Autre Traduction de
l'Odelatine sur le Vin
de Bourgogne.
Ces Odes font aflêk belles
en
latin pour mériter qu'on en
donne plusieurs traductions
en vers, afin qu'on puisse
trouver dans l'unequelque
beauté, qui aura peut- estre
échapé à tAuteur de l'autre.
Chere Feuillette Bourgui..,
gnonne,
Qui loges dans ton fein la
vermeille Santé, ,-
Les Plaisirs innocens,la douce Liberre,
Et que d'Amours badins
une troupe environne.
Je veux te consacrer ces
vers.
C'est toi qui d'un murt peux
faire un Demosthéne.
Qui peux à l'idiot sans étude
& sans peine
Donner en un instant mille
talens divers.
«
Onvoit des Soins la noire
engeance
Disparoistreàl'aspect de
ton jus enchanteur,
Et le pauvre quepresse un
rudeCollecteur,
Perdre le souvenir de sa triste indigence.
l
En vain la table offre des
mers
D'un superbe appareil, d'une faveur exquise
:
Si tu n'es du festin, le Bon
Goût lesméprise,
Et ne compte pour rien leurs
somptueuxapprêts.
Jusqu'auxcieux la Cham.
pagne éleve
De 1 son vin petillant la riante liqueur.
On fait qu'il brilleaux yeux,
qu'il chatoüille lecœur,
Qiil pique l'odorat d'une
agréblc féve.
Mais craignons un poison
couvert.
L'aspic est fous les fleurs.
Queseulement pargrace
Quand Beaune aura primé,
Reims occupant la place
Vienne legerement amuser
le defferc.
A toi, dont je chante la
gloire,
Nourrice des vieillards, pleine du lait divin
Qui réchauffe le fang, &
bannit le chagrin,
ChereTonne, à roi seule appartient la victoire.
Lorsque par les ans refroidi -
On n'a plus ce beau seuque
la jeunesse inspire,
Que, propice autrefois, Apollonse retire,
Et que, comme le corps, l'esprit est engourdi.
De l'âge, mieux que l'Hippocréne,
Tu guéris, vray nectar,
l'importune froideur,
Et soufflant au Poëte une
7 soudaine ardeur,
Du Sophocle glacé tu ranimes la veine.
Mieux que trompettes &
tambours
Tu serois au soldat affronter lesalarmes.
Luy qui languit à jeun sous
le poids de ses armes
Ne le sentiroit pas aidé de
ton secours.
Mais, loin d'exciter à la
guerre,
Toi qui cherches plutost les
danses &les jeux,
Sollicitela Paix, lente au gré
de nos vœux,
De ne plus differer le repos
de la terre.
Déjà par des foins empressez
Le financier t'appelleàsatable superbe;
Et dans peu nos bergers
vont étendus sur l'herbe
Noyer au fond des pots
tousleurs ennuis passez.
Qu'ailleurs Bacchus, hô- teinfidèle,
De nuages fâcheux occupe
le cerveau.
Qu'ilmine ailleurs les nerfs,
lent& secret bourreau,
Ou livre à l'estomacuneattaquecruelle:
De toi coule un jus pre-^
tieux,
Doux aux nerfs, à la telle,
ami de la poitrine,
Et
,
merveille sur tout rare
en la Medecine,
Remèdeenmême temps
sûr,& délicieux.
Le Sommeil sourd à nos
prières
S'enfuit-il loin de nous, attendu vainement?
Ce Dieu, si nous prenons de
ton sirop charmant,
Viendra de Tes pavots humecter nos paupieres.
Mais tout buveur doit se
regler.
Du modeste Bacchus c'est la
loi
loyla plus belle.
Tu veux qu'on la reîpcéteJ
&malheur au rc belle
Dont l'indigne attentatose
lavioler.
Veilletoujours, aimable
Tonne
, Veille à fortifier la Royale
fanté,
Afin que fous Louisla France en sureté
Puisse dompter enfin les fureurs de Bellonne.
Ainsi
,
d'une commune
voix
Ton vin qu'en ses costeaux
la Bourgogne voit naître,
Des vinslesplus fameux soit
reconnu le maistre,
Utile aux jours du Prince, &
digne de son choix.