Résultats : 9567 texte(s)
Détail
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1401
p. 103-104
ENIGME.
Début :
Quand je n'ay ni poudre ni plomb, [...]
Mots clefs :
Toilette
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Quand je riay ni poudre ni
plomby
Prés de moymamaitresse est
un peu desoeuvrée;
De ma boutique bien parée
Prudemment on cache lefond,
Il est peu de belle grimace ;
On en peut voir pourtant en
mevoyant en face.
Ma maitresse dansson prin- temps Ne me trouve guere importante;
Avec le nombre de ses ans
Près d'elle mon crédit s'augmente
:
Mais ellen'oseplussans rougir
, moy prtfWey
Recevoir sesderniers amants.
Quand je riay ni poudre ni
plomby
Prés de moymamaitresse est
un peu desoeuvrée;
De ma boutique bien parée
Prudemment on cache lefond,
Il est peu de belle grimace ;
On en peut voir pourtant en
mevoyant en face.
Ma maitresse dansson prin- temps Ne me trouve guere importante;
Avec le nombre de ses ans
Près d'elle mon crédit s'augmente
:
Mais ellen'oseplussans rougir
, moy prtfWey
Recevoir sesderniers amants.
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1402
p. 110-112
CHANSON. / LE CARILLON.
Début :
Bon, ban, bon, [...]
Mots clefs :
Carillon, Chanson
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON. / LE CARILLON.
LA Chanson fuivante
n'a jamais
été nottée,quoique je
l'aye faite il ya plus de
vingt ans, j'en ai plusieurs
de ce caractere &
de cette datte,que je
donnerai, car elles réjoüissent
; je n'enferai
plus de si folâtres, parce
que je ne reviendrai
plus à l'âgede vingtcinq
ans. Age second
en idées pareilles,âge
où il m'estéchappétant
d'ouvrages imparfaits,
j'en defavouërois à present
les deffauts, mais
je ne desavouërois pas
ce fond de jeunesse Se
de gayeté qui me les
inspiroitalors, ni cette
vivacité qui ne me permettoit
pas de leur donner
la derniere main.
LE CARILLON.
B On., ban, bon?
Entendez-vousles grosses
Cloches, bon,
ban, bon,
Quand j'entens sonner
sur ce ton -', Jemesouviens toujours
qu'hier
n'a jamais
été nottée,quoique je
l'aye faite il ya plus de
vingt ans, j'en ai plusieurs
de ce caractere &
de cette datte,que je
donnerai, car elles réjoüissent
; je n'enferai
plus de si folâtres, parce
que je ne reviendrai
plus à l'âgede vingtcinq
ans. Age second
en idées pareilles,âge
où il m'estéchappétant
d'ouvrages imparfaits,
j'en defavouërois à present
les deffauts, mais
je ne desavouërois pas
ce fond de jeunesse Se
de gayeté qui me les
inspiroitalors, ni cette
vivacité qui ne me permettoit
pas de leur donner
la derniere main.
LE CARILLON.
B On., ban, bon?
Entendez-vousles grosses
Cloches, bon,
ban, bon,
Quand j'entens sonner
sur ce ton -', Jemesouviens toujours
qu'hier
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Résumé : CHANSON. / LE CARILLON.
L'auteur évoque une chanson composée il y a plus de vingt ans, marquée par la gaieté et la vivacité de sa jeunesse. Il reconnaît les imperfections de ses œuvres de cette époque mais n'en renie pas l'esprit. Le texte se termine par les premiers vers de 'Le Carillon', évoquant le son des cloches et les souvenirs qu'elles suscitent.
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1403
p. 113-118
« qu'hier ma femme est morte, [...] »
Début :
qu'hier ma femme est morte, [...]
Mots clefs :
Carillon, Femme
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texteReconnaissance textuelle : « qu'hier ma femme est morte, [...] »
qu'hier ma femme est
morte,
Le temps n'assoiblitpoint
une douleursiforte,
Elle redoubleace lugubre
fin.
Bony ban, bon.
Pour égayer le bon, ban,
bon,
1 Faisons un autre caril-
'.J Ion"
Carillon duverre,
kliffNa pinte&du flacon:
La pauvre femme elle efl
enterre,
Je l'aimoistant, buvons
pour elle en carillon,
Choquons le verre en cavillon
,
Endoublecarillon.
Tirez, du bon vin, bon,
bien bon,bin bon.
Exerçons - nOUJ su,r ce
jambon,
Ce saucisson n'est-il pas
bien bon,bien bon, bin bon.
Hé tâtons donc de ce dindon,
dindon, din,dan,
aon,din,dan,don, 1 ¿ill,alln,don,
Ma femme elîen terre,
bon,
Ah qu'ilestbon ce carillon.
2. Cou plet.
Bon, ban, bon,
Que ce lugubre jon m'afflige,
bonban, bon.
J'entendoischez moy sur
ceton
Gronder en faux bourdon
la pauvre Mathurine,
Quand pour avoir été
tropgaychez, ma voisine
J'en revenois plustriste à
la maison
Bon,ban,bon.
Elle egayoit son faux
bourdon
Eny mêlantun carillon,
Carillon de femme,
De jalouse, de Démon;
Pour lui laisserchantersa
£Amc Jem'endormois, maiselle
-
prenoit un bâton
Pourme donner du reveillon
En double carillon
, En doublecarillon.
Moy qui fuis bon, bons,
bon, bien bon,
bin bon,
Je souffrois comme un
rurAl mouton
Jusq'uau bâton, fuis-je
pas bti&bon,, bien
hQn) binbon?
Que leCiellui sasse pardon,
, Din9 don, din, dan, don,
Din,dan, don, din, dan,
don :
Mafemme efi en terre,
bon,
Elle afinison carillon.
On donnera au mois
prochain la chanson du
Tabac.
morte,
Le temps n'assoiblitpoint
une douleursiforte,
Elle redoubleace lugubre
fin.
Bony ban, bon.
Pour égayer le bon, ban,
bon,
1 Faisons un autre caril-
'.J Ion"
Carillon duverre,
kliffNa pinte&du flacon:
La pauvre femme elle efl
enterre,
Je l'aimoistant, buvons
pour elle en carillon,
Choquons le verre en cavillon
,
Endoublecarillon.
Tirez, du bon vin, bon,
bien bon,bin bon.
Exerçons - nOUJ su,r ce
jambon,
Ce saucisson n'est-il pas
bien bon,bien bon, bin bon.
Hé tâtons donc de ce dindon,
dindon, din,dan,
aon,din,dan,don, 1 ¿ill,alln,don,
Ma femme elîen terre,
bon,
Ah qu'ilestbon ce carillon.
2. Cou plet.
Bon, ban, bon,
Que ce lugubre jon m'afflige,
bonban, bon.
J'entendoischez moy sur
ceton
Gronder en faux bourdon
la pauvre Mathurine,
Quand pour avoir été
tropgaychez, ma voisine
J'en revenois plustriste à
la maison
Bon,ban,bon.
Elle egayoit son faux
bourdon
Eny mêlantun carillon,
Carillon de femme,
De jalouse, de Démon;
Pour lui laisserchantersa
£Amc Jem'endormois, maiselle
-
prenoit un bâton
Pourme donner du reveillon
En double carillon
, En doublecarillon.
Moy qui fuis bon, bons,
bon, bien bon,
bin bon,
Je souffrois comme un
rurAl mouton
Jusq'uau bâton, fuis-je
pas bti&bon,, bien
hQn) binbon?
Que leCiellui sasse pardon,
, Din9 don, din, dan, don,
Din,dan, don, din, dan,
don :
Mafemme efi en terre,
bon,
Elle afinison carillon.
On donnera au mois
prochain la chanson du
Tabac.
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Résumé : « qu'hier ma femme est morte, [...] »
Le texte décrit la douleur intense du narrateur suite à la mort de sa femme. Sa tristesse persiste et il évoque l'enterrement ainsi que son amour pour elle. Pour tenter de surmonter sa peine, il se tourne vers la nourriture et l'alcool, savourant des mets comme le jambon, le saucisson et le dindon. Il se remémore également une dispute avec sa voisine Mathurine, qui le frappait avec un bâton, mais se décrit malgré tout comme une personne bonne et souffrante. Le narrateur demande pardon pour ses erreurs passées et répète que sa femme est en terre, tout en évoquant le 'carillon'. La chanson se conclut par l'annonce de la publication prochaine de la 'chanson du Tabac'.
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1404
p. 119-120
L'AMOUR JUSTIFIÉ. Par Monsieur de ROC***
Début :
Funeste ennemi de la paix, [...]
Mots clefs :
Amour, Cruauté
1405
p. 1-16
PIECE NOUVELLE. DIALOGUE Entre un Chevalier errant, & un Berger.
Début :
Sur les bords du Lignon jadis si renommez, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Berger, Amour, Amoureux, Heureux, Malheureux, Dame, Amants
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texteReconnaissance textuelle : PIECE NOUVELLE. DIALOGUE Entre un Chevalier errant, & un Berger.
PIECE NOUVELLE.
DIALOGUE
Entre un Chevaliererrant, &
un Berger. 1SUr les bords du Lignon
jadis sirenommez
,
Lieux où les descendans
d'Astrée,
De son tendre esprit
animez,
Renouvellant encor
l'heureux siécle de
Rée,
Eternisentdans leur
contrée
Le doux plaisir d'aimer
ô£ celui d'estre
aimez,
Un Chevalier errant,
1amc desesperée,
Poussant des fou p irs
enflammez,
Se plaignoit des ri-
--
gueurs de sa Dame
adorée,
Par les cris inacoûtamez,
De sa douleur immoderée
,
Les paisibles Bergers
furent tous allarmez,
Mais revenu de ses allarmes,
L'und'entr'eux le voyant
sans armes,
Et le prenant pour un
Berger,
Court à lui pour le
soulager,
Et lui demande ainsi
le sujetde ses
larmes
LEBERGER.
Dequoi vous plaignezvous,
malheureux
étranger,
Quivenez habiternos
plaines ?
Pouvez-vous ressentir
des peines?
Vous vivez en ces lieux
& vous êtes Berger.
LE CHEVALIER ER.
Je ne fuis point Berger,
je viens dans
cette plaine
Eaire un mêtier bien
different,
Un foin tranquille
vous y mene,
Moyles sombres chagrins
d'un Chevalier
errant.
LE BERGER..
La paix regne dans ces
retraites,
Laissez-nous goûter ses
douceurs,
Ce n'etquepour les
tendres coeurs
Que la nature les a
faites.
LE CHEVALIER ER.
S'ilfaut être bien amou- , reux
Pour mériter de vivre
en ces lieux solitaires,
Ah ! je jure par tous les
Dieux
D'en chasser les amants
vulgaires.
Autant que ma Dame
en beauté
Surpasse toutes vos Silvies,
Je parte en sensibilité
Les Tircis de vos Bergeries.
UnBerger est plus
amoureux
Des plaisirs que de sa
Bergere,""
Et s'il ne songe qu-a
luy plaire,
Il est assuré d'être hcur
reux. - Pour moy j'aime sans
esperance
D'êtrejamais récompensé,
Mais l'amour dont je
fuis blessé
N'en a pas moins de
violence ,
Et cet amour si malheureux,
Nourri de soupirs 6C
de larmes,
Me doit faire mille envieux,
Puiiqu'H a pour objet
des charmes
Dignes d'enflammer
tous les Dieux.
LE BERGER.
Vôtre amour malheureux
Ne me fait point d'envie,
Je fuis content de mes
plaisirs,
J'aimerai toûjours ma
Sylvie,
Et je verrai toute ma
vie
Remplir mes amoureux
desirs
Je croy qu'un autre
peut vous plaire,
Et qu'elle est digne de
vos soins,
Mais si vous voyiez ma
Bergere,
Vôtre Dame vous plairoit
moins.
LE CHEVALIER ER.
C'est*bien àvous,petite
espece
D'amants indignes d'être
heureux,
A vanter l'ardeur de
vos feux,
Et l'objet de vôtre tendresse;
1 Vous devez àl'oisiveté
Tous les plaisirsdevôtre
vie;
Vôtre [barte* simplicité
Fait toute lanaïveté
Qui charme tant vôtre
Sylvie,
Une molle tranquillité
Fait la tendre fidélité
Que vous gardez à vos
Bergeres;
Amants paresseux,imparfaits,
La peur d'en trouver
de severes
Fait que vous ne
changez jamais.
LE BERGER.
Vostre amour est une
chimere,
Et cette héroïque beauté
Qui connaîtvostre caradere
Affecte une faussefierte:)
Que nos Bergersvaincroient
avec moins
de mystere
Et bien plus de facilité.
Comme la seule vanité
Fait en amour vostre
constance,
Vous n'avezpas la récompense
Quenostre amour a
mérité;
Seigneur! voyez cette
Prairie,
Qu'arrosent les plus
clairs ruisseaux,
Toute vostre Chevalerie
Ne vaut pas le char-
-
mant repos
Que j'ygoûteavecma
-
Sylvie;
Un Berger qui doit
être heureux toute
sa vie,
Ne se changeroit pas
pour le plus grand
Héros.
LE CHEVALIER ER.
Malheureux, craignez
ma vengeance,
Et que désormais en
ces lieux
On garde sur l'amour
un éternelsilence,
Vous nemeritez pas
l'honneur d'être
amoureux.
DIALOGUE
Entre un Chevaliererrant, &
un Berger. 1SUr les bords du Lignon
jadis sirenommez
,
Lieux où les descendans
d'Astrée,
De son tendre esprit
animez,
Renouvellant encor
l'heureux siécle de
Rée,
Eternisentdans leur
contrée
Le doux plaisir d'aimer
ô£ celui d'estre
aimez,
Un Chevalier errant,
1amc desesperée,
Poussant des fou p irs
enflammez,
Se plaignoit des ri-
--
gueurs de sa Dame
adorée,
Par les cris inacoûtamez,
De sa douleur immoderée
,
Les paisibles Bergers
furent tous allarmez,
Mais revenu de ses allarmes,
L'und'entr'eux le voyant
sans armes,
Et le prenant pour un
Berger,
Court à lui pour le
soulager,
Et lui demande ainsi
le sujetde ses
larmes
LEBERGER.
Dequoi vous plaignezvous,
malheureux
étranger,
Quivenez habiternos
plaines ?
Pouvez-vous ressentir
des peines?
Vous vivez en ces lieux
& vous êtes Berger.
LE CHEVALIER ER.
Je ne fuis point Berger,
je viens dans
cette plaine
Eaire un mêtier bien
different,
Un foin tranquille
vous y mene,
Moyles sombres chagrins
d'un Chevalier
errant.
LE BERGER..
La paix regne dans ces
retraites,
Laissez-nous goûter ses
douceurs,
Ce n'etquepour les
tendres coeurs
Que la nature les a
faites.
LE CHEVALIER ER.
S'ilfaut être bien amou- , reux
Pour mériter de vivre
en ces lieux solitaires,
Ah ! je jure par tous les
Dieux
D'en chasser les amants
vulgaires.
Autant que ma Dame
en beauté
Surpasse toutes vos Silvies,
Je parte en sensibilité
Les Tircis de vos Bergeries.
UnBerger est plus
amoureux
Des plaisirs que de sa
Bergere,""
Et s'il ne songe qu-a
luy plaire,
Il est assuré d'être hcur
reux. - Pour moy j'aime sans
esperance
D'êtrejamais récompensé,
Mais l'amour dont je
fuis blessé
N'en a pas moins de
violence ,
Et cet amour si malheureux,
Nourri de soupirs 6C
de larmes,
Me doit faire mille envieux,
Puiiqu'H a pour objet
des charmes
Dignes d'enflammer
tous les Dieux.
LE BERGER.
Vôtre amour malheureux
Ne me fait point d'envie,
Je fuis content de mes
plaisirs,
J'aimerai toûjours ma
Sylvie,
Et je verrai toute ma
vie
Remplir mes amoureux
desirs
Je croy qu'un autre
peut vous plaire,
Et qu'elle est digne de
vos soins,
Mais si vous voyiez ma
Bergere,
Vôtre Dame vous plairoit
moins.
LE CHEVALIER ER.
C'est*bien àvous,petite
espece
D'amants indignes d'être
heureux,
A vanter l'ardeur de
vos feux,
Et l'objet de vôtre tendresse;
1 Vous devez àl'oisiveté
Tous les plaisirsdevôtre
vie;
Vôtre [barte* simplicité
Fait toute lanaïveté
Qui charme tant vôtre
Sylvie,
Une molle tranquillité
Fait la tendre fidélité
Que vous gardez à vos
Bergeres;
Amants paresseux,imparfaits,
La peur d'en trouver
de severes
Fait que vous ne
changez jamais.
LE BERGER.
Vostre amour est une
chimere,
Et cette héroïque beauté
Qui connaîtvostre caradere
Affecte une faussefierte:)
Que nos Bergersvaincroient
avec moins
de mystere
Et bien plus de facilité.
Comme la seule vanité
Fait en amour vostre
constance,
Vous n'avezpas la récompense
Quenostre amour a
mérité;
Seigneur! voyez cette
Prairie,
Qu'arrosent les plus
clairs ruisseaux,
Toute vostre Chevalerie
Ne vaut pas le char-
-
mant repos
Que j'ygoûteavecma
-
Sylvie;
Un Berger qui doit
être heureux toute
sa vie,
Ne se changeroit pas
pour le plus grand
Héros.
LE CHEVALIER ER.
Malheureux, craignez
ma vengeance,
Et que désormais en
ces lieux
On garde sur l'amour
un éternelsilence,
Vous nemeritez pas
l'honneur d'être
amoureux.
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Résumé : PIECE NOUVELLE. DIALOGUE Entre un Chevalier errant, & un Berger.
Le texte relate un dialogue entre un Chevalier errant et un Berger sur les bords du Lignon, une région connue pour ses habitants inspirés par l'esprit d'Astrée. Le Chevalier, désespéré, exprime sa douleur face aux rigueurs de sa Dame adorée. Le Berger, alarmé par ses cris, s'approche pour l'aider, croyant qu'il est l'un des leurs. Le Chevalier révèle qu'il est un Chevalier errant tourmenté par des chagrins sombres. Le Berger vante la paix et les douceurs de leur retraite, destinées aux cœurs tendres. Le Chevalier affirme que son amour est plus intense et plus noble que celui des Bergers. Le Berger, content de ses plaisirs avec sa Sylvie, suggère que le Chevalier pourrait trouver une autre compagne. Le Chevalier critique la simplicité et la paresse des Bergers, qui changent rarement de partenaire par peur de trouver des amours sévères. Le Berger rétorque que l'amour du Chevalier est une chimère et que sa Dame affecte une fausse rigueur. Il vante la simplicité et la constance de l'amour des Bergers, illustrée par le charmant repos qu'il partage avec Sylvie. Furieux, le Chevalier menace le Berger et exige un silence éternel sur l'amour dans ces lieux.
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1406
p. 16-22
STANCE.
Début :
Arrestez, jeune Bergere, [...]
Mots clefs :
Amant, Âge, Vieillesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCE.
STANCE.
ARrestez, jeune Bergere,
Je fuis un amant sincere,
Un amant vous fait-il
peur?
Je
Je n'ay qu'un mot à
vous dire,
Et tout ce que je desire
Estde vous tirer d'erreur.
Le tems vous pourfait
sans celle,
L'éclat de vôtre jeunch Te Sera bien-tôteffacé,.
ILé tems détruit toutes
4
choses;
Et l'on ne voit plus de
roses
Quand le Printems cflr
pasle.
Les plus sombres nuits
finissent,
Leurs ombres s'évanouifTent,
Et rendent bien-tôt le
jour,
Mais quand l'aimable
jeunesse
A fait place à la vieillesse,
Elle ignore le retour.
L'éclat des fleurs naturelles
Fait l'ornement de nos
belles,
On priseleurnouveauté.
Mais au1bout d'une journée
Cette heureuse destinée
Finit avec leur beauté:.
Vos attraits, Eellé Silviev
- - Ne mettrontpoi•nt votrevie
Hors des atteintes du
fort.
Il vous promene sans
cesse
Du bel âge à la vieillesse
De la vieillesse à la
mort,
Ainsi soyez moins volage.
Et puisqu'avec le bel
age
Le plaisir paffe& s'ertfuit,
Quittez vôtre indifference,
La nuit à grands pas s'avance
Profitez du jour qui
luit.
Un peu de tendre folie
Fait d'une fille jolie
Leplaisir & le bonheur,
Et dans le déclin de
13 age
Un dehors fier& fau..
vage
Lui rend la gloire &
l'honneur.
Par cette leçon fidelle
Tircis pressoit une belle
D'avoir pitié de son
mal;
Son discours la rendit
sage:
Mais elle n'en fit usage
Qu'au profit de son rival.
ARrestez, jeune Bergere,
Je fuis un amant sincere,
Un amant vous fait-il
peur?
Je
Je n'ay qu'un mot à
vous dire,
Et tout ce que je desire
Estde vous tirer d'erreur.
Le tems vous pourfait
sans celle,
L'éclat de vôtre jeunch Te Sera bien-tôteffacé,.
ILé tems détruit toutes
4
choses;
Et l'on ne voit plus de
roses
Quand le Printems cflr
pasle.
Les plus sombres nuits
finissent,
Leurs ombres s'évanouifTent,
Et rendent bien-tôt le
jour,
Mais quand l'aimable
jeunesse
A fait place à la vieillesse,
Elle ignore le retour.
L'éclat des fleurs naturelles
Fait l'ornement de nos
belles,
On priseleurnouveauté.
Mais au1bout d'une journée
Cette heureuse destinée
Finit avec leur beauté:.
Vos attraits, Eellé Silviev
- - Ne mettrontpoi•nt votrevie
Hors des atteintes du
fort.
Il vous promene sans
cesse
Du bel âge à la vieillesse
De la vieillesse à la
mort,
Ainsi soyez moins volage.
Et puisqu'avec le bel
age
Le plaisir paffe& s'ertfuit,
Quittez vôtre indifference,
La nuit à grands pas s'avance
Profitez du jour qui
luit.
Un peu de tendre folie
Fait d'une fille jolie
Leplaisir & le bonheur,
Et dans le déclin de
13 age
Un dehors fier& fau..
vage
Lui rend la gloire &
l'honneur.
Par cette leçon fidelle
Tircis pressoit une belle
D'avoir pitié de son
mal;
Son discours la rendit
sage:
Mais elle n'en fit usage
Qu'au profit de son rival.
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Résumé : STANCE.
Le poème 'STANCE' est une œuvre lyrique adressée à une jeune bergère. L'amant, sincère et désespéré, tente de la convaincre de l'aimer. Il met en garde contre la fugacité de la jeunesse et de la beauté, soulignant que le temps détruit tout, y compris la beauté des roses et la jeunesse. Il compare la vie à un cycle où les nuits sombres finissent et laissent place au jour, mais où la jeunesse, une fois perdue, ne revient pas. Il exhorte la bergère à ne pas être volage et à profiter du présent, car le plaisir passe rapidement avec l'âge. L'amant, nommé Tircis, espère que son discours rendra la jeune fille sage et qu'elle aura pitié de son amour. Cependant, elle utilise cette sagesse pour favoriser son rival.
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1407
p. 23-37
ODE. Sur un Procez gagné par une Dame.
Début :
Quels nouveaux concerts d'allegresse [...]
Mots clefs :
Procès, Dame, Lumière, Déesse, Ciel, Thémis, Impunité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE. Sur un Procez gagné par une Dame.
ODE.
Sur un Procès gagné
paruneDame.
QUels nouveaux concerts
d'allegresse
Retentissent de toutes
parts?
Quelle lumineuse Dé-
,
esse,
Attireicy tous mes re:
gards?
C'est Themis qui vient,
de descendre,
Themis ernpreffée à défendre
L'honneur de son sexe
outragé,
Et qui surl'envieétouffée
Vientélever un beau
Trosée
Au merite qu'elle a
vengé.
Par la nature & la fortune
Tous,
Tous nos destins sont
compassez,
Mais toûjours les bienfaits
de l'une
Par l'autre ontété traversez.
O Déesses,une mortelle
Seule à vôtre longue
querelle
Fit succeder d'heureux
accords.
Vous voulûtes à sa naissance
Signaler vôtre intelligence
En la comblant de vos
tresors.
Mais, que vois-je?la
noire Envie
Agitantson serpentaffreux,
Pour tenir l'éclat de-là
vie
Sort de son antre ténebreux.
L'avarice lui. sert de
guide,
Lamaliceausouris perfide,
-
L'impostureaux yeux
essrotez,
Del'ertfê^filtcs-iiiflciti-
, blesPI S^coiiaHclëur^: flambeaux
terribles
Marchent ta.ns ordrce"à,
ses côtez.
[L'innocence fiere
,-.
& tranquille - -
rVqit leurs exploits sans. s'ébranler, .,,,, )011 croit que leur fureur
sterile
EEnnvvaaininssécc'cllaattssvvaass'e'lxhaler.
Son esperance futtrompée,
De Themisalors oc-
.,cupee
Les secours furent -differez,
Et par l'impunité plus
forte
Leur audace frappoit
aux portes
Des tribunaux les plus
sacrez.
ElnafinnDtievin,ité bril-
Par toyleur orgueil est
détruit,
Et ta lumière étincelante
Dissîpe cette affreusè
1
nuit.
Déja leur troupe confondue,
A ton aspect tombe
éperdue,
Leur espoir. meurt
anéanti,
Et le noirdémon du
Dlênionge
Fuit, disparoît, & se
replonge
Dans l'ombre dont il
est forti..
Quille tes vêtemens
funèbres,
FiHç du Ciel,noble
pudeur,
La lumiere fort des
tenebres,
Reprends ta premier
fplcndeur.
D~ çmc divine mpr-
'{ t. V.
telle.
Dont tu fus la guidefidelle
Nos loïx ont été le foutien.
Reviens de palmes cou*
ronnée)
Etdeplaisirs enviroii-,
; née,
Chanter son triomphe
&le tien.
Assezla fraude & Finjustice,
Que sa gloire avoient
fçublesser,
Dans les pièges de l'artifice
Ont tâché de rembarasser.
Fuyez, jalousie obstinée,
De vôtre haleine erapoifonnée
Cessezd'offusquer les
vertus,
Regardez la haine impuissante
Et la discorde gemiffante,
Monstres fous ses pieds
abbatus.
Pour chanter leur joye
& sa gloire,
Combien d'immortelles
chansons
Les chastes filles de mémoire
Vont ditrer à leurs
nourrissons ?
Oh ! qu'après la triste
froidure
Nos yeux amis de la
verdure
font enchantez de son
retour.
Qu'aprèsles frayeursdu
naufrage,
On oublie aisément l'orage
Qui cede à l'éclat d'un
beau jour.
Tel souvent un nuage
sombre
Du sein de la terre exhalé
Tient fous l'épaisseur:
de son ombre
Le celesteflambeau
voilé,
La nature en tA cons- 1 temee~
Florelanguit abandonnée,
Philomcle u'a plus de
sons.
Et tremblant à ce noir
présage
Cerés pleure l'affreux
ravage.
Qui menace ses nourriflbns.
Mais bien-tôt, - vengeantleurinjure,
Je vois mille traits enââmez
Qui forcent la prison
obscure
Qui les retenoit enfermez.
Le ciel de toutes parts
s'allume
L'air s'échauffe, la terre
fume,
Lenuagecreve &pâlit,
Et dans un gouffre de
lumière
Savapeur humide & grossiere
Se dissipe &cs'ensevelit.
Sur un Procès gagné
paruneDame.
QUels nouveaux concerts
d'allegresse
Retentissent de toutes
parts?
Quelle lumineuse Dé-
,
esse,
Attireicy tous mes re:
gards?
C'est Themis qui vient,
de descendre,
Themis ernpreffée à défendre
L'honneur de son sexe
outragé,
Et qui surl'envieétouffée
Vientélever un beau
Trosée
Au merite qu'elle a
vengé.
Par la nature & la fortune
Tous,
Tous nos destins sont
compassez,
Mais toûjours les bienfaits
de l'une
Par l'autre ontété traversez.
O Déesses,une mortelle
Seule à vôtre longue
querelle
Fit succeder d'heureux
accords.
Vous voulûtes à sa naissance
Signaler vôtre intelligence
En la comblant de vos
tresors.
Mais, que vois-je?la
noire Envie
Agitantson serpentaffreux,
Pour tenir l'éclat de-là
vie
Sort de son antre ténebreux.
L'avarice lui. sert de
guide,
Lamaliceausouris perfide,
-
L'impostureaux yeux
essrotez,
Del'ertfê^filtcs-iiiflciti-
, blesPI S^coiiaHclëur^: flambeaux
terribles
Marchent ta.ns ordrce"à,
ses côtez.
[L'innocence fiere
,-.
& tranquille - -
rVqit leurs exploits sans. s'ébranler, .,,,, )011 croit que leur fureur
sterile
EEnnvvaaininssécc'cllaattssvvaass'e'lxhaler.
Son esperance futtrompée,
De Themisalors oc-
.,cupee
Les secours furent -differez,
Et par l'impunité plus
forte
Leur audace frappoit
aux portes
Des tribunaux les plus
sacrez.
ElnafinnDtievin,ité bril-
Par toyleur orgueil est
détruit,
Et ta lumière étincelante
Dissîpe cette affreusè
1
nuit.
Déja leur troupe confondue,
A ton aspect tombe
éperdue,
Leur espoir. meurt
anéanti,
Et le noirdémon du
Dlênionge
Fuit, disparoît, & se
replonge
Dans l'ombre dont il
est forti..
Quille tes vêtemens
funèbres,
FiHç du Ciel,noble
pudeur,
La lumiere fort des
tenebres,
Reprends ta premier
fplcndeur.
D~ çmc divine mpr-
'{ t. V.
telle.
Dont tu fus la guidefidelle
Nos loïx ont été le foutien.
Reviens de palmes cou*
ronnée)
Etdeplaisirs enviroii-,
; née,
Chanter son triomphe
&le tien.
Assezla fraude & Finjustice,
Que sa gloire avoient
fçublesser,
Dans les pièges de l'artifice
Ont tâché de rembarasser.
Fuyez, jalousie obstinée,
De vôtre haleine erapoifonnée
Cessezd'offusquer les
vertus,
Regardez la haine impuissante
Et la discorde gemiffante,
Monstres fous ses pieds
abbatus.
Pour chanter leur joye
& sa gloire,
Combien d'immortelles
chansons
Les chastes filles de mémoire
Vont ditrer à leurs
nourrissons ?
Oh ! qu'après la triste
froidure
Nos yeux amis de la
verdure
font enchantez de son
retour.
Qu'aprèsles frayeursdu
naufrage,
On oublie aisément l'orage
Qui cede à l'éclat d'un
beau jour.
Tel souvent un nuage
sombre
Du sein de la terre exhalé
Tient fous l'épaisseur:
de son ombre
Le celesteflambeau
voilé,
La nature en tA cons- 1 temee~
Florelanguit abandonnée,
Philomcle u'a plus de
sons.
Et tremblant à ce noir
présage
Cerés pleure l'affreux
ravage.
Qui menace ses nourriflbns.
Mais bien-tôt, - vengeantleurinjure,
Je vois mille traits enââmez
Qui forcent la prison
obscure
Qui les retenoit enfermez.
Le ciel de toutes parts
s'allume
L'air s'échauffe, la terre
fume,
Lenuagecreve &pâlit,
Et dans un gouffre de
lumière
Savapeur humide & grossiere
Se dissipe &cs'ensevelit.
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Résumé : ODE. Sur un Procez gagné par une Dame.
Le poème 'ODE. Sur un Procès gagné par une Dame' célèbre la victoire d'une femme dans un procès, symbolisée par la déesse Themis. Themis descend pour défendre l'honneur féminin outragé et élève un trophée au mérite vengé. Le poème souligne que les destins humains sont influencés par la nature et la fortune, mais que les bienfaits de l'une peuvent être traversés par l'autre. Une mortelle a réussi à mettre fin à une longue querelle entre les déesses en les réconciliant. La noire Envie, guidée par l'avarice, la malice et l'imposture, tente de ternir la vie de la dame. Cependant, l'innocence de la dame reste inébranlable face à ces attaques. Themis intervient, et l'impunité des méchants est brisée par la lumière de la justice. La troupe malfaisante est confondue et disparaît, permettant à la noble pudeur de reprendre sa place. Le poème se termine en célébrant la victoire de la dame, comparant sa situation à celle de la nature qui se régénère après une tempête. Les chastes filles de mémoire chanteront sa gloire, et la nature se réjouira de son retour, comme après une période de froid et de ténèbres.
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1408
p. 45-54
RÉPONSE A UNE Dame, laquelle s'étoit excusée de venir à la maison de Campagne de l'Auteur, parce qu'elle avoit un Procés.
Début :
J'ai reçû vôtre lettre, elle a mille beautez, [...]
Mots clefs :
Procès, Vers, Plaire, Campagne
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE A UNE Dame, laquelle s'étoit excusée de venir à la maison de Campagne de l'Auteur, parce qu'elle avoit un Procés.
%EPOUSE A UNE
Dame, laquelle s'étoit
excusée de venir à la
maison de Campagne de
l'Auteur, parce ^utlle
àvoit un Procés.
J'airreçuvôtre lettre,
elleamille beautez,
Que voulez-vous que
j'y réponde?
Vous écrivez le mieux
du monde,
Et vous tenez fort mal
ce que vous pro-
: mettez.
Vous n'avez pûvenir,
c'est une chose claire,
Quand on plaide on
n'est pas maîtresse de
son temps,
Et l'on ne fait rien 'J moins que ce qu'on
voudroit faire:
Mais le succez fait
voir pour corrompre
les gens
Combien vous êtes nccessaire;
foit je
20 soit vous entens , Vous avez gagné vôtre
affaire,
Et j'en ai payé les dépens.
'VTAotre éIl il. l o q uence est
-
liatu.Ile
Le stile en cft charmant,
le touren est adroit,
Vous avez tantd'esprit
qu'onvous exeuseroit
Si vous étiez un peu
moins belle,
Vôtreintérêt étoit très
sensible &, trés
grand
Vôtrepresenc,e feule
a fait vôtrevictoire:
Oui vousavezraison,
mon
» mon esprit le com^
,: prend,
Mais mon coeur ne le
sçauroit croire.
Je sçai bien quevous voir dans un Procez
douteux
: Est une piece incontestable,
;
Mais quand vous trahissez
les plus doux
de mes voeux * Je suis trop affli gé pour
être raisonable.
Vous pretendez en
vain que tout vous
-
est permis;
Si vous vous souvenez
de ce qu'en cet Automne
Vous m'avez tant de
fois promis,
Vous ne croirez jamais,
Iris, qu'onvous
pardonne.
Nous vivions en ces
lieux, charmez du
seulespoir
D'un bien où vos bontez
nous avoient
fait prétendre,
Si nous étions déjà ravis
de vous attendre,
Helas ! quel eût été le
plaisir de vous
voir.
Quoy tant de beaux , projetss'en iront
en fumée?
, Quele Ciel, que jevais
contre vous animer,
Ne pouvant vous ravir 1
la- gloire d'être aimec.,
Vous ôte leplaisird'aimer
; Que lemaudit Procés
tous lesjoursre- »>
nouvelle,
Ou pour vous fouhaitter
tous les maux
à la fois,
Puissiez-vous dans l'ardeur
que donne un
nouveau choix,
Trouver un jour un
infidelle
Aussi beau que vous
êtes belle.
Voila,Madame, des
Vers, qui assurément
nevallent pd4 ~'ot,.e
Prose; j'aurois souhaitté
qu'ilseussent été dignes
de vous être enuoj'Z^^
mais unplus habile homme
quemoyj eut é-té, bien
>ewpêcic; je vous sup- le de ne les pas juger
selon leur mérité,& de
leur faire quelquegrâce,
en consideration de la
bonneintention avec laquelle
ilsfont venus au
monde.
Et sans perdre de tems
en de plus longs
discours,
Excusez qui n'a pû
mieux faire;
On ne réussit pas toûjours
Quand on a dessein de'
vous plaire.
Dame, laquelle s'étoit
excusée de venir à la
maison de Campagne de
l'Auteur, parce ^utlle
àvoit un Procés.
J'airreçuvôtre lettre,
elleamille beautez,
Que voulez-vous que
j'y réponde?
Vous écrivez le mieux
du monde,
Et vous tenez fort mal
ce que vous pro-
: mettez.
Vous n'avez pûvenir,
c'est une chose claire,
Quand on plaide on
n'est pas maîtresse de
son temps,
Et l'on ne fait rien 'J moins que ce qu'on
voudroit faire:
Mais le succez fait
voir pour corrompre
les gens
Combien vous êtes nccessaire;
foit je
20 soit vous entens , Vous avez gagné vôtre
affaire,
Et j'en ai payé les dépens.
'VTAotre éIl il. l o q uence est
-
liatu.Ile
Le stile en cft charmant,
le touren est adroit,
Vous avez tantd'esprit
qu'onvous exeuseroit
Si vous étiez un peu
moins belle,
Vôtreintérêt étoit très
sensible &, trés
grand
Vôtrepresenc,e feule
a fait vôtrevictoire:
Oui vousavezraison,
mon
» mon esprit le com^
,: prend,
Mais mon coeur ne le
sçauroit croire.
Je sçai bien quevous voir dans un Procez
douteux
: Est une piece incontestable,
;
Mais quand vous trahissez
les plus doux
de mes voeux * Je suis trop affli gé pour
être raisonable.
Vous pretendez en
vain que tout vous
-
est permis;
Si vous vous souvenez
de ce qu'en cet Automne
Vous m'avez tant de
fois promis,
Vous ne croirez jamais,
Iris, qu'onvous
pardonne.
Nous vivions en ces
lieux, charmez du
seulespoir
D'un bien où vos bontez
nous avoient
fait prétendre,
Si nous étions déjà ravis
de vous attendre,
Helas ! quel eût été le
plaisir de vous
voir.
Quoy tant de beaux , projetss'en iront
en fumée?
, Quele Ciel, que jevais
contre vous animer,
Ne pouvant vous ravir 1
la- gloire d'être aimec.,
Vous ôte leplaisird'aimer
; Que lemaudit Procés
tous lesjoursre- »>
nouvelle,
Ou pour vous fouhaitter
tous les maux
à la fois,
Puissiez-vous dans l'ardeur
que donne un
nouveau choix,
Trouver un jour un
infidelle
Aussi beau que vous
êtes belle.
Voila,Madame, des
Vers, qui assurément
nevallent pd4 ~'ot,.e
Prose; j'aurois souhaitté
qu'ilseussent été dignes
de vous être enuoj'Z^^
mais unplus habile homme
quemoyj eut é-té, bien
>ewpêcic; je vous sup- le de ne les pas juger
selon leur mérité,& de
leur faire quelquegrâce,
en consideration de la
bonneintention avec laquelle
ilsfont venus au
monde.
Et sans perdre de tems
en de plus longs
discours,
Excusez qui n'a pû
mieux faire;
On ne réussit pas toûjours
Quand on a dessein de'
vous plaire.
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Résumé : RÉPONSE A UNE Dame, laquelle s'étoit excusée de venir à la maison de Campagne de l'Auteur, parce qu'elle avoit un Procés.
Dans une lettre, un auteur s'adresse à une dame qui s'est excusée de ne pas avoir pu se rendre à sa maison de campagne en raison d'un procès. L'auteur reconnaît la beauté et l'esprit de la dame, mais exprime sa déception face à son absence. Il admet que le succès dans le procès a corrompu les gens, soulignant ainsi l'importance de la dame. Il loue son style et son adresse, mais avoue que son cœur ne peut accepter la situation. L'auteur regrette que les projets communs soient ruinés par le procès et exprime son désir de la voir. Il conclut en espérant que la dame trouve un jour un infidèle aussi beau qu'elle. La lettre se termine par une excuse pour la qualité des vers et un souhait que la dame les juge avec indulgence.
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1409
p. 55-60
POUR UNE DAME qui avoit demandé des Vers à l'Auteur.
Début :
Cesse, charmante Iris, cesse de souhaitter [...]
Mots clefs :
Plaisirs, Sens, Vers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR UNE DAME qui avoit demandé des Vers à l'Auteur.
POUR UNE DAME
qui avait demandé des
Vers àl'Auteur.
Cesse,charmante Iris,
cesse de souhaitter
Des Vers qu'Apollon
me refuse,
Etn'espere pas que ma
muse
Puisse à present te contenter;
Je ne fuis plus quoique
tu sasses,
Ce que j'étois dans mes
beaux jours,
Quand à la fuite des
Amours
Je badinois avec les
Graces.
C'est alors que j'aurois
chanté
Tous les charmes de
ta beauté,
Sur un ton si doux&
si tend re,
Que ton coeur par mes
sens
sens se laissant
émouvoir
Auroic presqu'autant
pris de plaisir à
m'entendre
Que mes yeux en ont à
te voir.
Cet heureux temps
n'est plus, excuse
ma foiblesse,
Tout ce que je puis fai- ,re,enrétat oùjesuis,
Cest de combattre les
ennuis
Que traîne avec soy la
vieillesse ;
Mon esprit plus timide,
& mon corps
plus pesant
Me font voir toutema
misere;
Je pleure le passé, je me
plains du present,
Et l'avenir me desespere.
Non, non, puisque les
cheveux gris
Ont fait fuir les jeux &
',: les s,,
* -.
Il ne faut point que je
t'ennuye ;
Quel agrément trouverois-
tu
A m'entendre prêcher,
d'un ton de Jeremie,
Qu'il n'etf aucun plaisir,
surlafinde sa vie,
Que celui d'avoir bien
vêcu?
Cependant c'est ce que
je pense,
Ce que chacun pense
'0
à son tour,
Ce que toi-même enfin
tu penseras un jour.
Heureuse! si tu peux
men croire par
avance,
Et si dés aujourd'huy,
faisant quelques
efforts,
Un sentiment si falutaire
T'arrache à des plaisirs
qui ne dureront
guere
Pour t'épargner de
longs remords.
qui avait demandé des
Vers àl'Auteur.
Cesse,charmante Iris,
cesse de souhaitter
Des Vers qu'Apollon
me refuse,
Etn'espere pas que ma
muse
Puisse à present te contenter;
Je ne fuis plus quoique
tu sasses,
Ce que j'étois dans mes
beaux jours,
Quand à la fuite des
Amours
Je badinois avec les
Graces.
C'est alors que j'aurois
chanté
Tous les charmes de
ta beauté,
Sur un ton si doux&
si tend re,
Que ton coeur par mes
sens
sens se laissant
émouvoir
Auroic presqu'autant
pris de plaisir à
m'entendre
Que mes yeux en ont à
te voir.
Cet heureux temps
n'est plus, excuse
ma foiblesse,
Tout ce que je puis fai- ,re,enrétat oùjesuis,
Cest de combattre les
ennuis
Que traîne avec soy la
vieillesse ;
Mon esprit plus timide,
& mon corps
plus pesant
Me font voir toutema
misere;
Je pleure le passé, je me
plains du present,
Et l'avenir me desespere.
Non, non, puisque les
cheveux gris
Ont fait fuir les jeux &
',: les s,,
* -.
Il ne faut point que je
t'ennuye ;
Quel agrément trouverois-
tu
A m'entendre prêcher,
d'un ton de Jeremie,
Qu'il n'etf aucun plaisir,
surlafinde sa vie,
Que celui d'avoir bien
vêcu?
Cependant c'est ce que
je pense,
Ce que chacun pense
'0
à son tour,
Ce que toi-même enfin
tu penseras un jour.
Heureuse! si tu peux
men croire par
avance,
Et si dés aujourd'huy,
faisant quelques
efforts,
Un sentiment si falutaire
T'arrache à des plaisirs
qui ne dureront
guere
Pour t'épargner de
longs remords.
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Résumé : POUR UNE DAME qui avoit demandé des Vers à l'Auteur.
L'auteur répond à une dame qui lui a demandé des vers. Il explique qu'il ne peut plus écrire comme autrefois en raison de son âge avancé et de la diminution de ses capacités poétiques. Il regrette de ne plus pouvoir célébrer la beauté de la dame avec la même douceur et tendresse. Il exprime sa tristesse face à la vieillesse, pleurant le passé, se plaignant du présent et désespérant de l'avenir. Conscient que ses cheveux gris ont éloigné les jeux et les grâces, il ne souhaite pas ennuyer la dame avec ses réflexions moroses. Cependant, il partage l'idée que le seul véritable plaisir à la fin de la vie est d'avoir bien vécu, une pensée que chacun finit par adopter. Il encourage la dame à embrasser cette sagesse dès maintenant pour éviter les remords futurs.
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1410
p. 3-7
ETRENNES DE MERCURE AU PUBLIC. LES ETRENNES de l'Oye.
Début :
Un Procureur des moins fameux, [...]
Mots clefs :
Oie, Étrennes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETRENNES DE MERCURE AU PUBLIC. LES ETRENNES de l'Oye.
LES ETRENNES
de l'Oye.
Un Procureur des moins
fameux,
Pauvre far consequent,
mais pourtantgenereux
,
Avoitfamille tres nom.,
breuse,
Comme luy pauvre f5
genereuse
Il attendoit , pour eétrene
net,
Ce grand jour où Plaideursse
picquent de
donner:
Ce jour vint eS rien plus;
du Perche, ny dtt
Maine
Ilne vintpal la moindre
aubeine ;
Mais une Oye arriva de
la part d'un cousin:
AuJJi tostpour Etrenne il
l'envoyeàsa tante,
Et la tante asa bru, par
qui l'Oyeambulante,
De parents en parents
continuantson tour,
Revint auProcureurvers
lemilieudujour.
Un autre l'eut de luy,foil
ougendre ou beaufrere,
Et par l'Etrenne -circulaire
1'
Chacunfut étrenant
,
chacun
futétrenné,
Donnant ce qui luy fui
donné>
C'efl ainsiquesouvent
libéralitébrille,
Une Oye à peu de frais
etrenna lafamille Et , par le dernier Etrenneur
Revintencore au Procureur
, Qui lesoir à souperpour
Etrenne derniere
La donna de bon , coeur à
safamille entiere.
Jesuis & genereux, f5
pauvre comme lu)"
Au Public de bon coeurje
redonnedujourd'kuy
Tout ce que le Public Jm'envoye
Ce sont les Etre,nnes de
l'Oye.
de l'Oye.
Un Procureur des moins
fameux,
Pauvre far consequent,
mais pourtantgenereux
,
Avoitfamille tres nom.,
breuse,
Comme luy pauvre f5
genereuse
Il attendoit , pour eétrene
net,
Ce grand jour où Plaideursse
picquent de
donner:
Ce jour vint eS rien plus;
du Perche, ny dtt
Maine
Ilne vintpal la moindre
aubeine ;
Mais une Oye arriva de
la part d'un cousin:
AuJJi tostpour Etrenne il
l'envoyeàsa tante,
Et la tante asa bru, par
qui l'Oyeambulante,
De parents en parents
continuantson tour,
Revint auProcureurvers
lemilieudujour.
Un autre l'eut de luy,foil
ougendre ou beaufrere,
Et par l'Etrenne -circulaire
1'
Chacunfut étrenant
,
chacun
futétrenné,
Donnant ce qui luy fui
donné>
C'efl ainsiquesouvent
libéralitébrille,
Une Oye à peu de frais
etrenna lafamille Et , par le dernier Etrenneur
Revintencore au Procureur
, Qui lesoir à souperpour
Etrenne derniere
La donna de bon , coeur à
safamille entiere.
Jesuis & genereux, f5
pauvre comme lu)"
Au Public de bon coeurje
redonnedujourd'kuy
Tout ce que le Public Jm'envoye
Ce sont les Etre,nnes de
l'Oye.
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Résumé : ETRENNES DE MERCURE AU PUBLIC. LES ETRENNES de l'Oye.
Le texte 'Les Étrennes' relate l'histoire d'un procureur généreux vivant avec une famille nombreuse et pauvre. Il attend les étrennes, des cadeaux traditionnels. Le jour des étrennes, il ne reçoit rien, sauf une oie d'un cousin. Il l'envoie à sa tante, qui la transmet à sa bru, et ainsi de suite parmi les parents. L'oie fait le tour de la famille et revient finalement au procureur. Ce dernier la donne à un autre parent, et le cycle continue. Grâce à cette générosité circulaire, une seule oie parvient à étrenner toute la famille. Le procureur, satisfait, offre finalement l'oie à sa famille pour le souper des étrennes. Le texte se conclut par une déclaration de générosité, soulignant que le procureur, comme le public, donne ce qu'il reçoit.
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1411
p. 21-22
ETRENNES de Me la C. de ..... à Mr le Marquis de .... en luy envoyant de Poitou une Oye pour Etrennes.
Début :
Quoyque jeune Oye à teste fole [...]
Mots clefs :
Oie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETRENNES de Me la C. de ..... à Mr le Marquis de .... en luy envoyant de Poitou une Oye pour Etrennes.
ETRENNE S
deMela C. de
à Mrle Marquis de.
en luy envoyant de
Poitou une Oye pour
Etrennes.
C'est l'Oye qui parle.
uoyque jeune Oye à
testefole
Je ne citeray point mes
ancestres Oysons
Aussinoblesqueles Pisons
Issusdirectement deceux
du Capitole.
Decesangsinoble (£si
pur,
Adafoy je ne crois pas
defcendres
Jesuisjeune
, jeseraj
tendre:
C'estpourvous, cherMarquis,
un meriteplus sûr.
deMela C. de
à Mrle Marquis de.
en luy envoyant de
Poitou une Oye pour
Etrennes.
C'est l'Oye qui parle.
uoyque jeune Oye à
testefole
Je ne citeray point mes
ancestres Oysons
Aussinoblesqueles Pisons
Issusdirectement deceux
du Capitole.
Decesangsinoble (£si
pur,
Adafoy je ne crois pas
defcendres
Jesuisjeune
, jeseraj
tendre:
C'estpourvous, cherMarquis,
un meriteplus sûr.
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1412
p. 22-23
Autre Etrenne par Mr de L. T. Sur l'Air de la Baguette.
Début :
De l'An passé la course terminée [...]
Mots clefs :
Année
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Etrenne par Mr de L. T. Sur l'Air de la Baguette.
Autre Etrenne par Mr
de L. T.
Sur l'Air de la Baguette.
Del'Anpassé la coutft
terminée
Devroit Iris finir vostre
rigueur ;
Heureux, heureux ,Ji la
nouvelle Annee
Pouvoit aussi commencer
mon bonheur.
de L. T.
Sur l'Air de la Baguette.
Del'Anpassé la coutft
terminée
Devroit Iris finir vostre
rigueur ;
Heureux, heureux ,Ji la
nouvelle Annee
Pouvoit aussi commencer
mon bonheur.
Fermer
1413
p. 39-40
BOUTS-RIMEZ du mois passé.
Début :
L'un aime le tambour, & l'autre aime la flute, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUTS-RIMEZ du mois passé.
BOUTS-RIMEZ
du mois pafle*
L'Vn aime le tambour, &
l'autreaime la Huce,
Le Docteur argumente, 1) le
Boulanger blute
Celui-cid'un coup fier aime
à presser le flanc
Celui-là tire un lièvre, un
autretireau blanc:
Amintese repaîtd'une amou.
reuse flame,
jivfp feroit Iris, mais elle
craint le blâme;
Belise se mocquant O* dti
brun&du blond,
Sur ses voisines fait des couplets
deflonflon.
Chacun a ses plaisirs, mais
, Caron danssa Beee
Nous ~rf~ la mortplus
fineque belcrce
Nous surprend, moisonnant
les humains àgrandsflots;
tAinfidu marbre enfin le temps
détruitles blocs.
du mois pafle*
L'Vn aime le tambour, &
l'autreaime la Huce,
Le Docteur argumente, 1) le
Boulanger blute
Celui-cid'un coup fier aime
à presser le flanc
Celui-là tire un lièvre, un
autretireau blanc:
Amintese repaîtd'une amou.
reuse flame,
jivfp feroit Iris, mais elle
craint le blâme;
Belise se mocquant O* dti
brun&du blond,
Sur ses voisines fait des couplets
deflonflon.
Chacun a ses plaisirs, mais
, Caron danssa Beee
Nous ~rf~ la mortplus
fineque belcrce
Nous surprend, moisonnant
les humains àgrandsflots;
tAinfidu marbre enfin le temps
détruitles blocs.
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Résumé : BOUTS-RIMEZ du mois passé.
Le texte 'Bouts-Rimés' décrit les préférences et activités des personnages. Certains aiment la musique, d'autres des activités comme presser le flanc ou chasser. Aminthe et Iris craignent le blâme. Belise compose des couplets sur ses voisines. La mort, personnifiée par Caron, surprend brutalement les humains. Le temps détruit tout, transformant le marbre en poussière.
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1414
p. 54-56
« A sa Toilette Alix n'a ny poudre ny plomb. [...] »
Début :
A sa Toilette Alix n'a ny poudre ny plomb. [...]
Mots clefs :
Toilette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « A sa Toilette Alix n'a ny poudre ny plomb. [...] »
ENIGMES.
, On donnera ordinairement
l'Enigme devinée
dans le Mercure suivant
avec la nouvelle
,
afin
qu'on puisse juger si on l'adevinée juste.Voicy
une Parodie de celle de
la Toilette qui fera à peu
près lemesmeeffet.
A sa Toilette Altxria ny
poudre ny plomb-.
CrojeX^vqm pour cela
q,elieyfocit desoeuvrée.
Desa Boutique bien parée
Centingrédients font le
fond.
Elle fè les applique avec
maintegrimace.
Les Roses (S les Lis dont elleornesaface
Nefsontny Lis ny Rojes
-
de Printemps.
Toilette peut luydire en
jaijanttÜnportante
Avec le nombre de mes
ans
Près de vous mon credit
s'augmente,
Et sans rougirvousn'osez
moy present,
Recevoir vos derniers
Amants.
, On donnera ordinairement
l'Enigme devinée
dans le Mercure suivant
avec la nouvelle
,
afin
qu'on puisse juger si on l'adevinée juste.Voicy
une Parodie de celle de
la Toilette qui fera à peu
près lemesmeeffet.
A sa Toilette Altxria ny
poudre ny plomb-.
CrojeX^vqm pour cela
q,elieyfocit desoeuvrée.
Desa Boutique bien parée
Centingrédients font le
fond.
Elle fè les applique avec
maintegrimace.
Les Roses (S les Lis dont elleornesaface
Nefsontny Lis ny Rojes
-
de Printemps.
Toilette peut luydire en
jaijanttÜnportante
Avec le nombre de mes
ans
Près de vous mon credit
s'augmente,
Et sans rougirvousn'osez
moy present,
Recevoir vos derniers
Amants.
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Résumé : « A sa Toilette Alix n'a ny poudre ny plomb. [...] »
Le texte présente une énigme et une parodie de la toilette, à paraître dans le Mercure. La parodie décrit une toilette sans poudre ni plomb, avec cent ingrédients. La personne utilise ces ingrédients sans grimace, ornant son visage de roses et de lis artificiels. Sa toilette est importante et son crédit augmente avec l'âge, intimidant même ses derniers amants.
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1416
p. 58
Par l'aimable & toute spirituelle veuve Me de Cossesseville.
Début :
Vostre Enigme me couste peu, [...]
Mots clefs :
Toilette
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texteReconnaissance textuelle : Par l'aimable & toute spirituelle veuve Me de Cossesseville.
Parl'aimable& toute
spirituelleveuve Mede
«Coflèffeville.
Vostre Enigmeme couJIi: peu.-
Cen'estpourmoy quuneAmtt*
- sette. -
Je la lisauprès de 1 monfeu;
|Jela devine amaToilette.
spirituelleveuve Mede
«Coflèffeville.
Vostre Enigmeme couJIi: peu.-
Cen'estpourmoy quuneAmtt*
- sette. -
Je la lisauprès de 1 monfeu;
|Jela devine amaToilette.
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1417
p. 58-59
Réponse sur les mesmes Rimes.
Début :
La Toilette vous couste peu [...]
Mots clefs :
Toilette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse sur les mesmes Rimes.
Réponse sur les mesmes
LaToilettevous couste peu. Çenesspourvousqu'une
Avecun teintsi vif, desyeux
sipleinsdefeu,
Çojjejjèvilleria pas grand besoindeToilette.
LaToilettevous couste peu. Çenesspourvousqu'une
Avecun teintsi vif, desyeux
sipleinsdefeu,
Çojjejjèvilleria pas grand besoindeToilette.
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1418
p. 59-60
ENVOY par une Precieuse.
Début :
Une vive & douce lumiere, [...]
Mots clefs :
Toilette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY par une Precieuse.
ENVOY
par une Precieuse,
Vne vive&douce lurnie.",
,
re>
Avec peine f5 p'aij:ry
mentfowvre la pauptcre, ji ce charme desyeuxje
veux donner un nom;
Car ce n'est point Diane ,
encor moins Apollon,
C'est une beaute plus parfaite.
Oui donc? est-ce l'aurore?
non ;
C'est le Soleila si Toilette.
ENIGME
par une Precieuse,
Vne vive&douce lurnie.",
,
re>
Avec peine f5 p'aij:ry
mentfowvre la pauptcre, ji ce charme desyeuxje
veux donner un nom;
Car ce n'est point Diane ,
encor moins Apollon,
C'est une beaute plus parfaite.
Oui donc? est-ce l'aurore?
non ;
C'est le Soleila si Toilette.
ENIGME
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1419
p. 60-61
ENIGME.
Début :
Ma forme fait mon estre, & j'existe sans corps. [...]
Mots clefs :
Fenêtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Maformefait mon estrej
&j'existesans corps.
On m'endonne pourtant
defoibles & deforts
Dont hors de moy les uns
en cerclese promenent Et les , autres en moy haut
-
(jf bas Je demenent.
Parmoy Jefit jadis quelque
amoureuxlarcin,
Etparmoy futsauvé jadis
quelque afjdffîn.
En toutpays jesuis d'une
mesmenature; Mais je change de noms
en changeant defigure.
Maformefait mon estrej
&j'existesans corps.
On m'endonne pourtant
defoibles & deforts
Dont hors de moy les uns
en cerclese promenent Et les , autres en moy haut
-
(jf bas Je demenent.
Parmoy Jefit jadis quelque
amoureuxlarcin,
Etparmoy futsauvé jadis
quelque afjdffîn.
En toutpays jesuis d'une
mesmenature; Mais je change de noms
en changeant defigure.
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1420
p. 64-68
CHANSON du Tabac.
Début :
D'où me vient cette sombre humeur ? [...]
Mots clefs :
Tabac, Chanson, Plaisirs, Temple
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON du Tabac.
Un demande s'il y a
de la difference entre ce
qu'on appelle s-aimer, k
ce qu'on appelle Amour
propre.
On s'estdéjà plaint
plufleursfois que je donnois
des Chansons anciennes
: mais on s'est
plaint bien plusencore de
ce que j'avois interrompu
la fuite de mes Chan-
[ans de Caractere que j'avois
promises au Public,
& qu'on y chante tout
autrement
autrementque je ne les
ay composces., parce que
je ne les ay jamais fait
noter.Cette derniere conïïderation
l'emportecar
elle est aidée de 1 envie
que j'ay de les mettre à
,.couvert de l'oubly & de refi'ropiement.
CHANSON
du Tabac.
D'où me vient cette fàmbre
humeur ?
Pourquoy mesfoiblesyeux
craignent-ils la lumiere?
Pourquoy suis-jeacablé
jd'eunetrisse langueur? n'ay point ma,
Tabatiere!
Point de Tabac, helas !
plaisir,santé,
Raison
,
vivacité,
"Tout avec mon Tabac est
reflesurma Table.
.Amyjëcourable,
,Le tien est-il bon»
detestable;,
Ulestparfumé.
.Adejim
,
adesim
, a de
simple Tabacjesuis
accoustume.
Cet autreestplus agreable.
Ah!qu'il est aimable!
Ah ! quelle 'Voluptél
Dieu du Tabac que tes
Autels
Soient encenses par les
- mortels.
Qué du plus noir Petun
mille Pipesfumantes
Tefournirent d'encens.
jQue les Beautez les plus
charmantes
Se barboüillent de tes pre.
sens.
Quetes doyens enchifrenez
Chantentdu neZ
T-esplaisirsforcenez
Et , que pour te rendre propuce,
Ton Temple retentisse
Ueterniiements
Et de reniflements.
Ton Temple retentisse
D'eternuements
Et de reniflements.
de la difference entre ce
qu'on appelle s-aimer, k
ce qu'on appelle Amour
propre.
On s'estdéjà plaint
plufleursfois que je donnois
des Chansons anciennes
: mais on s'est
plaint bien plusencore de
ce que j'avois interrompu
la fuite de mes Chan-
[ans de Caractere que j'avois
promises au Public,
& qu'on y chante tout
autrement
autrementque je ne les
ay composces., parce que
je ne les ay jamais fait
noter.Cette derniere conïïderation
l'emportecar
elle est aidée de 1 envie
que j'ay de les mettre à
,.couvert de l'oubly & de refi'ropiement.
CHANSON
du Tabac.
D'où me vient cette fàmbre
humeur ?
Pourquoy mesfoiblesyeux
craignent-ils la lumiere?
Pourquoy suis-jeacablé
jd'eunetrisse langueur? n'ay point ma,
Tabatiere!
Point de Tabac, helas !
plaisir,santé,
Raison
,
vivacité,
"Tout avec mon Tabac est
reflesurma Table.
.Amyjëcourable,
,Le tien est-il bon»
detestable;,
Ulestparfumé.
.Adejim
,
adesim
, a de
simple Tabacjesuis
accoustume.
Cet autreestplus agreable.
Ah!qu'il est aimable!
Ah ! quelle 'Voluptél
Dieu du Tabac que tes
Autels
Soient encenses par les
- mortels.
Qué du plus noir Petun
mille Pipesfumantes
Tefournirent d'encens.
jQue les Beautez les plus
charmantes
Se barboüillent de tes pre.
sens.
Quetes doyens enchifrenez
Chantentdu neZ
T-esplaisirsforcenez
Et , que pour te rendre propuce,
Ton Temple retentisse
Ueterniiements
Et de reniflements.
Ton Temple retentisse
D'eternuements
Et de reniflements.
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Résumé : CHANSON du Tabac.
Le texte traite de deux sujets principaux : la distinction entre 's'aimer' et 'amour propre', et les plaintes concernant les chansons anciennes. Les lecteurs ont regretté l'interruption de la publication des 'Chansons de Caractère' et les modifications apportées aux chansons, car l'auteur ne les avait jamais fait noter. Cette préoccupation est motivée par le désir de l'auteur de préserver ces chansons de l'oubli et de les republier. Le texte inclut également une chanson intitulée 'Chanson du Tabac'. Le narrateur y exprime une humeur mélancolique et triste due à l'absence de sa tabatière et de tabac. Il décrit divers types de tabac, préférant un tabac simple et habituel. La chanson se conclut par une prière aux 'mortels' d'encenser les autels du 'Dieu du Tabac', imaginant un culte où les beautés charmantes se barbouillent de tabac et où les doyens enchifrenés chantent les plaisirs forcés, accompagnés d'éternuements et de reniflements résonnant dans le temple du tabac.
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1421
p. 1-8
PIECE NOUVELLE par M. R. ÉTRENNES, en envoyant un Pigeon.
Début :
LE PIGEON. De vous dire bon jour, ce n'est grande merveille, [...]
Mots clefs :
Pigeon, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PIECE NOUVELLE par M. R. ÉTRENNES, en envoyant un Pigeon.
PIECE NOUVELLE
parM.R.
E'TRENNES,
en envoyant un Pigeon.
LE PIGEON.
DE vous dire bon jour,
ce n'est grande merveille,
Un Perroquet vous en dîroit
autant,
Et ces bavards parlent à
tout venant;
Je fuis plus reservé, je parle
rarement,
C'est même tout bas
l'oreille,
Que je vous faismoncompliment.
Messager de l'amour,j'arrive
deCythere,
L'Amour du Char de sa
mere
M'a détaché ce matin,
Je me fixe chez vous, tendre,
fïdelle,sage,
et même aussipeu volage)
(Que (I favais encor mon
frein,
Les soupirs sont tout mon
langage,
Ecoutez sans courroux ces
muets entretiens,
De tous autres foupirs ne
souffrez point l'hommage,
Belle ** ** n'écoutez que
les miens,
Voussçaurez quelque jout
, que je suis un grand
Maître
Dans l'art de bequeter,
dattendrir un baiser; 1. Et ma délicatesse est sur
ce pointpeut-être,
, Un vray modelle à proposer.
EEnnpprreessssaannttcceesslelevvrreess[Lsi
vives, !
Que de douceur j'y vais
puiser;
Vos roses & vos lys ont.
des couleurs naïves
Qu'augmentent mes baiV
sers sans les pouvoir 'i user,
Pour vous donner du frais,
mes doudx 'baatteîmlenes s j
feront auprès de vousl'ofsice
des Zephirs,
Et souvent ce feront à vos
tendresplaisirs
Desapplaudissemens fidelles,
Courrier leger, cheminant
par les airs,
En cette qualité comment
vous servirai-je,
Onsçait que mes pareils
en cent climats divers,
De la Poste ont le Privilege,
Ils portentàleur col Lettres
& Billets doux,
Et pour en rapporter les
réponses secrettes
Ils vôlent par-dessus les
têtes des jaloux ;
Mais de pareils emplois,
de l'humeur dont
vous êtes,
M'occuperont fort peu
pour vous:
Voicy les Hymnes, les
Cantiques,
Qu'en l'honneur de l'Amour,
fit un de ses
sujets :
On vante de ce Dieu le
pouvoir & les traits;
Vouslirez sans rougir dans
ses Panegyriques,
tes éloges de vos attraits.
Peut-êrre qu'apresent Venus
sur sa toillette
Trouve un bijou demoins,
L'Amour est le filouy mo
j'ai prêté mes soins, ;
Venus fera fort inquiette,
Si le vol n'est pointfaitpar
quelqu'autre Psiché,
Et
si
cette beauté, qui doit
être parfaite,
Par lauteur du larcin n'a
point le coeur touché;
Vous seule en avez connoissance,
Ne m'en pourriez-vous pas
dire un mot aujourd'hui,
Faites-m'en la confidence,
Je n'en parlerai qu'à luyv
parM.R.
E'TRENNES,
en envoyant un Pigeon.
LE PIGEON.
DE vous dire bon jour,
ce n'est grande merveille,
Un Perroquet vous en dîroit
autant,
Et ces bavards parlent à
tout venant;
Je fuis plus reservé, je parle
rarement,
C'est même tout bas
l'oreille,
Que je vous faismoncompliment.
Messager de l'amour,j'arrive
deCythere,
L'Amour du Char de sa
mere
M'a détaché ce matin,
Je me fixe chez vous, tendre,
fïdelle,sage,
et même aussipeu volage)
(Que (I favais encor mon
frein,
Les soupirs sont tout mon
langage,
Ecoutez sans courroux ces
muets entretiens,
De tous autres foupirs ne
souffrez point l'hommage,
Belle ** ** n'écoutez que
les miens,
Voussçaurez quelque jout
, que je suis un grand
Maître
Dans l'art de bequeter,
dattendrir un baiser; 1. Et ma délicatesse est sur
ce pointpeut-être,
, Un vray modelle à proposer.
EEnnpprreessssaannttcceesslelevvrreess[Lsi
vives, !
Que de douceur j'y vais
puiser;
Vos roses & vos lys ont.
des couleurs naïves
Qu'augmentent mes baiV
sers sans les pouvoir 'i user,
Pour vous donner du frais,
mes doudx 'baatteîmlenes s j
feront auprès de vousl'ofsice
des Zephirs,
Et souvent ce feront à vos
tendresplaisirs
Desapplaudissemens fidelles,
Courrier leger, cheminant
par les airs,
En cette qualité comment
vous servirai-je,
Onsçait que mes pareils
en cent climats divers,
De la Poste ont le Privilege,
Ils portentàleur col Lettres
& Billets doux,
Et pour en rapporter les
réponses secrettes
Ils vôlent par-dessus les
têtes des jaloux ;
Mais de pareils emplois,
de l'humeur dont
vous êtes,
M'occuperont fort peu
pour vous:
Voicy les Hymnes, les
Cantiques,
Qu'en l'honneur de l'Amour,
fit un de ses
sujets :
On vante de ce Dieu le
pouvoir & les traits;
Vouslirez sans rougir dans
ses Panegyriques,
tes éloges de vos attraits.
Peut-êrre qu'apresent Venus
sur sa toillette
Trouve un bijou demoins,
L'Amour est le filouy mo
j'ai prêté mes soins, ;
Venus fera fort inquiette,
Si le vol n'est pointfaitpar
quelqu'autre Psiché,
Et
si
cette beauté, qui doit
être parfaite,
Par lauteur du larcin n'a
point le coeur touché;
Vous seule en avez connoissance,
Ne m'en pourriez-vous pas
dire un mot aujourd'hui,
Faites-m'en la confidence,
Je n'en parlerai qu'à luyv
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Résumé : PIECE NOUVELLE par M. R. ÉTRENNES, en envoyant un Pigeon.
Dans la pièce 'PIECE NOUVELLE' de M.R., un pigeon messager adresse un compliment à une personne aimée. Contrairement aux perroquets bavards, le pigeon parle rarement et de manière réservée. Il se présente comme messager de l'amour, envoyé par l'Amour lui-même depuis Cythère. Le pigeon exprime son désir de se fixer auprès de la personne aimée, tout en reconnaissant sa nature volage. Il vante ses compétences dans l'art des baisers délicats et tendres, les comparant aux doux zéphyrs et aux applaudissements fidèles aux plaisirs tendres. Le pigeon mentionne également son rôle de courrier léger, capable de porter des lettres et des billets doux à travers divers climats, même au-dessus des têtes des jaloux. Cependant, il préfère se consacrer à des tâches plus nobles, comme chanter les hymnes et les cantiques en l'honneur de l'amour. Il fait référence à un bijou volé par l'Amour, peut-être par Psyché, et demande à la personne aimée si son cœur a été touché par l'auteur du larcin, promettant de garder cette confidence secrète.
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1422
p. 8-20
AUTRE PIECE nouvelle, à l'imitation d'Ausomne. L'AMOUR PUNI.
Début :
Loin de ces prisons redoutables, [...]
Mots clefs :
Amour, Pleurs, Vénus, Dieux, Myrthe, Amant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE PIECE nouvelle, à l'imitation d'Ausomne. L'AMOUR PUNI.
Balzac dit qu'il y a
une figure de la piece
suivante dans une TabledeJaspeà
Naples,
où les femmes lapident
l'Amour avec desRoses.
AUTREPIECE
nouvelle,
L'AMOUR PUNI.
Loin de ces prisons
redoutables,
OùPluton aux ombres
coupables
Fait sentir son juste
courroux; Ilestdans les Enfers des
azyles plus doux.
Là des Myrrhes tousus
forment de verds
om brages,
Qjii n'ont riendes horreurs
de l'éternelle
nuitj
Des ruisseaux y coulent
f"::ns bruit,
Des Pavotslanguissans
couronnent leurs rivages
, On voit parmi les fleurs
qui parent ce séjour,
Hyacinthe & Narcisse,
&C tant d'autres
encore,
Quimortels autrefois
de l'Empire d'amour
Ont paffé fous les Loix
de flore. -
Dans les sombres dé",
tours de ces paisibles
lieux
Plusieurs Amans, dont
la memoire
Doit vivre à jamaisdans
l'Histoire,
S'occupent encor de
leurs feux;
L'ambitieuse imprudente,
Qui voulut voirJupiter
Armé de la foudre tonnallte)
Rappelle ce plaisir qui -
luicoûta si cher,
Et la Maîtresse de Ce-,
phale,
Soupirant pour ce vainqueur,
Cherit la flechefatale
Dont il lui perça le
coeur,
Hero d'une main tremblante,
Tient la lampe étincelante,
Qui lui servit seulement
A voir périr son amant.
Ariane rou le en colere
Ce fil triste instrument
d'un perfideattentat,
Tropmalheureuse, her.
las! d'avoir trahi
r son Pere -
Pour n'obliger qu'un
îngrat.
-,.. Phedre,chancelante §C
confuse,
Baigne, mais trop tard
de ses pleurs,
L'écritoù sa main ac- cuse
Ses criminelles ardeurs.
Moins coupables cent
1 fois,& plus à plaindre
qu'elle,
Et Didon & ThiLbé
vont sefrapper le rein;
D'un perfide ennemi,
l'une a le fer en main,
L'autre celui d'un amat
trop fidelle.
L'Amour, de leurs douleurs,
voulut être
témoin,
Decouvrir son carquois
il avoit pris le soin,
Les Arbres d'unboccage,
L'épaisseur d'unnuage
Adoucirent en vain 1eclat
de son flalubeau,
On reconnut bientôt
cet ennemi nouveau,
Déjà la troupe rebelle
Lui préparoit des Tourmens
inhumains;
L'Amour tout fatigué,
ne bat plus que
d'une aîle,
[1 se soutient à peine, il
tombe entre leurs
mains.
Amour, pour desarmer
les Juges implacables,
C'est vai nement que tu
verses des pleurs1
Onenchaînetes ma-ins,
qui portoient dans
les coeurs
Des coups inévitables;
Attachésurun Myrthe,
en proye à leurs
fureurs,
Tu vas de mille morts
éprouver les horreurs,
Leurs clameurs menaçantes
Ont étouffé tes plaintes
languissantes,
L'une vient t'effrayer
avec le fer sanglant,
Qui
Qui finit de ses jours le
déplorable reste,
L'autre avec le débris
encor étincelant
Du bucher de sa mort,
théâtre trop funeste,
De ses pleurs endurcis,
par le pouvoir des
Dieux,
Myrrha fait contre toy
de redoutables armes,
Leur poids va t'accabler,
ses remords,
lès allarmes
Ne puniront que toy de
son crime odieux.
L'Amour attire sa Mere
Par ses pleurs & par ses
cris,
Vient-elle à son secours?
non Venus en colere
Vient augmenter les
tourmens de son fils.
Je n'ai que trop souffert
de cet audacieux,
Dit-elle, qu'à son tour
il éprouve ma rage,
Des filets de Vulcain,
des ris malins des
Dieux
Jenai pas oubliel'outrage,
C'est Venus en courroux,
qui menace, tremblez
Sa main s'arme aussitôt
d'un long bouquet
de Roses,
De leurs boutons à peine
éclofes,
Le fang couloit dé-ja
fous ses coups redoublez,
Arrêtez Deesse irritée,
S'écrie avec transport
laTroupeépouventée,
Lorsque nous respirions
le jour
Le fort fit nos malheurs
ce ne fut pas l'Amour.
une figure de la piece
suivante dans une TabledeJaspeà
Naples,
où les femmes lapident
l'Amour avec desRoses.
AUTREPIECE
nouvelle,
L'AMOUR PUNI.
Loin de ces prisons
redoutables,
OùPluton aux ombres
coupables
Fait sentir son juste
courroux; Ilestdans les Enfers des
azyles plus doux.
Là des Myrrhes tousus
forment de verds
om brages,
Qjii n'ont riendes horreurs
de l'éternelle
nuitj
Des ruisseaux y coulent
f"::ns bruit,
Des Pavotslanguissans
couronnent leurs rivages
, On voit parmi les fleurs
qui parent ce séjour,
Hyacinthe & Narcisse,
&C tant d'autres
encore,
Quimortels autrefois
de l'Empire d'amour
Ont paffé fous les Loix
de flore. -
Dans les sombres dé",
tours de ces paisibles
lieux
Plusieurs Amans, dont
la memoire
Doit vivre à jamaisdans
l'Histoire,
S'occupent encor de
leurs feux;
L'ambitieuse imprudente,
Qui voulut voirJupiter
Armé de la foudre tonnallte)
Rappelle ce plaisir qui -
luicoûta si cher,
Et la Maîtresse de Ce-,
phale,
Soupirant pour ce vainqueur,
Cherit la flechefatale
Dont il lui perça le
coeur,
Hero d'une main tremblante,
Tient la lampe étincelante,
Qui lui servit seulement
A voir périr son amant.
Ariane rou le en colere
Ce fil triste instrument
d'un perfideattentat,
Tropmalheureuse, her.
las! d'avoir trahi
r son Pere -
Pour n'obliger qu'un
îngrat.
-,.. Phedre,chancelante §C
confuse,
Baigne, mais trop tard
de ses pleurs,
L'écritoù sa main ac- cuse
Ses criminelles ardeurs.
Moins coupables cent
1 fois,& plus à plaindre
qu'elle,
Et Didon & ThiLbé
vont sefrapper le rein;
D'un perfide ennemi,
l'une a le fer en main,
L'autre celui d'un amat
trop fidelle.
L'Amour, de leurs douleurs,
voulut être
témoin,
Decouvrir son carquois
il avoit pris le soin,
Les Arbres d'unboccage,
L'épaisseur d'unnuage
Adoucirent en vain 1eclat
de son flalubeau,
On reconnut bientôt
cet ennemi nouveau,
Déjà la troupe rebelle
Lui préparoit des Tourmens
inhumains;
L'Amour tout fatigué,
ne bat plus que
d'une aîle,
[1 se soutient à peine, il
tombe entre leurs
mains.
Amour, pour desarmer
les Juges implacables,
C'est vai nement que tu
verses des pleurs1
Onenchaînetes ma-ins,
qui portoient dans
les coeurs
Des coups inévitables;
Attachésurun Myrthe,
en proye à leurs
fureurs,
Tu vas de mille morts
éprouver les horreurs,
Leurs clameurs menaçantes
Ont étouffé tes plaintes
languissantes,
L'une vient t'effrayer
avec le fer sanglant,
Qui
Qui finit de ses jours le
déplorable reste,
L'autre avec le débris
encor étincelant
Du bucher de sa mort,
théâtre trop funeste,
De ses pleurs endurcis,
par le pouvoir des
Dieux,
Myrrha fait contre toy
de redoutables armes,
Leur poids va t'accabler,
ses remords,
lès allarmes
Ne puniront que toy de
son crime odieux.
L'Amour attire sa Mere
Par ses pleurs & par ses
cris,
Vient-elle à son secours?
non Venus en colere
Vient augmenter les
tourmens de son fils.
Je n'ai que trop souffert
de cet audacieux,
Dit-elle, qu'à son tour
il éprouve ma rage,
Des filets de Vulcain,
des ris malins des
Dieux
Jenai pas oubliel'outrage,
C'est Venus en courroux,
qui menace, tremblez
Sa main s'arme aussitôt
d'un long bouquet
de Roses,
De leurs boutons à peine
éclofes,
Le fang couloit dé-ja
fous ses coups redoublez,
Arrêtez Deesse irritée,
S'écrie avec transport
laTroupeépouventée,
Lorsque nous respirions
le jour
Le fort fit nos malheurs
ce ne fut pas l'Amour.
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Résumé : AUTRE PIECE nouvelle, à l'imitation d'Ausomne. L'AMOUR PUNI.
Le texte décrit diverses scènes et personnages liés à l'amour et à ses conséquences. À Naples, une figure de pièce montre des femmes lapidant l'Amour avec des roses. Une autre pièce, 'L'Amour Puni', est également mentionnée. Les Enfers sont explorés, avec des lieux paisibles où coulent des ruisseaux et poussent des fleurs comme l'hyacinthe et le narcisse, symbolisant les amants morts par amour. Des amants célèbres sont évoqués, tels que celle qui voulut voir Jupiter armé de la foudre, la maîtresse de Céphale, Héro, Ariane, Phèdre, Didon et Thybé. Ces personnages sont décrits dans des situations de douleur et de regret liées à leurs amours tragiques. L'Amour, fatigué et blessé, est capturé et enchaîné par ces amants vengeurs. Venus, la mère de l'Amour, refuse de le secourir et décide de le punir à son tour avec un bouquet de roses. La troupe épouvantée implore Venus d'arrêter, affirmant que leurs malheurs étaient dus à la force et non à l'Amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1423
p. 20-33
PAR Mr. V. A Mr. DE** Qui lui avoit envoyé un Remede pour la Fiévre.
Début :
Plus ne m'enquiers de quelle drogue avez [...]
Mots clefs :
Fièvre, Dieu, Déesse, Santé, Yeux, Remède, Drogue
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texteReconnaissance textuelle : PAR Mr. V. A Mr. DE** Qui lui avoit envoyé un Remede pour la Fiévre.
PAR Mr.V.AMr.DE**
Qui lui avoit envoyé un Remede
pour la Fièvre. P Lus ne m'enquiers de
quelle drogue avez
Formé ce bol, par qui feroient
bravez
Bien plus de maux, plus
de pestes encore,
Que parmi nous n'en apporta.
Pandore.
Nul mal ne tient contre
ce bol divin,
J'envoys enmoy la vertu
confirmée
Contre une Fiévre en mon
sang allumée,
Du Kinkina le secours.
étoit vain,
Point n'en étoit la fureur
allentie,
Vous dites:Parts, & lav
voila partie.
Mais à la fin le voïle: efl;
arraché,
Ainsi que vous, je sçai ce
qui compose
Ce bol, en qui tant de
force est enclose,
Pour un Poëte il n'est rien
de caché,
Lors qu'Apollon nôtre esprit
a touché, <
Comme les Dieux nous
voyons toute chose.
Que nous voulions penetrer
aux Enfers,
Tous leurs secrets à nos
- yeux font offerts,
Nous y voyons jufqui
l'ardeur farouche
Que pour sa femme a Pluton
dans sa couche;
s'il faut percer les mysteres
des Cieux,
Là, nous allons manger
avec les Dieux
,- Dans leur Conseil nous.
sommes reçus même,
Nous y voyons Jupin ce
Dieu suprême,
Pour cent Amours furtifs
se travailler,
Et son épouse après luy
criailler.
Dans son Palais, dans ses,
grotes profondes
Neptune en vain préreU-f
droit se cacher,
Tout au travers de l'abyme
des Ondes
Nos yeux perçans iroient
là le chercher.
Nous discernons les essences
premieres,
Rien, en un mot-, n'évite
nos lumieres,
Aviez-vouscrûpouvoir les
éviter
Adonc,afin quen'en puiffiez
douter
N'est-il pas vray que ce
bol salutaire
Par qui tout maux font
gueris ences lieux
N'est feulement qu'un magique
giquemystere
Qui de leur Ciel fait descendre
les Dieux,
Et les contraint de venir
en personne
Suivre la loy que vôtre bol
leur donne?
Carje l'ay veu clairement
de mes yeux,
Et ne suis point trop simple,
trop credule, Lorsque je pris ce philtre
merveilleux
Sur le sommet de ce puis
fant globule
Je vis s'asseoir la Deesse
Santé
Au teint vermeil, à ferme
corpulence,
A la dent
blanche, àl'oeil
plein de gayté, ':
Et telle enfin qu'au siécle
d'innocence
Toûjours les Dieux l'accordoient
aux humains, J
Ou telle encor que leurs
benignes mains
4 La font souvent dans le
siécle où noussommes,
, Briller au front de quel
ques bonnes gens,
Qui malgré l'air corrompu
denostemps
Ont le coeurpur commeles
premiers hommes,
sencens Abbez, Chanoines,
& Prieurs,
Gens indulgens pour leur
propre molesse,
Et contre autrui si severes
crieurs.
Mais revenons à la faine
Deesse,
Bacchus, l'Amour, les ris,
les enjouëmens
Sommeil aisé,confiance
-
en les forces,
Desirspuissants, delicates
amorces,
Tout en un mot ce que de
Dieux charmans
Compte l'Olimpe, étoient
lors à (a suite.
Ce n'estle tout; je vis fous
saconduite,
Et j'en frémis encore de
respect,
Je vis ces Dieux sur moy
fondre avec elle,
Je crus alors qu'une guerre
cruelle
S'alloit sur moy former à
son aspect,
Mais non,rienmoins,la redoutable
Fièvre
Fuit sans combatcomme
un timide Liévre
Fuit à rafpett du vîte Lévrier.
Apres cela la Deesse ravie
Marque à chacun des
Dieux qui l'ont suivie
Le Logement qu'il doit
s'approprier.
Bacchus daborddemon
Palais s'empare,
Pour poste Amour mon
coeur s'en va choisir,
Les enjouëmens mon ame
vont saisir,
Le doux sommeil aussitôt
se prepare
A se loger dans mes yeux
languissans,
Non pour toujours,convention
fut faite
Que du Soleil chaque
courie parfaite
Mise en trois parts, les pavots
ravissans
En auroient une, où serains
Se tranquilles
Mes yeux pour eux feroient
de {ûrs azy les,
Quedececours,pendant
les autres parts,
Mes yeux pourroienc,dans
leur mince irrutture,
Loger des Cieux,de toute
la nature
La vive image, & celle
des beaux arts,
Et pour Iris mille amoureux
regards.
La confiance ou l'abus de
ces forces
Courent remplir l'imagination
Jolis desirs , , delicates amorces
Prennent aussimême habitation
Puis d'autres Die)ux dont
ne fais mention
Selon leur rang à leur devoir
se rendent
Et la fanté de qui tous ils
dépendent
Ne voulut point prendre
un poste arrête,
Mais se logea dans toute
la Cité.
Ains, grace à vous, je me
vois en santé,
Mieux que ne fut oncques
le fort Hercule.
J'ai toutefois là-dessus un
scrupule,
Dont besoin est que vous
rnéclaircissiez.
Je craindrois fort que par
hazard n'eussîez
Fait -un mécompte a l'égard
de mon âge,
Et qu'enfaisant vôtre pa-
,
¿te enchanteur
Vous ne m'eussiez invoqué
par malheur
Quelque santé trop jeune
- & trop peu sage,
J'ai sur le front trente-sept
ans au mOlns-)
Or, si m'aviez, par vos
tragiques foins,
Toutde nouveau fait couler
dans les veines
Le même fang & les me.
mes esprits,
Qui m'arumoient à vingt.
ans, que de peines
J'aurois encor sous le joug,
de Cypris!
Qui lui avoit envoyé un Remede
pour la Fièvre. P Lus ne m'enquiers de
quelle drogue avez
Formé ce bol, par qui feroient
bravez
Bien plus de maux, plus
de pestes encore,
Que parmi nous n'en apporta.
Pandore.
Nul mal ne tient contre
ce bol divin,
J'envoys enmoy la vertu
confirmée
Contre une Fiévre en mon
sang allumée,
Du Kinkina le secours.
étoit vain,
Point n'en étoit la fureur
allentie,
Vous dites:Parts, & lav
voila partie.
Mais à la fin le voïle: efl;
arraché,
Ainsi que vous, je sçai ce
qui compose
Ce bol, en qui tant de
force est enclose,
Pour un Poëte il n'est rien
de caché,
Lors qu'Apollon nôtre esprit
a touché, <
Comme les Dieux nous
voyons toute chose.
Que nous voulions penetrer
aux Enfers,
Tous leurs secrets à nos
- yeux font offerts,
Nous y voyons jufqui
l'ardeur farouche
Que pour sa femme a Pluton
dans sa couche;
s'il faut percer les mysteres
des Cieux,
Là, nous allons manger
avec les Dieux
,- Dans leur Conseil nous.
sommes reçus même,
Nous y voyons Jupin ce
Dieu suprême,
Pour cent Amours furtifs
se travailler,
Et son épouse après luy
criailler.
Dans son Palais, dans ses,
grotes profondes
Neptune en vain préreU-f
droit se cacher,
Tout au travers de l'abyme
des Ondes
Nos yeux perçans iroient
là le chercher.
Nous discernons les essences
premieres,
Rien, en un mot-, n'évite
nos lumieres,
Aviez-vouscrûpouvoir les
éviter
Adonc,afin quen'en puiffiez
douter
N'est-il pas vray que ce
bol salutaire
Par qui tout maux font
gueris ences lieux
N'est feulement qu'un magique
giquemystere
Qui de leur Ciel fait descendre
les Dieux,
Et les contraint de venir
en personne
Suivre la loy que vôtre bol
leur donne?
Carje l'ay veu clairement
de mes yeux,
Et ne suis point trop simple,
trop credule, Lorsque je pris ce philtre
merveilleux
Sur le sommet de ce puis
fant globule
Je vis s'asseoir la Deesse
Santé
Au teint vermeil, à ferme
corpulence,
A la dent
blanche, àl'oeil
plein de gayté, ':
Et telle enfin qu'au siécle
d'innocence
Toûjours les Dieux l'accordoient
aux humains, J
Ou telle encor que leurs
benignes mains
4 La font souvent dans le
siécle où noussommes,
, Briller au front de quel
ques bonnes gens,
Qui malgré l'air corrompu
denostemps
Ont le coeurpur commeles
premiers hommes,
sencens Abbez, Chanoines,
& Prieurs,
Gens indulgens pour leur
propre molesse,
Et contre autrui si severes
crieurs.
Mais revenons à la faine
Deesse,
Bacchus, l'Amour, les ris,
les enjouëmens
Sommeil aisé,confiance
-
en les forces,
Desirspuissants, delicates
amorces,
Tout en un mot ce que de
Dieux charmans
Compte l'Olimpe, étoient
lors à (a suite.
Ce n'estle tout; je vis fous
saconduite,
Et j'en frémis encore de
respect,
Je vis ces Dieux sur moy
fondre avec elle,
Je crus alors qu'une guerre
cruelle
S'alloit sur moy former à
son aspect,
Mais non,rienmoins,la redoutable
Fièvre
Fuit sans combatcomme
un timide Liévre
Fuit à rafpett du vîte Lévrier.
Apres cela la Deesse ravie
Marque à chacun des
Dieux qui l'ont suivie
Le Logement qu'il doit
s'approprier.
Bacchus daborddemon
Palais s'empare,
Pour poste Amour mon
coeur s'en va choisir,
Les enjouëmens mon ame
vont saisir,
Le doux sommeil aussitôt
se prepare
A se loger dans mes yeux
languissans,
Non pour toujours,convention
fut faite
Que du Soleil chaque
courie parfaite
Mise en trois parts, les pavots
ravissans
En auroient une, où serains
Se tranquilles
Mes yeux pour eux feroient
de {ûrs azy les,
Quedececours,pendant
les autres parts,
Mes yeux pourroienc,dans
leur mince irrutture,
Loger des Cieux,de toute
la nature
La vive image, & celle
des beaux arts,
Et pour Iris mille amoureux
regards.
La confiance ou l'abus de
ces forces
Courent remplir l'imagination
Jolis desirs , , delicates amorces
Prennent aussimême habitation
Puis d'autres Die)ux dont
ne fais mention
Selon leur rang à leur devoir
se rendent
Et la fanté de qui tous ils
dépendent
Ne voulut point prendre
un poste arrête,
Mais se logea dans toute
la Cité.
Ains, grace à vous, je me
vois en santé,
Mieux que ne fut oncques
le fort Hercule.
J'ai toutefois là-dessus un
scrupule,
Dont besoin est que vous
rnéclaircissiez.
Je craindrois fort que par
hazard n'eussîez
Fait -un mécompte a l'égard
de mon âge,
Et qu'enfaisant vôtre pa-
,
¿te enchanteur
Vous ne m'eussiez invoqué
par malheur
Quelque santé trop jeune
- & trop peu sage,
J'ai sur le front trente-sept
ans au mOlns-)
Or, si m'aviez, par vos
tragiques foins,
Toutde nouveau fait couler
dans les veines
Le même fang & les me.
mes esprits,
Qui m'arumoient à vingt.
ans, que de peines
J'aurois encor sous le joug,
de Cypris!
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Résumé : PAR Mr. V. A Mr. DE** Qui lui avoit envoyé un Remede pour la Fiévre.
Le texte relate une conversation entre deux individus au sujet d'un remède contre la fièvre. Le premier interlocuteur, après avoir pris ce remède, le décrit comme ayant des propriétés divines et mystérieuses. Il raconte une vision où la déesse Santé apparaît, accompagnée de divers dieux tels que Bacchus, l'Amour et le Sommeil. Chacun de ces dieux occupe une place spécifique dans son corps, apportant santé et bien-être. Le narrateur voit la fièvre s'enfuir comme un lièvre effrayé. Il exprime ensuite un doute sur son âge, craignant que le remède ne lui ait redonné la santé et la vigueur de sa jeunesse, ce qui pourrait entraîner des désirs et des peines amoureuses. Il mentionne avoir trente-sept ans et s'inquiète des conséquences possibles de ce remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1424
p. 34-47
ODE NOUVELLE à Monsieur de M.
Début :
O ! Muse, en ces momens, où libre en cette table, [...]
Mots clefs :
Muse, Peine, Héros, Esprit, Raison, Dieux, Cieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE NOUVELLE à Monsieur de M.
ODENOUVELLE
à Monsieurde M. O !Muse, en ces
momens,
où libre en
cette table,
J'y voy mes airs suivis de
ce bruit favorable,,
Qui me rend aujourd'huy
le plus fier des. humains
,
Viens,toi-même, & metsmoi
la Lyre entre les
mains,
Que mes doigts en tirant
le son le plus aimable,
De tes pompeux accords, de tes accens divins
Rende l'usage à nos sestins.
*
Commençons; je connois
à l'ardeur quim'inspire
Que Pollymnie est en ces
lieux:
Oüi, je ce reconnois,&
chacun dans ses yeux
Avec transport me laisse
Ce que peuvent sur nous
* C'ctoiclacourume chezles Anciens
de chanter aprèsles grandsrepas.
- Cytharâ crinitus Iota:
Personat auratâ.
Virg.Hom.dansl'Iliade&l'Odyr.,
tes sons harmonieux,
Mais n'entreprenons point
de dire
Les exploits des Heros, la
naissance des Dieux:
Comment d'un seul regard
ébranlant son Empire
Jupiter fait trembler & la
terre & les Cieux;
Ce qui forme les vents, ce
qui fait le tonnere,
Comment chaque lasson a
partagé la terre,
Ce retour si confiant &
des nuits & desjours
Entre tant. de [ujets sublimes,
Que toy seul aujourdhuy
sois l'objet de nos rimes;
Chantonsla gloire deton.
cours.
Où fuis-je? & dans cette
carriere *
Doù je vois. s'élever fous
les pieds des chevaux
Cette épaisse & noble
poussiere
Dontse viennent couvrir
mille jeunes rivaux,
Quel mortel ** assis les
couronne?
Cette foule qui l'environne
* Jeux Olimpiques.
-** Pindare.
De sa voix leule attend le
prix de sestravaux.
Sur quel ton monte-t-il sa
lyre?
Et comment pourrai
-
je
décrire
Ses ambitieuses chan[onst
L'air s'ouvre devant luy de
l'un à l'autrePôle,
Comme un Cygne écla,
tant loin de nous il
s'envole,
Et la hauteur du Ciel est
celle de Tes fons.
Mufe, avec tant d'efforts
à peine turelpires,
Mais, aimable Sapho, je
t'entends, tu soupires,
~Tucedesàl'amour quiposfede
tes sens.
Bien Ppluisnddouacermee,nt que- ru fais que la raison s'é-
1 gare,
Bacchus nous ranime, &
pour plaire
Il prend cette lyre legere
Qu'Anacreontouche pour
luy,
A sa voix le plaisir se répand
surla
terre,
Et partout il livre la guerre
Aux soins, à la peine, à
l'ennui.
De ses sons le galantHorace
Parant sesaccords avec
grace,
- Aux bords les plus fleuris
va dérober le rhim,
Plus diligentque n'etf une
abeille au matin.
Que loüerai-je le plus,ou
sa cadence juste,
Ou de ses vers aisezle tour
ingenieux?
Par sa main l'immortel
Auguste
Boit le même nectar qu'-
Hebé
Hebé dispense aux
Dieux:
Mais sa lyre avec luy s'enferme
fous sa tombe;
En vain, sans qu'un beau
feu daigne au moins
l'éclairer,
Ronsard chez nos ayeux
cherche à la retirer:
Sous ses vains efforts il
succombe,
Et couvert du mépris plus
cruel que l'oubli,
Sous son obscure audace
il reste enseveli.
Mais l'ordre des arts pour
nouschange,
Lordre des temps enfin
& s'explique ôc s'arrange,
Et commençant l'éclat
du.
Parnasse François,
Nous donne de Malherbe
ôc l'oreille, & la
1.
voix.
Quels accords épurez
quels nombres pleins
de charmes,
Soit que,cos'manimbanat tausX,),
Il suive au milieu des aIJf'
larmes J"
Un Roy qui soumet tout
à l'effort de son bras;
Soit que triomphant de
l'envie,
Dans la paix des plaisirs
suivie
Il peigne ce Héros le front
orné de fleurs,
Et que luy faisantplaindre
uneamoureuse
peine
Il touche la Nymphe de
Seine
De fès incurables douleurs.
*
C'en est fait
,
& le Ciel
acheve;
De-ces Maîtres fameux
* Vers imitez de Malherbe.
je vois un jeune Eleve*
Qui fixe de nos airs &c
l'éclat &le son:
Espritjuste, esprit vrai,
aue sa force admirable
!
Du Pinde & du Lycée a
fait le nourisson,
Et qui nereconnoît pour:,
beauté veritable '?
Que celle qui veut bien
avoüer la raison.
Muse, joüis dans luy du
comble de la gloire;
Ce mortel si content au*
temple de Memoire 11
* M. dela Mothe.
Avec pompe en ce jour
à nos yeux est conduit;
Unimmortel éclat le
suit,
Il obtient à son gré cet
honneur qu'il desire;
Ah ! qu'on ouvre ce tempIe,
& que chacun
admire
Ces Héros que l'esprit y
rassemble à nos yeux:
* * * entr'eux place sa
lyre
Plus brillante en ces lieux
où le mérite aspire,
Que celled'Arion, qui
brille au haut des
Cieux.
M***
?
Estimateur aimable
Du mérite de nos écrits,
Qui prendroit bien des
tiens le tour inimitable,
Seroit sûr d'emporter le
prix.
Par toy déja deux fois admis
dans le mystere
De tes ouvrages si brillans,
J'ai vu pour les beaux arts
ton goût hereditaire,
Un naturel aisé, les plus
rares talens.
J'ai vû que, ta muse facile
Sur le Pinde avec grace
affermissant tes pas,
Tu ferois sans peine Virgile,
Si tu n)étois pas né du rang
de Mecoenas.
à Monsieurde M. O !Muse, en ces
momens,
où libre en
cette table,
J'y voy mes airs suivis de
ce bruit favorable,,
Qui me rend aujourd'huy
le plus fier des. humains
,
Viens,toi-même, & metsmoi
la Lyre entre les
mains,
Que mes doigts en tirant
le son le plus aimable,
De tes pompeux accords, de tes accens divins
Rende l'usage à nos sestins.
*
Commençons; je connois
à l'ardeur quim'inspire
Que Pollymnie est en ces
lieux:
Oüi, je ce reconnois,&
chacun dans ses yeux
Avec transport me laisse
Ce que peuvent sur nous
* C'ctoiclacourume chezles Anciens
de chanter aprèsles grandsrepas.
- Cytharâ crinitus Iota:
Personat auratâ.
Virg.Hom.dansl'Iliade&l'Odyr.,
tes sons harmonieux,
Mais n'entreprenons point
de dire
Les exploits des Heros, la
naissance des Dieux:
Comment d'un seul regard
ébranlant son Empire
Jupiter fait trembler & la
terre & les Cieux;
Ce qui forme les vents, ce
qui fait le tonnere,
Comment chaque lasson a
partagé la terre,
Ce retour si confiant &
des nuits & desjours
Entre tant. de [ujets sublimes,
Que toy seul aujourdhuy
sois l'objet de nos rimes;
Chantonsla gloire deton.
cours.
Où fuis-je? & dans cette
carriere *
Doù je vois. s'élever fous
les pieds des chevaux
Cette épaisse & noble
poussiere
Dontse viennent couvrir
mille jeunes rivaux,
Quel mortel ** assis les
couronne?
Cette foule qui l'environne
* Jeux Olimpiques.
-** Pindare.
De sa voix leule attend le
prix de sestravaux.
Sur quel ton monte-t-il sa
lyre?
Et comment pourrai
-
je
décrire
Ses ambitieuses chan[onst
L'air s'ouvre devant luy de
l'un à l'autrePôle,
Comme un Cygne écla,
tant loin de nous il
s'envole,
Et la hauteur du Ciel est
celle de Tes fons.
Mufe, avec tant d'efforts
à peine turelpires,
Mais, aimable Sapho, je
t'entends, tu soupires,
~Tucedesàl'amour quiposfede
tes sens.
Bien Ppluisnddouacermee,nt que- ru fais que la raison s'é-
1 gare,
Bacchus nous ranime, &
pour plaire
Il prend cette lyre legere
Qu'Anacreontouche pour
luy,
A sa voix le plaisir se répand
surla
terre,
Et partout il livre la guerre
Aux soins, à la peine, à
l'ennui.
De ses sons le galantHorace
Parant sesaccords avec
grace,
- Aux bords les plus fleuris
va dérober le rhim,
Plus diligentque n'etf une
abeille au matin.
Que loüerai-je le plus,ou
sa cadence juste,
Ou de ses vers aisezle tour
ingenieux?
Par sa main l'immortel
Auguste
Boit le même nectar qu'-
Hebé
Hebé dispense aux
Dieux:
Mais sa lyre avec luy s'enferme
fous sa tombe;
En vain, sans qu'un beau
feu daigne au moins
l'éclairer,
Ronsard chez nos ayeux
cherche à la retirer:
Sous ses vains efforts il
succombe,
Et couvert du mépris plus
cruel que l'oubli,
Sous son obscure audace
il reste enseveli.
Mais l'ordre des arts pour
nouschange,
Lordre des temps enfin
& s'explique ôc s'arrange,
Et commençant l'éclat
du.
Parnasse François,
Nous donne de Malherbe
ôc l'oreille, & la
1.
voix.
Quels accords épurez
quels nombres pleins
de charmes,
Soit que,cos'manimbanat tausX,),
Il suive au milieu des aIJf'
larmes J"
Un Roy qui soumet tout
à l'effort de son bras;
Soit que triomphant de
l'envie,
Dans la paix des plaisirs
suivie
Il peigne ce Héros le front
orné de fleurs,
Et que luy faisantplaindre
uneamoureuse
peine
Il touche la Nymphe de
Seine
De fès incurables douleurs.
*
C'en est fait
,
& le Ciel
acheve;
De-ces Maîtres fameux
* Vers imitez de Malherbe.
je vois un jeune Eleve*
Qui fixe de nos airs &c
l'éclat &le son:
Espritjuste, esprit vrai,
aue sa force admirable
!
Du Pinde & du Lycée a
fait le nourisson,
Et qui nereconnoît pour:,
beauté veritable '?
Que celle qui veut bien
avoüer la raison.
Muse, joüis dans luy du
comble de la gloire;
Ce mortel si content au*
temple de Memoire 11
* M. dela Mothe.
Avec pompe en ce jour
à nos yeux est conduit;
Unimmortel éclat le
suit,
Il obtient à son gré cet
honneur qu'il desire;
Ah ! qu'on ouvre ce tempIe,
& que chacun
admire
Ces Héros que l'esprit y
rassemble à nos yeux:
* * * entr'eux place sa
lyre
Plus brillante en ces lieux
où le mérite aspire,
Que celled'Arion, qui
brille au haut des
Cieux.
M***
?
Estimateur aimable
Du mérite de nos écrits,
Qui prendroit bien des
tiens le tour inimitable,
Seroit sûr d'emporter le
prix.
Par toy déja deux fois admis
dans le mystere
De tes ouvrages si brillans,
J'ai vu pour les beaux arts
ton goût hereditaire,
Un naturel aisé, les plus
rares talens.
J'ai vû que, ta muse facile
Sur le Pinde avec grace
affermissant tes pas,
Tu ferois sans peine Virgile,
Si tu n)étois pas né du rang
de Mecoenas.
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Résumé : ODE NOUVELLE à Monsieur de M.
Le texte est une ode dédiée à un muse, probablement un poète ou un musicien, célébrant sa gloire et son talent. L'auteur exprime sa fierté et son inspiration en présence de ce muse, le comparant à des figures mythologiques et historiques renommées pour leur maîtrise des arts. Il mentionne divers poètes et musiciens antiques et modernes, tels que Homère, Virgile, Pindare, Sapho, Anacréon, Horace, et Malherbe, soulignant leurs contributions et leurs styles distincts. L'auteur décrit ensuite l'évolution des arts et la transition vers la poésie française, mettant en lumière l'influence de Malherbe. Il célèbre un jeune élève, probablement un poète contemporain, qui incarne la perfection des arts et la raison. Ce jeune poète est conduit au temple de la Mémoire, où il est honoré pour son mérite et son talent. Enfin, l'auteur adresse des éloges à un estimateur des beaux-arts, soulignant son goût héréditaire et ses talents rares, et exprime son admiration pour ses œuvres brillantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1425
p. 5-14
THETIS, Cantate. Sur le recouvrement de la santé de Monseigneur le Comte de Toulouse.
Début :
Nereïdes, plaignez ma peine ; [...]
Mots clefs :
Cantate, Santé, Douleur, Rétablissement, Comte de Toulouse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : THETIS, Cantate. Sur le recouvrement de la santé de Monseigneur le Comte de Toulouse.
THETIS,
Cantate.
Sur lerecouvrement delasanté
de Monseigneur le Comte
deToulouse.
THETIS.
Nercïdes, plaignez ma. pei
ne ;
Pleurez, pleurez
;
Soeurs
, mes
Cet aimable Héros, si cher
ànostre Reine
Est livré par le Sort aux plus
vives douleurs.
Plaignez ma tendresse
inutile
Qui n'a pû du Destin desar
mer les rigueurs;
Helas les maux même
d'Achile
Ne m'ont pas coûté plus
de pleurs.
Chœur des Nerti'des.
Messons nos soupirs
à ses
larmes,
Frapons l'air de nos cris
;
Denos vives alarmes
Queles rochers soient at
tendris.
THETIS.
**
Qu'avec plaisir en luy je re
voyois les charmes
Et le courage de mon fils.
* Les Nereïdes.
Menonsnossoupirsà ses lar
mes
Frapons l'air de nos cris.
THE TI S.
O Sort.injuste Sort épuise
tutes armes
:':JSur tout ce qui plaistà
Thetis ?
Les Nereïdes,
Denosvives alarmes
Que les rochers soient ac
rendris.-i 11
Symphonie.
;
THETIS..
Quelle clarté penetre en ces
grottes profondes?
Cetéclat du Soleil m'annon
ce le retour,
Ce Dieu qui rentre fous
:
les ondes
Va sur ce queje crains éclair
cir monamour.
APOLLON.
Consolez- vous belle
Decfle
THETIS.
Vous avez vû dans vôtre
cours
Cet aimableHeros pour qui
je m'interesse.
APOLLON.
Consolez- vous belle
Deesse,
Vous n'avez rien à crain
dre pour ses jours:
La Parque avoit sur luy levé
son bras perfide.
Je l'ay vû sans fremir regar
der le trépas;
Auseinde la douleuril estoit
intrepide,
Et plus Héros encore qu'au
milieu des combats.
Mais la Parque n'a fairqu'u
ne menace vaine,
Un des fis d Esculape a dé
tourné sescoups,
Et pour vostre Heros force
encorl'inhumaine
De filer les jours les plus
doux.
D'un nom celebre, ou d'un
bonheur durable
Achille jadiseue 1-e
choix,-M>iis au Fils de Louis le
Sort plusfavorable
Veut les accorder à la
fois
TH
ETIS.
Ociel ! aprés un troubleex
trême
Qjie le calmea d'attraits!
Le Destin me rend ce que
j'aime;
Je pardonne au Destin tous
lesmauxqu'il m'afaits.
Venez
, bruyans Tritons ,
venez, tendres sirencs,
Apprenez par vos chants
mon bonheur auxZephirs,
Vous partagiez mes pei
nes,
Partagezmesplaisirs.
Chœur.
Apprenons par nos chants
son bonheur aux Zephirs
,
,
Nous partagions ses pei
nes
Partageons ses plaisirs.
Cette Piece qui est de M
de la Morhe, a esté miseen
Musique par Mr de Ville
neuve
, &a esté executée le
4.Janvier par la Musiquede
Monsieur le Comte de Tou
louse, en presence de Mada
me la Duchesse d Orléans.
Il en plus rare de trouver
des Achilles de fang froid
dans l'accablement d'une
maladie cruelle ,
qu'au mi
lieu des combats, où l'am
bition & lagloire nous fou
tiennent
; l'yvresse de ces,
deuxpassions en nous étour
dissantnous cache lamoitié
du peril. Un Guerrier est
animé par l'exemple de ceux
qui l'environnent, tous ces
grands appareils de guerre
inspirentquelquefoisducou
rage à ceux même quin'en
ont point; mais le triste ap
pareilqu'étale la Chirurgie
fait souvent trembler ceux
qu'on a vûs intrepides dans
les combats
; je prefertrois
peut estre
à l'intrepidiré
guerriere cette fermeté d'a
me qui fait supporter sans
sourciller les douleurs les
plus violences; mais je n'ay
pas besoin lCY de l'art des
Panegiristes qui élevent tou
jours au-dessus des autres
vertus celle qui dominedans
le Heros du jour, puisque le
Prince dont
il s'agir icy pos
sede à un degré égal& la
fermeté d'ame & la valeur
& la bonté du cœur, sans
laquelle toutes les autres ver
tus ne meritent point de ve
ritables loüanges
Cantate.
Sur lerecouvrement delasanté
de Monseigneur le Comte
deToulouse.
THETIS.
Nercïdes, plaignez ma. pei
ne ;
Pleurez, pleurez
;
Soeurs
, mes
Cet aimable Héros, si cher
ànostre Reine
Est livré par le Sort aux plus
vives douleurs.
Plaignez ma tendresse
inutile
Qui n'a pû du Destin desar
mer les rigueurs;
Helas les maux même
d'Achile
Ne m'ont pas coûté plus
de pleurs.
Chœur des Nerti'des.
Messons nos soupirs
à ses
larmes,
Frapons l'air de nos cris
;
Denos vives alarmes
Queles rochers soient at
tendris.
THETIS.
**
Qu'avec plaisir en luy je re
voyois les charmes
Et le courage de mon fils.
* Les Nereïdes.
Menonsnossoupirsà ses lar
mes
Frapons l'air de nos cris.
THE TI S.
O Sort.injuste Sort épuise
tutes armes
:':JSur tout ce qui plaistà
Thetis ?
Les Nereïdes,
Denosvives alarmes
Que les rochers soient ac
rendris.-i 11
Symphonie.
;
THETIS..
Quelle clarté penetre en ces
grottes profondes?
Cetéclat du Soleil m'annon
ce le retour,
Ce Dieu qui rentre fous
:
les ondes
Va sur ce queje crains éclair
cir monamour.
APOLLON.
Consolez- vous belle
Decfle
THETIS.
Vous avez vû dans vôtre
cours
Cet aimableHeros pour qui
je m'interesse.
APOLLON.
Consolez- vous belle
Deesse,
Vous n'avez rien à crain
dre pour ses jours:
La Parque avoit sur luy levé
son bras perfide.
Je l'ay vû sans fremir regar
der le trépas;
Auseinde la douleuril estoit
intrepide,
Et plus Héros encore qu'au
milieu des combats.
Mais la Parque n'a fairqu'u
ne menace vaine,
Un des fis d Esculape a dé
tourné sescoups,
Et pour vostre Heros force
encorl'inhumaine
De filer les jours les plus
doux.
D'un nom celebre, ou d'un
bonheur durable
Achille jadiseue 1-e
choix,-M>iis au Fils de Louis le
Sort plusfavorable
Veut les accorder à la
fois
TH
ETIS.
Ociel ! aprés un troubleex
trême
Qjie le calmea d'attraits!
Le Destin me rend ce que
j'aime;
Je pardonne au Destin tous
lesmauxqu'il m'afaits.
Venez
, bruyans Tritons ,
venez, tendres sirencs,
Apprenez par vos chants
mon bonheur auxZephirs,
Vous partagiez mes pei
nes,
Partagezmesplaisirs.
Chœur.
Apprenons par nos chants
son bonheur aux Zephirs
,
,
Nous partagions ses pei
nes
Partageons ses plaisirs.
Cette Piece qui est de M
de la Morhe, a esté miseen
Musique par Mr de Ville
neuve
, &a esté executée le
4.Janvier par la Musiquede
Monsieur le Comte de Tou
louse, en presence de Mada
me la Duchesse d Orléans.
Il en plus rare de trouver
des Achilles de fang froid
dans l'accablement d'une
maladie cruelle ,
qu'au mi
lieu des combats, où l'am
bition & lagloire nous fou
tiennent
; l'yvresse de ces,
deuxpassions en nous étour
dissantnous cache lamoitié
du peril. Un Guerrier est
animé par l'exemple de ceux
qui l'environnent, tous ces
grands appareils de guerre
inspirentquelquefoisducou
rage à ceux même quin'en
ont point; mais le triste ap
pareilqu'étale la Chirurgie
fait souvent trembler ceux
qu'on a vûs intrepides dans
les combats
; je prefertrois
peut estre
à l'intrepidiré
guerriere cette fermeté d'a
me qui fait supporter sans
sourciller les douleurs les
plus violences; mais je n'ay
pas besoin lCY de l'art des
Panegiristes qui élevent tou
jours au-dessus des autres
vertus celle qui dominedans
le Heros du jour, puisque le
Prince dont
il s'agir icy pos
sede à un degré égal& la
fermeté d'ame & la valeur
& la bonté du cœur, sans
laquelle toutes les autres ver
tus ne meritent point de ve
ritables loüanges
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Résumé : THETIS, Cantate. Sur le recouvrement de la santé de Monseigneur le Comte de Toulouse.
La cantate 'Thétis' célèbre la guérison du Comte de Toulouse. Thétis, mère d'Achille, exprime sa douleur face aux souffrances de son fils, comparant ses maux à ceux d'Achille. Les Néréides partagent sa peine. Une lumière annonce le retour d'Apollon, qui révèle que le Comte a surmonté une menace de mort grâce à un fils d'Esculape. Apollon compare le destin favorable du Comte à celui d'Achille, soulignant que le Comte bénéficie d'un nom célèbre et d'un bonheur durable. Thétis, apaisée, exprime sa joie et invite les Tritons et les sirènes à célébrer ce bonheur. La pièce, écrite par M. de La Morlière et mise en musique par M. de Villeneuve, a été exécutée le 4 janvier en présence de Madame la Duchesse d'Orléans. Le texte loue le Comte de Toulouse pour sa fermeté, sa valeur et sa bonté de cœur, soulignant la rareté des héros intrépides face à la maladie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1426
p. 87-91
ODE DE MONSIEUR DE LA MOTTE.
Début :
Dans le temps qu'au Dieu du Permesse [...]
Mots clefs :
Poésie, Critique poétique, Louanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE DE MONSIEUR DE LA MOTTE.
ODE
DE MONSIEUR
DE LAMOTTE.
DAns le temps qu'au
Dieu du Permesse
J'adreubis mon premier
tribut,
Heureux fruit de ma douce yvresse,
Ce Dieu lui-même m'apparut.
Deux Déesses suivoieny ses
, traces, -
L'une à l'œil sier, au front
bautain;1r
L'autre avec un ris plein
de grâces
Savançoit l'encens à la
main.
C'est la loüange ôcla critique,
tique,
Me dit Phœbus, choisis
des deux,
Qui dans la lice poëtique
Guidera ces pas hazardeux.
Phœbus me quitte, & la
louange
Confuse de mon peu d'égard
, Disparoît & déja se vange
Avec un dédaigneux regards
L'autre prés de moy prend
sa place,
Et l'arbitre demesécritsi
Elle ôte, elleajoute, elle
efface,
A chaque chosemet son
prix.
Elle veut la raison , pour
baze
De mes plus badines chansons -
Chicane les mots & la
phrase,
Va même à critiquer les
sons.
Elle orne sifIbienma penlec'
,
,;..,
Et met tant d'art dans mes
accords,
Qu'enfin la loüange est
forcée
De me rapporter ses trésors.
Je goûte aujourd'hui le
mélange
Il De leurs différentes faveurs,
Et la critique, & la loüange
Vivent avec moy comme
soeurs
DE MONSIEUR
DE LAMOTTE.
DAns le temps qu'au
Dieu du Permesse
J'adreubis mon premier
tribut,
Heureux fruit de ma douce yvresse,
Ce Dieu lui-même m'apparut.
Deux Déesses suivoieny ses
, traces, -
L'une à l'œil sier, au front
bautain;1r
L'autre avec un ris plein
de grâces
Savançoit l'encens à la
main.
C'est la loüange ôcla critique,
tique,
Me dit Phœbus, choisis
des deux,
Qui dans la lice poëtique
Guidera ces pas hazardeux.
Phœbus me quitte, & la
louange
Confuse de mon peu d'égard
, Disparoît & déja se vange
Avec un dédaigneux regards
L'autre prés de moy prend
sa place,
Et l'arbitre demesécritsi
Elle ôte, elleajoute, elle
efface,
A chaque chosemet son
prix.
Elle veut la raison , pour
baze
De mes plus badines chansons -
Chicane les mots & la
phrase,
Va même à critiquer les
sons.
Elle orne sifIbienma penlec'
,
,;..,
Et met tant d'art dans mes
accords,
Qu'enfin la loüange est
forcée
De me rapporter ses trésors.
Je goûte aujourd'hui le
mélange
Il De leurs différentes faveurs,
Et la critique, & la loüange
Vivent avec moy comme
soeurs
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Résumé : ODE DE MONSIEUR DE LA MOTTE.
Dans l''ODE' de Monsieur de Lamotte, le poète relate une apparition divine lors de son premier hommage au dieu du Permesse. Phœbus, accompagné de deux déesses représentant respectivement la louange et la critique, demande au poète de choisir entre elles pour guider ses pas dans la lice poétique. La louange, offensée par l'hésitation du poète, disparaît. La critique prend alors sa place, corrigeant et améliorant les œuvres du poète avec précision et art. Finalement, le poète parvient à harmoniser la critique et la louange, qui coexistent en lui comme des sœurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1427
p. 92-93
MADRIGAL NOUVEAU à une femme jalouse.
Début :
Surmontez les transports de cette jalousie, [...]
Mots clefs :
Jalousie, Femme jalouse, Amabilité, Amour, Madrigal, Surmonter la jalousie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL NOUVEAU à une femme jalouse.
MADRIGAL NOUVEAU
à une femme jalouse.
SUrmontez les transports
de cettejalouseie,
Les chagrins & l'emportement
Ne ramenent point un
amantL'implacable Junon, la
terrib le Mede'e,
En proye aux mouvemens
,;,; i
jaloux,
Dont vous êtes si possedée,
Ont fait trembler, frémir
leurs amans, leurs
époux,
Lisez de leurs fureurs l'histoire déplorable;
Lisez-la pour en profiter.
L'une s'est fait haïr, &,
-
l'autre redouter,
Mais pour se faire aimer
il faut se rendre aimable.
à une femme jalouse.
SUrmontez les transports
de cettejalouseie,
Les chagrins & l'emportement
Ne ramenent point un
amantL'implacable Junon, la
terrib le Mede'e,
En proye aux mouvemens
,;,; i
jaloux,
Dont vous êtes si possedée,
Ont fait trembler, frémir
leurs amans, leurs
époux,
Lisez de leurs fureurs l'histoire déplorable;
Lisez-la pour en profiter.
L'une s'est fait haïr, &,
-
l'autre redouter,
Mais pour se faire aimer
il faut se rendre aimable.
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1428
p. 93-94
MADRIGAL, Par la jeune Muse, ainsi surnommée par tous ceux qui ont du goût pour la Poësie, parce qu'elle a, entre les autres qualitez qui la distinguent, le naturel le plus heureux pour la Poësie.
Début :
Quand le sage Damon dit que d'un trait mortel [...]
Mots clefs :
Madrigal, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL, Par la jeune Muse, ainsi surnommée par tous ceux qui ont du goût pour la Poësie, parce qu'elle a, entre les autres qualitez qui la distinguent, le naturel le plus heureux pour la Poësie.
MADRIGAL, <
ParlajeuneAiuferainsisurnommee par tous ceux qui ont du goût
-
pourla PÚfte, parcegoellee,
entre les autres qualitt;{.,qui la Ji.
-
flinguent) le naturel le plus hetiç
'feux pour laPoè'fieQUand le sage Damon
dit qued'un trait mortel
L'Amour blesseles coeurs
sans qu'ilsoientle plaindre,
Quecest un Dieu traître
& cruel;
L'Amour pour moy n'est
point a
craindre:
Mais quand le jeune Atis
me vient dire à son tour,
Ce Dieu n'est qu'un en- fant, doux, caressant,
aimable,
Plus beau mille fois que
le jour,
Queje le trouve redoutable
ParlajeuneAiuferainsisurnommee par tous ceux qui ont du goût
-
pourla PÚfte, parcegoellee,
entre les autres qualitt;{.,qui la Ji.
-
flinguent) le naturel le plus hetiç
'feux pour laPoè'fieQUand le sage Damon
dit qued'un trait mortel
L'Amour blesseles coeurs
sans qu'ilsoientle plaindre,
Quecest un Dieu traître
& cruel;
L'Amour pour moy n'est
point a
craindre:
Mais quand le jeune Atis
me vient dire à son tour,
Ce Dieu n'est qu'un en- fant, doux, caressant,
aimable,
Plus beau mille fois que
le jour,
Queje le trouve redoutable
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Résumé : MADRIGAL, Par la jeune Muse, ainsi surnommée par tous ceux qui ont du goût pour la Poësie, parce qu'elle a, entre les autres qualitez qui la distinguent, le naturel le plus heureux pour la Poësie.
Le madrigal explore la poésie et l'amour. La poésie doit être naturelle et sincère. Damon voit l'amour comme un dieu traître et cruel, tandis qu'Atis le décrit comme un enfant doux. Le locuteur craint l'amour malgré sa beauté. Le texte met en avant la complexité des perceptions de l'amour, entre peur et admiration.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1429
p. 166-171
Vers sur l'inconstance par feu Mr P...
Début :
La constance & la foy ne sont que de vains noms, [...]
Mots clefs :
Inconstance, Confiance, Amour, Commerce amoureux, Soupirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers sur l'inconstance par feu Mr P...
Vers sur £inconstance
par feu Mr P
La confiance f5 lafoj ne
font que de vains noms,
Dont les laides es les
barbons
Taschent d'en;bara[ferla
jew/ejjecvcduie,
Pour retenir toujours
dans leurs herisahveux
Parle char?r:e d'un faux
ferapule
,
Ceux qu'un juste de^ouft
a
cLajJt de chez, etix,
Cupidonsous les lolx de la
si'mple nature,
Réduit tout ce fait
soupirer icy bas,
Ilnepunit jamaisrebelle
ny parjure;
C'estun empire
*
qm nedure
Qu'autant queses Sujets Jtrouvent des appas.
Des qu'un
-
objetcesse de
plaire,
Le commerce amoureux
aujjîtofl doitifnir,
Et l'effetdesifrmi-ns?/eji
plus qu'une ilhnere
,
La perte du pLiifir qui
nous les afait faire,
Nous dispensé de les tenir.
&Amourdeson {!::f';;n est
tousjoursseul le '?y
Et
Etsansque noussçachions
nypourquoy nycommenty
Comme dansnostre cœur
a toute heure il peut
naistre,
Il en peut malgré nous
sortir a tout moment.
ZJliffe qui parfafagtjJeJ
Futsivantédedans la
Grece,
Quoyqu'amoureux f5
bien traité,
Refusal'immortalité,
ji la charge d'aimertous,
joursuneDeesse,
Aimez.., tant que l'amour
•.
unira ruas esprits,
Mais ne vous piquez,
point d'une follecon-
,
stance,
Et n'attendez, pas que i'altfence,
Ou le degoust
,
ou les
mépris
Vousfajfentfairepenitece
i
Desplasirs que vous
4nurçzjpris.
Quandonfent mourirsa
tendresse,
Qu'onbâille auprès d'une
maiflrefje,
Et que le cœur riejtplus
content,
Queservent les efforts
qu'onfaitpourle Pdro
ifire,
L'honneur depasserpeur
constiant,
Ne vautpas la peine de
l'estre.
par feu Mr P
La confiance f5 lafoj ne
font que de vains noms,
Dont les laides es les
barbons
Taschent d'en;bara[ferla
jew/ejjecvcduie,
Pour retenir toujours
dans leurs herisahveux
Parle char?r:e d'un faux
ferapule
,
Ceux qu'un juste de^ouft
a
cLajJt de chez, etix,
Cupidonsous les lolx de la
si'mple nature,
Réduit tout ce fait
soupirer icy bas,
Ilnepunit jamaisrebelle
ny parjure;
C'estun empire
*
qm nedure
Qu'autant queses Sujets Jtrouvent des appas.
Des qu'un
-
objetcesse de
plaire,
Le commerce amoureux
aujjîtofl doitifnir,
Et l'effetdesifrmi-ns?/eji
plus qu'une ilhnere
,
La perte du pLiifir qui
nous les afait faire,
Nous dispensé de les tenir.
&Amourdeson {!::f';;n est
tousjoursseul le '?y
Et
Etsansque noussçachions
nypourquoy nycommenty
Comme dansnostre cœur
a toute heure il peut
naistre,
Il en peut malgré nous
sortir a tout moment.
ZJliffe qui parfafagtjJeJ
Futsivantédedans la
Grece,
Quoyqu'amoureux f5
bien traité,
Refusal'immortalité,
ji la charge d'aimertous,
joursuneDeesse,
Aimez.., tant que l'amour
•.
unira ruas esprits,
Mais ne vous piquez,
point d'une follecon-
,
stance,
Et n'attendez, pas que i'altfence,
Ou le degoust
,
ou les
mépris
Vousfajfentfairepenitece
i
Desplasirs que vous
4nurçzjpris.
Quandonfent mourirsa
tendresse,
Qu'onbâille auprès d'une
maiflrefje,
Et que le cœur riejtplus
content,
Queservent les efforts
qu'onfaitpourle Pdro
ifire,
L'honneur depasserpeur
constiant,
Ne vautpas la peine de
l'estre.
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Résumé : Vers sur l'inconstance par feu Mr P...
Le poème 'Vers sur l'inconstance' de feu Mr P examine la nature éphémère et trompeuse de la confiance et de l'amour. Les auteurs, souvent des vieillards, utilisent des artifices pour maintenir l'attachement des autres, mais ces efforts sont vains. L'amour, gouverné par Cupidon, ne punit jamais les rebelles ou les parjures et dure seulement tant que les sujets trouvent des attraits dans l'objet de leur affection. Dès qu'un objet cesse de plaire, le commerce amoureux doit prendre fin. L'amour est souvent inconstant et imprévisible, naissant et disparaissant sans raison apparente. Le poète cite l'exemple de Hyacinthe, qui refusa l'immortalité pour éviter la charge d'aimer toujours une déesse. Il conseille d'aimer tant que l'amour unit les esprits, mais de ne pas s'engager dans une folle inconstance. Attendre que l'infidélité, le dégoût ou les mépris fassent regretter les plaisirs passés est vain. Lorsque la tendresse meurt, les efforts pour la raviver sont inutiles. L'honneur de passer pour constant ne vaut pas la peine d'être maintenu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1430
p. 193-199
CHANSON nouvelle.
Début :
Quand on a bû la tête tourne, tourne, tourne. [...]
Mots clefs :
Chansons à boire, Ivresse, Vin, Ivresse moralisante
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON nouvelle.
CHANSON
nouvelle.
f/Ai trouvé cetteChan-
~on dans mon porteeüille avec le titre de
Nouvelle, parce qu'elle
~toit nouvelle quand je
'eus faiteilyatroisans;
:llc l'est encor pour ceux
qui la verront, car elle
n'a point couru. J'aver-
:15 qu'ayant été compoce à tableelle doit être
chantéeentre deux vins,
le Carnaval peut aider
à faire entrer dans le caractere de l'air,quiest
fait pour exprimer une
demi yvresse, c'est-àdire une yvresse d'honnêtes gens,& pourainsi
dire, une yvresse moralisante, qui faittourner
la tête sans faire tourner l'esprit.
I. Couplet.
Q-vand
on a
bû la tete
tourne, tourne,tourne. A jeun la teste tourne
aujji, ,
tou$i mortel la tefie
tourne, t. f.
Lefa%e nous le dit ainfx
Et moyje,disquandla
testeme tourne,
Sagement je dis:
Heureux celui dont la
,
teste
ne
tourne
Qjiatable avec[es amis.
2. Couplet.
Qu'entre nous la bou-
~/7~
Et nous enyvre à coups
égAUXy
Qu'à la ronde son beau
feu tourne,t.t.
Tourne & retourne nos
cerveaux.
Si de sang froid le meilleur esprit tourne
Toûjours de travers,
Ne craignons point que
le vinle retourne,
SerA-t-.jlpi.! à l'envers?
3. Couplet.
Ce Courtisan dont l'esprit
tourne,t.t.
Paroîtra sincere aux
fins,
En vous caressantilvous
tourne t. t-idIl qjom faitaller à ses
fins,
Son cœur, àfroidjamais
au vrai ne tourne,
Toujours du travers,
Il trompe encor quand le
vin le retourne,
Cest un cœur à deux envers.
4. Couplet.
Prés de Phi/il la teste
tourne,t. t.
Quejesuis lœs desa rigueur,
Grand Dieu du vin, qui
lescœurstourne,t.t.*+
Enyvres-la de ta liqueur,
Qjtelle en prend bien ?
déjasonbel œil tourna
•
Quasi vers le mien,
Pourpeu que labouteille
elle retourne -','
Elle va tourner à bien
nouvelle.
f/Ai trouvé cetteChan-
~on dans mon porteeüille avec le titre de
Nouvelle, parce qu'elle
~toit nouvelle quand je
'eus faiteilyatroisans;
:llc l'est encor pour ceux
qui la verront, car elle
n'a point couru. J'aver-
:15 qu'ayant été compoce à tableelle doit être
chantéeentre deux vins,
le Carnaval peut aider
à faire entrer dans le caractere de l'air,quiest
fait pour exprimer une
demi yvresse, c'est-àdire une yvresse d'honnêtes gens,& pourainsi
dire, une yvresse moralisante, qui faittourner
la tête sans faire tourner l'esprit.
I. Couplet.
Q-vand
on a
bû la tete
tourne, tourne,tourne. A jeun la teste tourne
aujji, ,
tou$i mortel la tefie
tourne, t. f.
Lefa%e nous le dit ainfx
Et moyje,disquandla
testeme tourne,
Sagement je dis:
Heureux celui dont la
,
teste
ne
tourne
Qjiatable avec[es amis.
2. Couplet.
Qu'entre nous la bou-
~/7~
Et nous enyvre à coups
égAUXy
Qu'à la ronde son beau
feu tourne,t.t.
Tourne & retourne nos
cerveaux.
Si de sang froid le meilleur esprit tourne
Toûjours de travers,
Ne craignons point que
le vinle retourne,
SerA-t-.jlpi.! à l'envers?
3. Couplet.
Ce Courtisan dont l'esprit
tourne,t.t.
Paroîtra sincere aux
fins,
En vous caressantilvous
tourne t. t-idIl qjom faitaller à ses
fins,
Son cœur, àfroidjamais
au vrai ne tourne,
Toujours du travers,
Il trompe encor quand le
vin le retourne,
Cest un cœur à deux envers.
4. Couplet.
Prés de Phi/il la teste
tourne,t. t.
Quejesuis lœs desa rigueur,
Grand Dieu du vin, qui
lescœurstourne,t.t.*+
Enyvres-la de ta liqueur,
Qjtelle en prend bien ?
déjasonbel œil tourna
•
Quasi vers le mien,
Pourpeu que labouteille
elle retourne -','
Elle va tourner à bien
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Résumé : CHANSON nouvelle.
Le texte présente une chanson intitulée 'Nouvelle', composée il y a trente ans et toujours inédite. L'auteur recommande de la chanter 'entre deux vins', c'est-à-dire légèrement ivre, mais de manière morale et honnête. La chanson explore le thème de l'ivresse et ses effets sur les individus. Le premier couplet décrit la sensation de tête qui tourne, que ce soit ivre, à jeun ou même mort. L'auteur exprime l'envie de ne jamais voir sa tête tourner, même en buvant avec des amis. Le deuxième couplet parle de l'ivresse partagée entre amis, qui enivre de manière égale et fait tourner les cerveaux. Il souligne que même les meilleurs esprits peuvent tourner de travers, mais sans craindre que le vin retourne à l'envers. Le troisième couplet aborde la sincérité apparente d'un courtisan dont l'esprit tourne toujours de travers. Ce courtisan trompe même lorsqu'il est ivre, car il a un cœur à deux envers. Le quatrième couplet mentionne une personne près de Philippe, dont la tête tourne. L'auteur implore le 'Grand Dieu du vin' d'enivrer cette personne de sa liqueur, espérant qu'elle tourne à bien. La chanson se termine sur cette note d'espoir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1431
p. 263
REPONSE A LA QUESTION Qu'est-ce que le coeur a de commun avec l'esprit ?
Début :
Quoiqu'ils soient souvent en querelle, [...]
Mots clefs :
Coeur, Esprit
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texteReconnaissance textuelle : REPONSE A LA QUESTION Qu'est-ce que le coeur a de commun avec l'esprit ?
On A
reçu ces trou Articles
trop tard pour les placer dans
l'ordre le plus convenable.
REPONSE A LA QUESTION
Quest-ce que le cœur a
de COTTUmun avec l'esprit?
QUoiqu'ils soient souvent en querelle,.
Ma femme contre moy les
sçait bien accorder:
Ce qu'ils ont de commun
enelle,
C'elï qu'ils me font bien
enrager.
reçu ces trou Articles
trop tard pour les placer dans
l'ordre le plus convenable.
REPONSE A LA QUESTION
Quest-ce que le cœur a
de COTTUmun avec l'esprit?
QUoiqu'ils soient souvent en querelle,.
Ma femme contre moy les
sçait bien accorder:
Ce qu'ils ont de commun
enelle,
C'elï qu'ils me font bien
enrager.
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1432
p. 316-317
ENIGME.
Début :
Je suis né prisonnier, petit & méprisable, [...]
Mots clefs :
Pépin
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Jesuisnéprisonnier,petit
- &méprisable,
Souvent Je mes prisons
l'on me délivre à tables
J'engendredesenfans pri
sonniers comme moy , Etjeporte le nom d'un
Roy;
J*enfteme dans mon sein
l'imagedemon pere,
Je nesuis point le Dieu de
: lqedeCyihere;
J'habitepourtant dans les
-
coeurs.
Icy,Mortels,versez,des
pleurs;
Vn de mes logementsa
tuè'vofire.merey
Et vous causa bien des
malheurs.
Jesuisnéprisonnier,petit
- &méprisable,
Souvent Je mes prisons
l'on me délivre à tables
J'engendredesenfans pri
sonniers comme moy , Etjeporte le nom d'un
Roy;
J*enfteme dans mon sein
l'imagedemon pere,
Je nesuis point le Dieu de
: lqedeCyihere;
J'habitepourtant dans les
-
coeurs.
Icy,Mortels,versez,des
pleurs;
Vn de mes logementsa
tuè'vofire.merey
Et vous causa bien des
malheurs.
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1433
p. 318
AUTRE ENIGME.
Début :
Lorsque par de justes liens [...]
Mots clefs :
Masque
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
Lorsque par de justes liens
On sçait unir à moy celuy
qui meresemble,
Nous ne faisons plus qu'un
ensemble,
Je vois tout par Ces yeux, il
voit tout par les miens;
Si je luy fais tenir quelque
discours frivole,
En revanche je sçayluy couper
la parole.
Lorsque par de justes liens
On sçait unir à moy celuy
qui meresemble,
Nous ne faisons plus qu'un
ensemble,
Je vois tout par Ces yeux, il
voit tout par les miens;
Si je luy fais tenir quelque
discours frivole,
En revanche je sçayluy couper
la parole.
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1434
p. 75-78
Sur la Mort de M. le Dauphin, & de Madame la Dauphine.
Début :
Quel coup vient d'accabler la France ! [...]
Mots clefs :
Dauphin, Dauphine, Bienfaits, Ciel
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texteReconnaissance textuelle : Sur la Mort de M. le Dauphin, & de Madame la Dauphine.
Sur la Mort de M. le Dau.
bphin, & de Madame
wole la Dauphine.hove
Velcoup vient d'accabler la France !
3Le Ciel qui nousflatoit de
l'espoir le plus doux ,
D'un double trait de fon
courroux
Nous a ravi notre effe- Suders rance.
Gij
76 MERCURE
Louis ! Adelaide ! ab
mortelles douleurs !
Helas que nous perdons
de vertus & de
charmes ,
Que nous allons verfer
de pleurs.
Grand Dieu ! vous qui
caufez, nos larmes ,
Lorfquefenfible à nosfou
baits,
Vous vouliez vous montrer notre Dieu tutelaire ,
Nous ne meritionspas de
firares bienfaits:
GALANT. 77
Maispar quels horribles
forfaits
Meritons-nous tant de
colere?
Mais quoy le coup af
freux qui nous
confondus
Va-t-il mettre le comble
à nôtre ingratitude?
Ce même Ciel enfin qui
nous tient abattus ,
Nous conferveaumilien
d'une épreuvefi rude
Lafource detant de vertus.
Gij
78 MERCURE
Non il n'est point d'ame
? affez noire
Pour oublier ainsi le plus
grand des bienfaits.
Qu'il puiffe auffi longtemps regnerfurfes
fujets ,
Qu'il doit regner dans
leur memoire.
Vous peuples , jouiſſez
enpaix
Et de fes jours , & de
fa gloire:
Mais ne vous confolez
jamais.
bphin, & de Madame
wole la Dauphine.hove
Velcoup vient d'accabler la France !
3Le Ciel qui nousflatoit de
l'espoir le plus doux ,
D'un double trait de fon
courroux
Nous a ravi notre effe- Suders rance.
Gij
76 MERCURE
Louis ! Adelaide ! ab
mortelles douleurs !
Helas que nous perdons
de vertus & de
charmes ,
Que nous allons verfer
de pleurs.
Grand Dieu ! vous qui
caufez, nos larmes ,
Lorfquefenfible à nosfou
baits,
Vous vouliez vous montrer notre Dieu tutelaire ,
Nous ne meritionspas de
firares bienfaits:
GALANT. 77
Maispar quels horribles
forfaits
Meritons-nous tant de
colere?
Mais quoy le coup af
freux qui nous
confondus
Va-t-il mettre le comble
à nôtre ingratitude?
Ce même Ciel enfin qui
nous tient abattus ,
Nous conferveaumilien
d'une épreuvefi rude
Lafource detant de vertus.
Gij
78 MERCURE
Non il n'est point d'ame
? affez noire
Pour oublier ainsi le plus
grand des bienfaits.
Qu'il puiffe auffi longtemps regnerfurfes
fujets ,
Qu'il doit regner dans
leur memoire.
Vous peuples , jouiſſez
enpaix
Et de fes jours , & de
fa gloire:
Mais ne vous confolez
jamais.
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Résumé : Sur la Mort de M. le Dauphin, & de Madame la Dauphine.
Le poème funèbre annonce la mort du Dauphin et de la Dauphine, un événement qui a profondément affecté la France. Le poète exprime la douleur et la perte ressenties par la nation, soulignant la perte de vertus et de charmes. Il interroge Dieu sur les raisons d'une telle colère divine et déplore l'ingratitude humaine face aux bienfaits reçus. Malgré la tragédie, le poète appelle les sujets à se souvenir des vertus du Dauphin et à continuer de jouir de sa gloire, tout en restant en paix. Le texte se termine par un appel à ne jamais se consoler pleinement de cette perte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1435
p. 253-264
L'HORLOGE DE SABLE, figure du Monde. Poëme.
Début :
Assemblage confus d'une arene mobile, [...]
Mots clefs :
Sable, Monde, Image, Horloge, Grains, Temps
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texteReconnaissance textuelle : L'HORLOGE DE SABLE, figure du Monde. Poëme.
L'HORLOGE DE SABLE
figure du Monde.
Poëme
Asfemblage confus d'une arene mobile,
Que l'art fçut enfermer
dans cevafe fragile ,
Image de mavie , horloge
dont le cours
Regle tous mes devoirs en
mefurant mes jours ;
Puifqu'à te celebrer ma
Mufe eft deſtinée ,
Fais couler pour mes vers
une heure fortunée ;
Février 1712.
Y
3
254 MERCURE
Et vous pour qui le monde.
a de fi douxappas ,
Qui mefme haïffez ceux
qui ne l'aiment pas ;
Mortels, venez icy , je veux
dans cet Ouvrage,
Du monde , tel qu'il eſt ,
vous tracer une image.
Qu'eft le monde en effet ?
c'eft un verre qui luit ,
Qu'unfoufle peut détruire,
& qu'unfouflea produit.
Que renferme le monde a
une vaine pouffiere
Que remue à fon gré le
poids de la matiere, ⠀
Qui tourne , va , revient ,
GALANT. 255
plus vifte que les flots ,
Et par fon mouvement ne
tend qu'à fon repos.
Que font tous les mortels?
autant de grains de fable ™
Qu'anime cependant une
ame raifonnable:
Mais qui du fable feul oc-
*** cupez ardemment
Font leur unique employ
defon accroiffement.
Onl'échange , on le vend,
on l'achete, on l'amaffe ,
Et monceaux fur monceaux l'avarice l'entaffe.
Lemarchand qui ne craint
nyles vents ny les eaux
•
Y ij
#56 MERCURE
Confiant fa fortune à de
frefles vaiffeaux ,
Court aux extremitez de la
plaine liquide.
Vendre un fable brillant
pourunfable folide.
L'Artifan que le fort ou
l'orgueil deshumains
Oblige à fe nourrir du travail de fes mains ,
Ne fait pendant le cours
d'une vie inutile
Que polir , que finir une
arene mobile.
Lefage examinant la nature des corps ,
Leurs caufes , leurs effets ,
GALANT. 257
leurs mutuels rapports ,
Cherchant un vuide en eux
qu'il peut voir en
luy mefme,
Croit embraffer le vray ,
dans une erreur qu'il
aime.
Il ne s'apperçoit pas, feduit
par fon orgueil ,
Qu'en voulant l'éviter , il
tombe dans l'écueil ,
Et quefon efprit faux remplyde vains phantofmes
N'amaffe qu'un trefor de
pouffiere & d'atomes ;
Etvous esclaves , efclavesnez devos propres
Y iij
258 MERCURE
fouhaits ,
Vous, Grands, qui baſtiſſez
de fuperbes palais ,
Que vous fert d'élever un
chafteau periffable
Plus haut que vos voisins.
C'eft mettre un peu
de fable
Qui devenant un jour la
victime des ans
Marquera par fa chute un
efpacede temps.
Quefaites-vous enfin vous,
maiftres de la terre ;
Vous portez en tous lieux
les fureurs de la guerre ,
Vous inondez nos champs
GALANT 259
de bataillons épars ,
Vous livrez des affauts ,
vous forcez des remparts.
D'un trop foible voifin
vous pillez la frontiere ,
Pour luy ravir un peu de
fable &depouffiere
Qui gliffant de vos mains
avec rapidité
Feradu moins connoiftre
la poſterité
Avides de fçavoir vos fuccez, vostraverſes ,
Du temps qui fuit toujours
les époques diverſes.
Mais rangeons - nous aux
« loix del'exacte raiſon,
* MERCURE
Et tafchons d'illuftrer noftre comparaifon.
Ce fable à chaque inſtant
prendde nouvelles
places ,
Et le monde en un jour
change de mille faces.
Ces grains font agitez de
mouvements divers ,
Telsfont auffi les corps de
ce vafte Univers.
Sans liaiſon entr'eux , non
plus que cette arene
Chacun fuit au hazard le
penchant qui l'entraifne ,
Et ce qui d'un peu d'air
dansce vafe eft l'effet ,
GALANT. 261
Levent de la fortune en ce
monde le fait.
Les uns font élevez fur les
débris des autres ,
Lesbiens de nos voisins fe
groffiffent des noſtres.
Dans la foule obfcurcis , les
Princes détronez ,
Contraints à refpecter des
fujets couronnez ,
Sont de triftes jouets du
fort toujours volage.
De fes renversemens noftre
Horloge eft l'image.
On la tourne , & bientoft
le fable fe confond..
Le plus bas monte en haut
262 MERCURE
le plus haut coule au fond ,
Et comme on voit ces grains
agitez dans leur verre
Peu libre dans l'enclos du vafé
qui les ferre ,
Vers leur centre communfaire
un commun effort ,
Et par la voye eftroite atteindre l'autre bord ,
Telle on voit des humains la
cohorte mortelle o
Dans le partage obſcur de la
nuit éternelle
Defes jours malheureux éteindre le flambeau ,
Se pouffer , s'enfoncer dans
l'horreur du tombeau
Nous y voyons tomber , d'unet
chute commune,
Le pauvre & ſon eſpoir , le
riche & fa fortune
GALANT. 261
Les jeunes , les vieillards , les
fujets & les Rois ,
Faits du mefme limon , fubir
les mefmes loix.
que dis - je , ce fablea fur
nous l'avantage ;
Mais
J
Au globe , dont il fort , il retrouve un paffage ,
Et lorfque nous quittons la lumiere du jour ,
Nous la quittons , helas ! fans
eſpoir de retour.
Aprés tant de leçons que fournit noftreHorloge ,
Luy peut- on juftement refufer
un éloge.
A toute la nature elle donne
des loix.
Pourveu qu'il ait des yeux , le
fourd entend ſa voix.
Au Prince , au Magiftrat , à
464 MERCURE
l'Orateur , au Sage ,
fans parler , entendre fon langage ;
Ellefait ,
:
En fufpend les Arrefts , les difcours , les travaux ; {
Annonce à l'Artifan l'heure de
fon repos.
Enfin reglant du temps la durée & l'efpace ,
Elle nous dit qu'il fuit , & qu'
£ avec luy tout paffe ,
Et moyqui tient toujours fur
luy les yeux ouverts ,
Je vois qu'il faut finir mon élo.
ge & ces vers.
figure du Monde.
Poëme
Asfemblage confus d'une arene mobile,
Que l'art fçut enfermer
dans cevafe fragile ,
Image de mavie , horloge
dont le cours
Regle tous mes devoirs en
mefurant mes jours ;
Puifqu'à te celebrer ma
Mufe eft deſtinée ,
Fais couler pour mes vers
une heure fortunée ;
Février 1712.
Y
3
254 MERCURE
Et vous pour qui le monde.
a de fi douxappas ,
Qui mefme haïffez ceux
qui ne l'aiment pas ;
Mortels, venez icy , je veux
dans cet Ouvrage,
Du monde , tel qu'il eſt ,
vous tracer une image.
Qu'eft le monde en effet ?
c'eft un verre qui luit ,
Qu'unfoufle peut détruire,
& qu'unfouflea produit.
Que renferme le monde a
une vaine pouffiere
Que remue à fon gré le
poids de la matiere, ⠀
Qui tourne , va , revient ,
GALANT. 255
plus vifte que les flots ,
Et par fon mouvement ne
tend qu'à fon repos.
Que font tous les mortels?
autant de grains de fable ™
Qu'anime cependant une
ame raifonnable:
Mais qui du fable feul oc-
*** cupez ardemment
Font leur unique employ
defon accroiffement.
Onl'échange , on le vend,
on l'achete, on l'amaffe ,
Et monceaux fur monceaux l'avarice l'entaffe.
Lemarchand qui ne craint
nyles vents ny les eaux
•
Y ij
#56 MERCURE
Confiant fa fortune à de
frefles vaiffeaux ,
Court aux extremitez de la
plaine liquide.
Vendre un fable brillant
pourunfable folide.
L'Artifan que le fort ou
l'orgueil deshumains
Oblige à fe nourrir du travail de fes mains ,
Ne fait pendant le cours
d'une vie inutile
Que polir , que finir une
arene mobile.
Lefage examinant la nature des corps ,
Leurs caufes , leurs effets ,
GALANT. 257
leurs mutuels rapports ,
Cherchant un vuide en eux
qu'il peut voir en
luy mefme,
Croit embraffer le vray ,
dans une erreur qu'il
aime.
Il ne s'apperçoit pas, feduit
par fon orgueil ,
Qu'en voulant l'éviter , il
tombe dans l'écueil ,
Et quefon efprit faux remplyde vains phantofmes
N'amaffe qu'un trefor de
pouffiere & d'atomes ;
Etvous esclaves , efclavesnez devos propres
Y iij
258 MERCURE
fouhaits ,
Vous, Grands, qui baſtiſſez
de fuperbes palais ,
Que vous fert d'élever un
chafteau periffable
Plus haut que vos voisins.
C'eft mettre un peu
de fable
Qui devenant un jour la
victime des ans
Marquera par fa chute un
efpacede temps.
Quefaites-vous enfin vous,
maiftres de la terre ;
Vous portez en tous lieux
les fureurs de la guerre ,
Vous inondez nos champs
GALANT 259
de bataillons épars ,
Vous livrez des affauts ,
vous forcez des remparts.
D'un trop foible voifin
vous pillez la frontiere ,
Pour luy ravir un peu de
fable &depouffiere
Qui gliffant de vos mains
avec rapidité
Feradu moins connoiftre
la poſterité
Avides de fçavoir vos fuccez, vostraverſes ,
Du temps qui fuit toujours
les époques diverſes.
Mais rangeons - nous aux
« loix del'exacte raiſon,
* MERCURE
Et tafchons d'illuftrer noftre comparaifon.
Ce fable à chaque inſtant
prendde nouvelles
places ,
Et le monde en un jour
change de mille faces.
Ces grains font agitez de
mouvements divers ,
Telsfont auffi les corps de
ce vafte Univers.
Sans liaiſon entr'eux , non
plus que cette arene
Chacun fuit au hazard le
penchant qui l'entraifne ,
Et ce qui d'un peu d'air
dansce vafe eft l'effet ,
GALANT. 261
Levent de la fortune en ce
monde le fait.
Les uns font élevez fur les
débris des autres ,
Lesbiens de nos voisins fe
groffiffent des noſtres.
Dans la foule obfcurcis , les
Princes détronez ,
Contraints à refpecter des
fujets couronnez ,
Sont de triftes jouets du
fort toujours volage.
De fes renversemens noftre
Horloge eft l'image.
On la tourne , & bientoft
le fable fe confond..
Le plus bas monte en haut
262 MERCURE
le plus haut coule au fond ,
Et comme on voit ces grains
agitez dans leur verre
Peu libre dans l'enclos du vafé
qui les ferre ,
Vers leur centre communfaire
un commun effort ,
Et par la voye eftroite atteindre l'autre bord ,
Telle on voit des humains la
cohorte mortelle o
Dans le partage obſcur de la
nuit éternelle
Defes jours malheureux éteindre le flambeau ,
Se pouffer , s'enfoncer dans
l'horreur du tombeau
Nous y voyons tomber , d'unet
chute commune,
Le pauvre & ſon eſpoir , le
riche & fa fortune
GALANT. 261
Les jeunes , les vieillards , les
fujets & les Rois ,
Faits du mefme limon , fubir
les mefmes loix.
que dis - je , ce fablea fur
nous l'avantage ;
Mais
J
Au globe , dont il fort , il retrouve un paffage ,
Et lorfque nous quittons la lumiere du jour ,
Nous la quittons , helas ! fans
eſpoir de retour.
Aprés tant de leçons que fournit noftreHorloge ,
Luy peut- on juftement refufer
un éloge.
A toute la nature elle donne
des loix.
Pourveu qu'il ait des yeux , le
fourd entend ſa voix.
Au Prince , au Magiftrat , à
464 MERCURE
l'Orateur , au Sage ,
fans parler , entendre fon langage ;
Ellefait ,
:
En fufpend les Arrefts , les difcours , les travaux ; {
Annonce à l'Artifan l'heure de
fon repos.
Enfin reglant du temps la durée & l'efpace ,
Elle nous dit qu'il fuit , & qu'
£ avec luy tout paffe ,
Et moyqui tient toujours fur
luy les yeux ouverts ,
Je vois qu'il faut finir mon élo.
ge & ces vers.
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Résumé : L'HORLOGE DE SABLE, figure du Monde. Poëme.
Le poème 'L'HORLOGE DE SABLE' utilise la métaphore de l'horloge de sable pour représenter le monde et la vie humaine. L'auteur décrit le monde comme un assemblage confus et mobile, comparable à une horloge fragile qui régule les devoirs et les jours. Le poème invite à célébrer la muse pour inspirer les vers et à tracer une image du monde tel qu'il est. Le monde est comparé à un verre fragile, renfermant une vaine poussière mue par le poids de la matière. Les mortels sont décrits comme des grains de sable animés par une âme raisonnable, mais occupés uniquement par l'accroissement de leur fortune. Le texte critique l'avarice et la quête de richesse, illustrant comment les marchands et les artisans sont soumis à des travaux inutiles pour polir des grains de sable. Les savants, aveuglés par leur orgueil, cherchent en vain à comprendre la nature des corps et tombent dans l'erreur. Les grands et les esclaves de leurs propres désirs bâtissent des palais éphémères. Les maîtres de la terre sèment la guerre et la destruction pour accumuler du sable et de la poussière. Le poème souligne l'instabilité du monde, où les grains de sable changent constamment de place, symbolisant les mouvements divers des corps dans l'univers. Les princes détrônés et les sujets couronnés sont des jouets du sort. L'horloge de sable illustre les renversements constants, où le plus bas monte en haut et le plus haut coule au fond. Tous les humains, qu'ils soient pauvres ou riches, jeunes ou vieux, sont soumis aux mêmes lois et finissent par tomber dans l'horreur du tombeau. Le sable, après avoir quitté la lumière du jour, ne revient jamais. L'horloge de sable donne des lois à toute la nature et rappelle que le temps fuit, emportant tout avec lui. L'auteur conclut en reconnaissant la nécessité de finir son élégie et ses vers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1436
p. 326-331
D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
Début :
Honneur des Campagnes liquides, [...]
Mots clefs :
Utrecht, Bristol, Évêque, Traduction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
D'UTRECHT,
ASon Excellence
MYLORD
EVESQUE DE BRISTOL.
Traduction nouvelle.
Honneur des Gampagnes liquides,
Enfant de quelque Bois
•fatre,
Brillant Spectacle aux
Nereides,
BeauVaiffeau, qu'à l'en
vi l'or &l'art ontparé;
GALANT. 327
Que ta charge fied bien à
ta magnificence!
De l'Europe en fufpens
tu conduis le Deftin ,
Du monde gemiẞant tu
portes dans tonfein
La derniere efperance 3
Tuferas àjamais fefté
par nos neveux,
Le Peuple ira danfant te
rendrefes hommages,
Nos filles Jur tes pants
inventant millejeux,
Deguirlandes defleurs ,
orneront tes cordages.
326 MERCURE
Dieux des Mers qui
veillezfurcettenation,
(Si vous daignez encore
proteger cet Empire)
Conduifez avec Join ce
precieux Navire,
L'aimablePaixle monte,
affe noftre Albion ,
Dufangde cent Heros,
qu'en vainla terre admire,
Acheta pour autruy de
fertiles Etats ;
Je vous attefte affreux
combats.
GALANT. 327
Et vous Palmes enfanglantées
Qu'à regret , par lesfiens,
Londres vit remportées.
L'Univers defolé demande le reposs
Le Dieu Mars eft luymême afſouvi de carmonage,
Pallas arenvoyéla cruelle Attropos
UneMajeftédouce écla
te enfon vifage
D'ANNE, elle emprunte
l'air! ofortunéprefage,
Février 1712.
Ee
328 MERCURE
L'olive eft dansfa main,
au lieu dejavelots.
PRELAT, dont la vertu
respectée & cherie
Eft le plus ferme appuy
des Etats chancelans ,
Pour lagloire de ta Patrie
On te voit oublier ton repos & tesans,
Ton aspect venerable »
aux caprices de l'onde
Doit impoferunFrein,
Etles Dieux que tufers,
pour le bonheurdu monde
GALANT. 329
T'ontfoumis le Deftin.
Des Peuples s'arme en
vainlafunefte manie,
Les bancs en vain cache
fousles flotsfurieux
Ofent trompertesyeux;
L'Ennemi de la Paix, le
ventde Germanie
En vain renverfe tout de
fonfoufle odieuxe
Sinous avonspour nous ,
nos Dieux & ton Genie
Neptune vient déja te
foumettre lesflots
Defon trident luy- méme
Ecij
330 MERCURE
ilfouleve tapoupe
Sesagiles Tritonsfervent
tes Matelots ,
Tupars augré de l'onde,
&leurjoyeufe troupe
Fait d'un long chant de
Paixretentir les échos.
Infenfez que l'erreur,&
la difcorde anime.
( De qui pour vous fauver il faut rompre les
vœux )
Quatre Luftres entiers
vousfûtesfa victime,
Etje vois dans voscœurs
renouvellerfesfeux;
GALANT 3 3º
Arreſtez , d'un autre œil
les Dieux on vûlaterre,
Fatigue depunirils quit.
tent le Tonnerre;
Craigne deréveiller leur
courroux dangereux ;
Les ventsfontenchaînez
dans leurs grottes profondes ,
Voyez lesflots domptez:
&des vents , & des
ondes,
بون
Apprenez à calmer vos
confeils trop mutins ,
Etceffez de lutter contre Anne & les Destins.
ASon Excellence
MYLORD
EVESQUE DE BRISTOL.
Traduction nouvelle.
Honneur des Gampagnes liquides,
Enfant de quelque Bois
•fatre,
Brillant Spectacle aux
Nereides,
BeauVaiffeau, qu'à l'en
vi l'or &l'art ontparé;
GALANT. 327
Que ta charge fied bien à
ta magnificence!
De l'Europe en fufpens
tu conduis le Deftin ,
Du monde gemiẞant tu
portes dans tonfein
La derniere efperance 3
Tuferas àjamais fefté
par nos neveux,
Le Peuple ira danfant te
rendrefes hommages,
Nos filles Jur tes pants
inventant millejeux,
Deguirlandes defleurs ,
orneront tes cordages.
326 MERCURE
Dieux des Mers qui
veillezfurcettenation,
(Si vous daignez encore
proteger cet Empire)
Conduifez avec Join ce
precieux Navire,
L'aimablePaixle monte,
affe noftre Albion ,
Dufangde cent Heros,
qu'en vainla terre admire,
Acheta pour autruy de
fertiles Etats ;
Je vous attefte affreux
combats.
GALANT. 327
Et vous Palmes enfanglantées
Qu'à regret , par lesfiens,
Londres vit remportées.
L'Univers defolé demande le reposs
Le Dieu Mars eft luymême afſouvi de carmonage,
Pallas arenvoyéla cruelle Attropos
UneMajeftédouce écla
te enfon vifage
D'ANNE, elle emprunte
l'air! ofortunéprefage,
Février 1712.
Ee
328 MERCURE
L'olive eft dansfa main,
au lieu dejavelots.
PRELAT, dont la vertu
respectée & cherie
Eft le plus ferme appuy
des Etats chancelans ,
Pour lagloire de ta Patrie
On te voit oublier ton repos & tesans,
Ton aspect venerable »
aux caprices de l'onde
Doit impoferunFrein,
Etles Dieux que tufers,
pour le bonheurdu monde
GALANT. 329
T'ontfoumis le Deftin.
Des Peuples s'arme en
vainlafunefte manie,
Les bancs en vain cache
fousles flotsfurieux
Ofent trompertesyeux;
L'Ennemi de la Paix, le
ventde Germanie
En vain renverfe tout de
fonfoufle odieuxe
Sinous avonspour nous ,
nos Dieux & ton Genie
Neptune vient déja te
foumettre lesflots
Defon trident luy- méme
Ecij
330 MERCURE
ilfouleve tapoupe
Sesagiles Tritonsfervent
tes Matelots ,
Tupars augré de l'onde,
&leurjoyeufe troupe
Fait d'un long chant de
Paixretentir les échos.
Infenfez que l'erreur,&
la difcorde anime.
( De qui pour vous fauver il faut rompre les
vœux )
Quatre Luftres entiers
vousfûtesfa victime,
Etje vois dans voscœurs
renouvellerfesfeux;
GALANT 3 3º
Arreſtez , d'un autre œil
les Dieux on vûlaterre,
Fatigue depunirils quit.
tent le Tonnerre;
Craigne deréveiller leur
courroux dangereux ;
Les ventsfontenchaînez
dans leurs grottes profondes ,
Voyez lesflots domptez:
&des vents , & des
ondes,
بون
Apprenez à calmer vos
confeils trop mutins ,
Etceffez de lutter contre Anne & les Destins.
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Résumé : D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
Le poème est adressé à Son Excellence Mylord, l'évêque de Bristol, et célèbre un navire porteur d'espoir et de paix. Ce navire, magnifique et protégé par des dieux, doit apporter la paix en Albion. Anne, représentée avec une olive symbolisant la paix, contraste avec les armes de guerre. Le prélat est respecté pour sa vertu et est appelé à maîtriser les caprices de la mer et à soumettre le destin pour le bonheur du monde. Les peuples sont invités à déposer leurs armes et à calmer leurs conflits, soutenus par les dieux et le génie de Neptune. Les vents et les flots sont domptés, et les lecteurs sont exhortés à cesser de lutter contre Anne et les destins. Le poème se conclut par un appel à la paix et à la soumission aux forces divines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1437
p. 17-18
DIXAIN Sur le stile Marotique.
Début :
Du temps que la Langue Françoise [...]
Mots clefs :
Enfants, Langue française, Style marotique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIXAIN Sur le stile Marotique.
DIXAIN
Sur le stile Marotique.
Du temps quela Langue
Françotfè
Estoit dans L'enfancetau..
,
loise,
La France produisoit de
précocesesprits,
Qui dans leur enfantin
langage,
Begayoient des beauter,
dotnousCommessurpris
J'aime lesheureux traits
decetenfantillage;
Jidaijatijjï quandje vois
nosAutheurstriom-
- phants
Affecter ce jargon dans
leur meilleur ouvrage;
Jedis,oh qu'ilfitd bIen.
desgens de cet Deparlercomme âgeles enfants.
Sur le stile Marotique.
Du temps quela Langue
Françotfè
Estoit dans L'enfancetau..
,
loise,
La France produisoit de
précocesesprits,
Qui dans leur enfantin
langage,
Begayoient des beauter,
dotnousCommessurpris
J'aime lesheureux traits
decetenfantillage;
Jidaijatijjï quandje vois
nosAutheurstriom-
- phants
Affecter ce jargon dans
leur meilleur ouvrage;
Jedis,oh qu'ilfitd bIen.
desgens de cet Deparlercomme âgeles enfants.
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1438
p. 47-[48]
Sur un Portrait en grand, envoyé par une Dame à l'Autheur, pour mettre dans une Salle.
Début :
Il sera veu de tout Paris, [...]
Mots clefs :
Portrait, Peinture, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur un Portrait en grand, envoyé par une Dame à l'Autheur, pour mettre dans une Salle.
Surun Portrait engrand.) envoyéparune Dame a l'.Autheur, pour mettre dans une
Salle. ilsera
veu de tout Paris,
Vostre immense Portraita
tres.large bordeure,
J'eusse bien mieux aimé
vous voir en mignature,
Au moins il m'eust esté
permis
De garder en secret cette
aimable peinture:
Ah qu'un peu de mystere
eust augmenté le prix
D'un present de cette nature:
Trop heureux qui reçoit
un don si precieux
D'une main
si
belle & si
chere,
Et cependant j'aimerois
mieux
Qu'elle n'eust osé me le
faire.
Salle. ilsera
veu de tout Paris,
Vostre immense Portraita
tres.large bordeure,
J'eusse bien mieux aimé
vous voir en mignature,
Au moins il m'eust esté
permis
De garder en secret cette
aimable peinture:
Ah qu'un peu de mystere
eust augmenté le prix
D'un present de cette nature:
Trop heureux qui reçoit
un don si precieux
D'une main
si
belle & si
chere,
Et cependant j'aimerois
mieux
Qu'elle n'eust osé me le
faire.
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Résumé : Sur un Portrait en grand, envoyé par une Dame à l'Autheur, pour mettre dans une Salle.
Une dame écrit à un auteur pour exprimer ses regrets concernant un portrait. Elle aurait préféré le garder en secret sous forme de miniature. Elle apprécie le don mais regrette que la dame ait osé le lui offrir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1439
p. 57-67
L'ELOGE DU VIN de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de Mr GRENAN.
Début :
AMI du jus divin dont la chaleur m'inspire, [...]
Mots clefs :
Traduction, Liqueur, Éloge, Vin de Bourgogne, Vin de Champagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ELOGE DU VIN de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de Mr GRENAN.
L'ELOGE DU VIN
de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de
Mr GRENAN.
MI dujusdivin dont ta;
chaleur m'inspire
,
MaisPoëte inconnu danslesacre vallon,
En faveur de Po MAR je
vais toucher la lire;
Mon goustsera mon
Appollon.
GRENANpuis jeefj>-?rer dete
JHIUYC au Parnasse
,
D'atteindre de tes sons U force & l'agrément?
Je fuis affe% heureux, traduisant ««HORACE,
Si je traduis fidellement.
Je consacre ces vers à la
liqueur charmante,
Qui rend BEAUNE fameux, qui fait l'hon-
'> neur de NUIS;
Autour d'elle suivis de la
sante brillante,
Voltigent amours, jeux &
ris.
Des prodiges certains signalent sa puissances
Elle sçait délier l'esprit le
plus épais
;
Mieux qu'un travail constant,mere de l'éloquence,
Elle nous preste d'heureux
traits.
A son riant afpeGl: fuit la
sombre tristesse
;
Le pauvre qu'elle anime
est au dessus des loix
;
Pour luy plus de misere
:
aimable enchanteresse,
Tu l'éleves au rang des
Rois.
En vain s'offre une table
& propre & délicate,
Où le rafinement ait fîû
tout ordonner,
Leplus charmant repas at'il rien qui me flate,
Si tu ne viens l'assaisonner?
Du mâle SILLERI que
RH E I M S
s'enorguëillisse
Et prodigue l'encens à son
montant flateur;
-¥O Qu'étincelant de feux, il
pétille,iljaillisse;
Redoutonsun vin séducteur.
Craignons de nous livrer
aux esprits qu'il envoyé,
D'un plaisir
a pparent
fuyons la trahison;
Ilsflattent l'odorat, ils répandent lajoye,
Mais ils cachent un sûr
poison.
Que cependant au fruit
A u
VILLE' soit d'usage,
Bacchus modeste alors,
peut avoir des apas:
Avec luy les bons mots,
l'élégant badinage,
Viendront amuser le repas Nuissuspend les regrets
de la morne vieillesse.
Lait divin, sa chaleur fource des doux plaisirs,
Dans le déclin des ans fait
naistre la jeunesse
,
Ec rappelle au moins les
desirs.
Un Sophocle se glace? il
enfante avec peine,
Qu'illaisse l'eau du PINDE,
& gouste de ce jus,
L'aimableDieu du vin fera
couler sa veine;
Il inspire mieux que Phebus.
A quoy fert dans le camp
la bruyante trompette?
C'est à Nui s
d'y répandre une noble vigueur;
Sans ses dons le soldat certain de sa deffaite,
N'est que foiblesse & que
langueur.
Mars, c'est assez regner J
ô liqueur favorable,
Ramene avec la paix les
danses & les jeux;
Redonne -
-
nous enfin sa
présence adorable.
Qu'elle est lente au gré de
nos vceux!
Aujourd'huy l'ornement
des tables fortunées,
Bientost de nos bergers tu
sécheras les pleurs.
Je les voy; quels plaisirs !
agreables journées! *
* Jours de réjoüissance pour la paix.
Ils ont oublié leurs malheurs.
Plusde foins inquiets, plus
d'horreur,plusde guerre.
Pour eux des jours sereins
vont couler déformais.
L'un chanre sa Philis, l'autre vuide son verre.
Furent-ils à plaindre jamais! Sil'AUVERNAT fumeux
s'offre dans une feste
, Vin grossier qui d'abord y
porte le chagrin
,
De cruelles vapeurs,il accable la teste
Breuvage affreux, hosteassasin. Du
DuBOURGOGNEleger,
la douceur bienfaisante,
Est un remede sûr, ai[é,-
délicieux;
Nos maux sont dissipez ,
quand sa seve innocente,
Flatte nostre goust & nos
yeux.
A Le doux sommeils'envole & sourd à ma priere,
S'obstine à me ravir les
charmes du repos.
A mon secours POMAR.
déja sur ma paupière
, Morphée a
versé ses pa-î
vots.
Mais tu n'es pas toûjours
à nos desirs propice;
Si nous blessons les loix de
la sobrieté,
Ton jus séditieux fera nostre supplice;
Ton jus veut estre respecté.
Assure de longs jours au
modele des Princes;
Le Ciel long-temps encor
le doit à l'univers;
Qu'il vive seulement, nos
tranquiles Provinces,
Seront au dessus des revers.
Au Nectar de Louis disputez la victoire,
Vins jaloux, Vins fameux
& du NEGRE& duRHIN,
Conserve nous Louis,
rien ne manque à
ta gloire,
POMAR, ton triomphe eA
certain.
de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de
Mr GRENAN.
MI dujusdivin dont ta;
chaleur m'inspire
,
MaisPoëte inconnu danslesacre vallon,
En faveur de Po MAR je
vais toucher la lire;
Mon goustsera mon
Appollon.
GRENANpuis jeefj>-?rer dete
JHIUYC au Parnasse
,
D'atteindre de tes sons U force & l'agrément?
Je fuis affe% heureux, traduisant ««HORACE,
Si je traduis fidellement.
Je consacre ces vers à la
liqueur charmante,
Qui rend BEAUNE fameux, qui fait l'hon-
'> neur de NUIS;
Autour d'elle suivis de la
sante brillante,
Voltigent amours, jeux &
ris.
Des prodiges certains signalent sa puissances
Elle sçait délier l'esprit le
plus épais
;
Mieux qu'un travail constant,mere de l'éloquence,
Elle nous preste d'heureux
traits.
A son riant afpeGl: fuit la
sombre tristesse
;
Le pauvre qu'elle anime
est au dessus des loix
;
Pour luy plus de misere
:
aimable enchanteresse,
Tu l'éleves au rang des
Rois.
En vain s'offre une table
& propre & délicate,
Où le rafinement ait fîû
tout ordonner,
Leplus charmant repas at'il rien qui me flate,
Si tu ne viens l'assaisonner?
Du mâle SILLERI que
RH E I M S
s'enorguëillisse
Et prodigue l'encens à son
montant flateur;
-¥O Qu'étincelant de feux, il
pétille,iljaillisse;
Redoutonsun vin séducteur.
Craignons de nous livrer
aux esprits qu'il envoyé,
D'un plaisir
a pparent
fuyons la trahison;
Ilsflattent l'odorat, ils répandent lajoye,
Mais ils cachent un sûr
poison.
Que cependant au fruit
A u
VILLE' soit d'usage,
Bacchus modeste alors,
peut avoir des apas:
Avec luy les bons mots,
l'élégant badinage,
Viendront amuser le repas Nuissuspend les regrets
de la morne vieillesse.
Lait divin, sa chaleur fource des doux plaisirs,
Dans le déclin des ans fait
naistre la jeunesse
,
Ec rappelle au moins les
desirs.
Un Sophocle se glace? il
enfante avec peine,
Qu'illaisse l'eau du PINDE,
& gouste de ce jus,
L'aimableDieu du vin fera
couler sa veine;
Il inspire mieux que Phebus.
A quoy fert dans le camp
la bruyante trompette?
C'est à Nui s
d'y répandre une noble vigueur;
Sans ses dons le soldat certain de sa deffaite,
N'est que foiblesse & que
langueur.
Mars, c'est assez regner J
ô liqueur favorable,
Ramene avec la paix les
danses & les jeux;
Redonne -
-
nous enfin sa
présence adorable.
Qu'elle est lente au gré de
nos vceux!
Aujourd'huy l'ornement
des tables fortunées,
Bientost de nos bergers tu
sécheras les pleurs.
Je les voy; quels plaisirs !
agreables journées! *
* Jours de réjoüissance pour la paix.
Ils ont oublié leurs malheurs.
Plusde foins inquiets, plus
d'horreur,plusde guerre.
Pour eux des jours sereins
vont couler déformais.
L'un chanre sa Philis, l'autre vuide son verre.
Furent-ils à plaindre jamais! Sil'AUVERNAT fumeux
s'offre dans une feste
, Vin grossier qui d'abord y
porte le chagrin
,
De cruelles vapeurs,il accable la teste
Breuvage affreux, hosteassasin. Du
DuBOURGOGNEleger,
la douceur bienfaisante,
Est un remede sûr, ai[é,-
délicieux;
Nos maux sont dissipez ,
quand sa seve innocente,
Flatte nostre goust & nos
yeux.
A Le doux sommeils'envole & sourd à ma priere,
S'obstine à me ravir les
charmes du repos.
A mon secours POMAR.
déja sur ma paupière
, Morphée a
versé ses pa-î
vots.
Mais tu n'es pas toûjours
à nos desirs propice;
Si nous blessons les loix de
la sobrieté,
Ton jus séditieux fera nostre supplice;
Ton jus veut estre respecté.
Assure de longs jours au
modele des Princes;
Le Ciel long-temps encor
le doit à l'univers;
Qu'il vive seulement, nos
tranquiles Provinces,
Seront au dessus des revers.
Au Nectar de Louis disputez la victoire,
Vins jaloux, Vins fameux
& du NEGRE& duRHIN,
Conserve nous Louis,
rien ne manque à
ta gloire,
POMAR, ton triomphe eA
certain.
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Résumé : L'ELOGE DU VIN de Bourgogne, traduction de l'Ode Latine de Mr GRENAN.
'L'Éloge du Vin' est une ode traduite de l'ode latine de Monsieur Grenan, célébrant les vertus du vin de Bourgogne. L'auteur, se présentant comme un poète inconnu, admire le vin, qu'il compare à un divin nectar capable d'inspirer et de délier l'esprit. Il loue le vin pour sa capacité à rendre heureux, à élever les pauvres et à animer les repas. Cependant, il met en garde contre les dangers de l'abus, soulignant que le vin peut cacher un poison et trahir ceux qui s'y livrent sans modération. Le vin est décrit comme un remède contre la tristesse et la misère, capable de susciter l'éloquence et de rendre les repas plus agréables. Il est également présenté comme un allié dans les moments de déclin, rappelant la jeunesse et les désirs. Dans un contexte militaire, le vin est vu comme un moyen de renforcer la vigueur des soldats. L'auteur exprime le souhait que le vin de Bourgogne continue d'orner les tables et de sécher les pleurs des bergers, apportant des jours sereins et des plaisirs agréables. Il oppose le vin grossier, qui apporte le chagrin, au vin de Bourgogne, doux et bienfaisant. Enfin, il conclut en espérant que le vin contribue à la longévité et à la tranquillité des provinces, disputant la victoire au nectar des princes et des vins célèbres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1440
p. 67-77
LA CHAMPAGNE vengée, ou loüange du vin de Reims, qu'un Poëte Bourguignon a blâmé.
Début :
Chère hostesse d'un vin qu'on ne peut trop priser, [...]
Mots clefs :
Vin de Bourgogne, Vin de Champagne, Vin, Louanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA CHAMPAGNE vengée, ou loüange du vin de Reims, qu'un Poëte Bourguignon a blâmé.
LA CHAMPAGNE
vengee3 ou loüange duvin
de Reims,qu'un Poëte
Bourguignon a
blâmé.
CHEREhostessed'un
vin qu'on ne peut trop
priser
, D'un vin qui doit à Reims,
comme moi, sa naifsance, f
Bouteille à mon secours;
j'entreprensta deffense.
Pour ton propre inrerctt
vien me Favorifèr„
Est-ce un songe? ô merveille une douce
manie
Chez moy, dans-ce moment, au gré detaliqueur -
Répand de veine en veine
,
- une noblevigueur,
Et forme de ces vers la
nombreuse harmonie.
Autant que, sans porter sa
teste dans les cieux,.
La vigne par son fruit est
au ckflus duchêne;
Autant, sans affecter une
gloire trop vaine,
Reims surpasseles vinsles
plus délicieux.
Qu'Horacedu Falerne enN
tonne les loüanges,
Que de son vieuxMassique
il vante les attraits:
Tous ces vins si fameux
négaleront jamais
Du charmant Silleri les
heureusesvendanges.
Aussi clair que le verre, où
la main la versé,
Les yeux les plus perçans
l'en distinguentà peine.
Qu'il est doux de sentir
l'ambre de son haleine
9 Et de prévoir le goustpar
l'odeur annoncé!
D'abord à petits bonds
une mousse argentine
Etincèle
,
pétille, & boust
de toutes parts;
Un éclat plus tranquile offre ensuite aux regars
-
D'un liquide miroir la glacecrystaline. 1
; ¡ l >
Ce vin dont lafpeft seul
enchante le buveur,
N.eil: pas d'un bourgeon
foible une humeur
froide & cruë;
Autant que la couleur en
réjoüit la vuë,
Autant en plaist au goust
l'agréable faveur.
Taisezvous envieux, dont
la langue cruelle
Veut qu'icy fous les fleurs
se cache le venin,
Connoissez la Champagne, & respectez un vin
Qui des mœurs du climat
- est l'image fidèle.
Non, ce jus, qu'à grand
tort vous osez outrager.
De nuages
fâcheux
ne
trouble point la teste
,
Jamais dans l'estomac n'excite de tempeste,
Ilest tendre,il estnet,délicat, & léger.
Ils'ouvre dans lesreins une
facile route,
Il n'y fait point germer de
sable douloureux,
Et n'y prépare pas, féducteur dangereux
,
Par l'attrait du plaisir le
tourment, de la goute.
Vers
,
Vers la fin du repas, à
l'approche du fruit, (Caron doitménagerune
liqueur si fine)
Aussitost que paroist la
Bouteille divine,
Des graces à l'instant l'aimable Chœur la suit.
Parmy les conviez s'éleve
un doux murmure,
Leplus Stoïque alors se déride le front.
Beaunealors cédeàReims,
& confus de l'affront
Cherche loin du buffetune
retraite obscure.
Equitablecenseur,je veux
bien toutefois,
Bourgogne
,
t'accorder
l'estime quit'est duë,
Pourvû,qu'à l'avenir une
honre ingénuë
Te force à rendre ommage au nectar Champenois.
Mére des vins moëleux,
c'est toy je le confesse
, Qui d'un teint languissant
corriges la pâleur,
Qui versant dans les corps
<
une doucechaleur,
Sais égayer ensemble, &
nourrir la vieillesse.
Mais ne crois pas te faire
un mérite éclatant
D'oster au Laboureur le
soucy de saTaille,
D'animer le Soldat dans le
It champ de bataille;
Un simple vin de Brie en
feroit bien ¡autant.
O vous, puisque le Ciel
par un heureux présage
De la paix aujourd'huy
nous promet le retour,
Anglois de vos sterlins hastez-vous dés ce jour
De venir dans nos ports
faire un meilleur usage.
Au lieu d'avoir si loin conduit tant de guerriers,
Disposé tant d'assauts
,
&
formé tant de lignes,
Hélas! à moindres frais,
des trésors de nos vignes
Vous pouviez sans péril enrichir vos celliers.
-
Ciel,fais que déformais
puny de safolie,
Quiconque insultera l'honneur du Sillery,
N'abreve son gosier d'au-
trevinque d'Ivry,
Ou d'un cidre éventé ne
suce que la lie
vengee3 ou loüange duvin
de Reims,qu'un Poëte
Bourguignon a
blâmé.
CHEREhostessed'un
vin qu'on ne peut trop
priser
, D'un vin qui doit à Reims,
comme moi, sa naifsance, f
Bouteille à mon secours;
j'entreprensta deffense.
Pour ton propre inrerctt
vien me Favorifèr„
Est-ce un songe? ô merveille une douce
manie
Chez moy, dans-ce moment, au gré detaliqueur -
Répand de veine en veine
,
- une noblevigueur,
Et forme de ces vers la
nombreuse harmonie.
Autant que, sans porter sa
teste dans les cieux,.
La vigne par son fruit est
au ckflus duchêne;
Autant, sans affecter une
gloire trop vaine,
Reims surpasseles vinsles
plus délicieux.
Qu'Horacedu Falerne enN
tonne les loüanges,
Que de son vieuxMassique
il vante les attraits:
Tous ces vins si fameux
négaleront jamais
Du charmant Silleri les
heureusesvendanges.
Aussi clair que le verre, où
la main la versé,
Les yeux les plus perçans
l'en distinguentà peine.
Qu'il est doux de sentir
l'ambre de son haleine
9 Et de prévoir le goustpar
l'odeur annoncé!
D'abord à petits bonds
une mousse argentine
Etincèle
,
pétille, & boust
de toutes parts;
Un éclat plus tranquile offre ensuite aux regars
-
D'un liquide miroir la glacecrystaline. 1
; ¡ l >
Ce vin dont lafpeft seul
enchante le buveur,
N.eil: pas d'un bourgeon
foible une humeur
froide & cruë;
Autant que la couleur en
réjoüit la vuë,
Autant en plaist au goust
l'agréable faveur.
Taisezvous envieux, dont
la langue cruelle
Veut qu'icy fous les fleurs
se cache le venin,
Connoissez la Champagne, & respectez un vin
Qui des mœurs du climat
- est l'image fidèle.
Non, ce jus, qu'à grand
tort vous osez outrager.
De nuages
fâcheux
ne
trouble point la teste
,
Jamais dans l'estomac n'excite de tempeste,
Ilest tendre,il estnet,délicat, & léger.
Ils'ouvre dans lesreins une
facile route,
Il n'y fait point germer de
sable douloureux,
Et n'y prépare pas, féducteur dangereux
,
Par l'attrait du plaisir le
tourment, de la goute.
Vers
,
Vers la fin du repas, à
l'approche du fruit, (Caron doitménagerune
liqueur si fine)
Aussitost que paroist la
Bouteille divine,
Des graces à l'instant l'aimable Chœur la suit.
Parmy les conviez s'éleve
un doux murmure,
Leplus Stoïque alors se déride le front.
Beaunealors cédeàReims,
& confus de l'affront
Cherche loin du buffetune
retraite obscure.
Equitablecenseur,je veux
bien toutefois,
Bourgogne
,
t'accorder
l'estime quit'est duë,
Pourvû,qu'à l'avenir une
honre ingénuë
Te force à rendre ommage au nectar Champenois.
Mére des vins moëleux,
c'est toy je le confesse
, Qui d'un teint languissant
corriges la pâleur,
Qui versant dans les corps
<
une doucechaleur,
Sais égayer ensemble, &
nourrir la vieillesse.
Mais ne crois pas te faire
un mérite éclatant
D'oster au Laboureur le
soucy de saTaille,
D'animer le Soldat dans le
It champ de bataille;
Un simple vin de Brie en
feroit bien ¡autant.
O vous, puisque le Ciel
par un heureux présage
De la paix aujourd'huy
nous promet le retour,
Anglois de vos sterlins hastez-vous dés ce jour
De venir dans nos ports
faire un meilleur usage.
Au lieu d'avoir si loin conduit tant de guerriers,
Disposé tant d'assauts
,
&
formé tant de lignes,
Hélas! à moindres frais,
des trésors de nos vignes
Vous pouviez sans péril enrichir vos celliers.
-
Ciel,fais que déformais
puny de safolie,
Quiconque insultera l'honneur du Sillery,
N'abreve son gosier d'au-
trevinque d'Ivry,
Ou d'un cidre éventé ne
suce que la lie
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Résumé : LA CHAMPAGNE vengée, ou loüange du vin de Reims, qu'un Poëte Bourguignon a blâmé.
Le poème vante les mérites de la Champagne, un vin produit à Reims, que l'auteur, un poète bourguignon, considère supérieur à d'autres vins célèbres comme ceux du Falerne ou du Massique. La Champagne est décrite comme claire, douce et agréable au goût, avec une mousse argentine et un éclat cristallin. Elle est comparée à un miroir liquide et appréciée pour son arôme d'ambre. Le vin est loué pour ses effets bénéfiques sur la santé, n'excitant ni tempêtes dans l'estomac ni douleurs dans les reins. À la fin du repas, la Champagne est servie, apportant grâce et douceur, même aux convives les plus stoïques. Le poète reconnaît les qualités de la Bourgogne mais insiste sur la supériorité de la Champagne. Il invite les Anglais à profiter des trésors des vignes françaises plutôt que de mener des guerres coûteuses. Enfin, il souhaite que quiconque insulte l'honneur du Sillery soit puni en étant contraint de boire des vins de moindre qualité.
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1441
p. 133-144
Le deüil de la France. ODE. Par Mr de la Motte.
Début :
Prince que de ses mains sacrées [...]
Mots clefs :
Paix, France, Deuil, Prince, Vie, Mort, Dauphin, Dauphine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le deüil de la France. ODE. Par Mr de la Motte.
LedeüildelaFrance.
',. - ODE.
Par Mr de la A/Lotte,
Pr INCE que de ses
'-
- mainssacrées*
A formé la Religion,
Loin de toy les douleurs
outrées,
* Le commencement de cette Odea,
tfté fait après la rr:Oi"t de-Madame la
Dauphine
,
& adressé à Monfeignsur
le Dauphin avantque la France ïetyt
f€Pdl4,
-. -
Fruits amers dela Passion.
Tes yeux pleuroient encore un Pere,
Et des jours d'une Epouse
chere
Tu viens devoir trancher
lefil
:
Mais de la Foy,sublime
Eleve
,1
-
Dans l'instant qui te les
enleve
,
Tu vois la fin de leurexil.
L'un & l'autre a
fourny
sa course,
Prescrite par l'ordre éternel
;
Tous deux rappelez à leur
source,
Dieu leur ouvre un sein
paternel.
Jamais nostre mort n'est
trop prompte,
Quand les jours que le Ciel
nous compte
A ses yeuxsontassez remplis;
Il mesure nos destinées,
Non, par le nombre des
annees, - Mais par les devoirs accomplis.
- Ainsi l'Auteur de ta naiC
sance,
L'amour del'Empire François,
Fuc- donné par la Providence
Pour modelle aux enfansdes Rois.
RefpeétueuxJfidele &tendre
,
Tous ses jours ont dû leur
apprendre
Ce qu'est un Pere cou1
ronné ;
D'un zele auiïï rare que
,
juste
, -
11cft long-tempsl'exemple
2uguffe
Et meurt , quand l'exem-
-
ple est donné.
Ainsi
-
cette Epousè cherie
Que
Que tu pris des mains de la
Paix,
A de sa nouvelle patrie,
Comblé les plus ardents
souhaits.
C'estoit sa tendresse feconde
Qui devoit enrichir le
monde
De Princes nez pour t'imiter.
Quel est l'éloge digne
d'elle?
Tes pleurs. Sa vie estassez
belle,
Puisqu'elle a
sçû les meriter.
Mais, cherPrince,si tli.
nous aimes,
Commande à
ton csr-u-r
-tes yeux;
Songes que par nos pertes
mesmes
Tu nous deviens plus précieux.
- Que pour nous ton amour
redouble;
A la nature qui Ce trouble,
Que cet amour fasse la Loy;
Un plus grand objett'inte-
-
resTe,
Craint en allarmantsa tendresse
, D'exposer ton Pere & ton
-
Roy. -
O Ciel! quelles plaintes
soudaines !
Quels cris ! tous les yeux
sonten pleurs!
Le fang s'est glacé dans
mes veines;
Je crains dapprendre nos
malheurs.
L'esperance est-elle ravie!
Te perdons-nous; & pour
ta vie
Fais-je icy des vœux superflus?
Aux larmes que je voy
répandre,
Prince,je le dois tendre;trop en-
Je te console, & tu n'es plus!
i
C'en est fait; une mort fatale
A l'Epouse a
rejoint l'Epoux;
Je voy la couche nuptiale
Se changer *
en tombeau pour
vous. Au séjour des divinesflâmes
Tandis que s'envolent vos a-pmes,
Vos cendres vont se réünir.
O ciel! eft- ce grace ou vengeance ?
Fil-ce hasterleurrécompense,
Ou te haster de nous punir?
Je le voy trop ta main severe
Punit notre indocilité ;
Tu nous reprends dans ta colere
,
Les dons que nous fit ta bonté;
Tu punis un peuple volage,
Vain des succès deson courage
Ou par les revers abbattu;
Un peuple, l'esclave duvice,
Qui pour tout reste de justice,
Sçait loüer encor la vertu.
Nous élevons presque des Temples
AuPrince que tu nous ravis,
Contents de loüer ses exemples,
Mieuxloüez s'ils'estoientsuivis.
L'humanité compatissante,
La justice perseverante,
Le zèle ardent de tes Autels.
Et cette active vigilance
D'un Prince qui croit laPuiC.
sance
Comtableauxbesoins desmortels.
Digne chef d'oeuvre de ~14
Grace!
Combiendevertusenluy feûtj
C'est en luyquepournostre
race
Devoit revivre son ayeul.
Jaloux d'un Heroisme utile,
Il eût pleuré le jour sterile
Que ses dons n'auroient pû
marquer. -
Prince; ainsi la Francetelouê,
Ainsi l'Univers l'en avouë ;
Je fais plus, j'oset'invoquer.
Ouy
,
sans qu'un miracle
m'atteste
Ta nouvelle félicité,
Je tecroy de la cour celestle
,
Sur la foy de ta Pieté.
Que là
,
notre interest t'inspire,
Faisque LOU I Sde cet empire
,
Soit encore long-temps l'appuy;
Obtienspqu'au gré de nostre en-
Dieumesme commande à la
Vie
-D'étendre ses bornes pour luy.
Soutiens nos prieres des tiennes;
De la Paix haste le lien:
Assez long-temps les mains
chrestiennes
Ontrespandu le sangchrestien.
Que la Paternelle tendresse
Pour tes fils encor t'interesse
C'estl'espoir d'un peuple allarmé:
Que tes vertus en eux renaissent
:
Et que pour t'imiter, ils croissent
Sous les yeux qui t'avoient formé.
Pour qui se r'ouvre encor la
tombe?
Chaque instant aigrit nostre
fort;
Avec les époux le fils tombe !
Arresteinsatiable Mort.
Ettoy qui rends les faits cé-
-
lebres
IVole
,
repands ces sons suncbres
Dont ma lire a
frappé les airs:
Que jusques aux dernieres races Cemonument denosdisgraces
Attendrissetout l'univers.
',. - ODE.
Par Mr de la A/Lotte,
Pr INCE que de ses
'-
- mainssacrées*
A formé la Religion,
Loin de toy les douleurs
outrées,
* Le commencement de cette Odea,
tfté fait après la rr:Oi"t de-Madame la
Dauphine
,
& adressé à Monfeignsur
le Dauphin avantque la France ïetyt
f€Pdl4,
-. -
Fruits amers dela Passion.
Tes yeux pleuroient encore un Pere,
Et des jours d'une Epouse
chere
Tu viens devoir trancher
lefil
:
Mais de la Foy,sublime
Eleve
,1
-
Dans l'instant qui te les
enleve
,
Tu vois la fin de leurexil.
L'un & l'autre a
fourny
sa course,
Prescrite par l'ordre éternel
;
Tous deux rappelez à leur
source,
Dieu leur ouvre un sein
paternel.
Jamais nostre mort n'est
trop prompte,
Quand les jours que le Ciel
nous compte
A ses yeuxsontassez remplis;
Il mesure nos destinées,
Non, par le nombre des
annees, - Mais par les devoirs accomplis.
- Ainsi l'Auteur de ta naiC
sance,
L'amour del'Empire François,
Fuc- donné par la Providence
Pour modelle aux enfansdes Rois.
RefpeétueuxJfidele &tendre
,
Tous ses jours ont dû leur
apprendre
Ce qu'est un Pere cou1
ronné ;
D'un zele auiïï rare que
,
juste
, -
11cft long-tempsl'exemple
2uguffe
Et meurt , quand l'exem-
-
ple est donné.
Ainsi
-
cette Epousè cherie
Que
Que tu pris des mains de la
Paix,
A de sa nouvelle patrie,
Comblé les plus ardents
souhaits.
C'estoit sa tendresse feconde
Qui devoit enrichir le
monde
De Princes nez pour t'imiter.
Quel est l'éloge digne
d'elle?
Tes pleurs. Sa vie estassez
belle,
Puisqu'elle a
sçû les meriter.
Mais, cherPrince,si tli.
nous aimes,
Commande à
ton csr-u-r
-tes yeux;
Songes que par nos pertes
mesmes
Tu nous deviens plus précieux.
- Que pour nous ton amour
redouble;
A la nature qui Ce trouble,
Que cet amour fasse la Loy;
Un plus grand objett'inte-
-
resTe,
Craint en allarmantsa tendresse
, D'exposer ton Pere & ton
-
Roy. -
O Ciel! quelles plaintes
soudaines !
Quels cris ! tous les yeux
sonten pleurs!
Le fang s'est glacé dans
mes veines;
Je crains dapprendre nos
malheurs.
L'esperance est-elle ravie!
Te perdons-nous; & pour
ta vie
Fais-je icy des vœux superflus?
Aux larmes que je voy
répandre,
Prince,je le dois tendre;trop en-
Je te console, & tu n'es plus!
i
C'en est fait; une mort fatale
A l'Epouse a
rejoint l'Epoux;
Je voy la couche nuptiale
Se changer *
en tombeau pour
vous. Au séjour des divinesflâmes
Tandis que s'envolent vos a-pmes,
Vos cendres vont se réünir.
O ciel! eft- ce grace ou vengeance ?
Fil-ce hasterleurrécompense,
Ou te haster de nous punir?
Je le voy trop ta main severe
Punit notre indocilité ;
Tu nous reprends dans ta colere
,
Les dons que nous fit ta bonté;
Tu punis un peuple volage,
Vain des succès deson courage
Ou par les revers abbattu;
Un peuple, l'esclave duvice,
Qui pour tout reste de justice,
Sçait loüer encor la vertu.
Nous élevons presque des Temples
AuPrince que tu nous ravis,
Contents de loüer ses exemples,
Mieuxloüez s'ils'estoientsuivis.
L'humanité compatissante,
La justice perseverante,
Le zèle ardent de tes Autels.
Et cette active vigilance
D'un Prince qui croit laPuiC.
sance
Comtableauxbesoins desmortels.
Digne chef d'oeuvre de ~14
Grace!
Combiendevertusenluy feûtj
C'est en luyquepournostre
race
Devoit revivre son ayeul.
Jaloux d'un Heroisme utile,
Il eût pleuré le jour sterile
Que ses dons n'auroient pû
marquer. -
Prince; ainsi la Francetelouê,
Ainsi l'Univers l'en avouë ;
Je fais plus, j'oset'invoquer.
Ouy
,
sans qu'un miracle
m'atteste
Ta nouvelle félicité,
Je tecroy de la cour celestle
,
Sur la foy de ta Pieté.
Que là
,
notre interest t'inspire,
Faisque LOU I Sde cet empire
,
Soit encore long-temps l'appuy;
Obtienspqu'au gré de nostre en-
Dieumesme commande à la
Vie
-D'étendre ses bornes pour luy.
Soutiens nos prieres des tiennes;
De la Paix haste le lien:
Assez long-temps les mains
chrestiennes
Ontrespandu le sangchrestien.
Que la Paternelle tendresse
Pour tes fils encor t'interesse
C'estl'espoir d'un peuple allarmé:
Que tes vertus en eux renaissent
:
Et que pour t'imiter, ils croissent
Sous les yeux qui t'avoient formé.
Pour qui se r'ouvre encor la
tombe?
Chaque instant aigrit nostre
fort;
Avec les époux le fils tombe !
Arresteinsatiable Mort.
Ettoy qui rends les faits cé-
-
lebres
IVole
,
repands ces sons suncbres
Dont ma lire a
frappé les airs:
Que jusques aux dernieres races Cemonument denosdisgraces
Attendrissetout l'univers.
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Résumé : Le deüil de la France. ODE. Par Mr de la Motte.
Le poème 'LedeüildelaFrance' de Monsieur de la A/Lotte est écrit après la mort de Madame la Dauphine et adressé à Monseigneur le Dauphin, avant un malheur qui frappe la France. Le texte évoque la formation de la religion par des mains sacrées et l'absence de douleurs excessives. Le poème décrit la douleur du Dauphin, qui pleure encore son père et doit faire face à la mort de son épouse. Cependant, il entrevoit la fin de leur exil et leur retour à leur source divine. Dieu, selon le poème, mesure les destinées non par le nombre des années, mais par les devoirs accomplis. Le Dauphin est présenté comme un modèle pour les enfants des rois, respectueux, fidèle et tendre. L'épouse du Dauphin est décrite comme ayant comblé les souhaits de sa nouvelle patrie et possédant une tendresse féconde qui devait enrichir le monde de princes pour imiter le Dauphin. Le poète exprime sa douleur face à la perte du Dauphin et de son épouse, se demandant si l'espérance est ravie et s'il fait des vœux superflus. Le texte mentionne également la punition divine pour l'indocilité du peuple et la perte d'un prince vertueux. Le poète invoque le Dauphin pour qu'il intercesse auprès de Dieu afin que Louis règne encore longtemps et que la paix soit rétablie. Le poème se termine par une supplique pour arrêter la mort et pour que les vertus du Dauphin renaissent en ses fils.
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1442
p. 156-158
SERENISSIMI GALLIARUM DELPHINI ET DELPHINAE EPITAPHIUM.
Début :
Hîc quos aeterno deflebit Gallia luctu [...]
Mots clefs :
Épitaphes, France, Dauphin, Mort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SERENISSIMI GALLIARUM DELPHINI ET DELPHINAE EPITAPHIUM.
SERENISSIMI
GALLIARUM DELPHINI
ET DELPHINÆ
EPITAPHIUM.
Hie(\uosatcrnodefhbit
Gallia luctu
Conjugu atque viripulvis & umbra jacent.
Hisidem tumulus> qui-
bus unum pettns
amore,
Ereptis morbopr&cipitique nece.
O crudele nimis satum !
mediâ cecidere jut'fJenta
Nostraque cum Mis, heu!
gaudiaspesque cadunt.
Hos immica rapitfors
quos-rnodo regna manebant;
Imperio meritis major
uterque fuis.
Hæc Delphinafuit w-
tute ~&sanguine clara,
Hic Delphinusamorgentisy & omne deem.
jtibftuht bunc nobis florentibusAtropos annis,
hiha quem optabantgloria nostra ruit.
Huicnumquam fuerat
neque par pietate futUYW,
Hunc Musastudiisinstitucre (ÙiJ.
Huncmors invidit Regem,il'lrvidrfJet & orbisj
Luctibus huic nostrisvita perenniserit
GALLIARUM DELPHINI
ET DELPHINÆ
EPITAPHIUM.
Hie(\uosatcrnodefhbit
Gallia luctu
Conjugu atque viripulvis & umbra jacent.
Hisidem tumulus> qui-
bus unum pettns
amore,
Ereptis morbopr&cipitique nece.
O crudele nimis satum !
mediâ cecidere jut'fJenta
Nostraque cum Mis, heu!
gaudiaspesque cadunt.
Hos immica rapitfors
quos-rnodo regna manebant;
Imperio meritis major
uterque fuis.
Hæc Delphinafuit w-
tute ~&sanguine clara,
Hic Delphinusamorgentisy & omne deem.
jtibftuht bunc nobis florentibusAtropos annis,
hiha quem optabantgloria nostra ruit.
Huicnumquam fuerat
neque par pietate futUYW,
Hunc Musastudiisinstitucre (ÙiJ.
Huncmors invidit Regem,il'lrvidrfJet & orbisj
Luctibus huic nostrisvita perenniserit
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Résumé : SERENISSIMI GALLIARUM DELPHINI ET DELPHINAE EPITAPHIUM.
Le texte est une épitaphe dédiée au Dauphin et à la Dauphine de Gaule, décédés prématurément. Leur mort soudaine et brutale plonge la Gaule dans le deuil. Unis par un amour profond, ils étaient appréciés pour leur noblesse et leurs mérites. Leur décès prive la nation de leur gloire espérée et laisse une vie de deuil.
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1443
p. 166-167
ENIGME.
Début :
Je suis fils de celuy de qui je fus le pere ; [...]
Mots clefs :
Oeuf
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Jesuis fils de celuy de qui je
fus lepere;
J'aydonné la njiea ma mere;
Sans dessin, sans sçavoir si
jefais bien ou mal,
Inaniméjeforme un parfait
animal:
Mafraîcheur peu durable
est pour le goût qui l'aime
D'une délicatesse extrême,
Puisque celuy qui la ressent
le mieux
lue rebute si-tôt que je luy
parois vieux.
Je fuis bon pour le maigri
& peupropre au Carême,
Aujji rieft.ce pas luy qui
rend ma face blême:
Moncorps doux ~& poli riefl
pasfort dégagé,
Cependant je figure afieZbjen
à la table
Oùsouvent un ragoûtqu'on
trouve délectable
Sans moy ne feroit pas mange.
Jesuis fils de celuy de qui je
fus lepere;
J'aydonné la njiea ma mere;
Sans dessin, sans sçavoir si
jefais bien ou mal,
Inaniméjeforme un parfait
animal:
Mafraîcheur peu durable
est pour le goût qui l'aime
D'une délicatesse extrême,
Puisque celuy qui la ressent
le mieux
lue rebute si-tôt que je luy
parois vieux.
Je fuis bon pour le maigri
& peupropre au Carême,
Aujji rieft.ce pas luy qui
rend ma face blême:
Moncorps doux ~& poli riefl
pasfort dégagé,
Cependant je figure afieZbjen
à la table
Oùsouvent un ragoûtqu'on
trouve délectable
Sans moy ne feroit pas mange.
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1444
p. 168
CHANSON à dormir.
Début :
Venez admirer ma sçience; [...]
Mots clefs :
Dormir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON à dormir.
CHANSON
à dormir.
Venez admirer ma
sçience;
J'aprens à dormir scavamment,
Comme l'on dort à l'Audience.
Ronflez, ronflez gravement,
Latête levée,
Ouvrez les yeux en
dormant,
Et bâillez la bouche
fermée
à dormir.
Venez admirer ma
sçience;
J'aprens à dormir scavamment,
Comme l'on dort à l'Audience.
Ronflez, ronflez gravement,
Latête levée,
Ouvrez les yeux en
dormant,
Et bâillez la bouche
fermée
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1445
p. 169-183
ESTRENNES. Voyage de l'Amour & de l'Amitié.
Début :
Iris tout exprés pour vous [...]
Mots clefs :
Amour, Étrennes, Iris, Coeur, Tendresse, Soeur, Amitié
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESTRENNES. Voyage de l'Amour & de l'Amitié.
ESTRENNES.
Voyage de l'Amour & de
l'Amitié.
IRis
tout exprés pour
vous
Ces Dieux ont fait ce voyage;
Il vous doit être assez doux
Qu'à s'accorder on engage
Les Maîtres de l'Univers,
Qu'on voit rarement ensemble.
Fasse le Ciel, que les vers
De celui qui les rassemble
Pour vous feule dans son
cœur
Iris, ayant l'art de vous
plaire,
Vous qui feule pouvez faire
Sa fortune & son bonheur,
Puisse sa nouvelle année
Passer comme une journée,
Les jours comme des momens,
Quedureste de nos ans
La course soit fortunée,
Etque nôtre destinée
Nous fasse avec ces beaux
jours
Si doux, si dignes d'envie,
Trouver la fin de la vie
Dans la fin de nos amours.
L'amour, partant de Cithere
Pour se rendre auprés d'Iris,
Inquiet de n'oser faire
Seul ce voyage à Paris,
Viens, dit-il à l'amitié
Viens, chere sœur,par pitié
Servir de guide à
ton frere;
Car je ne veux en ce jour,
Quoique le Conteur publie,
Qu'il soit dit que la folie
Serve de guide à l'amour.
Chacun de nous a
ses charmes:
Je te prêreray mes armes,
Prete moy
,
ma chere
sœur,
Ton air sage, ta douceur,
Cette tendresse durable
De qui la solidité
Souvent n'est pas moins
aimable
Que l'estma vivacité.
Cela dit, pour ce voyage
Ils troquerent d'équipage,
Ils volent, sur leur passage
On vit d'abord s'enflammer
Tout cequi dans la nacure
Jusques à cette avanture
Avoitrefusé d'aimer.
Plus de Bergere cruelle,
Plus de malheureux berger,
Chacun qui voulut changer
Trouva maîtresse nouvelle>
Qui voulut rester amant
Retrouva dans sa maitresse
Pour un reste de tendresse
Un nouvel empressement.
Les amis se rechaufferent,
Tous les cœurs se renflammerent,
On s'aima mêmeàla Cour,
Et la triste indifférence
-
Sentit dans son froid séjour
Echauffer son indolence
Aux approches de l'Amour.
Tandis qu'avec diligence
Ces Dieux traversent les
airs,
La nuit déployant ses voiles
D'un crêpe semé d'étoiles
Enveloppa l'univers.
Iris cependant livrée
Aux charmes d'un doux
sommeil
,
De ses pavots enyvrée
Attendoit que son reveil
Sur son tein eût fait éclorre
Bien plus de fleurs que
l'aurore
N'en avoit fait naitre -encore
Sur le chemin du Soleil.
Quand tout à coup à sa
porte
Cette belle entend dubruit.
Qui, dit-elle, de la sorte
Ose entrer ici la nuit ?
C'est un enfant miserable
Répond d'un air pitoyable
Cet enfant, maitre des
Dieux,
Qui vient chercher
en ces
lieux
Un azile à sa misere
Auprès de vos agrémens.
Je suis chargé par ma mere
Pour vous de cent com- plimens.
On me banit, on me chasse,
Je trouve dans madisgrace
Peu de cœurs assez bien faits
Pour medonner encore
place.
On me traitte de cruel,
On me traitte de parjure
Et sans être criminel
Nonil n'est forte d'injure
Dontje ne sois accablé
>
On diroit que j'ai trouble
Tout l'ordre de la nature,
Cependant quelle imposture !
Sansrçioi, les hommesn'auroient
Qu'une languissante vie.
Je fais naître leurs desirs,
Je fais lesardens plaisirs
Parqui leur ame est ravie
Sansmoi qu'ilsignoreroiet.
Et je voy leur injustice
Oubliertous mes bienfaits,
Et sur un leger caprice
Traiter même de supplice
Les biensque je leur ai faits.
Vôtre pitié vous engage
Au secours des malheureux,
Vôtre cœur est genereux,
Et par unAdoux assemblage
J'ay toujours vû sa bonté
Compagne de sa beauté.
Pour un enfant maltraitté,
«
Dit Iris, vôtre langage
Me paroît bien doucereux,
Avec cet air langoureux,
Ce ton doux, cet équipage)
Ne seriez-vous point l'Amour ?
Je le fuis, mais las! je n'ose
Vous parler de mon re-
tour,
Je sçai que je fuis la cause
D'une infinité de maux
Dont l'affreuse jalousie
Et sa trille frenesie
Ont troublé vôtre repos.
Qui fit seul vôtre souffrance,
Doit faire vôtre bonheur;
Aussi viens-je en recompense
Vous faire present
-
d'un
cœur
Dignedevôtre tendressè.,
Comme il n'est point aujourd'huy
Horsmis vous
<
d'autre
maitresse
Au monde digne de luy.
Ce cœur ell fait pour le
vôtre f,
Je les ay faits l'un pour
l'autre;
De mille&mille agrémens
Vôtreardeur fera suivie,
Et vos doux engagemens
Feront de tous les momens
D'une si charmante vie
Autant dejour dePrintems.
Le moyen, à
ta parole,
Dit Iris, d'ajoûter foy!
Volage, n'est-ce pas toy,
Qui sous cet espoir frivole
Trompas ma credulité?
[J'en conviens, la verité
INeft pas toûjours mon
partage,
IRépond l'Amour: mais je
,
gage,
)Que sur ma sincerité
[La caution que j'amene
rVa rassurervôtre çœurJ
[ Et le convaincra sans peine.
[ L'amitié, ma chere sœur,
[ Icy presente s'engage
A tenir tous mes sermens,
1 Que dans l'ardeur de vous
plaire
Pour les rompre, j'ai fait
faire
Exprés aux autres amans,
Taprudence est non commune,
Amour, en cette action;
Qui fut, soit dit sans rancune,
Si sujet à caution
Fait très bien d'en mener
une
En pareille occasion.
Sans elle accepter je n'ose
Le cœur que l'on me propose,
Avec elle je le veux,
Et sans vous laisser morfondre
Plus long temps icy tous
deux,
Si vôtre sœur veut répondre
D'unir la sincerité
A vôtre vivacité,
Amour, j'accepte avec
joye
Ce cœur que Venus m'envoye,
Et je signe le traitté
Voyage de l'Amour & de
l'Amitié.
IRis
tout exprés pour
vous
Ces Dieux ont fait ce voyage;
Il vous doit être assez doux
Qu'à s'accorder on engage
Les Maîtres de l'Univers,
Qu'on voit rarement ensemble.
Fasse le Ciel, que les vers
De celui qui les rassemble
Pour vous feule dans son
cœur
Iris, ayant l'art de vous
plaire,
Vous qui feule pouvez faire
Sa fortune & son bonheur,
Puisse sa nouvelle année
Passer comme une journée,
Les jours comme des momens,
Quedureste de nos ans
La course soit fortunée,
Etque nôtre destinée
Nous fasse avec ces beaux
jours
Si doux, si dignes d'envie,
Trouver la fin de la vie
Dans la fin de nos amours.
L'amour, partant de Cithere
Pour se rendre auprés d'Iris,
Inquiet de n'oser faire
Seul ce voyage à Paris,
Viens, dit-il à l'amitié
Viens, chere sœur,par pitié
Servir de guide à
ton frere;
Car je ne veux en ce jour,
Quoique le Conteur publie,
Qu'il soit dit que la folie
Serve de guide à l'amour.
Chacun de nous a
ses charmes:
Je te prêreray mes armes,
Prete moy
,
ma chere
sœur,
Ton air sage, ta douceur,
Cette tendresse durable
De qui la solidité
Souvent n'est pas moins
aimable
Que l'estma vivacité.
Cela dit, pour ce voyage
Ils troquerent d'équipage,
Ils volent, sur leur passage
On vit d'abord s'enflammer
Tout cequi dans la nacure
Jusques à cette avanture
Avoitrefusé d'aimer.
Plus de Bergere cruelle,
Plus de malheureux berger,
Chacun qui voulut changer
Trouva maîtresse nouvelle>
Qui voulut rester amant
Retrouva dans sa maitresse
Pour un reste de tendresse
Un nouvel empressement.
Les amis se rechaufferent,
Tous les cœurs se renflammerent,
On s'aima mêmeàla Cour,
Et la triste indifférence
-
Sentit dans son froid séjour
Echauffer son indolence
Aux approches de l'Amour.
Tandis qu'avec diligence
Ces Dieux traversent les
airs,
La nuit déployant ses voiles
D'un crêpe semé d'étoiles
Enveloppa l'univers.
Iris cependant livrée
Aux charmes d'un doux
sommeil
,
De ses pavots enyvrée
Attendoit que son reveil
Sur son tein eût fait éclorre
Bien plus de fleurs que
l'aurore
N'en avoit fait naitre -encore
Sur le chemin du Soleil.
Quand tout à coup à sa
porte
Cette belle entend dubruit.
Qui, dit-elle, de la sorte
Ose entrer ici la nuit ?
C'est un enfant miserable
Répond d'un air pitoyable
Cet enfant, maitre des
Dieux,
Qui vient chercher
en ces
lieux
Un azile à sa misere
Auprès de vos agrémens.
Je suis chargé par ma mere
Pour vous de cent com- plimens.
On me banit, on me chasse,
Je trouve dans madisgrace
Peu de cœurs assez bien faits
Pour medonner encore
place.
On me traitte de cruel,
On me traitte de parjure
Et sans être criminel
Nonil n'est forte d'injure
Dontje ne sois accablé
>
On diroit que j'ai trouble
Tout l'ordre de la nature,
Cependant quelle imposture !
Sansrçioi, les hommesn'auroient
Qu'une languissante vie.
Je fais naître leurs desirs,
Je fais lesardens plaisirs
Parqui leur ame est ravie
Sansmoi qu'ilsignoreroiet.
Et je voy leur injustice
Oubliertous mes bienfaits,
Et sur un leger caprice
Traiter même de supplice
Les biensque je leur ai faits.
Vôtre pitié vous engage
Au secours des malheureux,
Vôtre cœur est genereux,
Et par unAdoux assemblage
J'ay toujours vû sa bonté
Compagne de sa beauté.
Pour un enfant maltraitté,
«
Dit Iris, vôtre langage
Me paroît bien doucereux,
Avec cet air langoureux,
Ce ton doux, cet équipage)
Ne seriez-vous point l'Amour ?
Je le fuis, mais las! je n'ose
Vous parler de mon re-
tour,
Je sçai que je fuis la cause
D'une infinité de maux
Dont l'affreuse jalousie
Et sa trille frenesie
Ont troublé vôtre repos.
Qui fit seul vôtre souffrance,
Doit faire vôtre bonheur;
Aussi viens-je en recompense
Vous faire present
-
d'un
cœur
Dignedevôtre tendressè.,
Comme il n'est point aujourd'huy
Horsmis vous
<
d'autre
maitresse
Au monde digne de luy.
Ce cœur ell fait pour le
vôtre f,
Je les ay faits l'un pour
l'autre;
De mille&mille agrémens
Vôtreardeur fera suivie,
Et vos doux engagemens
Feront de tous les momens
D'une si charmante vie
Autant dejour dePrintems.
Le moyen, à
ta parole,
Dit Iris, d'ajoûter foy!
Volage, n'est-ce pas toy,
Qui sous cet espoir frivole
Trompas ma credulité?
[J'en conviens, la verité
INeft pas toûjours mon
partage,
IRépond l'Amour: mais je
,
gage,
)Que sur ma sincerité
[La caution que j'amene
rVa rassurervôtre çœurJ
[ Et le convaincra sans peine.
[ L'amitié, ma chere sœur,
[ Icy presente s'engage
A tenir tous mes sermens,
1 Que dans l'ardeur de vous
plaire
Pour les rompre, j'ai fait
faire
Exprés aux autres amans,
Taprudence est non commune,
Amour, en cette action;
Qui fut, soit dit sans rancune,
Si sujet à caution
Fait très bien d'en mener
une
En pareille occasion.
Sans elle accepter je n'ose
Le cœur que l'on me propose,
Avec elle je le veux,
Et sans vous laisser morfondre
Plus long temps icy tous
deux,
Si vôtre sœur veut répondre
D'unir la sincerité
A vôtre vivacité,
Amour, j'accepte avec
joye
Ce cœur que Venus m'envoye,
Et je signe le traitté
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Résumé : ESTRENNES. Voyage de l'Amour & de l'Amitié.
Le poème 'Estrennes' relate un voyage de l'Amour et de l'Amitié, accompagnés par Iris. L'Amour, craignant de voyager seul, invite l'Amitié à se joindre à lui, soulignant que chacun possède des qualités uniques. L'Amitié apporte sa sagesse et sa douceur, tandis que l'Amour enflamme les cœurs, transformant les relations et réchauffant les amitiés, même à la cour. Au cours de leur périple, la nuit tombe et Iris s'endort. L'Amour, déguisé en enfant malheureux, se présente à elle et se plaint d'être banni et injustement traité. Il explique son rôle crucial dans la vie des hommes, malgré leur ingratitude. Iris, reconnaissant l'Amour, accepte son cœur en cadeau, symbolisant une vie remplie de tendresse et de bonheur. L'Amitié garantit la sincérité de l'Amour, assurant Iris de la fidélité de ses sentiments. Iris accepte finalement le cœur offert par l'Amour, scellant ainsi un pacte de sincérité et de vivacité.
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1446
p. 184-201
PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
Début :
Philis, tous nos Bergers vous repetent sans cesse, [...]
Mots clefs :
Berger, Bergère, Dialogue, Amour, Philis, Coeur
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texteReconnaissance textuelle : PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
PIECE NOUVELLE
Dialogue entre un Berger & une
Bergere, parM. D. A.
*
LE BERGER.
PHilis,
tous nos Bergers
vous repetent sans
cesse,
Qu'ils sentent pour vous
de l'amour,
Je les voy gémir chaque
jour
D'un nouveau tourment,
qui les presse,
Je
Je ne puis comprendre
leurs maux,
Jevoy tous les jours leurs
troupeaux
Aussi gras que les mins,
bondir dans cette
plaine;
Les biens que le Printemps
amene
Sont communs à
tous les
Bergers,
Et pour tous, les Zephirs
legers
Rafraîchissentnos Champs
de leurs douces haleines.
Quelles peuvent être les
peines
Qu'ils vous racontent tous
les jours,
Belle Phifis,daignez milapprendre
Que peuvent être ces amours;
Qui font couler les pleurs
que je leur voy répandre.
LA BERGERE.
Vous le sçaurez à vôtre
tour,
Attendez sans impatience,
Berger,à connoître l'Amour,
Gardez vostre heureuse
ignorance •
Autant que ce Dieu le voudra,
Quand le fatal moment
viendra,
Pour acquérir cette science,
Malgré toute vôtre innocence,
yôtre cœur vous avertira,
J LE BERGER.
Suis-je le seul de ces Campagnes,
Qui ne connoisse pas l'amour?
LA BERGERE.
Berger,mes aimables compagnes
Vous le feront connoître
un jour.
LE BERGER.
Non, belle Philis, ce mystere
Dont les Bergers [e plaignent tous,
J'ayme mieux l'apprendre
de vous
Cent fois, que d'une autre Bergere
LA BERGERE.
Eh bien, sçachez donc
quel'amour ":
Se prend dans les yeux
d'une belle,
Le sensible Berger, qui la
,
voit chaque jour,
Luy trouve chaque jour
une grace nouvelle,
Ce feu s'augmente incessamment
Auprès de l'aimable Bergere, Ildevient enfin un tour-
'- ment
Si le Berger la trouve fiere.
LE BERGER.
Si vousnommez amour,
cefeu qui brûle en
nous,
i
Et dont onnepeutsedéfendre,
Ai-je btfoin de vous apprendre
Que je brûle d'amourpour
vous?
LA BERGERE.
Berger, iln'est pas temps,
je dois encor vous dire,
Qu'il est un amour impofleur,
Qui ne cherche qu'à se
produire, L.
Au lieu que la ifncereardeur ,.,"
Qu'un veritable amour inf
pire, t
Est un secret de nôtre
cœur,
Dont les yeux seuls doiventinstruire.
LE BERGER.
N'oubliez pas, Philis, f
vous faites un choix,
Que sans sçavoir le nom
du Dieu quifait qu'on
ayme
J'en ai rempli toutes les
loix,
Jugez de mon amour extrême,
Sans cesse je vous regardois,
Si c'etf ainsiqu'un cœur
soupire,
Ah! quand j'aurois connu
tout ce que je sentois
Aurois-je pû mieux vous
le dire?
LA
LA BERGERE.
Oüi
3
mais vous en dites
autant
A la bergere Floriselle,
Lors que d'un air vif &
content
On vous voit danser avec
elle.
Je içay qu'à louër ses appas
La fested'hier s'estpassée,
Vous suivîtes long-temps
ses pas,
Et même sa rigueur en parut offensée:
Sans ses refus enfin, vous
ne m'aimeriez pas.
LE BERGER.
Je trouvois du plaisiràvoir
cette bergere,
Je ne puis le désavouër,
J'aimois à l'entendre louër:
Mais expliquez-moy ce
mystere;
Ses appas me paroissoient
doux,
Florifelle sçavoit me plaire,
Et parmi ces plaisirs je ne
pensois qu'àvous,
Philis, ne se peut-il point
faire,
Qu'elle ait quelques-uns
de vos traits?
Les- bergers n'aiment-ils
jamais
Ce qui ressmbre à leur
bergere ?
LA BERGERE.
Laissons ces discours dangereux,
Rejoignons nostroupeaux,
retournons à la plaine,
j
Reservons tous nos soins
poureux,
Le reste donne trop de
(
peine.
LE BERGER.
Helas déja nous nous qüitçpns?
Craignez-ousque dans
ces prairies
Un loup enlevenos moutons?
Voicy les miens errans far
ces herbes fleuries,
Ils me furent bien chers:
mais je les donne tous,
Philis, pour être encore un
moment avec vous.
LA BERGERE.
Je vous ferois, berger,
lemême sacrifice,
Mes troupeaux ne sont pas
ce quej'aime lemieux £
Je consens même qu'à mes
1
yeux
Un loup cruel. me les ravisse y
Si contre un plus doux artifice
Je puis garder helas, un
-,
bien LEplus BERGER. .precièux»
Helas! si pour me fuir vous
allez dans ces plaines,
Quevais-je devenir tout le
reste du jour?
Je voulois connoîtrel'amour -
Je neconnoîtray que ses
peines.
LA BERGERE.
D'aujourd'hui tu visfous sa I°Y>
Et tu te plains de son empire
Surluij'aurai tantôt cent
choses à te dire
Tu ne le connois pas carsibienque pasen- en
car .,(
-LEBERGER.
Belle: Philis mon coeur
soupire,
De ne pas le connoître
mieux
Demeurez encore en ces
lieux
Pour achever de m'en ine.
truire.
Mais vous suyez, Philis,
nonnel'eiperez pas,
Sans vous je ne scaurois
plus vivre,
Tircis à force de la suivre
La fit revenir sur les pas,
Auprès d'elle coucher sur
la fraîche verdure,
Tircisluy dit en soupirant
Toutce que la simple na-
ture
Sçait dicter au plus ignorant,
Philis dont le coeur étoit
tendre
Ne put se lasser de l'entendre
Et connut trop tard le danger.
Pour une bergere amou.
reuse
L'ignorance d'un beau berger
Est mille fois plus dangereuse,
Que l'experience trompeuse
D'un berger sujet a
changer.
La nuit commença sa carrière
Trop tôt pour de telles
amours,
Il salut se quitter, & la jeune bergere
Finit par ce tendre discours :
Tu viens d'apprendre en ce
bocage,
Ce que c'est que l'amour
au comble des souhaits,
Puisse-tu n'apprendre jamais
Ce que c'est que l'amour
volage
Dialogue entre un Berger & une
Bergere, parM. D. A.
*
LE BERGER.
PHilis,
tous nos Bergers
vous repetent sans
cesse,
Qu'ils sentent pour vous
de l'amour,
Je les voy gémir chaque
jour
D'un nouveau tourment,
qui les presse,
Je
Je ne puis comprendre
leurs maux,
Jevoy tous les jours leurs
troupeaux
Aussi gras que les mins,
bondir dans cette
plaine;
Les biens que le Printemps
amene
Sont communs à
tous les
Bergers,
Et pour tous, les Zephirs
legers
Rafraîchissentnos Champs
de leurs douces haleines.
Quelles peuvent être les
peines
Qu'ils vous racontent tous
les jours,
Belle Phifis,daignez milapprendre
Que peuvent être ces amours;
Qui font couler les pleurs
que je leur voy répandre.
LA BERGERE.
Vous le sçaurez à vôtre
tour,
Attendez sans impatience,
Berger,à connoître l'Amour,
Gardez vostre heureuse
ignorance •
Autant que ce Dieu le voudra,
Quand le fatal moment
viendra,
Pour acquérir cette science,
Malgré toute vôtre innocence,
yôtre cœur vous avertira,
J LE BERGER.
Suis-je le seul de ces Campagnes,
Qui ne connoisse pas l'amour?
LA BERGERE.
Berger,mes aimables compagnes
Vous le feront connoître
un jour.
LE BERGER.
Non, belle Philis, ce mystere
Dont les Bergers [e plaignent tous,
J'ayme mieux l'apprendre
de vous
Cent fois, que d'une autre Bergere
LA BERGERE.
Eh bien, sçachez donc
quel'amour ":
Se prend dans les yeux
d'une belle,
Le sensible Berger, qui la
,
voit chaque jour,
Luy trouve chaque jour
une grace nouvelle,
Ce feu s'augmente incessamment
Auprès de l'aimable Bergere, Ildevient enfin un tour-
'- ment
Si le Berger la trouve fiere.
LE BERGER.
Si vousnommez amour,
cefeu qui brûle en
nous,
i
Et dont onnepeutsedéfendre,
Ai-je btfoin de vous apprendre
Que je brûle d'amourpour
vous?
LA BERGERE.
Berger, iln'est pas temps,
je dois encor vous dire,
Qu'il est un amour impofleur,
Qui ne cherche qu'à se
produire, L.
Au lieu que la ifncereardeur ,.,"
Qu'un veritable amour inf
pire, t
Est un secret de nôtre
cœur,
Dont les yeux seuls doiventinstruire.
LE BERGER.
N'oubliez pas, Philis, f
vous faites un choix,
Que sans sçavoir le nom
du Dieu quifait qu'on
ayme
J'en ai rempli toutes les
loix,
Jugez de mon amour extrême,
Sans cesse je vous regardois,
Si c'etf ainsiqu'un cœur
soupire,
Ah! quand j'aurois connu
tout ce que je sentois
Aurois-je pû mieux vous
le dire?
LA
LA BERGERE.
Oüi
3
mais vous en dites
autant
A la bergere Floriselle,
Lors que d'un air vif &
content
On vous voit danser avec
elle.
Je içay qu'à louër ses appas
La fested'hier s'estpassée,
Vous suivîtes long-temps
ses pas,
Et même sa rigueur en parut offensée:
Sans ses refus enfin, vous
ne m'aimeriez pas.
LE BERGER.
Je trouvois du plaisiràvoir
cette bergere,
Je ne puis le désavouër,
J'aimois à l'entendre louër:
Mais expliquez-moy ce
mystere;
Ses appas me paroissoient
doux,
Florifelle sçavoit me plaire,
Et parmi ces plaisirs je ne
pensois qu'àvous,
Philis, ne se peut-il point
faire,
Qu'elle ait quelques-uns
de vos traits?
Les- bergers n'aiment-ils
jamais
Ce qui ressmbre à leur
bergere ?
LA BERGERE.
Laissons ces discours dangereux,
Rejoignons nostroupeaux,
retournons à la plaine,
j
Reservons tous nos soins
poureux,
Le reste donne trop de
(
peine.
LE BERGER.
Helas déja nous nous qüitçpns?
Craignez-ousque dans
ces prairies
Un loup enlevenos moutons?
Voicy les miens errans far
ces herbes fleuries,
Ils me furent bien chers:
mais je les donne tous,
Philis, pour être encore un
moment avec vous.
LA BERGERE.
Je vous ferois, berger,
lemême sacrifice,
Mes troupeaux ne sont pas
ce quej'aime lemieux £
Je consens même qu'à mes
1
yeux
Un loup cruel. me les ravisse y
Si contre un plus doux artifice
Je puis garder helas, un
-,
bien LEplus BERGER. .precièux»
Helas! si pour me fuir vous
allez dans ces plaines,
Quevais-je devenir tout le
reste du jour?
Je voulois connoîtrel'amour -
Je neconnoîtray que ses
peines.
LA BERGERE.
D'aujourd'hui tu visfous sa I°Y>
Et tu te plains de son empire
Surluij'aurai tantôt cent
choses à te dire
Tu ne le connois pas carsibienque pasen- en
car .,(
-LEBERGER.
Belle: Philis mon coeur
soupire,
De ne pas le connoître
mieux
Demeurez encore en ces
lieux
Pour achever de m'en ine.
truire.
Mais vous suyez, Philis,
nonnel'eiperez pas,
Sans vous je ne scaurois
plus vivre,
Tircis à force de la suivre
La fit revenir sur les pas,
Auprès d'elle coucher sur
la fraîche verdure,
Tircisluy dit en soupirant
Toutce que la simple na-
ture
Sçait dicter au plus ignorant,
Philis dont le coeur étoit
tendre
Ne put se lasser de l'entendre
Et connut trop tard le danger.
Pour une bergere amou.
reuse
L'ignorance d'un beau berger
Est mille fois plus dangereuse,
Que l'experience trompeuse
D'un berger sujet a
changer.
La nuit commença sa carrière
Trop tôt pour de telles
amours,
Il salut se quitter, & la jeune bergere
Finit par ce tendre discours :
Tu viens d'apprendre en ce
bocage,
Ce que c'est que l'amour
au comble des souhaits,
Puisse-tu n'apprendre jamais
Ce que c'est que l'amour
volage
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Résumé : PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
Le texte relate un dialogue entre un berger et une bergère nommée Philis. Intrigué par les souffrances amoureuses de ses pairs, le berger interroge Philis sur la nature de l'amour. Philis lui répond qu'il comprendra l'amour lorsqu'il le vivra. Le berger avoue alors son amour pour Philis, mais elle lui parle des différentes formes d'amour, notamment l'amour impur qui cherche à se manifester et l'amour sincère qui reste secret. Philis reproche au berger de montrer de l'affection à une autre bergère, Floriselle. Le berger explique que ses sentiments pour Philis étaient présents même lorsqu'il appréciait Floriselle. Philis, inquiète, suggère de rejoindre leurs troupeaux, mais le berger exprime son désir de rester avec elle. Philis raconte ensuite l'histoire de Tircis et d'une bergère qui, par ignorance, a souffert de son amour. Finalement, Philis et le berger doivent se séparer à l'approche de la nuit, Philis lui souhaitant de ne jamais connaître l'amour volage.
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1447
p. 263-264
De Châlons. IMPROMPTU FORCÉ d'un Magistrat de cette ville, pour une Dame qui l'obligeoit à faire des vers sur sa laideur.
Début :
Quand le Seigneur eut fait éclore [...]
Mots clefs :
Impromptu, Beauté, Laideur
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texteReconnaissance textuelle : De Châlons. IMPROMPTU FORCÉ d'un Magistrat de cette ville, pour une Dame qui l'obligeoit à faire des vers sur sa laideur.
diantne magis.
De Châlons.
IMPROMPTU FORCE'
d'un Magistrat de cette ville,
pour une Dame qui l'obligeoit à
faire des vers sursa laideur.
QUand le Seigneur eut
fait éclore
Toutvôtre esprit,
Et ce bon air qu'en vous
j'adore,
Sans doute il dit:
Cette mortelleen verité
Se passera bien de beauté.
CetImpromptu se chante
sur le Vaudteville de M. de
Grimaudin.
De Châlons.
IMPROMPTU FORCE'
d'un Magistrat de cette ville,
pour une Dame qui l'obligeoit à
faire des vers sursa laideur.
QUand le Seigneur eut
fait éclore
Toutvôtre esprit,
Et ce bon air qu'en vous
j'adore,
Sans doute il dit:
Cette mortelleen verité
Se passera bien de beauté.
CetImpromptu se chante
sur le Vaudteville de M. de
Grimaudin.
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1448
p. 280-290
Autre Traduction de l'Ode latine sur le Vin de Bourgogne.
Début :
Chere Feüillette Bourguignonne, [...]
Mots clefs :
Vin de Bourgogne, Bacchus, Jus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Traduction de l'Ode latine sur le Vin de Bourgogne.
Autre Traduction de
l'Odelatine sur le Vin
de Bourgogne.
Ces Odes font aflêk belles
en
latin pour mériter qu'on en
donne plusieurs traductions
en vers, afin qu'on puisse
trouver dans l'unequelque
beauté, qui aura peut- estre
échapé à tAuteur de l'autre.
Chere Feuillette Bourgui..,
gnonne,
Qui loges dans ton fein la
vermeille Santé, ,-
Les Plaisirs innocens,la douce Liberre,
Et que d'Amours badins
une troupe environne.
Je veux te consacrer ces
vers.
C'est toi qui d'un murt peux
faire un Demosthéne.
Qui peux à l'idiot sans étude
& sans peine
Donner en un instant mille
talens divers.
«
Onvoit des Soins la noire
engeance
Disparoistreàl'aspect de
ton jus enchanteur,
Et le pauvre quepresse un
rudeCollecteur,
Perdre le souvenir de sa triste indigence.
l
En vain la table offre des
mers
D'un superbe appareil, d'une faveur exquise
:
Si tu n'es du festin, le Bon
Goût lesméprise,
Et ne compte pour rien leurs
somptueuxapprêts.
Jusqu'auxcieux la Cham.
pagne éleve
De 1 son vin petillant la riante liqueur.
On fait qu'il brilleaux yeux,
qu'il chatoüille lecœur,
Qiil pique l'odorat d'une
agréblc féve.
Mais craignons un poison
couvert.
L'aspic est fous les fleurs.
Queseulement pargrace
Quand Beaune aura primé,
Reims occupant la place
Vienne legerement amuser
le defferc.
A toi, dont je chante la
gloire,
Nourrice des vieillards, pleine du lait divin
Qui réchauffe le fang, &
bannit le chagrin,
ChereTonne, à roi seule appartient la victoire.
Lorsque par les ans refroidi -
On n'a plus ce beau seuque
la jeunesse inspire,
Que, propice autrefois, Apollonse retire,
Et que, comme le corps, l'esprit est engourdi.
De l'âge, mieux que l'Hippocréne,
Tu guéris, vray nectar,
l'importune froideur,
Et soufflant au Poëte une
7 soudaine ardeur,
Du Sophocle glacé tu ranimes la veine.
Mieux que trompettes &
tambours
Tu serois au soldat affronter lesalarmes.
Luy qui languit à jeun sous
le poids de ses armes
Ne le sentiroit pas aidé de
ton secours.
Mais, loin d'exciter à la
guerre,
Toi qui cherches plutost les
danses &les jeux,
Sollicitela Paix, lente au gré
de nos vœux,
De ne plus differer le repos
de la terre.
Déjà par des foins empressez
Le financier t'appelleàsatable superbe;
Et dans peu nos bergers
vont étendus sur l'herbe
Noyer au fond des pots
tousleurs ennuis passez.
Qu'ailleurs Bacchus, hô- teinfidèle,
De nuages fâcheux occupe
le cerveau.
Qu'ilmine ailleurs les nerfs,
lent& secret bourreau,
Ou livre à l'estomacuneattaquecruelle:
De toi coule un jus pre-^
tieux,
Doux aux nerfs, à la telle,
ami de la poitrine,
Et
,
merveille sur tout rare
en la Medecine,
Remèdeenmême temps
sûr,& délicieux.
Le Sommeil sourd à nos
prières
S'enfuit-il loin de nous, attendu vainement?
Ce Dieu, si nous prenons de
ton sirop charmant,
Viendra de Tes pavots humecter nos paupieres.
Mais tout buveur doit se
regler.
Du modeste Bacchus c'est la
loi
loyla plus belle.
Tu veux qu'on la reîpcéteJ
&malheur au rc belle
Dont l'indigne attentatose
lavioler.
Veilletoujours, aimable
Tonne
, Veille à fortifier la Royale
fanté,
Afin que fous Louisla France en sureté
Puisse dompter enfin les fureurs de Bellonne.
Ainsi
,
d'une commune
voix
Ton vin qu'en ses costeaux
la Bourgogne voit naître,
Des vinslesplus fameux soit
reconnu le maistre,
Utile aux jours du Prince, &
digne de son choix.
l'Odelatine sur le Vin
de Bourgogne.
Ces Odes font aflêk belles
en
latin pour mériter qu'on en
donne plusieurs traductions
en vers, afin qu'on puisse
trouver dans l'unequelque
beauté, qui aura peut- estre
échapé à tAuteur de l'autre.
Chere Feuillette Bourgui..,
gnonne,
Qui loges dans ton fein la
vermeille Santé, ,-
Les Plaisirs innocens,la douce Liberre,
Et que d'Amours badins
une troupe environne.
Je veux te consacrer ces
vers.
C'est toi qui d'un murt peux
faire un Demosthéne.
Qui peux à l'idiot sans étude
& sans peine
Donner en un instant mille
talens divers.
«
Onvoit des Soins la noire
engeance
Disparoistreàl'aspect de
ton jus enchanteur,
Et le pauvre quepresse un
rudeCollecteur,
Perdre le souvenir de sa triste indigence.
l
En vain la table offre des
mers
D'un superbe appareil, d'une faveur exquise
:
Si tu n'es du festin, le Bon
Goût lesméprise,
Et ne compte pour rien leurs
somptueuxapprêts.
Jusqu'auxcieux la Cham.
pagne éleve
De 1 son vin petillant la riante liqueur.
On fait qu'il brilleaux yeux,
qu'il chatoüille lecœur,
Qiil pique l'odorat d'une
agréblc féve.
Mais craignons un poison
couvert.
L'aspic est fous les fleurs.
Queseulement pargrace
Quand Beaune aura primé,
Reims occupant la place
Vienne legerement amuser
le defferc.
A toi, dont je chante la
gloire,
Nourrice des vieillards, pleine du lait divin
Qui réchauffe le fang, &
bannit le chagrin,
ChereTonne, à roi seule appartient la victoire.
Lorsque par les ans refroidi -
On n'a plus ce beau seuque
la jeunesse inspire,
Que, propice autrefois, Apollonse retire,
Et que, comme le corps, l'esprit est engourdi.
De l'âge, mieux que l'Hippocréne,
Tu guéris, vray nectar,
l'importune froideur,
Et soufflant au Poëte une
7 soudaine ardeur,
Du Sophocle glacé tu ranimes la veine.
Mieux que trompettes &
tambours
Tu serois au soldat affronter lesalarmes.
Luy qui languit à jeun sous
le poids de ses armes
Ne le sentiroit pas aidé de
ton secours.
Mais, loin d'exciter à la
guerre,
Toi qui cherches plutost les
danses &les jeux,
Sollicitela Paix, lente au gré
de nos vœux,
De ne plus differer le repos
de la terre.
Déjà par des foins empressez
Le financier t'appelleàsatable superbe;
Et dans peu nos bergers
vont étendus sur l'herbe
Noyer au fond des pots
tousleurs ennuis passez.
Qu'ailleurs Bacchus, hô- teinfidèle,
De nuages fâcheux occupe
le cerveau.
Qu'ilmine ailleurs les nerfs,
lent& secret bourreau,
Ou livre à l'estomacuneattaquecruelle:
De toi coule un jus pre-^
tieux,
Doux aux nerfs, à la telle,
ami de la poitrine,
Et
,
merveille sur tout rare
en la Medecine,
Remèdeenmême temps
sûr,& délicieux.
Le Sommeil sourd à nos
prières
S'enfuit-il loin de nous, attendu vainement?
Ce Dieu, si nous prenons de
ton sirop charmant,
Viendra de Tes pavots humecter nos paupieres.
Mais tout buveur doit se
regler.
Du modeste Bacchus c'est la
loi
loyla plus belle.
Tu veux qu'on la reîpcéteJ
&malheur au rc belle
Dont l'indigne attentatose
lavioler.
Veilletoujours, aimable
Tonne
, Veille à fortifier la Royale
fanté,
Afin que fous Louisla France en sureté
Puisse dompter enfin les fureurs de Bellonne.
Ainsi
,
d'une commune
voix
Ton vin qu'en ses costeaux
la Bourgogne voit naître,
Des vinslesplus fameux soit
reconnu le maistre,
Utile aux jours du Prince, &
digne de son choix.
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Résumé : Autre Traduction de l'Ode latine sur le Vin de Bourgogne.
Le texte est une ode au vin de Bourgogne, vantant ses nombreuses vertus. Le vin est décrit comme apportant santé, plaisir et liberté, et capable de transformer une personne ordinaire en un orateur éloquent. Il soulage les pauvres et les malheureux, et son absence rend même les festins somptueux insignifiants. Le vin de Bourgogne est comparé à un nectar divin qui réchauffe le cœur et l'esprit, inspirant les poètes et guérissant les maux de l'âge. Il est également présenté comme un remède précieux en médecine, doux pour les nerfs et la tête, et capable d'apporter un sommeil réparateur. Le texte conclut en souhaitant que le vin de Bourgogne soit reconnu comme le maître des vins les plus célèbres, utile et digne des choix du prince, en l'occurrence Louis, pour assurer la sécurité et la domination de la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1449
p. 301-302
Parodie de la derniere Enigme, dont le mot estoit un Pepin.
Début :
Pepin, né prisonnier, petit & méprisable, [...]
Mots clefs :
Pépin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la derniere Enigme, dont le mot estoit un Pepin.
ENIGMES.
Parodie de la derniere
Enigmedont le mot 0
était un Pépin.
Par Madame de L.
Pépin, néprisonnier,petit &meprisable,
En coupant une pomme,
on me délivré a table,
J'engendre desenfansprisonniers comme moi,
Pepin, porte le nom d'un
Roi,
Enferme dans son fein
limage de son pere,
N'est point l'Amour.
Dieu de Cithere.
Des fruits. Il habite les
cœurs,
rlry mortels rveifès des
pleurs,
Pommequ'il habitait,a
tuévotre mere, Et vous causa bien des
malheurs
Parodie de la derniere
Enigmedont le mot 0
était un Pépin.
Par Madame de L.
Pépin, néprisonnier,petit &meprisable,
En coupant une pomme,
on me délivré a table,
J'engendre desenfansprisonniers comme moi,
Pepin, porte le nom d'un
Roi,
Enferme dans son fein
limage de son pere,
N'est point l'Amour.
Dieu de Cithere.
Des fruits. Il habite les
cœurs,
rlry mortels rveifès des
pleurs,
Pommequ'il habitait,a
tuévotre mere, Et vous causa bien des
malheurs
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1450
p. 305
ENVOY. Par le petit Baritonillet.
Début :
De cette Enigme, j'ay la clef. [...]
Mots clefs :
Pépin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY. Par le petit Baritonillet.
ENVOI.
Par le petit Baritonillet.
De cette Enigme
,
j'ay la
clef
Je la devine de mon
chef
Je m'appelle)Pepin, le
Bref;
Maisj'ai l'esprit plus
long quelemats
Par le petit Baritonillet.
De cette Enigme
,
j'ay la
clef
Je la devine de mon
chef
Je m'appelle)Pepin, le
Bref;
Maisj'ai l'esprit plus
long quelemats
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