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Détail
Liste
201
p. 28-54
Détail de tout ce qui s'est passé dans les nouveaux soulevemens arrivez à Siam. [titre d'après la table]
Début :
Je vous manday la derniere fois qu'on devoit avoir bientost [...]
Mots clefs :
Roi de Siam, Constantin Phaulkon, Français, Enfants, Royaume, Religion, Bangkok, Siamois, France, Forteresse, Vaisseau, Lettres de naturalité, Siamoise, Mandarins, Mandarin, Hollandais, Secours, Mourir, Hommes, Troupes, Usurpateur, Assiégés, Canon, Côte, Vivres
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texteReconnaissance textuelle : Détail de tout ce qui s'est passé dans les nouveaux soulevemens arrivez à Siam. [titre d'après la table]
Je vous manday la derniere
fois qu'on devoit avoir bientoft
des nouvelles feures de
Siam ; en voicy qui viennent
de tres-bonne part . Sa Majeſté
Siamoife eftant dangereufe
mene malade au mois de May
de l'année derniere, un certain
Opra Petrarcha , âgé d'enviGALANT.
29
ron cinquante-cinq ans , le
plus grand, le plus riche, & le
plus devoué à fa Secte de
tous les Mandarins Siamois ,
2
fongea à fe mettre en eftat de
fe faire declarer Souverain de
fes Etats . Il avoit refufé les
plus grandes Dignitez du
Royaume pour s'attacher uniquement
à l'Oraifon , & met
ner la vie d'un parfait -Talapoin,
quoy que feculier . Il en
faifoit entierement les fonctions
, & cette conduite luy
avoit fait gagner
l'amitié
>
non feulement des Grands &
des Talapoins qui ont beau-
Ciij.
30 MERCURE
coup de credit fur les Siamois ,
mais encore du peuple , &
principalement de ceux qui
en font la plus baffe partie , &
à qui il faifoit de tres- grandes
charitez felon leurs befoins
. Il avoit avancé fon Fils
à la Dignité d'Oya , qui eft la
premiere du Royaume , aprés
les Princes du fang Royal.
La maladie du Roy augmenfant
, & la foibleffe où il fe
trouvoit , ne laiſſant pas lieu
de croire qu'il s'en puſt tirer,
ce Mandarin, foir qu'il fuft,
pouffé par les Talapoins qui
croyoient rendre un fervice
GALANT.
31
confiderable à leur Religion
qui paroiffoit meprifée , foit
que l'envie de regner l'empef
chaft de voir du crime dans
fa revolte , & qu'il le fentiſt
flaté, comme difent quelques
uns, du fecours que luy pro
mettoient les Hollandois
refolut d'envahir la Couronne
, & pour executer fon deffein
, il menagea d'abord ceux
des Mandarins, qui n'eftoient
pas fatisfaits du Roy , ou
qui avoient receu quelque
mauvais traitement de M.
Conftance . Il gagna à mefme
temps ceux qui eftoient les
C iiij
32 MERCURE
plus attachez à la Religion
Siamoife , & tous les refforts
qu'il fit jouer luy reuffirene
fibien , que comme la coûtume
de ce pays - là eft que lors
que les Rois font en danger.
de mourir , on s'affeure des
principaux du Royaume en
fes enfermant dans le Palais !
il trouva moyen d'avoir la
garde de ces Mandarins , avec
quinze mille hommes qu'il
avoit amenez . M ' Conftance
qui previt l'orage , & quiconnut
que le deffein de cet Opra
le perdroit s'il n'y mettoit
ordre , manda à M des FarGALANT
33
ges, Gouverneur de Bancok,
qu'il eftoit befoin qu'il vinft
à la Cour avec quelques Trou
pes , & ne douta point qu'en
faifant voir de la fermeté ;
il ne vinft à bout de diffi
per les Rebelles , & de fe faifir
du Mandarin qui eftoir
leur Chef. Mr des Farges ju
geant bien qu'il ne pouvoit
envoyer des Troupes fans les
rifquer , & trouvant d'ailleurs
qu'il y auroit de l'imprudence
à un Gouverneur , d'affoiblir
fa Garnifon , ce qui feroit
expoſer fa Place , demeura
à Bancok, fans envoyér
34 MERCURE
aucun fecours à M Conftance.
Si toft que l'Ufurpateur
fe crut affez fort pour ne devoir
rien apprehender
, il ne
perdit point de temps , &
commença à fe declarer ouvertement
par la mort du Fils
adoptif du Roy, qu'il fit couper
en trois. Mr Conftance ne
put amaffer affez de forces
pour luy tenir tefte , & il fut
coupé en deux . Le Mandarin
que ce premier fuccés anima,
fit mettre les Freres du Roy
dans des facs de velours noir,
& ils furent affommez à
coups de buches d'un bois
GALANT.
35
›
odoriferant . C'eft de cette
forte qu'on fait mourir à
Siam ceux qui font du Sang
Royal . Cela eftant fait on
alla piller la maifon de M
Conftance , & l'on fe faifit de
fa Femme , de fes Enfans , &
de tous fes Domestiques . Le
Fils de l'Ufurpateur follicita
plufieurs fois Madame Conitance
, dont il eftoit amoureux
, de fe mettre au nombre
de fes Femmes , l'affurant
qu'il auroit toujours pour
elle une confideration par
ticuliere ; mais comme elle
eft Catholique , quoy que
Japonnoife , elle répondit
36 MERCURE
toujours conftamment que
toutes les offres feroient incapables
de l'ébranler . Il la
menaça de la faire la derniere
de fes Efclaves , & de luy
faire fouffrir les plus rigoureux
tourmens. Il en vint
mefme à l'effet , afin de luy
faire dire fi elle n'avoit point
d'argent caché. Enfin n'en
pouvant rien obtenirsil luy fit
tordre les bras , & comman
da qu'elle fuft mife en un
lieu où logent les Elefans.
Un Officier François la tira
de là avec fes Enfans , & la
mena à Bancok.
GALANT. 37
Les Revoltez allerent enfuite
au Seminaire , & à la
Maifon des Peres Jefuites
qu'ils pillerent, aprés s'eftre
faifis de leurs perfonnes . Ils
firent la mefine chofe aux
autres Maifons des Chreftiens
François , envers lefquels ils
uferent de beaucoup de
cruauté , non feulement en
les maltraitant , mais encore
en ne leur laiffant aucune
chofe pour vivre , & empef
chant qu'on ne leur donnaft
quelque fecours. Tout çela
ne fe put faire , fans que le
Roy malade en fuft informé .
38 MERCURE
>
11 en fit paroistre une fenfible
douleur , & ne pouvant
remedier à ce grand defordre
parce qu'il eſtoit luymefme
prifonnier dans fon
Palais , & en la difpofition
de fon Ennemy, il luy envoya
demander de l'argent . Le Tiran
luy en fit auffi - toft porter
& ce Monarque ayant
fceu que les Jefuites manquoient
de tout , & qu'on
n'ofoit leur donner de foulagement
, fit diftribuer à chacun
d'eux cinquante écus ,
témoignant que fon plus
grand déplaifir eftoit de voir
,
GALANT. 39
l'ingratitude de fes Sujets
aprés tant de graces dont
l'avoit comblé le Roy de
France , fur tout en luy envoyant
ces Peres . Enfin plus
accablé de trifteffe que de
maladie , il mourut dans ces
mefmes fentimens . Ce Prince
eftant mort , l'Ufurpateur fe
fit proclamer Roy , promettant
le rétabliffement de lá
liberté & de la Religion Siamoife
, aprés quoy il ne fongea
plus qu'à chaffer les
François , & ceux que l'on
avoit veus dans les interefts
du Roy défunt ou de M
Conftance . Ainfi il leur or-
1
40 MERCURE
Y
donna, de mefme qu'aux Anglois,
de fortir de fon Royau
me. Ces derniers fe retirerent
avec les François dans la Fortereffe
de l'Eft de Bancok. Ils
furent affiegez par toutes
les autres Nations qui fe trouyerent
dans les Etats de ce
nouveau Roy , auquel tous
çes divers Peuples eftoient
bien-aifes de faire connoiftre
le zele qu'ils avoient à le
fervir . Ils baftirent huit Forrins
autour de la Fortereffe
à la portée du Moufquet ,
& ils les garnirent de Bombes
& de Canons . Les Bombes
GALANT . 41.
qu'ils ne pouvoient avoir.
eues que des Hollandois.
incommodoient fort les Af.
fiegez, & leur faifoient craindre
le feu dans leurs Ma-:
gazins qui n'eftoient faits
que de bois . Cependant
voyant que les François avoient
rafe à coups de Canon
la Fortereffe de l'autre cofté, s
& qu'ils défaifoient leur Ou-7
vrage en peu de temps , ils :
s'avilerent d'un ftratagême!
qui marque l'efprit des Sra - 1
mois. Ils mirent à la tefte de
leuts Travaux M l'Evefque,;
& tous les autres François ,
Decembre 1689. D
42 MERCURE
"
pas
qu'ils avoient pris à Siam ,
afin que fi les Affiegez tiroient
, ceux de leur mefme
Nation fuffent tuez les premiers
. Malgré tout cela , les
Affiegez ne laifferent
de
refifter cinq mois & quarre
jours , quoy que la Fortereffe
fuft ouverte du cofté de la
terre. Enfin manquant de vivres
& de toutes fortes de
munitions , on fit la Capitulation
par le moyen de M
l'Evefque . Elle portoit que
Siamois fourniroient
des Bateaux
, des vivres , & tout ce
qui feroit neceffaire,pour porles
>
GALANT: 43
ter les François & leur bagage
àl'emboucheure de la Riviere,
où l'Oriflame , Vaiffeau du
Roy, de cinquante pieces de
Canon , eftoit arrivé. On envoya
les Otages à bord, & les
François fortirent de Bancok ,
aprés avoir crevé une partie
des Canons , & encloüé l'autre
. M³ de Bruan , qui eftoit
à Mergui , eut la mefme de
ftinée . Il fut affiegé dans cette
Place par les mêmes Nations ,
n'ayant qu'environ trente
hommes . Il ne laiſſa pas, de
refilter quelque temps , & un
boulet de Canon luy ayant
Dij
44 MERCURE
caffé la derniere Jarre d'eau ,
il refolut de fortir du Fort
avec les gens l'épée à la main ,
& de paffer fur le ventre aux
Siamois . Il executa fon def
fein avec une intrepidité furprenante
, & s'eftant fait jour
au milieu des Ennemis , dont
il y en cut beaucoup de tuez,
il les força de prendre la fuite
, & arriva au bord de la
Mer , où il s'embarqua fur
deux Felouques , fe fauvant
à Bondicheri avec vingt hommes
. Plufieurs Officiers François
& un Jefaite , s'eftant
embarquez dans une de ces
GALANT. 45
mais
Felouques & manquant
de vivres ; åborderent à la
cofte de Pegu , où d'abord
ceux du Pays leur firent
figne de defcendre à terre .
Le Pere & deux Officiers
fe laifferent attirer ,
les autres qu'ils appelloient de
la mefme forte, continuerent
leur route, & arriverent à Bon-1
dicheri dans un pitoyable
état. M des Farges y arriva.
quelque temps aprés avec les
Troupes , & envoya de la M
de Beauchamp en France fur
le Vaiffeau la Normande pour
rendre compte à Sa Majesté .
46 MERCURE
de cette trifte revolution ;
avec ordre de paffer au Cap
de Bonne Efperance , pour,
avertir les Vaiffeaux François.
de n'aller point à Siam . M
de Beauchamp, s'acquitant de
ce qui luy avoit efté ordonné,
& ne fçachant point la declaration
de la guerre , fut pris
par les Hollandois avec un
autre Vaiffeau François , appellé
le Coche. Le Roy envoye
fix Vaiffeaux , tant pour
ramener les Troupes qui font
à Bondicheri, que pour fervir
d'escorte à ceux que la Compagnie
a ence pays - là , & qui
GALANT. 47
doivent rapporter quantité de
Marchandifes. On a cu ayis
que le troifiéme Vaiffeau qui
venoit avec les deux qui ont
efté pris , s'eftoit mis en lieu
de feureté !
Il y a déja quelques années
que M' Conftance prévoy oit
l'orage qui l'a fait perir . Ce
qu'il faifoit pour les Catholiques
luy donnant fujet d'apprehender
un revers fi le Roy
fon Maiftre venoit à mourir ,
il s'eftoit precautionné de
Lettres de naturalité pour
paffer en France s'il arrivoic
quelque changement & Sa
7
48 MERCURE
Majcfté qui ne cherche que le
bien de la Religion , & à qui
par ce feul motif l'Ambaffade
de Siam a tant coufté , luy
voulut bien accorder ces Lettres
en reconnoiffance de ce.
qu'avoit fait ce Miniftre pour
faire recevoir les veritez Ca
tholiques dans les Etats du
Roy de Siam ; mais les Ennemis
du Roy , tant Catholi--
ques que Calvinistes , cherchant
à détruire par toutes
fortes de voyes ce qu'il fait
pour avancer la Religion , ont
precipité les chofes avant que
M Conftance cruft qu'elles
deuffent
GALANT: 49
deuffent arriver. Ainfiil a efté
hors d'eftat d'executer fon
deffein. Ses Lettres de Naruralité
avoient eſté enregistrées
au Parlement le 12. Mars der
nier , & à la Chambre des
Comptes le 16. Elles eftoient
conçeuës en ces termes.
L
la grace
de OUIS par
Dieu
, Roy
de France
de Navarre
: A tous prefens
&
à venir
, Salut. Le zele
que.
noftre
cher & bien
amé le Sieur
Conftance
Phauleon
, Premier
Miniftre
du Roy de Siam
, feit
paroistre
pour
noftre
Service
, &
Decembre 1689 .
E
50 MERCURE
veran
les bons offices qu'il rend à la
Nation Françoife auprés dudit
Roy, Nous conviant à luy donner
des marques de la fatisfaction
que Nous en avons , Nous.
avons efté bien- aife d'en troul'occafion
en luy accordant
& à fes enfans , les Lettres de
Naturalité qu'il nous a fait
demander. A ces cauſes , voulant
favorablement traiter ledit
fieur Conftance , de noftre grace
Speciale , pleine puiffance &
autorité Royale , Nous l'avons
reconnu , tenu , cenfe , is reputés
reconnoiffons, tenons, cenfons &
reputons , pour noftre vray naGALANT
SI
ne
comturel
Sujet & Regnicole
Vonlons & nous plaift que
me tel, lay & fes enfans puif
fent s'eftablir en telle Ville de
noftre Royaume & Pays de
noftre obeiffance qu'ils defireront,
qu'ilsjouiffent des privilegess
franchifes libertez dont
jouiffent nos vrais & originaires
Sujets ; qu'ils puiffent avoir ,
tenir poffeder tous biens
meubles & immeubles qu'ils ont
acquis ou pouront acquerir , &
qui leur feront donnez & délaiffez
, jouir d'iceux , en difpofer
par Teftament , ordonnance
de derniere volonté , donation
E ij
52 MERCURE
entre- vifs ou autrement
qu'aprés leur deceds, leurs enfans
heritiers ou autres en faveur
defquels ils en pouront difpofer,
leur puiffent fucceder , pourveu
qu'ils foient nos Regnicoles , le
tout ainsi que fi ledit Sieur
Conftance & fefdits Enfans
eftoient originaires de noftre
Royaume , fans qu'au moyen
des Ordonnances & Reglemens
faits contre les Eftrangers , il
foit donné audit fieur Conftance
& à fefdits enfans aucun empefchement
, ny que nous purffions
pretendre lefdits biens nous
appartenir par droit d'aubeine,
A
GALANT 53
>
ny autrement , en quelque forte
maniere que cefoit, les ayant
quant à ce, difpenfez & habilitez
difpenfons & habilitons,
fans que pour raifon de ce ', il
foit tenu & fefdits - enfans de
nous payer aucune Finance › ny
à nos Succeffeurs Roys , de laquelle,
à quelque fomme qu'elle
puiffe monter, nous leur avons
fait & faifons don & remife
par ces prefentes. Si donnons en
mandement à nos amez & feaux
les gens tenans notre Cour de
Parlement , Chambre des
Comptes à Paris , que ces prefentes
ils faffent regiſtrer, & du
E iij
54 MERCURE
contenu
en icelles jouir & ufer
lefdits fieur Confiance e fef
dits Enfans pleinements paifiperpetuellement
; blement
ceffant & fuifant ceffer tous
troubles & empefchemens ; Car
tel eft noftre plaifir ; Et afin que
ce foit chofe ferme & ſtable
toujours Nous avons fait mettre
noftre Scel à cefdites prefentes
. Donné à Verfailles au mois
de Février , l'an de grace mil fix
cens quatre- vingt-neuf, & de
noftre regne le quarante -fix .
fois qu'on devoit avoir bientoft
des nouvelles feures de
Siam ; en voicy qui viennent
de tres-bonne part . Sa Majeſté
Siamoife eftant dangereufe
mene malade au mois de May
de l'année derniere, un certain
Opra Petrarcha , âgé d'enviGALANT.
29
ron cinquante-cinq ans , le
plus grand, le plus riche, & le
plus devoué à fa Secte de
tous les Mandarins Siamois ,
2
fongea à fe mettre en eftat de
fe faire declarer Souverain de
fes Etats . Il avoit refufé les
plus grandes Dignitez du
Royaume pour s'attacher uniquement
à l'Oraifon , & met
ner la vie d'un parfait -Talapoin,
quoy que feculier . Il en
faifoit entierement les fonctions
, & cette conduite luy
avoit fait gagner
l'amitié
>
non feulement des Grands &
des Talapoins qui ont beau-
Ciij.
30 MERCURE
coup de credit fur les Siamois ,
mais encore du peuple , &
principalement de ceux qui
en font la plus baffe partie , &
à qui il faifoit de tres- grandes
charitez felon leurs befoins
. Il avoit avancé fon Fils
à la Dignité d'Oya , qui eft la
premiere du Royaume , aprés
les Princes du fang Royal.
La maladie du Roy augmenfant
, & la foibleffe où il fe
trouvoit , ne laiſſant pas lieu
de croire qu'il s'en puſt tirer,
ce Mandarin, foir qu'il fuft,
pouffé par les Talapoins qui
croyoient rendre un fervice
GALANT.
31
confiderable à leur Religion
qui paroiffoit meprifée , foit
que l'envie de regner l'empef
chaft de voir du crime dans
fa revolte , & qu'il le fentiſt
flaté, comme difent quelques
uns, du fecours que luy pro
mettoient les Hollandois
refolut d'envahir la Couronne
, & pour executer fon deffein
, il menagea d'abord ceux
des Mandarins, qui n'eftoient
pas fatisfaits du Roy , ou
qui avoient receu quelque
mauvais traitement de M.
Conftance . Il gagna à mefme
temps ceux qui eftoient les
C iiij
32 MERCURE
plus attachez à la Religion
Siamoife , & tous les refforts
qu'il fit jouer luy reuffirene
fibien , que comme la coûtume
de ce pays - là eft que lors
que les Rois font en danger.
de mourir , on s'affeure des
principaux du Royaume en
fes enfermant dans le Palais !
il trouva moyen d'avoir la
garde de ces Mandarins , avec
quinze mille hommes qu'il
avoit amenez . M ' Conftance
qui previt l'orage , & quiconnut
que le deffein de cet Opra
le perdroit s'il n'y mettoit
ordre , manda à M des FarGALANT
33
ges, Gouverneur de Bancok,
qu'il eftoit befoin qu'il vinft
à la Cour avec quelques Trou
pes , & ne douta point qu'en
faifant voir de la fermeté ;
il ne vinft à bout de diffi
per les Rebelles , & de fe faifir
du Mandarin qui eftoir
leur Chef. Mr des Farges ju
geant bien qu'il ne pouvoit
envoyer des Troupes fans les
rifquer , & trouvant d'ailleurs
qu'il y auroit de l'imprudence
à un Gouverneur , d'affoiblir
fa Garnifon , ce qui feroit
expoſer fa Place , demeura
à Bancok, fans envoyér
34 MERCURE
aucun fecours à M Conftance.
Si toft que l'Ufurpateur
fe crut affez fort pour ne devoir
rien apprehender
, il ne
perdit point de temps , &
commença à fe declarer ouvertement
par la mort du Fils
adoptif du Roy, qu'il fit couper
en trois. Mr Conftance ne
put amaffer affez de forces
pour luy tenir tefte , & il fut
coupé en deux . Le Mandarin
que ce premier fuccés anima,
fit mettre les Freres du Roy
dans des facs de velours noir,
& ils furent affommez à
coups de buches d'un bois
GALANT.
35
›
odoriferant . C'eft de cette
forte qu'on fait mourir à
Siam ceux qui font du Sang
Royal . Cela eftant fait on
alla piller la maifon de M
Conftance , & l'on fe faifit de
fa Femme , de fes Enfans , &
de tous fes Domestiques . Le
Fils de l'Ufurpateur follicita
plufieurs fois Madame Conitance
, dont il eftoit amoureux
, de fe mettre au nombre
de fes Femmes , l'affurant
qu'il auroit toujours pour
elle une confideration par
ticuliere ; mais comme elle
eft Catholique , quoy que
Japonnoife , elle répondit
36 MERCURE
toujours conftamment que
toutes les offres feroient incapables
de l'ébranler . Il la
menaça de la faire la derniere
de fes Efclaves , & de luy
faire fouffrir les plus rigoureux
tourmens. Il en vint
mefme à l'effet , afin de luy
faire dire fi elle n'avoit point
d'argent caché. Enfin n'en
pouvant rien obtenirsil luy fit
tordre les bras , & comman
da qu'elle fuft mife en un
lieu où logent les Elefans.
Un Officier François la tira
de là avec fes Enfans , & la
mena à Bancok.
GALANT. 37
Les Revoltez allerent enfuite
au Seminaire , & à la
Maifon des Peres Jefuites
qu'ils pillerent, aprés s'eftre
faifis de leurs perfonnes . Ils
firent la mefine chofe aux
autres Maifons des Chreftiens
François , envers lefquels ils
uferent de beaucoup de
cruauté , non feulement en
les maltraitant , mais encore
en ne leur laiffant aucune
chofe pour vivre , & empef
chant qu'on ne leur donnaft
quelque fecours. Tout çela
ne fe put faire , fans que le
Roy malade en fuft informé .
38 MERCURE
>
11 en fit paroistre une fenfible
douleur , & ne pouvant
remedier à ce grand defordre
parce qu'il eſtoit luymefme
prifonnier dans fon
Palais , & en la difpofition
de fon Ennemy, il luy envoya
demander de l'argent . Le Tiran
luy en fit auffi - toft porter
& ce Monarque ayant
fceu que les Jefuites manquoient
de tout , & qu'on
n'ofoit leur donner de foulagement
, fit diftribuer à chacun
d'eux cinquante écus ,
témoignant que fon plus
grand déplaifir eftoit de voir
,
GALANT. 39
l'ingratitude de fes Sujets
aprés tant de graces dont
l'avoit comblé le Roy de
France , fur tout en luy envoyant
ces Peres . Enfin plus
accablé de trifteffe que de
maladie , il mourut dans ces
mefmes fentimens . Ce Prince
eftant mort , l'Ufurpateur fe
fit proclamer Roy , promettant
le rétabliffement de lá
liberté & de la Religion Siamoife
, aprés quoy il ne fongea
plus qu'à chaffer les
François , & ceux que l'on
avoit veus dans les interefts
du Roy défunt ou de M
Conftance . Ainfi il leur or-
1
40 MERCURE
Y
donna, de mefme qu'aux Anglois,
de fortir de fon Royau
me. Ces derniers fe retirerent
avec les François dans la Fortereffe
de l'Eft de Bancok. Ils
furent affiegez par toutes
les autres Nations qui fe trouyerent
dans les Etats de ce
nouveau Roy , auquel tous
çes divers Peuples eftoient
bien-aifes de faire connoiftre
le zele qu'ils avoient à le
fervir . Ils baftirent huit Forrins
autour de la Fortereffe
à la portée du Moufquet ,
& ils les garnirent de Bombes
& de Canons . Les Bombes
GALANT . 41.
qu'ils ne pouvoient avoir.
eues que des Hollandois.
incommodoient fort les Af.
fiegez, & leur faifoient craindre
le feu dans leurs Ma-:
gazins qui n'eftoient faits
que de bois . Cependant
voyant que les François avoient
rafe à coups de Canon
la Fortereffe de l'autre cofté, s
& qu'ils défaifoient leur Ou-7
vrage en peu de temps , ils :
s'avilerent d'un ftratagême!
qui marque l'efprit des Sra - 1
mois. Ils mirent à la tefte de
leuts Travaux M l'Evefque,;
& tous les autres François ,
Decembre 1689. D
42 MERCURE
"
pas
qu'ils avoient pris à Siam ,
afin que fi les Affiegez tiroient
, ceux de leur mefme
Nation fuffent tuez les premiers
. Malgré tout cela , les
Affiegez ne laifferent
de
refifter cinq mois & quarre
jours , quoy que la Fortereffe
fuft ouverte du cofté de la
terre. Enfin manquant de vivres
& de toutes fortes de
munitions , on fit la Capitulation
par le moyen de M
l'Evefque . Elle portoit que
Siamois fourniroient
des Bateaux
, des vivres , & tout ce
qui feroit neceffaire,pour porles
>
GALANT: 43
ter les François & leur bagage
àl'emboucheure de la Riviere,
où l'Oriflame , Vaiffeau du
Roy, de cinquante pieces de
Canon , eftoit arrivé. On envoya
les Otages à bord, & les
François fortirent de Bancok ,
aprés avoir crevé une partie
des Canons , & encloüé l'autre
. M³ de Bruan , qui eftoit
à Mergui , eut la mefme de
ftinée . Il fut affiegé dans cette
Place par les mêmes Nations ,
n'ayant qu'environ trente
hommes . Il ne laiſſa pas, de
refilter quelque temps , & un
boulet de Canon luy ayant
Dij
44 MERCURE
caffé la derniere Jarre d'eau ,
il refolut de fortir du Fort
avec les gens l'épée à la main ,
& de paffer fur le ventre aux
Siamois . Il executa fon def
fein avec une intrepidité furprenante
, & s'eftant fait jour
au milieu des Ennemis , dont
il y en cut beaucoup de tuez,
il les força de prendre la fuite
, & arriva au bord de la
Mer , où il s'embarqua fur
deux Felouques , fe fauvant
à Bondicheri avec vingt hommes
. Plufieurs Officiers François
& un Jefaite , s'eftant
embarquez dans une de ces
GALANT. 45
mais
Felouques & manquant
de vivres ; åborderent à la
cofte de Pegu , où d'abord
ceux du Pays leur firent
figne de defcendre à terre .
Le Pere & deux Officiers
fe laifferent attirer ,
les autres qu'ils appelloient de
la mefme forte, continuerent
leur route, & arriverent à Bon-1
dicheri dans un pitoyable
état. M des Farges y arriva.
quelque temps aprés avec les
Troupes , & envoya de la M
de Beauchamp en France fur
le Vaiffeau la Normande pour
rendre compte à Sa Majesté .
46 MERCURE
de cette trifte revolution ;
avec ordre de paffer au Cap
de Bonne Efperance , pour,
avertir les Vaiffeaux François.
de n'aller point à Siam . M
de Beauchamp, s'acquitant de
ce qui luy avoit efté ordonné,
& ne fçachant point la declaration
de la guerre , fut pris
par les Hollandois avec un
autre Vaiffeau François , appellé
le Coche. Le Roy envoye
fix Vaiffeaux , tant pour
ramener les Troupes qui font
à Bondicheri, que pour fervir
d'escorte à ceux que la Compagnie
a ence pays - là , & qui
GALANT. 47
doivent rapporter quantité de
Marchandifes. On a cu ayis
que le troifiéme Vaiffeau qui
venoit avec les deux qui ont
efté pris , s'eftoit mis en lieu
de feureté !
Il y a déja quelques années
que M' Conftance prévoy oit
l'orage qui l'a fait perir . Ce
qu'il faifoit pour les Catholiques
luy donnant fujet d'apprehender
un revers fi le Roy
fon Maiftre venoit à mourir ,
il s'eftoit precautionné de
Lettres de naturalité pour
paffer en France s'il arrivoic
quelque changement & Sa
7
48 MERCURE
Majcfté qui ne cherche que le
bien de la Religion , & à qui
par ce feul motif l'Ambaffade
de Siam a tant coufté , luy
voulut bien accorder ces Lettres
en reconnoiffance de ce.
qu'avoit fait ce Miniftre pour
faire recevoir les veritez Ca
tholiques dans les Etats du
Roy de Siam ; mais les Ennemis
du Roy , tant Catholi--
ques que Calvinistes , cherchant
à détruire par toutes
fortes de voyes ce qu'il fait
pour avancer la Religion , ont
precipité les chofes avant que
M Conftance cruft qu'elles
deuffent
GALANT: 49
deuffent arriver. Ainfiil a efté
hors d'eftat d'executer fon
deffein. Ses Lettres de Naruralité
avoient eſté enregistrées
au Parlement le 12. Mars der
nier , & à la Chambre des
Comptes le 16. Elles eftoient
conçeuës en ces termes.
L
la grace
de OUIS par
Dieu
, Roy
de France
de Navarre
: A tous prefens
&
à venir
, Salut. Le zele
que.
noftre
cher & bien
amé le Sieur
Conftance
Phauleon
, Premier
Miniftre
du Roy de Siam
, feit
paroistre
pour
noftre
Service
, &
Decembre 1689 .
E
50 MERCURE
veran
les bons offices qu'il rend à la
Nation Françoife auprés dudit
Roy, Nous conviant à luy donner
des marques de la fatisfaction
que Nous en avons , Nous.
avons efté bien- aife d'en troul'occafion
en luy accordant
& à fes enfans , les Lettres de
Naturalité qu'il nous a fait
demander. A ces cauſes , voulant
favorablement traiter ledit
fieur Conftance , de noftre grace
Speciale , pleine puiffance &
autorité Royale , Nous l'avons
reconnu , tenu , cenfe , is reputés
reconnoiffons, tenons, cenfons &
reputons , pour noftre vray naGALANT
SI
ne
comturel
Sujet & Regnicole
Vonlons & nous plaift que
me tel, lay & fes enfans puif
fent s'eftablir en telle Ville de
noftre Royaume & Pays de
noftre obeiffance qu'ils defireront,
qu'ilsjouiffent des privilegess
franchifes libertez dont
jouiffent nos vrais & originaires
Sujets ; qu'ils puiffent avoir ,
tenir poffeder tous biens
meubles & immeubles qu'ils ont
acquis ou pouront acquerir , &
qui leur feront donnez & délaiffez
, jouir d'iceux , en difpofer
par Teftament , ordonnance
de derniere volonté , donation
E ij
52 MERCURE
entre- vifs ou autrement
qu'aprés leur deceds, leurs enfans
heritiers ou autres en faveur
defquels ils en pouront difpofer,
leur puiffent fucceder , pourveu
qu'ils foient nos Regnicoles , le
tout ainsi que fi ledit Sieur
Conftance & fefdits Enfans
eftoient originaires de noftre
Royaume , fans qu'au moyen
des Ordonnances & Reglemens
faits contre les Eftrangers , il
foit donné audit fieur Conftance
& à fefdits enfans aucun empefchement
, ny que nous purffions
pretendre lefdits biens nous
appartenir par droit d'aubeine,
A
GALANT 53
>
ny autrement , en quelque forte
maniere que cefoit, les ayant
quant à ce, difpenfez & habilitez
difpenfons & habilitons,
fans que pour raifon de ce ', il
foit tenu & fefdits - enfans de
nous payer aucune Finance › ny
à nos Succeffeurs Roys , de laquelle,
à quelque fomme qu'elle
puiffe monter, nous leur avons
fait & faifons don & remife
par ces prefentes. Si donnons en
mandement à nos amez & feaux
les gens tenans notre Cour de
Parlement , Chambre des
Comptes à Paris , que ces prefentes
ils faffent regiſtrer, & du
E iij
54 MERCURE
contenu
en icelles jouir & ufer
lefdits fieur Confiance e fef
dits Enfans pleinements paifiperpetuellement
; blement
ceffant & fuifant ceffer tous
troubles & empefchemens ; Car
tel eft noftre plaifir ; Et afin que
ce foit chofe ferme & ſtable
toujours Nous avons fait mettre
noftre Scel à cefdites prefentes
. Donné à Verfailles au mois
de Février , l'an de grace mil fix
cens quatre- vingt-neuf, & de
noftre regne le quarante -fix .
Fermer
202
p. 7-13
STANCES IRREGULIERES Sur les Victoires du Roy.
Début :
La conjoncture presente des affaires fait meriter tant de / Fille du Ciel, aimable Paix, [...]
Mots clefs :
Louis, Ennemis, Armes, Gloire, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES IRREGULIERES Sur les Victoires du Roy.
A
conjoncture prefente des affaires fait
meriter tint de
loüanges au Roy , & ce Monarque en reçoit de tant déloquentes Plumes, que je croy
devoir commencer maLettre
A iiij
8 MERCURE
en vous faifant part de leurs:
productions. L'illuftre Madame des Houlieres ne s'eft
pas teuë fur fes dernieres Vitoires. Je ne vous vanteray
point les Vers que vous allez
lire. On n'envoit point d'elle
qui ne répondent à la réputation qu'elle s'eft acquife.
off of ofcafe ofcofrafc of off of of of je de off of off of of
STANCES
Sur les Victoires du Roy.
IRREGULIERES
FilleIlle du Ciel , aimable Paix,
Vous qui de tous les biens eftes toujoursfuivie ,
Vous que l'aveugle erreur & lajaloufe envie
GALANT. 9
Ontvoulu d'icy-bas exiler pour jamais :
LOVIS eft triomphantfur la terre &
Sur l'onde,
C
Ses nombreux Ennemisfont confus,
font défaits .
Il va vous redonner au monde.
S
Si les fecrets du Cielfe peuvent
penetrer,
Les glorieux fuccés qu'il accorde à
fes armes
Forceront la difcorde & l'envie à
rentrer
Dans ces lieuxdeftinezà d'éternelles·
larmes.
Ouy,jeprevoy qu'avant le temps,
Où les Roffignolspar leurs chants
Font retentir les bois de plaintesamoureuſes,
Vous defcendrez icy du celefte fejour;
10 MERCURE
Plus fes armes feront heureufes,
Plûtoft vousferez de retour.
2
Entre les bras de la Victoire
On a vû ce Heros déja plus d'une
fois ,
Pour n'écouter que vostre voix , 1
Impoſerfilence à fa gloire.
Son ame au deffus des faveurs
Quefait l'inconftante Deeffe,
N'a point ce dur orgueil ny ces lâches
rigueurs,
Qui mettent le comble aux mal--
heurs
D'un Ennemy forcé d'avoüer fafoibleſſe,
Vice des vulgaires vainqueurs.
Icy la mefmemain qui terraffe , releve,
Et toujours de Louis le triomphe
s'acheve
Par le retour de vos douceurs.
GALANT. IL
2
Plus àfes Peuples qu'à luy-même,
Il ne voit qu'à regret ce qu'ilsfont
aujourd'huy,
Et ces Peuples inftruits à quelpoint.
il les aime,
Goûteroient un plaifir extrême
A donner tous leurs biens & tout .
leurfang pour luy.
Il voudroit qu'au milieu de ces brillantes feftes ,
Qu'enfante un doux loifir dans les
lieux où vous eftes ,
Tousfes Sujets puffent vieillir.
Ce genereux foucy fans ceffe l'accompagne,
Des Conqueftes qu'ilfait, des Batailles qu'ilgagne ,
Tous eftes lefeulfruit qu'il pretend
recueillir,
12 MERCURE
&
De rage & de douleurje les voy qui
fremiffent
Au bruit de fes fameux exploits,
Ces fiers Princes qui vous haïffent,
Et qui foulant aux pieds toutesfortes de loix ,
Pour un Ufurpateur trahiſſent
Leurgloire & l'intereft des Rois.
La terre a bû le fang de leurs meil
leures Troupes ,
La mer , malgré les vents qui com-·
battoientpour eux,
Pele mele a receu , Vaiffeaux , Canors , Chaloupes ,
Soldats & Matelots, dans fesgouffres
affreux.
Goutez, charmante Paix , une douce
vangcance
Du mépris qu'ils ontfait de vos plus
facrez nauds,
GALANT. 13
Vous ferez la ressource &l'unique
efperance
De leur monftruenfe Alliance
Qu'a cimentée un crime heureux.
conjoncture prefente des affaires fait
meriter tint de
loüanges au Roy , & ce Monarque en reçoit de tant déloquentes Plumes, que je croy
devoir commencer maLettre
A iiij
8 MERCURE
en vous faifant part de leurs:
productions. L'illuftre Madame des Houlieres ne s'eft
pas teuë fur fes dernieres Vitoires. Je ne vous vanteray
point les Vers que vous allez
lire. On n'envoit point d'elle
qui ne répondent à la réputation qu'elle s'eft acquife.
off of ofcafe ofcofrafc of off of of of je de off of off of of
STANCES
Sur les Victoires du Roy.
IRREGULIERES
FilleIlle du Ciel , aimable Paix,
Vous qui de tous les biens eftes toujoursfuivie ,
Vous que l'aveugle erreur & lajaloufe envie
GALANT. 9
Ontvoulu d'icy-bas exiler pour jamais :
LOVIS eft triomphantfur la terre &
Sur l'onde,
C
Ses nombreux Ennemisfont confus,
font défaits .
Il va vous redonner au monde.
S
Si les fecrets du Cielfe peuvent
penetrer,
Les glorieux fuccés qu'il accorde à
fes armes
Forceront la difcorde & l'envie à
rentrer
Dans ces lieuxdeftinezà d'éternelles·
larmes.
Ouy,jeprevoy qu'avant le temps,
Où les Roffignolspar leurs chants
Font retentir les bois de plaintesamoureuſes,
Vous defcendrez icy du celefte fejour;
10 MERCURE
Plus fes armes feront heureufes,
Plûtoft vousferez de retour.
2
Entre les bras de la Victoire
On a vû ce Heros déja plus d'une
fois ,
Pour n'écouter que vostre voix , 1
Impoſerfilence à fa gloire.
Son ame au deffus des faveurs
Quefait l'inconftante Deeffe,
N'a point ce dur orgueil ny ces lâches
rigueurs,
Qui mettent le comble aux mal--
heurs
D'un Ennemy forcé d'avoüer fafoibleſſe,
Vice des vulgaires vainqueurs.
Icy la mefmemain qui terraffe , releve,
Et toujours de Louis le triomphe
s'acheve
Par le retour de vos douceurs.
GALANT. IL
2
Plus àfes Peuples qu'à luy-même,
Il ne voit qu'à regret ce qu'ilsfont
aujourd'huy,
Et ces Peuples inftruits à quelpoint.
il les aime,
Goûteroient un plaifir extrême
A donner tous leurs biens & tout .
leurfang pour luy.
Il voudroit qu'au milieu de ces brillantes feftes ,
Qu'enfante un doux loifir dans les
lieux où vous eftes ,
Tousfes Sujets puffent vieillir.
Ce genereux foucy fans ceffe l'accompagne,
Des Conqueftes qu'ilfait, des Batailles qu'ilgagne ,
Tous eftes lefeulfruit qu'il pretend
recueillir,
12 MERCURE
&
De rage & de douleurje les voy qui
fremiffent
Au bruit de fes fameux exploits,
Ces fiers Princes qui vous haïffent,
Et qui foulant aux pieds toutesfortes de loix ,
Pour un Ufurpateur trahiſſent
Leurgloire & l'intereft des Rois.
La terre a bû le fang de leurs meil
leures Troupes ,
La mer , malgré les vents qui com-·
battoientpour eux,
Pele mele a receu , Vaiffeaux , Canors , Chaloupes ,
Soldats & Matelots, dans fesgouffres
affreux.
Goutez, charmante Paix , une douce
vangcance
Du mépris qu'ils ontfait de vos plus
facrez nauds,
GALANT. 13
Vous ferez la ressource &l'unique
efperance
De leur monftruenfe Alliance
Qu'a cimentée un crime heureux.
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Résumé : STANCES IRREGULIERES Sur les Victoires du Roy.
Le texte est une lettre du périodique Mercure, qui commence par louer le roi et mentionne les éloges qu'il reçoit. L'auteur décide de partager des poèmes récents, notamment ceux de Madame des Houlières, reconnue pour ses vers de qualité. Le poème principal, intitulé 'Stances sur les Victoires du Roy', célèbre les triomphes du roi Louis. Il décrit la paix comme une fille du ciel, exilée par l'erreur et la jalousie, mais appelée à revenir grâce aux succès du roi. Le poème souligne la générosité du roi, qui préfère la paix et le bien-être de ses peuples à la gloire personnelle. Il mentionne également la rage des ennemis du roi, vaincus sur terre et sur mer, et exprime l'espoir que la paix reviendra grâce aux victoires du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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204
p. 25-35
EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
Début :
L'Illustre Madame des Houlieres qui ne suit jamais / Fille des plaisirs, triste Goutte, [...]
Mots clefs :
Goutte, Santé, Louis, Guerriers, Héros, Camp de Namur, Ennemis, Plaisir, Victorieux, Espérance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
L'Illuftre Madame
S
des
Houlieres qui ne fuit jamais
la route commune & qui
donne toujours fujet d'admirer le furprenant & rare talent qu'elle a pour les Vers,
a trouvé un tour ingenieux
pour peindre les alarmes que
nous caufe l'intrepidité qui
porte le Roy à méprifer le
peril. Vous en conviendrez
quand vous aurez leu l'Ouvrage qui fuit.
Aoust 1692.
26 MERCURE
222252555222 22252
E PITRE
DE MADAME
DES HOULIERES,
A LA GOUTTE.
FIlle des plaifirs , trifte Goutte,
Qu'ondit que la Richeſſe accompagne
toujours,
Vous que jamais on ne redoute
Quandfous un toit ruftiqueon voit
couler fesjours ;
Je ne viens pas icy pleine d'impa- tience ,
Effayerpar des vœux d'ordinaire impuiffans,
GALANT. 27
D'adoucir voftre violence.
Goutte, le croirez- vous ? C'est par
reconnoiffance
Queje vous offre de l'encens
2
De cette nouveauté vous paroissez
charmée.
Faite pour n'infpirer que de durs
fentimens,
A de tendres remercimens .
Vous n'eftespas accoutumée.
Commencez à goûter cequ'ils ont de
douceurs.
Qu'on vous rende par tout defu
prêmes honneurs;
Qu'en bronze, qu'en marbre on
vous voye
Triomphante de la Santé
Rétablir dans nos cœurs le repos
la
joye.
شیخ
Acombien deperils LOVIS feroit em
(proye
Cij
28 MERCURE
Si vous n'aviez pas mis fesjours en
feureté !
2
Toutce qu'affrontoitfon courage
Enforçant deNamur les orgueilleux
Rampars ,
Peignoit l'effroy fur le vifage
Desgenereux Guerriers dont ce Heros
partage
Les penibles travaux , les glorieux
hazards.
Dans la crainte de luy déplaire
On n'ofoit condamnerfon ardeur témeraire,
Bien qu'elle puft nous mettre au comble du malheur.
Aforce de refpect on devenoit coupable.
Vous feule, Goutte fecourable,
Avez ofé donner un frein à favaleur.
GALANT. 29
2
Helas ! qui l'auroit dit , à voir
couler nos larmes
Dans ce temps que la paix confacroit
au repos ,
Où de vivesdouleurs attaquoient ce
Heros ,
Quefes maux quelque jourauroient'
pour nous des charmes?
Mais quel bruit quelle voix fe répard
dans les airs?
Quoy done , Meffagere inviſible
De tout ce qui fe fait dans ce vafte
Univers,
Auprés du grand Roy que tu fers
On voit couler le fang ! Evenement
terrible !
Quelle idée offrez- vous à mon cœur
agité?
Sur l'excés de valeur &d'intrepidité,
Plufieurs perfonnes bleffées auprés du Roy.
Cij
30 MERCURE
Ce Heros fera-t-il toujours incorrigi
ble?
28
Vousn'avez pas affez duré,
Goutte , dont j'eftois fi contente,,
Vous trompez ma plus douce attente ,
Vous en quij'efperois , &quej'avois
juré
De celebrer un jour par quelquegrandefefte ( Tefte ,
Si pour nous conferver une fi chere
Dansle Campde Namur vous aviez
mesuré
Vostre durée à fa conquefte.
S
Ab! que ne laiffe-t-il à son augufte
Fils
Dompterde mortels Ennemis
Fameuxpar leur rang, par leur.
nombre
GALANT. 31
Mais qu'à fuivre fon char le Ciel a
condamnez!
Qu'ilne nous quitte plus , qu'ilje
repose à l'ombre
Des Lauriers qu'il a moiffonnez.
N'eft-ilpoint las de wainore ? & ne
doit- il pas croire
Quefon nompour durertoujours
N'a plus affaire dufecours
De quelque nouvelle Victoire ?
Ces Grecs & ces Romains fi vantez
dans l'Hiftoire
Ont fauvé leurs noms du trépas
Par des faits moins brillans , moins
dignes de memoire.
Affreuse avidité degloire !
La fienne efface tout, & ne luyfuffit
pas.
S
De tant de Nations la chere & vaine
Idole
Cilj
32 MERCURE
Naffau , par plus d'un crime en Mo
narque érigé,
Dés qu'il fçait Namur affiegés
Fremit , raffemble tout, & vers la
Sambre vole ,
A voir fi prés de nous floter fes Etendars..
A quelque noble effort qui n'auroit
du s'attendre?
Mais toutfçavant qu'il eft dans le
Métier de Mars ,
Ilfemble n'eftre enfin venu que pour
apprendre
Le grand Art de forcer une Place à
Se rendresses
E1 pour fes Alliez toujours remply
d'égards ,
Lancerfur noftre Camp de menaçans.
regards ,
Eft tout ce qu'il ofe entreprendre.
GALANT.
33
2
Tout ce qui justifie &nourrit les terreurs ,
་
L'Art , la Nature, cent mille hommes ,
Et ce que l'byver a d'horreurs ;
Malgré lafaifon où nous fommess
Auront vainement entrepris
De rendre Namur imprenable,
Quand Louis l'attaque, il eftpris,
Etces amas de Rois que fa puiſſance
accable ,
Eft la Montagne de la Fable,
Quide l'attention fait passer au mépris.
2
Non, je ne mefuis point trompée,
Je voy courirle Peuple , & je lis dans
fesyeux
Que LOVIS eft victorieux.
Macrainte pourfa vie est enfindiffi
pée,
34 MERCURE
Etje n'afpire plus qu'à revoir dans
ces lieux
Ce Heros dont mon ame est toujours
occupée.
Goutte , qu'on vit trop toft finir ,
Et dontje viens d'avoir l'audace de
me plaindre
Puis que pour ce Vainqueur on n'a
plus rien à craindre,
Gardez-vous bien de revenir.
2.
Ne le dérobez point à noftre impatience.
Lors qu'il eft éloigné de nous
Tout est enfevely dans un morne fi- lence ,
Et le foible plaifir que donne l'efpe
rance,
Eft le feul plaifir qnifoit doux.
Mais , Goutte, s'il eft vray ce qu'on
nous ditfans ceffe ,
GALANT: 35
Que jusqu'à l'extrême vieillefe
Fous conduisez les jours lors que
vous ne venez
Qu'aprésqu'on apaßéhuitLuftres,
Pour des jours précieux , &toujours´
fortunez
Fours quifont tous marquezpar quelquesfaits illuftres ,
Quelle esperance vous donnez !
S
des
Houlieres qui ne fuit jamais
la route commune & qui
donne toujours fujet d'admirer le furprenant & rare talent qu'elle a pour les Vers,
a trouvé un tour ingenieux
pour peindre les alarmes que
nous caufe l'intrepidité qui
porte le Roy à méprifer le
peril. Vous en conviendrez
quand vous aurez leu l'Ouvrage qui fuit.
Aoust 1692.
26 MERCURE
222252555222 22252
E PITRE
DE MADAME
DES HOULIERES,
A LA GOUTTE.
FIlle des plaifirs , trifte Goutte,
Qu'ondit que la Richeſſe accompagne
toujours,
Vous que jamais on ne redoute
Quandfous un toit ruftiqueon voit
couler fesjours ;
Je ne viens pas icy pleine d'impa- tience ,
Effayerpar des vœux d'ordinaire impuiffans,
GALANT. 27
D'adoucir voftre violence.
Goutte, le croirez- vous ? C'est par
reconnoiffance
Queje vous offre de l'encens
2
De cette nouveauté vous paroissez
charmée.
Faite pour n'infpirer que de durs
fentimens,
A de tendres remercimens .
Vous n'eftespas accoutumée.
Commencez à goûter cequ'ils ont de
douceurs.
Qu'on vous rende par tout defu
prêmes honneurs;
Qu'en bronze, qu'en marbre on
vous voye
Triomphante de la Santé
Rétablir dans nos cœurs le repos
la
joye.
شیخ
Acombien deperils LOVIS feroit em
(proye
Cij
28 MERCURE
Si vous n'aviez pas mis fesjours en
feureté !
2
Toutce qu'affrontoitfon courage
Enforçant deNamur les orgueilleux
Rampars ,
Peignoit l'effroy fur le vifage
Desgenereux Guerriers dont ce Heros
partage
Les penibles travaux , les glorieux
hazards.
Dans la crainte de luy déplaire
On n'ofoit condamnerfon ardeur témeraire,
Bien qu'elle puft nous mettre au comble du malheur.
Aforce de refpect on devenoit coupable.
Vous feule, Goutte fecourable,
Avez ofé donner un frein à favaleur.
GALANT. 29
2
Helas ! qui l'auroit dit , à voir
couler nos larmes
Dans ce temps que la paix confacroit
au repos ,
Où de vivesdouleurs attaquoient ce
Heros ,
Quefes maux quelque jourauroient'
pour nous des charmes?
Mais quel bruit quelle voix fe répard
dans les airs?
Quoy done , Meffagere inviſible
De tout ce qui fe fait dans ce vafte
Univers,
Auprés du grand Roy que tu fers
On voit couler le fang ! Evenement
terrible !
Quelle idée offrez- vous à mon cœur
agité?
Sur l'excés de valeur &d'intrepidité,
Plufieurs perfonnes bleffées auprés du Roy.
Cij
30 MERCURE
Ce Heros fera-t-il toujours incorrigi
ble?
28
Vousn'avez pas affez duré,
Goutte , dont j'eftois fi contente,,
Vous trompez ma plus douce attente ,
Vous en quij'efperois , &quej'avois
juré
De celebrer un jour par quelquegrandefefte ( Tefte ,
Si pour nous conferver une fi chere
Dansle Campde Namur vous aviez
mesuré
Vostre durée à fa conquefte.
S
Ab! que ne laiffe-t-il à son augufte
Fils
Dompterde mortels Ennemis
Fameuxpar leur rang, par leur.
nombre
GALANT. 31
Mais qu'à fuivre fon char le Ciel a
condamnez!
Qu'ilne nous quitte plus , qu'ilje
repose à l'ombre
Des Lauriers qu'il a moiffonnez.
N'eft-ilpoint las de wainore ? & ne
doit- il pas croire
Quefon nompour durertoujours
N'a plus affaire dufecours
De quelque nouvelle Victoire ?
Ces Grecs & ces Romains fi vantez
dans l'Hiftoire
Ont fauvé leurs noms du trépas
Par des faits moins brillans , moins
dignes de memoire.
Affreuse avidité degloire !
La fienne efface tout, & ne luyfuffit
pas.
S
De tant de Nations la chere & vaine
Idole
Cilj
32 MERCURE
Naffau , par plus d'un crime en Mo
narque érigé,
Dés qu'il fçait Namur affiegés
Fremit , raffemble tout, & vers la
Sambre vole ,
A voir fi prés de nous floter fes Etendars..
A quelque noble effort qui n'auroit
du s'attendre?
Mais toutfçavant qu'il eft dans le
Métier de Mars ,
Ilfemble n'eftre enfin venu que pour
apprendre
Le grand Art de forcer une Place à
Se rendresses
E1 pour fes Alliez toujours remply
d'égards ,
Lancerfur noftre Camp de menaçans.
regards ,
Eft tout ce qu'il ofe entreprendre.
GALANT.
33
2
Tout ce qui justifie &nourrit les terreurs ,
་
L'Art , la Nature, cent mille hommes ,
Et ce que l'byver a d'horreurs ;
Malgré lafaifon où nous fommess
Auront vainement entrepris
De rendre Namur imprenable,
Quand Louis l'attaque, il eftpris,
Etces amas de Rois que fa puiſſance
accable ,
Eft la Montagne de la Fable,
Quide l'attention fait passer au mépris.
2
Non, je ne mefuis point trompée,
Je voy courirle Peuple , & je lis dans
fesyeux
Que LOVIS eft victorieux.
Macrainte pourfa vie est enfindiffi
pée,
34 MERCURE
Etje n'afpire plus qu'à revoir dans
ces lieux
Ce Heros dont mon ame est toujours
occupée.
Goutte , qu'on vit trop toft finir ,
Et dontje viens d'avoir l'audace de
me plaindre
Puis que pour ce Vainqueur on n'a
plus rien à craindre,
Gardez-vous bien de revenir.
2.
Ne le dérobez point à noftre impatience.
Lors qu'il eft éloigné de nous
Tout est enfevely dans un morne fi- lence ,
Et le foible plaifir que donne l'efpe
rance,
Eft le feul plaifir qnifoit doux.
Mais , Goutte, s'il eft vray ce qu'on
nous ditfans ceffe ,
GALANT: 35
Que jusqu'à l'extrême vieillefe
Fous conduisez les jours lors que
vous ne venez
Qu'aprésqu'on apaßéhuitLuftres,
Pour des jours précieux , &toujours´
fortunez
Fours quifont tous marquezpar quelquesfaits illuftres ,
Quelle esperance vous donnez !
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Résumé : EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
Le poème est dédié à Madame des Houlières et célèbre son talent poétique ainsi que son courage face aux dangers auxquels le roi Louis XIV est confronté. Il commence par louer Madame des Houlières pour son génie et sa bravoure, soulignant les périls que le roi affronte, notamment lors du siège de Namur. Le texte exprime une admiration profonde pour l'intrépidité du roi malgré les risques qu'il encourt. Le poème aborde également la maladie du roi, la 'Goutte', et exprime le souhait qu'elle ne revienne pas afin de permettre au roi de poursuivre ses exploits militaires. La 'Goutte' est personnifiée et implorée de ne pas revenir, afin que le roi puisse rester en bonne santé et continuer à triompher sur le champ de bataille. Le texte se termine par une expression d'espoir que la 'Goutte' ne revienne jamais, permettant ainsi au roi de rester victorieux et d'inspirer admiration et respect.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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205
p. 222-224
SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Début :
Il auroit esté facheux pour la France qu'un si beau / Tous les Princes liguez sont prest de s'abismer. [...]
Mots clefs :
Turin, Louis, Victoire
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Ilauroit cfté facheux pour la France qu'un fi
beau morceau d Hiftoire cuft
efté ignoré de la Pofterité.
Cependant je vous envoye des
Vers qui ont efté faits fur la
GALANT. 223
derniere Bataille. Le premier
Madrigal cft de Mademoifelle de Scuderi .
SUR
LA DEFAITE
des Alliez en Piedmont.
Tous les Princes lignez fontprifts de s'abifmer .
L'un veut paffer le Pộ, l'autre paſſe
la mer.
Malgré leurs mouvemens , leurs projets , leurs menaces ,
Nous fauvons Pignerol , nous leur
prenons des Places;
Infpirez parLouis comme parle Dieu
Mars,
Aux partesde Turin unegrande Victoire
Tiiij
224 MERCURE
Couvre encor les François d'une nouvellegloire ,
Et nous voyons enfin vaincus de toutes parts
Les Aigles , les Lions , & les fiers
Leopards
beau morceau d Hiftoire cuft
efté ignoré de la Pofterité.
Cependant je vous envoye des
Vers qui ont efté faits fur la
GALANT. 223
derniere Bataille. Le premier
Madrigal cft de Mademoifelle de Scuderi .
SUR
LA DEFAITE
des Alliez en Piedmont.
Tous les Princes lignez fontprifts de s'abifmer .
L'un veut paffer le Pộ, l'autre paſſe
la mer.
Malgré leurs mouvemens , leurs projets , leurs menaces ,
Nous fauvons Pignerol , nous leur
prenons des Places;
Infpirez parLouis comme parle Dieu
Mars,
Aux partesde Turin unegrande Victoire
Tiiij
224 MERCURE
Couvre encor les François d'une nouvellegloire ,
Et nous voyons enfin vaincus de toutes parts
Les Aigles , les Lions , & les fiers
Leopards
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Résumé : SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Le texte relate une victoire militaire française en Piémont, malgré les efforts des princes étrangers. Inspirés par Louis XIV, les Français ont sauvé Pignerol et conquis d'autres places fortes. La bataille de Turin a été décisive, vainquant les symboles ennemis. Le poème, attribué à Madame de Scudéry, célèbre cette dernière bataille.
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206
p. 224-225
AU ROY.
Début :
Voicy un autre Madrigal sur cette mesme défaite. Il est / LOUIS, que vous imitez bien [...]
Mots clefs :
Louis, Europe, Guerre, Paix
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texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
Voicy un autre Madrigal
fur cetre mefme défaite. Il eft
de Madame des Houlieres.
AU ROY.
OVIS, que vous imitez L°bien
Cet Eftre indépendant dont vous eftes
l'Image"!
Comme luy, des Rois qu'on outrage
Vous eftes le vangeur & l'unique foutien.
GALANT 225
• Comme luy, vostre mainfoudroye
Ces coupables Mortels, dont les noires
Byfureurs
Ont mis toute l'Europe en proyes.
A ce que la guerre a d'horreurs.
Comme luy , rempli de clemence,
Quelque douceur qu'ait la vangeance,
Vons eftes preft à pardonner';
Etfur les bords du Pô‚du Rhin , &
de la Meufe ,
Vous ne les accable que pour les
amener
Par un prompt repentir , à cette Paix
heureuse ,
Que vousfeulpouvezleur donner.
fur cetre mefme défaite. Il eft
de Madame des Houlieres.
AU ROY.
OVIS, que vous imitez L°bien
Cet Eftre indépendant dont vous eftes
l'Image"!
Comme luy, des Rois qu'on outrage
Vous eftes le vangeur & l'unique foutien.
GALANT 225
• Comme luy, vostre mainfoudroye
Ces coupables Mortels, dont les noires
Byfureurs
Ont mis toute l'Europe en proyes.
A ce que la guerre a d'horreurs.
Comme luy , rempli de clemence,
Quelque douceur qu'ait la vangeance,
Vons eftes preft à pardonner';
Etfur les bords du Pô‚du Rhin , &
de la Meufe ,
Vous ne les accable que pour les
amener
Par un prompt repentir , à cette Paix
heureuse ,
Que vousfeulpouvezleur donner.
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Résumé : AU ROY.
Le madrigal de Madame des Houlières compare le roi à Ovide, le décrivant comme un justicier indépendant et vengeur des rois outragés. Le roi punit les coupables ayant plongé l'Europe dans la guerre, mais agit avec clémence et cherche à amener ses ennemis à la paix. Il exerce son influence sur les bords du Pô, du Rhin et de la Meuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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210
p. 89-97
Premier Article de Marine. [titre d'après la table]
Début :
Je passe aux Articles de Marine, que d'autres vous ont déja [...]
Mots clefs :
Vaisseau, Marine, Tonneaux, Canons, Equipage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Premier Article de Marine. [titre d'après la table]
Je paffe aux Articles de Marine , qued'autres vous ont déja appris ; mais avec moins de
détail que ce que vous allez
lire.
Le Vaiffeau le Saint Louis
appartenant à Mrs de la Compagnie Royale des Indes
Orientalles , eft arrivé au Port
Louis venant de Pondichery
d'où il eftoit party le
Fevrier 1768. commandé par
Mr de Boiffieux , Lieutenant
17.
Fanvier 1710.
+ H
90 MERCURE
& d'autres
de Vaiffeau de Roy. Il a aporté
plus de 5oo. ballots de poivre,
dindigo , de cannes , de benjouin , de muc
marchandiſes precieuſes qu'il
avoit chargées à Pondichery ,
à Bengale , & à la Côte de
Coromandel. Il a paffé aux
Indes par le Cap de Horne
c'eſt une Navigation qui n'avoit point encore eſté entrepriſe.
La Fregate la Rufée commandée par M' Simon Taillefier , & la Trompeuſe par M
Jean Bachelier , de quatre
canons chacune , font rentrées
GALANT 91
·
3
à Calais avec plufieurs ballots
de Pelleteries , & de cuir de
Rouffi , pris fur une Flufte
Hollandoife de soo. tonneaux nommée le Corbeau de
Roterdam , qu'ils avoient enlevée venant de Mofcovie
quoyque fon équipage fut
fortifié de trente foldats qui y
avoient efté mis par le Gouverneur d'Yarmouth avec un
Officier pour la conduire
Londres. Ces deux Corfaires
en amenant cette prife ont
cû le malheur de rencontrer
à la veüe de Calais deux Vaiffeaux de Guerre Anglois de
Hij
92 MERCURE
60. & de 26. canons qui les
ont obligez de l'abandonner :
elle eftoit chargée de 300.
tonneaux de bled , de Pelleteries , de chanvres , & de cuir
de Rouffi.
Le Capitaine Jean l'Eguillon , commandant la Barque
longue la Prompte a amené à
Calais deux rançons l'une de
4000. livres en argent , & une
45. livres fterlin en billets.
Le Vaiffeau du Roy le Sor
lingue , armé en courſe a amené à Saint Malo le Vaiffeau
la Marie de Londres , de 200.
tonneaux chargé de 300.
SCALANT 93
boucauts de fucre , vingt- fix
barils d'Indigo , & de douze
de tefte de clouds de geroffle ,
venant de Montfarra , eftimé
foixante mille livres . La Couronne , autre Corfaire a amené
auffià Saint Malo deux prifes ,
l'unc nommée le Richard Henry de Plimouth , venant de la
Virginie chargée de 350.
boucauts de tabac , l'autre
nommée la Prudence , venant
de la Caroline chargée de
bray de ris & de goudron.
Le Vaiffeau du Roy le Tigre,
arrivé en courfe s'eft battu
contre un Corfaire de Fleffin-
94 MERCURE
gue , de 32. pieces de canon.
Ce Vaiffeau eftoit en compagnie de deux autres qui forcerent de Voille pour avoir part
àl'action mais cepremierCorfaire eftoit déja fi incommodé
qu'il fut obligé de mettre à
la bande & de tirer plufieurs
coups de canon d'affiſtance ;
enforte que fes camarades arriverent fur luy pour le fecourir ; mais inutilement puifqu'on a appris qu'il a coulé
bas. Les Corfaires Fleffingois
ont efté malheureux pendant
le cours de l'année derniere
M' Saus , commandant les
GALANT 95
Vaiffeaux du Roy l'Augufte ,
& le Blakwal , en ayant pris
encore nouvellement , deux
l'un nommé la Dianne , de
36. canons , tout neuf tresbeau & d'un pont avec deux
gaillards. Il avoit 300. hommes d'équipage & il avoit
mieux aimé s'échouer fur la
cofte de Nieuport que de fe
鲞
l'autre eſt laiffer prendre
le Faucon , de 28. canons &
de 200. hommes d'équipage ;
le premier a efté relevé de la
colte ; & ces deux Vaiffeaux
ont eſté amenez à Dunkerque.
M'
Vandebruce comman
96 MERCURE
une
dant un petit Corſaire de Calais de fix canons , a pris u
Flutte Hollandoife , chargée
de mats ; & de graine de lin
venant de Riga eftimée 70000.
livres.
Un autre Corfaire a amené
à Dunkerque , une prife venant de Lille de Fayal , chargée
de 300. caiffes de fucre , chaque caiffe pefant douze mille
livres eftimée cent mille francs.
La Fregatte la Victoire ,
conduit au Havre , une prife
ftimée cent mille livres ; elle
eft chargée d'eftain , de cacao ,
de draps , de harangs , &
a
d'autres
GALANT 97
d'autres Marchandiſes.
M Blanque commandant
la Fregatte du Roy le Zephire,
prit le trois Decembre entre
Qüellant &
Sorlingue un Brigantin de 40. tonneaux venant
de Bafton , chargé de molüe
verte & feche , d'huille de
baleine , &de Pelleteries.
Le 22. du même mois eftant
fur le Cap Lezard il prit auffi
un Navire Anglois de 250.
tonneaux venant de la Virginie chargé de 532. boucauts
de tabac cftimé 85. mille
livres
détail que ce que vous allez
lire.
Le Vaiffeau le Saint Louis
appartenant à Mrs de la Compagnie Royale des Indes
Orientalles , eft arrivé au Port
Louis venant de Pondichery
d'où il eftoit party le
Fevrier 1768. commandé par
Mr de Boiffieux , Lieutenant
17.
Fanvier 1710.
+ H
90 MERCURE
& d'autres
de Vaiffeau de Roy. Il a aporté
plus de 5oo. ballots de poivre,
dindigo , de cannes , de benjouin , de muc
marchandiſes precieuſes qu'il
avoit chargées à Pondichery ,
à Bengale , & à la Côte de
Coromandel. Il a paffé aux
Indes par le Cap de Horne
c'eſt une Navigation qui n'avoit point encore eſté entrepriſe.
La Fregate la Rufée commandée par M' Simon Taillefier , & la Trompeuſe par M
Jean Bachelier , de quatre
canons chacune , font rentrées
GALANT 91
·
3
à Calais avec plufieurs ballots
de Pelleteries , & de cuir de
Rouffi , pris fur une Flufte
Hollandoife de soo. tonneaux nommée le Corbeau de
Roterdam , qu'ils avoient enlevée venant de Mofcovie
quoyque fon équipage fut
fortifié de trente foldats qui y
avoient efté mis par le Gouverneur d'Yarmouth avec un
Officier pour la conduire
Londres. Ces deux Corfaires
en amenant cette prife ont
cû le malheur de rencontrer
à la veüe de Calais deux Vaiffeaux de Guerre Anglois de
Hij
92 MERCURE
60. & de 26. canons qui les
ont obligez de l'abandonner :
elle eftoit chargée de 300.
tonneaux de bled , de Pelleteries , de chanvres , & de cuir
de Rouffi.
Le Capitaine Jean l'Eguillon , commandant la Barque
longue la Prompte a amené à
Calais deux rançons l'une de
4000. livres en argent , & une
45. livres fterlin en billets.
Le Vaiffeau du Roy le Sor
lingue , armé en courſe a amené à Saint Malo le Vaiffeau
la Marie de Londres , de 200.
tonneaux chargé de 300.
SCALANT 93
boucauts de fucre , vingt- fix
barils d'Indigo , & de douze
de tefte de clouds de geroffle ,
venant de Montfarra , eftimé
foixante mille livres . La Couronne , autre Corfaire a amené
auffià Saint Malo deux prifes ,
l'unc nommée le Richard Henry de Plimouth , venant de la
Virginie chargée de 350.
boucauts de tabac , l'autre
nommée la Prudence , venant
de la Caroline chargée de
bray de ris & de goudron.
Le Vaiffeau du Roy le Tigre,
arrivé en courfe s'eft battu
contre un Corfaire de Fleffin-
94 MERCURE
gue , de 32. pieces de canon.
Ce Vaiffeau eftoit en compagnie de deux autres qui forcerent de Voille pour avoir part
àl'action mais cepremierCorfaire eftoit déja fi incommodé
qu'il fut obligé de mettre à
la bande & de tirer plufieurs
coups de canon d'affiſtance ;
enforte que fes camarades arriverent fur luy pour le fecourir ; mais inutilement puifqu'on a appris qu'il a coulé
bas. Les Corfaires Fleffingois
ont efté malheureux pendant
le cours de l'année derniere
M' Saus , commandant les
GALANT 95
Vaiffeaux du Roy l'Augufte ,
& le Blakwal , en ayant pris
encore nouvellement , deux
l'un nommé la Dianne , de
36. canons , tout neuf tresbeau & d'un pont avec deux
gaillards. Il avoit 300. hommes d'équipage & il avoit
mieux aimé s'échouer fur la
cofte de Nieuport que de fe
鲞
l'autre eſt laiffer prendre
le Faucon , de 28. canons &
de 200. hommes d'équipage ;
le premier a efté relevé de la
colte ; & ces deux Vaiffeaux
ont eſté amenez à Dunkerque.
M'
Vandebruce comman
96 MERCURE
une
dant un petit Corſaire de Calais de fix canons , a pris u
Flutte Hollandoife , chargée
de mats ; & de graine de lin
venant de Riga eftimée 70000.
livres.
Un autre Corfaire a amené
à Dunkerque , une prife venant de Lille de Fayal , chargée
de 300. caiffes de fucre , chaque caiffe pefant douze mille
livres eftimée cent mille francs.
La Fregatte la Victoire ,
conduit au Havre , une prife
ftimée cent mille livres ; elle
eft chargée d'eftain , de cacao ,
de draps , de harangs , &
a
d'autres
GALANT 97
d'autres Marchandiſes.
M Blanque commandant
la Fregatte du Roy le Zephire,
prit le trois Decembre entre
Qüellant &
Sorlingue un Brigantin de 40. tonneaux venant
de Bafton , chargé de molüe
verte & feche , d'huille de
baleine , &de Pelleteries.
Le 22. du même mois eftant
fur le Cap Lezard il prit auffi
un Navire Anglois de 250.
tonneaux venant de la Virginie chargé de 532. boucauts
de tabac cftimé 85. mille
livres
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Résumé : Premier Article de Marine. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs événements maritimes et commerciaux impliquant des navires français. En février 1768, le vaisseau le Saint Louis, appartenant à la Compagnie Royale des Indes Orientales, est arrivé au Port Louis en provenance de Pondichéry, commandé par M. de Boiffieux. Il transportait plus de 500 ballots de poivre, d'indigo, de cannes, de benjoin et de muc, chargés à Pondichéry, au Bengale et sur la Côte de Coromandel. Le Saint Louis a emprunté une route inédite en passant par le Cap de Horn. Les frégates la Rufée et la Trompeuse, commandées respectivement par M. Simon Taillevier et M. Jean Bachelier, ont capturé une flûte hollandaise nommée le Corbeau de Rotterdam, chargée de pelleteries et de cuir de Russie. Cependant, elles ont dû abandonner leur prise face à deux vaisseaux de guerre anglais près de Calais. Le capitaine Jean L'Eguillon a ramené à Calais deux rançons, l'une en argent et l'autre en billets. Le vaisseau du roi le Sorlingue a capturé le vaisseau la Marie de Londres, chargé de sucre, d'indigo et de girofle. La Couronne a également ramené deux prises à Saint-Malo : le Richard Henry de Plymouth, chargé de tabac, et la Prudence de la Caroline, chargée de brai de riz et de goudron. Le vaisseau du roi le Tigre s'est battu contre un corsaire de Flessingue et a coulé après avoir été secouru par deux autres vaisseaux français. Les corsaires français ont également capturé deux navires anglais, la Diane et le Faucon, près de Nieuport. D'autres prises notables incluent une flûte hollandaise capturée par un corsaire de Calais, commandé par M. Vandebruce, et une prise venue de Lille à Fayal, chargée de sucre. La frégate la Victoire a ramené une prise estimée à cent mille livres au Havre, chargée d'étain, de cacao, de draps et d'autres marchandises. Enfin, la frégate le Zéphire a capturé un brigantin et un navire anglais chargé de tabac près du Cap Lizard.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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211
p. 351-376
Article qui regarde les Affaires du temps. Cet Article a esté fait avant que l'on sçut la situation des Affaires presentes. [titre d'après la table]
Début :
Enfin l'on ne doit plus avoir d'inquietude touchant la playe [...]
Mots clefs :
Maréchal de Villars, Ennemis, Flandre, Troupes, Campagne, Argent, Hollande, Nations, Guerre, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article qui regarde les Affaires du temps. Cet Article a esté fait avant que l'on sçut la situation des Affaires presentes. [titre d'après la table]
Enfin l'on ne doit plus avoir
d'inquietude couchant la playe
de Mr le Maréchal de Villars ,
devant eſtre à prefent reputée
comme guerie, puifqu'un pois
pourroit à peine y entrer prefentement , & qu'il pourroit fc
mettre en Campagne fi la neceffité le demandoit ; & comme ce Maréchal netefpire que,
la guerre & qu'il veut eftre en
cftat de bonne heure de fe
fignaler & de faire voir aux
Alliez qu'il n'apprehende pas
leurs menaces, il a tres certainementdonnéordre qu'on travaillaft à tous les équipages
352 MERCURE
& qu'on luy fift venir quantité de vin de Bourgogne.
Il fembloit que les Ennemis
le preparoient à faire quelques
mouvemens en Flandre , & Mr
le Maréchal de Barwick avoir
eſté nommé pour y faire une
tournée & pour les obferver ;
mais comme l'on a cfté informé qu'ils eftoient tranquiles
&quefa prefencen y eftoit pas
neceffaire , ce Maréchal n'eft
pas parti.
Mrle Maréchal d'Harcourt
eftant retombé en paralyfie ,
Mr Fagon l'a fait faigner , &
luy a fait prendre l'Emerique ,
GALANT 353
prétendant que cette paralyfie
ne vient point du dedans , &
qu'elle n'eſt qu'exterieure , &
par confequent point dangereufe. Ce Maréchal partit le
28. pour aller aux caux de
Bourbon & fon, deffein eft
de faire encore la Campagne
fur le Rhin ou nos Troupes
fontnombreufes, en boneftat,
& ne manquent de rien , ſuivant que les Ennemis le publient eux - mêmes tous les
jours , & il y a lieu de croire
qu'ils ne feront pas en eftat de
leur refifter , ny d'envoyer des
Troupes en Flandres & fur le
Fanvier 1710. Gg
354 MERCURE
Rhin , les Princes d'Allemagne
n'eftant pas payez des fubfides
que l'Angleterre & la Hollande font convenus de leur donner , & que ſelon toutes les apparences , ils ne pourront leur
payer encore de long- temps ,
l'argent manquant abfolument à ces deux Nations.
Je fçay de certitude par un
homme revenu depuis peu
d'Angleterre , qu'il a efté furpris en y arrivant , d'y trouver
le pain plus cher qu'à Paris , &
la rareté de l'argent encore
plus grande , & l'on ne doit pas
s'en étonner , les fubfides que
GALANT 355
l'Angleterre a payez depuis le
commencement de la guerre ,
toutes les Nations quiluy donne des Troupes ou qui font diverfion en la faveur , l'ayant
entierement épuifée , joint que
l'argent que luy coûte fes
Troupes pendant chaque cam
pagne , eft dépenſé hors du
Royaume, & que depuis plufieurs années l'argent en fort
fans qu'il y entre d'efpeces, tou
tes les Marchandifes que fes
Flotes luy apportent n'cftant
que pour l'ufage de fes Habitans.
A l'égard de la Holande,
Ggij
356 MERCURE
y a déja plufieurs années
que je vous ay marqué que
quelques Provinces avoient declaré qu'elles n'eftoient pas en
eftat de fournir aux frais de la
Guerre; ce que vient encore
de declarer la Province d'Utrecht . Je vous ay marqué auffi
y a long-temps , que la plufpart de ceux qui poffedoient
des Terres à la Campagne, les
ont abandonnées , les Taxes
qu'elles payoient eftant beau
coup plus fortes que les revenus qu'ils en tiroient ; & prefentement encore les Etats Genetaux viennent d'impofer
GALANT 357
quatre fois pour cette année
le deux centiéme denier fur
les Terres , les Obligations, les
Actions des deux Compagnies , les Rentes viageres , &
generalement fur tous les
biens qui y font fujers. Et
comme ce fond , quand mefme il feroit entierement rem
ply , ne fuffiroit qu'à peine
pour fubvenir à la moitié des
dépenses ordinaires &extraordinaires de la Guerre, il faudra
avoir recours à de nouveaux
emprunts ; mais le credit des
Etats ayant déja ſouffert quelques atteintes , tant par leur
358 MERCURE
derniere Lotterie qui n'a pû
eftre remplie que par la neceflité où ils le font trouvez
de donner leurs Obligations
en payement des avances confiderables qui devoient eftre
remboursées en argent comptant , il eft à prefent queſtion
de fçavoir s'ils pourront par
le moyen defdits nouveaux
emprunts qui font leur unique reffource , fuppléer à l'autre moitié defdites dépenfes.
Il eft à remarquer queceux
qui ont des Obligations de
l'Etat , auront de la peine à
trouver de l'argent fur ces
GALANT 359
•
Obligations, & qu'ils n'enpouront trouver qu'avec beaucoup de perte.
D'ailleurs , vous avez déja
fçû le pitoyable cftat où fe
trouve aujourd'huy la Marine
d'Holande ; qu'il eft dû beaucoup aux Capitaines qui ont
avancé , fuivant l'ufage du
Pays , tout ce qui a regardé
depuis long- temps l'équipement de leurs Vaiffeaux, & qui
n'ayant plus dequoy y fournir,
demandent ce qui leur eſt dû,
& que l'on paye toutes les
fommes qui font neceffaires
pour mettre en Mer cette an
360 MERCURE
née , moyennantquoy ils s'offrent de fervir , l'impoffibilité
eftant entiere qu'ils puiffent
fervir autrement.
Au reste , les dernieres nouvelles d'Amfterdam portent
que la plupart des Negocians
voyant chaquejour leur Commerce déperir , & le rifque
qu'ils courent d'eftre entierement ruïnez fi la Guerre continue , n'ont plus la mefme
opiniaftreté qu'ils avoient à la
continuer.
Il eft aifé de juger par tou
tes ces chofes de l'eftat our fe
trouve la Holande , & qu'elle
ne
GALANT 361
ne peutabfolument continuer
la guerre beaucoup de temps.
Je reviens encore à l'Angleterre , qui par les fonds accordez par le Parlement pour
la Campagne prochaine , pretend éblouir tout le monde;
& en effet rien n'eft plus ébloüiffant que les calculs de
toutes les fommes que le Parlement accorde ; mais fans
entrer dans les détails & dans
l'impoffibilité qui fe trouve de
les lever tous , quand mefine.
l'Angleterre feroit dans l'opulence , il eft certain que quand
tous les Anglois feroient por
Fanvier 1710. Hh
36 MERCURE
tez à fournir ces fommes , la
rareté de l'argent qui eft au
jourd'huy plus grande en Angleterre qu'en aucun autre lieu
de l'Europa, en empefcheroit,
& que le Proverbe , qui dic,
Perfonne nedonne ce qu'il n'apas,
eft veritable. Elle doit des
fommes immenfes à Monfieur
le Duc de Savoye , qui n'eft
pas un Prince à attendre longtemps , craignant que le boul
verfement des Affaires ne luy!
fift perdre ce qui luy ´eft dû ;!
ce qui n'embaraffe pas peu les
Anglois.
Quant à ce qui regarde la.
GALANT 363
France , elle renferme des
fommes immenfes qui font
cachéos , & l'abondance y fera grande lors que l'on aura
trouvé les moyens de les faire
fortir des mains de ceux qui
les gardent avec tant de foin ;
& pour n'en pas dourerazil
n'y a qu'à fe fouvenir que da
derniere reforme eftoit de fix
cens millions ; ce qui eft un
fait inconteftable , & qu'on a
reconnu lors qu'on a donné
coursà toutes les efpeces reformées & non reformées,
qu'il y avoit un tiers de l'argent du Royaume qui n'avort
Hhij
364 MERCURE
point efté porté à la Monnoye pour eftre reformé ; &
ce qui obligea de leur donner
cours , fut que l'on trouvoit
tous les jours des fommes
tres confiderables fous les
fcellez faits chez les perfonInes qui mouroient , & j'en
pourrois rapporter pour plu
fieurs millions , fi je voulois
nommer ceux qui n'avoient
pas fait reformer leur argent.
Il eft auffi entré en France
plufieurs millions depuis que
Monfeigneur le Duc d'Anjou
a pris poffeffion de la Cou
ronne d'Espagne , tant parce
2
GALANT 365
qu'elle lui appartenoit , que
parce que Charles II. l'avoir
reconnu pour fon Succeffeur.
Tout cet argent n'y est pas entré par le Commerce que les
François ont fait au Perou ;
mais par les grandes depenfes
queles Eſpagnols ont faites en
Francepour foutenir la Guerre
las France leur ayant foutny
des Armes , des Draps &
quantité d'autres choſes neceffaires à la Guerre. NosModes
font auffi caufe que les Efpagnols ont acheté beaucoup
de chofes en France & plu
ficurs qui ont eu des Emplois
34
Hhij
366 MERCURE
dans le Perou , d'où ils ont
raporté de grandes fommes ,
& qui ont demeuré affez longtemps en France , &fur tout à
Paris , y ont fait de grandes
dépenfes , enforte que lorsque
tout l'argent caché commencera à voir le jour , on verra
plus dedouze cens millions circuler au lieu qu'il n'y a pas aujourd'huy dans le Commerce,
200. millions de nouvelles ef-
< peces qui font tout l'argent qui
circule dans le Royaume. 1
A l'égard des bleds , il fufit
qu'il ait commencé à entrer
dans le Royaume pour que
GALANT 367
Fabondance s'y trouve bien
toft , & pour engager les Ufuriers à mettre en vente ceux
qu'ils tiennent cachez , &d'ailleurs comme il paroift que la
srecolter doit cftre des plus
abondantes , on ne manquera
bien- toft plus dans le Royaume ni d'argent ni de bleds.
Mrs de l'Academie Françoi
fe s'eftant affemblez felon l'ufage , quarante jours aprés la
mort de Mr.de Corneille , &
de Mr le Comte de Crecy pour
nommerceuxquidoivent remplir leurs places , ont choifi Mr
le Prefident de Melmes & Mr
368 MERCURE
l'Abbé Oudart de la Mothe,
connu par plusieurs ouvrages
de Theatre & par le beau Ree
cueil d'Odes qu'il a donné zau
public , & qui a reçu un aps
plaudiffementgeneral . Il a rem
porté ſept ou huit Prix del'Academie de Toulouſe , & deux
ou trois de l'Academie Françoife , oùilaleu l'avantage de
parler plufieurs fois & de faire
des Remerciemens à ce fçavant
& illuftre: Corps.
Mrle President de Melines,
diftingué pár fon nom, par ſon
efpriti & par fes dignitez elt
entré par detteb nomination
CALANT 369
dans un Corps ou l'on atoujours vû des Cardinaux , des
Evêques , des Ducs & Pairs &
des Miniftres d'Etat. Ainfi l'on
peut dire qu'il n'eft pas déplacé.
Je dois ajoûtericy ce que j'ay
oublié de vous dire dans 1 E.
loge que j'ay fait de Mr de
Corneille ; fçavoir , que fon
grand travail , & fur tout le
grand nombre de Livres & de
Memoires qu'il a cfté obligé
de lire pour compofer les cinq
Volumes infolio qu'il a donnez
au Public , luy avoient fait perdre la vûë quelques années
370 MERCURE
avant,fa mort; que fon Eloge
aefté fait par un Aveugle, &
que fa place a efté remplie par
unautre Aveugle qui doit faire
auffi fon Eloge le jour de fa res
ception.
Avant que d'entrer dans
Article de la Marine dont
j'ay beaucoup à vous entrete
nit , je dois vous dire que ce
Corps qui a toujours fait honneur à la France , & qui dans
les temps les plus difficiles a
toujours tenu tefte en mefme
temps aux deux Nations qui
pretendent à l'Empire de la
Mer, & qui ne font riches &
GALANT 37£
celebres que par leur Com
merce ; je dois , dis-je , vous
dire que ce Corps , qui tous
les mois fe rend fameux par
un grand nombre de Prifes,
d'actions éclatantes , & de
Vaiffeaux Ennemis pris on
coulez à fond , va malgré la
rareté d'argent qui ſe trouve
aujourd'huy prefque chez tous
les Princes de l'Europe , recevoir une fomme confiderable,
MrleComte de Pontchartrain?
ayant trouvé des expediens
de luy en faire toucher fans
qu'il en coûte rien au Roy.
Je paffe à la fuite des Expe
372 MERCURE
ditions dont je vous envoye
unJournal tous les mois beaucoup plus circonftancié que
celuy que l'on trouve dans plu .
fieurs nouvelles publiques.
De Cartagenne du Détroit
le 25. Decembre.
Mrle Chevalier de Norey,
Commandant les Vaiffeaux du
Roy le Rubis & le Trident, fic
rencontre le 19. Decembre,
eftant Nord & Sud d'Alborand, à 5 ou 6. licues de.
la Cofte d'Espagne , de deux
Vaiffeaux de guerre Anglois,
l'un
GALANT 373
l'un de 70. Canons , & l'autre
de cinquante - quatre fous le
vent Mr le Chevalier de
Norey, quoy qu'avec des for.
ces inégales , attaqua ces deux
Vaiffeaux à demy portée du
moufquet. Le Combat dura
depuis dix heures du matin juſqu'à deux heures aprés midy,
•fans qu'il pût les aborder , &
il en fut feparé par les Courans en forte qu'ils furent
obligez de faire route à Gibraltar , n'ayant que la Mizaine & le Petit Hunier, & la
plufpart de leurs Equipages
eftant tuez ou bleffez. Mr de
Janvier 1710.
I i
374 MERCURE
Norey n'a eu que 29. hommes hors de combat. Mr du
Vigné , Lieutenant de Vaifſeau , y aa efté tué ,,
ainfi que
Mr le Chevalier de Caftelanne
Enfeigne , qui fervoit fur le
Trident.
Mr Robert Leguillon, Commandant la Barque Longue la
Revanche , armée à Calais , y
conduifit le 4. Janvier un Bâtiment Anglois , chargé de
5oo. barils de beurre , & de
200. barils de boeuf fallé.
Lemefme Capitaine a auffi
débarqué une rançon de 100.
livres sterlin.
GALANT · 375
Le Capitaine Louvet qui
monte la Barque la Toifon , a
pris un Navire Anglois , chargé de 136. Caiffes d'oranges
aigres , & de 8. Caiffes de citrons.
Le Capitaine François Polu,
Commandant la Triumphante,
& Jacques du Pleffis qui monte la Revanche , ont pris un
Dogre Hollandois.
Le Capitaine Marc- Tefte,
Commandant la Barque le
Comte de Brionne , a apporté
pour 2000. livres de rançons
Angloifes en efpeces.
François Bachelier , ComIi ij
376 MERCURE
4
ATM
mandant le Dogre le Prompt,
a amené une rançon Hollandoife de 1600. florins
d'inquietude couchant la playe
de Mr le Maréchal de Villars ,
devant eſtre à prefent reputée
comme guerie, puifqu'un pois
pourroit à peine y entrer prefentement , & qu'il pourroit fc
mettre en Campagne fi la neceffité le demandoit ; & comme ce Maréchal netefpire que,
la guerre & qu'il veut eftre en
cftat de bonne heure de fe
fignaler & de faire voir aux
Alliez qu'il n'apprehende pas
leurs menaces, il a tres certainementdonnéordre qu'on travaillaft à tous les équipages
352 MERCURE
& qu'on luy fift venir quantité de vin de Bourgogne.
Il fembloit que les Ennemis
le preparoient à faire quelques
mouvemens en Flandre , & Mr
le Maréchal de Barwick avoir
eſté nommé pour y faire une
tournée & pour les obferver ;
mais comme l'on a cfté informé qu'ils eftoient tranquiles
&quefa prefencen y eftoit pas
neceffaire , ce Maréchal n'eft
pas parti.
Mrle Maréchal d'Harcourt
eftant retombé en paralyfie ,
Mr Fagon l'a fait faigner , &
luy a fait prendre l'Emerique ,
GALANT 353
prétendant que cette paralyfie
ne vient point du dedans , &
qu'elle n'eſt qu'exterieure , &
par confequent point dangereufe. Ce Maréchal partit le
28. pour aller aux caux de
Bourbon & fon, deffein eft
de faire encore la Campagne
fur le Rhin ou nos Troupes
fontnombreufes, en boneftat,
& ne manquent de rien , ſuivant que les Ennemis le publient eux - mêmes tous les
jours , & il y a lieu de croire
qu'ils ne feront pas en eftat de
leur refifter , ny d'envoyer des
Troupes en Flandres & fur le
Fanvier 1710. Gg
354 MERCURE
Rhin , les Princes d'Allemagne
n'eftant pas payez des fubfides
que l'Angleterre & la Hollande font convenus de leur donner , & que ſelon toutes les apparences , ils ne pourront leur
payer encore de long- temps ,
l'argent manquant abfolument à ces deux Nations.
Je fçay de certitude par un
homme revenu depuis peu
d'Angleterre , qu'il a efté furpris en y arrivant , d'y trouver
le pain plus cher qu'à Paris , &
la rareté de l'argent encore
plus grande , & l'on ne doit pas
s'en étonner , les fubfides que
GALANT 355
l'Angleterre a payez depuis le
commencement de la guerre ,
toutes les Nations quiluy donne des Troupes ou qui font diverfion en la faveur , l'ayant
entierement épuifée , joint que
l'argent que luy coûte fes
Troupes pendant chaque cam
pagne , eft dépenſé hors du
Royaume, & que depuis plufieurs années l'argent en fort
fans qu'il y entre d'efpeces, tou
tes les Marchandifes que fes
Flotes luy apportent n'cftant
que pour l'ufage de fes Habitans.
A l'égard de la Holande,
Ggij
356 MERCURE
y a déja plufieurs années
que je vous ay marqué que
quelques Provinces avoient declaré qu'elles n'eftoient pas en
eftat de fournir aux frais de la
Guerre; ce que vient encore
de declarer la Province d'Utrecht . Je vous ay marqué auffi
y a long-temps , que la plufpart de ceux qui poffedoient
des Terres à la Campagne, les
ont abandonnées , les Taxes
qu'elles payoient eftant beau
coup plus fortes que les revenus qu'ils en tiroient ; & prefentement encore les Etats Genetaux viennent d'impofer
GALANT 357
quatre fois pour cette année
le deux centiéme denier fur
les Terres , les Obligations, les
Actions des deux Compagnies , les Rentes viageres , &
generalement fur tous les
biens qui y font fujers. Et
comme ce fond , quand mefme il feroit entierement rem
ply , ne fuffiroit qu'à peine
pour fubvenir à la moitié des
dépenses ordinaires &extraordinaires de la Guerre, il faudra
avoir recours à de nouveaux
emprunts ; mais le credit des
Etats ayant déja ſouffert quelques atteintes , tant par leur
358 MERCURE
derniere Lotterie qui n'a pû
eftre remplie que par la neceflité où ils le font trouvez
de donner leurs Obligations
en payement des avances confiderables qui devoient eftre
remboursées en argent comptant , il eft à prefent queſtion
de fçavoir s'ils pourront par
le moyen defdits nouveaux
emprunts qui font leur unique reffource , fuppléer à l'autre moitié defdites dépenfes.
Il eft à remarquer queceux
qui ont des Obligations de
l'Etat , auront de la peine à
trouver de l'argent fur ces
GALANT 359
•
Obligations, & qu'ils n'enpouront trouver qu'avec beaucoup de perte.
D'ailleurs , vous avez déja
fçû le pitoyable cftat où fe
trouve aujourd'huy la Marine
d'Holande ; qu'il eft dû beaucoup aux Capitaines qui ont
avancé , fuivant l'ufage du
Pays , tout ce qui a regardé
depuis long- temps l'équipement de leurs Vaiffeaux, & qui
n'ayant plus dequoy y fournir,
demandent ce qui leur eſt dû,
& que l'on paye toutes les
fommes qui font neceffaires
pour mettre en Mer cette an
360 MERCURE
née , moyennantquoy ils s'offrent de fervir , l'impoffibilité
eftant entiere qu'ils puiffent
fervir autrement.
Au reste , les dernieres nouvelles d'Amfterdam portent
que la plupart des Negocians
voyant chaquejour leur Commerce déperir , & le rifque
qu'ils courent d'eftre entierement ruïnez fi la Guerre continue , n'ont plus la mefme
opiniaftreté qu'ils avoient à la
continuer.
Il eft aifé de juger par tou
tes ces chofes de l'eftat our fe
trouve la Holande , & qu'elle
ne
GALANT 361
ne peutabfolument continuer
la guerre beaucoup de temps.
Je reviens encore à l'Angleterre , qui par les fonds accordez par le Parlement pour
la Campagne prochaine , pretend éblouir tout le monde;
& en effet rien n'eft plus ébloüiffant que les calculs de
toutes les fommes que le Parlement accorde ; mais fans
entrer dans les détails & dans
l'impoffibilité qui fe trouve de
les lever tous , quand mefine.
l'Angleterre feroit dans l'opulence , il eft certain que quand
tous les Anglois feroient por
Fanvier 1710. Hh
36 MERCURE
tez à fournir ces fommes , la
rareté de l'argent qui eft au
jourd'huy plus grande en Angleterre qu'en aucun autre lieu
de l'Europa, en empefcheroit,
& que le Proverbe , qui dic,
Perfonne nedonne ce qu'il n'apas,
eft veritable. Elle doit des
fommes immenfes à Monfieur
le Duc de Savoye , qui n'eft
pas un Prince à attendre longtemps , craignant que le boul
verfement des Affaires ne luy!
fift perdre ce qui luy ´eft dû ;!
ce qui n'embaraffe pas peu les
Anglois.
Quant à ce qui regarde la.
GALANT 363
France , elle renferme des
fommes immenfes qui font
cachéos , & l'abondance y fera grande lors que l'on aura
trouvé les moyens de les faire
fortir des mains de ceux qui
les gardent avec tant de foin ;
& pour n'en pas dourerazil
n'y a qu'à fe fouvenir que da
derniere reforme eftoit de fix
cens millions ; ce qui eft un
fait inconteftable , & qu'on a
reconnu lors qu'on a donné
coursà toutes les efpeces reformées & non reformées,
qu'il y avoit un tiers de l'argent du Royaume qui n'avort
Hhij
364 MERCURE
point efté porté à la Monnoye pour eftre reformé ; &
ce qui obligea de leur donner
cours , fut que l'on trouvoit
tous les jours des fommes
tres confiderables fous les
fcellez faits chez les perfonInes qui mouroient , & j'en
pourrois rapporter pour plu
fieurs millions , fi je voulois
nommer ceux qui n'avoient
pas fait reformer leur argent.
Il eft auffi entré en France
plufieurs millions depuis que
Monfeigneur le Duc d'Anjou
a pris poffeffion de la Cou
ronne d'Espagne , tant parce
2
GALANT 365
qu'elle lui appartenoit , que
parce que Charles II. l'avoir
reconnu pour fon Succeffeur.
Tout cet argent n'y est pas entré par le Commerce que les
François ont fait au Perou ;
mais par les grandes depenfes
queles Eſpagnols ont faites en
Francepour foutenir la Guerre
las France leur ayant foutny
des Armes , des Draps &
quantité d'autres choſes neceffaires à la Guerre. NosModes
font auffi caufe que les Efpagnols ont acheté beaucoup
de chofes en France & plu
ficurs qui ont eu des Emplois
34
Hhij
366 MERCURE
dans le Perou , d'où ils ont
raporté de grandes fommes ,
& qui ont demeuré affez longtemps en France , &fur tout à
Paris , y ont fait de grandes
dépenfes , enforte que lorsque
tout l'argent caché commencera à voir le jour , on verra
plus dedouze cens millions circuler au lieu qu'il n'y a pas aujourd'huy dans le Commerce,
200. millions de nouvelles ef-
< peces qui font tout l'argent qui
circule dans le Royaume. 1
A l'égard des bleds , il fufit
qu'il ait commencé à entrer
dans le Royaume pour que
GALANT 367
Fabondance s'y trouve bien
toft , & pour engager les Ufuriers à mettre en vente ceux
qu'ils tiennent cachez , &d'ailleurs comme il paroift que la
srecolter doit cftre des plus
abondantes , on ne manquera
bien- toft plus dans le Royaume ni d'argent ni de bleds.
Mrs de l'Academie Françoi
fe s'eftant affemblez felon l'ufage , quarante jours aprés la
mort de Mr.de Corneille , &
de Mr le Comte de Crecy pour
nommerceuxquidoivent remplir leurs places , ont choifi Mr
le Prefident de Melmes & Mr
368 MERCURE
l'Abbé Oudart de la Mothe,
connu par plusieurs ouvrages
de Theatre & par le beau Ree
cueil d'Odes qu'il a donné zau
public , & qui a reçu un aps
plaudiffementgeneral . Il a rem
porté ſept ou huit Prix del'Academie de Toulouſe , & deux
ou trois de l'Academie Françoife , oùilaleu l'avantage de
parler plufieurs fois & de faire
des Remerciemens à ce fçavant
& illuftre: Corps.
Mrle President de Melines,
diftingué pár fon nom, par ſon
efpriti & par fes dignitez elt
entré par detteb nomination
CALANT 369
dans un Corps ou l'on atoujours vû des Cardinaux , des
Evêques , des Ducs & Pairs &
des Miniftres d'Etat. Ainfi l'on
peut dire qu'il n'eft pas déplacé.
Je dois ajoûtericy ce que j'ay
oublié de vous dire dans 1 E.
loge que j'ay fait de Mr de
Corneille ; fçavoir , que fon
grand travail , & fur tout le
grand nombre de Livres & de
Memoires qu'il a cfté obligé
de lire pour compofer les cinq
Volumes infolio qu'il a donnez
au Public , luy avoient fait perdre la vûë quelques années
370 MERCURE
avant,fa mort; que fon Eloge
aefté fait par un Aveugle, &
que fa place a efté remplie par
unautre Aveugle qui doit faire
auffi fon Eloge le jour de fa res
ception.
Avant que d'entrer dans
Article de la Marine dont
j'ay beaucoup à vous entrete
nit , je dois vous dire que ce
Corps qui a toujours fait honneur à la France , & qui dans
les temps les plus difficiles a
toujours tenu tefte en mefme
temps aux deux Nations qui
pretendent à l'Empire de la
Mer, & qui ne font riches &
GALANT 37£
celebres que par leur Com
merce ; je dois , dis-je , vous
dire que ce Corps , qui tous
les mois fe rend fameux par
un grand nombre de Prifes,
d'actions éclatantes , & de
Vaiffeaux Ennemis pris on
coulez à fond , va malgré la
rareté d'argent qui ſe trouve
aujourd'huy prefque chez tous
les Princes de l'Europe , recevoir une fomme confiderable,
MrleComte de Pontchartrain?
ayant trouvé des expediens
de luy en faire toucher fans
qu'il en coûte rien au Roy.
Je paffe à la fuite des Expe
372 MERCURE
ditions dont je vous envoye
unJournal tous les mois beaucoup plus circonftancié que
celuy que l'on trouve dans plu .
fieurs nouvelles publiques.
De Cartagenne du Détroit
le 25. Decembre.
Mrle Chevalier de Norey,
Commandant les Vaiffeaux du
Roy le Rubis & le Trident, fic
rencontre le 19. Decembre,
eftant Nord & Sud d'Alborand, à 5 ou 6. licues de.
la Cofte d'Espagne , de deux
Vaiffeaux de guerre Anglois,
l'un
GALANT 373
l'un de 70. Canons , & l'autre
de cinquante - quatre fous le
vent Mr le Chevalier de
Norey, quoy qu'avec des for.
ces inégales , attaqua ces deux
Vaiffeaux à demy portée du
moufquet. Le Combat dura
depuis dix heures du matin juſqu'à deux heures aprés midy,
•fans qu'il pût les aborder , &
il en fut feparé par les Courans en forte qu'ils furent
obligez de faire route à Gibraltar , n'ayant que la Mizaine & le Petit Hunier, & la
plufpart de leurs Equipages
eftant tuez ou bleffez. Mr de
Janvier 1710.
I i
374 MERCURE
Norey n'a eu que 29. hommes hors de combat. Mr du
Vigné , Lieutenant de Vaifſeau , y aa efté tué ,,
ainfi que
Mr le Chevalier de Caftelanne
Enfeigne , qui fervoit fur le
Trident.
Mr Robert Leguillon, Commandant la Barque Longue la
Revanche , armée à Calais , y
conduifit le 4. Janvier un Bâtiment Anglois , chargé de
5oo. barils de beurre , & de
200. barils de boeuf fallé.
Lemefme Capitaine a auffi
débarqué une rançon de 100.
livres sterlin.
GALANT · 375
Le Capitaine Louvet qui
monte la Barque la Toifon , a
pris un Navire Anglois , chargé de 136. Caiffes d'oranges
aigres , & de 8. Caiffes de citrons.
Le Capitaine François Polu,
Commandant la Triumphante,
& Jacques du Pleffis qui monte la Revanche , ont pris un
Dogre Hollandois.
Le Capitaine Marc- Tefte,
Commandant la Barque le
Comte de Brionne , a apporté
pour 2000. livres de rançons
Angloifes en efpeces.
François Bachelier , ComIi ij
376 MERCURE
4
ATM
mandant le Dogre le Prompt,
a amené une rançon Hollandoife de 1600. florins
Fermer
Résumé : Article qui regarde les Affaires du temps. Cet Article a esté fait avant que l'on sçut la situation des Affaires presentes. [titre d'après la table]
En début d'année 1710, plusieurs événements militaires et politiques marquent l'Europe. Le maréchal de Villars, guéri de sa blessure, est prêt à reprendre le combat. Le maréchal de Barwick est nommé pour surveiller les mouvements ennemis en Flandre, mais cette mission est annulée en raison de la tranquillité des ennemis. Le maréchal d'Harcourt, souffrant de paralysie, est soigné par Mr Fagon et se prépare à rejoindre les troupes sur le Rhin. Les ennemis, notamment les princes d'Allemagne, manquent de fonds en raison des retards de paiement des subsides par l'Angleterre et la Hollande. La Hollande, confrontée à des difficultés financières, impose de nouvelles taxes et peine à trouver des crédits. L'Angleterre, malgré ses efforts pour lever des fonds, souffre d'une grande rareté d'argent. En revanche, la France possède des réserves d'argent cachées et bénéficie de l'afflux de fonds liés à la succession espagnole. Sur le plan maritime, la marine française continue de se distinguer par ses prises et ses actions éclatantes. Plusieurs capitaines français ont récemment capturé des navires ennemis et des rançons. Par ailleurs, l'Académie française a élu deux nouveaux membres pour remplacer Corneille et le comte de Crecy.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
212
p. 376-393
Article contenant un grand nombre de Particularitez de l'arrivée en France, du Convoy qui a apporté des Bleds du Levant, avec beaucoup d'autres Marchandises. [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez que Mr de Ferriol, Ambassadeur du Roy à [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Frégates, Constantinople, Relations, Convoi, Ennemis, Equipage, Combat, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article contenant un grand nombre de Particularitez de l'arrivée en France, du Convoy qui a apporté des Bleds du Levant, avec beaucoup d'autres Marchandises. [titre d'après la table]
Vous fçavez que Mr de
Ferriol , Ambaffadeur du Roy
àConftantinople , avoit obte
nu de fa Hauteffe de faire
charger des Bleds à Conftantinople & dans les Echelles du
Levant. Il s'eft heureufement
acquitté de fa Commiſſion. Il
y a plufieurs Relations qui
peuvent toutes paffer pour des
Originaux , eftant écrites par
des Officiers de confideration,
& qui font tous dans des poftès à pouvoir fçavoir ce qu'ils.
GALANY 377
mandent , qui neanmoins ne
s'accordent pas , particulierement à l'égard des dates ; tel
eft le fort des Relations que
´l'on reçoit des Affaires les plus
importantes. Perfonne ne le
connoift mieux que moy qui
ay toûjours ramaffé toutes celles qui ont efté répanduës dans
le monde des actions les plus
remarquables , & j'ay trouvé
une fois une circonſtance aſſez
confiderable , toute differente
dans neuf Relations de la même Affaire , fans qu'il m'ait
efté poffible de découvrir celle qui parloit le plus jufte.
Li iij
378 MERCURE
ގ
%%
cmAinfi en fait de nouvelles , la
premiere qu'on lit fait plaifir,
& l'on croit d'abord eftre
bien inftruit. La feconde Relation , dans laquelle on trouve
des faits differens embaraffe un
peu ; & lors qu'on en a lû
beaucoup, on fe trouve fi
baraffé qu'on eft contraint de
parler au hazard , ou de donner au Public les Extraits de
PArticle qui embaraffe afin de
fe difculper , & qu'il en juge
par luy- mefme. J'ay trouvé le
mefme embaras pour des da
tes , dans la Relation que vous
allez lire , qui d'ailleurs vous
GALANT 379
paroiftra tres- curieufe. Entre
fept ou huit Relations dont
j'ay formé celle que vous allez
lire , il y en a une feule qui
-prend l'affaire de plus haut,
par laquelle je vais commencer, & qui n'eft contredite en
rien parce qu'elle eft feule.
Mr de Feuquieres eftoit allé
àu Levant pour amener un
Convoy de bled. Tous les autres Vaiffeaux tant du Roy que
des Marchands qui eftoient allez pour le mefme ſujet s'affemblerent à Smirne fous les
ordres de Mrde Feuquieres au
nombre de 84. Baftimens tant
380 MERCURE
Vaiffeaux, Barques , Pinques ,
ou Tartanes , parmy lefquels
cftoit compris le Temeraire , de
60. canons , monté par Mr de
Feuquieres ; le Toulouſe de mêmeforce; l'Etendart & le Flenron de 50; l'Hirondelle & la Vef
tale de 36. tous Vaiffeaux de
Roy, & une trentaine d'autres
Vaiffeaux particuliers ; le refte
eftoit de petits Baftimens".
Ils partirent dans le mois d'Octobre, & quoy que la faifon
fût la plus rude de toute l'année, à caufe des divers coups
de vents qui regnent en ce
temps- là &que l'on fut obligé
GALANT 281
de paffer dans toutes les Croifieres ordinaires nonobitant
25. ou 30. gros Vaifféaux Ennemis qui font dans ces Mers ;
ce Convoy franchit tout fans
voir aucun Vaiffeau ennemy,
& fans qu'il ſe foit écarté aucun Baftiment pendant untrajet de plus de 6oo. licuês.
Comme on avoit apprisque
le Convoy eftoit parti , & que
l'on voyoit tous les jours aux
Coftes de Provence une Efcadre ennemie de huit Vaiffeaux
qui fe relevoient les uns aprés
les autres , on eftoit à Toulon
& à Marſeille dans une grande
382 MERCURE
confternation , parce qu'on découvroit tous les jours les Ennemis aux avenues , & que nos
Vaiffeaux n'eftoient pas en état
de s'oppofer à cette Efcadre ,
eftant tous chargez de bled.
Mais par un effet de la Providence , dans le temps que l'Avant-garde de ce Convoyavoit
découvert les Illes d'Hieres defquelles il s'approchoit , que les
Ennemis n'auroient pas manqué d'appercevoir , & d'en
prendre finon tout , au moins
la plus grande partie , un gros
coup de vent de Nord Oüeft
s'éleva fi fort qu'il obligea les
GALANT 383
Ennemis de pouffer au large
& le Convoy d'arriver au
Gourjan.
Dans le moment que l'on
cut appris àToulon l'arrivée de
ce Convoy au Gourjan par un
fecond effet , & tout particulier de la même Providence,qui
l'avoit ainfi reglé, Mr Caffart ,
qui monte le Parfait de 70.
canons , fe trouva enrade avec
le Serieux , de 60. & Mr Laigle avec le Phoenix , de 52. canons.
Il eſt à remarquer que le
Vaiffeau le Toulouze , de so.
canons monté par Mr Lam-
384 MERCURE
bert , & qui faifoit partie du
Convoy, s'eftant trouvé à por
tée d'entrer à Toulon le 6 informa Mr Daligre de Saint Lié
qui y commande la Marine , de
la fituation oùil avoit laiffé Mr
de Feuquieres , avec le Convoy. On ne perdit pas un moment pour décharger en partie ce Vaiffeau qui eftoir char
gé debled, afinde le foulager,
& on augmenta confiderablement fon équipage , afin de le
mettre en eftat de fortir & d'aller rejoindre Mr de Feuquieresavec les 3. autres Vaiffeaux
dont on augmenta auffi confiderablement
GALANT 385
de
fiderablement les Equipages ;
ce qui fut fait en tres - peu
temps , en forte qu'ils mirent
à la voile le 8 à 10, heures
du matin , avec un Brulot , &
un autre petit Baltiment , qui
tous enſemble avoient deux
mille hommes d'Equipage.
Quoy que je vous aye dit
dans le Prelude de cet Article,
que de plufieurs Relations j'en
formois une feule , j'en ay
trouvé deux qui regardent le
Combat qui m'ont paru dignes de vous cftre envoyées
toutes deux.
Fanvier 1710.
Кк
386 MERCURE
a
Premiere Relation duCombat.
Le 9º eftant à la vûë er de
vant le Gourjan , ils virent paroiftre deux Vaiffeaux qui faifoient route fur eux ; & lors
qu'ils furent à demy lieuë , le
Parfait les chaſſa à toutes voiles,
les joignit fe mit en travers
de ces deux Vaiffeaux , & les
canonna jufqu'à ce que
rieux le Phoenix y fuffent
arrivez le premier attaqua le
Faucon Anglois de 44. Canons
qu'il démata & qu'il prit. Mr
Caffard tomba enfuite fur le
Pembrok de 70. Canons
Mr Laigle avoit déja démâté,
dont il avoit tué le Capi-
:
le Serque
GALANT 387
taine ,
plus de hommes 70.
de l'Equipage ; ce Vaiffean fe
-rendit , & il a esté amené à
Toulon avec le Faucon. Cette
action a efté tres-vive , &n'a
pas duré plus d'une heure ; ces
deux Vaiffeaux venoient de ca
renner au Port Mahon pour fortifier l'Escadre Angloife qui croifait depuis long-temps fur les
Coftes de Provence , en attendant
Mrde Feuquieres & fon Convoy , dont aucun Baſtiment n'a
efté pris ny perdu depuis fon départ de Levant.
Seconde Relation du Combat.
Le 9ºeftant prés du moüillage
KK
388 MERCURE
•
>
où le Toulouze , avoit déja jetté
l'Ancre , on aperçut deux Vaif
feaux qui s'aprochoient de terre.
Mr de Feuquieres fit fignal au
Parfait , au Serieux & au
Phoenix , de les aller reconnoiftre ,
ce qu'ils firent. Comme nos Vaiffeauxfortoient defiprés de terre
ces deux Vaiffeaux Ennemis l'un
de 66.canons , & l'autre de 40.
crurent que c'eftoient des Vaiffeaux chargez de bleds. Ils allerent deffus ; mais ayant reconnu
aprés la force de nos Vaiſſeaux
ils tâcherent defe fauver ; mais
Mr Caffart avec le Parfait
donna une bordée à la flute qui
la mit hort d'état. En effet, elle
GALANT 389
aculafur le Parfait , &luy emporta fa Gallerie , l'ayant remife , le Serieux y alla , & la
prit. Pendant ce temps Mr de
Laigle alla augros , & l'ayant approché de prés il le combatit pendant une große heure & demie
avec unfeu extraordinaire , &il
luy emportafon Maft d'Artimon.
Le Capitainey fut tué le Capitaine en fecond voyant que
Parfait venoit à luy fe voyant
beaucoup de monde tué parle gros
feu du Canon& de la moufqueterie de MrLaigle ,ferendit à luy
nevoulutpoint connoiftrel'Of
ficier queMrCaffart luy, envoya
le
Kij
390 MERCURE
le premier; de maniere que ces 2 •
Angloisfont àToulonprefentement
avec tout le Convoy dont chaque
Baftiment va à fa deftination.
Au refte ce Convoy eft des
plus confiderables & l'on peut
affurer qu'il vaut bien huit millions , puifqu'il y a de compte
fait pour le Languedoc &pour
la Provence cent mille charges
de bled, la charge pefant à peu
prés 300. livres poids de Paris ;
à 36. livres ce font déja trois
millions fix cens mille livres :
il y en a du moins pour autant
en Marchandifes fines , & ce
qu'un grand nombre de particuliers a de provifions de
GALANT 391
bled fur ces Vaiffeaux va encore fort loin. Il faut ajoûter
à tout cela quantité de farines ,
huit mille quintaux de Legumes , fept mille quintaux de
Ris , & beaucoup de viandes.
Les Officiers qui fe font diftinguez dans le Combat , n'ont
pas attendu long- temps leur
recompenfe , puifqu'en même
temps quenous avons appris la
maniere dont ils fe font diftinguez , nousavons fçu que S. M.
a nommé Mr Caffart , Capitai
ne de Fregate ; Mr des Hayes,
Lieutenantde Vaiffeau , & Mr.
Laigle , Capitaine de Brulot .
Le Vaiffeau l'Entreprenant
392 MERCURE
1
arriva auffi de Barbarie le 12, avec cinq
mille charges de bled.
Je vous diray peu de chofes ce moiscy de l'Espagne. Elle fe trouve aujourd'huy dans une fituation tres-avantageufe par raport à celle de tous les Sou
verains de l'Europe. Elle eft tranquile
chez elle , où rien ne manque: elle tra
vaille à mettre 80. mille hommes fur
pied, avec lefquels elle ne peut faire
qu'avantageufement la paix ou la guerre,ce qui provient de la grande union
qui fe trouve entre Sa Majefté Catholique & tous fes Sujets . Ce Monarque
apour eux tout l'amour qu'un Souverain peut avoir pour fes Sujets , & depuis qu'il eft fur le Trône , il a fait plufieurs Campagnes , dans lefquelles il a
expoféfon fang pour leur défenfe , ce
que les Espagnols reconnoiffent par un
amour & une fidelité à l'épreuve de
toutes choſes. Aufli trouve-t-il abondamment de l'argent & des hommes
dans tous les Etats , & c'eft dequoy fai
re de bonnes & degrandes Armées ; car
pourpeu que les Efpagnols foient inf
GALANT 393
truits du métier de la guerre , jamais on
n'a vû de Peuple plus intrepide. Il ne
fçait ce que c'eft que de fuir, & l'Hiftoire nous fournit une infinité d'exemples
éclatans de cette intrepidité , & toute la
terre fe fouvient encore de celle du
Comte des Fontaines , dont tout le Bataillon perit dans le mefme terrain où il
eftoit en bataille , ce Comte affis au milieu du Bataillon animant tous fes Soldats.
#
Je devrois en finiffant vous parler de
l'heureufe face qu'il paroît que l'Europe
doit prendre dans peu ; mais ce font des
Affaires delquelles la prudence ne veut
pas que l'on parle trop , de crainte de
n'en pas parler jufte. Je fuis , Madame,
voftre , &c.
APariscedernierJanvier 1710.
Ferriol , Ambaffadeur du Roy
àConftantinople , avoit obte
nu de fa Hauteffe de faire
charger des Bleds à Conftantinople & dans les Echelles du
Levant. Il s'eft heureufement
acquitté de fa Commiſſion. Il
y a plufieurs Relations qui
peuvent toutes paffer pour des
Originaux , eftant écrites par
des Officiers de confideration,
& qui font tous dans des poftès à pouvoir fçavoir ce qu'ils.
GALANY 377
mandent , qui neanmoins ne
s'accordent pas , particulierement à l'égard des dates ; tel
eft le fort des Relations que
´l'on reçoit des Affaires les plus
importantes. Perfonne ne le
connoift mieux que moy qui
ay toûjours ramaffé toutes celles qui ont efté répanduës dans
le monde des actions les plus
remarquables , & j'ay trouvé
une fois une circonſtance aſſez
confiderable , toute differente
dans neuf Relations de la même Affaire , fans qu'il m'ait
efté poffible de découvrir celle qui parloit le plus jufte.
Li iij
378 MERCURE
ގ
%%
cmAinfi en fait de nouvelles , la
premiere qu'on lit fait plaifir,
& l'on croit d'abord eftre
bien inftruit. La feconde Relation , dans laquelle on trouve
des faits differens embaraffe un
peu ; & lors qu'on en a lû
beaucoup, on fe trouve fi
baraffé qu'on eft contraint de
parler au hazard , ou de donner au Public les Extraits de
PArticle qui embaraffe afin de
fe difculper , & qu'il en juge
par luy- mefme. J'ay trouvé le
mefme embaras pour des da
tes , dans la Relation que vous
allez lire , qui d'ailleurs vous
GALANT 379
paroiftra tres- curieufe. Entre
fept ou huit Relations dont
j'ay formé celle que vous allez
lire , il y en a une feule qui
-prend l'affaire de plus haut,
par laquelle je vais commencer, & qui n'eft contredite en
rien parce qu'elle eft feule.
Mr de Feuquieres eftoit allé
àu Levant pour amener un
Convoy de bled. Tous les autres Vaiffeaux tant du Roy que
des Marchands qui eftoient allez pour le mefme ſujet s'affemblerent à Smirne fous les
ordres de Mrde Feuquieres au
nombre de 84. Baftimens tant
380 MERCURE
Vaiffeaux, Barques , Pinques ,
ou Tartanes , parmy lefquels
cftoit compris le Temeraire , de
60. canons , monté par Mr de
Feuquieres ; le Toulouſe de mêmeforce; l'Etendart & le Flenron de 50; l'Hirondelle & la Vef
tale de 36. tous Vaiffeaux de
Roy, & une trentaine d'autres
Vaiffeaux particuliers ; le refte
eftoit de petits Baftimens".
Ils partirent dans le mois d'Octobre, & quoy que la faifon
fût la plus rude de toute l'année, à caufe des divers coups
de vents qui regnent en ce
temps- là &que l'on fut obligé
GALANT 281
de paffer dans toutes les Croifieres ordinaires nonobitant
25. ou 30. gros Vaifféaux Ennemis qui font dans ces Mers ;
ce Convoy franchit tout fans
voir aucun Vaiffeau ennemy,
& fans qu'il ſe foit écarté aucun Baftiment pendant untrajet de plus de 6oo. licuês.
Comme on avoit apprisque
le Convoy eftoit parti , & que
l'on voyoit tous les jours aux
Coftes de Provence une Efcadre ennemie de huit Vaiffeaux
qui fe relevoient les uns aprés
les autres , on eftoit à Toulon
& à Marſeille dans une grande
382 MERCURE
confternation , parce qu'on découvroit tous les jours les Ennemis aux avenues , & que nos
Vaiffeaux n'eftoient pas en état
de s'oppofer à cette Efcadre ,
eftant tous chargez de bled.
Mais par un effet de la Providence , dans le temps que l'Avant-garde de ce Convoyavoit
découvert les Illes d'Hieres defquelles il s'approchoit , que les
Ennemis n'auroient pas manqué d'appercevoir , & d'en
prendre finon tout , au moins
la plus grande partie , un gros
coup de vent de Nord Oüeft
s'éleva fi fort qu'il obligea les
GALANT 383
Ennemis de pouffer au large
& le Convoy d'arriver au
Gourjan.
Dans le moment que l'on
cut appris àToulon l'arrivée de
ce Convoy au Gourjan par un
fecond effet , & tout particulier de la même Providence,qui
l'avoit ainfi reglé, Mr Caffart ,
qui monte le Parfait de 70.
canons , fe trouva enrade avec
le Serieux , de 60. & Mr Laigle avec le Phoenix , de 52. canons.
Il eſt à remarquer que le
Vaiffeau le Toulouze , de so.
canons monté par Mr Lam-
384 MERCURE
bert , & qui faifoit partie du
Convoy, s'eftant trouvé à por
tée d'entrer à Toulon le 6 informa Mr Daligre de Saint Lié
qui y commande la Marine , de
la fituation oùil avoit laiffé Mr
de Feuquieres , avec le Convoy. On ne perdit pas un moment pour décharger en partie ce Vaiffeau qui eftoir char
gé debled, afinde le foulager,
& on augmenta confiderablement fon équipage , afin de le
mettre en eftat de fortir & d'aller rejoindre Mr de Feuquieresavec les 3. autres Vaiffeaux
dont on augmenta auffi confiderablement
GALANT 385
de
fiderablement les Equipages ;
ce qui fut fait en tres - peu
temps , en forte qu'ils mirent
à la voile le 8 à 10, heures
du matin , avec un Brulot , &
un autre petit Baltiment , qui
tous enſemble avoient deux
mille hommes d'Equipage.
Quoy que je vous aye dit
dans le Prelude de cet Article,
que de plufieurs Relations j'en
formois une feule , j'en ay
trouvé deux qui regardent le
Combat qui m'ont paru dignes de vous cftre envoyées
toutes deux.
Fanvier 1710.
Кк
386 MERCURE
a
Premiere Relation duCombat.
Le 9º eftant à la vûë er de
vant le Gourjan , ils virent paroiftre deux Vaiffeaux qui faifoient route fur eux ; & lors
qu'ils furent à demy lieuë , le
Parfait les chaſſa à toutes voiles,
les joignit fe mit en travers
de ces deux Vaiffeaux , & les
canonna jufqu'à ce que
rieux le Phoenix y fuffent
arrivez le premier attaqua le
Faucon Anglois de 44. Canons
qu'il démata & qu'il prit. Mr
Caffard tomba enfuite fur le
Pembrok de 70. Canons
Mr Laigle avoit déja démâté,
dont il avoit tué le Capi-
:
le Serque
GALANT 387
taine ,
plus de hommes 70.
de l'Equipage ; ce Vaiffean fe
-rendit , & il a esté amené à
Toulon avec le Faucon. Cette
action a efté tres-vive , &n'a
pas duré plus d'une heure ; ces
deux Vaiffeaux venoient de ca
renner au Port Mahon pour fortifier l'Escadre Angloife qui croifait depuis long-temps fur les
Coftes de Provence , en attendant
Mrde Feuquieres & fon Convoy , dont aucun Baſtiment n'a
efté pris ny perdu depuis fon départ de Levant.
Seconde Relation du Combat.
Le 9ºeftant prés du moüillage
KK
388 MERCURE
•
>
où le Toulouze , avoit déja jetté
l'Ancre , on aperçut deux Vaif
feaux qui s'aprochoient de terre.
Mr de Feuquieres fit fignal au
Parfait , au Serieux & au
Phoenix , de les aller reconnoiftre ,
ce qu'ils firent. Comme nos Vaiffeauxfortoient defiprés de terre
ces deux Vaiffeaux Ennemis l'un
de 66.canons , & l'autre de 40.
crurent que c'eftoient des Vaiffeaux chargez de bleds. Ils allerent deffus ; mais ayant reconnu
aprés la force de nos Vaiſſeaux
ils tâcherent defe fauver ; mais
Mr Caffart avec le Parfait
donna une bordée à la flute qui
la mit hort d'état. En effet, elle
GALANT 389
aculafur le Parfait , &luy emporta fa Gallerie , l'ayant remife , le Serieux y alla , & la
prit. Pendant ce temps Mr de
Laigle alla augros , & l'ayant approché de prés il le combatit pendant une große heure & demie
avec unfeu extraordinaire , &il
luy emportafon Maft d'Artimon.
Le Capitainey fut tué le Capitaine en fecond voyant que
Parfait venoit à luy fe voyant
beaucoup de monde tué parle gros
feu du Canon& de la moufqueterie de MrLaigle ,ferendit à luy
nevoulutpoint connoiftrel'Of
ficier queMrCaffart luy, envoya
le
Kij
390 MERCURE
le premier; de maniere que ces 2 •
Angloisfont àToulonprefentement
avec tout le Convoy dont chaque
Baftiment va à fa deftination.
Au refte ce Convoy eft des
plus confiderables & l'on peut
affurer qu'il vaut bien huit millions , puifqu'il y a de compte
fait pour le Languedoc &pour
la Provence cent mille charges
de bled, la charge pefant à peu
prés 300. livres poids de Paris ;
à 36. livres ce font déja trois
millions fix cens mille livres :
il y en a du moins pour autant
en Marchandifes fines , & ce
qu'un grand nombre de particuliers a de provifions de
GALANT 391
bled fur ces Vaiffeaux va encore fort loin. Il faut ajoûter
à tout cela quantité de farines ,
huit mille quintaux de Legumes , fept mille quintaux de
Ris , & beaucoup de viandes.
Les Officiers qui fe font diftinguez dans le Combat , n'ont
pas attendu long- temps leur
recompenfe , puifqu'en même
temps quenous avons appris la
maniere dont ils fe font diftinguez , nousavons fçu que S. M.
a nommé Mr Caffart , Capitai
ne de Fregate ; Mr des Hayes,
Lieutenantde Vaiffeau , & Mr.
Laigle , Capitaine de Brulot .
Le Vaiffeau l'Entreprenant
392 MERCURE
1
arriva auffi de Barbarie le 12, avec cinq
mille charges de bled.
Je vous diray peu de chofes ce moiscy de l'Espagne. Elle fe trouve aujourd'huy dans une fituation tres-avantageufe par raport à celle de tous les Sou
verains de l'Europe. Elle eft tranquile
chez elle , où rien ne manque: elle tra
vaille à mettre 80. mille hommes fur
pied, avec lefquels elle ne peut faire
qu'avantageufement la paix ou la guerre,ce qui provient de la grande union
qui fe trouve entre Sa Majefté Catholique & tous fes Sujets . Ce Monarque
apour eux tout l'amour qu'un Souverain peut avoir pour fes Sujets , & depuis qu'il eft fur le Trône , il a fait plufieurs Campagnes , dans lefquelles il a
expoféfon fang pour leur défenfe , ce
que les Espagnols reconnoiffent par un
amour & une fidelité à l'épreuve de
toutes choſes. Aufli trouve-t-il abondamment de l'argent & des hommes
dans tous les Etats , & c'eft dequoy fai
re de bonnes & degrandes Armées ; car
pourpeu que les Efpagnols foient inf
GALANT 393
truits du métier de la guerre , jamais on
n'a vû de Peuple plus intrepide. Il ne
fçait ce que c'eft que de fuir, & l'Hiftoire nous fournit une infinité d'exemples
éclatans de cette intrepidité , & toute la
terre fe fouvient encore de celle du
Comte des Fontaines , dont tout le Bataillon perit dans le mefme terrain où il
eftoit en bataille , ce Comte affis au milieu du Bataillon animant tous fes Soldats.
#
Je devrois en finiffant vous parler de
l'heureufe face qu'il paroît que l'Europe
doit prendre dans peu ; mais ce font des
Affaires delquelles la prudence ne veut
pas que l'on parle trop , de crainte de
n'en pas parler jufte. Je fuis , Madame,
voftre , &c.
APariscedernierJanvier 1710.
Fermer
Résumé : Article contenant un grand nombre de Particularitez de l'arrivée en France, du Convoy qui a apporté des Bleds du Levant, avec beaucoup d'autres Marchandises. [titre d'après la table]
Le texte décrit une mission diplomatique et militaire impliquant M. de Ferriol, ambassadeur du roi à Constantinople, qui a organisé le chargement de blé dans cette ville et dans les Échelles du Levant. Plusieurs rapports, rédigés par des officiers de confiance, divergent sur les détails, notamment les dates, soulignant la complexité de la vérification des informations. M. de Feuquières a été envoyé au Levant pour escorter un convoi de blé composé de 84 bâtiments, incluant des navires de guerre et des vaisseaux marchands. Malgré des conditions météorologiques difficiles et la présence d'une escadre ennemie, le convoi a quitté Smirne en octobre et a évité les ennemis grâce à un coup de vent, arrivant ainsi au Goujan. À Toulon, l'arrivée du convoi a été accueillie avec soulagement. Le vaisseau Toulouse a informé de la situation de M. de Feuquières. Les vaisseaux Parfait, Sérieux, et Phoenix, sous les ordres de M. Caffart, M. Laigle, et M. Daligre, ont été préparés pour rejoindre le convoi. Deux rapports différents relatent un combat naval le 9 janvier 1710, où les vaisseaux français ont capturé deux vaisseaux ennemis près du Goujan. Le convoi, d'une valeur estimée à huit millions de livres, comprenait cent mille charges de blé et diverses marchandises. Les officiers distingués lors du combat ont été récompensés par le roi. De plus, le vaisseau Entreprenant est arrivé de Barbarie avec cinq mille charges de blé. Le texte se conclut par une description de la situation en Espagne, soulignant sa stabilité et sa préparation militaire, ainsi que la loyauté de ses sujets envers le monarque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
213
p. 80-124
A Quebec le 12e. Novembre 1709.
Début :
Il y a déja plusieurs années que je vous envoye une Relation / MONSIEUR, La Description étonnante que vous me faites de l'Hyver [...]
Mots clefs :
Québec, Relation, Hiver, Froid, Nouvelle France, Colonie, Capitaine, Pierriers, New Yorck, Manhate, Espions, Canada, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Quebec le 12e. Novembre 1709.
Il y a déja plufieurs années
que je vous envoye une Relation de ce qui s'eft paffé en
Canada pendant le cours de
chaque année ; mais quelques
incidens font caufe que je vous
envoye celle que vous allez lire , quelques mois plus tard
quevous n'avez accoûtumé de
la recevoir tous les ans. Elled
vient d'un Officier François quis
eft dans l'Armée Canadienne.
"
GALANTNY 81
$ srpos ench notede af M
A Quebec le 12°. Novembre
299NING 27731709. riba vit
MONSIEUR,
La Defcription étonnante que
vous mefaites de l'Hyver qui a
ravagé l'Europe cette année , m’a
fait faire les reflexions ordinaires
fur le froid que l'on fent en ce
pays - cy. Et effectivement j'ay
admiré plus d'une fois.comment
les racines des Plantes , les Bois,
లో les Animaux, fans parler des
Habitans , refiftoient non-feulement a de tels froids , mais encore
82 MERCURE
à celuy que nous avons éprouvé
icy , vers la fin de l'année 1708 .
peu prés vers le temps que je
finiffois les dernieres Lettres queje
vous ay adreffées ; car il a eftéfi
pénetrant & fi vif, que s'il avoit
continué de la mêmeforce , je crois
quenous aurions tous peri & que
nous ferions tous morts dans les
commencemens d'un Hyverfi affreux. Mais le Seigneur n'a point
permis que nous avons fouffert au
deffus de nos forces.
Ainfi quelque rude qu'ait éfté
Hyver dans vos climats temperez d'ailleurs , il l'a efté incompa
rablement davantage en Canada,
GALANT 83
où la gelée commença vers la fin
de Novembre & perfevera fi
fortement, que dans les derniers
jours de Decembre ( 1708. ) le
Fleuve de S. Laurent , fe trouvaglacéjusqu'à laprofondeur de
dix pieds , & qu'il y avoit déja
quatre pieds de nége fur terre. Je
le repete encore , Monfieur , jepenfe que la Colonie auroit peryſi la
gelée avoit continué de cette violence. Et certes les Anglois fiirritez contre nous auroient eu alors
bon marché du Canada.
Ce froid exceffif nous quitta
fans doute pour vous aller rendre
vifte, puifque vous me marquez
84. MERCURE
que le premierjour de la grande
gelée commença le 6. ou 7. deFanvier de l'année fuivante ( 1709)
ce que je puis vous dire , c'est que
toutes ces horreurs de la nature ,
n'ontpoint efté un obftacle à la terre dela Nouvelle France , de nous
donnerd'affez bonsfruits, &aux
hommes de vivre ; au contraire
nous remarquons que ce froid
tribue à la fanté, & que la nége
qui regnefi longtemps dans l'AmeriqueSeptentrionale , l'engraifmerveilleufement , la moiffon
ayant efté abondante cette année-ci
en bled & enfruits; quoy qu'on
ne féme qu'à lafin d'Avril , le
fe
con-
GALANT 85
blé eft preft à couper au mois
( Je ne commenceray points
Monfieur, les Nouvelles que j'ay
à vous mander de ce pays-cy, par
ce qui s'eft paffé en l'Ile de Terre
Neuve au Fort S. Jean que nous
avons pris aux Anglois , parce
queje connois par vos Lettres que
vous en avez eftéinftruit en France , même d'aſſez bonne heure ;
à quoy je vous prie de faire
attention icy , eft que cette entreprife qui a estéexecutée avecbeaucoupde vigueur où entr'autres,
le fieur de la Ronde , d'une ancien="
ciennefamille de Canada s'eft dif-
86 MERCURE
tingué parfa bravoure intrigue
fort, non - feulement les Anglois
nos voiſins , mais encore ceux que
nous appellons icy les Anglois de
la Vieille- Angleterre, qui au
retour de ce qu'ils poffedent aux
Ifles - Antilles & ailleurs dans
l'Amerique, venoientfe relâcher,
ou radouber en ce Port , qui par
confequent leur eftoit fort commode.
Plufieurs des noftres difent icy
que la prife de ce Pofle & le ravage qu'on afait aux environs ,
va àfix millions. On dit que
Pefche que l'on faifoit proche la
Rade de S.Jean & aux Bancs
la
GALANT 87
voifins , valloit quatre millions de
rente à la Reine Anne. Nous
avons icy le Commandant ( le
Colonel Lloyd ) de ce Fort , prifonnieravecplufieurs Officiers, &
Soldats on Habitans de fon Gouvernement. Ila , àce qu'onpublie
dans Quebec , cent mille livres de
bien, & il veut fe marier icy &
époufer la veuve de Mr de Maricourt mort en 1704. Il eftoit
Capitaine dans cette Colonie &
freredu fameux Mr d'Yberville
qui s'eft fi fort diftingué fur mer
par fa valeur. Un Ecclefiaftique
tres-zelé, du Seminaire de Saint
Sulpice de Ville - Marie en l'Ifle
88 MERCURE
de Montreal, qui fait parfaite
ment l'Anglois , eft defcendu icy
pour travailler à la converfion de
ce Gouverneur Anglois , car
prétend, & il a témoigné librementfon deffein là-deffus , renoncer à la Religion Proteftante &
fe faire Catholique.
L'affaire de l'habitation de S.
Jean en Terre-Neuve futfuivie
d'une autre entrepriſe dans laBaye
d'Hudson , au lieu appellé le petit
Nord.
Mr Capitai- de Mantet
ne dans la Colonie enfut le Chef;
ce fut au mois d'Avril de cette
année 1709. Le Partife trouva
compofé de centhommes tous Ha.
GALANT 89
bitans & mariez pour la pluspart , mais alertes & entrepre P
nans ; Mr de la Nouě Lieutenant commandoit en ſecond ; à ces
deux Officiers s'en joignirent quel.
ques autres Subalternes ; la marche dura un peu plus de deux
mois , au bout duquel temps , nos
gens arrivez au but , déterminerent lejour de l'attaque au fixiémejour de Juillet. On choifit la
nuitpourcela: les Enfans perdus ,
je veux dire ceux qui marcherent
les premiers , donnerent brufquement & tefte baiffée fur un des
Fortsflanqué de quatre Baſtions ,
Février 1710. H
90 MERCURE
munisfelon le rapport de quelquesuns de ceux qui enfont revenus
de foixantepieces de Canon & de
plufieurs Pierriers. Des Boucaniers a qui le gardoient firent une
decharge terrible & du canon &
de leurs longs fufils qui cependant n'empêcha point ces premiers
des noftres , de pouffer leur pointe
avec une ardeur étonnante , de
rompre la paliẞade faite de gros ·
a Gens déterminez, Chaffeurs , propres
à la découverte , foit dans les terres
foit en mer; on pourroit les appeller
Flibuftiers de terre , auffi bien quede
mer. Les Boucaniers vivent fans façon de chair rôtic plus à la fumé
qu'au feu..
GALANT 91
un
pieux de traverſer un foffe
plein d'eau , large de quinzepieds,
qui estoit au de- là ; comme le feu
de l'Ennemy eftoit violent & continuel , & que le canonfaifoit
fracas horrible , & qu'avec cela
le nombre des Soldats oppofez aux
moftres eftoit tout-à-faitfuperieur,
il fallut fe retirer.
Mrde Mantet qui s'eft particulierement fignalé dans cette action , une des plus vives qui fe
foit faite en Amerique , y a efté
tues MrdeMartigny & douze
on quinze Canadiens ont eu le
mêmefort.
Hij
92 MERCURE
Les Anglois de la Vieille er de
la Nouvelle Angleterre ont efté
cette année dans de grands mouvemens pour s'emparer , fuivant
leur deffein , des trois Gouvernemens de la Colonie ; il neferoit
pas facile de vous expliquer combien ilsfe font remuez pour celae
voicy à peu prés la manœuvre
qu'ils ontfaite pourl'execution
ce projet.
uer.comDés que les Anglois de la Nouvelle Angleterre , & furtout ceux
de Bafton qui en eft la Capitale ,
eurentfçu certainement laprife de
leur Habitation du Port S.Jean ,
une des plus confiderables , ſans
GALANT 93
contredit , qu'ils euffent en TerreNeavepour la Pefche & lafureté de leurs Vaiffeaux qui paſſent
ouquireviennent d'Amerique , its
en donnerent avis à la Reine Anne par de petits Baftimens qu'ils
firent partir en diligence ; de forte
que vers la fin de May, un de
nos PartisSauvages ayantpris un
Officier Anglois du cofté de Bafton,
nous apprimes de luy qu'il leur
eftoit arriué des ordres de leur
Reine , par le Capitaine V'éché ,
dont voicy le contenu , autant que
jay pû m'en reſſouvenir: Que
tous les paysde fa domination
voifins de la Nouvelle - Angle-
$
94 MERCURE
terre ; fçavoir b la NouvelleYorck , le New-Jersey , bla
Penſylvanie , Mariland ( qui
veut dire terre de Marie ) la Vir
ginie & la Caroline ( quifemble
eftre une partie de la Floride ) feroient inceffamment proviſion
de vivres & de munitions de
guerre ; Qu'il feroit levé mille
hommes bien équipez & armez , qui fe joindroient à huit
mille Ecoffois prefts à s'embarquer au premier vent favora
ble & former une Efcadre de
dix Vaiffeaux de ligne , fans
Tous ces Pays font entre les 45. & 30.
degrez de Latitude Nord.
GALANT 95
compter les Baftimens de char
ge pour les munitions & les
vivres dont on pouvoit avoir
befoin , & cela pour venir
moüiller devant Bafton à la fin
du mois de Juin. Ces Ecoffois
aidez des Anglois de la Nouvelle
Angleterre devoient , felon leur
intention , affieger Quebec &fe
rendre maiftres detoutes les Coftes
d'en bas , jufqu'à la mer;
pays devoit , dans la pensée de la
Reine, leur demeurer , pour récom
penfe de la dépense & des avan
ces faites par ces Ecoffois les
mêmes ordres de la Reine Anne
marquoient : Que les Habitans
o
7
ce
96 MERCURE
du Gouvernement d'Orange
dans New-Yorck avecceux de
Manhate & les Sauvages leurs
Alliez ou Amis , s'uniroient
enfemble pour faire un Corps
d'Armée de trois mille hommes , qui iroit tomber fur le
Montreal , & feroit ainfi diverfion des forces des François.
d'arMrle Marquis de Vaudreüil,
Gouverneur general de la Nonvelle-France ne faifoit que
river à Ville-Marie , la feule
Ville quifoitdans l'Ile de Montreal éloignée foixante lieues de
Quebec ,lors qu'il apprit les deffeins
GALANT 97
feins des Anglois nos voisins, il
affembla le Confeil de Guerre
pour déliberer fur les mesures
qu'onavoit à prendre , &on fut
d'avis d'aller au devant des Ennemis & de les prévenir. Mr de
Ramezay Gouverneur de Mont
real fut destiné pour né pour commander
les Troupes ou Milices defon Gouvernement , &l'on convint d'y
joindre les Sauvages Iroquois
Algonkins , Abnakis , les autres qui font dans le voisinage.
Tout eftant preft ne vous attendez point icy , Monfieur , à des
Arméesdecent mille hommes comme en Europe , mais à des Partis
Février 1710. I
98 MERCURE.
pluteft qu'à des Armées , proportionnez aux Habitans de ces Regions froides ) la petite Armée , ou
le Partifi vous l'aimez mieux ,
commença à fe mettre en marche
vers le 15. deFuillet, & elle fe
* trouva cftre de treize àquatorze
cens hommes ; compofée des Habitans du Gouvernement de lIfle
de Montreal & de Sauvages de
plufieurs Nations. Onfut juf
qu'au c Lac Champlain , ainfi
eCe Lac s'etend depuis le 44. environ,
jufqu'au 45. degré de latitude Septentrionale. On en diftingue deux à
fes extremitez ; c'eft-à dire au Nord
& au Sud, le Lac de S. François au
Nord, & le Lac, dit du S. Sacrement,
au Sud.
QUA
LYON
GALANT 99
DE
appellé d'un ancien Gour
de Canada de ce nom ; Mrle
Marquis de Vaudreuil qui eft
fage & tres vigilantfaifoit pendantce temps- la fortifier de nouveau Quebec & Ville Marie ,
vulgairement dite Montreal ,
l'Habitation la plus importante
de l'Ifle de ce nom. Les Forts des
environs de l'Ile de Montrealfurent vifitez &reparez où ilfalloit on s'attacha beaucoup à d
celuy de Mrle Baron de Longüeil
Major de Montreal qui eft de
d Le Fort de Longueil eft à peu prés au
Sud de l'Ile de Montreal, fur le bord
du Fleuve S. Laurent.
I ij
100 MERCURE
pierre & un desplus confiderables
dela Colonie; celuy de la Prairie,
dité de la Madeleine , au Sudde
de l'Ifle de Montrealfut auffifortifié de nouveau en même temps
que celuy de e Chambly qui eftoit
Le plus expofe aux infultes de
l'Ennemi ; on en conftruifit un de
pierres à Lorette , Miffionfauvage au Nord de Ville -Marie ,
gouvernée par Mrsde S. Sulpice.
Les Découvreurs marchant devant noftre Arméejufques à trois
ou quatre licuës , rencontrerent un
eCe Fott cft au Nord du Lac Champlain , & à environ dix lieues de la
Rivierb de S. Laurent.
GALANT 101
Parti ennemi au lieu dit la Poinre , fà la chevelure de cent vingt
hommes ou environ ; Mr de Ra
mezay le Commandantfut auſſitoft averti , ilfit rangerfes gens en
ordrede Bataille le fignal donné,
on marcha droit aux Anglois , les
noftres donnerent avec vigueurfur
l'Ennemi en tuerent on firent
Prifonniers une bonne partie
mirent le refte en fuite ; quatre
de nos Sauvages qui s'eftoient un
f Ce lieu est éloigné de Quebec d'environ 6o. lieuës , & il n'eft aing nommé qu'à l'occafion de quelques chevelares levées par des Sauvages; mes
Lettres vous ont déja dit comment
cela fe faifoit.
I iij
102 MERCURE
25.
peu trop avancez ,yfurent tuez.
Les Prifonniers nous apprirent que
les Anglois s'eftoient retranchez à
lieues en deça d'Orange , le
long d'une petite riviere , appellée
la Riviere au Chicot , g qu'ils
faifoient conftruire en cet endroit
de grands Batteaux & des Pirogues &un bon nombre de Canots pour venir ravager le Canada, à lafaveur de la Riviere de
Saint Laurent , dans laquelle ils
feroient entrez par le moyen du
Lac Champlain les Anglois
g
s
Du cofté du Lac du S. Sacrement &
vers l'entrie du Lac Champlain, dans
le voisinage de la Nouvelle- Angleterre & de New-Yorck.
GALANT 103.
avoient en effet élevé trois Forts
avec de gros & grands pieux de
bois de cedre blanc qui eft commun
dans l'Amerique Septentrionale,
dans l'un defquels on diſoit qu'ily
avoit fix ou buitpieces de canon ,
des bombes , quantitédegrenades ,
environ quinze ou dix - huit
cens hommespour les garder.
Sur le rapport de ces Prifonniers Anglois , Mr de Ramezay
affembla tous les Officiers de fa
petite Armée, le Confeil trouvantque ceferoit , cefemble , une
temerité quede s'expofer en avançant contre des Ennemis & plus
nombreux, avec cela tres - bien
I iiij)
104 MERCURE
retranchez , on prit le parti de les
attendre de pied ferme , s'ils en
vouloient venir aux mains ; cer
pendant les Efpions des Anglois
ayant rapporté àleur Camp que
noftre Armée eftoitformidable
que le Lac Champlain eftoit tout
couvert de canots , l'allarme fe mit
parmi eux , & aucun des- leurs
neparoiffant , aprésplufieursjours
d'attente , le Chefdu Parti Canadien confiderant que la recolte
dans l'Ile de Montreal & aux
contrées adjacentespreffait, &mêmé qu'elle eftoit déja commencées
renvoya la Milice & les Habitans de Montreal & des Coftes
+
GALANT 105
cela n'empêchapoint qu'on ne laiffaft des Découvreurs aux environs du Pofte que l'on quittoit ,
c'eft à dire vers les Lacs S. François , de Champlain & du S. Sacrement , celuy - cy cftant le plus.
proche des Ennemis , pour avertir
de tout en cas de befoin. La moiffonfefit pendant ce temps- là &a
efté abondante , non-feulement en
blé , mais encore en legumes & en
fruits tels qu'on les peut conferver
en Canada.
On ramaffoittranquilement les
biens que le Ciel nous avoit don
nez de fa main toute liberale , lors
que vers le 15.du mois de Septem-
106 MERCURE
bre tout à coup un Sauvage qui
avoitdefertédu Camp des ennemis».
vintdire au Montreal queles En
nemis eftoient enmarche du cofté du
LacChamplain. MrdeRamezay
envoya en diligence ce Sauvage à
Mr le Marquis de Vaudreuil
qui eftoit defcendu à Quebecpour .
j bien recevoir les Ennemis , qui
felon le bruit qui couroit, prétendoient l'affieger avec des forces
nombreuſes &par mer &parterre. Les Officiers s'eftant affemblez
chez Mrle Gouverneur general ,
onconclutque le Montrealfe trouvant endanger, ilfalloit lefecou
courir, les Découvreurs que Mr
GALANY 107.
deVaudreuilavoit envoyez àplus
de foixante lieuës au - deffous de
Quebec , ne voyant rien fur le
Fleuve nyfur les Coftes ; l'ordre
ayant donc efté donnépour monter
le Fleuve de S. Laurent , il fe
trouva mille hommes du Gouver
ment de Quebec , preſts à marchers
Mr le Marquis deVaudreuil General de toute la Colonie , fe mit
à la tefte & fut droit au Fort
Chambly, vers l'entrée du Lac
Champlain tous les Sauvages
d'enbas premierement ceux des
environs de Quebec & des trois
Rivieres , fejoignirent à la Milice de la Cpitaledu Canada. Ace
108 MERCURE
Corps de Troupes fe joignit celuy
du Gouverneur de Montreal Mr
de Ramezay , ce qui forma une
Armée d'environ trois mille hom
mes. Le lieu du Campfut affigné
auLac & Fort de Chambly affez
prés du LacS. François quife communique à celuy de Champlain
mais comme aprés trois semaines
ou environ , l'Ennemi ne faifoir
aucun mouvement , on commença
à fe défier du Sauvage deferteur
de fon rapport: ce futen cette
fituation que Mr le Gouverneur
general reçut avis de Quebec , au
commencement d'Octobre , que la
Bellone Fregatte Françoise venois
GALANT 109
"de mouiller devant cette Ville , &
que l'Efcadre Ecoffoife deftinée
pourfaire le Siege de la Capitale
du Canada & favorifer l'attaque
des Anglois par en haut , c'est- àdire du cofté de Montreal , avoit
eu ordre de la Reine Anne de faire
voile vers le Portugal , à caufe
que MrleMarquis de Bay Commandant en Eftramadoure pour
PhilippeV. Roy d'Espagne, avoit
battue défait les Portugais &
les Anglois leurs Alliez. Mr le
General les Officiers de l'Armée Canadiennejugeantdoncqu'il
n'y avoit plus rien à craindre , la
faifon d'ailleurs eftant fort avan
براج
110 MERCURE
cée , on congedia la plupart des
Troupes. Neanmoins MrdeVaudreüil permit à Mr de Montigny
Capitaine tres-brave defaperfonne , que vous avez pu voir à la
Courily a quelques années , accompagné d'un ChefdesSauvages de la nation des Abnakis , de
fe mettre à la tefte d'un petit Parti, compofé de Canadiens experimentez &de Sauvages aguèrris,
pour tacher defaire quelques Prifonniers. Quelques- uns de ce petit
Parti , s'avancerent fi prés des
Forts des Anglois , qu'ils en fçûrent aisément & le nombre
forme. Fuſques à prefent , nous
la
*
GALANT III
n'avons perdu aucun des noftres ,
fice n'eft quatre Sauvages qui s'étoient engagez trop avant , dans
-le combat fous Mrde Ramezay.
Les Ennemis, fi on en croit un
Anglois amené depuis peu par un
Sauvage Abnaki , appellé Carnaret , efperent executer l'année
prochaine ce qu'ils n'ont pas fait
・
celle-cy.
La conclufion de toute la manœuvre des Anglois nos voisins &
de tout ce qu'avoit projetté leur
Reine , eft qu'il leur en coûte environfix millionspour le tout. On
compte cinq millions cinq ou fix
recent mille livres pour la Flotte
112 MERCURE
d'Ecoffe , fur lefquels cinq mil
lions , la Reine avoit fourni la
fomme de cinq ou fix cens mille
Livres , pour encourager les Ecoffois à fe rendre maiftres de toute
la Nouvelle- France , &environ
un million , tant au Baftonnois
qu'à ceuxde la Ménade on Manhate e d'Orange à qui la Reine
Anne donnoit en recompenfe tout
le Pays de Canada qui eft depuis
l'Ile de Montreal jufqu'à Quebec.
Lefuccés n'ayant point répondu à l'atente des Peuples de la
Nouvelle- Angleterre , de NewYork , & autres Pays fujets àla
CALANT 113
Reine Anne en Amerique , fur
lefquels on avoit levé de rudes
impôts & tiré d'exceffives contributions , ils commencent déja à
temoigner hautement leur mécontentementfur tout contre Pitref
culle , Major d'Orange , le principalboute-feu de la Guerre alumée contre nous qui jufqu'à .
prefent les à leurré de vaines
promeffes , leur faifant entendre
qu'il attireroit dans le parti de
l'Angleterre toutes les Nations
Iroquoifes par de magnifiques &
de riches prefens ; fur de fi belles
paroles les Habitans d'Orange,
d'Efope , & de Corlard , abanFévrier 1710.
K
114 MERCURE
#
donent leurs habitations &leurs
biens , courent aux armes.
Ceux de Manhate qui eft da
principale Place de la NouvelleYork , avec leur Gouverneur fe
·laiffent auffi éblouir par les difcours qu'on a foinde femer parmy.
eux , les Habitans de Bafton les
entrainent comme , malgré eux
dans cet expedition ; ils fe mettent
en marche , charient quantité
de provifions de bouche , bâtiffent
des Forts , pour leur fervir de
refuge en cas de défavantage , ils
fontde grandes dépenfes pour des
Convoys & des Munitons prodigieufes en Bombes , Canons ,
GALANT
Grenades , Pierriers . Toutes
ces démarches fembloient devoir
porter la terrear non feulement à
ta nouvelle France ; mais encore à
toute l'Amerique Septentrionalle ,
attirer tous les Sauvages dans
leur parti , neanmoins les Iroquois les plus aguerris d'entr'eux
nebranlentpoint , & les Sonontboüans demeurent neutres. Les
François loin de craindre les Anglois , vont au - devant d'eux ,
battent un de leur parti , font des
Prifonniers & les provoquent
de nouveau au Combat fans que
ces mêmes François ayant perdu
ancun des leurs. Tout nouvelleKij
116 MERCURE
ment nous venons de leur prendre
un Lieutenant qu'on a amené icy
Prifonnier. Une Flutte GardeCôtede Baftonavoit eſtépriſe par
nos gens avec buit Barques chargées de munitions qui alloient audevant de la Flote d'Ecoffe , qui
avoit ordre de la Reine Anne de
Se rendre maistre du Canada.
Ajoutez à cela tous nos petits
partis , difperfez çà , & là, qui
nous ont aporté plufieurs cheve
lures d'Anglois , ce qui a furieufement inquieté nos Ennemis
comptant laplupartdes Sauvages
dans leur parti,
pran
Nous avons vu icy au mois
GALANT 117
de Juillet un Phénomene qui a
fait parler diferemment bien des
fortes de ge
moyenne région de l'Air & avoit
à peu prés le difque apparent de
la Lune. Il yen eut à qui ilne
Sembla eftre qu'à la hauteur des
Arbres àdeuxcents pas d'eux,
tout Montreal l'a vu auffi- bien
que Quebec. Comme tout eft extrême en ce Pays- cy, & quepar
opofition au grandfroid , ilyfait
une chaleur exceffive en Esté
cette exhalaifon s'eft aparamment
formée d'une matiere déja toute
prefte:mais laiffons à Meffieurs
les Philofophes deviner ces effets
gens. Il parut dans la
118 MERCURE
de la nature , racontons quel
que chose qui vous touchera
peut- êtredavantage.
Les Iroquois quoyque battus
deux ou troisfois parles Outaouacs
depuis la Paix , n'ont pas encore remué , quoyque dans l'ame ,
ils ayent , à ce que quelques gens
croyent , bien envie defe vanger.
Les Aniés une des cinq Nations ,
la bonne amie des Anglois la
plus voifine de New York
incitez par nos Ennemis ,fe font
hazardez de venir , par une
lâchefurprife , lever la chevelure
à trois on quatre de nos Iroquois,
du Sant Saint Louis , à une lieuë
GALANT 119
&demie du Montreal,
Nous ménageons les Sauvages & ce n'eft pas peu de les
conferver dans la neutralité
contre lesfollicitations importunes
tres artificieufes de PeterSchuyler , vulgairement appellé
Pitre-Schulle , Major d'Elbanie où Orange en New York, fin
Renard , quipar des prefens réïterez e des difcours adroits
tâche de les metre ( au moins quelques Nations ) dans le parti des
Anglois. Mr de Jonquiere
réuffi merveilleufement auprés des
Sononthouans des Goyogouens
durant plufieurs années qu'il
120 MERCURE
efté auprés d'eux , pour les tenir
affectionnez à la Colonie , ce qui
luy a fait effuyer bien des fatigues. Mr le Baron de Longüeil
Major de Montreal , cheri de
pere en fils de ces Nations , eft allé
chez eux en Ambaffade pour Ne
gotier au moins une neutralité qui
foit ferme & pour les tenir en
refpect. La Nation des Sononthoüans femble être toute entiere.
pournous , & celle des Goyogoüins
enpartie ; ceux - cy quoyque gouvernezpar les premiers , je veux
dire par les Sononthoüans , une
des cinq Nations laplus nombreuSe,font partagez ce qu'ily a
de
GALANT 121
les
de remarquable c'est que les Iro
quois appellent les François ( en
la perfonne de leur Gouverneur
General ) leur Pere , & que
Anglois ne font confiderez chez
eux (fi peut-être on n'en excepte
les Aniez qui depuis du temps
paroiffent leurs grands amis ) que
comme leur Frere.
Voicy les morts les plus confiderables dans la Colonie , de cette
année. Mrle Marquis de Chryfaphi Gouverneur de la Ville des
Trois Rivieres , je ne vous apren
dray point icy , comme une chofe
nouvelle que cette Place eft égale
ment éloignée de Quebec , & de
Février 1710. L
122 MERCURE
Montreal , c'est ce que vous avez
pú connoître par mes precedentes
auffi-bien que beaucoup d'autres
éclairciffemens ou explications
que je ne repeteray pas dans cette
Lettre- ci, depeurde vous ennuyer.
Nous avons auffiperdu Mr de
Linetot MajordesTrois Rivieres.
Mrde Lorimier Capitaine. Mr
de Lor Biniere Doyen des Confeillers du Confeil Souverain de
Quebec un Chanoine de la
Cathedrale , ( Mr Petit ) jou
bliois le Pere ChauffetierJefuite ,
ce bon Pere-ci prétendoit il y a
quelques années avoir trouvé
le fecret de faire du pain avec
د
*
GALANT 123
certaine racine , qui auroit pû
fupléer au pain ordinaire dans un
befoin.
Je finis ma Lettre , que vous
recevez par la Bellone , petite
Fregate defeize Canons , en vous
marquant les perfonnes les plus
confiderables quipaffent en France dans ce Vaiffeau. Me la
Marquife de Vaudreuil femme
de Mrle Gouverneur General ,
s'y embarqua avec Me du Mefnil femme du Major des Troupes
de la Colonie. Mrle Vallet Chanoine de cette Ville & Secretaire
de Monfeigneurde Saint Vallier
noftre Evêque , Mr le Vaſſeur
Lij
124 MERCURE
Ingenieur envoyépar le Roy , c.
C'est avec les mêmes fentimens d'eftime & de wespect que
j'auray toujours pour vous , que
je fuis tres-parfaitement.
·
MONSIEUR,
Voftre tres- humble tresobéiffant ferviteur,
N.D.D
que je vous envoye une Relation de ce qui s'eft paffé en
Canada pendant le cours de
chaque année ; mais quelques
incidens font caufe que je vous
envoye celle que vous allez lire , quelques mois plus tard
quevous n'avez accoûtumé de
la recevoir tous les ans. Elled
vient d'un Officier François quis
eft dans l'Armée Canadienne.
"
GALANTNY 81
$ srpos ench notede af M
A Quebec le 12°. Novembre
299NING 27731709. riba vit
MONSIEUR,
La Defcription étonnante que
vous mefaites de l'Hyver qui a
ravagé l'Europe cette année , m’a
fait faire les reflexions ordinaires
fur le froid que l'on fent en ce
pays - cy. Et effectivement j'ay
admiré plus d'une fois.comment
les racines des Plantes , les Bois,
లో les Animaux, fans parler des
Habitans , refiftoient non-feulement a de tels froids , mais encore
82 MERCURE
à celuy que nous avons éprouvé
icy , vers la fin de l'année 1708 .
peu prés vers le temps que je
finiffois les dernieres Lettres queje
vous ay adreffées ; car il a eftéfi
pénetrant & fi vif, que s'il avoit
continué de la mêmeforce , je crois
quenous aurions tous peri & que
nous ferions tous morts dans les
commencemens d'un Hyverfi affreux. Mais le Seigneur n'a point
permis que nous avons fouffert au
deffus de nos forces.
Ainfi quelque rude qu'ait éfté
Hyver dans vos climats temperez d'ailleurs , il l'a efté incompa
rablement davantage en Canada,
GALANT 83
où la gelée commença vers la fin
de Novembre & perfevera fi
fortement, que dans les derniers
jours de Decembre ( 1708. ) le
Fleuve de S. Laurent , fe trouvaglacéjusqu'à laprofondeur de
dix pieds , & qu'il y avoit déja
quatre pieds de nége fur terre. Je
le repete encore , Monfieur , jepenfe que la Colonie auroit peryſi la
gelée avoit continué de cette violence. Et certes les Anglois fiirritez contre nous auroient eu alors
bon marché du Canada.
Ce froid exceffif nous quitta
fans doute pour vous aller rendre
vifte, puifque vous me marquez
84. MERCURE
que le premierjour de la grande
gelée commença le 6. ou 7. deFanvier de l'année fuivante ( 1709)
ce que je puis vous dire , c'est que
toutes ces horreurs de la nature ,
n'ontpoint efté un obftacle à la terre dela Nouvelle France , de nous
donnerd'affez bonsfruits, &aux
hommes de vivre ; au contraire
nous remarquons que ce froid
tribue à la fanté, & que la nége
qui regnefi longtemps dans l'AmeriqueSeptentrionale , l'engraifmerveilleufement , la moiffon
ayant efté abondante cette année-ci
en bled & enfruits; quoy qu'on
ne féme qu'à lafin d'Avril , le
fe
con-
GALANT 85
blé eft preft à couper au mois
( Je ne commenceray points
Monfieur, les Nouvelles que j'ay
à vous mander de ce pays-cy, par
ce qui s'eft paffé en l'Ile de Terre
Neuve au Fort S. Jean que nous
avons pris aux Anglois , parce
queje connois par vos Lettres que
vous en avez eftéinftruit en France , même d'aſſez bonne heure ;
à quoy je vous prie de faire
attention icy , eft que cette entreprife qui a estéexecutée avecbeaucoupde vigueur où entr'autres,
le fieur de la Ronde , d'une ancien="
ciennefamille de Canada s'eft dif-
86 MERCURE
tingué parfa bravoure intrigue
fort, non - feulement les Anglois
nos voiſins , mais encore ceux que
nous appellons icy les Anglois de
la Vieille- Angleterre, qui au
retour de ce qu'ils poffedent aux
Ifles - Antilles & ailleurs dans
l'Amerique, venoientfe relâcher,
ou radouber en ce Port , qui par
confequent leur eftoit fort commode.
Plufieurs des noftres difent icy
que la prife de ce Pofle & le ravage qu'on afait aux environs ,
va àfix millions. On dit que
Pefche que l'on faifoit proche la
Rade de S.Jean & aux Bancs
la
GALANT 87
voifins , valloit quatre millions de
rente à la Reine Anne. Nous
avons icy le Commandant ( le
Colonel Lloyd ) de ce Fort , prifonnieravecplufieurs Officiers, &
Soldats on Habitans de fon Gouvernement. Ila , àce qu'onpublie
dans Quebec , cent mille livres de
bien, & il veut fe marier icy &
époufer la veuve de Mr de Maricourt mort en 1704. Il eftoit
Capitaine dans cette Colonie &
freredu fameux Mr d'Yberville
qui s'eft fi fort diftingué fur mer
par fa valeur. Un Ecclefiaftique
tres-zelé, du Seminaire de Saint
Sulpice de Ville - Marie en l'Ifle
88 MERCURE
de Montreal, qui fait parfaite
ment l'Anglois , eft defcendu icy
pour travailler à la converfion de
ce Gouverneur Anglois , car
prétend, & il a témoigné librementfon deffein là-deffus , renoncer à la Religion Proteftante &
fe faire Catholique.
L'affaire de l'habitation de S.
Jean en Terre-Neuve futfuivie
d'une autre entrepriſe dans laBaye
d'Hudson , au lieu appellé le petit
Nord.
Mr Capitai- de Mantet
ne dans la Colonie enfut le Chef;
ce fut au mois d'Avril de cette
année 1709. Le Partife trouva
compofé de centhommes tous Ha.
GALANT 89
bitans & mariez pour la pluspart , mais alertes & entrepre P
nans ; Mr de la Nouě Lieutenant commandoit en ſecond ; à ces
deux Officiers s'en joignirent quel.
ques autres Subalternes ; la marche dura un peu plus de deux
mois , au bout duquel temps , nos
gens arrivez au but , déterminerent lejour de l'attaque au fixiémejour de Juillet. On choifit la
nuitpourcela: les Enfans perdus ,
je veux dire ceux qui marcherent
les premiers , donnerent brufquement & tefte baiffée fur un des
Fortsflanqué de quatre Baſtions ,
Février 1710. H
90 MERCURE
munisfelon le rapport de quelquesuns de ceux qui enfont revenus
de foixantepieces de Canon & de
plufieurs Pierriers. Des Boucaniers a qui le gardoient firent une
decharge terrible & du canon &
de leurs longs fufils qui cependant n'empêcha point ces premiers
des noftres , de pouffer leur pointe
avec une ardeur étonnante , de
rompre la paliẞade faite de gros ·
a Gens déterminez, Chaffeurs , propres
à la découverte , foit dans les terres
foit en mer; on pourroit les appeller
Flibuftiers de terre , auffi bien quede
mer. Les Boucaniers vivent fans façon de chair rôtic plus à la fumé
qu'au feu..
GALANT 91
un
pieux de traverſer un foffe
plein d'eau , large de quinzepieds,
qui estoit au de- là ; comme le feu
de l'Ennemy eftoit violent & continuel , & que le canonfaifoit
fracas horrible , & qu'avec cela
le nombre des Soldats oppofez aux
moftres eftoit tout-à-faitfuperieur,
il fallut fe retirer.
Mrde Mantet qui s'eft particulierement fignalé dans cette action , une des plus vives qui fe
foit faite en Amerique , y a efté
tues MrdeMartigny & douze
on quinze Canadiens ont eu le
mêmefort.
Hij
92 MERCURE
Les Anglois de la Vieille er de
la Nouvelle Angleterre ont efté
cette année dans de grands mouvemens pour s'emparer , fuivant
leur deffein , des trois Gouvernemens de la Colonie ; il neferoit
pas facile de vous expliquer combien ilsfe font remuez pour celae
voicy à peu prés la manœuvre
qu'ils ontfaite pourl'execution
ce projet.
uer.comDés que les Anglois de la Nouvelle Angleterre , & furtout ceux
de Bafton qui en eft la Capitale ,
eurentfçu certainement laprife de
leur Habitation du Port S.Jean ,
une des plus confiderables , ſans
GALANT 93
contredit , qu'ils euffent en TerreNeavepour la Pefche & lafureté de leurs Vaiffeaux qui paſſent
ouquireviennent d'Amerique , its
en donnerent avis à la Reine Anne par de petits Baftimens qu'ils
firent partir en diligence ; de forte
que vers la fin de May, un de
nos PartisSauvages ayantpris un
Officier Anglois du cofté de Bafton,
nous apprimes de luy qu'il leur
eftoit arriué des ordres de leur
Reine , par le Capitaine V'éché ,
dont voicy le contenu , autant que
jay pû m'en reſſouvenir: Que
tous les paysde fa domination
voifins de la Nouvelle - Angle-
$
94 MERCURE
terre ; fçavoir b la NouvelleYorck , le New-Jersey , bla
Penſylvanie , Mariland ( qui
veut dire terre de Marie ) la Vir
ginie & la Caroline ( quifemble
eftre une partie de la Floride ) feroient inceffamment proviſion
de vivres & de munitions de
guerre ; Qu'il feroit levé mille
hommes bien équipez & armez , qui fe joindroient à huit
mille Ecoffois prefts à s'embarquer au premier vent favora
ble & former une Efcadre de
dix Vaiffeaux de ligne , fans
Tous ces Pays font entre les 45. & 30.
degrez de Latitude Nord.
GALANT 95
compter les Baftimens de char
ge pour les munitions & les
vivres dont on pouvoit avoir
befoin , & cela pour venir
moüiller devant Bafton à la fin
du mois de Juin. Ces Ecoffois
aidez des Anglois de la Nouvelle
Angleterre devoient , felon leur
intention , affieger Quebec &fe
rendre maiftres detoutes les Coftes
d'en bas , jufqu'à la mer;
pays devoit , dans la pensée de la
Reine, leur demeurer , pour récom
penfe de la dépense & des avan
ces faites par ces Ecoffois les
mêmes ordres de la Reine Anne
marquoient : Que les Habitans
o
7
ce
96 MERCURE
du Gouvernement d'Orange
dans New-Yorck avecceux de
Manhate & les Sauvages leurs
Alliez ou Amis , s'uniroient
enfemble pour faire un Corps
d'Armée de trois mille hommes , qui iroit tomber fur le
Montreal , & feroit ainfi diverfion des forces des François.
d'arMrle Marquis de Vaudreüil,
Gouverneur general de la Nonvelle-France ne faifoit que
river à Ville-Marie , la feule
Ville quifoitdans l'Ile de Montreal éloignée foixante lieues de
Quebec ,lors qu'il apprit les deffeins
GALANT 97
feins des Anglois nos voisins, il
affembla le Confeil de Guerre
pour déliberer fur les mesures
qu'onavoit à prendre , &on fut
d'avis d'aller au devant des Ennemis & de les prévenir. Mr de
Ramezay Gouverneur de Mont
real fut destiné pour né pour commander
les Troupes ou Milices defon Gouvernement , &l'on convint d'y
joindre les Sauvages Iroquois
Algonkins , Abnakis , les autres qui font dans le voisinage.
Tout eftant preft ne vous attendez point icy , Monfieur , à des
Arméesdecent mille hommes comme en Europe , mais à des Partis
Février 1710. I
98 MERCURE.
pluteft qu'à des Armées , proportionnez aux Habitans de ces Regions froides ) la petite Armée , ou
le Partifi vous l'aimez mieux ,
commença à fe mettre en marche
vers le 15. deFuillet, & elle fe
* trouva cftre de treize àquatorze
cens hommes ; compofée des Habitans du Gouvernement de lIfle
de Montreal & de Sauvages de
plufieurs Nations. Onfut juf
qu'au c Lac Champlain , ainfi
eCe Lac s'etend depuis le 44. environ,
jufqu'au 45. degré de latitude Septentrionale. On en diftingue deux à
fes extremitez ; c'eft-à dire au Nord
& au Sud, le Lac de S. François au
Nord, & le Lac, dit du S. Sacrement,
au Sud.
QUA
LYON
GALANT 99
DE
appellé d'un ancien Gour
de Canada de ce nom ; Mrle
Marquis de Vaudreuil qui eft
fage & tres vigilantfaifoit pendantce temps- la fortifier de nouveau Quebec & Ville Marie ,
vulgairement dite Montreal ,
l'Habitation la plus importante
de l'Ifle de ce nom. Les Forts des
environs de l'Ile de Montrealfurent vifitez &reparez où ilfalloit on s'attacha beaucoup à d
celuy de Mrle Baron de Longüeil
Major de Montreal qui eft de
d Le Fort de Longueil eft à peu prés au
Sud de l'Ile de Montreal, fur le bord
du Fleuve S. Laurent.
I ij
100 MERCURE
pierre & un desplus confiderables
dela Colonie; celuy de la Prairie,
dité de la Madeleine , au Sudde
de l'Ifle de Montrealfut auffifortifié de nouveau en même temps
que celuy de e Chambly qui eftoit
Le plus expofe aux infultes de
l'Ennemi ; on en conftruifit un de
pierres à Lorette , Miffionfauvage au Nord de Ville -Marie ,
gouvernée par Mrsde S. Sulpice.
Les Découvreurs marchant devant noftre Arméejufques à trois
ou quatre licuës , rencontrerent un
eCe Fott cft au Nord du Lac Champlain , & à environ dix lieues de la
Rivierb de S. Laurent.
GALANT 101
Parti ennemi au lieu dit la Poinre , fà la chevelure de cent vingt
hommes ou environ ; Mr de Ra
mezay le Commandantfut auſſitoft averti , ilfit rangerfes gens en
ordrede Bataille le fignal donné,
on marcha droit aux Anglois , les
noftres donnerent avec vigueurfur
l'Ennemi en tuerent on firent
Prifonniers une bonne partie
mirent le refte en fuite ; quatre
de nos Sauvages qui s'eftoient un
f Ce lieu est éloigné de Quebec d'environ 6o. lieuës , & il n'eft aing nommé qu'à l'occafion de quelques chevelares levées par des Sauvages; mes
Lettres vous ont déja dit comment
cela fe faifoit.
I iij
102 MERCURE
25.
peu trop avancez ,yfurent tuez.
Les Prifonniers nous apprirent que
les Anglois s'eftoient retranchez à
lieues en deça d'Orange , le
long d'une petite riviere , appellée
la Riviere au Chicot , g qu'ils
faifoient conftruire en cet endroit
de grands Batteaux & des Pirogues &un bon nombre de Canots pour venir ravager le Canada, à lafaveur de la Riviere de
Saint Laurent , dans laquelle ils
feroient entrez par le moyen du
Lac Champlain les Anglois
g
s
Du cofté du Lac du S. Sacrement &
vers l'entrie du Lac Champlain, dans
le voisinage de la Nouvelle- Angleterre & de New-Yorck.
GALANT 103.
avoient en effet élevé trois Forts
avec de gros & grands pieux de
bois de cedre blanc qui eft commun
dans l'Amerique Septentrionale,
dans l'un defquels on diſoit qu'ily
avoit fix ou buitpieces de canon ,
des bombes , quantitédegrenades ,
environ quinze ou dix - huit
cens hommespour les garder.
Sur le rapport de ces Prifonniers Anglois , Mr de Ramezay
affembla tous les Officiers de fa
petite Armée, le Confeil trouvantque ceferoit , cefemble , une
temerité quede s'expofer en avançant contre des Ennemis & plus
nombreux, avec cela tres - bien
I iiij)
104 MERCURE
retranchez , on prit le parti de les
attendre de pied ferme , s'ils en
vouloient venir aux mains ; cer
pendant les Efpions des Anglois
ayant rapporté àleur Camp que
noftre Armée eftoitformidable
que le Lac Champlain eftoit tout
couvert de canots , l'allarme fe mit
parmi eux , & aucun des- leurs
neparoiffant , aprésplufieursjours
d'attente , le Chefdu Parti Canadien confiderant que la recolte
dans l'Ile de Montreal & aux
contrées adjacentespreffait, &mêmé qu'elle eftoit déja commencées
renvoya la Milice & les Habitans de Montreal & des Coftes
+
GALANT 105
cela n'empêchapoint qu'on ne laiffaft des Découvreurs aux environs du Pofte que l'on quittoit ,
c'eft à dire vers les Lacs S. François , de Champlain & du S. Sacrement , celuy - cy cftant le plus.
proche des Ennemis , pour avertir
de tout en cas de befoin. La moiffonfefit pendant ce temps- là &a
efté abondante , non-feulement en
blé , mais encore en legumes & en
fruits tels qu'on les peut conferver
en Canada.
On ramaffoittranquilement les
biens que le Ciel nous avoit don
nez de fa main toute liberale , lors
que vers le 15.du mois de Septem-
106 MERCURE
bre tout à coup un Sauvage qui
avoitdefertédu Camp des ennemis».
vintdire au Montreal queles En
nemis eftoient enmarche du cofté du
LacChamplain. MrdeRamezay
envoya en diligence ce Sauvage à
Mr le Marquis de Vaudreuil
qui eftoit defcendu à Quebecpour .
j bien recevoir les Ennemis , qui
felon le bruit qui couroit, prétendoient l'affieger avec des forces
nombreuſes &par mer &parterre. Les Officiers s'eftant affemblez
chez Mrle Gouverneur general ,
onconclutque le Montrealfe trouvant endanger, ilfalloit lefecou
courir, les Découvreurs que Mr
GALANY 107.
deVaudreuilavoit envoyez àplus
de foixante lieuës au - deffous de
Quebec , ne voyant rien fur le
Fleuve nyfur les Coftes ; l'ordre
ayant donc efté donnépour monter
le Fleuve de S. Laurent , il fe
trouva mille hommes du Gouver
ment de Quebec , preſts à marchers
Mr le Marquis deVaudreuil General de toute la Colonie , fe mit
à la tefte & fut droit au Fort
Chambly, vers l'entrée du Lac
Champlain tous les Sauvages
d'enbas premierement ceux des
environs de Quebec & des trois
Rivieres , fejoignirent à la Milice de la Cpitaledu Canada. Ace
108 MERCURE
Corps de Troupes fe joignit celuy
du Gouverneur de Montreal Mr
de Ramezay , ce qui forma une
Armée d'environ trois mille hom
mes. Le lieu du Campfut affigné
auLac & Fort de Chambly affez
prés du LacS. François quife communique à celuy de Champlain
mais comme aprés trois semaines
ou environ , l'Ennemi ne faifoir
aucun mouvement , on commença
à fe défier du Sauvage deferteur
de fon rapport: ce futen cette
fituation que Mr le Gouverneur
general reçut avis de Quebec , au
commencement d'Octobre , que la
Bellone Fregatte Françoise venois
GALANT 109
"de mouiller devant cette Ville , &
que l'Efcadre Ecoffoife deftinée
pourfaire le Siege de la Capitale
du Canada & favorifer l'attaque
des Anglois par en haut , c'est- àdire du cofté de Montreal , avoit
eu ordre de la Reine Anne de faire
voile vers le Portugal , à caufe
que MrleMarquis de Bay Commandant en Eftramadoure pour
PhilippeV. Roy d'Espagne, avoit
battue défait les Portugais &
les Anglois leurs Alliez. Mr le
General les Officiers de l'Armée Canadiennejugeantdoncqu'il
n'y avoit plus rien à craindre , la
faifon d'ailleurs eftant fort avan
براج
110 MERCURE
cée , on congedia la plupart des
Troupes. Neanmoins MrdeVaudreüil permit à Mr de Montigny
Capitaine tres-brave defaperfonne , que vous avez pu voir à la
Courily a quelques années , accompagné d'un ChefdesSauvages de la nation des Abnakis , de
fe mettre à la tefte d'un petit Parti, compofé de Canadiens experimentez &de Sauvages aguèrris,
pour tacher defaire quelques Prifonniers. Quelques- uns de ce petit
Parti , s'avancerent fi prés des
Forts des Anglois , qu'ils en fçûrent aisément & le nombre
forme. Fuſques à prefent , nous
la
*
GALANT III
n'avons perdu aucun des noftres ,
fice n'eft quatre Sauvages qui s'étoient engagez trop avant , dans
-le combat fous Mrde Ramezay.
Les Ennemis, fi on en croit un
Anglois amené depuis peu par un
Sauvage Abnaki , appellé Carnaret , efperent executer l'année
prochaine ce qu'ils n'ont pas fait
・
celle-cy.
La conclufion de toute la manœuvre des Anglois nos voisins &
de tout ce qu'avoit projetté leur
Reine , eft qu'il leur en coûte environfix millionspour le tout. On
compte cinq millions cinq ou fix
recent mille livres pour la Flotte
112 MERCURE
d'Ecoffe , fur lefquels cinq mil
lions , la Reine avoit fourni la
fomme de cinq ou fix cens mille
Livres , pour encourager les Ecoffois à fe rendre maiftres de toute
la Nouvelle- France , &environ
un million , tant au Baftonnois
qu'à ceuxde la Ménade on Manhate e d'Orange à qui la Reine
Anne donnoit en recompenfe tout
le Pays de Canada qui eft depuis
l'Ile de Montreal jufqu'à Quebec.
Lefuccés n'ayant point répondu à l'atente des Peuples de la
Nouvelle- Angleterre , de NewYork , & autres Pays fujets àla
CALANT 113
Reine Anne en Amerique , fur
lefquels on avoit levé de rudes
impôts & tiré d'exceffives contributions , ils commencent déja à
temoigner hautement leur mécontentementfur tout contre Pitref
culle , Major d'Orange , le principalboute-feu de la Guerre alumée contre nous qui jufqu'à .
prefent les à leurré de vaines
promeffes , leur faifant entendre
qu'il attireroit dans le parti de
l'Angleterre toutes les Nations
Iroquoifes par de magnifiques &
de riches prefens ; fur de fi belles
paroles les Habitans d'Orange,
d'Efope , & de Corlard , abanFévrier 1710.
K
114 MERCURE
#
donent leurs habitations &leurs
biens , courent aux armes.
Ceux de Manhate qui eft da
principale Place de la NouvelleYork , avec leur Gouverneur fe
·laiffent auffi éblouir par les difcours qu'on a foinde femer parmy.
eux , les Habitans de Bafton les
entrainent comme , malgré eux
dans cet expedition ; ils fe mettent
en marche , charient quantité
de provifions de bouche , bâtiffent
des Forts , pour leur fervir de
refuge en cas de défavantage , ils
fontde grandes dépenfes pour des
Convoys & des Munitons prodigieufes en Bombes , Canons ,
GALANT
Grenades , Pierriers . Toutes
ces démarches fembloient devoir
porter la terrear non feulement à
ta nouvelle France ; mais encore à
toute l'Amerique Septentrionalle ,
attirer tous les Sauvages dans
leur parti , neanmoins les Iroquois les plus aguerris d'entr'eux
nebranlentpoint , & les Sonontboüans demeurent neutres. Les
François loin de craindre les Anglois , vont au - devant d'eux ,
battent un de leur parti , font des
Prifonniers & les provoquent
de nouveau au Combat fans que
ces mêmes François ayant perdu
ancun des leurs. Tout nouvelleKij
116 MERCURE
ment nous venons de leur prendre
un Lieutenant qu'on a amené icy
Prifonnier. Une Flutte GardeCôtede Baftonavoit eſtépriſe par
nos gens avec buit Barques chargées de munitions qui alloient audevant de la Flote d'Ecoffe , qui
avoit ordre de la Reine Anne de
Se rendre maistre du Canada.
Ajoutez à cela tous nos petits
partis , difperfez çà , & là, qui
nous ont aporté plufieurs cheve
lures d'Anglois , ce qui a furieufement inquieté nos Ennemis
comptant laplupartdes Sauvages
dans leur parti,
pran
Nous avons vu icy au mois
GALANT 117
de Juillet un Phénomene qui a
fait parler diferemment bien des
fortes de ge
moyenne région de l'Air & avoit
à peu prés le difque apparent de
la Lune. Il yen eut à qui ilne
Sembla eftre qu'à la hauteur des
Arbres àdeuxcents pas d'eux,
tout Montreal l'a vu auffi- bien
que Quebec. Comme tout eft extrême en ce Pays- cy, & quepar
opofition au grandfroid , ilyfait
une chaleur exceffive en Esté
cette exhalaifon s'eft aparamment
formée d'une matiere déja toute
prefte:mais laiffons à Meffieurs
les Philofophes deviner ces effets
gens. Il parut dans la
118 MERCURE
de la nature , racontons quel
que chose qui vous touchera
peut- êtredavantage.
Les Iroquois quoyque battus
deux ou troisfois parles Outaouacs
depuis la Paix , n'ont pas encore remué , quoyque dans l'ame ,
ils ayent , à ce que quelques gens
croyent , bien envie defe vanger.
Les Aniés une des cinq Nations ,
la bonne amie des Anglois la
plus voifine de New York
incitez par nos Ennemis ,fe font
hazardez de venir , par une
lâchefurprife , lever la chevelure
à trois on quatre de nos Iroquois,
du Sant Saint Louis , à une lieuë
GALANT 119
&demie du Montreal,
Nous ménageons les Sauvages & ce n'eft pas peu de les
conferver dans la neutralité
contre lesfollicitations importunes
tres artificieufes de PeterSchuyler , vulgairement appellé
Pitre-Schulle , Major d'Elbanie où Orange en New York, fin
Renard , quipar des prefens réïterez e des difcours adroits
tâche de les metre ( au moins quelques Nations ) dans le parti des
Anglois. Mr de Jonquiere
réuffi merveilleufement auprés des
Sononthouans des Goyogouens
durant plufieurs années qu'il
120 MERCURE
efté auprés d'eux , pour les tenir
affectionnez à la Colonie , ce qui
luy a fait effuyer bien des fatigues. Mr le Baron de Longüeil
Major de Montreal , cheri de
pere en fils de ces Nations , eft allé
chez eux en Ambaffade pour Ne
gotier au moins une neutralité qui
foit ferme & pour les tenir en
refpect. La Nation des Sononthoüans femble être toute entiere.
pournous , & celle des Goyogoüins
enpartie ; ceux - cy quoyque gouvernezpar les premiers , je veux
dire par les Sononthoüans , une
des cinq Nations laplus nombreuSe,font partagez ce qu'ily a
de
GALANT 121
les
de remarquable c'est que les Iro
quois appellent les François ( en
la perfonne de leur Gouverneur
General ) leur Pere , & que
Anglois ne font confiderez chez
eux (fi peut-être on n'en excepte
les Aniez qui depuis du temps
paroiffent leurs grands amis ) que
comme leur Frere.
Voicy les morts les plus confiderables dans la Colonie , de cette
année. Mrle Marquis de Chryfaphi Gouverneur de la Ville des
Trois Rivieres , je ne vous apren
dray point icy , comme une chofe
nouvelle que cette Place eft égale
ment éloignée de Quebec , & de
Février 1710. L
122 MERCURE
Montreal , c'est ce que vous avez
pú connoître par mes precedentes
auffi-bien que beaucoup d'autres
éclairciffemens ou explications
que je ne repeteray pas dans cette
Lettre- ci, depeurde vous ennuyer.
Nous avons auffiperdu Mr de
Linetot MajordesTrois Rivieres.
Mrde Lorimier Capitaine. Mr
de Lor Biniere Doyen des Confeillers du Confeil Souverain de
Quebec un Chanoine de la
Cathedrale , ( Mr Petit ) jou
bliois le Pere ChauffetierJefuite ,
ce bon Pere-ci prétendoit il y a
quelques années avoir trouvé
le fecret de faire du pain avec
د
*
GALANT 123
certaine racine , qui auroit pû
fupléer au pain ordinaire dans un
befoin.
Je finis ma Lettre , que vous
recevez par la Bellone , petite
Fregate defeize Canons , en vous
marquant les perfonnes les plus
confiderables quipaffent en France dans ce Vaiffeau. Me la
Marquife de Vaudreuil femme
de Mrle Gouverneur General ,
s'y embarqua avec Me du Mefnil femme du Major des Troupes
de la Colonie. Mrle Vallet Chanoine de cette Ville & Secretaire
de Monfeigneurde Saint Vallier
noftre Evêque , Mr le Vaſſeur
Lij
124 MERCURE
Ingenieur envoyépar le Roy , c.
C'est avec les mêmes fentimens d'eftime & de wespect que
j'auray toujours pour vous , que
je fuis tres-parfaitement.
·
MONSIEUR,
Voftre tres- humble tresobéiffant ferviteur,
N.D.D
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Résumé : A Quebec le 12e. Novembre 1709.
En novembre 1709, une lettre décrit divers événements survenus au Canada. L'hiver 1708-1709 a été particulièrement rigoureux, avec des températures extrêmement basses et une épaisse couche de neige. Malgré ces conditions, la colonie a produit de bons fruits et la neige a fertilisé les terres. La lettre relate également des victoires militaires françaises. Les Français ont pris le Fort Saint-Jean à Terre-Neuve, dirigé par le sieur de la Ronde, causant des pertes financières significatives aux Anglais. Une autre expédition française a attaqué un fort anglais dans la baie d'Hudson. Les Anglais préparaient une grande offensive pour s'emparer des gouvernements de la colonie française, mais les Français ont renforcé leurs positions et organisé des patrouilles. Une confrontation à la Pointe à la Chevelure a vu la victoire des Français, qui ont capturé des prisonniers révélant les plans anglais de construire des bateaux pour envahir le Canada. Sur le plan militaire, les officiers français, sous le commandement de Monsieur de Ramezay, ont décidé de ne pas avancer contre les ennemis plus nombreux et bien retranchés, préférant les attendre. Les espions anglais ont rapporté que l'armée française était formidable, provoquant une alarme parmi les Anglais. Monsieur de Vaudreuil, gouverneur général, a rassemblé une armée de trois mille hommes près du lac Champlain. Après trois semaines sans mouvement ennemi, les Français ont appris que la flotte écossaise destinée à attaquer Québec avait été redirigée vers le Portugal. Les Français ont alors congédié la plupart des troupes. Monsieur de Montigny a mené une petite expédition contre les prisonniers anglais. Malgré leurs efforts et dépenses, les Anglais n'ont pas réussi à attirer les nations iroquoises dans leur camp. Les Français ont capturé des prisonniers et des munitions, et les Iroquois sont restés neutres. Le texte mentionne également des phénomènes naturels et des décès notables dans la colonie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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214
p. 124-129
Changement fait dans la Marine, de laquelle l'Intendance generale est donnée à Mr de Beauharnois, [titre d'après la table]
Début :
Je devois vous avoir envoyé dés le mois dernier l'Article que [...]
Mots clefs :
Intendance Générale, Intendant des Galères, Marine, Navigation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Changement fait dans la Marine, de laquelle l'Intendance generale est donnée à Mr de Beauharnois, [titre d'après la table]
Jedevois vous avoir envoyé
dés le mois dernier l'Article que
vous allezlire ; mais je n'eftois
pas encore affez bien informé
de tout ce qui le regarde.
GALANT 125
LeRoya donné l'Intendance Generale de la Marine à Mr
de Beauharnois , qui avoit celle
des Armées Navalles , dont
Sa Majefté a pourveu Mr de
Montmor Maiſtre des Requef
tes & Intendant des Galeres à
Marſeille ; le choix de S. M.
en faveur de ces deux Mrs qui
vous font connus par leurs
fervices , a efté generalement
applaudy dans la Marine, dont
Mr de Beauharnois remplit
aujourd'huy la premiere Intendance & qui l'a toujours
efté par des perfonnes de diftinction , quand la Charge
Liij
126 MERCURE
d'Amiral fut fuprimée par
Louis XIII. & celle de Grand
Maiftre Chef & Surintendant'
de la Navigation & Commerce de France crée en faveur du
Cardinal de Richelieu , qui
le premier commença à former
unCorps confiderable de Marine pour faire connoiſtre fur,
la Mer l'autorité du Royfon
Maiftre ; le Commandeur de
la Porte oncle de ce Cardinal
cut fous ce Miniftre l'Intendance Generale de la Navigation & Commerce de France
avec une Infpection fur les
affaires de la Marine. Le Roy
GALANT 127
ayant en 1681. ordonné que
tous les Matelots du Royaume
fuffent enrôllez & diftribuez.
par claffes , S. M. attribua à
cette Intendance dont fût
pourveu Mr de Bonrepos , qui
depuis a efté Ambaffadeur Extraordinaire en Dannemarck ,
& en Hollande & Plenipotentiaire auprés des Princes d'Allemagne, uneautorité fur tous
les Officiers Mariniers & Matelots des Provinces maritimes.
du Royaume avec pouvoir de
juger en dernier reffort avec le
plus prochain Prefidial , où le
nombre de Graduez porté par
Liiij
128 MERCURE
l'Ordonnance de toutes les
contraventions aux Ordonnances &
Reglemens du Roy
fur l'enrôllement des Matelots
& le fait des Claffes; d'en ordon
ner des fonds , d'en faire rendrecompte aux Commiffaires
de la Marine & aux Claffes &
de tout ce qui regarde leurs
fonctions &
d'avoir entrée
&
fceance dans, les Confeils
qui fe tiennent pour les entreprifes dela Guerre &
pour tout
ce qui concerne l'action des
forces maritimes.
Lorfque Mr
de Beauharnois remercia le
Royde l'avoir nommé à cette
GALANT 129
Intendance , Sa Majesté luy
dit avec l'air de bonté dont
elle accompagne toujours les
graces qu'elle fait qu'Elle eftoit
perfuadée qu'il la rempliroit auffi
dignement qu'il avoit fait les
autres emplois qu'Elle luy avoit
jufqu'à prefent confiez pourfon
Service.
dés le mois dernier l'Article que
vous allezlire ; mais je n'eftois
pas encore affez bien informé
de tout ce qui le regarde.
GALANT 125
LeRoya donné l'Intendance Generale de la Marine à Mr
de Beauharnois , qui avoit celle
des Armées Navalles , dont
Sa Majefté a pourveu Mr de
Montmor Maiſtre des Requef
tes & Intendant des Galeres à
Marſeille ; le choix de S. M.
en faveur de ces deux Mrs qui
vous font connus par leurs
fervices , a efté generalement
applaudy dans la Marine, dont
Mr de Beauharnois remplit
aujourd'huy la premiere Intendance & qui l'a toujours
efté par des perfonnes de diftinction , quand la Charge
Liij
126 MERCURE
d'Amiral fut fuprimée par
Louis XIII. & celle de Grand
Maiftre Chef & Surintendant'
de la Navigation & Commerce de France crée en faveur du
Cardinal de Richelieu , qui
le premier commença à former
unCorps confiderable de Marine pour faire connoiſtre fur,
la Mer l'autorité du Royfon
Maiftre ; le Commandeur de
la Porte oncle de ce Cardinal
cut fous ce Miniftre l'Intendance Generale de la Navigation & Commerce de France
avec une Infpection fur les
affaires de la Marine. Le Roy
GALANT 127
ayant en 1681. ordonné que
tous les Matelots du Royaume
fuffent enrôllez & diftribuez.
par claffes , S. M. attribua à
cette Intendance dont fût
pourveu Mr de Bonrepos , qui
depuis a efté Ambaffadeur Extraordinaire en Dannemarck ,
& en Hollande & Plenipotentiaire auprés des Princes d'Allemagne, uneautorité fur tous
les Officiers Mariniers & Matelots des Provinces maritimes.
du Royaume avec pouvoir de
juger en dernier reffort avec le
plus prochain Prefidial , où le
nombre de Graduez porté par
Liiij
128 MERCURE
l'Ordonnance de toutes les
contraventions aux Ordonnances &
Reglemens du Roy
fur l'enrôllement des Matelots
& le fait des Claffes; d'en ordon
ner des fonds , d'en faire rendrecompte aux Commiffaires
de la Marine & aux Claffes &
de tout ce qui regarde leurs
fonctions &
d'avoir entrée
&
fceance dans, les Confeils
qui fe tiennent pour les entreprifes dela Guerre &
pour tout
ce qui concerne l'action des
forces maritimes.
Lorfque Mr
de Beauharnois remercia le
Royde l'avoir nommé à cette
GALANT 129
Intendance , Sa Majesté luy
dit avec l'air de bonté dont
elle accompagne toujours les
graces qu'elle fait qu'Elle eftoit
perfuadée qu'il la rempliroit auffi
dignement qu'il avoit fait les
autres emplois qu'Elle luy avoit
jufqu'à prefent confiez pourfon
Service.
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Résumé : Changement fait dans la Marine, de laquelle l'Intendance generale est donnée à Mr de Beauharnois, [titre d'après la table]
Le texte évoque les récentes nominations au sein de la Marine française. Monsieur de Beauharnais a été nommé Intendant Général de la Marine, succédant à son rôle précédent aux Armées Navales. Monsieur de Montmor a été désigné Maître des Requêtes et Intendant des Galères à Marseille. Ces nominations ont été favorablement accueillies en raison de la reconnaissance des services de ces individus. Le texte retrace également l'histoire des hautes fonctions de la Marine. Sous Louis XIII, la charge d'Amiral fut abolie et remplacée par celle de Grand Maître et Surintendant de la Navigation et du Commerce de France, attribuée au Cardinal de Richelieu. Ce dernier constitua une marine importante pour renforcer l'autorité royale en mer. Le Commandeur de la Porte, oncle du Cardinal, supervisa l'Intendance Générale de la Navigation et du Commerce, ainsi que les affaires maritimes. En 1681, le Roi institua l'enrôlement et la distribution des matelots par classes. Monsieur de Bonrepos, Intendant, obtint une autorité sur tous les officiers mariniers et matelots des provinces maritimes. Il pouvait juger les infractions aux ordonnances royales, gérer les fonds, et participer aux conseils concernant les opérations militaires et les actions navales. Lors de sa nomination, Monsieur de Beauharnais a exprimé sa gratitude au Roi, qui lui a renouvelé sa confiance.
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215
p. 269-275
De Calais.
Début :
Je vous envoye la suite des Affaires de Mer qui se sont [...]
Mots clefs :
Affaires de Mer, Vaisseaux, Corsaire, Equipage, Calais, Dunkerque, Toulon, Saint-Malo
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texteReconnaissance textuelle : De Calais.
Je vous envoye la fuite des
Affaires de Mer qui fe font
paffées depuis ma derniere
Lettre.
DeCalais
François Bachelier comman
dant le Corfaire le Prompt, a
pris un Baftiment Hollandois
chargé de chanvres & de toilles.
François Polet comman
dant la Triomphante , a enlevé
un Brigantin Anglois de huit
Z iij .
250 MERCURE
canons , fur lequel il avoit fait
paffer neuf hommes de fon
équipage ; mais les Anglois
ayant mis le feu aux poudres ,
la pluſpart ont efté brûlez , &
l'on a fauvé feulement huit
François.
Les Capitaines Gouvel &
Duchoncommandans les Barques en courfe la Pucelle & la
Pauline , ont auffi amené à Calais un Baſtiment Anglois de
cent trente tonneaux , chargé
d'oranges & de citrons , allant
à Londres.
Trois autres Corfaires ont
pris unVaiffeau Irlandois char-
GALANT 271
gé de beurre , de fuif&de cuirs
verts.
Mrs Saus & Battement commandans les Vaiffeaux du Roy
l'Augufte & le Blackwal , ont
pris & conduit à Dunkerque
un Vaiffeau Anglois fortant
des Dunes pour aller à la Jamaïque.
Les Fregattes du Roy l'Amazone & l'Argonaute , commandées par Mrs de la Jaille
& du Bois de la Morte , font
entrées à Breft avec 4. prifes
qui alloient à Madere & à la
Virginie.
དྷུ་
Un Armateur de Calais a
Z iiij
272 MERCURE
•
auffi amené à Breft un Bâtiment chargé de poudres , de
cordages & d'autres marchan
difes venant d'Hollande.
DeDunkerquele 18. Février.
Mrs de Saus & Battement
commandans les Vaiffeaux du
Roy l'Augufle & le Blakwal ,
ont amené à Dunkerque deux
prifes Angloifes , l'une venant
de Ligourne , chargée de vin
Florence , de fouffre & de marbre ; & l'autre allant d'Yarmouth dans le Détroit , chargée d harengs fors & de fardines.
GALANT 273
Mr Combrug commandant la Fregate la Fidelle, a con
duità Cherbourgune prifeAngloiſe allant à la Nouvelle Angleterre, chargée de balors de
draps eftimée cent mille livres.
De S. Malo le 12. Février.
La Couronne Corfaire de S.
Malo y a conduit une rançon
Angloife de 650. livres fterlin.
Le Marquis de Roye , autre
Corfaire , y a amené une prife
Angloife de cent tonneaux
allant de Dublin à Liſbonne,
274 MERCURE
avec une cargaison de bœuf,
debeurre & de farine.
LeVictorieux ,autre Corfaire, a auffi amené une prife Angloife venant de Barcelone
chargée de vin du cru du Pays
& de raifins.
DeToulon
Mr Laigle eft rentré avec
fon Vaiffeau armé en courfe
dans les Rades de Toulon
d'où il eftoit forti depuis quinze jours , & il y a amené deux
prifes ;l'une d'un Corfaire Fleffinguois de trente - fix canons
GALANT 275
& de deuxcent cinquante hommes d'équipage , ayant pour
fon left deux cent cinquante
faumons de plomb ; & l'autre
d'un Vaiffeau MarchandHollandois chargé de 1400. charges de bled. Mr Laigle n'a
perduperfonne de fon équipage , le Vaiffeau Fleffinguois luy
tira une bordée de canon , Mr
Laigle luy tira enfuite la fienne ; l'Equipage Fleffinguois
ayant reconnu à qui il avoit à
faire fe mità crier c'eft Laigle ,
il nous abîmera , & ils mirent les
armes bas
Affaires de Mer qui fe font
paffées depuis ma derniere
Lettre.
DeCalais
François Bachelier comman
dant le Corfaire le Prompt, a
pris un Baftiment Hollandois
chargé de chanvres & de toilles.
François Polet comman
dant la Triomphante , a enlevé
un Brigantin Anglois de huit
Z iij .
250 MERCURE
canons , fur lequel il avoit fait
paffer neuf hommes de fon
équipage ; mais les Anglois
ayant mis le feu aux poudres ,
la pluſpart ont efté brûlez , &
l'on a fauvé feulement huit
François.
Les Capitaines Gouvel &
Duchoncommandans les Barques en courfe la Pucelle & la
Pauline , ont auffi amené à Calais un Baſtiment Anglois de
cent trente tonneaux , chargé
d'oranges & de citrons , allant
à Londres.
Trois autres Corfaires ont
pris unVaiffeau Irlandois char-
GALANT 271
gé de beurre , de fuif&de cuirs
verts.
Mrs Saus & Battement commandans les Vaiffeaux du Roy
l'Augufte & le Blackwal , ont
pris & conduit à Dunkerque
un Vaiffeau Anglois fortant
des Dunes pour aller à la Jamaïque.
Les Fregattes du Roy l'Amazone & l'Argonaute , commandées par Mrs de la Jaille
& du Bois de la Morte , font
entrées à Breft avec 4. prifes
qui alloient à Madere & à la
Virginie.
དྷུ་
Un Armateur de Calais a
Z iiij
272 MERCURE
•
auffi amené à Breft un Bâtiment chargé de poudres , de
cordages & d'autres marchan
difes venant d'Hollande.
DeDunkerquele 18. Février.
Mrs de Saus & Battement
commandans les Vaiffeaux du
Roy l'Augufle & le Blakwal ,
ont amené à Dunkerque deux
prifes Angloifes , l'une venant
de Ligourne , chargée de vin
Florence , de fouffre & de marbre ; & l'autre allant d'Yarmouth dans le Détroit , chargée d harengs fors & de fardines.
GALANT 273
Mr Combrug commandant la Fregate la Fidelle, a con
duità Cherbourgune prifeAngloiſe allant à la Nouvelle Angleterre, chargée de balors de
draps eftimée cent mille livres.
De S. Malo le 12. Février.
La Couronne Corfaire de S.
Malo y a conduit une rançon
Angloife de 650. livres fterlin.
Le Marquis de Roye , autre
Corfaire , y a amené une prife
Angloife de cent tonneaux
allant de Dublin à Liſbonne,
274 MERCURE
avec une cargaison de bœuf,
debeurre & de farine.
LeVictorieux ,autre Corfaire, a auffi amené une prife Angloife venant de Barcelone
chargée de vin du cru du Pays
& de raifins.
DeToulon
Mr Laigle eft rentré avec
fon Vaiffeau armé en courfe
dans les Rades de Toulon
d'où il eftoit forti depuis quinze jours , & il y a amené deux
prifes ;l'une d'un Corfaire Fleffinguois de trente - fix canons
GALANT 275
& de deuxcent cinquante hommes d'équipage , ayant pour
fon left deux cent cinquante
faumons de plomb ; & l'autre
d'un Vaiffeau MarchandHollandois chargé de 1400. charges de bled. Mr Laigle n'a
perduperfonne de fon équipage , le Vaiffeau Fleffinguois luy
tira une bordée de canon , Mr
Laigle luy tira enfuite la fienne ; l'Equipage Fleffinguois
ayant reconnu à qui il avoit à
faire fe mità crier c'eft Laigle ,
il nous abîmera , & ils mirent les
armes bas
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Résumé : De Calais.
Le document décrit plusieurs actions navales françaises contre des navires étrangers. À Calais, François Bachelier a capturé un bâtiment hollandais chargé de chanvre et de toiles. François Polet a pris un brigantin anglais de huit canons, mais une explosion a blessé la plupart de son équipage. Les capitaines Gouvel et Duchon ont ramené un bâtiment anglais chargé de fruits. Trois corvettes ont capturé un vaisseau irlandais transportant du beurre, du suif et des cuirs verts. À Dunkerque, les capitaines de Saus et Battement ont conduit un vaisseau anglais destiné à la Jamaïque. Les frégates royales l'Amazone et l'Argonaute ont ramené à Brest quatre prises destinées à Madère et à la Virginie. Un armateur de Calais a également amené à Brest un bâtiment chargé de poudres, de cordages et d'autres marchandises venant de Hollande. À Dunkerque, les mêmes capitaines ont ramené deux prises anglaises, l'une chargée de vin, de soufre et de marbre, l'autre de harengs et de farines. Le commandant Combrug a conduit à Cherbourg une prise anglaise chargée de draps. À Saint-Malo, une corvette a ramené une rançon anglaise de 650 livres sterling. Le Marquis de Roye a amené une prise anglaise de cent tonneaux chargée de bœuf, de beurre et de farine. Le Victorieux a capturé une prise anglaise venant de Barcelone chargée de vin et de raisins. À Toulon, Monsieur Laigle est rentré avec deux prises : un corsaire flessinguois de trente-six canons et un vaisseau marchand hollandais chargé de blé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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216
p. 336-355
Situation generale des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
Début :
Il seroit difficile de vous parler juste de la veritable [...]
Mots clefs :
Affaires de l'Europe, Campagne, Suède, Haut-Rhin, Pologne, Armée, Milan, France
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texteReconnaissance textuelle : Situation generale des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
Il feroit difficile de vous
parler jufte de la veritable
fituation generale des Affaires
GALANT 1337
res del'Europe dans le moment
que je vous écris , car avant
qu'elles puiffent cftre fixées
pour la Campagne prochaine,
& quechacun puiffe voir quel
party il prendra , il faut que
les Parties intereffées fçachent
comment finiront certaines
chofes qui ont des faces differentes , &qui font en mouve
ment.
Il faut que le Roy de Suede,
dont on nous parle tous les
jours differemment , ait commencé d'entrer en action
car s'il entre en Pologne avec
une Armée formidable pour
Février 1710. Ff
>
338 MERCURE
rétablir le Roy Staniflas , le
Roy Auguſte avec toutes les
forces aura de la peine à fe
maintenir fur le Trône , & il
fera obligé de retirer toutes les
Troupes qu'il a en Flandre
ce qui apportera un grand
changement aux Affaires de
ce colté-là , & fera changer
toutes les mesures que les
Alliez peuvent avoir prifes
pour la Campagne.
Ils feront encore obligez de les
changer, fi l'Electeur de Brandebourg tient fa parole , &retire fes Troupes de Flandre , en
cas que l'on neluy rende pas la
GALANT 339
juftice qu'il pretend touchant
la fucceffion du feu Prince
d'Orange , ce qui eſt abſolument impoffible , les chofes
qu'il demande eftant trop fortes & regardant un Prince
dont les Hollandois font
charmez.
·
A l'égard des Affaires du
Haut Rhinqui paroiffent nonfeulement ; mais qui font en
effet tres avangeufes pour
nous il eft impoffible de
pouvoir dire quel party on
prendra de part & d'autre de
ce cofté- là , jufqu'à ce que
l'on ait fçu fi le Duc d'HaFfij
340 MERCURE
novre y commandera l'Armée , & fi elle fera nombreufe ou non , & il n'y a pas d'apparence qu'elle doive eftre
forte , puifque plus le temps
de l'ouverture de la Campagne avance , plus ceux qui
doivent fournir des Troupes pour cette Armée , déclarent qu'ils font dans l'impoffi
bilité de le faire , & quand
même ils en fourniroient , il
n'y a nulle apparence que
Armée puiffe eftrefuperieure à
la noſtre qui ne manque de
rien , & qui a fait payer en
bleds une partie des Contribu
leur
GALANT 341
tions qu'elle auroit pu tirere n
argent , dont elle ne manque
point , enayant tiré de l'un &
de l'autre, & de quelque manicre que ce foit , les Affaires ne
peuvent que nous eftre avantageufes de ce cofté - là , car
s'ils n'y ont pas de grandes
forces , nous penetrerons dans
leur Pays , & s'ils en ont affez,
non pas pour avoir des avantages fur nous car cela paroift impoffible , mais feulement pour nous empêcher
d'en avoirfur eux , ils ne pour
ront envoyer que tres peu
de Troupes en Flandre , ou
Ffiij
342 MERCURE
?
s'il arrive , felon que je vous
viens de marquer , que les
Troupes Saxonnes , les Pruffiennes , & les Allemandes
manquent aux Alliez , auffi
bien que l'argent qui manque
abfolument aux Hollandois
& dont les Anglois manquent
auffi beaucoup , les fubfides
accordez par le Parlement
n'ayant pû eſtre remplis à beaucoup prés , les Alliez feront
en Flandre hors d'eftat de faire
aucune Conquefte , & pendant
qu'ils y manquent d'argent
on fait tous les jours des fonds
nouveaux en France pour en
ALANT 343
avoir fuffifamment pour faire
la Campagne, Ainfi l'on ne
peut dire encore comment les
chofes tourneront. Il vient en
France du bled de toutes parts ,
& il y en aura bien- toft abondamment à Paris même , ce
qui fuffira juſqu'au temps de
la recolte , qui fera des plus
abondantes , & le vin même
diminuë de prix tous les jours
dans toute la France. Enfin
nous fommes dans le temps
des grandes revolutions , &
nous voyons des chofes dans
trop violent pour y
un eftat
pouvoir
demeurer
long- temps
,
344 MERCURE
gent
La France, comme je vous ay
fait voir le mois paffé ade l'arabondamment , & la circulation y manque feulement ,
au lieu que l'efpece manque
tout-à - fait en Angleterre , par
les raifons dont je vous ay envoyé le détail le mois paffé.
Al'égard des Affaires d'Italie , elles font dans un eſtat
trop violent pour y pouvoir
demeurer long- temps , & particulierement le Royaume de
Naples. Les peuples yfont dans
le dernier accablement , & fur
tour à Naples , où le Viceroy
fe fert tour à tour de divers
GALANT 345
pretextes pour ne point paroître en public , craignant d'eftre
infulté. Enfinles Peuples y font
dans le dernier defeſpoir , &
l'on doit tout craindre du defeſpoir d'un Peuple qu'on a
pouffé à bout, qui n'a plus rien
a menager, & qui eftoit florif
fant fous le de fon pre- regne
cedent Monarque , qu'il n'a
point ceffé d'aimer , la revolu
tion n'eftant arrivée que par
des traîtres , qui ont plongé
leur Patrie dans l'état où elle fe
trouve.
L'Etat de Milan n'eft pas
mieux. Onen tire jufqu'au der
346 MERCURE
nier fol, comme l'on a fait du
Royaume de Naples , & quand
la Maifon d'Autriche a mis
une fois le pied dans un Païs ,
elle n'en traite pas les Peuples
en fujets , mais en efclaves.
Les autres Puiffances d'Italic
ne font pas moins outrées de
la maniere dont on les traite,
& les cent mille piftoles de
contribution qu'on tire d'eux
tous les ans en font une preu
ve parlante, & qui crient vengeance ; & il n'eft enfin pas
poffible que les chofes demeurent toûjours en cet état , &
ce qu'une revolution a fait naî
GALANT 347
tre en peu de temps , finira par
une autre revolution.
Il n'en eft pas de mefme en
Espagne, où l'amour que le
Peuple a pour fon Roy cft cauLe que tout ce qui s'y fait pour
ce Monarque , eft auffi volon
taire qu'il eft forcé en Italie.
On n'a jamais vû dans aucun
fiecle , & dans aucun Etat , ce
qui fe paffe aujourd'huy en Efpagne. Les hommes s'offrent
en foule , les Troupes y paroiffent fortir de terre , auffi-bien
que les chevaux , que les Provinces qui en abondent offrent
au Roy, à qui l'on offre de 2.
348 MERCURE
l'argent de toutes parts. Enfin
il paroift par la formidable &
nombreufe Armée que S. M.
C. met fur pied, que l'Europe
entiere n'en pourroit faire davantage, & comme tout s'y
fait avec zele & de plein gré,
il y a d'autant plus lieu de croire qu'une pareille Armée fera
des prodiges , & fur tout eſtant
compofée d'Espagnols qui ne
reculent jamais , fuivant les
grands exemples que je vous
ay fouvent raportez là- deſſus,
&l'on peut dire que dans cette
occafion l'Armée d'Espagne a
pris pour Devife , Vaincre on
mourir.
Voilà
GALANT 349
Voilà la fituation oùfe trouvent aujourd'huy toutes les
affaires de l'Europe ; nous ver
rons à la fin du mois prochain
en quoy elle aura changé.
La maniere dont le Carnaval s'eft paffé à Paris , doit paroître bien differente aux Alliez, de la fituation où ils pretendent que nous nous trouvons, & dont ils font tous les
jours des peintures dans leurs
Ecrits publics bien contraires
à la verité. L'état où la France
s'eft trouvée eft venu de la
cherté du bled, qui commença
au mois de Fevrier de l'année
Février 1710. Gg
350 MERCUR F
derniere; ce quifut caufé, comme vous fçavez , par la force
de la gelée qu'il fit cette annéelà , & vous fçavez comment
les chofes fe pafferent à cette
occafion. Le Roy fe facrifia
alors pourle bien de fes Sujets;
il fit ceffer le payement des
Tailles , & de divers autres
Droits, & dans le Prelude d'une de mes Lettres , je vous fis
voir alors jufqu'à neuf Articles par lefquels Sa Majesté
abandonnoit fes Droits , & je
ne vous impofois pas , puifque
je vous raportay autant d'Arrefts , d'Edits ou de Declara
GALANT 351
tions qui regardoient le facri
fice qu'Elle faifoit à fes Peuples , outre la dépense qu'Elle
fit de plufieurs Bâtimens armez à fes dépens pour aller en
courfe , fans vouloir rien pren
dre pour les frais de l'armement , ni partager des bleds
que tous ces Bâtimens raporteroient; Sa Majeſté n'a rétably les Tailles , & commencé à recevoir plufieurs autres
Droits qu'Elle avoit abandonnez que depuis quelques mois.
Ainfi l'on ne doit pas s'étonner fi l'argent luy manquoit ;
mais l'on peut dire prefenteGg ij
352 MERCURE
ment que les chofes vont leur
train ordinaire ; mais comme
S. M. eftoit fort arrierée, il faut
encore quelque temps pour
que tous ceux à qui Elle doit ,
puiffent eftre contens , & l'on
pourroit mefme dire qu'ils le
font déja par avance, puifqu'il
eft feur que leurs efperances
ne feront pas vaines, & que la
verité de ce que j'avance eſt de
notorieté publique. Ainfi l'on
ne doit pas s'étonner fi.le Carnaval s'eft paffé à Paris de la
mefme maniere qu'il s'y eft
paffé dans tous les temps. Il eft
vray que les chofes ne s'y font
1
GALANT 353
pas faites avec les emporte
mens de joye immoderez qui
ont paru en de certains temps ;
mais pendant tout le Carnaval
il y a eu des Bals à l'ordinaire ;
on s'eft regalé , tous les fpectacles ont cfté remplis ; la foule
des Caroffes a efté auffi grande
au Fauxbourg Saint Antoine
dans les derniers jours du Carnaval , qu'elle l'a toûjours efté,
& rien n'a marqué la miferable
fituation dont tous les écrits
publics des Alliez font remplis,
dans le deffein d'éblouir leurs
Sujets en publiant des chofes
entierement contraires à la veGg iij rité.
354 MERCURE
Outre tous les bleds dont je
vous ay déja parlé qui font entrez de plufieurs endroits dans
le Royaume , je ne vous repeteray point ce que nos nouvelles publiques vous ont dit des
fix à fept mille charges de
bled , arrivées du Levant à
Toulon, & dont les Commandans des Vaiffeaux qui les ont
amenées ont rapporté qu'il en
viendroit encore beaucoup ;
de manière que tous ces bleds ,
joints à ceux des Provinces
dont la recolte a efté bonne
l'année derniere , & à l'eſpoir
de celle de cette année qui pa-
GALANY 355
roift devoir eftre des plus abondantes dans toute la France ,
& l'eſpoir du bon effet que
produira le rétabliffement des
revenus du Roy, n'ont pas peu.
contribué aux divertiffemens
du Carnaval qui ont étégrands
& continuels ; mais fans avoir
efté outrez.-
parler jufte de la veritable
fituation generale des Affaires
GALANT 1337
res del'Europe dans le moment
que je vous écris , car avant
qu'elles puiffent cftre fixées
pour la Campagne prochaine,
& quechacun puiffe voir quel
party il prendra , il faut que
les Parties intereffées fçachent
comment finiront certaines
chofes qui ont des faces differentes , &qui font en mouve
ment.
Il faut que le Roy de Suede,
dont on nous parle tous les
jours differemment , ait commencé d'entrer en action
car s'il entre en Pologne avec
une Armée formidable pour
Février 1710. Ff
>
338 MERCURE
rétablir le Roy Staniflas , le
Roy Auguſte avec toutes les
forces aura de la peine à fe
maintenir fur le Trône , & il
fera obligé de retirer toutes les
Troupes qu'il a en Flandre
ce qui apportera un grand
changement aux Affaires de
ce colté-là , & fera changer
toutes les mesures que les
Alliez peuvent avoir prifes
pour la Campagne.
Ils feront encore obligez de les
changer, fi l'Electeur de Brandebourg tient fa parole , &retire fes Troupes de Flandre , en
cas que l'on neluy rende pas la
GALANT 339
juftice qu'il pretend touchant
la fucceffion du feu Prince
d'Orange , ce qui eſt abſolument impoffible , les chofes
qu'il demande eftant trop fortes & regardant un Prince
dont les Hollandois font
charmez.
·
A l'égard des Affaires du
Haut Rhinqui paroiffent nonfeulement ; mais qui font en
effet tres avangeufes pour
nous il eft impoffible de
pouvoir dire quel party on
prendra de part & d'autre de
ce cofté- là , jufqu'à ce que
l'on ait fçu fi le Duc d'HaFfij
340 MERCURE
novre y commandera l'Armée , & fi elle fera nombreufe ou non , & il n'y a pas d'apparence qu'elle doive eftre
forte , puifque plus le temps
de l'ouverture de la Campagne avance , plus ceux qui
doivent fournir des Troupes pour cette Armée , déclarent qu'ils font dans l'impoffi
bilité de le faire , & quand
même ils en fourniroient , il
n'y a nulle apparence que
Armée puiffe eftrefuperieure à
la noſtre qui ne manque de
rien , & qui a fait payer en
bleds une partie des Contribu
leur
GALANT 341
tions qu'elle auroit pu tirere n
argent , dont elle ne manque
point , enayant tiré de l'un &
de l'autre, & de quelque manicre que ce foit , les Affaires ne
peuvent que nous eftre avantageufes de ce cofté - là , car
s'ils n'y ont pas de grandes
forces , nous penetrerons dans
leur Pays , & s'ils en ont affez,
non pas pour avoir des avantages fur nous car cela paroift impoffible , mais feulement pour nous empêcher
d'en avoirfur eux , ils ne pour
ront envoyer que tres peu
de Troupes en Flandre , ou
Ffiij
342 MERCURE
?
s'il arrive , felon que je vous
viens de marquer , que les
Troupes Saxonnes , les Pruffiennes , & les Allemandes
manquent aux Alliez , auffi
bien que l'argent qui manque
abfolument aux Hollandois
& dont les Anglois manquent
auffi beaucoup , les fubfides
accordez par le Parlement
n'ayant pû eſtre remplis à beaucoup prés , les Alliez feront
en Flandre hors d'eftat de faire
aucune Conquefte , & pendant
qu'ils y manquent d'argent
on fait tous les jours des fonds
nouveaux en France pour en
ALANT 343
avoir fuffifamment pour faire
la Campagne, Ainfi l'on ne
peut dire encore comment les
chofes tourneront. Il vient en
France du bled de toutes parts ,
& il y en aura bien- toft abondamment à Paris même , ce
qui fuffira juſqu'au temps de
la recolte , qui fera des plus
abondantes , & le vin même
diminuë de prix tous les jours
dans toute la France. Enfin
nous fommes dans le temps
des grandes revolutions , &
nous voyons des chofes dans
trop violent pour y
un eftat
pouvoir
demeurer
long- temps
,
344 MERCURE
gent
La France, comme je vous ay
fait voir le mois paffé ade l'arabondamment , & la circulation y manque feulement ,
au lieu que l'efpece manque
tout-à - fait en Angleterre , par
les raifons dont je vous ay envoyé le détail le mois paffé.
Al'égard des Affaires d'Italie , elles font dans un eſtat
trop violent pour y pouvoir
demeurer long- temps , & particulierement le Royaume de
Naples. Les peuples yfont dans
le dernier accablement , & fur
tour à Naples , où le Viceroy
fe fert tour à tour de divers
GALANT 345
pretextes pour ne point paroître en public , craignant d'eftre
infulté. Enfinles Peuples y font
dans le dernier defeſpoir , &
l'on doit tout craindre du defeſpoir d'un Peuple qu'on a
pouffé à bout, qui n'a plus rien
a menager, & qui eftoit florif
fant fous le de fon pre- regne
cedent Monarque , qu'il n'a
point ceffé d'aimer , la revolu
tion n'eftant arrivée que par
des traîtres , qui ont plongé
leur Patrie dans l'état où elle fe
trouve.
L'Etat de Milan n'eft pas
mieux. Onen tire jufqu'au der
346 MERCURE
nier fol, comme l'on a fait du
Royaume de Naples , & quand
la Maifon d'Autriche a mis
une fois le pied dans un Païs ,
elle n'en traite pas les Peuples
en fujets , mais en efclaves.
Les autres Puiffances d'Italic
ne font pas moins outrées de
la maniere dont on les traite,
& les cent mille piftoles de
contribution qu'on tire d'eux
tous les ans en font une preu
ve parlante, & qui crient vengeance ; & il n'eft enfin pas
poffible que les chofes demeurent toûjours en cet état , &
ce qu'une revolution a fait naî
GALANT 347
tre en peu de temps , finira par
une autre revolution.
Il n'en eft pas de mefme en
Espagne, où l'amour que le
Peuple a pour fon Roy cft cauLe que tout ce qui s'y fait pour
ce Monarque , eft auffi volon
taire qu'il eft forcé en Italie.
On n'a jamais vû dans aucun
fiecle , & dans aucun Etat , ce
qui fe paffe aujourd'huy en Efpagne. Les hommes s'offrent
en foule , les Troupes y paroiffent fortir de terre , auffi-bien
que les chevaux , que les Provinces qui en abondent offrent
au Roy, à qui l'on offre de 2.
348 MERCURE
l'argent de toutes parts. Enfin
il paroift par la formidable &
nombreufe Armée que S. M.
C. met fur pied, que l'Europe
entiere n'en pourroit faire davantage, & comme tout s'y
fait avec zele & de plein gré,
il y a d'autant plus lieu de croire qu'une pareille Armée fera
des prodiges , & fur tout eſtant
compofée d'Espagnols qui ne
reculent jamais , fuivant les
grands exemples que je vous
ay fouvent raportez là- deſſus,
&l'on peut dire que dans cette
occafion l'Armée d'Espagne a
pris pour Devife , Vaincre on
mourir.
Voilà
GALANT 349
Voilà la fituation oùfe trouvent aujourd'huy toutes les
affaires de l'Europe ; nous ver
rons à la fin du mois prochain
en quoy elle aura changé.
La maniere dont le Carnaval s'eft paffé à Paris , doit paroître bien differente aux Alliez, de la fituation où ils pretendent que nous nous trouvons, & dont ils font tous les
jours des peintures dans leurs
Ecrits publics bien contraires
à la verité. L'état où la France
s'eft trouvée eft venu de la
cherté du bled, qui commença
au mois de Fevrier de l'année
Février 1710. Gg
350 MERCUR F
derniere; ce quifut caufé, comme vous fçavez , par la force
de la gelée qu'il fit cette annéelà , & vous fçavez comment
les chofes fe pafferent à cette
occafion. Le Roy fe facrifia
alors pourle bien de fes Sujets;
il fit ceffer le payement des
Tailles , & de divers autres
Droits, & dans le Prelude d'une de mes Lettres , je vous fis
voir alors jufqu'à neuf Articles par lefquels Sa Majesté
abandonnoit fes Droits , & je
ne vous impofois pas , puifque
je vous raportay autant d'Arrefts , d'Edits ou de Declara
GALANT 351
tions qui regardoient le facri
fice qu'Elle faifoit à fes Peuples , outre la dépense qu'Elle
fit de plufieurs Bâtimens armez à fes dépens pour aller en
courfe , fans vouloir rien pren
dre pour les frais de l'armement , ni partager des bleds
que tous ces Bâtimens raporteroient; Sa Majeſté n'a rétably les Tailles , & commencé à recevoir plufieurs autres
Droits qu'Elle avoit abandonnez que depuis quelques mois.
Ainfi l'on ne doit pas s'étonner fi l'argent luy manquoit ;
mais l'on peut dire prefenteGg ij
352 MERCURE
ment que les chofes vont leur
train ordinaire ; mais comme
S. M. eftoit fort arrierée, il faut
encore quelque temps pour
que tous ceux à qui Elle doit ,
puiffent eftre contens , & l'on
pourroit mefme dire qu'ils le
font déja par avance, puifqu'il
eft feur que leurs efperances
ne feront pas vaines, & que la
verité de ce que j'avance eſt de
notorieté publique. Ainfi l'on
ne doit pas s'étonner fi.le Carnaval s'eft paffé à Paris de la
mefme maniere qu'il s'y eft
paffé dans tous les temps. Il eft
vray que les chofes ne s'y font
1
GALANT 353
pas faites avec les emporte
mens de joye immoderez qui
ont paru en de certains temps ;
mais pendant tout le Carnaval
il y a eu des Bals à l'ordinaire ;
on s'eft regalé , tous les fpectacles ont cfté remplis ; la foule
des Caroffes a efté auffi grande
au Fauxbourg Saint Antoine
dans les derniers jours du Carnaval , qu'elle l'a toûjours efté,
& rien n'a marqué la miferable
fituation dont tous les écrits
publics des Alliez font remplis,
dans le deffein d'éblouir leurs
Sujets en publiant des chofes
entierement contraires à la veGg iij rité.
354 MERCURE
Outre tous les bleds dont je
vous ay déja parlé qui font entrez de plufieurs endroits dans
le Royaume , je ne vous repeteray point ce que nos nouvelles publiques vous ont dit des
fix à fept mille charges de
bled , arrivées du Levant à
Toulon, & dont les Commandans des Vaiffeaux qui les ont
amenées ont rapporté qu'il en
viendroit encore beaucoup ;
de manière que tous ces bleds ,
joints à ceux des Provinces
dont la recolte a efté bonne
l'année derniere , & à l'eſpoir
de celle de cette année qui pa-
GALANY 355
roift devoir eftre des plus abondantes dans toute la France ,
& l'eſpoir du bon effet que
produira le rétabliffement des
revenus du Roy, n'ont pas peu.
contribué aux divertiffemens
du Carnaval qui ont étégrands
& continuels ; mais fans avoir
efté outrez.-
Fermer
Résumé : Situation generale des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
En février 1710, l'Europe est marquée par une grande incertitude politique et économique. En Pologne, la situation est critique car le roi de Suède pourrait intervenir pour rétablir Stanislas sur le trône, ce qui obligerait le roi Auguste à retirer ses troupes de Flandre, perturbant ainsi les plans des alliés pour la prochaine campagne. De plus, l'électeur de Brandebourg menace de retirer ses troupes de Flandre si ses revendications successorales ne sont pas satisfaites. Dans le Haut-Rhin, l'incertitude règne également, dépendant de la composition et de la force de l'armée du duc de Savoie. Sur le plan économique, la France est bien approvisionnée en blé et en vin, ce qui lui permet de se préparer pour la prochaine campagne malgré des difficultés financières passées. En Italie, les populations sont dans un état de désespoir, notamment à Naples et en Espagne, où l'armée royale se prépare à combattre avec zèle. À Paris, le carnaval s'est déroulé normalement, contrairement aux descriptions alarmistes des alliés. La France a récemment rétabli certains droits et taxes qu'elle avait suspendus en raison de la cherté du blé causée par un hiver rigoureux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
217
p. 350-379
Situation des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
Début :
Je passe à la situation des Affaires de l'Europe telles qu'elles [...]
Mots clefs :
Affaires de l'Europe, France, Espagne, Monarque, Puissances, Armée, Angleterre, Doctrine, Ministère, Chambre des pairs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Situation des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
Je paffe à la fituation des
Affaires de l'Europe telles qu'el
les fe trouvent dans le moment
que je vous écris. Je dis dans le
moment que je vous écris , car
il pourroit y avoir du changement dans le temps que vous
recevrez ma Lettre.
TITIT
ยม
SEm.
il
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rez
una
efté
aut
.
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Jues
mêdoit hut,
de
cuqu'à
THEQUE
DE
BIBLIO
LYON
#1893
19TH THE 1971
35
ឬŠ/đឬ
SULE
rec
GALANT 35%
De quelque cofté que l'Em
pereur regarde fes Affaires , il
fe trouve fort embaraffé. Il eft
certain que fes Troupes ont
efté battues en plufieurs occafions par les Confederez
d'Hongrie , & qu'il a fait une
perte confiderable , qui a efté
fuivie de celle de l'Ile de Schut.
Ce font des faits conftants
dont les nouvelles publiques
imprimées chez les Alliez mêmes font mention. On doit
remarquer que l'Ifle de Schut,
n'eftant qu'à douze lieües de
Vienne , les Confederez peuvent faire des courfes juſqu'à
352 MERCURE
fes Porres , & que l'on n'en
fortir fans rifquer beau- peut
coup.
Les Cercles ne fe font pas
encore mis en devoir de lever
un fol, ni un homme pour tenir tefte à une Armée victoricufe & de prés de cinquante
millehommes que les François
ont du cofté du haut Rhin.
Cette Armée ne manque de
rien , ayant tiré les Contributions que les Allemans ont efté
obligez de luy payer moitié en
argent & moitié en grains.
L'Empereur ne peut efperer
aucunes Troupes de Danne-
GALANT 353
marck , & fur tout depuis la
derniere Bataille , ny d'aucun
autre cofté ; de maniere qu'il
fe trouve obligé de faire revenir d'Italie huit mille hömmes de fes meilleures Troupes,
qui ne fuffiront pas pour envoyer du cofte d'Hongrie &
du cofté du Rhin ; & ces Troupes , tirées d'Italie feront caufe
que Monfieur le Duc de Savoyenefera pas affez fort pour
mettre une Armée en Campagne. Joignez à cela qu'il luy
fera tres- difficile de tirer des
fubfides d'Angleterre , puis
qu'elle n'a pas tous les fonds
"Mars 1710. Gg
354 MERCURE
neceffaires pour faire la Campagne prochaine , & qu'il luy
fera abfolument impoffible de
rien tirer des Hollandois , qui
manquent encore beaucoup
plus d'argent , & des chofes
neceffaires pour faire la Campagne que les Anglois. Cefone
des faits connus, & publiezpar
eux-mêmes.
2
Quant à la France elle ne
manque point de Troupes , &
elles font invincibles lorfqu'elles font bien conduites. Ses
fonds feront plus que fuffifans
pout faire une gleufe Campagne. Le rachatla Paulet-
GALANT 355
de celuy de la Capitation
du Clergé , de plufieurs Affaires & de plufieurs autres
Particuliers qui ont laiffé en
mourant des fommes immenfes qui appartiennent au Roy,
& de fes revenus ordinaires qui
commencent à produire beaucoup , & qu'une grande recolte que le Ciel femble luy promettre , doit encore augmenter beaucoup , remettront fes
affaires dans une bonne fituation. Joignez à cela qu'elle
doit tirer une grande quantité
de bleds du Languedoc , que
la Bretagne luy en fournit tous
•
Gg ij
356 MERCURE
les jours ; qu'il en eſto venu
beaucoup du Levant ; qu'il en
vient encore tous les jours deo
ce cofté- là , & que tout celuy
du premier envoy que les Ge
nois devoient faire eft arrivé à
Marſeille , oùilyena quaranté
mille muids que l'on a com
mencé à fairevenir de ce coftécy, & dont une partie arrivera
inceffamment à Paris. Jenedis
rien de tous les fruits de la terre dont il paroift que nous de
vons avoir une abondante recolte. Toutes les Recrues des
Troupes font faites il ya déja
long temps , & lorfqu'il fera
GALANT 357
temps d'entrer en Campagne,
les Alliez connoîtront qu'ils
onc efté longtemps abufez fur
la veritable fituation de nos
affaires.
Il paroift qu'ils doivent peu
compter fur les Troupes Saxo
nes. Le Roy Auguſte , il eft
vray, cft retourné en Pologne;
mais comme les affaires de ce
Royaume font encore dans un
granddefordre , & que tous les
Partis ne luy font pas favorables , il a beſoin de Troupes
pour s'y maintenir , & moins
les Polonois veulent voir de
Saxons dans leurs Etats , plus
358 MERCURE
"
il y doit faire groffir le nombre de fes Troupes , fans lef
quelles il ne peut eftre bien af
fermi fur le Tiône. Enfin de
quelque cofté que l'on envifa
ge la fituation des Affaires , il
paroift que toutes les Puiffan
ces ont befoin de leurs Troum
pes , & que quand les Alliezauroient plus d'argent à leur don
ner qu'ils n'en ont en effet , ils
ont trop befoin deleurs Trou.
pes pour les envoyer hors de
chez eux , & peut- cftre , comme nous verrons dans la fuite,
les Augios feront- ils obligez
d'en referver beaucoup chez
GALANT 359
eux , puifqu'il eft impoffible
que le feu de la divifion quis'y
eft mis , puiffe eftre ftoft
éteint , & qu'il le puiffe même
eftre qu'en apparence , car les
divifions caufées par des affaires de Religion finiffent rarement ; & lors qu'on les croit
finies , elles ne font qu'affoupics , & font toûjours prêtes à
reprendre feu. A l'égard des Affaires d'El
pagne , elles fe trouvent, aujourd'huy dans une fi heureufe fituation qu'elle eft en état
de fe procurer feule fa gloire
& fon bonheur fans rien de-
360 MERCURE
voir à perfonne , & de maintenir fur fes Trônes le Monarqueà qui ils appartiennentlegitiment ; qu'elle a reconnu avec
joye , & audevant duquel elle a
envoyé avec unempreffement
remplyd'allegreffe ; de maniere
qu'elle n'auroir pas fait autre
ment quand elle l'auroit ellement choifi. Et en effet c'étoit
le choifir que de reconnoître
fesdroits fondez fur la nature
& declarez juftes par fon dernier Monarque mourant , &
en prefence de fon Dieu , ce
qu'il n'auroit pas fait s'il avoit
ctû le contraire dans le moment
GALANT 361
ment qu'il eftoit preft de luy
aller rendre compte de fes actions , &fes droits font fi vifi;
bles & fi inconteſtables , que
toutes les Puiffances de l'Europe qui les luy diſputent aujourd'huy , les ont non feulementreconnus , mais ont même efté jufqu'à Madrid l'affurer de cette reconnoiſſance , &
ont demeuré à fa Cour, foit
en qualité d'Ambaffadeurs ,
foit en qualité d'Envoyez pour
yrefider. De maniere quetoutes les Puiffances qui font liguées aujourd huy contre luy,
excepté la Maifon d'Autriche
Mars 1710.
.Hh
362 MERCURE
fur
qui ne veut pas reconnoître
fon droit , n'ont des rai- que
fons politiques pour le faire
defcendre d'un Trône auquel
tant d'autres font unis , & qui
luy appartient legitimement.
Leurs raifons font fi foibles ,
que n'eftint fondées que
la politique, &non fur le droit,
ils fe font laffez d'en parler, ou
plûtôt ils en ont eu honte.
Ainfi il n'eft plus queftion parmy les Alliez pour détrôner
Philippes V. d'autres raifons ,
que de raifons de bien-ſeance;
& c'eft pourquoy le Ciel qui
n'approuve pas ces raifons , a
GALANT 363
toûjours protegé fi vifiblement cette Couronne , & la
protege encore contre toutes
les Puiffances liguées qui l'attaquent , & que les feuls Elpagnols ont entrepris de défendre aux dépens de tout leur
fang & de tout leur bien. Ils
font charmez de la juftice
de l'efprit , de la valeur &
de la douceur du Monarque
qui les gouverne , & de la Reine fon époufe en qui toutes
les vertus abondent , & qui en
plufieurs occafions a fait voir
le cœur d'une veritable Amazone, & qui feroit digne de
Hhij
364 MERCURE
commander fi , ayant dit que
l'occafion s'en prefentoit , elle
iroit à la tefte de l'Armée avec
le Prince fon fils ; qui ne fait
pas plus de dépenfe qu'une
Dame particuliere , & qui envoye chaque jour à la Caiſſe
Militaire tout ce qu'elle reçoit
pour fon entretien , fuivant la
grandeur de fon rang. Enfin
il paroît que le Ciel a beny
cette Monarchie , & le Roy &
la Reine d'Efpagne , puifqu'il
leur a donné un fucceffeur , la
feule chofe qu'il pouvoit leur
manquer. Ils ont le plaifir de
voir aujourd'huy ſous les ar-
GALANT 365
més , pour maintenir leurs
droits , toute l'Efpagne ; c'eftà-dire , un monde entier , fans
avoir befoin d'aucun fecours
étranger. L'argent ne leur manque point non plus que les
hommes. Tous les Royaumes
leur donnent gratuitement
tout ce qui fe trouvent chez
eux , les uns des Chevaux ,
les autres des Vivres , & le
Clergé , même leur a offert
toute l'Argenterie de leurs Eglifes qui eft nombreuſe en Efpagne , ce qu'ils n'accepteront
qu'en cas qu'ils en ayent un
preffant befoin , ce qui n'arriHhv
366 MERCURE
vera pas pendant le cours de la
Campagne qui va commencer;
de forte qu'ils pourront garder
cette reffource pour une autre
Campagne, ainfi que l'argent
de la florte du Mexique qui
vient d'arriver à Cadix , fans
les grandes fommes qui peuvent continuellement arriver
du Perou, d'où ils peuvent toû
jours en attendre , & que l'on
ne manquera pas de leur envoyer pour foûtenir la gloire
d'une Nation qui va feule fe
défendre glorieuſement contre un Monde d'Ennemis. La
fituation des affaires eft telle ,
9
GALANT 367
que les Alliez ne pouvant envoyer contre l'Espagne des
Troupes que par Mer , toute
l'Europe s'épuiferoit d'hommes avant que de pouvoir former en Espagne une Armée
qui fut à beaucoup prés capable de tenir tefte aux fidelles
Efpagnols , parce que le trajet
feroit périr beaucoup d'hommes & de chevaux , à caufe des
maladies que l'air de la Mer
caufe parmy les Troupes de
tranfport qui ne font pas accoûtumées à faire un long féjour fur Mer , & de la mortalité qu'il caufe parmy les Che
368 MERCURE
;
vaux , joint à ce que les tempêtes fontperir de Vaiffeaux
& par confequent d'hommes
& de chevaux , & que l'air du
Pays atoûjours fait auffi mourir beaucoup de ceux qui yfont
arrivez à bon port ; en forte
que par les calculs que l'on a
fouvent faits , on a trouvé que
de toutes les troupes qu'on envoyoit par Mer en Espagne &
en Portugal , le cinquième
homme pouvoit à peine être
en état de rendre fervice.
Quand aprés tant de pertes
&de dépenfes , les Alliez pourroient former une Armée ca-
GALANT 369
pable de faire quelque tentative , il luy feroit abfolument
impoffible de conquerir tous
les Royaumes d'Espagne les
uns aprés les autres , & avant
que d'avoir pû emporter quelques Places , ces troupes feroient tellement diminuées que
les Alliez feroient obligez à
recommencer les mêmes dépenfes , & à faire les mêmes.
efforts ; de forte qu'aprés quelque temps toutes leurs forces
periroient , & qu'ils ne pou
roient continuer à faire des
levées qui n'auroient pas un
meilleur fuccés. Ainfil'on peut
370 MERCURE
dire que l'Espagne eft prefentement comme un rocher au
milieu de la Mer , contre lequeltous les Vaiffeaux qui en
approcheroient fe briferoient.
Je reviens à ce qui regarde
l'affaire du Docteur Sacheverel dont je vous ay déja parlé.
Il eft impoffible , tant que la
face des affaires , & la face du
Gouvernement ne feront pas
changées , que l'Angleterre ,
&fur tout la Ville de Londres
ne s'en reffentent , & que
plus grande partie des Troupes de l'un & de l'autre Parti
puiffent abandonner Londres
la
GALANT 371
1
fans craindre que leur party
foit infulté , ce quifera grand
tort aux Affaires du Royaumedans la fituation où elles fe
trouvent aujourd'huy, puifque,
de la maniereque tournent les
Affaires , les Alliez doivent avoir befoin de Troupes Angloifes , &fur tout s'il arrive ,
comme il s'y trouve beaucoup
d'apparence que les Troupes
Danoifes , celle du Roy Augufte , & celles de l'Electeur de
Brandebourg en foient rappellées. Ce qui donne lieu
de le craindre , eft que ces
Puiffances ayant engagé pour
372 MERCURE
leurs propres intereft le Roy
de Dannemarck d'attaquer le
Royde Suede , elles fe trouvent
engagées à foûtenir S. M. D.
pour nela pas laiffer périr , &
que d'ailleurs fi elles l'abandonnent , le Roy de Suede avançant toûjours , & fe faifant
jour par tout , pouroit encore
s'agrandir , & leur tailler bien
de la befogne. Et ainfi les Allicz qui fouffrent de tant de
manieres en Flandre auroient
bien de la peine à y continuer
guerre, ou pour mieux dire
nel'y pouroient foûtenir. Ainfila Cour d'Angleterre doit de
plus
la
GALANT 373
plus en plus ouvrir lesyeux fur
la faute qu'elle a faite en attaquant le Docteur Sacheverel.
Tous ceux dont on a pillé les
Temples auront raiſon auffibien que les Anglicans , de ne
pas envoyer hors du Royaume
les Troupes de leur Religion
& fi les premiers ont cité infultez ils n'en doivent accufer
que ceux qui gouvernent en
Angleterre qui auroient pû
feindre de n'avoir pas remarqué ce que le Docteur Sacheverel avoit prêché,puifqu'il n'a
fait que parler pour la Religion dominante du Pays , &
Mars 1710. I i
374 MERCURE
établie par les Loix , & que les
autres ne font que tollerées
pour les interefts de la Reine ,
& par une politique dont je
vous ay fouvent parlé , & que
je vous ay amplement expli
quée.
La Caufe du Docteur Sacheverel eft fi jufte que fes Avocats le jour qu'ils commencerent à répondre à fes accufations , ne firent autre chofe que
lire des Homelies , des Sermons , & d'autres ouvrages
qui enfeignent la même Doctrine qu'il a prêchée & qui elt
autorisée par les Livres ap-
GALANT 375
prouvez par le Parlement
Le Chevalier Harcourt plaidant en faveur de ce Docteur
fur le premier Chef d'accufation , dit entre autres chofes ,
que le Docteur Sacheverel n'avoit rien avancé contre la revolution , & que s'il avoit toûjours foûtenu la Doctrine de
l'obéïffance paffive , il avoit une foule de garents & d'autoritez parmy les fameux Docteurs de l'Eglife Anglicane ,
tant morts que vivants , & entr'autres plus de vingt Archevêques ou Evêques , dont quelques-uns étoient là pour le ju
Ii ij
376 MERCURE
ger , & dans les Sermons ou
certe Doctrine étoit maintenuë , quiavoient eftéimprimez
par ordre exprés de S. M. ou
de la Chambredes Pairs.
Le lendemain les quatre Avocats du Docteur Sacheverel
produifirent un figrand nombre de preuves pour la Doctrine de l'obéillance paffive ,
que cela occupa la Cour depuis onze heures du matin juf
qu'à fix heures du ſoir.
Les accufations faites contre le Docteur Sacheverelfont
fi criantes , & ont tellement
irrité tous les Anglicans , que
GALANT 377
2
nonobſtant les pourſuites qu'2
ils ont vû faire contre ce Docteur , ils font prefts de l'imiter
en tout ce qui regardera leur
Miniftere lorfqu'ils fe trouveront en pareilles occafions fans
craindre d'encourir la difgrace
de la Cour , & il eft arrivé làdeffus un fait auffi extraordinaire que furprenant , & qui
fait voir que les Docteurs de
Egliſe Anglicane la défendront toûjours. Ce fait eft arrivé en preſence de la Reine , &
l'on pouroit dire en s'adreffant
à elle-même , puifqu'il parloit
à l'Auditoire dont cette PrinIi iij
378 MERCURE
ceffe étoit à la tête.
Mr Palmer ayant eſté nommé par l'Evêque de Londres
pour prêcher dans la Chapelle
de la Reine à Witchall , il obéït ; mais dans fon Sermon il
pria Dieu pour le Docteur Sacheverel commepour unhomme perfecuté , & comme la
Reine a donné ordre à l'Evêque de Londres de le fufpendre de fes fonctions ; ce procedé qui eſt auſſi hardy que
glorieux pour ce Predicateur ,
a efté fort applaudi des Anglicans , & l'on peut juger par là
des fuites que l'on doit crainK
GALANT 379
dre de cette affaire , & de la
combuftion où se trouve toute la Nation Angloiſe , qui
penfera moins à l'avenir aux
affaires du dehors qu'à celles du
dedans , tous les chaftimens
n'ayant fait que l'aigrir , &
chacun ne fongeant plus qu'à
la défenfe de fa caufe, & à fa
défenſe même.
Enfin pour mieux faire remarquer la fituation violente
oùfe trouvent les chofes , il me
fuffira de vous dire que l'on
prêche hautement dans Londres contre l'injuftice du Gou
vernement.
Affaires de l'Europe telles qu'el
les fe trouvent dans le moment
que je vous écris. Je dis dans le
moment que je vous écris , car
il pourroit y avoir du changement dans le temps que vous
recevrez ma Lettre.
TITIT
ยม
SEm.
il
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BIBLIO
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GALANT 35%
De quelque cofté que l'Em
pereur regarde fes Affaires , il
fe trouve fort embaraffé. Il eft
certain que fes Troupes ont
efté battues en plufieurs occafions par les Confederez
d'Hongrie , & qu'il a fait une
perte confiderable , qui a efté
fuivie de celle de l'Ile de Schut.
Ce font des faits conftants
dont les nouvelles publiques
imprimées chez les Alliez mêmes font mention. On doit
remarquer que l'Ifle de Schut,
n'eftant qu'à douze lieües de
Vienne , les Confederez peuvent faire des courfes juſqu'à
352 MERCURE
fes Porres , & que l'on n'en
fortir fans rifquer beau- peut
coup.
Les Cercles ne fe font pas
encore mis en devoir de lever
un fol, ni un homme pour tenir tefte à une Armée victoricufe & de prés de cinquante
millehommes que les François
ont du cofté du haut Rhin.
Cette Armée ne manque de
rien , ayant tiré les Contributions que les Allemans ont efté
obligez de luy payer moitié en
argent & moitié en grains.
L'Empereur ne peut efperer
aucunes Troupes de Danne-
GALANT 353
marck , & fur tout depuis la
derniere Bataille , ny d'aucun
autre cofté ; de maniere qu'il
fe trouve obligé de faire revenir d'Italie huit mille hömmes de fes meilleures Troupes,
qui ne fuffiront pas pour envoyer du cofte d'Hongrie &
du cofté du Rhin ; & ces Troupes , tirées d'Italie feront caufe
que Monfieur le Duc de Savoyenefera pas affez fort pour
mettre une Armée en Campagne. Joignez à cela qu'il luy
fera tres- difficile de tirer des
fubfides d'Angleterre , puis
qu'elle n'a pas tous les fonds
"Mars 1710. Gg
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neceffaires pour faire la Campagne prochaine , & qu'il luy
fera abfolument impoffible de
rien tirer des Hollandois , qui
manquent encore beaucoup
plus d'argent , & des chofes
neceffaires pour faire la Campagne que les Anglois. Cefone
des faits connus, & publiezpar
eux-mêmes.
2
Quant à la France elle ne
manque point de Troupes , &
elles font invincibles lorfqu'elles font bien conduites. Ses
fonds feront plus que fuffifans
pout faire une gleufe Campagne. Le rachatla Paulet-
GALANT 355
de celuy de la Capitation
du Clergé , de plufieurs Affaires & de plufieurs autres
Particuliers qui ont laiffé en
mourant des fommes immenfes qui appartiennent au Roy,
& de fes revenus ordinaires qui
commencent à produire beaucoup , & qu'une grande recolte que le Ciel femble luy promettre , doit encore augmenter beaucoup , remettront fes
affaires dans une bonne fituation. Joignez à cela qu'elle
doit tirer une grande quantité
de bleds du Languedoc , que
la Bretagne luy en fournit tous
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les jours ; qu'il en eſto venu
beaucoup du Levant ; qu'il en
vient encore tous les jours deo
ce cofté- là , & que tout celuy
du premier envoy que les Ge
nois devoient faire eft arrivé à
Marſeille , oùilyena quaranté
mille muids que l'on a com
mencé à fairevenir de ce coftécy, & dont une partie arrivera
inceffamment à Paris. Jenedis
rien de tous les fruits de la terre dont il paroift que nous de
vons avoir une abondante recolte. Toutes les Recrues des
Troupes font faites il ya déja
long temps , & lorfqu'il fera
GALANT 357
temps d'entrer en Campagne,
les Alliez connoîtront qu'ils
onc efté longtemps abufez fur
la veritable fituation de nos
affaires.
Il paroift qu'ils doivent peu
compter fur les Troupes Saxo
nes. Le Roy Auguſte , il eft
vray, cft retourné en Pologne;
mais comme les affaires de ce
Royaume font encore dans un
granddefordre , & que tous les
Partis ne luy font pas favorables , il a beſoin de Troupes
pour s'y maintenir , & moins
les Polonois veulent voir de
Saxons dans leurs Etats , plus
358 MERCURE
"
il y doit faire groffir le nombre de fes Troupes , fans lef
quelles il ne peut eftre bien af
fermi fur le Tiône. Enfin de
quelque cofté que l'on envifa
ge la fituation des Affaires , il
paroift que toutes les Puiffan
ces ont befoin de leurs Troum
pes , & que quand les Alliezauroient plus d'argent à leur don
ner qu'ils n'en ont en effet , ils
ont trop befoin deleurs Trou.
pes pour les envoyer hors de
chez eux , & peut- cftre , comme nous verrons dans la fuite,
les Augios feront- ils obligez
d'en referver beaucoup chez
GALANT 359
eux , puifqu'il eft impoffible
que le feu de la divifion quis'y
eft mis , puiffe eftre ftoft
éteint , & qu'il le puiffe même
eftre qu'en apparence , car les
divifions caufées par des affaires de Religion finiffent rarement ; & lors qu'on les croit
finies , elles ne font qu'affoupics , & font toûjours prêtes à
reprendre feu. A l'égard des Affaires d'El
pagne , elles fe trouvent, aujourd'huy dans une fi heureufe fituation qu'elle eft en état
de fe procurer feule fa gloire
& fon bonheur fans rien de-
360 MERCURE
voir à perfonne , & de maintenir fur fes Trônes le Monarqueà qui ils appartiennentlegitiment ; qu'elle a reconnu avec
joye , & audevant duquel elle a
envoyé avec unempreffement
remplyd'allegreffe ; de maniere
qu'elle n'auroir pas fait autre
ment quand elle l'auroit ellement choifi. Et en effet c'étoit
le choifir que de reconnoître
fesdroits fondez fur la nature
& declarez juftes par fon dernier Monarque mourant , &
en prefence de fon Dieu , ce
qu'il n'auroit pas fait s'il avoit
ctû le contraire dans le moment
GALANT 361
ment qu'il eftoit preft de luy
aller rendre compte de fes actions , &fes droits font fi vifi;
bles & fi inconteſtables , que
toutes les Puiffances de l'Europe qui les luy diſputent aujourd'huy , les ont non feulementreconnus , mais ont même efté jufqu'à Madrid l'affurer de cette reconnoiſſance , &
ont demeuré à fa Cour, foit
en qualité d'Ambaffadeurs ,
foit en qualité d'Envoyez pour
yrefider. De maniere quetoutes les Puiffances qui font liguées aujourd huy contre luy,
excepté la Maifon d'Autriche
Mars 1710.
.Hh
362 MERCURE
fur
qui ne veut pas reconnoître
fon droit , n'ont des rai- que
fons politiques pour le faire
defcendre d'un Trône auquel
tant d'autres font unis , & qui
luy appartient legitimement.
Leurs raifons font fi foibles ,
que n'eftint fondées que
la politique, &non fur le droit,
ils fe font laffez d'en parler, ou
plûtôt ils en ont eu honte.
Ainfi il n'eft plus queftion parmy les Alliez pour détrôner
Philippes V. d'autres raifons ,
que de raifons de bien-ſeance;
& c'eft pourquoy le Ciel qui
n'approuve pas ces raifons , a
GALANT 363
toûjours protegé fi vifiblement cette Couronne , & la
protege encore contre toutes
les Puiffances liguées qui l'attaquent , & que les feuls Elpagnols ont entrepris de défendre aux dépens de tout leur
fang & de tout leur bien. Ils
font charmez de la juftice
de l'efprit , de la valeur &
de la douceur du Monarque
qui les gouverne , & de la Reine fon époufe en qui toutes
les vertus abondent , & qui en
plufieurs occafions a fait voir
le cœur d'une veritable Amazone, & qui feroit digne de
Hhij
364 MERCURE
commander fi , ayant dit que
l'occafion s'en prefentoit , elle
iroit à la tefte de l'Armée avec
le Prince fon fils ; qui ne fait
pas plus de dépenfe qu'une
Dame particuliere , & qui envoye chaque jour à la Caiſſe
Militaire tout ce qu'elle reçoit
pour fon entretien , fuivant la
grandeur de fon rang. Enfin
il paroît que le Ciel a beny
cette Monarchie , & le Roy &
la Reine d'Efpagne , puifqu'il
leur a donné un fucceffeur , la
feule chofe qu'il pouvoit leur
manquer. Ils ont le plaifir de
voir aujourd'huy ſous les ar-
GALANT 365
més , pour maintenir leurs
droits , toute l'Efpagne ; c'eftà-dire , un monde entier , fans
avoir befoin d'aucun fecours
étranger. L'argent ne leur manque point non plus que les
hommes. Tous les Royaumes
leur donnent gratuitement
tout ce qui fe trouvent chez
eux , les uns des Chevaux ,
les autres des Vivres , & le
Clergé , même leur a offert
toute l'Argenterie de leurs Eglifes qui eft nombreuſe en Efpagne , ce qu'ils n'accepteront
qu'en cas qu'ils en ayent un
preffant befoin , ce qui n'arriHhv
366 MERCURE
vera pas pendant le cours de la
Campagne qui va commencer;
de forte qu'ils pourront garder
cette reffource pour une autre
Campagne, ainfi que l'argent
de la florte du Mexique qui
vient d'arriver à Cadix , fans
les grandes fommes qui peuvent continuellement arriver
du Perou, d'où ils peuvent toû
jours en attendre , & que l'on
ne manquera pas de leur envoyer pour foûtenir la gloire
d'une Nation qui va feule fe
défendre glorieuſement contre un Monde d'Ennemis. La
fituation des affaires eft telle ,
9
GALANT 367
que les Alliez ne pouvant envoyer contre l'Espagne des
Troupes que par Mer , toute
l'Europe s'épuiferoit d'hommes avant que de pouvoir former en Espagne une Armée
qui fut à beaucoup prés capable de tenir tefte aux fidelles
Efpagnols , parce que le trajet
feroit périr beaucoup d'hommes & de chevaux , à caufe des
maladies que l'air de la Mer
caufe parmy les Troupes de
tranfport qui ne font pas accoûtumées à faire un long féjour fur Mer , & de la mortalité qu'il caufe parmy les Che
368 MERCURE
;
vaux , joint à ce que les tempêtes fontperir de Vaiffeaux
& par confequent d'hommes
& de chevaux , & que l'air du
Pays atoûjours fait auffi mourir beaucoup de ceux qui yfont
arrivez à bon port ; en forte
que par les calculs que l'on a
fouvent faits , on a trouvé que
de toutes les troupes qu'on envoyoit par Mer en Espagne &
en Portugal , le cinquième
homme pouvoit à peine être
en état de rendre fervice.
Quand aprés tant de pertes
&de dépenfes , les Alliez pourroient former une Armée ca-
GALANT 369
pable de faire quelque tentative , il luy feroit abfolument
impoffible de conquerir tous
les Royaumes d'Espagne les
uns aprés les autres , & avant
que d'avoir pû emporter quelques Places , ces troupes feroient tellement diminuées que
les Alliez feroient obligez à
recommencer les mêmes dépenfes , & à faire les mêmes.
efforts ; de forte qu'aprés quelque temps toutes leurs forces
periroient , & qu'ils ne pou
roient continuer à faire des
levées qui n'auroient pas un
meilleur fuccés. Ainfil'on peut
370 MERCURE
dire que l'Espagne eft prefentement comme un rocher au
milieu de la Mer , contre lequeltous les Vaiffeaux qui en
approcheroient fe briferoient.
Je reviens à ce qui regarde
l'affaire du Docteur Sacheverel dont je vous ay déja parlé.
Il eft impoffible , tant que la
face des affaires , & la face du
Gouvernement ne feront pas
changées , que l'Angleterre ,
&fur tout la Ville de Londres
ne s'en reffentent , & que
plus grande partie des Troupes de l'un & de l'autre Parti
puiffent abandonner Londres
la
GALANT 371
1
fans craindre que leur party
foit infulté , ce quifera grand
tort aux Affaires du Royaumedans la fituation où elles fe
trouvent aujourd'huy, puifque,
de la maniereque tournent les
Affaires , les Alliez doivent avoir befoin de Troupes Angloifes , &fur tout s'il arrive ,
comme il s'y trouve beaucoup
d'apparence que les Troupes
Danoifes , celle du Roy Augufte , & celles de l'Electeur de
Brandebourg en foient rappellées. Ce qui donne lieu
de le craindre , eft que ces
Puiffances ayant engagé pour
372 MERCURE
leurs propres intereft le Roy
de Dannemarck d'attaquer le
Royde Suede , elles fe trouvent
engagées à foûtenir S. M. D.
pour nela pas laiffer périr , &
que d'ailleurs fi elles l'abandonnent , le Roy de Suede avançant toûjours , & fe faifant
jour par tout , pouroit encore
s'agrandir , & leur tailler bien
de la befogne. Et ainfi les Allicz qui fouffrent de tant de
manieres en Flandre auroient
bien de la peine à y continuer
guerre, ou pour mieux dire
nel'y pouroient foûtenir. Ainfila Cour d'Angleterre doit de
plus
la
GALANT 373
plus en plus ouvrir lesyeux fur
la faute qu'elle a faite en attaquant le Docteur Sacheverel.
Tous ceux dont on a pillé les
Temples auront raiſon auffibien que les Anglicans , de ne
pas envoyer hors du Royaume
les Troupes de leur Religion
& fi les premiers ont cité infultez ils n'en doivent accufer
que ceux qui gouvernent en
Angleterre qui auroient pû
feindre de n'avoir pas remarqué ce que le Docteur Sacheverel avoit prêché,puifqu'il n'a
fait que parler pour la Religion dominante du Pays , &
Mars 1710. I i
374 MERCURE
établie par les Loix , & que les
autres ne font que tollerées
pour les interefts de la Reine ,
& par une politique dont je
vous ay fouvent parlé , & que
je vous ay amplement expli
quée.
La Caufe du Docteur Sacheverel eft fi jufte que fes Avocats le jour qu'ils commencerent à répondre à fes accufations , ne firent autre chofe que
lire des Homelies , des Sermons , & d'autres ouvrages
qui enfeignent la même Doctrine qu'il a prêchée & qui elt
autorisée par les Livres ap-
GALANT 375
prouvez par le Parlement
Le Chevalier Harcourt plaidant en faveur de ce Docteur
fur le premier Chef d'accufation , dit entre autres chofes ,
que le Docteur Sacheverel n'avoit rien avancé contre la revolution , & que s'il avoit toûjours foûtenu la Doctrine de
l'obéïffance paffive , il avoit une foule de garents & d'autoritez parmy les fameux Docteurs de l'Eglife Anglicane ,
tant morts que vivants , & entr'autres plus de vingt Archevêques ou Evêques , dont quelques-uns étoient là pour le ju
Ii ij
376 MERCURE
ger , & dans les Sermons ou
certe Doctrine étoit maintenuë , quiavoient eftéimprimez
par ordre exprés de S. M. ou
de la Chambredes Pairs.
Le lendemain les quatre Avocats du Docteur Sacheverel
produifirent un figrand nombre de preuves pour la Doctrine de l'obéillance paffive ,
que cela occupa la Cour depuis onze heures du matin juf
qu'à fix heures du ſoir.
Les accufations faites contre le Docteur Sacheverelfont
fi criantes , & ont tellement
irrité tous les Anglicans , que
GALANT 377
2
nonobſtant les pourſuites qu'2
ils ont vû faire contre ce Docteur , ils font prefts de l'imiter
en tout ce qui regardera leur
Miniftere lorfqu'ils fe trouveront en pareilles occafions fans
craindre d'encourir la difgrace
de la Cour , & il eft arrivé làdeffus un fait auffi extraordinaire que furprenant , & qui
fait voir que les Docteurs de
Egliſe Anglicane la défendront toûjours. Ce fait eft arrivé en preſence de la Reine , &
l'on pouroit dire en s'adreffant
à elle-même , puifqu'il parloit
à l'Auditoire dont cette PrinIi iij
378 MERCURE
ceffe étoit à la tête.
Mr Palmer ayant eſté nommé par l'Evêque de Londres
pour prêcher dans la Chapelle
de la Reine à Witchall , il obéït ; mais dans fon Sermon il
pria Dieu pour le Docteur Sacheverel commepour unhomme perfecuté , & comme la
Reine a donné ordre à l'Evêque de Londres de le fufpendre de fes fonctions ; ce procedé qui eſt auſſi hardy que
glorieux pour ce Predicateur ,
a efté fort applaudi des Anglicans , & l'on peut juger par là
des fuites que l'on doit crainK
GALANT 379
dre de cette affaire , & de la
combuftion où se trouve toute la Nation Angloiſe , qui
penfera moins à l'avenir aux
affaires du dehors qu'à celles du
dedans , tous les chaftimens
n'ayant fait que l'aigrir , &
chacun ne fongeant plus qu'à
la défenfe de fa caufe, & à fa
défenſe même.
Enfin pour mieux faire remarquer la fituation violente
oùfe trouvent les chofes , il me
fuffira de vous dire que l'on
prêche hautement dans Londres contre l'injuftice du Gou
vernement.
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Résumé : Situation des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
En mars 1710, la situation politique et militaire en Europe est marquée par des difficultés pour l'Empereur. Ses troupes ont subi plusieurs défaites, notamment en Hongrie et à l'île de Schut, près de Vienne. Les cercles impériaux n'ont pas encore mobilisé de fonds ou de soldats pour affronter l'armée française victorieuse près du Rhin. L'Empereur ne peut compter sur des renforts du Danemark ou d'autres alliés et doit rapatrier des troupes d'Italie, affaiblissant ainsi la défense en Savoie. Les finances de l'Angleterre et des Pays-Bas sont également insuffisantes pour soutenir une campagne. En revanche, la France dispose de troupes nombreuses et bien équipées, avec des fonds suffisants grâce à divers rachats et revenus royaux. Les récoltes abondantes et les importations de blé assurent une bonne situation alimentaire. Les recrues sont prêtes et les alliés sous-estiment la véritable situation des affaires françaises. Les troupes saxonnes sont nécessaires en Pologne pour maintenir le roi Auguste face à l'opposition locale. Toutes les puissances européennes ont besoin de leurs troupes et les alliés, malgré leurs ressources financières, manquent de soldats à envoyer à l'extérieur. En Espagne, la situation est favorable au roi Philippe V, légitimement reconnu et soutenu par les Espagnols, qui fournissent volontairement hommes et ressources. Les alliés ne peuvent envoyer des troupes par mer sans subir de lourdes pertes, comparant la situation en Espagne à un rocher imprenable. En Angleterre, l'affaire du Docteur Sacheverell, dont les prédications ont causé des tensions, est un point crucial. Le Chevalier Harcourt, chef d'accusation contre Sacheverell, a affirmé que ce dernier n'avait jamais contesté la révolution et soutenait la doctrine de l'obéissance passive, partagée par de nombreux docteurs de l'Église Anglicane. Les sermons de ces autorités, imprimés par ordre du roi ou de la Chambre des Pairs, maintenaient cette doctrine. Les accusations ont suscité une forte réaction parmi les Anglicans, prêts à imiter Sacheverell malgré les poursuites. Un fait notable est survenu en présence de la reine : Mr Palmer, nommé par l'évêque de Londres pour prêcher à la chapelle de la reine, a prié pour Sacheverell comme pour un homme persécuté, acte applaudi par les Anglicans. La situation est tendue, avec des prêches contre l'injustice du gouvernement à Londres, la nation étant plus préoccupée par les affaires intérieures que par les affaires extérieures.
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218
p. 164-167
Article de Marine. [titre d'après la table]
Début :
J'oubliay le mois passé lors que je fermay ma Lettre, d'y [...]
Mots clefs :
Marine, Commandant, Bâtiment, Capitaine, Corsaire
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texteReconnaissance textuelle : Article de Marine. [titre d'après la table]
J'oubliay le mois paffé lors
que je fermay ma Lettre , d'y
mettre les Articles de Marine
que vous allez lire.
De Dunkerque le 6. Mars.
Les Vaiffeaux du Roy l'Augufte & le Blackwal , ont amené
un Baftiment Hollandois char
gé de Moruë.
De Bordeaux le 8. Mars.
Le Vaiffeau la -Bellone de
Bordeauxya conduit une Priſe
CALANT 165
Angloife nommée l'Agnés de
Glafcom, chargée de Sucre , de
Cotton, & de Gingembre , venant d'Antigue , Ifle Angloife.
De Breft le 10. Mars.
Mr Hamel Commandant
la Fregatte du Roy la Victoire,
a pris le Navire l'Ecureuil , venant de Ligourne chargé de
vin de Florence & de marbre ,
deſtiné pour Londres , aprés
une heure de Combat dans lequel Mr Hamel a eu trois
hommes tuez & cinq bleffez.
166 MERCURE
De Calais le z2 . Mars
Le Capitaine Mathieu Car--
don Commandant le Corfaire
nommé le Maréchal de Boufflers, a pris un Baftiment Hol
landois de 70. tonneaux fortant de Rotterdam pour
Aberdein, Nord- d'Angleterre,
chargé de briques , poteries
chanvres , papiers , fil de fer ,
peintures , & épiceries.
aller à
,
Le Capitaine Alexandre
Dalzel Commandant le Dogre
l'Experience , a amené une rançon de 32 50. livres.
GALANT 167
De S. Malo le 5. Mars.
Le Corfaire le Chaffeura pris
un Paquebot Anglois venant
de Lifbonne , fur lequel il y
avoit plufieurs Officiers de cette Nation , deux Suedois , &
quatre Marchands Hollandoispaffagers.
LaMarguerite a repris deux
Barques chargées de vin de
Bordeaux qui avoient eſté enlevées par des Corfaires de
Jerfé.
que je fermay ma Lettre , d'y
mettre les Articles de Marine
que vous allez lire.
De Dunkerque le 6. Mars.
Les Vaiffeaux du Roy l'Augufte & le Blackwal , ont amené
un Baftiment Hollandois char
gé de Moruë.
De Bordeaux le 8. Mars.
Le Vaiffeau la -Bellone de
Bordeauxya conduit une Priſe
CALANT 165
Angloife nommée l'Agnés de
Glafcom, chargée de Sucre , de
Cotton, & de Gingembre , venant d'Antigue , Ifle Angloife.
De Breft le 10. Mars.
Mr Hamel Commandant
la Fregatte du Roy la Victoire,
a pris le Navire l'Ecureuil , venant de Ligourne chargé de
vin de Florence & de marbre ,
deſtiné pour Londres , aprés
une heure de Combat dans lequel Mr Hamel a eu trois
hommes tuez & cinq bleffez.
166 MERCURE
De Calais le z2 . Mars
Le Capitaine Mathieu Car--
don Commandant le Corfaire
nommé le Maréchal de Boufflers, a pris un Baftiment Hol
landois de 70. tonneaux fortant de Rotterdam pour
Aberdein, Nord- d'Angleterre,
chargé de briques , poteries
chanvres , papiers , fil de fer ,
peintures , & épiceries.
aller à
,
Le Capitaine Alexandre
Dalzel Commandant le Dogre
l'Experience , a amené une rançon de 32 50. livres.
GALANT 167
De S. Malo le 5. Mars.
Le Corfaire le Chaffeura pris
un Paquebot Anglois venant
de Lifbonne , fur lequel il y
avoit plufieurs Officiers de cette Nation , deux Suedois , &
quatre Marchands Hollandoispaffagers.
LaMarguerite a repris deux
Barques chargées de vin de
Bordeaux qui avoient eſté enlevées par des Corfaires de
Jerfé.
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Résumé : Article de Marine. [titre d'après la table]
En mars, plusieurs événements maritimes notables ont été rapportés. À Dunkerque, le 6 mars, les vaisseaux Auguste et Blackwall ont capturé un navire hollandais chargé de morue. À Bordeaux, le 8 mars, La Bellone a conduit une prise anglaise, l'Agnès de Glascom, chargée de sucre, de coton et de gingembre, en provenance d'Antigua. À Brest, le 10 mars, la frégate La Victoire, commandée par M. Hamel, a pris le navire L'Écureuil, venant de Livourne et chargé de vin de Florence et de marbre destiné à Londres, après un combat ayant causé trois morts et cinq blessés. À Calais, le 22 mars, le corsaire Le Maréchal de Boufflers a capturé un bâtiment hollandais de 70 tonneaux en provenance de Rotterdam à destination d'Aberdeen, chargé de divers produits. Le capitaine Alexandre Dalzel a amené une rançon de 32 500 livres. À Saint-Malo, le 5 mars, le corsaire Le Chasseur a pris un paquebot anglais venant de Lisbonne avec plusieurs passagers, et La Marguerite a repris deux barques chargées de vin de Bordeaux enlevées par des corsaires de Jersey.
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219
p. 266-310
Article concernant tous les nouveaux Brigadiers, & qui fait connoistre leurs services, & les Corps dont ils ont esté tirez. [titre d'après la table]
Début :
Je vous marquay dans ma derniere Lettre que je ne vous [...]
Mots clefs :
Nouveaux brigadiers, Colonel, Régiment, Marquis, Chevalier, Bataille, Roi, Lieutenants généraux
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texteReconnaissance textuelle : Article concernant tous les nouveaux Brigadiers, & qui fait connoistre leurs services, & les Corps dont ils ont esté tirez. [titre d'après la table]
Je vous marquay dans Ima
derniere Lettre que ju nd vous
dirois rien des nouveaux Lieutenans Generaux , & des nouveaux Maréchaux de Camp ,
parce que je vous en ay parlé à
meſure qu'ils font montez à
ces premiers poftes de la guer
re ; mais comme il left plus
difficile de parler des nouveaux
3GALANT 267
Brigadiers , à caufe que n'ayant
point encore rempli le pofte
d'Officiers generaux , ils ne font
fouvent connus que par leurs
noms , & que l'on a mefme de
la peine à fçavoir quels eftoient
leurs Emplois avant que d'avoir la qualité de Brigadiers.
La recherchequ'il en faut faire
pour en parler jufte , eſt tresgrande , & je crois en eftre venu à boutàa peu de chofe prés;
carab eft prefque impoffible
que l'on ne faffe quelques fau
tes en parlant d'un fi grand
nombre d Officiers. Je com
mence par les Brigadiers d'InZ ij
268 MERCURE
fanterie fuivant l'ordre de leur
nomination. AM Steegia
Mr.Reynold de Valier , Capitaine aux Gardes Suiffes , &
Chevalier de S. Louis. Il fert
en France il y a plus de 20.
ans. Il fe trouva à la Bataille de
Nerwinde où il fut bleffery
n'eftant alors qu'Officier fubalterne.
ede
Mr Reding, Capitaine aux
Gardes Suiffes , avec Brevet de
Colonel. Il eft attaché au Service de la France depuis prés de
25. ans. Il eft parent de Mrs
Stoupe & de Mollondin qui
Occupent les premieres places.
$
GALANT 209
de la Magiftrature de la Prin
cipauté de Neufchaftel. left
auffi parent de Mrs Courte &
Grenu , Brigadiers & de la mês
me Nation.
Mr Mergeret, Capitaine aux
Girdes Françoiſes. Il eft de
Paris ; fon fon pere a efté longtemps dans les Illes, où il avoit
un Commandemenr tres confiderable. Ce nouveau Brigadier a donné de grandes preu
ves de fa valeur à la Bataille de
Malplaquet.
Mrde Villiers, Capitaine aux
Gardes Françoifes, avec Brevet
de Colonel. Il fert depuis l'âge
Z iij
270 MERCURE
يا
de 15 ans avec beaucoup de
diftinction. Il a fervi en Italie
fous Monfieur de Vendofme
qui l'a employé dans des occafions importantes qui luy
ont fait beaucoup d'honneur.
Il eft d'une famille originaire
de l'Ile de France , & alliée à
celle de Mr Poitevin Confeil
ler au Parlement. Il eft parent
deMrideVilliers leMorier,Ma
jor du Regiment de la Reine
Dragons , & Brigadier , & de
Mr de Villiers le Morier Ma
réchal de Camp.
Mr le Comte de Mongon,
Capitaine de Grenadiers aux
GALANT 271
易
Gardes Françoifes , avec Brevet
de Colonel alpa donné des
marques de fa valeur en plu
fieurs occafions. It eft fils de
Mr de Mongon , Lieutenant
General & Inſpecteur d'Infanterie , & de feuë Dame N...!
Sublet d'Heudicourt , fille de
Mr le Marquis d'Heudicourt
-grand Louvetier de France , &
foeur de Mr.le Comte d'Heudicourt Brigadier des Armées
du Roy, & de feu Mr l'Abbé
d'Heudicourt , mort nommé
Evêque d'Evreux. Feuë Me la
Comteffe de Mongon eftoit
Dame du Palais de Madame
Z iiij
រឺ
272 MERCURE
la Ducheffe de Bourgogne. 19
Mr le Marquis de Gallion ,
Colonel du Regimens de Nav
varre, Il combattit à la Batailleb
de Malplaquet a côté de Mrle
Maréchal deBoufflers ,
lorfque
les Ennemis furent fi mal-trai
tez à la droite du bois , par la
Brigade de Navarre. Ce Maréchal & tous ceux qui fe trous
verent en cet endroit rendirenca
juſtice à la valeur de Mr dep
Gaffion , dont le Roy d'Anglet
terre fut auffi témoin , & ill
combattit juſqu'à ce que Mrs
de Boufflers craignant quel'Infanterie ne fût coupée, la fitp
BALANT 273
pric
retirer. Il repric quelques drapeaux que les Ennemis nous
avoient pris , & leur en
des leurs nye lats if
Mr le Chevalier de Givry,
Colonel du Regiment de la
Marche. Il y a 22, ans qu'il
fert , & il n'a point laiffe paffer
d'occafions fans donner des
marques de fa valeur. Il s'eft
trouvé à la Bataille de Malplaquet , où il a fait des actions
furprenantes. Voyant que les
Ennemis avoient penetré dans
un Pofte important , il marcha
à eux avec fon Regiment
qu'on avoit mis en reſerve , &
+
274 MERCUR
les en chafla. Mr de Gaffion
fon oncle commandoit alors
l'aifle droite de la Cavalerie , &
*
fit à la tête de la Maifon du
Roy les plus belles charges de
Cavalerie qui ayent jamais eſté
faites.
Mr le Comte du Montal ,
Colonel du Regiment de Poitou. Il est petit fils de Mr du
Montal , mort Chevalier des
Ordres du Roy , & l'un des
plus grands hommes de guerre
que la France ait eus dans
dernier fiecle. Celuy qui donne
lieu à cet Article avoit d'abord
efté destiné à l'Eglife ; mais fe
GALANT 275
fentant plus d'inclination pour
la profeffion des Armes , il
s'y attacha , & y a donné de
frequentes preuves de fa valeur.
24 Mr de Colandres , Colonel
du Regiment des Vaiffeaux. Il
eft fils de feu Mr le Gendre
de Rouen , frere de Mr de
Barville Capitaine aux Cardes
qui a épousé Alle de Saillant ;
de MePecoil , femme du Maître des Requeftes de ce nom ,
&de Mc la Prefidente de Feu
mechon 'de Rouen. Un de fes
freres , auffi Colonel , fut tué
à la Bataille d'Hochfter.
276 MERCURE
Mr le Comtede Guiraud, Co
lonel du Regiment de Bour
gogne. Il porte un nom des
plus illuftres , & tous ceux qui
le portent ont toûjours fair
voir dans les occaſions autant
de valeur que de fidelitépins
Mr le Comte de Laval , Com
lonel du Regiment de Bourq
bon. Il a donné des marques
de fa valeur dans les principa
les actions de cette guerre où
il s'eft trouvé, & où il a foû
tenu glorieufement l'illuftre
nom qu'il porte. Mr de Buran
lure , fon Lieutenant Colonel,
l'a tiré deux fois des bras de la
GALANT 277
mort , où fon courage l'avoit
precipité. Il eſt de la Maiſon
de Montmorency, & never
de Mc la Ducheffe de Roquelaure.zochild
僖
Mr le Comte Marquis de
Lannion , Colonel du Regiment de Xaintonge. Il paſſe
pour un des plus braves de
l'Armée. Il est d'une ancienne
famille de Bretagne , dont je
yous ai amplement parlé en
vous apprenant fon mariager
Il eft parent de Mr le Marquis
de Lannion , Lieutenant GCneral des Armées du Roy. øj
Mr leMarquis deFeryaques
278 MERCURE
Colonel du Regiment de Piémont. Il a donné plufieurs
preuves de fon courage dans
cette guerre,& fur tout dans
la Bataille de Malplaquet , oùil
ſe trouva , &de qui un Officier
du Regiment de Monfieur le
Prince de Baviere , dit dans fa
Relation que c'eftoit un hom
me d'un grand merite , & un
fort bon Officier , qui meri
toit d'entre loué. Heft fils de
MrleMarquis de Bullion, Prevoſt de Paris , & frere de Mt
le Marquis de Bonnelles , mort
des bleffures qu'il reçût au com
mencement de cette guerre,
GALANT 299
dans une des premières Batailles qui fe font données. Il eſt
auffi frere de M la Ducheffe
d'Uzés , & de MⓇ la Princeffe
deTalmont. Visuel asi
Mr le Marquis d'Aubigné,
Colonel du Regiment Royal.
Hefe trouva à la Bataille
d'Hochfter , ou il donna des
marques de fa valeur , & ou
MrdeSaint Maurice, fon Lieutenant Colonel, luy fauva la
vielen de fecourant à propos
contre un peloton d'ennemis
qui adlavoient invefti , & qui
Fauroient fait perit fans ce fecours qui
སྙ
vine fort à propos
280 MERCURE
2
pour luy. Il a acquis dans d'autres occafions fa reputation
d'un Officier fort entendu dans
la difcipline militaire. L'Offi
cier dont j'ay parlé dans l'Ar,
ticle precedent , dit de Mr
d'Aubigné qu'il fit dans cette
Bataille merveilles , & qu'il s'y
comporta en bon Officier, & en
brave homme; ce font fes termes auſquels je nechange rich,
Il eft certain que ce Colonel à
la tefte de fon Regiment, chargea jufqu'à onze fois douze
Bataillons retranchez dans un
Village, duquel il les chaffa
enfin. Mr de Villars fut fi char,
*
GALANT 281
mede cette action de vigueur,
qu'il dit en embraffant ce jeune Colonel , qu'il mourroit
content s'il avoit une femblable action pardevers luy. Ce
Colonel emporta auffi dans la
mefme journée fept traverſes ,
avec le retranchement qui les
lioit , & lorfqu'il en voulut attaquer un autre , il fut bleffé
d'un coup de Fufil dans la
cuiffe. Il eft fils de Mr le Marquis de Tigny de Poitou , neveu de Mr. l'Archevêque de
Rouen , & proche parent de
Madame de Maintenon,
Mr Berthelot de Bourceau ,
Aa
Avril 1710.
282 MERCURE
Colonel du Regiment de Bretagne. Il fert depuis l'âge de
15. ans , & il s'eft trouvédans
dans toutes les occafions confiderables de fon temps. A la
Bataille de Nerwinde , où il
n'eftoit que fimple Capitaine,
il merita par la valeur qu'il y
fit paroître des louanges de Mr
le Maréchal de Luxembourg,
qui en écrivit mefme à la Cour.
Il eft parent de Mr le Lieutenant de Roy de Châlons , &
d'une famille originaire de Paris , qui a efté dans les Charges
de la Robbe depuis plus d'un
ficcle & demy.
@GALANT 283
Mr de la Chau-Montauban ,
Colonel d'un Regiment d'Infanterie qui porte fon nom.
Il s'eft trouvé à la Bataille que
Mr le Comtedu Bourggagna
fur le General Mercy P'Elte
dernier prés de Rumersheim.
Il eftoit à la tefte de la Brigade
de l'Auxerrois , & il tua de fa
main d'un coup de Sponton
le Colonel du Bataillon ennemyqui marchoirà luy. Il eftoit
alors auprés de Mr le Comte
de Tallard , & de Mfl de Bethune Monime. Ce nouveau
Brigadier eft de Creft en Dauphiné, & d'une Maiſon tresqualifiée.
Aa ij
3
284 MERCURE
Mdle Marquis de Crecy ,
Colonel du Regiment de Boulonnois. Il eft fils de feu Mre
Louis Verjus , Chevalier Com
te de Crecy, MarquisdeTreon
& Fort Ifle , Baron de Couvé,
Seigneur du Boulay, les deux:
Eglifes , le Menillet , &c. Confeiller d'Etat ordinaire , cys
devant Envoyé Extraordinaire
dans toutes les Cours d'Alle
magne, & Ambaſſadeur Extraordinaire à la Paix Genera
le de Rifwick. Le nouveau
Brigadier eft neveu de Mr l'E
vêque de Graffe, & du feu
Pere Verjus Jefuite. to d
*
GALANT 2899
Me le Comte de Sauvebeof,
Colonel du Regiment de Blai- >
fois. Il adonné des preuves de
fa valeur dans toutes les occafions où il s'eft trouvé , & l'on
ena rendu uncompte à la Cour
dont le Roy s'eft ſouvenu. Ik
fçait parfaitement la difcipline militaire. Il eft parent de
Mrs les Abbez de Sauvebeuf.
Mr leMarquis de Balincourt,
Colonel du Regiment d'Ar
tois. Il fervoit la Campagne
derniere en Rouffillon , où Mr
le Duc de Noailles a efté plufieurs fois témoin de fa valeur.
Il eft fils de Mr le Marquis de
286 MERCURE
Balincourt , & de Dame N. de
Seve fa premiere femme.
Mr le Chevalier Sanguin
de Livry , Colonel du Regiment de Nivernois. Il joint à
une grande experience de tout
ce qui regarde la guerre , un
courage éprouvé en plufieurs
occafions , &fur tour aux ders
nieres actions de certe guerre.
Il eft fils de Mr le Marquis de
Livry , Premier Maiftre d'Hô
tel du Roy, & perit neveu de
feu Mr l'Evêque de Senlis 5
Mr le Marquis de Gondrin
Colonel d'un Regiment qui
porte fon nom. Il a donnédes
GALANT 287
1.
preuves éclatantes de fon courage à Hochftet & à Ramilly.
Ileft fils aîné de Mr le Marquis d'Antin , & beau - frere de
Mr le Duc de Noailles. Perfonne n'ignore la grandeur &
l'éclat de la Maifon de Gondrin Pardaillan.
Mr Obrien , Chevalier de
S. Louis , & Colonel d'un Regiment Irlandois qui porte fon
nom. A la tefte de fon Regiment, & avec celuy de Lee,
auffi Irlandois , il a foûtenu à
la Bataille de Malplaquet , malgré le grand feu des Ennemis
noftre Artillerie , & à la faveur
1
88 MERCURE
e ces deux Regimens , celuy
ui commandoit cette Artille- rie leur renverfa des Batailons entiers , qui furent obligezde fe retirer pour fe cacher
à fes coups redoublez. Mr
Obrien & un autre Mr Obrien,
auffi Chevalier de Saint Louis,
Lieutenant Colonel fe diftinguerent beaucoup dans cette
occafion.
Mr Perrin , Chevalier de S.
Louis , Colonel d'un Regiment
qui portoit le nom de Beaufermé , & qu'on appelle prefentement Noailles. Il eft fort
attaché à la Maifon de Noailles.
GALANT 289
les. Le Duc de ce nom qui
connoît les gens de merite,
ayant connu il y a long- temps
tout celuy de Mr Perrin ,
l'eft voulu attacher.
fe
Mr de Saint Morel , Lieutenant Colonel du Regiment
dePoitou dont Mr du Montal eft Colonel , a prés de 35.
ans de fervice. Il brilla dans
la derniere guerre par un
grand nombre d'actions de
valeur , & Mr le Maréchal de
Luxembourg qui en fut ſouvent témoin en rendit des
temoignages avantageaux à la
-Cour. Il a toujours fervi dans
Avril 1710. Bb
290 MERCURE
Infanterie , & il eft peu
d'Officiers qui l'entendent,
mieux que luy. H&M
Mr de Chaftenet , Licutenant Colonel duRegiment de
Xaintonge , dont Mr le Mar-
* quis de Lannion qui a auffi efté
fait Brigadier, eft Colonel , eft
un vieux Officier qui n'a pas
manqué une feule Campagne
depuis prés de 35 ans qu'il
porte les armes pour le Service
du Roy. Il fut bleffe dangereufement à la Bataille de Nerwinde, n'eftant alors que
ple Capitaine. Il y fit des actions de valeur qui luy artirofim-
IGALANT 291
es
rent de grandes loüanges des
Generaux.
Mr de Curty, Chevalier de
S. Louis , Lieutenant Colonel
du Regiment de Provence,
dont Mr le Comte de Nonant
eft Colonel. Il fert depuis plus
de 30. ans avec beaucoup de
reputation. Il fervit au commencement de la Guerre en
Efpagne, oùil merita par quelques actions de valeur des témoignages d'eftime de S. M.C.
qui luy ont fait beaucoup
d'honneur.
Mr le Marquis de la Deveze,
Chevalier de S. Louis , Lieute
Bb ij
292 MERCURE
nant Colonel du Royal Artil
lerie. Il eft Lieutenant de Roy
de la haute Guyenne , & de
l'illuftre Maiſon de Loupiat.
Il a plufieurs parens de fon
nom dans le Service.
Mr de Roiffy Major du Re
giment de Leuville , & Major
general de l'Armée d'Italie , où
il a fervy dans les premieres
années de la Guerre. Il fe trouva à la Bataille de Luzzara , ou
il fut bleffé d'un coup de Fau
conneau à coté de Mr le Marquis de Crequy qui fut tué
dans le mefme temps. Monfieur de Vendôme qui l'avoit
A-
戀情
GALANT 293
fouvent employé , & qui avoit
efté témoin de ce qu'il avoit
fait à la Journée de Luzzara ,
rendit un bon témoignage en
fa faveur à la Cour.
Mr du Magny Chevalier de
S. Louis , Lieutenant general
d'Artillerie.
Mr le Chevalier de Saint
Perrier , Chevalier de S. Louis,
Lieutenant general d'Artillerie,
& Chefen Espagne. C'eſt un
des Officiers de S. M. qui entend le mieux l'Artillerie, ayant
efté élevé fous les yeux de Mr
de Saint Hilaire.
Je paffe à ce qui regarde
Bb iij
294 MERCURE
ceuxqui ont efté nommez Brigadiers de Cavalerie. "obs zalew
Mr le Comte de Voluiré
fecond Sous- Lieutenant des
Gendarmes du Roy. Il s'eft
diftingué par tout où ce Corps
qui eft des plus braves du
Royaume a combattu. Je ne
vous dis rien de la naiffance de
Mrde Voluire ; perfonne n'ignore qu'elle cft des plus illuftres ; fon nom eft Ruffec.
Mr le Comte de Biffy, Colo
nel de Cavalerie. Il est proche
parent de Mr le Marquis de
Biffy auffiBrigadier , & Colonel de Cavalerie , & neveu de
GALANT 295
Mrile Marquis de Biffy Che
valier de S. Louis, Gouverneur
d'Auffonne, & Lieutenant ge
neral des Armées du Roy , &
de Mr. l'Evêque de Meaux. Le
nom.deMrs.de Biffy,elt Thyard,
Cette Maiſon eft originaire de
Bourgogne , & elle a donné
plufieurs Evêques à l'Eglife de
Châlons fur Saone. Elle eſtoir
connue en Bourgogne dés le
temps des Ducs de Bourgo
gne.
Mr le Comte de S. Sernin,
Colonel de Dragons. Il a longtemps fervy en Italie ; & il ya
merité par plufieurs actions de
Bb iiij
296 MERCURE
valeur , l'eltime & la confiance
de Mr le Duc de Vendofnio.
Il eft d'une tres grandes naiffance. Sa famille eft originaire
de Languedoc, où elle a toujours tenu un rang confide
rable.
Mr le Chevalier de Montmain , Capitaine des Gendar- i
mes dOrleans. Il a beaucoup
de valeur , & il en a fouvent l
donné des marques à la reftest
du Regiment qui a porté fon
nom , & qui a prefque toûjours fervy en Flandre. Il eft
d'une illuftre Maifon originaiz 3
re d'Auvergne , & allié à Mr
GALANT 297
le Duc de la Feuillade , feue
Me la Comteffe de Montmain .
fœur de Me de la Ville auxClercs , eftant de la Maifon
d'Aubuffon. Les deux fils de
certe Dame , & coufins de celuy qui donne lieu à cet Article,font tous deux morts dans
le Service. Ainfi Mr de Montmain que le Roy vient de faire
Brigadier , eft devenu l'aîné de
fa Maiſon.
Mr le Comte de Bouzols ,
Colonel d'un Regiment de
Cavalerie qui porte fon nom,
& dont Mr de Blangy fon parent eft Lieutenant Colonel.
298 MERCURE
Il est proche parent de Mrle
Marquis de Bouzols , Brigadier
&Inspecteur de Cavalerie , &
Breaufrere de Mr le Marquis
de Torcy. Ce nouveau Briga
dier s'eft diftingué dans toutes
les occafions où il s'eft trouvé
& fur tout en Rouffillon & en
Allemagne , où il a prefque
toûjours fervy.
non
Mr le Comte Marquis de la
Fare Tournac , Chevalier de
S. Loüis, Colonel du Regiment
du petit Languedoc Dragons,
Ce nouveau Brigadier, qui por
te dans fes Titres la qualité de
Comte- Marquis, ainsi queplus
THEQUE
GALANT 299
fieurs autres Seigneurs Fran
çois , eft d'une illuftre Mailon
originaire de Guyenne, & pro
che parent de Mr le Marquis
de la Fare- Laugere , Capitaine
des Gardes de Monfieur le
Duc d'Orleans ; de Mr de la
Fare Colonel d'un Regiment
d'Infanterie qui porte fon
nom, & de Mr de la Fare Lau
gere Brigadier & Colonel du
Regiment de Gaftinois.
3.Mr le Marquis de Bouville ,
Colonel d'un Regiment de
Dragons qui porte fon nom.
Il s'eft acquis une grande repu
tation en Espagne , où il a
BE
LA
300 MERCURE
à lá
long tempsfervy. Il donna des
marques de fon courage
Bataille que Mr de Barwick y
gagna en 1707. Il eft de l'ancienne Maifon de Jubert , &
frere de Mr de Bouville Intent
dant d'Alençon , & de Mrle
Marquis de Bizy; ils font neq
yeux de Mr Defmaretz , Controlleur General des Finances,
Mede Bouville leur Mere étang
fœur de ce Miniftre. Mr de
Bouville leur pere ,
a efté longtemps Intendant d'Orleans. D
Mr de Skelton , Colonel Reformé de Cavalerie ; il eft Ches
valier de Saint Louis , & l'on
GALANT 3or
4
ne parvient point à ce degré
d'honneur fans avoir efté blef
fé , ou avoir efté fort longtemps dans le fervice.
Mr de Montiers , Capitaine
de Gendarmerie. Il s'eft diftingué dans plufieurs actions importantes. Il fut bleffé à la Bataille d'Hochfter , & à celle de
Malplaquet. Il fert dés fa plus
grande jeuneffe ; il s'eft trouvé à toutes les Campagnes, &
il a donné prefque dans toutes,
des marques de fa valeur.
Mr de la Billarderie, Exempt
& Ayde Major de la Compagnie de Boufflers. Il eft Cheva-
302 MERCURI
lier de Saint Louis de la promotion de 1705. Il eſt d'une ancienne famille originaire de
Normandie. Il eft dans la Maifon du Roy depuis plus de 20.
ans , & il y a donné des marques de fa valeur dans des
Journées de Fleurus , de Leuze,
de Steinkerque , & de Nerwinde. Mr le Prince de Turenne
fut bleffé à mort àfes coftez,
à la Bataille de Steinkerque. Il
fut bleffe au Siege de Mons
d'un coup de fufil au bras.
Mr le Chevalier de Velleron
Enfeigne des Gardes du Corps.
Il a un Brevet de Colonel de
GALANT 303
Cavalerie , que fes longs fervices luy ontfait meriter. Depuis
qu'il eft entré dans le fervice,
-il n'a pas manqué une feule
Campagne. Il fut dangereufement bleffé au Siege de Naamur.
Mr le Marquis de Courcil-
-don , Colonel d'un Regiment
de Cavalerie qui porte fon
nom, & qui portoit auparavant celuy de Furftemberg. Il cft
Chevalier de Saint Lazare , &
fut le fecond de la promotion
side: 1704. Il eft fils de Mr le
Marquis de Dangeau Grand-
•Maître de cet Ordre , & Che-
304 MERCURE
valier de l'Ordre du S. Efprit ,
& petit neveu de feu Mr le
Cardinal de Furftemberg par
Me la Marquife de Dangeau
fa Mere, qui al'honneur d'appartenir à S. A. R. Madame.
Ce jeune Marquis a époufé
l'heritiere de l'illuftre Maiſon
de Pompadour. Je ne vous
parle point de la naiffance ny
de la valeur de Mr le Marquis
de Courcillon. Sa naiffance eſt
.connue de toute la France. , &
fa valeur n'éclara que trop à la
Bataille de Malplaquet , puifqu'il en porte de triftes marques.
GALANT 305
Mr le Marquis d'Ancenis ,
Colonel du Regiment de Bourgogne Cavaleric. Il eſt ſecond
fils de Mr le Duc de CharoftBethune,& de fa premiere femme Louife- Therefe - Marie de
Meleun fille d'Alexandre Guillaume Prince d'Epinoy , & de
Louife Marie- Anne de Bethune fa premiere femme. Mr le
Marquis d'Ancenis n'a que 28.
ans , & Mr Lauret fon LieutenantColonel, a fouvent témoigné que dans les Batailles où il
s'eft trouvé, fa plus grande application n'avoit efté que de retenir Mrle Marquis d'Ancenis.
Avril 1710. Cc
306 MERCURE
Mr de Pujol Capitaine Lientenant des Carabiniers. Il eft
Chevalier de S. Louis de la promotion de 1707. Il a donné
des preuves de fon courage
dans toutes les occafions où il
s'eft trouvé avec la Maifon du
Roy. Il eft d'une ancienne Maifon originaire du Rouergue.
Mr Darifat Chevalier de S.
Louis , Enfeigne des Moufque
toires gris. Il fut bleffé à la
Bataille de Nerwinde , où une
partie de la Maiſon du Roy fe
trouva , & il y donna de grana
des marques de fa valeur ,ainfi
que toutes les Relations de cet-
GALANT 307
te Bataille le font connoître.
Il fut du détachement qui ac
compagna le Roy d'Espagne
jufqu'à la Frontiere d'Espagne,
& lorfqu'il prit congé de ce
Prince S. M. C. luy témoigna
beaucoup de fatisfaction de
fes fervices , & eut pour luy
des diftinctions particulieres.
2 Mr de Trudaine , Enfeigne
de Gendarmerie , Chevalier de
l'Ordre de S. Louis. C'eft un
Gentilhomme de Picardie qui
depuis 20. ans fert le Roy dans
fa Gendarmerie avec beaucoup
de diftinction. Il a eu le malheur de perdre une jambe à
Cc ij
308 M* RCURE
la Bataille de Malplaquet. Il eft
de la mefme famille que Me
Voyfin & Mr Trudaine , cy
devant Intendant de Lyon , &
àprefent Intendant de Dijon .
Mr Miran , Chevalier de
de S. Louis , Enfeigne de Gendarmerie. Il a fervy en Elpagne & en Catalogne au com
mencement de cette guerre ,
& fur la fin de la precedente.
Il fut bleffé à la Bataille de
Nerwinde , où il donna des
preuves fignalées de fon cou->
'rage. Mr le Maréchal de Luxembourg dans la Relation
qu'il envoya au Roy de cette-
GALANY 309
Journée , fit un éloge particu
lier de Mr Miran , quifut applaudy de toute l'Armée.
Mr le Comte de Coëtanfão,
Aide Major de la Gendarmerie , Chevalier de Saint Louis,
de la promotion de 1705. Il eft
neveu de Mr l'Evêque d'A
vranches , & de Mr le Marquis de Coëtanfao Maréchal
de Camp, & Sous- Lieutenant
des Chevaux Legers de la Garde. Ils font d'une ancienne famille de Normandie. Ce nouveau Brigadier s'eft diftingué
dans toutes les occafions où il
' eft trouvé depuis qu'il fert
310 MERCURE
& il a toûjours donné des preuves de fa valeur , & de fon experience en tout ce qui regarde la guerre. Il a commencé à
porter les armes à l'âge de 29.
ans , & depuis ce temps- là il
n'a pas manqué une feule Cam
pagne. Il porte un nom celebre parmy les gens de guerre.
Tout ce que je viens de vous
dire de ces nouveaux Brigadiers, doit vous faire connoître
qu'il n'y en a pas un feul qui
n'ait merité le pofte d'honneur auquel le Royle vient d'élever.
derniere Lettre que ju nd vous
dirois rien des nouveaux Lieutenans Generaux , & des nouveaux Maréchaux de Camp ,
parce que je vous en ay parlé à
meſure qu'ils font montez à
ces premiers poftes de la guer
re ; mais comme il left plus
difficile de parler des nouveaux
3GALANT 267
Brigadiers , à caufe que n'ayant
point encore rempli le pofte
d'Officiers generaux , ils ne font
fouvent connus que par leurs
noms , & que l'on a mefme de
la peine à fçavoir quels eftoient
leurs Emplois avant que d'avoir la qualité de Brigadiers.
La recherchequ'il en faut faire
pour en parler jufte , eſt tresgrande , & je crois en eftre venu à boutàa peu de chofe prés;
carab eft prefque impoffible
que l'on ne faffe quelques fau
tes en parlant d'un fi grand
nombre d Officiers. Je com
mence par les Brigadiers d'InZ ij
268 MERCURE
fanterie fuivant l'ordre de leur
nomination. AM Steegia
Mr.Reynold de Valier , Capitaine aux Gardes Suiffes , &
Chevalier de S. Louis. Il fert
en France il y a plus de 20.
ans. Il fe trouva à la Bataille de
Nerwinde où il fut bleffery
n'eftant alors qu'Officier fubalterne.
ede
Mr Reding, Capitaine aux
Gardes Suiffes , avec Brevet de
Colonel. Il eft attaché au Service de la France depuis prés de
25. ans. Il eft parent de Mrs
Stoupe & de Mollondin qui
Occupent les premieres places.
$
GALANT 209
de la Magiftrature de la Prin
cipauté de Neufchaftel. left
auffi parent de Mrs Courte &
Grenu , Brigadiers & de la mês
me Nation.
Mr Mergeret, Capitaine aux
Girdes Françoiſes. Il eft de
Paris ; fon fon pere a efté longtemps dans les Illes, où il avoit
un Commandemenr tres confiderable. Ce nouveau Brigadier a donné de grandes preu
ves de fa valeur à la Bataille de
Malplaquet.
Mrde Villiers, Capitaine aux
Gardes Françoifes, avec Brevet
de Colonel. Il fert depuis l'âge
Z iij
270 MERCURE
يا
de 15 ans avec beaucoup de
diftinction. Il a fervi en Italie
fous Monfieur de Vendofme
qui l'a employé dans des occafions importantes qui luy
ont fait beaucoup d'honneur.
Il eft d'une famille originaire
de l'Ile de France , & alliée à
celle de Mr Poitevin Confeil
ler au Parlement. Il eft parent
deMrideVilliers leMorier,Ma
jor du Regiment de la Reine
Dragons , & Brigadier , & de
Mr de Villiers le Morier Ma
réchal de Camp.
Mr le Comte de Mongon,
Capitaine de Grenadiers aux
GALANT 271
易
Gardes Françoifes , avec Brevet
de Colonel alpa donné des
marques de fa valeur en plu
fieurs occafions. It eft fils de
Mr de Mongon , Lieutenant
General & Inſpecteur d'Infanterie , & de feuë Dame N...!
Sublet d'Heudicourt , fille de
Mr le Marquis d'Heudicourt
-grand Louvetier de France , &
foeur de Mr.le Comte d'Heudicourt Brigadier des Armées
du Roy, & de feu Mr l'Abbé
d'Heudicourt , mort nommé
Evêque d'Evreux. Feuë Me la
Comteffe de Mongon eftoit
Dame du Palais de Madame
Z iiij
រឺ
272 MERCURE
la Ducheffe de Bourgogne. 19
Mr le Marquis de Gallion ,
Colonel du Regimens de Nav
varre, Il combattit à la Batailleb
de Malplaquet a côté de Mrle
Maréchal deBoufflers ,
lorfque
les Ennemis furent fi mal-trai
tez à la droite du bois , par la
Brigade de Navarre. Ce Maréchal & tous ceux qui fe trous
verent en cet endroit rendirenca
juſtice à la valeur de Mr dep
Gaffion , dont le Roy d'Anglet
terre fut auffi témoin , & ill
combattit juſqu'à ce que Mrs
de Boufflers craignant quel'Infanterie ne fût coupée, la fitp
BALANT 273
pric
retirer. Il repric quelques drapeaux que les Ennemis nous
avoient pris , & leur en
des leurs nye lats if
Mr le Chevalier de Givry,
Colonel du Regiment de la
Marche. Il y a 22, ans qu'il
fert , & il n'a point laiffe paffer
d'occafions fans donner des
marques de fa valeur. Il s'eft
trouvé à la Bataille de Malplaquet , où il a fait des actions
furprenantes. Voyant que les
Ennemis avoient penetré dans
un Pofte important , il marcha
à eux avec fon Regiment
qu'on avoit mis en reſerve , &
+
274 MERCUR
les en chafla. Mr de Gaffion
fon oncle commandoit alors
l'aifle droite de la Cavalerie , &
*
fit à la tête de la Maifon du
Roy les plus belles charges de
Cavalerie qui ayent jamais eſté
faites.
Mr le Comte du Montal ,
Colonel du Regiment de Poitou. Il est petit fils de Mr du
Montal , mort Chevalier des
Ordres du Roy , & l'un des
plus grands hommes de guerre
que la France ait eus dans
dernier fiecle. Celuy qui donne
lieu à cet Article avoit d'abord
efté destiné à l'Eglife ; mais fe
GALANT 275
fentant plus d'inclination pour
la profeffion des Armes , il
s'y attacha , & y a donné de
frequentes preuves de fa valeur.
24 Mr de Colandres , Colonel
du Regiment des Vaiffeaux. Il
eft fils de feu Mr le Gendre
de Rouen , frere de Mr de
Barville Capitaine aux Cardes
qui a épousé Alle de Saillant ;
de MePecoil , femme du Maître des Requeftes de ce nom ,
&de Mc la Prefidente de Feu
mechon 'de Rouen. Un de fes
freres , auffi Colonel , fut tué
à la Bataille d'Hochfter.
276 MERCURE
Mr le Comtede Guiraud, Co
lonel du Regiment de Bour
gogne. Il porte un nom des
plus illuftres , & tous ceux qui
le portent ont toûjours fair
voir dans les occaſions autant
de valeur que de fidelitépins
Mr le Comte de Laval , Com
lonel du Regiment de Bourq
bon. Il a donné des marques
de fa valeur dans les principa
les actions de cette guerre où
il s'eft trouvé, & où il a foû
tenu glorieufement l'illuftre
nom qu'il porte. Mr de Buran
lure , fon Lieutenant Colonel,
l'a tiré deux fois des bras de la
GALANT 277
mort , où fon courage l'avoit
precipité. Il eſt de la Maiſon
de Montmorency, & never
de Mc la Ducheffe de Roquelaure.zochild
僖
Mr le Comte Marquis de
Lannion , Colonel du Regiment de Xaintonge. Il paſſe
pour un des plus braves de
l'Armée. Il est d'une ancienne
famille de Bretagne , dont je
yous ai amplement parlé en
vous apprenant fon mariager
Il eft parent de Mr le Marquis
de Lannion , Lieutenant GCneral des Armées du Roy. øj
Mr leMarquis deFeryaques
278 MERCURE
Colonel du Regiment de Piémont. Il a donné plufieurs
preuves de fon courage dans
cette guerre,& fur tout dans
la Bataille de Malplaquet , oùil
ſe trouva , &de qui un Officier
du Regiment de Monfieur le
Prince de Baviere , dit dans fa
Relation que c'eftoit un hom
me d'un grand merite , & un
fort bon Officier , qui meri
toit d'entre loué. Heft fils de
MrleMarquis de Bullion, Prevoſt de Paris , & frere de Mt
le Marquis de Bonnelles , mort
des bleffures qu'il reçût au com
mencement de cette guerre,
GALANT 299
dans une des premières Batailles qui fe font données. Il eſt
auffi frere de M la Ducheffe
d'Uzés , & de MⓇ la Princeffe
deTalmont. Visuel asi
Mr le Marquis d'Aubigné,
Colonel du Regiment Royal.
Hefe trouva à la Bataille
d'Hochfter , ou il donna des
marques de fa valeur , & ou
MrdeSaint Maurice, fon Lieutenant Colonel, luy fauva la
vielen de fecourant à propos
contre un peloton d'ennemis
qui adlavoient invefti , & qui
Fauroient fait perit fans ce fecours qui
སྙ
vine fort à propos
280 MERCURE
2
pour luy. Il a acquis dans d'autres occafions fa reputation
d'un Officier fort entendu dans
la difcipline militaire. L'Offi
cier dont j'ay parlé dans l'Ar,
ticle precedent , dit de Mr
d'Aubigné qu'il fit dans cette
Bataille merveilles , & qu'il s'y
comporta en bon Officier, & en
brave homme; ce font fes termes auſquels je nechange rich,
Il eft certain que ce Colonel à
la tefte de fon Regiment, chargea jufqu'à onze fois douze
Bataillons retranchez dans un
Village, duquel il les chaffa
enfin. Mr de Villars fut fi char,
*
GALANT 281
mede cette action de vigueur,
qu'il dit en embraffant ce jeune Colonel , qu'il mourroit
content s'il avoit une femblable action pardevers luy. Ce
Colonel emporta auffi dans la
mefme journée fept traverſes ,
avec le retranchement qui les
lioit , & lorfqu'il en voulut attaquer un autre , il fut bleffé
d'un coup de Fufil dans la
cuiffe. Il eft fils de Mr le Marquis de Tigny de Poitou , neveu de Mr. l'Archevêque de
Rouen , & proche parent de
Madame de Maintenon,
Mr Berthelot de Bourceau ,
Aa
Avril 1710.
282 MERCURE
Colonel du Regiment de Bretagne. Il fert depuis l'âge de
15. ans , & il s'eft trouvédans
dans toutes les occafions confiderables de fon temps. A la
Bataille de Nerwinde , où il
n'eftoit que fimple Capitaine,
il merita par la valeur qu'il y
fit paroître des louanges de Mr
le Maréchal de Luxembourg,
qui en écrivit mefme à la Cour.
Il eft parent de Mr le Lieutenant de Roy de Châlons , &
d'une famille originaire de Paris , qui a efté dans les Charges
de la Robbe depuis plus d'un
ficcle & demy.
@GALANT 283
Mr de la Chau-Montauban ,
Colonel d'un Regiment d'Infanterie qui porte fon nom.
Il s'eft trouvé à la Bataille que
Mr le Comtedu Bourggagna
fur le General Mercy P'Elte
dernier prés de Rumersheim.
Il eftoit à la tefte de la Brigade
de l'Auxerrois , & il tua de fa
main d'un coup de Sponton
le Colonel du Bataillon ennemyqui marchoirà luy. Il eftoit
alors auprés de Mr le Comte
de Tallard , & de Mfl de Bethune Monime. Ce nouveau
Brigadier eft de Creft en Dauphiné, & d'une Maiſon tresqualifiée.
Aa ij
3
284 MERCURE
Mdle Marquis de Crecy ,
Colonel du Regiment de Boulonnois. Il eft fils de feu Mre
Louis Verjus , Chevalier Com
te de Crecy, MarquisdeTreon
& Fort Ifle , Baron de Couvé,
Seigneur du Boulay, les deux:
Eglifes , le Menillet , &c. Confeiller d'Etat ordinaire , cys
devant Envoyé Extraordinaire
dans toutes les Cours d'Alle
magne, & Ambaſſadeur Extraordinaire à la Paix Genera
le de Rifwick. Le nouveau
Brigadier eft neveu de Mr l'E
vêque de Graffe, & du feu
Pere Verjus Jefuite. to d
*
GALANT 2899
Me le Comte de Sauvebeof,
Colonel du Regiment de Blai- >
fois. Il adonné des preuves de
fa valeur dans toutes les occafions où il s'eft trouvé , & l'on
ena rendu uncompte à la Cour
dont le Roy s'eft ſouvenu. Ik
fçait parfaitement la difcipline militaire. Il eft parent de
Mrs les Abbez de Sauvebeuf.
Mr leMarquis de Balincourt,
Colonel du Regiment d'Ar
tois. Il fervoit la Campagne
derniere en Rouffillon , où Mr
le Duc de Noailles a efté plufieurs fois témoin de fa valeur.
Il eft fils de Mr le Marquis de
286 MERCURE
Balincourt , & de Dame N. de
Seve fa premiere femme.
Mr le Chevalier Sanguin
de Livry , Colonel du Regiment de Nivernois. Il joint à
une grande experience de tout
ce qui regarde la guerre , un
courage éprouvé en plufieurs
occafions , &fur tour aux ders
nieres actions de certe guerre.
Il eft fils de Mr le Marquis de
Livry , Premier Maiftre d'Hô
tel du Roy, & perit neveu de
feu Mr l'Evêque de Senlis 5
Mr le Marquis de Gondrin
Colonel d'un Regiment qui
porte fon nom. Il a donnédes
GALANT 287
1.
preuves éclatantes de fon courage à Hochftet & à Ramilly.
Ileft fils aîné de Mr le Marquis d'Antin , & beau - frere de
Mr le Duc de Noailles. Perfonne n'ignore la grandeur &
l'éclat de la Maifon de Gondrin Pardaillan.
Mr Obrien , Chevalier de
S. Louis , & Colonel d'un Regiment Irlandois qui porte fon
nom. A la tefte de fon Regiment, & avec celuy de Lee,
auffi Irlandois , il a foûtenu à
la Bataille de Malplaquet , malgré le grand feu des Ennemis
noftre Artillerie , & à la faveur
1
88 MERCURE
e ces deux Regimens , celuy
ui commandoit cette Artille- rie leur renverfa des Batailons entiers , qui furent obligezde fe retirer pour fe cacher
à fes coups redoublez. Mr
Obrien & un autre Mr Obrien,
auffi Chevalier de Saint Louis,
Lieutenant Colonel fe diftinguerent beaucoup dans cette
occafion.
Mr Perrin , Chevalier de S.
Louis , Colonel d'un Regiment
qui portoit le nom de Beaufermé , & qu'on appelle prefentement Noailles. Il eft fort
attaché à la Maifon de Noailles.
GALANT 289
les. Le Duc de ce nom qui
connoît les gens de merite,
ayant connu il y a long- temps
tout celuy de Mr Perrin ,
l'eft voulu attacher.
fe
Mr de Saint Morel , Lieutenant Colonel du Regiment
dePoitou dont Mr du Montal eft Colonel , a prés de 35.
ans de fervice. Il brilla dans
la derniere guerre par un
grand nombre d'actions de
valeur , & Mr le Maréchal de
Luxembourg qui en fut ſouvent témoin en rendit des
temoignages avantageaux à la
-Cour. Il a toujours fervi dans
Avril 1710. Bb
290 MERCURE
Infanterie , & il eft peu
d'Officiers qui l'entendent,
mieux que luy. H&M
Mr de Chaftenet , Licutenant Colonel duRegiment de
Xaintonge , dont Mr le Mar-
* quis de Lannion qui a auffi efté
fait Brigadier, eft Colonel , eft
un vieux Officier qui n'a pas
manqué une feule Campagne
depuis prés de 35 ans qu'il
porte les armes pour le Service
du Roy. Il fut bleffe dangereufement à la Bataille de Nerwinde, n'eftant alors que
ple Capitaine. Il y fit des actions de valeur qui luy artirofim-
IGALANT 291
es
rent de grandes loüanges des
Generaux.
Mr de Curty, Chevalier de
S. Louis , Lieutenant Colonel
du Regiment de Provence,
dont Mr le Comte de Nonant
eft Colonel. Il fert depuis plus
de 30. ans avec beaucoup de
reputation. Il fervit au commencement de la Guerre en
Efpagne, oùil merita par quelques actions de valeur des témoignages d'eftime de S. M.C.
qui luy ont fait beaucoup
d'honneur.
Mr le Marquis de la Deveze,
Chevalier de S. Louis , Lieute
Bb ij
292 MERCURE
nant Colonel du Royal Artil
lerie. Il eft Lieutenant de Roy
de la haute Guyenne , & de
l'illuftre Maiſon de Loupiat.
Il a plufieurs parens de fon
nom dans le Service.
Mr de Roiffy Major du Re
giment de Leuville , & Major
general de l'Armée d'Italie , où
il a fervy dans les premieres
années de la Guerre. Il fe trouva à la Bataille de Luzzara , ou
il fut bleffé d'un coup de Fau
conneau à coté de Mr le Marquis de Crequy qui fut tué
dans le mefme temps. Monfieur de Vendôme qui l'avoit
A-
戀情
GALANT 293
fouvent employé , & qui avoit
efté témoin de ce qu'il avoit
fait à la Journée de Luzzara ,
rendit un bon témoignage en
fa faveur à la Cour.
Mr du Magny Chevalier de
S. Louis , Lieutenant general
d'Artillerie.
Mr le Chevalier de Saint
Perrier , Chevalier de S. Louis,
Lieutenant general d'Artillerie,
& Chefen Espagne. C'eſt un
des Officiers de S. M. qui entend le mieux l'Artillerie, ayant
efté élevé fous les yeux de Mr
de Saint Hilaire.
Je paffe à ce qui regarde
Bb iij
294 MERCURE
ceuxqui ont efté nommez Brigadiers de Cavalerie. "obs zalew
Mr le Comte de Voluiré
fecond Sous- Lieutenant des
Gendarmes du Roy. Il s'eft
diftingué par tout où ce Corps
qui eft des plus braves du
Royaume a combattu. Je ne
vous dis rien de la naiffance de
Mrde Voluire ; perfonne n'ignore qu'elle cft des plus illuftres ; fon nom eft Ruffec.
Mr le Comte de Biffy, Colo
nel de Cavalerie. Il est proche
parent de Mr le Marquis de
Biffy auffiBrigadier , & Colonel de Cavalerie , & neveu de
GALANT 295
Mrile Marquis de Biffy Che
valier de S. Louis, Gouverneur
d'Auffonne, & Lieutenant ge
neral des Armées du Roy , &
de Mr. l'Evêque de Meaux. Le
nom.deMrs.de Biffy,elt Thyard,
Cette Maiſon eft originaire de
Bourgogne , & elle a donné
plufieurs Evêques à l'Eglife de
Châlons fur Saone. Elle eſtoir
connue en Bourgogne dés le
temps des Ducs de Bourgo
gne.
Mr le Comte de S. Sernin,
Colonel de Dragons. Il a longtemps fervy en Italie ; & il ya
merité par plufieurs actions de
Bb iiij
296 MERCURE
valeur , l'eltime & la confiance
de Mr le Duc de Vendofnio.
Il eft d'une tres grandes naiffance. Sa famille eft originaire
de Languedoc, où elle a toujours tenu un rang confide
rable.
Mr le Chevalier de Montmain , Capitaine des Gendar- i
mes dOrleans. Il a beaucoup
de valeur , & il en a fouvent l
donné des marques à la reftest
du Regiment qui a porté fon
nom , & qui a prefque toûjours fervy en Flandre. Il eft
d'une illuftre Maifon originaiz 3
re d'Auvergne , & allié à Mr
GALANT 297
le Duc de la Feuillade , feue
Me la Comteffe de Montmain .
fœur de Me de la Ville auxClercs , eftant de la Maifon
d'Aubuffon. Les deux fils de
certe Dame , & coufins de celuy qui donne lieu à cet Article,font tous deux morts dans
le Service. Ainfi Mr de Montmain que le Roy vient de faire
Brigadier , eft devenu l'aîné de
fa Maiſon.
Mr le Comte de Bouzols ,
Colonel d'un Regiment de
Cavalerie qui porte fon nom,
& dont Mr de Blangy fon parent eft Lieutenant Colonel.
298 MERCURE
Il est proche parent de Mrle
Marquis de Bouzols , Brigadier
&Inspecteur de Cavalerie , &
Breaufrere de Mr le Marquis
de Torcy. Ce nouveau Briga
dier s'eft diftingué dans toutes
les occafions où il s'eft trouvé
& fur tout en Rouffillon & en
Allemagne , où il a prefque
toûjours fervy.
non
Mr le Comte Marquis de la
Fare Tournac , Chevalier de
S. Loüis, Colonel du Regiment
du petit Languedoc Dragons,
Ce nouveau Brigadier, qui por
te dans fes Titres la qualité de
Comte- Marquis, ainsi queplus
THEQUE
GALANT 299
fieurs autres Seigneurs Fran
çois , eft d'une illuftre Mailon
originaire de Guyenne, & pro
che parent de Mr le Marquis
de la Fare- Laugere , Capitaine
des Gardes de Monfieur le
Duc d'Orleans ; de Mr de la
Fare Colonel d'un Regiment
d'Infanterie qui porte fon
nom, & de Mr de la Fare Lau
gere Brigadier & Colonel du
Regiment de Gaftinois.
3.Mr le Marquis de Bouville ,
Colonel d'un Regiment de
Dragons qui porte fon nom.
Il s'eft acquis une grande repu
tation en Espagne , où il a
BE
LA
300 MERCURE
à lá
long tempsfervy. Il donna des
marques de fon courage
Bataille que Mr de Barwick y
gagna en 1707. Il eft de l'ancienne Maifon de Jubert , &
frere de Mr de Bouville Intent
dant d'Alençon , & de Mrle
Marquis de Bizy; ils font neq
yeux de Mr Defmaretz , Controlleur General des Finances,
Mede Bouville leur Mere étang
fœur de ce Miniftre. Mr de
Bouville leur pere ,
a efté longtemps Intendant d'Orleans. D
Mr de Skelton , Colonel Reformé de Cavalerie ; il eft Ches
valier de Saint Louis , & l'on
GALANT 3or
4
ne parvient point à ce degré
d'honneur fans avoir efté blef
fé , ou avoir efté fort longtemps dans le fervice.
Mr de Montiers , Capitaine
de Gendarmerie. Il s'eft diftingué dans plufieurs actions importantes. Il fut bleffé à la Bataille d'Hochfter , & à celle de
Malplaquet. Il fert dés fa plus
grande jeuneffe ; il s'eft trouvé à toutes les Campagnes, &
il a donné prefque dans toutes,
des marques de fa valeur.
Mr de la Billarderie, Exempt
& Ayde Major de la Compagnie de Boufflers. Il eft Cheva-
302 MERCURI
lier de Saint Louis de la promotion de 1705. Il eſt d'une ancienne famille originaire de
Normandie. Il eft dans la Maifon du Roy depuis plus de 20.
ans , & il y a donné des marques de fa valeur dans des
Journées de Fleurus , de Leuze,
de Steinkerque , & de Nerwinde. Mr le Prince de Turenne
fut bleffé à mort àfes coftez,
à la Bataille de Steinkerque. Il
fut bleffe au Siege de Mons
d'un coup de fufil au bras.
Mr le Chevalier de Velleron
Enfeigne des Gardes du Corps.
Il a un Brevet de Colonel de
GALANT 303
Cavalerie , que fes longs fervices luy ontfait meriter. Depuis
qu'il eft entré dans le fervice,
-il n'a pas manqué une feule
Campagne. Il fut dangereufement bleffé au Siege de Naamur.
Mr le Marquis de Courcil-
-don , Colonel d'un Regiment
de Cavalerie qui porte fon
nom, & qui portoit auparavant celuy de Furftemberg. Il cft
Chevalier de Saint Lazare , &
fut le fecond de la promotion
side: 1704. Il eft fils de Mr le
Marquis de Dangeau Grand-
•Maître de cet Ordre , & Che-
304 MERCURE
valier de l'Ordre du S. Efprit ,
& petit neveu de feu Mr le
Cardinal de Furftemberg par
Me la Marquife de Dangeau
fa Mere, qui al'honneur d'appartenir à S. A. R. Madame.
Ce jeune Marquis a époufé
l'heritiere de l'illuftre Maiſon
de Pompadour. Je ne vous
parle point de la naiffance ny
de la valeur de Mr le Marquis
de Courcillon. Sa naiffance eſt
.connue de toute la France. , &
fa valeur n'éclara que trop à la
Bataille de Malplaquet , puifqu'il en porte de triftes marques.
GALANT 305
Mr le Marquis d'Ancenis ,
Colonel du Regiment de Bourgogne Cavaleric. Il eſt ſecond
fils de Mr le Duc de CharoftBethune,& de fa premiere femme Louife- Therefe - Marie de
Meleun fille d'Alexandre Guillaume Prince d'Epinoy , & de
Louife Marie- Anne de Bethune fa premiere femme. Mr le
Marquis d'Ancenis n'a que 28.
ans , & Mr Lauret fon LieutenantColonel, a fouvent témoigné que dans les Batailles où il
s'eft trouvé, fa plus grande application n'avoit efté que de retenir Mrle Marquis d'Ancenis.
Avril 1710. Cc
306 MERCURE
Mr de Pujol Capitaine Lientenant des Carabiniers. Il eft
Chevalier de S. Louis de la promotion de 1707. Il a donné
des preuves de fon courage
dans toutes les occafions où il
s'eft trouvé avec la Maifon du
Roy. Il eft d'une ancienne Maifon originaire du Rouergue.
Mr Darifat Chevalier de S.
Louis , Enfeigne des Moufque
toires gris. Il fut bleffé à la
Bataille de Nerwinde , où une
partie de la Maiſon du Roy fe
trouva , & il y donna de grana
des marques de fa valeur ,ainfi
que toutes les Relations de cet-
GALANT 307
te Bataille le font connoître.
Il fut du détachement qui ac
compagna le Roy d'Espagne
jufqu'à la Frontiere d'Espagne,
& lorfqu'il prit congé de ce
Prince S. M. C. luy témoigna
beaucoup de fatisfaction de
fes fervices , & eut pour luy
des diftinctions particulieres.
2 Mr de Trudaine , Enfeigne
de Gendarmerie , Chevalier de
l'Ordre de S. Louis. C'eft un
Gentilhomme de Picardie qui
depuis 20. ans fert le Roy dans
fa Gendarmerie avec beaucoup
de diftinction. Il a eu le malheur de perdre une jambe à
Cc ij
308 M* RCURE
la Bataille de Malplaquet. Il eft
de la mefme famille que Me
Voyfin & Mr Trudaine , cy
devant Intendant de Lyon , &
àprefent Intendant de Dijon .
Mr Miran , Chevalier de
de S. Louis , Enfeigne de Gendarmerie. Il a fervy en Elpagne & en Catalogne au com
mencement de cette guerre ,
& fur la fin de la precedente.
Il fut bleffé à la Bataille de
Nerwinde , où il donna des
preuves fignalées de fon cou->
'rage. Mr le Maréchal de Luxembourg dans la Relation
qu'il envoya au Roy de cette-
GALANY 309
Journée , fit un éloge particu
lier de Mr Miran , quifut applaudy de toute l'Armée.
Mr le Comte de Coëtanfão,
Aide Major de la Gendarmerie , Chevalier de Saint Louis,
de la promotion de 1705. Il eft
neveu de Mr l'Evêque d'A
vranches , & de Mr le Marquis de Coëtanfao Maréchal
de Camp, & Sous- Lieutenant
des Chevaux Legers de la Garde. Ils font d'une ancienne famille de Normandie. Ce nouveau Brigadier s'eft diftingué
dans toutes les occafions où il
' eft trouvé depuis qu'il fert
310 MERCURE
& il a toûjours donné des preuves de fa valeur , & de fon experience en tout ce qui regarde la guerre. Il a commencé à
porter les armes à l'âge de 29.
ans , & depuis ce temps- là il
n'a pas manqué une feule Cam
pagne. Il porte un nom celebre parmy les gens de guerre.
Tout ce que je viens de vous
dire de ces nouveaux Brigadiers, doit vous faire connoître
qu'il n'y en a pas un feul qui
n'ait merité le pofte d'honneur auquel le Royle vient d'élever.
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Résumé : Article concernant tous les nouveaux Brigadiers, & qui fait connoistre leurs services, & les Corps dont ils ont esté tirez. [titre d'après la table]
Le texte traite de la nomination de nouveaux brigadiers et des difficultés à les connaître en raison de leur manque d'expérience dans les postes d'officiers généraux. L'auteur a effectué des recherches approfondies pour fournir des informations précises sur ces nouveaux brigadiers, en commençant par lister les brigadiers d'infanterie dans l'ordre de leur nomination. Parmi les brigadiers d'infanterie mentionnés, on trouve Mr. Reynold de Valier, capitaine aux Gardes Suisses, chevalier de Saint-Louis, en France depuis plus de 20 ans, blessé à la bataille de Nerwinde. Mr. Reding, capitaine aux Gardes Suisses avec brevet de colonel, est au service de la France depuis près de 25 ans et est parent de plusieurs personnalités influentes. Mr. Mergeret, capitaine aux Gardes Françaises, originaire de Paris, a montré sa valeur à la bataille de Malplaquet. Mr. de Villiers, capitaine aux Gardes Françaises avec brevet de colonel, a servi en Italie sous Monsieur de Vendôme. Mr. le Comte de Mongon, capitaine de grenadiers aux Gardes Françaises avec brevet de colonel, est le fils de Mr. de Mongon, lieutenant général et inspecteur d'infanterie. D'autres brigadiers notables incluent Mr. le Marquis de Gallion, colonel du régiment de Navarre, qui a combattu à la bataille de Malplaquet, et Mr. le Chevalier de Givry, colonel du régiment de la Marche, ayant servi pendant 22 ans et s'étant distingué à la bataille de Malplaquet. Mr. le Comte du Montal, colonel du régiment de Poitou, est le petit-fils d'un célèbre homme de guerre. Mr. de Colandres, colonel du régiment des Vaisseaux, est le fils de feu Mr. le Gendre de Rouen. Mr. le Comte de Guiraud, colonel du régiment de Bourgogne, porte un nom illustre. Mr. le Comte de Laval, colonel du régiment de Bourbon, a montré sa valeur dans plusieurs actions de guerre. Mr. le Marquis de Lannion, colonel du régiment de Xaintonge, est connu pour sa bravoure. Mr. le Marquis de Fériac, colonel du régiment de Piémont, a montré son courage à la bataille de Malplaquet. Mr. le Marquis d'Aubigné, colonel du régiment Royal, a montré sa valeur à la bataille d'Hochstädt. Mr. Berthelot de Bourceau, colonel du régiment de Bretagne, a servi depuis l'âge de 15 ans. Mr. de la Chau-Montauban, colonel d'un régiment d'infanterie portant son nom, a combattu près de Rumersheim. Mr. le Marquis de Crécy, colonel du régiment de Boulonnais, est le fils de feu Mr. Louis Verjus, chevalier comte de Crécy. Mr. le Comte de Sauvebeuf, colonel du régiment de Blaisois, a montré sa valeur dans plusieurs occasions. Mr. le Marquis de Balincourt, colonel du régiment d'Artois, a servi en Rouffillon. Mr. le Chevalier Sanguin de Livry, colonel du régiment de Nivernois, a montré son courage dans plusieurs actions de guerre. Mr. le Marquis de Gondrin, colonel d'un régiment portant son nom, a montré son courage à Hochstädt et à Ramillies. Mr. Obrien, colonel d'un régiment irlandais portant son nom, a combattu à la bataille de Malplaquet. Mr. Perrin, colonel du régiment de Beaufremé, actuellement Noailles, est attaché à la maison de Noailles. Mr. de Saint Morel, lieutenant colonel du régiment de Poitou, a servi pendant près de 35 ans. Mr. de Chastenet, lieutenant colonel du régiment de Xaintonge, a servi pendant près de 35 ans. Mr. de Curty, chevalier de Saint-Louis, lieutenant colonel du régiment de Provence, a servi pendant plus de 30 ans. Le texte se termine par la mention de l'année 1710.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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220
p. 322-326
Empressement de Monsieur le Duc, pour faire la Campagne, avec plusieurs remarques curieuses sur ce sujet. [titre d'après la table]
Début :
Vous serez bien asie d'apprendre que la nouvelle qui [...]
Mots clefs :
Héros, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Empressement de Monsieur le Duc, pour faire la Campagne, avec plusieurs remarques curieuses sur ce sujet. [titre d'après la table]
Vous ferez bien aife d'ap-
GALANT - 323
·
prendre que la nouvelle qui
court depuis quelque temps ,
que S. A. S. Monfieur le Duc,
fervira cette année eft pleinement confirmée, & vous n'aurez pas moins de plaifir d'apprendre que jamais Prince n'a
fait voir un plus grand empreffement de fervir , & ne l'a
demandé avec plus d'ardeur.
Ce grand defir ne s'eft point
dementy, & il n'a point ceffe
defolliciter & de prier le Roy,
en forte que S. M. qui jufqu'à
prefent avoit fait difficulté
d'accorder à fes preffantes
inftances ce qu'il demandoit ,
•
324 MERCURE
à caufe de la foibleffe de fon
âge , n'ayant pas encore dixhuit ans accomplis , s'eft enfin
laiffée perfuader. La joye que
ce Prince témoigna lors qu'il
reçut l'agrément du Roy de
faire cette Campagne , va audelà de toute imagination , &
ne fe peut exprimer. Il courut
dans tous fes Appartemens
pour annoncer luy-mefme cette nouvelle à tous fes Officiers
qui luy en témoignerent beaucoup de joye. Ce Prince donna ordre auffi-toft qu'on preparât fes Equipages. Son Intendant, luy envoya l'Etat de
GALANT 325
fa Maiſon , & aprés l'avoir
examiné , on fut furpris de
voir qu'il le doubla , & qu'il
refolut de fournir des Chevaux & des Equipages à tous
fes Gentilshommes , afin de
leur en épargner la dépenſe.
Ainfi, il n'a pas feulement donné en cette occafion des marques de la plus boüillante ardeur dont le cœur d'un Prince
puiffe eftre animé ; mais auſſi
d'une liberalité toute Royale,
ce qui ne luy attirera pas moins
que fa naiffance , l'amour & la
veneration des Troupes , &
fur tout du Corps à la teſte
326 MERCURE
duquel il fervira , & qui facrifiera toutfonfangpour le bien
de l'Etat, & pour la gloire d'un
Prince auffi genereux que
grand. Joignez à tout cela
l'effet que peut faire la preſence d'un Prince iffu des plus parfaits Heros. Il fervira pondant fa premiere Campagne , à
la tefte de fon Regiment de
Condé.
GALANT - 323
·
prendre que la nouvelle qui
court depuis quelque temps ,
que S. A. S. Monfieur le Duc,
fervira cette année eft pleinement confirmée, & vous n'aurez pas moins de plaifir d'apprendre que jamais Prince n'a
fait voir un plus grand empreffement de fervir , & ne l'a
demandé avec plus d'ardeur.
Ce grand defir ne s'eft point
dementy, & il n'a point ceffe
defolliciter & de prier le Roy,
en forte que S. M. qui jufqu'à
prefent avoit fait difficulté
d'accorder à fes preffantes
inftances ce qu'il demandoit ,
•
324 MERCURE
à caufe de la foibleffe de fon
âge , n'ayant pas encore dixhuit ans accomplis , s'eft enfin
laiffée perfuader. La joye que
ce Prince témoigna lors qu'il
reçut l'agrément du Roy de
faire cette Campagne , va audelà de toute imagination , &
ne fe peut exprimer. Il courut
dans tous fes Appartemens
pour annoncer luy-mefme cette nouvelle à tous fes Officiers
qui luy en témoignerent beaucoup de joye. Ce Prince donna ordre auffi-toft qu'on preparât fes Equipages. Son Intendant, luy envoya l'Etat de
GALANT 325
fa Maiſon , & aprés l'avoir
examiné , on fut furpris de
voir qu'il le doubla , & qu'il
refolut de fournir des Chevaux & des Equipages à tous
fes Gentilshommes , afin de
leur en épargner la dépenſe.
Ainfi, il n'a pas feulement donné en cette occafion des marques de la plus boüillante ardeur dont le cœur d'un Prince
puiffe eftre animé ; mais auſſi
d'une liberalité toute Royale,
ce qui ne luy attirera pas moins
que fa naiffance , l'amour & la
veneration des Troupes , &
fur tout du Corps à la teſte
326 MERCURE
duquel il fervira , & qui facrifiera toutfonfangpour le bien
de l'Etat, & pour la gloire d'un
Prince auffi genereux que
grand. Joignez à tout cela
l'effet que peut faire la preſence d'un Prince iffu des plus parfaits Heros. Il fervira pondant fa premiere Campagne , à
la tefte de fon Regiment de
Condé.
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Résumé : Empressement de Monsieur le Duc, pour faire la Campagne, avec plusieurs remarques curieuses sur ce sujet. [titre d'après la table]
Le texte décrit la confirmation de la participation du Duc à une campagne militaire. Bien que n'ayant pas encore dix-huit ans, le Duc a manifesté un grand empressement et une ardente demande pour servir. Le roi, initialement réticent en raison de sa jeunesse, a finalement accepté. À l'annonce de l'accord royal, le Duc a exprimé une immense joie et a immédiatement informé ses officiers et préparé ses équipages. Il a doublé les ressources de sa maison pour fournir des chevaux et des équipements à ses gentilshommes, évitant ainsi des dépenses supplémentaires. Cette générosité et cette ardeur royale lui attireront l'amour et la vénération des troupes. Le Duc servira pendant sa première campagne à la tête de son régiment de Condé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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221
p. 347
Eloge de la Marine. [titre d'après la table]
Début :
J'aurois encore à vous entretenir de beaucoup de prises [...]
Mots clefs :
Marine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Eloge de la Marine. [titre d'après la table]
J'aurois encore à vous entretenir de beaucoup de prifes
faites fur les ennemis par Mrs
de la Marine ; mais il ne me
refte ny de temps ny de place.
Il fuffit de vous dire , que la
Marine de France remportede
continuels avantages dans l'une & dans l'autre Mer.
faites fur les ennemis par Mrs
de la Marine ; mais il ne me
refte ny de temps ny de place.
Il fuffit de vous dire , que la
Marine de France remportede
continuels avantages dans l'une & dans l'autre Mer.
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222
p. 349-351
Prises nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Je crois que vous devez être satisfaite de ma Lettre, ne vous [...]
Mots clefs :
Charge, Expéditions de Mer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prises nouvelles. [titre d'après la table]
Je crois que vous devez être
fatisfaite de ma Lettre , ne vous
en ayant jamais envoyé qui ait
efté remplie d'un auffi grand
nombre d'Articles curieux .
Comme on reçoit fouvent
des nouvelles de nos Expeditions de Mer , & que vous
Avril 1710.
Gg
350 MERCURE.
n'avez encore ouy parler que de la prife
duVaiffeau nommé la Galere d'Amfterdam ,je dois vous faire part de la Lifte
nouvellement arrivée de Toulon , de la
maniere qu'elle eft venue , & dans laquelle vous trouverez que cette prife a
efté accompagnée de plufieurs autres
Expeditions.
Ala Rade de Toulon le 22 , Avril.
Mr l'Aigle prit le 11. Mars , un Vail
feau Anglois, chargé de Hareng , & de
Stocfiche , eftimé 30. mille livres.
Le 28. Mars il prit un autre Vaiffeau
Anglois chargé de pareilles Marchandifes , eftimé 20. mille livres.
Le 15. Avril il prit un Corfaire Fleffingois de 28. cañons , & de 180. hom.
mes d'équipage , & reprit un Navire
François chargé d'huile , que ce Cor- faire avoit enlevé.
Le 17. Avril , il prit le Vaiffeau Hollandois nommé la Galere d'Amfterdam
commandé par le Capitaine d'Ierfeland,
& charge de Marchandifes de Levant,
foye, caffé , & autres , eftimées quatre
cens mille livres.
GALANT 351
Le Capitaine Houdart , Commandant le Corfaire , François nommé le
Prince deFrife , a auffi enlevé un Corfaire Fleffingois de 14. canons , & de 100.
hommes d'équipage.
fatisfaite de ma Lettre , ne vous
en ayant jamais envoyé qui ait
efté remplie d'un auffi grand
nombre d'Articles curieux .
Comme on reçoit fouvent
des nouvelles de nos Expeditions de Mer , & que vous
Avril 1710.
Gg
350 MERCURE.
n'avez encore ouy parler que de la prife
duVaiffeau nommé la Galere d'Amfterdam ,je dois vous faire part de la Lifte
nouvellement arrivée de Toulon , de la
maniere qu'elle eft venue , & dans laquelle vous trouverez que cette prife a
efté accompagnée de plufieurs autres
Expeditions.
Ala Rade de Toulon le 22 , Avril.
Mr l'Aigle prit le 11. Mars , un Vail
feau Anglois, chargé de Hareng , & de
Stocfiche , eftimé 30. mille livres.
Le 28. Mars il prit un autre Vaiffeau
Anglois chargé de pareilles Marchandifes , eftimé 20. mille livres.
Le 15. Avril il prit un Corfaire Fleffingois de 28. cañons , & de 180. hom.
mes d'équipage , & reprit un Navire
François chargé d'huile , que ce Cor- faire avoit enlevé.
Le 17. Avril , il prit le Vaiffeau Hollandois nommé la Galere d'Amfterdam
commandé par le Capitaine d'Ierfeland,
& charge de Marchandifes de Levant,
foye, caffé , & autres , eftimées quatre
cens mille livres.
GALANT 351
Le Capitaine Houdart , Commandant le Corfaire , François nommé le
Prince deFrife , a auffi enlevé un Corfaire Fleffingois de 14. canons , & de 100.
hommes d'équipage.
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Résumé : Prises nouvelles. [titre d'après la table]
En avril 1710, l'auteur d'une lettre exprime sa satisfaction quant au contenu riche en informations curieuses. Il relate plusieurs prises effectuées par des navires français. Le 11 mars, le navire 'Mr l'Aigle' a capturé un vaisseau anglais chargé de hareng et de stockfish, estimé à 30 000 livres. Le 28 mars, le même navire a pris un autre vaisseau anglais avec des marchandises similaires, estimé à 20 000 livres. Le 15 avril, 'Mr l'Aigle' a capturé un corsaire flessingois de 28 canons et 180 hommes d'équipage, et a repris un navire français chargé d'huile. Le 17 avril, il a pris le vaisseau hollandais 'la Galère d'Amsterdam', commandé par le Capitaine d'Ierfeland, chargé de marchandises du Levant, de soie, de café et d'autres produits, estimés à 400 000 livres. Par ailleurs, le Capitaine Houdart, commandant le corsaire français 'le Prince de Frise', a capturé un corsaire flessingois de 14 canons et 100 hommes d'équipage.
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223
p. 108-110
A Nantes le premier May.
Début :
Je vous envoye de nouvelles Expeditions de Mer. J'espere [...]
Mots clefs :
Expéditions de Mer, Nantes, Vaisseau
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texteReconnaissance textuelle : A Nantes le premier May.
Je vous envoye de nouvelles
Expéditions de Mer. J'espere
vous en envoyer encore de
nouvelles avant defermer m.
Letttre.
A Nantes le premier May.
Mr Paul Laurens de Dutv
kerque, Capitaine du Navire
nommé le Duc de Baviere, de
180.tonneaux & de 11. canons, étant à la hauteur de 11.
1à
23. degrez latitude Nord à
20. lieües deVigo, a rencontré
-
un Brigantin venant de
Montbay -
en Angleterre
,
du
port de 24. tonneaux chargé
de 50. Barriques deSardines
& de quelques Saumons de
Plomb dont il s'est saisi.
-
Le 22.dumême mois étant
dans le même parage, il arencontré un Paquebot d'Angleterre armé de dix canons avec 1
son lest, & 45. Matelots &
Soldats,& sixOfficiers Anglois
venant de Lisbonne pour aller
en Angleterre, qu'il a
aussi pris,
& l'a conduit dans la Riviere
de Nantes.
Mr de la Moincrie- Miniac
commandant le Vaisseau du
Roy le Superbe, a
pris une Frcgatte Angloise de 8. canons,
qui alloit en Terre-Neuve
Expéditions de Mer. J'espere
vous en envoyer encore de
nouvelles avant defermer m.
Letttre.
A Nantes le premier May.
Mr Paul Laurens de Dutv
kerque, Capitaine du Navire
nommé le Duc de Baviere, de
180.tonneaux & de 11. canons, étant à la hauteur de 11.
1à
23. degrez latitude Nord à
20. lieües deVigo, a rencontré
-
un Brigantin venant de
Montbay -
en Angleterre
,
du
port de 24. tonneaux chargé
de 50. Barriques deSardines
& de quelques Saumons de
Plomb dont il s'est saisi.
-
Le 22.dumême mois étant
dans le même parage, il arencontré un Paquebot d'Angleterre armé de dix canons avec 1
son lest, & 45. Matelots &
Soldats,& sixOfficiers Anglois
venant de Lisbonne pour aller
en Angleterre, qu'il a
aussi pris,
& l'a conduit dans la Riviere
de Nantes.
Mr de la Moincrie- Miniac
commandant le Vaisseau du
Roy le Superbe, a
pris une Frcgatte Angloise de 8. canons,
qui alloit en Terre-Neuve
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Résumé : A Nantes le premier May.
Le 1er mai, le 'Duc de Bavière' a capturé un brigantin anglais près de Vigo. Le 22 mai, il a intercepté un paquebot anglais armé de dix canons, en route vers l'Angleterre. Le 'Le Superbe' a pris une frégate anglaise de 8 canons se dirigeant vers Terre-Neuve.
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224
p. 110-116
Benediction des Etendars des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy & de Bouflers, avec les Discours faits à cette occasion, [titre d'après la table]
Début :
Le 11e de ce mois on fit dans l'Eglise Royale de Saint [...]
Mots clefs :
Église royale de Saint-Quentin, Bénédiction des étendards, Compagnies des gardes du corps, Abbé Despagne
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texteReconnaissance textuelle : Benediction des Etendars des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy & de Bouflers, avec les Discours faits à cette occasion, [titre d'après la table]
Le IIe de ce mois on fie
dans l'Eglise Royale de Saint
Quentin avec beaucoup de
pompe
,
la Benediction des
Etcndarts des Compagnies des
Gardes du Corps de Villeroy
& de Boufflers. Mr l'Abbé
Despagne,Chancelier& Cha-
noine de cette Eglise qui fit la
Ceremonie, fit le Dscours suivant à Mrs les Commandans
de la Maison du Roy, Officiers
& Gardes du Corps de Sa Majessé.
L'hommage
,
MefFeurs
,
que
'Vous faites de vos Etendarts au
Dieu des Armées, en
les déposant
sur nos Autels, pour ensuite les
<
recevoir de la main de tEglzfe)
cft sans doute de vôtre part une
reconnoissance publique, & un
aveu solemnel que la valeur &
la force sans la protection du Ciel
ne sontrien; queDieu tientdans
le seinde sa Providence toutes les
ressources de la guerre, & que
luy seul donne la victoire. Ces
justes sentimens que vôtre foy &
vostrepieté vous donnent de la
puissance du Tres-haut, produisent en vous la sainte e noble
confiance avec laquelle vous entrez en campagne.
La France, Messieurs,vous
regarde comme son principal ap..
puy, & les Troupes de Sa Aiajestétrouventenvousleurs Anges
tutelaires; vous devene^ l'ame
des Armées où t
on vousvoitparcîtrcivousfaites tout à la fois
leur beauté c, leurforce eéucs
doiventordinairementleursgrands
succés au mouvement que vous
leur donnez.On vous connoît
moins à
vos armes & 4 vos habits qu'à la valeur, à
l'honneur
& à la politisse qui vous distinguent. La reputation de vojlre
Corps a
toujours estéinalterable,
malgré lecaprice & la diversité
des évenemens; Ë7 quelqu'issuë
qu'ayent eu pour vous les Combats ,vosactions n'ont jamais
rien perdu du prodige. Puis en
s'adressant à Mr le Comte de
Montesson, Gouverneur de
S. Quentin, Commandant la
Maison du Roy, il dit: susi
tien au monde ne peut encherir
sur la gloire de commander,comme vous faites,Monsieur, un
Corpssi auguste &siredoutable,
que de joindre à
cet honneur la
garde de la Personne sacrée. du
Roy, & d'avoirJçu luy plaire.
Le Commandement de sa Massion
ne pouvoitse refuser à vos longs
services, ny à vostre ancienneté.
Si le chemin d'arriver à cet Employ n'avoitestéfait, vostre bravoure & vostre intrépiditédans le
Combat de l'année derniere,suffisoientseules pour l'abreger;mais
l'endroit leplusbrillant& leplus
solide de vostre gloire, efl devous
trouverselon lecœur dupiussage
& du plus grand Prince du monde, par l'assemblage de toutes les
vertus qui font trouver un parfait Chrestien dans le Haros.
PuifFe={-'VouJ, Monsieur, jouïr
long-temps de
ce
bonheur; fasse le
Ciel, Messieurs, qu'une Paix
prochaine couronne vos travaux,
& que cet amas de gloire qui
vous revient de tant de Guerres
longues & penibles se répande
sur vostrevieillisse, Com la rende
respectable jusqu'au tombeau.
Puissent Us larmes Ci les gemissemens de l'Eglise S'éleverjusqu'aDieu, ~(7 en obtenirle sou-
lagement de son Peuple, & la
réunion desesEnfans;puissent
ces Etendarts benis & confaetez
que ÏEgliJe vous met en main
J
n'estrejamais soüillez du fang
Cbrestien, ~&seconserver tous
entiers par une Paix aussi durable
que le siecle.
dans l'Eglise Royale de Saint
Quentin avec beaucoup de
pompe
,
la Benediction des
Etcndarts des Compagnies des
Gardes du Corps de Villeroy
& de Boufflers. Mr l'Abbé
Despagne,Chancelier& Cha-
noine de cette Eglise qui fit la
Ceremonie, fit le Dscours suivant à Mrs les Commandans
de la Maison du Roy, Officiers
& Gardes du Corps de Sa Majessé.
L'hommage
,
MefFeurs
,
que
'Vous faites de vos Etendarts au
Dieu des Armées, en
les déposant
sur nos Autels, pour ensuite les
<
recevoir de la main de tEglzfe)
cft sans doute de vôtre part une
reconnoissance publique, & un
aveu solemnel que la valeur &
la force sans la protection du Ciel
ne sontrien; queDieu tientdans
le seinde sa Providence toutes les
ressources de la guerre, & que
luy seul donne la victoire. Ces
justes sentimens que vôtre foy &
vostrepieté vous donnent de la
puissance du Tres-haut, produisent en vous la sainte e noble
confiance avec laquelle vous entrez en campagne.
La France, Messieurs,vous
regarde comme son principal ap..
puy, & les Troupes de Sa Aiajestétrouventenvousleurs Anges
tutelaires; vous devene^ l'ame
des Armées où t
on vousvoitparcîtrcivousfaites tout à la fois
leur beauté c, leurforce eéucs
doiventordinairementleursgrands
succés au mouvement que vous
leur donnez.On vous connoît
moins à
vos armes & 4 vos habits qu'à la valeur, à
l'honneur
& à la politisse qui vous distinguent. La reputation de vojlre
Corps a
toujours estéinalterable,
malgré lecaprice & la diversité
des évenemens; Ë7 quelqu'issuë
qu'ayent eu pour vous les Combats ,vosactions n'ont jamais
rien perdu du prodige. Puis en
s'adressant à Mr le Comte de
Montesson, Gouverneur de
S. Quentin, Commandant la
Maison du Roy, il dit: susi
tien au monde ne peut encherir
sur la gloire de commander,comme vous faites,Monsieur, un
Corpssi auguste &siredoutable,
que de joindre à
cet honneur la
garde de la Personne sacrée. du
Roy, & d'avoirJçu luy plaire.
Le Commandement de sa Massion
ne pouvoitse refuser à vos longs
services, ny à vostre ancienneté.
Si le chemin d'arriver à cet Employ n'avoitestéfait, vostre bravoure & vostre intrépiditédans le
Combat de l'année derniere,suffisoientseules pour l'abreger;mais
l'endroit leplusbrillant& leplus
solide de vostre gloire, efl devous
trouverselon lecœur dupiussage
& du plus grand Prince du monde, par l'assemblage de toutes les
vertus qui font trouver un parfait Chrestien dans le Haros.
PuifFe={-'VouJ, Monsieur, jouïr
long-temps de
ce
bonheur; fasse le
Ciel, Messieurs, qu'une Paix
prochaine couronne vos travaux,
& que cet amas de gloire qui
vous revient de tant de Guerres
longues & penibles se répande
sur vostrevieillisse, Com la rende
respectable jusqu'au tombeau.
Puissent Us larmes Ci les gemissemens de l'Eglise S'éleverjusqu'aDieu, ~(7 en obtenirle sou-
lagement de son Peuple, & la
réunion desesEnfans;puissent
ces Etendarts benis & confaetez
que ÏEgliJe vous met en main
J
n'estrejamais soüillez du fang
Cbrestien, ~&seconserver tous
entiers par une Paix aussi durable
que le siecle.
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Résumé : Benediction des Etendars des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy & de Bouflers, avec les Discours faits à cette occasion, [titre d'après la table]
Le 22 du mois, une cérémonie solennelle a eu lieu dans l'Église Royale de Saint Quentin pour la bénédiction des étendards des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy et de Boufflers. L'Abbé Despagne, Chancelier et Chanoine de cette église, a prononcé un discours à l'attention des commandants, officiers et gardes du corps du roi. Il a souligné que l'hommage rendu par les Gardes du Corps en déposant leurs étendards sur les autels était une reconnaissance publique de la protection divine. Il a insisté sur le fait que la valeur et la force sans la protection du Ciel ne sont rien, et que Dieu tient dans sa Providence toutes les ressources de la guerre, accordant la victoire. Ces sentiments de foi et de piété engendrent une sainte et noble confiance chez les Gardes du Corps lorsqu'ils entrent en campagne. La France considère les Gardes du Corps comme son principal appui, et les troupes royales les voient comme leurs anges tutélaires. Leur présence donne vie et force aux armées, et leurs succès sont souvent attribués à leur influence. Leur réputation est inaltérable, malgré les caprices et la diversité des événements. L'Abbé Despagne a adressé des louanges au Comte de Montesson pour sa bravoure et son intrépidité, notamment lors du combat de l'année précédente. Il a également souhaité une paix prochaine pour couronner leurs travaux et prolonger leur vieillesse dans le respect et la gloire. Enfin, il a prié pour que les étendards bénis ne soient jamais souillés du sang chrétien et que la paix soit durable.
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225
p. 256-263
Nouvelles Expeditions de Mer, [titre d'après la table]
Début :
Quoy que les Nouvelles publiques vous ayent appris plusieurs [...]
Mots clefs :
Expéditions de Mer, Vaisseaux, Marine, Sucre, Cacao
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Expeditions de Mer, [titre d'après la table]
Quoy que les Nouvelles publiques vous ayent appris plufleurs Expéditions de Mer, je
vous en envoyc un Memoire
beaucoup plus ample que celuy que vous avez déja vû. Je
ne laisseray pas de vous repeter ce que porte celuy qui a
déjaesté rendu public, où il se
trouve même quelques circonstances dffirenrcs. --.t
* >• *
DeS.Ma!olep.Mayi7io,
*" +. Les Vaisseaux le Curieux &,
le Diligent venant de Moka
dans la Mer rouge sont arrivez. En faisant leur route pour
1
se rendre à Moka ils prirent
vers les 23. degrez 50. mi-
nutes Sud, après cinq heures
de combat le VaitTeauleVainqueurdeMiddelbourg de trente-six Canons montez, de
205 hommes d'équipage, &
de 800. tonneaux qui alloit
à Batavia. Il estoit chargé de
50. milleducatons, de 30. mille piastres en or, & de 1jo/
milleflorins en marchandises.
Ils arriverent à Moka au mois
de Janvier 170.9. ils furent tresbien reçus par le Roy & par
les Peuples de ce Pays; ayant
eu la permission de traiter à
trois pour cent de droits, quoy
que les autres Nations en
payent plus de lix. Aprés leur
départ de Moka ils prirent le
Vaisseau Hollandois nommé
le Quismy, de 24. canons & de
800. tonneaux sorti de Batavia pour Surate chargé de deux
cens douze mille cinq cens livres de poivre, de cinq cens soixante dix-huit mille huit cens
quatre-vingt sept livresde fucrc
en poudre, de cent huit mille livres de sucre candy, de dixhuit mille cent soixante & dixsept livres de dents d'Eléphant,
de trenteneufmille cent vingtcinq livres de cuivre du Japon,
de quarante mille livres d'alun,
& de cinquante milliers de fer
en petites barres.LeVaisseau le
Diligent est chargé de 1700.
balles de Caffé pesant deux
cent cinquante livres chacune,
& le Curieux de deux mille
trois cens aussi de deux cens
cinquante livres chacune.
La Couronne Corsaire de S.
Malo y a
amené un Vaisseau
d'Amsterdamde six-vingt tonneaux venant de Curasso, chargé de cacao, de sucre, de tabac, de cuirs, & de bois de
Campesche, estimé trentemille écus. Ce Bastiment estoit
parti de Curasso avec une t.Flu-
te de trois cens tonneaux, qui
a
aussi esté prisele iy Avril
par deux Vaisseaux de Saint
Malo.
Le Corsaire le S.Jan de Rot:
cofde 6. canons a
pris sur les
Sorlingues le 16.le Navire les
cinq Sœurs de Middelbourg,
Interlope Hollandois, qui venoit de la Coste de la Mine. Il
s'y esttrouvé250. marcs de
poudre d'or, dix milliers de
morfil & quelques autres marchandises de Traitte. Le Capitaine François a
esté dangereusement blessé
)
& le Capitaine Hollandoistué. Les Ar..
mateurs auront prés de quinze
pour un de profit.
La Fregate du Roy la Nymphe venant de la Martinique
,
estarrivée à la Rochelle. Mr
du Gué qui la commande a
pris un Corsaire Anglois forti
d'Antigue.
UnVaisseau de h même
Nation,chargé de planches
& de merrcin.
Un autrevenantde Nieves,
chargé de sucre
,
& un autre
qui vient de la Barbade aussi
chargé de sucre.
La Fregate de S. Malo l4
Reine el'EsPagne, cil arrivée à
laRochelle, venant del'Amerique richement chargée.
Mr Porée commandant la
Fregate laBecasse a pris &conduit au Port-Louis un Corsairedc Gersé.
Je crois que vous apprendrez toutes ces Prises avec
beaucoup de plaisir, tant à
cause de l'honneur qu'elles
font à la Marine de France
„
que des avantages que la Nation en retire.
vous en envoyc un Memoire
beaucoup plus ample que celuy que vous avez déja vû. Je
ne laisseray pas de vous repeter ce que porte celuy qui a
déjaesté rendu public, où il se
trouve même quelques circonstances dffirenrcs. --.t
* >• *
DeS.Ma!olep.Mayi7io,
*" +. Les Vaisseaux le Curieux &,
le Diligent venant de Moka
dans la Mer rouge sont arrivez. En faisant leur route pour
1
se rendre à Moka ils prirent
vers les 23. degrez 50. mi-
nutes Sud, après cinq heures
de combat le VaitTeauleVainqueurdeMiddelbourg de trente-six Canons montez, de
205 hommes d'équipage, &
de 800. tonneaux qui alloit
à Batavia. Il estoit chargé de
50. milleducatons, de 30. mille piastres en or, & de 1jo/
milleflorins en marchandises.
Ils arriverent à Moka au mois
de Janvier 170.9. ils furent tresbien reçus par le Roy & par
les Peuples de ce Pays; ayant
eu la permission de traiter à
trois pour cent de droits, quoy
que les autres Nations en
payent plus de lix. Aprés leur
départ de Moka ils prirent le
Vaisseau Hollandois nommé
le Quismy, de 24. canons & de
800. tonneaux sorti de Batavia pour Surate chargé de deux
cens douze mille cinq cens livres de poivre, de cinq cens soixante dix-huit mille huit cens
quatre-vingt sept livresde fucrc
en poudre, de cent huit mille livres de sucre candy, de dixhuit mille cent soixante & dixsept livres de dents d'Eléphant,
de trenteneufmille cent vingtcinq livres de cuivre du Japon,
de quarante mille livres d'alun,
& de cinquante milliers de fer
en petites barres.LeVaisseau le
Diligent est chargé de 1700.
balles de Caffé pesant deux
cent cinquante livres chacune,
& le Curieux de deux mille
trois cens aussi de deux cens
cinquante livres chacune.
La Couronne Corsaire de S.
Malo y a
amené un Vaisseau
d'Amsterdamde six-vingt tonneaux venant de Curasso, chargé de cacao, de sucre, de tabac, de cuirs, & de bois de
Campesche, estimé trentemille écus. Ce Bastiment estoit
parti de Curasso avec une t.Flu-
te de trois cens tonneaux, qui
a
aussi esté prisele iy Avril
par deux Vaisseaux de Saint
Malo.
Le Corsaire le S.Jan de Rot:
cofde 6. canons a
pris sur les
Sorlingues le 16.le Navire les
cinq Sœurs de Middelbourg,
Interlope Hollandois, qui venoit de la Coste de la Mine. Il
s'y esttrouvé250. marcs de
poudre d'or, dix milliers de
morfil & quelques autres marchandises de Traitte. Le Capitaine François a
esté dangereusement blessé
)
& le Capitaine Hollandoistué. Les Ar..
mateurs auront prés de quinze
pour un de profit.
La Fregate du Roy la Nymphe venant de la Martinique
,
estarrivée à la Rochelle. Mr
du Gué qui la commande a
pris un Corsaire Anglois forti
d'Antigue.
UnVaisseau de h même
Nation,chargé de planches
& de merrcin.
Un autrevenantde Nieves,
chargé de sucre
,
& un autre
qui vient de la Barbade aussi
chargé de sucre.
La Fregate de S. Malo l4
Reine el'EsPagne, cil arrivée à
laRochelle, venant del'Amerique richement chargée.
Mr Porée commandant la
Fregate laBecasse a pris &conduit au Port-Louis un Corsairedc Gersé.
Je crois que vous apprendrez toutes ces Prises avec
beaucoup de plaisir, tant à
cause de l'honneur qu'elles
font à la Marine de France
„
que des avantages que la Nation en retire.
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Résumé : Nouvelles Expeditions de Mer, [titre d'après la table]
Le document décrit plusieurs expéditions maritimes et prises de vaisseaux par des corsaires français. Les vaisseaux *Le Curieux* et *Le Diligent*, revenus de Moka dans la mer Rouge, ont capturé le vaisseau hollandais *Le Vainqueur de Middelbourg*, chargé de 50 000 ducats, 30 000 piastres en or et 130 000 florins en marchandises. Ils ont également pris *Le Quismy*, un vaisseau hollandais transportant du poivre, du sucre, des dents d'éléphant, du cuivre et d'autres marchandises. *Le Diligent* transportait 1 700 balles de café, et *Le Curieux* 2 300 balles. La couronne corsaire de Saint-Malo a capturé un vaisseau d'Amsterdam chargé de cacao, sucre, tabac et bois de Campêche. Le corsaire *Le Saint-Jean de Rotcoff* a pris le navire *Les cinq Sœurs* près des Sorlingues, trouvant à bord 250 marcs de poudre d'or et 10 000 morfil. La frégate royale *La Nymphe* a capturé un corsaire anglais près d'Antigua. Plusieurs autres vaisseaux, chargés de planches, de sucre et de marchandises diverses, ont également été pris. Ces prises sont saluées pour l'honneur qu'elles apportent à la marine française et les avantages qu'elles procurent à la nation.
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226
p. 291
Prise de cinq Vaisseaux Anglois, [titre d'après la table]
Début :
Nous apprenons, par les Anglois mesmes, puisque c'est [...]
Mots clefs :
Anglais, Vaisseau, Prise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prise de cinq Vaisseaux Anglois, [titre d'après la table]
Nous apprenons, par les
Anglôis mesmes, puisque c'est
par
1 unVaisseau arriveen 29.
jours de la Jamaïque à Bristol,
que quatre Vaisseaux de guerre
François avoient pris l'Heureux
retour, Brigantin, & quatre autres Navires sur la Coste de
Guinée, & que sur l'un de ces derniers il y
avoit 500. Negre
Anglôis mesmes, puisque c'est
par
1 unVaisseau arriveen 29.
jours de la Jamaïque à Bristol,
que quatre Vaisseaux de guerre
François avoient pris l'Heureux
retour, Brigantin, & quatre autres Navires sur la Coste de
Guinée, & que sur l'un de ces derniers il y
avoit 500. Negre
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227
p. 292
Affaires d'Espagne, [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous dis rien des Affaires d'Espagne, selon toutes [...]
Mots clefs :
Espagne, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Affaires d'Espagne, [titre d'après la table]
Je ne vous dis rien des Affaires d'Espagne, selontoutes
les apparences, elles ne peuvent aller mieux, & l'amour
des Espagnols fcmblc tous leaJ
jours augmenter pour leur legitime Roy, quoy qu'il ait
pa-j
ru depuis long-tempsqu'il rïC;
pouvoit aller plus loin. Il s'est
rendu maistre de Balaguer, &
les Aragonoisfontvoir pour
ce Prince une ardeur, & une
fidelité incroyables. On ne
peut voir d'Armée mieux regtée sans superflu,parce que lesuperflu retranchémet rou-1
tes choses dans l'abondance.
les apparences, elles ne peuvent aller mieux, & l'amour
des Espagnols fcmblc tous leaJ
jours augmenter pour leur legitime Roy, quoy qu'il ait
pa-j
ru depuis long-tempsqu'il rïC;
pouvoit aller plus loin. Il s'est
rendu maistre de Balaguer, &
les Aragonoisfontvoir pour
ce Prince une ardeur, & une
fidelité incroyables. On ne
peut voir d'Armée mieux regtée sans superflu,parce que lesuperflu retranchémet rou-1
tes choses dans l'abondance.
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Résumé : Affaires d'Espagne, [titre d'après la table]
Le texte évoque une amélioration de la situation en Espagne, où l'amour des Espagnols pour leur roi légitime croît malgré sa longue règne. Le roi a récemment pris le contrôle de Balaguer. Les Aragonais montrent une grande fidélité. L'armée espagnole est bien organisée, sans excès, même en période d'abondance.
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228
p. 293-294
Affaires de Flandre, [titre d'après la table]
Début :
A l'égard des Affaires de Flandre, je me trouve obligé [...]
Mots clefs :
Flandre, Siège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Affaires de Flandre, [titre d'après la table]
A l'égard des Affaires de
Flandre,je me trouve obligé
de finir ma Lettre sans pouvoir dire à quoy elles aboutiront. Dés que les Ennemis ont
vu que l'on marchoit à eux,
la peur les a
saisîs;ils se sont
retirez dans leurs retranchemens dont ils estoient sortis
pour marc her vers nous;ils
ont fait venir une partie des
Troupes qui font le Siege de
Douay, & Mr d'Albergotti
s'etf servy à propos de cette
occasion pour faire une sortie
qui a
comblé tous leurs travaux; de maniere que le Siege
de cette Place pourra durer encore plus long-temps qu'il n'a
fait jusqu'à present. Je fuis, Madame, vostre, &c. A Paris ce 3e Juin 1710.
Flandre,je me trouve obligé
de finir ma Lettre sans pouvoir dire à quoy elles aboutiront. Dés que les Ennemis ont
vu que l'on marchoit à eux,
la peur les a
saisîs;ils se sont
retirez dans leurs retranchemens dont ils estoient sortis
pour marc her vers nous;ils
ont fait venir une partie des
Troupes qui font le Siege de
Douay, & Mr d'Albergotti
s'etf servy à propos de cette
occasion pour faire une sortie
qui a
comblé tous leurs travaux; de maniere que le Siege
de cette Place pourra durer encore plus long-temps qu'il n'a
fait jusqu'à present. Je fuis, Madame, vostre, &c. A Paris ce 3e Juin 1710.
Fermer
Résumé : Affaires de Flandre, [titre d'après la table]
En juin 1710, les opérations militaires en Flandre sont incertaines. Les ennemis, effrayés par l'approche des troupes, se retirent dans leurs retranchements et rappellent des troupes assiégeant Douai. Monsieur d'Albergotti prolonge ainsi le siège de Douai. La lettre est datée du 3 juin 1710 à Paris.
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229
p. 217-222
Lettre de Frontignan du I. Aoust.
Début :
LE 24. JUILLET au matin, plusieurs vaisseaux ennemis parurent à [...]
Mots clefs :
Duc de Noailles, Duc de Roquelaure, Ennemis, Troupes
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texteReconnaissance textuelle : Lettre de Frontignan du I. Aoust.
Lettre de Frontignan du
1. Aoust.
LE 24.JUILLET au
matin, plusieursvaisseaux
ennemis parurent à la hauteur
de Montpellier.
A six heures du soir ils
debarquerent à Cette,villageouvert&
sans défense:
ils s'en emparerent.
Mr le Duc de Roquelaure
se rendit à rontignan
avec Mr de Basville,
& rassembla le peu de troupes
dont il pouvoit disposer,
sans dégarnir les Cevennes
ni le Vivarez.
Il ne put avoir que trois
Compagnies de Cavalerie;
il se rendit àMeze sur l'Etang
de Thau où il Clllpeî.
cha toutesles descentes que
les ennemis vouloient y
tenterà la faveur de l'Etang.
Mr le Duc de Noailles
estoit campé au Boulou,
six lieuës au delà de Perpignan.
Mr le Duc de Roquelaure
luy dépefcha unCourier
pourluy demander du
secours ; mais les ennemis
avoient cruce secours impossible.
On fait quelquefois
l'impossible quand on
veut, & qu'on sçait prendre
promptement le bon
party.
Mr le Duc de Noailles
arrange son projet,& prend
la posteenuninstant. Il se
fait suivre de si prés par
900. C-hevaux.,iooo.Grénadiers
& 12. pieces de
canon, dont 4. estoient de
2.4. livres de bales, qu'on
dit dansle pays qu'on avoit
veu une armée & du canon
qui couroient la poste.
Les 900. Chevaux eftoient
commandez par Mr
le Marquis de Caylus, Maréchal
deCamp.
Les 1000. Grenadiers
estoient commandez par
Mr de Planque
p
Brigadier.
Mr de Chastillon
, &
Mrd'Estaires, Maréchaux
de Camp.
Mr d'Offeville, & Mr
de Sandricourc ,Brigadiers.
Mr de Bosselly
,
Mr le
Comte deNoailles,&Mr
le Marquis de Noailles,
Colonels, estoient de ce
détachement.
Mr leDuc deRoquelaure
& Mr le Duc de
Noailles arrivez à Agde en
mesme temps que les troupes,
resolurent d'attaquer
dans le moment à peine
laissa-t'on quatre heures de
repos aux troupes , après
quoy on fut aux ennemis
qu'on obligea de se retirer
au Port de Cette. On les
suivitlelong delaplage
nonobstant le grand feu
des vaisseaux.
Dans le temps qu'ils se
rembarquerent,on apperçut
au haut de la montagne
de Saint Clair six cens
hommes qui furent attaquez
si vivement par nos
Dragons , qu'on en tua
plusieurs;& l'on fit prisonniers
quelques Officiers
& quatre-vingts soldats.
Le reste fut pousséjusqu'à
la mer où plusieurs se
noyerent.
1. Aoust.
LE 24.JUILLET au
matin, plusieursvaisseaux
ennemis parurent à la hauteur
de Montpellier.
A six heures du soir ils
debarquerent à Cette,villageouvert&
sans défense:
ils s'en emparerent.
Mr le Duc de Roquelaure
se rendit à rontignan
avec Mr de Basville,
& rassembla le peu de troupes
dont il pouvoit disposer,
sans dégarnir les Cevennes
ni le Vivarez.
Il ne put avoir que trois
Compagnies de Cavalerie;
il se rendit àMeze sur l'Etang
de Thau où il Clllpeî.
cha toutesles descentes que
les ennemis vouloient y
tenterà la faveur de l'Etang.
Mr le Duc de Noailles
estoit campé au Boulou,
six lieuës au delà de Perpignan.
Mr le Duc de Roquelaure
luy dépefcha unCourier
pourluy demander du
secours ; mais les ennemis
avoient cruce secours impossible.
On fait quelquefois
l'impossible quand on
veut, & qu'on sçait prendre
promptement le bon
party.
Mr le Duc de Noailles
arrange son projet,& prend
la posteenuninstant. Il se
fait suivre de si prés par
900. C-hevaux.,iooo.Grénadiers
& 12. pieces de
canon, dont 4. estoient de
2.4. livres de bales, qu'on
dit dansle pays qu'on avoit
veu une armée & du canon
qui couroient la poste.
Les 900. Chevaux eftoient
commandez par Mr
le Marquis de Caylus, Maréchal
deCamp.
Les 1000. Grenadiers
estoient commandez par
Mr de Planque
p
Brigadier.
Mr de Chastillon
, &
Mrd'Estaires, Maréchaux
de Camp.
Mr d'Offeville, & Mr
de Sandricourc ,Brigadiers.
Mr de Bosselly
,
Mr le
Comte deNoailles,&Mr
le Marquis de Noailles,
Colonels, estoient de ce
détachement.
Mr leDuc deRoquelaure
& Mr le Duc de
Noailles arrivez à Agde en
mesme temps que les troupes,
resolurent d'attaquer
dans le moment à peine
laissa-t'on quatre heures de
repos aux troupes , après
quoy on fut aux ennemis
qu'on obligea de se retirer
au Port de Cette. On les
suivitlelong delaplage
nonobstant le grand feu
des vaisseaux.
Dans le temps qu'ils se
rembarquerent,on apperçut
au haut de la montagne
de Saint Clair six cens
hommes qui furent attaquez
si vivement par nos
Dragons , qu'on en tua
plusieurs;& l'on fit prisonniers
quelques Officiers
& quatre-vingts soldats.
Le reste fut pousséjusqu'à
la mer où plusieurs se
noyerent.
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Résumé : Lettre de Frontignan du I. Aoust.
Le 24 juillet, des vaisseaux ennemis débarquèrent à Cette, un village sans défense près de Montpellier. Le Duc de Roquelaure, accompagné de Mr de Basville, rassembla les troupes disponibles sans affaiblir les défenses des Cévennes et du Vivarais. Il se positionna à Mèze sur l'étang de Thau pour empêcher les descentes ennemies. Pendant ce temps, le Duc de Noailles, campé au Boulou près de Perpignan, reçut une demande de secours. Il organisa rapidement une force composée de 900 chevaux, 1000 grenadiers et 12 pièces de canon, commandée par plusieurs officiers de haut rang. Les deux ducs arrivèrent à Agde avec les troupes et attaquèrent immédiatement les ennemis, les forçant à se retirer au port de Cette. Pendant leur rembarquement, des dragons français attaquèrent et tuèrent plusieurs hommes ennemis sur la montagne de Saint Clair, faisant également des prisonniers.
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230
p. 223-224
Extrait d'une autre Lettre. [titre d'après la table]
Début :
Le reste des 600. hommes se sauva au Fort qui est [...]
Mots clefs :
Frégate, Fort, Ennemis, Port
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une autre Lettre. [titre d'après la table]
Ce qui fuit eji extrait
,>
dune autre Relation.
Le reste des 600. hommes
se sauva au Fort qui est
au bout du Mole d'où les
ennemis faisoient ungrand
feu. Ils estoient fouftenus
par le canon d'une Fregate
qui estoit dans le port costé
en travers, & de plusieurs
vaisseaux.
L'Artillerie estant arrivée
, on en fit trois batteries
y
& après avoir fait
quelques décharges qui
chasserent la Fregate du
port, les Grenadiers commandez
par Mr d'Auzé,
Capitaine au Regiment
d'Artois, & soustenu par
Mrde Planque,s'avancerent
lelong duMole, &
escaladerent le Fort où ils
firent prisonniers deuxOfficiers&
soixante & dix
soldats.
On fit ensuite avancer à
l'extremité du village une
batterie qui obligea les ennemis
à s'éloigner, & le
30. Juillet ils sirentvoile
vers leLevant.
,>
dune autre Relation.
Le reste des 600. hommes
se sauva au Fort qui est
au bout du Mole d'où les
ennemis faisoient ungrand
feu. Ils estoient fouftenus
par le canon d'une Fregate
qui estoit dans le port costé
en travers, & de plusieurs
vaisseaux.
L'Artillerie estant arrivée
, on en fit trois batteries
y
& après avoir fait
quelques décharges qui
chasserent la Fregate du
port, les Grenadiers commandez
par Mr d'Auzé,
Capitaine au Regiment
d'Artois, & soustenu par
Mrde Planque,s'avancerent
lelong duMole, &
escaladerent le Fort où ils
firent prisonniers deuxOfficiers&
soixante & dix
soldats.
On fit ensuite avancer à
l'extremité du village une
batterie qui obligea les ennemis
à s'éloigner, & le
30. Juillet ils sirentvoile
vers leLevant.
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Résumé : Extrait d'une autre Lettre. [titre d'après la table]
Une bataille opposa 600 hommes retranchés dans un fort à l'extrémité d'un môle, soutenus par une frégate et des vaisseaux. L'artillerie créa trois batteries, chassant la frégate. Les grenadiers, dirigés par Monsieur d'Auzé, capturèrent deux officiers et soixante-dix soldats. Les ennemis se retirèrent et levèrent l'ancre le 30 juillet.
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231
p. 225-234
AVANTURE DE MR POUJET.
Début :
L'Affaire de Cette a pensé nous couster un Juge [...]
Mots clefs :
Juge, Poujet, Ennemis, Vin, Bière, Officiers, Généraux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANTURE DE MR POUJET.
AVANTURE
DEVis-rOUss-T.,
L'Affairede Cette
a pensé nous couster un
Juge de l'Amirauté i
voicy l'Avanture.
Mr Poujet, juge de
l'Amirauté fut intimidé
par les ennemis qui
l'obligerent à prester
ferment de fidelitéà la
Reine Anne, & luy
donnerent des Provifions
nouvelles pour
sa Charge.ils le firent
Magistrat Anglois
,
moyennant quoy il fut
pillé tout le premier
par préference
, &c il
resta dans Cette jusqu'au
jour du départ
des ennemis.
En les voyant quitter
prise, il crut pouvoir
abjurer la Magistrature
Angloise.Il
depefcha un Paysan
pour donner avis à nos
Generaux de la retraite
des ennemis. Ce Paysan
fut surpris se glissant
furtivement le
long de la Plage. On
l'arrestecomme un Espion
; on le menace.
Ce pauvre Ruste répond
naïvement:Je ne
suis point un Espion
>
Messieurs,jesuisun Cotfr
rier • maistues à pied,
luy dit on; N'importe,
jesuisle CourierduJuge
de mon Village, puisque
c'est luy qui m'envoye porterdes
avis.
Sur cette déclaration
MylordNorris envoya
prendre Mr Poujet
à Cette, & dés qu'il
fut arrivé on luy déclara
qu'on l'alloitcondamner
comme unAnglois
qui trahit safouveraine.
Helas
, M'ef
sieurs
>
leur réponditjJil
A
, tout effrayé
) vous
ne devez* me condamner
ni com*me Ang/cü ni comme François
3 car
je ne fçâ) plus ce que je
(UIJ.
s, On ne luy tient pas
de longs discours
,
&
sans autre forme de
procés on le déc lare
traistre: on le condamne
: on va le faire pendre.
Pendant qu on le dispose
à prendre son party
de bonne grace ou
a être pendu malgré
luy,deux Officiers que
nous avions faits prisonniers
furent amenez
à nos Generaux,
qui leur faisant une reception
polie & gracieuse
, leur donnerent
d'abord leurtable
pour prison.
Aprés lesy avoir te-
0
nus joyeusement captifs
, on les renvoya sur
leur parole;mais à condition
qu'ils porteroient
au Mylord les
marques de leurcaptivité;
c'est-à-dire force
bouteilles du mesme
vin dont ils avoient
bu.
Ils partent avec cinq
ou six hommes chargez
de bon vin, sans
compter celuy qu'ils
avoient dans la teste
, qui donnoit à leur
marche un air de gayeté
d'un tres-bon augure
pour tous ceux
qu'ils rencontroient.
Cette troupe gaillardearriva
fortà propos
pourégayerun peu
la ceremonie funeste
du pauvreMr Poujet.
Il présentoitdéja lecol
au sacrificateur
, & la
victime alloit estre immoléeen
l'air, tordue
les Officiers parurent
avec leur present bachique.
En l' offrant au
Mylord ils crierent
>
grace , grace. Le Dieu
du vin solicita. Quel
Juge pourroit estre infléxible
à tant de bouteilles.
LesOfficiersy
joignent un recit patetique
de la reception
que nos Generaux, leur
ont faite. Enfin le Mylord
attendry leurrenvoye
Mr Poujet avec
un present de Biere excellente.
;
Ainsipour deux Officiers
& de bon vin
y l'on nous donna en échange,
un Juge ôcde
la Biere. Nous y perdons;
mais c'est la feule
perte que nous ayons
faite en forçant les ennemis
à se rembarquer.
DEVis-rOUss-T.,
L'Affairede Cette
a pensé nous couster un
Juge de l'Amirauté i
voicy l'Avanture.
Mr Poujet, juge de
l'Amirauté fut intimidé
par les ennemis qui
l'obligerent à prester
ferment de fidelitéà la
Reine Anne, & luy
donnerent des Provifions
nouvelles pour
sa Charge.ils le firent
Magistrat Anglois
,
moyennant quoy il fut
pillé tout le premier
par préference
, &c il
resta dans Cette jusqu'au
jour du départ
des ennemis.
En les voyant quitter
prise, il crut pouvoir
abjurer la Magistrature
Angloise.Il
depefcha un Paysan
pour donner avis à nos
Generaux de la retraite
des ennemis. Ce Paysan
fut surpris se glissant
furtivement le
long de la Plage. On
l'arrestecomme un Espion
; on le menace.
Ce pauvre Ruste répond
naïvement:Je ne
suis point un Espion
>
Messieurs,jesuisun Cotfr
rier • maistues à pied,
luy dit on; N'importe,
jesuisle CourierduJuge
de mon Village, puisque
c'est luy qui m'envoye porterdes
avis.
Sur cette déclaration
MylordNorris envoya
prendre Mr Poujet
à Cette, & dés qu'il
fut arrivé on luy déclara
qu'on l'alloitcondamner
comme unAnglois
qui trahit safouveraine.
Helas
, M'ef
sieurs
>
leur réponditjJil
A
, tout effrayé
) vous
ne devez* me condamner
ni com*me Ang/cü ni comme François
3 car
je ne fçâ) plus ce que je
(UIJ.
s, On ne luy tient pas
de longs discours
,
&
sans autre forme de
procés on le déc lare
traistre: on le condamne
: on va le faire pendre.
Pendant qu on le dispose
à prendre son party
de bonne grace ou
a être pendu malgré
luy,deux Officiers que
nous avions faits prisonniers
furent amenez
à nos Generaux,
qui leur faisant une reception
polie & gracieuse
, leur donnerent
d'abord leurtable
pour prison.
Aprés lesy avoir te-
0
nus joyeusement captifs
, on les renvoya sur
leur parole;mais à condition
qu'ils porteroient
au Mylord les
marques de leurcaptivité;
c'est-à-dire force
bouteilles du mesme
vin dont ils avoient
bu.
Ils partent avec cinq
ou six hommes chargez
de bon vin, sans
compter celuy qu'ils
avoient dans la teste
, qui donnoit à leur
marche un air de gayeté
d'un tres-bon augure
pour tous ceux
qu'ils rencontroient.
Cette troupe gaillardearriva
fortà propos
pourégayerun peu
la ceremonie funeste
du pauvreMr Poujet.
Il présentoitdéja lecol
au sacrificateur
, & la
victime alloit estre immoléeen
l'air, tordue
les Officiers parurent
avec leur present bachique.
En l' offrant au
Mylord ils crierent
>
grace , grace. Le Dieu
du vin solicita. Quel
Juge pourroit estre infléxible
à tant de bouteilles.
LesOfficiersy
joignent un recit patetique
de la reception
que nos Generaux, leur
ont faite. Enfin le Mylord
attendry leurrenvoye
Mr Poujet avec
un present de Biere excellente.
;
Ainsipour deux Officiers
& de bon vin
y l'on nous donna en échange,
un Juge ôcde
la Biere. Nous y perdons;
mais c'est la feule
perte que nous ayons
faite en forçant les ennemis
à se rembarquer.
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Résumé : AVANTURE DE MR POUJET.
Le texte raconte l'histoire de Mr Poujet, juge de l'Amirauté à Cette, forcé par les ennemis de prêter serment de fidélité à la Reine Anne et de devenir magistrat anglais. Après le départ des ennemis, Poujet envoie un paysan avertir les généraux français, mais ce dernier est arrêté et accusé d'espionnage. Poujet est alors capturé et condamné pour trahison. Alors qu'il est sur le point d'être pendu, deux officiers français, récemment libérés, arrivent avec des bouteilles de vin en guise de marque de leur captivité. Ils intercedent en faveur de Poujet. Mylord Norris, impressionné par leur geste et par le vin, gracie Poujet et le renvoie avec un présent de bière. Cette négociation permet de sauver Poujet, bien que les Français aient perdu un juge en échange de deux officiers et du vin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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232
p. 12-21
EXTRAIT d'un Procés qui se poursuit au Conseil.
Début :
Roman, Gondol, & Lati, tous trois Officiers Mariniers du Département [...]
Mots clefs :
Vaisseau, Armateur, Anglais, Droit, Question, Action, Prisonniers, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Procés qui se poursuit au Conseil.
EXTRAIT
D'un Procésquisepoursuit
au Conjeil.
Roman,Gondol, & Lati,
tous trois Officiers Mariniers
du Département de
Toulon, s'embarquerent à
Marseille sur un Vaisseau
Marchand,
En saisant route vers le
Havre de Grace ils furent
attaquez & pris parunVaisseau
de
-
Guerre Anglois qui
lesconduisit à Baston; ils y
resterent ¡' quelque temps
gardez à vue.
Le 20. Décembre 1709,
on les embarqua dans un
autre vaisseau Marchand
qui partoit pour Londres,
ou bien il s'y embarquérent
de leur bon gré, car c'çft
là l'un des points que les
Avocats se disputent. Le fait
dont ils conviennent tous,
c'estqu'il y avoir sur le Vaisseau
dont il s'agit huit Anglois,
sçavoir leCapitaine,
un Capitaine passager, un
Pilote & cinq Matelots.
Nostrois prisonniers
conspirérent la mort des
deuxCapitaines & du Pilote,
chacun deux se
chargea detuersonhomme;
tous trois réunirent, & les
cinq Matelots voyantleurs
Chefs morts, se fourmirent
ànos troisFrançoisqui se
trouverent enfin maistres
du Vaisseau Anglois.
Avant que d'achever
le recit du fait on pouroit
faire une premiere question
curieuse sur l'action
de ces trois François :
Est-elle louable ou blâmable?
S'ils avoient esté prisonniers
sur leur parole,
leur action feroit sans
doute un crime énorme.
S'ils sont prisonniers
forcez & mal-traitez,
l'action change de nature
: celuy qui traite
cruellement un prisonnier
le met en droit de
tenter jusqu'aux voyes
cruelles pour se délivrer;
On leur allegue qu'ils
n'étoientpoint du tout
prisonniersen cette occasion,
s'estant engagez &
embarquezde bonne
volonté,&qu'étant à la
solde & même à la table
du Capitaine
,
leur
cntreprife a esté une trahison.
Ils prétendent que telles
circonstances peuvent
se rencontrer dans
pareille entreprise, quelle
ne seroitpas indigne
d'un Héros. La question
est donc de sçavoir si
l'action est heroïque ou
criminelle.
J'appuye beaucoup sur
cette premierequestion,
car ilme paroist que c'est
le principalfondement
de celle que je vais expliquer
en continuant le
recit du fait.
Ce fut le 10. de Janvier
1710, que ces trois François
se rendirent maîtresduVaisseau.
Ilsfaisoientroutevers
la France lors qu'ils rencontrerent
à la hauteur des Sorlingues
un Armateur de
Roscoff, Armateur François,
qui voyant un Vaisseau
de la Fabrique Angloise,
s'enréjouit comme
d'une capture qu'il pouvoit
faire.
Nos François de leur
costé se réjoüirent à Tafped:
duVaisseauFrançois, dont
ils esperoient du secours,&
se laissant aborder, se declarerenc
François & amis de
l'Armateur. Mais l'Armateur
voulut toujoûrsqu'ils
fussent-ennemis & Anglois
comme leur Vaisseau qu'il
vouloit gagner; en un mot
il s'en empara & jetta à terre
les François qui s'en étoient
emparez sur les Anglois.
La grande question c'est
de sçavoir à qui doit appartenir
ce Vaisseau. On a déja
jugé par provision qu'il
napparcenok a pas un
d'eux, parce que l'Armateur
n'ayant pas droit de conquerir
sur les François, sa
Commissiond'Armateur
est nulle à leur égard,& que
les François n'ayant point
du tout de Commission
n'ont pû le conquerir sur
les Anglois.
C'est pour revenir contre
ce Jugement de l'Amirauté
que les trois François ont
presenté Requeste, au Conseil.
Ils prétendent que le
Vaisseau leur apartienr par
le droit des gens comme le prix
d'une dEiion légitimé & glorieuse.
Ainsi, selon euxmesmes
la question se réduit
à sçavoir s'ils ont tué &
conquis de bonne guerre,
car mauvaise guerre ne peut
jamais établir qu'un mauvais
droit.
D'un Procésquisepoursuit
au Conjeil.
Roman,Gondol, & Lati,
tous trois Officiers Mariniers
du Département de
Toulon, s'embarquerent à
Marseille sur un Vaisseau
Marchand,
En saisant route vers le
Havre de Grace ils furent
attaquez & pris parunVaisseau
de
-
Guerre Anglois qui
lesconduisit à Baston; ils y
resterent ¡' quelque temps
gardez à vue.
Le 20. Décembre 1709,
on les embarqua dans un
autre vaisseau Marchand
qui partoit pour Londres,
ou bien il s'y embarquérent
de leur bon gré, car c'çft
là l'un des points que les
Avocats se disputent. Le fait
dont ils conviennent tous,
c'estqu'il y avoir sur le Vaisseau
dont il s'agit huit Anglois,
sçavoir leCapitaine,
un Capitaine passager, un
Pilote & cinq Matelots.
Nostrois prisonniers
conspirérent la mort des
deuxCapitaines & du Pilote,
chacun deux se
chargea detuersonhomme;
tous trois réunirent, & les
cinq Matelots voyantleurs
Chefs morts, se fourmirent
ànos troisFrançoisqui se
trouverent enfin maistres
du Vaisseau Anglois.
Avant que d'achever
le recit du fait on pouroit
faire une premiere question
curieuse sur l'action
de ces trois François :
Est-elle louable ou blâmable?
S'ils avoient esté prisonniers
sur leur parole,
leur action feroit sans
doute un crime énorme.
S'ils sont prisonniers
forcez & mal-traitez,
l'action change de nature
: celuy qui traite
cruellement un prisonnier
le met en droit de
tenter jusqu'aux voyes
cruelles pour se délivrer;
On leur allegue qu'ils
n'étoientpoint du tout
prisonniersen cette occasion,
s'estant engagez &
embarquezde bonne
volonté,&qu'étant à la
solde & même à la table
du Capitaine
,
leur
cntreprife a esté une trahison.
Ils prétendent que telles
circonstances peuvent
se rencontrer dans
pareille entreprise, quelle
ne seroitpas indigne
d'un Héros. La question
est donc de sçavoir si
l'action est heroïque ou
criminelle.
J'appuye beaucoup sur
cette premierequestion,
car ilme paroist que c'est
le principalfondement
de celle que je vais expliquer
en continuant le
recit du fait.
Ce fut le 10. de Janvier
1710, que ces trois François
se rendirent maîtresduVaisseau.
Ilsfaisoientroutevers
la France lors qu'ils rencontrerent
à la hauteur des Sorlingues
un Armateur de
Roscoff, Armateur François,
qui voyant un Vaisseau
de la Fabrique Angloise,
s'enréjouit comme
d'une capture qu'il pouvoit
faire.
Nos François de leur
costé se réjoüirent à Tafped:
duVaisseauFrançois, dont
ils esperoient du secours,&
se laissant aborder, se declarerenc
François & amis de
l'Armateur. Mais l'Armateur
voulut toujoûrsqu'ils
fussent-ennemis & Anglois
comme leur Vaisseau qu'il
vouloit gagner; en un mot
il s'en empara & jetta à terre
les François qui s'en étoient
emparez sur les Anglois.
La grande question c'est
de sçavoir à qui doit appartenir
ce Vaisseau. On a déja
jugé par provision qu'il
napparcenok a pas un
d'eux, parce que l'Armateur
n'ayant pas droit de conquerir
sur les François, sa
Commissiond'Armateur
est nulle à leur égard,& que
les François n'ayant point
du tout de Commission
n'ont pû le conquerir sur
les Anglois.
C'est pour revenir contre
ce Jugement de l'Amirauté
que les trois François ont
presenté Requeste, au Conseil.
Ils prétendent que le
Vaisseau leur apartienr par
le droit des gens comme le prix
d'une dEiion légitimé & glorieuse.
Ainsi, selon euxmesmes
la question se réduit
à sçavoir s'ils ont tué &
conquis de bonne guerre,
car mauvaise guerre ne peut
jamais établir qu'un mauvais
droit.
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Résumé : EXTRAIT d'un Procés qui se poursuit au Conseil.
Le texte narre l'histoire de trois officiers mariniers français, Roman, Gondol et Lati, originaires de Toulon, qui s'embarquèrent à Marseille sur un vaisseau marchand à destination du Havre de Grâce. Capturés par un vaisseau de guerre anglais, ils furent conduits à Boston puis transférés à Londres le 20 décembre 1709. À bord du nouveau vaisseau, ils conspirèrent pour tuer les capitaines et le pilote anglais, prenant ainsi le contrôle du navire le 10 janvier 1710. Ils rencontrèrent ensuite un armateur français près des Sorlingues, qui, croyant le vaisseau anglais, s'en empara et les jeta à terre. La principale question juridique concerne la propriété du vaisseau. Les Français contestent un jugement de l'Amirauté, affirmant que le vaisseau leur appartient par le droit des gens, en tant que prix d'une action légitime. La controverse porte sur la légitimité de leurs actions et la nature de leur capture.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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233
p. 21-30
NOUVELLES. Lettre de Lerida du 16. Aoust.
Début :
Je ne doute pas, Monsieur, que vous n'ayez vû quelque [...]
Mots clefs :
Ennemis, Armées du roi, Lérida, Bataillons, Comte de Merode, Escadrons, Cavalerie
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES. Lettre de Lerida du 16. Aoust.
NOUVELLES,
Lettre de Lerida du i6<
Aoust. Je
ne doute pas, Monsieur,
que vous n'ayez vû quelque
Relation da combat donnele20
de ce mois entre tArmEe du
Roy & celle de l'Archiduc;
mais je doute que vous en aje^
vû de plus veritable&mieux
circonflanciée que celle que je
me donne l'honneur de ruous
envoyer.
Le 19 l'armée du Rrry
étant campéeprés de Saragoj]e}
& celle des ennemis en dcçade
la Chartreuse,Monsieur le
'Marquis de Baj alla les reconnoître
pendant que Sa Majestéfit
avancer toute l'Armée
qui ptfja la nuit en bataille,
"ltinji que celle des ennnemis.
Lecombatcommença le lendemainmatin
par une canonade
qui dura depuis six heures jusaprèsdemidy
que les troupes
vinrent aux mains.
Les ennemis ayantrenforcé
leur aîle gauche de la plus
grandepartie de leur Cavalerie,
voulurent d'abord prendre en
flanc la droite de l'Arméedu
PKoy
,
qui rfioit commandéepar
MessieursdeAmezaga c-
Mahoni. Mais les Gardes du
Corps &les Dragons leschargerent
avec tant de vigueur.•'
qu'ils en firentungrandcarnage&
pousserent le restejusqu'à
l'Ebre,ouils'ennoyaungrand
nomWfi,
Le reste de la Cavalerie de
la droite aprés avoirachevéde
défaire la premiere ligne des
Ennemis, fut arrestée&mise
en desordre par leur seconde
ligne
,
sans que Monsieur le
Marquis de Bay, qui (yporta
promptement, pust la rallier
à cause qu'elle fut mal soustenuë
par l'Infanterie dont la
pluspart des Soldatsestoient
nouvellement leve%.
:
Ce General envoya en mê..
me temps ordre à Don joseph
de Armendariz&à Don Pedro
Ronquillo qui commandoient
la gauche de la premiere
Ligne de le venirjoindre avec
toute leur Cavalerie,àla reserve
ve de huit Escadrons ; çya
Monsieur le Comte de Merode
&à MonsieurleMarquis
de Lançarotte,qui commandoient
lasecondeLigne,deprendre
les Postes de Messieurs de
Armandariz&Ronquillo.
Dés qu'ils furentarrivez ils
chargerent si vigoureusement
les Ennemisqu'ils les firent
plier; mais le desordrede nostre
seconde Ligne de la droite
estoitsigrand qu'ils ne purent
faire une seconde charge.
Monsieur le Comte de Merode
& Monsieur le Marquis
deLançarottes'avancerent antcc
la seconde Ligne de la gauche
qu'ils commandoient; mais
s'estans aperçusque les Ennemisavoient
détaché de leur
droite trois Bataillons pour
prendreenflancles Gardes IUilonnes
qui estoient à la tesse de
la premiere Ligne de la gauche,
Monsieur le Marquis deLancarotte
marcha à eux avec deux
Escadrons
, & les défit entierement.
Il alla ensuiterejoindre le
reste de la Cavalerie & trois
Bataillons
, & marcha avec
Monsieur le Comte de Merode
pour charger unesecondefois,
mais les Ennemis ayant détaché
dix Escadrons &plusieurs
Bataillonspour les enveloper,
ils furent obligez de se retirer
en couvrant deux Bataillons
des Gardes Walonnes quise
posterent sur les hauteurs de la
Guerba.
La Brigade de Rupelmonde
oerrefta les Ennemis, & ne fit
saretraitequ'a lafin delaBataille
,
apréslaquelleellese retira
sans estre poursuivie, non
plus que le reste de l'Armée,
dont la plus grande partie se
rassemblaàTudela aute Mon-
Jieur le Marquis de Bay4 &
unepartieà Daroca avec Monsieur
le Duc de Pratameno.
Les Ennemisfont demeurez
maistres du ChampdeBataille,
mais cette Victoire leur a coûté
cher; leur Infanterieayant
d'abordestéfort mal-traitéepar
le canon; leuraîlegauche ayant
estédeffaite, '& à laquelle on
apris cinq Etendarts, çj$r ensuite
plusieurs autres Bataillons
ausquels on a enlevéquatre
Drapeaux.
On n'a encore pu sçavoir le
nombre des morts de l'Armée
du R..oy.,parce qu'ilrevienticus
lesjours desgens qu'on awit
cru tt4fZ oufaitsPrisonniers,
On ria perdu d'Officiers de consideration
que Monsieur le Duc
d'Havré, quifut tuéd'un coup
de canonavant que l'aéîionfut
tout àfaitengagée.
Les Habitans de Saragojfc
ont donné des marques de leur
zelc au Roy en fournissant à
son Armée du pain, du vin
j&ode lauviandre pesnda.nt trois, Nostre Garnison a enlevé aux
Ennemis un Convoy de cinquante
Chariots de vivres &
de munitions; &quarantemil
écus en especes qui estoient destinez
pour payer leurs Troupes.
Jesuis, &c.
Lettre de Lerida du i6<
Aoust. Je
ne doute pas, Monsieur,
que vous n'ayez vû quelque
Relation da combat donnele20
de ce mois entre tArmEe du
Roy & celle de l'Archiduc;
mais je doute que vous en aje^
vû de plus veritable&mieux
circonflanciée que celle que je
me donne l'honneur de ruous
envoyer.
Le 19 l'armée du Rrry
étant campéeprés de Saragoj]e}
& celle des ennemis en dcçade
la Chartreuse,Monsieur le
'Marquis de Baj alla les reconnoître
pendant que Sa Majestéfit
avancer toute l'Armée
qui ptfja la nuit en bataille,
"ltinji que celle des ennnemis.
Lecombatcommença le lendemainmatin
par une canonade
qui dura depuis six heures jusaprèsdemidy
que les troupes
vinrent aux mains.
Les ennemis ayantrenforcé
leur aîle gauche de la plus
grandepartie de leur Cavalerie,
voulurent d'abord prendre en
flanc la droite de l'Arméedu
PKoy
,
qui rfioit commandéepar
MessieursdeAmezaga c-
Mahoni. Mais les Gardes du
Corps &les Dragons leschargerent
avec tant de vigueur.•'
qu'ils en firentungrandcarnage&
pousserent le restejusqu'à
l'Ebre,ouils'ennoyaungrand
nomWfi,
Le reste de la Cavalerie de
la droite aprés avoirachevéde
défaire la premiere ligne des
Ennemis, fut arrestée&mise
en desordre par leur seconde
ligne
,
sans que Monsieur le
Marquis de Bay, qui (yporta
promptement, pust la rallier
à cause qu'elle fut mal soustenuë
par l'Infanterie dont la
pluspart des Soldatsestoient
nouvellement leve%.
:
Ce General envoya en mê..
me temps ordre à Don joseph
de Armendariz&à Don Pedro
Ronquillo qui commandoient
la gauche de la premiere
Ligne de le venirjoindre avec
toute leur Cavalerie,àla reserve
ve de huit Escadrons ; çya
Monsieur le Comte de Merode
&à MonsieurleMarquis
de Lançarotte,qui commandoient
lasecondeLigne,deprendre
les Postes de Messieurs de
Armandariz&Ronquillo.
Dés qu'ils furentarrivez ils
chargerent si vigoureusement
les Ennemisqu'ils les firent
plier; mais le desordrede nostre
seconde Ligne de la droite
estoitsigrand qu'ils ne purent
faire une seconde charge.
Monsieur le Comte de Merode
& Monsieur le Marquis
deLançarottes'avancerent antcc
la seconde Ligne de la gauche
qu'ils commandoient; mais
s'estans aperçusque les Ennemisavoient
détaché de leur
droite trois Bataillons pour
prendreenflancles Gardes IUilonnes
qui estoient à la tesse de
la premiere Ligne de la gauche,
Monsieur le Marquis deLancarotte
marcha à eux avec deux
Escadrons
, & les défit entierement.
Il alla ensuiterejoindre le
reste de la Cavalerie & trois
Bataillons
, & marcha avec
Monsieur le Comte de Merode
pour charger unesecondefois,
mais les Ennemis ayant détaché
dix Escadrons &plusieurs
Bataillonspour les enveloper,
ils furent obligez de se retirer
en couvrant deux Bataillons
des Gardes Walonnes quise
posterent sur les hauteurs de la
Guerba.
La Brigade de Rupelmonde
oerrefta les Ennemis, & ne fit
saretraitequ'a lafin delaBataille
,
apréslaquelleellese retira
sans estre poursuivie, non
plus que le reste de l'Armée,
dont la plus grande partie se
rassemblaàTudela aute Mon-
Jieur le Marquis de Bay4 &
unepartieà Daroca avec Monsieur
le Duc de Pratameno.
Les Ennemisfont demeurez
maistres du ChampdeBataille,
mais cette Victoire leur a coûté
cher; leur Infanterieayant
d'abordestéfort mal-traitéepar
le canon; leuraîlegauche ayant
estédeffaite, '& à laquelle on
apris cinq Etendarts, çj$r ensuite
plusieurs autres Bataillons
ausquels on a enlevéquatre
Drapeaux.
On n'a encore pu sçavoir le
nombre des morts de l'Armée
du R..oy.,parce qu'ilrevienticus
lesjours desgens qu'on awit
cru tt4fZ oufaitsPrisonniers,
On ria perdu d'Officiers de consideration
que Monsieur le Duc
d'Havré, quifut tuéd'un coup
de canonavant que l'aéîionfut
tout àfaitengagée.
Les Habitans de Saragojfc
ont donné des marques de leur
zelc au Roy en fournissant à
son Armée du pain, du vin
j&ode lauviandre pesnda.nt trois, Nostre Garnison a enlevé aux
Ennemis un Convoy de cinquante
Chariots de vivres &
de munitions; &quarantemil
écus en especes qui estoient destinez
pour payer leurs Troupes.
Jesuis, &c.
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Résumé : NOUVELLES. Lettre de Lerida du 16. Aoust.
Le 19 août, l'armée du Roi, stationnée près de Saragosse, affronta celle de l'Archiduc, positionnée près de la Chartreuse. Le combat débuta le 20 août par une intense canonade suivie d'engagements directs. Les ennemis renforcèrent leur aile gauche avec une grande partie de leur cavalerie pour attaquer le flanc droit de l'armée du Roi, commandé par les messieurs d'Amezaga et Mahoni. Les Gardes du Corps et les Dragons repoussèrent vigoureusement cette attaque, infligeant de lourdes pertes et repoussant les survivants jusqu'à l'Èbre. La cavalerie de la droite, après avoir défait la première ligne ennemie, fut désorganisée par la seconde ligne adverse. Le Marquis de Bay tenta de rallier la cavalerie, mais sans le soutien suffisant de l'infanterie, composée de soldats nouvellement recrutés. Il ordonna alors à Don Joseph de Armendariz et Don Pedro Ronquillo de se replier avec leur cavalerie. Le Comte de Merode et le Marquis de Lançarotte prirent leurs postes. La cavalerie ennemie, bien que repoussée, profita du désordre pour éviter une seconde charge. Le Marquis de Lançarotte défit trois bataillons ennemis visant les Gardes Wallonnes, mais face à une contre-attaque ennemie avec dix escadrons et plusieurs bataillons, les forces du Roi se retirèrent en couvrant les Gardes Wallonnes. La Brigade de Rupelmonde harcela les ennemis jusqu'à la fin de la bataille. Les forces ennemies restèrent maîtresses du champ de bataille, mais leur victoire fut coûteuse, avec une infanterie sévèrement touchée par le canon et plusieurs drapeaux capturés. L'armée du Roi perdit le Duc d'Havré, tué par un coup de canon. Les habitants de Saragosse soutinrent l'armée du Roi en fournissant des vivres, tandis que la garnison captura un convoi ennemi de cinquante chariots de vivres et munitions, ainsi que quarante mille écus en espèces.
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234
p. 30-31
Siege de Bethune. [titre d'après la table]
Début :
Les Ennemis commencerent à investir Bethune le 15 Juillet, ce [...]
Mots clefs :
Béthune, Siège de Béthune
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texteReconnaissance textuelle : Siege de Bethune. [titre d'après la table]
Les Ennemis commencerent
à investirBethune le lj
Juillet, ce qui fut achevé le
18 au foir.
La tranchée fut ouverte la
nuit du 23. au 24., les Bateries
commencerent àtirer
le 30. Le28 Aoust les Allie..
gez battirent la Chamade,
& la capitulation fut reglés
le i«j. en 28. articles conforme
à celle de Douay.
Le 3 1. la Garnison sortit
au nombre de 1500. hommes,
outre 700. ma'ades~Ô6
blcfièz) & futconduiteàS.
Ome
à investirBethune le lj
Juillet, ce qui fut achevé le
18 au foir.
La tranchée fut ouverte la
nuit du 23. au 24., les Bateries
commencerent àtirer
le 30. Le28 Aoust les Allie..
gez battirent la Chamade,
& la capitulation fut reglés
le i«j. en 28. articles conforme
à celle de Douay.
Le 3 1. la Garnison sortit
au nombre de 1500. hommes,
outre 700. ma'ades~Ô6
blcfièz) & futconduiteàS.
Ome
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235
p. 40-46
Siege de S. Venant. [titre d'après la table]
Début :
Saint Venant fut investi le 5. Septembre, & la tranchée [...]
Mots clefs :
Siège de Saint-Venant, Régiment de Bugey, Tranchée, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : Siege de S. Venant. [titre d'après la table]
Saint Venant fut investi le
5.Septembre,& la tranchée
fut ouverte la nuit du 16.
au17. lesinnondations qui
en faisoient la plus grande
forceayant estésaignées, la
Garnisonfutobligée decapituler
le 29. au soir. Elle
sortit le 2. Octobre avec armes
&bagages, deux pieces
de canon, & toutes les autres
marques d'honneur, &
sur conduite à Arras. Cette
Garnison estoit au nombre
de deux mil hommes.
Les Ennemis ont eu à ce
Siege prés de mil hommes
tuez ou blessez.
Nous n'y avons, perdu aucun
Officier de consideration
que Mr le Comte de
Bcrenger du Gua, Colonel
du Regiment de Bugey, qui
fut tué le 24. Septembre. Il
avoit entrepris une sortie où
il ne fut suivi que d'une trentaine
de Grenadiers, la planche
sur laquelle tout son détachement
devoir passer s'étant
rompuë, ilne laissapas
de se jetter dans la tranchée
& de culbuter les Ennemis.
Il faisoitensuite sa retraite
avec toute la conduite & la
valeur possible ; lors qu'il
receu un coup dans la teste
dont il mourut.
Il servoit depuis sa plus
grande jeunesse,& il ne s'étoit
point pasle de Campagne
qu'il ne se fût distingué.
La derniere année il enleva
le poste considerable de la
Tuyle
,
dans la Val-d'Aost.
Il fit la même année cette
belle retraite à Constans,où
il arresta les Ennemis, &se
retiraavec les deux seulsBataillons
de son Regimenr.
Il estoit filsde Mr leComte
du Gua
,
Maréchal de
Camp, quia serviavecdistinction
depuis 1670 &pcn,
dant la derniere Guerre d'Italie
,
où il a esté estropié
d'un bras; & de Damoiselle
N de Symiane, soeur
de Mr le Marquis de Symiane,
Premier Gentilhomme
de la Chambre de S-- A. R.
Monsieur le Duc d'Orléans.
Tout le mondeconnoist
l'illustre Maison de Berenger
en Dauphiné, &la Genealogie
en a esté imprimée exactement
par feu Mr Chorier,
Historien decette Province.
Mr leComte duGuaavoit
trois fils, dont l'aîné est
enterré à Aire, le second à
S. Venant,&le Roy a donné
au troisieme le Regiment
de Bugey.
Mr le Marquis de Listenay,
Maréchal de Camp,
estant mort dans une sortie
faite à Aire le 24. Septembre,
le Roy a donné son Regiment
à son frere; sa Charge
dans la Gendarmerie à sa
fille pour la vendre, & sa
pension de sixmil livres à sa
Veuve.
Mr de Listenay estoitl'aïné
de l'illustre Maison de
Beauffremont
, au Comté
de Bourgogne.
Le Roy a donné à Mr de
Langez, Capitaine de Cavalerie,
un Guidon de Gendarmerie,
avec permission
de vendre sa Compagnie.
5.Septembre,& la tranchée
fut ouverte la nuit du 16.
au17. lesinnondations qui
en faisoient la plus grande
forceayant estésaignées, la
Garnisonfutobligée decapituler
le 29. au soir. Elle
sortit le 2. Octobre avec armes
&bagages, deux pieces
de canon, & toutes les autres
marques d'honneur, &
sur conduite à Arras. Cette
Garnison estoit au nombre
de deux mil hommes.
Les Ennemis ont eu à ce
Siege prés de mil hommes
tuez ou blessez.
Nous n'y avons, perdu aucun
Officier de consideration
que Mr le Comte de
Bcrenger du Gua, Colonel
du Regiment de Bugey, qui
fut tué le 24. Septembre. Il
avoit entrepris une sortie où
il ne fut suivi que d'une trentaine
de Grenadiers, la planche
sur laquelle tout son détachement
devoir passer s'étant
rompuë, ilne laissapas
de se jetter dans la tranchée
& de culbuter les Ennemis.
Il faisoitensuite sa retraite
avec toute la conduite & la
valeur possible ; lors qu'il
receu un coup dans la teste
dont il mourut.
Il servoit depuis sa plus
grande jeunesse,& il ne s'étoit
point pasle de Campagne
qu'il ne se fût distingué.
La derniere année il enleva
le poste considerable de la
Tuyle
,
dans la Val-d'Aost.
Il fit la même année cette
belle retraite à Constans,où
il arresta les Ennemis, &se
retiraavec les deux seulsBataillons
de son Regimenr.
Il estoit filsde Mr leComte
du Gua
,
Maréchal de
Camp, quia serviavecdistinction
depuis 1670 &pcn,
dant la derniere Guerre d'Italie
,
où il a esté estropié
d'un bras; & de Damoiselle
N de Symiane, soeur
de Mr le Marquis de Symiane,
Premier Gentilhomme
de la Chambre de S-- A. R.
Monsieur le Duc d'Orléans.
Tout le mondeconnoist
l'illustre Maison de Berenger
en Dauphiné, &la Genealogie
en a esté imprimée exactement
par feu Mr Chorier,
Historien decette Province.
Mr leComte duGuaavoit
trois fils, dont l'aîné est
enterré à Aire, le second à
S. Venant,&le Roy a donné
au troisieme le Regiment
de Bugey.
Mr le Marquis de Listenay,
Maréchal de Camp,
estant mort dans une sortie
faite à Aire le 24. Septembre,
le Roy a donné son Regiment
à son frere; sa Charge
dans la Gendarmerie à sa
fille pour la vendre, & sa
pension de sixmil livres à sa
Veuve.
Mr de Listenay estoitl'aïné
de l'illustre Maison de
Beauffremont
, au Comté
de Bourgogne.
Le Roy a donné à Mr de
Langez, Capitaine de Cavalerie,
un Guidon de Gendarmerie,
avec permission
de vendre sa Compagnie.
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Résumé : Siege de S. Venant. [titre d'après la table]
Le siège de Saint Venant débuta le 5 septembre 1793. La tranchée fut ouverte la nuit du 16 au 17 septembre. Malgré les inondations, la garnison dut capituler le 29 septembre. Elle sortit le 2 octobre avec armes et bagages, deux pièces de canon et toutes les marques d'honneur, et fut conduite à Arras. La garnison comptait deux mille hommes. Les ennemis subirent près de mille hommes tués ou blessés. Parmi les pertes notables, le Comte de Berenger du Gua, Colonel du Régiment de Bugey, fut tué le 24 septembre lors d'une sortie. Il avait entrepris cette sortie avec une trentaine de grenadiers et fut mortellement blessé en se retirant. Il servait depuis sa jeunesse et s'était distingué dans plusieurs campagnes. Le Marquis de Listenay, Maréchal de Camp, mourut également le 24 septembre lors d'une sortie à Aire. Le Roi attribua son régiment à son frère, sa charge dans la gendarmerie à sa fille pour la vendre, et sa pension de six mille livres à sa veuve. Le Roi accorda également un guidon de gendarmerie à Mr de Langez, Capitaine de Cavalerie, avec permission de vendre sa compagnie.
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236
p. 77-80
SIÈGE D'AIRE.
Début :
Aire fut investi le cinquiéme Septembre, & la tranchée fut [...]
Mots clefs :
Siège d'Aire-sur-la-Lys, Armée
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texteReconnaissance textuelle : SIÈGE D'AIRE.
SIEGE &J1RE:
Aire fut investi le cinquième
Septembre
,
& la
tranchéefut ouverte la nuit
du 12.au 13.
Mr le Maréchal de Villars
fit avancer l'Armée prés
de Hesdin, la gauche à Auchy
sur le Ternois, la droite
à Valiere, le Centre à
Eftruval ayant la Canche
derriere; le24. il partit pour
aller aux eaux, & Mr le Maréchal
d'Harcour arriva le
xj. pour commander 1Armée
en sa place.
Le 19. au matin les Ennemis
commencerent de tirer
avec 33. piécesdecanon.
à l'ataque gauche, &avec
44.à lataque droite.
Lanuit du 20.au21. ils
avancerent jusqu'auFossé de
la Redoute de la Laquete ,
mais ils furent obligez d'abandonner
leur tranchée
,;
parce que les Assiegez ayant
fait une ouverture à laDigue
laremplirent d'eau.
Le lendemain ils travailler
rent à la Baigner pour faire
écouler les eaux.
Le 22. ils avancerent
jusqu'à laRedoute qu'ils emporterent
après avoir perdu
trois cent hommes.
Le lendemain les Affiegez
firent une sortie pour
la reprendre; mais ils furent
repoussez après un rude
combat ; voicy ce qu'en a
mandé un Officier de l'Armée
Ennemie.
Mr d'Audencourt, Cadet,
de Mr le Comte de la Motte
Colonel de Loraine
, ayant de.
mandé 200. Grenadiers pour
reprendre la Redoutéque nous
avions enlevée,ilnousestvenu
ataquer. Ily aeu une
grande tuerie de part. d'au.'
tre;il a eu la cuisse cassée.
Noustravaillons à present
à nous rendre Maistres du
Chaussoir
,
qui est encore un
ouvrage avance , après cjuoy
nous travaillerons à saigner
l'innondation ; nous esperons
estre les Maistres de la Place
à la Toussaints.
Aire fut investi le cinquième
Septembre
,
& la
tranchéefut ouverte la nuit
du 12.au 13.
Mr le Maréchal de Villars
fit avancer l'Armée prés
de Hesdin, la gauche à Auchy
sur le Ternois, la droite
à Valiere, le Centre à
Eftruval ayant la Canche
derriere; le24. il partit pour
aller aux eaux, & Mr le Maréchal
d'Harcour arriva le
xj. pour commander 1Armée
en sa place.
Le 19. au matin les Ennemis
commencerent de tirer
avec 33. piécesdecanon.
à l'ataque gauche, &avec
44.à lataque droite.
Lanuit du 20.au21. ils
avancerent jusqu'auFossé de
la Redoute de la Laquete ,
mais ils furent obligez d'abandonner
leur tranchée
,;
parce que les Assiegez ayant
fait une ouverture à laDigue
laremplirent d'eau.
Le lendemain ils travailler
rent à la Baigner pour faire
écouler les eaux.
Le 22. ils avancerent
jusqu'à laRedoute qu'ils emporterent
après avoir perdu
trois cent hommes.
Le lendemain les Affiegez
firent une sortie pour
la reprendre; mais ils furent
repoussez après un rude
combat ; voicy ce qu'en a
mandé un Officier de l'Armée
Ennemie.
Mr d'Audencourt, Cadet,
de Mr le Comte de la Motte
Colonel de Loraine
, ayant de.
mandé 200. Grenadiers pour
reprendre la Redoutéque nous
avions enlevée,ilnousestvenu
ataquer. Ily aeu une
grande tuerie de part. d'au.'
tre;il a eu la cuisse cassée.
Noustravaillons à present
à nous rendre Maistres du
Chaussoir
,
qui est encore un
ouvrage avance , après cjuoy
nous travaillerons à saigner
l'innondation ; nous esperons
estre les Maistres de la Place
à la Toussaints.
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Résumé : SIÈGE D'AIRE.
Le siège de Hesdin débuta le 5 septembre. Le maréchal de Villars positionna l'armée avec la gauche à Auchy-sur-Ternois, la droite à Valiere et le centre à Étrunval. Une tranchée fut ouverte la nuit du 12 au 13 septembre. Le 24 septembre, Villars partit aux eaux et fut remplacé par le maréchal d'Harcourt le 11 octobre. Le 19 septembre, les ennemis commencèrent à tirer avec 77 pièces de canon. La nuit du 20 au 21 septembre, ils avancèrent jusqu'au fossé de la redoute de La Laquete mais durent abandonner leur tranchée en raison d'une ouverture dans la digue. Le 22 septembre, les ennemis prirent la redoute après avoir perdu trois cents hommes. Le lendemain, les assiégés tentèrent une sortie pour reprendre la redoute mais furent repoussés. Un officier ennemi rapporta une grande tuerie et la blessure du cadet d'Audencourt. Les assiégés travaillaient à prendre le contrôle du Chaussoir et prévoyaient de drainer les inondations, espérant maîtriser la place d'ici la Toussaint.
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237
p. 80-85
AUTRE LETTRE du même Officier. DU CAMP devant Aire le 25 Septembre
Début :
Le 22. Monsieur le Comte d'Esteing, Lieutenant General Commandant [...]
Mots clefs :
Montvert, Houdetot, Siège d'Aire-sur-la-Lys, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE LETTRE du même Officier. DU CAMP devant Aire le 25 Septembre
AUTRE LETTRE
du même Officier.
DU CAMP
devantAire le 2.5SeptembrÓ
Le 22.Monsieur le Comte
JtEfteing, Lieutenant General
Commandant à S. Omer ,
fit un détachement de goo..
Chevaux commandépar Mrs
de Mortagny (Cf d*Ejlaghol
Brigadiers; MÏS du Palais ,
de S.Sernin &d*Houdetôt
Colonels
,
Neufchastel (7
Montvert Lieutenants-Colonels
; ilspasserentl'Ax
, &
se posterent dans des fonds de
l'autrecosté, au delà des
hauteurs qui sont à une lieue
demie de S. Omer. Ils envoyerent
devant euxtrois cens
Chevaux
, en deux corps , sous les ordres de Mrs d'Houdetot
~& de Montvert
,
du
cofté du Village d'Heuderin.
ghem
, avec ordre de recevoir lefleurHergeuft 30Hous
fards
,
qui avec15Dragons
poussentjusques dans le quartier
du Comte deNassauWeilbourg
à S. yiugujlm
,
où ils
sabrerent. Une Garde de 60.
Cuirassiers y estans accouruë
fut battuë renvesée; mais
tous nos Houssards ejlantallc%.
au secours avec 300. Maîtres
quise trouvoientcommandez
pousserentvos Houssards. Mr
de Montvert
, au lieu de les
attendre de se rejoindre à
Mrd'houdetot,marcha à eux,
fut renversé,& ces trois cents
Chevauxfurentrepoussezvivementjusqu'à
ce que Mr de
Mortantnousayantàsontour
envelopé,il ne s 'ensauva que
ce qui put penetrer au travers
de vos Troupes. On nous en
tua beaucoupy & nous eûmes
68. Cavaliers de pris.
Mr de Mortani aprèss'estre
remis en bataille
, voyantque
toutnostre piquet alloit au Je*
çoursrepassa la petite rivure
&jia ou quelques uns de nos
gens le suivirent, (y tomberent
dans une embuscade de
Grenadiers que l'on avoit pofdtez
deanscle Vqillague deeBla.n-
Les François perdirent Mr
de MontnjertLieutenantColonel
,
deux Lieutenants avec
cÓmmiflion de Capitaine, deux
Autres, trois Cornettes,sept
Maréchaux des Logis,&une
quarantaine deDragons ou Ca-
Valiers.
Nous avons perdu en tout
trois cents hommes.
Lanuit du21.au13,les
Ennemis pousserent une paralelle,
maislesassiegez ayant
fait une sortie à une heure
aprèsminuit ruinerent
une partie de leurs travaux.
Le soir du 2. 3. Mr le
Marquis de Flavacourt avec
quatre cents Grenadiers gu
trois cents Travailleurs ruerent
presque tout ce qui se
trouva dans la tranchée &
ruinerent tous les travaux
des Ennemis,Mr de Flavacoure
y fut blessé.
du même Officier.
DU CAMP
devantAire le 2.5SeptembrÓ
Le 22.Monsieur le Comte
JtEfteing, Lieutenant General
Commandant à S. Omer ,
fit un détachement de goo..
Chevaux commandépar Mrs
de Mortagny (Cf d*Ejlaghol
Brigadiers; MÏS du Palais ,
de S.Sernin &d*Houdetôt
Colonels
,
Neufchastel (7
Montvert Lieutenants-Colonels
; ilspasserentl'Ax
, &
se posterent dans des fonds de
l'autrecosté, au delà des
hauteurs qui sont à une lieue
demie de S. Omer. Ils envoyerent
devant euxtrois cens
Chevaux
, en deux corps , sous les ordres de Mrs d'Houdetot
~& de Montvert
,
du
cofté du Village d'Heuderin.
ghem
, avec ordre de recevoir lefleurHergeuft 30Hous
fards
,
qui avec15Dragons
poussentjusques dans le quartier
du Comte deNassauWeilbourg
à S. yiugujlm
,
où ils
sabrerent. Une Garde de 60.
Cuirassiers y estans accouruë
fut battuë renvesée; mais
tous nos Houssards ejlantallc%.
au secours avec 300. Maîtres
quise trouvoientcommandez
pousserentvos Houssards. Mr
de Montvert
, au lieu de les
attendre de se rejoindre à
Mrd'houdetot,marcha à eux,
fut renversé,& ces trois cents
Chevauxfurentrepoussezvivementjusqu'à
ce que Mr de
Mortantnousayantàsontour
envelopé,il ne s 'ensauva que
ce qui put penetrer au travers
de vos Troupes. On nous en
tua beaucoupy & nous eûmes
68. Cavaliers de pris.
Mr de Mortani aprèss'estre
remis en bataille
, voyantque
toutnostre piquet alloit au Je*
çoursrepassa la petite rivure
&jia ou quelques uns de nos
gens le suivirent, (y tomberent
dans une embuscade de
Grenadiers que l'on avoit pofdtez
deanscle Vqillague deeBla.n-
Les François perdirent Mr
de MontnjertLieutenantColonel
,
deux Lieutenants avec
cÓmmiflion de Capitaine, deux
Autres, trois Cornettes,sept
Maréchaux des Logis,&une
quarantaine deDragons ou Ca-
Valiers.
Nous avons perdu en tout
trois cents hommes.
Lanuit du21.au13,les
Ennemis pousserent une paralelle,
maislesassiegez ayant
fait une sortie à une heure
aprèsminuit ruinerent
une partie de leurs travaux.
Le soir du 2. 3. Mr le
Marquis de Flavacourt avec
quatre cents Grenadiers gu
trois cents Travailleurs ruerent
presque tout ce qui se
trouva dans la tranchée &
ruinerent tous les travaux
des Ennemis,Mr de Flavacoure
y fut blessé.
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Résumé : AUTRE LETTRE du même Officier. DU CAMP devant Aire le 25 Septembre
Le 22 septembre, le lieutenant général Jefteing envoya un détachement de 600 chevaux sous les ordres de plusieurs officiers, dont les brigadiers de Mortagny et d'Eslagholf, pour traverser l'Aa et se positionner près de Saint-Omer. Trois cents chevaux furent envoyés vers Heuderin pour affronter 300 hussards et 15 dragons ennemis. Une garde de 60 cuirassiers fut battue, mais les hussards furent repoussés par 300 maîtres commandés. Montvert, commandant l'un des corps, fut renversé en attaquant l'ennemi. Les troupes ennemies furent repoussées, mais une partie put s'échapper. Les Français perdirent Montvert et plusieurs autres officiers et soldats. Les assiégés tuèrent de nombreux ennemis et en capturèrent 68. La nuit du 21 au 23 septembre, les ennemis tentèrent de construire une parallèle, mais les assiégés firent une sortie pour ruiner leurs travaux. Le 23 septembre, le marquis de Flavacourt, avec des grenadiers et des travailleurs, détruisit presque tous les travaux ennemis dans la tranchée, mais fut blessé. Les pertes françaises s'élèvent à trois cents hommes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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238
p. 86-97
RELATION de l'Affaire de Vive Saint-Eloy.
Début :
Le 24. Septembre Mr le Chevalier de Valence, Capitaine de [...]
Mots clefs :
Ennemis, Infanterie, Dragons, Grenadiers, Chevaux, Cavalerie, Valence, Vive-Saint-Éloi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de l'Affaire de Vive Saint-Eloy.
RELATION
de l'Affaire de Vive
Saint-Eloy.
Le 24. Septembre Mr le
Chevalier de Valence, CapitainedeGalere,
arriva d'Ipres
& rendit compte au
Roy de ce qui fuir. Mrriatendant
ayant donné avis à
Mrde Ravignan, Maréchal
de Camp, que les ennemis
faisoient remonter un gros
Convoy par la Lys, il partitle
18. à dix heures du soir
avec Mrs d'Houk, & de Jarnac
Brigadiers, Mrs de Valence
, de Noailles, de Nogaret,
de Louvigny
,
d'Angennes
,
& de Montesson
Colonels) 19. Compagnies
de Grenadiers, 1500. Fuseliers,
& leRégiment de
Dragons de S. Chaumont.
Il marcha toute la nuit
dans les Bois, prés de Vive
S. Eloy, passa à la veuë de
Menin, & à la demi portée
du canon de Courtray, à
troislieues de Deins en deça
de Gand, & arriva à deux
heures après midi à Oucghem
sur le bord de la Lys.
Trente Houssards qu'il
avoit envoyez à la découverte,
vinrent avertir que
les Ennemis se mettoient en
bataille à Vive S. Eloy sur
le bord de la riviere,&qu'ils
rangeoient leurs Batteaux
derriere eux; il pressa la
marche de ses Troupes, &
ayant pillé le Village, pendant
que l'Infanterie se
mettoit en bataille,ilalla
reconnoitre les Ennemis.
Mr le Comte d'Arhlone,
qui commandoit l'Escorte
du Convoy, avoit
13oo. hommes d'Infanterie
& 600.Chevaux. Il
avoit appuyé sa gauche à un
Mardis impratiquable joignant
la Lys. Son front qui
croit fort étroit, se trouvoit
couvert d'une prairie coupée
par trois fossez, & une
levée de terre; il avoit posté
sa Cavalerie, à sa droite
qui nestoit point retranchée.
Mr de Ravignanprit lemeilleur
party qui estoit de
se poster de maniere qu'en
allongeant sa gauche
,
il y
postast Mr de ,Jarnac
,
Mr
de Louvigny, Mr deMontesson
avec 6oo.Fuseliers,
à costé d'eux , & le Regiment
de Dragons de Saint-
Chaumont,avec 30. Houssarts
qui faisoient face à la
Cavalerie ennemie. Monsieur
d'Houk Brigadier,Mrsde
Valence & de Nogaret
Colonels avec les Grenadiers
,
Mrs d'Angennes &,;
de Noailles Colonels, avec
le surplus desFuseliersoccupoient
la droite jusquau-
Marais.
- Comme on avoitobservé
que la Cavalerie ennemie
pouvoir pénétrerparunchemin
& tomber sur la gauche
de l'Infanterie, on posta à
l'entrée, de ce chemin60.
Fufeliers. Au signal, qui étoit
de battre aux champs,
les Fufeliers de la droite firent
feu sur les ennemis pour
les occuper. En même temps
tous les grenadiers passerent
les trois fossez sans tirer, &
tombèrent sur les ennemis
la bayonnette au bout du
fusil, se mêlercnt & culbuterent
les premiers rangs,
firent un grand carnage,&
poufferent sivivement les ennemis,
qu'ils n'eurent pas Ictemps
de se jetterdans deux
vieilles Redoutes ruinées.
Nos Dragons cependant
chargèrent sià props & si
brusquement la Cavalerie
ennemie, qu'ils la défirent
en tres peu de temps. Les
Houssards qui estoient à la
teste des Dragons fabrerent
avec tant de fureur,qu'elle
fut renversée. Mr de Jarnac
<
fc replia sur la droite, &
•
prit en flanc l'Infanterie ennemie
qui estoit déja presque
tout à faitrenversée par
<
les Grenadiers.
âe Des 1300.hommes d'Infanterie
, tout fut tué ou
noyé à l'exception de C09+
qui furent conduits à Ipres,
& d'une trentaine deblessez
à mort, qu'onlaissa dans
les Villages. On compta que
des 600. Chevaux la moitié
avoit estétuez ou noyez, le
reste s'estant sauvé du costé
de Deins. Le Comte d'Athlone
qui commandoit l'efcorte
, fut fait prisonnier,
avec un Lieutenant Colonel,
un Major &36. autres Officiers.
On prit beaucoup de
Chevaux des Cavaliers ÔC
tous ceux qui remontoient
les Belandres sur lesquelles
les soldats se chargèrent de
Burin; dix furent choisis
pourmettrele feu aux poudres
avec précaution,ils le
firent, & secoucherentensuite
à terre a près s'estre
bouché les oreilles, ce qui
n'empêcha pas que deux ne
furent estoussez. Le bruit
fut si furieux que le Village
de S. Eloy vive fut renverfé
,
& que la terre fut ébranlée
jusques à Valenciennes,
&S. Quentin ou
les vitres en furent cassées;
laLys fut separée en deuxbras
au travers des Terres,
& les Batteaux furent tous
brifez. Il yavoir treize cent
quatre - vingt milliers de
poudre, de l'Artillerie, &
une grande quantité de boulets,
de bombes chargées,
de carcasses
,
de grenades;
de vinaigre & d'eau de vie.
Après cette expédition
,
qui ne coûtaque50. hommes
tuez ou blessez
,
Mr de
Ravignan, marcha lentement
vers Rouffelar où il
arriva le lendemain à midy;
ses Troupes estant fort satiguées
, a cause qu'elles e''
toient cliarcyées&embarassées
deprisonniers. Il y reçût
avis que les ennemisenvoyoient
plusieursdétachemens
pour le couper. En
effet une heure après 600.
Chevaux ennemis parurent
avec quelque Infanterie, &
attaqueront un poste à la
portéedefusil de Rouffelar.
Mr du Bois, Lieutenant Colonel
de S. Chaumont partit
avec 100. Dragons, fou.
tenus de quelques Grenadiers,
commandez par Mr
de Valence. Les ennemis se
retirèrentavec précipitation
Monsieur
Mr Dubois les poursuivit
leur , tua 15.hommes, prit
un Officier avec 10. Chevaux;
ensuite Mr de Ravignan
marcha par le grand
chemin d'Ipres, où il arriva
le 10 au soit.
de l'Affaire de Vive
Saint-Eloy.
Le 24. Septembre Mr le
Chevalier de Valence, CapitainedeGalere,
arriva d'Ipres
& rendit compte au
Roy de ce qui fuir. Mrriatendant
ayant donné avis à
Mrde Ravignan, Maréchal
de Camp, que les ennemis
faisoient remonter un gros
Convoy par la Lys, il partitle
18. à dix heures du soir
avec Mrs d'Houk, & de Jarnac
Brigadiers, Mrs de Valence
, de Noailles, de Nogaret,
de Louvigny
,
d'Angennes
,
& de Montesson
Colonels) 19. Compagnies
de Grenadiers, 1500. Fuseliers,
& leRégiment de
Dragons de S. Chaumont.
Il marcha toute la nuit
dans les Bois, prés de Vive
S. Eloy, passa à la veuë de
Menin, & à la demi portée
du canon de Courtray, à
troislieues de Deins en deça
de Gand, & arriva à deux
heures après midi à Oucghem
sur le bord de la Lys.
Trente Houssards qu'il
avoit envoyez à la découverte,
vinrent avertir que
les Ennemis se mettoient en
bataille à Vive S. Eloy sur
le bord de la riviere,&qu'ils
rangeoient leurs Batteaux
derriere eux; il pressa la
marche de ses Troupes, &
ayant pillé le Village, pendant
que l'Infanterie se
mettoit en bataille,ilalla
reconnoitre les Ennemis.
Mr le Comte d'Arhlone,
qui commandoit l'Escorte
du Convoy, avoit
13oo. hommes d'Infanterie
& 600.Chevaux. Il
avoit appuyé sa gauche à un
Mardis impratiquable joignant
la Lys. Son front qui
croit fort étroit, se trouvoit
couvert d'une prairie coupée
par trois fossez, & une
levée de terre; il avoit posté
sa Cavalerie, à sa droite
qui nestoit point retranchée.
Mr de Ravignanprit lemeilleur
party qui estoit de
se poster de maniere qu'en
allongeant sa gauche
,
il y
postast Mr de ,Jarnac
,
Mr
de Louvigny, Mr deMontesson
avec 6oo.Fuseliers,
à costé d'eux , & le Regiment
de Dragons de Saint-
Chaumont,avec 30. Houssarts
qui faisoient face à la
Cavalerie ennemie. Monsieur
d'Houk Brigadier,Mrsde
Valence & de Nogaret
Colonels avec les Grenadiers
,
Mrs d'Angennes &,;
de Noailles Colonels, avec
le surplus desFuseliersoccupoient
la droite jusquau-
Marais.
- Comme on avoitobservé
que la Cavalerie ennemie
pouvoir pénétrerparunchemin
& tomber sur la gauche
de l'Infanterie, on posta à
l'entrée, de ce chemin60.
Fufeliers. Au signal, qui étoit
de battre aux champs,
les Fufeliers de la droite firent
feu sur les ennemis pour
les occuper. En même temps
tous les grenadiers passerent
les trois fossez sans tirer, &
tombèrent sur les ennemis
la bayonnette au bout du
fusil, se mêlercnt & culbuterent
les premiers rangs,
firent un grand carnage,&
poufferent sivivement les ennemis,
qu'ils n'eurent pas Ictemps
de se jetterdans deux
vieilles Redoutes ruinées.
Nos Dragons cependant
chargèrent sià props & si
brusquement la Cavalerie
ennemie, qu'ils la défirent
en tres peu de temps. Les
Houssards qui estoient à la
teste des Dragons fabrerent
avec tant de fureur,qu'elle
fut renversée. Mr de Jarnac
<
fc replia sur la droite, &
•
prit en flanc l'Infanterie ennemie
qui estoit déja presque
tout à faitrenversée par
<
les Grenadiers.
âe Des 1300.hommes d'Infanterie
, tout fut tué ou
noyé à l'exception de C09+
qui furent conduits à Ipres,
& d'une trentaine deblessez
à mort, qu'onlaissa dans
les Villages. On compta que
des 600. Chevaux la moitié
avoit estétuez ou noyez, le
reste s'estant sauvé du costé
de Deins. Le Comte d'Athlone
qui commandoit l'efcorte
, fut fait prisonnier,
avec un Lieutenant Colonel,
un Major &36. autres Officiers.
On prit beaucoup de
Chevaux des Cavaliers ÔC
tous ceux qui remontoient
les Belandres sur lesquelles
les soldats se chargèrent de
Burin; dix furent choisis
pourmettrele feu aux poudres
avec précaution,ils le
firent, & secoucherentensuite
à terre a près s'estre
bouché les oreilles, ce qui
n'empêcha pas que deux ne
furent estoussez. Le bruit
fut si furieux que le Village
de S. Eloy vive fut renverfé
,
& que la terre fut ébranlée
jusques à Valenciennes,
&S. Quentin ou
les vitres en furent cassées;
laLys fut separée en deuxbras
au travers des Terres,
& les Batteaux furent tous
brifez. Il yavoir treize cent
quatre - vingt milliers de
poudre, de l'Artillerie, &
une grande quantité de boulets,
de bombes chargées,
de carcasses
,
de grenades;
de vinaigre & d'eau de vie.
Après cette expédition
,
qui ne coûtaque50. hommes
tuez ou blessez
,
Mr de
Ravignan, marcha lentement
vers Rouffelar où il
arriva le lendemain à midy;
ses Troupes estant fort satiguées
, a cause qu'elles e''
toient cliarcyées&embarassées
deprisonniers. Il y reçût
avis que les ennemisenvoyoient
plusieursdétachemens
pour le couper. En
effet une heure après 600.
Chevaux ennemis parurent
avec quelque Infanterie, &
attaqueront un poste à la
portéedefusil de Rouffelar.
Mr du Bois, Lieutenant Colonel
de S. Chaumont partit
avec 100. Dragons, fou.
tenus de quelques Grenadiers,
commandez par Mr
de Valence. Les ennemis se
retirèrentavec précipitation
Monsieur
Mr Dubois les poursuivit
leur , tua 15.hommes, prit
un Officier avec 10. Chevaux;
ensuite Mr de Ravignan
marcha par le grand
chemin d'Ipres, où il arriva
le 10 au soit.
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Résumé : RELATION de l'Affaire de Vive Saint-Eloy.
Le 24 septembre, le Chevalier de Valence, Capitaine de Galère, alerta le roi de la remontée d'un convoi ennemi par la Lys. Le 18 septembre, à dix heures du soir, Monsieur de Ravignan, Maréchal de Camp, partit avec plusieurs officiers et troupes, incluant des grenadiers, fusiliers et dragons. Ils marchèrent toute la nuit et arrivèrent à Oucghem, sur le bord de la Lys. Des hussards signalèrent que les ennemis se préparaient à combattre à Vive Saint-Eloy. Monsieur de Ravignan organisa ses troupes pour attaquer, allongeant sa gauche et postant des fusiliers et des dragons pour contrer la cavalerie ennemie. Les grenadiers chargèrent les ennemis, causant un grand carnage, tandis que les dragons et les hussards défirent la cavalerie ennemie. La bataille fut victorieuse, avec 1300 hommes d'infanterie ennemis tués ou noyés, et de nombreux chevaux capturés ou tués. Le Comte d'Athlone, commandant l'escorte ennemie, fut fait prisonnier. Après la bataille, Monsieur de Ravignan marcha vers Rouffelar, où il reçut des renforts et repoussa une attaque ennemie. Il arriva à Ipres le 10 octobre au soir.
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239
p. 116-119
SUITE des Nouvelles d'Espagne depuis la Bataille de Saragosse.
Début :
Le 24. Aoust le Roy d'Espagne arriva à Madrid, [...]
Mots clefs :
Madrid, Espagne, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Nouvelles d'Espagne depuis la Bataille de Saragosse.
SVITE
Des Nouvellesd'Espagne
depuis la Ba-
- taille de Saragosse.
Le 14.Aoustle liloy0
d'Espagne arriva à Madrid,
oùaprés avoir donné les ordres
necessaires pour grossir
son Armée par de nouvelles
Troupes ,&la bien faire
fournir d'argent, de vivres,
d'artillerie,& demunitions,
il jugea à propos de conduire
la Reine & le Prince
des Asturies àValladolid
où les anciens Rois deCastille
faisoient leur sejour ordinaire.
Sa Majesté Catholique
fit declarer à tous ses
Conseils, qu'elle ne prétendoit
contraindre personne
às'y rendre, maiscettedispense
ne servit qu'à redoubler
le zele de tous les Tribunaux,
de tous les Grands,
& des autres personnes les
plus considerables qui fuivirent
leurs Majestez Catholiques
à Valladolid, oàelles
arriverent le 16. Scp.
tembre. L'Armée des Ennemis
estoit alors à Ariza
sur le Xalon en Arragon
,
au delà deCalatayud.
Cette Ville du temps des
Romains, s'appelloitBilbilis ;
c'estoit la Patrie du Poëte
Martial.
Monsieur le Marquis
de Bay estoit campé du
costé d'Aranda de Duero,
sur le grand chemin de Burgos
à Madrid,où les Troupes
qu'il atrendoit devoient
aller le joindre,pendant que
DonJuan Antonio de Amezaga
estoit avec un corps
de Cavalerie aux environs
de Madrid, pourempêcher
les courses des partis EnnemEis.
Des Nouvellesd'Espagne
depuis la Ba-
- taille de Saragosse.
Le 14.Aoustle liloy0
d'Espagne arriva à Madrid,
oùaprés avoir donné les ordres
necessaires pour grossir
son Armée par de nouvelles
Troupes ,&la bien faire
fournir d'argent, de vivres,
d'artillerie,& demunitions,
il jugea à propos de conduire
la Reine & le Prince
des Asturies àValladolid
où les anciens Rois deCastille
faisoient leur sejour ordinaire.
Sa Majesté Catholique
fit declarer à tous ses
Conseils, qu'elle ne prétendoit
contraindre personne
às'y rendre, maiscettedispense
ne servit qu'à redoubler
le zele de tous les Tribunaux,
de tous les Grands,
& des autres personnes les
plus considerables qui fuivirent
leurs Majestez Catholiques
à Valladolid, oàelles
arriverent le 16. Scp.
tembre. L'Armée des Ennemis
estoit alors à Ariza
sur le Xalon en Arragon
,
au delà deCalatayud.
Cette Ville du temps des
Romains, s'appelloitBilbilis ;
c'estoit la Patrie du Poëte
Martial.
Monsieur le Marquis
de Bay estoit campé du
costé d'Aranda de Duero,
sur le grand chemin de Burgos
à Madrid,où les Troupes
qu'il atrendoit devoient
aller le joindre,pendant que
DonJuan Antonio de Amezaga
estoit avec un corps
de Cavalerie aux environs
de Madrid, pourempêcher
les courses des partis EnnemEis.
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Résumé : SUITE des Nouvelles d'Espagne depuis la Bataille de Saragosse.
Le 14 août, le roi d'Espagne arriva à Madrid et ordonna de renforcer son armée avec de nouvelles troupes et de sécuriser le ravitaillement en argent, vivres, artillerie et munitions. Il décida ensuite de se rendre à Valladolid avec la reine et le prince des Asturies, un lieu de séjour traditionnel des anciens rois de Castille. Bien que le roi ait déclaré que personne n'était contraint de les suivre, de nombreux tribunaux, grands et personnes considérables choisirent de les accompagner. Ils arrivèrent à Valladolid le 16 septembre. À cette époque, l'armée ennemie était positionnée à Ariza, sur le Xalon en Aragon, au-delà de Calatayud, une ville connue sous le nom de Bilbilis à l'époque romaine et patrie du poète Martial. Le marquis de Bay était campé près d'Aranda de Duero, sur la route de Burgos à Madrid, où les troupes devaient le rejoindre. Don Juan Antonio de Amezaga, avec un corps de cavalerie, était stationné aux environs de Madrid pour empêcher les incursions des partis ennemis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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240
p. 119-122
EXTRAIT d'une Lettre de Lerida, du 18. Septembre.
Début :
Mr le Comte de Louvignies, qui commande icy, ayant esté [...]
Mots clefs :
Prisonniers, Armée, Ennemis, Lérida
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Lerida, du 18. Septembre.
EnnemEis.
XTRAIT
d'une Lettre de Lerida,
duig. Septembre.
Mrle Comte de Louvignies,
qui commande icy
,
ayantesté
avertj que les Ennemis faisoientconduire
à Barcelone cinq
cent Officiers ou Soldats,qu'ils
avoient faits prisonniers à la
bataille el," Sarragosse
,
estant
sorti avec une partie de nostre
Garnison pour tâcher de les delivrer,
a reussidans son dessein.
Ila battu lEforte & ramené
les Prisonniers.
Plusieurs RegimentsFrançoissont
arrivez à S. Jeande
pieddePort
,
où ils attendent
les ordres pour entrer en Navarre.
Les Miquelets s'estoientempare'{
du passage de Canfranc
dans les Pyrenées ; mais ils
en ont bientost eftéchaJjèz,&
le passage estàpresent libreentre
cette Ville,Monçon &saca
qui font les plusfortes Places,
d'Aragon
,
&quifont bien
pourvues de toutes îeschofesnece[
faires
-
cessaires
>
en cas de Siege ; mais
on ne croit pas les Ennemis en
estat d'en entreprendre aucun.
Mr le Duc de Noailles est
arrivé à Valladolid le même
jourque leursMajestez Catholiquesquiy
arriverent avant
hier
, & Mr de Vendôme y
devoit arriver hier.
Les dernieres nouvelles que
nous avons receuës del'armée
des Ennemis , portent que le
Comte de Starremberg avoit
fait cuire une grande quantité
de biscuits
,
&qu'on lui avoit
écrit que sa presence efloit necessaire
en Catalogne,
, parce
qu'on attendoit un 7randcorpsi
de Troupes Françoises dans le.
Roussillon ; nous ne croyonspasi
que ce Genralrisquedese laisser
enfermer avec l'Archiduc
&son Armée, qui estbaucoup
diminuée à cause des grandes
fatiguesqu'elle a essuyées
XTRAIT
d'une Lettre de Lerida,
duig. Septembre.
Mrle Comte de Louvignies,
qui commande icy
,
ayantesté
avertj que les Ennemis faisoientconduire
à Barcelone cinq
cent Officiers ou Soldats,qu'ils
avoient faits prisonniers à la
bataille el," Sarragosse
,
estant
sorti avec une partie de nostre
Garnison pour tâcher de les delivrer,
a reussidans son dessein.
Ila battu lEforte & ramené
les Prisonniers.
Plusieurs RegimentsFrançoissont
arrivez à S. Jeande
pieddePort
,
où ils attendent
les ordres pour entrer en Navarre.
Les Miquelets s'estoientempare'{
du passage de Canfranc
dans les Pyrenées ; mais ils
en ont bientost eftéchaJjèz,&
le passage estàpresent libreentre
cette Ville,Monçon &saca
qui font les plusfortes Places,
d'Aragon
,
&quifont bien
pourvues de toutes îeschofesnece[
faires
-
cessaires
>
en cas de Siege ; mais
on ne croit pas les Ennemis en
estat d'en entreprendre aucun.
Mr le Duc de Noailles est
arrivé à Valladolid le même
jourque leursMajestez Catholiquesquiy
arriverent avant
hier
, & Mr de Vendôme y
devoit arriver hier.
Les dernieres nouvelles que
nous avons receuës del'armée
des Ennemis , portent que le
Comte de Starremberg avoit
fait cuire une grande quantité
de biscuits
,
&qu'on lui avoit
écrit que sa presence efloit necessaire
en Catalogne,
, parce
qu'on attendoit un 7randcorpsi
de Troupes Françoises dans le.
Roussillon ; nous ne croyonspasi
que ce Genralrisquedese laisser
enfermer avec l'Archiduc
&son Armée, qui estbaucoup
diminuée à cause des grandes
fatiguesqu'elle a essuyées
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Lerida, du 18. Septembre.
Le texte décrit des événements militaires en Espagne et dans les Pyrénées. Le Comte de Louvignies a libéré cinq cents officiers ou soldats français prisonniers à Barcelone après la bataille de Saragosse. Plusieurs régiments français sont arrivés à Saint-Jean-de-Pied-de-Port, en attente d'ordres pour entrer en Navarre. Les Miquelets avaient pris le contrôle du passage de Canfranc, mais en ont été chassés, libérant ainsi le passage entre Saint-Jean-de-Pied-de-Port, Monçon et Saca, des places fortes bien approvisionnées en Aragon. Le Duc de Noailles est arrivé à Valladolid le même jour que les Majestés Catholiques, et le Duc de Vendôme devait arriver le lendemain. Les dernières nouvelles de l'armée ennemie indiquent que le Comte de Starhemberg avait préparé une grande quantité de biscuits et reçu l'ordre de se rendre en Catalogne en raison de l'attente d'un grand corps de troupes françaises dans le Roussillon. Cependant, il est peu probable que ce général risque de se laisser enfermer avec l'Archiduc et son armée, affaiblie par les grandes fatigues subies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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241
p. 122-128
SUITE des nouvelles d'Espagne.
Début :
Le 18. Septembre les Grands d'Espagne, en continuant leur [...]
Mots clefs :
Espagne, Valladolid, Armée, Prince des Asturies
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texteReconnaissance textuelle : SUITE des nouvelles d'Espagne.
SUITE
des nouvelles d'Espagne:
Le18. Septembre lesGrands
d'Espagne, en continuant
leur zele pour la justecause
de leur Roy legitime,lui de
manderent permi/Iîond'é«:
:'Crire une Lettre à Sa MajestéTresChrétienne
;cette
Lettre est écrite dans les
termes les plus forts, les plus
touchants &les plus respectueux.
Ils y protestent au
nom de toute laNoblesse&
des Peuples d'Espagne qu'ils
sacrifieront leurs biens &
leur vie pour faire passer
à la posterité un nouvel
exemple de l'amour & dela
fidélité de la Nation Espagnole
pour leur Souverain.
Dés que le Courier fut arrivé
,
S. E. Monsieur le Duc
d'Albe, tout malade qu'il
(fiait partit pour porter
cetteLettre au Roy, & il
renvoya le même Courrier
aux Grands avecune réponse
tcllç qu'ils pouvoient la
souhaitter.
DE VALLADOLID
le 1 3. Septembre.
LeRoy arrivaicyle16avec
la Reine le Prince des
Asturies, les Tribunaux, les
Grands, & routes les personnes
les plus distinguées
de Madrid, excepté Mr le
Duc de Veraguasqu'estoit
à l'extrémité lors du déparc
de leurs Majestez Catholiques.
Mr leDuc de Noailles
y arriva le même jour,& Mr
de Vendôme le lendemain.
Aprésfonarrivéc on tint un
grand Conseil où tous les
Généraux assisterent,&aprés
lequel le Roy dcclara qu'il
semettroit à latestedel'Armée
avec Mr de Vendôme,
& que Mr le Comte d'Aguilar,
Mr le Duc de Popoli-,
Nir le Comte de Las Torres,
&Mrs les Marquis de
Val de Cains, d'A itona
,
& de Thouy
,
serviroient
en qualité de CapitainesGeneraux;
que Mr le Marquis
de Bay retourneroit en Estremadure,
& que la Reine,
le Prince des Asturies, &
tous les Conseils iroient à
Vittoria.
Les Gouverneurs de Lerida,
deMonçon,&de Jaca,
font continuellement des
courses. Celuy de Lerida a
délivré 500. Prisonniers que
les Ennemis conduisoient à
Barcelone:un parti a arrêté
un Courrier de l'Archiduc
qui mandoit à l'Archiduchesse
que son Armée
avoit manque de vivres pendant
plusieurs jours, qu'on
leconduisoit à Madrid malgré
luy
, & contre. l'avis du
Comte de Staremberg
, quc
les Généraux des Alliez n'avoient
pas voulu écouter,
& que les Peuplesestoient si
affectionnez à Philippes V.
qu'il n'y avoir pas lieu d'esperer
de tirer d'autres avantages
de sa victoire que quel.
ques contributions pour
payer les Troupes.
Le19 l'Armée Ennemie
arriva à Alcala
,
d'où l'Archiduc
alla à Madrid avec
un détachement. A ion approche
Mr de Amezaga se- r toit retiré avec son corps de
Cavalerie.
des nouvelles d'Espagne:
Le18. Septembre lesGrands
d'Espagne, en continuant
leur zele pour la justecause
de leur Roy legitime,lui de
manderent permi/Iîond'é«:
:'Crire une Lettre à Sa MajestéTresChrétienne
;cette
Lettre est écrite dans les
termes les plus forts, les plus
touchants &les plus respectueux.
Ils y protestent au
nom de toute laNoblesse&
des Peuples d'Espagne qu'ils
sacrifieront leurs biens &
leur vie pour faire passer
à la posterité un nouvel
exemple de l'amour & dela
fidélité de la Nation Espagnole
pour leur Souverain.
Dés que le Courier fut arrivé
,
S. E. Monsieur le Duc
d'Albe, tout malade qu'il
(fiait partit pour porter
cetteLettre au Roy, & il
renvoya le même Courrier
aux Grands avecune réponse
tcllç qu'ils pouvoient la
souhaitter.
DE VALLADOLID
le 1 3. Septembre.
LeRoy arrivaicyle16avec
la Reine le Prince des
Asturies, les Tribunaux, les
Grands, & routes les personnes
les plus distinguées
de Madrid, excepté Mr le
Duc de Veraguasqu'estoit
à l'extrémité lors du déparc
de leurs Majestez Catholiques.
Mr leDuc de Noailles
y arriva le même jour,& Mr
de Vendôme le lendemain.
Aprésfonarrivéc on tint un
grand Conseil où tous les
Généraux assisterent,&aprés
lequel le Roy dcclara qu'il
semettroit à latestedel'Armée
avec Mr de Vendôme,
& que Mr le Comte d'Aguilar,
Mr le Duc de Popoli-,
Nir le Comte de Las Torres,
&Mrs les Marquis de
Val de Cains, d'A itona
,
& de Thouy
,
serviroient
en qualité de CapitainesGeneraux;
que Mr le Marquis
de Bay retourneroit en Estremadure,
& que la Reine,
le Prince des Asturies, &
tous les Conseils iroient à
Vittoria.
Les Gouverneurs de Lerida,
deMonçon,&de Jaca,
font continuellement des
courses. Celuy de Lerida a
délivré 500. Prisonniers que
les Ennemis conduisoient à
Barcelone:un parti a arrêté
un Courrier de l'Archiduc
qui mandoit à l'Archiduchesse
que son Armée
avoit manque de vivres pendant
plusieurs jours, qu'on
leconduisoit à Madrid malgré
luy
, & contre. l'avis du
Comte de Staremberg
, quc
les Généraux des Alliez n'avoient
pas voulu écouter,
& que les Peuplesestoient si
affectionnez à Philippes V.
qu'il n'y avoir pas lieu d'esperer
de tirer d'autres avantages
de sa victoire que quel.
ques contributions pour
payer les Troupes.
Le19 l'Armée Ennemie
arriva à Alcala
,
d'où l'Archiduc
alla à Madrid avec
un détachement. A ion approche
Mr de Amezaga se- r toit retiré avec son corps de
Cavalerie.
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Résumé : SUITE des nouvelles d'Espagne.
Le 18 septembre, les Grands d'Espagne écrivirent à Louis XIV pour affirmer leur fidélité au roi légitime et leur volonté de sacrifier leurs biens et leur vie pour la cause royale. Le duc d'Albe, malgré sa maladie, porta cette lettre au roi et reçut une réponse satisfaisante. Le 16 septembre, le roi d'Espagne, la reine, le prince des Asturies et diverses personnalités arrivèrent à Valladolid. Un grand conseil fut tenu, où le roi annonça qu'il prendrait la tête de l'armée avec le duc de Vendôme. Plusieurs nobles furent nommés capitaines-généraux, et la reine, le prince des Asturies ainsi que les conseils se dirigèrent vers Vittoria. Les gouverneurs de Lerida, Monçon et Jaca menaient des opérations militaires, libérant des prisonniers et interceptant des courriers ennemis. Le 19 septembre, l'armée ennemie arriva à Alcala et l'archiduc se rendit à Madrid, forçant Mr de Amezaga à se retirer avec son corps de cavalerie.
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242
p. 128-134
EXTRAIT d'une Lettre de Lerida du 29. Septembre.
Début :
Nostre Commandant a esté dans un mouvement continuel depuis la [...]
Mots clefs :
Espagne, Convoi, Prisonniers, Ennemis, Général Stanhope
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Lerida du 29. Septembre.
EXTRAIT
d'une Lettre deLerida
du29. Septembre,
Nostre Commandant a esté
dans un mouvement continuel
depuis laBataille de Sarragope.
Il ne s'estpas contentéd'avoir
délivréla plusgrande partie des
Prisonniers que les Ennemisy
avoientfaits
, & qu'ils faisoient
conduire à Barcelone. Il
méditaitdepuis long-tempsun
moyendesurprendre Balaguer,
posse important, que les Ennemis
avoient fortifié, & à la
faveur duquel ilssesont maintenus
si long-temps dans nostre
Voisinage.L'ocasion s'est presensée,
& il en a profité. Sur
l'avis qu'ilavoit receu que les
Ennemis y conduisoient un
Convoy
,
il sortit avec une
partie de nostre Garnison, &se
posta demaniéréque ce Convoy
venant àpasserdanssonembuscade,
l'Escortese trouva envelopée.
Il lafittouteprisonniere,
à la reserve ae quelques joi-
(lats quifurent tue Ensuite Il
fîtmarcher leConvoy
,
à la tête
duquel il mit des Soldats qui
sçavoientparlerAllemand,qui
ayant ditàlaporte qu'ils estoient
de l'Escorte qui amenoit le
Convoy entrerentdans la Ville
sansaucuneresistance. LaGarnison
qui estoit de 800. hommes
, après avoir reconnu la,
surprise,se mit en défense; mais
ellefutcontrainte decederaprés
en avoir eu plus de trois cents
de tuez Ceux qui resstoientfurent
faits prisonniers avec le
Gouverneur. Onstrnfititefàuter
les jortificatîons
, & on a
Amené icy tous les Prisonniers,
douzepiecesdecanon, quatre
mortiers & quantitédevivres
& demunitions.
Le 19.Septembre l'Armée
ennemiearriva à Alcala,d'où.
le General Stanhope s'avan.
ça avec un détachement de
tjoo. Chevaux. Mais l'Archiduc
n'y efloit pas encore
entré le 2.3. LaVille de Tolede
se fortifioit
,
& avoit
pris les armes. Les Ennemis
ayant envoyé deux Regiments
de Cavalerie pour la
sommer de prêter ferment
à l'Archiduc,les Habirans
les obligerent de se retirer.
Le Village de Vallejas,qui
fournissoit une grande partie
du pain qui se consommoit
à Madrid, a esté bruslé par
les ordres du General Stanhope,
parce que lesHabitans
avoientrefusé d'en fournir à
ses Troupes. Mr le Duc de
Veraguas , President du
Conseil desOrdres,qui estoit
àl'extremité lors du départ
du Roy d'Espagne pour
Valladolid, mourut le lendemain,
& Mr le Marquis
de Jamaïca son fils, après
lui avoir rendu les derniers
devoirs, suivit Sa Majesté
Catholique.
Tous les Grands & les
autres personnes les plus
distinguées,ontoffert tous
leurs biens au Roy d'Espagne.
La Reine & le Prince des
Asturies,arriveren le premier
Octobre à Vittoria,
avec un grand nombre de
personnes de distinction.outre
tous les Officiers des Conseils.
L'Armée Espagnole,forte
d'environ 14000. hommes,
estoit campée à Penafiel
sur leDuero. Elle devoit de
là continuer sa marche vers
Valladolidoùle Royd'Espagne
l'attendoitpour se
mettre à la telleavec Mrde
Vendôme,& marcher du
cofté de Salamanque,.
d'une Lettre deLerida
du29. Septembre,
Nostre Commandant a esté
dans un mouvement continuel
depuis laBataille de Sarragope.
Il ne s'estpas contentéd'avoir
délivréla plusgrande partie des
Prisonniers que les Ennemisy
avoientfaits
, & qu'ils faisoient
conduire à Barcelone. Il
méditaitdepuis long-tempsun
moyendesurprendre Balaguer,
posse important, que les Ennemis
avoient fortifié, & à la
faveur duquel ilssesont maintenus
si long-temps dans nostre
Voisinage.L'ocasion s'est presensée,
& il en a profité. Sur
l'avis qu'ilavoit receu que les
Ennemis y conduisoient un
Convoy
,
il sortit avec une
partie de nostre Garnison, &se
posta demaniéréque ce Convoy
venant àpasserdanssonembuscade,
l'Escortese trouva envelopée.
Il lafittouteprisonniere,
à la reserve ae quelques joi-
(lats quifurent tue Ensuite Il
fîtmarcher leConvoy
,
à la tête
duquel il mit des Soldats qui
sçavoientparlerAllemand,qui
ayant ditàlaporte qu'ils estoient
de l'Escorte qui amenoit le
Convoy entrerentdans la Ville
sansaucuneresistance. LaGarnison
qui estoit de 800. hommes
, après avoir reconnu la,
surprise,se mit en défense; mais
ellefutcontrainte decederaprés
en avoir eu plus de trois cents
de tuez Ceux qui resstoientfurent
faits prisonniers avec le
Gouverneur. Onstrnfititefàuter
les jortificatîons
, & on a
Amené icy tous les Prisonniers,
douzepiecesdecanon, quatre
mortiers & quantitédevivres
& demunitions.
Le 19.Septembre l'Armée
ennemiearriva à Alcala,d'où.
le General Stanhope s'avan.
ça avec un détachement de
tjoo. Chevaux. Mais l'Archiduc
n'y efloit pas encore
entré le 2.3. LaVille de Tolede
se fortifioit
,
& avoit
pris les armes. Les Ennemis
ayant envoyé deux Regiments
de Cavalerie pour la
sommer de prêter ferment
à l'Archiduc,les Habirans
les obligerent de se retirer.
Le Village de Vallejas,qui
fournissoit une grande partie
du pain qui se consommoit
à Madrid, a esté bruslé par
les ordres du General Stanhope,
parce que lesHabitans
avoientrefusé d'en fournir à
ses Troupes. Mr le Duc de
Veraguas , President du
Conseil desOrdres,qui estoit
àl'extremité lors du départ
du Roy d'Espagne pour
Valladolid, mourut le lendemain,
& Mr le Marquis
de Jamaïca son fils, après
lui avoir rendu les derniers
devoirs, suivit Sa Majesté
Catholique.
Tous les Grands & les
autres personnes les plus
distinguées,ontoffert tous
leurs biens au Roy d'Espagne.
La Reine & le Prince des
Asturies,arriveren le premier
Octobre à Vittoria,
avec un grand nombre de
personnes de distinction.outre
tous les Officiers des Conseils.
L'Armée Espagnole,forte
d'environ 14000. hommes,
estoit campée à Penafiel
sur leDuero. Elle devoit de
là continuer sa marche vers
Valladolidoùle Royd'Espagne
l'attendoitpour se
mettre à la telleavec Mrde
Vendôme,& marcher du
cofté de Salamanque,.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Lerida du 29. Septembre.
Le 29 septembre, le commandant, après la bataille de Saragosse, libéra des prisonniers ennemis à Barcelone et attaqua Balaguer, une position fortifiée. Il intercepta un convoi ennemi, captura l'escorte et fit entrer des soldats déguisés dans la ville, permettant de prendre une garnison de 800 hommes. Les prisonniers, canons, mortiers et munitions furent amenés à Lérida. Le 19 septembre, l'armée ennemie arriva à Alcalá, mais l'archiduc n'y était pas encore. Tolède repoussa deux régiments de cavalerie ennemis. Vallejas fut incendié sur ordre du général Stanhope après le refus des habitants de ravitailler ses troupes. Le duc de Veragua et son fils, le marquis de Jamaïque, moururent après le départ du roi d'Espagne pour Valladolid. La reine et le prince des Asturies arrivèrent à Vittoria le 1er octobre. L'armée espagnole, forte de 14 000 hommes, campait à Peñafiel, prête à marcher vers Valladolid pour se joindre au roi et à M. de Vendôme afin de progresser vers Salamanque.
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243
p. 134-143
Suite du Siége d'Aire.
Début :
La nuit du 27. au 28. Septembre les Assiegez brulerent [...]
Mots clefs :
Attaque, Nuit, Ennemis, Place, Siège d'Aire-sur-la-Lys
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texteReconnaissance textuelle : Suite du Siége d'Aire.
Suite du Sièged'Aire.
La nuit du 17. au 28.
Septembre les Assiegez brulèrent
tous les Ponts des
Assiegeants, & la nuit du
28. am9. ils firentune sor- liede00. hommes qui
juinerent une partie des travaux
& renverserent tout
ce qui se presenta devant
eux, & ne se retirerent qu'aprés
que le General Gromkau
y eut conduit deux Régiments
quifurent aussi fort
maltraitez.
Le 3.Octobre les Ennemis
attaquerent la Redoute
qui est sur la Chaussée de
Bethune; mais ils furent repoussezavec
beaucoup de
- perte , & le lendemain ils y
donnerent un nouvel assaut
voiùveilms efunrtent repoussezaussi
qu'au premier. Ils
remporterent enfin le 5.
mais comme elle est ouverte
du costé de la Place ils
perdirent plus de 300 hommes
en s'y logeant,tant par
le Canon, que par la Moufqueterie
des Assiegez, du
nombre desquels estoient
plusieurs Officiers. Le General
Efferenyfut blclfé
,
& le Comte de Dhona eut
la teste emportée par un
boulet.
Le 7. les Ennemis ayant
fait un logement du costé
de l'avant fosTé à l'attaque
gauche) les Afficuez sirent
une sortie & le ruinerent. La
nuit suivante les Assiegeans
travaillentà lerétablir; mais
le lendemain les Assiegez
y jetterent une si grande
quantité de Bombes qu'ils
le ruincrent de nouveau.
La nuit du9. au 10.les
tranchées de l'attaque gauc
he furent inondées,quoy
que les Ennemis eussent fait
des ouverturespour faire écouler
l'eaude l'avant fossé
Le 10. lesEnnemis travaillerent
encore à faire écouler
les eaux, ce qui n'empêcha
pas que la nuit leurs tranchées&
même une Batterie
furent inondées de nouveau,
mais les jours suivants
ayant encore fait écouler
des eaux, ils pousserentleurs
ouvrages jusqu'àl'avant fossé
& jetterent des Ponts pour
attaquer le Glacis de la Contrescarpe.
Le 16. ils y donnerent
l'Assaut, & ils se rendirent
Maistresd'une partie du
chemin couvert après un
combat fort opiniâtre. Mais
le lendemain ils en furent
chassezavec une perte considerable.
Lesjours suivants,
jusqu'au24.ils y donnerent
plusieursassauts inutilement
ayant toûjours esté repoussez
avec beaucoup de perte;
maisenfin aprèsl'avoir encore
attaqué plusieurs fois,
ils en demeurerent les Maîtres
le 27. à l'exception
d'une Place d'Armes.
La nuit du 28. au 29.
lesEnnemis attaquerent cette
d erniere place d' Armesqu'il
leur restoit à prendre, & s'en
emparerent aprés une vigoureuse
resistance.
Les pluyes estant furvs*
nuës ont si fort incommo
dé lesEnnemisàl'attaque de
la Porte d'Arras, que leurs
Troupes avoient de l'eau
jusqu'à l'estomach
, en sorte
qu'ils furent obligez d'abandonner
cette attaque où
il y avoir trois batteries
qu'ils ne purent retirer des
bouës. Ils avoient déja abandonnéuneautreattaque
& il n'y avoit plus que celle
d'entre la Porte de Nostre-
Dame&cellle d'Arras,d'où
l'on battoir la Place.
Le.29. Mr le Comte
d'Esting , qui estoitcampé
derriere la Colm entre Bergues
&S.Orner,alla camper
avec ses Troupes sous
le canon de la Citadelled'Ipres,
où Mr le Comte de
Villars qui doit commander
dans cette Place,étoit ar.
rivé avec trois Régiments.
Les Ennemis avoient un
Camp de 8000. hommes le
long de la Lis pour favoriserunConvoy
de 300. batteaux
chargez de toutes fortes
de munitions de Guerre
& de bouche qui devoit leur
venir de Gand; mais après
enestre sorci& rentrédeux
fois, ils resolurent de lefaire
escorter par quinze mille
hommes,sur ce qu'ils avoient
esté informez que
nous en avions dix mille du
costé d'Ipresqui devoient
l'attaquer.
Le 30.au soirun party
enleva cent Chevaux aux
Ennemis prés de Lille.
Un de leur Régimentsde
Dragons qu'ils envoyoient
en garnison à Mons
àcause dumauvais cRac ouT,
*1! eftoic, fut attaqué prés de
Tournay par le Partisan Jacob
quien tua cinquante
& en fit pluficurs Prisonniers.
La nuit du 17. au 28.
Septembre les Assiegez brulèrent
tous les Ponts des
Assiegeants, & la nuit du
28. am9. ils firentune sor- liede00. hommes qui
juinerent une partie des travaux
& renverserent tout
ce qui se presenta devant
eux, & ne se retirerent qu'aprés
que le General Gromkau
y eut conduit deux Régiments
quifurent aussi fort
maltraitez.
Le 3.Octobre les Ennemis
attaquerent la Redoute
qui est sur la Chaussée de
Bethune; mais ils furent repoussezavec
beaucoup de
- perte , & le lendemain ils y
donnerent un nouvel assaut
voiùveilms efunrtent repoussezaussi
qu'au premier. Ils
remporterent enfin le 5.
mais comme elle est ouverte
du costé de la Place ils
perdirent plus de 300 hommes
en s'y logeant,tant par
le Canon, que par la Moufqueterie
des Assiegez, du
nombre desquels estoient
plusieurs Officiers. Le General
Efferenyfut blclfé
,
& le Comte de Dhona eut
la teste emportée par un
boulet.
Le 7. les Ennemis ayant
fait un logement du costé
de l'avant fosTé à l'attaque
gauche) les Afficuez sirent
une sortie & le ruinerent. La
nuit suivante les Assiegeans
travaillentà lerétablir; mais
le lendemain les Assiegez
y jetterent une si grande
quantité de Bombes qu'ils
le ruincrent de nouveau.
La nuit du9. au 10.les
tranchées de l'attaque gauc
he furent inondées,quoy
que les Ennemis eussent fait
des ouverturespour faire écouler
l'eaude l'avant fossé
Le 10. lesEnnemis travaillerent
encore à faire écouler
les eaux, ce qui n'empêcha
pas que la nuit leurs tranchées&
même une Batterie
furent inondées de nouveau,
mais les jours suivants
ayant encore fait écouler
des eaux, ils pousserentleurs
ouvrages jusqu'àl'avant fossé
& jetterent des Ponts pour
attaquer le Glacis de la Contrescarpe.
Le 16. ils y donnerent
l'Assaut, & ils se rendirent
Maistresd'une partie du
chemin couvert après un
combat fort opiniâtre. Mais
le lendemain ils en furent
chassezavec une perte considerable.
Lesjours suivants,
jusqu'au24.ils y donnerent
plusieursassauts inutilement
ayant toûjours esté repoussez
avec beaucoup de perte;
maisenfin aprèsl'avoir encore
attaqué plusieurs fois,
ils en demeurerent les Maîtres
le 27. à l'exception
d'une Place d'Armes.
La nuit du 28. au 29.
lesEnnemis attaquerent cette
d erniere place d' Armesqu'il
leur restoit à prendre, & s'en
emparerent aprés une vigoureuse
resistance.
Les pluyes estant furvs*
nuës ont si fort incommo
dé lesEnnemisàl'attaque de
la Porte d'Arras, que leurs
Troupes avoient de l'eau
jusqu'à l'estomach
, en sorte
qu'ils furent obligez d'abandonner
cette attaque où
il y avoir trois batteries
qu'ils ne purent retirer des
bouës. Ils avoient déja abandonnéuneautreattaque
& il n'y avoit plus que celle
d'entre la Porte de Nostre-
Dame&cellle d'Arras,d'où
l'on battoir la Place.
Le.29. Mr le Comte
d'Esting , qui estoitcampé
derriere la Colm entre Bergues
&S.Orner,alla camper
avec ses Troupes sous
le canon de la Citadelled'Ipres,
où Mr le Comte de
Villars qui doit commander
dans cette Place,étoit ar.
rivé avec trois Régiments.
Les Ennemis avoient un
Camp de 8000. hommes le
long de la Lis pour favoriserunConvoy
de 300. batteaux
chargez de toutes fortes
de munitions de Guerre
& de bouche qui devoit leur
venir de Gand; mais après
enestre sorci& rentrédeux
fois, ils resolurent de lefaire
escorter par quinze mille
hommes,sur ce qu'ils avoient
esté informez que
nous en avions dix mille du
costé d'Ipresqui devoient
l'attaquer.
Le 30.au soirun party
enleva cent Chevaux aux
Ennemis prés de Lille.
Un de leur Régimentsde
Dragons qu'ils envoyoient
en garnison à Mons
àcause dumauvais cRac ouT,
*1! eftoic, fut attaqué prés de
Tournay par le Partisan Jacob
quien tua cinquante
& en fit pluficurs Prisonniers.
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Résumé : Suite du Siége d'Aire.
Le siège d'Aire-sur-la-Lys se caractérise par plusieurs actions militaires intenses. Du 17 au 28 septembre, les assiégés incendient les ponts des assiégeants et effectuent des sorties nocturnes pour détruire leurs travaux. Le 3 octobre, les ennemis attaquent une redoute mais sont repoussés avec de lourdes pertes. Le 5 octobre, ils prennent la redoute malgré des pertes importantes, incluant plusieurs officiers blessés ou tués. Les nuits suivantes, les assiégeants tentent de rétablir leurs positions mais sont contrés par des bombardements. Le 10 octobre, ils avancent jusqu'à l'avant-fossé et construisent des ponts pour attaquer le glacis. Le 16 octobre, ils prennent une partie du chemin couvert mais sont repoussés le lendemain. Jusqu'au 24 octobre, plusieurs assauts sont repoussés avec de lourdes pertes. Le 27 octobre, les ennemis prennent le chemin couvert, sauf une place d'armes, qu'ils s'emparent la nuit du 28 au 29 octobre après une résistance vigoureuse. Les pluies perturbent les opérations des ennemis, les forçant à abandonner certaines attaques. Le 29 octobre, le comte d'Esting et le comte de Villars se positionnent près de la citadelle d'Ipres avec leurs troupes. Les ennemis préparent un convoi de munitions escorté par 15 000 hommes pour contrer une attaque prévue par 10 000 soldats français. Le 30 octobre, un détachement français capture cent chevaux ennemis près de Lille et un régiment de dragons ennemis est attaqué près de Tournai, subissant des pertes significatives.
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244
p. 189-192
LISTE DES TROUPES envoyées en Roussillon.
Début :
Je vous donne cette Liste en attendant l'Article des [...]
Mots clefs :
Troupes, Roussillon, Bataillons, Escadrons
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texteReconnaissance textuelle : LISTE DES TROUPES envoyées en Roussillon.
LISTE
DES TROUPES
envoyées en Roussillon,
Je vous donne cette
Lifte en attendant
l'Articledes nouvellesd'Espagne
dont j'attends
des Relations.
MrDillon, Lieutenant
General de Dauphiné.
CAVALERIE.
ESCADRONS. ADanujpohuin..5Paràbelle. 3 Pucange. 2, Flèche. 2Germinon. zValgran, zz
DRAGON S.
La Lande.., Chasselas. 3 3
FSomomeiri.x.••. 3>
Total des Escadrons.
28.
INFANTERIE.
BATAILLONS.
Normandie..«.$
La Couronne.I Auvergne. ;2,
LFaMlanardcrhee..&2.
Oleron. Vermandois.1r
Soiflonnois., 1
Tierache. Baujollois.. zForez. zEDgarmigans.i. i2, L
Vivarez: , Perigord.tl Lubautfe., Villeneuve.. r j Yalouzq.., Chanlpigni.. r
1 Léon. Seye.*rj Total des Bataillons.
36.
DES TROUPES
envoyées en Roussillon,
Je vous donne cette
Lifte en attendant
l'Articledes nouvellesd'Espagne
dont j'attends
des Relations.
MrDillon, Lieutenant
General de Dauphiné.
CAVALERIE.
ESCADRONS. ADanujpohuin..5Paràbelle. 3 Pucange. 2, Flèche. 2Germinon. zValgran, zz
DRAGON S.
La Lande.., Chasselas. 3 3
FSomomeiri.x.••. 3>
Total des Escadrons.
28.
INFANTERIE.
BATAILLONS.
Normandie..«.$
La Couronne.I Auvergne. ;2,
LFaMlanardcrhee..&2.
Oleron. Vermandois.1r
Soiflonnois., 1
Tierache. Baujollois.. zForez. zEDgarmigans.i. i2, L
Vivarez: , Perigord.tl Lubautfe., Villeneuve.. r j Yalouzq.., Chanlpigni.. r
1 Léon. Seye.*rj Total des Bataillons.
36.
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Résumé : LISTE DES TROUPES envoyées en Roussillon.
Mr. Dillon, Lieutenant Général de Dauphiné, a dressé une liste des troupes envoyées en Roussillon. Elle comprend 28 escadrons de cavalerie répartis dans divers lieux et 36 bataillons d'infanterie, incluant des unités comme Normandie et Auvergne. La liste est fournie en attendant des nouvelles d'Espagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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245
p. 317-351
Suite des Nouvelles d'Espagne. [titre d'après la table]
Début :
Extrait d'une Lettre d'Aranda du 31. Septembre. [...]
Mots clefs :
Madrid, Aranda, Vitoria, Ennemis, Espagne, Tolède, Roi d'Espagne, Armée du roi
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texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles d'Espagne. [titre d'après la table]
Extrait d'une Lettre d'Aranda
du 31.Septembre.
DOmJoseph Vallejo
, Colonel deCavalerie
,
qui
avoit estédetachépour inco rmoder
les Ennemis, ayant esté
informé que le General Wet-
ZCI
,
qui commande les Troupes
de VElecteur Palatin marchoit
vers L'Aragon avec un
Colonel. L'Ï une escorte de
deux cens Chevaux
,
marcha
le 30. dans le dessein de les
combattre.Illesjoignità Vaidés
et deux lêltCStcy.) où il
les attaqua si vivementque
malgré la grande resistance
qu'ils firent ils furententièrement
défaits. Plus de cinquante
furent tuez, &soixante
faitsprisonniers avec
un Capitaine C, unautre
Officier &' on prit tous U$
Equipages du General dans
lesquels on trouva plus detrois
mille Pistolesen or, &beau*
coup de Vaisselled'Argent
le toutfut pillé. Ce. General
(fg- le Colonel avec le reste de
leurs Cavaliers,sesauverent
aSizuenca<5oùlesEn.emii It Siguença ou CS.- n ': em¡.~ avaientzoo.Fantaffins$
mais ne s'y croyant pas en
seureté
, par la crainte qu'ils
avoient des habitans
,
demanderent
à capituler. On leur
accorda un passeportqu'ils demanderent
pour quatorze personnes.
Aprés cette action qui
ne cousta que quelques Cavaliers
à Mr de Vallejo
,
il envoya
icy les prisonniers
, &
marcha le lendemain à Guadalara
afin de pouvoir observer
les Ennemis de plus prés.
LEtrois Octobre le
Roy d'ESpsgne,& Monsieur
de Vendosme arriverent
à Tordesillas sur l£
Duero pouraller se mettre
à la teste de l'Armée
qui estoit à Salamanque
& qui devoit estrejointe,
par les Garnisons de Pampelune,
de Jaca en Aragon,
de Fontarabie, de S.
Sebastien & du Passage
ces Garnisons devant estre
relevées Dar d'autres Tioupes
;)
sçavoir celles de Pampelune
& de Jaca; par trois
Regiments tirez de Bayone
,
& celles de S. Sebastien
, de Fonrarabie & du
Passage par de nouvelles
Troupes que les Estats de
Biscaye
,
d'A lava & de
Guipuscoa doivent lever
& entretenir à leurs dé- pens.
DesLettres deMadrid du
4, portent que l'Archiduc
n'y estoit entré que le 28.
Septembre,qu'il estoit precedé
parle Regiment de
Cavalerie de Galvés,&
accompagné de ses Gardes
; qu'il entra par la ruë
d'Alcala &: qu'il continua
sa marche par la Grande
ruë jUÍllutà la Porte de
Guadalaxara, qu'il allai
l'Eglise deNostre-Dame
d'Atocha où il entendit la
Messe ; qu'il alla ensuite,
sansentrer au Palais; à la
Maison de Campagne de
Ivlrle Comte d'Aguilar&
-de-'li'auPirdo où ilestoit
encore le 4. qu'une partie
estoit dans le Voisinage ,
ôtl'autre le long de la Riviere
deXarama ;qu'elle
n'estoit composée que de
14000. hommes de Troupes
reglées &d'environ
Z500. Miquelests ou Bandits
qui faisoient de grands
desordres
,
ayantpilléplusieursVillages
aux,,, environs
du Pardo, & commis
plusieurs Sacrileges dans
les Eglises en emportant
les Vases, Sacrez & en jettant
les hosties consacrées
par terre; que les Curez
quiavoientesté en demander
justice au Comte de
Staremberg avoient ea
pour reponse, qu'il ne pouvoit
empescher ces desordres
faute d'argent dequoy
payer les Troupes ,
que la Ville de Madrid
n'estoit gouvernée que pas
les Alcaldes; que les Generaux
avoient reglé la contribution
à quarente deux
mille Ecus par mois, &
qu'on en avoit fait le premier
payement d'un Magatin
de farine que la Reine
avoitordonnéde jetter
parce q'uelle estoit gastée,
& de laquelle neanmoins
les Ennemis faisoient faire
du pain pour leurs Troupes
;qu'ils tiroienc des contributions
en grains des
autres lieux, ce qui n'empeschoit
pas que le pain ne fustbeaucoup plus cher à
Mad11d qua 1ordmairc.
Voicy ce que porte uneletre
de Madrid. Malgrécette
cherté du pain le peuple ria
pointvouluramasserl'Argent
que l'Archiduc a fait jetter
dans les rucs,CM ce mesme peuple
ordinairement amateur des
Spectaclesserenferma dans le
temps des Illuminations, &
assomma quelques Comediens
qui avoient joüé dans un des
Fauxbourgs un Prologue de
rejoüissance
,& mesme que le
Poëte qui l'avoitcomposé,
avoit aujjt esté trouvé mort le
lendemain dans la rot,
:' LE Roy d'Espagne
arrivaà Salamanque le 5.
avec Monsieur de Vendosme
,
où ils ne demeurerent
qu'un jour parce que l'Arméecontinuoit
de marcher
vers Placentia quoy
que toutes les Troupes
n'eussent pas encore joint.
Elle trouvoit par tout une
grandeabondance de vivres
& de fourages, & il
arrivoit ous les jours des
Recruës & des Corps de
Troupes tirées de divers
endroits.
• tes Regiments de Castille
& de Madrid passerent
le 15.enrevûë devant
sa Majesté Catholique qui
les trouvacomplets &en
tres bon estat. On a distribué
des Officiers François
quiestoient sans employ,
dans les Regiments où il
en manquoit. L'Estramadure
a donné des Chevaux
de remonte pour la Cavalerie,
& il y avoit quarente
pieces de Canon en estat
de marcher.
On a mis la Cavalerie
en quartier de rafraichissement
en attendant la
jonction du r<.fte des
Troupes
,
à l'exception de
neufcens Chevaux qui ont
esté detachez vers Talavera
de la Reyna,pour mieux
observer les mouvements
des Ennemis.Les Dragons,
commandez par Mr le
Comte Mahoni sontallez
a Oropezaen deçade Talavera;
toute l'Infanterie
partit le 17. pour aller camper
à Casa Tejada à huit
lieues de Placentia.
Un détachement de la
Garnison de Pampelune,
joint
joint par un bon nombre
d'habitans armez ayant
pane l'Ebre s'est emparé
de la Ville de Corella où
les Ennemis avoient des
Troupes, entre Calahorra
,
& Tudela
,
& a fait la
Garnison prisonniere.Plusieurs
Maisons de mal intentionnez
ontesté pillées,
entr'autres ce ledu nommé
Ferrer qui a esté aussi
rasée parce queson Fils
estoit à teste dela Garnison.
Copied'uneLettre écrite
deVittoria du 21.
Octobre. JE reçois une lettre de
D. Henriquez deCavaillas
Capitaine au Regiment
de Toledequin'a point
quitté le Roy depuis sa
sortie de Madrid. Il me
marque que depuis l'arrivée
de S. M. C. à Placentia
les Troupes estoient
campées entreCoria &Almara
; que Mrde Vendosllle
estantentré dans cette
derniere Place avec un
gros detachementen avoit
fait rompre le Pont le 14.
& que ceGeneral ayant ensuite
marché le long du
Tage pourreconnoistre la
disposition de l'Armée de
l'Archiduc dans laCastille
, il s'avança jusquà une
lieuë d'Oropesa où il fut
attaqué par 500. Cavaliers
Alemans embusquez qui
le prirent par derriere 6c
crurent pouvoir l'enveloper.
Son detachemenc n'estoit
que de 260. Cavaliers
avec lesquelsil fit une
sivigoureiife deffense qu'il
mit les ennemis en fuite
,
entua ou blessa plus de
ioo. & en prit 41. quiont
eslé amenez hier icy. Il dit
que l'Archiduc ne paroilt
plus avoir le dessein defaire
la jonction des Troupes
de Portugal depuis que
8000. hommes de (es troupesqui
s'estoient avancez
vers Albuquerqueavoienc
retourné sur leurs pas à l'aproche
de l'ArméeEfpagnole.
Mr de Vendosme
alla encore hier reconnoiftre
rAmee Ennemiequi a
remonte le lage. Mr b
Marquis de Bay tient les
Portugais dans le refpetl:.
On amena hier au Camp
ii. Miquelers qui couroient
les Montagnes de
Tolede dont quelqoues-uns
assurent que l'Archiduc
meditoit La retraitte dans
l'Arragon. Nous attendons
lereste de l'Artillerieavec
les munitions Se les provisions
de bouchepour8jours
qui feront prêtes au plus
tard le 18. après quoy nous
marcherons aux Ennemis
qui desolent la Castillepar
leursvexations. On nous
écrit icy de la frontiere de
Navarrecjue les Ennemis
retirent les petites garni-*
fons qui font sur la Frontiere.
d'Arragon dont ils
forment un Corps a Saragosse
avec lequel ilspré-,
tendent assurer le paisage
dCe cettae Proivilncelpear la.
Extrait d'une autre
Lettre de Vittoria.
LE Roy d'Espagne a
devancé huit mille Portugaise
de2,4.heuresy &sejtemparédu
Pontd'Almaraz. On
erojoit quilefloïtimpojjïble de
les prévenir & on a admiré
la diligence quesa M. C. c-
Mr de Vendosme ont fait
ainsi que Mr le Marquis de
Bay qui les a ensuite con•>'
traints de se retirer:LArchiduceffort
embarrassépourfç
retirer noyant que quinze
mille hommes dont trois mille
font malades. Il ravage les
Maisons & Chasteaux des
Grands & brusle beaucoupde
Villages aux environs de
Madrid. On a surpris une
lettre de /'Archidu:hejje 2
Aiadamefd Mere par laquelle
elle luy mande que les affaires
du Roy son Mary*
vont si mal que ii cela continueelle
apprehende que
les Catalans ne prennent
des resolutions violentes.
&Armée J^Jpagnolc efl
presentement de vingt deux
mille hommes effiaifs. Le
Roy cherche à donnerBataille
; maisMonsîeur de Vertdosme
le retient, le suppliant
de temporiser enattendantMr
le Duc de Moailles. La Ville
de Cadiz a vingt quatre Bataillons
y
taillons
y
& a offert au Roy
J'Espagne de luyen envoyer ce
quilluy plairoit. Sa Majeflé
atémoignéqu'il ejioitnecejfau
requ'ils restassentJ & qu'elle
estoit très Jatisfaite dailleurs
.de leur bonne volonté.
A Vittoria le13.
«
Offabre.
L'Armée du Roy
d'Espagne est prefente-
Hienc composée de douze lmille hommes de pied & de sept mille chevaux; &
, cp nombre est effedtify- le
Roy attend encore deux
millechevaux dans peu de
jours, de forte qu'il (ira.
bien plus fort en Cavalerie
que sesEnnemis. l'A rgent
n'a pointmanquéjur.
qu'àpreient,$d'onne/çauroit
pouffer plus loin la ûr
délité que le font tous les
peuples d'Espagne. Le
Royaume de Murcie a pri$
les Armes dans la refoluçion
de se bien deffendre si
les Ennemis viennent 1attaquer,
celuy de Valence
en a fait autant. Il court
un bruit depuis hier midy
que les Ennemis feignant
-d'envoyer un detachemenc
à Tolede se retirent
véritablement ce qui est
fort naturel à croire s'il est
vray que les Portugais se
soient retirezcomme on
le publie. La Province de
Biicaye vient de donner
5000. pistoles à la Reine;
Il vient de tems en tems de
pareils petits lecours icy
aussi bien qu'à tArmée du
Roy d'Espagne.
Quelques traitres avoient
tramé une conspirationà
Tortose; mais elle a ellé
decouverte, & les auteurs
ont été pris &arrestez. Un
autretraître avoit livré aux
Ennemisla Ville de Xerès
de los Cavalleros vers
la Frontière de l'Alentejo,
mais il n'en ont pas profité
j'en estant retirez après
avoir néanmoins fait farter
quelques fortifications
lX. bruslé quelques munitions.
On vient de recevoir
nouvelle que les Ennemis
marchentàS. Pozuelo qui
est sur le chemin de Tolede
; cestaussi celuy d'Aragon
& de Valençe. On ne
sçait point lequel ils prendront,
Latesse de Armée
du Roy decpaone ea à
Talavera de la Reina àn.
lieuës de Madrid On dit
mesme que le Colonel Vallejo
est à Alcala. Nous
sommes icy dans un tresvilain
pays entouré de
montagnes;mais qui est
bon pour la feurecé de la
Reine.
A Vînoriale 3°,Oélobrea
tat-des affaires ¿,Ef.
P (,-;?Ï' n'est pas augi mauvais
que vous l'avek. pu croire.
LesEnnemis font toujours
campez aux environs de Madrid.
L'Archiduc est au Pardo.
Les Villagessontpillez &'
bruslezjusqu'aux Eglises où
les Anglois& les Holandois
font des impietez & des sacrileges
abominables.LesMaisons
de tous lesFrançois&de
tous ceux qui ont suivi la
Couront estépilléesà Madrid,
& la noflre par consequent ,
ejl du nombre. Les François
ont eu ordre de sortir de cette
Ville dans 24. heures sous
peine de la viey &les Dames
qui font restées à Madrid,
ordre d'aller à Tolede ; la plus
part ontdéja obey
, & les autres
se disposent à le faire.
Ellesfont prés de 60. dans le
cas. On nefait quelle peut
estrel'intentiondel'Archiduc,
à moins qu'il ne croye engager
par-là les Marisqui font auprès
du Roy & de la Reine
d'aller trouver leurs femmes.
Ony a ordonné encore à tous
ceux qui ont des Armes
,
de
les porter a la Caza delCampo
; on craint que ce ne foit
dans la vue defaire un pillage
général ensortant de Cette
Capitale. Mrle Marquisde
Manfera, qui ayant prés de
cent ans, n'avoit pas pusuivre
le Roy,quelque bonne en'"
viequ'ilen eust, estant rcflêà
Madrid, le GeneralStanhope
lalla voir pour l'exhorter
d'allerse mettre aux pieds du
Roy Carlos tercero. illuy
répondit qu'il pouvoit le
mettre aux pieds de l'Archiduc
d'Autriche, ter~
dontse servent les Espagnols
pour dire assurer de leurs respects;
qu'ill'honoroitcomme
un grand Prince; qu'il
pouvoit luy dire de sapart,
quil n'avoit qu'un Dieu,
uneLoy & un Roy; que
son Dieu & sa Loy H1y
estoient connus; que pour
son Roy,s'il ignoroit qui
il estoit,il luy apprenoit
quec'estoitPhilippeV. de
Bourbon legitime Roy
d'Espagne, a qui il avait
presté le ferment defidèle
lé
;
qu'il ne vouloit pas que
le peu de joursqu'il avoità
vivre, fussent tachez,
de l'infamie de luy estre
parjure; quec'estoitlà tout
ce qu'il pouvoir dire de sa
part à l'Archiduc. Ilfiâit
son discours, en disant qu'il
estoit las d'estre debout,
& qu'il s'alloit coucher.
De-la le General Stanhope
fut chez Mrle Marquis de
Frezno, qui luy répondit en
substance la mesmechose,ajoustant
que l'Archiduc estoit
maist. e de le traitter comme
prisonnier; mais que
sans son grand âge & ses
infirmitez qui l'avoient
mis hors d'estat de suivre
son Roy, il ne l'auroit pas
trouvé à Madrid.
Monsieur de Vendosme efi
charmé de lafidélité des peuples.
Elle va dela de tout ce
que l'on en peut dire.Je ne vous
enciteray qu'un exemple qui
vousferajuger du reste. Les
Ennemis ayant ordonné dans
un Village près de Madrid
qu'oncriastvivat Carlostercero,
tes habitants crierent
vivat Felippé Quinto. On
les menaça dufeu;ils crierent
encore plus fort; onmit lefeu
à leursMaisonsilss'assemblerent,
& danserent autour
desflames jusqu'à ce que tout
just redu t encendres, disant
que c'estoient leurs illuminations
& leurs feux de jojt
qu'ilssaisoient par avarie?
pour le retour de leur Roy à
Madrid.Ce détail, & les
réponses de Mr de Manfera
& de Mr de Frezno au
General Stanbope ontesté envoyées
à la Reine dans ces
mesmes termes.
Le R<jy esttousjours depuis
le 19. à Casa Tejada
,
soft
Armée en quartier
,
qui se
peutassemblerendeuxjoursa
trois lieues de-là. Mr de Vallejo
est avec un détachement
entreSegovie & Madrid;
Mrde, Bagamonteavec500.
Chevaux, à Torre Lodana
prés l'Escurial ; MrMahoni,
avec lesDragons de l'Armée
à Calçada d'Oropeza
, &
MrLanceroti avecun autre
détachement, à Talavera de
la Reyna. On estinformé par
ces Officiers. Generaux
,
de
toutceque font les Ennemis.,
les paysans ayant un grand
foin de les en instruire, & les
Ennemissontsipeu informe";\.
de ce qui nousregarde
, que
dans des lettres qu'onleura
surprisces derniersjours, leurs
Generaux demandaient s'il
estoitvray que Mr de Vendosme
eust joint Philippe V.
Onprend la plupartde leurs
Courriers, ce qui nous est trèsutilepoursçavoirl'eflat
omils
sont
, & quellessont leurs
intentions: lesilencedes paysans
à leur égard, & le peu
d'avisquonleur donne, ont
fait dire icy 3quele secours
de France qui vientjoindre
Mrde JSloailIcs enCatalogne,
aura joint avant quils sçachent
quilsoit party de Dauphiné'.
Il
y d'autres Lettres
qui portentqueMrdeVendosmeavoitdétache
4000.
Chevaux sur les ailes de
l'Arméedel'Archiduc;
,qu'il avoit plus de seize
,cens prifonners ; que les
Ennemis ayant fait une
descente sur les Costes du
Royaume de Valence, Mr
Gaëtano les avoit repoussez
avec les Troupes de
Murcie, & qu'il y en avoit
eu quatre cens Tele pris ou
de tuez.
du 31.Septembre.
DOmJoseph Vallejo
, Colonel deCavalerie
,
qui
avoit estédetachépour inco rmoder
les Ennemis, ayant esté
informé que le General Wet-
ZCI
,
qui commande les Troupes
de VElecteur Palatin marchoit
vers L'Aragon avec un
Colonel. L'Ï une escorte de
deux cens Chevaux
,
marcha
le 30. dans le dessein de les
combattre.Illesjoignità Vaidés
et deux lêltCStcy.) où il
les attaqua si vivementque
malgré la grande resistance
qu'ils firent ils furententièrement
défaits. Plus de cinquante
furent tuez, &soixante
faitsprisonniers avec
un Capitaine C, unautre
Officier &' on prit tous U$
Equipages du General dans
lesquels on trouva plus detrois
mille Pistolesen or, &beau*
coup de Vaisselled'Argent
le toutfut pillé. Ce. General
(fg- le Colonel avec le reste de
leurs Cavaliers,sesauverent
aSizuenca<5oùlesEn.emii It Siguença ou CS.- n ': em¡.~ avaientzoo.Fantaffins$
mais ne s'y croyant pas en
seureté
, par la crainte qu'ils
avoient des habitans
,
demanderent
à capituler. On leur
accorda un passeportqu'ils demanderent
pour quatorze personnes.
Aprés cette action qui
ne cousta que quelques Cavaliers
à Mr de Vallejo
,
il envoya
icy les prisonniers
, &
marcha le lendemain à Guadalara
afin de pouvoir observer
les Ennemis de plus prés.
LEtrois Octobre le
Roy d'ESpsgne,& Monsieur
de Vendosme arriverent
à Tordesillas sur l£
Duero pouraller se mettre
à la teste de l'Armée
qui estoit à Salamanque
& qui devoit estrejointe,
par les Garnisons de Pampelune,
de Jaca en Aragon,
de Fontarabie, de S.
Sebastien & du Passage
ces Garnisons devant estre
relevées Dar d'autres Tioupes
;)
sçavoir celles de Pampelune
& de Jaca; par trois
Regiments tirez de Bayone
,
& celles de S. Sebastien
, de Fonrarabie & du
Passage par de nouvelles
Troupes que les Estats de
Biscaye
,
d'A lava & de
Guipuscoa doivent lever
& entretenir à leurs dé- pens.
DesLettres deMadrid du
4, portent que l'Archiduc
n'y estoit entré que le 28.
Septembre,qu'il estoit precedé
parle Regiment de
Cavalerie de Galvés,&
accompagné de ses Gardes
; qu'il entra par la ruë
d'Alcala &: qu'il continua
sa marche par la Grande
ruë jUÍllutà la Porte de
Guadalaxara, qu'il allai
l'Eglise deNostre-Dame
d'Atocha où il entendit la
Messe ; qu'il alla ensuite,
sansentrer au Palais; à la
Maison de Campagne de
Ivlrle Comte d'Aguilar&
-de-'li'auPirdo où ilestoit
encore le 4. qu'une partie
estoit dans le Voisinage ,
ôtl'autre le long de la Riviere
deXarama ;qu'elle
n'estoit composée que de
14000. hommes de Troupes
reglées &d'environ
Z500. Miquelests ou Bandits
qui faisoient de grands
desordres
,
ayantpilléplusieursVillages
aux,,, environs
du Pardo, & commis
plusieurs Sacrileges dans
les Eglises en emportant
les Vases, Sacrez & en jettant
les hosties consacrées
par terre; que les Curez
quiavoientesté en demander
justice au Comte de
Staremberg avoient ea
pour reponse, qu'il ne pouvoit
empescher ces desordres
faute d'argent dequoy
payer les Troupes ,
que la Ville de Madrid
n'estoit gouvernée que pas
les Alcaldes; que les Generaux
avoient reglé la contribution
à quarente deux
mille Ecus par mois, &
qu'on en avoit fait le premier
payement d'un Magatin
de farine que la Reine
avoitordonnéde jetter
parce q'uelle estoit gastée,
& de laquelle neanmoins
les Ennemis faisoient faire
du pain pour leurs Troupes
;qu'ils tiroienc des contributions
en grains des
autres lieux, ce qui n'empeschoit
pas que le pain ne fustbeaucoup plus cher à
Mad11d qua 1ordmairc.
Voicy ce que porte uneletre
de Madrid. Malgrécette
cherté du pain le peuple ria
pointvouluramasserl'Argent
que l'Archiduc a fait jetter
dans les rucs,CM ce mesme peuple
ordinairement amateur des
Spectaclesserenferma dans le
temps des Illuminations, &
assomma quelques Comediens
qui avoient joüé dans un des
Fauxbourgs un Prologue de
rejoüissance
,& mesme que le
Poëte qui l'avoitcomposé,
avoit aujjt esté trouvé mort le
lendemain dans la rot,
:' LE Roy d'Espagne
arrivaà Salamanque le 5.
avec Monsieur de Vendosme
,
où ils ne demeurerent
qu'un jour parce que l'Arméecontinuoit
de marcher
vers Placentia quoy
que toutes les Troupes
n'eussent pas encore joint.
Elle trouvoit par tout une
grandeabondance de vivres
& de fourages, & il
arrivoit ous les jours des
Recruës & des Corps de
Troupes tirées de divers
endroits.
• tes Regiments de Castille
& de Madrid passerent
le 15.enrevûë devant
sa Majesté Catholique qui
les trouvacomplets &en
tres bon estat. On a distribué
des Officiers François
quiestoient sans employ,
dans les Regiments où il
en manquoit. L'Estramadure
a donné des Chevaux
de remonte pour la Cavalerie,
& il y avoit quarente
pieces de Canon en estat
de marcher.
On a mis la Cavalerie
en quartier de rafraichissement
en attendant la
jonction du r<.fte des
Troupes
,
à l'exception de
neufcens Chevaux qui ont
esté detachez vers Talavera
de la Reyna,pour mieux
observer les mouvements
des Ennemis.Les Dragons,
commandez par Mr le
Comte Mahoni sontallez
a Oropezaen deçade Talavera;
toute l'Infanterie
partit le 17. pour aller camper
à Casa Tejada à huit
lieues de Placentia.
Un détachement de la
Garnison de Pampelune,
joint
joint par un bon nombre
d'habitans armez ayant
pane l'Ebre s'est emparé
de la Ville de Corella où
les Ennemis avoient des
Troupes, entre Calahorra
,
& Tudela
,
& a fait la
Garnison prisonniere.Plusieurs
Maisons de mal intentionnez
ontesté pillées,
entr'autres ce ledu nommé
Ferrer qui a esté aussi
rasée parce queson Fils
estoit à teste dela Garnison.
Copied'uneLettre écrite
deVittoria du 21.
Octobre. JE reçois une lettre de
D. Henriquez deCavaillas
Capitaine au Regiment
de Toledequin'a point
quitté le Roy depuis sa
sortie de Madrid. Il me
marque que depuis l'arrivée
de S. M. C. à Placentia
les Troupes estoient
campées entreCoria &Almara
; que Mrde Vendosllle
estantentré dans cette
derniere Place avec un
gros detachementen avoit
fait rompre le Pont le 14.
& que ceGeneral ayant ensuite
marché le long du
Tage pourreconnoistre la
disposition de l'Armée de
l'Archiduc dans laCastille
, il s'avança jusquà une
lieuë d'Oropesa où il fut
attaqué par 500. Cavaliers
Alemans embusquez qui
le prirent par derriere 6c
crurent pouvoir l'enveloper.
Son detachemenc n'estoit
que de 260. Cavaliers
avec lesquelsil fit une
sivigoureiife deffense qu'il
mit les ennemis en fuite
,
entua ou blessa plus de
ioo. & en prit 41. quiont
eslé amenez hier icy. Il dit
que l'Archiduc ne paroilt
plus avoir le dessein defaire
la jonction des Troupes
de Portugal depuis que
8000. hommes de (es troupesqui
s'estoient avancez
vers Albuquerqueavoienc
retourné sur leurs pas à l'aproche
de l'ArméeEfpagnole.
Mr de Vendosme
alla encore hier reconnoiftre
rAmee Ennemiequi a
remonte le lage. Mr b
Marquis de Bay tient les
Portugais dans le refpetl:.
On amena hier au Camp
ii. Miquelers qui couroient
les Montagnes de
Tolede dont quelqoues-uns
assurent que l'Archiduc
meditoit La retraitte dans
l'Arragon. Nous attendons
lereste de l'Artillerieavec
les munitions Se les provisions
de bouchepour8jours
qui feront prêtes au plus
tard le 18. après quoy nous
marcherons aux Ennemis
qui desolent la Castillepar
leursvexations. On nous
écrit icy de la frontiere de
Navarrecjue les Ennemis
retirent les petites garni-*
fons qui font sur la Frontiere.
d'Arragon dont ils
forment un Corps a Saragosse
avec lequel ilspré-,
tendent assurer le paisage
dCe cettae Proivilncelpear la.
Extrait d'une autre
Lettre de Vittoria.
LE Roy d'Espagne a
devancé huit mille Portugaise
de2,4.heuresy &sejtemparédu
Pontd'Almaraz. On
erojoit quilefloïtimpojjïble de
les prévenir & on a admiré
la diligence quesa M. C. c-
Mr de Vendosme ont fait
ainsi que Mr le Marquis de
Bay qui les a ensuite con•>'
traints de se retirer:LArchiduceffort
embarrassépourfç
retirer noyant que quinze
mille hommes dont trois mille
font malades. Il ravage les
Maisons & Chasteaux des
Grands & brusle beaucoupde
Villages aux environs de
Madrid. On a surpris une
lettre de /'Archidu:hejje 2
Aiadamefd Mere par laquelle
elle luy mande que les affaires
du Roy son Mary*
vont si mal que ii cela continueelle
apprehende que
les Catalans ne prennent
des resolutions violentes.
&Armée J^Jpagnolc efl
presentement de vingt deux
mille hommes effiaifs. Le
Roy cherche à donnerBataille
; maisMonsîeur de Vertdosme
le retient, le suppliant
de temporiser enattendantMr
le Duc de Moailles. La Ville
de Cadiz a vingt quatre Bataillons
y
taillons
y
& a offert au Roy
J'Espagne de luyen envoyer ce
quilluy plairoit. Sa Majeflé
atémoignéqu'il ejioitnecejfau
requ'ils restassentJ & qu'elle
estoit très Jatisfaite dailleurs
.de leur bonne volonté.
A Vittoria le13.
«
Offabre.
L'Armée du Roy
d'Espagne est prefente-
Hienc composée de douze lmille hommes de pied & de sept mille chevaux; &
, cp nombre est effedtify- le
Roy attend encore deux
millechevaux dans peu de
jours, de forte qu'il (ira.
bien plus fort en Cavalerie
que sesEnnemis. l'A rgent
n'a pointmanquéjur.
qu'àpreient,$d'onne/çauroit
pouffer plus loin la ûr
délité que le font tous les
peuples d'Espagne. Le
Royaume de Murcie a pri$
les Armes dans la refoluçion
de se bien deffendre si
les Ennemis viennent 1attaquer,
celuy de Valence
en a fait autant. Il court
un bruit depuis hier midy
que les Ennemis feignant
-d'envoyer un detachemenc
à Tolede se retirent
véritablement ce qui est
fort naturel à croire s'il est
vray que les Portugais se
soient retirezcomme on
le publie. La Province de
Biicaye vient de donner
5000. pistoles à la Reine;
Il vient de tems en tems de
pareils petits lecours icy
aussi bien qu'à tArmée du
Roy d'Espagne.
Quelques traitres avoient
tramé une conspirationà
Tortose; mais elle a ellé
decouverte, & les auteurs
ont été pris &arrestez. Un
autretraître avoit livré aux
Ennemisla Ville de Xerès
de los Cavalleros vers
la Frontière de l'Alentejo,
mais il n'en ont pas profité
j'en estant retirez après
avoir néanmoins fait farter
quelques fortifications
lX. bruslé quelques munitions.
On vient de recevoir
nouvelle que les Ennemis
marchentàS. Pozuelo qui
est sur le chemin de Tolede
; cestaussi celuy d'Aragon
& de Valençe. On ne
sçait point lequel ils prendront,
Latesse de Armée
du Roy decpaone ea à
Talavera de la Reina àn.
lieuës de Madrid On dit
mesme que le Colonel Vallejo
est à Alcala. Nous
sommes icy dans un tresvilain
pays entouré de
montagnes;mais qui est
bon pour la feurecé de la
Reine.
A Vînoriale 3°,Oélobrea
tat-des affaires ¿,Ef.
P (,-;?Ï' n'est pas augi mauvais
que vous l'avek. pu croire.
LesEnnemis font toujours
campez aux environs de Madrid.
L'Archiduc est au Pardo.
Les Villagessontpillez &'
bruslezjusqu'aux Eglises où
les Anglois& les Holandois
font des impietez & des sacrileges
abominables.LesMaisons
de tous lesFrançois&de
tous ceux qui ont suivi la
Couront estépilléesà Madrid,
& la noflre par consequent ,
ejl du nombre. Les François
ont eu ordre de sortir de cette
Ville dans 24. heures sous
peine de la viey &les Dames
qui font restées à Madrid,
ordre d'aller à Tolede ; la plus
part ontdéja obey
, & les autres
se disposent à le faire.
Ellesfont prés de 60. dans le
cas. On nefait quelle peut
estrel'intentiondel'Archiduc,
à moins qu'il ne croye engager
par-là les Marisqui font auprès
du Roy & de la Reine
d'aller trouver leurs femmes.
Ony a ordonné encore à tous
ceux qui ont des Armes
,
de
les porter a la Caza delCampo
; on craint que ce ne foit
dans la vue defaire un pillage
général ensortant de Cette
Capitale. Mrle Marquisde
Manfera, qui ayant prés de
cent ans, n'avoit pas pusuivre
le Roy,quelque bonne en'"
viequ'ilen eust, estant rcflêà
Madrid, le GeneralStanhope
lalla voir pour l'exhorter
d'allerse mettre aux pieds du
Roy Carlos tercero. illuy
répondit qu'il pouvoit le
mettre aux pieds de l'Archiduc
d'Autriche, ter~
dontse servent les Espagnols
pour dire assurer de leurs respects;
qu'ill'honoroitcomme
un grand Prince; qu'il
pouvoit luy dire de sapart,
quil n'avoit qu'un Dieu,
uneLoy & un Roy; que
son Dieu & sa Loy H1y
estoient connus; que pour
son Roy,s'il ignoroit qui
il estoit,il luy apprenoit
quec'estoitPhilippeV. de
Bourbon legitime Roy
d'Espagne, a qui il avait
presté le ferment defidèle
lé
;
qu'il ne vouloit pas que
le peu de joursqu'il avoità
vivre, fussent tachez,
de l'infamie de luy estre
parjure; quec'estoitlà tout
ce qu'il pouvoir dire de sa
part à l'Archiduc. Ilfiâit
son discours, en disant qu'il
estoit las d'estre debout,
& qu'il s'alloit coucher.
De-la le General Stanhope
fut chez Mrle Marquis de
Frezno, qui luy répondit en
substance la mesmechose,ajoustant
que l'Archiduc estoit
maist. e de le traitter comme
prisonnier; mais que
sans son grand âge & ses
infirmitez qui l'avoient
mis hors d'estat de suivre
son Roy, il ne l'auroit pas
trouvé à Madrid.
Monsieur de Vendosme efi
charmé de lafidélité des peuples.
Elle va dela de tout ce
que l'on en peut dire.Je ne vous
enciteray qu'un exemple qui
vousferajuger du reste. Les
Ennemis ayant ordonné dans
un Village près de Madrid
qu'oncriastvivat Carlostercero,
tes habitants crierent
vivat Felippé Quinto. On
les menaça dufeu;ils crierent
encore plus fort; onmit lefeu
à leursMaisonsilss'assemblerent,
& danserent autour
desflames jusqu'à ce que tout
just redu t encendres, disant
que c'estoient leurs illuminations
& leurs feux de jojt
qu'ilssaisoient par avarie?
pour le retour de leur Roy à
Madrid.Ce détail, & les
réponses de Mr de Manfera
& de Mr de Frezno au
General Stanbope ontesté envoyées
à la Reine dans ces
mesmes termes.
Le R<jy esttousjours depuis
le 19. à Casa Tejada
,
soft
Armée en quartier
,
qui se
peutassemblerendeuxjoursa
trois lieues de-là. Mr de Vallejo
est avec un détachement
entreSegovie & Madrid;
Mrde, Bagamonteavec500.
Chevaux, à Torre Lodana
prés l'Escurial ; MrMahoni,
avec lesDragons de l'Armée
à Calçada d'Oropeza
, &
MrLanceroti avecun autre
détachement, à Talavera de
la Reyna. On estinformé par
ces Officiers. Generaux
,
de
toutceque font les Ennemis.,
les paysans ayant un grand
foin de les en instruire, & les
Ennemissontsipeu informe";\.
de ce qui nousregarde
, que
dans des lettres qu'onleura
surprisces derniersjours, leurs
Generaux demandaient s'il
estoitvray que Mr de Vendosme
eust joint Philippe V.
Onprend la plupartde leurs
Courriers, ce qui nous est trèsutilepoursçavoirl'eflat
omils
sont
, & quellessont leurs
intentions: lesilencedes paysans
à leur égard, & le peu
d'avisquonleur donne, ont
fait dire icy 3quele secours
de France qui vientjoindre
Mrde JSloailIcs enCatalogne,
aura joint avant quils sçachent
quilsoit party de Dauphiné'.
Il
y d'autres Lettres
qui portentqueMrdeVendosmeavoitdétache
4000.
Chevaux sur les ailes de
l'Arméedel'Archiduc;
,qu'il avoit plus de seize
,cens prifonners ; que les
Ennemis ayant fait une
descente sur les Costes du
Royaume de Valence, Mr
Gaëtano les avoit repoussez
avec les Troupes de
Murcie, & qu'il y en avoit
eu quatre cens Tele pris ou
de tuez.
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Résumé : Suite des Nouvelles d'Espagne. [titre d'après la table]
La lettre d'Aranda du 31 septembre 1706 décrit plusieurs événements militaires et politiques en Espagne. Le colonel Vallejo a attaqué et vaincu les troupes du général Wet-ZCI près de Vaidés et de Lécetcy, tuant plus de cinquante ennemis et en capturant soixante. Les Espagnols ont également pillé des équipements précieux, incluant trois mille pistoles en or et de la vaisselle d'argent. Les généraux ennemis se sont réfugiés à Siguenza. L'archiduc, confronté à la retraite de ses troupes, a ravagé des maisons et villages autour de Madrid. Une lettre interceptée indique que les affaires du roi d'Espagne sont en difficulté, ce qui inquiète les Catalans. L'armée espagnole, forte de quinze mille hommes dont trois mille malades, attend des renforts. Cadix a proposé son aide au roi, mais celui-ci a refusé, se déclarant satisfait de leur bonne volonté. À Vittoria, l'armée du roi d'Espagne compte douze mille hommes de pied et sept mille chevaux, avec deux mille autres chevaux attendus. Les royaumes de Murcie et de Valence se préparent à se défendre. Des conspirations à Tortose et des trahisons à Xerès ont été découvertes et réprimées. Les ennemis se dirigent vers S. Pozuelo, tandis que l'armée du roi est à Talavera de la Reina. Le 30 octobre à Vitoria, les ennemis campent autour de Madrid, pillant et brûlant les villages, y compris les églises. Les Français ont reçu l'ordre de quitter Madrid, et les dames doivent se rendre à Tolède. Les habitants de Madrid restent fidèles à Philippe V. Les marquis de Manfera et de Frezno ont refusé de se rendre à l'archiduc, affirmant leur loyauté envers Philippe V. Le roi est à Casa Tejada, et plusieurs détachements surveillent les mouvements ennemis. Les courriers ennemis sont souvent interceptés, fournissant des informations précieuses sur leurs intentions et mouvements.
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246
p. 352-357
Suite du siege d'Aire.
Début :
Au Camp devant Aire le 1. Novembre. Le Prince Eugene [...]
Mots clefs :
Aire-sur-la-Lys
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite du siege d'Aire.
Suite du siege d'Aire.
Au Carrtp devant Aire
leI.Novembre,
LE Prince Eugene &
MylordDuccroyoientque la
Place ne durerait quejusqu'au
I. Novembre
, &seplaignentfort
de l'attaque du P.
D. qui nous faitperdre bien
du monde. Les 4jJicgez nous
ont donné deux fois de l'eau
dans nos Logements, que nous
avons dans le chemincouvert.
La premiere fois nous avons
eu
eu 160. Grenadiersnoyez&e
laseconde 40. Nous
-
avions
cru nous pouvoir passer de la
DemiLune;mais nous trouvons
que nous sommes o!J/ige':{
de la prendre ce qui demande
encore bien du temps.Cette attaque
vasimal que nous allons
continuer celle de la gauche
que nous avions abandonnée.
Nous sommes maistres du
dJrmin couvert depuis deux
jours que nous avons gagne a lasappe; nous n'avons pas une
piece de Canon qui tire , &
les Assiegez au contraire ont
mis 20.piecesen batterie, C,
nous ont en une matinée rasé
nostre Tranchée de la. droite
qui n'estoitquedefascinesparce
cation ne peut leverde terre àcausedeseaux.Noussommes
obligez d'aller tout à decouvert
en cet endroit où ton
nous tué beaucoup de monde.
On nesçait plus quand nous
serons maïstres decette place;
les uns disent le 12. les ausres
le
1 5. 'Voila une rude Carnpa.
gne.
Deux cens Maistres ont
esté hier pour marquer un
Camp de 1200. hommes à
Haubourdin à deux lieues
de Lille. Quatre de vos Parsis
en ayantejle informez
Il Jefont joints ensemble & les
ont ejlé attaquer. Ils en ont tué
soixante
.)
& un Lieutenant
Colonel qui commandoit le detach
ement.
Du Camp devant Aire
le3. Novembre.
LE
31. Octobre à l'ataque
dela droite, nous
donnafmes un assaut à la
Demi- Lune où nous entrasmes,
& d'où nous fufmes
repoussez avec perte de
4. à 500. hommes. Lanuit
du1.au 2.nous l'attaquasmes
de nouveau,& nous
y entrasmes encore; mais
les François ayantfait semblant
des'enfuir, rebrousserent
en mesme temps
chemin
, & tomberent sur
nous avec sept Bataillons,
& nous ont chassé la
Bayonnette au bout du
Fusil,ainsi que la premiere
fois. Vous jugez bien
quetoutcelane se fait pas
sans une grosse perte de
nostre part.
o.
Les sentiments sont prelentement
bien différents
de ceux que l'on tenoit il y
a quelque temps ,
puisque
l'on apprehende que nous
ne soyons obligez de rester
encore tout ce mois devant
cette Place. Il fait un temps
affreux
, & Ton a ordonné
de faire de nouveaux chemins
jusqua Merville,au
travers des Jardins.
Au Carrtp devant Aire
leI.Novembre,
LE Prince Eugene &
MylordDuccroyoientque la
Place ne durerait quejusqu'au
I. Novembre
, &seplaignentfort
de l'attaque du P.
D. qui nous faitperdre bien
du monde. Les 4jJicgez nous
ont donné deux fois de l'eau
dans nos Logements, que nous
avons dans le chemincouvert.
La premiere fois nous avons
eu
eu 160. Grenadiersnoyez&e
laseconde 40. Nous
-
avions
cru nous pouvoir passer de la
DemiLune;mais nous trouvons
que nous sommes o!J/ige':{
de la prendre ce qui demande
encore bien du temps.Cette attaque
vasimal que nous allons
continuer celle de la gauche
que nous avions abandonnée.
Nous sommes maistres du
dJrmin couvert depuis deux
jours que nous avons gagne a lasappe; nous n'avons pas une
piece de Canon qui tire , &
les Assiegez au contraire ont
mis 20.piecesen batterie, C,
nous ont en une matinée rasé
nostre Tranchée de la. droite
qui n'estoitquedefascinesparce
cation ne peut leverde terre àcausedeseaux.Noussommes
obligez d'aller tout à decouvert
en cet endroit où ton
nous tué beaucoup de monde.
On nesçait plus quand nous
serons maïstres decette place;
les uns disent le 12. les ausres
le
1 5. 'Voila une rude Carnpa.
gne.
Deux cens Maistres ont
esté hier pour marquer un
Camp de 1200. hommes à
Haubourdin à deux lieues
de Lille. Quatre de vos Parsis
en ayantejle informez
Il Jefont joints ensemble & les
ont ejlé attaquer. Ils en ont tué
soixante
.)
& un Lieutenant
Colonel qui commandoit le detach
ement.
Du Camp devant Aire
le3. Novembre.
LE
31. Octobre à l'ataque
dela droite, nous
donnafmes un assaut à la
Demi- Lune où nous entrasmes,
& d'où nous fufmes
repoussez avec perte de
4. à 500. hommes. Lanuit
du1.au 2.nous l'attaquasmes
de nouveau,& nous
y entrasmes encore; mais
les François ayantfait semblant
des'enfuir, rebrousserent
en mesme temps
chemin
, & tomberent sur
nous avec sept Bataillons,
& nous ont chassé la
Bayonnette au bout du
Fusil,ainsi que la premiere
fois. Vous jugez bien
quetoutcelane se fait pas
sans une grosse perte de
nostre part.
o.
Les sentiments sont prelentement
bien différents
de ceux que l'on tenoit il y
a quelque temps ,
puisque
l'on apprehende que nous
ne soyons obligez de rester
encore tout ce mois devant
cette Place. Il fait un temps
affreux
, & Ton a ordonné
de faire de nouveaux chemins
jusqua Merville,au
travers des Jardins.
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Résumé : Suite du siege d'Aire.
En novembre, le siège d'Aire est marqué par des combats intenses. Le 1er novembre, le Prince Eugène et Mylord Ducroy estimaient que la ville tiendrait jusqu'à cette date, déplorant l'attaque prématurée du Prince de D., qui a entraîné de lourdes pertes. Quatre régiments ont fourni de l'eau aux logements, mais 160 grenadiers se sont noyés lors de la première distribution et 40 lors de la seconde. Les assaillants ont tenté de prendre la Demi-Lune, mais cette opération nécessite du temps. Ils contrôlent le chemin couvert depuis deux jours, mais n'ont plus de canons fonctionnels, tandis que les assiégés en ont déployé 20, rasant une tranchée. La date de la prise de la place est incertaine, certains estimant le 12 novembre, d'autres le 15. Le 3 novembre, une attaque de la droite a échoué avec des pertes de 400 à 500 hommes. La nuit du 1er au 2 novembre, une nouvelle attaque a également échoué face à la résistance française. Les conditions météorologiques sont mauvaises, et de nouveaux chemins sont construits jusqu'à Merville.
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247
p. 271-278
NOUVELLES d'Espagne.
Début :
Du Camp Royal de Casa Texada le 2. Novembre. Le [...]
Mots clefs :
Ennemis, Armée, Habitants, Casatejada
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Espagne.
NOUVELLES
d'Espagne.
ZD
Du Camp RoyaldeCasa
Texada le 2. Novembre.
LE Roy reçut ilya
deuxjours un CourrierdeMr
le Duc de Noailles qui luy
mandoit qu'ilentreroit le 10.
en Catalogne & hier il reçut
avis que l'Archiducavoit
quitté son Camp du Pardo;
qu'ilavoit marche à Pinto,
& qu'il auoït passé le Tage à
Aranjuez où son armée êfloit
campée.
L'Armée du Roy grossit de
jour en jour. Tous les Magazins
sontfaits à Talavera de
la Veja, & à Talavera de la
Reyna. Mr l'Evesque de
Murcie a envoyé à Sa Majesté
Catholique, un grand
nombre de Chariots chargez
degrains
, & toutesles Villes
d'Andalousies'efforcent à
ïenvi pour donner des marques
de leurzeles;les unesmvoyent
de grosses sommes
d'autres des chevaux , tout équipe%;
de maispresque toutes
l'argent & desvivres.
UnPartyennemi de cent
quatre-vingt
Quatre-vingtCavaliers
,
qui
avoit esté envoyé pour s'informer
denostre situation, a
estédéfait par Mr le Marquis
deLança ote.
LeRebetleFerrer avouluse
venger de ce que les habitans
de Corella avoient rasé sa
maison
, aya nt assemblé à Saragosse
environ mille hommes
tant Fantassins que Cavaliers,
ilse mit en marche pour tascher
de nouveau dese rendre maistre
de Corella. Mais les habitans
de cette Ville
,
de Tudela
C- des autres lieux des
environs
,
s'estant joint aux
Troupes, avec lesquelles ils
avoient auparavant chassé les
ennemis
}
marchèrent au devant
de luy, le chargèrent si
vivement,qu'ilfutobligéde
si retirer aprés avoir perdu
prés de cent cinquante hommes.
Deux Regimens de Dragons
.,
Ér un détachement des
troupes de Navarre , ont reçu
ordre de s'avancerpourempescher
les courses des Partis
Ennemis. Les Deserteurs qui
viennent en ajJezgrand nombre
,
assurent que l'Armée de
l'Archiduc estfortdiminuée,
parce que la trop grande hcew*
ce que les Generaux donnent
4ux soldats
,
les excitantàse
disperser pourpiller, ily en a
un grand nombre d'ajJomme:(.
par lespeuples, qui ne laissent
paffir que ceux quise disent
CatholiquesDeserteurs.
Le bruitqui s'estoitrépandu
que Archiducauoit fait
sortir toutes les Dames deMadrid
dans le dessein de donner
cette Capitale aupillage, s'est
trouvéfaux. Peut-estre que le
refus que les habitans ontfait
de porter leurs armes à la Caza
del Campo,les a préservez.
Ce qu'il y a decertain, c'est
que ce Prince estfort irrité
contre eux&on assure mesme
qu'il a ditque s'il peut devenir
leur Maistreabsolu,ilen
fera une Colonie.
Mr de Valejo a enlevé
aux Ennemis un Convoy de
provisions
y & défait deux
censchevaux qui l'escortoient.
Il pleut icy depuis dix jours;
mais heureusementleterrain
est une especede gravier qui
ne tourne pas aisement en
bouë; en forte que nous n'en
serons pas incommodez dans
les marches.
D'autres Lettres du 8.
portent que l'Archiduc avoitfait
enlever à Madrid
deux mille chevaux pour
remonter sa Cavalerie, <5é
que quelques maisons avoientestépillées
;queles
Miquelets avoient voutuf
s'emparer de Segorbe, anciennement
Sagunte, dans
le Royaume de Valence;
mais qu'ilsavoientesté repoussez
avec perte de cent
soixante hommes; que le
Roy d'Espagne ayant appris
la marche des Ennemis,
avoit détaché sept
mille chevaux pour les suivre,
& pour charger leur
arriere Garde s'ils pouvoient
la joindre.
d'Espagne.
ZD
Du Camp RoyaldeCasa
Texada le 2. Novembre.
LE Roy reçut ilya
deuxjours un CourrierdeMr
le Duc de Noailles qui luy
mandoit qu'ilentreroit le 10.
en Catalogne & hier il reçut
avis que l'Archiducavoit
quitté son Camp du Pardo;
qu'ilavoit marche à Pinto,
& qu'il auoït passé le Tage à
Aranjuez où son armée êfloit
campée.
L'Armée du Roy grossit de
jour en jour. Tous les Magazins
sontfaits à Talavera de
la Veja, & à Talavera de la
Reyna. Mr l'Evesque de
Murcie a envoyé à Sa Majesté
Catholique, un grand
nombre de Chariots chargez
degrains
, & toutesles Villes
d'Andalousies'efforcent à
ïenvi pour donner des marques
de leurzeles;les unesmvoyent
de grosses sommes
d'autres des chevaux , tout équipe%;
de maispresque toutes
l'argent & desvivres.
UnPartyennemi de cent
quatre-vingt
Quatre-vingtCavaliers
,
qui
avoit esté envoyé pour s'informer
denostre situation, a
estédéfait par Mr le Marquis
deLança ote.
LeRebetleFerrer avouluse
venger de ce que les habitans
de Corella avoient rasé sa
maison
, aya nt assemblé à Saragosse
environ mille hommes
tant Fantassins que Cavaliers,
ilse mit en marche pour tascher
de nouveau dese rendre maistre
de Corella. Mais les habitans
de cette Ville
,
de Tudela
C- des autres lieux des
environs
,
s'estant joint aux
Troupes, avec lesquelles ils
avoient auparavant chassé les
ennemis
}
marchèrent au devant
de luy, le chargèrent si
vivement,qu'ilfutobligéde
si retirer aprés avoir perdu
prés de cent cinquante hommes.
Deux Regimens de Dragons
.,
Ér un détachement des
troupes de Navarre , ont reçu
ordre de s'avancerpourempescher
les courses des Partis
Ennemis. Les Deserteurs qui
viennent en ajJezgrand nombre
,
assurent que l'Armée de
l'Archiduc estfortdiminuée,
parce que la trop grande hcew*
ce que les Generaux donnent
4ux soldats
,
les excitantàse
disperser pourpiller, ily en a
un grand nombre d'ajJomme:(.
par lespeuples, qui ne laissent
paffir que ceux quise disent
CatholiquesDeserteurs.
Le bruitqui s'estoitrépandu
que Archiducauoit fait
sortir toutes les Dames deMadrid
dans le dessein de donner
cette Capitale aupillage, s'est
trouvéfaux. Peut-estre que le
refus que les habitans ontfait
de porter leurs armes à la Caza
del Campo,les a préservez.
Ce qu'il y a decertain, c'est
que ce Prince estfort irrité
contre eux&on assure mesme
qu'il a ditque s'il peut devenir
leur Maistreabsolu,ilen
fera une Colonie.
Mr de Valejo a enlevé
aux Ennemis un Convoy de
provisions
y & défait deux
censchevaux qui l'escortoient.
Il pleut icy depuis dix jours;
mais heureusementleterrain
est une especede gravier qui
ne tourne pas aisement en
bouë; en forte que nous n'en
serons pas incommodez dans
les marches.
D'autres Lettres du 8.
portent que l'Archiduc avoitfait
enlever à Madrid
deux mille chevaux pour
remonter sa Cavalerie, <5é
que quelques maisons avoientestépillées
;queles
Miquelets avoient voutuf
s'emparer de Segorbe, anciennement
Sagunte, dans
le Royaume de Valence;
mais qu'ilsavoientesté repoussez
avec perte de cent
soixante hommes; que le
Roy d'Espagne ayant appris
la marche des Ennemis,
avoit détaché sept
mille chevaux pour les suivre,
& pour charger leur
arriere Garde s'ils pouvoient
la joindre.
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Résumé : NOUVELLES d'Espagne.
Le roi d'Espagne a reçu des nouvelles du duc de Noailles annonçant son entrée en Catalogne le 10 novembre. L'archiduc a quitté son camp du Pardo pour marcher vers Pinto et a traversé le Tage à Aranjuez. L'armée royale s'accroît quotidiennement, avec des magasins établis à Talavera de la Vega et Talavera de la Reina. L'évêque de Murcie a envoyé des chariots de grains, et les villes d'Andalousie fournissent des sommes d'argent, des chevaux et des vivres. Le marquis de Lañote a défait un parti ennemi de 180 cavaliers. Le rebelle Ferrer a été repoussé après avoir perdu près de 150 hommes. Deux régiments de dragons et des troupes de Navarre ont été envoyés contrer les incursions ennemies. Les déserteurs rapportent que l'armée de l'archiduc est diminuée en raison des pillages. Monsieur de Valejo a capturé un convoi de provisions et défait 200 chevaux ennemis. Malgré dix jours de pluie, le terrain ne se transforme pas en boue. Des lettres du 8 novembre indiquent que l'archiduc a réquisitionné 2 000 chevaux à Madrid et que les Miquelets ont été repoussés à Segorbe. Le roi d'Espagne a envoyé 7 000 cavaliers pour suivre les ennemis.
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248
p. 288-291
Capitulation de la Ville d'Aire.
Début :
La Ville d'Aire a capitulé le 10. & la Garnison en [...]
Mots clefs :
Brigadier, Dragons, Fort Saint-François, Aire-sur-la-Lys
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texteReconnaissance textuelle : Capitulation de la Ville d'Aire.
Capitulation de la Ville
£Airt.
LaVilled'Airea capitulé
le 10.& la Garnisonen
,Ca sortie le 12. ainsi que du
Fort S. François, pour estre
conduite à S. Orner.
Ladeffense de cette place
mérite bien une relation
particulière ; on aura des
Mémoires exactspourenr
faire un Journal qu'on
donnera lemois prochain; 1
en attendant voicy l'Etat
des trou pes qui sont sorties
de cetteplace.
Etat de la Garnison
dslîre.
îVlonfieur le Marquis
de Goesbriant Coinmandant.
Mr le Comte d'Eltrado
Mareschalde Camp.
Mrde Liftenois Mares
chal deCamp.
MrdeGrimaldi
Brigadier.
MrdeBüeil }
Brigadier.
M. de Cursi
,
Brigadier:
Mr deFlavacour
Brigadier.
MrleGé Gouverneur.
Mr de Capestan Lieutenant
de Roy.
Mr Major.
Mrde Robelin, Ingenieur
enchef.
•' Mr deValiere, Commandant
rAmiIeric.
Etat des Régiments.
Biiejl 2. Bataillons.
GrederSuiffe 3,
Du Fort 2. Provence 2.
La Reine 2. Mr
Doudancour Colonel.
Aunis 2. Mr le
Marquis de Lyonne.
Mauriel 1. atf
fort S. François.
-
Brancas
, T.
Listenois-Dragons. f.
Cfcad rons.
Belabre
,
Dragons ;
3. Escadrons.
Flavacour r.Escadron,
£Airt.
LaVilled'Airea capitulé
le 10.& la Garnisonen
,Ca sortie le 12. ainsi que du
Fort S. François, pour estre
conduite à S. Orner.
Ladeffense de cette place
mérite bien une relation
particulière ; on aura des
Mémoires exactspourenr
faire un Journal qu'on
donnera lemois prochain; 1
en attendant voicy l'Etat
des trou pes qui sont sorties
de cetteplace.
Etat de la Garnison
dslîre.
îVlonfieur le Marquis
de Goesbriant Coinmandant.
Mr le Comte d'Eltrado
Mareschalde Camp.
Mrde Liftenois Mares
chal deCamp.
MrdeGrimaldi
Brigadier.
MrdeBüeil }
Brigadier.
M. de Cursi
,
Brigadier:
Mr deFlavacour
Brigadier.
MrleGé Gouverneur.
Mr de Capestan Lieutenant
de Roy.
Mr Major.
Mrde Robelin, Ingenieur
enchef.
•' Mr deValiere, Commandant
rAmiIeric.
Etat des Régiments.
Biiejl 2. Bataillons.
GrederSuiffe 3,
Du Fort 2. Provence 2.
La Reine 2. Mr
Doudancour Colonel.
Aunis 2. Mr le
Marquis de Lyonne.
Mauriel 1. atf
fort S. François.
-
Brancas
, T.
Listenois-Dragons. f.
Cfcad rons.
Belabre
,
Dragons ;
3. Escadrons.
Flavacour r.Escadron,
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Résumé : Capitulation de la Ville d'Aire.
Le 10, la ville d'Aire a capitulé. Le 12, la garnison et les troupes du Fort Saint-François ont été transférées à Saint-Omer. La défense de cette place sera relatée dans un journal à paraître le mois prochain, basé sur des mémoires exacts. La garnison comprenait plusieurs officiers de haut rang, dont le Marquis de Goesbriant en tant que commandant, les Comtes d'Eltrado et de Liftenois comme maréchaux de camp, et divers brigadiers. Parmi eux figuraient Monsieur de Grimaldi, Monsieur de Büeil, Monsieur de Cursi, Monsieur de Flavacour, Monsieur le Gé en tant que gouverneur, Monsieur de Capestan comme lieutenant du roi, et Monsieur de Robelin en tant qu'ingénieur en chef. Les régiments présents incluaient le Royal, le Royal-Suédois, le Fort, la Provence, la Reine, l'Aunis, et le Mauriel. Les dragons étaient représentés par les régiments Brancas, Listenois, Belabre, et un escadron de Flavacour.
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249
p. 294-295
Extrait d'une autre Lettre de Lille du 20.
Début :
Toute nostre Armée est enfin passée aprés avoir ruiné & [...]
Mots clefs :
Lille, Officier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une autre Lettre de Lille du 20.
Extrait d'uneautreLettre
deLille du10.
4 Toute nostre Armée
estenfin passée aprés avoir
ruiné & pillé tout le Paysj
les Eglises n enont pas esté
exemptes. Plusieurs Partie
de France ont faitde gros
butin; un entr'autresapris
un Officier avec deux mille
Louis d or ; & hier un
autre Parti a pris un Officier
dans un Carosse à six
chevaux avec neuf cens
Loüis. On nous a pris aussi
plusieurs Colonels.
Ily a toûjours un petit
Corps de troupes campé à
S. Venant pourescorter
l'Artilleriedu Sieged'Aire
que l'on charge sur laLys.
Le Prince Eugene & Milord
Duc sont partis hier
pour la Haye.
deLille du10.
4 Toute nostre Armée
estenfin passée aprés avoir
ruiné & pillé tout le Paysj
les Eglises n enont pas esté
exemptes. Plusieurs Partie
de France ont faitde gros
butin; un entr'autresapris
un Officier avec deux mille
Louis d or ; & hier un
autre Parti a pris un Officier
dans un Carosse à six
chevaux avec neuf cens
Loüis. On nous a pris aussi
plusieurs Colonels.
Ily a toûjours un petit
Corps de troupes campé à
S. Venant pourescorter
l'Artilleriedu Sieged'Aire
que l'on charge sur laLys.
Le Prince Eugene & Milord
Duc sont partis hier
pour la Haye.
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Résumé : Extrait d'une autre Lettre de Lille du 20.
L'armée a traversé la région après l'avoir ravagée et pillée, y compris les églises. Des unités françaises ont capturé des officiers avec des sommes importantes en louis d'or. Plusieurs colonels ont été capturés. Un détachement reste à Saint-Venant pour escorter l'artillerie du siège d'Aire. Le prince Eugène et le duc de Marlborough sont partis pour La Haye.
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250
p. 295-299
Suite des Nouvelles d'Espagne.
Début :
Depuis ma derniere, on a sçu que les Ennemis estoient [...]
Mots clefs :
Vitoria, Ennemis, Roi d'Espagne, Noailles, Tolède, Madrid
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texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles d'Espagne.
Suite des Nouvelles
-d'Efpagnc.
A Vittoria le ij,
Novembre.
Depuis
ma derniert, on
afçu que les Ennemis estoient
tousjours à Val de Moro, qui
riejlquà 4. lieues de Madrid,
qu'ils avoient mis4000.
hommes dans Tolcde;J
qu'ils l'alloient fortifier.
Par leCourrier qui arriva
hier icy,on a apprisque lesEnnemis
vendoientle boisJecharbon
& les autres choses quils
avoient amassées à Madrid,
obligeantmesme lesBourgeois
à les acheter; ce qui afait
dire qu'ils ne veulentpas garderMadridnirefierà
Tolede;
maison ne peutpas encore efire
long tempssanssavoir la- resolution
qu'ilsprendrontquand
ils sçauront que la tesie des
Troupes que le Roy envoye à
son petit Fils entre actuelle-
Menten Roussillon, & que le
tout
toutyfera le20. de cemois ,
de maniere que Mrde Noailles
agira dans peu de jours.
On ne peut rien comprendre
aux desseins des Ennemis
ni à leurs vues, le Roy d'Espagne
ayant actuellementplus
de vingtmille hommes,
estant bienplusfort, en Cavalerie
que
les
Ennemis, ce qui
le met en estatetenlever les
vivresdes Ennemis de quelque
part qu'ils veulent les tirer.
Mr de Noailles entrant
en Catalogne avec53. Bataillons
53. Escadrons
,
est en
estat detout entreprendre. Ensin
noussommes à la Deïllc db:
quelques grande action, &
tpeut-estre de la decisionde ton? £cettegrande affaire.
,
':':\ De Vittoria le 14.
Novembre.
LA Reine a reçu un
Courrier du Roy, quiluy
écrit qu'il avoit fait la revuedesonarmée,
qui consiée
en seize mille cinq
cens hommes d'Infanterie,
& onze mille cinq -cen$.
chevaux,sanscompter lez
tambours & les trompettes;
l'Archiduc se fortifié
toûjours à Tolede, Scl'èn
ne peut encore pénetrer (es
desseins.
-d'Efpagnc.
A Vittoria le ij,
Novembre.
Depuis
ma derniert, on
afçu que les Ennemis estoient
tousjours à Val de Moro, qui
riejlquà 4. lieues de Madrid,
qu'ils avoient mis4000.
hommes dans Tolcde;J
qu'ils l'alloient fortifier.
Par leCourrier qui arriva
hier icy,on a apprisque lesEnnemis
vendoientle boisJecharbon
& les autres choses quils
avoient amassées à Madrid,
obligeantmesme lesBourgeois
à les acheter; ce qui afait
dire qu'ils ne veulentpas garderMadridnirefierà
Tolede;
maison ne peutpas encore efire
long tempssanssavoir la- resolution
qu'ilsprendrontquand
ils sçauront que la tesie des
Troupes que le Roy envoye à
son petit Fils entre actuelle-
Menten Roussillon, & que le
tout
toutyfera le20. de cemois ,
de maniere que Mrde Noailles
agira dans peu de jours.
On ne peut rien comprendre
aux desseins des Ennemis
ni à leurs vues, le Roy d'Espagne
ayant actuellementplus
de vingtmille hommes,
estant bienplusfort, en Cavalerie
que
les
Ennemis, ce qui
le met en estatetenlever les
vivresdes Ennemis de quelque
part qu'ils veulent les tirer.
Mr de Noailles entrant
en Catalogne avec53. Bataillons
53. Escadrons
,
est en
estat detout entreprendre. Ensin
noussommes à la Deïllc db:
quelques grande action, &
tpeut-estre de la decisionde ton? £cettegrande affaire.
,
':':\ De Vittoria le 14.
Novembre.
LA Reine a reçu un
Courrier du Roy, quiluy
écrit qu'il avoit fait la revuedesonarmée,
qui consiée
en seize mille cinq
cens hommes d'Infanterie,
& onze mille cinq -cen$.
chevaux,sanscompter lez
tambours & les trompettes;
l'Archiduc se fortifié
toûjours à Tolede, Scl'èn
ne peut encore pénetrer (es
desseins.
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Résumé : Suite des Nouvelles d'Espagne.
Le texte décrit des événements militaires en Espagne. Les ennemis sont positionnés à Val de Moro, près de Madrid, et ont renforcé leurs troupes à Tolède. Ils vendent des ressources amassées à Madrid, indiquant qu'ils ne prévoient pas de s'y établir durablement. La situation est incertaine en raison de l'arrivée prochaine de troupes françaises en Roussillon. Le roi d'Espagne dispose de plus de vingt mille hommes et d'une cavalerie supérieure, lui permettant de menacer les approvisionnements ennemis. Monsieur de Noailles, avec 53 bataillons et 53 escadrons, est prêt à intervenir en Catalogne. La reine a reçu des informations selon lesquelles l'armée du roi compte seize mille cinq cents hommes d'infanterie et onze mille cinq cents chevaux, sans compter les tambours et les trompettes. L'archiduc continue de se fortifier à Tolède, mais ses intentions restent obscures.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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