Résultats : 11646 texte(s)
Détail
Liste
401
p. 126-129
Deux Arcs de Triomphe sont trouvez sous terre à Rheims, sur lesquels M. de Santeüil Chanoine de S. Victor fait des Vers. Eloge de cette Maison. [titre d'après la table]
Début :
Comme jamais Monarque n'eut tant de gloire que luy [...]
Mots clefs :
Arcs de triomphe, Rheims, Mr de Santeuil, Lyon, Vers, Chanoine de S. Victor
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Deux Arcs de Triomphe sont trouvez sous terre à Rheims, sur lesquels M. de Santeüil Chanoine de S. Victor fait des Vers. Eloge de cette Maison. [titre d'après la table]
Com- me jamais Monarque n'eût tant
GALANT. 79
de gloire que luy , c'eſt peu qu'Arles nous ait fourny des Obéliſques pour graver fon Nom , & tranſmettre à la Poſterité les grandes actions dont nous n'avions point encor veu d'exemples ; on a trouvé ſous terre deux Arcs de Triomphe à
Rheims , comme ſi les Conque- ſtes de Sa Majeſté allant plus viſte que les mains des Ouvriers
ne pourroient faire pour luy éleverdesMonumens dignes de luy, la terre prenoit ſoin d'en produire , & fe faifoit un avantage de contribuer quelque cho- ſe àluy aſſurerl'Immortalité qui luy eſt deuë. M. de Santeuil,
Chanoine de S. Victor, a fait des
Vers Latins là-deſſus , que j'au- rois tâché de vous faire voir en
noſtre Langue , ſi j'en avois pu
exprimer la force. Il a le Génie
Dij
80 LE MERCVRE
admirable pour la Poëfie , auſſi- bien que quantité d'autres de cette Maiſon , dans laquelle j'ay appris que Monfieur le Pre- fident de Bailleul avoit choiſi ſa
Retraite. Il ne le pouvoit faire dans une Abbaye , ny plus an- cienne ny plus noble. Elle eft remplie de Perſonnes deQuali- té qui meriteroient qu'on les nommat Comtes de Paris , à l'exemple des Chanoines de Lyon qui portent le titre de Comtes.
La Maiſon eſt ſpacieufe , les Jar- dins agreables , & la Biblioté- que une des plus belles qu'on puiſſe voir. Elle eſt d'autant plus utile , que le Public a la liberté de ſe ſervir de ſes Livres , qui font fort curieux & en tres-gran- de quantité
GALANT. 79
de gloire que luy , c'eſt peu qu'Arles nous ait fourny des Obéliſques pour graver fon Nom , & tranſmettre à la Poſterité les grandes actions dont nous n'avions point encor veu d'exemples ; on a trouvé ſous terre deux Arcs de Triomphe à
Rheims , comme ſi les Conque- ſtes de Sa Majeſté allant plus viſte que les mains des Ouvriers
ne pourroient faire pour luy éleverdesMonumens dignes de luy, la terre prenoit ſoin d'en produire , & fe faifoit un avantage de contribuer quelque cho- ſe àluy aſſurerl'Immortalité qui luy eſt deuë. M. de Santeuil,
Chanoine de S. Victor, a fait des
Vers Latins là-deſſus , que j'au- rois tâché de vous faire voir en
noſtre Langue , ſi j'en avois pu
exprimer la force. Il a le Génie
Dij
80 LE MERCVRE
admirable pour la Poëfie , auſſi- bien que quantité d'autres de cette Maiſon , dans laquelle j'ay appris que Monfieur le Pre- fident de Bailleul avoit choiſi ſa
Retraite. Il ne le pouvoit faire dans une Abbaye , ny plus an- cienne ny plus noble. Elle eft remplie de Perſonnes deQuali- té qui meriteroient qu'on les nommat Comtes de Paris , à l'exemple des Chanoines de Lyon qui portent le titre de Comtes.
La Maiſon eſt ſpacieufe , les Jar- dins agreables , & la Biblioté- que une des plus belles qu'on puiſſe voir. Elle eſt d'autant plus utile , que le Public a la liberté de ſe ſervir de ſes Livres , qui font fort curieux & en tres-gran- de quantité
Fermer
Résumé : Deux Arcs de Triomphe sont trouvez sous terre à Rheims, sur lesquels M. de Santeüil Chanoine de S. Victor fait des Vers. Eloge de cette Maison. [titre d'après la table]
Le texte célèbre la renommée d'un monarque, dont la gloire est telle qu'Arles a fourni des obélisques pour graver son nom et ses exploits. À Reims, deux arcs de triomphe témoignent de ses conquêtes rapides, surpassant même la rapidité des ouvriers pour ériger des monuments en son honneur. La terre elle-même semble contribuer à son immortalité. Le chanoine de Saint-Victor, M. de Santeuil, a composé des vers latins sur ce sujet, traduits en français par l'auteur. Santeuil est loué pour son génie poétique, ainsi que d'autres membres de son abbaye. L'abbé de Bailleul a choisi cette abbaye comme retraite, ancienne et noble, abritant des personnes de qualité dignes du titre de comtes de Paris, à l'instar des chanoines de Lyon. L'abbaye est spacieuse, avec des jardins agréables et une bibliothèque remarquable, l'une des plus belles existantes. Cette bibliothèque est particulièrement utile car elle permet au public d'accéder librement à ses nombreux livres très intéressants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
402
p. 129-131
Rolle des Vaisseaux du Roy à Toulon. [titre d'après la table]
Début :
C'est assurément un secours fort considérable pour ceux qui voudroient [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Toulon, Nombre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Rolle des Vaisseaux du Roy à Toulon. [titre d'après la table]
C'eſt aſſurément un ſecours fort confidérable
pour ceux qui voudroient ne rien ignorer ; & comme il en eft
beaucoup qui cherchent parti- culierement à s'inſtruire de tout
ce qui peut eſtre une preuve de la grandeurde la France, je croy
vous devoir faire remarquer que ſi ſes Armées de Terre la font
aujourd huy crainde de toute I Europe, ſes forces de Mer ne la rendent pas moins redouta- ble. Cela paroiſt par le grand nombre des Vaiſſeaux qui font à Brest , à Rochefort &àToulon. Je vous envoye le Rollede ceux de ce dernier Port , en at- rendant que je vous puiſſe faire part des deux autres. Celuy-cy aeſté imprimé à Marseille : ja- mais rien ne fut fi exact , &
vous y verrez en differentes Colomnes non ſeulement le
nombre des Canons dont ces
Vaiſſeaux font montez , de com
,
Dw
82 LE MERCVRE
bien de Tonneaux ils font , le
lieu de leur conſtruction , le
Nom des Ouvriers qui les ont faits , leur âge , leur durée , &
les pieds d'eau que leur charge leur fait prendre , mais encor ce qu'ils ont d'Officiers Mariniers,
de Matelots , de Soldats , & les
autres choſes qui regardent la Solde & les Vivres par chaque Mois.
pour ceux qui voudroient ne rien ignorer ; & comme il en eft
beaucoup qui cherchent parti- culierement à s'inſtruire de tout
ce qui peut eſtre une preuve de la grandeurde la France, je croy
vous devoir faire remarquer que ſi ſes Armées de Terre la font
aujourd huy crainde de toute I Europe, ſes forces de Mer ne la rendent pas moins redouta- ble. Cela paroiſt par le grand nombre des Vaiſſeaux qui font à Brest , à Rochefort &àToulon. Je vous envoye le Rollede ceux de ce dernier Port , en at- rendant que je vous puiſſe faire part des deux autres. Celuy-cy aeſté imprimé à Marseille : ja- mais rien ne fut fi exact , &
vous y verrez en differentes Colomnes non ſeulement le
nombre des Canons dont ces
Vaiſſeaux font montez , de com
,
Dw
82 LE MERCVRE
bien de Tonneaux ils font , le
lieu de leur conſtruction , le
Nom des Ouvriers qui les ont faits , leur âge , leur durée , &
les pieds d'eau que leur charge leur fait prendre , mais encor ce qu'ils ont d'Officiers Mariniers,
de Matelots , de Soldats , & les
autres choſes qui regardent la Solde & les Vivres par chaque Mois.
Fermer
Résumé : Rolle des Vaisseaux du Roy à Toulon. [titre d'après la table]
Le texte souligne l'importance des forces navales françaises comme preuve de la grandeur nationale, complémentaire à la puissance des armées de terre. La marine française est décrite comme redoutable, avec un grand nombre de vaisseaux présents dans les ports de Brest, Rochefort et Toulon. Un document détaillé des vaisseaux du port de Toulon, imprimé à Marseille, fournit des informations précises et variées. Ce document inclut le nombre de canons, la capacité en tonneaux, le lieu de construction, les noms des ouvriers, leur âge, la durée de vie des vaisseaux et la profondeur d'eau nécessaire. Il détaille également le nombre d'officiers, de marins et de soldats, ainsi que la solde et les vivres nécessaires pour chaque mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
403
p. 131-146
L'Amant vantousé, Histoire. [titre d'après la table]
Début :
Si ce dénombrement de Vaisseaux, d'Equipages & d'Armemens n'est [...]
Mots clefs :
Pédant, Connaissances, Amoureux, Exercices, Ventouses, Molière, Chirurgien, Rougeurs, Voiture, Opération
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Amant vantousé, Histoire. [titre d'après la table]
Si ce dénombrement de
Vaiſſeaux ,d'Equipages &d'Ar- memens n'eſt pas du gouft de vos ſpirituelles Amies, l'Avan- ture quej'ay à vous conter aura peut- eftre pour elles quelque choſe de réjoüiffant. Ily a plus d'une Perſonne qui vous l'atteftera pour veritable , & je vous 12Conne fur la foy de Gens ſans reproche.
UnjeuneGentilhomme, ren- fermé juſqu'à vingt ans dans le
GALANT. 83
fonds de fa Province , ſous la dépendance d'un Pédant quiavoit tâché de luy apprendre beau- coup de chofes qu'il ne ſçavoit peut-eſtre pas trop bien luy- meſme, vint il y aquelquetemps à Paris pour y commencer ſes Exercices , & quand il y vint,
on peut dire qu'il eſtoit tout nouvellement débarqué.Il avoit des manieres embarraffées , &
ceux qui prenoient intereſt en luy , ne le virent pas longtemps fans s'appercevoir que l'Etude neluy avoit donné quedes Con- noiſſances maldigerées qui a- voient beſoin d'adouciſſement.
Comme il n'y a point d'Ecole plus propre àl'acquerirque cel- le des Femmes , fes Amis le menerent chez quelques Belles. II Les vit d'abordfans autredeſſein
que celuy de rendre ſesdevoirs
Dvj
84 LE MERCVRE
à d'aimables Perſonnes que fa naiffance engageoit à marquer de la confideration pour luy ;
mais infenfiblement il y prit goust , il eſtoit d'âge à aimer , il avoit un cœur; & une grande Brune dont les yeux eſtoient les plus dangereux du monde, eut tantde charmes pour luy , qu'il en devint éperduëment amou- reux. La Dame fut ſurpriſe de le voir plus ſouvent chez elle qu'elle ne l'auroit ſouhaité ! Elle eſtoit ſi bien faite , qu'elle n'eut pas de peine à deviner qui l'at- tiroit. Ses affiduitez ayant com- mencé à luy faire connoiſtre la.
paſſion qu'il avoit pour elle , fes regards &quelques foûpirs mat étouffez acheverent de l'en inftruire. Cette conqueſte lachagrina , elle n'eſtoit point d'un af fez grand poids pour luy faire
GALANT. 85
honneur, & l'expoſoit àdes im- portunitez fatiguantes pour une Perſonne qu'un cœur novice n'accommodoit pas. Elle feignit de n'entendre point ſes premie- res declarations , & pour s'en défaire en le rebutant , elle le
raitla fur quelques tlefauts dont il prenoit peine à ſe corriger , &
n'oublia pas fur tout à luyfaire connoiſtre ſon dégoutpour cer- taines rougeurs qu'il avoit fur le
viſage. Il aimoit la Dame , &
vouloit luy plaire à quelque prix que ce fuſt. Cedernier reproche luy donnoit de l'inquietude. II erut que ſes rougeurs eſtoient la feule choſe qui la choquoit , &
dans l'impatience d'y trouver
quelque remede , il fit confiden- ce de ſon ſecret àceluy qui l'a- voit mené chez elle , &qui ap- - prenoit ſes Exercices dans la
86 LE MERCVRE
meſme Académie que luy. Le Confident avoit veu le monde,
il aimoit à faire piece , & fans heſiter, il luy dit que ſi c'eſtoit là le ſeul obſtacle qui l'empef- chaſt d'avoir les bonnes graces de la Belle , il luy répondoitde fon bonheur. Il adjoûte que ces rougeurs venoient d'une abon- dance de fang qu'il eſtoitfacile dedétourner ,qu'il les avoit euës comme luy, & quepour éviterla guerre qu'on luy faifoit , il s'en eſtoit fait quite pardes Ventou- ſes appliquées ſur la partie que Moliere nous a fait ſi ſpirituelle- ment entendre , quanddans l'u- nedeſes Pieces il a fait dire pour infulter un Apotiquaire, qu'on voyoit bienqu'il n'eſtoit pas ac- couſtumé à parler àdes Viſages .
Le Gentil-homme auffi credule
que jeune , auroit voulu eftre
GALAN Τ. 87
ventousédans le meſme inſtant.
Il embraffe le Confident avec
une joye extraordinaire , & le conjure de ne point differer à
faire venir la meſme Perſonne
dont il s'eſt ſervy pourunepa- reille Opération. On prend jour au lendemain , un Chirurgien a le mot , & deux Amis com
muns font avertis de l'employ qu'ils doivent avoir dans la Pie- ce. LeConfidentamene le Chirurgien à l'heure marquée. Le Gentilhomme le prie den'épar- gner point ſon ſang , &fe cou- chant fur le ventre, il fouffre
l'application des Ventouſes qui fontunecopieuſe attraction.Les Scarifications ſuivent,on les fait
profondes , &apres que le Chi- rurgien en a recüeilly deux grandes paletes de ſang,il remet les Ventouſes, & feignant d'a
88 LE MERCVRE
voir oublié quelque choſe de neceffaire , il le quitte pour cou- rir juſques chez luy. Il eſt à pei- ne forty de la Chambre , qu'on entend du bruit dans l'Escalier.
C'eſtoient les deux Amis à qui on avoit appris le miftere. Ils entrent malgré le Patient qui veut qu'on ferme la porte , &
qui a bien de la peine à ſe tenir couché fur le coſté. Ils s'informent de ce qui peut l'arreſter au,
Lit , & apres une converſation generale d'un quart - d'heure l'un des deux paſſe dans une étroite ruelle ſous pretexte d'a-'
voir quelque ſecret à luy dire.
L'Amant Ventouse tourne la
teſte ſans ſe remier , &fon Amy le prie inutilement de s'appro- cher unpeudavantage. Il n'ofe luy dire en termes du galant Voiture , qu'il a pour ne le pas
7
३
He GALANT. 89
eier.
11
e
1
faire , une raiſon fondamentale fur laquelle il ne luy eſt pas permis d'apuyer. Il n'écoute que d'un peu loin cequ'on neluydi- roit pas fi on ne cherchoit à
l'embarraffer ; & enfin le Confident fait l'officieux en obligeant les nouveaux venus às'é- loigner. Le Chirurgien revient,
fil ofte les Ventouſes, &laiffe le Plaintif ſcarifié dansdes dou- Veurs dont il ne ſe conſole que par l'efperace de n'avoirplusles Tougeurs qui bleſſent les yeux de la Dame. Elle apprend du Confident le tour qu'il luy a
joué , & afin qu'il nejoüiffe pas ſeul du plaifirde cette Avantu- re, elle envoye prier le Gentil- homme de luy venir parler le lendemain. LeMeſſage luy étoit trop doux pour ne l'engager pas àſe faire une neceſſité de cette
१० LE MERCVRE
Viſite.Il ſe rend chez elle àpied,
car l'Opération eſtoit trop ré- cente , &ne laiſſoit aucune voiture commode pourluy. Onle mene dans leCabinetde la Belle , où il ne trouve que desEſca- beaux fort durs. Elle le fait affeoir malgré luy. Il fait centpo- ſtures qui l'inſtruiſent de ce
qu'il ſouffre , &jamais conver- ſation d'une Maîtreſſe ne parut ſi longue à un Amant. Il s'en tire le plutôt qui'l peut , & ce qui le chagrine, c'eſtqu'aubout de quelques jours , il s'apperçoit que ſes rougeurs augmentoient au lieu de diminuer. Il s'en
plaint à celuy qui est cauſedu Remede qu'il a eſſayé, & fa ré- ponſe eſt qu'il feroit bonde re- commencer , parce que les Ven- touſes n'ontpas efté affez long- temps appliquées. Il s'y ſeroit
GALANT. 91
refolu fans doute , s'il n'en euſt - demandé avis àquelqu'un qui - luy dit charitablement qu'on - luy faiſoit piece. Il avoit du coeur ,&ayant rencontré le ma- licieux Confident , il luy fait mettre l'épée à la main. Comme les diſgraces ſe ſuivent , il ne peut fi bien ſe ſervir de fon adreſſe , qu'il ne reçoive une fort large Bleſſure dontil eſt en- cor àpreſent au Lit.Il eſt certain qu'il en guérira , mais il ne l'eſt pas que ce nouveau ſangqu'ila
perdu faſſe ceſſer les rougeurs
Vaiſſeaux ,d'Equipages &d'Ar- memens n'eſt pas du gouft de vos ſpirituelles Amies, l'Avan- ture quej'ay à vous conter aura peut- eftre pour elles quelque choſe de réjoüiffant. Ily a plus d'une Perſonne qui vous l'atteftera pour veritable , & je vous 12Conne fur la foy de Gens ſans reproche.
UnjeuneGentilhomme, ren- fermé juſqu'à vingt ans dans le
GALANT. 83
fonds de fa Province , ſous la dépendance d'un Pédant quiavoit tâché de luy apprendre beau- coup de chofes qu'il ne ſçavoit peut-eſtre pas trop bien luy- meſme, vint il y aquelquetemps à Paris pour y commencer ſes Exercices , & quand il y vint,
on peut dire qu'il eſtoit tout nouvellement débarqué.Il avoit des manieres embarraffées , &
ceux qui prenoient intereſt en luy , ne le virent pas longtemps fans s'appercevoir que l'Etude neluy avoit donné quedes Con- noiſſances maldigerées qui a- voient beſoin d'adouciſſement.
Comme il n'y a point d'Ecole plus propre àl'acquerirque cel- le des Femmes , fes Amis le menerent chez quelques Belles. II Les vit d'abordfans autredeſſein
que celuy de rendre ſesdevoirs
Dvj
84 LE MERCVRE
à d'aimables Perſonnes que fa naiffance engageoit à marquer de la confideration pour luy ;
mais infenfiblement il y prit goust , il eſtoit d'âge à aimer , il avoit un cœur; & une grande Brune dont les yeux eſtoient les plus dangereux du monde, eut tantde charmes pour luy , qu'il en devint éperduëment amou- reux. La Dame fut ſurpriſe de le voir plus ſouvent chez elle qu'elle ne l'auroit ſouhaité ! Elle eſtoit ſi bien faite , qu'elle n'eut pas de peine à deviner qui l'at- tiroit. Ses affiduitez ayant com- mencé à luy faire connoiſtre la.
paſſion qu'il avoit pour elle , fes regards &quelques foûpirs mat étouffez acheverent de l'en inftruire. Cette conqueſte lachagrina , elle n'eſtoit point d'un af fez grand poids pour luy faire
GALANT. 85
honneur, & l'expoſoit àdes im- portunitez fatiguantes pour une Perſonne qu'un cœur novice n'accommodoit pas. Elle feignit de n'entendre point ſes premie- res declarations , & pour s'en défaire en le rebutant , elle le
raitla fur quelques tlefauts dont il prenoit peine à ſe corriger , &
n'oublia pas fur tout à luyfaire connoiſtre ſon dégoutpour cer- taines rougeurs qu'il avoit fur le
viſage. Il aimoit la Dame , &
vouloit luy plaire à quelque prix que ce fuſt. Cedernier reproche luy donnoit de l'inquietude. II erut que ſes rougeurs eſtoient la feule choſe qui la choquoit , &
dans l'impatience d'y trouver
quelque remede , il fit confiden- ce de ſon ſecret àceluy qui l'a- voit mené chez elle , &qui ap- - prenoit ſes Exercices dans la
86 LE MERCVRE
meſme Académie que luy. Le Confident avoit veu le monde,
il aimoit à faire piece , & fans heſiter, il luy dit que ſi c'eſtoit là le ſeul obſtacle qui l'empef- chaſt d'avoir les bonnes graces de la Belle , il luy répondoitde fon bonheur. Il adjoûte que ces rougeurs venoient d'une abon- dance de fang qu'il eſtoitfacile dedétourner ,qu'il les avoit euës comme luy, & quepour éviterla guerre qu'on luy faifoit , il s'en eſtoit fait quite pardes Ventou- ſes appliquées ſur la partie que Moliere nous a fait ſi ſpirituelle- ment entendre , quanddans l'u- nedeſes Pieces il a fait dire pour infulter un Apotiquaire, qu'on voyoit bienqu'il n'eſtoit pas ac- couſtumé à parler àdes Viſages .
Le Gentil-homme auffi credule
que jeune , auroit voulu eftre
GALAN Τ. 87
ventousédans le meſme inſtant.
Il embraffe le Confident avec
une joye extraordinaire , & le conjure de ne point differer à
faire venir la meſme Perſonne
dont il s'eſt ſervy pourunepa- reille Opération. On prend jour au lendemain , un Chirurgien a le mot , & deux Amis com
muns font avertis de l'employ qu'ils doivent avoir dans la Pie- ce. LeConfidentamene le Chirurgien à l'heure marquée. Le Gentilhomme le prie den'épar- gner point ſon ſang , &fe cou- chant fur le ventre, il fouffre
l'application des Ventouſes qui fontunecopieuſe attraction.Les Scarifications ſuivent,on les fait
profondes , &apres que le Chi- rurgien en a recüeilly deux grandes paletes de ſang,il remet les Ventouſes, & feignant d'a
88 LE MERCVRE
voir oublié quelque choſe de neceffaire , il le quitte pour cou- rir juſques chez luy. Il eſt à pei- ne forty de la Chambre , qu'on entend du bruit dans l'Escalier.
C'eſtoient les deux Amis à qui on avoit appris le miftere. Ils entrent malgré le Patient qui veut qu'on ferme la porte , &
qui a bien de la peine à ſe tenir couché fur le coſté. Ils s'informent de ce qui peut l'arreſter au,
Lit , & apres une converſation generale d'un quart - d'heure l'un des deux paſſe dans une étroite ruelle ſous pretexte d'a-'
voir quelque ſecret à luy dire.
L'Amant Ventouse tourne la
teſte ſans ſe remier , &fon Amy le prie inutilement de s'appro- cher unpeudavantage. Il n'ofe luy dire en termes du galant Voiture , qu'il a pour ne le pas
7
३
He GALANT. 89
eier.
11
e
1
faire , une raiſon fondamentale fur laquelle il ne luy eſt pas permis d'apuyer. Il n'écoute que d'un peu loin cequ'on neluydi- roit pas fi on ne cherchoit à
l'embarraffer ; & enfin le Confident fait l'officieux en obligeant les nouveaux venus às'é- loigner. Le Chirurgien revient,
fil ofte les Ventouſes, &laiffe le Plaintif ſcarifié dansdes dou- Veurs dont il ne ſe conſole que par l'efperace de n'avoirplusles Tougeurs qui bleſſent les yeux de la Dame. Elle apprend du Confident le tour qu'il luy a
joué , & afin qu'il nejoüiffe pas ſeul du plaifirde cette Avantu- re, elle envoye prier le Gentil- homme de luy venir parler le lendemain. LeMeſſage luy étoit trop doux pour ne l'engager pas àſe faire une neceſſité de cette
१० LE MERCVRE
Viſite.Il ſe rend chez elle àpied,
car l'Opération eſtoit trop ré- cente , &ne laiſſoit aucune voiture commode pourluy. Onle mene dans leCabinetde la Belle , où il ne trouve que desEſca- beaux fort durs. Elle le fait affeoir malgré luy. Il fait centpo- ſtures qui l'inſtruiſent de ce
qu'il ſouffre , &jamais conver- ſation d'une Maîtreſſe ne parut ſi longue à un Amant. Il s'en tire le plutôt qui'l peut , & ce qui le chagrine, c'eſtqu'aubout de quelques jours , il s'apperçoit que ſes rougeurs augmentoient au lieu de diminuer. Il s'en
plaint à celuy qui est cauſedu Remede qu'il a eſſayé, & fa ré- ponſe eſt qu'il feroit bonde re- commencer , parce que les Ven- touſes n'ontpas efté affez long- temps appliquées. Il s'y ſeroit
GALANT. 91
refolu fans doute , s'il n'en euſt - demandé avis àquelqu'un qui - luy dit charitablement qu'on - luy faiſoit piece. Il avoit du coeur ,&ayant rencontré le ma- licieux Confident , il luy fait mettre l'épée à la main. Comme les diſgraces ſe ſuivent , il ne peut fi bien ſe ſervir de fon adreſſe , qu'il ne reçoive une fort large Bleſſure dontil eſt en- cor àpreſent au Lit.Il eſt certain qu'il en guérira , mais il ne l'eſt pas que ce nouveau ſangqu'ila
perdu faſſe ceſſer les rougeurs
Fermer
Résumé : L'Amant vantousé, Histoire. [titre d'après la table]
Le texte narre l'histoire d'un jeune gentilhomme élevé dans la province par un pédant. Arrivé à Paris pour ses études, il se montre d'abord maladroit et mal à l'aise. Ses amis l'introduisent dans la société parisienne, notamment auprès de femmes. Il s'éprend d'une grande brune qui, bien que flattée, est gênée par ses visites fréquentes et ses déclarations maladroites. Pour se débarrasser de lui, elle critique ses rougeurs au visage. Désireux de plaire à la dame, le jeune homme consulte un ami qui lui suggère d'utiliser des ventouses pour éliminer les rougeurs. Le gentilhomme accepte et subit l'opération, qui se révèle douloureuse et inefficace. Entre-temps, ses amis lui jouent un tour en lui révélant la vérité sur l'opération. La dame, informée de la plaisanterie, invite le gentilhomme pour en discuter. Il découvre ensuite que ses rougeurs ont empiré. Informé que l'opération doit être répétée, il décide de confronter son ami, ce qui aboutit à un duel où il est gravement blessé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
404
p. 146-149
Sa Majesté donne à Monsieur d'Eurre Fils de la Lieutenance du Roy des Ville & Citadelle de Montelimar, & celle de la Ville & Citadelle de Valence à M. de Genas. [titre d'après la table]
Début :
Voila, Madame, comme on est quelquefois mal récompensé du temps [...]
Mots clefs :
Récompense, Mr d'Eurre, Lieutenance, Montélimar, M. de Genas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sa Majesté donne à Monsieur d'Eurre Fils de la Lieutenance du Roy des Ville & Citadelle de Montelimar, & celle de la Ville & Citadelle de Valence à M. de Genas. [titre d'après la table]
ila , Madame , comme on eſt quelquefois mal récompenfé du temps qu'on employe à fer- vir les Belles. Ce font des perils qu'on ne court point en ſervant noſtreGrand Monarque. Com- me il ne laiſſe jamais de vertu
5
92 LE MERCVRE fans récompenfe , il a donné à
Mª d'Eurre le Fils la Lieutenance de Roy des Ville & Citadelle de Montelimar , en confide--
ration des ſervices que Mr d'Eurre fon Pere a rendus au feu Roy,
& qu'ils ont continuez l'un &
l'autre avec un attachement qui ſemble particulier à ceux de cette Maiſon. Ce dernier avoit
donné ſa Démiſſion de la Lieutenance de Roydes Ville &Ci- tadelle de Valence dont il avoit
eſté gratifié par Sa Majefté pour pluſieurs années de ſervices dans la Charge d'Exempt de ſes Gardes , &dans ſes Armées
où il a reçeu pluſieurs Bleſſures,
& elle en a pourveu M² de Ge- nas Gentilhomme de Dauphi- né , qui s'eſt fait affez ſouvent diftinguer parmy les Gardesdu
Corps.
GALAN T. 93
1
i
Cependant je ſuis obligé de vous dire quej'eſtois mal inſtruit - quand je vous ay fait ſçavoir eque Monfieur le Cardinal d'Ef-- trées alloit à Rome en qualité d'Ambaſſadeur Extraordinaire.
On m'apprend qu'il n'y va que comme Miniſtre du Roy , &
que par une Bulle d'Urbain VIII.
les Cardinaux ne peuvent pren- dre le Titre d'Ambaſſadeur ,
quoy qu'ils en faſſent preſque toutes les Fonctions.
5
92 LE MERCVRE fans récompenfe , il a donné à
Mª d'Eurre le Fils la Lieutenance de Roy des Ville & Citadelle de Montelimar , en confide--
ration des ſervices que Mr d'Eurre fon Pere a rendus au feu Roy,
& qu'ils ont continuez l'un &
l'autre avec un attachement qui ſemble particulier à ceux de cette Maiſon. Ce dernier avoit
donné ſa Démiſſion de la Lieutenance de Roydes Ville &Ci- tadelle de Valence dont il avoit
eſté gratifié par Sa Majefté pour pluſieurs années de ſervices dans la Charge d'Exempt de ſes Gardes , &dans ſes Armées
où il a reçeu pluſieurs Bleſſures,
& elle en a pourveu M² de Ge- nas Gentilhomme de Dauphi- né , qui s'eſt fait affez ſouvent diftinguer parmy les Gardesdu
Corps.
GALAN T. 93
1
i
Cependant je ſuis obligé de vous dire quej'eſtois mal inſtruit - quand je vous ay fait ſçavoir eque Monfieur le Cardinal d'Ef-- trées alloit à Rome en qualité d'Ambaſſadeur Extraordinaire.
On m'apprend qu'il n'y va que comme Miniſtre du Roy , &
que par une Bulle d'Urbain VIII.
les Cardinaux ne peuvent pren- dre le Titre d'Ambaſſadeur ,
quoy qu'ils en faſſent preſque toutes les Fonctions.
Fermer
Résumé : Sa Majesté donne à Monsieur d'Eurre Fils de la Lieutenance du Roy des Ville & Citadelle de Montelimar, & celle de la Ville & Citadelle de Valence à M. de Genas. [titre d'après la table]
Le texte évoque la reconnaissance des services rendus par la famille d'Eurre au roi de France. Monsieur d'Eurre a été récompensé par la Lieutenance royale des ville et citadelle de Montélimar pour les services de son père, qui avait démissionné de la Lieutenance royale de Valence. Ce poste avait été obtenu en raison de ses années de service en tant qu'Exempt des Gardes du roi et dans les armées, où il avait reçu plusieurs blessures. La Lieutenance de Valence a été attribuée à Monsieur de Genas, un gentilhomme du Dauphiné distingué parmi les Gardes du Corps. Par ailleurs, le texte corrige une information précédente : le Cardinal d'Estrées se rend à Rome non en tant qu'Ambassadeur Extraordinaire, mais en tant que Ministre du Roi, en raison d'une bulle papale interdisant aux cardinaux de porter ce titre, bien qu'ils en assument presque toutes les fonctions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
405
p. 149-150
Messieurs de Renel, de Flamarin, de Beaulieu & de Forteville sont reçeus Chevaliers de l'Ordre de S. Lazare. [titre d'après la table]
Début :
On m'apprend en mesme temps que Messieurs de Renel, [...]
Mots clefs :
Ordre de S. Lazare de Jerusalem, Chevaliers, Vicaire général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Messieurs de Renel, de Flamarin, de Beaulieu & de Forteville sont reçeus Chevaliers de l'Ordre de S. Lazare. [titre d'après la table]
f On m'apprend en meſme temps que Meſſieurs de Renel,
de Flamarin , de Beaulieu , & de Forteville , ont eſté reçeus de- puis peude jours Chevaliers de l'Ordre de S. Lazare de Jerufalem. On les doit croire d'autant
plusdignesde cet honneur & de tous les glorieux avantages qui leſuivent,queMonfieurle Mar
94 LE MERCVRE
quis de Louvois, qui a bien vou- lu étre le Chefde cet Ordre , &
s'en faire le Vicaire General ,
s'applique particulierement à
n'y admettre quedes Perſonnes de naiſſance , de merite , & de probité.
de Flamarin , de Beaulieu , & de Forteville , ont eſté reçeus de- puis peude jours Chevaliers de l'Ordre de S. Lazare de Jerufalem. On les doit croire d'autant
plusdignesde cet honneur & de tous les glorieux avantages qui leſuivent,queMonfieurle Mar
94 LE MERCVRE
quis de Louvois, qui a bien vou- lu étre le Chefde cet Ordre , &
s'en faire le Vicaire General ,
s'applique particulierement à
n'y admettre quedes Perſonnes de naiſſance , de merite , & de probité.
Fermer
Résumé : Messieurs de Renel, de Flamarin, de Beaulieu & de Forteville sont reçeus Chevaliers de l'Ordre de S. Lazare. [titre d'après la table]
Messieurs de Renel, de Flamarin, de Beaulieu et de Forteville ont été admis comme Chevaliers de l'Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem. Leur admission est justifiée par leur haute naissance, mérite et probité, sous la supervision du marquis de Louvois, chef et Vicaire Général de l'Ordre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
406
p. 156-157
« Avoüez, Madame, que mes Lettres vous plairoient encor plus qu'elles [...] »
Début :
Avoüez, Madame, que mes Lettres vous plairoient encor plus qu'elles [...]
Mots clefs :
Ouvrage, Vers, Netteté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Avoüez, Madame, que mes Lettres vous plairoient encor plus qu'elles [...] »
Avoüez , Madame , que mes Lettres vous plairoient encor plus qu'elles ne font , ſi elles eſtoient toûjours remplies de quelque Ouvrage de l'Illuſtre Perſonne àqui nousdevons ce- luy-cy. Elle fait aſſurément honneur à voſtre Beau Sexe.
Pour moy je tiens que ſon trop de merite eſt ſon ſeuldefaut, car
il me ſemble qu'eſtant auſſi-bien faite qu'elle eſt , elle ne devroit pas avoir tant d'eſprit. Il brille merveilleuſementdans ces Vers;
outre que l'expreſſion en eſt no- ble, ils fontd'une netteté achevée, &ont un touraifé &délicat qui fait qu'on entre fans peine dans la penſée , &qu'elle s'offre d'abord ſans embarras,
Pour moy je tiens que ſon trop de merite eſt ſon ſeuldefaut, car
il me ſemble qu'eſtant auſſi-bien faite qu'elle eſt , elle ne devroit pas avoir tant d'eſprit. Il brille merveilleuſementdans ces Vers;
outre que l'expreſſion en eſt no- ble, ils fontd'une netteté achevée, &ont un touraifé &délicat qui fait qu'on entre fans peine dans la penſée , &qu'elle s'offre d'abord ſans embarras,
Fermer
Résumé : « Avoüez, Madame, que mes Lettres vous plairoient encor plus qu'elles [...] »
La lettre exprime l'admiration pour une personne illustre dont les œuvres sont appréciées. L'auteur reconnaît que ses lettres gagneraient à contenir des œuvres de cette personne, qui honore le sexe féminin. Il estime que son principal défaut est son trop grand mérite. Il admire particulièrement l'esprit et la noblesse de l'expression dans ses vers, d'une netteté achevée et d'un tour raffiné.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
407
p. 157-162
Mort de Madame de Torigny. [titre d'après la table]
Début :
Je ne sçay pourtant si cet Idylle pourra persuader à [...]
Mots clefs :
Maison, Madame de Torigny
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de Madame de Torigny. [titre d'après la table]
Je ne ſçay pourtant fi cet Idylle pourra perfuader à tout le mon- de que mourir pour renaiftre
GALANT. 99
S
DE
{
avantage #
ne ſeroit pas un bonheur pour nous , je veux dire , à nous re- garder détachez des ſentimens
que nous donne la Religion. Du moins je ſcay bien qu'il paſſeroit pour un fort grand dans la Famille de Madamede
Torigny , dont la mort a laiſſfé un ſenſible regret à tous ceux qui laconnoiſſoient. Elle eſtoit de la Maiſon de Laubeſpine ,
Femmede M de Torigny Prefi- dent en la Chambre desComptes , & Sœur comme je croy vous l'avoir déja ditdans l'une de mes Lettres , de M² le Mar- quis de Verderonne Gendre de
feu M le Chancelier Daligre.
M. de Verderonne fon Pere
eſtoit Maiſtredes Requeſtes, &
Chancelierde Monfieur le Duc
d'Orleans Oncle du Roy. Il eſtoit Parent tres-proche defeu M. le
E ij
100 LE MERCVRE
Garde des Sceaux de Laubeſpi- ne Chaſteauneuf , &de M. de
Puylaurens , Favory de feu Son Alteſſe Royale. MadamedeVerderonne ſa Mere qui vit encore,
eft Fille de feu M. le Bret autrefois AvocatGeneral du Parlement, qui nous a laiſſe quanti- té de beaux Plaidoyers , & un Traité admirable de la Souveraineté. Ce grand Perſonnage eſt mort Doyen du Conſeil du Roy. M. le Bret de Flacourt fon petit Fils , aujourd'huy Maiſtre des Requeſtes , ſoûtient digne- ment le nom& la gloire que luy alaiſſée ſon illustre Ayeul. Je ne vous dis rien de M. de Torigny le Fils dont je vous parlay quand il fut reçeu Conſeiller au Parlement. Il eſt dans une eſtime generale , & marche ſur les pas des grands Hommes dont
GALANT. 101
-
il eſt deſcendu , & c'eſt une des plus fortes loüanges qu'on luy puiſſe doriner. Feu Madame la Preſidente de Torigny fa Mere avoit dans ſa phiſionomie je ne ſçay quoy de fier & de modeſte tout enſemble qui attiroitla ve- neration detoutle monde. Elle
eſtoit civile , douce , honneſte,
fincere , obligeante , & la meil- leure &plus tendre Parente qui fut jamais. Rien n'approche du reſpect qu'elle a toûjours eu pourM. le Preſident ſon Mary.
Il eſtoit accompagné d'une ami- tié ſolide qui neluy laiſſoitgoû- ter de joye veritableque quand elle pouvoit eſtre avec luy. Je dis beaucoup , & ne dis point encor affez , puis qu'il y avoit mille charmes répandus en ſa Perſonne qui la rendoient un
E iij
102 LE MERCVRE
Trefor ineftimable d'eſprit &
d'honneur.
GALANT. 99
S
DE
{
avantage #
ne ſeroit pas un bonheur pour nous , je veux dire , à nous re- garder détachez des ſentimens
que nous donne la Religion. Du moins je ſcay bien qu'il paſſeroit pour un fort grand dans la Famille de Madamede
Torigny , dont la mort a laiſſfé un ſenſible regret à tous ceux qui laconnoiſſoient. Elle eſtoit de la Maiſon de Laubeſpine ,
Femmede M de Torigny Prefi- dent en la Chambre desComptes , & Sœur comme je croy vous l'avoir déja ditdans l'une de mes Lettres , de M² le Mar- quis de Verderonne Gendre de
feu M le Chancelier Daligre.
M. de Verderonne fon Pere
eſtoit Maiſtredes Requeſtes, &
Chancelierde Monfieur le Duc
d'Orleans Oncle du Roy. Il eſtoit Parent tres-proche defeu M. le
E ij
100 LE MERCVRE
Garde des Sceaux de Laubeſpi- ne Chaſteauneuf , &de M. de
Puylaurens , Favory de feu Son Alteſſe Royale. MadamedeVerderonne ſa Mere qui vit encore,
eft Fille de feu M. le Bret autrefois AvocatGeneral du Parlement, qui nous a laiſſe quanti- té de beaux Plaidoyers , & un Traité admirable de la Souveraineté. Ce grand Perſonnage eſt mort Doyen du Conſeil du Roy. M. le Bret de Flacourt fon petit Fils , aujourd'huy Maiſtre des Requeſtes , ſoûtient digne- ment le nom& la gloire que luy alaiſſée ſon illustre Ayeul. Je ne vous dis rien de M. de Torigny le Fils dont je vous parlay quand il fut reçeu Conſeiller au Parlement. Il eſt dans une eſtime generale , & marche ſur les pas des grands Hommes dont
GALANT. 101
-
il eſt deſcendu , & c'eſt une des plus fortes loüanges qu'on luy puiſſe doriner. Feu Madame la Preſidente de Torigny fa Mere avoit dans ſa phiſionomie je ne ſçay quoy de fier & de modeſte tout enſemble qui attiroitla ve- neration detoutle monde. Elle
eſtoit civile , douce , honneſte,
fincere , obligeante , & la meil- leure &plus tendre Parente qui fut jamais. Rien n'approche du reſpect qu'elle a toûjours eu pourM. le Preſident ſon Mary.
Il eſtoit accompagné d'une ami- tié ſolide qui neluy laiſſoitgoû- ter de joye veritableque quand elle pouvoit eſtre avec luy. Je dis beaucoup , & ne dis point encor affez , puis qu'il y avoit mille charmes répandus en ſa Perſonne qui la rendoient un
E iij
102 LE MERCVRE
Trefor ineftimable d'eſprit &
d'honneur.
Fermer
Résumé : Mort de Madame de Torigny. [titre d'après la table]
Le texte évoque la famille de Torigny et ses liens avec d'autres familles nobles. La mort de Madame de Torigny a suscité une grande tristesse. Elle appartenait à la maison de Laubespine et était l'épouse de Monsieur de Torigny, président à la Chambre des Comptes. Elle était également la sœur du marquis de Verderonne, gendre du chancelier Daligre. Le père de Monsieur de Verderonne était maître des requêtes et chancelier du duc d'Orléans, oncle du roi. Il était proche parent du garde des sceaux de Laubespine Chasteauneuf et de Monsieur de Puylaurens, favori du duc d'Orléans. Madame de Verderonne, mère de Monsieur de Verderonne, est encore en vie et est la fille de feu Monsieur le Bret, avocat général au Parlement, connu pour ses plaidoyers et un traité sur la souveraineté. Son petit-fils, Monsieur de Flacourt, est maître des requêtes. Le fils de Madame de Torigny, Monsieur de Torigny, est respecté et suit les traces des grands hommes de sa famille. Madame de Torigny était reconnue pour sa dignité, sa douceur et son dévouement envers son mari. Sa personnalité, combinant fierté et modestie, attirait la vénération de tous.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
408
p. 162-163
Mort de Madame la Mareschale d'Albret. [titre d'après la table]
Début :
Nous avons aussi perdu Madame la Mareschale d'Albret. Elle [...]
Mots clefs :
Maréchale d'Albret
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de Madame la Mareschale d'Albret. [titre d'après la table]
Nous avons auſſi perduMa- dame la Mareſchale d'Albret .
Elle eftoir Sœur de M.du PleſſisGuenegaud. Toute la Guyenne l'a fort regretée,elleyeſtoit dans une confideration tres-particu- liere , & tout ce qu'ily ad'hon- neſtes Gens dans cette Provinсе , eſtoient charmez &de fa
bonté &de ſa vertu , mais la
mort ne reſpecte perſonne , les années s'écoulent inſenſible--
ment , & fi on peut meſurerle temps, il n'y a pas moyende l'ar- refter
Elle eftoir Sœur de M.du PleſſisGuenegaud. Toute la Guyenne l'a fort regretée,elleyeſtoit dans une confideration tres-particu- liere , & tout ce qu'ily ad'hon- neſtes Gens dans cette Provinсе , eſtoient charmez &de fa
bonté &de ſa vertu , mais la
mort ne reſpecte perſonne , les années s'écoulent inſenſible--
ment , & fi on peut meſurerle temps, il n'y a pas moyende l'ar- refter
Fermer
409
p. 163-172
Description d'une Horloge extraordinaire presentée au Roy & qui doit estre suspenduë comme un Lustre. [titre d'après la table]
Début :
Les Horloges qui nous font connoistre combien nous avons passé [...]
Mots clefs :
Horloge, Globe, Argent, Heures, Fleur de lis, Pendule, Cercle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description d'une Horloge extraordinaire presentée au Roy & qui doit estre suspenduë comme un Lustre. [titre d'après la table]
Les Horloges qui nous font connoiſtre combien nous
avons paffé d'heures de chaque jour où nous vivons, nepeuvent nous apprendre combien il nous en reſte encor àpaſſer. On en a
GALANT. 103 preſenté une au Roy depuis quelques jours d'une beauté &
d'une invention toute extraordinaire. Il n'y a rien de mieux travailléque cet Ouvrage , & on ne peut affez admirer l'intelli- gence & l'efprit de cette ingé- nieuſe Perſonne qui en a donné l'idée. Cette Horloge faite en Globe a un pied de diametre,
&ſonne les heures & les quarts fur trois Timbres. Elle est àPendule , & en commençant parle bas , on voit les Quarts & les Minutes ſur le plus petit de ſes Cercles. Les Jours dela Semaine
fontmarquez furun plusgrand,
&ſur unautre encor plus grand que ce dernier font les Saiſons avec les Planetes dansleursMaifons. La Lune y paro'ſt : C'eſt une petite Boule tournante qui en montre tous les jours peu à
E iiij
104 LE MERCVRE
peu le croiſſant&le declin, com- me on le découvre dans le Ciel.
Cette petite Lune fuit le premier mobile qui eſt le movement regulier de vingt-quatre heures,
& retrograde chaquejour à pro- portionde cequ'il faut pour fai- reſa révolution entiere en vingt- neufjours &demy. On voit en mefme temps ſon quantiéme,
fon aſpect avec le Soleil , la Ma- -rée & le lieu qu'elle occupe dans les Signes. Le Soleil eſt placé fur un plus grand Cercle.
L'Heurey eft marquée aufli bien que le Jour de l'Année &le De- gré du Signe où il eft , avec ſon lever & fon coucher. Tous ces
Cercles compofent un peu plus que la moitié de ce Globe , & en forment la partie inferieure. II n'y a rien dans celle d'enhaut,
parce qu'ayant eſté fait pour
GALANT. 105 I
el
eftre fufpendu comme un Luf- tre, il auroit eſté inutile d'y mar- quer ce qu'il euſt eſté impoſſible de voir. Le premier Cercle eſt d'argent , leſecond d'or, &ainfi de tous les autres. Le Soleil eft
d'or , grand comme une Piece de Trente fols , pofé ſur une double L d'acier cizelé en relief , & bluy. Un des coſtez de la Lune eſt d'argent , & l'autre eſt d'or émaillé d'azur avec de
petites Etoilles d'or. CetteLune eft comme enfermée à moitié
dans une Boëte qui eſt auſſi d'or,
émaillée d'azur & parfemée de petitesEtoilles dumeſme metal.
UnNuage d'or émaillé la porte.
On diroit à ſa couleur qu'il eſt éclairé du Soleil couchant.L'Aiguille qui montre les Planetes dans leurs Maiſons , eſt faite d'a
Ev
106 LE MERCVRE
cier en relief , & compoſée de deux Arcs & d'une Fleche qu'on regarde comme les armes d'A- pollon. Un Sceptre , un Bafton Royal , & une Couronne de France, forment celle qui mar- que le Jour de la Semaine ; &
celle qui indique les Quarts , a
la figure d'une Fleur de LYS. II y a des branchages d'acier fort délicats qui compoſentunHori- fon pour cacher le Soleil pen- dantla nuit ſous un voile tranf
parent. Le reſtedu Globe qu'on peutnommer la partie ſupérieu- re , eſt rendu parfait par une Caloted'argent, fur laquelle on apercé àjour les fix Signes Me- ridionaux avec les principales Conftellations , & des Etoilles
en confufion. Au deſſus de ce
GlobeparoîtunNüaged'argent remply des principaux Vents
GALAN Τ. 107
e
1
1
qui imitent parfaitementle na- turel. Ce Nüage porte unBuif- fondePalmes&de Lauriersd'or
fur lequel eſt poſée une Medail.
le duRoy enbas relief d'or , &
autour de ce Buiſſon il y a trois Enfans de ronde boffe , dont
l'un merune Couronne de Laurier fur cette Medaille , l'autre
la regarde en foûtenant leBuif- fon, & le troifiéme tient une
Trompette. Pour le dedans du Globe il eſt remply d'environ trois cens Pieces qui forment enſemble dix tres-beaux Mouvemens , dont il y en a la plus grande partie nouvellement trouvée par M' Martinot Hor- logeur du Roy , & Inventeur de ce merveilleux Chef- d'œuvre. Mr Balain Orfévre du Roy,
& Controlleur des Poinçons de France , ya contribué de tout ce
E vj
108 LE MERCVRE
qui dépendoit de fon Art ,& le deffus de la Calote eſt de fon
invention.
avons paffé d'heures de chaque jour où nous vivons, nepeuvent nous apprendre combien il nous en reſte encor àpaſſer. On en a
GALANT. 103 preſenté une au Roy depuis quelques jours d'une beauté &
d'une invention toute extraordinaire. Il n'y a rien de mieux travailléque cet Ouvrage , & on ne peut affez admirer l'intelli- gence & l'efprit de cette ingé- nieuſe Perſonne qui en a donné l'idée. Cette Horloge faite en Globe a un pied de diametre,
&ſonne les heures & les quarts fur trois Timbres. Elle est àPendule , & en commençant parle bas , on voit les Quarts & les Minutes ſur le plus petit de ſes Cercles. Les Jours dela Semaine
fontmarquez furun plusgrand,
&ſur unautre encor plus grand que ce dernier font les Saiſons avec les Planetes dansleursMaifons. La Lune y paro'ſt : C'eſt une petite Boule tournante qui en montre tous les jours peu à
E iiij
104 LE MERCVRE
peu le croiſſant&le declin, com- me on le découvre dans le Ciel.
Cette petite Lune fuit le premier mobile qui eſt le movement regulier de vingt-quatre heures,
& retrograde chaquejour à pro- portionde cequ'il faut pour fai- reſa révolution entiere en vingt- neufjours &demy. On voit en mefme temps ſon quantiéme,
fon aſpect avec le Soleil , la Ma- -rée & le lieu qu'elle occupe dans les Signes. Le Soleil eſt placé fur un plus grand Cercle.
L'Heurey eft marquée aufli bien que le Jour de l'Année &le De- gré du Signe où il eft , avec ſon lever & fon coucher. Tous ces
Cercles compofent un peu plus que la moitié de ce Globe , & en forment la partie inferieure. II n'y a rien dans celle d'enhaut,
parce qu'ayant eſté fait pour
GALANT. 105 I
el
eftre fufpendu comme un Luf- tre, il auroit eſté inutile d'y mar- quer ce qu'il euſt eſté impoſſible de voir. Le premier Cercle eſt d'argent , leſecond d'or, &ainfi de tous les autres. Le Soleil eft
d'or , grand comme une Piece de Trente fols , pofé ſur une double L d'acier cizelé en relief , & bluy. Un des coſtez de la Lune eſt d'argent , & l'autre eſt d'or émaillé d'azur avec de
petites Etoilles d'or. CetteLune eft comme enfermée à moitié
dans une Boëte qui eſt auſſi d'or,
émaillée d'azur & parfemée de petitesEtoilles dumeſme metal.
UnNuage d'or émaillé la porte.
On diroit à ſa couleur qu'il eſt éclairé du Soleil couchant.L'Aiguille qui montre les Planetes dans leurs Maiſons , eſt faite d'a
Ev
106 LE MERCVRE
cier en relief , & compoſée de deux Arcs & d'une Fleche qu'on regarde comme les armes d'A- pollon. Un Sceptre , un Bafton Royal , & une Couronne de France, forment celle qui mar- que le Jour de la Semaine ; &
celle qui indique les Quarts , a
la figure d'une Fleur de LYS. II y a des branchages d'acier fort délicats qui compoſentunHori- fon pour cacher le Soleil pen- dantla nuit ſous un voile tranf
parent. Le reſtedu Globe qu'on peutnommer la partie ſupérieu- re , eſt rendu parfait par une Caloted'argent, fur laquelle on apercé àjour les fix Signes Me- ridionaux avec les principales Conftellations , & des Etoilles
en confufion. Au deſſus de ce
GlobeparoîtunNüaged'argent remply des principaux Vents
GALAN Τ. 107
e
1
1
qui imitent parfaitementle na- turel. Ce Nüage porte unBuif- fondePalmes&de Lauriersd'or
fur lequel eſt poſée une Medail.
le duRoy enbas relief d'or , &
autour de ce Buiſſon il y a trois Enfans de ronde boffe , dont
l'un merune Couronne de Laurier fur cette Medaille , l'autre
la regarde en foûtenant leBuif- fon, & le troifiéme tient une
Trompette. Pour le dedans du Globe il eſt remply d'environ trois cens Pieces qui forment enſemble dix tres-beaux Mouvemens , dont il y en a la plus grande partie nouvellement trouvée par M' Martinot Hor- logeur du Roy , & Inventeur de ce merveilleux Chef- d'œuvre. Mr Balain Orfévre du Roy,
& Controlleur des Poinçons de France , ya contribué de tout ce
E vj
108 LE MERCVRE
qui dépendoit de fon Art ,& le deffus de la Calote eſt de fon
invention.
Fermer
Résumé : Description d'une Horloge extraordinaire presentée au Roy & qui doit estre suspenduë comme un Lustre. [titre d'après la table]
Le texte décrit une horloge exceptionnelle présentée au roi, remarquable par sa beauté et son ingéniosité. Cette horloge, en forme de globe, mesure un pied de diamètre et sonne les heures et les quarts sur trois timbres. Elle est à pendule et affiche les quarts et les minutes sur un petit cercle, les jours de la semaine sur un cercle plus grand, et les saisons avec les planètes sur un cercle encore plus grand. La Lune, représentée par une petite boule tournante, montre les phases lunaires et suit un mouvement rétrograde pour compléter sa révolution en vingt-neuf jours et demi. Le Soleil est placé sur un cercle plus grand, indiquant l'heure, le jour de l'année, et le degré du signe zodiacal avec son lever et son coucher. Les cercles sont en argent et en or, et les planètes sont marquées par une aiguille en forme d'arc et de flèche. La partie supérieure du globe est ornée de constellations et d'étoiles, avec un nuage argenté représentant les vents. Au sommet, une médaille du roi est posée sur un buisson de palmes et de lauriers, entourée de trois enfants tenant une couronne, regardant la médaille, et tenant une trompette. L'intérieur du globe contient environ trois cents pièces formant dix mouvements, dont plusieurs inventés par M. Martinot, l'horlogeur du roi. M. Balain, orfèvre du roi, a contribué à l'œuvre avec l'invention de la calotte supérieure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
410
p. 172-174
Mademoiselle de Vaillac prend l'Habit de Carmelite. [titre d'après la table]
Début :
Comme on invente tous les jours quelque chose de nouveau [...]
Mots clefs :
Mademoiselle de Vaillac, Carmelites, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mademoiselle de Vaillac prend l'Habit de Carmelite. [titre d'après la table]
Comme on invente tous les
joursquelque choſe de nouveau dans lemonde, on renonce auffi tous le jours à ce qu'il y a de plus engageant. C'eſt ce que fit encordernierement Mademoifelle de Vaillac , en prenant
Habit aux grandes Carmelites,
en preſence de Leurs Alteſſes Royales Monfieur & Madame,
qui luy firent l'honneur d'af- fifter à cette Ceremonie , accompagnez de quantité de Per- ſonnes des plus qualifiéesde la Cour. Elle eſt cadette de cette
belle Mademoiselle de Vaillac,
dont le merite fait tant de bruit,
&dont on ne peutdire trop de bien. Si l'une fait fon bonheur
de la Retraite , l'autre peut faire
GALAN Τ. 109
e
1
S
1
celuy d'un des plus honneſtes Hommes du Royaume. Elle eft auſſi bien faite que belle , ſa tail- le eſt grande &dégagée , on ne peut avoir de plus beaux yeux,
&ce qui eſt un fort grand char- me, ſa bonté va audelà de tous
ceux de fa Perſonne .
joursquelque choſe de nouveau dans lemonde, on renonce auffi tous le jours à ce qu'il y a de plus engageant. C'eſt ce que fit encordernierement Mademoifelle de Vaillac , en prenant
Habit aux grandes Carmelites,
en preſence de Leurs Alteſſes Royales Monfieur & Madame,
qui luy firent l'honneur d'af- fifter à cette Ceremonie , accompagnez de quantité de Per- ſonnes des plus qualifiéesde la Cour. Elle eſt cadette de cette
belle Mademoiselle de Vaillac,
dont le merite fait tant de bruit,
&dont on ne peutdire trop de bien. Si l'une fait fon bonheur
de la Retraite , l'autre peut faire
GALAN Τ. 109
e
1
S
1
celuy d'un des plus honneſtes Hommes du Royaume. Elle eft auſſi bien faite que belle , ſa tail- le eſt grande &dégagée , on ne peut avoir de plus beaux yeux,
&ce qui eſt un fort grand char- me, ſa bonté va audelà de tous
ceux de fa Perſonne .
Fermer
Résumé : Mademoiselle de Vaillac prend l'Habit de Carmelite. [titre d'après la table]
Mademoiselle de Vaillac, cadette de la célèbre Mademoiselle de Vaillac, a rejoint les grandes Carmélites. La cérémonie a eu lieu en présence de Leurs Altesses Royales et de nombreuses personnalités de la cour. Elle est décrite comme belle, bien faite, avec une taille élancée et des yeux remarquables, et surtout dotée d'une bonté exceptionnelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
411
p. 174-179
Monseigneur le Dauphin monte pour la premiere fois des Chevaux d'Ecole, & apprend à faire des Armes. [titre d'après la table]
Début :
La délicatesse qui paroist en celle de Monseigneur le Dauphin [...]
Mots clefs :
Dauphin, Cheval, Exercices, Armes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Monseigneur le Dauphin monte pour la premiere fois des Chevaux d'Ecole, & apprend à faire des Armes. [titre d'après la table]
La délicateſſe qui paroît en celle de Monſeigneur le Dau- phin , ſemble en quelque façon incompatible avec les Exercices
violens. Cependant il a com- mencé à faire voir depuis quelques jours , qu'il a toute la force neceſſaire pour les ſuporter , en montant des Chevaux d'Ecole.
Il ne ſecontenta pas du premier qu'il monta , nommé Favory,
qui eſt unCheval fort adroit, &
qui a beaucoup de ſcience & de
vigueur , il en monta encor un autre avec l'applaudiſſement de
For LE MERCVRE
toute la Courqui fut ſurpriſe de voir que dés la premiere fois il fuſt ſi bien à cheval. Monfieur
le Comte de Brionne reçeu en furvivance de la Charge de GrandEcuyer , luy preſenta la Gaule. Le Roy en fut tres-faris- fait. II demeura preſent àtoutle Manege , & ordonna qu'on fift une Loge pourla Reyne. Ainfi lesDames auront la fatisfaction
à l'avenir d'admirer l'adreſſe de
ce jeune Prince , & la bonne grace qu'il a dans tout ce qu'il fait. M de Bournonville &du
Pleffis , Ecuyers de la grande Ecurie, auront l'honneurde luy enſeigner tour àtour cetExerci- ce. Lepremier eft malade, &je ne ſeay s'il aura affez deſanté pour luy venir donner ſes Le- çonspendantſa quinzaine.C'eſt un Gentilhomme d'un merite
GALANT. III
=
1
e
1
eut
e particulier. Il montre , à la grande Ecurie , & le choix duRoy en fait l'Eloge. M.duPleſſis dont le nomeft fi connu,&qui avoit rendu fon Académie ſi celebre
en faiſant les meilleurs Ecoliers
de France , a eu l'avantage de mettre Monſeigneur le Dau- phin àcheval. M. de la Touche,
choiſy par le Roy pour luyen- ſeigner à faire des Armes ,
celuyde les luy mettre àla main lemeſime jour. Il eſt le premier qui ait réduit cet Arten Science ,& il ne faut point douter
que ce qu'il enſeignera à cejeu- ne Prince , ne le rende bientoft
auſſi parfait dans ce qui la regar- de , qu'il l'eſt dans tout ce qu'il a
déja appris par les foinsdeMon- fieur le Duc de Montaufier.Cela paroiſt par les marques qu'il donne tous les jours d'eſprit ,de
112 LE MERCVRE
jugement &de memoire. Deux Exercices de vigueur commen- cezdans le meſme temps , &qui vonteſtre continuez de la mefme forte , font voir non ſeulement la force & l'adreſſe naturelle de Monſeigneur le Dau- phin , mais l'ardeur qu'il a pour tout ce qui luy peutſervir àmar- cher fur les glorieuſes traces qu'il brûle d'impatience de ſui- vre. Monfieur le Prince deConty qui a eſté élevé avec luy , a
commencé auſſi à monter àcheval le meſmejour. Il a de grands exemples domeſtiques , & aur- cune Qualité ne luy manque pour répondre dignement à ce qu'il eſt né. Ainfi on en peut attendre un jour des prodiges pour la Guerre.
violens. Cependant il a com- mencé à faire voir depuis quelques jours , qu'il a toute la force neceſſaire pour les ſuporter , en montant des Chevaux d'Ecole.
Il ne ſecontenta pas du premier qu'il monta , nommé Favory,
qui eſt unCheval fort adroit, &
qui a beaucoup de ſcience & de
vigueur , il en monta encor un autre avec l'applaudiſſement de
For LE MERCVRE
toute la Courqui fut ſurpriſe de voir que dés la premiere fois il fuſt ſi bien à cheval. Monfieur
le Comte de Brionne reçeu en furvivance de la Charge de GrandEcuyer , luy preſenta la Gaule. Le Roy en fut tres-faris- fait. II demeura preſent àtoutle Manege , & ordonna qu'on fift une Loge pourla Reyne. Ainfi lesDames auront la fatisfaction
à l'avenir d'admirer l'adreſſe de
ce jeune Prince , & la bonne grace qu'il a dans tout ce qu'il fait. M de Bournonville &du
Pleffis , Ecuyers de la grande Ecurie, auront l'honneurde luy enſeigner tour àtour cetExerci- ce. Lepremier eft malade, &je ne ſeay s'il aura affez deſanté pour luy venir donner ſes Le- çonspendantſa quinzaine.C'eſt un Gentilhomme d'un merite
GALANT. III
=
1
e
1
eut
e particulier. Il montre , à la grande Ecurie , & le choix duRoy en fait l'Eloge. M.duPleſſis dont le nomeft fi connu,&qui avoit rendu fon Académie ſi celebre
en faiſant les meilleurs Ecoliers
de France , a eu l'avantage de mettre Monſeigneur le Dau- phin àcheval. M. de la Touche,
choiſy par le Roy pour luyen- ſeigner à faire des Armes ,
celuyde les luy mettre àla main lemeſime jour. Il eſt le premier qui ait réduit cet Arten Science ,& il ne faut point douter
que ce qu'il enſeignera à cejeu- ne Prince , ne le rende bientoft
auſſi parfait dans ce qui la regar- de , qu'il l'eſt dans tout ce qu'il a
déja appris par les foinsdeMon- fieur le Duc de Montaufier.Cela paroiſt par les marques qu'il donne tous les jours d'eſprit ,de
112 LE MERCVRE
jugement &de memoire. Deux Exercices de vigueur commen- cezdans le meſme temps , &qui vonteſtre continuez de la mefme forte , font voir non ſeulement la force & l'adreſſe naturelle de Monſeigneur le Dau- phin , mais l'ardeur qu'il a pour tout ce qui luy peutſervir àmar- cher fur les glorieuſes traces qu'il brûle d'impatience de ſui- vre. Monfieur le Prince deConty qui a eſté élevé avec luy , a
commencé auſſi à monter àcheval le meſmejour. Il a de grands exemples domeſtiques , & aur- cune Qualité ne luy manque pour répondre dignement à ce qu'il eſt né. Ainfi on en peut attendre un jour des prodiges pour la Guerre.
Fermer
Résumé : Monseigneur le Dauphin monte pour la premiere fois des Chevaux d'Ecole, & apprend à faire des Armes. [titre d'après la table]
Le texte décrit les premiers pas du Dauphin dans les exercices équestres. Malgré une apparence fragile, il a montré sa force et son adresse en montant des chevaux d'école. Il a débuté avec Favory, un cheval habile et vigoureux, puis a monté un autre cheval, impressionnant la cour par sa maîtrise rapide. Le Comte de Brionne, Grand Écuyer, lui a remis la gaule, et le roi a ordonné la construction d'une loge pour la reine afin qu'elle puisse observer les progrès du Dauphin. Les écuyers Bournonville et du Plessis sont chargés de son instruction. Bournonville, bien que malade, est reconnu pour son mérite, tandis que du Plessis, célèbre pour son académie, a initié le Dauphin à l'équitation. Le même jour, La Touche, expert en armes, a commencé à enseigner au Dauphin. Les progrès du Dauphin révèlent son esprit, son jugement et sa mémoire. Le Prince de Conti, élevé avec le Dauphin, a également commencé à monter à cheval le même jour, montrant des aptitudes prometteuses pour la guerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
412
p. 179-182
Ce qui s'est passé en Sicile pendant cette Campagne. [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous ay point encor parlé de celle de [...]
Mots clefs :
Sicile, Catania, Courage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé en Sicile pendant cette Campagne. [titre d'après la table]
Je ne vous ay point encor parlé de celle de Si- cile. Voicy enpeude mots tout
GALANT 113 ce qui s'y eſt paffé cette dernie- re Campagne. Apres avoir eu d'abord pluſieurs Avatages vers Taormina, on s'emparadequel- ques Poſtes importans aupres de Catania & de Melazzo. On ſe
rendit maiſtre un peu apres de ceux de Jacy , de Mafcary , &
de la Motta. Cependant Mon- fieur le Mareſchal Ducde Vivonne , dont la pieté n'eſt pas moins grande que le courage,
fit jetter à Meſſine les Fonde- mens d'une Egliſe qui doit por- terle Nom de S. Loüis. On auroit pris des Places plus confide- rables que celles que je vous viens de nommer , fi les Vents,
qu'on ne gouverne pas auſſi fa- cilement que les Hommes nous en euſſent permis l'approche.
M.de Caſauxdont la valeur eſt
fi connuë, fit attaquer un Corps
114 LE MERCVRE dedeux mille Hommes dans la
Plaine de Maſcary. M.deCha- ſtenayqui commandoitle Déta- chement fut tué d'abord. Mais
les François qui ne font plus rien d'ordinaire , ne perdent
point cœur pour avoir perdu un Commandant. Ceux qui furent de l'Occafion firent auſſi-toft
plier les Ennemis. M.de Caſaux
les ſuivit , & fit deux cens Pri- ſonniers , parmy leſquels il yeut plufieurs Officiers. Les Mef- finois montrerent beaucoup de vigueur , & il ne ſe peut rien adjoûter à leur courage. Quel- que temps apres les Noftres pri- rent Belveder aux environs de
Catania.
GALANT 113 ce qui s'y eſt paffé cette dernie- re Campagne. Apres avoir eu d'abord pluſieurs Avatages vers Taormina, on s'emparadequel- ques Poſtes importans aupres de Catania & de Melazzo. On ſe
rendit maiſtre un peu apres de ceux de Jacy , de Mafcary , &
de la Motta. Cependant Mon- fieur le Mareſchal Ducde Vivonne , dont la pieté n'eſt pas moins grande que le courage,
fit jetter à Meſſine les Fonde- mens d'une Egliſe qui doit por- terle Nom de S. Loüis. On auroit pris des Places plus confide- rables que celles que je vous viens de nommer , fi les Vents,
qu'on ne gouverne pas auſſi fa- cilement que les Hommes nous en euſſent permis l'approche.
M.de Caſauxdont la valeur eſt
fi connuë, fit attaquer un Corps
114 LE MERCVRE dedeux mille Hommes dans la
Plaine de Maſcary. M.deCha- ſtenayqui commandoitle Déta- chement fut tué d'abord. Mais
les François qui ne font plus rien d'ordinaire , ne perdent
point cœur pour avoir perdu un Commandant. Ceux qui furent de l'Occafion firent auſſi-toft
plier les Ennemis. M.de Caſaux
les ſuivit , & fit deux cens Pri- ſonniers , parmy leſquels il yeut plufieurs Officiers. Les Mef- finois montrerent beaucoup de vigueur , & il ne ſe peut rien adjoûter à leur courage. Quel- que temps apres les Noftres pri- rent Belveder aux environs de
Catania.
Fermer
Résumé : Ce qui s'est passé en Sicile pendant cette Campagne. [titre d'après la table]
Le texte décrit des événements militaires en Sicile lors de la dernière campagne. Les forces françaises ont d'abord remporté des succès près de Taormina, puis se sont emparées de positions clés près de Catane et de Melazzo. Elles ont également pris le contrôle de Jacy, Mascary et la Motta. Le maréchal Duc de Vivonne, reconnu pour sa piété et son courage, a initié la construction d'une église dédiée à Saint-Louis à Messine. La prise de places plus stratégiques a été empêchée par des vents défavorables. Le marquis de Casaux a mené une attaque contre un corps de deux mille hommes dans la plaine de Mascary. Le marquis de Chastenay, commandant le détachement, a été tué, mais les Français ont continué à combattre avec détermination et ont repoussé les ennemis, faisant deux cents prisonniers, dont plusieurs officiers. Les Messinois ont montré beaucoup de vigueur et de courage. Par la suite, les forces françaises ont pris Belvedere près de Catane.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
413
p. 182-184
Le Roy donne à M. de Bregy la Lieutenance Colonelle du Regiment de Crussol, vacante par la mort de M. de Chastenay. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur le Duc de Crussol voyant la place de Lieutenant-Colonel [...]
Mots clefs :
Lieutenant-colonel, M. de Brégy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne à M. de Bregy la Lieutenance Colonelle du Regiment de Crussol, vacante par la mort de M. de Chastenay. [titre d'après la table]
Monfieur le Duc de
Crufſol voyant la place de Lieu- tenant-Colonel de fon Regi- ment , vacante par la mort de M. de Chaſtenay , propoſa m.de
GALAN Τ. II
1
11
1
1
Brégy au Roy pour la remplir. II eſtoit Capitaine dans ce Regi- ment ; & comme il avoit beaucoup contribué à la priſe de Taormina , il avoit eſté fait dés
ce meſme temps Gouverneur de la Scalete. Sa Majefté qui ef- toit informée de ſes ſervices , &
qui ne les vouloit pas laiffer ſans récompenſe , le jugea di- gne d'eſtre à la teſte d'un Corps auſſi confiderable qu'eſt le Regi- mentdeCrufſol , & luy endon- na la Lieutenance-Colonelle
Crufſol voyant la place de Lieu- tenant-Colonel de fon Regi- ment , vacante par la mort de M. de Chaſtenay , propoſa m.de
GALAN Τ. II
1
11
1
1
Brégy au Roy pour la remplir. II eſtoit Capitaine dans ce Regi- ment ; & comme il avoit beaucoup contribué à la priſe de Taormina , il avoit eſté fait dés
ce meſme temps Gouverneur de la Scalete. Sa Majefté qui ef- toit informée de ſes ſervices , &
qui ne les vouloit pas laiffer ſans récompenſe , le jugea di- gne d'eſtre à la teſte d'un Corps auſſi confiderable qu'eſt le Regi- mentdeCrufſol , & luy endon- na la Lieutenance-Colonelle
Fermer
Résumé : Le Roy donne à M. de Bregy la Lieutenance Colonelle du Regiment de Crussol, vacante par la mort de M. de Chastenay. [titre d'après la table]
Le Duc de Crufsol proposa M. de Brégy, capitaine et gouverneur de la Scalete, pour succéder à M. de Chastenay comme lieutenant-colonel de son régiment. Le roi, informé de ses mérites, notamment la prise de Taormina, approuva et lui conféra la lieutenance-colonelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
414
p. 184
M. d'Obeille est sacré Evesque d'Orange. [titre d'après la table]
Début :
Quelque Profession qu'on ait embrassée, le merite est une [...]
Mots clefs :
M. d'Obeille, Évêque d'Orange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. d'Obeille est sacré Evesque d'Orange. [titre d'après la table]
Quelque Profeſſion qu'on ait embraffée , le merite eft une for- te recommandation pour obte- nir les graces de ce grand Mo- narquequi va ſouvent le cher- cher hors de la Cour. Nous le
voyons en la perſonne de M. d'Obeille , qui vient d'eſtre Sa- cré Eveſque d'Orange. Il eſt
116 LE MERCVRE
Docteur de Sorbonne , & c'eſt
à cauſe de ſa grande érudition qu'il a efté élevé à la Dignité de Prelat
voyons en la perſonne de M. d'Obeille , qui vient d'eſtre Sa- cré Eveſque d'Orange. Il eſt
116 LE MERCVRE
Docteur de Sorbonne , & c'eſt
à cauſe de ſa grande érudition qu'il a efté élevé à la Dignité de Prelat
Fermer
415
p. 184-190
Magnifique Repas donné à Son Altesse Royale par M. le Duc d'Aumont. [titre d'après la table]
Début :
En vous faisant le Détail de ce qui s'estoit passé [...]
Mots clefs :
Hôtel d'Aumont, Duc d'Aumont, Concerts, Table
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Magnifique Repas donné à Son Altesse Royale par M. le Duc d'Aumont. [titre d'après la table]
En vous faiſant le Détail de
ce qui s'eſtoit paſſé au Mariage de M le Marquisde Beringhen,
il me fouvient , Madame , que je vous parlay de la beauté de 'Hôtel d'Aumont , &de la magnificence des Meubles qui en font les ornemens. Monfieur &
Madamey furent il y a quelques
jours , accompagnez de quanti- té de Perſonnes Illuftres de la
Cour de l'un &de l'autre Sexe.
M le Duc d'Aumontles reçeut d'une maniere qui le rendoit digne de l'honneur qu'ils luy faifoient. Leurs A. Royales pri- rent grand plaifir à voir les rare- tez qui ſe trouvent dans cetHôtel, &apres avoir entendu deux
GALANT. 117
1
differents Concerts de Claveffins , de Tuorbes , de Luts & de Voix , qu'on avoit diſpoſez en divers Appartemens , Elles fu- rent regalées d'un magnifique Souper , ſervy d'une façon ex- traordinaire. La Table eſtoit
une maniere de Croiſſant en
demy Octogone. Il y avoit vingt Couverts. Monfieur &Madame
prirent place à la face de l'Oc- rogone oppoſée au Buffet qui eſtoit d'une richeſſe ſurprenan- te. Les Dames ſe placerent aux deux coſtez de la Table , à ſça- voir , Madame la Comteſſe de
Soiffons , Madame la Ducheffe
de Boüillon , Madame la Princeffe de Monaco , madame la
Mareſchale de la Mothe Gouvernante des Enfans de France,
Madame la Ducheſſe de Ventadour , madame la mareſchale
118 LEMERCVRE
de la Ferté , Madame la Comteſſe de Louvigny , madame la Marquiſe de la Ferté , madame la marquiſe de Beringhen ,Mademoiselle de Grançay , &plu- ſieurs autres Dames de la pre- miere Qualité. Il y avoit une ſeconde Table àdix-huit Couverts pour Monfieur le Grand,
Monfieur le Chevalier de Lorraine , Monfieur l'Archeveſque de Rheims , Monfieur le Duc
de Villeroy , Monfieur le Che- valier de Matignon , Monfieur le Marquis de Saucour , &d'autres Perſonnes du plus haut Rang.
Les Apartemens eſtoientéclai- rez d'un tres-grand nombre de Luftres , & les Tables furent
ſervies avec une propretez ad- mirable. On ne pouvoitmoins attendre du ſoin & de la vigi- lancedu SieurRenaut , Maiſtreد
GALANT. 119
א
→
2.
d'Hoſtel de Monfieur le Duc
d'Aumont. Pendant le ſoupé les Haut-bois , les Violons , les
Timbales , les Trompetes , &
toute forte d'autres Inſtrumens,
formerent un Concert qui donna un fort grand plaifir à Leurs Alteſſes Royales. Auſſi ſorti- -rent-elles tres-fatisfaites & de
la magnificence du Repas , &
des manieres de celuy qui le - donnoit.
ce qui s'eſtoit paſſé au Mariage de M le Marquisde Beringhen,
il me fouvient , Madame , que je vous parlay de la beauté de 'Hôtel d'Aumont , &de la magnificence des Meubles qui en font les ornemens. Monfieur &
Madamey furent il y a quelques
jours , accompagnez de quanti- té de Perſonnes Illuftres de la
Cour de l'un &de l'autre Sexe.
M le Duc d'Aumontles reçeut d'une maniere qui le rendoit digne de l'honneur qu'ils luy faifoient. Leurs A. Royales pri- rent grand plaifir à voir les rare- tez qui ſe trouvent dans cetHôtel, &apres avoir entendu deux
GALANT. 117
1
differents Concerts de Claveffins , de Tuorbes , de Luts & de Voix , qu'on avoit diſpoſez en divers Appartemens , Elles fu- rent regalées d'un magnifique Souper , ſervy d'une façon ex- traordinaire. La Table eſtoit
une maniere de Croiſſant en
demy Octogone. Il y avoit vingt Couverts. Monfieur &Madame
prirent place à la face de l'Oc- rogone oppoſée au Buffet qui eſtoit d'une richeſſe ſurprenan- te. Les Dames ſe placerent aux deux coſtez de la Table , à ſça- voir , Madame la Comteſſe de
Soiffons , Madame la Ducheffe
de Boüillon , Madame la Princeffe de Monaco , madame la
Mareſchale de la Mothe Gouvernante des Enfans de France,
Madame la Ducheſſe de Ventadour , madame la mareſchale
118 LEMERCVRE
de la Ferté , Madame la Comteſſe de Louvigny , madame la Marquiſe de la Ferté , madame la marquiſe de Beringhen ,Mademoiselle de Grançay , &plu- ſieurs autres Dames de la pre- miere Qualité. Il y avoit une ſeconde Table àdix-huit Couverts pour Monfieur le Grand,
Monfieur le Chevalier de Lorraine , Monfieur l'Archeveſque de Rheims , Monfieur le Duc
de Villeroy , Monfieur le Che- valier de Matignon , Monfieur le Marquis de Saucour , &d'autres Perſonnes du plus haut Rang.
Les Apartemens eſtoientéclai- rez d'un tres-grand nombre de Luftres , & les Tables furent
ſervies avec une propretez ad- mirable. On ne pouvoitmoins attendre du ſoin & de la vigi- lancedu SieurRenaut , Maiſtreد
GALANT. 119
א
→
2.
d'Hoſtel de Monfieur le Duc
d'Aumont. Pendant le ſoupé les Haut-bois , les Violons , les
Timbales , les Trompetes , &
toute forte d'autres Inſtrumens,
formerent un Concert qui donna un fort grand plaifir à Leurs Alteſſes Royales. Auſſi ſorti- -rent-elles tres-fatisfaites & de
la magnificence du Repas , &
des manieres de celuy qui le - donnoit.
Fermer
Résumé : Magnifique Repas donné à Son Altesse Royale par M. le Duc d'Aumont. [titre d'après la table]
Le Duc et la Duchesse d'Aumont reçurent des personnalités illustres de la cour à l'Hôtel d'Aumont. Les invités admirèrent les raretés de l'hôtel et assistèrent à des concerts de clavecins, théorbes, luths et voix dans divers appartements. Un somptueux souper fut ensuite servi. La table principale, en forme de croissant demi-octogonal, accueillait vingt convives, dont le Duc et la Duchesse d'Aumont, ainsi que plusieurs dames de haute qualité. Une seconde table, avec dix-huit couverts, était réservée à des personnalités de haut rang, telles que le Grand, le Chevalier de Lorraine et l'Archevêque de Reims. Les appartements étaient illuminés par de nombreux lustres, et les tables étaient servies avec une propreté admirable. Pendant le souper, divers instruments de musique jouèrent un concert qui plut beaucoup aux Altesses Royales. Elles quittèrent l'Hôtel d'Aumont très satisfaites de la magnificence du repas et de l'accueil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
416
p. 190-192
« Je ne dois pas oublier à vous répondre sur les [...] »
Début :
Je ne dois pas oublier à vous répondre sur les [...]
Mots clefs :
Plaintes, Comte de Vienne, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je ne dois pas oublier à vous répondre sur les [...] »
Je ne dois pas oublier à vous répondre ſur les plaintes que vous me faites de ce que dans
mes dernieres Relations , je ne vous ay point parlé de m² le Comte de Vienne , meſtre de
CampduRegimentde Cavale- rie du Roy. Jeneſçay comment ſon Nom a pû m'échaper , puis qu'il eſt certain que pendant .
cette Campagne il a donné des
120 LE MERCVRE
preuves tres-glorieuſes de ſa valeur dans toutes les Occafions
qui s'y forrt paſſées. Il ſert enAl- lemagne dans l'Armée de Mon- fieur de Créquy avec une fi ar- dente paffion de ſe ſignaler, qu'il s'eſt toûjours trouvé par toutdes premiers , & particulierement au Paſſage du Rhin lors quele Prince de Saxe-Eyfenach fut batu , & dans la Rencontre où les Noſtres défirent trente Eſcadrons des Imperiaux. Il eſt Fils de Monfieur le Duc de la Vieuville , Chevalier d'Honneur de la Reyne , & Gouverneur du Poitou , Frere de M. le marquis de la Vieuville , aiſné de la maіfon , meſtre de Camp du Regimentde Navarre.
mes dernieres Relations , je ne vous ay point parlé de m² le Comte de Vienne , meſtre de
CampduRegimentde Cavale- rie du Roy. Jeneſçay comment ſon Nom a pû m'échaper , puis qu'il eſt certain que pendant .
cette Campagne il a donné des
120 LE MERCVRE
preuves tres-glorieuſes de ſa valeur dans toutes les Occafions
qui s'y forrt paſſées. Il ſert enAl- lemagne dans l'Armée de Mon- fieur de Créquy avec une fi ar- dente paffion de ſe ſignaler, qu'il s'eſt toûjours trouvé par toutdes premiers , & particulierement au Paſſage du Rhin lors quele Prince de Saxe-Eyfenach fut batu , & dans la Rencontre où les Noſtres défirent trente Eſcadrons des Imperiaux. Il eſt Fils de Monfieur le Duc de la Vieuville , Chevalier d'Honneur de la Reyne , & Gouverneur du Poitou , Frere de M. le marquis de la Vieuville , aiſné de la maіfon , meſtre de Camp du Regimentde Navarre.
Fermer
Résumé : « Je ne dois pas oublier à vous répondre sur les [...] »
Le Comte de Vienne, mestre de camp du régiment de cavalerie du roi, a brillamment servi en Allemagne sous Monsieur de Créquy. Il s'est distingué lors du passage du Rhin et lors d'une victoire contre les Impériaux. Fils du Duc de la Vieuville et frère du marquis de la Vieuville, il est chevalier d'honneur de la Reine et gouverneur du Poitou.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
417
p. 192-193
Mort de M. le President du Tillet. [titre d'après la table]
Début :
Je reviens à l'Article lugubre que je croyois avoir quitté [...]
Mots clefs :
Mr du Tillet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de M. le President du Tillet. [titre d'après la table]
Je reviens à l'Article lugubre que je croyois avoir quitté juf- qu'au Mois prochain,pourvous apprendre
GALAN T. 121
L
1-
e
1
S
apprendre la mort de M² du Tillet. Il eſtoit Preſident des Re
queſtes , & Frere du Greffier de
ce nom. Il a laiſſé beaucoup de bien , & un Fils qui a épousé Mademoiselle Brunet. Il paſſe pour un tres-honneſte Homme,
& on ne luy rend que juſtice quand on luy donne cette qua- lité
GALAN T. 121
L
1-
e
1
S
apprendre la mort de M² du Tillet. Il eſtoit Preſident des Re
queſtes , & Frere du Greffier de
ce nom. Il a laiſſé beaucoup de bien , & un Fils qui a épousé Mademoiselle Brunet. Il paſſe pour un tres-honneſte Homme,
& on ne luy rend que juſtice quand on luy donne cette qua- lité
Fermer
418
p. 193-196
Divers Emplois de feu M. d'Aligre, par lesquels il estoit parvenu à la Charge de Chancelier. [titre d'après la table]
Début :
Cette mort me fait souvenir que dans ma derniere Lettre [...]
Mots clefs :
Monsieur d'Aligre, Chancelier, Finances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Divers Emplois de feu M. d'Aligre, par lesquels il estoit parvenu à la Charge de Chancelier. [titre d'après la table]
Cette mort mefait ſouvenir
quedans ma derniere Lettre je ne vous dis qu'un mot de feu
Monfieur Daligre , Chancelier deFrance. Il est bonque je vous apprenne par quels degrez il eſtoit parvenu à la plus éminen- teCharge de l'Estat. Il com- mença par eſtre Conſeiller au Grand Confeil , &fut en ſuite
Secretaire du Cabinet , Intendant de Juſtice en Languedoc &enNormandie, Ambaſſadeur àVenife , & Conſeiller d'Estat..
Tome IX. F
122 LE MERCVRE
Feu Monfieur le Cardinal de
,
Riche-lieu le choiſit apres la mort de M le ChancelierDaligre ſon Pere pour eſtre du ConfeildeMarine. On l'a veu
environunan Sur-Intendant des
Finances par Commiffion, apres quoy Sa Majesté lemit duCon- feil Royal des Finances dont il demeura Directeur General ,
juſqu'à ce qu'elle luy envoya les Sceaux , & luy fit prendre le Titrede Chancelier. Sa moderation &ſa juſtice luy ont attiré l'admiration de tous ceux qui donnent le prix auxchoſes ſans paffion. Il eſtoit connu pour a- voir l'eſpritvif&penetrantdans les Affaires, &il falloitqu'on en fuſt perfuadé puis qu'on l'a toû- jours employé aux plus impor- tantes. Il avoit unegrande mo- deſtie , une douceur attirante,
GALANT. 123
de
lidu
el
es
es
コ
-
1
& beaucoup d'érudition en
forte que peu de Perſonnes pof- ſedoient mieux que luy les bel- les Lettres.
quedans ma derniere Lettre je ne vous dis qu'un mot de feu
Monfieur Daligre , Chancelier deFrance. Il est bonque je vous apprenne par quels degrez il eſtoit parvenu à la plus éminen- teCharge de l'Estat. Il com- mença par eſtre Conſeiller au Grand Confeil , &fut en ſuite
Secretaire du Cabinet , Intendant de Juſtice en Languedoc &enNormandie, Ambaſſadeur àVenife , & Conſeiller d'Estat..
Tome IX. F
122 LE MERCVRE
Feu Monfieur le Cardinal de
,
Riche-lieu le choiſit apres la mort de M le ChancelierDaligre ſon Pere pour eſtre du ConfeildeMarine. On l'a veu
environunan Sur-Intendant des
Finances par Commiffion, apres quoy Sa Majesté lemit duCon- feil Royal des Finances dont il demeura Directeur General ,
juſqu'à ce qu'elle luy envoya les Sceaux , & luy fit prendre le Titrede Chancelier. Sa moderation &ſa juſtice luy ont attiré l'admiration de tous ceux qui donnent le prix auxchoſes ſans paffion. Il eſtoit connu pour a- voir l'eſpritvif&penetrantdans les Affaires, &il falloitqu'on en fuſt perfuadé puis qu'on l'a toû- jours employé aux plus impor- tantes. Il avoit unegrande mo- deſtie , une douceur attirante,
GALANT. 123
de
lidu
el
es
es
コ
-
1
& beaucoup d'érudition en
forte que peu de Perſonnes pof- ſedoient mieux que luy les bel- les Lettres.
Fermer
Résumé : Divers Emplois de feu M. d'Aligre, par lesquels il estoit parvenu à la Charge de Chancelier. [titre d'après la table]
Le texte relate la carrière de Monsieur Daligre, Chancelier de France, et de son fils, également Chancelier. Le père de Daligre débuta comme Conseiller au Grand Conseil, puis devint Secrétaire du Cabinet, Intendant de Justice en Languedoc et en Normandie, Ambassadeur à Venise, et enfin Conseiller d'État. Après sa mort, le Cardinal de Richelieu choisit son fils pour le Conseil de Marine. Ce dernier fut ensuite Sur-Intendant des Finances par commission, Directeur Général du Conseil Royal des Finances, et finalement Chancelier. Il était reconnu pour sa modération, sa justice, son esprit vif et pénétrant dans les affaires, sa modestie, sa douceur, et son érudition. Sa carrière et ses qualités lui ont valu l'admiration de tous.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
419
p. 196-200
Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja dit beaucoup de choses de Monsieur [...]
Mots clefs :
Monsieur Le Tellier, Maîtres des requêtes, Compliments, Compagnies, Charge, Bureau des finances, Secrétaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Je vous ay dejadit beaucoup de choſes de Monfieur le TellierqueleRoyluy adonnépour Succeſſeur. Si-toſt qu'il eutprê- té le Serment accouſtumé, Mefſieurs les Maiſtres des Requê- tes , les Treſoriersde France de
Paris , & les Secretaires du Roy,
luy allerent faire leurs Compli- mens , ces trois Ordres d'Officiers ayant d'autant plus d'obli- gationdeprévenir toutesles autres Compagnies , qu'ils preſtent eux-meſmes le Serment de fidelité au Roy entre les mains des Chanceliers de France , à cauſe
de l'ancienne Dignité de leurs Charges , & de ce qu'ils font Commenſaux de la Maiſon du
Fij
124 LE MERCVRE Roy. M. Taſſaut , Doyen des Maiſtres des Requeſtes porta la parole pour leur Corps , & s'en acquita fort dignement. M. de Vvaroquier , Chevalier de l'un des Ordres du Roy , Preſident
au Bureau des Finances , Gen- tilhomme de noble & ancienne
Maiſon des Pays-Bas , & d'un merite connu , parla pour les Treſoriersde France , &parla à
ſon ordinaire , c'eſt àdire en ter- mes aiſez & infinuans , qui ſen- tent plus ſon Homme de Quali- té , qu'un Orateurqui veut dé- ployer ſon éloquence. Il loüa particulierement comme il le dévoit, ledigne choix de noſtre Auguſte Monarque qui avoit rendu la juſtice qui eſtoit deuë aux longs & confiderables fer- vices de Monfieur le Chancelier , auquel il ſouhaita de voir
GALAN T. 125
fer
tt
exercer cette grande Charge autant d'années qu'avoit fait feu Monfieur le Chancelier Seguier , afin qu'il joüiſt plus
'
longtemps du plaifir que luy
t
donneroient les ſervices qu'il rendroit encor à l'Estat , & ceux
qu'on doit attendre du zele qui attache ſans relâche Monfieur
le Marquis de Louvois à tout ce qui peut contribuer à la gloire de fon Maiſtre. M. Berrier Secretaire du Confeil , & Procu- reur perpetuel de la Commu- nauté des Secretaires du Roy,. le complimenta pourleurCorps,
& tout ce qu'il dit fut tres-di- gne d'eſtre écouté. Monfieur le Chancelier répondit à chacun d'eux avec ſon honneſteté ordinaire , & avec cette juſteſſe de paroles qui ne luyeſtpas moins particuliere que naturell
Paris , & les Secretaires du Roy,
luy allerent faire leurs Compli- mens , ces trois Ordres d'Officiers ayant d'autant plus d'obli- gationdeprévenir toutesles autres Compagnies , qu'ils preſtent eux-meſmes le Serment de fidelité au Roy entre les mains des Chanceliers de France , à cauſe
de l'ancienne Dignité de leurs Charges , & de ce qu'ils font Commenſaux de la Maiſon du
Fij
124 LE MERCVRE Roy. M. Taſſaut , Doyen des Maiſtres des Requeſtes porta la parole pour leur Corps , & s'en acquita fort dignement. M. de Vvaroquier , Chevalier de l'un des Ordres du Roy , Preſident
au Bureau des Finances , Gen- tilhomme de noble & ancienne
Maiſon des Pays-Bas , & d'un merite connu , parla pour les Treſoriersde France , &parla à
ſon ordinaire , c'eſt àdire en ter- mes aiſez & infinuans , qui ſen- tent plus ſon Homme de Quali- té , qu'un Orateurqui veut dé- ployer ſon éloquence. Il loüa particulierement comme il le dévoit, ledigne choix de noſtre Auguſte Monarque qui avoit rendu la juſtice qui eſtoit deuë aux longs & confiderables fer- vices de Monfieur le Chancelier , auquel il ſouhaita de voir
GALAN T. 125
fer
tt
exercer cette grande Charge autant d'années qu'avoit fait feu Monfieur le Chancelier Seguier , afin qu'il joüiſt plus
'
longtemps du plaifir que luy
t
donneroient les ſervices qu'il rendroit encor à l'Estat , & ceux
qu'on doit attendre du zele qui attache ſans relâche Monfieur
le Marquis de Louvois à tout ce qui peut contribuer à la gloire de fon Maiſtre. M. Berrier Secretaire du Confeil , & Procu- reur perpetuel de la Commu- nauté des Secretaires du Roy,. le complimenta pourleurCorps,
& tout ce qu'il dit fut tres-di- gne d'eſtre écouté. Monfieur le Chancelier répondit à chacun d'eux avec ſon honneſteté ordinaire , & avec cette juſteſſe de paroles qui ne luyeſtpas moins particuliere que naturell
Fermer
Résumé : Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Le texte décrit la succession d'un chancelier et les hommages reçus par divers corps d'officiers. Après avoir prêté serment, le nouveau chancelier reçoit les félicitations des Maîtres des Requêtes, des Trésoriers de France de Paris et des Secrétaires du Roi. Ces trois ordres doivent une fidélité particulière au roi en raison de l'antiquité de leurs charges et de leur rôle de commensaux de la Maison du Roi. M. Tassaut, Doyen des Maîtres des Requêtes, s'exprime au nom de son corps. M. de Varroquier, Chevalier et Président au Bureau des Finances, parle pour les Trésoriers de France, louant le choix du monarque et souhaitant au nouveau chancelier une longue carrière. M. Berrier, Secrétaire du Conseil et Procureur perpétuel des Secrétaires du Roi, complimente également le nouveau chancelier. Ce dernier répond à chacun avec honneur et justesse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
420
p. 200-203
M. le Procureur General demande l'enregistrement de ses Lettres au Parlement: Elles y sont leuës, & il parle sur ce sujet. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur le Procureur General ayant presenté ses Lettres de Chancelier [...]
Mots clefs :
Procureur général, Lettres, Parlement, Services, Chancelier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. le Procureur General demande l'enregistrement de ses Lettres au Parlement: Elles y sont leuës, & il parle sur ce sujet. [titre d'après la table]
.Mon- Fij
126 LE MERCVRE
fieurleProcureurGeneralayant preſenté ſes Lettres de Chance- lier au Parlement afin qu'elles y fuſſent enregiſtrées , elles fu- rent leuës tout haut, & reçeuës avec un applaudiſſementqui ne ſe peutconcevoir. Ony voit les grands & importans ſervices que ce Miniſtre a rendus à l'Eftat en Italie pendant le Regne dufeu Roy , en France pendant la Regence , & en fuite ſous Loüis le Grand. Parmy tous les Eloges qui font dans ces Lettres,
je ne puis vous en taire un fort glorieux à Monfieur le Chance- lier; c'eſt qu'il y eſt expreffé- ment marqué que par ſes ſoins &par fa prudence il abeaucoup ſervy à pacifier les Troubles de l'Estat. M. le Procureur Gene--
ral fit un Eloge fort court de ce grand Miniſtre ; mais il ditbeau-
GALANT. 127
ees
1
e
:
coup en peu de paroles , & fit voir entre autres choſes que Monfieur le Tellier eſtoit heureux d'eſtre né avec toutes les
qualitez qui le rendent fi re- commandable; heureux d'avoir trouvé tant d'occaſions de s'employer pour l'Eſtat ; heureux de fe voir Chef d'une Famille qui fecondoit fi bien ſon zele dans les ſervices qu'il rendoit incef- famment àſon Prince ; heureux
d'avoir efté choiſy pour remplir la Charge de Chancelier de France , &de l'avoir eſté par un Roy dont le juſte difcernement eſt la marque la plus incontefta- ble du vray merite ; Et heureux enfin par deſſus toutes choſes,
de s'eſtre montré digne des a- vantages qu'il poſſedoit.
126 LE MERCVRE
fieurleProcureurGeneralayant preſenté ſes Lettres de Chance- lier au Parlement afin qu'elles y fuſſent enregiſtrées , elles fu- rent leuës tout haut, & reçeuës avec un applaudiſſementqui ne ſe peutconcevoir. Ony voit les grands & importans ſervices que ce Miniſtre a rendus à l'Eftat en Italie pendant le Regne dufeu Roy , en France pendant la Regence , & en fuite ſous Loüis le Grand. Parmy tous les Eloges qui font dans ces Lettres,
je ne puis vous en taire un fort glorieux à Monfieur le Chance- lier; c'eſt qu'il y eſt expreffé- ment marqué que par ſes ſoins &par fa prudence il abeaucoup ſervy à pacifier les Troubles de l'Estat. M. le Procureur Gene--
ral fit un Eloge fort court de ce grand Miniſtre ; mais il ditbeau-
GALANT. 127
ees
1
e
:
coup en peu de paroles , & fit voir entre autres choſes que Monfieur le Tellier eſtoit heureux d'eſtre né avec toutes les
qualitez qui le rendent fi re- commandable; heureux d'avoir trouvé tant d'occaſions de s'employer pour l'Eſtat ; heureux de fe voir Chef d'une Famille qui fecondoit fi bien ſon zele dans les ſervices qu'il rendoit incef- famment àſon Prince ; heureux
d'avoir efté choiſy pour remplir la Charge de Chancelier de France , &de l'avoir eſté par un Roy dont le juſte difcernement eſt la marque la plus incontefta- ble du vray merite ; Et heureux enfin par deſſus toutes choſes,
de s'eſtre montré digne des a- vantages qu'il poſſedoit.
Fermer
Résumé : M. le Procureur General demande l'enregistrement de ses Lettres au Parlement: Elles y sont leuës, & il parle sur ce sujet. [titre d'après la table]
Le texte décrit la présentation des Lettres de Chancellerie du Procureur Général au Parlement, qui furent lues et applaudies. Ces lettres mettent en avant les services rendus par le chancelier à l'État en Italie sous le règne du feu roi, en France durant la Régence, et sous Louis le Grand. Le chancelier est loué pour avoir pacifié les troubles de l'État grâce à sa prudence et à ses soins. Le Procureur Général a fait un éloge concis mais éloquent, soulignant les qualités remarquables du chancelier, ses nombreuses occasions de servir l'État, et le soutien de sa famille. Il a également exprimé la fierté du chancelier d'avoir été choisi comme Chancelier de France par un roi dont le discernement témoigne de son mérite. Enfin, il a noté que le chancelier s'était montré digne des avantages qu'il possédait.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
421
p. 203-206
M. l'Abbé Flechier fait son Compliment au mesme à la teste de l'Academie Françoise, dont il est Directeur. [titre d'après la table]
Début :
Il y a quelques jours que l'Académie Françoise l'alla salüer [...]
Mots clefs :
Académie française, Abbé Fléchier, Compliment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. l'Abbé Flechier fait son Compliment au mesme à la teste de l'Academie Françoise, dont il est Directeur. [titre d'après la table]
Il y a
quelques jours que l'Académie Françoiſe l'alla falüer en Corps.
Fiiij
12-8 LE MERCVRE
M. l'Abbé Flechier , Directeur
en charge , luy fit un Compli- ment tel qu'on le pouvoit de l'Homme du monde qui penſe &qui s'exprime le mieux. Ses Oraiſons Funebres ſont des
Chef-d'œuvres qu'on ne ſcau- roit voir fans en admirer la netteté & la force , & il donne un
tour aux choſes qu'il ſemble qu'il n'appartient qu'à luy de trouver. Il loüa ſans trop d'exa- geration les qualitez extraordi- naires de Monfieur le Chancelier, parla du bonheurdeſe voir Pere d'un Fils qui eſtoit Premier Duc & Pair Ecclefiaftiqure , &
dansunedes plus hautes Digni- tez de l'Eglife ; & tombant de
là fur les ſervices de Monfieur
le Marquis de Louvois , il fit connoiſtre de la maniere du
monde la plus délicate , que fi
GALANT. 129
Monfieur le Tellier avoit conſervé juſqu'icy une penetration d'eſprit qui ſembloit ne devoir plus eftre de fon âge ,Monfieur de Louvois dés ſon entrée aux
Affaires , avoitprévenu par des connoiſſances avancées ce qu'il n'y avoit qu'une longue expe- rience qui luy dût faire acquerir.
Comme c'eſt par le merite ſeul que Monfieur leChacelier s'eſt élevéaunouveaudegrédegloi- re où nous le voyons , les vœux de toute la France avoient en quelque façon prévenu la juſti- ce que le Roy a voulu luy ren- dre.
quelques jours que l'Académie Françoiſe l'alla falüer en Corps.
Fiiij
12-8 LE MERCVRE
M. l'Abbé Flechier , Directeur
en charge , luy fit un Compli- ment tel qu'on le pouvoit de l'Homme du monde qui penſe &qui s'exprime le mieux. Ses Oraiſons Funebres ſont des
Chef-d'œuvres qu'on ne ſcau- roit voir fans en admirer la netteté & la force , & il donne un
tour aux choſes qu'il ſemble qu'il n'appartient qu'à luy de trouver. Il loüa ſans trop d'exa- geration les qualitez extraordi- naires de Monfieur le Chancelier, parla du bonheurdeſe voir Pere d'un Fils qui eſtoit Premier Duc & Pair Ecclefiaftiqure , &
dansunedes plus hautes Digni- tez de l'Eglife ; & tombant de
là fur les ſervices de Monfieur
le Marquis de Louvois , il fit connoiſtre de la maniere du
monde la plus délicate , que fi
GALANT. 129
Monfieur le Tellier avoit conſervé juſqu'icy une penetration d'eſprit qui ſembloit ne devoir plus eftre de fon âge ,Monfieur de Louvois dés ſon entrée aux
Affaires , avoitprévenu par des connoiſſances avancées ce qu'il n'y avoit qu'une longue expe- rience qui luy dût faire acquerir.
Comme c'eſt par le merite ſeul que Monfieur leChacelier s'eſt élevéaunouveaudegrédegloi- re où nous le voyons , les vœux de toute la France avoient en quelque façon prévenu la juſti- ce que le Roy a voulu luy ren- dre.
Fermer
Résumé : M. l'Abbé Flechier fait son Compliment au mesme à la teste de l'Academie Françoise, dont il est Directeur. [titre d'après la table]
L'Académie Française a rendu hommage à une personnalité décédée lors d'une cérémonie. M. l'Abbé Flechier, Directeur en charge, a prononcé un éloge en soulignant les qualités exceptionnelles du défunt, M. le Chancelier. Il a mentionné la fierté du Chancelier d'être le père d'un fils, Premier Duc et Pair Ecclésiastique, occupant une haute dignité dans l'Église. Flechier a également parlé des services de M. le Marquis de Louvois, notant que M. le Tellier avait conservé une grande perspicacité malgré son âge, tandis que M. de Louvois avait rapidement acquis des connaissances avancées dès son entrée en fonction. Flechier a insisté sur le mérite du Chancelier, qui lui avait permis d'atteindre un nouveau degré de gloire, soulignant que les vœux de toute la France avaient anticipé la justice rendue par le Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
422
p. 207-209
« Ce que je vous ay dit des Lettres de Chancelier [...] »
Début :
Ce que je vous ay dit des Lettres de Chancelier [...]
Mots clefs :
Matière, Curiosité, Mois prochain, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ce que je vous ay dit des Lettres de Chancelier [...] »
Cequeje vous aydit des Ler- tres de Chancelier dont M. le
Procureur General a demandé
l'Enregiſtrement , devroit avoir efté précedé de ce que j'avois fait deſſein de vous dire touchant les Ceremonies qui s'ob.-
fervent à l'Ouverture du Parlement apres les Vacations. Plu- ſieurs en parlent , & peu de Gens les ont affez examinées
pour en faire un juſte Détail.. La matiere eſt belle ,& tout ce
quis'y eft paffé cette annéeme- rite voſtre curiofité ; mais je ſuis contraint d'attendre au Mois
prochain à la fatisfaire , n'ayant pas le temps de vous écrire tout ce que je voudrois ſur un ſi am.
ple ſujet. J'avois veu prendre le
GALANT. r3r
e
e
-
chemin des Quartiers d'Hyver auxEnnemis. Je croyois y met- tre auffi le Mercure, &que jene vous parlerois pendant quel- ques mois quede Galanteries,
deComedies &deBals ; mais les
François infatigables ſous un Prince qui veille fans ceſſe au bien &à la gloire de ſon Eſtar,
ne peuvent demeurer en repos enaucuntemps.Ainſi je me vois obligédeles fuivre,quoy que ce ne puiſſe eſtre que de loin , &
c'eſt par cette raiſon que je ne
pourray vous rendre un compte auffi exact que je le voudrois des ſurprenantes actions par lef- quelles ils ont finy la Campagne
Procureur General a demandé
l'Enregiſtrement , devroit avoir efté précedé de ce que j'avois fait deſſein de vous dire touchant les Ceremonies qui s'ob.-
fervent à l'Ouverture du Parlement apres les Vacations. Plu- ſieurs en parlent , & peu de Gens les ont affez examinées
pour en faire un juſte Détail.. La matiere eſt belle ,& tout ce
quis'y eft paffé cette annéeme- rite voſtre curiofité ; mais je ſuis contraint d'attendre au Mois
prochain à la fatisfaire , n'ayant pas le temps de vous écrire tout ce que je voudrois ſur un ſi am.
ple ſujet. J'avois veu prendre le
GALANT. r3r
e
e
-
chemin des Quartiers d'Hyver auxEnnemis. Je croyois y met- tre auffi le Mercure, &que jene vous parlerois pendant quel- ques mois quede Galanteries,
deComedies &deBals ; mais les
François infatigables ſous un Prince qui veille fans ceſſe au bien &à la gloire de ſon Eſtar,
ne peuvent demeurer en repos enaucuntemps.Ainſi je me vois obligédeles fuivre,quoy que ce ne puiſſe eſtre que de loin , &
c'eſt par cette raiſon que je ne
pourray vous rendre un compte auffi exact que je le voudrois des ſurprenantes actions par lef- quelles ils ont finy la Campagne
Fermer
Résumé : « Ce que je vous ay dit des Lettres de Chancelier [...] »
Le texte aborde la demande d'enregistrement des lettres de chancellerie par le procureur général et l'intention de l'auteur de discuter des cérémonies d'ouverture du Parlement après les vacances. L'auteur reconnaît l'intérêt du sujet mais doit reporter cette discussion en raison de contraintes de temps. Il mentionne également avoir observé les mouvements des ennemis vers leurs quartiers d'hiver et avait prévu de traiter des sujets légers comme les galanteries, les comédies et les bals. Cependant, les Français, dirigés par un prince vigilant, poursuivent leurs actions militaires. L'auteur se voit donc contraint de suivre ces événements, bien qu'à distance, et ne peut fournir un compte rendu aussi précis qu'il le souhaiterait des actions remarquables qui ont marqué la fin de la campagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
423
p. 209-251
Ce qui s'est passé en Allemagne depuis la Iournée de Kokberg, la Prise de Fribourg, la Défaite d'une Arriere garde des Ennemis, & la Prise de Valkrik. [titre d'après la table]
Début :
Apres la glorieuse Journée de Cokeberg, les Ennemis demeurerent si [...]
Mots clefs :
Ennemis, Fribourg, Journée de Cokeberg, Maréchal de Créquy, Quartiers d'Hiver, Troupes, Place, Montagne, Tranchée, Armée, Siège, Disposition, Français, Bataillons, Prise, Campagne, Ordres, Conduite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé en Allemagne depuis la Iournée de Kokberg, la Prise de Fribourg, la Défaite d'une Arriere garde des Ennemis, & la Prise de Valkrik. [titre d'après la table]
Apres la glorieuſe Journée deCokeberg , les Ennemis de- meurerent fi conſternez , qu'ils ſe laifferent battre par diuers
Fvj
132 LE MERCVRE
Partis. Monfieur de Créquy fit donner ordre au Gouverneur
de la Petite - Pierre d'en envoyer par derriere l'Armée en- nemiequi en fut incommodée.
Il fit auſſi brûler les Fourages de tous les lieuxd'oùilsen pou- voient tirer,&les inquieta tel- lement , qu'apres les avoir ba- tus engros , on peutdire ( fi ce n'eſt point abuſer du terme)
qu'il les batit encore en détail.
Depuis ce temps - là , ils ne fçeurent plus ny ce quils fai- ſoient , ny ce qu'ils vouloient faire. Ils manquent de Foura- ges , en vont chercher à huit lieuës,& cesGensquidevoient tout prendre , craignent qu'on ne leur prenne Sarbrük. Ils s'é- loignent peu à peu de noſtre Armée. M' Jacquier tombe ma- lade , tout le monde fait des
GALANT. 133
r
vœuxpour luy ; mais les ordres font fi bien donnez , que les Noftres ne manquant de rien,
ne recoivent aucun préjudice de fa maladie. Monfieur de
Créquy prend le Fourage de quatre Villages des environs de Strasbourg. On luydéputepour luy enfaire des plaintes. Il ré- pond à ceux qui en font char- gez , qu'il faut qu'il ſe ferve de ce qui eſt à portée , qu'ils l'ont bien voulu, &qu'ilempefchera le,deſordre. Il envoye en effet.
ſes Gardes pour l'empefcher.. Les ennemis n'ontque du Bled
de Turquie &de la Paille;&
apres avoir efté chez eux ſe rafraichir &prendre du mon- de,des munitions &de l'argent,
ils viennent ſe ruiner de nouveau. Ils apprennent qu'on a
blâme à Vienne l'imprudence
:
3
134 LE MERCVRE qu'ils ont euë d'engager urr Combat à la Journée de Cокеberg contre la Maiſon du Roy,
celle de l'Empereur ( dont en cette Occafion les Cuiraffiers
faiſoient partie ) n'eſtant pasca- pable de luy refifter. Pendant qu'ils fongent à aller prendre leurs Quartiers d'Hyver , on réſout d'affieger Fribourg. On cache ce deſſein. Les meſures
font priſes àla Cour & à l'Ar- mée. Rien ne ſe découvre du
Secret , rien n'en échape. Les Ennemis croyent qu'on va a
Sarbruk,&on fait tout ce qu'il faut pour les entretenir dans cette penſée. Ils y envoyentdes Troupes. Onenfait avancerde Flandre pour les mieux trom- per. Admirez cette conduite.
Tout agit , tout marche , &
rien ne paroiſt. Avantqued'en-
GALANT. 135
Π
コ
trer dans les particularitez du Siege , il eſt aſſez à propos de vous faire connoiſtre l'impor- tance de la Place. Elle estoit autrefois la Capitale du Canton Catholique appellé le Canton deFribourg. Sa fituation eft en partie fur une Montagne , &
en partie fur le panchant de cette Montagne. La Riviere de Sana l'environne preſque en- tiere,&luy fertd'un large Foffé,
qui fait la ſeparation d'un grand Fauxbourg. Ce Fauxbourg a fes
Portes & ſes Murailles , & fe
joint à la Ville par trois grands Pontsquidonnent communica- tion de l'un à l'autre. C'eſt du
coſtéde la Riviere où Fribourg eſt au Midy ſur le panchant de la Montagne. La Montagne eſt de l'autre coſté avec des Rochers eſcarpez en façon de
136 LE MERCVRE
haute Muraille au bordde cette
meſme Riviere , en forte qu'il n'y a pointàcraindre qu'on les puiſſe eſcalader. La Ville eft
Ipatieuſe.C'eſtun Eveſché , &
la plus conſidérable des trois
Univerfitez des Terresde l'Empereur. On l'a fortifiée d'une
maniere qui f'auroit renduë im- prénable à d'autres qu'à des
François. Elle a deux foſſez où
ily a des retenuës d'eau , deux Murailles avec des Tours , &
une grande Redoute de pierre plus élevée que la Citadelle,
qui eſt de quatre Baſtions ſur la hauteur. Cette Place a eſté
jugée d'une telle conféquence,
que l'ordre eſtoit donné de le
ver le Siege de Philifbourg ,
plutoft que de la laiffer perdre ſi on l'euſt attaquéependant ce Siege. Je ne vous feray point
GALAN T. 137
e
|
un long Détail de ceux à qui
elle a appartenu,je vous diray ſeulement qu'elle est preſente- ment à l'Empereur,& qu'on ne peutl'entendre nommerſans ſe ſouvenir des grands & prodi- gieux Exploits qu'a faits autre- foisMonfieur le Prince en Allemagne , lors qu'il n'eſtoit en- cor que Duc d'Enguien. La priſe de cette place eſtoit d'au- tantplus importante pour nous,
qu'eſtant dans le Pays de l'Em- pereur , il ne sçauroit avancer ſur les Terres qui nous appar- tiennent , qu'on en faſſe auffi- toſt demeſme fur celles quiſont,
à luy. Joignez à cela que Fri- bourg eſtant fort grand , ony
peut mettre ſept ou huit mille hommes enGarniſon , dontune partie ſera toûjours preſte à la defendre , tandis que l'autre
138 LE MERCVRE s'étendra dans le Païs. Depe- tites Places pareilles à Phi- lifbourg ne font pas ſi avanta- geuſes. Ce ne ſont que des For- tereſſes qui ne pouvant conte- mir un fi grand nombre de Troupes , ne peuvent faire de ſi grandes executions. D'ailleurs Fribourg affure Briſac que les Ennemis menacent depuis &
long-temps, &àl'avenir ils par- leront peut-eftre moins del'af- freger , que de reprendre ce qu'ils ont perdu. Cette Place ne nous met pas ſeulement en pouvoir de faire contribuer la Suabe ; mais elle nous donne
moyen d'entrer dans les Païs Hereditaires , & ofte à l'Empe- reurune partie confiderable de fes Revenus , eſtant certain que la pluſpart des Penfions qu'il donnoit à ſes Officiers eſtoient
GALANT. 139
|-
|-
afſignées ſur ce qu'il retiroit de Fribourg. Le Pays eft fort rem- ply de Nobleffe , & n'a gue- res de Païſans qui ne foient ri- ches. La Place n'eſt commandée par aucune Ville , & elfe commande à toutes celles des
environs. Sa priſe rompt les meſures des Ennemis , leur fait
quiter leurs Quartiers d'Hyver,
&les oblige àen chercher d'au- tres. Adjoûtez à ces avanta- ges , celuy de nous eſtre ren- dus maiſtres d'une Place où
font tous les Magaſins donton
auroit eu beſoin pour le Siege de Briſac. Cependant fi les dif- ficultez augmentent la gloire,
onpeut dire qu'il n'y a rien qui égale celle des François. Ils ne s'attachent jamais à des Entre- priſes faciles, &les Places qu'ils ont attaqué cette année ont
140 LE MERCVRE toûjours paſſe pour impréna- bles. Fribourg l'euſt efté ſans doute pour d'autres Ennemis
que pour eux ; & quoy qu'elle ne ſoit pas auſſi forte que Va- lenciénes, Cambray,& S.Omer,
mille difficultez en devoient
rendre la Priſe impoffible. C'eſt une Ville environnée de Dé- filez qui devoient empefcherde l'affieger, ſi les Impériaux n'euf- ſent pas manquéde prévoyan- ce; & toute Place dont on peut empeſcher le Siege, peut paffer pour imprenable. Sa ſcituation furle panchantde la Montagne,
pouvoit donner lieu de la mieux défendre. Elle avoit des Munitions deguerre &de bouche,
& un Commandant qui a toû- jours paſſé pour avoir de la conduite & du cœur. L'Hyver avoit commencé de puis long2
GALANT. 141 temps en ce Païs-là ; il y avoit plus de trois ſemaines qu'il ef- toit couvert de nége , & cepen- dant on réſout d'inveſtir Fribourg. On ne peut dire qu'on aitprévenules Ennemis , pour ſe mettre en campagne avant la Saiſon ; qu'ils n'avoient point de Troupes fur pied , &qu'on eſtoit éloigné d'eux. Le con- traire eft connude tout le monde , les Armées eſtoient pro- ches l'une de l'autre , & la leur
eſtoit forte quand on a formé ce deſſein. Mais dequoy ne vient-on point à bout , quand ce qu'on entreprend eſt bien digeré, & qu'on execute avec beaucoup devaleur &de conduite des Ordres envoyez avec de prudentes reflections ? M
le Mareſchal de Créquy apres avoir donné aux Ennemis la
142 LE MERCVRE jalouſie dont je vous ay deja parlé,fait courir le bruit dans ſon Camp , qu'il attend pour le quiter , que le Prince Charles aitdécampé. Cependant il part une heure apres , & fe rend à
Briſac avec unediligence incro- yable.Il avoit donné ordre qu'on fiſt un Pont de Bâteaux fur le
Rhin. Il fut achevé en douze
heures par les ordresde M. de Viſſac. Cet illuſtre General ayant veu que toutes les choſes qu'il avoit euſoin de faire pré- parereſtoienten état , ordonna
unDéchementde quinze mai- ſtres par Compagnie , & м. de Lançon LieutenantGeneraleut ordre de demeurer avec le reſte
de la Cavalerie dansdesQuar- tiersdepuis Scheleſtat juſques à
Briſac. Admirez la conduite de
Monfieur de Créquy. Il s'éloi-
GALANT. 143 gne des Ennemis ſans en éloi- gner ſes Troupes. Elles couvrent encorBrifac & Scheleſtat , & il
oſte aux Ennemis le moyen de faire aucune Entrepriſe pen- dant qu'il aſſiegera Fribourg ,
en casqu'ils ne veulent pas ten- ter de le ſecourir. Apres tant d'ordres auſſi judicieuſement que ſecretement donnez , M. le Baron de monclar part à dix heures du ſoir avec uneBrigade de Cavalerie , les Dragons de du Fay ,& cinq Bataillons que commandoit M. d'Aubijoux,
afin d'inveſtir Fribourg. Le reſte de l'Armée défila à la
pointe du jourſur deux Ponts ;
&d'abord queles autres Trou- pesordonnées pour cette Expe- dition eurent paffé , M. deCré- quyſe mità lateſte de la maiſon duRoy. Jevousaydéja marqué
:
144 LE MERCVRE
qu'il y avoitdes Défilez pour ar- river à Fribourg.M. le marefchal de Créquy fit couper beaucoup deBois qui les embaraſſerentde telle forte , que les Ennemis n'auroient pû les paſſer fans beaucoup de peine , & fans grande perte. Le voila devant Fribourg. Si ceux de la Place furent étonnez de voir qu'on les affiegeoit , les Affiegeans ne le furentpasmoins , de connoiſtre ledeſſeinqu'on avoitpris , le ſe- cret ayant eſté ſi bien gardé,
qu'ils n'avoient ſçeu juſques-là enquel lieu onles menoit.Quad cette Nouvelle fut publiée àla Cour , leGeneral major Harang (qui comme vous ſçavez avoit eſtéprisdans la Journée de Cox- berg) dit qu'il eſtoit impoſſible que le Siege fut veritable , à
moins que l'Armée de l'Empereur
GALANT. 145 reur ſon Maiſtre n'euſt eſté entierement défaite. Et quand il apprit qu'on ne s'eſtoit point ba- tu,il admira la merveilleuſe conduite duRoy, laprudence de ſes Miniſtres & l'ardeur infatigable de ſes Generaux. Toutes les
Troupes n'eſtant pas encor arri- vées,m. le mareſchal de Créquy viſita la Place , les Poſtes & les Paſſagesdes environs,avant que defaire la diſpoſition des Quar- tiers. Les Ennemis brûlerent un
deleurs Fauxbourgs ,&tirerent pluſieurs volées de Canon ſur lesTroupes les plus avancées.M.
d'Aubijoux ſe logea avec les cinq Bataillons dans le Faux- bourgbrûlédu coſté de la gorge de la montagne , où l'on reſolut defaire l'Attaque. Il pouſſa mef- meunLogement avec cinquan- teHommes , à quelques pas du Tome IX. G
146 LE MERCVRE Foffé. Les Ennemis firent un
affez grand feu. Il n'y eut que vingt Soldats tuez &bleffez, un Capitaine'd'Orleans tué , &un de Feuquieres bleſſé. Le lende- main le reſtedes Troupes eſtant arrivé , M. le marefchal diſpoſa les Quartiers dans l'ordre fui- vant,afin que les Troupes ne fouffriffent point.
DISPOSITION DES .
Quartiers de'lArmée devant
Fribourg le 10. Novembre.
M. deChoifeuil,
Monfieur de la reüillée,
M. de Hautefeüille ,
Eſtoient à Vendeling , avec les Brigades Dela Maiſon du Roy ,
- DeBulonde
Et dela Ferté
GALANT. 147 M. le marquisdeGenlis,
M. deRenty.
M. le Comte deRoye,
Et M. de Boquemar ,
Eſtoient à Lehen,avec les Brigades DeBeaupré,
DeVivans,
De Boiſdavid ,
Et de Vendofme.
M. le Baron de Monclar,
EtMile Marquisde Lambert,
Eſtoient à Betzenhuls , avec les
Brigades DeMoreüil ,
DeDugas,
• Et deJoſſau
८
M. le Comtede Maulevrier
Colbert,
EtM. le Comtede Broglio,
Gij
148 LE MERCVRE Eſtoient à Zering , avec les
Brigades
De S. Loup ,
De Bertillac ,
Et les Dragonsde Liſtenay Et de Teffé.
M. le Comtede Schomberg
eſtoit à Herdem
Brigades DeNovion ,
Etde Nefle.
T
avec les
La Brigade de M. d'Aubijoux eſtoit à Viter , Fauxbourg brûlé.
Les Dragons du Roy & de duFay , eſtoient à Neter ; Et la Brigade de la Valete , à Gun- terſtal & à Delhuts..
Apres cette diſpoſition , il
GALANT. 149
د
changea l'ordre qui avoit eſté donné pour l'ouverture de la Tranchée & voulut qu'on
l'ouvriſt de l'autre coſté de la
Ville , laiffant la Montagne à
gauche. Il fit conſerver le pre- mier Logement pour ſervir de fauffe Attaque. Le meſme jour M. le Comte de Schomberg emporta l'Epée à la main , deux Redoutes avancées fur la hauteur du Chaſteau. Il eſtoit à la
teſtede trois cens Hommes,foutenusdes Brigadesde Norman- die&de Nefle..
La Tranchée fut ouverte à
l'entréede la nuit. Les Officiers
Generaux estoient M'le Comte
de Maulevrier- Colbert , & M"
de laFeüillée &deBoiſdavid.M.
le Marquis de Harcour-Bévron commandoit deuxBataillons de
Picardie.Deux autres de ChamGiij
150 LE MERCVRE pagne prenoient les ordres d'un des principaux Officiers de ce Corps. Comme les François ſont intrepides & accoûtumez à
vaincre ,& qu'on vouloitvenir promptement à bout de cette Entrepriſe ,on ne ſuivit point la pratique ordinaire,qui eſt d'ou- vrir la Tranchée fort loin de la
Place.Elle futcommencée affez
prés ,&ontira une grande Li- gne paralelle à la portée duPi- ſtolet. Les Bateries qu'on avoit dreffées la nuit , tirerent à la pointe du jour. Elles ruinerent des Flancs & des Embraſures
par où les Ennemis pouvoient tirer. La Garde de la Cavalerie
eſtoit commandée par M. de Neuchelles LieutenantdesGardes du Corps. On perdit quel- ques Officiers fubalternes. M. Je ComtedeBuffay undesLieu-
GALANT.
151I
.
tenansGeneraux de l'Artillerie,
&M. deCulan Colonel de Picardie, furenttuez.
LesBataillonsde Normandie ,
Feuquieres , la Marine, &Vau- becour, releverent la Tranchée
la nuit du onze au douze. M.le
Marquis de Choiſeüil , M's les Comte de Broglio & d'Aubi- joux, eſtoient de jour. On pré- para toutes choſes pour ladef- cente du Foffe , & on ſe contenta de ſe loger ſur le bord,
parce qu'on le trouva large &
difficile à combler. On mit encor quelques Pieces enbaterie par les ſoins de M. le marquis de la Freſeliere. Elles furent
tres--bien ſervies, &Monfieur le
Mareſchal de Créquy paſſa la nuit àſon ordinaire , c'eſt àdire
dans la Tranchée. Comme le
clair de Lune eſtoitgrand, nous Gj
152 LE MERCVRE perdîmes quelques Gens cette nuit-là . M. de la Tillaye Lieute- nant Colonel du Regiment de
Normandie , Officier d'un merite fingulier , fut tue. M. d'Af- fonville Aydede CampdeM.de Créquy ,& M. de Roquefeüille Enſeigne de ſes Gardes, furent bleſſez. On fit une Bréche de
quarantepas par le haut , apres laquelle on ſomma le Gouver- neur , qui fier d'avoir appris fon Meſtier parmy les Troupes de France , répondit qu'un Hom.
me comme luy ne ſe rendoit pas au premier Affaut.
La Tranchée fut relevée la
nuitdu douzeau treize , par M. le Comte de Roye , M. de Boquemar , & м. le Chevalier de Novion , avec les Bataillons
d'Auvergne , de Bretagne , &
de Dampierre. On travailla à
GALANT 153
une nouvelte Sape &àune au- tre Baterie qui voyoit la Bréche àrevers ,&on élargit les Travaux.
د
Le treize au foir , les Officiers Generaux qui releverent la Tranchée , furent M" les maгquis deGenlis , de Renty , &de la Ferté avec les Bataillons
d'Orleans , de la Couronne , &
de la Freſeliere. Onavança fort par les Sapes , & l'on travailla à
une mine. Monfieurle Mareſchal
deCréquy alla luy-meſme re- connoiſtre la Breche , & refolut de tenter unLogementdef- fus , ayant reconnuque les En- nemis netravailloientpointder- riere. Des Gens détachez avec
des Travailleurs , deſcendirent
dans le foffé avecdes Echelles,
&monterent àla Brêche àqua- tre heures. Elle ne futdefenduë
G V
154 LE MERCVRE que parun grand feuque firent
les Affiegez des Maiſons qu'ils avoient percées. On la paffa malgré cet obſtacle. Ceux qui fe rencontrerent dans les Ruës
furent tuez. Onapprocha de la
Porte de la ſeconde Envelope..
Les Bataillons d'Orleans &dela
Freſeliere eurent ordre de M. de
Créquy d'entrer par la Bréche:
pour ſoûtenir les Gens déta- chez. M. le marquis de la Ferté &M. de Tracy ſe ſaiſirent des Poſtes avancez avec beaucoup d'intrépidité , & y mirent des Soldats. м. lе mаrquis de la Fer- té fut bleſſé en cette occafion..
M. le marquis de la Freſeliere le
fut auſſi le meſme jour , en don- nant ſes ordres avec ſon activité
ordinaire,pour faire avacer une Piece deCanon contre laPorte
qui ſe trouva bouchéede fumier..
Y
GALAN T. 135 La Tranchée fut relevée par les Regimens de Vendoſme ,la Ferté, Condé , & la Fére. Les
Officiers Generaux estoient M.
le Comte de Maulevrier , M.le
Marquis de Bouflairs , & M. le
Duc de Vendofme. M. de Cré-
-quy voulut preffer l'Attaque de laVille;&pour cet effet , pen- dant que le Canon batoit en
Brêche , il ordonna au Regi- mentde la Ferté qui avoit late-- ſte de ladroite,de faire un Logement fur le borddu Foffe , &
mefme la defcente; &à celuy deVendoſme , de faire la mer
mechoſeſurlagauche. Comme le terrain eftoit tout pavé , on ne pût aisémentremuer la ter re,&il falut porter avec ſoy-de-- quoy ſe loger. Il ne ſuffit pasd'e- ftre François pour oſer tenter unepareille Entrepriſe , il faut
Gvj
296 LE MERCVRE eſtre neſous le Regnede Loüis XIV. dont l'exemple n'inſpire que des prodiges. M. de Laubanie Major du Regiment de la Ferté,y futbleſſé d'unautre cofté . M. le Comte de Schomberg:
s'empara d'un Ouvragede terre
qui couvrait la Redoute depier- re dont le Chaſteau eft commandé,&un peu apres il ſe ren dit maiſtre de cette Redoute par le moyendedeux Pieces de Ca- non que les Anglois avoient guindées , dont ils furent bien récompenfez par M. le maref- chal de Créquy. Le premier coup de Canonemporta la teſte deceluy qui commandoit dans cette Redoute , dont la priſe avança fort celle de la Ville. On tenta deux Logemens pourfot- tenir celuy qu'on avoit fait au- pres du reveſtiſſement du Foffé,
GALANT. 157 Noftre General nevoulut pas les faire achever, parce qu'il fa loit alleràdécouvert, &effuyer le feu du Canon chargé àcar touches. C'eſtoit en plein jour ,
&cependant l'ardeurdesTrou- pes eſtoit fi grande, qu'on eut toutes les peines du monde à les
faire retirer. Le Bataillon de
Vendoſme firmerveille en cette
occafion. M. Limbaut, qui erreſt Lieutenant Colonel, yfut blef- fé. Il eſt impoſſible de faire voir plusd'intrépidité &plus de con- duite qu'en fit paroiſtre M. le Ducde Vendoſme ; le péril ne l'étonnoit point,il eſtoitpartout,
il animoit les Soldats , & l'on
peut direque ſon exemplefervit beaucoup. m.de Créquy fit tout diſpoſer pourl'Affaut.resEnne- mis l'appréhendérent , & bati- rent la Chamade, Ils envoyerent
158 LE MERCVRE un Oftage , & reçeurent en fa place M. de Courvaillon Lieute- nantColonel deCondé. LaNégotiation dura quelque temps.
On permit auxOfficiers d'aller voir laBréche. Le Gouverneur
demanda deux Pieces de Canon, on luy en accorda une , &
la ſeconde fut donnée en confidération duMarquis de Baden.
LesArticles ordinaires ayateſté dreſſez , les Ennemis livrerent
une Portede la Ville , &une du
Chaſteau.. Il n'eſtoit pas neuf heures du matin: La Garnifon
qui estoit encorde quatre cens Chevaux , & de dix-fept cens Hommesde pied , fortit àmidy,
&fut conduite àReinsfeldt. M. d'Oſſonville partit auſſitoſt par l'ordre de M. le Mareſchalde
Créquy, pour aller rendrecom-- pteauRoydu prompt ſuccésde
6
GALANT. 159 cetteſurprenante Entrepriſe.
Cette nouvelle Conqueſte vafourniraux beaux Eſpritsune ample matiere d'écrire.. Voicy ce qui me vientd'eſtre envoyé.
Lifez , Madame. Ces Vers ſont
dignes de celuy qui les a faits.
Vous avez déja veu de belles choſesde luy, & vous en con- viendrez , quand ilmefera per- misdevous le nommer..
SUR LA PRISE
DE FRIBOVRG
Ndit que tous les Rois font les
vives Images
De l'Estre indépendant qui reçoit nos hommages,
Etqu'un écoulement de la Divinité Eaitfur lefront des Rois briller saMa jesté..
rbo LE MERCVRE
Maissi jamais un Roy dans sa toute puissance Apûtflater ſon cœur de cette reſſem- blance,
C'est le Roy des François , ce premier des Mortels
Qui de nos vieux.Héros renverſe les
Antels,
Qui tientfousfes Lauriers leursPat mes étouffée ,
Decesfaux Demy Dieux détruit tous les trophées,
Etprépare une Histoire à la Posteri té
Qui nepeut espérer que l'incrédulité.. Lorsque LOVISparoiſtdans une paix.
profonde,
Son ame eft occupée à gouverner le Monde, ৮
Etlesſoinsaffidus de ſon plus doux re--
pos Guident les mouvemens de cent mille
Héros.
Ceuxqui vont ſousſon Nomde Victorreen Victoire ,
>
Brillansdeses rayons , &convertsdefar gloire,
GALANT. 161
Sonttoujours agiſſansfur la Terre &les Mers ..
Etcraignent le reposplus que tous les dangers.
Créquy , c'estoit affezd'avoir dans ta
Campagne Arrêtéles efforsdecesRoisd'allemagne,
Et d'avoirfait connoistre , à tant de Souverains ,
Celuy quevent leCielpourMaistre des Humains.
Chaque instant , chaque pas valoitune Conqueste;
Maisdetant de Lauriers tu veuxchargertaTeste ,
Que le Sortde laGuerre avec tous fes bazars
N'aitplus pourtoy de foudre ,&te gale aux Césars.
LeSiegede Fribourg , cette haute Entrepriſe Apeineestoit connu , quand on a ſçen
Sapriſe;
:১
Et ceux qui chez le Prince avoient quelques accés,
S'informent du deſſein ,ont appris le Succés.
162 LE MERCVRE
Vy,gloire des François , vy Héros magnanime ,
Seurde tout nostre amour ,de toutenoStre estime ;
Mais en vivantpour nous, connois ce
que tu vaux ,
Etmenagetes jours parmy tant detravaux ;
Nenous force jamais à regretter un Homme
Que Fabrice enviroit , s'il renaiſſoir dansRome
Et laiſſe profiterles Peuplesfans effroy Dessoins d'un grand Sujet ſousles Loix d'unGrandRoy
CeMadrigald'une Perſonne dequalité ſur le meſme fujer ,
merite bienque vous le voyiez.
Ovelques datsd'Allemagne braves que foient ,
lesSolEtceux quifont nourrisſous les armes d'Espagne ,
On nevoitqu'enEsté leurs plus vail lansGuerriers..
:
GALANT. 163 Danslabelle Saiſon tout lemonde mois- Sonne;
Loüisſeul en Hyver , au Printemps,
dans l'Automne ,
Surl' Empire,en tous lieux ,fçait cüeillir desLauriers.
C'eſt aſſurément quelque choſe de ſurprenant , que d'a- voir ajoûté Fribourg dans le commencementde l'Hyver, aux Conqueſtes qui avoient eſté fai- tes avant le Printemps. Si-toſt qu'il fut pris , M le Mareſchal deCréquy y fit tracer de nou- velles Fortifications. M. leMarquis de Lambert Mareſchal de
Camp y doit commander , &
M. de S.Juſt ſous luy. Il eſtoit Lieutenant de Roydans Philif- bourg. Il ade la conduite , &
fçait faire valoir les avantages quedonnent les Placesde cette importance.. M. de Créquy ne
164 LE MERCVRE
F
demeura pas longtemps dans celle- cy.La Victoire l'appellant ailleurs , ily mena la Maiſon du
Roy. M.le Marquis de Genlis ,
& M le Comte de Broglio eſtantdejour , ſe mirent à la te- ſte de l'Armée. M. le Marquis deVillars qui commandoit trois censHommes avancez, rencontra plufieurs Regimés deCava- lerie, if en batit l'Arrieregarde,
qu'il poursuivit longtemps avec la meſme vigueur &la meſme conduite qu'il adéja fait paroi ſtre plufieurs fois pendant cette Campagne , quoy qu'il foit dans une grande jeuneffe. Il fit plus de ſoixante Priſonniers , entre
leſquels eſtoient deux Capitai- nes , &ily eurenviron quaran te Dragons tuez. Nous euffions pouffé nos avantages plus loin-,
fanousn'eufſſions pointeſtédans
GALANT. 165 unegorge de Montagne où les Troupes avoient beaucoup de peine àpaſſer. Les Ennemis en eurent plus de temps pour fuir.
On prit en ſuite la Ville &le Chaſteau de Vvalkvik , qui ſe rendirent apres avoir eſté ſom- mez. Ony trouva unegrande quantité de toute forte de Pro- viſions. Cette Place eſt à deux
lieuës de Fribourg dans uneVal- léequi conduit en Suabe.
Je ne puis quiter l'Armée d'Allemagne , ſans vous dire que les demeflez du Prince Charles &de Monfieur le Duc
de Vendoſme dont je vous ay parlé , ne regardent que les in- tereſts du Roy & de l'Empe- reur. Ils conſervent une par- faite eſtime &une fort grande honneſteté l'un pour l'autre.
Monfieur de Vendoſme, com
166 LE MERCVRE
me un des plus proches &des plus illuftres Parens de la Ducheſſe de Lorraine , luy a toû- jours rendu ſes devoirs , & l'a viſitée ſouvent à Strasbourg. Si ces Princes s'y rencontroient ,
ils feroient comme nos Braves,
de l'une&de l'autre Armée qui apres s'eſtre régalez malgré la diverſitédu Party , ſe batent au fortir des Lieux où l'on obſerve
la Neutralité comme s'ils ne
s'eſtoient point connus auparavant. ر
Fvj
132 LE MERCVRE
Partis. Monfieur de Créquy fit donner ordre au Gouverneur
de la Petite - Pierre d'en envoyer par derriere l'Armée en- nemiequi en fut incommodée.
Il fit auſſi brûler les Fourages de tous les lieuxd'oùilsen pou- voient tirer,&les inquieta tel- lement , qu'apres les avoir ba- tus engros , on peutdire ( fi ce n'eſt point abuſer du terme)
qu'il les batit encore en détail.
Depuis ce temps - là , ils ne fçeurent plus ny ce quils fai- ſoient , ny ce qu'ils vouloient faire. Ils manquent de Foura- ges , en vont chercher à huit lieuës,& cesGensquidevoient tout prendre , craignent qu'on ne leur prenne Sarbrük. Ils s'é- loignent peu à peu de noſtre Armée. M' Jacquier tombe ma- lade , tout le monde fait des
GALANT. 133
r
vœuxpour luy ; mais les ordres font fi bien donnez , que les Noftres ne manquant de rien,
ne recoivent aucun préjudice de fa maladie. Monfieur de
Créquy prend le Fourage de quatre Villages des environs de Strasbourg. On luydéputepour luy enfaire des plaintes. Il ré- pond à ceux qui en font char- gez , qu'il faut qu'il ſe ferve de ce qui eſt à portée , qu'ils l'ont bien voulu, &qu'ilempefchera le,deſordre. Il envoye en effet.
ſes Gardes pour l'empefcher.. Les ennemis n'ontque du Bled
de Turquie &de la Paille;&
apres avoir efté chez eux ſe rafraichir &prendre du mon- de,des munitions &de l'argent,
ils viennent ſe ruiner de nouveau. Ils apprennent qu'on a
blâme à Vienne l'imprudence
:
3
134 LE MERCVRE qu'ils ont euë d'engager urr Combat à la Journée de Cокеberg contre la Maiſon du Roy,
celle de l'Empereur ( dont en cette Occafion les Cuiraffiers
faiſoient partie ) n'eſtant pasca- pable de luy refifter. Pendant qu'ils fongent à aller prendre leurs Quartiers d'Hyver , on réſout d'affieger Fribourg. On cache ce deſſein. Les meſures
font priſes àla Cour & à l'Ar- mée. Rien ne ſe découvre du
Secret , rien n'en échape. Les Ennemis croyent qu'on va a
Sarbruk,&on fait tout ce qu'il faut pour les entretenir dans cette penſée. Ils y envoyentdes Troupes. Onenfait avancerde Flandre pour les mieux trom- per. Admirez cette conduite.
Tout agit , tout marche , &
rien ne paroiſt. Avantqued'en-
GALANT. 135
Π
コ
trer dans les particularitez du Siege , il eſt aſſez à propos de vous faire connoiſtre l'impor- tance de la Place. Elle estoit autrefois la Capitale du Canton Catholique appellé le Canton deFribourg. Sa fituation eft en partie fur une Montagne , &
en partie fur le panchant de cette Montagne. La Riviere de Sana l'environne preſque en- tiere,&luy fertd'un large Foffé,
qui fait la ſeparation d'un grand Fauxbourg. Ce Fauxbourg a fes
Portes & ſes Murailles , & fe
joint à la Ville par trois grands Pontsquidonnent communica- tion de l'un à l'autre. C'eſt du
coſtéde la Riviere où Fribourg eſt au Midy ſur le panchant de la Montagne. La Montagne eſt de l'autre coſté avec des Rochers eſcarpez en façon de
136 LE MERCVRE
haute Muraille au bordde cette
meſme Riviere , en forte qu'il n'y a pointàcraindre qu'on les puiſſe eſcalader. La Ville eft
Ipatieuſe.C'eſtun Eveſché , &
la plus conſidérable des trois
Univerfitez des Terresde l'Empereur. On l'a fortifiée d'une
maniere qui f'auroit renduë im- prénable à d'autres qu'à des
François. Elle a deux foſſez où
ily a des retenuës d'eau , deux Murailles avec des Tours , &
une grande Redoute de pierre plus élevée que la Citadelle,
qui eſt de quatre Baſtions ſur la hauteur. Cette Place a eſté
jugée d'une telle conféquence,
que l'ordre eſtoit donné de le
ver le Siege de Philifbourg ,
plutoft que de la laiffer perdre ſi on l'euſt attaquéependant ce Siege. Je ne vous feray point
GALAN T. 137
e
|
un long Détail de ceux à qui
elle a appartenu,je vous diray ſeulement qu'elle est preſente- ment à l'Empereur,& qu'on ne peutl'entendre nommerſans ſe ſouvenir des grands & prodi- gieux Exploits qu'a faits autre- foisMonfieur le Prince en Allemagne , lors qu'il n'eſtoit en- cor que Duc d'Enguien. La priſe de cette place eſtoit d'au- tantplus importante pour nous,
qu'eſtant dans le Pays de l'Em- pereur , il ne sçauroit avancer ſur les Terres qui nous appar- tiennent , qu'on en faſſe auffi- toſt demeſme fur celles quiſont,
à luy. Joignez à cela que Fri- bourg eſtant fort grand , ony
peut mettre ſept ou huit mille hommes enGarniſon , dontune partie ſera toûjours preſte à la defendre , tandis que l'autre
138 LE MERCVRE s'étendra dans le Païs. Depe- tites Places pareilles à Phi- lifbourg ne font pas ſi avanta- geuſes. Ce ne ſont que des For- tereſſes qui ne pouvant conte- mir un fi grand nombre de Troupes , ne peuvent faire de ſi grandes executions. D'ailleurs Fribourg affure Briſac que les Ennemis menacent depuis &
long-temps, &àl'avenir ils par- leront peut-eftre moins del'af- freger , que de reprendre ce qu'ils ont perdu. Cette Place ne nous met pas ſeulement en pouvoir de faire contribuer la Suabe ; mais elle nous donne
moyen d'entrer dans les Païs Hereditaires , & ofte à l'Empe- reurune partie confiderable de fes Revenus , eſtant certain que la pluſpart des Penfions qu'il donnoit à ſes Officiers eſtoient
GALANT. 139
|-
|-
afſignées ſur ce qu'il retiroit de Fribourg. Le Pays eft fort rem- ply de Nobleffe , & n'a gue- res de Païſans qui ne foient ri- ches. La Place n'eſt commandée par aucune Ville , & elfe commande à toutes celles des
environs. Sa priſe rompt les meſures des Ennemis , leur fait
quiter leurs Quartiers d'Hyver,
&les oblige àen chercher d'au- tres. Adjoûtez à ces avanta- ges , celuy de nous eſtre ren- dus maiſtres d'une Place où
font tous les Magaſins donton
auroit eu beſoin pour le Siege de Briſac. Cependant fi les dif- ficultez augmentent la gloire,
onpeut dire qu'il n'y a rien qui égale celle des François. Ils ne s'attachent jamais à des Entre- priſes faciles, &les Places qu'ils ont attaqué cette année ont
140 LE MERCVRE toûjours paſſe pour impréna- bles. Fribourg l'euſt efté ſans doute pour d'autres Ennemis
que pour eux ; & quoy qu'elle ne ſoit pas auſſi forte que Va- lenciénes, Cambray,& S.Omer,
mille difficultez en devoient
rendre la Priſe impoffible. C'eſt une Ville environnée de Dé- filez qui devoient empefcherde l'affieger, ſi les Impériaux n'euf- ſent pas manquéde prévoyan- ce; & toute Place dont on peut empeſcher le Siege, peut paffer pour imprenable. Sa ſcituation furle panchantde la Montagne,
pouvoit donner lieu de la mieux défendre. Elle avoit des Munitions deguerre &de bouche,
& un Commandant qui a toû- jours paſſé pour avoir de la conduite & du cœur. L'Hyver avoit commencé de puis long2
GALANT. 141 temps en ce Païs-là ; il y avoit plus de trois ſemaines qu'il ef- toit couvert de nége , & cepen- dant on réſout d'inveſtir Fribourg. On ne peut dire qu'on aitprévenules Ennemis , pour ſe mettre en campagne avant la Saiſon ; qu'ils n'avoient point de Troupes fur pied , &qu'on eſtoit éloigné d'eux. Le con- traire eft connude tout le monde , les Armées eſtoient pro- ches l'une de l'autre , & la leur
eſtoit forte quand on a formé ce deſſein. Mais dequoy ne vient-on point à bout , quand ce qu'on entreprend eſt bien digeré, & qu'on execute avec beaucoup devaleur &de conduite des Ordres envoyez avec de prudentes reflections ? M
le Mareſchal de Créquy apres avoir donné aux Ennemis la
142 LE MERCVRE jalouſie dont je vous ay deja parlé,fait courir le bruit dans ſon Camp , qu'il attend pour le quiter , que le Prince Charles aitdécampé. Cependant il part une heure apres , & fe rend à
Briſac avec unediligence incro- yable.Il avoit donné ordre qu'on fiſt un Pont de Bâteaux fur le
Rhin. Il fut achevé en douze
heures par les ordresde M. de Viſſac. Cet illuſtre General ayant veu que toutes les choſes qu'il avoit euſoin de faire pré- parereſtoienten état , ordonna
unDéchementde quinze mai- ſtres par Compagnie , & м. de Lançon LieutenantGeneraleut ordre de demeurer avec le reſte
de la Cavalerie dansdesQuar- tiersdepuis Scheleſtat juſques à
Briſac. Admirez la conduite de
Monfieur de Créquy. Il s'éloi-
GALANT. 143 gne des Ennemis ſans en éloi- gner ſes Troupes. Elles couvrent encorBrifac & Scheleſtat , & il
oſte aux Ennemis le moyen de faire aucune Entrepriſe pen- dant qu'il aſſiegera Fribourg ,
en casqu'ils ne veulent pas ten- ter de le ſecourir. Apres tant d'ordres auſſi judicieuſement que ſecretement donnez , M. le Baron de monclar part à dix heures du ſoir avec uneBrigade de Cavalerie , les Dragons de du Fay ,& cinq Bataillons que commandoit M. d'Aubijoux,
afin d'inveſtir Fribourg. Le reſte de l'Armée défila à la
pointe du jourſur deux Ponts ;
&d'abord queles autres Trou- pesordonnées pour cette Expe- dition eurent paffé , M. deCré- quyſe mità lateſte de la maiſon duRoy. Jevousaydéja marqué
:
144 LE MERCVRE
qu'il y avoitdes Défilez pour ar- river à Fribourg.M. le marefchal de Créquy fit couper beaucoup deBois qui les embaraſſerentde telle forte , que les Ennemis n'auroient pû les paſſer fans beaucoup de peine , & fans grande perte. Le voila devant Fribourg. Si ceux de la Place furent étonnez de voir qu'on les affiegeoit , les Affiegeans ne le furentpasmoins , de connoiſtre ledeſſeinqu'on avoitpris , le ſe- cret ayant eſté ſi bien gardé,
qu'ils n'avoient ſçeu juſques-là enquel lieu onles menoit.Quad cette Nouvelle fut publiée àla Cour , leGeneral major Harang (qui comme vous ſçavez avoit eſtéprisdans la Journée de Cox- berg) dit qu'il eſtoit impoſſible que le Siege fut veritable , à
moins que l'Armée de l'Empereur
GALANT. 145 reur ſon Maiſtre n'euſt eſté entierement défaite. Et quand il apprit qu'on ne s'eſtoit point ba- tu,il admira la merveilleuſe conduite duRoy, laprudence de ſes Miniſtres & l'ardeur infatigable de ſes Generaux. Toutes les
Troupes n'eſtant pas encor arri- vées,m. le mareſchal de Créquy viſita la Place , les Poſtes & les Paſſagesdes environs,avant que defaire la diſpoſition des Quar- tiers. Les Ennemis brûlerent un
deleurs Fauxbourgs ,&tirerent pluſieurs volées de Canon ſur lesTroupes les plus avancées.M.
d'Aubijoux ſe logea avec les cinq Bataillons dans le Faux- bourgbrûlédu coſté de la gorge de la montagne , où l'on reſolut defaire l'Attaque. Il pouſſa mef- meunLogement avec cinquan- teHommes , à quelques pas du Tome IX. G
146 LE MERCVRE Foffé. Les Ennemis firent un
affez grand feu. Il n'y eut que vingt Soldats tuez &bleffez, un Capitaine'd'Orleans tué , &un de Feuquieres bleſſé. Le lende- main le reſtedes Troupes eſtant arrivé , M. le marefchal diſpoſa les Quartiers dans l'ordre fui- vant,afin que les Troupes ne fouffriffent point.
DISPOSITION DES .
Quartiers de'lArmée devant
Fribourg le 10. Novembre.
M. deChoifeuil,
Monfieur de la reüillée,
M. de Hautefeüille ,
Eſtoient à Vendeling , avec les Brigades Dela Maiſon du Roy ,
- DeBulonde
Et dela Ferté
GALANT. 147 M. le marquisdeGenlis,
M. deRenty.
M. le Comte deRoye,
Et M. de Boquemar ,
Eſtoient à Lehen,avec les Brigades DeBeaupré,
DeVivans,
De Boiſdavid ,
Et de Vendofme.
M. le Baron de Monclar,
EtMile Marquisde Lambert,
Eſtoient à Betzenhuls , avec les
Brigades DeMoreüil ,
DeDugas,
• Et deJoſſau
८
M. le Comtede Maulevrier
Colbert,
EtM. le Comtede Broglio,
Gij
148 LE MERCVRE Eſtoient à Zering , avec les
Brigades
De S. Loup ,
De Bertillac ,
Et les Dragonsde Liſtenay Et de Teffé.
M. le Comtede Schomberg
eſtoit à Herdem
Brigades DeNovion ,
Etde Nefle.
T
avec les
La Brigade de M. d'Aubijoux eſtoit à Viter , Fauxbourg brûlé.
Les Dragons du Roy & de duFay , eſtoient à Neter ; Et la Brigade de la Valete , à Gun- terſtal & à Delhuts..
Apres cette diſpoſition , il
GALANT. 149
د
changea l'ordre qui avoit eſté donné pour l'ouverture de la Tranchée & voulut qu'on
l'ouvriſt de l'autre coſté de la
Ville , laiffant la Montagne à
gauche. Il fit conſerver le pre- mier Logement pour ſervir de fauffe Attaque. Le meſme jour M. le Comte de Schomberg emporta l'Epée à la main , deux Redoutes avancées fur la hauteur du Chaſteau. Il eſtoit à la
teſtede trois cens Hommes,foutenusdes Brigadesde Norman- die&de Nefle..
La Tranchée fut ouverte à
l'entréede la nuit. Les Officiers
Generaux estoient M'le Comte
de Maulevrier- Colbert , & M"
de laFeüillée &deBoiſdavid.M.
le Marquis de Harcour-Bévron commandoit deuxBataillons de
Picardie.Deux autres de ChamGiij
150 LE MERCVRE pagne prenoient les ordres d'un des principaux Officiers de ce Corps. Comme les François ſont intrepides & accoûtumez à
vaincre ,& qu'on vouloitvenir promptement à bout de cette Entrepriſe ,on ne ſuivit point la pratique ordinaire,qui eſt d'ou- vrir la Tranchée fort loin de la
Place.Elle futcommencée affez
prés ,&ontira une grande Li- gne paralelle à la portée duPi- ſtolet. Les Bateries qu'on avoit dreffées la nuit , tirerent à la pointe du jour. Elles ruinerent des Flancs & des Embraſures
par où les Ennemis pouvoient tirer. La Garde de la Cavalerie
eſtoit commandée par M. de Neuchelles LieutenantdesGardes du Corps. On perdit quel- ques Officiers fubalternes. M. Je ComtedeBuffay undesLieu-
GALANT.
151I
.
tenansGeneraux de l'Artillerie,
&M. deCulan Colonel de Picardie, furenttuez.
LesBataillonsde Normandie ,
Feuquieres , la Marine, &Vau- becour, releverent la Tranchée
la nuit du onze au douze. M.le
Marquis de Choiſeüil , M's les Comte de Broglio & d'Aubi- joux, eſtoient de jour. On pré- para toutes choſes pour ladef- cente du Foffe , & on ſe contenta de ſe loger ſur le bord,
parce qu'on le trouva large &
difficile à combler. On mit encor quelques Pieces enbaterie par les ſoins de M. le marquis de la Freſeliere. Elles furent
tres--bien ſervies, &Monfieur le
Mareſchal de Créquy paſſa la nuit àſon ordinaire , c'eſt àdire
dans la Tranchée. Comme le
clair de Lune eſtoitgrand, nous Gj
152 LE MERCVRE perdîmes quelques Gens cette nuit-là . M. de la Tillaye Lieute- nant Colonel du Regiment de
Normandie , Officier d'un merite fingulier , fut tue. M. d'Af- fonville Aydede CampdeM.de Créquy ,& M. de Roquefeüille Enſeigne de ſes Gardes, furent bleſſez. On fit une Bréche de
quarantepas par le haut , apres laquelle on ſomma le Gouver- neur , qui fier d'avoir appris fon Meſtier parmy les Troupes de France , répondit qu'un Hom.
me comme luy ne ſe rendoit pas au premier Affaut.
La Tranchée fut relevée la
nuitdu douzeau treize , par M. le Comte de Roye , M. de Boquemar , & м. le Chevalier de Novion , avec les Bataillons
d'Auvergne , de Bretagne , &
de Dampierre. On travailla à
GALANT 153
une nouvelte Sape &àune au- tre Baterie qui voyoit la Bréche àrevers ,&on élargit les Travaux.
د
Le treize au foir , les Officiers Generaux qui releverent la Tranchée , furent M" les maгquis deGenlis , de Renty , &de la Ferté avec les Bataillons
d'Orleans , de la Couronne , &
de la Freſeliere. Onavança fort par les Sapes , & l'on travailla à
une mine. Monfieurle Mareſchal
deCréquy alla luy-meſme re- connoiſtre la Breche , & refolut de tenter unLogementdef- fus , ayant reconnuque les En- nemis netravailloientpointder- riere. Des Gens détachez avec
des Travailleurs , deſcendirent
dans le foffé avecdes Echelles,
&monterent àla Brêche àqua- tre heures. Elle ne futdefenduë
G V
154 LE MERCVRE que parun grand feuque firent
les Affiegez des Maiſons qu'ils avoient percées. On la paffa malgré cet obſtacle. Ceux qui fe rencontrerent dans les Ruës
furent tuez. Onapprocha de la
Porte de la ſeconde Envelope..
Les Bataillons d'Orleans &dela
Freſeliere eurent ordre de M. de
Créquy d'entrer par la Bréche:
pour ſoûtenir les Gens déta- chez. M. le marquis de la Ferté &M. de Tracy ſe ſaiſirent des Poſtes avancez avec beaucoup d'intrépidité , & y mirent des Soldats. м. lе mаrquis de la Fer- té fut bleſſé en cette occafion..
M. le marquis de la Freſeliere le
fut auſſi le meſme jour , en don- nant ſes ordres avec ſon activité
ordinaire,pour faire avacer une Piece deCanon contre laPorte
qui ſe trouva bouchéede fumier..
Y
GALAN T. 135 La Tranchée fut relevée par les Regimens de Vendoſme ,la Ferté, Condé , & la Fére. Les
Officiers Generaux estoient M.
le Comte de Maulevrier , M.le
Marquis de Bouflairs , & M. le
Duc de Vendofme. M. de Cré-
-quy voulut preffer l'Attaque de laVille;&pour cet effet , pen- dant que le Canon batoit en
Brêche , il ordonna au Regi- mentde la Ferté qui avoit late-- ſte de ladroite,de faire un Logement fur le borddu Foffe , &
mefme la defcente; &à celuy deVendoſme , de faire la mer
mechoſeſurlagauche. Comme le terrain eftoit tout pavé , on ne pût aisémentremuer la ter re,&il falut porter avec ſoy-de-- quoy ſe loger. Il ne ſuffit pasd'e- ftre François pour oſer tenter unepareille Entrepriſe , il faut
Gvj
296 LE MERCVRE eſtre neſous le Regnede Loüis XIV. dont l'exemple n'inſpire que des prodiges. M. de Laubanie Major du Regiment de la Ferté,y futbleſſé d'unautre cofté . M. le Comte de Schomberg:
s'empara d'un Ouvragede terre
qui couvrait la Redoute depier- re dont le Chaſteau eft commandé,&un peu apres il ſe ren dit maiſtre de cette Redoute par le moyendedeux Pieces de Ca- non que les Anglois avoient guindées , dont ils furent bien récompenfez par M. le maref- chal de Créquy. Le premier coup de Canonemporta la teſte deceluy qui commandoit dans cette Redoute , dont la priſe avança fort celle de la Ville. On tenta deux Logemens pourfot- tenir celuy qu'on avoit fait au- pres du reveſtiſſement du Foffé,
GALANT. 157 Noftre General nevoulut pas les faire achever, parce qu'il fa loit alleràdécouvert, &effuyer le feu du Canon chargé àcar touches. C'eſtoit en plein jour ,
&cependant l'ardeurdesTrou- pes eſtoit fi grande, qu'on eut toutes les peines du monde à les
faire retirer. Le Bataillon de
Vendoſme firmerveille en cette
occafion. M. Limbaut, qui erreſt Lieutenant Colonel, yfut blef- fé. Il eſt impoſſible de faire voir plusd'intrépidité &plus de con- duite qu'en fit paroiſtre M. le Ducde Vendoſme ; le péril ne l'étonnoit point,il eſtoitpartout,
il animoit les Soldats , & l'on
peut direque ſon exemplefervit beaucoup. m.de Créquy fit tout diſpoſer pourl'Affaut.resEnne- mis l'appréhendérent , & bati- rent la Chamade, Ils envoyerent
158 LE MERCVRE un Oftage , & reçeurent en fa place M. de Courvaillon Lieute- nantColonel deCondé. LaNégotiation dura quelque temps.
On permit auxOfficiers d'aller voir laBréche. Le Gouverneur
demanda deux Pieces de Canon, on luy en accorda une , &
la ſeconde fut donnée en confidération duMarquis de Baden.
LesArticles ordinaires ayateſté dreſſez , les Ennemis livrerent
une Portede la Ville , &une du
Chaſteau.. Il n'eſtoit pas neuf heures du matin: La Garnifon
qui estoit encorde quatre cens Chevaux , & de dix-fept cens Hommesde pied , fortit àmidy,
&fut conduite àReinsfeldt. M. d'Oſſonville partit auſſitoſt par l'ordre de M. le Mareſchalde
Créquy, pour aller rendrecom-- pteauRoydu prompt ſuccésde
6
GALANT. 159 cetteſurprenante Entrepriſe.
Cette nouvelle Conqueſte vafourniraux beaux Eſpritsune ample matiere d'écrire.. Voicy ce qui me vientd'eſtre envoyé.
Lifez , Madame. Ces Vers ſont
dignes de celuy qui les a faits.
Vous avez déja veu de belles choſesde luy, & vous en con- viendrez , quand ilmefera per- misdevous le nommer..
SUR LA PRISE
DE FRIBOVRG
Ndit que tous les Rois font les
vives Images
De l'Estre indépendant qui reçoit nos hommages,
Etqu'un écoulement de la Divinité Eaitfur lefront des Rois briller saMa jesté..
rbo LE MERCVRE
Maissi jamais un Roy dans sa toute puissance Apûtflater ſon cœur de cette reſſem- blance,
C'est le Roy des François , ce premier des Mortels
Qui de nos vieux.Héros renverſe les
Antels,
Qui tientfousfes Lauriers leursPat mes étouffée ,
Decesfaux Demy Dieux détruit tous les trophées,
Etprépare une Histoire à la Posteri té
Qui nepeut espérer que l'incrédulité.. Lorsque LOVISparoiſtdans une paix.
profonde,
Son ame eft occupée à gouverner le Monde, ৮
Etlesſoinsaffidus de ſon plus doux re--
pos Guident les mouvemens de cent mille
Héros.
Ceuxqui vont ſousſon Nomde Victorreen Victoire ,
>
Brillansdeses rayons , &convertsdefar gloire,
GALANT. 161
Sonttoujours agiſſansfur la Terre &les Mers ..
Etcraignent le reposplus que tous les dangers.
Créquy , c'estoit affezd'avoir dans ta
Campagne Arrêtéles efforsdecesRoisd'allemagne,
Et d'avoirfait connoistre , à tant de Souverains ,
Celuy quevent leCielpourMaistre des Humains.
Chaque instant , chaque pas valoitune Conqueste;
Maisdetant de Lauriers tu veuxchargertaTeste ,
Que le Sortde laGuerre avec tous fes bazars
N'aitplus pourtoy de foudre ,&te gale aux Césars.
LeSiegede Fribourg , cette haute Entrepriſe Apeineestoit connu , quand on a ſçen
Sapriſe;
:১
Et ceux qui chez le Prince avoient quelques accés,
S'informent du deſſein ,ont appris le Succés.
162 LE MERCVRE
Vy,gloire des François , vy Héros magnanime ,
Seurde tout nostre amour ,de toutenoStre estime ;
Mais en vivantpour nous, connois ce
que tu vaux ,
Etmenagetes jours parmy tant detravaux ;
Nenous force jamais à regretter un Homme
Que Fabrice enviroit , s'il renaiſſoir dansRome
Et laiſſe profiterles Peuplesfans effroy Dessoins d'un grand Sujet ſousles Loix d'unGrandRoy
CeMadrigald'une Perſonne dequalité ſur le meſme fujer ,
merite bienque vous le voyiez.
Ovelques datsd'Allemagne braves que foient ,
lesSolEtceux quifont nourrisſous les armes d'Espagne ,
On nevoitqu'enEsté leurs plus vail lansGuerriers..
:
GALANT. 163 Danslabelle Saiſon tout lemonde mois- Sonne;
Loüisſeul en Hyver , au Printemps,
dans l'Automne ,
Surl' Empire,en tous lieux ,fçait cüeillir desLauriers.
C'eſt aſſurément quelque choſe de ſurprenant , que d'a- voir ajoûté Fribourg dans le commencementde l'Hyver, aux Conqueſtes qui avoient eſté fai- tes avant le Printemps. Si-toſt qu'il fut pris , M le Mareſchal deCréquy y fit tracer de nou- velles Fortifications. M. leMarquis de Lambert Mareſchal de
Camp y doit commander , &
M. de S.Juſt ſous luy. Il eſtoit Lieutenant de Roydans Philif- bourg. Il ade la conduite , &
fçait faire valoir les avantages quedonnent les Placesde cette importance.. M. de Créquy ne
164 LE MERCVRE
F
demeura pas longtemps dans celle- cy.La Victoire l'appellant ailleurs , ily mena la Maiſon du
Roy. M.le Marquis de Genlis ,
& M le Comte de Broglio eſtantdejour , ſe mirent à la te- ſte de l'Armée. M. le Marquis deVillars qui commandoit trois censHommes avancez, rencontra plufieurs Regimés deCava- lerie, if en batit l'Arrieregarde,
qu'il poursuivit longtemps avec la meſme vigueur &la meſme conduite qu'il adéja fait paroi ſtre plufieurs fois pendant cette Campagne , quoy qu'il foit dans une grande jeuneffe. Il fit plus de ſoixante Priſonniers , entre
leſquels eſtoient deux Capitai- nes , &ily eurenviron quaran te Dragons tuez. Nous euffions pouffé nos avantages plus loin-,
fanousn'eufſſions pointeſtédans
GALANT. 165 unegorge de Montagne où les Troupes avoient beaucoup de peine àpaſſer. Les Ennemis en eurent plus de temps pour fuir.
On prit en ſuite la Ville &le Chaſteau de Vvalkvik , qui ſe rendirent apres avoir eſté ſom- mez. Ony trouva unegrande quantité de toute forte de Pro- viſions. Cette Place eſt à deux
lieuës de Fribourg dans uneVal- léequi conduit en Suabe.
Je ne puis quiter l'Armée d'Allemagne , ſans vous dire que les demeflez du Prince Charles &de Monfieur le Duc
de Vendoſme dont je vous ay parlé , ne regardent que les in- tereſts du Roy & de l'Empe- reur. Ils conſervent une par- faite eſtime &une fort grande honneſteté l'un pour l'autre.
Monfieur de Vendoſme, com
166 LE MERCVRE
me un des plus proches &des plus illuftres Parens de la Ducheſſe de Lorraine , luy a toû- jours rendu ſes devoirs , & l'a viſitée ſouvent à Strasbourg. Si ces Princes s'y rencontroient ,
ils feroient comme nos Braves,
de l'une&de l'autre Armée qui apres s'eſtre régalez malgré la diverſitédu Party , ſe batent au fortir des Lieux où l'on obſerve
la Neutralité comme s'ils ne
s'eſtoient point connus auparavant. ر
Fermer
Résumé : Ce qui s'est passé en Allemagne depuis la Iournée de Kokberg, la Prise de Fribourg, la Défaite d'une Arriere garde des Ennemis, & la Prise de Valkrik. [titre d'après la table]
Après la victoire de la Journée de Cokeburg, les ennemis furent désorganisés et harcelés par divers partis. Monsieur de Créquy ordonna au gouverneur de la Petite-Pierre d'envoyer des troupes derrière l'armée ennemie, perturbant ainsi leurs mouvements. Il fit également brûler les fourrages des lieux d'où les ennemis pouvaient se ravitailler, les forçant à chercher des ressources à huit lieues de distance. Les ennemis craignaient la prise de Sarbrük et s'éloignèrent progressivement de l'armée française. Malgré la maladie de Monsieur Jacquier, les ordres furent bien exécutés, assurant que les troupes françaises ne manquèrent de rien. Monsieur de Créquy prit le fourrage de quatre villages près de Strasbourg, justifiant cette action par la nécessité de se servir de ce qui était à portée. Les ennemis, après s'être ravitaillés, furent de nouveau en difficulté. Ils apprirent que leur imprudence à engager un combat à Cokeburg avait été blâmée à Vienne. Pendant qu'ils songeaient à prendre leurs quartiers d'hiver, il fut décidé d'assiéger Fribourg, une place importante située en partie sur une montagne et entourée par la rivière de Sana. Fribourg était la capitale du canton catholique de Fribourg, un évêché et l'une des universités les plus considérables des terres de l'Empereur. Sa prise était cruciale pour empêcher l'Empereur d'avancer sur les terres françaises et pour assurer la défense de Brisac. Les Français, connus pour leurs entreprises difficiles, résolurent d'investir Fribourg malgré les défenses et les munitions de la place. Monsieur de Créquy, après avoir perturbé les ennemis, partit pour Brisac avec diligence, ordonnant la préparation d'un pont de bateaux sur le Rhin. Il investit Fribourg avec une brigade de cavalerie et des dragons, malgré les défiles qui entravaient l'accès. Les ennemis, surpris, brûlèrent un de leurs faubourgs et tirèrent plusieurs volées de canon. Monsieur de Créquy disposa les quartiers des troupes pour éviter les souffrances et ouvrit la tranchée malgré les difficultés. Les Français, intrepides et accoutumés à vaincre, commencèrent la tranchée près de la place pour agir promptement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
424
p. 251-252
Prise du Chasteau de Bossu par M. le Mareschal de Humiere. [titre d'après la table]
Début :
Pendant qu'on s'est rendu maistre de Fribourg, Monsieur le [...]
Mots clefs :
Maréchal d'Humières, Château de Bossu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prise du Chasteau de Bossu par M. le Mareschal de Humiere. [titre d'après la table]
Pendant qu'on s'eſt rendu
maiſtre de Fribourg ,Monfieur le Marefchal de Humieres n'eft
pas demeuré inutile en Flandre:
Ha pris le Chaſteau de Boffiu Il auroit falluautrefois faire un
Siege dans les formespour une pareille Conqueſte ; mais les François d'aujourd'huy vont
GALANT. 167 plus viſte , & rien n'eſt capable
de les arreſter.
maiſtre de Fribourg ,Monfieur le Marefchal de Humieres n'eft
pas demeuré inutile en Flandre:
Ha pris le Chaſteau de Boffiu Il auroit falluautrefois faire un
Siege dans les formespour une pareille Conqueſte ; mais les François d'aujourd'huy vont
GALANT. 167 plus viſte , & rien n'eſt capable
de les arreſter.
Fermer
425
p. 252-254
Réponse aux Belles de Paris, de Lyon, de Noyon, & de Poitou, dont l'Autheur du Mercure a reçeu des Lettres. [titre d'après la table]
Début :
Il ne me reste plus, Madame, qu'à vous parler de [...]
Mots clefs :
Énigme, Amies, Lettre R, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse aux Belles de Paris, de Lyon, de Noyon, & de Poitou, dont l'Autheur du Mercure a reçeu des Lettres. [titre d'après la table]
Il ne me reſte plus, Madame,
qu'à vous parler de l'Enigme de ma derniere Lettre , dont il
eſt vray que vos Amies ont trouvé le mot. Celle de la
Lettre R les devoit empeſcher de croirequ'on en euſt fait une feconde fur une autre Lettre de
l'Alphabet , mais je voy bien qu'elles ne ſe laiſſent pas aifé- mentembarraſſer.Vous ne ſcau- riez vous imaginer combienj'ay reçeu d'agreables Lettres là-def fus. Je vous enferoispart,ſi elles ne m'eſtoient pas trop avanta- geuſes. J'enay unede quelques Dames de Paris , àqui je ſuis
bien fâché d'avoir à dire pour réponſe qu'elles ont perdu la difcretion , &que l'Abbé dont elles meparlent a deviné juſte.
168 LE MERCVRE
Vous voyez par làque l'Enigme a fait faire des gageures.De tres- ſpirituelles Provinciales m'ont auſſi écrit de Noyon&de Lyon;
mais ce qu'elles m'ont écrit eft fi obligeant pour moy , que je n'oſe le rendre public. Les der- nieres datent fort ingénieuſe- ment de la Ville d'V , & me
diſent qu'elles ne ſe ſont pas mal trouvées d'avoir conſulté
Apollonius au lieu d'Apollon.
S'il eſt auſſi grand Sorcier qu'- elles veulent queje le croye , je tâcheray d'y trouver accés pour ſçavoir qui sõtdeux belles Cou- fines de Poitoudont j'ay reçeu des Lettres toutes charmantes.
Je dis belles , parce qu'elles me paroiſſent trop galantes pour n'avoir pas autant de beauté qu'elles ont d'agrément à s'ex- primer. Si j'y puis reüffir , Ma- dame ,
GALAN T. 169
dame , je vous en feray le Por- trait la premiere fois que je vous écriray , &je m'imagineque je le feray afſſez reſſemblant. Je ſuis déja convaincuqu'ellesont autant d'eſprit qu'on en peut avoir , &àleur maniere d'écrire
il ne m'eſt pas difficile de con- noiſtre qu'elles fontdequalité.
qu'à vous parler de l'Enigme de ma derniere Lettre , dont il
eſt vray que vos Amies ont trouvé le mot. Celle de la
Lettre R les devoit empeſcher de croirequ'on en euſt fait une feconde fur une autre Lettre de
l'Alphabet , mais je voy bien qu'elles ne ſe laiſſent pas aifé- mentembarraſſer.Vous ne ſcau- riez vous imaginer combienj'ay reçeu d'agreables Lettres là-def fus. Je vous enferoispart,ſi elles ne m'eſtoient pas trop avanta- geuſes. J'enay unede quelques Dames de Paris , àqui je ſuis
bien fâché d'avoir à dire pour réponſe qu'elles ont perdu la difcretion , &que l'Abbé dont elles meparlent a deviné juſte.
168 LE MERCVRE
Vous voyez par làque l'Enigme a fait faire des gageures.De tres- ſpirituelles Provinciales m'ont auſſi écrit de Noyon&de Lyon;
mais ce qu'elles m'ont écrit eft fi obligeant pour moy , que je n'oſe le rendre public. Les der- nieres datent fort ingénieuſe- ment de la Ville d'V , & me
diſent qu'elles ne ſe ſont pas mal trouvées d'avoir conſulté
Apollonius au lieu d'Apollon.
S'il eſt auſſi grand Sorcier qu'- elles veulent queje le croye , je tâcheray d'y trouver accés pour ſçavoir qui sõtdeux belles Cou- fines de Poitoudont j'ay reçeu des Lettres toutes charmantes.
Je dis belles , parce qu'elles me paroiſſent trop galantes pour n'avoir pas autant de beauté qu'elles ont d'agrément à s'ex- primer. Si j'y puis reüffir , Ma- dame ,
GALAN T. 169
dame , je vous en feray le Por- trait la premiere fois que je vous écriray , &je m'imagineque je le feray afſſez reſſemblant. Je ſuis déja convaincuqu'ellesont autant d'eſprit qu'on en peut avoir , &àleur maniere d'écrire
il ne m'eſt pas difficile de con- noiſtre qu'elles fontdequalité.
Fermer
Résumé : Réponse aux Belles de Paris, de Lyon, de Noyon, & de Poitou, dont l'Autheur du Mercure a reçeu des Lettres. [titre d'après la table]
L'auteur d'une lettre discute de l''Enigme de ma dernière Lettre'. Il mentionne que les amies de la destinataire ont résolu cette énigme, malgré la difficulté posée par la lettre 'R'. L'auteur a reçu de nombreuses lettres agréables à ce sujet, y compris celles de dames parisiennes qui ont perdu leur discrétion. L'énigme a suscité des paris et des lettres de femmes spirituelles de Noyon et Lyon, bien que l'auteur ne puisse pas rendre public leur contenu. Des lettres ingénieuses proviennent également de la ville d'U. L'auteur exprime son désir de connaître deux femmes de Poitiers qui lui ont écrit des lettres charmantes. Il les décrit comme galantes et spirituelles, et il est convaincu de leur qualité. Il promet à la destinataire de lui décrire ces femmes lors de sa prochaine lettre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
426
p. 254-255
Explication de l'Enigme du 8. Tome du Mercure. [titre d'après la table]
Début :
Je reviens à l'Enigme. Vos Amies n'ont pas seules [...]
Mots clefs :
Lettre V, Deviner, Amies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication de l'Enigme du 8. Tome du Mercure. [titre d'après la table]
mies n'ont pas ſeules deviné qu'elle n'eſt rien autre choſe
que la Lettre V. Outre toutes les Lettres que vous voyez qui m'ont eſté écriteslà-deſſus ,j'en ay reçeu pluſieurs Explications en Versque je ne vous envoye point, par la craintede rendre I'Articletrop long. Ilya entr'au- tres un Sonnet qui a eſté fait pour des Damesqui obligerent un Homme de qualité qui a
long-temps ſervydans les ArTome IX. H
170 LE MERCVRE
:
mées, àlefaire en leur prefence.
Il eſt tout plein d'eſprit , & fait connoiſtre fort ingénieuſement
que la Lettre a de grands avantages , puis qu'elle ſe ren- contre au milieu du Nom du
plusgrandRoyde la Terre.
que la Lettre V. Outre toutes les Lettres que vous voyez qui m'ont eſté écriteslà-deſſus ,j'en ay reçeu pluſieurs Explications en Versque je ne vous envoye point, par la craintede rendre I'Articletrop long. Ilya entr'au- tres un Sonnet qui a eſté fait pour des Damesqui obligerent un Homme de qualité qui a
long-temps ſervydans les ArTome IX. H
170 LE MERCVRE
:
mées, àlefaire en leur prefence.
Il eſt tout plein d'eſprit , & fait connoiſtre fort ingénieuſement
que la Lettre a de grands avantages , puis qu'elle ſe ren- contre au milieu du Nom du
plusgrandRoyde la Terre.
Fermer
Résumé : Explication de l'Enigme du 8. Tome du Mercure. [titre d'après la table]
Le texte évoque la découverte de la lettre 'V' et ses avantages. Plusieurs lettres et explications en vers ont été reçues, mais ne sont pas incluses pour éviter d'allonger l'article. Un sonnet, destiné à des dames ayant contraint un homme de qualité ayant servi dans les armées, démontre les avantages de la lettre 'V', notamment sa présence dans le nom du plus grand roi de la Terre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
427
p. 255-256
« Autre Enigme à proposer aux belles Personnes à qui vous [...] »
Début :
Autre Enigme à proposer aux belles Personnes à qui vous [...]
Mots clefs :
Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Autre Enigme à proposer aux belles Personnes à qui vous [...] »
AutreEnigme àpropoſer aux belles Perſonnes àqui vous faites part demes Lettres. Elle est un peu longue , mais je la tiens juſte; & vous souviendrez , s'il vous plaiſt , quej'en attens l'ex- plication ſur chaque Article. Je vous feray partde celles qu'on medonnera
Fermer
428
p. 256-259
ENIGME
Début :
Je suis un vaste Corps, composé de Parties [...]
Mots clefs :
Armée des Confédérés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME
ENIGME.
J
E ſuis unvaſte Corps , composé de Parties
Inégalement Afforties.
Avantque j'en fuſſe formé Toutes séparement mées,
avoient esté forEtjene me trouve animé Que dece qui ſans moyles tenoit ani- mées.
MesMembres ont eſtéfans nul ordre construits ,
Pointde teſte en mon Corps ; pour des Bras,j'enfourmille.
Pareuxjefais ce quejepuis,
Etpourlanaiſſance,jesuis D'illustre tout ensemble &de baſſe Famille.
Lefais tous mes efforts chaque
groffir jourpow
2
Hij
172 LE MERCVRE Croyant me rendre formidable ;
Mais si pour la groſſeur on me voit reüfsir ,
Bienloind'en estre redoutable ,
Plusjeparois énorme en épaisseur ,
Plusje me montrefoible , &fais voir quej'aypeur.
Outre qu'avec le temps mes Membres s'agrandiffent ,
Quelquefois tout-à-coup ilm'en vient denouveaux;
Etcomme à mesbeſoins cesont eux qui fourniffent,
Souvent je lesſepare , &me metspar
morceaux.
Chacun deson costé marche , agit ,se
remue,
Et lorsque durepospour moy l'heure eft .
venue ,
Etqu'en lesraſſemblant je cherche àme
nourrir,
Ie fuisfi malheureux dans ma difette
extréme ,
Queie ne puis trouver dequoy me ſecourir Qu'enme battant contre moy-mesme. こ
GALANT. 173
Encertaintemps ieſuisſeur d'expirer.
Maissiie m'entens bien avec chaque
Partie
Qui compose mon Corps &me fait re- Spirer,
Iepuis me racheter lavie.
Quelques soinsque i'employe àconferverce Corps,
Quelquefois malgré mes efforts As'entredéchirer mes Membresse hazardent.
Legrand éclat me bleſſe , &iamais du
Soleil
Le trop brillans rayons contre moy ne Sedardent ,
Que je n'en fouffre un tourment ſans
pareil.
J
E ſuis unvaſte Corps , composé de Parties
Inégalement Afforties.
Avantque j'en fuſſe formé Toutes séparement mées,
avoient esté forEtjene me trouve animé Que dece qui ſans moyles tenoit ani- mées.
MesMembres ont eſtéfans nul ordre construits ,
Pointde teſte en mon Corps ; pour des Bras,j'enfourmille.
Pareuxjefais ce quejepuis,
Etpourlanaiſſance,jesuis D'illustre tout ensemble &de baſſe Famille.
Lefais tous mes efforts chaque
groffir jourpow
2
Hij
172 LE MERCVRE Croyant me rendre formidable ;
Mais si pour la groſſeur on me voit reüfsir ,
Bienloind'en estre redoutable ,
Plusjeparois énorme en épaisseur ,
Plusje me montrefoible , &fais voir quej'aypeur.
Outre qu'avec le temps mes Membres s'agrandiffent ,
Quelquefois tout-à-coup ilm'en vient denouveaux;
Etcomme à mesbeſoins cesont eux qui fourniffent,
Souvent je lesſepare , &me metspar
morceaux.
Chacun deson costé marche , agit ,se
remue,
Et lorsque durepospour moy l'heure eft .
venue ,
Etqu'en lesraſſemblant je cherche àme
nourrir,
Ie fuisfi malheureux dans ma difette
extréme ,
Queie ne puis trouver dequoy me ſecourir Qu'enme battant contre moy-mesme. こ
GALANT. 173
Encertaintemps ieſuisſeur d'expirer.
Maissiie m'entens bien avec chaque
Partie
Qui compose mon Corps &me fait re- Spirer,
Iepuis me racheter lavie.
Quelques soinsque i'employe àconferverce Corps,
Quelquefois malgré mes efforts As'entredéchirer mes Membresse hazardent.
Legrand éclat me bleſſe , &iamais du
Soleil
Le trop brillans rayons contre moy ne Sedardent ,
Que je n'en fouffre un tourment ſans
pareil.
Fermer
429
p. 259
« Je suis, Madame, vostre, &c. A Paris ce 30. Novembre [...] »
Début :
Je suis, Madame, vostre, &c. A Paris ce 30. Novembre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je suis, Madame, vostre, &c. A Paris ce 30. Novembre [...] »
Je suis, Madame, vostre, &c. A Paris ce 30. Novembre 1677.
Fermer
430
s. p.
« On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le premier [...] »
Début :
On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le premier [...]
Mots clefs :
Tome, Distribuer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le premier [...] »
O
N donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le pre<
tnier jour de chaque Mois fans aucun retardement. Il Te diftribuëra tou*
jours en blanc chez le Sieur Blageart,
Imprimeur-Libraire, Rue S.Jacques,
à l’entrée de la Rue du Plaftre. Et au
Palais, où on le vendra vingt fols
relié en Veau , quinze relié en
Parchemin.
N donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le pre<
tnier jour de chaque Mois fans aucun retardement. Il Te diftribuëra tou*
jours en blanc chez le Sieur Blageart,
Imprimeur-Libraire, Rue S.Jacques,
à l’entrée de la Rue du Plaftre. Et au
Palais, où on le vendra vingt fols
relié en Veau , quinze relié en
Parchemin.
Fermer
431
s. p.
Table des Matieres contenuës en ce Volume.
Début :
Decolaration d'amour d'un Ruisseau à une Praire. Histoire de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Table des Matieres contenuës en ce Volume.
Table des Matières contenues
en ce Volume.
D
Eclaration damour d'un 7(uiffieau a une Traine,
Lfifioire de T^oüen.
jtfonfieur l\.AbbéToudens efi nommé
à 1*E^efiehé de Tarbes 9 .Monfieur
l bbé de Sufie à celuy de <£.Orner
Monfieur Téïïier Curé de S.Scycrin à celuy de Tignés.
Efifire en Eers a Monfieur le Tue de
S.Aignan.
La fieyne 'vient 'Efiter Madame la
Tuchefie de (fiufiol fendant fes
Couches.
^etourde Monfieurle Tue deLuxembourg de l'Armée de Flandres,
Quartiers d*Lfy'terdonnes^ aux Trou*
fes du L^oy.
Sa Majefiédonne la Charge de Lieu^
tenant deficydanslaManteGuyenne
TABLE.
d Monfieur le (Jointe de la Serre,
Retour de Monpeurle 'Vue du Maine
des Eaux de Earrége.
Lettre en Ters CE en ^rofe en forme
de Legende de Eourbon , dans laquelle ilefi parlé de ceux quiy ont
eflé prendre des taux penaant
l*Automne.
Concert donne'à Nimégue cbe^ Monfleurle Marefchal d*Eftrades> aye£
quelques Tnflrumens nouveaux.
Sonnet contre le Mercure Galant.
Lettre écrite d'un Vefertprès de Grenoble,
Le perroquet CE laGuenucbe, Fable,
à Mademoifèlle de M,
Lettre Galante à Madame de F»
Amours de Thiton CE de VAurore,
petitOpéra reprefentéche^ungrand
Minifire.
LeEpy donne l*Abbaye de Farmontief
d Madame lAbbejfè de Sainte Me •
nehoult, celle de Sainte Menehoult
d Madame du Toulay, CE telle de
S.lacunesfret r£onrbi>n à
T A B LE.
deVdudetart- 'BGurnonVille'Perfitn.,
•peux Arcs de Triomphefont trouve^
fous terre à fheims,furlefquels M,
de Santeüil fhanoine de S, Ficlor
fait des Vers.Eloge de cetteMaifon.
folle des Faijfèaux du foy à Toulon»
IIAmant Vantoitff Ififtoire.
Filsla Lieutenanoe de foy des Fille
Citadelle de Montelimar, &
celle de la Fille & Qitadellede Falance à M. de Gênas.
Mefleurs de fenel> de Flamarin, de
'Beaulieu rjF de ForteVillefont reçeus
Chevaliers de lOrdre de S. Lazare,
Ees Fleurs, Idylle de Madame tDefhoulieres.
Mort de Madame de Torigny.
Mort de Madame la Marefchale
d ’AIbret.
Tefiription d'une iEorloge extraordinaire prefente'e au Ify & ^[ai doit
ejlrefuffenduit comm e unBufire.
TABLE.
'Mademofelle de F"aillacprendCLfa^
hit de farmelite.
Monfeigneur le Dauphin monte pour
la premièrefols des Chevaux d'Ecole> apprendàfaire des Armes. I
& qui s'efipajfe en Sicile pendant
cette Campagne.
-Le 7(oy donne à M. de Eregy laLieutenance Colonelle du Régiment de
fru/Jol* Vacantepar la mort de M. j
de Chafienay.
M. d'Obeille efifiacre Eyefiqxe d'Orange.
Magnifique ‘fiepas donne d Son AL
tefèfoyale par M. le Duc d*Anmont. '
Mortde Jd. le Trefidtnt du Tillec.
Divers Emplois defeu M. d'Aligrty
far lefiquels il eftoit partMiu à la
Charge de fihancelier. , I
Complimens faits à M. le TeHierpar
Jd.IaJJaut Doyen des Maifires des
TfequefieS) M. Faroquier Trefident
au Dureau des Finances ,
' M»
terrier Secretaire du Confieil
Mis
Allemagne depuis
table.
Jhf. lt Trocursur General demande
Lenregiftrément de fis Lettres au
Parlement: Ellesyfintleués, <&> il
furiefur cefitjet,
FL I*AbbéFlechierfaitfon Compliment au mefine à la tefie de LAcademie Françoifie, dont il efi ‘Direcleur.
Fers au mefine.
Ce qui s'efipajfe en Allemagne depuis
la Tournée de Dp{berg, U Frifie de
Fribourg, la Défaite d'une Arriéré
garde des Ennemis3 la Trife de
Fallf\.
Prifi du fbafieau de DoJJu par M.
le Marefchal de ILumiere'-
^eponfi aux Déliés de Tarisfie Lyon,
de Moyonp'gp de Toitou, dontEAutbeur du Mercure a reçeu des Lettres^
Explication de l'Enigme du S. Tome
du Mercure. \ *w t
Enigme.
Fin de la Table.
j. .. - i. w , J LU:.. >. .) Tome 9, ■'
en ce Volume.
D
Eclaration damour d'un 7(uiffieau a une Traine,
Lfifioire de T^oüen.
jtfonfieur l\.AbbéToudens efi nommé
à 1*E^efiehé de Tarbes 9 .Monfieur
l bbé de Sufie à celuy de <£.Orner
Monfieur Téïïier Curé de S.Scycrin à celuy de Tignés.
Efifire en Eers a Monfieur le Tue de
S.Aignan.
La fieyne 'vient 'Efiter Madame la
Tuchefie de (fiufiol fendant fes
Couches.
^etourde Monfieurle Tue deLuxembourg de l'Armée de Flandres,
Quartiers d*Lfy'terdonnes^ aux Trou*
fes du L^oy.
Sa Majefiédonne la Charge de Lieu^
tenant deficydanslaManteGuyenne
TABLE.
d Monfieur le (Jointe de la Serre,
Retour de Monpeurle 'Vue du Maine
des Eaux de Earrége.
Lettre en Ters CE en ^rofe en forme
de Legende de Eourbon , dans laquelle ilefi parlé de ceux quiy ont
eflé prendre des taux penaant
l*Automne.
Concert donne'à Nimégue cbe^ Monfleurle Marefchal d*Eftrades> aye£
quelques Tnflrumens nouveaux.
Sonnet contre le Mercure Galant.
Lettre écrite d'un Vefertprès de Grenoble,
Le perroquet CE laGuenucbe, Fable,
à Mademoifèlle de M,
Lettre Galante à Madame de F»
Amours de Thiton CE de VAurore,
petitOpéra reprefentéche^ungrand
Minifire.
LeEpy donne l*Abbaye de Farmontief
d Madame lAbbejfè de Sainte Me •
nehoult, celle de Sainte Menehoult
d Madame du Toulay, CE telle de
S.lacunesfret r£onrbi>n à
T A B LE.
deVdudetart- 'BGurnonVille'Perfitn.,
•peux Arcs de Triomphefont trouve^
fous terre à fheims,furlefquels M,
de Santeüil fhanoine de S, Ficlor
fait des Vers.Eloge de cetteMaifon.
folle des Faijfèaux du foy à Toulon»
IIAmant Vantoitff Ififtoire.
Filsla Lieutenanoe de foy des Fille
Citadelle de Montelimar, &
celle de la Fille & Qitadellede Falance à M. de Gênas.
Mefleurs de fenel> de Flamarin, de
'Beaulieu rjF de ForteVillefont reçeus
Chevaliers de lOrdre de S. Lazare,
Ees Fleurs, Idylle de Madame tDefhoulieres.
Mort de Madame de Torigny.
Mort de Madame la Marefchale
d ’AIbret.
Tefiription d'une iEorloge extraordinaire prefente'e au Ify & ^[ai doit
ejlrefuffenduit comm e unBufire.
TABLE.
'Mademofelle de F"aillacprendCLfa^
hit de farmelite.
Monfeigneur le Dauphin monte pour
la premièrefols des Chevaux d'Ecole> apprendàfaire des Armes. I
& qui s'efipajfe en Sicile pendant
cette Campagne.
-Le 7(oy donne à M. de Eregy laLieutenance Colonelle du Régiment de
fru/Jol* Vacantepar la mort de M. j
de Chafienay.
M. d'Obeille efifiacre Eyefiqxe d'Orange.
Magnifique ‘fiepas donne d Son AL
tefèfoyale par M. le Duc d*Anmont. '
Mortde Jd. le Trefidtnt du Tillec.
Divers Emplois defeu M. d'Aligrty
far lefiquels il eftoit partMiu à la
Charge de fihancelier. , I
Complimens faits à M. le TeHierpar
Jd.IaJJaut Doyen des Maifires des
TfequefieS) M. Faroquier Trefident
au Dureau des Finances ,
' M»
terrier Secretaire du Confieil
Mis
Allemagne depuis
table.
Jhf. lt Trocursur General demande
Lenregiftrément de fis Lettres au
Parlement: Ellesyfintleués, <&> il
furiefur cefitjet,
FL I*AbbéFlechierfaitfon Compliment au mefine à la tefie de LAcademie Françoifie, dont il efi ‘Direcleur.
Fers au mefine.
Ce qui s'efipajfe en Allemagne depuis
la Tournée de Dp{berg, U Frifie de
Fribourg, la Défaite d'une Arriéré
garde des Ennemis3 la Trife de
Fallf\.
Prifi du fbafieau de DoJJu par M.
le Marefchal de ILumiere'-
^eponfi aux Déliés de Tarisfie Lyon,
de Moyonp'gp de Toitou, dontEAutbeur du Mercure a reçeu des Lettres^
Explication de l'Enigme du S. Tome
du Mercure. \ *w t
Enigme.
Fin de la Table.
j. .. - i. w , J LU:.. >. .) Tome 9, ■'
Fermer
Résumé : Table des Matieres contenuës en ce Volume.
Le document est une table des matières d'un volume contenant divers textes et correspondances. Il inclut des déclarations d'amour, des lettres et des poèmes adressés à des personnalités notables. On y trouve également des annonces de nominations et de promotions dans l'Église et l'armée. Les événements mentionnés comprennent des concerts, des représentations théâtrales, et des descriptions de cérémonies et de fêtes. Le texte évoque des décès de figures importantes, des descriptions de monuments et des événements militaires en Allemagne et en Sicile. Des lettres et des poèmes traitent de sujets variés, allant de la vie quotidienne à des événements politiques et culturels. Enfin, le document mentionne des compliments et des hommages rendus à des personnalités influentes, ainsi que des explications d'énigmes publiées dans le Mercure Galant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
432
s. p.
AVIS.
Début :
Je prie ceux qui m'ont fait la grace de m'envoyer [...]
Mots clefs :
Imprimer, Embellir, Acheter
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
E prie ceux qui m'ont fait lagracede n'envoyer des Hiſtorietes , des Vers , &
d'autres Pieces Galantes , de ne ſe point impatienter s'ils ne les trouvent pas dans ceVolume. Commej'en reçois de tous cô- tez , il m'eſt impoffible de mettre toutdans lemeſmetemps ,&je ſuis obligéde préfe- rer ce qui a le plus de rapport aux nouvel- lesdu Moisdans lequel j'écris ; mais enfin tout le monde aura ſontour , &je n'oſte- ray à perſonne lagloire qu'on doit atten- dredes agreables choſes qu'on me donne pour embellir leMercure.
Ceux qui l'acheteront , doivent prendre garde qu'il ne ſoit pas d'une Impreſſion contrefaite. On l'imprime dans pluſieurs Villehors du Royaume,ſur tout à Nimégue &à Bruxelles , & l'on envoye des Exem- plaires contrefaits dans quelques Provin- cesde France. Ils ſont remplisde quantité de fautes , comme le ſont ordinairement tous les Livres que l'on contrefait avec précipitation.Mais ce n'eſt pas le ſeuldefaut qu'ils ayent ; & fi l'on prend la peine de les examiner, onles trouverade plus petites Lettres,&moins amples que les veritables,
parce que les Etrangers ſupriment la plus grandepartiedece qui eſt deſavantageux leurNation , &glorieux à laFrance.
E prie ceux qui m'ont fait lagracede n'envoyer des Hiſtorietes , des Vers , &
d'autres Pieces Galantes , de ne ſe point impatienter s'ils ne les trouvent pas dans ceVolume. Commej'en reçois de tous cô- tez , il m'eſt impoffible de mettre toutdans lemeſmetemps ,&je ſuis obligéde préfe- rer ce qui a le plus de rapport aux nouvel- lesdu Moisdans lequel j'écris ; mais enfin tout le monde aura ſontour , &je n'oſte- ray à perſonne lagloire qu'on doit atten- dredes agreables choſes qu'on me donne pour embellir leMercure.
Ceux qui l'acheteront , doivent prendre garde qu'il ne ſoit pas d'une Impreſſion contrefaite. On l'imprime dans pluſieurs Villehors du Royaume,ſur tout à Nimégue &à Bruxelles , & l'on envoye des Exem- plaires contrefaits dans quelques Provin- cesde France. Ils ſont remplisde quantité de fautes , comme le ſont ordinairement tous les Livres que l'on contrefait avec précipitation.Mais ce n'eſt pas le ſeuldefaut qu'ils ayent ; & fi l'on prend la peine de les examiner, onles trouverade plus petites Lettres,&moins amples que les veritables,
parce que les Etrangers ſupriment la plus grandepartiedece qui eſt deſavantageux leurNation , &glorieux à laFrance.
Fermer
Résumé : AVIS.
L'auteur d'un avis informe les contributeurs que toutes les œuvres reçues ne pourront pas être incluses dans le volume actuel du Mercure en raison de la quantité de contributions et de la nécessité de privilégier les pièces en rapport avec les nouvelles du mois en cours. Il assure toutefois que toutes les contributions seront publiées ultérieurement. Par ailleurs, l'auteur met en garde les acheteurs contre les éditions contrefaites du Mercure, imprimées dans diverses villes hors du Royaume, notamment Nimègue et Bruxelles. Ces contrefaçons contiennent de nombreuses fautes et sont imprimées avec des lettres plus petites et moins amples, car les étrangers suppriment les parties glorifiant la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
433
s. p.
« Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...] »
Début :
Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...] »
Et ledit Sieur Dan. a cédé fon droit de
Privilège à C. Blageart, Imprimeur-Libraire, fuivaut l’accord fait entr’eux.
Privilège à C. Blageart, Imprimeur-Libraire, fuivaut l’accord fait entr’eux.
Fermer
434
s. p.
« Achevé d'imprimer pour la premiere fois le premier Novembre 1677. [...] »
Début :
Achevé d'imprimer pour la premiere fois le premier Novembre 1677. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Achevé d'imprimer pour la premiere fois le premier Novembre 1677. [...] »
Achevé d'imprimer pour la premiere fois le premier Novembre 1677.
Fermer
435
s. p.
AU LECTEUR.
Début :
VOICY le dixième Volume du Mercure, & le dernier de [...]
Mots clefs :
Lecteur, Planches, Nouvelles, Livre, Femmes, Galanterie, Modes nouvelles, Prix, Articles, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU LECTEUR.
AV LECTEUR.
OICY le dixiéme Volume du Mercure , &
le dernier de l'Année
1677. car quoy qu'il paroiſſe en Ianvier , il ne contient que les Nouvelles du MoisdeDecembre , &on ne donnera que le
premier jour de Fevrier celuy qui commencera l'Année 1678. Le
fuccés de ce Livre a estéextraordinaire. Ie ne doute point qu'il ne
foitdeûauxprodigesde cetteCam- pagne, aux Vers galans&ferieux,
&aux Pieces d'Eloquence qu'on m'a fait la grace de me donnerde
toutes parts , &c'est peut-estre le
feul Livre dont un Autheur puiffe publier le fuccés Sans paroiſtre wain , puis qu'en cela il ne love
a ij
AU LECTEUR.
que les ouvrages d'autruy. Ie me trouve meſme dans quelque obli- gation de ne pas taire l'approbation qu'on a donnée au Mercure ,
afin que ceux qui m'ont envoyé les agreables Pieces qui te composent,
connoiſſfent qu'elles ont plû par tout;
ce qu'il me feroit aisé de justifier parplus de quatre cens Lettres qui m'ont été écritesfur le plaisir que falecture acaufé. Lest certain que pours'en declarer l'ennemy, ilfau droit vouloir qu'iln'y eût ny Braves my beaux Esprits en France, &con- damner en même temps toutes les Actions de valeur , &tous les galans Ouvrages de ceux qui écrivět.
Ieſçay que leTitre afait croire d'abord que le Mercure estoitfim- plementgalant , &qu'ilne devoit tenirplace que dans la Bibliothe- que des Femmes , mais on est forty de cette erreur quand on y a ven
AU LECTEUR.
des Pieces d'éloquence, desHarangues, des Relations fidelles &exaEtes,des Sieges &des Batailles,des
Evenemens remarquables,des morceauxd'Histoire , &des Memoires
glorieux àdes Familles. Alorsil eft
devenu le Livredes Sçavans &des
Braves,aprés avoir étéle divertiſ Semet du beau Sexe;&une marque incontestable deſonſuccés, c'est qu'il a esté affez heureux pour plaire à
Monseign. leDAUPHIN , &que ce GrandPrince veut bien foufrir qu'il paroiſſe toûjours à l'avenir SousSonNom.Ainsivous verrez ce Nomauguste àla tefte de celuy qui contiendra les Nouelles de Ianvier,
&pourleredre moins indigne d'un figrandhonneur, il commencera en ce temps- lààparoître avec tous lesornemens dont un Livre de cette
nature puiſſe eſtre embelly. Onfera graver dans chaque Volume trois aij
AU LECTEUR.
ouquatre Planches,ſuivant les Sujets dont le Mercure parlera ; &
come les Enigmesfont devenuës un Ieud'esprit quiplaiſt , comme on be voit par un nombre infiny de Gens qui cherchent ày donner des Ex- plications,outre celles quiferont en Vers àl'ordinaire,on enmettra tous.
Les Moisune autre en Figures, dont on laifſfera le mot àdeviner. Ony
trouvera trois ou quatre Chansons dont les Notesferontgravées.Elles feront compofées par les meilleurs Maistres , & notées exprés pourle Mercure,defortequ'onpeut s'afſfu- rer qu'elles auront toute la grace de la nouveauté, puis queperſonne ne les aura venës avant que le Volumeoù ellesferont,foit envente.. Ceux quivoudront envoyer des Pa roles,le pourront faire,on aura ſoin deles faire noterfiellesse trouvent propres à être chantées. Ily aura FesCartes dagalanterie, la pre
AU LECTEUR.
miere qui paroiſtra , Sera l'Empire de la Poësie de M.de Fontenelle.On peut croire fur ce nom qu'elle ne manquerapas d'agrément. Ondon- nera auſſichaque Mois des Deffeins gravez des Modes nouvelles , &
quand on aura commencé , on ne
discontinueraplus,mais ilfaut éta- blirbeaucoupde chofes pour cela,&
lier commerce avec bien des Gens.
Cefera une commodité pour ceux qui aurot inventé quelque chose de nouveau, dans l'envie de contribuer
auplaisir deMgleDAUPHIN on qui auront quelque chef-d'œuvre d'Art àpropoſer au Public. Ils pourroten aporter les deſſeins,&on lesfera graver, s'ils meritent cette dépense. Ellefera grandepour tous ces embelliffemens, &devroitfaire rencherir leMercure de beaucoup
cependant come on s'attacke plus à
lagloire qu'àl'interêt,l'augmenta- tiaduprixſeratres-pen coſiderable
AU LECTEUR.
puisqu'ilneſevědrachezl'Impri- meurqueseizefols en blanc , &au Palais vintgfols en parchemin,&
vingt-cingfols en veau. LePublic areçeu ce Livreſifavorablement,
qu'il est juste de luy enmarquerde Lareconnoiffance par les nouvelles beautez qu'on luy prestera. Mais pourestre aſſuré d'en joüir , ildoit prendre garde si on ne luy vend point deMercures contrefaits. Il nesuffit pas de voiraubas qu'ils ont esté imprimez àParis ; c'est ce qu'onnemanque jamais d'ymettre pour empeſcher qu'on ne les rejet- te commefaux. Il faudra exami ners'ils auront les Lettres fleuron- nées &figurées , les vignetes , le Frontispice,&generalement toutes les Planches queje viens dedire,
qui feront àl'avenir dans les ve- ritables. Ceuxquife hazarderont àles contrefaire dans les Provin-
AU LECTEUR.
ces , s'il s'en trouve qui s'yveüit- lent expofer , comme ils lesdebite- ront fans Figures ,feront obligez d'ofter beaucoup de la matiere qui aura relation avec les Planches,&
tout le reste demeurant fant liai- fon,fera unpurgalimatias ; outre qu'un Livre contrefait eft toûjours remply de fautes, &qu'un Libraire quifonge à l'épargne,en retranche beaucoupde chofespour yemployer moins de feüilles. Il ne faut pas s'étonner ſi des Livres fidéfigurez Se donnent à meilleur marchéque les veritables,&c'est cette medio- crité de prix qui peut encorfaire voir qu'ils ne lefont pas. On prie ceux qui auront des Memoires à
dõner, de les adreſſfer au SieurBla- geart Imprimeur &Libraire , de- meurant à Paris Ruë S. Iacques, à
l'entrée de la Rue du Plâtre, &de
fairesçavoiren quel lieu on pourra
AU LECTEUR.
eftre éclaircy des circonstances das letemps quelesArticlesferont em- ployez. Pour les Histoires envoyées
pardes Particuliers,on croit devoir avertirunefois pour toutes , quefi on yretouche, c'est seulementpour les mettre dans le ſtile ferré du
Mercure,qui doit eftre lemémepar tout ou pour ofter quelquefois des chofes qui font trop libres , ou qui fatirisant trop,pourroient chagri- ner les Intéreſſez. S'ilarrive qu'on difére à mettre dans le Mois les choses qu'ondonne,ce n'est qu'àl'é- garddes Galanteries,qui n'ont au- tunbeſoin de l'ordre du temps,mais toft ou tard on y met tout ce qui est bon,ou quandonne le metpoint, ce n'estpas qu'on n'y trouve beaucoup d'eſprit,mais ily a des chofes tres- Spirituelles &tres-bie tournées qui neſont pas bonnes àimprimer. On nesçauroit avoirtrop de circonfpe-
AU LECTEUR.
LA
VILLE
Etion àrendre le Mercure digne
d'eſtre toûjours lûdans des lieux d'où lamoindrelibertéle banniroit.
Comme beaucoup de Perſonnesfont lagrace d'écrireà l'Autheur,il les priede ne point trouver mauvais s'il se diſpenſe de leurrépondre.
Outre qu'il a besoin deson temps pour travailler &pour s'informer des Nouvelles de chaque Mois, it 2006
croit répondre affez quand il met
les Ouvrages qu'ontuy envoye. Les Libraires de Provincefont avertis
qu'on leur fera bon marchéàpro portion del'éloignement des lieux,
&de ce qu'il leur pourra couster pour leport. Chacun n'aura qu'à envoyer Son Correspondant chez led.SieurBlageart, &onyféra les
Paquets tantpourles Libraires que
pour les Particuliers. Leprixdes dix Volumes de l'Année 1677.ne Serapoint augmenté. Ils contiennet lesNouvellesdesdouzeMois ,parce
AU LECTEUR.
qu'on a ramassé dans le premier celles de lanvier,de Fevrier, &de
Mars, jamais Conquérant n'ayant fait de fi grandes Conquestes que LOUIS LE GRAND dans le cours
d'une seule Année. Il n'y a point d'Histoire qui en faſſevoir de pa- veilles, fi on aégardà la forcedes Placesquinemaquoient nyd'Hommesny de Munitions.Elles auroient esté imprénables autrefois. Tant d'Actionsſurprenantes rendent ces dix Tomes considérables. Onyrend
la gloire qui est deuë à ceux qui
ont fait les Coquestes,&àceux qui les ont chantées , & on y ramaſſe mille choſes curieuses qu'on n'au- roit pû trouverenſemble si leMer- curen'avoit jamais estéfait. Les unes auroient estéſeparées;les au- tres n'estatqu'enfeüillesvolates,ſe ferviet perduës, &il y en auroit eu beaucoup quelanégligeredeles re- cuillir auroit empêchéde coſerver,
OICY le dixiéme Volume du Mercure , &
le dernier de l'Année
1677. car quoy qu'il paroiſſe en Ianvier , il ne contient que les Nouvelles du MoisdeDecembre , &on ne donnera que le
premier jour de Fevrier celuy qui commencera l'Année 1678. Le
fuccés de ce Livre a estéextraordinaire. Ie ne doute point qu'il ne
foitdeûauxprodigesde cetteCam- pagne, aux Vers galans&ferieux,
&aux Pieces d'Eloquence qu'on m'a fait la grace de me donnerde
toutes parts , &c'est peut-estre le
feul Livre dont un Autheur puiffe publier le fuccés Sans paroiſtre wain , puis qu'en cela il ne love
a ij
AU LECTEUR.
que les ouvrages d'autruy. Ie me trouve meſme dans quelque obli- gation de ne pas taire l'approbation qu'on a donnée au Mercure ,
afin que ceux qui m'ont envoyé les agreables Pieces qui te composent,
connoiſſfent qu'elles ont plû par tout;
ce qu'il me feroit aisé de justifier parplus de quatre cens Lettres qui m'ont été écritesfur le plaisir que falecture acaufé. Lest certain que pours'en declarer l'ennemy, ilfau droit vouloir qu'iln'y eût ny Braves my beaux Esprits en France, &con- damner en même temps toutes les Actions de valeur , &tous les galans Ouvrages de ceux qui écrivět.
Ieſçay que leTitre afait croire d'abord que le Mercure estoitfim- plementgalant , &qu'ilne devoit tenirplace que dans la Bibliothe- que des Femmes , mais on est forty de cette erreur quand on y a ven
AU LECTEUR.
des Pieces d'éloquence, desHarangues, des Relations fidelles &exaEtes,des Sieges &des Batailles,des
Evenemens remarquables,des morceauxd'Histoire , &des Memoires
glorieux àdes Familles. Alorsil eft
devenu le Livredes Sçavans &des
Braves,aprés avoir étéle divertiſ Semet du beau Sexe;&une marque incontestable deſonſuccés, c'est qu'il a esté affez heureux pour plaire à
Monseign. leDAUPHIN , &que ce GrandPrince veut bien foufrir qu'il paroiſſe toûjours à l'avenir SousSonNom.Ainsivous verrez ce Nomauguste àla tefte de celuy qui contiendra les Nouelles de Ianvier,
&pourleredre moins indigne d'un figrandhonneur, il commencera en ce temps- lààparoître avec tous lesornemens dont un Livre de cette
nature puiſſe eſtre embelly. Onfera graver dans chaque Volume trois aij
AU LECTEUR.
ouquatre Planches,ſuivant les Sujets dont le Mercure parlera ; &
come les Enigmesfont devenuës un Ieud'esprit quiplaiſt , comme on be voit par un nombre infiny de Gens qui cherchent ày donner des Ex- plications,outre celles quiferont en Vers àl'ordinaire,on enmettra tous.
Les Moisune autre en Figures, dont on laifſfera le mot àdeviner. Ony
trouvera trois ou quatre Chansons dont les Notesferontgravées.Elles feront compofées par les meilleurs Maistres , & notées exprés pourle Mercure,defortequ'onpeut s'afſfu- rer qu'elles auront toute la grace de la nouveauté, puis queperſonne ne les aura venës avant que le Volumeoù ellesferont,foit envente.. Ceux quivoudront envoyer des Pa roles,le pourront faire,on aura ſoin deles faire noterfiellesse trouvent propres à être chantées. Ily aura FesCartes dagalanterie, la pre
AU LECTEUR.
miere qui paroiſtra , Sera l'Empire de la Poësie de M.de Fontenelle.On peut croire fur ce nom qu'elle ne manquerapas d'agrément. Ondon- nera auſſichaque Mois des Deffeins gravez des Modes nouvelles , &
quand on aura commencé , on ne
discontinueraplus,mais ilfaut éta- blirbeaucoupde chofes pour cela,&
lier commerce avec bien des Gens.
Cefera une commodité pour ceux qui aurot inventé quelque chose de nouveau, dans l'envie de contribuer
auplaisir deMgleDAUPHIN on qui auront quelque chef-d'œuvre d'Art àpropoſer au Public. Ils pourroten aporter les deſſeins,&on lesfera graver, s'ils meritent cette dépense. Ellefera grandepour tous ces embelliffemens, &devroitfaire rencherir leMercure de beaucoup
cependant come on s'attacke plus à
lagloire qu'àl'interêt,l'augmenta- tiaduprixſeratres-pen coſiderable
AU LECTEUR.
puisqu'ilneſevědrachezl'Impri- meurqueseizefols en blanc , &au Palais vintgfols en parchemin,&
vingt-cingfols en veau. LePublic areçeu ce Livreſifavorablement,
qu'il est juste de luy enmarquerde Lareconnoiffance par les nouvelles beautez qu'on luy prestera. Mais pourestre aſſuré d'en joüir , ildoit prendre garde si on ne luy vend point deMercures contrefaits. Il nesuffit pas de voiraubas qu'ils ont esté imprimez àParis ; c'est ce qu'onnemanque jamais d'ymettre pour empeſcher qu'on ne les rejet- te commefaux. Il faudra exami ners'ils auront les Lettres fleuron- nées &figurées , les vignetes , le Frontispice,&generalement toutes les Planches queje viens dedire,
qui feront àl'avenir dans les ve- ritables. Ceuxquife hazarderont àles contrefaire dans les Provin-
AU LECTEUR.
ces , s'il s'en trouve qui s'yveüit- lent expofer , comme ils lesdebite- ront fans Figures ,feront obligez d'ofter beaucoup de la matiere qui aura relation avec les Planches,&
tout le reste demeurant fant liai- fon,fera unpurgalimatias ; outre qu'un Livre contrefait eft toûjours remply de fautes, &qu'un Libraire quifonge à l'épargne,en retranche beaucoupde chofespour yemployer moins de feüilles. Il ne faut pas s'étonner ſi des Livres fidéfigurez Se donnent à meilleur marchéque les veritables,&c'est cette medio- crité de prix qui peut encorfaire voir qu'ils ne lefont pas. On prie ceux qui auront des Memoires à
dõner, de les adreſſfer au SieurBla- geart Imprimeur &Libraire , de- meurant à Paris Ruë S. Iacques, à
l'entrée de la Rue du Plâtre, &de
fairesçavoiren quel lieu on pourra
AU LECTEUR.
eftre éclaircy des circonstances das letemps quelesArticlesferont em- ployez. Pour les Histoires envoyées
pardes Particuliers,on croit devoir avertirunefois pour toutes , quefi on yretouche, c'est seulementpour les mettre dans le ſtile ferré du
Mercure,qui doit eftre lemémepar tout ou pour ofter quelquefois des chofes qui font trop libres , ou qui fatirisant trop,pourroient chagri- ner les Intéreſſez. S'ilarrive qu'on difére à mettre dans le Mois les choses qu'ondonne,ce n'est qu'àl'é- garddes Galanteries,qui n'ont au- tunbeſoin de l'ordre du temps,mais toft ou tard on y met tout ce qui est bon,ou quandonne le metpoint, ce n'estpas qu'on n'y trouve beaucoup d'eſprit,mais ily a des chofes tres- Spirituelles &tres-bie tournées qui neſont pas bonnes àimprimer. On nesçauroit avoirtrop de circonfpe-
AU LECTEUR.
LA
VILLE
Etion àrendre le Mercure digne
d'eſtre toûjours lûdans des lieux d'où lamoindrelibertéle banniroit.
Comme beaucoup de Perſonnesfont lagrace d'écrireà l'Autheur,il les priede ne point trouver mauvais s'il se diſpenſe de leurrépondre.
Outre qu'il a besoin deson temps pour travailler &pour s'informer des Nouvelles de chaque Mois, it 2006
croit répondre affez quand il met
les Ouvrages qu'ontuy envoye. Les Libraires de Provincefont avertis
qu'on leur fera bon marchéàpro portion del'éloignement des lieux,
&de ce qu'il leur pourra couster pour leport. Chacun n'aura qu'à envoyer Son Correspondant chez led.SieurBlageart, &onyféra les
Paquets tantpourles Libraires que
pour les Particuliers. Leprixdes dix Volumes de l'Année 1677.ne Serapoint augmenté. Ils contiennet lesNouvellesdesdouzeMois ,parce
AU LECTEUR.
qu'on a ramassé dans le premier celles de lanvier,de Fevrier, &de
Mars, jamais Conquérant n'ayant fait de fi grandes Conquestes que LOUIS LE GRAND dans le cours
d'une seule Année. Il n'y a point d'Histoire qui en faſſevoir de pa- veilles, fi on aégardà la forcedes Placesquinemaquoient nyd'Hommesny de Munitions.Elles auroient esté imprénables autrefois. Tant d'Actionsſurprenantes rendent ces dix Tomes considérables. Onyrend
la gloire qui est deuë à ceux qui
ont fait les Coquestes,&àceux qui les ont chantées , & on y ramaſſe mille choſes curieuses qu'on n'au- roit pû trouverenſemble si leMer- curen'avoit jamais estéfait. Les unes auroient estéſeparées;les au- tres n'estatqu'enfeüillesvolates,ſe ferviet perduës, &il y en auroit eu beaucoup quelanégligeredeles re- cuillir auroit empêchéde coſerver,
Fermer
Résumé : AU LECTEUR.
Le texte est une lettre au lecteur introduisant le dixième et dernier volume du Mercure pour l'année 1677, paru en janvier mais contenant les nouvelles de décembre. Le succès de cette publication est attribué aux récits de la campagne, aux vers galants et féroces, ainsi qu'aux pièces d'éloquence reçues de diverses sources. L'auteur souligne que le Mercure n'est pas seulement un livre galant mais aussi un recueil de pièces d'éloquence, de harangues, de relations fidèles, de sièges, de batailles et de mémoires glorieux. Le Mercure a plu à Monseigneur le Dauphin, qui souhaite qu'il continue à paraître sous son nom. Pour honorer cet appui, le Mercure sera enrichi de planches gravées, d'énigmes, de chansons, de cartes de galanterie et de défenses des modes nouvelles. L'auteur met en garde contre les contrefaçons et invite les lecteurs à vérifier l'authenticité des volumes. Il encourage également l'envoi de mémoires et d'histoires, tout en précisant que certaines contributions peuvent être modifiées pour respecter le style du Mercure. Enfin, il informe que le prix des dix volumes de l'année 1677 ne sera pas augmenté et qu'ils contiennent les nouvelles des douze mois, soulignant les grandes conquêtes de Louis le Grand. Par ailleurs, le texte mentionne que des documents ou objets, qualifiés d'« autres », sont dispersés et en mauvais état, décrits comme « enfeüilles volates », c'est-à-dire des feuilles volantes ou des documents détachés. Ces éléments risquent de se perdre, mais un grand nombre d'entre eux pourraient être sauvés si l'on ne négligeait pas de les recueillir. Cette action de collecte est présentée comme essentielle pour conserver ces documents ou objets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
436
s. p.
LA PRAIRIE AU RUISSEAU.
Début :
Je vous sçay bon gré, Madame, de l'amitié que vous / Que vostre éloignement m'a fait souffrir de peine ! [...]
Mots clefs :
Ruisseau, Mérite, Prairie, Amour, Fleuve, Mourir, Fleurs, Eaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA PRAIRIE AU RUISSEAU.
E vous ſçay bon gré ,
Madame , de l'amitié
que vous témoignez avoir priſe pour le Ruiflſeau.
Elle ne me furprend point.
Vous avez l'eſprit délicat , &
j'eſtois perfuade en vous l'en- voyant , qu'il ſeroit favorable- ment reçeu. Comme le meri- te fait effet par tout , ce RuifTome X. A
12 LE MERCVRE
ſeau que vous appellez le plus galant des Ruiſſeaux, avoit fait un ſi grand bruit par les avan- tages que promettoit l'égalité de fon cours , que toutes les Prairies qui pouvoient préten- dre à ſes complaiſances, étoient charmées de ſa reputation.
Ainfi, quoyque ce foit quelque choſe d'aſſez fingulier qu'un Ruiſſeau Amant , celle qui euit la gloire de s'attirer ſon hom- mage , avoit déja entendu par- lerde ce qu'il valoit , & vous pouvez croire que l'offre de ſes ſoins ne luy déplût pas.
Vous en jugerez par cette Ré- ponſe qu'elle luy fit , aprés l'a- voir écouté ſans l'interrompre.
GALANT. 3
LA PRAIRIE
AU RUISSEAU.
Ve voſtre éloignement Q fouffrir de peine m'a fait
IeSéchoisſur lepied de me voir loin de
vous,
le n'avois plus de Fleurs , &j'estois
entre nous ,
Semblable à ces guérets que l'on voit dansles Plaines;
Mais puisque je vous voy , je m'en vay refleurir ,
Etfeûre de vos Eaux , je nesçaurois
perir.
Mais puis-je me flaterque ces Eaux fi cheries,
Ne coulent quepourmoy ? n'est- il point dePrairies
Dont l'émail éclatant puiſſe arreſter
Iecrainstout , mais enfin ie ne lepen- vos pas?
Sepas.
٤٠
A ij
4 LE MERCVRE
Vous estes décendu d'une Source trop
pure,
Pourternirparcette action Vostre crystal, &vostre nom ;
Etsi j'en croy voſtre murmure,
Vous ne ferez jamais inconstant ny parjure.
Cependant la rapidité Dont je vous voy courir le longdece rivage,
Estde vostre infidelité
Vnaffezfuneste préſage.
Ah, fi pour mon malheur , commeun Ruiſſeau volage ,
Aprèsavoir ſçeu m'engager,
Ie voyois voſtre cours ailleurs se parDe
3
tager,
combien de Soucis
remplie?
me verrois-je
Mais quand onva fi viſte,il fautqu'on
foit leger ;
Etfi ie m'en rapporte à ce qu'on en publie,
Vous estessujet àchanger.
GALANT.
Iefuisjalouſeenfin , &quand l'Ocean mesme ,
Richede tant de flots qu'il reçoit dans
Sonfein,
Anroitpourmoy quelque deſſein ,
Si ſon amourn'estoit extrême ,
J'aimerois cent fois mieux un fidelle Ruiffean Qui pourThétis , ny pourfon Diadéme ,
Ne voudroit pas ailleurs puiſer deux
goutes d'eau ;
Voilacomme ie fuis , &c'est ainsi que
j'aime.
Neme voir qu'en courant ! ah ien'ofe ypenser,
LeSens àce discours mes Fleurs se hé- riffer,
Et le Cruel Hyver me donne moins d'aLarmes:
Helas, où courez-vous ? coulez plus lentement ,
LeLitque je vous offre a- t-ilfi peu de charmes,
Qu'il ne puiſſe fixer la courſe d'un Amant ? A iij
6 LE MERCVRE
Venez vous égayer au bord de nos Fontaines ,
Leurs ondesparvostre moyen Se trouveront en moinsde rien
DesHélicons,desHippocrenes ,
Car ie n'ignore pas au bruit que vous
menez
Quevous boüillez de vousy rendre,
C'estvainement que vous tournez,
Ieſçayque c'est làvoſtretendre.
Quevous diray-jeplus ? jaydes tapis deFleurs
Surquivouspourezvous étendre,
L'Aurorechaque jour lesbaigne de
Sespleurs Quicompofent undouxmélange Quifaithonte à la fleur d'Orange.
Ah laiſſez- voustenter ! au nomde nos
amours
Faitesfurvousquelques retours,
Et coulez tout au moins avecplus de
pareſſe :
Sivous n'arrestez vostre cours,
Vous allez dans la Mer vous perdre Pour toûjours,
GALANT. 7
7
Et ieneSeray plus qu'un objet ſteſſe ;
de triMais c'est envainque ie vouspreſſe Deretarder un peu vostre extréme vi teffe ,
Etqu'un vent opposé seconde mes fou- haits;
L'Amour &lesRuiffeauxne remontens
-jamais.
Iene demande point que vous veniez Sans ceffe M'arroser nuit &iour fechereffe
non , quelque
Qui puiſſe me brûler, ie nem'en plain- draypas,
Pourven qu'en d'antres lieux, toûjours fidelle &tendre ,
VosEaux , vos cheres Eaux ,n'aillent
point se répandre ;
le ne me fonde point sur mes foibles
appas ,
Quoy qu'un Fleuve pompeux ſuivy de
cent Rivieres,
Quifont ſes humbles Tributaires,
En ſuperbe appareil me vienne tous les
ans
A ij
8 LE MERCVRE
Apporter sur mes bords cent liquides prefens.
Mais ilfaut dire tont , c'est un Fleuve volage Dont les débordemens Sans mesure ny choix
S'étendent dans les Champs ainsi que dansles Bois.
Qui peut s'accommoder d'un ſemblable
partage,
Ne me reſſemble pas : Euffiez- vous plus d'attraits
Que l'on ne voit d'Epis chez la blonde Cerés,
Si vous alliez ainsi de rivage en ri
vage,
Ie vous préfererois le moindre Maré
cage,
Et deuſſay-je en mourir, je romprois
Madame , de l'amitié
que vous témoignez avoir priſe pour le Ruiflſeau.
Elle ne me furprend point.
Vous avez l'eſprit délicat , &
j'eſtois perfuade en vous l'en- voyant , qu'il ſeroit favorable- ment reçeu. Comme le meri- te fait effet par tout , ce RuifTome X. A
12 LE MERCVRE
ſeau que vous appellez le plus galant des Ruiſſeaux, avoit fait un ſi grand bruit par les avan- tages que promettoit l'égalité de fon cours , que toutes les Prairies qui pouvoient préten- dre à ſes complaiſances, étoient charmées de ſa reputation.
Ainfi, quoyque ce foit quelque choſe d'aſſez fingulier qu'un Ruiſſeau Amant , celle qui euit la gloire de s'attirer ſon hom- mage , avoit déja entendu par- lerde ce qu'il valoit , & vous pouvez croire que l'offre de ſes ſoins ne luy déplût pas.
Vous en jugerez par cette Ré- ponſe qu'elle luy fit , aprés l'a- voir écouté ſans l'interrompre.
GALANT. 3
LA PRAIRIE
AU RUISSEAU.
Ve voſtre éloignement Q fouffrir de peine m'a fait
IeSéchoisſur lepied de me voir loin de
vous,
le n'avois plus de Fleurs , &j'estois
entre nous ,
Semblable à ces guérets que l'on voit dansles Plaines;
Mais puisque je vous voy , je m'en vay refleurir ,
Etfeûre de vos Eaux , je nesçaurois
perir.
Mais puis-je me flaterque ces Eaux fi cheries,
Ne coulent quepourmoy ? n'est- il point dePrairies
Dont l'émail éclatant puiſſe arreſter
Iecrainstout , mais enfin ie ne lepen- vos pas?
Sepas.
٤٠
A ij
4 LE MERCVRE
Vous estes décendu d'une Source trop
pure,
Pourternirparcette action Vostre crystal, &vostre nom ;
Etsi j'en croy voſtre murmure,
Vous ne ferez jamais inconstant ny parjure.
Cependant la rapidité Dont je vous voy courir le longdece rivage,
Estde vostre infidelité
Vnaffezfuneste préſage.
Ah, fi pour mon malheur , commeun Ruiſſeau volage ,
Aprèsavoir ſçeu m'engager,
Ie voyois voſtre cours ailleurs se parDe
3
tager,
combien de Soucis
remplie?
me verrois-je
Mais quand onva fi viſte,il fautqu'on
foit leger ;
Etfi ie m'en rapporte à ce qu'on en publie,
Vous estessujet àchanger.
GALANT.
Iefuisjalouſeenfin , &quand l'Ocean mesme ,
Richede tant de flots qu'il reçoit dans
Sonfein,
Anroitpourmoy quelque deſſein ,
Si ſon amourn'estoit extrême ,
J'aimerois cent fois mieux un fidelle Ruiffean Qui pourThétis , ny pourfon Diadéme ,
Ne voudroit pas ailleurs puiſer deux
goutes d'eau ;
Voilacomme ie fuis , &c'est ainsi que
j'aime.
Neme voir qu'en courant ! ah ien'ofe ypenser,
LeSens àce discours mes Fleurs se hé- riffer,
Et le Cruel Hyver me donne moins d'aLarmes:
Helas, où courez-vous ? coulez plus lentement ,
LeLitque je vous offre a- t-ilfi peu de charmes,
Qu'il ne puiſſe fixer la courſe d'un Amant ? A iij
6 LE MERCVRE
Venez vous égayer au bord de nos Fontaines ,
Leurs ondesparvostre moyen Se trouveront en moinsde rien
DesHélicons,desHippocrenes ,
Car ie n'ignore pas au bruit que vous
menez
Quevous boüillez de vousy rendre,
C'estvainement que vous tournez,
Ieſçayque c'est làvoſtretendre.
Quevous diray-jeplus ? jaydes tapis deFleurs
Surquivouspourezvous étendre,
L'Aurorechaque jour lesbaigne de
Sespleurs Quicompofent undouxmélange Quifaithonte à la fleur d'Orange.
Ah laiſſez- voustenter ! au nomde nos
amours
Faitesfurvousquelques retours,
Et coulez tout au moins avecplus de
pareſſe :
Sivous n'arrestez vostre cours,
Vous allez dans la Mer vous perdre Pour toûjours,
GALANT. 7
7
Et ieneSeray plus qu'un objet ſteſſe ;
de triMais c'est envainque ie vouspreſſe Deretarder un peu vostre extréme vi teffe ,
Etqu'un vent opposé seconde mes fou- haits;
L'Amour &lesRuiffeauxne remontens
-jamais.
Iene demande point que vous veniez Sans ceffe M'arroser nuit &iour fechereffe
non , quelque
Qui puiſſe me brûler, ie nem'en plain- draypas,
Pourven qu'en d'antres lieux, toûjours fidelle &tendre ,
VosEaux , vos cheres Eaux ,n'aillent
point se répandre ;
le ne me fonde point sur mes foibles
appas ,
Quoy qu'un Fleuve pompeux ſuivy de
cent Rivieres,
Quifont ſes humbles Tributaires,
En ſuperbe appareil me vienne tous les
ans
A ij
8 LE MERCVRE
Apporter sur mes bords cent liquides prefens.
Mais ilfaut dire tont , c'est un Fleuve volage Dont les débordemens Sans mesure ny choix
S'étendent dans les Champs ainsi que dansles Bois.
Qui peut s'accommoder d'un ſemblable
partage,
Ne me reſſemble pas : Euffiez- vous plus d'attraits
Que l'on ne voit d'Epis chez la blonde Cerés,
Si vous alliez ainsi de rivage en ri
vage,
Ie vous préfererois le moindre Maré
cage,
Et deuſſay-je en mourir, je romprois
Fermer
Résumé : LA PRAIRIE AU RUISSEAU.
Le texte présente une correspondance poétique entre un ruisseau et une prairie. L'auteur exprime sa gratitude à une dame pour son amitié envers un ruisseau nommé le Ruisseau, qu'elle décrit comme le 'plus galant des Ruisseaux'. Ce ruisseau est apprécié pour ses avantages et son égalité de cours, ce qui a attiré l'intérêt de nombreuses prairies. La prairie, après avoir entendu les hommages du ruisseau, lui répond en exprimant son désir de refleurir grâce à ses eaux. Cependant, elle craint l'infidélité du ruisseau, symbolisée par sa rapidité et sa tendance à changer de cours. La prairie avoue sa jalousie et préfère un ruisseau fidèle plutôt qu'un océan riche en flots. Elle invite le ruisseau à s'égayer au bord de ses fontaines et à ralentir son cours pour éviter de se perdre dans la mer. Malgré ses supplications, la prairie reconnaît que l'amour et les ruisseaux ne remontent jamais. Elle exprime sa préférence pour la fidélité plutôt que pour les débordements d'un fleuve volage. La prairie souhaite un ruisseau constant et fidèle, capable de rester à ses côtés sans se laisser emporter par d'autres courants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
437
p. 10-11
« La netteté de ces Vers vous fait assez voir qu'ils [...] »
Début :
La netteté de ces Vers vous fait assez voir qu'ils [...]
Mots clefs :
Netteté, Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La netteté de ces Vers vous fait assez voir qu'ils [...] »
La netteté de ces Vers vous
fait affez voir qu'ils viennent de Source. Ils font d'un Gentilhomme qui cherche la Nature
&
GALANT. 9
dans tout ce qu'il fait , & qui par là ne fait jamais rien que d'agreable. Cet Ouvrage n'é- tant pas le ſeul que vous ayez veude luy, le ſtyle vous endoit faire deviner le nom. Il y a des expreſſions heureuſes qui le di- ſtinguent affez pour ne vous donner aucune peine à le reconnoiftre.
fait affez voir qu'ils viennent de Source. Ils font d'un Gentilhomme qui cherche la Nature
&
GALANT. 9
dans tout ce qu'il fait , & qui par là ne fait jamais rien que d'agreable. Cet Ouvrage n'é- tant pas le ſeul que vous ayez veude luy, le ſtyle vous endoit faire deviner le nom. Il y a des expreſſions heureuſes qui le di- ſtinguent affez pour ne vous donner aucune peine à le reconnoiftre.
Fermer
438
p. 11-41
Histoire des deux Maris jaloux. [titre d'après la table]
Début :
Deux Marys que vous voulez bien que je me dispense [...]
Mots clefs :
Jaloux, Commissaire, Galanterie, Jardin, Musique, Cabinet, Dames, Maris, Jeux, Tuileries, Carosse, Fête, Histoire, Point d'honneur, Plaisir, Cavaliers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire des deux Maris jaloux. [titre d'après la table]
Deux
vous
Marys quGTHEADS
voulez bien que je me YON
diſpenſe de vous nommer ,
prennent ſouvent d'inutiles ſur des ſoupçons mal fondez qui leur font paffer de méchantes heures. Ils font tous deux dans
les Charges , tous deux impi- toyablement délicats fur le
Point-d'honneur , & par con- ſequent tous deux jaloux ,juf- qu'à trouver du crime dans les plus innocentes converſations.
La femme de l'un eſt une blode
Av
10 LE MERCVRE
bienfaite,d'une taille fine,&dé
gagée,l'œil bien fendu, &un vi- ſage qu'on peut dire avoir eſté fait au tour. L'autre a pourFem- me une grande Brune, qui a la douceur meſme peinte dans les yeux , le teint uny , le nez. bien taillé , la bouche agreable,
& des dents à ſe récrier. Ces
deux Dames qui n'ont pas moins d'eſprit que de beauté,
ont encor plus de vertu que d'eſprit , mais cette vertu n'eſt point farouche; &comme elles font fort éloignées de l'âge où il ſemble qu'il y ait quelque obli- gation de renoncer aux plaifirs le Jeu, la Comedie , l'Opera, &
les Promenades, font desdiver--
tiffemens qu'elles ne ſe refuſens point dans l'occaſion. Il y aune étroite amitié entre elles , &
cette amitié a peut-eſtre fait la
GALANT... IT
liaiſon des Marys qui ſe ſont gaſtez l'un l'autre , en ſe dé- couvrant leur jaloufie. Vous jugez bien, Madame , que cette conformité de ſentimens les a
fait agir de concert pour le re- mede d'un mal qui les tient dans une continuelle inquietu- de. C'eſt ce qui embarraffe ces deux aimables Perſonnes , qui ne ſçauroientpreſque plus faire aucune agreable Partie fans qu'un des Marys ſoit leurfur- veillant. A dire vray , la trop exacte vigilance n'eſt pas moins incommode qu'injurieufe.Quel- que tendreſſe qu'une Femme puiffe avoir pour celuy àqui le Sacrement la tientattachée,elle n'aime point à luy voir faire le perſonnage d'Argus. Tout ce qui marque de la défiance luy tiento lieu d'outrage ; & les
12 LE MERCVRE
Marys ayant leurs heuresdere- ſerve dont perſonne ne vient troubler la douceur , il eſt juſte qu'ils abandonnent les inutiles àceux qui n'en profitent ja- mais fans témoins. LesDames
dontje vous parle devenuës in- ſéparables & par leur veritable amitié , & par le fâcheux ra- port de leur fortune , n'ou- blioient rien pour ſe dérober ,
quand elles pouvoient , aux yeux de leurs importuns Ef- pions. Ce n'eſt pas , comme je vous l'ay déja dit , qu'elles euf- ſent aucune intrigue qui pût mettre leur vertu en péril , mais il ſuffiſoit qu'on fe défiaft de leur conduite pour leur faire prendre plaifir à ſe débaraſſer de leurs Jaloux , &c'eſtoit pour elles un ſujet de joye incroya- ble qu'une Partie d'Opera ou de
GALANT. 13 Promenade faite en ſecret.
Parmy ceux dont le Jeu leur
avoit donné la connoiſſance
( car fi elles ne pouvoient s'em- peſcher d'eſtre obſervées , elles s'eſtoient miſes ſur le pied de faire une partie de ce qu'elles vouloient ) deux Cavaliers
auſſi civils que galants , leur avoient fait connoiſtre par quelques affiduitez que le plai- fir de contribuer à les divertir
eſtoit un plaiſir ſenſible pour eux. Elles meritoient bien leurs
complaiſances , & l'agrément de leur humeur joint à leur beauté qui n'eſtoit pas médiocre, pouvoit ne pas borner en- tierement à l'eſtime les ſentimens qu'ils tâchoient quelque- foisdeleur découvrir. Ils étoient
Amis, &quand ces Belles trou- voient l'occaſion de Lquelque
7
14 LE MERCVRE divertiſſement à prendre ſans leur garde accoûtumée , elles n'eſtoient point fâchées d'en faire la Partie avec eux, Dans
cette diſpoſition , voicy ce qui leur arriva pendant que les jours eſtoient les plus longs;
car , Madame , je croy que le temps ne fait rien aupres de vous à la choſe,& qu'une avan- ture du Mois deJuillet que vous ignorez ne vous plaira pas moins à écouter qu'une Avanture du Mois de Decembre. On
m'en apprend de tous les co- ftez , & ne vous les pouvant écrire toutes à la fois, j'en garde les Memoires pour vous en fai- re un Article felon l'ordre de
leur ancienneté.
Le Jeu ſervant toûjours de prétexte aux Dames àrecevoir les vifites des Cavaliers, tantoſt
GALANT. 15 chez l'une , &tantoft chez l'autre, la Feſte d'un des deux arrive. Elles luy envoyent cha- cune un Bouquet. Cela ſe pra- tique dans le monde. Illeur en marque ſa reconnoiffance par des Vers galans, &par une tres- inftante priere de prendre jour pour venir ſouper dans une fort . belle Maiſon qu'il a aupres d'u- ne des Portes de la Ville , où il
les attendra avec ſon Amy. Le Party eſt accepté , mais l'impor- tance eſt de venir à bout de la
défiance des Marys qu'on ne veut point mettre de la Feſte.
Heureuſement pour elles , il fe
trouvent tous deux chargez d'affaires en mefme temps. On choiſit ce jour. Le Cavalier eſt averty. Les ordres ſont donnez,
&il ne s'agit plus que d'exe- cuter. Les Dames feignent de vouloir alter ſurprendre une de
16 LE MERCVRE
leurs Amies qui est à une lieuë
de Paris , & d'où elles ne doivent revenir qu'au frais. Undes
Marys les veut obliger à remet- tre au lendemain , afin de leur
tenir compagnie,&de ſe délaf- ſer un peude l'accablement des affaires. Il n'en peut rien obte- nir , & fur cette conteftation
arriva un Laquais de la Dame qui les avertit de fon retour, &
qu'elle viendra joüer l'apreſdî- née avec elles. Leurs meſures
font rompuës par ce contre- temps. Lesdeux Amies diffimu- lent. Refuſer une Partie de Jeu
pour en propoſer une autre qui les laiſſe diſparoiſtre pour tout le reſte du jour , ce ſeroit don- ner de legitimes foupçons. Elles joüent, demeurent à ſouper en- ſemble apres que le Jeu eſt finy,
&feignent d'y avoir gagné un malde teſte qui leur ofte l'ap
GALANT. 17.
pétit , & qui ne peut eftre fou- lagé que par une Promenade aux Thuilleries. On met les
Chevaux au Caroffe. LeMary que leur empreſſement à vou loir faire une Partie de Campagne fans luy, avoit déja com- mencé d'inquieter , les fait fui- vre parun petit home inconnu qui entre avec elles aux ThuiLGENDEDA
leries, &les envoyant fortir in- continent par la Porte qui eft du cofté de l'eau , & monter dans une Chaiſe Roulante
qu'elles avoient donné ordre qu'on y fiſt venir, découvre le
lieu du Rendez vous, &en vient
donner avis au Mary. Le coup eftoit rude pour un Jaloux. H
court chez fon Afſocié en ja- loufie ,luy conte leur commun defaſtre , & luy faiſant quitter les Affaires qu'il n'avoit pas en-
18 LE MERCVRE
cor achevé de terminer , le me ne où la Feſte ſe donnoit. Ils
trouvent moyen d'entrer dans la Court ſans eſtre veus , & fe gliffent de là dans le Jardin ,
d'où ils peuvent aifément dé- couvrir tout ce qui ſe paſſe dans la Salle. Elle estoit éclairée d'un fort grand nombre de Bougies. Ils s'approchent des Feneſtres à la faveur de quel- quesArbresfait enBuiffons; &
quoy qu'ils ne remarquent rien qui ſente l'intrigue dans les ref- pectueuſes manieres dont les Cavaliers en uſent avec leurs
Femmes , elles leur paroiſſent de trop bonne humeur en leur abfence,&ils voudroient qu'el- les ne ſe montraſſent aimables
que pour eux. Le Soupé s'ache- ve au fon des Hautbois qui prennent le chemin du Jardin
GALANT. 19 où la Compagnie les ſuit. Les Marys qui veulent voir à quoy l'Avanture aboutira, ſe retirent
dans un Cabinet de verdure
où ils demeurent cachez. Les
Dames ont à peine fait un tour d'Allée , qu'elles voyent l'air tout couvert de Fuſées volantes , qui fortent du fonds du
Jardin; les Etoilles & les Serpentaux qu'elles font paroiſtre tout - à - coup , les divertiſſent plus agreablement que leurs Marys, qui ne font pas en eſtat de goufter le plaifir de cette ſurpriſe. L'aimable Brune dont je vous ayfait le Portrait prend une de ces Fuſées , & la veut
tirer elle - meſme. Celuy qui donne la Feſte s'y eftant inuti- lementoppoſé,luy metunMou- choir ſur le cou ,dans la crainte qu'elle ne ſe brûle. LeMary
20 LE MERCVRE
perdpatience,il veut s'échaper.
Celuy qui eft avec luy dans le Cabinet l'arreſte , &àluy-mef
me beſoin d'eſtre arreſté au
moindre mot qu'il voit qu'on dittout bas àſa Femme. Jamais
Jaloux ne ſouffrirent tant. Ils
frapent des pieds contre terre,
atrachent des feüilles , & les
mangentde rage , & on pretend qu'un des deux penſa crever d'uneChenille qu'il avala.Apres quelques Menuets danſez dans
lagrande Allée , on vient dire aux Dames qu'un Baffin de Fruit les attendoit dans la Salle
pour les rafraiſchir. Ellesy re- tournent & n'y tardent qu'un moment , parce que minuit qui ſonne leur faitune neceſſité de
ſe retirer. Les Cavaliers les accompagnent juſqu'à leur Chai- ſe roulante qu'elles quittent
GALAN T. 21
pour aller reprendre leur Ca- roſſe qu'elles ont laiſſe àl'autre Porte des Thuilleries,&cependant les Hautbois qui ne font
point avertis de leur départ continuëntà joüer dans le Jar- din. Leurprefence eſt un obſta- cle fâcheux à l'impatience des Réclus du Cabinetde verdure
qui brûlentd'en fortir pour s'ap- procher des Feneſtres comme ilsont fait pendant le Soupé. Il eſtvrayqu'ils nedemeurentpas long-tempsdans cette contrain- te, mais ils n'en ſont affranchis
que pour ſouffrir encor plus cruellement. Un de ces Mefſieurs de la Muſique champe- ſtre eſtant entré dans la Salle
pour demander quelque choſe àceluyqui les employoit, reviết dire àſes Compagnonsqu'il n'y avoit plus trouvé perſonne,&
22 LE MERCVRE
qu'il n'avoit pû fçavoir ce que la Compagnie eſtoit devenuë.
Les Marys l'entendent , & c'eſt un coup de foudre pour eux.
Leur jaloufie ne leur laiſſe rien imaginer que de funeſte pour leur honneur. Ils peſtent contre eux-meſmes de leur lâche pa- tience àdemeurer fi long- temps témoins de leur honte, & ne
doutant point que leurs Fem- mes ne ſoientdans quelqueCa- binet avec leurs Amans, ils fortent du Jardin,montent en haut,
vontde Chambre en Chambre,
& trouvant une Porte fermée,
ils font tous leurs efforts pour l'enfoncer. UnDomeſtique ac- court à cebruit. Il a beau leur
demander à qui ils en veulent. Point de réponſe. Ils continuent à donner des pieds contre la Porte, & le Domestique qui
GALANT. 23 n'eſt point aſſez fort pour les retenir , commence à crier aux Voleurs de toute ſa force. Ces cris mettent toute la Maiſon en
rumeur. On vient au ſecours.
Chacun eſt armé de ce qu'il a
pûtrouver à la haſte, &le Maî tre-d'Hoſtel tient unMouſque- ton qu'il n'y a pas plaifir d'ef- ſuyer. Nos Deſeſperez le crai- gnent. Ils moderent leur em- portement , & on ne voit plus que deux Hommes interdits ,
qui ſans s'expliquer enragent de ce qu'on met obſtacle à
leur entrepriſe. Comme ils ne ſont connus de perſonne,
&qu'ils n'ont point leurs Ha- bits de Magiſtrature , on prend leur filence pour une convi- ction de quelque deſſein crimi- nel; & afin de les faire parler malgré eux,leMaiſtre-d'Hoſtel
ここ
24 LE MERCVRE envoye chercher un Commiffaire ſans leur en rien dire , &
les fait garder fort ſoigneuſe- mentjuſqu'à ce qu'il ſoit arrivé.
Cependant les Cavaliers qui ont remené les Dames aux
Thuilleries , reviennent au lieu
où s'eſt donné le Repas, &font furpris de voir en entrantqu'on amene un Commiſſaire. Ils en
demandent la cauſe. Onleur dit
que pendant que tout le mon- de eſtoit occupé en bas à met- tre la Vaiſſelle d'argent en ſeû- reté , deux Voleurs s'eſtoient
coulez dans les Chambres , &
avoient voulu enfoncer un Cabinet.Ilycourent avec le Com- miſſaire qui les livre pendus dans trois jours. Jugez de l'é- tonnement où ils ſe trouvent
quand on leur montre les pre tendus Criminels. Le Commiffaire
GALANT. 25
faire qui les reconnoiſt ſe tire
d'affaire en habile- Homme, &
feignant de croire que ce font eux qui l'ont envoyé chercher,
il leur demande en quoy ils ont beſoin defon miniftere. Ils l'obligent à s'en retourner chez luy, ſans s'éclaircir de la bévcuë quil'a fait appeller inutilement;
& les Cavaliers qui devinent une partie de la verité , ayant fait retirer leurs Gens, leurofrét
telle réparation qu'ils voudront de l'inſulte qu'on leur a faite ſans les connoiſtre. C'eſt là que le myſtere de la Feſte ſe déve- lope. Celuy qui l'a donnée leur découvre qu'elle eſt la fuite
d'unBouquet reçeu,&qu'ayant prié les Damesd'obtenir d'eux qu'ils luy fiffent l'honneur d'en venir partager le divertiſſement avec elles, il avoit eu le chagrin
Tome X. B
26 LE MERCVRE
d'apprendre qu'unembarras im- preveu d'affaires n'avoit pas permis qu'ils les pûffent accom- pagner; qu'il venoit de les re- mener chez elles, &qu'il eſpe-- roit trouver une occafion plus favorable de lier avec eux une
Partie de plaifir. Tandis qu'il ajoûte à ces excuſes des civili- tez qui adouciſſent peu à peu la colere de nos Jaloux , fon Amy envoye promptement avertir les Dames de ce qui vient d'ar- river,afin qu'elles prenent leurs meſures ſur ce qu'elles auront à
dire à leurs Marys. Ils quitent les Cavaliers fatisfaits en appa- rence de cette défaite,&fort réfolus de faire un grand chapitre àleursFemmes, Elles prévien- nent leur méchante humeur ,
& les voyant retourner cha- grins,elles leur content en riant
GALANT. 27 la malice qu'elles leur ont faite de neles mettre pas d'une Par- tie dont on avoit ſouhaité qu'ils fuſſent ; ce qui devoit leur fai- re connoiſtre que quand les Femmes ont quelque deſſein en teſte , elles trouvent toûjours moyen de l'executer. Les Ma- rys ſe le tirent pour dit ; &
ceux qui ont ſçeu les circon- ſtances de l'Hiſtoire , aſſurent que depuis ce temps-là ils ont donné à leurs Femmes beaucoup plus de liberté qu'ils ne leur en laiſſoient auparavant.
C'étoit le meilleur party à pren- dre pour eux. Lebeau Sexe eſt
ennemyde la contrainte, & telle n'auroit jamais la moindre tentation degalanterie, quin'en refuſe pas quelquefois l'occa- fion pour punir un Mary de ſa défiance.
t
vous
Marys quGTHEADS
voulez bien que je me YON
diſpenſe de vous nommer ,
prennent ſouvent d'inutiles ſur des ſoupçons mal fondez qui leur font paffer de méchantes heures. Ils font tous deux dans
les Charges , tous deux impi- toyablement délicats fur le
Point-d'honneur , & par con- ſequent tous deux jaloux ,juf- qu'à trouver du crime dans les plus innocentes converſations.
La femme de l'un eſt une blode
Av
10 LE MERCVRE
bienfaite,d'une taille fine,&dé
gagée,l'œil bien fendu, &un vi- ſage qu'on peut dire avoir eſté fait au tour. L'autre a pourFem- me une grande Brune, qui a la douceur meſme peinte dans les yeux , le teint uny , le nez. bien taillé , la bouche agreable,
& des dents à ſe récrier. Ces
deux Dames qui n'ont pas moins d'eſprit que de beauté,
ont encor plus de vertu que d'eſprit , mais cette vertu n'eſt point farouche; &comme elles font fort éloignées de l'âge où il ſemble qu'il y ait quelque obli- gation de renoncer aux plaifirs le Jeu, la Comedie , l'Opera, &
les Promenades, font desdiver--
tiffemens qu'elles ne ſe refuſens point dans l'occaſion. Il y aune étroite amitié entre elles , &
cette amitié a peut-eſtre fait la
GALANT... IT
liaiſon des Marys qui ſe ſont gaſtez l'un l'autre , en ſe dé- couvrant leur jaloufie. Vous jugez bien, Madame , que cette conformité de ſentimens les a
fait agir de concert pour le re- mede d'un mal qui les tient dans une continuelle inquietu- de. C'eſt ce qui embarraffe ces deux aimables Perſonnes , qui ne ſçauroientpreſque plus faire aucune agreable Partie fans qu'un des Marys ſoit leurfur- veillant. A dire vray , la trop exacte vigilance n'eſt pas moins incommode qu'injurieufe.Quel- que tendreſſe qu'une Femme puiffe avoir pour celuy àqui le Sacrement la tientattachée,elle n'aime point à luy voir faire le perſonnage d'Argus. Tout ce qui marque de la défiance luy tiento lieu d'outrage ; & les
12 LE MERCVRE
Marys ayant leurs heuresdere- ſerve dont perſonne ne vient troubler la douceur , il eſt juſte qu'ils abandonnent les inutiles àceux qui n'en profitent ja- mais fans témoins. LesDames
dontje vous parle devenuës in- ſéparables & par leur veritable amitié , & par le fâcheux ra- port de leur fortune , n'ou- blioient rien pour ſe dérober ,
quand elles pouvoient , aux yeux de leurs importuns Ef- pions. Ce n'eſt pas , comme je vous l'ay déja dit , qu'elles euf- ſent aucune intrigue qui pût mettre leur vertu en péril , mais il ſuffiſoit qu'on fe défiaft de leur conduite pour leur faire prendre plaifir à ſe débaraſſer de leurs Jaloux , &c'eſtoit pour elles un ſujet de joye incroya- ble qu'une Partie d'Opera ou de
GALANT. 13 Promenade faite en ſecret.
Parmy ceux dont le Jeu leur
avoit donné la connoiſſance
( car fi elles ne pouvoient s'em- peſcher d'eſtre obſervées , elles s'eſtoient miſes ſur le pied de faire une partie de ce qu'elles vouloient ) deux Cavaliers
auſſi civils que galants , leur avoient fait connoiſtre par quelques affiduitez que le plai- fir de contribuer à les divertir
eſtoit un plaiſir ſenſible pour eux. Elles meritoient bien leurs
complaiſances , & l'agrément de leur humeur joint à leur beauté qui n'eſtoit pas médiocre, pouvoit ne pas borner en- tierement à l'eſtime les ſentimens qu'ils tâchoient quelque- foisdeleur découvrir. Ils étoient
Amis, &quand ces Belles trou- voient l'occaſion de Lquelque
7
14 LE MERCVRE divertiſſement à prendre ſans leur garde accoûtumée , elles n'eſtoient point fâchées d'en faire la Partie avec eux, Dans
cette diſpoſition , voicy ce qui leur arriva pendant que les jours eſtoient les plus longs;
car , Madame , je croy que le temps ne fait rien aupres de vous à la choſe,& qu'une avan- ture du Mois deJuillet que vous ignorez ne vous plaira pas moins à écouter qu'une Avanture du Mois de Decembre. On
m'en apprend de tous les co- ftez , & ne vous les pouvant écrire toutes à la fois, j'en garde les Memoires pour vous en fai- re un Article felon l'ordre de
leur ancienneté.
Le Jeu ſervant toûjours de prétexte aux Dames àrecevoir les vifites des Cavaliers, tantoſt
GALANT. 15 chez l'une , &tantoft chez l'autre, la Feſte d'un des deux arrive. Elles luy envoyent cha- cune un Bouquet. Cela ſe pra- tique dans le monde. Illeur en marque ſa reconnoiffance par des Vers galans, &par une tres- inftante priere de prendre jour pour venir ſouper dans une fort . belle Maiſon qu'il a aupres d'u- ne des Portes de la Ville , où il
les attendra avec ſon Amy. Le Party eſt accepté , mais l'impor- tance eſt de venir à bout de la
défiance des Marys qu'on ne veut point mettre de la Feſte.
Heureuſement pour elles , il fe
trouvent tous deux chargez d'affaires en mefme temps. On choiſit ce jour. Le Cavalier eſt averty. Les ordres ſont donnez,
&il ne s'agit plus que d'exe- cuter. Les Dames feignent de vouloir alter ſurprendre une de
16 LE MERCVRE
leurs Amies qui est à une lieuë
de Paris , & d'où elles ne doivent revenir qu'au frais. Undes
Marys les veut obliger à remet- tre au lendemain , afin de leur
tenir compagnie,&de ſe délaf- ſer un peude l'accablement des affaires. Il n'en peut rien obte- nir , & fur cette conteftation
arriva un Laquais de la Dame qui les avertit de fon retour, &
qu'elle viendra joüer l'apreſdî- née avec elles. Leurs meſures
font rompuës par ce contre- temps. Lesdeux Amies diffimu- lent. Refuſer une Partie de Jeu
pour en propoſer une autre qui les laiſſe diſparoiſtre pour tout le reſte du jour , ce ſeroit don- ner de legitimes foupçons. Elles joüent, demeurent à ſouper en- ſemble apres que le Jeu eſt finy,
&feignent d'y avoir gagné un malde teſte qui leur ofte l'ap
GALANT. 17.
pétit , & qui ne peut eftre fou- lagé que par une Promenade aux Thuilleries. On met les
Chevaux au Caroffe. LeMary que leur empreſſement à vou loir faire une Partie de Campagne fans luy, avoit déja com- mencé d'inquieter , les fait fui- vre parun petit home inconnu qui entre avec elles aux ThuiLGENDEDA
leries, &les envoyant fortir in- continent par la Porte qui eft du cofté de l'eau , & monter dans une Chaiſe Roulante
qu'elles avoient donné ordre qu'on y fiſt venir, découvre le
lieu du Rendez vous, &en vient
donner avis au Mary. Le coup eftoit rude pour un Jaloux. H
court chez fon Afſocié en ja- loufie ,luy conte leur commun defaſtre , & luy faiſant quitter les Affaires qu'il n'avoit pas en-
18 LE MERCVRE
cor achevé de terminer , le me ne où la Feſte ſe donnoit. Ils
trouvent moyen d'entrer dans la Court ſans eſtre veus , & fe gliffent de là dans le Jardin ,
d'où ils peuvent aifément dé- couvrir tout ce qui ſe paſſe dans la Salle. Elle estoit éclairée d'un fort grand nombre de Bougies. Ils s'approchent des Feneſtres à la faveur de quel- quesArbresfait enBuiffons; &
quoy qu'ils ne remarquent rien qui ſente l'intrigue dans les ref- pectueuſes manieres dont les Cavaliers en uſent avec leurs
Femmes , elles leur paroiſſent de trop bonne humeur en leur abfence,&ils voudroient qu'el- les ne ſe montraſſent aimables
que pour eux. Le Soupé s'ache- ve au fon des Hautbois qui prennent le chemin du Jardin
GALANT. 19 où la Compagnie les ſuit. Les Marys qui veulent voir à quoy l'Avanture aboutira, ſe retirent
dans un Cabinet de verdure
où ils demeurent cachez. Les
Dames ont à peine fait un tour d'Allée , qu'elles voyent l'air tout couvert de Fuſées volantes , qui fortent du fonds du
Jardin; les Etoilles & les Serpentaux qu'elles font paroiſtre tout - à - coup , les divertiſſent plus agreablement que leurs Marys, qui ne font pas en eſtat de goufter le plaifir de cette ſurpriſe. L'aimable Brune dont je vous ayfait le Portrait prend une de ces Fuſées , & la veut
tirer elle - meſme. Celuy qui donne la Feſte s'y eftant inuti- lementoppoſé,luy metunMou- choir ſur le cou ,dans la crainte qu'elle ne ſe brûle. LeMary
20 LE MERCVRE
perdpatience,il veut s'échaper.
Celuy qui eft avec luy dans le Cabinet l'arreſte , &àluy-mef
me beſoin d'eſtre arreſté au
moindre mot qu'il voit qu'on dittout bas àſa Femme. Jamais
Jaloux ne ſouffrirent tant. Ils
frapent des pieds contre terre,
atrachent des feüilles , & les
mangentde rage , & on pretend qu'un des deux penſa crever d'uneChenille qu'il avala.Apres quelques Menuets danſez dans
lagrande Allée , on vient dire aux Dames qu'un Baffin de Fruit les attendoit dans la Salle
pour les rafraiſchir. Ellesy re- tournent & n'y tardent qu'un moment , parce que minuit qui ſonne leur faitune neceſſité de
ſe retirer. Les Cavaliers les accompagnent juſqu'à leur Chai- ſe roulante qu'elles quittent
GALAN T. 21
pour aller reprendre leur Ca- roſſe qu'elles ont laiſſe àl'autre Porte des Thuilleries,&cependant les Hautbois qui ne font
point avertis de leur départ continuëntà joüer dans le Jar- din. Leurprefence eſt un obſta- cle fâcheux à l'impatience des Réclus du Cabinetde verdure
qui brûlentd'en fortir pour s'ap- procher des Feneſtres comme ilsont fait pendant le Soupé. Il eſtvrayqu'ils nedemeurentpas long-tempsdans cette contrain- te, mais ils n'en ſont affranchis
que pour ſouffrir encor plus cruellement. Un de ces Mefſieurs de la Muſique champe- ſtre eſtant entré dans la Salle
pour demander quelque choſe àceluyqui les employoit, reviết dire àſes Compagnonsqu'il n'y avoit plus trouvé perſonne,&
22 LE MERCVRE
qu'il n'avoit pû fçavoir ce que la Compagnie eſtoit devenuë.
Les Marys l'entendent , & c'eſt un coup de foudre pour eux.
Leur jaloufie ne leur laiſſe rien imaginer que de funeſte pour leur honneur. Ils peſtent contre eux-meſmes de leur lâche pa- tience àdemeurer fi long- temps témoins de leur honte, & ne
doutant point que leurs Fem- mes ne ſoientdans quelqueCa- binet avec leurs Amans, ils fortent du Jardin,montent en haut,
vontde Chambre en Chambre,
& trouvant une Porte fermée,
ils font tous leurs efforts pour l'enfoncer. UnDomeſtique ac- court à cebruit. Il a beau leur
demander à qui ils en veulent. Point de réponſe. Ils continuent à donner des pieds contre la Porte, & le Domestique qui
GALANT. 23 n'eſt point aſſez fort pour les retenir , commence à crier aux Voleurs de toute ſa force. Ces cris mettent toute la Maiſon en
rumeur. On vient au ſecours.
Chacun eſt armé de ce qu'il a
pûtrouver à la haſte, &le Maî tre-d'Hoſtel tient unMouſque- ton qu'il n'y a pas plaifir d'ef- ſuyer. Nos Deſeſperez le crai- gnent. Ils moderent leur em- portement , & on ne voit plus que deux Hommes interdits ,
qui ſans s'expliquer enragent de ce qu'on met obſtacle à
leur entrepriſe. Comme ils ne ſont connus de perſonne,
&qu'ils n'ont point leurs Ha- bits de Magiſtrature , on prend leur filence pour une convi- ction de quelque deſſein crimi- nel; & afin de les faire parler malgré eux,leMaiſtre-d'Hoſtel
ここ
24 LE MERCVRE envoye chercher un Commiffaire ſans leur en rien dire , &
les fait garder fort ſoigneuſe- mentjuſqu'à ce qu'il ſoit arrivé.
Cependant les Cavaliers qui ont remené les Dames aux
Thuilleries , reviennent au lieu
où s'eſt donné le Repas, &font furpris de voir en entrantqu'on amene un Commiſſaire. Ils en
demandent la cauſe. Onleur dit
que pendant que tout le mon- de eſtoit occupé en bas à met- tre la Vaiſſelle d'argent en ſeû- reté , deux Voleurs s'eſtoient
coulez dans les Chambres , &
avoient voulu enfoncer un Cabinet.Ilycourent avec le Com- miſſaire qui les livre pendus dans trois jours. Jugez de l'é- tonnement où ils ſe trouvent
quand on leur montre les pre tendus Criminels. Le Commiffaire
GALANT. 25
faire qui les reconnoiſt ſe tire
d'affaire en habile- Homme, &
feignant de croire que ce font eux qui l'ont envoyé chercher,
il leur demande en quoy ils ont beſoin defon miniftere. Ils l'obligent à s'en retourner chez luy, ſans s'éclaircir de la bévcuë quil'a fait appeller inutilement;
& les Cavaliers qui devinent une partie de la verité , ayant fait retirer leurs Gens, leurofrét
telle réparation qu'ils voudront de l'inſulte qu'on leur a faite ſans les connoiſtre. C'eſt là que le myſtere de la Feſte ſe déve- lope. Celuy qui l'a donnée leur découvre qu'elle eſt la fuite
d'unBouquet reçeu,&qu'ayant prié les Damesd'obtenir d'eux qu'ils luy fiffent l'honneur d'en venir partager le divertiſſement avec elles, il avoit eu le chagrin
Tome X. B
26 LE MERCVRE
d'apprendre qu'unembarras im- preveu d'affaires n'avoit pas permis qu'ils les pûffent accom- pagner; qu'il venoit de les re- mener chez elles, &qu'il eſpe-- roit trouver une occafion plus favorable de lier avec eux une
Partie de plaifir. Tandis qu'il ajoûte à ces excuſes des civili- tez qui adouciſſent peu à peu la colere de nos Jaloux , fon Amy envoye promptement avertir les Dames de ce qui vient d'ar- river,afin qu'elles prenent leurs meſures ſur ce qu'elles auront à
dire à leurs Marys. Ils quitent les Cavaliers fatisfaits en appa- rence de cette défaite,&fort réfolus de faire un grand chapitre àleursFemmes, Elles prévien- nent leur méchante humeur ,
& les voyant retourner cha- grins,elles leur content en riant
GALANT. 27 la malice qu'elles leur ont faite de neles mettre pas d'une Par- tie dont on avoit ſouhaité qu'ils fuſſent ; ce qui devoit leur fai- re connoiſtre que quand les Femmes ont quelque deſſein en teſte , elles trouvent toûjours moyen de l'executer. Les Ma- rys ſe le tirent pour dit ; &
ceux qui ont ſçeu les circon- ſtances de l'Hiſtoire , aſſurent que depuis ce temps-là ils ont donné à leurs Femmes beaucoup plus de liberté qu'ils ne leur en laiſſoient auparavant.
C'étoit le meilleur party à pren- dre pour eux. Lebeau Sexe eſt
ennemyde la contrainte, & telle n'auroit jamais la moindre tentation degalanterie, quin'en refuſe pas quelquefois l'occa- fion pour punir un Mary de ſa défiance.
t
Fermer
Résumé : Histoire des deux Maris jaloux. [titre d'après la table]
Le texte narre l'histoire de deux couples, les Marys, caractérisés par leur sens de l'honneur et leur jalousie. Les épouses, belles et vertueuses, sont amies et partagent une aversion pour la surveillance excessive de leurs maris. Elles organisent une soirée secrète pour échapper à la vigilance de leurs conjoints, prétextant une visite à une amie. Lors de cette soirée, elles sont rejointes par deux cavaliers galants. Malgré leurs efforts pour surveiller leurs femmes, les maris sont déjoués et finissent par se faire passer pour des voleurs dans la maison où se déroule la fête. Ils sont arrêtés et emmenés par un commissaire. Les cavaliers, informés de la situation, interviennent et clarifient le malentendu. À leur retour, les femmes expliquent leur ruse à leurs maris, qui finissent par accepter la situation. Parallèlement, le texte aborde les changements dans les relations de genre suite à des événements historiques. Il mentionne que, depuis un certain moment, les hommes ont accordé davantage de liberté à leurs femmes, une décision jugée bénéfique pour eux. Les femmes sont opposées à la contrainte et peuvent refuser des avances galantes pour punir un mari méfiant. Cette approche est présentée comme une stratégie efficace pour maintenir l'harmonie dans les relations conjugales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
439
p. 41-43
M. le Comte d'Ayen est reçeu Duc & Pair de France au Parlement. [titre d'après la table]
Début :
Comme une peine qu'on a meritée ne donne jamais sujet [...]
Mots clefs :
Comte d'Ayen, Duc, Pair au Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. le Comte d'Ayen est reçeu Duc & Pair de France au Parlement. [titre d'après la table]
Comme une peine qu'on a
meritée ne donne jamais ſujet de plaindre celuy qui la ſouf- fre , on peut dire tout au con- traire qu'on voit rarement re- compenfer la Vertu ſans qu'on en témoigne de la joye. C'eſt ce qui a paru depuis peu quand Monfieur le Comte d'Ayen a
eſté reçeu Duc &Pair au Parle- ment. Ses belles qualitez luy ont acquis une eſtime fi gene- rale , que toute la Cour s'eſt intereſſée aux avantages que luy donne ce nouveau Rang.
Il eſt Fils de Monfieur le Duc
de Noailles , & c'eſt aſſez dire
pour faire connoiſtre qu'il par- tage la Pieté ,qui eft commeun Bien hereditaire dans toute
cette Illuſtre Maiſon. Les foins
qu'il a pris de ſe rendre les belles Lettres familieres , ne
"GALANT. 29 l'ont pas empeſché d'aprendre tout ce qu'on peut ſçavoir dans la Guerre. Il commença de donner des marques de fon courage , lors qu'on envoya du Secours aux Hollandois contre
l'Eveſque de Munſter. Il a toû- jours ſervy depuis ce temps- là ;
& le Roy voulant montrer la ſatisfaction qu'il avoitde ſa con- duite , le fit l'Année derniere
Mareſchal de Camp.
meritée ne donne jamais ſujet de plaindre celuy qui la ſouf- fre , on peut dire tout au con- traire qu'on voit rarement re- compenfer la Vertu ſans qu'on en témoigne de la joye. C'eſt ce qui a paru depuis peu quand Monfieur le Comte d'Ayen a
eſté reçeu Duc &Pair au Parle- ment. Ses belles qualitez luy ont acquis une eſtime fi gene- rale , que toute la Cour s'eſt intereſſée aux avantages que luy donne ce nouveau Rang.
Il eſt Fils de Monfieur le Duc
de Noailles , & c'eſt aſſez dire
pour faire connoiſtre qu'il par- tage la Pieté ,qui eft commeun Bien hereditaire dans toute
cette Illuſtre Maiſon. Les foins
qu'il a pris de ſe rendre les belles Lettres familieres , ne
"GALANT. 29 l'ont pas empeſché d'aprendre tout ce qu'on peut ſçavoir dans la Guerre. Il commença de donner des marques de fon courage , lors qu'on envoya du Secours aux Hollandois contre
l'Eveſque de Munſter. Il a toû- jours ſervy depuis ce temps- là ;
& le Roy voulant montrer la ſatisfaction qu'il avoitde ſa con- duite , le fit l'Année derniere
Mareſchal de Camp.
Fermer
Résumé : M. le Comte d'Ayen est reçeu Duc & Pair de France au Parlement. [titre d'après la table]
Le texte décrit la réception du Comte d'Ayen en tant que Duc et Pair au Parlement. Ses qualités lui ont acquis une estime générale et l'intérêt de la Cour. Fils du Duc de Noailles, il partage la piété héréditaire de sa famille. Passionné par les belles lettres, il n'a pas négligé l'art de la guerre. Il a démontré son courage en envoyant des secours aux Hollandais contre l'Évêque de Munster et a continué à servir depuis. En reconnaissance de ses actions, le roi l'a nommé Maréchal de camp l'année précédente.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
440
p. 43-45
Sa Majesté nomme M. de Rubantel & de Tracy Mareschaux de Camp. [titre d'après la table]
Début :
Sa Majesté a fait le mesme honneur depuis quelques jours [...]
Mots clefs :
Mr de Rubantel, Mr de Tracy, Gardes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sa Majesté nomme M. de Rubantel & de Tracy Mareschaux de Camp. [titre d'après la table]
Sa Majesté a fait le mef- me honneur depuis quelques jours à Meſſieurs de Tracy &
deRubantel. Je vous ay appris tant de choſes avantageuſes du premier dans ma Lettre du Mois d'Avril , que je n'ay plus rien à vous en dire , finon qu'il a continué depuis ce temps à
ſervir comme il avoit fait auparavant. On ne peut mieux
Bij
30 LE MERCVRE
ſçavoir ſon Meſtier , avoir plus courage , ny prévoir de plus loin les choſes qui doivent ar- river. M' de Rubantel qui a le meſme Employ que luydans les Gardes , a fait auffi paroiſtre beaucoup de zele , de valeur &
d'application , toutes les fois que l'occaſion s'eſt offerte d'en donner des marques. Pluſieurs
de cette Famille ont finy glo- rieuſement leurs jours dans le Service , & ont merité par là de vivre toûjours
deRubantel. Je vous ay appris tant de choſes avantageuſes du premier dans ma Lettre du Mois d'Avril , que je n'ay plus rien à vous en dire , finon qu'il a continué depuis ce temps à
ſervir comme il avoit fait auparavant. On ne peut mieux
Bij
30 LE MERCVRE
ſçavoir ſon Meſtier , avoir plus courage , ny prévoir de plus loin les choſes qui doivent ar- river. M' de Rubantel qui a le meſme Employ que luydans les Gardes , a fait auffi paroiſtre beaucoup de zele , de valeur &
d'application , toutes les fois que l'occaſion s'eſt offerte d'en donner des marques. Pluſieurs
de cette Famille ont finy glo- rieuſement leurs jours dans le Service , & ont merité par là de vivre toûjours
Fermer
Résumé : Sa Majesté nomme M. de Rubantel & de Tracy Mareschaux de Camp. [titre d'après la table]
Sa Majesté a honoré Messieurs de Tracy et de Rubantel. De Tracy, déjà distingué, se distingue par son expertise, son courage et sa capacité à anticiper les événements. De Rubantel, des Gardes, montre du zèle, de la bravoure et de l'engagement. Plusieurs membres de la famille de Rubantel ont terminé leur carrière militaire de manière glorieuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
441
p. 45
Mort de Dom Ioseph d'Ardennes Comte d'Illes, [titre d'après la table]
Début :
C'est un avantage qui est assuré à Dom Joseph d'Ardenne [...]
Mots clefs :
Dom Joseph d'Ardenne, Lieutenant général des armées du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de Dom Ioseph d'Ardennes Comte d'Illes, [titre d'après la table]
'eſt un avantage qui eſt afſuré à Dom Joſeph d'Ardenne , Comte d'Illes , Lieutenant
General des Armées du Roy.
* Il eſt mort apres avoir tres-bien ſervy en ſon temps. Il eſtoit d'une Maiſon fort confiderable , & la Nobleſſe du Rouffillon avoit beaucoup de créance en luy.
General des Armées du Roy.
* Il eſt mort apres avoir tres-bien ſervy en ſon temps. Il eſtoit d'une Maiſon fort confiderable , & la Nobleſſe du Rouffillon avoit beaucoup de créance en luy.
Fermer
442
p. 46
Mort de M. l'Abbé Castelan. [titre d'après la table]
Début :
Mr l'Abbé de Castelan est mort aussi, fort regreté [...]
Mots clefs :
Abbé de Castelan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de M. l'Abbé Castelan. [titre d'après la table]
M l'Abbé de Caſtelan eſt
mort auſſi , fort regreté de quan- tité de Perſonnesde la plus hau- te Qualité , qui avoient beaucoup d'eſtime pour luy. Il étoit Frere de M. de Caſtelan Major des Gardes , dont la bonne
mine & le courage eſtoient
connus, & que nous avons per- du à Gigery.
mort auſſi , fort regreté de quan- tité de Perſonnesde la plus hau- te Qualité , qui avoient beaucoup d'eſtime pour luy. Il étoit Frere de M. de Caſtelan Major des Gardes , dont la bonne
mine & le courage eſtoient
connus, & que nous avons per- du à Gigery.
Fermer
443
p. 55-61
Fragment du Testament de Mad. du Puy, celebre Ioüeuse de Harpe. [titre d'après la table]
Début :
Cette Piece a quelque chose de champestre, & je l'ay [...]
Mots clefs :
Auteur, Mademoiselle Dupuy, Testament, Chats, Harpe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fragment du Testament de Mad. du Puy, celebre Ioüeuse de Harpe. [titre d'après la table]
Cette Piece a quelque choſe de champeſtre, &je l'ay choifie exprés de ce caractere parmy
38 LE MERCVRE
beaucoup d'autres que j'ay à
vous faire voir , pour donner à
ma Lettre une plus agreable diverſité. On ne m'en a point nommé l'Autheur. J'ay ſçeu feu- lement qu'il n'avoit pas unGé- nie moins heureux dans les matieres badines , que dans celles qui font éloignées de l'enjoüe- ment , &qu'il achevoit demet- tre en Vers libres le Teſtament
deMademoiselledu Puy. Il n'en futjamais un plus extraordinai- re. Il fait grand bruit icy. Tout le monde en parle ,tout lemon- de ſouhaite l'avoir , & je n'en ay pû encor recouvrer de Copie entiere à vous envoyer. Made- moiſelle du Puy eſt cette celebre Joüeuſe de Harpequimourut il y a deux ou trois mois,&
voicy entr'autres Articles ce
que j'ay entendu debiter du
GALANT. 39 Teſtament dont il s'agit. Il por- te qu'il n'y auroit à ſon Enter- rement ny Boffus , ny Boiteux,
ny Borgnes , & on y trouve marqué le nombre d'Hommes mariez, de Femmes & de Filles
qu'elle ſouhaitoit qu'on en priaſt. Elle ordonne que ſa Maiſon ne ſera loüée pendant vingt ans qu'à des Perſonnes qui feront Preuve de Nobleſſe , &
donne une Place pour faire un Jardin , à condition que celuy à
qui elle la laiſſé n'y fera point planter d'Arbres nains. Vous jugez bien parlà, Madame,que la Demoiselle eſtoit raiſonnablement viſionnaire. Vous en ſerez encore mieux perfuadée quand je vous auray appris,que comme il n'y preſque perſonne quin'ait fon Animalfavory, elle avoit des Chats qu'elle n'a pû
40 LE MERCVRE
oublier en mourant. Ainſi elle
a étably une Rente pour leur nourriture , & un Revenu con- ſidérable dont doit joüir celuy à
qui elle en confie le ſoin. Vous direz que cette Rente luy afſfu- rant dequoy vivre , il y a du moins quelqu'un qui profite de fa folie. La choſe ne recevroit
point de difficulté , ſi c'eſtoit pour ce quelqu'un que la Ren- te euſt eſté faite viagere , mais elle ne l'eft que pour ſesChats;
& comme elle s'éteint par leur mort, il faut qu'il meure avant eux, s'il veut empeſcher qu'elle ne luy manque. Elle avoit leu fans doute que quelques Peu- ples avoientautrefois établydes Hoſpitaux pour les Chiens , &
qu'il y en a encor aujourd'huy en Turquie , quoyqueles Ma--- hometans aiment moins les
1
-
GALANT. 41
Chiens que les Chats , pour leſquels ils ont une grande ve- neration. Pour ſa Harpe qui luy avoit fait gagner tant de Bien , elle la laiſſe à un Aveu- gle des Quinze-vingts , qu'elle avoit entendu dire qui joüoit admirablement des Inſtrumens.
38 LE MERCVRE
beaucoup d'autres que j'ay à
vous faire voir , pour donner à
ma Lettre une plus agreable diverſité. On ne m'en a point nommé l'Autheur. J'ay ſçeu feu- lement qu'il n'avoit pas unGé- nie moins heureux dans les matieres badines , que dans celles qui font éloignées de l'enjoüe- ment , &qu'il achevoit demet- tre en Vers libres le Teſtament
deMademoiselledu Puy. Il n'en futjamais un plus extraordinai- re. Il fait grand bruit icy. Tout le monde en parle ,tout lemon- de ſouhaite l'avoir , & je n'en ay pû encor recouvrer de Copie entiere à vous envoyer. Made- moiſelle du Puy eſt cette celebre Joüeuſe de Harpequimourut il y a deux ou trois mois,&
voicy entr'autres Articles ce
que j'ay entendu debiter du
GALANT. 39 Teſtament dont il s'agit. Il por- te qu'il n'y auroit à ſon Enter- rement ny Boffus , ny Boiteux,
ny Borgnes , & on y trouve marqué le nombre d'Hommes mariez, de Femmes & de Filles
qu'elle ſouhaitoit qu'on en priaſt. Elle ordonne que ſa Maiſon ne ſera loüée pendant vingt ans qu'à des Perſonnes qui feront Preuve de Nobleſſe , &
donne une Place pour faire un Jardin , à condition que celuy à
qui elle la laiſſé n'y fera point planter d'Arbres nains. Vous jugez bien parlà, Madame,que la Demoiselle eſtoit raiſonnablement viſionnaire. Vous en ſerez encore mieux perfuadée quand je vous auray appris,que comme il n'y preſque perſonne quin'ait fon Animalfavory, elle avoit des Chats qu'elle n'a pû
40 LE MERCVRE
oublier en mourant. Ainſi elle
a étably une Rente pour leur nourriture , & un Revenu con- ſidérable dont doit joüir celuy à
qui elle en confie le ſoin. Vous direz que cette Rente luy afſfu- rant dequoy vivre , il y a du moins quelqu'un qui profite de fa folie. La choſe ne recevroit
point de difficulté , ſi c'eſtoit pour ce quelqu'un que la Ren- te euſt eſté faite viagere , mais elle ne l'eft que pour ſesChats;
& comme elle s'éteint par leur mort, il faut qu'il meure avant eux, s'il veut empeſcher qu'elle ne luy manque. Elle avoit leu fans doute que quelques Peu- ples avoientautrefois établydes Hoſpitaux pour les Chiens , &
qu'il y en a encor aujourd'huy en Turquie , quoyqueles Ma--- hometans aiment moins les
1
-
GALANT. 41
Chiens que les Chats , pour leſquels ils ont une grande ve- neration. Pour ſa Harpe qui luy avoit fait gagner tant de Bien , elle la laiſſe à un Aveu- gle des Quinze-vingts , qu'elle avoit entendu dire qui joüoit admirablement des Inſtrumens.
Fermer
Résumé : Fragment du Testament de Mad. du Puy, celebre Ioüeuse de Harpe. [titre d'après la table]
Le texte présente une pièce de caractère champêtre, choisie pour diversifier une lettre. L'auteur, non nommé, excelle dans les sujets badins et sérieux. Il met en vers libres le testament de Mademoiselle du Puy, célèbre joueuse de harpe récemment décédée. Ce testament, extraordinaire et très intéressant, contient plusieurs dispositions spécifiques. Il interdit la présence de personnes boiteuses, borgnes ou bossues à son enterrement et demande des prières pour un nombre précis d'hommes mariés, de femmes et de filles. Sa maison ne pourra être louée pendant vingt ans qu'à des personnes de noblesse, et une place est réservée pour un jardin sans arbres nains. Elle prévoit également une rente pour nourrir ses chats et un revenu pour la personne chargée de leur soin. Sa harpe est léguée à un aveugle des Quinze-Vingts qui joue admirablement des instruments. Mademoiselle du Puy avait entendu parler d'hôpitaux pour chiens dans certaines cultures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
444
p. 64-66
Vers envoyez avec un Bouquet de Tubereuses au mois de Decembre. [titre d'après la table]
Début :
Vous voulez bien, Madame, que j'ajoûte quatre Vers [...]
Mots clefs :
Vers, Quatrain, Bouquet, Fleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers envoyez avec un Bouquet de Tubereuses au mois de Decembre. [titre d'après la table]
Vous voulez bien , Madame,
que j'ajoûte quatre Vers à ces Paroles. Une Dame qui eſt encor fort belle , quoy que dans un âge où il ſemble qu'il ne foit plus permis de prétendre à la Beauté , diſoit agreable-
44 LE MERCVRE
ment ces derniers jours , ſur le fujet de ſa Fête qui approchoit,
que ſa belle ſaiſon eſtoit paffée,
& que ce n'eſtoit plus pour elle que naiſſoient les Fleurs.
Un Cavalier auffi galant que ſpirituel , l'entendit , & le jour
de cette Feſte eſtant venu , il
luy envoya un Bouquet de Tubéreuſes , qui ſont aſſez
rares au Mois de Decembre.
Le Bouquet eſtoit accompagné
de ce Quadrain.
La Beauté que le temps croit avoir effacée ,
Nevous doitpoint couſter de pleur s;
De ces Fleurs , belle Iris , la Saiſon eft
passée,
Cefont pourtant des belles Fleurs.
que j'ajoûte quatre Vers à ces Paroles. Une Dame qui eſt encor fort belle , quoy que dans un âge où il ſemble qu'il ne foit plus permis de prétendre à la Beauté , diſoit agreable-
44 LE MERCVRE
ment ces derniers jours , ſur le fujet de ſa Fête qui approchoit,
que ſa belle ſaiſon eſtoit paffée,
& que ce n'eſtoit plus pour elle que naiſſoient les Fleurs.
Un Cavalier auffi galant que ſpirituel , l'entendit , & le jour
de cette Feſte eſtant venu , il
luy envoya un Bouquet de Tubéreuſes , qui ſont aſſez
rares au Mois de Decembre.
Le Bouquet eſtoit accompagné
de ce Quadrain.
La Beauté que le temps croit avoir effacée ,
Nevous doitpoint couſter de pleur s;
De ces Fleurs , belle Iris , la Saiſon eft
passée,
Cefont pourtant des belles Fleurs.
Fermer
Résumé : Vers envoyez avec un Bouquet de Tubereuses au mois de Decembre. [titre d'après la table]
Une dame regrette que sa beauté soit fanée. Un cavalier, lors de sa fête en décembre, lui offre des tubéreuses rares avec un poème. Ce dernier souligne que la beauté, même marquée par le temps, ne doit pas causer de tristesse, comparant la dame à des fleurs dont la saison est passée mais qui restent belles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
445
p. 66-67
Les Avantures d'Armide & de Renaud, composées par M. le C. de Meré. [titre d'après la table]
Début :
C'estoit quelque chose d'admirable que les Jardins enchantez [...]
Mots clefs :
Tasse, Lecture, Imprimé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Avantures d'Armide & de Renaud, composées par M. le C. de Meré. [titre d'après la table]
C'eſtoit quelque choſed'ad- mirable que les Jardins en- chantez du Palais d'Armide ,
GALANT. 45
où il en naiſſoit en tout temps &de toutes les façons. Quoy que vous ſoyez inſtruite de tout ce qui eſt arrivé à cette belle Princeſſe par la lecture du Taſſe , liſez je vous prie ce qui en a eſté imprimé depuis peu ſous le titre des Avantures
d'Armide & de Renaud. Vous
en ſerez fatisfaite. Ce Livre eſt
ført agreable , & vous dire qu'il eſt deM. leChevalier de Meré,
c'eſt vous dire que vousy trou- verez autant de pureté de lan- gage , que de delicateſſe d'expreffion
GALANT. 45
où il en naiſſoit en tout temps &de toutes les façons. Quoy que vous ſoyez inſtruite de tout ce qui eſt arrivé à cette belle Princeſſe par la lecture du Taſſe , liſez je vous prie ce qui en a eſté imprimé depuis peu ſous le titre des Avantures
d'Armide & de Renaud. Vous
en ſerez fatisfaite. Ce Livre eſt
ført agreable , & vous dire qu'il eſt deM. leChevalier de Meré,
c'eſt vous dire que vousy trou- verez autant de pureté de lan- gage , que de delicateſſe d'expreffion
Fermer
Résumé : Les Avantures d'Armide & de Renaud, composées par M. le C. de Meré. [titre d'après la table]
Le texte présente les Jardins enchantés du Palais d'Armide, où des phénomènes extraordinaires se produisent. Il recommande la lecture des 'Avantures d'Armide & de Renaud', un ouvrage récent du Chevalier de Méré, apprécié pour la pureté de son langage et la délicatesse de ses expressions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
446
p. 67-85
COMPLIMENT A MONISEUR LE CHANCELIER.
Début :
Vous ne serez pas moins contente du Compliment que Mr / Le juste choix que le Roy a fait de vostre Personne [...]
Mots clefs :
Chancelier, Compliment, Faculté de droit, Université de Paris, Honneur, Campagne, Action, Académie française, M. Doujat, Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT A MONISEUR LE CHANCELIER.
Vous ne ſerez pas moins contente du Compliment que M' Doujat eut l'honneur defai- re à Monfieur le Chancelier ,
lors qu'il le fut ſalüer pour la Faculté de Droit de l'Univerfité de Paris, dont il eſt le plus
46 LE MERCVRE ancien Docteur Régent. Il étoit accompagné de ſes Collègues,
&fut preſenté par Monfieur Pelletier Conſeiller d'Etat, comme il l'avoit eſté en pareille rencontre par M' de Lamoignon à feu Monfieur Daligre.
COMPLIMENT
A MONSIEVR
LE CHANCELIER.
MONSEIGNEUR,
Lejuſte choix que le Roy afaitde voftre Personne, pour l'élever à laplus.
haute Dignitéde la Robe, eſt ſans dou- te laplus infaillible marque d'un merite achevé. Mais c'est encore une preuve bien convainquante , que ce merite eft
GALANT. 47
generalement reconnu , de voir que les Loix, qui ordinairement font muettes au milieu des Armes, prennent d'abord un tel éclat entre vos mains, qu'on n'entend de tous coſtez que desacclama- tions &des applaudiſſemens , pour une action pacifique , dans un temps où les Triomphes de nostre invincible Monarquefont tant de bruit en tous lieux,par des miracles de guerre fi continuels &
fiſurprenans.
Onpeut bien , Monseigneur , lesap- pellerSurprenans ,puis qu'ils n'ont point d'exemple dans toute l'Antiquité,
que l'on n'agueres moins de peine àles croire apres qu'ils font arrivez, qu'à les imagineravant qu'ils arrivent. En effet , iln'y apersonne qui ſoit capable de les concevoir , que cet incomparable
Génie qui ſeul les ſçait executer. Car enfin peut-oncomprendre cetteſage con duite qui pourvoit àtout ; cette activité qui estpar tout; cette intrépidité heroï- que qui anime tout ; &enfin cette au- guste presence qui vient à bout de
tout ?
Mais peut-on affez admirer les pro
48 LE MERCVRE digesque ces grands refforts ontproduit dansle coursde cetteseule Année, qui n'est pas encore finis ? une Campagne qui en vaut pluſieurs,ſi hautement ache- vée, en la Saiſon qu'on l'ouvroit àpei- ne autrefois ; &recommencée avec un pareilfuccés, auſſi-toſt que les Ennemis ontfiny les marches & les contremar- ches qu'ils ont appellées leur Campagne:
pluſieurs Placesqu'on n'avoit osé atta- quer , ou qu'on avoit attaquées inutile- ment en divers temps, emportées dans peude jours : une Bataille gagnée par un autre Soy-mesme pendant deux Sie ges; ces Bravesde toutes Nationsfor- cez en un moment derriere leurs plus forts Remparts , auſſi-bien qu'en rafe Campagne; & leurs prodigieuses Ar- mées également défaites en combatant &fans combatre ?
4 Vostre Zelepour leſervice &pour la gloire du Roy , me fait esperer, Mon- Seigneur, que vousexcuſerezfacilement cette diſgreſſion ſur un Sujet fi agrea- ble, &où vous &les Vostres avez toujours en tant de part. Nous voyons,Monseigneur , dans
VOS
GALANT. 49 wosfages Conseils, dans vosfoins vigi- lans &fideles,&dans toute voſtre Vie,
-degrandes matieres de pluſieurs Pane- gyriques; & nous voudrions bien nous pouvoiracquiterde ce qui vous est deû en cette occafion. Mais le temps d'un Compliment , dontje vois bien que j'ay déjapassé les bornes , ne mepermet pas deſuivre cette juſte inclination ; &je connois trop ma foibleſſe ,pour meha- zarder àune fi difficile entrepriſe. Il meſuffira de dire , en paſſant, ce qui est connudetout le monde , que vous ſça- vez joindre admirablement bien des chosesqui nesetrouvent gueres d'accord que dans les Hommes extraordinaires ;
unEspritpenétrant , avec un jugement folide ; une modération fans exemple,
avec une éminente fortune ; &une pro.
bitéinfléxible,qui neconfidereperſonne quand il faut juger , avec une affabili_ té obligeante qui ne rebute personne ,
-quand ilfaut écouter.
Ainfi,Monseigneur , la justice que leRoyvientdefaire àvoſtre vertu ,
&à vos longs &importans Services,
estunmoyen aſſurépour la rendre par
Tome X. C
5o LE MERCVRE uneseule action , au reſte deſes Sujets ;
&la connoiſſance que l'on a de cette verité ,dont on voit déja les effets , ré- panddans tous les Cœurs une ioyequi n'estpas concevable.
Cependant, Monseigneur , la Faculté de Droit oſeſe flater de l'espérance que
dans cette commune allegreſſe vous au- rez la bonté de distinguer ſon zele parmyceluy des autres Corps , qui ont eu •déja,ou qui auront en ſuite l'honneur de rendre de ſemblables devoirs à Voftre
Grandeur.
Pour nous attirer cet avantage , il Suffiroit de l'attachement particulier qu'exige de nous la profeſſion des Loix,
dont vous estes l'Oracle &l'appuy tout ensemble.
Mais outre cette dépendance auſſi glorieuse que neceſſaire, aux obligations de laquelle nous tâchons de répondre paruneprofondevéneration , &pardes vœux ardens & finceres; que ne de.
vons-nous pas à V. G. pour l'inclina- tion qu'elle a toûjours témoignéede voir rétablir l'Etude de la Iurisprudence ;
qui vous est chere , parce que vous la
GALANT. SI poffedez parfaitement , & parce que vous enconnoiffez mieux que perſonne l'importance &la neceſſité ? Vous ſça- vez, Monseigneur, combien elle est dé- cheuë de sapremiere ſplendeur dans ce Royaume où on l'a venë si florifſfante pendantplusieurs Siecles.
Maintenant que vous eſtes en étar de la vanger dumépris iniurieux qu'en font ceux à qui elle est inconnuë ; que pouvons-noussouhaiter deplushonora_ ble pour V. G. &deplus utile pour le Public,fi ce n'est l'entier accompliſſe ment de vos grands &loüables def- Seins; &que pour en avoir l'effet, vous puiſſiez Servirle Roy & l'Etat dans les nobles fonctions d'une Dignité si éminenteauffi longuement que dans cel- lesde tous les autres Emplois que vous avezfi dignement remplis ?
Monfieur le Chancelier reçeut cette Députation d'une maniere toute obligeante. Le merite particulier de M' Dou- jat luy eſtoit connu,& il ſçavoit Cij
52 LE MERCVRE la reputation qu'il a permy tous ceux qui eftiment les belles Lettres. La place qu'on luy a
*donnée dans l'Académie Françoiſe en eſt une marque. Il eſt originaire de Toulouſe, defcen du d'un Loüis Doujat , qui fut pourveu le premier ily a envi- ron 160. ans de la Charge d'A- vocat General du Grand Confeil,cette Compagnie n'en ayant point eu avant luy. Un de ſes Fils ſe fit Conſeiller au
Parlement de Toulouſe , l'autre
demeura à Paris , & depuis ce temps-là il y a toûjours eu des Officiers de ce nomdans quelqu'une des Cours Souveraines
de ces deux Villes.
Apres la mort de M. du No- zet, Auditeurde Rote, M. l'Ab- bé Doujat dont je vous parle ,
fut propofé par M. de Marca
GALANT. 53
Archeveſque de Toulouſe,pour eſtre envoyé àſa place , &feu M. le Cardinal Mazarin, inſtruit
de ſa haute capacité , luy avoit faitdire qu'il ſetinſt preſt à par- tir ; mais les grandes Alliances &les correſpondances queM
deBourlemont avoient en Italie , jointes à quelques autres confiderations importantes , fi- rent tourner les chofes , fur la
priere de M' l'Eveſque de Ca- ſtres depuis Archeveſque de Toulouſe , en faveur de Monfieur ſon Frere qui s'eſt digne- ment acquité de cet Employ dans des conjonctures affez difficiles. Ce changementn'eut pas lieu de le chagriner , puis qu'il fut cauſedel'honneur qu'il reçeut d'eſtre employé par feu M le Prefident de Perigny , à
donneràMonſeigneur le DauCij
34 LE MERCVRE phin les premieres teintures de 'Hiſtoire & dela Fable. Il fut
furpris des talens extraordinai- res qui éclatoient en cejeune Prince dés l'âge de fix ans. Il s'a- giſſoit deles cultiver, & celaluy donna occafion de compoſer un Abregé de l'Hiſtoire Gré- que & Romaine ſur Velleïus Paterculus. Cet Ouvrage me- rite l'approbation que luy a
donnée le Public. Il a fait imprimer depuis ce temps- là un Recüeil en Latin de tout ce qui regarde le Droit Eccleſiaſtique particulier à la France, & enfui- te une Hiſtoire du Droit Ca.-
non. Il travaille preſentement à celle du Droit Civil qui pa- roiſtra bien- toſt, & à.des Notes fur Tite-Live pour l'uſage de Monſeigneur le Dauphin. On les imprime; & comme le Païs
GALANT. 55 Latin n'eſt pas un Païs incon- nu pour vous , je me perfuade,
Madame , que vous ne manque- rez pas de curioſité pour les voir.
lors qu'il le fut ſalüer pour la Faculté de Droit de l'Univerfité de Paris, dont il eſt le plus
46 LE MERCVRE ancien Docteur Régent. Il étoit accompagné de ſes Collègues,
&fut preſenté par Monfieur Pelletier Conſeiller d'Etat, comme il l'avoit eſté en pareille rencontre par M' de Lamoignon à feu Monfieur Daligre.
COMPLIMENT
A MONSIEVR
LE CHANCELIER.
MONSEIGNEUR,
Lejuſte choix que le Roy afaitde voftre Personne, pour l'élever à laplus.
haute Dignitéde la Robe, eſt ſans dou- te laplus infaillible marque d'un merite achevé. Mais c'est encore une preuve bien convainquante , que ce merite eft
GALANT. 47
generalement reconnu , de voir que les Loix, qui ordinairement font muettes au milieu des Armes, prennent d'abord un tel éclat entre vos mains, qu'on n'entend de tous coſtez que desacclama- tions &des applaudiſſemens , pour une action pacifique , dans un temps où les Triomphes de nostre invincible Monarquefont tant de bruit en tous lieux,par des miracles de guerre fi continuels &
fiſurprenans.
Onpeut bien , Monseigneur , lesap- pellerSurprenans ,puis qu'ils n'ont point d'exemple dans toute l'Antiquité,
que l'on n'agueres moins de peine àles croire apres qu'ils font arrivez, qu'à les imagineravant qu'ils arrivent. En effet , iln'y apersonne qui ſoit capable de les concevoir , que cet incomparable
Génie qui ſeul les ſçait executer. Car enfin peut-oncomprendre cetteſage con duite qui pourvoit àtout ; cette activité qui estpar tout; cette intrépidité heroï- que qui anime tout ; &enfin cette au- guste presence qui vient à bout de
tout ?
Mais peut-on affez admirer les pro
48 LE MERCVRE digesque ces grands refforts ontproduit dansle coursde cetteseule Année, qui n'est pas encore finis ? une Campagne qui en vaut pluſieurs,ſi hautement ache- vée, en la Saiſon qu'on l'ouvroit àpei- ne autrefois ; &recommencée avec un pareilfuccés, auſſi-toſt que les Ennemis ontfiny les marches & les contremar- ches qu'ils ont appellées leur Campagne:
pluſieurs Placesqu'on n'avoit osé atta- quer , ou qu'on avoit attaquées inutile- ment en divers temps, emportées dans peude jours : une Bataille gagnée par un autre Soy-mesme pendant deux Sie ges; ces Bravesde toutes Nationsfor- cez en un moment derriere leurs plus forts Remparts , auſſi-bien qu'en rafe Campagne; & leurs prodigieuses Ar- mées également défaites en combatant &fans combatre ?
4 Vostre Zelepour leſervice &pour la gloire du Roy , me fait esperer, Mon- Seigneur, que vousexcuſerezfacilement cette diſgreſſion ſur un Sujet fi agrea- ble, &où vous &les Vostres avez toujours en tant de part. Nous voyons,Monseigneur , dans
VOS
GALANT. 49 wosfages Conseils, dans vosfoins vigi- lans &fideles,&dans toute voſtre Vie,
-degrandes matieres de pluſieurs Pane- gyriques; & nous voudrions bien nous pouvoiracquiterde ce qui vous est deû en cette occafion. Mais le temps d'un Compliment , dontje vois bien que j'ay déjapassé les bornes , ne mepermet pas deſuivre cette juſte inclination ; &je connois trop ma foibleſſe ,pour meha- zarder àune fi difficile entrepriſe. Il meſuffira de dire , en paſſant, ce qui est connudetout le monde , que vous ſça- vez joindre admirablement bien des chosesqui nesetrouvent gueres d'accord que dans les Hommes extraordinaires ;
unEspritpenétrant , avec un jugement folide ; une modération fans exemple,
avec une éminente fortune ; &une pro.
bitéinfléxible,qui neconfidereperſonne quand il faut juger , avec une affabili_ té obligeante qui ne rebute personne ,
-quand ilfaut écouter.
Ainfi,Monseigneur , la justice que leRoyvientdefaire àvoſtre vertu ,
&à vos longs &importans Services,
estunmoyen aſſurépour la rendre par
Tome X. C
5o LE MERCVRE uneseule action , au reſte deſes Sujets ;
&la connoiſſance que l'on a de cette verité ,dont on voit déja les effets , ré- panddans tous les Cœurs une ioyequi n'estpas concevable.
Cependant, Monseigneur , la Faculté de Droit oſeſe flater de l'espérance que
dans cette commune allegreſſe vous au- rez la bonté de distinguer ſon zele parmyceluy des autres Corps , qui ont eu •déja,ou qui auront en ſuite l'honneur de rendre de ſemblables devoirs à Voftre
Grandeur.
Pour nous attirer cet avantage , il Suffiroit de l'attachement particulier qu'exige de nous la profeſſion des Loix,
dont vous estes l'Oracle &l'appuy tout ensemble.
Mais outre cette dépendance auſſi glorieuse que neceſſaire, aux obligations de laquelle nous tâchons de répondre paruneprofondevéneration , &pardes vœux ardens & finceres; que ne de.
vons-nous pas à V. G. pour l'inclina- tion qu'elle a toûjours témoignéede voir rétablir l'Etude de la Iurisprudence ;
qui vous est chere , parce que vous la
GALANT. SI poffedez parfaitement , & parce que vous enconnoiffez mieux que perſonne l'importance &la neceſſité ? Vous ſça- vez, Monseigneur, combien elle est dé- cheuë de sapremiere ſplendeur dans ce Royaume où on l'a venë si florifſfante pendantplusieurs Siecles.
Maintenant que vous eſtes en étar de la vanger dumépris iniurieux qu'en font ceux à qui elle est inconnuë ; que pouvons-noussouhaiter deplushonora_ ble pour V. G. &deplus utile pour le Public,fi ce n'est l'entier accompliſſe ment de vos grands &loüables def- Seins; &que pour en avoir l'effet, vous puiſſiez Servirle Roy & l'Etat dans les nobles fonctions d'une Dignité si éminenteauffi longuement que dans cel- lesde tous les autres Emplois que vous avezfi dignement remplis ?
Monfieur le Chancelier reçeut cette Députation d'une maniere toute obligeante. Le merite particulier de M' Dou- jat luy eſtoit connu,& il ſçavoit Cij
52 LE MERCVRE la reputation qu'il a permy tous ceux qui eftiment les belles Lettres. La place qu'on luy a
*donnée dans l'Académie Françoiſe en eſt une marque. Il eſt originaire de Toulouſe, defcen du d'un Loüis Doujat , qui fut pourveu le premier ily a envi- ron 160. ans de la Charge d'A- vocat General du Grand Confeil,cette Compagnie n'en ayant point eu avant luy. Un de ſes Fils ſe fit Conſeiller au
Parlement de Toulouſe , l'autre
demeura à Paris , & depuis ce temps-là il y a toûjours eu des Officiers de ce nomdans quelqu'une des Cours Souveraines
de ces deux Villes.
Apres la mort de M. du No- zet, Auditeurde Rote, M. l'Ab- bé Doujat dont je vous parle ,
fut propofé par M. de Marca
GALANT. 53
Archeveſque de Toulouſe,pour eſtre envoyé àſa place , &feu M. le Cardinal Mazarin, inſtruit
de ſa haute capacité , luy avoit faitdire qu'il ſetinſt preſt à par- tir ; mais les grandes Alliances &les correſpondances queM
deBourlemont avoient en Italie , jointes à quelques autres confiderations importantes , fi- rent tourner les chofes , fur la
priere de M' l'Eveſque de Ca- ſtres depuis Archeveſque de Toulouſe , en faveur de Monfieur ſon Frere qui s'eſt digne- ment acquité de cet Employ dans des conjonctures affez difficiles. Ce changementn'eut pas lieu de le chagriner , puis qu'il fut cauſedel'honneur qu'il reçeut d'eſtre employé par feu M le Prefident de Perigny , à
donneràMonſeigneur le DauCij
34 LE MERCVRE phin les premieres teintures de 'Hiſtoire & dela Fable. Il fut
furpris des talens extraordinai- res qui éclatoient en cejeune Prince dés l'âge de fix ans. Il s'a- giſſoit deles cultiver, & celaluy donna occafion de compoſer un Abregé de l'Hiſtoire Gré- que & Romaine ſur Velleïus Paterculus. Cet Ouvrage me- rite l'approbation que luy a
donnée le Public. Il a fait imprimer depuis ce temps- là un Recüeil en Latin de tout ce qui regarde le Droit Eccleſiaſtique particulier à la France, & enfui- te une Hiſtoire du Droit Ca.-
non. Il travaille preſentement à celle du Droit Civil qui pa- roiſtra bien- toſt, & à.des Notes fur Tite-Live pour l'uſage de Monſeigneur le Dauphin. On les imprime; & comme le Païs
GALANT. 55 Latin n'eſt pas un Païs incon- nu pour vous , je me perfuade,
Madame , que vous ne manque- rez pas de curioſité pour les voir.
Fermer
Résumé : COMPLIMENT A MONISEUR LE CHANCELIER.
M. Doujat, Docteur Régent de la Faculté de Droit de l'Université de Paris, a été présenté par M. Pelletier, Conseiller d'État, lors d'une cérémonie officielle. Dans son discours, M. Doujat a adressé un compliment au Chancelier de France, le félicitant pour sa nomination par le roi. Il a souligné le mérite et le talent du Chancelier pour faire briller les lois, même en période de guerre. M. Doujat a également exprimé son admiration pour les succès militaires récents du roi et a espéré que le Chancelier excuserait cette digression sur un sujet agréable. M. Doujat a vanté les qualités du Chancelier, notamment son esprit pénétrant, son jugement solide, sa modération, sa fortune éminente, sa probité et son affabilité. Il a exprimé l'espoir que le Chancelier distinguerait la Faculté de Droit parmi les autres corps qui lui rendent hommage. Le Chancelier a reçu cette députation avec obligeance, connaissant le mérite et la réputation de M. Doujat, notamment sa place à l'Académie Française. Le texte mentionne également l'origine de M. Doujat, originaire de Toulouse, et sa famille d'officiers dans les cours souveraines. Il évoque son refus d'un poste à la Rote et son travail avec le Dauphin pour lui enseigner l'histoire et la fable. M. Doujat a également publié des ouvrages sur le droit ecclésiastique et canonique, et travaille actuellement sur une histoire du droit civil et des notes sur Tite-Live pour le Dauphin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
447
p. 85-89
Madrigaux & Quatrains à Monsieur le Chancelier. [titre d'après la table]
Début :
Dans le temps que tous les Corps se sont empressez [...]
Mots clefs :
Chancelier, Couronne, État, Le Tellier, Compliments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Madrigaux & Quatrains à Monsieur le Chancelier. [titre d'après la table]
Dans le temps que tous les Corps ſe ſont empreſſez à ve- nir faire leurs Complimens à
Monfieur le Chancelier , ſur le nouveau rang où le Roy l'a éle- vé, les Muſes ne font pas de- meurées muetes ; & voicy des Vers qui ont eſté adreſſez àM. Calpatri,Maiſtre des Comptes.
POUR MONSIEUR
LE CHANCELIER.
L
Oüis le Grand , &leplus grand
desRois,
Nepeut faireque degrands choix,
Etceluy-cy n'a rien, Calpatri, qui m'é
tonne.
Cij
36 LE MERCVRE C'est un grand Monarque quis donne,
Et c'est un grand Suietparfoy, parses Emplois Qui reçoit ,dés long-temps fidele àla Couronne ,
Capableauſſi plus queperſonne Par les ſoins qu'il apris desArmes&
des Loix,
Defoûtenirl'éclat dont Themis l'environne.
Enfin c'est leTELLIER , tout utile à
lafois Au Public , à l'Etat ce Ministre
. d'élite
Dont le Prince aujourd'huy couronne lemerite.
Il eſt certain que le choix que le Roya fait de Monfieur le Tellier pour la plus impor- tante Charge de l'Etat , a eſté
reçeu avec les acclamations de
toute la France , &c'eſt ce qui a
donné lieu aux deux Quadrins ſuivans. La Juſtice parle dans le premier.
GALAN T. 57
QUATRAIN.
E ne veux plus ſonger qu'à goûter le JErepos ,
!
Que vient de me donner le plus grand desHéros :
Ainſiſi je parois n'estre plus occupée,
Le Pere a ma Balance , &le Fils mon
Epée.
AUTRE.
Lors parfa vareprudence En foulageant Thémis, montre que parfon choix ,
Il veut que le TELLIER en tienne
la Balance ,
Quand fon Fer eft tenu par l'Illuftre Louvors.
Monfieur le Chancelier , ſur le nouveau rang où le Roy l'a éle- vé, les Muſes ne font pas de- meurées muetes ; & voicy des Vers qui ont eſté adreſſez àM. Calpatri,Maiſtre des Comptes.
POUR MONSIEUR
LE CHANCELIER.
L
Oüis le Grand , &leplus grand
desRois,
Nepeut faireque degrands choix,
Etceluy-cy n'a rien, Calpatri, qui m'é
tonne.
Cij
36 LE MERCVRE C'est un grand Monarque quis donne,
Et c'est un grand Suietparfoy, parses Emplois Qui reçoit ,dés long-temps fidele àla Couronne ,
Capableauſſi plus queperſonne Par les ſoins qu'il apris desArmes&
des Loix,
Defoûtenirl'éclat dont Themis l'environne.
Enfin c'est leTELLIER , tout utile à
lafois Au Public , à l'Etat ce Ministre
. d'élite
Dont le Prince aujourd'huy couronne lemerite.
Il eſt certain que le choix que le Roya fait de Monfieur le Tellier pour la plus impor- tante Charge de l'Etat , a eſté
reçeu avec les acclamations de
toute la France , &c'eſt ce qui a
donné lieu aux deux Quadrins ſuivans. La Juſtice parle dans le premier.
GALAN T. 57
QUATRAIN.
E ne veux plus ſonger qu'à goûter le JErepos ,
!
Que vient de me donner le plus grand desHéros :
Ainſiſi je parois n'estre plus occupée,
Le Pere a ma Balance , &le Fils mon
Epée.
AUTRE.
Lors parfa vareprudence En foulageant Thémis, montre que parfon choix ,
Il veut que le TELLIER en tienne
la Balance ,
Quand fon Fer eft tenu par l'Illuftre Louvors.
Fermer
Résumé : Madrigaux & Quatrains à Monsieur le Chancelier. [titre d'après la table]
Le texte décrit les réactions à la nomination de Monsieur le Tellier au poste de Chancelier par le roi. Les Muses, représentant les arts et les lettres, ont exprimé leur soutien par des vers adressés à Monsieur Calpatri, Maître des Comptes. Ces vers soulignent la grandeur du roi et la pertinence du choix du Chancelier, louant ses compétences et sa fidélité à la couronne. Le roi est présenté comme un monarque éclairé, et le Tellier comme un ministre d'élite, bénéfique tant au public qu'à l'État. La nomination a été acclamée à travers toute la France. Deux quatrains illustrent cette joie : le premier évoque le repos apporté par le roi, avec le Tellier à la balance de la justice et son fils à l'épée. Le second met en avant la prudence et le choix judicieux du roi, confiant la balance de la justice à Tellier tandis que son fils tient l'épée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
448
p. 89-116
Dispute d'Apollon & de l'Amour sur des Vers d'Iris. [titre d'après la table]
Début :
Je sçay, Madame, que ces témoignages de joye & de [...]
Mots clefs :
Amour, Iris, Apollon, Indifférent, Conversion, Aimer, Livres, Lecture, Vers, Ecolière, Coeur, Madame, Aimable, Apprendre, Esprit, Lettre, Pétrarque, Laure, Amant, Belle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dispute d'Apollon & de l'Amour sur des Vers d'Iris. [titre d'après la table]
Je ſçay , Madame , que ces témoignages de joye & de ref- pect rendus à ce grand Mini- ſtre , n'auront rien de ſurpre
Cv
58 LE MERCVRE nant pour vous à qui tout fon merite eſt connu ; mais il vous
de ſera ſans doute d'apprendre la Converfion de l'Indifferent à
qui vous avez tant de fois re- proché l'air tranquille qui pa- roiſt dans toutes ſes actions , &
cette Philofophie ſoit natu- relle , ſoit artificielle dont il
ſe pique , quoy que la plupart des Gens la regardent en luy comme un défaut. Le croirezvous , Madame ? Il aime, & ap- paremment il ne ceſſera pas fi- toſt d'aimer, car quand l'Amour s'eſt une fois rendu maiſtre de
ces cœurs Philoſophes qui luy ont long-temps refifté , comme il ne ſeroit pas aſſuré d'y rentrer quand il voudroit , il n'aban- donne pas aisément la place.
Voicy ce que j'en ay pû décou- vrir. Il voyoit ſouvent une jeu-
GALANT. 59 ne & fort aimable Perfonne , &
n'avoit commencé à la voir que parce qu'elle aime les Livres &
ququ'elle a l'eſprit tres-éclairé.
Aprés luy avoir donné ſes avis ſur les lectures qu'elle
faire pour
devoz ne rien apprendre YON
Juy80%
confuſement , il s'offrit à
ſervir de Maiſtre pour l'Italien
& à force de luy faire dire ,
j'aime , dans une autre langue que la fienne , il ſouhaita d'en eſtre veritablement aimé. Ses
regards parlerent , & comme c'eſtoit un langage que la Belle n'entendoit pas , ou qu'elle fei- gnoit de ne point entendre , il ne put s'empeſcher un jour de buy reprocher ſon peu de fen- fibilité. Elle ſe défendit de ce
reproche ſur l'eſtime particu- liere qu'elle avoit pour luy.
Vous ſçavez , Madame , que Cvj
60 LE MERCVRE
l'eſtime ne ſatisfait point un Amant. Il luy declara qu'il en vouloit à ſon cœur , & qu'il ſe tiendroit malheureux tant qu'- elle luy en refuſeroit la tendref- fe. La Belle détourna ce difcours , & fit fi bien pendant quelque temps , qu'il ne pût trouver aucune occafion favorable de le pourſuivre. Il de- vint chagrin , & rêvoit aux
moyens de faire expliquer celle qu'il aimoit , quand on le vint confulter fur des Vers écrits
d'une main qui luy eſtoit in- connuë. Il eſt du meſtier , &
ceux que vous avez veus de ſa façon , vous donnent afſez lieu de croire qu'on s'en pouvoit rapporter à luy. Il prit le pa- pier qu'on luy donna, &leut ce qui fuit fans s'attacher qu'à la netteté de la Poësie.
{
GALANT. 61
Dourquoym'avoirfait confidence vous en vouliez à mon cœur?
Ilfaut que contre vous il se mette en défense,
Ie dois vous empeſcher d'en estre le vainqueur.
Ienem'estois point apperçeuë Que tous vospetits soins deuſſent m'e- tre suspects ,
Etquand j'enfaifois la revenë ,
Ieles prenoispour des reſpects.
Ah , que nem'avez vouslaiſſée ,
CruelTircis, dans cette douce erreur !
Vous me voyezembarrassée.
On l'est toûjours quand il s'agit du
cœur.
Il faut prendre party , je nedois plus attendre ,
Mais si vous m'attaquez , comment vousrepouffer ?
Quand on fent le besoin qu'on adese défendre,
Il estdéja bien tardde commencer.
62 LE MERCVRE
Ces Vers luy parurent d'un caractere doux & aife. Il le
dit d'abord à celuy qui luy en demandoit ſa penſée , & vous pouvez juger de ſa ſurpriſe quand on l'aſſura que c'eſtoit le début d'une Fille qu'il ap- prouvoit. Ce mot le frapa. II ſe ſouvint de la converſation
qu'il avoit euë avec ſa belle Ecoliere. Tout ce qu'il venoit
de lire s'y appliquoit , & cette penſée le fit entrer dans des tranſports de joye incroyables ;
mais il ceſſoit de ſe les permet- tre , fi- toſt qu'il faiſoit reflexion que ces Vers eſtoient trop bien tournez pour eftre le coupd'ef- ſay d'une Perſonne qui n'en avoit jamais fait , & qui ne ſe piquoit point du tout de s'y connoiſtre. L'incertitude luy faiſant peine, il reſolut d'en for-
GALANT. 63
tir. Il rendit viſite à la Belle, luy parla d'une nouveauté qui fai- foit bruit , leut ces Vers dont il avoit pris une copie , l'obferva en les lifant , & l'en ayant veu fourire, il l'embarafla fi fort,qu'il luy fit enfin avoüer que c'eſtoit elle qui les avoit faits. Elle ne luy fit cet aveu qu'en rougif- ſant , & en luy ordonnant de les regarder comme un fimple divertiſſement que fa Muſe naiſſante s'eſtoit permis , &
dont elle avoit voulu le rendre
Juge def- intereſſé , en luy ca- chant qu'elle s'eſtoit meflée de rimer. La referve ne l'étonna
point , il comprit ſans peine ce qu'on vouloit bien qu'il cruft,
& abandonna ſon cœur à ſa
paffion. Celle qui la cauſe en eft fort digne. Vous eſtes déja convaincuë de ſon eſprit par
64 LE MERCVRE fes Vers , &je ne la flate point en adjoûtant qu'elle eſt aſſez belle pour ſe pouvoir paffer d'eſprit , quoy qu'il ſemble que ce foit eſtre belle & fpirituelle contre les regles , que d'eſtre l'un & l'autre en meſime temps.
Si vous la voulez connoiſtre
plus particulierement , imagi- nez- vous une Brune qui a la taille tres-bien priſe , quoy que mediocre ; le plus bel œil qu'on ait jamais veu , la bouche éga- lement belle, le teint &la gorge admirables , & outre tout cela
un air doux & modefte qui ne vous la rendra nullement fufpecte de faire des Vers. Voila
fon veritable Portrait. Tout ce
qu'onluy reproche pourdéfaut,
c'eſt unpeu tropde mélancolie,
unedéfiance perpetuelle d'elle- meſme , & une_timidité qu'elle
GALAN T. 65
a peine à vaincre , meſme avec ceux dont elle ne doit rien ap- prehender. Les Vers d'une fi aimable Perſonne n'eſtoient pas de nature à demeurer ſans réponſe, &quand noſtre Amant Philoſophe n'auroit pas eſté Poëte il y avoit déja long- tems,
c'eſtoit là une occafion à le devenir. A peine deux ou trois jours s'eſtoient-ils pafſſez , que la Belle reçeut un Pacquet dans lequel elle ne trouva que cette Lettre. Elle estoit dattée du
Parnaffe & avoit pourTitre
APPOLLON,
A LA JEUNE
V
IRIS.
Os Vers aimable Iris, ont fait du
bruit icy
66 LE MERCVRE
Onvous nomme au Parnaffe une petite Muse.
Puisque voſtre début afi bien réüſſy,
Vous irez loin, ou jem'abuse.
NosPoëtes galans l'ont beaucoup ad-.
miré ,
Les Femmes Beaux Esprits ,telle que fut la Suze ,
Pourdire tout,l'ont unpeucenfuré.
Ieſuis ravyque vous soyez des noſtres.
Estre le Dieu des Vers feroit un fort biendoux ,
Si parmy les Autheurs il n'en estoit point d'autres Quedes Autheursfait comme vous.
I'ayfurles beaux Esprits unepuiſſance
9 Tentiere ,
Ils reconnoiſſent tous ma Iurisdiction.
Avous dire le vray c'est une Nation Dontje suis dégoûté d'une étrange ma- niere.
Et meſme quelquefois dans mes bruſques transports ,
GALAN T. 67
Peu s'en faut qu'à jamais je ne les
abandonne;
Mais si les beaux Esprits estoient de
jolis Corps,
Ieme plairois àl'employ qu'on me donne.
Dés que vous me ferez l'honneur de
m'invoquer ,
Fiez-vous-en à moy , je ne tarderay
guerre,
Et lorsque mon secours vousfera neceffaire ,
Affurez- vous qu'il ne vous pent
manquer.
Ie vous diray pourtant un point qui m'embarasse ;
Un certainpetit Dieu fripon ,
(Ienesçayſeulementfi vous sçavezfon
nom,
Ils'appelle l'Amour ) a pouffé son au dace
Iusqu'à meſoûtenir en face ,
Que vos Versſont deſa façon ,
Et pour vous , m'a-t-ildit , conſolez yous de grace',
-
68 LE MERCVRE
Cen'est pas vous dont elle a pris leçon.
Quoy qu'ilse pare envain de cefaux
avantage,
Il aquelqueſujet de dire ce qu'il dit ;
Vous parlez dans vos Vers un affez doux langage,
Etpeut-estre apres tout l'Amant dont ils'agit Iugeroit que ducœur ces Vers seroient l'ouvrage ,
Si parmalheur pour luy vous n'aviez
tropd'esprit.
N'allezpas de l'Amourdevenir l'Eco- liere ,
Ce Maistre dangereux conduit tout de
travers,
Vous ne feriez jamais de Piece regu
liere
Si cepetit Broisillon vous inspiroit vos
Vers.
Adieu, charmante Iris ,j'auray ſoin que la Rime د
GALAN T. 69
Quandvous compoſerez, ne vousrefu- Se rien.
Maisque cesoit moy ſeul au moins qui vous anime,
Autrement tout n'iroit pas bien.
La Belle n'eut pas de peine àdeviner qui eſtoit l'Appollon
de la Lettre , mais elle reſva quelque temps ſur unpetit ſcru- pule délicat qui luy vint. Elle n'euſt pas eſté bien- aiſe qu'on luy euſt fait l'injustice de don- ner à l'Amour tout l'honneur
des Vers qu'elle avoit faits,mais elle nepouvoit d'ailleurs pene- trer par quel intereſt ſon Amant avoit tant de peur qu'on ne les attribuât à l'Amour ; & fi elle
luy avoit defendu de croire qu'ils fufſent autre choſe qu'un jeu d'eſprit où ſon cœur n'a- voit point de part, elle trouvoit qu'il euſt pu ſe diſpenſer de
70 LE MERCVRE luy conſeiller auſſi fortement qu'il faiſoit de ne ſe ſervir ja- mais que des Leçons d'Apol- lon. C'eſtoit luy faire connoiſtre qu'il n'avoit fouhaité que foi- blement d'eſtre aimé ; &le dépit d'avoir répondu trop favo- rablement à ſa premiere decla- ration , luy faifoit relire ſa Let- tre, pour voir ſi elle n'y décou- vriroit point quelque ſens ca- ché qui pût affoiblir le repro- che qu'elle s'en faifoit , quand on luy en apporta une fecon- ded'une autre main. Elle l'ou- vrit avec précipitation, &y lût
cesVers.
GALANT. 71
.
L'AMOUR,
A LA BELLE IRIS.
A
Vez-vous lûmon nom fans chan- gerdecouleur ? :
VostreSurprise , Iris , n'est-elle pas ex- trème?
Raffurez-vous; mon nom fait toûjours plusdepeur Queien'en auroisfait moy-méme.
*
Voftre Ouvrage galant , début affez heureux,
loufie.
Entre Apollon &moy met de la'jaIl s'agit de sçavoir lequel est de nous
deux
Vostre Maistre de Poësie.
Franchement , Apollon n'est pas d'un grandSecours ,
72 LE MERCVRE
En matiere de Vers ie ne le craindrois
guere ,
Et ie le défierois defaire D'auſſi bons Ecoliers que i'enfais tous les jours.
Quels travaux affidus pour former un Poëte ,
Etquel temps ne luyfaut-ilpas ?
On est quitte avec moyde tout cet embarras ;
Qu'on aime unpeu, l'affaire est faite.
Cherchez- vous à vous épargner
Cent preceptes de l'Art , qu'il seroit longd'apprendre ?
Vne rêverie unpeu tendre ,
Enunmoment vousvatout enſeigner.
F'inſtruis d'une maniere affez courte &
facile;
Commencer par l'Esprit c'est un ſoin inutile ,
Fort longdumoins , quand mesme il
réuffit.
Ie
GALANT. 73 Ievais tout droit au Cœur , &fais plus deprofit ,
Carquandle Cœur est unefois docile,
Onfait ce qu'on veut de l'Esprit.
Quand vous fistes vos Vers, dites-le moyſans feinte,
Lesfentiez-vous couler de ſource &
Janscontraintes
Ievousles infpirois , Iris , n'endoutez.
pas..
Si fortant lentement & d'une froide
veine ,
Sillabe aprés fillabe ils marchoient avec
3. peine,
C'estoit Apollon en cecas.
Lequelavoñez- vous , Iris , pour vostre Maistre ?
Ie m'inquiete peu pour qui vous pro- nonciez;
Car enfin ie le pourrois estre - Sans que vous- meſme leſceuſſiez
Ie ne penſerois pas avoir perdu ma cause,
Tome X.
74 LE MERCVRE Quandvous décideriez, enfaveur d'un
Rival ;
Etmesme incognito, fi i'avoisfait la chofe,
Mes affaires chez-vous n'en iroientpas plus mat
Maisquand ie n'aurois point d'autre part à l'Ouvrage,
Sans contestation i'ay donnéleſuiet.
C'eſt toûjours un grand avantage,
Belle Iris, i'ensuisfatisfair.
Cette ſeconde Lettre éclaircit entierement le doute de la
Belle. Elle ne fut pas fâchéede voir que celuy qui avoit fi bien parlé pourApollon , n'euſt pas laiſſé le pauvre Amour indé- fendu , &elle vit bien qu'il ne luy avoit propoſé les raiſons de part &d'autre , que pour l'en- gager à décider lequel des deux avoit plus de part à ſes Vers,
ou de l'Eſprit , ou duCœur, La
GALANT. 75.
Queſtion eſtoit délicate. On la
preſſa long-temps de donner un Jugement. Elle ſe récuſoit toû- jours elle-meſme,&s'eſtant en- fin refoluë à prononcer , voicy un Billetqu'elle fit rendre àfon Amant pourApollon.
SireApollon, ce n'estpas une affaire Que deux ou trois Quatrainsque i'ay faitspar hazard,
Et ie croy qu'apres tout vousn'y per- driezquere Quand l'Amour Sſeut y devroit avoir
part.
Nevousalarmezpoint; s'il faut nom- mer mon Maistre ,
Ieiureray tout haut que mes Versfont devous.
Ilscouloientpourtant, entre nous,
Comme Amour dit qu'il les fait naiſtre.
Je croy , Madame , que fans enexcepterPetrarque, &Laure
:
Dij
76 LE MERCVRE d'amoureuſe memoire , voila
l'intrigue la plus poëtique dont on ait jamais entendu parler ,
car elle l'eſt des deux coſtez .
Nous ne trouvons point les Vers que la belle Laure a faits pour répõdre à ceux de Petrar- que ; mais cette Laure- cy paye ſon Petrarque en même mon- noye, & l'attachement qu'ils ont l'un pour l'autre s'eſt tellement augmétépar cet agreable com- merce dePoëfie, qu'ils ſemblent n'avoir plus de joye qu'en ſe voyant. Je les attens au Sacre- ment, s'ils vont jamais juſques- là; car il n'y a guere de paſſions qu'il n'affoibliſſe , & l'Amour dans l'ordinaire, demeure tellement déconcerté par le Maria- ge , qu'on a quelque raiſon d'af- furerqu'iln'a pointde plus irré- conciliable Ennemy.
Cv
58 LE MERCVRE nant pour vous à qui tout fon merite eſt connu ; mais il vous
de ſera ſans doute d'apprendre la Converfion de l'Indifferent à
qui vous avez tant de fois re- proché l'air tranquille qui pa- roiſt dans toutes ſes actions , &
cette Philofophie ſoit natu- relle , ſoit artificielle dont il
ſe pique , quoy que la plupart des Gens la regardent en luy comme un défaut. Le croirezvous , Madame ? Il aime, & ap- paremment il ne ceſſera pas fi- toſt d'aimer, car quand l'Amour s'eſt une fois rendu maiſtre de
ces cœurs Philoſophes qui luy ont long-temps refifté , comme il ne ſeroit pas aſſuré d'y rentrer quand il voudroit , il n'aban- donne pas aisément la place.
Voicy ce que j'en ay pû décou- vrir. Il voyoit ſouvent une jeu-
GALANT. 59 ne & fort aimable Perfonne , &
n'avoit commencé à la voir que parce qu'elle aime les Livres &
ququ'elle a l'eſprit tres-éclairé.
Aprés luy avoir donné ſes avis ſur les lectures qu'elle
faire pour
devoz ne rien apprendre YON
Juy80%
confuſement , il s'offrit à
ſervir de Maiſtre pour l'Italien
& à force de luy faire dire ,
j'aime , dans une autre langue que la fienne , il ſouhaita d'en eſtre veritablement aimé. Ses
regards parlerent , & comme c'eſtoit un langage que la Belle n'entendoit pas , ou qu'elle fei- gnoit de ne point entendre , il ne put s'empeſcher un jour de buy reprocher ſon peu de fen- fibilité. Elle ſe défendit de ce
reproche ſur l'eſtime particu- liere qu'elle avoit pour luy.
Vous ſçavez , Madame , que Cvj
60 LE MERCVRE
l'eſtime ne ſatisfait point un Amant. Il luy declara qu'il en vouloit à ſon cœur , & qu'il ſe tiendroit malheureux tant qu'- elle luy en refuſeroit la tendref- fe. La Belle détourna ce difcours , & fit fi bien pendant quelque temps , qu'il ne pût trouver aucune occafion favorable de le pourſuivre. Il de- vint chagrin , & rêvoit aux
moyens de faire expliquer celle qu'il aimoit , quand on le vint confulter fur des Vers écrits
d'une main qui luy eſtoit in- connuë. Il eſt du meſtier , &
ceux que vous avez veus de ſa façon , vous donnent afſez lieu de croire qu'on s'en pouvoit rapporter à luy. Il prit le pa- pier qu'on luy donna, &leut ce qui fuit fans s'attacher qu'à la netteté de la Poësie.
{
GALANT. 61
Dourquoym'avoirfait confidence vous en vouliez à mon cœur?
Ilfaut que contre vous il se mette en défense,
Ie dois vous empeſcher d'en estre le vainqueur.
Ienem'estois point apperçeuë Que tous vospetits soins deuſſent m'e- tre suspects ,
Etquand j'enfaifois la revenë ,
Ieles prenoispour des reſpects.
Ah , que nem'avez vouslaiſſée ,
CruelTircis, dans cette douce erreur !
Vous me voyezembarrassée.
On l'est toûjours quand il s'agit du
cœur.
Il faut prendre party , je nedois plus attendre ,
Mais si vous m'attaquez , comment vousrepouffer ?
Quand on fent le besoin qu'on adese défendre,
Il estdéja bien tardde commencer.
62 LE MERCVRE
Ces Vers luy parurent d'un caractere doux & aife. Il le
dit d'abord à celuy qui luy en demandoit ſa penſée , & vous pouvez juger de ſa ſurpriſe quand on l'aſſura que c'eſtoit le début d'une Fille qu'il ap- prouvoit. Ce mot le frapa. II ſe ſouvint de la converſation
qu'il avoit euë avec ſa belle Ecoliere. Tout ce qu'il venoit
de lire s'y appliquoit , & cette penſée le fit entrer dans des tranſports de joye incroyables ;
mais il ceſſoit de ſe les permet- tre , fi- toſt qu'il faiſoit reflexion que ces Vers eſtoient trop bien tournez pour eftre le coupd'ef- ſay d'une Perſonne qui n'en avoit jamais fait , & qui ne ſe piquoit point du tout de s'y connoiſtre. L'incertitude luy faiſant peine, il reſolut d'en for-
GALANT. 63
tir. Il rendit viſite à la Belle, luy parla d'une nouveauté qui fai- foit bruit , leut ces Vers dont il avoit pris une copie , l'obferva en les lifant , & l'en ayant veu fourire, il l'embarafla fi fort,qu'il luy fit enfin avoüer que c'eſtoit elle qui les avoit faits. Elle ne luy fit cet aveu qu'en rougif- ſant , & en luy ordonnant de les regarder comme un fimple divertiſſement que fa Muſe naiſſante s'eſtoit permis , &
dont elle avoit voulu le rendre
Juge def- intereſſé , en luy ca- chant qu'elle s'eſtoit meflée de rimer. La referve ne l'étonna
point , il comprit ſans peine ce qu'on vouloit bien qu'il cruft,
& abandonna ſon cœur à ſa
paffion. Celle qui la cauſe en eft fort digne. Vous eſtes déja convaincuë de ſon eſprit par
64 LE MERCVRE fes Vers , &je ne la flate point en adjoûtant qu'elle eſt aſſez belle pour ſe pouvoir paffer d'eſprit , quoy qu'il ſemble que ce foit eſtre belle & fpirituelle contre les regles , que d'eſtre l'un & l'autre en meſime temps.
Si vous la voulez connoiſtre
plus particulierement , imagi- nez- vous une Brune qui a la taille tres-bien priſe , quoy que mediocre ; le plus bel œil qu'on ait jamais veu , la bouche éga- lement belle, le teint &la gorge admirables , & outre tout cela
un air doux & modefte qui ne vous la rendra nullement fufpecte de faire des Vers. Voila
fon veritable Portrait. Tout ce
qu'onluy reproche pourdéfaut,
c'eſt unpeu tropde mélancolie,
unedéfiance perpetuelle d'elle- meſme , & une_timidité qu'elle
GALAN T. 65
a peine à vaincre , meſme avec ceux dont elle ne doit rien ap- prehender. Les Vers d'une fi aimable Perſonne n'eſtoient pas de nature à demeurer ſans réponſe, &quand noſtre Amant Philoſophe n'auroit pas eſté Poëte il y avoit déja long- tems,
c'eſtoit là une occafion à le devenir. A peine deux ou trois jours s'eſtoient-ils pafſſez , que la Belle reçeut un Pacquet dans lequel elle ne trouva que cette Lettre. Elle estoit dattée du
Parnaffe & avoit pourTitre
APPOLLON,
A LA JEUNE
V
IRIS.
Os Vers aimable Iris, ont fait du
bruit icy
66 LE MERCVRE
Onvous nomme au Parnaffe une petite Muse.
Puisque voſtre début afi bien réüſſy,
Vous irez loin, ou jem'abuse.
NosPoëtes galans l'ont beaucoup ad-.
miré ,
Les Femmes Beaux Esprits ,telle que fut la Suze ,
Pourdire tout,l'ont unpeucenfuré.
Ieſuis ravyque vous soyez des noſtres.
Estre le Dieu des Vers feroit un fort biendoux ,
Si parmy les Autheurs il n'en estoit point d'autres Quedes Autheursfait comme vous.
I'ayfurles beaux Esprits unepuiſſance
9 Tentiere ,
Ils reconnoiſſent tous ma Iurisdiction.
Avous dire le vray c'est une Nation Dontje suis dégoûté d'une étrange ma- niere.
Et meſme quelquefois dans mes bruſques transports ,
GALAN T. 67
Peu s'en faut qu'à jamais je ne les
abandonne;
Mais si les beaux Esprits estoient de
jolis Corps,
Ieme plairois àl'employ qu'on me donne.
Dés que vous me ferez l'honneur de
m'invoquer ,
Fiez-vous-en à moy , je ne tarderay
guerre,
Et lorsque mon secours vousfera neceffaire ,
Affurez- vous qu'il ne vous pent
manquer.
Ie vous diray pourtant un point qui m'embarasse ;
Un certainpetit Dieu fripon ,
(Ienesçayſeulementfi vous sçavezfon
nom,
Ils'appelle l'Amour ) a pouffé son au dace
Iusqu'à meſoûtenir en face ,
Que vos Versſont deſa façon ,
Et pour vous , m'a-t-ildit , conſolez yous de grace',
-
68 LE MERCVRE
Cen'est pas vous dont elle a pris leçon.
Quoy qu'ilse pare envain de cefaux
avantage,
Il aquelqueſujet de dire ce qu'il dit ;
Vous parlez dans vos Vers un affez doux langage,
Etpeut-estre apres tout l'Amant dont ils'agit Iugeroit que ducœur ces Vers seroient l'ouvrage ,
Si parmalheur pour luy vous n'aviez
tropd'esprit.
N'allezpas de l'Amourdevenir l'Eco- liere ,
Ce Maistre dangereux conduit tout de
travers,
Vous ne feriez jamais de Piece regu
liere
Si cepetit Broisillon vous inspiroit vos
Vers.
Adieu, charmante Iris ,j'auray ſoin que la Rime د
GALAN T. 69
Quandvous compoſerez, ne vousrefu- Se rien.
Maisque cesoit moy ſeul au moins qui vous anime,
Autrement tout n'iroit pas bien.
La Belle n'eut pas de peine àdeviner qui eſtoit l'Appollon
de la Lettre , mais elle reſva quelque temps ſur unpetit ſcru- pule délicat qui luy vint. Elle n'euſt pas eſté bien- aiſe qu'on luy euſt fait l'injustice de don- ner à l'Amour tout l'honneur
des Vers qu'elle avoit faits,mais elle nepouvoit d'ailleurs pene- trer par quel intereſt ſon Amant avoit tant de peur qu'on ne les attribuât à l'Amour ; & fi elle
luy avoit defendu de croire qu'ils fufſent autre choſe qu'un jeu d'eſprit où ſon cœur n'a- voit point de part, elle trouvoit qu'il euſt pu ſe diſpenſer de
70 LE MERCVRE luy conſeiller auſſi fortement qu'il faiſoit de ne ſe ſervir ja- mais que des Leçons d'Apol- lon. C'eſtoit luy faire connoiſtre qu'il n'avoit fouhaité que foi- blement d'eſtre aimé ; &le dépit d'avoir répondu trop favo- rablement à ſa premiere decla- ration , luy faifoit relire ſa Let- tre, pour voir ſi elle n'y décou- vriroit point quelque ſens ca- ché qui pût affoiblir le repro- che qu'elle s'en faifoit , quand on luy en apporta une fecon- ded'une autre main. Elle l'ou- vrit avec précipitation, &y lût
cesVers.
GALANT. 71
.
L'AMOUR,
A LA BELLE IRIS.
A
Vez-vous lûmon nom fans chan- gerdecouleur ? :
VostreSurprise , Iris , n'est-elle pas ex- trème?
Raffurez-vous; mon nom fait toûjours plusdepeur Queien'en auroisfait moy-méme.
*
Voftre Ouvrage galant , début affez heureux,
loufie.
Entre Apollon &moy met de la'jaIl s'agit de sçavoir lequel est de nous
deux
Vostre Maistre de Poësie.
Franchement , Apollon n'est pas d'un grandSecours ,
72 LE MERCVRE
En matiere de Vers ie ne le craindrois
guere ,
Et ie le défierois defaire D'auſſi bons Ecoliers que i'enfais tous les jours.
Quels travaux affidus pour former un Poëte ,
Etquel temps ne luyfaut-ilpas ?
On est quitte avec moyde tout cet embarras ;
Qu'on aime unpeu, l'affaire est faite.
Cherchez- vous à vous épargner
Cent preceptes de l'Art , qu'il seroit longd'apprendre ?
Vne rêverie unpeu tendre ,
Enunmoment vousvatout enſeigner.
F'inſtruis d'une maniere affez courte &
facile;
Commencer par l'Esprit c'est un ſoin inutile ,
Fort longdumoins , quand mesme il
réuffit.
Ie
GALANT. 73 Ievais tout droit au Cœur , &fais plus deprofit ,
Carquandle Cœur est unefois docile,
Onfait ce qu'on veut de l'Esprit.
Quand vous fistes vos Vers, dites-le moyſans feinte,
Lesfentiez-vous couler de ſource &
Janscontraintes
Ievousles infpirois , Iris , n'endoutez.
pas..
Si fortant lentement & d'une froide
veine ,
Sillabe aprés fillabe ils marchoient avec
3. peine,
C'estoit Apollon en cecas.
Lequelavoñez- vous , Iris , pour vostre Maistre ?
Ie m'inquiete peu pour qui vous pro- nonciez;
Car enfin ie le pourrois estre - Sans que vous- meſme leſceuſſiez
Ie ne penſerois pas avoir perdu ma cause,
Tome X.
74 LE MERCVRE Quandvous décideriez, enfaveur d'un
Rival ;
Etmesme incognito, fi i'avoisfait la chofe,
Mes affaires chez-vous n'en iroientpas plus mat
Maisquand ie n'aurois point d'autre part à l'Ouvrage,
Sans contestation i'ay donnéleſuiet.
C'eſt toûjours un grand avantage,
Belle Iris, i'ensuisfatisfair.
Cette ſeconde Lettre éclaircit entierement le doute de la
Belle. Elle ne fut pas fâchéede voir que celuy qui avoit fi bien parlé pourApollon , n'euſt pas laiſſé le pauvre Amour indé- fendu , &elle vit bien qu'il ne luy avoit propoſé les raiſons de part &d'autre , que pour l'en- gager à décider lequel des deux avoit plus de part à ſes Vers,
ou de l'Eſprit , ou duCœur, La
GALANT. 75.
Queſtion eſtoit délicate. On la
preſſa long-temps de donner un Jugement. Elle ſe récuſoit toû- jours elle-meſme,&s'eſtant en- fin refoluë à prononcer , voicy un Billetqu'elle fit rendre àfon Amant pourApollon.
SireApollon, ce n'estpas une affaire Que deux ou trois Quatrainsque i'ay faitspar hazard,
Et ie croy qu'apres tout vousn'y per- driezquere Quand l'Amour Sſeut y devroit avoir
part.
Nevousalarmezpoint; s'il faut nom- mer mon Maistre ,
Ieiureray tout haut que mes Versfont devous.
Ilscouloientpourtant, entre nous,
Comme Amour dit qu'il les fait naiſtre.
Je croy , Madame , que fans enexcepterPetrarque, &Laure
:
Dij
76 LE MERCVRE d'amoureuſe memoire , voila
l'intrigue la plus poëtique dont on ait jamais entendu parler ,
car elle l'eſt des deux coſtez .
Nous ne trouvons point les Vers que la belle Laure a faits pour répõdre à ceux de Petrar- que ; mais cette Laure- cy paye ſon Petrarque en même mon- noye, & l'attachement qu'ils ont l'un pour l'autre s'eſt tellement augmétépar cet agreable com- merce dePoëfie, qu'ils ſemblent n'avoir plus de joye qu'en ſe voyant. Je les attens au Sacre- ment, s'ils vont jamais juſques- là; car il n'y a guere de paſſions qu'il n'affoibliſſe , & l'Amour dans l'ordinaire, demeure tellement déconcerté par le Maria- ge , qu'on a quelque raiſon d'af- furerqu'iln'a pointde plus irré- conciliable Ennemy.
Fermer
Résumé : Dispute d'Apollon & de l'Amour sur des Vers d'Iris. [titre d'après la table]
Le texte décrit la transformation amoureuse d'un homme initialement connu pour son indifférence et son détachement philosophique. Cet homme rencontre une jeune femme cultivée et aimable, ce qui marque le début de leur relation. Leur lien se renforce à travers des échanges littéraires et des poèmes. La jeune femme, après avoir écrit des vers, reçoit des lettres d'Apollon et d'Amour, chacun affirmant être l'inspirateur de ses poèmes. Après réflexion, elle reconnaît l'influence d'Apollon sur ses vers tout en admettant l'impact d'Amour. Le texte se conclut par une comparaison avec l'histoire de Pétrarque et Laure, soulignant la beauté poétique de cette intrigue amoureuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
449
p. 116-118
Excez d'amour d'une jeune Personne nouvellement mariée. [titre d'après la table]
Début :
Ce n'est pas pourtant une regle absolument generale, [...]
Mots clefs :
Tendresse, Époux, Portrait, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Excez d'amour d'une jeune Personne nouvellement mariée. [titre d'après la table]
Ce n'est pas pourtant une regle abſolument generale , &
ceque je vay vous dire d'une jeune Perſonne de la plus hau- te Qualité , vous en fera voir l'exception. Il y a peu de temps qu'elle eſt mariée , & les belles qualitezdel'Epoux qu'elle ait YON
heureux le rendent fi digne de poſſeder tout fon cœur , qu'elle n'a point mis de bornes à ſa tendreſſe. Elle voudroit le voir
dans tous les momens du jour,
&vous pouvez jugerdu plaifir qu'elle s'en fait par le genre de conſolation qu'elle choisit der- nierement pendant unVoyage qu'ilfut obligé de faire ſans el- le à la Cour. Elle ſe ſouvint
d'avoir veu ſonPortraitdans un
lieu où elle avoit tout pouvoir.
Elle y courut , le détacha elle- meſme de l'endroit où il avoit
F
Diij
78 LE MERCVRE eſté,placé , le fit porter à ſa Chambre , paffa la plus grande partie de la nuit à le regarder,
&je ne ſçay ſi elle ne luy fit point de tendres careſſes. Si
toutes les Femmes aimoient
avec une auffi forte paffion , il n'y auroit pas unfi grand nom- bre de Marys Coquets , & on feroit ravyde trouver chez ſoy l'Amour Complaifant que le chagrin engage quelquefois à
chercher ailleurs
ceque je vay vous dire d'une jeune Perſonne de la plus hau- te Qualité , vous en fera voir l'exception. Il y a peu de temps qu'elle eſt mariée , & les belles qualitezdel'Epoux qu'elle ait YON
heureux le rendent fi digne de poſſeder tout fon cœur , qu'elle n'a point mis de bornes à ſa tendreſſe. Elle voudroit le voir
dans tous les momens du jour,
&vous pouvez jugerdu plaifir qu'elle s'en fait par le genre de conſolation qu'elle choisit der- nierement pendant unVoyage qu'ilfut obligé de faire ſans el- le à la Cour. Elle ſe ſouvint
d'avoir veu ſonPortraitdans un
lieu où elle avoit tout pouvoir.
Elle y courut , le détacha elle- meſme de l'endroit où il avoit
F
Diij
78 LE MERCVRE eſté,placé , le fit porter à ſa Chambre , paffa la plus grande partie de la nuit à le regarder,
&je ne ſçay ſi elle ne luy fit point de tendres careſſes. Si
toutes les Femmes aimoient
avec une auffi forte paffion , il n'y auroit pas unfi grand nom- bre de Marys Coquets , & on feroit ravyde trouver chez ſoy l'Amour Complaifant que le chagrin engage quelquefois à
chercher ailleurs
Fermer
Résumé : Excez d'amour d'une jeune Personne nouvellement mariée. [titre d'après la table]
Le texte raconte l'histoire d'une jeune femme de haute qualité récemment mariée à un homme aux belles qualités. Profondément amoureuse, elle souhaite constamment la présence de son époux. Lors d'un voyage de son mari à la cour, elle trouve consolation en récupérant son portrait. Elle le détache elle-même et passe une grande partie de la nuit à le contempler, lui adressant peut-être des caresses tendres. Le narrateur suggère que si toutes les femmes aimaient avec une passion aussi intense, il y aurait moins de femmes coquettes et plus de femmes cherchant l'amour complaisant à domicile plutôt qu'ailleurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
450
p. 118-120
M. l'Abbé du Plessis est sacré Evesque de Xaintes. [titre d'après la table]
Début :
Quelque estat de vie qu'on ait embrassé, il est [...]
Mots clefs :
Église de Xaintes, Évêque, Abbé du Plessis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. l'Abbé du Plessis est sacré Evesque de Xaintes. [titre d'après la table]
Quelque eftat de viequ'on ait embraffe , il eſt toûjours bon d'avoir une gran- de exactitude à s'aquiterdes de- voirs qu'il nous impoſe. Nous en voyons la récompenſe enla Perfonne de Monfieur l'Abbé
du Pleffis de Geſté de la Broutiere,dont la longue application à remplir toutes les obligations de fon caractere , luy a fait me
GALANT9 riter le choixque le Roy a fait de luy pour luy confier la con- duite de l'Egliſe de Xaintes dont il fut facré Eveſque ces derniers jours. S'il fuccede àun grand Prelat qui fut fort aimé dans ce Dioceſe , ſa doctrine &ſa piete,
jointes àfon humeur honneſte &obligeante, ne luygagneront pas moins les cœurs des Peu- ples qu'on luy a commis. Il y
avoit quinze ans qu'il eſtoit Grand Vicaire de Paris. Il eſt
Docteurde Sorbonne , &d'une tres-Illuftre Famille d'Anjou.'
du Pleffis de Geſté de la Broutiere,dont la longue application à remplir toutes les obligations de fon caractere , luy a fait me
GALANT9 riter le choixque le Roy a fait de luy pour luy confier la con- duite de l'Egliſe de Xaintes dont il fut facré Eveſque ces derniers jours. S'il fuccede àun grand Prelat qui fut fort aimé dans ce Dioceſe , ſa doctrine &ſa piete,
jointes àfon humeur honneſte &obligeante, ne luygagneront pas moins les cœurs des Peu- ples qu'on luy a commis. Il y
avoit quinze ans qu'il eſtoit Grand Vicaire de Paris. Il eſt
Docteurde Sorbonne , &d'une tres-Illuftre Famille d'Anjou.'
Fermer
Résumé : M. l'Abbé du Plessis est sacré Evesque de Xaintes. [titre d'après la table]
L'Abbé du Pleffis de Gesté de la Brouetiere, récompensé pour son dévouement, a été nommé évêque de Saintes par le roi. Grand Vicaire de Paris depuis quinze ans et Docteur de Sorbonne, il succède à un prélat apprécié. Sa doctrine, piété et honnêteté devraient lui gagner l'affection des habitants. Il est issu d'une famille illustre d'Anjou.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer