Résultats : 21909 texte(s)
Détail
Liste
16451
p. 206
« J'ai lû avec surprise, Monsieur, dans le Mercure du mois de Décembre, que la veuve [...] »
Début :
J'ai lû avec surprise, Monsieur, dans le Mercure du mois de Décembre, que la veuve [...]
Mots clefs :
Veuve, Attestation, Faux, Mensonge
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texteReconnaissance textuelle : « J'ai lû avec surprise, Monsieur, dans le Mercure du mois de Décembre, que la veuve [...] »
J'AI lû avec furprife , Monfieur , dans le Mer- ΑΙ
cure du mois de Décembre , que la veuve du Doc
teur Fels citoit une atteftation fignée de moi
& de M. Moreau , concernant une femme de
la Paroiffe d'Ablincour : quoique j'aye déja défavoué
cette même atteſtation , ainfi que M. Mo
reau , dans l'un de vos Mercures de l'année 1762,
vous avez fans doute crû , Monfieur , que cette
derniere atteftation avoit été donnée depuis. J'ai
l'honneur , non-feulement , de vous affurer le
contraire , mais que je trouve fort étrange que
Fon revienne à la charge fur un fait auffi faux
& auffi authentiquement défavoué. Je fuis , & c .
GUERIN
cure du mois de Décembre , que la veuve du Doc
teur Fels citoit une atteftation fignée de moi
& de M. Moreau , concernant une femme de
la Paroiffe d'Ablincour : quoique j'aye déja défavoué
cette même atteſtation , ainfi que M. Mo
reau , dans l'un de vos Mercures de l'année 1762,
vous avez fans doute crû , Monfieur , que cette
derniere atteftation avoit été donnée depuis. J'ai
l'honneur , non-feulement , de vous affurer le
contraire , mais que je trouve fort étrange que
Fon revienne à la charge fur un fait auffi faux
& auffi authentiquement défavoué. Je fuis , & c .
GUERIN
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Résumé : « J'ai lû avec surprise, Monsieur, dans le Mercure du mois de Décembre, que la veuve [...] »
Une attestation signée par l'auteur et M. Moreau concernant une femme de la paroisse d'Ablincourt a été citée par la veuve du Docteur Fels. L'auteur exprime sa surprise, car cette attestation avait déjà été désavouée en 1762. Il trouve étrange que la veuve revienne sur un fait déjà désavoué et conclut en exprimant son étonnement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16452
p. 206
DE MONTPELLIER, le 15 Juillet 1763.
Début :
Le 11 de ce mois, on a ressenti à Nismes, à sept heures trente-deux [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Secousses, Vent léger
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texteReconnaissance textuelle : DE MONTPELLIER, le 15 Juillet 1763.
DE MONTPELLIER , le 15 Juillet 1763 .
Le 11 de ce mois , on a reffenti à Nifmes , à
fept heures trente- deux miuutes du matin , une
légère fecouffe de tremblement de terre qui a
été plus fenfible pour ceux qui habitoient des
appartemens élevés. Elle n'a duré que quelques
fecondes , & paroiffoit dirigée du Couchant au
Levant. L'air étoit calme ; il ne fouffloit qu'un
vent léger du Sud- Eſt.
Le 11 de ce mois , on a reffenti à Nifmes , à
fept heures trente- deux miuutes du matin , une
légère fecouffe de tremblement de terre qui a
été plus fenfible pour ceux qui habitoient des
appartemens élevés. Elle n'a duré que quelques
fecondes , & paroiffoit dirigée du Couchant au
Levant. L'air étoit calme ; il ne fouffloit qu'un
vent léger du Sud- Eſt.
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16453
p. 206
D'AIX, le 15 Juillet 1763.
Début :
Le 12 de ce mois nous avons ressenti une secousse de tremblement de terre, [...]
Mots clefs :
Secousses, Tremblement de terre, Bruit, Province
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texteReconnaissance textuelle : D'AIX, le 15 Juillet 1763.
D'Aix , le 15 Juillet 1763 .
Le 11 de ce mois nous avons reffenti une fe
couffe de tremblement de terre , accompagnée
d'un bruit extraordinaire : elle s'eft fait fentir le
même jour & à la même heure en différens endroits
de la Province , entr'autres , à Tarafcon ,
où l'on affure qu'une horloge & plufieurs pendules
ont fonné d'elles-mêmes.
Le 11 de ce mois nous avons reffenti une fe
couffe de tremblement de terre , accompagnée
d'un bruit extraordinaire : elle s'eft fait fentir le
même jour & à la même heure en différens endroits
de la Province , entr'autres , à Tarafcon ,
où l'on affure qu'une horloge & plufieurs pendules
ont fonné d'elles-mêmes.
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16454
p. 202-203
De Cassel, le 20. Novembre.
Début :
L'Armée de Maréchal de Soubise s'est rapprochée de cette Ville. [...]
Mots clefs :
Maréchal de Soubise, Quartier d'hiver, Armée, Infanterie
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texteReconnaissance textuelle : De Cassel, le 20. Novembre.
De Caffel , le 20. Novembre.
L'Armée du Maréchal de Soubife s'eft rapprochée
de cette Ville. Comme l'intention de ce
Maréchal étoit de faire rentrer les troupes en
quartier d'hyver , il faifoit garder la Vera avec
foin. Les Hanovriens réfolus de s'ouvrir un paffage
au-delà de cette Riviere , pour être en état
de troubler la fureté de ces quartiers , marcherent
en force le 15. fur la petite Ville de Witzehauſen
qui n'eft qu'à trois lieues d'ici , & s'en rendirent
maîtres. Ce pofte leur auroit donné la facilité
d'inquiéter les quartiers de l'Armée Françoiſe ,
s'ils avoient pu s'y maintenir . Le Maréchal de
Soubife détacha le 16. quatre Compagnies de
Grenadiers , trois cent Volontaires , & quarante
hommes de la Troupe du fieur Fischer. Il confia
ce détachement au fieur de la Greffe , Lieutenant
Colonel du Régiment de Beauvoifis , en lui ordonnant
de refter a Nieſt avec ſes Grenadiers ,
& de faire avancer le refte de fon détachement
jufques fous Witzehaufen , pour reconnoître l'état
de la Place , Le Comte de Warzemont
employé dans l'Etat Major de l'Armée , reçut or
JANVIER. 1759. 203
dre du Maréchal de Soubife de fuivre ce détachement,
& de lui rendre compte de ce qu'on
pouvoit entreprendre , pour challer les Hanovriens
de ce Pofte important . Le fieur de la Greffe
donna au Comte de Wargemonr le Commandement
des Troupes qu'il avoit ordre de
faire marcher en avant fur Witzehaufen Cet
Officier après avoir pris une exacte connoiffance
de l'état des chofes , forma le projet d'attaquer
ce Pofte. Il fit fes difpofitions , & ayant débouché
par trois endroits différents , il força les Hanovriens
de l'abandonner après une foible réfiltance.
Leur deffein étoit , en fe retirant , de
couper le Pont qui eft fur la Vera , mais il ne
leur en donna pas le temps . Comme ce Poſte n'eſt
pas auffi avantageux pour les François qu'il pouvoit
l'être pour les Hanovriens , le Maréchal de
Soubife, s'eft contenté de le faire occuper par
des Hullards qui feront foutenus par de l'Infanterie
cantonnée dans le Village de Klein -Almerode
à trois quarts de lieue de Witzehaufen.
L'Armée du Maréchal de Soubife s'eft rapprochée
de cette Ville. Comme l'intention de ce
Maréchal étoit de faire rentrer les troupes en
quartier d'hyver , il faifoit garder la Vera avec
foin. Les Hanovriens réfolus de s'ouvrir un paffage
au-delà de cette Riviere , pour être en état
de troubler la fureté de ces quartiers , marcherent
en force le 15. fur la petite Ville de Witzehauſen
qui n'eft qu'à trois lieues d'ici , & s'en rendirent
maîtres. Ce pofte leur auroit donné la facilité
d'inquiéter les quartiers de l'Armée Françoiſe ,
s'ils avoient pu s'y maintenir . Le Maréchal de
Soubife détacha le 16. quatre Compagnies de
Grenadiers , trois cent Volontaires , & quarante
hommes de la Troupe du fieur Fischer. Il confia
ce détachement au fieur de la Greffe , Lieutenant
Colonel du Régiment de Beauvoifis , en lui ordonnant
de refter a Nieſt avec ſes Grenadiers ,
& de faire avancer le refte de fon détachement
jufques fous Witzehaufen , pour reconnoître l'état
de la Place , Le Comte de Warzemont
employé dans l'Etat Major de l'Armée , reçut or
JANVIER. 1759. 203
dre du Maréchal de Soubife de fuivre ce détachement,
& de lui rendre compte de ce qu'on
pouvoit entreprendre , pour challer les Hanovriens
de ce Pofte important . Le fieur de la Greffe
donna au Comte de Wargemonr le Commandement
des Troupes qu'il avoit ordre de
faire marcher en avant fur Witzehaufen Cet
Officier après avoir pris une exacte connoiffance
de l'état des chofes , forma le projet d'attaquer
ce Pofte. Il fit fes difpofitions , & ayant débouché
par trois endroits différents , il força les Hanovriens
de l'abandonner après une foible réfiltance.
Leur deffein étoit , en fe retirant , de
couper le Pont qui eft fur la Vera , mais il ne
leur en donna pas le temps . Comme ce Poſte n'eſt
pas auffi avantageux pour les François qu'il pouvoit
l'être pour les Hanovriens , le Maréchal de
Soubife, s'eft contenté de le faire occuper par
des Hullards qui feront foutenus par de l'Infanterie
cantonnée dans le Village de Klein -Almerode
à trois quarts de lieue de Witzehaufen.
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Résumé : De Cassel, le 20. Novembre.
Le 20 novembre, l'armée du maréchal de Soubise s'est rapprochée de Caffel pour y installer ses troupes en quartiers d'hiver, gardant la rivière Vera. Les Hanovriens ont attaqué et pris la ville de Witzehausen le 15 novembre, menaçant ainsi les quartiers français. En réponse, Soubise a envoyé un détachement de quatre compagnies de grenadiers, trois cents volontaires et quarante hommes sous le commandement du sieur de la Greffe. Le comte de Warzemont a été chargé d'évaluer les possibilités d'action contre les Hanovriens. Le sieur de la Greffe a ensuite attaqué le poste hanovrien à Witzehaufen, forçant les Hanovriens à se retirer après une faible résistance. Ces derniers n'ont pas pu détruire le pont sur la Vera. Soubise a alors décidé de faire occuper le poste par des hussards, soutenus par de l'infanterie cantonnée à Klein-Almerode.
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16455
p. 202-203
MARIAGES.
Début :
Le 25, le Roi, la Reine & la Famille Royale signerent le Contrat de mariage [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Famille royale, Contrat de mariage, Baron, Marquise , Veuve, Comtesse, Bénédiction nuptiale
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Le 25 , le Roi , la Reine & la Famille Royale
fignerent le Contrat de mariage du Baron de
Mariolles , Brigadier des Armées du Roi , Enfeigne
& Aide-Major des Gardes du Corps , avec
la Marquife de la Roche- Foucauld " veuve du
Marquis de la Roche - Foucauld - Coufages. Ce
mariage avoit été célébré le 15 Mai dernier.
Le Marquis de Vareilles , fils du Comte de VaJANVIE
R. 1760. 203
reilles , Maréchal des Camps & Armées du Roi ,
Enfeigne des Gardes du Corps de Sa Majesté ,
époula le 8 Septembre la Demoiselle Langlois
de Montri , née Comteffe de l'Empire , veuve du
fieur de l'Efguilé du Roc . L'Abbé de Varailles
leur donna la bénédiction nuptiale dans l'Eglife
Paroiffiale de S. Jean -le- Rond . Leurs Majeftés &
la Famille Royale ont figné leur Contrat de mariage.
Le 25 , le Roi , la Reine & la Famille Royale
fignerent le Contrat de mariage du Baron de
Mariolles , Brigadier des Armées du Roi , Enfeigne
& Aide-Major des Gardes du Corps , avec
la Marquife de la Roche- Foucauld " veuve du
Marquis de la Roche - Foucauld - Coufages. Ce
mariage avoit été célébré le 15 Mai dernier.
Le Marquis de Vareilles , fils du Comte de VaJANVIE
R. 1760. 203
reilles , Maréchal des Camps & Armées du Roi ,
Enfeigne des Gardes du Corps de Sa Majesté ,
époula le 8 Septembre la Demoiselle Langlois
de Montri , née Comteffe de l'Empire , veuve du
fieur de l'Efguilé du Roc . L'Abbé de Varailles
leur donna la bénédiction nuptiale dans l'Eglife
Paroiffiale de S. Jean -le- Rond . Leurs Majeftés &
la Famille Royale ont figné leur Contrat de mariage.
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Résumé : MARIAGES.
Le 25, le Roi, la Reine et la Famille Royale ont signé le contrat de mariage entre le Baron de Mariolles et la Marquise de la Roche-Foucauld, célébré le 15 mai. Le Marquis de Vareilles a épousé la Demoiselle Langlois de Montri le 8 septembre. L'Abbé de Vareilles a donné la bénédiction nuptiale à Saint-Jean-le-Rond.
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16456
p. 206-207
DE LEIPSICK, le 8 Août.
Début :
Le 4 de ce mois, le Baron de Widman, détaché de l'Armée de l'Empire, [...]
Mots clefs :
Baron, Armée de l'Empire, Garnison, Prince, Articles de capitulation, Dettes, Prisonniers de guerre, Liberté, Fort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LEIPSICK, le 8 Août.
DE LEIPSICK , le 8 Août.
Le
de ce
mois
,
le
Baron de
Widman
;
'
détaché
de l'Armée de
l'Empire
,
arriva
dans
notre
voifinage
,
&
fomma
le
Baron de Hauff
qui
commandoit
notre Garniſon
Pruſſienne
,
de
fe rendre
,
en
lui
fignifiant
de
la
part
du
Prince
de Deux
-
Ponts
,
que
s'il
ofoit
mettre
le
feu
comme
il
nous
en
avoit
ménacé
,
on
le feroit
pendre
,
&
que
toute fa
garnifon
feroit
paffée
au
fil
de
l'épée
.
Cette
fommation
excita
un grand
trouble
parmi
les
foldats
.
Ils
furent fur le
point
de
fe
révolter contre
leur
Commandant
.
Le Baron
de Hauff
qui
craignit
de
n'en
être plus
le
maî-
tre
,
fe hâta
de
régler
avec
le
Baron de
Widman
les articles
de
la capitulation
.
Il
fut arrêté
que
la
Garnifon
fortiroit
avec
les
honneurs de
la
guer-
re
,
&
qu'elle feroit
conduite a
Wittemberg
;
que
les Pruffiens pourroient emporter tous
les effets
OCTOBRE
.
1759
.
107
.
quileur appartenoient , & qu'ils payeroient avant
leurdépart les dettes qu'ils avoientcontractées dans
la Ville ; que les Prifonniers de guerre , & les
ôtages qui étoient actuellement enfermés dans
la Place , auroient leur liberté ; & que l'artillerie
Saxone qui le trouvoit dans le Fort de Pleiffen-
bourg, y feroit laiffée. Les Pruffiens ont enfin
évacué cette Ville, les troupes de l'Empire en ont
pris poffeffion.
Le
de ce
mois
,
le
Baron de
Widman
;
'
détaché
de l'Armée de
l'Empire
,
arriva
dans
notre
voifinage
,
&
fomma
le
Baron de Hauff
qui
commandoit
notre Garniſon
Pruſſienne
,
de
fe rendre
,
en
lui
fignifiant
de
la
part
du
Prince
de Deux
-
Ponts
,
que
s'il
ofoit
mettre
le
feu
comme
il
nous
en
avoit
ménacé
,
on
le feroit
pendre
,
&
que
toute fa
garnifon
feroit
paffée
au
fil
de
l'épée
.
Cette
fommation
excita
un grand
trouble
parmi
les
foldats
.
Ils
furent fur le
point
de
fe
révolter contre
leur
Commandant
.
Le Baron
de Hauff
qui
craignit
de
n'en
être plus
le
maî-
tre
,
fe hâta
de
régler
avec
le
Baron de
Widman
les articles
de
la capitulation
.
Il
fut arrêté
que
la
Garnifon
fortiroit
avec
les
honneurs de
la
guer-
re
,
&
qu'elle feroit
conduite a
Wittemberg
;
que
les Pruffiens pourroient emporter tous
les effets
OCTOBRE
.
1759
.
107
.
quileur appartenoient , & qu'ils payeroient avant
leurdépart les dettes qu'ils avoientcontractées dans
la Ville ; que les Prifonniers de guerre , & les
ôtages qui étoient actuellement enfermés dans
la Place , auroient leur liberté ; & que l'artillerie
Saxone qui le trouvoit dans le Fort de Pleiffen-
bourg, y feroit laiffée. Les Pruffiens ont enfin
évacué cette Ville, les troupes de l'Empire en ont
pris poffeffion.
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Résumé : DE LEIPSICK, le 8 Août.
Le 8 août, le Baron de Widman, envoyé de l'Armée de l'Empire, rencontra le Baron de Hauff, commandant de la garnison prussienne. Widman transmit une menace du Prince de Deux-Ponts, promettant pendaison et massacre si les Prussiens incendiaient la ville. Cette menace sema la panique parmi les soldats prussiens, qui furent prêts à se révolter. Pour éviter une mutinerie, le Baron de Hauff négocia rapidement les termes de la capitulation avec Widman. Les accords stipulaient que la garnison prussienne quitterait la ville avec les honneurs de la guerre et serait conduite à Wittemberg. Les Prussiens pourraient emporter leurs effets personnels et régler leurs dettes locales. Les prisonniers de guerre et les otages seraient libérés, et l'artillerie saxonne resterait au Fort de Pleissenbourg. Les Prussiens évacuèrent ensuite la ville, permettant aux troupes de l'Empire d'en prendre possession.
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16457
p. 202-203
De l'Armée à Francfort, le 4 Juin.
Début :
Il a été convenu le 16 Mai, entre Sa Majesté Très-Chrétienne & le Duc de Virtemberg, [...]
Mots clefs :
Duc, Prince, Armée française, Maréchal de Broglie, Ennemis, Détachement, Baron, Commandement, Lieutenant, Alliés, Armée, Citadelle, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée à Francfort, le 4 Juin.
De l'Armée à Francfort , le 4 Juin .
Il a été convenu le 16 Mai , entre Sa Majeſté
Très-Chrétienne & le Duc de Virtemberg , que
ce Prince retirera fes troupes de l'Armée Françoiſe
pour les faire rentrer dans fes Etats , où elles continueront
d'être à la difpofition du Roi de France
& de fes Alliést
Le Maréchal de Broglie ayanteu avis le 143
que le Corps avancé des Ennemis s'étoit porté
le même jour , de grand matin , fur Butzbach
& que les détachemens qui occupoient ce poſte
avoient été obligés de céder au nombre , fe rendit
le 25 àFriberg, où il apprit que les ennemis s'étoient
retirés de Butzbach , & que des détachemens de
nos Huffards y étoient rentrés . Il fe porta jufqu'à
Butzbach , où il eut nouvelle que le corps des Ennemis
, commandé par le fieur Luckner , avoit paffé
la Lohn entre Giellen & Marburg , & qu'il s'étoit
retiré fur les hauteurs de Krofdorf. Il apprit en
même tems que le Baron du Blaifel , Commandant
a Gieffen , avoit attaqué avec des détachemens
de la Garnifon l'arriere - garde du fieur
Luckner , & qu'il avoit fait plufieurs prifonniers.
Le Maréchal de Broglie eft revenu ici , après
avoir donné tous les ordres néceflaires pour les
pofte de Butzbach & de Fridberg , dont il a remis
le Commandement au Comte de Vaux , LieuJUILLET.
1760. 203
tenant -Général . Depuis ce tems on n'a point entendu
parler des ennemis , & l'on juge que l'Armée
du Prince Ferdinand n'a fait aucun mouvement.
Le Comte de Luface commande la réferve
de notre Armée, qui s'eft affemblé a Lohr.
L'Electeur de Cologne arriva ici , le 31 du mois
dernier , vers le midi. Le Maréchal Duc d. Broglie
alla le recevoir à Sakenhaufen , où les Grenadiers
de France étoient fous les armes. Ce Prince
entra dans la Ville au bruit de l'Artillerie des
Remparts. Il foupa chez le Maréchal de Broglie ;
& il partit, le premier de ce nois , pour Bonn ,
lieu de la réfidence ordinaire.
Les Alliés travaillent à mettre la Citadelle de
Munſter , en état de faire une bonne défenfe. C'eſt
le Comte de la Lippe- Schaunbourg , qui dirige
ces travaux,
Il a été convenu le 16 Mai , entre Sa Majeſté
Très-Chrétienne & le Duc de Virtemberg , que
ce Prince retirera fes troupes de l'Armée Françoiſe
pour les faire rentrer dans fes Etats , où elles continueront
d'être à la difpofition du Roi de France
& de fes Alliést
Le Maréchal de Broglie ayanteu avis le 143
que le Corps avancé des Ennemis s'étoit porté
le même jour , de grand matin , fur Butzbach
& que les détachemens qui occupoient ce poſte
avoient été obligés de céder au nombre , fe rendit
le 25 àFriberg, où il apprit que les ennemis s'étoient
retirés de Butzbach , & que des détachemens de
nos Huffards y étoient rentrés . Il fe porta jufqu'à
Butzbach , où il eut nouvelle que le corps des Ennemis
, commandé par le fieur Luckner , avoit paffé
la Lohn entre Giellen & Marburg , & qu'il s'étoit
retiré fur les hauteurs de Krofdorf. Il apprit en
même tems que le Baron du Blaifel , Commandant
a Gieffen , avoit attaqué avec des détachemens
de la Garnifon l'arriere - garde du fieur
Luckner , & qu'il avoit fait plufieurs prifonniers.
Le Maréchal de Broglie eft revenu ici , après
avoir donné tous les ordres néceflaires pour les
pofte de Butzbach & de Fridberg , dont il a remis
le Commandement au Comte de Vaux , LieuJUILLET.
1760. 203
tenant -Général . Depuis ce tems on n'a point entendu
parler des ennemis , & l'on juge que l'Armée
du Prince Ferdinand n'a fait aucun mouvement.
Le Comte de Luface commande la réferve
de notre Armée, qui s'eft affemblé a Lohr.
L'Electeur de Cologne arriva ici , le 31 du mois
dernier , vers le midi. Le Maréchal Duc d. Broglie
alla le recevoir à Sakenhaufen , où les Grenadiers
de France étoient fous les armes. Ce Prince
entra dans la Ville au bruit de l'Artillerie des
Remparts. Il foupa chez le Maréchal de Broglie ;
& il partit, le premier de ce nois , pour Bonn ,
lieu de la réfidence ordinaire.
Les Alliés travaillent à mettre la Citadelle de
Munſter , en état de faire une bonne défenfe. C'eſt
le Comte de la Lippe- Schaunbourg , qui dirige
ces travaux,
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Résumé : De l'Armée à Francfort, le 4 Juin.
Le 16 mai 1760, un accord fut conclu entre le roi de France et le duc de Wurtemberg, permettant aux troupes du duc de se retirer de l'armée française tout en restant disponibles pour le roi et ses alliés. Le 14 juin, le maréchal de Broglie apprit que les forces ennemies s'étaient déplacées vers Butzbach, forçant les détachements français à se retirer. Le 25 juin, il découvrit que les ennemis avaient quitté Butzbach et que des hussards français avaient repris le poste. Il apprit aussi que le corps ennemi, dirigé par Luckner, s'était retiré sur les hauteurs de Krofdorf. Le baron du Blaifel avait attaqué l'arrière-garde de Luckner, capturant plusieurs prisonniers. Le maréchal de Broglie revint ensuite à Francfort et confia le commandement des postes de Butzbach et de Friedberg au comte de Vaux. Aucun mouvement ennemi n'a été signalé depuis. Le comte de Luface commande la réserve de l'armée française à Lohr. L'électeur de Cologne arriva à Francfort le 31 mai et quitta la ville le 1er juin pour Bonn. Les alliés fortifient la citadelle de Münster sous la direction du comte de la Lippe-Schaumbourg.
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16458
p. 202-204
Morts [titre d'après la table]
Début :
Le 26 Novembre 1757, mourut à Saint-Germain en Laye Pierre le Monnier, [...]
Mots clefs :
Morts, Philosophie, Université de Paris, Pierre le Monnier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts [titre d'après la table]
Le 26 Novembre 1757 , mourut à Saint - Germain
en Laye Pierre le Monnier Affocié vétéran
de l'Académie des Sciences & Profeffeur
Emérite en l'Univerfité de Paris. Il étoit né le 28
Juin 1676 , dans la franche bourgeoifie de Saint-
Sever , en Baffe - Normandie , là où fa famille eft
établie depuis le douzieme fiecle . L'on donnera
fur cela des détails en même temps qu'un extrait
de la Phyfique générale & particuliere , compofée
en 1714 , par M. le Monnier , & que l'on à imprimée
en ces derniers temps.
a
Il avoit fuccédé dans la chaire de Philofophie,
JANVIER . 1758. 203
au college d'Harcourt , à Guillaume le Melorel ,
natif pareillement de Saint - Sever , & dont il étoit
allié . Sa grande mere ( 1 ) Chardine Talbot , auprès
de laquelle il fut élevé , étant mineur , avoit acquis
en 1679 une partie des poffeffions que laiffe
aujourd'hui M. le Monnier d'un Marin le Melorel,
fieur de la Farize . Guillaume le Melorel fut l'un
des premiers Profeffeurs de Philofophie qui quitta
la Philofophie d'Ariftote pour adopter celle de
Defcartes. Lui & fon fucceffeur ont profeffé chacun
environ quarante ans. Le bourg de Saint-Sever
eft auffi ancien que la conquête de la province,
comme cela fe voit par les monumens qui nous
reftent de l'Abbaye royale , laquelle a été brûlée
jufqu'à trois fois . Lorfque Henri V , Roi d'Angleterre
, fit la conquête générale de la Normandie ,
en 1418 , il laiffa les habitans de Saint - Sever paifibles
poffeffeurs de leurs biens , & fe contenta de
ce qui étoit entre les mains des Religieux Bénédictins
de l'Abbaye royale , les revenus de leur
Abbé. Cet acte d'humanité contint les habitans
quelques années dans ces lieux-là . Mais les Anglois
défefpérés dans la Suiffe , de n'avoir pu affujettir
entiérement la province , faute d'emporter d'affaut
le Mont Saint Michel , fe poufferent à divers
excès. Ils ruinerent le château de Saint-Sever , &
il y eut pour lors une tranfmigration de trente
mille familles en Bretagne , attirées de Normandie
par le Duc Jean V, lequel entretenoit , après la
mort de Henri V, foigneufement la neutralité
avec le Duc de Bedfort , foi difant Régent du
royaume de France.
La famille dont nous parlons ſe maintint tou-
(1 ) Sa mere Longerin-de Richelieu , confine de
Louis de la Croix , Ecuyer , fieur de Richèlien.
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
jours à Saint-Sever dans fes poffeffions , quoi
qu'il y en eût quelques branches établies en Bretagne
long-temps avant cette derniere irruption
des Anglois. L'on compte parmi les branches qui
en font forties , celle qui a donné , vers l'an 1515,
l'Auteur de quelques écrits Latins & François ; entr'autres
un Traité à la louange du mariage & des
femmes vertueufes : il a laiffé une fondation à l'Univerfité
de Caën , dont il fut deux fois Recteur &
Syndic. S'étant fait Prêtre après la mort de fa femme
, il mourut Greffier & Vicegérent de la Cour
des Privileges Apoftoliques de l'Evêché de Bayeux..
11 eft connu fous le nom de Pierre le Monnier
Ecuyer , fieur de l'Enandrie. Le bifayeul, du Phi
lofophe Pierre le Monnier dont il eft queſtion
ici , s'appelloit François , & vivoit du temps de la
ligue & fous Henri IV. Il rendit quelques fervi
ces , & laiffa trois enfans , dont le plus jeune Matthieu
le Monnier , épouſa Chardine Talbot , &:
fut pere de Michelle Monnier , mort en 1679 ..
en Laye Pierre le Monnier Affocié vétéran
de l'Académie des Sciences & Profeffeur
Emérite en l'Univerfité de Paris. Il étoit né le 28
Juin 1676 , dans la franche bourgeoifie de Saint-
Sever , en Baffe - Normandie , là où fa famille eft
établie depuis le douzieme fiecle . L'on donnera
fur cela des détails en même temps qu'un extrait
de la Phyfique générale & particuliere , compofée
en 1714 , par M. le Monnier , & que l'on à imprimée
en ces derniers temps.
a
Il avoit fuccédé dans la chaire de Philofophie,
JANVIER . 1758. 203
au college d'Harcourt , à Guillaume le Melorel ,
natif pareillement de Saint - Sever , & dont il étoit
allié . Sa grande mere ( 1 ) Chardine Talbot , auprès
de laquelle il fut élevé , étant mineur , avoit acquis
en 1679 une partie des poffeffions que laiffe
aujourd'hui M. le Monnier d'un Marin le Melorel,
fieur de la Farize . Guillaume le Melorel fut l'un
des premiers Profeffeurs de Philofophie qui quitta
la Philofophie d'Ariftote pour adopter celle de
Defcartes. Lui & fon fucceffeur ont profeffé chacun
environ quarante ans. Le bourg de Saint-Sever
eft auffi ancien que la conquête de la province,
comme cela fe voit par les monumens qui nous
reftent de l'Abbaye royale , laquelle a été brûlée
jufqu'à trois fois . Lorfque Henri V , Roi d'Angleterre
, fit la conquête générale de la Normandie ,
en 1418 , il laiffa les habitans de Saint - Sever paifibles
poffeffeurs de leurs biens , & fe contenta de
ce qui étoit entre les mains des Religieux Bénédictins
de l'Abbaye royale , les revenus de leur
Abbé. Cet acte d'humanité contint les habitans
quelques années dans ces lieux-là . Mais les Anglois
défefpérés dans la Suiffe , de n'avoir pu affujettir
entiérement la province , faute d'emporter d'affaut
le Mont Saint Michel , fe poufferent à divers
excès. Ils ruinerent le château de Saint-Sever , &
il y eut pour lors une tranfmigration de trente
mille familles en Bretagne , attirées de Normandie
par le Duc Jean V, lequel entretenoit , après la
mort de Henri V, foigneufement la neutralité
avec le Duc de Bedfort , foi difant Régent du
royaume de France.
La famille dont nous parlons ſe maintint tou-
(1 ) Sa mere Longerin-de Richelieu , confine de
Louis de la Croix , Ecuyer , fieur de Richèlien.
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
jours à Saint-Sever dans fes poffeffions , quoi
qu'il y en eût quelques branches établies en Bretagne
long-temps avant cette derniere irruption
des Anglois. L'on compte parmi les branches qui
en font forties , celle qui a donné , vers l'an 1515,
l'Auteur de quelques écrits Latins & François ; entr'autres
un Traité à la louange du mariage & des
femmes vertueufes : il a laiffé une fondation à l'Univerfité
de Caën , dont il fut deux fois Recteur &
Syndic. S'étant fait Prêtre après la mort de fa femme
, il mourut Greffier & Vicegérent de la Cour
des Privileges Apoftoliques de l'Evêché de Bayeux..
11 eft connu fous le nom de Pierre le Monnier
Ecuyer , fieur de l'Enandrie. Le bifayeul, du Phi
lofophe Pierre le Monnier dont il eft queſtion
ici , s'appelloit François , & vivoit du temps de la
ligue & fous Henri IV. Il rendit quelques fervi
ces , & laiffa trois enfans , dont le plus jeune Matthieu
le Monnier , épouſa Chardine Talbot , &:
fut pere de Michelle Monnier , mort en 1679 ..
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Résumé : Morts [titre d'après la table]
Pierre Le Monnier, né le 28 juin 1676 à Saint-Sever en Basse-Normandie et décédé le 26 novembre 1757 à Saint-Germain-en-Laye, était un vétéran de l'Académie des Sciences et professeur émérite à l'Université de Paris. Sa famille était installée à Saint-Sever depuis le douzième siècle. Le Monnier a succédé à Guillaume Le Melorel, natif de Saint-Sever et son allié, à la chaire de Philosophie au collège d'Harcourt. Guillaume Le Melorel fut l'un des premiers professeurs à adopter la philosophie de Descartes. La grande-mère de Le Monnier, Chardine Talbot, avait acquis des possessions en 1679, aujourd'hui détenues par lui. Saint-Sever, ancien bourg, a été marqué par des événements historiques, notamment la conquête de la Normandie par Henri V en 1418 et les excès des Anglais qui ont conduit à la ruine du château et à la migration de nombreuses familles en Bretagne. La famille Le Monnier a maintenu ses possessions à Saint-Sever malgré les invasions. Une branche de la famille a donné un auteur de traités latins et français au début du XVIe siècle. Le bisaïeul du philosophe, François Le Monnier, vivait durant la Ligue et sous Henri IV.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16459
p. 206-208
Extrait du Journal de l'Escadre des Indes, commandée par le Comte Daché, Chef d'Escadre des Armées Navales.
Début :
Le 27 Janvier de l'année dernière, l'Escadre commandée par le Comte Daché, [...]
Mots clefs :
Comte Daché, Escadre des Indes, Vaisseaux, Forts, Frégates, Combats, Pondichéry, Vivres, Commandant, Blessés, Navigation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait du Journal de l'Escadre des Indes, commandée par le Comte Daché, Chef d'Escadre des Armées Navales.
Extrait du Journal de l'Efcadre des Indes ;
commandée par le Comte Daché , Chef d'Eſcadre
des Armées Navales .
Le 27 Janvier de l'année derniere , l'Eſcadre
commandée par le Comte Daché , partit de l'lflede-
France pour fe rendre dans l'Inde. Elle étoit
alors compofée d'un Vaiffeau du Roi , de huit
Vaiffeaux de la Compagnie des Indes & de deux
Frégates.
Le 28 Avril cette Eſcadre parut à la côte de Coromandel
, devant la Ville de Gondelour & le Fort
Saint-David à quatre lieues de Pondichery . Deux
Frégates Angloiles qui étoient à l'ancre , le jetterent
à la côte & s'y brûlerent. ( On a reçu depuis
que ces deux Frégates étoient le Brigdwater & le
Triton , chacune de 20 canons. )
Quoique l'Escadre eût befoin de rafraîchiffement
& d'eau , il fut réfolu de profiter de la confternation
que fon arrivée devant Gondelour mettoit
dans la Ville , pour la bloquer par mer ,
tandis que le fieur de Lally qui pafferoit à Pondichery,
y prendroit des Troupes , pour venir l'inveftir
par terre ; & en conféquence le Vaiffeau le
Comte de Provence , avec la frégate la Diligente ,
furent détachés à Pondichery avec le fieur de
Lally.
44 ,
Le lendemain 29 , la frégate la Silphyde , qui
faifoit la découverte , fit fignal d'une Efcadre de
neuf vaiffeaux. Elle étoit compofée de quatre
vaiffeaux de 70 canons , de trois de 60 , d'un de
& d'un de 20. Le combat fut engagé à
deux heures après - midi. Il fut très - vif de parc
& d'autre jusqu'à la nuit , fans que le vailleau le
Comte de Provence & la frégate la Diligente , qui
<arriverent alors de Pondichery ,, ayent pû être
d'aucun renfort. On s'attendoit le lendemain à
+
AVRIL 1759. 207
un fecond combat ; mais l'Efcadre Angloife maltraitée
s'étoit retirée vers Madras pour s'y réparer.
L'Eſcadre Françoiſe fe trouva le 30 Avril devant
Alemparvé , à fept lieues de Pondichery. Le
vaiffeau le Bien-Aimé , dont le cable fe rompit
dans la nuit , fut obligé de faire côte , & le perdit
; mais tout l'équipage fut fauvé.
Le 7 Mai l'Efcadre arriva à Pondichery , & y
débarqua les troupes , les munitions de guerre ,
& l'argent dont elle étoit chargée ; elle fe rendit
le lendemain 2 Juin devant Goudelour & le
Fort Saint- David , qui n'étant point fecouru par
l'Eſcadre Angloife , fut réduit à capituler.
L'Eſcadre parut le 4 Juin devant Divicottey ,
dont le Fort le rendit fans faire de réfiſtance.
Du 9 au 17 Juin , que l'Eſcadre revint à Pondichery
, elle a croifé fur l'Ifle de Ceylan & devant
Negapatnam & Karical . Elle s'eft emparée
dans fa croifiere d'un brigantin Anglois nommé
l'Expériment , Capitaine Whiteway , qui fut tout
de fuite envoyé à Pondichery.
Du 17 au 27 Juillet l'Eſcadre eft reſtée devant,
Pondichery à le réparer & ſe pourvoir de vivres.
Mais l'Ecadre Angloiſe ayant paru , le Comte Daché
fe mit fous voile, ayant avec lui le même nombre
de Vaiffeaux que dans le premier combat;
fi ce n'eft qu'au lieu du Vaiffeau le Bien- Aimé
qui avoit péri , & de la Frégate la Silphyde qui
étoit défarmée , il avoit pris le Vaiffeau le Comte
de Provence & la Frégate la Diligente.
Le 3 Août : ce jour - là le combat s'eft enga
gé avec la plus grande vivacité à une heure
après-midi , & a duré de la même force pendant
plus de deux heures . L'Eſcadre Angloife étoit
très-maltraitée ; & le Comte Daché auroit eu
tout l'avantage dans le fecond combat fans les
accidens qui furvinrent fur fon vaiffeau & fug
208 MERCURE DE FRANCE.
le Comte de Provence , par des artifices que les'
Anglois y jettèrent contre toutes les régles
& ufages de la guerre. Le Vaiffeau le Comte de
Provence en fur le premier maltraité ; le feu
prit à toutes les voiles & au mât d'artimon ; il
gagnoit la dunette , & auroit confumé le vaiffeau ,
fipar une manoeuvre hardie du fieur Bouvet, Commandant
le Duc de Bourgogne , celui - ci ne fût
venu le placer entre le Comte de Provence & le
vaiffeau Anglois , qui après lui avoir jetté les artifices
, continuoit de lui tirer fes bordées . Ce n'eſt
qu'avec des peines infinies que le fieur la Chaife
a pu parvenir à éteindre le feu des artifices. Il
en a été de même fur le Zodiaque ; avec cette
différence que les artifices des Anglois ayant
gagné la route aux poudres , le vaiffeau a été fur
le point de fauter en l'air. Les foins des Officiers,
& ceux du fieur Guillemain , Ecrivain , ont fauvé
le vaiffeau du danger où il étoit : mais après ces
accidens , l'Efcadre a été forcée de faire retraite ,
le Zodiaque formant l'arriere- garde ; & l'Eſcadre
étant venue mouiller le 4 devant Pondichery ,
s'y eſt emboffée en ligne , fans que les Anglois
foient venus l'attaquer de nouveau.
Les Vaiffeaux s'étant réparés dans le courant du
mois d'Août , le Comte Daché , a mis à la voile
de Pondichery le 3 Septembre , & eft arrivé le
13 Novembre à l'Ile de France , où il a trouvé
les Vaiffeaux du Roi le Minotaure , l'Illuftre &
Actifcommandés par les fieurs Froger de l'Eguille
, Chevalier de Ruis , & d'Ifle- Beauchaine ,
Lefquels fe font joints à l'Eſcadre.
*
Le Comte Daché a dépêché en France la Frégate
la Diligente , avec le fieur Earhantel , Enfeigne
de Vaiffeau , fur le Zodiaque , qui a ap
porté ce détail . Il y a eu fur l'Eſcadre 251 hom
imes tués , & 602 bleffés,
commandée par le Comte Daché , Chef d'Eſcadre
des Armées Navales .
Le 27 Janvier de l'année derniere , l'Eſcadre
commandée par le Comte Daché , partit de l'lflede-
France pour fe rendre dans l'Inde. Elle étoit
alors compofée d'un Vaiffeau du Roi , de huit
Vaiffeaux de la Compagnie des Indes & de deux
Frégates.
Le 28 Avril cette Eſcadre parut à la côte de Coromandel
, devant la Ville de Gondelour & le Fort
Saint-David à quatre lieues de Pondichery . Deux
Frégates Angloiles qui étoient à l'ancre , le jetterent
à la côte & s'y brûlerent. ( On a reçu depuis
que ces deux Frégates étoient le Brigdwater & le
Triton , chacune de 20 canons. )
Quoique l'Escadre eût befoin de rafraîchiffement
& d'eau , il fut réfolu de profiter de la confternation
que fon arrivée devant Gondelour mettoit
dans la Ville , pour la bloquer par mer ,
tandis que le fieur de Lally qui pafferoit à Pondichery,
y prendroit des Troupes , pour venir l'inveftir
par terre ; & en conféquence le Vaiffeau le
Comte de Provence , avec la frégate la Diligente ,
furent détachés à Pondichery avec le fieur de
Lally.
44 ,
Le lendemain 29 , la frégate la Silphyde , qui
faifoit la découverte , fit fignal d'une Efcadre de
neuf vaiffeaux. Elle étoit compofée de quatre
vaiffeaux de 70 canons , de trois de 60 , d'un de
& d'un de 20. Le combat fut engagé à
deux heures après - midi. Il fut très - vif de parc
& d'autre jusqu'à la nuit , fans que le vailleau le
Comte de Provence & la frégate la Diligente , qui
<arriverent alors de Pondichery ,, ayent pû être
d'aucun renfort. On s'attendoit le lendemain à
+
AVRIL 1759. 207
un fecond combat ; mais l'Efcadre Angloife maltraitée
s'étoit retirée vers Madras pour s'y réparer.
L'Eſcadre Françoiſe fe trouva le 30 Avril devant
Alemparvé , à fept lieues de Pondichery. Le
vaiffeau le Bien-Aimé , dont le cable fe rompit
dans la nuit , fut obligé de faire côte , & le perdit
; mais tout l'équipage fut fauvé.
Le 7 Mai l'Efcadre arriva à Pondichery , & y
débarqua les troupes , les munitions de guerre ,
& l'argent dont elle étoit chargée ; elle fe rendit
le lendemain 2 Juin devant Goudelour & le
Fort Saint- David , qui n'étant point fecouru par
l'Eſcadre Angloife , fut réduit à capituler.
L'Eſcadre parut le 4 Juin devant Divicottey ,
dont le Fort le rendit fans faire de réfiſtance.
Du 9 au 17 Juin , que l'Eſcadre revint à Pondichery
, elle a croifé fur l'Ifle de Ceylan & devant
Negapatnam & Karical . Elle s'eft emparée
dans fa croifiere d'un brigantin Anglois nommé
l'Expériment , Capitaine Whiteway , qui fut tout
de fuite envoyé à Pondichery.
Du 17 au 27 Juillet l'Eſcadre eft reſtée devant,
Pondichery à le réparer & ſe pourvoir de vivres.
Mais l'Ecadre Angloiſe ayant paru , le Comte Daché
fe mit fous voile, ayant avec lui le même nombre
de Vaiffeaux que dans le premier combat;
fi ce n'eft qu'au lieu du Vaiffeau le Bien- Aimé
qui avoit péri , & de la Frégate la Silphyde qui
étoit défarmée , il avoit pris le Vaiffeau le Comte
de Provence & la Frégate la Diligente.
Le 3 Août : ce jour - là le combat s'eft enga
gé avec la plus grande vivacité à une heure
après-midi , & a duré de la même force pendant
plus de deux heures . L'Eſcadre Angloife étoit
très-maltraitée ; & le Comte Daché auroit eu
tout l'avantage dans le fecond combat fans les
accidens qui furvinrent fur fon vaiffeau & fug
208 MERCURE DE FRANCE.
le Comte de Provence , par des artifices que les'
Anglois y jettèrent contre toutes les régles
& ufages de la guerre. Le Vaiffeau le Comte de
Provence en fur le premier maltraité ; le feu
prit à toutes les voiles & au mât d'artimon ; il
gagnoit la dunette , & auroit confumé le vaiffeau ,
fipar une manoeuvre hardie du fieur Bouvet, Commandant
le Duc de Bourgogne , celui - ci ne fût
venu le placer entre le Comte de Provence & le
vaiffeau Anglois , qui après lui avoir jetté les artifices
, continuoit de lui tirer fes bordées . Ce n'eſt
qu'avec des peines infinies que le fieur la Chaife
a pu parvenir à éteindre le feu des artifices. Il
en a été de même fur le Zodiaque ; avec cette
différence que les artifices des Anglois ayant
gagné la route aux poudres , le vaiffeau a été fur
le point de fauter en l'air. Les foins des Officiers,
& ceux du fieur Guillemain , Ecrivain , ont fauvé
le vaiffeau du danger où il étoit : mais après ces
accidens , l'Efcadre a été forcée de faire retraite ,
le Zodiaque formant l'arriere- garde ; & l'Eſcadre
étant venue mouiller le 4 devant Pondichery ,
s'y eſt emboffée en ligne , fans que les Anglois
foient venus l'attaquer de nouveau.
Les Vaiffeaux s'étant réparés dans le courant du
mois d'Août , le Comte Daché , a mis à la voile
de Pondichery le 3 Septembre , & eft arrivé le
13 Novembre à l'Ile de France , où il a trouvé
les Vaiffeaux du Roi le Minotaure , l'Illuftre &
Actifcommandés par les fieurs Froger de l'Eguille
, Chevalier de Ruis , & d'Ifle- Beauchaine ,
Lefquels fe font joints à l'Eſcadre.
*
Le Comte Daché a dépêché en France la Frégate
la Diligente , avec le fieur Earhantel , Enfeigne
de Vaiffeau , fur le Zodiaque , qui a ap
porté ce détail . Il y a eu fur l'Eſcadre 251 hom
imes tués , & 602 bleffés,
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Résumé : Extrait du Journal de l'Escadre des Indes, commandée par le Comte Daché, Chef d'Escadre des Armées Navales.
En janvier de l'année précédente, l'escadre commandée par le Comte Daché quitta l'île de France pour se rendre en Inde. Elle était composée d'un vaisseau du Roi, de huit vaisseaux de la Compagnie des Indes et de deux frégates. Le 28 avril, l'escadre arriva devant la côte de Coromandel, près de Gondelour et du Fort Saint-David, à quatre lieues de Pondichéry. Deux frégates anglaises, le Brigdwater et le Triton, se jetèrent à la côte et s'y brûlèrent. Malgré le besoin de rafraîchissement et d'eau, il fut décidé de bloquer Gondelour par mer, tandis que le sieur de Lally, à Pondichéry, rassemblait des troupes pour investir la ville par terre. Le vaisseau le Comte de Provence et la frégate la Diligente furent envoyés à Pondichéry avec le sieur de Lally. Le 29 avril, la frégate la Sylphide signala une escadre anglaise de neuf vaisseaux. Un combat s'engagea à deux heures de l'après-midi et dura jusqu'à la nuit. L'escadre anglaise, maltraitée, se retira vers Madras. Le 30 avril, l'escadre française se trouva devant Alemparvé, à sept lieues de Pondichéry. Le vaisseau le Bien-Aimé fut perdu après que son câble se rompit, mais l'équipage fut sauvé. Le 7 mai, l'escadre arriva à Pondichéry et débarqua les troupes, les munitions et l'argent. Le 2 juin, elle se rendit devant Gondelour et le Fort Saint-David, qui capitulèrent. Le 4 juin, l'escadre apparut devant Divicottey, dont le fort se rendit sans résistance. Du 9 au 17 juin, l'escadre croisa devant l'île de Ceylan et les côtes de Negapatnam et Karical, capturant un brigantin anglais, l'Expériment. Du 17 au 27 juillet, l'escadre resta à Pondichéry pour se réparer et se ravitailler. Le 3 août, un second combat s'engagea avec l'escadre anglaise. Malgré les dommages causés par des artifices jetés par les Anglais, l'escadre française dut se retirer. Les vaisseaux se réparèrent en août, et le Comte Daché mit à la voile le 3 septembre, arrivant à l'île de France le 13 novembre. La frégate la Diligente fut envoyée en France avec des détails sur les combats, signalant 251 hommes tués et 602 blessés.
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16460
p. 206-208
DE PARIS, le 26 Août 1763.
Début :
Le 12, l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres tint une Séance dans laquelle le sieur [...]
Mots clefs :
Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Duchesse, Pape, Consistoire, Fête de l'Assomption, Procession, Assemblée générale, Université, Prix, Chevaliers, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage, Loterie de l'école royale militaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 26 Août 1763.
DE PARIS , le 26 Août 1763.
Le 12 , l'Académie Royale des Inſcriptions & Belles-
Lettres tint une Séance dans laquelle le fieur
Tercier a été élu Penfionnaire à la place du feu
fieur de Bougainville. Le 26 Juillet , elle a élu
Académicien Affocié le fieur Anquetil.
OCTOBRE . 1763 . 207
La Ducheffe de Chatillon , Veuve du Duc de
Chatillon , Grand Fauconnier de France en ſurvivance
, eft accouchée ſur la fin du mois dernier
d'une fille. Il ne reste plus aucun rejetton mâle
de cette illuftre Maiſon.
Un Courrier extraordinaire de Rome a apporté
la nouvelle que le Pape a tenu le 18 du
mois dernier un Confiftoire , dans laquelle Sa
Sainteté a créé Cardinaux le Prélat Négroni ;
fon Auditeur , & le Préiat Burnaccorfi , Secré
taire de la Congrégation des Evêques & des Ré
guliers.
Le 15 de ce mois , fête de l'Affomption de la
Sainte Vierge , la Proceffion folemnelle qui fe fait
tous les ans à pareil jour , en exécution du Vou
de Louis XIII , fe fit avec les cérémonies ordinaires
, & l'Archevêque de Parissyy officia. Le Parlement
, la Chambre des Comptes , la Cour des
Aydes & le Corps de Ville y affifterent.
On tint le 16 , à l'Hôtel de Ville , une affemblée
générale dans laquelle le fieur Pouletier ,
Confeiller de Ville , & le fieur Phelippes de la
Marniere , ancien Bâtonnier de l'Ordre des
Avocats au Parlement , furent élus Echevins..
Le 8 de ce mois , l'Univerfité s'affembla dans
les Ecoles de Sorbonne pour la diftribution de
Les prix. Cette Cérémonie , à laquelle le Parlement
affifta , fut précédée d'un Difcours Latin
que prononça le fieur Nicolas Louvel , Profef
feur d'Humanités au Collège des Graffins. Le
fieur Coflon , Profeffeur de Rhétorique au
Collége de Metz , a remporté le prix d'Eloquence
Latine , fondé pour les Maîtres ès Arts , par le
fieur Jean- Baptifte Coignard , Secrétaire du Roi
& Confervateur des Hypothèques. Le Sujet propolé
pour cette année étoit : combien il importe
208 MERCURE DE FRANCE.
4
aux peuples qu'il y ait dans toutes les Ecoles
publiques une Doctrine uniforme fur la Religion ,
les moeurs & les Lettres. Parmi les jeunes gen's
qui ont été couronnés , on a diftingué le heur
Charles- Francois Dupuy , Elève du Collège d'Har
court , qui a remporté trois premiers prix & deux
feconds de la Claffe de Réthorique.
Her jour de la fête de S. Louis , le Corps
de Ville a accompagné la Proceflion des Carme
du grand Couvent , qui s'eſt rendue , fuivant
l'ufage , à la Chapelle du Palais des Thaileries
, où ces Religieux ont chanté la Melle.
Le 21 de ce mois , les Chevaliers de la Compagnie
Royale de l'Arbalère & de l'Arquebufe
de certe Ville , ont fait chanter dans l'Eglife des
Révérends Peres Minimes de la Place Royale un
Te Deum , à l'occafion de l'inauguration de la
Statue Equeftre du Roi & de la publication de
la Paix. Le même jour , ils fe font rendus en
leur Hôtel , & y ont tiré en préfence de MM .
les Prévôts des Marchands & Echevins , & du
Duc de Luynes , Colonel de la Compagnie , repréfentant
le Roi , le prix que Sa Majefté leur
a accordé. Ce prix a été remporté par le Duc
de Luynes au troifiéme coup que ce jeune 'Seigneur
a tiré pour le Roi.
Le trente- unićine tirage de la Loterie de l'Hôtel-
de- Ville s'eft fait le 26 du mois dernier ,
en la manière accoutumée . Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 76658 , celui
de vingt mille livres au numéro 72923 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 61250 &
63785.
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de
l'Ecole Royale Militaire. Les numéros fortis de
la roue de fortune font : 9 , 64 , 22 , SI , 28.
Le prochain tirage fe fera les Septembre.
Le 12 , l'Académie Royale des Inſcriptions & Belles-
Lettres tint une Séance dans laquelle le fieur
Tercier a été élu Penfionnaire à la place du feu
fieur de Bougainville. Le 26 Juillet , elle a élu
Académicien Affocié le fieur Anquetil.
OCTOBRE . 1763 . 207
La Ducheffe de Chatillon , Veuve du Duc de
Chatillon , Grand Fauconnier de France en ſurvivance
, eft accouchée ſur la fin du mois dernier
d'une fille. Il ne reste plus aucun rejetton mâle
de cette illuftre Maiſon.
Un Courrier extraordinaire de Rome a apporté
la nouvelle que le Pape a tenu le 18 du
mois dernier un Confiftoire , dans laquelle Sa
Sainteté a créé Cardinaux le Prélat Négroni ;
fon Auditeur , & le Préiat Burnaccorfi , Secré
taire de la Congrégation des Evêques & des Ré
guliers.
Le 15 de ce mois , fête de l'Affomption de la
Sainte Vierge , la Proceffion folemnelle qui fe fait
tous les ans à pareil jour , en exécution du Vou
de Louis XIII , fe fit avec les cérémonies ordinaires
, & l'Archevêque de Parissyy officia. Le Parlement
, la Chambre des Comptes , la Cour des
Aydes & le Corps de Ville y affifterent.
On tint le 16 , à l'Hôtel de Ville , une affemblée
générale dans laquelle le fieur Pouletier ,
Confeiller de Ville , & le fieur Phelippes de la
Marniere , ancien Bâtonnier de l'Ordre des
Avocats au Parlement , furent élus Echevins..
Le 8 de ce mois , l'Univerfité s'affembla dans
les Ecoles de Sorbonne pour la diftribution de
Les prix. Cette Cérémonie , à laquelle le Parlement
affifta , fut précédée d'un Difcours Latin
que prononça le fieur Nicolas Louvel , Profef
feur d'Humanités au Collège des Graffins. Le
fieur Coflon , Profeffeur de Rhétorique au
Collége de Metz , a remporté le prix d'Eloquence
Latine , fondé pour les Maîtres ès Arts , par le
fieur Jean- Baptifte Coignard , Secrétaire du Roi
& Confervateur des Hypothèques. Le Sujet propolé
pour cette année étoit : combien il importe
208 MERCURE DE FRANCE.
4
aux peuples qu'il y ait dans toutes les Ecoles
publiques une Doctrine uniforme fur la Religion ,
les moeurs & les Lettres. Parmi les jeunes gen's
qui ont été couronnés , on a diftingué le heur
Charles- Francois Dupuy , Elève du Collège d'Har
court , qui a remporté trois premiers prix & deux
feconds de la Claffe de Réthorique.
Her jour de la fête de S. Louis , le Corps
de Ville a accompagné la Proceflion des Carme
du grand Couvent , qui s'eſt rendue , fuivant
l'ufage , à la Chapelle du Palais des Thaileries
, où ces Religieux ont chanté la Melle.
Le 21 de ce mois , les Chevaliers de la Compagnie
Royale de l'Arbalère & de l'Arquebufe
de certe Ville , ont fait chanter dans l'Eglife des
Révérends Peres Minimes de la Place Royale un
Te Deum , à l'occafion de l'inauguration de la
Statue Equeftre du Roi & de la publication de
la Paix. Le même jour , ils fe font rendus en
leur Hôtel , & y ont tiré en préfence de MM .
les Prévôts des Marchands & Echevins , & du
Duc de Luynes , Colonel de la Compagnie , repréfentant
le Roi , le prix que Sa Majefté leur
a accordé. Ce prix a été remporté par le Duc
de Luynes au troifiéme coup que ce jeune 'Seigneur
a tiré pour le Roi.
Le trente- unićine tirage de la Loterie de l'Hôtel-
de- Ville s'eft fait le 26 du mois dernier ,
en la manière accoutumée . Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 76658 , celui
de vingt mille livres au numéro 72923 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 61250 &
63785.
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de
l'Ecole Royale Militaire. Les numéros fortis de
la roue de fortune font : 9 , 64 , 22 , SI , 28.
Le prochain tirage fe fera les Septembre.
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Résumé : DE PARIS, le 26 Août 1763.
En août 1763, l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres élit Tercier comme pensionnaire et Anquetil comme académicien associé. La duchesse de Chatillon donne naissance à une fille, marquant la fin des héritiers mâles de sa maison. Le Pape crée cardinaux Négroni et Burnaccorsi. Le 15 octobre, une procession solennelle est organisée à Paris pour l'Assomption de la Sainte Vierge, en présence de diverses institutions. Le 16 octobre, Pouletier et Phelippes de la Marnière sont élus échevins. Le 8 octobre, l'Université se rassemble à la Sorbonne pour la distribution des prix, avec Nicolas Louvel prononçant un discours latin. Coslon remporte le prix d'éloquence latine. Charles-François Dupuy, élève du Collège d'Harcourt, se distingue en obtenant trois premiers prix et deux seconds en rhétorique. Le Corps de Ville accompagne la procession des Carmes le jour de la fête de Saint Louis. Le 21 octobre, les Chevaliers de la Compagnie Royale de l'Arbalète et de l'Arquebuse célèbrent l'inauguration de la statue équestre du Roi et la publication de la paix. Le 26 septembre, la loterie de l'Hôtel-de-Ville attribue des lots de cinquante mille, vingt mille et dix mille livres. Le 30 octobre, la loterie de l'École Royale Militaire se déroule avec les numéros 9, 64, 22, 51 et 28.
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16461
p. 206-209
RÉPONSE à la LETTRE INTÉRESSANTE pour les bons Citoyens, insérée au Mercure d'Août 1763.
Début :
Faire du bien à ses semblables, Monsieur, est, j'en conviens comme vous, [...]
Mots clefs :
Bien commun, Bons citoyens, Qualités, Raison, Sentiments, Campagnes, Devoirs, Lettre
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la LETTRE INTÉRESSANTE pour les bons Citoyens, insérée au Mercure d'Août 1763.
RÉPONSE à la LETTRE INTÉRESSANTE
pour les bons Citoyens , inférée
au Mercure d'Août 1763.
FAAIRE du bien à fes femblables , Monfieur ,
eft, j'en conviens comme vous , la plus chère occupation
d'une âme fenfible ; le répandre dans
JANVIER. 1764. 207
lès campagnes , c'eft être éclairé fur les befoins
& c'eft ce dont nous convenons encore. Dans la
lettre que que j'ai fous les
yeux , vous exhortez
les bons Citoyens à faire diftribuer chaque an
née des Prix dans les Villages ; ce font des Livres
qu'on donnera aux enfans qui feront jugés
avoir de bonnes qualités ; & vous vous appuyez
de l'exemple de plufieurs perfonnes pieufes &
refpectables qui l'ont tenté avec fuccès. C'eft le
moyen , ajoutez-vous , de faire fortir de la campagne
plus de Sujets penfants & utiles. C'est ici:
Monfieur , où nous ceffons d'être d'accord.
Je n'examinerai point s'il eft auffi avantageux
que vous le penfez , que les Payfans fçachene
lire , écrire , chiffrer. Je fçai ce que vous pourriez
alléguer en faveur de votre fentiment : mais
fur des raifons non moins puiffantes j'infifterois
pour la négative. Ce ne font pas là pour eux des
chofes de néceffité première , & leur état préſent
ne permet guères d'aller au- delà.
Ne nous prévenons point , Monfieur , l'un
contre l'autre , la diverfité d'avis entre deux
Citoyens n'a jamais l'air d'une difcuffion. Il eft
toujours louable quand on nous montre ce qui
eft bien, de dire ce qu'on croit être mieux.
Depuis longtemps on s'apperçoit que les
campagnes fe dépeuplent , & les Académies d'agriculture
ne ceffent de crier : donnez- nous des bras;
bien loin qu'on fonge aux défrichemens , à peine
les anciennes cultures font fervies. On fent fi bien
cette dépopulation que pour femer & vanner le
bled , on invente des machines qui fuppléent aux
hommes. On attend une charrue qui laboure feule
& ce ne fera pas un petit préfent.
En attendant , permettez , Monfieur , que
nous retenjons ce qui nous refte de cultivateus
208 MERCURE DE FRANCE.
#
& pour cela gardons - nous d'en faire des gens
d'efprit , nous y perdrions. L'éducation qui convient
à un enfant de village eft celle que fon pere
peut lui donner. Dès l'enfance il y a des travaux
qui lui font propres ; à fix ans il eſt déja un ouvrier.
Il faut que de bonne heure fon corps fe courbe
au labourage ; l'expérience apprend qu'il s'y refufe
quand on veut l'y plier trop tard. Qu'on
obferve qu'il foit refpectueux pour les peres &
meres , qu'il ait l'âme honnête , qu'il foit éxact
à fes devoirs rien n'eft mieux ; mais ces devoirs
quels font-ils ? de devancer fon pere aux
champs , de partager avec lui le hâle du jour ;
de le nourrir au déclin de l'âge du pain qu'il a
femé lui-même & que fa femme a pétri ; & de
mériter de fes enfans ce que fon pere mérita de
lui. Ne nous y trompons pas , les devoirs de notre
état font nos premieres vertus & vous n'imagi .
nez pas peut- être que ce que vous propoſez y
faffe diftraction .
·
Suppofons un Village où tous les ans on dif
tribue quatre livres à ceux des enfans qui auront
montré plus de douceur dans le caractère ,
ou qui auront eu l'art de le faire plus aimer , &
que Télémaque , comme vous le dites , foit le
premier Prix. S'il y a de l'émulation parmi eux ,
comme vous le demandez , il faut qu'ils ayent
des prétentions. Ils n'en auront qu'en raison du
temps donné à l'étude ; & cette étude fait diverfion
au travail journalier , & je l'oſe dire , à
des occupations d'un genre plus précieux. Je
m'imagine voir un petit Payfan qui fçait
lire & écrire capter le fuffrage de fes voifins.
Combien dans ce rôle ne s'éloigne- t- il pas de
cente fimplicité par laquelle les égaux font
heureux même par le peu qui leur en reſte ? Le
JANVIER. 1764. 209
petit Courtisan réuffit & eft couronné : croyezvous
que ce nouveau Docteur ne veuille être
qu'un Métayer ? Il fortira des Champs . Ou irat-
il pour être mieux ? Nous ne fçaurions fupputer
trop haut ces émigrations , & la claffe des
Cultivateurs ; cette pépinière de tous les états , ne
fe recrute jamais. Ah ! Monfieur , que le pain
fera cher dès qu'une fois on lira Télémaque dans
les Campagnes !
Je fuis bien loin d'être dur envers le Labou
reur ; perfonne ne le plaint & ne l'aime , j'ai
prèfque dit ne le refpecte plus que moi. Mais
adouciffons fes peines par des plaifirs qui foient
fous la main . Pour le rendre plus heureux , il ne
faut pas l'approcher plus de nous . Que ces âmes
patriotiques & humaines dont vous parlez , répandent
leurs bienfaits à d'autres titres . Il vaut
mieux former une génération vigoureafe . Que
l'enfant le plus robufte de ceux de fon âge , que
celui qui méne un fillon plus droit & plus profond
, foient récompenfés d'un habit fimple ou
plutôt de quelque outil de leur Art. Entretenons
chez eux la force & l'adreffe ; n'y fubftituons pas
T'efprit & le talent. Affez d'autres penferont , &
ci n'en feront pas moins des hommes ceux -
utiles .
J'ai l'honneur d'être , &c.
A la Rochelle , le 1763.
De B....
pour les bons Citoyens , inférée
au Mercure d'Août 1763.
FAAIRE du bien à fes femblables , Monfieur ,
eft, j'en conviens comme vous , la plus chère occupation
d'une âme fenfible ; le répandre dans
JANVIER. 1764. 207
lès campagnes , c'eft être éclairé fur les befoins
& c'eft ce dont nous convenons encore. Dans la
lettre que que j'ai fous les
yeux , vous exhortez
les bons Citoyens à faire diftribuer chaque an
née des Prix dans les Villages ; ce font des Livres
qu'on donnera aux enfans qui feront jugés
avoir de bonnes qualités ; & vous vous appuyez
de l'exemple de plufieurs perfonnes pieufes &
refpectables qui l'ont tenté avec fuccès. C'eft le
moyen , ajoutez-vous , de faire fortir de la campagne
plus de Sujets penfants & utiles. C'est ici:
Monfieur , où nous ceffons d'être d'accord.
Je n'examinerai point s'il eft auffi avantageux
que vous le penfez , que les Payfans fçachene
lire , écrire , chiffrer. Je fçai ce que vous pourriez
alléguer en faveur de votre fentiment : mais
fur des raifons non moins puiffantes j'infifterois
pour la négative. Ce ne font pas là pour eux des
chofes de néceffité première , & leur état préſent
ne permet guères d'aller au- delà.
Ne nous prévenons point , Monfieur , l'un
contre l'autre , la diverfité d'avis entre deux
Citoyens n'a jamais l'air d'une difcuffion. Il eft
toujours louable quand on nous montre ce qui
eft bien, de dire ce qu'on croit être mieux.
Depuis longtemps on s'apperçoit que les
campagnes fe dépeuplent , & les Académies d'agriculture
ne ceffent de crier : donnez- nous des bras;
bien loin qu'on fonge aux défrichemens , à peine
les anciennes cultures font fervies. On fent fi bien
cette dépopulation que pour femer & vanner le
bled , on invente des machines qui fuppléent aux
hommes. On attend une charrue qui laboure feule
& ce ne fera pas un petit préfent.
En attendant , permettez , Monfieur , que
nous retenjons ce qui nous refte de cultivateus
208 MERCURE DE FRANCE.
#
& pour cela gardons - nous d'en faire des gens
d'efprit , nous y perdrions. L'éducation qui convient
à un enfant de village eft celle que fon pere
peut lui donner. Dès l'enfance il y a des travaux
qui lui font propres ; à fix ans il eſt déja un ouvrier.
Il faut que de bonne heure fon corps fe courbe
au labourage ; l'expérience apprend qu'il s'y refufe
quand on veut l'y plier trop tard. Qu'on
obferve qu'il foit refpectueux pour les peres &
meres , qu'il ait l'âme honnête , qu'il foit éxact
à fes devoirs rien n'eft mieux ; mais ces devoirs
quels font-ils ? de devancer fon pere aux
champs , de partager avec lui le hâle du jour ;
de le nourrir au déclin de l'âge du pain qu'il a
femé lui-même & que fa femme a pétri ; & de
mériter de fes enfans ce que fon pere mérita de
lui. Ne nous y trompons pas , les devoirs de notre
état font nos premieres vertus & vous n'imagi .
nez pas peut- être que ce que vous propoſez y
faffe diftraction .
·
Suppofons un Village où tous les ans on dif
tribue quatre livres à ceux des enfans qui auront
montré plus de douceur dans le caractère ,
ou qui auront eu l'art de le faire plus aimer , &
que Télémaque , comme vous le dites , foit le
premier Prix. S'il y a de l'émulation parmi eux ,
comme vous le demandez , il faut qu'ils ayent
des prétentions. Ils n'en auront qu'en raison du
temps donné à l'étude ; & cette étude fait diverfion
au travail journalier , & je l'oſe dire , à
des occupations d'un genre plus précieux. Je
m'imagine voir un petit Payfan qui fçait
lire & écrire capter le fuffrage de fes voifins.
Combien dans ce rôle ne s'éloigne- t- il pas de
cente fimplicité par laquelle les égaux font
heureux même par le peu qui leur en reſte ? Le
JANVIER. 1764. 209
petit Courtisan réuffit & eft couronné : croyezvous
que ce nouveau Docteur ne veuille être
qu'un Métayer ? Il fortira des Champs . Ou irat-
il pour être mieux ? Nous ne fçaurions fupputer
trop haut ces émigrations , & la claffe des
Cultivateurs ; cette pépinière de tous les états , ne
fe recrute jamais. Ah ! Monfieur , que le pain
fera cher dès qu'une fois on lira Télémaque dans
les Campagnes !
Je fuis bien loin d'être dur envers le Labou
reur ; perfonne ne le plaint & ne l'aime , j'ai
prèfque dit ne le refpecte plus que moi. Mais
adouciffons fes peines par des plaifirs qui foient
fous la main . Pour le rendre plus heureux , il ne
faut pas l'approcher plus de nous . Que ces âmes
patriotiques & humaines dont vous parlez , répandent
leurs bienfaits à d'autres titres . Il vaut
mieux former une génération vigoureafe . Que
l'enfant le plus robufte de ceux de fon âge , que
celui qui méne un fillon plus droit & plus profond
, foient récompenfés d'un habit fimple ou
plutôt de quelque outil de leur Art. Entretenons
chez eux la force & l'adreffe ; n'y fubftituons pas
T'efprit & le talent. Affez d'autres penferont , &
ci n'en feront pas moins des hommes ceux -
utiles .
J'ai l'honneur d'être , &c.
A la Rochelle , le 1763.
De B....
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Résumé : RÉPONSE à la LETTRE INTÉRESSANTE pour les bons Citoyens, insérée au Mercure d'Août 1763.
Le texte est une réponse à une lettre publiée dans le Mercure d'août 1763, abordant l'éducation des enfants dans les campagnes. L'auteur reconnaît la noblesse de l'objectif de faire du bien à ses semblables et approuve l'idée de distribuer des prix sous forme de livres aux enfants méritants pour encourager l'éducation. Cependant, il exprime des réserves sur l'utilité de cette initiative. Il estime que les paysans ont des besoins plus urgents et que leur situation actuelle ne leur permet pas de se concentrer sur l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul. L'auteur souligne la dépopulation des campagnes et l'importance de maintenir une main-d'œuvre agricole. Il propose que l'éducation des enfants de village soit axée sur les travaux agricoles dès le plus jeune âge, afin de les préparer à leur rôle de cultivateurs. Il craint que l'introduction de prix littéraires ne détourne les jeunes des champs et ne les pousse à chercher des occupations plus intellectuelles, aggravant ainsi la pénurie de bras dans les campagnes. L'auteur suggère plutôt de récompenser les enfants pour leur force et leur adresse dans les travaux agricoles, afin de maintenir une génération vigoureuse et utile à l'agriculture.
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16462
p. 206-212
ARTICLES Préliminaires de Paix entre le Roi, le Roi de la Grande-Bretagne & le Roi d'Espagne, signés à Fontainebleau le 3 Novembre 1762.
Début :
AU NOM DE LA TRÈS-SAINTE TRINITÉ. LE Roi Très-Chrétien & le Roi de la Grande-Bretagne [...]
Mots clefs :
Paix, Îles de la Grenade, Îles de la Guadeloupe, La Nouvelle-Orléans, Dunkerque
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texteReconnaissance textuelle : ARTICLES Préliminaires de Paix entre le Roi, le Roi de la Grande-Bretagne & le Roi d'Espagne, signés à Fontainebleau le 3 Novembre 1762.
ARTICLES Préliminaires de Paix entre le Roi ,
le Roi de la Grande-Bretagne & le Roi d'Ef
pagne , fignés à Fontainebleau le 3 Novembre
1762.
AU NOM DE LA TRE'S - SAINTE TRINITÉ.
E Roi Très- Chrétien & le Roi de la Grande-
Bretagne , animés du defir réciproque de
rétablir entre eux l'union & la bonne intelligence
, tant pour le bien de l'humanité en général ,
que pour celui de leurs Royaumes , Etats & Sujers
refpectifs , ayant réfléchi peu après la rupture
entre la Grande - Bretagne & l'Efpagne , fur l'état
de la négociation de l'année paflée , qui malheureufement
n'a pas eu l'effet qu'on s'en étoit
promis , ainfi que
fur les points en difpute entre
les Couronnes de la Grande-Bretagne & d'Efpagne
; Leurs Majeftés Très- Chrétienne & Britannique
, ont entamé une correſpondance pour chercher
les moyens d'ajuster les différends qui fubfiftent
entre leurfdites Majeftés . En même-temps ,
le Roi Très- Chrétien ayant fait part au Roi d'Efpagne
de ces heureufes difpofitions , Sa Majefté
Catholique s'eft trouvée animée du même zéle
pour le bien de l'humanité & celui de fes Sujets ,
& réfolue à étendre & multiplier les fruits de la
paix par fon concours à de filouables intentions .
En conféquence , Leurs Majeftés Très- Chrétienne
, Britannique & Catholique , ayant muremeut
confidéré tous les points ci- deffus , ainfi que lès
JANVIER. 1763. 207
différens événemens furvenus pendant le cours
de la préfente négociation , font convenues d'un
commun accord des Articles ci après , qui ferviront
de bale au Traité de paix futur . A l'effet
de quoi Sa Majefté Très - Chrétienne a nommě
& aurorifé le fieur Cefar Gabriel de Choifeul ,
Duc de Praflin , Pair de France , Chevalier de
fes Ordres , Lieutenant - Général de fes Armées ,
Confeiller en tous fes Confeils , & Miniftre &
Sécrétaire d'Etat & de fes Commandemens & Finances
; Sa Majefté Britannique le Sr Jean Duc
& Comte de Bedford Marquis de Tavistock, &c.
Miniftre d'Etat du Roi de la Grande- Bretagne ,
Lieutenant Général de fes Armées , Garde de fon
Sceau Privé , Chevalier du très - noble Ordre de
la Jarretiere , & Miniftre Plénipotentiaire de Sa
Majesté Britannique près Sa Majesté Très Chrétienne
; & Sa Majesté Catholique a pareillement
nommé & autorifé Don Jerôme Grimaldi , Marquis
de Grimaldi , Chevalier des Ordres du Roi
Très -Chrétien , Gentilhomme de la Chambre
de Sa Majefté Catholique avec exercice , & fon
Ambaladeur Extraordinaire près de Sa Majefté
Très-Chrétienne ; lefquels , après s'être duement
communiqués leurs pleins pouvoirs en bonne forme
, font convenus des Articles fuivans.
ARTICLE PREMIER.
Aulli tôt que les Préliminaires feront fignés &
ratifiés , l'amitié fincère fera rétablie entre Sa
Majefté Très- Chrétienne & Sa Majeté Britannique,
& entre Sa Majefté Britannique & Sa Majefé
Catholique , leurs Royauines , Etats & Sujers
, par mer & par terre , dans toutes les parties
du monde . Il fera envoyé des Ordres aux
Armées & Efcadres , ainfi qu'aux Sujets des trois
Puiffances , de ceffer toute hoftilité , & de vivie
208 MERCURE DE FRANCE .
dans la plus parfaite union , en oubliant le paffé
, dont leurs Souverains leur donnent l'ordre
& l'exemple ; & pour l'exécution de cet Article .
il fera donné de part & d'autre , des Paffeports
de mer aux Vaiffeaux qui feront expédiés pour
en porter la nouvelle dans les poffeffions refpectives
des trois Puillances.
Art. 2. Sa Majeſté Très- Chrétienne renonce à
toutes les prétentions qu'Elle a formées autrefois
ou pû former à la Nouvelle- Ecoffe ou l'Acadie ,
en toutes les parties , & la garantit toute entiere,
& avec toutes les dépendances , au Roi de la
Grande-Bretagne. De plus , Sa Majeſté Très-
Chrétienne céde & garantit à Sadite Majefté Britannique
, en toute propriété , le Canada avec
toutes les dépendances , ainfi que l'Ile du Cap
Breton & toutes les autres Ifles dans le Golfe &
Fleuve Saint-Laurent , fans reſtriction & fans
qu'il foit libre de revenir fous aucun prétexte contre
cette ceffion & garantie , ni de troubler la
Grande-Bretagne dans les poffeffions fulmentionnées.
De fon côté , Sa Majefté Britannique convient
d'accorder aux Habitans du Canada , la
liberté de la Religion Catholique. En conféquence
, Elle donnera les ordres les plus précis & les
plus effectifs pour que fes nouveaux Sujets Catholique
Romains puiffent profeffer le culte de leur
Religion felon le rit de l'Eglife Romaine , en tant
que le permettent les loix de la Grande-Bretagne.
Sa Majesté Britannique convient en outre que les
Habitans François ou autres qui auroient été Sujets
du Roi Très- Chrétien en Canada pourront fe
retirer en toute fûreté & liberté où bon leur femblera
, & pourront vendre leurs biens , pourvû
que ce foit à des Sujets de Sa Majesté Britannique,
& tranfporter leurs effets , ainfi que leurs
JANVIER. 1763. 209
"
perfonnes , fans être gênés dans leur émigration
fous quelque prétexte que ce puiffe être hors
celui de dettes ou de procès criminels ; le terme
limité pour cette émigration étant fixé à l'espace
de dix- huit mois , à compter du jour de la ratification
du Traité définitif.
Art. 3. Les Sujets de la France auront la liberté
de la pêche & de la fécherie fur une partie des
côtes de l'Ile de Terre-Neuve , telle qu'elle eft
pécifiée par l'Article 13 du Traité d'Utrecht , lequel
Article fera confirmé & renouvellé par le
prochain Traité définitif , ( à l'exception de ce qui
regarde l'Ifle du Cap Breton , ainfi que les autres
Ifles dans l'embouchure & dans le Golfe Saint-
Laurent ) , & Sa Majefté Britannique confent de
laiffer aux Sujets du Roi Très- Chrétien la liberté
de pêcher dans le Golfe Saint - Laurent , à condition
que les Sujets de la France n'exercent ladite
pêche qu'à la diſtance de trois lieues de toures
les côtes appartenantes à la Grande- Bretagne ,
foit celles du Continent , foit celles des lles fituées
dans ledit Golfe Saint - Laurent ; & pour ce
qui concerne la pêche hors dudit Golfe , les Sujers
de Sa Majeſté Très - Chrétienne ne l'exerceront
qu'à la diftance de quinze lieues des côtes de
I'lfle du Cap Breton .
Art. 4. Le Roi de la Grande - Bretagne céde les
Inles de Saint- Pierre & de Miquelon , en toute
propriété , à Sa Majefté Très- Chrétienne , pour
fervir d'abri aux Pêcheurs François , & Sadite
Majefté s'oblige , fur fa parole Royale , à ne point
fortifier lesdites Ifles , à n'y établir que des Bâtimens
civils pour la commodité de la pêche , &
à n'y entretenir qu'une garde de cinquante hommes
pour la police.
Art. 5. La Ville & le Port de Dunkerque feront
210 MERCURE DE FRANCE.
mis dans l'état fixé par le dernier Traité d'Aix
1a -Chapelle & par les Traités antérieurs ; la Cunette
fubfiftera telle qu'elle eft aujourd'hui, pourvu
que les Ingénieurs Anglois , nommés par Sa
Majefté Britannique , & reçus à Dunkerque par
ordre de Sa Majesté Très- Chrétienne , vérifient
que cette Cunette n'eft utile que pour la falubrité
de l'air & la fanté des habitans .
Art. 6. Afin de rétablir la paix fur des fondemens
folides & durables , & écarter pour jamais
tout fujet de diſpace par rapport aux limites des
Territoires François & Britanniques fur le Continent
de l'Amérique , il eft convenų qu'à l'avenir
les confins entre les Etats de Sa Majefté Très-
Chrétienne & ceux de S. M. Britannique en cette
partie du monde , feront irrévocablement fixés
par une ligne tirée au milieu du fleuve Miffiffipi ,
depuis fa naiflance jufqu'à la riviere Iberville , &
de la par une ligne tirée au milieu de cette riviere
& des lacs Maurepas & Pontchartrain jufqu'à
la mer ; & à cette fin le Roi Très- Chrétien
céde en toute propriété & garantit , à Sa Majeſté
Britannique la riviere & le Port de la Mobile , &
tout ce qu'il pofféde ou a dû pofféder du côté
gauche du fleuve du Miffilipi , à l'exception de
fa Ville de la Nouvelle- Orléans & de l'Ifle dans
laquelle elle eft fituée , qui demeureront à la
France , bien entendu que la navigation du
fleuve Miffiffipi fera également libre , tant aux
Sujets de la Grande- Bretagne comme à ceux de
la France , dans toute fa largeur & dans toute
fon étendue , depuis la foarce jufqu'à la mer , &
nommément cette partie qui eft entre la fuſdite
Ifle de la Nouvelle-Orléans & la rive droite de ce
fleuve , auffi bien que l'entrée & la fortie par fon
embouchure. Il eft de plus ftipulé que lès BâtiJANVIER.
1763 .
211
mens appartenans aux Sujets de l'une ou de l'autre
Nation ne pourront être arrêtés , vilités ni
affujettis au payement d'aucun droit quelconque .
Les ftipulations inférées dans l'Article 2. en fa
veur des habitans du Canada auront lieu de même
pour les habitans des pays cédés par cet Article
.
Art . 7. Le Roi de la Grande - Bretagne reftituera
à la France les Ifles de la Guadeloupe , de Marie-
Galante , de la Defirade , de la Martinique & de
Belle- Ifle , & les Places de ces Ifles feront rendues
dans le même état où elles étoient quand la conquête
en a été faite par les armes Britanniques ;
bien entendu que le terme de dix-huit mois , à
compter du jour de la ratification du Traité définitif
fera accordé aux Sujets de Sa Majesté Britannique
qui le feroient établis dans lesdites Ifles
& antres endroits reftitués à la France par le Traité
définitif, pour vendre leurs biens , recouvrer leurs
dettes & tranfporter leurs effets , ainfi que leurs
perfonnes , fans être gênés à caule de leur Religion,
ou fous quelque prétexte que ce puiffe être ;
hors celui de dettes ou de procès criminels .
Art. 8. Le Roi Très- Chrétien céde & garantit à
Sa Majesté Britannique en toute propriété les Ifles
de la Grenade & les Grenadins , avec les mêmes
ftipulations en faveur des habitans de cette Colo
nie, inférées dans l'Art . 2. pour ceux du Canada ; &
le partage des les appellées Neutres eft convenu
& fixé de manière que celles de Saint-Vincent , la
Dominique & Tabago resteront en toute propriété
à l'Angleterre , & que celle de Sainte-Lucie fera
remife a la France , pour enjouir pareillement en
toute propriété , les deux Couronnes fe garantiffant
réciproquement le partage ainfi ftipulé.
Art. 9. Sa Majesté Britannique reftituera à la
1
212 MERCURE DE FRANCE.
France l'Ile de Gorée , dans l'état où elle s'eft
trouvée quand elle a été conquife , & Sa Majesté
Très-Chrétienne céde en toute propriété & garantit
au Roi de la Grande- Bretagne le Sénégal.
Art. 10. Dans les Indes Orientales , la Grande-
Bretagne reftituera à la France les différens Comptoirs
qu'avoit cette Couronne fur la côte de Coromandel
, ainfi que fur celle de Malabar, auffi- bien
que dans le Bengale , au commencement des
hoftilités entre les deux Compagnies dans l'année
1749 , dans l'état où ils font aujourd'hui , à condition
que Sa Majesté Très - Chrétienne renonce
aux acquifitions qu'Elle a faites fur la côte de Coromandel
depuis ledit commencement des hoftilités
entre les deux Compagnies dans l'année 1749.
Sa Majesté Très - Chrétienne reftituera de fon côté
tout ce qu'elle pourra avoir conquis fur la Grande-
Bretagne aux Indes Orientales pendant la préſente
guerre , & Elle s'engage auffi à ne point ériger
de fortifications & à n'entretenir aucunes troupes
dans le Bengale,
Art. 11. L'Ifle de Minorque fera reftituée à Sa
Majefté Britannique , ainfi que le fort Saint Philippe
, dans le même état où ils fe font trouvés
lorfque la conquête en a été faite par les armes du
Roi Très Chretien , & avec l'Artillerie qui y étoit
lors de la priſe de ladite Ifle & dudit Fort.
le Roi de la Grande-Bretagne & le Roi d'Ef
pagne , fignés à Fontainebleau le 3 Novembre
1762.
AU NOM DE LA TRE'S - SAINTE TRINITÉ.
E Roi Très- Chrétien & le Roi de la Grande-
Bretagne , animés du defir réciproque de
rétablir entre eux l'union & la bonne intelligence
, tant pour le bien de l'humanité en général ,
que pour celui de leurs Royaumes , Etats & Sujers
refpectifs , ayant réfléchi peu après la rupture
entre la Grande - Bretagne & l'Efpagne , fur l'état
de la négociation de l'année paflée , qui malheureufement
n'a pas eu l'effet qu'on s'en étoit
promis , ainfi que
fur les points en difpute entre
les Couronnes de la Grande-Bretagne & d'Efpagne
; Leurs Majeftés Très- Chrétienne & Britannique
, ont entamé une correſpondance pour chercher
les moyens d'ajuster les différends qui fubfiftent
entre leurfdites Majeftés . En même-temps ,
le Roi Très- Chrétien ayant fait part au Roi d'Efpagne
de ces heureufes difpofitions , Sa Majefté
Catholique s'eft trouvée animée du même zéle
pour le bien de l'humanité & celui de fes Sujets ,
& réfolue à étendre & multiplier les fruits de la
paix par fon concours à de filouables intentions .
En conféquence , Leurs Majeftés Très- Chrétienne
, Britannique & Catholique , ayant muremeut
confidéré tous les points ci- deffus , ainfi que lès
JANVIER. 1763. 207
différens événemens furvenus pendant le cours
de la préfente négociation , font convenues d'un
commun accord des Articles ci après , qui ferviront
de bale au Traité de paix futur . A l'effet
de quoi Sa Majefté Très - Chrétienne a nommě
& aurorifé le fieur Cefar Gabriel de Choifeul ,
Duc de Praflin , Pair de France , Chevalier de
fes Ordres , Lieutenant - Général de fes Armées ,
Confeiller en tous fes Confeils , & Miniftre &
Sécrétaire d'Etat & de fes Commandemens & Finances
; Sa Majefté Britannique le Sr Jean Duc
& Comte de Bedford Marquis de Tavistock, &c.
Miniftre d'Etat du Roi de la Grande- Bretagne ,
Lieutenant Général de fes Armées , Garde de fon
Sceau Privé , Chevalier du très - noble Ordre de
la Jarretiere , & Miniftre Plénipotentiaire de Sa
Majesté Britannique près Sa Majesté Très Chrétienne
; & Sa Majesté Catholique a pareillement
nommé & autorifé Don Jerôme Grimaldi , Marquis
de Grimaldi , Chevalier des Ordres du Roi
Très -Chrétien , Gentilhomme de la Chambre
de Sa Majefté Catholique avec exercice , & fon
Ambaladeur Extraordinaire près de Sa Majefté
Très-Chrétienne ; lefquels , après s'être duement
communiqués leurs pleins pouvoirs en bonne forme
, font convenus des Articles fuivans.
ARTICLE PREMIER.
Aulli tôt que les Préliminaires feront fignés &
ratifiés , l'amitié fincère fera rétablie entre Sa
Majefté Très- Chrétienne & Sa Majeté Britannique,
& entre Sa Majefté Britannique & Sa Majefé
Catholique , leurs Royauines , Etats & Sujers
, par mer & par terre , dans toutes les parties
du monde . Il fera envoyé des Ordres aux
Armées & Efcadres , ainfi qu'aux Sujets des trois
Puiffances , de ceffer toute hoftilité , & de vivie
208 MERCURE DE FRANCE .
dans la plus parfaite union , en oubliant le paffé
, dont leurs Souverains leur donnent l'ordre
& l'exemple ; & pour l'exécution de cet Article .
il fera donné de part & d'autre , des Paffeports
de mer aux Vaiffeaux qui feront expédiés pour
en porter la nouvelle dans les poffeffions refpectives
des trois Puillances.
Art. 2. Sa Majeſté Très- Chrétienne renonce à
toutes les prétentions qu'Elle a formées autrefois
ou pû former à la Nouvelle- Ecoffe ou l'Acadie ,
en toutes les parties , & la garantit toute entiere,
& avec toutes les dépendances , au Roi de la
Grande-Bretagne. De plus , Sa Majeſté Très-
Chrétienne céde & garantit à Sadite Majefté Britannique
, en toute propriété , le Canada avec
toutes les dépendances , ainfi que l'Ile du Cap
Breton & toutes les autres Ifles dans le Golfe &
Fleuve Saint-Laurent , fans reſtriction & fans
qu'il foit libre de revenir fous aucun prétexte contre
cette ceffion & garantie , ni de troubler la
Grande-Bretagne dans les poffeffions fulmentionnées.
De fon côté , Sa Majefté Britannique convient
d'accorder aux Habitans du Canada , la
liberté de la Religion Catholique. En conféquence
, Elle donnera les ordres les plus précis & les
plus effectifs pour que fes nouveaux Sujets Catholique
Romains puiffent profeffer le culte de leur
Religion felon le rit de l'Eglife Romaine , en tant
que le permettent les loix de la Grande-Bretagne.
Sa Majesté Britannique convient en outre que les
Habitans François ou autres qui auroient été Sujets
du Roi Très- Chrétien en Canada pourront fe
retirer en toute fûreté & liberté où bon leur femblera
, & pourront vendre leurs biens , pourvû
que ce foit à des Sujets de Sa Majesté Britannique,
& tranfporter leurs effets , ainfi que leurs
JANVIER. 1763. 209
"
perfonnes , fans être gênés dans leur émigration
fous quelque prétexte que ce puiffe être hors
celui de dettes ou de procès criminels ; le terme
limité pour cette émigration étant fixé à l'espace
de dix- huit mois , à compter du jour de la ratification
du Traité définitif.
Art. 3. Les Sujets de la France auront la liberté
de la pêche & de la fécherie fur une partie des
côtes de l'Ile de Terre-Neuve , telle qu'elle eft
pécifiée par l'Article 13 du Traité d'Utrecht , lequel
Article fera confirmé & renouvellé par le
prochain Traité définitif , ( à l'exception de ce qui
regarde l'Ifle du Cap Breton , ainfi que les autres
Ifles dans l'embouchure & dans le Golfe Saint-
Laurent ) , & Sa Majefté Britannique confent de
laiffer aux Sujets du Roi Très- Chrétien la liberté
de pêcher dans le Golfe Saint - Laurent , à condition
que les Sujets de la France n'exercent ladite
pêche qu'à la diſtance de trois lieues de toures
les côtes appartenantes à la Grande- Bretagne ,
foit celles du Continent , foit celles des lles fituées
dans ledit Golfe Saint - Laurent ; & pour ce
qui concerne la pêche hors dudit Golfe , les Sujers
de Sa Majeſté Très - Chrétienne ne l'exerceront
qu'à la diftance de quinze lieues des côtes de
I'lfle du Cap Breton .
Art. 4. Le Roi de la Grande - Bretagne céde les
Inles de Saint- Pierre & de Miquelon , en toute
propriété , à Sa Majefté Très- Chrétienne , pour
fervir d'abri aux Pêcheurs François , & Sadite
Majefté s'oblige , fur fa parole Royale , à ne point
fortifier lesdites Ifles , à n'y établir que des Bâtimens
civils pour la commodité de la pêche , &
à n'y entretenir qu'une garde de cinquante hommes
pour la police.
Art. 5. La Ville & le Port de Dunkerque feront
210 MERCURE DE FRANCE.
mis dans l'état fixé par le dernier Traité d'Aix
1a -Chapelle & par les Traités antérieurs ; la Cunette
fubfiftera telle qu'elle eft aujourd'hui, pourvu
que les Ingénieurs Anglois , nommés par Sa
Majefté Britannique , & reçus à Dunkerque par
ordre de Sa Majesté Très- Chrétienne , vérifient
que cette Cunette n'eft utile que pour la falubrité
de l'air & la fanté des habitans .
Art. 6. Afin de rétablir la paix fur des fondemens
folides & durables , & écarter pour jamais
tout fujet de diſpace par rapport aux limites des
Territoires François & Britanniques fur le Continent
de l'Amérique , il eft convenų qu'à l'avenir
les confins entre les Etats de Sa Majefté Très-
Chrétienne & ceux de S. M. Britannique en cette
partie du monde , feront irrévocablement fixés
par une ligne tirée au milieu du fleuve Miffiffipi ,
depuis fa naiflance jufqu'à la riviere Iberville , &
de la par une ligne tirée au milieu de cette riviere
& des lacs Maurepas & Pontchartrain jufqu'à
la mer ; & à cette fin le Roi Très- Chrétien
céde en toute propriété & garantit , à Sa Majeſté
Britannique la riviere & le Port de la Mobile , &
tout ce qu'il pofféde ou a dû pofféder du côté
gauche du fleuve du Miffilipi , à l'exception de
fa Ville de la Nouvelle- Orléans & de l'Ifle dans
laquelle elle eft fituée , qui demeureront à la
France , bien entendu que la navigation du
fleuve Miffiffipi fera également libre , tant aux
Sujets de la Grande- Bretagne comme à ceux de
la France , dans toute fa largeur & dans toute
fon étendue , depuis la foarce jufqu'à la mer , &
nommément cette partie qui eft entre la fuſdite
Ifle de la Nouvelle-Orléans & la rive droite de ce
fleuve , auffi bien que l'entrée & la fortie par fon
embouchure. Il eft de plus ftipulé que lès BâtiJANVIER.
1763 .
211
mens appartenans aux Sujets de l'une ou de l'autre
Nation ne pourront être arrêtés , vilités ni
affujettis au payement d'aucun droit quelconque .
Les ftipulations inférées dans l'Article 2. en fa
veur des habitans du Canada auront lieu de même
pour les habitans des pays cédés par cet Article
.
Art . 7. Le Roi de la Grande - Bretagne reftituera
à la France les Ifles de la Guadeloupe , de Marie-
Galante , de la Defirade , de la Martinique & de
Belle- Ifle , & les Places de ces Ifles feront rendues
dans le même état où elles étoient quand la conquête
en a été faite par les armes Britanniques ;
bien entendu que le terme de dix-huit mois , à
compter du jour de la ratification du Traité définitif
fera accordé aux Sujets de Sa Majesté Britannique
qui le feroient établis dans lesdites Ifles
& antres endroits reftitués à la France par le Traité
définitif, pour vendre leurs biens , recouvrer leurs
dettes & tranfporter leurs effets , ainfi que leurs
perfonnes , fans être gênés à caule de leur Religion,
ou fous quelque prétexte que ce puiffe être ;
hors celui de dettes ou de procès criminels .
Art. 8. Le Roi Très- Chrétien céde & garantit à
Sa Majesté Britannique en toute propriété les Ifles
de la Grenade & les Grenadins , avec les mêmes
ftipulations en faveur des habitans de cette Colo
nie, inférées dans l'Art . 2. pour ceux du Canada ; &
le partage des les appellées Neutres eft convenu
& fixé de manière que celles de Saint-Vincent , la
Dominique & Tabago resteront en toute propriété
à l'Angleterre , & que celle de Sainte-Lucie fera
remife a la France , pour enjouir pareillement en
toute propriété , les deux Couronnes fe garantiffant
réciproquement le partage ainfi ftipulé.
Art. 9. Sa Majesté Britannique reftituera à la
1
212 MERCURE DE FRANCE.
France l'Ile de Gorée , dans l'état où elle s'eft
trouvée quand elle a été conquife , & Sa Majesté
Très-Chrétienne céde en toute propriété & garantit
au Roi de la Grande- Bretagne le Sénégal.
Art. 10. Dans les Indes Orientales , la Grande-
Bretagne reftituera à la France les différens Comptoirs
qu'avoit cette Couronne fur la côte de Coromandel
, ainfi que fur celle de Malabar, auffi- bien
que dans le Bengale , au commencement des
hoftilités entre les deux Compagnies dans l'année
1749 , dans l'état où ils font aujourd'hui , à condition
que Sa Majesté Très - Chrétienne renonce
aux acquifitions qu'Elle a faites fur la côte de Coromandel
depuis ledit commencement des hoftilités
entre les deux Compagnies dans l'année 1749.
Sa Majesté Très - Chrétienne reftituera de fon côté
tout ce qu'elle pourra avoir conquis fur la Grande-
Bretagne aux Indes Orientales pendant la préſente
guerre , & Elle s'engage auffi à ne point ériger
de fortifications & à n'entretenir aucunes troupes
dans le Bengale,
Art. 11. L'Ifle de Minorque fera reftituée à Sa
Majefté Britannique , ainfi que le fort Saint Philippe
, dans le même état où ils fe font trouvés
lorfque la conquête en a été faite par les armes du
Roi Très Chretien , & avec l'Artillerie qui y étoit
lors de la priſe de ladite Ifle & dudit Fort.
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Résumé : ARTICLES Préliminaires de Paix entre le Roi, le Roi de la Grande-Bretagne & le Roi d'Espagne, signés à Fontainebleau le 3 Novembre 1762.
Le document expose les Articles Préliminaires de Paix entre le Roi de France, le Roi de Grande-Bretagne et le Roi d'Espagne, signés à Fontainebleau le 3 novembre 1762. Les monarques, motivés par le désir de rétablir l'union et la bonne intelligence, ont engagé des négociations pour résoudre les différends entre leurs couronnes. Le Roi de France a informé le Roi d'Espagne de ces dispositions, et ce dernier a exprimé son accord pour promouvoir la paix. Les points clés des négociations incluent le rétablissement de l'amitié entre les trois puissances dès la ratification des préliminaires, marquant la cessation des hostilités. La France renonce à la Nouvelle-Écosse et au Canada, que la Grande-Bretagne garantit en toute propriété. La Grande-Bretagne accorde aux habitants du Canada la liberté de pratiquer la religion catholique et permet leur émigration. Les sujets français conserveront la liberté de pêcher sur certaines côtes de Terre-Neuve et dans le golfe Saint-Laurent, sous certaines conditions. La Grande-Bretagne cède les îles de Saint-Pierre et Miquelon à la France pour servir d'abri aux pêcheurs français, avec des restrictions sur les fortifications. La ville et le port de Dunkerque seront maintenus dans l'état fixé par les traités antérieurs. Les frontières entre les territoires français et britanniques en Amérique seront fixées par une ligne tirée au milieu du fleuve Mississippi et de la rivière Iberville. La Grande-Bretagne restituera à la France plusieurs îles des Antilles et des comptoirs en Inde. Les îles de Saint-Vincent, la Dominique et Tobago resteront à l'Angleterre, tandis que Sainte-Lucie sera rendue à la France. La Grande-Bretagne restituera l'île de Gorée à la France, et la France cédera le Sénégal à la Grande-Bretagne. Enfin, la Grande-Bretagne et la France restitueront mutuellement les comptoirs et territoires conquis pendant la guerre, avec des conditions spécifiques sur les fortifications et les troupes. Les plénipotentiaires nommés par chaque monarque ont convenu de ces articles, qui serviront de base au traité de paix futur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16463
p. 201-202
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
La Dame d'Aubeterre, que le Roi avoit nommée à l'Abbaye de [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Religieuse, Abbé, Chanoine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Dame d'Aubeterre , que le Roi avoit nommée
à l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval - lez-
Thouars , Ordre de Citeaux , Diocefe de Poitiers,
ayant fupplié Sa Majefté de lui permettre de ne
pas l'accepter , cette Abbaye a été donnée à la
Dame de la Guiche , Religieufe Bénédictine de
P'Abbaye de Saint Julien , à Dijon ; l'Abbaye de
Saint Germain d'Auxerre , Ordre de Saint Benoît
à M. PAbbé Dutrouffet d'Héricourt , Confeiller-
Clerc du Parlement de Paris , lequel a remis celle
de Saint Crefpin- le-Grand , Diocefe & ville de
"*
Liv
)-
202 MERCURE DE FRANCE,
Soiffons , & l'Abbaye de Saint Cheron , Ordre de
Saint Auguftin , Dioceſe de Chartres, à M. l'Abbé
Riviere , Chanoine de Saint Merry , & Clerc de la
Chapelle de la Reine .
A Dame d'Aubeterre , que le Roi avoit nommée
à l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval - lez-
Thouars , Ordre de Citeaux , Diocefe de Poitiers,
ayant fupplié Sa Majefté de lui permettre de ne
pas l'accepter , cette Abbaye a été donnée à la
Dame de la Guiche , Religieufe Bénédictine de
P'Abbaye de Saint Julien , à Dijon ; l'Abbaye de
Saint Germain d'Auxerre , Ordre de Saint Benoît
à M. PAbbé Dutrouffet d'Héricourt , Confeiller-
Clerc du Parlement de Paris , lequel a remis celle
de Saint Crefpin- le-Grand , Diocefe & ville de
"*
Liv
)-
202 MERCURE DE FRANCE,
Soiffons , & l'Abbaye de Saint Cheron , Ordre de
Saint Auguftin , Dioceſe de Chartres, à M. l'Abbé
Riviere , Chanoine de Saint Merry , & Clerc de la
Chapelle de la Reine .
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le Roi a redistribué plusieurs abbayes. Dame d'Aubeterre a refusé l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval, attribuée à la Dame de la Guiche. L'Abbaye de Saint Germain d'Auxerre a été donnée à M. l'Abbé Dutrouffet d'Héricourt, qui a cédé l'Abbaye de Saint Crefpin-le-Grand. L'Abbaye de Saint Cheron a été attribuée à M. l'Abbé Rivière.
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16464
s. p.
« Le second Volume de ce mois est actuellement sous la presse & paroîtra incessamment. [...] »
Début :
Le second Volume de ce mois est actuellement sous la presse & paroîtra incessamment. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le second Volume de ce mois est actuellement sous la presse & paroîtra incessamment. [...] »
Le Second Volume de ce mois eft actuellement
fous la preffe & paroîtra inceffamment.
fous la preffe & paroîtra inceffamment.
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16465
p. 207
DE MADRID, le 12 Août.
Début :
Le 12 de ce mois, à quatre heures & demie du matin, Ferdinand VI, Roi d'Espagne [...]
Mots clefs :
Ferdinand VI, Décès, Roi d'Espagne, Reine, Gouvernement, Nouveau roi, Charles III, Deuil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MADRID, le 12 Août.
DE MADRID , le 12 Août.
Le
12
dc
ce
mois
,
à
quatre heures
&
demie
du
matin
,
Ferdinand
VI
,
Roi
d'Eſpagne
&
des
Indes
,
mourut
au
Palais
de
Villaviciofa
,
dans
la
quatorziéme année de
fon
régne
.
Il
étoit
âgé
de
quarante
-cinq ans
,
dix
mois
&
dix
-
fept jours
.
Du
19
.
Après
la
mort du
Roi
,
la
Reine
Douairiere
a
pris
en
main
le
Gouvernement
,
juſqu'à
l'arri-
vée de
notre
nouveau Roi
,
Charles
III
.
Le
corps
du
Roi
défunt a
été
tranſporté
au Couvent des
Religieufes
de
la
Vifitation
de Madrid
,
où
il
a
été
inhumé
avec
les
cérémonies accoutumées
.
La
Cour
a
pris le
deuil
pour
fix
mois
.
Le
12
dc
ce
mois
,
à
quatre heures
&
demie
du
matin
,
Ferdinand
VI
,
Roi
d'Eſpagne
&
des
Indes
,
mourut
au
Palais
de
Villaviciofa
,
dans
la
quatorziéme année de
fon
régne
.
Il
étoit
âgé
de
quarante
-cinq ans
,
dix
mois
&
dix
-
fept jours
.
Du
19
.
Après
la
mort du
Roi
,
la
Reine
Douairiere
a
pris
en
main
le
Gouvernement
,
juſqu'à
l'arri-
vée de
notre
nouveau Roi
,
Charles
III
.
Le
corps
du
Roi
défunt a
été
tranſporté
au Couvent des
Religieufes
de
la
Vifitation
de Madrid
,
où
il
a
été
inhumé
avec
les
cérémonies accoutumées
.
La
Cour
a
pris le
deuil
pour
fix
mois
.
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Résumé : DE MADRID, le 12 Août.
Le 12 août, Ferdinand VI, roi d'Espagne et des Indes, est décédé à 45 ans après quatorze années de règne. La reine douairière a assuré l'intérim jusqu'à l'arrivée de Charles III. Le roi a été inhumé au couvent des Religieuses de la Visitation de Madrid. La cour a observé un deuil de six mois.
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16466
p. 207
DE ROME, le premier Septembre.
Début :
On a essuyé dans les environs de Ferrare un ouragan furieux, [...]
Mots clefs :
Ouragan, Dégâts, Campagne, Victimes, Ruines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE ROME, le premier Septembre.
DE ROME
, le
premier Septembre
.
On a effuyé dans les environs de Ferrare un
ouragan furieux , qui a renversé plufieurs mai-
fons de campagne ; trente perfonnes ont été
enfevelies fous leurs ruines.
, le
premier Septembre
.
On a effuyé dans les environs de Ferrare un
ouragan furieux , qui a renversé plufieurs mai-
fons de campagne ; trente perfonnes ont été
enfevelies fous leurs ruines.
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16467
s. p.
TABLE.
Début :
Pieces Fugitives. Polymnie, Ode, 1059 Memoire sur les Antiquitez d'Angleterre, 1063 [...]
16468
p. 203-204
De Ratisbonne, le 30 Novembre.
Début :
Le Baron de Ponickau, Ministre du Roi de Pologne, Electeur de Saxe, [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Électeur de Saxe, Mémoire, Traitements inhumains, Diète, Vengeance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Ratisbonne, le 30 Novembre.
De Ratisbonne , le 30 Novembre.
Le Baron de Ponickau , Miniftre du Roi de Pologne
, Electeur de Saxe , préfenta le 24. de ce
mois , à la Diéte de l'Empire , un mémoire contenant
l'expofé fidéle des excès commis par le
Comte de Schmettau dans les Fauxbourgs de
Drefde. La lecture de ce mémoire remplit d'horreur
tous les Membres de la Diéte , en leur apprenant
le traitement inhumain fait aux Habitans
de ces Fauxbourgs qui , au moment qu'ils
fe croyoient plus en fureté , par les promeffes
réitérées du Comte Schmettau , virent le Feu
embrafer leurs maiſons , l'Artillerie & la Moufqueterie
de la Place employées à leur ôter la
liberté de fuir , & qui ne fe fauverent au milieu
des flammes , qu'après avoir perdu tous leurs
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
effets , & après avoir effuyé toutes fortesde cruautés
de la part de la Soldatefque.
›
On préfume que la Diéte prendra des mefures
, pour tirer vengeance des excès commis
par le Commandant de Drefde qui offenfent
toutes les Loix Divines & Humaines. Plus
de 350 maifons ont été réduites en cendres
dans cet incendie. On eftime les dommages qu'il
a caufés par le feul embrafement des magafins
& des marchandiſes , monter à quatre millions
de Rixdales.
Le Baron de Ponickau , Miniftre du Roi de Pologne
, Electeur de Saxe , préfenta le 24. de ce
mois , à la Diéte de l'Empire , un mémoire contenant
l'expofé fidéle des excès commis par le
Comte de Schmettau dans les Fauxbourgs de
Drefde. La lecture de ce mémoire remplit d'horreur
tous les Membres de la Diéte , en leur apprenant
le traitement inhumain fait aux Habitans
de ces Fauxbourgs qui , au moment qu'ils
fe croyoient plus en fureté , par les promeffes
réitérées du Comte Schmettau , virent le Feu
embrafer leurs maiſons , l'Artillerie & la Moufqueterie
de la Place employées à leur ôter la
liberté de fuir , & qui ne fe fauverent au milieu
des flammes , qu'après avoir perdu tous leurs
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
effets , & après avoir effuyé toutes fortesde cruautés
de la part de la Soldatefque.
›
On préfume que la Diéte prendra des mefures
, pour tirer vengeance des excès commis
par le Commandant de Drefde qui offenfent
toutes les Loix Divines & Humaines. Plus
de 350 maifons ont été réduites en cendres
dans cet incendie. On eftime les dommages qu'il
a caufés par le feul embrafement des magafins
& des marchandiſes , monter à quatre millions
de Rixdales.
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Résumé : De Ratisbonne, le 30 Novembre.
Le Baron de Ponickau, ministre du Roi de Pologne et Électeur de Saxe, a présenté le 24 novembre à la Diète de l'Empire un mémoire dénonçant les excès du Comte de Schmettau à Dresde. Ce document a révélé les traitements inhumains infligés aux habitants, qui avaient été assurés de leur sécurité par le Comte. Leurs maisons ont été incendiées, et l'artillerie ainsi que la mousqueterie ont empêché leur fuite. Les habitants ont subi diverses cruautés avant de pouvoir échapper aux flammes, perdant tous leurs biens. La Diète envisage des mesures pour punir ces violations des lois divines et humaines. L'incendie a détruit plus de 350 maisons, et les dommages causés par la destruction des magasins et des marchandises sont estimés à quatre millions de Rixdales.
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16469
p. 207-208
DU NORD.
Début :
Un grand nombre de Seigneur se sont empressés de venir ici, [...]
Mots clefs :
Varsovie, Stockholm, Seigneurs, Impératrice Reine de Hongrie et Bohême, Roi de Prusse, Constantinople, Peste, Marche des soldats, Ordonnance, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NOR D.
DE WARSOVIE , le 15 Novembre.
Un grand nombre de Seigneurs N fe font empref+
fés de venir ici , pour rendre leurs reſpects au Roi.-
Sur l'avis que les troupes Ruffiennes , qui mar
chent au fecours de l'Impératrice Reine de Hongrie
& de Boheme , paroiffoient vouloir prendre
leur route par la Pologne , le Roi de Pruffe a requis
la République de ne point leur accorder le
paffage . Sa Majefté Pruffienne , informée qu'on
lai fuppofe des vues préjudiciables aux intérêts des
habitans de Dantzick , les a fait affurer qu'Elle
étoit fort éloignée de penfer à leur donner aucun
fujet d'inquiétude.
On apprend de Conftantinople , que cette Capitale
de la Turquie eft prefque entiérement délivrée
de la pefte , mais que le mal contagieux fait
encore beaucoup de ravages dans quelques parties
de la Grece. Les mêmes lettres marquent que
dans le mois de Septembre il y a eu plufieurs fecouffes
de tremblement de terre en divers endroits
des Etats du Grand Seigneur.
por-
Les avis recus de Courlande & de Livonie
tent que les troupes Ruffiennes , deſtinées à agir
contre le Roi de Pruffe , ont été obligées par la
208 MERCURE DE FRANCE.
rigueur de la faifon , de fufpendre leur marche.
Ces avis ajoutent que le 7 de ce mois le Feld-
Maréchal Apraxin n'étoit pas encore arrivé à Riga.
DE STOCKOLM , le 17 Novembre.
Par une Ordonnance du 4 de ce mois , il eft
défendu de faire entrer en Suede toutes marchandifes
& denrées étrangeres , dont le Royaume,
peut abfolument fe paffer.
4
DE WARSOVIE , le 15 Novembre.
Un grand nombre de Seigneurs N fe font empref+
fés de venir ici , pour rendre leurs reſpects au Roi.-
Sur l'avis que les troupes Ruffiennes , qui mar
chent au fecours de l'Impératrice Reine de Hongrie
& de Boheme , paroiffoient vouloir prendre
leur route par la Pologne , le Roi de Pruffe a requis
la République de ne point leur accorder le
paffage . Sa Majefté Pruffienne , informée qu'on
lai fuppofe des vues préjudiciables aux intérêts des
habitans de Dantzick , les a fait affurer qu'Elle
étoit fort éloignée de penfer à leur donner aucun
fujet d'inquiétude.
On apprend de Conftantinople , que cette Capitale
de la Turquie eft prefque entiérement délivrée
de la pefte , mais que le mal contagieux fait
encore beaucoup de ravages dans quelques parties
de la Grece. Les mêmes lettres marquent que
dans le mois de Septembre il y a eu plufieurs fecouffes
de tremblement de terre en divers endroits
des Etats du Grand Seigneur.
por-
Les avis recus de Courlande & de Livonie
tent que les troupes Ruffiennes , deſtinées à agir
contre le Roi de Pruffe , ont été obligées par la
208 MERCURE DE FRANCE.
rigueur de la faifon , de fufpendre leur marche.
Ces avis ajoutent que le 7 de ce mois le Feld-
Maréchal Apraxin n'étoit pas encore arrivé à Riga.
DE STOCKOLM , le 17 Novembre.
Par une Ordonnance du 4 de ce mois , il eft
défendu de faire entrer en Suede toutes marchandifes
& denrées étrangeres , dont le Royaume,
peut abfolument fe paffer.
4
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Résumé : DU NORD.
Le 15 novembre, plusieurs seigneurs se sont rendus à Varsovie pour rendre hommage au roi. Le roi de Prusse a demandé à la République de ne pas permettre le passage des troupes russes, qui se dirigeaient vers l'impératrice reine de Hongrie et de Bohême. Il a également rassuré les habitants de Dantzick sur ses intentions pacifiques. À Constantinople, la peste a presque disparu, mais elle continue de sévir en Grèce. En septembre, des secousses sismiques ont été enregistrées dans divers endroits des États turcs. En Courlande et en Livonie, les troupes russes destinées à combattre le roi de Prusse ont suspendu leur marche en raison de l'hiver rigoureux. Le feld-maréchal Apraxin n'était pas encore arrivé à Riga le 7 novembre. Le 17 novembre, une ordonnance suédoise a interdit l'importation de marchandises et denrées étrangères dont la Suède peut se passer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16470
p. 207-210
DE CASSEL, le 11 Août.
Début :
L'Armée a pris le chemin d'Oldendorff sur le Weser, où elle arriva le 3. [...]
Mots clefs :
Armée, Comte, Régiment, Prince Héréditaire de Brunswick, Attaques, Ennemis, Soldats, Artillerie, Blessés et morts, Déplacement des troupes, Infanterie, Fatigue, Maréchal de Contades, Nouvelles
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texteReconnaissance textuelle : DE CASSEL, le 11 Août.
DE CASSEL , le ri Août.
L'Armée a pris le chemin d'Oldendorff für le
Wefer , où elle arriva le 3. Elle y féjourna. Elle
fe remit en marche le s , & fe rendit à Eumbeck
?
208
MERCURE
DE FRANCE
.
le 7 avec toute l'artillerie & les équipages. Le
Comte de Saint -Germain avoit été détaché avec
quatre Brigades d'Infanterie & deux Brigades de
Cavalerie , pour maſquer les débouchés d'Hame-
len. L'Armée n'a point été inquiétée pendant fa
marche , & on n'a vu que quelques Chaffeurs
des Ennemis.
La
nuit
du 7 au
8
,
le
Prince
héréditaire
deBrunſwick
,
détaché
de
l'Armée
du
Prince
Fer-
dinand
,
avec
un
corps d'environ
douze
mille
hommes
,
paffa
le
Wefer
à
Hainelen
.
Il
s'ap-
procha d'Eimbeck
le
8 au
point
du
jour
.
Il
atta-
qua
cette
Ville
dans
laquelle
il
étoit réſté
quel
ques
troupes
de
l'arrière
garde aux
ordres
du
feur
de Baye
,
Maréchal
-
de
-
Camp
de
jour
,
qui
défendit
les
rues
fans
être
entamé
.
Les ennemis maîtres de la Ville , en fortirent
en colonne. Ils furent reçus par l'arrière-garde ,
commandée par le Chevalier de Nicolay , &
les Marquis de Traifnel & de Brehan , & com-
pofée de la Brigade de Picardie , des Grenadiers
de France & Royaux , de trois cens Carabiniers,
du Régiment de Berchiny , des Volontaires de
Haynault , & de ceux de Muret. Ces troupes fe
préſenterent à l'ennemi dans le plus grand ordre
& avec la plus grande fermeté. Les Hanovriens
furent forcés de rentrer dans la Ville après
avoir perdu plus de cinq cens hommes , & ils
n'ont plus reparu. Nous n'avons perdu que cin-
quante Grenadiers tués ou bleſſés.
L'Armée
continua fa
marche
,
&
campa
le
même
jour
8
à Barnfen
.
Le
9
elle
vint à
Branf
feldt
,
&
dans
les
journées
du 10
&
du
11
, elle
a
été raflemblée dans
les
environs
de
Caffel
.
Les
ennemis
fe
font préfentés
de nouveau pour
atta-
quer
l'arrière
garde à
l'entrée
des
défilés
de
Munden
.
-
24
OCTOBRE
.
1759
.
209
2
L'Armée marchoit fur deux colonnes . On for-
ma deux arrières gardes , celle de la colonne de
la droite , compolée de la Brigade de Picardie,
& foutenue par celle de Beltunce , aux ordres
du fieur de Planta , Maréchal - de- Camp ; celle
de la gauche , composée des Grenadiers de Fran
ce & Royaux , aux ordres du Marquis de Trail
nel ; la fanté du Marquis de Saint- Pern ne lui
ayant pas permis de s'en charger. Les ennemis
fe, préfenterent en force à l'arrière- garde de la
colonne de la droite. Les deux Brigades de Pi-
cardie & de Béthune fe mirent en bataille à la
tête de la gorge , avant d'y entrer , & reçurent
les ennemis de fi bonne grace avec du canon
que ceux-ci n'oferent s'approcher , & le conten-
terent de tirer quelques coups de canon , mais
de fi loin , qu'ils ne firent aucun mal. Ils prirent
enfuite le parti de gagner les hauteurs pour atta-
quer le Comte de Saint- Germain qui les défen
doit. Ce Général marcha à eux ; il les fit atta-
quer par les Brigades d'Auvergne , d'Aquitaine
& d'Anhalt , & les culbuta . L'action a été vive
Le fieur de Muret étoit far le flanc des enne
mis caché dans le bois avec deux cens Volon-
taires de l'Armée. Lorſqu'il les a vûs ſe retirer en
défordre , il les a fuivis pendant une demi- lieue
d'affez près pour les atteindre à coups de bayon
nette. Depuis ce moment , les ennemis n'ont plus
reparu. nous n'avons eu qu'une vingtaine d'hom
mes tués ou bleffés. On eftime la perte des en¬
nemis à mille ou douze cens hommes.
Du 16.
L'armée fe remet chaquejour des fatigues con-
fidérables qu'elle a éprouvées pendant fa marche ,
& elle trouve ici tous les fecours dont elle a be-
Loin.
Depuis l'avantage que
le
Comte de Saint-
Ger
210 MERCURE DE FRANCE:
main
a
eu
fur
les
troupes
du
Prince
héré
litaire
de
Bruntwick
aux
défilés
de
Munden
,
les
ennemis
n'ont
plus
paru
.
Suivant les états qu'on a reçus , la perte de l'In
fanterie & de la Cavalerie dans l'affaire du pre-
mier de ce mois , ſe monte a trois mille quatre
cens feize hommes tués ou prifonniers , & deux
mille trente bleflés.
Du
25
.
Les nouvelles qu'on eut de la marche de l'ar
mée du Prince Ferdinand qui s'avançoit à travers
le pays de Waldeck , déterminerent le Maréchal
de Contades à faire marcher l'armée le 18 , & à
paller l'Eder dans les environs de Fritzlar. On
campa à la rive droite de cette riviere. On laiffa
à Caffel des détachemens pour la garde de quel-
ques malades & bleffés , qui n'avoient pas été en
état d'être tranfportés. Les ennemis s'emparerent
de cette Place le lendemain par capitulation.
Le 19 , fur les nouvelles qu'on eut de l'arrivée
d'un corps des ennemis à Hayna , & de la marche
du Prince Ferdinand pour fuivre ce corps , l'armée
marcha à Gilfen.
Le 22 , l'armée ſe remit en marche , & vint
camper dans les environs de Treiza .
Le 23 , le Maréchal de Contades ſe rendit avec
l'armée dans les environs de Kirchayn , où elle
campe à la rive gauche de la riviere de Lohn. Le
quartier général a été établi à Groſſelheim , diſtant
de Marburg d'environ deux lieues.
Le Maréchal d'Etrées eſt arrivé ce matin à
l'armée.
L'Armée a pris le chemin d'Oldendorff für le
Wefer , où elle arriva le 3. Elle y féjourna. Elle
fe remit en marche le s , & fe rendit à Eumbeck
?
208
MERCURE
DE FRANCE
.
le 7 avec toute l'artillerie & les équipages. Le
Comte de Saint -Germain avoit été détaché avec
quatre Brigades d'Infanterie & deux Brigades de
Cavalerie , pour maſquer les débouchés d'Hame-
len. L'Armée n'a point été inquiétée pendant fa
marche , & on n'a vu que quelques Chaffeurs
des Ennemis.
La
nuit
du 7 au
8
,
le
Prince
héréditaire
deBrunſwick
,
détaché
de
l'Armée
du
Prince
Fer-
dinand
,
avec
un
corps d'environ
douze
mille
hommes
,
paffa
le
Wefer
à
Hainelen
.
Il
s'ap-
procha d'Eimbeck
le
8 au
point
du
jour
.
Il
atta-
qua
cette
Ville
dans
laquelle
il
étoit réſté
quel
ques
troupes
de
l'arrière
garde aux
ordres
du
feur
de Baye
,
Maréchal
-
de
-
Camp
de
jour
,
qui
défendit
les
rues
fans
être
entamé
.
Les ennemis maîtres de la Ville , en fortirent
en colonne. Ils furent reçus par l'arrière-garde ,
commandée par le Chevalier de Nicolay , &
les Marquis de Traifnel & de Brehan , & com-
pofée de la Brigade de Picardie , des Grenadiers
de France & Royaux , de trois cens Carabiniers,
du Régiment de Berchiny , des Volontaires de
Haynault , & de ceux de Muret. Ces troupes fe
préſenterent à l'ennemi dans le plus grand ordre
& avec la plus grande fermeté. Les Hanovriens
furent forcés de rentrer dans la Ville après
avoir perdu plus de cinq cens hommes , & ils
n'ont plus reparu. Nous n'avons perdu que cin-
quante Grenadiers tués ou bleſſés.
L'Armée
continua fa
marche
,
&
campa
le
même
jour
8
à Barnfen
.
Le
9
elle
vint à
Branf
feldt
,
&
dans
les
journées
du 10
&
du
11
, elle
a
été raflemblée dans
les
environs
de
Caffel
.
Les
ennemis
fe
font préfentés
de nouveau pour
atta-
quer
l'arrière
garde à
l'entrée
des
défilés
de
Munden
.
-
24
OCTOBRE
.
1759
.
209
2
L'Armée marchoit fur deux colonnes . On for-
ma deux arrières gardes , celle de la colonne de
la droite , compolée de la Brigade de Picardie,
& foutenue par celle de Beltunce , aux ordres
du fieur de Planta , Maréchal - de- Camp ; celle
de la gauche , composée des Grenadiers de Fran
ce & Royaux , aux ordres du Marquis de Trail
nel ; la fanté du Marquis de Saint- Pern ne lui
ayant pas permis de s'en charger. Les ennemis
fe, préfenterent en force à l'arrière- garde de la
colonne de la droite. Les deux Brigades de Pi-
cardie & de Béthune fe mirent en bataille à la
tête de la gorge , avant d'y entrer , & reçurent
les ennemis de fi bonne grace avec du canon
que ceux-ci n'oferent s'approcher , & le conten-
terent de tirer quelques coups de canon , mais
de fi loin , qu'ils ne firent aucun mal. Ils prirent
enfuite le parti de gagner les hauteurs pour atta-
quer le Comte de Saint- Germain qui les défen
doit. Ce Général marcha à eux ; il les fit atta-
quer par les Brigades d'Auvergne , d'Aquitaine
& d'Anhalt , & les culbuta . L'action a été vive
Le fieur de Muret étoit far le flanc des enne
mis caché dans le bois avec deux cens Volon-
taires de l'Armée. Lorſqu'il les a vûs ſe retirer en
défordre , il les a fuivis pendant une demi- lieue
d'affez près pour les atteindre à coups de bayon
nette. Depuis ce moment , les ennemis n'ont plus
reparu. nous n'avons eu qu'une vingtaine d'hom
mes tués ou bleffés. On eftime la perte des en¬
nemis à mille ou douze cens hommes.
Du 16.
L'armée fe remet chaquejour des fatigues con-
fidérables qu'elle a éprouvées pendant fa marche ,
& elle trouve ici tous les fecours dont elle a be-
Loin.
Depuis l'avantage que
le
Comte de Saint-
Ger
210 MERCURE DE FRANCE:
main
a
eu
fur
les
troupes
du
Prince
héré
litaire
de
Bruntwick
aux
défilés
de
Munden
,
les
ennemis
n'ont
plus
paru
.
Suivant les états qu'on a reçus , la perte de l'In
fanterie & de la Cavalerie dans l'affaire du pre-
mier de ce mois , ſe monte a trois mille quatre
cens feize hommes tués ou prifonniers , & deux
mille trente bleflés.
Du
25
.
Les nouvelles qu'on eut de la marche de l'ar
mée du Prince Ferdinand qui s'avançoit à travers
le pays de Waldeck , déterminerent le Maréchal
de Contades à faire marcher l'armée le 18 , & à
paller l'Eder dans les environs de Fritzlar. On
campa à la rive droite de cette riviere. On laiffa
à Caffel des détachemens pour la garde de quel-
ques malades & bleffés , qui n'avoient pas été en
état d'être tranfportés. Les ennemis s'emparerent
de cette Place le lendemain par capitulation.
Le 19 , fur les nouvelles qu'on eut de l'arrivée
d'un corps des ennemis à Hayna , & de la marche
du Prince Ferdinand pour fuivre ce corps , l'armée
marcha à Gilfen.
Le 22 , l'armée ſe remit en marche , & vint
camper dans les environs de Treiza .
Le 23 , le Maréchal de Contades ſe rendit avec
l'armée dans les environs de Kirchayn , où elle
campe à la rive gauche de la riviere de Lohn. Le
quartier général a été établi à Groſſelheim , diſtant
de Marburg d'environ deux lieues.
Le Maréchal d'Etrées eſt arrivé ce matin à
l'armée.
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Résumé : DE CASSEL, le 11 Août.
Du 1er au 9 août, l'armée française se déplaça vers Oldendorff, Eumbeck, Barnfen et Branf feldt sans être sérieusement inquiétée, à l'exception de quelques éclaireurs ennemis. Le 7 août, le Prince héréditaire de Brunswick tenta d'attaquer Eumbeck avec environ douze mille hommes, mais fut repoussé par les troupes françaises commandées par le Chevalier de Nicolay et les Marquis de Traifnel et de Brehan. Les pertes hanovriennes furent significatives. Du 16 au 25 octobre, l'armée se remit des fatigues de la marche et reçut les secours nécessaires. Le 24 octobre, elle marcha en deux colonnes avec des arrières-gardes composées de brigades de Picardie, de Béthune et de grenadiers. Les ennemis tentèrent d'attaquer l'arrière-garde de la colonne de droite, mais furent repoussés par les brigades de Picardie et de Béthune, ainsi que par le Comte de Saint-Germain et les brigades d'Auvergne, d'Aquitaine et d'Anhalt. Les ennemis subirent des pertes estimées à mille ou douze cents hommes, tandis que les Français perdirent une vingtaine d'hommes. Les pertes ennemies lors de l'affrontement du 1er octobre furent de trois mille quatre cents seize hommes tués ou prisonniers, et deux mille trente blessés. Du 18 au 23 octobre, l'armée traversa l'Eder près de Fritzlar, marcha vers Gilfen, Treisa et Kirchayn, où elle campa à la rive gauche de la rivière de Lohn. Le quartier général fut établi à Grosselheim, à environ deux lieues de Marburg, et le Maréchal d'Etrées rejoignit l'armée le 23 octobre.
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16471
p. 203-206
DE PARIS, le 14 Juin.
Début :
Le 18 du mois dernier, le Prince Louis de Rohan, Evêque de Canope, [...]
Mots clefs :
Évêque, Sacre, Ordre, Service, Bénédiction, Paix, Alliés, Défense, Prières publiques, Campagne militaire, Conseil, Magistrats, Arrêts, Martinique, Capitaine, Ennemis, Loterie, Médecin, Lettres de noblesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 14 Juin.
De PARIS , le 14 Juin.
1
-Le 18 du mois dernier , le Prince Louis de
Rohan, Evêque de Canope, Coadjuteur de l'Evêché
de Strasbourg , fut facré dans l'Eglife Métropolisaine
, par l'Archevêque de Paris , affifté des
Evêques du Puy & de Blois. Un grand nombre .
d'Archevêques , d'Evêques , & de perfonnes du
premier rang, affiftèrent à cette cérémonie.
Le 19 , l'Ordre Royal , Militaire & Hofpitalier ,
de Notre-Dame du Mont- Carmel,& de S. Lazare ,
de Jérufalem , fit célébrer dans la Chapelle du
Louvre,l'Anniverfaire duRoi Henri IVde glorieufe .
mémoire , Fondateur de l'Ordre. Le Service a été
célébré par l'Abbé de Sainte Hermine , Aumônier ,
de la Reine Gommandeur Eccléfiaftique de.
l'Ordre. LeComte de Saint-Florentin , les grands
Officiers , & plufieurs Chevaliers de cet Ordre y
oar affifté. the
Sa Majefté ; conduite par l'efprit de piété qui a
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE
tonjours caractérisé les Rois Très - Chrétiens , a
voulu , au commencement de cette Campagne ',
implorer la bénédiction du Ciel fur les armes.
Elle a écrit à l'Archevêque de Paris , ainfi qu'à
tous les Archevêques & Evêques de fon Royaume ,
la Lettre fuivante.
» MON COUSIN, le maintien de la tranquillité
» de l'Europe a toujours été le principal objet de
» mes voeux & de mes démarches : ce fentiment
» s'eft fortifié par le defir que j'ai de contribuer
>> au bonheur de mes Peuples , & de diminuer les
>> charges qu'ils fupportent d'une manière digne
» de leur zéle pour la gloire de mon régne , &
>> de l'amour que j'ai pour eux. C'eft pour leur
> en faire reffentir les effets , que je n'ai négligé
>> aucun des moyens capables de déterminer les
>> Puiffances qui m'ont forcé à reprendre les ar-- ·
» mes , à concourir au rétabliſſement d'une paix
dont on pût affurer la duréc.Mais avant quel'on
ait pû parvenir définitivement au but defirable
> de la paix générale , la continuation des hofti-
» lités des Ennemis de la France m'oblige à de
> nouveaux efforts pour la défenſe de mes propres
» Etats , & pour foutenir les Engagemens que j'ai
» pris avec mes fidéles Alliés . Quelque confiance
que j'aye dans la volonté de mes Troupes , dans
leur zéle pour mon fervice , je n'en dois pass
moins implorer le Dieu des Armées ; & je vous
» fais cette Lettre pour vous dire , que je ſouhaiter
»que vous ordonniez des prieres particulieres
» dans toutes les Eglifes de votre Diocéfe , pour
» obtenir du Tout- puillant qu'il daigne répandre
fa bénédiction fur mes armes , & favorifer le
fuccès de mes juftes entrepriſes. Sur ce &c.
L'Archevêque de Paris a donné, en conféquence
de cette Lettre , fon Mandement , par lequel il
indique des prieres publiques dans toutes les
JUILLET. 1760. 205
Eglifes de fon Diocèle . Ce Mandement eft ter
miné par une priere fervente & pathétique pour
leurs Majeftés & la Famille Royale , & en particulier
pour le jeune Prince dont l'état chancelants
excite notre inquiétude. » Attendriſſons - nous
» dit le Prélat , fur les dangers qui ont menacé les
>>-jours d'un jeune Prince , déja l'amour de la Na-
»-tion , en attendant qu'il foit la terreur des En-
>>>nemis. Qu'un rejetton fi précieux n'ait pas le
fort des fleurs de la Campagne qui , felon le
langage de l'Ecriture , naiſſent & périffent prèf-
»>que dans le même temps. Que le fils de tant de
» Rois , nous faffe recueillir en fa perfonne les
»fruits de l'éducation Chrétienne qu'il reçoit des
» mains de la Vertu ; éducation toute propre à
>>fervir de baſe & de principe aux leçons qui for
» ment le grand homme:
Sa Majesté s'étant fait rendre compte , enfon
Confeil , des différentes plaintes qui lui ont été
faites de la conduite que les Magiftrats & Habitans
de la Ville de Hambourg ont tenue au
préjudice de la France & de fes Alliés , en favo
rifant les enrôlemens que les Ennemis font continuellement
dans leus Ville , & ne voulantpoint
faire éprouver à cette Ville tous les effets de fon
reffentiment ; elle s'eft contentée d'ordonner , par
um Arre de fon Confeil d'Etat , qu'à l'avenir &
à commencer du jour de la publication de cer
Arrêt , cette Ville ceffera de jouir , dans tous les
Ports & Villes du Royaume & de la domination
de Sa Majefté , de tous les avantages accordés
aux Villes Anféatiques , par le traité de Com
merce , fait à Versailles le 28 Septembre 1716,
entre elle & lefdites Villes. 1 .
On a appris,de la Martinique, que le Capitaine
Mares, de Bordeaux , Commandant un Corfaire
de cette life de douze canons , a pris un Senaw
206 MERCURE DE FRANCE
7.
Anglois , richement chargé, & armé de quatorze
canons. Ce Capitaine , étant venu à l'abordage ,
& s'étant jetté dans le Vaiffeau Anglois , s'y trouva
feul. Il ne perdit point courage ; après avoir
tué le Capitaine ennemi & un autre homme ,
il- remonta fur le pont , & il fondit l'épée à la ‹
main fur l'équipage Anglois , qui , le croyante
fuivi d'une troupe nombreule , s'enfuit par les
écoutilles, Il les ferma , & ayant eu bientôt après
du fecours , il conduifit fa prife à la Martinique .
Sa cargaifon eft eftimée trois cens mille livres.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire,
s'eft fait , en la manière accoutumée , le
6 de ce mois. Les numéros qui font fortis de :
la roue de fortune font , 71 , 58 , 30 , 35 & 64
Le prochain tirage , fe fera le 8 du mois de .
Juillet
•
Le fieur Richard, premier Médecin des Camps
& Armées du Roi , à qui Sa Majeſté , en confidération
de fes Services , avoit accordé des Let- :
tres de Nobleffe , l'année derniere , vient d'avoir
l'inſpection des Hôpitaux Militaires du Royaume ,
aux appoinsements de 3000 liv. Sa Majesté l'a ..
nommé , en même temps , Chevalier de fon Or- ·
dre de Saint Michel , & l'un de fes, Médecins
confultans
1
-Le 18 du mois dernier , le Prince Louis de
Rohan, Evêque de Canope, Coadjuteur de l'Evêché
de Strasbourg , fut facré dans l'Eglife Métropolisaine
, par l'Archevêque de Paris , affifté des
Evêques du Puy & de Blois. Un grand nombre .
d'Archevêques , d'Evêques , & de perfonnes du
premier rang, affiftèrent à cette cérémonie.
Le 19 , l'Ordre Royal , Militaire & Hofpitalier ,
de Notre-Dame du Mont- Carmel,& de S. Lazare ,
de Jérufalem , fit célébrer dans la Chapelle du
Louvre,l'Anniverfaire duRoi Henri IVde glorieufe .
mémoire , Fondateur de l'Ordre. Le Service a été
célébré par l'Abbé de Sainte Hermine , Aumônier ,
de la Reine Gommandeur Eccléfiaftique de.
l'Ordre. LeComte de Saint-Florentin , les grands
Officiers , & plufieurs Chevaliers de cet Ordre y
oar affifté. the
Sa Majefté ; conduite par l'efprit de piété qui a
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE
tonjours caractérisé les Rois Très - Chrétiens , a
voulu , au commencement de cette Campagne ',
implorer la bénédiction du Ciel fur les armes.
Elle a écrit à l'Archevêque de Paris , ainfi qu'à
tous les Archevêques & Evêques de fon Royaume ,
la Lettre fuivante.
» MON COUSIN, le maintien de la tranquillité
» de l'Europe a toujours été le principal objet de
» mes voeux & de mes démarches : ce fentiment
» s'eft fortifié par le defir que j'ai de contribuer
>> au bonheur de mes Peuples , & de diminuer les
>> charges qu'ils fupportent d'une manière digne
» de leur zéle pour la gloire de mon régne , &
>> de l'amour que j'ai pour eux. C'eft pour leur
> en faire reffentir les effets , que je n'ai négligé
>> aucun des moyens capables de déterminer les
>> Puiffances qui m'ont forcé à reprendre les ar-- ·
» mes , à concourir au rétabliſſement d'une paix
dont on pût affurer la duréc.Mais avant quel'on
ait pû parvenir définitivement au but defirable
> de la paix générale , la continuation des hofti-
» lités des Ennemis de la France m'oblige à de
> nouveaux efforts pour la défenſe de mes propres
» Etats , & pour foutenir les Engagemens que j'ai
» pris avec mes fidéles Alliés . Quelque confiance
que j'aye dans la volonté de mes Troupes , dans
leur zéle pour mon fervice , je n'en dois pass
moins implorer le Dieu des Armées ; & je vous
» fais cette Lettre pour vous dire , que je ſouhaiter
»que vous ordonniez des prieres particulieres
» dans toutes les Eglifes de votre Diocéfe , pour
» obtenir du Tout- puillant qu'il daigne répandre
fa bénédiction fur mes armes , & favorifer le
fuccès de mes juftes entrepriſes. Sur ce &c.
L'Archevêque de Paris a donné, en conféquence
de cette Lettre , fon Mandement , par lequel il
indique des prieres publiques dans toutes les
JUILLET. 1760. 205
Eglifes de fon Diocèle . Ce Mandement eft ter
miné par une priere fervente & pathétique pour
leurs Majeftés & la Famille Royale , & en particulier
pour le jeune Prince dont l'état chancelants
excite notre inquiétude. » Attendriſſons - nous
» dit le Prélat , fur les dangers qui ont menacé les
>>-jours d'un jeune Prince , déja l'amour de la Na-
»-tion , en attendant qu'il foit la terreur des En-
>>>nemis. Qu'un rejetton fi précieux n'ait pas le
fort des fleurs de la Campagne qui , felon le
langage de l'Ecriture , naiſſent & périffent prèf-
»>que dans le même temps. Que le fils de tant de
» Rois , nous faffe recueillir en fa perfonne les
»fruits de l'éducation Chrétienne qu'il reçoit des
» mains de la Vertu ; éducation toute propre à
>>fervir de baſe & de principe aux leçons qui for
» ment le grand homme:
Sa Majesté s'étant fait rendre compte , enfon
Confeil , des différentes plaintes qui lui ont été
faites de la conduite que les Magiftrats & Habitans
de la Ville de Hambourg ont tenue au
préjudice de la France & de fes Alliés , en favo
rifant les enrôlemens que les Ennemis font continuellement
dans leus Ville , & ne voulantpoint
faire éprouver à cette Ville tous les effets de fon
reffentiment ; elle s'eft contentée d'ordonner , par
um Arre de fon Confeil d'Etat , qu'à l'avenir &
à commencer du jour de la publication de cer
Arrêt , cette Ville ceffera de jouir , dans tous les
Ports & Villes du Royaume & de la domination
de Sa Majefté , de tous les avantages accordés
aux Villes Anféatiques , par le traité de Com
merce , fait à Versailles le 28 Septembre 1716,
entre elle & lefdites Villes. 1 .
On a appris,de la Martinique, que le Capitaine
Mares, de Bordeaux , Commandant un Corfaire
de cette life de douze canons , a pris un Senaw
206 MERCURE DE FRANCE
7.
Anglois , richement chargé, & armé de quatorze
canons. Ce Capitaine , étant venu à l'abordage ,
& s'étant jetté dans le Vaiffeau Anglois , s'y trouva
feul. Il ne perdit point courage ; après avoir
tué le Capitaine ennemi & un autre homme ,
il- remonta fur le pont , & il fondit l'épée à la ‹
main fur l'équipage Anglois , qui , le croyante
fuivi d'une troupe nombreule , s'enfuit par les
écoutilles, Il les ferma , & ayant eu bientôt après
du fecours , il conduifit fa prife à la Martinique .
Sa cargaifon eft eftimée trois cens mille livres.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire,
s'eft fait , en la manière accoutumée , le
6 de ce mois. Les numéros qui font fortis de :
la roue de fortune font , 71 , 58 , 30 , 35 & 64
Le prochain tirage , fe fera le 8 du mois de .
Juillet
•
Le fieur Richard, premier Médecin des Camps
& Armées du Roi , à qui Sa Majeſté , en confidération
de fes Services , avoit accordé des Let- :
tres de Nobleffe , l'année derniere , vient d'avoir
l'inſpection des Hôpitaux Militaires du Royaume ,
aux appoinsements de 3000 liv. Sa Majesté l'a ..
nommé , en même temps , Chevalier de fon Or- ·
dre de Saint Michel , & l'un de fes, Médecins
confultans
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Résumé : DE PARIS, le 14 Juin.
Le 18 mai, le Prince Louis de Rohan, Évêque de Canope et Coadjuteur de l'Évêché de Strasbourg, a été sacré dans l'Église Métropolitaine de Paris par l'Archevêque de Paris, en présence des Évêques du Puy et de Blois ainsi que de nombreuses personnalités de haut rang. Le 19 mai, l'Ordre Royal, Militaire et Hospitalier de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem a célébré l'anniversaire du Roi Henri IV au Louvre, sous la direction de l'Abbé de Sainte Hermine, Aumônier de la Reine et Commandeur Ecclésiastique de l'Ordre. Le Roi, motivé par la piété et le désir de maintenir la tranquillité en Europe, a demandé aux Archevêques et Évêques de son royaume d'organiser des prières publiques pour obtenir la bénédiction divine sur les armes françaises. L'Archevêque de Paris a répondu en ordonnant des prières dans toutes les églises de son diocèse, incluant une prière pour la santé du jeune Prince. Le Roi a également réagi aux plaintes concernant la conduite des Magistrats et habitants de Hambourg, qui favorisaient les enrôlements ennemis, en ordonnant que Hambourg cesse de bénéficier des avantages accordés par le traité de commerce de 1716. En Martinique, le Capitaine Mares a capturé un navire anglais richement chargé après un combat à l'abordage. Le tirage de la Loterie de l'École Royale Militaire a eu lieu le 6 juin, avec les numéros gagnants 71, 58, 30, 35 et 64. Le prochain tirage est prévu pour le 8 juillet. Le sieur Richard, premier Médecin des Camps et Armées du Roi, a été nommé inspecteur des Hôpitaux Militaires avec un appointement de 3000 livres et a été fait Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16472
p. 203-216
MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
Début :
Si l'on doit apprécier les hommes par les sacrifices qu'ils font à la société, [...]
Mots clefs :
Marquis de Montcalm, Sacrifices, Éloges, Vertu, Lieutenant général des armées du roi, Études, Littérature, Carrière militaire, Régiment, Ardeur, Talents, Amérique, Capitaine, Prodige, Campagnes militaires, Exploits, Gloire, Canada, Homme illustre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
MORT S.
ÉLOGE HISTORIQUE
DEM.
LE MARQUIS DE MONTCALM.
SI
&
I l'on doit apprécier les hommes par les facrifices
qu'ils font à la fociété , & par les fervices
qu'ils lui rendent , qui jamais fut plus digne que
M. le Marquis de Montcalm de nos éloges & de
nos regrets ? Immoler fon repos à l'Etat , fe féparer
pour lui de rout ce qu'on a de plus cher
lui donner fon fang & fa vie , eft un devoir attaché
à la noble profeffion des armes , & ce dévoûment
héroïque eft la vertu des Guerriers de
tous les pays & de tous les temps . Mais cette
vertu reçoit un nouveau luftre des talens qui la
fecondent , & des circonftances qui l'éprouvent ;
& jamais elle n'a été ni plus éprouvée ni mieux
foutenue que dans le héros que nous pleurons.
LOUIS-JOSEPH , MARQUIS DE MONTCALMGOZON
DE SAINT VÉRAN , Seigneur de Gabriac
& c. Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
Commandeur honoraire de l'Ordre Royal & Mi-
I vi
204 MERCURE
DE FRANCE.
litaire de Saint- Louis , commandant en Chef les :
Troupes Françoifes dans l'Amérique Septentrionale
, étoit né en 1712 d'une très- ancienne famille
de Rouergue . ( a )
le
Elève de M. Dumas , Inventeur du Bureau Typographique
, il ne fit pas moins d'honneur aux
leçons de ce Maître habile que Jeune Candiac
fon frere cader , mort à l'âge de ſept ans , & mis
au nombre des enfans célèbres . (b)
"
M. de Montcalm employa fes premieres années
à l'étude des Langues; & perfonne n'étoit.
plus verfé dans la Littérature Grecque & Latine.
La mémoire eft la nourrice de l'efprit , &
celle de M. de Montcalm étoit fi heureuſe , qu'il
n'oublioit rien de ce qu'il avoit appris une fois.
Il a confervé le goût de l'étude au milieu de
tous les travaux ; & parmi les agrémens de fa
retraite , il comptoit pour beaucoup l'efpérance
d'être reçu
à l'Académie des Belles- Lettres .
Il avoit fervi pendant dix fept ans dans le Régiment
de Hainault Infanterie , où il avoit été
fucceffivement Enfeigne , Lieutenant & Capitaine.
Il fut fait Colonel du Régiment d'Auxerrois
Infanterie , en. 1743 ; Brigadier des Armées du
Roi en 1747 ; Meſtre de Camp d'un nouveau
Régiment de Cavalerie de fon nom , en 1749 ;
a voit ( a ) Jean de Montcalm , l'un de fes ancêtres ,
éponfé Jeanne de Gozon , petite nièce du Grand Maître
Diodat de Gozon , vainqueur du dragon qui defoloit l'Iffs
de Rhodes.
( b ) Jean -Louis- Pierre - Elifabeth de Montcalm de Can
diac , né à Candiac le 7 Novembre 1739 , mort à Paris
le 8 Octobre 1726. Il avoit fait des progrès furprenans
dans les langues Hébraïque , Grecque & Latine , & acquis
des connoiffances prodigieufes pour fon âge. L'Auteur du Bureau typographique avoit fait fur lui la
première expérience de cette nouvelle méthode. Voyez le
Supplément de Moreri à l'Article CANDIA· C.
JANVIER. 1760. 205
Maréchal de Camp & Commandant des Troupes
Françoiles en Amérique , en 1756-3 Commandeur
par honneur de l'Ordre de Saint- Louis , en
175 ; & Lieutenant Général , en 1758 .
Dans les grades inférieurs il le diftingua par
une ardeur & une application fans relâche ; attentif
à recueillir dans chacun de ces emplois les
lumières & l'expérience qui leur font propres &
qui compofent par degrés le fyftême de l'Art
militaire.
Devenu Colonel ' , la connoiffance qu'on avoit
de fes talens & de fon activité , lui fit confier
dans toutes les occafions des commandemens
particuliers ; & il y foutine avec éclat la réputation
qu'il avoit acquife . Il reçut trois bleffures à
la bataille fous Plaifance , donnée le 13 Juin
1746 ; & comme il fe faifoit guérir à Montpellier
de deux coups de fabre à la tête , il apprit
que fon Régiment marchoit pour aller attaquer
le pofte de l'affiette où M. le Chevalier de Belleifle
fut tué. Il part , la tête enveloppée , & , fest
bleffures encore ouvertes , joint fon Corps , fe
trouve à l'attaque , & y reçoit deux coups de feu.
Mais c'eft en Amérique furtout que les qualités
de ce grand Capitaine ont paru dans tour
leur jour. C'est là qu'il a fait voir à quel degré
il réuniſſoit la bravoure du Soldat & la grandeur
d'ame du héros ; la prudence du confeil & l'activité
de l'exécution ; ce fang- froid que rien n'altére
, cette patience que rien ne rebute , & cette
réfolution courageule qui ofe répondre du fuccès
dans des circonftances où la timide (péculation
auroit à peine entrevu des refources. C'eft
là qu'au milieu des Sauvages dont il étoit devenu
le pere , on l'a vu fe plier à leur caractère
féroce , s'endurcir aux mêmes travaux , & fe reftreindre
aux mémes befoins , les apprivoiler par
200 MERCURE DE FRANCE.
la douceur, les attirer par la confiance, les attendrir
par tous les foins de l'humanité compâtiffante , &
faire dominer le refpect & l'amour fur des ames
également indociles au joug de l'obéiffance & au
frein de la difcipline militaire ( c) . C'est là que des
fatigues & des dangers fans nombre & inconnus en
Europe n'ontjamais rallenti fon zèle . Tantôt préfent
à des fpectacles dont l'idée feule fait frémir
la nature tantôt expofé à manquer de
tout , & fouvent à mourir de faim ; réduit pendant
onze mois à quatre onces de pain par
jour ; mangeant du cheval pour donner l'exem
ple , il fut le même dans tous les temps , fati
fait de tout endurer pour la caufe de la Patrie &
pour la gloire de fon Roi. C'eſt là qu'il a exécuté
des chofes prefque incroyables , & que nós
Ennemis eux- mêmes ont regardées comme des
prodiges ; qu'avec fix bataillons François & quelques
troupes de la Colonie , non feulement il a
fait tête à trente , quarante , cinquante mille
hommes , mais qu'il leur en a impofé partout , les
a vaincus , les a diffipés , jufqu'à la malheureufe
journée où vient de périr ce grand homme.
Arrivé dans la Colonie en 1756 , il arrête par
fes bonnes difpofitions l'armée du Général Lou-
( c ) Il étoit venu à bout de les conduire fans leur donner
ni vin , ni eau - de - vie , ni même les chofes dont ils
avoient un befoin réel , & dont on manquoit à l'armée ;
mais il avoit le plus grand foin de leurs malades & de
leurs bleffés . Il connoît , difoient -ils , nos ufages & nos
manières comme s'il avoit été élevé au milieu de nos cabanes.
Loriqu'il reçut à Choueguen la nouvelle que le
Roi l'avoit honoré du Cordon rouge , ils vinrent le complimenter.
Nous fommes charmés ; lui dirent - ils , de la
grace que le grand Onowthio vient de t'accorder , parce
que nous fçavons qu'elle te caufe de la joie. Pour nous ,
nous ne t'en aimons ni ne t'en eftimons davantage , car
F'eft ta perfonne que nous eftimons & que nous aimons.
JANVIER 1760 . 207
don au lac Saint - Sacrement , laiffe des inftruce
tions au Chevalier de Lévi , Commandant en ?
fecond , revient à Montréal & marche rapidement
au lac Ontario , où il trouve trois bataillons
François & environ douze cens hommes de milices .
du pays. Avec cette petite armée qu'il allemble à
Frontenac, il court à Choueguen, y aborde fous le
feu de huit barques de dix , douze & vingt pièces
de canon que l'Anglois avoit fur ce lac , forme
un fiége , ouvre une tranchée , & enlève en cinq ,
jours les trois Forts de l'ennemi ( d ). Il y faic
dix-fept cens quarante-deux prifonniers , parmi
lefquels fe trouvoient quatre-vingt Officiers , &
deux Régimens de cette brave Infanterie Angloife.
qui avoit combattu à Fontenoy. Il rafe les Forts ,
revient à Montréal & retourne au lac Saint-Sacrement
avec les troupes victorieufes. Là il fait.
face de nouveau au Général Loudon qui eft obligé
de fe retirer à Albani , fans avoir ofé l'attaquer
malgré la fupériorité de fes forces . Il revint de
cette expédition à la fin de Novembre fur les
glaces , fouffrant depuis plus de deux mois unfroid
exceffif , & ayant parcouru depuis le mois
de Juin environ huit cens lieues de pays déferts.
C'eft ainfi que les François animés par fon exemple
ont fait la guerre en Amérique.
La campagne de 1757 ne fut pas moins furprenante
. M. de Montcalm réunit fes forces , confiftant
en fix bataillons de troupes régléesc , en
viron deux mille hommes de milice , & dix- huit
cens Sauvages de trente- deux Nations différen
tes , à la chute du lac Saint - Sacrement . Là il diviſe
fon armée en deux parties ; l'une marche
par terre , fe frayant une route à travers des
montagnes & dans des bois jufqu'alors incon
(d ) Le fort Ontario, le fort Chouëguen & le fort Georget
208 MERCURE DE FRANCE.
nus ; l'autre eſt embarquée fur le lac. Après
quatorze lieues de marche il entreprend de forcer
l'Ennemi retranché dans fon camp fous le
Fort Guillaume - Henry. Ce Fort eſt défendu par
une garnison de cinq cens hommes continuellement
rafraîchie par les troupes du camp : il l'attaque
, il le détruit , & s'il ne retint pas la garniton
prifonniere , ce ne fut que dans l'impoffibilité
où l'on étoit de la nourrir ( e ) . Peut- être
n'en feroit- il pas refté là s'il n'avoit été obligé
de renvoyer les Milices pour faire la récolte , &
de lailler partir les Sauvages dont quelques- uns
étoient venus de huit cent lieues uniquement
pour voir par eux-mêmes ce que la renommée
leur avoit appris de cet homme prodigieux.
Mais fi l'on ajoute à la circonftance du départ
des Sauvages & des Colons le défaut de munitions
de guerre & de bouché , l'extrême difficulté
du transport de tout ce qu'exige l'appareil
d'un fiége , à fix lieues de diftance , & à bras
d'hommes , avec une armée épuisée de fatigue,
& plus affoiblie encore par la mauvaiſe nourriture
, que penfera- t- on du reproche qu'on lui
fit alors de n'avoir pas marché du Fort Guillau
me au Fort Edouard ? Il fe vengea de fes Ennemis
en grand homme : il mit le comble à faréputation
dans la Campagne de 1758 , & les
accabla du poids de fa gloire.
La difette affreufe de l'Automne 1757 , qui
dura jufqu'a la fin du Printemps 1758 , mit la
Colonie à deux doigts de fa perte. M. de Montcalm
avoit reçu de France le fecours de deux
bataillons très-affoiblis par une maladie épidémi-,
que qui les avoit attaqués fur la iner, Les Anglois
( e ) Les habitans de Québec étoient alors réduits à un
quarteron de pain par jour ,
JANVIE R. 1760. 209
toujours infiniment fupérieurs en nombre & ea
moyens , avoient été renforcés de plufieurs régimens
envoyés d'Europe. Le Lord Loudon venoit
d'être rappellé pendant l'Hiver & remplacé par
le Général Abercromby. Celui-ci fait tous fes
préparatifs pour entrer de bonne heure en campa
gne & prévenir le Marquis de Montcalm . Retardé
par le défaut de vivres , le Général François ne
put mettre en mouvement qu'au mois de Juin
les huit bataillons affoiblis, les uns par les pertes de
la Campagne précédente , les autres par la maladie.
Ces bataillons ne formoient en total que trois
mille trois cens hommes. M. de Montcalm fe
porta avec cette poignée de monde fur la frontière
du Lac Saint - Sacrement ; le Général Anglois
marchoit à lui avec une armée de plus de vingtfept
mille hommes. Si M. de Montcalm étoit
battu , il n'avoit aucune retraite ; l'Ennemi pouvoit
s'avancer jufqu'a Montréal & couper en deux
la Colonie. Le Héros du canada prend dans cette
extrémité le feul parti qu'il y avoit à prendre. Il
reconnoit & choifit lui-même une polition avantageufe
fur les hauteurs de Carillon ; il y fait
tracer un retranchement en abattis , laiffe un
bataillon pour commencer l'ouvrage, & en même
temps pour garder le fort , fait avec fa petite-
Armée un mouvement audacieux , en fe portant
à quatre lieues en avant , envoie reconnoître &
reconnoît lui - même la marche de l'Ennemi ,
l'examine , le tâte , lui en impofe par fa conte
nance. Cette manoeuvre digne des plus grands
Maîtres rallentit l'ardeur de la multitude ennemie,&
occafionne dans fes mouvemens une lenteur
dont M. de Montcalm fçait tirer avantage.
Ceci fe palloit le 6 Juillet 17 58. Il écrivit le
foir en ces termes à M. Doreil , Commillaire Or210
MERCURE DE FRANCE.
donnateur. Je n'ai que pour huit jours de vivres,
> point de Canadiens (f) , pas un feul Sauvage ;
> ils ne font point arrivés : j'ai affaire à une armée
i formidable ; malgré cela je ne défefpere de
> rien , j'ai de bonnes troupes. A la contenance
» de l'ennemi je vois qu'il tatonne ; fi , par fa
lenteur , il me donne le temps de gagner la
pofition que j'ai choifie fur les hauteurs de
» Carillon , & de m'y retrancher , je le battrai . ››
M. de Montcalmrfe replia dans la nuit du 6 au 7 ,
& fit faire à la hâte fon retranchement auquel
il travailla lui- même. L'abattis n'étoit pas encore
entierement achevé , lorfqu'il fut attaqué le 8-
Juillet par dix- huit mille hommes , avec la plus
grande valeur (g) . L'ennemi toujours repouffé
revient fept fois à la charge , où plutôt on combat
fept heures préfque fans relâche depuis` midi jufqu'à
la nuit : alors le découragement & l'effroi
s'emparent des Anglois ; & , cherchant leur falut
dans la fuite , il fe retirent l'efpace de douze lieues
jufques vers les ruines du fort George , laiffant
en chemin leurs bleffés , leurs vivres & leurs équi
pages. ( h)
Cettejournée à jamais glorieuſe pour la nation
(f) Quelques relations dífent qu'il avoit 1 5 ſauvages &
450 hommes , tant de la Colonie que de la marine , mais
que les fauvages abandonnèrent dans les montagnes le détachement
auquel ils fervoient de guide , & que les 450
hommes de la Colonie & de la marine demeurèrent postés
dans la plaine , & n'y furent point attaqués.
(g) M. le Chevalier de Lévi commandoit la droite de
notre armée , M. de Bourlamaque la gauche , M. de Montcalm
le centre.
(b) Le lendemain du combat , àla pointe du jour , M.
de Montcalm envoya M. le Chevalier de Lévi , fi digne de
fa confiance par fa valeur & fon habileté ; reconnoître ce
qu'étoit devenue l'armée Anglaife . Partout M de Léyi nẹ
trouva que les traces d'une fuite précipitée.
JANVIE R. 1760. 217
Françoife couta à l'ennemi , de fon aveu , fix
mille morts ou bleffés , dont trois mille cadavres
étoient au pied de l'abattis . Le Marquis de Montcalm
étoit partout ; fes difpofitions avoient préparé
la victoire , fon exemple la décida : ni les
Canadiens ni les Sauvages ne participèrent à
l'honneur de cette journée ; ils ne joignirent l'Armée
que cinq jours après. Les foldats , pendant
le combat crioient à chaque inftant : Vive le
Roi & notre Général ! C'elt cette confiance por-`
tée jufqu'à l'entoufiafme qui fait le fort des batail-'
les : une Armée eft presque toujours affurée de
vaincre quand elle le croit invincible , & l'opinion
qu'elle a d'elle-même dépend furtout de
l'idée qu'elle a de ſon Chef.
..
לכ
En écrivant au mêine M. Doreil , dù champ
de bataille à huit heures du foir , voici comment
s'exprimoit ce Vainqueur auffi modefte dans le
triomphe qu'intrépide dans le combat : » l'Armée
»& trop petite Armée du Roi vient de battre fes>
>> ennemis. Quelle journée pour la France ! Siv
» j'avois eu deux cens Sauvages pour fervir de
» tête à un détachement de mille hommes d'élite ,
>> dont j'aurois confié le commandement au
>> Chevalier de Lévi , il n'en feroit pas échappé
» beaucoup dans leur fuite . Ah ! quelles troupes ,
>> mon cher Doreil , que les nôtres ! je n'en ai
»jamais vu de pareilles : que n'étoient- elles à
Louifbourg » Cette lettre eft digne de M. de
Turenne comme l'action qui en eft le fujet.
Dans la relation qu'il envoya le lendemain à
M. le Marquis de Vaudreuil après avoir fait
l'éloge des troupes en général , celui de MM. de
Lévi , de Bourlamaque , Officiers fupérieurs &
de la plus grande diftinction , des Commandans
des Corps , & pour ainfi dire de chaque Officier
en particulier , il ajoutoit Pour moi je n'ai
λ
2
212 MERCURE DE FRANCE.
que le mérite de m'être trouvé Général de
aufli valeureuſes.
>> troupes
Il eut toujours la même attention de rendre à
chacun de fes Officiers la part qu'ils avoient à
fa gloire. J'ai lu dans une lettre qu'il écrivit du
Camp de Carillon le 28 Septembre . » M. le Che-
» valier de Lévi qui connoît très- bien cette fron-
» tière , y a fait les meilleures difpofitions du
» monde , & je les ai fuivies.
.
Il y a de lui une infinité de traits qui caractérifent
le patriote , le guerrier , l'homme jufte ,
vertueux & modefte ; mais la diſtance des lieux
ne m'a pas permis d'en recueillir les preuves 3
& comme je ne veux dire que la vérité , je n'ai
pas cru devoir m'en tenir à la tradition , qui s'altere
de bouche en bouche.
La conftance & la réfolution furent de toutes
fes vertus les plus éprouvées & les plus éclatanres
; mais elles n'avoient rien d'une présomption
aveugle ; & perfonne ne voyoit mieux que lui
les dangers qu'il alloit courir.
Il écrivoit de Montréal le 14 Avril 1759 , » Le
» nouveau Général Anglois Amherſt a de gran-
» des forces & de grands moyens , 22 bataillons
de troupes réglées , plus de 30000 hommes de
milices auffi les Anglois comptent attaquer
» le Canada par plufieurs endroits & l'envahir.
Nous avons fauvé cette Colonie l'année der-
> nière par un fuccès qui tient quafi du prodige.
Faut il en efpérer un pareil ? il faudra au
> moins le tenter. Quel dommage que nous
n'ayons pas un plus grand nombre d'auffi va-
>> leureux foldats ! » L'arrivée de l'Efcadre Angloife
, en mettant le comble aux dangers qui
menaçoient la Colonie , ne fit que redoubler le
courage & le zèle de fon défenſeur .
On n'eft que trop inftruit du détail du combat
JANVIER . 1760. 213
qui a précédé la prife de Québec , & dans lequel
a péri M. de Montcalm. Tous les effets qu'on
peut attendre de la prudence , de la valeur , de
l'activité d'un Général , avoient été employés
par celui- ci , foit pour défendre à l'Ennemi l'approche
de la Ville , foit pour conferver la communication
de l'armée avec les vailleaux qui
avoient remonté le fleuve , & où les vivres
étoient déposés.
Le combat du 31 Juillet , où huit cens Grenadiers
Anglois refterent fur la place à l'attaque du
camp de Beauport qu'ils ne purent jamais forcer ,
quoique la gauche du camp qu'ils attaquoient
efit à foutenir en même temps le feu croiſé de
plus de 80 pièces d'artillerie ; ce combat , dis-je ,
prouve affez la bonté du pofte & l'intrépide réfolution
de celui qui le défendoit ( i ) .
La communication avec les vivres ne fut pas
moins courageufement défendue . Quatre fois
les Anglois tenterent de débarquer au- deffous de
Québec , & quatre fois M. de Bougainville chargé
du foin pénible & critique de couvrir quinze
lieues de pays avec une poignée de monde répandue
fur le rivage , les repouffe & les oblige
de s'éloigner , quoique toujours fupérieurs en
nombre , & foutenus par le feu des frégates qui
les protégeoient. Mais comment une Armée de
huit à neuf mille hommes répandue fur la rivé
d'un fleuve immenfe auroit - elle pu la rendre
inacceffible dans toute fon étendue à dix mille
hommes de troupes réglées , qui , au moyen d'une
flotte de vingt cinq vaiffeaux de guerre , de trente
(i) Je ne dois pas négliger de dire , à la gloire de M. le
Chevalier de Lévi , que c'etoit lui qui avoit demandé que
se camp , dont la gauche n'étoit d'abord appuyée qu'au
ruiffeau de Beauport , fût étendu juſqu'à la riviere de Montmorenci
, dont le paffage étoit plus difficile .
214 MERCURE DE FRANCE
frégates & d'environ cent quatre-vingt bâtimens
de tranfport , exécutoient fur le fleuve & à la faveur
de la marée & de la nuit , des mouvemens
continuels & rapides qu'il étoit impotlible à nos
troupes de terre de prévoir , d'obferver & de
fuivre? Ces infatigables troupes n'avoient , pas
aillé que de faire face partout , de défendre ce
rivage pendant plus de deux mois , prodige incroyable
de vigilance ( k) & d'activité , Torfqu'enfin
le 13 Septembre , tandis que M. de
Bougainville étoit occupé au Cap- rouge , trois
lieues au-deflus de Québec , par les démonftrations
d'une attaque , les Anglois furprirent &
forcerent pendant la nuit un pofte à demie lieue
de la Ville & s'y établirent avant le jour.
M. de Montcalm accourut du camp de Beauport
avec trois mille hommes ; il en trouva
fix mille de débarqués ; & plein de cette noble
ardeur qui avoit toujours décidé la victoire , il
réfolut de les attaquer avant qu'ils fuffent en
plus grand nombre. Dans cette action décifive &
meurtriere , il fut bleflé de deux coups de feu ;
& ce moment fatal fut le premier où la victoire
l'abandonna ( 1 ) . Quoique bleffé mortellement
il eut le courage de refter à cheval , & fit luianême
la retraite de l'armée fous les murailles
de Québec , ou plutôt fur les débris de ces murailles
que l'artillerie Angloife battoit fans relâche
( k ) Le détachement de M. de Bougainville avoit paſſé
trois mois au Bivouac .
( 2 ) Il est très - certain que M. de Bougainville ne fut
averti au Cap rouge du débarquement des Anglois qu'à
zeuf heures du matin , & qu'ayant plus de trois lieues de
chemin à faire , il ne put arriver fur le champ de bataille
qu'après la déroute. Il n'en fit pas moins bonne contenance
, & fa retraite comme fa conduite dans cette pénible
campagne , a justifié pleinement la confiance que M. de
Montcalm avoit en lui.
JAN VIER. 1760. LIS
د ر
depuis deux mois. Il entra dans cette Ville ruinée ,
donna les ordres à tout , fe fit panfer , interrogea
le Chirurgien ; & fur la réponſe , dit au Lieutenant
de Roi & au Commandant de Royal Rouffillon
, Meffieurs , je vous recommande de
ménager l'honneur de la France , & de tâcher
»que ma petite armée puiffe fe retirer cette nuit
» au delà de la riviere du Cap- rouge , pour joindre
le Corps aux ordres de M. de Bougainville
: pour moi je vais la paller avec Dieu , &
me préparer à la mort . Qu'on ne me parle
» plus d'autres chofes. » Il mourut en Héros le
lendemain 14 Septembre à cinq heures du matin,
& fut enterré fans fafte dans un trou de bombe ,
fépulture digne d'un homme qui avoit réfolu de
défendre le Canada ou de s'enfevelir fous fes
ruines ( m ).
Je n'ai eu qu'à raconter les faits dans toute
lear fimplicité , pour faire des talents & des vertus
militaires de M. le Marquis de Montcalm un
éloge peut-être unique. L'Hiftoire les atteftera ,
& la postérité aura peine à les croire ; mais la
Colonie qu'il a défendue , les Guerriers qu'il a
commandés (n ) , les ennemis qu'il a vaincus
tant de fois, en rendront d'éclatans témoignages ;
& ces mêmes Sauvages qu'il a étonnés par des
prodiges de conftance , de réfolution & de valeur
, montreront à leurs enfans dans leurs dé-
(m)Les Anglois lui ont rendu les mêmes honneurs funébres
qu'au Général Wolf tué dans le même combat .
( n) L'un d'eux écrit du Canada : » Je ne me confo-
" lerai jamais de la perte de mon Général ; qu'elle eft
grande & pour nous & pour ce pays & pour l'Etat !
,, C'étoit un bon Général , un Citoyen zélé , un ami folide ,
,, un Pere pour nous tous. Il a été enlevé au moment de
,, jouir du fruit d'une campagne que M. de Turenne n'au
défavouée. Tous les jours je le chercherai , &
tous les jours ma douleur fera plus vive,
23 roit
pas
216 MERCURE DE FRANCE.
ferts inhabités les traces de ce Guerrier qui les
menoit à la victoire , & les lieux où ils ont eu
la gloire de combattre & de vaincre avec lui .
C'elt furtout dans le coeur des François que M.
de Montcalm doit fe furvivre . Notre Nation
qu'on accufe d'oublier trop ailément les grands
hommes qu'elle a perdus , eft profondément
frappée de la mort de celui-ci , & lui donne les
plus juftes larmes.
ÉLOGE HISTORIQUE
DEM.
LE MARQUIS DE MONTCALM.
SI
&
I l'on doit apprécier les hommes par les facrifices
qu'ils font à la fociété , & par les fervices
qu'ils lui rendent , qui jamais fut plus digne que
M. le Marquis de Montcalm de nos éloges & de
nos regrets ? Immoler fon repos à l'Etat , fe féparer
pour lui de rout ce qu'on a de plus cher
lui donner fon fang & fa vie , eft un devoir attaché
à la noble profeffion des armes , & ce dévoûment
héroïque eft la vertu des Guerriers de
tous les pays & de tous les temps . Mais cette
vertu reçoit un nouveau luftre des talens qui la
fecondent , & des circonftances qui l'éprouvent ;
& jamais elle n'a été ni plus éprouvée ni mieux
foutenue que dans le héros que nous pleurons.
LOUIS-JOSEPH , MARQUIS DE MONTCALMGOZON
DE SAINT VÉRAN , Seigneur de Gabriac
& c. Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
Commandeur honoraire de l'Ordre Royal & Mi-
I vi
204 MERCURE
DE FRANCE.
litaire de Saint- Louis , commandant en Chef les :
Troupes Françoifes dans l'Amérique Septentrionale
, étoit né en 1712 d'une très- ancienne famille
de Rouergue . ( a )
le
Elève de M. Dumas , Inventeur du Bureau Typographique
, il ne fit pas moins d'honneur aux
leçons de ce Maître habile que Jeune Candiac
fon frere cader , mort à l'âge de ſept ans , & mis
au nombre des enfans célèbres . (b)
"
M. de Montcalm employa fes premieres années
à l'étude des Langues; & perfonne n'étoit.
plus verfé dans la Littérature Grecque & Latine.
La mémoire eft la nourrice de l'efprit , &
celle de M. de Montcalm étoit fi heureuſe , qu'il
n'oublioit rien de ce qu'il avoit appris une fois.
Il a confervé le goût de l'étude au milieu de
tous les travaux ; & parmi les agrémens de fa
retraite , il comptoit pour beaucoup l'efpérance
d'être reçu
à l'Académie des Belles- Lettres .
Il avoit fervi pendant dix fept ans dans le Régiment
de Hainault Infanterie , où il avoit été
fucceffivement Enfeigne , Lieutenant & Capitaine.
Il fut fait Colonel du Régiment d'Auxerrois
Infanterie , en. 1743 ; Brigadier des Armées du
Roi en 1747 ; Meſtre de Camp d'un nouveau
Régiment de Cavalerie de fon nom , en 1749 ;
a voit ( a ) Jean de Montcalm , l'un de fes ancêtres ,
éponfé Jeanne de Gozon , petite nièce du Grand Maître
Diodat de Gozon , vainqueur du dragon qui defoloit l'Iffs
de Rhodes.
( b ) Jean -Louis- Pierre - Elifabeth de Montcalm de Can
diac , né à Candiac le 7 Novembre 1739 , mort à Paris
le 8 Octobre 1726. Il avoit fait des progrès furprenans
dans les langues Hébraïque , Grecque & Latine , & acquis
des connoiffances prodigieufes pour fon âge. L'Auteur du Bureau typographique avoit fait fur lui la
première expérience de cette nouvelle méthode. Voyez le
Supplément de Moreri à l'Article CANDIA· C.
JANVIER. 1760. 205
Maréchal de Camp & Commandant des Troupes
Françoiles en Amérique , en 1756-3 Commandeur
par honneur de l'Ordre de Saint- Louis , en
175 ; & Lieutenant Général , en 1758 .
Dans les grades inférieurs il le diftingua par
une ardeur & une application fans relâche ; attentif
à recueillir dans chacun de ces emplois les
lumières & l'expérience qui leur font propres &
qui compofent par degrés le fyftême de l'Art
militaire.
Devenu Colonel ' , la connoiffance qu'on avoit
de fes talens & de fon activité , lui fit confier
dans toutes les occafions des commandemens
particuliers ; & il y foutine avec éclat la réputation
qu'il avoit acquife . Il reçut trois bleffures à
la bataille fous Plaifance , donnée le 13 Juin
1746 ; & comme il fe faifoit guérir à Montpellier
de deux coups de fabre à la tête , il apprit
que fon Régiment marchoit pour aller attaquer
le pofte de l'affiette où M. le Chevalier de Belleifle
fut tué. Il part , la tête enveloppée , & , fest
bleffures encore ouvertes , joint fon Corps , fe
trouve à l'attaque , & y reçoit deux coups de feu.
Mais c'eft en Amérique furtout que les qualités
de ce grand Capitaine ont paru dans tour
leur jour. C'est là qu'il a fait voir à quel degré
il réuniſſoit la bravoure du Soldat & la grandeur
d'ame du héros ; la prudence du confeil & l'activité
de l'exécution ; ce fang- froid que rien n'altére
, cette patience que rien ne rebute , & cette
réfolution courageule qui ofe répondre du fuccès
dans des circonftances où la timide (péculation
auroit à peine entrevu des refources. C'eft
là qu'au milieu des Sauvages dont il étoit devenu
le pere , on l'a vu fe plier à leur caractère
féroce , s'endurcir aux mêmes travaux , & fe reftreindre
aux mémes befoins , les apprivoiler par
200 MERCURE DE FRANCE.
la douceur, les attirer par la confiance, les attendrir
par tous les foins de l'humanité compâtiffante , &
faire dominer le refpect & l'amour fur des ames
également indociles au joug de l'obéiffance & au
frein de la difcipline militaire ( c) . C'est là que des
fatigues & des dangers fans nombre & inconnus en
Europe n'ontjamais rallenti fon zèle . Tantôt préfent
à des fpectacles dont l'idée feule fait frémir
la nature tantôt expofé à manquer de
tout , & fouvent à mourir de faim ; réduit pendant
onze mois à quatre onces de pain par
jour ; mangeant du cheval pour donner l'exem
ple , il fut le même dans tous les temps , fati
fait de tout endurer pour la caufe de la Patrie &
pour la gloire de fon Roi. C'eſt là qu'il a exécuté
des chofes prefque incroyables , & que nós
Ennemis eux- mêmes ont regardées comme des
prodiges ; qu'avec fix bataillons François & quelques
troupes de la Colonie , non feulement il a
fait tête à trente , quarante , cinquante mille
hommes , mais qu'il leur en a impofé partout , les
a vaincus , les a diffipés , jufqu'à la malheureufe
journée où vient de périr ce grand homme.
Arrivé dans la Colonie en 1756 , il arrête par
fes bonnes difpofitions l'armée du Général Lou-
( c ) Il étoit venu à bout de les conduire fans leur donner
ni vin , ni eau - de - vie , ni même les chofes dont ils
avoient un befoin réel , & dont on manquoit à l'armée ;
mais il avoit le plus grand foin de leurs malades & de
leurs bleffés . Il connoît , difoient -ils , nos ufages & nos
manières comme s'il avoit été élevé au milieu de nos cabanes.
Loriqu'il reçut à Choueguen la nouvelle que le
Roi l'avoit honoré du Cordon rouge , ils vinrent le complimenter.
Nous fommes charmés ; lui dirent - ils , de la
grace que le grand Onowthio vient de t'accorder , parce
que nous fçavons qu'elle te caufe de la joie. Pour nous ,
nous ne t'en aimons ni ne t'en eftimons davantage , car
F'eft ta perfonne que nous eftimons & que nous aimons.
JANVIER 1760 . 207
don au lac Saint - Sacrement , laiffe des inftruce
tions au Chevalier de Lévi , Commandant en ?
fecond , revient à Montréal & marche rapidement
au lac Ontario , où il trouve trois bataillons
François & environ douze cens hommes de milices .
du pays. Avec cette petite armée qu'il allemble à
Frontenac, il court à Choueguen, y aborde fous le
feu de huit barques de dix , douze & vingt pièces
de canon que l'Anglois avoit fur ce lac , forme
un fiége , ouvre une tranchée , & enlève en cinq ,
jours les trois Forts de l'ennemi ( d ). Il y faic
dix-fept cens quarante-deux prifonniers , parmi
lefquels fe trouvoient quatre-vingt Officiers , &
deux Régimens de cette brave Infanterie Angloife.
qui avoit combattu à Fontenoy. Il rafe les Forts ,
revient à Montréal & retourne au lac Saint-Sacrement
avec les troupes victorieufes. Là il fait.
face de nouveau au Général Loudon qui eft obligé
de fe retirer à Albani , fans avoir ofé l'attaquer
malgré la fupériorité de fes forces . Il revint de
cette expédition à la fin de Novembre fur les
glaces , fouffrant depuis plus de deux mois unfroid
exceffif , & ayant parcouru depuis le mois
de Juin environ huit cens lieues de pays déferts.
C'eft ainfi que les François animés par fon exemple
ont fait la guerre en Amérique.
La campagne de 1757 ne fut pas moins furprenante
. M. de Montcalm réunit fes forces , confiftant
en fix bataillons de troupes régléesc , en
viron deux mille hommes de milice , & dix- huit
cens Sauvages de trente- deux Nations différen
tes , à la chute du lac Saint - Sacrement . Là il diviſe
fon armée en deux parties ; l'une marche
par terre , fe frayant une route à travers des
montagnes & dans des bois jufqu'alors incon
(d ) Le fort Ontario, le fort Chouëguen & le fort Georget
208 MERCURE DE FRANCE.
nus ; l'autre eſt embarquée fur le lac. Après
quatorze lieues de marche il entreprend de forcer
l'Ennemi retranché dans fon camp fous le
Fort Guillaume - Henry. Ce Fort eſt défendu par
une garnison de cinq cens hommes continuellement
rafraîchie par les troupes du camp : il l'attaque
, il le détruit , & s'il ne retint pas la garniton
prifonniere , ce ne fut que dans l'impoffibilité
où l'on étoit de la nourrir ( e ) . Peut- être
n'en feroit- il pas refté là s'il n'avoit été obligé
de renvoyer les Milices pour faire la récolte , &
de lailler partir les Sauvages dont quelques- uns
étoient venus de huit cent lieues uniquement
pour voir par eux-mêmes ce que la renommée
leur avoit appris de cet homme prodigieux.
Mais fi l'on ajoute à la circonftance du départ
des Sauvages & des Colons le défaut de munitions
de guerre & de bouché , l'extrême difficulté
du transport de tout ce qu'exige l'appareil
d'un fiége , à fix lieues de diftance , & à bras
d'hommes , avec une armée épuisée de fatigue,
& plus affoiblie encore par la mauvaiſe nourriture
, que penfera- t- on du reproche qu'on lui
fit alors de n'avoir pas marché du Fort Guillau
me au Fort Edouard ? Il fe vengea de fes Ennemis
en grand homme : il mit le comble à faréputation
dans la Campagne de 1758 , & les
accabla du poids de fa gloire.
La difette affreufe de l'Automne 1757 , qui
dura jufqu'a la fin du Printemps 1758 , mit la
Colonie à deux doigts de fa perte. M. de Montcalm
avoit reçu de France le fecours de deux
bataillons très-affoiblis par une maladie épidémi-,
que qui les avoit attaqués fur la iner, Les Anglois
( e ) Les habitans de Québec étoient alors réduits à un
quarteron de pain par jour ,
JANVIE R. 1760. 209
toujours infiniment fupérieurs en nombre & ea
moyens , avoient été renforcés de plufieurs régimens
envoyés d'Europe. Le Lord Loudon venoit
d'être rappellé pendant l'Hiver & remplacé par
le Général Abercromby. Celui-ci fait tous fes
préparatifs pour entrer de bonne heure en campa
gne & prévenir le Marquis de Montcalm . Retardé
par le défaut de vivres , le Général François ne
put mettre en mouvement qu'au mois de Juin
les huit bataillons affoiblis, les uns par les pertes de
la Campagne précédente , les autres par la maladie.
Ces bataillons ne formoient en total que trois
mille trois cens hommes. M. de Montcalm fe
porta avec cette poignée de monde fur la frontière
du Lac Saint - Sacrement ; le Général Anglois
marchoit à lui avec une armée de plus de vingtfept
mille hommes. Si M. de Montcalm étoit
battu , il n'avoit aucune retraite ; l'Ennemi pouvoit
s'avancer jufqu'a Montréal & couper en deux
la Colonie. Le Héros du canada prend dans cette
extrémité le feul parti qu'il y avoit à prendre. Il
reconnoit & choifit lui-même une polition avantageufe
fur les hauteurs de Carillon ; il y fait
tracer un retranchement en abattis , laiffe un
bataillon pour commencer l'ouvrage, & en même
temps pour garder le fort , fait avec fa petite-
Armée un mouvement audacieux , en fe portant
à quatre lieues en avant , envoie reconnoître &
reconnoît lui - même la marche de l'Ennemi ,
l'examine , le tâte , lui en impofe par fa conte
nance. Cette manoeuvre digne des plus grands
Maîtres rallentit l'ardeur de la multitude ennemie,&
occafionne dans fes mouvemens une lenteur
dont M. de Montcalm fçait tirer avantage.
Ceci fe palloit le 6 Juillet 17 58. Il écrivit le
foir en ces termes à M. Doreil , Commillaire Or210
MERCURE DE FRANCE.
donnateur. Je n'ai que pour huit jours de vivres,
> point de Canadiens (f) , pas un feul Sauvage ;
> ils ne font point arrivés : j'ai affaire à une armée
i formidable ; malgré cela je ne défefpere de
> rien , j'ai de bonnes troupes. A la contenance
» de l'ennemi je vois qu'il tatonne ; fi , par fa
lenteur , il me donne le temps de gagner la
pofition que j'ai choifie fur les hauteurs de
» Carillon , & de m'y retrancher , je le battrai . ››
M. de Montcalmrfe replia dans la nuit du 6 au 7 ,
& fit faire à la hâte fon retranchement auquel
il travailla lui- même. L'abattis n'étoit pas encore
entierement achevé , lorfqu'il fut attaqué le 8-
Juillet par dix- huit mille hommes , avec la plus
grande valeur (g) . L'ennemi toujours repouffé
revient fept fois à la charge , où plutôt on combat
fept heures préfque fans relâche depuis` midi jufqu'à
la nuit : alors le découragement & l'effroi
s'emparent des Anglois ; & , cherchant leur falut
dans la fuite , il fe retirent l'efpace de douze lieues
jufques vers les ruines du fort George , laiffant
en chemin leurs bleffés , leurs vivres & leurs équi
pages. ( h)
Cettejournée à jamais glorieuſe pour la nation
(f) Quelques relations dífent qu'il avoit 1 5 ſauvages &
450 hommes , tant de la Colonie que de la marine , mais
que les fauvages abandonnèrent dans les montagnes le détachement
auquel ils fervoient de guide , & que les 450
hommes de la Colonie & de la marine demeurèrent postés
dans la plaine , & n'y furent point attaqués.
(g) M. le Chevalier de Lévi commandoit la droite de
notre armée , M. de Bourlamaque la gauche , M. de Montcalm
le centre.
(b) Le lendemain du combat , àla pointe du jour , M.
de Montcalm envoya M. le Chevalier de Lévi , fi digne de
fa confiance par fa valeur & fon habileté ; reconnoître ce
qu'étoit devenue l'armée Anglaife . Partout M de Léyi nẹ
trouva que les traces d'une fuite précipitée.
JANVIE R. 1760. 217
Françoife couta à l'ennemi , de fon aveu , fix
mille morts ou bleffés , dont trois mille cadavres
étoient au pied de l'abattis . Le Marquis de Montcalm
étoit partout ; fes difpofitions avoient préparé
la victoire , fon exemple la décida : ni les
Canadiens ni les Sauvages ne participèrent à
l'honneur de cette journée ; ils ne joignirent l'Armée
que cinq jours après. Les foldats , pendant
le combat crioient à chaque inftant : Vive le
Roi & notre Général ! C'elt cette confiance por-`
tée jufqu'à l'entoufiafme qui fait le fort des batail-'
les : une Armée eft presque toujours affurée de
vaincre quand elle le croit invincible , & l'opinion
qu'elle a d'elle-même dépend furtout de
l'idée qu'elle a de ſon Chef.
..
לכ
En écrivant au mêine M. Doreil , dù champ
de bataille à huit heures du foir , voici comment
s'exprimoit ce Vainqueur auffi modefte dans le
triomphe qu'intrépide dans le combat : » l'Armée
»& trop petite Armée du Roi vient de battre fes>
>> ennemis. Quelle journée pour la France ! Siv
» j'avois eu deux cens Sauvages pour fervir de
» tête à un détachement de mille hommes d'élite ,
>> dont j'aurois confié le commandement au
>> Chevalier de Lévi , il n'en feroit pas échappé
» beaucoup dans leur fuite . Ah ! quelles troupes ,
>> mon cher Doreil , que les nôtres ! je n'en ai
»jamais vu de pareilles : que n'étoient- elles à
Louifbourg » Cette lettre eft digne de M. de
Turenne comme l'action qui en eft le fujet.
Dans la relation qu'il envoya le lendemain à
M. le Marquis de Vaudreuil après avoir fait
l'éloge des troupes en général , celui de MM. de
Lévi , de Bourlamaque , Officiers fupérieurs &
de la plus grande diftinction , des Commandans
des Corps , & pour ainfi dire de chaque Officier
en particulier , il ajoutoit Pour moi je n'ai
λ
2
212 MERCURE DE FRANCE.
que le mérite de m'être trouvé Général de
aufli valeureuſes.
>> troupes
Il eut toujours la même attention de rendre à
chacun de fes Officiers la part qu'ils avoient à
fa gloire. J'ai lu dans une lettre qu'il écrivit du
Camp de Carillon le 28 Septembre . » M. le Che-
» valier de Lévi qui connoît très- bien cette fron-
» tière , y a fait les meilleures difpofitions du
» monde , & je les ai fuivies.
.
Il y a de lui une infinité de traits qui caractérifent
le patriote , le guerrier , l'homme jufte ,
vertueux & modefte ; mais la diſtance des lieux
ne m'a pas permis d'en recueillir les preuves 3
& comme je ne veux dire que la vérité , je n'ai
pas cru devoir m'en tenir à la tradition , qui s'altere
de bouche en bouche.
La conftance & la réfolution furent de toutes
fes vertus les plus éprouvées & les plus éclatanres
; mais elles n'avoient rien d'une présomption
aveugle ; & perfonne ne voyoit mieux que lui
les dangers qu'il alloit courir.
Il écrivoit de Montréal le 14 Avril 1759 , » Le
» nouveau Général Anglois Amherſt a de gran-
» des forces & de grands moyens , 22 bataillons
de troupes réglées , plus de 30000 hommes de
milices auffi les Anglois comptent attaquer
» le Canada par plufieurs endroits & l'envahir.
Nous avons fauvé cette Colonie l'année der-
> nière par un fuccès qui tient quafi du prodige.
Faut il en efpérer un pareil ? il faudra au
> moins le tenter. Quel dommage que nous
n'ayons pas un plus grand nombre d'auffi va-
>> leureux foldats ! » L'arrivée de l'Efcadre Angloife
, en mettant le comble aux dangers qui
menaçoient la Colonie , ne fit que redoubler le
courage & le zèle de fon défenſeur .
On n'eft que trop inftruit du détail du combat
JANVIER . 1760. 213
qui a précédé la prife de Québec , & dans lequel
a péri M. de Montcalm. Tous les effets qu'on
peut attendre de la prudence , de la valeur , de
l'activité d'un Général , avoient été employés
par celui- ci , foit pour défendre à l'Ennemi l'approche
de la Ville , foit pour conferver la communication
de l'armée avec les vailleaux qui
avoient remonté le fleuve , & où les vivres
étoient déposés.
Le combat du 31 Juillet , où huit cens Grenadiers
Anglois refterent fur la place à l'attaque du
camp de Beauport qu'ils ne purent jamais forcer ,
quoique la gauche du camp qu'ils attaquoient
efit à foutenir en même temps le feu croiſé de
plus de 80 pièces d'artillerie ; ce combat , dis-je ,
prouve affez la bonté du pofte & l'intrépide réfolution
de celui qui le défendoit ( i ) .
La communication avec les vivres ne fut pas
moins courageufement défendue . Quatre fois
les Anglois tenterent de débarquer au- deffous de
Québec , & quatre fois M. de Bougainville chargé
du foin pénible & critique de couvrir quinze
lieues de pays avec une poignée de monde répandue
fur le rivage , les repouffe & les oblige
de s'éloigner , quoique toujours fupérieurs en
nombre , & foutenus par le feu des frégates qui
les protégeoient. Mais comment une Armée de
huit à neuf mille hommes répandue fur la rivé
d'un fleuve immenfe auroit - elle pu la rendre
inacceffible dans toute fon étendue à dix mille
hommes de troupes réglées , qui , au moyen d'une
flotte de vingt cinq vaiffeaux de guerre , de trente
(i) Je ne dois pas négliger de dire , à la gloire de M. le
Chevalier de Lévi , que c'etoit lui qui avoit demandé que
se camp , dont la gauche n'étoit d'abord appuyée qu'au
ruiffeau de Beauport , fût étendu juſqu'à la riviere de Montmorenci
, dont le paffage étoit plus difficile .
214 MERCURE DE FRANCE
frégates & d'environ cent quatre-vingt bâtimens
de tranfport , exécutoient fur le fleuve & à la faveur
de la marée & de la nuit , des mouvemens
continuels & rapides qu'il étoit impotlible à nos
troupes de terre de prévoir , d'obferver & de
fuivre? Ces infatigables troupes n'avoient , pas
aillé que de faire face partout , de défendre ce
rivage pendant plus de deux mois , prodige incroyable
de vigilance ( k) & d'activité , Torfqu'enfin
le 13 Septembre , tandis que M. de
Bougainville étoit occupé au Cap- rouge , trois
lieues au-deflus de Québec , par les démonftrations
d'une attaque , les Anglois furprirent &
forcerent pendant la nuit un pofte à demie lieue
de la Ville & s'y établirent avant le jour.
M. de Montcalm accourut du camp de Beauport
avec trois mille hommes ; il en trouva
fix mille de débarqués ; & plein de cette noble
ardeur qui avoit toujours décidé la victoire , il
réfolut de les attaquer avant qu'ils fuffent en
plus grand nombre. Dans cette action décifive &
meurtriere , il fut bleflé de deux coups de feu ;
& ce moment fatal fut le premier où la victoire
l'abandonna ( 1 ) . Quoique bleffé mortellement
il eut le courage de refter à cheval , & fit luianême
la retraite de l'armée fous les murailles
de Québec , ou plutôt fur les débris de ces murailles
que l'artillerie Angloife battoit fans relâche
( k ) Le détachement de M. de Bougainville avoit paſſé
trois mois au Bivouac .
( 2 ) Il est très - certain que M. de Bougainville ne fut
averti au Cap rouge du débarquement des Anglois qu'à
zeuf heures du matin , & qu'ayant plus de trois lieues de
chemin à faire , il ne put arriver fur le champ de bataille
qu'après la déroute. Il n'en fit pas moins bonne contenance
, & fa retraite comme fa conduite dans cette pénible
campagne , a justifié pleinement la confiance que M. de
Montcalm avoit en lui.
JAN VIER. 1760. LIS
د ر
depuis deux mois. Il entra dans cette Ville ruinée ,
donna les ordres à tout , fe fit panfer , interrogea
le Chirurgien ; & fur la réponſe , dit au Lieutenant
de Roi & au Commandant de Royal Rouffillon
, Meffieurs , je vous recommande de
ménager l'honneur de la France , & de tâcher
»que ma petite armée puiffe fe retirer cette nuit
» au delà de la riviere du Cap- rouge , pour joindre
le Corps aux ordres de M. de Bougainville
: pour moi je vais la paller avec Dieu , &
me préparer à la mort . Qu'on ne me parle
» plus d'autres chofes. » Il mourut en Héros le
lendemain 14 Septembre à cinq heures du matin,
& fut enterré fans fafte dans un trou de bombe ,
fépulture digne d'un homme qui avoit réfolu de
défendre le Canada ou de s'enfevelir fous fes
ruines ( m ).
Je n'ai eu qu'à raconter les faits dans toute
lear fimplicité , pour faire des talents & des vertus
militaires de M. le Marquis de Montcalm un
éloge peut-être unique. L'Hiftoire les atteftera ,
& la postérité aura peine à les croire ; mais la
Colonie qu'il a défendue , les Guerriers qu'il a
commandés (n ) , les ennemis qu'il a vaincus
tant de fois, en rendront d'éclatans témoignages ;
& ces mêmes Sauvages qu'il a étonnés par des
prodiges de conftance , de réfolution & de valeur
, montreront à leurs enfans dans leurs dé-
(m)Les Anglois lui ont rendu les mêmes honneurs funébres
qu'au Général Wolf tué dans le même combat .
( n) L'un d'eux écrit du Canada : » Je ne me confo-
" lerai jamais de la perte de mon Général ; qu'elle eft
grande & pour nous & pour ce pays & pour l'Etat !
,, C'étoit un bon Général , un Citoyen zélé , un ami folide ,
,, un Pere pour nous tous. Il a été enlevé au moment de
,, jouir du fruit d'une campagne que M. de Turenne n'au
défavouée. Tous les jours je le chercherai , &
tous les jours ma douleur fera plus vive,
23 roit
pas
216 MERCURE DE FRANCE.
ferts inhabités les traces de ce Guerrier qui les
menoit à la victoire , & les lieux où ils ont eu
la gloire de combattre & de vaincre avec lui .
C'elt furtout dans le coeur des François que M.
de Montcalm doit fe furvivre . Notre Nation
qu'on accufe d'oublier trop ailément les grands
hommes qu'elle a perdus , eft profondément
frappée de la mort de celui-ci , & lui donne les
plus juftes larmes.
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Résumé : MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
Le Marquis de Montcalm, né en 1712, fut un militaire français distingué pour son dévouement et ses sacrifices pour l'État. Il débuta sa carrière au Régiment de Hainault Infanterie et gravit les échelons jusqu'à devenir Lieutenant-Général des Armées du Roi et commandant en chef des troupes françaises en Amérique septentrionale. Montcalm était également un érudit, maîtrisant les langues grecque et latine, et conservant un goût pour l'étude tout au long de sa carrière. Montcalm servit avec distinction dans plusieurs campagnes en Europe et en Amérique. En Amérique, il montra une bravoure exceptionnelle, une grande prudence et une résolution courageuse, menant des troupes françaises et des alliés autochtones contre des forces ennemies supérieures en nombre. Ses campagnes, notamment autour du lac Saint-Sacrement et du fort Carillon, furent marquées par des victoires stratégiques et des manœuvres audacieuses. En 1759-1760, Montcalm et ses troupes, sous les ordres de Lévi et Bourlamaque, remportèrent une victoire significative contre les forces ennemies. La bataille coûta à l'ennemi environ six mille morts ou blessés, avec trois mille cadavres près de l'abattis. Les Canadiens et les Sauvages ne participèrent pas à cette victoire, rejoignant l'armée cinq jours plus tard. Les soldats crièrent 'Vive le Roi et notre Général!' durant le combat, reflétant leur confiance en Montcalm. Montcalm écrivit à Doreil pour exprimer sa satisfaction de la victoire et regretta de ne pas avoir plus de troupes pour poursuivre l'ennemi. Il loua également ses officiers et soldats, soulignant leur valeur et leur discipline. Dans une lettre à Vaudreuil, il attribua la victoire aux dispositions prises et à l'exemple donné par lui-même. La défense de Québec contre les forces anglaises fut marquée par des combats acharnés pour protéger les vivres et les communications. Montcalm fut blessé mortellement lors d'une bataille décisive près de Québec et mourut le 14 septembre 1760. Ses dernières paroles furent de recommander à ses officiers de préserver l'honneur de la France. Les ennemis et les alliés de Montcalm témoignèrent de ses talents militaires et de ses vertus.
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16473
p. 204
MARIAGE.
Début :
Messire Omer Joly de Fleury, Avocat Général du Roi du Parlement, [...]
Mots clefs :
Veuf, Avocat général, Dame, Épouser
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Melfire Omer Joly de Fleury , Avocat Général
du Roi du Parlement, veuf de Dame Magdeleine-
Genevieve- Mélanie Desvieux , a épouſe le
9 des
Septembre dans la Chapelle particuliere du Châ
teau - le- Coq , Dame Marie- Françoiſe Lemaitre ,,
veuve du fieur Avet de Neuilly , Confeiller au
Parlement , & Commiſſaire aux Requêtes du
Palais.
Melfire Omer Joly de Fleury , Avocat Général
du Roi du Parlement, veuf de Dame Magdeleine-
Genevieve- Mélanie Desvieux , a épouſe le
9 des
Septembre dans la Chapelle particuliere du Châ
teau - le- Coq , Dame Marie- Françoiſe Lemaitre ,,
veuve du fieur Avet de Neuilly , Confeiller au
Parlement , & Commiſſaire aux Requêtes du
Palais.
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16474
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 1147. ligne 16. Aurole, lisez, Aurore. P. 1170. l. 11. Jussieu, l. toute la. [...]
16475
s. p.
Errata de May.
Début :
Page 1048. ligne derniere. 3000, lisez, 300. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata de May.
Errata de May.
Page 1648. ligne derniere. 3000 , lifex , 300
Page 1648. ligne derniere. 3000 , lifex , 300
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16476
p. 204-205
De Londres, le 12. Novembre.
Début :
Les dernieres Lettres de Philadelphie, en date du 28. Septembre, [...]
Mots clefs :
Philadelphie, Expédition, Ohio, Lord Forbes, Garnison, Combats, Amiral, Escadre, Ports, Commerce, Hollande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 12. Novembre.
De Londres , le 12. Novembre.
>
Les dernieres Lettres de Philadelphie , en date
du 28. Septembre , parlent d'une maniere peu
avantageufe , de la conduite du Lord Forbes ,
dans l'expédition dont il étoit chargé fur l'Ohio.
Le 12. du même mois , il fit marcher en avant
ún Détachement de 900 hommes aux ordres
du fieur Grant , fans ſe mettre en état de le foutenir
, le fieur Grant s'avança jufqu'à la portée
du canon du Fort du Quelne , pour reconnoître
l'état de la Place , & pour obferver les mancuvres
de la Garniſon . Il paffa la nuit du 13. fous
les Armes. Le lendemain , dès la pointe du jour ,
l'Officier qui commandoit dans le Fort , fit fur
lui une fortie , & l'attaqua à la tête de 1000 hommes
, prefque tous Canadiens . Le Détachement
Anglois , après une courte réfiftance , fe voyant
fur le point d'être enveloppé & entierement détruit
, fut contraint de fe replier vers les bagages ,
& de les emmener précipitamment. Il a perdu
dans ce combat trois cens hommes tués ou
bleffés , parmi lesquels on compte plus de vingt
Officiers.
L'Amiral Boscawen arriva ici le 4. Il fut le
lendemain faire fa cour au Roi qui l'accueillit
avec toute la diftinction due à fes fervices. On a
JANVIER. 1759. 205
appris par le compte que cet Amiral a rendu
du fuccès de l'entrepriſe formée contre Louifbourg
, que la conquête de cette Place étoit due
principalement an mauvais état de les fortifications.
Les anciennes bréches n'étoient pas entierement
réparées , & les murs des revêtillemens
avoient été ſi négligés , qu'il en tomboit des toiſes
entieres , par le feul ébranlement que caufoit
le canon du rempart.
Du 21 .
L'Efcadre du fieur Keppel , & celle du fieur
Hughes , ont mis à la voile pour aller exécuter
féparément deux entrepriſes dont on ſe promet
les meilleurs effets . Quoique cette faifon foit celle
des ouragans & des tempêtes , on affecte de publier
que le départ des deux Eſcadres a eu lieu
dans le temps convenable. On joint à cela le projet
d'une Expédition plus contidérable , qui doit
s'exécuter au Printems prochain .
Du 1. Décembre.
On continue d'amener dans nos Ports quantité
de prifes faites fur les Hollandois . On n'a pu découvrir
juſqu'à préfent le principe de droit qui
donne lieu à une pratique fi nouvelle . Tous les
gens fenfés la jugent contraire à nos vrais intérêts
; & ils font perſuadés qu'elle tournera tôt ou
tard au préjudice de notre Commerce.
>
Les dernieres Lettres de Philadelphie , en date
du 28. Septembre , parlent d'une maniere peu
avantageufe , de la conduite du Lord Forbes ,
dans l'expédition dont il étoit chargé fur l'Ohio.
Le 12. du même mois , il fit marcher en avant
ún Détachement de 900 hommes aux ordres
du fieur Grant , fans ſe mettre en état de le foutenir
, le fieur Grant s'avança jufqu'à la portée
du canon du Fort du Quelne , pour reconnoître
l'état de la Place , & pour obferver les mancuvres
de la Garniſon . Il paffa la nuit du 13. fous
les Armes. Le lendemain , dès la pointe du jour ,
l'Officier qui commandoit dans le Fort , fit fur
lui une fortie , & l'attaqua à la tête de 1000 hommes
, prefque tous Canadiens . Le Détachement
Anglois , après une courte réfiftance , fe voyant
fur le point d'être enveloppé & entierement détruit
, fut contraint de fe replier vers les bagages ,
& de les emmener précipitamment. Il a perdu
dans ce combat trois cens hommes tués ou
bleffés , parmi lesquels on compte plus de vingt
Officiers.
L'Amiral Boscawen arriva ici le 4. Il fut le
lendemain faire fa cour au Roi qui l'accueillit
avec toute la diftinction due à fes fervices. On a
JANVIER. 1759. 205
appris par le compte que cet Amiral a rendu
du fuccès de l'entrepriſe formée contre Louifbourg
, que la conquête de cette Place étoit due
principalement an mauvais état de les fortifications.
Les anciennes bréches n'étoient pas entierement
réparées , & les murs des revêtillemens
avoient été ſi négligés , qu'il en tomboit des toiſes
entieres , par le feul ébranlement que caufoit
le canon du rempart.
Du 21 .
L'Efcadre du fieur Keppel , & celle du fieur
Hughes , ont mis à la voile pour aller exécuter
féparément deux entrepriſes dont on ſe promet
les meilleurs effets . Quoique cette faifon foit celle
des ouragans & des tempêtes , on affecte de publier
que le départ des deux Eſcadres a eu lieu
dans le temps convenable. On joint à cela le projet
d'une Expédition plus contidérable , qui doit
s'exécuter au Printems prochain .
Du 1. Décembre.
On continue d'amener dans nos Ports quantité
de prifes faites fur les Hollandois . On n'a pu découvrir
juſqu'à préfent le principe de droit qui
donne lieu à une pratique fi nouvelle . Tous les
gens fenfés la jugent contraire à nos vrais intérêts
; & ils font perſuadés qu'elle tournera tôt ou
tard au préjudice de notre Commerce.
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Résumé : De Londres, le 12. Novembre.
Le document du 12 novembre décrit des événements militaires et navals. Le 12 septembre, le Lord Forbes envoya 900 hommes sous le commandement du lieutenant Grant pour reconnaître le Fort Duquesne. Le 13 septembre, Grant fut attaqué par environ 1 000 hommes, principalement des Canadiens, et dut se replier, subissant des pertes de 300 hommes, dont plus de vingt officiers. L'amiral Boscawen arriva à Londres le 4 janvier 1759 et fut reçu par le roi. Il attribua la conquête de Louisbourg à l'état délabré des fortifications. Le 21 janvier, les escadres des lieutenants Keppel et Hughes partirent pour des missions séparées, malgré la saison des tempêtes. Une expédition plus importante est prévue pour le printemps. Par ailleurs, des prises de navires hollandais continuent d'être amenées dans les ports britanniques, une pratique jugée contraire aux intérêts commerciaux du pays.
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16477
p. 202-203
MARIAGES ET MORTS.
Début :
Messire Louis-Marie-Bretagne-Dominique de Rohan-Chabot, Duc de Rohan, [...]
Mots clefs :
Duc de Rohan, Mariage, Pair de France, Gouverneur, Lieutenant, Dame, Morts, Auteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MESSIRE Louis-Marie-Bretagne-Dominique de
Rohan -Chabot , Duc de Rohan , Pair de France
Prince de Léon , a été marié le 23 Mai par M.
l'Archevêque d'Alby, dans la Chapelle particuliere
de l'hôtel d'Uzès, avec Damoiſelle Emilie de Cruffol
d'Uzès , fille de Charles- Emmanuel de Cruffol,
Duc d'Uzès , Pair de France , & de feue Emilie
de la Rochefoucauld. M. le Duc de Rohan avoit
épousé en premieres noces Charlotte- Rofalie de
Châtillon .
•
Le même jour , Meffire Marie- Jofeph - Louis
d'Albert d'Ailly , Vidame d'Amiens , Cornette de
la compagnie des Chevaux - Légers de la Garde du
Roi , fils de Michel - Ferdinand d'Albert d'Ailly ,
Duc de Chaulnes , Pair de France , Vidame d'Amiens
, Chevalier des Ordres du Roi , Capitaine-
Lieutenant des Chevaux - Légers de fa Garde
Lieutenant général de fes Armées , Gouverneur &
Lieutenant général des Provinces de Picardie &
d'Artois , & d'Anne-Marie-Jofephine Bonnier , a
épousé Damoiselle Marie- Paule Angélique d'Albert
, fille de Marie- Charles Louis d'Albert , Duc
de Chevreule , Lieutenant général des Armées du
Roi , Colonel général des Dragons , Gouverneur
& Lieutenant général pour le Roi de la Ville
Prévôté & Vicomté de Paris , & de Henriette-
Nicole d'Egmont- Pigna telly , Dame d'honneur
JUILLET. 1758. 203
de la Reine. La Bénédiction leur a été donnée dans
l'Eglife de la Paroiffe de Dampierre , par M. l'Evêque
de Chartres, premier Aumônier de la Reine.
Leur contrat de mariage avoit été figné le 21 par
Leurs Majeftés & la Famille Royale.
Dame Louife - Françoife Gonet , femme de M.
Pierre Dufour , Ecuyer , Maître d'Hôtel du Roi ,
Nourrice de Monfeigneur le Dauphin , & premiere
Femme de Chambre de Madame la Dau
phine , eft morte à Versailles le 20 Mai.
Meffire Etienne-Marie , Marquis d'Eſcorailles ,
Lieutenant général des Armées du Roi , ancien
premier Soulieutenant des Chevaux - Légers de la
Garde , eft mort en cette Ville le 31 âgé de cinquante-
huit ans.
Damoiselle Marguerite de Luffan , Auteur de
plufieurs Ouvrages qui lui affurent une place diftinguée
parmi les perfonnes de fon fexe , connues
honorablement dans les Lettres par leurs talens ,
eft morte à Paris le 31 Mai , âgée d'environ 72 ans.
La Cour , pour récompenfer fon mérite , lui avoit
accordé depuis 1755 , 2000 livres de gratification
annuelle fur le Mercure , en vertu des pensions
que le Roi accorde fur le produit de cet Ouvrage
périodique.
MESSIRE Louis-Marie-Bretagne-Dominique de
Rohan -Chabot , Duc de Rohan , Pair de France
Prince de Léon , a été marié le 23 Mai par M.
l'Archevêque d'Alby, dans la Chapelle particuliere
de l'hôtel d'Uzès, avec Damoiſelle Emilie de Cruffol
d'Uzès , fille de Charles- Emmanuel de Cruffol,
Duc d'Uzès , Pair de France , & de feue Emilie
de la Rochefoucauld. M. le Duc de Rohan avoit
épousé en premieres noces Charlotte- Rofalie de
Châtillon .
•
Le même jour , Meffire Marie- Jofeph - Louis
d'Albert d'Ailly , Vidame d'Amiens , Cornette de
la compagnie des Chevaux - Légers de la Garde du
Roi , fils de Michel - Ferdinand d'Albert d'Ailly ,
Duc de Chaulnes , Pair de France , Vidame d'Amiens
, Chevalier des Ordres du Roi , Capitaine-
Lieutenant des Chevaux - Légers de fa Garde
Lieutenant général de fes Armées , Gouverneur &
Lieutenant général des Provinces de Picardie &
d'Artois , & d'Anne-Marie-Jofephine Bonnier , a
épousé Damoiselle Marie- Paule Angélique d'Albert
, fille de Marie- Charles Louis d'Albert , Duc
de Chevreule , Lieutenant général des Armées du
Roi , Colonel général des Dragons , Gouverneur
& Lieutenant général pour le Roi de la Ville
Prévôté & Vicomté de Paris , & de Henriette-
Nicole d'Egmont- Pigna telly , Dame d'honneur
JUILLET. 1758. 203
de la Reine. La Bénédiction leur a été donnée dans
l'Eglife de la Paroiffe de Dampierre , par M. l'Evêque
de Chartres, premier Aumônier de la Reine.
Leur contrat de mariage avoit été figné le 21 par
Leurs Majeftés & la Famille Royale.
Dame Louife - Françoife Gonet , femme de M.
Pierre Dufour , Ecuyer , Maître d'Hôtel du Roi ,
Nourrice de Monfeigneur le Dauphin , & premiere
Femme de Chambre de Madame la Dau
phine , eft morte à Versailles le 20 Mai.
Meffire Etienne-Marie , Marquis d'Eſcorailles ,
Lieutenant général des Armées du Roi , ancien
premier Soulieutenant des Chevaux - Légers de la
Garde , eft mort en cette Ville le 31 âgé de cinquante-
huit ans.
Damoiselle Marguerite de Luffan , Auteur de
plufieurs Ouvrages qui lui affurent une place diftinguée
parmi les perfonnes de fon fexe , connues
honorablement dans les Lettres par leurs talens ,
eft morte à Paris le 31 Mai , âgée d'environ 72 ans.
La Cour , pour récompenfer fon mérite , lui avoit
accordé depuis 1755 , 2000 livres de gratification
annuelle fur le Mercure , en vertu des pensions
que le Roi accorde fur le produit de cet Ouvrage
périodique.
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Résumé : MARIAGES ET MORTS.
En mai et juin 1758, deux mariages et quatre décès notables ont été enregistrés. Le 23 mai, le Duc de Rohan, Louis-Marie-Bretagne-Dominique de Rohan-Chabot, a épousé Damoiselle Emilie de Cruffol d'Uzès. Il avait précédemment épousé Charlotte-Rofalie de Châtillon. Le même jour, Marie-Joseph-Louis d'Albert d'Ailly, Vidame d'Amiens, a épousé Damoiselle Marie-Paule Angélique d'Albert dans l'église de Dampierre. Leur contrat de mariage avait été signé le 21 mai par Leurs Majestés et la Famille Royale. Parmi les décès, Dame Louise-Françoise Gonet, nourrice du Dauphin et première femme de chambre de la Dauphine, est morte à Versailles le 20 mai. Étienne-Marie, Marquis d'Escorailles, Lieutenant général des Armées du Roi, est décédé à Paris le 31 mai à l'âge de cinquante-huit ans. Damoiselle Marguerite de Luffan, auteure de plusieurs ouvrages, est morte à Paris le 31 mai à l'âge d'environ 72 ans. Elle recevait une gratification annuelle de 2000 livres depuis 1755 pour ses contributions littéraires.
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16478
p. 204-205
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Huitième traitement depuis son établissement.
Début :
Nous avons prévenu le Public dans le dernier Mercure que nous lui [...]
Mots clefs :
Traitement, Maladies, Soldats, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Huitième traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron.
Huitieme traitement depuis fon établiſſement ..
NOUS ous avons prévenu le Public dans le dernier
Mercure que nous lui épargnerons déformais les
détails défagréables des maladies de chaque foldat
nous croyons que huit traitemens confécugifs
à l'hôpital & trois précédemment faits au
JANVIER. 1758. zor
fauxbourg S. Jacques , doivent fuffire pour per
fuader & convaincre ; ainfi nous nous contenterons
déformais de lui nommer les foldats traités
& guéris , avec les noms de leurs compagnies ,
comme nous faifons aujourd'hui , & continuerons
dans la fuite.
Etat des Soldats traités à l'Hôpital de M. le Ma
réchal de Biron , & fortis guéris depuis le feptieme
traitement..
Le nommé Saint Germain , Compagnie de
Pondeux , guéri.
Le nommé Leveillé , Compagnie de Voifenon,
guéri.
Le nommé Margnet ; Compagnie du Trévoux,,
guéri.
Le nommé Meunier , Compagnie de Sinety ,
guéri ..
Le nommé Durofier , Compagnie de Bragelon,
gne , guéri.
Le nommé Cardin , Compagnie de Vifé , guéri .
Le nommé Chance , Compagnie de Bragelon
gne , guéri .
Le nommé Sans quartier , Compagnie du Tré
Youx , guéri.
Le nommé Joli- coeur , Compagnie de la Sone;
guéri .
Le nommé Chaperon , Compagnie Colonelle ,
guéri.
Le nommé Cleret , fcorbutique , forti pour
changer d'air , & n'ayant prefque plus de fymp
tômes de fcorbut..
Il fera fait au courant du mois prochain une revue
générale de tous les foldats traités avant & de,
puis l'établiffement de l'Hôpital , & nous en rens
dronsle compte le plus fidele..
Huitieme traitement depuis fon établiſſement ..
NOUS ous avons prévenu le Public dans le dernier
Mercure que nous lui épargnerons déformais les
détails défagréables des maladies de chaque foldat
nous croyons que huit traitemens confécugifs
à l'hôpital & trois précédemment faits au
JANVIER. 1758. zor
fauxbourg S. Jacques , doivent fuffire pour per
fuader & convaincre ; ainfi nous nous contenterons
déformais de lui nommer les foldats traités
& guéris , avec les noms de leurs compagnies ,
comme nous faifons aujourd'hui , & continuerons
dans la fuite.
Etat des Soldats traités à l'Hôpital de M. le Ma
réchal de Biron , & fortis guéris depuis le feptieme
traitement..
Le nommé Saint Germain , Compagnie de
Pondeux , guéri.
Le nommé Leveillé , Compagnie de Voifenon,
guéri.
Le nommé Margnet ; Compagnie du Trévoux,,
guéri.
Le nommé Meunier , Compagnie de Sinety ,
guéri ..
Le nommé Durofier , Compagnie de Bragelon,
gne , guéri.
Le nommé Cardin , Compagnie de Vifé , guéri .
Le nommé Chance , Compagnie de Bragelon
gne , guéri .
Le nommé Sans quartier , Compagnie du Tré
Youx , guéri.
Le nommé Joli- coeur , Compagnie de la Sone;
guéri .
Le nommé Chaperon , Compagnie Colonelle ,
guéri.
Le nommé Cleret , fcorbutique , forti pour
changer d'air , & n'ayant prefque plus de fymp
tômes de fcorbut..
Il fera fait au courant du mois prochain une revue
générale de tous les foldats traités avant & de,
puis l'établiffement de l'Hôpital , & nous en rens
dronsle compte le plus fidele..
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Huitième traitement depuis son établissement.
Le rapport traite des traitements réalisés à l'Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron. Depuis l'établissement de l'hôpital, huit traitements ont été effectués, en plus de trois autres en janvier 1758 dans le faubourg Saint-Jacques. L'auteur ne détaillera plus les maladies des soldats, mais nommera ceux qui ont été traités et guéris, ainsi que leurs compagnies. Les soldats traités et guéris depuis le septième traitement incluent Saint Germain (Compagnie de Pondeux), Leveillé (Compagnie de Voisenon), Margnet (Compagnie du Trévoux), Meunier (Compagnie de Sinety), Durofier (Compagnie de Bragelon), Cardin (Compagnie de Visé), Chance (Compagnie de Bragelon), Sans quartier (Compagnie du Trévoux), Joli-coeur (Compagnie de la Sonne), Chaperon (Compagnie Colonelle), et Cleret, atteint de scorbut et nécessitant un changement d'air, mais presque sans symptômes. Une revue générale de tous les soldats traités avant et après l'établissement de l'hôpital est prévue pour le mois suivant, avec un compte rendu fidèle.
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16479
p. 2760-2762
BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Début :
L'Abbaye d'Abfie, Ordre de S. Benoist, Diocése [...]
Mots clefs :
Abbaye, Roi, Bénéfices donnés, Bénéfices
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
BENEFICES
L'
DONNEZ
par le Roy.
'Abbaye d'Abfie , Ordre, de S. Benoift , Dio
céfe de la Rochelle , vacante par le décès de
M. de la Vieuville à l'Evêque de Châlons fur
Saone , à la charge de 800. livres de penfion
T. Vol. pour
DECEMBRE. 1730. 2761
pour le fieur Taflin , & 700. livres au fieur Dis
gaultray.
Celle de S. Florent -lès- Saumur,Ordre de faint
Benoist,Diocéfe d'Angers,vacante par la démiffion
du fieur Abbé de Thiard de Biffi , à la charge
de 1200. livres de penfion , pour le fieur Maille
de Carman , en faveur de l'Abbé de Forbin d'Opede
, Aumônier du Roi.
Celle de Vierzon , Ordre de S. Benoist , Diocéte
de Bourges , vacante par le décès du dernier
Titulaire , en faveur du fieur Bovenic de Bec de
Lievre.
Celle de Beaugency , Ordre de S. Auguftin
Diocéfe d'Orleans , vacante par le décès du fieur
Souving , en faveur du fieur Gedoyn , de l'Aca
demie Françoife.
Celle de S. Acheüil , Ordre de S. Auguftin ,
Diocéfe d'Amiens , vacante par le décès du fieur .
de Montbrifeuil , en faveur du fieur de Leftocq ,
Vicaire General d'Amiens.
Celle de S. Thibery , Ordre de S. Benoit ,Diocéfe
d'Agde , vacante par le décès du fieur Paris,
en faveur de Dom Simoneau , Religieux de l'Ordre
de Citeaux , à la charge de soo. livres dé
penfion pour le fieur Crevel.
. Celle d'Andres , Ordre de S. Benoift , Diocéfe
de Boulogne , vacante par le décés du fieur Tiberge
, en faveur du fieur de Luffan.
Celle de S. André le Hault , Ordre de S. Benoift
, Ville & Diocéfe de Vienne , vacante par le
décès de la Dame Charpin, en faveur de la Dame
de By de Vallier .
La Coadjutorerie de l'Abbaye de Liqueux
pour la Dame de Beaupoil de S. Aulaire.
Le Prieuré de Chavanon , Ordre de Grandmont
, Diocéfe de Clermont , vacant par le décès
du dernier Titulaire , en faveur du fieur Olivier.
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de Citeaux ,
1. Vol ...Diocéle
2762 MERCURE DE FRANCE
Diocéfe de Sens , vacante par le décés de M. de
Chavigny , Archevêque de Sens , en faveur de
M. l'ancien Evêque de Troyes,
Celle de Beaulieu,Ordre de S. Auguftin, dite de
Boulogne , vacante par la démiffion de M. Madot
, Evêque de Châlons , en faveur du fieur de
Courteillés .
Celle de Tonnay- Charente , Ordre de S. Benoift
, Diocéfe de Saintes , vacante par le décés
du hieur du Solier , en faveur du fieur Giemare,
Chanoine de Lizieux.
L'Archevêché de Sens a été donné à l'Evêque
de Soiffons.
L'
DONNEZ
par le Roy.
'Abbaye d'Abfie , Ordre, de S. Benoift , Dio
céfe de la Rochelle , vacante par le décès de
M. de la Vieuville à l'Evêque de Châlons fur
Saone , à la charge de 800. livres de penfion
T. Vol. pour
DECEMBRE. 1730. 2761
pour le fieur Taflin , & 700. livres au fieur Dis
gaultray.
Celle de S. Florent -lès- Saumur,Ordre de faint
Benoist,Diocéfe d'Angers,vacante par la démiffion
du fieur Abbé de Thiard de Biffi , à la charge
de 1200. livres de penfion , pour le fieur Maille
de Carman , en faveur de l'Abbé de Forbin d'Opede
, Aumônier du Roi.
Celle de Vierzon , Ordre de S. Benoist , Diocéte
de Bourges , vacante par le décès du dernier
Titulaire , en faveur du fieur Bovenic de Bec de
Lievre.
Celle de Beaugency , Ordre de S. Auguftin
Diocéfe d'Orleans , vacante par le décès du fieur
Souving , en faveur du fieur Gedoyn , de l'Aca
demie Françoife.
Celle de S. Acheüil , Ordre de S. Auguftin ,
Diocéfe d'Amiens , vacante par le décès du fieur .
de Montbrifeuil , en faveur du fieur de Leftocq ,
Vicaire General d'Amiens.
Celle de S. Thibery , Ordre de S. Benoit ,Diocéfe
d'Agde , vacante par le décès du fieur Paris,
en faveur de Dom Simoneau , Religieux de l'Ordre
de Citeaux , à la charge de soo. livres dé
penfion pour le fieur Crevel.
. Celle d'Andres , Ordre de S. Benoift , Diocéfe
de Boulogne , vacante par le décés du fieur Tiberge
, en faveur du fieur de Luffan.
Celle de S. André le Hault , Ordre de S. Benoift
, Ville & Diocéfe de Vienne , vacante par le
décès de la Dame Charpin, en faveur de la Dame
de By de Vallier .
La Coadjutorerie de l'Abbaye de Liqueux
pour la Dame de Beaupoil de S. Aulaire.
Le Prieuré de Chavanon , Ordre de Grandmont
, Diocéfe de Clermont , vacant par le décès
du dernier Titulaire , en faveur du fieur Olivier.
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de Citeaux ,
1. Vol ...Diocéle
2762 MERCURE DE FRANCE
Diocéfe de Sens , vacante par le décés de M. de
Chavigny , Archevêque de Sens , en faveur de
M. l'ancien Evêque de Troyes,
Celle de Beaulieu,Ordre de S. Auguftin, dite de
Boulogne , vacante par la démiffion de M. Madot
, Evêque de Châlons , en faveur du fieur de
Courteillés .
Celle de Tonnay- Charente , Ordre de S. Benoift
, Diocéfe de Saintes , vacante par le décés
du hieur du Solier , en faveur du fieur Giemare,
Chanoine de Lizieux.
L'Archevêché de Sens a été donné à l'Evêque
de Soiffons.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
En décembre 1730, le roi attribue plusieurs bénéfices ecclésiastiques. L'abbaye d'Abfie, diocèse de La Rochelle, est confiée à l'évêque de Châlons-sur-Saône, avec des pensions pour les sieurs Taflin et Disgaultray. L'abbaye de Saint-Florent-lès-Saumur, diocèse d'Angers, est attribuée à l'abbé de Forbin d'Oppède, avec une pension pour le sieur Maillé de Carman. L'abbaye de Vierzon, diocèse de Bourges, est donnée au sieur Bovenic de Bec de Lièvre. L'abbaye de Beaugency, diocèse d'Orléans, est attribuée au sieur Gedoyn. L'abbaye de Saint-Acheul, diocèse d'Amiens, est confiée au sieur de Leftoq. L'abbaye de Saint-Thibery, diocèse d'Agde, est donnée à Dom Simoneau, avec une pension pour le sieur Crevel. L'abbaye d'Andres, diocèse de Boulogne, est attribuée au sieur de Luffan. L'abbaye de Saint-André-le-Haut, diocèse de Vienne, est confiée à la dame de By de Vallier. La coadjutorerie de l'abbaye de Liqueux est attribuée à la dame de Beaupoil de Saint-Aulaire. Le prieuré de Chavanon, diocèse de Clermont, est donné au sieur Olivier. L'abbaye de Vauluisant, diocèse de Sens, est attribuée à l'ancien évêque de Troyes. L'abbaye de Beaulieu, diocèse de Boulogne, est confiée au sieur de Courteilles. L'abbaye de Tonnay-Charente, diocèse de Saintes, est attribuée au sieur Giemare. Enfin, l'archevêché de Sens est attribué à l'évêque de Soissons.
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16480
p. 208-211
LETTRE de M. Rey, à M. Keyser, en date du 29 Août.
Début :
Depuis que nous nous sommes quittés, Monsieur, & que vous avez bien voulu [...]
Mots clefs :
Remèdes, Symptômes, Dragées, Guérison, Malades
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Rey, à M. Keyser, en date du 29 Août.
LETTRE de M. Reg , à M. Keyfer , en date
du 29 Août .
Depuis que nous nous fommes quittés, Monfieur,
& que vous avez bien voulu me confier l'adminif
tration de votre remede , j'ai eu occafion de traiter
& de guérir cinq malades . Le hazard m'a fait
rencontrer les maladies les plus épineules , & quoi
qu'après tout ce que j'avois vu à l'hôpital de M.
le Maréchal de Biron , je ne fille aucun doute de
réuffir , je vous avouerai que fi j'ai été un peu hardi
d'entreprendre tout ce qu'il y avoit de plus grave
& de plus invétéré en maladies vénériennes , je
vous dois la juftice d'avouer qu'il faut abfolument
que votre remede ait bien de la vertu , & que malgré
vos ennemis & les miens , car je m'en fuis
fait un bon nombre , je ne puis n'empêcher de
dire hautement que ce remede eft fans contredit
le plus grand qui foit aujourd'hui dans la nature ;
& dans la médecine . C'eft un tribut qu'un galant
homme doit à la vérité ; & comme cette profesion
eft la premiere de toutes , je ne craindrai jamais
de lui donner la préférence .
Voici l'état & la guérifon de ces cinq malades ,
en attendant celle de plufieurs autres qui font entre
mes mairs,
Le premier avoit paffé , il y a huit ans , par les
grands remedes ; felon le récit du malade & des
parens dignes de foi , on l'avoit adminiftré dans
toutes les formes , en excitant une ample ſalivation
, & employant tous les moyens que des gens
habiles mettent en ufage pour parvenir à une gué
rifon radicale. Il avoit prefque tout ce que l'on
peut avoir en fymptomes , que ce premier traite
ment fit difparoître , & il fur jugé alors guéri par
OCTOBRE. 1757. 209,
les perfonnes qui l'avoient traité. Ces fymptomes
étant revenus quelque mois après , même avec
plus d'accidens , on le repaffa par extinction , &
ce fut encore inutilement . On lui a fait prendre
enfuite pendant des années des bols fondans ;
des panacées , des pillules de toutes façons , rien.
ne mordit , & il étoit dans un état affreux quand
il vint le préfenter à moi . Outre une immenfité de
fymptomes qu'on ne peut nommer , il avoit des
bubons à chaque aine , & des obftructions fi confidérables
dans les glandes axillaires & les ingui
nales, que je craignis d'abord qu'il n'y eût plus de
reffources . Je l'entrepris : vos feules dragées pouvoient
en faire la guérifon . Elle eft authentique ,
& j'en ai de bons certificats. Ce malade n'a ceflé
de vaquer à fes affaires : fon embonpoint eft
revenu , & fon teint qui étoit jaune & noir , a repris
la couleur naturelle . Il jouit enfin d'une fanté
qu'il n'avoit pas depuis huit années. Je l'ai tenu
près de deux mois , & fon état ne permettoit pas
d'être mené plus promptement.
Le fecond avoit pour fymptomes une chûte de
cheveux prefque totale , la voûte du palais dans un
défordre affreux , des ulcérations chancreufes , les
amygdales gonflées & ulcérées , enfin un mal de
tête fi cruel , que la chaleur du lit lui étoit devenue
infupportable , & qu'il ne pouvoit prendre aucun
repos . Je fuis obligé de vous dire qu'au bout de
15 jours de l'ufage de vos dragées , les ulceres fe
font cicatrifés , les obftructions fe font fondues
la chute des cheveux s'eft arrêté , & qu'enfin au
bout de 45 jours , la guériſon a été totale , &
qu'il jouit aujourd'hui de la meilleure fanté .
Le troifieme avoit une gonorrhée virulente de ,
la plus grave efpece qui lui occafionnoit une difurie
des plus mordicantes , & lui interdifoit toute
210 MERCURE DE FRANCE.
efpece de repos , quantité d'autres ſymptomes ;
dont un traverſoit dans la foffe naviculaire juſqu'à
P'extérieure , & s'étendoit vers le filet , un bubon
confidérable dans l'aine droite , & un tempérament
on ne peut pas plus délicat : l'ufage de vos
dragées en 25 jours a cicatrifé les ulceres , a enlevé
les maux de tête , le bubon s'eft terminé par
réfolution , & cela va vous paroître fort plaifant ,
mais quoique ce malade à mon infcu ait fait pendant
fon traitement à diverfes repriſes plus de
cent lieues en pofte pour des affaires indifpenfable
, le remede n'en a pas agi avec moins de vivacité
, & enfin il jouit de la meilleure fanté du
monde.
Le quatrieme étoit dans un état digne de pitié.
Tous les fymptomes étoient fi invétérés , que la premiere
fois que je le vis , je me crus dans l'obligation
indifpenfable de lui faire l'opération , tant la gangrene
menaçoit les parties attaquées. La guérifon
fuccéda cependant plus promptement & plus heureufement
que je ne pouvois l'imaginer , & après
les fympromes bien effacés , j'obfervai de continuer
encore quinze jours ou trois semaines , afin
de bien affurer le traitement .
Le cinquieme avoit une très - petite maladie ,
c'eft-à- dire fort peu de choſe Il a voulu abfolument
prendre le remede , malgré que je lui difois qu'il
pouvoit s'en paffer , & qu'il guériroit par le moindre
remede ordinaire . Toute fa maladie confiftoir
en un écoulement que je regardois de très - petite
conféquence. Il apris le remede pendant fix femaines
, & fon écoulement qui effectivement
avoit refifté à beaucoup de remedes que différentes
perfonnes de l'art lui avoit fuggetés inutilement ,
s'eft terminé , & il fe porte à merveille .
Voilà , Monfieur , le détail auffi vrai que fimOCTOBRE
. 1757. 211
ple & fuccinct des cures que j'ai déja faites . J'aurai
foin dans la fuite de vous apprendre les nouveaux
fuccès de vos dragées.
J'ai l'honneur d'être , &c.
REY.
du 29 Août .
Depuis que nous nous fommes quittés, Monfieur,
& que vous avez bien voulu me confier l'adminif
tration de votre remede , j'ai eu occafion de traiter
& de guérir cinq malades . Le hazard m'a fait
rencontrer les maladies les plus épineules , & quoi
qu'après tout ce que j'avois vu à l'hôpital de M.
le Maréchal de Biron , je ne fille aucun doute de
réuffir , je vous avouerai que fi j'ai été un peu hardi
d'entreprendre tout ce qu'il y avoit de plus grave
& de plus invétéré en maladies vénériennes , je
vous dois la juftice d'avouer qu'il faut abfolument
que votre remede ait bien de la vertu , & que malgré
vos ennemis & les miens , car je m'en fuis
fait un bon nombre , je ne puis n'empêcher de
dire hautement que ce remede eft fans contredit
le plus grand qui foit aujourd'hui dans la nature ;
& dans la médecine . C'eft un tribut qu'un galant
homme doit à la vérité ; & comme cette profesion
eft la premiere de toutes , je ne craindrai jamais
de lui donner la préférence .
Voici l'état & la guérifon de ces cinq malades ,
en attendant celle de plufieurs autres qui font entre
mes mairs,
Le premier avoit paffé , il y a huit ans , par les
grands remedes ; felon le récit du malade & des
parens dignes de foi , on l'avoit adminiftré dans
toutes les formes , en excitant une ample ſalivation
, & employant tous les moyens que des gens
habiles mettent en ufage pour parvenir à une gué
rifon radicale. Il avoit prefque tout ce que l'on
peut avoir en fymptomes , que ce premier traite
ment fit difparoître , & il fur jugé alors guéri par
OCTOBRE. 1757. 209,
les perfonnes qui l'avoient traité. Ces fymptomes
étant revenus quelque mois après , même avec
plus d'accidens , on le repaffa par extinction , &
ce fut encore inutilement . On lui a fait prendre
enfuite pendant des années des bols fondans ;
des panacées , des pillules de toutes façons , rien.
ne mordit , & il étoit dans un état affreux quand
il vint le préfenter à moi . Outre une immenfité de
fymptomes qu'on ne peut nommer , il avoit des
bubons à chaque aine , & des obftructions fi confidérables
dans les glandes axillaires & les ingui
nales, que je craignis d'abord qu'il n'y eût plus de
reffources . Je l'entrepris : vos feules dragées pouvoient
en faire la guérifon . Elle eft authentique ,
& j'en ai de bons certificats. Ce malade n'a ceflé
de vaquer à fes affaires : fon embonpoint eft
revenu , & fon teint qui étoit jaune & noir , a repris
la couleur naturelle . Il jouit enfin d'une fanté
qu'il n'avoit pas depuis huit années. Je l'ai tenu
près de deux mois , & fon état ne permettoit pas
d'être mené plus promptement.
Le fecond avoit pour fymptomes une chûte de
cheveux prefque totale , la voûte du palais dans un
défordre affreux , des ulcérations chancreufes , les
amygdales gonflées & ulcérées , enfin un mal de
tête fi cruel , que la chaleur du lit lui étoit devenue
infupportable , & qu'il ne pouvoit prendre aucun
repos . Je fuis obligé de vous dire qu'au bout de
15 jours de l'ufage de vos dragées , les ulceres fe
font cicatrifés , les obftructions fe font fondues
la chute des cheveux s'eft arrêté , & qu'enfin au
bout de 45 jours , la guériſon a été totale , &
qu'il jouit aujourd'hui de la meilleure fanté .
Le troifieme avoit une gonorrhée virulente de ,
la plus grave efpece qui lui occafionnoit une difurie
des plus mordicantes , & lui interdifoit toute
210 MERCURE DE FRANCE.
efpece de repos , quantité d'autres ſymptomes ;
dont un traverſoit dans la foffe naviculaire juſqu'à
P'extérieure , & s'étendoit vers le filet , un bubon
confidérable dans l'aine droite , & un tempérament
on ne peut pas plus délicat : l'ufage de vos
dragées en 25 jours a cicatrifé les ulceres , a enlevé
les maux de tête , le bubon s'eft terminé par
réfolution , & cela va vous paroître fort plaifant ,
mais quoique ce malade à mon infcu ait fait pendant
fon traitement à diverfes repriſes plus de
cent lieues en pofte pour des affaires indifpenfable
, le remede n'en a pas agi avec moins de vivacité
, & enfin il jouit de la meilleure fanté du
monde.
Le quatrieme étoit dans un état digne de pitié.
Tous les fymptomes étoient fi invétérés , que la premiere
fois que je le vis , je me crus dans l'obligation
indifpenfable de lui faire l'opération , tant la gangrene
menaçoit les parties attaquées. La guérifon
fuccéda cependant plus promptement & plus heureufement
que je ne pouvois l'imaginer , & après
les fympromes bien effacés , j'obfervai de continuer
encore quinze jours ou trois semaines , afin
de bien affurer le traitement .
Le cinquieme avoit une très - petite maladie ,
c'eft-à- dire fort peu de choſe Il a voulu abfolument
prendre le remede , malgré que je lui difois qu'il
pouvoit s'en paffer , & qu'il guériroit par le moindre
remede ordinaire . Toute fa maladie confiftoir
en un écoulement que je regardois de très - petite
conféquence. Il apris le remede pendant fix femaines
, & fon écoulement qui effectivement
avoit refifté à beaucoup de remedes que différentes
perfonnes de l'art lui avoit fuggetés inutilement ,
s'eft terminé , & il fe porte à merveille .
Voilà , Monfieur , le détail auffi vrai que fimOCTOBRE
. 1757. 211
ple & fuccinct des cures que j'ai déja faites . J'aurai
foin dans la fuite de vous apprendre les nouveaux
fuccès de vos dragées.
J'ai l'honneur d'être , &c.
REY.
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Résumé : LETTRE de M. Rey, à M. Keyser, en date du 29 Août.
Dans une lettre datée du 29 août, M. Rey informe M. Keyfer des succès obtenus avec un remède confié par ce dernier. Depuis leur séparation, M. Rey a traité et guéri cinq malades atteints de maladies vénériennes graves et invétérées. Il reconnaît la grande efficacité du remède, le qualifiant comme le plus grand actuellement connu en médecine. Le premier malade, après huit années de traitements infructueux et un état critique, a été guéri en deux mois grâce aux dragées de M. Keyfer. Le second, souffrant de symptômes variés dont une chute de cheveux et des ulcères, a été guéri en 45 jours. Le troisième, atteint d'une gonorrhée virulente, a vu ses symptômes disparaître en 25 jours, malgré des déplacements fréquents. Le quatrième, en état de gangrène, a été guéri rapidement et a continué le traitement pour assurer la guérison. Le cinquième, avec une maladie légère, a insisté pour prendre le remède et a été guéri après six semaines. M. Rey conclut en promettant de rapporter les futurs succès du remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16481
p. 204-208
MORTS.
Début :
Dame Honorée-Marie Sophie de Montgrand, épouse du Marquis de Sorbe [...]
Mots clefs :
Ministre plénipotentiaire, Marquis, Brigadier, Évêque, Dame, Chevalier, Maison de Chasteigner, Comte, Chanoine, Maison de Seytres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S
Dame Honorée-Marie Sophie de Montgrand',
époufe du Marquis de Sorbe , Miniftre Plénipo
tentiaire de Genes auprès du Roi , eft morte à
Toulon le 7 du mois d'Août.
Le Marquis d'Hérouville de Claye , Lieutenant-
Général des Armées du Roi , & Gouverneur du
Fort des Barraux , mourut le 27 en fon Château
de Claye , dans la quatre-vingtiéme année de fon
âge.
Le fieur Thomas Dutrou de Villetan, Brigadier
OCTOBRE. 1760. 201
des Armées de Sa Majefté , ancien Directeur des
Fortifications de Normandie , & Chevalier de
l'Ordre Royal & militaire de Saint Louis , eft
moft au Havre de Grace le 29 , âgé de foixante
& feize ans.
Mellire Pierre - Jofeph d'Artaud , Evêque de
Cavaillon , eft mort en cette Ville les Septembre,
âgé de cinquante- quatre ans , après une maladie
de quelques jours.
Dame Auguftine- Marie de Menou , époufe de
Meflire Louis - Théodore Andrault , Comte de
Langeron , Lieutenant - Général des Armées du
Roi , Gouverneur de Breft, & des Inles d'Oueffant ,
mourut ler dans la trente- cinquiéme année de
fon âge.
Gui- Augufte de Rohan- Chabot , Lieutenant-
Général des Armées de Sa Majefté , eft mort le
13 , âgé de foixante & dix- fept ans.
1
Mellire Eutrope Alexis Chafteigner , Chevalier,
Seigneur , Marquis de S. George , Touffou , Talmon
& autres lieux , ancien Capitaine de Cavalerie
au Régiment de Talmon , depuis Grammont ,
& à préfent Balincourt , mourut le vingt - deux
Juillet dernier à Poitiers , âgé de foixante- dixneuf
ans , regretté généralement de tous les pauvres
qu'il affittoir immenfement; il laiffe pour fillet
unique de fon mariage avec Dame Eléonore
de Megrigny , Dame Armande Eléonore Chafreigner
, Epoufe de Haut & Puiffant Seigneur ,
Meffire Jean-Henri Chafteignier , Chevalier , Seigneur
de Rouvre , ancien Capitaine de Cavalerie
au Régiment ci- devant de Granmont , aujourd'hui
Balincourt , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis & qui a été élu Commandant de la Nobleffe
du haut Poitou à l'Affemblée de la Nobleffe
à S. Jean Dangely , en 1758 , & dont le frere appellé
le Chevalier Chafteigner , eft actuellement
206 MERCURE DE FRANCE.
Capitaine de Carabiniers ; Monfieur l'Abbé de
Chafteigner de Rouyre , Abbé des Chaftelliers en
Poitou , eft fon oncle ; Monfieur l'Abbé de la
Chafteigneraye , Comte de Lyon & Aumônier du
Roi , eft de cette Maifon , & plufieurs autres branches
. Nous ne dirons rien de l'ancienneté & de
de l'illuftration de la Maiſon de Chafteigner.
Nous renvoyons à la généalogie qu'en a faite André
Duchefne au mémoire de M. de Thou & à·
Morery , à la liste des Chevaliers du S. Elprit ,.
fous Henri III, & d'autres livres des Officiers de
la Couronne. Cette Maifon eft alliée à celle de
Chatillon , Laval - Montmorency , Apelvoifin ,
Lamothe- Houdancourt , Rochechouard , Turpin ,
Luzignan ; & aurres de la plus grande diftinction..
Melfire Louis Auguftin Cafimir de Seytres
Caumont , Chanoine de l'Eglife , Comte de Lyon,
depuis le 9 Novembre 1751 , Vicaire général du
Diocèle de Dijon , mourut dans cette Ville le ro
Mai de cette année , après trois jours de maladie ,
âgé de 18 ans , cinq mois , vingt-un jours ; em
portant les regrets de fon Chapitre , & du Dio→
cèfe où il étoit employé.
-
Il étoit né le 19 Novembre 1731 ,de feu Meffire
Jofeph de Seytres , Marquis de Caumont , & de
Dame Marie- Elizabeth de Doni , encore vivante.
Deftiné à l'Etat Eccléfiaftique, dès fon'jeune âge,
il reçut de fes parens l'éducation qui y étoit pro
pres on l'envoya à l'âge de dix ans à Paris au
College Mazarin , plutôt pour être afluré qu'il y
feroit de bonnes études, que pour profiter du pri
vilége qu'ont les Avignonois , d'y être reçus
comme Sujets de N. S. P. le Pape . L'Abbé de
Caumont ne trompa pas l'efpérance de les parens ,
& il fit dans ce Collége toutes fes études , jufqu'à
la Théologie , avec une liftinction particuliere .
El entra enfuite à S. Sulpice , & fit de même fa
OCTOBRE . 1760. 207
licence dans la Maifon de Navarre. Sa famille
defira en 1750 , de faire fes preuves pour le Chapitre
de Lyon. Elles furent faites la même année ;
& quoiqu'il eût fix concurrens , dont les preaves
avoient été admifes avant lui , le Chapitre le '
nomma à la Comté vacante , par la mort de M.
le Comte de Dortan , Grand - Chantre de l'Eglife.
Feu N. S. P. le Pape Benoît XIV , adreffa
un mois après un Bref , auffi flateur pour le
Chapitre , que pour l'Abbé de Caumont , par lequel
Sa Sainteté recommandoit à Meffieurs les
Comtes , de le nommer a la premiere Comté vacante.
Mais les fouhaits du S. Pere , avoient déja
été prévenus. Après avoir fini fes études & fon Séminaire
, l'Abbé de Caumont fut choifi par M.-
l'Evêque de Dijon,pour être un de fes Vicaires Gé
néraux . Il s'acquitta avec foin des fonctions de
fon nouvel état , autant que le Service de fon
Eglife pouvoit le lui permettre , & il partagea fa
réfidence entre Lyon & Dijon . Il étoit né avec une
grande vivacité ; mais il ne la tourna qu'à remplir
avec exactitude fes devoirs même au- delà de
ce qu'ils lui prefcrivoient ; & il prêcha quelquefois
à Lyon , ou ailleurs. Il n'aimoit point le
inonde ; & fon délaffement , après avoir rempli
les devoirs de fon état , étoit l'étude des Belles-
Lettres. Le goût qu'il avoit pour elles , & qu'il
avoit puifé auprès d'un pére dont le nom eft affez
connu dans la République des Lettres , pour qu'il
fuffife de le nommer. Ce goût l'engagea à former
une Bibliotheque telle que fon revenu pou
voit lui permettre d'en former une. Il fe retrancha
même fur autre chofe pour fatisfaire la
paffion qu'il avoit pour les livres. La vivacité de
l'Abbé de Caumont , qui le portoit à remplir fi
bien fes devoirs , a abregé fes jours . Il fe trouva
incommodé du maigre le Carême dernier ; &
208 MERCURE DE FRANCE.
quelque repréfentation qu'on lui fit , il ne crut
pas devoir l'interrompre pour prendre quelque
rafraîchiffement ; & après le Carême fini , il négligea
encore de le faire pour fe rendre à Dijon
, & fervir le Diocèfe . Il partit de Lyon pour
cette Ville les premiers jours de Mai , & au bout
de trois jours de maladie , il mourut d'une fiévre
maligne dans les fentimens de piété & de religion
dans lefquels il avoit vêcu . On peut dire fans flatterie
que l'Eglife de France a fait en lui une véritable
perte , puifque fes Membres les plus refpec--
tables en ont rendu un pareil témoignage ; ennemi
de l'Efpric de parti , il aimoit la paix & ne ceffoit
de faire des voeux pour qu'elle régnât dans l'E--
glife . Le Chapitre de Lyon a donné une marque
d'eftime & d'affection pour la Maiſon de Seytres-
Caumont, en nommant à la Comté vacante Mellire
Olivier Eugene- François de Paule de Seytres
Chevalier de Malthe.
Dame Honorée-Marie Sophie de Montgrand',
époufe du Marquis de Sorbe , Miniftre Plénipo
tentiaire de Genes auprès du Roi , eft morte à
Toulon le 7 du mois d'Août.
Le Marquis d'Hérouville de Claye , Lieutenant-
Général des Armées du Roi , & Gouverneur du
Fort des Barraux , mourut le 27 en fon Château
de Claye , dans la quatre-vingtiéme année de fon
âge.
Le fieur Thomas Dutrou de Villetan, Brigadier
OCTOBRE. 1760. 201
des Armées de Sa Majefté , ancien Directeur des
Fortifications de Normandie , & Chevalier de
l'Ordre Royal & militaire de Saint Louis , eft
moft au Havre de Grace le 29 , âgé de foixante
& feize ans.
Mellire Pierre - Jofeph d'Artaud , Evêque de
Cavaillon , eft mort en cette Ville les Septembre,
âgé de cinquante- quatre ans , après une maladie
de quelques jours.
Dame Auguftine- Marie de Menou , époufe de
Meflire Louis - Théodore Andrault , Comte de
Langeron , Lieutenant - Général des Armées du
Roi , Gouverneur de Breft, & des Inles d'Oueffant ,
mourut ler dans la trente- cinquiéme année de
fon âge.
Gui- Augufte de Rohan- Chabot , Lieutenant-
Général des Armées de Sa Majefté , eft mort le
13 , âgé de foixante & dix- fept ans.
1
Mellire Eutrope Alexis Chafteigner , Chevalier,
Seigneur , Marquis de S. George , Touffou , Talmon
& autres lieux , ancien Capitaine de Cavalerie
au Régiment de Talmon , depuis Grammont ,
& à préfent Balincourt , mourut le vingt - deux
Juillet dernier à Poitiers , âgé de foixante- dixneuf
ans , regretté généralement de tous les pauvres
qu'il affittoir immenfement; il laiffe pour fillet
unique de fon mariage avec Dame Eléonore
de Megrigny , Dame Armande Eléonore Chafreigner
, Epoufe de Haut & Puiffant Seigneur ,
Meffire Jean-Henri Chafteignier , Chevalier , Seigneur
de Rouvre , ancien Capitaine de Cavalerie
au Régiment ci- devant de Granmont , aujourd'hui
Balincourt , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis & qui a été élu Commandant de la Nobleffe
du haut Poitou à l'Affemblée de la Nobleffe
à S. Jean Dangely , en 1758 , & dont le frere appellé
le Chevalier Chafteigner , eft actuellement
206 MERCURE DE FRANCE.
Capitaine de Carabiniers ; Monfieur l'Abbé de
Chafteigner de Rouyre , Abbé des Chaftelliers en
Poitou , eft fon oncle ; Monfieur l'Abbé de la
Chafteigneraye , Comte de Lyon & Aumônier du
Roi , eft de cette Maifon , & plufieurs autres branches
. Nous ne dirons rien de l'ancienneté & de
de l'illuftration de la Maiſon de Chafteigner.
Nous renvoyons à la généalogie qu'en a faite André
Duchefne au mémoire de M. de Thou & à·
Morery , à la liste des Chevaliers du S. Elprit ,.
fous Henri III, & d'autres livres des Officiers de
la Couronne. Cette Maifon eft alliée à celle de
Chatillon , Laval - Montmorency , Apelvoifin ,
Lamothe- Houdancourt , Rochechouard , Turpin ,
Luzignan ; & aurres de la plus grande diftinction..
Melfire Louis Auguftin Cafimir de Seytres
Caumont , Chanoine de l'Eglife , Comte de Lyon,
depuis le 9 Novembre 1751 , Vicaire général du
Diocèle de Dijon , mourut dans cette Ville le ro
Mai de cette année , après trois jours de maladie ,
âgé de 18 ans , cinq mois , vingt-un jours ; em
portant les regrets de fon Chapitre , & du Dio→
cèfe où il étoit employé.
-
Il étoit né le 19 Novembre 1731 ,de feu Meffire
Jofeph de Seytres , Marquis de Caumont , & de
Dame Marie- Elizabeth de Doni , encore vivante.
Deftiné à l'Etat Eccléfiaftique, dès fon'jeune âge,
il reçut de fes parens l'éducation qui y étoit pro
pres on l'envoya à l'âge de dix ans à Paris au
College Mazarin , plutôt pour être afluré qu'il y
feroit de bonnes études, que pour profiter du pri
vilége qu'ont les Avignonois , d'y être reçus
comme Sujets de N. S. P. le Pape . L'Abbé de
Caumont ne trompa pas l'efpérance de les parens ,
& il fit dans ce Collége toutes fes études , jufqu'à
la Théologie , avec une liftinction particuliere .
El entra enfuite à S. Sulpice , & fit de même fa
OCTOBRE . 1760. 207
licence dans la Maifon de Navarre. Sa famille
defira en 1750 , de faire fes preuves pour le Chapitre
de Lyon. Elles furent faites la même année ;
& quoiqu'il eût fix concurrens , dont les preaves
avoient été admifes avant lui , le Chapitre le '
nomma à la Comté vacante , par la mort de M.
le Comte de Dortan , Grand - Chantre de l'Eglife.
Feu N. S. P. le Pape Benoît XIV , adreffa
un mois après un Bref , auffi flateur pour le
Chapitre , que pour l'Abbé de Caumont , par lequel
Sa Sainteté recommandoit à Meffieurs les
Comtes , de le nommer a la premiere Comté vacante.
Mais les fouhaits du S. Pere , avoient déja
été prévenus. Après avoir fini fes études & fon Séminaire
, l'Abbé de Caumont fut choifi par M.-
l'Evêque de Dijon,pour être un de fes Vicaires Gé
néraux . Il s'acquitta avec foin des fonctions de
fon nouvel état , autant que le Service de fon
Eglife pouvoit le lui permettre , & il partagea fa
réfidence entre Lyon & Dijon . Il étoit né avec une
grande vivacité ; mais il ne la tourna qu'à remplir
avec exactitude fes devoirs même au- delà de
ce qu'ils lui prefcrivoient ; & il prêcha quelquefois
à Lyon , ou ailleurs. Il n'aimoit point le
inonde ; & fon délaffement , après avoir rempli
les devoirs de fon état , étoit l'étude des Belles-
Lettres. Le goût qu'il avoit pour elles , & qu'il
avoit puifé auprès d'un pére dont le nom eft affez
connu dans la République des Lettres , pour qu'il
fuffife de le nommer. Ce goût l'engagea à former
une Bibliotheque telle que fon revenu pou
voit lui permettre d'en former une. Il fe retrancha
même fur autre chofe pour fatisfaire la
paffion qu'il avoit pour les livres. La vivacité de
l'Abbé de Caumont , qui le portoit à remplir fi
bien fes devoirs , a abregé fes jours . Il fe trouva
incommodé du maigre le Carême dernier ; &
208 MERCURE DE FRANCE.
quelque repréfentation qu'on lui fit , il ne crut
pas devoir l'interrompre pour prendre quelque
rafraîchiffement ; & après le Carême fini , il négligea
encore de le faire pour fe rendre à Dijon
, & fervir le Diocèfe . Il partit de Lyon pour
cette Ville les premiers jours de Mai , & au bout
de trois jours de maladie , il mourut d'une fiévre
maligne dans les fentimens de piété & de religion
dans lefquels il avoit vêcu . On peut dire fans flatterie
que l'Eglife de France a fait en lui une véritable
perte , puifque fes Membres les plus refpec--
tables en ont rendu un pareil témoignage ; ennemi
de l'Efpric de parti , il aimoit la paix & ne ceffoit
de faire des voeux pour qu'elle régnât dans l'E--
glife . Le Chapitre de Lyon a donné une marque
d'eftime & d'affection pour la Maiſon de Seytres-
Caumont, en nommant à la Comté vacante Mellire
Olivier Eugene- François de Paule de Seytres
Chevalier de Malthe.
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Résumé : MORTS.
En 1760, plusieurs personnalités notables ont décédé. Dame Honorée-Marie Sophie de Montgrand, épouse du Marquis de Sorbe, ministre plénipotentiaire de Gênes auprès du Roi, est morte à Toulon le 7 août. Le Marquis d'Hérouville de Claye, Lieutenant-Général des Armées du Roi et Gouverneur du Fort des Barraux, est décédé le 27 août à son château de Claye à l'âge de 80 ans. Le sieur Thomas Dutrou de Villetan, Brigadier des Armées de Sa Majesté et Chevalier de l'Ordre Royal et militaire de Saint Louis, est mort au Havre de Grâce le 29 octobre à l'âge de 72 ans. Monseigneur Pierre-Joseph d'Artaud, Évêque de Cavaillon, a succombé en septembre à l'âge de 54 ans après une courte maladie. Dame Augustine-Marie de Menou, épouse de Monseigneur Louis-Théodore Andrault, Comte de Langeron, Lieutenant-Général des Armées du Roi et Gouverneur de Brest et des Îles d'Ouessant, est décédée le 1er octobre à l'âge de 35 ans. Le sieur Gui-Auguste de Rohan-Chabot, Lieutenant-Général des Armées de Sa Majesté, est mort le 13 octobre à l'âge de 77 ans. Monseigneur Eutrope Alexis Chasteigner, Chevalier et Marquis de Saint-Georges, Touffou, Talmont et autres lieux, ancien Capitaine de Cavalerie, est décédé le 22 juillet à Poitiers à l'âge de 69 ans. Monseigneur Louis-Augustin Casimir de Seytres Caumont, Chanoine de l'Église et Comte de Lyon, est mort à Dijon le 10 mai à l'âge de 18 ans, 5 mois et 21 jours après une maladie de trois jours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16482
p. 1248-1256
ARRESTS NOTABLES.
Début :
LETTRES PATENTES du 20. Août 1732. registrées en Parlement le 18. May [...]
Mots clefs :
Roi, Cour, Libelle, Parlement, Arrêt, Procureur général du roi
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES .
LET
ETTRES PATENTES du 20. Août
1732. registrées en Parlement le 18. May
1733. qui confirment le Contrat d'échange fait
entre le Roy et le sieur Martin , Proprietaire de
Bois Taillis et des Terres situées dans le grand
Parc de Versailles , & c.
JUIN. 1733- 2249
•
LETTRES PATENTES en forme d'Edit du
mois de Décembre 1732. registrées en Parlement
le 18. May 1733 qui confirment le Contrat
d'échange de Terres , &c. fait entre le Roy
et le sieur Comte de Villepreux.
AUTRES LETTRES PATENTES en forme
d'Edit du mois de Décembre 1732. registrées en
Parlement le 18 May , qui confirment un Contrat
d'échange de Terres entre le Roy et le nommé
la Bretesche.
ARREST du Parlement , du 26. Mars 1733-
qui condamne le nommé Descorailles , dit le
Chevalier de Salers , à un banissement de neuf
áns , en so . livres d'amende envers le Roy , et en
10000. livres de réparations civiles envers les
sieur et Dame de la Ronade , pour raison des
violences , voyes de fait , injures et insaltes par
lui commises à leur égard ; ordonne que les nom
mez Anne Descorailles de Salers , et Jean Descorailles
de Milliard , seront admonestez et les condamne
solidairement à aumôner chacun la som◄
me de 10. livres au pain des Prisonniers de la
Conciergerie.
ARREST du Conseil d'Etat du 19. May , por
tant deffenses aux Gentilshommes- Verriers , Tiseurs
, Ouvriers , Serviteurs , Domestiques et autres
employez en la Manufacture Royale de la
Verrerie de Sévres , de quitter leur service et de
s'éloigner de plus d'une lieue , sans un congé par
écrit de l'Inspecteur pour le Roy en ladite Manufacture
, sous peine d'amende et de punition
corporelle ; fait pareillement deffenses , sous les
mêmes peines , et de prison , à toutes personnes
I. Vol.
ds
1250 MERCURE DE FRANCE
de débauchér lesdits Gentilshommes , Ouvriers ,
Serviteurs , Domestiques ; et à tous Maîtres de
Verreries , de recevoir lesdits Gentilshommes et:
Ouvriers , sous peine de 3000. livres d'amende
solidaire.
ARREST du Conseil du premier Juin , dont
voici la teneur.
Le Roy s'étant fait représenter en son Conseil
une feuille imprimée sans nom d'Auteur ni
d'Imprimeur , ayant pour titre , Lettre à un Prêtre
de l'Oratoire , au sujet de l'Assemblée de cette
Congrégation , indiquée au 12. Juin 1733 Sa Majesté
y auroit reconnu que ce libelle porte avec
soy tous les caracteres d'un Ouvrage séditieux ,
dont l'Auteur ne se contentant pas de s'élever
avec témérité contre la Déclaration du 4. Août
1720. y établit des principes entierement contraires
au respect et à l'obéissance due aux ordres de
S. M. en supposant , avec ignorance ou mauvaise
foi , que le Souverain ne peut exclure régulierement
des Chapitres ou Assemblées , les Sujets.
qu'il juge avoir contrevenu aux Loix et Ordonnances
de son Royaume ; et comme il est important
de supprimer un pareil libelje , pour prévenir
les suites d'une nouveauté si dangereuse et
si répréhensible , Sa Majesté étant en son Conseil,
a ordonné et ordonne que la feuille intitulée
Lettre à un Prétre de l'Oratoire , au sujet de l'As-.
semblée de cette Congrégation , indiquée au 12. Juin
1733. imprimée sans nom d'Auteur ni d'Imprimeur
, demeurera supprimée, comme séditieuse et
contraire à l'autorité du Roy . Fait Sa Majesté ,
très-expresses inhibitions et deffenses à tous Imprimeurs
, Libraires , Colporteurs , et autres personnes
d'imprimer ou faire imprimer , vendre ,
I. Vol. débiter
JUIN. 1733 . 1251
débiter ou distribuer ledit libelle , sous les peines
portées par la Déclaration du 10 May 1728. & c.
ARREST du Parlement du S. Juin.
Ce jour, les Gens du Roy sont entrez , et Maître
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Seigneur
Koy portant la parole , ont dit : Que depuis
le Libelle des Refléxions pour les Evêques dé
France , que la Cour a condamné par son Arrêt
du 14. Avril dernier , il en paroît un autre du
même genre , qui déja s'est répandu dans des
Provinces éloignées , et y a subi le sort qu'il
mérite , avant qu'aucun Exemplaire en fût encore
parvenu entre leurs mains.
Que ce nouvel Ecrit intitulé : Lettre d'un Doc
teur de Sorbonne à un Evêque de Province , n'est
en quelque sorte qu'une répétition du premier ,
dont il suit et dont il copie les excès . Que la
Cour y reconnoîtra le même esprit , les mêmes
pensées , presque jusqu'aux mêmes expressions .
et sur tout ces vûës dangereuses de séparation et
de schisme qu'on ne peut assez réprimer. Qué
ce qu'il ajoûte à l'autre , c'est un plan plus étendu
et plus circonstancié des voyes capables d'y
conduire. Que sa passion ingénieuse à les multiplier
, n'est allarmée d'aucun des maux réels
qu'on en verroit éclore ; et que dans son impatience
, il n'est point de moyens qu'elle n'invente
pour le succès d'un si funeste projet.
Qu'ils se croyent dispensez d'entrer dans la
discussion de ces égaremens. Qu'il s'agit moins
d'approfondir le mal que de l'étouffer ; et qu'un
pareil Libelle porte assez son reproche avec luimême.
Qu'il n'est pas besoin de refléxions sur
un Ecrit qui s'applaudit du titre de Tocsin , et
se vante de sonner l'allarme ; qui se fait un jeu
I. Vol.
d'accuser
1252 MERCURE DE FRANCE
d'accuser les Puissances de l'Etat et de l'Eglise ;
qui reproche aux unes de tenir une conduite qui
tend à la perte de la Religion et impute aux autres
d'y conspirer par leur indolence et par leur
foiblesse qui enfin pour colorer ses excès , ne
craint point de nous annoncer l'extinction prochaine
de la Catholicité parmi nous , et de dire
que nous touchons à un de ces temps malheureux , où
Pon voit des Provinces et des Royaumes entiers perdre
la Foy. Que faut - il de plus pour faire sentir
jusqu'où va l'emportement et la témerité de cer
Ouvrage , et pour mettre en garde contre les vues
passionnées qui tendent aux extrémnitez dans lesquelles
il essaye d'engager ?
1
Qu'ils se contentent donc de le remettre sous
les yeux de la Cour , et d'attendre d'elle un Jugement
pareil à celui qu'e'le a porté contre l'au
tre Ecrit par l'Arrêt du 14. Avril dernier.
Eux retirez :
Yeu le Libelle intitulé : Lettre d'un Docteur de
Sorbonne à un Evêque de Province , le 8. Mars
1733.ensemble les Conclusions par écrit du Procureur
General du Roy : Oui le rapport de Me
Louis de Vienne , Conseiller , et la matiere sur
ce mise en déliberation .
>
La Cour a arrêté et ordonné que ledit Libellé
sera laceré et bru é en la Cour du Palais , au pied
du grand Escalier d'icelui par l'Executeur de la
haute Justice comme injurieux à l'autorité
Royale , et à l'honneur des Parlemens , excitant
au schisme , et tendant à sédition : Fait inhibitions
et deffenses à tous Libraires , Imprimeurs
Colporteurs et à tous autres , de l'imprimer ,
vendre et débiter , ou autrement distribuer , sur
peine d'être procedé contre eux extraordinairement
; enjoint à tous ceux qui en auroient des
I. Vol. ExcmJUIN.
1733. 7253
Exemplaires , de les remettre incessamment an
Greffe Civil de la Cour , four y être supprimez :
Permet au Procureur Géneral du Roy , de faire
informer contre ceux qui ont composé , imprimé
, vendu , debité ou distribué ledit Libelle par
devant Me de Vienne , Conseiller en icelle , même
pardevant les Lieutenans Criminels ou autres
premiers Officiers des Sieges Royaux du Ressort
pour les témoins qui se trouveroient dans l'étendue
desdits Siéges , poursuite et diligence de
ses Substituts en iceux pour les informations
faites , rapportées et communiquées au Procureur
Général du Roy , être par lui requis , et
par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra : Ordonne
que copies collationnées du présent Arrêt,
seront envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées
du Ressort , pour y être lû , publié et registré ;
enjoint aux Substituts du Procureur General du
Roy d'y tenir la main et d'en certifier la Cour
dans le mois. Fait en Parlement , &c.
ARREST du Parlement du même jour 5. Juin.
Ce jour , les Gens du Roy sont entrez , et Me
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Seigneur
Roy, portant la parole , ont dit : Qu'on n'auroit
pas eu lieu de croire que l'Arrêt du 23. Février
dernier , pût être le prétexte d'une accusation
d'infidelité au Roy , et d'attentat contre les droits
sacrez de sa Couronne. Que c'est cependant l'usage
qu'en fait un Libelle imprimé , qu'on a semé
par tout il n'y a pas long-temps , qui leur a été
adressé à eux - mêmes , et auquel on a donné le
titre de Remontrance au Roy sur l'Arrêt rendu par
son Parlement de Paris le 23. Février 1733. Que
l'accusation se tire de ce que l'Arrêt deffend entr'autres
choses , de rien faire qui tende à donner
I. Vol. atteinte
1254 MERCURE DE FRANCE
atteinte à l'autorité du Concile oecumenique de
Constance , et de ce qu'en quelques lieux , dit- on,
ce Concile s'attribue le droit de dépouiller de leur
dignité les Empereurs et les Rois en cas de désobéissance
à ses Decrets.
Qu'on ne parviendra jamais à rendre la Cour
suspecte dans ses sentimens ni dans sa conduite ,
sur le grand principe de l'indépendance absoluë
de la Souveraineté de nos Rois. Que c'est la minaxime
inviolable sous laquelle ce Sénat auguste
s'est formé ; qu'il ne subsiste et qu'il ne vit pour
ainsi dire , que pour elle ; et que s'il pouvoit cesser
d'être , ces murailles qu'il en a fait retentir
tant de fois depuis plusieurs siecles , sembleroient
encore parler après Tui pour la publier à jamais.
Que la Cour n'a donc pas même à s'offenser
d'un reproche qui tombe par sa seule absurdité.
Qu'elle a parlé du Concile de Constance , comme
on s'est fait en France de tout temps une Loi
de s'en expliquer , c'est à- dire , pour le reconnoître
et pour le maintenir oecuménique. Qu'elle
a désigné singulierement les Decrets contenus
dans les Sessions quatre et cinq , si importants
pour nos maximes ; et qu'en ce point elle a suivi.
encore l'exemple respectable de nos Peres , dans
de qui s'est fait de plus solemnel en faveur des
mêmes Decrets.
Qu'à l'égard de ce qui peut être des termes de
quelques Sessions dont on abuse , c'est un argument
usé que nos plus celebres Ecrivains n'ont
pas laissé sans y répondre. Que l'oecumenicité
du Concile une fois établie , comme il n'est pas
permis en France de la contester ; au lieu de chercher
des prétextes pour lui reprocher une entreprise
sur le Temporel , aussi éloignée de ses vûës,
qu'incapable d'un juste effet , ils n'ont songé avec
I. Vol. raisom
JUIN . 1732 . 1255
raison , qu'à prendre dans un sens plus légitime
ce qui s'est passé dans ses Assemblées , et par la
sagesse éclairée de leurs observations , ils ont
conservé également les droits inviolables des
Puissances Temporelles , et le respect qui lui est
dû. Que c'est ce qu'on n'auroit pas dû dissimuler.
Mais qu'il est visible que l'on n'a cherché qu'à
donner le change ; et que l'audace d'un pareil
Libelle ne peut être condamnée trop séverement.
Que c'est l'objet des Conclusions qu'ils laissent
à la Cour , avec un Exemplaire du Libelle.
' Eux retirez :
Vi ledit Libelle intitulé : Remontrance au Roy
sur l'Arrêt rendu par son Parlement de Paris le 23.
Février 1733. qui ordonne la suppression d'un Imprimé
intitulé , Lettre de M. Leullier à M. le Premier
Président , ensemble les Conclusions par
écrit du Procureur General du Roy. Oui le rapport
de M Louis de Vienne , Conseiller , et la
matiere sur ce mise en délibération .
La Cour a arrêté et ordonné que ledit Libelle
sera laceré et brulé en la Cour du Palais , au pied
du grand Escalier d'icelui , par l'Executeur de la
haute Justice , comme calomnieux et injurieux à
la Cour. Fait inhibitions et deffenses à tous Libraires
, Imprimeurs , Colporteurs et tous autres
de l'imprimer , vendre et debiter , ou autrement
distribuer , sur peine d'être procedé contre eux ..
extraordinairement Enjoint à tous ceux qui en
auroient des Exemplaires de les remettre incessamment
au Greffe Civil , pour y être supprimez ;
Permet au Procureur General du Roy , de faire
informer contre ceux qui ont composé, imprimé,
vendu , debité ou distribué ledit Libelle pardevant
Me de Vienne , Conseiller en icelle , même pardevant
les Lieutenans Criminels ou autres pre-
I. Vol. niers
1256 MERCURE DE FRANCE
miers Officiers des Sieges Royaux du Ressort ,
pour les témoins qui se trouveroient dans l'étendue
desdits Sieges , poursuite et diligence des
Substituts en iceux , pour les informations faites,
rapportées et communiquées au Procurer General
au Roy , être par lui requis , et par la Cour
ordonné ce qu'il appartiendra. Ordonne que
pies collationnées du présent Arrêt , seront envoyées
aux Bailliages eiSénéchaussées du Ressort,
pour y être lê , publié et registré , enjoint anx
Substituts du Procureur General du Roy d'y tenir
la main et d'en certifier la Cour dans le mois.
Fait en Parlement , & c.
LET
ETTRES PATENTES du 20. Août
1732. registrées en Parlement le 18. May
1733. qui confirment le Contrat d'échange fait
entre le Roy et le sieur Martin , Proprietaire de
Bois Taillis et des Terres situées dans le grand
Parc de Versailles , & c.
JUIN. 1733- 2249
•
LETTRES PATENTES en forme d'Edit du
mois de Décembre 1732. registrées en Parlement
le 18. May 1733 qui confirment le Contrat
d'échange de Terres , &c. fait entre le Roy
et le sieur Comte de Villepreux.
AUTRES LETTRES PATENTES en forme
d'Edit du mois de Décembre 1732. registrées en
Parlement le 18 May , qui confirment un Contrat
d'échange de Terres entre le Roy et le nommé
la Bretesche.
ARREST du Parlement , du 26. Mars 1733-
qui condamne le nommé Descorailles , dit le
Chevalier de Salers , à un banissement de neuf
áns , en so . livres d'amende envers le Roy , et en
10000. livres de réparations civiles envers les
sieur et Dame de la Ronade , pour raison des
violences , voyes de fait , injures et insaltes par
lui commises à leur égard ; ordonne que les nom
mez Anne Descorailles de Salers , et Jean Descorailles
de Milliard , seront admonestez et les condamne
solidairement à aumôner chacun la som◄
me de 10. livres au pain des Prisonniers de la
Conciergerie.
ARREST du Conseil d'Etat du 19. May , por
tant deffenses aux Gentilshommes- Verriers , Tiseurs
, Ouvriers , Serviteurs , Domestiques et autres
employez en la Manufacture Royale de la
Verrerie de Sévres , de quitter leur service et de
s'éloigner de plus d'une lieue , sans un congé par
écrit de l'Inspecteur pour le Roy en ladite Manufacture
, sous peine d'amende et de punition
corporelle ; fait pareillement deffenses , sous les
mêmes peines , et de prison , à toutes personnes
I. Vol.
ds
1250 MERCURE DE FRANCE
de débauchér lesdits Gentilshommes , Ouvriers ,
Serviteurs , Domestiques ; et à tous Maîtres de
Verreries , de recevoir lesdits Gentilshommes et:
Ouvriers , sous peine de 3000. livres d'amende
solidaire.
ARREST du Conseil du premier Juin , dont
voici la teneur.
Le Roy s'étant fait représenter en son Conseil
une feuille imprimée sans nom d'Auteur ni
d'Imprimeur , ayant pour titre , Lettre à un Prêtre
de l'Oratoire , au sujet de l'Assemblée de cette
Congrégation , indiquée au 12. Juin 1733 Sa Majesté
y auroit reconnu que ce libelle porte avec
soy tous les caracteres d'un Ouvrage séditieux ,
dont l'Auteur ne se contentant pas de s'élever
avec témérité contre la Déclaration du 4. Août
1720. y établit des principes entierement contraires
au respect et à l'obéissance due aux ordres de
S. M. en supposant , avec ignorance ou mauvaise
foi , que le Souverain ne peut exclure régulierement
des Chapitres ou Assemblées , les Sujets.
qu'il juge avoir contrevenu aux Loix et Ordonnances
de son Royaume ; et comme il est important
de supprimer un pareil libelje , pour prévenir
les suites d'une nouveauté si dangereuse et
si répréhensible , Sa Majesté étant en son Conseil,
a ordonné et ordonne que la feuille intitulée
Lettre à un Prétre de l'Oratoire , au sujet de l'As-.
semblée de cette Congrégation , indiquée au 12. Juin
1733. imprimée sans nom d'Auteur ni d'Imprimeur
, demeurera supprimée, comme séditieuse et
contraire à l'autorité du Roy . Fait Sa Majesté ,
très-expresses inhibitions et deffenses à tous Imprimeurs
, Libraires , Colporteurs , et autres personnes
d'imprimer ou faire imprimer , vendre ,
I. Vol. débiter
JUIN. 1733 . 1251
débiter ou distribuer ledit libelle , sous les peines
portées par la Déclaration du 10 May 1728. & c.
ARREST du Parlement du S. Juin.
Ce jour, les Gens du Roy sont entrez , et Maître
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Seigneur
Koy portant la parole , ont dit : Que depuis
le Libelle des Refléxions pour les Evêques dé
France , que la Cour a condamné par son Arrêt
du 14. Avril dernier , il en paroît un autre du
même genre , qui déja s'est répandu dans des
Provinces éloignées , et y a subi le sort qu'il
mérite , avant qu'aucun Exemplaire en fût encore
parvenu entre leurs mains.
Que ce nouvel Ecrit intitulé : Lettre d'un Doc
teur de Sorbonne à un Evêque de Province , n'est
en quelque sorte qu'une répétition du premier ,
dont il suit et dont il copie les excès . Que la
Cour y reconnoîtra le même esprit , les mêmes
pensées , presque jusqu'aux mêmes expressions .
et sur tout ces vûës dangereuses de séparation et
de schisme qu'on ne peut assez réprimer. Qué
ce qu'il ajoûte à l'autre , c'est un plan plus étendu
et plus circonstancié des voyes capables d'y
conduire. Que sa passion ingénieuse à les multiplier
, n'est allarmée d'aucun des maux réels
qu'on en verroit éclore ; et que dans son impatience
, il n'est point de moyens qu'elle n'invente
pour le succès d'un si funeste projet.
Qu'ils se croyent dispensez d'entrer dans la
discussion de ces égaremens. Qu'il s'agit moins
d'approfondir le mal que de l'étouffer ; et qu'un
pareil Libelle porte assez son reproche avec luimême.
Qu'il n'est pas besoin de refléxions sur
un Ecrit qui s'applaudit du titre de Tocsin , et
se vante de sonner l'allarme ; qui se fait un jeu
I. Vol.
d'accuser
1252 MERCURE DE FRANCE
d'accuser les Puissances de l'Etat et de l'Eglise ;
qui reproche aux unes de tenir une conduite qui
tend à la perte de la Religion et impute aux autres
d'y conspirer par leur indolence et par leur
foiblesse qui enfin pour colorer ses excès , ne
craint point de nous annoncer l'extinction prochaine
de la Catholicité parmi nous , et de dire
que nous touchons à un de ces temps malheureux , où
Pon voit des Provinces et des Royaumes entiers perdre
la Foy. Que faut - il de plus pour faire sentir
jusqu'où va l'emportement et la témerité de cer
Ouvrage , et pour mettre en garde contre les vues
passionnées qui tendent aux extrémnitez dans lesquelles
il essaye d'engager ?
1
Qu'ils se contentent donc de le remettre sous
les yeux de la Cour , et d'attendre d'elle un Jugement
pareil à celui qu'e'le a porté contre l'au
tre Ecrit par l'Arrêt du 14. Avril dernier.
Eux retirez :
Yeu le Libelle intitulé : Lettre d'un Docteur de
Sorbonne à un Evêque de Province , le 8. Mars
1733.ensemble les Conclusions par écrit du Procureur
General du Roy : Oui le rapport de Me
Louis de Vienne , Conseiller , et la matiere sur
ce mise en déliberation .
>
La Cour a arrêté et ordonné que ledit Libellé
sera laceré et bru é en la Cour du Palais , au pied
du grand Escalier d'icelui par l'Executeur de la
haute Justice comme injurieux à l'autorité
Royale , et à l'honneur des Parlemens , excitant
au schisme , et tendant à sédition : Fait inhibitions
et deffenses à tous Libraires , Imprimeurs
Colporteurs et à tous autres , de l'imprimer ,
vendre et débiter , ou autrement distribuer , sur
peine d'être procedé contre eux extraordinairement
; enjoint à tous ceux qui en auroient des
I. Vol. ExcmJUIN.
1733. 7253
Exemplaires , de les remettre incessamment an
Greffe Civil de la Cour , four y être supprimez :
Permet au Procureur Géneral du Roy , de faire
informer contre ceux qui ont composé , imprimé
, vendu , debité ou distribué ledit Libelle par
devant Me de Vienne , Conseiller en icelle , même
pardevant les Lieutenans Criminels ou autres
premiers Officiers des Sieges Royaux du Ressort
pour les témoins qui se trouveroient dans l'étendue
desdits Siéges , poursuite et diligence de
ses Substituts en iceux pour les informations
faites , rapportées et communiquées au Procureur
Général du Roy , être par lui requis , et
par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra : Ordonne
que copies collationnées du présent Arrêt,
seront envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées
du Ressort , pour y être lû , publié et registré ;
enjoint aux Substituts du Procureur General du
Roy d'y tenir la main et d'en certifier la Cour
dans le mois. Fait en Parlement , &c.
ARREST du Parlement du même jour 5. Juin.
Ce jour , les Gens du Roy sont entrez , et Me
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Seigneur
Roy, portant la parole , ont dit : Qu'on n'auroit
pas eu lieu de croire que l'Arrêt du 23. Février
dernier , pût être le prétexte d'une accusation
d'infidelité au Roy , et d'attentat contre les droits
sacrez de sa Couronne. Que c'est cependant l'usage
qu'en fait un Libelle imprimé , qu'on a semé
par tout il n'y a pas long-temps , qui leur a été
adressé à eux - mêmes , et auquel on a donné le
titre de Remontrance au Roy sur l'Arrêt rendu par
son Parlement de Paris le 23. Février 1733. Que
l'accusation se tire de ce que l'Arrêt deffend entr'autres
choses , de rien faire qui tende à donner
I. Vol. atteinte
1254 MERCURE DE FRANCE
atteinte à l'autorité du Concile oecumenique de
Constance , et de ce qu'en quelques lieux , dit- on,
ce Concile s'attribue le droit de dépouiller de leur
dignité les Empereurs et les Rois en cas de désobéissance
à ses Decrets.
Qu'on ne parviendra jamais à rendre la Cour
suspecte dans ses sentimens ni dans sa conduite ,
sur le grand principe de l'indépendance absoluë
de la Souveraineté de nos Rois. Que c'est la minaxime
inviolable sous laquelle ce Sénat auguste
s'est formé ; qu'il ne subsiste et qu'il ne vit pour
ainsi dire , que pour elle ; et que s'il pouvoit cesser
d'être , ces murailles qu'il en a fait retentir
tant de fois depuis plusieurs siecles , sembleroient
encore parler après Tui pour la publier à jamais.
Que la Cour n'a donc pas même à s'offenser
d'un reproche qui tombe par sa seule absurdité.
Qu'elle a parlé du Concile de Constance , comme
on s'est fait en France de tout temps une Loi
de s'en expliquer , c'est à- dire , pour le reconnoître
et pour le maintenir oecuménique. Qu'elle
a désigné singulierement les Decrets contenus
dans les Sessions quatre et cinq , si importants
pour nos maximes ; et qu'en ce point elle a suivi.
encore l'exemple respectable de nos Peres , dans
de qui s'est fait de plus solemnel en faveur des
mêmes Decrets.
Qu'à l'égard de ce qui peut être des termes de
quelques Sessions dont on abuse , c'est un argument
usé que nos plus celebres Ecrivains n'ont
pas laissé sans y répondre. Que l'oecumenicité
du Concile une fois établie , comme il n'est pas
permis en France de la contester ; au lieu de chercher
des prétextes pour lui reprocher une entreprise
sur le Temporel , aussi éloignée de ses vûës,
qu'incapable d'un juste effet , ils n'ont songé avec
I. Vol. raisom
JUIN . 1732 . 1255
raison , qu'à prendre dans un sens plus légitime
ce qui s'est passé dans ses Assemblées , et par la
sagesse éclairée de leurs observations , ils ont
conservé également les droits inviolables des
Puissances Temporelles , et le respect qui lui est
dû. Que c'est ce qu'on n'auroit pas dû dissimuler.
Mais qu'il est visible que l'on n'a cherché qu'à
donner le change ; et que l'audace d'un pareil
Libelle ne peut être condamnée trop séverement.
Que c'est l'objet des Conclusions qu'ils laissent
à la Cour , avec un Exemplaire du Libelle.
' Eux retirez :
Vi ledit Libelle intitulé : Remontrance au Roy
sur l'Arrêt rendu par son Parlement de Paris le 23.
Février 1733. qui ordonne la suppression d'un Imprimé
intitulé , Lettre de M. Leullier à M. le Premier
Président , ensemble les Conclusions par
écrit du Procureur General du Roy. Oui le rapport
de M Louis de Vienne , Conseiller , et la
matiere sur ce mise en délibération .
La Cour a arrêté et ordonné que ledit Libelle
sera laceré et brulé en la Cour du Palais , au pied
du grand Escalier d'icelui , par l'Executeur de la
haute Justice , comme calomnieux et injurieux à
la Cour. Fait inhibitions et deffenses à tous Libraires
, Imprimeurs , Colporteurs et tous autres
de l'imprimer , vendre et debiter , ou autrement
distribuer , sur peine d'être procedé contre eux ..
extraordinairement Enjoint à tous ceux qui en
auroient des Exemplaires de les remettre incessamment
au Greffe Civil , pour y être supprimez ;
Permet au Procureur General du Roy , de faire
informer contre ceux qui ont composé, imprimé,
vendu , debité ou distribué ledit Libelle pardevant
Me de Vienne , Conseiller en icelle , même pardevant
les Lieutenans Criminels ou autres pre-
I. Vol. niers
1256 MERCURE DE FRANCE
miers Officiers des Sieges Royaux du Ressort ,
pour les témoins qui se trouveroient dans l'étendue
desdits Sieges , poursuite et diligence des
Substituts en iceux , pour les informations faites,
rapportées et communiquées au Procurer General
au Roy , être par lui requis , et par la Cour
ordonné ce qu'il appartiendra. Ordonne que
pies collationnées du présent Arrêt , seront envoyées
aux Bailliages eiSénéchaussées du Ressort,
pour y être lê , publié et registré , enjoint anx
Substituts du Procureur General du Roy d'y tenir
la main et d'en certifier la Cour dans le mois.
Fait en Parlement , & c.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En 1733, plusieurs arrêtés et lettres patentes ont été émis en France pour régler des affaires judiciaires et administratives. En août 1732, des lettres patentes ont validé des contrats d'échange de terres entre le roi et divers propriétaires, incluant le sieur Martin, le comte de Villepreux et la Bretesche. En mars 1733, le Parlement a condamné Descorailles, connu sous le nom de Chevalier de Salers, à un banissement de neuf ans et à des amendes pour violences et injures. En mai 1733, le Conseil d'État a interdit aux employés de la Manufacture Royale de la Verrerie de Sèvres de quitter leur poste sans autorisation. En juin 1733, le roi a ordonné la suppression d'un libelle séditieux intitulé 'Lettre à un Prêtre de l'Oratoire'. De plus, le Parlement a condamné et brûlé deux autres libelles, 'Lettre d'un Docteur de Sorbonne à un Évêque de Province' et 'Remontrance au Roy sur l'Arrêt rendu par son Parlement de Paris le 23 février 1733', en raison de leurs contenus injurieux et séditieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16483
p. 208-219
ALLEMAGNE.
Début :
Leurs Majestés Impériales ont envoyé au Feld-Maréchal Comte de Browne leurs [...]
Mots clefs :
Vienne, Feld-Maréchal de Browne, Saxons, Roi de Prusse, Prague, Grenadiers, Camp de Budin, Général Haddick, Prisonniers, Occupation militaire, Déplacement des troupes, Attaques, Soldats croates, Prince Piccolomini, Comtes, Comté de Glatz, Litoměřice, Major Manstein, Dresde, Régiments, Ordonnance, Infanterie, Leipzig, Magistrats, Conseillers, Contribution financière, Bautzen, États du cercle, Berlin, Patente, Biens, Francfort, Décret de l'Empereur
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE...
DE VIENNE , le 27 Novembre.
Leurs Majeftés Impériales ont envoyé au Feld-
Maréchal Comte de Browne leurs portraits enrichis
de diamans , & l'on compte que ce Général
fera mis an nombre des Chevaliers de l'Ordre de
la Toifon d'Or , qui font en cette Cour.
Le Comte d'Eftrées , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi Très- Chrétien , arriva ici le 10 de ce
mois. Il eut le 12 fes audiences de Leurs Majeſtés
Impériales.
Près de trois cens Saxons qui ont quitté l'armée
du Roi de Pruffe , font arrivés à Ybbi & à Crem's.
On apprend de Cracovie que les quatre Régimens
d'Infanterie & les deux de Cavalerie de cette Nátion
qui étoient en Pologne , s'avancent du côté
de Bielitz dans la haute Siléfie , pour le joindre aux
troupes de l'Impératrice Reine.
DE PRAGUE , le 14 Novembre.
Quatre Compagnies de Grenadiers des Régimens
que l'Impératrice Reine a fait venir d'Ita
lie , ont été mifes ici en garnifon. On a déposé
JANVIER. 1757. 200
dans l'Arcenal de cette Ville tous les pontons de
l'armée commandée par le Feld- Maréchal de
Browne. Il arrive tous les jours un grand nombre
de Déferteurs Pruffiens. Plufieurs prennent parti
dans les troupes de l'Impératrice Reine.
Depuis quelques jours les troupes qui
étoient dans le camp de Budin , fe font féparées.
Le Feld- Maréchal Comte de Browne a établi fon
quartier général en cette Ville . Il a donné le commandement
de tous les poftes au delà de l'Elbe au
Comte de Maguire. Le Général Haddick commandera
ceux en deçà de cette riviere. Les Huf
fards & les Croates ont formé un cordon le long
des frontieres de la Saxe , & plufieurs Efcadrons
de Cuiraffiers & de dragons font à portée de foutenir
ces troupes irrégulieres.
On doit faire à Carlsbadt l'échange des prifonniers.
Il s'y rendra pour cet effet de chaque côté
un Lieutenant Colonel , un Capitaine , un Auditeur
& un Commiffaire des guerres.
Pendant cet hyver , la Garniſon de cette Ville
fera compofée du Régiment de Jeune Wolfenbu
tel , d'un Bataillon de Wallis , & de vingt- deux
Compagnies de Grenadiers.
Du Camp de Budin , le 7 Novembre.
Le 27 du mois dernier , les Pruffiens ayant
abandonné la Ville d'Auffig , le Feld - Maréchal
Comte de Browne la fit occuper par un Détachement
de Croates. Il fit paffer en même temps
l'Elbe à la plupart des troupes de cette Nation ,
harceler l'arriere- garde de l'armée ennemie.
Le Général Haddick s'avança le 28 avec fon détachement
vers Peterwald. Les Pruffiens s'en re-.
tirerent , & il en prit poffeffion. Le 29 , le Lieute
nant-Colonel Maceligot attaqua un poſte , dans
pour
1
ZIO MERCURE DE FRANCE.
:
lequel un corps d'ennemis étoit retranché avec
huit canons. L'action fut très- vive , & les Pruffiens
fe défendirent long-temps à la faveur de leur
artillerie mais le Colonel Velha étant venu au
fecours du fieur Maceligot , le pofte fut emporté.
Les ennemis y ont laiffé près de deux cens morts
ou bleffés . On eut le 30 des avis certains , que l'ennemi
avoit entiérement évacué la Boheme ; & le
31 , le Feld - Maréchal de Browne rappella les
Détachemens qu'il avoit envoyés dans les Cercles
de Saatz & de Leitmeritz . Sur le bruit qui fe
répandit le premier de ce mois , que les Pruffiens
faifoient de nouveaux mouvemens du côté de Zitau
& de Gabel , ce Général fit avancer le Comte
Lafcy à la tête de quelques Bataillons & d'un
Corps de Huffards vers Jung- Buntzlau , & le Lieutenant-
Colonel Louden vers Bambourg, avec huit
cens Croates. Le Baron de Wolfersdorff , Major
Général , fut détaché le 3 avec fix Bataillons , un
pareil nombre de Compagnies de Grénadiers , fix
cens chevaux , & douze pieces de canon
foutenir le Comte Lafcy . Le s , on apprit que les
ennemis avoient pris des cantonnemens ; qu'il n'y
avoit plus que quatre mille hommes de leurs troupes
qui fuffent campés ; & que ce Corps étoit
retranché derriere Nellendorff.
, pour
Du Quartier Général du Prince Piccolomini
Hollochlau , le 8 Novembre 1756.
Les troupes commandées par le Prince Piccolomini
, ne ſe ſont arrêtées qu'un jour à Jaromitz
, & le 27 du mois dernier elles font venues
camper ici. On fut informé le 29 , qu'un Corps
de Pruffiens qui étoit reſté à Neuſtadt , s'etoit retiré.
Auffitôt le Prince Piccolomini manda au
Comte Spada , de faire prendre poffeffion de ce
JANVIER. 1757. 27F
le
pofte. Sur l'avis qu'on reçut le même jour , que
le Feld- Maréchal de Schwerin décampoit de Skalitz
, & qu'il paroifloit avoir deffein de fe replier
vers Lewin ; les Comtes de Spada , Louis de Starhemberg
& de Rodolphe de Palfy , eurent ordre
de fe porter en avant .En même temps, on détacha
le Colonel Mibaliewich , pour inquiéter
les ennemis dans leur retraite. Le 30 ils fe retirerent
jufqu'à Reinerz dans le Comté de Glatz . Le
fieur Mibaliewich , après les avoir poursuivis ,
eft revenu prendre pofte à Lewin. Le Feld - Maréchal
de Schwerin leva de nouveau fon camp
premier de ce mois. Continuant de retourner
en arriere , il alla fe pofter fous Glatz , & s'eft
replié enfuite jufqu'à Warthe : il n'a laiffé à
Glatz que deux Régimens. Quelques difpofitions.
de ce Général font juger qu'il à même deſſein
d'évacuer entiérement le Comté de Glatz . Les
troupes de l'Impératrice Reine y paient tout ar
gent comptant , excepté le pain & les fourrages ,
qu'elles ne prennent même qu'en donnant des reçus.
Deux Détachemens fe font avancés à Reinerz
& à Gofbubel , pour obferver les mouvemens des
ennemis. Nos Huffards font campés entre Czaftch
& Slany. Les Régimens de Cuiraffiers de Schmerzing
, de Kalckreuter & de Gelhay , & les Régimens
de Huffards de Nadafti & de Kaluocki
font arrivés de Hongrie en Moravie , où ils s'ar
rêteront juſqu'à nouvel ordre.
DE LEITMERITZ , le 2 Novembre.
Quelques jours avant que les Prufſiens abandonnaffent
la Boheme , le fieur de Tallange atta--
qua Salefl , où étoient trois cens hommes d'Infanterie
& quatre-vingts Huffards de leur troupes ,
212 MERCURE DE FRANCE .
avec deux pieces de canon . Il tailla en pieces cent
foixante -dix hommes , & il encloua les deux canons
, ne pouvant les enlever parce que fix cens
Cavaliers ennemis vinrent au fecours du pofte attaqué.
Le Major Manftein , qui y commandoir ,
a perdu la vie. Il n'y a eu que feize hommes tués
& vingt-trois bleffés du côté des Autrichiens . Le
Général Maguire a fait former , par les troupes
qu'il a fous fes ordres , un cordon le long de la
frontiere .
DE DRESDE , le 29 Novembre.
NeufRégimens de l'armée de Sa Majeſté Pruſfienne
devoient traverfer le Cercle de Buntzlau
pour aller joindre l'armée qui eft aux ordres du
Feld-Maréchal de Schwerin . Ils n'ont pu exécuter
ce projet , les Autrichiens ayant occupé les principaux
poftes fitués le long des montagnes de la
Luface. Des lettres de Léipfick avoient marqué ,
que deux Régimens Saxons avoient trouvé le
moyen de fe rendre à Prague. Les mêmes lettres
ajoutoient , que cent cinquante Soldats des mêmes
troupes avoient forcé trois cens Cavaliers
Pruffiens , qui avoient été envoyés à leur pour
fuite , de mettre les armes bas , & qu'il les
avoient emmenés prifonniers en Boheme. Ces
nouvelles ne font pas confirmées. Il eft vrai feule
ment que le Régiment Saxon de Lubomirsky a
refufé de marcher fous les ordres des Officiers
Pruffiens , qui lui avoient été donnés pour commander
qu'il en a tué quelques- uns , & qu'il
s'eft enfuite entiérement difperfé .
Quelques Régimens des troupes Electorales
ayant conftamment refufé de prêter ferment au
Roi de Pruffe , & un grand nombre de Soldats des
JANVIER. 1757. 213
mêmes troupes ayant pris la fuite , le Prince
Maurice d'Anhalt - Deſſau en a porté des plaintes
au Feld- Maréchal Comte de Rutowski , par ordre
de Sa Majesté Pruffienne. Ce Feld- Maréchal a
fait à la lettre du Prince d'Anhalt une réponſe ,
dont voici l'extrait.
« V. A. S. fçait mieux que perfonne , que la plu-
»part des Officiers, après avoir paffé le Pont de Rhuden
,ont été d'abord éloignés de leurs Régimens.
»Comment peut- on exiger d'eux qu'ils répon-
>>dent de leur monde ; & de moi , que je réponde
pour les Officiers ? En vertu de la Capitula-
»tion , il étoit libre à ces derniers de refter au fer-
»vice de S. M. le Roi de Pologne , ou de deman-
» der leur congé. On a convenablement annoncé
»aux Soldats qu'ils feroient prifonniers de guer-
>>re ; mais on ne leur a dit , ni de ma part , ni
>>de celle de qui que ce foit , qu'ils devoient prê-
»ter ferment au Roi de Pruffe , & qu'ils y fe-
Proient forcés. Je me fuis expreffément défendu
»dans la Capitulation , je l'ai fait représenter à S.
>>M. Pruffienne . Malgré cela , perfonne n'eft &
»ne fe croit autorifé à retenir quelques hommes
»de l'Artillerie , de l'Infanterie & de la Cavalerie.
»V. A. S. n'a qu'à nommer ceux des Généraux &
»>Officiers , qu'elle accufe. Notre qualité de prifonniers
de guerre ne nous permet pas de
>>nous éloigner des lieux de notre réfidence , &
chacun de nous eft refponfable de ce qui pourroit
fe faire contre la Capitulation . Mais V. A. S.
>>me permettra de lui dire que l'éloignement des
troupes pour la preftation de ferment qu'on éxi-
»goit d'elles & qu'on leur a fait faire par des
moyens violens , ne devroit point lui paroître
métrange ; & quoi qu'il en foit , il n'eft guere poffible
de rendre refponfables de cet éloignement
214 MERCURE DE FRANCE.
>>leurs Officiers qui font féparés d'elles .... Sur
la Lifte des Grenadiers Gardes du Corps , on a
»mis des hommes qui doivent avoir été auprès des
Ȏquipages des Officiers , & dont une partie s'eft
»perdue avec les bagages , & l'autre a été renvoyée
de Pirna & de Drefde . On a d'ailleurs fpé-
»ciné , comme étant à Drefde , des malades qui
wétoient reftés à Thurmfdorff & à Naumdorff , &
que les troupes Pruffiennes doivent y avoir trou
»vés. Il y a auffi beaucoup de Soldats qui étoient
nabfens par congé . Les Officiers ne fçavent où ils
>>font reftés , ni ce qu'ils font devenus . On a porté
>> pareillement furl'état des troupes plufieurs Ca-
» dets qui ne font encore que des enfans , & qui
»ne font jamais venus au Drapeau , quoique la
>> Cour ait bien voulu leur accorder , comme une
» grace , la paie pour leur entretien....... >>
On publia le premier de ce mois une Ordonnance
, par laquelle S. M. Pruffienne prefcrivoit
aux Cercles de cet Electorat , de fournir neuf
mille foixante -quinze hommes , pour recruter les
Régimens Saxons qu'Elle a pris à ſon ſervice. Par
la répartition qui avoit été faite , ce Prince demandoit
deux mille cent vingt hommes au Cercle
de Mifnie , dix- fept cens trente-cinq au Cercle
de Léipfick , deux cens foixante -un au Cercle
de Neuftadt , quatre cens foixante-onze au Cercle
Electoral , feize cens foixante- cinq au Cercle
des Montagnes , neuf cens cinq au Cercle de
Thuringe , quatre cens foixante - fix au Cercle de
Voigtland , fix cens au Marquifat de la Haute-
Luface , trois cens foixante - huit à la Baffe- Luface
, deux cens trente-e- quatre au Chapitre de Merfebourg
, & deux cens trente au Chapitre de
Naumbourg & de Zeift. Il étoit recommandé aux
Régences de n'enrôler que des hommes qui euf- -
JANVIER. 1757 . 275
>
fent au moins cinq pieds cinq pouces , & qui
n'euffent pas plus de vingt- huit ans ; & de les
choifir principalement parmi les Artifans , particuliérement
parmi les Charrons , Forgerons ,
Charpentiers , Maçons & Serruriers . Toutes ces
recrues devoient être prêtes le 15 & il avoit été
fignifié à chaque Cercle , que , fi elles ne fe trouvoient
pas affemblées pour ce temps , ou fi elles
n'étoient pas telles que S. M. Pruffienne les exigoit,
on procéderoit contre les Membres de la Régence
du Cercle par voie d'éxécution militaire ;
que même ils feroient arrêtés , & que , fans aucune
diftinction de perfonnes , on les condamneroit
aux travaux des fortifications .
Dix Régimens d'Infanterie de l'armée Saxonne
font confervés en entier. S. M. Pruffienne a incorporé
dans les troupes les Grenadiers Gardes du
Corps , le Régiment de la Reine ; celui de la Princeffe,
épouse du Prince Electoral ; fix Régimens de
Cavalerie , & le Corps d'Artillerie . Elle a envoyé
dans fes Etats le Régiment de Dragons de Rutow.
ski , ainfi que les foldats qui ont refufé de prêter
ferment . Plufieurs Officiers , foupçonnés d'avoir
contribué par leurs confeils à ce refus , ont été mis
aux arrêts .
Quelques Soldats Saxons s'étant évadés en paſfant
par Dornau , le détachement Pruffien , qui
les conduifoit , a enlevé les Magiftrats de ce Bourg ,
& les a emmenés prifonniers. On a publié une
Ordonnance du Directoire de Guerre , établi par
le Roi de Pruffe à Torgau . Elle porte que les foldats
qui quitteront les Régimens Saxons que ce
Prince a pris à fon fervice , feront traités comme
déferteurs. Par la même Ordonnance , il eft enjoint
aux Magiftrats de faire arrêter ceux qui le
trouveront dans leurs diftricts , & de les faire conduire
à la garnifon la plus prochaine , fous peine
216 MERCURE DE FRANCE.
d'en répondre en leur propre & privé nom. Il eſt
expreffément défendu de faire tenir aux fugitifs
rien de ce qui peut leur appartenir. Les Magiftrats
auffi-tôt qu'ils feront informés de l'évalion de
quelqu'un , feront obligés de faifir ſes biens meubles
ou immeubles , & ils payeront de leurs
pres fonds les effets qui feront détournés. Toutes
perfonnes qui auront contribué à la fuite d'un
foldat , ou qui , ayant connoiffance de fa fuite , ne
dénonceront pas le fugitif , fubiront la peine prononcée
contre lui .
pro-
Sur les repréſentations des Députés des différens
Cercles de la Saxe , & avec le confentement
du Roi de Pruffe , le Major Général Rezow s'eft
chargé d'acheter la levée des Milices que Sa Majeſté
Pruſſienne a demandées à cet Electorat.
1
On parle diverſement des caufes de la détention
du fieur de Heinecke , Confeiller privé. Le ſcellé
a été mis fur tous les papiers. Le fieur Hibler ,
Major d'un Régiment d'Infanterie des troupes
Saxonnes , a été arrêté en même temps que ce
Magiftrat , pour avoir exhorté des foldats à paffer
chez les Autrichiens.
DE LEIPSICK , le 2 Décembre.
Sur la réquifitión de nos Magiftrats & du Corps
de nos Négocians , le Roi de Pruffe a confenti
d'accorder une diminution fur la contribution de
cinq cens mille écus , qu'il avoit fait demander à
cette Ville. En même temps Sa Majeſté Pruffienne
a recommandé aux habitans de n'entretenir aucune
intelligence avec les Autrichiens , & de ne leur
faire aucune livraiſon , de quelque nature que ce
pût être.
Ce Prince arriva le 24 du mois dernier en cette
Ville , & il prit fon logement chez le fieur Heman
,
JANVIER. 1757. 217
man ,Confeiller des Finances. S.M. Pruffienne vifita
le lendemain matin , les quartiers qu'une partie de
fes troupes occupe dans les environs ; & le foir
Elle retourna à Drefde . Elle a témoigné qu'Elle
auroit défiré de pouvoir accorder une plus grande
diminution fur la contribution qu'Elle a demandée
; mais que les circonftances ne le lui
avoient pas permis . Il y a actuellement ici quatre
mille hommes en garnifon , fans y comprendre
les Gardes du Corps & les Gendarmes du Roi de
Pruffe , qui font logés dans les fauxbourgs . On
compte dans plufieurs maifons jufqu'à huit & dix
foldats . La Bourgeoifie eft obligée de leur céder
les chambres fur le devant , afin qu'ils -foient plus
à portée d'obſerver ce qui fe paffe dans les rues
& d'entendre les fignaux que les Officiers peuvent
avoir befoin de leur donner.
Le Roi de Pruffe , en faiſant la visite des quar
tiers que plufieurs Corps de fes troupes occupent
dans les environs de cette Ville , a employé plus
de deux heures à examiner la plaine de Lutzen ,
où Guftave Adolphe , Roi de Suede , perdit la vie ,
& où fon armée , quoique privée de ce Prince ,
remporta une victoire complette fur les Impériaux
. On obferva que S. M. Pruffienne écrivoit
plufieurs remarques fur les tablettes . Il y a actuellement
ici fix Bataillons en garniſon .
DE BAULZEN , le 22 Novembre.
Depuis quelques jours , le prince de Pruffe a
établi ici fon quartier. Après avoir fait diftribuer
des logemens à quatre Baraillons qu'il a amenés
avec lui , il a adreffé aux Etats du Cercle l'ordre
fuivant.
« S. A. R. difpenfant les habitans de fournir
»la nourriture aux troupes, efpere que les louables
1. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE .
»Etats , de concert avec le Magiftrat & le Cha-
» pitre , régleront les chofes entr'eux de façon que
chaque foldat reçoive journellement fix deniers
& le Bas Officier un gros , & qu'il foit payé
tous les mois dix écus aux Lieutenans , Sous-
>> Lieutenans & Enfeignes , vingt aux Capitaines ,
» quarante aux Lieutenans - Colonels , foixante aux
»Colonels. S. A. R. ne demande rien Elle .
pour
»A l'égard de fes Aides de Camp , Elle laiffe à la
»difcrétion des Etats , de décider de quelle maniere'
>>on doit en ufer. Elle ne penſe pas , que ces
>> Etats faffent la moindre difficulté de remplir fes
>>intentions fur ces différens articles. Au refte , Elle
»promet qu'Elle empêchera l'Officier & le foldat
» d'exiger rien de leurs hôtes au - delà des fommes
»fpécifiées ci -deffus ; bien entendu néanmoins que
» la lumiere & le bois ferontfournis gratuitement
» & que
l'hôte fera tenu de cuire & d'apprêter pour
» le foldat la viande que celui- ci aura achetée . De
» plus , S. A. R. demande qu'on prépare trois cens
>>lits pour établir en cette Ville un Hôpital Mili-
>>> taire. >>>
DE BERLIN , le 28 Novembre.
Il paroît une Patente du Roi , pour rappeller
tous les Vaffaux ou Sujets de Sa Majeſté , qui font
au fervice de l'Impératrice Reine de Hongrie &
de Boheme , ou qui réfident dans les Etats de
cette Princeffe. Le Roi leur ordonne de ſe repréfenter
dans le terme de deux mois , à compter
du jour de la publication de la Patente . Les biens
de ceux qui n'obéiront pas , feront confifqués au
profit des Officiers ou fujets de S. M. qui par
repréfailles pourroient effuyer quelque dommage
de la part de la Cour de Vienne.
C
JANVIER. 1757. 219
DE FRANC FORT , le 6 Décembre.
On afficha ici le 3 de Novembre dans toutes les
Places publiques le Decret de l'Empereur contre
le Roi de Pruffe ; & les Magiftrats ont défendu
de faire , dans cette Ville , & dans fon territoire ,
aucunes levées de foldats pour S. M. Pruffienne .
L'Empereur ayant ordonné la voie d'exécution
contre ce Prince , a déféré cette commiffion au
Duc de Saxe -Gotha en l'abſence du Roi de Pologne
, Electeur de Saxe . Le Duc de Saxe - Gotha s'eft
excuſé de ſe mêler de cette affaire ; mais les raifons
qu'il allegue pour s'en difpenfer , n'ont pas
fatisfait Sa Majefté Impériale , & Elle lui a adreffé
une nouvelle Admonition.
le Ba-
Les lettres de Ratisbonne marquent que
ron de Ponickau , Miniftre du Roi de Pologne
Electeur de Saxe à la Diete de l'Empire , a préfenté
un nouveau Mémoire à cette aſſemblée . La
moitié du Bourg de Kupferberg dans l'Evêché de
Bamberg , vient d'être réduite en cendre. Il y a eu
auffi un grand incendie à Wetzlar .
DE VIENNE , le 27 Novembre.
Leurs Majeftés Impériales ont envoyé au Feld-
Maréchal Comte de Browne leurs portraits enrichis
de diamans , & l'on compte que ce Général
fera mis an nombre des Chevaliers de l'Ordre de
la Toifon d'Or , qui font en cette Cour.
Le Comte d'Eftrées , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi Très- Chrétien , arriva ici le 10 de ce
mois. Il eut le 12 fes audiences de Leurs Majeſtés
Impériales.
Près de trois cens Saxons qui ont quitté l'armée
du Roi de Pruffe , font arrivés à Ybbi & à Crem's.
On apprend de Cracovie que les quatre Régimens
d'Infanterie & les deux de Cavalerie de cette Nátion
qui étoient en Pologne , s'avancent du côté
de Bielitz dans la haute Siléfie , pour le joindre aux
troupes de l'Impératrice Reine.
DE PRAGUE , le 14 Novembre.
Quatre Compagnies de Grenadiers des Régimens
que l'Impératrice Reine a fait venir d'Ita
lie , ont été mifes ici en garnifon. On a déposé
JANVIER. 1757. 200
dans l'Arcenal de cette Ville tous les pontons de
l'armée commandée par le Feld- Maréchal de
Browne. Il arrive tous les jours un grand nombre
de Déferteurs Pruffiens. Plufieurs prennent parti
dans les troupes de l'Impératrice Reine.
Depuis quelques jours les troupes qui
étoient dans le camp de Budin , fe font féparées.
Le Feld- Maréchal Comte de Browne a établi fon
quartier général en cette Ville . Il a donné le commandement
de tous les poftes au delà de l'Elbe au
Comte de Maguire. Le Général Haddick commandera
ceux en deçà de cette riviere. Les Huf
fards & les Croates ont formé un cordon le long
des frontieres de la Saxe , & plufieurs Efcadrons
de Cuiraffiers & de dragons font à portée de foutenir
ces troupes irrégulieres.
On doit faire à Carlsbadt l'échange des prifonniers.
Il s'y rendra pour cet effet de chaque côté
un Lieutenant Colonel , un Capitaine , un Auditeur
& un Commiffaire des guerres.
Pendant cet hyver , la Garniſon de cette Ville
fera compofée du Régiment de Jeune Wolfenbu
tel , d'un Bataillon de Wallis , & de vingt- deux
Compagnies de Grenadiers.
Du Camp de Budin , le 7 Novembre.
Le 27 du mois dernier , les Pruffiens ayant
abandonné la Ville d'Auffig , le Feld - Maréchal
Comte de Browne la fit occuper par un Détachement
de Croates. Il fit paffer en même temps
l'Elbe à la plupart des troupes de cette Nation ,
harceler l'arriere- garde de l'armée ennemie.
Le Général Haddick s'avança le 28 avec fon détachement
vers Peterwald. Les Pruffiens s'en re-.
tirerent , & il en prit poffeffion. Le 29 , le Lieute
nant-Colonel Maceligot attaqua un poſte , dans
pour
1
ZIO MERCURE DE FRANCE.
:
lequel un corps d'ennemis étoit retranché avec
huit canons. L'action fut très- vive , & les Pruffiens
fe défendirent long-temps à la faveur de leur
artillerie mais le Colonel Velha étant venu au
fecours du fieur Maceligot , le pofte fut emporté.
Les ennemis y ont laiffé près de deux cens morts
ou bleffés . On eut le 30 des avis certains , que l'ennemi
avoit entiérement évacué la Boheme ; & le
31 , le Feld - Maréchal de Browne rappella les
Détachemens qu'il avoit envoyés dans les Cercles
de Saatz & de Leitmeritz . Sur le bruit qui fe
répandit le premier de ce mois , que les Pruffiens
faifoient de nouveaux mouvemens du côté de Zitau
& de Gabel , ce Général fit avancer le Comte
Lafcy à la tête de quelques Bataillons & d'un
Corps de Huffards vers Jung- Buntzlau , & le Lieutenant-
Colonel Louden vers Bambourg, avec huit
cens Croates. Le Baron de Wolfersdorff , Major
Général , fut détaché le 3 avec fix Bataillons , un
pareil nombre de Compagnies de Grénadiers , fix
cens chevaux , & douze pieces de canon
foutenir le Comte Lafcy . Le s , on apprit que les
ennemis avoient pris des cantonnemens ; qu'il n'y
avoit plus que quatre mille hommes de leurs troupes
qui fuffent campés ; & que ce Corps étoit
retranché derriere Nellendorff.
, pour
Du Quartier Général du Prince Piccolomini
Hollochlau , le 8 Novembre 1756.
Les troupes commandées par le Prince Piccolomini
, ne ſe ſont arrêtées qu'un jour à Jaromitz
, & le 27 du mois dernier elles font venues
camper ici. On fut informé le 29 , qu'un Corps
de Pruffiens qui étoit reſté à Neuſtadt , s'etoit retiré.
Auffitôt le Prince Piccolomini manda au
Comte Spada , de faire prendre poffeffion de ce
JANVIER. 1757. 27F
le
pofte. Sur l'avis qu'on reçut le même jour , que
le Feld- Maréchal de Schwerin décampoit de Skalitz
, & qu'il paroifloit avoir deffein de fe replier
vers Lewin ; les Comtes de Spada , Louis de Starhemberg
& de Rodolphe de Palfy , eurent ordre
de fe porter en avant .En même temps, on détacha
le Colonel Mibaliewich , pour inquiéter
les ennemis dans leur retraite. Le 30 ils fe retirerent
jufqu'à Reinerz dans le Comté de Glatz . Le
fieur Mibaliewich , après les avoir poursuivis ,
eft revenu prendre pofte à Lewin. Le Feld - Maréchal
de Schwerin leva de nouveau fon camp
premier de ce mois. Continuant de retourner
en arriere , il alla fe pofter fous Glatz , & s'eft
replié enfuite jufqu'à Warthe : il n'a laiffé à
Glatz que deux Régimens. Quelques difpofitions.
de ce Général font juger qu'il à même deſſein
d'évacuer entiérement le Comté de Glatz . Les
troupes de l'Impératrice Reine y paient tout ar
gent comptant , excepté le pain & les fourrages ,
qu'elles ne prennent même qu'en donnant des reçus.
Deux Détachemens fe font avancés à Reinerz
& à Gofbubel , pour obferver les mouvemens des
ennemis. Nos Huffards font campés entre Czaftch
& Slany. Les Régimens de Cuiraffiers de Schmerzing
, de Kalckreuter & de Gelhay , & les Régimens
de Huffards de Nadafti & de Kaluocki
font arrivés de Hongrie en Moravie , où ils s'ar
rêteront juſqu'à nouvel ordre.
DE LEITMERITZ , le 2 Novembre.
Quelques jours avant que les Prufſiens abandonnaffent
la Boheme , le fieur de Tallange atta--
qua Salefl , où étoient trois cens hommes d'Infanterie
& quatre-vingts Huffards de leur troupes ,
212 MERCURE DE FRANCE .
avec deux pieces de canon . Il tailla en pieces cent
foixante -dix hommes , & il encloua les deux canons
, ne pouvant les enlever parce que fix cens
Cavaliers ennemis vinrent au fecours du pofte attaqué.
Le Major Manftein , qui y commandoir ,
a perdu la vie. Il n'y a eu que feize hommes tués
& vingt-trois bleffés du côté des Autrichiens . Le
Général Maguire a fait former , par les troupes
qu'il a fous fes ordres , un cordon le long de la
frontiere .
DE DRESDE , le 29 Novembre.
NeufRégimens de l'armée de Sa Majeſté Pruſfienne
devoient traverfer le Cercle de Buntzlau
pour aller joindre l'armée qui eft aux ordres du
Feld-Maréchal de Schwerin . Ils n'ont pu exécuter
ce projet , les Autrichiens ayant occupé les principaux
poftes fitués le long des montagnes de la
Luface. Des lettres de Léipfick avoient marqué ,
que deux Régimens Saxons avoient trouvé le
moyen de fe rendre à Prague. Les mêmes lettres
ajoutoient , que cent cinquante Soldats des mêmes
troupes avoient forcé trois cens Cavaliers
Pruffiens , qui avoient été envoyés à leur pour
fuite , de mettre les armes bas , & qu'il les
avoient emmenés prifonniers en Boheme. Ces
nouvelles ne font pas confirmées. Il eft vrai feule
ment que le Régiment Saxon de Lubomirsky a
refufé de marcher fous les ordres des Officiers
Pruffiens , qui lui avoient été donnés pour commander
qu'il en a tué quelques- uns , & qu'il
s'eft enfuite entiérement difperfé .
Quelques Régimens des troupes Electorales
ayant conftamment refufé de prêter ferment au
Roi de Pruffe , & un grand nombre de Soldats des
JANVIER. 1757. 213
mêmes troupes ayant pris la fuite , le Prince
Maurice d'Anhalt - Deſſau en a porté des plaintes
au Feld- Maréchal Comte de Rutowski , par ordre
de Sa Majesté Pruffienne. Ce Feld- Maréchal a
fait à la lettre du Prince d'Anhalt une réponſe ,
dont voici l'extrait.
« V. A. S. fçait mieux que perfonne , que la plu-
»part des Officiers, après avoir paffé le Pont de Rhuden
,ont été d'abord éloignés de leurs Régimens.
»Comment peut- on exiger d'eux qu'ils répon-
>>dent de leur monde ; & de moi , que je réponde
pour les Officiers ? En vertu de la Capitula-
»tion , il étoit libre à ces derniers de refter au fer-
»vice de S. M. le Roi de Pologne , ou de deman-
» der leur congé. On a convenablement annoncé
»aux Soldats qu'ils feroient prifonniers de guer-
>>re ; mais on ne leur a dit , ni de ma part , ni
>>de celle de qui que ce foit , qu'ils devoient prê-
»ter ferment au Roi de Pruffe , & qu'ils y fe-
Proient forcés. Je me fuis expreffément défendu
»dans la Capitulation , je l'ai fait représenter à S.
>>M. Pruffienne . Malgré cela , perfonne n'eft &
»ne fe croit autorifé à retenir quelques hommes
»de l'Artillerie , de l'Infanterie & de la Cavalerie.
»V. A. S. n'a qu'à nommer ceux des Généraux &
»>Officiers , qu'elle accufe. Notre qualité de prifonniers
de guerre ne nous permet pas de
>>nous éloigner des lieux de notre réfidence , &
chacun de nous eft refponfable de ce qui pourroit
fe faire contre la Capitulation . Mais V. A. S.
>>me permettra de lui dire que l'éloignement des
troupes pour la preftation de ferment qu'on éxi-
»goit d'elles & qu'on leur a fait faire par des
moyens violens , ne devroit point lui paroître
métrange ; & quoi qu'il en foit , il n'eft guere poffible
de rendre refponfables de cet éloignement
214 MERCURE DE FRANCE.
>>leurs Officiers qui font féparés d'elles .... Sur
la Lifte des Grenadiers Gardes du Corps , on a
»mis des hommes qui doivent avoir été auprès des
Ȏquipages des Officiers , & dont une partie s'eft
»perdue avec les bagages , & l'autre a été renvoyée
de Pirna & de Drefde . On a d'ailleurs fpé-
»ciné , comme étant à Drefde , des malades qui
wétoient reftés à Thurmfdorff & à Naumdorff , &
que les troupes Pruffiennes doivent y avoir trou
»vés. Il y a auffi beaucoup de Soldats qui étoient
nabfens par congé . Les Officiers ne fçavent où ils
>>font reftés , ni ce qu'ils font devenus . On a porté
>> pareillement furl'état des troupes plufieurs Ca-
» dets qui ne font encore que des enfans , & qui
»ne font jamais venus au Drapeau , quoique la
>> Cour ait bien voulu leur accorder , comme une
» grace , la paie pour leur entretien....... >>
On publia le premier de ce mois une Ordonnance
, par laquelle S. M. Pruffienne prefcrivoit
aux Cercles de cet Electorat , de fournir neuf
mille foixante -quinze hommes , pour recruter les
Régimens Saxons qu'Elle a pris à ſon ſervice. Par
la répartition qui avoit été faite , ce Prince demandoit
deux mille cent vingt hommes au Cercle
de Mifnie , dix- fept cens trente-cinq au Cercle
de Léipfick , deux cens foixante -un au Cercle
de Neuftadt , quatre cens foixante-onze au Cercle
Electoral , feize cens foixante- cinq au Cercle
des Montagnes , neuf cens cinq au Cercle de
Thuringe , quatre cens foixante - fix au Cercle de
Voigtland , fix cens au Marquifat de la Haute-
Luface , trois cens foixante - huit à la Baffe- Luface
, deux cens trente-e- quatre au Chapitre de Merfebourg
, & deux cens trente au Chapitre de
Naumbourg & de Zeift. Il étoit recommandé aux
Régences de n'enrôler que des hommes qui euf- -
JANVIER. 1757 . 275
>
fent au moins cinq pieds cinq pouces , & qui
n'euffent pas plus de vingt- huit ans ; & de les
choifir principalement parmi les Artifans , particuliérement
parmi les Charrons , Forgerons ,
Charpentiers , Maçons & Serruriers . Toutes ces
recrues devoient être prêtes le 15 & il avoit été
fignifié à chaque Cercle , que , fi elles ne fe trouvoient
pas affemblées pour ce temps , ou fi elles
n'étoient pas telles que S. M. Pruffienne les exigoit,
on procéderoit contre les Membres de la Régence
du Cercle par voie d'éxécution militaire ;
que même ils feroient arrêtés , & que , fans aucune
diftinction de perfonnes , on les condamneroit
aux travaux des fortifications .
Dix Régimens d'Infanterie de l'armée Saxonne
font confervés en entier. S. M. Pruffienne a incorporé
dans les troupes les Grenadiers Gardes du
Corps , le Régiment de la Reine ; celui de la Princeffe,
épouse du Prince Electoral ; fix Régimens de
Cavalerie , & le Corps d'Artillerie . Elle a envoyé
dans fes Etats le Régiment de Dragons de Rutow.
ski , ainfi que les foldats qui ont refufé de prêter
ferment . Plufieurs Officiers , foupçonnés d'avoir
contribué par leurs confeils à ce refus , ont été mis
aux arrêts .
Quelques Soldats Saxons s'étant évadés en paſfant
par Dornau , le détachement Pruffien , qui
les conduifoit , a enlevé les Magiftrats de ce Bourg ,
& les a emmenés prifonniers. On a publié une
Ordonnance du Directoire de Guerre , établi par
le Roi de Pruffe à Torgau . Elle porte que les foldats
qui quitteront les Régimens Saxons que ce
Prince a pris à fon fervice , feront traités comme
déferteurs. Par la même Ordonnance , il eft enjoint
aux Magiftrats de faire arrêter ceux qui le
trouveront dans leurs diftricts , & de les faire conduire
à la garnifon la plus prochaine , fous peine
216 MERCURE DE FRANCE.
d'en répondre en leur propre & privé nom. Il eſt
expreffément défendu de faire tenir aux fugitifs
rien de ce qui peut leur appartenir. Les Magiftrats
auffi-tôt qu'ils feront informés de l'évalion de
quelqu'un , feront obligés de faifir ſes biens meubles
ou immeubles , & ils payeront de leurs
pres fonds les effets qui feront détournés. Toutes
perfonnes qui auront contribué à la fuite d'un
foldat , ou qui , ayant connoiffance de fa fuite , ne
dénonceront pas le fugitif , fubiront la peine prononcée
contre lui .
pro-
Sur les repréſentations des Députés des différens
Cercles de la Saxe , & avec le confentement
du Roi de Pruffe , le Major Général Rezow s'eft
chargé d'acheter la levée des Milices que Sa Majeſté
Pruſſienne a demandées à cet Electorat.
1
On parle diverſement des caufes de la détention
du fieur de Heinecke , Confeiller privé. Le ſcellé
a été mis fur tous les papiers. Le fieur Hibler ,
Major d'un Régiment d'Infanterie des troupes
Saxonnes , a été arrêté en même temps que ce
Magiftrat , pour avoir exhorté des foldats à paffer
chez les Autrichiens.
DE LEIPSICK , le 2 Décembre.
Sur la réquifitión de nos Magiftrats & du Corps
de nos Négocians , le Roi de Pruffe a confenti
d'accorder une diminution fur la contribution de
cinq cens mille écus , qu'il avoit fait demander à
cette Ville. En même temps Sa Majeſté Pruffienne
a recommandé aux habitans de n'entretenir aucune
intelligence avec les Autrichiens , & de ne leur
faire aucune livraiſon , de quelque nature que ce
pût être.
Ce Prince arriva le 24 du mois dernier en cette
Ville , & il prit fon logement chez le fieur Heman
,
JANVIER. 1757. 217
man ,Confeiller des Finances. S.M. Pruffienne vifita
le lendemain matin , les quartiers qu'une partie de
fes troupes occupe dans les environs ; & le foir
Elle retourna à Drefde . Elle a témoigné qu'Elle
auroit défiré de pouvoir accorder une plus grande
diminution fur la contribution qu'Elle a demandée
; mais que les circonftances ne le lui
avoient pas permis . Il y a actuellement ici quatre
mille hommes en garnifon , fans y comprendre
les Gardes du Corps & les Gendarmes du Roi de
Pruffe , qui font logés dans les fauxbourgs . On
compte dans plufieurs maifons jufqu'à huit & dix
foldats . La Bourgeoifie eft obligée de leur céder
les chambres fur le devant , afin qu'ils -foient plus
à portée d'obſerver ce qui fe paffe dans les rues
& d'entendre les fignaux que les Officiers peuvent
avoir befoin de leur donner.
Le Roi de Pruffe , en faiſant la visite des quar
tiers que plufieurs Corps de fes troupes occupent
dans les environs de cette Ville , a employé plus
de deux heures à examiner la plaine de Lutzen ,
où Guftave Adolphe , Roi de Suede , perdit la vie ,
& où fon armée , quoique privée de ce Prince ,
remporta une victoire complette fur les Impériaux
. On obferva que S. M. Pruffienne écrivoit
plufieurs remarques fur les tablettes . Il y a actuellement
ici fix Bataillons en garniſon .
DE BAULZEN , le 22 Novembre.
Depuis quelques jours , le prince de Pruffe a
établi ici fon quartier. Après avoir fait diftribuer
des logemens à quatre Baraillons qu'il a amenés
avec lui , il a adreffé aux Etats du Cercle l'ordre
fuivant.
« S. A. R. difpenfant les habitans de fournir
»la nourriture aux troupes, efpere que les louables
1. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE .
»Etats , de concert avec le Magiftrat & le Cha-
» pitre , régleront les chofes entr'eux de façon que
chaque foldat reçoive journellement fix deniers
& le Bas Officier un gros , & qu'il foit payé
tous les mois dix écus aux Lieutenans , Sous-
>> Lieutenans & Enfeignes , vingt aux Capitaines ,
» quarante aux Lieutenans - Colonels , foixante aux
»Colonels. S. A. R. ne demande rien Elle .
pour
»A l'égard de fes Aides de Camp , Elle laiffe à la
»difcrétion des Etats , de décider de quelle maniere'
>>on doit en ufer. Elle ne penſe pas , que ces
>> Etats faffent la moindre difficulté de remplir fes
>>intentions fur ces différens articles. Au refte , Elle
»promet qu'Elle empêchera l'Officier & le foldat
» d'exiger rien de leurs hôtes au - delà des fommes
»fpécifiées ci -deffus ; bien entendu néanmoins que
» la lumiere & le bois ferontfournis gratuitement
» & que
l'hôte fera tenu de cuire & d'apprêter pour
» le foldat la viande que celui- ci aura achetée . De
» plus , S. A. R. demande qu'on prépare trois cens
>>lits pour établir en cette Ville un Hôpital Mili-
>>> taire. >>>
DE BERLIN , le 28 Novembre.
Il paroît une Patente du Roi , pour rappeller
tous les Vaffaux ou Sujets de Sa Majeſté , qui font
au fervice de l'Impératrice Reine de Hongrie &
de Boheme , ou qui réfident dans les Etats de
cette Princeffe. Le Roi leur ordonne de ſe repréfenter
dans le terme de deux mois , à compter
du jour de la publication de la Patente . Les biens
de ceux qui n'obéiront pas , feront confifqués au
profit des Officiers ou fujets de S. M. qui par
repréfailles pourroient effuyer quelque dommage
de la part de la Cour de Vienne.
C
JANVIER. 1757. 219
DE FRANC FORT , le 6 Décembre.
On afficha ici le 3 de Novembre dans toutes les
Places publiques le Decret de l'Empereur contre
le Roi de Pruffe ; & les Magiftrats ont défendu
de faire , dans cette Ville , & dans fon territoire ,
aucunes levées de foldats pour S. M. Pruffienne .
L'Empereur ayant ordonné la voie d'exécution
contre ce Prince , a déféré cette commiffion au
Duc de Saxe -Gotha en l'abſence du Roi de Pologne
, Electeur de Saxe . Le Duc de Saxe - Gotha s'eft
excuſé de ſe mêler de cette affaire ; mais les raifons
qu'il allegue pour s'en difpenfer , n'ont pas
fatisfait Sa Majefté Impériale , & Elle lui a adreffé
une nouvelle Admonition.
le Ba-
Les lettres de Ratisbonne marquent que
ron de Ponickau , Miniftre du Roi de Pologne
Electeur de Saxe à la Diete de l'Empire , a préfenté
un nouveau Mémoire à cette aſſemblée . La
moitié du Bourg de Kupferberg dans l'Evêché de
Bamberg , vient d'être réduite en cendre. Il y a eu
auffi un grand incendie à Wetzlar .
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Résumé : ALLEMAGNE.
En novembre 1756 et janvier 1757, plusieurs événements militaires et diplomatiques marquent l'Allemagne et l'Europe centrale. À Vienne, les empereurs offrent des portraits enrichis de diamants au Feld-Maréchal Comte de Browne, qui doit être nommé Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or. Le Comte d'Estrées, ministre plénipotentiaire du roi de France, est reçu en audience par les empereurs. Près de trois cents Saxons désertent l'armée prussienne pour rejoindre les troupes autrichiennes. En Bohême, des régiments italiens sont mis en garnison à Prague, et des déserteurs prussiens continuent d'arriver. Les troupes autrichiennes se réorganisent sous la direction du Feld-Maréchal Comte de Browne, qui établit son quartier général à Prague et nomme des commandants pour les postes de part et d'autre de l'Elbe. Des échanges de prisonniers doivent avoir lieu à Carlsbad. À Budin, les troupes prussiennes abandonnent la ville d'Aussig, permettant aux Autrichiens de prendre plusieurs positions. Le Prince Piccolomini mène des opérations contre les Prussiens, qui se retirent vers Glatz et Warthe. À Dresde, des régiments saxons refusent de prêter serment au roi de Prusse, et des déserteurs saxons sont arrêtés et menacés de sanctions. Le roi de Prusse ordonne le recrutement de neuf mille six cent soixante-quinze hommes pour renforcer les régiments saxons. Des ordonnances sont publiées pour punir les déserteurs et les magistrats complaisants. En décembre 1756 et janvier 1757, des mesures administratives et militaires sont prises en Saxe et en Prusse. Les personnes contribuant à la désertion ou ne dénonçant pas un fugitif subissent la même peine que le déserteur. Sur demande du Roi de Prusse, le Major Général Rezow achète la levée des milices saxonnes. Le conseiller privé Heinecke et le Major Hibler sont arrêtés pour avoir encouragé des soldats à déserter. Le Roi de Prusse accepte de réduire la contribution demandée à Leipzig à la demande des magistrats et des négociants. Il visite Leipzig et les environs, inspectant les troupes et recommandant aux habitants de ne pas collaborer avec les Autrichiens. Les habitants de Leipzig doivent loger les soldats prussiens et fournir des lits pour un hôpital militaire. À Baulzen, le Prince de Prusse ordonne aux États du Cercle de fournir nourriture et logement aux troupes. Le Roi de Prusse publie une patente rappelant ses sujets au service de l'Impératrice Reine de Hongrie et de Bohême. À Francfort, un décret impérial contre le Roi de Prusse est affiché, interdisant les levées de soldats pour la Prusse. Des incendies détruisent une partie du bourg de Kupferberg et la ville de Wetzlar.
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16484
p. 201
DE PETERSBOURG, le 12 Février 1760.
Début :
Le cartel conlu entre notre Cour, & celle de Berlin, éprouve chaque jour de nouvelles [...]
Mots clefs :
Cour, Cartel, Difficultés, Impératrice, Roi de Prusse, Soldats, Températures extrêmes, Froid
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PETERSBOURG, le 12 Février 1760.
De PETERSBOURG , le 12 Février 1760.
LEE cartel conclu entre notre Cour , & celle
de Berlin, éprouve chaque jour de nouvelles difficultés.
Il vient de s'en élever une , au fujer des
Autrichiens & des Saxons , pris au fervice du Roi
de Pruffe , qui demande qu'ils foient compris dans
l'échange . Impératrice prétend au contraire , ne
lai rendre que les -foldats nés fous fa domination ,
ou qui ont embraffé volontairement fon fervice.
On ne fçait point encore quelle fera la fuite de
cette conteftation.
On a appris d'Archangel , que le mois dernier,
la liqueur du Thermometre , y eft defcenduë jufqu'au
deux cent dix - feptiéme degré de la divifion
du Sieur Delifle , ce qui revient prèſque au
trente -fixiéme de celle de Réaumur , au -dellous
de la congélation
.
LEE cartel conclu entre notre Cour , & celle
de Berlin, éprouve chaque jour de nouvelles difficultés.
Il vient de s'en élever une , au fujer des
Autrichiens & des Saxons , pris au fervice du Roi
de Pruffe , qui demande qu'ils foient compris dans
l'échange . Impératrice prétend au contraire , ne
lai rendre que les -foldats nés fous fa domination ,
ou qui ont embraffé volontairement fon fervice.
On ne fçait point encore quelle fera la fuite de
cette conteftation.
On a appris d'Archangel , que le mois dernier,
la liqueur du Thermometre , y eft defcenduë jufqu'au
deux cent dix - feptiéme degré de la divifion
du Sieur Delifle , ce qui revient prèſque au
trente -fixiéme de celle de Réaumur , au -dellous
de la congélation
.
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Résumé : DE PETERSBOURG, le 12 Février 1760.
Le 12 février 1760, des tensions surgissent entre la Russie et la Prusse concernant l'échange de soldats autrichiens et saxons. L'impératrice russe refuse de rendre les soldats nés sous sa domination ou ayant choisi son service. Parallèlement, des nouvelles d'Archangel signalent un froid extrême, atteignant environ 36 degrés Réaumur.
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16485
p. 203-204
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Daniel, Compagnie de Tourville, entré le premier Décembre, est sorti [...]
Mots clefs :
Malade, Guérison, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron.
Onzieme traitement depuis ſon établiſſement.
Le nommé Daniel , Compagnie LE de Tourville ,
entré le premier Décembre, eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri . I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Lavertu , Compagnie de la Ferriere,
entré le premier Décembre , eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Mille , Compagnie de Champignelles
, entré le 22 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri ..
Le nommé Joly , Compagnie de Coettrieux
entré le 23 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Popin , Compagne de Gauville ,
entré le s Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri .
f
Le nommé Pagnon , Compagnie de Poudenx ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri.
Le nommé Légal , Compagnie de la Tour ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaite.
ment guéri .
Il faut obferver que le nombre des malades
diminue par celui des foldats guéris , & par le
départ du Régiment des Gardes.
Onzieme traitement depuis ſon établiſſement.
Le nommé Daniel , Compagnie LE de Tourville ,
entré le premier Décembre, eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri . I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Lavertu , Compagnie de la Ferriere,
entré le premier Décembre , eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Mille , Compagnie de Champignelles
, entré le 22 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri ..
Le nommé Joly , Compagnie de Coettrieux
entré le 23 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Popin , Compagne de Gauville ,
entré le s Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri .
f
Le nommé Pagnon , Compagnie de Poudenx ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri.
Le nommé Légal , Compagnie de la Tour ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaite.
ment guéri .
Il faut obferver que le nombre des malades
diminue par celui des foldats guéris , & par le
départ du Régiment des Gardes.
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le onzième traitement de l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron. Plusieurs soldats ont été soignés et déclarés parfaitement guéris. Daniel, de la Compagnie LE de Tourville, est entré le 1er décembre et sorti le 10 janvier. Lavertu, de la Compagnie de la Ferriere, a suivi le même parcours. Mille, de la Compagnie de Champignelles, est entré le 22 décembre et sorti le 31 janvier. Joly, de la Compagnie de Coettrieux, a été soigné entre le 23 décembre et le 31 janvier. Popin, de la Compagnie de Gauville, est entré le 5 janvier et sorti le 14 février. Pagnon, de la Compagnie de Poudenx, et Légal, de la Compagnie de la Tour, sont entrés les 5 et 6 janvier respectivement et sont sortis le 14 février. Le nombre de malades diminue grâce aux soldats guéris et au départ du Régiment des Gardes.
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16486
p. 205-206
De la Haye, le 24 Novembre.
Début :
Les Députés du Corps des Négociants d'Amsterdam & des autres Villes [...]
Mots clefs :
Députés, Hollande, Mémoire, Princesse, Pirateries, Commerce, Fabriques, Anglais, Amsterdam
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la Haye, le 24 Novembre.
De la Haye , le 24 Novembre.
Les Députés du Corps des Négociants d'Amſterdam
& des autres Villes de Hollande , ont
préſenté à la Princeſſe Gouvernante un nouveau
Mémoire dans lequel , après lui avoir rappellé
les plaintes qui lui ont déja été adreflé au fujet
des pirateries des Anglois , & les promeſſes qu'elle
leur a faites d'y remédier ; ils lui expofent que
le mal a toujours été depuis en augmentant ,
& que l'interruption de leur Commerce eft fur
le point d'entraîner la ruine des plus riches Né206
MERCURE DE FRANCE.
gociants , & l'inaction totale de leurs meilleures
fabriques.
Du 30.
Les Députés de la Compagnie des Commerçans
d'Amfterdam , ont reçu une réponſe favorable
en apparence au Mémoire qu'ils avoient
préſenté , au fujet des Pirateries des Anglois .
Les Députés du Corps des Négociants d'Amſterdam
& des autres Villes de Hollande , ont
préſenté à la Princeſſe Gouvernante un nouveau
Mémoire dans lequel , après lui avoir rappellé
les plaintes qui lui ont déja été adreflé au fujet
des pirateries des Anglois , & les promeſſes qu'elle
leur a faites d'y remédier ; ils lui expofent que
le mal a toujours été depuis en augmentant ,
& que l'interruption de leur Commerce eft fur
le point d'entraîner la ruine des plus riches Né206
MERCURE DE FRANCE.
gociants , & l'inaction totale de leurs meilleures
fabriques.
Du 30.
Les Députés de la Compagnie des Commerçans
d'Amfterdam , ont reçu une réponſe favorable
en apparence au Mémoire qu'ils avoient
préſenté , au fujet des Pirateries des Anglois .
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Résumé : De la Haye, le 24 Novembre.
Le 24 novembre à La Haye, les députés du Corps des Négociants d'Amsterdam et d'autres villes de Hollande ont adressé un mémoire à la Princesse Gouvernante, dénonçant les pirateries anglaises et leur aggravation. Ils soulignaient les risques pour les négociants et l'interruption du commerce. Le 30 novembre, les députés de la Compagnie des Commerçants d'Amsterdam ont reçu une réponse favorable.
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16487
p. 209-211
De Versailles le 22 Février.
Début :
Le Baron de Beckers, Ministre d'État & de Conférence, Ministre Plénipotentiaire de l'Electeur [...]
Mots clefs :
Baron, Ministre d'État, Roi, Nominations, Marquis, Abbaye, Ordre, Marquis, Régiment, Infanterie, Vicomte, Grade, Québec
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Versailles le 22 Février.
DE VERSAILLES le 22 Février.
Le Baron de Beckers , Miniftre d'État & de
Conférence , Miniftre Plénipotentaire de l'Electeur
Palatin , eut le 11 une Audience particuliere
du Roi , dans laquelle il préfenta à Sa Majesté
fes Lettres de Créance.
Le 17 , le Roi a tenu fur les Fonds de Baptême ,
avec la Marquife de Pompadour , Dame du Palais
de la Reine, le Fils du Vicomte de Bouville ,
Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de S.
Louis , Capitaine de Vaiffeau du Roi . Le Baptême
a été fait à la Paroiffe de Notre-Dame. Sa Majesté
a été repréſenté par le Duc de Duras , Pair
de France , & premier Gentilhomme de la
Chambre.
Le 18 , le Roi a nommé Miniftre d'État le
Maréchal Prince de Soubife qui a pris en cette
qualité féance au Confeil de Sa Majesté.
Le Marquis de Chabannes , Sous- Lieutenant de
la feconde Compagnie des Moufquetaire de la
Garde , ayant obtenu du Roi la permiffion defe
démettre de cet emploi , Sa Majeflé a accordé la
Cornette vacante par cette démiffion , au Marquis
de Varennes- Nagu , Capitaine dans le Régiment
du Roi , Infanterie .
Le Roi a donné l'Abbaye de l'Eau , Ordre de
Citeaux , Diocèſe de Chartres , à la Dame de
Vauldrey , Abbeffe de Beauvoir.
L'Abbaye de Beauvoir , Ordre de Citeaux
Diocèle de Bourges , à la Dame Joly de Fleury ,
Religieufe du Monaftere de Foilly , Diocèfe de
Troyes.
Et l'Abbaye d'Effey , Ordre de S. Auguſtin ,
Diocèle de Sées , à la Dame de Beauville ; Religieufe
à l'Abbaye de Bonlieu , Diocèſe du Mans.
Du premier Mars.
Le 24 du mois dernier le Roi tint le Sceau
pour la quarante- cinquième fois.
210 MERCURE DE FRANCE:
Sa Majefté a difpofé du Régiment de Berry ;
Infanterie , vacant par la démiffion du Marquis
de Contades , en faveur du fieur Hugues , Capitaine
dans le Régiment du Roi , Infanterie ; de
celui de la Ferre , Infanterie , vacant par la promotion
du Marquis de Fenelon au grade de Maréchal
de Camp , en faveur du Marquis de Beaumont
, Ayde-Major- Général de l'Infanterie de
l'Armée ; de celui de Beauvoifis , Ipfanterie , vacant
par la promotion du Marquis de Lugeac
au grade de Maréchal de Camp , en faveur da
Chevalier de Clugny, Capitaine dans ce Régiment.
Le Roi a nommé Guidons de Gendarmerie ,
les fieurs Comte de Mornay de Monchevreuil ,
Colbert de Preffigny, Marquis de la Haye, Comte
de Chabannois , Comte de Flavacourt , Marquis
de Roquefort , Vicomte de la Riviere , & de Manneville.
Le Roi a accordé au Comte de Barbazan , Sénéchal
& Gouverneur de Bigore , le Commandement
de cette Province.
Du 8 .
Le 24. du mois dernier , les fieurs de Saint-
Germain , de Ballette , & de Boignorel , reçus
ci-devant Chevaliers de minorité dans les Ordrés
Royaux Militaires & Hofpitaliers de Notre- Damedu
Mont Carmel & dé Saint Lazare de Jérufalem
, furent admis dans l'appartement de Monfeigneur
le Duc de Berry ; & immédiatement
après la meſſe à faire leur profeffion , & à prononcer
leurs voeux entre les mains du Comte de
Saint- Florentin , Gérent & Adminiftrateur de ces
Ordres. Le Comte de Comminges fut enfuite reçu
Chevalier des mêmes Ordres. Le fieur Dorat de
Chameule prêta le même jour ferment en qualité
de Survivancier du fieur Dorat fon pere , dans
la Charge de Greffier & Secrétaire Général de
ces Ordres.
AVRIL. 1759. 211
Le fieur de Boullongne s'étant démis de la place
de Contrôleur Général des Finances. Sa Majesté
à nommé le fieur de Silhouette pour le remplacer.
Le fieur de Kergarfon , Enfeigne de Vaiffeau ,
Commandant la Corvette du Roi la Sardoine
qui revient de la Martinique & de S. Domingue
d'où il eft parti les Décembre , a rapporté que
ces Colonies étoient alors en bon état.
Le fieur de Bougainville, premier Aide de Camp
du Marquis de Montcalm , Lieutenant- Général ,
Commandant les Troupes Françoiſes en Canada ,
fous les ordres du Marquis de Vaudreuil , Gouverneur
& Lieutenant- Général de la Colonie , eft
arrivé de Québec pour rendre compte au Roi de
l'état de cette Colonie , & a eu l'honneur de préfenter
à S. M. les plans des forts & la Carte des
lieux qui font le théâtre de la guerre dans ce
pays. Ces plans ont été levés par le fieur de Crevecoeur
, Officier au Régiment de la Sarre , employé
dans le Génie , & qui s'eft fait beaucoup
de réputation par fa bravoure & fes talens . Le
Roi a accordé au fieur de Bougainville une gratification
, le brevet de Colonel , & la Croix de
Saint-Louis. Cet Officier arrivé de Québec au
commencement du mois de Janvier dernier, vient
de repartir pour le Canada.
Le Roi a nominé à l'Evêché d'Agde l'Abbé de
S. Simon de Sandricourt , Vicaire Général de
l'Evêché de Metz .
Sa Majesté a donné P'Abbaye Royale de Conches
, Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Evreux ,
fur la démiffion de l'Abbé de S. Simon , à l'ancien
Évêque de Limoges , Précepteur de Monſeigneur
le Duc de Bourgogne;
Et l'Abbaye de Peffan , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle d'Auch , à l'Abbé de Narbonne de Lara ,
Grand- Vicaire d'Agen.
Le Baron de Beckers , Miniftre d'État & de
Conférence , Miniftre Plénipotentaire de l'Electeur
Palatin , eut le 11 une Audience particuliere
du Roi , dans laquelle il préfenta à Sa Majesté
fes Lettres de Créance.
Le 17 , le Roi a tenu fur les Fonds de Baptême ,
avec la Marquife de Pompadour , Dame du Palais
de la Reine, le Fils du Vicomte de Bouville ,
Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de S.
Louis , Capitaine de Vaiffeau du Roi . Le Baptême
a été fait à la Paroiffe de Notre-Dame. Sa Majesté
a été repréſenté par le Duc de Duras , Pair
de France , & premier Gentilhomme de la
Chambre.
Le 18 , le Roi a nommé Miniftre d'État le
Maréchal Prince de Soubife qui a pris en cette
qualité féance au Confeil de Sa Majesté.
Le Marquis de Chabannes , Sous- Lieutenant de
la feconde Compagnie des Moufquetaire de la
Garde , ayant obtenu du Roi la permiffion defe
démettre de cet emploi , Sa Majeflé a accordé la
Cornette vacante par cette démiffion , au Marquis
de Varennes- Nagu , Capitaine dans le Régiment
du Roi , Infanterie .
Le Roi a donné l'Abbaye de l'Eau , Ordre de
Citeaux , Diocèſe de Chartres , à la Dame de
Vauldrey , Abbeffe de Beauvoir.
L'Abbaye de Beauvoir , Ordre de Citeaux
Diocèle de Bourges , à la Dame Joly de Fleury ,
Religieufe du Monaftere de Foilly , Diocèfe de
Troyes.
Et l'Abbaye d'Effey , Ordre de S. Auguſtin ,
Diocèle de Sées , à la Dame de Beauville ; Religieufe
à l'Abbaye de Bonlieu , Diocèſe du Mans.
Du premier Mars.
Le 24 du mois dernier le Roi tint le Sceau
pour la quarante- cinquième fois.
210 MERCURE DE FRANCE:
Sa Majefté a difpofé du Régiment de Berry ;
Infanterie , vacant par la démiffion du Marquis
de Contades , en faveur du fieur Hugues , Capitaine
dans le Régiment du Roi , Infanterie ; de
celui de la Ferre , Infanterie , vacant par la promotion
du Marquis de Fenelon au grade de Maréchal
de Camp , en faveur du Marquis de Beaumont
, Ayde-Major- Général de l'Infanterie de
l'Armée ; de celui de Beauvoifis , Ipfanterie , vacant
par la promotion du Marquis de Lugeac
au grade de Maréchal de Camp , en faveur da
Chevalier de Clugny, Capitaine dans ce Régiment.
Le Roi a nommé Guidons de Gendarmerie ,
les fieurs Comte de Mornay de Monchevreuil ,
Colbert de Preffigny, Marquis de la Haye, Comte
de Chabannois , Comte de Flavacourt , Marquis
de Roquefort , Vicomte de la Riviere , & de Manneville.
Le Roi a accordé au Comte de Barbazan , Sénéchal
& Gouverneur de Bigore , le Commandement
de cette Province.
Du 8 .
Le 24. du mois dernier , les fieurs de Saint-
Germain , de Ballette , & de Boignorel , reçus
ci-devant Chevaliers de minorité dans les Ordrés
Royaux Militaires & Hofpitaliers de Notre- Damedu
Mont Carmel & dé Saint Lazare de Jérufalem
, furent admis dans l'appartement de Monfeigneur
le Duc de Berry ; & immédiatement
après la meſſe à faire leur profeffion , & à prononcer
leurs voeux entre les mains du Comte de
Saint- Florentin , Gérent & Adminiftrateur de ces
Ordres. Le Comte de Comminges fut enfuite reçu
Chevalier des mêmes Ordres. Le fieur Dorat de
Chameule prêta le même jour ferment en qualité
de Survivancier du fieur Dorat fon pere , dans
la Charge de Greffier & Secrétaire Général de
ces Ordres.
AVRIL. 1759. 211
Le fieur de Boullongne s'étant démis de la place
de Contrôleur Général des Finances. Sa Majesté
à nommé le fieur de Silhouette pour le remplacer.
Le fieur de Kergarfon , Enfeigne de Vaiffeau ,
Commandant la Corvette du Roi la Sardoine
qui revient de la Martinique & de S. Domingue
d'où il eft parti les Décembre , a rapporté que
ces Colonies étoient alors en bon état.
Le fieur de Bougainville, premier Aide de Camp
du Marquis de Montcalm , Lieutenant- Général ,
Commandant les Troupes Françoiſes en Canada ,
fous les ordres du Marquis de Vaudreuil , Gouverneur
& Lieutenant- Général de la Colonie , eft
arrivé de Québec pour rendre compte au Roi de
l'état de cette Colonie , & a eu l'honneur de préfenter
à S. M. les plans des forts & la Carte des
lieux qui font le théâtre de la guerre dans ce
pays. Ces plans ont été levés par le fieur de Crevecoeur
, Officier au Régiment de la Sarre , employé
dans le Génie , & qui s'eft fait beaucoup
de réputation par fa bravoure & fes talens . Le
Roi a accordé au fieur de Bougainville une gratification
, le brevet de Colonel , & la Croix de
Saint-Louis. Cet Officier arrivé de Québec au
commencement du mois de Janvier dernier, vient
de repartir pour le Canada.
Le Roi a nominé à l'Evêché d'Agde l'Abbé de
S. Simon de Sandricourt , Vicaire Général de
l'Evêché de Metz .
Sa Majesté a donné P'Abbaye Royale de Conches
, Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Evreux ,
fur la démiffion de l'Abbé de S. Simon , à l'ancien
Évêque de Limoges , Précepteur de Monſeigneur
le Duc de Bourgogne;
Et l'Abbaye de Peffan , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle d'Auch , à l'Abbé de Narbonne de Lara ,
Grand- Vicaire d'Agen.
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Résumé : De Versailles le 22 Février.
En février, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour. Le 11 février, le Baron de Beckers, Ministre d'État et Ministre Plénipotentiaire de l'Électeur Palatin, a été reçu en audience particulière par le Roi, qui a accepté ses lettres de créance. Le 17 février, le Roi a assisté au baptême du fils du Vicomte de Bouville à la paroisse de Notre-Dame, représenté par le Duc de Duras. Le 18 février, le Roi a nommé le Maréchal Prince de Soubise Ministre d'État. Le Marquis de Chabannes a démissionné de son poste de Sous-Lieutenant des Mousquetaires de la Garde, et sa cornette a été attribuée au Marquis de Varennes-Nagu. Le Roi a également attribué plusieurs abbayes à des religieuses : l'Abbaye de l'Eau à la Dame de Vauldrey, l'Abbaye de Beauvoir à la Dame Joly de Fleury, et l'Abbaye d'Effey à la Dame de Beauville. Le 24 février, le Roi a scellé pour la quarante-cinquième fois. Il a nommé plusieurs officiers dans divers régiments d'infanterie et de cavalerie, et a accordé des commandements provinciaux. Les sieurs de Saint-Germain, de Ballette, et de Boignorel ont été admis dans les Ordres Royaux Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame du Mont Carmel et de Saint Lazare de Jérusalem. Le sieur Dorat de Chameule a prêté serment en tant que survivancier de son père dans la charge de Greffier et Secrétaire Général de ces Ordres. En avril 1759, le sieur de Silhouette a été nommé Contrôleur Général des Finances à la place du sieur de Boullongne. Le sieur de Kergarfon a rapporté que les colonies de la Martinique et de Saint-Domingue étaient en bon état. Le sieur de Bougainville, de retour du Canada, a présenté au Roi des plans de forts et des cartes des lieux de guerre. Il a été récompensé par une gratification, un brevet de Colonel, et la Croix de Saint-Louis. Le Roi a nommé l'Abbé de Saint-Simon de Sandricourt à l'Évêché d'Agde, et a attribué plusieurs abbayes à des ecclésiastiques.
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16488
p. 201-203
DE VIENNE, le 13 Février.
Début :
Le mariage de l'Archiduc Joseph avec l'Infante Isabelle, fille aînée [...]
Mots clefs :
Mariage, Archiduc, Infante, Lieutenant général, Détachement des troupes, Ruse, Attaque, Prisonniers, Ennemis, Prince, Comté de Waldenbourg, Principauté, Nomination, Électeur, Diète de l'Empire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 13 Février.
De VIENNE , le 13 Février.
Le mariage de l'Archiduc Jofeph avec l'Infante
labelle , fille aînée de l'Infant Don Philippe , Duc
de Parme , de Plaifance & de Guastalla , eft déci
dé. Le Prince Wenceslas de Lichtenſtein , a été
nommé
pour aller faire la demande de cette Princeffe
‹ & la conduire en cette Cour. Il fait les préparatifs
néceffaires pour fon voyage. On ne croit
cependant pas que ce mariage foit célébré , avans
le mois d'Août prochain.
202 MERCURE DE FRANCE.
Le Lieutenant général Beck, ayant appris qu'un
corps de troupes Pruffiennes avoit pris pofte entre
Coldorff , Muhlberg , & Torgau , forma le projet
de le furprendre. Il fit un détachement , & chargea
le Général Zettwitz de l'exécution de cette
entreprife. Pendant la marche de ce détachement,
le Général de Simfchonn , à la tête de deux mille
hommes , longea l'Elbe en defcendant ce fleuve;
& il fe porta près de Meffein. De là il pouffa des
détachemens vers Riefa & Strehla , pour fixer de
ce côté l'attention de l'ennemi . Cette ruſe réullit.
Nos troupes , ayant paffé le Roeder , arriverent
à la portée de Cofdorf , où étoit le principal corps,
ennemi , fans qu'il eût foupçonné leur marche.
Les Pruffiens furent entièrement difperfés & culbutés.
Le Général de Zetteritz , qui les commandoit
, fut fait prifonnier , avec fix autres Officiers.
On marcha de là aux troupes Pruffiennes , qui
commençoient à fe raffembler à Blumberg. Mais
elles n'attendirent pas les nôtres . Elles fe retirerent
en défordre à Torgau & à Wittemberg.
Nos troupes ont fait , dans cette occafion , deux
cent quatre-vingt-un prifonniers . Nous ignorons
encore le nombre de Pruffiens tués . Tout le bagage
ennemi a été pris , & l'on y a trouvé les uniformes
neufs du régiment de Schmettau . On a pris
aufli cinq cens chevaux de cavalerie , de trait , ou
de bât . Notre perte confifle , en quarante - cinq
hommes tués ou bleffés .
Les Princes Albert & Clément de Saxe , feront
la campagne ; l'un , dans l'Armée Autrichienne ,
l'autre , dans l'armée Ruffe.
Sa Majesté Impériale , voulant reconnoître les
fervices de la Maifon de Hohen -lohe - Waldenbourg,
a érigé le Comté de Waldenbourg en
Principauté fouveraine de l'Empire , avec toutes
les prérogatives attachées à ce titre. Cette érecAVRIL.
1760 . 203
tion a été notifiée à l'Electeur de Mayence, comme
Archi-Chancelier de l'Empire , à la diéte de l'Empire
, & à celle du cercle de Franconie , dont le
Comté de Waldenbourg fait partie . Le Feld-
Maréchal Baron de Marshal , qui venoit de l'armée
de Saxe dans cette Ville , eft mort en chemin.
Le mariage de l'Archiduc Jofeph avec l'Infante
labelle , fille aînée de l'Infant Don Philippe , Duc
de Parme , de Plaifance & de Guastalla , eft déci
dé. Le Prince Wenceslas de Lichtenſtein , a été
nommé
pour aller faire la demande de cette Princeffe
‹ & la conduire en cette Cour. Il fait les préparatifs
néceffaires pour fon voyage. On ne croit
cependant pas que ce mariage foit célébré , avans
le mois d'Août prochain.
202 MERCURE DE FRANCE.
Le Lieutenant général Beck, ayant appris qu'un
corps de troupes Pruffiennes avoit pris pofte entre
Coldorff , Muhlberg , & Torgau , forma le projet
de le furprendre. Il fit un détachement , & chargea
le Général Zettwitz de l'exécution de cette
entreprife. Pendant la marche de ce détachement,
le Général de Simfchonn , à la tête de deux mille
hommes , longea l'Elbe en defcendant ce fleuve;
& il fe porta près de Meffein. De là il pouffa des
détachemens vers Riefa & Strehla , pour fixer de
ce côté l'attention de l'ennemi . Cette ruſe réullit.
Nos troupes , ayant paffé le Roeder , arriverent
à la portée de Cofdorf , où étoit le principal corps,
ennemi , fans qu'il eût foupçonné leur marche.
Les Pruffiens furent entièrement difperfés & culbutés.
Le Général de Zetteritz , qui les commandoit
, fut fait prifonnier , avec fix autres Officiers.
On marcha de là aux troupes Pruffiennes , qui
commençoient à fe raffembler à Blumberg. Mais
elles n'attendirent pas les nôtres . Elles fe retirerent
en défordre à Torgau & à Wittemberg.
Nos troupes ont fait , dans cette occafion , deux
cent quatre-vingt-un prifonniers . Nous ignorons
encore le nombre de Pruffiens tués . Tout le bagage
ennemi a été pris , & l'on y a trouvé les uniformes
neufs du régiment de Schmettau . On a pris
aufli cinq cens chevaux de cavalerie , de trait , ou
de bât . Notre perte confifle , en quarante - cinq
hommes tués ou bleffés .
Les Princes Albert & Clément de Saxe , feront
la campagne ; l'un , dans l'Armée Autrichienne ,
l'autre , dans l'armée Ruffe.
Sa Majesté Impériale , voulant reconnoître les
fervices de la Maifon de Hohen -lohe - Waldenbourg,
a érigé le Comté de Waldenbourg en
Principauté fouveraine de l'Empire , avec toutes
les prérogatives attachées à ce titre. Cette érecAVRIL.
1760 . 203
tion a été notifiée à l'Electeur de Mayence, comme
Archi-Chancelier de l'Empire , à la diéte de l'Empire
, & à celle du cercle de Franconie , dont le
Comté de Waldenbourg fait partie . Le Feld-
Maréchal Baron de Marshal , qui venoit de l'armée
de Saxe dans cette Ville , eft mort en chemin.
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Résumé : DE VIENNE, le 13 Février.
Le 13 février, le mariage de l'Archiduc Joseph avec l'Infante Isabelle, fille aînée de l'Infant Don Philippe, Duc de Parme, a été décidé. Le Prince Wenceslas de Liechtenstein est chargé de demander la main de la princesse et de la conduire à la cour. Le mariage est prévu pour août prochain. Le Lieutenant général Beck a découvert un corps de troupes prussiennes entre Coldorf, Muhlberg et Torgau. Il a ordonné au Général Zettwitz de les surprendre. Pendant la marche, le Général de Simschonn a descendu l'Elbe avec deux mille hommes vers Meffein, envoyant des détachements vers Riefa et Strehla pour distraire l'ennemi. Cette ruse a permis aux troupes de passer le Roeder et d'atteindre Coldorf sans être détectées. Les Prussiens ont été dispersés, et le Général Zettwitz, ainsi que six autres officiers, ont été capturés. Les troupes ont ensuite marché vers Blumberg, où les Prussiens se rassemblaient, mais ces derniers se sont retirés en désordre vers Torgau et Wittemberg. Les troupes ont fait 281 prisonniers et capturé tout le bagage ennemi, incluant des uniformes et 500 chevaux. Les pertes ennemies en tués sont inconnues, tandis que les pertes alliées s'élèvent à 45 hommes tués ou blessés. Les Princes Albert et Clément de Saxe participeront à la campagne, respectivement dans les armées autrichienne et russe. L'Empereur a élevé le Comté de Waldenbourg au rang de Principauté souveraine de l'Empire. Le Feld-Maréchal Baron de Marshal est décédé en chemin, venant de l'armée de Saxe.
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16489
p. 206
De Rome, le 10 Novembre.
Début :
Le Cardinal d'Yorck a été nommé Archévêque Titulaire de Corinthe, [...]
Mots clefs :
Cardinal, Archevêque, Nomination, Évêque, Audience, Pape, Comte, Ministre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome, le 10 Novembre.
De Rome , le 10 Novembre.
Le Cardinal d'Yorck a été nommé Archévêque
Titulaire de Corinthe , & il fera facré le 19 de ce
mois par Sa Sainteté .
Du 20.
Le 17 , l'Evêque de Laon , Ambaffadeur de
France , & l'Abbé Bellandi , Miniftre du Duc de
Modéne , eut une Audience particuliere de Sa
Sainteté , dans laquelle ils folliciterent conjointement
la difpenfe néceffaire pour le mariage de
Louis-François- Jofeph de Bourbon , Comte de la
Marche , Prince du Sang de France , avec Fortunée-
Marie , Princeffe de Modéne . Le Pape accorda
cette difpenfe de la maniere la plus gracieuſe. Le
mêmejour , les deux Miniftres firent part publiquement
de ce mariage à Sa Sainteté , qui en témoigna
beaucoup de fatisfaction : ils l'annoncerent
de même au Cardinal , neveu , & au Cardinal
, Secrétaire d'Etat .
Le Cardinal d'Yorck a été nommé Archévêque
Titulaire de Corinthe , & il fera facré le 19 de ce
mois par Sa Sainteté .
Du 20.
Le 17 , l'Evêque de Laon , Ambaffadeur de
France , & l'Abbé Bellandi , Miniftre du Duc de
Modéne , eut une Audience particuliere de Sa
Sainteté , dans laquelle ils folliciterent conjointement
la difpenfe néceffaire pour le mariage de
Louis-François- Jofeph de Bourbon , Comte de la
Marche , Prince du Sang de France , avec Fortunée-
Marie , Princeffe de Modéne . Le Pape accorda
cette difpenfe de la maniere la plus gracieuſe. Le
mêmejour , les deux Miniftres firent part publiquement
de ce mariage à Sa Sainteté , qui en témoigna
beaucoup de fatisfaction : ils l'annoncerent
de même au Cardinal , neveu , & au Cardinal
, Secrétaire d'Etat .
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Résumé : De Rome, le 10 Novembre.
Le 10 novembre, le Cardinal d'Yorck a été nommé Archevêque de Corinthe et sera consacré le 19 novembre par le Pape. Le 17 novembre, l'Évêque de Laon et l'Abbé Bellandi ont obtenu une audience privée auprès du Pape pour solliciter la dispense de mariage entre Louis-François-Joseph de Bourbon et Fortunée-Marie de Modène. Le Pape a accordé cette dispense et a témoigné sa satisfaction.
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16490
p. 206
Lettre de M. Delaplaine, Chirurgien de M. de Thomond, écrite de Bordeaux, en date du 22 Octobre, à M. Keyser,
Début :
J'ai eu l'honneur de vous informer par mes précédentes, Monsieur, que j'avois entrepris [...]
Mots clefs :
Maladie, Soins, Dragées, Traitements, Succès, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Delaplaine, Chirurgien de M. de Thomond, écrite de Bordeaux, en date du 22 Octobre, à M. Keyser,
Lettre de M. Delaplaine , Chirurgien de M.
de Thomond , écrite de Bordeaux , en date du
22 Octobre , à M. Keyfer,
>
J'ai eu l'honneur de vous informer par mes
précédentes , Monfieur , que j'avois entrepris de
traiter avec vos dragées, deux filles , dont l'état extrêmement
fâcheux étoit connu , & au fçu de
toute la Ville de Bordeaux ; qu'avant de les comcommencer
, je les avois préfentées à MM. de la
Montagne & Betbeder , Docteur en médecine
qui avoient eu la bonté de conftater avec moi l'état
cruel où ces deux malheureuſes fe trouvoient.
Sans rentrer dans les détails que je vous en ai fait ,
ni vous importuner de ceux des traitemens que j'aî
conduits , je crois n'avoir rien de mieux à faire
que de vous envoyer les certificats de Meffieurs
les Médecins ci - deffus nommés , par lefquels
Vous verrez la guérifon de ces deux filles , & le
fuccès de vos dragées entre mes mains . Ces traite
mens ont été comme publics : les filles font
trop connues dans la ville & à la Comédie , pour
que l'on puiffe révoquer leur guérifon en
doute les fuffrages n'ont point été mandiés , &
je crois pouvoir vous affurer que leur état & leur
curé n'ont pas laiffé que de faire du bruit dans
cette Ville.
de Thomond , écrite de Bordeaux , en date du
22 Octobre , à M. Keyfer,
>
J'ai eu l'honneur de vous informer par mes
précédentes , Monfieur , que j'avois entrepris de
traiter avec vos dragées, deux filles , dont l'état extrêmement
fâcheux étoit connu , & au fçu de
toute la Ville de Bordeaux ; qu'avant de les comcommencer
, je les avois préfentées à MM. de la
Montagne & Betbeder , Docteur en médecine
qui avoient eu la bonté de conftater avec moi l'état
cruel où ces deux malheureuſes fe trouvoient.
Sans rentrer dans les détails que je vous en ai fait ,
ni vous importuner de ceux des traitemens que j'aî
conduits , je crois n'avoir rien de mieux à faire
que de vous envoyer les certificats de Meffieurs
les Médecins ci - deffus nommés , par lefquels
Vous verrez la guérifon de ces deux filles , & le
fuccès de vos dragées entre mes mains . Ces traite
mens ont été comme publics : les filles font
trop connues dans la ville & à la Comédie , pour
que l'on puiffe révoquer leur guérifon en
doute les fuffrages n'ont point été mandiés , &
je crois pouvoir vous affurer que leur état & leur
curé n'ont pas laiffé que de faire du bruit dans
cette Ville.
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Résumé : Lettre de M. Delaplaine, Chirurgien de M. de Thomond, écrite de Bordeaux, en date du 22 Octobre, à M. Keyser,
M. Delaplaine, chirurgien de M. de Thomond, adresse une lettre à M. Keyfer depuis Bordeaux le 22 octobre. Il y relate le traitement de deux jeunes filles dont l'état de santé préoccupant était connu dans toute la ville. Avant de commencer le traitement, Delaplaine a présenté les patientes à MM. de la Montagne et Betbeder, docteur en médecine, qui ont confirmé leur état critique. Il ne détaille pas les traitements mais envoie les certificats médicaux attestant la guérison des deux filles grâce aux dragées de M. Keyfer. Les traitements ayant été publics, la guérison des patientes, bien connues à Bordeaux et à la Comédie, est incontestable. Leur état et leur rétablissement ont suscité une grande attention dans la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16491
p. 209-210
MORTS.
Début :
Anne Claire Durand, Veuve de Henri-François, Chevalier Comte de [...]
Mots clefs :
Veuve, Comte, Épouse, Décès, Marquis, Lieutenant, Évêque, Abbé commandataire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Anne Claire Durand , Veuve de Henri-François
, Chevalier Comte de Vallé , ancien Capitaine
au Régiment du Roi , eft morte en cette .
Ville le 21 Juillet , dans la foixante-dix - neuviéme
année de fon âge.
Marie-Bernardine Cador de Sebville , époufe
de Timoléon -Antoine - Jofeph - François Louis-
Alexandre , Comte d'Epinay de Saint Luc , Marquis
de Lignery , eft morte le même jour âgée
de trente ans.
>
François Marie de Fouilleufe , Marquis dé
Flavacourt , Maréchal de Camp , Lieutenant de
Roi en la Province de Normandie Grand
Bailli de Gifors , de Gravelines & de Bourbourg ,
eft mort le 2 Août dans la cinquante-cinquiéne
année de fon âge.
Pierre -Annet de Peroufe , Evêque de Gap , eft
mort dans fon Palais Epifcopal le r8 Juillet ,
âgé de foixante-quatre ans.
M. de Coetlofquet , Abbé Commendataire de
l'Abbaye Royale de Saint- Gilblas aux Bois , Ordre
de Saint- Benoît , Diocèle de Nantes , eſt mort
' le 29 du même mois , dans la trente- deuxième
année de fon âge.
Blanche- Henriette de la Roche - Aymon , veuve
de Philippe-Gilbert de Cordebeuf- Beauvergier ,
Comte de Montgon , Maréchal de Camp , Gou
verneur des Ifles , Ville & Citadelle d'Oléron , eft
morte en fon Château du Tillay près de Goneffe,
le 7 Août , âgée de foixante-cinq ans.
Sophie d'Eftampes , Baronne de la Ferté-Imbault
, épouse d'Alexis- Bernard Comte de Nonant
, Marquis de Pierous , eft morte en cette
Ville , le 21 du même mois , dans la trente - qua
210 MERCURE DE FRANCE .
>
triéme année de fon âge. Elle étoit fille de Philippe
Charles Comte d'Estampes Baron de la
Ferté-Imbault , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , premièr Capitaine des Gardes de Son Altelle
Royale Monfeigneur le Duc d'Orléans , Régent
du Royaume & de Jeanne-Marie du Pleffis-
Châtillon .
Anne Claire Durand , Veuve de Henri-François
, Chevalier Comte de Vallé , ancien Capitaine
au Régiment du Roi , eft morte en cette .
Ville le 21 Juillet , dans la foixante-dix - neuviéme
année de fon âge.
Marie-Bernardine Cador de Sebville , époufe
de Timoléon -Antoine - Jofeph - François Louis-
Alexandre , Comte d'Epinay de Saint Luc , Marquis
de Lignery , eft morte le même jour âgée
de trente ans.
>
François Marie de Fouilleufe , Marquis dé
Flavacourt , Maréchal de Camp , Lieutenant de
Roi en la Province de Normandie Grand
Bailli de Gifors , de Gravelines & de Bourbourg ,
eft mort le 2 Août dans la cinquante-cinquiéne
année de fon âge.
Pierre -Annet de Peroufe , Evêque de Gap , eft
mort dans fon Palais Epifcopal le r8 Juillet ,
âgé de foixante-quatre ans.
M. de Coetlofquet , Abbé Commendataire de
l'Abbaye Royale de Saint- Gilblas aux Bois , Ordre
de Saint- Benoît , Diocèle de Nantes , eſt mort
' le 29 du même mois , dans la trente- deuxième
année de fon âge.
Blanche- Henriette de la Roche - Aymon , veuve
de Philippe-Gilbert de Cordebeuf- Beauvergier ,
Comte de Montgon , Maréchal de Camp , Gou
verneur des Ifles , Ville & Citadelle d'Oléron , eft
morte en fon Château du Tillay près de Goneffe,
le 7 Août , âgée de foixante-cinq ans.
Sophie d'Eftampes , Baronne de la Ferté-Imbault
, épouse d'Alexis- Bernard Comte de Nonant
, Marquis de Pierous , eft morte en cette
Ville , le 21 du même mois , dans la trente - qua
210 MERCURE DE FRANCE .
>
triéme année de fon âge. Elle étoit fille de Philippe
Charles Comte d'Estampes Baron de la
Ferté-Imbault , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , premièr Capitaine des Gardes de Son Altelle
Royale Monfeigneur le Duc d'Orléans , Régent
du Royaume & de Jeanne-Marie du Pleffis-
Châtillon .
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Résumé : MORTS.
Le texte énumère plusieurs décès survenus en juillet et août. Anne Claire Durand, veuve du Chevalier Comte de Vallé, est décédée le 21 juillet à l'âge de 99 ans. Marie-Bernardine Cador de Sebville, épouse du Comte d'Epinay de Saint Luc et Marquis de Lignery, est également décédée le 21 juillet à l'âge de 30 ans. François Marie de Fouilleuse, Marquis de Flavacourt et Maréchal de Camp, est mort le 2 août à 55 ans. Pierre-Annet de Perouse, Évêque de Gap, est décédé le 18 juillet à 64 ans. M. de Coëtlosquet, Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de Saint-Gilblas aux Bois, est mort le 29 juillet à 32 ans. Blanche-Henriette de la Roche-Aymon, veuve du Comte de Montgon et Gouverneur des Îles d'Oléron, est décédée le 7 août à 65 ans. Enfin, Sophie d'Estampes, Baronne de la Ferté-Imbault et épouse du Comte de Nonant, est morte le 21 août à 34 ans. Elle était la fille du Comte d'Estampes et de Jeanne-Marie du Plessis-Châtillon.
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16492
p. 1408
SONNET.
Début :
Monstre toûjours fécond en douces impostures, [...]
Mots clefs :
Amour, Monstre, Vainqueur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
SONNE T.
Onstre toûjours fécond en douces impos
tures , Mon
Implacable ennemi du répos des Humains ,
Dois -je craindre tes traits , ou cherit tes bles
sures ,
Amour, tu tiens la vie et la mort en tes mains
'Agréable vainqueur , doux tyran de mon ame ,
C'est au prix des douleurs que tu vends tes plai→
sirs ;
On a gémi cent fois quand d'une tendre flâme
Ta cruelle bonté contente les desirs.
" Tu joins à tes douceurs une affreuse amertume
Souvent le même feu nous charme et nous con
sume ,
Quand on aime tes coups, il faut les éviter.
Que faire ? engironné de plaisirs er de larmes
Amour , on sent bien mieux la force de tes char→→
mes ,
On voudroit te hair , mais non pas te quitter.
Par René- Vincent Desf ***
Onstre toûjours fécond en douces impos
tures , Mon
Implacable ennemi du répos des Humains ,
Dois -je craindre tes traits , ou cherit tes bles
sures ,
Amour, tu tiens la vie et la mort en tes mains
'Agréable vainqueur , doux tyran de mon ame ,
C'est au prix des douleurs que tu vends tes plai→
sirs ;
On a gémi cent fois quand d'une tendre flâme
Ta cruelle bonté contente les desirs.
" Tu joins à tes douceurs une affreuse amertume
Souvent le même feu nous charme et nous con
sume ,
Quand on aime tes coups, il faut les éviter.
Que faire ? engironné de plaisirs er de larmes
Amour , on sent bien mieux la force de tes char→→
mes ,
On voudroit te hair , mais non pas te quitter.
Par René- Vincent Desf ***
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Résumé : SONNET.
Le poème 'SONNE T.' de René-Vincent Desf. décrit l'Amour comme une force ambivalente, à la fois agréable vainqueur et doux tyran. Il provoque des douleurs et des plaisirs, tenant la vie et la mort en ses mains. Le poète souligne la difficulté de résister à l'Amour malgré ses souffrances, exprimant un désir de le haïr sans vouloir le quitter.
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16493
p. 210
PRIX des Grains, à Paris, à la Mi-Décembre 1763.
Début :
Le Froment se vendoit, à la Halle, de 13 liv. 5. à 15 s. le Septier ; [...]
Mots clefs :
Froment, Seigle, Orge, Avoine, Prix
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texteReconnaissance textuelle : PRIX des Grains, à Paris, à la Mi-Décembre 1763.
ARTICLE VIII.
ECONOMIE ET COMMERCE .
PRIX des Grains , à Paris , à la Mi-
Décembre 1763 .
Le Fromentle vendoit , à la Halle , der 3 liv. så
15 f. le Septier ; plufieurs ont vendu de 9 à 13 liv.
fur le Port de la Grêve de 14 liv . 10 f. à 15 liv. Il
en étoit vendu de 13 liv. S à 1 13 lîv. 10 f.
à
Le Seigle, à la Halle, de 4 liv.10 f. à 6 liv . 10 f.
L'Orge , des liv. rof. à 6 liv..
Vefce , fur le Port , 15 liv. à la Halle , 10 liv.
13 liv. 1 f.
L'Avoine , à la Halle , 12 liv . l'Avoine en facs
fur le Port is liv. en banne , 14 liv. à 14 liv . 10ſ,
ECONOMIE ET COMMERCE .
PRIX des Grains , à Paris , à la Mi-
Décembre 1763 .
Le Fromentle vendoit , à la Halle , der 3 liv. så
15 f. le Septier ; plufieurs ont vendu de 9 à 13 liv.
fur le Port de la Grêve de 14 liv . 10 f. à 15 liv. Il
en étoit vendu de 13 liv. S à 1 13 lîv. 10 f.
à
Le Seigle, à la Halle, de 4 liv.10 f. à 6 liv . 10 f.
L'Orge , des liv. rof. à 6 liv..
Vefce , fur le Port , 15 liv. à la Halle , 10 liv.
13 liv. 1 f.
L'Avoine , à la Halle , 12 liv . l'Avoine en facs
fur le Port is liv. en banne , 14 liv. à 14 liv . 10ſ,
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Résumé : PRIX des Grains, à Paris, à la Mi-Décembre 1763.
En décembre 1763 à Paris, les prix des grains variaient selon les types et les lieux de vente. Le froment coûtait entre 3 livres 15 sous et 15 livres. Le seigle se vendait entre 4 livres 10 sous et 6 livres 10 sous. L'orge était à 5-6 livres. La vesce variait entre 10 et 15 livres. L'avoine était à 12 livres à la Halle et 11-14 livres 10 sous au Port.
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16494
p. 206
De Venise, le 18 Novembre.
Début :
Le Marquis de Durfort, Ambassadeur du Roi Très-Chrétien auprès de [...]
Mots clefs :
Marquis, Ambassadeur, Déplacements
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texteReconnaissance textuelle : De Venise, le 18 Novembre.
De Venife , le 18 Novembre.
Le Marquis de Durfort , Ambaffadeur du Roi
Très-Chrétien auprès de cette République , arriva
ici le 9 de ce mois , avec une Suite nombreuſe &
brillante .
Le Marquis de Durfort , Ambaffadeur du Roi
Très-Chrétien auprès de cette République , arriva
ici le 9 de ce mois , avec une Suite nombreuſe &
brillante .
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16495
p. 210
AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
Début :
On fait prendre trois grains d'émétique dans du bouillon, & une heure ou [...]
Mots clefs :
Maladie, Chiens, Bouillon, Émétiques, Huile d'olive, Tabac, Vinaigre, Remède
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texteReconnaissance textuelle : AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
AVIS.
REMEDE pour les Chiens attaqués de la maladie.
"
courante .
On fait prendre trois grains d'émétique dans
du bouillon & une heure ou deux après on
donne encore du bouillon au Chien malade . Ik
faut dans la journée lui faire boire de l'huile
d'Olive ; enfuite après avoir rempli de la même
huile une petite feringue grofle comme le doigt ,
dans laquelle on a mis une ou deux prifes de
tabac mêlé avec l'huile , on en ferinque dans les
narines du chien plufieurs fois par jour. Si le
tabac ne le fait pas éternuer il faut mettre à
la place deur goutes de vinaigre.
REMEDE pour les Chiens attaqués de la maladie.
"
courante .
On fait prendre trois grains d'émétique dans
du bouillon & une heure ou deux après on
donne encore du bouillon au Chien malade . Ik
faut dans la journée lui faire boire de l'huile
d'Olive ; enfuite après avoir rempli de la même
huile une petite feringue grofle comme le doigt ,
dans laquelle on a mis une ou deux prifes de
tabac mêlé avec l'huile , on en ferinque dans les
narines du chien plufieurs fois par jour. Si le
tabac ne le fait pas éternuer il faut mettre à
la place deur goutes de vinaigre.
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Résumé : AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
Le document décrit un traitement pour une maladie canine. Il consiste à donner trois grains d'émétique dans du bouillon, suivi d'un autre bouillon après une à deux heures. Le chien doit boire de l'huile d'olive. Une seringue avec un mélange d'huile d'olive et de tabac en poudre est instillée dans les narines. Si le tabac n'induit pas d'éternuements, il est remplacé par du vinaigre.
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16496
p. 210-211
AVIS. LETTRE de Madame *** à M. d'H.****
Début :
Je suis malheureusement intéressée, Monsieur, dans le sort d'une amie qui a perdu [...]
Mots clefs :
Toilette, Dame, Coffre, Nécessaire, Bijoux, Diamant, Perte, Recherches
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texteReconnaissance textuelle : AVIS. LETTRE de Madame *** à M. d'H.****
A VI S.
LETTRE de Madame *** à M. d'H. ****
Je fuis malheureulement intéreffée , Mon
feur,, dans le fort d'une amie qui a perdu à
Verfailles , le premier de Juillet , un Néceſſaire
enforme de Caffette d'anpied & demi en quarré ,
demi-pied de hauteur , qui contient toutes les
chofes néceffaires à la toilette d'une femme , &
une petite Boete de bois qui renferme deux plaques
de braffelets entourés de diamans , un petit
coeur & le petit noeud de diamans ; une paire de
boucles d'oreilles de cocques de perles entourées de
diamans , & cinq bagues ; fçavoir , une turquoiſe
& un diamant jaune , taillé en coeur, la couronne
& les deux châtons de brillans blancs , une
chaîne de Carats blancs , une de trois émeraudes
entourées de Carats blancs & jaunes & montés en
coeur ; une formant un petit noeud de brillans
blancs , & le tour de la bague de même , & pour
deviſe dans l'anneau pour celui - ci point d'Aléxandre.
Cette Caffette contient auffi un portrait
très-précieux pour moi: Mon amie a cru fatisfaire
à toutes les recherchés , & fait offrir vingtcinq
louis à ceux qui pourront lui donner des
nouvelles , & des renfeignemens fûrs de ces effets.
Elle a été oubliée par des Domestiques dans la
cour du grand Commun , à Verſailles , au bas de
OCTOBRE . 1763. 211
l'efcalier de la chambre aux deniers. Mon amie
a négligé , felon moi , une choſe très- eſſentielle ,
& pour laquelle je vous prie de me permettre de
reclamer votre amitié pour engager M. de la
Place à inférer ma Lettre dans le premier Mercure
, & à la renouveller dans ceux qui fuivront
pendant deux ou trois mois , pour qu'on puifle
être informé en Province de cet accident. Cette
Caffette auroit pu y paffer fans être volée , ayant
éte laiffée à Versailles la veille du départ du Roi
pour Compiegne : elle a pu être confondue dans
tous les bagages dont la Cour du Grand Commun
étoit pleine. C'eſt un avis falutaire à donner à ceux
qui pourroient avoir des lumiè res fur ce fajet ; ils
auront la bonté d'écrire à M. l'Eempereur, Orfévre
Jouaillier , cour du Palais , à Paris :il comptera
la fomme promife fans queftions ni informations
des gens qui ne voudront être ni connus ni cités,
J'ai l'honneur d'être , & c.
LETTRE de Madame *** à M. d'H. ****
Je fuis malheureulement intéreffée , Mon
feur,, dans le fort d'une amie qui a perdu à
Verfailles , le premier de Juillet , un Néceſſaire
enforme de Caffette d'anpied & demi en quarré ,
demi-pied de hauteur , qui contient toutes les
chofes néceffaires à la toilette d'une femme , &
une petite Boete de bois qui renferme deux plaques
de braffelets entourés de diamans , un petit
coeur & le petit noeud de diamans ; une paire de
boucles d'oreilles de cocques de perles entourées de
diamans , & cinq bagues ; fçavoir , une turquoiſe
& un diamant jaune , taillé en coeur, la couronne
& les deux châtons de brillans blancs , une
chaîne de Carats blancs , une de trois émeraudes
entourées de Carats blancs & jaunes & montés en
coeur ; une formant un petit noeud de brillans
blancs , & le tour de la bague de même , & pour
deviſe dans l'anneau pour celui - ci point d'Aléxandre.
Cette Caffette contient auffi un portrait
très-précieux pour moi: Mon amie a cru fatisfaire
à toutes les recherchés , & fait offrir vingtcinq
louis à ceux qui pourront lui donner des
nouvelles , & des renfeignemens fûrs de ces effets.
Elle a été oubliée par des Domestiques dans la
cour du grand Commun , à Verſailles , au bas de
OCTOBRE . 1763. 211
l'efcalier de la chambre aux deniers. Mon amie
a négligé , felon moi , une choſe très- eſſentielle ,
& pour laquelle je vous prie de me permettre de
reclamer votre amitié pour engager M. de la
Place à inférer ma Lettre dans le premier Mercure
, & à la renouveller dans ceux qui fuivront
pendant deux ou trois mois , pour qu'on puifle
être informé en Province de cet accident. Cette
Caffette auroit pu y paffer fans être volée , ayant
éte laiffée à Versailles la veille du départ du Roi
pour Compiegne : elle a pu être confondue dans
tous les bagages dont la Cour du Grand Commun
étoit pleine. C'eſt un avis falutaire à donner à ceux
qui pourroient avoir des lumiè res fur ce fajet ; ils
auront la bonté d'écrire à M. l'Eempereur, Orfévre
Jouaillier , cour du Palais , à Paris :il comptera
la fomme promife fans queftions ni informations
des gens qui ne voudront être ni connus ni cités,
J'ai l'honneur d'être , & c.
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Résumé : AVIS. LETTRE de Madame *** à M. d'H.****
Madame *** adresse une lettre à M. d'H. **** pour signaler la perte d'un nécessaire en forme de cassette à Versailles le 1er juillet. La cassette, mesurant un pied et demi en carré et demi-pied de hauteur, contient divers objets de toilette et des bijoux précieux, dont deux plaques de bracelets entourées de diamants, un petit cœur et un petit nœud de diamants, une paire de boucles d'oreilles en perles entourées de diamants, et cinq bagues. Parmi ces bagues, une turquoise, un diamant jaune taillé en cœur, une chaîne de carats blancs, une bague avec trois émeraudes entourées de carats blancs et jaunes, et une bague formant un nœud de brillants blancs. La cassette inclut également un portrait très précieux. Madame *** offre une récompense de vingt-cinq louis pour toute information sur la cassette et ses contenus. La cassette a été oubliée par des domestiques dans la cour du grand Commun à Versailles, près de l'escalier de la chambre aux deniers. L'expéditrice demande à M. d'H. **** d'intercéder auprès de M. de la Place pour publier cette lettre dans le Mercure afin d'informer la province. Toute personne ayant des informations est invitée à écrire à M. l'Eempereur, orfèvre joaillier, cour du Palais, à Paris, où la récompense sera versée sans questions ni informations sur l'identité des informateurs.
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16497
p. 210-211
AVIS.
Début :
Le Sieur Fagonde, Marchand à Paris, rue S. Denis, à côté de Sainte [...]
Mots clefs :
Sieur Fagonde, Eau anticaustique, Brûlures, Guérison, Mal, Peau, Fièvre, Douleur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
La Sieur Fagonde , Marchand à Paris , rue S.
Denis , à côté de Sainte Catherine , à l'enſeigne
de la Toilette , débite l'Eau anticauftique , ainfi
appellée à caufe de fa vertu fouveraine pour la
guériſon prompte & sûre de toutes fortes de brûlures
, de quelque nature qu'elles puiffent être.
Perfonne n'ignore combien eft vive la douleur
excitée par l'action du feu ; la guériſon d'une brû-
Jure eft ordinairement affez longue , parce que le
mal augmente pendant dix à douze jours. Ce n'eft
d'abord qu'une rougeur plus ou moins grande;
furviennent enfuite des tumeurs féreuſes , vulgairement
appellées cloches ; la partie affligée fe
gonfle , & s'enfiamme de plus en plus : tout cela
eft accompagné de douleurs aigues qui fouvent oc
cafionnent la fievre ; la peau du malade fe roidit ;
les petites fibres ne pouvant plus faire leurs fonctions
, le détruiſent ; & enfin on refte ſouvent eftropié.
La liqueur anticauftique , appliquée àfroid , &
fouvent renouvellée , remédie tous ces accidens
: elle commence par appaifer la douleur , &
elle arrête enfuite très- promptement tout le
grès que le mal pourroit faire.
proAVRIL.
1757. 211
Le prix eft de 3 liv. le flacon de demi-fetier ;
le demi -flacon , 30 fols. Cette eau peut fe tranfporter
en tous lieux , & fe conſerve toujours ,
pourvu que les bouteilles foient bien bouchées.
La Sieur Fagonde , Marchand à Paris , rue S.
Denis , à côté de Sainte Catherine , à l'enſeigne
de la Toilette , débite l'Eau anticauftique , ainfi
appellée à caufe de fa vertu fouveraine pour la
guériſon prompte & sûre de toutes fortes de brûlures
, de quelque nature qu'elles puiffent être.
Perfonne n'ignore combien eft vive la douleur
excitée par l'action du feu ; la guériſon d'une brû-
Jure eft ordinairement affez longue , parce que le
mal augmente pendant dix à douze jours. Ce n'eft
d'abord qu'une rougeur plus ou moins grande;
furviennent enfuite des tumeurs féreuſes , vulgairement
appellées cloches ; la partie affligée fe
gonfle , & s'enfiamme de plus en plus : tout cela
eft accompagné de douleurs aigues qui fouvent oc
cafionnent la fievre ; la peau du malade fe roidit ;
les petites fibres ne pouvant plus faire leurs fonctions
, le détruiſent ; & enfin on refte ſouvent eftropié.
La liqueur anticauftique , appliquée àfroid , &
fouvent renouvellée , remédie tous ces accidens
: elle commence par appaifer la douleur , &
elle arrête enfuite très- promptement tout le
grès que le mal pourroit faire.
proAVRIL.
1757. 211
Le prix eft de 3 liv. le flacon de demi-fetier ;
le demi -flacon , 30 fols. Cette eau peut fe tranfporter
en tous lieux , & fe conſerve toujours ,
pourvu que les bouteilles foient bien bouchées.
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Résumé : AVIS.
L'avis traite de la vente de l'Eau anticauffique par le Sieur Fagonde, marchand à Paris, rue Saint-Denis, près de Sainte Catherine, à l'enseigne de la Toilette. Cette eau est reconnue pour son efficacité dans le traitement rapide et sûr des brûlures, indépendamment de leur nature. Les brûlures causent une douleur intense et une guérison lente, souvent accompagnée de complications telles que des rougeurs, des tumeurs, des gonflements, des inflammations, des douleurs aiguës, de la fièvre, et parfois des séquelles esthétiques. L'Eau anticauffique, appliquée à froid et renouvelée fréquemment, soulage la douleur et arrête rapidement la progression des dommages. Le prix de l'Eau anticauffique est de 3 livres pour un flacon de demi-setier et de 30 sols pour un demi-flacon. Elle peut être transportée et conservée dans des bouteilles bien bouchées.
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16498
p. 206-207
De Barcelonne, le 20 Novembre.
Début :
Nous avons appris que le 9 de ce mois, il y eut à la hauteur [...]
Mots clefs :
Combat, Frégates, Français, Anglais, Blessés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Barcelonne, le 20 Novembre.
De Barcelonne , le 20 Novembre.
Nous avons appris que le 9 de ce mois, il y eur
à la hauteur du Cap-Rofe , un combat très- vif
entre la Frégate Françoife , la Pleyade , & une
Frégate Angloife de 36 canons. Le combat dura
depuis une heure , jufqu'à fept heures du foir. La
Frégate Angloife fut contrainte de prendre la
JANVIER. 1759. 207
fuite , après avoir été défemparée de fon grand
mât de hune. La Pleyade la pourfuivit ; mais
ayant apperçu un Vailleau Anglois de haut bord ,
elle fit force de voile pour rejoindre deux Tartares
qu'elle eſcortoit . Le lendemain , elle prit un
Senaw , qui étoit à la fuite de la Frégate Angloife.
On n'y trouva que 4 hommes , 10 fufils , 4 pierriers
, & très-peu de vivres ; parce que l'Equipage
en avoit été retiré la veille , pour renforcer celui
de la Frégate. Le fieur Defepole , Lieutenant de
la Fleyade , a été bleffé légèrement à la cuiſſe.
Il n'y eut qu'un feul Matelot tué , & quelquesuns
bleflés .
Nous avons appris que le 9 de ce mois, il y eur
à la hauteur du Cap-Rofe , un combat très- vif
entre la Frégate Françoife , la Pleyade , & une
Frégate Angloife de 36 canons. Le combat dura
depuis une heure , jufqu'à fept heures du foir. La
Frégate Angloife fut contrainte de prendre la
JANVIER. 1759. 207
fuite , après avoir été défemparée de fon grand
mât de hune. La Pleyade la pourfuivit ; mais
ayant apperçu un Vailleau Anglois de haut bord ,
elle fit force de voile pour rejoindre deux Tartares
qu'elle eſcortoit . Le lendemain , elle prit un
Senaw , qui étoit à la fuite de la Frégate Angloife.
On n'y trouva que 4 hommes , 10 fufils , 4 pierriers
, & très-peu de vivres ; parce que l'Equipage
en avoit été retiré la veille , pour renforcer celui
de la Frégate. Le fieur Defepole , Lieutenant de
la Fleyade , a été bleffé légèrement à la cuiſſe.
Il n'y eut qu'un feul Matelot tué , & quelquesuns
bleflés .
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Résumé : De Barcelonne, le 20 Novembre.
Le 9 novembre, près du Cap-Rofe, la frégate française La Pleyade a affronté une frégate anglaise de 36 canons. Le combat a duré de une heure à sept heures du matin. La frégate anglaise, endommagée, a fui. La Pleyade a capturé un senau le lendemain. Le lieutenant Desepole a été légèrement blessé. Un matelot est mort et quelques autres ont été blessés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16499
p. 2762-2763
MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Début :
N. François Fleuret, Doyen des Prêtres habituez, & Ancien Chantre de la Paroisse de [...]
Mots clefs :
Seigneur, Roi, Épouse, Maître
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
MORTS , NAISSANCES
& Mariages.
Nibiruz, ancien Chantre de la Parciffede
T. François Fleuret , Doyen des Prêtres ha
S. Roch , mourut à Paris , le 9. Novembre,
dans fa 63. année de Prêtrife & dans la 89. de
fon âge.
D. Marie- Catherine Felix , veuve de Charles
Mannifier , Seigneur d'Iaucour , &c . Tréforier
General des Bâtimens du Roy , & Receveur General
des Finances de Moulins , mourut le 11,
Novembre , âgée de 77. ans.
D. Marie Bouffet de la Borde , Epoufe de Charles
de Jean , Ecuyer , Grand - Maître des Eaux &
Forêts de Guyenne , accoucha le 16. Octobre
d'une fille , à laquelle les ceremonies du Baptême
ayant été fuppléées le 15. Novembre dernier ,
elle fut nommée Marie - Jofeph , par Jofeph- Pier
re de Jean , Seigneur de Manville , Brigadier des
Armées du Roy , Chevalier de S. Louis ; & par
D. Marie-Anne - Catherine Damorefan de Prefigny
, Epoufe de Jean Moreau de Sechelles , Maître
des Requêtes & Intendant de la Province du
Haynault,
DECEMBRE. 1730. 2763
Le Mariage du Duc de Nivernois , fils du Dug
de Nevers , avec Madle de Pontchartrain , fille
du Comte de Ponchartrain , fut celebré le 17. de
ce mois par l'Archevêque de Bourges.
& Mariages.
Nibiruz, ancien Chantre de la Parciffede
T. François Fleuret , Doyen des Prêtres ha
S. Roch , mourut à Paris , le 9. Novembre,
dans fa 63. année de Prêtrife & dans la 89. de
fon âge.
D. Marie- Catherine Felix , veuve de Charles
Mannifier , Seigneur d'Iaucour , &c . Tréforier
General des Bâtimens du Roy , & Receveur General
des Finances de Moulins , mourut le 11,
Novembre , âgée de 77. ans.
D. Marie Bouffet de la Borde , Epoufe de Charles
de Jean , Ecuyer , Grand - Maître des Eaux &
Forêts de Guyenne , accoucha le 16. Octobre
d'une fille , à laquelle les ceremonies du Baptême
ayant été fuppléées le 15. Novembre dernier ,
elle fut nommée Marie - Jofeph , par Jofeph- Pier
re de Jean , Seigneur de Manville , Brigadier des
Armées du Roy , Chevalier de S. Louis ; & par
D. Marie-Anne - Catherine Damorefan de Prefigny
, Epoufe de Jean Moreau de Sechelles , Maître
des Requêtes & Intendant de la Province du
Haynault,
DECEMBRE. 1730. 2763
Le Mariage du Duc de Nivernois , fils du Dug
de Nevers , avec Madle de Pontchartrain , fille
du Comte de Ponchartrain , fut celebré le 17. de
ce mois par l'Archevêque de Bourges.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
En novembre 1730, plusieurs événements familiaux et décès ont marqué la vie de plusieurs personnalités. Nibiruz, ancien Chantre de la Parciffede, est décédé à Paris le 9 novembre à l'âge de 89 ans après 63 années de prêtrise. Marie-Catherine Félix, veuve de Charles Mannifier, Seigneur d'Iaucour et Trésorier Général des Bâtiments du Roi, est morte le 11 novembre à l'âge de 77 ans. Marie Bouffet de la Borde, épouse de Charles de Jean, Grand Maître des Eaux et Forêts de Guyenne, a accouché d'une fille le 16 octobre. La cérémonie de baptême a eu lieu le 15 novembre, et l'enfant a été nommée Marie-Josèphe. Les parrains étaient Joseph-Pierre de Jean, Seigneur de Manville, et Marie-Anne-Catherine Damorezan de Prefigny, épouse de Jean Moreau de Sechelles, Maître des Requêtes et Intendant de la Province du Hainaut. En décembre 1730, le mariage du Duc de Nivernois, fils du Duc de Nevers, avec Mademoiselle de Pontchartrain, fille du Comte de Pontchartrain, a été célébré le 17 décembre par l'Archevêque de Bourges.
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16500
p. 210-211
DU HAVRE, le 5 Septembre.
Début :
On a appris par un courrier arrivé de Cadix, que l'Escadre du Roi commandée par [...]
Mots clefs :
Escadre, Vaisseaux, Anglais, Frégates, Vents violents, Commandant
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texteReconnaissance textuelle : DU HAVRE, le 5 Septembre.
DU HAVRE
, le 5
Septembre
.
On
a
appris
par un
courier arrivé
de Cadix
,
que
l'Eſcadre
du Roi
commandée
par
le fieur
de
la Clue
,
après avoir paſſé le détroit
,
a effuyé
un
coup de vent
la nuit
du 16 au 17 du mois der
OCTOBRE
.
1759.
211
2
nier qui l'a féparée. Les cinq vaiffeaux le Fan-
tafque , le Lyon , le Triton , le Fier , & l'Ori
flame , avec les frégates la Chimere , la Minerve
& la Gracieufe , ont relâché à Cadix . Le refte de
l'Escadre ayant été attaqué par les Efcadres
réunies des Amiraux Boscawen & Broderick , les
vailleaux Centaure & le Téméraire ont été pris , &.
Océan & le Redoutable ont été brûlés à la côte
de Lagos. Au départ du courier on ignoroit le
fort des trois autres vaiffeaux le Guerrier, le Sou
verain , & le Modefte.
Le 24 du mois dernier , les Anglois n'avoient
fait aucunes difpofitions pour attaquer le Havre.
Leur Efcadre étoit mouillée dans la grande rade,
à l'exception de trois frégates & d'une bombarde
qui étoient venues mouiller au pied des hauts de
la rade. C'eft à-peu- près le même endroit où
étoient placées les galiotes à bombes lors du
bombardement.
Nos chaloupes canonnieres s'en approcherent
le 28 après midi. Il y eut des coups de canon de
part & d'autre.
Du
11
.
Les vaiffeaux Anglois ont beaucoup fouffert de
la variation & de la violence des vents. Ils font
encore mouillés dans la même poſition. Le 10 , à
une heure & demie , le vaiffeau Commandant a
tiré trois coups de canon ; mais la brume épaiffe
qui s'eft élevée a empêché de voir l'effet de ce
fignal. On a remarqué un navire Eſpagnol que
les deux frégates & les deux quaiches qui font
continuellement en croifiere , ont arrêté , & que
les ennemis retiennent.
, le 5
Septembre
.
On
a
appris
par un
courier arrivé
de Cadix
,
que
l'Eſcadre
du Roi
commandée
par
le fieur
de
la Clue
,
après avoir paſſé le détroit
,
a effuyé
un
coup de vent
la nuit
du 16 au 17 du mois der
OCTOBRE
.
1759.
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nier qui l'a féparée. Les cinq vaiffeaux le Fan-
tafque , le Lyon , le Triton , le Fier , & l'Ori
flame , avec les frégates la Chimere , la Minerve
& la Gracieufe , ont relâché à Cadix . Le refte de
l'Escadre ayant été attaqué par les Efcadres
réunies des Amiraux Boscawen & Broderick , les
vailleaux Centaure & le Téméraire ont été pris , &.
Océan & le Redoutable ont été brûlés à la côte
de Lagos. Au départ du courier on ignoroit le
fort des trois autres vaiffeaux le Guerrier, le Sou
verain , & le Modefte.
Le 24 du mois dernier , les Anglois n'avoient
fait aucunes difpofitions pour attaquer le Havre.
Leur Efcadre étoit mouillée dans la grande rade,
à l'exception de trois frégates & d'une bombarde
qui étoient venues mouiller au pied des hauts de
la rade. C'eft à-peu- près le même endroit où
étoient placées les galiotes à bombes lors du
bombardement.
Nos chaloupes canonnieres s'en approcherent
le 28 après midi. Il y eut des coups de canon de
part & d'autre.
Du
11
.
Les vaiffeaux Anglois ont beaucoup fouffert de
la variation & de la violence des vents. Ils font
encore mouillés dans la même poſition. Le 10 , à
une heure & demie , le vaiffeau Commandant a
tiré trois coups de canon ; mais la brume épaiffe
qui s'eft élevée a empêché de voir l'effet de ce
fignal. On a remarqué un navire Eſpagnol que
les deux frégates & les deux quaiches qui font
continuellement en croifiere , ont arrêté , & que
les ennemis retiennent.
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Résumé : DU HAVRE, le 5 Septembre.
Le 5 septembre 1759, un courrier de Cadix a rapporté que l'escadre royale, dirigée par le chevalier de la Clue, a subi un coup de vent dans la nuit du 16 au 17 octobre. Cinq vaisseaux et trois frégates ont dû se réfugier à Cadix. Le reste de l'escadre a été attaqué par les amiraux Boscawen et Broderick. Les vaisseaux Centaure et Téméraire ont été capturés, tandis que l'Océan et le Redoutable ont été brûlés près de Lagos. Le sort des vaisseaux Guerrier, Souverain et Modeste était inconnu. Le 24 août, les Anglais n'avaient pas attaqué Le Havre. Leur escadre était ancrée dans la grande rade, sauf trois frégates et une bombarde. Le 28 août, des chaloupes canonnières françaises ont échangé des coups de canon avec les vaisseaux anglais, immobilisés par des vents violents. Le 10 septembre, un signal a été donné par le vaisseau commandant, mais la brume a empêché d'en voir l'effet. Un navire espagnol a été arrêté par des frégates et des chaïques ennemies.
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