans leurs
maisons, les autres dans des
cavernes voûtées, dont ils
bouchoient l'entrée avec
une colonne,&ilsembrassoient
cette colonne pour
dire le dernier adieu au
deffunt.
Ils appelloient Montagnes
de Pharaon, ces Pyramides
super bes qu'ils élevoient
sur les tombeaux.
Un Roy d'Egyprefitbâtir
un Palais magnifique
pour servir de tombeau à
sa fille, au milieu de ce Palais
estoit un grand salon
rempli de figures, ornées
de pierres precieuses, & le
corps de la deffunte estoit
enfermé dans une vache de
bois odoriferant, couverte
de lames d'or, cette vache
agenouillée portoit entre
ses cornes ungrand So
leil d'or.
On mertoiten la main du
deffunt une lettre cachetée,
pour apprendre à ceux de
l'autre monde qu'on avoit
rendu en celuy-cy tous les
devoirs au deffunt.
Les Grecs tournoient le
visage du mort vers l'orient
, pressentimens fecrct
que ces corps devoient un
jour revoir la lumiere.
A Megare on enterroit
le mort le visage en bas.
Diogene voulut estre ainsi
enterré, disant que toutes
choses se devant un jour
renverser
,
il regarderoit
éternellement le Ciel; idée
confuse de la rcCurreébon.
Les Phtéens celebroient
les funeraiiles par des réjoüissances
; les Atheniens,
par des lamentations,
Il cft plus loüa ble en
ces occasions,de se réjoüir
de la gloire du deffunt,
que de pleurer la perte
qu'on en a fait.
LesRomains ont imité la
magnificence des Grecs en
tombeaux, épitaphes, statuës
,
bas-reliefs. Et si tous
ces monumens,dit L. Ans.
estoient l'effet d'une'Vanité¡tif
tueuse
,
du moinsestoient-ils
utiles
, en ce que les morts
enseignoient l'histoire du monde
aux vivans.
Les Romains apprirent
des Grecs l'usage des bnchers
: Ils faisoientpartir un
Aigledusommetdubucherde
- leurs Empereurs, dit L. A.
£r illeurplaisoit de croire que
cet aigle emportoit l'ame pour
l'aller placer au rang des
Dieux ; cet aiglemarquoit
au moins
,
sans qu'ils y penfejfent,
que l'homme doit un
jour renaiflre de ses cendres.
Le Dictateur Silla commença
l'usage des bûchers,
ils finirent avec Caracalla,
& Geta les rétablit, il vouloit
éviter la Loy du Talion:
il ordonnna qu'on brûlast
son corps, de peur qu'on
ne le déterrast, comme il
avoit fait celuy de Marius.
Mr. L. Anselmefinit en
parlant des Epitaphes en
vers; il dit qu'ensuite les
Romains trouverent plus
commode de lesfaire en
prose; il ajoûte que le style
lapidaire n'cft pas moins
énergique en pro sequ'en
vers, on peut le prouver
par luy-même ; voicy un
Epitaphe qu'il fit pour le
feu Roy d'Angleterre.
$
EPITAPHIUM
REGIREGUM,
Felicique memorioe
AC 0 BIll. Majoris BritanU
Régis,
J$jiifinx hîcviscera condivoluit,
"ondi/IM ipse in 'ViJèrrjbtl:.
CsiRISTl.
Fortitudine bellicâ nullifecun*
dus.
Fide christianâ tIti non Par?
Per alteram quid non ausus ?
Illâplusquam Heros,
Ijlâ propeMartyr.
Fide fortis
,
Jccen/nsperic/tlts , erettusad< verfis.
Nemo Rex magis
, clii Regna,
quatuor Anglti , t Scotia, HibemU. Vbi
quartum ?
lpfeJihi.
Tria eripipotuere,
Quartum intactummansit.
Priorum defensio exercitus, qui
defecerunt.
postremi tutela Virtutes , nunquam
transfugoe.
Jj)uin nec tîla erepta omnino.
InstarRegnorum eflLZJDOFICZJS
Hones.
Sarcit amicitia talistantoesacrilegia
perfidie.
Imperat adkuc quiJi.exu/ûto
Moriturutvixit,Fideplenus,
Eòoqueadvolat, tjlÙJ Fides durit
"Ubi nulla perfidia potest.
Nonfletibushîc, Cmticislocus
tft:
Au*fîjlendunt,flenda, Anglia%
des Médailles &Inscriptions.
Le Mardy 14e Avril
Messieurs de l'Academie
Royale des Medailles &,
Inscriptions , firent iouverture
de leurs Aflcmblées.
Mr de Boze,Secretaire
perpetuel decetreAcademie
lût unEloge de feu Mr Defpreaux;
MrBaudelot lûtune
Dissertarton sur l'Antiquité
trouvée depuis peu dansffrglisedeNôtre-
Dame;&
Mr l'Abbé Anselme en lût
une sur les funerailles des
Anciens, dont voicy l'Extrait.
Je donneray dans la4
fuite les Extraits des deux
autres Discours de cette
Àflimblée.
Mr
Mr l'Abbé Anselme y
prononça une éloquente
& sçavante Dissertation
sur les Funerailles: ce
zéleardent,sincere,&
éclairé, qui fut toûjours
l'ame de ses prédications,
ne se dément pas même
icy dans un discours profane
,
son dessein est de
faire voir dans tous les
temps & dans toutes les
nations ce desir naturel
d'immorratiré
,
qui porte
les hommes à vouloir
simmortaliser les uns les
autres par des funerailles,
&c par des lTIOnumens
durables;c'est
ce sentimentd'immortalité
, dit-il, qui leur a
fait établir une esPece
de commerce & desocieté
avec les ames des
mortspar les devoirsfa*
nebres
,
dont ils esperoient
qu'elles auroient
quelque reconnoissance,
comme ils craignoient
qu'elles n'eussent duressentiment
contre ceux
qui manquoient à leur
rendre ces devoirs.
Mr L. A. établit les
devoirs des funerailles
par les idées qu'en ont
tous les hommes en general
; en fuite par les
coûtumes des Egyptiens,
parcelles des Grecs, par
celles des Romains; &
il promet enfin d'achever
son Ouvrage, en
continuant ainsi jusqu'aux
Chrétiens.
Je voudrois quela
mémoire me pût fournir
des morceaux suivis de
ce discours; mais je n'en
ay pu retenir que des
traits d'érudition, qui
seront icy dénuez des
graces, que Mr L. A.
leur a donnez en les
metant si bien en oeuvre.
Les Payens admettoient
trois Diviniccz aux funerailles
,
Pluton, Mercure,
& Venus Libitime ; cette
Venus, Dcesse des ombres,
marque l'idée qu'ilsavoient
de lareproduction dans la
mort ,
c'est-à-dire, de la
resurrection.
Il y avoit parmy eux des
fcpulchres vuides, qu'on
nommoit Cenotaphes ; ils
croyoient que les corps de
ceux Qui estoient morts
loin delà, venoient d'euxmêmes
s'y renfermer.
On enterroit les Morts
sur les chemins, d'où vient
l'inscription,Siste
,
Victor.
Pour marquer le respect
qu'on doit aux tombeaux,
on y representoit des grisons
,
des chiens, & des
lions, comme pour les garder
d'irreverence.
On conjuroit par les cendres
des Morts, Horace dit
à Barine, que n'ayant
jamais esté punie de ses
faux sermens
,
puisqu'elle
en devenoit plus belle, il
luy seroit avantageux de
jurer même par les cendres
de sa mere.
Les Egyptiens, aprés avoir
embaûmé les corps ,
les envelopoient dans des
bandelettes detoilles gom- -
mées, & les enchassoient
dans des boëtes de bois
odoriferant
,
c'estoient-là
leurs Momies, qu'ils conservoient,
les uns dans leurs
maisons, les autres dans des
cavernes voûtées, dont ils
bouchoient l'entrée avec
une colonne,&ilsembrassoient
cette colonne pour
dire le dernier adieu au
deffunt.
Ils appelloient Montagnes
de Pharaon, ces Pyramides
super bes qu'ils élevoient
sur les tombeaux.
Un Roy d'Egyprefitbâtir
un Palais magnifique
pour servir de tombeau à
sa fille, au milieu de ce Palais
estoit un grand salon
rempli de figures, ornées
de pierres precieuses, & le
corps de la deffunte estoit
enfermé dans une vache de
bois odoriferant, couverte
de lames d'or, cette vache
agenouillée portoit entre
ses cornes ungrand So
leil d'or.
On mertoiten la main du
deffunt une lettre cachetée,
pour apprendre à ceux de
l'autre monde qu'on avoit
rendu en celuy-cy tous les
devoirs au deffunt.
Les Grecs tournoient le
visage du mort vers l'orient
, pressentimens fecrct
que ces corps devoient un
jour revoir la lumiere.
A Megare on enterroit
le mort le visage en bas.
Diogene voulut estre ainsi
enterré, disant que toutes
choses se devant un jour
renverser
,
il regarderoit
éternellement le Ciel; idée
confuse de la rcCurreébon.
Les Phtéens celebroient
les funeraiiles par des réjoüissances
; les Atheniens,
par des lamentations,
Il cft plus loüa ble en
ces occasions,de se réjoüir
de la gloire du deffunt,
que de pleurer la perte
qu'on en a fait.
LesRomains ont imité la
magnificence des Grecs en
tombeaux, épitaphes, statuës
,
bas-reliefs. Et si tous
ces monumens,dit L. Ans.
estoient l'effet d'une'Vanité¡tif
tueuse
,
du moinsestoient-ils
utiles
, en ce que les morts
enseignoient l'histoire du monde
aux vivans.
Les Romains apprirent
des Grecs l'usage des bnchers
: Ils faisoientpartir un
Aigledusommetdubucherde
- leurs Empereurs, dit L. A.
£r illeurplaisoit de croire que
cet aigle emportoit l'ame pour
l'aller placer au rang des
Dieux ; cet aiglemarquoit
au moins
,
sans qu'ils y penfejfent,
que l'homme doit un
jour renaiflre de ses cendres.
Le Dictateur Silla commença
l'usage des bûchers,
ils finirent avec Caracalla,
& Geta les rétablit, il vouloit
éviter la Loy du Talion:
il ordonnna qu'on brûlast
son corps, de peur qu'on
ne le déterrast, comme il
avoit fait celuy de Marius.
Mr. L. Anselmefinit en
parlant des Epitaphes en
vers; il dit qu'ensuite les
Romains trouverent plus
commode de lesfaire en
prose; il ajoûte que le style
lapidaire n'cft pas moins
énergique en pro sequ'en
vers, on peut le prouver
par luy-même ; voicy un
Epitaphe qu'il fit pour le
feu Roy d'Angleterre.
$
EPITAPHIUM
REGIREGUM,
Felicique memorioe
AC 0 BIll. Majoris BritanU
Régis,
J$jiifinx hîcviscera condivoluit,
"ondi/IM ipse in 'ViJèrrjbtl:.
CsiRISTl.
Fortitudine bellicâ nullifecun*
dus.
Fide christianâ tIti non Par?
Per alteram quid non ausus ?
Illâplusquam Heros,
Ijlâ propeMartyr.
Fide fortis
,
Jccen/nsperic/tlts , erettusad< verfis.
Nemo Rex magis
, clii Regna,
quatuor Anglti , t Scotia, HibemU. Vbi
quartum ?
lpfeJihi.
Tria eripipotuere,
Quartum intactummansit.
Priorum defensio exercitus, qui
defecerunt.
postremi tutela Virtutes , nunquam
transfugoe.
Jj)uin nec tîla erepta omnino.
InstarRegnorum eflLZJDOFICZJS
Hones.
Sarcit amicitia talistantoesacrilegia
perfidie.
Imperat adkuc quiJi.exu/ûto
Moriturutvixit,Fideplenus,
Eòoqueadvolat, tjlÙJ Fides durit
"Ubi nulla perfidia potest.
Nonfletibushîc, Cmticislocus
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Résumé : ACADEMIE ROYALE des Médailles & Inscriptions.
Le 14 avril, l'Académie Royale des Médailles et Inscriptions organisa une assemblée. Mr de Boze, secrétaire perpétuel, lut un éloge de feu Mr Defpreaux. Mr Baudelot présenta une dissertation sur une antiquité récemment découverte dans l'église de Notre-Dame. L'Abbé Anselme lut une dissertation sur les funérailles des Anciens, dont un extrait fut fourni. L'Abbé Anselme développa une dissertation savante sur les funérailles, mettant en lumière le désir naturel d'immortalité qui pousse les hommes à immortaliser les défunts par des rites funéraires et des monuments durables. Il explora ce sentiment à travers les époques et les nations, en commençant par les idées générales des hommes, puis en détaillant les coutumes des Égyptiens, des Grecs et des Romains. Il mentionna les devoirs funéraires et les croyances associées, comme l'idée de la reproduction et de la résurrection chez les Païens. Les Égyptiens pratiquaient l'embaumement des corps, les enveloppaient dans des bandelettes et les conservaient sous forme de momies. Ils érigeaient des pyramides et des monuments funéraires ornés de pierres précieuses. Les Grecs et les Romains avaient des pratiques variées, comme tourner le visage du mort vers l'orient ou l'enterrer le visage en bas. Les Romains imitaient la magnificence grecque dans les tombeaux et les épitaphes, croyant que ces monuments enseignaient l'histoire aux vivants. L'Abbé Anselme conclut en parlant des épitaphes en vers et en prose, illustrant son propos par une épitaphe qu'il avait composée pour le roi d'Angleterre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2141
p. 53
DECOUVERTE à Montpellier.
Début :
Mrs Sablé, & de la Mesangere, ayant pensé que si [...]
Mots clefs :
Araignées, Chenilles, Soie
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texteReconnaissance textuelle : DECOUVERTE à Montpellier.
DECOVVERTE
àMontpellier.
Mrs Sablé, & de la Mesangere
,ayant pensé que
si les arraignées pouvoient
fournir de la soye
,
les chenilles
en pouroient donner
aussi, ont suivi cette idée
& l'experience en a fait voir
la justesse , ilsinstruiront
bien tostlepublicdu succés
de leur découverte, & des
circonstances qui pouroient
.-
la rendre utile.
àMontpellier.
Mrs Sablé, & de la Mesangere
,ayant pensé que
si les arraignées pouvoient
fournir de la soye
,
les chenilles
en pouroient donner
aussi, ont suivi cette idée
& l'experience en a fait voir
la justesse , ilsinstruiront
bien tostlepublicdu succés
de leur découverte, & des
circonstances qui pouroient
.-
la rendre utile.
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2142
p. 1-17
Mort de L'EMPEREUR.
Début :
Joseph-Jacob-Jean-Ignance Eustache, Empereur d'Occident, mourut à [...]
Mots clefs :
Empereur, Empire, Électeurs, Roi, Couronne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de L'EMPEREUR.
Mort de L'EMPEREUR.
Joseph
- Jacob-Jean-
1,
Ignace Eustache
,
Empereur
d'Occident, mourut
à Vienne en Autriche de
la petite verole, le 17.
Avril
dernier, dans sa 33e.
année.
Il estoit fils aisné de
l'Empereur Leopold L ôç : d'Eleonore - Magdelaine:
Theresede Newbourg. -
Il fut declaré Roy
d'Hongrie le 17,Novem--
bre1687.
Il futeslu Roy des Ro- -
mainsle24. Janvier r6<>o,
Il prit le titre d'Empereules.
May 1705.
Il avoir épousé îc ij^j
Janvier 16go. Villein.ine--j
Amelie de BrunswikHa- -
novre ,
dont il a eu un fils
morten bas âge; &dux
filles qui sont les ArthiuUchesses
Marie Joseph ,-&
Marie-Amélie.
Les frere lX. soeurs de
l'Empereur Joseph
3
sont
l'Archiduc Charles
,
les
Archiduchesses Marie-
Elisabeth
,
Marie-Anne,
& MarieMagdelaine,
La Maison d'Autriche
futélevée pour la premiere
fois à la dignité Imperial
e en la personne deRodolphe
d'Hapfbourg à
Francfort le dernier jour
de Septembre l'an 1273. Il"
tua Ottocare second Roy
de Boheme dans une bataille
prés de Vienne. Cet
Ottocare prétendoitque
toute l'Autriche luy appartenoit;
mais Rodolphe
qui prétendoit que cetEtat
estoit dévoluà l'Empire
faute de posterité masculine,
s'en appliqua la proprieté
persornelle qu'ilfit
confirmer dansuneDiette
par lesElecteurs & lesPrinces
de l'Empire
,
& par uneBulle duPapeMartin ,
II. Aprés ces formalitez il
en donna l'investiture à
son fils Albert.Ce futalors
que les Princes de cette
Maison quitterentle titre
de Comtes d'Hapsbourg
¡ pour prendre ccluy de
Ducs d'Autriche; ensuiteils
ont pris celuy d'Archiducs.
Voicy les alliances qui
ont le plus contribué à l'agrandissement
delaMaison
d'Autriche.
L'Em pereur Maximilienépousal'an1477.
Marie
de Bourgogne, fille de
Charles le Hardy,laplus
riche heritiere de l'Europe.
Philippe II. Archiduc
d'Autriche épousa en 149^
Jeanne dAragon, heritiere
de Ferdinand V. dit le
Catholique - ,Roy d'Aragon
& d'Isabelle Reyne de Castille.
Ainsi Jeanne apporta
à son mary la Couronne
d'Aragon avec ks Etats
d'Italie lesquels y estoient
annexés qu'elleheritoit
du chef de son pere, &la-
Couronne de Castille avec
la Grenade & les Etats annexés
a cette Couronne
qu'elle heritoit duchefde
samere.
L'Empereur Charles-
Quint ayantcedé l'Empire
à son frereFerdinand,
aprés l'avoir saic élireRoy
des Romains, ces deux
freres diviserentlaMasion
d'Autriche en deux branches,
L'Aisnée a donné
cinq Rois à l'Espagne, &
la Cadette quatorze Empereurs.
Prérogatives desEmpereurs.
Ils ont la pluspart des
titres des anciens Empereurs
d'Occident.Ils prennent
ceux de tousjours
Auguste,deCesar, & de
sacréeMajesté. LeurCouronne
qui est fermée ôc
surmontée d'un Globe,est
le symbole de la Monarchie
universelle. Ils ont
seuls le pouvoir de convoquer
& de congedier Les
Diettes generales; d'en
amodier les resolutions,
& de les faire executer. Ils
peuvent non feulement
ériger les Terres en Baronies,
en Comtez , & en
Duchez; maisaussiils prétendentde
pouvoir ériger
lesPrincipautez enRoyaumes
, ( ce que prétendit
faire en 1700. l'Empereur
Leopold
, en donnant à
l'Electeur deBrandebourg
le titre de Roy de Prusse
,
par Diplome de rcconnoissance.)
Ils donnent
l'investiture des grands
fiefs de l'Empire, & ils
disposoient mesme avant
Charles-Quint
,
des Etats
& Provinces qui y estoient
dévolus. Ils instituent &
confirment les Universitez
& les Académies &
tous ces Droits de Souverains
sont si attachez à la
Couronne Impériale ,
qu'en l'absence de l'jErrêpereur
, le Roy des Romains
en joüit, & au défaut
de l'un& de l'autre,
ces Droits appartiennent
aux deux Vicaires de l'Empire
qui sont les Electeurs
de Baviere & de Saxe.L'Electeur
de Baviere e-si Vicaire
dans les pays de droit
de Franconie,&celuy de
Saxe dans les pays de droic
Saxon.Laqualité de Vicaire
est disputée à l'Electeur
de Baviere par l'Electeur
Palatin.
Vous verrez cy-aprés plus CM
longdans laBulle d'Orles
Obligations desEmpereurs.
Ils doivent prendre l'avis
des Electeurs lorsqu'il
s'agit d'engager ou d'aliener
les biens de l'Empire,
d'accorder le Privilege de
battre Monnoye *-'
,
& d'y
donner le prix. Ils ont bcfoin
d'un consentement
general des Electeurs
,. Princes, & autres m'embres
de l'Empire., pour
mettre quelqu'un au Ban
de l'Empire,commeaussi
Lorsqu'il s'agit de faire
quelqueReglement concernant
la Religion, déclarer
la Guerre,faire la
Paix, lever des subsides,
&c.
Lorsqu'un Empe- reur cft
esluils'oblige àces restrictions
de ion pouvoir par
une Capitulation qu'il fait
avec les Electeurs & Princes
de l'Empire. Selon les
occasions on peut ajouster
d'autres Articles à la Capitulation,
dont 1 Empereur
est obligé de jurer l'observation
dans le temps de
sonElection, &de la réiterer
avant &aprés son
Couronnement
, ce qui
s'observa lors de FEtechon
de l'Empereur Leopold.
Les Electeurs luy firent
promettre fous serment
de n'envoyer , aucunes
Troupes sans le consentement
de l'Empire enFlandre
ni en Italie contre les
François,suivant ce qui
estoitstipulé dans lesTraitez
de Westphalie
,
dont
l'observation luy est enjointe
par plusieurs articlesde
cette Capitulation.
Le Roy des Romains
citenu par les Electeurs,
& à la mort de l'Empereur
il succede de droit à
l'Empire, sans qu'il soit
necessaire de faire une
nouvelle Election. Ils cf.î
toient autrefois obligez
d'aller recevoir laCouronne
Imperiale à Rome des
mains duPape;ils estoient
accompagnez de vingt
mille hommes de pied & 1
de quatre mille Cavaliers
entretenus pendant le 1
voyage aux dépens de
l'Empire. Ilsestoientcouronnez
Rois de Lombardie
à Monza dans le Milanez.
LaCouronne qu'ils
recevoient estoit d'or,
sans pointes , enrichie de
Diamants, avec une petite
bande de fer au dedans,
ce qui l'a fitappeller
la Couronne de Fer.
Aprés avoir reçu la Couronne
Romaine en Allemagne
,
& la Couronne
de Ferà Monza, ils serendoient
à Rome pour y
dire couronnez Empereurs
par le Pape;mais les
Etats de l'Empire assemblez
à Francfort en 1338.
& à Colognel'année tUlvante,
considerant la dépense
que ce voyage d'Italie
causoit à l'Empire ,
conclurent que la
-
feule
élection conseroit auPrince
la pleine puissance Imperiale
,
& déclarerent
inutiles les ceremonies des
Couronnements deRome -
&de Milan; cependant
les Papes ont refuséde reconnoistre
les Empereurs,
s'ils n'obtenoient du Saint
Siége un Brefqui les dif.
pensast d'aller à Rome,&
qui confirmast leur Election.
tion. Charles-Quinta eilé
le dernier Empereur couronné
de la main du Pape;
ceux qui n'y ont pas esté
couronnez,ne sont nommez
dans lesBulles &Brefs
queImperatorElectus.
REMARQUES
Joseph
- Jacob-Jean-
1,
Ignace Eustache
,
Empereur
d'Occident, mourut
à Vienne en Autriche de
la petite verole, le 17.
Avril
dernier, dans sa 33e.
année.
Il estoit fils aisné de
l'Empereur Leopold L ôç : d'Eleonore - Magdelaine:
Theresede Newbourg. -
Il fut declaré Roy
d'Hongrie le 17,Novem--
bre1687.
Il futeslu Roy des Ro- -
mainsle24. Janvier r6<>o,
Il prit le titre d'Empereules.
May 1705.
Il avoir épousé îc ij^j
Janvier 16go. Villein.ine--j
Amelie de BrunswikHa- -
novre ,
dont il a eu un fils
morten bas âge; &dux
filles qui sont les ArthiuUchesses
Marie Joseph ,-&
Marie-Amélie.
Les frere lX. soeurs de
l'Empereur Joseph
3
sont
l'Archiduc Charles
,
les
Archiduchesses Marie-
Elisabeth
,
Marie-Anne,
& MarieMagdelaine,
La Maison d'Autriche
futélevée pour la premiere
fois à la dignité Imperial
e en la personne deRodolphe
d'Hapfbourg à
Francfort le dernier jour
de Septembre l'an 1273. Il"
tua Ottocare second Roy
de Boheme dans une bataille
prés de Vienne. Cet
Ottocare prétendoitque
toute l'Autriche luy appartenoit;
mais Rodolphe
qui prétendoit que cetEtat
estoit dévoluà l'Empire
faute de posterité masculine,
s'en appliqua la proprieté
persornelle qu'ilfit
confirmer dansuneDiette
par lesElecteurs & lesPrinces
de l'Empire
,
& par uneBulle duPapeMartin ,
II. Aprés ces formalitez il
en donna l'investiture à
son fils Albert.Ce futalors
que les Princes de cette
Maison quitterentle titre
de Comtes d'Hapsbourg
¡ pour prendre ccluy de
Ducs d'Autriche; ensuiteils
ont pris celuy d'Archiducs.
Voicy les alliances qui
ont le plus contribué à l'agrandissement
delaMaison
d'Autriche.
L'Em pereur Maximilienépousal'an1477.
Marie
de Bourgogne, fille de
Charles le Hardy,laplus
riche heritiere de l'Europe.
Philippe II. Archiduc
d'Autriche épousa en 149^
Jeanne dAragon, heritiere
de Ferdinand V. dit le
Catholique - ,Roy d'Aragon
& d'Isabelle Reyne de Castille.
Ainsi Jeanne apporta
à son mary la Couronne
d'Aragon avec ks Etats
d'Italie lesquels y estoient
annexés qu'elleheritoit
du chef de son pere, &la-
Couronne de Castille avec
la Grenade & les Etats annexés
a cette Couronne
qu'elle heritoit duchefde
samere.
L'Empereur Charles-
Quint ayantcedé l'Empire
à son frereFerdinand,
aprés l'avoir saic élireRoy
des Romains, ces deux
freres diviserentlaMasion
d'Autriche en deux branches,
L'Aisnée a donné
cinq Rois à l'Espagne, &
la Cadette quatorze Empereurs.
Prérogatives desEmpereurs.
Ils ont la pluspart des
titres des anciens Empereurs
d'Occident.Ils prennent
ceux de tousjours
Auguste,deCesar, & de
sacréeMajesté. LeurCouronne
qui est fermée ôc
surmontée d'un Globe,est
le symbole de la Monarchie
universelle. Ils ont
seuls le pouvoir de convoquer
& de congedier Les
Diettes generales; d'en
amodier les resolutions,
& de les faire executer. Ils
peuvent non feulement
ériger les Terres en Baronies,
en Comtez , & en
Duchez; maisaussiils prétendentde
pouvoir ériger
lesPrincipautez enRoyaumes
, ( ce que prétendit
faire en 1700. l'Empereur
Leopold
, en donnant à
l'Electeur deBrandebourg
le titre de Roy de Prusse
,
par Diplome de rcconnoissance.)
Ils donnent
l'investiture des grands
fiefs de l'Empire, & ils
disposoient mesme avant
Charles-Quint
,
des Etats
& Provinces qui y estoient
dévolus. Ils instituent &
confirment les Universitez
& les Académies &
tous ces Droits de Souverains
sont si attachez à la
Couronne Impériale ,
qu'en l'absence de l'jErrêpereur
, le Roy des Romains
en joüit, & au défaut
de l'un& de l'autre,
ces Droits appartiennent
aux deux Vicaires de l'Empire
qui sont les Electeurs
de Baviere & de Saxe.L'Electeur
de Baviere e-si Vicaire
dans les pays de droit
de Franconie,&celuy de
Saxe dans les pays de droic
Saxon.Laqualité de Vicaire
est disputée à l'Electeur
de Baviere par l'Electeur
Palatin.
Vous verrez cy-aprés plus CM
longdans laBulle d'Orles
Obligations desEmpereurs.
Ils doivent prendre l'avis
des Electeurs lorsqu'il
s'agit d'engager ou d'aliener
les biens de l'Empire,
d'accorder le Privilege de
battre Monnoye *-'
,
& d'y
donner le prix. Ils ont bcfoin
d'un consentement
general des Electeurs
,. Princes, & autres m'embres
de l'Empire., pour
mettre quelqu'un au Ban
de l'Empire,commeaussi
Lorsqu'il s'agit de faire
quelqueReglement concernant
la Religion, déclarer
la Guerre,faire la
Paix, lever des subsides,
&c.
Lorsqu'un Empe- reur cft
esluils'oblige àces restrictions
de ion pouvoir par
une Capitulation qu'il fait
avec les Electeurs & Princes
de l'Empire. Selon les
occasions on peut ajouster
d'autres Articles à la Capitulation,
dont 1 Empereur
est obligé de jurer l'observation
dans le temps de
sonElection, &de la réiterer
avant &aprés son
Couronnement
, ce qui
s'observa lors de FEtechon
de l'Empereur Leopold.
Les Electeurs luy firent
promettre fous serment
de n'envoyer , aucunes
Troupes sans le consentement
de l'Empire enFlandre
ni en Italie contre les
François,suivant ce qui
estoitstipulé dans lesTraitez
de Westphalie
,
dont
l'observation luy est enjointe
par plusieurs articlesde
cette Capitulation.
Le Roy des Romains
citenu par les Electeurs,
& à la mort de l'Empereur
il succede de droit à
l'Empire, sans qu'il soit
necessaire de faire une
nouvelle Election. Ils cf.î
toient autrefois obligez
d'aller recevoir laCouronne
Imperiale à Rome des
mains duPape;ils estoient
accompagnez de vingt
mille hommes de pied & 1
de quatre mille Cavaliers
entretenus pendant le 1
voyage aux dépens de
l'Empire. Ilsestoientcouronnez
Rois de Lombardie
à Monza dans le Milanez.
LaCouronne qu'ils
recevoient estoit d'or,
sans pointes , enrichie de
Diamants, avec une petite
bande de fer au dedans,
ce qui l'a fitappeller
la Couronne de Fer.
Aprés avoir reçu la Couronne
Romaine en Allemagne
,
& la Couronne
de Ferà Monza, ils serendoient
à Rome pour y
dire couronnez Empereurs
par le Pape;mais les
Etats de l'Empire assemblez
à Francfort en 1338.
& à Colognel'année tUlvante,
considerant la dépense
que ce voyage d'Italie
causoit à l'Empire ,
conclurent que la
-
feule
élection conseroit auPrince
la pleine puissance Imperiale
,
& déclarerent
inutiles les ceremonies des
Couronnements deRome -
&de Milan; cependant
les Papes ont refuséde reconnoistre
les Empereurs,
s'ils n'obtenoient du Saint
Siége un Brefqui les dif.
pensast d'aller à Rome,&
qui confirmast leur Election.
tion. Charles-Quinta eilé
le dernier Empereur couronné
de la main du Pape;
ceux qui n'y ont pas esté
couronnez,ne sont nommez
dans lesBulles &Brefs
queImperatorElectus.
REMARQUES
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Résumé : Mort de L'EMPEREUR.
Joseph Ier, fils aîné de Léopold Ier et d'Éléonore-Madeleine de Neubourg, est décédé à Vienne le 17 avril à l'âge de 33 ans. Il a été couronné roi de Hongrie en 1687, roi des Romains en 1690, et a pris le titre d'Empereur en 1705. Il a épousé Wilhelmine-Amélie de Brunswick-Lunebourg en 1699, avec qui il a eu un fils mort en bas âge et deux filles, les archiduchesses Marie-Josèphe et Marie-Amélie. Ses frères et sœurs incluent l'archiduc Charles et les archiduchesses Marie-Élisabeth, Marie-Anne et Marie-Madeleine. La Maison d'Autriche a été élevée à la dignité impériale en 1273 avec Rodolphe de Habsbourg, qui a vaincu Ottocar II de Bohême. Rodolphe a revendiqué l'Autriche et a fait confirmer sa propriété par les électeurs et les princes de l'Empire, ainsi que par le pape Martin IV. Il a ensuite donné l'investiture à son fils Albert, marquant le début de l'utilisation du titre d'archiduc. Les alliances matrimoniales ont joué un rôle crucial dans l'agrandissement de la Maison d'Autriche, notamment le mariage de Maximilien avec Marie de Bourgogne et celui de Philippe II avec Jeanne d'Aragon. Charles Quint a divisé la Maison d'Autriche en deux branches, l'aînée donnant des rois à l'Espagne et la cadette des empereurs au Saint-Empire. Les empereurs possèdent divers titres et prérogatives, tels que ceux d'Auguste, de César et de sacrée Majesté. Ils ont le pouvoir de convoquer et de congédier les diètes générales, d'ériger des terres en baronies, comtés, duchés et royaumes, et de donner l'investiture des grands fiefs de l'Empire. En l'absence de l'empereur, ces droits sont exercés par le roi des Romains ou les vicaires de l'Empire, les électeurs de Bavière et de Saxe. Les obligations des empereurs incluent la nécessité de consulter les électeurs pour engager ou aliéner les biens de l'Empire, accorder des privilèges de battre monnaie, déclarer la guerre, faire la paix, lever des subsides, et régler des questions religieuses. Lors de son élection, l'empereur doit jurer l'observation de ces restrictions dans une capitulation avec les électeurs et princes de l'Empire.
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2143
p. 17-20
REMARQUES. Ceremonies d'Allemagne.
Début :
Charles IV. aprés avoir fait publier la Bulle d'Or à [...]
Mots clefs :
Électeurs, Empereur, Bulle d'Or
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES. Ceremonies d'Allemagne.
REMARQUES.
Ceremonies d'Allemagne.
Charles IV. après avoir
faitpublierla Bulle d'Or à
Mets, voulut commencer
à la faire executer en ce
qui concernoit le service
que les Princes Electeurs
devoient luy rendre lorsquil
mangeoir en public
L'on avoiteslevé une Estrade
au milieu du marchépublic
,
sur laquelle eftoïoi
la table du festin) où l'Empereur
& l'lm peratrice [Ql
placèrentd'abordjensuite
les trois Electeurs Ecclefîaftiquesvinrent
àChevacomme
Archichancelier
de l'En) pire,chacun ayant
un Sceau penduaucol, ~M
une Lettre àla main droite.
Ensuite marchoient les
quatre Electeurs ~Seculien:
aussi à Cheval ;le Ducdob
Saxe ayant un picotin ~d'ami
gent pleind'avoine ensa
main droite ,comme Archi-
Maréchal de l'Empire,&
mit pied à terre le
premier,parce que sa fonction
estaussi de placerles
Princes chacun à son rang.
Le Marquis de Brandebourg
donna à laver à
l'Empereur & à l'impératrice
avec une Eguiere &
un Bassin d'or. Le Comte
Palatin du Rhin servit les
plats surla table. Le Roy
de Bohesme ou celuy qui
le representoit,mit sur le
coin de la table un flacon
d'or plein de vin, & en
presenta à l'Empereur
dans un gobelet d'or. Aprés
les Electeurs marchoient
les deux grands
Veneurs sonnant du Cor,
& suivis de leurs Chasseurs
& de leurs Chiens;ils tuerent
devant l'Empereur
un grand Cerf& un gros
Sanglier; ensuite aprés le
repas l'Empereur les congedia
tous avec des presents
magnifiques.
Ceremonies d'Allemagne.
Charles IV. après avoir
faitpublierla Bulle d'Or à
Mets, voulut commencer
à la faire executer en ce
qui concernoit le service
que les Princes Electeurs
devoient luy rendre lorsquil
mangeoir en public
L'on avoiteslevé une Estrade
au milieu du marchépublic
,
sur laquelle eftoïoi
la table du festin) où l'Empereur
& l'lm peratrice [Ql
placèrentd'abordjensuite
les trois Electeurs Ecclefîaftiquesvinrent
àChevacomme
Archichancelier
de l'En) pire,chacun ayant
un Sceau penduaucol, ~M
une Lettre àla main droite.
Ensuite marchoient les
quatre Electeurs ~Seculien:
aussi à Cheval ;le Ducdob
Saxe ayant un picotin ~d'ami
gent pleind'avoine ensa
main droite ,comme Archi-
Maréchal de l'Empire,&
mit pied à terre le
premier,parce que sa fonction
estaussi de placerles
Princes chacun à son rang.
Le Marquis de Brandebourg
donna à laver à
l'Empereur & à l'impératrice
avec une Eguiere &
un Bassin d'or. Le Comte
Palatin du Rhin servit les
plats surla table. Le Roy
de Bohesme ou celuy qui
le representoit,mit sur le
coin de la table un flacon
d'or plein de vin, & en
presenta à l'Empereur
dans un gobelet d'or. Aprés
les Electeurs marchoient
les deux grands
Veneurs sonnant du Cor,
& suivis de leurs Chasseurs
& de leurs Chiens;ils tuerent
devant l'Empereur
un grand Cerf& un gros
Sanglier; ensuite aprés le
repas l'Empereur les congedia
tous avec des presents
magnifiques.
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Résumé : REMARQUES. Ceremonies d'Allemagne.
Après la publication de la Bulle d'Or à Metz, Charles IV organisa des cérémonies impliquant les Princes Électeurs lors de ses repas publics. Une estrade fut dressée au marché public pour accueillir la table du festin, où l'Empereur et l'Impératrice prirent place en premier. Les trois Électeurs ecclésiastiques arrivèrent à cheval, portant chacun un sceau et une lettre. Ils furent suivis par les quatre Électeurs séculiers. Le Duc de Saxe, en tant qu'Archi-Maréchal, dirigea les Princes à leurs rangs respectifs. Le Marquis de Brandebourg offrit de l'eau à l'Empereur et à l'Impératrice avec des objets en or. Le Comte Palatin du Rhin servit les plats, tandis que le Roi de Bohême plaça un flacon de vin sur la table et en offrit à l'Empereur. Après les Électeurs, les grands Veneurs présentèrent un cerf et un sanglier tués devant l'Empereur. À la fin du repas, l'Empereur congédia les participants en leur offrant des présents.
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2144
p. 21-25
CEREMONIE pratiquée lorsque les Archiducs reçoivent l'hommage & le serment de fidelité de la Province de Carinthie.
Début :
Le jour marqué pour cette Cérémonie, les Peuples s'assemblent [...]
Mots clefs :
Province de Carinthie, Archiduc, Cérémonie, Prince, Paysans, Peuple
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE pratiquée lorsque les Archiducs reçoivent l'hommage & le serment de fidelité de la Province de Carinthie.
CEREMONIE
pratiquée 10r(rte les Archiducsreçoivent
l'hommac
hiducs re ul
ge & le ferment defidelité
de la Province de Carinthie.
Le jour marqué pour
cette Cérémonie)les Peuples
s'assemblent dans une
,
Vallée proche de laVille
de saint Veit
,
qui en efi:
la Capitale; Un Païsan
monte sur une grande
pierre de marbrequ'il y a
dans une Prairie , ayant
à sa main droite une vache
noire, & une mechante
cavale à sa gauche: l'Archiduc
vertu en Paysan
,"t
une houlette de Berger lèi
la main, precédé de quantiré
de Gentilshommesri- - chement vestus
,
de ses2
Officiers & de ses Gardes
tous à pied, s'avance vers
cette pierre;Alors le Pay--
san demande ,Qjûeft celuy.'{
qui marcheiffièrement ? Et les
Peuple répondant quecVy?ï\
leur nouveau Prince; illeur
demande s'il est justeJuge,
s'il cherche le bien du Pays x..
s'ilestNoble, méritant, Chrétien,~&
Protecteurde la Fois?
Et sur ce qu'on luy répond
qu'ill'est & le lera, il dit
aux Officiers du Prince "z
Qui pourra me chasserde cette
place? Sur-quoy le Maistre
d'Hostel lui promet soixante
deniers, les deux
bestes qui sontàses cassez,
les habits que porte le
Duc
,
& qu'il fera franc de
toute forte d'Im positions.
Sur cette promesse le Payfan
descend
,
touche doucement
avec la main la
joüe du Prince, à qui il recommande
la Juflice.Cela
fait, le Prince monte sur
la pierre,ayant changé
sa houlette en une épée
nuë;& ayant promis bonne
Justice au Peuple,il va àl'Eglise Nostre-Dame,
qui n'en est pasesloignée;
où s'estant revestu de ses
plus riches habits, retourne
dans le mesme endroit,
& y reçoit l'Hommage &
leSerment defidélité. On
dit que la raison pour laquelle
les Pay sans ont ce
droit au dessus de la Noblesse
,
c'est parce qu'ils
ont
ont esté les premiers à etïu
braderle Christianisme,
pendant que lesGentilshommes
crou pirent dans
le Paganisme juiqu'au regné
de Charlemagne.
CER EMONIE
pratiquée 10r(rte les Archiducsreçoivent
l'hommac
hiducs re ul
ge & le ferment defidelité
de la Province de Carinthie.
Le jour marqué pour
cette Cérémonie)les Peuples
s'assemblent dans une
,
Vallée proche de laVille
de saint Veit
,
qui en efi:
la Capitale; Un Païsan
monte sur une grande
pierre de marbrequ'il y a
dans une Prairie , ayant
à sa main droite une vache
noire, & une mechante
cavale à sa gauche: l'Archiduc
vertu en Paysan
,"t
une houlette de Berger lèi
la main, precédé de quantiré
de Gentilshommesri- - chement vestus
,
de ses2
Officiers & de ses Gardes
tous à pied, s'avance vers
cette pierre;Alors le Pay--
san demande ,Qjûeft celuy.'{
qui marcheiffièrement ? Et les
Peuple répondant quecVy?ï\
leur nouveau Prince; illeur
demande s'il est justeJuge,
s'il cherche le bien du Pays x..
s'ilestNoble, méritant, Chrétien,~&
Protecteurde la Fois?
Et sur ce qu'on luy répond
qu'ill'est & le lera, il dit
aux Officiers du Prince "z
Qui pourra me chasserde cette
place? Sur-quoy le Maistre
d'Hostel lui promet soixante
deniers, les deux
bestes qui sontàses cassez,
les habits que porte le
Duc
,
& qu'il fera franc de
toute forte d'Im positions.
Sur cette promesse le Payfan
descend
,
touche doucement
avec la main la
joüe du Prince, à qui il recommande
la Juflice.Cela
fait, le Prince monte sur
la pierre,ayant changé
sa houlette en une épée
nuë;& ayant promis bonne
Justice au Peuple,il va àl'Eglise Nostre-Dame,
qui n'en est pasesloignée;
où s'estant revestu de ses
plus riches habits, retourne
dans le mesme endroit,
& y reçoit l'Hommage &
leSerment defidélité. On
dit que la raison pour laquelle
les Pay sans ont ce
droit au dessus de la Noblesse
,
c'est parce qu'ils
ont
ont esté les premiers à etïu
braderle Christianisme,
pendant que lesGentilshommes
crou pirent dans
le Paganisme juiqu'au regné
de Charlemagne.
CER EMONIE
Fermer
Résumé : CEREMONIE pratiquée lorsque les Archiducs reçoivent l'hommage & le serment de fidelité de la Province de Carinthie.
En Carinthie, les Archiducs reçoivent l'hommage et le serment de fidélité de la province lors d'une cérémonie se déroulant dans une vallée près de Saint Veit. Un paysan, accompagné d'une vache noire et d'un cheval, monte sur une pierre de marbre. L'Archiduc, déguisé en paysan, s'avance vers la pierre, escorté de gentilshommes, d'officiers et de gardes. Le paysan interroge l'Archiduc sur sa justice, son désir de bien pour le pays, sa noblesse, son mérite, sa foi chrétienne et sa protection de la foi. Après des réponses affirmatives, le paysan demande qui pourrait chasser l'Archiduc de cette place. Le maître d'hôtel promet soixante deniers, les deux bêtes et les habits du duc, ainsi que la franchise de toute forte d'impositions. Le paysan touche doucement la joue de l'Archiduc en lui recommandant la justice. L'Archiduc monte sur la pierre, change sa houlette en une épée nue et promet bonne justice au peuple. Il se rend ensuite à l'église Notre-Dame, se revêt de ses plus riches habits et retourne pour recevoir l'hommage et le serment de fidélité. Les paysans possèdent ce droit au-dessus de la noblesse car ils ont été les premiers à embrasser le christianisme, tandis que les gentilshommes restaient païens jusqu'au règne de Charlemagne.
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2145
p. 25-28
CEREMONIE de la Diete.
Début :
Le jour marqué pour faire l'ouverture des Etats, l'Empereur [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Empereur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE de la Diete.
CER EMONIE
de la Diete.
Le jour marqué pour
faire l'ouverture desEtats,
l'Empereur s'y rend en
Personneou par Députez,
lorsque l'Empereurestassissurson
Trofne, les Electeurs
se placent à sa droite
&à sa gauche,suivant
leur rang, sur des bans tapissez
d'écarlate & élevez
de deux marches: ceux
des autres Princes ne sont
ellevez que d'une, & tapissez
de drap vert. Lorsquechacun
est placé selon
son rang, Sa Majestéfait
faire par un Prince,les
proportions qu'il souhaite
à l'Assemblée; l'Electeur
de Tréves au nom detous
les Etatsremercie SaMajestédes
soins qu'Elle se
donne, en l'assurant qu'ils
travailleront incessammentàluy
donneruneentieresatisfactionsur
ses
demandes. On donnepar
écrità chaque Collége
les propositions de l'Em-,
sereur,qui les examinent
a part;& ayantensuite pris
leur resolution
,
ils conviennent
du jour qu'ils
doivent se joindre tous les
troIS, pour s'entrecommuniquer
leurs Centi-
: ments: &s'ils demeurent
d'accord du Resultat
,
ils
l'envoyent à l'Empereur,
qui l'ay antapprouvé
,
est
misaunombredesConstitutions
Impérial es : Mais
s'il yaquelqu'undes Collèges
dont les avis ne
soient pas conformes aux
autres & aux sentiments
du Commissaire de l'Empereur
,
la Constitution
Impériale n'a point force
de Loi, & est entierement
nulle.
de la Diete.
Le jour marqué pour
faire l'ouverture desEtats,
l'Empereur s'y rend en
Personneou par Députez,
lorsque l'Empereurestassissurson
Trofne, les Electeurs
se placent à sa droite
&à sa gauche,suivant
leur rang, sur des bans tapissez
d'écarlate & élevez
de deux marches: ceux
des autres Princes ne sont
ellevez que d'une, & tapissez
de drap vert. Lorsquechacun
est placé selon
son rang, Sa Majestéfait
faire par un Prince,les
proportions qu'il souhaite
à l'Assemblée; l'Electeur
de Tréves au nom detous
les Etatsremercie SaMajestédes
soins qu'Elle se
donne, en l'assurant qu'ils
travailleront incessammentàluy
donneruneentieresatisfactionsur
ses
demandes. On donnepar
écrità chaque Collége
les propositions de l'Em-,
sereur,qui les examinent
a part;& ayantensuite pris
leur resolution
,
ils conviennent
du jour qu'ils
doivent se joindre tous les
troIS, pour s'entrecommuniquer
leurs Centi-
: ments: &s'ils demeurent
d'accord du Resultat
,
ils
l'envoyent à l'Empereur,
qui l'ay antapprouvé
,
est
misaunombredesConstitutions
Impérial es : Mais
s'il yaquelqu'undes Collèges
dont les avis ne
soient pas conformes aux
autres & aux sentiments
du Commissaire de l'Empereur
,
la Constitution
Impériale n'a point force
de Loi, & est entierement
nulle.
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Résumé : CEREMONIE de la Diete.
Le texte décrit la cérémonie d'ouverture de la Diète, une assemblée politique du Saint-Empire romain germanique. L'Empereur ouvre la session en personne ou par députés et prend place sur son trône. Les Électeurs s'assoient à sa droite et à sa gauche selon leur rang, sur des sièges tapissés d'écarlate et surélevés de deux marches. Les autres princes sont assis sur des sièges tapissés de drap vert et surélevés d'une seule marche. L'Empereur présente ses propositions par l'intermédiaire d'un prince. L'Électeur de Trèves remercie l'Empereur au nom de tous les États et assure qu'ils travailleront à satisfaire ses demandes. Les propositions sont ensuite examinées par chaque collège séparément. Les collèges se réunissent tous les trois jours pour discuter de leurs avis. Si un accord est atteint, le résultat est envoyé à l'Empereur, qui l'approuve et le transforme en constitutions impériales. Cependant, si un collège ne partage pas les avis des autres ou ceux du commissaire de l'Empereur, la constitution impériale n'a pas force de loi et est nulle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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Fermer
2146
p. 28-31
Empereurs de la Maison d'Autriche.
Début :
Rodolphe regna 19 ans. Albert I. fils de Rodolphe, fut [...]
Mots clefs :
Empereur d'Autriche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Empereurs de la Maison d'Autriche.
Empereurs dela Aîaifon
d'Autriche.
t Rodolphe régna19. ans.
Albert1.fils de Rodolphe,
fut eslu l'an1298.&.
regna 10. ans a près Adolphe
de Nassau.
FrédéricIII. succeda à
Henry VII. l'an1313.& régna
io.ans*
Albert II.succeda à Sigismondl'an
1438. & régna
2.ans.
Fre dericIV.luy succe d a
en 1440. il régna (cul 48.
ans, & 7. avec ion filsMaximilien.
Maximilien futeflu Roy
des Romains l'an 1486.
Aprés avoir regné 7. ans
avec son pere, il régna enfuite
seul26. ans.
Charles-Quint fils de
Philippe Roy d'Espagne,
succeda à Maximilien l'an
1519. ®na 36. ans.
Ferdinand fut esluRoy
des Romains l'an1531. il
gouverna l'Empire avec
son frere l'espace de 16*.
ans,
MaximilienII. succeda
a Ferdinand l'an 1562.Il
regna 10.ans.
Rodolphe succeda à
Maximilienl'an 157Z.Ôc
regna 40.ans.
Mathias succeda à Rod7olphe.
enaIn6ià.s& .réIgna
Ferdinand II. succeda
à Mathiasen1519;.&régna
18.ans.
Ferdinand III. luy fuccedaen
1657.&régna21.
an.
Leopold luy succeda
en 1658.&aregné47.ans.
Josephson fils quivient
de mourir lllv succeda en
4 1705.
d'Autriche.
t Rodolphe régna19. ans.
Albert1.fils de Rodolphe,
fut eslu l'an1298.&.
regna 10. ans a près Adolphe
de Nassau.
FrédéricIII. succeda à
Henry VII. l'an1313.& régna
io.ans*
Albert II.succeda à Sigismondl'an
1438. & régna
2.ans.
Fre dericIV.luy succe d a
en 1440. il régna (cul 48.
ans, & 7. avec ion filsMaximilien.
Maximilien futeflu Roy
des Romains l'an 1486.
Aprés avoir regné 7. ans
avec son pere, il régna enfuite
seul26. ans.
Charles-Quint fils de
Philippe Roy d'Espagne,
succeda à Maximilien l'an
1519. ®na 36. ans.
Ferdinand fut esluRoy
des Romains l'an1531. il
gouverna l'Empire avec
son frere l'espace de 16*.
ans,
MaximilienII. succeda
a Ferdinand l'an 1562.Il
regna 10.ans.
Rodolphe succeda à
Maximilienl'an 157Z.Ôc
regna 40.ans.
Mathias succeda à Rod7olphe.
enaIn6ià.s& .réIgna
Ferdinand II. succeda
à Mathiasen1519;.&régna
18.ans.
Ferdinand III. luy fuccedaen
1657.&régna21.
an.
Leopold luy succeda
en 1658.&aregné47.ans.
Josephson fils quivient
de mourir lllv succeda en
4 1705.
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Résumé : Empereurs de la Maison d'Autriche.
Le texte énumère les empereurs de la maison d'Autriche et leurs périodes de règne. Rodolphe régna 19 ans. Albert, fils de Rodolphe, fut élu en 1298 et régna 10 ans après Adolphe de Nassau. Frédéric III succéda à Henry VII en 1313 et régna 10 ans. Albert II succéda à Sigismond en 1438 et régna 2 ans. Frédéric IV lui succéda en 1440 et régna 48 ans, dont 7 avec son fils Maximilien. Maximilien fut élu roi des Romains en 1486, régna 7 ans avec son père, puis 26 ans seul. Charles-Quint, fils de Philippe roi d'Espagne, succéda à Maximilien en 1519 et régna 36 ans. Ferdinand fut élu roi des Romains en 1531 et gouverna l'Empire avec son frère pendant 16 ans. Maximilien II succéda à Ferdinand en 1562 et régna 10 ans. Rodolphe succéda à Maximilien en 1572 et régna 40 ans. Mathias succéda à Rodolphe en 1612. Ferdinand II succéda à Mathias en 1619 et régna 18 ans. Ferdinand III lui succéda en 1657 et régna 21 ans. Léopold lui succéda en 1658 et régna 47 ans. Joseph, fils du précédent, lui succéda en 1705.
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2147
p. 32-39
Erudition. [titre d'après la table]
Début :
J'avois dessein de marquer par quelques traits historiques les [...]
Mots clefs :
Maison d'Autriche, Empereur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Erudition. [titre d'après la table]
J' a^oois dessein de marquerparquelquestraits
historiques les caractel'es
de chaque Empe..
reur de la Maiftn
d'Autriche,mais cela,
maurait ment trop
loin: voieyseulement
quelques traits de Rodolphe
qui est le<chef
de cette haute
jlre Adaifôn ,
Rodolphe ayant
contraint a force d'armes
Ottocare à luy rendtorcearrheonrnlagc
lige, Ot- nelevoulutpromettre
,
qu'a condition
que ce seroit en particulier,
dans sa tente ,
sans
quepersonne en - témoin.
Le jour fut pris ;
Ottocare y vint avec un
habit superbe & tout
brillantdepierreries.Rodolphe
affecta den'avoir
qu'un habit simple SC
vil comme seroit ceruy
d'un Païsan, & dans lç
moment quOttocare
ainsi paré estoit à ge—:
noux devant luy les
mainsjointes, des machines
qu'il avoit fait
préparer, enleverent la&
tente, &c donnerent ce
spectacle à toute l'Armée
;cela rompit lapaix,
&. cefut dans cette seconde
guerre qu'Ottocares
fut tué par Rodolphe.
Rodolphe esant à
Cheval par un temps des
pluye,rencontraunCIUH
ré à pied portant le Viatique
à un malade ; il
delcendit de Cheval,fit
monter le Curé dessus
, & conduisït à pied dans
les boues jusqu'à la Maison
du malade
,
le Saint
Sacremenc, qu'il reconduisitde
mesme jusqu'à
l'Eglise
,
où le Curé luy
donnantla bénédiction,
luy prédit que luy & Tes:
descendans seroientEmpereurs.
En effet, 4. ans
après l'Archevêque de
Mayence luy menageat
les Electeurs,dontquelques-
uns neconsentirera
que dans la vue d'époufer
quelques-unes de les?
filles: il en avoit pour
lors six -, toutes également
belles. ,J
Rodolphe dans sa ceremonie
de son Election
, voyant que les Electeurs
failoient difficulté
deluy rendre la soy
Se hommage
, parce
qu'onavoit oubliéd'apporter
le Sceptre
,
prit
sur l'Autel le Crucifix,
&;dit:-v-oillcy le Sceptre
des Cérejïiens. Surcette
parole on rendit l'hommage
en vertu du Crucifix.
1 Rodolphevoulant ramener
à son devoirun
Comte-de Hongrie.qui
pilloit bc massacroit publiquement
--'
le fit venir
parl'entremise de ses
amis, l'ayant fait mettre
à table avec luy Se
boire dans le mesmeverre
où il avoitbû;leComte
dit:je ne doute point
apresent que je nefois en
seureté,puisquej'ay bû
avecleplus honneste homme
du monde.
Rodolphe à l'âge de
73. ansse mitenchemin
pour aller à Spire,dilànt
qu'il alloit rendre visiteauxEmpereurs
defunts.
En effet, estant
tombé malade quelques
jours après, il mourut.,
& sust enterré avec les
autres Empereurs,
historiques les caractel'es
de chaque Empe..
reur de la Maiftn
d'Autriche,mais cela,
maurait ment trop
loin: voieyseulement
quelques traits de Rodolphe
qui est le<chef
de cette haute
jlre Adaifôn ,
Rodolphe ayant
contraint a force d'armes
Ottocare à luy rendtorcearrheonrnlagc
lige, Ot- nelevoulutpromettre
,
qu'a condition
que ce seroit en particulier,
dans sa tente ,
sans
quepersonne en - témoin.
Le jour fut pris ;
Ottocare y vint avec un
habit superbe & tout
brillantdepierreries.Rodolphe
affecta den'avoir
qu'un habit simple SC
vil comme seroit ceruy
d'un Païsan, & dans lç
moment quOttocare
ainsi paré estoit à ge—:
noux devant luy les
mainsjointes, des machines
qu'il avoit fait
préparer, enleverent la&
tente, &c donnerent ce
spectacle à toute l'Armée
;cela rompit lapaix,
&. cefut dans cette seconde
guerre qu'Ottocares
fut tué par Rodolphe.
Rodolphe esant à
Cheval par un temps des
pluye,rencontraunCIUH
ré à pied portant le Viatique
à un malade ; il
delcendit de Cheval,fit
monter le Curé dessus
, & conduisït à pied dans
les boues jusqu'à la Maison
du malade
,
le Saint
Sacremenc, qu'il reconduisitde
mesme jusqu'à
l'Eglise
,
où le Curé luy
donnantla bénédiction,
luy prédit que luy & Tes:
descendans seroientEmpereurs.
En effet, 4. ans
après l'Archevêque de
Mayence luy menageat
les Electeurs,dontquelques-
uns neconsentirera
que dans la vue d'époufer
quelques-unes de les?
filles: il en avoit pour
lors six -, toutes également
belles. ,J
Rodolphe dans sa ceremonie
de son Election
, voyant que les Electeurs
failoient difficulté
deluy rendre la soy
Se hommage
, parce
qu'onavoit oubliéd'apporter
le Sceptre
,
prit
sur l'Autel le Crucifix,
&;dit:-v-oillcy le Sceptre
des Cérejïiens. Surcette
parole on rendit l'hommage
en vertu du Crucifix.
1 Rodolphevoulant ramener
à son devoirun
Comte-de Hongrie.qui
pilloit bc massacroit publiquement
--'
le fit venir
parl'entremise de ses
amis, l'ayant fait mettre
à table avec luy Se
boire dans le mesmeverre
où il avoitbû;leComte
dit:je ne doute point
apresent que je nefois en
seureté,puisquej'ay bû
avecleplus honneste homme
du monde.
Rodolphe à l'âge de
73. ansse mitenchemin
pour aller à Spire,dilànt
qu'il alloit rendre visiteauxEmpereurs
defunts.
En effet, estant
tombé malade quelques
jours après, il mourut.,
& sust enterré avec les
autres Empereurs,
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Résumé : Erudition. [titre d'après la table]
Le texte relate des événements clés de la vie de Rodolphe, empereur de la Maison d'Autriche. Rodolphe contraignit Ottocare à lui rendre hommage par la force après une rencontre privée où il humilia Ottocare en exposant sa tenue somptueuse à l'armée, déclenchant une guerre au cours de laquelle Ottocare fut tué. Rodolphe fit preuve de piété en aidant un curé à porter le Viatique, geste pour lequel il reçut une prophétie sur son avenir. Quatre ans plus tard, avec l'aide de l'Archevêque de Mayence et des électeurs, il devint empereur et utilisa un crucifix comme sceptre lors de sa cérémonie d'élection. Rodolphe tenta également de rassurer un comte hongrois en partageant un repas avec lui. Il mourut à l'âge de 73 ans en se rendant à Spire et fut enterré parmi les empereurs défunts.
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2148
p. 39-46
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
Le Prince Eugene estant party pour les Pays-Bas le 6. [...]
Mots clefs :
Prince, Empereur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvelles d'Allemagne..
t Le Prince Eugene esstanspartypour
les Pays-
Bas le 6.Avril dans le tems
qu'on croyoit l'Empereur
hors de danger, reçut en
deçà de Nuremberg un
Courrier que le Comte
d'Herberstein Vice-Président
du Conseil deGuerre
luy dépeschoit, pour luy
donner avis dela mort de
l'Empereur; l'invitant en
mesme temps de retourneràVienneoù
sapresenceestoie
fortnecessaire,
Ce Prince prit dans le moment
le party de renvoyer
le Courrier,& écrivir à la
Cour qu'il avoit jugé plus
à propos pour l' interest
de la Famille Imperiale,
& pour rassurer lesMembres
de l'Empirevoisins
du pays Ennemy., de continuer
sa route vers le +
haut Rhin & non pas en
Hollande. Il s'est abouché -
avec. les Electeurs de
MayencePa,ldaeTrteviesn6cPalatin,
ausquels il avoit
depcfché des Courriers
pour se rendre incessamment
àMayence.Ce qu'on
a pu apprendre du resultat
de leur conférence se reduit
à trois points, I. D'envoyer
un Courrier à Barcelone
pour inviter l'Archiduc
de revenir incef-
(àmmeneen Allemagne.
2. De depescher des Courriers
à Berlin & à Dresde,
pour communiquer aux
Eleveurs de Saxe & de
Brandebourg les sentiments
des trois autres El<:.-.
steurs,sçavoir de differer
FeiecHon jusques après la
paix ou dumoins jusqu'à la
la fin dela campagne pour
éviter les inconvénients
qui pourroient naistre
dans une conjoncture:
aussi fâcheuse que celle où
l'on setrouvoit. 3. Que le : Prince Eugene seroic au.
torisé de disposerde l'Ar-
- méedel'Empire pour af- -
furcr la tranquillité de
l'Allemagne,&empêcher
que les Armées de France
ne profitent de cette occasson.
En exccution. de
cette resolution
,
le Prince
Eugene s'est renduàRastad
pour passeren revuë
les Troupes qui sont aux
environs., donner les ordres
qu'il jugera necessaires
pour la garde des Lignes
d'Eslingen, & faire
marcher le reste de. l'Armée
dans les endroits convenables.
Cette Armée
doitestre renforcée par les
deuxRegimens Impériaux
& par les huit Bataillons
Palatins qui avoient marché
vers l'Oder&quiestoient
destinez pour l'Ar--
înee de Neutralité. Le'
Prince Eugene après avoir
donne ses ordres sur le
Rhinestallé en Hollande
où lesEtats Généraux ont
pris la resolution de mettre
tout en usage pour
procurer laCouronne Impériale
à l'Archiduc;ayant
envuë leur propre interest.
plustost que celuy de la
Maison d'Autriche ni de
l'Empire.
L'Imperatrice Merc
qui a la Regence des Pays
hereditaires, a ordonné
quetous les hautsOfficiers -..!.
resteraient dans leurs
Charges, en attendant les,
ordres de l'Archiduc.
Le Roy Auguste ayant
appris la mort de l'Empereur,
tint Conseil dans le
moment, où il fut résolu
d'ajouster à sa qualitéd'Electeur
,
celle de Vicaire
de l'Empire,& qu'il resteroit
en Allemagne jusques
aprésl'Election d'un nouvel
Empereur. Le Chancelier
de Pologne protesta
contre cerre résolution.
L'Electeur de Brandebourg
devoit partir le 26.
May pour serendre à Cle~:
ves..
t Le Prince Eugene esstanspartypour
les Pays-
Bas le 6.Avril dans le tems
qu'on croyoit l'Empereur
hors de danger, reçut en
deçà de Nuremberg un
Courrier que le Comte
d'Herberstein Vice-Président
du Conseil deGuerre
luy dépeschoit, pour luy
donner avis dela mort de
l'Empereur; l'invitant en
mesme temps de retourneràVienneoù
sapresenceestoie
fortnecessaire,
Ce Prince prit dans le moment
le party de renvoyer
le Courrier,& écrivir à la
Cour qu'il avoit jugé plus
à propos pour l' interest
de la Famille Imperiale,
& pour rassurer lesMembres
de l'Empirevoisins
du pays Ennemy., de continuer
sa route vers le +
haut Rhin & non pas en
Hollande. Il s'est abouché -
avec. les Electeurs de
MayencePa,ldaeTrteviesn6cPalatin,
ausquels il avoit
depcfché des Courriers
pour se rendre incessamment
àMayence.Ce qu'on
a pu apprendre du resultat
de leur conférence se reduit
à trois points, I. D'envoyer
un Courrier à Barcelone
pour inviter l'Archiduc
de revenir incef-
(àmmeneen Allemagne.
2. De depescher des Courriers
à Berlin & à Dresde,
pour communiquer aux
Eleveurs de Saxe & de
Brandebourg les sentiments
des trois autres El<:.-.
steurs,sçavoir de differer
FeiecHon jusques après la
paix ou dumoins jusqu'à la
la fin dela campagne pour
éviter les inconvénients
qui pourroient naistre
dans une conjoncture:
aussi fâcheuse que celle où
l'on setrouvoit. 3. Que le : Prince Eugene seroic au.
torisé de disposerde l'Ar-
- méedel'Empire pour af- -
furcr la tranquillité de
l'Allemagne,&empêcher
que les Armées de France
ne profitent de cette occasson.
En exccution. de
cette resolution
,
le Prince
Eugene s'est renduàRastad
pour passeren revuë
les Troupes qui sont aux
environs., donner les ordres
qu'il jugera necessaires
pour la garde des Lignes
d'Eslingen, & faire
marcher le reste de. l'Armée
dans les endroits convenables.
Cette Armée
doitestre renforcée par les
deuxRegimens Impériaux
& par les huit Bataillons
Palatins qui avoient marché
vers l'Oder&quiestoient
destinez pour l'Ar--
înee de Neutralité. Le'
Prince Eugene après avoir
donne ses ordres sur le
Rhinestallé en Hollande
où lesEtats Généraux ont
pris la resolution de mettre
tout en usage pour
procurer laCouronne Impériale
à l'Archiduc;ayant
envuë leur propre interest.
plustost que celuy de la
Maison d'Autriche ni de
l'Empire.
L'Imperatrice Merc
qui a la Regence des Pays
hereditaires, a ordonné
quetous les hautsOfficiers -..!.
resteraient dans leurs
Charges, en attendant les,
ordres de l'Archiduc.
Le Roy Auguste ayant
appris la mort de l'Empereur,
tint Conseil dans le
moment, où il fut résolu
d'ajouster à sa qualitéd'Electeur
,
celle de Vicaire
de l'Empire,& qu'il resteroit
en Allemagne jusques
aprésl'Election d'un nouvel
Empereur. Le Chancelier
de Pologne protesta
contre cerre résolution.
L'Electeur de Brandebourg
devoit partir le 26.
May pour serendre à Cle~:
ves..
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Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
Le Prince Eugène, en route pour les Pays-Bas, apprit la mort de l'Empereur près de Nuremberg. Il choisit de se diriger vers le Haut Rhin pour rassurer les voisins de l'Empire et protéger les intérêts de la famille impériale. À Mayence, il se réunit avec les Électeurs de Mayence, de Trèves et du Palatinat pour discuter de trois points : inviter l'Archiduc Charles à revenir en Allemagne, différer l'élection impériale jusqu'après la paix ou la fin de la campagne, et autoriser le Prince Eugène à utiliser l'armée impériale pour maintenir la tranquillité en Allemagne. Le Prince Eugène se rendit ensuite à Rastatt pour passer en revue les troupes et donner des ordres stratégiques. L'armée fut renforcée par des régiments impériaux et des bataillons palatins. Il se rendit ensuite en Hollande, où les États Généraux soutinrent la candidature de l'Archiduc à la couronne impériale. L'Impératrice Élisabeth ordonna que les hauts officiers restent en fonction en attendant les ordres de l'Archiduc. Le roi Auguste de Pologne décida de rester en Allemagne jusqu'à l'élection d'un nouvel Empereur, une décision contestée par le Chancelier de Pologne. L'Électeur de Brandebourg devait partir pour Clèves le 26 mai.
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2149
p. 46-47
Nouvelles du Nord.
Début :
Les Lettres de Moscou du 11. Mars portent que le [...]
Mots clefs :
Moscou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles du Nord.
NouvellesduNord.
Les Lettres de Moscouu
du II. Mars portent que IesJ
8. le Czar assista à lapublication
de la Declaration
de la Guerre contre les
Turcs. Cette publications
sefit dans l'Eglise Metro-c
policaine
,
où le Czar se
rendit avec ses Ministres
& ceuxdes Princes étrangers.
Aprés qu'un Secretaire
d'Estat en eust fait la
lécture
,
le Patriarche fit
un Sermon sur ce sujet , ensuite dequoy leCzarsit
sa priere.
Les Lettres de Moscouu
du II. Mars portent que IesJ
8. le Czar assista à lapublication
de la Declaration
de la Guerre contre les
Turcs. Cette publications
sefit dans l'Eglise Metro-c
policaine
,
où le Czar se
rendit avec ses Ministres
& ceuxdes Princes étrangers.
Aprés qu'un Secretaire
d'Estat en eust fait la
lécture
,
le Patriarche fit
un Sermon sur ce sujet , ensuite dequoy leCzarsit
sa priere.
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2150
p. 47-49
Lettre écrite de l'Isle de Metelin dans l'Anatolie, le 18 Février.
Début :
Dans toutes les Isles de l'Archipel d'où je viens, on [...]
Mots clefs :
Anatolie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre écrite de l'Isle de Metelin dans l'Anatolie, le 18 Février.
Lettre écrite de l'lae de
Metelin dans l'Anatolie
,
le 18. Février.
Dans toutes les Isles de
l'Archipel d'où je viens
, on
travaille avec beaucoup de diligence
a conflruire des Galliotes
en maniere de grands
Batteaux plats, dont lamoindre
portera deux cens hommes
avec leurs armes. Ces Bnjlimens,
ainsique tous lesautres
dontl'Armée navale du Grand
Seigneur sera composée, dataient
estre aJTemblez.. a Con.
stantinople dans le mois de
Adars. Cette Flotte qui doit;
entrer dans la Àler Noire,
fera composée de cinq cens voiles.
Lenombre desGalleresferaaudessus
de cent, trente;
celuy des Galliotes, d'environ
deux cens ; &le restestra-des
Sultanes, desSaïques
, &
iautresBaflimens.
On m'aaussi faitvoir ài
Smirne l estat des Troupes que
le Grand-Seigneur doit avoir
en
(ln Campagne. Jamais l'Empire
Ottoman n'a Ivvé une. se
-puij]unte Armée.
Metelin dans l'Anatolie
,
le 18. Février.
Dans toutes les Isles de
l'Archipel d'où je viens
, on
travaille avec beaucoup de diligence
a conflruire des Galliotes
en maniere de grands
Batteaux plats, dont lamoindre
portera deux cens hommes
avec leurs armes. Ces Bnjlimens,
ainsique tous lesautres
dontl'Armée navale du Grand
Seigneur sera composée, dataient
estre aJTemblez.. a Con.
stantinople dans le mois de
Adars. Cette Flotte qui doit;
entrer dans la Àler Noire,
fera composée de cinq cens voiles.
Lenombre desGalleresferaaudessus
de cent, trente;
celuy des Galliotes, d'environ
deux cens ; &le restestra-des
Sultanes, desSaïques
, &
iautresBaflimens.
On m'aaussi faitvoir ài
Smirne l estat des Troupes que
le Grand-Seigneur doit avoir
en
(ln Campagne. Jamais l'Empire
Ottoman n'a Ivvé une. se
-puij]unte Armée.
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Résumé : Lettre écrite de l'Isle de Metelin dans l'Anatolie, le 18 Février.
Le 18 février, une lettre de Metelin en Anatolie décrit les préparatifs militaires dans l'Archipel. Les habitants y construisent des galliotes, capables de transporter deux cents hommes armés. Ces bateaux, ainsi que d'autres, doivent être rassemblés à Constantinople en Adars pour former une flotte de cinq cents voiles, incluant plus de cent trente galères et deux cents galliotes. À Smyrne, l'auteur observe une mobilisation sans précédent des troupes ottomanes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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