Résultats : 9567 texte(s)
Détail
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1451
p. 306-307
ENVOY.
Début :
A quatorze, ans Iris fesse déjà son vin, [...]
Mots clefs :
Pépin
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texteReconnaissance textuelle : ENVOY.
ENVOI.
.A quatorze, ans Iris
feffi déjàfin vin,
Elle lorgne à table un
jeune homme,
:
En mettant pourmouche
un pepin.,
Je croirois bien qu'elle a
déjà mangé lapomme
.A quatorze, ans Iris
feffi déjàfin vin,
Elle lorgne à table un
jeune homme,
:
En mettant pourmouche
un pepin.,
Je croirois bien qu'elle a
déjà mangé lapomme
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1452
p. 307-309
ENVOY. Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Masque. Par Mr Hortensius, Precepteur de Francion.
Début :
Par de justes liens, ide est, liens étroits, [...]
Mots clefs :
Masque
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texteReconnaissance textuelle : ENVOY. Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Masque. Par Mr Hortensius, Precepteur de Francion.
ENVOI.
Parodie de l'Enigme,
dont le mot cft le
Masque.
Par Mr Hortensius,
Precepteur de
Francion. -
Pardejustesliens, idest,
liens étroits,
Quand on unit à moy
semblable a mon minois,
Sub auditur, visage à qui
Masqueressemble,
Jevois toutparsesyeux,
id est, aveclessiens,
Ilvoittoutpar,id est, tout
à travers des miens,
Tollé,lesderniersvers,
c'est un couplefrivole,
Parce mi Mercuré, si
j'ai dit laparole.
MessavansEcoliers devinent en chorus,
Voicileurs noms.Arbas
Milo,Dejotarus,
Alcidon, Sotinet, Hâl.,
brada, Baldrns>
Etcetera
,
tuus ferviis?
Hortensius.
Parodie de l'Enigme,
dont le mot cft le
Masque.
Par Mr Hortensius,
Precepteur de
Francion. -
Pardejustesliens, idest,
liens étroits,
Quand on unit à moy
semblable a mon minois,
Sub auditur, visage à qui
Masqueressemble,
Jevois toutparsesyeux,
id est, aveclessiens,
Ilvoittoutpar,id est, tout
à travers des miens,
Tollé,lesderniersvers,
c'est un couplefrivole,
Parce mi Mercuré, si
j'ai dit laparole.
MessavansEcoliers devinent en chorus,
Voicileurs noms.Arbas
Milo,Dejotarus,
Alcidon, Sotinet, Hâl.,
brada, Baldrns>
Etcetera
,
tuus ferviis?
Hortensius.
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Résumé : ENVOY. Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Masque. Par Mr Hortensius, Precepteur de Francion.
Le texte est une parodie intitulée 'Parodie de l'Enigme, dont le mot cft le Masque', écrite par Monsieur Hortensius, précepteur de Francion. Le poème utilise des expressions latines et des jeux de mots pour décrire des liens étroits et la transparence des relations. Il mentionne un couple frivole et se termine par une liste d'élèves : Arbas, Milo, Dejotarus, Alcidon, Sotinet, Hâl., brada, Baldrns, suivis de 'Etcetera'. Hortensius pose ensuite la question 'tuus ferviis?'
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1453
p. 309-310
ENVOY. Par Mr Anc... Madame de Saint Fard.
Début :
Dans une nuit du Carnaval, [...]
Mots clefs :
Masque, Carnaval
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texteReconnaissance textuelle : ENVOY. Par Mr Anc... Madame de Saint Fard.
ENVOI.
Par Mr Ane..+
Madame de Saint Fard.
Dans une nuit du Carnaval,
Madame de Saint Fard
en superbeéquipage
s'étantmise en sueurau
auBal,
T laissa par malheurfin
Masque&sonvisage
Par Mr Ane..+
Madame de Saint Fard.
Dans une nuit du Carnaval,
Madame de Saint Fard
en superbeéquipage
s'étantmise en sueurau
auBal,
T laissa par malheurfin
Masque&sonvisage
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1454
p. 311-313
ENIGME.
Début :
Non, je n'auray jamais l'esprit de m'atiffer, [...]
Mots clefs :
Quenouille
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Non, je n'aurai jamais
i'esPrit de m'atiffer,
Macoëffure eji toujours
pendante & négligée,
Jidescoè'ffeujes pourtant,
passentmaintejournée,
\A me coijfer& decoëffer,
Maisanssesoucier beaucoup
dema parure,
Uunerêve a quelque
avanture,
Celle-ci pense à bien,
celle-làpenseà mal,
Quoy qu'unrustique lieu
soit monpais natal,.
Polie avec droiture
J &
fermesans rudesse,
ÎeParvlensdans lecercle,
au rang de la Pri-ncelfe,
Souvent tejle levfé, on
m'ivoit dominer;
Mais malgré ma hauteur
teur,pouriezvous de.
viner,
Quelmanege est le mien,
pourparvenir àplaire,
J'aifaitcentmouvements
autour d'un llJcrcenaire,
Qui tenté du profit qu'il
efperqitdétmoj>
Aseu : me rendreenfin,
digne demon emploi.
Non, je n'aurai jamais
i'esPrit de m'atiffer,
Macoëffure eji toujours
pendante & négligée,
Jidescoè'ffeujes pourtant,
passentmaintejournée,
\A me coijfer& decoëffer,
Maisanssesoucier beaucoup
dema parure,
Uunerêve a quelque
avanture,
Celle-ci pense à bien,
celle-làpenseà mal,
Quoy qu'unrustique lieu
soit monpais natal,.
Polie avec droiture
J &
fermesans rudesse,
ÎeParvlensdans lecercle,
au rang de la Pri-ncelfe,
Souvent tejle levfé, on
m'ivoit dominer;
Mais malgré ma hauteur
teur,pouriezvous de.
viner,
Quelmanege est le mien,
pourparvenir àplaire,
J'aifaitcentmouvements
autour d'un llJcrcenaire,
Qui tenté du profit qu'il
efperqitdétmoj>
Aseu : me rendreenfin,
digne demon emploi.
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1455
p. 68-74
L'AMOUR A IRIS malade. Par Mr C.
Début :
Iris je viens vous secourir, [...]
Mots clefs :
Iris, Amour, Malade, Guérir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR A IRIS malade. Par Mr C.
L'AMOUR A IRIS
malade.
ParMrC, I Ris je viens vous secou
rir,
-
Le mal que vous souffrez
m'accable,
Lapitié,l'interestm'enga-
ge a vous guerir,
Mon Empire sans vous
n'auroit rien d'agréable.
Desja mes Temples sont
deserts,
Il faut l'avouërà ma honte;
J'ay veu cesser dans Amatonte,
Tous les voeux qui mettoient offerts.
Cette foule d'Amants de
qui l'unique envie
Est de vous plaire, ou de
mourir pour vous,
Et qui dans les transports
de leur ame ravie,
Attendaient leur bonheur
de quelqu'un de mes
coups,
Ne sont plus animez de cet
espoir sidoux.
Leurs tendres cœurs tremblent pour vostre vie,
Etce [cal Apollon dans ce
commun effroy,
Trouve un merveilleux
avantage
, Comme la Medecine ca
son premier employ
, On porte à ses Autels, &
l'encens, & l'hommage,
Qui n'auroient esté que
«
4\. pour moy. b
Transportécontre luyd'il»
ne juste colere,
J'ay volé vers Delos, j'ay
couru l'y chercher,
Et voicy de quelle maniere
Je m'y suis pris pour le toucher:
Dieu cruel, ay-je dit, redoute ma vengeance,
Tu m'as réduit au desespoir ;
Si la santéd'Iris dépend de
ta puissance,
Ton cœur dépend de mon
-
pouvoir.
Pour la Nymphe la plus
cruelle,
Jete feray brusser d'un
amour obstine',,
Et je blefferay cette belle
Du mesme trait dont je
blessay Daphné.
Apollon de tout temps fut
tendre,
-
Son penchant le force
d'aimer;
Pour éviter le sort que luy
faisoit attendre
Le courroux dont vos maux avoitsceum'enflammer,
Ila pris pour le desarmer
Le seul party qu'il pouvoit
prendre.
Amour, ioyons
t'il
eu dit aussi-tost,
Va rendre à ton Iris une
santé parfaite;
Ces anneaux constellez ont
la vertu qu'il faut.
Sans employer d'autre recette.
Tu la verras dans peubriller des mesmes charmes
Qu'elle eut aux plus beaux
de ses jours,
Va, cours, & sers-toy de
ses armes,
Le moindre de leurs coups
te fait regner toujours.
- Je fuis venu plein d'allégresse,
Vous offrir. ce secours divin. >
J'en vois le prompt effet,
&le malqui vous presse,
Me paroist desja sur sa fin.
Pour recompense legitime
D'avoir gueri ce mal prest
à vous accabler
,
Je n'exigede vous qu'un
peu de vostre estime
Pour celuy qui m'a fait
parler
malade.
ParMrC, I Ris je viens vous secou
rir,
-
Le mal que vous souffrez
m'accable,
Lapitié,l'interestm'enga-
ge a vous guerir,
Mon Empire sans vous
n'auroit rien d'agréable.
Desja mes Temples sont
deserts,
Il faut l'avouërà ma honte;
J'ay veu cesser dans Amatonte,
Tous les voeux qui mettoient offerts.
Cette foule d'Amants de
qui l'unique envie
Est de vous plaire, ou de
mourir pour vous,
Et qui dans les transports
de leur ame ravie,
Attendaient leur bonheur
de quelqu'un de mes
coups,
Ne sont plus animez de cet
espoir sidoux.
Leurs tendres cœurs tremblent pour vostre vie,
Etce [cal Apollon dans ce
commun effroy,
Trouve un merveilleux
avantage
, Comme la Medecine ca
son premier employ
, On porte à ses Autels, &
l'encens, & l'hommage,
Qui n'auroient esté que
«
4\. pour moy. b
Transportécontre luyd'il»
ne juste colere,
J'ay volé vers Delos, j'ay
couru l'y chercher,
Et voicy de quelle maniere
Je m'y suis pris pour le toucher:
Dieu cruel, ay-je dit, redoute ma vengeance,
Tu m'as réduit au desespoir ;
Si la santéd'Iris dépend de
ta puissance,
Ton cœur dépend de mon
-
pouvoir.
Pour la Nymphe la plus
cruelle,
Jete feray brusser d'un
amour obstine',,
Et je blefferay cette belle
Du mesme trait dont je
blessay Daphné.
Apollon de tout temps fut
tendre,
-
Son penchant le force
d'aimer;
Pour éviter le sort que luy
faisoit attendre
Le courroux dont vos maux avoitsceum'enflammer,
Ila pris pour le desarmer
Le seul party qu'il pouvoit
prendre.
Amour, ioyons
t'il
eu dit aussi-tost,
Va rendre à ton Iris une
santé parfaite;
Ces anneaux constellez ont
la vertu qu'il faut.
Sans employer d'autre recette.
Tu la verras dans peubriller des mesmes charmes
Qu'elle eut aux plus beaux
de ses jours,
Va, cours, & sers-toy de
ses armes,
Le moindre de leurs coups
te fait regner toujours.
- Je fuis venu plein d'allégresse,
Vous offrir. ce secours divin. >
J'en vois le prompt effet,
&le malqui vous presse,
Me paroist desja sur sa fin.
Pour recompense legitime
D'avoir gueri ce mal prest
à vous accabler
,
Je n'exigede vous qu'un
peu de vostre estime
Pour celuy qui m'a fait
parler
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Résumé : L'AMOUR A IRIS malade. Par Mr C.
Le texte 'L'AMOUR À IRIS' relate la détresse d'un narrateur face à la maladie d'Iris. Il exprime sa douleur et son désir de la guérir, notant que son empire perd de son attrait sans elle. Les temples sont désertés et les amants d'Amantonte, autrefois espérant plaire à Iris, sont désormais désespérés. Apollon, profitant de la situation, reçoit des hommages destinés au narrateur. Ce dernier se rend à Delos pour implorer Apollon, menaçant de le faire tomber amoureux d'une nymphe cruelle si Iris n'est pas guérie. Apollon, connu pour sa tendresse, accepte de rendre la santé à Iris en utilisant des anneaux constellés. Le narrateur revient avec ce remède divin, espérant voir Iris retrouver rapidement sa beauté et sa santé. En échange de ce secours, il ne demande qu'un peu d'estime pour celui qui a parlé en son nom.
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1456
p. 74-76
Response par Madame D.
Début :
L'amour est un frippon de qui je me défie, [...]
Mots clefs :
Amour, Vie
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texteReconnaissance textuelle : Response par Madame D.
RifPonfi par Madame D.
L'amour ett un frippon de
qui jemedéfie,
, ,
Je ne veux point de son
secours,
S'ilm'avoit confervé la vie,
Il voudroit disposer du
reste de nos jours,
Ce mal me paroistroit toujours
Plus cruel que celuy dont
il m'auroit guerie.
Cependant pour ne point
me broüiller avec luy
,
Et ne pas m'exposer aux
traits de sa vengeance, f
Je veux bien luy payer le
tribut qu'aujourd'huy
Il prétend exiger de ma
reconnoissance.
Accordermon estime à qui
la fait parler,
N'est pas chofc fort malaisée,
Par son merire seul, ill'auroit bien causée,
Sans que l'amour deusts'en
mesler.
L'amour ett un frippon de
qui jemedéfie,
, ,
Je ne veux point de son
secours,
S'ilm'avoit confervé la vie,
Il voudroit disposer du
reste de nos jours,
Ce mal me paroistroit toujours
Plus cruel que celuy dont
il m'auroit guerie.
Cependant pour ne point
me broüiller avec luy
,
Et ne pas m'exposer aux
traits de sa vengeance, f
Je veux bien luy payer le
tribut qu'aujourd'huy
Il prétend exiger de ma
reconnoissance.
Accordermon estime à qui
la fait parler,
N'est pas chofc fort malaisée,
Par son merire seul, ill'auroit bien causée,
Sans que l'amour deusts'en
mesler.
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Résumé : Response par Madame D.
Madame D. décrit l'amour comme un fripon dans 'RifPonfi'. Le narrateur refuse son aide, craignant qu'il ne contrôle sa vie. Il accepte de lui témoigner de la reconnaissance pour éviter des représailles. Il note que respecter quelqu'un pour ses mérites est naturel, indépendamment de l'amour.
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1457
p. 82
Envoy par Mr de P.
Début :
De mon esprit que penses-tu, [...]
Mots clefs :
Esprit, Oeuf
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Envoy par Mr de P.
Envoy par Mx de P.
De mon esprit que pensestu,
Pour deviner rien ne l'égale
Sans doute mon esprit n'est
ni rond ni pointu
, Mais il est en ovale
De mon esprit que pensestu,
Pour deviner rien ne l'égale
Sans doute mon esprit n'est
ni rond ni pointu
, Mais il est en ovale
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1458
p. 83-85
Parodie de la seconde Enigme.
Début :
QUENOUILLE, je n'ay point l'esprit de t'atiser, [...]
Mots clefs :
Quenouille, Coiffure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la seconde Enigme.
Parodie de la seconde Enigme.
QUF.N0UILLE,je n'ay
point l'esprit de t'atiser,
Ta coëffure est tousjours
pendante&négligée,
Les Fileuses pourtant passent mainte journée
A la coëffer & decoëffer ;
Mais sans se soucier beaucoup de sa parure,
L'une rêve à quelque aventure
,
Celle-cy pense à bien,
celle, la pense à mal,
Le village ou les bois sont
mon pays natal
,
Polie avec droiture, & ferme sansrudesse,
Je parviens dans le cercle
au rang de la Princesse
;
Souvent restelevée on m'y
voit dominer,
Mais malgré ma hauteur
pourriezvous deviner
Quel manege est le mien
pour parvenir à plaire ?
J'ay fait cent mouvements
autour d'un mercenaire, (C'est le tour d'un Tourneur je croy )
Qui tenté du profit qu'il
espere de moy,
A fccu me rendre enfin
( digne de mon employ.
Peu de gens ont deviné
cette Enigme
,
ou peu de
gens se sont souciez d'envoyer leurs noms, il n'y a
qu'Hercules, la Filandiere, Criquet Fuseau, & Madame Sexagénaire, dont
la coqueterie esttombée
en quenoüille
QUF.N0UILLE,je n'ay
point l'esprit de t'atiser,
Ta coëffure est tousjours
pendante&négligée,
Les Fileuses pourtant passent mainte journée
A la coëffer & decoëffer ;
Mais sans se soucier beaucoup de sa parure,
L'une rêve à quelque aventure
,
Celle-cy pense à bien,
celle, la pense à mal,
Le village ou les bois sont
mon pays natal
,
Polie avec droiture, & ferme sansrudesse,
Je parviens dans le cercle
au rang de la Princesse
;
Souvent restelevée on m'y
voit dominer,
Mais malgré ma hauteur
pourriezvous deviner
Quel manege est le mien
pour parvenir à plaire ?
J'ay fait cent mouvements
autour d'un mercenaire, (C'est le tour d'un Tourneur je croy )
Qui tenté du profit qu'il
espere de moy,
A fccu me rendre enfin
( digne de mon employ.
Peu de gens ont deviné
cette Enigme
,
ou peu de
gens se sont souciez d'envoyer leurs noms, il n'y a
qu'Hercules, la Filandiere, Criquet Fuseau, & Madame Sexagénaire, dont
la coqueterie esttombée
en quenoüille
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Résumé : Parodie de la seconde Enigme.
Le texte présente une parodie de la seconde énigme sous forme de poème. L'auteur décrit une coiffure négligée malgré les efforts des fileuses. Les femmes du village ou des bois sont polies et droites, tandis que l'auteur se compare à une princesse souvent élevée et dominante. Il mentionne des mouvements autour d'un mercenaire, probablement un tourneur, qui espère profiter d'elle. L'énigme a été difficile à résoudre, et seuls quelques individus, comme Hercule, la Filandière, Criquet Fuseau et Madame Sexagénaire, ont tenté de la deviner. Madame Sexagénaire est notée pour sa coquetterie tombée en quenouille. L'auteur affirme ne pas vouloir provoquer et décrit une situation où les efforts des fileuses sont vains face à la négligence de la coiffure.
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1459
p. 87
ENIGME NOUVELLE.
Début :
Dieux que je suis embarassée, [...]
Mots clefs :
Chevelure
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME NOUVELLE.
ENIGME NOUVELLE.
Dieux que jesuis embarassée,
Avant que desouffrir, decent
pointes percée,
Que le fer & le feu me gefnant
à leur tour,
Me mettent en estat de donner
de l'amour.
Quoyque le lieu de ma naissance,
D'humaines, ny d'humains ne
soit point habité,
Onyraisonne juste, ony réve.,
onypense :
Pourquoydoncn'ay-je pas cette
propriété.
Dieux que jesuis embarassée,
Avant que desouffrir, decent
pointes percée,
Que le fer & le feu me gefnant
à leur tour,
Me mettent en estat de donner
de l'amour.
Quoyque le lieu de ma naissance,
D'humaines, ny d'humains ne
soit point habité,
Onyraisonne juste, ony réve.,
onypense :
Pourquoydoncn'ay-je pas cette
propriété.
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1460
p. 88
AUTRE ENIGME. Par Mr MARTIN.
Début :
Je cache quelquefois des thresors de science, [...]
Mots clefs :
Portefeuille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME. Par Mr MARTIN.
AUTRE ENIGME.
Par Mr Martin.
Je cache quelquefois des thresors
de science,
Poete ,
Docteur & Greffier,
Seplaisent à remplir ma panse
:
Mes compagnons ouverts font
utiles en France,
Mes compagnonsfermez, plaisentà
l'usurier,
Etsoustenu par l'Ecolier,
se soutiensl'homme de finance.
Par Mr Martin.
Je cache quelquefois des thresors
de science,
Poete ,
Docteur & Greffier,
Seplaisent à remplir ma panse
:
Mes compagnons ouverts font
utiles en France,
Mes compagnonsfermez, plaisentà
l'usurier,
Etsoustenu par l'Ecolier,
se soutiensl'homme de finance.
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1461
p. 89-91
Chanson ancienne.
Début :
Reveillez-vous, belle dormeuse, [...]
Mots clefs :
Belle endormie, Baiser, Coeur, Songe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chanson ancienne.
Chanson ancienne.
J'ay fait ces couplets à
l'occasion d'unleger baifer dérobé à une fille trèsfcrupuleufc qui s'estoit endormie.
Sur l'air Reveillez
- vous
belle endormie.
J^EveilleZj
-
vous, belle
dormeuse,
Si ce baiser vousfaitplaisir;
Mais si vous estes fcriipuleuse,
Dormez^ ou jeïgneZj de
- dormir.
Craignez.., que je ne vous
reveille
,
Favorifez* ma trahison,
Voussouprerez,votre cœur
veille
Laissez,dormirvostreraison.
Pendant que la raison
sommeille,
On aimesansyconsentir,
Pourveu qu'amour ne
nous reveille
Qu'autantqu'ilfaut pour
le sentir.
Si je vous apparois en
songe
,
Profitez,, d'une douce erreur ;
Coustez les plaisirs du
mensonge
Si la vérité vous fait
peur.
J'ay fait ces couplets à
l'occasion d'unleger baifer dérobé à une fille trèsfcrupuleufc qui s'estoit endormie.
Sur l'air Reveillez
- vous
belle endormie.
J^EveilleZj
-
vous, belle
dormeuse,
Si ce baiser vousfaitplaisir;
Mais si vous estes fcriipuleuse,
Dormez^ ou jeïgneZj de
- dormir.
Craignez.., que je ne vous
reveille
,
Favorifez* ma trahison,
Voussouprerez,votre cœur
veille
Laissez,dormirvostreraison.
Pendant que la raison
sommeille,
On aimesansyconsentir,
Pourveu qu'amour ne
nous reveille
Qu'autantqu'ilfaut pour
le sentir.
Si je vous apparois en
songe
,
Profitez,, d'une douce erreur ;
Coustez les plaisirs du
mensonge
Si la vérité vous fait
peur.
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Résumé : Chanson ancienne.
Une chanson ancienne célèbre un baiser volé à une jeune fille avare endormie. Le narrateur l'invite à se réveiller si le baiser lui plaît, mais à dormir si elle le trouve audacieux. Il l'encourage à profiter de l'amour sans consentement, tant que la raison sommeille. Si le narrateur apparaît en songe, il conseille de savourer les plaisirs du mensonge si la vérité fait peur.
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1462
p. 93-94
BOUQUET En envoyant un porte crayon à une Dame. Par Mr de B.
Début :
Le Dieu des Arts & de la lyre, [...]
Mots clefs :
Bouquet, Amour, Crayon, Porte-crayons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET En envoyant un porte crayon à une Dame. Par Mr de B.
BOU QJJ É T
En envoyant un porte crayon à une Dame,
ParMrdeB.
Le Dieu des Arts & de
la lyre,
Te fait avec l'amour ce
presentaujourd'huy
,
Soit que ta main dejfjï*
ne, ou que ton cœur
soupire,
Tu pourras te servir de
-- luy.
Lébauché dun portrait
,
d'un Palais, d'une
Roje
, Sans crayon jamais nese
fist,
Si pour peindre les maux
vqu'aux autres l'amour
cause,
Le plus h^er crayonJuf-
$t*
Tous les pinceaux qu'on
fit depuis Apelle,
A peineJujfiroient charmanteL**Ue,
Tourpeindre lemien en
---.
peti
En envoyant un porte crayon à une Dame,
ParMrdeB.
Le Dieu des Arts & de
la lyre,
Te fait avec l'amour ce
presentaujourd'huy
,
Soit que ta main dejfjï*
ne, ou que ton cœur
soupire,
Tu pourras te servir de
-- luy.
Lébauché dun portrait
,
d'un Palais, d'une
Roje
, Sans crayon jamais nese
fist,
Si pour peindre les maux
vqu'aux autres l'amour
cause,
Le plus h^er crayonJuf-
$t*
Tous les pinceaux qu'on
fit depuis Apelle,
A peineJujfiroient charmanteL**Ue,
Tourpeindre lemien en
---.
peti
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Résumé : BOUQUET En envoyant un porte crayon à une Dame. Par Mr de B.
Le poème 'BOU QJJ É T' envoyé par un porte-crayon à une dame invoque le Dieu des Arts. Il loue le crayon, indispensable pour dessiner ou exprimer des sentiments. Sans crayon, il est impossible de réaliser un portrait, un palais ou une rose. L'amour, comparé à ses maux, nécessite un crayon pour être exprimé. Aucun pinceau, même ceux d'Apelle, ne suffirait à peindre le visage de la dame aimée.
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1463
p. 95-96
RESPONSE Sur les mesmes rimes du Bouquet.
Début :
Ton magique Bouquet ma fait prendre la lire, [...]
Mots clefs :
Bouquet, Réponse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RESPONSE Sur les mesmes rimes du Bouquet.
RESPONSE
Sur les mesmes rimes du
Bouquet.
Ton magiqueBouquet ma
* fait prendre la lire
,
Je deviens Poete.. *
aujourd'huy ;
Jefais des vers, Irisfane
que Phœbus m'inspire,
Tu n'en es pas
y
je crois
,
- moinssurprise que luy.
Sur un rustiquejonc cess
voir naistre une rcLê,
Hier jerevois à toy ce
prodige se fit,
Du prodigeje sens la
cause,
Pour faire l'impossible
,
ouj,monamoursuffit.
Jidais il ne suffitpas au- prés d'une cruelle,
Pourmefaire aimer.
<sTclIe
Sur les mesmes rimes du
Bouquet.
Ton magiqueBouquet ma
* fait prendre la lire
,
Je deviens Poete.. *
aujourd'huy ;
Jefais des vers, Irisfane
que Phœbus m'inspire,
Tu n'en es pas
y
je crois
,
- moinssurprise que luy.
Sur un rustiquejonc cess
voir naistre une rcLê,
Hier jerevois à toy ce
prodige se fit,
Du prodigeje sens la
cause,
Pour faire l'impossible
,
ouj,monamoursuffit.
Jidais il ne suffitpas au- prés d'une cruelle,
Pourmefaire aimer.
<sTclIe
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1464
p. 107-120
POEME SUR LA SAGESSE.
Début :
Non, non je ne viens point sur les bords du Permesse, [...]
Mots clefs :
Sagesse, Passions, Plaisir, Désirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POEME SUR LA SAGESSE.
POEME
SUR
LASAGESSE. NOnction,/>neviens
pointsurles bords
du Permesse,
Phœbits, te demander ta
frenenque yvresse
Sur d'autres va versertes
sçavantes fureurs,
La vérité ria pointbesoin
detessaveurs.
11 me faut cet éclat,cette
lumiere pure,
Quifaitfinltr le vrai,ton
fiu le défigure»
Atinerve,Ire-me
j'oserai te chanter,
Il y va de tagloire & tu
dois m'écouter.
Où suis-je? quelsjardins!
en ceslieux la nature
A-t-elle pris pour moysa
plus belle parure?
Jamais un Culsibeau
n'éclairal'univers;
Que ce Zephireestdoux,.
que ces coteaux
verds 0»m,„--"tran[porte,Jeduisantesagesse?
Ici la volupté regne avec
la paresse :
Que dis-je ?
cejt Ici le tranquileJejour
Où de sages heureux tu
composes ta Cour.
Tu mavois donc trompé,
ridiculeStoïque,
Charmé d'une vertu superbe & chimerique,
Tu disois que toujours,
sensible à nos <vœux, LaSagess~savoitsurdes
rochers~/t.
Tu nousla dépeignois fnste,seche& cruelle:
Tu la connoissois mal,vois
combien elle cft belle.
Unairmajestueux ; mais
mêlédedouceur,
Permet à les beaux yeux
une douce langueur:
Jamais sa majesté ne fit
rienperdreauxgraces
Faites depuislong-temps à
marchersursestraces;
Onles von aCenvirelever
sa attraits
De ce charme inconnu qui
ne doit rienaux traits:
Souvent aussiles ris ennuyez* à Cythere,
Pour suivre la Deep abandonnent leur mere.
ZUbas-tu donc de sauvage
,
& pourquoy les
Mortels,
Déee,laient-ilssansencenstesautels?
Toujours à leurs besoins
sensible,favorable,
Tu tends à cesingrats une mainsecourable,
Tu leur permets encor les
craintes, les desirs,
Tu sçais quec'estpareux
qu'onarrive aux
plaisirs.
Oui: SagejJeJ & voila de
ta bonté le gage, Jamais des pajjïons tu
n'interdis l'usage.
Telque le Souverain des
ventstumultueux
Aervit à son gré leur
sousseimpetueux;
11
Il ne les tient pas tousep
claves dans la chaîne,
On en voit quelquefois
s'échapper dans la
plaine:
Maisilssont ménagez,de
leurssouffles divers
Le fage mouvement anime l'univers.
Borée en vainfrémit,son
MaltrelereIJerre)
Un vent de tropsuffitpour
ravager la terre.
De la Sagesseainsi la redoutable voix
Impose auxpallionsd'imperieufes Loix.
Ne noty en plaignons
point,sa facilepuissance
Ne veut quereprimerleur
fougueuse insolence.
Sonzele ànousservir, &
sessoinsgenereux
Nous en laissent toujours
afJeZfour être heureux.
Helas!quelleferoit,Humains, vôtremisere,
Sipossesseursd'un cœur qui
riattroit rien àfaire,
A vous-mêmes toujours
vous voua ~f~
rendus ?
Grands Dieux!tous les
plaisirs pour <VQM(eroient perdus.
Mais nous legoûtons tous,
une heureusefoiblesse
Charme un Amant ravi
mêmedesa tristesse ;
De vifs ftl doux transports,sine timide ardeur,
L'élevent quelquefois au
comble du bonheur.
Oui, quand l'amourd'un
cœurefi unefoislemaître.
Ille sçait agiter autant
1
qu'ille doit être.
Au gré (le deux beaux
yeux laissons-nous donc
charmer,
On ne scauroit assez, ni
trop souvent aimer.
Faisonsplus, livrons-nom
à d'aimables chimeres,
La Sagasseleveut, elles
font necessaires,
C'efi par elle qu'un bien
que l'on n'obtiendra pas, Selaissantesperer
,
brille
demilleappas.
Sans elles, malheureux
,
pleins de notre indigence,
Nous n'avens du plaisir
que la seule apparence:
A nos befows encor par
elles ajusté,
Lejeu de la nature a toute
sa beauté.
Ce desirorgueilleux, cette sireurdeglotre
Que nepeut asouvir la
plus bellevictoire,
Cetteardeurpourl'estime,
à quil'hommeabuse
Croit ensacrifiant se voir
éternisé
C'estla mere des Arts,
r/en faisons point
myjlere,
De toutes les ruertUJ elle
estaussilamere.
Mais quoy ! des passions
l'excezj trop dangereux,
Jamaisàl'univers nefutil onereux ?
Non, ne redoutonspoint
leur utileravage,
L'airpoursecorrigerveut
souvent de l'orage.
O toy,que les humains doiventseule implorer,
S"'ge{fe,vo/J leurs cœurs st)
vienst'en emparer.
Qu'avectoy leplasirincessammentl'habite,
Déesse, l'universparmoy
t'en sollicite.
Tu le peux, tu n'es point
cettetristeraison,
Dont un mortel heureux
craint lefatalpoison:
JSion^nonjerieflpointtoy
qui veux nousfaire
entendre
Qae faits pour le plaisir,
- nom rien devons point prendre.
Sensibleànosdesirstu(j'ais
nom sèrvir mieux,
Tu scais, & de tes dons
cep le plus précieux,
Qtiune douce folieentout
temps nom possede,
Quepournous épuisée, un
autreluisuccede.
SUR
LASAGESSE. NOnction,/>neviens
pointsurles bords
du Permesse,
Phœbits, te demander ta
frenenque yvresse
Sur d'autres va versertes
sçavantes fureurs,
La vérité ria pointbesoin
detessaveurs.
11 me faut cet éclat,cette
lumiere pure,
Quifaitfinltr le vrai,ton
fiu le défigure»
Atinerve,Ire-me
j'oserai te chanter,
Il y va de tagloire & tu
dois m'écouter.
Où suis-je? quelsjardins!
en ceslieux la nature
A-t-elle pris pour moysa
plus belle parure?
Jamais un Culsibeau
n'éclairal'univers;
Que ce Zephireestdoux,.
que ces coteaux
verds 0»m,„--"tran[porte,Jeduisantesagesse?
Ici la volupté regne avec
la paresse :
Que dis-je ?
cejt Ici le tranquileJejour
Où de sages heureux tu
composes ta Cour.
Tu mavois donc trompé,
ridiculeStoïque,
Charmé d'une vertu superbe & chimerique,
Tu disois que toujours,
sensible à nos <vœux, LaSagess~savoitsurdes
rochers~/t.
Tu nousla dépeignois fnste,seche& cruelle:
Tu la connoissois mal,vois
combien elle cft belle.
Unairmajestueux ; mais
mêlédedouceur,
Permet à les beaux yeux
une douce langueur:
Jamais sa majesté ne fit
rienperdreauxgraces
Faites depuislong-temps à
marchersursestraces;
Onles von aCenvirelever
sa attraits
De ce charme inconnu qui
ne doit rienaux traits:
Souvent aussiles ris ennuyez* à Cythere,
Pour suivre la Deep abandonnent leur mere.
ZUbas-tu donc de sauvage
,
& pourquoy les
Mortels,
Déee,laient-ilssansencenstesautels?
Toujours à leurs besoins
sensible,favorable,
Tu tends à cesingrats une mainsecourable,
Tu leur permets encor les
craintes, les desirs,
Tu sçais quec'estpareux
qu'onarrive aux
plaisirs.
Oui: SagejJeJ & voila de
ta bonté le gage, Jamais des pajjïons tu
n'interdis l'usage.
Telque le Souverain des
ventstumultueux
Aervit à son gré leur
sousseimpetueux;
11
Il ne les tient pas tousep
claves dans la chaîne,
On en voit quelquefois
s'échapper dans la
plaine:
Maisilssont ménagez,de
leurssouffles divers
Le fage mouvement anime l'univers.
Borée en vainfrémit,son
MaltrelereIJerre)
Un vent de tropsuffitpour
ravager la terre.
De la Sagesseainsi la redoutable voix
Impose auxpallionsd'imperieufes Loix.
Ne noty en plaignons
point,sa facilepuissance
Ne veut quereprimerleur
fougueuse insolence.
Sonzele ànousservir, &
sessoinsgenereux
Nous en laissent toujours
afJeZfour être heureux.
Helas!quelleferoit,Humains, vôtremisere,
Sipossesseursd'un cœur qui
riattroit rien àfaire,
A vous-mêmes toujours
vous voua ~f~
rendus ?
Grands Dieux!tous les
plaisirs pour <VQM(eroient perdus.
Mais nous legoûtons tous,
une heureusefoiblesse
Charme un Amant ravi
mêmedesa tristesse ;
De vifs ftl doux transports,sine timide ardeur,
L'élevent quelquefois au
comble du bonheur.
Oui, quand l'amourd'un
cœurefi unefoislemaître.
Ille sçait agiter autant
1
qu'ille doit être.
Au gré (le deux beaux
yeux laissons-nous donc
charmer,
On ne scauroit assez, ni
trop souvent aimer.
Faisonsplus, livrons-nom
à d'aimables chimeres,
La Sagasseleveut, elles
font necessaires,
C'efi par elle qu'un bien
que l'on n'obtiendra pas, Selaissantesperer
,
brille
demilleappas.
Sans elles, malheureux
,
pleins de notre indigence,
Nous n'avens du plaisir
que la seule apparence:
A nos befows encor par
elles ajusté,
Lejeu de la nature a toute
sa beauté.
Ce desirorgueilleux, cette sireurdeglotre
Que nepeut asouvir la
plus bellevictoire,
Cetteardeurpourl'estime,
à quil'hommeabuse
Croit ensacrifiant se voir
éternisé
C'estla mere des Arts,
r/en faisons point
myjlere,
De toutes les ruertUJ elle
estaussilamere.
Mais quoy ! des passions
l'excezj trop dangereux,
Jamaisàl'univers nefutil onereux ?
Non, ne redoutonspoint
leur utileravage,
L'airpoursecorrigerveut
souvent de l'orage.
O toy,que les humains doiventseule implorer,
S"'ge{fe,vo/J leurs cœurs st)
vienst'en emparer.
Qu'avectoy leplasirincessammentl'habite,
Déesse, l'universparmoy
t'en sollicite.
Tu le peux, tu n'es point
cettetristeraison,
Dont un mortel heureux
craint lefatalpoison:
JSion^nonjerieflpointtoy
qui veux nousfaire
entendre
Qae faits pour le plaisir,
- nom rien devons point prendre.
Sensibleànosdesirstu(j'ais
nom sèrvir mieux,
Tu scais, & de tes dons
cep le plus précieux,
Qtiune douce folieentout
temps nom possede,
Quepournous épuisée, un
autreluisuccede.
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Résumé : POEME SUR LA SAGESSE.
Le poème 'Sur la Sagesse' commence par une invocation à Phœbus, le dieu du soleil, pour obtenir son inspiration. Le poète exprime son désir de vérité et de lumière pure, capable de révéler le vrai sans le défigurer. Il se prépare à chanter la sagesse, soulignant son importance et sa beauté. La sagesse est décrite comme majestueuse mais douce, permettant une langueur charmante. Elle n'est ni austère ni cruelle, mais accessible et bienveillante. Elle permet aux mortels d'éprouver des passions et des désirs, nécessaires pour atteindre les plaisirs. Le poète compare la sagesse à un souverain des vents, qui les maîtrise sans les réprimer complètement, permettant ainsi à l'univers de s'animer. La sagesse impose des lois aux passions, mais de manière douce et généreuse, permettant aux humains de rester heureux. Le poème explore également les plaisirs et les passions humaines, soulignant que même la tristesse peut être charmante. L'amour et les chimères aimables sont nécessaires pour apprécier pleinement les plaisirs. La sagesse est présentée comme la mère des arts et des vertus, mais son excès peut être dangereux. Cependant, les passions sont utiles et nécessaires, comme l'orage qui corrige l'air. Enfin, le poète invoque la sagesse, la déesse que les humains doivent implorer, car elle habite le plaisir et peut rendre l'univers heureux sans être une raison triste et fatale. La sagesse est sensible aux désirs humains et sait les servir, offrant une douce folie qui succède à une autre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1465
p. 148
CHANSON NOUVELLE. Par Monsieur P.
Début :
Inhumaine, c'est trop souffrir, [...]
Mots clefs :
Tombeau, Souffrir, Chaînes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON NOUVELLE. Par Monsieur P.
CHANSON
NOUVELLE.
Par Monsieur P. I NhumAine,c'efl trop fouf
friry
Accabléfous lepoids d'unefatale chaînes
Un impuissant dépit ria pu
me
secourir;
A lafinjesuccombeà ma mor..
telle peine,
C'en estfait, & je vais pour
courir au tombeau,
7c vais percer & vuider mon
tonneau
NOUVELLE.
Par Monsieur P. I NhumAine,c'efl trop fouf
friry
Accabléfous lepoids d'unefatale chaînes
Un impuissant dépit ria pu
me
secourir;
A lafinjesuccombeà ma mor..
telle peine,
C'en estfait, & je vais pour
courir au tombeau,
7c vais percer & vuider mon
tonneau
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1466
p. 149
RÉPONSE. Par Mad. de R. Sur les mêmes rimes.
Début :
Cher Leandre, c'est trop souffrir, [...]
Mots clefs :
Souffrir, Chaînes, Tombeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE. Par Mad. de R. Sur les mêmes rimes.
REPONS E.
Par Mad. de R.
Sur les mêmes rimes.
CHer Leandre, c'esttrop
souffrir,
Je vais te délivrer de ta fatale chaîne;
Touchée de ta langueur jevais
te Jecourir>
A lafin j'ai pitié de ta mortelle peine;
Je vais, pour te tirer des horreurs du tombeau,
JevantaiderÀ vuider ton
-
tonneau
Par Mad. de R.
Sur les mêmes rimes.
CHer Leandre, c'esttrop
souffrir,
Je vais te délivrer de ta fatale chaîne;
Touchée de ta langueur jevais
te Jecourir>
A lafin j'ai pitié de ta mortelle peine;
Je vais, pour te tirer des horreurs du tombeau,
JevantaiderÀ vuider ton
-
tonneau
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1467
p. 217-224
SICERA. ODE.
Début :
Quis rumor aures personat insolens? [...]
Mots clefs :
Sicera, Pomona, Burgunda, Cidre, Vin de Bourgogne, Vin de Champagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SICERA. ODE.
SIC E R A.
ODE.
QVU 1Srumor aurespersonat
insolens ?
Qutd mitioris Pieridum Chori
Dulces alumnos pervicaci
Miscet & exagitat duellof
Qu#cayjkrixe? Vimî fiel
-
(o nefas)
Infanda molli bclU iftptr mcro
Pngwe non est Hippogrenes
Virgineos latices amantum. ;
Qui vos, Poetœ
,
mmque domtffnror,
Insanatandem mittite jurgia.
Parculpa vobis; For utrimque
Prœlia, Pœna manet,cientes.
Burgunda nam quid Silleriis
parat
Hic Vina, vites illeRbemzjèsium
PrœferreBurgundis, gracres
Vfque inimicitias monjtref --
Esto, jacentes suscitet Evuts
Af~~,€~ àddatcornu&rmlitiy
PostVinaMavorrisferoces
~Itruere in çuntos parato.
Sed quo
Satelles Thjrfîgeri
furor
Brevisminucipermet ÎWlpttll ?
Jam tt/a torpentes(pudendum)
Destituunt calamique dextras.
Qttin sijaventefa.1 peptreè*
rint
Benigna
,
fractasturpior
excipit
Vires fent&MSj & podagr*
Prada frnftfcjacettbriofus.
jrffl rore amico Neustria qktâ
femd
Beavit, ollis utvigorigneus,
Sic &• fagtà temperaix '<
Consilio~sedusque Virtus,
Utrâque vos ô
Palladenobiles,
Quorumsecundisauctalaboribus
Res nosta. crevit, testor, Drbu
Grandis honos columenque
rerum.
o quanta bellise mihifulminum
Offertque SUAdtt copiajlumio:
num!
jih, Musa, ne tantes protervo
Magna nimis tenuare cantu.
O ter beatos!Ambrosiœ fovet
Quospartequintâ, quos Sicerâ
imbuit
Pomona dulei,
nec maligno
Proluere orafinitLiquore.
Non
,
quem Rhemensispocula
Liberi
Suo stuporem conciliantgregi,
Burgunda nec quosfœx cerebro
Ingerit imperiosa fumos,
Nec si quià alvum vellicar
acriùs
Tentatve renes, frangere pertinax
Zonasreluctantes acetum
VppaBretginiacum,verentur.
Sed turapingui qualiaflumine
ImbutagentisNeustriacœ
vigent
Artlls amicœrecreati
Nectareo Sicetœfluento.
Quisnon ab imâsuccineoœquore
tTwlla micantçs ludere garifl
mulas
M'trttta, & lai pcrmm
His Surcapta, mThrucas Âfijrm odaUs
ehtmfugh
tmpiùty
, Donis benignœ Neustridum
Dt4 :
Caterva Parnassi, relictos
Sprévit agros, portiore ciucLs
Sertit*jcdesalite. Tùmnovis
Narmanaphkct fulsit ho.
n"rilnu;
Trarijlatatum 'vittus disertœ
In Siceramfuit Hippocrenes.
Tum fœtusaura ftJrlicul"
liquor
Divinœ, htantk dum frtbit
intimos
Cordis recessus,puriore
tomniuitmtiè narajlltmmdeHinc robur ingens corporibus
ftJttj
Hinc ore ridet gratia blandior,
Hinc wgw-ai vis CM fatuvn
Vena fluensopulenta rtvo.
Hacpioptefaudis&f&pitntU
FacuflJàtellus Neustria &
artium :
Ex te Pntar*rhyitophomm,
EloqHivauép/w/nnx potentli",
Jmmenfafu*Qt. Nectaris bas
tui
Jfi&s rependis lenis antéintibits>
Pomona, nec quemquam.
tuorum
Conspicuâsint dote mittis.
Vos ô prophani, queis maie
t
consciis
Sordentamœnœ munera Neustriay
Torpere damnosoveterno
Digna cohors, procul este PAttSIl
ODE.
QVU 1Srumor aurespersonat
insolens ?
Qutd mitioris Pieridum Chori
Dulces alumnos pervicaci
Miscet & exagitat duellof
Qu#cayjkrixe? Vimî fiel
-
(o nefas)
Infanda molli bclU iftptr mcro
Pngwe non est Hippogrenes
Virgineos latices amantum. ;
Qui vos, Poetœ
,
mmque domtffnror,
Insanatandem mittite jurgia.
Parculpa vobis; For utrimque
Prœlia, Pœna manet,cientes.
Burgunda nam quid Silleriis
parat
Hic Vina, vites illeRbemzjèsium
PrœferreBurgundis, gracres
Vfque inimicitias monjtref --
Esto, jacentes suscitet Evuts
Af~~,€~ àddatcornu&rmlitiy
PostVinaMavorrisferoces
~Itruere in çuntos parato.
Sed quo
Satelles Thjrfîgeri
furor
Brevisminucipermet ÎWlpttll ?
Jam tt/a torpentes(pudendum)
Destituunt calamique dextras.
Qttin sijaventefa.1 peptreè*
rint
Benigna
,
fractasturpior
excipit
Vires fent&MSj & podagr*
Prada frnftfcjacettbriofus.
jrffl rore amico Neustria qktâ
femd
Beavit, ollis utvigorigneus,
Sic &• fagtà temperaix '<
Consilio~sedusque Virtus,
Utrâque vos ô
Palladenobiles,
Quorumsecundisauctalaboribus
Res nosta. crevit, testor, Drbu
Grandis honos columenque
rerum.
o quanta bellise mihifulminum
Offertque SUAdtt copiajlumio:
num!
jih, Musa, ne tantes protervo
Magna nimis tenuare cantu.
O ter beatos!Ambrosiœ fovet
Quospartequintâ, quos Sicerâ
imbuit
Pomona dulei,
nec maligno
Proluere orafinitLiquore.
Non
,
quem Rhemensispocula
Liberi
Suo stuporem conciliantgregi,
Burgunda nec quosfœx cerebro
Ingerit imperiosa fumos,
Nec si quià alvum vellicar
acriùs
Tentatve renes, frangere pertinax
Zonasreluctantes acetum
VppaBretginiacum,verentur.
Sed turapingui qualiaflumine
ImbutagentisNeustriacœ
vigent
Artlls amicœrecreati
Nectareo Sicetœfluento.
Quisnon ab imâsuccineoœquore
tTwlla micantçs ludere garifl
mulas
M'trttta, & lai pcrmm
His Surcapta, mThrucas Âfijrm odaUs
ehtmfugh
tmpiùty
, Donis benignœ Neustridum
Dt4 :
Caterva Parnassi, relictos
Sprévit agros, portiore ciucLs
Sertit*jcdesalite. Tùmnovis
Narmanaphkct fulsit ho.
n"rilnu;
Trarijlatatum 'vittus disertœ
In Siceramfuit Hippocrenes.
Tum fœtusaura ftJrlicul"
liquor
Divinœ, htantk dum frtbit
intimos
Cordis recessus,puriore
tomniuitmtiè narajlltmmdeHinc robur ingens corporibus
ftJttj
Hinc ore ridet gratia blandior,
Hinc wgw-ai vis CM fatuvn
Vena fluensopulenta rtvo.
Hacpioptefaudis&f&pitntU
FacuflJàtellus Neustria &
artium :
Ex te Pntar*rhyitophomm,
EloqHivauép/w/nnx potentli",
Jmmenfafu*Qt. Nectaris bas
tui
Jfi&s rependis lenis antéintibits>
Pomona, nec quemquam.
tuorum
Conspicuâsint dote mittis.
Vos ô prophani, queis maie
t
consciis
Sordentamœnœ munera Neustriay
Torpere damnosoveterno
Digna cohors, procul este PAttSIl
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Résumé : SICERA. ODE.
L'ode décrit une compétition entre différents vins et leurs effets bénéfiques. L'auteur exprime son désir de voir les Muses apaiser les disputes entre les poètes. Il mentionne une rivalité entre les vins de Bourgogne et de Rhénanie, chacun ayant ses partisans. Les vins de Neustrie sont loués pour leurs effets positifs, apportant vigueur et santé, contrairement aux vins de Rhénanie et de Bourgogne qui peuvent causer des maux comme la goutte. Ces vins sont comparés au nectar des dieux, inspirant les poètes et apportant force et grâce. L'ode se conclut par une exhortation à réserver les bienfaits des vins de Neustrie à une élite digne de ces présents, en écartant les profanes.
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1468
p. 261-263
ENIGME.
Début :
Voicy des Nations l'ecueil inévitable [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Voicy des Nations
l'ecueil inévitable
Où sans droit d'accuser
les AJlres decevants
Sans l'ire de Neptune&
la fureur des Vents
Les plus fages Nochers
se perdent dans le
fable
Auxplus belles Saisons
ilefl épouvantable
Par des coups de malheur
l'un & l'autre Je
Juivarks
Parles noires horreurs des
PfmnîomesmomMvtàs
Et par tout et qui rend
laParqueredoutable
bITMit yta Tènvirànne
étonnelaffiènd&à'
De tieuic dont innivers
adore la grandeur
Defortune Ù* du temps
miserables victimes
Les Ccturslesplushardis
ar&gnent de l'arracher
Et les fins infúiet &
les fias nets de
crimes
Le rencontre par tout
sans jamais le
chercher.
Voicy des Nations
l'ecueil inévitable
Où sans droit d'accuser
les AJlres decevants
Sans l'ire de Neptune&
la fureur des Vents
Les plus fages Nochers
se perdent dans le
fable
Auxplus belles Saisons
ilefl épouvantable
Par des coups de malheur
l'un & l'autre Je
Juivarks
Parles noires horreurs des
PfmnîomesmomMvtàs
Et par tout et qui rend
laParqueredoutable
bITMit yta Tènvirànne
étonnelaffiènd&à'
De tieuic dont innivers
adore la grandeur
Defortune Ù* du temps
miserables victimes
Les Ccturslesplushardis
ar&gnent de l'arracher
Et les fins infúiet &
les fias nets de
crimes
Le rencontre par tout
sans jamais le
chercher.
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1469
p. 60-71
LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
Début :
Princes, qu'une gloire frivole [...]
Mots clefs :
Gloire, Combat, Vertus, Héros, Passions, Désir, Valeurs, Tyran, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
LA FAUSSE VALEUR
Par M. l'Abbé Mommenet.
Ole qui vient de remporter le prix .
de Poelie des Jeux Floraux.
Quipacis ineunt confilia , eos fequi--
tar gaudium: Prov. 12.
PRinces , qu'une gloire
frivole
Anime à chercher les combats ,
Qu'attendez-vous de cette:
Idole ,
Qu'un vain nom aprés le
trépas ?
GALANT.
Ignorez - vous quelles mi
feres
Mars &Bellone fanguinaires
Traînent aprés leurs chars
poudreux ?
Queje vous plains , fi la na
{ sture: V
N'excite en vous aucun
murmure ,
Quand vousfaites des mal
heureux !
#?
Loin du bruit des combats
terribles
Vigilans , au fein du repos ,
Cultivez les vertus paifibles,
62 MERCURE
Elles forment les vraisHe
ros.
Pourquoy faut-il que vôtré
épée
Dans le fang humain ſoit
trempée ,
.
Pour porter le nom de
vainqueur ?
Serez-vous moins couverts
de gloire ,
Si vous remportez la vićtoire
Sur les defirs de vôtre cœur?
Dequel droit ce Grec qu'on
admire.
Enyvré de fes paffions ,
GALANT.
Alla til defoler l'Empire
Des plus tranquilles nations?
Aprés cent combats homil
cides ,
Au gré de ſes defirs avides
C'étoit peu qu'un monde
foûmisdo
Auroit - il manqué d'exercice ,
S'il avoit fçû compter le
vice e
Au nombre de fes ennemis?
Malgré les trompeuſes ma-
.ximes
64 MERCURE
De cent lâches adulateurs ,
Sous de beaux noms les plus
grands crimes
Nous cachent des ufurpa
teurs.
Pleins de l'orgueil qui les
dévore ,
Du couchantjufques à l'aucomb orprore HeronA
On craint ces Rois ambiSortieux
-tieux.
Dans leurs mains gronde le
antonnerre ,
Ce n'eft qu'en ravageant la
terre
Qu'ils ofent s'en croire les
Dieux.
À
GALANT. 65
Adeux Tyrans de leur patrie ,
Soulez du plus beau fang
Romain,
Qui ne fçait que la flaterie
A prodigué le nom d'hu
main ?
Infenfez nous jugeons encore
De ces fantômes qu'elle a
doré
Par un faux éclat qui forz
prend.
Nous admirons fans retenue ,
LeTyran échape à la vûë¸,
May1712.
F.
66 MERCURE
On ne voit que le Conque
ranta
Ainfi de cette ardeur bru
tale
Que n'infpire point le devoir
Nôtreeftime aveugle &fatale
Accredite encor le pouvoir.
Al'afpect des villes enpou
dre ,
Des murs écrafez par la
foudre,
En vain nos yeux font of
frayez.
Victimes d'un honneur bis
zarre
GALANT 67
Nous encenfons la main
barbare
Par qui ces murs font fou
droyez.
Il en eft peu dont la pru
dence
De concertavec labonté
Renferme l'aveugle puif
fance
Dans les bornes de l'équi
τέ;
Qui forcez de prendre les
armes
Pefent & le sag &les larmes
Qu'un triomphe leur va
coûter,
Fij
68 MERCURE.
Et qui retenant leur cou-,
rage ;
Songent à diffiper Forage
Avant qu'onl'entende écla
ter.
Jadis guidé par la fageffe
Salomon, l'amour des mortels , rela
Condamna Forgüeilleufe
yvreffe el ens
A qui nous dreffons dés autels.
Sans s'armer d'un fer redoutable , T
Content de fon cœuréqui
cable,
GALANT. F69
Ses bienfaits étoient fes ex
ploits.
Il fut grand fans être terri↓
ble ,
Et ne ceffa d'être invincible.
Qu'en ceffant d'obferver less
loix.
N'eſt-il plus de ces regnes
calmes
Où les loix fervent de rem
parts?
Oùl'on n'aime à cueillir desi
palmes
Que dans la lice des beaux)
ihearts ; mid s
Qu le commerce & l'abon
dance ,
79 MERCURE
Sources de la magnificen
ce ,
Du citoyen comblent les
vœux ;..
Où la justice revérée
Semble encor du regne:
d'Aftréé
Renouveller le temps heu
reux.
Rends nous cette vie innocente ,
Douce paix , montre à ces
guerriers
Que ton olive bienfaifante
Vaut bien leurs funeftes
lauriers.
GALANT 70:
Fais de la main de ta rivale,
Tomber cette torche fa
tale "
Dont tant de cœurs font
embrafez.
Toy feule en defarmant fa
rage
Effaceras la trifte image f
De tous les maux qu'elle a
caufez....
Par M. l'Abbé Mommenet.
Ole qui vient de remporter le prix .
de Poelie des Jeux Floraux.
Quipacis ineunt confilia , eos fequi--
tar gaudium: Prov. 12.
PRinces , qu'une gloire
frivole
Anime à chercher les combats ,
Qu'attendez-vous de cette:
Idole ,
Qu'un vain nom aprés le
trépas ?
GALANT.
Ignorez - vous quelles mi
feres
Mars &Bellone fanguinaires
Traînent aprés leurs chars
poudreux ?
Queje vous plains , fi la na
{ sture: V
N'excite en vous aucun
murmure ,
Quand vousfaites des mal
heureux !
#?
Loin du bruit des combats
terribles
Vigilans , au fein du repos ,
Cultivez les vertus paifibles,
62 MERCURE
Elles forment les vraisHe
ros.
Pourquoy faut-il que vôtré
épée
Dans le fang humain ſoit
trempée ,
.
Pour porter le nom de
vainqueur ?
Serez-vous moins couverts
de gloire ,
Si vous remportez la vićtoire
Sur les defirs de vôtre cœur?
Dequel droit ce Grec qu'on
admire.
Enyvré de fes paffions ,
GALANT.
Alla til defoler l'Empire
Des plus tranquilles nations?
Aprés cent combats homil
cides ,
Au gré de ſes defirs avides
C'étoit peu qu'un monde
foûmisdo
Auroit - il manqué d'exercice ,
S'il avoit fçû compter le
vice e
Au nombre de fes ennemis?
Malgré les trompeuſes ma-
.ximes
64 MERCURE
De cent lâches adulateurs ,
Sous de beaux noms les plus
grands crimes
Nous cachent des ufurpa
teurs.
Pleins de l'orgueil qui les
dévore ,
Du couchantjufques à l'aucomb orprore HeronA
On craint ces Rois ambiSortieux
-tieux.
Dans leurs mains gronde le
antonnerre ,
Ce n'eft qu'en ravageant la
terre
Qu'ils ofent s'en croire les
Dieux.
À
GALANT. 65
Adeux Tyrans de leur patrie ,
Soulez du plus beau fang
Romain,
Qui ne fçait que la flaterie
A prodigué le nom d'hu
main ?
Infenfez nous jugeons encore
De ces fantômes qu'elle a
doré
Par un faux éclat qui forz
prend.
Nous admirons fans retenue ,
LeTyran échape à la vûë¸,
May1712.
F.
66 MERCURE
On ne voit que le Conque
ranta
Ainfi de cette ardeur bru
tale
Que n'infpire point le devoir
Nôtreeftime aveugle &fatale
Accredite encor le pouvoir.
Al'afpect des villes enpou
dre ,
Des murs écrafez par la
foudre,
En vain nos yeux font of
frayez.
Victimes d'un honneur bis
zarre
GALANT 67
Nous encenfons la main
barbare
Par qui ces murs font fou
droyez.
Il en eft peu dont la pru
dence
De concertavec labonté
Renferme l'aveugle puif
fance
Dans les bornes de l'équi
τέ;
Qui forcez de prendre les
armes
Pefent & le sag &les larmes
Qu'un triomphe leur va
coûter,
Fij
68 MERCURE.
Et qui retenant leur cou-,
rage ;
Songent à diffiper Forage
Avant qu'onl'entende écla
ter.
Jadis guidé par la fageffe
Salomon, l'amour des mortels , rela
Condamna Forgüeilleufe
yvreffe el ens
A qui nous dreffons dés autels.
Sans s'armer d'un fer redoutable , T
Content de fon cœuréqui
cable,
GALANT. F69
Ses bienfaits étoient fes ex
ploits.
Il fut grand fans être terri↓
ble ,
Et ne ceffa d'être invincible.
Qu'en ceffant d'obferver less
loix.
N'eſt-il plus de ces regnes
calmes
Où les loix fervent de rem
parts?
Oùl'on n'aime à cueillir desi
palmes
Que dans la lice des beaux)
ihearts ; mid s
Qu le commerce & l'abon
dance ,
79 MERCURE
Sources de la magnificen
ce ,
Du citoyen comblent les
vœux ;..
Où la justice revérée
Semble encor du regne:
d'Aftréé
Renouveller le temps heu
reux.
Rends nous cette vie innocente ,
Douce paix , montre à ces
guerriers
Que ton olive bienfaifante
Vaut bien leurs funeftes
lauriers.
GALANT 70:
Fais de la main de ta rivale,
Tomber cette torche fa
tale "
Dont tant de cœurs font
embrafez.
Toy feule en defarmant fa
rage
Effaceras la trifte image f
De tous les maux qu'elle a
caufez....
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Résumé : LA FAUSSE VALEUR. Par M. l'Abbé Mommenet. Ode qui vient de remporter le prix de Poësie des Jeux Floraux. Quis pacis inennt consilia, cos sequitur gaudium. Prov. 12.
Le poème 'La fausse valeur' de l'Abbé Mommenet, lauréat du prix de Poésie des Jeux Floraux, critique la quête de gloire frivole à travers les combats et les guerres. Il met en garde contre les conséquences destructrices de ces conflits et souligne que les véritables héros cultivent des vertus pacifiques. Le texte dénonce les tyrans ambitieux qui cherchent à dominer par la force, cachant leurs crimes sous des apparences trompeuses. Il exalte la sagesse et la justice, illustrées par des figures historiques comme Salomon. Le poème appelle à une vie paisible et juste, où la paix et l'abondance prévalent sur les lauriers de la guerre. Il se termine par un appel à la paix, présentée comme supérieure aux triomphes militaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1470
p. 87-88
Parodie de l'Engime du Mercure dernier.
Début :
Chevelure je suis souvent entrelassée [...]
Mots clefs :
Parodie, Chevelure, Peigne, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Engime du Mercure dernier.
Parodie de l'Enigme duMercure dernier.
CHevelure je fuis ſouvent entrelaffée
Avant qu'un peigne m'ait
88 MERCURE
de cent pointes percée ,
Avant quele fer & le feu
Me gênant à leur tour
M'ayent miſe en état de
bien fervir l'amour.
La tête , lieu de ma naif-
.... fance ,
N'eft point par humains
habité,
Pourtant on y raiſonne , on
yrêve , on y penfe.
Pourquoy donc n'ai-je pas
cette proprieté ?
CHevelure je fuis ſouvent entrelaffée
Avant qu'un peigne m'ait
88 MERCURE
de cent pointes percée ,
Avant quele fer & le feu
Me gênant à leur tour
M'ayent miſe en état de
bien fervir l'amour.
La tête , lieu de ma naif-
.... fance ,
N'eft point par humains
habité,
Pourtant on y raiſonne , on
yrêve , on y penfe.
Pourquoy donc n'ai-je pas
cette proprieté ?
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1471
p. 91-94
ENIGME nouvelle.
Début :
Si mâle ou femelle je suis, [...]
Mots clefs :
Anneau ou bague
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME nouvelle.
ENIGME
nouvelle.
1
S1 måle ou femelle je
fuis,
Ceft ce qu'affirmer je ne
puis.
Simple , fans ornement
Hij
92 MERCURE
d'un nom male onm'appelle:
Mais orné richement je
porte un nom femelle.
Commej'aiplus d'un nom,
j'ai bien plus d'un
employ ;
Male on me voit porter
fous moy
Une espece de longue mante i
Femelle legere glißante
Je m'égarefouvent , quel
quefois je me perds
GALANT 93
Ermåle fervant une Retne,,
Uneadorable Souveraine,
Je porte&fais porter fes
fers.
Femelle étant l'objet de
2 maint Seigneur &
Prince;
Chacun d'eux me difpute
ainfi qu'une Province vincentova :
Enpublic le victorieux
De m'avoir et tout glocontio- rieux on t
Enfecret fille vertuenfe
94 MERCURE
De m'avoir eft toute hon
teuſe.
nouvelle.
1
S1 måle ou femelle je
fuis,
Ceft ce qu'affirmer je ne
puis.
Simple , fans ornement
Hij
92 MERCURE
d'un nom male onm'appelle:
Mais orné richement je
porte un nom femelle.
Commej'aiplus d'un nom,
j'ai bien plus d'un
employ ;
Male on me voit porter
fous moy
Une espece de longue mante i
Femelle legere glißante
Je m'égarefouvent , quel
quefois je me perds
GALANT 93
Ermåle fervant une Retne,,
Uneadorable Souveraine,
Je porte&fais porter fes
fers.
Femelle étant l'objet de
2 maint Seigneur &
Prince;
Chacun d'eux me difpute
ainfi qu'une Province vincentova :
Enpublic le victorieux
De m'avoir et tout glocontio- rieux on t
Enfecret fille vertuenfe
94 MERCURE
De m'avoir eft toute hon
teuſe.
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1472
p. 117-118
MADRIGAL.
Début :
Loin du rivage où naquit mon amour [...]
Mots clefs :
Rivage, Amour, Ismène, Peine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL.
Loindurivage où naquit
mon amour N
AZile beureux de l'objet
quej'adore,
A chaque inftantje m'y
promene encore
Tout me retrace un fi
charmant féjour.
Mon cœur confond&la
Loire & la Seine
D'un bois chery l'Image
douce & vaine
8 MERCURE
S'offre à mesyeux &la
nuit & le jour.
Je crois fans cess: y rencontrer Ifmene
Ifmene, belas ! dans ce
fatal moment
Tout difparoift comme
( un enchantement,
Etcebeaufonge augmente
encore mapeine.
L'Auteur de ce Madrigal
m'a envoyé un Egloge que
je ne puis donner que le
mois prochain
Loindurivage où naquit
mon amour N
AZile beureux de l'objet
quej'adore,
A chaque inftantje m'y
promene encore
Tout me retrace un fi
charmant féjour.
Mon cœur confond&la
Loire & la Seine
D'un bois chery l'Image
douce & vaine
8 MERCURE
S'offre à mesyeux &la
nuit & le jour.
Je crois fans cess: y rencontrer Ifmene
Ifmene, belas ! dans ce
fatal moment
Tout difparoift comme
( un enchantement,
Etcebeaufonge augmente
encore mapeine.
L'Auteur de ce Madrigal
m'a envoyé un Egloge que
je ne puis donner que le
mois prochain
Fermer
Résumé : MADRIGAL.
Le texte décrit un madrigal exprimant l'amour de l'auteur pour un lieu éloigné. Ce lieu, associé à une personne aimée, évoque des souvenirs heureux. L'auteur y voit constamment une figure nommée Ifmene, qui disparaît soudainement, augmentant sa peine. L'auteur a également envoyé une églogue, mais sa publication est prévue pour le mois prochain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1473
p. 153-168
LE CIDRE. ODE.
Début :
Qu'elles sont ces voix indiscrettes [...]
Mots clefs :
Cidre, Vin de Bourgogne, Vin de Champagne, Bacchus, Vignes, Poètes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE CIDRE. ODE.
Le fieur Grenan , Bourguignon , Profeffeur de Seconde au College d'Harcour a fait une Ode latine à
la loüange du Vin de Bourgogne ; Mr Coffin Champenois Profeffeur de Secon
de au College de Beauvais,
répondit à l'Ode du fieur
Grenan, par une Ode pour la
défenſe du Vin de Bourgo.
gne,M' Duhamel Normand
154 MERCURE
Profeffeur de Rhetorique
au College des Graffins a
fait une Ode latine , fur le
Cidre en voicy la tra
duction.
LE CIDRE
ODE.
Qu'ellesfont ces voix
indifcrettes
Qui fe font entendre en
tous lieux?
Quoy, Mufes deuxfa
meux Poëtes
S'ofent quereller à vos
GALANT. 155
yeux?
Pourquelfujet leurvaine
audace.
Allarme-t-elle du ParI
naffe
Lespacifiques Habitans?
Pour du Vin ?je le crois
à
peine.
Quoy des buveurs de
L'Hippocrene
Le Vin feroit des combattans ?
Poëtes la Guerre eft
fatalle
156 MERGURE
Que caufe un vain entêtement:
La faute entre vous est
égálle
Pareilfera le chaftiment.
Car, pourquoy par vos
Vers infignes VV
Louer fi hautement, vos
Vignes
Et blafmerles autres Liqueurs?
Commefi Bourgogne &
Champagne
Seules du Pais de
Cocagne.
GALANT: 157
Renfermoient toutes les
douceurs.
Je veux bien que Bacchus excite
Le phlegme d'un trop
froid rimeur
Et que
irrite
du Guerrier il
Quelquesfois l'indolente
bumeur
Mais ce feu de peu de
durée
N'a qu'une ardeur accelerée
158 MERCURE
Qui naist & peris à la
fois
Et fi les deftins trop faciles
Laiffent vieillir ces imbecilles
La goutte
Babois.
les met aux
23
Mais Pomone tes
Privileges
Signalent bien mieux ta
liqueur
Tu mets dans ceux que
tu proteges
GALANT, 159
Un efpritfolide,ungrand
cœur
Témoins ces Heros dont
la gloire
Gravel au Temple de
memoire
Honore leur pofterité
Témoins les fçavans
dont la plume
Afçuparplus d'un beau
volume
S'acquerir l'immortalité.
Dieux, quelle Affemblée éclatante
160 MERCURE
D'eloquens & braves
CeZars !
Mufe, leur nombre m'épouvante,
Sauvons - nous, fuyons
les hazards.
Ce n'eft pas à mesfoibles
rithmes
A tracer les vertus fublimes
De ces grands foutiens
des Etats
Et vouloirfans voix &
Jansforce
Suivre une fi flateuſe
GALANT. 161
amorce
C'eſt courir fans fer
aux combats
Vous chers favoris de
Pom one
Qui beuvez fon jus à
longs traits
Contents des biens qu'elle
vous donne
Pour vous leVin eftfans
attraits Ne
Vous évitez cesfucs perfides
Qui rendent leurs beuMay 1712. O
162 MERCURE
veurs stupides
Ouquirenversefaraifon,
Et la liqueur traitreffe
&dure
Qui tranche & rompt.
mainte cointure
Eft pour vous un fatal
poifon.
Mais tels qu'une belle
Prairie
Qu'arrose un paisible
ruißeauties 20
Toujours verte toujours
fleurie Jackson is
TYM
JOIN
GALANT. 163
1.
N'offre rien aux yeux
que de beau,
Tels arrofez, du jus des
Pommes
Les Normand's entre
tous les hommes
Sontrobuftes &gracieux
Et grand gente en fa
2
courſe
Eft unfleuve qui dés la
fource
N'a rien eu que de
merveilleux
Ⓒ Cidre ! o celefte Ambroifie
O ij
164 MERCURE
Des dons que les Dieux
nous ontfaits ,
Quinteßence, Elixir de
vie ,
C'eft toy qui produis ces.
effets.
Poëtes , dans cette mer
d'ambre,
Dans ce charmant fus
de Septembre ,
Voyez fe jouer les Saphirs
Dieux, quelle exhalaifon
divine
S'elevant decettePifcine,
GALANT. 167
Mouille les ailes des Ze-
·
phirs.
Faut-il s'étonner fi la
Trouppe
Des Mufes, ces divines
Sœurs ,
Ayantgoûtédecette couppe...
En eftima tant les douceurs,
Side fon pays exilée
Elle enfut bien-toftconA folee, a
Ayantfait unplus digne
WM choixus
166 MERCURE
Enfinfifareconnoiffan
ce
Au Cidre donna lapuif
Cance
Que l'Hippocrene eut autrefois ?
學
Depuis cette heureuſe
arrivée
Le Cidre empreint d'un
feu divin
De lanature dépravée
Corrige le mauvais levain.
Dés-lors chez vous , belle
Neuftrie
GALANT. 167
Et la Sageße & Induf
trie
Trouverent uncharmant
Séjour.
Et l'on voit de vos riches
plages
Sortir de tous rangs , de
tous ages con
Mille grands hommes
chaque jour.
230
C'est ainsi, Deeßefincere's
Que vous répandez vos
faveurs
168 MERCURE
Sur chaque mortel qui
prefere
VoftreFus aux autres liqueurs.
Loin defouffrirqu'aucun
des vostres
Géde jamais la palme à
d'autres,
Vous comble leurs plus
douxfouhaits.
Vous, qui méprifez nos
breuvages ,
Poëtes dans le vin pew
fages,
Dorme , & n'écrivez
jamais.
la loüange du Vin de Bourgogne ; Mr Coffin Champenois Profeffeur de Secon
de au College de Beauvais,
répondit à l'Ode du fieur
Grenan, par une Ode pour la
défenſe du Vin de Bourgo.
gne,M' Duhamel Normand
154 MERCURE
Profeffeur de Rhetorique
au College des Graffins a
fait une Ode latine , fur le
Cidre en voicy la tra
duction.
LE CIDRE
ODE.
Qu'ellesfont ces voix
indifcrettes
Qui fe font entendre en
tous lieux?
Quoy, Mufes deuxfa
meux Poëtes
S'ofent quereller à vos
GALANT. 155
yeux?
Pourquelfujet leurvaine
audace.
Allarme-t-elle du ParI
naffe
Lespacifiques Habitans?
Pour du Vin ?je le crois
à
peine.
Quoy des buveurs de
L'Hippocrene
Le Vin feroit des combattans ?
Poëtes la Guerre eft
fatalle
156 MERGURE
Que caufe un vain entêtement:
La faute entre vous est
égálle
Pareilfera le chaftiment.
Car, pourquoy par vos
Vers infignes VV
Louer fi hautement, vos
Vignes
Et blafmerles autres Liqueurs?
Commefi Bourgogne &
Champagne
Seules du Pais de
Cocagne.
GALANT: 157
Renfermoient toutes les
douceurs.
Je veux bien que Bacchus excite
Le phlegme d'un trop
froid rimeur
Et que
irrite
du Guerrier il
Quelquesfois l'indolente
bumeur
Mais ce feu de peu de
durée
N'a qu'une ardeur accelerée
158 MERCURE
Qui naist & peris à la
fois
Et fi les deftins trop faciles
Laiffent vieillir ces imbecilles
La goutte
Babois.
les met aux
23
Mais Pomone tes
Privileges
Signalent bien mieux ta
liqueur
Tu mets dans ceux que
tu proteges
GALANT, 159
Un efpritfolide,ungrand
cœur
Témoins ces Heros dont
la gloire
Gravel au Temple de
memoire
Honore leur pofterité
Témoins les fçavans
dont la plume
Afçuparplus d'un beau
volume
S'acquerir l'immortalité.
Dieux, quelle Affemblée éclatante
160 MERCURE
D'eloquens & braves
CeZars !
Mufe, leur nombre m'épouvante,
Sauvons - nous, fuyons
les hazards.
Ce n'eft pas à mesfoibles
rithmes
A tracer les vertus fublimes
De ces grands foutiens
des Etats
Et vouloirfans voix &
Jansforce
Suivre une fi flateuſe
GALANT. 161
amorce
C'eſt courir fans fer
aux combats
Vous chers favoris de
Pom one
Qui beuvez fon jus à
longs traits
Contents des biens qu'elle
vous donne
Pour vous leVin eftfans
attraits Ne
Vous évitez cesfucs perfides
Qui rendent leurs beuMay 1712. O
162 MERCURE
veurs stupides
Ouquirenversefaraifon,
Et la liqueur traitreffe
&dure
Qui tranche & rompt.
mainte cointure
Eft pour vous un fatal
poifon.
Mais tels qu'une belle
Prairie
Qu'arrose un paisible
ruißeauties 20
Toujours verte toujours
fleurie Jackson is
TYM
JOIN
GALANT. 163
1.
N'offre rien aux yeux
que de beau,
Tels arrofez, du jus des
Pommes
Les Normand's entre
tous les hommes
Sontrobuftes &gracieux
Et grand gente en fa
2
courſe
Eft unfleuve qui dés la
fource
N'a rien eu que de
merveilleux
Ⓒ Cidre ! o celefte Ambroifie
O ij
164 MERCURE
Des dons que les Dieux
nous ontfaits ,
Quinteßence, Elixir de
vie ,
C'eft toy qui produis ces.
effets.
Poëtes , dans cette mer
d'ambre,
Dans ce charmant fus
de Septembre ,
Voyez fe jouer les Saphirs
Dieux, quelle exhalaifon
divine
S'elevant decettePifcine,
GALANT. 167
Mouille les ailes des Ze-
·
phirs.
Faut-il s'étonner fi la
Trouppe
Des Mufes, ces divines
Sœurs ,
Ayantgoûtédecette couppe...
En eftima tant les douceurs,
Side fon pays exilée
Elle enfut bien-toftconA folee, a
Ayantfait unplus digne
WM choixus
166 MERCURE
Enfinfifareconnoiffan
ce
Au Cidre donna lapuif
Cance
Que l'Hippocrene eut autrefois ?
學
Depuis cette heureuſe
arrivée
Le Cidre empreint d'un
feu divin
De lanature dépravée
Corrige le mauvais levain.
Dés-lors chez vous , belle
Neuftrie
GALANT. 167
Et la Sageße & Induf
trie
Trouverent uncharmant
Séjour.
Et l'on voit de vos riches
plages
Sortir de tous rangs , de
tous ages con
Mille grands hommes
chaque jour.
230
C'est ainsi, Deeßefincere's
Que vous répandez vos
faveurs
168 MERCURE
Sur chaque mortel qui
prefere
VoftreFus aux autres liqueurs.
Loin defouffrirqu'aucun
des vostres
Géde jamais la palme à
d'autres,
Vous comble leurs plus
douxfouhaits.
Vous, qui méprifez nos
breuvages ,
Poëtes dans le vin pew
fages,
Dorme , & n'écrivez
jamais.
Fermer
Résumé : LE CIDRE. ODE.
Le texte décrit une dispute littéraire entre trois professeurs de rhétorique concernant les mérites respectifs du vin de Bourgogne, du vin de Champagne et du cidre. Le professeur Grenan, originaire de Bourgogne, a composé une ode latine en l'honneur du vin de Bourgogne. En réponse, le professeur Coffin, Champenois, a écrit une ode pour défendre le vin de Champagne. Le professeur Duhamel, Normand, a ensuite composé une ode latine en faveur du cidre, dont une traduction est fournie. Dans son ode, Duhamel critique les querelles entre les poètes et souligne que les disputes sur le vin ne devraient pas diviser les habitants pacifiques. Il reconnaît que le vin peut exciter les passions, mais il souligne que ces effets sont de courte durée. Duhamel vante ensuite les mérites du cidre, affirmant qu'il procure un esprit solide et un grand cœur. Il cite des héros et des savants illustres qui ont bénéficié des bienfaits du cidre. Duhamel compare le cidre à une belle prairie toujours verte et fleurie, et loue les Normands pour leur robustesse et leur grâce. Il décrit le cidre comme une ambroisie, une quintessence de vie, capable de corriger les mauvaises mœurs. Il conclut en affirmant que le cidre répand ses faveurs sur tous ceux qui le préfèrent aux autres breuvages, et que ceux qui méprisent le cidre ne devraient pas écrire de poésie.
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1474
p. 183-184
RESPONSES à la seconde Question du Mercure précedent. / Chanson par Mr de Tr...
Début :
Verres grands & petits, sont dignes de louange, [...]
Mots clefs :
Verres à boire, Taille, Vin
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texteReconnaissance textuelle : RESPONSES à la seconde Question du Mercure précedent. / Chanson par Mr de Tr...
RESPONSES
à la feconde Queſtion du
Mercureprécedent.
Si dans un repas on doit
préferer les grands Verres
aux petits.
Chanfon par Mrde Tr...
Verres grands & petits , font
dignes de louange ,
Il m'en faut des plus grands
184 MERCURE
pour me defalterer :
Quandje voy le buffet bien
garni de coulange ;
Mais quand j'ay peu de vin,
vifte qu'on me les change
Fay recours aux petits pour le
faire durer
à la feconde Queſtion du
Mercureprécedent.
Si dans un repas on doit
préferer les grands Verres
aux petits.
Chanfon par Mrde Tr...
Verres grands & petits , font
dignes de louange ,
Il m'en faut des plus grands
184 MERCURE
pour me defalterer :
Quandje voy le buffet bien
garni de coulange ;
Mais quand j'ay peu de vin,
vifte qu'on me les change
Fay recours aux petits pour le
faire durer
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1475
p. 186-187
RESPONSE par le bon Convive
Début :
Les petits Verres font jaser [...]
Mots clefs :
Verres à boire, Taille, Boire
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texteReconnaissance textuelle : RESPONSE par le bon Convive
RESPONSE
parle bon Convive
Les petits Verres font jaſer
Dans le commerce de la table ,
Ils fervent à nous amuſer,
Et c'est ce que le vin a de plus
GALANT. 187
agreable.
Boire à grands coups c'est
abuſer
D'une liqueurfi delectable.
parle bon Convive
Les petits Verres font jaſer
Dans le commerce de la table ,
Ils fervent à nous amuſer,
Et c'est ce que le vin a de plus
GALANT. 187
agreable.
Boire à grands coups c'est
abuſer
D'une liqueurfi delectable.
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1476
p. 188-189
RESPONSES aux Questions par le mesme
Début :
Un Yvrogne boiroit volontiers au tonneau, [...]
Mots clefs :
Amour et haine, Taille, Verres à boire
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texteReconnaissance textuelle : RESPONSES aux Questions par le mesme
RESPONSES
aux Queſtions par le
mefme.
Premiere Queſtion.
Si l'on doit préferer dans
un repas les grands Verres
aux petits.
UnYvrogneboiroit volontiers
au tonneau ,
Un vaste gobelet ne peut le
fatisfaire;
Pour moy plus délicať, je croy
beaucoup mieux faire
Quandje vuide fouvent fans
cau›
GALANT. 18
霰
Grande bouteille , &petit
Verre.
SECONDE QUESTION.
Si l'on peut haïr ce qu'on
a une fois bien aimé,
Refponſe.
Quand d'une trahifon la cou
pable noirceur
Vient arracher la tendresse
d'un cœur ,
L'amourfait place à lafureur.
Pour un cœur delicat la maxime eft certaine ,
Aquifceut bien aimer , il n'eft
point de retour ,
Et la mesure de l'amour
Fait la mesure de la haine
aux Queſtions par le
mefme.
Premiere Queſtion.
Si l'on doit préferer dans
un repas les grands Verres
aux petits.
UnYvrogneboiroit volontiers
au tonneau ,
Un vaste gobelet ne peut le
fatisfaire;
Pour moy plus délicať, je croy
beaucoup mieux faire
Quandje vuide fouvent fans
cau›
GALANT. 18
霰
Grande bouteille , &petit
Verre.
SECONDE QUESTION.
Si l'on peut haïr ce qu'on
a une fois bien aimé,
Refponſe.
Quand d'une trahifon la cou
pable noirceur
Vient arracher la tendresse
d'un cœur ,
L'amourfait place à lafureur.
Pour un cœur delicat la maxime eft certaine ,
Aquifceut bien aimer , il n'eft
point de retour ,
Et la mesure de l'amour
Fait la mesure de la haine
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Résumé : RESPONSES aux Questions par le mesme
Le texte discute de deux sujets. Premièrement, l'auteur préfère les petits verres pour éviter l'excès lors des repas. Deuxièmement, il explique que la trahison peut transformer l'amour en haine. Pour un cœur délicat, l'intensité de l'amour initial détermine celle de la haine ultérieure.
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1477
p. 190-191
PARODIE de la seconde Enigme du Mercure précdent, Par Madame de G....
Début :
Porte-feüille contient des thresors de science, [...]
Mots clefs :
Portefeuille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARODIE de la seconde Enigme du Mercure précdent, Par Madame de G....
PARODIE
de la feconde Enigme
du Mercure précedent ,
Par Madame de G...
Portefeuille contient
des threfors de fcience ,
Poëte, Docteur & Greffier,
Se plaifent à remplir fa
panfe:
Porte feuilles ouverts font
utiles en France ;
Portefeuilles fermez plai
fent à l'ufurier :
Car rareté d'argent leur
produitl'abondance ,
GALANT. 191
Leporte-feuille enfin porté par l'écolier ,
Souftient les hommes de
finance
de la feconde Enigme
du Mercure précedent ,
Par Madame de G...
Portefeuille contient
des threfors de fcience ,
Poëte, Docteur & Greffier,
Se plaifent à remplir fa
panfe:
Porte feuilles ouverts font
utiles en France ;
Portefeuilles fermez plai
fent à l'ufurier :
Car rareté d'argent leur
produitl'abondance ,
GALANT. 191
Leporte-feuille enfin porté par l'écolier ,
Souftient les hommes de
finance
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1478
p. 191-192
Response à la Question,
Début :
Il n'est rien tel que les grands hommes, [...]
Mots clefs :
Taille, Homme, Ragotin
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texteReconnaissance textuelle : Response à la Question,
Refponfe à la Queſtion ,
S'il eft plus avantageux à
un homme d'eftre d'une grande
taille que d'une petite .
Il n'est rien tel que les
grands hommes,
Pour bien cueillir poires
&
pommes :
Pour cueillir fraiſes aux
bois vivent les plus petits.
Petits dépensent moins en
192 MERCURE
vivres , en habits ;
Et les grands en fouliers ,
la cauſe en eft abftraite ,
C'est qu'ils font moins de
pas dans une égale traite.
Ergo les plus petits battent
plus le pavé,
Baguenaudiere haut élevé,
Dans unſpectacle a l'avantage ,
Pendant que Ragotin enrage ;
Mais auffi Ragotin derrie
re un parapet ,
Sans faire le plongeon ;
craint bien moins le mouf
quer.
R
S'il eft plus avantageux à
un homme d'eftre d'une grande
taille que d'une petite .
Il n'est rien tel que les
grands hommes,
Pour bien cueillir poires
&
pommes :
Pour cueillir fraiſes aux
bois vivent les plus petits.
Petits dépensent moins en
192 MERCURE
vivres , en habits ;
Et les grands en fouliers ,
la cauſe en eft abftraite ,
C'est qu'ils font moins de
pas dans une égale traite.
Ergo les plus petits battent
plus le pavé,
Baguenaudiere haut élevé,
Dans unſpectacle a l'avantage ,
Pendant que Ragotin enrage ;
Mais auffi Ragotin derrie
re un parapet ,
Sans faire le plongeon ;
craint bien moins le mouf
quer.
R
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Résumé : Response à la Question,
Le texte compare les avantages et inconvénients des personnes de grande et petite taille. Les grands sont mieux pour cueillir des fruits élevés, tandis que les petits sont plus efficaces pour les fruits bas. Les petits dépensent moins pour les vivres et habits, mais usent plus le pavé. Dans un spectacle, les petits voient mieux, mais les grands se protègent plus facilement.
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1479
p. 212-217
LE TEMPLE de l'Effronterie. Cantate nouvelle. Par Mr AUBOUYN.
Début :
Je me jette, en tremblant au pied de tes autels, [...]
Mots clefs :
Effronterie, Autels, Temple, Fortune
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texteReconnaissance textuelle : LE TEMPLE de l'Effronterie. Cantate nouvelle. Par Mr AUBOUYN.
LE TEMPLE
de l'Effronteric.
Cantate nouvelle.
Par Mr AUBOUYN.
JEmejette, en tremblanı,
sau pied de tes autels ,
Seule reffource des mor
tels ,
Reine de ces climats , utile
EFFRONTERIE :
Je tevouëaujourd'huy mes
foins & mon ardeur >
Mais c'eſt en vain que je te
prie ,
On ne t'approche point ;
GALANT. 213
conduit par la pudeur.
Quel mortel icy fe prefente ,
Quel abord bruyant , quel
éclat !
La voix haute , l'ame coutente ...
Je le reconnois , c'eſt un
fat.
Suivons - le , j'entre , quels
myftetes ,
Quels fecrets inconnus fe
revelent à moy !
Sageffe , modeftic , au bonheur fi contraires ,
214 MERCURE
Loin de moy , loin vertus
vulgaires ;
On ne vous fouffre point
aux lieux où je me voy.
Une extreme confiance
Y regne dans les efprits :
L'orgueil & la fuffilance
A tout y donnent le prix.
La vanité fait le langage ,
Qu'on y debite avec hauteur :
On n'yvoit point d'obſcur
autheur ,
On n'y lit point de foible
ouvrage ;
Le plus fol's'y donne pour
fage,
GALANT. 2i5
Le poltron pour homme
de cœur,
La fortune,aveugle Déeffe,
Eft affife au milieu de ce
peuple impofteur :
De fon culte inconftant ,
fouveraine Preftreffe ,
L'Impudence , luy fçait
faire agréer fans ceffe
Quelque nouvel adorateur.
Rarement le merite au
premier rang s'efleve ,
De trop de retenuë on lë
voit combattu ;
Atout moment l'audace
216 MERCURE
enleve
Ce l'on doitàla vertu.
que
Par quels détours , quelle
baffeffe
Obtient- on ces honneurs ,
dont nos yeux font
déçus ?
Il faut fe déguifer fans
ceffe ,
Devorer mille affronts ,
effuyer cent refus :
Dans le mépris , cacher le
dépit qui nous preffe ...
Mais tu fremis, mon cœur,
au feul nom de mépris ,
Et tu ne voudrois pas du
bonheur
GALANT. 217
bonheur à ce prix.
Modeftie, ô vertu , qu'un
moment j'ay quittée
Pour ce vain éclat , que je
haïs,
La Fortune avec ces bienfaits
Par tant de lafchetez feroit
trop achetée ,
Dans mon obſcurité je
rentre pour jamais
de l'Effronteric.
Cantate nouvelle.
Par Mr AUBOUYN.
JEmejette, en tremblanı,
sau pied de tes autels ,
Seule reffource des mor
tels ,
Reine de ces climats , utile
EFFRONTERIE :
Je tevouëaujourd'huy mes
foins & mon ardeur >
Mais c'eſt en vain que je te
prie ,
On ne t'approche point ;
GALANT. 213
conduit par la pudeur.
Quel mortel icy fe prefente ,
Quel abord bruyant , quel
éclat !
La voix haute , l'ame coutente ...
Je le reconnois , c'eſt un
fat.
Suivons - le , j'entre , quels
myftetes ,
Quels fecrets inconnus fe
revelent à moy !
Sageffe , modeftic , au bonheur fi contraires ,
214 MERCURE
Loin de moy , loin vertus
vulgaires ;
On ne vous fouffre point
aux lieux où je me voy.
Une extreme confiance
Y regne dans les efprits :
L'orgueil & la fuffilance
A tout y donnent le prix.
La vanité fait le langage ,
Qu'on y debite avec hauteur :
On n'yvoit point d'obſcur
autheur ,
On n'y lit point de foible
ouvrage ;
Le plus fol's'y donne pour
fage,
GALANT. 2i5
Le poltron pour homme
de cœur,
La fortune,aveugle Déeffe,
Eft affife au milieu de ce
peuple impofteur :
De fon culte inconftant ,
fouveraine Preftreffe ,
L'Impudence , luy fçait
faire agréer fans ceffe
Quelque nouvel adorateur.
Rarement le merite au
premier rang s'efleve ,
De trop de retenuë on lë
voit combattu ;
Atout moment l'audace
216 MERCURE
enleve
Ce l'on doitàla vertu.
que
Par quels détours , quelle
baffeffe
Obtient- on ces honneurs ,
dont nos yeux font
déçus ?
Il faut fe déguifer fans
ceffe ,
Devorer mille affronts ,
effuyer cent refus :
Dans le mépris , cacher le
dépit qui nous preffe ...
Mais tu fremis, mon cœur,
au feul nom de mépris ,
Et tu ne voudrois pas du
bonheur
GALANT. 217
bonheur à ce prix.
Modeftie, ô vertu , qu'un
moment j'ay quittée
Pour ce vain éclat , que je
haïs,
La Fortune avec ces bienfaits
Par tant de lafchetez feroit
trop achetée ,
Dans mon obſcurité je
rentre pour jamais
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Résumé : LE TEMPLE de l'Effronterie. Cantate nouvelle. Par Mr AUBOUYN.
La cantate 'Le Temple de l'Effronterie' de Mr Aubouyn célèbre l'Effronterie comme la ressource ultime des mortels. Le narrateur souhaite lui rendre hommage mais reconnaît son inaccessibilité, car elle est guidée par la pudeur. Un personnage arrogant, qualifié de fat, pénètre dans le temple où règnent l'orgueil, la suffisance et la vanité. La sagesse et la modestie y sont absentes, et la fortune y est aveugle. L'impudence y est couronnée, et l'audace éclipse souvent le mérite. Obtenir des honneurs nécessite de supporter des affronts et des refus. Le narrateur exprime son dégoût pour ce système et préfère la modestie, choisissant de rester dans l'obscurité plutôt que d'accepter un bonheur acquis par l'effronterie.
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1480
p. 285-290
PIECE NOUVELLE. LA VIOLETTE.
Début :
Je fus jadis une Nymphe assez belle [...]
Mots clefs :
Nymphe, Violette, Berger, Amour, Amant, Vertu, Séduire
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texteReconnaissance textuelle : PIECE NOUVELLE. LA VIOLETTE.
PIECE NOUVELLE
LA VIOLETTE.
JE. fus jadis une Nymphe
affez belle
Pour charmer Apollon &
n'attirer les vœux : ... ^.
Mais aux loix du devoir je
fus affez fidelle
Pourdemeurer toûjours infenfible aà fes feux..
Exilé du fejour celefte
Il paiffoit les troupeaux du
riche époux d'Alceſte.
Comme Berger , l'Amour
286 MERCURE
eut des droits fur fon
cœur;
Et comme Dieu , fon rang
& fa naiffance
Lui donnoient trop de confiance
Pour cacher long- temps
tofonardeur.
'Aux champs Theffaliens fi
j'allois chercher Flore,
Je n'y trouvois que lui :
Je le fuis dans les bois , Dia
ne que j'implore
Y devient mon appui.
Evitez , me dit-elle , évitez
·les montagnes ,
Evitez les vaftes campa
gnes,
GALANT. 287
Ces lieux font trop ouverts
aux regards d'Apollon.
A ces mots tremblante ,
certaine ,
inJe croyois me cacher au
bord d'une fontaine ,
Dans unbuiffon épais, dans
le creux d'un vallon ,
Afiles fûrs , s'il eût été pof
fible
D'en trouver contre un tel
Amant ,
De l'un de ſes tranſports
portant le châtiment ,
Periffent les attraits qui
l'ont rendu fenfible ,
M'écriai- je , Diane , exauce
288 MERCURE
mes fouhaits ,
Je quitte fans regret ma
blancheur éclatante ,
D'un voile prefque noir
j'obfcurcis mesattraits ,
Et modefte & rampante
Je tombe vers la terre , &
deviens une fleur.f
ADiane j'en fuis plus chere,,
Lavertu dont je garde en
cor le caractere
M'a confervé ma douce
odeur ::
C'eft à ce titre que j'efpere
Chez toy, fage Uranie, un
favorable accueil.
Simodefte aumilieu de tout
ces
GALANT. 289
ce qui peut faire
Le fujet du plus juſte orgüeil ,
Aux applaudiffemens ton
cœur fçait fe fouftraire ;
Sil'Amour te trouva moins.
fevere que moy,
C'eſt que la vertu même
en demandant ta foy,
Anima les ardeurs de qui
vouloit te plaire...!
Mais à tes côtez j'apperçoy
L'Amant qui cauſe ma colere :
Que dis-je ? ce n'eſt plus le
Berger temeraire ,
C'eft le Dieu tutelaire
May1712.
Bb
190 MERCURE
Des fages , des fçavans qu'il
range fous taloy.
Il ne cherche plus à feduire
Quiconque voudra l'écou
ter ;
S'il veut charmer, c'eft pour
inftruire ,
De tes fages leçons il a fçû
profiter.
LA VIOLETTE.
JE. fus jadis une Nymphe
affez belle
Pour charmer Apollon &
n'attirer les vœux : ... ^.
Mais aux loix du devoir je
fus affez fidelle
Pourdemeurer toûjours infenfible aà fes feux..
Exilé du fejour celefte
Il paiffoit les troupeaux du
riche époux d'Alceſte.
Comme Berger , l'Amour
286 MERCURE
eut des droits fur fon
cœur;
Et comme Dieu , fon rang
& fa naiffance
Lui donnoient trop de confiance
Pour cacher long- temps
tofonardeur.
'Aux champs Theffaliens fi
j'allois chercher Flore,
Je n'y trouvois que lui :
Je le fuis dans les bois , Dia
ne que j'implore
Y devient mon appui.
Evitez , me dit-elle , évitez
·les montagnes ,
Evitez les vaftes campa
gnes,
GALANT. 287
Ces lieux font trop ouverts
aux regards d'Apollon.
A ces mots tremblante ,
certaine ,
inJe croyois me cacher au
bord d'une fontaine ,
Dans unbuiffon épais, dans
le creux d'un vallon ,
Afiles fûrs , s'il eût été pof
fible
D'en trouver contre un tel
Amant ,
De l'un de ſes tranſports
portant le châtiment ,
Periffent les attraits qui
l'ont rendu fenfible ,
M'écriai- je , Diane , exauce
288 MERCURE
mes fouhaits ,
Je quitte fans regret ma
blancheur éclatante ,
D'un voile prefque noir
j'obfcurcis mesattraits ,
Et modefte & rampante
Je tombe vers la terre , &
deviens une fleur.f
ADiane j'en fuis plus chere,,
Lavertu dont je garde en
cor le caractere
M'a confervé ma douce
odeur ::
C'eft à ce titre que j'efpere
Chez toy, fage Uranie, un
favorable accueil.
Simodefte aumilieu de tout
ces
GALANT. 289
ce qui peut faire
Le fujet du plus juſte orgüeil ,
Aux applaudiffemens ton
cœur fçait fe fouftraire ;
Sil'Amour te trouva moins.
fevere que moy,
C'eſt que la vertu même
en demandant ta foy,
Anima les ardeurs de qui
vouloit te plaire...!
Mais à tes côtez j'apperçoy
L'Amant qui cauſe ma colere :
Que dis-je ? ce n'eſt plus le
Berger temeraire ,
C'eft le Dieu tutelaire
May1712.
Bb
190 MERCURE
Des fages , des fçavans qu'il
range fous taloy.
Il ne cherche plus à feduire
Quiconque voudra l'écou
ter ;
S'il veut charmer, c'eft pour
inftruire ,
De tes fages leçons il a fçû
profiter.
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Résumé : PIECE NOUVELLE. LA VIOLETTE.
La pièce 'La Violette' narre l'histoire d'une nymphe autrefois belle et aimée. Par fidélité à son devoir, elle repousse les avances d'Apollon et est exilée, devenant bergère. Elle rencontre l'Amour, qui la séduit. Pour échapper à l'Amour, elle se réfugie dans les bois et implore Diane. Diane lui conseille d'éviter les lieux ouverts aux regards d'Apollon. Désespérée, la nymphe souhaite perdre sa beauté. Diane exauce son vœu, et elle se transforme en violette, conservant une douce odeur. La violette espère l'accueil favorable de la sage Uranie, malgré la présence de l'Amour, désormais protecteur des sages et des savants, cherchant à instruire plutôt qu'à séduire.
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1481
p. 3-11
La mauvaise Honte.
Début :
Ce n'est pas d'aujourd'huy que pauvreté fait honte: [...]
Mots clefs :
Vin, Honte, Cuisinier, Pauvreté, Viande
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texteReconnaissance textuelle : La mauvaise Honte.
La mauvaiſe Honte.
CE n'est pas d'aujour
d'huyque pauvreté
fait bonte :
Unjour certain Marquis
ou Comte ,
Juin 1712.
A ij
MERCURE
a
Tres bon enfant d'ailleurs,
maispauvre &glorieux,
Parnouspique d'honneur,
nepouvantfaire mieux,
Confent à regaler noftre
bachique troupes
Averty des la veille il
* nous donne fafcupe
Soupefimple, mais de bon
goufi,
Un bon bouilli , point de
ragouft.
Son Cuifinier (dit-il , car
c'eftoit une excuſe
De Cuisinier jamais il
GALANT:
nafe)
Mon Cuifinier, dit- ilfur
qui j'avois compté
Juftement à midy du mal
caduc tombe
Nous oblige , Meffieurs ,
à vivre de regime ,
Tant mieux,refpond quel
qu'un , c'est la bonne·
maxime ,
Viandefimple , bon pain ,
bon vin ,
Bon cœur & liberté font
un repas divin.
Noftre hofte rougiffant de
Aiij
5 MERCURE
fon excufefade ,
Autre excufe nous donne
avec une falade ,
Excufe de n'avoir d'autre
roft qu'ungigots
On ne croit point les
en ce cas à leur mot
ད
gens
Tel ne s'excuſe ainsi que
parfanfaronade,
Nous efperions du moins
oupoulets oupigeons
Sur ce petit efpoir lentement nous mangeons ,
Pendant qu'il nous promet , mais pour l'autre
GALANT. 7
femaine,
Vingt pieces de gibier qui
Tuy viendront du
Maine ,
Jurant qu'en unfeuljour
tour nous fera fervi :
Ce prodigue ferment à
l'inftantfut fuivi
D'une langue de bœuf,
quefuivoit unfromage,
A cet afpect d'abord je
fais en hommefage ,
Arreft fur le gigot qu'on
veut nous enlever ,
Il eftoit merveilleux , chaAiiij
* MERCURE
cun veut l'achever...
C'a quel vin boirons-nous,
dit-il , pour duChampagne
Je croy que nous n'en avons pas
Mon vin de Bourgogne
eft au bas
Maisil me vient demain
d'excellent vin d'Ef
pagne,
Paffons-nous aujourd'huy
de ce vinde moncro
Il eftoit bon, il en fut bu
Contrit , konteux le pau-
GALANT.
vre Comte ,
Alongs traits avalloitfa
Fonte:
Afa konte qui s'evada.
La finceritefucceda,
Trouble d'une fincere yvreſſe ,
Il nous dit où le baft le
bleffe:
Helas ! dit-il , aprés quel
ques foupirs vineux
Pauvrete c'est mon tort ,
j'en eftois konteux ,
Voyantjufqu'à quelpoint
pauvreté deshonore:
10 MERCURE
Par ce mauvais repas .
ony j'aimois mieux.
encore
Que l'on me foupçonnaft
d'eftre avaricieux;
Dans le vin je raifonne
mieux
Lapauvreté n'eft pas un
vice ,
Et c'en eft unque
rice :
LavaMais puis qu'apresent
chacun croit
Ce que je croyois defang
froid ,
GALANT.
BI
Qu'argent honore plus que
vertu , que nobleffe ,
Croire autrement c'est une
yureffe ,
C'est ce qu'a décidéle vice
revefti
Desdépouilles de la vertu
CE n'est pas d'aujour
d'huyque pauvreté
fait bonte :
Unjour certain Marquis
ou Comte ,
Juin 1712.
A ij
MERCURE
a
Tres bon enfant d'ailleurs,
maispauvre &glorieux,
Parnouspique d'honneur,
nepouvantfaire mieux,
Confent à regaler noftre
bachique troupes
Averty des la veille il
* nous donne fafcupe
Soupefimple, mais de bon
goufi,
Un bon bouilli , point de
ragouft.
Son Cuifinier (dit-il , car
c'eftoit une excuſe
De Cuisinier jamais il
GALANT:
nafe)
Mon Cuifinier, dit- ilfur
qui j'avois compté
Juftement à midy du mal
caduc tombe
Nous oblige , Meffieurs ,
à vivre de regime ,
Tant mieux,refpond quel
qu'un , c'est la bonne·
maxime ,
Viandefimple , bon pain ,
bon vin ,
Bon cœur & liberté font
un repas divin.
Noftre hofte rougiffant de
Aiij
5 MERCURE
fon excufefade ,
Autre excufe nous donne
avec une falade ,
Excufe de n'avoir d'autre
roft qu'ungigots
On ne croit point les
en ce cas à leur mot
ད
gens
Tel ne s'excuſe ainsi que
parfanfaronade,
Nous efperions du moins
oupoulets oupigeons
Sur ce petit efpoir lentement nous mangeons ,
Pendant qu'il nous promet , mais pour l'autre
GALANT. 7
femaine,
Vingt pieces de gibier qui
Tuy viendront du
Maine ,
Jurant qu'en unfeuljour
tour nous fera fervi :
Ce prodigue ferment à
l'inftantfut fuivi
D'une langue de bœuf,
quefuivoit unfromage,
A cet afpect d'abord je
fais en hommefage ,
Arreft fur le gigot qu'on
veut nous enlever ,
Il eftoit merveilleux , chaAiiij
* MERCURE
cun veut l'achever...
C'a quel vin boirons-nous,
dit-il , pour duChampagne
Je croy que nous n'en avons pas
Mon vin de Bourgogne
eft au bas
Maisil me vient demain
d'excellent vin d'Ef
pagne,
Paffons-nous aujourd'huy
de ce vinde moncro
Il eftoit bon, il en fut bu
Contrit , konteux le pau-
GALANT.
vre Comte ,
Alongs traits avalloitfa
Fonte:
Afa konte qui s'evada.
La finceritefucceda,
Trouble d'une fincere yvreſſe ,
Il nous dit où le baft le
bleffe:
Helas ! dit-il , aprés quel
ques foupirs vineux
Pauvrete c'est mon tort ,
j'en eftois konteux ,
Voyantjufqu'à quelpoint
pauvreté deshonore:
10 MERCURE
Par ce mauvais repas .
ony j'aimois mieux.
encore
Que l'on me foupçonnaft
d'eftre avaricieux;
Dans le vin je raifonne
mieux
Lapauvreté n'eft pas un
vice ,
Et c'en eft unque
rice :
LavaMais puis qu'apresent
chacun croit
Ce que je croyois defang
froid ,
GALANT.
BI
Qu'argent honore plus que
vertu , que nobleffe ,
Croire autrement c'est une
yureffe ,
C'est ce qu'a décidéle vice
revefti
Desdépouilles de la vertu
Fermer
Résumé : La mauvaise Honte.
En juin 1712, un marquis ou comte invite des amis à un repas modeste, s'excusant d'avance pour le menu simple : une soupe et un bouilli sans ragout, en raison de la maladie de son cuisinier. Un convive répond que la simplicité, le bon pain, le bon vin, le bon cœur et la liberté suffisent pour un repas divin. L'hôte, gêné, s'excuse de nouveau pour le manque de viande, promettant du gibier pour la semaine suivante. Il sert ensuite une langue de bœuf avec du fromage. Un convive tente de garder le gigot et demande quel vin ils boiront. L'hôte propose son vin de Bourgogne, attendant du vin d'Espagne. Après le repas, le comte avoue sa honte face à sa pauvreté, préférant être soupçonné d'avarice. Il exprime sa tristesse de voir que la pauvreté déshonore plus que l'avarice et que la société valorise l'argent plus que la vertu.
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1482
p. 49-53
LE VIEIL OYSEAU. Fable.
Début :
Un vieux Rossignol de ce bois [...]
Mots clefs :
Oiseau, Cocuage, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE VIEIL OYSEAU. Fable.
LE VIEIL OYSEAU.
FABLE.
UNvieux Roffignol de
ce bois
Laiffa femmejeune & fringante :
Auffitôt d'amans plus de
trente ,
Et chacun d'étaler fa voix ,
On ne vit onc mufique fi
charmante.
Pas un ne plut pourtant,c'étoient oyfeaux de Cour,
Juin 1712 E
.
MERCURE
Leftes d'atour,
Le col beau , la plume luifante ,
Au furplus pas un fol de
rente.
La belle aimoit l'argent , &
qui n'en avoit pas
Eftoit elle fans appas. pour
Tendres regards , douces
paroles
N'y faifoient rien, il faloit
des piftoles.
Ce fut par là qu'en vint à
bouti
Un riche oyfeau de ce bocage;
Richeje dis,car c'étoir tout:
GALANT.
Durefte vieux , de noir plu
mage ,
Oyfeau d'un étrange jargon ,
Caron dit qu'il parloitGaſIl n'étoit femine un peu jolie
Dans tous nos bois ,
A quicent fois / m
Enfon patois
Il n'eût conté fon amou
reuſe envie.odi
L'affreuſe pieyo emmc0
Et la fauyette tour à tour
Avoient écouté fon amour,
Sans en avoir l'ame atten
drie. Eij
4
"
152 MERCURE
Mais enfin il plaît en ce
jour,
Et fans retour
Il fe marie :
L'affaire fe conclut, dit-on,
Avant que le printemps expire.
Tous les oyfeaux n'en font
que rire ,
Et s'en vont chantant fur
ce ton :
Quand on a l'âge
De foixante ans ,
Comme l'oyfeau du noir
plumage ,
Plus de bon temps ;
En mariage
GALANT 33
Le cocủage
N'eft pas le mal
Le plus fatal ;
Ce qu'on doit craindre da
vantage
En mariage
Quand on a l'âge
De foixante ans ,
Eft d'aller voir en peu de
remps
Le noir rivag
FABLE.
UNvieux Roffignol de
ce bois
Laiffa femmejeune & fringante :
Auffitôt d'amans plus de
trente ,
Et chacun d'étaler fa voix ,
On ne vit onc mufique fi
charmante.
Pas un ne plut pourtant,c'étoient oyfeaux de Cour,
Juin 1712 E
.
MERCURE
Leftes d'atour,
Le col beau , la plume luifante ,
Au furplus pas un fol de
rente.
La belle aimoit l'argent , &
qui n'en avoit pas
Eftoit elle fans appas. pour
Tendres regards , douces
paroles
N'y faifoient rien, il faloit
des piftoles.
Ce fut par là qu'en vint à
bouti
Un riche oyfeau de ce bocage;
Richeje dis,car c'étoir tout:
GALANT.
Durefte vieux , de noir plu
mage ,
Oyfeau d'un étrange jargon ,
Caron dit qu'il parloitGaſIl n'étoit femine un peu jolie
Dans tous nos bois ,
A quicent fois / m
Enfon patois
Il n'eût conté fon amou
reuſe envie.odi
L'affreuſe pieyo emmc0
Et la fauyette tour à tour
Avoient écouté fon amour,
Sans en avoir l'ame atten
drie. Eij
4
"
152 MERCURE
Mais enfin il plaît en ce
jour,
Et fans retour
Il fe marie :
L'affaire fe conclut, dit-on,
Avant que le printemps expire.
Tous les oyfeaux n'en font
que rire ,
Et s'en vont chantant fur
ce ton :
Quand on a l'âge
De foixante ans ,
Comme l'oyfeau du noir
plumage ,
Plus de bon temps ;
En mariage
GALANT 33
Le cocủage
N'eft pas le mal
Le plus fatal ;
Ce qu'on doit craindre da
vantage
En mariage
Quand on a l'âge
De foixante ans ,
Eft d'aller voir en peu de
remps
Le noir rivag
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Résumé : LE VIEIL OYSEAU. Fable.
La fable 'Le Vieil Oiseau' relate l'histoire d'un vieux rossignol vivant dans un bois, marié à une jeune et joyeuse épouse. De nombreux prétendants, tous des oiseaux de cour, tentent de séduire la jeune femme avec leurs chants et leurs apparences soignées, mais elle préfère l'argent. Un riche rossignol du bocage, bien que laid et parlant un langage étrange, parvient à la séduire grâce à sa richesse. Malgré les moqueries des autres oiseaux, le couple se marie avant l'arrivée du printemps. La morale de la fable est que, à un âge avancé, le cocuage n'est pas le pire mal en mariage, mais plutôt le risque de mourir rapidement après le mariage.
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1483
p. 96-108
ISMENE. EGLOGUE.
Début :
De ton égarement, ami, que dois-je croire ? [...]
Mots clefs :
Iphis, Philémon, Amour, Liberté, Injustice, Bergers, Ismène
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texteReconnaissance textuelle : ISMENE. EGLOGUE.
IS ME N. E..
EGLOGUE..
IPHIS..
DEtonégarement, ami,
que dois- je croire ?
La Seine à tes regards paroît toûjours la Loire,
Tu parles de bergers in
connus fur ces bords ,
Tu parcours nos forêts témoins de tes tranſports
Et l'Echo loin de toy redit
le nom d'Ifmene....
PHL
GALANT
PHILEMON.
Ciel devois - je quitter les
rives de la Seine ?
J'y voyois fans peril les plus
brillans attraits ;
L'Amour pour medompter
n'y trouvoit point
de traits :
Tranquile, je goûtois dans
nos fombres bocages
Leparfum de leurs feurs ,
le frais de leurs ombrages ,BomĀ …. I
Et fur le verd gazon , qu'ils
ont foin d'abreuver ,
Le feul bruit des ruiffeaux
m'apprenoit à rêver. T
Juin 1712.
Bayern the Steeth brotnak
98 MERCURE
Iphis,moncher Iphis, plains
mon fort déplorable ,
Lerepos de mon cœur n'a
za pas été durable
Et le fils de Venus de mon
calme irrité 7
M'a fait payer bien cher
ma courte liberté, vel
IPHIS.
Crois-moy,nos cœurs font
faits pour cet aimable
maître ,
Et l'Amourn'eft vaincu que
quand il veutbien l'être. ⠀
Echapé defes noeuds , &rebele à fes loix , ed
Tuméprilois des fersbaifez
GALANT
escent & cent fois ,
Et cu penfois devoir par de
4
conftans outrages
Reparer ta foibleffe & res
premiers hommages.
Je tremblois , & je crois te
l'avoir dir un jour ,
Unbergerdoit moins craindre encor Pan que
l'Amour,
300 ༡ ༩
PHILEMON.
Helas ! mon cherIphis , par
Sp des coups legitimes
Il a juftifié fes droits & res
maximes!
Lecruel m'attendoit fur un
bord étranger...
I ij
100 MERCURE
IPHIS.
N'es - tu pas trop heureux
qu'il daigne fe vanger?
PHILEMON.
Je le vois bien : toûjours
content de fon empire ,
Tu juges de mon feu par
celui qu'il t'inſpire ,
Et ton cœur prévenu pour
le Dieu que tu fers ,
Comblé de fes plaifirs n'apperçoit pas les fers.
Non, non, je ne fuis pas de
ces heureux coupables ,
Que l'Amour ne punit que
pa: des coups aimables,
Qui dans fes châtimens é-
GALANT. 101
1
prouvent fes douceurs A
Etfemblent par leur crime
attirer les faveurs.
IPHIS.
J Ah ! berger , quel que foit
l'excés deton fupplice,
Jefuis fûr que l'Amour n'a
point fait d'injuftice
Et quels que foient les
mauxque ton cœur peut
fouffrir;
Je fuis bien fûr encor qu'il
n'en veut pas guerir.
Mais du fils de Venus apprens-moy la victoire.
PHILEMON.
Iphis , j'errois un jour fur les
I iij
102 MERCURE
art bords de la Loire,
Sans fonger à ce Dieu que
javois outrage I
Je vis l'aimable Ifmene, &
TAmour furvangé.
N'attens pas qu'aujourd'hui
jete peigne les charmes,
Cher Iphis , je reffens de
trop vives alarmes ,
Et fi j'entreprenois de tracer fon portrait,
J'y mêlerois , helas ! mon
defordre fecret.
Mais que mon trouble ferve a t'exprimerIfmene ,
Et connois fes appas par
l'excés de ma peine.
}
GALANT. 103
Cet objet qui m'a ſçû pour
jamais engager , n62
Eft foûmis au pouvoir d'un
injufte berger,
Qui negligeant des feux
que 1 hymen autorife ,
Ignore tout le prix d'un
bonheur qu'il méprife.
Te le dirai-je , Iphis ? dans
ces lieux fi charmans
L'Amour n'a pas encor formé de vrais amans :
Ifmene y brille en vain , &
le Dieu de Cithere
Perd mille exploits galans
1. que par elle il peut faire ;
ne s'y trouve point de ces H
I iiij
104 MERCURE
cœurs delicats
Qui feuls fçauroient d'If.
meneadorer lesappas,
IPHIS.
Que je plains ces bergers!
Philemon , quel domimage
Que de leurs, doux climats
ils ignorent l'ufage,
Et que toujours contens
d'un ennuyeux repost, I
Ils ne faffent jamais foûpirer
les Echos.
PHILEMON.
Ilmene quelquefois dans
ces belles retraites.
Va cacher ſes appas & fes
GALANT. 195
peines fecretes :
J'ai vu tous les reduits témoins de fes douleurs ,
Et farbre qui fouvent eft
baigné de fes pleurs.
Cet arbre fi cheri redou
bloit mes alarmes ,
Helas ! je l'ai moy- mêmearrofé de mes larmes ,
Et mon amour tremblant
fe trouvoit trop heẹureux ,
Lorfque fous fes rameaux il
révoit à fes feux.
IPHIS.
N'as - tu donc confie qu'à
get arbre fidelle
106 MERCURE
Lefincere recit d'uneflâme
fibelle ?
PHILEMON.
J'ignore , cher Iphis , fi ma
bouche a parlé :
En abordant Ifmene inquiet & troublé,
Maraifon s'égaroit , & ma
timide flame
Jettoit dans mes difcours le
trouble de mon
ame.
Quels momens a perdus
mon amour interdit !
Je pouvois m'expliquer...
IPHIS.
Tondefordreatout dit.
GALANT. 107
1
PHILEMON, SA
Voila mon trifte fort : ma
tendreffe eft extrême,
Et peut-être inconnue au
cher objet que j'aime.
Accable , loin d'Ifimene ,
Iphis , je fouffre , helas !
Mille tourmens affreux qu'-
elle ne fçaura pas ,
Et je ne jouis point même
des doux menfonges
Dont l'efpoir quelquefois
fçait embelirfes fonges.
Non , ce n'eft point pour
moy qu'épuiſant ſes ri
gueurs
L'Amour a reüni de fi
108 MERCURE
cruels malheurs.
IPHIS.
Je te plains : mais je crois
que ta flame fincere
Du Dieu qui te pourſuis flé,
chira la colere.
PHILEMON.
Iphis ,ne prens pas foin d'a
doucir mes tourmens,
Et porte ce fecours à de
foibles amans :
Pour moy je ne crains plus
& l'Amour &fa haine ,
Mon ardeur me fuffit en
adorant Ilmene.
EGLOGUE..
IPHIS..
DEtonégarement, ami,
que dois- je croire ?
La Seine à tes regards paroît toûjours la Loire,
Tu parles de bergers in
connus fur ces bords ,
Tu parcours nos forêts témoins de tes tranſports
Et l'Echo loin de toy redit
le nom d'Ifmene....
PHL
GALANT
PHILEMON.
Ciel devois - je quitter les
rives de la Seine ?
J'y voyois fans peril les plus
brillans attraits ;
L'Amour pour medompter
n'y trouvoit point
de traits :
Tranquile, je goûtois dans
nos fombres bocages
Leparfum de leurs feurs ,
le frais de leurs ombrages ,BomĀ …. I
Et fur le verd gazon , qu'ils
ont foin d'abreuver ,
Le feul bruit des ruiffeaux
m'apprenoit à rêver. T
Juin 1712.
Bayern the Steeth brotnak
98 MERCURE
Iphis,moncher Iphis, plains
mon fort déplorable ,
Lerepos de mon cœur n'a
za pas été durable
Et le fils de Venus de mon
calme irrité 7
M'a fait payer bien cher
ma courte liberté, vel
IPHIS.
Crois-moy,nos cœurs font
faits pour cet aimable
maître ,
Et l'Amourn'eft vaincu que
quand il veutbien l'être. ⠀
Echapé defes noeuds , &rebele à fes loix , ed
Tuméprilois des fersbaifez
GALANT
escent & cent fois ,
Et cu penfois devoir par de
4
conftans outrages
Reparer ta foibleffe & res
premiers hommages.
Je tremblois , & je crois te
l'avoir dir un jour ,
Unbergerdoit moins craindre encor Pan que
l'Amour,
300 ༡ ༩
PHILEMON.
Helas ! mon cherIphis , par
Sp des coups legitimes
Il a juftifié fes droits & res
maximes!
Lecruel m'attendoit fur un
bord étranger...
I ij
100 MERCURE
IPHIS.
N'es - tu pas trop heureux
qu'il daigne fe vanger?
PHILEMON.
Je le vois bien : toûjours
content de fon empire ,
Tu juges de mon feu par
celui qu'il t'inſpire ,
Et ton cœur prévenu pour
le Dieu que tu fers ,
Comblé de fes plaifirs n'apperçoit pas les fers.
Non, non, je ne fuis pas de
ces heureux coupables ,
Que l'Amour ne punit que
pa: des coups aimables,
Qui dans fes châtimens é-
GALANT. 101
1
prouvent fes douceurs A
Etfemblent par leur crime
attirer les faveurs.
IPHIS.
J Ah ! berger , quel que foit
l'excés deton fupplice,
Jefuis fûr que l'Amour n'a
point fait d'injuftice
Et quels que foient les
mauxque ton cœur peut
fouffrir;
Je fuis bien fûr encor qu'il
n'en veut pas guerir.
Mais du fils de Venus apprens-moy la victoire.
PHILEMON.
Iphis , j'errois un jour fur les
I iij
102 MERCURE
art bords de la Loire,
Sans fonger à ce Dieu que
javois outrage I
Je vis l'aimable Ifmene, &
TAmour furvangé.
N'attens pas qu'aujourd'hui
jete peigne les charmes,
Cher Iphis , je reffens de
trop vives alarmes ,
Et fi j'entreprenois de tracer fon portrait,
J'y mêlerois , helas ! mon
defordre fecret.
Mais que mon trouble ferve a t'exprimerIfmene ,
Et connois fes appas par
l'excés de ma peine.
}
GALANT. 103
Cet objet qui m'a ſçû pour
jamais engager , n62
Eft foûmis au pouvoir d'un
injufte berger,
Qui negligeant des feux
que 1 hymen autorife ,
Ignore tout le prix d'un
bonheur qu'il méprife.
Te le dirai-je , Iphis ? dans
ces lieux fi charmans
L'Amour n'a pas encor formé de vrais amans :
Ifmene y brille en vain , &
le Dieu de Cithere
Perd mille exploits galans
1. que par elle il peut faire ;
ne s'y trouve point de ces H
I iiij
104 MERCURE
cœurs delicats
Qui feuls fçauroient d'If.
meneadorer lesappas,
IPHIS.
Que je plains ces bergers!
Philemon , quel domimage
Que de leurs, doux climats
ils ignorent l'ufage,
Et que toujours contens
d'un ennuyeux repost, I
Ils ne faffent jamais foûpirer
les Echos.
PHILEMON.
Ilmene quelquefois dans
ces belles retraites.
Va cacher ſes appas & fes
GALANT. 195
peines fecretes :
J'ai vu tous les reduits témoins de fes douleurs ,
Et farbre qui fouvent eft
baigné de fes pleurs.
Cet arbre fi cheri redou
bloit mes alarmes ,
Helas ! je l'ai moy- mêmearrofé de mes larmes ,
Et mon amour tremblant
fe trouvoit trop heẹureux ,
Lorfque fous fes rameaux il
révoit à fes feux.
IPHIS.
N'as - tu donc confie qu'à
get arbre fidelle
106 MERCURE
Lefincere recit d'uneflâme
fibelle ?
PHILEMON.
J'ignore , cher Iphis , fi ma
bouche a parlé :
En abordant Ifmene inquiet & troublé,
Maraifon s'égaroit , & ma
timide flame
Jettoit dans mes difcours le
trouble de mon
ame.
Quels momens a perdus
mon amour interdit !
Je pouvois m'expliquer...
IPHIS.
Tondefordreatout dit.
GALANT. 107
1
PHILEMON, SA
Voila mon trifte fort : ma
tendreffe eft extrême,
Et peut-être inconnue au
cher objet que j'aime.
Accable , loin d'Ifimene ,
Iphis , je fouffre , helas !
Mille tourmens affreux qu'-
elle ne fçaura pas ,
Et je ne jouis point même
des doux menfonges
Dont l'efpoir quelquefois
fçait embelirfes fonges.
Non , ce n'eft point pour
moy qu'épuiſant ſes ri
gueurs
L'Amour a reüni de fi
108 MERCURE
cruels malheurs.
IPHIS.
Je te plains : mais je crois
que ta flame fincere
Du Dieu qui te pourſuis flé,
chira la colere.
PHILEMON.
Iphis ,ne prens pas foin d'a
doucir mes tourmens,
Et porte ce fecours à de
foibles amans :
Pour moy je ne crains plus
& l'Amour &fa haine ,
Mon ardeur me fuffit en
adorant Ilmene.
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Résumé : ISMENE. EGLOGUE.
Le texte est une églogue, un dialogue poétique entre deux bergers, Philemon et Iphis. Philemon exprime son désarroi amoureux, oscillant entre la Seine et la Loire, et évoque ses souvenirs tranquilles près de la Seine. Il révèle ensuite sa rencontre avec Imène, une bergère qu'il aime, mais qui est indifférente à ses avances. Philemon décrit son amour non réciproque et les tourments qu'il endure, comparant son sort à celui des bergers heureux punis par des coups aimables de l'Amour. Iphis, quant à lui, croit en la puissance de l'Amour et pense que Philemon finira par être récompensé. Philemon raconte ses tentatives maladroites pour déclarer son amour à Imène, marquées par la timidité et le trouble. Il conclut en affirmant que son ardeur pour Imène est suffisante pour lui, malgré les tourments qu'il endure.
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1484
p. 182-185
Parodie de l'Enigme du mois passé dont le mot est, Anneau ou Bague.
Début :
Si masle ou femelle je suis [...]
Mots clefs :
Parodie, Anneau, Bague, Tournois
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Enigme du mois passé dont le mot est, Anneau ou Bague.
Parodie de l'Enigme du
mois paffé dont le mot
eft , Anneau ou Bague.
Simafle oufemellejefuis
C'est ce qu'aflurer je ne
puis.
Simple fans Diamant ,
c'eft Anneau qu'on
m'appelle;
Mais de Brillans orné ,
Bague eft mon nom
femelle.
GALANT. 183
Comme j'ay plus d'un
nom , j'aybien plus
d'un employ:
Comme Anneau , jeporte
fous moy
Rideaux pendans quifont
une espece de Mante:
Femelle legere & gliffante
Je m'égarefouvent , quelquefoisje meperds.
Ala femme en eecy la
Bague eft reffemblante.
Anneau , je porte & fais
porter la chaifne
De laJufticefouveraine
184 MERCURE
Mettant les criminels aux
fers.
Bague je fuis couruë , &
maint Empereur &
Prince
Me diſpute au Tournois
ainfi qu'une Province.
Enpublic le victorieux
De m'avoir eft tout glorieux.
Fille novice 5vertueuse
Qui ne penfa jamais à
mal
En public eft toute lonteufe
De
GALANT. 185
De porter l'A
mois paffé dont le mot
eft , Anneau ou Bague.
Simafle oufemellejefuis
C'est ce qu'aflurer je ne
puis.
Simple fans Diamant ,
c'eft Anneau qu'on
m'appelle;
Mais de Brillans orné ,
Bague eft mon nom
femelle.
GALANT. 183
Comme j'ay plus d'un
nom , j'aybien plus
d'un employ:
Comme Anneau , jeporte
fous moy
Rideaux pendans quifont
une espece de Mante:
Femelle legere & gliffante
Je m'égarefouvent , quelquefoisje meperds.
Ala femme en eecy la
Bague eft reffemblante.
Anneau , je porte & fais
porter la chaifne
De laJufticefouveraine
184 MERCURE
Mettant les criminels aux
fers.
Bague je fuis couruë , &
maint Empereur &
Prince
Me diſpute au Tournois
ainfi qu'une Province.
Enpublic le victorieux
De m'avoir eft tout glorieux.
Fille novice 5vertueuse
Qui ne penfa jamais à
mal
En public eft toute lonteufe
De
GALANT. 185
De porter l'A
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Résumé : Parodie de l'Enigme du mois passé dont le mot est, Anneau ou Bague.
Le texte présente une parodie de l'énigme du mois, dont le mot est 'Anneau' ou 'Bague'. L'auteur décrit l'anneau comme un diamant et la bague comme ornée de brillants. L'énigme explore les multiples noms et emplois de l'objet. L'anneau porte des rideaux, se perd facilement et symbolise la justice souveraine. La bague est comparée à une femme légère et glissante, courue par des empereurs et des princes lors des tournois. Une fille novice et vertueuse porte fièrement l'anneau en public.
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1485
p. 202-204
RÉPONSE A LA premiere Question : Si l'on doit preferer dans un repas les grands verres aux petits.
Début :
Pour juger sainement par mon experience [...]
Mots clefs :
Boire, Taille, Verres à boire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE A LA premiere Question : Si l'on doit preferer dans un repas les grands verres aux petits.
REPONSE A LA
premiere Question :
Si l'on doit preferer dans
un repas les grands verres aux petits.
Par Diogenes Rochep
POur juger fainement
parmon experience
Auquel des deux on doit
donnerlapreference,
GALANT 2031
Je vaisfortir de mon tonneau :
Maisje n'aipar malheur
ni grand , ni petit
verre,
Et ne bois jamais que de
808 Peau.
Te puis pourtant , couché
par terre,
Buvant à même ie ruiffeau
Lamper à longs traits
comme un veau,
Ou bien àpetits coups, ménageant monhaleine ,
204 MERCURE
Boire dans le creux de ma
main.
Fai bú des deux façons :
mais maréponse eft
vaine,
Si vous ne supposez que
mon eaufoit du vin.
Buvant dans un grand
verre on boit à la cinique;
Buvant dans un petit on
boit à la ftoïque
premiere Question :
Si l'on doit preferer dans
un repas les grands verres aux petits.
Par Diogenes Rochep
POur juger fainement
parmon experience
Auquel des deux on doit
donnerlapreference,
GALANT 2031
Je vaisfortir de mon tonneau :
Maisje n'aipar malheur
ni grand , ni petit
verre,
Et ne bois jamais que de
808 Peau.
Te puis pourtant , couché
par terre,
Buvant à même ie ruiffeau
Lamper à longs traits
comme un veau,
Ou bien àpetits coups, ménageant monhaleine ,
204 MERCURE
Boire dans le creux de ma
main.
Fai bú des deux façons :
mais maréponse eft
vaine,
Si vous ne supposez que
mon eaufoit du vin.
Buvant dans un grand
verre on boit à la cinique;
Buvant dans un petit on
boit à la ftoïque
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Résumé : RÉPONSE A LA premiere Question : Si l'on doit preferer dans un repas les grands verres aux petits.
Diogenes Rochep discute de la préférence entre grands et petits verres. Il ne possède aucun verre et boit toujours de l'eau. Il décrit deux manières de boire : à longs traits ou à petits coups. Il précise que sa réponse suppose que son eau soit du vin. Boire dans un grand verre est associé au cynisme, dans un petit verre au stoïcisme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1486
p. 208-210
ENIGME.
Début :
Que maudit soit mon mariage ; [...]
Mots clefs :
Corps
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Que maudit foit mon
mariage ;
Car on a mille fois ainfi
nommé , je croy,
Ce qui joint mon adjointe
à moy.
Nous faifons trés-mauvais ménage.
Du mariage encor c'eft la
proprieté:
En gardant la maison
avec
GALANT. 209.
avec exactitude
Mon époufe fe prd , ô
contrarieté!
Je porte fur mon front
parfois fa turpitude ,
Autre appanage de mari.
De ma femme pourtant
je fuis le favori ;
Quand je fuis bien ufé,
ma femme eft encor
neuve.
Entre époux bien unis il
en arrive autant ;
Je puis mourir, & cepen...
dant
Juin 1712.
S
TMAJAD
210 MERCURE O
Mafemme nefera point
veuve
Que maudit foit mon
mariage ;
Car on a mille fois ainfi
nommé , je croy,
Ce qui joint mon adjointe
à moy.
Nous faifons trés-mauvais ménage.
Du mariage encor c'eft la
proprieté:
En gardant la maison
avec
GALANT. 209.
avec exactitude
Mon époufe fe prd , ô
contrarieté!
Je porte fur mon front
parfois fa turpitude ,
Autre appanage de mari.
De ma femme pourtant
je fuis le favori ;
Quand je fuis bien ufé,
ma femme eft encor
neuve.
Entre époux bien unis il
en arrive autant ;
Je puis mourir, & cepen...
dant
Juin 1712.
S
TMAJAD
210 MERCURE O
Mafemme nefera point
veuve
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1487
p. 265-283
LA BATAILLE de Villa-viciosa. ODE. Servant d'explication au feu d'artifice que M. le Duc d'Albe a fait tirer pour ce sujet.
Début :
Quelle vive ardeur étincelle [...]
Mots clefs :
Mort, Bataille, Conquête, Roi, Peuple, Soldat, Vainqueur, Héros, Duc de Vendôme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA BATAILLE de Villa-viciosa. ODE. Servant d'explication au feu d'artifice que M. le Duc d'Albe a fait tirer pour ce sujet.
On vient de m'aprendre
la mort d'un des plus grands
hommes de nôtre fiecle, c'eſt
Monfieur de Vendome ; cc
Juin 1712.
Z
+66 MERGURE
malheureux article merite
des Memoires que je ne
pourray
avoir que le mois
prochain
. Voicy
une Ode
faite par M. L. P. fur une
de fes conquêtes
.
T
LA BATAILLE
de Villa- viciofa.
ODE.I
Servant d'explication au fea
d'artifice que M. le Ďac
d'Albe a fait tirer pour
Dat
ce fujer.
Quelle vive ardeur
55,5 étincelle BauM
鉴
t
CALANT. 269
pour un Heros victorieux ?
c'eft l'amour d'un fujet
fidelle
qui s'ouvre un chemin
vers les Cicyx.
Seigneur, dit-il , Dieu "
fecourable,
voy toujours d'un œil "
A favorable
un Roy qui nous rend
triomphants ;
que toujours onl'aime, "
on le craigne ,
qu'il vive enfin , & "
Z ij
268 MERCURE
que fon
regne
s'éternife dans fes en
fants.
Subditionem obfequentiffimum
'Dux Alve
Vivat ®net,
Les Cieux fe declarent
propices ,
Dieu reçoit ces vœux
enflamez :
non , fous de plus heureux aufpices ,
jamais vœux ne furent
CALANT. 269
formez ,
vertus , Roy , ſujets , tout
confpire i
à deffendre un illuftre
Empire ,
fes fiers ennemis font
defaits ;
la terreur vole fur leurs
petraces : and han
Grand Dieu , que tes
premieres graces
nous prefagent d'autres
9 bienfaits.
fuyez , nations fremif
Z iij
470 MERGURE
fantes
que guide la rebellion ;
vos fureurs font trop inpuiffantes ,
fuyez , redoutez le Lion,
ne irritez pas davantage
refpectez un faint heritage
qui brave la flame & le
fera bos
c'eft cette pierre où tout
fe brife i
& que peuvent contre
l'Eglife
les portes mefmes de
1
GALANT. 178
l'enfer.
Fremuerunt gentes. On
Ecce vicit Leo,
i
Vains projets des Roys
de la terrex
Dieu les confond dans
un inftant
le fuccés d'une injuſte
guerre
perd les vainqueurs en
les flattant.
en vain la forrune prodigue
répand fes faveurs fur la
ligue ;
Z
ijij
72 MERGURE
ces monftres d'orgueil
ne font plus:
quel changement ! qui
l'eût pû croire ,
que tout le fruit de la
victoire
ne feroit que pour les
vaincus,?
Meditatifunt inania.
Pour calmer les juftes
allarmes
d'un peuple trahi par le
fort,
GALANT. 273
les vertus vont prendre
les armes ,
Lattendan tout de leur
effort :
qu'on me fuive , dit la "
Juftice ,
t
il faut que ma main “
accompliffe
l'ouvrage qu'elle a "
commencé ;
je n'ay befoin que
moy-mefime ,
de
pour maintenir le dia- "
dême
fur le front où je l'ay "s
274 MERCURE
5.La placé. vv 22
*
fedis tu Judicium prepratio
"
L
Mon fecours vous
eft neceffaire ,
dit la Conftance au
cœur d'airain ,
bientôt d'un fuperbe
adverfaire
la fureur n'aura plus
de frein ,
Gila foy des peuples
chancelle
GALANT. 275
c'eft moy qui répond “
de leur zele,
interrompt la Fidelité ,
l'Ibere manque - t - il
abd'audace , mop
quand la mort dont "
on le menace
luy promet l'immor- «
sb otalité. nolited ing
Non movebor in æternum.
Fideles in dilectione acquiefcent illi.
Mais quelle autre vertu
s'avance ?
276 MERGURE
quels honneurs ! quel
profond refpect ,
tout garde un augufte
filence
qu'impofe fon divin
alpect : ber
l'éclat de la Majeſté
fainte
qui brille au travers de
fa crainte
m'annonce la Religion ;
mais l'horreur dont elle
eft faifie ,
m'annonceencoremieux
l'Herefiere
GALANT. 277
•
elle en fuit la contagion,
Peuple , dit-elle ,
qu'on m'écoute :
le Ciel va vanger mon❝
affront ;
la foudre eft prête , &“
dans leur route
les prophanateurs periront :
Charles jufques aux
Autels m'affiege ,
lors que Philippe me
protege
qui des deux doit re
сс
278 MERCURE
gnerfur toyo
fouffrirois- tu la con- "
رو
currence ?
tu vois par cette
difference b !
lequel doit eftre ton
vray Roy.
Ꭵ
Iter impiorum peribit.
Elle dit , & le peuple
Zunvole,
tous brulent de remplir
Me fes voeux
on diroit que chaque
21parole
GALANT. 279
eft untrait de flâme
pour eux
tout eft foldat , tout fe
ranime ,
chaque bras choific fa
victime ; stroll
quels fleuves de fang
vont couler
l'ennemi tremblant
prend la fuite ; S
mais la mort prompte à
la pourfuite
va l'atteindre & va l'immoler. Mar
280 MERCURE
C'en eft fait dans
un fang impie
je vois par tout le fer
plongé
le noir facrilege s'expic,
l'outrage du Ciel eft
Cp vangé ; in
un faint4 zela entraîne
Philippe o took
au milieu des rangs qu'il
o diffiperom obvi
il s'abbandonnes à fon
grand coeur :
quel tranfport, Vendôme
luy mefme
GALANT 28F
s'étonne duperil extrême
où s'expofe un fi cher
vainqueur.
On doute alors fi de
l'armée
Vendôme eft le chef ou
Hele bras.
O combien fon ame
Jallarınée,
luy fait affronter de
trépás ?
quelle gloire ! quel nou
veau luſtre w
il acquiert dans ce champ
Juin 1712. Aa
282 MERCURE
illuftre
où dés l'enfance il s'eſt
nourri !
peut-il , ce fang de nos
Monarques,
montrer par de plus nobles marques
qu'il eft digne du grand
Henri.
Qu'un jour au crime
fi funefte
eſt ſuivi d'une prompte
nuit !
les ombres dérobent le
GALANT 283
refte
au fer vengeur qui le
pourfuit.
Mufe, borne icy ta car
riere ,
laiffe à la Parque meurtriere
le foin d'achever ce
projet ;
Et toy , feul Maistre de
la terre ,
grand Dieu , favorife
une guerre
qui n'a que le Ciel pour
objet.
la mort d'un des plus grands
hommes de nôtre fiecle, c'eſt
Monfieur de Vendome ; cc
Juin 1712.
Z
+66 MERGURE
malheureux article merite
des Memoires que je ne
pourray
avoir que le mois
prochain
. Voicy
une Ode
faite par M. L. P. fur une
de fes conquêtes
.
T
LA BATAILLE
de Villa- viciofa.
ODE.I
Servant d'explication au fea
d'artifice que M. le Ďac
d'Albe a fait tirer pour
Dat
ce fujer.
Quelle vive ardeur
55,5 étincelle BauM
鉴
t
CALANT. 269
pour un Heros victorieux ?
c'eft l'amour d'un fujet
fidelle
qui s'ouvre un chemin
vers les Cicyx.
Seigneur, dit-il , Dieu "
fecourable,
voy toujours d'un œil "
A favorable
un Roy qui nous rend
triomphants ;
que toujours onl'aime, "
on le craigne ,
qu'il vive enfin , & "
Z ij
268 MERCURE
que fon
regne
s'éternife dans fes en
fants.
Subditionem obfequentiffimum
'Dux Alve
Vivat ®net,
Les Cieux fe declarent
propices ,
Dieu reçoit ces vœux
enflamez :
non , fous de plus heureux aufpices ,
jamais vœux ne furent
CALANT. 269
formez ,
vertus , Roy , ſujets , tout
confpire i
à deffendre un illuftre
Empire ,
fes fiers ennemis font
defaits ;
la terreur vole fur leurs
petraces : and han
Grand Dieu , que tes
premieres graces
nous prefagent d'autres
9 bienfaits.
fuyez , nations fremif
Z iij
470 MERGURE
fantes
que guide la rebellion ;
vos fureurs font trop inpuiffantes ,
fuyez , redoutez le Lion,
ne irritez pas davantage
refpectez un faint heritage
qui brave la flame & le
fera bos
c'eft cette pierre où tout
fe brife i
& que peuvent contre
l'Eglife
les portes mefmes de
1
GALANT. 178
l'enfer.
Fremuerunt gentes. On
Ecce vicit Leo,
i
Vains projets des Roys
de la terrex
Dieu les confond dans
un inftant
le fuccés d'une injuſte
guerre
perd les vainqueurs en
les flattant.
en vain la forrune prodigue
répand fes faveurs fur la
ligue ;
Z
ijij
72 MERGURE
ces monftres d'orgueil
ne font plus:
quel changement ! qui
l'eût pû croire ,
que tout le fruit de la
victoire
ne feroit que pour les
vaincus,?
Meditatifunt inania.
Pour calmer les juftes
allarmes
d'un peuple trahi par le
fort,
GALANT. 273
les vertus vont prendre
les armes ,
Lattendan tout de leur
effort :
qu'on me fuive , dit la "
Juftice ,
t
il faut que ma main “
accompliffe
l'ouvrage qu'elle a "
commencé ;
je n'ay befoin que
moy-mefime ,
de
pour maintenir le dia- "
dême
fur le front où je l'ay "s
274 MERCURE
5.La placé. vv 22
*
fedis tu Judicium prepratio
"
L
Mon fecours vous
eft neceffaire ,
dit la Conftance au
cœur d'airain ,
bientôt d'un fuperbe
adverfaire
la fureur n'aura plus
de frein ,
Gila foy des peuples
chancelle
GALANT. 275
c'eft moy qui répond “
de leur zele,
interrompt la Fidelité ,
l'Ibere manque - t - il
abd'audace , mop
quand la mort dont "
on le menace
luy promet l'immor- «
sb otalité. nolited ing
Non movebor in æternum.
Fideles in dilectione acquiefcent illi.
Mais quelle autre vertu
s'avance ?
276 MERGURE
quels honneurs ! quel
profond refpect ,
tout garde un augufte
filence
qu'impofe fon divin
alpect : ber
l'éclat de la Majeſté
fainte
qui brille au travers de
fa crainte
m'annonce la Religion ;
mais l'horreur dont elle
eft faifie ,
m'annonceencoremieux
l'Herefiere
GALANT. 277
•
elle en fuit la contagion,
Peuple , dit-elle ,
qu'on m'écoute :
le Ciel va vanger mon❝
affront ;
la foudre eft prête , &“
dans leur route
les prophanateurs periront :
Charles jufques aux
Autels m'affiege ,
lors que Philippe me
protege
qui des deux doit re
сс
278 MERCURE
gnerfur toyo
fouffrirois- tu la con- "
رو
currence ?
tu vois par cette
difference b !
lequel doit eftre ton
vray Roy.
Ꭵ
Iter impiorum peribit.
Elle dit , & le peuple
Zunvole,
tous brulent de remplir
Me fes voeux
on diroit que chaque
21parole
GALANT. 279
eft untrait de flâme
pour eux
tout eft foldat , tout fe
ranime ,
chaque bras choific fa
victime ; stroll
quels fleuves de fang
vont couler
l'ennemi tremblant
prend la fuite ; S
mais la mort prompte à
la pourfuite
va l'atteindre & va l'immoler. Mar
280 MERCURE
C'en eft fait dans
un fang impie
je vois par tout le fer
plongé
le noir facrilege s'expic,
l'outrage du Ciel eft
Cp vangé ; in
un faint4 zela entraîne
Philippe o took
au milieu des rangs qu'il
o diffiperom obvi
il s'abbandonnes à fon
grand coeur :
quel tranfport, Vendôme
luy mefme
GALANT 28F
s'étonne duperil extrême
où s'expofe un fi cher
vainqueur.
On doute alors fi de
l'armée
Vendôme eft le chef ou
Hele bras.
O combien fon ame
Jallarınée,
luy fait affronter de
trépás ?
quelle gloire ! quel nou
veau luſtre w
il acquiert dans ce champ
Juin 1712. Aa
282 MERCURE
illuftre
où dés l'enfance il s'eſt
nourri !
peut-il , ce fang de nos
Monarques,
montrer par de plus nobles marques
qu'il eft digne du grand
Henri.
Qu'un jour au crime
fi funefte
eſt ſuivi d'une prompte
nuit !
les ombres dérobent le
GALANT 283
refte
au fer vengeur qui le
pourfuit.
Mufe, borne icy ta car
riere ,
laiffe à la Parque meurtriere
le foin d'achever ce
projet ;
Et toy , feul Maistre de
la terre ,
grand Dieu , favorife
une guerre
qui n'a que le Ciel pour
objet.
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Résumé : LA BATAILLE de Villa-viciosa. ODE. Servant d'explication au feu d'artifice que M. le Duc d'Albe a fait tirer pour ce sujet.
Le Mercure de Juin 1712 annonce la mort de Monsieur de Vendôme, décrit comme l'un des plus grands hommes de son siècle. L'article mentionne également une ode composée par M. L. P. pour célébrer une des conquêtes de Vendôme. Cette ode explique un feu d'artifice tiré par le duc d'Albe pour commémorer une victoire. Le texte décrit la bataille de Villaviciosa, exaltant les vertus du roi, la fidélité des sujets et la défaite des ennemis. Il met en avant des vertus telles que la Justice, la Constance, la Fidélité et la Religion, qui soutiennent le roi et le peuple contre les forces rebelles. La Religion appelle à la vengeance divine contre les profanateurs et exhorte le peuple à suivre Philippe, le véritable roi. Le texte se termine par une description de la bravoure de Vendôme et de son dévouement, comparant sa gloire à celle du grand Henri. Vendôme est présenté comme un modèle de courage et de loyauté, dont les actions ont contribué à la victoire et à la stabilité du royaume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1488
p. 25-42
ODE. A M. le Duc d'Aumont.
Début :
Exaucez ma reconnoissace, [...]
Mots clefs :
Duc d'Aumont, Zèle, Crime, Justice, Presse Batave, Mensonge, Louanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE. A M. le Duc d'Aumont.
O D E.
A M.le Duc d'Aumont.
Exaucez ma reconnoiffance ,
Muſes , pour l'illuftre d'Au- Vimont
Dans mon fein verfez l'abondance
Desrichefles dufacréMont.
Mon zele ne peut plus attendre ;
Venez, c'eft trop long- tems
fufpendre
Juillet 17.12.
C
·26 MERCURE
Les hommages que je lui
dois :
Mon ami , qu'accufoit le
crime ,
Sentit fon fecours magnanime ,
Et j'ai pris le bienfait fur
moy.
Souveraines de l'harmonie,
J'implore moins vôtre fayeur
Pour faire briller mon getronie ,pi
Que pour faire parler mon
cœur.
Quand magloire vous follicite
GALANT.
27
Taifez vous ; quand mon
cœur s'acquitte ,
Prodiguez -moy les plus
beaux traits.
Meurent tous les fruits de
ma lyre ,
N'en fauvez que ce que
m'inſpire
Le reffentiment des bienfaits.
Il eſt un ſejour où preſide
L'infatiable vanité ,
D'où la policeffe perfide
A banni la fincerité ;
Où , par la crainte mercenaire ,
Cij
28 MERCURE
La justice eft comme.étrangere
Immolée aux moindres égards ;
Où le grand art de ſe ſeduire,
L'art de fe flater pour ſe
nuire ,
Tient lieu lui feul de tous
les arts.
Eloge plus vrai que croyable!
C'eft dans ce fejour dangereux
Que d'Aumont eft fimple,
équitable ,
GALANT. 29
Sincere , tendre & genereux ; ว
C'est là qu'au devoir attentive ,
Sa bouche prudemment
naïve
Ne fçait ni nuire , ni flater :
Du moins à fa candeur dif
crete
Applaudit l'eſtime ſecrete
De qui n'ofe pas l'imiter.
Ambitieux, d'ameheroïque
Dépouillez le nom faftueux ;
De mon autorité ftoïque
Je le decerne au vertueux ;
C iij
30 MERCURE
Al'hommequi libre &fans
crainte ,
Aufejour même de la feinte
Ofe fe montrer ce qu'il eft ;
Qui n'a , modele prefque
unique ,
Que le devoir pour politique ,
Et que l'honneur pour interêt.
Je rappelle ce jour funeſte ,
Où d'étonnement abbatu ,
NouveauPilade, pour Ore
fte ,
D'Aumont , j'implorai ta
vertu !
GALANT.
31
Contre Finnocence attaqué ,
La haine en juſtice maf
quée
Avoit répandu fon poifon ;
Et je tremblois que fur
même
toySon hipocrite ftratagême
N'eût pris les droits de la
raiſon.
Mais quelle ardeur, quelle
éloquence
Me prêtoit alors l'amitié !
Soudain je gagne à l'innocence
C iiij
32 MERCURE
Ton zele enſemble &ta pi .
tié. 1
Je te vois conjurer l'orage ;
Tu parles, déja ton fuffrage
Nous rend une foule d'amis ;
Déja ton infaillible zele
A la prevention rebele
Predit l'oracle de Themis. 1
Elle a
prononcé , le men-
" oup #fonge,," airp
Artifan de fon propre affront,
Dans le Tartare fe replonge,
GALANT.
33
La rage au fein , la honte
Mais
au front.
ne peut que
ouvrage *
du noir
Dont il avoit armé fa rage
S'aneantir le fouvenir!
Ainfi que le nom d'Erof
: trate
Ce libelle profcrit fe flate
De percer encor l'avenir.
Vers impofteurs , qu'à la
vengeance
Dicta l'imprudence fa fœur,
* Vers diffamatoires faußement
imputez à M. Saurin.
34 MERCURE
Que forgerent d'intelli
gence
L'effronterie & la noirceur ;
Qui pour fel & pour harmonie
Ne prêtez à la calomnie
Qu'un choix brutal de mots
pervers :
F'apprens que la preſſe Batave ,
Au mépris des mœurs qu'
elle brave ,
Va vous montrer à l'univers.
L'Auteu: qui de l'eau duCocyte
GALANT.
35.
Vous écrivit dans fa fureur ,
Rit fans doute , & fe felicite
D'en voir multiplier l'horreur.
Il croit qu'ainfi dans tous
les âges
Vontfe répandre les outrages
Dont il a voulu nous flé
trir ;
Que de ſes menfonges ciniques
Vont naître ces foupçons
iniques
Que la malice'aime à nourrir.
36 MERCURE
Oui , ce perfide eſpoir le
Aate ,
Mais il le flate vainement ;
En vous trop d'impudence
éclate ,
Vôtre propre excés vous
dément.
Dés qu'à l'innocence la rime
Veut que vous imputiez un
crime ,
Le crime eft d'abord imputé,
Et vôtre imprudente impofture
Ne donne pas même à l'inJure
•
GALANT.
Un faux air de la verité.
37
D'autres fiecles pourront
nous croire...
Non, non , pour les en garantir
Mes vers plus fûrs de la memoire ,
Iront par-tout vous démentir.
Mais qui vous lira ? quel
courage
Pourra d'une fi noire ima-
.ge.
Suivre le tiffu rebutant ?
Ce n'eft que gibet , rouë &
flâme ,
38 MERCURE
Objets qu'à vôtre pere infâme
Peint fon remords impenitent.
Vôtre pere... non, je m'abüſe ,
Et vous n'êtes qu'un avorton
Né de la lyre d'une Muſe,
Surpriſe un jour par AleЄton.
La Mufe s'étoit endormie ;
Alecton des enfers vomie
Profite du moment fatal:
Elle ofe manier la lire ;
GALANT.
39
C'est vous , fons menteurs ,
qu'elle en tire ,
Digne eflay du monftre infernal.
Soudain le ferpent , la couleuvre ,
De fa tête affreux ornemens,
Applaudiffent à ce chef21 22 d'œuvre d
Par leurs horribles fifflemens :
Mais l'Echo n'oſa rien reSoolony dire;ryl whil
Le Faune fuit , & le Satyre
40 MERCURE
Saifi d'horreur l'interrompit.
A ce bruit la Muſe éveil
lée
Ne reprit fa lyre foüillée
Que pour le brifer de dépit.
Tu le vois , d'Aumont , je
m'égare ,
Et c'eft de l'aveu des neuf
Sœurs
Quej'imite Horace & Pindare ,
Mes Lyriques predeceffeurs.
Si fur la foy de leur uſage
L'écart
GALANT.
41
L'écart même fermoit l'ouvrage ,
Il n'en feroit que plus goûté : Lia
Mais pardonne, Muſe Thebaine ,
Mon zele à d'Aumont me
ramene ;
J'aime mieux perdre une
beauté.
Que Mnemofine immortalife
Et tes bienfaits & mon encens ;
Qu'à jamais l'univers me
life ,
Fuillet
17120
D
42 MERCURE
Penetré de ce que je fens.
Si mes vers n'ont pas la
puiffance
D'infpirer tout ce que je
penfe,
Ils n'ont pas fait affez pour
toy ;
Et, malgré l'orgueil du Parnaffe ,
Charmé , j'y cederai ma
place
Aqui te louëra mieux
moy.
que
A M.le Duc d'Aumont.
Exaucez ma reconnoiffance ,
Muſes , pour l'illuftre d'Au- Vimont
Dans mon fein verfez l'abondance
Desrichefles dufacréMont.
Mon zele ne peut plus attendre ;
Venez, c'eft trop long- tems
fufpendre
Juillet 17.12.
C
·26 MERCURE
Les hommages que je lui
dois :
Mon ami , qu'accufoit le
crime ,
Sentit fon fecours magnanime ,
Et j'ai pris le bienfait fur
moy.
Souveraines de l'harmonie,
J'implore moins vôtre fayeur
Pour faire briller mon getronie ,pi
Que pour faire parler mon
cœur.
Quand magloire vous follicite
GALANT.
27
Taifez vous ; quand mon
cœur s'acquitte ,
Prodiguez -moy les plus
beaux traits.
Meurent tous les fruits de
ma lyre ,
N'en fauvez que ce que
m'inſpire
Le reffentiment des bienfaits.
Il eſt un ſejour où preſide
L'infatiable vanité ,
D'où la policeffe perfide
A banni la fincerité ;
Où , par la crainte mercenaire ,
Cij
28 MERCURE
La justice eft comme.étrangere
Immolée aux moindres égards ;
Où le grand art de ſe ſeduire,
L'art de fe flater pour ſe
nuire ,
Tient lieu lui feul de tous
les arts.
Eloge plus vrai que croyable!
C'eft dans ce fejour dangereux
Que d'Aumont eft fimple,
équitable ,
GALANT. 29
Sincere , tendre & genereux ; ว
C'est là qu'au devoir attentive ,
Sa bouche prudemment
naïve
Ne fçait ni nuire , ni flater :
Du moins à fa candeur dif
crete
Applaudit l'eſtime ſecrete
De qui n'ofe pas l'imiter.
Ambitieux, d'ameheroïque
Dépouillez le nom faftueux ;
De mon autorité ftoïque
Je le decerne au vertueux ;
C iij
30 MERCURE
Al'hommequi libre &fans
crainte ,
Aufejour même de la feinte
Ofe fe montrer ce qu'il eft ;
Qui n'a , modele prefque
unique ,
Que le devoir pour politique ,
Et que l'honneur pour interêt.
Je rappelle ce jour funeſte ,
Où d'étonnement abbatu ,
NouveauPilade, pour Ore
fte ,
D'Aumont , j'implorai ta
vertu !
GALANT.
31
Contre Finnocence attaqué ,
La haine en juſtice maf
quée
Avoit répandu fon poifon ;
Et je tremblois que fur
même
toySon hipocrite ftratagême
N'eût pris les droits de la
raiſon.
Mais quelle ardeur, quelle
éloquence
Me prêtoit alors l'amitié !
Soudain je gagne à l'innocence
C iiij
32 MERCURE
Ton zele enſemble &ta pi .
tié. 1
Je te vois conjurer l'orage ;
Tu parles, déja ton fuffrage
Nous rend une foule d'amis ;
Déja ton infaillible zele
A la prevention rebele
Predit l'oracle de Themis. 1
Elle a
prononcé , le men-
" oup #fonge,," airp
Artifan de fon propre affront,
Dans le Tartare fe replonge,
GALANT.
33
La rage au fein , la honte
Mais
au front.
ne peut que
ouvrage *
du noir
Dont il avoit armé fa rage
S'aneantir le fouvenir!
Ainfi que le nom d'Erof
: trate
Ce libelle profcrit fe flate
De percer encor l'avenir.
Vers impofteurs , qu'à la
vengeance
Dicta l'imprudence fa fœur,
* Vers diffamatoires faußement
imputez à M. Saurin.
34 MERCURE
Que forgerent d'intelli
gence
L'effronterie & la noirceur ;
Qui pour fel & pour harmonie
Ne prêtez à la calomnie
Qu'un choix brutal de mots
pervers :
F'apprens que la preſſe Batave ,
Au mépris des mœurs qu'
elle brave ,
Va vous montrer à l'univers.
L'Auteu: qui de l'eau duCocyte
GALANT.
35.
Vous écrivit dans fa fureur ,
Rit fans doute , & fe felicite
D'en voir multiplier l'horreur.
Il croit qu'ainfi dans tous
les âges
Vontfe répandre les outrages
Dont il a voulu nous flé
trir ;
Que de ſes menfonges ciniques
Vont naître ces foupçons
iniques
Que la malice'aime à nourrir.
36 MERCURE
Oui , ce perfide eſpoir le
Aate ,
Mais il le flate vainement ;
En vous trop d'impudence
éclate ,
Vôtre propre excés vous
dément.
Dés qu'à l'innocence la rime
Veut que vous imputiez un
crime ,
Le crime eft d'abord imputé,
Et vôtre imprudente impofture
Ne donne pas même à l'inJure
•
GALANT.
Un faux air de la verité.
37
D'autres fiecles pourront
nous croire...
Non, non , pour les en garantir
Mes vers plus fûrs de la memoire ,
Iront par-tout vous démentir.
Mais qui vous lira ? quel
courage
Pourra d'une fi noire ima-
.ge.
Suivre le tiffu rebutant ?
Ce n'eft que gibet , rouë &
flâme ,
38 MERCURE
Objets qu'à vôtre pere infâme
Peint fon remords impenitent.
Vôtre pere... non, je m'abüſe ,
Et vous n'êtes qu'un avorton
Né de la lyre d'une Muſe,
Surpriſe un jour par AleЄton.
La Mufe s'étoit endormie ;
Alecton des enfers vomie
Profite du moment fatal:
Elle ofe manier la lire ;
GALANT.
39
C'est vous , fons menteurs ,
qu'elle en tire ,
Digne eflay du monftre infernal.
Soudain le ferpent , la couleuvre ,
De fa tête affreux ornemens,
Applaudiffent à ce chef21 22 d'œuvre d
Par leurs horribles fifflemens :
Mais l'Echo n'oſa rien reSoolony dire;ryl whil
Le Faune fuit , & le Satyre
40 MERCURE
Saifi d'horreur l'interrompit.
A ce bruit la Muſe éveil
lée
Ne reprit fa lyre foüillée
Que pour le brifer de dépit.
Tu le vois , d'Aumont , je
m'égare ,
Et c'eft de l'aveu des neuf
Sœurs
Quej'imite Horace & Pindare ,
Mes Lyriques predeceffeurs.
Si fur la foy de leur uſage
L'écart
GALANT.
41
L'écart même fermoit l'ouvrage ,
Il n'en feroit que plus goûté : Lia
Mais pardonne, Muſe Thebaine ,
Mon zele à d'Aumont me
ramene ;
J'aime mieux perdre une
beauté.
Que Mnemofine immortalife
Et tes bienfaits & mon encens ;
Qu'à jamais l'univers me
life ,
Fuillet
17120
D
42 MERCURE
Penetré de ce que je fens.
Si mes vers n'ont pas la
puiffance
D'infpirer tout ce que je
penfe,
Ils n'ont pas fait affez pour
toy ;
Et, malgré l'orgueil du Parnaffe ,
Charmé , j'y cederai ma
place
Aqui te louëra mieux
moy.
que
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Résumé : ODE. A M. le Duc d'Aumont.
Dans une lettre poétique datée de juillet 1712, adressée à M. le Duc d'Aumont, l'auteur exprime sa reconnaissance et son admiration pour la générosité et le soutien du duc. Il rappelle un épisode où le duc a aidé un ami injustement accusé, démontrant ainsi sa magnanimité et son sens de la justice. L'auteur invoque les Muses non pour sa propre gloire, mais pour exprimer sa gratitude. Le texte critique un lieu où règnent la vanité et la flatterie, et où la sincérité est absente. Il loue le duc d'Aumont pour sa simplicité, son équité, sa sincérité, sa tendresse et sa générosité, même dans un environnement hypocrite. L'auteur évoque un épisode où le duc a défendu l'innocence contre la haine et la calomnie, gagnant ainsi de nombreux amis par son zèle et sa piété. La lettre dénonce également des vers diffamatoires attribués à M. Saurin, qualifiés d'imposture et de calomnie. L'auteur affirme que ces écrits ne pourront jamais ternir la réputation du duc et que ses propres vers serviront à démentir les accusations. Il conclut en exprimant son admiration pour le duc et en reconnaissant que ses vers ne peuvent pleinement exprimer sa gratitude.
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1489
p. 98-100
SUR L'AMOUR.
Début :
Il est passé cet âge heureux [...]
Mots clefs :
Amour, Tendresse, Sagesse, Maîtresse, Amant, Galant
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texteReconnaissance textuelle : SUR L'AMOUR.
SUR L'AMOUR.
ILeft paffé cet âge heureux
De la primitive tendreffe ,
Où le refpect , la fageffe
Gouvernoient les cœurs
amoureux .
La Maiſtreffe tousjours fevere ,
Tenoit l'Amant tousjours
foumis :
GALANT. 99
Que le pauvre efclave euſt
commis
Une offenſe la plus legere ,
Auffi-toft penitence auftere ,
Exil en deſert tenebreux ,
Jeûne exact , long & rigoureux.
Brefc'eftoit ferveur de Novices ,
Pour le fexe quelles delices ?
Il eft paffé cet âge heureux ,
Un air plus froid qu'à l'ordinaire ,
Un rien defefpereroit l'AI ij
100 MERCURE
mant ,
Aujourd'huy c'est tout autrement ,
Sur un rien le galand efpere.
ILeft paffé cet âge heureux
De la primitive tendreffe ,
Où le refpect , la fageffe
Gouvernoient les cœurs
amoureux .
La Maiſtreffe tousjours fevere ,
Tenoit l'Amant tousjours
foumis :
GALANT. 99
Que le pauvre efclave euſt
commis
Une offenſe la plus legere ,
Auffi-toft penitence auftere ,
Exil en deſert tenebreux ,
Jeûne exact , long & rigoureux.
Brefc'eftoit ferveur de Novices ,
Pour le fexe quelles delices ?
Il eft paffé cet âge heureux ,
Un air plus froid qu'à l'ordinaire ,
Un rien defefpereroit l'AI ij
100 MERCURE
mant ,
Aujourd'huy c'est tout autrement ,
Sur un rien le galand efpere.
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Résumé : SUR L'AMOUR.
Le texte relate l'évolution des relations amoureuses. Autrefois, les amants respectaient et vénéraient leurs maîtresses, acceptant des pénitences sévères pour des offenses mineures. Aujourd'hui, les amants s'irritent facilement, marquant une ère plus froide.
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1490
p. 100-105
MADRIGAL sur un ruban d'or d'épée donné à l'Autheur de ces vers.
Début :
Beau lien, tissu precieux, [...]
Mots clefs :
Épée, Emploi, Ruban d'or, Tissu, Parure
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL sur un ruban d'or d'épée donné à l'Autheur de ces vers.
MADRIGAL
fur unruband'or d'épée
donné à l'Autheur de
ces vers.
BEaulien, tiffu precieux,
Digne que Jupiter luymeſme
En faffe fur fon front un
brillant diadême ,
•
Lorfque devant fon trofne
il affemble les Dieux ,
GALANT. 101
Si tu me cauſe tant de joye,
Si tu m'es un fi cher threfor ,
Ce n'eft point pour l'éclat
de l'or ,
Que l'art induftrieux fit
briller fur la foye :
Ton merite à mes yeux eft
la main qui t'envoye ,
Fait feule tout ton prix ,
peut-eſtre que d'abord
On plaindra ton malheureux fort ,
Tu perds une maiftreffe
aimable ,
Digne des hommages d'un
Roy ;
I
iij
102 MERCURE
Et tu la perds pour eftre
à moy.
Quel revers, dira-t'on quelle cheute effroyable:
Laiffons parler les envieux ,
Et mocquons- nous de leur
murmure ;.
Ton employ le plus glorieux
Fut d'avoir part àfa parure:
Mais auprés de fon teint
auprés de fes beaux yeux,
Pareils à ceux qu'on peint
la Reine des Dieux.
Auprés de fa taille divine ,
De fon air dont la majeſté
Marquefonilluftre origine.
GALANT. 103
De fon efprit charmant
dont la facilité ,
Les graces , la folidité ,
Luy font fur tous les cœurs
un fouverain empire ,
Helas qui prenoit garde
à toy !
Tu n'as point à fubir cette
honte avec moy ,
Tes attraits brillent feuls ,
c'eft toy feul qu'on
admire ,
Et pour comble d'honneur
dans ton nouvel employ ,
Tu feras deformais le tef
moin & le gage
Des bienfaits , des bontez
I
iiij
104 MERCURE
d'un cœur fi genereux ,
Tu feras le lien de l'efclavage heureux ,
Où mon refpect profond ,
où mon zele m'engage ,
Quete dirai-je enfin , tu feras aux neuf Sœurs ,
Une des marques immortelles ,
Et de l'eftime & des faveurs
Qu'elle fit éclater pour
elles ;
Et moy certain de leurs
Lecours
Je feray de la gloire une
telle peinture ,
GALANT. 105
Que la Déeffe des Amours
Changeroit pour toy fa
ceinture
fur unruband'or d'épée
donné à l'Autheur de
ces vers.
BEaulien, tiffu precieux,
Digne que Jupiter luymeſme
En faffe fur fon front un
brillant diadême ,
•
Lorfque devant fon trofne
il affemble les Dieux ,
GALANT. 101
Si tu me cauſe tant de joye,
Si tu m'es un fi cher threfor ,
Ce n'eft point pour l'éclat
de l'or ,
Que l'art induftrieux fit
briller fur la foye :
Ton merite à mes yeux eft
la main qui t'envoye ,
Fait feule tout ton prix ,
peut-eſtre que d'abord
On plaindra ton malheureux fort ,
Tu perds une maiftreffe
aimable ,
Digne des hommages d'un
Roy ;
I
iij
102 MERCURE
Et tu la perds pour eftre
à moy.
Quel revers, dira-t'on quelle cheute effroyable:
Laiffons parler les envieux ,
Et mocquons- nous de leur
murmure ;.
Ton employ le plus glorieux
Fut d'avoir part àfa parure:
Mais auprés de fon teint
auprés de fes beaux yeux,
Pareils à ceux qu'on peint
la Reine des Dieux.
Auprés de fa taille divine ,
De fon air dont la majeſté
Marquefonilluftre origine.
GALANT. 103
De fon efprit charmant
dont la facilité ,
Les graces , la folidité ,
Luy font fur tous les cœurs
un fouverain empire ,
Helas qui prenoit garde
à toy !
Tu n'as point à fubir cette
honte avec moy ,
Tes attraits brillent feuls ,
c'eft toy feul qu'on
admire ,
Et pour comble d'honneur
dans ton nouvel employ ,
Tu feras deformais le tef
moin & le gage
Des bienfaits , des bontez
I
iiij
104 MERCURE
d'un cœur fi genereux ,
Tu feras le lien de l'efclavage heureux ,
Où mon refpect profond ,
où mon zele m'engage ,
Quete dirai-je enfin , tu feras aux neuf Sœurs ,
Une des marques immortelles ,
Et de l'eftime & des faveurs
Qu'elle fit éclater pour
elles ;
Et moy certain de leurs
Lecours
Je feray de la gloire une
telle peinture ,
GALANT. 105
Que la Déeffe des Amours
Changeroit pour toy fa
ceinture
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Résumé : MADRIGAL sur un ruban d'or d'épée donné à l'Autheur de ces vers.
Le texte est un madrigal célébrant un ruban d'épée offert à l'auteur. Le poème commence par louer l'objet, comparant son destinataire à un être digne de Jupiter. Le ruban est valorisé non pour son éclat matériel, mais pour la main qui l'a envoyé. Le poème évoque ensuite la perte d'une maîtresse aimable, digne des hommages d'un roi, au profit de la possession du ruban. Il moque les envieux et souligne que le ruban, bien que modeste, a été honoré de faire partie de la parure de cette maîtresse. Cette dernière est décrite comme possédant une beauté, une majesté et un esprit charmant exceptionnels. Le ruban deviendra un témoignage des bienfaits et de la générosité du cœur de l'auteur, symbolisant l'esclavage heureux et le respect profond qu'il ressent. Il sera également une marque immortelle des faveurs des neuf Sœurs (les Muses). L'auteur s'engage à peindre la gloire de manière à ce que même la déesse des Amours changerait sa ceinture pour ce ruban.
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1491
p. 145-189
LA RUNE. A Madame la Marquise de M.
Début :
Quand d'une ardeur si peu commune [...]
Mots clefs :
Rhune, Diable, Dieu, Collier, Tribune, Pyrénées, Rocher, Soleil, Baleine, Rivage, Dame, Almanachs, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA RUNE. A Madame la Marquise de M.
LA RUNE.
A Madame la Marquife
de M.
QUand d'une ardeur´ fi
peu commune
On vous entend pouffer
tout bas
Et des foûpirs & des helas ,
Qui croiroit que c'eſt pour
la Rune?
Quelques gens trop promts
à la main
Fuillet 1712 .
N
146 MERCURE
A juger mal de leur prochain ,
Pourront s'imaginer peutêtre ,
S'ils n'ont l'honneur devous
connoître ,
Que la Rune eft un cava
lier,
Non de tels qu'on en voit
paroître
A Paris au moins un millier,
Dont le merite fingulier
Nepaffe point le Petit-Maître :
Mais un de ceux au grand
colier ,
GALANT. 147
Quiparfonair diſcret, honnête ,
Vous auroit donné dans la
tête.
Mais j'en avertis promptement ,
Point de jugement temeraire ,
La Rune pour qui feulement
Vous foûpirez fi tendrement
Et fans enfaire de myſtere ;
La Rune qui feul fçut toucher
Un cœur toûjours fage &
fevere ;
Nij
148 MERCURE
La Rune qui feul peut vous
plaire ,
Helas n'eft qu'un pauvre
rocher.
Sur la cime des Pirenées .
Oùbravant depuis fix mille
ans
Et la foudre & les deftinées,
Il compte les fiecles courans ,
Comme nous comptons les
années ;
Ce rocher orgueilleux &
fier
Etend au large fon empire ,
Et paroiffant feul & fans
pair,
GALANT. 149
Parpitiépour ce qui refpire
Sans tomber refte prefque
en l'air.
Devant fon énorme figure
Lesautresrochers fes fujets,
Vils avortons de la nature ,
Ne femblent que des marmoufers ,
Dont les plus hauts & les
mieux faits
Nelui vont pasà la ceinture.
De là comme d'un Belveder ,
Allongeant fon col vers la
mer,
Il voit fous lui la terre &
l'onde ,
N iij
150 MERCURE
Ét dominant également
Sur l'un & fur l'autre ele.
ment *
Semble , faifant par tout la
ronde ,
Contempler curieufement
Ce qui le fait dans tout le
monde.
Contre fon chefaudacieux
Qui touche preſque jufqu'
aux cieux ,
Paroît cloüé comme une
cage
Un pauvre petit hermitage,
Deux cellules pour loge.
nient ,
GALANT. ISL
Avec un peu de jardinage ,
Qui cultivélegerement
Fournit affez abondamment
Herbes & fruits pour le ménage.
Joignez encoreaubâtiment
Sur l'un des bouts une Chapelle ,
Et del'hermitage charmant
Vous aurez un portrait fi.
delle.
Cependant du rochervoiſin
Le paffant qui va fon chemin,
S'il tourne vers là la prunelle ,
Niiij
152 MERCURE
Au lieu d'un logement hu
main ,
Demaiſon , Chapelle & jardin ,
Croit nevoir qu'un nid d’hirondelle.
Or,foit nid d'hirondelle où
non,
C'eſt où vous pretendez ,
dit
on ,
Aller fixer vôtre demeure.
Ce deffein eft loüable &
bon ,
Vous le voulez , à la bonne
heure :
Mais tandis qu'au gré de
VOS Vœux
GALANT.
153
Votre équipage fe prepare,
Que vous prenez vôtre fimarre
Et que l'on treffe vos cheveux ;
Que de papier & de clincaille
Vous ornez le chapeau de
paille ,
Qui dans cette aimable prifon
Doitvous tenir lieu de coiffure ;
Avant d'entrer dans la voiture ,
Et de quitter nôtre horizon,
Souffrez que,commede raifon ,
154 MERCURE
Je prêche ici vôtre vêture.
Lafolitude eftbelle envers,
On eft charmé de fa pein
ture :
Mais elle a de fâcheux re,
vers ,
Et malgré ce qu'on s'en
figure ,
Donnebien de la tablature.
J'en fçai mille exemples divers ,
Quelque bien qu'on foit le
temps dure ,
Et je vois dans cet univers
Qu'on aime à changer de
poſture.
GALANT. 159
Quand vous aurez fait le
plongeon,
Et que vous vous ferez perchée
Sur le haut de vôtre donjon,
Vous y ferez bien empê.
chée.
Delà vous verrez, je le veux,
La mer en orages feconde ,
Rouler fes flots impetueux,
Et blanchir les rocs de fon
onde :
Encor le fait eft-il douteux ;
Car du fommet de cette
roche,
Avec l'œil le plus délié ,
Pour voir la mer qui bat fon
pié
156 MERCURE
Il faut des lunettes d'approche.
Mais voyez-la , je le veux
bien;
Voyez, fi vous voulez , encore
Depuis le rivage Chrétien
Jufques au rivage du More ;
Confiderez de toutes parts
Vingt & vingt Royaumes
épars ;
Voyez encore , s'il fe peut
faire ,
Tout ce que leSoleil éclaire;
Et , fi jamais rien vous a
plû,
Ayoüez , fainte folitaire ,
GALANT. 157
Que cette vûë a de quoy
plaire :
Mais d'un coup d'œil on a
tout vû.
Durant cela le jour s'allonge,
Le Soleil marche avec lenreur :
Il eſt encor dans fa hauteur ,
Qu'on attend l'inſtant qu'il
ſe plonge ,
Et qu'enfin le fommeil vainqueur
Du cruel chagrin qui vous
ronge ,
Etourdiffe vôtre langueur,
158 MERCURE
Et par l'image d'un beau
fonge
Charme l'ennui de vôtre
cecur.
Lorfque cet ennui vous poffede ,
La priere eft un bon remede ;
Tout hermite en doit faire
cas ,
S'il veut que Dieu lui foit
en aide.
Vousprierez , je n'en doute
pas:
Mais l'ame eft quelquefois
bien tiede ,
Et quand deprier on eft las,
GALANT.
159
Il faut trouver quelque intermede.
Jeveux que dans vôtre oraifon
Dieu vous anime & vous
confole ,
Qu'il éclaire vôtre raiſon ,
Et vousporte aucœur fa
role :
paMais aprés toutes ces faveurs ,
Vous trouverez comme
tant d'autres ,
Bientôt la fin de vos ferveurs
Et le bout de vos patenôtres ,
160 MERCURE
Et gare auffi quelques vapeurs.
Ce n'eft pas que de vôtre
Dune,
Comme du haut d'une Tribune ,
Vous pourrez prêcher les
poiffons ,
Qui réveillez par vos doux
fons ,
Et curieux de vous connoître ,
Pour mieux entendre vos
leçons ,
Mettront la tête à la fenêtre.
Je
GALANT. 161
Jevois déja les eftourgeons
Sur la merfaireun promontoire ,
Avec un peuple de goujons
Qui courent à votre auditoire :
Les dauphins en gens du
grand air ,
Pardeffus l'eau levant la tête ,
Et ruminant quelque conquête ,
Viennent d'un pas de Duc
& Pair.
CommeDames de haut parage
Lesbaleines plus lentement
Juillet 1712.
162 MERCURE
S'avancent en grand équi
page ,
Traînant aprés elles maint
page
Qui fend les eaux gaillar
dement.
Prêchez mais au fortir de
chaire
N'attendez point de com.
pliment ,
Les poiffons n'en fçavent
point faire ;
Non, ni baleine ni faumon
N'aura jamais Fefprit de
direr:
Le grand talent ! le beau
fermom! J
GALANT. 163
Cependant il n'en faut pas
¡ire ,
Un compliment un peu
teur
flaSoulage le Predicateur ;
Il ne prêche que pour inftruire :
Mais après tout je croirois
bien
Qu'un compliment ne gâte
rien.
C'eft chofe enfin bien ennuyeuſe ,
Fut- on même grande caufeufe ,
D'entretenir un peuple for,
Quifait fortir deles paupieres O ij
164 MERCURE
Des yeux grands comme
des falieres ,
Et jamais ne vous répond
mot.
Un long filence nous at
triſte ;
Encor faut-il dans le befoin
Avoir quelqu'un qui prenne foin
Devous dire, Dieu vous affifte.
Ce monde a de fort grands
défauts ,
Ne craignez pas que je l'excufe ;
Il eſt méchant,leger &faux,
GALANT. 165
Il trompe, il feduit, il abuſe,
Il eft auteur de mille maux:
Mais tel qu'il eft il nous
amufe ,
Sans ceffe il fournit à nos
yeux
Mille fpectacles curieux.
Sa ſcene mobile & chanPlaît même
geante
par fon changement ;
Toûjours nouvel évenement
Que fon efprit fecond enfante
Nous réveille agreablement.
166 MERCURE
L'un rit , & l'autre fe lamente ,
Tous deux trompez égale.
ment ,
L'un arrive au port fûrement
L'autre eft encor dans la
tourmente ;
L'un perd fon bien , l'autre
l'augmente ;
L'un pourfuit inutilement
Lafortune toûjours fuyante ,
L'autre l'attend tranquile
ment,
Ou parvient fans fçavoir
comment
GALANT. 167
Et prefque contre ſon at
tente.
L'un reüffit heureuſement,
L'autre, aprés bien du mou.
vement ,
Trouve un rival qui le fupplante.
L'un en pefte , l'autre en
plaifante ,
L'un vous brufque groffierement ,
L'autre d'une main caref
fante
Vous poignarde civile
ment.
L'unaime Dieutrés- ardem ,
ment ,
168 MERCURE
Ou fait femblant , que je ne
mente ;
Pour fon prochain , il s'en
exempte.
L'autre s'aime trés tendrement ,
Et d'autrui fort peu fe tourmente.
L'unfe venge devotement ,
L'autre avec éclat , & s'en
vante.
L'un parle des Saints doctement,
L'autre les revere humblement
Et de les fuivre fe contenشر te. :
L'un
GALANT. 169
L'un a de l'air , de l'agrément ,
L'autre par fa mine é
pouvante ;
L'un fait un bon contrat
de rente ,
Et l'autre fait un teſtament ,
L'un à quinze ans , l'ame
dolente ,
1
Va prendre gifte au monument ,
Et l'autre prend femme
à foixante
L'un fe fait tuer trifteFuillet 1712.
P
170 MERCURE
ment ,
L'autre naift au mefme
moment
Pour remplir la place
vacante ;
On rencontre indifferemment
Un Bapteſme , un Enterrement ;
Enfin c'eft une Comedie
De voir ce qu'on voit
tous les jours :
Vous diriez en voyant
ces tours ,
Quela fortune s'eftudie
GALANT. 171
Sans ceffe à varier fon
cours ;
Tousjours quelque metamorphofe
Donne matiere à l'entretien ,
Mais fur la Rune on ne
voit rien ,
f
Ou c'eſt tousjours la
meſme choſe ;
En un mot dans ce pau30 vre nid
On ne fçait qui meurt ,
ny qui vit.
Il est bien vray qu'à voPij
172 MERCURE
ftre Rune
Vous ferez proche de la
Lune ,
Et que mefme en faiſant
chemin ,
Elle peut vous toucher
la main.
Mais en ferez - vous plus
chanceuſe ,
Et pouvez - vous faire
grand castr
D'une voiſine fi fafcheufe ?
Si l'on en croit les Almanachs ,
GALANT. 173
La Dame eft fort capricieuſe ,
Donnant dans des hauts
& des bas.
Elle fera la précieuſe
Voilant quelquefois fes
appas ,
Quelquefois ne les voilant pas ;
Tantoft ſe montrant toute entiere ,
Tantoft feulement à moiCastié ,
Sans que par foupir ny
priere ,
P iij
174 MERCURE
Ny par les droits de l'amitié ,
Vous puifficz durant fa 45
carrière.
En obtenir pour un moments
Comme une grace finguliere ,
De changer fon ajuſte20hing ment.
D'ailleurs il ne faut nullement
Qu'elle vous foit ſi familiere ;
Croyez-moy , c'eſt ſans
GALANT. 175
paffion ,
Avec une telle ouvriere
Point trop de frequentation ;
Car outre fa complexion
Que l'on dit eſtre fort
mauvaiſe ,
N'eftant jamais , ne vous
deplaife ,
Sans quelque bonne fluxion ,
Outre fes rhumes , fes catharres,
Qu'on gagne par contagion ,
P iiij
176 MERCURE
Ainfi que fes humeurs
bifarres
Dans cette trifte region ;
Sa conduite n'eft pas bien
nette ,
Jevousle dis auparavant,
Bien qu'elle foit vieille
planette ,
Elle met en jeune coquette ,
Du rouge & des mouches fouvent ,
Et fe farde fous fa cornette
Je le fçay de plus d'un
GALANT. 177
fçavant
Qu'elle reçoit à fa toillette :
De plus , ſi ce n'eſt un
faux bruit ,
Au lieu de vivre en femme fage ,
Elle abandonne fon mefnage ,
Et court le bal toute la
nuit.
De là vient, je croy , certain conte
D'un certain jeune Endimion
178 MERCURE
Que le monde a mis fur
fon compte ;
Etcette indigne affection
Adans tous lieux fur fon
paffage
Taché fa reputation ,
Autant ou plus que fon
vifage.
Peut - eftre eft - ce une
fiction ,
Mais enfin cela la diffame ;
Et pourquoy fortant de
fon
trou ,
Va-t-elle auffi la bonne
GALANT. 179
Dame
Courir la nuit le guilledou ,
Lebeaumeftier pour une
femme ;
Et puis après l'a plaindra t'on
Quand on luy vient
chanter fa gamme,
Ou luy donner quelque
dicton ;
Helas la pauvre malheureufe land on
Le bel honneur où la
voila
180 MERCURE
De paffer pour une coureufe!
La verrez - vous après
cela ?
Vous n'aurez point cette
manie ,
Et c'eft für quoyl'on veut
compter ;
Voila pourtant la compagnie ,
Dont il faudra vous contenter.
Il ne faut point que l'on
vous berce
De cet efpoir trompeur
GALANT. 181
I
& vain,
Que vous puiffiez avoir
commerce
Avec aucun viſage humain ;
Si ce n'eft quelque pauvre haire ,
Qui dans les rochers égaré ,
Vint à vous d'un air é-
- ploré,
Cherchant remede à fa
mifere.
Il fera d'un ton doulouov kreux ,
182 MERCURE
S'il vous trouve prompt
à le croire ,
Du defaftre le plus affreux ,
La trifte & lamentable
hiſtoire ,
Mais tout cela fent le
grimoire ,
Prenez bien garde à l'hameçon :
Et crainte de tout malefice ,
Fermez la porte fans façon ,
Et luy dites , Dieu yous
GALANT. 183
beniffe.
Mais la charité .... mais
enfin
On dit que le diable eſt
bien fin ,
Le drofle eft fait au badinage ,
C'eſt un franc archipatelin ,
Sombre, fournois , fourbe & malin ,
Qui fçait jouer fon perfonnage ,
Et qui pour fonder le
terrain ,
184 MERCURE
Va ſouvent en pelerinage ,
Defiez- vous du pelerin ;
Mais fans que le diable
s'en mefle ,
Il s'en fait aſſez aujourdhuy.
Et quoy qu'on jette tout
fur luy ,
Ce n'eft pas toujours luy
qui gretle :
Nous avons au dedans
de nous
Un ennemy bien plus
à craindre ,
GALANT. 184
Il porte les plus rudes
coups ,
Et perfonne n'ofe s'en
plaindre ,
Chacun l'excufe & le
cherit ,
Et s'il arrive quelque
hiſtoire ,
On s'en prend au malin
eſprit ,
A qui l'on en fait bien
accroire.
Il a tout fait, il a tout dit,
On compte fort fur fon
credit ;
Fuillet 1712. Q
186 MERCURE
C'eft luy qui fait qu'on
fuit la peine ,
Et que l'on cherche le
plaifir ,
C'eft luy qui par la main
nous meine
Où nous porte noftre
defir ;
C'eft luy qui fait la medifance ,
C'eft luy qui dicte la
vengeance ,
C'eft luy dont l'afcendant certain
Rend le foldat dur &
GALANT. 187
barbare ,
Rend le noble fier &
hautain ,
Rend le jeune homme
libertin ,
Et le fexagenaire avare.
Le fourbe dans fes trahifons ,
Et le faint dans fes oraifons ,
Imputent tout à fa malice.
De tous les maux que
nous faifons
Il eſt l'autheur & le comQij
188 MERCURE
plice ;
He laiffons - le pour ce
qu'il eft :
Pourquoy faut il qu'on
s'imagine
Qu'il fait jouer comme
il luy plaiſt ,
Les refforts de noftre
machine ,
On l'accufe de maintforfait ,
Mais à bien juger de
l'affaire
Souvent ce n'eft
qui fait ,
pas luy
GALANT. 189
Il ne fait que nous laiſſer
faire.
On fe livre à la volupté ,
Parce qu'elle flatte &
qu'on l'aime ,
Et fi du diable on eft
tenté ,
Il faut dire la verité ,
Chacun eft un diable à
foy -mefme.
A Madame la Marquife
de M.
QUand d'une ardeur´ fi
peu commune
On vous entend pouffer
tout bas
Et des foûpirs & des helas ,
Qui croiroit que c'eſt pour
la Rune?
Quelques gens trop promts
à la main
Fuillet 1712 .
N
146 MERCURE
A juger mal de leur prochain ,
Pourront s'imaginer peutêtre ,
S'ils n'ont l'honneur devous
connoître ,
Que la Rune eft un cava
lier,
Non de tels qu'on en voit
paroître
A Paris au moins un millier,
Dont le merite fingulier
Nepaffe point le Petit-Maître :
Mais un de ceux au grand
colier ,
GALANT. 147
Quiparfonair diſcret, honnête ,
Vous auroit donné dans la
tête.
Mais j'en avertis promptement ,
Point de jugement temeraire ,
La Rune pour qui feulement
Vous foûpirez fi tendrement
Et fans enfaire de myſtere ;
La Rune qui feul fçut toucher
Un cœur toûjours fage &
fevere ;
Nij
148 MERCURE
La Rune qui feul peut vous
plaire ,
Helas n'eft qu'un pauvre
rocher.
Sur la cime des Pirenées .
Oùbravant depuis fix mille
ans
Et la foudre & les deftinées,
Il compte les fiecles courans ,
Comme nous comptons les
années ;
Ce rocher orgueilleux &
fier
Etend au large fon empire ,
Et paroiffant feul & fans
pair,
GALANT. 149
Parpitiépour ce qui refpire
Sans tomber refte prefque
en l'air.
Devant fon énorme figure
Lesautresrochers fes fujets,
Vils avortons de la nature ,
Ne femblent que des marmoufers ,
Dont les plus hauts & les
mieux faits
Nelui vont pasà la ceinture.
De là comme d'un Belveder ,
Allongeant fon col vers la
mer,
Il voit fous lui la terre &
l'onde ,
N iij
150 MERCURE
Ét dominant également
Sur l'un & fur l'autre ele.
ment *
Semble , faifant par tout la
ronde ,
Contempler curieufement
Ce qui le fait dans tout le
monde.
Contre fon chefaudacieux
Qui touche preſque jufqu'
aux cieux ,
Paroît cloüé comme une
cage
Un pauvre petit hermitage,
Deux cellules pour loge.
nient ,
GALANT. ISL
Avec un peu de jardinage ,
Qui cultivélegerement
Fournit affez abondamment
Herbes & fruits pour le ménage.
Joignez encoreaubâtiment
Sur l'un des bouts une Chapelle ,
Et del'hermitage charmant
Vous aurez un portrait fi.
delle.
Cependant du rochervoiſin
Le paffant qui va fon chemin,
S'il tourne vers là la prunelle ,
Niiij
152 MERCURE
Au lieu d'un logement hu
main ,
Demaiſon , Chapelle & jardin ,
Croit nevoir qu'un nid d’hirondelle.
Or,foit nid d'hirondelle où
non,
C'eſt où vous pretendez ,
dit
on ,
Aller fixer vôtre demeure.
Ce deffein eft loüable &
bon ,
Vous le voulez , à la bonne
heure :
Mais tandis qu'au gré de
VOS Vœux
GALANT.
153
Votre équipage fe prepare,
Que vous prenez vôtre fimarre
Et que l'on treffe vos cheveux ;
Que de papier & de clincaille
Vous ornez le chapeau de
paille ,
Qui dans cette aimable prifon
Doitvous tenir lieu de coiffure ;
Avant d'entrer dans la voiture ,
Et de quitter nôtre horizon,
Souffrez que,commede raifon ,
154 MERCURE
Je prêche ici vôtre vêture.
Lafolitude eftbelle envers,
On eft charmé de fa pein
ture :
Mais elle a de fâcheux re,
vers ,
Et malgré ce qu'on s'en
figure ,
Donnebien de la tablature.
J'en fçai mille exemples divers ,
Quelque bien qu'on foit le
temps dure ,
Et je vois dans cet univers
Qu'on aime à changer de
poſture.
GALANT. 159
Quand vous aurez fait le
plongeon,
Et que vous vous ferez perchée
Sur le haut de vôtre donjon,
Vous y ferez bien empê.
chée.
Delà vous verrez, je le veux,
La mer en orages feconde ,
Rouler fes flots impetueux,
Et blanchir les rocs de fon
onde :
Encor le fait eft-il douteux ;
Car du fommet de cette
roche,
Avec l'œil le plus délié ,
Pour voir la mer qui bat fon
pié
156 MERCURE
Il faut des lunettes d'approche.
Mais voyez-la , je le veux
bien;
Voyez, fi vous voulez , encore
Depuis le rivage Chrétien
Jufques au rivage du More ;
Confiderez de toutes parts
Vingt & vingt Royaumes
épars ;
Voyez encore , s'il fe peut
faire ,
Tout ce que leSoleil éclaire;
Et , fi jamais rien vous a
plû,
Ayoüez , fainte folitaire ,
GALANT. 157
Que cette vûë a de quoy
plaire :
Mais d'un coup d'œil on a
tout vû.
Durant cela le jour s'allonge,
Le Soleil marche avec lenreur :
Il eſt encor dans fa hauteur ,
Qu'on attend l'inſtant qu'il
ſe plonge ,
Et qu'enfin le fommeil vainqueur
Du cruel chagrin qui vous
ronge ,
Etourdiffe vôtre langueur,
158 MERCURE
Et par l'image d'un beau
fonge
Charme l'ennui de vôtre
cecur.
Lorfque cet ennui vous poffede ,
La priere eft un bon remede ;
Tout hermite en doit faire
cas ,
S'il veut que Dieu lui foit
en aide.
Vousprierez , je n'en doute
pas:
Mais l'ame eft quelquefois
bien tiede ,
Et quand deprier on eft las,
GALANT.
159
Il faut trouver quelque intermede.
Jeveux que dans vôtre oraifon
Dieu vous anime & vous
confole ,
Qu'il éclaire vôtre raiſon ,
Et vousporte aucœur fa
role :
paMais aprés toutes ces faveurs ,
Vous trouverez comme
tant d'autres ,
Bientôt la fin de vos ferveurs
Et le bout de vos patenôtres ,
160 MERCURE
Et gare auffi quelques vapeurs.
Ce n'eft pas que de vôtre
Dune,
Comme du haut d'une Tribune ,
Vous pourrez prêcher les
poiffons ,
Qui réveillez par vos doux
fons ,
Et curieux de vous connoître ,
Pour mieux entendre vos
leçons ,
Mettront la tête à la fenêtre.
Je
GALANT. 161
Jevois déja les eftourgeons
Sur la merfaireun promontoire ,
Avec un peuple de goujons
Qui courent à votre auditoire :
Les dauphins en gens du
grand air ,
Pardeffus l'eau levant la tête ,
Et ruminant quelque conquête ,
Viennent d'un pas de Duc
& Pair.
CommeDames de haut parage
Lesbaleines plus lentement
Juillet 1712.
162 MERCURE
S'avancent en grand équi
page ,
Traînant aprés elles maint
page
Qui fend les eaux gaillar
dement.
Prêchez mais au fortir de
chaire
N'attendez point de com.
pliment ,
Les poiffons n'en fçavent
point faire ;
Non, ni baleine ni faumon
N'aura jamais Fefprit de
direr:
Le grand talent ! le beau
fermom! J
GALANT. 163
Cependant il n'en faut pas
¡ire ,
Un compliment un peu
teur
flaSoulage le Predicateur ;
Il ne prêche que pour inftruire :
Mais après tout je croirois
bien
Qu'un compliment ne gâte
rien.
C'eft chofe enfin bien ennuyeuſe ,
Fut- on même grande caufeufe ,
D'entretenir un peuple for,
Quifait fortir deles paupieres O ij
164 MERCURE
Des yeux grands comme
des falieres ,
Et jamais ne vous répond
mot.
Un long filence nous at
triſte ;
Encor faut-il dans le befoin
Avoir quelqu'un qui prenne foin
Devous dire, Dieu vous affifte.
Ce monde a de fort grands
défauts ,
Ne craignez pas que je l'excufe ;
Il eſt méchant,leger &faux,
GALANT. 165
Il trompe, il feduit, il abuſe,
Il eft auteur de mille maux:
Mais tel qu'il eft il nous
amufe ,
Sans ceffe il fournit à nos
yeux
Mille fpectacles curieux.
Sa ſcene mobile & chanPlaît même
geante
par fon changement ;
Toûjours nouvel évenement
Que fon efprit fecond enfante
Nous réveille agreablement.
166 MERCURE
L'un rit , & l'autre fe lamente ,
Tous deux trompez égale.
ment ,
L'un arrive au port fûrement
L'autre eft encor dans la
tourmente ;
L'un perd fon bien , l'autre
l'augmente ;
L'un pourfuit inutilement
Lafortune toûjours fuyante ,
L'autre l'attend tranquile
ment,
Ou parvient fans fçavoir
comment
GALANT. 167
Et prefque contre ſon at
tente.
L'un reüffit heureuſement,
L'autre, aprés bien du mou.
vement ,
Trouve un rival qui le fupplante.
L'un en pefte , l'autre en
plaifante ,
L'un vous brufque groffierement ,
L'autre d'une main caref
fante
Vous poignarde civile
ment.
L'unaime Dieutrés- ardem ,
ment ,
168 MERCURE
Ou fait femblant , que je ne
mente ;
Pour fon prochain , il s'en
exempte.
L'autre s'aime trés tendrement ,
Et d'autrui fort peu fe tourmente.
L'unfe venge devotement ,
L'autre avec éclat , & s'en
vante.
L'un parle des Saints doctement,
L'autre les revere humblement
Et de les fuivre fe contenشر te. :
L'un
GALANT. 169
L'un a de l'air , de l'agrément ,
L'autre par fa mine é
pouvante ;
L'un fait un bon contrat
de rente ,
Et l'autre fait un teſtament ,
L'un à quinze ans , l'ame
dolente ,
1
Va prendre gifte au monument ,
Et l'autre prend femme
à foixante
L'un fe fait tuer trifteFuillet 1712.
P
170 MERCURE
ment ,
L'autre naift au mefme
moment
Pour remplir la place
vacante ;
On rencontre indifferemment
Un Bapteſme , un Enterrement ;
Enfin c'eft une Comedie
De voir ce qu'on voit
tous les jours :
Vous diriez en voyant
ces tours ,
Quela fortune s'eftudie
GALANT. 171
Sans ceffe à varier fon
cours ;
Tousjours quelque metamorphofe
Donne matiere à l'entretien ,
Mais fur la Rune on ne
voit rien ,
f
Ou c'eſt tousjours la
meſme choſe ;
En un mot dans ce pau30 vre nid
On ne fçait qui meurt ,
ny qui vit.
Il est bien vray qu'à voPij
172 MERCURE
ftre Rune
Vous ferez proche de la
Lune ,
Et que mefme en faiſant
chemin ,
Elle peut vous toucher
la main.
Mais en ferez - vous plus
chanceuſe ,
Et pouvez - vous faire
grand castr
D'une voiſine fi fafcheufe ?
Si l'on en croit les Almanachs ,
GALANT. 173
La Dame eft fort capricieuſe ,
Donnant dans des hauts
& des bas.
Elle fera la précieuſe
Voilant quelquefois fes
appas ,
Quelquefois ne les voilant pas ;
Tantoft ſe montrant toute entiere ,
Tantoft feulement à moiCastié ,
Sans que par foupir ny
priere ,
P iij
174 MERCURE
Ny par les droits de l'amitié ,
Vous puifficz durant fa 45
carrière.
En obtenir pour un moments
Comme une grace finguliere ,
De changer fon ajuſte20hing ment.
D'ailleurs il ne faut nullement
Qu'elle vous foit ſi familiere ;
Croyez-moy , c'eſt ſans
GALANT. 175
paffion ,
Avec une telle ouvriere
Point trop de frequentation ;
Car outre fa complexion
Que l'on dit eſtre fort
mauvaiſe ,
N'eftant jamais , ne vous
deplaife ,
Sans quelque bonne fluxion ,
Outre fes rhumes , fes catharres,
Qu'on gagne par contagion ,
P iiij
176 MERCURE
Ainfi que fes humeurs
bifarres
Dans cette trifte region ;
Sa conduite n'eft pas bien
nette ,
Jevousle dis auparavant,
Bien qu'elle foit vieille
planette ,
Elle met en jeune coquette ,
Du rouge & des mouches fouvent ,
Et fe farde fous fa cornette
Je le fçay de plus d'un
GALANT. 177
fçavant
Qu'elle reçoit à fa toillette :
De plus , ſi ce n'eſt un
faux bruit ,
Au lieu de vivre en femme fage ,
Elle abandonne fon mefnage ,
Et court le bal toute la
nuit.
De là vient, je croy , certain conte
D'un certain jeune Endimion
178 MERCURE
Que le monde a mis fur
fon compte ;
Etcette indigne affection
Adans tous lieux fur fon
paffage
Taché fa reputation ,
Autant ou plus que fon
vifage.
Peut - eftre eft - ce une
fiction ,
Mais enfin cela la diffame ;
Et pourquoy fortant de
fon
trou ,
Va-t-elle auffi la bonne
GALANT. 179
Dame
Courir la nuit le guilledou ,
Lebeaumeftier pour une
femme ;
Et puis après l'a plaindra t'on
Quand on luy vient
chanter fa gamme,
Ou luy donner quelque
dicton ;
Helas la pauvre malheureufe land on
Le bel honneur où la
voila
180 MERCURE
De paffer pour une coureufe!
La verrez - vous après
cela ?
Vous n'aurez point cette
manie ,
Et c'eft für quoyl'on veut
compter ;
Voila pourtant la compagnie ,
Dont il faudra vous contenter.
Il ne faut point que l'on
vous berce
De cet efpoir trompeur
GALANT. 181
I
& vain,
Que vous puiffiez avoir
commerce
Avec aucun viſage humain ;
Si ce n'eft quelque pauvre haire ,
Qui dans les rochers égaré ,
Vint à vous d'un air é-
- ploré,
Cherchant remede à fa
mifere.
Il fera d'un ton doulouov kreux ,
182 MERCURE
S'il vous trouve prompt
à le croire ,
Du defaftre le plus affreux ,
La trifte & lamentable
hiſtoire ,
Mais tout cela fent le
grimoire ,
Prenez bien garde à l'hameçon :
Et crainte de tout malefice ,
Fermez la porte fans façon ,
Et luy dites , Dieu yous
GALANT. 183
beniffe.
Mais la charité .... mais
enfin
On dit que le diable eſt
bien fin ,
Le drofle eft fait au badinage ,
C'eſt un franc archipatelin ,
Sombre, fournois , fourbe & malin ,
Qui fçait jouer fon perfonnage ,
Et qui pour fonder le
terrain ,
184 MERCURE
Va ſouvent en pelerinage ,
Defiez- vous du pelerin ;
Mais fans que le diable
s'en mefle ,
Il s'en fait aſſez aujourdhuy.
Et quoy qu'on jette tout
fur luy ,
Ce n'eft pas toujours luy
qui gretle :
Nous avons au dedans
de nous
Un ennemy bien plus
à craindre ,
GALANT. 184
Il porte les plus rudes
coups ,
Et perfonne n'ofe s'en
plaindre ,
Chacun l'excufe & le
cherit ,
Et s'il arrive quelque
hiſtoire ,
On s'en prend au malin
eſprit ,
A qui l'on en fait bien
accroire.
Il a tout fait, il a tout dit,
On compte fort fur fon
credit ;
Fuillet 1712. Q
186 MERCURE
C'eft luy qui fait qu'on
fuit la peine ,
Et que l'on cherche le
plaifir ,
C'eft luy qui par la main
nous meine
Où nous porte noftre
defir ;
C'eft luy qui fait la medifance ,
C'eft luy qui dicte la
vengeance ,
C'eft luy dont l'afcendant certain
Rend le foldat dur &
GALANT. 187
barbare ,
Rend le noble fier &
hautain ,
Rend le jeune homme
libertin ,
Et le fexagenaire avare.
Le fourbe dans fes trahifons ,
Et le faint dans fes oraifons ,
Imputent tout à fa malice.
De tous les maux que
nous faifons
Il eſt l'autheur & le comQij
188 MERCURE
plice ;
He laiffons - le pour ce
qu'il eft :
Pourquoy faut il qu'on
s'imagine
Qu'il fait jouer comme
il luy plaiſt ,
Les refforts de noftre
machine ,
On l'accufe de maintforfait ,
Mais à bien juger de
l'affaire
Souvent ce n'eft
qui fait ,
pas luy
GALANT. 189
Il ne fait que nous laiſſer
faire.
On fe livre à la volupté ,
Parce qu'elle flatte &
qu'on l'aime ,
Et fi du diable on eft
tenté ,
Il faut dire la verité ,
Chacun eft un diable à
foy -mefme.
Fermer
Résumé : LA RUNE. A Madame la Marquise de M.
La lettre adressée à une marquise traite de la 'Rune', un rocher majestueux et solitaire situé dans les Pyrénées. L'auteur corrige une erreur en précisant que la Rune n'est pas un cavalier mais un rocher imposant qui brave la foudre et les destinées depuis six mille ans. Ce rocher offre une vue panoramique sur de nombreux royaumes et abrite un modeste ermitage avec un jardin et une chapelle. L'auteur explore ensuite les défis de la solitude, soulignant qu'elle peut être à la fois belle et ennuyeuse. Il mentionne les prières comme remède à l'ennui, mais note que l'âme peut se lasser. Il contraste la monotonie de la vie sur la Rune avec les spectacles variés offerts par le monde. Le texte aborde également les caprices de la Lune, voisine de la Rune, en mettant en garde contre ses humeurs changeantes et son comportement imprévisible. Il conclut en avertissant la marquise des dangers de la solitude et des tromperies du monde, tout en soulignant la nécessité de la charité et de la prudence face aux apparences.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1492
p. 217-221
ENIGME.
Début :
Il est de mon espece un mâle, une femelle, [...]
Mots clefs :
Vers de la poésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
IL eft de mon espece un
mâle , une femelle ,
Qui fe feparent rarement ,
Et penfent peu differemment ,
Tant l'un eft pour
fidele.
l'autre
Selon le terroiroù je fuis ,
Feproduis de trés-bons , ou
de trés-mauvaisfruits:
Juillet 1712.
T
218 MERCURE
Tantôt tendre &galant,
&quelquefois barbare,
Je chemine d'unpas inégal
& bizarre
Tantôt trifte & chagrin .
tantôtjoyeux, plaifant ,
Tantôtfaifant éloge, &
tantôt médifant.
Quand je fuis ferieux,
quandj'ai de la trif
teße ,
Τ
Alors mon corps plus éStenda..
Sur plus de pieds eft répanda:
GALANT. 219
Mais loin d'augmenter
ma viteße,
Je n'en vais que plus gravement.
Quandje fuisgat , quand
j'ai de l'enjoument ,
Alors mon corps & ma
figure
Sont d'une inégale ftructure ,
Et ne marche qu'à perit
train.
Je fers dans l'amoureuse
peine
Lesfoins du tendre amour,
Tij
220 MERCURE
le depit & la haine ;
Fe mords, jepique , &répands du venin,
Dont le poifon a tant de
violence ,
Qu'il revient vivement
furcelui qui le lance.
Le bûveur transportédes
douceurs de Baccus,
Vient chanter avec moy
la douceur defonjus.
C'est moy qui fous la loy
de cette rime obfcure
Te viens cacher ici cette
fombre peinture.
GALANT. 221
C'est chercher trop longtemps , lecteur trop
curieux ,
Quoy tu ne me vois pas ?
je fuisdevant tes yeux.
IL eft de mon espece un
mâle , une femelle ,
Qui fe feparent rarement ,
Et penfent peu differemment ,
Tant l'un eft pour
fidele.
l'autre
Selon le terroiroù je fuis ,
Feproduis de trés-bons , ou
de trés-mauvaisfruits:
Juillet 1712.
T
218 MERCURE
Tantôt tendre &galant,
&quelquefois barbare,
Je chemine d'unpas inégal
& bizarre
Tantôt trifte & chagrin .
tantôtjoyeux, plaifant ,
Tantôtfaifant éloge, &
tantôt médifant.
Quand je fuis ferieux,
quandj'ai de la trif
teße ,
Τ
Alors mon corps plus éStenda..
Sur plus de pieds eft répanda:
GALANT. 219
Mais loin d'augmenter
ma viteße,
Je n'en vais que plus gravement.
Quandje fuisgat , quand
j'ai de l'enjoument ,
Alors mon corps & ma
figure
Sont d'une inégale ftructure ,
Et ne marche qu'à perit
train.
Je fers dans l'amoureuse
peine
Lesfoins du tendre amour,
Tij
220 MERCURE
le depit & la haine ;
Fe mords, jepique , &répands du venin,
Dont le poifon a tant de
violence ,
Qu'il revient vivement
furcelui qui le lance.
Le bûveur transportédes
douceurs de Baccus,
Vient chanter avec moy
la douceur defonjus.
C'est moy qui fous la loy
de cette rime obfcure
Te viens cacher ici cette
fombre peinture.
GALANT. 221
C'est chercher trop longtemps , lecteur trop
curieux ,
Quoy tu ne me vois pas ?
je fuisdevant tes yeux.
Fermer
1493
p. 242-244
Parodie de l'Enigme dont le mot est le Corps.
Début :
Que maudit soit mon mariage; [...]
Mots clefs :
Mariage, Corps, Épouse, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Enigme dont le mot est le Corps.
Parodie de l'Enigme dont
le mot eft le Corps,
Que maudit fait mon
mariage ;
Caron a milie fois, jecrois,
Ainfi nommé ce quijoint
l'ame à moy.
Souvent l'ame& lecorps
font très mauvais
ménage.
Du mariage encorc'est la
proprieté :
Engardant fa maifon avec exactitude,
X
GALANT. 243
Mon époofe fe perd par
contrarieté.
Jeportefur monfrontparfois fa turpitude,
Autre appanage de mari.
De ma femme pourtant
je fuis le favori.
Quand je fuis bien usé
mafemme est encor
neuve :
Entre époux bien unis il
en arrive autant ;
Je puis mourir , & cepenSohdant
X ij
244 MERCURE
Mafemme nefera point
veure.
le mot eft le Corps,
Que maudit fait mon
mariage ;
Caron a milie fois, jecrois,
Ainfi nommé ce quijoint
l'ame à moy.
Souvent l'ame& lecorps
font très mauvais
ménage.
Du mariage encorc'est la
proprieté :
Engardant fa maifon avec exactitude,
X
GALANT. 243
Mon époofe fe perd par
contrarieté.
Jeportefur monfrontparfois fa turpitude,
Autre appanage de mari.
De ma femme pourtant
je fuis le favori.
Quand je fuis bien usé
mafemme est encor
neuve :
Entre époux bien unis il
en arrive autant ;
Je puis mourir , & cepenSohdant
X ij
244 MERCURE
Mafemme nefera point
veure.
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Résumé : Parodie de l'Enigme dont le mot est le Corps.
Le texte parodie l'énigme du 'Corbs' en explorant les tensions du mariage. Le narrateur décrit son union comme maudite, avec des conflits entre l'âme et le corps. Il souligne la nécessité de maintenir la maison avec précision et avoue les contrariétés et les turpitudes. Malgré tout, il se voit comme le favori de son épouse, qui reste neuve même lorsqu'il est usé. Il conclut que sa femme ne deviendra pas veuve s'il meurt.
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1494
p. 287-288
VOTUM VATIS pro Sernissimo Principe.
Début :
Astrorum Rector, Coelique immensa potestas, [...]
Mots clefs :
Principe, Astrorum rector, Sceptra, Diademata Regum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VOTUM VATIS pro Sernissimo Principe.
VOTUM VATIS
pro Sereniffimo Principe.
A
Strorum Rector, Calique immenfa poteftas,
Imperio fcimus cuncta fubeße
tuo.
Sub te Sceptra jacent , fub te
Diademata Regum,
Sub te quidquid habet gemmifer indus opum.
Te Duce depinxit quidquid
bene pinxit Apelles,
TuquoqueCaftalia dirigis artis
opus.
288 MERCURE
J
Si quid habet docti , fi quid
folertis Homerus ,
Noviffimus eße tuæ munera
larga manus.
Ecce novus per te Namurci
franat habenas.
Princeps , aufpiciis fac regat
Bastille tuis.
Aufpice te fofpes longevi
Neftoris annos
Impleat, Pili fæcula
Patris agat
pro Sereniffimo Principe.
A
Strorum Rector, Calique immenfa poteftas,
Imperio fcimus cuncta fubeße
tuo.
Sub te Sceptra jacent , fub te
Diademata Regum,
Sub te quidquid habet gemmifer indus opum.
Te Duce depinxit quidquid
bene pinxit Apelles,
TuquoqueCaftalia dirigis artis
opus.
288 MERCURE
J
Si quid habet docti , fi quid
folertis Homerus ,
Noviffimus eße tuæ munera
larga manus.
Ecce novus per te Namurci
franat habenas.
Princeps , aufpiciis fac regat
Bastille tuis.
Aufpice te fofpes longevi
Neftoris annos
Impleat, Pili fæcula
Patris agat
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Résumé : VOTUM VATIS pro Sernissimo Principe.
Le poème 'VOTUM VATIS' célèbre la puissance et l'influence d'un prince souverain. Il souligne que les sceptres, les diadèmes et les richesses de l'Inde lui sont soumis. Le prince est comparé à Apelle et à Castalie, et il distribue les dons des savants et d'Homère. Le texte souhaite au prince de guider Namur, protéger la Bastille, assurer une longue vie au phénix de Nestor et prospérer la descendance de son père.
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1495
p. 73-86
LE SOUVERAIN, ODE.
Début :
Heros, qui vous vantez de l'estre, [...]
Mots clefs :
Héros, Gloire, Vertu, Autels, Histoire, Valeur, Vainqueur
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texteReconnaissance textuelle : LE SOUVERAIN, ODE.
LE SOUVERAIN,
0 DE.
HEros,qui
vous vantez de l'estre,
Pour donner des Loix
aux Mortels,
Par vos vertus faites connoistre
Que nous vous devons
des Autels.
OUi, nous l'avoüons
,
nous ne sommes
Devant vous que de lim..
ples hommes
:
Mais estes-vous des Demidieux ?
Apprenez que la seule
Gloire,
Qui peut vous placer
dans l'Histoire,
N'éleve pas jusques aux
Cieux.
Voussçavez lancer le
Tonnerre,
Et vous brillez dans les
assauts
:
Mais cette valeur dans la
Guerre
Nous cache-telle vos
défauts?
Au retour des champs
de Bellone,
Cet éclat qui vous environne
S'évanoüit dans le repos.
Prompts à vous rendre à
la molefle,
Nous voyons que vostre
foiblesse
Efface à l'instant le Heros.
Loin d'icy ce meslange énorme
De superbe & de volupté
:
C'est la pure vertu qui
forme
Le grand Homme tant
respecté.
Sans elle
,
avec tout ce
,
faux lustre
A nos yeux ce phantosme illustre.,
Ce prétendu Heros n'est
rien.
Celuy. la ternit sa me-
moire
Qui pour aimer trop la
victoire
,
Neglige d'estre homme
de bien.
L'Héroïsmeseroitfacile
Si par de belliqueux ex-
, ploits,
Ou par quelque vertu
sterile
Vousmeritiez d'estre nos
Rois.
Ce César & cet Ale- -
xandre
N'eurent le droit de nous
surprendre
Que par des triomphes
nombreux
:
Je doute que dans la disgrace
, Ainsique CHARLE, avec
audace
Ils sceuffent estre malheureux.
En vain cette valeur
brillante
Fait valoir un heureux
Vainqueur;
Son mérite nous épouvante,
S'il n'est scellé par nostre cœur.
Loince Héros qui par
vengeance
Ofefaire une indigne
offense
A la gloire de (on Rival.
Souvent les Dieux dans
leur colere,
Pour nous plonger dans
la misere
, Nous font un present si
fatal.
Le vrai Héros est tousjours fage;
S'il triomphe, c'est pour
la Paix;
Elle estl'objet de son
courage ;
Nous le sommes de les
bienfaits.
Occupé de nostre fortune
,
Jamais Mortel ne l'importune ;
Il nous consacre les projets:
On le revere, on le con-
.,
tcmple>*v
Il sçait faire par son exemple
De vrais Héros de les
sujets.
Tout est sacré pour sa
grande ame,
Ses Loix,ses mœurs &
son honneur;
Et si quelque desir l'enflâme,
C'est de faire nostre bonheur.
Inviolable en sa parole,
Mille fois son grandcœur
s'immole
Au denousla tenir.
Du malheureux il est
l'asyle;
Chacun, en ses foyers
tranquille)
Est seur d'un heureux
avenir.
Son cœur au dessus du
vulgaire
o Rempli d'une noble
fierté)
N'eil: pas si grand quand
il prospere,
Qu'au comble de l'adverfité.
C'est alors que par sa
confiance,
Satisfait de sa conscience,
Il fait trembler ses ennemis
,
Et que par une vertu
ferme
Il reproche au Destin le
terme
Ou son injustice l'a mis.
C'est donc à
ces illuf-
très marques
, Héros qui voulez impofer,
Que je vous reconnois
Monarques;
Non à l'ardeur de tout
oser.
Le triomphe devient car- *•
nage
Lorsque rien ne nous dédommage
D'estrefournis à vostre
fort.
Point de Héros si l'on
ne l'aime,
S'il ne sçait se vaincre
luy
-
mesme,
S'il ne ressemble au Roy
du Nord.
L'exemple que je vous
propose
Est un prodige à runivers:
Jamais ce Prince ne repose
Dans l'éclat, ny dans les
revers.
C'est peu pour ce Héros
terrible
Qu'ilose tenter l'impôt
sible,
Quil ait vaillamment
combattu;
Malgré tous les traits de
l'Envie,
Il sçait pendant sa belle
vie
Joindre la Gloire à la
Vertu
0 DE.
HEros,qui
vous vantez de l'estre,
Pour donner des Loix
aux Mortels,
Par vos vertus faites connoistre
Que nous vous devons
des Autels.
OUi, nous l'avoüons
,
nous ne sommes
Devant vous que de lim..
ples hommes
:
Mais estes-vous des Demidieux ?
Apprenez que la seule
Gloire,
Qui peut vous placer
dans l'Histoire,
N'éleve pas jusques aux
Cieux.
Voussçavez lancer le
Tonnerre,
Et vous brillez dans les
assauts
:
Mais cette valeur dans la
Guerre
Nous cache-telle vos
défauts?
Au retour des champs
de Bellone,
Cet éclat qui vous environne
S'évanoüit dans le repos.
Prompts à vous rendre à
la molefle,
Nous voyons que vostre
foiblesse
Efface à l'instant le Heros.
Loin d'icy ce meslange énorme
De superbe & de volupté
:
C'est la pure vertu qui
forme
Le grand Homme tant
respecté.
Sans elle
,
avec tout ce
,
faux lustre
A nos yeux ce phantosme illustre.,
Ce prétendu Heros n'est
rien.
Celuy. la ternit sa me-
moire
Qui pour aimer trop la
victoire
,
Neglige d'estre homme
de bien.
L'Héroïsmeseroitfacile
Si par de belliqueux ex-
, ploits,
Ou par quelque vertu
sterile
Vousmeritiez d'estre nos
Rois.
Ce César & cet Ale- -
xandre
N'eurent le droit de nous
surprendre
Que par des triomphes
nombreux
:
Je doute que dans la disgrace
, Ainsique CHARLE, avec
audace
Ils sceuffent estre malheureux.
En vain cette valeur
brillante
Fait valoir un heureux
Vainqueur;
Son mérite nous épouvante,
S'il n'est scellé par nostre cœur.
Loince Héros qui par
vengeance
Ofefaire une indigne
offense
A la gloire de (on Rival.
Souvent les Dieux dans
leur colere,
Pour nous plonger dans
la misere
, Nous font un present si
fatal.
Le vrai Héros est tousjours fage;
S'il triomphe, c'est pour
la Paix;
Elle estl'objet de son
courage ;
Nous le sommes de les
bienfaits.
Occupé de nostre fortune
,
Jamais Mortel ne l'importune ;
Il nous consacre les projets:
On le revere, on le con-
.,
tcmple>*v
Il sçait faire par son exemple
De vrais Héros de les
sujets.
Tout est sacré pour sa
grande ame,
Ses Loix,ses mœurs &
son honneur;
Et si quelque desir l'enflâme,
C'est de faire nostre bonheur.
Inviolable en sa parole,
Mille fois son grandcœur
s'immole
Au denousla tenir.
Du malheureux il est
l'asyle;
Chacun, en ses foyers
tranquille)
Est seur d'un heureux
avenir.
Son cœur au dessus du
vulgaire
o Rempli d'une noble
fierté)
N'eil: pas si grand quand
il prospere,
Qu'au comble de l'adverfité.
C'est alors que par sa
confiance,
Satisfait de sa conscience,
Il fait trembler ses ennemis
,
Et que par une vertu
ferme
Il reproche au Destin le
terme
Ou son injustice l'a mis.
C'est donc à
ces illuf-
très marques
, Héros qui voulez impofer,
Que je vous reconnois
Monarques;
Non à l'ardeur de tout
oser.
Le triomphe devient car- *•
nage
Lorsque rien ne nous dédommage
D'estrefournis à vostre
fort.
Point de Héros si l'on
ne l'aime,
S'il ne sçait se vaincre
luy
-
mesme,
S'il ne ressemble au Roy
du Nord.
L'exemple que je vous
propose
Est un prodige à runivers:
Jamais ce Prince ne repose
Dans l'éclat, ny dans les
revers.
C'est peu pour ce Héros
terrible
Qu'ilose tenter l'impôt
sible,
Quil ait vaillamment
combattu;
Malgré tous les traits de
l'Envie,
Il sçait pendant sa belle
vie
Joindre la Gloire à la
Vertu
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Résumé : LE SOUVERAIN, ODE.
Le texte explore la véritable nature de l'héroïsme et de la royauté. Il met en garde contre les souverains qui se vantent de leurs exploits guerriers, soulignant que la valeur et les victoires ne suffisent pas à garantir le respect. La pure vertu est essentielle pour former un grand homme respecté. Le texte critique les héros qui privilégient la victoire à la vertu, citant César et Alexandre comme exemples de triomphes nombreux mais douteux en termes de véritable valeur. Le vrai héros est sage, cherche la paix et consacre ses projets au bien-être de ses sujets. Il est fidèle à sa parole, protecteur des malheureux et montre sa grandeur dans l'adversité. Les monarques doivent être reconnus non par leur audace, mais par leur capacité à se vaincre eux-mêmes et à incarner la vertu et la gloire, à l'image du roi du Nord.
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1496
p. 109-117
L'AVARE ET LE PATISSIER. Conte.
Début :
Un Harpagon à court rabat, [...]
Mots clefs :
Harpagon, Avare, Pâtissier, Godar, Dépense
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AVARE ET LE PATISSIER. Conte.
L' A V ARE
ET LE PATISSIER.
CONTE. UN Harpagon à court
rabat,
Manchette unie & soulier
plat,
Des plus devotsen apparence,
Mais n'ayant d'autre Dieu
que la seule finance;
En un mot uu Avare ingrat & sansretour,
Avoit cent fois receu maintes pieces defour,
D'un pauvre Patissier son
voisin, son compere;
Cependant pour ne point
demeurer en arriere,
Etant devenu Marguillier,
L'Avare ditauPatissier,
Je te veux, cher amy, faire
avoir la pratique
Des Pains benis de la Fabrique;
Ils sont payez fort grasse-
'- ment
Et je ne veux pour ce fervice
Qu'une brioche, c'est justice,
Feste & Dimanche seulement.
A l'instant Godar luy replique,
Mr, je vous rends grace,
& toute ma boutique
Est à vostre commandement.
Après son petit compli-
ment,
Godar s'en retourne à la
haste,
Assaisonne un Chevreüil,
& le mettant en paste,
Il y trace en relief les Armes& lenom
De son ladre & vilain Pa":
tron.
Le pasté fait & cuit, soudain ille luy porte,
Le priant d'agréer ce don.
A l'aspect du pasté le sordide Harpagon
Feint d'estreen colere&
s'emporte >
Non, non, ditil, je ne
veux
veux pas
Recevoir un pasté de cette
consequence,
Onen feroit trente repas,
C'est une fois trop de dépense.
Dismoy ce qu'il te couste,
afin que la dessus.
Mr
,
reprit Godar, c'est
une bagatelle,
Douze ecus plus ou moins.
vraiement la piece cil
belle,
Repartit Harpagon, il vaut
bien douze écus:
Un riche & gros seigneur
en feroit bonne chere,
Et devant que d'en voir ra
fin,
On boiroit plus d'un muïd
devin.
,
Remporte-le, mon Cher
compere,
Crois moy, dans ta boutique il trouvera son prix:
Ilest juste qu'elle en prosite.
Des douzeécus qu'il vaut,
ami, donnes-m'en six,
Et pour le resteje te quitte.
A ce discours Godar mille
fois plus surpris,
Que ne l'est un fondeur
, de cloche
, ;
Tire six écus de sa poche,
Et reprenant son grand
pasté
,
Remercie Harpagon de.
son honnesteté
,
Le quitte;. mais bien-tost
levilain lerappelle:
Cher ami, luy dit
-
il,jc
crains avec raison
Que ma femme ne mf
querelle;
Elle aime fort la venaison,
Coupe
- m'en feulement
une tranche pour elle.
Godar pouffant à bout sa
libéralité,
Saisit son grand cousteau?
partage le pasté,
Et laiÍfe enfin 1"Avare au
comble de sa joye
,
De Ce voir maistre de fit
proye.
La femme d'Harpagon de
retour au logis,
Trouvant que le Chevreuil
estoit d'un goust exquis,
Blafma fore le mari d'efire
par trop modelle,
Et comme elle ignoroit
qu'il eust eu sixécus,
-
Renvoye demander le
reste,
Sans crainte d'avoir un
refus.
Godar se doutant de l'assi. I|
faire
A l'envoyer sur diligent;
,
Etle riche vilain de son
I pauvre compere,
Eut la marchandé & l'argent
ET LE PATISSIER.
CONTE. UN Harpagon à court
rabat,
Manchette unie & soulier
plat,
Des plus devotsen apparence,
Mais n'ayant d'autre Dieu
que la seule finance;
En un mot uu Avare ingrat & sansretour,
Avoit cent fois receu maintes pieces defour,
D'un pauvre Patissier son
voisin, son compere;
Cependant pour ne point
demeurer en arriere,
Etant devenu Marguillier,
L'Avare ditauPatissier,
Je te veux, cher amy, faire
avoir la pratique
Des Pains benis de la Fabrique;
Ils sont payez fort grasse-
'- ment
Et je ne veux pour ce fervice
Qu'une brioche, c'est justice,
Feste & Dimanche seulement.
A l'instant Godar luy replique,
Mr, je vous rends grace,
& toute ma boutique
Est à vostre commandement.
Après son petit compli-
ment,
Godar s'en retourne à la
haste,
Assaisonne un Chevreüil,
& le mettant en paste,
Il y trace en relief les Armes& lenom
De son ladre & vilain Pa":
tron.
Le pasté fait & cuit, soudain ille luy porte,
Le priant d'agréer ce don.
A l'aspect du pasté le sordide Harpagon
Feint d'estreen colere&
s'emporte >
Non, non, ditil, je ne
veux
veux pas
Recevoir un pasté de cette
consequence,
Onen feroit trente repas,
C'est une fois trop de dépense.
Dismoy ce qu'il te couste,
afin que la dessus.
Mr
,
reprit Godar, c'est
une bagatelle,
Douze ecus plus ou moins.
vraiement la piece cil
belle,
Repartit Harpagon, il vaut
bien douze écus:
Un riche & gros seigneur
en feroit bonne chere,
Et devant que d'en voir ra
fin,
On boiroit plus d'un muïd
devin.
,
Remporte-le, mon Cher
compere,
Crois moy, dans ta boutique il trouvera son prix:
Ilest juste qu'elle en prosite.
Des douzeécus qu'il vaut,
ami, donnes-m'en six,
Et pour le resteje te quitte.
A ce discours Godar mille
fois plus surpris,
Que ne l'est un fondeur
, de cloche
, ;
Tire six écus de sa poche,
Et reprenant son grand
pasté
,
Remercie Harpagon de.
son honnesteté
,
Le quitte;. mais bien-tost
levilain lerappelle:
Cher ami, luy dit
-
il,jc
crains avec raison
Que ma femme ne mf
querelle;
Elle aime fort la venaison,
Coupe
- m'en feulement
une tranche pour elle.
Godar pouffant à bout sa
libéralité,
Saisit son grand cousteau?
partage le pasté,
Et laiÍfe enfin 1"Avare au
comble de sa joye
,
De Ce voir maistre de fit
proye.
La femme d'Harpagon de
retour au logis,
Trouvant que le Chevreuil
estoit d'un goust exquis,
Blafma fore le mari d'efire
par trop modelle,
Et comme elle ignoroit
qu'il eust eu sixécus,
-
Renvoye demander le
reste,
Sans crainte d'avoir un
refus.
Godar se doutant de l'assi. I|
faire
A l'envoyer sur diligent;
,
Etle riche vilain de son
I pauvre compere,
Eut la marchandé & l'argent
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Résumé : L'AVARE ET LE PATISSIER. Conte.
Le texte relate l'histoire d'Harpagon, un avare qui ne vénère que l'argent. Il demande à son voisin, le pâtissier Godar, de lui fournir des pains bénis en échange d'une brioche les jours de fête et de dimanche. Godar accepte et offre à Harpagon un pâté de chevreuil. Harpagon refuse d'abord le pâté, le jugeant trop coûteux, mais propose de payer six écus sur les douze que vaut le pâté. Godar accepte cette offre. Plus tard, la femme d'Harpagon, ignorant la transaction, demande le reste du pâté. Godar, devinant la situation, envoie le reste sans hésiter. Harpagon, toujours avare, négocie même le prix du pâté avec son voisin.
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1497
p. 150-162
EPISTRE A M. DE VENDOSME. Sur la bataille de Villaviciosa en 1710.
Début :
Vraiment c'eût été gra[n]d dommag [...]
Mots clefs :
Duc de Vendôme, Bataille de Villaviciosa, Staremberg, Italie, Archiduc, Royaume, Bourbon, Gloire, Allemagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPISTRE A M. DE VENDOSME. Sur la bataille de Villaviciosa en 1710.
EPISTRE
A M. DE VENDOSME.
Sur la bataille de Villaviciosa
V en 1710.
Raiment c'eût étégrád
dommage
De voir Vendôme en son
village
S'amuser à planter des
choux,
A tirer aux canards, à courre après des loups,
Comme nous l'avons vû la
derniere campagne.
On a
besoin de lui jusqu'audelà des monts,
Pour en chasser les loups &
sauver les moutons:
Bien pires que des loups,
Allemans en Espagne
Par force ont resolu d'enle1 ver laToison;
L'Archiduc cadet de Jason,
Vient de percerle labirinte:
Le vin des Castillans n'est
plus que vin d'absinte
Tout est triste à Valladolid,
Les heretiquessontlesmaîtres dans Madrid,
Ils le sont assi dans Tolede.
Voila le mal si grand
>
qu'il
paroîtsansremede.
Vendôme arrive: mais ne
vient-il point trop tard?
Staremberg est un sin.renard ;
Vendôme *l'apper,çut.: uiv.
jour en Italie,
*sfiïti'fion à la fameusemarche dn•
GeneralStarçmbergw.Italie,
Et je ne crois pasqu'ill'oublie.
Philippe un peu ragaillardi
De revoir un Bourbon iifLi
du grand Henri,
Lui conte sa de'convenuë,
Et comme son armée avoit
été battuë
:
*
Mais battuë à ne sçavoir
pas
Comment former ensemble un corps de six
soldats.
A parler franchement,l'affaire est serieuse,
Et lesplus assurez la trou-
*:¡ La batailleSarragosse.
,
voient dangereuse.
Vendôme,sans être alarme,
Dit au Roy: Vous êtes aime,
Detousvos bons amis reformons une armée
Par vôtre presence animée;
Je gage mon château.d'A-
- net.
Quel'Archiduc parvous fera battutoutnet,
Etrecogné dans Barcelone.
Quand un Roy commande
en personne,
Et qu'il ne voit autour de
lui
Pas un dont il ne soit cheri
,
Il doit être certain du gain
delabacaille;
- Un oeu desens rassis JL1vous
verrez si jeraille. rIl rassemble les Castillans,
,Tous aussi zelez que vaillans,
Castillans si gourmands de
gloire :
Onleur a
parlé de victoire,
ResolusdevaincreoumouIl semble qu'à lanoce on les
voit accourir
, Ilsemble qu'on les voit renaître
>
1
Par troupes on les voie paraître *
r„ Dans les montagnes& vallons; ,
Ils fè marchant surlestalons,
Desireux de voir ce Vendôme
Venu poursauverle Royaume;
.Vendôme Roy; este'coutedu
De disposer de tout il lui
donne l'employ,
Et le fait après lui General
,
Capitaine.
Morblea! que n'ai-je ici.
bonne& guerriere
veine
Pour peindre un jeune Mars
Avec son Lieutenant!
Philippe est tout Bourbon,
il arpente en avant,
Il frape, & marche enmaître du Royaume,
Il va plus vîte que Vendô
-
me.
1 Chacun lui cede le terrain,
Crainte d'avoir l'honneur
de mourir delà maiiii
Car de fraper par-tout sa
mainn'est jamais lasse:
Il faut que jeunesse se passe.
Mais Vendôme dit à partsov
Suivi des Castillans laissons
faire le Roy;
Quechacuncombatteàsa.
-, guise,
J'ai dans la rête une entre- prise.
Staremberg doit passer par
là
S'il veut secourir Brihuega.
Le matois ne sçait pas que
cettevilleestnôtre;
Ilm'estime un trés-bon gar-
-
çon,
Ni malin, ni rusé, simple
comme un Apôtre:
Par nôtre *ordre pourtant
ronfle encore lecanon.
De ce que je lui dois je voudrois être auicce;
-Il faut que je lui rende en
passant la visire
Qu'ilnevoulut pas
* * recevoir
Quand je brûlois jadis du
desir de le voir.
Il n'eut pas achevé, que
'*Aï- de Vtniomc> aprés la prise
de Brl'isîeo^a
,
de Bribuega sa!fit rirtr
>
faifjittoujours tirer
le canon
,
pourfaire croire au General Staremberg que cette zilletenoit
encore, &l'engager à la venir senH ir.
** En Italie
.
voila l'Allemagne
viicnttomber Qsivienttomibersur fà lui dl dei
haut d'unemontagne:
De la maniéréquon le fert
Il voit. bien que c'estStaremberg.
Contraint de reculer quel,
ques pas en arriéré,
Il voit donner aux siensru
-
descoups d'ecriviere:
Il rallie, &se joint aux renommez Vvallons,
De gerbes d'Allemans il
couvre les sillons
;
Les honteux d'avoir fui reviennent à l'ouvrage,
Des voleurs de reliques on
,
fait
fait un saint carnage,
Et l'on met les Saints à
couvert.
Vendôme voudroit bieny
mettreStaremberg
,
Ilmanque y
pour avoir la
victoire parfaite:
Mais. c'est un faiseur de retraite
Que l'on neprend pas comme on veut.
Il: Ce sauve, & sauve qui
peut: -
Voyantson armée en deV
route,
Sans se faire prierilempaume la route
Que l'Archiduc avoit marquée auparavant; Car il avoit pris le devant.
Philippe triomphant rassïsdessusson trône,
Tranquile, attend queBar-
,. celone,
Dont Vendôme autrefois
fit present à Loüis,
Embelisse encor son his-
..,
tOIre,
Et qu'il ait encore la gloire
De la donner au Petit-fïls
A M. DE VENDOSME.
Sur la bataille de Villaviciosa
V en 1710.
Raiment c'eût étégrád
dommage
De voir Vendôme en son
village
S'amuser à planter des
choux,
A tirer aux canards, à courre après des loups,
Comme nous l'avons vû la
derniere campagne.
On a
besoin de lui jusqu'audelà des monts,
Pour en chasser les loups &
sauver les moutons:
Bien pires que des loups,
Allemans en Espagne
Par force ont resolu d'enle1 ver laToison;
L'Archiduc cadet de Jason,
Vient de percerle labirinte:
Le vin des Castillans n'est
plus que vin d'absinte
Tout est triste à Valladolid,
Les heretiquessontlesmaîtres dans Madrid,
Ils le sont assi dans Tolede.
Voila le mal si grand
>
qu'il
paroîtsansremede.
Vendôme arrive: mais ne
vient-il point trop tard?
Staremberg est un sin.renard ;
Vendôme *l'apper,çut.: uiv.
jour en Italie,
*sfiïti'fion à la fameusemarche dn•
GeneralStarçmbergw.Italie,
Et je ne crois pasqu'ill'oublie.
Philippe un peu ragaillardi
De revoir un Bourbon iifLi
du grand Henri,
Lui conte sa de'convenuë,
Et comme son armée avoit
été battuë
:
*
Mais battuë à ne sçavoir
pas
Comment former ensemble un corps de six
soldats.
A parler franchement,l'affaire est serieuse,
Et lesplus assurez la trou-
*:¡ La batailleSarragosse.
,
voient dangereuse.
Vendôme,sans être alarme,
Dit au Roy: Vous êtes aime,
Detousvos bons amis reformons une armée
Par vôtre presence animée;
Je gage mon château.d'A-
- net.
Quel'Archiduc parvous fera battutoutnet,
Etrecogné dans Barcelone.
Quand un Roy commande
en personne,
Et qu'il ne voit autour de
lui
Pas un dont il ne soit cheri
,
Il doit être certain du gain
delabacaille;
- Un oeu desens rassis JL1vous
verrez si jeraille. rIl rassemble les Castillans,
,Tous aussi zelez que vaillans,
Castillans si gourmands de
gloire :
Onleur a
parlé de victoire,
ResolusdevaincreoumouIl semble qu'à lanoce on les
voit accourir
, Ilsemble qu'on les voit renaître
>
1
Par troupes on les voie paraître *
r„ Dans les montagnes& vallons; ,
Ils fè marchant surlestalons,
Desireux de voir ce Vendôme
Venu poursauverle Royaume;
.Vendôme Roy; este'coutedu
De disposer de tout il lui
donne l'employ,
Et le fait après lui General
,
Capitaine.
Morblea! que n'ai-je ici.
bonne& guerriere
veine
Pour peindre un jeune Mars
Avec son Lieutenant!
Philippe est tout Bourbon,
il arpente en avant,
Il frape, & marche enmaître du Royaume,
Il va plus vîte que Vendô
-
me.
1 Chacun lui cede le terrain,
Crainte d'avoir l'honneur
de mourir delà maiiii
Car de fraper par-tout sa
mainn'est jamais lasse:
Il faut que jeunesse se passe.
Mais Vendôme dit à partsov
Suivi des Castillans laissons
faire le Roy;
Quechacuncombatteàsa.
-, guise,
J'ai dans la rête une entre- prise.
Staremberg doit passer par
là
S'il veut secourir Brihuega.
Le matois ne sçait pas que
cettevilleestnôtre;
Ilm'estime un trés-bon gar-
-
çon,
Ni malin, ni rusé, simple
comme un Apôtre:
Par nôtre *ordre pourtant
ronfle encore lecanon.
De ce que je lui dois je voudrois être auicce;
-Il faut que je lui rende en
passant la visire
Qu'ilnevoulut pas
* * recevoir
Quand je brûlois jadis du
desir de le voir.
Il n'eut pas achevé, que
'*Aï- de Vtniomc> aprés la prise
de Brl'isîeo^a
,
de Bribuega sa!fit rirtr
>
faifjittoujours tirer
le canon
,
pourfaire croire au General Staremberg que cette zilletenoit
encore, &l'engager à la venir senH ir.
** En Italie
.
voila l'Allemagne
viicnttomber Qsivienttomibersur fà lui dl dei
haut d'unemontagne:
De la maniéréquon le fert
Il voit. bien que c'estStaremberg.
Contraint de reculer quel,
ques pas en arriéré,
Il voit donner aux siensru
-
descoups d'ecriviere:
Il rallie, &se joint aux renommez Vvallons,
De gerbes d'Allemans il
couvre les sillons
;
Les honteux d'avoir fui reviennent à l'ouvrage,
Des voleurs de reliques on
,
fait
fait un saint carnage,
Et l'on met les Saints à
couvert.
Vendôme voudroit bieny
mettreStaremberg
,
Ilmanque y
pour avoir la
victoire parfaite:
Mais. c'est un faiseur de retraite
Que l'on neprend pas comme on veut.
Il: Ce sauve, & sauve qui
peut: -
Voyantson armée en deV
route,
Sans se faire prierilempaume la route
Que l'Archiduc avoit marquée auparavant; Car il avoit pris le devant.
Philippe triomphant rassïsdessusson trône,
Tranquile, attend queBar-
,. celone,
Dont Vendôme autrefois
fit present à Loüis,
Embelisse encor son his-
..,
tOIre,
Et qu'il ait encore la gloire
De la donner au Petit-fïls
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Résumé : EPISTRE A M. DE VENDOSME. Sur la bataille de Villaviciosa en 1710.
L'épître adressée à M. de Vendôme décrit la bataille de Villaviciosa en 1710. Le texte exprime le regret de voir Vendôme inactif dans son village alors que l'Espagne est menacée par les Allemands, qui cherchent à prendre le contrôle du pays. L'Archiduc, comparé à Jason, a réussi à percer le labyrinthe, laissant l'Espagne dans une situation désespérée. Les hérétiques dominent Madrid et Tolède, et le roi Philippe est découragé après une défaite militaire. Vendôme arrive et rassemble une nouvelle armée, animée par la présence du roi. Les Castillans, motivés par la perspective de la victoire, accourent pour se battre. Philippe, revigoré, combat avec ardeur, mais Vendôme reste stratégique, prévoyant une entreprise secrète. Staremberg, général ennemi, est trompé par une ruse de Vendôme, qui fait tirer le canon pour lui faire croire que Brihuega est encore tenue par les Français. Lors de la bataille, les Allemands sont repoussés et subissent de lourdes pertes. Staremberg, malgré ses efforts, doit battre en retraite. Philippe, triomphant, retrouve son trône et attend la reddition de Barcelone, que Vendôme avait autrefois offerte à Louis XIV.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1498
p. 187-191
Parodie de l'Enigme du mois passé, le Vers de la Poësie.
Début :
Le Vers, selon la rime, est ou mâle, ou femelle, [...]
Mots clefs :
Vers, Rime, Fruits, Pieds, Lecteur
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Enigme du mois passé, le Vers de la Poësie.
Article des Enigmes.
Parodie de l'Enigme du
mois passé, le Vers de
laPoëjîe.
L E Vers, selon larime;
est ou mâle, oufemelle,
Quiseseparent rarement,
Et pensent peu differemmtnt,
Tant l'un est pour l'autre
fidelle.
Selon leterroiroùjesuis,
Dit le Vers, jeproduis,
de bons oumauvais
fruits:
-
'Tantôt,tendre &galant,
&quelquefoitbarbare,
Jechemined'unpasinégal
, & bizarre,
^Tantôt triste &chagrin,
tantôt joyeux,plaifant,
Tantôtfaisant éloge,&
tantôt médisant.
Quand je suis serieux ,
quandj'ai dela trijr -
,
r tesie
sifors mon corps plusentendu
Sur plus de piedsest rè~
panai*:
Maisloin d'augmenter
mavtttfie,
je n'en vais que plus gravement.
Quandje suis gai,quand
j'ai de l'enjoûment,
Alors moncorps& ma
'- figure
Sontuneftrucr
ture,
Et ne marchentqu'à petit train. fers,dansïamoureufc.
peine
Lesfoins dutendre amour3,,. ledépit&lahaine>
Jt mords,je
pique,& répands du venin,
.,
Dont le poison a tant, de
violence,
Qu'il revient vivement
sur celui quile lance.
he buveurtransportédes
douceursde Baccus,
Vient chanter avec moy
la douceur de sonjus.
Cejlmoy qui fous laloy
,
de cette rime obscure
Te viens,cacher ici cette
sombre peinture.
C'est chercher trop longtemps, leffeur trop
curieux
,
QHOJ tu ne me vois pas ?
-
jefuis devanttes
yeux..
Parodie de l'Enigme du
mois passé, le Vers de
laPoëjîe.
L E Vers, selon larime;
est ou mâle, oufemelle,
Quiseseparent rarement,
Et pensent peu differemmtnt,
Tant l'un est pour l'autre
fidelle.
Selon leterroiroùjesuis,
Dit le Vers, jeproduis,
de bons oumauvais
fruits:
-
'Tantôt,tendre &galant,
&quelquefoitbarbare,
Jechemined'unpasinégal
, & bizarre,
^Tantôt triste &chagrin,
tantôt joyeux,plaifant,
Tantôtfaisant éloge,&
tantôt médisant.
Quand je suis serieux ,
quandj'ai dela trijr -
,
r tesie
sifors mon corps plusentendu
Sur plus de piedsest rè~
panai*:
Maisloin d'augmenter
mavtttfie,
je n'en vais que plus gravement.
Quandje suis gai,quand
j'ai de l'enjoûment,
Alors moncorps& ma
'- figure
Sontuneftrucr
ture,
Et ne marchentqu'à petit train. fers,dansïamoureufc.
peine
Lesfoins dutendre amour3,,. ledépit&lahaine>
Jt mords,je
pique,& répands du venin,
.,
Dont le poison a tant, de
violence,
Qu'il revient vivement
sur celui quile lance.
he buveurtransportédes
douceursde Baccus,
Vient chanter avec moy
la douceur de sonjus.
Cejlmoy qui fous laloy
,
de cette rime obscure
Te viens,cacher ici cette
sombre peinture.
C'est chercher trop longtemps, leffeur trop
curieux
,
QHOJ tu ne me vois pas ?
-
jefuis devanttes
yeux..
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Résumé : Parodie de l'Enigme du mois passé, le Vers de la Poësie.
Le texte 'Le Vers de la Poëjîe' est une parodie qui explore les caractéristiques du vers en poésie. Il distingue deux types de vers : mâle et femelle, qui se ressemblent beaucoup. Le vers affirme que sa qualité dépend de son terroir, produisant des fruits bons ou mauvais. Son comportement est variable : il peut être tendre et galant, barbare, triste, ou joyeux et plaisant. Sa forme change selon son état : sérieux ou gai. Lorsqu'il est sérieux, il s'étend sur plus de pieds, mais cela n'augmente pas sa valeur. Lorsqu'il est gai, il avance lentement. Le vers peut également mordre, piquer et répandre du venin, dont le poison revient sur celui qui le lance. Il accompagne le buveur sous l'influence de Bacchus. Le texte se conclut par une énigme : 'C'est chercher trop longtemps, le lecteur trop curieux, que tu ne me vois pas ? - je suis devant tes yeux.'
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1499
p. 192-195
ENIGME burlesque.
Début :
Tout ainsi qu'un Regent explique [...]
Mots clefs :
Selle
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME burlesque.
ENIGME
burlesque..
Tout ainsî qu'unRegent
explique
Quelemotdecannes'applique
uiubâtonfotuten du vieil.',
lard,
Comme à iponfe, du ca- nards
AïnsiCauteur de cette Erimtie
Quine,fiaitpoint derime
me en igme,
Faitparler sous un mot
plusieursindividus.
Si pareilsmots sont dl..
fendu?,
Et mêmeen Enigmecomique, Jeprens,pourm'excuser
licence énigmatique.
Jesuisfaitepour le reposé Jefatigue à la longueEcoliers & Héros ;
L'on me brode & ionme
rabotte; ,
Sansmoy le joli Savenir
Aurait moins de constance la motte,
-
Etrenoncerouan-métier.
Entredtuxammaux se
- fais de -longs voyages
J'babiteendepmw&t menagesy
Je brilledamnes carousels
J'aidis'vêitrnens telsqye
.cF
..1.,..
v
fteJs. vivante-guja >nsu
kmortc
JMefaitrepoferoutracer;
J'embrjfJe c?!mqui me
a.r>v
Et porte *Eî.p-ortebiencelui t:e/ui c^i
sçaitbienm*embraser*-
burlesque..
Tout ainsî qu'unRegent
explique
Quelemotdecannes'applique
uiubâtonfotuten du vieil.',
lard,
Comme à iponfe, du ca- nards
AïnsiCauteur de cette Erimtie
Quine,fiaitpoint derime
me en igme,
Faitparler sous un mot
plusieursindividus.
Si pareilsmots sont dl..
fendu?,
Et mêmeen Enigmecomique, Jeprens,pourm'excuser
licence énigmatique.
Jesuisfaitepour le reposé Jefatigue à la longueEcoliers & Héros ;
L'on me brode & ionme
rabotte; ,
Sansmoy le joli Savenir
Aurait moins de constance la motte,
-
Etrenoncerouan-métier.
Entredtuxammaux se
- fais de -longs voyages
J'babiteendepmw&t menagesy
Je brilledamnes carousels
J'aidis'vêitrnens telsqye
.cF
..1.,..
v
fteJs. vivante-guja >nsu
kmortc
JMefaitrepoferoutracer;
J'embrjfJe c?!mqui me
a.r>v
Et porte *Eî.p-ortebiencelui t:e/ui c^i
sçaitbienm*embraser*-
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1500
p. 49-56
MARIAGE. A Monsieur l'Evesque de S. Flour, à l'occasion du Mariage de M. de Monboissier de Canilac, qui a épouse Mademoiselle de Maillé-Brezé.
Début :
Destaing dont l'equité, le sçavoir & le zele. [...]
Mots clefs :
Mariage, Destaing, Héros, Honneur, Hymen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE. A Monsieur l'Evesque de S. Flour, à l'occasion du Mariage de M. de Monboissier de Canilac, qui a épouse Mademoiselle de Maillé-Brezé.
ARIAGE.
A Monfieur l'Evefque
deS. Flour, à l'occafion
du Mariage de M.de
Monboiffierde Canil
Lac, qui a épouse Ma
demoiselle de MailléBreze.
DEftaingdont l'equité,
le fçavoir & le zele.
Aux Prélats à venir peut
fervi de modele
Tes ayeux autrefois par
Auguſte annoblis ,
Septembre 1712. E
sọ MERCURE
Ont tranfmis jufqu'àtoi,
leur gloire avec les lys , 1
Leur valeur pour briller
n'attendit pas Bovine ,
Mille travaux guerriers ,
& mille exploitsfameux
Désjá dans le paffé les
rendoit glorieux ,
Et fi d'un fang fi beau la
fource n'eft divine
Du moins il eft vrai qu'à
nos,yeux
Le temps cache ſon origine ,
Comme il cache celle
CALANTA ST
Mochides Dieux. 300
Les plus grands Heros
feront gloire , ad
De mefurer leurs faits
dans la fuite des temps
Acetteéclatantevictoire,
Qui valut à Deftaing ces
honneurs éclatans ,
Mais enfin du Public foulager la mifere,
A l'orphelin fervir de
Pere ,
Diſpenſer la juftice en
obfervant fes loix
Pourſuivre & démafquer
E ij
52 MERCURE
l'erreur qui fe déguife
N'eft- ce pas d'auffi beaux
exploits
A
Que ceux par qui ton
nom chez Mars s'immortalife. 3
Saillans , l'honneur de fes
ayeux ,
Saillans , dans l'ardeur
des batailles ,
Saillans , deffendant fes
murailles ,
N'a pas plusfait, que tu
fait à nos yeux.
Et tandis qu'à Namurfur
GALANT: $3
fesramparts tranquilles,
Il rit des vains efforts, des
ennemis vainqueurs ,
T'occupant à des foins
auffi nobles qu'utiles ,
Tu répand dans ces lieux
tes celeftes faveurs ,
Et tes foins pour gagner
nos cœurs
Valent bien ceux qu'il
prend pour conferver
nos villes.
Avec tant de vertus fi digne de memoire
Que peut - il manquer à
E iij
$4 MERCURE
ta gloire ,
Que de voir icy bas ton
foin récompensé ,
Mais le noble & chafte
himenée
Qui vient d'unir Montboiffier & Breze ,
Va déformais remplir ta
deftinée.
Ainfi pour t'exalter dif
putant la victoire ,
Et la gloire & l'himen,
Prélat femblent s'unir
La gloire, la folide gloire,
De tes nobles aycux
CALANT 35
maintiens le fouvenir,
Et l'himen aujourd'huy
couronnant leur memoire ,
Leur affure encore l'avenir.
Ouitupeux t'en former le
préfage agréable ,
Le paffé te reponds d'un
ML avenir heureux ,
Et le Ciel tousjours équitable
Le Ciel à qui pour toi ,
nous addreffons nos
vœux
E iiij
56 MERCURE
Pour la rendre à jamais
durable ,
N'a qu'à leur donner des
neveux .
A Monfieur l'Evefque
deS. Flour, à l'occafion
du Mariage de M.de
Monboiffierde Canil
Lac, qui a épouse Ma
demoiselle de MailléBreze.
DEftaingdont l'equité,
le fçavoir & le zele.
Aux Prélats à venir peut
fervi de modele
Tes ayeux autrefois par
Auguſte annoblis ,
Septembre 1712. E
sọ MERCURE
Ont tranfmis jufqu'àtoi,
leur gloire avec les lys , 1
Leur valeur pour briller
n'attendit pas Bovine ,
Mille travaux guerriers ,
& mille exploitsfameux
Désjá dans le paffé les
rendoit glorieux ,
Et fi d'un fang fi beau la
fource n'eft divine
Du moins il eft vrai qu'à
nos,yeux
Le temps cache ſon origine ,
Comme il cache celle
CALANTA ST
Mochides Dieux. 300
Les plus grands Heros
feront gloire , ad
De mefurer leurs faits
dans la fuite des temps
Acetteéclatantevictoire,
Qui valut à Deftaing ces
honneurs éclatans ,
Mais enfin du Public foulager la mifere,
A l'orphelin fervir de
Pere ,
Diſpenſer la juftice en
obfervant fes loix
Pourſuivre & démafquer
E ij
52 MERCURE
l'erreur qui fe déguife
N'eft- ce pas d'auffi beaux
exploits
A
Que ceux par qui ton
nom chez Mars s'immortalife. 3
Saillans , l'honneur de fes
ayeux ,
Saillans , dans l'ardeur
des batailles ,
Saillans , deffendant fes
murailles ,
N'a pas plusfait, que tu
fait à nos yeux.
Et tandis qu'à Namurfur
GALANT: $3
fesramparts tranquilles,
Il rit des vains efforts, des
ennemis vainqueurs ,
T'occupant à des foins
auffi nobles qu'utiles ,
Tu répand dans ces lieux
tes celeftes faveurs ,
Et tes foins pour gagner
nos cœurs
Valent bien ceux qu'il
prend pour conferver
nos villes.
Avec tant de vertus fi digne de memoire
Que peut - il manquer à
E iij
$4 MERCURE
ta gloire ,
Que de voir icy bas ton
foin récompensé ,
Mais le noble & chafte
himenée
Qui vient d'unir Montboiffier & Breze ,
Va déformais remplir ta
deftinée.
Ainfi pour t'exalter dif
putant la victoire ,
Et la gloire & l'himen,
Prélat femblent s'unir
La gloire, la folide gloire,
De tes nobles aycux
CALANT 35
maintiens le fouvenir,
Et l'himen aujourd'huy
couronnant leur memoire ,
Leur affure encore l'avenir.
Ouitupeux t'en former le
préfage agréable ,
Le paffé te reponds d'un
ML avenir heureux ,
Et le Ciel tousjours équitable
Le Ciel à qui pour toi ,
nous addreffons nos
vœux
E iiij
56 MERCURE
Pour la rendre à jamais
durable ,
N'a qu'à leur donner des
neveux .
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Résumé : MARIAGE. A Monsieur l'Evesque de S. Flour, à l'occasion du Mariage de M. de Monboissier de Canilac, qui a épouse Mademoiselle de Maillé-Brezé.
Le poème célèbre le mariage de M. de Monboiffier de Canillac avec Mademoiselle de Maillé-Brézé, qui a eu lieu en septembre 1712. Il met en avant les vertus et les exploits militaires des ancêtres de l'évêque de Saint-Flour. Le texte compare les actions passées des ancêtres à celles de l'évêque actuel, qui, bien qu'il n'ait pas combattu, se distingue par ses actions justes et utiles. Il mentionne notamment la défense de Namur et les efforts pour servir le public et les orphelins. Le mariage est présenté comme une union noble et chaste, destinée à assurer une postérité glorieuse. Le poème exprime le souhait que cette union apporte un avenir heureux et durable, avec la bénédiction du ciel.
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