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1
p. 230-232
LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, au Roy.
Début :
SIRE, J'ose me flater que je n'importuneray point [...]
Mots clefs :
Victoires, Gloire, Renommée, Cambrai
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, au Roy.
LETTRE DE MONSIEVR
YON
le Duc de S.Aignan , auRoyson
IRE,
*
1993
ien'im- L'ofemeflaterque portuneraypointV. MAJESTE en me donnant l'honneurde luy écrire fur les grandes &signalées Vi- Etoires qu'elle remporté tous les iours. Sera- t'ellefatiguée par les marques du zele d'un fidelle Serviteur,au milieu des acclamations
publiques?Et pourquoy triomphe- roit-elle , si elle vouloit qu'on ne luy dist rienſurſes Conquestes ?
D'ailleurs, SIRE, en veritévoſtre Gloire m'ébloüit, voſtre épée laſſe
ma plume , &le bruit éclatant quefait laRepomméeenpubliant vos loüanges , empêchera peut- estreque je nefois écouté. Mais Tome 2. H
i
170 LE MERCURE
quelmoyen depouvoirſe taire, &
comment pouvoir éviter que ma Satisfaction neparoiſſe envoyant mon Auguste Maistre en estat de dele devenirde tant de Nations?
len'ofeplusparler , SIRE , fur cette valeur intrepide mais incorrigible , qui a fait encore pis à
Cambray qu'elle n'avoit fait à
Valenciennes, &ie voy bien que ie Suis destinéàpaſſer avecde cruel- les inquietudes dans la paix tous les jours que V.MAJESTE paffera dans la guerre. Pluſt à Dieu ,
SIRE , que vous fuffiez de retour à Versailles , vous n'y feriez pas moins le Vainqueurdela Flandre,
que vous leferéz à lateſte devos
Armées ; &sansportervous-même la terreur&la mort àvos ennemis, voſtre invincible Nom,fuf firoit pour lesſurmonter. Cepen
GALANT. 171
dant , SIRE , ienesçais quasipar onloüer V.MAJESTE' : Forcerde
toutes parts les meilleures Places,
gagner des batailles, vaincrepar
tout n'eſtrejamais vaincu , &se
voir enfin la crainte ou l'admiration de tout l'Univers,quepeut on
jamais defirer davantage?&quel
bonheurpourra s'égaler aumien fi vous me faites l'honneur de me croire aupoint où ieleſuis toûjours
SIRE,
DeVostreMajesté,
,
Letres humble, tres- obeïſlant,&
tres- fidelle Sujet & Serviteur,
LEDUCDES, AIGNAN.
DeParis le 13 d'Avril 1677.
YON
le Duc de S.Aignan , auRoyson
IRE,
*
1993
ien'im- L'ofemeflaterque portuneraypointV. MAJESTE en me donnant l'honneurde luy écrire fur les grandes &signalées Vi- Etoires qu'elle remporté tous les iours. Sera- t'ellefatiguée par les marques du zele d'un fidelle Serviteur,au milieu des acclamations
publiques?Et pourquoy triomphe- roit-elle , si elle vouloit qu'on ne luy dist rienſurſes Conquestes ?
D'ailleurs, SIRE, en veritévoſtre Gloire m'ébloüit, voſtre épée laſſe
ma plume , &le bruit éclatant quefait laRepomméeenpubliant vos loüanges , empêchera peut- estreque je nefois écouté. Mais Tome 2. H
i
170 LE MERCURE
quelmoyen depouvoirſe taire, &
comment pouvoir éviter que ma Satisfaction neparoiſſe envoyant mon Auguste Maistre en estat de dele devenirde tant de Nations?
len'ofeplusparler , SIRE , fur cette valeur intrepide mais incorrigible , qui a fait encore pis à
Cambray qu'elle n'avoit fait à
Valenciennes, &ie voy bien que ie Suis destinéàpaſſer avecde cruel- les inquietudes dans la paix tous les jours que V.MAJESTE paffera dans la guerre. Pluſt à Dieu ,
SIRE , que vous fuffiez de retour à Versailles , vous n'y feriez pas moins le Vainqueurdela Flandre,
que vous leferéz à lateſte devos
Armées ; &sansportervous-même la terreur&la mort àvos ennemis, voſtre invincible Nom,fuf firoit pour lesſurmonter. Cepen
GALANT. 171
dant , SIRE , ienesçais quasipar onloüer V.MAJESTE' : Forcerde
toutes parts les meilleures Places,
gagner des batailles, vaincrepar
tout n'eſtrejamais vaincu , &se
voir enfin la crainte ou l'admiration de tout l'Univers,quepeut on
jamais defirer davantage?&quel
bonheurpourra s'égaler aumien fi vous me faites l'honneur de me croire aupoint où ieleſuis toûjours
SIRE,
DeVostreMajesté,
,
Letres humble, tres- obeïſlant,&
tres- fidelle Sujet & Serviteur,
LEDUCDES, AIGNAN.
DeParis le 13 d'Avril 1677.
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Résumé : LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, au Roy.
Dans une lettre datée du 13 avril 1677, le Duc de S.Aignan exprime son admiration et sa loyauté envers le Roi de France. Il célèbre les victoires continues du souverain et reconnaît que sa gloire éblouit. Le Duc mentionne les récentes conquêtes de Cambrai et Valenciennes, tout en espérant le retour du Roi à Versailles. Il loue l'invincibilité du nom du Roi, qui inspire la terreur aux ennemis. Le Duc se demande comment louer davantage le Roi, qui force les meilleures places et gagne des batailles. Il conclut en affirmant sa loyauté et son dévouement au souverain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 41-42
A MONSIEUR, SUR SES VICTOIRES. SONNET.
Début :
Que tu nous parois Grand dans la Lice de Mars, [...]
Mots clefs :
Victoires, Héros, Renom
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR, SUR SES VICTOIRES. SONNET.
A MONSIEUR ,
SUR SES VICTOIRES.
Q
SONNET.
De tu nous parois Grand
dans la LicedeMars,
Où ton Cœur &ton Bras moiſſfonnent tant de Gloire !
Oufaisant le Mestier du premier des Cefars ,
:
On te voit remporterVictore fur
Victoire!
TaValeur Sçait trouver dansles affreuxHazards,
Le Renom qu'aux Héros on conSacre en l'Histoire.
Tuſçais fur des débris d'Hommes
&de Remparts,
Toy- méme te baštir un Templede
Mémoire.
:
GALANT. 33
Apres tes grandsExploits, brillant, victorieux ,
Vien recevoir l'honneurqu'on doit
aux demy-Dieux........... Vien joüir du Triomphe & fi
doux &ſi juste.
LesMuses, àl'envy , te chantent dans leurs Vers, pour
Et font voler ton Nom aux bout de l'Universblyrataf
Avec le Nom fameux d'un Roy
plus grandqu'Auguste
SUR SES VICTOIRES.
Q
SONNET.
De tu nous parois Grand
dans la LicedeMars,
Où ton Cœur &ton Bras moiſſfonnent tant de Gloire !
Oufaisant le Mestier du premier des Cefars ,
:
On te voit remporterVictore fur
Victoire!
TaValeur Sçait trouver dansles affreuxHazards,
Le Renom qu'aux Héros on conSacre en l'Histoire.
Tuſçais fur des débris d'Hommes
&de Remparts,
Toy- méme te baštir un Templede
Mémoire.
:
GALANT. 33
Apres tes grandsExploits, brillant, victorieux ,
Vien recevoir l'honneurqu'on doit
aux demy-Dieux........... Vien joüir du Triomphe & fi
doux &ſi juste.
LesMuses, àl'envy , te chantent dans leurs Vers, pour
Et font voler ton Nom aux bout de l'Universblyrataf
Avec le Nom fameux d'un Roy
plus grandqu'Auguste
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Résumé : A MONSIEUR, SUR SES VICTOIRES. SONNET.
Le sonnet célèbre un héros victorieux, comparé à un grand chef militaire pour sa bravoure et ses succès. Il transforme les dangers en gloire et se construit une réputation héroïque. Après ses victoires, il reçoit les honneurs des demi-dieux. Les Muses chantent ses louanges, associant son nom à celui d'un roi plus grand qu'Auguste.
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3
p. 43-44
A MADAME, Sur les Victoires, & sur le Retour de MONSIEUR. SONNET.
Début :
Gagnat une Bataille, & forçant une Ville, [...]
Mots clefs :
Victoires, Philippe, Coeur
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texteReconnaissance textuelle : A MADAME, Sur les Victoires, & sur le Retour de MONSIEUR. SONNET.
A MADAME,
Sur les Victoires, & fur le Re.
tour de MONSIEUR.
G
SONNET
Agnant une Bataille,&for
çant une Ville,
YGN
BV
34 LE MERCURE
PHILIPPE Se découvre à nos
jeux tout entiers C'estun Prince, àla Cour, d'hu- meurdouce &civile ,
Qui dansson airgalantnemesle rien de fier f
Mais dans le Champ deMars,
PHIILIPPE est un Achille ,
Il prend l'air &le front d'un terrible Guerriersaler anot
D'un interépide Cœur , &d'une
Ame tranquillet of out.
Ils'avance au Combat , &chargele premier.
ЯМАAM Grande Princeffe , il vient tout P
éclatant degloire ,
A
Son front est couronné des mains dela victoire
Mais c'est peu qu'un Triomphe &finoble &fi beau
GALANT. 35
:
Ordonnez que l'Amour rendant
Son heur extreme,
Four digne Feu de joye allume Son Flambeau ,
Et d'un Myrthe charmant couronnez- le vous-méme.
Sur les Victoires, & fur le Re.
tour de MONSIEUR.
G
SONNET
Agnant une Bataille,&for
çant une Ville,
YGN
BV
34 LE MERCURE
PHILIPPE Se découvre à nos
jeux tout entiers C'estun Prince, àla Cour, d'hu- meurdouce &civile ,
Qui dansson airgalantnemesle rien de fier f
Mais dans le Champ deMars,
PHIILIPPE est un Achille ,
Il prend l'air &le front d'un terrible Guerriersaler anot
D'un interépide Cœur , &d'une
Ame tranquillet of out.
Ils'avance au Combat , &chargele premier.
ЯМАAM Grande Princeffe , il vient tout P
éclatant degloire ,
A
Son front est couronné des mains dela victoire
Mais c'est peu qu'un Triomphe &finoble &fi beau
GALANT. 35
:
Ordonnez que l'Amour rendant
Son heur extreme,
Four digne Feu de joye allume Son Flambeau ,
Et d'un Myrthe charmant couronnez- le vous-méme.
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Résumé : A MADAME, Sur les Victoires, & sur le Retour de MONSIEUR. SONNET.
Le sonnet célèbre les victoires militaires du prince Philippe, contrastant sa douceur à la cour avec sa bravoure au combat, comparable à Achille. Après une victoire, il revient triomphant. La dame est invitée à célébrer ce triomphe en allumant le flambeau de l'amour et en couronnant Philippe de myrte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 214-215
AU ROY, SUR SES CONQUESTES. SONNET.
Début :
Miraculeux Héros, Vainqueur inimitable, [...]
Mots clefs :
Conquêtes, Héros, Victoires
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texteReconnaissance textuelle : AU ROY, SUR SES CONQUESTES. SONNET.
AURΟΥ.
SUR SES CONQUESTES.
S ONNET.
Miraculeux Iraculeux Héros , Vainqueur inimitable,
Partes fameux Exploits , tu te fais admirer.
A quel grand Conquerant te
peut-on comparer,
158 LE MERCURE
Dont la gloire necede àtonNom redoutable ?
A
Tu n'es plus qu'àtoy- même au- jourd'huy comparable.
L'Alexandre orgueilleux qui se fit adorer ,
Se verroit , s'il vivoit , réduit à
Soúpirer.
D'eſtre moins grand que toy, d'ê- tremoins adorable.
€ 3
Luy qui crut poſſeder la Gloire Sans Rivaux ,
Ne put entrer dans Tyr qu'enfix
mois de Travaux ,
Quoyque Tyr valut moins qu'une
detes Conquestes.
Mieux que Cefar, tu n'as qu'à venir ởqu'à voir .
GALANT. 159 Les Victoires,pourtoy,se trouvent toujours preftes.
Trois Villes en un mois tombent
Souston pouvoir.
SUR SES CONQUESTES.
S ONNET.
Miraculeux Iraculeux Héros , Vainqueur inimitable,
Partes fameux Exploits , tu te fais admirer.
A quel grand Conquerant te
peut-on comparer,
158 LE MERCURE
Dont la gloire necede àtonNom redoutable ?
A
Tu n'es plus qu'àtoy- même au- jourd'huy comparable.
L'Alexandre orgueilleux qui se fit adorer ,
Se verroit , s'il vivoit , réduit à
Soúpirer.
D'eſtre moins grand que toy, d'ê- tremoins adorable.
€ 3
Luy qui crut poſſeder la Gloire Sans Rivaux ,
Ne put entrer dans Tyr qu'enfix
mois de Travaux ,
Quoyque Tyr valut moins qu'une
detes Conquestes.
Mieux que Cefar, tu n'as qu'à venir ởqu'à voir .
GALANT. 159 Les Victoires,pourtoy,se trouvent toujours preftes.
Trois Villes en un mois tombent
Souston pouvoir.
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Résumé : AU ROY, SUR SES CONQUESTES. SONNET.
Le poème célèbre un héros miraculeux comparé à Alexandre le Grand. Alexandre avait conquis Tyr en six mois, mais le héros obtient des victoires plus prestigieuses en un mois. Trois villes tombent sous son pouvoir en un mois. Ses victoires sont toujours prêtes pour lui.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 164-172
SUR LES VICTOIRES DU ROY.
Début :
Venons aux Vers que Mr de Corneille l'aisné a presentez [...]
Mots clefs :
Conquêtes, Roi, Feuille volante, Victoires, Parélie, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES VICTOIRES DU ROY.
Ve- nons aux Vers que Mr deCor- neille l'aiſné a preſentez au Roy fur ces Conqueſtes. Je - pourrois me diſpenſerde vous les envoyer , parce qu'ils font imprimez ; mais comme ils ne le font qu'en feüille volante, il eſt bon devousdonner lieu de
les conſerver &d'ailleurs fi le mot de Parélie a embaraſſé
quelqu'une de vos Dames de Province , vous leur en ferez
voir l'explication dans le cha-
120 LE MERCVRE
;
gement des deux Vers où ce moteſtoit employé.
SUR LES VICTOIRES
Du ROY.
E vous l'avois bien dit , Enne- IE mis de la France ,
Quepour vous la Victoire auroit
peu de constance ,
Etque de Philisbourgàvos armes
rendu
Lepéniblefuccésvous feroit cher
vendu.
Apeine la Campagne aux Zéphirs est ouverte ,
Et trois Villes déjareparent nostre
perte ;
Trois Villes dont la moindre cust
pûfaire unEtat ,
Lors que chaque Province avoit
fon Potentat ;
Trois
GALANT. 121
Trois Villes qui pouvoient tenir
autantd'années ,
Si le Cielà Loüis ne les eust destinées Et commefi leur priſe étoit trop
peupournous,
Mont-Caffelvous apprendceque peſent nos coups.
Loürs n'aqu'àparoiſtre, &vos Murailles tombent ,
Iln'a qu'àdonner l'ordre, &vas
Hérosfu combent ;
Et tandis quefa gloire arreſte en d'autres lieux
L'honneurdeſapresence, &l'ef- fortdesesyeux ,
L'Ange de qui le brasfoûtientfon Diademe
Vous terraſſe pour luy par un au- tre luy-meſme ,
EtDieu pour luy donner unferme &digne appuy ,
Tome V. L
122 LE MERCVRE
Ne fait qu'un Conquerant de
PHILIPPE &de luy.
Ainſi quandle Soleil fur un
épais nüage ,
Poursefaire unſecond , imprime Sonimage,
Leur hauteur est égale , &leur
éclatpareil ,
Nous voyons deux Soleils qui ne font qu'un Soleil :
Sous un double dehors il est toujours unique ,
Seul maistre des rayons qu'àl'autre il communique ,
Et ce brillantportrait qu'illumi- nent ſes foins
Ne brilleroit pas tant ,
reſſembloit moins.
s'il luy
-Mais c'est aßez, Grand Roy,c'est affez de Conquestes ,
Laiſſe àd'autres ſaiſons celleson tu t'appreſtes:
GALANT. 123 Quelque jufte bonheur qui fuive
tes projets,
Nous envions ta veuë àtes nouveaux Sujets.
Ils bravent tes Drapeaux, tes Ca- nons les foudroyent,
Etpour tout chaſtiment tu les vois,
ils te voyent ;
Quelprix de leur défaite, &que
tantdebonté
Rarement accompagne un Vainqueur irrité!
Pour nous , qui nemettons noftre
bien qu'en ta veuë ,
Vange- nous du long-temps que nous l'avons perduë,
Du vol qu'ils nous en font vien nousfaire raiſon ,
Ramene nos Soleils deſſus nostre
Orifon :
Quandon vient d'entaſſervictoi refur victoire,
L 2
124 LE. MERCVRE
In moment de repos fait mieux.
gouter lagloire,
Et je te le redis , nous devenons
jaloux
Decesmeſmesbonheurs quit'éloignent de nous.
S'ilfaut combatre encor, tupeux
deton Versailles
Forcerdes Bastions, &gagnerdes
Batailles ,
Et tes Pareils, pourvaincre en ces
nobles hazards ,
N'ont pas toûjours beſoin d'y porter leurs regards.
C'est deton Cabinet qu'ilfaut que
tu contemples Quelfruit tes Ennemis tirent de
tes Exemples ,
Et par quel long tiſſu d'illustres
actions,
Ils sçauront profiter de tes inf tructions.
GALANT. 125 Egalezen six mois l'effet de fix Semaines ;
Vousferiezaffezforts pouren ve- niràbout ,
Si vous ne trouviezpas nostre grand Roy par tout.
Par tout vous trouverezSon ame,
&Son ouvrage ,
Des Chefs faits de samain , for- mezsurson courage ,
Pleins de ſa haute idée, intrépides , vaillans ,
Iamais presque afſaillis , toûjours presque affaillans ;
Par tout de vrais François , Sol- dats dés leurs enfance,
Attachezau devoir , prompts à
l'obeiſſance ;
Par tout enfin des cœurs quiſçavent aujourd'huy Lefairepartout craindre , &ne craindre que luy.
L3
126 LE MERCVRE
Sur le Zele , Grand Roy , de ces
ames guerrieres,
Tu peux te reposerduſoinde tes
Frontieres,
Attendant que leur bras vainqueurde tes Flamans,
Mefle un nouveaux triomphe à
tes délaffemens.
Qu'il réduiſſe à la Paix laHol- lande &l'Espagne,
Que par un coup de Maistre il fermeta Campagne ,
Et que l'Aigle jaloux n'enpuiſſe
remporter Que lefortdes Lions que tu viens
de dompter.
les conſerver &d'ailleurs fi le mot de Parélie a embaraſſé
quelqu'une de vos Dames de Province , vous leur en ferez
voir l'explication dans le cha-
120 LE MERCVRE
;
gement des deux Vers où ce moteſtoit employé.
SUR LES VICTOIRES
Du ROY.
E vous l'avois bien dit , Enne- IE mis de la France ,
Quepour vous la Victoire auroit
peu de constance ,
Etque de Philisbourgàvos armes
rendu
Lepéniblefuccésvous feroit cher
vendu.
Apeine la Campagne aux Zéphirs est ouverte ,
Et trois Villes déjareparent nostre
perte ;
Trois Villes dont la moindre cust
pûfaire unEtat ,
Lors que chaque Province avoit
fon Potentat ;
Trois
GALANT. 121
Trois Villes qui pouvoient tenir
autantd'années ,
Si le Cielà Loüis ne les eust destinées Et commefi leur priſe étoit trop
peupournous,
Mont-Caffelvous apprendceque peſent nos coups.
Loürs n'aqu'àparoiſtre, &vos Murailles tombent ,
Iln'a qu'àdonner l'ordre, &vas
Hérosfu combent ;
Et tandis quefa gloire arreſte en d'autres lieux
L'honneurdeſapresence, &l'ef- fortdesesyeux ,
L'Ange de qui le brasfoûtientfon Diademe
Vous terraſſe pour luy par un au- tre luy-meſme ,
EtDieu pour luy donner unferme &digne appuy ,
Tome V. L
122 LE MERCVRE
Ne fait qu'un Conquerant de
PHILIPPE &de luy.
Ainſi quandle Soleil fur un
épais nüage ,
Poursefaire unſecond , imprime Sonimage,
Leur hauteur est égale , &leur
éclatpareil ,
Nous voyons deux Soleils qui ne font qu'un Soleil :
Sous un double dehors il est toujours unique ,
Seul maistre des rayons qu'àl'autre il communique ,
Et ce brillantportrait qu'illumi- nent ſes foins
Ne brilleroit pas tant ,
reſſembloit moins.
s'il luy
-Mais c'est aßez, Grand Roy,c'est affez de Conquestes ,
Laiſſe àd'autres ſaiſons celleson tu t'appreſtes:
GALANT. 123 Quelque jufte bonheur qui fuive
tes projets,
Nous envions ta veuë àtes nouveaux Sujets.
Ils bravent tes Drapeaux, tes Ca- nons les foudroyent,
Etpour tout chaſtiment tu les vois,
ils te voyent ;
Quelprix de leur défaite, &que
tantdebonté
Rarement accompagne un Vainqueur irrité!
Pour nous , qui nemettons noftre
bien qu'en ta veuë ,
Vange- nous du long-temps que nous l'avons perduë,
Du vol qu'ils nous en font vien nousfaire raiſon ,
Ramene nos Soleils deſſus nostre
Orifon :
Quandon vient d'entaſſervictoi refur victoire,
L 2
124 LE. MERCVRE
In moment de repos fait mieux.
gouter lagloire,
Et je te le redis , nous devenons
jaloux
Decesmeſmesbonheurs quit'éloignent de nous.
S'ilfaut combatre encor, tupeux
deton Versailles
Forcerdes Bastions, &gagnerdes
Batailles ,
Et tes Pareils, pourvaincre en ces
nobles hazards ,
N'ont pas toûjours beſoin d'y porter leurs regards.
C'est deton Cabinet qu'ilfaut que
tu contemples Quelfruit tes Ennemis tirent de
tes Exemples ,
Et par quel long tiſſu d'illustres
actions,
Ils sçauront profiter de tes inf tructions.
GALANT. 125 Egalezen six mois l'effet de fix Semaines ;
Vousferiezaffezforts pouren ve- niràbout ,
Si vous ne trouviezpas nostre grand Roy par tout.
Par tout vous trouverezSon ame,
&Son ouvrage ,
Des Chefs faits de samain , for- mezsurson courage ,
Pleins de ſa haute idée, intrépides , vaillans ,
Iamais presque afſaillis , toûjours presque affaillans ;
Par tout de vrais François , Sol- dats dés leurs enfance,
Attachezau devoir , prompts à
l'obeiſſance ;
Par tout enfin des cœurs quiſçavent aujourd'huy Lefairepartout craindre , &ne craindre que luy.
L3
126 LE MERCVRE
Sur le Zele , Grand Roy , de ces
ames guerrieres,
Tu peux te reposerduſoinde tes
Frontieres,
Attendant que leur bras vainqueurde tes Flamans,
Mefle un nouveaux triomphe à
tes délaffemens.
Qu'il réduiſſe à la Paix laHol- lande &l'Espagne,
Que par un coup de Maistre il fermeta Campagne ,
Et que l'Aigle jaloux n'enpuiſſe
remporter Que lefortdes Lions que tu viens
de dompter.
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Résumé : SUR LES VICTOIRES DU ROY.
La lettre accompagne des vers dédiés aux victoires du roi, présentés par Monsieur de Corneille l'aîné. L'auteur souligne que ces vers, bien que déjà imprimés en feuilles volantes, méritent d'être conservés. Il explique le mot 'Parélie', qui pourrait avoir embarrassé certaines dames de province. Les vers célèbrent les conquêtes récentes du roi, notamment la prise de trois villes importantes, et mettent en avant la rapidité et l'efficacité des victoires royales. Le texte compare le roi à un soleil dont l'éclat est unique et incomparable. Il exprime également le désir de voir le roi revenir et de profiter de ses victoires. Enfin, il loue les soldats français, formés par le roi, qui sont courageux et dévoués, et exprime l'espoir que leurs victoires continueront de protéger les frontières du royaume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 116-126
COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
Début :
Vous voyez, Madame, que j'ay pas flaté Mr de Roubin / Sire, je viens offrir à Vostre Masjesté au nom de [...]
Mots clefs :
Compliment, Arles, Estampe, Obélisque, Actions héroïques, Romains, France, Victoires, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
Vousvoyez , Madame , que
je n'av pas flaté Monfieur de Roubin , par ce que je vous ay dit à fon avantage. Il eſt du Pont S. Eſprit en Languedoc. L'amour qu'il a toûjours eu pourles Sciences ne l'a pas em- peſché de prendre party dans la Guerre , où il a eſté Officier,
&fort aimé de feu Monfieur
de Guiſe , qui avoit pour luy
GALANT. 83
e
une confideration toute parti- culiere. Vous vous plaindriez ſans doute ſi je negligeois de vous faire partdu Compliment qu'il a fait au Roy en s'acqui- tant de la commiflion qu'il a- voit reçeuë. Sa Majesté l'écou- ta tres-favorablement , & en a parlé depuis d'une maniere fi glorieuſe pour luy , qu'il n'a beſoin d'aucun autre Eloge.
Voicy les termes dõt il ſe ſervit.
COMPLIMENT
FAIT AU Roy ,
En luy preſentant l'Eſtampe del'O beliſque érigé à ſa gloire dans la Ville d'Arles..
Γ
U
C.
U
1-
15
الی STRE ty
IRE ,
Je viens offrir à Vostre
84 LE MERCVRE Majestéaunomdesa Ville d'Arles , la Figure de l'Obelisque qu'elle afait ériger nouvellement àfagloire. Cette Ville , SIRE ,
qui fut autrefois un desplus Auguſtes Theatres de la magnificen- ce &de la grandeurdes Romains,
&quiſe reſſentant encor aujour- dhuy du commerce qu'elle aeu ft
long-tempsavec ces grands Hom- mes ,ſemble en avoir berité les genereuſes inclinations
jours esté prevenuë de tant d'amour pour les Actions Heroïques,
qu'elle n'a pû voir celles dont V.
M. vient deſe ſignaler dans ces dernieres Campagnes ,fans conce- voir pour Elle des fentimens de veneration , dont elle a voulu
donner des marques publiques à
toute la France. En effet , SIRE,
tandis que V. M. defendsi gene-- reusement nos Frontieres contre
a toû
GALANT. 85
-
1
A
2
ATHELOR
les efforts de tant d'Ennemis , &
que par tant de nobles travaux & tant de glorieuses fatigues .
elle aſſure noftre repos , &nous faitmesme dansle plusfort de la
Guerre , joüir de cette profonde paix , & de cette douce tranquil- lité quifait le bon-heurdes Peuples;tandis queparde nouvelles
Conquestes elle augmente tous les jours les bornes de cet Empire , &
que victorieuſes promenant par , elletout porte
putation de la France jusqu duoc
extremitez de la terre
pas raisonnable que pour tant d'Illustres bienfaits nous luy
donnions quelque témoignage d'u- ne eternelle reconnoissance , &
que par une juste rétribution de
la gloire que lafplendeur & lafelicitédefon Regne répandentfur
tous les François , nous employions
mes
,
LazeLYON
n'est-it
$
86 LE MERCURE
tous nos foins & tous nos efforts pour immortaliser la fienne ?
Nous sommes SIRE ,ſi convain- cus d'un ſi juſte &fi legitime devoir, que-ne pouvant rien trou- ver fur la Terre qui meritaſt de vous estre offert foüilléjusques dans le fond deſon Sein , pour en tirer cet auguste
Monument que la Providence n'avoit fans-doute pris foin d'y
tenir caché durant tant de Siecles , qu'afin quefon Antiquitéle
rendist plus prétieux &plus ve- nerable , plus digne enfin de fer- vir un jour à la gloire du plus grand des Rois. Ilest vray , SIRE,
&je veux l'avoüer icy , qu'un ſi grand &fi magnifique deſſein auroit peut-estre demeuré long- tempsſans execution ,fi cette no- bleCompagniequi compoſevostre Academie Royale , & que nostre
nous avons
Ville
GALANT. 87
.
コーe
Ville regarde comme undeses plus
riches ornemens , ne nous eust enhardisà cette entrepriſe , ennous remontrant qu'il ne faut jamais vien trouver d'impoſſible , nymes- me de difficile , quand il s'agit
de marquerfon zele pour lagloire de V. M. Comme ces Illustres
Génies ont pourbut l'Immortalité, ils ont crû que ce n'estoit point affezde confierau papier lefoin de transmettre aux Siecles fu- turs lefouvenir des merveilles de
voftre Regne , qu'ilfalloit que le Marbre &le bronzefuſſent em- ployezàce granddefſcin , &que pour consacrer voſtre gloire par un Ouvrage qui pust durer an- tant que le Monde,il estoit neceffaire que cet Obélifque demeurast comme un grand Livre toûjours ouvert auxyeux de la Pofterité,
oùvos Actions immortellesfuffent
TomeVI. H
88 LE MERCVRE
écrites avec des caracteres que le
temps nepeut effacer. C'est par là , SIRE , que les uns &les au- tresse font agreablement flatez de ce doux espoir, que vous auriez la bonté de recevoir ce témoignage de leur Zele avec quel- que forte de complaisance , &de
leur accorder en ſuite l'honneur
devostre Auguste &Royale protection. C'est l'unique grace , SIRE , qu'ils viennent aujourd'huy vous demander par ma bouche ,
&dont peut- estre Vostre Majesté
ne les trouveroit pas tout-à-fait
indignes ,fi on pouvoit la meriter par les plus profonds fentimens d'un inviolable respect , par les Sermensfolemnels d'une eternelle
fidelité, &par les vœux ardens
qu'ils font tous les jours au Ciel pour la conſervation de voſtre Perſonne Sacrée , aussi bien que
GALANT. 89
pour la continuation de vos profperitez &de vos Victoires.
je n'av pas flaté Monfieur de Roubin , par ce que je vous ay dit à fon avantage. Il eſt du Pont S. Eſprit en Languedoc. L'amour qu'il a toûjours eu pourles Sciences ne l'a pas em- peſché de prendre party dans la Guerre , où il a eſté Officier,
&fort aimé de feu Monfieur
de Guiſe , qui avoit pour luy
GALANT. 83
e
une confideration toute parti- culiere. Vous vous plaindriez ſans doute ſi je negligeois de vous faire partdu Compliment qu'il a fait au Roy en s'acqui- tant de la commiflion qu'il a- voit reçeuë. Sa Majesté l'écou- ta tres-favorablement , & en a parlé depuis d'une maniere fi glorieuſe pour luy , qu'il n'a beſoin d'aucun autre Eloge.
Voicy les termes dõt il ſe ſervit.
COMPLIMENT
FAIT AU Roy ,
En luy preſentant l'Eſtampe del'O beliſque érigé à ſa gloire dans la Ville d'Arles..
Γ
U
C.
U
1-
15
الی STRE ty
IRE ,
Je viens offrir à Vostre
84 LE MERCVRE Majestéaunomdesa Ville d'Arles , la Figure de l'Obelisque qu'elle afait ériger nouvellement àfagloire. Cette Ville , SIRE ,
qui fut autrefois un desplus Auguſtes Theatres de la magnificen- ce &de la grandeurdes Romains,
&quiſe reſſentant encor aujour- dhuy du commerce qu'elle aeu ft
long-tempsavec ces grands Hom- mes ,ſemble en avoir berité les genereuſes inclinations
jours esté prevenuë de tant d'amour pour les Actions Heroïques,
qu'elle n'a pû voir celles dont V.
M. vient deſe ſignaler dans ces dernieres Campagnes ,fans conce- voir pour Elle des fentimens de veneration , dont elle a voulu
donner des marques publiques à
toute la France. En effet , SIRE,
tandis que V. M. defendsi gene-- reusement nos Frontieres contre
a toû
GALANT. 85
-
1
A
2
ATHELOR
les efforts de tant d'Ennemis , &
que par tant de nobles travaux & tant de glorieuses fatigues .
elle aſſure noftre repos , &nous faitmesme dansle plusfort de la
Guerre , joüir de cette profonde paix , & de cette douce tranquil- lité quifait le bon-heurdes Peuples;tandis queparde nouvelles
Conquestes elle augmente tous les jours les bornes de cet Empire , &
que victorieuſes promenant par , elletout porte
putation de la France jusqu duoc
extremitez de la terre
pas raisonnable que pour tant d'Illustres bienfaits nous luy
donnions quelque témoignage d'u- ne eternelle reconnoissance , &
que par une juste rétribution de
la gloire que lafplendeur & lafelicitédefon Regne répandentfur
tous les François , nous employions
mes
,
LazeLYON
n'est-it
$
86 LE MERCURE
tous nos foins & tous nos efforts pour immortaliser la fienne ?
Nous sommes SIRE ,ſi convain- cus d'un ſi juſte &fi legitime devoir, que-ne pouvant rien trou- ver fur la Terre qui meritaſt de vous estre offert foüilléjusques dans le fond deſon Sein , pour en tirer cet auguste
Monument que la Providence n'avoit fans-doute pris foin d'y
tenir caché durant tant de Siecles , qu'afin quefon Antiquitéle
rendist plus prétieux &plus ve- nerable , plus digne enfin de fer- vir un jour à la gloire du plus grand des Rois. Ilest vray , SIRE,
&je veux l'avoüer icy , qu'un ſi grand &fi magnifique deſſein auroit peut-estre demeuré long- tempsſans execution ,fi cette no- bleCompagniequi compoſevostre Academie Royale , & que nostre
nous avons
Ville
GALANT. 87
.
コーe
Ville regarde comme undeses plus
riches ornemens , ne nous eust enhardisà cette entrepriſe , ennous remontrant qu'il ne faut jamais vien trouver d'impoſſible , nymes- me de difficile , quand il s'agit
de marquerfon zele pour lagloire de V. M. Comme ces Illustres
Génies ont pourbut l'Immortalité, ils ont crû que ce n'estoit point affezde confierau papier lefoin de transmettre aux Siecles fu- turs lefouvenir des merveilles de
voftre Regne , qu'ilfalloit que le Marbre &le bronzefuſſent em- ployezàce granddefſcin , &que pour consacrer voſtre gloire par un Ouvrage qui pust durer an- tant que le Monde,il estoit neceffaire que cet Obélifque demeurast comme un grand Livre toûjours ouvert auxyeux de la Pofterité,
oùvos Actions immortellesfuffent
TomeVI. H
88 LE MERCVRE
écrites avec des caracteres que le
temps nepeut effacer. C'est par là , SIRE , que les uns &les au- tresse font agreablement flatez de ce doux espoir, que vous auriez la bonté de recevoir ce témoignage de leur Zele avec quel- que forte de complaisance , &de
leur accorder en ſuite l'honneur
devostre Auguste &Royale protection. C'est l'unique grace , SIRE , qu'ils viennent aujourd'huy vous demander par ma bouche ,
&dont peut- estre Vostre Majesté
ne les trouveroit pas tout-à-fait
indignes ,fi on pouvoit la meriter par les plus profonds fentimens d'un inviolable respect , par les Sermensfolemnels d'une eternelle
fidelité, &par les vœux ardens
qu'ils font tous les jours au Ciel pour la conſervation de voſtre Perſonne Sacrée , aussi bien que
GALANT. 89
pour la continuation de vos profperitez &de vos Victoires.
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Résumé : COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
La lettre traite de Monsieur de Roubin, originaire du Pont-Saint-Esprit en Languedoc, passionné par les sciences et ancien officier apprécié par le défunt Monsieur de Guise. Monsieur de Roubin a adressé un compliment au roi lors de la réception d'une commission, ce qui a été bien accueilli par le roi qui a parlé de lui de manière glorieuse. Ce compliment concernait la présentation d'une estampe de l'obélisque érigé à Arles en l'honneur du roi. Arles, ancienne ville romaine, a voulu honorer les actions héroïques du roi lors des dernières campagnes, exprimant ainsi sa vénération et sa reconnaissance pour la défense des frontières, les conquêtes et la paix assurée par le roi. Pour témoigner de cette reconnaissance, Arles a décidé d'ériger l'obélisque, un monument ancien caché durant des siècles, afin de servir la gloire du roi. L'Académie Royale d'Arles a soutenu ce projet pour immortaliser la gloire du roi, voyant l'obélisque comme un livre ouvert à la postérité où les actions immortelles du roi sont écrites en caractères indélébiles. La ville espère que le roi recevra ce témoignage de zèle avec complaisance et accordera sa protection. La lettre se termine par des vœux pour la conservation de la personne du roi et la continuation de ses prospérités et victoires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 245-253
« Selon l'ordre des choses, vous devriez trouver icy un grand [...] »
Début :
Selon l'ordre des choses, vous devriez trouver icy un grand [...]
Mots clefs :
Victoires, Article de guerre, Ennemis, Campagne, Quatre armées, Attaquer, Conquêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Selon l'ordre des choses, vous devriez trouver icy un grand [...] »
Selon l'ordre des choſes, vous
devriez trouver icy un grand Article de Guerre; car qui au- roit crûqu'apres nousavoir laif- sé faire une fi glorieuſe Campa- gne, les Ennemis n'euffent ofé profiter de la fatigue de nos Troupes , & n'euffent fait tant d'appreſts & de fi puiſſantes jonctions ,que pour mieux re- * lever les avantages de la France,
en faiſant voir quatre Armées,
plus fortes à la verité que les noftres , mais trop foibles encor pour nous attaquer ,tous affoi-
GALANT. 157 blis que nous devions eſtre par nos Conqueſtes du Mois de
Mars ? C'eſtoit un Torrent capablede tout entraîner , fi trou- vant une Digue à l'épreuvede ſaplus redoutable furie , iln'euft eſté contraint de fe renfermer,,
& de confumer ſes inutiles efforts àbondircontre luy-mefme
par l'impoffibilité de s'étendre.. Voyez , je vous prie ,quelle eftoit leur Armée de Flandre..
Vous y trouverez les forces de huit ouneuf Puiffances Souveraines , dont quelques-unes ſe font autrefois défenduës ſeules:
contre la France, &dontles autres ont eſté affez fortes pour ſecoüer le joug de l'Eſpagne,, &la réduire apres plus de qua- rante années de guerre, à ceder àdes Sujets revoltez l'indépen dancequ'ils ufurpoient. Sivous
158 LE MERCVRE voulez reflechir ſur l'Armée
qu'ils avoient en Allemagne ,
quels progrés ne croirez-vous -point qu'elle ait dû faire ? Elle eſtoit compoſée de ces vieilles Troupes de l'Empereur qui ont fi ſouvent batu les Otomans;
de ces intrépides Cuiraſſiers dont le ſeul nom inſpire de la terreur; de ces Hommes fortis
de Famille qui n'ont jamais eu d'autre habitation que le milien d'un Camp , &qui nez au bruit de la guerre de Meres auſſi en- durcies au travail que leurs Pe- res , n'ont preſque point veu de Villes que pour les affieger ou les défendre , de Villages que pour les brûler apres les avoir pillez , nyd'Ennemis que pour les traiter auffi impitoyable- ment qu'ils traitent les Turcs,
pour qui l'habitude de verſer du
GALANT. 159 fang les a dépoüillez de toute forte d'humanité. Ils ne pou- voient eſtre plus avantageuſe- ment ſoûtenus que par les vieil- les Troupes de Lorraine , qui ayant appris leur Meſtier ſous leur defuntDuc , grand & rufé Capitaine s'il en fut jamais,
n'eſtoient pas moins accoûtu- mées qu'eux aux incendies &
aupillage. On ſçait meſme que c'eſtoit une neceffité pour elles dechercher à vivre de rapines,
puis qu'elles ont eu rarement une autre folde. Joignez à cela qu'ayant combatu partout ſous leur Prince, ou ayant eſté loüées par luy à divers Etat , elles ſça- vent tous les Païs , & qu'ainſi il leur eſtoit aiſe de ne faire
pointde fauffes Marches. Il ne Peſtoit pas moins à l'Armée des Cercles commandé par le
160 LE MERCVRE
Prince de Saxe - Eisenach , de
montrer que les forces de tant d'Etats qui la compoſoient ne s'eſtoient pas inutilement unies.
Elle paroiffoit redoutable , &
eſtant fur les bords de fon Païs,
elle ne devoit manquer de rien.
Pour celle de Catalogne , ma derniere Lettre vous a déja marqué l'état où elle ſe trou- voit , quand les Eſpagnols pré- tendants faire une grande di.
verſion de ce coſté-là , eurent
amaffé de nombreuſes Troupes,
d'autant plus confiderables ,
qu'elles eſtoient formées de la
plus grande partie de la No- bleffe de leurs Royaumes , qui avoit abondance de toutes chofes. Si vous me demandez ce
que ces quatre grandesArmées ont produit , apprenez -le de nosEnnemis , qui avoient eux-
GALANT. 161
meſmes qu'elles n'ont rien fait.
-Nous ſommes ſi accoûtumez à
leur voir perdre tout le temps de la Campagne , que nous commençons à n'en eſtre plus furpris , mais qui viendroit d'un nouveauMonde,&apprendroit tout d'un coup que tant de for- ces liguées de tous côtez contre leRoy, n'auroient ny empeſché ſes Conqueſtes , nyreparéleurs pertes par aucune entrepriſe avantageufe, on regarderoit ſes triomphes comme des triophes fabuleux,ou l'on feroit perfuadé que la Frace ſeule eft auſſi puif- ſante que le reſte de l'Europe enſemble. Nos grands ſuccés donnent affez ſujetdele croire ;
mais quel que ſoit le courage denosTroupes,&quelque pru- dence qui ait accompagné la valeur de nos Genéraux , il a
162 LE MERCVRE
fallu , pour les remporter , que le Prince dont les ordres font
tout mouvoir , n'en ait jamais donné que de bons ; que leMi- niſtre qui agit ſous luy , les ait toûjours fait executer à propos;
que la prévoyance n'ait man- qué en rien; que les vivres ,que l'argent , que tout ait eſté four- ny juſte ; &avec tous ces avan- tages, nous ſommes encor obli- gez de reconnoiſtre qu'il y a eu quelque choſe de plus qu'hu- main dans la conduite d'un
Prince , dont le Ciel benit les
armes,&dont il prendviſible- ment ſoin apres nous l'avoir donné. Cette verité vous fera
ſenſible , quand vous ayant ap- pris en peu de mots les rencontres des Partis , & les divers
mouvemens de toutes les Trou-
*pes ennemies depuis ce que je
GALANT. 163
vous en écrivis la derniere fois,
je vous auray fait remarquer que quatre grandes Armées ont moins fait pendant cette Campagne que la ſeule Gar- niſonde Maſtric. Voyez apres cela ſi on n'a pas lieu d'admirer la France , le grand Prince qui la gouverne , les Miniſtres qu'il employe , les Commandans de ſes Armées , ſes Officiers , ſes
Soldats ; & de dire que fi nous fouhaitons la Paix , ce ne peut eſtre que par bonté pour nos Ennemis , puis que la Guerre nous eft une continuelle ocсаfion de Victoires.
devriez trouver icy un grand Article de Guerre; car qui au- roit crûqu'apres nousavoir laif- sé faire une fi glorieuſe Campa- gne, les Ennemis n'euffent ofé profiter de la fatigue de nos Troupes , & n'euffent fait tant d'appreſts & de fi puiſſantes jonctions ,que pour mieux re- * lever les avantages de la France,
en faiſant voir quatre Armées,
plus fortes à la verité que les noftres , mais trop foibles encor pour nous attaquer ,tous affoi-
GALANT. 157 blis que nous devions eſtre par nos Conqueſtes du Mois de
Mars ? C'eſtoit un Torrent capablede tout entraîner , fi trou- vant une Digue à l'épreuvede ſaplus redoutable furie , iln'euft eſté contraint de fe renfermer,,
& de confumer ſes inutiles efforts àbondircontre luy-mefme
par l'impoffibilité de s'étendre.. Voyez , je vous prie ,quelle eftoit leur Armée de Flandre..
Vous y trouverez les forces de huit ouneuf Puiffances Souveraines , dont quelques-unes ſe font autrefois défenduës ſeules:
contre la France, &dontles autres ont eſté affez fortes pour ſecoüer le joug de l'Eſpagne,, &la réduire apres plus de qua- rante années de guerre, à ceder àdes Sujets revoltez l'indépen dancequ'ils ufurpoient. Sivous
158 LE MERCVRE voulez reflechir ſur l'Armée
qu'ils avoient en Allemagne ,
quels progrés ne croirez-vous -point qu'elle ait dû faire ? Elle eſtoit compoſée de ces vieilles Troupes de l'Empereur qui ont fi ſouvent batu les Otomans;
de ces intrépides Cuiraſſiers dont le ſeul nom inſpire de la terreur; de ces Hommes fortis
de Famille qui n'ont jamais eu d'autre habitation que le milien d'un Camp , &qui nez au bruit de la guerre de Meres auſſi en- durcies au travail que leurs Pe- res , n'ont preſque point veu de Villes que pour les affieger ou les défendre , de Villages que pour les brûler apres les avoir pillez , nyd'Ennemis que pour les traiter auffi impitoyable- ment qu'ils traitent les Turcs,
pour qui l'habitude de verſer du
GALANT. 159 fang les a dépoüillez de toute forte d'humanité. Ils ne pou- voient eſtre plus avantageuſe- ment ſoûtenus que par les vieil- les Troupes de Lorraine , qui ayant appris leur Meſtier ſous leur defuntDuc , grand & rufé Capitaine s'il en fut jamais,
n'eſtoient pas moins accoûtu- mées qu'eux aux incendies &
aupillage. On ſçait meſme que c'eſtoit une neceffité pour elles dechercher à vivre de rapines,
puis qu'elles ont eu rarement une autre folde. Joignez à cela qu'ayant combatu partout ſous leur Prince, ou ayant eſté loüées par luy à divers Etat , elles ſça- vent tous les Païs , & qu'ainſi il leur eſtoit aiſe de ne faire
pointde fauffes Marches. Il ne Peſtoit pas moins à l'Armée des Cercles commandé par le
160 LE MERCVRE
Prince de Saxe - Eisenach , de
montrer que les forces de tant d'Etats qui la compoſoient ne s'eſtoient pas inutilement unies.
Elle paroiffoit redoutable , &
eſtant fur les bords de fon Païs,
elle ne devoit manquer de rien.
Pour celle de Catalogne , ma derniere Lettre vous a déja marqué l'état où elle ſe trou- voit , quand les Eſpagnols pré- tendants faire une grande di.
verſion de ce coſté-là , eurent
amaffé de nombreuſes Troupes,
d'autant plus confiderables ,
qu'elles eſtoient formées de la
plus grande partie de la No- bleffe de leurs Royaumes , qui avoit abondance de toutes chofes. Si vous me demandez ce
que ces quatre grandesArmées ont produit , apprenez -le de nosEnnemis , qui avoient eux-
GALANT. 161
meſmes qu'elles n'ont rien fait.
-Nous ſommes ſi accoûtumez à
leur voir perdre tout le temps de la Campagne , que nous commençons à n'en eſtre plus furpris , mais qui viendroit d'un nouveauMonde,&apprendroit tout d'un coup que tant de for- ces liguées de tous côtez contre leRoy, n'auroient ny empeſché ſes Conqueſtes , nyreparéleurs pertes par aucune entrepriſe avantageufe, on regarderoit ſes triomphes comme des triophes fabuleux,ou l'on feroit perfuadé que la Frace ſeule eft auſſi puif- ſante que le reſte de l'Europe enſemble. Nos grands ſuccés donnent affez ſujetdele croire ;
mais quel que ſoit le courage denosTroupes,&quelque pru- dence qui ait accompagné la valeur de nos Genéraux , il a
162 LE MERCVRE
fallu , pour les remporter , que le Prince dont les ordres font
tout mouvoir , n'en ait jamais donné que de bons ; que leMi- niſtre qui agit ſous luy , les ait toûjours fait executer à propos;
que la prévoyance n'ait man- qué en rien; que les vivres ,que l'argent , que tout ait eſté four- ny juſte ; &avec tous ces avan- tages, nous ſommes encor obli- gez de reconnoiſtre qu'il y a eu quelque choſe de plus qu'hu- main dans la conduite d'un
Prince , dont le Ciel benit les
armes,&dont il prendviſible- ment ſoin apres nous l'avoir donné. Cette verité vous fera
ſenſible , quand vous ayant ap- pris en peu de mots les rencontres des Partis , & les divers
mouvemens de toutes les Trou-
*pes ennemies depuis ce que je
GALANT. 163
vous en écrivis la derniere fois,
je vous auray fait remarquer que quatre grandes Armées ont moins fait pendant cette Campagne que la ſeule Gar- niſonde Maſtric. Voyez apres cela ſi on n'a pas lieu d'admirer la France , le grand Prince qui la gouverne , les Miniſtres qu'il employe , les Commandans de ſes Armées , ſes Officiers , ſes
Soldats ; & de dire que fi nous fouhaitons la Paix , ce ne peut eſtre que par bonté pour nos Ennemis , puis que la Guerre nous eft une continuelle ocсаfion de Victoires.
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Résumé : « Selon l'ordre des choses, vous devriez trouver icy un grand [...] »
Le texte décrit la situation militaire en Europe, soulignant la supériorité des armées françaises malgré les efforts des forces ennemies. Quatre armées adverses, bien que puissantes, n'ont pas réussi à attaquer efficacement la France. L'armée de Flandre, composée de huit ou neuf puissances souveraines, était redoutable mais insuffisante pour vaincre les Français. L'armée d'Allemagne, formée de troupes impériales et lorraines expérimentées, était également impressionnante. L'armée des Cercles, commandée par le Prince de Saxe-Eisenach, et l'armée de Catalogne, composée de la noblesse espagnole, étaient toutes deux bien équipées et stratégiquement positionnées. Cependant, malgré leurs forces combinées, ces armées n'ont pas réussi à empêcher les conquêtes françaises ou à réparer leurs pertes. Le texte attribue ces succès à la bonne conduite du prince, à la prévoyance des ministres, et à la valeur des généraux et des troupes françaises. Il conclut en soulignant que la France et son prince sont bénis par le ciel, et que la guerre offre à la France une occasion continue de victoires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 304-307
POUR LE ROY.
Début :
Avoüez, Madame, qu'il ne se peut rien voir de / Grand Roy, quels rapides Exploits [...]
Mots clefs :
Danse, Desforges, Victoires, Conquérir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR LE ROY.
peut rien voir de plus hardy;
mais qui n'entreprendroit pas degrandes choſes ſur l'exem- ple d'unRoyqui n'en fait jamais d'extraordinaires ? Si vous
voulez voir ſes Conqueſtes en racourcy ( car on en parle de toutes manieres ) lifez ce Couplet quiaefté fait fur l'Ait d'u- ne Danſe nouvelle dediée à
Madame la Grand Ducheffe
de Florence. On la nomme la
206 LE MERCVRE
Desforges , du nom de celuy qui l'a inventée. Toutes les Perſonnes de qualité qui l'ont veuë dancer en ont eſté fatisfaites. Elles a trois mouvemens
diférens, eftant compoſée de la Courante, du Paffepied , &de la Bourée.
POVR LE ROY.
COURANTE.
CRand Roy, quels rapides Ex- ploits De jour en jour augmentent veftre
gloire?
LaVictoire
Obeït àvos Loix..
PASSE-PIED.
Dansle tempsdes Glaces ,
Conquerir trois Places!
Cefont descoups Quin'estoient dens qu'àvous.
bis
7
bist
১
GALANT. 207 BOUREE.
Et tout l'Univers
Ales yeux ouverts Surun Conquérant
Si grand.
Al'ombre devos Palmes
Tous vosEtatsfont calmes,
Etjamais
LaPaix
Nepeut plus àpropos Couronner un Héros.
bis
bis.
mais qui n'entreprendroit pas degrandes choſes ſur l'exem- ple d'unRoyqui n'en fait jamais d'extraordinaires ? Si vous
voulez voir ſes Conqueſtes en racourcy ( car on en parle de toutes manieres ) lifez ce Couplet quiaefté fait fur l'Ait d'u- ne Danſe nouvelle dediée à
Madame la Grand Ducheffe
de Florence. On la nomme la
206 LE MERCVRE
Desforges , du nom de celuy qui l'a inventée. Toutes les Perſonnes de qualité qui l'ont veuë dancer en ont eſté fatisfaites. Elles a trois mouvemens
diférens, eftant compoſée de la Courante, du Paffepied , &de la Bourée.
POVR LE ROY.
COURANTE.
CRand Roy, quels rapides Ex- ploits De jour en jour augmentent veftre
gloire?
LaVictoire
Obeït àvos Loix..
PASSE-PIED.
Dansle tempsdes Glaces ,
Conquerir trois Places!
Cefont descoups Quin'estoient dens qu'àvous.
bis
7
bist
১
GALANT. 207 BOUREE.
Et tout l'Univers
Ales yeux ouverts Surun Conquérant
Si grand.
Al'ombre devos Palmes
Tous vosEtatsfont calmes,
Etjamais
LaPaix
Nepeut plus àpropos Couronner un Héros.
bis
bis.
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Résumé : POUR LE ROY.
Le texte décrit une nouvelle danse dédiée à Madame la Grand-Duchesse de Florence, nommée 'Desforges' en l'honneur de son inventeur. Cette danse, appréciée par les personnes de qualité, se compose de trois mouvements distincts : la courante, le passe-pied et la bourrée. La courante célèbre les exploits rapides du roi et sa victoire. Le passe-pied évoque les conquêtes réalisées durant les guerres. La bourrée exalte la paix et la tranquillité instaurées par le roi, le présentant comme un héros digne d'être couronné. Le texte inclut également un couplet célébrant les exploits et la gloire croissante du roi.
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9
p. 1-13
Prélude contenant plusieurs Nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Quelque éclat qui ait accompagné le grand nombre de Victoires [...]
Mots clefs :
Victoires, Europe, Roi de France, Gloire, Admiration, Actions, Monarque, Sujets, Ministres, Affaires, Bonté, Arrêt du conseil, Malheureux, Éloges, Louis le Grand, Devises, Inscriptions, Dictionnaire, Palais de Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude contenant plusieurs Nouvelles, [titre d'après la table]
UELQUE éclat qui
ait
accompagné le
grand nombre de
Victoires que le Roy a rem
portées fur
l'Europe
prefque
entiere
liguée
contre luy , il
ne s'eft jamais
acquis tant de
gloire , que lors qu'il rendit
May 1685. A
MERCURE
contre luy- mefme en faveur
de fes Sujets , le fameux Arreit
dont tout le monde a
parlé avec autant d'admiration
que de furpriſe. Je ne
repéteray point les particularitez
de cette Action gené
ralement connue. Elles ont
remply plufieurs de mes Lettres
; & fi j'en fais fouvenir
icy , c'est pour dire qu'on
cherchaalors dans toute l'Antiquité
quelque Action qui
puft eftre comparée à celle
que Sa Majefté venoit de
faire , & qu'il fut impoffible
d'en trouver. Il n'apartenoit
3
GALANT.
3
quà ce grand Monarque
feul comparable à luy- mefme,
& fi accoûtumé à faire
des chofes inouies, d'en four.
nir encore une autre de mefme
nature , afin que les Sié,
cles à venir puffent travailler
à en faire des paralelles . Nous
l'avons veuë depuis peu de
jours , & vous en allez demeurer
d'accord , quand je
vous l'auray expliquée dans
toutes les circonstances . Il
s'agiffoit d'accorder une Re ,
mife à plufieurs de fes Sujets,
& Sa Majesté a bien voulu la
faire de plus de fept cens mille
A ij
4 MERCURE
que
livres chaque année d'un Bail
qui ne doit finir que dans
trois ans. Si d'un cofté on
ne fait réflexion que fur la
valeur de la Remife , quoy
tres- conſidérable, & que
de l'autre on regarde le panchant
naturel qui porte le
Roy à faire du bien , cette
Action ne fera pas naiftre
d'abord toute la furprife qu'
elle doit caufer mais elle
redoublera, fi- toft qu'on aura
appris que cette Remife a
efté faite à des Sous Fermiers,
c'eft à dire , à des Gens d'Affaires
, puis qu'il eſt certain
;
GALANT.
ད
qu'encore qu'on foit perfuadé
qu'ils peuvent perdre en quel
ques occafions , le Public ne
croit pas qu'on foit obligé
pour cela de leur accorder
aucunes Remiſes. On prétend
qu'ils gagnent en plus
d'Affaires qu'ils ne perdent,
& cette raiſon fait dire que
l'on ne doit tenir compte :
d'aucune perte à des Perſonnes
qui n'en tiennent pas des
grands gains qu'ils font . Cependant
le Roy , par une
bonté extraordinaire & inoüie
juſques à ce jour , a bien voulu
entrer dans les intéreſts
A iij
6 MERCURE
de ceux qui luy ont repré
fenté qu'ils perdoient. Il s'eft
donné la peine d'examiner
luy- mefme l'Affaire dont ils
fe font plaints , & s'en eſtant
fait faire des raports fidelles
par d'équitables Miniftres qui
luy ont fait connoiftre la ve
rité , ce Prince auffi gené
reux que jufte , n'a voulu
jetter les yeux que fur les
pertes qu'avoient à foufrir les
Intéreffez . Il s'en eft laiffé
toucher ; & craignant ' què
quelques Malheureux , qui
a
peut-eftre n'avoient jamais
gagné d'ailleurs avec luy , s'y
GALANT. 7
trouvant envelopez , ne fuſfent
ruinez d'une maniere à
ne s'en pas relever , & que
leur ruine n'entraînaft encore
celle de quelques autres Familles
, il leur a remis les
fept cens mille livres & plus
dont je viens de vous parler ,
ce qui monte à plus de deux
millions pendant trois années.
Cette bonté toute magnanime
regarde plus de quarante
Perfonnes, qui font nommées
dans l'Arreft du Confeil d'Etat
donné le 17. du dernier
mois , & imprimé depuis ce
temps- là.
A j
8 MERCURE
Il ne faut pas s'étonner
fi une fuite fi continuelle
d'Actions qui font audeffus
de toutes fortes d'éloges , en
attire tant tous les jours au
Roy , non feulement de fes
Sujets , mais encore des Nations
les plus éloignées , où
le bruit de fa grandeur s'eft
répandu . On ne la peut mieux
connoiftre
que par le Livre
intitulé Paralelle de LOUIS
LE GRAND avec les autres
Princes qui ont efté furnommez
Grands. Cet Ouvrage eft de
M' de Vertron de l'Académie
Royale d'Arles. Il fait voir
GALANT. 9
que le Roy a toutes leurs vertus
, fans avoir aucun de leurs
defauts , & l'on Y trouve les
plus beaux traits de l'Hiftoire
univerfelle. Il finit avec ces
paroles divines , qui font l'ame
d'une Devife qui a le
Soleil pour corps .
Non furrexit major.
Rien ne pouvoit mieux finir
un Livre dont le but est de
prouver que le Roy eft au
deffus de tout ce qui a jamais
porté le nom de Grand .
Le mefme jour que M' de
Vertron préfenta ce Paralelle
à Sa Majefté , il eut l'hon10
MERCURE
neur de luy donner en meſme
temps un Dictionnaire Hiftorique
de fes Conqueftes
depuis 1643. jufques en 1679.
Je ne fçay fi celles de toutes
les Puiffances du Monde mifes
enſemble depuis un fiécle,
compoſeroient un Volume
qui approchaft de la groffeur
de celuy dont je vous parle,
Ce Dictionnaire n'eft encore
qu'en manufcrit. Je ne vous
dis point de quelle maniere
le Roy le receut. Il a toujours
beaucoup de retenuë
fur ce qui le louë ; & l'on
fçait qu'un de nos plus illuf
GALANT. II
tres Autheurs luy ayant préfenté
un Ouvrage qui renfermoit
fon Eloge , & qui
avoit efté recité en Public
avec de grands applaudiffemens,
ce Prince luy dit, Qu'il
le loueroit davantage, s'ily eftoit
moins loué. Ce Monarque pou
voit dire la mefme chofe à.
M' de Vertron . C'est encore
luy qui a fait l'Infcription fuivante
pour le Palais de Verfailles.
Non eft aqua domus Regi . Quid majus
in Orbe?
Naturamfuperat LODOIX ,fuperavit
& artem.
12 MERCURE
Ces deux Vers ont efté traduits
de cette forte..
Tout merveilleux qu'est ce Palais,
Il n'a rien d'égal à fon Maistre.
LOVIS, le plus grand Roy que l'on ait
vûjamais ,
Donne l'ame aux beautez que l'ony
voit paroiftre.
A tout ce qui le forme un gouft exquis
a part,
Et dansfa fuperbe structure
Ce Monarque afurpaſſe l'Art,
Comme ilfurpaffe la Nature.
On n'a point encore choify
les Infcriptions qu'on doit
mettre au Louvre & à Ver
failles. La beauté de la matiere
, le defir de la gloire;
& fur tout l'envie de faire
GALANT. 13
quelque chofe qui puiffe
plaire à Sa Majefté , ont engagé
quantité de beaux Ef
pritsà travailler fur ces grands
fujets . Voicy une Infcription
pour le Louvre , faite par un
Autheur qui m'eft inconnu.
On fuppofe une Renommée
au- deffus de ce grand Portail.
Elle doit tenir le Portrait
du Roy d'une main , & de
l'autre fa Trompette , avec
ces Vers dans la Banderole.
Monde , viens voir ce queje voy,
Et ce que le Soleil admire,
Rome dans un Palais , dans Paris un
Empire,
Ettous les Céfars dans un Roy.
ait
accompagné le
grand nombre de
Victoires que le Roy a rem
portées fur
l'Europe
prefque
entiere
liguée
contre luy , il
ne s'eft jamais
acquis tant de
gloire , que lors qu'il rendit
May 1685. A
MERCURE
contre luy- mefme en faveur
de fes Sujets , le fameux Arreit
dont tout le monde a
parlé avec autant d'admiration
que de furpriſe. Je ne
repéteray point les particularitez
de cette Action gené
ralement connue. Elles ont
remply plufieurs de mes Lettres
; & fi j'en fais fouvenir
icy , c'est pour dire qu'on
cherchaalors dans toute l'Antiquité
quelque Action qui
puft eftre comparée à celle
que Sa Majefté venoit de
faire , & qu'il fut impoffible
d'en trouver. Il n'apartenoit
3
GALANT.
3
quà ce grand Monarque
feul comparable à luy- mefme,
& fi accoûtumé à faire
des chofes inouies, d'en four.
nir encore une autre de mefme
nature , afin que les Sié,
cles à venir puffent travailler
à en faire des paralelles . Nous
l'avons veuë depuis peu de
jours , & vous en allez demeurer
d'accord , quand je
vous l'auray expliquée dans
toutes les circonstances . Il
s'agiffoit d'accorder une Re ,
mife à plufieurs de fes Sujets,
& Sa Majesté a bien voulu la
faire de plus de fept cens mille
A ij
4 MERCURE
que
livres chaque année d'un Bail
qui ne doit finir que dans
trois ans. Si d'un cofté on
ne fait réflexion que fur la
valeur de la Remife , quoy
tres- conſidérable, & que
de l'autre on regarde le panchant
naturel qui porte le
Roy à faire du bien , cette
Action ne fera pas naiftre
d'abord toute la furprife qu'
elle doit caufer mais elle
redoublera, fi- toft qu'on aura
appris que cette Remife a
efté faite à des Sous Fermiers,
c'eft à dire , à des Gens d'Affaires
, puis qu'il eſt certain
;
GALANT.
ད
qu'encore qu'on foit perfuadé
qu'ils peuvent perdre en quel
ques occafions , le Public ne
croit pas qu'on foit obligé
pour cela de leur accorder
aucunes Remiſes. On prétend
qu'ils gagnent en plus
d'Affaires qu'ils ne perdent,
& cette raiſon fait dire que
l'on ne doit tenir compte :
d'aucune perte à des Perſonnes
qui n'en tiennent pas des
grands gains qu'ils font . Cependant
le Roy , par une
bonté extraordinaire & inoüie
juſques à ce jour , a bien voulu
entrer dans les intéreſts
A iij
6 MERCURE
de ceux qui luy ont repré
fenté qu'ils perdoient. Il s'eft
donné la peine d'examiner
luy- mefme l'Affaire dont ils
fe font plaints , & s'en eſtant
fait faire des raports fidelles
par d'équitables Miniftres qui
luy ont fait connoiftre la ve
rité , ce Prince auffi gené
reux que jufte , n'a voulu
jetter les yeux que fur les
pertes qu'avoient à foufrir les
Intéreffez . Il s'en eft laiffé
toucher ; & craignant ' què
quelques Malheureux , qui
a
peut-eftre n'avoient jamais
gagné d'ailleurs avec luy , s'y
GALANT. 7
trouvant envelopez , ne fuſfent
ruinez d'une maniere à
ne s'en pas relever , & que
leur ruine n'entraînaft encore
celle de quelques autres Familles
, il leur a remis les
fept cens mille livres & plus
dont je viens de vous parler ,
ce qui monte à plus de deux
millions pendant trois années.
Cette bonté toute magnanime
regarde plus de quarante
Perfonnes, qui font nommées
dans l'Arreft du Confeil d'Etat
donné le 17. du dernier
mois , & imprimé depuis ce
temps- là.
A j
8 MERCURE
Il ne faut pas s'étonner
fi une fuite fi continuelle
d'Actions qui font audeffus
de toutes fortes d'éloges , en
attire tant tous les jours au
Roy , non feulement de fes
Sujets , mais encore des Nations
les plus éloignées , où
le bruit de fa grandeur s'eft
répandu . On ne la peut mieux
connoiftre
que par le Livre
intitulé Paralelle de LOUIS
LE GRAND avec les autres
Princes qui ont efté furnommez
Grands. Cet Ouvrage eft de
M' de Vertron de l'Académie
Royale d'Arles. Il fait voir
GALANT. 9
que le Roy a toutes leurs vertus
, fans avoir aucun de leurs
defauts , & l'on Y trouve les
plus beaux traits de l'Hiftoire
univerfelle. Il finit avec ces
paroles divines , qui font l'ame
d'une Devife qui a le
Soleil pour corps .
Non furrexit major.
Rien ne pouvoit mieux finir
un Livre dont le but est de
prouver que le Roy eft au
deffus de tout ce qui a jamais
porté le nom de Grand .
Le mefme jour que M' de
Vertron préfenta ce Paralelle
à Sa Majefté , il eut l'hon10
MERCURE
neur de luy donner en meſme
temps un Dictionnaire Hiftorique
de fes Conqueftes
depuis 1643. jufques en 1679.
Je ne fçay fi celles de toutes
les Puiffances du Monde mifes
enſemble depuis un fiécle,
compoſeroient un Volume
qui approchaft de la groffeur
de celuy dont je vous parle,
Ce Dictionnaire n'eft encore
qu'en manufcrit. Je ne vous
dis point de quelle maniere
le Roy le receut. Il a toujours
beaucoup de retenuë
fur ce qui le louë ; & l'on
fçait qu'un de nos plus illuf
GALANT. II
tres Autheurs luy ayant préfenté
un Ouvrage qui renfermoit
fon Eloge , & qui
avoit efté recité en Public
avec de grands applaudiffemens,
ce Prince luy dit, Qu'il
le loueroit davantage, s'ily eftoit
moins loué. Ce Monarque pou
voit dire la mefme chofe à.
M' de Vertron . C'est encore
luy qui a fait l'Infcription fuivante
pour le Palais de Verfailles.
Non eft aqua domus Regi . Quid majus
in Orbe?
Naturamfuperat LODOIX ,fuperavit
& artem.
12 MERCURE
Ces deux Vers ont efté traduits
de cette forte..
Tout merveilleux qu'est ce Palais,
Il n'a rien d'égal à fon Maistre.
LOVIS, le plus grand Roy que l'on ait
vûjamais ,
Donne l'ame aux beautez que l'ony
voit paroiftre.
A tout ce qui le forme un gouft exquis
a part,
Et dansfa fuperbe structure
Ce Monarque afurpaſſe l'Art,
Comme ilfurpaffe la Nature.
On n'a point encore choify
les Infcriptions qu'on doit
mettre au Louvre & à Ver
failles. La beauté de la matiere
, le defir de la gloire;
& fur tout l'envie de faire
GALANT. 13
quelque chofe qui puiffe
plaire à Sa Majefté , ont engagé
quantité de beaux Ef
pritsà travailler fur ces grands
fujets . Voicy une Infcription
pour le Louvre , faite par un
Autheur qui m'eft inconnu.
On fuppofe une Renommée
au- deffus de ce grand Portail.
Elle doit tenir le Portrait
du Roy d'une main , & de
l'autre fa Trompette , avec
ces Vers dans la Banderole.
Monde , viens voir ce queje voy,
Et ce que le Soleil admire,
Rome dans un Palais , dans Paris un
Empire,
Ettous les Céfars dans un Roy.
Fermer
10
p. 195-198
Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Début :
On n'a point encore de relation bien circonstanciée de ce qui s'est passé le 25 & le 26 [...]
Mots clefs :
Armée russe, Armée prussienne, Général, Mouvements des troupes, Attaques, Combats, Stratégie, Positions, Cavalerie, Champ de bataille, Victoires, Blessés et morts, Opérations militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 8 Septembre
1753.
On n'a point encore de relation bien circonftanciée
de ce qui s'eſt paſſé le 25 & le 26 Août ,
entre les armées de Ruffie & de Pruſle. Ce qu'on
en ſçait aujourd'hui , pour n'être pas encore bien
détaillé , n'en eſt pas moins exact ni moins pofitif:
c'eſt le réſultat de pluſieurs lettres écrites
du camp de l'armée Impériale de Ruffie , à Groff-
Camin le 29 Août. D'après ces lettres , Sa Majeſté
Pruſſienne vint le 25 à la tête d'une armée
de cinquante à cinquante - cinq mille hommes
axaquer l'armée de Ruſſie , près du village de
Zorndorff dans le Baillage de Quartſch.
*LeGénéral Comte de Fermer n'avoit ce jourlà
que trente-huit mille hommes ſous les armes ,
&le terrein où il falloit combattre , coupé par
des marais &des bois , ne lui permettoit pas de
prendre une poſition également avantageuſe en
tous ſes points. La bataille commença à neuf
heures du matin par une canonnade des plus vives
, qui fut foutenue de part & d'autre pendant
une heure &demie.
Les Pruffiens déboucherent par les défilés de
Sicher & de Groſf-Camin , derriere l'aîle gauche
des Ruſſes , & s'étendirent vers Zorndorff , point .
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'appui de l'île droite de l'armée de Ruſſie.
Ayant mis près d'une heure &demie à ſe former,
ils s'attacherent d'abord à cette aîle ; mais inſenſiblement
le feu s'étendit juſqu'à l'aî'e gauche , &
les deux armées ſe trouverent engagées de front.
L'attaque fut alors générale & furieuſe ; mais
l'armée Impériale de Ruſſie , non ſeulement la
ſoutint par tout avec une fermeté inébranlable;
mais elle repouffa l'ennemi avec tant de vigueur ,
qu'à midi la premiere ligne fut entiérement culburée.
Le Roi de Pruſſe fit avancer ſon corps de réſerve
pour rétablir cette ligne ; mais elle fut renverſée
de nouveau , & la Cavalerie des Ruſſes ſe
jettant le ſabre à la main fur l'Infanterie Pruffienne
, l'enfonça , &y fit un carnage horrible. Cependant
Sa Majesté Pruſſienne faiſant les derniers
efforts , réuffit à percer entre l'aîle droite & l'aîle
gauche , ſépara la premiere de l'autre , la miten
confufion , & poursuivant vivement cet avantage,
pouſſa cette aîle droite juſqu'au bord d'un
marais.
L'aîle gauche ſoutint ſa pofition malgré ce revers
, & ne perdit pas un pouce de terrein. La
nuit ſurvint , & ce futfansdoutedans ce moment
que les Pruffiens croyant la victoire décidée pour
eux , ſe hâterent de l'annoncer par des Couriers à
toute l'Europe. Mais on ne fut pas de cet avis
dans l'armée Ruffienne. Le Général Major de
Demicourt , par une préſence d'eſprit admirable ,
rallia les ſoldats diſperſés fur le bord du marais ,
en forma un corps composé d'Infanterie & de
Cavalerie , marcha derechef à l'ennemi , le prit
àdos& en flanc , le chaſſa àune demi-lieue au
de-làdu champ de bataille , s'y établit , en avertic
Paile gauche , qui marchant tout de ſuite en
OCTOBRE. 1758. 194
avant , acheva de s'en emparer , & s'y ſoutint.
Le lendemain 26 , on ſe canonna encore pen
dant quelque temps fort vivement ; & l'armée
Impériale de Ruſſie , toujours en peſſeſſion du
champ de bataille , enterra ſes morts , raſſembla
ſes trophées, en canons , étendards & drapeaux ,
& finit ainſi la journée.
Le 27 , comme l'armée devoit ſe rapprocherde
ſes magaſins , & ſe mettre à portée de la diviſion
du Général Romanzow , elle leva ſon camp en
préſence de l'ennemi & en plein jour , & alla s'établir
à Groff- Camin , où le 28 il ne ſe paſſa rien
de nouveau .
Le 29 , les deux armées firent preſqu'en même
temps des feux de réjouiſſance , pour célébrer une
victoire que l'une croyoit avoir gagnée , & que
l'autre lui arracha par une manoeuvre , qui fait
également l'éloge fagacité & de la fermeté
de ſes Généraux , de l'intrépidité & du courage
opiniâtre de ſes troupes.
dela
Ces deux journées ne peuvent qu'avoir été trèsfanglantes.
Elles font un événement dont l'hiſtoire
ne fournit guere d'exemple , & qui fera un mo
nument éternel de gloire pour les armes Impé
riales de Ruffie.
On n'a jusqu'ici aucun détail de la ppeerrte qu'on
afaite de part & d'autre en morts , bleffés & prifonniers
, &tout ce récit n'eſt encore que préliminaire
à la relation qui doit nous venir.
Une lettre duGénéral Fermer éerite le 31 Sep
tembre du camp de Groff-Camin , àM. de Solticoff
, Miniſtre de Ruſſie à Hambourg , marque
qu'après treize heures de combat le plus opiniatre
, il avoit repouffé le RoidePruffe,pris vingtfix
pieces decanon & pluſieurs étendards , qu'il
feroit joint le premierde ce mois par leGénéral
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
Romanzow , & qu'il poursuivroit alors fes opérations.
1753.
On n'a point encore de relation bien circonftanciée
de ce qui s'eſt paſſé le 25 & le 26 Août ,
entre les armées de Ruffie & de Pruſle. Ce qu'on
en ſçait aujourd'hui , pour n'être pas encore bien
détaillé , n'en eſt pas moins exact ni moins pofitif:
c'eſt le réſultat de pluſieurs lettres écrites
du camp de l'armée Impériale de Ruffie , à Groff-
Camin le 29 Août. D'après ces lettres , Sa Majeſté
Pruſſienne vint le 25 à la tête d'une armée
de cinquante à cinquante - cinq mille hommes
axaquer l'armée de Ruſſie , près du village de
Zorndorff dans le Baillage de Quartſch.
*LeGénéral Comte de Fermer n'avoit ce jourlà
que trente-huit mille hommes ſous les armes ,
&le terrein où il falloit combattre , coupé par
des marais &des bois , ne lui permettoit pas de
prendre une poſition également avantageuſe en
tous ſes points. La bataille commença à neuf
heures du matin par une canonnade des plus vives
, qui fut foutenue de part & d'autre pendant
une heure &demie.
Les Pruffiens déboucherent par les défilés de
Sicher & de Groſf-Camin , derriere l'aîle gauche
des Ruſſes , & s'étendirent vers Zorndorff , point .
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'appui de l'île droite de l'armée de Ruſſie.
Ayant mis près d'une heure &demie à ſe former,
ils s'attacherent d'abord à cette aîle ; mais inſenſiblement
le feu s'étendit juſqu'à l'aî'e gauche , &
les deux armées ſe trouverent engagées de front.
L'attaque fut alors générale & furieuſe ; mais
l'armée Impériale de Ruſſie , non ſeulement la
ſoutint par tout avec une fermeté inébranlable;
mais elle repouffa l'ennemi avec tant de vigueur ,
qu'à midi la premiere ligne fut entiérement culburée.
Le Roi de Pruſſe fit avancer ſon corps de réſerve
pour rétablir cette ligne ; mais elle fut renverſée
de nouveau , & la Cavalerie des Ruſſes ſe
jettant le ſabre à la main fur l'Infanterie Pruffienne
, l'enfonça , &y fit un carnage horrible. Cependant
Sa Majesté Pruſſienne faiſant les derniers
efforts , réuffit à percer entre l'aîle droite & l'aîle
gauche , ſépara la premiere de l'autre , la miten
confufion , & poursuivant vivement cet avantage,
pouſſa cette aîle droite juſqu'au bord d'un
marais.
L'aîle gauche ſoutint ſa pofition malgré ce revers
, & ne perdit pas un pouce de terrein. La
nuit ſurvint , & ce futfansdoutedans ce moment
que les Pruffiens croyant la victoire décidée pour
eux , ſe hâterent de l'annoncer par des Couriers à
toute l'Europe. Mais on ne fut pas de cet avis
dans l'armée Ruffienne. Le Général Major de
Demicourt , par une préſence d'eſprit admirable ,
rallia les ſoldats diſperſés fur le bord du marais ,
en forma un corps composé d'Infanterie & de
Cavalerie , marcha derechef à l'ennemi , le prit
àdos& en flanc , le chaſſa àune demi-lieue au
de-làdu champ de bataille , s'y établit , en avertic
Paile gauche , qui marchant tout de ſuite en
OCTOBRE. 1758. 194
avant , acheva de s'en emparer , & s'y ſoutint.
Le lendemain 26 , on ſe canonna encore pen
dant quelque temps fort vivement ; & l'armée
Impériale de Ruſſie , toujours en peſſeſſion du
champ de bataille , enterra ſes morts , raſſembla
ſes trophées, en canons , étendards & drapeaux ,
& finit ainſi la journée.
Le 27 , comme l'armée devoit ſe rapprocherde
ſes magaſins , & ſe mettre à portée de la diviſion
du Général Romanzow , elle leva ſon camp en
préſence de l'ennemi & en plein jour , & alla s'établir
à Groff- Camin , où le 28 il ne ſe paſſa rien
de nouveau .
Le 29 , les deux armées firent preſqu'en même
temps des feux de réjouiſſance , pour célébrer une
victoire que l'une croyoit avoir gagnée , & que
l'autre lui arracha par une manoeuvre , qui fait
également l'éloge fagacité & de la fermeté
de ſes Généraux , de l'intrépidité & du courage
opiniâtre de ſes troupes.
dela
Ces deux journées ne peuvent qu'avoir été trèsfanglantes.
Elles font un événement dont l'hiſtoire
ne fournit guere d'exemple , & qui fera un mo
nument éternel de gloire pour les armes Impé
riales de Ruffie.
On n'a jusqu'ici aucun détail de la ppeerrte qu'on
afaite de part & d'autre en morts , bleffés & prifonniers
, &tout ce récit n'eſt encore que préliminaire
à la relation qui doit nous venir.
Une lettre duGénéral Fermer éerite le 31 Sep
tembre du camp de Groff-Camin , àM. de Solticoff
, Miniſtre de Ruſſie à Hambourg , marque
qu'après treize heures de combat le plus opiniatre
, il avoit repouffé le RoidePruffe,pris vingtfix
pieces decanon & pluſieurs étendards , qu'il
feroit joint le premierde ce mois par leGénéral
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
Romanzow , & qu'il poursuivroit alors fes opérations.
Fermer
Résumé : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Le 25 août 1753, l'armée prussienne, dirigée par le roi de Prusse et composée de 50 à 55 000 hommes, affronta l'armée russe près du village de Zorndorff. Le général russe Comte de Fermer commandait 38 000 hommes, mais le terrain, marqué par des marais et des bois, ne lui permettait pas de prendre une position avantageuse. La bataille débuta à neuf heures du matin par une intense canonnade qui dura une heure et demie. Les Prussiens attaquèrent l'aile gauche des Russes et avancèrent vers Zorndorff. La bataille devint générale et furieuse, mais les Russes repoussèrent les Prussiens avec vigueur, culbutant leur première ligne à midi. Le roi de Prusse fit avancer ses réserves pour rétablir la ligne, mais celles-ci furent à nouveau renversées par la cavalerie russe. La nuit tomba, et les Prussiens annoncèrent leur victoire en Europe. Cependant, le général russe Demicourt rallia ses troupes et contre-attaqua, chassant les Prussiens du champ de bataille. Le lendemain, 26 août, les deux armées se canonnèrent encore avant que les Russes n'enterrent leurs morts et ne rassemblèrent leurs trophées. Le 27 août, l'armée russe se rapprocha de ses magasins et se mit à portée de la division du général Romanzow. Le 29 août, les deux armées célébrèrent des feux de réjouissance, chacune croyant avoir gagné la bataille. Les pertes en morts, blessés et prisonniers n'étaient pas encore détaillées. Une lettre du général Fermer, datée du 31 septembre, indiquait que les Russes avaient repoussé les Prussiens après treize heures de combat, capturant vingt-six pièces d'artillerie et plusieurs étendards.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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