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1
p. 1-7
PRelude. [titre d'après la table]
Début :
Ce que vous me dites, Madame, que vous avez senty en lisant le [...]
Mots clefs :
Princes, Souverains, Puissances, Admiration, Divan d'Alger, Esclaves, Tripoli, Madrigal, Religion catholique
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texteReconnaissance textuelle : PRelude. [titre d'après la table]
E que vous me dites
, Madame
, que
vous avez fenty en
lifant le commencement de
ma Lettre de Juillet , a efté
commun à la plus part de
ceux qui l'ont leue . Ce pre-
Aoust 1685.
A
2 MERCURE
mier Article leur a fait verfer
des larmes de joye ; &
j'ajoûterois qu'il a redoublé
dans leurs coeurs , ces vifs
fentimens d'amour que les
Sujets ont naturellement
pour leurs Princes, s'il eftoit
poffible que celuy que tous
les François ont pour le Roy,
fuft encore capable de quelque
augmentation . Je ne
doute point que cette mefme
action que je vous ay décrite
la derniere fois, & dont
vous avez efté fi fortement
pénetrée , n'ait produit le
mefme effet dans les coeurs
GALANT.
3
d'une partie des Sujets de
tous les Souverains de l'Europe,
puis qu'il y a dans les Etats
de toutes ces Puiffances
d'heureux infortunez, qui ſe
feront un plaifir toute leur
vie de publier les louanges
de l'incomparable Monarque
, auquel ils doivent une
liberté , que par toutes les
raifons que
que je vous ay déja
expliquées , ils eftoient hors
d'efperance de trouver jamais
les moyens de recouvrer
. Ainfi leur malheur ne
pouvoit croiftre , puis qu'il
n'y en a point de plus grand
A ij
4 MERCURE
que celuy de ne pouvoir efperer
aucun foulagement à
fes peines. Mais le Roy ne
faifant rien que de grand
,
l'étonnement doit ceffer
pour faire place à tout ce
que l'admiration peut produire
de plus fort . En effet ,
on n'en
en fçauroit trop avoir
pour une action auffi ſurprenante
que cette derniere
qui a touché le Divan d'Alger
, c'eft à dire , une Affemblée
de coeurs endurcis , &
qui n'avoient jamais connu
ces émotions , qu'on ne reffent
que lors qu'un parfait
GALANT. 5
merite , & des vertus vrayment
extraordinaires lesfont
naître. Les bontez du Roy
n'en font pas demeurées à ce
que je vous ay dit, touchant
les Efclaves de toutes les Nations
de l'Europe , qu'il a
voulu que les Algeriens ayet
rendus. L'affaire de Tripoli
en eſt une fuite glorieuſe ,
meſme pour les malheureux
qui nefont pas nezfes Sujets .
C'est ce qui a obligé M. Vignier
à faire le Madrigal fuivant.
Il eft adreffé aux Peres
de la Mercy , que leur Inftitution
engage à employer
a
A iij
6 MERCURE
le
ratous
leurs foins
chapt des Efclaves.
Mc
pour
Es Peres , vivez en repos ,
Cherchez un plus doux exercice
;
Ne vous expofez plus à la mercy
des flots ,
LOUIS LE GRANDfait voftre
office.
Alger de fon deffein vit le commen
cement ;
A Tripoli prefentement ,
Des Efclavas Chretiens il a finy les
peines ;
Ses Bombes fes Canons ,
Scavent bien mieux rompre leurs
chaifnes ,
Qne ne faifoient vos Patagons.
GALANT. 7
Je devrois icy ,fuivant ma
coûtume , vous dire ce qui
s'eſt paffé à Tripoli , & enfuite
vous entretenir des Arrefts,
Edits , Declarations, &
generalement de tout ce
que le Roy a fait depuis un
mois , pour le bien de fes Sujets
, & pour l'avancement
de la Religion Catholique;
mais comme j'attens encore
quelque éclairciffement fur
ces diverfes matieres , vous
ne trouverez toutes ces cho
fur la fin de ma Let- fes
tre.
, Madame
, que
vous avez fenty en
lifant le commencement de
ma Lettre de Juillet , a efté
commun à la plus part de
ceux qui l'ont leue . Ce pre-
Aoust 1685.
A
2 MERCURE
mier Article leur a fait verfer
des larmes de joye ; &
j'ajoûterois qu'il a redoublé
dans leurs coeurs , ces vifs
fentimens d'amour que les
Sujets ont naturellement
pour leurs Princes, s'il eftoit
poffible que celuy que tous
les François ont pour le Roy,
fuft encore capable de quelque
augmentation . Je ne
doute point que cette mefme
action que je vous ay décrite
la derniere fois, & dont
vous avez efté fi fortement
pénetrée , n'ait produit le
mefme effet dans les coeurs
GALANT.
3
d'une partie des Sujets de
tous les Souverains de l'Europe,
puis qu'il y a dans les Etats
de toutes ces Puiffances
d'heureux infortunez, qui ſe
feront un plaifir toute leur
vie de publier les louanges
de l'incomparable Monarque
, auquel ils doivent une
liberté , que par toutes les
raifons que
que je vous ay déja
expliquées , ils eftoient hors
d'efperance de trouver jamais
les moyens de recouvrer
. Ainfi leur malheur ne
pouvoit croiftre , puis qu'il
n'y en a point de plus grand
A ij
4 MERCURE
que celuy de ne pouvoir efperer
aucun foulagement à
fes peines. Mais le Roy ne
faifant rien que de grand
,
l'étonnement doit ceffer
pour faire place à tout ce
que l'admiration peut produire
de plus fort . En effet ,
on n'en
en fçauroit trop avoir
pour une action auffi ſurprenante
que cette derniere
qui a touché le Divan d'Alger
, c'eft à dire , une Affemblée
de coeurs endurcis , &
qui n'avoient jamais connu
ces émotions , qu'on ne reffent
que lors qu'un parfait
GALANT. 5
merite , & des vertus vrayment
extraordinaires lesfont
naître. Les bontez du Roy
n'en font pas demeurées à ce
que je vous ay dit, touchant
les Efclaves de toutes les Nations
de l'Europe , qu'il a
voulu que les Algeriens ayet
rendus. L'affaire de Tripoli
en eſt une fuite glorieuſe ,
meſme pour les malheureux
qui nefont pas nezfes Sujets .
C'est ce qui a obligé M. Vignier
à faire le Madrigal fuivant.
Il eft adreffé aux Peres
de la Mercy , que leur Inftitution
engage à employer
a
A iij
6 MERCURE
le
ratous
leurs foins
chapt des Efclaves.
Mc
pour
Es Peres , vivez en repos ,
Cherchez un plus doux exercice
;
Ne vous expofez plus à la mercy
des flots ,
LOUIS LE GRANDfait voftre
office.
Alger de fon deffein vit le commen
cement ;
A Tripoli prefentement ,
Des Efclavas Chretiens il a finy les
peines ;
Ses Bombes fes Canons ,
Scavent bien mieux rompre leurs
chaifnes ,
Qne ne faifoient vos Patagons.
GALANT. 7
Je devrois icy ,fuivant ma
coûtume , vous dire ce qui
s'eſt paffé à Tripoli , & enfuite
vous entretenir des Arrefts,
Edits , Declarations, &
generalement de tout ce
que le Roy a fait depuis un
mois , pour le bien de fes Sujets
, & pour l'avancement
de la Religion Catholique;
mais comme j'attens encore
quelque éclairciffement fur
ces diverfes matieres , vous
ne trouverez toutes ces cho
fur la fin de ma Let- fes
tre.
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Résumé : PRelude. [titre d'après la table]
En août 1685, une lettre évoque la réaction du public à une action récente du roi de France. Le début de cette lettre, écrite en juillet, a provoqué des larmes de joie chez ses lecteurs, renforçant leur amour pour le souverain. Cette action royale a également ému les sujets de divers souverains européens, notamment les esclaves libérés par le roi. Ce dernier a en effet affranchi des esclaves de toutes les nations européennes détenus à Alger et à Tripoli, une initiative qualifiée de surprenante et admirable. L'auteur mentionne un madrigal adressé aux Pères de la Mercy, soulignant que le roi a pris en charge leur mission de libérer les esclaves chrétiens. La lettre promet de fournir plus de détails sur les événements récents et les actions royales visant le bien-être de ses sujets et l'avancement de la religion catholique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 73-79
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Le Roy a donné la clef de Gentilhomme de la [...]
Mots clefs :
Espagne, Gentilhomme de la Chambre, Divan d'Alger, Te Deum, Lettres de Catalogne, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvellesd'Espagne.
Le Roy a
donné laclef
de Gentilhomme de la
Chambre au Marquis de
Casa Pabon, enconsideration des services de son
pere.
MilordLexington, Ministre d'Angleterre, arriva
le 18. Octobre à Madrid
à
accompagné du Duc de
Popoliqui étoit allé au-devant de luy, & qui le conduisit en une maison qu'on
luy avoit preparée par ordre
Roy, il eue audience particuliere de leurs Majestez le
mesme jour, le lendemain
il futtraité magnifiquement
au dépens de sa Majesté. Il
est aussiarrivé à Madrid un
cuvoyé du Divan 4Alger,
dont on ne sçait pas encore
la commission. Le Roya
fait chanter le Te Dtumm
actions de graces de la prise
du Qnesnoy; on fit des feux
&
desilluminations durant
- deux soirs.
,
On mande de Catalogne
, queleGeneralStatemberg
a
abandonné Cervera,à
cause que les Anglois au
nombre de trois mil cinq
cens &les Portugais au nombre de dix sept cens étoient
sur le point desembarquer,
outre qu'il éroit arrivé des
Troupes Françoises en
Roussillon qui l'avoir obtigé
de se rapprocher de Barcelone pour estre àportée de
couvrir la Ville.
D'autres lettresdeCatalogne portenr que l'armée
devoit le 16. Octobre passer
la Segre pour aller campèr
auxenvirons de Cervera, tÍque les ennemis avoient
abandonne, que le Prince
Tferclas de Tilly ayant été
informé qu'un Régiment
::de Cavalerie de !Electeur
Palatin, reduit à cent cinquante Maires, étoit dans
ilç voisinage de Cervera, fit
un détachement pour l'enlever;il marcha avec tant
de diligence qu'il le joignit
avant le jour, & l'ayant enveloppé de tous côtez, il
prit le Regiment entier sans
luy donner le tems de se
mettre en deffense. Les let-
: de Saragosse portent qu'un
corps composé de Troupes
reglées des hnncmiSjdcVolontaires & deMiquelets
étoit venu se porter sur la
Rivièred'Aragon & de NaVarie :
mais quelques Troupes Espagnolessétant af.
semblées avec un grand
nombre de Volontaires de
ce pais-là avoit attaqué &
battu les ennemis & les
avoit poursuivis fort loin.
On écrit de l'armée de de.
vant Campo- Mayor que le
14.Octobre on avoit commencé à battre la place avec
trois batteries composées de
Vingt
- quatre pieces do1
Canon & d'onze mortiers
le11. au matin les assiegez
firent une sortie avec seize,
Compagnies de Grenadiers
& quatre cens Soldats, ils.
furent repoussez avec tant
de vigueur qu'ils furent obligezde se retirer en si grand
desordre, qu'une partie fut,
coupée; en forte qu'ils ont
cil environ deux cens hom-.
mes tuez, blessez, &
faits
prisonniers. Le 18. la derniere paralelle fut achevée
à six toises du chemin cOU-"
vert & on avoit fait bréche
àla muraille.
LesTioupesAngloiic^
aprèssjëtriefcp^rçps.tj^J'Àrn\£ç dçs Alliez se fon~
vers laMer à Ville Fr^pçho,
Gf Panades, (nue Tarragone & Barcelone,, ouelles,
attendent une Escadre sur
laquelle elles doivent s'embarquer pour retourner en
Angleterre; les Portugais.
(c préparent ayflà pour retourner en Portugal
Le Roy a
donné laclef
de Gentilhomme de la
Chambre au Marquis de
Casa Pabon, enconsideration des services de son
pere.
MilordLexington, Ministre d'Angleterre, arriva
le 18. Octobre à Madrid
à
accompagné du Duc de
Popoliqui étoit allé au-devant de luy, & qui le conduisit en une maison qu'on
luy avoit preparée par ordre
Roy, il eue audience particuliere de leurs Majestez le
mesme jour, le lendemain
il futtraité magnifiquement
au dépens de sa Majesté. Il
est aussiarrivé à Madrid un
cuvoyé du Divan 4Alger,
dont on ne sçait pas encore
la commission. Le Roya
fait chanter le Te Dtumm
actions de graces de la prise
du Qnesnoy; on fit des feux
&
desilluminations durant
- deux soirs.
,
On mande de Catalogne
, queleGeneralStatemberg
a
abandonné Cervera,à
cause que les Anglois au
nombre de trois mil cinq
cens &les Portugais au nombre de dix sept cens étoient
sur le point desembarquer,
outre qu'il éroit arrivé des
Troupes Françoises en
Roussillon qui l'avoir obtigé
de se rapprocher de Barcelone pour estre àportée de
couvrir la Ville.
D'autres lettresdeCatalogne portenr que l'armée
devoit le 16. Octobre passer
la Segre pour aller campèr
auxenvirons de Cervera, tÍque les ennemis avoient
abandonne, que le Prince
Tferclas de Tilly ayant été
informé qu'un Régiment
::de Cavalerie de !Electeur
Palatin, reduit à cent cinquante Maires, étoit dans
ilç voisinage de Cervera, fit
un détachement pour l'enlever;il marcha avec tant
de diligence qu'il le joignit
avant le jour, & l'ayant enveloppé de tous côtez, il
prit le Regiment entier sans
luy donner le tems de se
mettre en deffense. Les let-
: de Saragosse portent qu'un
corps composé de Troupes
reglées des hnncmiSjdcVolontaires & deMiquelets
étoit venu se porter sur la
Rivièred'Aragon & de NaVarie :
mais quelques Troupes Espagnolessétant af.
semblées avec un grand
nombre de Volontaires de
ce pais-là avoit attaqué &
battu les ennemis & les
avoit poursuivis fort loin.
On écrit de l'armée de de.
vant Campo- Mayor que le
14.Octobre on avoit commencé à battre la place avec
trois batteries composées de
Vingt
- quatre pieces do1
Canon & d'onze mortiers
le11. au matin les assiegez
firent une sortie avec seize,
Compagnies de Grenadiers
& quatre cens Soldats, ils.
furent repoussez avec tant
de vigueur qu'ils furent obligezde se retirer en si grand
desordre, qu'une partie fut,
coupée; en forte qu'ils ont
cil environ deux cens hom-.
mes tuez, blessez, &
faits
prisonniers. Le 18. la derniere paralelle fut achevée
à six toises du chemin cOU-"
vert & on avoit fait bréche
àla muraille.
LesTioupesAngloiic^
aprèssjëtriefcp^rçps.tj^J'Àrn\£ç dçs Alliez se fon~
vers laMer à Ville Fr^pçho,
Gf Panades, (nue Tarragone & Barcelone,, ouelles,
attendent une Escadre sur
laquelle elles doivent s'embarquer pour retourner en
Angleterre; les Portugais.
(c préparent ayflà pour retourner en Portugal
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le roi d'Espagne a décerné la clé de Gentilhomme de la Chambre au Marquis de Casa Pabon, en reconnaissance des services de son père. Milord Lexington, ministre d'Angleterre, est arrivé à Madrid le 18 octobre, accueilli par le Duc de Popoliqui. Il a eu une audience avec leurs Majestés le même jour et a été traité magnifiquement le lendemain. Un envoyé du Divan d'Alger est également arrivé à Madrid, sans que sa mission soit connue. Le roi a ordonné des actions de grâce pour la prise du Quesnoy, avec des feux et des illuminations durant deux soirs. En Catalogne, le général Statemberg a abandonné Cervera face à l'imminence d'un débarquement de troupes anglaises et portugaises, ainsi que l'arrivée de troupes françaises en Roussillon. L'armée espagnole devait passer la Segre pour camper près de Cervera, abandonnée par les ennemis. Le prince Ferdinand de Tilly a capturé un régiment de cavalerie de l'Électeur Palatin près de Cervera. À Saragosse, des troupes espagnoles ont repoussé une attaque ennemie sur la rivière d'Aragon et de Navarre. À Campo-Mayor, les assiégés ont tenté une sortie le 11 octobre, mais ont été repoussés avec de lourdes pertes. Le 18 octobre, la dernière parallèle a été achevée à six toises du chemin couvert, et une brèche a été faite dans la muraille. Les troupes anglo-portugaises se préparent à embarquer à Villefranche, Panades, Tarragone et Barcelone pour retourner en Angleterre et au Portugal.
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