Résultats : 12822 texte(s)
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101
p. 236
« On donnera un Tome du Mercure Galant, le premier jour [...] »
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On donnera un Tome du Mercure Galant, le premier jour [...]
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texteReconnaissance textuelle : « On donnera un Tome du Mercure Galant, le premier jour [...] »
ON donnera un Tome du Mercure Galant, le premier jour de
chique Mois fans aucun retardement;.
On le vendra vingt fols relie en Veau
& quinze relié en Parchemin.
chique Mois fans aucun retardement;.
On le vendra vingt fols relie en Veau
& quinze relié en Parchemin.
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102
p. 236
« Page 70. ligne 12 en sorte, lisez, encore. Page 187 [...] »
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Page 70. ligne 12 en sorte, lisez, encore. Page 187 [...]
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Page 70. ligne 12 en sorte, lisez, encore. Page 187. ligne 14. acclamations, lisez applaudissements.
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103
s. p.
Table des Matieres contenuës en ce Volume.
Début :
Avant propos Histoire de l'heureux Hipocrite. Mort du sieur Cambert [...]
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texteReconnaissance textuelle : Table des Matieres contenuës en ce Volume.
TabledesMatieres contenuës
en ce Volume.
AirVantpropos.
de l'heureux Hipocrite.
Mort du Sieur Cambert , qui avoit estably les Opera en France &en Angleterre.
Mortdu Sieurle Camusde la Musique duRoy.
Moredela belle Madamedu Boüillon
deCaën.
Particularitez touchant la prise de ta
Cayenne, avec les nomsdetous cеих LaMaladie de l' Amour , Galanterie
nouvelle , méléede Profe&de Vers.
qui s'yſontſignalez.
Difcorissur la Preface de la Phedre du Sieur Pradon.
Spectacles preparez pourlepublic.
Avanturedel'épée.
Generosité d'un Officier Gascon , lors que Valenciennesfutprised'affant.
TABLE.
Belle Haranguedu Greffier de Valen- ciennesau Roy. 2
Réponse du Roy àlaLettredeMon- fieur le Marêchal dela Ferté,fur lapriſede Valenciennes.
Abregédes belles ActionsdeseMarê- chal.
LeRoy écrit à Madame laMarechale d'Estrées , fur la prise de Valenciennes.
Lettre de Monfieur le Duc de Saint
Aignan anRoy ,furlaprisedeVa- lenciennes.
Réponſe duRoy à Monsieurle Ducde S.Aignan.
Monfienrle Comtede Louvigny rend compreàMonsieurle Maréchalde
Graminontde laprisede Valencien- nes, &donne degrandes loüanges à
Monfieur le Chevalier de Vendos
me , &à Monsieur le Comtede S. Aignan.
HistoireduMariagepar hazard.
VersdeMadame le Camus pourMa- dame la Comteffe de Guicheſurſon Jubile.
Hv
TABLE.
Portrait du Roy en Vers par lamême
Madame le Camus.
Extraits deplufieurs Relations touchant laBatailledeCaffel.
Remarques particulieres touchant ce qu'a fait Son Alteffe Royale dans cette grandeJournée.
Vers de Monsieur l'Abbé Cotin , à
Monsieur,fursa Victoire.
Lettre de Monsieur le Duc de Saint
Aignan,àMonfieur.
Réponsede SonAlteffeRoyale, àMon- fieurle Ducde S.Aignan.
Sonnet deM.deB...
Monsieurle Marquis d'Effiat est en- voyéauRoydelapartde Son Alteffe Royale, &Monsieur de Merille à
Madame, pour leur rendre compre delaBataillede Caffel.
Le Roy envoye Monsieur le Marquis deGeſures à Monsieur sur ce Sujet, &écrit à Madameparunde Ses Ordinaires. Monseigneurle Dauphin & la Reyne entémoignentleurjoyeà Madame.
LaReyne envoye Monfieur leVicomte
TABLE.
de Nantiac au Roy &à Monfieur ,
pour leur témoigner la part qu'elle prend à la Victoire de Son Alteſſe
Royale.
Noms & Elogesde tous ceux quiſeſont Signalezàla Bataillede Caffel.
Lettre de Monfieur le Duc de Saint
Aignan , au Roy , fur la prise de Cambray.
Réponſe de lamain du Roy , à Mon- fienrle DucdeS.Aignan.
Fin de la Table.
en ce Volume.
AirVantpropos.
de l'heureux Hipocrite.
Mort du Sieur Cambert , qui avoit estably les Opera en France &en Angleterre.
Mortdu Sieurle Camusde la Musique duRoy.
Moredela belle Madamedu Boüillon
deCaën.
Particularitez touchant la prise de ta
Cayenne, avec les nomsdetous cеих LaMaladie de l' Amour , Galanterie
nouvelle , méléede Profe&de Vers.
qui s'yſontſignalez.
Difcorissur la Preface de la Phedre du Sieur Pradon.
Spectacles preparez pourlepublic.
Avanturedel'épée.
Generosité d'un Officier Gascon , lors que Valenciennesfutprised'affant.
TABLE.
Belle Haranguedu Greffier de Valen- ciennesau Roy. 2
Réponse du Roy àlaLettredeMon- fieur le Marêchal dela Ferté,fur lapriſede Valenciennes.
Abregédes belles ActionsdeseMarê- chal.
LeRoy écrit à Madame laMarechale d'Estrées , fur la prise de Valenciennes.
Lettre de Monfieur le Duc de Saint
Aignan anRoy ,furlaprisedeVa- lenciennes.
Réponſe duRoy à Monsieurle Ducde S.Aignan.
Monfienrle Comtede Louvigny rend compreàMonsieurle Maréchalde
Graminontde laprisede Valencien- nes, &donne degrandes loüanges à
Monfieur le Chevalier de Vendos
me , &à Monsieur le Comtede S. Aignan.
HistoireduMariagepar hazard.
VersdeMadame le Camus pourMa- dame la Comteffe de Guicheſurſon Jubile.
Hv
TABLE.
Portrait du Roy en Vers par lamême
Madame le Camus.
Extraits deplufieurs Relations touchant laBatailledeCaffel.
Remarques particulieres touchant ce qu'a fait Son Alteffe Royale dans cette grandeJournée.
Vers de Monsieur l'Abbé Cotin , à
Monsieur,fursa Victoire.
Lettre de Monsieur le Duc de Saint
Aignan,àMonfieur.
Réponsede SonAlteffeRoyale, àMon- fieurle Ducde S.Aignan.
Sonnet deM.deB...
Monsieurle Marquis d'Effiat est en- voyéauRoydelapartde Son Alteffe Royale, &Monsieur de Merille à
Madame, pour leur rendre compre delaBataillede Caffel.
Le Roy envoye Monsieur le Marquis deGeſures à Monsieur sur ce Sujet, &écrit à Madameparunde Ses Ordinaires. Monseigneurle Dauphin & la Reyne entémoignentleurjoyeà Madame.
LaReyne envoye Monfieur leVicomte
TABLE.
de Nantiac au Roy &à Monfieur ,
pour leur témoigner la part qu'elle prend à la Victoire de Son Alteſſe
Royale.
Noms & Elogesde tous ceux quiſeſont Signalezàla Bataillede Caffel.
Lettre de Monfieur le Duc de Saint
Aignan , au Roy , fur la prise de Cambray.
Réponſe de lamain du Roy , à Mon- fienrle DucdeS.Aignan.
Fin de la Table.
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Résumé : Table des Matieres contenuës en ce Volume.
Le document présente une table des matières d'un volume traitant de sujets historiques et littéraires. Il mentionne la mort de plusieurs personnalités notables, telles que le Sieur Cambert, le Sieur le Camus de la Musique du Roy et Madame du Bouillon de Caen. Des événements militaires importants sont également relatés, comme la prise de Cayenne et de Valenciennes, ainsi que des détails sur la bataille de Caffel. Le texte évoque plusieurs lettres et réponses échangées entre des figures royales et nobles, notamment le Roi, le Duc de Saint Aignan et le Maréchal de la Ferté. Des poèmes et des vers écrits par des personnalités comme Madame le Camus et l'Abbé Cotin sont inclus. Le document se conclut par des éloges et des lettres célébrant les victoires et les actions héroïques des personnages mentionnés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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104
p. 1-4
« Vous m'en dites trop, Madame, on s'oblige soy méme [...] »
Début :
Vous m'en dites trop, Madame, on s'oblige soy méme [...]
Mots clefs :
Nouveautés, Curiosité, Matière, Abondance
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texteReconnaissance textuelle : « Vous m'en dites trop, Madame, on s'oblige soy méme [...] »
Ousm'enditestrop,
Madame , on s'oblige ſoi - méme en
obligeant une Perſonne aufli ſpirituelle que vous ; & la peine que j'ay à vous amaſſer des Nouveautez ne vaut pas
les remercimens que vous m'en faites. Il eſt aisé d'eſtre
officieux pour une Amie de
vôtre importance , & le zele
Tom- 3 . A
2 LE MERCVRE
que je vous ay voüé m'ayant toûjoursfait chercher avec ar- deur les occaſions de vous en
donner des marques , je vous ſuis plus redevable de voſtre curioſité , que vous ne me l'eſtes du ſoin que je prens de la fatisfaire. Si ce que je vousenvoye merite le nomde Preſent que vous luy donnez,
j'ay la joye de vous en pouvoir faire de confiderables. Ils le
feroient moins , s'ils eſtoient
tous de mon propre fonds : je me ſers pour cela du bie d'au- truy , &ce qu'il y a d'avanta- geux pour moy, c'eſt que ceux à qui je prens, ne m'obligent point à reftituer , il ſuffit que je declare ce que je leur ay pris. Ils ſont contens que vous
GALANT. 3
en joüiffiez , & nous ſommes tous fatisfaits. Je vous ay marqué dans la fin de ma derniere Lettre , que j'eſtois accablé par l'abondance de la matiere , j'en ay encor plus pour celle-cy, &je me trouve
dans la neceſſité , ou de vous
manquerde parole en ne vous envoyant pas ma Lettre dans le temps que je vous ay pro- mis, oude ne vous pas mander tout ce que je croy digne de vôtre curioſi
Madame , on s'oblige ſoi - méme en
obligeant une Perſonne aufli ſpirituelle que vous ; & la peine que j'ay à vous amaſſer des Nouveautez ne vaut pas
les remercimens que vous m'en faites. Il eſt aisé d'eſtre
officieux pour une Amie de
vôtre importance , & le zele
Tom- 3 . A
2 LE MERCVRE
que je vous ay voüé m'ayant toûjoursfait chercher avec ar- deur les occaſions de vous en
donner des marques , je vous ſuis plus redevable de voſtre curioſité , que vous ne me l'eſtes du ſoin que je prens de la fatisfaire. Si ce que je vousenvoye merite le nomde Preſent que vous luy donnez,
j'ay la joye de vous en pouvoir faire de confiderables. Ils le
feroient moins , s'ils eſtoient
tous de mon propre fonds : je me ſers pour cela du bie d'au- truy , &ce qu'il y a d'avanta- geux pour moy, c'eſt que ceux à qui je prens, ne m'obligent point à reftituer , il ſuffit que je declare ce que je leur ay pris. Ils ſont contens que vous
GALANT. 3
en joüiffiez , & nous ſommes tous fatisfaits. Je vous ay marqué dans la fin de ma derniere Lettre , que j'eſtois accablé par l'abondance de la matiere , j'en ay encor plus pour celle-cy, &je me trouve
dans la neceſſité , ou de vous
manquerde parole en ne vous envoyant pas ma Lettre dans le temps que je vous ay pro- mis, oude ne vous pas mander tout ce que je croy digne de vôtre curioſi
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Résumé : « Vous m'en dites trop, Madame, on s'oblige soy méme [...] »
L'auteur d'une lettre adresse un message à une personne de grande importance spirituelle. Il exprime sa gratitude pour les remerciements reçus et souligne que le plaisir de partager des nouvelles est réciproque. Les informations fournies ne proviennent pas uniquement de lui-même, mais aussi de sources extérieures. Les personnes dont il tire des informations ne demandent pas de restitution, se contentant qu'elles soient partagées avec la destinataire. L'auteur mentionne qu'il dispose de beaucoup de matière à partager et se trouve dans l'obligation de respecter son engagement d'envoyer des nouvelles régulières.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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105
p. 4-9
« L'embarras où je suis ne m'empeschera pas pourtant de [...] »
Début :
L'embarras où je suis ne m'empeschera pas pourtant de [...]
Mots clefs :
Journée de Cassel, Bataille, Armée
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texteReconnaissance textuelle : « L'embarras où je suis ne m'empeschera pas pourtant de [...] »
L'embarras où
je ſuis ne m'empêchera pas pourtant de comencer par où j'ay finima derniere,&de vous entretenir encore de la Bataille. Je puis bien vous par- lerdeuxfois d'une choſe dont
on parlera eternellement , &
1 A ij
4 LE MERCURE
dont on découvre tous les
jours des circonstances qui
augmentent la gloire que Son Alteſſe Royale s'y eſt acquiſe.
Elle eut trois Batailles àſoûtenir dans la fameuſe Journée
de Caſſel , puis que les Batail- lons de fon Armée eurent
non ſeulement à combattre
ceux qui étoient dans la Plai- ne, &ceux qui venoient apres s'étre rafraîchis , mais qu'ils efſſuyerent auſſi le feu de tous ceux qui étoient à couvert dans les hayes ; ce qui fait voir que ſi les deux Armées euſſent été en pleine Campa- gne , celle de France , quoy que beaucoup moins forte ,
auroit triomphe ſans que la victoire y eût été diſputée un
GALANT. 5
ſeul moment. Je me ſens obligé de vous dire à l'avanta- ge des Suiſſes , dont perſon- ne n'a parléjuſques icy , qu'ils y ont acquis beaucoup de gloire ; Que les Gensd'armes Anglois & Ecoffois char- gerent trois fois enſemble,
& que les Anglois furent une quatrième fois à la char- ge , & fe mélerent avec les
Gardes du Prince d'Orange qui étoit à leur tête. Per- metrez - moy d'adjoûter à
cela quelque particularité des Mouſquetaires , on n'en peut
parler trop ſouvent ; mais ce que j'ay à vous en dire , prou- vera ce que j'ay déja mar- que touchant le nombre des
Bataillons ennemis dont il
falloit qu'un ſeul eſſuyât le feu..
A iij
6 LE MERCURE
Ce fut pour cette raiſon que les Mouſquetaires mirent pied à terre , & non ſeulement ils
défirent les Bataillons qui les
avoient obligez de combatre à pied, mais en remontant à cheval ils eſſuyerent une décharge qui leur fut faite par
de nouvelles Troupes , &
qui tua ſoixante de leurs Chevaux. Ce fut là où Monfieur de Moiſſac fut tué. Le
feul nom des Mouſquetai- res mit le defordre dans un Bataillon Hollandois. Un Officier qui eſtoit à la teſte les voyant venir l'Epée à la main d'une contenance toute fiere,
s'écria en ces propres termes.
Nous sommes perdus , ce font les Mousquetaires :
Voila la
troisième fois que je me trou-
GALANT. 7
déve ſous leurs pattes. Ces pa- roles ne leur font pas defa- vantageuſes ; puis qu'on les rencontroit ſi ſouvent , c'eſt
une marque qu'ils eſtoient
partout. Auſſi ces Hollandois
enfurent tellement épouvan- tez , qu'apres une feule
charge qu'ils firent , ils jette rent leurs armes pour être moins embarraſſez en fuyant.
je ſuis ne m'empêchera pas pourtant de comencer par où j'ay finima derniere,&de vous entretenir encore de la Bataille. Je puis bien vous par- lerdeuxfois d'une choſe dont
on parlera eternellement , &
1 A ij
4 LE MERCURE
dont on découvre tous les
jours des circonstances qui
augmentent la gloire que Son Alteſſe Royale s'y eſt acquiſe.
Elle eut trois Batailles àſoûtenir dans la fameuſe Journée
de Caſſel , puis que les Batail- lons de fon Armée eurent
non ſeulement à combattre
ceux qui étoient dans la Plai- ne, &ceux qui venoient apres s'étre rafraîchis , mais qu'ils efſſuyerent auſſi le feu de tous ceux qui étoient à couvert dans les hayes ; ce qui fait voir que ſi les deux Armées euſſent été en pleine Campa- gne , celle de France , quoy que beaucoup moins forte ,
auroit triomphe ſans que la victoire y eût été diſputée un
GALANT. 5
ſeul moment. Je me ſens obligé de vous dire à l'avanta- ge des Suiſſes , dont perſon- ne n'a parléjuſques icy , qu'ils y ont acquis beaucoup de gloire ; Que les Gensd'armes Anglois & Ecoffois char- gerent trois fois enſemble,
& que les Anglois furent une quatrième fois à la char- ge , & fe mélerent avec les
Gardes du Prince d'Orange qui étoit à leur tête. Per- metrez - moy d'adjoûter à
cela quelque particularité des Mouſquetaires , on n'en peut
parler trop ſouvent ; mais ce que j'ay à vous en dire , prou- vera ce que j'ay déja mar- que touchant le nombre des
Bataillons ennemis dont il
falloit qu'un ſeul eſſuyât le feu..
A iij
6 LE MERCURE
Ce fut pour cette raiſon que les Mouſquetaires mirent pied à terre , & non ſeulement ils
défirent les Bataillons qui les
avoient obligez de combatre à pied, mais en remontant à cheval ils eſſuyerent une décharge qui leur fut faite par
de nouvelles Troupes , &
qui tua ſoixante de leurs Chevaux. Ce fut là où Monfieur de Moiſſac fut tué. Le
feul nom des Mouſquetai- res mit le defordre dans un Bataillon Hollandois. Un Officier qui eſtoit à la teſte les voyant venir l'Epée à la main d'une contenance toute fiere,
s'écria en ces propres termes.
Nous sommes perdus , ce font les Mousquetaires :
Voila la
troisième fois que je me trou-
GALANT. 7
déve ſous leurs pattes. Ces pa- roles ne leur font pas defa- vantageuſes ; puis qu'on les rencontroit ſi ſouvent , c'eſt
une marque qu'ils eſtoient
partout. Auſſi ces Hollandois
enfurent tellement épouvan- tez , qu'apres une feule
charge qu'ils firent , ils jette rent leurs armes pour être moins embarraſſez en fuyant.
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Résumé : « L'embarras où je suis ne m'empeschera pas pourtant de [...] »
Le texte décrit la bataille de Cassel, soulignant la bravoure des troupes françaises. Son Altesse Royale y a acquis une grande importance et gloire. Les Français ont affronté trois types de batailles : en plaine, contre des renforts frais et des unités cachées dans les haies. Malgré leur infériorité numérique, ils auraient facilement triomphé en pleine campagne. Les Suisses ont contribué significativement, et les charges des gens d'armes anglais et écossais, ainsi que des Anglais sous le commandement du Prince d'Orange, ont été notables. Les Mousquetaires se sont particulièrement distingués par leur courage et leur efficacité. Ils ont combattu à pied après avoir dû descendre de cheval, puis sont remontés en selle pour affronter de nouvelles troupes, subissant des pertes, notamment la mort de Monsieur de Moissac et la perte de soixante chevaux. La réputation des Mousquetaires semait la panique parmi les ennemis. Un officier hollandais, en les voyant, a déclaré : 'Nous sommes perdus, ce sont les Mousquetaires.' Après une seule charge, les Hollandais ont jeté leurs armes pour fuir.
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106
p. 9-11
« On ne peut refuser au Prince d'Orange les loüanges qui [...] »
Début :
On ne peut refuser au Prince d'Orange les loüanges qui [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Louanges, Ordre
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texteReconnaissance textuelle : « On ne peut refuser au Prince d'Orange les loüanges qui [...] »
On ne peut refuſer au Princed'Orange les l'oüanges qui luy ſont deuës. Dés qu'il vit le deſordre parmy ſes Troupes , & qu'il étoit im- poffible de les rallier, il fit dé- bander toute ſon Infanterie
dans des hayes , de peur que les chemins qui font fort fer- rez &méchans ne l'arreſtafſentdans ſa retraite.Cetordre
REQUE
LYO
A iiij
8 LE MERCURE
qu'il dõna à propos,empeſcha la perte du reſte de sõ Armée.
Il ſe retira à Ypres , où il eut quelque demêlé avec le Prin- ce de Naſſau , chacun d'eux
voulant que l'autre fût cauſe du malheur qui leur eſtoit arrivé ; mais ils s'en devoient
plûtôt prendre à la prudente conduite,& àla valeur de Son
Alteſſe Royale.
dans des hayes , de peur que les chemins qui font fort fer- rez &méchans ne l'arreſtafſentdans ſa retraite.Cetordre
REQUE
LYO
A iiij
8 LE MERCURE
qu'il dõna à propos,empeſcha la perte du reſte de sõ Armée.
Il ſe retira à Ypres , où il eut quelque demêlé avec le Prin- ce de Naſſau , chacun d'eux
voulant que l'autre fût cauſe du malheur qui leur eſtoit arrivé ; mais ils s'en devoient
plûtôt prendre à la prudente conduite,& àla valeur de Son
Alteſſe Royale.
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Résumé : « On ne peut refuser au Prince d'Orange les loüanges qui [...] »
Le Prince d'Orange a été félicité pour ses actions lors d'un désordre dans ses troupes. Il ordonna à son infanterie de se retirer à travers des haies pour éviter des chemins difficiles, sauvant ainsi le reste de l'armée. Il se retira ensuite à Ypres, où il eut une dispute avec le Prince de Nassau. Chacun se reprochait mutuellement les événements, mais ceux-ci étaient dus à la prudence et à la valeur du Prince d'Orange.
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107
p. 11
« Puis que vous regardez les Lettres que je vous écris [...] »
Début :
Puis que vous regardez les Lettres que je vous écris [...]
Mots clefs :
Histoire journalière, Lettre
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texteReconnaissance textuelle : « Puis que vous regardez les Lettres que je vous écris [...] »
Puis que vous regardez les Lettres que je vous écrits cũ- me une Hiſtoire journaliere,
& que vous m'aſſurez que pluſieurs en font de méme, je croy être obligé d'y mettre les Noms de beaucoup d'Officiers qui ont eſté bleſſez ou tuez en ſe ſignalant , & dont je ne vous ay point encore
parl
& que vous m'aſſurez que pluſieurs en font de méme, je croy être obligé d'y mettre les Noms de beaucoup d'Officiers qui ont eſté bleſſez ou tuez en ſe ſignalant , & dont je ne vous ay point encore
parl
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108
p. 12-18
Blessez
Début :
M. le Comte de Carle, Enseigne des Gens d'armes [...]
Mots clefs :
Blessés, Tués, Lieutenant, Chevalier, Capitaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Blessez
Bleffez.
M. le Comte de Carle, Enſeigne des Gensd'armes Ecof- fois, bleſſé &priſonnier.
M. du Paſſage , Marechal des Logis au même Corps.
M. le Chevalierde la Guette , Capitaine-Lieutenant des Gens d'armes Anglois , bleſſé.
&prifonnier.
M. le Chevalier de Croly,
Enſeigne.
M. Obrien , Maréchal des
Logis.
M. le Marquis de Mongon,
Sous - Lieutenant des Gens
d'armes de Bourgogne.
M. le Marquisde Sepville,
Capitaine - Lieutenant des Chevaux- Legers de la Reyne M. le Marquis de Villarceaux , Sous - Lieutenant des
Aw
10 LE MERCURE
Chevaux Legers Dauphins.
M. Lanjon , Sous- Lieute-- nant des Gensd'armes.
d'Anjou. M. de Refuge , Capitaine aux Gardes , bleffé & prifonnier.
M. Maliffis ,
même Corps.
Capitaine au
M. des Alleurs , Capitaine
au même Corps.
M. le Sage.
M. de Varenne.
Monfieurde Fourrille, tous
trois Lieutenans au même
Corps.. M.de Beaumont Sous-Lieutenant au même Corps.
M. de Nonant , Enſeigne
aumêmeCorps.. M. de Villechauve,Lieutenant Colonel du Regiment
GALANT. IT
du Roy , & Brigadier d'Infan- terie.
M. des Farges , Lieutenant Colonel du Regiment de la Reine.
M. Laufier , Major du Regimentdes Vaiſſeaux.
M. de l'Etoille, Lieutenant
Colonel du Regiment Lyonnois.
M. Des-Dames , Major du Regiment de Humieres.
M. de la Meloniere,Lieute--
nant- Colonel du Regiment
d'Anjou.. M. le Marquis de Genlis,
Colonel du Regiment de la Couronne.
M. Le Marquis d'Are-fur
Tille , Fils aîné de Monfieur
le Comte de Tavanes , Capi--
zuine au même Corps..
12 LE MERCURE
M. Zegber , Major du Re giment de Greder.
Tuez.
M. le Comte de S. Luc,
Mouſquetaire.
M. le Marquis de laGrange, Guidon des Gens- d'armes Ecoffois.
M. Macher , Guidon des
Gensd'armes Anglois.
M. Rirdan , Maréchal des .
Logis au même Corps.
M. Cordet , Maréchal des :
Logis des Gensd'armes de
Bourgogne.
M. le Chevalier de Beauvaux , Capitaine- Lieutenant des Gensd'armes de Monfieur..
M. le Marquis de Villacerf
Capitaine dans le Regiment,
deTilladet..
i
GALANT.
M. de la Boiffiere , Capitai- ne aux Gardes.
M. de Crean , Lieutenant
Colonel du Regiment de Humieres.
M. Sigoville , Major duRe giment du Maine.. Monfieur Chelar, Major du Regiment d'Anjou.
M. de Villars, Lieutenanta Colonel du. Regiment RoyaLYON
Italien..
M. le Comte de Carle, Enſeigne des Gensd'armes Ecof- fois, bleſſé &priſonnier.
M. du Paſſage , Marechal des Logis au même Corps.
M. le Chevalierde la Guette , Capitaine-Lieutenant des Gens d'armes Anglois , bleſſé.
&prifonnier.
M. le Chevalier de Croly,
Enſeigne.
M. Obrien , Maréchal des
Logis.
M. le Marquis de Mongon,
Sous - Lieutenant des Gens
d'armes de Bourgogne.
M. le Marquisde Sepville,
Capitaine - Lieutenant des Chevaux- Legers de la Reyne M. le Marquis de Villarceaux , Sous - Lieutenant des
Aw
10 LE MERCURE
Chevaux Legers Dauphins.
M. Lanjon , Sous- Lieute-- nant des Gensd'armes.
d'Anjou. M. de Refuge , Capitaine aux Gardes , bleffé & prifonnier.
M. Maliffis ,
même Corps.
Capitaine au
M. des Alleurs , Capitaine
au même Corps.
M. le Sage.
M. de Varenne.
Monfieurde Fourrille, tous
trois Lieutenans au même
Corps.. M.de Beaumont Sous-Lieutenant au même Corps.
M. de Nonant , Enſeigne
aumêmeCorps.. M. de Villechauve,Lieutenant Colonel du Regiment
GALANT. IT
du Roy , & Brigadier d'Infan- terie.
M. des Farges , Lieutenant Colonel du Regiment de la Reine.
M. Laufier , Major du Regimentdes Vaiſſeaux.
M. de l'Etoille, Lieutenant
Colonel du Regiment Lyonnois.
M. Des-Dames , Major du Regiment de Humieres.
M. de la Meloniere,Lieute--
nant- Colonel du Regiment
d'Anjou.. M. le Marquis de Genlis,
Colonel du Regiment de la Couronne.
M. Le Marquis d'Are-fur
Tille , Fils aîné de Monfieur
le Comte de Tavanes , Capi--
zuine au même Corps..
12 LE MERCURE
M. Zegber , Major du Re giment de Greder.
Tuez.
M. le Comte de S. Luc,
Mouſquetaire.
M. le Marquis de laGrange, Guidon des Gens- d'armes Ecoffois.
M. Macher , Guidon des
Gensd'armes Anglois.
M. Rirdan , Maréchal des .
Logis au même Corps.
M. Cordet , Maréchal des :
Logis des Gensd'armes de
Bourgogne.
M. le Chevalier de Beauvaux , Capitaine- Lieutenant des Gensd'armes de Monfieur..
M. le Marquis de Villacerf
Capitaine dans le Regiment,
deTilladet..
i
GALANT.
M. de la Boiffiere , Capitai- ne aux Gardes.
M. de Crean , Lieutenant
Colonel du Regiment de Humieres.
M. Sigoville , Major duRe giment du Maine.. Monfieur Chelar, Major du Regiment d'Anjou.
M. de Villars, Lieutenanta Colonel du. Regiment RoyaLYON
Italien..
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Résumé : Blessez
Le texte énumère des militaires blessés, prisonniers ou tués lors d'un événement non spécifié. Parmi les blessés et prisonniers figurent M. le Comte de Carle, Enseigne des Gens-d'armes Ecoftois, M. du Passage, Maréchal des Logis au même Corps, et M. le Chevalier de la Guette, Capitaine-Lieutenant des Gens d'armes Anglois. D'autres officiers blessés et prisonniers incluent M. de Refuge, Capitaine aux Gardes, et plusieurs autres officiers de divers régiments. Les militaires tués comprennent M. le Comte de S. Luc, Mousquetaire, M. le Marquis de la Grange, Guidon des Gens-d'armes Ecoffois, et M. Macher, Guidon des Gens-d'armes Anglois. La liste mentionne également des officiers de haut rang, tels que M. de Villechauve, Lieutenant Colonel du Régiment du Roy, et M. le Marquis de Genlis, Colonel du Régiment de la Couronne. Le texte énumère aussi des officiers de divers régiments, y compris les Régiments de la Reine, des Vaisseaux, Lyonnois, Humieres, Anjou, et la Couronne, ainsi que le Régiment Royal Italien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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109
p. 18
« M. Bouron, Lieutenant aux Gardes, est le seul des Prisonniers [...] »
Début :
M. Bouron, Lieutenant aux Gardes, est le seul des Prisonniers [...]
Mots clefs :
M. Bouron, Prisonnier
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texteReconnaissance textuelle : « M. Bouron, Lieutenant aux Gardes, est le seul des Prisonniers [...] »
M. Bouron, Lieutenant aux
Gardes , eſt le ſeul des Priſonniers qui n'ait point étébleſſé.
On peut juger par là de l'ar- deur avec laquelle nos Trou- pes ont combattu. Tous les Officiers ſe ſont ſignalez ,
foit en s'engageant parmy les Ennemis , foit en ralliant
leurs Troupes , & l'on ne
14 LE MERCURE peut rien adjoûter àce que les Bleffez & les Priſonniers ont
fait
Gardes , eſt le ſeul des Priſonniers qui n'ait point étébleſſé.
On peut juger par là de l'ar- deur avec laquelle nos Trou- pes ont combattu. Tous les Officiers ſe ſont ſignalez ,
foit en s'engageant parmy les Ennemis , foit en ralliant
leurs Troupes , & l'on ne
14 LE MERCURE peut rien adjoûter àce que les Bleffez & les Priſonniers ont
fait
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110
p. 18-19
« Vous voulez bien, Madame, que je vous entretienne du merite [...] »
Début :
Vous voulez bien, Madame, que je vous entretienne du merite [...]
Mots clefs :
Mérite, Lettres publiques, Informer
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texteReconnaissance textuelle : « Vous voulez bien, Madame, que je vous entretienne du merite [...] »
Vous voulez bien, Madame , que je vous entretienne du merite &de la valeur d'une partie de ces Officiers.J'ef- pere avecle temps vousparler des autres , &je croy que puis que vous ſouffrez que mes Lettres deviennent publiques .
apres que vous les avez leuës,. on prendra à l'avenir plus de foin de m'informer du merite
deceux qui ſe ſerőt diſtinguez dans les grandes occafions.
apres que vous les avez leuës,. on prendra à l'avenir plus de foin de m'informer du merite
deceux qui ſe ſerőt diſtinguez dans les grandes occafions.
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111
p. 19-29
« Monsieur le Chevalier de la Guette a combattu avec beaucoup [...] »
Début :
Monsieur le Chevalier de la Guette a combattu avec beaucoup [...]
Mots clefs :
Régiment, Gardes, Marquis, Ennemis, Lieutenant, Blessures , Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur le Chevalier de la Guette a combattu avec beaucoup [...] »
onfieur le Chevalier de
la Guette a combattu avec
beaucoup de vigueur ; mais ayant eu un Cheval tué fous luy , il ne put s'empécher de tomber entre les mains des
Ennemis.
GALANT.. 15 La famille de Monfieur le
د
&
Marquis de Villarceaux vous
eft connuë. Son grand Pere étoit Conſeiller d'Etat
Monfieur le Marquis de Villarceaux ſon Pere a toûjours paffé pour brave , galant &
bienfait. Il fert encore le Roy dans la Venerie, &celuydont
je vous parle a la ſurvivance de cette Charge. Il eſt auſſi Sous - Lieutenant des Chevaux Legers Dauphins ,&a
étébleſſéàleur tête , en donnant des marques defon courage.
Monfieur de RefugeCapi- taine auxGardes,eſt Neveudu
Conſeiller dela GrandCham
bre qui porte le même nom,&
dont la probité eſt ſi connue.. Monfieur deRefuge fon Pere
2
LE MERCURE
a êté Lieutenant General en
Italie ſous le Prince Thomas,
qui connoiſſant font grand merite, ſouhaita de l'avoir aupres de luy, Monfieur le Mar- quis de Refuge fon Frere a
beaucoup d'eſprit &de cœur.
Il ſçait parfaitemet bien l'Hi- ſtoire. Il eſtoit à Maſtrik avec.
ſon Regiment , lors qu'il fut aſſiegé par Monfieur le Prince d'Orange. Il y fit connoître de quelle Famille il eſtoit. LeCa- pitaine aux Gardes dont j'ay commencé à vous parler , a
fait voir dans cette derniere
occafion ainſi qu'enbeaucoup d'autres qu'il eſt digne du Nomqu'il porte. On ne peut avoir plus de merite qu'en a Madame de Refuge icur,
Mere , ce qui ſe connoîtpars
GALANT. 17 f'eſtime particuliere , &la
forte amitié que pluſieurs grandes Princeſſes ont pour elle.
Monfieur de Fourrille eſt
Fils du Lieutenant Colonel
des Gardes. Il n'a pas moins
de delicateſſe d'eſprit , que de
veritable valeur , & l'on ne
ſçauroit douter de la fatisfaEtion que le Roy a reçeuë de ſes ſervices , puis qu'il luy a
donné la Charge de Capitai- ne aux Gardes qu'avoit Monfieur de la Boiffiere.
Monfieur de Genlis , quoy
que jeune encor , eſt Colo- nel du Regiment de la Cou- ronne. On a veu mourirtrois
de ſes Freres à la teſte de ce
Regiment ; mais les Gens de cœur loin d'apprehender la
18 LE MERCURE
mort , portent ſouvent envie à ceux qui la trouvent au Lit d'honneur. Il eſt Neveu de
Monfieur le Marquis de Gen- lis, Lieutenant General.
Monfieur le Marquis d'Are- fur-Tille , Fils aîné de Monfieur le Comte de Tavanes,
eſt d'unedes plus Illuſtres Fa- milles de Bourgogne. On a
veu des Maréchaux de France dans ſa Maiſon, &il n'a pas été bleſſe ſans vendre bien
cher aux Ennemis le peu de ſang qu'il a répandu.
On a peu connu de Gens plus intrépides que Monfieur de Moiſſac CornetedesMoufquetaires blancs. Il avoit don- né en Candie des marques d'une grande valeur,& s'étoit fignalé dans le Regiment des
GALANT. 19
Gardes dont il eſtoit Officier,
avant que Sa Majesté eût reconnu ſes ſervices, en le faiſant Cornete des Mouſque- taires. Il entra le ſecond dans
Valenciennes , & apres avoir pouſse les Ennemis à la Ba- taille de Caffel,combatant à la
teſte des Mouſquetaires , il a
eſté tué en remontant à che
val.
Monfieur le Comte de Carſe , Fils aîné de Monfieur le
Marquis deGordes , eſt mort à Ypres , des bleſſures qu'il
avoit reçeuës à la méme Bataille. Il eſt de la Maiſon de
Simiannes , qui eſt une des
plus confiderables de Provence , & fon Grand Pere eſtoit
Capitaine des Gardes du
Corps ſous Louis XIII. On
20 LE MERCURE
ne peut avoir plus d'eſprit qu'en avoit ce Comte , quoy qu'il ne fût âgé que de vinge
&deux ans ; & nous avons
admiré de tres - beaux Ouvrages auſquels il avoit beaucoup
de part.
Monfieur de Creil , Capitaine aux Gardes , meri- te bien de trouver ſa place icy. Les Ennemis ayant fon- du ſur ſon Bataillon qu'ils mirent d'abord en defordre ,
il le rallia avec beaucoup de courage , & le mit plu- fieurs fois en eſtat de les foûtenir.
J'oubliois à vous parler de Monfieur de la Tournelle,Capitaine au Regiment Royal des Vaiſſeaux , qui fut bleſſé
en allant dire au Comman
GALAN Τ. 21
dant du Bataillon qu'il falloit attaquer les trois des Enne- mis qu'il avoit en teſte. Ce fut la premiere action du Combat , ce Bataillon de
quatre cens Hommes ayant paſſe le premier le Ruiſſeau,
&rompu ſur une hauteurles trois Bataillons qu'il eſtoit allé chercher. Monfieur de la
Tournelle s'eſt ſignalé depuis dix-sept ans en toutes les occafions où ſon Regiment a
eſté employé. Il fut bleſſfé à
Bouchain & il l'avoit eſté auparavant à Senef, où il merita d'être diftingué par Monfieur le Prince.
la Guette a combattu avec
beaucoup de vigueur ; mais ayant eu un Cheval tué fous luy , il ne put s'empécher de tomber entre les mains des
Ennemis.
GALANT.. 15 La famille de Monfieur le
د
&
Marquis de Villarceaux vous
eft connuë. Son grand Pere étoit Conſeiller d'Etat
Monfieur le Marquis de Villarceaux ſon Pere a toûjours paffé pour brave , galant &
bienfait. Il fert encore le Roy dans la Venerie, &celuydont
je vous parle a la ſurvivance de cette Charge. Il eſt auſſi Sous - Lieutenant des Chevaux Legers Dauphins ,&a
étébleſſéàleur tête , en donnant des marques defon courage.
Monfieur de RefugeCapi- taine auxGardes,eſt Neveudu
Conſeiller dela GrandCham
bre qui porte le même nom,&
dont la probité eſt ſi connue.. Monfieur deRefuge fon Pere
2
LE MERCURE
a êté Lieutenant General en
Italie ſous le Prince Thomas,
qui connoiſſant font grand merite, ſouhaita de l'avoir aupres de luy, Monfieur le Mar- quis de Refuge fon Frere a
beaucoup d'eſprit &de cœur.
Il ſçait parfaitemet bien l'Hi- ſtoire. Il eſtoit à Maſtrik avec.
ſon Regiment , lors qu'il fut aſſiegé par Monfieur le Prince d'Orange. Il y fit connoître de quelle Famille il eſtoit. LeCa- pitaine aux Gardes dont j'ay commencé à vous parler , a
fait voir dans cette derniere
occafion ainſi qu'enbeaucoup d'autres qu'il eſt digne du Nomqu'il porte. On ne peut avoir plus de merite qu'en a Madame de Refuge icur,
Mere , ce qui ſe connoîtpars
GALANT. 17 f'eſtime particuliere , &la
forte amitié que pluſieurs grandes Princeſſes ont pour elle.
Monfieur de Fourrille eſt
Fils du Lieutenant Colonel
des Gardes. Il n'a pas moins
de delicateſſe d'eſprit , que de
veritable valeur , & l'on ne
ſçauroit douter de la fatisfaEtion que le Roy a reçeuë de ſes ſervices , puis qu'il luy a
donné la Charge de Capitai- ne aux Gardes qu'avoit Monfieur de la Boiffiere.
Monfieur de Genlis , quoy
que jeune encor , eſt Colo- nel du Regiment de la Cou- ronne. On a veu mourirtrois
de ſes Freres à la teſte de ce
Regiment ; mais les Gens de cœur loin d'apprehender la
18 LE MERCURE
mort , portent ſouvent envie à ceux qui la trouvent au Lit d'honneur. Il eſt Neveu de
Monfieur le Marquis de Gen- lis, Lieutenant General.
Monfieur le Marquis d'Are- fur-Tille , Fils aîné de Monfieur le Comte de Tavanes,
eſt d'unedes plus Illuſtres Fa- milles de Bourgogne. On a
veu des Maréchaux de France dans ſa Maiſon, &il n'a pas été bleſſe ſans vendre bien
cher aux Ennemis le peu de ſang qu'il a répandu.
On a peu connu de Gens plus intrépides que Monfieur de Moiſſac CornetedesMoufquetaires blancs. Il avoit don- né en Candie des marques d'une grande valeur,& s'étoit fignalé dans le Regiment des
GALANT. 19
Gardes dont il eſtoit Officier,
avant que Sa Majesté eût reconnu ſes ſervices, en le faiſant Cornete des Mouſque- taires. Il entra le ſecond dans
Valenciennes , & apres avoir pouſse les Ennemis à la Ba- taille de Caffel,combatant à la
teſte des Mouſquetaires , il a
eſté tué en remontant à che
val.
Monfieur le Comte de Carſe , Fils aîné de Monfieur le
Marquis deGordes , eſt mort à Ypres , des bleſſures qu'il
avoit reçeuës à la méme Bataille. Il eſt de la Maiſon de
Simiannes , qui eſt une des
plus confiderables de Provence , & fon Grand Pere eſtoit
Capitaine des Gardes du
Corps ſous Louis XIII. On
20 LE MERCURE
ne peut avoir plus d'eſprit qu'en avoit ce Comte , quoy qu'il ne fût âgé que de vinge
&deux ans ; & nous avons
admiré de tres - beaux Ouvrages auſquels il avoit beaucoup
de part.
Monfieur de Creil , Capitaine aux Gardes , meri- te bien de trouver ſa place icy. Les Ennemis ayant fon- du ſur ſon Bataillon qu'ils mirent d'abord en defordre ,
il le rallia avec beaucoup de courage , & le mit plu- fieurs fois en eſtat de les foûtenir.
J'oubliois à vous parler de Monfieur de la Tournelle,Capitaine au Regiment Royal des Vaiſſeaux , qui fut bleſſé
en allant dire au Comman
GALAN Τ. 21
dant du Bataillon qu'il falloit attaquer les trois des Enne- mis qu'il avoit en teſte. Ce fut la premiere action du Combat , ce Bataillon de
quatre cens Hommes ayant paſſe le premier le Ruiſſeau,
&rompu ſur une hauteurles trois Bataillons qu'il eſtoit allé chercher. Monfieur de la
Tournelle s'eſt ſignalé depuis dix-sept ans en toutes les occafions où ſon Regiment a
eſté employé. Il fut bleſſfé à
Bouchain & il l'avoit eſté auparavant à Senef, où il merita d'être diftingué par Monfieur le Prince.
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Résumé : « Monsieur le Chevalier de la Guette a combattu avec beaucoup [...] »
Le texte décrit les exploits militaires de plusieurs nobles français. Le Chevalier de la Guette a combattu avec bravoure mais a été capturé après que son cheval fut tué. La famille du Marquis de Villarceaux est renommée. Son père est célèbre pour son courage et ses bienfaits, et il sert le roi dans la vénerie. Le Marquis de Refuge, capitaine aux Gardes, provient d'une famille de haute probité. Son père a servi en Italie sous le Prince Thomas, et son frère est connu pour son esprit et son cœur. Le Marquis de Refuge a démontré son courage lors du siège de Mastrik. Madame de Refuge, sa mère, est respectée pour son mérite et son amitié avec plusieurs princesses. Monsieur de Fourrille, fils du lieutenant-colonel des Gardes, est apprécié pour sa délicatesse et sa valeur, et a reçu la charge de capitaine aux Gardes. Monsieur de Genlis, colonel du régiment de la Couronne, a vu trois de ses frères mourir au combat. Le Marquis d'Arrefur-Tille, issu d'une illustre famille de Bourgogne, a été blessé en vendant chèrement sa vie. Monsieur de Moissac, cornet des mousquetaires blancs, s'est distingué en Candie et a été tué lors de la bataille de Cassel. Le Comte de Carse, fils du Marquis de Gordes, est mort à Ypres des blessures reçues au combat. Il était connu pour son esprit malgré son jeune âge. Monsieur de Creil, capitaine aux Gardes, a rallié son bataillon avec courage face aux ennemis. Enfin, Monsieur de la Tournelle, capitaine au régiment Royal des Vaisseaux, s'est signalé lors de nombreuses actions, notamment à Bouchain et Senef.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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112
p. 29-32
« Je croy vous devoir dire encore que je me suis trompé [...] »
Début :
Je croy vous devoir dire encore que je me suis trompé [...]
Mots clefs :
Faute, Relations, Vers, Plaire, Auteur célèbre, Abbé Tallement, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je croy vous devoir dire encore que je me suis trompé [...] »
Je croy vous devoir dire en- cor que je me fuis trompé, en vous marquant que Monfieur de Tracy eſtoit à la Bataille.
22 LE MERCURE
Ce ſont quelques Relations qui m'ont fait faire cette fau- te ; mais il eſtoit facile de ſe
méprendre , puis que le Se- cours qu'il avoit amené a combatu.
Il ne me reſte plus pour vous tenir parole , qu'à vous envoyer les Vers dont je vous ay déja parlé , mais je vous avertis que je ne prétés point être garant de ce qui ne vous y plaira pas , s'il arrive que vous y trouviez quelque cho- ſe àcondamner. Ce n'eſt point àmoy à les examiner quand ils viennent d'un Autheur celebre , & qui s'eſt déja acquis de la reputation par d'autres Ouvrages. Si je vous en en- voye de mediocres ſans vous nommer ceux qui les auront
GALANT. 23
faits , je veux bien vous en être reſponſable : & cepen- dant je paffe au Sonnet de Monfieur l'Abbé Tallemant
l'ainé, que je vous ay promis.
Il eſt de l'Academie Françoi- ſe , & fon Eſprit eſt connu par
des Ouvrages d'une autre confideration que des Sonnets. Il a fait des Traductions
qui ont eu l'avantage de plai- re au Roy , & il nous a déli- vré du vieux langage d'A- miot , par celle qu'il nous a
donnée de Plutarque
22 LE MERCURE
Ce ſont quelques Relations qui m'ont fait faire cette fau- te ; mais il eſtoit facile de ſe
méprendre , puis que le Se- cours qu'il avoit amené a combatu.
Il ne me reſte plus pour vous tenir parole , qu'à vous envoyer les Vers dont je vous ay déja parlé , mais je vous avertis que je ne prétés point être garant de ce qui ne vous y plaira pas , s'il arrive que vous y trouviez quelque cho- ſe àcondamner. Ce n'eſt point àmoy à les examiner quand ils viennent d'un Autheur celebre , & qui s'eſt déja acquis de la reputation par d'autres Ouvrages. Si je vous en en- voye de mediocres ſans vous nommer ceux qui les auront
GALANT. 23
faits , je veux bien vous en être reſponſable : & cepen- dant je paffe au Sonnet de Monfieur l'Abbé Tallemant
l'ainé, que je vous ay promis.
Il eſt de l'Academie Françoi- ſe , & fon Eſprit eſt connu par
des Ouvrages d'une autre confideration que des Sonnets. Il a fait des Traductions
qui ont eu l'avantage de plai- re au Roy , & il nous a déli- vré du vieux langage d'A- miot , par celle qu'il nous a
donnée de Plutarque
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Résumé : « Je croy vous devoir dire encore que je me suis trompé [...] »
L'auteur reconnaît une erreur dans son texte concernant la présence de Monsieur de Tracy à une bataille. Cette erreur a été causée par des rapports contradictoires, mais il était facile de se méprendre car le régiment de Monsieur de Tracy avait effectivement combattu. L'auteur s'excuse pour cette faute et passe ensuite à l'envoi de vers dont il a déjà parlé. Il précise qu'il ne garantit pas la qualité des vers s'ils proviennent d'un auteur célèbre, mais prend la responsabilité des vers médiocres s'ils ne sont pas attribués. L'auteur mentionne également le sonnet de Monsieur l'Abbé Tallemant l'aîné, membre de l'Académie française, connu pour ses œuvres de plus grande envergure que les sonnets. Tallemant a également réalisé des traductions appréciées par le roi, notamment celle de Plutarque, qui a modernisé le langage d'Amiot.
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113
p. 34
« Je croy, Madame, qu'il seroit difficile de trouver des Vers [...] »
Début :
Je croy, Madame, qu'il seroit difficile de trouver des Vers [...]
Mots clefs :
Vers, Illustre auteur, Abbé Esprit, Abbé Tallement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je croy, Madame, qu'il seroit difficile de trouver des Vers [...] »
Je croy , Madame, qu'il ſe- roit difficile de trouver des
Vers plus coulans,& que dans leurdouceurdont chacun deTom. 3 . B
\
26 LE MERCURE
meure d'accord , vous remarquez celle de l'eſprit de l'Il- luſtre Autheur à qui nous les devons.
Si le Sonnet que vous venez de voir , vous a fait connoître l'ardeur du zele de
Monfieur l'Abbé Tallemant
pour la gloire de Son Alteſſe
Royale , celuy de Monfieur l'Abbé Eſprit ne vous en fera pas moins paroître. Levoicy.
Vers plus coulans,& que dans leurdouceurdont chacun deTom. 3 . B
\
26 LE MERCURE
meure d'accord , vous remarquez celle de l'eſprit de l'Il- luſtre Autheur à qui nous les devons.
Si le Sonnet que vous venez de voir , vous a fait connoître l'ardeur du zele de
Monfieur l'Abbé Tallemant
pour la gloire de Son Alteſſe
Royale , celuy de Monfieur l'Abbé Eſprit ne vous en fera pas moins paroître. Levoicy.
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114
p. 36-37
« Je n'ay rien à vous dire davantage, ce Sonnet parle [...] »
Début :
Je n'ay rien à vous dire davantage, ce Sonnet parle [...]
Mots clefs :
Sonnet, Abbé Esprit, Gloire, Altesse royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je n'ay rien à vous dire davantage, ce Sonnet parle [...] »
Je n'ay rien àvous dire da- vantage,ce Sonnet parle affez. Monfieur l'Abbé Eſprit vous eſt connu,& vous ſçavez qu'il a fait d'autres Ouvrages qui luy ont acquis à juſte titre beaucoup de reputation.
Tout le monde s'eſt intereſſe à la gloire de Son Al- taffe Royale , & les Damesy
ont auſſi voulu prendre part.
Voicy les Vers que Madame le Camus a preſentez
Tout le monde s'eſt intereſſe à la gloire de Son Al- taffe Royale , & les Damesy
ont auſſi voulu prendre part.
Voicy les Vers que Madame le Camus a preſentez
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115
p. 39-40
« Avoüez, Madame, que ces Vers ne sont pas indignes du [...] »
Début :
Avoüez, Madame, que ces Vers ne sont pas indignes du [...]
Mots clefs :
Héros, Vers, Beau sexe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Avoüez, Madame, que ces Vers ne sont pas indignes du [...] »
Avoüez , Madame, que ces Vers ne ſont pas indignes du Héros qui les a reçeus , qu'ils ontuntour facile, qu'il eſt ra- re de trouver dans ce qu'on
travaille avec trop d'étude, &
que pour leur donner vôtre approbation ,vousn'avez pas
GALANT. 31 beſoin de conſulter l'eſtime
que vous avez pour Madame le Camus , qui ſoûtient ſi no- blement les avantages de vô- tre beau Sexe.
travaille avec trop d'étude, &
que pour leur donner vôtre approbation ,vousn'avez pas
GALANT. 31 beſoin de conſulter l'eſtime
que vous avez pour Madame le Camus , qui ſoûtient ſi no- blement les avantages de vô- tre beau Sexe.
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116
p. 40-41
« Voicy deux autres Sonnets pour Leurs Altesses Royales. Ils sont [...] »
Début :
Voicy deux autres Sonnets pour Leurs Altesses Royales. Ils sont [...]
Mots clefs :
Sonnets, Gazette, Extraordinaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voicy deux autres Sonnets pour Leurs Altesses Royales. Ils sont [...] »
Voicy deux autres Sonnets pourLeurs Alteſſes Royales.
Ils font de Monfieur Robinet , qui travaille à la Gazette depuis trente cinq ans, &qui a fait ſeul cous les Extraordinaires que nous avons veus juſques à l'année derniere. Ils luy ont acquis beaucoup d'é- ſtime, &le Public luy a rendu là-deſſus la justice qu'il luy devoit
Ils font de Monfieur Robinet , qui travaille à la Gazette depuis trente cinq ans, &qui a fait ſeul cous les Extraordinaires que nous avons veus juſques à l'année derniere. Ils luy ont acquis beaucoup d'é- ſtime, &le Public luy a rendu là-deſſus la justice qu'il luy devoit
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117
p. 44-46
« Tous ces Vers, & beaucoup d'autres encore, furent presentez [...] »
Début :
Tous ces Vers, & beaucoup d'autres encore, furent presentez [...]
Mots clefs :
Paris, Vers, Reine, Monarque
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texteReconnaissance textuelle : « Tous ces Vers, & beaucoup d'autres encore, furent presentez [...] »
Tous ces Vers , &beaucoup d'autres encor,furét pre- ſentez à Monfieur quelques jours apres ſon arrivée àParis. Ce Prince avant quede
partir pour ſe rendre en cette Ville, avoit eſté au devant de
Sa Majesté à Teroüanne. Le Roy le tint un demi quart d'heureembraffé,&luy témoi gna une ſi grande tendreſſe,
quetoute la Cour fut charmée
de l'air &dela maniere avec
laquelle ce Monarque le sen çeut. Le lendemain de fon ar
36 LE MERCURE rivée à Paris, la Reyne le vint
viſiter avant que d'aller aux Carmelites , & Leurs Alteſſes Royales furent en ſuite dîner avec elle
partir pour ſe rendre en cette Ville, avoit eſté au devant de
Sa Majesté à Teroüanne. Le Roy le tint un demi quart d'heureembraffé,&luy témoi gna une ſi grande tendreſſe,
quetoute la Cour fut charmée
de l'air &dela maniere avec
laquelle ce Monarque le sen çeut. Le lendemain de fon ar
36 LE MERCURE rivée à Paris, la Reyne le vint
viſiter avant que d'aller aux Carmelites , & Leurs Alteſſes Royales furent en ſuite dîner avec elle
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Résumé : « Tous ces Vers, & beaucoup d'autres encore, furent presentez [...] »
Le prince, après avoir rencontré le roi à Térouanne, arriva à Paris. Il fut chaleureusement accueilli par la reine et les Altesses Royales. Il présenta des œuvres à un certain Monsieur.
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118
p. 46-47
« Vous avez impatience sans-doute que je vienne aux particularitez [...] »
Début :
Vous avez impatience sans-doute que je vienne aux particularitez [...]
Mots clefs :
Sièges, Mémoires, Aventure, Raconter
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Vous avez impatience sans-doute que je vienne aux particularitez [...] »
Vous avez impatience ſansdoute que je vienne aux par- ticularitez des deux derniers
Sieges qui ont acquis tant de gloire aux Armes du Roy.
J'en ay recueilly de tres-fidel- les Memoires : mais , Madame, avant que de vous en fai- re part , il faut que je vous conte une Avanture qui a
mis de la froideur entre des
Gens qui ſembloient ne de- voir jamais eſtre broüillez;
Vous connoiffez une des Parties intereſſées, &voicy.com- me le tout s'eſt paffé
Sieges qui ont acquis tant de gloire aux Armes du Roy.
J'en ay recueilly de tres-fidel- les Memoires : mais , Madame, avant que de vous en fai- re part , il faut que je vous conte une Avanture qui a
mis de la froideur entre des
Gens qui ſembloient ne de- voir jamais eſtre broüillez;
Vous connoiffez une des Parties intereſſées, &voicy.com- me le tout s'eſt paffé
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119
p. 47-72
« Une fort aimable Marquise, qui valoit bien l'attachement entier [...] »
Début :
Une fort aimable Marquise, qui valoit bien l'attachement entier [...]
Mots clefs :
Cavalier, Amitié, Régal, Veuve, Fête, Musique, Billet, Avare, Conseiller, Amour, Jardin, Lettre
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texteReconnaissance textuelle : « Une fort aimable Marquise, qui valoit bien l'attachement entier [...] »
Une fort aimable Marquiſe,qui va- loit bien l'attachement entier
GALANT. 3:7
d'un honneſte,Homme, avoit
étably une amitié de confiance &d'eſtime avec un Cavalier qui la meritoit. Il joignoit àbeaucoup d'eſprit le don d'eſtre auffi galant qu'aucum
autre qui ait jamais eu de la complaifance pour le beau Sexe;&unedes conditions de
leur amitié fut qu'ils ne ſe cacheroient rien l'un à l'autre.
Cependant il eut du panchant
pour une jeune Veuve qui
qui avoit autant de naiſſance
que de merite , ce panchant approchoit un peu del'amour,
& il en fit miftere à la Mar- quiſe. La belle Veuvequiai- moit les Gens d'eſprit , n'eut
point de chagrin de ſes vifites ; tout ce qui flate plaît, il
luy ditdes douceurs , & elle
38 LE MERCURE ne crût pas avoir ſujet des'en gendarmer. Le Cavalier qui ſçavoit que les Femmes ſe laif- fent toucher par tout ce qui fe fait de bonne grace,ſe mon- tre empreſſfé à la divertir. Il la veut régaler , tâche à la tirer de chez elle , luy propoſed'a- greables parties , mais tout ce- la inutilement. LaBelle étoit
ſcrupuleuſe , elle haïfſoit l'é- clat ,&ne vouloit pointdon- ner àparler.Une de ſes Amies,
qui l'étoit auffi du Cavalier,
trouvamoyende concilier les
choſes. Elle convint qu'il em- prunteroit quelque Maiſon à
une lieuë de Paris , fans dire
pour qui, qu'il luy apporteroit un Billet portant ordre au Conciergede recevoir quatre Dames à l'exclufion de tous
GALANT. 39
3
autres(car la belle Veuve vou
loit des Témoins qui éloignaf- fent l'idée d'un Rendez-vous
trop particulier ) qu'il pren- droit ſes meſures pour le Ré- gal,& qu'il ne ſe ſcandalife- roit pas ſi onluyentémoignoir de la ſurpriſe, &même un peu de colere , felon que le cas échéeroit La Veuve étoit fie HÈQUE re,& ne fouffroit pas volont VOR
tiers qu on ſe mit en frais pour elle. Tout cela ſe faifoit fous
pretexte de promenade , &
elle ne devoit rien fçavoir de plus. Il n'en falloit pas dire davantage au Cavalier. Il'ari rêté le jour , envoye le Biller,
donne les ordres pour le Ré- gal;&afinde faire les choſes plus galamment , il ſe réſout à
ne s'y trouver que fur la fin
40 LE MERCURE
Cela luy donnoit lieu de def- avoüer qu'il fût l'Autheur de
la Feſte , & on ne l'auroit pas moins crû pour cela. Lejour choiſi arrive ; le Concierge avoit efté averty par ſon Maî- tre,de ne laifſfer entrer que les
quatreDamesqui luy montre- roient un Billet de ſa main.
Pour le Cavalier il avoit tout pouvoir, & dés lejour prece- dent il avoit diſposé ce qui eſtoit neceffaire à fondeſſein,
mais par malheur pour luy la belle Veuve ſe trouva cejour là même dans un engagement indiſpenſable de monter en Caroffe à dix heures du ma
tin,pour ne revenir qu'au foir.
Son Amie écrit promptement.
au Cavalier de remettre la
partie aulendemain , de faire
GALAN T. 41
changer le Billet d'entrée qu'on luy renvoye ( car le jour yeſtoit marqué ) & d'eſtre af- ſeuré qu'il n'y auroit plus de
changement. On donne la Lettre à un Laquais ; le La- quais perd la Lettre en la por- tant; &de peur d'eſtre batu,
il revient dire qu'il l'a donnée
au Portier,parce que le Cava- lier venoit de ſortir. La Veuve
&fon Amiepartent; leCava- lier va chez la Marquiſe. On l'y veut retenir à dîner,il s'excuſe ſur un embaras d'affaires
chagrinantes qu'il ne peut re- mettre, & il attend impatiem- ment que le ſoir arrive pour voir le fuccés de ſon Regal. Il eſt à peine forty,
que la Suivante de la Marqui- ſe vientdire en riant àſa Maîtreſſe , qu'elle avoit bien des
42 LE MERCURE
4
nouvelles à luy conter. Ces nouvelles eſtoient, qu'un Laquais marchoit devant elle dans la Ruë , qu'il avoit laiſſé tomberun Billet,qu'elle l'avoit ramaffé , que ce Billet s'adreffoit au Cavalier,& que le deffus eſtoit d'une écriture de
femme. La Marquiſe l'ouvre,
trouve l'ordre au Concierge de recevoir quatre Fem- mes ce jour là , &reconnoît ſeulement la main de celuy qui l'avoit écrit. C'eſtoit un Conſeiller d'un âge affez a- vancé , &en réputationd'u- ne avarice conſommée. Il
venoit quelquefois chez elle,
ſa Maiſon de Campagne luy eſtoit connue , & il ne reſtoit plus qu'à découvrir pour qui la partie ſe faifoit. Elle
GALANT.
43 refléchit fur le refus que le Cavalier luy avoit fait dedîner avec elle , fur les preſſantes affaires qui luy en avoient fer- vy d'excuſe, & rapportant ce- la auBillet perdu , elle ne dou- te point qu'on ne luy faſſe fi- neſſe de quelque Intrigue.L'é- clairciſſement ne luy en ſcau- roit rien coûter. Elle dîne
promptement,va prendretrois de ſes Amies , monte enCarroffe , fort de Paris , & les me- ne à la Maiſon du Conſeiller.
Onla refuſe ſur l'ordre reçeu de ne laiſſer entrer perſonne.
Elle ſoûrit , dit que l'ordre ne
doit pas eſtre pour elle , mon- tre le Billet ; grandes excuſes,
tout luy eſt ouvert, & le Con- cierge l'affure qu'il n'eſt là quepourluy obeïr. Ce début
44 LE MERCURE
contente aſſez la Marquiſe ,
elle entre dans le Jardin avec
ſes Amies, leur fait fairequel- ques tours d'Allée , & les ayant conviées às'aſſeoir dans un Cabinet de verdure ( car puis qu'on la laiſſoit maîtrefſe de la Maiſon , c'eſtoit à elle
àen faire les honneurs ) elles n'ont pas plûtôt pris pla- qu'elles entendent des Voix toutes charmantes foûtenuës de Theorbes & de
Claveſſins. La Marquiſe re- garde les Dames , elles ne ſçavent toutes que penſer , la reception eſt merveilleufe, &
ces préparatifs n'ont pas êté faits en vain. Apres que cet- te agreable Muſique a cef- sé , elles ſe levent & pren- nent une autre Allée qui ſe
ce,
GALAN Τ. 45
terminoit dansun petit Bois ;
elles yentrent. Autre divertiſſement. C'eſt un Concert
merveilleux de Muſetes , de
Flûtes douces , & de Hautbois. Cela va le mieux du
monde;mais il faut voir à quoy tout aboutira. Le plus grand étonnementdes Dames eſt de
ne voir perſone qui s'intéreſſe
à cette Feſte. Elles ſortent
du Jardin ; le Concierge qui les attend à la porte , les prie de vouloir entrer dans la Salle , & elles y trouvent une
Collation ſervie avec une
magnificence qui ne ſe peut exprimer. La Marquiſe qui avoit êté bien-aiſe de jouir des Hautbois&de la Muſique,uſe de quelque referve fur l'article dela Collatió.Elle dit qu'aſſu
46 LE MERCURE rément on ſe méprenoit , que tant d'apprêts n'avoient point eſté faits pout elle ; & on luy proteſte tant de fois qu'autre qu'elle n'entreroit das laMai- fon de tout lejour , qu'elle est obligée de ſe rendre. Quoy qu'elle ne doute point que cette mépriſe ne ſoit l'effet du Billet perdu , & qu'elle voye clairement que le Régal vient du Cavalier , qui com- me j'ay dit étoit fort galant ,
elle prie qu'au moins on luy apprenne à qui elle est obli gée d'une honneſteté ſi ſur+
prennante. Acela point d'au tre réponſe que de la prier de s'aſſeoir. Voila doncles Dames à table ; elles mangent toûjours à bon compte , au hazard de ce qui peut arriver;
GALANT. 47
e
4
& les Violons qui les viennent divertir pendant la Collation , font l'achevement de
la Feſte. Enfin le Cavalier arrive , on luy dit qu'il y a qua- tre Dames àtable. Il entend
les Violons,&n'ayant point à
douter que ce neſoit ſa belle Veuve,il ſe prépare à luy fai- re la guerre de la manierela plus enjoüée,de ce qu'elle luy a fait fineſſe du Régal qu'on luy donnoit. Il entre dans la Salle en criant , voila qui eft
bien honnefte , & n'a pas ache véce peu demots, que reconnoiffant la Marquiſe , il croit eſtre tombé des nuës , & ne
rien voir detout cequ'il voit.
LaMarquiſe l'obſerve.ſe cons firme dans ce qu'elle croit par le trouble où il eſt, &feignant
48 LE MERCURE de n'y rien penetrer ; que je fuis ravie de voir, luy dit-elle !
parquel privilege eſtes-vous icy ? car on n'y laiſſe entrer aujourd'huy perſonne. Venez , mettez- vous aupres de moy; Monfieur le Conſeiller qui me reçoit avec lamagni- ficence que vous voyez, vou- dra bien que je vous faſſe prendre part à la Feſte. Ces paroles jettent le Cavalier dans un embarras nouveau. Il
ne ſçait ſi le Coſeiller le jouë,
ou ſi c'eſt la Veuve qui luy fait piece; & ne pouvant de- viner par quelle avanture il trouve la Marquiſe dans un lieu où il ne l'attendoit pas, il tâche à luy cacher ſa ſurpriſe,
pour ne luy pas apprendre ce qu'elle peut ignorer ; maisila
beau
GALANT. 49
-
e
S
T
1
لا
1
1
F
a
1
beau ſe vouloir mettre de
bonne humeur , ſa gayeré pa- roît forcée , & la malicieuſe Marquiſe ſe fait un plaiſir merveilleux de ſon deſordre.
S'il reſve un moment,elle veut
qu'il ſoit jaloux de ce qu'un autre que luy la régale d'une maniere ſi galante , &luy dit plaiſamment qu'il faut quintel
ait de bons Eſpions , pour avoir aſté averty de tout fi à
point nommé. Il répond qu'à pres s'être tiré de ſon affaire chagrine qui n'alloit pas com- me il ſouhaitoit, il avoit appris qu'on luy avoit veu prendre la route de cette Maiſon où ils
s'eſtoient ſouvent promenez enſemble , qu'il l'y eſtoit ve- nu chercher , & qu'il avoit eu biende la peine à ſe faire Tom. 3 . C
50 LE MERCURE
ouvrir. La Marquiſe feint de
croire ce qu'il lui dit,&lui par- lãt àdemi bas, mais affez haut pour être entenduë des Dames , n'admirez- vous pas , lui dit-elle , ce que fait faire l'amour ? car il faut de neceſſité
que Monfieur le Conſeiller m'aime ſans me l'avoirosédire. Voyez de quelle maniere
il me fait recevoir chez luy.
Il eſt leplus avare de tous les
Hommes, &cependant il n'y a point de profufion pareille àla ſienne. Nous avons eſté
déja régaléesdans leJardinde Voix,de Hautbois,&de Concerts ; c'eſt une galanterie achevée,&je croy que je l'ai- meray s'il continuë. Le Cava- lier perdoit patience, & il fut tenté vingtfois des'expliquer,
GALAN T. 51
i
e
1.
es
e
é
e
-
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dans la penſée que ſonſecret eſtoit découvert; mais il pouvoit ne l'eſtre pas , & c'eſtoit affez pour le retenir. Le jour s'abaiſſoit, on remonte en Carroffe. Le Cavalier prend pla- cedans celui de la Marquiſe,
qui le mene ſouper chez elle,
&ne le laiſſe ſortir qu'à mi- nuit. Ce n'eſtoit point aſſez,
la Piece pouvoit eſtre pouffée plus loin , & c'eſt à quoy la Marquiſe nemanque pas. Elle ſçait par le Billet perdu , que lesDames inconnues s'attendoient à eſtre régalées le len- demain. Elle fonge à mettre le Cavalier hors d'eſtat de s'éclaircir,&par conféquent de
t
fatisfaire les Belles. Elle luy envoye pour cela de fort bon matin deux de ſes Amis
Cij
52 LE MERCURE qui l'arreſtent, juſqu'à ce qu'- elle paſſe chez luy elle mé- me, &fait ſi bien, que malgré qu'il en ait, elle l'engage pour tout le reſte du jour. Ce n'eſt pas ſans plaiſanter plus d'une
:
fois ſur la prétenduë galante- rie du Conſeiller. Mais tandis que la Marquiſe ſe diver- tit agreablement; on s'ennuye chez la belle Veuve de n'avoir point de nouvelles du Cavalier. L'heure de la prome- nade ſe paſſant , on s'imagine qu'il s'eſt piqué de ce qu'on avoit remis la Partie , on le
traite de bizarre , & on prote- ſte fort qu'on ne luy donnera jamais lieu d'exercer ſa mé- chante humeur. Il rend viſite le lendemain , débute par quelque plainte ; & labelle
GALANT. 53
DE
LA
le
Veuve qui ne luy explique rien , ſe contente de luy ré- pondre fort froidement. Son
Amie plus impatiente querelle de les avoir fait at- tendre tout le jour ; la cho- ſe s'éclaircit , on fait venir
le Laquais. Le Laquais ſou- tient qu'il a donné le Billet à ſon Portier ; & alors le Cavalier ne doute plus qu'il n'ait été remis entre les mains de la Marquiſe , quoy qu'il ne ſcache comment. Il conjure la belle Veuve de choifir tel autrejour qu'il luy plai- ra , & il n'en peut rien obtenir. Il retourne chez la Marquiſe , qui luy demande s'il a fait ſa paix avec les Belles qu'il a manqué à régaler le jour precedent. Il ſe plaint de
Ciij
1
$4
54 LE MERCURE ſa maniere d'agir avec luy; el- lereproche le ſecret qu'il lui a
fait de ſes Intrigues contre les loix de leur amitié. Ils ſe ſeparent en grondant , & je croy qu'ils grondent encor preſentement. J'ay ſçeutou- tes les circonstances de l'Hiſtoire , d'un des plus parti- culiers Amis du Cavalier. La
Marquiſe veut qu'il lui nom- me la Dame pour qui ſe fai- foit la Feſte , & le Cavalier
veut eſtre difcret. Voila l'obſtacle du racommodement
GALANT. 3:7
d'un honneſte,Homme, avoit
étably une amitié de confiance &d'eſtime avec un Cavalier qui la meritoit. Il joignoit àbeaucoup d'eſprit le don d'eſtre auffi galant qu'aucum
autre qui ait jamais eu de la complaifance pour le beau Sexe;&unedes conditions de
leur amitié fut qu'ils ne ſe cacheroient rien l'un à l'autre.
Cependant il eut du panchant
pour une jeune Veuve qui
qui avoit autant de naiſſance
que de merite , ce panchant approchoit un peu del'amour,
& il en fit miftere à la Mar- quiſe. La belle Veuvequiai- moit les Gens d'eſprit , n'eut
point de chagrin de ſes vifites ; tout ce qui flate plaît, il
luy ditdes douceurs , & elle
38 LE MERCURE ne crût pas avoir ſujet des'en gendarmer. Le Cavalier qui ſçavoit que les Femmes ſe laif- fent toucher par tout ce qui fe fait de bonne grace,ſe mon- tre empreſſfé à la divertir. Il la veut régaler , tâche à la tirer de chez elle , luy propoſed'a- greables parties , mais tout ce- la inutilement. LaBelle étoit
ſcrupuleuſe , elle haïfſoit l'é- clat ,&ne vouloit pointdon- ner àparler.Une de ſes Amies,
qui l'étoit auffi du Cavalier,
trouvamoyende concilier les
choſes. Elle convint qu'il em- prunteroit quelque Maiſon à
une lieuë de Paris , fans dire
pour qui, qu'il luy apporteroit un Billet portant ordre au Conciergede recevoir quatre Dames à l'exclufion de tous
GALANT. 39
3
autres(car la belle Veuve vou
loit des Témoins qui éloignaf- fent l'idée d'un Rendez-vous
trop particulier ) qu'il pren- droit ſes meſures pour le Ré- gal,& qu'il ne ſe ſcandalife- roit pas ſi onluyentémoignoir de la ſurpriſe, &même un peu de colere , felon que le cas échéeroit La Veuve étoit fie HÈQUE re,& ne fouffroit pas volont VOR
tiers qu on ſe mit en frais pour elle. Tout cela ſe faifoit fous
pretexte de promenade , &
elle ne devoit rien fçavoir de plus. Il n'en falloit pas dire davantage au Cavalier. Il'ari rêté le jour , envoye le Biller,
donne les ordres pour le Ré- gal;&afinde faire les choſes plus galamment , il ſe réſout à
ne s'y trouver que fur la fin
40 LE MERCURE
Cela luy donnoit lieu de def- avoüer qu'il fût l'Autheur de
la Feſte , & on ne l'auroit pas moins crû pour cela. Lejour choiſi arrive ; le Concierge avoit efté averty par ſon Maî- tre,de ne laifſfer entrer que les
quatreDamesqui luy montre- roient un Billet de ſa main.
Pour le Cavalier il avoit tout pouvoir, & dés lejour prece- dent il avoit diſposé ce qui eſtoit neceffaire à fondeſſein,
mais par malheur pour luy la belle Veuve ſe trouva cejour là même dans un engagement indiſpenſable de monter en Caroffe à dix heures du ma
tin,pour ne revenir qu'au foir.
Son Amie écrit promptement.
au Cavalier de remettre la
partie aulendemain , de faire
GALAN T. 41
changer le Billet d'entrée qu'on luy renvoye ( car le jour yeſtoit marqué ) & d'eſtre af- ſeuré qu'il n'y auroit plus de
changement. On donne la Lettre à un Laquais ; le La- quais perd la Lettre en la por- tant; &de peur d'eſtre batu,
il revient dire qu'il l'a donnée
au Portier,parce que le Cava- lier venoit de ſortir. La Veuve
&fon Amiepartent; leCava- lier va chez la Marquiſe. On l'y veut retenir à dîner,il s'excuſe ſur un embaras d'affaires
chagrinantes qu'il ne peut re- mettre, & il attend impatiem- ment que le ſoir arrive pour voir le fuccés de ſon Regal. Il eſt à peine forty,
que la Suivante de la Marqui- ſe vientdire en riant àſa Maîtreſſe , qu'elle avoit bien des
42 LE MERCURE
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nouvelles à luy conter. Ces nouvelles eſtoient, qu'un Laquais marchoit devant elle dans la Ruë , qu'il avoit laiſſé tomberun Billet,qu'elle l'avoit ramaffé , que ce Billet s'adreffoit au Cavalier,& que le deffus eſtoit d'une écriture de
femme. La Marquiſe l'ouvre,
trouve l'ordre au Concierge de recevoir quatre Fem- mes ce jour là , &reconnoît ſeulement la main de celuy qui l'avoit écrit. C'eſtoit un Conſeiller d'un âge affez a- vancé , &en réputationd'u- ne avarice conſommée. Il
venoit quelquefois chez elle,
ſa Maiſon de Campagne luy eſtoit connue , & il ne reſtoit plus qu'à découvrir pour qui la partie ſe faifoit. Elle
GALANT.
43 refléchit fur le refus que le Cavalier luy avoit fait dedîner avec elle , fur les preſſantes affaires qui luy en avoient fer- vy d'excuſe, & rapportant ce- la auBillet perdu , elle ne dou- te point qu'on ne luy faſſe fi- neſſe de quelque Intrigue.L'é- clairciſſement ne luy en ſcau- roit rien coûter. Elle dîne
promptement,va prendretrois de ſes Amies , monte enCarroffe , fort de Paris , & les me- ne à la Maiſon du Conſeiller.
Onla refuſe ſur l'ordre reçeu de ne laiſſer entrer perſonne.
Elle ſoûrit , dit que l'ordre ne
doit pas eſtre pour elle , mon- tre le Billet ; grandes excuſes,
tout luy eſt ouvert, & le Con- cierge l'affure qu'il n'eſt là quepourluy obeïr. Ce début
44 LE MERCURE
contente aſſez la Marquiſe ,
elle entre dans le Jardin avec
ſes Amies, leur fait fairequel- ques tours d'Allée , & les ayant conviées às'aſſeoir dans un Cabinet de verdure ( car puis qu'on la laiſſoit maîtrefſe de la Maiſon , c'eſtoit à elle
àen faire les honneurs ) elles n'ont pas plûtôt pris pla- qu'elles entendent des Voix toutes charmantes foûtenuës de Theorbes & de
Claveſſins. La Marquiſe re- garde les Dames , elles ne ſçavent toutes que penſer , la reception eſt merveilleufe, &
ces préparatifs n'ont pas êté faits en vain. Apres que cet- te agreable Muſique a cef- sé , elles ſe levent & pren- nent une autre Allée qui ſe
ce,
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terminoit dansun petit Bois ;
elles yentrent. Autre divertiſſement. C'eſt un Concert
merveilleux de Muſetes , de
Flûtes douces , & de Hautbois. Cela va le mieux du
monde;mais il faut voir à quoy tout aboutira. Le plus grand étonnementdes Dames eſt de
ne voir perſone qui s'intéreſſe
à cette Feſte. Elles ſortent
du Jardin ; le Concierge qui les attend à la porte , les prie de vouloir entrer dans la Salle , & elles y trouvent une
Collation ſervie avec une
magnificence qui ne ſe peut exprimer. La Marquiſe qui avoit êté bien-aiſe de jouir des Hautbois&de la Muſique,uſe de quelque referve fur l'article dela Collatió.Elle dit qu'aſſu
46 LE MERCURE rément on ſe méprenoit , que tant d'apprêts n'avoient point eſté faits pout elle ; & on luy proteſte tant de fois qu'autre qu'elle n'entreroit das laMai- fon de tout lejour , qu'elle est obligée de ſe rendre. Quoy qu'elle ne doute point que cette mépriſe ne ſoit l'effet du Billet perdu , & qu'elle voye clairement que le Régal vient du Cavalier , qui com- me j'ay dit étoit fort galant ,
elle prie qu'au moins on luy apprenne à qui elle est obli gée d'une honneſteté ſi ſur+
prennante. Acela point d'au tre réponſe que de la prier de s'aſſeoir. Voila doncles Dames à table ; elles mangent toûjours à bon compte , au hazard de ce qui peut arriver;
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& les Violons qui les viennent divertir pendant la Collation , font l'achevement de
la Feſte. Enfin le Cavalier arrive , on luy dit qu'il y a qua- tre Dames àtable. Il entend
les Violons,&n'ayant point à
douter que ce neſoit ſa belle Veuve,il ſe prépare à luy fai- re la guerre de la manierela plus enjoüée,de ce qu'elle luy a fait fineſſe du Régal qu'on luy donnoit. Il entre dans la Salle en criant , voila qui eft
bien honnefte , & n'a pas ache véce peu demots, que reconnoiffant la Marquiſe , il croit eſtre tombé des nuës , & ne
rien voir detout cequ'il voit.
LaMarquiſe l'obſerve.ſe cons firme dans ce qu'elle croit par le trouble où il eſt, &feignant
48 LE MERCURE de n'y rien penetrer ; que je fuis ravie de voir, luy dit-elle !
parquel privilege eſtes-vous icy ? car on n'y laiſſe entrer aujourd'huy perſonne. Venez , mettez- vous aupres de moy; Monfieur le Conſeiller qui me reçoit avec lamagni- ficence que vous voyez, vou- dra bien que je vous faſſe prendre part à la Feſte. Ces paroles jettent le Cavalier dans un embarras nouveau. Il
ne ſçait ſi le Coſeiller le jouë,
ou ſi c'eſt la Veuve qui luy fait piece; & ne pouvant de- viner par quelle avanture il trouve la Marquiſe dans un lieu où il ne l'attendoit pas, il tâche à luy cacher ſa ſurpriſe,
pour ne luy pas apprendre ce qu'elle peut ignorer ; maisila
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beau ſe vouloir mettre de
bonne humeur , ſa gayeré pa- roît forcée , & la malicieuſe Marquiſe ſe fait un plaiſir merveilleux de ſon deſordre.
S'il reſve un moment,elle veut
qu'il ſoit jaloux de ce qu'un autre que luy la régale d'une maniere ſi galante , &luy dit plaiſamment qu'il faut quintel
ait de bons Eſpions , pour avoir aſté averty de tout fi à
point nommé. Il répond qu'à pres s'être tiré de ſon affaire chagrine qui n'alloit pas com- me il ſouhaitoit, il avoit appris qu'on luy avoit veu prendre la route de cette Maiſon où ils
s'eſtoient ſouvent promenez enſemble , qu'il l'y eſtoit ve- nu chercher , & qu'il avoit eu biende la peine à ſe faire Tom. 3 . C
50 LE MERCURE
ouvrir. La Marquiſe feint de
croire ce qu'il lui dit,&lui par- lãt àdemi bas, mais affez haut pour être entenduë des Dames , n'admirez- vous pas , lui dit-elle , ce que fait faire l'amour ? car il faut de neceſſité
que Monfieur le Conſeiller m'aime ſans me l'avoirosédire. Voyez de quelle maniere
il me fait recevoir chez luy.
Il eſt leplus avare de tous les
Hommes, &cependant il n'y a point de profufion pareille àla ſienne. Nous avons eſté
déja régaléesdans leJardinde Voix,de Hautbois,&de Concerts ; c'eſt une galanterie achevée,&je croy que je l'ai- meray s'il continuë. Le Cava- lier perdoit patience, & il fut tenté vingtfois des'expliquer,
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dans la penſée que ſonſecret eſtoit découvert; mais il pouvoit ne l'eſtre pas , & c'eſtoit affez pour le retenir. Le jour s'abaiſſoit, on remonte en Carroffe. Le Cavalier prend pla- cedans celui de la Marquiſe,
qui le mene ſouper chez elle,
&ne le laiſſe ſortir qu'à mi- nuit. Ce n'eſtoit point aſſez,
la Piece pouvoit eſtre pouffée plus loin , & c'eſt à quoy la Marquiſe nemanque pas. Elle ſçait par le Billet perdu , que lesDames inconnues s'attendoient à eſtre régalées le len- demain. Elle fonge à mettre le Cavalier hors d'eſtat de s'éclaircir,&par conféquent de
t
fatisfaire les Belles. Elle luy envoye pour cela de fort bon matin deux de ſes Amis
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52 LE MERCURE qui l'arreſtent, juſqu'à ce qu'- elle paſſe chez luy elle mé- me, &fait ſi bien, que malgré qu'il en ait, elle l'engage pour tout le reſte du jour. Ce n'eſt pas ſans plaiſanter plus d'une
:
fois ſur la prétenduë galante- rie du Conſeiller. Mais tandis que la Marquiſe ſe diver- tit agreablement; on s'ennuye chez la belle Veuve de n'avoir point de nouvelles du Cavalier. L'heure de la prome- nade ſe paſſant , on s'imagine qu'il s'eſt piqué de ce qu'on avoit remis la Partie , on le
traite de bizarre , & on prote- ſte fort qu'on ne luy donnera jamais lieu d'exercer ſa mé- chante humeur. Il rend viſite le lendemain , débute par quelque plainte ; & labelle
GALANT. 53
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LA
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Veuve qui ne luy explique rien , ſe contente de luy ré- pondre fort froidement. Son
Amie plus impatiente querelle de les avoir fait at- tendre tout le jour ; la cho- ſe s'éclaircit , on fait venir
le Laquais. Le Laquais ſou- tient qu'il a donné le Billet à ſon Portier ; & alors le Cavalier ne doute plus qu'il n'ait été remis entre les mains de la Marquiſe , quoy qu'il ne ſcache comment. Il conjure la belle Veuve de choifir tel autrejour qu'il luy plai- ra , & il n'en peut rien obtenir. Il retourne chez la Marquiſe , qui luy demande s'il a fait ſa paix avec les Belles qu'il a manqué à régaler le jour precedent. Il ſe plaint de
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54 LE MERCURE ſa maniere d'agir avec luy; el- lereproche le ſecret qu'il lui a
fait de ſes Intrigues contre les loix de leur amitié. Ils ſe ſeparent en grondant , & je croy qu'ils grondent encor preſentement. J'ay ſçeutou- tes les circonstances de l'Hiſtoire , d'un des plus parti- culiers Amis du Cavalier. La
Marquiſe veut qu'il lui nom- me la Dame pour qui ſe fai- foit la Feſte , & le Cavalier
veut eſtre difcret. Voila l'obſtacle du racommodement
Fermer
Résumé : « Une fort aimable Marquise, qui valoit bien l'attachement entier [...] »
Le texte relate l'histoire d'une Marquise et d'un Cavalier, amis proches ayant convenu de ne rien se cacher. Le Cavalier développe un penchant pour une jeune Veuve et l'invite à une fête sans révéler son identité. Une amie de la Veuve propose un plan pour organiser cette rencontre dans une maison louée à une lieue de Paris. Cependant, le jour de la fête, la Veuve est indisponible. Un laquais perd le billet d'invitation, qui est ramassé par la Marquise. Intriguée, elle découvre que le billet est destiné au Cavalier et organise une visite à la maison du Conseiller, propriétaire des lieux. Elle y trouve une fête préparée pour elle et ses amies. Le Cavalier, arrivant en retard, est surpris de voir la Marquise. Cette dernière, feignant l'ignorance, profite de la situation pour le taquiner. Le Cavalier, embarrassé, tente de cacher sa surprise. La Marquise l'invite à souper chez elle et l'empêche de voir la Veuve le lendemain. La Veuve, mécontente, refuse de revoir le Cavalier. La Marquise et le Cavalier se séparent en se disputant, chacun reprochant à l'autre de ne pas avoir respecté leur accord de transparence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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120
p. 72-79
« Venons au Siege de Cambray. Je croy, Madame, qu'il n'est [...] »
Début :
Venons au Siege de Cambray. Je croy, Madame, qu'il n'est [...]
Mots clefs :
Siège de Cambrai, Monarque, Valenciennes, Citadelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Venons au Siege de Cambray. Je croy, Madame, qu'il n'est [...] »
- Venons an Siege de Cam- bray. Je croy, Madame , qu'il n'eſt pas beſoin de vous fai- re ſouvenir que cette Ville
eſt unedes plus anciennes de la Gaule Belgique , qu'elle fut baſtie du temps de Servius
GALANT. 55
Tullius fixiéme Roy des Ro- mains, & qu'il atoûjours eſté fi difficile de la prendre à force ouverte ſans y perdre beau- coup de monde , quequand le ſecond de nos Rois s'en
rendit le Maître , ce ne fut qu'apres y avoir veu périr cinquante - trois mille Hom- mes de part &d'autre. Si cet- te grande Ville eſtoit ſi forte dés le temps de Clodion , on pouvoit la croire imprenable depuis que Charles Quint y
cut fait bâtir cette redoutable
Citadelle dont il n'y aperſon.
ne qui ne parle avec étonne- ment. Nous avons perdu cer- te Place il y a quatre- vingts deux ans. Les Eſpagnols l'af ſiegerent en 1595. Monfieur le Duc de Rhetelois ſe jetta Cij
96 LE MERCURE
dedans par l'ordre de Mon- ſieur le Duc de Nevers fon
Pere. Le Maréchal de Balagny qui y commandoit en avoit êté declaré Prince,& ne
croyez pas , Madame , qu'elle fût alors attaquéede lamanie- re qu'elle vient de l'eſtre par le Roy. Cette vigueur n'ap- partient qu'aux François, & il eſt difficile deles vaincre,ſi on
ne joint l'adreſſe à la force.
Quand les Eſpagnols médite- rent cette Conqueſte , le Roy Henry IV. qui avoit des affai- res chez luy , eſtoit à Fontai- ne-Françoiſe où il tailloit de la beſogne aux Ennemis qui vouloient paſſer en Bourgo- gne; mais ce n'eſtoit pointaf- fez que ce Grand Prince fût hors d'état de venir ſecourin
GALAN Τ. 17
-
Cambray,il y avoitdes Fraçois dedans, &les Eſpagnols crai- gnant qu'ils ne fiſſent une trop longue reſiſtance qui en au- roit pû empêcher la priſe , en donnant lieu au Secours de
s'aſſembler , s'aviſerent d'un
ſtratagéme qui leur réüſſit.
Le prix du Bled eſtoit dimi- nuéde beaucoup par l'abon- dance de l'année , ils ſça- voient qu'il y en avoit de grandes proviſions dans la Place,& ils pratiquerét adroi- tement des Particuliers qui
endonnoientplus qu'il ne valoit. La veuë d'un gain confiderable tenta l'avarice de Madame de Balagny , qui au dé- çeu de ſon Mary en vendit la plus grande partie en divers temps ; & quand on eneur
CW
58 LE MERCURE en quelque façon épuisé la Place, le Comte de Fuentes la vint aſſieger. L'impoſſibilité d'attendre du Secours parce que les Vivres manquerent incontinent aux Affiegez , les obligea de ſe rendre , & on tient qu'il en prit un fi grand faiſiſſement à Madame deBalagny , qu'elle mourut dans le momentque fon Mary ſignoit la Capitulation . Toutes ces choſes relevent debeaucoup
la gloire du Roy, & tous ac- coûtumez que nous fommes à voir autant de Miracles
qu'il fait de Conqueſtes, nous ne concevons qu'avec pei- ne qu'en fi peu temps , &
fans aucune perte confidera- ble , il ait pû réduire une Vil- le qui a coûté autrefois tant
GALAN T. 59
DELE
a
a
5
de milliers d'Hommes , fortifiée d'une Citadellequi endevoit au moins retarder la priſe depluſieurs mois, &que l'Efpagne ne nous avoit oftée que par ſurpriſe,pendant que l'In- vincible Henry qui en eſtoit fort éloigné , avoit ailleurs de Preſſantes Guerres àfou
tenir. Mais ſuivons noftre
Grand Monarque , il ne fait
que fortir de Valenciennes,&
il eſt déja devant Cambray.
eſt unedes plus anciennes de la Gaule Belgique , qu'elle fut baſtie du temps de Servius
GALANT. 55
Tullius fixiéme Roy des Ro- mains, & qu'il atoûjours eſté fi difficile de la prendre à force ouverte ſans y perdre beau- coup de monde , quequand le ſecond de nos Rois s'en
rendit le Maître , ce ne fut qu'apres y avoir veu périr cinquante - trois mille Hom- mes de part &d'autre. Si cet- te grande Ville eſtoit ſi forte dés le temps de Clodion , on pouvoit la croire imprenable depuis que Charles Quint y
cut fait bâtir cette redoutable
Citadelle dont il n'y aperſon.
ne qui ne parle avec étonne- ment. Nous avons perdu cer- te Place il y a quatre- vingts deux ans. Les Eſpagnols l'af ſiegerent en 1595. Monfieur le Duc de Rhetelois ſe jetta Cij
96 LE MERCURE
dedans par l'ordre de Mon- ſieur le Duc de Nevers fon
Pere. Le Maréchal de Balagny qui y commandoit en avoit êté declaré Prince,& ne
croyez pas , Madame , qu'elle fût alors attaquéede lamanie- re qu'elle vient de l'eſtre par le Roy. Cette vigueur n'ap- partient qu'aux François, & il eſt difficile deles vaincre,ſi on
ne joint l'adreſſe à la force.
Quand les Eſpagnols médite- rent cette Conqueſte , le Roy Henry IV. qui avoit des affai- res chez luy , eſtoit à Fontai- ne-Françoiſe où il tailloit de la beſogne aux Ennemis qui vouloient paſſer en Bourgo- gne; mais ce n'eſtoit pointaf- fez que ce Grand Prince fût hors d'état de venir ſecourin
GALAN Τ. 17
-
Cambray,il y avoitdes Fraçois dedans, &les Eſpagnols crai- gnant qu'ils ne fiſſent une trop longue reſiſtance qui en au- roit pû empêcher la priſe , en donnant lieu au Secours de
s'aſſembler , s'aviſerent d'un
ſtratagéme qui leur réüſſit.
Le prix du Bled eſtoit dimi- nuéde beaucoup par l'abon- dance de l'année , ils ſça- voient qu'il y en avoit de grandes proviſions dans la Place,& ils pratiquerét adroi- tement des Particuliers qui
endonnoientplus qu'il ne valoit. La veuë d'un gain confiderable tenta l'avarice de Madame de Balagny , qui au dé- çeu de ſon Mary en vendit la plus grande partie en divers temps ; & quand on eneur
CW
58 LE MERCURE en quelque façon épuisé la Place, le Comte de Fuentes la vint aſſieger. L'impoſſibilité d'attendre du Secours parce que les Vivres manquerent incontinent aux Affiegez , les obligea de ſe rendre , & on tient qu'il en prit un fi grand faiſiſſement à Madame deBalagny , qu'elle mourut dans le momentque fon Mary ſignoit la Capitulation . Toutes ces choſes relevent debeaucoup
la gloire du Roy, & tous ac- coûtumez que nous fommes à voir autant de Miracles
qu'il fait de Conqueſtes, nous ne concevons qu'avec pei- ne qu'en fi peu temps , &
fans aucune perte confidera- ble , il ait pû réduire une Vil- le qui a coûté autrefois tant
GALAN T. 59
DELE
a
a
5
de milliers d'Hommes , fortifiée d'une Citadellequi endevoit au moins retarder la priſe depluſieurs mois, &que l'Efpagne ne nous avoit oftée que par ſurpriſe,pendant que l'In- vincible Henry qui en eſtoit fort éloigné , avoit ailleurs de Preſſantes Guerres àfou
tenir. Mais ſuivons noftre
Grand Monarque , il ne fait
que fortir de Valenciennes,&
il eſt déja devant Cambray.
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Résumé : « Venons au Siege de Cambray. Je croy, Madame, qu'il n'est [...] »
Le texte décrit le siège de Cambrai, une ancienne ville de la Gaule Belgique fondée du temps de Servius Tullius. Cambrai était connue pour sa forte défense et avait résisté à Clodion, roi des Francs, causant la mort de cinquante-trois mille hommes. Sa citadelle, construite par Charles Quint, était réputée imprenable. En 1595, Cambrai avait été perdue par les Français lors d'un siège mené par les Espagnols. Le duc de Rhettelois avait défendu la ville sur ordre du duc de Nevers, et le maréchal de Balagny en était le commandant. Les Espagnols avaient utilisé un stratagème en réduisant le prix du blé pour épuiser les réserves de la ville. Madame de Balagny, malgré les avertissements de son mari, avait vendu une grande partie des provisions. Une fois les vivres épuisés, le comte de Fuentes avait assiégé Cambrai, forçant sa reddition. Le texte souligne la gloire du roi pour avoir conquis Cambrai rapidement et sans pertes significatives, malgré la forte défense de la ville. Le roi Henri IV, occupé ailleurs, n'avait pas pu secourir Cambrai à temps. Le texte se conclut par l'arrivée du roi devant Cambrai après avoir quitté Valenciennes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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121
p. 79-82
« Avant que d'entrer dans le détail de ce Siege, je [...] »
Début :
Avant que d'entrer dans le détail de ce Siege, je [...]
Mots clefs :
nommer, Maréchaux, Lieutenants, Brigadiers, Aides de camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Avant que d'entrer dans le détail de ce Siege, je [...] »
Avant que d'entrer dans
le détailde ce Siege , je croy vous devoir nommer tous
ceux qui ont alternativement
monté la Tranchée , afin d'éviterune repetition des Noms qui ſeroit ennuyeufe, & grof- firoit trop ma Lettre.
60 LE MERCURE
Mareschauxde France.
M. le Maréchal de Schom
berg.
M. le Maréchal de la Feüillade..
M. le Duc de Luxembourg.
M. le Maréchal de Lorge.. Lieutenant Generaux.
M. le Marquis de Renel.. M.de la Cardoniere:
M. le Comte d'Auver
gne.. M. le DucdeVilleroy.
Maréchauxde Camp.
M. le Prince Palatin de
Birkenfeld.
M. le Comte de S. Gerani.
M. le Marquis de Tilladet..
M. le Chevalier de Tillas det..
L
:
GALANT.
M. le Marquis de Jauvelle.. Brigadiers de Cavaleric.
M. de la Fuite..
M. de Buzenval.
M. le Comtede Tallard..
M. d'Auger.
M. deJoffan.
Brigardiers d'Infanterie..
M. de Rubantel..
M. de Tracy.
M. le Marquis d'Uxelles.. M. de Villechauve..
M. de S. George.
Aydes de Camp du Roy..
M. le Chevalier de Ven dofme..
M. le Prince d'Harcourt.
M.le Marquis de Chiverny.
M. le Marquis de Cavois.
M. le Marquis de Danjeau.
le détailde ce Siege , je croy vous devoir nommer tous
ceux qui ont alternativement
monté la Tranchée , afin d'éviterune repetition des Noms qui ſeroit ennuyeufe, & grof- firoit trop ma Lettre.
60 LE MERCURE
Mareschauxde France.
M. le Maréchal de Schom
berg.
M. le Maréchal de la Feüillade..
M. le Duc de Luxembourg.
M. le Maréchal de Lorge.. Lieutenant Generaux.
M. le Marquis de Renel.. M.de la Cardoniere:
M. le Comte d'Auver
gne.. M. le DucdeVilleroy.
Maréchauxde Camp.
M. le Prince Palatin de
Birkenfeld.
M. le Comte de S. Gerani.
M. le Marquis de Tilladet..
M. le Chevalier de Tillas det..
L
:
GALANT.
M. le Marquis de Jauvelle.. Brigadiers de Cavaleric.
M. de la Fuite..
M. de Buzenval.
M. le Comtede Tallard..
M. d'Auger.
M. deJoffan.
Brigardiers d'Infanterie..
M. de Rubantel..
M. de Tracy.
M. le Marquis d'Uxelles.. M. de Villechauve..
M. de S. George.
Aydes de Camp du Roy..
M. le Chevalier de Ven dofme..
M. le Prince d'Harcourt.
M.le Marquis de Chiverny.
M. le Marquis de Cavois.
M. le Marquis de Danjeau.
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Résumé : « Avant que d'entrer dans le détail de ce Siege, je [...] »
Le texte énumère les officiers ayant pris part à un siège, classés par grade militaire. Les maréchaux de France sont le Maréchal de Schomberg, le Maréchal de la Feuillade, le Duc de Luxembourg et le Maréchal de Lorge. Les lieutenants généraux incluent le Marquis de Renel, M. de la Cardonnière, le Comte d'Auvergne et le Duc de Villeroy. Parmi les maréchaux de camp, on trouve le Prince Palatin de Birkenfeld, le Comte de Saint-Gérand, le Marquis de Tilladet et le Chevalier de Tilladet. Les brigadiers de cavalerie sont M. de la Fuite, M. de Buzenval, le Comte de Tallard, M. d'Auger et M. de Joffan. Les brigadiers d'infanterie comprennent M. de Rubantel, M. de Tracy, le Marquis d'Uxelles, M. de Villechauve et M. de Saint-George. Enfin, les aides de camp du roi sont le Chevalier de Vendôme, le Prince d'Harcourt, le Marquis de Chiverny, le Marquis de Cavois et le Marquis de Danjeau.
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122
p. 82-96
« Pendant qu'on travailloit aux Lignes, les Ennemis firent une [...] »
Début :
Pendant qu'on travailloit aux Lignes, les Ennemis firent une [...]
Mots clefs :
Ennemis, Lignes, Roi, Tranchée, Nuit, Marquis de Brosses, Femmes de qualité, Trêve, Cambrai
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Pendant qu'on travailloit aux Lignes, les Ennemis firent une [...] »
Pendant qu'on travailloit
aux Lignes,les Ennemis firent
62 LE MERCURE
une Sortie, mais ils furent re- pouſſez juſques à la Paliſſade par Monfieur Roze Brigadier de Cavalerie, qui fut bleſſé en cette occaſion d'un coup de Mouſquet à la cuiffe.
Le Roy vifitoit & preſſoit
fans ceſſe les Travaux,&apres
qu'on eut achevé les Lignes de circonvalation & de contrevalation , qui furent faites
par les Païſans de Picardie ,
il ordonna l'ouverture de la
Tranchée. Elle ſe fit la nuit
du 29 au 30de Mars ; Sa Ma- jeſté y demeura long-temps ,
& fit avancer le Travail. Le
feu des Ennemis fut mediocre,&leurCanon ne tiraque lematin.
Lanuit du 30 au 31.
Les Ennemis firent grand feu. On avança beaucoup le
GALANT. 63
Travail , on ne perdit ny Sol- dats , ny Officiers. Monfieur
de la Salle le Fils Officier aux
Gardes fut bleſſé.
Lanuit du 31 au i d'Avril.
On avança beaucoup. Les Ennemis firent grand feu de Grenades , & furent fort incommodez par nôtre Canon.
Lanuitdu au 2 d'Avril.
On fit un Logement fur la Contreſcarpe ; mais la droite commandée parMon- ſieur le Mareſchal de la
Feüillade , & par Monfieur le
Comted'Auvergne , pouſſa ſi avant , qu'elle força la Demy- lune &la partie droite del'Ou- vrage couronné. On ne jugea pas à propos d'y demeurer ,
parce qu'on craignoit les Mi- nes. Monfieur le Marquis de
64 LE MERCURE Tilladet qui commandoit à la gauche , planta des Piquets pour faire fon Logement ;
mais on ſe contenta de ſe retrancher ſur la Contreſcarpe ,
comme il avoit eſté réſolu. Les
Ennemis montrerent quelque vigueur , tuerent &bleſſerent quelques- uns des nôtres , &
furent encore plus vigoureu- ſement repouſſez . On leur prir un Capitaine & un Officier ,
avec quatorze Soldats : le re- ſte ſe ſauva par des Capon- nieres..
Lanuit du 2 au 3
Trois coups de Canon fer- virent de Signal pour atta- quer deux Demy-lunes entre la Citadelle & un Château
qu'on emporta. Sur les onze
heures du matin on attacha le
GALAN T. 65 Mineur. Monfieur le Marquis de Broſſes fût bleſſé en allant
le voir attacher , & les Affiegez ceſſerent de tirer. Pluſieurs Lettres marquent une circonſtance que je n'oſerois affurer , mais que je croy pou- voir vous écrire. Elles diſfent
que Monfieur le Comte d'Au- vergne fit cequin'eſtoit point
encore arrivé à la Guerre,qu'il batit luy-même la Chamade ,
voyant que la conſternation
des Ennemis les empeſchoit de ſonger à ce qu'ils devoient faire , & que fi-tôt qu'ils parurent ſur les Remparts , il leur dit , Qu'il estoit temps qu'ils Songeaſſent au Salut de
la Ville , puis que le Mineur y estant attaché on la force- roit , & qu'ils devoient craindre
66 LE MERCURE
Enqu'on ne la traitât plus impitoyablement que Valenciennes , ſi
elle estoitpriſepar affaut. On en- tra en Negociation , & l'on conclut une Tréve qui dura
vingtquatre heures. Il y eut plufieurs conteftations,les nemis pretendans demeurer maiſtres d'un grand Baſtion qui les voyoit à revers &qui donnoit ſur toute leur eſpla- nade.Mais cet Article ne peut eſtre décidé en leur faveur ,
parce que c'eſtoit un Baſtion dela Ville , &que tout ce qui en dépendoit devoit demeurer au Roy.
Il y eut encore une autre
conteſtation , & le GouverneurdemandaquelesFemmes deQualité fortiffent, auffi-bien
que celles des petits Officiers
GALANT. 67
&des Soldats avec un Paffeport , &qu'elles fuſſent conduites à Mons avec leurBaga- ge.Le Roy répondit qu'il donコ
neroit aux Femmes de Quali- té un Quartier tel qu'elles
voudroientdans la Ville, avec
une Garde ſuffiſante pour leur ſeureté;mais que pour les autres qu'on faiſoit monter au
nombre de douze cens , elles
pouvoient entrer dans la Ci- tadelle,auſſi bien que les Blef- fez. Il y a des Lettres qui aſſu- rent que Sa Majesté permit à
huit Femmes de conſidérationde ſe retirer à Mons. Les
Ennemis eurent deux jours entiers pour ſonger à leurs af
S faires , ils s'en ſervirent pour tirer de la Ville tout ce qui pouvoit eſtre utile à leur de- fence , & le conduire dans la
68 LE MERCURE
و
Citadelle. Le Gouverneur ordonna à tous les Cavaliers de
tuer leurs Chevaux,&de n'en
reſerver que dix par Compag- nie. Les Cavaliers ne purent
s'y réſoudre &l'Executeur
de la Haute Juſtice eut ordre
de faire cette grande Execu- tion , apres laquelle quatre
mille Hommes commandez
par de bons Officiers , fans
comter les Officiers Reformez , tous réſolus de ſe bien
defendre &de tenir au moins
trois mois , entrerent dans la
Citadelle , ayant abandonné à
la clemence du Roy douze
cens Femmes de leur Garniſon ; ce qui donna lieu à l'Avanture ſuivante.
Une de nos Vedettes fe
trouvant pendant la Tréve
GALANT. 69 fi pres de celle des Ennemis ,
qu'il ne leur eſtoit pas diffici- le de s'entre-parler , le Fran- çois dit à l'Eſpagnol , Qu'il neſcavoit ce qu'il alloit faire , de s'enfermer dans la Citadelle puis
qu'on n'y avoit pas voulû rece- voir leurs femmes , & que les Francois estant maistres de la Ville , il trouveroit àfon retour qu'on y auroit bien fait des af- faires. L'Eſpagnol entra en de fi grandes appréhenſions ,
qu'ayant jetté ſon Mouſquet,
il ſe rendit aux nôtres , & ne
voulut point entrer dans la Citadelle.
Le Greffier de la Ville , &
le Prevoſt de la Cathedrale,ſe
rendirent aupres de Monfieur
de S. Poüange , & en ayant
70 LE MERCURE reçeu la Capitulation parla- quelle les Habitans ſeroient traittez comme ceux
de Lile , & le Clergé comme celuy de Tournay , la Tréve eſtant expirée, on livra le cin- quiéme du mois , cinq heures apres midy , une Porte à nos Troupes , leſquelles ſe ſaiſi- rent de tous les Poſtes àmefure que les Ennemis les aban- donnoient pour ſe retirer dans
la Citadelle.
La vigilance, les fatigues &
f'intrépidité du Roy , ne ſe peuvent exprimer. Il fut à la Tranchée deux heures apres qu'elle fût ouverte, & s'avan- ça luy quatriéme juſqu'à la te- ſte du Travail. Quelquesjours auparavant un Boulet de Ca- non avoit paſſé aupres du
GALANT
. 71
e
es3S
Sieur de Givry
, Ecuyer de la petite Ecurie , qui n'eſtoit pas loin de Sa Majeſté.
Le Roy ne fut pas plûtôt maître de Cambray , que le Prevoſt de la Cathedrale , qui eſt réputation d'un Homme d'eſprit,vint de la part de tout le Clergé, prier Sa Majefto DE
d'entrer dans la Ville,ce quel
le ne fit qu'apres la priſe de la Citadelle.
aux Lignes,les Ennemis firent
62 LE MERCURE
une Sortie, mais ils furent re- pouſſez juſques à la Paliſſade par Monfieur Roze Brigadier de Cavalerie, qui fut bleſſé en cette occaſion d'un coup de Mouſquet à la cuiffe.
Le Roy vifitoit & preſſoit
fans ceſſe les Travaux,&apres
qu'on eut achevé les Lignes de circonvalation & de contrevalation , qui furent faites
par les Païſans de Picardie ,
il ordonna l'ouverture de la
Tranchée. Elle ſe fit la nuit
du 29 au 30de Mars ; Sa Ma- jeſté y demeura long-temps ,
& fit avancer le Travail. Le
feu des Ennemis fut mediocre,&leurCanon ne tiraque lematin.
Lanuit du 30 au 31.
Les Ennemis firent grand feu. On avança beaucoup le
GALANT. 63
Travail , on ne perdit ny Sol- dats , ny Officiers. Monfieur
de la Salle le Fils Officier aux
Gardes fut bleſſé.
Lanuit du 31 au i d'Avril.
On avança beaucoup. Les Ennemis firent grand feu de Grenades , & furent fort incommodez par nôtre Canon.
Lanuitdu au 2 d'Avril.
On fit un Logement fur la Contreſcarpe ; mais la droite commandée parMon- ſieur le Mareſchal de la
Feüillade , & par Monfieur le
Comted'Auvergne , pouſſa ſi avant , qu'elle força la Demy- lune &la partie droite del'Ou- vrage couronné. On ne jugea pas à propos d'y demeurer ,
parce qu'on craignoit les Mi- nes. Monfieur le Marquis de
64 LE MERCURE Tilladet qui commandoit à la gauche , planta des Piquets pour faire fon Logement ;
mais on ſe contenta de ſe retrancher ſur la Contreſcarpe ,
comme il avoit eſté réſolu. Les
Ennemis montrerent quelque vigueur , tuerent &bleſſerent quelques- uns des nôtres , &
furent encore plus vigoureu- ſement repouſſez . On leur prir un Capitaine & un Officier ,
avec quatorze Soldats : le re- ſte ſe ſauva par des Capon- nieres..
Lanuit du 2 au 3
Trois coups de Canon fer- virent de Signal pour atta- quer deux Demy-lunes entre la Citadelle & un Château
qu'on emporta. Sur les onze
heures du matin on attacha le
GALAN T. 65 Mineur. Monfieur le Marquis de Broſſes fût bleſſé en allant
le voir attacher , & les Affiegez ceſſerent de tirer. Pluſieurs Lettres marquent une circonſtance que je n'oſerois affurer , mais que je croy pou- voir vous écrire. Elles diſfent
que Monfieur le Comte d'Au- vergne fit cequin'eſtoit point
encore arrivé à la Guerre,qu'il batit luy-même la Chamade ,
voyant que la conſternation
des Ennemis les empeſchoit de ſonger à ce qu'ils devoient faire , & que fi-tôt qu'ils parurent ſur les Remparts , il leur dit , Qu'il estoit temps qu'ils Songeaſſent au Salut de
la Ville , puis que le Mineur y estant attaché on la force- roit , & qu'ils devoient craindre
66 LE MERCURE
Enqu'on ne la traitât plus impitoyablement que Valenciennes , ſi
elle estoitpriſepar affaut. On en- tra en Negociation , & l'on conclut une Tréve qui dura
vingtquatre heures. Il y eut plufieurs conteftations,les nemis pretendans demeurer maiſtres d'un grand Baſtion qui les voyoit à revers &qui donnoit ſur toute leur eſpla- nade.Mais cet Article ne peut eſtre décidé en leur faveur ,
parce que c'eſtoit un Baſtion dela Ville , &que tout ce qui en dépendoit devoit demeurer au Roy.
Il y eut encore une autre
conteſtation , & le GouverneurdemandaquelesFemmes deQualité fortiffent, auffi-bien
que celles des petits Officiers
GALANT. 67
&des Soldats avec un Paffeport , &qu'elles fuſſent conduites à Mons avec leurBaga- ge.Le Roy répondit qu'il donコ
neroit aux Femmes de Quali- té un Quartier tel qu'elles
voudroientdans la Ville, avec
une Garde ſuffiſante pour leur ſeureté;mais que pour les autres qu'on faiſoit monter au
nombre de douze cens , elles
pouvoient entrer dans la Ci- tadelle,auſſi bien que les Blef- fez. Il y a des Lettres qui aſſu- rent que Sa Majesté permit à
huit Femmes de conſidérationde ſe retirer à Mons. Les
Ennemis eurent deux jours entiers pour ſonger à leurs af
S faires , ils s'en ſervirent pour tirer de la Ville tout ce qui pouvoit eſtre utile à leur de- fence , & le conduire dans la
68 LE MERCURE
و
Citadelle. Le Gouverneur ordonna à tous les Cavaliers de
tuer leurs Chevaux,&de n'en
reſerver que dix par Compag- nie. Les Cavaliers ne purent
s'y réſoudre &l'Executeur
de la Haute Juſtice eut ordre
de faire cette grande Execu- tion , apres laquelle quatre
mille Hommes commandez
par de bons Officiers , fans
comter les Officiers Reformez , tous réſolus de ſe bien
defendre &de tenir au moins
trois mois , entrerent dans la
Citadelle , ayant abandonné à
la clemence du Roy douze
cens Femmes de leur Garniſon ; ce qui donna lieu à l'Avanture ſuivante.
Une de nos Vedettes fe
trouvant pendant la Tréve
GALANT. 69 fi pres de celle des Ennemis ,
qu'il ne leur eſtoit pas diffici- le de s'entre-parler , le Fran- çois dit à l'Eſpagnol , Qu'il neſcavoit ce qu'il alloit faire , de s'enfermer dans la Citadelle puis
qu'on n'y avoit pas voulû rece- voir leurs femmes , & que les Francois estant maistres de la Ville , il trouveroit àfon retour qu'on y auroit bien fait des af- faires. L'Eſpagnol entra en de fi grandes appréhenſions ,
qu'ayant jetté ſon Mouſquet,
il ſe rendit aux nôtres , & ne
voulut point entrer dans la Citadelle.
Le Greffier de la Ville , &
le Prevoſt de la Cathedrale,ſe
rendirent aupres de Monfieur
de S. Poüange , & en ayant
70 LE MERCURE reçeu la Capitulation parla- quelle les Habitans ſeroient traittez comme ceux
de Lile , & le Clergé comme celuy de Tournay , la Tréve eſtant expirée, on livra le cin- quiéme du mois , cinq heures apres midy , une Porte à nos Troupes , leſquelles ſe ſaiſi- rent de tous les Poſtes àmefure que les Ennemis les aban- donnoient pour ſe retirer dans
la Citadelle.
La vigilance, les fatigues &
f'intrépidité du Roy , ne ſe peuvent exprimer. Il fut à la Tranchée deux heures apres qu'elle fût ouverte, & s'avan- ça luy quatriéme juſqu'à la te- ſte du Travail. Quelquesjours auparavant un Boulet de Ca- non avoit paſſé aupres du
GALANT
. 71
e
es3S
Sieur de Givry
, Ecuyer de la petite Ecurie , qui n'eſtoit pas loin de Sa Majeſté.
Le Roy ne fut pas plûtôt maître de Cambray , que le Prevoſt de la Cathedrale , qui eſt réputation d'un Homme d'eſprit,vint de la part de tout le Clergé, prier Sa Majefto DE
d'entrer dans la Ville,ce quel
le ne fit qu'apres la priſe de la Citadelle.
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Résumé : « Pendant qu'on travailloit aux Lignes, les Ennemis firent une [...] »
Le texte relate les événements militaires autour de la ville de Cambrai. Pendant les travaux de fortification, les ennemis tentèrent une sortie mais furent repoussés par Monsieur Roze, qui fut blessé. Le roi supervisa les travaux, notamment l'achèvement des lignes de circonvalation et de contrevalation construites par les paysans de Picardie. Il ordonna l'ouverture de la tranchée la nuit du 29 au 30 mars, malgré le feu ennemi, sans pertes significatives. Les nuits suivantes, les attaques ennemies s'intensifièrent, mais les troupes françaises progressèrent, subissant quelques blessures. La nuit du 2 au 3 avril, des coups de canon signalèrent l'attaque de deux demi-lunes, et le marquis de Brosses fut blessé. Après que le comte d'Auvergne eut battu la chamade, les ennemis engagèrent des négociations, craignant un assaut similaire à celui de Valenciennes. Une trêve de vingt-quatre heures fut conclue, mais des contestations surgirent concernant la possession d'un bastion. Le gouverneur demanda la sortie des femmes de qualité, à quoi le roi répondit en offrant un quartier sûr dans la ville. Les ennemis utilisèrent les deux jours de trêve pour transférer des provisions dans la citadelle et ordonnèrent l'abattage des chevaux. Quatre mille hommes se préparèrent à défendre la citadelle. Un soldat espagnol déserta après avoir parlé avec une vedette française. Après l'expiration de la trêve, les troupes françaises entrèrent dans la ville. Le clergé et les habitants se rendirent, obtenant des conditions de traitement similaires à celles de Lille et de Tournai. Le roi, connu pour sa vigilance et son intrépidité, fut présent sur le terrain malgré les dangers. Après la prise de Cambrai, le prévost de la cathédrale demanda au roi d'entrer dans la ville, ce qu'il fit après la prise de la citadelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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123
p. 96
« Quittons un moment cette matiere, & pour vous délasser de [...] »
Début :
Quittons un moment cette matiere, & pour vous délasser de [...]
Mots clefs :
Matière, Délasser, Chapitre de l'amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Quittons un moment cette matiere, & pour vous délasser de [...] »
Quittons un mo
ment cette matiere
,
& pour vous délaſſer de la guerre ,
paſſons au chapitre de l'Amour. Voicy des Vers qu'ila fait faire , ils ont un tour noble qui marqueles privileges de leur fource , & vous n'en
avez jamais trouvé de bons,
ſi vous n'eſtes contente de
ceux
-cy
ment cette matiere
,
& pour vous délaſſer de la guerre ,
paſſons au chapitre de l'Amour. Voicy des Vers qu'ila fait faire , ils ont un tour noble qui marqueles privileges de leur fource , & vous n'en
avez jamais trouvé de bons,
ſi vous n'eſtes contente de
ceux
-cy
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124
p. 100-102
« Que pensez-vous, Madame, de cette galanterie ? L'Autheur qui prétend [...] »
Début :
Que pensez-vous, Madame, de cette galanterie ? L'Autheur qui prétend [...]
Mots clefs :
Corneille, Galanterie, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Que pensez-vous, Madame, de cette galanterie ? L'Autheur qui prétend [...] »
ue penſez - vous , Ma
dame , de cette galanterie ?
L'Autheur qui prétend que ſes vieilles années luy ont acquis l'avantage d'aimer fi commodement, & qui s'expli- qued'une maniere fi agrea- ble, ne merite-t- il pas d'eſtre particulierement conſideré de Dij
78 LE MERCURE la Dame ? Il eſt rare de pou- voir conſerver dans un âge auſſi avancé que celuyqu'il ſe donne , le feu d'eſprit fait pa- roître encore dans ces Vers ;
& le vieux Martian que vous
avez tant admiré dans l'admirable Pulcherie du grand Corneille , n'auroit pas parlé plus galamment , s'il avoit
voulu s'éloigner duſérieux.
dame , de cette galanterie ?
L'Autheur qui prétend que ſes vieilles années luy ont acquis l'avantage d'aimer fi commodement, & qui s'expli- qued'une maniere fi agrea- ble, ne merite-t- il pas d'eſtre particulierement conſideré de Dij
78 LE MERCURE la Dame ? Il eſt rare de pou- voir conſerver dans un âge auſſi avancé que celuyqu'il ſe donne , le feu d'eſprit fait pa- roître encore dans ces Vers ;
& le vieux Martian que vous
avez tant admiré dans l'admirable Pulcherie du grand Corneille , n'auroit pas parlé plus galamment , s'il avoit
voulu s'éloigner duſérieux.
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Résumé : « Que pensez-vous, Madame, de cette galanterie ? L'Autheur qui prétend [...] »
Le texte vante la galanterie d'un auteur âgé, qui conserve un esprit vif et une expression agréable. Il mérite une considération particulière de la dame à qui il s'adresse. Cet esprit rare est comparé à celui de Martian, un personnage de Corneille. L'auteur adopte un ton léger et charmant, évitant le sérieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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125
p. 102-103
« A l'heure qu'il est, on m'apporte une Lettre [...] »
Début :
A l'heure qu'il est, on m'apporte une Lettre [...]
Mots clefs :
Mercure galant, Public, Approbation, Nouvelles, Aventure
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texteReconnaissance textuelle : « A l'heure qu'il est, on m'apporte une Lettre [...] »
Al'heure qu'il eſt,on m'apporte une Lettre qui merite
bien de vous efſtre envoyée,
& qui eſt une eſpece d'avan- ture pour moy. C'eſt à vous ,
Madame, à qui je dois les cho- ſes obligeantes que vous y
verrez. Si vous n'aviez pas ſouffert que les Nouvelles que
j'ay ſoin de vous envoyer tous les mois 4
, priffent le Titre de
GALANT. 79
Mercure Galant pour courir le monde , apres qu'elles ont eſté juſqu'à vous , je n'aurois pas reçeu un témoignage ſi avantageux de l'approbation que leur donne le Public. J'ignore le nom de la Perſon- nequimefait la grace de m'é- crire , je ſçay ſeulement celuy dela Dame dont on me parP
,
)
drez parler d'elle plus fois dans le Mercure.
duneDE
le , & vous voudrez bien que
je vous le taiſe. Tout ce que
je me croy permis de vous en dire, c'eſt qu'elle est d'unmérite generalement reconnu ,
&qu'aſſurément vous enten
bien de vous efſtre envoyée,
& qui eſt une eſpece d'avan- ture pour moy. C'eſt à vous ,
Madame, à qui je dois les cho- ſes obligeantes que vous y
verrez. Si vous n'aviez pas ſouffert que les Nouvelles que
j'ay ſoin de vous envoyer tous les mois 4
, priffent le Titre de
GALANT. 79
Mercure Galant pour courir le monde , apres qu'elles ont eſté juſqu'à vous , je n'aurois pas reçeu un témoignage ſi avantageux de l'approbation que leur donne le Public. J'ignore le nom de la Perſon- nequimefait la grace de m'é- crire , je ſçay ſeulement celuy dela Dame dont on me parP
,
)
drez parler d'elle plus fois dans le Mercure.
duneDE
le , & vous voudrez bien que
je vous le taiſe. Tout ce que
je me croy permis de vous en dire, c'eſt qu'elle est d'unmérite generalement reconnu ,
&qu'aſſurément vous enten
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Résumé : « A l'heure qu'il est, on m'apporte une Lettre [...] »
L'auteur reçoit une lettre concernant des nouvelles mensuelles envoyées à une dame. Il exprime sa gratitude envers cette dame, sans qui les nouvelles n'auraient pas été intitulées 'Mercure Galant' et n'auraient pas été approuvées par le public. L'auteur connaît la dame mais ignore l'identité de la personne qui lui écrit. Il demande à la dame de garder ce nom secret.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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126
p. 113-118
« Je vous avouë, Madame, que la lecture de cette Lettre [...] »
Début :
Je vous avouë, Madame, que la lecture de cette Lettre [...]
Mots clefs :
Plaisir, Amour noyé, Badinage, Divertissement, Fontenelle
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texteReconnaissance textuelle : « Je vous avouë, Madame, que la lecture de cette Lettre [...] »
Je vous avouë , Madame ,
que la lecture de cette Let- tre m'a donné du plaifir ; je la trouve bien écrite , &je
voudrois en pouvoir imiter le ſtile dans toutes cellesque vous me faites l'honneur de
ſouhaiter de moy ; mais pour paffer de la Profe aux Vers, &
vous parler de l'AmourNoyé,
je ne ſuis point ſurprisqu'on vous en ait dit du bien , je
GALANT. 87 )
-
vous l'envoye . C'eſt une tres- jolie bagatelle. Comme elle aplû icy àtout le monde,jene doute pas qu'elle ne ſoit de
voſtre goût ; &afin que vous
en receviez plus de plaifir , il faut vous en expliquer le ſujet On s'eſtoit entretenu de toutes chofes dans une fort
agreable Compagnie ; on y
avoit méme un peu médit ,
car le moyen de parler long- temps , & de ne donner pas.
fur le prochain ? On ne ſçavoit plus que faire , la pluye empêchoit la promenade ;&
comme le badinage eft quel- quefois de faifon , on s'avifa de badiner. Le Jeu de l'Amour Noye fut le divertiſfe- ment qu'on choifit. Onnom me deux Amans aux Belles
88 LE MERCURE
qui en noyết l'un en faveurde l'autre. Il yen avoit quelques- unes dans cette petite Affem- blée , qui valoient bien qu'on ſouhaitât d'en eſtre choify, &
il arriva qu'une des plus en- joüées noyajuſqu'à douze fois un des deux Amans qu'on luy donna. Ce fut cettejeune Perſonne qui a les cheveux
d'un ſi beau blond,dont le vifage & la taille font fi fort à
vôtre gré , & que vous dites que Madame la Marquiſe de *** a raiſon d'appeller fon petit Ange. Voila la Noyeu- fe. Je ne vous puis dire quel eſt leNoyé, je ſçay ſeulement queles Versfont de Monfieur de Fontenelle , qui àl'âge de vingt ans a déja plus d'acquis qu'on n'en a ordinairement à
GALANT. 89
:
-
}
コ
コ
y
quarante. Il eſt de Roüen , if demeure ; &pluſieurs Per- ſonnes de la plus haute quali- té qui l'ont veuicy , avoüent que c'eſt unmeurtre quede le laiſſer dans la Province. Il
n'ya point de Science fur la- quelle il ne raiſonne folidement; mais il le fait d'une maniere aifée, &qui n'ariende la rudeſſe des Scavansde prop
feffion. Il n'aime les belles
Connoiſſances que pour s'en fervir en honneſte Homme.
Il a l'eſprit fin, galant, délicats &pour vous le faire connoître par un endroit qui vous
fera tres-connu , il eſt Neveu
deMeffieurs Corneille,
que la lecture de cette Let- tre m'a donné du plaifir ; je la trouve bien écrite , &je
voudrois en pouvoir imiter le ſtile dans toutes cellesque vous me faites l'honneur de
ſouhaiter de moy ; mais pour paffer de la Profe aux Vers, &
vous parler de l'AmourNoyé,
je ne ſuis point ſurprisqu'on vous en ait dit du bien , je
GALANT. 87 )
-
vous l'envoye . C'eſt une tres- jolie bagatelle. Comme elle aplû icy àtout le monde,jene doute pas qu'elle ne ſoit de
voſtre goût ; &afin que vous
en receviez plus de plaifir , il faut vous en expliquer le ſujet On s'eſtoit entretenu de toutes chofes dans une fort
agreable Compagnie ; on y
avoit méme un peu médit ,
car le moyen de parler long- temps , & de ne donner pas.
fur le prochain ? On ne ſçavoit plus que faire , la pluye empêchoit la promenade ;&
comme le badinage eft quel- quefois de faifon , on s'avifa de badiner. Le Jeu de l'Amour Noye fut le divertiſfe- ment qu'on choifit. Onnom me deux Amans aux Belles
88 LE MERCURE
qui en noyết l'un en faveurde l'autre. Il yen avoit quelques- unes dans cette petite Affem- blée , qui valoient bien qu'on ſouhaitât d'en eſtre choify, &
il arriva qu'une des plus en- joüées noyajuſqu'à douze fois un des deux Amans qu'on luy donna. Ce fut cettejeune Perſonne qui a les cheveux
d'un ſi beau blond,dont le vifage & la taille font fi fort à
vôtre gré , & que vous dites que Madame la Marquiſe de *** a raiſon d'appeller fon petit Ange. Voila la Noyeu- fe. Je ne vous puis dire quel eſt leNoyé, je ſçay ſeulement queles Versfont de Monfieur de Fontenelle , qui àl'âge de vingt ans a déja plus d'acquis qu'on n'en a ordinairement à
GALANT. 89
:
-
}
コ
コ
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quarante. Il eſt de Roüen , if demeure ; &pluſieurs Per- ſonnes de la plus haute quali- té qui l'ont veuicy , avoüent que c'eſt unmeurtre quede le laiſſer dans la Province. Il
n'ya point de Science fur la- quelle il ne raiſonne folidement; mais il le fait d'une maniere aifée, &qui n'ariende la rudeſſe des Scavansde prop
feffion. Il n'aime les belles
Connoiſſances que pour s'en fervir en honneſte Homme.
Il a l'eſprit fin, galant, délicats &pour vous le faire connoître par un endroit qui vous
fera tres-connu , il eſt Neveu
deMeffieurs Corneille,
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Résumé : « Je vous avouë, Madame, que la lecture de cette Lettre [...] »
L'auteur d'une lettre exprime son plaisir à la lecture d'une missive précédente et admire le style de l'écriture de la destinataire. Il mentionne l'envoi d'une pièce intitulée 'L'Amour Noyé', qui a été bien accueillie par une compagnie réunie pour se divertir par une journée de pluie. Le jeu consistait à nommer des amants, et une jeune femme blonde a 'noyé' un des amants douze fois. Cette jeune femme, au visage et à la taille agréables, est surnommée 'le petit Ange' par la Marquise de ***. L'auteur évoque également Monsieur de Fontenelle, un jeune homme de Rouen âgé de vingt ans, déjà très savant et apprécié par des personnes de haute qualité. Fontenelle est décrit comme ayant un esprit fin, galant et délicat, et est le neveu de Messieurs Corneille.
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127
p. 123-124
« Vous vous souvenez je croy, Madame, qu'il y a déjà [...] »
Début :
Vous vous souvenez je croy, Madame, qu'il y a déjà [...]
Mots clefs :
Cambrai, Siège, Noms des officiers généraux
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texteReconnaissance textuelle : « Vous vous souvenez je croy, Madame, qu'il y a déjà [...] »
Vous vous ſouvenez je croy,
Madame , qu'il y a déja quelque temps que la Ville de
Cambray eſt prife: je n'ay pas crû devoir paſſer auſſi tôt apres ſa reduction au Siege de la Citadelle. Le Roy dont le grand cœur ne trouve rien de trop difficile luy donna
vingt- quatre heures pour ſe préparer à une vigoureuſe re- ſiſtance , & j'ay pris ce temps pour délaſſer vôtre eſprit , &
vous faire lire des Pieces auſſi
galantes qu'agreables , avant quede venir aux particularitez
quej'ay à vous en dire.Voicy les Noms des Officiers Generaux , qui tant qu'a duré ce Siege,ont tour à tour monté laTranchée.
Madame , qu'il y a déja quelque temps que la Ville de
Cambray eſt prife: je n'ay pas crû devoir paſſer auſſi tôt apres ſa reduction au Siege de la Citadelle. Le Roy dont le grand cœur ne trouve rien de trop difficile luy donna
vingt- quatre heures pour ſe préparer à une vigoureuſe re- ſiſtance , & j'ay pris ce temps pour délaſſer vôtre eſprit , &
vous faire lire des Pieces auſſi
galantes qu'agreables , avant quede venir aux particularitez
quej'ay à vous en dire.Voicy les Noms des Officiers Generaux , qui tant qu'a duré ce Siege,ont tour à tour monté laTranchée.
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Résumé : « Vous vous souvenez je croy, Madame, qu'il y a déjà [...] »
Les forces royales ont pris Cambrai. Le roi a accordé un délai de vingt-quatre heures aux défenseurs avant le siège de la citadelle. L'auteur a diverti son destinataire avec des lectures avant de décrire le siège. Le texte cite les officiers généraux ayant dirigé les tranchées sans les nommer.
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128
p. 125-126
Maréchaux de France.
Début :
Monsieur le Maréchal de Schomberg. M. le Maréchal de la [...]
Mots clefs :
Maréchaux, Lieutenants, Brigadiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Maréchaux de France.
aréchauxde France.
Monfieur le Maréchal de
96 LE MERCURE
Schomberg.
M. le Maréchal de la
Feüillade.
M. le Maréchal de Lorge Lieutenans Generaux.
M. le Comte d'Auvergne.
:
M. le Duc de Villeroy.
M. le Marquis de Renel.
Maréchauxde Camp.
M. le Prince Palatin de
Birkenfeld.
M. le Comte deS. Geran.
M. le Marquis de Tilladet.
M. le Chevalier de Tilladet.
M. de Monbron.
Brigadiers.
M. de S.George.
M. le Marquis d'Uxelles.
M. de Rubantel.
M. Jofſfau
Monfieur le Maréchal de
96 LE MERCURE
Schomberg.
M. le Maréchal de la
Feüillade.
M. le Maréchal de Lorge Lieutenans Generaux.
M. le Comte d'Auvergne.
:
M. le Duc de Villeroy.
M. le Marquis de Renel.
Maréchauxde Camp.
M. le Prince Palatin de
Birkenfeld.
M. le Comte deS. Geran.
M. le Marquis de Tilladet.
M. le Chevalier de Tilladet.
M. de Monbron.
Brigadiers.
M. de S.George.
M. le Marquis d'Uxelles.
M. de Rubantel.
M. Jofſfau
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129
p. 126-128
« Il est difficile de donner à tous ces Messieurs le [...] »
Début :
Il est difficile de donner à tous ces Messieurs le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il est difficile de donner à tous ces Messieurs le [...] »
Il eſt difficile de donner à
tous ces Meſſieurs le rang qui leur appartient , leurs preten- tions peuvent étre fondées fur deux choſes : l'une ſur la
naiſſance , & l'autre fur le
tempsqu'il yaqu'ils font Officiers Generaux ; mais ce n'eſt
pas à décider ſur la premiere,
&je ne fuis pas aſſez informé dela ſeconde; c'eſt pourquoy toutes les fois que j'en parle- ray,le hazard ordonnera de
leur rang. Je ne vous marque
point icy les Noms des Aydes de Camp du Roy , je vous les aydéja fait connoiſtre. Peut- eſtre ſerez-vous ſurpriſe de trouver moinsd'Officiers Generaux au Siege de laCitadelle qu'iln'y en avoit à celuy de laVille ; mais les grands Dé
97 LE MERCURE tachemens que le Roy fit ſi ju- dicieuſement pour envoyer au devant du Prince d'Orange, en font cauſe. Sa Majeſté qui ne fait rienqu'avec une prudence admirable , ordonna quelques jours apres qu'il n'y auroit plus qu'un Officier General de jour. Voyons les agir ſous les ordres de ce Grand Prince.
tous ces Meſſieurs le rang qui leur appartient , leurs preten- tions peuvent étre fondées fur deux choſes : l'une ſur la
naiſſance , & l'autre fur le
tempsqu'il yaqu'ils font Officiers Generaux ; mais ce n'eſt
pas à décider ſur la premiere,
&je ne fuis pas aſſez informé dela ſeconde; c'eſt pourquoy toutes les fois que j'en parle- ray,le hazard ordonnera de
leur rang. Je ne vous marque
point icy les Noms des Aydes de Camp du Roy , je vous les aydéja fait connoiſtre. Peut- eſtre ſerez-vous ſurpriſe de trouver moinsd'Officiers Generaux au Siege de laCitadelle qu'iln'y en avoit à celuy de laVille ; mais les grands Dé
97 LE MERCURE tachemens que le Roy fit ſi ju- dicieuſement pour envoyer au devant du Prince d'Orange, en font cauſe. Sa Majeſté qui ne fait rienqu'avec une prudence admirable , ordonna quelques jours apres qu'il n'y auroit plus qu'un Officier General de jour. Voyons les agir ſous les ordres de ce Grand Prince.
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Résumé : « Il est difficile de donner à tous ces Messieurs le [...] »
Le texte aborde la difficulté de déterminer le rang des officiers généraux. L'auteur ne tranche pas sur les critères de naissance ou d'ancienneté et laisse le rang au hasard. Il ne liste pas les aides de camp du roi, déjà connus. Lors du siège de la citadelle, le nombre d'officiers est inférieur à celui du siège de la ville en raison de détachements contre le Prince d'Orange. Le roi décide ensuite qu'un seul officier général de jour suffise. Le texte invite à observer les actions des officiers sous les ordres du prince.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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130
p. 128-184
La nuit du 5 au 6 d'Avril
Début :
Le Roy fit ouvrir la Tranchée à l'Esplanade de la [...]
Mots clefs :
Ennemis, Bastion, Citadelle, Travaux, Camp, Tranchée, Nuit, Contrescarpe, Régiment, Gardes, Capitaines, Canon, Fossé, Officiers espagnols, Soldats, Assiégés, Attaque, Morts, Majesté, Cambrai
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La nuit du 5 au 6 d'Avril
Lanuit du 5 au 6 d'Auril.
Le Roy fit ouvrir la Tran- chée à l'Eſplanade de la Cita- delle,&commencer une Attaque par dehors. On ne fit cette nuit quegabionner les ave- nuës des Ruës,&'pouffer quel- ques ſapes : on fit auſſi un petit Logement àdroit & à gauche au bout des deux Ruës qui a- boutiſſoient à l'Eſplanade. La meſme Trachéequi avoitdéja
ſervy
4
LY!
LE MERCURE N
1-
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ſervy pour l'attaque de la Vil- le,fut encore pouſſée dehors à
la gauche contre la Citadelle.
Lanuit du 6au7
VAN
Les Suiſſes travaillerent toute la nuitdans la Ville à pouf- ſer leurs Logemens. Les Ennemis firent une Sortie,&vin- rent juſques à l'endroit où Monfieur de Vigny prenoit
ſes meſures pour loger ſes Mortiers. Comme il ſe vitau
milieu d'eux, il les ſuivit avec
beaucoup de preſence d'eſprit juſques àleur Contreſcarpe ,
ou apres qu'ils ſe furent reti- rez,il ſe coula le longdela muraille du rampart de la Ville.
Les Suiſſes le prirent pour un Rédu,&il fut coduit aux Offciers,qui le recõnurēt d'abord.
On pouffa cette nuit-là les
Tome 3 .
E
DEL
100 LE MERCURE
Travaux fort pres du Glacis de la Contreſcarpe. Les Affie- gez firent deux Sorties : ils pouſſerent quelques Travailleurs que lesOfficiers remenerent auſſi-tôt. Deux de nos
Batteries ſe trouverent le matin en état de tirer,quoy que pluſieursde nos Travailleurs euſſentété tuez par le Canon des Ennemis qui étoit monté
fur des Cavaliers fort élevez,
&qui découvroit tout ce qui
ſe paſſoit dans la Plaine. Il tua MonfieurChamants,Commif- fairedel'Artillerie qui étoit en grande reputation,&emporta le bras d'un autre,dõt la force
du coup fit tõber le Chapeau,
qu'il ramaſſa froidement.Monſieur de Sautour Lieutenant
aux Gardes qui alloit viſiter
GALANT. JOI
S
80
a
e
les Travaux, &venoit à cheval du Camp,eu ce mémejour les deux bras emportez d'un |. coup de Canondontil mourut trois heures apres. Monfieurle Comte d'Auvergne courut auſſi grand hazard de la vie,
un Bouletayant emporté un Gabionderrierelequel il étoit.
Il fut couvert de pierres &de terre, il eut une contufion à la
teſte,quelques égratignuresau viſage;&la fiévre l'ayant pris,
leRoyluy fit donnerſa Litiere pour le conduire à la plus pro- chaine Ville.
S
0
e
6
1
Lanuit du 7 au 8
La Tranchée du côté de la
Ville fut pouffée par les Gar- des à quarante pas de la Con- treſcarpe. Monfieur deCati- nal quien eſt Major General,
E ij
102 MERCURE.
ordonna à Monfieur de Beau
regard , & à Monfieurd'An- glure Capitaines au méme Corps , de prendre douze ou quinze de leurs meilleurs Sol- dats,avec un bon Sergentpour ſoûtenir leurs Sapeurs.Les En- nemis ſortirent au nombre de
trente ou quarante du côté de Monfieur le Marquis d'An- glure. Le Sergent détaché avec ce petit nombre de Sol- dats les attendit , & leur fit
unedécharge ſi à propos, qu'il enjetta pluſieurs par terre, les autres ſe retirerent dans leurs
Paliſſades . Ils tenterent la méme choſe à la gauche , & ils eurent un pareil ſuccés. On fitunLogement ſur le Baſtion attaché à la Ville. On dreſſa
lematin une Baterie de huic
pieces de Canon au Loge-
GALANT. 103 ment qu'on avoit fait ſur le méme Baſtion de l'attaque de la Ville. On mit en état la Baterie des Mortiers. M.de Megnac , Commiſſaire de l'Artillerie, fut tué.
Lanuit du 8 au 9 :
On acheva la communicationde toutes les Sapes ; la Tranchée du côté de l'Eſpla- nade fut avancée auſſi-bien
que celle qui eſt du côté de la
Campagne. L'on pratiqua deux Bateries , l'une ſur le Baſtion du Moulin à la gauche de l'attaque de la Ville , de dix
pieces de Canoſous M.Tibergeau&l'autre ſur leBaſtionde
Sainte Barbe, de ſept pieces à
ladroite vers la Portede France ſous M. d'Alinville. On
ne pouvoit pas mieux pofter E iij
104 LE MERCURE deux Bateries ; celle de Monſieur Tibergeau découvroit toute la Porte &le Pont de la
Citadelle à la Ville,avec toute
la face duBaſtion neuf ; & la
Baterie de Monfieur d'Alinville voyoit l'autre face du Ba- ſtion neuf, & celle du Baſtion
qui regarde la Porte du Se- cours.Al'Attaque de Picardie hors de la Ville,on avança une aurre Baterie qui démonta une
partieduCanondes Ennemis.
UnedenosBombes étant tombéedans la Citadelle ſur un
tas deGrenades,le feu s'y prit &fit un grand fracas ; celles que les Ennemis jetterent étoient ſi petites & fi foibles,
qu'entombant elles ſe caſſoiét fur le pavé. Les Afliegez ne craignoient rien tant que de
E
3
コ
2
GALANT. Iτος certains Manequins remplis de pierres de toutes groſſeurs,
que l'on met dans des Mor- tiers faits expres , & qui font plus longs que les autres : ces pierres s'écartent en l'air , &
briſent en tombant tout ce
qu'elles rencontrent ; les blef- fures en font dangereuſes , &
la gangrene s'y met bien toUE DELAVIZ
La nuit du 9 au 10 YON
On fit trois Bateries,ontra- vailla dans le Foffé pour s'ap
procher de la pointe du Ba- ſtion de la Place. Monfieur Faucher Ingenieur,allant viſi- ter les Sapes où les Ennemis jettoient une infinité de Gre- nades , reçent un coup de
Mouſquer dans la teſte. On acheva la communication de
la droite à lagauche entre les E iiij
106 LE MERCURE
deux Tranchées qui embraf- ſent deux Baſtions exterieurs
de la Placequi n'en a que qua -
tre. On auroit pû faire la dé- cente du Foffe ; mais comme
tout y étoit plein de Caponie- res &de Fourneaux , le Roy voulut ménager ſon monde.
Sa Majesté vit jetter des Bom- bes&des Carcaſſes , elles mirentle feu dans un Magaſin de Bois de la Citadelle qui fut conſommé ; ce qui obligea les Ennemis à ſe retirer dans leurs
Cazemates. Monfieur le Tillier Commiſſaire de l'Artillerie fut tué l'apreſdînée.
Le dixième au matin,M. le
Duc de Villeroy revenant de
la Tranchée, &s'en allant au
Camp par la Porte de Nôtre- Dame,dont le chemin étoit
battu de quelques Pieces de
GALANT. 107
S
2
la Citadelle que nôtre Canon
n'avoit pû démonter, on dit à
Monfieur le Marquis de Renel , qui étoit avec Monfieur
le Marquis d'Arcy, que Mon- ſieurle Duc de Villeroy ve- noit derriere luy; il fe retour- na pour aller au devant , &
voyant en méme temps mettre le feu au Canon il dit, Voilaqui estpour nous , & le Boulet luydonna auſſi- tôt dans le
milieudu corps.
Lanuit du 10 AU II .
Orpouſſa les Sapes à ladroi- te,&l'on fit des communications : les Affſiegez ſortirent à
la gauche & firent plier nos Travailleurs ; mais Meſſieurs
lesMarquis deTilladet &d'U- xelles les raſſureret & repouf- ferét les Enemis. Améme teps Ev
1
108 LE MERCURE
Meſſieurs de Chapereux &de Courtevin , Capitaines déta- chez de Picardie, prirent une grande Demy- lune reveſtuë &tres-bien cazematée , avec
des creneaux à trois gueules qui defendoient le Foffe , &
deux grandes Caponieres.Nos Soldats étant entrez dans les
Cazemates avec beaucoup de
vigueur, furent fort incommo- dez du feu qui s'y mit par le moyen des Poudres que les Ennemis y avoient laiſſées,&
dont ils avoient fait des traínées. Onfit un Logementàla gorge de la Demy - lune qui venoit d'être priſe , & l'on dreſſa deux Bateries à l'attaque gauche pour batre une Demy-lune du corps de la Citadelle.
GALANT. 109
C
S
S
S
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--
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S
८
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2
La nuit du II au 12 1
LeRoyayant réſolu de faire attaquertoute la Contreſcarpe du côté de l'Eſplanade , &de faire faire un Logement ſur le bordduFoſſé à lagauche hors de la Ville,les Suiſſes monterentlaTranchée,&l'on fit des
Détachemens de deux cens
Hommes des Gardes Françoi.
ſes du Regiment du Roy , du Regiment Dauphin , de ce- luy de Picardie , & de celuy des Fuſeliers. Les Capitaines détachez des Gardes étoient
M. d'Avezan, qui devoit être foûtenu par M. le Chevalier de Mirabeau en cas debeſoin.
M. le Chevalier de Tilladet
étoit le Mareſchal de Camp de jour; il y avoit un Brigadier à
la gauche.Monfieurle Prince
110 LE MERCURE
d'Elbeufétoit Ayde de Camp du Roy. L'ordre étoit donné
pour minuit , & on étoit con- venu qu'au dernier coup de Canon des huit que la Baterie de Tibergeau devoit tirer, on feroit connoître par un Vive le Roy à ceuxdes autres Atta- ques, que nous étions maîtres de la Contreſcarpe. Pluſieurs voulurent eſtre de la partie comme Volontaires , & entr'autres Monfieur le Marquis d'Anglure , qui montra autant d'impatience enatten- dant le Signal , que s'il n'euſt pas déja eu toute la réputation qu'il a ſi juſtement meritée.
Les autres étoient Monfieur
le Chevalier de Courtenay,
Monfieur le Marquis de Ma- loſe Neveu de Monfieur le
GALANT. III
Mareſchal de Lorge , Mr. le Vicomte de Maux petit - Fils
de M. le Duc d'Orval , M. le
Vicomte de Corbeil Fils de
M. le Comte de Bregy , M. le Chevalier de Feuquieres ,
Monfieur le Comte de la
Vauguyon , Monfieur le Jay Fils de M. le Preſident le Jay,
Monfieurle Chevalier d'Arnoul, & Meſſieurs Boiſy , de Rouvray,de Vauroüy,Parfait,
Goulon,Tilly,Asfeld Suedois,
&pluſieurs autres. Le Roy étoit vers la Porte de Peronne
qui devoit voir l'Attaque. Le dernier coupde Canon ayant tiré,on marcha dans un grand filéce juſques à la Contreſcar- pe. Ony fut à peine arrivé,que les Soldats firent un grand cry de Vive le Roy , & un grand
112 LE MERCURE
feu de Mouſquets & de cer- taines Machines de verre pleines de poudre , qui ne man- quent jamais de s'alumer en les jettant. On força tout ce qu'on rencontra , & l'on mar- cha en faiſant toûjours un fort grand feu juſques à une gue- rite du Rempart de la Ville qui aboutit ſur le Foſſé de la Citadelle. Les Ennemis qui n'oſoient lever la teſte ſur
leursBastions,nyſurleur cour.
tine, laifferent à nos Travailleurs tout le temps d'avancer leur Travail fans beaucoup de riſque. Les Affiegezſe conten- toient de jetter des Grenades qui tomboient difficilement
dans le chemin couvert,à cauſede la largeur du Foſſé. Ils s'apperçeurent de leur pen
GALANT. 113
ב
2
.
i
d'effet , &voyant que le feu des nôtres qui avoit déjaduré trois heures ſe ralentiſſoit par
le manquement de munitions,
par la laſſitude des Soldats , &
par la chaleur des Mouſquets qui commençoient à s'échauf.
fer beaucoup,ils firent de leur courtine &de la face de leur
Baſtion un feude Mouſquete- rie ſi grand juſques au jour,
qu'on ne ſçauroit s'imaginer qu'avecpeine comment le Lo- gement put être achevé. Il le fut cependant; mais on yper- dit du monde , & Meſſieurs les Chevaliers de Courtenay
S &d'Arnoul furent bleſſez,
auſſi- bien que Meſſieurs de
Rouvray, le Jay , Boify , Vau- roüy,Parfait, & le Fils de M. le Colonel Lokman. Il y eut un
Sous - Lieutenant de Catinal
114 LE MERCURE tué. Le Roy dit qu'il n'avois jamais veu un ſi grand feu.
Le douziéme pendant le jour on fit un trou à coups de Canon à la face du Baſtion, à
la gauche de la Ville, pour lo- ger le Mineur.
Lanuit du 12 au 13
On travailla à faire la communication des Attaques du côté de celle des Gardes. A
la gauche on fit une Baterie dansle Foffé de la Ville qui bâtit la muraille qui le ſepare d'avecceluy de la Citadelle,&
qui devoit foûtenir le Mineur qu'on avoit attaché à la face du Baſtio oppoſé à celuy de la Ville. Cette Baterie étoit ſoûtenuë par un Détachement des Grenadiers àcheval de la
MaiſonduRoy,tousGensd'é
GALANT. IJ
ELAV
VIL
lite , cõmandez par Monfieur Riotot. Le Mineur travailla
avec toute la diligéce poſſible,
&il avoit preſque tout diſpo- ſé , quandles ennemis qui en eurétquelque ſoupço,envoie- rent la nuit un Colonel Eſpa- gnol nomé Couvaruvias pour reconnoître ce qui ſe paffoit dans le Foffé . Son Bonnet fut emporté d'une moufquetade.
Lanuit du 13 au 14
Onélargit les Logemens &les Places d'armes àlattaque droite. On travailla à cinq Bate- ries à la gauche,& l'on fut oc- cupé à faire en deux endroits
la Defcente dans le Foffé , &
àdreſſer un Logement pour le Mineur , avec une Bateric
de quatre pieces. Le feu des ennemis fut fort grand pen- dant toute la nuit.
a
a
116 LE MERCEUR
Le 14. au matin.
Les Bateries pourbatre leBaſtion dela gauche, &cellesdu Foſſé pour favoriſet le Mi- neur,tirerent ſur les neufheures , & fur les dix on attaqua
hors de la Ville une Demy-lunedeterre à la gaucheduBa- ſtion . L'impatiéce de ceux qui étoient deſtinez pour l'atta- quer fut fi grande qu'ils ne purent attendre l'heure qui avoit été marquée. CetteDemy-lune fut auſſi-toſt empor- tée, quoy qu'elle fûr revêtuë par la gorge.On prit quelques Ennemis avec un Officier.
Monfieur Parifot Ingenieur étoit de jour, il avoit eu ordre de faire travailler à un Logement au milieu de la Demy- lune , & même au delà s'il
GALANT. 117
d
iétoit poſſible, afin qu'on pûc y
mettre plus de monde, &que les nôtres en fuſſent entierement maîtres.c'étoit un moye
תב d'éviter les Fourneaux qui sot
U
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ordinairement aux angles où l'on a accoûtumé de faire les
a- Logemens. On fit avancer les travailleurs avecleurs gabios,
facines &autres outils.Ils trat vaillerent pendat trois quarts
U
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d'heures à la faveur d'un fort
grand feu de nos Gens déta1
t
chez,&de celuy qu'on faiſoit denosTravaux: cependat les Ennemis jetterent quatité de Grenades , & réſolurent de
nous chaffer. Un Regimet Il- ladois,avecpluſieurs Officiers Eſpagnols , fut comandé pour cela. Ils firent joüer un Fourneau ſur la gorge de la De-
118 LE MERCURE
my- lune ; pour s'en faciliter l'entrée , &parurent ſur leurs Baſtions & fur leur Courtine,
enfaiſant un feu extraordinaire. Il fut fi violent,que nos Soldats qui n'étoient plus en état de leur répondre par un auſſi grand , à caufede celuy qu'ils avoient déja fait , fu- rent obligez de ſe retirer , le Logement n'ayant pû être achevé Les Affiegez deſcen- dirent pour ruïner la teſte de nos Travaux ; mais Monfieur
le Duc de Villeroy ſoûtint leur premier effort , & les obligea de rentrer , de forte qu'ils ſe contenterent de re- prendre ce qu'ils avoient per- du. Meſſieurs d'Eronville ,
Dort Neveu de Monfieur de
Feuquieres , &Parifot Inge-
GALANT. 119
S
Di
1
nieur , furent bleſſez. Monſieur le Duc de Villeroy ſe tint toûjours dans un Poſte avancé , où il eſſuya pendant quatreheures le feu des En- nemis avec une fermeté inébranlable , Monfieur de Rubantel donna des marques d'une grande intrepidité , &
ſe tint dans la Demy - lune tantqu'on la put garder. Mon- ſieur le Marquis d'Uxelles y
donna des marques de fon courage & de ſa conduite.Les autres qui ſe ſignalerent , furent Monfieur le Marquis de Dangeau &Monfieur leMar- quis de Palaiſeau,Fils de Mõ- fieur le Maréchal de Clerambault, M.le Chevalier de Brevron - d'Harcour , Meſſieurs
les Vicomtes de Meaux &de
120 LE MERCURE
Corbeil , Monfieur des Crochets Capitaine au Regiment Dauphin; Meſſieurs d'agicour,
Goulon Ingénieur , &Affeld Suedois. Pluſieurs autres ſediſtinguerent encor ; je vous les feray connoiſtre quand j'en auray appris les noms. Les En- nemis firent une perte confi- dérable,&l'on n'en peutdou- ter , puis qu'ils demanderent eux meſmes une tréve pour retirer leurs Morts. Elle commença à deux heures apres midy, &dura une demy-heu- ge, ou trois quarts-d'heure.
On leur apprit pendant ce temps , que les trois Déchar- ges que nous avions faites ily
avoit deux jours , eſtoient en réjoüiſſance de la Victoire que Monfieur avoit renportée ſur
GALANT. 121
コ
10
لا
Hi
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le Prince d'Orange. Monfieur le Ducde Villeroy & Mon- ſieur le Marquis de Dangeau,
curent un entretien avec le
Colonel Couvaruvias qui eftoit ſur le Baſtion ſous lequel le Mineur eſtoit attaché , &
Monfieurle Duc de Villeroy ne fit point de dificulté deluy enmontrer le trou.
Lanuit du 14 au 15 A l'Attaque de la droite ,
on fit un Logement à la gorge
de la Demy-lunequi couvre la Porte de la Citadelle. Ala
gauche , on travailla à unLo- gement de la Contreſcarpe d'une Demy-lune. Onne per- dit qu'un Homecette nuit-là.
Lanuit duis au 16 Onſe rendit maiſtre de la
Demy- lune que les Ennemis
YOU
122 GALANT.
avoient repriſe ; & tous ceux
qui la gardoient furent pris ou tuez. Monfieur la Magno Ca- pitaine au Regimét Dauphin fut bleffé ,&l'on pratiqua un Logement à lapointe. Ala droite on plaça trois Bateries àl'angle de la face du Baſtion neuf. Elles furent dreſſées par l'ordre de Monfieur du Mets,
&par les ſoins de Monfieur
d'Alinville , & firent un ſi ef- froyable feu , &une bréche ſi conſidérable,queles Ennemis furent contrains de retirer leur Canon en arriere,dans
la crainte qu'ils eurent que le Baſtion contre lequel ces Ba- teries donnoient ,
ne s'éboulaſt , &n'entrainaſt leur Artilleriedans les Foſſé. Ils avancerēt des Chevauxde friſe pour garder
GALANT. 123
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la
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A
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garder leur Bréche.
Le 16
Le Mineur étant attaché
au Baſtion neuf, &la Mine en
état de faire ſon effet , on fit
dire au Gouverneur que le Roy avoit bien voulu qu'il fût averty de l'état des choſes;
qu'il devoitſe rendre,puis que le Canon avoit déja fait une bréche aſſez grade pourmon- ter à l'Affaut , &que la Mine
étoit preſte à joüer ; que s'il s'opiniatroit davantage , Sa Majeſté auroit le déplaiſir de ſe voir contrainte à le forcer
par les armes; qu'ayant donné aſſez de marques de valeur &
dereſiſtance,il nedevoit point refuſer'la Compoſition qu'Elle étoit preſte à luy donner;
qu'Elle offroitde faire voir à
Tome 3 .
F
124 LE MERCURE ceux qu'il luy voudroit envo- yer , que les choſes eſtoient enlamanierequ'on les diſoit;
&que ſi apres cela il s'obſtinoit à ſe defendre , il ne de- voit point eſperer d'autre par- tyqueceluydeſe rendre àdif- cretio. LeGouverneur répõdit à cela , apres avoir tenu Con- ſeil , qu'il eſtoit bien obligé à
la bonté du Roy ; mais qu'il croyoit qu'eſtant le plus ge- néreux Prince du monde ; il
ne ſeroit pas fâchéqu'il fiſtſon devoir, puisqu'enſe défendat bien , la conqueſte en ſeroit plus glorieuſe pour les ar- mes de Sa Majesté,que cepen.
dant il oſoit l'aſſurer quil ne ſe voyoit pas encor en état de pouvoirétre ſi -tôt réduit àré- dre la Place,puis que quandle
GALANT. 125
コー
Hie
ar
if
di
n
Baſtion où eſtoit attaché le
Mineur , ſeroit ſauté , il luy reſtoit trois Baſtions qu'ildé- fendroit comme autant deCitadelles. Le Gouverneur apres cette réponce , régala & fit boiredu Vind'Eſpagne à ceux qui l'eſtoient venu ſommer.
Le Roy commanda auſſitoſt qu'on relevaſt la Tranchée,&
qu'on retiraſt les Bateries &
il
1
2
1
lesCorps deGarde qui eſtoiết proche des Fourneaux
peur qu'ils n'en fuſſent endo- magez. On mit en ſuite le feu à la Mine , qui fit tout l'effet
que l'on pouvoit ſouhaiter ,
mais fans beaucoup de bruit ,
ayant fait en éboulant une bréche au Baſtion depuis le hautjuſques au bas , que l'on élargit encore avec le Canon.
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de
Fij
126 LE MERCURE
Monfieur le Maréchal de la
Feüillade qui commandoit les
Attaques le jour que la Mine joüa, ne voulant point hazar- derun Affaut ſans eſtre aſſuré
ſi les Ennemis étoient retranchez dans la gorgedu Baſtion,
refolut d'en faire reconnoître
l'état.ll demanda au Major des Gardes àqui des Lieutenans c'étoit à marcher ; & ayant ſçeu que c'étoit à Monfieur de Boiſſelau , il adjoûta que c'é- toit ſon Homme, & qu'on le fiſt venir. Il luy commandade monter fur le haut duBaſtion
pour reconnoître ſi les Enne- mis étoient retranchez , &
voir leur contenance , luy
donna trente Grenadiers des
Gardes pour le ſoûtenir , &
le fit accompagner du Ne-
GALAN Τ. 127
10
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S
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-
veu de Monfieur de Vauban,
&de Monfieur Goulon Inge- nieurs, afin qu'ils puſſent tous enſemble rendre un fidelle
rapport de l'état des Ennemis.
Monfieur de Boiſſelau ſe mit
à la teſte de ces Gens détachez avec M. Solus SousLieutenant aux Gardes , &
M.des Crochets Capitaine du Regiment Dauphin. Le che- min étoit fi difficile,& la terre
ſi molle,que ce ne fut pas ſans beaucoup de peine qu'ils mõ- terent ſur le Baſtion.Ils apper.
çeurent un petit Retranche- ment àdix pas d'eux , où il y
avoit cinquate Grenadiers des
Ennemis qui leur firent un
S tres-grad feu, qui n'empeſcha pourtat pas qu'ils n'examinaf- fent chacunde leur coſté ce
Fiij
128 LE MERCURE
qu'il y avoit à remarquer.
Monfieur de Boiffel'au commanda aux trente Grenadiers
qu'il avoit avec luy de jetter leurs Grenades dans le Loge- mentdes Ennemis : ils étoient
retranchez à la gorge de leur Baſtion, &avoient un Parapet fort élevé au deſſus du petit Retranchement où étoient
leurs Grenadiers. Ils firent un
feu continuel de mouſquete- rie,& jetterent une ſi grande quantité de Grenades, que le Neveu de Monfieur de Vauban fut tué auffi-bien que
ququelques Soldats. Mõſieur des Crochets fut bleſſé , &M. de Boiſſelau eut un coup de Gre- nade ſur l'épaule ,qui alla fai- re fon effet plus loin ſans le bleſſer. Monfieur le Maréchal de la Feüillade attendoit
GALANT. 119
S
コ
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コ
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-
-
au pied de la Bréche ; mais voyantque Monfieur de Boif- ſelauqui étoit monté deſſus ,
y avoit demeuré pres d'un quart d'heure ſans luy venir faire fon rapport , il luy en- voyadire deux fois dedeſcen- dre.Il executa cet ordre,ayant fait retirer devant luy les Morts & les Bleſſez. Il rendit compte à Monfieur de la Feüillade de l'état des Ennemis& de leurs Retranchemens , & ce Maréchal le fut rendre en ſuite à Sa Majeſté.
Lanuit du 16au 17.
On n'entreprit rien
Le17
THE
Onfitdans lademy-lunere
veſtuë,un Logement tout du longde la facedroite, afin d'y poſter des Gens pour faire Fiiij
130 LE MERCURE feu ſur la Bréche. On dreſſa
une Baterie à Mortiers dans
cette méme Demy- lune , &
aubas de la Bréche, une autre
Baterie pour tirer des pierres.
Nôtre Canon fit une bréche
de plus de quarante pas au Baſtionde la droite ; mais il ſe
trouva une muraille derriere.
On crût queles Ennemis vouloient fouffrir un Aſſaut, mais
ils ne l'attendirent pas , &ju- geant bien qu'ils pouvoient étre forcez , puis que trente Hommes avoient pû monter furleur Baſtion , le Gouverneur qui ne donnoit plus ſes
ordres que dans une Cazemate, & à la clarté d'une Bougie,
fit batre la Chamade. On courut en porter la Nouvelle au Roy.Il étoit à la Meſſe,&il en4
GALANT. 131 tendit dire que le feu avoit pris à ſon Quartier , & qu'on battoit la Chamade , ſans donner aucune marque qu'il eût rien entendu que la Meſſe ne fût achevée. On donna des
Oſtages de part &d'autre , &
la Negotiation dura deux heures. Les Ennemis envoye- rent le Comte de Tilly Goa
neral de leur Cavalerie , le
Colonel Couvaruvas Eſpa- gnol, & le Colonel Buis,pour traiter des Articles de la Capitulation. Ils en propoſerent quelques-uns, &ſe remiréten- fin entieremét à lageneroſité du Roy , ſans rien exiger que ce qu'il luy plairoit de leur ac- corder. Cette foûmiſſion leur
fut avantageuſe,puis qu'il leur fut permis de faire fortir leur Infanterie par la
2
Fv
132 LE MERCURE
pour
Breche , Tambour battant ,
*Meſche allumée par les deux bouts , Enſeignes déployées ,
&leur Cavalerie en ordre de
Gens de Guerre par la Porte du Secours pour être conduits
àBruxelles , avec deux pieces
de Canon, deux Mortiers , &
cinquante Chariots porter ceux de leurs Malades qui pouvoient étre tranſpor- rez. Le Roy leur promit de plus d'établir un Hôpital pour ceux qu'ils ne pouroient emmener, &qu'il donneroit per- miſſion à quelques-uns de leurs Officiers d'en venir
prendre ſoin , &de demeurer
dans la Ville. Le Gouverneur
nommé Dom pedro de Sava- lafortit àlaqueuë deſa Cava- lerie , couchédans ſon Carof-
GALANT.
133
a
S
ſeparce qu'il avoit été bleſſé.
LeRoyluydit quelques paro- les obligeantes ſur ſes bleſſu- res ; à quoy il répondit.Ah,Sa- crée Majesté , qu'un rencontre comme celuy-cy m'auroitfaitfai- re de folies dans un âge moins avancée! Mais graces àl'expe- rience de quelques années , j'ay bien connu le Prince à qui nous
avions àfaire , & trouvé qu'il valoit mieuxfubir le joug de bonne grace , que de prodiguer inu- tilement le fang des Nôtres par uneplus longue resistance. Il fortit de la Citadelle environ fix
cens Dragons & Cravates ,
dont les Officiers rendirent leurs foûmiffions au Roy
L'Infanterie Eſpagnole pa- rut fort bonne : elle compoſoit deux vieilles Terces,
134 LE MERCURE
l'une deCanarie, &l'autre de
Couvaruvias. Les Fantaſſins
avoient tous des Rondaches ,
degroſſes Piques , &de gros Mouſquets. Leurs Soldats
Hollandois étoient bons,quoy qu'âgez ; mais les VValons étoient trop jeunes , &la plû- part nus. Ils ſortirent environ deux mille quatre cens Hom- mes. Il y avoit beaucoup. de Negres dans le Regiment de Canarie.
Le lendemain 19.le Roy alla
faire chanter le Te Deum dans
l'Egliſe Cathedrale de Cam- bray , où tout le Clergé le re- çeut à la Porte. C'eſt une des plus belles Eglifesde l'Europe,
il y adeux Jubez,dont l'un eſt
toutde cuivre,&tres bien travaillé. La Porte du Cœur eſt de
GALAN T. 135
5
コ
la même matiere , &toute ci- zelée. Son Horloge ſonne à
toute les heures &demy heu.
res , un Carillon en muſique.
Outre le Trefor de l'Eglife , il ya encor celuy de Notre-Da- medeGrace,dontla Chapel- le qui eſt dans la même Ca- thedrale, eſt tres- magnifique.
Son Tabernacle eſt d'argent cizelé,& éclairé àtoute heure
par vingt Lampes d'un fort grand prix. Il y a neufParoif- ſesdans la Ville , & des Monaſteres à proportion.Les Bâ- timens en ſont aſſez beaux,
auffi-bien que les Ruës. Sa Place d'armes eſt d'une gran- deur extraordinaire , &capa- blede contenir toute la Garniſon enbataille.
Apres le TeDeum , le Roy fut voir tous les Travaux , &
136 LE MERCURE
viſiter la Citadelle.Un Officier
Eſpagnol qui avoit été bleſſé,
&qui parut tres- galant Hom- me à quelques François qui l'entretinrent , les aſſura que dans la ſeule Citadelle il y
avoit eu plus de mille Hom- mes tuez ou bleſſez .
Le Roy fit ouvrir la Tran- chée à l'Eſplanade de la Cita- delle,&commencer une Attaque par dehors. On ne fit cette nuit quegabionner les ave- nuës des Ruës,&'pouffer quel- ques ſapes : on fit auſſi un petit Logement àdroit & à gauche au bout des deux Ruës qui a- boutiſſoient à l'Eſplanade. La meſme Trachéequi avoitdéja
ſervy
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LE MERCURE N
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ſervy pour l'attaque de la Vil- le,fut encore pouſſée dehors à
la gauche contre la Citadelle.
Lanuit du 6au7
VAN
Les Suiſſes travaillerent toute la nuitdans la Ville à pouf- ſer leurs Logemens. Les Ennemis firent une Sortie,&vin- rent juſques à l'endroit où Monfieur de Vigny prenoit
ſes meſures pour loger ſes Mortiers. Comme il ſe vitau
milieu d'eux, il les ſuivit avec
beaucoup de preſence d'eſprit juſques àleur Contreſcarpe ,
ou apres qu'ils ſe furent reti- rez,il ſe coula le longdela muraille du rampart de la Ville.
Les Suiſſes le prirent pour un Rédu,&il fut coduit aux Offciers,qui le recõnurēt d'abord.
On pouffa cette nuit-là les
Tome 3 .
E
DEL
100 LE MERCURE
Travaux fort pres du Glacis de la Contreſcarpe. Les Affie- gez firent deux Sorties : ils pouſſerent quelques Travailleurs que lesOfficiers remenerent auſſi-tôt. Deux de nos
Batteries ſe trouverent le matin en état de tirer,quoy que pluſieursde nos Travailleurs euſſentété tuez par le Canon des Ennemis qui étoit monté
fur des Cavaliers fort élevez,
&qui découvroit tout ce qui
ſe paſſoit dans la Plaine. Il tua MonfieurChamants,Commif- fairedel'Artillerie qui étoit en grande reputation,&emporta le bras d'un autre,dõt la force
du coup fit tõber le Chapeau,
qu'il ramaſſa froidement.Monſieur de Sautour Lieutenant
aux Gardes qui alloit viſiter
GALANT. JOI
S
80
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les Travaux, &venoit à cheval du Camp,eu ce mémejour les deux bras emportez d'un |. coup de Canondontil mourut trois heures apres. Monfieurle Comte d'Auvergne courut auſſi grand hazard de la vie,
un Bouletayant emporté un Gabionderrierelequel il étoit.
Il fut couvert de pierres &de terre, il eut une contufion à la
teſte,quelques égratignuresau viſage;&la fiévre l'ayant pris,
leRoyluy fit donnerſa Litiere pour le conduire à la plus pro- chaine Ville.
S
0
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1
Lanuit du 7 au 8
La Tranchée du côté de la
Ville fut pouffée par les Gar- des à quarante pas de la Con- treſcarpe. Monfieur deCati- nal quien eſt Major General,
E ij
102 MERCURE.
ordonna à Monfieur de Beau
regard , & à Monfieurd'An- glure Capitaines au méme Corps , de prendre douze ou quinze de leurs meilleurs Sol- dats,avec un bon Sergentpour ſoûtenir leurs Sapeurs.Les En- nemis ſortirent au nombre de
trente ou quarante du côté de Monfieur le Marquis d'An- glure. Le Sergent détaché avec ce petit nombre de Sol- dats les attendit , & leur fit
unedécharge ſi à propos, qu'il enjetta pluſieurs par terre, les autres ſe retirerent dans leurs
Paliſſades . Ils tenterent la méme choſe à la gauche , & ils eurent un pareil ſuccés. On fitunLogement ſur le Baſtion attaché à la Ville. On dreſſa
lematin une Baterie de huic
pieces de Canon au Loge-
GALANT. 103 ment qu'on avoit fait ſur le méme Baſtion de l'attaque de la Ville. On mit en état la Baterie des Mortiers. M.de Megnac , Commiſſaire de l'Artillerie, fut tué.
Lanuit du 8 au 9 :
On acheva la communicationde toutes les Sapes ; la Tranchée du côté de l'Eſpla- nade fut avancée auſſi-bien
que celle qui eſt du côté de la
Campagne. L'on pratiqua deux Bateries , l'une ſur le Baſtion du Moulin à la gauche de l'attaque de la Ville , de dix
pieces de Canoſous M.Tibergeau&l'autre ſur leBaſtionde
Sainte Barbe, de ſept pieces à
ladroite vers la Portede France ſous M. d'Alinville. On
ne pouvoit pas mieux pofter E iij
104 LE MERCURE deux Bateries ; celle de Monſieur Tibergeau découvroit toute la Porte &le Pont de la
Citadelle à la Ville,avec toute
la face duBaſtion neuf ; & la
Baterie de Monfieur d'Alinville voyoit l'autre face du Ba- ſtion neuf, & celle du Baſtion
qui regarde la Porte du Se- cours.Al'Attaque de Picardie hors de la Ville,on avança une aurre Baterie qui démonta une
partieduCanondes Ennemis.
UnedenosBombes étant tombéedans la Citadelle ſur un
tas deGrenades,le feu s'y prit &fit un grand fracas ; celles que les Ennemis jetterent étoient ſi petites & fi foibles,
qu'entombant elles ſe caſſoiét fur le pavé. Les Afliegez ne craignoient rien tant que de
E
3
コ
2
GALANT. Iτος certains Manequins remplis de pierres de toutes groſſeurs,
que l'on met dans des Mor- tiers faits expres , & qui font plus longs que les autres : ces pierres s'écartent en l'air , &
briſent en tombant tout ce
qu'elles rencontrent ; les blef- fures en font dangereuſes , &
la gangrene s'y met bien toUE DELAVIZ
La nuit du 9 au 10 YON
On fit trois Bateries,ontra- vailla dans le Foffé pour s'ap
procher de la pointe du Ba- ſtion de la Place. Monfieur Faucher Ingenieur,allant viſi- ter les Sapes où les Ennemis jettoient une infinité de Gre- nades , reçent un coup de
Mouſquer dans la teſte. On acheva la communication de
la droite à lagauche entre les E iiij
106 LE MERCURE
deux Tranchées qui embraf- ſent deux Baſtions exterieurs
de la Placequi n'en a que qua -
tre. On auroit pû faire la dé- cente du Foffe ; mais comme
tout y étoit plein de Caponie- res &de Fourneaux , le Roy voulut ménager ſon monde.
Sa Majesté vit jetter des Bom- bes&des Carcaſſes , elles mirentle feu dans un Magaſin de Bois de la Citadelle qui fut conſommé ; ce qui obligea les Ennemis à ſe retirer dans leurs
Cazemates. Monfieur le Tillier Commiſſaire de l'Artillerie fut tué l'apreſdînée.
Le dixième au matin,M. le
Duc de Villeroy revenant de
la Tranchée, &s'en allant au
Camp par la Porte de Nôtre- Dame,dont le chemin étoit
battu de quelques Pieces de
GALANT. 107
S
2
la Citadelle que nôtre Canon
n'avoit pû démonter, on dit à
Monfieur le Marquis de Renel , qui étoit avec Monfieur
le Marquis d'Arcy, que Mon- ſieurle Duc de Villeroy ve- noit derriere luy; il fe retour- na pour aller au devant , &
voyant en méme temps mettre le feu au Canon il dit, Voilaqui estpour nous , & le Boulet luydonna auſſi- tôt dans le
milieudu corps.
Lanuit du 10 AU II .
Orpouſſa les Sapes à ladroi- te,&l'on fit des communications : les Affſiegez ſortirent à
la gauche & firent plier nos Travailleurs ; mais Meſſieurs
lesMarquis deTilladet &d'U- xelles les raſſureret & repouf- ferét les Enemis. Améme teps Ev
1
108 LE MERCURE
Meſſieurs de Chapereux &de Courtevin , Capitaines déta- chez de Picardie, prirent une grande Demy- lune reveſtuë &tres-bien cazematée , avec
des creneaux à trois gueules qui defendoient le Foffe , &
deux grandes Caponieres.Nos Soldats étant entrez dans les
Cazemates avec beaucoup de
vigueur, furent fort incommo- dez du feu qui s'y mit par le moyen des Poudres que les Ennemis y avoient laiſſées,&
dont ils avoient fait des traínées. Onfit un Logementàla gorge de la Demy - lune qui venoit d'être priſe , & l'on dreſſa deux Bateries à l'attaque gauche pour batre une Demy-lune du corps de la Citadelle.
GALANT. 109
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La nuit du II au 12 1
LeRoyayant réſolu de faire attaquertoute la Contreſcarpe du côté de l'Eſplanade , &de faire faire un Logement ſur le bordduFoſſé à lagauche hors de la Ville,les Suiſſes monterentlaTranchée,&l'on fit des
Détachemens de deux cens
Hommes des Gardes Françoi.
ſes du Regiment du Roy , du Regiment Dauphin , de ce- luy de Picardie , & de celuy des Fuſeliers. Les Capitaines détachez des Gardes étoient
M. d'Avezan, qui devoit être foûtenu par M. le Chevalier de Mirabeau en cas debeſoin.
M. le Chevalier de Tilladet
étoit le Mareſchal de Camp de jour; il y avoit un Brigadier à
la gauche.Monfieurle Prince
110 LE MERCURE
d'Elbeufétoit Ayde de Camp du Roy. L'ordre étoit donné
pour minuit , & on étoit con- venu qu'au dernier coup de Canon des huit que la Baterie de Tibergeau devoit tirer, on feroit connoître par un Vive le Roy à ceuxdes autres Atta- ques, que nous étions maîtres de la Contreſcarpe. Pluſieurs voulurent eſtre de la partie comme Volontaires , & entr'autres Monfieur le Marquis d'Anglure , qui montra autant d'impatience enatten- dant le Signal , que s'il n'euſt pas déja eu toute la réputation qu'il a ſi juſtement meritée.
Les autres étoient Monfieur
le Chevalier de Courtenay,
Monfieur le Marquis de Ma- loſe Neveu de Monfieur le
GALANT. III
Mareſchal de Lorge , Mr. le Vicomte de Maux petit - Fils
de M. le Duc d'Orval , M. le
Vicomte de Corbeil Fils de
M. le Comte de Bregy , M. le Chevalier de Feuquieres ,
Monfieur le Comte de la
Vauguyon , Monfieur le Jay Fils de M. le Preſident le Jay,
Monfieurle Chevalier d'Arnoul, & Meſſieurs Boiſy , de Rouvray,de Vauroüy,Parfait,
Goulon,Tilly,Asfeld Suedois,
&pluſieurs autres. Le Roy étoit vers la Porte de Peronne
qui devoit voir l'Attaque. Le dernier coupde Canon ayant tiré,on marcha dans un grand filéce juſques à la Contreſcar- pe. Ony fut à peine arrivé,que les Soldats firent un grand cry de Vive le Roy , & un grand
112 LE MERCURE
feu de Mouſquets & de cer- taines Machines de verre pleines de poudre , qui ne man- quent jamais de s'alumer en les jettant. On força tout ce qu'on rencontra , & l'on mar- cha en faiſant toûjours un fort grand feu juſques à une gue- rite du Rempart de la Ville qui aboutit ſur le Foſſé de la Citadelle. Les Ennemis qui n'oſoient lever la teſte ſur
leursBastions,nyſurleur cour.
tine, laifferent à nos Travailleurs tout le temps d'avancer leur Travail fans beaucoup de riſque. Les Affiegezſe conten- toient de jetter des Grenades qui tomboient difficilement
dans le chemin couvert,à cauſede la largeur du Foſſé. Ils s'apperçeurent de leur pen
GALANT. 113
ב
2
.
i
d'effet , &voyant que le feu des nôtres qui avoit déjaduré trois heures ſe ralentiſſoit par
le manquement de munitions,
par la laſſitude des Soldats , &
par la chaleur des Mouſquets qui commençoient à s'échauf.
fer beaucoup,ils firent de leur courtine &de la face de leur
Baſtion un feude Mouſquete- rie ſi grand juſques au jour,
qu'on ne ſçauroit s'imaginer qu'avecpeine comment le Lo- gement put être achevé. Il le fut cependant; mais on yper- dit du monde , & Meſſieurs les Chevaliers de Courtenay
S &d'Arnoul furent bleſſez,
auſſi- bien que Meſſieurs de
Rouvray, le Jay , Boify , Vau- roüy,Parfait, & le Fils de M. le Colonel Lokman. Il y eut un
Sous - Lieutenant de Catinal
114 LE MERCURE tué. Le Roy dit qu'il n'avois jamais veu un ſi grand feu.
Le douziéme pendant le jour on fit un trou à coups de Canon à la face du Baſtion, à
la gauche de la Ville, pour lo- ger le Mineur.
Lanuit du 12 au 13
On travailla à faire la communication des Attaques du côté de celle des Gardes. A
la gauche on fit une Baterie dansle Foffé de la Ville qui bâtit la muraille qui le ſepare d'avecceluy de la Citadelle,&
qui devoit foûtenir le Mineur qu'on avoit attaché à la face du Baſtio oppoſé à celuy de la Ville. Cette Baterie étoit ſoûtenuë par un Détachement des Grenadiers àcheval de la
MaiſonduRoy,tousGensd'é
GALANT. IJ
ELAV
VIL
lite , cõmandez par Monfieur Riotot. Le Mineur travailla
avec toute la diligéce poſſible,
&il avoit preſque tout diſpo- ſé , quandles ennemis qui en eurétquelque ſoupço,envoie- rent la nuit un Colonel Eſpa- gnol nomé Couvaruvias pour reconnoître ce qui ſe paffoit dans le Foffé . Son Bonnet fut emporté d'une moufquetade.
Lanuit du 13 au 14
Onélargit les Logemens &les Places d'armes àlattaque droite. On travailla à cinq Bate- ries à la gauche,& l'on fut oc- cupé à faire en deux endroits
la Defcente dans le Foffé , &
àdreſſer un Logement pour le Mineur , avec une Bateric
de quatre pieces. Le feu des ennemis fut fort grand pen- dant toute la nuit.
a
a
116 LE MERCEUR
Le 14. au matin.
Les Bateries pourbatre leBaſtion dela gauche, &cellesdu Foſſé pour favoriſet le Mi- neur,tirerent ſur les neufheures , & fur les dix on attaqua
hors de la Ville une Demy-lunedeterre à la gaucheduBa- ſtion . L'impatiéce de ceux qui étoient deſtinez pour l'atta- quer fut fi grande qu'ils ne purent attendre l'heure qui avoit été marquée. CetteDemy-lune fut auſſi-toſt empor- tée, quoy qu'elle fûr revêtuë par la gorge.On prit quelques Ennemis avec un Officier.
Monfieur Parifot Ingenieur étoit de jour, il avoit eu ordre de faire travailler à un Logement au milieu de la Demy- lune , & même au delà s'il
GALANT. 117
d
iétoit poſſible, afin qu'on pûc y
mettre plus de monde, &que les nôtres en fuſſent entierement maîtres.c'étoit un moye
תב d'éviter les Fourneaux qui sot
U
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ordinairement aux angles où l'on a accoûtumé de faire les
a- Logemens. On fit avancer les travailleurs avecleurs gabios,
facines &autres outils.Ils trat vaillerent pendat trois quarts
U
e
d'heures à la faveur d'un fort
grand feu de nos Gens déta1
t
chez,&de celuy qu'on faiſoit denosTravaux: cependat les Ennemis jetterent quatité de Grenades , & réſolurent de
nous chaffer. Un Regimet Il- ladois,avecpluſieurs Officiers Eſpagnols , fut comandé pour cela. Ils firent joüer un Fourneau ſur la gorge de la De-
118 LE MERCURE
my- lune ; pour s'en faciliter l'entrée , &parurent ſur leurs Baſtions & fur leur Courtine,
enfaiſant un feu extraordinaire. Il fut fi violent,que nos Soldats qui n'étoient plus en état de leur répondre par un auſſi grand , à caufede celuy qu'ils avoient déja fait , fu- rent obligez de ſe retirer , le Logement n'ayant pû être achevé Les Affiegez deſcen- dirent pour ruïner la teſte de nos Travaux ; mais Monfieur
le Duc de Villeroy ſoûtint leur premier effort , & les obligea de rentrer , de forte qu'ils ſe contenterent de re- prendre ce qu'ils avoient per- du. Meſſieurs d'Eronville ,
Dort Neveu de Monfieur de
Feuquieres , &Parifot Inge-
GALANT. 119
S
Di
1
nieur , furent bleſſez. Monſieur le Duc de Villeroy ſe tint toûjours dans un Poſte avancé , où il eſſuya pendant quatreheures le feu des En- nemis avec une fermeté inébranlable , Monfieur de Rubantel donna des marques d'une grande intrepidité , &
ſe tint dans la Demy - lune tantqu'on la put garder. Mon- ſieur le Marquis d'Uxelles y
donna des marques de fon courage & de ſa conduite.Les autres qui ſe ſignalerent , furent Monfieur le Marquis de Dangeau &Monfieur leMar- quis de Palaiſeau,Fils de Mõ- fieur le Maréchal de Clerambault, M.le Chevalier de Brevron - d'Harcour , Meſſieurs
les Vicomtes de Meaux &de
120 LE MERCURE
Corbeil , Monfieur des Crochets Capitaine au Regiment Dauphin; Meſſieurs d'agicour,
Goulon Ingénieur , &Affeld Suedois. Pluſieurs autres ſediſtinguerent encor ; je vous les feray connoiſtre quand j'en auray appris les noms. Les En- nemis firent une perte confi- dérable,&l'on n'en peutdou- ter , puis qu'ils demanderent eux meſmes une tréve pour retirer leurs Morts. Elle commença à deux heures apres midy, &dura une demy-heu- ge, ou trois quarts-d'heure.
On leur apprit pendant ce temps , que les trois Déchar- ges que nous avions faites ily
avoit deux jours , eſtoient en réjoüiſſance de la Victoire que Monfieur avoit renportée ſur
GALANT. 121
コ
10
لا
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le Prince d'Orange. Monfieur le Ducde Villeroy & Mon- ſieur le Marquis de Dangeau,
curent un entretien avec le
Colonel Couvaruvias qui eftoit ſur le Baſtion ſous lequel le Mineur eſtoit attaché , &
Monfieurle Duc de Villeroy ne fit point de dificulté deluy enmontrer le trou.
Lanuit du 14 au 15 A l'Attaque de la droite ,
on fit un Logement à la gorge
de la Demy-lunequi couvre la Porte de la Citadelle. Ala
gauche , on travailla à unLo- gement de la Contreſcarpe d'une Demy-lune. Onne per- dit qu'un Homecette nuit-là.
Lanuit duis au 16 Onſe rendit maiſtre de la
Demy- lune que les Ennemis
YOU
122 GALANT.
avoient repriſe ; & tous ceux
qui la gardoient furent pris ou tuez. Monfieur la Magno Ca- pitaine au Regimét Dauphin fut bleffé ,&l'on pratiqua un Logement à lapointe. Ala droite on plaça trois Bateries àl'angle de la face du Baſtion neuf. Elles furent dreſſées par l'ordre de Monfieur du Mets,
&par les ſoins de Monfieur
d'Alinville , & firent un ſi ef- froyable feu , &une bréche ſi conſidérable,queles Ennemis furent contrains de retirer leur Canon en arriere,dans
la crainte qu'ils eurent que le Baſtion contre lequel ces Ba- teries donnoient ,
ne s'éboulaſt , &n'entrainaſt leur Artilleriedans les Foſſé. Ils avancerēt des Chevauxde friſe pour garder
GALANT. 123
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A
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S
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garder leur Bréche.
Le 16
Le Mineur étant attaché
au Baſtion neuf, &la Mine en
état de faire ſon effet , on fit
dire au Gouverneur que le Roy avoit bien voulu qu'il fût averty de l'état des choſes;
qu'il devoitſe rendre,puis que le Canon avoit déja fait une bréche aſſez grade pourmon- ter à l'Affaut , &que la Mine
étoit preſte à joüer ; que s'il s'opiniatroit davantage , Sa Majeſté auroit le déplaiſir de ſe voir contrainte à le forcer
par les armes; qu'ayant donné aſſez de marques de valeur &
dereſiſtance,il nedevoit point refuſer'la Compoſition qu'Elle étoit preſte à luy donner;
qu'Elle offroitde faire voir à
Tome 3 .
F
124 LE MERCURE ceux qu'il luy voudroit envo- yer , que les choſes eſtoient enlamanierequ'on les diſoit;
&que ſi apres cela il s'obſtinoit à ſe defendre , il ne de- voit point eſperer d'autre par- tyqueceluydeſe rendre àdif- cretio. LeGouverneur répõdit à cela , apres avoir tenu Con- ſeil , qu'il eſtoit bien obligé à
la bonté du Roy ; mais qu'il croyoit qu'eſtant le plus ge- néreux Prince du monde ; il
ne ſeroit pas fâchéqu'il fiſtſon devoir, puisqu'enſe défendat bien , la conqueſte en ſeroit plus glorieuſe pour les ar- mes de Sa Majesté,que cepen.
dant il oſoit l'aſſurer quil ne ſe voyoit pas encor en état de pouvoirétre ſi -tôt réduit àré- dre la Place,puis que quandle
GALANT. 125
コー
Hie
ar
if
di
n
Baſtion où eſtoit attaché le
Mineur , ſeroit ſauté , il luy reſtoit trois Baſtions qu'ildé- fendroit comme autant deCitadelles. Le Gouverneur apres cette réponce , régala & fit boiredu Vind'Eſpagne à ceux qui l'eſtoient venu ſommer.
Le Roy commanda auſſitoſt qu'on relevaſt la Tranchée,&
qu'on retiraſt les Bateries &
il
1
2
1
lesCorps deGarde qui eſtoiết proche des Fourneaux
peur qu'ils n'en fuſſent endo- magez. On mit en ſuite le feu à la Mine , qui fit tout l'effet
que l'on pouvoit ſouhaiter ,
mais fans beaucoup de bruit ,
ayant fait en éboulant une bréche au Baſtion depuis le hautjuſques au bas , que l'on élargit encore avec le Canon.
د
de
Fij
126 LE MERCURE
Monfieur le Maréchal de la
Feüillade qui commandoit les
Attaques le jour que la Mine joüa, ne voulant point hazar- derun Affaut ſans eſtre aſſuré
ſi les Ennemis étoient retranchez dans la gorgedu Baſtion,
refolut d'en faire reconnoître
l'état.ll demanda au Major des Gardes àqui des Lieutenans c'étoit à marcher ; & ayant ſçeu que c'étoit à Monfieur de Boiſſelau , il adjoûta que c'é- toit ſon Homme, & qu'on le fiſt venir. Il luy commandade monter fur le haut duBaſtion
pour reconnoître ſi les Enne- mis étoient retranchez , &
voir leur contenance , luy
donna trente Grenadiers des
Gardes pour le ſoûtenir , &
le fit accompagner du Ne-
GALAN Τ. 127
10
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.
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S
e
-
veu de Monfieur de Vauban,
&de Monfieur Goulon Inge- nieurs, afin qu'ils puſſent tous enſemble rendre un fidelle
rapport de l'état des Ennemis.
Monfieur de Boiſſelau ſe mit
à la teſte de ces Gens détachez avec M. Solus SousLieutenant aux Gardes , &
M.des Crochets Capitaine du Regiment Dauphin. Le che- min étoit fi difficile,& la terre
ſi molle,que ce ne fut pas ſans beaucoup de peine qu'ils mõ- terent ſur le Baſtion.Ils apper.
çeurent un petit Retranche- ment àdix pas d'eux , où il y
avoit cinquate Grenadiers des
Ennemis qui leur firent un
S tres-grad feu, qui n'empeſcha pourtat pas qu'ils n'examinaf- fent chacunde leur coſté ce
Fiij
128 LE MERCURE
qu'il y avoit à remarquer.
Monfieur de Boiffel'au commanda aux trente Grenadiers
qu'il avoit avec luy de jetter leurs Grenades dans le Loge- mentdes Ennemis : ils étoient
retranchez à la gorge de leur Baſtion, &avoient un Parapet fort élevé au deſſus du petit Retranchement où étoient
leurs Grenadiers. Ils firent un
feu continuel de mouſquete- rie,& jetterent une ſi grande quantité de Grenades, que le Neveu de Monfieur de Vauban fut tué auffi-bien que
ququelques Soldats. Mõſieur des Crochets fut bleſſé , &M. de Boiſſelau eut un coup de Gre- nade ſur l'épaule ,qui alla fai- re fon effet plus loin ſans le bleſſer. Monfieur le Maréchal de la Feüillade attendoit
GALANT. 119
S
コ
!
コ
a
-
-
au pied de la Bréche ; mais voyantque Monfieur de Boif- ſelauqui étoit monté deſſus ,
y avoit demeuré pres d'un quart d'heure ſans luy venir faire fon rapport , il luy en- voyadire deux fois dedeſcen- dre.Il executa cet ordre,ayant fait retirer devant luy les Morts & les Bleſſez. Il rendit compte à Monfieur de la Feüillade de l'état des Ennemis& de leurs Retranchemens , & ce Maréchal le fut rendre en ſuite à Sa Majeſté.
Lanuit du 16au 17.
On n'entreprit rien
Le17
THE
Onfitdans lademy-lunere
veſtuë,un Logement tout du longde la facedroite, afin d'y poſter des Gens pour faire Fiiij
130 LE MERCURE feu ſur la Bréche. On dreſſa
une Baterie à Mortiers dans
cette méme Demy- lune , &
aubas de la Bréche, une autre
Baterie pour tirer des pierres.
Nôtre Canon fit une bréche
de plus de quarante pas au Baſtionde la droite ; mais il ſe
trouva une muraille derriere.
On crût queles Ennemis vouloient fouffrir un Aſſaut, mais
ils ne l'attendirent pas , &ju- geant bien qu'ils pouvoient étre forcez , puis que trente Hommes avoient pû monter furleur Baſtion , le Gouverneur qui ne donnoit plus ſes
ordres que dans une Cazemate, & à la clarté d'une Bougie,
fit batre la Chamade. On courut en porter la Nouvelle au Roy.Il étoit à la Meſſe,&il en4
GALANT. 131 tendit dire que le feu avoit pris à ſon Quartier , & qu'on battoit la Chamade , ſans donner aucune marque qu'il eût rien entendu que la Meſſe ne fût achevée. On donna des
Oſtages de part &d'autre , &
la Negotiation dura deux heures. Les Ennemis envoye- rent le Comte de Tilly Goa
neral de leur Cavalerie , le
Colonel Couvaruvas Eſpa- gnol, & le Colonel Buis,pour traiter des Articles de la Capitulation. Ils en propoſerent quelques-uns, &ſe remiréten- fin entieremét à lageneroſité du Roy , ſans rien exiger que ce qu'il luy plairoit de leur ac- corder. Cette foûmiſſion leur
fut avantageuſe,puis qu'il leur fut permis de faire fortir leur Infanterie par la
2
Fv
132 LE MERCURE
pour
Breche , Tambour battant ,
*Meſche allumée par les deux bouts , Enſeignes déployées ,
&leur Cavalerie en ordre de
Gens de Guerre par la Porte du Secours pour être conduits
àBruxelles , avec deux pieces
de Canon, deux Mortiers , &
cinquante Chariots porter ceux de leurs Malades qui pouvoient étre tranſpor- rez. Le Roy leur promit de plus d'établir un Hôpital pour ceux qu'ils ne pouroient emmener, &qu'il donneroit per- miſſion à quelques-uns de leurs Officiers d'en venir
prendre ſoin , &de demeurer
dans la Ville. Le Gouverneur
nommé Dom pedro de Sava- lafortit àlaqueuë deſa Cava- lerie , couchédans ſon Carof-
GALANT.
133
a
S
ſeparce qu'il avoit été bleſſé.
LeRoyluydit quelques paro- les obligeantes ſur ſes bleſſu- res ; à quoy il répondit.Ah,Sa- crée Majesté , qu'un rencontre comme celuy-cy m'auroitfaitfai- re de folies dans un âge moins avancée! Mais graces àl'expe- rience de quelques années , j'ay bien connu le Prince à qui nous
avions àfaire , & trouvé qu'il valoit mieuxfubir le joug de bonne grace , que de prodiguer inu- tilement le fang des Nôtres par uneplus longue resistance. Il fortit de la Citadelle environ fix
cens Dragons & Cravates ,
dont les Officiers rendirent leurs foûmiffions au Roy
L'Infanterie Eſpagnole pa- rut fort bonne : elle compoſoit deux vieilles Terces,
134 LE MERCURE
l'une deCanarie, &l'autre de
Couvaruvias. Les Fantaſſins
avoient tous des Rondaches ,
degroſſes Piques , &de gros Mouſquets. Leurs Soldats
Hollandois étoient bons,quoy qu'âgez ; mais les VValons étoient trop jeunes , &la plû- part nus. Ils ſortirent environ deux mille quatre cens Hom- mes. Il y avoit beaucoup. de Negres dans le Regiment de Canarie.
Le lendemain 19.le Roy alla
faire chanter le Te Deum dans
l'Egliſe Cathedrale de Cam- bray , où tout le Clergé le re- çeut à la Porte. C'eſt une des plus belles Eglifesde l'Europe,
il y adeux Jubez,dont l'un eſt
toutde cuivre,&tres bien travaillé. La Porte du Cœur eſt de
GALAN T. 135
5
コ
la même matiere , &toute ci- zelée. Son Horloge ſonne à
toute les heures &demy heu.
res , un Carillon en muſique.
Outre le Trefor de l'Eglife , il ya encor celuy de Notre-Da- medeGrace,dontla Chapel- le qui eſt dans la même Ca- thedrale, eſt tres- magnifique.
Son Tabernacle eſt d'argent cizelé,& éclairé àtoute heure
par vingt Lampes d'un fort grand prix. Il y a neufParoif- ſesdans la Ville , & des Monaſteres à proportion.Les Bâ- timens en ſont aſſez beaux,
auffi-bien que les Ruës. Sa Place d'armes eſt d'une gran- deur extraordinaire , &capa- blede contenir toute la Garniſon enbataille.
Apres le TeDeum , le Roy fut voir tous les Travaux , &
136 LE MERCURE
viſiter la Citadelle.Un Officier
Eſpagnol qui avoit été bleſſé,
&qui parut tres- galant Hom- me à quelques François qui l'entretinrent , les aſſura que dans la ſeule Citadelle il y
avoit eu plus de mille Hom- mes tuez ou bleſſez .
Fermer
Résumé : La nuit du 5 au 6 d'Avril
Du 5 au 14 avril, plusieurs actions militaires ont été menées autour d'une citadelle. La nuit du 5 au 6 avril, le roi ordonna l'ouverture d'une tranchée à l'esplanade de la citadelle et le début d'une attaque extérieure. Les travaux incluaient le gabionnage des avenues et le creusement de sapes. La tranchée utilisée pour attaquer la ville fut également poussée vers la gauche contre la citadelle. Les nuits suivantes, les Suisses renforcèrent leurs positions dans la ville, tandis que les ennemis tentèrent plusieurs sorties, repoussées par les défenseurs. Des batteries furent mises en état de tirer malgré les pertes causées par le canon ennemi. La nuit du 7 au 8 avril, la tranchée fut poussée à quarante pas de la contrescarpe, et une batterie de huit pièces de canon fut dressée. La nuit du 8 au 9 avril, la communication entre les sapes fut achevée, et deux batteries furent pratiquées sur les bastions du Moulin et de Sainte-Barbe. Une bombe tomba dans la citadelle, causant un grand fracas. Le 10 avril au matin, le duc de Villeroy fut tué par un boulet de canon. Les nuits suivantes, les assiégés tentèrent de perturber les travaux des défenseurs, mais furent repoussés. Une demi-lune bien fortifiée fut prise par les capitaines Chapereux et Courtevin. Le 11 avril, le roi ordonna l'attaque de toute la contrescarpe du côté de l'esplanade, et les travaux continuèrent pour faire la communication des attaques du côté des Gardes. Le 14 avril, les batteries tirèrent sur le bastion de gauche et le fossé pour soutenir le mineur, et une demi-lune fut attaquée et prise. Les travaux de fortification se poursuivirent avec la construction de logements et de batteries. Le gouverneur refusa de se rendre, affirmant qu'il défendrait les bastions restants. Le roi ordonna de mettre le feu à une mine, créant une brèche significative. Malgré un feu ennemi intense, le Lieutenant de Boisselau put rendre compte de la situation. Le gouverneur battit finalement la chamade, signifiant sa reddition. Les négociations aboutirent à une capitulation favorable aux ennemis, leur permettant de quitter la ville avec honneur. Le roi visita l'église cathédrale de Cambrai et inspecta les travaux et la citadelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
131
p. 184-185
« Voila, Madame, ce que j'ay tiré de sept ou huit Relations, [...] »
Début :
Voila, Madame, ce que j'ay tiré de sept ou huit Relations, [...]
Mots clefs :
Journal, Relations, Lettres, Exactitude
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voila, Madame, ce que j'ay tiré de sept ou huit Relations, [...] »
Voila, Madame, ce que j'ay tiréde ſept ou huit Relations,
&de plus de vingt Lettres,&
je l'ay fait avec tant d'exacti- tude , que je n'ay rien voulu mettre dans ce Journal , qui n'ait été marqué par plus d'u- ne Perſonne; cependant jene laiſſe pas de craindre d'avoir manqué en quelques endroits àl'égard des dattes. Je n'ay toutefois rien à me reprocher la-deſſus . Ceux qui font des Relations , font le plus fou-
GALANT. 137
-
vent ſi peu d'accord entr'eux,
que ſi ce Journal ſe trouvoit juſte, je croy que ce ſeroit le
premier
&de plus de vingt Lettres,&
je l'ay fait avec tant d'exacti- tude , que je n'ay rien voulu mettre dans ce Journal , qui n'ait été marqué par plus d'u- ne Perſonne; cependant jene laiſſe pas de craindre d'avoir manqué en quelques endroits àl'égard des dattes. Je n'ay toutefois rien à me reprocher la-deſſus . Ceux qui font des Relations , font le plus fou-
GALANT. 137
-
vent ſi peu d'accord entr'eux,
que ſi ce Journal ſe trouvoit juſte, je croy que ce ſeroit le
premier
Fermer
Résumé : « Voila, Madame, ce que j'ay tiré de sept ou huit Relations, [...] »
Le texte est un compte-rendu basé sur plusieurs relations et lettres, compilé avec précision. L'auteur a inclus uniquement des informations vérifiées par plusieurs sources. Il exprime des inquiétudes sur la précision des dates, bien que les siennes soient exactes. Les divergences entre les auteurs compliquent la compilation. Ce journal pourrait être le premier à être exact.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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132
p. 185-186
« Le Gouverneur de Cambray n'eut pas plutost fait batre [...] »
Début :
Le Gouverneur de Cambray n'eut pas plutost fait batre [...]
Mots clefs :
Cambrai, Te Deum, Diamants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Gouverneur de Cambray n'eut pas plutost fait batre [...] »
Le Gouverneur de Cambray n'eut pas plutôt fait batre la Chamade, que Monfieur le
Comte de Gramont partit pour en apporter la premiere nouvelle à la Reine,qui luy fit preſent quelques jours apres d'une Boëſte de Diamans de
grand prix. Monfieur Mouret Valet de Garderobe du Roy,
vint en ſuite apporter à cette Princeſſe les Particularitez
de ce qui s'eſtoit paſſé depuis ledépartde Monfieurle Com te de Gramont , & les Ordres
pour faire chanter icy le Te Deum.
Comte de Gramont partit pour en apporter la premiere nouvelle à la Reine,qui luy fit preſent quelques jours apres d'une Boëſte de Diamans de
grand prix. Monfieur Mouret Valet de Garderobe du Roy,
vint en ſuite apporter à cette Princeſſe les Particularitez
de ce qui s'eſtoit paſſé depuis ledépartde Monfieurle Com te de Gramont , & les Ordres
pour faire chanter icy le Te Deum.
Fermer
133
p. 186-187
« Je ne vous en parle point, n'ayant pas accoûtumé [...] »
Début :
Je ne vous en parle point, n'ayant pas accoûtumé [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je ne vous en parle point, n'ayant pas accoûtumé [...] »
Je ne vous en parle point ,n'ayant pas accoûtumé
138 LE MERCURE
:
coûtumé de vous mander de
ces Nouvelles que l'allégreffe des Peuples rend publiques, à
moins qu'elles ne foient ac- compagnées de circonftances particulieres.
138 LE MERCURE
:
coûtumé de vous mander de
ces Nouvelles que l'allégreffe des Peuples rend publiques, à
moins qu'elles ne foient ac- compagnées de circonftances particulieres.
Fermer
134
p. 187-193
« Le Feu qu'on y a fait pour se réjoüir [...] »
Début :
Le Feu qu'on y a fait pour se réjoüir [...]
Mots clefs :
Cambrai, Feu, Conquêtes, Guerre, Mérite, France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Feu qu'on y a fait pour se réjoüir [...] »
hoſe de ce qui s'eſt paſſé à Lile. Le Feu qu'on ya fait pour ſe réjoüir de la priſe de Cambray , en repreſentoit la Citadelle. Elle fut attaquée &
défenduëjon y jetta des Bombes & des Carcaffes ; & les
Dames virent fans crainte, ce
qu'elles ne pouroient bien voir ſans péril dans un verita- ble Siege.Je croy quenous au- rons bientoſt le meſme avantage , & que des Tableaux & des Tapiſſeries , qu'on ne pourra trop admirer ,
GALANT. 139
5
=
nous repreſenteront tout ce qui s'eſt paſſé devant Cam- bray , puis que l'Illuſtre Mon- ſieur le Brun , & Meſſieurs le
Nautre& Vandermeulle , ont
été ſur les lieux en faire lesDef
ſeins, Nous verrons un Siege plus fameux que celuy de Troye , qu'Achille & tous les Roys de la Grece ne pûrent prendre qu'en dix ans avec tant de milliers d'Hommes ,
&dont ils ne feroient peut- eſtre jamais venus à bout avec un ſigrand nombre de Combatans , ſi les ruſes qu'ils employerent ne leur euffent eſté favorables. Ce n'eſt point par ces voyes que le Roy fait de ſi grandes Conqueſtes.
Ses lumieres naturelles
ſa longue expérience au
>
140 LE MERCURE
Meſtierde la Guerre , ſajudi- cieuſe conduite , ſa grande prévoyance,ſes ſoins vigilans,
&ſes fatigues , ſont les feu- les chofes qu'il employe pour faire réüffir en tout temps ſes glorieuſes Entrepriſes. Jamais Monarquen'atantdōnéd'Or.
dres luy-meſme , ny tant paſſe de journée à cheval , que ce
Prince a fait devant Cambray;
il viſitoit tout, il agiſſoit incefſamment , il ordonnoitdetoutes choſes , il eſtoit par tout ;
&puis qu'il atout fait , on ne peut entrer dans un détail dont chaque particularité de- manderoit un Volume entier.
Un Prince fi grand & fi ju
dicieux,ne pouvat faire choix pour le ſervir , que de Perſon-
GALANT. 141
S
nes d'un mérite extraordinaire , on ne peut douter de celuy de Meſſieurs les Maref chaux de France qui ont agy ſous ſes Ordres pendant les Sieges qu'il a entrepris cette Campagne ; c'eſt pourquoy je n'en diray que peu de cho- ſe. L'Hiſtoire parle déja afſez de Monfieur le Mareſchal de
Schomberg. Apres s'eſtre ac- quis beaucoup degloire avant la Paix des Pyrenées par tout où il avoit combatu , il fut
commander en Portugal ; &
quoy que ſes Troupes fuſſent beaucoup moins nombreuſes
que celles des Eſpagnols , il nelaiſſa pasde les batre ſou- vent, &d'emporter beaucoup de Places , ce qui a fait dire de luy avec beaucoup de
142 LE MERCEUR juſtice , que c'eſt un Homme de teſte,de cœur, & d'exécution.Quelques jours apres que la Tranchée fut ouverte de.
vat la Citadelle de Cambray,
les ennemis ayat fait une Sor- tie,ce Maréchal qui ſe trouva àla Garde de la Cavalerie, les
chargea luy-même le Piſtolet à la main , & les fit rentrer
dans leurs Paliſſades . Il auroit
couché toutes les nuits dans
la Tranchée , ſi Sa Majesté voyat toutes les fatigues qu'il ſe donnoit , ne luy eût ſou- vent ordonné deſe retirer.
défenduëjon y jetta des Bombes & des Carcaffes ; & les
Dames virent fans crainte, ce
qu'elles ne pouroient bien voir ſans péril dans un verita- ble Siege.Je croy quenous au- rons bientoſt le meſme avantage , & que des Tableaux & des Tapiſſeries , qu'on ne pourra trop admirer ,
GALANT. 139
5
=
nous repreſenteront tout ce qui s'eſt paſſé devant Cam- bray , puis que l'Illuſtre Mon- ſieur le Brun , & Meſſieurs le
Nautre& Vandermeulle , ont
été ſur les lieux en faire lesDef
ſeins, Nous verrons un Siege plus fameux que celuy de Troye , qu'Achille & tous les Roys de la Grece ne pûrent prendre qu'en dix ans avec tant de milliers d'Hommes ,
&dont ils ne feroient peut- eſtre jamais venus à bout avec un ſigrand nombre de Combatans , ſi les ruſes qu'ils employerent ne leur euffent eſté favorables. Ce n'eſt point par ces voyes que le Roy fait de ſi grandes Conqueſtes.
Ses lumieres naturelles
ſa longue expérience au
>
140 LE MERCURE
Meſtierde la Guerre , ſajudi- cieuſe conduite , ſa grande prévoyance,ſes ſoins vigilans,
&ſes fatigues , ſont les feu- les chofes qu'il employe pour faire réüffir en tout temps ſes glorieuſes Entrepriſes. Jamais Monarquen'atantdōnéd'Or.
dres luy-meſme , ny tant paſſe de journée à cheval , que ce
Prince a fait devant Cambray;
il viſitoit tout, il agiſſoit incefſamment , il ordonnoitdetoutes choſes , il eſtoit par tout ;
&puis qu'il atout fait , on ne peut entrer dans un détail dont chaque particularité de- manderoit un Volume entier.
Un Prince fi grand & fi ju
dicieux,ne pouvat faire choix pour le ſervir , que de Perſon-
GALANT. 141
S
nes d'un mérite extraordinaire , on ne peut douter de celuy de Meſſieurs les Maref chaux de France qui ont agy ſous ſes Ordres pendant les Sieges qu'il a entrepris cette Campagne ; c'eſt pourquoy je n'en diray que peu de cho- ſe. L'Hiſtoire parle déja afſez de Monfieur le Mareſchal de
Schomberg. Apres s'eſtre ac- quis beaucoup degloire avant la Paix des Pyrenées par tout où il avoit combatu , il fut
commander en Portugal ; &
quoy que ſes Troupes fuſſent beaucoup moins nombreuſes
que celles des Eſpagnols , il nelaiſſa pasde les batre ſou- vent, &d'emporter beaucoup de Places , ce qui a fait dire de luy avec beaucoup de
142 LE MERCEUR juſtice , que c'eſt un Homme de teſte,de cœur, & d'exécution.Quelques jours apres que la Tranchée fut ouverte de.
vat la Citadelle de Cambray,
les ennemis ayat fait une Sor- tie,ce Maréchal qui ſe trouva àla Garde de la Cavalerie, les
chargea luy-même le Piſtolet à la main , & les fit rentrer
dans leurs Paliſſades . Il auroit
couché toutes les nuits dans
la Tranchée , ſi Sa Majesté voyat toutes les fatigues qu'il ſe donnoit , ne luy eût ſou- vent ordonné deſe retirer.
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Résumé : « Le Feu qu'on y a fait pour se réjoüir [...] »
Le texte relate la prise de Cambray, marquée par un feu célébrant la victoire, représentant la citadelle attaquée et défendue avec des bombes et des carcasses. Les dames observaient la scène sans crainte. Les exploits seront immortalisés par des tableaux et des tapisseries, dessinés par des artistes présents, dont Monsieur le Brun, Nautre et Vandermeulle. Le siège de Cambray est comparé à celui de Troie, soulignant la supériorité des stratégies du roi, fondées sur ses lumières naturelles, son expérience, sa conduite judicieuse, sa prévoyance et ses soins vigilants. Le roi a supervisé personnellement les opérations, visitant tout et ordonnant toutes choses. Le mérite des maréchaux de France, notamment le maréchal de Schomberg, est également loué. Schomberg a joué un rôle crucial en chargeant les ennemis lors d'une sortie et en endurant de grandes fatigues.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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135
p. 193-209
« Il me souvient, Madame, que je vous ay déja parlé [...] »
Début :
Il me souvient, Madame, que je vous ay déja parlé [...]
Mots clefs :
Valeur, Cambrai, Famille, Tranchée, Chevalier, Citadelle, Marquis, Ennemis, Contrescarpe, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il me souvient, Madame, que je vous ay déja parlé [...] »
Il me ſouvient,Madame, que je vous aydéja parlépluſieurs foisdela Famille de Monfieur
le Maréchal de la Feüillade,
&du merite particulier de ce Duc. Vous ſçavez ce qu'il
GALANT. 143 a fait en Hongrie, en Candie,
& en France , &je puis vous ☐ aſſurer qu'il a continué à don- ner pendant cette Campagne des marquesde ſa valeur &de fon grand zele pour la gloire du Roy. L'un & l'autre ont pa.
ru devat la Citadellede Cambray , & je vous ay marqué qu'il attendoit luy-même au pied de la Bréche la réponſe de ceux qu'il yavoit fait mon- ter pour reconnoître l'état des
Ennemis. Quelques jours au- paravant un Boulet de Canon avoit paſſe ſous le ventre de ſon Cheval, & il avoit penſé en eſtre tué.
S
Monfieur le Mareſchal de
Lorge a beaucoup contribué à la priſe de la Contreſcarpe.
Il eſt de la Maiſon de Duras,
qui eſt une des plus Illuſtres
144 LE MERCURE
deGuienne. Il a ſervy tres-uti- lement le Roy en Italie. On
ne peut s'attacher avec une
plus grande application au mêtier de la Guerre , & il a fi bien étudié ce grand Art ſous feu MonfieurdeTurenne fon
Oncle, qu'il en met toutes les
manieres en pratique lors que l'occaſion s'en preſente. La fameuſeRetraite qu'il fit apres la mort de ce grand Homme,
àla veuë d'une Armée beaucoup plus forte que la ſienne,
fait beaucoup mieux ſonElo- ge,que tout ce que j'en pour- rois dire.
Je ne parle point icy des Of- ficiers Generaux , ils ſe ſont
montrez dignes du choix de Sa Majesté, & je ne ferois en
vous entretenant de leurs
GALANT. 145 - actions paſſées que vous re- peter ce que je vous ay déja ditend'autres endroits. Al'é-
■ gard de Cambray , on ne peut douter qu'ils n'ayent fait voir - & beaucoup de conduite &
1 beaucoup de valeur,puis qu'ils ont tour à tour monté la
- Tranchée , & que dans les occafions les plus perilleuſes ils ont les premiers eſſuyé le feu des Ennemis àla tête des
Troupes qu'ils commădoient.
Monfieur le Prince d'Elbeuf,
Aydede Camp du Roy, a fait voir une ardeur fi boüillante,
que ſi on ne l'eût ſouvét rete- nu de force, il ſe ſeroit expoſé à tous les perils du Siege,Mõ- ſieur le Comte d'Auvergne ne voulant point le laiſſer al- ler àl'attaque des deux De
146 LE MERCURE
my-lunes,ce Prince fit ce qu'il put pour ſe dérober de luy, &
rien ne le put empêcher d'y venir à la fin de l'attaque; mais le peril ſe trouva alors plus grand , parce que les Enne- mis ne tirerent de leurs Remparts quelors que leurs Gens furent fortis des Demy-lunes,
de peur de tirer fur eux. Ce Prince y demeura tant qu'on fit le Logement , & fut pen- dant tout ce temps expoſé au feudes Ennemis. Il étoit auſſi
àl'artaque de la Contreſcarpe.
Monfieur le Chevalier de
Feuquieres qui s'eſt diſtingué au Siege de la Citadelle , eſt Fils de Monfieur le Marquis de Feuquieres Gouverneur de Verdun , & Ambaſſadeur en Suéde,petit- Fils du fameux
Marquis
GALANT. 147
Marquis de Feuquieres , qui a commandé fi long-temps les Armées du feu Roy en Al- lemagne : l'Hiſtoire eſt rem- plie de ſes Victoires , & des fameuſes Negotiations qu'il a faites aupresde la plusgran- de partie des Princes Etrangers. Le Chevalier dont nous
parlons eſt bien fait, &il don- ne tous les jours marques de ſa valeur.
de nouvelles
La mort de Monfieur leLYON
Marquis de Renel ne medoit 8435
pas empécher de parler de luy , & je croy devoir rendre juſtice àſa memoire. Sa Valeur étoit connuë , il avoit des
Amis du premier rang , & il étoit aiméde ſon Maître. Ce
n'eſt pas d'aujourd'huy que le Titre de Marquis eſt dans
Tome 3 . G
148 GALANT.
ſa Famille , & l'Hiſtoire nous parle d'un Marquis de Renel Gouverneur de Vitry qui fu- tué en 1615 en voulant em- peſcher la jonction de ſix cent Reïſtres àl'Armée des Princes. On ne peut douter de la Nobleſſe de cette Famille
puisqu'elledeſcendde la Mai- ſond'Amboiſe , ſi connuë das
toutes nos Hiſtoires. La douleur que Madame la Marqui- ſe de Renel ſent encor tous les
jours dela pertequ'elle a faite,
ſeroit difficile à exprimer.El- le aimoit celuy qu'elle pleure avecunetendreſſe inconcevable;mais cette tendreſſe n'empeſchoit pointqu'elle ne facri- fiât toutes chofes , afin qu'il puſt ſervir ſon Prince en hom- mede ſaQualité.
LE MER CURE 149 Monfieur le Vicomte de
1 Meaux , Fils de Monfieur dę
Betune ,&petit- Fils de Monfieur le Duc d'Orval , s'eſt
trouvé dans toutes les occafions de vigueur ; & l'on n'en ſçauroit douter, puis qu'il a re- çeupendant le ſeul Siege dont nous parlonsjuſqu'à fix coups,
dont heureuſement pour luy il a eſté quite pour quel- ques contufions. Monfieur le Duc d'Orval dont je vous parle , eſt Fils de Monfieur le Duc de Sully , Favory de
Henry IV.
s
Monfieur le Comte de la
Vauguyon s'eſt ſignalé en en- trant le troifiéme dans la Contreſcarpe. Il a eſté Chambella
deMonfieur. Il eſt d'une tresbonne Famille de Poitou , &
fon Pere a eu des Emplois
Gij
ISO LE MERCURE confiderables dans les Indes.
Monfieur 'le Vicomte de
Corbeil , Fils de Monfieur le
Comte de Bregy , Lieutenant General , & autrefois Ambaffadeur Extraordinaire en Pologne , s'eſt trouvé à toutes les attaques de la Citadelle de Cambray , & ne s'y eſt pas trouvé des derniers. Il eſt ſi
modeſte là-deſſus , & donne
tant de loüanges à tous ceux qui s'y ſont ſignalez,qu'il ſem- ble qu'il ne croye pas en me- riter : cependant il eſt impof- fiblede raiſonner de la maniere qu'il fait ſur tout ce qui s'y eſt paffé de plus particulier ,
ſans avoir eſté exposé aux plus grands périls. Il ſçait le mêtier de la Guerre,il entend
GALANT. 151 les Fortifications,&il en parle
auſſi juſte que Madamela Co- teſſe de Bregy ſa Mere écrit agreablement.Je n'oſe vous en dire davantage, ſçachat qu'el- le cache avec grand foin tou- tes les belles productions de ſon eſprit , &qu'elle ne ſe ré- ſout qu'avec peine à les com- muniquer à ceux à qui elles ſe cofie le plus.Elle al'eſprit bril- lant &folide tout enſemble,
&donne un tour ſi agreable à
tout ce qu'elle dit , qu'on ne
- ſort jamais d'avec elle ſans étre charméde ſa converſatio.Elle
eſt genereuſe, & fert ſes Amis
avec une ardeur qu'on ne peut affez loüer. Jugez , Mada- me, ſi ce n'eſt pas avec raiſon que tant de belles qualitez Giij
152 LE MERCURE luy ont acquis l'eſtime parti- culiere de Leurs Alteſſes
Royales ; mais le zele qui m'enporte en parlant d'une Perſonne qui a tant de merite,
me fait oublier que je ſuis en- cor devant la Citadelle de
Cambray,ou du moins quej'y dois étre. Il eſt temps d'en être. Il eſt temps d'enfortir fi
jeveuxvous mander d'autres Nouvelles. Achevons donc
en deux mots , & diſons que
les Pages du Roy ont tous fais voir une valeur digne de la
naiſſance qu'il faut avoir pour obtenir un Poſte ſi avantageux. Il s'en trouvoit tous les jours deux à la tête desBatail- lonsquimontoient les Gardes des Tranchées ; Sa Majesté l'avoit ordonné ainſi pour les
GALANT. 153 empêcher d'y aller tous. Ce- pendant il étoit ſouvent diffi- cile de les retenir.
Je vous parlerois icy de Monfieur du Mets , ſi je n'é- tois accablé par la matiere.
C'eſt un Article que je fuis
obligéde remettre àune autre fois , &de finir en vous diſant qu'il nemérite pas moins de loüanges pour ſa vigilance &
fes foins , que Monfieur de Vauban pour les grands &
prodigieux Travaux qu'il a
fait faire , & qu'il a fi bien,
conduits ; ayant particuliere- ment recherché les moyens ,
d'épargner le fang , enq
le Maréchal de la Feüillade,
&du merite particulier de ce Duc. Vous ſçavez ce qu'il
GALANT. 143 a fait en Hongrie, en Candie,
& en France , &je puis vous ☐ aſſurer qu'il a continué à don- ner pendant cette Campagne des marquesde ſa valeur &de fon grand zele pour la gloire du Roy. L'un & l'autre ont pa.
ru devat la Citadellede Cambray , & je vous ay marqué qu'il attendoit luy-même au pied de la Bréche la réponſe de ceux qu'il yavoit fait mon- ter pour reconnoître l'état des
Ennemis. Quelques jours au- paravant un Boulet de Canon avoit paſſe ſous le ventre de ſon Cheval, & il avoit penſé en eſtre tué.
S
Monfieur le Mareſchal de
Lorge a beaucoup contribué à la priſe de la Contreſcarpe.
Il eſt de la Maiſon de Duras,
qui eſt une des plus Illuſtres
144 LE MERCURE
deGuienne. Il a ſervy tres-uti- lement le Roy en Italie. On
ne peut s'attacher avec une
plus grande application au mêtier de la Guerre , & il a fi bien étudié ce grand Art ſous feu MonfieurdeTurenne fon
Oncle, qu'il en met toutes les
manieres en pratique lors que l'occaſion s'en preſente. La fameuſeRetraite qu'il fit apres la mort de ce grand Homme,
àla veuë d'une Armée beaucoup plus forte que la ſienne,
fait beaucoup mieux ſonElo- ge,que tout ce que j'en pour- rois dire.
Je ne parle point icy des Of- ficiers Generaux , ils ſe ſont
montrez dignes du choix de Sa Majesté, & je ne ferois en
vous entretenant de leurs
GALANT. 145 - actions paſſées que vous re- peter ce que je vous ay déja ditend'autres endroits. Al'é-
■ gard de Cambray , on ne peut douter qu'ils n'ayent fait voir - & beaucoup de conduite &
1 beaucoup de valeur,puis qu'ils ont tour à tour monté la
- Tranchée , & que dans les occafions les plus perilleuſes ils ont les premiers eſſuyé le feu des Ennemis àla tête des
Troupes qu'ils commădoient.
Monfieur le Prince d'Elbeuf,
Aydede Camp du Roy, a fait voir une ardeur fi boüillante,
que ſi on ne l'eût ſouvét rete- nu de force, il ſe ſeroit expoſé à tous les perils du Siege,Mõ- ſieur le Comte d'Auvergne ne voulant point le laiſſer al- ler àl'attaque des deux De
146 LE MERCURE
my-lunes,ce Prince fit ce qu'il put pour ſe dérober de luy, &
rien ne le put empêcher d'y venir à la fin de l'attaque; mais le peril ſe trouva alors plus grand , parce que les Enne- mis ne tirerent de leurs Remparts quelors que leurs Gens furent fortis des Demy-lunes,
de peur de tirer fur eux. Ce Prince y demeura tant qu'on fit le Logement , & fut pen- dant tout ce temps expoſé au feudes Ennemis. Il étoit auſſi
àl'artaque de la Contreſcarpe.
Monfieur le Chevalier de
Feuquieres qui s'eſt diſtingué au Siege de la Citadelle , eſt Fils de Monfieur le Marquis de Feuquieres Gouverneur de Verdun , & Ambaſſadeur en Suéde,petit- Fils du fameux
Marquis
GALANT. 147
Marquis de Feuquieres , qui a commandé fi long-temps les Armées du feu Roy en Al- lemagne : l'Hiſtoire eſt rem- plie de ſes Victoires , & des fameuſes Negotiations qu'il a faites aupresde la plusgran- de partie des Princes Etrangers. Le Chevalier dont nous
parlons eſt bien fait, &il don- ne tous les jours marques de ſa valeur.
de nouvelles
La mort de Monfieur leLYON
Marquis de Renel ne medoit 8435
pas empécher de parler de luy , & je croy devoir rendre juſtice àſa memoire. Sa Valeur étoit connuë , il avoit des
Amis du premier rang , & il étoit aiméde ſon Maître. Ce
n'eſt pas d'aujourd'huy que le Titre de Marquis eſt dans
Tome 3 . G
148 GALANT.
ſa Famille , & l'Hiſtoire nous parle d'un Marquis de Renel Gouverneur de Vitry qui fu- tué en 1615 en voulant em- peſcher la jonction de ſix cent Reïſtres àl'Armée des Princes. On ne peut douter de la Nobleſſe de cette Famille
puisqu'elledeſcendde la Mai- ſond'Amboiſe , ſi connuë das
toutes nos Hiſtoires. La douleur que Madame la Marqui- ſe de Renel ſent encor tous les
jours dela pertequ'elle a faite,
ſeroit difficile à exprimer.El- le aimoit celuy qu'elle pleure avecunetendreſſe inconcevable;mais cette tendreſſe n'empeſchoit pointqu'elle ne facri- fiât toutes chofes , afin qu'il puſt ſervir ſon Prince en hom- mede ſaQualité.
LE MER CURE 149 Monfieur le Vicomte de
1 Meaux , Fils de Monfieur dę
Betune ,&petit- Fils de Monfieur le Duc d'Orval , s'eſt
trouvé dans toutes les occafions de vigueur ; & l'on n'en ſçauroit douter, puis qu'il a re- çeupendant le ſeul Siege dont nous parlonsjuſqu'à fix coups,
dont heureuſement pour luy il a eſté quite pour quel- ques contufions. Monfieur le Duc d'Orval dont je vous parle , eſt Fils de Monfieur le Duc de Sully , Favory de
Henry IV.
s
Monfieur le Comte de la
Vauguyon s'eſt ſignalé en en- trant le troifiéme dans la Contreſcarpe. Il a eſté Chambella
deMonfieur. Il eſt d'une tresbonne Famille de Poitou , &
fon Pere a eu des Emplois
Gij
ISO LE MERCURE confiderables dans les Indes.
Monfieur 'le Vicomte de
Corbeil , Fils de Monfieur le
Comte de Bregy , Lieutenant General , & autrefois Ambaffadeur Extraordinaire en Pologne , s'eſt trouvé à toutes les attaques de la Citadelle de Cambray , & ne s'y eſt pas trouvé des derniers. Il eſt ſi
modeſte là-deſſus , & donne
tant de loüanges à tous ceux qui s'y ſont ſignalez,qu'il ſem- ble qu'il ne croye pas en me- riter : cependant il eſt impof- fiblede raiſonner de la maniere qu'il fait ſur tout ce qui s'y eſt paffé de plus particulier ,
ſans avoir eſté exposé aux plus grands périls. Il ſçait le mêtier de la Guerre,il entend
GALANT. 151 les Fortifications,&il en parle
auſſi juſte que Madamela Co- teſſe de Bregy ſa Mere écrit agreablement.Je n'oſe vous en dire davantage, ſçachat qu'el- le cache avec grand foin tou- tes les belles productions de ſon eſprit , &qu'elle ne ſe ré- ſout qu'avec peine à les com- muniquer à ceux à qui elles ſe cofie le plus.Elle al'eſprit bril- lant &folide tout enſemble,
&donne un tour ſi agreable à
tout ce qu'elle dit , qu'on ne
- ſort jamais d'avec elle ſans étre charméde ſa converſatio.Elle
eſt genereuſe, & fert ſes Amis
avec une ardeur qu'on ne peut affez loüer. Jugez , Mada- me, ſi ce n'eſt pas avec raiſon que tant de belles qualitez Giij
152 LE MERCURE luy ont acquis l'eſtime parti- culiere de Leurs Alteſſes
Royales ; mais le zele qui m'enporte en parlant d'une Perſonne qui a tant de merite,
me fait oublier que je ſuis en- cor devant la Citadelle de
Cambray,ou du moins quej'y dois étre. Il eſt temps d'en être. Il eſt temps d'enfortir fi
jeveuxvous mander d'autres Nouvelles. Achevons donc
en deux mots , & diſons que
les Pages du Roy ont tous fais voir une valeur digne de la
naiſſance qu'il faut avoir pour obtenir un Poſte ſi avantageux. Il s'en trouvoit tous les jours deux à la tête desBatail- lonsquimontoient les Gardes des Tranchées ; Sa Majesté l'avoit ordonné ainſi pour les
GALANT. 153 empêcher d'y aller tous. Ce- pendant il étoit ſouvent diffi- cile de les retenir.
Je vous parlerois icy de Monfieur du Mets , ſi je n'é- tois accablé par la matiere.
C'eſt un Article que je fuis
obligéde remettre àune autre fois , &de finir en vous diſant qu'il nemérite pas moins de loüanges pour ſa vigilance &
fes foins , que Monfieur de Vauban pour les grands &
prodigieux Travaux qu'il a
fait faire , & qu'il a fi bien,
conduits ; ayant particuliere- ment recherché les moyens ,
d'épargner le fang , enq
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Résumé : « Il me souvient, Madame, que je vous ay déja parlé [...] »
Le texte décrit les exploits militaires de divers nobles et officiers lors du siège de la citadelle de Cambray. Le Maréchal de la Feuillade est particulièrement loué pour ses actions en Hongrie, en Candie et en France, ainsi que pour sa bravoure durant la campagne. Le Maréchal de Lorge, membre de la maison de Duras, est également mentionné pour ses contributions, notamment sa célèbre retraite après la mort de Turenne, son oncle. Les officiers généraux se sont distingués par leur conduite et leur valeur, montant la tranchée et affrontant les ennemis. Le Prince d'Elbeuf a montré une ardeur exceptionnelle, se mettant en danger lors des attaques. Le Chevalier de Feuquières, fils du Marquis de Feuquières, a également été remarqué pour sa valeur. Le texte rend hommage au Marquis de Renel, connu pour sa bravoure et son dévouement à son maître. Le Vicomte de Meaux, fils du Duc de Betune et petit-fils du Duc d'Orval, a reçu plusieurs blessures. Le Comte de la Vauguyon s'est signalé en entrant dans la contrescarpe. Le Vicomte de Corbeil, fils du Comte de Bregy, a participé à toutes les attaques et est reconnu pour ses compétences en fortifications. Les pages du roi ont également montré une grande valeur en montant les gardes des tranchées. Le texte mentionne brièvement la vigilance de Monsieur du Mets et les travaux de Monsieur de Vauban.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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136
p. 209-211
« Je commence à m'appercevoir que le Siege de Cambray [...] »
Début :
Je commence à m'appercevoir que le Siege de Cambray [...]
Mots clefs :
Détail, Mois prochain, Diversité, Relations, Journal, Composer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je commence à m'appercevoir que le Siege de Cambray [...] »
Je commence à m'aperce- voir que le Siege de Cam- bray m'amenéplus loinqueje
Giiij
154 LE MERCURE
د
ne l'avois crû. Le Détail que j'ay à vous faire de celuy de S. Omer , &de la priſedu Fort aux Vaches ne ſera guere
moins long,&cetteraiſonm'o- blige à le referver pour le mois prochain. Il est bon d'ailleurs dechercher àvousdivertir par la diverſité des matieres, &de ne vous point tant parler de Guerre dans une même Let-:
tre; celle- cy eſt déja aſſez am- ple , & je croy que vous ne murmurerez point de ce retar-- dement , quand je vous auray affſurée que tout ce que je vous promets de ce dernier:
Siege ne vous fera pas moins nouveau , qu'il vousle paroif- troit aujourd'huy , n'y ayant perſonne qui vous en puiſſe mander autant de particu-
GALANT. iss laritez que moy. Il faudroit pourcelaqu'on voulût ſe don- ner la peine de compoſer un Journal ſur un grand nombre de Relations , & je puis me vanter d'en avoir d'originales donton n'a laiſſé échaper au- cunes copies. C'eſt ſur cette aſſurance que je difere ce que j'ay à vous en dire , &que je paſſe àquelques Vers qui on D8
eſté faits ſur les Conqueftes du Roy.En voicy de Monfieur
Boyer.
Giiij
154 LE MERCURE
د
ne l'avois crû. Le Détail que j'ay à vous faire de celuy de S. Omer , &de la priſedu Fort aux Vaches ne ſera guere
moins long,&cetteraiſonm'o- blige à le referver pour le mois prochain. Il est bon d'ailleurs dechercher àvousdivertir par la diverſité des matieres, &de ne vous point tant parler de Guerre dans une même Let-:
tre; celle- cy eſt déja aſſez am- ple , & je croy que vous ne murmurerez point de ce retar-- dement , quand je vous auray affſurée que tout ce que je vous promets de ce dernier:
Siege ne vous fera pas moins nouveau , qu'il vousle paroif- troit aujourd'huy , n'y ayant perſonne qui vous en puiſſe mander autant de particu-
GALANT. iss laritez que moy. Il faudroit pourcelaqu'on voulût ſe don- ner la peine de compoſer un Journal ſur un grand nombre de Relations , & je puis me vanter d'en avoir d'originales donton n'a laiſſé échaper au- cunes copies. C'eſt ſur cette aſſurance que je difere ce que j'ay à vous en dire , &que je paſſe àquelques Vers qui on D8
eſté faits ſur les Conqueftes du Roy.En voicy de Monfieur
Boyer.
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Résumé : « Je commence à m'appercevoir que le Siege de Cambray [...] »
Le texte décrit les expériences de l'auteur lors du siège de Cambrai, qu'il juge particulièrement marquantes. Il prévoit de narrer les sièges de Saint-Omer et la prise du Fort aux Vaches dans une lettre ultérieure, afin de diversifier les sujets et éviter une concentration excessive sur les événements militaires. L'auteur garantit que les détails qu'il fournira seront uniques et basés sur des sources originales, dont il possède des copies exclusives. Il conclut en annonçant qu'il présentera ensuite des vers célébrant les conquêtes du roi, notamment ceux de Monsieur Boyer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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137
p. 213
« Les deux Sonnets qui suivent sont de Monsieur Robinet [...] »
Début :
Les deux Sonnets qui suivent sont de Monsieur Robinet [...]
Mots clefs :
Robinet, Sonnets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les deux Sonnets qui suivent sont de Monsieur Robinet [...] »
Les deux Sonnets qui fuivent font de Monfieur Robinet qui a fait autrefois laMuſe Hiſtorique, dédiée à Madame.
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138
p. 217
« Les Sonnets par Echo deviennent tellement à la mode, que [...] »
Début :
Les Sonnets par Echo deviennent tellement à la mode, que [...]
Mots clefs :
Sonnets par écho, Mode
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Sonnets par Echo deviennent tellement à la mode, que [...] »
Les Sonnets par Echode- viennent tellement àlamode,
quej'ay crûque vous neſeriez
pas fâchée de voir celuy- cy
quej'ay crûque vous neſeriez
pas fâchée de voir celuy- cy
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139
p. 218-219
« De l'Auguste Loüis celebrez les Trophées [...] »
Début :
De l'Auguste Loüis celebrez les Trophées [...]
Mots clefs :
Louis, Trophées, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Auguste Loüis celebrez les Trophées [...] »
Dbrez les Trophées, Fées,
Tracez, Filles des bois, deſſusſes
Lauriers vers, Vers,
Comme il est pourſe voir dans le
Ciel couronné. Né,
Dreſſfez àceHéros que l'Univers
contemple, Temple.. L'on peut bien de Cefar ce qu'on
en fait accroire , Croire,
Mais la Gloire en Hyverſuivoit- ellefespast Pas
Aupres du Grand Loüis auroitildurenom ? Non.
Le vit- on comme luy juste, vail- lant , affable? Fable.
1
Ceque l'Antiquité, qui cheznous a credit. Dit
Des plus fameux Guerriers , eft
une bagatelle Telle
162 LE MERCU
Qu'ilsauroient tousperdudevant
ce grand Vainqueur Cœur.
६००३
Voyons-lequi jamaisdansſonſein
vigilant , Lent,
Toûjourspour entaſſer merveille
fur merveille , Veille.
Qui donc est au deſſus denôtre
Demy-Dieu? Dieu.
Tracez, Filles des bois, deſſusſes
Lauriers vers, Vers,
Comme il est pourſe voir dans le
Ciel couronné. Né,
Dreſſfez àceHéros que l'Univers
contemple, Temple.. L'on peut bien de Cefar ce qu'on
en fait accroire , Croire,
Mais la Gloire en Hyverſuivoit- ellefespast Pas
Aupres du Grand Loüis auroitildurenom ? Non.
Le vit- on comme luy juste, vail- lant , affable? Fable.
1
Ceque l'Antiquité, qui cheznous a credit. Dit
Des plus fameux Guerriers , eft
une bagatelle Telle
162 LE MERCU
Qu'ilsauroient tousperdudevant
ce grand Vainqueur Cœur.
६००३
Voyons-lequi jamaisdansſonſein
vigilant , Lent,
Toûjourspour entaſſer merveille
fur merveille , Veille.
Qui donc est au deſſus denôtre
Demy-Dieu? Dieu.
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Résumé : « De l'Auguste Loüis celebrez les Trophées [...] »
Le poème célèbre le Grand Louis, héros dont la gloire éclipse celle des guerriers antiques. Il loue sa justice, son courage et son affabilité, qualités supérieures à celles de César. Vigilant et constant, il accumule des merveilles. Qualifié de demi-dieu, il ne peut être surpassé que par Dieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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140
p. 219
« Voicy d'autres Vers qui méritent bien de tenir leur [...] »
Début :
Voicy d'autres Vers qui méritent bien de tenir leur [...]
Mots clefs :
Vers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voicy d'autres Vers qui méritent bien de tenir leur [...] »
Voicy d’autres Vers qui
méritent bien détenir leur
place icy.
méritent bien détenir leur
place icy.
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141
p. 221-223
« Je ne vous demande point vostre sentiment sur ce Madrigal [...] »
Début :
Je ne vous demande point vostre sentiment sur ce Madrigal [...]
Mots clefs :
Bon goût, Académie française, Beaux esprits
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texteReconnaissance textuelle : « Je ne vous demande point vostre sentiment sur ce Madrigal [...] »
Je ne vous demande point voſtre ſentiment fur ce Madrigal, vous eſtes de tropbon goût pour ne le pas approu- ver. Il eſt encor de Monfieur
Boyer, fameux par quatitéde belles Pieces de Theatre qui
luy ont fait meriter une place dans l'Académie Françoiſe ,
qu'il a toûjours occupée par- my les beaux Eſprit. Les Vers admirables , &les grands éve- nemensdont elles font remplies,leur feroient faire plusde bruit qu'elles ne font aujour- d'huy,quoy que tous les Gens éclairez en parlant avecbeau- coup d'eſtime, ſi nous eſtions
GALANT. 165
1
e
1
-
1
encor au temps où les Ouvra- ges de cette nature faifoient d'eux- meſmes leur bon ou
mauvais fuccés.
Boyer, fameux par quatitéde belles Pieces de Theatre qui
luy ont fait meriter une place dans l'Académie Françoiſe ,
qu'il a toûjours occupée par- my les beaux Eſprit. Les Vers admirables , &les grands éve- nemensdont elles font remplies,leur feroient faire plusde bruit qu'elles ne font aujour- d'huy,quoy que tous les Gens éclairez en parlant avecbeau- coup d'eſtime, ſi nous eſtions
GALANT. 165
1
e
1
-
1
encor au temps où les Ouvra- ges de cette nature faifoient d'eux- meſmes leur bon ou
mauvais fuccés.
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Résumé : « Je ne vous demande point vostre sentiment sur ce Madrigal [...] »
Le texte évoque un madrigal attribué à Monsieur Boyer, dramaturge reconnu à l'Académie Française. Les vers sont décrits comme admirables et riches en événements. Bien que Boyer soit apprécié des gens éclairés, ses œuvres ne bénéficient plus de la même reconnaissance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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142
p. 223-224
« Au reste, Madame, je m'estois bien imaginé que [...] »
Début :
Au reste, Madame, je m'estois bien imaginé que [...]
Mots clefs :
Lettres, Présent, Duc de S. Aignan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Au reste, Madame, je m'estois bien imaginé que [...] »
Aureſte , Madame ,je m'e ftois bien imaginé que je vous 11 avois fait unfort agreable pré- ſent; en vous envoyant la der- niere foisles Lettres que Mon.
fieur le Duc de S. Aignan avoit écrites au Roy , & àSon Alteſſe Royale. Elles méritent fans-doute tout ce que vous
m'en dites d'avantageux, &je vayſatis- faire avec biende la joye à l'ordre que vous me
donnez de vous faire connoiftre en peu de mots
quels degrez il eſt parvenu àla haute élevation de gloireoù nous le voyons
fieur le Duc de S. Aignan avoit écrites au Roy , & àSon Alteſſe Royale. Elles méritent fans-doute tout ce que vous
m'en dites d'avantageux, &je vayſatis- faire avec biende la joye à l'ordre que vous me
donnez de vous faire connoiftre en peu de mots
quels degrez il eſt parvenu àla haute élevation de gloireoù nous le voyons
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143
p. 224-235
« Monsieur le Duc de S. Aignan apres avoir fait [...] »
Début :
Monsieur le Duc de S. Aignan apres avoir fait [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Monsieur le Duc de S. Aignan apres avoir fait [...] »
Monfieur le Duc de S. Ai 166 LE MERCURE gnan apres avoir fait deux Campagnesdans une tres-gra- dejeuneſſe , eut une Compa- gnie de Cavalerie en 1634. Il ſe trouva en 1635 ſous le Duc deRohandans le Quartier de Steimbrun en Alface,lors qu'il fut attaqué par les Colonels Uriel & Mercy , qui furent re- pouſſez; & il ſeroit difficile devous dire combien il reçeut de loüanges dans cette Occa- ſion & par le General , & par tous les Officiers des Troupes. Il n'acquit pas moins degloireenla fameuſe Retraite deMayence ſous le Duc Bernard de Veymar & le Cardinal de la Valette , fur tout auCombat de Vaudevranges, qui fut tres-glorieux à la France , par le ſuccés &par la grade inéga- GALANT. 167 Y 1 台 lité du nombre. Dix Campa- gnes , pendant leſquelles il eut toûjours l'aprobation entiere des Genéraux , confirmerent l'opinion qu'on avoit déja ju- ſtement conçeuë de ſa haute valeur&de ſa conduite. L'année 1648 ayant eſté fatale à ce Royaume par les Guerres ci- viles &par les diviſions,Monſieur le Duc de S.Aignan mena au Roy en 1649 quatre cens Gentilshommes , que leur af- fection pour ſa Perſonne avoit attachez à ſa fortune,avec cetteglorieuſe circonſtance , que toutes les Villes de deſſus la Loire luy ayant refuſé le paſſa- ge, il traverſa cette grande Ri- viere dansdes Bateaux,malgré la rigueur de la ſaiſon, & força 168 LE MERCURE tout ce qui luy voulut faire obſtacle ; ce qui fit admirer tout enſemble & fon crédit aupres de la Nobleffe , & fon zele au ſervice de Sa Majeſté. 11 fut Premier Gentilhomme dela Chambre àla fin de cette même année , & Licute- nant General ; puis ayant été envoyé en Berry pour y com- mander avecun Corps d'Ar- mée , il prit le Tour de Bour- gesen 1650, le Fort de Bau- gy,pluſieurs autres , &main- tint toutes les Villes de cette Province en leur devoir. Il demeura une année entiere dans cet employ , &il y joig- nit toûjours le reſpect deû au rang&au mérite de Son Al- teſſe Sereniffime M.le Prince, avec l'exacte fidelité qu'il de- GALANT. 169 コ e t 1 voit auRoy, traitant dix-huit Prifonniers conſidérables , faits en une méme occafion , avectoute la civilité poſſible. Il ſuivit Sa Majeſté aux Sieges de Sainte Menehoud & de Montmedy, apres avoir entrepris , commeVolontaire , une Mine à celuy ce Château- Pocien ,qui reüffit & qui avan- ça la priſede cette Place. Le Roy luy a confié depuis le Gouvernement important du Havre de Grace , dans lequel étantmenacéparle grandAr- mement des Hollandois en 1674, & par divers Avis de quelque Deſcente ſur ſes Cô- tes, il mit fur pied en tres-peu dejours',dans une étenduë de treize lieuës de longſeule- ment , &de cing de large , 170 LE MERCURE quinze cens Chevaux,& pres dequatorze mille Hommes de pied, avec l'équipage de quatre Pieces de Canon , les Coſtes & les Villes ne laiſſant pas d'eſtre bien gardées ; ce qui euſt paru tres-ſurprenant ſous un autre moins aimé de laNobleſſe &du Peuple , &qui fut confirmé par le Commiſſaire des Guerres qui en fit la ſeconde Reveuë. Il a joint le Sçavoir à la Valeur , eſtant de l'Académie Françoiſe, &Protecteur de celle d'Arles; & il réüffit fi bien en tout ce qu'il entreprend , même pour les exercices du Corps , qu'il en a acquis l'eſtime de Sa Majesté , & l'approbation du Public.Je ne vous diray point, Madame , qu'il a autant d'Amis GALANT. 171 mis qu'il y a d'honnêtesGens en France. Vous ſçavez que ſa civilité luy gagne tous les Cœurs, & qu'il eſt d'une hu- meur fi obligeante , qu'il tient la journée perduë , quand il n'y trouve pas l'occaſion de s'employer pour quelqu'un. Sa modeſtie ſouffriroit fans doute, ſi j'entrois dans un plus granddétail des belles Actions qu'il a faites, &fi je parlois de ſes bleſſures en grand nom- bre , &de ſes Combats parti- culiers , dont il eſt toûjours forty avecun entier avantage. C'eſt par cette raifon je ne parleray qu'en paſſant de l'u- ne des plus éclatantes & des plus glorieuſes Actions qu'il foit poffible de faire. Il eſt difficile que vous l'ignorez, Tome 3 . H 172 LE MERCURE puis que le bruit s'en eſt ré- pandu par tout , &qu'il n'y a perſonne qui n'en ait parlé avec autant d'admiration que de ſurpriſe. Monfieur le Duc S. Aignan eſtoit ſeul ; quatre Hommes eurent la lâcheté de ſe ſervir de cet avantage pour l'attaquer. Il ne s'étonna point , & fon courage fut fi bien ſecondé de ſon adreſſe , qu'il en tua trois , & mit le quatrième en fuite. C'eſt de- quoy je ne doute point que l'Hiſtoire nefaſſe foy quelque jour , auffi-bien que les Regi- ſtres du Parlement; & peut- eſtre n'oubliera-t-elle pas ce qu'il afait encordepuis peu en faveur d'un brave Officier , contre lequel n'ayant pas vou- lu refuſer de tirer l'Epée par GALANT. 173 4 rencontre', encor qu'il fût ſous ſa charge , il le bleſſa &le de- farma. Le Roy fut en colere de la temerité de cet Officier ; & la genéroſité naturelle de Monfieur le Duc de S. Aignan l'obligea à ſe venir jet- ter à ſes pieds , pour en obte- nir non ſeulement la Grace de ce Gentilhomme en qui il avoit reconnu de la valeur , mais encor fon rétabliſſement en ſa Charge , que Sa Majesté eut agreable de luy accorder par une bonté toute Royale.
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Résumé : « Monsieur le Duc de S. Aignan apres avoir fait [...] »
Le Duc de Saint-Aignan, après deux campagnes dans sa jeunesse, obtint une compagnie de cavalerie en 1634. L'année suivante, il se distingua sous le Duc de Rohan à Steimbrun en Alsace, repoussant les attaques des Colonels Uriel et Mercy, ce qui lui valut des éloges. Il participa également à la retraite de Mayence sous le Duc Bernard de Weimar et le Cardinal de la Valette, notamment au combat glorieux de Vaudevranges. Au cours de dix campagnes, il reçut toujours l'approbation des généraux, confirmant sa haute valeur et sa conduite. En 1649, malgré les guerres civiles et les divisions, il mena au roi quatre cents gentilshommes, traversant la Loire en bateaux malgré la rigueur de la saison. Nommé Premier Gentilhomme de la Chambre et Lieutenant Général, il commanda en Berry en 1650, prenant plusieurs places fortes et maintenant la province en ordre. Il suivit le roi aux sièges de Sainte Menehoud et de Montmedy, et entreprit une mine au château de Château-Porcien. En 1674, menacé par les Hollandais, il mobilisa rapidement quinze cents chevaux et quatorze mille hommes de pied pour défendre les côtes. Membre de l'Académie Française et protecteur de celle d'Arles, il combinait savoir et valeur. Connu pour sa civilité et son humeur obligeante, il gagna le respect et l'admiration pour ses actions, notamment lorsqu'il affronta seul quatre assaillants, en tuant trois et mettant le quatrième en fuite. Sa générosité lui fit obtenir la grâce d'un officier qu'il avait blessé en duel.
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144
p. 235-236
« Voila, Madame, mais fort en petit, le Portrait de cet [...] »
Début :
Voila, Madame, mais fort en petit, le Portrait de cet [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Voila, Madame, mais fort en petit, le Portrait de cet [...] »
Voila , Madame , mais fort
en petit , le Portrait de cet
Illustre Duc. Je vous en laiſſe
examiner tous les traits , vous
en trouverez beaucoup qui marquent le don particulier qu'il a de ſe faire aimer de tout
Hij
174 LE MERCURE lemonde; &cependantjepaf- ſe a ceux dont le Roy àré- compenſé la valeur.
en petit , le Portrait de cet
Illustre Duc. Je vous en laiſſe
examiner tous les traits , vous
en trouverez beaucoup qui marquent le don particulier qu'il a de ſe faire aimer de tout
Hij
174 LE MERCURE lemonde; &cependantjepaf- ſe a ceux dont le Roy àré- compenſé la valeur.
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145
p. 236-245
« Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...] »
Début :
Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...]
Mots clefs :
Gouvernement, Charge, Mérite, Dons, nommer, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...] »
Le Gouvernement de Mezieres a eſté donné àMonſieurde Lançon , &celuy de Sainte Menehoud à Monfieur
deNeuchelle,tousdeux Lieu- renans des Gardes du Corps de Sa Majeſté. Leurs Char- gesprouventleur mérite:elles ſe vendoient autre- fois ; mais
il y a douze ou quinze ans que le Roy voulant avoirau- pres de fa Perſonne ceuxqui avoient paffé toute leur vie dans ſes Troupes, en recom- penſa leurs ſervices.ll a conti- nué à meſure qu'elles ont va- qué à les remplir des plus bra- ves & des plus anciens Offi- ciers ; demaniere qu'il n'y en
GALANT. 175 a aucun dans ce Corps qui ne ſoit capable des plus grands Emplois militaires. 1
Le Roy a donné le Gouver- nement de Cambray àMon- ſieur de Cezan, Major du Re- giment des Gardes , & qui eſtoit Gouverneurde Condé.
C'eſt un ancien Officier , qui par ſes longs ſervices s'eſt ren- dudigne de cet honneur.
Monfieur Dreux , qui avoit la Lieutenance de Roy dans Bouchain, a cu celle de Cambray & Monfieur Pariſot la Majorité. Il ne faut que lire le détail du Siege de cette Pla- ce pour connoître ſon mérite.
Le Commandement de la
Citadelle de Cambray a été donné à Monfieur de Choiſy tres-habile Ingénieur ; &la Hiij
176 LE MERCURE
Lieutenance de Roy à Mon- ſieur du Freſne, qui estoit Ma- jor de Bouchain.
Monfieur de laLevretiere,
Commandant de Limbourg, a
eſté nommé au Gouvernementde Condé ; & Monfieur
de S. Geniers à celui de Saint
Omer. Il commandoit dans
Douay ainſi qu'il a fait dans Brifac. Il eſt Frere de Monfieur
le Maréchal de Navailles. Il a
donné en beaucoup d'occa- fions de grandes preuves de valeur,&il ne faut que le voir pour remarquer auffi- tôt qu'il a reçeudes coups tres-dangereux.
Monfieur Raouffet Capitai- ne dasNavarre,a êté fait Lieutenant deRoy de S.Omer ; &
la Majorité a été donnée à
GALAN T. 177
Monfieur de Rochepaire Ingenieur,ainſi quele Comma- dementdeDoüay à Monfieur
leMarquis de Pierrefite, qui a
ſervylong- tempsdans l'Infan- terie à la teſte du Regiment duRoy.
MonfieurdeRouvray,Lieu- tenant de la Veneric,ayant été tue danslaJournée de Caffe HEQOO le Roy a pourveu de cette LYON S
1993 *
ChargeMonfieurdela Mot- te Exempt des Gardes du
Corps. C'eſt un tres-honneſte
Homme , dont on a veu avec joye le mérite récompensé. Il futbleſſe à la Bataille de Senef, &il ne s'eſt trouvé dans
aucune occaſion où il n'air
donné beaucoup de marques
de courage.
2
Monfieur de laCardoniere
H iiij
178 LE MERCURE
a eu la Charge de Mestre de Camp General de la Cavale- rie Legere, vacante par la mort de M. le Marquis de Renel.Je vous ay parlé de ſon mérite dans mes dernieres Lettres , &
vous voyez que je vous ay dit -
vray , puis que le Roy l'a reconnu.
Les Pages du Roy s'étant fi- gnalés dans les occaſions les plus perilleuſes. Sa Ma- jeſté pour commencer à
leur en témoigner ſa ſatisfa- tion,adonné à M.de Boiſden.
nemets leur Doyen une En- ſeigne aux Gardes .
Le Roy a fait Monfieur du
Peré , Lieutenant Colonel du
Regiment Lyonois,en luy di- fant , Qu'il ne pouvoit remettre
cette Charge en de meilleures
mains, & qu'il lefift bienfervir.
GALANT. 179
-
2
On ne peut faire un préſent de meilleure grace; & des pa- roles ſi obligeantes , prononcées par un ſi grand Prince doivent cauſer plus de joye à
ungalant Homme , que tout ce qu'il en pouroit recevoir ;
auſſi en ont-elles donné beaucoup à Monfieur du Peré.
C'eſt un tres-ancien Officier ,
quoy que jeune encor. Il a
commencé à porter les armes dés l'âge de treize ans ; &depuis vingt-quatre années il s'eſt ſignalé dans toutes les occaſions où le Regiment Lyonois s'eſt trouvé. On ſçait combien de gloire ce Regi- ment s'eſt acquis , & qu'il a
fait des choſes incroyables.
Monfieurle Duc de Villeroy s'étantexpoſé depuis plu
Hv
180 LE MERCURE
ſieurs années aux périls les plus évidens, & ayant merité d'être Lieutenant General
dans un âge où les autres có- mencent à peine àfaire parler d'eux, Sa Majesté a voulu en- cor reconnoître l'ardeur avec
laquelle il a ſervy cette Cam- pagne, &luy adõnéune Pen- fion dedouze mille livres de
rente , en attendant qu'il luy faſſe autrement connoître
combien il eſt fatisfait de luy.
deNeuchelle,tousdeux Lieu- renans des Gardes du Corps de Sa Majeſté. Leurs Char- gesprouventleur mérite:elles ſe vendoient autre- fois ; mais
il y a douze ou quinze ans que le Roy voulant avoirau- pres de fa Perſonne ceuxqui avoient paffé toute leur vie dans ſes Troupes, en recom- penſa leurs ſervices.ll a conti- nué à meſure qu'elles ont va- qué à les remplir des plus bra- ves & des plus anciens Offi- ciers ; demaniere qu'il n'y en
GALANT. 175 a aucun dans ce Corps qui ne ſoit capable des plus grands Emplois militaires. 1
Le Roy a donné le Gouver- nement de Cambray àMon- ſieur de Cezan, Major du Re- giment des Gardes , & qui eſtoit Gouverneurde Condé.
C'eſt un ancien Officier , qui par ſes longs ſervices s'eſt ren- dudigne de cet honneur.
Monfieur Dreux , qui avoit la Lieutenance de Roy dans Bouchain, a cu celle de Cambray & Monfieur Pariſot la Majorité. Il ne faut que lire le détail du Siege de cette Pla- ce pour connoître ſon mérite.
Le Commandement de la
Citadelle de Cambray a été donné à Monfieur de Choiſy tres-habile Ingénieur ; &la Hiij
176 LE MERCURE
Lieutenance de Roy à Mon- ſieur du Freſne, qui estoit Ma- jor de Bouchain.
Monfieur de laLevretiere,
Commandant de Limbourg, a
eſté nommé au Gouvernementde Condé ; & Monfieur
de S. Geniers à celui de Saint
Omer. Il commandoit dans
Douay ainſi qu'il a fait dans Brifac. Il eſt Frere de Monfieur
le Maréchal de Navailles. Il a
donné en beaucoup d'occa- fions de grandes preuves de valeur,&il ne faut que le voir pour remarquer auffi- tôt qu'il a reçeudes coups tres-dangereux.
Monfieur Raouffet Capitai- ne dasNavarre,a êté fait Lieutenant deRoy de S.Omer ; &
la Majorité a été donnée à
GALAN T. 177
Monfieur de Rochepaire Ingenieur,ainſi quele Comma- dementdeDoüay à Monfieur
leMarquis de Pierrefite, qui a
ſervylong- tempsdans l'Infan- terie à la teſte du Regiment duRoy.
MonfieurdeRouvray,Lieu- tenant de la Veneric,ayant été tue danslaJournée de Caffe HEQOO le Roy a pourveu de cette LYON S
1993 *
ChargeMonfieurdela Mot- te Exempt des Gardes du
Corps. C'eſt un tres-honneſte
Homme , dont on a veu avec joye le mérite récompensé. Il futbleſſe à la Bataille de Senef, &il ne s'eſt trouvé dans
aucune occaſion où il n'air
donné beaucoup de marques
de courage.
2
Monfieur de laCardoniere
H iiij
178 LE MERCURE
a eu la Charge de Mestre de Camp General de la Cavale- rie Legere, vacante par la mort de M. le Marquis de Renel.Je vous ay parlé de ſon mérite dans mes dernieres Lettres , &
vous voyez que je vous ay dit -
vray , puis que le Roy l'a reconnu.
Les Pages du Roy s'étant fi- gnalés dans les occaſions les plus perilleuſes. Sa Ma- jeſté pour commencer à
leur en témoigner ſa ſatisfa- tion,adonné à M.de Boiſden.
nemets leur Doyen une En- ſeigne aux Gardes .
Le Roy a fait Monfieur du
Peré , Lieutenant Colonel du
Regiment Lyonois,en luy di- fant , Qu'il ne pouvoit remettre
cette Charge en de meilleures
mains, & qu'il lefift bienfervir.
GALANT. 179
-
2
On ne peut faire un préſent de meilleure grace; & des pa- roles ſi obligeantes , prononcées par un ſi grand Prince doivent cauſer plus de joye à
ungalant Homme , que tout ce qu'il en pouroit recevoir ;
auſſi en ont-elles donné beaucoup à Monfieur du Peré.
C'eſt un tres-ancien Officier ,
quoy que jeune encor. Il a
commencé à porter les armes dés l'âge de treize ans ; &depuis vingt-quatre années il s'eſt ſignalé dans toutes les occaſions où le Regiment Lyonois s'eſt trouvé. On ſçait combien de gloire ce Regi- ment s'eſt acquis , & qu'il a
fait des choſes incroyables.
Monfieurle Duc de Villeroy s'étantexpoſé depuis plu
Hv
180 LE MERCURE
ſieurs années aux périls les plus évidens, & ayant merité d'être Lieutenant General
dans un âge où les autres có- mencent à peine àfaire parler d'eux, Sa Majesté a voulu en- cor reconnoître l'ardeur avec
laquelle il a ſervy cette Cam- pagne, &luy adõnéune Pen- fion dedouze mille livres de
rente , en attendant qu'il luy faſſe autrement connoître
combien il eſt fatisfait de luy.
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Résumé : « Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...] »
Le texte relate plusieurs nominations et promotions au sein de l'armée française. Monsieur de Lançon et Monsieur de Neuchelle, lieutenants des Gardes du Corps du roi, ont respectivement été nommés gouverneurs de Mézières et de Sainte Menehould. Le roi a privilégié des officiers ayant une longue carrière à son service pour remplir ces postes. Monsieur de Cezan, Major du Régiment des Gardes et ancien Gouverneur de Condé, a été nommé Gouverneur de Cambray. Monsieur Dreux, ancien Lieutenant du Roi à Bouchain, a reçu la Lieutenance de Cambray, tandis que Monsieur Parisot a obtenu la Majorité. Le Commandement de la Citadelle de Cambray a été confié à Monsieur de Choisy, ingénieur, et la Lieutenance du Roi à Monsieur du Fresne, ancien Major de Bouchain. Monsieur de la Levretière, Commandant de Limbourg, a été nommé Gouverneur de Condé. Monsieur de Saint Geniers, frère du Maréchal de Navailles, a reçu le Gouvernement de Saint Omer après avoir commandé à Douay et Brissac. Monsieur Raouffet, Capitaine au Navarre, a été nommé Lieutenant du Roi à Saint Omer, et la Majorité a été donnée à Monsieur de Rochepaire, ingénieur. Le Commandement de Douay a été confié au Marquis de Pierrefite, vétéran de l'infanterie. Monsieur de la Motte, Exempt des Gardes du Corps, a remplacé Monsieur de Rouvray, Lieutenant de la Vérine, tué à la bataille de Caffé. Monsieur de la Cardonnière a obtenu la charge de Mestre de Camp Général de la Cavalerie Légère après la mort du Marquis de Renel. Les Pages du Roi, ayant montré leur bravoure, ont reçu des distinctions, notamment Monsieur de Boisden, nommé Doyen des Pages. Le roi a promu Monsieur du Peré au rang de Lieutenant Colonel du Régiment Lyonois, soulignant ses vingt-quatre années de service distingué. Enfin, le Duc de Villeroy a reçu une pension de douze mille livres en reconnaissance de ses actions courageuses.
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146
p. 245-246
« Je n'ay appris aucun Mariage de Personnes de remarque [...] »
Début :
Je n'ay appris aucun Mariage de Personnes de remarque [...]
Mots clefs :
Mariage, Monsieur de Bragelonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je n'ay appris aucun Mariage de Personnes de remarque [...] »
gedePerſonnes de remarque,
que celuy de Monfieur de
Bragelone Conſeiller au Par- lement , qui a épouséMade- moiſelle Canlatte. Il eſt en réputation d'un fort bon Juge,
&Fils de Monfieurde Brage- lonne Premier. Prefident au
GAL ANT. 181
Parlementde Mets. Cette Famille eſt une des plus grandes & des plus conſidérables de
Paris.
que celuy de Monfieur de
Bragelone Conſeiller au Par- lement , qui a épouséMade- moiſelle Canlatte. Il eſt en réputation d'un fort bon Juge,
&Fils de Monfieurde Brage- lonne Premier. Prefident au
GAL ANT. 181
Parlementde Mets. Cette Famille eſt une des plus grandes & des plus conſidérables de
Paris.
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147
p. 246-248
« Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Début :
Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...]
Mots clefs :
Monsieur de Bailleul, Conseiller au Parlement, Monsieur de Brétonvilliers, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Monfieur de Bailleul , Fils
deMonfieurde Bailleul Prefident à Mortier , & petit- Fils d'un autre Preſident à Mor
tier , Sur- Intendant des Finances,& Miniſtre d'Etat ſous
la Regence de la feuë Reyne Mere du Roy , a eſté reçeu depuis peu Conſeiller au Parlement. On ne peut donner plus demarques de ſuffiſance qu'il en a donné dans les exa- mensqui luy ont eſté faits.On n'en a point eſté ſurpris , &il n'a fait que confirmer l'opi- nion avantageuſe qu'il avoit fait concevoir de luy par ſes Plaïdoyez , dans lesquels il .
182 LE MERCURE
s'eſtoit fait ſouvent admirer à
la Grand Chambre & ailleurs,
depuis cinq ou fix ans qu'il fréquentoitle Barreau en qua- lité d'Avocat..
Monfieur de Bretonvilliers aeſté auſſi reçeu dans le meſme temps Conſeiller au
Parlement. On ne peut dou- ter qu'il ne ſoit tres- digne de cette Charge , apres qu'il a
exercé pendant deux ans celle de Conſeiller au Chaſtelet
avec toute la capacité qui peut rendreunJuge recomandable.
deMonfieurde Bailleul Prefident à Mortier , & petit- Fils d'un autre Preſident à Mor
tier , Sur- Intendant des Finances,& Miniſtre d'Etat ſous
la Regence de la feuë Reyne Mere du Roy , a eſté reçeu depuis peu Conſeiller au Parlement. On ne peut donner plus demarques de ſuffiſance qu'il en a donné dans les exa- mensqui luy ont eſté faits.On n'en a point eſté ſurpris , &il n'a fait que confirmer l'opi- nion avantageuſe qu'il avoit fait concevoir de luy par ſes Plaïdoyez , dans lesquels il .
182 LE MERCURE
s'eſtoit fait ſouvent admirer à
la Grand Chambre & ailleurs,
depuis cinq ou fix ans qu'il fréquentoitle Barreau en qua- lité d'Avocat..
Monfieur de Bretonvilliers aeſté auſſi reçeu dans le meſme temps Conſeiller au
Parlement. On ne peut dou- ter qu'il ne ſoit tres- digne de cette Charge , apres qu'il a
exercé pendant deux ans celle de Conſeiller au Chaſtelet
avec toute la capacité qui peut rendreunJuge recomandable.
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Résumé : « Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Le texte annonce la nomination de deux conseillers au Parlement. Monsieur de Bailleul, fils et petit-fils de présidents à Mortier, est nommé surintendant des finances et ministre d'État. Il a été reconnu pour ses compétences en tant qu'avocat. Monsieur de Bretonvilliers, conseiller au Châtelet depuis deux ans, est également nommé pour sa capacité démontrée.
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148
p. 248-253
« Monsieur le President Nicolaï a perdu Monsieur le Marquis de [...] »
Début :
Monsieur le President Nicolaï a perdu Monsieur le Marquis de [...]
Mots clefs :
Veine rompue, Archevêque de Paris, Évêché de Châlons
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texteReconnaissance textuelle : « Monsieur le President Nicolaï a perdu Monsieur le Marquis de [...] »
Monfieur le Preſident NicoTaï a perdu Monfieur le Mar- quis de Mouſainville , qui eſt mort ( dit-on ) d'une veine
qu'il s'eſtoit rompuë per la violence d'une toux. Tout le
monde a eſté luy faire come
GALANT. 183 pliment ſur la perte de ce Fils,
qui étoit civil, honnéte , obligeant, &qu'il regardoit com- medevant poſſeder apres luy la Charge de Premier Prefi- dentde la Chambre des Coptes , qu'il exerce avec tant de gloire, état le huitième de ſon Nom à qui elle eſt venuë de Pere en Fils. Il a rappellé in- continent de l'Armée Monſieur le Comte d'Yvore , fon fecond Fils, qu'il oblige àqui- ter l'Epée pour prendre le party de la Robe. Il a infini- ment del'eſpritquoyque tres.
jeune ,il dit les choſesd'une maniere aifée, & on ne doute
point qu'il n'ait quelque jour pour les Harangues cette agreable& vive éloquéce qui eſtnaturelle&commeheredi
tairedas cette illuftre &grade
a
184 LE MERCURE ג
Famille.Il ne faut pas quej'ou- blie'a'vous dire qu'elle eſt ve- nuë en France parun Chan- celier de Naples que Charles
VIII. y emmena comme un Homme rare , & qu'il honoroit d'une eſtime particuliere.
af On a auſſi eſté faire Compliment à Monfieur l'Arche- vêque de Paris ſurla mort de Madame la Marquiſe de Bre val ſa Belle- fœur. Elle eſtoit
de la Maiſonde Fortia, &n'avoit preſque point eu de fan- té depuis la perte de Mon- ſieur le Marquisde Chanvalon ſon Fils unique qui eſtoir Cornetedes Chevaux-Legers delaGarde du Roy,& qui fur tué à laBataille de Senef,apres avoir eſté long- temps aux
GALANT. 185
mains avec le Commandant
des Cuirafſiers de l'Empereur,
& emporté la Cornete de ſa Compagnie.
L'Eveſché de Châlons eft
vacant par la mort de Mon- ſieur de Maupeou , qui avoit êté Aumônier du Roy. Ce Prélat eſtoit d'une probité &
d'une bonté extraordinaire ,
tres- fidelle & tres-paffionné pour ſesAmis. Il avoit perdu pluſieurs Freres au ſervice de Sa Majesté dans le Regiment des Garges , où ils s'eſtoient
tous diftinguez pardes actions éclatantes de valeur , comme
la plupart de ceux qui portent ceNom ont fait &font encor tous les jours , dans les Tribunaux où ils preſident avecune integrité dignitéde
186 LE MERCURE
ſervir d'exemple à tous ceux
qui veulent entrer dans les Emplois de la Robe.
qu'il s'eſtoit rompuë per la violence d'une toux. Tout le
monde a eſté luy faire come
GALANT. 183 pliment ſur la perte de ce Fils,
qui étoit civil, honnéte , obligeant, &qu'il regardoit com- medevant poſſeder apres luy la Charge de Premier Prefi- dentde la Chambre des Coptes , qu'il exerce avec tant de gloire, état le huitième de ſon Nom à qui elle eſt venuë de Pere en Fils. Il a rappellé in- continent de l'Armée Monſieur le Comte d'Yvore , fon fecond Fils, qu'il oblige àqui- ter l'Epée pour prendre le party de la Robe. Il a infini- ment del'eſpritquoyque tres.
jeune ,il dit les choſesd'une maniere aifée, & on ne doute
point qu'il n'ait quelque jour pour les Harangues cette agreable& vive éloquéce qui eſtnaturelle&commeheredi
tairedas cette illuftre &grade
a
184 LE MERCURE ג
Famille.Il ne faut pas quej'ou- blie'a'vous dire qu'elle eſt ve- nuë en France parun Chan- celier de Naples que Charles
VIII. y emmena comme un Homme rare , & qu'il honoroit d'une eſtime particuliere.
af On a auſſi eſté faire Compliment à Monfieur l'Arche- vêque de Paris ſurla mort de Madame la Marquiſe de Bre val ſa Belle- fœur. Elle eſtoit
de la Maiſonde Fortia, &n'avoit preſque point eu de fan- té depuis la perte de Mon- ſieur le Marquisde Chanvalon ſon Fils unique qui eſtoir Cornetedes Chevaux-Legers delaGarde du Roy,& qui fur tué à laBataille de Senef,apres avoir eſté long- temps aux
GALANT. 185
mains avec le Commandant
des Cuirafſiers de l'Empereur,
& emporté la Cornete de ſa Compagnie.
L'Eveſché de Châlons eft
vacant par la mort de Mon- ſieur de Maupeou , qui avoit êté Aumônier du Roy. Ce Prélat eſtoit d'une probité &
d'une bonté extraordinaire ,
tres- fidelle & tres-paffionné pour ſesAmis. Il avoit perdu pluſieurs Freres au ſervice de Sa Majesté dans le Regiment des Garges , où ils s'eſtoient
tous diftinguez pardes actions éclatantes de valeur , comme
la plupart de ceux qui portent ceNom ont fait &font encor tous les jours , dans les Tribunaux où ils preſident avecune integrité dignitéde
186 LE MERCURE
ſervir d'exemple à tous ceux
qui veulent entrer dans les Emplois de la Robe.
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Résumé : « Monsieur le President Nicolaï a perdu Monsieur le Marquis de [...] »
Le texte mentionne plusieurs décès et changements dans des postes de haute importance. Monsieur le Marquis de Mousainville est décédé à cause d'une veine rompue par une violente toux. Il était connu pour son honnêteté et devait succéder à son père en tant que Premier Président de la Chambre des Comptes. Monsieur le Comte d'Yvore, fils cadet de Nico-Taï, a été rappelé de l'armée pour prendre la robe. Reconnu pour son esprit et son éloquence, il appartient à une famille illustre venue en France avec un chancelier de Naples sous Charles VIII. Des hommages ont été rendus à Madame la Marquise de Breval, belle-sœur de l'Archevêque de Paris, décédée après la perte de son fils unique, le Marquis de Chanvalon, tué à la bataille de Senef. L'évêché de Châlons est vacant suite au décès de Monsieur de Maupeou, aumônier du roi, apprécié pour sa probité, sa bonté et sa fidélité. Plusieurs de ses frères se sont distingués par leur valeur dans le régiment des Garges et par leur intégrité dans les tribunaux.
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149
p. 253-255
« Il est survenu icy un Diférend dont je voudrois bien [...] »
Début :
Il est survenu icy un Diférend dont je voudrois bien [...]
Mots clefs :
Différend, Bracelet, Cavalier, Dame
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texteReconnaissance textuelle : « Il est survenu icy un Diférend dont je voudrois bien [...] »
Il eſt ſurvenu ici un Diferend dont je voudrois bien que vous m'euffiez fait ſça- voir vôtre pensée. Un Cava- lier qui nemaquepasdemeri- te, avoit êté dix fois chez une
fort belle Dame ſans latrouver. Il luy parle enfin chez unede ſes Amies , à qui elle
rendoit viſite comme luy. Elle luy fait des reproches obli- geans de ſa negligence à la voir; &fur ce qu'il oppoſe qu'il lui ſeroit inutile del'aller chercher,puis qu'on ne la rencontroit jamais,Voila mon Bra- celet , lui dit- elle , raportez- le-moy demain à telle heure;
& ſi vous ne me trouvez pas,
GALANT. 187
il est à vous. Le Bracelet
eſtoit de prix , & il n'y a pas d'apparence qu'elle eût vou- lu le riſquer. Cependant on luy propoſe le lendemain une Partie de divertiſſement pour tout le jour ; elle l'accepte,
va diſner en Ville , & ne ſe
ſouvient point de l'engage- ment où elle s'eſt miſe. Le
Cavalier a de fon côté des affaires importantes qu'il ne peut remettre, &qui l'empê- chentd'aller chez elle; ils con
viennent tous deux de leurs
Faits , & c'eſt là deffus qu'il faut prononcer. Le Cavalier ſoûtient que puis qu'elle a
manqué àla parole qu'elle luy avoitdonnéede l'attendre , le
Bracelet doit eſtre à luy ; &
afinqu'õ ne le ſoupçonne pas
188 LE MERCURE ر
de le vouloir garder par un mouvement d'avarice, il offre
à la Dame de luy en rendre deux fois la valeur en autres
Bijoux. La Dame avoue que s'il étoit venu chez elle, il n'y auroit point deconteſtation :
mais comme il demeure d'accordde n'y avoir pas eſté,elle demandeobſtinémet ſon Bracelet, &ne veut rien recevoir
en échange. Parlez, Madame,
ils vous connoiſſent tous deux
pourla Perſonne du monde la plus équitable, &je ne doute point qu'ils ne ſe ſoûmettent volontiers au jugement que vous rendrez.
Je penſois f
fort belle Dame ſans latrouver. Il luy parle enfin chez unede ſes Amies , à qui elle
rendoit viſite comme luy. Elle luy fait des reproches obli- geans de ſa negligence à la voir; &fur ce qu'il oppoſe qu'il lui ſeroit inutile del'aller chercher,puis qu'on ne la rencontroit jamais,Voila mon Bra- celet , lui dit- elle , raportez- le-moy demain à telle heure;
& ſi vous ne me trouvez pas,
GALANT. 187
il est à vous. Le Bracelet
eſtoit de prix , & il n'y a pas d'apparence qu'elle eût vou- lu le riſquer. Cependant on luy propoſe le lendemain une Partie de divertiſſement pour tout le jour ; elle l'accepte,
va diſner en Ville , & ne ſe
ſouvient point de l'engage- ment où elle s'eſt miſe. Le
Cavalier a de fon côté des affaires importantes qu'il ne peut remettre, &qui l'empê- chentd'aller chez elle; ils con
viennent tous deux de leurs
Faits , & c'eſt là deffus qu'il faut prononcer. Le Cavalier ſoûtient que puis qu'elle a
manqué àla parole qu'elle luy avoitdonnéede l'attendre , le
Bracelet doit eſtre à luy ; &
afinqu'õ ne le ſoupçonne pas
188 LE MERCURE ر
de le vouloir garder par un mouvement d'avarice, il offre
à la Dame de luy en rendre deux fois la valeur en autres
Bijoux. La Dame avoue que s'il étoit venu chez elle, il n'y auroit point deconteſtation :
mais comme il demeure d'accordde n'y avoir pas eſté,elle demandeobſtinémet ſon Bracelet, &ne veut rien recevoir
en échange. Parlez, Madame,
ils vous connoiſſent tous deux
pourla Perſonne du monde la plus équitable, &je ne doute point qu'ils ne ſe ſoûmettent volontiers au jugement que vous rendrez.
Je penſois f
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Résumé : « Il est survenu icy un Diférend dont je voudrois bien [...] »
Un différend oppose un cavalier et une dame au sujet d'un bracelet. Le cavalier, après plusieurs tentatives infructueuses pour voir la dame, reçoit d'elle un bracelet à récupérer le lendemain. Cependant, la dame, occupée par des divertissements, oublie cet engagement. De son côté, le cavalier est retenu par des affaires importantes. Ils conviennent tous deux de leurs faits et demandent un jugement. Le cavalier soutient que, la dame ayant manqué à sa parole, le bracelet lui revient. Il propose de le remplacer par des bijoux de valeur équivalente pour éviter tout soupçon d'avarice. La dame, reconnaissant que le cavalier n'est pas venu, insiste pour récupérer son bracelet et refuse tout échange. Les parties impliquées sollicitent l'avis d'une tierce personne réputée équitable pour trancher ce différend.
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150
p. 256
« Je pensois finir icy; mais, Madame, je serois fâché que [...] »
Début :
Je pensois finir icy; mais, Madame, je serois fâché que [...]
Mots clefs :
Duc de Roquelaure, Lettre, Monde
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texteReconnaissance textuelle : « Je pensois finir icy; mais, Madame, je serois fâché que [...] »
Je penſois finir icy ; mais,
Madame , je ſerois fâchéque vous appriffiez par d'autres que par moyde quelle manie-
GALANT. 189
re Mõſieur le Ducde Roque- laure a eſté reçeu à Bordeaux.
LeGouvernement deGuyen- ne qu'il a plû au Roy de luy confier, eſt unemarquedumé- rite extraordinaire qui luy a
fait obtenir cetteglorieuſe ré- compenſe de ſes ſervices ; &il
ya tant de choſes à dire de
luy , que comme j'auray occa- ſion de vous en parler plus d'une fois,je ne groſſiray point aujourd'huy ma Lettre de ce qui ne peut eſtre ignoré que parceuxquin'ont aucun com- merce dans le monde.
Madame , je ſerois fâchéque vous appriffiez par d'autres que par moyde quelle manie-
GALANT. 189
re Mõſieur le Ducde Roque- laure a eſté reçeu à Bordeaux.
LeGouvernement deGuyen- ne qu'il a plû au Roy de luy confier, eſt unemarquedumé- rite extraordinaire qui luy a
fait obtenir cetteglorieuſe ré- compenſe de ſes ſervices ; &il
ya tant de choſes à dire de
luy , que comme j'auray occa- ſion de vous en parler plus d'une fois,je ne groſſiray point aujourd'huy ma Lettre de ce qui ne peut eſtre ignoré que parceuxquin'ont aucun com- merce dans le monde.
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Résumé : « Je pensois finir icy; mais, Madame, je serois fâché que [...] »
Le Duc de Roque-Laure a été nommé gouverneur de Guyenne par le roi, en reconnaissance de ses services. L'auteur ne détaillera pas davantage cette information dans cette lettre, mais prévoit d'en parler plus en profondeur ultérieurement. Cette nomination est peu connue en dehors des cercles influents.
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