Résultats : 21757 texte(s)
Détail
Liste
19601
p. 240-241
De Malaga le 9 Novembre.
Début :
M. de Mortemard, Consul de France à Malaga, a donné deux fêtes pour célebrer la naissance [...]
Mots clefs :
Málaga, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Malaga le 9 Novembre.
De Malaga le 9 Novembre.
M. de Mortemard, Consul de France à Malaga,
a donné deux fêtes pour célebrer la naissance
de
M. de Mortemard, Consul de France à Malaga,
a donné deux fêtes pour célebrer la naissance
de
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19602
p. 241
De Civitta Vechia le 15. Novembre.
Début :
M. Vedau, Consul de France, a donné ici des démonstrations publiques de sa joie à l'occasion [...]
Mots clefs :
Civitavecchia, Naissance du duc de Bourgogne, M. Vedau
19603
p. 242
De Nice le 24. Novembre.
Début :
M. Julien, Consul de France à Nice, exécuta le 22. de ce mois, la Fête qu'il s'étoit proposé [...]
Mots clefs :
Nice, Naissance du duc de Bourgogne, M. Julien, Consuls
19604
p. 243
De Cagliary le 29. Novembre.
Début :
M. le Grand[,] Consul de France, a commencé les Fêtes qu'il a données ici à l'occasion de [...]
Mots clefs :
Cagliari, Naissance du duc de Bourgogne, M. Le Grand, Fêtes, Ville, Consul de France
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texteReconnaissance textuelle : De Cagliary le 29. Novembre.
De Cagliary le 29. Novembre.
M. le Grand[,] Consul de France, a commencé
les Fêtes qu'il a données ici à l'occasion de
la Naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne par les Quarante-heures & les Indulgen-
ces qu'il avoit obtenues de M. l'Archevêque de
cette Ville: l'Eglise de Saint Louis tut choisie
pour cela, le grand-Autel, illuminé en pira-
mide, étoit surmonté par la Statue de Saint
Louis sous un dais, orné des armoiries du Roi
de Monseigneur le Dauphin, & de Monseigneur
le Duc de Bourgogne. Ces Fêtes furent annon-
cées le matin au lever du Soleil par une salve d'ar-
tillerie en arborant le pavillon au haut de la façade
del'Eigise. LaGrande-Messe & le Te Deum à grand
Chœur furent chantés par tout ce qu'il y a de
meilleurs Musiciens dans le Royaume, & il y
eut un discours prononcé par le R. P. Simon
Jesuite. La clôture des Quarante--Heures se fit
le troisiéme jour au soir par la Procession du
Saint Sacrement, M. le Consul y assista accom-
pagné des Consuls Etrangers & de tous les
François qui habitent cette Ville. Le premier
jour de ces Fêtes, M. le Consul donna à diner
acinquante personnes des plus distinguées de cette
Ville, il fit tirer le soir un fort beau feu d'arti-
fice, & pendant les trois jours, sa Maison fut il-
luminée par des flambeaux de cire- vierge, pélant
quatre livres chacun.
M. le Grand[,] Consul de France, a commencé
les Fêtes qu'il a données ici à l'occasion de
la Naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne par les Quarante-heures & les Indulgen-
ces qu'il avoit obtenues de M. l'Archevêque de
cette Ville: l'Eglise de Saint Louis tut choisie
pour cela, le grand-Autel, illuminé en pira-
mide, étoit surmonté par la Statue de Saint
Louis sous un dais, orné des armoiries du Roi
de Monseigneur le Dauphin, & de Monseigneur
le Duc de Bourgogne. Ces Fêtes furent annon-
cées le matin au lever du Soleil par une salve d'ar-
tillerie en arborant le pavillon au haut de la façade
del'Eigise. LaGrande-Messe & le Te Deum à grand
Chœur furent chantés par tout ce qu'il y a de
meilleurs Musiciens dans le Royaume, & il y
eut un discours prononcé par le R. P. Simon
Jesuite. La clôture des Quarante--Heures se fit
le troisiéme jour au soir par la Procession du
Saint Sacrement, M. le Consul y assista accom-
pagné des Consuls Etrangers & de tous les
François qui habitent cette Ville. Le premier
jour de ces Fêtes, M. le Consul donna à diner
acinquante personnes des plus distinguées de cette
Ville, il fit tirer le soir un fort beau feu d'arti-
fice, & pendant les trois jours, sa Maison fut il-
luminée par des flambeaux de cire- vierge, pélant
quatre livres chacun.
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19605
p. 221-222
GRANDE BRETAGNE.
Début :
La garde qui veille sur la personne de l'Amiral Byng, vient d'être [...]
Mots clefs :
Amiral Byng, Hôpital Greenwich, Parlement, Jugement, Amiral Hawke, Scorbut des marins, Négociants, Armateurs français, Corsaires, Rançon
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BREETTAAGGNNE.
DE LONDRES , le 14 Septembre.
La garde qui veille fur la perfonne de l'Amiral
Byng , vient d'être doublée , & l'on a grillé les
fenêtres de la chambre où il eft logé dans l'Hôpital
de Greenwich. Il paroît qu'il fera jugé par
le Parlement , & non par un Confeil de guerre.
On a fait la vifite du Vaiffeau de guerre Hollandois
, & des vingt-cinq Navires de la même Nation
, qui furent amenés le 17 du mois dernier
aux Dunes. Comme on n'y a trouvé aucune marchandiſe
de contrebande , on leur a notifié qu'ils
pouvoient continuer leur navigation. Le bois de
coaftruction , qu'ils avoient à bord , a été retenu
pour le compte de Sa Majefté , & payé argent
Comptant. Trois bataillons des Gardes , & huir
Régimens d'Infanterie , ont ordre de fe tenir prêts
à s'embarquer.
Selon les nouvelles de la Méditerranée , l'Amiral
Hawke a quitté les parages de l'Ile Minorque
, & a fait voile vers l'Eft . L'efcadre de cet
Amiral , ainfi que celle de l'Amital Boscawen
font réduites à un très - fâcheux état par le fcorbut
& par d'autres maladies. Le Gouvernement vient
d'envoyer ordre à Portsmouth , à Plymouth , à
3
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Chatham & à Wolwich , que tous les Vaiſſeaux de
guerre , qui s'y trouvent , fe préparent à fe mettre
en mer , pour aller renforcer l'une & l'autre
Efcadre. On prétend que l'Amiral Knowls doit
relever inceffamment l'Amiral Boscawen.
Divers Négocians de cette Ville font en peine
pour les Navires qu'ils attendent de la Mer Baltique.
Leur inquiétude eft d'autant mieux fondée ,
que les Armateurs François croiſent actuellement
en grand nombre fur les côtes d'Angleterre. Depuis
quelques jours , ces Armateurs ont pris plufieurs
Bâtimens dont les uns ont été conduits en
France , & les autres ont été rançonnés. Comme
le nombre des Corfaires ennemis augmente de
jour en jour , on a ordonné à quelques Vaiffeaux
de guerre , de leur donner la chaffe. On fe propofe
d'accorder à nos Armateurs les mêmes gratifications
, qui font promifes aux Capitaines &
aux Equipages des Vaiffeaux & des Frégates de
Sa Majefté , pour les prifes faites fur les François.
DE LONDRES , le 14 Septembre.
La garde qui veille fur la perfonne de l'Amiral
Byng , vient d'être doublée , & l'on a grillé les
fenêtres de la chambre où il eft logé dans l'Hôpital
de Greenwich. Il paroît qu'il fera jugé par
le Parlement , & non par un Confeil de guerre.
On a fait la vifite du Vaiffeau de guerre Hollandois
, & des vingt-cinq Navires de la même Nation
, qui furent amenés le 17 du mois dernier
aux Dunes. Comme on n'y a trouvé aucune marchandiſe
de contrebande , on leur a notifié qu'ils
pouvoient continuer leur navigation. Le bois de
coaftruction , qu'ils avoient à bord , a été retenu
pour le compte de Sa Majefté , & payé argent
Comptant. Trois bataillons des Gardes , & huir
Régimens d'Infanterie , ont ordre de fe tenir prêts
à s'embarquer.
Selon les nouvelles de la Méditerranée , l'Amiral
Hawke a quitté les parages de l'Ile Minorque
, & a fait voile vers l'Eft . L'efcadre de cet
Amiral , ainfi que celle de l'Amital Boscawen
font réduites à un très - fâcheux état par le fcorbut
& par d'autres maladies. Le Gouvernement vient
d'envoyer ordre à Portsmouth , à Plymouth , à
3
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Chatham & à Wolwich , que tous les Vaiſſeaux de
guerre , qui s'y trouvent , fe préparent à fe mettre
en mer , pour aller renforcer l'une & l'autre
Efcadre. On prétend que l'Amiral Knowls doit
relever inceffamment l'Amiral Boscawen.
Divers Négocians de cette Ville font en peine
pour les Navires qu'ils attendent de la Mer Baltique.
Leur inquiétude eft d'autant mieux fondée ,
que les Armateurs François croiſent actuellement
en grand nombre fur les côtes d'Angleterre. Depuis
quelques jours , ces Armateurs ont pris plufieurs
Bâtimens dont les uns ont été conduits en
France , & les autres ont été rançonnés. Comme
le nombre des Corfaires ennemis augmente de
jour en jour , on a ordonné à quelques Vaiffeaux
de guerre , de leur donner la chaffe. On fe propofe
d'accorder à nos Armateurs les mêmes gratifications
, qui font promifes aux Capitaines &
aux Equipages des Vaiffeaux & des Frégates de
Sa Majefté , pour les prifes faites fur les François.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 14 septembre, la garde de l'Amiral Byng a été renforcée et ses fenêtres grillées. Il sera jugé par le Parlement plutôt que par un conseil de guerre. Une inspection de navires hollandais aux Dunes n'a révélé aucune contrebande, mais le bois de construction à bord a été retenu et payé par la couronne. Trois bataillons des Gardes et huit régiments d'infanterie sont prêts à s'embarquer. En Méditerranée, l'Amiral Hawke a quitté Minorque et navigue vers l'Est. Les escadres des Amiraux Hawke et Boscawen sont affaiblies par le scorbut et d'autres maladies. Le gouvernement ordonne aux vaisseaux de guerre de Portsmouth, Plymouth, Chatham et Woolwich de renforcer ces escadres. L'Amiral Knowls doit remplacer l'Amiral Boscawen. À Londres, les négociants s'inquiètent des navires attendus de la Mer Baltique en raison des armateurs français. Plusieurs bâtiments ont été capturés ou rançonnés. Des vaisseaux de guerre ont été envoyés pour contrer cette menace. On envisage d'accorder aux armateurs britanniques les mêmes gratifications promises aux capitaines et équipages des vaisseaux de Sa Majesté pour les prises faites sur les Français.
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19606
p. 244
De Senigaglia le 2. Décembre.
Début :
Mr le Comte de Beliandi Consul de France a fait chanter ici une Grande Messe & un Te [...]
Mots clefs :
Senigallia, Naissance du duc de Bourgogne, Comte de Beliandi
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texteReconnaissance textuelle : De Senigaglia le 2. Décembre.
De Senigaglia le 2. Décembre.
Mr le Comte de Beliandi Consul de France
a fait chanter ici une Grande Messe & un Te
Deum, en actions de graces de l'heureuse nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Il
avoit fait choixdes meilleurs Musiciens de la
Chapelle de Loretto: il y eut pendant la cérémo-
nie une double décharge des mortiets.
Mr le Comte de Beliandi Consul de France
a fait chanter ici une Grande Messe & un Te
Deum, en actions de graces de l'heureuse nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Il
avoit fait choixdes meilleurs Musiciens de la
Chapelle de Loretto: il y eut pendant la cérémo-
nie une double décharge des mortiets.
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19607
p. 244
D'Alicant le 8. Décembre.
Début :
La Nation françoise, établie dans cette Ville, a commencé le 14. du mois passé ses Fêtes [...]
Mots clefs :
Alicante, Naissance du duc de Bourgogne, Nation française, Valence
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texteReconnaissance textuelle : D'Alicant le 8. Décembre.
D'Alicant le 8. Décembre.
La Nation françoise, établie dans cette Ville,
a commencé le 14. du mois passé ses Fêtes
pour la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne. Elles ont duré pendant trois jours
qui se sont passés avec toute la décence possible,
il n'y a aucun Ftançois qui n'ait donné de res-
pectueux témoignages de sa joie, de son zéle
& de ses vooux pour la prospérité du Roi & de
la Famille Royale.
La Nation Francoise, établie à Valence
pareillement fait sa fête le 29. du mois passé avec
beaucoup d'éclat.
La Nation françoise, établie dans cette Ville,
a commencé le 14. du mois passé ses Fêtes
pour la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne. Elles ont duré pendant trois jours
qui se sont passés avec toute la décence possible,
il n'y a aucun Ftançois qui n'ait donné de res-
pectueux témoignages de sa joie, de son zéle
& de ses vooux pour la prospérité du Roi & de
la Famille Royale.
La Nation Francoise, établie à Valence
pareillement fait sa fête le 29. du mois passé avec
beaucoup d'éclat.
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19608
p. 244-245
De Carthagene le 15. Décembre.
Début :
Les Fêtes de la Nation à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...]
Mots clefs :
Carthagène, Naissance du duc de Bourgogne, Nation, Église, Ville, Pays, Événement
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texteReconnaissance textuelle : De Carthagene le 15. Décembre.
De Carthagene le 15. Décembre.
Les Fêtes de la Nation à l'occasion de la Naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
commencerent le 16. Novembre au soir dans
l'Eglise des Réligieux de Saint François de cet-
te Ville, par un Te Deum chanté par les meil-
leurs Musiciens du Pays, & une infinité de feux
zed by Goog
JANVIER.
1752. 24
de poudre volans; après quoi la Natiou, le Gou-
verneur & tous les Gens en place & Principaux
de la Ville s'étant rendus chez M. Marconiet
Consul de la Nation Françoise, on leur servit
avec abondance des rafraîchissemens.
Le lendemain on célébra dans la même Eglise
un Service divin accompagné de la même musi-
que, & il y fut ptononcé par un très habile
Prédicateur du Pays nn Sermon sur l'heureux
événement de la Naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Le 28. la Nation fit tirer un beau feu d'ar-
tifiec.
Les Députés & Négocians François établis
à Murcie, ont donné des marques de leur joie
dans un évenement aussi interellant, par des
sêtes semblables à celles qui ont été données à
Carthagene.
Les Fêtes de la Nation à l'occasion de la Naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
commencerent le 16. Novembre au soir dans
l'Eglise des Réligieux de Saint François de cet-
te Ville, par un Te Deum chanté par les meil-
leurs Musiciens du Pays, & une infinité de feux
zed by Goog
JANVIER.
1752. 24
de poudre volans; après quoi la Natiou, le Gou-
verneur & tous les Gens en place & Principaux
de la Ville s'étant rendus chez M. Marconiet
Consul de la Nation Françoise, on leur servit
avec abondance des rafraîchissemens.
Le lendemain on célébra dans la même Eglise
un Service divin accompagné de la même musi-
que, & il y fut ptononcé par un très habile
Prédicateur du Pays nn Sermon sur l'heureux
événement de la Naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Le 28. la Nation fit tirer un beau feu d'ar-
tifiec.
Les Députés & Négocians François établis
à Murcie, ont donné des marques de leur joie
dans un évenement aussi interellant, par des
sêtes semblables à celles qui ont été données à
Carthagene.
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19609
p. 222-224
PAYS-BAS.
Début :
On mande d'Elseneur, que divers Maîtres de Navires arrivés dans le Sund, [...]
Mots clefs :
Amsterdam, Bruxelles, Armateurs anglais, Mauvais traitements, Capitaine Hendriks, Corneille Bandt, Bataillons, Ordre de marche, Gouverneur de Bruxelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PATS- BAS.
D'AMSTERDAM , le 16 Septembre.
On mande d'Elfeneur , que divers Maîtres de
Navires arrivés dans le Sund , fe plaignent ex rêmement
des mauvais traitemens qu'ils ont efluyés
de la part des Armateurs Anglois . Les mêmes
nouvelles ajoutent que plufieurs de ces Corfaires
arborent pavillon d'Alger pour caufer plus de
frayeur. Un d'eux a rançonné le Patron Frédéric
Carstens pour la fomme de vingt- deux livres fterlings.
Le Capitaine Hendriks , montant le Navire
le Rotterdamfe Welvaren , a déclaré que
deux facs d'argent qu'il avoit à bord , lui avoient
OCTOBRE . 1756. 223
été enlevés avec fa montre & les hardes par
an Pirate de cette Nation . A la hauteur de
Tervere , le Navire du Capitaine Pierre Sybrand
a été canonné par un Vaiffeau de la
même Nation , & a eu les agrêts conſidérablement
endommagés. Une lettre du Patron Corneille
Bandt porte ce qui fuit . « Le 2 du courant ,
» nous remîmes à la voile de Quillebeuf. Un cal-
» me nous arrêta le 5 , & nous fûmes abordés
> par la Chaloupe d'un Armateur Anglois , dans
» laquelle il y avoit huit hommes. Ils examinerent
nos papiers. Enfuite ils enfoncerent nos
» Ecoutilles ; ils en jetterent les panneaux fur le
» tillac , & ils ouvrirent plufieurs ballots , en les
>> coupant. Parmi nos marchandiſes étoit une
» caiffe de cifeaux , dont ils prirent la moitié , en
» difant , Voilà qui eft fort bon , pour couper les
» oreilles aux Hollandois. Ils battirent trois de nos
» Matelots. Je m'attendois à avoir mon tour ,
» mais j'en fus quitte pour les menaces. Après
» avoir mis tout notre Bâtiment au pillage , &
» m'avoit ôté même les boucles d'argent que j'a-
>> vois à mes fouliers , ils me dirent qu'ils me rendroient
tout , fi je voulois leur donner onze
>> guinées & demie . Comme je les affurai que je
» n'avois pas cette fomme , ils me fouillerent moi
& mon Pilote , & ne nous laifferent que deux
» pieces de deux fols . Non contens de ce qu'ils
avoient pris , ils s'approprierent encore un baril
» d'eau-de- vie , & ils fe retirerent , en nous fou-
» haitant un bon voyage » .
DE BRUXELLES , le 25 Septembre.
Deax Bataillons de chacun des Régimens , qui
font en garnifon dans les Places des Païs -Bas , ont
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
ordre de fe tenir prêts à marcher. Le 18 de ce
mois , le Général Luchefi fe rendit à Mariemont ,
& il y prêta ferment entre les mains du Prince
Charles de Lorraine , en qualité de Gouverneur
de Bruxelles. Ce Général étant revenu ici le lendemain
au matin , reçut les complimens des Magiftrats.
Il dina chez le Comte de Gobenzel , & il
partit enfuite pour la Boheme , où il doit commander
la Cavalerie de l'armée de l'Impératrice
Reine. Le Duc d'Aremberg fe difpofe à y aller
joindre le Régiment dont il eft Colonel.
D'AMSTERDAM , le 16 Septembre.
On mande d'Elfeneur , que divers Maîtres de
Navires arrivés dans le Sund , fe plaignent ex rêmement
des mauvais traitemens qu'ils ont efluyés
de la part des Armateurs Anglois . Les mêmes
nouvelles ajoutent que plufieurs de ces Corfaires
arborent pavillon d'Alger pour caufer plus de
frayeur. Un d'eux a rançonné le Patron Frédéric
Carstens pour la fomme de vingt- deux livres fterlings.
Le Capitaine Hendriks , montant le Navire
le Rotterdamfe Welvaren , a déclaré que
deux facs d'argent qu'il avoit à bord , lui avoient
OCTOBRE . 1756. 223
été enlevés avec fa montre & les hardes par
an Pirate de cette Nation . A la hauteur de
Tervere , le Navire du Capitaine Pierre Sybrand
a été canonné par un Vaiffeau de la
même Nation , & a eu les agrêts conſidérablement
endommagés. Une lettre du Patron Corneille
Bandt porte ce qui fuit . « Le 2 du courant ,
» nous remîmes à la voile de Quillebeuf. Un cal-
» me nous arrêta le 5 , & nous fûmes abordés
> par la Chaloupe d'un Armateur Anglois , dans
» laquelle il y avoit huit hommes. Ils examinerent
nos papiers. Enfuite ils enfoncerent nos
» Ecoutilles ; ils en jetterent les panneaux fur le
» tillac , & ils ouvrirent plufieurs ballots , en les
>> coupant. Parmi nos marchandiſes étoit une
» caiffe de cifeaux , dont ils prirent la moitié , en
» difant , Voilà qui eft fort bon , pour couper les
» oreilles aux Hollandois. Ils battirent trois de nos
» Matelots. Je m'attendois à avoir mon tour ,
» mais j'en fus quitte pour les menaces. Après
» avoir mis tout notre Bâtiment au pillage , &
» m'avoit ôté même les boucles d'argent que j'a-
>> vois à mes fouliers , ils me dirent qu'ils me rendroient
tout , fi je voulois leur donner onze
>> guinées & demie . Comme je les affurai que je
» n'avois pas cette fomme , ils me fouillerent moi
& mon Pilote , & ne nous laifferent que deux
» pieces de deux fols . Non contens de ce qu'ils
avoient pris , ils s'approprierent encore un baril
» d'eau-de- vie , & ils fe retirerent , en nous fou-
» haitant un bon voyage » .
DE BRUXELLES , le 25 Septembre.
Deax Bataillons de chacun des Régimens , qui
font en garnifon dans les Places des Païs -Bas , ont
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
ordre de fe tenir prêts à marcher. Le 18 de ce
mois , le Général Luchefi fe rendit à Mariemont ,
& il y prêta ferment entre les mains du Prince
Charles de Lorraine , en qualité de Gouverneur
de Bruxelles. Ce Général étant revenu ici le lendemain
au matin , reçut les complimens des Magiftrats.
Il dina chez le Comte de Gobenzel , & il
partit enfuite pour la Boheme , où il doit commander
la Cavalerie de l'armée de l'Impératrice
Reine. Le Duc d'Aremberg fe difpofe à y aller
joindre le Régiment dont il eft Colonel.
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Résumé : PAYS-BAS.
En septembre 1756, plusieurs incidents maritimes sont rapportés. À Amsterdam, des maîtres de navires se plaignent des mauvais traitements infligés par des armateurs anglais dans le Sund. Des corsaires anglais utilisent le pavillon algérien pour semer la peur. Un pirate anglais a rançonné Frédéric Carstens pour vingt-deux livres sterling et dérobé des biens au capitaine Hendriks. Le navire du capitaine Pierre Sybrand a été canonné près de Tervere. Corneille Bandt décrit une attaque anglaise près de Quillebeuf, où des marchandises ont été pillées et des matelots battus. Les agresseurs ont exigé onze guinées et demie pour rendre les biens volés. Sur le front terrestre, à Bruxelles, deux bataillons sont prêts à marcher. Le général Luchefi a prêté serment au prince Charles de Lorraine à Mariemont et a rejoint l'armée en Bohême. Le duc d'Aremberg se prépare à rejoindre son régiment.
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19610
p. 1278-1288
EXTRAIT du Memoire lû par M. de Reaumur à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences du 5 May 1734. sur les diférens degrez du froid qu'on peut produire en mêlant de la Glace avec diférens Sels ou avec d'autres matieres, soit solides, soit liquides.
Début :
On sçait qu'en mêlant de la glace pilée avec certains sels, tels que le [...]
Mots clefs :
Réaumur, Académie royale des sciences, Froid, Glace, Sels, Degrés, Salpêtre, Expériences, Esprit de vin, Poudre, Sel marin, Thermomètres, Degré, Liqueurs, Mémoire
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Memoire lû par M. de Reaumur à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences du 5 May 1734. sur les diférens degrez du froid qu'on peut produire en mêlant de la Glace avec diférens Sels ou avec d'autres matieres, soit solides, soit liquides.
EXTRAIT du Memoire lû par M. de
Reaumur à l'Assemblée publique de l'Académie
Royale des Sciences du 5 May
1734. sur les diférens degrez du froid
qu'on peut produire en mêlant de la Glace
avec diférens Sels ou avec d'autres matieres,
soit solides , soit liquides .
OP
N sçait qu'en mêlant de la glace
pilée avec certains sels , tels que le
Salpêtre et le Sel marin , ou le Sel de table
, on fait naître un plus grand degré
de froid que celui qu'avoit cette Glace ;
qu'au moyen du froid produit par ce mélange
on fait geler de l'eau dans les jours
les plus chauds . C'est même l'expédient
auquel nous devons ces liqueurs glacées
que nous prenons avec plaisir en Eté et
qui paroissent à présent en toutes Saisons
sur les tables somptueuses ; Mais or ne
sçait point encore assez quelle est l'efficacité
de chaque Sel mêlé avec la Glace pour
la production du froid. Quoiqu'on ait
fait beaucoup d'expériences sur la production
de ces froids , qu'on peut nom,
mer artificiels , on ne sçait point encore
de combien le froid qu'un Sel peut produire
est plus grand que celui qui peut
II Vol. être
JUIN. 1734: 1279
Etre produit par un autre Sel , et quelle
est la proportion la plus avantageuse dans
laquelle chaque Sel doit être combiné
avec la Glace. C'est aussi ce qui ne pouvoit
être déterminé avec une sorte de
précision , avant qu'on eut les Thermométres
dont M. de Réaumur a donné la
construction dans les Mémoires de l'Académie
de 1730. Il falloit que les dégrez
de chaud et de froid eussent été réduits à
certaines mesures fixes ; que les dégrez du
Thermométre qui les désignent ne fussent
pas pris arbitrairement comme ils le
sont dans les Thermométres ordinaires.
Dans ceux de M. de Réaumur , ces dégrez
sont des portions connues d'un volume
connu , d'un esprit de vin connu : aussi
plusieurs de ces Thermométres , placez à
côté les uns des autres , s'ils ont été bien
construits , marquent par un même nombre
de dégrez la température de l'air.
On a donc dans ces Thermomètres des
instrumens propres à déterminer les dégrez
du froid en mesures connuës . Les
premiers que M. de Réaumur avoit fait
construire étoient extrémement grands
et par consequent difficiles même à
manier. Il est parvenu à en faire faire
d'aussi petits qu'on les peut souhaiter
, et aussi exacts que les grands. Les
II. Vol. de1280
MERCURE DE FRANCE
dégrez des uns sont proportionnels à ceux
des autres . Les petits n'ont que huic à
dix pouces de hauteur , et moins si l'on
veut. Nous sommes encore obligez de
rapp ller ici qu'il y a sur ces Thermométres
deux suites de dégrez ou de divisions,
l'une qu'on peut appeller celle des dégrez
ascendans ou des dégrez de chaud , et
l'autre des dégrez descendans ou des dégrez
de froid ; le terme , la ligne qui sépare
ces deux suites est marquée par Zero.
Lorsque la liqueur du Thermométre e
à ce terme , elle n'a précisément que le
degré de f oid qui suffit pour geler l'eau
ou pour empêcher la Glace de se fondre.
Les dégrez qui sont au dessous de ce terme
expriment des d'grez de froid de plus
grand en plus grand que celui qui est
simplement capable de geler l'eau.
Le Salpêtre est un des Sels de l'efficacité
duquel on a le plus d'idée pour la
production du froid. C'est à un nitre ou
à un Salpêtre répandu dans l'air qu'on
attribue les plus grands froids : si la Glace
se forme au milieu de l'Eté dans quelques
cavernes souterraines, telles que la Grotte
de Besançon on veut que ce soit parce
que les terres des environs sont impregnées
de Salpêtre . Les expériences de
M. de Réaumur nous font beaucoup ra-7.
,
11 Vol. batJUIN
1734. 1 ·
1281
battre de cette idée qu'on s'étoit faite du
Salpêtre , elles, apprennent que le Salpêtre
bien pur, bien rafiné , étant mêlé avec
la Glace , ne peut faire naîtte qu'un dégré
de froid de trois dégrez et demi plus
grand que celui qui est capable de geler
T'eau.
Si on avoit eu besoin de produite un
grand degré de froid , on ne se seroit pas.
avisé apparemment de préférer le sucre
au Salpêtre ; on l'auroit dû pourtant , puisque
les expériences de M. de Reaumur apprennent
qu'avec du sucre et de la Glace
on fait naître un froid de 5 dégrez au - dessous
de la congellation. Ces expériences
doivent paroître curieuses; mais on auroit
été assez porté à croire qu'elles ne sont
que curieuses, M. de Reaumur à fait voir
qu'elles ont des utilitez qu'on n'en auroit
pas attendues. On a cherché et on a imaginé
bien des moyens et bien des machines
pour éprouver la force de la poudre
à canon , parce qu'il importe extrémement
de pouvoir s'assurer de la qualité des différentes
poudres. Ceux qui sont le plus
au fait de l'Artillerie sçavent cependant
que malgré tous les genres d'épreuves
qu'on a imaginés , il n'y en a pas encore
une bonne qui soit connues on n'a pas
pensé assurémentque la meilleure maniere
I I. Vol. B dé1232
MERCURE DE FRANCE
11
déprouver de la poudre à canon fur déprouver
le degré du froid qu'elle peut
faire naître : c'est pourtant ce qui résul
te très - clairement des expériences de
M. de Reaumur. Le Salpêtre fait la base
de cette poudre , elle est composée de
trois parties de Salpêtre , d'une demie
partie de charbon et d'une demie partie
de souffre , c'est sur tout par la qualité,
du Salpêtre qu'on peut craindre que la
poudre peche . L'opération de purifier ,
de rafiner le Salpêtre se réduit presque à
en séparer un Sel de la nature du Sel marin
où du Sel de table avec lequel il est
mêlé. Le Salpêtre est d'autant plus pur ,
plus parfait , qu'il contient moms de ce
Sel. Or les expériences de M. de Reaumur
lui ont appris que le Sel matin ou
que le Sel qui altére le Salpêtre mêlé avec
la Glace, est capable de produire un trèsgrand
froid , un froid qui surpasse de 15
degrez celui qui suffit pour geler l'eau¸
au lieu que leSalpêtre bien rafiné ne peut
produire qu'un froid de 3 degrez et demi
plus grand que celui de l'eau qui
commence à se geler. Delà il suit que
moins le Salpêtre sera rafiné et plus le
froid qu'il fera naître , étant mêlé avec de
la Glace , sera grand . La plus sûre , la
moins équivoque des épreuves du Salpê-
II. . Vol.
tre
JUIN. 1734 1283
que
tre est donc celle du froid qu'il peut produire
. M. de Reaumur a trouvé qu'il y
a du Salpêtre de la premiere cuite qui fait
naître jusqu'à 11 degrez de froid. Enfin
que d'autre Salpêtre n'en fait naître
9. 8.7. degrez plus ou moins selon qu'il
a été rafiné. On voit bien que l'essai doit
réüssir de même pour la poudre à canon,
sur tout lorsqu'on sçait que le charbon
pilé et le souffre n'augmentent point le
froid de la Glace. Afin pourtant qu'il ne
restât aucun doute sur le succès de cette
épreuve , M. de Reaumur a fait faire de
la poudre à canon avec du Salpêtre bien
rafiné ; mêlé avec la Glace elle a produit
3 degrez et demi de froid ; il a fait faire
d'autres poudres avec d'autres Salpêtres
qui ont donné 7. 8. ou 10. degrez de
froid selon la qualité de Salpêtre qui
étoit entré dans leur composition.
Nous ne sçaurions suivre le détail des
expériences que M. de Reaumur a faites
sur toutes les diférentes especes des Sels ,
mais nous ne pouvons nous dispenser de
dire quelque chose de celles sur les diférens
Sels fixes ou alcalis et sur les cendres
qui fournissent ces Sels , parce que les
resultats de ses expériences peuvent être
utiles à tous ceux qui font des liqueurs
glacées dans les Pays où le Sel marin jest
Bip rare II Vol.
1284 MERCURE DE FRANCE
rare ou cher , et à ceux qui sont obligez
de conserver leurs Glaces pendant des
demie journées. Le Sel de Soude , les diférentes
Soudes elles mêmes , les potasses,
les cendres gravelées , le Tartre , en un
mot , tous les Sels alcalis ou les cendres
chargées de ces Sels sont capables de produire
au moins un aussi grand degré de
froid que le Salpêtre bien rafiné : quel
ques- unes mêmes de ces matieres produisent
de très- grands froids et même
superieurs à celui que le Sel marin peut
produire. La cendre ordinaire , celle qu'on
trouve dans toute cheminée où on a brûlé
du bois neufsuffit pour faire des Glaces
ou liqueurs glacées ; on ne sçauroit désirer
une matiere à meilleur marché ; il est
vrai pourtant qu'avec cette cendre on ne
fera pas des Glaces aussi promptement à
beaucoup près , qu'on les fait avec le Sel
marin , qu'on sera obligé d'y employer
plus de deux heures , mais cet inconvé
nient , qui n'en est un que lorsqu'on est
pressé par le tems , est compensé par un
avantage , c'est que la cendre conserve
bien plus long-tems les Glaces qu'elle a
faites que le Sel marin ne conserve celles
qu'il a produites plus vîte ; c'est de quoi
les raisons sont expliquées dans le Mémoire.
La longueur d'un Extrait ne nous
II. Vol
perJUIN.
1734. 1285
permet pas de parler de toutes les diférentes
matieres qui augmentent le froid
de la Glace avec laquelle on les mêle ; il
y en a pourtant que nous ne pouvons
nous résoudre à passer entierement sous
silence . Il est bien singulier que la chaux
qui s'échauffe si considérablement lorsqu'elle
est humectée par l'eau , augmente
le froid de la Glace avec laquelle on l'a
mêlée. Les Physiciens sçavoient déja que
l'esprit de vin , qui est une liqueur si
inflamable , qui est tout feu
versé sur
la Glace augmente son froid ; mais M. de
Reaumur a trouvé qu'avec la Glace l'Esprit
de vin versé dessus en certaines circonstances
, on peut faire naître un froid
excessif.
›
→
Il a cherché aussi à mesurer les degrez
des froids qu'on peut faire naître au
moyen des plus violens esprits acides
comme l'esprit de nitre et l'esprit de Sel :
Ils peuvent produire des froids prodigieux
: Celui que nous avons ressenti à
Paris dans le mémorable hyver de 1709.
n'eut fait descendre la liqueur du Thermométre
qu'un peu au - dessous de 14
degrez , et avec ces esprits et par d'autres
moyens indiquez , M. de Reaumur en
produit des froids capables de faire descendre
la liqueur à 25 ou à 26 degrez .
- II. Vol.
B iij
Si
1286 MERCURE DE FRANCE
Si on affablit de l'Esprit de vin de la
qualité de celui du Thermométre , si on
mêle trois parties de cet Esprit de vin
avec deux parties d'eau cet Esprit de
vin affoibli est encore plus fort que les
meilleures eaux de vie , il ne sçauroit cependant
conserver sa liquidité contre un
froid de 24 degrez , il se géle sur le
champ.
,
>
Les liqueurs inflamables et les liqueurs
qui sont chargées de beaucoup de Sel
sont celles qui se gélent le plus dificilement
; mais M. de Reaumur a fait observer
dans son Memoire, que la nature sçait
composer des liqueurs qui nous semblent
purement aqueuses , qui ne sont point
inflamables qui ne nous paroissent
pas chargées de Sels et qui cependant
sont capables de soutenir de très grands
froids sans perdre leur liquidité : Ce sont
celles qui circulent dans les corps des
insectes de tant d'especes differentes.
M. de Reaumur a fait quantité d'essais
pour connoître les degrez de froid qui
peuvent faire périr les insectes de diverses
especes qui peuvent geler leur sang.Si
les degrez de froid de certains Hyvers
sont supérieurs à ceux que certains insec
tes peuvent soutenir, et qu'ils sont exposez
à soutenir , nous pourrons alors pré-
II. Vol. dire
JUIN. 17345 1287
dire que ces Insectes ne nous incommoderont
pas dans le reste de l'année ; c'est
un détail curieux dont il a reservé la plus
grande partie pour l'Histoire des Insectes.
Il ne parle ici que de quelques especes
de Chenilles , il en a trouvé des especes
qu'un froid de huit degrez fait perir 13
mais malheureusement il y en a une espece
, la plus commune de toutes , et
qu'il a aussi nommée la commune , parce
que le nombre de ses individus surpasse
dans le Royaume en certaines années le
nombre des individus qui fournissent
ensemble plusieurs milliers d'autres especes
; c'est cette espéce dont on voit
des nichées sur les arbres lorsqu'ils ont
perdu leurs feuilles. Ces Chenilles sont
malheureusement constituées de façon
que nous ne pouvons pas esperer qu'aucun
froid nous en délivre ; quoique jeunes et
petites , elles ont soutenu un froid de 18
degrez sans que leur sang se soit gelé et
sans qu'elles ayent péri , c'est - à- dire , un
froid au moins plus grand de quatre degrez
que celui que nous avons eu en
1709.
le
Il n'est pas sûr même qu'un froid de
huit degrez nous délivre de celles dont
sang peut être gelé par ce froid. La nature
a appris à celles qui ne sont pas en
11. Vol.
Biiij état
1288 MERCURE DE FRANCE
état de soutenir les plus grands froids de
s'enfoncer en terre ; quelques-unes y entrent
dès le Printems , d'autres y entrent
en Eté elles s'y métamorphosent en
Crysalides . Sous cette derniere forme elles
restent pendant tout Hyver cachées en
terre,d'où ces Insectes sortent auPrinters
sous la forme de Papillons.
Quand nous étendrions , encore plus
loin cet Extrait, il faudroit toujours nous
résoudre à ne rien dire d'une partie des
faits curieux et utiles dont le Memoire
est rempli dès que nous ne donnerions
pas le Memoire en entier.
*
Reaumur à l'Assemblée publique de l'Académie
Royale des Sciences du 5 May
1734. sur les diférens degrez du froid
qu'on peut produire en mêlant de la Glace
avec diférens Sels ou avec d'autres matieres,
soit solides , soit liquides .
OP
N sçait qu'en mêlant de la glace
pilée avec certains sels , tels que le
Salpêtre et le Sel marin , ou le Sel de table
, on fait naître un plus grand degré
de froid que celui qu'avoit cette Glace ;
qu'au moyen du froid produit par ce mélange
on fait geler de l'eau dans les jours
les plus chauds . C'est même l'expédient
auquel nous devons ces liqueurs glacées
que nous prenons avec plaisir en Eté et
qui paroissent à présent en toutes Saisons
sur les tables somptueuses ; Mais or ne
sçait point encore assez quelle est l'efficacité
de chaque Sel mêlé avec la Glace pour
la production du froid. Quoiqu'on ait
fait beaucoup d'expériences sur la production
de ces froids , qu'on peut nom,
mer artificiels , on ne sçait point encore
de combien le froid qu'un Sel peut produire
est plus grand que celui qui peut
II Vol. être
JUIN. 1734: 1279
Etre produit par un autre Sel , et quelle
est la proportion la plus avantageuse dans
laquelle chaque Sel doit être combiné
avec la Glace. C'est aussi ce qui ne pouvoit
être déterminé avec une sorte de
précision , avant qu'on eut les Thermométres
dont M. de Réaumur a donné la
construction dans les Mémoires de l'Académie
de 1730. Il falloit que les dégrez
de chaud et de froid eussent été réduits à
certaines mesures fixes ; que les dégrez du
Thermométre qui les désignent ne fussent
pas pris arbitrairement comme ils le
sont dans les Thermométres ordinaires.
Dans ceux de M. de Réaumur , ces dégrez
sont des portions connues d'un volume
connu , d'un esprit de vin connu : aussi
plusieurs de ces Thermométres , placez à
côté les uns des autres , s'ils ont été bien
construits , marquent par un même nombre
de dégrez la température de l'air.
On a donc dans ces Thermomètres des
instrumens propres à déterminer les dégrez
du froid en mesures connuës . Les
premiers que M. de Réaumur avoit fait
construire étoient extrémement grands
et par consequent difficiles même à
manier. Il est parvenu à en faire faire
d'aussi petits qu'on les peut souhaiter
, et aussi exacts que les grands. Les
II. Vol. de1280
MERCURE DE FRANCE
dégrez des uns sont proportionnels à ceux
des autres . Les petits n'ont que huic à
dix pouces de hauteur , et moins si l'on
veut. Nous sommes encore obligez de
rapp ller ici qu'il y a sur ces Thermométres
deux suites de dégrez ou de divisions,
l'une qu'on peut appeller celle des dégrez
ascendans ou des dégrez de chaud , et
l'autre des dégrez descendans ou des dégrez
de froid ; le terme , la ligne qui sépare
ces deux suites est marquée par Zero.
Lorsque la liqueur du Thermométre e
à ce terme , elle n'a précisément que le
degré de f oid qui suffit pour geler l'eau
ou pour empêcher la Glace de se fondre.
Les dégrez qui sont au dessous de ce terme
expriment des d'grez de froid de plus
grand en plus grand que celui qui est
simplement capable de geler l'eau.
Le Salpêtre est un des Sels de l'efficacité
duquel on a le plus d'idée pour la
production du froid. C'est à un nitre ou
à un Salpêtre répandu dans l'air qu'on
attribue les plus grands froids : si la Glace
se forme au milieu de l'Eté dans quelques
cavernes souterraines, telles que la Grotte
de Besançon on veut que ce soit parce
que les terres des environs sont impregnées
de Salpêtre . Les expériences de
M. de Réaumur nous font beaucoup ra-7.
,
11 Vol. batJUIN
1734. 1 ·
1281
battre de cette idée qu'on s'étoit faite du
Salpêtre , elles, apprennent que le Salpêtre
bien pur, bien rafiné , étant mêlé avec
la Glace , ne peut faire naîtte qu'un dégré
de froid de trois dégrez et demi plus
grand que celui qui est capable de geler
T'eau.
Si on avoit eu besoin de produite un
grand degré de froid , on ne se seroit pas.
avisé apparemment de préférer le sucre
au Salpêtre ; on l'auroit dû pourtant , puisque
les expériences de M. de Reaumur apprennent
qu'avec du sucre et de la Glace
on fait naître un froid de 5 dégrez au - dessous
de la congellation. Ces expériences
doivent paroître curieuses; mais on auroit
été assez porté à croire qu'elles ne sont
que curieuses, M. de Reaumur à fait voir
qu'elles ont des utilitez qu'on n'en auroit
pas attendues. On a cherché et on a imaginé
bien des moyens et bien des machines
pour éprouver la force de la poudre
à canon , parce qu'il importe extrémement
de pouvoir s'assurer de la qualité des différentes
poudres. Ceux qui sont le plus
au fait de l'Artillerie sçavent cependant
que malgré tous les genres d'épreuves
qu'on a imaginés , il n'y en a pas encore
une bonne qui soit connues on n'a pas
pensé assurémentque la meilleure maniere
I I. Vol. B dé1232
MERCURE DE FRANCE
11
déprouver de la poudre à canon fur déprouver
le degré du froid qu'elle peut
faire naître : c'est pourtant ce qui résul
te très - clairement des expériences de
M. de Reaumur. Le Salpêtre fait la base
de cette poudre , elle est composée de
trois parties de Salpêtre , d'une demie
partie de charbon et d'une demie partie
de souffre , c'est sur tout par la qualité,
du Salpêtre qu'on peut craindre que la
poudre peche . L'opération de purifier ,
de rafiner le Salpêtre se réduit presque à
en séparer un Sel de la nature du Sel marin
où du Sel de table avec lequel il est
mêlé. Le Salpêtre est d'autant plus pur ,
plus parfait , qu'il contient moms de ce
Sel. Or les expériences de M. de Reaumur
lui ont appris que le Sel matin ou
que le Sel qui altére le Salpêtre mêlé avec
la Glace, est capable de produire un trèsgrand
froid , un froid qui surpasse de 15
degrez celui qui suffit pour geler l'eau¸
au lieu que leSalpêtre bien rafiné ne peut
produire qu'un froid de 3 degrez et demi
plus grand que celui de l'eau qui
commence à se geler. Delà il suit que
moins le Salpêtre sera rafiné et plus le
froid qu'il fera naître , étant mêlé avec de
la Glace , sera grand . La plus sûre , la
moins équivoque des épreuves du Salpê-
II. . Vol.
tre
JUIN. 1734 1283
que
tre est donc celle du froid qu'il peut produire
. M. de Reaumur a trouvé qu'il y
a du Salpêtre de la premiere cuite qui fait
naître jusqu'à 11 degrez de froid. Enfin
que d'autre Salpêtre n'en fait naître
9. 8.7. degrez plus ou moins selon qu'il
a été rafiné. On voit bien que l'essai doit
réüssir de même pour la poudre à canon,
sur tout lorsqu'on sçait que le charbon
pilé et le souffre n'augmentent point le
froid de la Glace. Afin pourtant qu'il ne
restât aucun doute sur le succès de cette
épreuve , M. de Reaumur a fait faire de
la poudre à canon avec du Salpêtre bien
rafiné ; mêlé avec la Glace elle a produit
3 degrez et demi de froid ; il a fait faire
d'autres poudres avec d'autres Salpêtres
qui ont donné 7. 8. ou 10. degrez de
froid selon la qualité de Salpêtre qui
étoit entré dans leur composition.
Nous ne sçaurions suivre le détail des
expériences que M. de Reaumur a faites
sur toutes les diférentes especes des Sels ,
mais nous ne pouvons nous dispenser de
dire quelque chose de celles sur les diférens
Sels fixes ou alcalis et sur les cendres
qui fournissent ces Sels , parce que les
resultats de ses expériences peuvent être
utiles à tous ceux qui font des liqueurs
glacées dans les Pays où le Sel marin jest
Bip rare II Vol.
1284 MERCURE DE FRANCE
rare ou cher , et à ceux qui sont obligez
de conserver leurs Glaces pendant des
demie journées. Le Sel de Soude , les diférentes
Soudes elles mêmes , les potasses,
les cendres gravelées , le Tartre , en un
mot , tous les Sels alcalis ou les cendres
chargées de ces Sels sont capables de produire
au moins un aussi grand degré de
froid que le Salpêtre bien rafiné : quel
ques- unes mêmes de ces matieres produisent
de très- grands froids et même
superieurs à celui que le Sel marin peut
produire. La cendre ordinaire , celle qu'on
trouve dans toute cheminée où on a brûlé
du bois neufsuffit pour faire des Glaces
ou liqueurs glacées ; on ne sçauroit désirer
une matiere à meilleur marché ; il est
vrai pourtant qu'avec cette cendre on ne
fera pas des Glaces aussi promptement à
beaucoup près , qu'on les fait avec le Sel
marin , qu'on sera obligé d'y employer
plus de deux heures , mais cet inconvé
nient , qui n'en est un que lorsqu'on est
pressé par le tems , est compensé par un
avantage , c'est que la cendre conserve
bien plus long-tems les Glaces qu'elle a
faites que le Sel marin ne conserve celles
qu'il a produites plus vîte ; c'est de quoi
les raisons sont expliquées dans le Mémoire.
La longueur d'un Extrait ne nous
II. Vol
perJUIN.
1734. 1285
permet pas de parler de toutes les diférentes
matieres qui augmentent le froid
de la Glace avec laquelle on les mêle ; il
y en a pourtant que nous ne pouvons
nous résoudre à passer entierement sous
silence . Il est bien singulier que la chaux
qui s'échauffe si considérablement lorsqu'elle
est humectée par l'eau , augmente
le froid de la Glace avec laquelle on l'a
mêlée. Les Physiciens sçavoient déja que
l'esprit de vin , qui est une liqueur si
inflamable , qui est tout feu
versé sur
la Glace augmente son froid ; mais M. de
Reaumur a trouvé qu'avec la Glace l'Esprit
de vin versé dessus en certaines circonstances
, on peut faire naître un froid
excessif.
›
→
Il a cherché aussi à mesurer les degrez
des froids qu'on peut faire naître au
moyen des plus violens esprits acides
comme l'esprit de nitre et l'esprit de Sel :
Ils peuvent produire des froids prodigieux
: Celui que nous avons ressenti à
Paris dans le mémorable hyver de 1709.
n'eut fait descendre la liqueur du Thermométre
qu'un peu au - dessous de 14
degrez , et avec ces esprits et par d'autres
moyens indiquez , M. de Reaumur en
produit des froids capables de faire descendre
la liqueur à 25 ou à 26 degrez .
- II. Vol.
B iij
Si
1286 MERCURE DE FRANCE
Si on affablit de l'Esprit de vin de la
qualité de celui du Thermométre , si on
mêle trois parties de cet Esprit de vin
avec deux parties d'eau cet Esprit de
vin affoibli est encore plus fort que les
meilleures eaux de vie , il ne sçauroit cependant
conserver sa liquidité contre un
froid de 24 degrez , il se géle sur le
champ.
,
>
Les liqueurs inflamables et les liqueurs
qui sont chargées de beaucoup de Sel
sont celles qui se gélent le plus dificilement
; mais M. de Reaumur a fait observer
dans son Memoire, que la nature sçait
composer des liqueurs qui nous semblent
purement aqueuses , qui ne sont point
inflamables qui ne nous paroissent
pas chargées de Sels et qui cependant
sont capables de soutenir de très grands
froids sans perdre leur liquidité : Ce sont
celles qui circulent dans les corps des
insectes de tant d'especes differentes.
M. de Reaumur a fait quantité d'essais
pour connoître les degrez de froid qui
peuvent faire périr les insectes de diverses
especes qui peuvent geler leur sang.Si
les degrez de froid de certains Hyvers
sont supérieurs à ceux que certains insec
tes peuvent soutenir, et qu'ils sont exposez
à soutenir , nous pourrons alors pré-
II. Vol. dire
JUIN. 17345 1287
dire que ces Insectes ne nous incommoderont
pas dans le reste de l'année ; c'est
un détail curieux dont il a reservé la plus
grande partie pour l'Histoire des Insectes.
Il ne parle ici que de quelques especes
de Chenilles , il en a trouvé des especes
qu'un froid de huit degrez fait perir 13
mais malheureusement il y en a une espece
, la plus commune de toutes , et
qu'il a aussi nommée la commune , parce
que le nombre de ses individus surpasse
dans le Royaume en certaines années le
nombre des individus qui fournissent
ensemble plusieurs milliers d'autres especes
; c'est cette espéce dont on voit
des nichées sur les arbres lorsqu'ils ont
perdu leurs feuilles. Ces Chenilles sont
malheureusement constituées de façon
que nous ne pouvons pas esperer qu'aucun
froid nous en délivre ; quoique jeunes et
petites , elles ont soutenu un froid de 18
degrez sans que leur sang se soit gelé et
sans qu'elles ayent péri , c'est - à- dire , un
froid au moins plus grand de quatre degrez
que celui que nous avons eu en
1709.
le
Il n'est pas sûr même qu'un froid de
huit degrez nous délivre de celles dont
sang peut être gelé par ce froid. La nature
a appris à celles qui ne sont pas en
11. Vol.
Biiij état
1288 MERCURE DE FRANCE
état de soutenir les plus grands froids de
s'enfoncer en terre ; quelques-unes y entrent
dès le Printems , d'autres y entrent
en Eté elles s'y métamorphosent en
Crysalides . Sous cette derniere forme elles
restent pendant tout Hyver cachées en
terre,d'où ces Insectes sortent auPrinters
sous la forme de Papillons.
Quand nous étendrions , encore plus
loin cet Extrait, il faudroit toujours nous
résoudre à ne rien dire d'une partie des
faits curieux et utiles dont le Memoire
est rempli dès que nous ne donnerions
pas le Memoire en entier.
*
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Résumé : EXTRAIT du Memoire lû par M. de Reaumur à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences du 5 May 1734. sur les diférens degrez du froid qu'on peut produire en mêlant de la Glace avec diférens Sels ou avec d'autres matieres, soit solides, soit liquides.
Le mémoire de M. de Réaumur, présenté à l'Académie Royale des Sciences le 5 mai 1734, examine les différents degrés de froid obtenus en combinant de la glace avec divers sels ou matières. Il est établi que des sels comme le salpêtre, le sel marin ou le sel de table augmentent le froid de la glace, permettant de geler de l'eau même par temps chaud. Cependant, l'efficacité de chaque sel pour produire du froid reste mal connue malgré de nombreuses expériences. Réaumur met en avant l'importance des thermomètres pour mesurer précisément ces degrés de froid. Il a développé des thermomètres plus petits et précis, permettant de comparer les degrés de froid produits par différents mélanges. Le salpêtre, souvent associé à des froids intenses, ne produit qu'un degré de froid de 3,5 degrés au-dessus de la congélation de l'eau lorsqu'il est pur. En revanche, le sucre mélangé à la glace produit un froid de 5 degrés en dessous de la congélation. Les expériences de Réaumur montrent également que la qualité du salpêtre, utilisé dans la poudre à canon, peut être évaluée par le degré de froid qu'il produit. Un salpêtre impur produit un froid plus intense qu'un salpêtre raffiné. D'autres sels, comme la soude, la potasse, et les cendres, peuvent également produire des froids intenses, parfois supérieurs à ceux du sel marin. Réaumur a également étudié les effets du froid sur divers liquides et insectes. Il a observé que certaines liqueurs, comme l'esprit de vin, augmentent le froid de la glace lorsqu'elles sont mélangées. Il a également mesuré les degrés de froid capables de geler le sang des insectes, notant que certaines chenilles peuvent résister à des froids extrêmes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19611
p. 245
[D]'Ancône le 16 Décembre.
Début :
M. le Marquis de Benincasa, Consul de France a fait chanter ici le 13 un Te Deum en action de [...]
Mots clefs :
Ancône, Naissance du duc de Bourgogne, Marquis de Benincasa, Consul de France
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texteReconnaissance textuelle : [D]'Ancône le 16 Décembre.
[D]'Ancône le 16 Décembre.
M. le Marquis de Benincasa, Consul de France
a fait chanter ici le 13 un Te Deum en action de
graces de l'heureuse Naissance de Monseigneur le
Duc do Bourgogne: M. l'Evêque, le Chapitre,
le Gouverneur, les Magistrats & la Noblesse
y ont issisté en Corps: pendant cette cérémonie
les Bâtimeis qui se sont trouves dans ce Port
n'ont pas cessé de tirer.
M. le Consul sit distribuer ce même jour, à
sa porte, du pain & de l'argent à environ deun
mille Pauvres. Ensuite lI sit exécuter une Cantate
& le soir la Maiion fut illuminée,
M. le Marquis de Benincasa, Consul de France
a fait chanter ici le 13 un Te Deum en action de
graces de l'heureuse Naissance de Monseigneur le
Duc do Bourgogne: M. l'Evêque, le Chapitre,
le Gouverneur, les Magistrats & la Noblesse
y ont issisté en Corps: pendant cette cérémonie
les Bâtimeis qui se sont trouves dans ce Port
n'ont pas cessé de tirer.
M. le Consul sit distribuer ce même jour, à
sa porte, du pain & de l'argent à environ deun
mille Pauvres. Ensuite lI sit exécuter une Cantate
& le soir la Maiion fut illuminée,
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19612
s. p.
APPROBATION.
Début :
J'ai lû, par ordre de Monseigneur le Chancelier : le second volume du Mercure de France [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lû, par ordre de Monseigneut le Chancelier
lier : le second volume du Mercure de France
du présent mois. A Paris, le 26 Janvier 1752.
LAVIROTTE.
J'ai lû, par ordre de Monseigneut le Chancelier
lier : le second volume du Mercure de France
du présent mois. A Paris, le 26 Janvier 1752.
LAVIROTTE.
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19613
s. p.
« De l'Imprimerie de J. BULLOT. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de J. BULLOT. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de J. BULLOT. [...] »
De l'Imprimerie de J. BULLOT.
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19614
p. 224-227
« Madame Louise vint à Paris le 20 Septembre ; & se rendit à la Maison [...] »
Début :
Madame Louise vint à Paris le 20 Septembre ; & se rendit à la Maison [...]
Mots clefs :
Madame Louise, Princesse, Capitaine, Corsaires, Navires, Déplacements, Marchandises, Prince Constantin de Rohan, Duc de Bourgogne, Sa Majesté, Escadron de dragons, Île de Minorque, Monseigneur le Dauphin
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texteReconnaissance textuelle : « Madame Louise vint à Paris le 20 Septembre ; & se rendit à la Maison [...] »
MAdame Louife vint à Paris le 20 Septembre;
& fe rendit à la Maifon des Dames de l'Enfant Jefus.
Cette Princefle y donna le Voile noir à la
Demoifelle de Chabrillant , & le Voile blanc
aux Demoiselles de la Noue & de la Riviere. M.
l'Abbé de Sailly , un des Aumôniers de Madame
la Dauphine , prononça le Sermon .
On mande de Dunkerque , que le Capitaine
Guilbert Sutton , commandant le Corfaire le
Lion , de ce Port , y a conduit le Navire Anglois
la Catherine , de la Nouvelle Yorch , de 140 tonneaux,
chargé de bois pour teinture , de cuirs , & c.
Le Corfaire la Fourmi , de Boulogne , comman
lé par le Capitaine Jean- Louis Jean , a pris &
conduit à Calais le Navire le Robert & Thomas , de
150 tonneaux , dont la cargaifon eft composée de
beurre & de charbon de terre.
Le Navire François l'Harmonie , de Bayonne ,
OCTOBRE. 1756. 225
de 250 tonneaux , chargé de fucre de café , de
Cacao & de coton , qui avoit été pris par un
Vaiffeau de guerre Anglois , a été repris & conduit
au Havre par le Corfaire le Prince de Soubife , de
Dunkerque : Capitaine , Jacques Canon .
Les Bâtimens Anglois l'Edouard & Marie , de
110 tonneaux , chargé de bois de construction ,
& le Louis , de 130 , dont le chargement confite
en fucre , fers , planches , &c. ont été pris par
les Corfaires l'Infernal & la Favorite , du Havre ,
& ont été conduits à Dieppe.
Le Corfaire le Port -Mabon , de Saint - Malo ,
s'eft rendu maître des Navires Anglois la Penelope,
de 250 tonneaux , armé de feize canons , le Famé
de Londres , de 170 ; le Succès & la Providence
, de 150 chacun Ces Batimens , chargés de
diverfes marchandiſes ont été conduits dans differens
Ports de Bretagne.
L'Efpérance , autre Corfaire de Saint - Malo , a
pris les Navires Anglois le Duc de Toscane , de
150 tonneaux , chargé de raifins , & l'Eliza.
beth , de 120 , chargé de fucre & de café.
On apprend de Bayonne , que les Navires le
Salé , de Londres , de 350 tonneaux , chargé de
fel , & le Dauphin , de Poole , de 140 , ayant
un chargement de vivres deftinés pour la Nouvelle
Angleterre , ont été pris par les Corfaires
l'Amiral & l'Espérance de ce port , où ces Corfaires
les ont fait conduire.
Il est arrivé à Saint-Jean de Luz un Bâtiment
Anglois , appellé le Poftillon , de Jerzey , chargé
de mille quintaux de morue , qui a été pris par le
Corfaire le Saint- Jean- Baptifte de ce Port.
Le 23 Septembre , le Prince Conſtantin de Rohan
, Premier Aumônier du Roi , fut élu unanimement
Evêque de Strasbourg par les Chanoines
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
de la Cathédrale , qui avoient eu la permiffion du
Roi , de s'affembler pour procéder à cette Election
.
Le 27 , Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
Monfeigneur le Duc de Berry & Monfeigneur le
Comte de Provence , accompagnés de Madame la
Comteffe de Marfan , Gouvernante des Enfans de
France , revinrent du Château de Meudon.
Sa Majefté a accordé une place de Commandeur
dans l'Ordre de Saint Louis , au Marquis de
Monteynard , Maréchal de Camp , & Infpecteur
Général de l'Infanterie.
On vient de former en Saintonge , pour la garde
des côtes de cette Province , un Corps de quatre
Efcadrons de Dragons , qui feront à la folde du
Roi , tous les ans , pendantle temps de la campagne.
Sa Majefté a donné le commandement de
cette troupe , auquel eft attaché le grade de
Meftre de Camp de Dragons , à M. le Marquis de
Culant- Ciré , ci -devant Capitaine de Cavalerie
dans le Régiment Royal Pologne. La même troupe
a M. de Châteaubardon pour Lieutenant - Colonel.
M. de Fontaine en eft Aide -Major Général ,
avec commiffion de Capitaine de Dragons.
Selon les nouvelles de Mahon , M. le Comte
de Lannion , Gouverneur de l'Ile Minorque , y
a célebré avec beaucoup d'éclat la Fête de Saint
Louis , dont le Roi porte le nom. Le Te Deum
fut chanté au bruit de toute l'artillerie & de la
moufqueterie de la Garnifon rangée en bataille
fur la Place . On tira le foir un très - beau feu d'artifice.
La nuit toute la Ville fut illuminée .
L'Hôtel de M. le Comte de Lannion & l'Hôtel de
Ville , le furent avec une grande magnificence.
On mande de Toulon que M. de Carné-
Marcein , Capitaine de Vaiffeau , commandant la
OCTOBRE. 1756. 227
"
Frégate du Roi la Pleyade , a conduit en ce Port ,
où il eft arrivé le 18 , une Goelette venant de
Londres , armée en courfe avec quatorze canons
& fur laquelle il s'eft trouvé foixante - quinze
hommes. Il s'étoit emparé quelques jours auparavant
de la Pinque Angloife , appellée l'Afrique ,
chargée de bled.
M. de Cour , Enfeigne de Vaiffeau , commandant
la Corvette du Roi la Levrette , eft rentré à
Breſt le 21 , avec le Corfaire le Dauphin , de Jerzey
, dont il s'est rendu maître .
Le Brigantin Anglois le Dauphin , chargé de
thé , de cordages , de fil de carret , & d'autres
marchandifes deftinées pour S. Jean d'Antigues ,
a été pris dans la rade de Dunkerque , & conduit
en ce Port.
Le Corfaire l'Infernal , du Havre , dont eft Ca.
pitaine Louis de Ferne , a remis à Boulogne quarante-
deux Anglois , faits prifonniers fur un Senaw
armé de dix canons , qu'il a pris à l'abordage. Il
s'étoit rendu maître d'un autre Bâtiment ennemi
qu'il a rançonné pour huit cens foixante - dix livres
fterlings.
Il eſt arrivé à Morlaix un Brigantin Anglois ,
pris par le Corfaire la Dauphine , de Boulogne ,
& dont le chargement confifte en charbon de
terre , & en deux cens bouteilles d'eau- forte.
Les Octobre , le Roi accompagné de Monfeigneur
le Dauphin & de Madame la Dauphine arriva
à Fontaineblau de Choify , où Sa Majeſté s'étoit
rendue le 3 de ce mois.
Leg , M. le Duc de Fronfac prêta ferment
entre les mains du Roi , pour la Charge de Premier
Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté
& fe rendit à la Maifon des Dames de l'Enfant Jefus.
Cette Princefle y donna le Voile noir à la
Demoifelle de Chabrillant , & le Voile blanc
aux Demoiselles de la Noue & de la Riviere. M.
l'Abbé de Sailly , un des Aumôniers de Madame
la Dauphine , prononça le Sermon .
On mande de Dunkerque , que le Capitaine
Guilbert Sutton , commandant le Corfaire le
Lion , de ce Port , y a conduit le Navire Anglois
la Catherine , de la Nouvelle Yorch , de 140 tonneaux,
chargé de bois pour teinture , de cuirs , & c.
Le Corfaire la Fourmi , de Boulogne , comman
lé par le Capitaine Jean- Louis Jean , a pris &
conduit à Calais le Navire le Robert & Thomas , de
150 tonneaux , dont la cargaifon eft composée de
beurre & de charbon de terre.
Le Navire François l'Harmonie , de Bayonne ,
OCTOBRE. 1756. 225
de 250 tonneaux , chargé de fucre de café , de
Cacao & de coton , qui avoit été pris par un
Vaiffeau de guerre Anglois , a été repris & conduit
au Havre par le Corfaire le Prince de Soubife , de
Dunkerque : Capitaine , Jacques Canon .
Les Bâtimens Anglois l'Edouard & Marie , de
110 tonneaux , chargé de bois de construction ,
& le Louis , de 130 , dont le chargement confite
en fucre , fers , planches , &c. ont été pris par
les Corfaires l'Infernal & la Favorite , du Havre ,
& ont été conduits à Dieppe.
Le Corfaire le Port -Mabon , de Saint - Malo ,
s'eft rendu maître des Navires Anglois la Penelope,
de 250 tonneaux , armé de feize canons , le Famé
de Londres , de 170 ; le Succès & la Providence
, de 150 chacun Ces Batimens , chargés de
diverfes marchandiſes ont été conduits dans differens
Ports de Bretagne.
L'Efpérance , autre Corfaire de Saint - Malo , a
pris les Navires Anglois le Duc de Toscane , de
150 tonneaux , chargé de raifins , & l'Eliza.
beth , de 120 , chargé de fucre & de café.
On apprend de Bayonne , que les Navires le
Salé , de Londres , de 350 tonneaux , chargé de
fel , & le Dauphin , de Poole , de 140 , ayant
un chargement de vivres deftinés pour la Nouvelle
Angleterre , ont été pris par les Corfaires
l'Amiral & l'Espérance de ce port , où ces Corfaires
les ont fait conduire.
Il est arrivé à Saint-Jean de Luz un Bâtiment
Anglois , appellé le Poftillon , de Jerzey , chargé
de mille quintaux de morue , qui a été pris par le
Corfaire le Saint- Jean- Baptifte de ce Port.
Le 23 Septembre , le Prince Conſtantin de Rohan
, Premier Aumônier du Roi , fut élu unanimement
Evêque de Strasbourg par les Chanoines
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
de la Cathédrale , qui avoient eu la permiffion du
Roi , de s'affembler pour procéder à cette Election
.
Le 27 , Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
Monfeigneur le Duc de Berry & Monfeigneur le
Comte de Provence , accompagnés de Madame la
Comteffe de Marfan , Gouvernante des Enfans de
France , revinrent du Château de Meudon.
Sa Majefté a accordé une place de Commandeur
dans l'Ordre de Saint Louis , au Marquis de
Monteynard , Maréchal de Camp , & Infpecteur
Général de l'Infanterie.
On vient de former en Saintonge , pour la garde
des côtes de cette Province , un Corps de quatre
Efcadrons de Dragons , qui feront à la folde du
Roi , tous les ans , pendantle temps de la campagne.
Sa Majefté a donné le commandement de
cette troupe , auquel eft attaché le grade de
Meftre de Camp de Dragons , à M. le Marquis de
Culant- Ciré , ci -devant Capitaine de Cavalerie
dans le Régiment Royal Pologne. La même troupe
a M. de Châteaubardon pour Lieutenant - Colonel.
M. de Fontaine en eft Aide -Major Général ,
avec commiffion de Capitaine de Dragons.
Selon les nouvelles de Mahon , M. le Comte
de Lannion , Gouverneur de l'Ile Minorque , y
a célebré avec beaucoup d'éclat la Fête de Saint
Louis , dont le Roi porte le nom. Le Te Deum
fut chanté au bruit de toute l'artillerie & de la
moufqueterie de la Garnifon rangée en bataille
fur la Place . On tira le foir un très - beau feu d'artifice.
La nuit toute la Ville fut illuminée .
L'Hôtel de M. le Comte de Lannion & l'Hôtel de
Ville , le furent avec une grande magnificence.
On mande de Toulon que M. de Carné-
Marcein , Capitaine de Vaiffeau , commandant la
OCTOBRE. 1756. 227
"
Frégate du Roi la Pleyade , a conduit en ce Port ,
où il eft arrivé le 18 , une Goelette venant de
Londres , armée en courfe avec quatorze canons
& fur laquelle il s'eft trouvé foixante - quinze
hommes. Il s'étoit emparé quelques jours auparavant
de la Pinque Angloife , appellée l'Afrique ,
chargée de bled.
M. de Cour , Enfeigne de Vaiffeau , commandant
la Corvette du Roi la Levrette , eft rentré à
Breſt le 21 , avec le Corfaire le Dauphin , de Jerzey
, dont il s'est rendu maître .
Le Brigantin Anglois le Dauphin , chargé de
thé , de cordages , de fil de carret , & d'autres
marchandifes deftinées pour S. Jean d'Antigues ,
a été pris dans la rade de Dunkerque , & conduit
en ce Port.
Le Corfaire l'Infernal , du Havre , dont eft Ca.
pitaine Louis de Ferne , a remis à Boulogne quarante-
deux Anglois , faits prifonniers fur un Senaw
armé de dix canons , qu'il a pris à l'abordage. Il
s'étoit rendu maître d'un autre Bâtiment ennemi
qu'il a rançonné pour huit cens foixante - dix livres
fterlings.
Il eſt arrivé à Morlaix un Brigantin Anglois ,
pris par le Corfaire la Dauphine , de Boulogne ,
& dont le chargement confifte en charbon de
terre , & en deux cens bouteilles d'eau- forte.
Les Octobre , le Roi accompagné de Monfeigneur
le Dauphin & de Madame la Dauphine arriva
à Fontaineblau de Choify , où Sa Majeſté s'étoit
rendue le 3 de ce mois.
Leg , M. le Duc de Fronfac prêta ferment
entre les mains du Roi , pour la Charge de Premier
Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté
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Résumé : « Madame Louise vint à Paris le 20 Septembre ; & se rendit à la Maison [...] »
En septembre 1756, Madame Louise se rendit à Paris et remit des voiles à plusieurs demoiselles à la Maison des Dames de l'Enfant Jésus. L'abbé de Sailly prononça le sermon lors de cette cérémonie. À Dunkerque, le capitaine Guilbert Sutton amena le navire anglais la Catherine. Le corsaire la Fourmi captura le navire le Robert & Thomas, chargé de beurre et de charbon, et le conduisit à Calais. Le navire français l'Harmonie, pris par un vaisseau anglais, fut repris par le corsaire le Prince de Soubise et conduit au Havre. Plusieurs navires anglais furent capturés par des corsaires français : l'Edouard & Marie et le Louis par les corsaires l'Infernal et la Favorite ; la Penelope, le Fame, le Succès et la Providence par le corsaire le Port-Mahon ; le Duc de Toscane et l'Elisabeth par le corsaire l'Espérance. À Bayonne, les navires le Salé et le Dauphin furent pris par les corsaires l'Amiral et l'Espérance. Le navire le Postillon fut capturé par le corsaire le Saint-Jean-Baptiste à Saint-Jean de Luz. Le 23 septembre, le prince Constantin de Rohan fut élu évêque de Strasbourg. Le 27 septembre, les ducs de Bourgogne, de Berry et le comte de Provence, accompagnés de la comtesse de Marsan, revinrent du château de Meudon. Le roi accorda une place de commandeur dans l'Ordre de Saint-Louis au marquis de Monteynard. En Saintonge, un corps de dragons fut formé pour la garde des côtes, commandé par le marquis de Culant-Ciré. À Mahon, le comte de Lannion célébra la fête de Saint-Louis avec éclat. À Toulon, le capitaine de vaisseau de Carné-Marcein conduisit une goélette armée en course à ce port. Le brigantin anglais le Dauphin fut capturé dans la rade de Dunkerque. Le corsaire l'Infernal remit quarante-deux prisonniers à Boulogne. Un brigantin anglais fut capturé par le corsaire la Dauphine et conduit à Morlaix. En octobre, le roi, accompagné du dauphin et de la dauphine, arriva à Fontainebleau. Le duc de Frontenac prêta serment pour la charge de Premier Gentilhomme de la Chambre du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19615
p. 217-234
MARIAGES ET MORTS. AVERTISSEMENT.
Début :
On a imprimé dans quelques ouvrages modernes, (I) que le Comte de [...]
Mots clefs :
Comtes, Marquis, Seigneurs, Mariages, Morts, Chevalier, Gentilhomme, Barons, Régiments, Ducs
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS. AVERTISSEMENT.
MARIAGES ET MORTS.
AVERTISSEMENT.
On a imprimé dans quelques ouvrages modèrnes,
( 1 ) que le Comte de Rupelmonde tué à l'action
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 15
Avril 1745 , étoit le dernier rejetton de fa maiſon.
Ceux qui ont avancé cette anecdote généalogique
, paroiffent avoir ignoré que la Branche
ainée de cette maifon eft continuée en la perfonne
de Ferdinand -Gillon de Recourt-de- Lens-de-
Licques , des Comtes de Boulogne , Seigneur &
Marquis de Licques , & c. c'eft un fait dont on
peut fe convaincre par les éclairciffemens fuivans ,
que l'on a cru devoir donner au public pour le défabufer
des impreffions qu'une pareille erreur
pourroit lui laiffer.
•
Philippes de Recourt-de- Lens- de- Licques , des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
, & de Boninghe , Chaſtelain héréditaire de
Lens , &c. Gouverneur de Cambray & du Cambréfis,
d'Harlem, de Louvain , de Lille , de Tournay ,
de Douay & d'Orchies , fut commis par le Roy
d'Efpagne , le 12 May 1586 , pour régler avec les
Commiffaires du Roy Henry III , tous les différens
qui pouvoient naître fur l'interprétation & l'exécution
des articles de la treve , conclue à Cambray le
23 Décemb. 1585. Ce Seigneur qui s'acquit la réputation
d'un des grands Capitaines de fon fiècle ,
(1 ) Poëme de Fontenoy , & Hiftoire de la guerre
de 1741.
II. Vol. K
218 MERCURÉ DE FRANCE.
mourut à Bruxelles le Vendredi Saint 1588 , lorqu'il
alloit être nommé Chevalier de l'ordre de la
Toifon d'Or. Il avoit fait fon teftament le premier
jour de Mars 1587 , & avoit été marié du confentement
de l'Empereur & de fon Confeil , le 3 Juin
1554 , avec Jeanne de Witthem , d'une illuftre
Maifon de Brabant , fortie par bâtardiſe des anciens
fouverains de cette Province , & alliée aux maifons
les plus confidérables des pays-Bas . De ce mariage
fortirent Gabriel , Baron de Licques qui fuit , &
Philippes de Recours - de - Lens- de - Licques, des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque , &c .
qui a fait la branche des Comtes de Rupel
monde.
Gabriel de Recourt- de- Lens-de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
& de Boninghe , &c . gouverneur de Charlemont
, & Colonel d'un Régiment de dix Compagnies
de gens de pieds , mourut à la fleur de fon
age en 1589 , ayant eu de fon mariage , qu'il avoit
contracté le 8 Juillet 1581 , avec Helene de
Mérode , d'une maiſon auffi illustre par fon ancienneté
que par fes alliances & fes fervices , fille de
Jean de Mérode , Seigneur de Moriamez & de
Philippote de Montfort , Philippes Baron de Licques
qui fuit :
i
Philippe de Recourt - de-Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier Baron de-Licques
& de Boninghe , &c. Gouverneur de Bourbourg
, Grand Bailli des Bois du Comté de Hainaut
, & de la Forêt de Mormal , & Confeiller du
Confeil de Guerre du Roi d'Efpagne , mourut le
28 May 1657 , & époula en premiere nôces , en
1614 , Sufane de Langlée , d'une branche cadette
de l'illuftre Maifon de Wavrin , dont il n'eut que
des filles ; il fe remaria en fecondes nôces , le 13
Juin 1630 à Louiſe de Cruninghe , Baronne de
AVRIL. 1736. 219
Cruninghe , & Vicomteffe de Zélande , héritiere
de fa maiſon , une des plus grandes des Pays-Bas ;
& cette alliance le fit tenir à toutes les têtes couronnées
de l'Europe . Elle étoit fille & héritiere de
Maximilien , Baron de Cruninghe , Vicomte de
Zélande , &c. & d'Eve Baronne de Kniphaufen-
Inhaufen , & petite-fille de Jean Baron de Cruninghe
, Vicomte de Zélande , &c ; & de Jacqueline'
de Bourgogne , fille d'Adolphe de Bourgogne , Seigneur
de Bevres & de la Vere, Amiral de Flandres,
& Chevalier de la Toifon d'Or ; & d'Anne de
Berghes-glimes; & petite- fille de Philippes de Bourgogne
, Seigneur de Bevres & de la Vere , Amiral
de Flandre , Gouverneur d'Artois , & Chevalier de
la Toiſon d'Or ; & d'Anne de Borfelle , fille de
Wolfard de Borfelle , Seigneur de la Verre, Comte
de Grandpré , Maréchal de France Chevalier de la
Toifon d'Or , &c ; & de charlotte de Bourbon ,
fille de Louis de Bourbon , Comte de Montpenfier
, Dauphin d'Auvergne , &c ; & de Gabriele de
la Tour ; de ce deuxieme mariage vint Philippes-
Charles-Bartholomé , Marquis de Licques qui fuit ;
& c'eft à caufe de cette alliance que MM. de
Licques portent en écartelure dans le grand cachet
de leurs armes , celles de l'augufte Maiſon de
Bourbon.
Philippes-Charles- Bartholomé de Recourt-de-
Lens-de- Licques , des Comtes de Boulogne , Che
valier Marquis de Licques , Baron de Boninghe &
de Cruninghe , Vicomte de Zélande , & c. Grand
Bailli des bois du Comté de Hainaut , Capitaine
d'une Compagnie franche, puis de cent chevaux de
Cuiraffiers , & gentilhomme de la chambre du
Prince de Baviere , électeur de Cologne , époufa
le 23 Janvier 1659 , Marguerite-Caroline - Gertrude
de Berlo , Chanoinefle de Mouftier , d'une
2.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
illuftre Maiſon du pays de Liege , & fille de Paul ;
Baron de Berlo & de Bruff; & de Marie de L
Fontaine ; & eut de cette alliance un fils unique
nommé Ferdinand-Roch-Jean , Marquis de Lic
ques qui fuit ;
Ferdinand - Roch - Jean de Recourt- de- Lensde-
Licques des Comtes de Boulogne , Cheva
lier , Marquis de Licques, Baron de Boninghe ,
Vicomte de Zélande , &c . époufa le 23 Janvier
1700 , Anne-Michel- Alexandrine le Sart , mere.
d'un fils unique , nommé Ferdinand-Gillon , Marquis
de Licques qui fuit:
Ferdinand- Gillon de Recourt-de-Lens- de-Lic
ques des Comtes de Boulogne , Chevalier , Seigneur
& Marquis de Licques , Vicomte de Zélande
, Baron de Boninghe , &c . dernier hoir mâle
de fa maifon depuis la mort du Comte de Rupelmonde
, a épousé en 1730 Elifabeth de Lefpinayde
Marteville d'une ancienne maifon de Picardie ,
fille de Jacques , Marquis de Marteville , Maré
chal des Camps & Armées du Roi , & de Françoife
Abancourt. De ce mariage il n'a que trois filles ;
fçavoir :
?
1º. Catherine- Elifabeth-Henriette de Recourt
de-Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne ,
mariée , en 1748 , à Louis - Eugene-Marie de
Beauffort, Comte de Beauffort , & de Moulle , & c.
d'une des plus anciennes & des plus illuftrés Mai
fons de la province d'Artois , fils de feu Chriftophe
- Louis de Beauffort , Comte de Beauffort , & cs
& de Marie-Anne-Françoife - Jofephe de Croix ;
2°. Louife- Aimée dite Mademoiſelle de
Lens ;,
>
3°. Marie-Gabriele-Victoire- Nymphe , dite
Mademoiſelle de Licques.
Philippe de Recourt- de- Lens- de - Licques des
AVRIL 1756. 22X
Comtes de Boulogne , Seigneur & Baron de Wifkerque
, & c. frere cadet de Gabriel Baron de Lic
ques , cité ci-deffus , & comme lui fils de Philippes,
Baron de Licques , & de Jeanne de Witthem ,
fut Colonel d'Infanterie Wallone , & Grand Bailli
du pays de Waes. Il épousa le 11 Juin 1590 ,
Marguerite de Steelan , d'une très -ancienne maifon
de Flandres , & tefta le 14 Juin 1630 ; de ce
mariage vint Servat Baron de Wiskerque qui
fuit :
Servat de Recourt - de - Lens- de - Licques des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque, Grand
Bailli du pays de Wau , &c. époufa le 20 Septembre
1624 , Marguerite de Robles d'une illuftre mai .
fon originaire d'Efpagne, fille de Jean de Robles ,
Comte d'Annapes , Gouverneur de Lille , Douay
& Orchies & c. & de Marie de Liedekerque. De ce
mariage vint Philippes , Baron de Wiskerque &
Comte de Rupelmonde qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Baron de Wiskerque , Seigneur
& Comte de Rupelmonde , &c . époufa le 3
Juillet 1655 , Marguerite de Baerlandt , d'une
ancienne maison des Pays-Bas ; il mourat fore
jeune, & laila pour fils unique Philippes Comte de
Rupelmonde , qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de - Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque &c. époufa le 21 Avril 1677 ,
Marie- Anne -Euſebe Truchfes , née Comteffe de
Wolfegg , d'une grande maifon d'Allemagne , &
fille de Guillaume , Truchfes Comte de Wolfegg ,
Gouverneur d'Amberg en Baviere , & d'Iſabelle-
Claire de Ligne- d'Aremberg & d'Arfchoft ; il
eut de ce mariage Maximilien- Philippes- Jofeph
Comte de Rupelmonde qui fuit :
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Maximilien-Philippes-Jofeph de Recourt- de
Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne , Comté
de Rupelmonde , Baron de Wiskerque , &c. Maréchal
des Camps & Armées du Roi d'Eſpagne ,
fut tué au Siege de Brihuega en Eſpagne le i 1 Décemb.
1710 , & avoit épousé le 24 Janvier 1705,
Marie-Marguerite d'Alegre, Dame du Palais de la
Reine , d'une illuftre maifon d'Auvergne , fille
d'Yves , Marquis d'Alegre , Maréchal de France &
Chevalier des ordres du Roi : il en eut pour fils
unique Yves - Marie Comte de Rupelmonde qui
fuit :
24
Yves-Marie de Recourt -de - Lens - de- Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque , & c. Maréchal des camps &
armées du Roi , fut tué à la fleur de fon âge à l'acsion
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 1
Avril 1745. De fon mariage , dont le contrat fut
paffé en 1731 avec Marie- Chrétienne - Christine
de Gramont, dame du Palais de la Reine & fille de
Louis, Duc de Gramont , Pair de France, Chevalier
des ordres du Roi , Lieutenant général de fes Armées
, & Colonel du Régiment des gardes , & de-
Géneviève de Gontault de Biron , naquit le
Avril 1740 , un fils nommé Louis , mort peur de
temps avant fon Pere , en la perfonne de quis'éteignit
la feule branche cadette de la maifon de
Recourt- de-Lens- de- Licques , dont la branche
aînée feule fubfifte aujourd'hui dans la perfonne
du Marquis de Licques & de fes trois filles . Voyez
pour cette maifon qui par fon ancienneté,fes fervices
& fes alliances va de pair avec les plus grandes
du Royaume , l'Hiftoire des grands Officiers de la
Couronne , VII . vol . page 827 , où la Généalogie
eft rapportée ( affez imparfaitement ) à l'article des
Amiraux de France , à l'occafion de Charles de Re
AVRIL. 1756. 223
court-de Lens , & c. fait Amiral de France en 1418 .
Voyez auffi les tablettes Hiftoriques , Généalogiques
& Chronologiques , volume V. l'Armorial
Général de France de M. d'Hozier , premier Regiftre
, où il en eft parlé à l'occaſion de Ferdinand-
Roch -Jean , & de Ferdinand Gillon , Marquis
de Licques , fon fils , reçus Pages du Roi
dans fa grande écurie , l'un le 5 Août 1684 , &
l'autre le 21 Septembre 1722 , & ce que nous
avons dit de cette maifon dans les Mercures de:
France des mois de Juin 1731 , & 1745 , premier
volume , & c.
Jacques-François , Vicomte de CAMBIS , Colonel
du Régiment d'Infanterie de fon nom , fut marié le
18 Novemb. 1755. dans la Chapelle du Château de
Bellevue , avec Louife-Françoife- Gabriele de HENNIN
- LIETARD - DE - CHIMAY , fille d'Alexandre-
Gabriel de Hennin- Lietard , Prince de Chimay
Lieutenant Général des Armées du Roi , Lieutenant
-Feldt-Maréchal des Armées de l'Empereur ,
Grand d'Espagne de la premiere claffe , &c . mort:
le 18 Février 1745 , & de Gabriele- Françoife de
Beauvau , aujourd'hui Princeffe Douairiere de
Chimay. Le Curé de Meudon leur donna la Bénédiction
nuptiale . Leur Contrat de mariage avoit
été figné le 16 du même mois de Novembre , par
Leurs Majeftés & par la Famille Royale.
La Maifon de Cambis , originaire de Florence ,
a produit plufieurs grands hommes , entr'autres
Ludovifio Cambi , vivant en 1245 , lequel rendit
de grands fervices aux Papes Grégoire IX & Innocent
IV. Dante Cambi , Prieur de la Liberté de
Florence , qui vivoit en 1290 & 1300. Nero Cambi
, Gonfanonier de la République en 1421. Victor
Cambi , un des plus fameux partifans de la
faction Guelfe en 1450. François Cambi , qui
K.iiij.
224 MERCURE DE FRANCE.
époufa en 1492 Fiamette Corfini , &c. D'eux def
cendoit Luc Cambi , auquel cette Maiſon doit
fon établiſſement en France. Il quitta Florence
avec Marie de Pazzis , fon époufe , & Guy de
Cambi , fon frere , qui mourut fans enfans , pour
venir à Avignon , où il pofféda de grandes richeffes.
Il y fit fon Teftament le 13 Juin 1502 , &
laiffa douze enfans , fept garçons , dont trois ont
eu postérité , & cinq filles . Son fils aîné , Dominique
de Cambis , fut Baron d'Alais , Seigneur de
Saint-Paul , Saint-Martin - Malcap , &c. & tefta le
16 Janvier 1520. Il laiffa de fa femme Marguerite
Damians , entr'autres enfans Louis de Cambis
, Baron d'Alais , de Fons & de Sérignac , Seigneur
de Souftelles , &c. qui fut allié avec Marguerite
de Pluviers. De ce mariage vinrent entr'autres
, François de Cambis , Baron d'Alais , qui fuit ::
Jean de Cambis , Gentilhomme ordinaire du Prince
de Condé , Gouverneur de la Vignerie d'Alais ,
& Lieutenant de Roi au Gouvernement de Languedoc
, dont la poftérité fubfifte dans l'Orléa-.
nois , & Théodore de Cambis , Baron de Fons &
de Sérignac , qui forma une branche qui exifte
aujourd'hui en Languedoc.
François de Cambis , Baron d'Alais , fils aîné de-
Louis , fut Chevalier de l'Ordre du Roi , & époufa
Magdeleine de Villeneuve , fille de Claude , Marquis
de Trans , & d'Ifabelle de Feltres , de laquelle
il eut Georges de Cambis , Baron d'Alais , marié
à Itabelle de Thezan , fille d'Olivier , Vicomte du
Pujols & de Caffandre de Cenamy. De cette allian-.
ce fortirent quatre garçons , l'aîné defquels nommé
Jacques , époufa Catherine d'André , qui le
rendit pere de Jacques de Cambis , mort en 1653
fans poftérité . Sa foeur Ifabelle de Cambis , avoit
époufé Jacques de Berard , Seigneur de Montaler ,
AVRIL. 1756. 225
qui à caufe d'elle devint Baron d'Alais , Seigneur
de Souftelles , & c . Sa feconde foeur Ifabelle de
Cambis , époufa en 1655 Jean - François de la
Fare , Baron de la Salle , Meftre de Camp de
Cavalerie.
Nicolas de Cambis , cinquieme fils de Luc &
de Marie de Pazzis , fut auteur de la branche des
Seigneurs d'Auvaro en Provence , éteinte vers le
milieu du 16 fiecle .
Pierre de Cambis , fixieme fils de Luc , fut fait
Conful d'Avignon , du rang des Nobles de la
premiere claffe en 1547. Il avoit époufé dès le
28 Octobre 1525 , Françoiſe de Perruzzis , Dame
d'Orfan , au Diocèfe d'Uzès. Elle fut mere entr'autres
de Jéan de Cambis , Seigneur d'Orfan , Chevalier
de l'Ordre du Roi & de celui du Pape ,
premier Conful & Viguier de la Ville d'Avignon ,
au nom de laquelle il fut Ambaffadeur près du
Roi Henri III , qui le fit Chevalier de fa propre
main , & près du Pape . Il épouſa le 16 Avril 15552
Françoile de Clericis , qui le rendit pere de trois
garçons qui ont laiffé poftérité. Celle de Richard ,
qui étoit l'aîné , finit vers la fin du dernier fiecle.
Le ſecond nommé Louis , fit la branche des Seigneurs
d'Orfan dont on va parler ; & le troisieme ,
qui s'appelloit Antoine , fut auteur de celle des
Seigneurs d'Hortes , éteinte depuis environ cent
ans.
>
Louis de Cambis , fecond fils de Jean & de
Françoife de Clericis , fut Seigneur d'Orfan , &c.
premier Conful & Viguier d'Avignon , Capitaine
d'une Compagnie de Chevaux- Légers , & Chevalier
de l'Ordre du Roi. Il époufa par contrat du
16 Mai 1583 , Georgette de la Falêche , fille
d'Antoine , Chevalier de l'Ordre du Roi , & de
Françoife de Riccis. Il eut de ce mariage , 1º
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
f
t
Jean de Cambis , qui continua la ligne directe ;
2º. Paul de Cambis , auteur de la branche des
Marquis de Velleron , qui feront rapportés enfuite
; 3 ° . Octave de Cambis , Camerier du Pape
Urbain VIII.
I
Jean de Cambis , Seigneur d'Orfan , &c. fils
aîné de Louis & de Georgette de la Falêche , fut
allié par Contrat du 1 Mai 1616 , à Marguerite.
de Simiane , Dame de Cairane , qui le rendit pere
> entr'autres de Louis de Cambis , Seigneur d'Orfan
, &c. marié par Contrat du 13 Avril 1638 ,
avec Magdeleine de Baumefort. De cette alliance
vint entr'autres Charles de Cambis , Seigneur
d'Orfan & de Lagnes , qui époufa par Contrat du
30 Août 1674 , Marie- Anne Pilchotte de la Pape
dont vint Jacques de Cambis , Seigneur d'Orfan
&c. allié en 1690 , à Magdeleine de Guilhens de
Puy-Laval , qui fut mere de Louis - Charles de
: Cambis , Seigneur d'Orfan & de Lagnes , marié
en 1723 ´à Anne - Elifabeth de Pierne , fille de
Marc- Antoine , Seigneur d'Arenes & de Sufanne .
de Bafchi du Cayla. De ce mariage eft né le
7 Mars 1727 , Jacques- François de Cambis qui
donne lieu à cet article .
Paul de Cambis , fecond fils de Louis & de
Georgette de la Falêche , fut Baron de Brantes ,
Seigneur de Cairane , & Co- Seigneur de Velleron ,
Chevalier de l'Ordre du Roi , Capitaine- Lieutenant
du Régiment de Normandie , & Syndic de
la Nobleffe du Comté- Venaiffin , & en cette qualité
député au Roi Louis XIII . Il fut marié le 21
Février 1621 , à Gabriele de Rodulf, fille de Louis,
Seigneur de Limans , &c. & de Marthe de Grimoard
du Roure. De cette alliance vint François
de Cambis , Baron de Brantes , créé Marquis de
Velleron , par Bulle du Pape Clément IX. Il époufaAVRIL.
1756. 227
en 1653 Jeanne de Forbin , foeur du Cardinal de
Janfon, de laquelle il eut entr'autres Jofeph de
Cambis , & Louis-Dominique de Cambis qui ont :
laiffé postérité.
eft Jofeph de Cambis , Marquis de Velleron ,
mort le 6 Janvier 1736 , chef d'Efcadre des Galeres
du Roi , & Commandeur de l'Ordre Royal &
Militaire de S. Louis. H avoit épousé Angélique
de Cambis de Fargues , de laquelle il a laiffé
1º. Jofeph-Louis-Dominique de Cambis , Marquis
de Velleron , dit le Comte de Cambis , né en
Novembre 1706 , Colonel de l'Infanterie du
Comté- Vénaiffin , marié le 13 Avril 1741 , avec :
Anne- Louiſe de la Queille de Châteaugué , dont
eft née Marie Jofephine - Louife Sophie de
Cambis ;
-
2º. Angélique-Touffaint de Cambis , allié le
16 Mars 1716, à Louis - Joſeph Gras, Seigneur de
Préville ;
3°. Jeanne de Cambis , mariée le 16 Avril 1719 ,.
à Antoine Hoftager , Seigneur de Roquetaillade.
Louis- Dominique , Comte de Cambis , Lieutenant
général des Armées de Sa Majeſté , ſecond
fils de François & de Jeanne de Forbin , eft mort
à Londres , où il étoit Ambaffadeur du Roi , le
12 Février 1740 , laiffant de fa femme Catherine
Nicole Gruin , morte en 1754 ;
1º. Louis-Jofeph-Nicolas , Marquis de Cambis
, né le 1 Mars 1725 , Brigadier de Cavalerie en
Décembre 1748 , Meftre de Camp du Régiment :
de Bourbon, & Gouverneur de Sifteron...
2 % Anne-Victoire de Cambis , née à Turin ou
fon pere étoit Ambaffadeur , le 1 Juin 1726 , mariée
en Avril 1746 au Marquis d'Herbouville ,
Capitaine de Gendarmerie.
CAMBIS porte pour Armes d'azur au chêne d'or ,
22S MERCURE DE FRANCE.
mouvant d'une montagne à fix copeaux de même ,
foutenus par deux lions auffi d'or.
Le 2 Novembre 1755 ,mourut en fon Château
d'Andechy en Picardie , François- Simon de Riencourt
, Comte d'Andechy, marié le 2 Mai 1695 , à
Jeanne- Jule de Guerin de Tarnaut , fille de Robert
de Guerin de Tarnaut ,. & de Jeanne Huaut
de Montmagny , dont il eut Jeanne- Jule Dame
de S. Cyr ; Anne- Françoife , mariée les Mai
1728 , à Pierre de Guerin de Tarnaut , fon oncle
maternel , ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie
de fon nom & René-Léonor , Chevalier
Comte d'Andechy,marié le 23 Juin 1719 , à Jeanne
de Forceville , fille de Charles , Chevalier Seigneur
de Forceville , & d'Antoinette du Mouchet
de Vauffelles ; dont Barbe Simon Comte de Riencourt
, Capitaine de Cavalerie au Régiment d'Archyac
; Pierre de Riencourt, Prêtre ; Louis-François
, d'abord Page de Madame la Dauphine , puis
Lieutenant au Régiment d'Archyac , & trois filles
à S. Cyr
La Maifon de Riencourt alliée à celles . de
Mailloc , Montmorency , Amiens , Bournel , Ailly ,
Lamet , Rellencourt , Desfriches- Doria , Forceville
, la Fontaine , Guerin de Tarnaut , d'Angennes,
Fiercelin, Mareuil , Saiffeval , Saint Georges-
Verac , Joyeuse , &c..eft une des plus anciennes
de Picardie , où elle eft connue dès le commencement
du treizieme fiecle , comme on le
voit par les Cartulaires de différentes Abbayes.
En 1206 Thomas de Riencourt qualifié Chevalier ,
foufcrit à la donation de plufieurs biens que fait.
Enguerran de Pequigny Vidame d'Amiens , à l'Eglife
de Sainte Marie de Moliens . En 1223 Jean
de Riencourt fon fils tranfige avec les Religieux
de l'Abbaye du Gard, en préfence du Vidame d'A-
&
AVRIL. 1756. 229
"
miens , & leur laiffe quelques droits qu'il tenoit
d'Amelius de Bouelles fon ayeul , touchant les
marais de Croy. Hugues de Riencourt , fon fils ,
dans le dénombrement des terres de Riencourt &
Saint Leger , qu'il donne en 1259 , à Jean , Baron
de Pequigny, Vidame d'Amiens , prend les qualités
de Haut Puiffant Seigneur Meffire Hugues ,
Seigneur de Riencourt , Franqueville , Saint Leger,
Drueulfous Moliens le Vidame, Orival, Bergicourt ,
Tilloloy Vaux; ainfi il y a 500 ans que ces quatre
dernieres terres font dans la maifon de- Riencourt.
On trouve à la Chambre des Comptes de Paris
un Bref daté de Lyon , du Pape Innocent IV, à
P'Evêque d'Amiens , par lequel il accorde à Jeande
Ricncourt & à Hugues fon fils , dont on vient
de parler , les mêmes Indulgences que s'ils s'étoient
croifés pour la Terre Sainte , parce qu'ils
étoient difpofés à aller au fecours de l'Eglife Uni-
-verfelle contre les habitans d'Aix - la - Chapelle
{ contra Aquenſes } *;
" La Maifon s'eſt d'abord diviſée en deux bran→
ches formées par les deux enfans d'Enguerran ,
Seigneur de Riencourt , décedé en 1380. La branche
aînée eft tombée avec la Terre de ce nom
dans la maifon d'AUDENFORT , d'ou en celle de
TIERCELIN , par le mariage de Marguerite de Riencourt
, fille de Hugues, Seigneur de Riencourt , &
de Marie de Lamet , & petite- fille de Jean , Seigneur
de Riencourt , & de Márie de Montmorency,
* Comme le Pape étoit alors obligé de se fauver
de Rome a caufe de la guerre que lui faifoit l'Empereur
Frédéric II , qu'il avoit excommunié , le
Pape les engagea à lui prêter fecours , & à aller contre
les habitans d'Aix- la Chapelle , en leur promet
tant l'abſolution générale de leurs péchés..
230 MERCURE DE FRANCE.
*
de la branche de Bours , fille de Hugués de Monte
morency , Chevalier Seigneur de Bours , & de
Marie d'Ognies.
La branche de Riencourt d'Orival devenue aî→
née , s'eft fubdivifée en deux autres branches formées
par Raoul de Riencourt, Seigneur d'Orival ,.
Bergicourt , &c. & par Thomas de Riencourt-
Seigneur de Tilloloy , Vaux , &c. tous deux enfans
de Matthieu de Riencourt , vivant en 1430 .
Raoul de Riencourt , Chevalier Seigneur d'Orival
, Bergicourt , du Qefnel & Linas , vivoit en
1476 avec Jeanne de Borgeau fon épouſe , fille de
Jacques de Borgeau Seigneur dudit lieu , dont
deux enfans ; le cadet a formé la branche de Parfondru
près Laon. François de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Parfondru & Drouay , fils de
Pierre de Riencourt , Chevalier , Seigneur defdits
lieux , & d'Ifabelle de Sons , marié en 1639, à Ju--
dith-Anne de Joyeuse de la branche de Montgobert
, fille de Robert de Joyeuſe , Baron de Verpeil
& de Montgobert , & de Judith Hennequin ,., .
étoit de cette branche , qui fubfifte encore aujour
d'hui près de Rhetel en Champagne .
Antoine de Rien court , Chevalier , Seigneur
d'Orival dont on vient de parler , eut de fa femme
Marie de Saquefpée , Adrien , Seigneur d'Orival
, marié à Charlotte de la Motte , fille de Char--
les de la Motte , Chevalier , Seigneur de Ville &
Montigny , & de Jeanne d'Abbeville ; dont
François , Seigneur d'Orival , Bergicourt , Morvillier
, Graville , &c. Gentilhomme de la Chambre
du Duc d'Anjou , frere d'Henri III , qui de
Dianne de Maillor fa femme , fille de Nicolas-
Baron de Mailloc , & de Charlotte de Monchy, eut
François, Seigneur deſdits lieux , marié 1º . en 1642,
à Catherine de Sennemon , fille de Jean de SenneAVRIL.
1756. 232
mon , & de Gabriele de Tier celin ; 2 ° à Marie de
Moreuil , fille d'Artus de Moreuil , Chevalier de
l'Ordre du Roi , & de Charlotte de Halluyn. Du
fecond lit vinrent deux filles , l'une mariée dans la
maifon du Blaifel en Boulenois , l'autre , dans
celle de Venoix en Normandie , & Jean- Auguſtin
de Riencourt , Marquis d'Orival , marié le 4 Janvier
1683 à Marie-Anne Desfriches -Doria, fille de
Charles Desfriches , Baron de Braffeufe, & d'Annedes
Etangs ; dont un Chevalier de Malte mort ;
le Comte d'Orival , ancien Capitaine aux Gardes ,
& Charles- François de Riencourt , Marquis d'Orival
, ancien Colonel du Régiment de la Reine-
Dragons ; lequel de Marie d'Angennes fa femme,
fille de Charles- François d'Augennes , Chevalier
Seigneur de Maintenon , Commandant des Ifles
Saint Pierre & Guadeloupe en la Martinique , eut
Marie-Adelaïde de Riencourt, mariée le 2 Janvier
1742 , à Pierre- Cefar de Saint Georges , Marquis de
Verac , Lieutenant- Général de Poitou , qui n'ont
laiffé à leur mort qu'un fils unique appellé le
Marquis de Verac.
La branche de Tilloloy vient , comme nous l'a.
vons dit , de Thomas de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux , S. Severin ,
marié à N. Deamont ; dont Hugues marié en fe
condes nôces à N. de Jalaife, avec laquelle il vivoit
en 1550 ; dont Chriftophe de Riencourt marié le
11 Août 1561 , à Claude le Hochart , fille de Benoît
le Hochart , Seigneur de Lepinay, & de Guil
lemette de Bournel ; dont Nicolas de Riencourt
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
Saint Severin , marié le 9 Avril 1589 , avec Anne
d'Ailly , de la branche d'Annery , fille de Claude
d'Ailly, Chevalier , Seigneur de Montgerout, Lau
Bay , Clerfon , Montcornel &c. Chevalier de
232 MERCURE DE FRANCE.
l'Ordre du Roi , un des cent Gentilshommes de
la Maifon de Sa Majefté , Gentilhomme d'honneur
de la Reine , Enfeigne de la Compagnie des.
Gendarmes de M. de Villebon d'Eftouteville , &
de Jeanne de Joigny -Blondet fa premiere femme ,
veuve de Martin de Bournonville , Chevalier Seigneur
de Châteauregnaud , Gouverneur de Montreuil
. Heut de ce mariage Dianne de Riencourt ,
mariée à Charles de la Rue , Chevalier ; Anne
mariée en 1614 à François de Saiffeval , Chevalier
, Seigneur de Blerancourt ; Claude de Riencourt
qui a formé la branche de Boisgeffroy en
Normandie , où elle fubfifte encore ; marié 1º . à
Renée de l'Epinay ; 2 °. à Marie de Conveloire ; &
François de Riencourt,Chevalier, Seigneur de Til
loloy , marié le 16 Juin 1618 , à Marguerite de la
Fontaine , fille de Louis de la Fontaine , Chevalier
, Seigneur de Candore , & d'Ifabcau de Lan ;
dont trois enfans.
Le dernier , Leonor- René de Riencourt , Chevalier
Seigneur d'Andechy , Commandant du
fecond bataillon du Régiment de Lyonnois, marié
le 11 Septembre 1674 , à Catherine de Vinet ; dont
le Comte d'Andechy qui donne lieu à cet article.
Le fecond, Henri de Riencourt , Chevalier, Seigneur
de Ligneres , marié le 21 Décembre 1659 ,
à Marguerite de Hanffart , fille de Claude de Hanffart,
Seigneur d'Efcoquerre, & de Charlotte de l'Etoile
;
dont Louis de Riencourt qui , d'Elifabeth
d'Urre fa femme , à eu 1º . Louis- Claude de Rien
court , Seigneur de Ligneres , vivant actuellement
avec Catherine Gaillard fa femme , dont un fils
Page de la Reine , & plufieurs autres enfans. 2º .
Charles-Henri de Riencourt , qui a laidé à fà mort
plufieurs enfans d'Elifabeth de Cacheleu de Maifoncelle,
fa femme ; 3 ° . Louis,Chanoine d'Amiens ;
AVRIL. 1756. 233
4. Une fille mariée à Charles de Létoile, Seigneur
de Preville , & une autre mariée à Simon de Lana
glois, Chevalier, Capitaine au Régiment de Cham
pagne , Directeur des Fortifications du Soiffonmois.
Le fils aîné de François de Riencourt, & de Marguerite
de la Fontaine, nommé Louis de Riencourt;
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
&c. eut de Marguerite Forestier fa- femme , une
fille mariée le 7 Janvier 1667 , à François de Forceville
, Chevalier , Seigneur de Forceville , Fontaines
, & c. & Ferdinand-Laurent de Riencourt ,
Capitaine de Cavalerie , marié le 4 Décembre
1684 , à Marie-Anne de Gaude , fille de Jean de
Gaude , Chevalier, Seigneur de Martainneville , &
de Marguerite de Croze ; dont Charles- Pierre- Paul
marié à N. de Bonnet ; Leonor-René , ancien Capitaine
de Cavalerie , & plufieurs autres enfans :
l'aîné de tous eft Louis- François de Riencourt, ancien
Officier au Régiment de Royal Piémont Cavalerie
, marié à Marguerite de Ternifien veuve
de N. de Sarcus , Chevalier , Seigneur de Courcelies
, dont deux enfans dans le fervice & deux
filles.
Les Armes de la Maifon de Riencourt font
d'argent à trois faces de gueules fretées d'or.
Catherine - Dorothée , née Princeffe Jablonouska
, époufe de Maximilien -François de Tenezyn
Duc Offolinski , Chevalier des Ordres du Roi ,
Grand Maître de la Maifon du Roi de Pologne
Duc de Lorraine , eft décédée fans enfans le s Janvier
1756. Elle étoit fille de Jean Staniflas , Palatin
de Ruffie , frere de Madame Royale , mere da
Roi de Pologne , & de Jeanne- Cafimire de Be
thune , niece de la Reine de Pologne , femme de
Jean LIL
234
Les deux illuftres Maifons de Jablonouski &
d'Offolinsky , des premieres de Pologne , font
connues & également recommendables par l'ancienneté
, l'illuftration & les grandes alliances
-par lefquelles elles appartiennent ou font alliées à
prefque tous les Souverains de l'Europe.
AVERTISSEMENT.
On a imprimé dans quelques ouvrages modèrnes,
( 1 ) que le Comte de Rupelmonde tué à l'action
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 15
Avril 1745 , étoit le dernier rejetton de fa maiſon.
Ceux qui ont avancé cette anecdote généalogique
, paroiffent avoir ignoré que la Branche
ainée de cette maifon eft continuée en la perfonne
de Ferdinand -Gillon de Recourt-de- Lens-de-
Licques , des Comtes de Boulogne , Seigneur &
Marquis de Licques , & c. c'eft un fait dont on
peut fe convaincre par les éclairciffemens fuivans ,
que l'on a cru devoir donner au public pour le défabufer
des impreffions qu'une pareille erreur
pourroit lui laiffer.
•
Philippes de Recourt-de- Lens- de- Licques , des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
, & de Boninghe , Chaſtelain héréditaire de
Lens , &c. Gouverneur de Cambray & du Cambréfis,
d'Harlem, de Louvain , de Lille , de Tournay ,
de Douay & d'Orchies , fut commis par le Roy
d'Efpagne , le 12 May 1586 , pour régler avec les
Commiffaires du Roy Henry III , tous les différens
qui pouvoient naître fur l'interprétation & l'exécution
des articles de la treve , conclue à Cambray le
23 Décemb. 1585. Ce Seigneur qui s'acquit la réputation
d'un des grands Capitaines de fon fiècle ,
(1 ) Poëme de Fontenoy , & Hiftoire de la guerre
de 1741.
II. Vol. K
218 MERCURÉ DE FRANCE.
mourut à Bruxelles le Vendredi Saint 1588 , lorqu'il
alloit être nommé Chevalier de l'ordre de la
Toifon d'Or. Il avoit fait fon teftament le premier
jour de Mars 1587 , & avoit été marié du confentement
de l'Empereur & de fon Confeil , le 3 Juin
1554 , avec Jeanne de Witthem , d'une illuftre
Maifon de Brabant , fortie par bâtardiſe des anciens
fouverains de cette Province , & alliée aux maifons
les plus confidérables des pays-Bas . De ce mariage
fortirent Gabriel , Baron de Licques qui fuit , &
Philippes de Recours - de - Lens- de - Licques, des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque , &c .
qui a fait la branche des Comtes de Rupel
monde.
Gabriel de Recourt- de- Lens-de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
& de Boninghe , &c . gouverneur de Charlemont
, & Colonel d'un Régiment de dix Compagnies
de gens de pieds , mourut à la fleur de fon
age en 1589 , ayant eu de fon mariage , qu'il avoit
contracté le 8 Juillet 1581 , avec Helene de
Mérode , d'une maiſon auffi illustre par fon ancienneté
que par fes alliances & fes fervices , fille de
Jean de Mérode , Seigneur de Moriamez & de
Philippote de Montfort , Philippes Baron de Licques
qui fuit :
i
Philippe de Recourt - de-Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier Baron de-Licques
& de Boninghe , &c. Gouverneur de Bourbourg
, Grand Bailli des Bois du Comté de Hainaut
, & de la Forêt de Mormal , & Confeiller du
Confeil de Guerre du Roi d'Efpagne , mourut le
28 May 1657 , & époula en premiere nôces , en
1614 , Sufane de Langlée , d'une branche cadette
de l'illuftre Maifon de Wavrin , dont il n'eut que
des filles ; il fe remaria en fecondes nôces , le 13
Juin 1630 à Louiſe de Cruninghe , Baronne de
AVRIL. 1736. 219
Cruninghe , & Vicomteffe de Zélande , héritiere
de fa maiſon , une des plus grandes des Pays-Bas ;
& cette alliance le fit tenir à toutes les têtes couronnées
de l'Europe . Elle étoit fille & héritiere de
Maximilien , Baron de Cruninghe , Vicomte de
Zélande , &c. & d'Eve Baronne de Kniphaufen-
Inhaufen , & petite-fille de Jean Baron de Cruninghe
, Vicomte de Zélande , &c ; & de Jacqueline'
de Bourgogne , fille d'Adolphe de Bourgogne , Seigneur
de Bevres & de la Vere, Amiral de Flandres,
& Chevalier de la Toifon d'Or ; & d'Anne de
Berghes-glimes; & petite- fille de Philippes de Bourgogne
, Seigneur de Bevres & de la Vere , Amiral
de Flandre , Gouverneur d'Artois , & Chevalier de
la Toiſon d'Or ; & d'Anne de Borfelle , fille de
Wolfard de Borfelle , Seigneur de la Verre, Comte
de Grandpré , Maréchal de France Chevalier de la
Toifon d'Or , &c ; & de charlotte de Bourbon ,
fille de Louis de Bourbon , Comte de Montpenfier
, Dauphin d'Auvergne , &c ; & de Gabriele de
la Tour ; de ce deuxieme mariage vint Philippes-
Charles-Bartholomé , Marquis de Licques qui fuit ;
& c'eft à caufe de cette alliance que MM. de
Licques portent en écartelure dans le grand cachet
de leurs armes , celles de l'augufte Maiſon de
Bourbon.
Philippes-Charles- Bartholomé de Recourt-de-
Lens-de- Licques , des Comtes de Boulogne , Che
valier Marquis de Licques , Baron de Boninghe &
de Cruninghe , Vicomte de Zélande , & c. Grand
Bailli des bois du Comté de Hainaut , Capitaine
d'une Compagnie franche, puis de cent chevaux de
Cuiraffiers , & gentilhomme de la chambre du
Prince de Baviere , électeur de Cologne , époufa
le 23 Janvier 1659 , Marguerite-Caroline - Gertrude
de Berlo , Chanoinefle de Mouftier , d'une
2.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
illuftre Maiſon du pays de Liege , & fille de Paul ;
Baron de Berlo & de Bruff; & de Marie de L
Fontaine ; & eut de cette alliance un fils unique
nommé Ferdinand-Roch-Jean , Marquis de Lic
ques qui fuit ;
Ferdinand - Roch - Jean de Recourt- de- Lensde-
Licques des Comtes de Boulogne , Cheva
lier , Marquis de Licques, Baron de Boninghe ,
Vicomte de Zélande , &c . époufa le 23 Janvier
1700 , Anne-Michel- Alexandrine le Sart , mere.
d'un fils unique , nommé Ferdinand-Gillon , Marquis
de Licques qui fuit:
Ferdinand- Gillon de Recourt-de-Lens- de-Lic
ques des Comtes de Boulogne , Chevalier , Seigneur
& Marquis de Licques , Vicomte de Zélande
, Baron de Boninghe , &c . dernier hoir mâle
de fa maifon depuis la mort du Comte de Rupelmonde
, a épousé en 1730 Elifabeth de Lefpinayde
Marteville d'une ancienne maifon de Picardie ,
fille de Jacques , Marquis de Marteville , Maré
chal des Camps & Armées du Roi , & de Françoife
Abancourt. De ce mariage il n'a que trois filles ;
fçavoir :
?
1º. Catherine- Elifabeth-Henriette de Recourt
de-Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne ,
mariée , en 1748 , à Louis - Eugene-Marie de
Beauffort, Comte de Beauffort , & de Moulle , & c.
d'une des plus anciennes & des plus illuftrés Mai
fons de la province d'Artois , fils de feu Chriftophe
- Louis de Beauffort , Comte de Beauffort , & cs
& de Marie-Anne-Françoife - Jofephe de Croix ;
2°. Louife- Aimée dite Mademoiſelle de
Lens ;,
>
3°. Marie-Gabriele-Victoire- Nymphe , dite
Mademoiſelle de Licques.
Philippe de Recourt- de- Lens- de - Licques des
AVRIL 1756. 22X
Comtes de Boulogne , Seigneur & Baron de Wifkerque
, & c. frere cadet de Gabriel Baron de Lic
ques , cité ci-deffus , & comme lui fils de Philippes,
Baron de Licques , & de Jeanne de Witthem ,
fut Colonel d'Infanterie Wallone , & Grand Bailli
du pays de Waes. Il épousa le 11 Juin 1590 ,
Marguerite de Steelan , d'une très -ancienne maifon
de Flandres , & tefta le 14 Juin 1630 ; de ce
mariage vint Servat Baron de Wiskerque qui
fuit :
Servat de Recourt - de - Lens- de - Licques des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque, Grand
Bailli du pays de Wau , &c. époufa le 20 Septembre
1624 , Marguerite de Robles d'une illuftre mai .
fon originaire d'Efpagne, fille de Jean de Robles ,
Comte d'Annapes , Gouverneur de Lille , Douay
& Orchies & c. & de Marie de Liedekerque. De ce
mariage vint Philippes , Baron de Wiskerque &
Comte de Rupelmonde qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Baron de Wiskerque , Seigneur
& Comte de Rupelmonde , &c . époufa le 3
Juillet 1655 , Marguerite de Baerlandt , d'une
ancienne maison des Pays-Bas ; il mourat fore
jeune, & laila pour fils unique Philippes Comte de
Rupelmonde , qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de - Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque &c. époufa le 21 Avril 1677 ,
Marie- Anne -Euſebe Truchfes , née Comteffe de
Wolfegg , d'une grande maifon d'Allemagne , &
fille de Guillaume , Truchfes Comte de Wolfegg ,
Gouverneur d'Amberg en Baviere , & d'Iſabelle-
Claire de Ligne- d'Aremberg & d'Arfchoft ; il
eut de ce mariage Maximilien- Philippes- Jofeph
Comte de Rupelmonde qui fuit :
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Maximilien-Philippes-Jofeph de Recourt- de
Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne , Comté
de Rupelmonde , Baron de Wiskerque , &c. Maréchal
des Camps & Armées du Roi d'Eſpagne ,
fut tué au Siege de Brihuega en Eſpagne le i 1 Décemb.
1710 , & avoit épousé le 24 Janvier 1705,
Marie-Marguerite d'Alegre, Dame du Palais de la
Reine , d'une illuftre maifon d'Auvergne , fille
d'Yves , Marquis d'Alegre , Maréchal de France &
Chevalier des ordres du Roi : il en eut pour fils
unique Yves - Marie Comte de Rupelmonde qui
fuit :
24
Yves-Marie de Recourt -de - Lens - de- Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque , & c. Maréchal des camps &
armées du Roi , fut tué à la fleur de fon âge à l'acsion
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 1
Avril 1745. De fon mariage , dont le contrat fut
paffé en 1731 avec Marie- Chrétienne - Christine
de Gramont, dame du Palais de la Reine & fille de
Louis, Duc de Gramont , Pair de France, Chevalier
des ordres du Roi , Lieutenant général de fes Armées
, & Colonel du Régiment des gardes , & de-
Géneviève de Gontault de Biron , naquit le
Avril 1740 , un fils nommé Louis , mort peur de
temps avant fon Pere , en la perfonne de quis'éteignit
la feule branche cadette de la maifon de
Recourt- de-Lens- de- Licques , dont la branche
aînée feule fubfifte aujourd'hui dans la perfonne
du Marquis de Licques & de fes trois filles . Voyez
pour cette maifon qui par fon ancienneté,fes fervices
& fes alliances va de pair avec les plus grandes
du Royaume , l'Hiftoire des grands Officiers de la
Couronne , VII . vol . page 827 , où la Généalogie
eft rapportée ( affez imparfaitement ) à l'article des
Amiraux de France , à l'occafion de Charles de Re
AVRIL. 1756. 223
court-de Lens , & c. fait Amiral de France en 1418 .
Voyez auffi les tablettes Hiftoriques , Généalogiques
& Chronologiques , volume V. l'Armorial
Général de France de M. d'Hozier , premier Regiftre
, où il en eft parlé à l'occaſion de Ferdinand-
Roch -Jean , & de Ferdinand Gillon , Marquis
de Licques , fon fils , reçus Pages du Roi
dans fa grande écurie , l'un le 5 Août 1684 , &
l'autre le 21 Septembre 1722 , & ce que nous
avons dit de cette maifon dans les Mercures de:
France des mois de Juin 1731 , & 1745 , premier
volume , & c.
Jacques-François , Vicomte de CAMBIS , Colonel
du Régiment d'Infanterie de fon nom , fut marié le
18 Novemb. 1755. dans la Chapelle du Château de
Bellevue , avec Louife-Françoife- Gabriele de HENNIN
- LIETARD - DE - CHIMAY , fille d'Alexandre-
Gabriel de Hennin- Lietard , Prince de Chimay
Lieutenant Général des Armées du Roi , Lieutenant
-Feldt-Maréchal des Armées de l'Empereur ,
Grand d'Espagne de la premiere claffe , &c . mort:
le 18 Février 1745 , & de Gabriele- Françoife de
Beauvau , aujourd'hui Princeffe Douairiere de
Chimay. Le Curé de Meudon leur donna la Bénédiction
nuptiale . Leur Contrat de mariage avoit
été figné le 16 du même mois de Novembre , par
Leurs Majeftés & par la Famille Royale.
La Maifon de Cambis , originaire de Florence ,
a produit plufieurs grands hommes , entr'autres
Ludovifio Cambi , vivant en 1245 , lequel rendit
de grands fervices aux Papes Grégoire IX & Innocent
IV. Dante Cambi , Prieur de la Liberté de
Florence , qui vivoit en 1290 & 1300. Nero Cambi
, Gonfanonier de la République en 1421. Victor
Cambi , un des plus fameux partifans de la
faction Guelfe en 1450. François Cambi , qui
K.iiij.
224 MERCURE DE FRANCE.
époufa en 1492 Fiamette Corfini , &c. D'eux def
cendoit Luc Cambi , auquel cette Maiſon doit
fon établiſſement en France. Il quitta Florence
avec Marie de Pazzis , fon époufe , & Guy de
Cambi , fon frere , qui mourut fans enfans , pour
venir à Avignon , où il pofféda de grandes richeffes.
Il y fit fon Teftament le 13 Juin 1502 , &
laiffa douze enfans , fept garçons , dont trois ont
eu postérité , & cinq filles . Son fils aîné , Dominique
de Cambis , fut Baron d'Alais , Seigneur de
Saint-Paul , Saint-Martin - Malcap , &c. & tefta le
16 Janvier 1520. Il laiffa de fa femme Marguerite
Damians , entr'autres enfans Louis de Cambis
, Baron d'Alais , de Fons & de Sérignac , Seigneur
de Souftelles , &c. qui fut allié avec Marguerite
de Pluviers. De ce mariage vinrent entr'autres
, François de Cambis , Baron d'Alais , qui fuit ::
Jean de Cambis , Gentilhomme ordinaire du Prince
de Condé , Gouverneur de la Vignerie d'Alais ,
& Lieutenant de Roi au Gouvernement de Languedoc
, dont la poftérité fubfifte dans l'Orléa-.
nois , & Théodore de Cambis , Baron de Fons &
de Sérignac , qui forma une branche qui exifte
aujourd'hui en Languedoc.
François de Cambis , Baron d'Alais , fils aîné de-
Louis , fut Chevalier de l'Ordre du Roi , & époufa
Magdeleine de Villeneuve , fille de Claude , Marquis
de Trans , & d'Ifabelle de Feltres , de laquelle
il eut Georges de Cambis , Baron d'Alais , marié
à Itabelle de Thezan , fille d'Olivier , Vicomte du
Pujols & de Caffandre de Cenamy. De cette allian-.
ce fortirent quatre garçons , l'aîné defquels nommé
Jacques , époufa Catherine d'André , qui le
rendit pere de Jacques de Cambis , mort en 1653
fans poftérité . Sa foeur Ifabelle de Cambis , avoit
époufé Jacques de Berard , Seigneur de Montaler ,
AVRIL. 1756. 225
qui à caufe d'elle devint Baron d'Alais , Seigneur
de Souftelles , & c . Sa feconde foeur Ifabelle de
Cambis , époufa en 1655 Jean - François de la
Fare , Baron de la Salle , Meftre de Camp de
Cavalerie.
Nicolas de Cambis , cinquieme fils de Luc &
de Marie de Pazzis , fut auteur de la branche des
Seigneurs d'Auvaro en Provence , éteinte vers le
milieu du 16 fiecle .
Pierre de Cambis , fixieme fils de Luc , fut fait
Conful d'Avignon , du rang des Nobles de la
premiere claffe en 1547. Il avoit époufé dès le
28 Octobre 1525 , Françoiſe de Perruzzis , Dame
d'Orfan , au Diocèfe d'Uzès. Elle fut mere entr'autres
de Jéan de Cambis , Seigneur d'Orfan , Chevalier
de l'Ordre du Roi & de celui du Pape ,
premier Conful & Viguier de la Ville d'Avignon ,
au nom de laquelle il fut Ambaffadeur près du
Roi Henri III , qui le fit Chevalier de fa propre
main , & près du Pape . Il épouſa le 16 Avril 15552
Françoile de Clericis , qui le rendit pere de trois
garçons qui ont laiffé poftérité. Celle de Richard ,
qui étoit l'aîné , finit vers la fin du dernier fiecle.
Le ſecond nommé Louis , fit la branche des Seigneurs
d'Orfan dont on va parler ; & le troisieme ,
qui s'appelloit Antoine , fut auteur de celle des
Seigneurs d'Hortes , éteinte depuis environ cent
ans.
>
Louis de Cambis , fecond fils de Jean & de
Françoife de Clericis , fut Seigneur d'Orfan , &c.
premier Conful & Viguier d'Avignon , Capitaine
d'une Compagnie de Chevaux- Légers , & Chevalier
de l'Ordre du Roi. Il époufa par contrat du
16 Mai 1583 , Georgette de la Falêche , fille
d'Antoine , Chevalier de l'Ordre du Roi , & de
Françoife de Riccis. Il eut de ce mariage , 1º
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
f
t
Jean de Cambis , qui continua la ligne directe ;
2º. Paul de Cambis , auteur de la branche des
Marquis de Velleron , qui feront rapportés enfuite
; 3 ° . Octave de Cambis , Camerier du Pape
Urbain VIII.
I
Jean de Cambis , Seigneur d'Orfan , &c. fils
aîné de Louis & de Georgette de la Falêche , fut
allié par Contrat du 1 Mai 1616 , à Marguerite.
de Simiane , Dame de Cairane , qui le rendit pere
> entr'autres de Louis de Cambis , Seigneur d'Orfan
, &c. marié par Contrat du 13 Avril 1638 ,
avec Magdeleine de Baumefort. De cette alliance
vint entr'autres Charles de Cambis , Seigneur
d'Orfan & de Lagnes , qui époufa par Contrat du
30 Août 1674 , Marie- Anne Pilchotte de la Pape
dont vint Jacques de Cambis , Seigneur d'Orfan
&c. allié en 1690 , à Magdeleine de Guilhens de
Puy-Laval , qui fut mere de Louis - Charles de
: Cambis , Seigneur d'Orfan & de Lagnes , marié
en 1723 ´à Anne - Elifabeth de Pierne , fille de
Marc- Antoine , Seigneur d'Arenes & de Sufanne .
de Bafchi du Cayla. De ce mariage eft né le
7 Mars 1727 , Jacques- François de Cambis qui
donne lieu à cet article .
Paul de Cambis , fecond fils de Louis & de
Georgette de la Falêche , fut Baron de Brantes ,
Seigneur de Cairane , & Co- Seigneur de Velleron ,
Chevalier de l'Ordre du Roi , Capitaine- Lieutenant
du Régiment de Normandie , & Syndic de
la Nobleffe du Comté- Venaiffin , & en cette qualité
député au Roi Louis XIII . Il fut marié le 21
Février 1621 , à Gabriele de Rodulf, fille de Louis,
Seigneur de Limans , &c. & de Marthe de Grimoard
du Roure. De cette alliance vint François
de Cambis , Baron de Brantes , créé Marquis de
Velleron , par Bulle du Pape Clément IX. Il époufaAVRIL.
1756. 227
en 1653 Jeanne de Forbin , foeur du Cardinal de
Janfon, de laquelle il eut entr'autres Jofeph de
Cambis , & Louis-Dominique de Cambis qui ont :
laiffé postérité.
eft Jofeph de Cambis , Marquis de Velleron ,
mort le 6 Janvier 1736 , chef d'Efcadre des Galeres
du Roi , & Commandeur de l'Ordre Royal &
Militaire de S. Louis. H avoit épousé Angélique
de Cambis de Fargues , de laquelle il a laiffé
1º. Jofeph-Louis-Dominique de Cambis , Marquis
de Velleron , dit le Comte de Cambis , né en
Novembre 1706 , Colonel de l'Infanterie du
Comté- Vénaiffin , marié le 13 Avril 1741 , avec :
Anne- Louiſe de la Queille de Châteaugué , dont
eft née Marie Jofephine - Louife Sophie de
Cambis ;
-
2º. Angélique-Touffaint de Cambis , allié le
16 Mars 1716, à Louis - Joſeph Gras, Seigneur de
Préville ;
3°. Jeanne de Cambis , mariée le 16 Avril 1719 ,.
à Antoine Hoftager , Seigneur de Roquetaillade.
Louis- Dominique , Comte de Cambis , Lieutenant
général des Armées de Sa Majeſté , ſecond
fils de François & de Jeanne de Forbin , eft mort
à Londres , où il étoit Ambaffadeur du Roi , le
12 Février 1740 , laiffant de fa femme Catherine
Nicole Gruin , morte en 1754 ;
1º. Louis-Jofeph-Nicolas , Marquis de Cambis
, né le 1 Mars 1725 , Brigadier de Cavalerie en
Décembre 1748 , Meftre de Camp du Régiment :
de Bourbon, & Gouverneur de Sifteron...
2 % Anne-Victoire de Cambis , née à Turin ou
fon pere étoit Ambaffadeur , le 1 Juin 1726 , mariée
en Avril 1746 au Marquis d'Herbouville ,
Capitaine de Gendarmerie.
CAMBIS porte pour Armes d'azur au chêne d'or ,
22S MERCURE DE FRANCE.
mouvant d'une montagne à fix copeaux de même ,
foutenus par deux lions auffi d'or.
Le 2 Novembre 1755 ,mourut en fon Château
d'Andechy en Picardie , François- Simon de Riencourt
, Comte d'Andechy, marié le 2 Mai 1695 , à
Jeanne- Jule de Guerin de Tarnaut , fille de Robert
de Guerin de Tarnaut ,. & de Jeanne Huaut
de Montmagny , dont il eut Jeanne- Jule Dame
de S. Cyr ; Anne- Françoife , mariée les Mai
1728 , à Pierre de Guerin de Tarnaut , fon oncle
maternel , ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie
de fon nom & René-Léonor , Chevalier
Comte d'Andechy,marié le 23 Juin 1719 , à Jeanne
de Forceville , fille de Charles , Chevalier Seigneur
de Forceville , & d'Antoinette du Mouchet
de Vauffelles ; dont Barbe Simon Comte de Riencourt
, Capitaine de Cavalerie au Régiment d'Archyac
; Pierre de Riencourt, Prêtre ; Louis-François
, d'abord Page de Madame la Dauphine , puis
Lieutenant au Régiment d'Archyac , & trois filles
à S. Cyr
La Maifon de Riencourt alliée à celles . de
Mailloc , Montmorency , Amiens , Bournel , Ailly ,
Lamet , Rellencourt , Desfriches- Doria , Forceville
, la Fontaine , Guerin de Tarnaut , d'Angennes,
Fiercelin, Mareuil , Saiffeval , Saint Georges-
Verac , Joyeuse , &c..eft une des plus anciennes
de Picardie , où elle eft connue dès le commencement
du treizieme fiecle , comme on le
voit par les Cartulaires de différentes Abbayes.
En 1206 Thomas de Riencourt qualifié Chevalier ,
foufcrit à la donation de plufieurs biens que fait.
Enguerran de Pequigny Vidame d'Amiens , à l'Eglife
de Sainte Marie de Moliens . En 1223 Jean
de Riencourt fon fils tranfige avec les Religieux
de l'Abbaye du Gard, en préfence du Vidame d'A-
&
AVRIL. 1756. 229
"
miens , & leur laiffe quelques droits qu'il tenoit
d'Amelius de Bouelles fon ayeul , touchant les
marais de Croy. Hugues de Riencourt , fon fils ,
dans le dénombrement des terres de Riencourt &
Saint Leger , qu'il donne en 1259 , à Jean , Baron
de Pequigny, Vidame d'Amiens , prend les qualités
de Haut Puiffant Seigneur Meffire Hugues ,
Seigneur de Riencourt , Franqueville , Saint Leger,
Drueulfous Moliens le Vidame, Orival, Bergicourt ,
Tilloloy Vaux; ainfi il y a 500 ans que ces quatre
dernieres terres font dans la maifon de- Riencourt.
On trouve à la Chambre des Comptes de Paris
un Bref daté de Lyon , du Pape Innocent IV, à
P'Evêque d'Amiens , par lequel il accorde à Jeande
Ricncourt & à Hugues fon fils , dont on vient
de parler , les mêmes Indulgences que s'ils s'étoient
croifés pour la Terre Sainte , parce qu'ils
étoient difpofés à aller au fecours de l'Eglife Uni-
-verfelle contre les habitans d'Aix - la - Chapelle
{ contra Aquenſes } *;
" La Maifon s'eſt d'abord diviſée en deux bran→
ches formées par les deux enfans d'Enguerran ,
Seigneur de Riencourt , décedé en 1380. La branche
aînée eft tombée avec la Terre de ce nom
dans la maifon d'AUDENFORT , d'ou en celle de
TIERCELIN , par le mariage de Marguerite de Riencourt
, fille de Hugues, Seigneur de Riencourt , &
de Marie de Lamet , & petite- fille de Jean , Seigneur
de Riencourt , & de Márie de Montmorency,
* Comme le Pape étoit alors obligé de se fauver
de Rome a caufe de la guerre que lui faifoit l'Empereur
Frédéric II , qu'il avoit excommunié , le
Pape les engagea à lui prêter fecours , & à aller contre
les habitans d'Aix- la Chapelle , en leur promet
tant l'abſolution générale de leurs péchés..
230 MERCURE DE FRANCE.
*
de la branche de Bours , fille de Hugués de Monte
morency , Chevalier Seigneur de Bours , & de
Marie d'Ognies.
La branche de Riencourt d'Orival devenue aî→
née , s'eft fubdivifée en deux autres branches formées
par Raoul de Riencourt, Seigneur d'Orival ,.
Bergicourt , &c. & par Thomas de Riencourt-
Seigneur de Tilloloy , Vaux , &c. tous deux enfans
de Matthieu de Riencourt , vivant en 1430 .
Raoul de Riencourt , Chevalier Seigneur d'Orival
, Bergicourt , du Qefnel & Linas , vivoit en
1476 avec Jeanne de Borgeau fon épouſe , fille de
Jacques de Borgeau Seigneur dudit lieu , dont
deux enfans ; le cadet a formé la branche de Parfondru
près Laon. François de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Parfondru & Drouay , fils de
Pierre de Riencourt , Chevalier , Seigneur defdits
lieux , & d'Ifabelle de Sons , marié en 1639, à Ju--
dith-Anne de Joyeuse de la branche de Montgobert
, fille de Robert de Joyeuſe , Baron de Verpeil
& de Montgobert , & de Judith Hennequin ,., .
étoit de cette branche , qui fubfifte encore aujour
d'hui près de Rhetel en Champagne .
Antoine de Rien court , Chevalier , Seigneur
d'Orival dont on vient de parler , eut de fa femme
Marie de Saquefpée , Adrien , Seigneur d'Orival
, marié à Charlotte de la Motte , fille de Char--
les de la Motte , Chevalier , Seigneur de Ville &
Montigny , & de Jeanne d'Abbeville ; dont
François , Seigneur d'Orival , Bergicourt , Morvillier
, Graville , &c. Gentilhomme de la Chambre
du Duc d'Anjou , frere d'Henri III , qui de
Dianne de Maillor fa femme , fille de Nicolas-
Baron de Mailloc , & de Charlotte de Monchy, eut
François, Seigneur deſdits lieux , marié 1º . en 1642,
à Catherine de Sennemon , fille de Jean de SenneAVRIL.
1756. 232
mon , & de Gabriele de Tier celin ; 2 ° à Marie de
Moreuil , fille d'Artus de Moreuil , Chevalier de
l'Ordre du Roi , & de Charlotte de Halluyn. Du
fecond lit vinrent deux filles , l'une mariée dans la
maifon du Blaifel en Boulenois , l'autre , dans
celle de Venoix en Normandie , & Jean- Auguſtin
de Riencourt , Marquis d'Orival , marié le 4 Janvier
1683 à Marie-Anne Desfriches -Doria, fille de
Charles Desfriches , Baron de Braffeufe, & d'Annedes
Etangs ; dont un Chevalier de Malte mort ;
le Comte d'Orival , ancien Capitaine aux Gardes ,
& Charles- François de Riencourt , Marquis d'Orival
, ancien Colonel du Régiment de la Reine-
Dragons ; lequel de Marie d'Angennes fa femme,
fille de Charles- François d'Augennes , Chevalier
Seigneur de Maintenon , Commandant des Ifles
Saint Pierre & Guadeloupe en la Martinique , eut
Marie-Adelaïde de Riencourt, mariée le 2 Janvier
1742 , à Pierre- Cefar de Saint Georges , Marquis de
Verac , Lieutenant- Général de Poitou , qui n'ont
laiffé à leur mort qu'un fils unique appellé le
Marquis de Verac.
La branche de Tilloloy vient , comme nous l'a.
vons dit , de Thomas de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux , S. Severin ,
marié à N. Deamont ; dont Hugues marié en fe
condes nôces à N. de Jalaife, avec laquelle il vivoit
en 1550 ; dont Chriftophe de Riencourt marié le
11 Août 1561 , à Claude le Hochart , fille de Benoît
le Hochart , Seigneur de Lepinay, & de Guil
lemette de Bournel ; dont Nicolas de Riencourt
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
Saint Severin , marié le 9 Avril 1589 , avec Anne
d'Ailly , de la branche d'Annery , fille de Claude
d'Ailly, Chevalier , Seigneur de Montgerout, Lau
Bay , Clerfon , Montcornel &c. Chevalier de
232 MERCURE DE FRANCE.
l'Ordre du Roi , un des cent Gentilshommes de
la Maifon de Sa Majefté , Gentilhomme d'honneur
de la Reine , Enfeigne de la Compagnie des.
Gendarmes de M. de Villebon d'Eftouteville , &
de Jeanne de Joigny -Blondet fa premiere femme ,
veuve de Martin de Bournonville , Chevalier Seigneur
de Châteauregnaud , Gouverneur de Montreuil
. Heut de ce mariage Dianne de Riencourt ,
mariée à Charles de la Rue , Chevalier ; Anne
mariée en 1614 à François de Saiffeval , Chevalier
, Seigneur de Blerancourt ; Claude de Riencourt
qui a formé la branche de Boisgeffroy en
Normandie , où elle fubfifte encore ; marié 1º . à
Renée de l'Epinay ; 2 °. à Marie de Conveloire ; &
François de Riencourt,Chevalier, Seigneur de Til
loloy , marié le 16 Juin 1618 , à Marguerite de la
Fontaine , fille de Louis de la Fontaine , Chevalier
, Seigneur de Candore , & d'Ifabcau de Lan ;
dont trois enfans.
Le dernier , Leonor- René de Riencourt , Chevalier
Seigneur d'Andechy , Commandant du
fecond bataillon du Régiment de Lyonnois, marié
le 11 Septembre 1674 , à Catherine de Vinet ; dont
le Comte d'Andechy qui donne lieu à cet article.
Le fecond, Henri de Riencourt , Chevalier, Seigneur
de Ligneres , marié le 21 Décembre 1659 ,
à Marguerite de Hanffart , fille de Claude de Hanffart,
Seigneur d'Efcoquerre, & de Charlotte de l'Etoile
;
dont Louis de Riencourt qui , d'Elifabeth
d'Urre fa femme , à eu 1º . Louis- Claude de Rien
court , Seigneur de Ligneres , vivant actuellement
avec Catherine Gaillard fa femme , dont un fils
Page de la Reine , & plufieurs autres enfans. 2º .
Charles-Henri de Riencourt , qui a laidé à fà mort
plufieurs enfans d'Elifabeth de Cacheleu de Maifoncelle,
fa femme ; 3 ° . Louis,Chanoine d'Amiens ;
AVRIL. 1756. 233
4. Une fille mariée à Charles de Létoile, Seigneur
de Preville , & une autre mariée à Simon de Lana
glois, Chevalier, Capitaine au Régiment de Cham
pagne , Directeur des Fortifications du Soiffonmois.
Le fils aîné de François de Riencourt, & de Marguerite
de la Fontaine, nommé Louis de Riencourt;
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
&c. eut de Marguerite Forestier fa- femme , une
fille mariée le 7 Janvier 1667 , à François de Forceville
, Chevalier , Seigneur de Forceville , Fontaines
, & c. & Ferdinand-Laurent de Riencourt ,
Capitaine de Cavalerie , marié le 4 Décembre
1684 , à Marie-Anne de Gaude , fille de Jean de
Gaude , Chevalier, Seigneur de Martainneville , &
de Marguerite de Croze ; dont Charles- Pierre- Paul
marié à N. de Bonnet ; Leonor-René , ancien Capitaine
de Cavalerie , & plufieurs autres enfans :
l'aîné de tous eft Louis- François de Riencourt, ancien
Officier au Régiment de Royal Piémont Cavalerie
, marié à Marguerite de Ternifien veuve
de N. de Sarcus , Chevalier , Seigneur de Courcelies
, dont deux enfans dans le fervice & deux
filles.
Les Armes de la Maifon de Riencourt font
d'argent à trois faces de gueules fretées d'or.
Catherine - Dorothée , née Princeffe Jablonouska
, époufe de Maximilien -François de Tenezyn
Duc Offolinski , Chevalier des Ordres du Roi ,
Grand Maître de la Maifon du Roi de Pologne
Duc de Lorraine , eft décédée fans enfans le s Janvier
1756. Elle étoit fille de Jean Staniflas , Palatin
de Ruffie , frere de Madame Royale , mere da
Roi de Pologne , & de Jeanne- Cafimire de Be
thune , niece de la Reine de Pologne , femme de
Jean LIL
234
Les deux illuftres Maifons de Jablonouski &
d'Offolinsky , des premieres de Pologne , font
connues & également recommendables par l'ancienneté
, l'illuftration & les grandes alliances
-par lefquelles elles appartiennent ou font alliées à
prefque tous les Souverains de l'Europe.
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Résumé : MARIAGES ET MORTS. AVERTISSEMENT.
Le texte traite des mariages et des décès au sein de la famille Recourt-de-Lens-de-Licques, des Comtes de Boulogne. Il corrige une erreur selon laquelle le Comte de Rupelmonde, tué en 1745, était le dernier descendant de sa maison. En réalité, la branche aînée continue avec Ferdinand-Gillon de Recourt-de-Lens-de-Licques. Le texte détaille les mariages et les décès de plusieurs membres de cette famille. Philippes de Recourt-de-Lens-de-Licques, gouverneur de plusieurs villes, a joué un rôle dans la régulation des différends entre le Roi d'Espagne et le Roi Henry III en 1586. Il est mort à Bruxelles en 1588. Son fils Gabriel est décédé en 1589, laissant un fils, Philippes, qui a continué la branche des Comtes de Rupelmonde. Philippe de Recourt-de-Lens-de-Licques, gouverneur de Bourbourg, a épousé Suzanne de Langlée en 1614 et Louise de Cruninghe en 1630. De ce second mariage est né Philippes-Charles-Bartholomé, Marquis de Licques. Ferdinand-Roch-Jean, fils de Philippes-Charles-Bartholomé, a épousé Anne-Michel-Alexandrine le Sart en 1700. Leur fils Ferdinand-Gillon a épousé Élisabeth de Lefpinay de Marteville en 1730, mais ils ont eu trois filles, Catherine-Élisabeth-Henriette, Louise-Aimée et Marie-Gabriele-Victoire-Nymphe. Le texte mentionne également Philippe de Recourt-de-Lens-de-Licques, Colonel d'Infanterie Wallone, et ses descendants, dont Maximilien-Philippe-Joseph, tué en 1710, et Yves-Marie, tué en 1745. Yves-Marie a laissé un fils, Louis, mort peu après son père, marquant la fin de la branche cadette de la famille. Enfin, le texte mentionne le mariage de Jacques-François, Vicomte de Cambis, avec Louise-Françoise-Gabriele de Hennin-Lietard de Chimay en 1755, et l'histoire de la maison de Cambis, originaire de Florence, avec plusieurs figures notables. Le texte présente également la généalogie et les alliances de la famille Riencourt. Louis de Riencourt, marié à Élisabeth d'Urre, a eu plusieurs enfants, dont Louis-Claude, Seigneur de Ligneres, marié à Catherine Gaillard, et Charles-Henri, qui a eu plusieurs enfants avec Élisabeth de Cacheleu de Maifoncelle. Louis de Riencourt a également eu un fils chanoine à Amiens, une fille mariée à Charles de Létoile, Seigneur de Preville, et une autre mariée à Simon de Langlois, Chevalier et Capitaine au Régiment de Champagne. Le fils aîné de François de Riencourt et Marguerite de la Fontaine, nommé Louis de Riencourt, Chevalier et Seigneur de Tilloloy, Vaux, et Arleux, a eu une fille mariée en 1667 à François de Forceville et Ferdinand-Laurent de Riencourt, Capitaine de Cavalerie, marié en 1684 à Marie-Anne de Gaude. Ferdinand-Laurent a eu plusieurs enfants, dont Charles-Pierre-Paul, marié à N. de Bonnet, et Léonor-René, ancien Capitaine de Cavalerie. Louis-François de Riencourt, ancien Officier au Régiment de Royal Piémont Cavalerie, marié à Marguerite de Ternisien, veuve de N. de Sarcus, a eu deux fils dans le service et deux filles. Les armes de la maison Riencourt sont d'argent à trois faces de gueules fretées d'or.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19616
p. 2922-2938
LETTRE à Messieurs les Auteurs du Journal de Trévoux.
Début :
Javois lû le Poëme de la Henriade lorsqu'il parut la premiere fois sous le [...]
Mots clefs :
Voltaire, Poème, Critique, Ouvrage, Virgile, Fictions
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à Messieurs les Auteurs du Journal de Trévoux.
LETTRE à Messieurs les Auteurs dis
Journal de Trévoux .
MESS
ESSIEURS ,
Javois lû le Poëme de la Henriade
lorsqu'il parut la premiere fois sous le
nom de la Ligue,et je ne le regardois alors
que comme un ouvrage informe , plein .
d'inégalitez et de beaux Vers ; j'avouerai
même que je desesperois de voir jamais
l'honneur de la France bien rétabli dans
le Genre de l'Epopée ; mais enfin , il fautrendre
gloire à la vérité , et je ne ferai
aucune difficulté de dire que la France
peut aujourd'hui , en ce genre , se comparer
à l'Italie , et se préférer à l'Angleterre.
?
J'écrivis une Lettre critique à l'Illustre
M. de Voltaire dès que la Ligue parut, etje
l'avertis sincerement , combien il étoit
loin de la perfection . Heureusement il a
été assez supérieur pour ne le pas croire
parfait ; il a travaillé , il s'est corrigé , etau
licu d'avertissement , nous ne lui devons
plus que des Eloges. Il sera à jamais.
JJ Vol un
DECEMBRE 1731. 2938
un grand exemple , que la docilité et le
travail continue , peuvent seuls mener
à l'immortalité.
"
On vous a adressé contre ce fameux
ouvrage , une critique que vous avez inserée
dans votre Journal du mois de Juin
dernier. Je vous supplie , Mess. et j'ose
vous sommer , comme juges de la question
, de décider entre cette Critique et
mes Observations.
On semble d'abord refuser à la Henriade
le nom de Poëme épique. Je vous demande
quel nom mérite donc un ouvragequi
a unité d'action , de lieu , de tems :
et d'interêt , plus que toute autre Ouvrage
de cette espece. J'en appelle à Vous et
à tous les Sçavans de l'Europe. L'interêtne
porte-t- il pas du premier Vers jus
qu'au dernier , sur HENRY LE GRAND .
Le Poëme commence ainsi :
Je chante ce Héros , qui regna dans la France
,
Et par droit de conquête , et par droit de nais
sance ,
Qui parle malheur même apprit à gouverner
» Persécuté long - tems , sçut vaincre et par
donner ,
» Confondit , et Mayenne , et la Ligue , et l'Ibere
,
II. Vol. A vj Etx
2924 MERCURE DE FRANCE
D. Et fut de ses sujets , le Vainqueur et le Pere.
Ce que l'Auteur promet dans cette
annonce , il le tient dans tout le cours
du Poëme , et enfin.:.
>> Tout le peuple changé dans ce jour salutaire ,
» Reconnoit son vrai Roy , son Vainqueur et son ·
Pere.
Pour l'unité de lieu , elle est observés
en ce que Paris est supposé toujours assiégé
, et que le commencement du Siégo
et l'entrée du Roy dans la Ville , sont le
sujet de l'ouvrage.
L'unité de temps , est encore plus ri
goureusement suivie , puisque toute l'ac
tion est supposée se passer en un seul
Eté.
L'unité d'interêt est évidente , puisque
l'on ne s'interesse que pour HENRY LE
GRAND.
Il faut donc avouer que toutes les regles
sont icy inviolablement observées .
Je n'entens rien aux reproches qu'on
fait à M. de Voltaire , de n'avoir pas interessé
le Ciel , la Terre et les Enfers à son
action. On ne demande pas , sans doute
que Jupiter et Venus se mêlent des affaires
d'Henry IV . et nous devons , je croi
sçavoir bon gré à l'Auteur de n'avoir
II. Yola point
DECEMBRE. 1731. 2925
point introduit de Magiciens , comme le
Tasse , ni fait battre les Anges à coups .
de Canon , comme Milton , et il me paroît
qu'il y a une singuliere dexterité à
avoir employé des fictions qui ne sont ni
pueriles , ni extravagantes dans ce siecla
éclairé et philosophique , où l'on regarde :
les fictions purementPoëtiques, comme des .
débauches d'esprit , où l'on méprise souverainement
tout ce qui n'est pas raison.
nable.
Or je prétends que de toutes les fictions
employées par M. de Voltaire , il n'y en a
pas une qui ne soit ce qu'elle doit être
pour nous plaire , je veux dire , vraie .
>
Que la discorde ait animé la Ligue , que
la Politique ait eu son séjour à Rome, que
l'Esperance , les Vices et les Chagrins
soient sans cesse les suivans de l'Amour
que S.. Louis , protecteur de la France , et
Ancêtre de Henry IV. intercede pour lui
auprès du Tres - Haut ;il n'y a rien là
de chrétien et de vrai.
que
L'Auteur a imité Virgile dans la descente
aux enfers; je suis bien loin de désaprouver
cette imitation , et je ne suis.
point du nombre de ceux qui regardent
comme des Plagiaires ces nobles esprits ,
qui sçavent s'approprier les beautez antiques
, et faire des originaux François de
ces beaux morceaux Grecs et Romains.
11. Vol . Je
2926 MERCURE DE FRANCE
Je ne crains point même d'affirmer qu'en
plusieurs endroits notre Auteur enchérit
sur son modéle , et pour le prouver ,
comparez la Philosophie de Virgile avec
celle de M. de Voltaire.
Principio coelum ac Terras camposque virentes
Spiritus intus alit .
» Dans le centre éclatant de ces orbes immen--
"
ses ,
Qui n'ont pu nous cacher leur marche , epleurs
distances ,
Luit cet Astre du jour par Dieu même allumé ,.
** Qui tourne autour de soi sur son axe enfla¬
mé ,
» De lui partent sans fin des Torrens de lu .
miere ,
» Il donne , en se montrant , la vie à la ma_
tiere.
» Et dispense les jours , les saisons , et les ans ,
A des Mondes divers autour de lui flottans.
Ces Astres asservis à la loy qui les presse ,
» S'attirent dans leur course , et l'évitent sans
cesse.
» Et servant l'un à l'autre et de regle et d'appuy
,
» Se prêtent les clartez qu'ils reçoivent de lui.
Au-delà de leurs cours et loin dans cet espace
,
a ) Chant VII.
11. Vol. On
DECEMBRE 1731. 2927
Où la matiere nage , et que Dieu seul , embrasse.
» Sont des Soleils sans nombre , et des mondes
sans fin.
Dans cet abîme immense , il leur ouvre un
chemin ,
Par delà tous ces Cieux , le Dieu des Cieux
réside,
Je ne sçai si je me trompe , mais avoir
ainsi expliqué le systême du monde avec
une Poësie si majestueuse , et une précision
si exacte , me paroît l'effort de l'Es- .
prit. Virgile a mis aux portes des Enfers les
maux qui affligent les hommes.
Vestibulum ante ipsum primisque in fancibus
orci,
12. Luctus et ultrices posuere cubilia cura ;
Pallentesque habitant morbi , tristisque Senectus
;
» Et Metus , et male suada fames et turpis
egestas ,
Terribiles visu forma , lethumque laborque ,
»Tum consanguineus lethi sopor , et mala men➡
tis
» Gaudia
bellum.
> mortiferumque adverso limine '
M. de Voltaire a placé les Vices à peu
près au même endroit.
11. Vol Là
2928 MERCURE DE FRANCE
(a ) Là , gist la sombre envie à l'oeil timide et
.louche ,
» Versant sur des Lauriers les poisons de sa bou--
che.
Le jour blesse ses yeux dans l'ombre étince--
lans , ..
Triste Amante des Morts , elle hait les Vivans.
Elle apperçoit HENRY , se détourne et soupire
,
Auprès d'elle est l'orgueil , qui se plaît , et
s'admire.
La foiblesse au teint pâle , aux- regards abatus
Tiran qui cede au crime , et détruit les Vertus ;
» L'Ambition sanglante , inquiéte , égarée ,
22 De Trones , de Tombeaux ; d'Esclaves entou
rée ,
» La tendre hypocrisie aux yeux pleins de douceur
,
(Le Ciel est dans ses yeux, l'Enfer est dans son
coeur.)
Le faux zele étalant ses barbares maximes
» Et l'interêt enfin , pere de tous les crimes.
Que l'on compare encore le bonheur
que les ames des Héros goutent dans les
Champs Elisiens , avec la félicité des bien
heureux , décrite dans la Henriade.
» ( b ) Amour en ces climats , tout ressent ton
empire ,
( a ) Chant VII.
(b) Chant VII,
il. Vol.
Ca
DECEMBRE. 1731 2929!
» Ce n'est point cet amour , que la molesse ins
pire.
» C'est ce flambeau divin , ce feu pur et sacré ,
» Ce pur enfant des Cieux , sur la Terre ignoré..
» De lui seul à jamais tous les coeurs se remplissent
,
» Ils désirent sans cesse , et sans cesse jouissent ;
» Et goutent dans les feux d'une éternelle ardeur,,
» Des plaisirs sans regrets , du repos sans langueur,
Je ne rapporte aucun de ces morceaux :
sans en être ému , et je vous avoue que
le plaisir qu'ils me causent , me donne quel--
que indignation contre des François qui
préférent le Tasse et Milton à l'Auteurde
la Henriade. Je n'ai sur cela qu'un mot
à dire : Le Tasse et Milton sont pleins de
concetti et de pensées fausses. Qu'on me
trouve dans M.de Voltaire une seule pensée
fausse , une seule comparaison qui ne
soit pas- noble et juste , et j'abandonne sa
cause .
Mais sur tout , ce qui doit plaire davantage
dans la Henriade à des esprits .
sensez , c'est que l'Auteur a parlé humainement
, quoique poëtiquement ; il a
peint nos moeurs et nos usages , et il faut
avouer que nul Poëte épique, hors Home,
re, n'avoit été assez heureux pour faire
II.Vol.
dos
2930 MERCURE DE FRANCE
des portaits ressemblans. Vous trouvez
dans la Henriade nos manieres de combatre
, nos Fortifications , nos Siéges , nos
Loix , nos Coutumes , nos Interêts , ceux
de nos Voisins , et ce qui est plus que tout
cela , les Peintures vivantes de tous les
hommes du tems de Henry IV. Le Lecteur
doit être charmé de trouver tant de
veritez dans une sorte d'ouvrage, où d'ordinaire
on ne trouve que des fictions.
On affecte à tout propos d'appeller le
Telemaque un Poëme Epique , je suis
bien persuadé que M. de Fenelon lui - même
n'auroit pas osé donner ce grand titres
à son Ouvrage . Ceux qui parlent si improprement
sont des personnes qui voudroient
avoir la gloire d'être Poëtes sans
en avoir la peine . Ils débitent hardiment
qu'un long Ouvrage en Vers ne peut réüsparce
qu'ils sont incapables d'en
faire , et j'ose dire même qu'il a fallu que
la Henriade parut pour faire voir à la
Nation qu'elle pouvoit avoir un Poëte
Epique.
sir ,
M. de Fenelon avoit crû , je l'avoue ,
que les François ne pourroient jamais s'élever
jusqu'à l'Epopée ; il ne connoissoit
pas notre Poësie . Lui - même il étoit un
fort mauvais Poëte , on le voit par le peu
de Vers qu'on a imprimez de lui , ii pen-
LI. Vol.. soit
DECEMBRE 1731. 2937
soit que la mesure de l'Ode faisoit plus
de plaisir à l'oreille que nos grands Vers,
et que cette mesure seule pouvoit se soutenir
sans fatiguer ; mais s'il avoit voulu
considerer que nos Tregédies sont écrites
en Vers Alexandrins
de douze sillabes
, il n'auroit pas. pas voulu que les Poëmes
Epiques fussent composez de Strophes. ,
Avant que l'aimable la Fontaine eût mis.
les Fables en Vers , toute l'Académie soutenoit
qu'on ne les pouvoit écrire qu'en
Prose. Avant que M. de Voltaire enrichît
notre siecle et notre Nation d'un
Poëme Epique , on croyoit aussi qu'il
falloit faire des Poëmes en Prose. On a
toûjours regardé notre Langue comme
incapable des Ouvrages hardis , jusqu'à
ce qu'il soit venu de grands Hommes.
qui ayent montré qu'un esprit original
fait du Langage l'usage qu'il lui plaît.
En un mot , fentens dire aujourd'hui
aux Esprits sérieux et pleins d'impartialité
, que le Télemaque est le seul Roman
moral, et la Henriade le seul Poëme Epique
que nous ayons.
Le Critique reproche à M. de Voltaire
une chose qui , si elle etoit vraye , le
rendroit certainement un mauvais Poëte;
il insinue qu'on ne lit point la Henriade
avec cette curiosité et cet empressement
II. Vol.
qu'inspire
2932 MERCURE DE FRANCE
qu'inspire un Roman bien composé.
Je plains ce Critique severe, qui se plaît
si fort à la lecture des Romans , et qui
s'ennuye à la Henriade ; pour moi qui
l'ai lûe dix fois , toûjours avec le même
plaisir , j'ai recherché la cause pour laquelle
cet Ouvrage se fait lire de tout
le monde ; j'ai ccrrûu trouver que la vivacité
et la netteté de la diction en étoient
la principale raison , le stile rapide emporte
son Lecteur avec soi telle est , par
exemple , la peinture dès Combats , que
j'avoue ne pouvoir lire que dans la Henriade..
Le Soldat à son gré , sur ce funeste mur ,
Combattant de plus près, porte un trépas plus sur,
Alors on n'entend plus ces foudres de la guerre ,,
Dont les bouches de bronze épouventoient la
Terre..
Un farouche silence , enfant de la fureur ,
A ces bruyants éclats succede avec horreur.
D'un bras déterminé , d'un oeil brulant de rage ,
Parmi ses ennemis chacun s'ouvre un passage.
On saisit, on reprend par un contraire effort ,
Ce Rempart plein de sang , Théatre de la mort,
Dans ses fatales mains la victoire incertaine ,
Tient encor près des Lys , l'Etendart de Lorraine
Les Assiegeans surpris , sont par tout renversez :
Gent fois victorieux et cent fois terrassez .
11. Vd . Pareil
DECEMBRE . 1731. 2933
Pareil à l'Ocean poussé par les orages ,
Qui couvre à chaque instant et qui suit ses Rivages.
Jamais le Roy , jamais son illustre Rival
N'avoient été si grands qu'en cet assaut fatal.
François , Anglois , Lorrains , que la fureur assemble
,
Avançoient , combattoient , frappoient , mouroient
ensemble .
Ange qui conduisiez leur fureur et leur bras ,
Ange Exterminateur , ame de ces Combats ,
De quel Heros enfin prîtes - vous la querelle ?
Une autre raison encore qui fait lire ce
Poëme avec tant d'avidité , c'est un artifice
qui me semble particulier à l'Auteur
; il a eu soin de finir chaque Chant
d'une maniere qui excite la curiosité
de lire le suivant , en laissant toûjours
attendre quelque évenement.
Par exemple , au premier Chant Henry
IV. finit par ce Discours à la Reine
Elizabeth.
Sur tout en écoutant ces tristes avantures,
On s'attend donc de voir ces avantures
au second Chant.
A la fin du troisième :
La voix de la victoire en son Camp le rappelle
II. Vol. On
2934 MERCURE . DE FRANCE
On a donc envie d'apprendre ce qu'il
va faire.
A la fin du cinquième :
Henry du haut du Trône alloit les foudroyer.
A la fin du sixiéme S. Louis lui apparoît
, et l'Auteur réserve adroitement la
vision pour le septième.
A la fin du huitiéme , en parlant de
la Discorde :
Dans un Char teint de sang qui fait pâlir le jour,
Elle part , elle vole , et va trouver l'Amour.
Avec quelle impatience n'attend - on
pas le succès du voyage de la Discorde ?
Plus je réfléchis sur cet artifice que per
sonne jusqu'à present n'a remarqué , plus
je suis persuadé que c'est à lui qu'on
doit le succès de la Henriade .
Le petit nombre d'ennemis que ce Poëme
fameux a encore , triomphe de ce
que l'Episode de Didon est beaucoup plus
interessant que celui d'Elizabeth, et reproche
à notre Auteur d'avoir mis le Chant,
qu'on appelle le Chant des Amours , à
la fin du Poëme , au lieu de l'avoir mis
au commencement , comme Virgile. Il
est bien certain que l'Episode de Didon
dans l'Eneïde , est un morceau parfait ,
dont l'Episode d'Elizabeth , dont le Poë
II. Vol me
DECEMBRE 1731. 2935
me François n'approche pas. Que conclure
de- là ? Rien autre chose , sinon ,
que Virgile est principalement admirable
dans cette Episode , et M. de Voltaire
dans la saint Barthelemy , dans l'assauť
de Paris , dans la Description de la Politique
, dans le Temple de l'Amour. En
verité le Critique voudroit- il qu'Henry
IV. fût amoureux de la Reine Elizabeth,
parce qu'Enée fit l'amour à Didon ?
C'est ici , sur tout , que le Critique me
paroît se tromper et qu'il importe pour
la perfection du goût de remarquer son
erreur.
Le neuvième Chant ; dit- il , n'est point
à sa place à la fin de l'Action. Il la fait
languir , il me semble que c'est tout le
contraire. Je suis persuadé que l'admirable
Episode de Didon a fait grand tort
à l'Encïde en cela seul qu'il est au commencement
du Poëme ; en effet les Combats
dans le Lavinium , sont bien froids
quand on vient de lire le quatriéme Livre
de Virgile .
Il y a encore ici une observation trésutile
à faire , c'est que dans presque
tous les Poëmes et dans presque tous les
Romans il ya toûjours une Episode amoureuse
, qui par la corruption de notre
Nature, est d'ordinaire l'endroit de l'Ou-
II. Vol. vrage
f
12936 MERCURE DE FRANCE
vrage le plus picquant ; on en voit des
exemples dans Virgile , dans le Tasse et
dans tous nos Romans, même dans le Roman
Moral de Telemaque.
Cette sorte de beauté est devenuë enfin
un lieu commun usé . Qu'a donc fait
ce semble , très - habilement M. de Voltaire
? au lieu de nous donner une avanture
Romanesque , il nous a donné un
Chant tout allégorique ! Ce n'est pas une
avanture amoureuse qu'il peint , c'est le
Palais de l'Amour , c'est - à-dire , uniquement
les dangers de cette Passion .
C'est-là, c'est au milieu de cette Cour affreuse ,
Des plaisirs des Humains , Compagne malheu
.reuse ,
Que l'Amour a choisi son séjour éternel ,
Ce dangereux Enfant si tendre et si cruel ,
Tient en sa foible main les destins de la Terre
, &c.
Il me paroît que cette Description si
ingenieuse et si morale , vaut bien les
emportemens d'une Heroïne de Théatre
qui se plaint d'être abandonnée par son
Amant. Je finis là mes Remarques sur
la Critique de la Henriade. Je vous prie
MM. de vouloir bien juger entre l'Observateur
et moi. J'aurai ensuite l'hon-
II. Vol. neut
DECEMBRE 1731. 2937
neur de vous demander aussi votre décision
sur des points concernant le Civil,
le Sacré et le Moral , sur lesquels on attaque
M. de Voltaire dans la seconde Partie.
Je ne suis ami que de la verité , et si
M. de Voltaire a laissé échapper des expressions
peu mésurées ,,
permettez-moi
de m'unir à vous pour le prier solemnellement
de les corriger ; car en verité ,
toute la France doit s'interresser à la perfection
de cet Ouvrage. Je suis , MM. &c.
Signé , LA BRUÏERE,
Nous prions l'Auteur de cette Lettre ,
au cas qu'il nous adresse encore quelque
chose sur le même sujet , comme il semble
l'annoncer sur la fin , de vouloir bien
se servir d'une main moins ignorante
pour transcrire son Original , ou de prendre
la peine de faire lui- même les corrections
necessaires ; il nous a fallu employer
un temps considerable pour mettre
cette Piece en état d'être imprimée ,
chercher sur tout dans Virgile et dans
la Henriade , les endroits rapportez , non
citez , et presque tous estropiez par le
Copiste.
Nous prenons cette occasion pour prier,
en réïterant nos précedens Avis , toutes
les personnes qui trouveront à propos de
II. Vol. B nous
2938 MERCURE DE FRANCE
nous envoyer des Pieces , de les écrire
ou faire écrire lisiblement et le plus correctement
qu'il se pourra , pour nous
épargner une peine qui nous est souvent
impossible , et le chagrin de rebuter ces
Pieces.
Au reste, nous croyons qu'on ne peut,
sans injustice , attribuer aux Journalistes
de Trévoux les deux Lettres contre
M. de Voltaire . Ils ont souvent déclaré
qu'en imprimant les Pieces étrangeres
qu'on leur envoye , telles qu'elles sont ,
ils ne prétendent point en répondre , et
qu'ils offrent un champ libre aux Répliques.
Nous sçavons que plusieurs Jesuites
distinguez désaprouvent hautement
ces deux Lettres .
Il ne faut pas craindre que la Critique
tardive et outrée d'un Censeur , qui n'ose
se faire connoître , fasse après plus de
deux ans , changer les sentimens de la
France et de l'Angleterre sur la derniere
Edition de la Henriade . Il resteroit quelques
corrections à faire ; celles que l'Auteur
a faites , répondent du soin qu'il
aura de n'y rien laisser qui puisse blesser
personne . On doit l'excuser sur sa Théologie
, quelquefois peu exacte ; il a reconnu
lui- même de bonne grace ce deffaut.
Journal de Trévoux .
MESS
ESSIEURS ,
Javois lû le Poëme de la Henriade
lorsqu'il parut la premiere fois sous le
nom de la Ligue,et je ne le regardois alors
que comme un ouvrage informe , plein .
d'inégalitez et de beaux Vers ; j'avouerai
même que je desesperois de voir jamais
l'honneur de la France bien rétabli dans
le Genre de l'Epopée ; mais enfin , il fautrendre
gloire à la vérité , et je ne ferai
aucune difficulté de dire que la France
peut aujourd'hui , en ce genre , se comparer
à l'Italie , et se préférer à l'Angleterre.
?
J'écrivis une Lettre critique à l'Illustre
M. de Voltaire dès que la Ligue parut, etje
l'avertis sincerement , combien il étoit
loin de la perfection . Heureusement il a
été assez supérieur pour ne le pas croire
parfait ; il a travaillé , il s'est corrigé , etau
licu d'avertissement , nous ne lui devons
plus que des Eloges. Il sera à jamais.
JJ Vol un
DECEMBRE 1731. 2938
un grand exemple , que la docilité et le
travail continue , peuvent seuls mener
à l'immortalité.
"
On vous a adressé contre ce fameux
ouvrage , une critique que vous avez inserée
dans votre Journal du mois de Juin
dernier. Je vous supplie , Mess. et j'ose
vous sommer , comme juges de la question
, de décider entre cette Critique et
mes Observations.
On semble d'abord refuser à la Henriade
le nom de Poëme épique. Je vous demande
quel nom mérite donc un ouvragequi
a unité d'action , de lieu , de tems :
et d'interêt , plus que toute autre Ouvrage
de cette espece. J'en appelle à Vous et
à tous les Sçavans de l'Europe. L'interêtne
porte-t- il pas du premier Vers jus
qu'au dernier , sur HENRY LE GRAND .
Le Poëme commence ainsi :
Je chante ce Héros , qui regna dans la France
,
Et par droit de conquête , et par droit de nais
sance ,
Qui parle malheur même apprit à gouverner
» Persécuté long - tems , sçut vaincre et par
donner ,
» Confondit , et Mayenne , et la Ligue , et l'Ibere
,
II. Vol. A vj Etx
2924 MERCURE DE FRANCE
D. Et fut de ses sujets , le Vainqueur et le Pere.
Ce que l'Auteur promet dans cette
annonce , il le tient dans tout le cours
du Poëme , et enfin.:.
>> Tout le peuple changé dans ce jour salutaire ,
» Reconnoit son vrai Roy , son Vainqueur et son ·
Pere.
Pour l'unité de lieu , elle est observés
en ce que Paris est supposé toujours assiégé
, et que le commencement du Siégo
et l'entrée du Roy dans la Ville , sont le
sujet de l'ouvrage.
L'unité de temps , est encore plus ri
goureusement suivie , puisque toute l'ac
tion est supposée se passer en un seul
Eté.
L'unité d'interêt est évidente , puisque
l'on ne s'interesse que pour HENRY LE
GRAND.
Il faut donc avouer que toutes les regles
sont icy inviolablement observées .
Je n'entens rien aux reproches qu'on
fait à M. de Voltaire , de n'avoir pas interessé
le Ciel , la Terre et les Enfers à son
action. On ne demande pas , sans doute
que Jupiter et Venus se mêlent des affaires
d'Henry IV . et nous devons , je croi
sçavoir bon gré à l'Auteur de n'avoir
II. Yola point
DECEMBRE. 1731. 2925
point introduit de Magiciens , comme le
Tasse , ni fait battre les Anges à coups .
de Canon , comme Milton , et il me paroît
qu'il y a une singuliere dexterité à
avoir employé des fictions qui ne sont ni
pueriles , ni extravagantes dans ce siecla
éclairé et philosophique , où l'on regarde :
les fictions purementPoëtiques, comme des .
débauches d'esprit , où l'on méprise souverainement
tout ce qui n'est pas raison.
nable.
Or je prétends que de toutes les fictions
employées par M. de Voltaire , il n'y en a
pas une qui ne soit ce qu'elle doit être
pour nous plaire , je veux dire , vraie .
>
Que la discorde ait animé la Ligue , que
la Politique ait eu son séjour à Rome, que
l'Esperance , les Vices et les Chagrins
soient sans cesse les suivans de l'Amour
que S.. Louis , protecteur de la France , et
Ancêtre de Henry IV. intercede pour lui
auprès du Tres - Haut ;il n'y a rien là
de chrétien et de vrai.
que
L'Auteur a imité Virgile dans la descente
aux enfers; je suis bien loin de désaprouver
cette imitation , et je ne suis.
point du nombre de ceux qui regardent
comme des Plagiaires ces nobles esprits ,
qui sçavent s'approprier les beautez antiques
, et faire des originaux François de
ces beaux morceaux Grecs et Romains.
11. Vol . Je
2926 MERCURE DE FRANCE
Je ne crains point même d'affirmer qu'en
plusieurs endroits notre Auteur enchérit
sur son modéle , et pour le prouver ,
comparez la Philosophie de Virgile avec
celle de M. de Voltaire.
Principio coelum ac Terras camposque virentes
Spiritus intus alit .
» Dans le centre éclatant de ces orbes immen--
"
ses ,
Qui n'ont pu nous cacher leur marche , epleurs
distances ,
Luit cet Astre du jour par Dieu même allumé ,.
** Qui tourne autour de soi sur son axe enfla¬
mé ,
» De lui partent sans fin des Torrens de lu .
miere ,
» Il donne , en se montrant , la vie à la ma_
tiere.
» Et dispense les jours , les saisons , et les ans ,
A des Mondes divers autour de lui flottans.
Ces Astres asservis à la loy qui les presse ,
» S'attirent dans leur course , et l'évitent sans
cesse.
» Et servant l'un à l'autre et de regle et d'appuy
,
» Se prêtent les clartez qu'ils reçoivent de lui.
Au-delà de leurs cours et loin dans cet espace
,
a ) Chant VII.
11. Vol. On
DECEMBRE 1731. 2927
Où la matiere nage , et que Dieu seul , embrasse.
» Sont des Soleils sans nombre , et des mondes
sans fin.
Dans cet abîme immense , il leur ouvre un
chemin ,
Par delà tous ces Cieux , le Dieu des Cieux
réside,
Je ne sçai si je me trompe , mais avoir
ainsi expliqué le systême du monde avec
une Poësie si majestueuse , et une précision
si exacte , me paroît l'effort de l'Es- .
prit. Virgile a mis aux portes des Enfers les
maux qui affligent les hommes.
Vestibulum ante ipsum primisque in fancibus
orci,
12. Luctus et ultrices posuere cubilia cura ;
Pallentesque habitant morbi , tristisque Senectus
;
» Et Metus , et male suada fames et turpis
egestas ,
Terribiles visu forma , lethumque laborque ,
»Tum consanguineus lethi sopor , et mala men➡
tis
» Gaudia
bellum.
> mortiferumque adverso limine '
M. de Voltaire a placé les Vices à peu
près au même endroit.
11. Vol Là
2928 MERCURE DE FRANCE
(a ) Là , gist la sombre envie à l'oeil timide et
.louche ,
» Versant sur des Lauriers les poisons de sa bou--
che.
Le jour blesse ses yeux dans l'ombre étince--
lans , ..
Triste Amante des Morts , elle hait les Vivans.
Elle apperçoit HENRY , se détourne et soupire
,
Auprès d'elle est l'orgueil , qui se plaît , et
s'admire.
La foiblesse au teint pâle , aux- regards abatus
Tiran qui cede au crime , et détruit les Vertus ;
» L'Ambition sanglante , inquiéte , égarée ,
22 De Trones , de Tombeaux ; d'Esclaves entou
rée ,
» La tendre hypocrisie aux yeux pleins de douceur
,
(Le Ciel est dans ses yeux, l'Enfer est dans son
coeur.)
Le faux zele étalant ses barbares maximes
» Et l'interêt enfin , pere de tous les crimes.
Que l'on compare encore le bonheur
que les ames des Héros goutent dans les
Champs Elisiens , avec la félicité des bien
heureux , décrite dans la Henriade.
» ( b ) Amour en ces climats , tout ressent ton
empire ,
( a ) Chant VII.
(b) Chant VII,
il. Vol.
Ca
DECEMBRE. 1731 2929!
» Ce n'est point cet amour , que la molesse ins
pire.
» C'est ce flambeau divin , ce feu pur et sacré ,
» Ce pur enfant des Cieux , sur la Terre ignoré..
» De lui seul à jamais tous les coeurs se remplissent
,
» Ils désirent sans cesse , et sans cesse jouissent ;
» Et goutent dans les feux d'une éternelle ardeur,,
» Des plaisirs sans regrets , du repos sans langueur,
Je ne rapporte aucun de ces morceaux :
sans en être ému , et je vous avoue que
le plaisir qu'ils me causent , me donne quel--
que indignation contre des François qui
préférent le Tasse et Milton à l'Auteurde
la Henriade. Je n'ai sur cela qu'un mot
à dire : Le Tasse et Milton sont pleins de
concetti et de pensées fausses. Qu'on me
trouve dans M.de Voltaire une seule pensée
fausse , une seule comparaison qui ne
soit pas- noble et juste , et j'abandonne sa
cause .
Mais sur tout , ce qui doit plaire davantage
dans la Henriade à des esprits .
sensez , c'est que l'Auteur a parlé humainement
, quoique poëtiquement ; il a
peint nos moeurs et nos usages , et il faut
avouer que nul Poëte épique, hors Home,
re, n'avoit été assez heureux pour faire
II.Vol.
dos
2930 MERCURE DE FRANCE
des portaits ressemblans. Vous trouvez
dans la Henriade nos manieres de combatre
, nos Fortifications , nos Siéges , nos
Loix , nos Coutumes , nos Interêts , ceux
de nos Voisins , et ce qui est plus que tout
cela , les Peintures vivantes de tous les
hommes du tems de Henry IV. Le Lecteur
doit être charmé de trouver tant de
veritez dans une sorte d'ouvrage, où d'ordinaire
on ne trouve que des fictions.
On affecte à tout propos d'appeller le
Telemaque un Poëme Epique , je suis
bien persuadé que M. de Fenelon lui - même
n'auroit pas osé donner ce grand titres
à son Ouvrage . Ceux qui parlent si improprement
sont des personnes qui voudroient
avoir la gloire d'être Poëtes sans
en avoir la peine . Ils débitent hardiment
qu'un long Ouvrage en Vers ne peut réüsparce
qu'ils sont incapables d'en
faire , et j'ose dire même qu'il a fallu que
la Henriade parut pour faire voir à la
Nation qu'elle pouvoit avoir un Poëte
Epique.
sir ,
M. de Fenelon avoit crû , je l'avoue ,
que les François ne pourroient jamais s'élever
jusqu'à l'Epopée ; il ne connoissoit
pas notre Poësie . Lui - même il étoit un
fort mauvais Poëte , on le voit par le peu
de Vers qu'on a imprimez de lui , ii pen-
LI. Vol.. soit
DECEMBRE 1731. 2937
soit que la mesure de l'Ode faisoit plus
de plaisir à l'oreille que nos grands Vers,
et que cette mesure seule pouvoit se soutenir
sans fatiguer ; mais s'il avoit voulu
considerer que nos Tregédies sont écrites
en Vers Alexandrins
de douze sillabes
, il n'auroit pas. pas voulu que les Poëmes
Epiques fussent composez de Strophes. ,
Avant que l'aimable la Fontaine eût mis.
les Fables en Vers , toute l'Académie soutenoit
qu'on ne les pouvoit écrire qu'en
Prose. Avant que M. de Voltaire enrichît
notre siecle et notre Nation d'un
Poëme Epique , on croyoit aussi qu'il
falloit faire des Poëmes en Prose. On a
toûjours regardé notre Langue comme
incapable des Ouvrages hardis , jusqu'à
ce qu'il soit venu de grands Hommes.
qui ayent montré qu'un esprit original
fait du Langage l'usage qu'il lui plaît.
En un mot , fentens dire aujourd'hui
aux Esprits sérieux et pleins d'impartialité
, que le Télemaque est le seul Roman
moral, et la Henriade le seul Poëme Epique
que nous ayons.
Le Critique reproche à M. de Voltaire
une chose qui , si elle etoit vraye , le
rendroit certainement un mauvais Poëte;
il insinue qu'on ne lit point la Henriade
avec cette curiosité et cet empressement
II. Vol.
qu'inspire
2932 MERCURE DE FRANCE
qu'inspire un Roman bien composé.
Je plains ce Critique severe, qui se plaît
si fort à la lecture des Romans , et qui
s'ennuye à la Henriade ; pour moi qui
l'ai lûe dix fois , toûjours avec le même
plaisir , j'ai recherché la cause pour laquelle
cet Ouvrage se fait lire de tout
le monde ; j'ai ccrrûu trouver que la vivacité
et la netteté de la diction en étoient
la principale raison , le stile rapide emporte
son Lecteur avec soi telle est , par
exemple , la peinture dès Combats , que
j'avoue ne pouvoir lire que dans la Henriade..
Le Soldat à son gré , sur ce funeste mur ,
Combattant de plus près, porte un trépas plus sur,
Alors on n'entend plus ces foudres de la guerre ,,
Dont les bouches de bronze épouventoient la
Terre..
Un farouche silence , enfant de la fureur ,
A ces bruyants éclats succede avec horreur.
D'un bras déterminé , d'un oeil brulant de rage ,
Parmi ses ennemis chacun s'ouvre un passage.
On saisit, on reprend par un contraire effort ,
Ce Rempart plein de sang , Théatre de la mort,
Dans ses fatales mains la victoire incertaine ,
Tient encor près des Lys , l'Etendart de Lorraine
Les Assiegeans surpris , sont par tout renversez :
Gent fois victorieux et cent fois terrassez .
11. Vd . Pareil
DECEMBRE . 1731. 2933
Pareil à l'Ocean poussé par les orages ,
Qui couvre à chaque instant et qui suit ses Rivages.
Jamais le Roy , jamais son illustre Rival
N'avoient été si grands qu'en cet assaut fatal.
François , Anglois , Lorrains , que la fureur assemble
,
Avançoient , combattoient , frappoient , mouroient
ensemble .
Ange qui conduisiez leur fureur et leur bras ,
Ange Exterminateur , ame de ces Combats ,
De quel Heros enfin prîtes - vous la querelle ?
Une autre raison encore qui fait lire ce
Poëme avec tant d'avidité , c'est un artifice
qui me semble particulier à l'Auteur
; il a eu soin de finir chaque Chant
d'une maniere qui excite la curiosité
de lire le suivant , en laissant toûjours
attendre quelque évenement.
Par exemple , au premier Chant Henry
IV. finit par ce Discours à la Reine
Elizabeth.
Sur tout en écoutant ces tristes avantures,
On s'attend donc de voir ces avantures
au second Chant.
A la fin du troisième :
La voix de la victoire en son Camp le rappelle
II. Vol. On
2934 MERCURE . DE FRANCE
On a donc envie d'apprendre ce qu'il
va faire.
A la fin du cinquième :
Henry du haut du Trône alloit les foudroyer.
A la fin du sixiéme S. Louis lui apparoît
, et l'Auteur réserve adroitement la
vision pour le septième.
A la fin du huitiéme , en parlant de
la Discorde :
Dans un Char teint de sang qui fait pâlir le jour,
Elle part , elle vole , et va trouver l'Amour.
Avec quelle impatience n'attend - on
pas le succès du voyage de la Discorde ?
Plus je réfléchis sur cet artifice que per
sonne jusqu'à present n'a remarqué , plus
je suis persuadé que c'est à lui qu'on
doit le succès de la Henriade .
Le petit nombre d'ennemis que ce Poëme
fameux a encore , triomphe de ce
que l'Episode de Didon est beaucoup plus
interessant que celui d'Elizabeth, et reproche
à notre Auteur d'avoir mis le Chant,
qu'on appelle le Chant des Amours , à
la fin du Poëme , au lieu de l'avoir mis
au commencement , comme Virgile. Il
est bien certain que l'Episode de Didon
dans l'Eneïde , est un morceau parfait ,
dont l'Episode d'Elizabeth , dont le Poë
II. Vol me
DECEMBRE 1731. 2935
me François n'approche pas. Que conclure
de- là ? Rien autre chose , sinon ,
que Virgile est principalement admirable
dans cette Episode , et M. de Voltaire
dans la saint Barthelemy , dans l'assauť
de Paris , dans la Description de la Politique
, dans le Temple de l'Amour. En
verité le Critique voudroit- il qu'Henry
IV. fût amoureux de la Reine Elizabeth,
parce qu'Enée fit l'amour à Didon ?
C'est ici , sur tout , que le Critique me
paroît se tromper et qu'il importe pour
la perfection du goût de remarquer son
erreur.
Le neuvième Chant ; dit- il , n'est point
à sa place à la fin de l'Action. Il la fait
languir , il me semble que c'est tout le
contraire. Je suis persuadé que l'admirable
Episode de Didon a fait grand tort
à l'Encïde en cela seul qu'il est au commencement
du Poëme ; en effet les Combats
dans le Lavinium , sont bien froids
quand on vient de lire le quatriéme Livre
de Virgile .
Il y a encore ici une observation trésutile
à faire , c'est que dans presque
tous les Poëmes et dans presque tous les
Romans il ya toûjours une Episode amoureuse
, qui par la corruption de notre
Nature, est d'ordinaire l'endroit de l'Ou-
II. Vol. vrage
f
12936 MERCURE DE FRANCE
vrage le plus picquant ; on en voit des
exemples dans Virgile , dans le Tasse et
dans tous nos Romans, même dans le Roman
Moral de Telemaque.
Cette sorte de beauté est devenuë enfin
un lieu commun usé . Qu'a donc fait
ce semble , très - habilement M. de Voltaire
? au lieu de nous donner une avanture
Romanesque , il nous a donné un
Chant tout allégorique ! Ce n'est pas une
avanture amoureuse qu'il peint , c'est le
Palais de l'Amour , c'est - à-dire , uniquement
les dangers de cette Passion .
C'est-là, c'est au milieu de cette Cour affreuse ,
Des plaisirs des Humains , Compagne malheu
.reuse ,
Que l'Amour a choisi son séjour éternel ,
Ce dangereux Enfant si tendre et si cruel ,
Tient en sa foible main les destins de la Terre
, &c.
Il me paroît que cette Description si
ingenieuse et si morale , vaut bien les
emportemens d'une Heroïne de Théatre
qui se plaint d'être abandonnée par son
Amant. Je finis là mes Remarques sur
la Critique de la Henriade. Je vous prie
MM. de vouloir bien juger entre l'Observateur
et moi. J'aurai ensuite l'hon-
II. Vol. neut
DECEMBRE 1731. 2937
neur de vous demander aussi votre décision
sur des points concernant le Civil,
le Sacré et le Moral , sur lesquels on attaque
M. de Voltaire dans la seconde Partie.
Je ne suis ami que de la verité , et si
M. de Voltaire a laissé échapper des expressions
peu mésurées ,,
permettez-moi
de m'unir à vous pour le prier solemnellement
de les corriger ; car en verité ,
toute la France doit s'interresser à la perfection
de cet Ouvrage. Je suis , MM. &c.
Signé , LA BRUÏERE,
Nous prions l'Auteur de cette Lettre ,
au cas qu'il nous adresse encore quelque
chose sur le même sujet , comme il semble
l'annoncer sur la fin , de vouloir bien
se servir d'une main moins ignorante
pour transcrire son Original , ou de prendre
la peine de faire lui- même les corrections
necessaires ; il nous a fallu employer
un temps considerable pour mettre
cette Piece en état d'être imprimée ,
chercher sur tout dans Virgile et dans
la Henriade , les endroits rapportez , non
citez , et presque tous estropiez par le
Copiste.
Nous prenons cette occasion pour prier,
en réïterant nos précedens Avis , toutes
les personnes qui trouveront à propos de
II. Vol. B nous
2938 MERCURE DE FRANCE
nous envoyer des Pieces , de les écrire
ou faire écrire lisiblement et le plus correctement
qu'il se pourra , pour nous
épargner une peine qui nous est souvent
impossible , et le chagrin de rebuter ces
Pieces.
Au reste, nous croyons qu'on ne peut,
sans injustice , attribuer aux Journalistes
de Trévoux les deux Lettres contre
M. de Voltaire . Ils ont souvent déclaré
qu'en imprimant les Pieces étrangeres
qu'on leur envoye , telles qu'elles sont ,
ils ne prétendent point en répondre , et
qu'ils offrent un champ libre aux Répliques.
Nous sçavons que plusieurs Jesuites
distinguez désaprouvent hautement
ces deux Lettres .
Il ne faut pas craindre que la Critique
tardive et outrée d'un Censeur , qui n'ose
se faire connoître , fasse après plus de
deux ans , changer les sentimens de la
France et de l'Angleterre sur la derniere
Edition de la Henriade . Il resteroit quelques
corrections à faire ; celles que l'Auteur
a faites , répondent du soin qu'il
aura de n'y rien laisser qui puisse blesser
personne . On doit l'excuser sur sa Théologie
, quelquefois peu exacte ; il a reconnu
lui- même de bonne grace ce deffaut.
Fermer
Résumé : LETTRE à Messieurs les Auteurs du Journal de Trévoux.
La lettre adressée à Messieurs les Auteurs du Journal de Trévoux traite de 'La Henriade', un poème épique de Voltaire. L'auteur de la lettre reconnaît les imperfections initiales de l'œuvre, publiée sous le nom de 'La Ligue', mais admire la version révisée. Il affirme que la France peut désormais rivaliser avec l'Italie et se préférer à l'Angleterre dans le genre épique grâce à Voltaire, qui a corrigé et amélioré son œuvre, démontrant ainsi une docilité et un travail continu menant à l'immortalité. La lettre réfute une critique publiée dans le Journal de juin précédent, qui contestait le statut de poème épique de 'La Henriade'. L'auteur argue que l'œuvre respecte les règles de l'unité d'action, de lieu, de temps et d'intérêt, en se concentrant sur Henri IV et le siège de Paris. Il défend également les choix poétiques de Voltaire, comme l'absence de divinités ou de magiciens, et compare favorablement les fictions de Voltaire à celles de Tasse et Milton. L'auteur loue la précision et la majestuosité de la poésie de Voltaire, notamment dans la description du système du monde et des vices. Il critique ceux qui préfèrent Tasse et Milton, les jugeant pleins de concetti et de pensées fausses. Il souligne que Voltaire a peint les mœurs et les usages de son époque avec une grande véracité, offrant des portraits ressemblants des hommes du temps d'Henri IV. La lettre conclut en affirmant que 'La Henriade' est le seul poème épique français, contrairement au 'Télémaque' de Fénelon, considéré comme un roman moral. Elle défend la vivacité et la netteté de la diction de Voltaire, ainsi que l'artifice de finir chaque chant de manière à exciter la curiosité du lecteur.
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19617
p. 217-218
DU NORD.
Début :
Quelque attentif que le Gouvernement soit à maintenir la sureté [...]
Mots clefs :
Varsovie, Stockholm, Sûreté publique, Vols et brigandages, Exécutions, Mal contagieux, Secousses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DUNOR D.
DE WARSOVIE , le 29 Novembre.
QuelUelque attentif que le Gouvernement foit
à maintenir la fureté publique dans cette ville ,
les vols y font toujours fréquens. La femaine
derniere encore , le magafin d'un riche négociant
Arménien a été forcé , & l'on en a enlevé beau→
coup de marchandiſes de grande valeur . Les Juifs
étant foupçonnés d'être complices des voleurs ,
ou du moins de les favorifer , on a chaffé de cette
capitale toutes les perfonnes de cette nation , par
un decret qui fut publié avant-hier , & qui a été
exécuté aujourd'hui . Depuis quelques jours , on
a arrêté dix brigands , & hier on fe faifit d'un de
leurs chefs.
Au commencement du mois dernier , il arriva
de Bender à Laticzew un jeune Turc , qu'on fçavoit
avoir été domeftique dans la premiere de
ces deux villes. Sa dépenfe furpaffant de beaucoup
les facultés d'un homme de ſon état , il
fur mis aux arrêts , & interrogé par ordre des
Magiftrats . Il déclara qu'il avoit hérité du bien
de fon Maître , qui l'avoit inftitué fon légataire
, & qui étoit mort de la pefte avec toute fa
famille. Quelques jours après il mourut. Les prifonniers
qui avoient été renfermés avec lui dans
La même chambre , & même les Geoliers qui
II. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
les avoient fervis , ne tarderent pas à avoir le
même fort. Ces accidens ont d'abord caufé beaucoup
d'épouvante à Laticzew , & même dans la
ville de Nimirow , qui en eft voifine. La plupart
des habitans ont abandonné leurs maifons , & fe
font retirés dans les bois. Mais aucun d'eux n'étant
mort depuis avec des fymptomes de mal
contagieux , les inquiétudes font entierement
diffipées.
DE STOCKHOLM , le 9 Decembre.
Suivant les nouvelles de Dalecarlie , & de quel
ques autres provinces , on y a fenti le premier du
mois dernier une fecouffe , pendant laquelle les
eaux de plufieurs rivieres & de différens lacs ont
été extrêmement agitées.
DE WARSOVIE , le 29 Novembre.
QuelUelque attentif que le Gouvernement foit
à maintenir la fureté publique dans cette ville ,
les vols y font toujours fréquens. La femaine
derniere encore , le magafin d'un riche négociant
Arménien a été forcé , & l'on en a enlevé beau→
coup de marchandiſes de grande valeur . Les Juifs
étant foupçonnés d'être complices des voleurs ,
ou du moins de les favorifer , on a chaffé de cette
capitale toutes les perfonnes de cette nation , par
un decret qui fut publié avant-hier , & qui a été
exécuté aujourd'hui . Depuis quelques jours , on
a arrêté dix brigands , & hier on fe faifit d'un de
leurs chefs.
Au commencement du mois dernier , il arriva
de Bender à Laticzew un jeune Turc , qu'on fçavoit
avoir été domeftique dans la premiere de
ces deux villes. Sa dépenfe furpaffant de beaucoup
les facultés d'un homme de ſon état , il
fur mis aux arrêts , & interrogé par ordre des
Magiftrats . Il déclara qu'il avoit hérité du bien
de fon Maître , qui l'avoit inftitué fon légataire
, & qui étoit mort de la pefte avec toute fa
famille. Quelques jours après il mourut. Les prifonniers
qui avoient été renfermés avec lui dans
La même chambre , & même les Geoliers qui
II. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
les avoient fervis , ne tarderent pas à avoir le
même fort. Ces accidens ont d'abord caufé beaucoup
d'épouvante à Laticzew , & même dans la
ville de Nimirow , qui en eft voifine. La plupart
des habitans ont abandonné leurs maifons , & fe
font retirés dans les bois. Mais aucun d'eux n'étant
mort depuis avec des fymptomes de mal
contagieux , les inquiétudes font entierement
diffipées.
DE STOCKHOLM , le 9 Decembre.
Suivant les nouvelles de Dalecarlie , & de quel
ques autres provinces , on y a fenti le premier du
mois dernier une fecouffe , pendant laquelle les
eaux de plufieurs rivieres & de différens lacs ont
été extrêmement agitées.
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Résumé : DU NORD.
Le texte décrit des événements récents à Varsovie et dans d'autres régions. À Varsovie, malgré les efforts du gouvernement pour maintenir l'ordre, les vols persistent. La semaine précédente, un magasin appartenant à un riche négociant arménien a été cambriolé, et des marchandises de grande valeur ont été dérobées. Les Juifs, soupçonnés de complicité, ont été expulsés de la capitale par un décret publié avant-hier et exécuté aujourd'hui. Dix brigands ont été arrêtés, et l'un de leurs chefs a été capturé hier. Au début du mois dernier, un jeune Turc est arrivé de Bender à Laticzew. Suspecté de dépenses excessives, il a été arrêté et a déclaré avoir hérité de son maître, mort de la peste avec sa famille. Peu après, il est décédé, et d'autres prisonniers et geôliers ayant été en contact avec lui ont également succombé à la maladie. Cette épidémie a semé la panique à Laticzew et à Nimirow, poussant les habitants à fuir leurs maisons. Cependant, l'absence de nouveaux cas contagieux a dissipé les inquiétudes. De Stockholm, les nouvelles rapportent une secousse sismique en Dalécarlie et dans d'autres provinces le premier du mois dernier, durant laquelle les eaux de plusieurs rivières et lacs ont été fortement agitées.
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19618
p. 228
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Le Roi a donné l'Abbaye de Simorre, Ordre de Saint Benoît, Diocèse [...]
Mots clefs :
Abbayes, Ordres, Diocèses, Religieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
LE Roi a donné l'Abbaye de Simorre , Ordre
de Saint Benoît , Diocèfe d'Auch , à M. l'Abbé de
Noë , Vicaire Général de l'Archevêché d'Alby ;
l'Abbaye Réguliere & Elective de Loos , Ordre
de Câteaux , Diocèle de Tournay , à Dom Breton
, Religieux de cette Abbaye ; celle de Saint
Corentin , Ordre de Saint Benoît , Diocèse de
Chartres , à la Dame de Boiffe , Religieufe de
Pantemont ; & le Prieuré Conventuel & Electif
de Bouteville , Ordre de Saint Augustin , Diocèfe
de Saintes , à M. l'Abbé de Lancofme , Tréforier
de la Sainte Chapelle de Bourges.
LE Roi a donné l'Abbaye de Simorre , Ordre
de Saint Benoît , Diocèfe d'Auch , à M. l'Abbé de
Noë , Vicaire Général de l'Archevêché d'Alby ;
l'Abbaye Réguliere & Elective de Loos , Ordre
de Câteaux , Diocèle de Tournay , à Dom Breton
, Religieux de cette Abbaye ; celle de Saint
Corentin , Ordre de Saint Benoît , Diocèse de
Chartres , à la Dame de Boiffe , Religieufe de
Pantemont ; & le Prieuré Conventuel & Electif
de Bouteville , Ordre de Saint Augustin , Diocèfe
de Saintes , à M. l'Abbé de Lancofme , Tréforier
de la Sainte Chapelle de Bourges.
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le Roi a attribué plusieurs abbayes et prieurés. L'Abbaye de Simorre, dans le diocèse d'Auch, à l'Abbé de Noë. L'Abbaye de Loos, dans le diocèse de Tournay, à Dom Breton. L'Abbaye de Saint Corentin, dans le diocèse de Chartres, à la Dame de Boiffe. Le Prieuré de Bouteville, dans le diocèse de Saintes, à l'Abbé de Lancosme.
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19619
p. 218-219
ALLEMAGNE.
Début :
Le 30 du mois dernier, on rendit de solemnelles actions de graces [...]
Mots clefs :
Dresde, Hambourg, Naissance, Madame la Dauphine, Portugal, Tremblement de terre, Secours, Navires, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE DRESDE , le 8 Decembre.
Le 30 du mois dernier , on rendit de folemnelles
actions de graces dans toutes les églifes de
cette ville , pour les heureufes couches de Madame
la Dauphine.
DE HAMBOURG , le 10 Decembre.
Sur la nouvelle de l'affreux déſaftre que le Por
tugal vient d'effuyer , la Régence de cette ville a
réfolu de faire partir inceffamment quatre navires
chargés de tous les fecours néceffaires dont
ce Royaume infortuné peut avoir befoin. La plú
part des Hambourgeois qui étoient établis à Lif
bonne , fe font heureufement fauvés , mais leurs
maiſons & leurs effets ont été enveloppés dans la
JANVIER. 1756. 219
difgrace commune , & ont été détruits , ou par
le tremblement , ou par le feu.
DE DRESDE , le 8 Decembre.
Le 30 du mois dernier , on rendit de folemnelles
actions de graces dans toutes les églifes de
cette ville , pour les heureufes couches de Madame
la Dauphine.
DE HAMBOURG , le 10 Decembre.
Sur la nouvelle de l'affreux déſaftre que le Por
tugal vient d'effuyer , la Régence de cette ville a
réfolu de faire partir inceffamment quatre navires
chargés de tous les fecours néceffaires dont
ce Royaume infortuné peut avoir befoin. La plú
part des Hambourgeois qui étoient établis à Lif
bonne , fe font heureufement fauvés , mais leurs
maiſons & leurs effets ont été enveloppés dans la
JANVIER. 1756. 219
difgrace commune , & ont été détruits , ou par
le tremblement , ou par le feu.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 30 novembre, des actions de grâce ont été célébrées à Dresde pour les accouchements de Madame la Dauphine. Le 10 décembre, Hambourg a envoyé quatre navires de secours au Portugal après le tremblement de terre. La plupart des Hambourgeois à Lisbonne ont survécu, mais leurs biens ont été détruits.
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19620
p. 228-234
NAISSANCES, MARIAGES ET MORTS.
Début :
Dame de Rivié, l'une des Dames nommées pour accompagner Madame, épouse [...]
Mots clefs :
Naissances, Mariages, Morts, Marquis, Dames, Maison de Canonville, Maison Cailhou-Désignac, Comte de Sourches
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texteReconnaissance textuelle : NAISSANCES, MARIAGES ET MORTS.
NAISSANCES, MARIAGES
ET MORTS.
DAme Ame de Rivié , l'une des Dames nommées
pour accompagner Madame , épouſe du Marquis
de Gouy-d'Arey , Brigadier d'Infanterie , & Colonel-
Lieutenant du Régiment dela Reine , eft accouchée
d'un fils qui a été tenu fur les fonts le 17
Juillet , dans la Chapelle du Château de Compiegne
, par Monfeigneur le Dauphin & Madame ,
& nommée François . L'Abbé de Sainte- Aldegonde
, Aumônier du Roi , fuppléa les cérémonies du
Baptême à cet enfant.
Marie-Jeanne Olimpe de Bonnevie , époufe de
Marie- rançois - Henri de Franquetot , Comte de
Coigny , Meftre de Camp- Général de Dragons ,
OCTOBRE. 1756. 229
& Gouverneur du Château de Choifi , eft accou
chée le 2 Septembre , d'un fils qui a été baptifé le
même jour à S. Euftache , & a eu pour parrain le
Maréchal Duc de Coigny, fon bifayeul paternel
& pour marraine la Préfidente de Naffigny fa
bifayeule maternelle.
Le ... 1756 , N. Trudaine de Montigni , Maître
des Requêtes & Intendant des Finances , en ſurvivance
de Daniel- Charles- Trudaine fon pere , depuis
le mois d'Août 1754 , époula N. Gagne de
Perigni , fille d'Antoine-Jean Gagne de Perigni
Maître des Requêtes. Leur contrat avoit été figné
-par Leurs Majeftés le 21 Mars.
Charles-Louis-Jofeph- Alexandre de Canonville,
Marquis de Raffetot , Meftre de Camp de Cavalerie
, Sous- Lieutenant de la Compagnie des Chevaux-
légers de Monfeigneur le Dauphin , fils de
Louis- Auguftin , Marquis de Canonville , & de
Conftance-Geneviève- Catherine- Louife de Par
dieu-d'Avremenil , époufa le 18 Mai , Dame Ma
rie Magdeleine- Louife de Barberie- de S. Contest,
veuve de Louis - Henri - Felix du Pleffis- Chatillon
Marquis du Pleflis - Châtillon , de S. Gelais & de
Nonant , Comte de Château- Meillien , & fille de
feu Mefire François - Dominique de Barberie
Marquis de S. Conteft , Miniftre & Secretaire
d'Etat , ayant le Département des Affaires Etran-
-geres , & de Jeanne-Monique des Vieux. La Bénédiction
Nuptiale leur fut donnée par l'Evêque
de Metz. Leur contrat de mariage avoit été
figné le 16 du même mois par Leurs Majeftés.
& la Famille Royale.
9
La maifon de Canonville eft comptée à jufte
titre parmi les plus diftinguées de la Province de
Normandie , où elle eft connue depuis l'an 1066'
qu'un Seigneur de ce nom accompagna Guillau
230 MERCURE DE FRANCE .
me le Conquérant. Duchêne , Hift . de Normandie,
pag. 1116 , Chron . de Brompton , pag. 964 du Recueil
des Hiftoriens Anglois. Raoul , feigneur de
Canonville , Manneville & Veneſville , un de fes
defcendans , vivant en 1157 , eft le quinzieme
ayeul du Marquis de Raffetot duquel nous annonçons
le mariage.
Richard de Canonville eft nommé avec les plus
grands feigneurs de Normandie , dans deux chartes
de Henri II , Roi d'Angleterre & Duc de Normandie
, l'une qui accorde des privileges aux
Habitans de Rouen , donnée vers l'an 1175 , &
l'autre accordée environ le même temps à l'Abbaye
de Jumieges.
Cette maifon qui eft alliée à celles de Blainville
, Fefcamps , Villequier , Cailletot , Gueures ,
Rouvroi-S.-Simon , Hautemer-Fervaques , Choifeul,
Gramont , Perthuis , Pardieu , &c. poffede
la terre de Raffetot depuis l'an 1355 qu'elle lui
eft venue par le mariage de Pierre III , feigneur de
Canonville , avec Laurence de Cailletot , Dame
de Raffetor.
Canonville de Raffetot porte pour armes , de
gueules , à 3 molettes d'éperon d'or , 2 & 1.
-
Meffire Louis - Gabriel des Acres , Comte de
Laigle , Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
veuf de Dame Françoife Gillette Loquet - de
Grandville , époufa le 19 Mai , Demoiſelle Anne-
Salomé Jofephine de Waës , fille de feu Meffire
Jean Guillaume- Anne Baron de Waes , & de
Dame Catherine de Limingue.
Demoiselle Catherine- Virginie Cailhou -Desgnac
eft décédé le 28 Février , âgée de 66 ans , &
a été inhumée à S. Sulpice . Elle étoit fille de Meffire
Charles Cailhou- Défignac , premier Ecuyer
de fon Alteffe Séréniffime Henri de Bourbon ,
OCTOBRE . 1756. 231
Duc de Verneuil , mort le 8 Mars 1736 ( 1 ) , âgé
de 94 ans , & de Dame Jeanne Gallois -de Vaudricourt
, morte le 6 Janvier de la même année 1736,
( 2 ) âgée de 88 ans , fceur de feu M. de Vaudricourt
, mort Chef d'Eſcadre .
La demoiſelle dont nous annonçons la mort
eft la derniere de fa famille , une des plus anciennes
du Poitou , alliée aux Maifons de Coué , de
Chaftaigner , de Mauléon , &c. & par elles à celle
de Voyer d'Argenfon . Elle avoit une foeur aînée
qui eft morte le 8 Novembre 1738 , ( 3 ) du mariage
de laquelle avec N. de Launay , il refte
1º. Meffire Charles- Pierre de Launay , Prêtre ,
Prieur Commendataire du Prieuré Royal d'Argenteuil.
2 °. Meffire Ambroife Henri de
Launay , appellé le Chevalier de Vaudricourt
Chevalier de Saint - Louis , qui a fervi dans la
Marine. 3 ° . Meflire Jofeph - François de Launay
, Capitaine de Grenadiers dans le Régiment
de Champagne , auffi Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis . 4° . Demoiſelle
Henriette-Virginie de Launay , fille.
·
"
Dame Marie- Marguerite Chaillon , épouse de
Mefire André-Jean Lalouette-de Vernicourt, Maréchal
des Camps & Armées du Roi , mourut le
12 Mars , à Paris .
Dame Etiennette-Louife d'Hallencourt , veuve
de Melfire Etienne , Comte de Graffe , eft morte
en cette ville le 13 , âgée de 65 ans .
Meffire Henri-François- de- Paule le Fevre-d'Ormeffon
, Confeiller d'Etat ordinaire & au Confeil
Royal , Intendant des Finances , eft mort le 20
(1 ) Voyez le Mercure de Mars 1736 .
(2) Voyez le Mercure de Janvier 1736.
(3) Voyez le Mercure de Novembre 1738.
232 MERCURE DE FRANCE:
Mars , en cette Ville , dans la foixante-feizieme
année de fon âge.
Dame Barbe-Magdeleine Maynon , veuve de
Meffire Nicolas- Etienne Roujaukt , Maître des Requêtes
Honoraire , & Confeiller au Confeil du
dedans du Royaume & de commerce, eft morte le
même jour , âgée de 88 ans .
Meffire Pierre de Malezieu , Lieutenant -Général
des Armées du Roi , & Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , mourut la
nuit du 21 au 22.
Meffire Etienne Croufet , Abbé de l'Abbaye de
Pleine-Selve , Ordre de Prémontré , Dioceſe de
Bordeaux , & Docteur en Théologie de la Faculté
de Paris , eft mort le 26 Mars , âgé de 88 ans , & a
été inhumé le lendemain en l'Eglife de l'Abbaye
de S. Victor.
Louis-François de Boufchet , d'abord Chevalier
de Malte , dit le Chevalier , puis le Comte de
Sourches , feigneur de la Ronce , & c. Lieutenant-
Général des Armées du Roi , Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , & de celui de s.
Lazare , eft mort en cette ville , le 29 Mars 1756,
dans la quatre- vingt- cinquieme année de fon âge ,
étant né le 9 Juillet 1671. Il étoit troisieme fils
de Louis- François de Boufchet , Marquis de Sourches
, Confeiller d'Etat , Prevôt de l'Hôtel du Roi,
& Grand Prevôt de France , Gouverneur des Provinces
& Comtés du Maine , de Laval & du Perche
, & de Marie- Géneviève de Chambes , Comteffe
de Montforeau.
Le Comte de Sourches avoit fervi avec diſtinetion
dans les guerres d'Italie , enfuite dans celles
d'Espagne , & avoit été fucceffivement Moufquetaire
du Roi dans la premiere Compagnie en 1690 ;
Enfeigne au Régiment des Gardes Françoifes en
OCTOBRE. 1756. 233
1691 ; Colonel d'un Régiment d'Infanterie de fon
nom en 1695 , lequel étant réformé en 1701 ,
obtint fa réforme à la fuite de la garniſon d'Amiens.
Le 3 Mars de la même année , le Roi le
nomma Colonel à la faite du Régiment de Sourches
, dont le Comte de Montforeau fon frere
aîné , étoit Colonel. Il fut fait Brigadier des Armées
du Roi le 26 Octobre 1704 , & Colonel du
Régiment ci- devant Sourches , le 5 Septembre
1706 , après la mort du Marquis de Vaudreuil.
En 1715 , le Grand- Maî re de Malte , lui accorda
la permiffion de porter la Croix de l'Ordre , quoique
marié : il la quitta cette même année pour
celles des Ordres de S. Louis & de S. Lazare ; fut
fait Maréchal de Camp le 8 Mars 1718 , & Lieu
tenant Général le 20 Février 1734. Il avoit époufé
le 23 Octobre 1715 , Hilaire- Urfule de Thier
fault ; de ce mariage eft né Louis-Hilaire de Boufchet
, dit le Comte de Sourches , ci- devant Capitaine
de Dragons au Régiment de Languedoc ,
Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis , marié
le 18 Janvier 1747 , à Louiſe- Françoife le Vayer,
Voyez pour cette Maiſon , l'Hift. des Grands Officiers
de la Couronne , vol. 9 , pag. 197 ; le qua
trieme & fixieme vol. des Tablettes Généalogiques
, pag. 116 & 10 ; les Mercures de France de
Juin 1746 ; le deuxieme vol. de Décembre 1747 ;
Juin 1748 le deuxieme vol. de 1750 ; Février &
Octobre 1753.
Marie-Emmanuelle d'Alegre , fille de feu Yves
d'Alegre , Marquis d'Alegre , Baron de Tourze ,
Maréchal de France , &c. & époufe de Jean- Baprifte-
François Defmaretz , Marquis de Maillebois,
Maréchal de France , Capitaine- Général des Armées
de Sa Majesté Catholique , Grand d'Espagne ,
Chevalier des Ordres du Roi , & Maître de la Gar234
MERCURE DE FRANCE.
de- Robe de Sa Majefté , eft morte le premier Avril,
à Versailles , dans la foixante- fixieme année de
fon âge , & a été inhumée le 6 , dans l'ancienne
Eglife de la Paroiffe du Château de Verſailles . Elle
étoit une des Dames nommées pour accompagner
Madame.
Dame Marie - Hélene - Elizabeth - Hyacinthe
de Narbonne-Pelet , épouse de Meffire Pons - Frédéric
de Pierre , feigneur des Ports en Languedoc
, Comte de Bernis , eft morte le 10 Avril.
Elle avoit été mariée le 16 Octobre dernier. Voyez
le mois de Novembre 1755 de ce Journal , page
235.
ET MORTS.
DAme Ame de Rivié , l'une des Dames nommées
pour accompagner Madame , épouſe du Marquis
de Gouy-d'Arey , Brigadier d'Infanterie , & Colonel-
Lieutenant du Régiment dela Reine , eft accouchée
d'un fils qui a été tenu fur les fonts le 17
Juillet , dans la Chapelle du Château de Compiegne
, par Monfeigneur le Dauphin & Madame ,
& nommée François . L'Abbé de Sainte- Aldegonde
, Aumônier du Roi , fuppléa les cérémonies du
Baptême à cet enfant.
Marie-Jeanne Olimpe de Bonnevie , époufe de
Marie- rançois - Henri de Franquetot , Comte de
Coigny , Meftre de Camp- Général de Dragons ,
OCTOBRE. 1756. 229
& Gouverneur du Château de Choifi , eft accou
chée le 2 Septembre , d'un fils qui a été baptifé le
même jour à S. Euftache , & a eu pour parrain le
Maréchal Duc de Coigny, fon bifayeul paternel
& pour marraine la Préfidente de Naffigny fa
bifayeule maternelle.
Le ... 1756 , N. Trudaine de Montigni , Maître
des Requêtes & Intendant des Finances , en ſurvivance
de Daniel- Charles- Trudaine fon pere , depuis
le mois d'Août 1754 , époula N. Gagne de
Perigni , fille d'Antoine-Jean Gagne de Perigni
Maître des Requêtes. Leur contrat avoit été figné
-par Leurs Majeftés le 21 Mars.
Charles-Louis-Jofeph- Alexandre de Canonville,
Marquis de Raffetot , Meftre de Camp de Cavalerie
, Sous- Lieutenant de la Compagnie des Chevaux-
légers de Monfeigneur le Dauphin , fils de
Louis- Auguftin , Marquis de Canonville , & de
Conftance-Geneviève- Catherine- Louife de Par
dieu-d'Avremenil , époufa le 18 Mai , Dame Ma
rie Magdeleine- Louife de Barberie- de S. Contest,
veuve de Louis - Henri - Felix du Pleffis- Chatillon
Marquis du Pleflis - Châtillon , de S. Gelais & de
Nonant , Comte de Château- Meillien , & fille de
feu Mefire François - Dominique de Barberie
Marquis de S. Conteft , Miniftre & Secretaire
d'Etat , ayant le Département des Affaires Etran-
-geres , & de Jeanne-Monique des Vieux. La Bénédiction
Nuptiale leur fut donnée par l'Evêque
de Metz. Leur contrat de mariage avoit été
figné le 16 du même mois par Leurs Majeftés.
& la Famille Royale.
9
La maifon de Canonville eft comptée à jufte
titre parmi les plus diftinguées de la Province de
Normandie , où elle eft connue depuis l'an 1066'
qu'un Seigneur de ce nom accompagna Guillau
230 MERCURE DE FRANCE .
me le Conquérant. Duchêne , Hift . de Normandie,
pag. 1116 , Chron . de Brompton , pag. 964 du Recueil
des Hiftoriens Anglois. Raoul , feigneur de
Canonville , Manneville & Veneſville , un de fes
defcendans , vivant en 1157 , eft le quinzieme
ayeul du Marquis de Raffetot duquel nous annonçons
le mariage.
Richard de Canonville eft nommé avec les plus
grands feigneurs de Normandie , dans deux chartes
de Henri II , Roi d'Angleterre & Duc de Normandie
, l'une qui accorde des privileges aux
Habitans de Rouen , donnée vers l'an 1175 , &
l'autre accordée environ le même temps à l'Abbaye
de Jumieges.
Cette maifon qui eft alliée à celles de Blainville
, Fefcamps , Villequier , Cailletot , Gueures ,
Rouvroi-S.-Simon , Hautemer-Fervaques , Choifeul,
Gramont , Perthuis , Pardieu , &c. poffede
la terre de Raffetot depuis l'an 1355 qu'elle lui
eft venue par le mariage de Pierre III , feigneur de
Canonville , avec Laurence de Cailletot , Dame
de Raffetor.
Canonville de Raffetot porte pour armes , de
gueules , à 3 molettes d'éperon d'or , 2 & 1.
-
Meffire Louis - Gabriel des Acres , Comte de
Laigle , Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
veuf de Dame Françoife Gillette Loquet - de
Grandville , époufa le 19 Mai , Demoiſelle Anne-
Salomé Jofephine de Waës , fille de feu Meffire
Jean Guillaume- Anne Baron de Waes , & de
Dame Catherine de Limingue.
Demoiselle Catherine- Virginie Cailhou -Desgnac
eft décédé le 28 Février , âgée de 66 ans , &
a été inhumée à S. Sulpice . Elle étoit fille de Meffire
Charles Cailhou- Défignac , premier Ecuyer
de fon Alteffe Séréniffime Henri de Bourbon ,
OCTOBRE . 1756. 231
Duc de Verneuil , mort le 8 Mars 1736 ( 1 ) , âgé
de 94 ans , & de Dame Jeanne Gallois -de Vaudricourt
, morte le 6 Janvier de la même année 1736,
( 2 ) âgée de 88 ans , fceur de feu M. de Vaudricourt
, mort Chef d'Eſcadre .
La demoiſelle dont nous annonçons la mort
eft la derniere de fa famille , une des plus anciennes
du Poitou , alliée aux Maifons de Coué , de
Chaftaigner , de Mauléon , &c. & par elles à celle
de Voyer d'Argenfon . Elle avoit une foeur aînée
qui eft morte le 8 Novembre 1738 , ( 3 ) du mariage
de laquelle avec N. de Launay , il refte
1º. Meffire Charles- Pierre de Launay , Prêtre ,
Prieur Commendataire du Prieuré Royal d'Argenteuil.
2 °. Meffire Ambroife Henri de
Launay , appellé le Chevalier de Vaudricourt
Chevalier de Saint - Louis , qui a fervi dans la
Marine. 3 ° . Meflire Jofeph - François de Launay
, Capitaine de Grenadiers dans le Régiment
de Champagne , auffi Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis . 4° . Demoiſelle
Henriette-Virginie de Launay , fille.
·
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Dame Marie- Marguerite Chaillon , épouse de
Mefire André-Jean Lalouette-de Vernicourt, Maréchal
des Camps & Armées du Roi , mourut le
12 Mars , à Paris .
Dame Etiennette-Louife d'Hallencourt , veuve
de Melfire Etienne , Comte de Graffe , eft morte
en cette ville le 13 , âgée de 65 ans .
Meffire Henri-François- de- Paule le Fevre-d'Ormeffon
, Confeiller d'Etat ordinaire & au Confeil
Royal , Intendant des Finances , eft mort le 20
(1 ) Voyez le Mercure de Mars 1736 .
(2) Voyez le Mercure de Janvier 1736.
(3) Voyez le Mercure de Novembre 1738.
232 MERCURE DE FRANCE:
Mars , en cette Ville , dans la foixante-feizieme
année de fon âge.
Dame Barbe-Magdeleine Maynon , veuve de
Meffire Nicolas- Etienne Roujaukt , Maître des Requêtes
Honoraire , & Confeiller au Confeil du
dedans du Royaume & de commerce, eft morte le
même jour , âgée de 88 ans .
Meffire Pierre de Malezieu , Lieutenant -Général
des Armées du Roi , & Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , mourut la
nuit du 21 au 22.
Meffire Etienne Croufet , Abbé de l'Abbaye de
Pleine-Selve , Ordre de Prémontré , Dioceſe de
Bordeaux , & Docteur en Théologie de la Faculté
de Paris , eft mort le 26 Mars , âgé de 88 ans , & a
été inhumé le lendemain en l'Eglife de l'Abbaye
de S. Victor.
Louis-François de Boufchet , d'abord Chevalier
de Malte , dit le Chevalier , puis le Comte de
Sourches , feigneur de la Ronce , & c. Lieutenant-
Général des Armées du Roi , Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , & de celui de s.
Lazare , eft mort en cette ville , le 29 Mars 1756,
dans la quatre- vingt- cinquieme année de fon âge ,
étant né le 9 Juillet 1671. Il étoit troisieme fils
de Louis- François de Boufchet , Marquis de Sourches
, Confeiller d'Etat , Prevôt de l'Hôtel du Roi,
& Grand Prevôt de France , Gouverneur des Provinces
& Comtés du Maine , de Laval & du Perche
, & de Marie- Géneviève de Chambes , Comteffe
de Montforeau.
Le Comte de Sourches avoit fervi avec diſtinetion
dans les guerres d'Italie , enfuite dans celles
d'Espagne , & avoit été fucceffivement Moufquetaire
du Roi dans la premiere Compagnie en 1690 ;
Enfeigne au Régiment des Gardes Françoifes en
OCTOBRE. 1756. 233
1691 ; Colonel d'un Régiment d'Infanterie de fon
nom en 1695 , lequel étant réformé en 1701 ,
obtint fa réforme à la fuite de la garniſon d'Amiens.
Le 3 Mars de la même année , le Roi le
nomma Colonel à la faite du Régiment de Sourches
, dont le Comte de Montforeau fon frere
aîné , étoit Colonel. Il fut fait Brigadier des Armées
du Roi le 26 Octobre 1704 , & Colonel du
Régiment ci- devant Sourches , le 5 Septembre
1706 , après la mort du Marquis de Vaudreuil.
En 1715 , le Grand- Maî re de Malte , lui accorda
la permiffion de porter la Croix de l'Ordre , quoique
marié : il la quitta cette même année pour
celles des Ordres de S. Louis & de S. Lazare ; fut
fait Maréchal de Camp le 8 Mars 1718 , & Lieu
tenant Général le 20 Février 1734. Il avoit époufé
le 23 Octobre 1715 , Hilaire- Urfule de Thier
fault ; de ce mariage eft né Louis-Hilaire de Boufchet
, dit le Comte de Sourches , ci- devant Capitaine
de Dragons au Régiment de Languedoc ,
Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis , marié
le 18 Janvier 1747 , à Louiſe- Françoife le Vayer,
Voyez pour cette Maiſon , l'Hift. des Grands Officiers
de la Couronne , vol. 9 , pag. 197 ; le qua
trieme & fixieme vol. des Tablettes Généalogiques
, pag. 116 & 10 ; les Mercures de France de
Juin 1746 ; le deuxieme vol. de Décembre 1747 ;
Juin 1748 le deuxieme vol. de 1750 ; Février &
Octobre 1753.
Marie-Emmanuelle d'Alegre , fille de feu Yves
d'Alegre , Marquis d'Alegre , Baron de Tourze ,
Maréchal de France , &c. & époufe de Jean- Baprifte-
François Defmaretz , Marquis de Maillebois,
Maréchal de France , Capitaine- Général des Armées
de Sa Majesté Catholique , Grand d'Espagne ,
Chevalier des Ordres du Roi , & Maître de la Gar234
MERCURE DE FRANCE.
de- Robe de Sa Majefté , eft morte le premier Avril,
à Versailles , dans la foixante- fixieme année de
fon âge , & a été inhumée le 6 , dans l'ancienne
Eglife de la Paroiffe du Château de Verſailles . Elle
étoit une des Dames nommées pour accompagner
Madame.
Dame Marie - Hélene - Elizabeth - Hyacinthe
de Narbonne-Pelet , épouse de Meffire Pons - Frédéric
de Pierre , feigneur des Ports en Languedoc
, Comte de Bernis , eft morte le 10 Avril.
Elle avoit été mariée le 16 Octobre dernier. Voyez
le mois de Novembre 1755 de ce Journal , page
235.
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Résumé : NAISSANCES, MARIAGES ET MORTS.
En 1756, plusieurs événements familiaux marquants ont été enregistrés. Dame Ame de Rivié et Madame, épouse du Marquis de Gouy-d'Arey, ont donné naissance à un fils nommé François, baptisé le 17 juillet à la Chapelle du Château de Compiègne par Monseigneur le Dauphin et Madame. Marie-Jeanne Olimpe de Bonnevie, épouse du Comte de Coigny, a également accouché d'un fils, baptisé le 2 septembre à Saint-Eustache. N. Trudaine de Montigni, Maître des Requêtes et Intendant des Finances, a épousé N. Gagne de Perigni, fille d'Antoine-Jean Gagne de Perigni, également Maître des Requêtes. Charles-Louis-Joseph-Alexandre de Canonville, Marquis de Raffetot, a épousé Dame Marie Magdeleine-Louise de Barberie de Saint-Contest, veuve du Marquis du Plessis-Châtillon. La maison de Canonville est distinguée en Normandie depuis 1066. Plusieurs décès ont également été rapportés cette année-là. Demoiselle Catherine-Virginie Cailhou-Desgnac, âgée de 66 ans, est décédée. Dame Marie-Marguerite Chaillon, épouse de André-Jean Lalouette-de Vernicourt, ainsi que Dame Etiennette-Louise d'Hallencourt, veuve du Comte de Graffe, sont également décédées. Meffire Henri-François de Paule le Fevre-d'Ormeffon, Conseiller d'État, et Dame Barbe-Magdeleine Maynon, veuve de Nicolas-Étienne Roujaukt, ont également perdu la vie. Meffire Pierre de Malezieu, Lieutenant-Général des Armées du Roi, et Meffire Étienne Croufet, Abbé de l'Abbaye de Pleine-Selve, sont décédés. Louis-François de Boufchet, Comte de Sourches, Marie-Emmanuelle d'Alegre, épouse du Marquis de Maillebois, et Dame Marie-Hélène-Elisabeth-Hyacinthe de Narbonne-Pelet, épouse du Comte de Bernis, ont également été mentionnés parmi les défunts.
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19621
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
LE Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, Greffier Commis [...]
Mots clefs :
Greffier, Commis, Libraires des provinces ou des pays étrangers, Poste, Volumes, Table
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LEE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'eft à lui que l'on prie d'adreffer ,
francs de port , les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie litté
raire , à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piéce.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir, ou qui prendront lesfrais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raifon de 30 fols
parvolum. c'eft-à-dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers
, qui voudront
faire ve
nir le Mercure
, écriront
à l'adreſſe
cideffus
.
On Supplie les perfonnes
des provinces
d'envoyer
par la pofte , en payant
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui ne feront pas affran
chis , refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à annoncer
, d'en marquer le prix.
Le Nouveau
Choix de Piéces tirées
des Mercures
& autres Journaux
, par
M. DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions
font
les mêmes pour une année. Il y en a jufqu'à
préfent quatre - vingt - dix volumes.
Une Table générale , rangée par ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante-douziéme.
LEE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'eft à lui que l'on prie d'adreffer ,
francs de port , les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie litté
raire , à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piéce.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir, ou qui prendront lesfrais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raifon de 30 fols
parvolum. c'eft-à-dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers
, qui voudront
faire ve
nir le Mercure
, écriront
à l'adreſſe
cideffus
.
On Supplie les perfonnes
des provinces
d'envoyer
par la pofte , en payant
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui ne feront pas affran
chis , refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à annoncer
, d'en marquer le prix.
Le Nouveau
Choix de Piéces tirées
des Mercures
& autres Journaux
, par
M. DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions
font
les mêmes pour une année. Il y en a jufqu'à
préfent quatre - vingt - dix volumes.
Une Table générale , rangée par ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante-douziéme.
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le document présente les modalités d'abonnement et de distribution du 'Mercure', une publication périodique. Les abonnés parisiens paient 24 livres pour douze volumes, soit 30 sols par volume. Les abonnés de province peuvent choisir entre 32 livres avec livraison gratuite ou 24 livres en prenant en charge les frais de port. Les libraires des provinces ou des pays étrangers doivent contacter le bureau pour recevoir le 'Mercure'. Les commandes des provinces doivent être envoyées par la poste avec les droits payés à l'avance, sinon les paquets non affranchis seront rejetés. Les expéditeurs de livres, estampes et musique doivent indiquer le prix des articles. Par ailleurs, le 'Nouveau Choix de Pièces tirées des Mercures & autres Journaux' par M. DE LA PLACE est disponible au bureau du 'Mercure'. Cette collection suit les mêmes conditions de format et de nombre de volumes pour une année, totalisant actuellement quatre-vingt-dix volumes. Une table générale des matières est incluse à la fin du soixante-douzième volume.
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19622
p. 219-221
ESPAGNE.
Début :
Le Roi désirant de favoriser les progrès des Sciences, particulierement [...]
Mots clefs :
Madrid, Sa Majesté, Financement des sciences, Tremblements de terre, Maroc, Dégâts, Tetuan, Tanger, Épouvante, Victimes de catastrophes
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MADRID , le 16 Decembre.
Le Roi défirant de favorifer les progrès des
Sciences , particulierement de celles qui femblent
devoir être les plus utiles , a donné au Collège de
Médecine la maifon de plaifance de Migafcalientes
, afin qu'on y forme un jardin des plantes
. En même tems Sa Majesté a affigné une
fomme confiderable , tant pour l'entretien de ce
jardin , que pour la fondation de deux chaires de
Botanique dont elle difpofè en faveur de Don
Jofeph Quer & de Don Juan Mingar. Don Jofeph
Zugnol , premier Médecin du Roi , aura la direction
de cet établiſſement.
Le premier du mois dernier on reffentit à
Maroc un affreux tremblement de terre , à la
même heure qu'en Efpagne. La plupart des
maiſons & des édifices publics de cette ville ont
été totalement renversés , & une grande multirude
d'habitans a été enfevelie fous les ruines.
Le nombre des perfonnes qui ont péri , ne peut
pas encore le fixer. A huit lieues de cette ville
la terre s'eft ouverte , & a englouti une peuplade
entiere d'Arabes , avec leurs tentes , pavillons
chevaux , chameaux , mules , & généralement.
tous leurs beftiaux. Un fort qu'ils avoient pour
leur chef-lieu , & dans lequel il y avoit cinq
mille perfonnes , a difparn. Il a péri auffi fix
mille hommes de Cavalerie qui étoient dans dif
férens quartiers autour de ce fort , fans qu'il
en foit échappé un feul. Dans les villes de Safi
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
& de Sainte-Croix , il y a eu auffi beaucoup de
maifons & d'édifices ruinés qui ont écrasé un
nombre confidérable de perfonnes. La mer fe
retira , & s'éleva enfuite à une hauteur , dont
l'hiftoire ne rapporte point d'exemple. Elle cau
fa un notable dommage aux vaiffeaux qui étoient
dans l'un & l'autre port , & elle remplit tous
les environs de la côte de divers débris qu'elle
jetta fort avant dans les terres , avec une quantité
prodigieufe de poiffon.
On apprend par les lettres de Tetuan , du 24
du même mois , que le 18 à dix heures du foir ,
on y avoit éprouvé pendant quatre minutes ,
ainfi que dans les peuplades des environs , un
fecond tremblement de terre auffi fort que le
premier qu'il avoit continué avec moins de
force jufqu'à l'après- midi du jour ſuivant ; mais
que le 20
à deux heures du matin , à cinq , à
neuf & à midi , il avoit recommencé avec la même
violence que la premiere fois, Tous les ha
bitans fe font fauvés à la campagne , où ils
étoient encore au départ des lettres dans une
confternation générale-
Le même tremblement de terre s'eſt fait ſentir
à Tanger. Les fecouffes y ont été plus ou
moins fortes par intervalles. On y a remarqué
que pendant vingt- quatre heures l'eau s'étoit retige
, & que toutes les fontaines étoient demeurées
à Tec.
Il vient d'arriver un exprès de Fez , avec la nouvelle
que les tremblemens de terre du 18 & du
19 , avoient ruiné la plupart des édifices & des
maifons des deux villes de Fez , où plus de trois
mille perfonnes avoient perdu la vie ; que dans
le même jour la fameufe ville de Méquinez
avoit été détruite , & qu'il n'y reftoit qu'une
JANVIER. 1756 . 221
feule maiſon. Tous les habitans ſe font retirés
dans les champs , où ils font campés. On compte
que quatre mille Maures ont été enterrés fous
les ruines , ainfi que huit mille Juifs qui vivoient
dans un quartier féparé , & dont le nombre
montoit jufqu'à feize mille. Les mêmes lettres
ajoutent qu'on reffent dans toute cette partie
de l'Afrique de continuels mouvemens de
la terre , & qu'on entend des bruits fourds qui
répandent partout l'épouvante.
DE MADRID , le 16 Decembre.
Le Roi défirant de favorifer les progrès des
Sciences , particulierement de celles qui femblent
devoir être les plus utiles , a donné au Collège de
Médecine la maifon de plaifance de Migafcalientes
, afin qu'on y forme un jardin des plantes
. En même tems Sa Majesté a affigné une
fomme confiderable , tant pour l'entretien de ce
jardin , que pour la fondation de deux chaires de
Botanique dont elle difpofè en faveur de Don
Jofeph Quer & de Don Juan Mingar. Don Jofeph
Zugnol , premier Médecin du Roi , aura la direction
de cet établiſſement.
Le premier du mois dernier on reffentit à
Maroc un affreux tremblement de terre , à la
même heure qu'en Efpagne. La plupart des
maiſons & des édifices publics de cette ville ont
été totalement renversés , & une grande multirude
d'habitans a été enfevelie fous les ruines.
Le nombre des perfonnes qui ont péri , ne peut
pas encore le fixer. A huit lieues de cette ville
la terre s'eft ouverte , & a englouti une peuplade
entiere d'Arabes , avec leurs tentes , pavillons
chevaux , chameaux , mules , & généralement.
tous leurs beftiaux. Un fort qu'ils avoient pour
leur chef-lieu , & dans lequel il y avoit cinq
mille perfonnes , a difparn. Il a péri auffi fix
mille hommes de Cavalerie qui étoient dans dif
férens quartiers autour de ce fort , fans qu'il
en foit échappé un feul. Dans les villes de Safi
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
& de Sainte-Croix , il y a eu auffi beaucoup de
maifons & d'édifices ruinés qui ont écrasé un
nombre confidérable de perfonnes. La mer fe
retira , & s'éleva enfuite à une hauteur , dont
l'hiftoire ne rapporte point d'exemple. Elle cau
fa un notable dommage aux vaiffeaux qui étoient
dans l'un & l'autre port , & elle remplit tous
les environs de la côte de divers débris qu'elle
jetta fort avant dans les terres , avec une quantité
prodigieufe de poiffon.
On apprend par les lettres de Tetuan , du 24
du même mois , que le 18 à dix heures du foir ,
on y avoit éprouvé pendant quatre minutes ,
ainfi que dans les peuplades des environs , un
fecond tremblement de terre auffi fort que le
premier qu'il avoit continué avec moins de
force jufqu'à l'après- midi du jour ſuivant ; mais
que le 20
à deux heures du matin , à cinq , à
neuf & à midi , il avoit recommencé avec la même
violence que la premiere fois, Tous les ha
bitans fe font fauvés à la campagne , où ils
étoient encore au départ des lettres dans une
confternation générale-
Le même tremblement de terre s'eſt fait ſentir
à Tanger. Les fecouffes y ont été plus ou
moins fortes par intervalles. On y a remarqué
que pendant vingt- quatre heures l'eau s'étoit retige
, & que toutes les fontaines étoient demeurées
à Tec.
Il vient d'arriver un exprès de Fez , avec la nouvelle
que les tremblemens de terre du 18 & du
19 , avoient ruiné la plupart des édifices & des
maifons des deux villes de Fez , où plus de trois
mille perfonnes avoient perdu la vie ; que dans
le même jour la fameufe ville de Méquinez
avoit été détruite , & qu'il n'y reftoit qu'une
JANVIER. 1756 . 221
feule maiſon. Tous les habitans ſe font retirés
dans les champs , où ils font campés. On compte
que quatre mille Maures ont été enterrés fous
les ruines , ainfi que huit mille Juifs qui vivoient
dans un quartier féparé , & dont le nombre
montoit jufqu'à feize mille. Les mêmes lettres
ajoutent qu'on reffent dans toute cette partie
de l'Afrique de continuels mouvemens de
la terre , & qu'on entend des bruits fourds qui
répandent partout l'épouvante.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, le roi a soutenu les avancées scientifiques, notamment en médecine, en offrant au Collège de Médecine la maison de Migascalientes pour créer un jardin des plantes. Il a également financé deux chaires de botanique, dirigées par Don Joseph Quer et Don Juan Mingar, sous la supervision de Don Joseph Zuniga, médecin du roi. Le 1er décembre, un violent tremblement de terre a frappé le Maroc et l'Espagne simultanément. À Marrakech, la plupart des bâtiments ont été détruits, causant de nombreuses victimes. Une peuplade arabe a été engloutie par une fissure terrestre, et un fort abritant cinq mille personnes a disparu, ainsi que six mille cavaliers. Les villes de Safi et de Sainte-Croix ont également subi des dégâts importants. La mer s'est retirée puis élevée, endommageant les navires et laissant des débris sur les côtes. Le 18 décembre, un second tremblement de terre a touché Tétouan et ses environs, avec des réplices jusqu'au 20 décembre. Les habitants se sont réfugiés à la campagne. Le même phénomène a été ressenti à Tanger, où les eaux se sont retirées pendant vingt-quatre heures. À Fez, les tremblements ont détruit la plupart des édifices, causant la mort de plus de trois mille personnes. La ville de Meknès a été détruite, ne laissant qu'une maison debout. Les habitants se sont réfugiés dans les champs. On compte environ quatre mille Maures et huit mille Juifs parmi les victimes. Des mouvements de terre et des bruits effrayants continuent de semer la peur dans toute cette région d'Afrique.
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19623
p. 2776-2778
IMITATIONE del Madrigale CVII del Signor Cavaliere Battista Guarini, lavorata da Madamigella MALCRESIA della Vigna del Crusico in Bretagna.
Début :
Si fugga l'Amore. / Chi Uuol haver felice, è lito il core, [...]
Mots clefs :
Amour, Foudre, Éclair, Mort
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texteReconnaissance textuelle : IMITATIONE del Madrigale CVII del Signor Cavaliere Battista Guarini, lavorata da Madamigella MALCRESIA della Vigna del Crusico in Bretagna.
IMITATIONE del Madrigale CVII del
Signor Cavaliere Battista Guarini, lavorata
da Madamigella MALCRESIA della
Vigna del Crusico in Bretagna.
Si fugga: l'Amore.
CHiUuol haverfelice , a lito il core ,
Non segna il crudo Amore,-
Quel lusinghier ch'ancide
Quando più scherza, e ride ,
Ma tema di Belta di leggiadria ,
L'aura fallace e ria.›
Al pregar non risponda , à la promessa
II. Vol. Nem
DECEMBRE . 1733. 2777
Non creda ; e se s'appressa ,
Függa pur , che baleno è quel ch'alletta,
Ne mai balena Amor , sc non saetta.
IMITATION.
Renoncez à l'Amour , tournez ailleurs la vuë ;
Que sur l'éclat subtil de ses apas trompeurs ;
Il blesse en caressant , en badinant il tuë ,
Des jours les plus serains , il trouble les dous
ceurs.
M
Comme un Nocher prudent . qui prévoit un
Orage ,
Pour le laisser passer , reste tranquille au port ;
Qu'ainsi l'homme au coeur tendre, évite un beau
visage ,
Qu'il fuye , et qu'il le craigne à l'égal de la
mort.
M
Qu'il soit sourd et muet , quand une Iris le
pric ;
Que même à ses sermens , il refuse sa foi ¿
Et s'il veut sans retour voir sou ame guérie ,
Qu'insensible il persiste à l'éloigner de soi.
Sur un Amant surpris quand un regard arrive
L'Enfer s'ouvre , et l'Amour lance un feu qui
fénd l'air,
11. Vol
B Mais
2778 MERCURE DE FRANCE
Mais l'Eclair ne part point , que la foudre ag
suive ,
Et la mort suit bien-tôt et la foudre et l'éclair.
Signor Cavaliere Battista Guarini, lavorata
da Madamigella MALCRESIA della
Vigna del Crusico in Bretagna.
Si fugga: l'Amore.
CHiUuol haverfelice , a lito il core ,
Non segna il crudo Amore,-
Quel lusinghier ch'ancide
Quando più scherza, e ride ,
Ma tema di Belta di leggiadria ,
L'aura fallace e ria.›
Al pregar non risponda , à la promessa
II. Vol. Nem
DECEMBRE . 1733. 2777
Non creda ; e se s'appressa ,
Függa pur , che baleno è quel ch'alletta,
Ne mai balena Amor , sc non saetta.
IMITATION.
Renoncez à l'Amour , tournez ailleurs la vuë ;
Que sur l'éclat subtil de ses apas trompeurs ;
Il blesse en caressant , en badinant il tuë ,
Des jours les plus serains , il trouble les dous
ceurs.
M
Comme un Nocher prudent . qui prévoit un
Orage ,
Pour le laisser passer , reste tranquille au port ;
Qu'ainsi l'homme au coeur tendre, évite un beau
visage ,
Qu'il fuye , et qu'il le craigne à l'égal de la
mort.
M
Qu'il soit sourd et muet , quand une Iris le
pric ;
Que même à ses sermens , il refuse sa foi ¿
Et s'il veut sans retour voir sou ame guérie ,
Qu'insensible il persiste à l'éloigner de soi.
Sur un Amant surpris quand un regard arrive
L'Enfer s'ouvre , et l'Amour lance un feu qui
fénd l'air,
11. Vol
B Mais
2778 MERCURE DE FRANCE
Mais l'Eclair ne part point , que la foudre ag
suive ,
Et la mort suit bien-tôt et la foudre et l'éclair.
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Résumé : IMITATIONE del Madrigale CVII del Signor Cavaliere Battista Guarini, lavorata da Madamigella MALCRESIA della Vigna del Crusico in Bretagna.
Le texte est une imitation d'un madrigal de Battista Guarini, traduit en français par Madamigella Malcresia. Il met en garde contre les dangers de l'amour, qualifié de cruel et trompeur. L'auteur suggère de fuir l'amour pour éviter ses blessures, comparant cette prudence à celle d'un marin attendant la fin d'une tempête. Il recommande de ne pas céder aux prières ou aux promesses amoureuses et de rester insensible aux regards et aux serments. L'amour est comparé à un éclair précédant la foudre et la mort, soulignant ainsi sa nature destructrice.
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19624
p. 221-223
ITALIE.
Début :
Les Jésuites, dans le Chapitre qu'ils tinrent le 30 Novembre, ont élu [...]
Mots clefs :
Rome, Gênes, Général des Jésuites, Élection, Patricien Grimaldi, Corse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE ROME , le 6 Decembre.
Les Jéfuites , dans le Chapitre qu'ils tinrent le
30 Novembre , ont élu pour leur Général le Pere
Louis Centurione , Génois . L'après - midi , ce nouveau
Général alla rendre fes refpects au Pape , &
recevoir la bénédiction de Sa Sainteté.
DE GENES , le
15
Decembre.
La connoiffance que le Patricien Jean -Jacques
Grimaldi a acquife de la Corfe pendant le long
féjour qu'il y a fait , & le zele avec lequel il veut
bien expofer fa perfonne pour rétablir l'ordre
dans l'intérieur de l'ifle , a déterminé le Gouvernement
à lui en confier le foin , de concert avec
le Patricien Jofeph Doria , qui lui a fuccédé en
qualité de Commiffaire Général . La premiere
opération du Patricien Grimaldi a été de faire
conftruire fur une éminence appellée l'Ifola Roffa
, une redoute , qui bat la Plage du même nom
par où il fe faifoit ci - devant beaucoup de débarquemens
frauduleux , Cette redoute a battu parti-
Kiij
i22 MERCURE DE FRANCE.
culierement en ruine dans le continent un fort
qui fervoit à les favorifer. Le Patricien Grimaldi
eft paffé delà à S. Florent. Après avoir mis cette
pla e en état de défenſe , il a fait rafer plufieurs
redoutes qui la dominoient du côté de la terre.
Il s'eft mis enfuite à la tête d'un certain nombre
de Piquets , avec lefquels il a deffein de pénétrer
peu-à- peu dans tous les endroits de l'ifle
Jes plus propres au brigandage , & dont les habitans
font plus difpofés à fuivre les impreffions
de ceux qui trouvent leur intérêt à le perpétuer.
Le 16 du mois dernier , il avoit déja franchi les
plaines d'Oletta & la province de Nebbio , jufques
& compris le même village d'Oletta. Tous les
poftes de Paoli fe font repliés fucceffivement les
uns fur les autres. Dans les environs du village
d'Oletta , fe croyant fuffifamment en force ils
ont fait front. Mais les meſures ont été fi bien
prifes , que malgré leur nombre & la vivacité de
leur feu ils ont été bientôt mis en fuite.
Le Général Génois eft resté maître de tout le
pays qu'il a parcouru , fans avoir fait d'autre perte
que celle d'un ſoldat . A la vérité , il en a couté
trois ou quatre à un détachement qui eft forti
trop foible de la Baftie quelques momens après
l'action , & qui a donné dans le gros des fuyards.
Le 24 du mois dernier , il furprit un de leur
poftes affez confidérable ; & le 27 M. Bacigalu
po , Officier de beaucoup de mérite qui eft fous
Tes ordres , fit abattre en leur préfence plus de
quatre cens arbres pour effayer de rendre les
chemins un peu plus furs , fans qu'aucun des
Rébelles ofât s'y oppofer. Le 4 de ce mois ,
Général Génois , après avoir fait occuper la men
tagne de Penne-Roffe , chargea un détachement
commandé par un de leurs principaux Chefs ,
JANVIER. 1756. 223
nommé Cafa Bianca . Ce détachement prit auflitôt
la fuite , à l'exception de quarante hommes ,
qui furent tués ou faits prifonniers. Le Commandant
qui fut bleflé mortellement , fut du nombre
des derniers . Les troupes Génoiſes n'ont pas
perdu un foldat dans cette action,
DE ROME , le 6 Decembre.
Les Jéfuites , dans le Chapitre qu'ils tinrent le
30 Novembre , ont élu pour leur Général le Pere
Louis Centurione , Génois . L'après - midi , ce nouveau
Général alla rendre fes refpects au Pape , &
recevoir la bénédiction de Sa Sainteté.
DE GENES , le
15
Decembre.
La connoiffance que le Patricien Jean -Jacques
Grimaldi a acquife de la Corfe pendant le long
féjour qu'il y a fait , & le zele avec lequel il veut
bien expofer fa perfonne pour rétablir l'ordre
dans l'intérieur de l'ifle , a déterminé le Gouvernement
à lui en confier le foin , de concert avec
le Patricien Jofeph Doria , qui lui a fuccédé en
qualité de Commiffaire Général . La premiere
opération du Patricien Grimaldi a été de faire
conftruire fur une éminence appellée l'Ifola Roffa
, une redoute , qui bat la Plage du même nom
par où il fe faifoit ci - devant beaucoup de débarquemens
frauduleux , Cette redoute a battu parti-
Kiij
i22 MERCURE DE FRANCE.
culierement en ruine dans le continent un fort
qui fervoit à les favorifer. Le Patricien Grimaldi
eft paffé delà à S. Florent. Après avoir mis cette
pla e en état de défenſe , il a fait rafer plufieurs
redoutes qui la dominoient du côté de la terre.
Il s'eft mis enfuite à la tête d'un certain nombre
de Piquets , avec lefquels il a deffein de pénétrer
peu-à- peu dans tous les endroits de l'ifle
Jes plus propres au brigandage , & dont les habitans
font plus difpofés à fuivre les impreffions
de ceux qui trouvent leur intérêt à le perpétuer.
Le 16 du mois dernier , il avoit déja franchi les
plaines d'Oletta & la province de Nebbio , jufques
& compris le même village d'Oletta. Tous les
poftes de Paoli fe font repliés fucceffivement les
uns fur les autres. Dans les environs du village
d'Oletta , fe croyant fuffifamment en force ils
ont fait front. Mais les meſures ont été fi bien
prifes , que malgré leur nombre & la vivacité de
leur feu ils ont été bientôt mis en fuite.
Le Général Génois eft resté maître de tout le
pays qu'il a parcouru , fans avoir fait d'autre perte
que celle d'un ſoldat . A la vérité , il en a couté
trois ou quatre à un détachement qui eft forti
trop foible de la Baftie quelques momens après
l'action , & qui a donné dans le gros des fuyards.
Le 24 du mois dernier , il furprit un de leur
poftes affez confidérable ; & le 27 M. Bacigalu
po , Officier de beaucoup de mérite qui eft fous
Tes ordres , fit abattre en leur préfence plus de
quatre cens arbres pour effayer de rendre les
chemins un peu plus furs , fans qu'aucun des
Rébelles ofât s'y oppofer. Le 4 de ce mois ,
Général Génois , après avoir fait occuper la men
tagne de Penne-Roffe , chargea un détachement
commandé par un de leurs principaux Chefs ,
JANVIER. 1756. 223
nommé Cafa Bianca . Ce détachement prit auflitôt
la fuite , à l'exception de quarante hommes ,
qui furent tués ou faits prifonniers. Le Commandant
qui fut bleflé mortellement , fut du nombre
des derniers . Les troupes Génoiſes n'ont pas
perdu un foldat dans cette action,
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Résumé : ITALIE.
Le 6 décembre, les Jésuites ont élu le Père Louis Centurione comme nouveau Général et il a reçu la bénédiction papale le même jour. À Gênes, le 15 décembre, Jean-Jacques Grimaldi a été nommé commissaire général de la Corse, avec Joseph Doria comme collaborateur. Grimaldi a construit une redoute sur l'Isola Rossa et renforcé les défenses de Saint-Florent. Il a ensuite repoussé les postes de Paoli dans les zones propices au brigandage. Le 16 décembre, il a pris le contrôle des plaines d'Oletta et de la province de Nebbio sans pertes significatives. Le 24 décembre, il a surpris un poste rebelle et, le 27, l'Officier Bacigalupo a dégagé les chemins sans opposition. Le 4 janvier, les troupes génoises ont attaqué un détachement rebelle commandé par Casa Bianca, tuant ou capturant quarante hommes sans perte de leur côté.
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19625
p. [5]-10
SUR LA PARESSE.
Début :
HEUREUX Loisir, douce Indolence, [...]
Mots clefs :
Plaisir, Âge, Guide, Liberté, Ambition, Paresse
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA PARESSE.
SUR LA PARESSE.
f
HEUREUX Loifir , douce Indolence ,
Dans la paix & dans le filence
Que j'aime à goûter tes appas !
Que j'aime à dormir dans tes bras
Sans m'appercevoir que je penfe ,
Ne fongeant qu'à mon éxiſtence ,
N'y fongeant même prèſque pas !
ravaux & foins de difparoître
I. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Dès que tu t'approches de nous
Ne rien fçavoir , c'eſt te connoître.
Arts pénibles , éloignez-vous :
Ce n'eft qu'en vous ignorant tous ,
Que j'apprendrai bien celui d'être,
Inftruis- moi dans cet art fi doux ,
Dieu du repos , fois mon ſeul maître g
Qui n'en a point d'autre que toi
Se fait une aimable habitude
De jouir doucement de ſoi.
A l'abri de l'inquiétude ,
La fuir eft toute ſon étude ,'
Et te goûter tout ſon emploi.
Viens être mon guide & mon Roi
Je veux me jetter dans ta chaîne,
Loin qu'on en redoute la gêne ,
On aime à tomber fous ſon poids
La liberté qui fuit les loix
Se plaît à plier ſous la tienne.
Mais , ô ma chere Qiliveté !
Tandis qu'en ton fein je fommeille
Quelle voix frappe mon oreille ,
Et trouble ma tranquillité ?
Baillant , à demi je m'éveille :
J'entr'ouvre un oeil déconcerté.
Quel objet tout-à-coup l'étonne ?
Que vois-je ? où fuis-je tranſporté ?
J'apperçois fur un même trône
Et portant femblable couronne
AVRIL 1763.
Une double Divinité
Qu'un peuple de Fous environne ,
Et qu'encenſe la Vanité.
D'un air inquiet , agité ;
S'avance une foule importune :
L'ambition & la fortune
Sont l'une & l'autre Déité.
Leurs mains font pleines de largeffes ;
Et fi j'en crois à leurs promeſſes ,
Crédit , puiſſance , dignité ,
Titres , honneurs , emplois , richeffes ,
Au gré de mon avidité
Viendront me prouver leurs tendreffes ,
Pourvû que laiffant tes careffes ,
Je me range de leur sôté.....
Vaines & trompeuſes idoles !
Par vos féduifantes paroles
Croyez-vous que je fois tenté ?
Gardez pour vous vos dons frivoles ,
Mon coeur n'en peut être flatté.
La gloire la plus éclatante
Ne vaut point la douceur charmante
De cette oifive obfcurité
Où végére ma nonchalance :
Riches , fiers de votre opulence ,
Je le fuis de ma pauvreté.
De cette fuperbe affluence
L'avantage eft trop acheté ;
Nul de vous dans fon abondance
7
A iy
MERCURE DE FRANCE .
Ne peut dire avec vérité ,
Comme moi dans mon indigence ?
Mon bonheur ne m'a rien coûté.
Que me veut cette Mufé affable bukk
Qui m'attireau facré vallon
Sa main de la spart Apollon
Me préfente un laurier durable
Mais un travail infatigable
De ce laurier fera le prix :
Il ne doit être le
partage
Que de celui dont les écrits
Dignes de paffer d'âge en âge
Avec un affidu courage
Seront polis , & repolis ?...
Retourne , 'Mufe enchantereſſe ;
Et n'interromps plus mon repos :
Remporte tes brillans rameaux
J'aime cent fois mieux ma pareffe.
Si quelquefois avec tes foeurs!
Errant fur les bords du Permeffe ,
Je veux moiſſonner quelques fleurs ,
Ce n'eſt point au prix des douceurs
Qu'on goûte au fein de la moleffe :
Pour elles volontiers je laiffe
Mules , Phabus & leurs faveurs."
Bien fou quiconque fe confume
En écrivant pour éffacer ;
Je veux que les vers fous ma plume
Viennent d'eux-mêmes fe placer :
?
I
AVRIL. 1763.
Ainfi que l'eau de l'hypochrene
De la fource dont elle fort"
Jaillit fans obftacle & fans peine ,
D'une heureuſe & facile veine
Je veux qu'ils coulent fans effort.
Je ne veux point , ô Renommée !
• Te facrifier mon loiſir
Et changer contre ta fumée
Et mon bonheur & mon plaifir.
Que dis -je ? le Plaifir lui-même
Des ris , des jeux environné ,
Ceint d'un tranſparent diadême jin A
Et de guirlandes couronné ,
S'offre à mes yyeux fart un nuage
Dans les vague des airs traîné . ) and
Ce jeune Dieu paroît orné des ho'l
De tous les attraits du bel âge :
Il eſt léger , il eft volage ;
Son oeil eft vif , fon front , ferein ;) .
Le caprice & le badinage
T
Le tiennent tous deux par la main, g
Les fleurs qui tombent de fon "fein
Jonchent les lieux de fon paffage :
Des amours le brillant effain
Devant lui vole à tire d'aîle ,
Et lui prépare le chemin.
Il vient à moi ; fa voix m'appelle :
A fa voix , je marche , je cours.
Adieu , charmante létargie ,
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Où tantôt mon âme affoupie
Eûr voulu fommeiller toujours,
Pour me féparer de tes charmes ,
La fortune & l'ambition
N'ont point eu d'affez fortes armes :
L'éclat d'un immortel renom
N'a pu me vaincre & me féduire :
J'ai préféré ton doux empire
Aux vains honneurs de l'Hélicon.
Le plaifir feul a l'avantage
De m'arracher à tes appas ;
Mais s'il m'entraîne ſur ſes
pas ,
Ce n'eft que pour un court voyage
Dont tu me verras revenir
Plus épris de mon éſclavage
Sur tes genoux me rendormir.
Se livrer trop à l'allégreſſe ,
Ce n'eft point en ſçavoir jouir.
Qui veut agir avec fageffe ,
Donne fa vie à la pareſſe ,
Et quelques momens au plaifir.
Par le nouveau venu au Parnaffe.
f
HEUREUX Loifir , douce Indolence ,
Dans la paix & dans le filence
Que j'aime à goûter tes appas !
Que j'aime à dormir dans tes bras
Sans m'appercevoir que je penfe ,
Ne fongeant qu'à mon éxiſtence ,
N'y fongeant même prèſque pas !
ravaux & foins de difparoître
I. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Dès que tu t'approches de nous
Ne rien fçavoir , c'eſt te connoître.
Arts pénibles , éloignez-vous :
Ce n'eft qu'en vous ignorant tous ,
Que j'apprendrai bien celui d'être,
Inftruis- moi dans cet art fi doux ,
Dieu du repos , fois mon ſeul maître g
Qui n'en a point d'autre que toi
Se fait une aimable habitude
De jouir doucement de ſoi.
A l'abri de l'inquiétude ,
La fuir eft toute ſon étude ,'
Et te goûter tout ſon emploi.
Viens être mon guide & mon Roi
Je veux me jetter dans ta chaîne,
Loin qu'on en redoute la gêne ,
On aime à tomber fous ſon poids
La liberté qui fuit les loix
Se plaît à plier ſous la tienne.
Mais , ô ma chere Qiliveté !
Tandis qu'en ton fein je fommeille
Quelle voix frappe mon oreille ,
Et trouble ma tranquillité ?
Baillant , à demi je m'éveille :
J'entr'ouvre un oeil déconcerté.
Quel objet tout-à-coup l'étonne ?
Que vois-je ? où fuis-je tranſporté ?
J'apperçois fur un même trône
Et portant femblable couronne
AVRIL 1763.
Une double Divinité
Qu'un peuple de Fous environne ,
Et qu'encenſe la Vanité.
D'un air inquiet , agité ;
S'avance une foule importune :
L'ambition & la fortune
Sont l'une & l'autre Déité.
Leurs mains font pleines de largeffes ;
Et fi j'en crois à leurs promeſſes ,
Crédit , puiſſance , dignité ,
Titres , honneurs , emplois , richeffes ,
Au gré de mon avidité
Viendront me prouver leurs tendreffes ,
Pourvû que laiffant tes careffes ,
Je me range de leur sôté.....
Vaines & trompeuſes idoles !
Par vos féduifantes paroles
Croyez-vous que je fois tenté ?
Gardez pour vous vos dons frivoles ,
Mon coeur n'en peut être flatté.
La gloire la plus éclatante
Ne vaut point la douceur charmante
De cette oifive obfcurité
Où végére ma nonchalance :
Riches , fiers de votre opulence ,
Je le fuis de ma pauvreté.
De cette fuperbe affluence
L'avantage eft trop acheté ;
Nul de vous dans fon abondance
7
A iy
MERCURE DE FRANCE .
Ne peut dire avec vérité ,
Comme moi dans mon indigence ?
Mon bonheur ne m'a rien coûté.
Que me veut cette Mufé affable bukk
Qui m'attireau facré vallon
Sa main de la spart Apollon
Me préfente un laurier durable
Mais un travail infatigable
De ce laurier fera le prix :
Il ne doit être le
partage
Que de celui dont les écrits
Dignes de paffer d'âge en âge
Avec un affidu courage
Seront polis , & repolis ?...
Retourne , 'Mufe enchantereſſe ;
Et n'interromps plus mon repos :
Remporte tes brillans rameaux
J'aime cent fois mieux ma pareffe.
Si quelquefois avec tes foeurs!
Errant fur les bords du Permeffe ,
Je veux moiſſonner quelques fleurs ,
Ce n'eſt point au prix des douceurs
Qu'on goûte au fein de la moleffe :
Pour elles volontiers je laiffe
Mules , Phabus & leurs faveurs."
Bien fou quiconque fe confume
En écrivant pour éffacer ;
Je veux que les vers fous ma plume
Viennent d'eux-mêmes fe placer :
?
I
AVRIL. 1763.
Ainfi que l'eau de l'hypochrene
De la fource dont elle fort"
Jaillit fans obftacle & fans peine ,
D'une heureuſe & facile veine
Je veux qu'ils coulent fans effort.
Je ne veux point , ô Renommée !
• Te facrifier mon loiſir
Et changer contre ta fumée
Et mon bonheur & mon plaifir.
Que dis -je ? le Plaifir lui-même
Des ris , des jeux environné ,
Ceint d'un tranſparent diadême jin A
Et de guirlandes couronné ,
S'offre à mes yyeux fart un nuage
Dans les vague des airs traîné . ) and
Ce jeune Dieu paroît orné des ho'l
De tous les attraits du bel âge :
Il eſt léger , il eft volage ;
Son oeil eft vif , fon front , ferein ;) .
Le caprice & le badinage
T
Le tiennent tous deux par la main, g
Les fleurs qui tombent de fon "fein
Jonchent les lieux de fon paffage :
Des amours le brillant effain
Devant lui vole à tire d'aîle ,
Et lui prépare le chemin.
Il vient à moi ; fa voix m'appelle :
A fa voix , je marche , je cours.
Adieu , charmante létargie ,
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Où tantôt mon âme affoupie
Eûr voulu fommeiller toujours,
Pour me féparer de tes charmes ,
La fortune & l'ambition
N'ont point eu d'affez fortes armes :
L'éclat d'un immortel renom
N'a pu me vaincre & me féduire :
J'ai préféré ton doux empire
Aux vains honneurs de l'Hélicon.
Le plaifir feul a l'avantage
De m'arracher à tes appas ;
Mais s'il m'entraîne ſur ſes
pas ,
Ce n'eft que pour un court voyage
Dont tu me verras revenir
Plus épris de mon éſclavage
Sur tes genoux me rendormir.
Se livrer trop à l'allégreſſe ,
Ce n'eft point en ſçavoir jouir.
Qui veut agir avec fageffe ,
Donne fa vie à la pareſſe ,
Et quelques momens au plaifir.
Par le nouveau venu au Parnaffe.
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Résumé : SUR LA PARESSE.
Le poème 'Sur la paresse', publié en avril 1763 dans le Mercure de France, exalte la paresse et l'indolence comme sources de paix et de tranquillité. L'auteur exprime son désir de repos et de ne penser à rien, trouvant dans la paresse une douce habitude protectrice contre l'inquiétude. Il rejette les arts pénibles et les activités exigeantes, préférant l'ignorance et le repos. Cependant, sa tranquillité est perturbée par l'apparition de l'ambition et de la fortune, représentées comme des divinités entourées de fous et encensées par la vanité. Ces figures tentent de le séduire avec des promesses de crédit, de puissance et de richesses, mais il les rejette, préférant la douceur de son obscurité et de sa nonchalance. Une muse lui offre un laurier durable, symbole de gloire littéraire, mais il refuse, trouvant le prix trop élevé. Il aspire à écrire sans effort, comme l'eau jaillissant d'une source. Il rejette également la renommée et le plaisir, bien que ce dernier parvienne à l'arracher temporairement à sa paresse. L'auteur conclut que se livrer trop à l'allégresse n'est pas savoir jouir de la vie, et qu'il vaut mieux donner sa vie à la paresse et quelques moments au plaisir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19626
p. 2778-2780
EXTRAIT du Mémoire lû à la rentrée publique de l'Académie Royale des Sciences, le Samedi 14 Novembre 1733. sur une nouvelle maniere d'observer en Mer la Déclinaison de l'Aiguille Aimantée. Par M. de la Condamine.
Début :
L'auteur commence par déclarer qu'il est tres éloigné de vouloir chercher [...]
Mots clefs :
Aiguille aimantée, Déclinaison, Ombre, Instrument, Compas, Rebord, Soleil, Style, Rose, Compas de variation, La Condamine, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Mémoire lû à la rentrée publique de l'Académie Royale des Sciences, le Samedi 14 Novembre 1733. sur une nouvelle maniere d'observer en Mer la Déclinaison de l'Aiguille Aimantée. Par M. de la Condamine.
EXTRAIT du Mémoire lû à la rentrée
publique de l'Académie Royale des Sciences
, le Samedi 14 Novembre 1733. sur
une nouvelle maniere d'observer en
Mer la Déclinaison de l'Aiguille Aimanteé.
Par M. de la Condamine .
L
'Auteur commence par déclarer qu'il
est tres éloigné de vouloir chercher
à diminuer en rien le mérite des Ouvrages
a où cette matiere est déja traitée , et
en particulier des excellentes Pieces b qui
ont paru sur le même sujet , qui a été proposé
par l'Académie pour le prix de 1731 ,
Il dit ensuite que l'avantage qu'il eus
cette même année de faire le voyage des
Côtes de Barbarie et du Levant , sur les
Vaisseaux du Roy , l'ayant mis à portée
de reconnoître par lui-même les défauts
assez connus de l'instrument, appellé par
par
les marins Compas de Variation. Il a
:
a Remarques sur la Navigation , par M. de Radouay
, Capitaine des Vaisseaux du Roy , &c.
b Memoires imprimez, de Mrs Bougher et Mey
nier . Hydrographes du Roy , ¿e
11, Vol .
cherDECEMBRE.
1733. 2779
= cherché les moyens d'y remédier par un
nouvel Instrument , ou plutôt par un
changement qu'il propose de faire à l'ancien
, propre à le rendre plus exact et
plus commode dans la pratique .
Les deux principaux inconveniens du
Compas de Variation ordinaire , sont ; le
premier , que son usage exige deux Observateurs,
ce qui nuit à la précision par la
difficulté qu'il y a que les deux observations
soient faites précisément dans le mê
me instant; l'autre, qu'on ne peut se servir
de cet Instrument du moins pour observer
avec quelque justesse , que lorsqu'on
voit le Soleil bien net à l'horizon , ce qui
est assez rare , même quelquefois dans
les plus beaux jours. L'auteur propose de
rémedier à ces deux inconveniens par le
moyen d'un style perpendiculaire placé
au centre de la Rose ; l'ombre de ce style
tombera pendant tout le jour sur le plan
de la Rose et au lever ou au coucher du
Soleil , sur un rebord vertical , adhérant
à la circonférence et disposé pour rece
voir cette ombre , quand le Soleil est à
l'horison, De peur qu'un côté de ce rebord
, par son ombre n'empêche de distinguer
sur l'autre l'ombre du stile ; l'Auteur
partage ce rebord en deux demi circonférences
, l'une superieure au plan de
11. Vol. Bij de
2780 MERCURE DE FRANCE
la Roze pour recevoir l'ombre du stile le
matin ; l'autre , inférieure, pour recevoir
le soir l'ombre du Pivot , qui est dans l'alignement
du stile prolongé , et qui en
fait l'effet. Par le dégré de la circonférence
de la Rose , où répond cette ombre, on
verra d'un coup d'oeil , comme à un Ca- '
dran , et à toutes les heures du jour à quel
dégré de l'horison répond actuellement
le Soleil , qui est ce que l'on cherche.
L'Auteur a présenté à l'Assemblée un
Compas de Variation , construit sur ce
principe. Il est couvert pour contenir le
stile vertical , d'un demi Globe de verre,
au lieu du verre plan , des Compas ordinaires.
L'Auteur propose aussi un moyen
pour se passer du rebord vertical , sans
nuire à la justesse de l'Instrument, ce qui
le simplifie encore , et il observe qu'en
ce cas le changement à faire à l'ancien ,
pour lui procurer tous les avantages de
celui qu'il propose , devient si peu considérable
qu'il espere que l'Instrument
proposé n'aura pas le malheur de paroître
nouveau , et que la prévention ordi
naire contre les nouveautez n'empêchera
d'en faire l'épreuve.
publique de l'Académie Royale des Sciences
, le Samedi 14 Novembre 1733. sur
une nouvelle maniere d'observer en
Mer la Déclinaison de l'Aiguille Aimanteé.
Par M. de la Condamine .
L
'Auteur commence par déclarer qu'il
est tres éloigné de vouloir chercher
à diminuer en rien le mérite des Ouvrages
a où cette matiere est déja traitée , et
en particulier des excellentes Pieces b qui
ont paru sur le même sujet , qui a été proposé
par l'Académie pour le prix de 1731 ,
Il dit ensuite que l'avantage qu'il eus
cette même année de faire le voyage des
Côtes de Barbarie et du Levant , sur les
Vaisseaux du Roy , l'ayant mis à portée
de reconnoître par lui-même les défauts
assez connus de l'instrument, appellé par
par
les marins Compas de Variation. Il a
:
a Remarques sur la Navigation , par M. de Radouay
, Capitaine des Vaisseaux du Roy , &c.
b Memoires imprimez, de Mrs Bougher et Mey
nier . Hydrographes du Roy , ¿e
11, Vol .
cherDECEMBRE.
1733. 2779
= cherché les moyens d'y remédier par un
nouvel Instrument , ou plutôt par un
changement qu'il propose de faire à l'ancien
, propre à le rendre plus exact et
plus commode dans la pratique .
Les deux principaux inconveniens du
Compas de Variation ordinaire , sont ; le
premier , que son usage exige deux Observateurs,
ce qui nuit à la précision par la
difficulté qu'il y a que les deux observations
soient faites précisément dans le mê
me instant; l'autre, qu'on ne peut se servir
de cet Instrument du moins pour observer
avec quelque justesse , que lorsqu'on
voit le Soleil bien net à l'horizon , ce qui
est assez rare , même quelquefois dans
les plus beaux jours. L'auteur propose de
rémedier à ces deux inconveniens par le
moyen d'un style perpendiculaire placé
au centre de la Rose ; l'ombre de ce style
tombera pendant tout le jour sur le plan
de la Rose et au lever ou au coucher du
Soleil , sur un rebord vertical , adhérant
à la circonférence et disposé pour rece
voir cette ombre , quand le Soleil est à
l'horison, De peur qu'un côté de ce rebord
, par son ombre n'empêche de distinguer
sur l'autre l'ombre du stile ; l'Auteur
partage ce rebord en deux demi circonférences
, l'une superieure au plan de
11. Vol. Bij de
2780 MERCURE DE FRANCE
la Roze pour recevoir l'ombre du stile le
matin ; l'autre , inférieure, pour recevoir
le soir l'ombre du Pivot , qui est dans l'alignement
du stile prolongé , et qui en
fait l'effet. Par le dégré de la circonférence
de la Rose , où répond cette ombre, on
verra d'un coup d'oeil , comme à un Ca- '
dran , et à toutes les heures du jour à quel
dégré de l'horison répond actuellement
le Soleil , qui est ce que l'on cherche.
L'Auteur a présenté à l'Assemblée un
Compas de Variation , construit sur ce
principe. Il est couvert pour contenir le
stile vertical , d'un demi Globe de verre,
au lieu du verre plan , des Compas ordinaires.
L'Auteur propose aussi un moyen
pour se passer du rebord vertical , sans
nuire à la justesse de l'Instrument, ce qui
le simplifie encore , et il observe qu'en
ce cas le changement à faire à l'ancien ,
pour lui procurer tous les avantages de
celui qu'il propose , devient si peu considérable
qu'il espere que l'Instrument
proposé n'aura pas le malheur de paroître
nouveau , et que la prévention ordi
naire contre les nouveautez n'empêchera
d'en faire l'épreuve.
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Résumé : EXTRAIT du Mémoire lû à la rentrée publique de l'Académie Royale des Sciences, le Samedi 14 Novembre 1733. sur une nouvelle maniere d'observer en Mer la Déclinaison de l'Aiguille Aimantée. Par M. de la Condamine.
Le mémoire de M. de la Condamine, présenté à l'Académie Royale des Sciences le 14 novembre 1733, expose une nouvelle méthode pour observer en mer la déclinaison de l'aiguille aimantée. Reconnaissant les travaux antérieurs de M. de Radouay, Bougher et Meynier, M. de la Condamine identifie les défauts du compas de variation utilisé par les marins lors d'un voyage en 1731. Il propose des améliorations pour augmenter la précision et la commodité de cet instrument. Les principaux inconvénients du compas de variation ordinaire sont la nécessité de deux observateurs et la dépendance à la visibilité nette du Soleil à l'horizon. Pour remédier à ces problèmes, M. de la Condamine suggère l'ajout d'un style perpendiculaire au centre de la rose du compas, projetant une ombre sur la rose et sur un rebord vertical au lever ou au coucher du Soleil. Ce rebord est divisé en deux demi-circonférences pour éviter les ombres parasites. L'auteur présente un compas de variation amélioré, protégé par un demi-globe de verre, et propose une simplification en supprimant le rebord vertical sans compromettre la justesse de l'instrument. M. de la Condamine espère que ces modifications seront adoptées malgré la réticence habituelle envers les nouveautés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19627
p. 1288-1290
Nouveaux Termometres, &c. [titre d'après la table]
Début :
Nous croyons faire pla[i]sir au Public, en profitant de cette occasion, pour lui [...]
Mots clefs :
Abbé Nollet, Expériences, Cours, Thermomètres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Termometres, &c. [titre d'après la table]
Nous croyons faire plassir au Public ,
en profitant de cette occasion › pour lui
apprendre que M. l'Abbé Nollet , qui
demeure rue du Mouton près la Gréve ,
vis- à- vis les Pilliers du S. Esprit , s'est
chargé de faire des Thermométres de
toutes grandeurs sur les principes de
M. de Reaumur. Personne n'étoit plus
propre que lui à leur donner toute la
précision qu'ils doivent avoir ; la dexterité
et le génie de M. l'Abbé Nollet sont déja
connus par les Globes d'un pied de
diamétre qu'il a fait graver,et qu'il débite
depuis peu. Outre qu'ils sont les plus
exacts de tous ceux qui ont paru jusques
ici , ils sont vernis avec un goût et une
II Vo!. enJUIN.
1734. 1289
entente qui ne servent pas seulement à
les embellir ; les vernis colorez bien menagez
font paroître les Etoiles sur le
Globe céleste comme elles paroissent dans
le Ciel : les constellations ne s'y trouvent
marquées qu'autant qu'il faut pour ne
pas empêcher de bien voir les positions
des Etoiles. Enfin M. l'Abbé Nollet
exécute avec beaucoup d'art toutes les
Machines et les Instrumens qui peuvent
servir aux plus curieuses expériences de
Physique, comme les Machines Pneumatiques
, les Microscopes &c . Aussi depuis
que M. Pitot est devenu Pensionnaire de
l'Académie , c'est M. l'Abbé Nollet qui
travaille dans le Laboratoire de l'Acadé .
mie aux recherches et aux expériences
qui lui sont prescrites par M. de Reaumur.
Ceux qui aiment la Physique seront
encore bien aíses d'apprendre que M. l'Abbé
Nollet fait chez lui des cours d'expériences
comme on en fait en Angleterre
et en Hollande . Dans 18 à 20 séances il
fait les expériences les plus singulieres et
les plus propres à expliquer les principaux
Phénoménes de la nature . Il commence
un cours pour sept à huit Auditeurs
et il est bien aise de n'en avoir pas
davantage à chaque cours , afin que les
II. Vol.
B v
expé1290
MERCURE DE FRANCE
expériences puissent être mieux vuës et ›
mieux entendues par ceux aux yeux desquels
on les expose.
en profitant de cette occasion › pour lui
apprendre que M. l'Abbé Nollet , qui
demeure rue du Mouton près la Gréve ,
vis- à- vis les Pilliers du S. Esprit , s'est
chargé de faire des Thermométres de
toutes grandeurs sur les principes de
M. de Reaumur. Personne n'étoit plus
propre que lui à leur donner toute la
précision qu'ils doivent avoir ; la dexterité
et le génie de M. l'Abbé Nollet sont déja
connus par les Globes d'un pied de
diamétre qu'il a fait graver,et qu'il débite
depuis peu. Outre qu'ils sont les plus
exacts de tous ceux qui ont paru jusques
ici , ils sont vernis avec un goût et une
II Vo!. enJUIN.
1734. 1289
entente qui ne servent pas seulement à
les embellir ; les vernis colorez bien menagez
font paroître les Etoiles sur le
Globe céleste comme elles paroissent dans
le Ciel : les constellations ne s'y trouvent
marquées qu'autant qu'il faut pour ne
pas empêcher de bien voir les positions
des Etoiles. Enfin M. l'Abbé Nollet
exécute avec beaucoup d'art toutes les
Machines et les Instrumens qui peuvent
servir aux plus curieuses expériences de
Physique, comme les Machines Pneumatiques
, les Microscopes &c . Aussi depuis
que M. Pitot est devenu Pensionnaire de
l'Académie , c'est M. l'Abbé Nollet qui
travaille dans le Laboratoire de l'Acadé .
mie aux recherches et aux expériences
qui lui sont prescrites par M. de Reaumur.
Ceux qui aiment la Physique seront
encore bien aíses d'apprendre que M. l'Abbé
Nollet fait chez lui des cours d'expériences
comme on en fait en Angleterre
et en Hollande . Dans 18 à 20 séances il
fait les expériences les plus singulieres et
les plus propres à expliquer les principaux
Phénoménes de la nature . Il commence
un cours pour sept à huit Auditeurs
et il est bien aise de n'en avoir pas
davantage à chaque cours , afin que les
II. Vol.
B v
expé1290
MERCURE DE FRANCE
expériences puissent être mieux vuës et ›
mieux entendues par ceux aux yeux desquels
on les expose.
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Résumé : Nouveaux Termometres, &c. [titre d'après la table]
L'Abbé Nollet, résidant rue du Mouton près la Grève, fabrique des thermomètres de toutes tailles selon les principes de M. de Reaumur. Il est renommé pour sa précision et son génie, notamment à travers les globes célestes qu'il grave et vend. Ces globes sont les plus exacts et sont vernis pour faire apparaître les étoiles comme dans le ciel réel. L'Abbé Nollet construit également divers instruments de physique, tels que des machines pneumatiques et des microscopes. Depuis que M. Pitot est devenu pensionnaire de l'Académie, l'Abbé Nollet travaille dans le laboratoire de l'Académie pour M. de Reaumur. De plus, il propose des cours d'expériences physiques chez lui, similaires à ceux donnés en Angleterre et en Hollande. Chaque cours, limité à sept ou huit auditeurs, comprend 18 à 20 séances présentant des expériences singulières et explicatives des phénomènes naturels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19628
p. 223-224
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Les Seigneurs passerent le 16 Decembre le Bill de la taxe sur les terres. [...]
Mots clefs :
Londres, Taxes sur les terres, Vaisseaux marchands, Comte de Marchmont, Sa Majesté, Charges gouvernementales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE- BRETAGNE.
DE LONDRES , le 22 Decembre.
Les Seigneurs pafferent le 16 Decembre le Bil
de la taxe fur les terres . Le 12 de ce mois , la
Chambre des Communes accorda au Roi cent
mille livres fterlings, pour mettre Sa Majesté en
état de remplir les engagemens avec l'Impératrice
de Ruffie ; & cinquante- quatre mille cent quarante
pour fatisfaire au traité conclu avec le Landgrave
de Heffe- Caffel.
Il a été ordonné d'augmenter de dix hommes
chaque Efcadron des Régimens de Dragons fur
l'établiſſement de la Grande Bretagne. Les trois
-Régimens des Gardes à pied on ordre de prépa
rer leurs bagages. On affure que le Gouverner
ment fera pafler au Printems prochain un corps
de troupes Angloifes dans les Pays-Bas. 4
Le Comte d'Egmont s'étant excufé d'accepter
la charge de Tréforier Général des troupes , le
Roi l'a partagée entre le Comte de Darlington &
M. Hay.
Tous les vaiffeaux marchands qui étoient prêts
à faire voile de Spithead pour Lifbonne , lors
qu'on été informé de la ruine de cette ville
feront déchargés inceffamment.
On affure que le Comte Marchmont doit fe
rendre à Berlin en qualité d'Envoyé Extraordi
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
naire & Plénipotentiaire de Sa Majefté auprès du
Roi de Pruffe. Le Roi a nommé le Duc de Marlboroug
, Grand Maître de l'Artillerie ; le Comte
de Gower , Garde du Sceau Privé ; le Comte de
Sandwich , Garde des Forêts d'Angleterre ; le
Comte de Hilfbouroug , Tréforier de la Maifon
de Sa Majesté. Le Roi a difpofé du Gouvernement
de la nouvelle Ecofle , vacant par la démiffion
du Colonel Hopfon , en faveur de M. Lawrence
, Lieutenant - Gouverneur de cette Province.
DE LONDRES , le 22 Decembre.
Les Seigneurs pafferent le 16 Decembre le Bil
de la taxe fur les terres . Le 12 de ce mois , la
Chambre des Communes accorda au Roi cent
mille livres fterlings, pour mettre Sa Majesté en
état de remplir les engagemens avec l'Impératrice
de Ruffie ; & cinquante- quatre mille cent quarante
pour fatisfaire au traité conclu avec le Landgrave
de Heffe- Caffel.
Il a été ordonné d'augmenter de dix hommes
chaque Efcadron des Régimens de Dragons fur
l'établiſſement de la Grande Bretagne. Les trois
-Régimens des Gardes à pied on ordre de prépa
rer leurs bagages. On affure que le Gouverner
ment fera pafler au Printems prochain un corps
de troupes Angloifes dans les Pays-Bas. 4
Le Comte d'Egmont s'étant excufé d'accepter
la charge de Tréforier Général des troupes , le
Roi l'a partagée entre le Comte de Darlington &
M. Hay.
Tous les vaiffeaux marchands qui étoient prêts
à faire voile de Spithead pour Lifbonne , lors
qu'on été informé de la ruine de cette ville
feront déchargés inceffamment.
On affure que le Comte Marchmont doit fe
rendre à Berlin en qualité d'Envoyé Extraordi
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
naire & Plénipotentiaire de Sa Majefté auprès du
Roi de Pruffe. Le Roi a nommé le Duc de Marlboroug
, Grand Maître de l'Artillerie ; le Comte
de Gower , Garde du Sceau Privé ; le Comte de
Sandwich , Garde des Forêts d'Angleterre ; le
Comte de Hilfbouroug , Tréforier de la Maifon
de Sa Majesté. Le Roi a difpofé du Gouvernement
de la nouvelle Ecofle , vacant par la démiffion
du Colonel Hopfon , en faveur de M. Lawrence
, Lieutenant - Gouverneur de cette Province.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 16 décembre, les Seigneurs ont approuvé la taxe sur les terres. Le 12 décembre, la Chambre des Communes a alloué 100 000 livres sterling au Roi pour les engagements avec l'Impératrice de Russie et 54 140 livres pour le traité avec le Landgrave de Hesse-Cassel. Une augmentation de dix hommes par escadron a été ordonnée pour les régiments de dragons en Grande-Bretagne. Les trois régiments des Gardes à pied doivent préparer leurs bagages pour une mission prévue dans les Pays-Bas au printemps. Le Comte d'Egmont ayant refusé le poste de Trésorier Général des troupes, celui-ci a été partagé entre le Comte de Darlington et M. Hay. Les vaisseaux marchands destinés à Lisbonne seront déchargés en raison de la ruine de cette ville. Le Comte Marchmont est nommé Envoyé Extraordinaire et Plénipotentiaire auprès du Roi de Prusse. Le Roi a nommé plusieurs personnalités à des postes importants : le Duc de Marlborough comme Grand Maître de l'Artillerie, le Comte de Gower comme Garde du Sceau Privé, le Comte de Sandwich comme Garde des Forêts d'Angleterre, et le Comte de Hillsborough comme Trésorier de la Maison du Roi. M. Lawrence a été désigné pour gouverner la nouvelle Écosse, poste laissé vacant par la démission du Colonel Hopson.
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19629
p. 2761-2763
EPITRE à M. de Voltaire, par M. Clement, Conseiller du Roi, Receveur des Tailles de Dreux.
Début :
De tes talens admirateur sincere, [...]
Mots clefs :
Voltaire, Talents, Malcrais, Lire, Sensibilité
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE à M. de Voltaire, par M. Clement, Conseiller du Roi, Receveur des Tailles de Dreux.
EPITRE à M. de Voltaire , par M. Cle
ment , Conseiller du Roi , Receveur des
Tailles de Dreux.
DEE tes talens admirateur sincere ,
Je t'adresse , illustre Voltaire ,
Ce foible essai que j'ai construit ,
Loin des Curieux et du bruit
Si ma Muse ici pour te plaire
;
Fait par hazard des efforts superflus ,
Ton silence bien- tôt m'apprenant à me taire ,
De mes deffauts me corrigera plus
Que ne seroit le sifflet du Partere.
D'où vient donc ce transport nouveau ?
Les Provinciaux , vas tu dire ,
Connoissent-ils le charme de ma Lire !
Oui ; Voltaire , ici le vrai beau
Sur les cœurs maintient son empire ,
Et , comme à Paris , l'on sçait rire
Des vains efforts d'un débile cerveau.
Jadis , en ce lieu les Druides ,
: -II. Vol. Biiij Fai-
2762 MERCURE DE FRANCE
Faisoient sous leurs mains homicides,
Gémir les crédules humains ;
Tu sçais qu'arbitres des destins ,
Aux Mortels simples , sans science ,
Ils faisoient respecter leur trompeuse igno rance ;
Nous vivons sous un autre tems ,
De ces beaux lieux les doctes habitans ,
Desabusés du faux , du ridicule ,
Ont sçû bannir préjugés et scrupule ,
'Amour du vrai charme ici les esprits
De toi sans cesse en relit les écrits ,
Et ta Henriade immortelle >
Par des traits touchans , enchanteurs ;
De la ligue et de ses fureurs
Nous rend la peinture si belle ,
Que nous cherissons les malheurs
Qui de ta muse ont excité le zele.
Charles , Brutus , Edipe , enfans de ton loisir;
Nous offrent tour à tour un différent plaisir.
De tes Vers la douce harmonie
Tient surtout mon ame ravie ;
Que ne puis-je avec dignité ,
Te peindre ici ma sensibilité !
Et t'exprimer avec ton énergie
A quel point tu m'as enchanté!
Vains efforts , je sens ma foiblesse ,
Et tout mon feu n'est qu'une yvresse ,
II. Vol. Dont
DECEMBRE. 1732. 2763
Dont tu ris peut-être à présent.
Reçois du moins ce badinage ,
D'un œil moderé , complaisant ;
Si Malcrais sçût plus dignement
T'offrir de son pays le fastueux hommage ,
Qu'il te souvienne seulement ,
Qu'inferieurs à son ouvrage ,
Nous l'égalons en sentiment.
ment , Conseiller du Roi , Receveur des
Tailles de Dreux.
DEE tes talens admirateur sincere ,
Je t'adresse , illustre Voltaire ,
Ce foible essai que j'ai construit ,
Loin des Curieux et du bruit
Si ma Muse ici pour te plaire
;
Fait par hazard des efforts superflus ,
Ton silence bien- tôt m'apprenant à me taire ,
De mes deffauts me corrigera plus
Que ne seroit le sifflet du Partere.
D'où vient donc ce transport nouveau ?
Les Provinciaux , vas tu dire ,
Connoissent-ils le charme de ma Lire !
Oui ; Voltaire , ici le vrai beau
Sur les cœurs maintient son empire ,
Et , comme à Paris , l'on sçait rire
Des vains efforts d'un débile cerveau.
Jadis , en ce lieu les Druides ,
: -II. Vol. Biiij Fai-
2762 MERCURE DE FRANCE
Faisoient sous leurs mains homicides,
Gémir les crédules humains ;
Tu sçais qu'arbitres des destins ,
Aux Mortels simples , sans science ,
Ils faisoient respecter leur trompeuse igno rance ;
Nous vivons sous un autre tems ,
De ces beaux lieux les doctes habitans ,
Desabusés du faux , du ridicule ,
Ont sçû bannir préjugés et scrupule ,
'Amour du vrai charme ici les esprits
De toi sans cesse en relit les écrits ,
Et ta Henriade immortelle >
Par des traits touchans , enchanteurs ;
De la ligue et de ses fureurs
Nous rend la peinture si belle ,
Que nous cherissons les malheurs
Qui de ta muse ont excité le zele.
Charles , Brutus , Edipe , enfans de ton loisir;
Nous offrent tour à tour un différent plaisir.
De tes Vers la douce harmonie
Tient surtout mon ame ravie ;
Que ne puis-je avec dignité ,
Te peindre ici ma sensibilité !
Et t'exprimer avec ton énergie
A quel point tu m'as enchanté!
Vains efforts , je sens ma foiblesse ,
Et tout mon feu n'est qu'une yvresse ,
II. Vol. Dont
DECEMBRE. 1732. 2763
Dont tu ris peut-être à présent.
Reçois du moins ce badinage ,
D'un œil moderé , complaisant ;
Si Malcrais sçût plus dignement
T'offrir de son pays le fastueux hommage ,
Qu'il te souvienne seulement ,
Qu'inferieurs à son ouvrage ,
Nous l'égalons en sentiment.
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Résumé : EPITRE à M. de Voltaire, par M. Clement, Conseiller du Roi, Receveur des Tailles de Dreux.
L'épître est adressée à Voltaire par M. Clément, Conseiller du Roi et Receveur des Tailles de Dreux. L'auteur exprime son admiration pour les talents de Voltaire et lui présente un essai écrit à l'abri des regards curieux. Il anticipe le silence de Voltaire, qui corrigera plus efficacement que les critiques du public. L'auteur souligne que les provinciaux, comme les Parisiens, apprécient le véritable talent et se moquent des efforts médiocres. Il compare les Druides, qui imposaient leur ignorance, aux habitants actuels de Dreux, éclairés et débarrassés des préjugés. Ces habitants aiment la vérité et lisent les œuvres de Voltaire, notamment 'L'Henriade', qui les enchante par sa beauté et son émotion. L'auteur mentionne également d'autres œuvres de Voltaire, comme 'Charles XII', 'Brutus' et 'Œdipe', et admire la douceur de ses vers. Il conclut en offrant ce badinage à Voltaire, espérant qu'il le recevra avec complaisance, et se compare à Malcrais, un autre admirateur de Voltaire.
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19630
p. 234-235
A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Monsieur, il arrive tous les jours aux gens de Robe & [...]
Mots clefs :
Finances, Tableau, Arrêts, Déclarations, Édits
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texteReconnaissance textuelle : A L'AUTEUR DU MERCURE.
A L'AUTEUR DU MERCURE.
Monfieur , il arrive tous les jours aux gens
de Robe & de Finance , & à des Particuliers
même , d'avoir befoin dans des opérations , des
EPOQUES des Dixiemes , Cinquantieme , Vingtiemes
des deux fols pour livre en fus du dernier
Dixieme. La difficulté eft de trouver ſous ſa main
dans l'inftant qu'on en a befoin , les différens
Edits , Arrêts & Déclarations qui les ont établis
& fupprimés. Ceux qui n'en ont pas fouvent befoin
, donnent avec peine quatre livres ou cent
fols , pour fe procurer ces pièces chez les Libraires
qui en ont fait la collection , & qui ne les donnent
pas à bon marché : l'épreuve que j'en ai faite
m'a donné l'idée de dreffer le petit tableau que je
vous envoie ; & comme la Société peut y trouver
de l'utilité , j'ai cru qu'il pourroit tenir une
place dans le Mercure .
J'ai l'honneur d'être , & c.
DELAGRAVE , Commiſſaire au Châtelet.
Monfieur , il arrive tous les jours aux gens
de Robe & de Finance , & à des Particuliers
même , d'avoir befoin dans des opérations , des
EPOQUES des Dixiemes , Cinquantieme , Vingtiemes
des deux fols pour livre en fus du dernier
Dixieme. La difficulté eft de trouver ſous ſa main
dans l'inftant qu'on en a befoin , les différens
Edits , Arrêts & Déclarations qui les ont établis
& fupprimés. Ceux qui n'en ont pas fouvent befoin
, donnent avec peine quatre livres ou cent
fols , pour fe procurer ces pièces chez les Libraires
qui en ont fait la collection , & qui ne les donnent
pas à bon marché : l'épreuve que j'en ai faite
m'a donné l'idée de dreffer le petit tableau que je
vous envoie ; & comme la Société peut y trouver
de l'utilité , j'ai cru qu'il pourroit tenir une
place dans le Mercure .
J'ai l'honneur d'être , & c.
DELAGRAVE , Commiſſaire au Châtelet.
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Résumé : A L'AUTEUR DU MERCURE.
Delagrave, Commissaire au Châtelet, souligne la difficulté à accéder rapidement aux édits et arrêts relatifs aux Dixièmes, Cinquantièmes, Vingtièmes et aux deux sols pour livre. Ces documents sont essentiels pour les opérations financières ou juridiques. Delagrave propose un tableau pour faciliter cet accès et suggère sa publication dans le Mercure.
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19631
p. 1290-1291
LA PUISSANCE DE L'AMOUR, ODE ANACREONTIQUE.
Début :
Enfin la sagesse m'écaire ; [...]
Mots clefs :
Amour, Puissance
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texteReconnaissance textuelle : LA PUISSANCE DE L'AMOUR, ODE ANACREONTIQUE.
LA PUISSANCE DE L'AMOUR
ODE
ANACREONTIQUE
Enfin la sagesse m'éclaire ;
Je n'offrirai plus à Cypris ,
Un encens qui n'a pour
Qu'infidelités ou mépris.
salaire
Tel est à peu près le langage ,
Que je tenois contre l'amour ;
Quand la Bergere qui m'engage ,
Parut dans son galant atour.
逛
Quel port ? quel air ? et quelle grace ?
Tout en elle m'a désarmé :
Mon coeur que je croyois de glace
Ne fut jamais plus enflammé.
來
Dans un doux transport , je lui jure ,
De vivre à jamais sous sa loi ,
Avec tendresse ele m'assure ,
Qu'elle vivra toujours pour moi.
1
Elle a de notre amour extrême ,
II Vei
JUIN. 1734. T291
D'un baiser scelé les sermens ;
Les Dieux dans leur grandeur suprême ;
Goutent des plaisirs moins charmans.”
龍
Envain une morale austere ,
Contre l'amour vient déclamer ;
Il n'est de mortel sur la terre ,
Qui ne céde au plaisir d'aimer.
Par M. de Sommevel.
ODE
ANACREONTIQUE
Enfin la sagesse m'éclaire ;
Je n'offrirai plus à Cypris ,
Un encens qui n'a pour
Qu'infidelités ou mépris.
salaire
Tel est à peu près le langage ,
Que je tenois contre l'amour ;
Quand la Bergere qui m'engage ,
Parut dans son galant atour.
逛
Quel port ? quel air ? et quelle grace ?
Tout en elle m'a désarmé :
Mon coeur que je croyois de glace
Ne fut jamais plus enflammé.
來
Dans un doux transport , je lui jure ,
De vivre à jamais sous sa loi ,
Avec tendresse ele m'assure ,
Qu'elle vivra toujours pour moi.
1
Elle a de notre amour extrême ,
II Vei
JUIN. 1734. T291
D'un baiser scelé les sermens ;
Les Dieux dans leur grandeur suprême ;
Goutent des plaisirs moins charmans.”
龍
Envain une morale austere ,
Contre l'amour vient déclamer ;
Il n'est de mortel sur la terre ,
Qui ne céde au plaisir d'aimer.
Par M. de Sommevel.
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Résumé : LA PUISSANCE DE L'AMOUR, ODE ANACREONTIQUE.
Le narrateur, initialement désillusionné par l'amour, change d'avis en voyant une bergère. Il s'enflamme pour elle et ils se jurent un amour éternel. Le narrateur affirme que même les dieux envient leur bonheur. Il conclut que nul ne peut résister au plaisir d'aimer. L'ode est signée par M. de Sommevel et datée du 21 juin 1734.
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19632
p. 224-228
« Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...] »
Début :
Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...]
Mots clefs :
Famille royale, Chevalier, Lieutenant, Ambassadeur, Tremblement de terre, Crue du Rhône, Comte
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texteReconnaissance textuelle : « Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...] »
Il y a eu des illuminations & des feux de joie
'dans les terres de M. le Marquis de Monpefat ,
du Dauphiné & du Languedoc à l'occafion de la
naiffance de Monfeigneur le Comte de Provence.
2 Le 23 , M. le Duc de Mirepoix prit 'congé de
leurs Majeftés & de la Famille Royale. Il part
inceffamment pour aller tenir les Etats de Languedoc
, qui doivent s'affembler le mois prochain.
" M. le Chevalier Chauvelin Lieutenant - Général
des armées du Roi , & fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne étant arrivé depuis
peu de Turin , fut préfenté le 21 à Sa Majesté
par M. Rouillé , Miniftre & Secrétaire d'Etat ,
ayant le département des Affaires étrangeres.
Le même jour , Madame la Maréchale de Lo
JANVIE R. 1756 . 225
wendalh fit fes révérences au Roi , à la Reine , &
à la Famille Royale .
Madame la Marquife de Conflans fut préfentée
le même jour à leurs Majeftés.
On a fenti une legere fecouffe de tremblement
de terre à Besançon , & dans d'autres villes
de la Franche- Comté. M. de la Lande , de
l'Académie Royale des Sciences , a mandé à cette
Académie , que le 9 Décembre , à deux heures
quarts après-midi , il y avoit eu auffi deux fecouf-
Bourg-en Breffe .
Les eaux du Rhône , groffies par une fonte fubite
des neiges , font montées à une hauteur à
laquelle on ne les avoit jamais vués. Ce fleuve
a rompu toutes les digues. Une furface de plus
de quarante lieues quarrées , que contient le territoire
d'Arles , a été totalement fubmergée , à
P'exception feulement du fommet de quelques.
monticules. Les deux bras du fleuve qui entourent
l'ifle de Camargue , n'ont fait qu'une feule
riviere , & ils ont couvert entierement cette ifle.
Près de trente mille bêtes à laine ont été noyées,
ainfi qu'un nombre prodigieux de bêtes à cornes ,
de chevaux & de mulets. La ville d'Arles a , ellemême
beaucoup fouffert. A Tarascon , les eaux
ont paffé par- deflus les grandes chauffées , & ont
inondé la campagne jufqu'à huit pieds de hauteur.
Elles étoient au niveau du premier étage
des maifons dans la ville baffe. La ville d'Avignon
a été expofée au même fléau . L'inondation
y a fait écrouler plufieurs maiſons , & en a
ébranlé un grand nombre d'autres. Dans le Comtat
Venaiffin , auffi bien qu'en Provence , on a
fait une perte immenſe en bled , vin , huile , &
autres denrées.
Madame la Dauphine fut relevée de fes cou
K.v
226 MERCURE DE FRANCE.
ches le 28 du mois dernier , dans la chapelle du
Château. L'Archevêque de Sens , premier Aumônier
de cette Princeffe , fit la cérémonie , en préfence
du Curé de l'Eglife paroiffiale de Notre-
Dame.
Le même jour , Madame la Comteffe de Beuzeville
, à l'occafion de la mort du Comte fon
époux , fit fes révérences à leurs Majeſtés , & à la
Famille Royale.
Le même jour , M. Jannel , Chevalier de Saint
Michel , ci- devant Contrôleur Général des Poftes
& Relais de France , nommé le 24 pour fuc
céder à feu M. de Gerfeuil , Intendant Général
des Poftes & Relais de France , a été préſenté en
la même qualité au Roi dans fon cabinet par M.
le Comte d'Argenſon , Surintendant des Poftes .
M. Jannel a été Secrétaire du Congrès de Soiffons.
I eft connu d'ailleurs par plufieurs négociations
importantes , dont il a été chargé en différentes
Cours.
Le premier jour de l'an , les Princes & Prin
ceffes , ainfi que les Seigneurs & Dames de la
Cour , ont eu l'honneur de complimenter le Roi
fur la nouvelle année. Le Corps de Ville a rendu
à cette occafion fes refpects à leurs Majeftés & à
la Famille Royale.
Les Chevaliers , Commandeurs , & Officiers de
l'Ordre du Saint Efprit , s'étant afſemblés vers les
onze heures du matin dans le cabinet du Roi ; Sa
Majefté a tenu un Chapitre , dans lequel elle a
nommé Chevaliers de fes Ordres le Prince Camille
de Lorraine , le Duc d'Harcourt , le Duc de Fitz-
James , le Duc d'Aiguillon ; le Comte de Stainville
, Ambaffadeur Extraordinaire du Roi auprès
du Saint Siege ; le Comte de Bafchi , Ambaffadeur
de Sa Majesté en Portugal ; le Marquis de SaintJANVIER.
1756 . 227
Viral , Chevalier d'honneur de Madame Ducheffe
de Parme ; le Prince Jablonowski , & le Prince
Louis de Wirtemberg. Le Roi eft forti enfuite de
fon appartement pour aller à la chapelle. Sa Majefté
, devant qui les deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes , étoit en manteau , le
collier de l'Ordre par-deffus , ainfi que celui de
P'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée de
Mgr. le Dauphin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Prince de Conty , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
POrdre. Après la grand'Mefle , qui a été célébrée
par le Prince Conftantin , premier Aumônier
du Roi , & Prélat Commandeur de l'Ordre
du Saint Efprit , Sa Majefté a été reconduite à fon
appartement en la maniere accoutumée.
1. Le Roi a donné à M. le Maréchal Duc de Belle-
Ine le commandement général des côtes maritimes
depuis Bayonne juſqu'à Dunkerque.
Sa Majefté a accordé à M. le Comte de Dunois ,
fils aîné de M. le Duc de Chevreuſe , la Commiffion
du fecond Meftre de Camp- Lieutenant du
Régiment du Colonel général des Dragons , & le
commandement de ce Régiment en l'absence du
Marquis de Goyon , Brigadier , qui en eft prez
mier Mestre de Camp- Lieutenant .
On mande de Bruxelles , que la nuit du 26 au
27 Décembre , il y a eu deux fecouffes de tremblement
de terre , l'une à onze heures trois quarts,
l'autre à minuit. Elle n'ont pas été violentes.
Le 31 du mois dernier , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quatorze cens vingt li
vres : les Billets de la feconde Loterie Royale à
fept cens vingt- deux, & ceux de la troifieme Lo-
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
terie à fix cens vingt- un. Ceux de la premiere
fixe.
'dans les terres de M. le Marquis de Monpefat ,
du Dauphiné & du Languedoc à l'occafion de la
naiffance de Monfeigneur le Comte de Provence.
2 Le 23 , M. le Duc de Mirepoix prit 'congé de
leurs Majeftés & de la Famille Royale. Il part
inceffamment pour aller tenir les Etats de Languedoc
, qui doivent s'affembler le mois prochain.
" M. le Chevalier Chauvelin Lieutenant - Général
des armées du Roi , & fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne étant arrivé depuis
peu de Turin , fut préfenté le 21 à Sa Majesté
par M. Rouillé , Miniftre & Secrétaire d'Etat ,
ayant le département des Affaires étrangeres.
Le même jour , Madame la Maréchale de Lo
JANVIE R. 1756 . 225
wendalh fit fes révérences au Roi , à la Reine , &
à la Famille Royale .
Madame la Marquife de Conflans fut préfentée
le même jour à leurs Majeftés.
On a fenti une legere fecouffe de tremblement
de terre à Besançon , & dans d'autres villes
de la Franche- Comté. M. de la Lande , de
l'Académie Royale des Sciences , a mandé à cette
Académie , que le 9 Décembre , à deux heures
quarts après-midi , il y avoit eu auffi deux fecouf-
Bourg-en Breffe .
Les eaux du Rhône , groffies par une fonte fubite
des neiges , font montées à une hauteur à
laquelle on ne les avoit jamais vués. Ce fleuve
a rompu toutes les digues. Une furface de plus
de quarante lieues quarrées , que contient le territoire
d'Arles , a été totalement fubmergée , à
P'exception feulement du fommet de quelques.
monticules. Les deux bras du fleuve qui entourent
l'ifle de Camargue , n'ont fait qu'une feule
riviere , & ils ont couvert entierement cette ifle.
Près de trente mille bêtes à laine ont été noyées,
ainfi qu'un nombre prodigieux de bêtes à cornes ,
de chevaux & de mulets. La ville d'Arles a , ellemême
beaucoup fouffert. A Tarascon , les eaux
ont paffé par- deflus les grandes chauffées , & ont
inondé la campagne jufqu'à huit pieds de hauteur.
Elles étoient au niveau du premier étage
des maifons dans la ville baffe. La ville d'Avignon
a été expofée au même fléau . L'inondation
y a fait écrouler plufieurs maiſons , & en a
ébranlé un grand nombre d'autres. Dans le Comtat
Venaiffin , auffi bien qu'en Provence , on a
fait une perte immenſe en bled , vin , huile , &
autres denrées.
Madame la Dauphine fut relevée de fes cou
K.v
226 MERCURE DE FRANCE.
ches le 28 du mois dernier , dans la chapelle du
Château. L'Archevêque de Sens , premier Aumônier
de cette Princeffe , fit la cérémonie , en préfence
du Curé de l'Eglife paroiffiale de Notre-
Dame.
Le même jour , Madame la Comteffe de Beuzeville
, à l'occafion de la mort du Comte fon
époux , fit fes révérences à leurs Majeſtés , & à la
Famille Royale.
Le même jour , M. Jannel , Chevalier de Saint
Michel , ci- devant Contrôleur Général des Poftes
& Relais de France , nommé le 24 pour fuc
céder à feu M. de Gerfeuil , Intendant Général
des Poftes & Relais de France , a été préſenté en
la même qualité au Roi dans fon cabinet par M.
le Comte d'Argenſon , Surintendant des Poftes .
M. Jannel a été Secrétaire du Congrès de Soiffons.
I eft connu d'ailleurs par plufieurs négociations
importantes , dont il a été chargé en différentes
Cours.
Le premier jour de l'an , les Princes & Prin
ceffes , ainfi que les Seigneurs & Dames de la
Cour , ont eu l'honneur de complimenter le Roi
fur la nouvelle année. Le Corps de Ville a rendu
à cette occafion fes refpects à leurs Majeftés & à
la Famille Royale.
Les Chevaliers , Commandeurs , & Officiers de
l'Ordre du Saint Efprit , s'étant afſemblés vers les
onze heures du matin dans le cabinet du Roi ; Sa
Majefté a tenu un Chapitre , dans lequel elle a
nommé Chevaliers de fes Ordres le Prince Camille
de Lorraine , le Duc d'Harcourt , le Duc de Fitz-
James , le Duc d'Aiguillon ; le Comte de Stainville
, Ambaffadeur Extraordinaire du Roi auprès
du Saint Siege ; le Comte de Bafchi , Ambaffadeur
de Sa Majesté en Portugal ; le Marquis de SaintJANVIER.
1756 . 227
Viral , Chevalier d'honneur de Madame Ducheffe
de Parme ; le Prince Jablonowski , & le Prince
Louis de Wirtemberg. Le Roi eft forti enfuite de
fon appartement pour aller à la chapelle. Sa Majefté
, devant qui les deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes , étoit en manteau , le
collier de l'Ordre par-deffus , ainfi que celui de
P'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée de
Mgr. le Dauphin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Prince de Conty , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
POrdre. Après la grand'Mefle , qui a été célébrée
par le Prince Conftantin , premier Aumônier
du Roi , & Prélat Commandeur de l'Ordre
du Saint Efprit , Sa Majefté a été reconduite à fon
appartement en la maniere accoutumée.
1. Le Roi a donné à M. le Maréchal Duc de Belle-
Ine le commandement général des côtes maritimes
depuis Bayonne juſqu'à Dunkerque.
Sa Majefté a accordé à M. le Comte de Dunois ,
fils aîné de M. le Duc de Chevreuſe , la Commiffion
du fecond Meftre de Camp- Lieutenant du
Régiment du Colonel général des Dragons , & le
commandement de ce Régiment en l'absence du
Marquis de Goyon , Brigadier , qui en eft prez
mier Mestre de Camp- Lieutenant .
On mande de Bruxelles , que la nuit du 26 au
27 Décembre , il y a eu deux fecouffes de tremblement
de terre , l'une à onze heures trois quarts,
l'autre à minuit. Elle n'ont pas été violentes.
Le 31 du mois dernier , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quatorze cens vingt li
vres : les Billets de la feconde Loterie Royale à
fept cens vingt- deux, & ceux de la troifieme Lo-
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
terie à fix cens vingt- un. Ceux de la premiere
fixe.
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Résumé : « Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...] »
En janvier 1756, plusieurs événements notables ont marqué la France. La naissance de Monseigneur le Comte de Provence a été célébrée par des illuminations et des feux de joie dans les terres du Marquis de Monpefat, du Dauphiné et du Languedoc. Le 23 janvier, le Duc de Mirepoix a quitté la famille royale pour se rendre aux États de Languedoc. Le Chevalier Chauvelin, Lieutenant-Général des armées du Roi et Ambassadeur auprès du Roi de Sardaigne, a été présenté au Roi par M. Rouillé, Ministre et Secrétaire d'État aux Affaires étrangères. La même journée, Madame la Maréchale de Lowendahl et Madame la Marquise de Conflans ont fait leurs révérences au Roi et à la famille royale. Une légère secousse de tremblement de terre a été ressentie à Besançon et dans d'autres villes de la Franche-Comté. Les eaux du Rhône, gonflées par la fonte subite des neiges, ont rompu toutes les digues, submergeant une vaste superficie autour d'Arles et de la Camargue. Cette inondation a causé la noyade de milliers d'animaux et des dégâts importants dans les villes d'Arles, Tarascon et Avignon. Le Comtat Venaissin et la Provence ont également subi des pertes considérables en blé, vin, huile et autres denrées. Madame la Dauphine a été relevée de ses couches le 28 décembre dans la chapelle du Château. Madame la Comtesse de Beuzeville a présenté ses respects à la famille royale à l'occasion du décès de son époux. M. Jannel, Chevalier de Saint-Michel, a été nommé Intendant Général des Postes et Relais de France et présenté au Roi par le Comte d'Argenson. Le 1er janvier, les Princes, Princesses, Seigneurs et Dames de la Cour ont complimenté le Roi pour la nouvelle année. Les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit ont tenu un chapitre, durant lequel plusieurs personnalités ont été nommées Chevaliers de l'Ordre. Le Roi a ensuite assisté à la grand-messe célébrée par le Prince Constantin, premier Aumônier du Roi. Le Roi a confié à M. le Maréchal Duc de Belle-Isle le commandement général des côtes maritimes depuis Bayonne jusqu'à Dunkerque. Il a également accordé à M. le Comte de Dunois une commission de Maître de Camp-Lieutenant du Régiment des Dragons. Des secousses de tremblement de terre ont été signalées à Bruxelles. Enfin, les actions de la Compagnie des Indes et les billets de loterie royale ont été évalués à des montants spécifiques.
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19633
p. 237
AUTRE.
Début :
Le Sieur Musard, Marchand Parfumeur du Paris, donne avis au Public [...]
Mots clefs :
Parfumeur, Pâté, Engelures et crevasses, Mains
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE Sieur Mufard , Marchand Parfumeur de Pa- ".
ris , donne avis au Public qu'il vend une Pâte
pour les engelures & les crevaffes : ladite Pâte
lave les mains auffi proprement que la pâte d'amandes
ordinaires. Les bons effets de ladite Pâte
lui ont procuré une permiffion de M. le premier
Médecin .
Ladice Pâte ſe vend 3 liv . le paquet , 1 liv. 1p f.
le demi , & 15 fols le petit paquet ; étant liquide
& au miel 6 liv. le pot , 3 liv. le demi pot , &
1 liv. 10 fols le petit pot. Son adreffe eft rue des
Anglois , près la Place Maubert ; & pour la commodité
du Public , on en trouvera rue S. Victor
chez le Sieur Guérin , Parfumeur , vis -à-vis le
Séminaire Saint Nicolas .
LE Sieur Mufard , Marchand Parfumeur de Pa- ".
ris , donne avis au Public qu'il vend une Pâte
pour les engelures & les crevaffes : ladite Pâte
lave les mains auffi proprement que la pâte d'amandes
ordinaires. Les bons effets de ladite Pâte
lui ont procuré une permiffion de M. le premier
Médecin .
Ladice Pâte ſe vend 3 liv . le paquet , 1 liv. 1p f.
le demi , & 15 fols le petit paquet ; étant liquide
& au miel 6 liv. le pot , 3 liv. le demi pot , &
1 liv. 10 fols le petit pot. Son adreffe eft rue des
Anglois , près la Place Maubert ; & pour la commodité
du Public , on en trouvera rue S. Victor
chez le Sieur Guérin , Parfumeur , vis -à-vis le
Séminaire Saint Nicolas .
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Résumé : AUTRE.
Le Sieur Mufard, marchand parfumeur à Paris, vend une pâte traitant les engelures et les crevasses, autorisée par le premier Médecin. Disponible en plusieurs formats et versions liquides, elle nettoie les mains efficacement. La pâte est vendue rue des Anglois et rue Saint-Victor chez le Sieur Guérin.
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19634
p. 2781
DÉFINITION DE L'AMOUR.
Début :
Vous m'ordonnez, Philis, de définir l'Amour ; [...]
Mots clefs :
Amour, Définition
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texteReconnaissance textuelle : DÉFINITION DE L'AMOUR.
DEFINITION DE L'AMOUR,
´Ous m'ordonnez , Philis , de définir l'AVousmour
;
Pourquoi chercher à le connoître ¿
Il faut vous le dire en cejour ;
Il n'est pas toujours tel que vous le faites naître.
M
L'Amour est un Enfant , sa Mere est la beauté
L'Esperance , sa nourriture ;
Son emploi , de ravir à tous la liberté ,
En demeurant libre de sa nature.
Son Passage est semé de fleurs ;
On ne le voit suivre les traces ,
Que des Jeux , des Ris et des Graces &
Il verse rarement des pleurs.
M
Jeunes coeurs ,craignez tout de sa vive tendresse,
Pour vous séduire,il n'a que trop d'adresse;
En vain il vous promet mille et mille douceurs
;
Si vous accordez trop , ou trop peu de faveurs ;
Adicu,l'Amour s'envole , et reprend sa promesse.
M. J. DE DON CHERY.
´Ous m'ordonnez , Philis , de définir l'AVousmour
;
Pourquoi chercher à le connoître ¿
Il faut vous le dire en cejour ;
Il n'est pas toujours tel que vous le faites naître.
M
L'Amour est un Enfant , sa Mere est la beauté
L'Esperance , sa nourriture ;
Son emploi , de ravir à tous la liberté ,
En demeurant libre de sa nature.
Son Passage est semé de fleurs ;
On ne le voit suivre les traces ,
Que des Jeux , des Ris et des Graces &
Il verse rarement des pleurs.
M
Jeunes coeurs ,craignez tout de sa vive tendresse,
Pour vous séduire,il n'a que trop d'adresse;
En vain il vous promet mille et mille douceurs
;
Si vous accordez trop , ou trop peu de faveurs ;
Adicu,l'Amour s'envole , et reprend sa promesse.
M. J. DE DON CHERY.
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Résumé : DÉFINITION DE L'AMOUR.
Le texte 'Définition de l'Amour' décrit l'amour comme un enfant né de la beauté et nourri par l'espérance. Libre et capable de ravir la liberté des autres, il offre des moments joyeux mais peut aussi séduire et promettre mille douceurs. L'amour s'envole si l'on lui accorde trop ou trop peu de faveurs. L'auteur est M. J. de Don Chery.
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19635
p. 236
AVIS.
Début :
Le Sieur Vernezobre, Peintre, continue de débiter avec succès [...]
Mots clefs :
Peintre, Sieur Vernezobre, Crayons pour peindre, Pastel
19636
p. 236
AUTRE.
Début :
Olivier, demeurant rue Quincampoix, à la Renommée, fait & vend les Embouchoirs [...]
Mots clefs :
Bottes, Moules, Bottes de chasse, Bottes du Roi, Tire-botte
19637
p. 236-237
AUTRE.
Début :
Le Sieur de la Tour, de la Ville de Montpellier, travaille au Nobiliaire du [...]
Mots clefs :
Sieur de la Tour, Nobiliaire, Armoiries
19638
p. 2763-2764
Réponse de M. de Voltaire.
Début :
Les Vers aimables que vous avez bien voulu m'envoyer, Monsieur, sont la récompense [...]
Mots clefs :
Vers aimables, Honneur, Métier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse de M. de Voltaire.
éponse de M. de Voltaire.
Les Vers aimables que vous avez bien
voulu m'envoyer, Monsieur , sont la récompense la plus flatteuse que j'aye jamais reçûe
de mes Ouvrages. Vous faites si bien mon
métier que je n'ose plus m'en mêler après vous , et queje me réduis à vous remercier en
simple prose de l'honneur et du plaisir que
vous m'avezfait en Vers. Je n'ai reçû que
fort tard votre charmante Lettre , et une fievre qui m'est survenue , et dont je ne suis
pas encore guéri , m'a privéjusqu'à présent
du plaisir de vous répondre. On avoit commencé il y a quelque-tems , Monsieur , une
Edition de quelques-uns de mes Ouvrages,
qui a été suspendue. J'ai l'honneur de vous
Penvoyer toute imparfaite qu'elle est , je vous
prie de la recevoir comme un témoignage de
ma reconnoissance et de l'envie que j'ai de
meriter votre suffrage. Il est beau à vous ,
II. Vol. Bv Mon-
2764 MERCURE DE FRANCE
1
sieur , de joindre aux calculs de Plutus
l'harmonie d'Apollon. Je vous exhorte à
réunir toujours ces deux Divinitez , elles ont
besoin l'une de l'autre.
Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci.
J'ai l'honneur d'être avec beaucoup
'd'estime , &c.
Les Vers aimables que vous avez bien
voulu m'envoyer, Monsieur , sont la récompense la plus flatteuse que j'aye jamais reçûe
de mes Ouvrages. Vous faites si bien mon
métier que je n'ose plus m'en mêler après vous , et queje me réduis à vous remercier en
simple prose de l'honneur et du plaisir que
vous m'avezfait en Vers. Je n'ai reçû que
fort tard votre charmante Lettre , et une fievre qui m'est survenue , et dont je ne suis
pas encore guéri , m'a privéjusqu'à présent
du plaisir de vous répondre. On avoit commencé il y a quelque-tems , Monsieur , une
Edition de quelques-uns de mes Ouvrages,
qui a été suspendue. J'ai l'honneur de vous
Penvoyer toute imparfaite qu'elle est , je vous
prie de la recevoir comme un témoignage de
ma reconnoissance et de l'envie que j'ai de
meriter votre suffrage. Il est beau à vous ,
II. Vol. Bv Mon-
2764 MERCURE DE FRANCE
1
sieur , de joindre aux calculs de Plutus
l'harmonie d'Apollon. Je vous exhorte à
réunir toujours ces deux Divinitez , elles ont
besoin l'une de l'autre.
Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci.
J'ai l'honneur d'être avec beaucoup
'd'estime , &c.
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Résumé : Réponse de M. de Voltaire.
Voltaire exprime sa gratitude pour les vers flatteurs reçus, qu'il considère comme la plus flatteuse des récompenses pour ses œuvres. Il explique qu'une fièvre l'a empêché de répondre plus tôt. Il informe également son correspondant qu'une édition récente de certains de ses ouvrages a été suspendue. Malgré cela, il envoie cette édition imparfaite en signe de reconnaissance et de désir de mériter l'approbation de son destinataire. Voltaire admire la capacité de ce dernier à allier les calculs financiers à l'harmonie poétique, et l'encourage à continuer de réunir ces deux domaines. Il conclut en citant l'adage 'Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci', soulignant l'importance de combiner l'utile et l'agréable.
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19639
p. 1291-1306
DISCOURS CRITIQUE, sur l'état des Sciences dans l'étenduë de la Monarchie Françoise, sous Charlemagne.
Début :
Les Sciences ont leurs révolutions aussi bien que les Empires, il est un [...]
Mots clefs :
Charlemagne, Sciences, Discours critique, Génie, Goût, Maîtres, Savants, Langue, Arts, Hommes, Peuples, Esprit, Jeunesse, Nature, Lumières, Conciles, Sang, Esprits, Politesse
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS CRITIQUE, sur l'état des Sciences dans l'étenduë de la Monarchie Françoise, sous Charlemagne.
DISCOURS CRITIQUE ,
sur l'état des Sciences dans l'étendue de
la Monarchie Françoise , sous Charlemagne.
L
"
Es Sciences ont leurs révolutions
aussi bien que les Empires , il est un
tems où elles sont florissantes ce tems
passé , elles ne font plus que languir ;
quelquefois elles se relevent et se soutiennent
avec assez d'honneur ; et quelquefois
aussi elles tombent pour ne se
relever jamais . Elles ont comme le Soleil
leurs solstices et leurs périodes ; elles
aiment à passer de climats en climats
et souvent après avoir éclairé quelques
IL. Vol.
B.vj
Con
و
1292 MERCURE DE FRANCE
contrées , elles se plongent , pour ainst
dire , dans l'abîme , et vont porter leurs
lumieres à des peuples nouveaux. Ainsi
après avoir autrefois parcouru les plus
belles régions de l'Orient où elles prirent
naissance , les vit- on passer dans la Grece
d'où elles se répandirent dans quelques
Provinces de l'Empire Romain ; et par
tout elles éprouverent des changemens
considérables er des alternatives , qui les
firent souvent paroître sous des faces differentes.
Quelle est la cause de ces révolutions a
est- ce l'influence des Astres ? la température
de l'air ou la qualité des esprits ,
dont nos corps sont animés et qui changent
avec les genérations et les aspects
du Soleil ? tout cela peut y contribuer :
mais tout cela n'explique pas d'une maniere
assez sensible la cause de ces fre
quentes vicissitudes ; il en est une plus
simple , et qui servira de baze à tout
ce que je dirai dans ce Discours . La
Science est attachée au gout des peuples
qui la cultivent , c'est le gout qui lui
donne sa qualité , son prix , son excellence
; or le gout se conforme toujours
au génie , le génie se regle ordinairement
sur les maximes , et les maximes changent
avec les circonstances des tems et
11. Vel. des
JUIN. 1734. 1293
des lieux. D'ailleurs , et c'est ici le point
capital , ce gout exquis , ce génie vaste
et sublime , si nécessaires à la perfection
des Sciences , sont des dons que le Ciel ne
répand pas toujours sur la terre , et qu'il
ne communique qu'à un petit nombre
d'hommes privilegiez .
En faut il davantage pour prouver
que la Science doit se ressentir de l'instabilité
propre à toutes les choses humaines
? C'est sur ce plan , que je vais exposer
aujourd'hui l'état où se trouvoient
les Sciences dans l'étendue de la Monarchie
Françoise au tems de Charlemagne .
Le gout pour lors étoit si corrompu , que
jamais on ne put le rectifier , le génie
tenoit beaucoup du barbare , et les maxime
n'avoient rien de noble ni de délicat.
Quel étoit donc l'état où se trouvoient
les Sciences ? Il ne pouvoit guere être
plus pitoyable. Je n'en veux point d'autres
preuves que ce qui nous reste de monumens
de ces tems qu'on peut dire
malheureux . Si ce que je dirai ne fait pas
beaucoup d'honneur au siécle de Charlemagne
, il en fera du moins à la verité ,
et c'est tout ce que je me proposé dans
ce Discours.
Depuis que les Gots, les Bourguignons.
et les Francs s'étoient établis dans les
11 Vol.
Gall
1294 MERCURE DE FRANCE
Gaules , la ferocité de ces peuples barbares
s'étoit communiquée aux naturels du
pays,qui ne firentplus avec leurs nouveaux
maîtres , qu'une même et seule nation .
Nos Gaulois changerent de maximes en
changeant de Souverains , la douceur de
leur génie s'altéra bien - tôt , et du mélange
qui se fit de leur sang avec le -sang
Germanique se forma un génie singulier
plus barbare que poli ; les travaux Militaires
qui furent assez long - tems leur
principal exercice , firent disparoître avec
le peu de politesse qu'on avoit puisé dans
le commerce des Romains , le gout des
Sciences et l'amour de l'étude ; on ne
suspendit ces travaux que pour se jetter
dais le sein de la mollesse ; les esprits
incultes n'étant animez d'aucun noble
motif s'énerverent bien- tôt , et l'on se
plongea dans un assoupissement si profond
, qu'il n'y eut que les désordres affreux
dont les Sarazins d'Espagne inondérent
la France sous Charles Martel et sous
Pepin qui pussent les reveiller ; le besoin
pressant et la necessité les animérent
plutôt qu'une noble émulation ; la gloire
avec tous ses appas ne pouvoit toucher
des hommes à demi barbares ; elle auroit
élevé les esprits en les polissant . On vôla
tout à coup aux armes , on se couvrit de
II. Val. sang
JUIN. 1734 1295
sang et de poussiere dans les champs de
Mars , et personne ou presque personne
ne songcoit à cultiver son esprit ; depuis
l'embouchure du Rhône , jusques à celle
du Rhin , des Alpes aux Pirenées , à peine
pouvoit- on trouver quelques vestiges des
Sciences ; il n'en étoit pas même resté la
moindre trace dans ces belles Provinces
( a ) si fécondes autrefois en Sçavans
Hommes.
"
L'Eglise depuis très-long- tems leur
avoit servi d'azile les Ministres des
Autels étoient devenus les dépositaires
de ces précieux Trésors : mais cette Eglise
étoit elle-même entierement défigurée ;
tout le Clergé croupissoit dans la plus
profonde ignorance. Qu'il me soit permis
d'exposer en peu de mots la triste.
situation où se trouvoit l'Ordre de l'Etat
le plus Saint et le plus éclairé.. Les Chanoines
suivant la regle de Grodegang
leur Réformateur n'étoient obligez qu'à
chanter les louanges de Dieu , et le reste
de leur tems ils devoient le donner au
travail de leurs mains ; c'étoit toute l'occupation
des plus réguliers ; la regle
n'exigeoit rien davantage , et tout nous
porte à croire qu'ils se renfermoient étroitement
dans les bornes de leurs obliga-
( a ) Ly Gaule Aquitanique et la Lyonnoise..
II. Vol. tions.
1296 MERCURE DE FRA CE
tions. Les Moines malgré le premier esprit
de leur Institut , avoient presque
toujours fait profession de cultiver les
Sciences ; ils s'étoient sur ce point conformez
en Occident à la sage pratique
des Orientaux , et leurs maisons étoient
devenuës les Séminaires où se formoient
les plus Saints et les plus Sçavans Ministres
de l'Eglise : mais depuis près d'un
siécle ces saintes retraites étoient , sur
tout en France , le centre de l'oisiveté.
Les Moines loin de s'enrichir des dépoüilles
des Peres , dont ils étoient les
possesseurs , se contentoient de les sçavoir
lire et copier , les plus éclairez parvenoient
jusqu'à les comprendre , aucun
n'osoit prendre l'essor ni marcher sur les
traces de ces grands Modéles ; le respect
m'empêche de parler de l'Episcopat destiné
particulierement à éclairer les peuples
; les Capitulaires de Charlemagne ,
et les Actes des Conciles Provinciaux qui
se tinrent dans ces tems - là ne publient
que trop la honte de ce Corps respectable.
Pour tout dire en deux mots , le sel
de la terre avoit perdu sa force , l'or
s'étoit obscurci , les horreurs de la guerre,
et la mollesse avoient , comme à l'envi ,
porté la désolation dans l'Etat , la corruption
dans les moeurs , et la grossiereté
II. Vol. dars
JUIN 1734. 1297
dans les esprits. Achevons de mettre ce
tableau dans tout son jour . Deux ou trois
traits des plus marquez lui donneront
cet air de ressemblance dont il a besoin
pour être veritable...
Les beaux Arts sont , comme tout le
monde sçait , une partie essentielle de la
Science, ils en sont la baze et l'ornement.
Ces Arts, fondés sur la nature , mais que
la nature n'apprend pas , étoient presque
entierement ignorés ; on ne les enseigna
dans aucun endroit du Royaume avant
Charlemagne , dit une ancienne Cronique
des Rois de France . Ante ipsum enim
Dominum Regem Carolum in Gallia nullibi
studiumfuerat liberalium Artium . Appuions.
un témoignage si fort et si décisif des
preuves les plus autentiques ; elles sont
tirées des ordres réïterés du Prince pour
l'établissement des Ecoles ; je vais les
exposer simplement telles qu'on les lit
dans le Receuil des Conciles de France.
Charlemagne au retour de son troisiéme
Voyage d'Italie l'an787, par une( 1 ) Lettre
circulaire adressée à tous les Evêques et
aux Abbez ( Lettre que je voudrois pou-.
voir rapporter ici toute entiere , mais
que je me contenterai de citer plus d'une
fois ) leur recommande d'établir dans
( 1 ) Tome 2. Conc. Gall. p. 32 .
II. Vol. des
1298 MERCURE DE FRANCE
leurs Chapitres et dans leurs Monasteres
des Ecoles où l'on forme la jeunesse à
l'Etude des Lettres et à la pięté . Et par
le Capitulaire soixante - douzième d'Aixla
Chapelle , il veut que dans ces mêmes
maisons on apprenne aux jeunes gens à
lire , à psalmodier , à écrire , à compter ,
et les regles de la Grammaire. Ut scola
Legentium puerorum fiant psalmos * notas
computum , Grammaticam , per singula Monasteria
et Episcopia discant . Les Conciles
Provinciaux qui se tinrent sous ce même
*
* Notas. Je crois qu'il faut entendre ce terme
de l'Ecriture , pour deux raisons . 1º . Parce qu'il
s'agit dans cet endroit de ce qu'il faut apprendre à
la jeunesse ; il est fait mention de la lecture , de
la psalmodie ou du chant , de la Grammaire ;
pourquoi auroit -on obmis l'Ecriture également nécessaire
à la jeunesse . 2. Ces caractéres nets et
distincts, qui sans jamais changer, diversifient par
leur mélange les differens objets qu'ils représentent,
n'étoient pas alors fort en usage ; ils n'étoient connus
que des Sçavans ; Charlemagne lui- même, si
nous en croyons Eginard, n'apprit que très tard et
presque sans succès à les former. Tentabat scribere .
sed parum prosperè successit labor præposterus
ac sero inchoatus. L'Ecriture commune consistoit
dans de grands traits informes , arbitraires pour la
plupart , et sujets au changement. C'est ce qui paroit
par les anciennes Chartres et par quelques monumens
lapidaires et metalliques , qui sont parvenus
jusqu'à nous sur quoi on peut consulter la Diplo
matique du P. Mabillon .
II Vol.
EmJUIN.
1734. 1299
Empereur, les s'expliquent à peu près dans
les mêmes termes. Les Arts qui sont la
partie des Sciences la plus simple et la
plus facile , n'étoient donc pas enseignési
et par une suite nécessaire , ils étoient
ignorez d'une nation qui n'avoit ni disposition
pour s'y former de soi- même ,
ni la volonté de les apprendre. Que devons-
nous penser des hautes Sciences ,
des Sciences abstraites et difficiles , si celles
qui sont plus aisées , cellesqui sont la baze,
n'étoient pas connus , Encore un nouveau
trait; il achevera de mettre ce que nous
venons de dire dans la derniere évidence.
Les Langues sont l'instrument general
des Sciences , l'organe de l'esprit , l'image
de la pensée , l'interprete du goût , et
le theatre où le genie se développe . La
Langue Teutonique , rude et grossiere
étoit celle de nos nouveaux Maîtres , conforme
à leur genie ; elle n'a rien de cette
douceur ni de cette politesse que demandent
les Sciences. La Grecque ,harmonieuse
, douce et énergique ne me paroît pas
avoir été bien connue au Sçavant Alcuin ,
et j'ai peine à croire sur le seul témoignage
d'Eginard , Charlemagne lait
jamais bien comprise ; toutes les apparencescombattent
l'un et l'autre fair.La Langue
Latine avoit été long - tems dominan-
11. Vol. tc
100 MERCURE DE FRANCE
te dans les Gaules , les Francs l'avoient
adoptée pour les Actes publics ; elle étoit
sur tout destinée aux Ouvrages d'esprit:
mais cette Langue si noble , si polie étoit
devenue la proye du barbarisme , le genie
et le tour de la Teutonique s'étoient glissés
dans l'idiome Romain , et de ce lliage
s'étoit formé un langage dur , sans
cadence , sans pureté , sans ortographe
Il falloit, sans doute, qu'il fut défectueux
au suprême dégré pour blesser les oreilles
de Charlemagne , que l'on ne peut pas
dire avoir été trop délicates.
Ecoutons ce Prince parler dans la Lettre
que nous avons déja citée aux Evêques
et Abbés , c'est -à - dire, aux plus Sçavans
hommes de son Royaume. J'ai reconnu
, leur dit- il , dans la plûpart des
Ecrits que vous m'avez envoyés assez de
justesse dans les sentimens , et beaucoup de
grossiereté dans le langage; et j'ai compris
que pour avoir négligé de vous instruire
Vous avez peine à exprimer les pieus
reflexions que vous avez puisées dans
Meditation . Ce ne fut qu'avec le
>
* Cognovimus in plerisque prafatis conscript
bus vestris eorumdem et sensus rectos et serr.
incultos , quia quod pia devotio interius fidelite
tabat , hoc exterius propter negligentiam dis
lingua inerudita exprimere sine reprehensi: •
alebat.
JUIN. 1734. 1301
cours des Maîtres de Grammaire qui vinrent
d'Italie , qu'on épura la Langue
Latine , et qu'on en banit les expressions
Teutoniques dont elle étoit infectée;
elles se refugierent dans le Romain ou Latin
vulgaire , qui s'étant peu à peu purifié
et poli est devenu depuis une des plus
belle Langue du monde. Mais on ne
réussit pas à rendre à la Langue Latine sa
beauté naturelle , on exprima toujours
grossierement ce que l'on pensoit sans
délicatesse . Il est inutile d'entrer dans un
plus long détail ; ce que nous avons dit
est plus que suffisant pour prouver combien
étoit triste la situation des Sciences
quand Charlemagne entreprit de les rétatablir.
Voyons comment il s'y prit , quels
Maîtres il employa pour seconder son
dessein , quel en fut les succès.
Charles , surnommé le Grand, pour ses
grandes qualités encore plus que pour ses
grandes actions , fut un de ces hommes
rares , que la Nature se plaît de tems en
tems à former et sur qui la fortune ou
pour parler plus juste , la Providence divine,
répand ses faveurs avec complaisan
ce ; genie superieur , hardi , ferme , pénétrant
, il ne lui manqua du côté de l'esprit
que ce que son siecle ne pouvoit lui
donner , je veux dire la politesse et le
II. Vol.
bon
`
1302 MERCURE DE FRANCE
bon goût. Les vertus qui font les veritables
Heros , sembloient nées avec lui ;
la magnanimité , la droiture , là prudence
, la bonté , la Religion faisoient son
caractere , et se déployoient dans toutes
ses actions ; Maître d'une partie considerable
de l'Europe , cheri particulierement
de ses Sujets, admiré de tout l'Univers ,
il songea encore à immortaliser son nom
en banissant l'ignorance de ses Etats ; entreprise
glorieuse et digne du plus grand
Prince qui fût alors au monde , elle auroit
eu, sans doute,un succès entier et par-
' fait , si le mauvais goût n'eût infecté les
Maîtres aussi bien que les Disciples . Il se
presenta des obstacles presques insurmontables
, il ne s'en rebuta pas , il eut recours
à sa prudence, et rien n'étoit au-dessus de
ses lumieres. Non content d'animer ses
Peuples par son exemple et par ses bienfaits
, il se servit encore de son autorité
pour engager ceux qui par leur profession
devoient avoir quelque teinture de Scien-'
ces à les cultiver , et à en faire pare au ;
reste de ses Sujets . Mais comment trouver
dans toute la France des Maîtres capables
de former la jeunesse ? L'ignorance
, la grossiereté avoient , comme nous
avons dit , pénétré jusques dans le Sanctuaire
, les moins ignorans étoient les
II. Vol. seuls
JUI N. 1734 1303
seuls qui pussent passer pour Sçavans ,
Charlemagne y pourvoit , et pour suppléer
àlce deffaut il rassemble de toute
l'Europe ce qu'il pût trouver d'hommes
versés dans les Sciences ; il fait venir d'Italiele
PoëteThéodulphe , Pierre de Pise ,
Grammairien ; Paul Diacre , fameux Historiographe
, le Fape: Adrien lui envoye
deux Maîtres de Chant , deux Antiphoniers
et les sept Arts Liberaux , comme
dit Eginard. Mais de tous les Ecrivains
qu'il reçût dans ses Etats il n'en est aucun
qui puisse être comparé au Sçavant Alcuin
, Anglois de naissance et Saxon d'origine.
Alcuin étoit un de ces Sçavans qui
remplacent par la multitude de leurs connoissances
ce qui leur manque de perfection
et de singularité dans le genie , Grammairien
, Poëte , Rheteur , Dialecticien ,
Historiographe , Astronome , Théologien
, il fut l'oracle de son siecle , et il
merita de l'être ; ce fut lui qui inspira l'amour
des Lettres aux François , et qui
contribua plus que personne à répandre
ces semences précieuses , qui commencerent
bientôt à fructifier. La Cour fut le
premiet théatre où il parut , et il eut la
gloire de voir le Souverain et les Princesses
ses Filles au nombre de ses Disciples.
II. Vol. A
1304 MERCURE DE FRANCE
A leur exemple toute la France pleine
d'admiration pour son merite , conçût
de l'amour pour l'étude , et tâcha de profiter
de ses lumieres ; mais ce vaste genie
n'eut ni assez de force , ni assez de sublimité
pour s'élever au dessus du mauvais
goût de son siecle , il s'y laissa malheureusement
entraîner , il y entretint ses
éleves et par cette raison seule il laissa
son Ouvrage imparfait. Pour le connoître
il ne faut que jetter les yeux sur ses Ecrits,
il s'y est peint lui -même on voit par
tout un esprit fécond , mais âpre et diffùs ,
une grande étendue de connoissances , et
peu
•
de critiques , plus de subtilité que
de politesse ; son stile n'est assaisonné
d'aucun de ces traits nobles, vifs , et déli→
cats , qui élevent l'esprit et qui le frappent
par l'éclat de leurs lumieres ; il ins
truit sans persuader , il convainc sans
plaire ; le travail paroît en lui avoir surpassé
la nature , et l'art qui le forma
étoit lui même imparfait. On ne sçauroit
cependant lui refuser la loüange qu'il
mérite , d'avoir été par l'étendue de son
sçavoir le Photius des Latins ; moins
poli , moins chatié , moins profond que
le Patriarche Grec il le surpasse de
beaucoup par les belles qualitez qui font
l'honnête homme et par les vertus solides,
II. Vol, .qui
JUIN. 1734 1305
qui font le véritable Chrétien . Ce grand
Personnage après avoir suivi la Cour
pendant quelques années , se retira enfin
à Tours auprès du tombeau de Saint
Martin ; mais cette retraite ne fut pas
lui un lieu de repos ,
pour
il n'enfouit
pas dans une honteuse oisiveté les talens
qui l'avoient fait briller ; il sçavoit ce
qu'il devoir à Dieu et à l'Etat ainsi rapellant
dans cet aimable séjour ce qu'il·
avoit de connoissances , il s'appliqua de
nouveau à former des éleves qui se dispersant
dans plusieurs Monasteres de
T'Empire François , renouvellérent les
Sciences, et répandirent par tout l'esprit
de leur Maître
Je n'entreprens pas de refuter ici l'opinion
de quelques ( a ) Auteurs , qui ont
prétendu qu'Alcuin avoit jetté les fondemens
de l'Université de Paris , devenuë
depuis si fameuse dans toute l'Europe
le silence des Ectivains de ces tems - là
suffit pour en démontrer la fausseté . Ce
qu'il y a de certain , c'est que ce fut à
Tours , à Saint Denis en France , à Corbie
, à Fulde , à Richenou , et dans quelques
autres Monasteres , que l'on commença
dès- lors à enseigner les hautes
Sciences ; on y enseigna aussi Is beaux
( a ) Raban, Simeon, Sigulphe, Amalarius ¿e.
II. Vol. C Arts
1308 MERCURE DE FRANCE
,
Arts , et les Ecoles établies dans chaque
Diocèse conformément aux Statuts des
Conciles Provinciaux , et aux Capitulaires
de Charlemagne concourant à la
même fin ; on vit bien- tôt les Sciences
prendre une face nouvelle dans toute la
Monarchie Françoise. Mais quel en fut
le progrès à quel degré de perfection
arrivérent elles ? c'est ce qui nous restę
à examiner.
?
La suite pour le Mercure prochain.
sur l'état des Sciences dans l'étendue de
la Monarchie Françoise , sous Charlemagne.
L
"
Es Sciences ont leurs révolutions
aussi bien que les Empires , il est un
tems où elles sont florissantes ce tems
passé , elles ne font plus que languir ;
quelquefois elles se relevent et se soutiennent
avec assez d'honneur ; et quelquefois
aussi elles tombent pour ne se
relever jamais . Elles ont comme le Soleil
leurs solstices et leurs périodes ; elles
aiment à passer de climats en climats
et souvent après avoir éclairé quelques
IL. Vol.
B.vj
Con
و
1292 MERCURE DE FRANCE
contrées , elles se plongent , pour ainst
dire , dans l'abîme , et vont porter leurs
lumieres à des peuples nouveaux. Ainsi
après avoir autrefois parcouru les plus
belles régions de l'Orient où elles prirent
naissance , les vit- on passer dans la Grece
d'où elles se répandirent dans quelques
Provinces de l'Empire Romain ; et par
tout elles éprouverent des changemens
considérables er des alternatives , qui les
firent souvent paroître sous des faces differentes.
Quelle est la cause de ces révolutions a
est- ce l'influence des Astres ? la température
de l'air ou la qualité des esprits ,
dont nos corps sont animés et qui changent
avec les genérations et les aspects
du Soleil ? tout cela peut y contribuer :
mais tout cela n'explique pas d'une maniere
assez sensible la cause de ces fre
quentes vicissitudes ; il en est une plus
simple , et qui servira de baze à tout
ce que je dirai dans ce Discours . La
Science est attachée au gout des peuples
qui la cultivent , c'est le gout qui lui
donne sa qualité , son prix , son excellence
; or le gout se conforme toujours
au génie , le génie se regle ordinairement
sur les maximes , et les maximes changent
avec les circonstances des tems et
11. Vel. des
JUIN. 1734. 1293
des lieux. D'ailleurs , et c'est ici le point
capital , ce gout exquis , ce génie vaste
et sublime , si nécessaires à la perfection
des Sciences , sont des dons que le Ciel ne
répand pas toujours sur la terre , et qu'il
ne communique qu'à un petit nombre
d'hommes privilegiez .
En faut il davantage pour prouver
que la Science doit se ressentir de l'instabilité
propre à toutes les choses humaines
? C'est sur ce plan , que je vais exposer
aujourd'hui l'état où se trouvoient
les Sciences dans l'étendue de la Monarchie
Françoise au tems de Charlemagne .
Le gout pour lors étoit si corrompu , que
jamais on ne put le rectifier , le génie
tenoit beaucoup du barbare , et les maxime
n'avoient rien de noble ni de délicat.
Quel étoit donc l'état où se trouvoient
les Sciences ? Il ne pouvoit guere être
plus pitoyable. Je n'en veux point d'autres
preuves que ce qui nous reste de monumens
de ces tems qu'on peut dire
malheureux . Si ce que je dirai ne fait pas
beaucoup d'honneur au siécle de Charlemagne
, il en fera du moins à la verité ,
et c'est tout ce que je me proposé dans
ce Discours.
Depuis que les Gots, les Bourguignons.
et les Francs s'étoient établis dans les
11 Vol.
Gall
1294 MERCURE DE FRANCE
Gaules , la ferocité de ces peuples barbares
s'étoit communiquée aux naturels du
pays,qui ne firentplus avec leurs nouveaux
maîtres , qu'une même et seule nation .
Nos Gaulois changerent de maximes en
changeant de Souverains , la douceur de
leur génie s'altéra bien - tôt , et du mélange
qui se fit de leur sang avec le -sang
Germanique se forma un génie singulier
plus barbare que poli ; les travaux Militaires
qui furent assez long - tems leur
principal exercice , firent disparoître avec
le peu de politesse qu'on avoit puisé dans
le commerce des Romains , le gout des
Sciences et l'amour de l'étude ; on ne
suspendit ces travaux que pour se jetter
dais le sein de la mollesse ; les esprits
incultes n'étant animez d'aucun noble
motif s'énerverent bien- tôt , et l'on se
plongea dans un assoupissement si profond
, qu'il n'y eut que les désordres affreux
dont les Sarazins d'Espagne inondérent
la France sous Charles Martel et sous
Pepin qui pussent les reveiller ; le besoin
pressant et la necessité les animérent
plutôt qu'une noble émulation ; la gloire
avec tous ses appas ne pouvoit toucher
des hommes à demi barbares ; elle auroit
élevé les esprits en les polissant . On vôla
tout à coup aux armes , on se couvrit de
II. Val. sang
JUIN. 1734 1295
sang et de poussiere dans les champs de
Mars , et personne ou presque personne
ne songcoit à cultiver son esprit ; depuis
l'embouchure du Rhône , jusques à celle
du Rhin , des Alpes aux Pirenées , à peine
pouvoit- on trouver quelques vestiges des
Sciences ; il n'en étoit pas même resté la
moindre trace dans ces belles Provinces
( a ) si fécondes autrefois en Sçavans
Hommes.
"
L'Eglise depuis très-long- tems leur
avoit servi d'azile les Ministres des
Autels étoient devenus les dépositaires
de ces précieux Trésors : mais cette Eglise
étoit elle-même entierement défigurée ;
tout le Clergé croupissoit dans la plus
profonde ignorance. Qu'il me soit permis
d'exposer en peu de mots la triste.
situation où se trouvoit l'Ordre de l'Etat
le plus Saint et le plus éclairé.. Les Chanoines
suivant la regle de Grodegang
leur Réformateur n'étoient obligez qu'à
chanter les louanges de Dieu , et le reste
de leur tems ils devoient le donner au
travail de leurs mains ; c'étoit toute l'occupation
des plus réguliers ; la regle
n'exigeoit rien davantage , et tout nous
porte à croire qu'ils se renfermoient étroitement
dans les bornes de leurs obliga-
( a ) Ly Gaule Aquitanique et la Lyonnoise..
II. Vol. tions.
1296 MERCURE DE FRA CE
tions. Les Moines malgré le premier esprit
de leur Institut , avoient presque
toujours fait profession de cultiver les
Sciences ; ils s'étoient sur ce point conformez
en Occident à la sage pratique
des Orientaux , et leurs maisons étoient
devenuës les Séminaires où se formoient
les plus Saints et les plus Sçavans Ministres
de l'Eglise : mais depuis près d'un
siécle ces saintes retraites étoient , sur
tout en France , le centre de l'oisiveté.
Les Moines loin de s'enrichir des dépoüilles
des Peres , dont ils étoient les
possesseurs , se contentoient de les sçavoir
lire et copier , les plus éclairez parvenoient
jusqu'à les comprendre , aucun
n'osoit prendre l'essor ni marcher sur les
traces de ces grands Modéles ; le respect
m'empêche de parler de l'Episcopat destiné
particulierement à éclairer les peuples
; les Capitulaires de Charlemagne ,
et les Actes des Conciles Provinciaux qui
se tinrent dans ces tems - là ne publient
que trop la honte de ce Corps respectable.
Pour tout dire en deux mots , le sel
de la terre avoit perdu sa force , l'or
s'étoit obscurci , les horreurs de la guerre,
et la mollesse avoient , comme à l'envi ,
porté la désolation dans l'Etat , la corruption
dans les moeurs , et la grossiereté
II. Vol. dars
JUIN 1734. 1297
dans les esprits. Achevons de mettre ce
tableau dans tout son jour . Deux ou trois
traits des plus marquez lui donneront
cet air de ressemblance dont il a besoin
pour être veritable...
Les beaux Arts sont , comme tout le
monde sçait , une partie essentielle de la
Science, ils en sont la baze et l'ornement.
Ces Arts, fondés sur la nature , mais que
la nature n'apprend pas , étoient presque
entierement ignorés ; on ne les enseigna
dans aucun endroit du Royaume avant
Charlemagne , dit une ancienne Cronique
des Rois de France . Ante ipsum enim
Dominum Regem Carolum in Gallia nullibi
studiumfuerat liberalium Artium . Appuions.
un témoignage si fort et si décisif des
preuves les plus autentiques ; elles sont
tirées des ordres réïterés du Prince pour
l'établissement des Ecoles ; je vais les
exposer simplement telles qu'on les lit
dans le Receuil des Conciles de France.
Charlemagne au retour de son troisiéme
Voyage d'Italie l'an787, par une( 1 ) Lettre
circulaire adressée à tous les Evêques et
aux Abbez ( Lettre que je voudrois pou-.
voir rapporter ici toute entiere , mais
que je me contenterai de citer plus d'une
fois ) leur recommande d'établir dans
( 1 ) Tome 2. Conc. Gall. p. 32 .
II. Vol. des
1298 MERCURE DE FRANCE
leurs Chapitres et dans leurs Monasteres
des Ecoles où l'on forme la jeunesse à
l'Etude des Lettres et à la pięté . Et par
le Capitulaire soixante - douzième d'Aixla
Chapelle , il veut que dans ces mêmes
maisons on apprenne aux jeunes gens à
lire , à psalmodier , à écrire , à compter ,
et les regles de la Grammaire. Ut scola
Legentium puerorum fiant psalmos * notas
computum , Grammaticam , per singula Monasteria
et Episcopia discant . Les Conciles
Provinciaux qui se tinrent sous ce même
*
* Notas. Je crois qu'il faut entendre ce terme
de l'Ecriture , pour deux raisons . 1º . Parce qu'il
s'agit dans cet endroit de ce qu'il faut apprendre à
la jeunesse ; il est fait mention de la lecture , de
la psalmodie ou du chant , de la Grammaire ;
pourquoi auroit -on obmis l'Ecriture également nécessaire
à la jeunesse . 2. Ces caractéres nets et
distincts, qui sans jamais changer, diversifient par
leur mélange les differens objets qu'ils représentent,
n'étoient pas alors fort en usage ; ils n'étoient connus
que des Sçavans ; Charlemagne lui- même, si
nous en croyons Eginard, n'apprit que très tard et
presque sans succès à les former. Tentabat scribere .
sed parum prosperè successit labor præposterus
ac sero inchoatus. L'Ecriture commune consistoit
dans de grands traits informes , arbitraires pour la
plupart , et sujets au changement. C'est ce qui paroit
par les anciennes Chartres et par quelques monumens
lapidaires et metalliques , qui sont parvenus
jusqu'à nous sur quoi on peut consulter la Diplo
matique du P. Mabillon .
II Vol.
EmJUIN.
1734. 1299
Empereur, les s'expliquent à peu près dans
les mêmes termes. Les Arts qui sont la
partie des Sciences la plus simple et la
plus facile , n'étoient donc pas enseignési
et par une suite nécessaire , ils étoient
ignorez d'une nation qui n'avoit ni disposition
pour s'y former de soi- même ,
ni la volonté de les apprendre. Que devons-
nous penser des hautes Sciences ,
des Sciences abstraites et difficiles , si celles
qui sont plus aisées , cellesqui sont la baze,
n'étoient pas connus , Encore un nouveau
trait; il achevera de mettre ce que nous
venons de dire dans la derniere évidence.
Les Langues sont l'instrument general
des Sciences , l'organe de l'esprit , l'image
de la pensée , l'interprete du goût , et
le theatre où le genie se développe . La
Langue Teutonique , rude et grossiere
étoit celle de nos nouveaux Maîtres , conforme
à leur genie ; elle n'a rien de cette
douceur ni de cette politesse que demandent
les Sciences. La Grecque ,harmonieuse
, douce et énergique ne me paroît pas
avoir été bien connue au Sçavant Alcuin ,
et j'ai peine à croire sur le seul témoignage
d'Eginard , Charlemagne lait
jamais bien comprise ; toutes les apparencescombattent
l'un et l'autre fair.La Langue
Latine avoit été long - tems dominan-
11. Vol. tc
100 MERCURE DE FRANCE
te dans les Gaules , les Francs l'avoient
adoptée pour les Actes publics ; elle étoit
sur tout destinée aux Ouvrages d'esprit:
mais cette Langue si noble , si polie étoit
devenue la proye du barbarisme , le genie
et le tour de la Teutonique s'étoient glissés
dans l'idiome Romain , et de ce lliage
s'étoit formé un langage dur , sans
cadence , sans pureté , sans ortographe
Il falloit, sans doute, qu'il fut défectueux
au suprême dégré pour blesser les oreilles
de Charlemagne , que l'on ne peut pas
dire avoir été trop délicates.
Ecoutons ce Prince parler dans la Lettre
que nous avons déja citée aux Evêques
et Abbés , c'est -à - dire, aux plus Sçavans
hommes de son Royaume. J'ai reconnu
, leur dit- il , dans la plûpart des
Ecrits que vous m'avez envoyés assez de
justesse dans les sentimens , et beaucoup de
grossiereté dans le langage; et j'ai compris
que pour avoir négligé de vous instruire
Vous avez peine à exprimer les pieus
reflexions que vous avez puisées dans
Meditation . Ce ne fut qu'avec le
>
* Cognovimus in plerisque prafatis conscript
bus vestris eorumdem et sensus rectos et serr.
incultos , quia quod pia devotio interius fidelite
tabat , hoc exterius propter negligentiam dis
lingua inerudita exprimere sine reprehensi: •
alebat.
JUIN. 1734. 1301
cours des Maîtres de Grammaire qui vinrent
d'Italie , qu'on épura la Langue
Latine , et qu'on en banit les expressions
Teutoniques dont elle étoit infectée;
elles se refugierent dans le Romain ou Latin
vulgaire , qui s'étant peu à peu purifié
et poli est devenu depuis une des plus
belle Langue du monde. Mais on ne
réussit pas à rendre à la Langue Latine sa
beauté naturelle , on exprima toujours
grossierement ce que l'on pensoit sans
délicatesse . Il est inutile d'entrer dans un
plus long détail ; ce que nous avons dit
est plus que suffisant pour prouver combien
étoit triste la situation des Sciences
quand Charlemagne entreprit de les rétatablir.
Voyons comment il s'y prit , quels
Maîtres il employa pour seconder son
dessein , quel en fut les succès.
Charles , surnommé le Grand, pour ses
grandes qualités encore plus que pour ses
grandes actions , fut un de ces hommes
rares , que la Nature se plaît de tems en
tems à former et sur qui la fortune ou
pour parler plus juste , la Providence divine,
répand ses faveurs avec complaisan
ce ; genie superieur , hardi , ferme , pénétrant
, il ne lui manqua du côté de l'esprit
que ce que son siecle ne pouvoit lui
donner , je veux dire la politesse et le
II. Vol.
bon
`
1302 MERCURE DE FRANCE
bon goût. Les vertus qui font les veritables
Heros , sembloient nées avec lui ;
la magnanimité , la droiture , là prudence
, la bonté , la Religion faisoient son
caractere , et se déployoient dans toutes
ses actions ; Maître d'une partie considerable
de l'Europe , cheri particulierement
de ses Sujets, admiré de tout l'Univers ,
il songea encore à immortaliser son nom
en banissant l'ignorance de ses Etats ; entreprise
glorieuse et digne du plus grand
Prince qui fût alors au monde , elle auroit
eu, sans doute,un succès entier et par-
' fait , si le mauvais goût n'eût infecté les
Maîtres aussi bien que les Disciples . Il se
presenta des obstacles presques insurmontables
, il ne s'en rebuta pas , il eut recours
à sa prudence, et rien n'étoit au-dessus de
ses lumieres. Non content d'animer ses
Peuples par son exemple et par ses bienfaits
, il se servit encore de son autorité
pour engager ceux qui par leur profession
devoient avoir quelque teinture de Scien-'
ces à les cultiver , et à en faire pare au ;
reste de ses Sujets . Mais comment trouver
dans toute la France des Maîtres capables
de former la jeunesse ? L'ignorance
, la grossiereté avoient , comme nous
avons dit , pénétré jusques dans le Sanctuaire
, les moins ignorans étoient les
II. Vol. seuls
JUI N. 1734 1303
seuls qui pussent passer pour Sçavans ,
Charlemagne y pourvoit , et pour suppléer
àlce deffaut il rassemble de toute
l'Europe ce qu'il pût trouver d'hommes
versés dans les Sciences ; il fait venir d'Italiele
PoëteThéodulphe , Pierre de Pise ,
Grammairien ; Paul Diacre , fameux Historiographe
, le Fape: Adrien lui envoye
deux Maîtres de Chant , deux Antiphoniers
et les sept Arts Liberaux , comme
dit Eginard. Mais de tous les Ecrivains
qu'il reçût dans ses Etats il n'en est aucun
qui puisse être comparé au Sçavant Alcuin
, Anglois de naissance et Saxon d'origine.
Alcuin étoit un de ces Sçavans qui
remplacent par la multitude de leurs connoissances
ce qui leur manque de perfection
et de singularité dans le genie , Grammairien
, Poëte , Rheteur , Dialecticien ,
Historiographe , Astronome , Théologien
, il fut l'oracle de son siecle , et il
merita de l'être ; ce fut lui qui inspira l'amour
des Lettres aux François , et qui
contribua plus que personne à répandre
ces semences précieuses , qui commencerent
bientôt à fructifier. La Cour fut le
premiet théatre où il parut , et il eut la
gloire de voir le Souverain et les Princesses
ses Filles au nombre de ses Disciples.
II. Vol. A
1304 MERCURE DE FRANCE
A leur exemple toute la France pleine
d'admiration pour son merite , conçût
de l'amour pour l'étude , et tâcha de profiter
de ses lumieres ; mais ce vaste genie
n'eut ni assez de force , ni assez de sublimité
pour s'élever au dessus du mauvais
goût de son siecle , il s'y laissa malheureusement
entraîner , il y entretint ses
éleves et par cette raison seule il laissa
son Ouvrage imparfait. Pour le connoître
il ne faut que jetter les yeux sur ses Ecrits,
il s'y est peint lui -même on voit par
tout un esprit fécond , mais âpre et diffùs ,
une grande étendue de connoissances , et
peu
•
de critiques , plus de subtilité que
de politesse ; son stile n'est assaisonné
d'aucun de ces traits nobles, vifs , et déli→
cats , qui élevent l'esprit et qui le frappent
par l'éclat de leurs lumieres ; il ins
truit sans persuader , il convainc sans
plaire ; le travail paroît en lui avoir surpassé
la nature , et l'art qui le forma
étoit lui même imparfait. On ne sçauroit
cependant lui refuser la loüange qu'il
mérite , d'avoir été par l'étendue de son
sçavoir le Photius des Latins ; moins
poli , moins chatié , moins profond que
le Patriarche Grec il le surpasse de
beaucoup par les belles qualitez qui font
l'honnête homme et par les vertus solides,
II. Vol, .qui
JUIN. 1734 1305
qui font le véritable Chrétien . Ce grand
Personnage après avoir suivi la Cour
pendant quelques années , se retira enfin
à Tours auprès du tombeau de Saint
Martin ; mais cette retraite ne fut pas
lui un lieu de repos ,
pour
il n'enfouit
pas dans une honteuse oisiveté les talens
qui l'avoient fait briller ; il sçavoit ce
qu'il devoir à Dieu et à l'Etat ainsi rapellant
dans cet aimable séjour ce qu'il·
avoit de connoissances , il s'appliqua de
nouveau à former des éleves qui se dispersant
dans plusieurs Monasteres de
T'Empire François , renouvellérent les
Sciences, et répandirent par tout l'esprit
de leur Maître
Je n'entreprens pas de refuter ici l'opinion
de quelques ( a ) Auteurs , qui ont
prétendu qu'Alcuin avoit jetté les fondemens
de l'Université de Paris , devenuë
depuis si fameuse dans toute l'Europe
le silence des Ectivains de ces tems - là
suffit pour en démontrer la fausseté . Ce
qu'il y a de certain , c'est que ce fut à
Tours , à Saint Denis en France , à Corbie
, à Fulde , à Richenou , et dans quelques
autres Monasteres , que l'on commença
dès- lors à enseigner les hautes
Sciences ; on y enseigna aussi Is beaux
( a ) Raban, Simeon, Sigulphe, Amalarius ¿e.
II. Vol. C Arts
1308 MERCURE DE FRANCE
,
Arts , et les Ecoles établies dans chaque
Diocèse conformément aux Statuts des
Conciles Provinciaux , et aux Capitulaires
de Charlemagne concourant à la
même fin ; on vit bien- tôt les Sciences
prendre une face nouvelle dans toute la
Monarchie Françoise. Mais quel en fut
le progrès à quel degré de perfection
arrivérent elles ? c'est ce qui nous restę
à examiner.
?
La suite pour le Mercure prochain.
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Résumé : DISCOURS CRITIQUE, sur l'état des Sciences dans l'étenduë de la Monarchie Françoise, sous Charlemagne.
Le texte 'Discours critique sur l'état des Sciences dans l'étendue de la Monarchie Françoise, sous Charlemagne' analyse les fluctuations historiques des sciences, comparées aux révolutions des empires. Les sciences connaissent des périodes de floraison et de déclin, influencées par divers facteurs tels que le goût des peuples, le génie et les maximes de chaque époque. Sous Charlemagne, le goût était corrompu et le génie barbare, ce qui a conduit à un état pitoyable des sciences. Les Gaulois, après l'établissement des Goths, des Bourguignons et des Francs, ont adopté des maximes barbares, perdant ainsi leur douceur et leur goût pour les sciences. Les travaux militaires et la mollesse ont contribué à cet assoupissement intellectuel. L'Église, bien que refuge des sciences, était elle-même plongée dans l'ignorance. Les chanoines et les moines, malgré leurs rôles initiaux, étaient devenus oisifs et ne cultivaient plus les sciences. Les beaux-arts, essentiels aux sciences, étaient presque inconnus avant Charlemagne. Charlemagne a tenté de rétablir les sciences en établissant des écoles dans les chapitres et monastères pour enseigner la lecture, la psalmodie, l'écriture, le calcul et la grammaire. Cependant, les langues, instruments des sciences, étaient également corrompues. La langue latine, autrefois noble, était infectée par des expressions teutoniques, rendant difficile l'expression délicate des pensées. Le texte décrit Charlemagne comme un homme exceptionnel, doté d'un génie supérieur, de hardiesse, de fermeté et de pénétration. Bien que son époque ne lui ait pas permis d'acquérir la politesse et le bon goût, il possédait des vertus héroïques telles que la magnanimité, la droiture, la prudence, la bonté et la religion. Maître d'une partie considérable de l'Europe, il était chéri de ses sujets et admiré dans l'univers. Il entreprit de bannir l'ignorance de ses États, une initiative glorieuse mais confrontée à des obstacles dus au mauvais goût des maîtres et des disciples. Pour pallier l'ignorance et la grossièreté, il fit venir des savants de toute l'Europe, notamment Alcuin, un érudit anglo-saxon versé dans de nombreuses disciplines. Alcuin inspira l'amour des lettres à la cour et dans toute la France, mais son œuvre resta imparfaite en raison du mauvais goût de son siècle. Après avoir suivi la cour, Alcuin se retira à Tours où il continua à former des élèves, contribuant ainsi à la renaissance des sciences dans l'Empire franc. Le texte mentionne également l'établissement d'écoles dans divers monastères et diocèses, conformément aux statuts des conciles provinciaux et aux capitulaires de Charlemagne, marquant le début d'une nouvelle ère pour les sciences dans la monarchie franque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19640
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second Mercure du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond Mercure du mois d'Octobre , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 13 Octobre 1756.
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond Mercure du mois d'Octobre , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 13 Octobre 1756.
GUIROY.
Fermer
19641
p. 238
ERRATA pour le premier Volume de ce mois.
Début :
Page 9. lignes 16 & 17, ils semble, lisez, il semble. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA pour le premier Volume de ce mois.
ERRATA
Pour le premier Volume de ce mois.
PAge 9. lignes 16 & 17 , ils femble , lifez , il
femble.
Pag. 33. lig. 21 & 22 , avouez que avez , liſ. avouez
que vous avez.
Pag. 35. lig. 20 & 21 , fon attachement m'eft
connue , lif. m'eſt connu .
Pag. 45. lig. 22 , qui attends , lif. qui attend .
Pag. 45. lig. 2 , puifée , lif. puifé.
Pag. 72. lig. 2.
Dont fe paroît le Littéraire Empire.
lif. Dont fe paroit , & c.
Pag. 136. lig. 24 , généreux , conftant , lifez;
confiant.
Pag. 149. lig. 25 , jamais furpriſe ne fut égal ,
lif. égale.
Pag. 176. lig. 17 , par M. Taffe , lif. par M. Vaffe.
Pag. 187. lig. 12 , tout Paris y acourt , lif. tout
Paris y accourt , ou plutôt y court.
Pag, 211. lig. 6 , après de la Valliere , ajoutez de
Fleuri.
Pour le premier Volume de ce mois.
PAge 9. lignes 16 & 17 , ils femble , lifez , il
femble.
Pag. 33. lig. 21 & 22 , avouez que avez , liſ. avouez
que vous avez.
Pag. 35. lig. 20 & 21 , fon attachement m'eft
connue , lif. m'eſt connu .
Pag. 45. lig. 22 , qui attends , lif. qui attend .
Pag. 45. lig. 2 , puifée , lif. puifé.
Pag. 72. lig. 2.
Dont fe paroît le Littéraire Empire.
lif. Dont fe paroit , & c.
Pag. 136. lig. 24 , généreux , conftant , lifez;
confiant.
Pag. 149. lig. 25 , jamais furpriſe ne fut égal ,
lif. égale.
Pag. 176. lig. 17 , par M. Taffe , lif. par M. Vaffe.
Pag. 187. lig. 12 , tout Paris y acourt , lif. tout
Paris y accourt , ou plutôt y court.
Pag, 211. lig. 6 , après de la Valliere , ajoutez de
Fleuri.
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Résumé : ERRATA pour le premier Volume de ce mois.
Le document liste les corrections pour le premier volume d'un ouvrage. Les erreurs concernent principalement des fautes d'orthographe et de typographie. Par exemple, à la page 9, 'ils femble' doit être corrigé en 'il femble'. À la page 33, 'avouez que avez' doit devenir 'avouez que vous avez'. D'autres corrections incluent des modifications de phrases ou de mots, comme à la page 35, 'fon attachement m'eft connue' doit être corrigé en 'm'est connu'. Des noms propres sont également corrigés, comme 'M. Taffe' en 'M. Vaffe' à la page 176. À la page 211, il faut ajouter 'de Fleuri' après 'de la Valliere'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19642
p. 2764-2767
LES Changemens divers dans la Nature, sur la Naissance du Messie. CANTIQUE pour la Fête des Rois, sur l'Air: Au bord d'une Onde fugitive.
Début :
Helas ! quelle clarté nouvelle ? [...]
Mots clefs :
Naissance du Messie, Fête des rois, Univers, Fils, Puissance
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texteReconnaissance textuelle : LES Changemens divers dans la Nature, sur la Naissance du Messie. CANTIQUE pour la Fête des Rois, sur l'Air: Au bord d'une Onde fugitive.
LES Changemens divers dans la Nature,
sur la Naissance du Messie.
CANTIQUE pour la Fête des Rois ,
sur l'Air Au bord d'une Ondefugitive.
HElas ! quelle clarté nouvelle ?
Quel Astre brille dans les Cieux ?
Jamais la nuit ne fut si belle ;
Les Zéphirs regnent en ces lieux.
Flore revient ! Ah quels présages !
Tout rit , tout plaît dans nos Forêts ;
Les Oiseaux ; par leurs doux ramages ,
Font gouter des plaisirs parfaits.
Déja l'impatiente Aurore ,
Dore nos Champs et nos Côteaux ;
II. Vol. No
DECEMBRE. 1732. 276.5
Nos Prez reverdissent encore ,
Et les fleurs naissent près des eaux.
Un Dieu fait sentir sa présence
Tout enchante dans ces Deserts ;
Les vents redoutent sa puissance ,
Tout a changé dans l'Univers.
;
Quel bruit de Clairons , de Trompettes
Se mêle aux doux sons des Hautbois?
Qui regne ici dans ces retraites ,
Les Bergers sont parmi les Rois.
O ciel que vois- je ? quelle Etoile
Conduit les Mages dans ce lieu ?
La nuît se cache avec son voile ,
Pour laisser voir un Homme-Dieu.'
Mes yeux découvrent Pinvisible ,
L'Etre premier s'aneantit ;
Je comprends l'incompréhensible ;
Le Verbe Dieu s'assujettit.
Egal à son Pere en puissance ,
Il est de toute Eternité ,
Son Verbe , son Fils , sa substance ,
Sans alterer son unité.
II. Vol.
Une B vj
2766 MERCURE DE FRANCE
Une fille, vierge féconde ,
Augmente sa virginité ,
En enfantant l'Auteur du Monde ,
Sans blesser son integrité.
Du Ciel , de la Terre et de l'Onde ,
Je vois ici le Souverain ;
Grand Dieu ! que fais -je qui réponde ,
Au feu de votre amour divin ?
Sauveur , pour nous fermer l'abîme
Vous avez pris un Corps mortel ;
Si votre cœur sert de victime ,
C'est pour rendre l'homme immortel.
Contre l'orgueil ce Sauveur prêche;'
Mondain, range- toi sous ses Loix ,
Viens pour l'adorer dans sa Crêche
Comme font ces trois puissants Rois.
Ils offrent l'Or à sa Puissance ;
La Myrhe à son humanité ;
Et pour son origine immense ,
L'Encens à sa Divinité.
Venez, Monarques de la Terre,
Princes contrits , ne craignez pas ;
II. Vol.
DECEMBRE. 1732 2767
Il est desarmé du Tonnerre,
Hâtez- vous , il vous tend les bras.
Laisse , Mondaine , ta Toilette ,
Dieu connoît les passevolants ;
Porte- lui ton ame bien nette
C'est-là son Or et son Encens.
sur la Naissance du Messie.
CANTIQUE pour la Fête des Rois ,
sur l'Air Au bord d'une Ondefugitive.
HElas ! quelle clarté nouvelle ?
Quel Astre brille dans les Cieux ?
Jamais la nuit ne fut si belle ;
Les Zéphirs regnent en ces lieux.
Flore revient ! Ah quels présages !
Tout rit , tout plaît dans nos Forêts ;
Les Oiseaux ; par leurs doux ramages ,
Font gouter des plaisirs parfaits.
Déja l'impatiente Aurore ,
Dore nos Champs et nos Côteaux ;
II. Vol. No
DECEMBRE. 1732. 276.5
Nos Prez reverdissent encore ,
Et les fleurs naissent près des eaux.
Un Dieu fait sentir sa présence
Tout enchante dans ces Deserts ;
Les vents redoutent sa puissance ,
Tout a changé dans l'Univers.
;
Quel bruit de Clairons , de Trompettes
Se mêle aux doux sons des Hautbois?
Qui regne ici dans ces retraites ,
Les Bergers sont parmi les Rois.
O ciel que vois- je ? quelle Etoile
Conduit les Mages dans ce lieu ?
La nuît se cache avec son voile ,
Pour laisser voir un Homme-Dieu.'
Mes yeux découvrent Pinvisible ,
L'Etre premier s'aneantit ;
Je comprends l'incompréhensible ;
Le Verbe Dieu s'assujettit.
Egal à son Pere en puissance ,
Il est de toute Eternité ,
Son Verbe , son Fils , sa substance ,
Sans alterer son unité.
II. Vol.
Une B vj
2766 MERCURE DE FRANCE
Une fille, vierge féconde ,
Augmente sa virginité ,
En enfantant l'Auteur du Monde ,
Sans blesser son integrité.
Du Ciel , de la Terre et de l'Onde ,
Je vois ici le Souverain ;
Grand Dieu ! que fais -je qui réponde ,
Au feu de votre amour divin ?
Sauveur , pour nous fermer l'abîme
Vous avez pris un Corps mortel ;
Si votre cœur sert de victime ,
C'est pour rendre l'homme immortel.
Contre l'orgueil ce Sauveur prêche;'
Mondain, range- toi sous ses Loix ,
Viens pour l'adorer dans sa Crêche
Comme font ces trois puissants Rois.
Ils offrent l'Or à sa Puissance ;
La Myrhe à son humanité ;
Et pour son origine immense ,
L'Encens à sa Divinité.
Venez, Monarques de la Terre,
Princes contrits , ne craignez pas ;
II. Vol.
DECEMBRE. 1732 2767
Il est desarmé du Tonnerre,
Hâtez- vous , il vous tend les bras.
Laisse , Mondaine , ta Toilette ,
Dieu connoît les passevolants ;
Porte- lui ton ame bien nette
C'est-là son Or et son Encens.
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Résumé : LES Changemens divers dans la Nature, sur la Naissance du Messie. CANTIQUE pour la Fête des Rois, sur l'Air: Au bord d'une Onde fugitive.
Le texte est un cantique célébrant la naissance du Messie lors de la fête des Rois. Il décrit une nouvelle clarté et un astre brillant dans les cieux, annonçant des présages favorables. La nature se transforme avec le retour de Flore et le chant des oiseaux. L'Aurore illumine les champs, et un Dieu manifeste sa présence, changeant l'univers. Les bergers se trouvent parmi les rois, et une étoile guide les Mages vers un Homme-Dieu. Le texte exalte le mystère de l'Incarnation, où le Verbe de Dieu s'incarne sans altérer son unité. Une vierge féconde donne naissance à l'Auteur du Monde sans perdre sa virginité. Le Sauveur prend un corps mortel pour rendre l'homme immortel et prêche contre l'orgueil. Les Mages offrent de l'or à sa puissance, de la myrrhe à son humanité, et de l'encens à sa divinité. Le texte invite les monarques et les princes à adorer le Sauveur, désarmé du tonnerre, et à lui offrir leur âme pure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19643
p. 2782-2789
EXTRAIT d'un Mémoire sur les causes qui ont altéré l'Eau de la Seine, pendant la sécheresse de l'année 1731. Par M. Jussieu l'aîné, lû à la rentrée publique de l'Academie Royale des Sciences, le 14 Novembre 1733.
Début :
Pour que l'eau soit salubre, il faut qu'elle soit pure, limpide, sans aucune [...]
Mots clefs :
Jussieu l'aîné, Académie royale des sciences, Seine, Eau, Sécheresse , Cause, Rivière, Plantes aquatiques, Odeur, Maladies
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Mémoire sur les causes qui ont altéré l'Eau de la Seine, pendant la sécheresse de l'année 1731. Par M. Jussieu l'aîné, lû à la rentrée publique de l'Academie Royale des Sciences, le 14 Novembre 1733.
EXTRAIT d'un Mémoire sur les causes
qui ont altéré l'Eau de la Seine , pendant
la sécheresse de l'année 1731.Par
M. Jussieu l'aîné , lû à la rentrée publique
de l'Academie Royale des Sciences
le 14 Novembre 1733 .
Our que l'eau soit salubre , il faut
P qu'elle soit pure , l'impide , sans aucune
odeur , ni saveur sensibles , et que
son usage ne cause aucune maladie.
Quoiqu'en 1731 , l'Eau de la Seine fut
devenue pendant l'Eté et l'Automne plus
légere et plus limpide qu'à l'ordinaire ;
cependant ceux qui étoient obligez d'en
boire furent sujets à des sécheresses de
bouche qui leur causoient une altération
fréquente , à des dégoûts et à des nausées
dont on ignoroit la cause , à des maux
de gorge qui degeneroient en Squinancie
, à des fluxions à la tête et à plusieurs
sortes de fièvres irrégulières et opiniâtres
; ces maladies ne se guérissoient que
par le changement de boisson , ou par les
Prisannes , dont la coction servoit dé
correctif à la mauvaise qnalité de l'eau ;
les personnes au contraire, qui ne buvoient
que de l'eau de Fontaine furent
I Vol. excmDECEMBRE.
1733. 2783
exemtes de toutes ces incommoditez.
Cette observation indiquoit bien en
general qu'il devoit y avoir dans l'eau
des particules étrangeres , qui pour être
imperceptibles à la vuë , ne laissoicnt pas
d'être sensibles par les maladies qu'elles
causoient ; mais il restoit encore à dé
terminer quelle étoit la nature de ces
corpuscules . La Riviere de Seine étoit
tres- basse , on la voïoit de jour en jour
se resserrer au milieu de son lit , son sable
étoit tres - pur , et bien lavé ; le fond
n'étoit point limoneux , et l'eau n'en-.
trainoit avec elle aucune terre ni substance
étrangere , qui put lui faire contracter
quelque mauvaise qualité. Quelle pouvoit
donc être la cause de l'altération de
l'eau Devoit on s'imaginer que ce fut
certaines Plantes qui à l'occasion de la
sécheresse , étoient plus abondantes qu'à
l'ordinaire et mieux nourries à la vérité ;
on voïoit le même Phénoméne dans la
Marne , dans tous les Ruisseaux , dans
les Etangs et dans les Réservoirs , mais
ces Plantes naturellement aquatiques n'avoient
elles pas accoutumé de croître
dans la Seine Si elles y ont cru , pourquoi
les Etez précédens les mêmes maladies
n'ont- elles point regné ? C'est icy
que la Physique est obligée d'implorer le
-
II. Vol.
Biiij se2784
MERCURE DE FRANCE
secours de la Botanique , pour examiner
un peu ces Plantes aquatiques et pour
rechercher leurs différentes qualitez .
Les Plantes aquatiques ont en général
des qualitez plus sensibles que celles de la
plupart des Plantes terrestres ; les unes se
font distinguer par une odeur aromatique
tres forte, comme les Menthes d'eau;
les autres ont une odeur foetide et marécageuse
; par exemple , les Mille - feuilles
et le Preles d'eau ; presque toutes ont
une âcreté intérieure , plus ou moins sensible
au goût , comme les Cressons , les
Poivres d'eau , les Renoncules aquatiques ,
&c. quelques unes enfin , telles que les
Conserves ou Mousses d'eau , échauffent
subitement la main qui les presse , et produisent
un sentiment semblable à celui
que l'Ortie cause quand on l'a touchée.
-
Les Plantes aquatiques qui naissent
tous les ans dans la Seine , y parurent à
la vérité dès le Printems de 1731 , mais
bien différemment des années précedentes
; car celles dont la qualité est la plus
mauvaise et qui ordinairement sont
moins communes, y pullulerent en abondance
; celles au contraire dont la qualité
n'est point nuisible et qui devoient ▼
être en plus grand nombre , s'y trouverent
en moindre quantité , en comparai-
II. Vol. son
DECEMBRE. 1733. 2789
son des autres. Il est facile aux Botanistes
de rendre raison de ce Phénoméne.
La pluspart de ces Plantes , que nous
regardons comme pernicieuses , par les
effets les plus apparens qu'elles produisent
, ne végétent que dans les endroits
du lit de la Riviere où l'eau est la plus
basse et la plus dormante car pour que
les Plantes aquatiques fleurissent , il faut
qu'elles s'élevent au dessus de la superficie
de l'eau ; operation après laquelle
leurs sommitez rentrent ordinairement
dans l'eau , afin que leurs gfaines y meurissent
et s'y répandent ; c'est pourquoi
ces Plantes ne pulluloient que tres- peu
les années précedentes , parce que leur
tige dont la longueur est en quelque fa
çon déterminée ne pouvoit atteindre à la
surface de l'eau ..
De la facilité de végéter qu'avoient
ces Plantes pernicieuses, et de leur abondance
, il s'ensuivoit la suffocation des
Plantes ordinaires , dont les effets ne sont
point à craindre .
On apperçoit le même Phénoméne
'dans la végétation des Plantes terrestres au
Printems des années humides et pluvieuses
, car pour lors le bon grain est étouf
fé et maigri par une multitude de mauvaises
Plantes , aussi ce sont ces années-
II. Vol By là
2786 MERCURE DE FRANCE
là où les maladies populaires sont plus
fréquentes , soit par la mauvaise qualité
des grains qui n'ont pas eu assez de nourriture
, soit par le mélange qui se fait des
semences de ces Plantes.
Entre les Plantes aquatiques , dont on
ressent les dangereux effets , il y en a deux
principales; l'une que les Botanistes nomi
ment Hippuris , genre de Plante sembla
ble par son port exterieur à la Prele de
nos campagnes l'autre porte en latin le
nom de Confema , er en françois celui de
Mousse d'eau , à cause de sa verdure et de
son étenduë.
La premiere de ces Plantes est d'une
odeur foetide et marécageuse , qu'elle
communique facilement à la main qui la
touche et à l'eau qui l'environne ; la se
conde produit non - seulement une are
deur cousiderable à la main qui la serre ,
mais encore elle laisse à l'eau dans laquelle
on la met tremper un feu , qui quand on
la boit , cause dans la bouche une sécheresse
incommode ; et dans le gosier une
âcreté insupportable
C'étoit sur tout de ces deux especes de
Plantes que
les petites marres d'eau dormantes
, répandues tout le long de la Riviere
, étoient remplies ; et comme elles
manquoient d'eau pour être couvertes ·
II.Vol. en
DECEMBRE. 1733 2787.
entierement , la chaleur des rayons du
Soleil fanoit l'extrêmité de leurs feuilles,
et les faisoit corrompre ensuite par le
pied. M. de Jussieu ne se contenta pas
de ces observations , qui à tout autre auroient
paru suffisantes , il voulut encore
assurer son sentiment par de nouvelles
expériences.
Il fit arracher de la Riviere une quantité
suffisante d'Hippuris et de Confema ,
il fit infuser ces Plantes , tantôt séparément
, tantôt toutes deux ensemble dans
des vaisseaux pleins d'eau de Fontaine ,
et il les y laissa en expérience pendant
quelque temps; ces Plantes communiquérent
à l'eau dans laquelle elles trempoient ,
la même odeur et la même saveur désa- -
gréable que cet Académicien avoit remarquée
dans l'eau de la Seine,buë au courant
même de la Riviere au dessus de
Bercy .
M.de Jussieu ne négligea point non plus
d'examiner avec le Microscope , cette eau
macérée , dans laquelle , comme dans
celle de la Seine , il découvrit plusieurs
Insectes tres - petits , qui ne se voient ni
dans l'eau de Fontaine , ni dans celle de
Riviere qui n'aura point été altérée par
la corruption de ces sortes de Plantes.
Enfin , quoique la pourriture des petits
11. Vol.
Bvi Pois2788
MERCURE DE FRANCE
Poissons , qui faute d'une quantité suffisante
d'eau, périssent pendant la sécheres
se, puisse communiquet à l'eau une odeur
foetide ; elle ne doit point être regardée
comme la cause principale , mais seulement
la production extraordinaire de ces
Plantes aquatiques si pernicieuses ; car par
la comparaison de l'état de la Seine pen
dant l'Eté et l'Automne de l'année dernie
re et de celle - ci , avec l'état où elle étoit
en 1731 , on n'y a remarqué que les Plantes
ordinaires ; aussi n'a- t- on point observé
dans la pratique de la Médecine , les maladies
qui ont regné pendant l'Eté et
l'Automne de 1731 .
pent
Tout bon Citoyen , et à plus forte rai-
´son un Médecin zélé , doit , par ses conseils
et ses avis salutaires , mettre les Magistrats
en état de prévenir tout ce qui
altérer la santé des habitans ; c'est
pourquoi M. de Jussieu termine son Mêmoire
par trois observations, qui contiennent
les remedes propres à se garantir des
mauvais effets que pourroit produire la
sécheresse de pareilles années.
Il conseille , 1 ° . de faire nettoyer le lit
de la Riviere , sur tout au dessus de Paris
, et d'empêcher qu'il ne se forme sur
ses bords des Mares où l'eau croupisse.
2. De tenir dans une grande propreté
II. Fol les
DECEMBR E. 1733 . 2789
les cuvettes de tous les Reservoirs qui
distribuent l'eau de la Riviere , et de
faire arracher , toutes les Plantes en forme
de mousse , qui naissent à leurs parois.
3. Enfin , de tenir en bon état les
Aqueducs et les Canaux des Fontaines
d'eau vive , afin que l'eau qu'ils conduisent
puisse par son abondance suppléer
au deffaut de celle de la Riviere , dont
l'usage pendant les années de secheresse
pourroit être dangereux à la santé des
Citoyens.
qui ont altéré l'Eau de la Seine , pendant
la sécheresse de l'année 1731.Par
M. Jussieu l'aîné , lû à la rentrée publique
de l'Academie Royale des Sciences
le 14 Novembre 1733 .
Our que l'eau soit salubre , il faut
P qu'elle soit pure , l'impide , sans aucune
odeur , ni saveur sensibles , et que
son usage ne cause aucune maladie.
Quoiqu'en 1731 , l'Eau de la Seine fut
devenue pendant l'Eté et l'Automne plus
légere et plus limpide qu'à l'ordinaire ;
cependant ceux qui étoient obligez d'en
boire furent sujets à des sécheresses de
bouche qui leur causoient une altération
fréquente , à des dégoûts et à des nausées
dont on ignoroit la cause , à des maux
de gorge qui degeneroient en Squinancie
, à des fluxions à la tête et à plusieurs
sortes de fièvres irrégulières et opiniâtres
; ces maladies ne se guérissoient que
par le changement de boisson , ou par les
Prisannes , dont la coction servoit dé
correctif à la mauvaise qnalité de l'eau ;
les personnes au contraire, qui ne buvoient
que de l'eau de Fontaine furent
I Vol. excmDECEMBRE.
1733. 2783
exemtes de toutes ces incommoditez.
Cette observation indiquoit bien en
general qu'il devoit y avoir dans l'eau
des particules étrangeres , qui pour être
imperceptibles à la vuë , ne laissoicnt pas
d'être sensibles par les maladies qu'elles
causoient ; mais il restoit encore à dé
terminer quelle étoit la nature de ces
corpuscules . La Riviere de Seine étoit
tres- basse , on la voïoit de jour en jour
se resserrer au milieu de son lit , son sable
étoit tres - pur , et bien lavé ; le fond
n'étoit point limoneux , et l'eau n'en-.
trainoit avec elle aucune terre ni substance
étrangere , qui put lui faire contracter
quelque mauvaise qualité. Quelle pouvoit
donc être la cause de l'altération de
l'eau Devoit on s'imaginer que ce fut
certaines Plantes qui à l'occasion de la
sécheresse , étoient plus abondantes qu'à
l'ordinaire et mieux nourries à la vérité ;
on voïoit le même Phénoméne dans la
Marne , dans tous les Ruisseaux , dans
les Etangs et dans les Réservoirs , mais
ces Plantes naturellement aquatiques n'avoient
elles pas accoutumé de croître
dans la Seine Si elles y ont cru , pourquoi
les Etez précédens les mêmes maladies
n'ont- elles point regné ? C'est icy
que la Physique est obligée d'implorer le
-
II. Vol.
Biiij se2784
MERCURE DE FRANCE
secours de la Botanique , pour examiner
un peu ces Plantes aquatiques et pour
rechercher leurs différentes qualitez .
Les Plantes aquatiques ont en général
des qualitez plus sensibles que celles de la
plupart des Plantes terrestres ; les unes se
font distinguer par une odeur aromatique
tres forte, comme les Menthes d'eau;
les autres ont une odeur foetide et marécageuse
; par exemple , les Mille - feuilles
et le Preles d'eau ; presque toutes ont
une âcreté intérieure , plus ou moins sensible
au goût , comme les Cressons , les
Poivres d'eau , les Renoncules aquatiques ,
&c. quelques unes enfin , telles que les
Conserves ou Mousses d'eau , échauffent
subitement la main qui les presse , et produisent
un sentiment semblable à celui
que l'Ortie cause quand on l'a touchée.
-
Les Plantes aquatiques qui naissent
tous les ans dans la Seine , y parurent à
la vérité dès le Printems de 1731 , mais
bien différemment des années précedentes
; car celles dont la qualité est la plus
mauvaise et qui ordinairement sont
moins communes, y pullulerent en abondance
; celles au contraire dont la qualité
n'est point nuisible et qui devoient ▼
être en plus grand nombre , s'y trouverent
en moindre quantité , en comparai-
II. Vol. son
DECEMBRE. 1733. 2789
son des autres. Il est facile aux Botanistes
de rendre raison de ce Phénoméne.
La pluspart de ces Plantes , que nous
regardons comme pernicieuses , par les
effets les plus apparens qu'elles produisent
, ne végétent que dans les endroits
du lit de la Riviere où l'eau est la plus
basse et la plus dormante car pour que
les Plantes aquatiques fleurissent , il faut
qu'elles s'élevent au dessus de la superficie
de l'eau ; operation après laquelle
leurs sommitez rentrent ordinairement
dans l'eau , afin que leurs gfaines y meurissent
et s'y répandent ; c'est pourquoi
ces Plantes ne pulluloient que tres- peu
les années précedentes , parce que leur
tige dont la longueur est en quelque fa
çon déterminée ne pouvoit atteindre à la
surface de l'eau ..
De la facilité de végéter qu'avoient
ces Plantes pernicieuses, et de leur abondance
, il s'ensuivoit la suffocation des
Plantes ordinaires , dont les effets ne sont
point à craindre .
On apperçoit le même Phénoméne
'dans la végétation des Plantes terrestres au
Printems des années humides et pluvieuses
, car pour lors le bon grain est étouf
fé et maigri par une multitude de mauvaises
Plantes , aussi ce sont ces années-
II. Vol By là
2786 MERCURE DE FRANCE
là où les maladies populaires sont plus
fréquentes , soit par la mauvaise qualité
des grains qui n'ont pas eu assez de nourriture
, soit par le mélange qui se fait des
semences de ces Plantes.
Entre les Plantes aquatiques , dont on
ressent les dangereux effets , il y en a deux
principales; l'une que les Botanistes nomi
ment Hippuris , genre de Plante sembla
ble par son port exterieur à la Prele de
nos campagnes l'autre porte en latin le
nom de Confema , er en françois celui de
Mousse d'eau , à cause de sa verdure et de
son étenduë.
La premiere de ces Plantes est d'une
odeur foetide et marécageuse , qu'elle
communique facilement à la main qui la
touche et à l'eau qui l'environne ; la se
conde produit non - seulement une are
deur cousiderable à la main qui la serre ,
mais encore elle laisse à l'eau dans laquelle
on la met tremper un feu , qui quand on
la boit , cause dans la bouche une sécheresse
incommode ; et dans le gosier une
âcreté insupportable
C'étoit sur tout de ces deux especes de
Plantes que
les petites marres d'eau dormantes
, répandues tout le long de la Riviere
, étoient remplies ; et comme elles
manquoient d'eau pour être couvertes ·
II.Vol. en
DECEMBRE. 1733 2787.
entierement , la chaleur des rayons du
Soleil fanoit l'extrêmité de leurs feuilles,
et les faisoit corrompre ensuite par le
pied. M. de Jussieu ne se contenta pas
de ces observations , qui à tout autre auroient
paru suffisantes , il voulut encore
assurer son sentiment par de nouvelles
expériences.
Il fit arracher de la Riviere une quantité
suffisante d'Hippuris et de Confema ,
il fit infuser ces Plantes , tantôt séparément
, tantôt toutes deux ensemble dans
des vaisseaux pleins d'eau de Fontaine ,
et il les y laissa en expérience pendant
quelque temps; ces Plantes communiquérent
à l'eau dans laquelle elles trempoient ,
la même odeur et la même saveur désa- -
gréable que cet Académicien avoit remarquée
dans l'eau de la Seine,buë au courant
même de la Riviere au dessus de
Bercy .
M.de Jussieu ne négligea point non plus
d'examiner avec le Microscope , cette eau
macérée , dans laquelle , comme dans
celle de la Seine , il découvrit plusieurs
Insectes tres - petits , qui ne se voient ni
dans l'eau de Fontaine , ni dans celle de
Riviere qui n'aura point été altérée par
la corruption de ces sortes de Plantes.
Enfin , quoique la pourriture des petits
11. Vol.
Bvi Pois2788
MERCURE DE FRANCE
Poissons , qui faute d'une quantité suffisante
d'eau, périssent pendant la sécheres
se, puisse communiquet à l'eau une odeur
foetide ; elle ne doit point être regardée
comme la cause principale , mais seulement
la production extraordinaire de ces
Plantes aquatiques si pernicieuses ; car par
la comparaison de l'état de la Seine pen
dant l'Eté et l'Automne de l'année dernie
re et de celle - ci , avec l'état où elle étoit
en 1731 , on n'y a remarqué que les Plantes
ordinaires ; aussi n'a- t- on point observé
dans la pratique de la Médecine , les maladies
qui ont regné pendant l'Eté et
l'Automne de 1731 .
pent
Tout bon Citoyen , et à plus forte rai-
´son un Médecin zélé , doit , par ses conseils
et ses avis salutaires , mettre les Magistrats
en état de prévenir tout ce qui
altérer la santé des habitans ; c'est
pourquoi M. de Jussieu termine son Mêmoire
par trois observations, qui contiennent
les remedes propres à se garantir des
mauvais effets que pourroit produire la
sécheresse de pareilles années.
Il conseille , 1 ° . de faire nettoyer le lit
de la Riviere , sur tout au dessus de Paris
, et d'empêcher qu'il ne se forme sur
ses bords des Mares où l'eau croupisse.
2. De tenir dans une grande propreté
II. Fol les
DECEMBR E. 1733 . 2789
les cuvettes de tous les Reservoirs qui
distribuent l'eau de la Riviere , et de
faire arracher , toutes les Plantes en forme
de mousse , qui naissent à leurs parois.
3. Enfin , de tenir en bon état les
Aqueducs et les Canaux des Fontaines
d'eau vive , afin que l'eau qu'ils conduisent
puisse par son abondance suppléer
au deffaut de celle de la Riviere , dont
l'usage pendant les années de secheresse
pourroit être dangereux à la santé des
Citoyens.
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Résumé : EXTRAIT d'un Mémoire sur les causes qui ont altéré l'Eau de la Seine, pendant la sécheresse de l'année 1731. Par M. Jussieu l'aîné, lû à la rentrée publique de l'Academie Royale des Sciences, le 14 Novembre 1733.
En 1731, l'eau de la Seine devint plus légère et limpide durant l'été et l'automne, mais sa consommation provoqua divers symptômes tels que des sécheresses de bouche, des nausées, des maux de gorge, des fluxions et des fièvres. Ces symptômes disparaissaient en changeant de boisson ou en utilisant des correctifs. Les personnes buvant de l'eau de fontaine étaient exemptes de ces maladies, suggérant la présence de particules étrangères dans l'eau de la Seine, imperceptibles à l'œil mais causant des maladies. La Seine était basse et son sable pur, excluant la présence de terre ou de substances étrangères. La cause de l'altération de l'eau fut attribuée à des plantes aquatiques, plus abondantes en raison de la sécheresse. Ces plantes, comme l'Hippuris et la Confema, avaient des odeurs et des saveurs désagréables, et leur prolifération étouffait les plantes ordinaires. M. de Jussieu réalisa des expériences en infusant ces plantes dans de l'eau de fontaine, reproduisant ainsi les symptômes observés. Il découvrit également des insectes microscopiques dans l'eau macérée. La pourriture des petits poissons, bien que contribuant à une odeur fétide, n'était pas la cause principale des maladies. Pour prévenir ces problèmes, M. de Jussieu recommanda de nettoyer le lit de la Seine, de maintenir la propreté des réservoirs et des cuvettes, et de maintenir en bon état les aqueducs et canaux des fontaines d'eau vive.
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19644
p. 11-12
Un Officier Général, étoit sur le point d'épouser Mlle .... lorsqu'il fut blessé à mort à la fin de la Campagne de 1759. Il est censé écrire à sa Maîtresse dans l'instant où expirant sur le champ de bataille, il se sert du fer d'une picque qu'il trempe dans son sang pour tracer ces Vers.
Début :
O MA chère Julie ! adore les destins ; [...]
Mots clefs :
Ignominie, Amant, Abîme
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texteReconnaissance textuelle : Un Officier Général, étoit sur le point d'épouser Mlle .... lorsqu'il fut blessé à mort à la fin de la Campagne de 1759. Il est censé écrire à sa Maîtresse dans l'instant où expirant sur le champ de bataille, il se sert du fer d'une picque qu'il trempe dans son sang pour tracer ces Vers.
Un Officier Général , étoit fur le point
d'époufer Mlle .... lorſqu'il fut bleffé
à mort à la fin de la Campagne
de 1759. Il eft cenfé écrire à fa
Maîtreffe dans l'inftant où expirant
fur le champ de bataille , il fe fert du
fer d'une picque qu'il trempe dans
fon fang pour tracer ces Vers.
MA chère Julie ! adore les deftins ;
Ils font naître & mourir nos projets incertains .
Une lance acérée , inſtrument du carnage ,
Eft aux bords du cercueil , pour moi d'un autre
uſage.
Arme de la fureur , tu deviens , en ce jour ,
Dans mes débiles mains , le pinceau de l'Amour
!!....i
Mon fang forme à longs traits , fur l'arène fusi
cu mante ,
Des fignes interdits à ma voix expirante.
Hélas ! s'il fut verfé , fans regret pour mon Rois
Il m'eft doux de fentir qu'il coule encor pour
toi ! .....
Je t'aimai : je t'adore ; ( excufe ma foibleffe : ) ;
Mais foit tranſports jaloux , foit orgueil , fojt
vreffe ;
Aviat
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
Ciel pourquoi redouté-je en ce fatal moment ,
Qu'un autre après ' ma mort puiffe être tom
Amant ?
Ah ! pardonne à ma crainte injufte , téméraire 7
Non ,tu n'as point brulé d'une flamme ordinaire ;
Non ; je fçais qu'aifément ton coeur ferme &
conftant
Peut donner à ton Sexe un exemple éclatant.
Lechemin tortueux que tient la perfidie,
( Tu me l'as dit cent fois ) , méne à l'ignominie...
Hélas ! il m'en fouvient : quand aux bords Champenois,
on
Ton amant t'embraffa pour la derniere fois :
» Cher époux , m'as-tu dit , tu vois de l'hyménée
» Eteindré les flambeaux ; mais ma foi t'eft done.
» née ;
» Et quel que foit ton fort , fois für que ce lien .
» Enchaîne pour jamais & mon être & le tien ....
Au moins ce foible eſpoir en mourant , me ſoulage......
Mais je touche à l'inftant , que craint même le
Sage 179 707 mm & erbror i åingi a T
Le jour fuit & fe change en d'épaiffes vapeurs....
L'abîme s'ouvre : adieu , fois fidéle....je meurs.
d'époufer Mlle .... lorſqu'il fut bleffé
à mort à la fin de la Campagne
de 1759. Il eft cenfé écrire à fa
Maîtreffe dans l'inftant où expirant
fur le champ de bataille , il fe fert du
fer d'une picque qu'il trempe dans
fon fang pour tracer ces Vers.
MA chère Julie ! adore les deftins ;
Ils font naître & mourir nos projets incertains .
Une lance acérée , inſtrument du carnage ,
Eft aux bords du cercueil , pour moi d'un autre
uſage.
Arme de la fureur , tu deviens , en ce jour ,
Dans mes débiles mains , le pinceau de l'Amour
!!....i
Mon fang forme à longs traits , fur l'arène fusi
cu mante ,
Des fignes interdits à ma voix expirante.
Hélas ! s'il fut verfé , fans regret pour mon Rois
Il m'eft doux de fentir qu'il coule encor pour
toi ! .....
Je t'aimai : je t'adore ; ( excufe ma foibleffe : ) ;
Mais foit tranſports jaloux , foit orgueil , fojt
vreffe ;
Aviat
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
Ciel pourquoi redouté-je en ce fatal moment ,
Qu'un autre après ' ma mort puiffe être tom
Amant ?
Ah ! pardonne à ma crainte injufte , téméraire 7
Non ,tu n'as point brulé d'une flamme ordinaire ;
Non ; je fçais qu'aifément ton coeur ferme &
conftant
Peut donner à ton Sexe un exemple éclatant.
Lechemin tortueux que tient la perfidie,
( Tu me l'as dit cent fois ) , méne à l'ignominie...
Hélas ! il m'en fouvient : quand aux bords Champenois,
on
Ton amant t'embraffa pour la derniere fois :
» Cher époux , m'as-tu dit , tu vois de l'hyménée
» Eteindré les flambeaux ; mais ma foi t'eft done.
» née ;
» Et quel que foit ton fort , fois für que ce lien .
» Enchaîne pour jamais & mon être & le tien ....
Au moins ce foible eſpoir en mourant , me ſoulage......
Mais je touche à l'inftant , que craint même le
Sage 179 707 mm & erbror i åingi a T
Le jour fuit & fe change en d'épaiffes vapeurs....
L'abîme s'ouvre : adieu , fois fidéle....je meurs.
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Résumé : Un Officier Général, étoit sur le point d'épouser Mlle .... lorsqu'il fut blessé à mort à la fin de la Campagne de 1759. Il est censé écrire à sa Maîtresse dans l'instant où expirant sur le champ de bataille, il se sert du fer d'une picque qu'il trempe dans son sang pour tracer ces Vers.
Un officier général, sur le point de se marier avec Mlle..., est mortellement blessé à la fin de la campagne de 1759. Avant de mourir, il écrit une lettre à sa maîtresse, Julie, utilisant son propre sang comme encre. Dans cette lettre, il exprime son amour et ses regrets, craignant qu'après sa mort, elle puisse aimer un autre homme. Il la supplie de pardonner cette crainte et affirme sa confiance en la fidélité de Julie. Il se remémore leur dernier serment d'amour près des bords champenois, où elle lui avait juré fidélité éternelle. Sentant la mort approcher, il lui adresse un ultime adieu, affirmant sa fidélité jusqu'à la fin.
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19644
19645
p. 239-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Ode irréguliere à la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE. *
ODE DE irréguliere à lá Danfe ,
Impromptu ,
Suite de l'Effai fur l'Eloquence ,
L'Entrefol ,
Portrait de Zélide ,
Le Pour & le Contre de Paris ,
Vers préfentés à M. de Fontenelle ,
page s
10
20
22
26
28
Réflexions fur le Bonheur & les Plaifirs d'imagination
,
29
Confeil prophétique au Prince Louis de Rohan , 35
Vers à Mademoiſelle *** *** , 37
Sur la Lettre de Mademoiſelle ***, à M. de Baſtide
,
Réponse de M. de Baftide ,
Vers à M. de la Live- de Jully ,
Converſation ,
Ode fur le Mariage de M. F....
ibid.
40
42
47
54
57
58
66
Vers adreflés aux Rimeurs François ,
L'Amante Timide , Anecdote galante ,
Vers à Madame la Comteffe de B....
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Chanfon fur la
prife du Fort Saint- Philippe , 67
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure d'Octobre ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanſon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES,
69
70
71
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
,
73
240
Programme de l'Académie de Montauban ,
ART. HI. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
132
Physique. Le Triomphe de l'Ether ,
Médecine. Lettre à M. Sauvage ,
135
153
lobe droit du poumon ,
Chirurgie. Obfervation d'une tumeur enkiſtée au
ART. IV. BEAUX - ARTS.
167
Mufique. A l'Auteur du Mercure , 171
Peinture. Lettre à l'Auteur du Mercure , 179
Sculpture. Réponſe d'un Eleve , &c. 184
Gravure. 197
Architecture.
198
ART. V. SPECTACLES. CTACLE
Comédie Françoiſe. 201
Comédie Italienne. 203
Opéra comique. ibid.
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 205
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 234
Bénéfices donnés , 228
Naiffances , Mariages & Morts , ibid.
Avis divers . 236
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE. *
ODE DE irréguliere à lá Danfe ,
Impromptu ,
Suite de l'Effai fur l'Eloquence ,
L'Entrefol ,
Portrait de Zélide ,
Le Pour & le Contre de Paris ,
Vers préfentés à M. de Fontenelle ,
page s
10
20
22
26
28
Réflexions fur le Bonheur & les Plaifirs d'imagination
,
29
Confeil prophétique au Prince Louis de Rohan , 35
Vers à Mademoiſelle *** *** , 37
Sur la Lettre de Mademoiſelle ***, à M. de Baſtide
,
Réponse de M. de Baftide ,
Vers à M. de la Live- de Jully ,
Converſation ,
Ode fur le Mariage de M. F....
ibid.
40
42
47
54
57
58
66
Vers adreflés aux Rimeurs François ,
L'Amante Timide , Anecdote galante ,
Vers à Madame la Comteffe de B....
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Chanfon fur la
prife du Fort Saint- Philippe , 67
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure d'Octobre ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanſon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES,
69
70
71
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
,
73
240
Programme de l'Académie de Montauban ,
ART. HI. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
132
Physique. Le Triomphe de l'Ether ,
Médecine. Lettre à M. Sauvage ,
135
153
lobe droit du poumon ,
Chirurgie. Obfervation d'une tumeur enkiſtée au
ART. IV. BEAUX - ARTS.
167
Mufique. A l'Auteur du Mercure , 171
Peinture. Lettre à l'Auteur du Mercure , 179
Sculpture. Réponſe d'un Eleve , &c. 184
Gravure. 197
Architecture.
198
ART. V. SPECTACLES. CTACLE
Comédie Françoiſe. 201
Comédie Italienne. 203
Opéra comique. ibid.
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 205
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 234
Bénéfices donnés , 228
Naiffances , Mariages & Morts , ibid.
Avis divers . 236
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections principales. L'article premier répertorie diverses œuvres littéraires en vers et en prose, telles que des odes, des impromptus, des essais, des portraits, des réflexions, des conseils, des lettres et des conversations. Parmi les œuvres notables figurent 'L'Entrefet', 'Portrait de Zélide', 'Le Pour & le Contre de Paris', ainsi que des vers dédiés à des personnalités comme M. de Fontenelle et M. de la Live-de Jully. L'article II se consacre aux nouvelles littéraires, incluant des extraits, des précisions sur des livres récents et un programme de l'Académie de Montauban. L'article III explore les sciences et les belles-lettres, abordant des sujets de physique, de médecine et de chirurgie. L'article IV traite des beaux-arts, avec des sections sur la musique, la peinture, la sculpture, la gravure et l'architecture. L'article V se focalise sur les spectacles, mentionnant la comédie française, la comédie italienne et l'opéra comique. Enfin, l'article VI présente des nouvelles étrangères, des informations sur la cour et Paris, ainsi que des annonces de naissances, mariages, décès et divers avis.
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19646
p. 240
« La Chanson notée doit regarder la page 71. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 71. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 71. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 71 .
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19647
p. 240
« De l'Imprimerie Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch, Ant. Jombert.
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19648
p. 12-13
L'AMANT RÉVOLTÉ CONVERTI.
Début :
LE Tout-Puissant Dieu de l'Amour, [...]
Mots clefs :
Amour, Dieu, Haine, Satire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMANT RÉVOLTÉ CONVERTI.
L'ÀMANT RÉVOLTÉ CONVERTI.
LA Tout-Puiffant Dieu de l'Amour ,
Avoit un jour bleſſé mon âme,
AVRIL. 1763 : 13
Moi, je voulois le bleffer à mon tour ,
Et j'aiguifois les traits d'une Epigramme ;
Quand ce Dieu , pour guérir mon mal ,
Vint me trouver avec Thémire .
Adieu ma haine & ma fatyre ,
Je ne fis plus qu'un Madrigal……… . }
Par M. B. P. D. GRA..... de Lyan.
LA Tout-Puiffant Dieu de l'Amour ,
Avoit un jour bleſſé mon âme,
AVRIL. 1763 : 13
Moi, je voulois le bleffer à mon tour ,
Et j'aiguifois les traits d'une Epigramme ;
Quand ce Dieu , pour guérir mon mal ,
Vint me trouver avec Thémire .
Adieu ma haine & ma fatyre ,
Je ne fis plus qu'un Madrigal……… . }
Par M. B. P. D. GRA..... de Lyan.
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19649
p. 228-235
NAISSANCES ET MORTS.
Début :
Le 11 Novembre, l'Abbé de Lorraine, & Mademoiselle de Brionne, au nom [...]
Mots clefs :
Naissances, Morts, Chauvelin, Lieutenant général des armées, Charlotte de Lorraine, Duc de Rochechouart, Baron de Veuilli Hautevesnes, Grands officiers de la couronne, Brigadier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NAISSANCES ET MORTS.
NAISSANCE
ET MORTS..
LE 11 Novembre , l'Abbé de Lorraine , &
Mademoiſelle de Brionnė , au nom du Prince
Charles de Lorraine , Gouverneur des Pays- bas ;
& de la Princeſſe Charlotte de Lorraine , tinrent
fur les Fonts dans l'égliſe de S. Germain-l'Auxerrois
une fille du Comte de Brionne, Grand Ecuyer
de France , laquelle fut nommée Anne-Charlotte,
La cérémonie fut fuivie d'une fête que donna
J'Abbé de Lorraine, ..
5
Jacques-Nompar de Caumont , Duc de Caumont
, Pair de France , fils de M. le Duc de la
Force , eft décédé à Bagnieres le 14 Juiller, 175.5: 1 âgé de quarante-un ans. Il avoit épousé Dame
Marie-Louife de Noailles , fille de M. le Maréchal
de Noailles. La maison de Caumont -la korce eft
fi connue par fon ancienneté , qu'il eft inutile
d'en dire davantage, an
Le 25
I
Août mourut en ſon château du Grand,
val fous Sucy , Meflire Nicolas Daine , Confeile
ler , Secrétaire du Roi , Maifon - Couronne de
France & de fes Finances , Syndic de fa Compagnie
, ancien premier Secrétaire au département
de la guerre , fils de feu Marius-Bafile Daine ,
Infpecteur Général de l'habillement des troupes
de Sa Majefté ; & de défunte Damoiselle Marie-
Magdeleine de Montigny. Illaifle de fon mariage
avec Dainoifelle Sufanne de Wefterbourg un fils ,
Meffire Marius - Jean - Baptifte - Nicolas Daine
JANVIER. 1756. 229
Confeiller du Roi , fon Procureur au Bureau ,
Chambre des Finances & Voyerie de la Généralité
de Paris , Affocié de l'Académie Royale des
Sciences & Belles - Lettres de Pruffe; & deux filles.
Dame Marie- Marthe Landry , veuve de Meffire
Pierre-Gui-Baltazard Emé de Guiffrey de Monteynard
, Comte de Marcieu , Marquis de Boultieres
, Maréchal des camps & armées du Roi ,
Gouverneur des ville & citadelle de Grenoble , &
fous Lieutenant des Gendarmes de la Garde ordinaire
de Sa Majefté , mourut à Paris. le premier
Octobre , âgée de vingt- un ans.
Voyez le Mercure d'Octobre de l'année 1753 .
Dame Anne- Elifabeth Filleul , veuve de Paul
de Montefquiou , Comte d'Artagnan , Brigadier
de Cavalerie , eft morte le 2 à Paris dans la cinquante-
cinquieme année.
Voyez fur Pilluftre Maifon de Montefquiou les
Tablettes biftoriques , VIIe partie , pag. 30s , &
Les grands Officiers de la Couronne , tome VII ,
pag. 262.
"
Meffire Jean- Antoine-François de S. Simon de
Courtomer ; Comte de la Noue , connu fous le
nom de Chevalier de Courtomer , Brigadier d'In
fanterie, ci- devant Capitaine d'une Compagnie de
Grenadiers dans le Régiment des Gardes Françoifes
, mourut le 6 Octobre au Château de Mezy en
bafle Normandie , dans la cinquante -'feptiemé
année de fon âge .
Armande -Amélie Du Plaffis - Richelieu – d'Aiguillon
, fille d'Emmanuel - Armand - Louis dur
Pleflis -Richelieu , Duc d'Aiguillon , Pair de Fran
ce, Maréchal des Camps & Armées du Roi , Lieutenant
Général pour Sa Majeſté dans le Comté
Nantois, & Commandant en Bretagne, nommé Che
valier des Ordres du Roi le 1 Janvier 1756 ; & de
-
230 MERCURE DE FRANCE .
Louife- Félicité de Brebant-Mauron , eft morte
à Paris le 13 Octobre , âgée de trois ans.
Meffire Bernard Chauvelin , Seigneur de Beauféjour
, Confeiller d'Etat ordinaire , eft mort à
Paris le 16 dans fa quatre- vingt-troifiéme année.
Il étoit veuf depuis le 21 Juillet 1735 , de
Catherine Martin , de laquelle il a faillé pour
enfans.
1º. Jacques- Bernard Chauvelin , d'abord Confeiller
au Parlement en 1725 , Maître des Requê
tes en 1728 , Intendant d'Amiens en 1731 , &
actuellement Confeiller d'Etat & Intendant des
Finances depuis 1751. Il a époufé le 16 Février
1719 , Marie , fille de Jean Ourfin , Secrétaire du
Roi & Receveur Général des Finances de la
généralité de Caen , de laquelle il a eu un fils ,
mort en 1737 , & cinq filles actuellement vi
vantes.
2º, Louis-Germain Chauvelin , Abbé de Saint
Jouin , Diocéfe de Poitiers , Doyen de l'Eglife
du Mans , & Chanoine honoraire de celle de
Paris.
3. Bernard- Louis , appellé le Chevalier de
Chauvelin , Commandeur de l'Ordre de Sain
Louis , Lieutenant général des armées du Roi ,
nommé Ambaffadeur auprès du Roi de Sardaigne
en 1753.
4. Henri-Pierre Chauvelin , Abbé Commen
dataire de Montiere-Ramey , Chanoine Hono
raire de l'Eglife de Paris , & Confeiller- Clerc
au Parlement.
5. Marie-Reine Chauvelin , morte en 1739 ,
ayant été mariée en 1734 à Gui Chartraire , Seigneur
de Ragny , & c.
M. Chauvelin dont nous annonçons la mort ,
avoit été fucceffivement Confeiller au Parlement,
JANVIE R. 1756. 23 ?
Maître des Requêtes , Intendant de Tours , d'Alençon
& d'Amiens , & Confeiller d'Erat & Maître
des Requêtes honoraire ; il étoit iffu de Jacques
Chauvelin , Treforier de France en la Généralité
de Paris , frere du célébre François Chauvelin,
reçu en 1562 Avocat au Parlement de Paris,
dont il fut la lumiere & l'oracle ; ce même François
Chauvelin, fut depuis Intendant des affaires en
France , de Marie Stuart Reine d'Ecoffe , & femme
de François II , enfuite Maître des Requêtes
de la Reine Catherine de Médicis , & Procureur
Général de Marie de Médicis , feconde femme de
Henri IV. Il fat bifayeul de Louis Chauvelin , Seignear
de Crifenoi , Maître des Requêtes & Confeiller
d'Etat ordinaire , mort en 1719 ; ce dernier
cut pour enfans.
I. Louis Chauvelin , mort le z Août 1715 , Avocat
Général au Parlement , & Grand Tréforier ,
Commandeur des Ordres du Roi ; laiffant pour
'enfans , 1 °. Louis Chauvelin , Seigneur de Crifenoi
, &c. aujourd'hui Préfident du Parlement de
Paris , lequel a épousé le 25 Novembre 1729
Marie-Renée , fille d'Antoine Jacomel , Seigneur
d'Atis & de Bienaffife , Capitaine de Grenadiers
dans le régiment de Souppa ; de cette alliance if
n'y a point d'enfans. 20. Magdeleine-Françoife
Chauvelin , veuve da Mars 1744 , de . Denis-
Louis Talon , Marquis du Tremblai , Préſident da
Parlement de Paris.
- II. Germain Louis Chauvelin , Marquis de
Grofbois , &c. Succeffivement Confeiller au Grand
Confeil , Maître des Requêtes , Avocat Général
au Parlement , Préfident à Mortier en 1718 ,
dont il s'eft demis en 1746 , Garde des Sceaux de
France en 1727 , qu'il a remis en 1737 , avec la
charge de Secrétaire d'Etat au département des
232 MERCURE DE FRANCE.
affaires étrangeres , dont il avoit été pourvu la
même année 1727 ; & Secrétaire - Commandeur
des ordres du Roi en 1736. Il a été marié le 12
Août 1718 à Anne , fille de Claude Cahouet , Seigneur
de Beauvais , premier Préfident des Tréforiers
de France , en la Généralité d'Orleans , &
'de N... Fontaines - des - Montées. De cette alliance
font fortis. 1 °. Claude - Louis Chauvelin , mort
Gouverneur de Brie - Comte - Robert en 1750 .
2º. Anne-Germain Chauvelin , mort jeune. 3°.
Anne-Efpérance Chauvelin , née en 1725 , veuve
fans enfans depuis 1748 , de Henri -François-
René Edouard Colbert , Comte de Maulevrier ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes Anglois. 4° . Anne-
Magdeleine Chauvelin , née le 19 Novembre
1727, femme de Louis - Michel Chamillart , Comte
de la Suze , &c . Lieutenant général des armées
du Roi , & Grand Maréchal des Logis de ſa Maifon.
5. Anne -Sabine - Rofalie Chauvelin , née en
1732 , époufe de Jean - François de la Rochefou
cauld , Comte de Surgeres , Cornette des Gendarmes
de Flandres.
III. Angelique-Henriette Chauvelin , qui a été
mariée le 1 Mai 1712 , à Anne - Claude de Thiard .
Marquis de Biffy , Lieutenant général des Armées
du Roi.
Chauvelin, porte pour armes, d'argent au choux
pommé arraché de finople entouré par la tige
d'unferpent d'or , la tête en haut .
Anne- Charlotte de Conflans , fille de Hubert ,
Comte de Conflans , Lieutenant - Général des
armées navales , eft décédée à Paris , & a été inhumée
le 18 Octobre à S. Sulpice .
Damoiſelle Thérefe Charron de Menars de Neuville
, morte à Paris , âgée de quatre-vingt ans
futinhumée le 21 à S. Euftache.
JANVIER. 1756. 233
Marie -Magdeleine- Jofephe de Croy -Havre,
veuve de Paſcal - Gaëtan d'Aragon , Comte d'Aliffe
, de la branche des Ducs de Laurenzano
mourut à Bruxelles le 27 Octobre , âgée de foixante-
quinze ans. Elle étoit fille de Ferdinand-
François- Jofeph de Croy , Duc d'Havré , Prince
& Maréchal de l'Empire , Grand d'Eſpagne de la
premiere claffe , & Chevalier de l'Ordre de la toifon
d'or , & de Jofephe - Barbe de Hallewin ,
derniere de fa maiſon.
Meffire Michel-Antoine Barberie de Courteille ,
Abbé de l'Abbaye de Beaulieu , Ordre de faint
Auguftin , Diocèle de Boulogne , eft mort le
28 , âgé d'environ foixante- dix ans.
Auguftin- François de Rochechouart-Mortem art,
Comte de Vihiers,eft mort à Paris le 31 Octobre,
âgé de quatorze ans , étant né le 21 Juin 1741 .
Il étoit unique fils de Jean- Baptifte - Victor de
Rochechouart-Mortemart, Duc de Rochechouart,
Pair de France , & Brigadier d'Infanterie ; & de
fa premiere femme Eléonore - Gabrielle- Louife-
Françoile de Crux , morte le 3 Octobre 1742. Le
Duc de Rochechouart avoit époufé en fecondes
noces le 13 Janvier 1749 , Marie- Therefe- Sophie
de Rouvroy , de laquelle il eft refté veuf fans
enfans , le 21 Février 1750. Il a été marié en troifiemes
noces le premier Mai 1751 , avec Charlotte-
Natalie de Manneville , fille de Henri- Jofeph
, Comte de Manneville , Gouverneur de
Dieppe , de laquelle il a pour fils Victurnien-
Jean -Baptifte - Marie de Rochechouart , né le g
Février 1752
N
Voyez fur la Maifon de Rochechouart les
grands Officiers de la Couronne , tom. IV. p. 649.
Dom Honoré, Abbé de l'Abbaye Régulière, de
S. Amand , Ordre de S. Benoît, Diocèle de Tour234
MERCURE DE FRANCE.
nay , eft mort dans le mois d'Octobre en fon
Abbaye.
Charles-Louis de Lorraine , Prince de Pons &
de Mortagne , Comte de Marfan , Souverain de
Bedeilles , Marquis de Mirambeau , Chevalier des
Ordres du Roi , & Lieutenant- Général des armées
de Sa Majeſté , mourut à Paris le 1 Novembre
, âgé de cinquante-neuf ans onze mois
& treize jours , étant né le 19 Novembre 1696.
Il étoit fils de Charles de Lorraine , Comte dé
Marfan , mort le 13 Novembre 1708 , & de
Catherine-Théréfe de Goyon - Matignon , morte le
7 Décembre 1699. De fon mariage avec feue
Elizabeth de Roquelaure , il a eu Gafton-Jean-
Baptifte de Lorraine , Comte de Marfan , Brigadier
d'infanterie , & Colonel du Régiment de
fon nom , marié en 1736 à Marie - Louiſe de
Roban- Soubize , aujourd'hui Gouvernante des
enfans de France , lequel mourut le 2 Mai 1743 ;
Louis-Jofeph de Lorraine , Chevalier de l'Ordre
de Saint Jean de Jérufalem , mort le 13 Janvier
1727 ; Camille-Louis de Loraine , connu fous le
nom de Prince Camille , Maréchal des camps
& armées du Roi ; Léopoldine- Elizabeth -Charlotte
de Lorraine , d'abord Chanoineffe de l'Abbaye
de Remiremont , enfuite mariée le i Mars
1733 , à Joachim de Zuniga Soto - Mayor , Comte
de Bejar , Grand d'Efpagne ; Louife-Henriette
Gabrielle de Lorraine , mariée à Godefroi- Charles-
Henri de la Tour d'Auvergne , Prince de
Turenne , Maréchal de camp , Colonel général
de la Cavalerie de France ; & Marguerite- Louiſe-
Elizabeth de Lorraine , Chanoineffe de Remiremont.
Le 26 Novembre 1755 , eft morte à Château,
Thieri , Dame Marianne de Valfan , veuve deJANVIER.
1756 . 1756. 235
puis les Novembre 1745 , de Pierre de Cugnac ,
Chevalier Seigneur Baron de Veuilli , Hautevefnes,
Lici- lez -Chanoines & autres lieux , âgée de
foixante-onze ans trois mois & vingt- cinq jours;
elle étoit fille de François de Vaffan , d'une ancienne
nobleffe du Valois , & d'Anne Provoſt.
Elle avoit pour fils unique , Anne- Gabriel
Marquis de Cugnac , Chevalier Seigneur Baron de
Veuilli , Hautevefnes , Lici-lez- Chanoines , Bezale-
Gueri & autres lieux , décedé au Château de
Veuilli , le 28 Novembre 1755 , âgé de quarantefept
ans & neuf mois ; il avoit fervi Lieutenant
dans le régiment des Gardes Françoiſes , & avoit
épousé en 1728 , Jeanne -Marie-Jofeph Guyon ,
fille d'Armand-Jacque Guyon , & de Marie de
Bauoncle , duquel mariage il laiffe trois filles ,
fçavoir Jeanne- Anne-Magdeleine de Cugnac ,
Marie-Louife de Cugnac , mariée à N ... Forget ,
Capitaine général des Fauconneries du cabinet
du Roi , & Henriette-Diane de Cugnac.
Voyez pour la généalogie de cette mailon ,
le Mercure de Décembre 1745 , & l'Hiftoire
généalogique des Grands Officiers de la Couronne
, du Pere Anfelme , chapitre des grands Mattes
des eaux & forêts de France , & des Chevaliers
du Saint-Elprit.
ET MORTS..
LE 11 Novembre , l'Abbé de Lorraine , &
Mademoiſelle de Brionnė , au nom du Prince
Charles de Lorraine , Gouverneur des Pays- bas ;
& de la Princeſſe Charlotte de Lorraine , tinrent
fur les Fonts dans l'égliſe de S. Germain-l'Auxerrois
une fille du Comte de Brionne, Grand Ecuyer
de France , laquelle fut nommée Anne-Charlotte,
La cérémonie fut fuivie d'une fête que donna
J'Abbé de Lorraine, ..
5
Jacques-Nompar de Caumont , Duc de Caumont
, Pair de France , fils de M. le Duc de la
Force , eft décédé à Bagnieres le 14 Juiller, 175.5: 1 âgé de quarante-un ans. Il avoit épousé Dame
Marie-Louife de Noailles , fille de M. le Maréchal
de Noailles. La maison de Caumont -la korce eft
fi connue par fon ancienneté , qu'il eft inutile
d'en dire davantage, an
Le 25
I
Août mourut en ſon château du Grand,
val fous Sucy , Meflire Nicolas Daine , Confeile
ler , Secrétaire du Roi , Maifon - Couronne de
France & de fes Finances , Syndic de fa Compagnie
, ancien premier Secrétaire au département
de la guerre , fils de feu Marius-Bafile Daine ,
Infpecteur Général de l'habillement des troupes
de Sa Majefté ; & de défunte Damoiselle Marie-
Magdeleine de Montigny. Illaifle de fon mariage
avec Dainoifelle Sufanne de Wefterbourg un fils ,
Meffire Marius - Jean - Baptifte - Nicolas Daine
JANVIER. 1756. 229
Confeiller du Roi , fon Procureur au Bureau ,
Chambre des Finances & Voyerie de la Généralité
de Paris , Affocié de l'Académie Royale des
Sciences & Belles - Lettres de Pruffe; & deux filles.
Dame Marie- Marthe Landry , veuve de Meffire
Pierre-Gui-Baltazard Emé de Guiffrey de Monteynard
, Comte de Marcieu , Marquis de Boultieres
, Maréchal des camps & armées du Roi ,
Gouverneur des ville & citadelle de Grenoble , &
fous Lieutenant des Gendarmes de la Garde ordinaire
de Sa Majefté , mourut à Paris. le premier
Octobre , âgée de vingt- un ans.
Voyez le Mercure d'Octobre de l'année 1753 .
Dame Anne- Elifabeth Filleul , veuve de Paul
de Montefquiou , Comte d'Artagnan , Brigadier
de Cavalerie , eft morte le 2 à Paris dans la cinquante-
cinquieme année.
Voyez fur Pilluftre Maifon de Montefquiou les
Tablettes biftoriques , VIIe partie , pag. 30s , &
Les grands Officiers de la Couronne , tome VII ,
pag. 262.
"
Meffire Jean- Antoine-François de S. Simon de
Courtomer ; Comte de la Noue , connu fous le
nom de Chevalier de Courtomer , Brigadier d'In
fanterie, ci- devant Capitaine d'une Compagnie de
Grenadiers dans le Régiment des Gardes Françoifes
, mourut le 6 Octobre au Château de Mezy en
bafle Normandie , dans la cinquante -'feptiemé
année de fon âge .
Armande -Amélie Du Plaffis - Richelieu – d'Aiguillon
, fille d'Emmanuel - Armand - Louis dur
Pleflis -Richelieu , Duc d'Aiguillon , Pair de Fran
ce, Maréchal des Camps & Armées du Roi , Lieutenant
Général pour Sa Majeſté dans le Comté
Nantois, & Commandant en Bretagne, nommé Che
valier des Ordres du Roi le 1 Janvier 1756 ; & de
-
230 MERCURE DE FRANCE .
Louife- Félicité de Brebant-Mauron , eft morte
à Paris le 13 Octobre , âgée de trois ans.
Meffire Bernard Chauvelin , Seigneur de Beauféjour
, Confeiller d'Etat ordinaire , eft mort à
Paris le 16 dans fa quatre- vingt-troifiéme année.
Il étoit veuf depuis le 21 Juillet 1735 , de
Catherine Martin , de laquelle il a faillé pour
enfans.
1º. Jacques- Bernard Chauvelin , d'abord Confeiller
au Parlement en 1725 , Maître des Requê
tes en 1728 , Intendant d'Amiens en 1731 , &
actuellement Confeiller d'Etat & Intendant des
Finances depuis 1751. Il a époufé le 16 Février
1719 , Marie , fille de Jean Ourfin , Secrétaire du
Roi & Receveur Général des Finances de la
généralité de Caen , de laquelle il a eu un fils ,
mort en 1737 , & cinq filles actuellement vi
vantes.
2º, Louis-Germain Chauvelin , Abbé de Saint
Jouin , Diocéfe de Poitiers , Doyen de l'Eglife
du Mans , & Chanoine honoraire de celle de
Paris.
3. Bernard- Louis , appellé le Chevalier de
Chauvelin , Commandeur de l'Ordre de Sain
Louis , Lieutenant général des armées du Roi ,
nommé Ambaffadeur auprès du Roi de Sardaigne
en 1753.
4. Henri-Pierre Chauvelin , Abbé Commen
dataire de Montiere-Ramey , Chanoine Hono
raire de l'Eglife de Paris , & Confeiller- Clerc
au Parlement.
5. Marie-Reine Chauvelin , morte en 1739 ,
ayant été mariée en 1734 à Gui Chartraire , Seigneur
de Ragny , & c.
M. Chauvelin dont nous annonçons la mort ,
avoit été fucceffivement Confeiller au Parlement,
JANVIE R. 1756. 23 ?
Maître des Requêtes , Intendant de Tours , d'Alençon
& d'Amiens , & Confeiller d'Erat & Maître
des Requêtes honoraire ; il étoit iffu de Jacques
Chauvelin , Treforier de France en la Généralité
de Paris , frere du célébre François Chauvelin,
reçu en 1562 Avocat au Parlement de Paris,
dont il fut la lumiere & l'oracle ; ce même François
Chauvelin, fut depuis Intendant des affaires en
France , de Marie Stuart Reine d'Ecoffe , & femme
de François II , enfuite Maître des Requêtes
de la Reine Catherine de Médicis , & Procureur
Général de Marie de Médicis , feconde femme de
Henri IV. Il fat bifayeul de Louis Chauvelin , Seignear
de Crifenoi , Maître des Requêtes & Confeiller
d'Etat ordinaire , mort en 1719 ; ce dernier
cut pour enfans.
I. Louis Chauvelin , mort le z Août 1715 , Avocat
Général au Parlement , & Grand Tréforier ,
Commandeur des Ordres du Roi ; laiffant pour
'enfans , 1 °. Louis Chauvelin , Seigneur de Crifenoi
, &c. aujourd'hui Préfident du Parlement de
Paris , lequel a épousé le 25 Novembre 1729
Marie-Renée , fille d'Antoine Jacomel , Seigneur
d'Atis & de Bienaffife , Capitaine de Grenadiers
dans le régiment de Souppa ; de cette alliance if
n'y a point d'enfans. 20. Magdeleine-Françoife
Chauvelin , veuve da Mars 1744 , de . Denis-
Louis Talon , Marquis du Tremblai , Préſident da
Parlement de Paris.
- II. Germain Louis Chauvelin , Marquis de
Grofbois , &c. Succeffivement Confeiller au Grand
Confeil , Maître des Requêtes , Avocat Général
au Parlement , Préfident à Mortier en 1718 ,
dont il s'eft demis en 1746 , Garde des Sceaux de
France en 1727 , qu'il a remis en 1737 , avec la
charge de Secrétaire d'Etat au département des
232 MERCURE DE FRANCE.
affaires étrangeres , dont il avoit été pourvu la
même année 1727 ; & Secrétaire - Commandeur
des ordres du Roi en 1736. Il a été marié le 12
Août 1718 à Anne , fille de Claude Cahouet , Seigneur
de Beauvais , premier Préfident des Tréforiers
de France , en la Généralité d'Orleans , &
'de N... Fontaines - des - Montées. De cette alliance
font fortis. 1 °. Claude - Louis Chauvelin , mort
Gouverneur de Brie - Comte - Robert en 1750 .
2º. Anne-Germain Chauvelin , mort jeune. 3°.
Anne-Efpérance Chauvelin , née en 1725 , veuve
fans enfans depuis 1748 , de Henri -François-
René Edouard Colbert , Comte de Maulevrier ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes Anglois. 4° . Anne-
Magdeleine Chauvelin , née le 19 Novembre
1727, femme de Louis - Michel Chamillart , Comte
de la Suze , &c . Lieutenant général des armées
du Roi , & Grand Maréchal des Logis de ſa Maifon.
5. Anne -Sabine - Rofalie Chauvelin , née en
1732 , époufe de Jean - François de la Rochefou
cauld , Comte de Surgeres , Cornette des Gendarmes
de Flandres.
III. Angelique-Henriette Chauvelin , qui a été
mariée le 1 Mai 1712 , à Anne - Claude de Thiard .
Marquis de Biffy , Lieutenant général des Armées
du Roi.
Chauvelin, porte pour armes, d'argent au choux
pommé arraché de finople entouré par la tige
d'unferpent d'or , la tête en haut .
Anne- Charlotte de Conflans , fille de Hubert ,
Comte de Conflans , Lieutenant - Général des
armées navales , eft décédée à Paris , & a été inhumée
le 18 Octobre à S. Sulpice .
Damoiſelle Thérefe Charron de Menars de Neuville
, morte à Paris , âgée de quatre-vingt ans
futinhumée le 21 à S. Euftache.
JANVIER. 1756. 233
Marie -Magdeleine- Jofephe de Croy -Havre,
veuve de Paſcal - Gaëtan d'Aragon , Comte d'Aliffe
, de la branche des Ducs de Laurenzano
mourut à Bruxelles le 27 Octobre , âgée de foixante-
quinze ans. Elle étoit fille de Ferdinand-
François- Jofeph de Croy , Duc d'Havré , Prince
& Maréchal de l'Empire , Grand d'Eſpagne de la
premiere claffe , & Chevalier de l'Ordre de la toifon
d'or , & de Jofephe - Barbe de Hallewin ,
derniere de fa maiſon.
Meffire Michel-Antoine Barberie de Courteille ,
Abbé de l'Abbaye de Beaulieu , Ordre de faint
Auguftin , Diocèle de Boulogne , eft mort le
28 , âgé d'environ foixante- dix ans.
Auguftin- François de Rochechouart-Mortem art,
Comte de Vihiers,eft mort à Paris le 31 Octobre,
âgé de quatorze ans , étant né le 21 Juin 1741 .
Il étoit unique fils de Jean- Baptifte - Victor de
Rochechouart-Mortemart, Duc de Rochechouart,
Pair de France , & Brigadier d'Infanterie ; & de
fa premiere femme Eléonore - Gabrielle- Louife-
Françoile de Crux , morte le 3 Octobre 1742. Le
Duc de Rochechouart avoit époufé en fecondes
noces le 13 Janvier 1749 , Marie- Therefe- Sophie
de Rouvroy , de laquelle il eft refté veuf fans
enfans , le 21 Février 1750. Il a été marié en troifiemes
noces le premier Mai 1751 , avec Charlotte-
Natalie de Manneville , fille de Henri- Jofeph
, Comte de Manneville , Gouverneur de
Dieppe , de laquelle il a pour fils Victurnien-
Jean -Baptifte - Marie de Rochechouart , né le g
Février 1752
N
Voyez fur la Maifon de Rochechouart les
grands Officiers de la Couronne , tom. IV. p. 649.
Dom Honoré, Abbé de l'Abbaye Régulière, de
S. Amand , Ordre de S. Benoît, Diocèle de Tour234
MERCURE DE FRANCE.
nay , eft mort dans le mois d'Octobre en fon
Abbaye.
Charles-Louis de Lorraine , Prince de Pons &
de Mortagne , Comte de Marfan , Souverain de
Bedeilles , Marquis de Mirambeau , Chevalier des
Ordres du Roi , & Lieutenant- Général des armées
de Sa Majeſté , mourut à Paris le 1 Novembre
, âgé de cinquante-neuf ans onze mois
& treize jours , étant né le 19 Novembre 1696.
Il étoit fils de Charles de Lorraine , Comte dé
Marfan , mort le 13 Novembre 1708 , & de
Catherine-Théréfe de Goyon - Matignon , morte le
7 Décembre 1699. De fon mariage avec feue
Elizabeth de Roquelaure , il a eu Gafton-Jean-
Baptifte de Lorraine , Comte de Marfan , Brigadier
d'infanterie , & Colonel du Régiment de
fon nom , marié en 1736 à Marie - Louiſe de
Roban- Soubize , aujourd'hui Gouvernante des
enfans de France , lequel mourut le 2 Mai 1743 ;
Louis-Jofeph de Lorraine , Chevalier de l'Ordre
de Saint Jean de Jérufalem , mort le 13 Janvier
1727 ; Camille-Louis de Loraine , connu fous le
nom de Prince Camille , Maréchal des camps
& armées du Roi ; Léopoldine- Elizabeth -Charlotte
de Lorraine , d'abord Chanoineffe de l'Abbaye
de Remiremont , enfuite mariée le i Mars
1733 , à Joachim de Zuniga Soto - Mayor , Comte
de Bejar , Grand d'Efpagne ; Louife-Henriette
Gabrielle de Lorraine , mariée à Godefroi- Charles-
Henri de la Tour d'Auvergne , Prince de
Turenne , Maréchal de camp , Colonel général
de la Cavalerie de France ; & Marguerite- Louiſe-
Elizabeth de Lorraine , Chanoineffe de Remiremont.
Le 26 Novembre 1755 , eft morte à Château,
Thieri , Dame Marianne de Valfan , veuve deJANVIER.
1756 . 1756. 235
puis les Novembre 1745 , de Pierre de Cugnac ,
Chevalier Seigneur Baron de Veuilli , Hautevefnes,
Lici- lez -Chanoines & autres lieux , âgée de
foixante-onze ans trois mois & vingt- cinq jours;
elle étoit fille de François de Vaffan , d'une ancienne
nobleffe du Valois , & d'Anne Provoſt.
Elle avoit pour fils unique , Anne- Gabriel
Marquis de Cugnac , Chevalier Seigneur Baron de
Veuilli , Hautevefnes , Lici-lez- Chanoines , Bezale-
Gueri & autres lieux , décedé au Château de
Veuilli , le 28 Novembre 1755 , âgé de quarantefept
ans & neuf mois ; il avoit fervi Lieutenant
dans le régiment des Gardes Françoiſes , & avoit
épousé en 1728 , Jeanne -Marie-Jofeph Guyon ,
fille d'Armand-Jacque Guyon , & de Marie de
Bauoncle , duquel mariage il laiffe trois filles ,
fçavoir Jeanne- Anne-Magdeleine de Cugnac ,
Marie-Louife de Cugnac , mariée à N ... Forget ,
Capitaine général des Fauconneries du cabinet
du Roi , & Henriette-Diane de Cugnac.
Voyez pour la généalogie de cette mailon ,
le Mercure de Décembre 1745 , & l'Hiftoire
généalogique des Grands Officiers de la Couronne
, du Pere Anfelme , chapitre des grands Mattes
des eaux & forêts de France , & des Chevaliers
du Saint-Elprit.
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Résumé : NAISSANCES ET MORTS.
En 1755 et début 1756, plusieurs naissances et décès notables ont été enregistrés. Le 11 novembre 1755, Anne-Charlotte, fille du Comte de Brionne, Grand Écuyer de France, est née et baptisée dans l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois. La cérémonie a été suivie d'une fête organisée par l'Abbé de Lorraine. Parmi les décès, Jacques-Nompar de Caumont, Duc de Caumont et Pair de France, est mort à Bagnères le 14 juillet 1755 à l'âge de quarante-et-un ans. Il était marié à Dame Marie-Louise de Noailles, fille du Maréchal de Noailles. Le 25 août, Meffire Nicolas Daine, Conseiller et Secrétaire du Roi, est décédé dans son château du Grand Val sous Sucy, laissant un fils et deux filles. Dame Marie-Marthe Landry, veuve de Meffire Pierre-Gui-Baltazard Emé de Guiffrey de Monteynard, est morte à Paris le 1er octobre à l'âge de vingt-et-un ans. Dame Anne-Élisabeth Filleul, veuve de Paul de Montesquiou, Comte d'Artagnan, est décédée à Paris le 2 octobre à l'âge de cinquante-cinq ans. Meffire Jean-Antoine-François de Saint Simon de Courtomer, Chevalier de Courtomer, est mort le 6 octobre au Château de Mezy en Basse-Normandie à l'âge de cinquante-sept ans. Armande-Amélie Du Plessis-Richelieu d'Aiguillon, fille du Duc d'Aiguillon, est décédée à Paris le 13 octobre à l'âge de trois ans. Bernard Chauvelin, Seigneur de Beauféjour et Conseiller d'État, est mort à Paris le 16 octobre à l'âge de quatre-vingt-trois ans, laissant plusieurs enfants, dont Jacques-Bernard Chauvelin, Conseiller d'État et Intendant des Finances, et Louis-Germain Chauvelin, Abbé de Saint-Jouin. D'autres décès notables incluent Dame Anne-Élisabeth de Conflans, fille du Comte de Conflans, décédée le 18 octobre, et Damoiselle Thérèse Charron de Menars de Neuville, morte à Paris à l'âge de quatre-vingts ans. Marie-Magdeleine-Joseph de Croy-Havré, veuve du Comte d'Aliffe, est décédée à Bruxelles le 27 octobre à l'âge de soixante-quinze ans. Meffire Michel-Antoine Barberie de Courteille, Abbé de l'Abbaye de Beaulieu, est mort le 28 octobre à l'âge d'environ soixante-dix ans. Augustin-François de Rochechouart-Mortemart, Comte de Vihiers, est décédé à Paris le 31 octobre à l'âge de quatorze ans. Dom Honoré, Abbé de l'Abbaye Régulière de Saint-Amand, est mort en octobre dans son abbaye. Charles-Louis de Lorraine, Prince de Pons et de Mortagne, est décédé à Paris le 1er novembre à l'âge de cinquante-neuf ans, laissant plusieurs enfants, dont Gaston-Jean-Baptiste de Lorraine, Comte de Marfan, et Louise-Henriette-Gabrielle de Lorraine, mariée au Prince de Turenne. Enfin, Dame Marianne de Valfan, veuve de Pierre de Cugnac, est morte à Château-Thierry le 26 novembre 1755 à l'âge de soixante-onze ans. Son fils unique, Anne-Gabriel Marquis de Cugnac, est décédé le 28 novembre 1755 à l'âge de quarante-sept ans, laissant trois filles.
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19650
p. 13
ÉPIGRAMME A l'Auteur d'une mauvaise Epître, qu'il finissoit par des adieux à la Raison.
Début :
PAR tes adieux à la Raison, [...]
Mots clefs :
Épître, Raison, Adieu
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texteReconnaissance textuelle : ÉPIGRAMME A l'Auteur d'une mauvaise Epître, qu'il finissoit par des adieux à la Raison.
É PIGRAMME
A l'Auteur d'une mauvaise Epître, qu'il
finiffoit par
des adieux à la Raifon .
PAR tes adieux à la Raiſon ,
Pourquoi terminer ton Epître ? .
Il eût été plus de ſaiſon ,
De les mettre à côté du titre :
Car long-temps après fon départ
Lui dire adieu , c'eſt un peu tard.
Par le même.
A l'Auteur d'une mauvaise Epître, qu'il
finiffoit par
des adieux à la Raifon .
PAR tes adieux à la Raiſon ,
Pourquoi terminer ton Epître ? .
Il eût été plus de ſaiſon ,
De les mettre à côté du titre :
Car long-temps après fon départ
Lui dire adieu , c'eſt un peu tard.
Par le même.
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