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1
p. 57-67
L'ELOGE DU VIN de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de Mr GRENAN.
Début :
AMI du jus divin dont la chaleur m'inspire, [...]
Mots clefs :
Traduction, Liqueur, Éloge, Vin de Bourgogne, Vin de Champagne
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texteReconnaissance textuelle : L'ELOGE DU VIN de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de Mr GRENAN.
L'ELOGE DU VIN
de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de
Mr GRENAN.
MI dujusdivin dont ta;
chaleur m'inspire
,
MaisPoëte inconnu danslesacre vallon,
En faveur de Po MAR je
vais toucher la lire;
Mon goustsera mon
Appollon.
GRENANpuis jeefj>-?rer dete
JHIUYC au Parnasse
,
D'atteindre de tes sons U force & l'agrément?
Je fuis affe% heureux, traduisant ««HORACE,
Si je traduis fidellement.
Je consacre ces vers à la
liqueur charmante,
Qui rend BEAUNE fameux, qui fait l'hon-
'> neur de NUIS;
Autour d'elle suivis de la
sante brillante,
Voltigent amours, jeux &
ris.
Des prodiges certains signalent sa puissances
Elle sçait délier l'esprit le
plus épais
;
Mieux qu'un travail constant,mere de l'éloquence,
Elle nous preste d'heureux
traits.
A son riant afpeGl: fuit la
sombre tristesse
;
Le pauvre qu'elle anime
est au dessus des loix
;
Pour luy plus de misere
:
aimable enchanteresse,
Tu l'éleves au rang des
Rois.
En vain s'offre une table
& propre & délicate,
Où le rafinement ait fîû
tout ordonner,
Leplus charmant repas at'il rien qui me flate,
Si tu ne viens l'assaisonner?
Du mâle SILLERI que
RH E I M S
s'enorguëillisse
Et prodigue l'encens à son
montant flateur;
-¥O Qu'étincelant de feux, il
pétille,iljaillisse;
Redoutonsun vin séducteur.
Craignons de nous livrer
aux esprits qu'il envoyé,
D'un plaisir
a pparent
fuyons la trahison;
Ilsflattent l'odorat, ils répandent lajoye,
Mais ils cachent un sûr
poison.
Que cependant au fruit
A u
VILLE' soit d'usage,
Bacchus modeste alors,
peut avoir des apas:
Avec luy les bons mots,
l'élégant badinage,
Viendront amuser le repas Nuissuspend les regrets
de la morne vieillesse.
Lait divin, sa chaleur fource des doux plaisirs,
Dans le déclin des ans fait
naistre la jeunesse
,
Ec rappelle au moins les
desirs.
Un Sophocle se glace? il
enfante avec peine,
Qu'illaisse l'eau du PINDE,
& gouste de ce jus,
L'aimableDieu du vin fera
couler sa veine;
Il inspire mieux que Phebus.
A quoy fert dans le camp
la bruyante trompette?
C'est à Nui s
d'y répandre une noble vigueur;
Sans ses dons le soldat certain de sa deffaite,
N'est que foiblesse & que
langueur.
Mars, c'est assez regner J
ô liqueur favorable,
Ramene avec la paix les
danses & les jeux;
Redonne -
-
nous enfin sa
présence adorable.
Qu'elle est lente au gré de
nos vceux!
Aujourd'huy l'ornement
des tables fortunées,
Bientost de nos bergers tu
sécheras les pleurs.
Je les voy; quels plaisirs !
agreables journées! *
* Jours de réjoüissance pour la paix.
Ils ont oublié leurs malheurs.
Plusde foins inquiets, plus
d'horreur,plusde guerre.
Pour eux des jours sereins
vont couler déformais.
L'un chanre sa Philis, l'autre vuide son verre.
Furent-ils à plaindre jamais! Sil'AUVERNAT fumeux
s'offre dans une feste
, Vin grossier qui d'abord y
porte le chagrin
,
De cruelles vapeurs,il accable la teste
Breuvage affreux, hosteassasin. Du
DuBOURGOGNEleger,
la douceur bienfaisante,
Est un remede sûr, ai[é,-
délicieux;
Nos maux sont dissipez ,
quand sa seve innocente,
Flatte nostre goust & nos
yeux.
A Le doux sommeils'envole & sourd à ma priere,
S'obstine à me ravir les
charmes du repos.
A mon secours POMAR.
déja sur ma paupière
, Morphée a
versé ses pa-î
vots.
Mais tu n'es pas toûjours
à nos desirs propice;
Si nous blessons les loix de
la sobrieté,
Ton jus séditieux fera nostre supplice;
Ton jus veut estre respecté.
Assure de longs jours au
modele des Princes;
Le Ciel long-temps encor
le doit à l'univers;
Qu'il vive seulement, nos
tranquiles Provinces,
Seront au dessus des revers.
Au Nectar de Louis disputez la victoire,
Vins jaloux, Vins fameux
& du NEGRE& duRHIN,
Conserve nous Louis,
rien ne manque à
ta gloire,
POMAR, ton triomphe eA
certain.
de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de
Mr GRENAN.
MI dujusdivin dont ta;
chaleur m'inspire
,
MaisPoëte inconnu danslesacre vallon,
En faveur de Po MAR je
vais toucher la lire;
Mon goustsera mon
Appollon.
GRENANpuis jeefj>-?rer dete
JHIUYC au Parnasse
,
D'atteindre de tes sons U force & l'agrément?
Je fuis affe% heureux, traduisant ««HORACE,
Si je traduis fidellement.
Je consacre ces vers à la
liqueur charmante,
Qui rend BEAUNE fameux, qui fait l'hon-
'> neur de NUIS;
Autour d'elle suivis de la
sante brillante,
Voltigent amours, jeux &
ris.
Des prodiges certains signalent sa puissances
Elle sçait délier l'esprit le
plus épais
;
Mieux qu'un travail constant,mere de l'éloquence,
Elle nous preste d'heureux
traits.
A son riant afpeGl: fuit la
sombre tristesse
;
Le pauvre qu'elle anime
est au dessus des loix
;
Pour luy plus de misere
:
aimable enchanteresse,
Tu l'éleves au rang des
Rois.
En vain s'offre une table
& propre & délicate,
Où le rafinement ait fîû
tout ordonner,
Leplus charmant repas at'il rien qui me flate,
Si tu ne viens l'assaisonner?
Du mâle SILLERI que
RH E I M S
s'enorguëillisse
Et prodigue l'encens à son
montant flateur;
-¥O Qu'étincelant de feux, il
pétille,iljaillisse;
Redoutonsun vin séducteur.
Craignons de nous livrer
aux esprits qu'il envoyé,
D'un plaisir
a pparent
fuyons la trahison;
Ilsflattent l'odorat, ils répandent lajoye,
Mais ils cachent un sûr
poison.
Que cependant au fruit
A u
VILLE' soit d'usage,
Bacchus modeste alors,
peut avoir des apas:
Avec luy les bons mots,
l'élégant badinage,
Viendront amuser le repas Nuissuspend les regrets
de la morne vieillesse.
Lait divin, sa chaleur fource des doux plaisirs,
Dans le déclin des ans fait
naistre la jeunesse
,
Ec rappelle au moins les
desirs.
Un Sophocle se glace? il
enfante avec peine,
Qu'illaisse l'eau du PINDE,
& gouste de ce jus,
L'aimableDieu du vin fera
couler sa veine;
Il inspire mieux que Phebus.
A quoy fert dans le camp
la bruyante trompette?
C'est à Nui s
d'y répandre une noble vigueur;
Sans ses dons le soldat certain de sa deffaite,
N'est que foiblesse & que
langueur.
Mars, c'est assez regner J
ô liqueur favorable,
Ramene avec la paix les
danses & les jeux;
Redonne -
-
nous enfin sa
présence adorable.
Qu'elle est lente au gré de
nos vceux!
Aujourd'huy l'ornement
des tables fortunées,
Bientost de nos bergers tu
sécheras les pleurs.
Je les voy; quels plaisirs !
agreables journées! *
* Jours de réjoüissance pour la paix.
Ils ont oublié leurs malheurs.
Plusde foins inquiets, plus
d'horreur,plusde guerre.
Pour eux des jours sereins
vont couler déformais.
L'un chanre sa Philis, l'autre vuide son verre.
Furent-ils à plaindre jamais! Sil'AUVERNAT fumeux
s'offre dans une feste
, Vin grossier qui d'abord y
porte le chagrin
,
De cruelles vapeurs,il accable la teste
Breuvage affreux, hosteassasin. Du
DuBOURGOGNEleger,
la douceur bienfaisante,
Est un remede sûr, ai[é,-
délicieux;
Nos maux sont dissipez ,
quand sa seve innocente,
Flatte nostre goust & nos
yeux.
A Le doux sommeils'envole & sourd à ma priere,
S'obstine à me ravir les
charmes du repos.
A mon secours POMAR.
déja sur ma paupière
, Morphée a
versé ses pa-î
vots.
Mais tu n'es pas toûjours
à nos desirs propice;
Si nous blessons les loix de
la sobrieté,
Ton jus séditieux fera nostre supplice;
Ton jus veut estre respecté.
Assure de longs jours au
modele des Princes;
Le Ciel long-temps encor
le doit à l'univers;
Qu'il vive seulement, nos
tranquiles Provinces,
Seront au dessus des revers.
Au Nectar de Louis disputez la victoire,
Vins jaloux, Vins fameux
& du NEGRE& duRHIN,
Conserve nous Louis,
rien ne manque à
ta gloire,
POMAR, ton triomphe eA
certain.
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Résumé : L'ELOGE DU VIN de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de Mr GRENAN.
'L'Éloge du Vin' est une ode traduite de l'ode latine de Monsieur Grenan, célébrant les vertus du vin de Bourgogne. L'auteur, se présentant comme un poète inconnu, admire le vin, qu'il compare à un divin nectar capable d'inspirer et de délier l'esprit. Il loue le vin pour sa capacité à rendre heureux, à élever les pauvres et à animer les repas. Cependant, il met en garde contre les dangers de l'abus, soulignant que le vin peut cacher un poison et trahir ceux qui s'y livrent sans modération. Le vin est décrit comme un remède contre la tristesse et la misère, capable de susciter l'éloquence et de rendre les repas plus agréables. Il est également présenté comme un allié dans les moments de déclin, rappelant la jeunesse et les désirs. Dans un contexte militaire, le vin est vu comme un moyen de renforcer la vigueur des soldats. L'auteur exprime le souhait que le vin de Bourgogne continue d'orner les tables et de sécher les pleurs des bergers, apportant des jours sereins et des plaisirs agréables. Il oppose le vin grossier, qui apporte le chagrin, au vin de Bourgogne, doux et bienfaisant. Enfin, il conclut en espérant que le vin contribue à la longévité et à la tranquillité des provinces, disputant la victoire au nectar des princes et des vins célèbres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 67-77
LA CHAMPAGNE vengée, ou loüange du vin de Reims, qu'un Poëte Bourguignon a blâmé.
Début :
Chère hostesse d'un vin qu'on ne peut trop priser, [...]
Mots clefs :
Vin de Bourgogne, Vin de Champagne, Vin, Louanges
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texteReconnaissance textuelle : LA CHAMPAGNE vengée, ou loüange du vin de Reims, qu'un Poëte Bourguignon a blâmé.
LA CHAMPAGNE
vengee3 ou loüange duvin
de Reims,qu'un Poëte
Bourguignon a
blâmé.
CHEREhostessed'un
vin qu'on ne peut trop
priser
, D'un vin qui doit à Reims,
comme moi, sa naifsance, f
Bouteille à mon secours;
j'entreprensta deffense.
Pour ton propre inrerctt
vien me Favorifèr„
Est-ce un songe? ô merveille une douce
manie
Chez moy, dans-ce moment, au gré detaliqueur -
Répand de veine en veine
,
- une noblevigueur,
Et forme de ces vers la
nombreuse harmonie.
Autant que, sans porter sa
teste dans les cieux,.
La vigne par son fruit est
au ckflus duchêne;
Autant, sans affecter une
gloire trop vaine,
Reims surpasseles vinsles
plus délicieux.
Qu'Horacedu Falerne enN
tonne les loüanges,
Que de son vieuxMassique
il vante les attraits:
Tous ces vins si fameux
négaleront jamais
Du charmant Silleri les
heureusesvendanges.
Aussi clair que le verre, où
la main la versé,
Les yeux les plus perçans
l'en distinguentà peine.
Qu'il est doux de sentir
l'ambre de son haleine
9 Et de prévoir le goustpar
l'odeur annoncé!
D'abord à petits bonds
une mousse argentine
Etincèle
,
pétille, & boust
de toutes parts;
Un éclat plus tranquile offre ensuite aux regars
-
D'un liquide miroir la glacecrystaline. 1
; ¡ l >
Ce vin dont lafpeft seul
enchante le buveur,
N.eil: pas d'un bourgeon
foible une humeur
froide & cruë;
Autant que la couleur en
réjoüit la vuë,
Autant en plaist au goust
l'agréable faveur.
Taisezvous envieux, dont
la langue cruelle
Veut qu'icy fous les fleurs
se cache le venin,
Connoissez la Champagne, & respectez un vin
Qui des mœurs du climat
- est l'image fidèle.
Non, ce jus, qu'à grand
tort vous osez outrager.
De nuages
fâcheux
ne
trouble point la teste
,
Jamais dans l'estomac n'excite de tempeste,
Ilest tendre,il estnet,délicat, & léger.
Ils'ouvre dans lesreins une
facile route,
Il n'y fait point germer de
sable douloureux,
Et n'y prépare pas, féducteur dangereux
,
Par l'attrait du plaisir le
tourment, de la goute.
Vers
,
Vers la fin du repas, à
l'approche du fruit, (Caron doitménagerune
liqueur si fine)
Aussitost que paroist la
Bouteille divine,
Des graces à l'instant l'aimable Chœur la suit.
Parmy les conviez s'éleve
un doux murmure,
Leplus Stoïque alors se déride le front.
Beaunealors cédeàReims,
& confus de l'affront
Cherche loin du buffetune
retraite obscure.
Equitablecenseur,je veux
bien toutefois,
Bourgogne
,
t'accorder
l'estime quit'est duë,
Pourvû,qu'à l'avenir une
honre ingénuë
Te force à rendre ommage au nectar Champenois.
Mére des vins moëleux,
c'est toy je le confesse
, Qui d'un teint languissant
corriges la pâleur,
Qui versant dans les corps
<
une doucechaleur,
Sais égayer ensemble, &
nourrir la vieillesse.
Mais ne crois pas te faire
un mérite éclatant
D'oster au Laboureur le
soucy de saTaille,
D'animer le Soldat dans le
It champ de bataille;
Un simple vin de Brie en
feroit bien ¡autant.
O vous, puisque le Ciel
par un heureux présage
De la paix aujourd'huy
nous promet le retour,
Anglois de vos sterlins hastez-vous dés ce jour
De venir dans nos ports
faire un meilleur usage.
Au lieu d'avoir si loin conduit tant de guerriers,
Disposé tant d'assauts
,
&
formé tant de lignes,
Hélas! à moindres frais,
des trésors de nos vignes
Vous pouviez sans péril enrichir vos celliers.
-
Ciel,fais que déformais
puny de safolie,
Quiconque insultera l'honneur du Sillery,
N'abreve son gosier d'au-
trevinque d'Ivry,
Ou d'un cidre éventé ne
suce que la lie
vengee3 ou loüange duvin
de Reims,qu'un Poëte
Bourguignon a
blâmé.
CHEREhostessed'un
vin qu'on ne peut trop
priser
, D'un vin qui doit à Reims,
comme moi, sa naifsance, f
Bouteille à mon secours;
j'entreprensta deffense.
Pour ton propre inrerctt
vien me Favorifèr„
Est-ce un songe? ô merveille une douce
manie
Chez moy, dans-ce moment, au gré detaliqueur -
Répand de veine en veine
,
- une noblevigueur,
Et forme de ces vers la
nombreuse harmonie.
Autant que, sans porter sa
teste dans les cieux,.
La vigne par son fruit est
au ckflus duchêne;
Autant, sans affecter une
gloire trop vaine,
Reims surpasseles vinsles
plus délicieux.
Qu'Horacedu Falerne enN
tonne les loüanges,
Que de son vieuxMassique
il vante les attraits:
Tous ces vins si fameux
négaleront jamais
Du charmant Silleri les
heureusesvendanges.
Aussi clair que le verre, où
la main la versé,
Les yeux les plus perçans
l'en distinguentà peine.
Qu'il est doux de sentir
l'ambre de son haleine
9 Et de prévoir le goustpar
l'odeur annoncé!
D'abord à petits bonds
une mousse argentine
Etincèle
,
pétille, & boust
de toutes parts;
Un éclat plus tranquile offre ensuite aux regars
-
D'un liquide miroir la glacecrystaline. 1
; ¡ l >
Ce vin dont lafpeft seul
enchante le buveur,
N.eil: pas d'un bourgeon
foible une humeur
froide & cruë;
Autant que la couleur en
réjoüit la vuë,
Autant en plaist au goust
l'agréable faveur.
Taisezvous envieux, dont
la langue cruelle
Veut qu'icy fous les fleurs
se cache le venin,
Connoissez la Champagne, & respectez un vin
Qui des mœurs du climat
- est l'image fidèle.
Non, ce jus, qu'à grand
tort vous osez outrager.
De nuages
fâcheux
ne
trouble point la teste
,
Jamais dans l'estomac n'excite de tempeste,
Ilest tendre,il estnet,délicat, & léger.
Ils'ouvre dans lesreins une
facile route,
Il n'y fait point germer de
sable douloureux,
Et n'y prépare pas, féducteur dangereux
,
Par l'attrait du plaisir le
tourment, de la goute.
Vers
,
Vers la fin du repas, à
l'approche du fruit, (Caron doitménagerune
liqueur si fine)
Aussitost que paroist la
Bouteille divine,
Des graces à l'instant l'aimable Chœur la suit.
Parmy les conviez s'éleve
un doux murmure,
Leplus Stoïque alors se déride le front.
Beaunealors cédeàReims,
& confus de l'affront
Cherche loin du buffetune
retraite obscure.
Equitablecenseur,je veux
bien toutefois,
Bourgogne
,
t'accorder
l'estime quit'est duë,
Pourvû,qu'à l'avenir une
honre ingénuë
Te force à rendre ommage au nectar Champenois.
Mére des vins moëleux,
c'est toy je le confesse
, Qui d'un teint languissant
corriges la pâleur,
Qui versant dans les corps
<
une doucechaleur,
Sais égayer ensemble, &
nourrir la vieillesse.
Mais ne crois pas te faire
un mérite éclatant
D'oster au Laboureur le
soucy de saTaille,
D'animer le Soldat dans le
It champ de bataille;
Un simple vin de Brie en
feroit bien ¡autant.
O vous, puisque le Ciel
par un heureux présage
De la paix aujourd'huy
nous promet le retour,
Anglois de vos sterlins hastez-vous dés ce jour
De venir dans nos ports
faire un meilleur usage.
Au lieu d'avoir si loin conduit tant de guerriers,
Disposé tant d'assauts
,
&
formé tant de lignes,
Hélas! à moindres frais,
des trésors de nos vignes
Vous pouviez sans péril enrichir vos celliers.
-
Ciel,fais que déformais
puny de safolie,
Quiconque insultera l'honneur du Sillery,
N'abreve son gosier d'au-
trevinque d'Ivry,
Ou d'un cidre éventé ne
suce que la lie
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Résumé : LA CHAMPAGNE vengée, ou loüange du vin de Reims, qu'un Poëte Bourguignon a blâmé.
Le poème vante les mérites de la Champagne, un vin produit à Reims, que l'auteur, un poète bourguignon, considère supérieur à d'autres vins célèbres comme ceux du Falerne ou du Massique. La Champagne est décrite comme claire, douce et agréable au goût, avec une mousse argentine et un éclat cristallin. Elle est comparée à un miroir liquide et appréciée pour son arôme d'ambre. Le vin est loué pour ses effets bénéfiques sur la santé, n'excitant ni tempêtes dans l'estomac ni douleurs dans les reins. À la fin du repas, la Champagne est servie, apportant grâce et douceur, même aux convives les plus stoïques. Le poète reconnaît les qualités de la Bourgogne mais insiste sur la supériorité de la Champagne. Il invite les Anglais à profiter des trésors des vignes françaises plutôt que de mener des guerres coûteuses. Enfin, il souhaite que quiconque insulte l'honneur du Sillery soit puni en étant contraint de boire des vins de moindre qualité.
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3
p. 217-224
SICERA. ODE.
Début :
Quis rumor aures personat insolens? [...]
Mots clefs :
Sicera, Pomona, Burgunda, Cidre, Vin de Bourgogne, Vin de Champagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SICERA. ODE.
SIC E R A.
ODE.
QVU 1Srumor aurespersonat
insolens ?
Qutd mitioris Pieridum Chori
Dulces alumnos pervicaci
Miscet & exagitat duellof
Qu#cayjkrixe? Vimî fiel
-
(o nefas)
Infanda molli bclU iftptr mcro
Pngwe non est Hippogrenes
Virgineos latices amantum. ;
Qui vos, Poetœ
,
mmque domtffnror,
Insanatandem mittite jurgia.
Parculpa vobis; For utrimque
Prœlia, Pœna manet,cientes.
Burgunda nam quid Silleriis
parat
Hic Vina, vites illeRbemzjèsium
PrœferreBurgundis, gracres
Vfque inimicitias monjtref --
Esto, jacentes suscitet Evuts
Af~~,€~ àddatcornu&rmlitiy
PostVinaMavorrisferoces
~Itruere in çuntos parato.
Sed quo
Satelles Thjrfîgeri
furor
Brevisminucipermet ÎWlpttll ?
Jam tt/a torpentes(pudendum)
Destituunt calamique dextras.
Qttin sijaventefa.1 peptreè*
rint
Benigna
,
fractasturpior
excipit
Vires fent&MSj & podagr*
Prada frnftfcjacettbriofus.
jrffl rore amico Neustria qktâ
femd
Beavit, ollis utvigorigneus,
Sic &• fagtà temperaix '<
Consilio~sedusque Virtus,
Utrâque vos ô
Palladenobiles,
Quorumsecundisauctalaboribus
Res nosta. crevit, testor, Drbu
Grandis honos columenque
rerum.
o quanta bellise mihifulminum
Offertque SUAdtt copiajlumio:
num!
jih, Musa, ne tantes protervo
Magna nimis tenuare cantu.
O ter beatos!Ambrosiœ fovet
Quospartequintâ, quos Sicerâ
imbuit
Pomona dulei,
nec maligno
Proluere orafinitLiquore.
Non
,
quem Rhemensispocula
Liberi
Suo stuporem conciliantgregi,
Burgunda nec quosfœx cerebro
Ingerit imperiosa fumos,
Nec si quià alvum vellicar
acriùs
Tentatve renes, frangere pertinax
Zonasreluctantes acetum
VppaBretginiacum,verentur.
Sed turapingui qualiaflumine
ImbutagentisNeustriacœ
vigent
Artlls amicœrecreati
Nectareo Sicetœfluento.
Quisnon ab imâsuccineoœquore
tTwlla micantçs ludere garifl
mulas
M'trttta, & lai pcrmm
His Surcapta, mThrucas Âfijrm odaUs
ehtmfugh
tmpiùty
, Donis benignœ Neustridum
Dt4 :
Caterva Parnassi, relictos
Sprévit agros, portiore ciucLs
Sertit*jcdesalite. Tùmnovis
Narmanaphkct fulsit ho.
n"rilnu;
Trarijlatatum 'vittus disertœ
In Siceramfuit Hippocrenes.
Tum fœtusaura ftJrlicul"
liquor
Divinœ, htantk dum frtbit
intimos
Cordis recessus,puriore
tomniuitmtiè narajlltmmdeHinc robur ingens corporibus
ftJttj
Hinc ore ridet gratia blandior,
Hinc wgw-ai vis CM fatuvn
Vena fluensopulenta rtvo.
Hacpioptefaudis&f&pitntU
FacuflJàtellus Neustria &
artium :
Ex te Pntar*rhyitophomm,
EloqHivauép/w/nnx potentli",
Jmmenfafu*Qt. Nectaris bas
tui
Jfi&s rependis lenis antéintibits>
Pomona, nec quemquam.
tuorum
Conspicuâsint dote mittis.
Vos ô prophani, queis maie
t
consciis
Sordentamœnœ munera Neustriay
Torpere damnosoveterno
Digna cohors, procul este PAttSIl
ODE.
QVU 1Srumor aurespersonat
insolens ?
Qutd mitioris Pieridum Chori
Dulces alumnos pervicaci
Miscet & exagitat duellof
Qu#cayjkrixe? Vimî fiel
-
(o nefas)
Infanda molli bclU iftptr mcro
Pngwe non est Hippogrenes
Virgineos latices amantum. ;
Qui vos, Poetœ
,
mmque domtffnror,
Insanatandem mittite jurgia.
Parculpa vobis; For utrimque
Prœlia, Pœna manet,cientes.
Burgunda nam quid Silleriis
parat
Hic Vina, vites illeRbemzjèsium
PrœferreBurgundis, gracres
Vfque inimicitias monjtref --
Esto, jacentes suscitet Evuts
Af~~,€~ àddatcornu&rmlitiy
PostVinaMavorrisferoces
~Itruere in çuntos parato.
Sed quo
Satelles Thjrfîgeri
furor
Brevisminucipermet ÎWlpttll ?
Jam tt/a torpentes(pudendum)
Destituunt calamique dextras.
Qttin sijaventefa.1 peptreè*
rint
Benigna
,
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excipit
Vires fent&MSj & podagr*
Prada frnftfcjacettbriofus.
jrffl rore amico Neustria qktâ
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Beavit, ollis utvigorigneus,
Sic &• fagtà temperaix '<
Consilio~sedusque Virtus,
Utrâque vos ô
Palladenobiles,
Quorumsecundisauctalaboribus
Res nosta. crevit, testor, Drbu
Grandis honos columenque
rerum.
o quanta bellise mihifulminum
Offertque SUAdtt copiajlumio:
num!
jih, Musa, ne tantes protervo
Magna nimis tenuare cantu.
O ter beatos!Ambrosiœ fovet
Quospartequintâ, quos Sicerâ
imbuit
Pomona dulei,
nec maligno
Proluere orafinitLiquore.
Non
,
quem Rhemensispocula
Liberi
Suo stuporem conciliantgregi,
Burgunda nec quosfœx cerebro
Ingerit imperiosa fumos,
Nec si quià alvum vellicar
acriùs
Tentatve renes, frangere pertinax
Zonasreluctantes acetum
VppaBretginiacum,verentur.
Sed turapingui qualiaflumine
ImbutagentisNeustriacœ
vigent
Artlls amicœrecreati
Nectareo Sicetœfluento.
Quisnon ab imâsuccineoœquore
tTwlla micantçs ludere garifl
mulas
M'trttta, & lai pcrmm
His Surcapta, mThrucas Âfijrm odaUs
ehtmfugh
tmpiùty
, Donis benignœ Neustridum
Dt4 :
Caterva Parnassi, relictos
Sprévit agros, portiore ciucLs
Sertit*jcdesalite. Tùmnovis
Narmanaphkct fulsit ho.
n"rilnu;
Trarijlatatum 'vittus disertœ
In Siceramfuit Hippocrenes.
Tum fœtusaura ftJrlicul"
liquor
Divinœ, htantk dum frtbit
intimos
Cordis recessus,puriore
tomniuitmtiè narajlltmmdeHinc robur ingens corporibus
ftJttj
Hinc ore ridet gratia blandior,
Hinc wgw-ai vis CM fatuvn
Vena fluensopulenta rtvo.
Hacpioptefaudis&f&pitntU
FacuflJàtellus Neustria &
artium :
Ex te Pntar*rhyitophomm,
EloqHivauép/w/nnx potentli",
Jmmenfafu*Qt. Nectaris bas
tui
Jfi&s rependis lenis antéintibits>
Pomona, nec quemquam.
tuorum
Conspicuâsint dote mittis.
Vos ô prophani, queis maie
t
consciis
Sordentamœnœ munera Neustriay
Torpere damnosoveterno
Digna cohors, procul este PAttSIl
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Résumé : SICERA. ODE.
L'ode décrit une compétition entre différents vins et leurs effets bénéfiques. L'auteur exprime son désir de voir les Muses apaiser les disputes entre les poètes. Il mentionne une rivalité entre les vins de Bourgogne et de Rhénanie, chacun ayant ses partisans. Les vins de Neustrie sont loués pour leurs effets positifs, apportant vigueur et santé, contrairement aux vins de Rhénanie et de Bourgogne qui peuvent causer des maux comme la goutte. Ces vins sont comparés au nectar des dieux, inspirant les poètes et apportant force et grâce. L'ode se conclut par une exhortation à réserver les bienfaits des vins de Neustrie à une élite digne de ces présents, en écartant les profanes.
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4
p. 153-168
LE CIDRE. ODE.
Début :
Qu'elles sont ces voix indiscrettes [...]
Mots clefs :
Cidre, Vin de Bourgogne, Vin de Champagne, Bacchus, Vignes, Poètes
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texteReconnaissance textuelle : LE CIDRE. ODE.
Le fieur Grenan , Bourguignon , Profeffeur de Seconde au College d'Harcour a fait une Ode latine à
la loüange du Vin de Bourgogne ; Mr Coffin Champenois Profeffeur de Secon
de au College de Beauvais,
répondit à l'Ode du fieur
Grenan, par une Ode pour la
défenſe du Vin de Bourgo.
gne,M' Duhamel Normand
154 MERCURE
Profeffeur de Rhetorique
au College des Graffins a
fait une Ode latine , fur le
Cidre en voicy la tra
duction.
LE CIDRE
ODE.
Qu'ellesfont ces voix
indifcrettes
Qui fe font entendre en
tous lieux?
Quoy, Mufes deuxfa
meux Poëtes
S'ofent quereller à vos
GALANT. 155
yeux?
Pourquelfujet leurvaine
audace.
Allarme-t-elle du ParI
naffe
Lespacifiques Habitans?
Pour du Vin ?je le crois
à
peine.
Quoy des buveurs de
L'Hippocrene
Le Vin feroit des combattans ?
Poëtes la Guerre eft
fatalle
156 MERGURE
Que caufe un vain entêtement:
La faute entre vous est
égálle
Pareilfera le chaftiment.
Car, pourquoy par vos
Vers infignes VV
Louer fi hautement, vos
Vignes
Et blafmerles autres Liqueurs?
Commefi Bourgogne &
Champagne
Seules du Pais de
Cocagne.
GALANT: 157
Renfermoient toutes les
douceurs.
Je veux bien que Bacchus excite
Le phlegme d'un trop
froid rimeur
Et que
irrite
du Guerrier il
Quelquesfois l'indolente
bumeur
Mais ce feu de peu de
durée
N'a qu'une ardeur accelerée
158 MERCURE
Qui naist & peris à la
fois
Et fi les deftins trop faciles
Laiffent vieillir ces imbecilles
La goutte
Babois.
les met aux
23
Mais Pomone tes
Privileges
Signalent bien mieux ta
liqueur
Tu mets dans ceux que
tu proteges
GALANT, 159
Un efpritfolide,ungrand
cœur
Témoins ces Heros dont
la gloire
Gravel au Temple de
memoire
Honore leur pofterité
Témoins les fçavans
dont la plume
Afçuparplus d'un beau
volume
S'acquerir l'immortalité.
Dieux, quelle Affemblée éclatante
160 MERCURE
D'eloquens & braves
CeZars !
Mufe, leur nombre m'épouvante,
Sauvons - nous, fuyons
les hazards.
Ce n'eft pas à mesfoibles
rithmes
A tracer les vertus fublimes
De ces grands foutiens
des Etats
Et vouloirfans voix &
Jansforce
Suivre une fi flateuſe
GALANT. 161
amorce
C'eſt courir fans fer
aux combats
Vous chers favoris de
Pom one
Qui beuvez fon jus à
longs traits
Contents des biens qu'elle
vous donne
Pour vous leVin eftfans
attraits Ne
Vous évitez cesfucs perfides
Qui rendent leurs beuMay 1712. O
162 MERCURE
veurs stupides
Ouquirenversefaraifon,
Et la liqueur traitreffe
&dure
Qui tranche & rompt.
mainte cointure
Eft pour vous un fatal
poifon.
Mais tels qu'une belle
Prairie
Qu'arrose un paisible
ruißeauties 20
Toujours verte toujours
fleurie Jackson is
TYM
JOIN
GALANT. 163
1.
N'offre rien aux yeux
que de beau,
Tels arrofez, du jus des
Pommes
Les Normand's entre
tous les hommes
Sontrobuftes &gracieux
Et grand gente en fa
2
courſe
Eft unfleuve qui dés la
fource
N'a rien eu que de
merveilleux
Ⓒ Cidre ! o celefte Ambroifie
O ij
164 MERCURE
Des dons que les Dieux
nous ontfaits ,
Quinteßence, Elixir de
vie ,
C'eft toy qui produis ces.
effets.
Poëtes , dans cette mer
d'ambre,
Dans ce charmant fus
de Septembre ,
Voyez fe jouer les Saphirs
Dieux, quelle exhalaifon
divine
S'elevant decettePifcine,
GALANT. 167
Mouille les ailes des Ze-
·
phirs.
Faut-il s'étonner fi la
Trouppe
Des Mufes, ces divines
Sœurs ,
Ayantgoûtédecette couppe...
En eftima tant les douceurs,
Side fon pays exilée
Elle enfut bien-toftconA folee, a
Ayantfait unplus digne
WM choixus
166 MERCURE
Enfinfifareconnoiffan
ce
Au Cidre donna lapuif
Cance
Que l'Hippocrene eut autrefois ?
學
Depuis cette heureuſe
arrivée
Le Cidre empreint d'un
feu divin
De lanature dépravée
Corrige le mauvais levain.
Dés-lors chez vous , belle
Neuftrie
GALANT. 167
Et la Sageße & Induf
trie
Trouverent uncharmant
Séjour.
Et l'on voit de vos riches
plages
Sortir de tous rangs , de
tous ages con
Mille grands hommes
chaque jour.
230
C'est ainsi, Deeßefincere's
Que vous répandez vos
faveurs
168 MERCURE
Sur chaque mortel qui
prefere
VoftreFus aux autres liqueurs.
Loin defouffrirqu'aucun
des vostres
Géde jamais la palme à
d'autres,
Vous comble leurs plus
douxfouhaits.
Vous, qui méprifez nos
breuvages ,
Poëtes dans le vin pew
fages,
Dorme , & n'écrivez
jamais.
la loüange du Vin de Bourgogne ; Mr Coffin Champenois Profeffeur de Secon
de au College de Beauvais,
répondit à l'Ode du fieur
Grenan, par une Ode pour la
défenſe du Vin de Bourgo.
gne,M' Duhamel Normand
154 MERCURE
Profeffeur de Rhetorique
au College des Graffins a
fait une Ode latine , fur le
Cidre en voicy la tra
duction.
LE CIDRE
ODE.
Qu'ellesfont ces voix
indifcrettes
Qui fe font entendre en
tous lieux?
Quoy, Mufes deuxfa
meux Poëtes
S'ofent quereller à vos
GALANT. 155
yeux?
Pourquelfujet leurvaine
audace.
Allarme-t-elle du ParI
naffe
Lespacifiques Habitans?
Pour du Vin ?je le crois
à
peine.
Quoy des buveurs de
L'Hippocrene
Le Vin feroit des combattans ?
Poëtes la Guerre eft
fatalle
156 MERGURE
Que caufe un vain entêtement:
La faute entre vous est
égálle
Pareilfera le chaftiment.
Car, pourquoy par vos
Vers infignes VV
Louer fi hautement, vos
Vignes
Et blafmerles autres Liqueurs?
Commefi Bourgogne &
Champagne
Seules du Pais de
Cocagne.
GALANT: 157
Renfermoient toutes les
douceurs.
Je veux bien que Bacchus excite
Le phlegme d'un trop
froid rimeur
Et que
irrite
du Guerrier il
Quelquesfois l'indolente
bumeur
Mais ce feu de peu de
durée
N'a qu'une ardeur accelerée
158 MERCURE
Qui naist & peris à la
fois
Et fi les deftins trop faciles
Laiffent vieillir ces imbecilles
La goutte
Babois.
les met aux
23
Mais Pomone tes
Privileges
Signalent bien mieux ta
liqueur
Tu mets dans ceux que
tu proteges
GALANT, 159
Un efpritfolide,ungrand
cœur
Témoins ces Heros dont
la gloire
Gravel au Temple de
memoire
Honore leur pofterité
Témoins les fçavans
dont la plume
Afçuparplus d'un beau
volume
S'acquerir l'immortalité.
Dieux, quelle Affemblée éclatante
160 MERCURE
D'eloquens & braves
CeZars !
Mufe, leur nombre m'épouvante,
Sauvons - nous, fuyons
les hazards.
Ce n'eft pas à mesfoibles
rithmes
A tracer les vertus fublimes
De ces grands foutiens
des Etats
Et vouloirfans voix &
Jansforce
Suivre une fi flateuſe
GALANT. 161
amorce
C'eſt courir fans fer
aux combats
Vous chers favoris de
Pom one
Qui beuvez fon jus à
longs traits
Contents des biens qu'elle
vous donne
Pour vous leVin eftfans
attraits Ne
Vous évitez cesfucs perfides
Qui rendent leurs beuMay 1712. O
162 MERCURE
veurs stupides
Ouquirenversefaraifon,
Et la liqueur traitreffe
&dure
Qui tranche & rompt.
mainte cointure
Eft pour vous un fatal
poifon.
Mais tels qu'une belle
Prairie
Qu'arrose un paisible
ruißeauties 20
Toujours verte toujours
fleurie Jackson is
TYM
JOIN
GALANT. 163
1.
N'offre rien aux yeux
que de beau,
Tels arrofez, du jus des
Pommes
Les Normand's entre
tous les hommes
Sontrobuftes &gracieux
Et grand gente en fa
2
courſe
Eft unfleuve qui dés la
fource
N'a rien eu que de
merveilleux
Ⓒ Cidre ! o celefte Ambroifie
O ij
164 MERCURE
Des dons que les Dieux
nous ontfaits ,
Quinteßence, Elixir de
vie ,
C'eft toy qui produis ces.
effets.
Poëtes , dans cette mer
d'ambre,
Dans ce charmant fus
de Septembre ,
Voyez fe jouer les Saphirs
Dieux, quelle exhalaifon
divine
S'elevant decettePifcine,
GALANT. 167
Mouille les ailes des Ze-
·
phirs.
Faut-il s'étonner fi la
Trouppe
Des Mufes, ces divines
Sœurs ,
Ayantgoûtédecette couppe...
En eftima tant les douceurs,
Side fon pays exilée
Elle enfut bien-toftconA folee, a
Ayantfait unplus digne
WM choixus
166 MERCURE
Enfinfifareconnoiffan
ce
Au Cidre donna lapuif
Cance
Que l'Hippocrene eut autrefois ?
學
Depuis cette heureuſe
arrivée
Le Cidre empreint d'un
feu divin
De lanature dépravée
Corrige le mauvais levain.
Dés-lors chez vous , belle
Neuftrie
GALANT. 167
Et la Sageße & Induf
trie
Trouverent uncharmant
Séjour.
Et l'on voit de vos riches
plages
Sortir de tous rangs , de
tous ages con
Mille grands hommes
chaque jour.
230
C'est ainsi, Deeßefincere's
Que vous répandez vos
faveurs
168 MERCURE
Sur chaque mortel qui
prefere
VoftreFus aux autres liqueurs.
Loin defouffrirqu'aucun
des vostres
Géde jamais la palme à
d'autres,
Vous comble leurs plus
douxfouhaits.
Vous, qui méprifez nos
breuvages ,
Poëtes dans le vin pew
fages,
Dorme , & n'écrivez
jamais.
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Résumé : LE CIDRE. ODE.
Le texte décrit une dispute littéraire entre trois professeurs de rhétorique concernant les mérites respectifs du vin de Bourgogne, du vin de Champagne et du cidre. Le professeur Grenan, originaire de Bourgogne, a composé une ode latine en l'honneur du vin de Bourgogne. En réponse, le professeur Coffin, Champenois, a écrit une ode pour défendre le vin de Champagne. Le professeur Duhamel, Normand, a ensuite composé une ode latine en faveur du cidre, dont une traduction est fournie. Dans son ode, Duhamel critique les querelles entre les poètes et souligne que les disputes sur le vin ne devraient pas diviser les habitants pacifiques. Il reconnaît que le vin peut exciter les passions, mais il souligne que ces effets sont de courte durée. Duhamel vante ensuite les mérites du cidre, affirmant qu'il procure un esprit solide et un grand cœur. Il cite des héros et des savants illustres qui ont bénéficié des bienfaits du cidre. Duhamel compare le cidre à une belle prairie toujours verte et fleurie, et loue les Normands pour leur robustesse et leur grâce. Il décrit le cidre comme une ambroisie, une quintessence de vie, capable de corriger les mauvaises mœurs. Il conclut en affirmant que le cidre répand ses faveurs sur tous ceux qui le préfèrent aux autres breuvages, et que ceux qui méprisent le cidre ne devraient pas écrire de poésie.
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