Résultats : 21917 texte(s)
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Liste
16251
p. 182
MARIAGE.
Début :
Gilbert-Allire-Antoine Marquis de Langhac, Mestre de Camp du Régiment [...]
Mots clefs :
Marquis, Maitre de camp, Chanoinesse
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Gilbert-Allire- Antoine Marquis de Langhac ,
Meftre de Camp du Régiment de Conty , Cavalerie
, a épousé ,le 12 Septembre , Charlotte-Chrif
tine de Lenoncourt , Chanoineffe de Remiremont .
Gilbert-Allire- Antoine Marquis de Langhac ,
Meftre de Camp du Régiment de Conty , Cavalerie
, a épousé ,le 12 Septembre , Charlotte-Chrif
tine de Lenoncourt , Chanoineffe de Remiremont .
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16252
p. 1238-1239
Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 5. de ce mois, l'Ouverture solemnelle de l'Assemblée generale du Clergé [...]
Mots clefs :
Assemblée générale, Clergé, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Le So de ce mois , l'Ouverture folemelle
de l'Affemblée generale du Clergé
de France fe fit avec les ceremonies ac
coûtumées dans l'Eglife des Grands Auguftins
, par la Meffe du S. Efprit , à la➡
quelle les Prélats & les autres Députez qui
compofent l'Affemblée , communierent.
L'Archevêque de Paris y officia pontificalement
, & l'Evêque de Nîmes y prê
cha avec beaucoup d'éloquence.
L'Affemblée generale du Clergé , après
avoir élû pour Préfidents l'Archevêque
de Paris , l'Archevêque de Sens , l'Àrchevêque
de Rouen , l'Evêque de S. Pol
de Leon , l'Evêque de Marfeille & l'Evêque
de Nîmes , l'Abbé de Maugiron
pour Promoteur, & l'Abbé de Valras pour
Secretaire , a choifi pour Premier Préfi
dent le Cardinal de Fleury, Miniftre d'E
ZORJUIN
. 1730.
1119
tat , & l'Affemblée lui a député pour le
prier d'accepter ce choix.
Le 7. Juin les Prélats & les autres
Députez qui compofent l'Affemblée generale
du Clergé , allerent à Verſailles ren
dre leurs refpects au Roi .Ils s'affemblerent
dans laSale du Château qui leur eſt deſtinée
dans ces occafions , & le Comte de Mau
repas , Secretaire d'Etat , étant venu les
prendre pour les prefenter au Roi , ils
furent conduits à l'Audience de S. M. par
le Marquis de Dreux , Grand- Maître des
Ceremonies , & par M. Defgranges , Maître
des Ceremonies , avec les honneurs
qui fe rendent au Clergé lorfqu'il eft en
Corps , les Gardes du Corps étant dans
leur Sale en haye , & fous les armes , &
les deux Batans des Portes étant ouverts,
Le Cardinal de Fleuri , Premier Préfident
de l'Affemblée , alla ſe joindre aux Députés
dans la Sale où ils étoient affemblés,
& il marcha avec eux à la droite des Archevêques
de Paris & de Sens. L'Archevêque
de Paris complimenta le Roi par
un Difcours très éloquent , après lequel
le Cardinal de Fleuri préfenta à S. M. chaque
Député en particulier. Enfuite les
mêmes Deputés ayant le Cardinal de
Fleuri à leur tête , curent l'honneur de
complimenter la Reine & Monfeigneur
le Dauphin. L'Archevêque de Paris qui
fir les trois Harangues parla en ces termes.
de l'Affemblée generale du Clergé
de France fe fit avec les ceremonies ac
coûtumées dans l'Eglife des Grands Auguftins
, par la Meffe du S. Efprit , à la➡
quelle les Prélats & les autres Députez qui
compofent l'Affemblée , communierent.
L'Archevêque de Paris y officia pontificalement
, & l'Evêque de Nîmes y prê
cha avec beaucoup d'éloquence.
L'Affemblée generale du Clergé , après
avoir élû pour Préfidents l'Archevêque
de Paris , l'Archevêque de Sens , l'Àrchevêque
de Rouen , l'Evêque de S. Pol
de Leon , l'Evêque de Marfeille & l'Evêque
de Nîmes , l'Abbé de Maugiron
pour Promoteur, & l'Abbé de Valras pour
Secretaire , a choifi pour Premier Préfi
dent le Cardinal de Fleury, Miniftre d'E
ZORJUIN
. 1730.
1119
tat , & l'Affemblée lui a député pour le
prier d'accepter ce choix.
Le 7. Juin les Prélats & les autres
Députez qui compofent l'Affemblée generale
du Clergé , allerent à Verſailles ren
dre leurs refpects au Roi .Ils s'affemblerent
dans laSale du Château qui leur eſt deſtinée
dans ces occafions , & le Comte de Mau
repas , Secretaire d'Etat , étant venu les
prendre pour les prefenter au Roi , ils
furent conduits à l'Audience de S. M. par
le Marquis de Dreux , Grand- Maître des
Ceremonies , & par M. Defgranges , Maître
des Ceremonies , avec les honneurs
qui fe rendent au Clergé lorfqu'il eft en
Corps , les Gardes du Corps étant dans
leur Sale en haye , & fous les armes , &
les deux Batans des Portes étant ouverts,
Le Cardinal de Fleuri , Premier Préfident
de l'Affemblée , alla ſe joindre aux Députés
dans la Sale où ils étoient affemblés,
& il marcha avec eux à la droite des Archevêques
de Paris & de Sens. L'Archevêque
de Paris complimenta le Roi par
un Difcours très éloquent , après lequel
le Cardinal de Fleuri préfenta à S. M. chaque
Député en particulier. Enfuite les
mêmes Deputés ayant le Cardinal de
Fleuri à leur tête , curent l'honneur de
complimenter la Reine & Monfeigneur
le Dauphin. L'Archevêque de Paris qui
fir les trois Harangues parla en ces termes.
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Résumé : Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Le 1er juin 1730, l'Assemblée générale du Clergé de France a été ouverte solennellement à l'église des Grands Augustins. Les prélats et députés ont communié lors de la messe du Saint-Esprit, célébrée par l'archevêque de Paris. L'évêque de Nîmes a prononcé un sermon. Plusieurs prélats ont été élus présidents, dont le cardinal de Fleury, ministre d'État, choisi comme premier président. Le 7 juin, les prélats et députés se sont rendus à Versailles pour rendre hommage au roi, accompagnés par le comte de Maurepas et le marquis de Dreux. Ils ont été reçus avec les honneurs dus au clergé. L'archevêque de Paris a adressé un discours au roi, suivi par la présentation des députés par le cardinal de Fleury. Les députés ont également salué la reine et le dauphin.
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16253
p. 182-183
ESPAGNE.
Début :
Un bruit souterrein, semblable à celui d'un coup de canon, se fit entendre la nuit [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Tremblement de terre, Lord Tyrawley, Gibraltar, Négociants étrangers, Consuls étrangers, Expulsion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
"
DE LISBONNE , le 19 Janvier.
Un bruit fouterrein , femblable à celui d'un
coup de canon , fe fit entendre la nuit du r's au
16 de ce mois. Quelques inftans après , on fentit
une fecoufe de tremblement de terre. Heureufement
, quoiqu'elle fût affez violente , elle ne
caufa aucun dommage.
AVRIL. 1757: 183
DE GIBRALTAR , le 31 Janvier.
Dès le mois de Novembre de l'année derniere ,
le Lord Tyrawley , Gouverneur de cette Place
en avoit fait fortir tous les Négocians étrangers.
Il vient d'en ufer de même pour les Confuls . Celui
de la Nation Hollandoife fe flattoit d'être excepté
; mais il n'a pas été traité plus favorablement
que les autres.
"
DE LISBONNE , le 19 Janvier.
Un bruit fouterrein , femblable à celui d'un
coup de canon , fe fit entendre la nuit du r's au
16 de ce mois. Quelques inftans après , on fentit
une fecoufe de tremblement de terre. Heureufement
, quoiqu'elle fût affez violente , elle ne
caufa aucun dommage.
AVRIL. 1757: 183
DE GIBRALTAR , le 31 Janvier.
Dès le mois de Novembre de l'année derniere ,
le Lord Tyrawley , Gouverneur de cette Place
en avoit fait fortir tous les Négocians étrangers.
Il vient d'en ufer de même pour les Confuls . Celui
de la Nation Hollandoife fe flattoit d'être excepté
; mais il n'a pas été traité plus favorablement
que les autres.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 16 janvier 1757, Lisbonne a subi un tremblement de terre sans dommage. À Gibraltar, dès novembre 1755, le Lord Tyrawley avait expulsé les négociants étrangers. En janvier 1757, il a également expulsé les consuls, dont celui de la Nation Hollandaise, malgré ses espoirs d'exemption.
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16254
p. 180-181
LETTRE de M. J. J. R. à un jeune homme qui demandoit à s'établir à Montmorency, pour profiter de ses leçons.
Début :
Vous ignorez, Monsieur, que vous écrivez à un pauvre homme accablé de maux, & de plus [...]
Mots clefs :
Homme, Établir, Vertu, Montmorency, Devoir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. J. J. R. à un jeune homme qui demandoit à s'établir à Montmorency, pour profiter de ses leçons.
LETTRE de M. J. J. R. à un jeune
homme qui demandoit à s'établir à Mont
morency , pour profiter defes leçons.
Vous ignorez , Monfieur, que vous écrivez à
un pauvre homme accablé de maux , & de plus
fort occupé , qui n'eft guères en état de vous répondre
, & qui le feroit encore moins d'établir
avec vous la fociété que vous lui propoſez. Vous
m'honorez en pcufant que je pourrois vous yêtre
utile , & vous êtes louable du motif qui vous la
fait defirer ; mais fur le motif même je ne vois
rien de moins néceffaire que de venir vous établir
à Montmorency. Vous n'avez pas besoin d'aller
chercher fi loin les principes de la morale. Rentrez
dans votre coeur & vous les y trouverez ; &
je ne pourrai rien vous dire à ce fujer que ne vous
dife encore mieux votre confcience , quand vous
voudrez la confulter. La vertu , Monfieur , n'eft
pas une fcience qui s'apprenne avec tant d'appazeil;
pour être vertueux il fuffit de vouloir l'être ;;
&, fi vous avez bien cette volonté ; tout eft fait ,
votre bonheur eft décidé . S'il m'appartenoit de
vous donner des conftils , le premier que je voudrois
vous donner feroit de ne point vous livrer
à ce goût que vous dites avoir pour la vie contemplative
, & qui n'eft qu'une parefle de l'amecondamnable
à tout âge , & fur - tout au vôtre.
L'homme n'eft point fait pour méditer , mais pour
agir ; la vie laborieule que Dieu nous impofe n'a
xien que de doux au coeur de l'homme de bien qui
JANVIER . 1772. 131
s'y livre en vue de remplir fon devoir ; & la vi
gueur de la jeunefle ne vous a pas été donnée pour
la perdre à d'oifives contemplations . Travaillez
donc , Monfieur , dans l'état où vous ont placé
vos parens , & la Providence. Voilà le premier
précepte de la vertu que vous voulez fuivre; & fi
le féjour de Paris , joint à l'emploi que vous rempliffez
, vous paroît d'un trop difficile alliage:
avec elle , faites mieux , Monfieur , retournez
dans votre province , allez vivre dans le fein de
votre famille , fervez , foignez vos vertueux parens
, c'est là que vous remplirez véritablement
les foins que la vertu vous impofe ; une vie dure
eft plus facile à fupporter en province que la fortune
à pourfuivre à Paris , fur- tout quand on fait,
comme vous ne l'ignorez point , que les plus indignes
manéges y font plus de fripons gueux que
de parvenus. Vous ne devez point vous estimer
malheureux de vivre comme fait M. votre père ;
& il n'y a point de fort que le travail , la vigilance
, l'innocence & le contentement de foi ne rendent
fupportable quand on s'y foumer en vue de
remplir fon devoir. Voilà , Monfieur , des confeils
qui valent tous ceux que vous pourriez venir
prendre à Montmorency , peut- être ne ferontils
pas de votre goût , & je crains que vous ne
preniez pas le parti de les fuivre , mais je fuis fûr
que vous vous en repentirez un jour ; je vous
fouhaite un fort qui ne vous force jamais à vous
en fouvenir. Je vous prie , Monfieur , d'agréer
mes falutations très-humbles.
homme qui demandoit à s'établir à Mont
morency , pour profiter defes leçons.
Vous ignorez , Monfieur, que vous écrivez à
un pauvre homme accablé de maux , & de plus
fort occupé , qui n'eft guères en état de vous répondre
, & qui le feroit encore moins d'établir
avec vous la fociété que vous lui propoſez. Vous
m'honorez en pcufant que je pourrois vous yêtre
utile , & vous êtes louable du motif qui vous la
fait defirer ; mais fur le motif même je ne vois
rien de moins néceffaire que de venir vous établir
à Montmorency. Vous n'avez pas besoin d'aller
chercher fi loin les principes de la morale. Rentrez
dans votre coeur & vous les y trouverez ; &
je ne pourrai rien vous dire à ce fujer que ne vous
dife encore mieux votre confcience , quand vous
voudrez la confulter. La vertu , Monfieur , n'eft
pas une fcience qui s'apprenne avec tant d'appazeil;
pour être vertueux il fuffit de vouloir l'être ;;
&, fi vous avez bien cette volonté ; tout eft fait ,
votre bonheur eft décidé . S'il m'appartenoit de
vous donner des conftils , le premier que je voudrois
vous donner feroit de ne point vous livrer
à ce goût que vous dites avoir pour la vie contemplative
, & qui n'eft qu'une parefle de l'amecondamnable
à tout âge , & fur - tout au vôtre.
L'homme n'eft point fait pour méditer , mais pour
agir ; la vie laborieule que Dieu nous impofe n'a
xien que de doux au coeur de l'homme de bien qui
JANVIER . 1772. 131
s'y livre en vue de remplir fon devoir ; & la vi
gueur de la jeunefle ne vous a pas été donnée pour
la perdre à d'oifives contemplations . Travaillez
donc , Monfieur , dans l'état où vous ont placé
vos parens , & la Providence. Voilà le premier
précepte de la vertu que vous voulez fuivre; & fi
le féjour de Paris , joint à l'emploi que vous rempliffez
, vous paroît d'un trop difficile alliage:
avec elle , faites mieux , Monfieur , retournez
dans votre province , allez vivre dans le fein de
votre famille , fervez , foignez vos vertueux parens
, c'est là que vous remplirez véritablement
les foins que la vertu vous impofe ; une vie dure
eft plus facile à fupporter en province que la fortune
à pourfuivre à Paris , fur- tout quand on fait,
comme vous ne l'ignorez point , que les plus indignes
manéges y font plus de fripons gueux que
de parvenus. Vous ne devez point vous estimer
malheureux de vivre comme fait M. votre père ;
& il n'y a point de fort que le travail , la vigilance
, l'innocence & le contentement de foi ne rendent
fupportable quand on s'y foumer en vue de
remplir fon devoir. Voilà , Monfieur , des confeils
qui valent tous ceux que vous pourriez venir
prendre à Montmorency , peut- être ne ferontils
pas de votre goût , & je crains que vous ne
preniez pas le parti de les fuivre , mais je fuis fûr
que vous vous en repentirez un jour ; je vous
fouhaite un fort qui ne vous force jamais à vous
en fouvenir. Je vous prie , Monfieur , d'agréer
mes falutations très-humbles.
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16255
p. 182-184
MORTS.
Début :
Charlotte de Rouvroy-Saint-Simon, Veuve de Charles-Louis-Antoine Galeas de Hennin [...]
Mots clefs :
Veuve, Prince, Comte, Décès, Évêque, Abbé, Conseiller au Parlement, Commandeur, Vicomte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Charlotte de Rouvroy- Saint- Simon , Veuve de
Charles-Louis-Antoine Galeas de Hennin de Liétard
, Prince de Chimay , Comte de Bollut , Prince
du Saint Empire , Grand d'Eſpagne , Chevalier de
la Toîfon d'or , & Lieutenant Général des Armées
du Roi & de Sa Majefté Catholique , eft morte en
cette Ville le 29 Septembre , dans la foixante- huitiéme
année de fon âge.
Claude-Antoine de Choifeul , Evêque- Comte de
Châlons , cinquiéme Pair Eccléfiaftique de France,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Monſtier- en- Der , Ordre de Saint Benoît , même
Diocèle , eft mort en fon Palais Epifcopal , le deux
Octobre , dans la foixante-fixième année de ſon
âge.
JANVIER . 1764. 183
Jean-Antoine Gros de Belair , Abbé Régulier
de Chancellade Ordre de Saint Anguftin , Dio+
cèle de Périgueux , & Supérieur Général de la
Congrégation des Chanoines Réguliers du nom
de fon Abbaye , y eft mort , dans les premiers
jours d'Octobre , dans la quatre - vingt- quatriéme
année de fon àge.
"
Louife- Barbe Berthon de Crillon , Abbeſſe de
l'Abbaye Royale de Villiers , Ordre de Cîteaux
Diocèfe de Sens , eft morte dans la foixante- feptiéme
année de fon âge. Elle étoit Abbefle de
cette Maiſon depuis plus de quarante ans , & étoit
foeur du feu Archevêque de Narbonne du même
nom .
N. le Febvre de Mégrigny , Confeiller- Clerc au
Parlement , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Saint George-des-Bois Ordre de S. Auguftin ,
Diocèſe du Mans , & Chanoine de l'Eglife de Paris ,
eft mort en cette Ville , le 17 Octobre , âgé de
quarante- deux ans .
Frere Anne Hillarion Dupleffis - Châtillon de
Nonant , Religieux Profès de l'Ordre de S. Jean
de Jérufalem , Commandeur des Commanderies
de Maupas & de Soiffons , eft mort ici le 17 Octobre
, âgé de foixante- quatorze ans.
Catherine de Menou , Prieure du Prieuré Perpétuel
de Notre- Dame de la Bourdillière , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Tours , eft morte le 12
Octobre , dans la quatre-vingt- troifiéme année
de fon âge. Elle étoit la troifiéme Supérieure de
cette Maiſon fondée en 1662 par Louis de Menou
de Boullai . dont la foeur & la fille ont été fucceffivement
les deux premières Supérieures . Celle
dont on annonce aujourd'hui la mort, étoit petitefille
du Fondateur.
On a appris , par des Lettres de Saint-Doming
184 MERCURE DE FRANCE .
gue , que le Vicomte de Bellunce , Lieutenant Général
des Armées du Roi , & Gouverneur Généraľ
de cette Ifle , y étoit mort le 4 Août dernier.
Charlotte de Rouvroy- Saint- Simon , Veuve de
Charles-Louis-Antoine Galeas de Hennin de Liétard
, Prince de Chimay , Comte de Bollut , Prince
du Saint Empire , Grand d'Eſpagne , Chevalier de
la Toîfon d'or , & Lieutenant Général des Armées
du Roi & de Sa Majefté Catholique , eft morte en
cette Ville le 29 Septembre , dans la foixante- huitiéme
année de fon âge.
Claude-Antoine de Choifeul , Evêque- Comte de
Châlons , cinquiéme Pair Eccléfiaftique de France,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Monſtier- en- Der , Ordre de Saint Benoît , même
Diocèle , eft mort en fon Palais Epifcopal , le deux
Octobre , dans la foixante-fixième année de ſon
âge.
JANVIER . 1764. 183
Jean-Antoine Gros de Belair , Abbé Régulier
de Chancellade Ordre de Saint Anguftin , Dio+
cèle de Périgueux , & Supérieur Général de la
Congrégation des Chanoines Réguliers du nom
de fon Abbaye , y eft mort , dans les premiers
jours d'Octobre , dans la quatre - vingt- quatriéme
année de fon àge.
"
Louife- Barbe Berthon de Crillon , Abbeſſe de
l'Abbaye Royale de Villiers , Ordre de Cîteaux
Diocèfe de Sens , eft morte dans la foixante- feptiéme
année de fon âge. Elle étoit Abbefle de
cette Maiſon depuis plus de quarante ans , & étoit
foeur du feu Archevêque de Narbonne du même
nom .
N. le Febvre de Mégrigny , Confeiller- Clerc au
Parlement , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Saint George-des-Bois Ordre de S. Auguftin ,
Diocèſe du Mans , & Chanoine de l'Eglife de Paris ,
eft mort en cette Ville , le 17 Octobre , âgé de
quarante- deux ans .
Frere Anne Hillarion Dupleffis - Châtillon de
Nonant , Religieux Profès de l'Ordre de S. Jean
de Jérufalem , Commandeur des Commanderies
de Maupas & de Soiffons , eft mort ici le 17 Octobre
, âgé de foixante- quatorze ans.
Catherine de Menou , Prieure du Prieuré Perpétuel
de Notre- Dame de la Bourdillière , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Tours , eft morte le 12
Octobre , dans la quatre-vingt- troifiéme année
de fon âge. Elle étoit la troifiéme Supérieure de
cette Maiſon fondée en 1662 par Louis de Menou
de Boullai . dont la foeur & la fille ont été fucceffivement
les deux premières Supérieures . Celle
dont on annonce aujourd'hui la mort, étoit petitefille
du Fondateur.
On a appris , par des Lettres de Saint-Doming
184 MERCURE DE FRANCE .
gue , que le Vicomte de Bellunce , Lieutenant Général
des Armées du Roi , & Gouverneur Généraľ
de cette Ifle , y étoit mort le 4 Août dernier.
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Résumé : MORTS.
En 1764, plusieurs personnalités notables sont décédées. Charlotte de Rouvroy-Saint-Simon, veuve du Prince de Chimay, est morte le 29 septembre à 68 ans. Claude-Antoine de Choiseul, Évêque-Comte de Châlons, est décédé le 2 octobre à 66 ans. Jean-Antoine Gros de Belair, Abbé de Chancellade, est mort dans les premiers jours d'octobre à 84 ans. Louise-Barbe Berthon de Crillon, Abbesse de l'Abbaye Royale de Villiers, est décédée à 67 ans après plus de quarante ans de service. Nicolas Le Febvre de Mégrigny, Conseiller-Clerc au Parlement, est mort le 17 octobre à 42 ans. Frère Anne Hillarion Duplessis-Châtillon de Nonant, membre de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est décédé le 17 octobre à 64 ans. Catherine de Menou, Prieure du Prieuré Perpétuel de Notre-Dame de la Bourdillière, est morte le 12 octobre à 83 ans. Enfin, le Vicomte de Bellunce, Lieutenant Général des Armées du Roi et Gouverneur Général de Saint-Domingue, est décédé le 4 août.
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16256
p. 182-193
SUITE de la Description des Tableaux exposés au Sallon du Louvre.
Début :
QUELQUES éloges qu'on ait dûs aux précédens Ouvrages de M. Michel Vanloo [...]
Mots clefs :
Tableau, Peintre, Public, Salon, Ouvrage, Louvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Description des Tableaux exposés au Sallon du Louvre.
SUITE de la Defcription * des Tableaux
expofés au Sallon du Louvre.
M. MICHEL VANLOO.
QUELQUES UELQUES éloges qu'on ait dûs aux
précédens Ouvrages de M. Michel Vanloo
, ils ne fuffiroient pas pour le plus
beau de fes Tableaux dont nous avons
particuliérement à parler cette année.
Il s'y eft repréſenté lui - même affis devant
un chevalet , fur lequel eft pofé le
* N. B. Le fupplément de frais qu'exige cette
Defcription , difpenferoitt de l'inférer dans le Mercure
ordinaire. Mais la confidération que l'on a
pour les Abonnés nous a engagés à la faire réim
primer dans les volumes des mois . Ceux qui defireront
l'avoirraffemblée en une feule Brochure & en
entier, la trouveront au Bureau du Mercure &
chez les Libraires. Le prix eft de 12.f.
OCTOBRE. 1763. 183
portrait de fon père , qui fait l'objet de
fon travail. Sa foeur eft debout , derrière
fon fiége , examinant fon ouvrage. Les
pofitions de ces deux Figures font fi faciles
& dans une fi noble fimplicité ,
que l'on peut en regarder la repréfentation
comme une de ces heureuſes circonſtances
, où l'Art a fi bien mis tous
fes efforts fur le compte de la Nature ,
qu'on ne foupçonneroit pas qu'il lui en
eût couté aucuns . ( a )
Toutes les vérités poffibles , celles
même qu'à peine on oferoit exiger de
la Peinture , frappent également dans ce
Tableau . La vérité de reffemblance dans
les têtes eft d'une fidélité la plus exacte
& ne laiffe rien à defirer ni à chercher ;
celle du coloris dans les étoffes , dans
les carnations , dans les divers effets de
toutes les parties , ainfi que dans la jufteffe
des plans, opére un preftige illufoire
pour les yeux les plus accoutumés à la
magie de la Peinture . En un mot , on
s'accorde à dire que cet Ouvrage eft
moins un Tableau que la réalité même
de ce qu'il repréfente. Il y a du même
Peintre plufieurs autres Portraits en
bufte de différentes perfonnes. Ils por-
( a)Ce Tableau a 7 pieds de haut furs de
largeur.
184 MERCURE DE FRANCE.
tent tous le caractère de vérité & la même
beauté de ce qu'en langage d'Artiſte
on nomme le faire.
M. BOUCHER.
Nous avons encore à regretter M.
Boucher dans cette expofition , par le
peu d'Ouvrages qu'on y voit de lui. Un
très-petit Tableau repréfentant un ſommeil
de l'Enfant Jefus , dans lequel on
retrouve l'agrément qui caractériſe fon
pinceau ; un autre plus petit encore ,
mais charmant & précieux , contenant
une partie de Payfage ; un troifiéme de
moyenne grandeur , où l'on voit, dans un
bocage agréable, un Berger endormi fur
les genoux de fa Bergère, font les feules
productions dont cer aimable Génie ait
fait part au Public dans le Sallon ( b )
M. JEAURAT.
M.Jeaurat, en poffeffion d'attirer & de
fixer l'attention de la multitude , par la repréfentation
naïve de diverfes fcènes, ou
populaires ou domeftiques , n'a offert à
l'amufement du Public cette année
que deux Tableaux de ce genre. L'un
(b) Le premier de ces Tableaux a 2 pieds
fur un .
OCTOBRE. 1763 . 185
repréſente un Peintre dans fon cabinet ,
faifant le portrait d'une jeune Dame. Le
Sujet de l'autre est tiré d'un Conte
de feu M. Vadé , intitulé les Citrons de
Javotte.
M. PIERRE .
Entre autres Tableaux de M. Pierre
nous nous arrêterons fur celui qui eft
destiné à être exécuté en tapifferie à la
Manufacture Royale des Gobelins . Le
Sujet eft la métamorphofe d'Aglaure en
pierre , pour avoir voulu empêcher
Mercure d'entrer chez fa foeur Herfé
dont ce Dieu étoit amoureux. Ce Tableau
eft d'une fort belle entente &
d'une fçavante compofition .Tous les perfonnages
y ont une expreffion jufte , relative
au Sujet & conforme àla paffion
dont ils doivent être affectés . Les Plans
jouent ( fi l'on peut ufer de cette expreffion
) dans un fite convenable , &
font très - diftincts par leurs effets ,
chacun felon fon afpect naturel . Il
feroit peut - être à defirer que ce Tableau
eût été placé dans une autre pofition
que celle où il eft vu au Sallon ,
parce que la lumière gliffant de côté , altére
les effets du coloris relativement
au jour pour lequel il a été fait ; & par
186 MERCURE DE FRANCE.
2
là les effets ne doivent plus être les
mêmes qu'ils auront paru dans le Cabinet
de l'Auteur . D'ailleurs , il eſt à
obferver que deſtiné , comme on l'a
déjà dit , à l'exécution en tapiſſerie
cet ouvrage doit être confidéré fous ce
point de vue. On fçait combien ce Maître
a donné de preuves de fon intelligence
dans ce que la Peinture peut procu
rer d'officieux à la Fabrique de la Tapifferie
, & les fuccès en font garants.
Ainfi les motifs qui dirigent fa manière
dans ces fortes de Tableaux , doivent
entrer en confidération dans les jugemens
qu'on en porte & déterminer à
la juftice légitimement due aux grands
talens du Peintre .
Une Mère qui s'eft poignardée de
douleur après le meurtre de fon fils
dans le maffacre des Innocens offre
un fpectacle d'horreur & de pitié dans
un autre Tableau de M. Pierre . Ces
fortes d'objets , fur lefquels le Public
qui ne cherche que l'amufement , évite
d'arrêter long-temps fes regards ,
peuvent attendre des fuffrages que des.
Maîtres ou des Connoiffeurs de l'Art ;
il fort peu d'ouvrages des mains de ce
Peintre qui n'ayent des Titres fùrs pour
en mériter. On voit auffi de lui un
ouvrage d'un genre différent , c'eſt une
ne
OCTOBRE. 1763. 187
Bacchante endormie. On doit trouver
à applaudir dans toutes les productions
des Maîtres qui connoiffent auffi bien
les grands principes de l'Art.
M. NATTIER.
M. Nattier , célébre dans l'Art de
prêter des graces à la Nature fans la
faire méconnoître , n'a pas eu befoin de
ce talent pour nous conferver l'image
d'une femme que la mort lui a enlevée
il y a plufieurs années , & dans la perte
de laquelle tous ceux qui la connoif-
Dient ont eu à regretter encore plus
les charmes de l'efprit que ceux de la
gure. Le Tableau qui contient le Portrait
de feue Madame Nattier , dans le
plus bel âge , celui de l'Auteur & des
enfans très jeunes qu'il avoit alors ,
qui paroît par là avoir été fait , ou au
moins commencé il y a long-temps ,
eft le feul de ce Peintre que l'on ait expofé
au Sallon . Son âge & les infirmités
qui l'accompagnent ordinairement ,
ne le difpenfent que trop de concourir
avec de plus jeunes Emules. On doit lui
tenir compte aujourd'hui , de fes travaux
paffés & du fuccès qu'ils ont
eus. ( c)
-
( c ) Ce Tableau eft des pieds s pouces de
Largeur fur 4 pieds 10 pouces de hauteur.
188 MERCURE DE FRANCE .
M. HALLÉ.
Plufieurs Tableaux de M. Hallé , expofés
cette année, font honneur aux talens
de ce Peintre . Nous ne parlerons
que du plus apparent par fon étendue :
le Sujet eft Abraham ( d ) recevant les
Anges qui lui annoncent la féconditéde
Sara. On remarque avec de très-juftes
éloges dans ce Tableau , ainfi
que dans
tous les autres du même Peintre un
fort beau genre de compofition , dans
le noble & dans la manière qui mérite
le plus de confidération des Connoif
feurs ; de l'accord & de l'entente dans
les couleurs. Si nous n'entrons pas dans
plus de détails fur les productions de
cet Artifte , c'est bien moins faute de
chofes avantageufes à y faire remarquer,
que faute d'efpace & de temps , par
les bornes que nous avons dû nous impofer
pour cette Deſcription .
M. VIEN.
Les Ouvrages de M. Vien fe diftin
guent au Sallon par une rigoureuſe imitation
de l'Antique. Il en avoit précé-
( d ) 8 pieds de largeur fur 2 pieds, 8 pouces
de hauteur.
OCTOBRE. 1763. 189
demment montré quelques effais ; il
femble avoir totalement & exclufivement
adopté ce genre , au moins à
cette expofition . Une grande fimplicité
ans les pofitions des figures pièfque
roites & fans mouvement , très - peu
e draperies , communément affez mines
, fans jeu & pour ainfi dire collées
ur le nud ; une févère fobriété dans les
ornemens acceffoires , voilà , comme
' on fçait , ce qui caractériſe particuliérement
l'Antique. Si tant d'austérité
peut quelquefois , même en Sculpture ,
aroître à des yeux vulgaires une indirence
froide & infipide , fera-t- elle en
' einture un mérite réel & un moyen
éceffaire à la perfection de notre Ecoe
? C'eft une difcuffion dans laquelle il
e nous appartient pas d'entrer. Des
Connoiffeurs plus éclairés que nous, ont
enfé apparemment que cette méthode
ce genie de goût auroient des avanges.
Il eft certain au moins , & le
ablic le penfera comme nous , que
e n'eft ni par caprice , ni affurément
ir impuiffance de talent dans d'autres
enres , que M, Vien ne préfente auburd'hui
que celui- ci à notre curiofité,
Dans le cas où il feroit décidé que ce
genre porteroit l'Art à de nouveaux pro-
1
190 MERCURE DE FRANCE .
grès , il faudroit louer le courageux défintéreffement
de facrifier le nombre
des fuffrages au poids de leur valeur.
On inféreroit injuftement de là , qu'aucun
des Ouvrages expofés par M. Vien
n'occupe agréablement les regards du
Public. On ne peut au contraire fe refufer
au fentiment agréable qu'infpire
entr'autres la tendre & naïve expreffion
d'une jeune Fille qui va préfenter une
offrande au Temple de Vénus . Les grâces
touchantes des prémices du coeur y
font mariées avec la timidité de la Pudeur.
On eſt affecté d'un Tableau piquant
, où la Nature fans voiles , dans
une attitude fort fimple , mais fouple &
gracieuſe , attire , flatte & rappelle nos
regards. Ce Tableau offre l'image d'une
Femme fortant du bain & fervie par une
Efclave. Il régne fur la principale Figure
un bel effet de lumière qui donne de
l'éclat à la carnation , & le deffein nous
en a paru affez correct & affez élégant
pour plaire autant aux Amateurs des
moyens pratiques de l'Art , qu'à ceux
qui n'en jugent que par les effets .
Deux repréſentations différentes de
la belle Glycère , qui vendoit des couronnes
de fleurs aux portes des Temples
d'Athénes, peuvent être fort agréa
OCTOBRE . 1763. 191
bles pour les Curieux de l'Antiquité.
Un autre Tableau , de forme différente,
dans lequel le Peintre a très- bien rendu
la vérité gracieufe & naïve d'une
jolie Femme arrofant un pot de fleurs
eft encore très -digne de l'attention du
Public . Mais celui qui en eft le plus
remarqué, eft un Tableau dont le Peintre
a emprunté le Sujet d'une Peinture
confervée dans les ruines d'Herculanum.
Il eft intitulé dans le livre d'explication
, la Marchande à la toilette.
Cette Marchande eft une espéce d'Efclave
qui préfente à une jeune Grecque
, affife près d'une table antique
un petit Amour qu'elle tient par les
ailerons ; à-peu- près comme les Marchands
de volailles vivantes préfentent
leurs marchandifes. Un pannier dans
lequel font d'autres petits enfans ailés
de même nature , indique qu'elle en a
forti celui qu'elle offre pour montre.
Indépendament de la fingularité de cette
compofition , les Connoiffeurs trouvent
dans l'ouvrage beaucoup de chofes
à remarquer à l'avantage du Peintre
moderne.
Il y a des beautés à louer dans
deux autres Tableaux du même Auteur.
Proferpine , ornant de fleurs le Buſte
192 MERCURE DE FKANCE .
de Cérès , & une Prêtreffe qui brule
de l'encens fur un trépied .
Il eft certain que dans chaque production
des Anciens en Sculpture ou
en Peinture , on reconnoît toujours les
traces d'un modéle commun à tous ,
& ce modéle étoit le beau idéal : il en
réfulte pour nous , plus amateurs de la
variété , une conformité que nous devons
taxer de monotonie. Ĉe feroit donc
un mérite dont on fçauroit gré à leurs
imitateurs , que de fervir notre goût pour
la variété , fans néanmoins s'écarter
du fond de leurs principes ; c'est ce
que doit faire tout Artifte qui entreprend
de fuivre ces modéles. Quant à la
préférence que peut mériter cette imitation
, tout fe réduit à fçavoir fi le peu
qui nous refte des Peintures de l'Antiquité
, abftraction faite de l'exactitude
du Coftume , procure à l'Art des exemples
dont il puiffe s'enrichir & qui doivent
l'emporter fur ceux que nous ont
laiffés les plus grands Maîtres de nos
Ecoles modernes depuis Raphaël jufqu'à
ceux de nos jours ? C'eft une
queftion que nous croyons prudent à
nous de réduire en problême , plus prudent
encore de n'en pas hazarder la
folution , & que chacun eft en état de
réfoudre
OCTOBRE. 1763 : 1931
réfoudre. Il nous feroit difficile cependant
de diffimuler les regrets que nous
avons entendus faire de plufieurs côtés,
für ce que fait perdre aux Curieux,dansle
ftyle naturel de notre Ecole , pour
lequel M. Vien a des talens fi précieux , +
l'attachement & l'application qu'il paroît
vouer depuis quelque temps a ce
ftyle antique , que plufieurs d'entreles
Amateurs pourroient bien ne pas
eftimer autant les uns que les autres
, & dont il eft affez évidemment
prouvé que le général du Public difpenferoit
volontiers nos Artiftes,
•
La fuite au Mercure prochain.
expofés au Sallon du Louvre.
M. MICHEL VANLOO.
QUELQUES UELQUES éloges qu'on ait dûs aux
précédens Ouvrages de M. Michel Vanloo
, ils ne fuffiroient pas pour le plus
beau de fes Tableaux dont nous avons
particuliérement à parler cette année.
Il s'y eft repréſenté lui - même affis devant
un chevalet , fur lequel eft pofé le
* N. B. Le fupplément de frais qu'exige cette
Defcription , difpenferoitt de l'inférer dans le Mercure
ordinaire. Mais la confidération que l'on a
pour les Abonnés nous a engagés à la faire réim
primer dans les volumes des mois . Ceux qui defireront
l'avoirraffemblée en une feule Brochure & en
entier, la trouveront au Bureau du Mercure &
chez les Libraires. Le prix eft de 12.f.
OCTOBRE. 1763. 183
portrait de fon père , qui fait l'objet de
fon travail. Sa foeur eft debout , derrière
fon fiége , examinant fon ouvrage. Les
pofitions de ces deux Figures font fi faciles
& dans une fi noble fimplicité ,
que l'on peut en regarder la repréfentation
comme une de ces heureuſes circonſtances
, où l'Art a fi bien mis tous
fes efforts fur le compte de la Nature ,
qu'on ne foupçonneroit pas qu'il lui en
eût couté aucuns . ( a )
Toutes les vérités poffibles , celles
même qu'à peine on oferoit exiger de
la Peinture , frappent également dans ce
Tableau . La vérité de reffemblance dans
les têtes eft d'une fidélité la plus exacte
& ne laiffe rien à defirer ni à chercher ;
celle du coloris dans les étoffes , dans
les carnations , dans les divers effets de
toutes les parties , ainfi que dans la jufteffe
des plans, opére un preftige illufoire
pour les yeux les plus accoutumés à la
magie de la Peinture . En un mot , on
s'accorde à dire que cet Ouvrage eft
moins un Tableau que la réalité même
de ce qu'il repréfente. Il y a du même
Peintre plufieurs autres Portraits en
bufte de différentes perfonnes. Ils por-
( a)Ce Tableau a 7 pieds de haut furs de
largeur.
184 MERCURE DE FRANCE.
tent tous le caractère de vérité & la même
beauté de ce qu'en langage d'Artiſte
on nomme le faire.
M. BOUCHER.
Nous avons encore à regretter M.
Boucher dans cette expofition , par le
peu d'Ouvrages qu'on y voit de lui. Un
très-petit Tableau repréfentant un ſommeil
de l'Enfant Jefus , dans lequel on
retrouve l'agrément qui caractériſe fon
pinceau ; un autre plus petit encore ,
mais charmant & précieux , contenant
une partie de Payfage ; un troifiéme de
moyenne grandeur , où l'on voit, dans un
bocage agréable, un Berger endormi fur
les genoux de fa Bergère, font les feules
productions dont cer aimable Génie ait
fait part au Public dans le Sallon ( b )
M. JEAURAT.
M.Jeaurat, en poffeffion d'attirer & de
fixer l'attention de la multitude , par la repréfentation
naïve de diverfes fcènes, ou
populaires ou domeftiques , n'a offert à
l'amufement du Public cette année
que deux Tableaux de ce genre. L'un
(b) Le premier de ces Tableaux a 2 pieds
fur un .
OCTOBRE. 1763 . 185
repréſente un Peintre dans fon cabinet ,
faifant le portrait d'une jeune Dame. Le
Sujet de l'autre est tiré d'un Conte
de feu M. Vadé , intitulé les Citrons de
Javotte.
M. PIERRE .
Entre autres Tableaux de M. Pierre
nous nous arrêterons fur celui qui eft
destiné à être exécuté en tapifferie à la
Manufacture Royale des Gobelins . Le
Sujet eft la métamorphofe d'Aglaure en
pierre , pour avoir voulu empêcher
Mercure d'entrer chez fa foeur Herfé
dont ce Dieu étoit amoureux. Ce Tableau
eft d'une fort belle entente &
d'une fçavante compofition .Tous les perfonnages
y ont une expreffion jufte , relative
au Sujet & conforme àla paffion
dont ils doivent être affectés . Les Plans
jouent ( fi l'on peut ufer de cette expreffion
) dans un fite convenable , &
font très - diftincts par leurs effets ,
chacun felon fon afpect naturel . Il
feroit peut - être à defirer que ce Tableau
eût été placé dans une autre pofition
que celle où il eft vu au Sallon ,
parce que la lumière gliffant de côté , altére
les effets du coloris relativement
au jour pour lequel il a été fait ; & par
186 MERCURE DE FRANCE.
2
là les effets ne doivent plus être les
mêmes qu'ils auront paru dans le Cabinet
de l'Auteur . D'ailleurs , il eſt à
obferver que deſtiné , comme on l'a
déjà dit , à l'exécution en tapiſſerie
cet ouvrage doit être confidéré fous ce
point de vue. On fçait combien ce Maître
a donné de preuves de fon intelligence
dans ce que la Peinture peut procu
rer d'officieux à la Fabrique de la Tapifferie
, & les fuccès en font garants.
Ainfi les motifs qui dirigent fa manière
dans ces fortes de Tableaux , doivent
entrer en confidération dans les jugemens
qu'on en porte & déterminer à
la juftice légitimement due aux grands
talens du Peintre .
Une Mère qui s'eft poignardée de
douleur après le meurtre de fon fils
dans le maffacre des Innocens offre
un fpectacle d'horreur & de pitié dans
un autre Tableau de M. Pierre . Ces
fortes d'objets , fur lefquels le Public
qui ne cherche que l'amufement , évite
d'arrêter long-temps fes regards ,
peuvent attendre des fuffrages que des.
Maîtres ou des Connoiffeurs de l'Art ;
il fort peu d'ouvrages des mains de ce
Peintre qui n'ayent des Titres fùrs pour
en mériter. On voit auffi de lui un
ouvrage d'un genre différent , c'eſt une
ne
OCTOBRE. 1763. 187
Bacchante endormie. On doit trouver
à applaudir dans toutes les productions
des Maîtres qui connoiffent auffi bien
les grands principes de l'Art.
M. NATTIER.
M. Nattier , célébre dans l'Art de
prêter des graces à la Nature fans la
faire méconnoître , n'a pas eu befoin de
ce talent pour nous conferver l'image
d'une femme que la mort lui a enlevée
il y a plufieurs années , & dans la perte
de laquelle tous ceux qui la connoif-
Dient ont eu à regretter encore plus
les charmes de l'efprit que ceux de la
gure. Le Tableau qui contient le Portrait
de feue Madame Nattier , dans le
plus bel âge , celui de l'Auteur & des
enfans très jeunes qu'il avoit alors ,
qui paroît par là avoir été fait , ou au
moins commencé il y a long-temps ,
eft le feul de ce Peintre que l'on ait expofé
au Sallon . Son âge & les infirmités
qui l'accompagnent ordinairement ,
ne le difpenfent que trop de concourir
avec de plus jeunes Emules. On doit lui
tenir compte aujourd'hui , de fes travaux
paffés & du fuccès qu'ils ont
eus. ( c)
-
( c ) Ce Tableau eft des pieds s pouces de
Largeur fur 4 pieds 10 pouces de hauteur.
188 MERCURE DE FRANCE .
M. HALLÉ.
Plufieurs Tableaux de M. Hallé , expofés
cette année, font honneur aux talens
de ce Peintre . Nous ne parlerons
que du plus apparent par fon étendue :
le Sujet eft Abraham ( d ) recevant les
Anges qui lui annoncent la féconditéde
Sara. On remarque avec de très-juftes
éloges dans ce Tableau , ainfi
que dans
tous les autres du même Peintre un
fort beau genre de compofition , dans
le noble & dans la manière qui mérite
le plus de confidération des Connoif
feurs ; de l'accord & de l'entente dans
les couleurs. Si nous n'entrons pas dans
plus de détails fur les productions de
cet Artifte , c'est bien moins faute de
chofes avantageufes à y faire remarquer,
que faute d'efpace & de temps , par
les bornes que nous avons dû nous impofer
pour cette Deſcription .
M. VIEN.
Les Ouvrages de M. Vien fe diftin
guent au Sallon par une rigoureuſe imitation
de l'Antique. Il en avoit précé-
( d ) 8 pieds de largeur fur 2 pieds, 8 pouces
de hauteur.
OCTOBRE. 1763. 189
demment montré quelques effais ; il
femble avoir totalement & exclufivement
adopté ce genre , au moins à
cette expofition . Une grande fimplicité
ans les pofitions des figures pièfque
roites & fans mouvement , très - peu
e draperies , communément affez mines
, fans jeu & pour ainfi dire collées
ur le nud ; une févère fobriété dans les
ornemens acceffoires , voilà , comme
' on fçait , ce qui caractériſe particuliérement
l'Antique. Si tant d'austérité
peut quelquefois , même en Sculpture ,
aroître à des yeux vulgaires une indirence
froide & infipide , fera-t- elle en
' einture un mérite réel & un moyen
éceffaire à la perfection de notre Ecoe
? C'eft une difcuffion dans laquelle il
e nous appartient pas d'entrer. Des
Connoiffeurs plus éclairés que nous, ont
enfé apparemment que cette méthode
ce genie de goût auroient des avanges.
Il eft certain au moins , & le
ablic le penfera comme nous , que
e n'eft ni par caprice , ni affurément
ir impuiffance de talent dans d'autres
enres , que M, Vien ne préfente auburd'hui
que celui- ci à notre curiofité,
Dans le cas où il feroit décidé que ce
genre porteroit l'Art à de nouveaux pro-
1
190 MERCURE DE FRANCE .
grès , il faudroit louer le courageux défintéreffement
de facrifier le nombre
des fuffrages au poids de leur valeur.
On inféreroit injuftement de là , qu'aucun
des Ouvrages expofés par M. Vien
n'occupe agréablement les regards du
Public. On ne peut au contraire fe refufer
au fentiment agréable qu'infpire
entr'autres la tendre & naïve expreffion
d'une jeune Fille qui va préfenter une
offrande au Temple de Vénus . Les grâces
touchantes des prémices du coeur y
font mariées avec la timidité de la Pudeur.
On eſt affecté d'un Tableau piquant
, où la Nature fans voiles , dans
une attitude fort fimple , mais fouple &
gracieuſe , attire , flatte & rappelle nos
regards. Ce Tableau offre l'image d'une
Femme fortant du bain & fervie par une
Efclave. Il régne fur la principale Figure
un bel effet de lumière qui donne de
l'éclat à la carnation , & le deffein nous
en a paru affez correct & affez élégant
pour plaire autant aux Amateurs des
moyens pratiques de l'Art , qu'à ceux
qui n'en jugent que par les effets .
Deux repréſentations différentes de
la belle Glycère , qui vendoit des couronnes
de fleurs aux portes des Temples
d'Athénes, peuvent être fort agréa
OCTOBRE . 1763. 191
bles pour les Curieux de l'Antiquité.
Un autre Tableau , de forme différente,
dans lequel le Peintre a très- bien rendu
la vérité gracieufe & naïve d'une
jolie Femme arrofant un pot de fleurs
eft encore très -digne de l'attention du
Public . Mais celui qui en eft le plus
remarqué, eft un Tableau dont le Peintre
a emprunté le Sujet d'une Peinture
confervée dans les ruines d'Herculanum.
Il eft intitulé dans le livre d'explication
, la Marchande à la toilette.
Cette Marchande eft une espéce d'Efclave
qui préfente à une jeune Grecque
, affife près d'une table antique
un petit Amour qu'elle tient par les
ailerons ; à-peu- près comme les Marchands
de volailles vivantes préfentent
leurs marchandifes. Un pannier dans
lequel font d'autres petits enfans ailés
de même nature , indique qu'elle en a
forti celui qu'elle offre pour montre.
Indépendament de la fingularité de cette
compofition , les Connoiffeurs trouvent
dans l'ouvrage beaucoup de chofes
à remarquer à l'avantage du Peintre
moderne.
Il y a des beautés à louer dans
deux autres Tableaux du même Auteur.
Proferpine , ornant de fleurs le Buſte
192 MERCURE DE FKANCE .
de Cérès , & une Prêtreffe qui brule
de l'encens fur un trépied .
Il eft certain que dans chaque production
des Anciens en Sculpture ou
en Peinture , on reconnoît toujours les
traces d'un modéle commun à tous ,
& ce modéle étoit le beau idéal : il en
réfulte pour nous , plus amateurs de la
variété , une conformité que nous devons
taxer de monotonie. Ĉe feroit donc
un mérite dont on fçauroit gré à leurs
imitateurs , que de fervir notre goût pour
la variété , fans néanmoins s'écarter
du fond de leurs principes ; c'est ce
que doit faire tout Artifte qui entreprend
de fuivre ces modéles. Quant à la
préférence que peut mériter cette imitation
, tout fe réduit à fçavoir fi le peu
qui nous refte des Peintures de l'Antiquité
, abftraction faite de l'exactitude
du Coftume , procure à l'Art des exemples
dont il puiffe s'enrichir & qui doivent
l'emporter fur ceux que nous ont
laiffés les plus grands Maîtres de nos
Ecoles modernes depuis Raphaël jufqu'à
ceux de nos jours ? C'eft une
queftion que nous croyons prudent à
nous de réduire en problême , plus prudent
encore de n'en pas hazarder la
folution , & que chacun eft en état de
réfoudre
OCTOBRE. 1763 : 1931
réfoudre. Il nous feroit difficile cependant
de diffimuler les regrets que nous
avons entendus faire de plufieurs côtés,
für ce que fait perdre aux Curieux,dansle
ftyle naturel de notre Ecole , pour
lequel M. Vien a des talens fi précieux , +
l'attachement & l'application qu'il paroît
vouer depuis quelque temps a ce
ftyle antique , que plufieurs d'entreles
Amateurs pourroient bien ne pas
eftimer autant les uns que les autres
, & dont il eft affez évidemment
prouvé que le général du Public difpenferoit
volontiers nos Artiftes,
•
La fuite au Mercure prochain.
Fermer
16257
p. 183-184
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 8 Février, la Chambre des Communes résolut de supplier le Roi de lui [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des communes, Île de Minorque, Amiral Byng, Enquête , Bureau de la guerre, Régiments, Amérique, Fortifications anglaises, Bill, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le premier Mars.
Le 8 Février , la Chambre des Communes ré…
folut de fupplier le Roi de lui faire remettre des
copies des différens avis reçus touchant le deffein
des François contre l'Ifle Minorque ; une lifte des
Vaiffeaux de guerre envoyés au fecours de cette
Ifle fous les ordres de l'Amiral Byng ; la copie des
ordres donnés à cet Amiral ; les lettres qu'on a
reçues de lui , & celles que P'Amirauté lui a écri
tes ; un état de la Garnifon du Fort Saint - Philippe
, & des munitions dont cette Place étoit
pourvue . Afin d'approfondir les caufes de toutes
les difgraces que la Nation a fouffertes l'année
derniere , la Chambre doit demander auffi communication
de toutes les pieces concernant les
fournitures faites aux troupes en Amérique pendant
les années 1755 & 1756.
Le Bureau de la Guerre a ordonné aux Régimens
de Saint- Claire , de Richbell , de Blakeney
, de Kennedy , Murray , de Bragge & de
Perry, d'être rendus le 18 à Cork en Irlande ,
où ils doivent s'embarquer. On prépare avec toute
la diligence poffible l'Eſcadre deſtinée à les con184
MERCURE DE FRANCE.
duire en Amérique , & elle fera commandée par.
le Contre-Amiral Holbourne , qui arborera fon
Pavillon à bord du Vaiffeau le Newark. Trois
cens hommes ont été détachés du Corps de l'Artillerie
, pour accompagner les trente pieces de canon
, que le Gouvernement fe propoſe de faire
tranfporter en Acadie. Suivant divers avis , les
Espagnols ont démoli quelques fortifications que
les Anglois avoient élevées dans les environs du
Golfe de Honduras ; & la Cour de Madrid fait .
exécuter à la rigueur les ordres qu'elle a donnés
contre les Interlopres . Un Vaiffeau Garde - Côte
de Sa Majefté Catholique s'eft emparé de deux
Navires Anglois , qui avoient chargé en fraude
du bois de teinture à la Baye de Campeche.
témoi-
Le 26 , le fieur Pitt , Secrétaire d'Etat , préfenta
un Meffage , par lequel le Roi informoit la
Chambre , qu'un des Membres du Confeil de
Guerre , qui a jugé l'Amiral Byng , ayant
gné avoir quelque déclarations à faire fur le jugement
qui avoit été porté , & demandant pour cet
effet d'être dégagé du ferment du fecret impofé
aux Officiers qui compofent les Confeils de Guer.
re , Sa Majefté avoit cru devoir fufpendre pour
quinze jours l'exécution de la fentence prononcée
contre le fieur Byng. Après plufieurs débats , il
fut ordonné de dreffer un Bill pour difpenfer les
Juges de cet Amiral , du fecret qu'ils avoient juré
d'obferver. Ce Bill fut la pour la premiere & la
feconde fois. La Chambre en fit hier la troifieme
lecture , & il paffa àla pluralité de cent cinquante-
trois voix, contre vingt trois. Le Roi fe rendra
cette ſemaine au Parlement , pour donner fon ар-
probation à ce Bill . On entendra enfuite ce que
les Juges de l'Amiral Byng ont à déclarer , ou
pour infirmer , ou pour juftifier fa condamnation
DE LONDRES , le premier Mars.
Le 8 Février , la Chambre des Communes ré…
folut de fupplier le Roi de lui faire remettre des
copies des différens avis reçus touchant le deffein
des François contre l'Ifle Minorque ; une lifte des
Vaiffeaux de guerre envoyés au fecours de cette
Ifle fous les ordres de l'Amiral Byng ; la copie des
ordres donnés à cet Amiral ; les lettres qu'on a
reçues de lui , & celles que P'Amirauté lui a écri
tes ; un état de la Garnifon du Fort Saint - Philippe
, & des munitions dont cette Place étoit
pourvue . Afin d'approfondir les caufes de toutes
les difgraces que la Nation a fouffertes l'année
derniere , la Chambre doit demander auffi communication
de toutes les pieces concernant les
fournitures faites aux troupes en Amérique pendant
les années 1755 & 1756.
Le Bureau de la Guerre a ordonné aux Régimens
de Saint- Claire , de Richbell , de Blakeney
, de Kennedy , Murray , de Bragge & de
Perry, d'être rendus le 18 à Cork en Irlande ,
où ils doivent s'embarquer. On prépare avec toute
la diligence poffible l'Eſcadre deſtinée à les con184
MERCURE DE FRANCE.
duire en Amérique , & elle fera commandée par.
le Contre-Amiral Holbourne , qui arborera fon
Pavillon à bord du Vaiffeau le Newark. Trois
cens hommes ont été détachés du Corps de l'Artillerie
, pour accompagner les trente pieces de canon
, que le Gouvernement fe propoſe de faire
tranfporter en Acadie. Suivant divers avis , les
Espagnols ont démoli quelques fortifications que
les Anglois avoient élevées dans les environs du
Golfe de Honduras ; & la Cour de Madrid fait .
exécuter à la rigueur les ordres qu'elle a donnés
contre les Interlopres . Un Vaiffeau Garde - Côte
de Sa Majefté Catholique s'eft emparé de deux
Navires Anglois , qui avoient chargé en fraude
du bois de teinture à la Baye de Campeche.
témoi-
Le 26 , le fieur Pitt , Secrétaire d'Etat , préfenta
un Meffage , par lequel le Roi informoit la
Chambre , qu'un des Membres du Confeil de
Guerre , qui a jugé l'Amiral Byng , ayant
gné avoir quelque déclarations à faire fur le jugement
qui avoit été porté , & demandant pour cet
effet d'être dégagé du ferment du fecret impofé
aux Officiers qui compofent les Confeils de Guer.
re , Sa Majefté avoit cru devoir fufpendre pour
quinze jours l'exécution de la fentence prononcée
contre le fieur Byng. Après plufieurs débats , il
fut ordonné de dreffer un Bill pour difpenfer les
Juges de cet Amiral , du fecret qu'ils avoient juré
d'obferver. Ce Bill fut la pour la premiere & la
feconde fois. La Chambre en fit hier la troifieme
lecture , & il paffa àla pluralité de cent cinquante-
trois voix, contre vingt trois. Le Roi fe rendra
cette ſemaine au Parlement , pour donner fon ар-
probation à ce Bill . On entendra enfuite ce que
les Juges de l'Amiral Byng ont à déclarer , ou
pour infirmer , ou pour juftifier fa condamnation
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 8 février, la Chambre des Communes a sollicité des documents concernant les attaques françaises contre l'île de Minorque, les vaisseaux envoyés à son secours, les ordres donnés à l'amiral Byng, et l'état de la garnison et des munitions du Fort Saint-Philippe. Elle a également demandé des informations sur les fournitures aux troupes en Amérique en 1755 et 1756. Le Bureau de la Guerre a ordonné à plusieurs régiments de se rendre en Irlande pour embarquer vers l'Amérique, sous le commandement du contre-amiral Holbourne. Trois cents hommes de l'artillerie et trente pièces de canon doivent être transportés en Acadie. Des rapports signalent des démolitions de fortifications britanniques et des saisies de navires anglais par les Espagnols. Le 26 février, le Secrétaire d'État Pitt a informé la Chambre que l'exécution de la sentence contre l'amiral Byng a été suspendue pour quinze jours. Un Bill pour dispenser les juges de Byng de leur serment de secret a été adopté à la majorité de 153 voix contre 23.
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16258
p. 1223-1224
ITALIE.
Début :
Le Pape signa le 9. May, le Jugement rendu par la Congrégation de Nonnullis, contre le [...]
Mots clefs :
Cardinal Coscia, Pape, Jugement, Revenus, Château Saint-Ange
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
E Pape signa le 9. May , le Jugement rendu
par la Congrégation de Nonnullis , contre le
Cardinal Coscia. Il a été rendu public et porte
que ce Cardinal restera prisonnier pendant dix
ans dans le Donjon du Château S. Ange ; qu'il
sera pendant le même temps privé de voix active
et passive dans l'Election d'un Pape ; qu'il ne sera
pas permis aux Cardinaux de l'appeller au Conelave
; et que si malgré cette deffense il y étoit
entré , l'Election dans laquelle il auroit donné sa
voix , sera nulle ; que jusqu'à- ce qu'il ait restitué
toutes les sommes qu'il a acquises par des voyes
illégitimes , il restera excommunié sans pouvoir
être absous par aucune autre personne que par
S. S. hors in articulo mortis ; que les sommes
provenantes de la restitution à laquelle il est condamné
, seront distribuées aux pauvres , suivant
la disposition des Bulles Apostoliques ; que préalablement
il payera 100. mille ducats qui seront
employez au soulagement des pauvres Paroisses
du Royaume de Hongrie ; que les revenus de ses
Abbayes de sainte Sophie et de S. Marc in Lermis
seront administrez par les Commissaires
qui seront nommez par le Pape , et qu'il ne conservera
aucune Jurisdiction spirituelle ni temporelle
sur les deux Abbayes , et sur tous les Benefices
ayant charge d'ames .
Aussi tôt que le Pape eut signé ce Jugement ,
il fut signifié au Cardinal Coscia , lequel après
avoir demeuré quelque temps sans parler , demanda
une Cassette, sous prétexte qu'il avoit be- L. Vol
soim
1224 MERCURE DE FRANCE
soin d'y prendre quelques Elexirs , et l'Officier
qui commandoit la Garde mise auprès de lui de
puis le 28. d'Avril , y ayant trouvé deux paquets.
de papiers , s'en saisit et les envoya à M. Ricci ,
Commissaire General des Armées , qui les porta
au Cardinal Secretaire d'Etat ; le soir on condui .
sit le Cardinal Coscia au Château S. Ange , et le
bruit court que M. Coscia , son frere , sera relégué
dans la Citadelle de Perouse.
Le Pape a déclaré qu'il vouloit non- seulement
que le Jugement prononcé coutre le Cardinal
Coscia , fút executé dans toute sa rigueur , mais
encore que ce Cardinal subît les peines portées .
par l'ancien Decret publié contre lui , par lequel
il étoit ordonné que pour être sorti de l'Etat Ecclesiastique
sans permission , et pour n'être point
revenu dans le terme de six mois , qui lui avoit
été accordé , il seroit interdit de toutes fonctions
Ecclesiastiques , privé de ses revenus , ainsi que
de toutes prérogatives , immunitez et exemptions
et même de l'entrée de l'Eglise , incapable de
conférer aucun Benefice , et de disposer par testament
d'aucun des biens qu'il avoit reçûs du
S. Siege.
La République de Génes a accordé la liberté
aux quatre Chefs des Mécontens de l'Ile de
Corse ; Don Louis Clafferi et l'Abbé Astelli ,
deux d'entre eux ont même obtenu du Gouvernement
, le premier , une pension de cent écus
par mois , avec Commission de Capitaine , er le
second, un Bencfice ; les deux autres ont refusé
d'être élargis , parce qu'on n'a pas voulu leur
permettre de retourner en Corse , où ils ont des
revenus considérables .
E Pape signa le 9. May , le Jugement rendu
par la Congrégation de Nonnullis , contre le
Cardinal Coscia. Il a été rendu public et porte
que ce Cardinal restera prisonnier pendant dix
ans dans le Donjon du Château S. Ange ; qu'il
sera pendant le même temps privé de voix active
et passive dans l'Election d'un Pape ; qu'il ne sera
pas permis aux Cardinaux de l'appeller au Conelave
; et que si malgré cette deffense il y étoit
entré , l'Election dans laquelle il auroit donné sa
voix , sera nulle ; que jusqu'à- ce qu'il ait restitué
toutes les sommes qu'il a acquises par des voyes
illégitimes , il restera excommunié sans pouvoir
être absous par aucune autre personne que par
S. S. hors in articulo mortis ; que les sommes
provenantes de la restitution à laquelle il est condamné
, seront distribuées aux pauvres , suivant
la disposition des Bulles Apostoliques ; que préalablement
il payera 100. mille ducats qui seront
employez au soulagement des pauvres Paroisses
du Royaume de Hongrie ; que les revenus de ses
Abbayes de sainte Sophie et de S. Marc in Lermis
seront administrez par les Commissaires
qui seront nommez par le Pape , et qu'il ne conservera
aucune Jurisdiction spirituelle ni temporelle
sur les deux Abbayes , et sur tous les Benefices
ayant charge d'ames .
Aussi tôt que le Pape eut signé ce Jugement ,
il fut signifié au Cardinal Coscia , lequel après
avoir demeuré quelque temps sans parler , demanda
une Cassette, sous prétexte qu'il avoit be- L. Vol
soim
1224 MERCURE DE FRANCE
soin d'y prendre quelques Elexirs , et l'Officier
qui commandoit la Garde mise auprès de lui de
puis le 28. d'Avril , y ayant trouvé deux paquets.
de papiers , s'en saisit et les envoya à M. Ricci ,
Commissaire General des Armées , qui les porta
au Cardinal Secretaire d'Etat ; le soir on condui .
sit le Cardinal Coscia au Château S. Ange , et le
bruit court que M. Coscia , son frere , sera relégué
dans la Citadelle de Perouse.
Le Pape a déclaré qu'il vouloit non- seulement
que le Jugement prononcé coutre le Cardinal
Coscia , fút executé dans toute sa rigueur , mais
encore que ce Cardinal subît les peines portées .
par l'ancien Decret publié contre lui , par lequel
il étoit ordonné que pour être sorti de l'Etat Ecclesiastique
sans permission , et pour n'être point
revenu dans le terme de six mois , qui lui avoit
été accordé , il seroit interdit de toutes fonctions
Ecclesiastiques , privé de ses revenus , ainsi que
de toutes prérogatives , immunitez et exemptions
et même de l'entrée de l'Eglise , incapable de
conférer aucun Benefice , et de disposer par testament
d'aucun des biens qu'il avoit reçûs du
S. Siege.
La République de Génes a accordé la liberté
aux quatre Chefs des Mécontens de l'Ile de
Corse ; Don Louis Clafferi et l'Abbé Astelli ,
deux d'entre eux ont même obtenu du Gouvernement
, le premier , une pension de cent écus
par mois , avec Commission de Capitaine , er le
second, un Bencfice ; les deux autres ont refusé
d'être élargis , parce qu'on n'a pas voulu leur
permettre de retourner en Corse , où ils ont des
revenus considérables .
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Résumé : ITALIE.
Le 9 mai, le Pape a signé un jugement de la Congrégation de Nonnullis condamnant le Cardinal Coscia à dix ans de prison au Château Saint-Ange. Ce jugement le prive de ses droits de vote lors des élections papales et interdit aux cardinaux de l'appeler au conclave. Toute élection où Coscia aurait voté serait nulle. Il reste excommunié jusqu'à la restitution des sommes acquises illégalement, qui seront distribuées aux pauvres. Il doit également payer 100 000 ducats pour aider les paroisses du Royaume de Hongrie. Les revenus de ses abbayes seront administrés par des commissaires nommés par le Pape, et il perd toute juridiction sur ces abbayes et bénéfices. Après la signature du jugement, des papiers compromettants ont été trouvés en sa possession. Le Pape a également déclaré que Coscia subirait les peines d'un ancien décret pour être sorti de l'État ecclésiastique sans permission. Par ailleurs, la République de Gênes a libéré quatre chefs des mécontents de l'île de Corse, accordant à deux d'entre eux des pensions et des bénéfices, tandis que les deux autres ont refusé la liberté pour ne pas pouvoir retourner en Corse.
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16259
p. 183-184
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
LE Concert du 8 Decembre Fête de la Conception, commença par une symphonie de la [...]
Mots clefs :
Fête de la Conception, Symphonie, Noël, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL .
LA Concert do 8 Decembre Fête de la Conception
, commença par une fymphonie de la
compofition de M. GAVINIES . On éxécuta enfuite
un nouveau Motet a grand choeur de M. l'Abbé
GIROUT , Maître de Mufique de la Cathé
drale d'Orléans. M. BALBATRE éxécura fur l'Orgue
une fymphonie de fa compofition , à Timbales
& à Trompettes . Mile FEL chanta on petit
Motet. M. GAVINIES joua un Concerto de la
compofition & le Concert finit par un nouveau
Te Deum , Motet à grand choeur de M. REBEL
Surintendant de la Mufique du Roi .
Celui de la veille de Noël a commencé par
la Note di Natale de Correlli ; enfuite on éxécuta
un Motet à grand choeur mêlé fort agréablement
de Noëls par feu M. BOISMORTIER.
M. MAYER joua un Concerto fur la Harpe . Mile
Rozer chanta un petit Motet nouveau : le Public
parut content de fes progrès . M. CAPRON
joua avec fuccès le Printemps de VIVALDI , qui
fit un grand plaifir : ce qui devroit être une leçon
pour tous les gran is Talens ea inftrumens ,
qui manquent prèfque toujours l'avantage d'être
agréables aux Auditeurs , à force de vouloir éto:
utile.
184 MERCURE DE FRANCE .
ner un trés-petit nombre en état de leur tenir
compte de difficultés dont tous les autres ne fentent
pas le mérite. Mlle FEL chanta un petit
Motet du jour , mais toujours à l'Italienne. Le
Concert finit par Confitebor , Motet à deux choeurs
de M. FEO , Maître de Mufique de S. M. le Roi
des Deux Siciles . On croit que les Moters de ce
genre auroient de la difficulté à plaire à des
oreilles Françoiſes.
Le lendemain jour de Noël , la même ſymphonie
& les deux mêmes grands Motets de la
veille , ainfi que la fuite de Noël fur l'Orgue,
Petit Motet Italien de Mlle FEL. M. GAVINIES
joua un Concerto de fa compofition , où dans
an point d'Orgue il travailla très-fcavament &
avec beaucoup de variété un Noël connu. Ce
Concert finit par Domini eft Terra , Motet nouveau
à grand choeur d'un Auteur anonyme.
N. B. Depuis la nouvelle Direction , les Concerts
ont étéfort fuivis . L'affemblée étoit fi nombreufe
au Concert de NOEL , que quelque vafte que
foit la Salle , elle n'a pu contenir qu'une partie
des Auditeurs qui s'y font préſentés.
LA Concert do 8 Decembre Fête de la Conception
, commença par une fymphonie de la
compofition de M. GAVINIES . On éxécuta enfuite
un nouveau Motet a grand choeur de M. l'Abbé
GIROUT , Maître de Mufique de la Cathé
drale d'Orléans. M. BALBATRE éxécura fur l'Orgue
une fymphonie de fa compofition , à Timbales
& à Trompettes . Mile FEL chanta on petit
Motet. M. GAVINIES joua un Concerto de la
compofition & le Concert finit par un nouveau
Te Deum , Motet à grand choeur de M. REBEL
Surintendant de la Mufique du Roi .
Celui de la veille de Noël a commencé par
la Note di Natale de Correlli ; enfuite on éxécuta
un Motet à grand choeur mêlé fort agréablement
de Noëls par feu M. BOISMORTIER.
M. MAYER joua un Concerto fur la Harpe . Mile
Rozer chanta un petit Motet nouveau : le Public
parut content de fes progrès . M. CAPRON
joua avec fuccès le Printemps de VIVALDI , qui
fit un grand plaifir : ce qui devroit être une leçon
pour tous les gran is Talens ea inftrumens ,
qui manquent prèfque toujours l'avantage d'être
agréables aux Auditeurs , à force de vouloir éto:
utile.
184 MERCURE DE FRANCE .
ner un trés-petit nombre en état de leur tenir
compte de difficultés dont tous les autres ne fentent
pas le mérite. Mlle FEL chanta un petit
Motet du jour , mais toujours à l'Italienne. Le
Concert finit par Confitebor , Motet à deux choeurs
de M. FEO , Maître de Mufique de S. M. le Roi
des Deux Siciles . On croit que les Moters de ce
genre auroient de la difficulté à plaire à des
oreilles Françoiſes.
Le lendemain jour de Noël , la même ſymphonie
& les deux mêmes grands Motets de la
veille , ainfi que la fuite de Noël fur l'Orgue,
Petit Motet Italien de Mlle FEL. M. GAVINIES
joua un Concerto de fa compofition , où dans
an point d'Orgue il travailla très-fcavament &
avec beaucoup de variété un Noël connu. Ce
Concert finit par Domini eft Terra , Motet nouveau
à grand choeur d'un Auteur anonyme.
N. B. Depuis la nouvelle Direction , les Concerts
ont étéfort fuivis . L'affemblée étoit fi nombreufe
au Concert de NOEL , que quelque vafte que
foit la Salle , elle n'a pu contenir qu'une partie
des Auditeurs qui s'y font préſentés.
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Le document relate deux concerts spirituels organisés les 8 décembre et 24 décembre. Le premier concert débuta avec une symphonie de M. Gaviniès, suivie d'un motet à grand chœur de l'Abbé Girout. M. Balbatre joua une symphonie à l'orgue, et Mlle Fel interpréta un petit motet. Le concert se conclut par un Te Deum de M. Rebel. Le concert de la veille de Noël commença avec la 'Nota di Natale' de Corelli, suivi d'un motet de M. Boismortier mêlé de noëls. M. Mayer exécuta un concerto à la harpe, et Mlle Rozer chanta un nouveau petit motet. M. Capron interpréta 'Le Printemps' de Vivaldi, apprécié pour son agrément. Mlle Fel chanta un petit motet italien, et le concert se termina par un motet de M. Feo. Le jour de Noël, les mêmes œuvres furent jouées, avec un concerto de Gaviniès et un motet à grand chœur anonyme. Les concerts ont été bien suivis, notamment celui de Noël, qui attira une foule nombreuse.
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16260
p. 184
DE PETERSBOURG, le 30 Septembre 1763.
Début :
Suivant les nouveaux avis qu'on a reçus de la partie méridionale de la Sibérie, [...]
Mots clefs :
Sibérie, Chinois, Domination, Frontières, Levée de soldats, Déplacement des troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PETERSBOURG, le 30 Septembre 1763.
DE PETERSBOURG , le 30 Septembre 1763.
SUIVANT les nouveaux avis qu'on a reçus de la
partie méridionale de la Sibérie , les Chinois fe
font rendus maîtres de tout le Pays qui obéilloit
autrefois au Contaifch. Cet événement a fait pren
dre la réfolution d'envoyer trente mille hommes
fur ces frontières ; mais comme un Corps de
Troupes fi confidérable ne pourroit parcourir plufieurs
milliers de werftes avec la célérité que les
circonftances paroiffent éxiger , il a été décidé
qu'elles marcheroient par échelons. On ne tarde→
ra pas à les faire mettre en route.
SUIVANT les nouveaux avis qu'on a reçus de la
partie méridionale de la Sibérie , les Chinois fe
font rendus maîtres de tout le Pays qui obéilloit
autrefois au Contaifch. Cet événement a fait pren
dre la réfolution d'envoyer trente mille hommes
fur ces frontières ; mais comme un Corps de
Troupes fi confidérable ne pourroit parcourir plufieurs
milliers de werftes avec la célérité que les
circonftances paroiffent éxiger , il a été décidé
qu'elles marcheroient par échelons. On ne tarde→
ra pas à les faire mettre en route.
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Résumé : DE PETERSBOURG, le 30 Septembre 1763.
Le 30 septembre 1763, les Chinois ont pris le contrôle de la région méridionale de la Sibérie. En réponse, trente mille hommes ont été envoyés pour renforcer les frontières. Les troupes avanceront par échelons pour gagner en célérité. Les préparatifs pour leur départ commenceront rapidement.
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16261
p. 1382
HOLLANDE ET PAYS- BAS.
Début :
On mande de la Haye que l'Assemblée des Etats Generaux avoit nommé le Baron de [...]
Mots clefs :
Ministres de l'empereur et du roi, Traité de Vienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE ET PAYS- BAS.
HOLLANDE ET PAYS- BAS.
O
N mande de la Haye que l'Assemblée des
Etats Generaux avoit nommé le Baron de
Torck et deux autres Députés pour conferer avec
les Ministres de l'Empereur et du Roy d'Angle
terre au sujet des difficultés qui retardent l'ac
cession de L H. P. au Traité de Vienne.
O
N mande de la Haye que l'Assemblée des
Etats Generaux avoit nommé le Baron de
Torck et deux autres Députés pour conferer avec
les Ministres de l'Empereur et du Roy d'Angle
terre au sujet des difficultés qui retardent l'ac
cession de L H. P. au Traité de Vienne.
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16262
p. 184
Du 7 Octobre 1763.
Début :
La nouvelle des hostilités que les Chinois commettent sur nos frontieres, [...]
Mots clefs :
Chinois, Hostilités, Général, Frontières, Troupes, Marche des soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 7 Octobre 1763.
Du 7 Octobre 1763.
La nouvelle des hoftilités que les Chinois commettent
fur nos frontieres , fe confirme de jour en
jour : on affure que le Général Springer eſt défigné
pour commander les Troupes qu'on fait marcher
contre eux.
La nouvelle des hoftilités que les Chinois commettent
fur nos frontieres , fe confirme de jour en
jour : on affure que le Général Springer eſt défigné
pour commander les Troupes qu'on fait marcher
contre eux.
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16263
p. 184
DE WARSOVIE, le 15 Octobre 1763.
Début :
Le Comte Bielinsky, neveu du Grand-Maréchal de la Couronne, a été choisi pour aller [...]
Mots clefs :
Comte, Grand Maréchal de la Couronne, Départ
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE WARSOVIE, le 15 Octobre 1763.
DE WARSOVIE , le 15 Octobre 1763.
Le Comte Bielinsky , neveu du Grand- Maréchal
de la Couronne , a été choifi pour aller notifier à
Sa Majefté Très- Chrétienne la mort du Roi . Il ſe
difpofe à partir inceffamment.
Le Comte Bielinsky , neveu du Grand- Maréchal
de la Couronne , a été choifi pour aller notifier à
Sa Majefté Très- Chrétienne la mort du Roi . Il ſe
difpofe à partir inceffamment.
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16264
p. 2736-2737
RUSSIE.
Début :
Les Lettres de Derbent portent que le Roi de Perse avoit fait dire aux Commandans des [...]
Mots clefs :
Tsarine, Commandant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
LEs Roide
Es Lettres de Derbent portent que le Roi de
Troupes Mofcovites en Perfe qu'il obferveroit
exactement les Traités qu'il a conclus avec le
feu Czar Pierre I. & que fi les Marchands, Sujets
de la Czarine , vouloient aller négocier dans
fes Etats , il leur accorderoit tous les Paffeports
qu'ils demanderoient.
>
Les Ouvriers qu'on avoit envoyés dans les
Montagnes de la Georgie pour y travailler aux
Mines d'or & d'argent qu'on y a découvertes
n'en étoient pas encore revenus à Aftracant au
mois de Septembre dernier , & l'on a fçû que
I. Vel. n'étant
DECEMBRE. 1730. 2737
:
n'étant pas en affez grand nombre , ils n'avoient
pú faire fauter les Rochers qui couvrent ces
Mines comme on eft perfuadé qu'elles feront
d'un grand produit , parceque les fources qui
coulent de ces Montagnes entraînent un fable
très -chargé de paillittes d'or , on a réſolu de ne
point abandonner cette entrepriſe & d'y envoyer
encore deux cens homines , avec des provifions
en abondance,
Les Chefs des Cofaques venus à Moscou pour
fervir d'otages de la fidelité de leur Nation , ont
été renvoyés chez eux après avoir promis , avec
ferment, de ne prendre les armes qu'en faveur de
la Czarine , & de lui fournir 100000. hommes
en cas qu'elle fut obligée d'entrer en guerre avec
le Grand- Seigneur.
Le Commandant de Pultowa a écrit depuis que
les Cofaques , tant ceux qui font fous la protection
du G. S. que ceux qui fe font mis fous
celle de S. M. Cz. avoient eu ordre , fous peine
de mort , de prêter ferment de fidelité à S. H.
& d'envoyer à Conftantinople les arrerages échus
de leur tribut ordinaire.
â
On a dépeché un Courier au Commandant
dans l'Ukraine pour lui porter ordre d'empêcher
les Cofaques foumis à la Czarine d'executer les
ordres de la Porte , & de leur promettre toutes
fortes de fecours , en cas qu'on voulut les forcer
à prêter le ferment qu'on leur demande.
LEs Roide
Es Lettres de Derbent portent que le Roi de
Troupes Mofcovites en Perfe qu'il obferveroit
exactement les Traités qu'il a conclus avec le
feu Czar Pierre I. & que fi les Marchands, Sujets
de la Czarine , vouloient aller négocier dans
fes Etats , il leur accorderoit tous les Paffeports
qu'ils demanderoient.
>
Les Ouvriers qu'on avoit envoyés dans les
Montagnes de la Georgie pour y travailler aux
Mines d'or & d'argent qu'on y a découvertes
n'en étoient pas encore revenus à Aftracant au
mois de Septembre dernier , & l'on a fçû que
I. Vel. n'étant
DECEMBRE. 1730. 2737
:
n'étant pas en affez grand nombre , ils n'avoient
pú faire fauter les Rochers qui couvrent ces
Mines comme on eft perfuadé qu'elles feront
d'un grand produit , parceque les fources qui
coulent de ces Montagnes entraînent un fable
très -chargé de paillittes d'or , on a réſolu de ne
point abandonner cette entrepriſe & d'y envoyer
encore deux cens homines , avec des provifions
en abondance,
Les Chefs des Cofaques venus à Moscou pour
fervir d'otages de la fidelité de leur Nation , ont
été renvoyés chez eux après avoir promis , avec
ferment, de ne prendre les armes qu'en faveur de
la Czarine , & de lui fournir 100000. hommes
en cas qu'elle fut obligée d'entrer en guerre avec
le Grand- Seigneur.
Le Commandant de Pultowa a écrit depuis que
les Cofaques , tant ceux qui font fous la protection
du G. S. que ceux qui fe font mis fous
celle de S. M. Cz. avoient eu ordre , fous peine
de mort , de prêter ferment de fidelité à S. H.
& d'envoyer à Conftantinople les arrerages échus
de leur tribut ordinaire.
â
On a dépeché un Courier au Commandant
dans l'Ukraine pour lui porter ordre d'empêcher
les Cofaques foumis à la Czarine d'executer les
ordres de la Porte , & de leur promettre toutes
fortes de fecours , en cas qu'on voulut les forcer
à prêter le ferment qu'on leur demande.
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Résumé : RUSSIE.
En décembre 1730, plusieurs affaires politiques et économiques sont rapportées en Russie. Le roi de Perse s'engage à respecter les traités avec le tsar Pierre Ier et à délivrer des passeports aux marchands russes. En Géorgie, des ouvriers envoyés exploiter des mines d'or et d'argent n'étaient pas revenus à Astracan en septembre. En raison de leur faible nombre, ils n'avaient pas pu dégager les mines, mais 200 hommes supplémentaires avec des provisions abondantes doivent être envoyés. Les chefs cosaques à Moscou ont offert des otages pour prouver leur fidélité à la czarine et ont promis 100 000 hommes en cas de guerre avec le Grand Seigneur. Le commandant de Pultowa a signalé que les Cosaques, qu'ils soient sous la protection du Grand Seigneur ou de la czarine, avaient reçu l'ordre de prêter serment à la Sublime Porte et de payer les arriérés de leur tribut. Un courrier a été envoyé en Ukraine pour empêcher les Cosaques soumis à la czarine d'exécuter les ordres de la Porte et pour leur offrir des secours en cas de pression.
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16265
p. 1240-1241
AU ROY.
Début :
SIRE, Le Clergé de votre Royaume assemblé par vos Ordres, vient avec empressement rendre [...]
Mots clefs :
Clergé, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
AURO Y.
SIRE ,
Le Clergé de votre Royaume affemblé par:
vos Ordres , vient avec empreffement rendre
À VOTRE MAJESTE' fes refpectueux
hommages , & lui renouveller les assurances
de fon inviolable fidélité.
Nous vous l'avons promiſe avec ferment,
Dieu même nous l'ordonne comme une obli
gation effentielle ; mais , SIRE , indépendamment
de ces motifs , que la naiſſance &
·la Religion ont gravez dans nos coeurs , l'ufage
que vousfaites de l'autorité que vous tenez
de Dieu feul , fuffiroit pour nous porter
à remplir, par reconnoiffance , un devoir qui
eft d'ailleurs pour nous indifpenfable.
En effet , quel Princefut jamais plus ca
pable d'exciter ces fentimens dans le coeur des
Miniftres de JESUS - CHRIST , qu'un:
Roy qui a fait éclater en toute occafion fon
refpect pour la Religion , fon zéle pour protéger
l'Eglife , & qui employe fon autorité à
faire rendre à celle des Pafteurs , & à leurs
décifions , l'obéiffance qui leur est dûë ?
Animez par votre exemple , & foutenus
par votre protection , nous employerons tous
les moyens que la charité nous dicte pour appaifer
les troubles qui affligent l'Eglife , &
I. Vol.
pour
JUIN. 1730. 1241
pour infpirer à tous les Fidéles cet efprit de
docilité & de foûmiffion qui peut feul rétablir
lapaix & la tranquillité.
Le premier Corps de l'Etat , SIRE , en
donnant Pexemple aux autres , regardera
toujours comme un de fes principaux devoirs,
de fe diftinguer par un zéle ardent pour votre
fervices d'offrir à Dieu des Prieres
ferventes pour la confervation de la perfonne
facrée de VOTRE MAJESTE'.
SIRE ,
Le Clergé de votre Royaume affemblé par:
vos Ordres , vient avec empreffement rendre
À VOTRE MAJESTE' fes refpectueux
hommages , & lui renouveller les assurances
de fon inviolable fidélité.
Nous vous l'avons promiſe avec ferment,
Dieu même nous l'ordonne comme une obli
gation effentielle ; mais , SIRE , indépendamment
de ces motifs , que la naiſſance &
·la Religion ont gravez dans nos coeurs , l'ufage
que vousfaites de l'autorité que vous tenez
de Dieu feul , fuffiroit pour nous porter
à remplir, par reconnoiffance , un devoir qui
eft d'ailleurs pour nous indifpenfable.
En effet , quel Princefut jamais plus ca
pable d'exciter ces fentimens dans le coeur des
Miniftres de JESUS - CHRIST , qu'un:
Roy qui a fait éclater en toute occafion fon
refpect pour la Religion , fon zéle pour protéger
l'Eglife , & qui employe fon autorité à
faire rendre à celle des Pafteurs , & à leurs
décifions , l'obéiffance qui leur est dûë ?
Animez par votre exemple , & foutenus
par votre protection , nous employerons tous
les moyens que la charité nous dicte pour appaifer
les troubles qui affligent l'Eglife , &
I. Vol.
pour
JUIN. 1730. 1241
pour infpirer à tous les Fidéles cet efprit de
docilité & de foûmiffion qui peut feul rétablir
lapaix & la tranquillité.
Le premier Corps de l'Etat , SIRE , en
donnant Pexemple aux autres , regardera
toujours comme un de fes principaux devoirs,
de fe diftinguer par un zéle ardent pour votre
fervices d'offrir à Dieu des Prieres
ferventes pour la confervation de la perfonne
facrée de VOTRE MAJESTE'.
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Résumé : AU ROY.
Dans une lettre datée de juin 1730, le clergé du royaume adresse au souverain des expressions de respect et de fidélité, motivées par des obligations religieuses et morales. Ils soulignent que le roi incarne des valeurs de respect et de protection de la religion, ce qui les pousse à lui être reconnaissants et loyaux. Le clergé s'engage à utiliser tous les moyens nécessaires pour apaiser les troubles affectant l'Église et à inspirer un esprit de docilité et de soumission parmi les fidèles. Ils promettent également de prier pour la conservation de la personne sacrée du roi, considérant cela comme un de leurs principaux devoirs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16266
p. 1382-1383
MORTS ET MARIAGES des Pays Etrangers.
Début :
Violente-Beatrix de Baviere, Veuve de Ferdinand de Medicis, Prince hereditaire de [...]
Mots clefs :
Princesse, Duchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES des Pays Etrangers.
MORTS ET MARIAGES.
des Pays Etrangers.
V
Iolente- Beatrix de Baviere , Veuve de Fer
dinand de Medicis , Prince hereditaire de
Toscane , mourut à Florence le 30. de May ,
âgée de 58. ans , quatre mois et sept jours ;
étant née le 23. Janvier 1673. Cette Princesse
qui étoit fille de Ferdinand Marie , Electeur de
Baviere , mort le 16. May. 1679. et d'Adelaïde
Henriette de Savoye , morte le 18. Mars 1678..
étoit soeur de feuë Madame la Dauphine , ayeu
le du Roy Tr. Chr. et du feu Electeur de Bavie
re Maximilien Marie Emanuel.
La Duchesse de la Ferie , Mere du Duc de la
Ferie , Pair de France , mourut à Londres le 5 .
Juin dans un âge fort avancé.
Don Alphonse Escobar , Lieutenant Géneral
J. Vali
des.
JUIN
7383 1731
des Armées du Roy d'Espagne , est mort depuis
peu à Badajoz , âgé de 96. ans , dont il en avoit
servi 76. dans les Troupes.
Le 3 Juin , le Prince François Hugues de
Nassau Siegen, de la Branche Catholique, épousa:
à Barteinstein , le Comtesse Leopoldine Hohen
hoe Barteinstein , fille du Comte de ce nom , qui
a été cy-devant Juge de la Chambre Imperiale
deWetzlar.
des Pays Etrangers.
V
Iolente- Beatrix de Baviere , Veuve de Fer
dinand de Medicis , Prince hereditaire de
Toscane , mourut à Florence le 30. de May ,
âgée de 58. ans , quatre mois et sept jours ;
étant née le 23. Janvier 1673. Cette Princesse
qui étoit fille de Ferdinand Marie , Electeur de
Baviere , mort le 16. May. 1679. et d'Adelaïde
Henriette de Savoye , morte le 18. Mars 1678..
étoit soeur de feuë Madame la Dauphine , ayeu
le du Roy Tr. Chr. et du feu Electeur de Bavie
re Maximilien Marie Emanuel.
La Duchesse de la Ferie , Mere du Duc de la
Ferie , Pair de France , mourut à Londres le 5 .
Juin dans un âge fort avancé.
Don Alphonse Escobar , Lieutenant Géneral
J. Vali
des.
JUIN
7383 1731
des Armées du Roy d'Espagne , est mort depuis
peu à Badajoz , âgé de 96. ans , dont il en avoit
servi 76. dans les Troupes.
Le 3 Juin , le Prince François Hugues de
Nassau Siegen, de la Branche Catholique, épousa:
à Barteinstein , le Comtesse Leopoldine Hohen
hoe Barteinstein , fille du Comte de ce nom , qui
a été cy-devant Juge de la Chambre Imperiale
deWetzlar.
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Résumé : MORTS ET MARIAGES des Pays Etrangers.
Le texte mentionne plusieurs décès et un mariage de personnalités notables. La princesse Violente-Beatrix de Bavière, veuve de Ferdinand de Médicis, prince héritier de Toscane, est décédée à Florence le 30 mai à l'âge de 58 ans. Elle était la fille de Ferdinand Marie, électeur de Bavière, et d'Adélaïde Henriette de Savoie, ainsi que la sœur de la défunte dauphine et la grand-tante du roi Louis XV et de l'électeur de Bavière Maximilien Emmanuel. La duchesse de La Ferté, mère du duc de La Ferté, pair de France, est morte à Londres le 5 juin à un âge avancé. Don Alphonse Escobar, lieutenant général des armées du roi d'Espagne, est décédé récemment à Badajoz à l'âge de 96 ans, après 76 années de service militaire. Le 3 juin, le prince François Hugues de Nassau Siegen, de la branche catholique, a épousé à Barteinstein la comtesse Léopoldine Hohenloe-Barteinstein, fille du comte de ce nom et ancien juge de la Chambre impériale de Wetzlar.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16267
p. 182-186
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Je m'empresse, Monsieur, à vous faire part d'un nouveau phénomène, [...]
Mots clefs :
Prodige, Michelot, Ponsard, Évanouissement, Arrêt de l'alimentation, Perte de parole, Perte de mobilité, Mystère, Remèdes inefficaces, Prières, Survie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
E m'empreffe , Monfieur , à vous faire part
d'un nouveau phénoméne, afin que les Sçavans
en étant inftruits , veuillent bien nous en donner
l'explication.
Plufieurs perfonnes du voisinage , des étrangers
même , & furtout les Médecins du pays , à qui la
confidération en appartient plus particuliérement ,
ont vu ce phénoméne ; ils en ont été étonnés ,
comme les plus ignorans , mais ils n'ont pas voulu
, ou plutôt ils n'ont pu nous en donner aucune
raifon , & nous ont laiffé dans l'étonnement
fans pouvoir nous en tirer .
Voici , Monfieur , quel eft ce phénoméne , on
fi vous voulez , ce prodige . C'eft une fille qui a
vécu plus de trois ans fans manger , près de ſix
mois fans boire , & qui vit encore.
Entrons dans le détail . Pour une plus grande
intelligence , il faut en faire l'hiftoire , & vous
en marquer le commencement , le progrès & la
fin ; en un mot toutes les circonftances qui ont
précédé & accompagné la maladie de cette fille ,
qui n'eft pas entièrement rétablie , puifquelle ne
peut encore marcher qu'avec des potences .
Une nommée Michelot , âgée d'onze ans , néc
JANVIER. 1756. 185
en 1742 à Ponfard , village fitué à une demilieue
de Beaune , au Diocèle d'Autun , fille d'un
Vigneron dudit lieu , fut furprife en 1751 , quelque
tems après la vendange , à laquelle elle avoit
travaillé à couper quelques raifins , autant que
fon âge le permettoit , fut furprife , dis-je , environ
vers la Touffaint , d'un évanouiffement
confidérable , qui dura long-tems . Pour la faire
revenir , quelques-uns du village s'érigeant en
médecins , & donnant leur avis à tout hazard ,
dirent qu'il falloit écorcher un mouton , & envelopper
l'enfant dans fa peau : on le fit , elle revint
de fon évanouiffement ; mais il lui prit des
tremblemens par tout le corps , ' qui lui durerent
près d'un mois , & fi violens , qu'il falloit la tenir
ou l'attacher.
Depuis fa chute jufqu'au commencement du
Carême de 1755 , cette fille n'a rien mangé exactement
, n'a pas même pu prendre du bouillon .
Tout ce qu'on vouloit lui faire avaler par force ,
elle le rejettoit . Dans les fix premiers mois de fa
maladie , elle n'a bu ni eau ni vin ; elle trempoit
feulement de fois à autre fon doigt dans de
Peau , & le fuçoit . La plupart de ceux qui la
voyoient , & fes parens même , crurent que c'étoit
un fort qu'on avoit jetté ſur cet enfant.
Comme ce font des gens de la campagne , il n'eft
pas étonnant qu'ils ayent donné dans cette idée ,
qui eft aflez ordinaire aux villageois , quand ils
ne connoiffent point une maladie , & qu'elle a
quelque chofe de fingulier dans fon principe &
dans les effets. Au bout de fix mois elle a commencé
à boire de l'eau , mais en petite quantité ;
elle a toujours uriné , mais elle n'alloit pas à la
felle.
Elle devint très-maigre, fon ventre étoit appla
184 MERCURE DE FRANCE.
ti , & même enfoncé comme celui d'un levrier ,
cela eft tout fimple ; mais elle avoit toutefois le
vifage affez plein , un beau teint , avec toutes les
couleurs de la jeuneffe : ce qui eft furprenant.
Elle perdit en même tems avec l'appétit & le
befoin de manger , la parole & l'ufage de fes
jambes. Du commencement , pour aller d'un endroit
de la chambre à l'autre , elle fe traînoit fur
fon ventre , à l'aide de fes mains , enfuite fur le
derriere ; & long- tems après elle a marché fur
fes genoux , & enfin avec des potences ; actucllement
même elle ne marche pas autrement.
Ses parens n'oublierent rien pour lui donner.
tous les fecours imaginables , autant que le permettoit
leur petite faculté . On envoya chercher
les Médecins , les Chirurgiens , toute la Pharmacie
fut appellée , mais en vain . Voyant que les
remedes naturels étoient inutiles , & que les Maîtres
de l'Art n'y connoiffoient rien , & l'avoient
abandonnée dix -huit mois après ils,eurent recoursaux
prieres & aux 'remedes furnaturels ; ils implorerent
le fecours du médecin des Médecins,
celui qui d'une feule parole guérit tous les maux.
Touchés du triste état où étoit leur fille , la piété
& la tendreffe paternelle leur fuggéra la penſée
de s'adreffer au Seigneur par l'interceffion de la
Sainte Vierge ; ils la menerent à cet effet en dévotion
à fept ou huit lieues delà , à une Notre-
Dame , qu'on appelle N. D. d'Etang , à deux
lieues de Dijon , où il y a un couvent de Minimes.
Il y firent leurs prieres , & y firent célébrer
une Meffe pour la guérifon de leur fille . Au retour
de leur pélérinage , & pendant le chemin , la
malade recouvra la parole ; & voici comment ..
Les gens qui la conduifoient fur une petite voitre
, comme il faifoit chaud , s'arrêterent fur le
JANVIER. 1756. 183
bord d'un ruiffeau pour étancher leur foif ; quand
le premier eut bu , la fille demanda à boire à fon
pere , qui pleura de joie d'entendre que fa fille
avoit recouvré la parole , & en rendit graces au
Seigneur. Dès ce moment elle a toujours parlé ;
mais toutes les pfieres & les remedes qu'on a
pu faire , n'ont pu lui rendre l'appétit , ni la
faculté de marcher.
Pendant tout le cours de fa maladie , elle n'a
pas eu de fievre. Il y apparence que les jambes
étoient attaquées de paralyfie ; car on les avoit
piquées , fans qu'elle en eût rien fenti : enfin ,
aprés avoir vécu plus de trois ans en cet état ,
elle a commencé à manger au mois de Février
1755-
Quoique bien des perfonnes foient allées voir
cette fille par curiofité , comme j'ai déja eu l'honneur
de vous le dire , perfonne n'a encore pu
jufqu'ici nous expliquer ni la caufe , ni les effets
d'une maladie auffi extraordinaire . Perfonne n'a
pu rendre raison de ce qu'elle a pu vivre filongtems
fans manger , & près de fix mois fans boire.
Il ne paroît pas d'abord à l'efprit que cela puiffe
fe faire fans miracle ; on ne peut cependant pas
dire qu'il y en ait eu , fi ce n'eft peut- être dans
le recouvrement de la parole , car il ne faut pas
multiplier les miracles fans néceffité . Comme la
maladie de cette fille probablement eft venue
naturellement , & non par un fort , comme le
croyoient ces bonnes gens , il y a toutes les apparences
du monde que la guérifon s'eft faite de
même . Mais comment a-t- elle pu fubfifter naturellement
pendant près de quarante mois fans.
Labor eft manger : Hoc opus , lic labor eft
Ce prodige , tout fingulier qu'il eft , n'eft pas
unique en France . La même chofe eft arrivée à
186 MERCURE DE FRANCE.
ne ,
pea-près à une femme de Moify , village de Beauil
y a déja quelques années. La maladie , &
furtout la guérilon de cette femme fit beaucoup
plus de bruit , que celle de notre fille de Pommard.
Là on crioit au miracle , ici perfonne ne dit mot .
On m'a pourtant affuré que M.Piloye , un des plus
accrédités Médecins de Beaune , en avoit écrit à
la Faculté de Médecine de Paris , pour fçavoir làdeffus
fon fentiment ; mais je ne fçais ce qu'elle
a répondu , ni même fielle a répondu.
J'ai l'honneur d'être , & c.
F ..... D ....
A Beaune , ce 24 Juillet 1755.
E m'empreffe , Monfieur , à vous faire part
d'un nouveau phénoméne, afin que les Sçavans
en étant inftruits , veuillent bien nous en donner
l'explication.
Plufieurs perfonnes du voisinage , des étrangers
même , & furtout les Médecins du pays , à qui la
confidération en appartient plus particuliérement ,
ont vu ce phénoméne ; ils en ont été étonnés ,
comme les plus ignorans , mais ils n'ont pas voulu
, ou plutôt ils n'ont pu nous en donner aucune
raifon , & nous ont laiffé dans l'étonnement
fans pouvoir nous en tirer .
Voici , Monfieur , quel eft ce phénoméne , on
fi vous voulez , ce prodige . C'eft une fille qui a
vécu plus de trois ans fans manger , près de ſix
mois fans boire , & qui vit encore.
Entrons dans le détail . Pour une plus grande
intelligence , il faut en faire l'hiftoire , & vous
en marquer le commencement , le progrès & la
fin ; en un mot toutes les circonftances qui ont
précédé & accompagné la maladie de cette fille ,
qui n'eft pas entièrement rétablie , puifquelle ne
peut encore marcher qu'avec des potences .
Une nommée Michelot , âgée d'onze ans , néc
JANVIER. 1756. 185
en 1742 à Ponfard , village fitué à une demilieue
de Beaune , au Diocèle d'Autun , fille d'un
Vigneron dudit lieu , fut furprife en 1751 , quelque
tems après la vendange , à laquelle elle avoit
travaillé à couper quelques raifins , autant que
fon âge le permettoit , fut furprife , dis-je , environ
vers la Touffaint , d'un évanouiffement
confidérable , qui dura long-tems . Pour la faire
revenir , quelques-uns du village s'érigeant en
médecins , & donnant leur avis à tout hazard ,
dirent qu'il falloit écorcher un mouton , & envelopper
l'enfant dans fa peau : on le fit , elle revint
de fon évanouiffement ; mais il lui prit des
tremblemens par tout le corps , ' qui lui durerent
près d'un mois , & fi violens , qu'il falloit la tenir
ou l'attacher.
Depuis fa chute jufqu'au commencement du
Carême de 1755 , cette fille n'a rien mangé exactement
, n'a pas même pu prendre du bouillon .
Tout ce qu'on vouloit lui faire avaler par force ,
elle le rejettoit . Dans les fix premiers mois de fa
maladie , elle n'a bu ni eau ni vin ; elle trempoit
feulement de fois à autre fon doigt dans de
Peau , & le fuçoit . La plupart de ceux qui la
voyoient , & fes parens même , crurent que c'étoit
un fort qu'on avoit jetté ſur cet enfant.
Comme ce font des gens de la campagne , il n'eft
pas étonnant qu'ils ayent donné dans cette idée ,
qui eft aflez ordinaire aux villageois , quand ils
ne connoiffent point une maladie , & qu'elle a
quelque chofe de fingulier dans fon principe &
dans les effets. Au bout de fix mois elle a commencé
à boire de l'eau , mais en petite quantité ;
elle a toujours uriné , mais elle n'alloit pas à la
felle.
Elle devint très-maigre, fon ventre étoit appla
184 MERCURE DE FRANCE.
ti , & même enfoncé comme celui d'un levrier ,
cela eft tout fimple ; mais elle avoit toutefois le
vifage affez plein , un beau teint , avec toutes les
couleurs de la jeuneffe : ce qui eft furprenant.
Elle perdit en même tems avec l'appétit & le
befoin de manger , la parole & l'ufage de fes
jambes. Du commencement , pour aller d'un endroit
de la chambre à l'autre , elle fe traînoit fur
fon ventre , à l'aide de fes mains , enfuite fur le
derriere ; & long- tems après elle a marché fur
fes genoux , & enfin avec des potences ; actucllement
même elle ne marche pas autrement.
Ses parens n'oublierent rien pour lui donner.
tous les fecours imaginables , autant que le permettoit
leur petite faculté . On envoya chercher
les Médecins , les Chirurgiens , toute la Pharmacie
fut appellée , mais en vain . Voyant que les
remedes naturels étoient inutiles , & que les Maîtres
de l'Art n'y connoiffoient rien , & l'avoient
abandonnée dix -huit mois après ils,eurent recoursaux
prieres & aux 'remedes furnaturels ; ils implorerent
le fecours du médecin des Médecins,
celui qui d'une feule parole guérit tous les maux.
Touchés du triste état où étoit leur fille , la piété
& la tendreffe paternelle leur fuggéra la penſée
de s'adreffer au Seigneur par l'interceffion de la
Sainte Vierge ; ils la menerent à cet effet en dévotion
à fept ou huit lieues delà , à une Notre-
Dame , qu'on appelle N. D. d'Etang , à deux
lieues de Dijon , où il y a un couvent de Minimes.
Il y firent leurs prieres , & y firent célébrer
une Meffe pour la guérifon de leur fille . Au retour
de leur pélérinage , & pendant le chemin , la
malade recouvra la parole ; & voici comment ..
Les gens qui la conduifoient fur une petite voitre
, comme il faifoit chaud , s'arrêterent fur le
JANVIER. 1756. 183
bord d'un ruiffeau pour étancher leur foif ; quand
le premier eut bu , la fille demanda à boire à fon
pere , qui pleura de joie d'entendre que fa fille
avoit recouvré la parole , & en rendit graces au
Seigneur. Dès ce moment elle a toujours parlé ;
mais toutes les pfieres & les remedes qu'on a
pu faire , n'ont pu lui rendre l'appétit , ni la
faculté de marcher.
Pendant tout le cours de fa maladie , elle n'a
pas eu de fievre. Il y apparence que les jambes
étoient attaquées de paralyfie ; car on les avoit
piquées , fans qu'elle en eût rien fenti : enfin ,
aprés avoir vécu plus de trois ans en cet état ,
elle a commencé à manger au mois de Février
1755-
Quoique bien des perfonnes foient allées voir
cette fille par curiofité , comme j'ai déja eu l'honneur
de vous le dire , perfonne n'a encore pu
jufqu'ici nous expliquer ni la caufe , ni les effets
d'une maladie auffi extraordinaire . Perfonne n'a
pu rendre raison de ce qu'elle a pu vivre filongtems
fans manger , & près de fix mois fans boire.
Il ne paroît pas d'abord à l'efprit que cela puiffe
fe faire fans miracle ; on ne peut cependant pas
dire qu'il y en ait eu , fi ce n'eft peut- être dans
le recouvrement de la parole , car il ne faut pas
multiplier les miracles fans néceffité . Comme la
maladie de cette fille probablement eft venue
naturellement , & non par un fort , comme le
croyoient ces bonnes gens , il y a toutes les apparences
du monde que la guérifon s'eft faite de
même . Mais comment a-t- elle pu fubfifter naturellement
pendant près de quarante mois fans.
Labor eft manger : Hoc opus , lic labor eft
Ce prodige , tout fingulier qu'il eft , n'eft pas
unique en France . La même chofe eft arrivée à
186 MERCURE DE FRANCE.
ne ,
pea-près à une femme de Moify , village de Beauil
y a déja quelques années. La maladie , &
furtout la guérilon de cette femme fit beaucoup
plus de bruit , que celle de notre fille de Pommard.
Là on crioit au miracle , ici perfonne ne dit mot .
On m'a pourtant affuré que M.Piloye , un des plus
accrédités Médecins de Beaune , en avoit écrit à
la Faculté de Médecine de Paris , pour fçavoir làdeffus
fon fentiment ; mais je ne fçais ce qu'elle
a répondu , ni même fielle a répondu.
J'ai l'honneur d'être , & c.
F ..... D ....
A Beaune , ce 24 Juillet 1755.
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Résumé : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
La lettre décrit un phénomène médical exceptionnel survenu dans le village de Pommard, près de Beaune, en France. Une fille nommée Michelot, âgée de onze ans, a cessé de s'alimenter et de boire pendant plusieurs années. En 1751, après un évanouissement, elle a développé des tremblements violents et a perdu l'appétit, la parole et l'usage de ses jambes. Malgré les interventions des médecins et les remèdes naturels, son état n'a pas montré d'amélioration. Ses parents ont alors eu recours à des prières et à un pèlerinage à Notre-Dame d'Étang, où elle a recouvré la parole. Cependant, elle n'a pas retrouvé l'appétit ni la capacité de marcher. La maladie, bien que mystérieuse, semble naturelle et non due à un sort. Un cas similaire a été observé chez une femme de Mosly, mais sans le même retentissement. Le médecin Piloye de Beaune a consulté la Faculté de Médecine de Paris, mais la réponse n'est pas connue.
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16268
p. 175-185
EXTRAIT D'UNE LETTRE Ecrite de Surate. Du 13. Novembre 1685.
Début :
Je finis par une nouvelle que nous avons euë icy du Soleil [...]
Mots clefs :
Navire, Côte, Nouvelle, Noirs, Fort Dauphin, Soleil d'Orient, Terre, Anglais, Madagascar, Surate
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT D'UNE LETTRE Ecrite de Surate. Du 13. Novembre 1685.
EXTRAITD'UNELETTRE
Ecrire de Surate.
J Du 13. Novembre l''S. Efinis par une nouvelle que
nous avons euè'icydti Soleit
d'Orient. Quoy qu'elle[Oit mau.
vaiÇe, je ne puis rriempefeher de
Vous l'écrire.Un nomme Croi-
Kier
,
Fils d'un Marchand Je
Morlaix qui efloit venu aux Indessur
le Navire de M. du
Haut-menil) nomme le Coche.,
quitta ce BaflimentpourS'cejuart
cjuersur un Navire Anglois particuliernommé
le Bristol
,
quipartit
de Surate d la fin du mois
de Janvier dernier
, pour aller
en Europe* Ce jeune homme dit
que ce Vatjjeauayant eu du mafa
vais temps9 avoit ffté obligé de
relafcber en tIjle de AîadagaJL
car, dans tAnse dufort DauplJin,
qui eflle lieu où nous nous
Jommesd'abord établis,($/ ou ilya
plujtétirsNoirs qui parlent Franfois.
Comme les Anglois ne sçavoientpas
la Langue de ce Pays
tà
,
cessoit lu), qui leurservois
d'Interprete, lis apprirent donc de
quelques Noirs,entreautres
d'un nomméJean
,
qui avoit au--
trefois rfié Serviteurdm Ad*
de S. Martiny e:.,"'- quiparle fort
bien FrançoisJ qu'ily avoit quelques
années que le Navire le
Soleil d'Orientyefloit venu en
cette Ansi du Fort Dauphin
fort maLtraité
J
grfzifant beau-
1 coup d'Eau. Ce dernier leur nom-
» ma les principaux Officiers de et
,Na,vire,.& leurditquily avoit
) dessusdesjfmbfJJadeurs du Roy
de Siam;que ces Officiersavoient
fait la Paixavec les Noirs. gj
quaprès avoir racommodé leur
Vaiffiau& pris des rafraiebiffemens
,
ils estoient partis du Fort
Dauphin
,
maisqua quatre ou
cinq lieues de là ils avaient eslé
surpris d'une timpefle qui avoîtfaitcouhrle
Vaijjeauàfond,fan*
que performefefuji fauve,Il me
paroiss que sur un rapportsi bien
circonftantiéJ on peut croire que ce
mal-heureux Vaijjeau a ejié a
Madagascar> &julilsessperdu
en quelque endroit des cosies de
cette Ijle; car il n'y a pas d'apparence
qu'un Navire comme le
Soleil d'Orient aitcouléafond
à quatre ou cinq lieues en Ader,
« * dans un endroit ou il riy a point
de Rochers, puis que quand on
se voitdansunpérilévident, on
fait ordinairement tout ce qu'onpeutpour
donner à la Cosse
>
ce qui
riejlpas difficile, à moins que le
vent ne vienne absolument de l&
Terre. Pour moy si fofoisdire
m,on fentilnent là dejjus, je croy
que ce Navire au départ deMaf
careigne ayant voulu doubler le
Cap de bonne Esperanceyy aura
eslé battu de la tempefie
, ü que
quelqueDemaflement-, ou quelque
voye d'Eau l'aura oblIgé de
relâcher a la premiers terre qu'il
cura trouiezyOuilfe fera perdit
r-n quelque endroit de la CoJle de
Madagascar, ce qui aura donné
noyen à lapluspart des gens de
*Equipage degagner la Terre. Il
(ivray que l'on deitcraindre/ik
se font faullez du cossê du Forr
Dauphin, que les Habitans qui
efloitntnos mortels Ennemis, ne les
ayentaJf1Jflv]eK' Je nefçaJsi je
meflate par tinteresi queje prens
en quelques personnes qui efloient
sur et Vaetau; mais je ne puismempêcherdecroirequtly
aura
des gens decet Equipageen quelque
endroitde la Cosse de r./Ua-"
dagafear. Il ce certain que s1ils
ânt fauve leurs Armel, &-
qu'ilssesoient tenus surleurs gardes
, les NoirsnAWont pas eu la
- hardiejje de les attaquer. DaiL
leurs s'ils sefont perdui en certains
endroits de ces Cosses, où les Peufiesefloient
Amis des François,
4out le monde ditqu'il neleurfera
point arrivédemal.Jl mefemUe
ïmil nefautajouterfoy à ce que
les Noirs du Fort Dauphin disent3
que pourneflre plus en doute
que ce Navire n'aitfait naustagesurcesCojles,
putsquefiant.,
comme fay déjà dit, nos Ennemis
mortels
,
ilspeuvent en avoir
changélescirconjlancesfélon leurs
mterefls. Cette nouvelle se rapporte
assi'{ à ce que j'ay entendu
dire à M. du Haut,menil
y
que
lors qu'il vint dans les Indes en
J'année 1683surleNavire l'Heu.
psufe? il Avoit rencontré dans 1%
-Canal de Mofambique un
Vaisseau Anglois qui venoit des
Mazelagu qui eJIun endroit vers
le Nordde Madagascar, ou l'on
n)d traiter des Noirs
, £5r que le
Capitainede ceVaiOeau qui estoit
François, lenr avoit crié qu'on
luy avoitdit
,
fJtlun Navire
français de fixante pieces de
Canon lenoit perdu à la Casse
de cette Isle. Le temps qu'ilfaisoit
ne leurpermitpas de s'en informer -
davantage.
Le VaisseauAnglaissur lequelefîoit
embarquéle Sieur Qrou J
:{ier de qui nous avons appris ce *
queje VQM mande du Soleil 1
d'Orient, estoit un Navire particuliervenu
dans les Indes contre
lesdcjfnfes du Roy d* Angleterre,
Issut obligé,après estreparty du
Fort Dauphin, de venir dans
J'lJle dJAmjuan pour achever de
/accommoder9 & pour yattendre
la Moussonfavorable a doutier
le Cap de 130nneEfperancr.
tylyfut rencontré au mois d'Avril
ou de May dernier
t par un
Navire de Sa Mdjefié Britani-
Ijue qui s'en empara, &qui ta.
Ttenoit avec luy à Bombaye;mais
l coula àfond à cent lieuls de la
Cosse de l'inle,&on nenfauvd
jtfr l'Equipage
, parmy kqud
-tftoi, le Sieur Croizier3 qui ell
presentement en noflreLoge,
DeuxFrançois qui font venus
depuis peu d2 Bombaye,m'ont ap.
pris qu'ils avoientveuun Noir,
4 qui un autre Noir de Goa qui
efloitsur le mesmeNavire particulier,
adit qu'ilyavoit entendu
dire à quelques Noirs du Fort
Dauphzn, que le Soleil d'Orient
seftoit perdu a la Cosse de
Âdadagafcar vers la Cosse des
Matatanes
,
où ton* les Peuples
rfloienr Amis des François; que
toutes les personnes qui efloient
dessus s'estoientfluvêes à terre,
4Milsefloientencoretenattendant
que quelque Navire passàstpou,
rembarquer. Cettedtrnierenouvelleriefl
à la vérité qu'unouy
lire, d'un autre ouy dire
,
quiseoitpourtant,
je coyjujfifantpour
bliger la Compagnie à envoyer
wpetit Tïajlimentquitouruftune
UTtiede la Cojiede FfideMaeacar,
pourvoirfil'onpourroit
p avoir quelque nouvelle plus; \rticuliert.
NDIU' écrivons par
pe occasion à MIs les Virecurs
ce que nous avons apris àw
CroiKier ymais ce nejipas a~
pc toutes les circonstances que je.'
arqueicy.
Ecrire de Surate.
J Du 13. Novembre l''S. Efinis par une nouvelle que
nous avons euè'icydti Soleit
d'Orient. Quoy qu'elle[Oit mau.
vaiÇe, je ne puis rriempefeher de
Vous l'écrire.Un nomme Croi-
Kier
,
Fils d'un Marchand Je
Morlaix qui efloit venu aux Indessur
le Navire de M. du
Haut-menil) nomme le Coche.,
quitta ce BaflimentpourS'cejuart
cjuersur un Navire Anglois particuliernommé
le Bristol
,
quipartit
de Surate d la fin du mois
de Janvier dernier
, pour aller
en Europe* Ce jeune homme dit
que ce Vatjjeauayant eu du mafa
vais temps9 avoit ffté obligé de
relafcber en tIjle de AîadagaJL
car, dans tAnse dufort DauplJin,
qui eflle lieu où nous nous
Jommesd'abord établis,($/ ou ilya
plujtétirsNoirs qui parlent Franfois.
Comme les Anglois ne sçavoientpas
la Langue de ce Pays
tà
,
cessoit lu), qui leurservois
d'Interprete, lis apprirent donc de
quelques Noirs,entreautres
d'un nomméJean
,
qui avoit au--
trefois rfié Serviteurdm Ad*
de S. Martiny e:.,"'- quiparle fort
bien FrançoisJ qu'ily avoit quelques
années que le Navire le
Soleil d'Orientyefloit venu en
cette Ansi du Fort Dauphin
fort maLtraité
J
grfzifant beau-
1 coup d'Eau. Ce dernier leur nom-
» ma les principaux Officiers de et
,Na,vire,.& leurditquily avoit
) dessusdesjfmbfJJadeurs du Roy
de Siam;que ces Officiersavoient
fait la Paixavec les Noirs. gj
quaprès avoir racommodé leur
Vaiffiau& pris des rafraiebiffemens
,
ils estoient partis du Fort
Dauphin
,
maisqua quatre ou
cinq lieues de là ils avaient eslé
surpris d'une timpefle qui avoîtfaitcouhrle
Vaijjeauàfond,fan*
que performefefuji fauve,Il me
paroiss que sur un rapportsi bien
circonftantiéJ on peut croire que ce
mal-heureux Vaijjeau a ejié a
Madagascar> &julilsessperdu
en quelque endroit des cosies de
cette Ijle; car il n'y a pas d'apparence
qu'un Navire comme le
Soleil d'Orient aitcouléafond
à quatre ou cinq lieues en Ader,
« * dans un endroit ou il riy a point
de Rochers, puis que quand on
se voitdansunpérilévident, on
fait ordinairement tout ce qu'onpeutpour
donner à la Cosse
>
ce qui
riejlpas difficile, à moins que le
vent ne vienne absolument de l&
Terre. Pour moy si fofoisdire
m,on fentilnent là dejjus, je croy
que ce Navire au départ deMaf
careigne ayant voulu doubler le
Cap de bonne Esperanceyy aura
eslé battu de la tempefie
, ü que
quelqueDemaflement-, ou quelque
voye d'Eau l'aura oblIgé de
relâcher a la premiers terre qu'il
cura trouiezyOuilfe fera perdit
r-n quelque endroit de la CoJle de
Madagascar, ce qui aura donné
noyen à lapluspart des gens de
*Equipage degagner la Terre. Il
(ivray que l'on deitcraindre/ik
se font faullez du cossê du Forr
Dauphin, que les Habitans qui
efloitntnos mortels Ennemis, ne les
ayentaJf1Jflv]eK' Je nefçaJsi je
meflate par tinteresi queje prens
en quelques personnes qui efloient
sur et Vaetau; mais je ne puismempêcherdecroirequtly
aura
des gens decet Equipageen quelque
endroitde la Cosse de r./Ua-"
dagafear. Il ce certain que s1ils
ânt fauve leurs Armel, &-
qu'ilssesoient tenus surleurs gardes
, les NoirsnAWont pas eu la
- hardiejje de les attaquer. DaiL
leurs s'ils sefont perdui en certains
endroits de ces Cosses, où les Peufiesefloient
Amis des François,
4out le monde ditqu'il neleurfera
point arrivédemal.Jl mefemUe
ïmil nefautajouterfoy à ce que
les Noirs du Fort Dauphin disent3
que pourneflre plus en doute
que ce Navire n'aitfait naustagesurcesCojles,
putsquefiant.,
comme fay déjà dit, nos Ennemis
mortels
,
ilspeuvent en avoir
changélescirconjlancesfélon leurs
mterefls. Cette nouvelle se rapporte
assi'{ à ce que j'ay entendu
dire à M. du Haut,menil
y
que
lors qu'il vint dans les Indes en
J'année 1683surleNavire l'Heu.
psufe? il Avoit rencontré dans 1%
-Canal de Mofambique un
Vaisseau Anglois qui venoit des
Mazelagu qui eJIun endroit vers
le Nordde Madagascar, ou l'on
n)d traiter des Noirs
, £5r que le
Capitainede ceVaiOeau qui estoit
François, lenr avoit crié qu'on
luy avoitdit
,
fJtlun Navire
français de fixante pieces de
Canon lenoit perdu à la Casse
de cette Isle. Le temps qu'ilfaisoit
ne leurpermitpas de s'en informer -
davantage.
Le VaisseauAnglaissur lequelefîoit
embarquéle Sieur Qrou J
:{ier de qui nous avons appris ce *
queje VQM mande du Soleil 1
d'Orient, estoit un Navire particuliervenu
dans les Indes contre
lesdcjfnfes du Roy d* Angleterre,
Issut obligé,après estreparty du
Fort Dauphin, de venir dans
J'lJle dJAmjuan pour achever de
/accommoder9 & pour yattendre
la Moussonfavorable a doutier
le Cap de 130nneEfperancr.
tylyfut rencontré au mois d'Avril
ou de May dernier
t par un
Navire de Sa Mdjefié Britani-
Ijue qui s'en empara, &qui ta.
Ttenoit avec luy à Bombaye;mais
l coula àfond à cent lieuls de la
Cosse de l'inle,&on nenfauvd
jtfr l'Equipage
, parmy kqud
-tftoi, le Sieur Croizier3 qui ell
presentement en noflreLoge,
DeuxFrançois qui font venus
depuis peu d2 Bombaye,m'ont ap.
pris qu'ils avoientveuun Noir,
4 qui un autre Noir de Goa qui
efloitsur le mesmeNavire particulier,
adit qu'ilyavoit entendu
dire à quelques Noirs du Fort
Dauphzn, que le Soleil d'Orient
seftoit perdu a la Cosse de
Âdadagafcar vers la Cosse des
Matatanes
,
où ton* les Peuples
rfloienr Amis des François; que
toutes les personnes qui efloient
dessus s'estoientfluvêes à terre,
4Milsefloientencoretenattendant
que quelque Navire passàstpou,
rembarquer. Cettedtrnierenouvelleriefl
à la vérité qu'unouy
lire, d'un autre ouy dire
,
quiseoitpourtant,
je coyjujfifantpour
bliger la Compagnie à envoyer
wpetit Tïajlimentquitouruftune
UTtiede la Cojiede FfideMaeacar,
pourvoirfil'onpourroit
p avoir quelque nouvelle plus; \rticuliert.
NDIU' écrivons par
pe occasion à MIs les Virecurs
ce que nous avons apris àw
CroiKier ymais ce nejipas a~
pc toutes les circonstances que je.'
arqueicy.
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Résumé : EXTRAIT D'UNE LETTRE Ecrite de Surate. Du 13. Novembre 1685.
L'auteur, basé à Surate, rapporte des informations concernant le navire français 'Soleil d'Orient'. Ce navire, ayant affronté de mauvaises conditions météorologiques, a dû se réfugier à Madagascar. Un jeune homme nommé Croizier, fils d'un marchand de Morlaix, a quitté Surate en janvier à bord du navire anglais 'Bristol'. À Fort Dauphin, Croizier a appris de Noirs parlant français que le 'Soleil d'Orient' avait été endommagé par une tempête et avait coulé près de Madagascar. Les officiers du navire avaient initialement réparé le navire et fait la paix avec les Noirs, mais une nouvelle tempête les a surpris et a causé le naufrage du navire. L'auteur estime que le navire a probablement coulé près de Madagascar et que l'équipage a pu atteindre la terre. Il exprime également sa crainte que les habitants ennemis du Fort Dauphin n'attaquent les survivants. Cette nouvelle est confirmée par des témoignages de Noirs et par des informations recueillies par M. du Hautmenil en 1683. De plus, le navire anglais sur lequel Croizier était embarqué a été capturé par un navire britannique et a coulé près de l'île d'Amjuan. Des Noirs ont confirmé que le 'Soleil d'Orient' s'était perdu près de Madagascar et que l'équipage attendait un navire pour repartir. L'auteur suggère d'envoyer un petit navire pour explorer la côte de Madagascar et obtenir des nouvelles plus précises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16269
p. 1225
ESPAGNE.
Début :
Le 16. du mois dernier, le Roy, la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies et l'Infant [...]
Mots clefs :
Prince des Asturies, Princesse des Asturies, Séville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E 16. du mois dernier , le Roy , la Reine ,
Liele Prince et la Princesse des Asturies et l'Infant
Don Philippe , partirent de Séville , et l'on
a eu avis que L. M. étoient arrivées le 19. à
Rambla , où elles ont séjourné jusqu'au 26. qu'el
les en sont parties pour continuer leur route vers
Aranjuez . L'Infant Don Louis et les Infantes
ne sont partis de Séville que le 31. May.
E 16. du mois dernier , le Roy , la Reine ,
Liele Prince et la Princesse des Asturies et l'Infant
Don Philippe , partirent de Séville , et l'on
a eu avis que L. M. étoient arrivées le 19. à
Rambla , où elles ont séjourné jusqu'au 26. qu'el
les en sont parties pour continuer leur route vers
Aranjuez . L'Infant Don Louis et les Infantes
ne sont partis de Séville que le 31. May.
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16270
p. 185
DE MANHEIM, le 21 Octobre 1763.
Début :
Notre Souverain a institué ici une nouvelle Académie qui a tenu hier sa première [...]
Mots clefs :
Souverain, Académie, Maître de maison, Électorat, Histoire, Professeur, Académiciens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MANHEIM, le 21 Octobre 1763.
DE MANHEIM , le 21 Octobre 1763.
Notre Souverain a inftitué ici une nouvelle Académie
qui a tenu hier fa première Séance : le Marquis
desIffarts , Grand- Maître de la Maifon de l'Electeur,
y a présidé au nom deS.A. Electorale . L'Hif;
toire Politique & l'Hiftoire Naturelle du Palatinat
feront les deux objets des travaux de cette Société .
Le nombre des Académiciens eft fixé à dix ; le
Sieur Schoepflin , Profeffeur d'Hiftoire à Strafbourg
, en eft Préfident Honoraire.
Notre Souverain a inftitué ici une nouvelle Académie
qui a tenu hier fa première Séance : le Marquis
desIffarts , Grand- Maître de la Maifon de l'Electeur,
y a présidé au nom deS.A. Electorale . L'Hif;
toire Politique & l'Hiftoire Naturelle du Palatinat
feront les deux objets des travaux de cette Société .
Le nombre des Académiciens eft fixé à dix ; le
Sieur Schoepflin , Profeffeur d'Hiftoire à Strafbourg
, en eft Préfident Honoraire.
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16271
p. 185
DE LISBONNE, le 25 Octobre 1763.
Début :
Le second fils du Prince & de la Princesse de Brésil, nouvellement né, [...]
Mots clefs :
Prince, Nouveau né, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LISBONNE, le 25 Octobre 1763.
DE LISBONNE , le 25 Octobre 1763 .
Le fecond fils du Prince & de la Princeſſe de
Bréfil , nouvellement né , vient de mourir.
Le fecond fils du Prince & de la Princeſſe de
Bréfil , nouvellement né , vient de mourir.
Fermer
16272
p. 185
DE ROME, le 26 Octobre 1763.
Début :
Le 16 de ce mois, le Cardinal Valentini fut attaqué d'une fiévre violente [...]
Mots clefs :
Cardinal, Fièvre, Décès, Collège, Nomination, Siège vacant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE ROME, le 26 Octobre 1763.
DE ROME , le 26 Octobre 1763.
Le 16 de ce mois , le Cardinal Valentini fut attaqué
d'une fiévre violente , dont il eſt mort le 18 .
Le Cardinal Banchieri eft mort le 17 à Pitoie fa
Patrie. Ces deux morts font vaquer dans le Sacré
Collège un neuviéme & un dixiéme Chapeaux ,
y compris celui qui eſt réſervé à la nomination da
Roi de Portugal .
Le 16 de ce mois , le Cardinal Valentini fut attaqué
d'une fiévre violente , dont il eſt mort le 18 .
Le Cardinal Banchieri eft mort le 17 à Pitoie fa
Patrie. Ces deux morts font vaquer dans le Sacré
Collège un neuviéme & un dixiéme Chapeaux ,
y compris celui qui eſt réſervé à la nomination da
Roi de Portugal .
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16273
p. 185
DE FLORENCE, le 21 Octobre 1763.
Début :
On assure que le Prince Héréditaire de Modene a été mis en [...]
Mots clefs :
Prince héréditaire, Prince de Modène, Liberté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE FLORENCE, le 21 Octobre 1763.
DE FLORENCE , le 21 Octobre 1763.
On affure que le Prince Héréditaire de Modene
a été mis en liberté le 12 de ce mois.
On affure que le Prince Héréditaire de Modene
a été mis en liberté le 12 de ce mois.
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16274
p. 1241-1242
A LA REINE.
Début :
MADAME, Ce n'est pas moins par les mouvemens du coeur que par devoir, que le Clergé du Royaume [...]
Mots clefs :
Clergé, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LA REINE.
A LA REINE;
MADAME,
Ce n'est pas moins parles mouvemens du
coeur que par devoir , que le Clergé du Royaume
vient rendre fes profonds refpects à une
Augufte Reine , que fes vertus ont élevée
fur le Trône , & dont la plus grande éléva- .
tion n'a fervi qu'à faire éclater fa Religion
&Sa Foy.
Quelle confolation pour les Miniftres de
JESUS-CHRIST , de trouver dans VOTRE
MAJESTE' le modèle des fentimens qu'ils
défirent d'inspirer à tous les Fidéles , & de
n'avoir , pourformer de vrais Chrétiens ,
qu'à fouhaiter qu'ils vous imitent.
Nousjouiffons déja , MADAME, des
fruits de votre piété , par l'heureuſe fécondité
I. Vol.
dont
3242 MERCURE DE FRANCE.
dont il a plû à Dieu de favorifer VOTRE
MAJESTE' , & par la naissance d'un Dauphin
fi défiré de toute la Nation , qu'il a
bien voulu accorder à la ferveur de vos
prieres.
Que nous refte-t-il à demander encore ,finon
que le Seigneur daigne nous conferver les
dons qu'il nous a faits , que ce Prince puiſſe
pendant long-tems profiter de vos exemples ,
apprendrefous le Roy fon Pere , à gouverner
avec fageffe ; & que le Ciel , qui protége
d'une manière fi visible ce grand Royaume
continue de verfer fes bénédictions fur Vo-
TRE MAJEST E' , en lui donnant enco☛
re des Princes , qui assurent pour toujours le
repos & le bonheur de la France ?
MADAME,
Ce n'est pas moins parles mouvemens du
coeur que par devoir , que le Clergé du Royaume
vient rendre fes profonds refpects à une
Augufte Reine , que fes vertus ont élevée
fur le Trône , & dont la plus grande éléva- .
tion n'a fervi qu'à faire éclater fa Religion
&Sa Foy.
Quelle confolation pour les Miniftres de
JESUS-CHRIST , de trouver dans VOTRE
MAJESTE' le modèle des fentimens qu'ils
défirent d'inspirer à tous les Fidéles , & de
n'avoir , pourformer de vrais Chrétiens ,
qu'à fouhaiter qu'ils vous imitent.
Nousjouiffons déja , MADAME, des
fruits de votre piété , par l'heureuſe fécondité
I. Vol.
dont
3242 MERCURE DE FRANCE.
dont il a plû à Dieu de favorifer VOTRE
MAJESTE' , & par la naissance d'un Dauphin
fi défiré de toute la Nation , qu'il a
bien voulu accorder à la ferveur de vos
prieres.
Que nous refte-t-il à demander encore ,finon
que le Seigneur daigne nous conferver les
dons qu'il nous a faits , que ce Prince puiſſe
pendant long-tems profiter de vos exemples ,
apprendrefous le Roy fon Pere , à gouverner
avec fageffe ; & que le Ciel , qui protége
d'une manière fi visible ce grand Royaume
continue de verfer fes bénédictions fur Vo-
TRE MAJEST E' , en lui donnant enco☛
re des Princes , qui assurent pour toujours le
repos & le bonheur de la France ?
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Résumé : A LA REINE.
Le Clergé du Royaume adresse une lettre à une reine, exprimant respect et admiration pour ses vertus, qui ont conduit à son élévation sur le trône et à la promotion de la religion et de la foi. La reine incarne les sentiments que les ministres de Jésus-Christ souhaitent inspirer à tous les fidèles. Le Clergé exprime sa joie face à la fécondité de la reine et à la naissance d'un dauphin, désiré par toute la nation et considéré comme une réponse aux prières de la reine. Ils prient pour que Dieu conserve ces dons, que le dauphin apprenne à gouverner sagement en suivant l'exemple de son père, et que le royaume continue de recevoir les bénédictions divines. Ils espèrent également la naissance de futurs princes pour assurer le repos et le bonheur de la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16275
p. 1225-1226
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 19. May, le Duc de Newcastle remit à la Chambre des Pairs, un Message du Roy, par [...]
Mots clefs :
Mariage, Roi, Princesse royale, Prince d'Orange-Nassau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 19. May , le Duc de Newcastle remit à la
Chambre des Pairs , un Message du Roy , par
lequel S. M. leur donnoit part des propositions
qu'il avoit reçûës de la part du Prince de Nassau
Orange , pour le Mariage de la Princesse Royale
avec ce Prince , qui ayant obtenu le consentement
du Roy, avoit envoyé à Londres un Ministre
avec les pouvoirs nécessaires pour en signer
les articles .
Le Roy ajoûtoit dans ce Message , que ne dou
tant point que ce Mariage ne donnât une satisfaction
générale à tous ses bons Sujets , il se promettoit
l'approbation de la Chambre des Seigneurs
, en accomplissant une a fiance qui contribuoit
à maintenir la succession à la Couronne
dans une Maison Protestante. Les Seigneurs ayant
déliberé sur ce Message , allerent le lendemain
présenter au Roy une Adresse de Remerciment
et de félicitation , S. M leur répondit :
MILORDS , je vous remercie de cette marque
d'affection pour moi et pour ma Famills ; ce m'est
une grande satisfaction de voir que le Mariage projetté
entre ma Fille et le Prince d'Orange , vous
I. Vol. soit
1226 MERCURE DE FRANCE
être
assurez que La
soit si agréable : vous pouvez
conservation des libertez de mon Peuple , sera mon
principal soin et mon unique attention .
Le Chancelier de l'Echiquier ayant présenté à
la Chambre des Communes , un Message semblable
à celui que le Roy avoit envoyé à celle des
Pairs , dans lequel S. M. ajoûtoit qu'elle se pro--
mettoit que la Chambre la mettroit en état de
donner à la Princesse Royale une dot convenable
à l'occasion présente , et qui pût la mettre en état
de soutenir son rang avec dignité , la Chambre
résolut d'accorder une dot de 80000. liv. sterlins
à la Princesse Royale , et elle présenta une Adresse
au Roy , pour le remercier d'avoir bien voulu
lui communiquer ses intentions touchant le Mariage
de la Princesse sa . Fille , et pour assurer
S. M. que la Chambre contribueroit de tout son
pouvoir à la conclusion de ce Mariage.
On a envoyé ordre à tous les Ministres du
Roy d'Angleterre dans les Cours étrangeres , de
donner part aux Princes auprès desquels ils résident
, du Mariage de la Princesse Royale avec le
Prince de Nassau- Orange. On frappe à la Tour
plusieurs Médailles d'or et d'argent à l'occasion
de ce Mariage.
E 19. May , le Duc de Newcastle remit à la
Chambre des Pairs , un Message du Roy , par
lequel S. M. leur donnoit part des propositions
qu'il avoit reçûës de la part du Prince de Nassau
Orange , pour le Mariage de la Princesse Royale
avec ce Prince , qui ayant obtenu le consentement
du Roy, avoit envoyé à Londres un Ministre
avec les pouvoirs nécessaires pour en signer
les articles .
Le Roy ajoûtoit dans ce Message , que ne dou
tant point que ce Mariage ne donnât une satisfaction
générale à tous ses bons Sujets , il se promettoit
l'approbation de la Chambre des Seigneurs
, en accomplissant une a fiance qui contribuoit
à maintenir la succession à la Couronne
dans une Maison Protestante. Les Seigneurs ayant
déliberé sur ce Message , allerent le lendemain
présenter au Roy une Adresse de Remerciment
et de félicitation , S. M leur répondit :
MILORDS , je vous remercie de cette marque
d'affection pour moi et pour ma Famills ; ce m'est
une grande satisfaction de voir que le Mariage projetté
entre ma Fille et le Prince d'Orange , vous
I. Vol. soit
1226 MERCURE DE FRANCE
être
assurez que La
soit si agréable : vous pouvez
conservation des libertez de mon Peuple , sera mon
principal soin et mon unique attention .
Le Chancelier de l'Echiquier ayant présenté à
la Chambre des Communes , un Message semblable
à celui que le Roy avoit envoyé à celle des
Pairs , dans lequel S. M. ajoûtoit qu'elle se pro--
mettoit que la Chambre la mettroit en état de
donner à la Princesse Royale une dot convenable
à l'occasion présente , et qui pût la mettre en état
de soutenir son rang avec dignité , la Chambre
résolut d'accorder une dot de 80000. liv. sterlins
à la Princesse Royale , et elle présenta une Adresse
au Roy , pour le remercier d'avoir bien voulu
lui communiquer ses intentions touchant le Mariage
de la Princesse sa . Fille , et pour assurer
S. M. que la Chambre contribueroit de tout son
pouvoir à la conclusion de ce Mariage.
On a envoyé ordre à tous les Ministres du
Roy d'Angleterre dans les Cours étrangeres , de
donner part aux Princes auprès desquels ils résident
, du Mariage de la Princesse Royale avec le
Prince de Nassau- Orange. On frappe à la Tour
plusieurs Médailles d'or et d'argent à l'occasion
de ce Mariage.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 19 mai, le Duc de Newcastle a transmis à la Chambre des Pairs un message du roi de Grande-Bretagne annonçant les propositions du Prince de Nassau Orange pour le mariage de la Princesse Royale. Le roi a espéré l'approbation de la Chambre des Seigneurs, soulignant que ce mariage maintiendrait la succession à la Couronne dans une maison protestante. Les Seigneurs ont remercié et félicité le roi, qui a assuré que la conservation des libertés de son peuple serait sa priorité. Le Chancelier de l'Échiquier a informé la Chambre des Communes du souhait du roi d'accorder une dot convenable à la Princesse Royale. La Chambre a résolu d'accorder une dot de 80 000 livres sterling et a remercié le roi, assurant son soutien au mariage. Des ordres ont été envoyés aux ministres du roi dans les cours étrangères pour annoncer le mariage, et des médailles commémoratives ont été frappées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16276
p. 2737-2738
SUEDE.
Début :
Le College du Commerce de Stockolm a présenté une Requête au Roi pour le prier [...]
Mots clefs :
Roi de Suède, Commerce, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE,
Lfente the Reque au Roi pour le prier
d'envoyer en Efpagne un Miniftre chargé de
pleins pouvoirs pour y négocier un Traité de
Commerce , & obtenir la diminution des droits
1. Vol. qu'on
E College du Commerce de Stokolm a pré
2738 MERCURE DE FRANCE
qu'on leve dans les Ports d'Eſpagne fur les Mar.
chandifes qu'on y porte de ce Pays . Ce College
a même offert de faire les frais de l'Ambaffade.
Le 16. Novembre le Roi donna des ordres
pour que les Officiers qui commandent les Troupes
que S. M. Suedoife doit fournir aux Puiffances
alliées par le Traité de Seville , fe tinffent
prêtes à marcher. On a envoyé depuis dans le
Landgraviat de Heffe- Caffel une Ordonnance dụ
Roi , par laquelle il eft défendu à tous les Sujets
d'entrer au fervice d'aucune Puiffance Etrangere,
& ordonné à ceux qui y font actuellement de
revenir dans l'efpace de trois mois , à peine de
confifcation de leurs biens.
Lfente the Reque au Roi pour le prier
d'envoyer en Efpagne un Miniftre chargé de
pleins pouvoirs pour y négocier un Traité de
Commerce , & obtenir la diminution des droits
1. Vol. qu'on
E College du Commerce de Stokolm a pré
2738 MERCURE DE FRANCE
qu'on leve dans les Ports d'Eſpagne fur les Mar.
chandifes qu'on y porte de ce Pays . Ce College
a même offert de faire les frais de l'Ambaffade.
Le 16. Novembre le Roi donna des ordres
pour que les Officiers qui commandent les Troupes
que S. M. Suedoife doit fournir aux Puiffances
alliées par le Traité de Seville , fe tinffent
prêtes à marcher. On a envoyé depuis dans le
Landgraviat de Heffe- Caffel une Ordonnance dụ
Roi , par laquelle il eft défendu à tous les Sujets
d'entrer au fervice d'aucune Puiffance Etrangere,
& ordonné à ceux qui y font actuellement de
revenir dans l'efpace de trois mois , à peine de
confifcation de leurs biens.
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Résumé : SUEDE.
Le Collège du Commerce de Stockholm a demandé au roi de Suède d'envoyer un ministre en Espagne pour négocier un traité de commerce. Le roi a ordonné aux officiers suédois de préparer les troupes pour les puissances alliées selon le Traité de Séville. Une ordonnance royale interdit aux sujets suédois de s'engager au service de puissances étrangères.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16277
p. 185-186
De HAMBOURG, le 15 Octobre.
Début :
IL est à craindre que les différends qui s'élevent entre le Roi de Danemarck & l'Impératrice de [...]
Mots clefs :
Régence, Prince, Roi
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texteReconnaissance textuelle : De HAMBOURG, le 15 Octobre.
De HAMBOUrg , le i 15 Octobre.
IL eft à craindre que les différends qui s'élevent
entre le Roi de Danemarck & l'Impératrice de
Ruffie au fujet de l'adminiſtration du Duché de
Holftein n'ayent des fuites plus fâcheufes qu'on
ne l'avoit d'abord imaginé. La ceffion que le Roi
de Suéde a faite de fes droits au Roi de Dannemarck
par une convention particuliere , dont la
Ruffie ni les Princes freres de Sa Majeſté Suédoiſe
n'ont eu aucune connoiffance, ne fera vraisemblablement
pas reconnue ni adoptée par la Czarines
& cette Princeffe étant déclarée tutrice du Prince
fon fils , ne paroît pas difpoflée à partager le gouvernement
de les Etats . La Régence de Kiel avoit
dépêché un Courier à Petersbourg pour informer
Sa Majesté Impériale que le Roi de Dannemarck
avoit nommé des Commiffaires qui devoient régir
en fon nom le Duché de Holſtein pendant la
minorité du jeune Duc Paul Petrowitz . Au retour
du Courier la Régence de Kiel a fait arracher publiquement
les placards que les Commiffaires de
la Cour de Coppenhague avoient fait afficher
pour faire reconnoître l'autorité du Roi leur
maître & leurs pouvoirs. Le Prince George ,
nommé Gouverneur Général du Holſtein , doit
s'arrêter ici jufqu'à ce que ces différends foient
terminés.
186 MERCURE DE FRANCE.
Tout eft dans la plus grande confuſion à Mittau.
Le parti du Duc de Biren s'accroît chaque
jour. Ce Prince pourroit cependant rencontrer encore
des obftacles pour l'inveftiture des Duchés
de Courlande & de Semigalle , parce qu'il doit la
recevoir du Roi & de la République de Pologne ,
qui ont le droit de Souveraineté fur ces Fiefs . Le
parti du Prince Charles paroît difpofé a défendre
avec vigueur l'élection de ce Prince.
IL eft à craindre que les différends qui s'élevent
entre le Roi de Danemarck & l'Impératrice de
Ruffie au fujet de l'adminiſtration du Duché de
Holftein n'ayent des fuites plus fâcheufes qu'on
ne l'avoit d'abord imaginé. La ceffion que le Roi
de Suéde a faite de fes droits au Roi de Dannemarck
par une convention particuliere , dont la
Ruffie ni les Princes freres de Sa Majeſté Suédoiſe
n'ont eu aucune connoiffance, ne fera vraisemblablement
pas reconnue ni adoptée par la Czarines
& cette Princeffe étant déclarée tutrice du Prince
fon fils , ne paroît pas difpoflée à partager le gouvernement
de les Etats . La Régence de Kiel avoit
dépêché un Courier à Petersbourg pour informer
Sa Majesté Impériale que le Roi de Dannemarck
avoit nommé des Commiffaires qui devoient régir
en fon nom le Duché de Holſtein pendant la
minorité du jeune Duc Paul Petrowitz . Au retour
du Courier la Régence de Kiel a fait arracher publiquement
les placards que les Commiffaires de
la Cour de Coppenhague avoient fait afficher
pour faire reconnoître l'autorité du Roi leur
maître & leurs pouvoirs. Le Prince George ,
nommé Gouverneur Général du Holſtein , doit
s'arrêter ici jufqu'à ce que ces différends foient
terminés.
186 MERCURE DE FRANCE.
Tout eft dans la plus grande confuſion à Mittau.
Le parti du Duc de Biren s'accroît chaque
jour. Ce Prince pourroit cependant rencontrer encore
des obftacles pour l'inveftiture des Duchés
de Courlande & de Semigalle , parce qu'il doit la
recevoir du Roi & de la République de Pologne ,
qui ont le droit de Souveraineté fur ces Fiefs . Le
parti du Prince Charles paroît difpofé a défendre
avec vigueur l'élection de ce Prince.
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Résumé : De HAMBOURG, le 15 Octobre.
Le texte décrit des tensions politiques entre le Roi de Danemark et l'Impératrice de Russie concernant l'administration du Duché de Holstein. La cession des droits suédois au Danemark, réalisée sans l'accord de la Russie, pourrait ne pas être reconnue par l'Impératrice, tutrice du Prince Paul Petrowitz. La Régence de Kiel a informé l'Impératrice de la nomination de commissaires danois pour régir le Duché pendant la minorité du jeune Duc, mais a ensuite retiré les affiches annonçant cette nomination. Le Prince George, Gouverneur Général du Holstein, attend la résolution de ces différends avant de prendre ses fonctions. Par ailleurs, à Mittau, la situation est confuse en raison des rivalités entre les partisans du Duc de Biren et ceux du Prince Charles pour l'investiture des Duchés de Courlande et de Semigalle, dont la souveraineté est partagée entre le Roi de Pologne et la République de Pologne.
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16278
p. 185-186
PAYS-BAS.
Début :
Les Etats Généraux ont envoyé au Prince Stadhouder le présent [...]
Mots clefs :
La Haye, Comte d'Affry, Mémoire, Armée, Camps militaires, Roi, États électoraux, Protection, Rhin, Düsseldorf
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS- BAS.
DE LA HAYE , le 4 Mars.
Les Etats Généraux ont envoyé au Prince Stadhouder
le préfent qu'ils ont reçu du Bey de Tripoli
. Le 28 du mois dernier , le Comte d'Affry ,
Miniftre Plénipotentiaire de Sa Majesté Très-
Chrétienne , remit aux Etats Généraux le Mémoire
fuivant : « Hauts & Puiffans Seigneurs ,.
» le Roi mon Maître , indépendamment des en-
» gagemens défenfifs qu'il a contractés avec l'Im-
» pératrice Reine de Hongrie & de Boheme , par
» le traité de Verſailles du premier Mai de l'année
>> derniere , doit en qualité de Garant de la paix
» de Weftphalie , des Conftitutions & des Liber-
» tés Germaniques , fecourir les Princes , qui
» étant injuſtement opprimés , ou ménacés d'une
» oppreffion prochaine , réclament la preftation
» de cette garantie. En conféquence de la réqui-
» fition de plufieurs Etats de l'Empire , Sa Ma-
» jeftéfe propofe d'affembler fur le Bas - Rhin une
» armée qui fera plus ou moins confidérable , & .
>> divifée en un où plufieurs Corps , felon que la
>> fituation & les intérêts de fes Alliés pourront
D
l'exiger. Le Roi ayant pour objet la fûreté &
» la tranquillité de fes Amis & de ſes Voifins , ne
» defire rien plus fincérement que de contribuer
» à rétablir le plutôt qu'il fera poffible le repos
» public fur des fondemens équitables & folides.
» Les troupes de Sa Majefté ſe mettront en mar-
>> che du 14 au 30 du mois prochain , pour cam-
» per entre le Rhin & la Meufe , à la hauteur de
» Duffeldorp . Elles auront attention à ne donner
>> aucun fujet de plainte à quelque Puiffance que
186 MERCURE DE FRANCE.
•
» ce foit , & furtout aux Etats Géneraux . Le Roi
>> comptant fur la fidélité inviolable de Leurs
» Hautes Puiffances à la neutralité qu'Elles ont
>> promis d'obferver , continuera de fon côté à
>> leur donner , dans toutes les occafions , les
» preuves les moins équivoques du véritable inté-
» rêt qu'il prend à leur profpé rité . Les troupes du
>> Roi , bien loin d'entreprendre rien qui puiffe
» être un fujet d'inquiétude pour Leurs Hautes
» Puiffances , feront employées à leur défenſe , ſi
>> en haine de leur neutralité , on attentoit à leur
>> repos , à leur liberté ou à leur commerce. Le
>> Roi mon Maître confiera volontiers aux Etats
» Généraux les réfolutions ultérieures , que les
» conjonctures pourront exiger de fa prévoyance
» & de fes engagemens. Sa Majefté attend de l'é-
>> quité & de l'amitié de Leurs Hautes Puiffances,
» qu'Elles feront en garde contre les fauffes nou-
» velles , par lefquelles on tâchera de leur faire
» illufion , & qu'elles s'en rapporteront avec une
>> confiance entiere aux affurances qu'Elle leur
» donne des fentimens auffi finceres que conftańs
» & évidens de fon eftime & de fon affection pour
leur République. »
Le Roi de la Grande -Bretagne & le Roi de
Pruffe ont auffi informé Leurs Hautes Puiffances ,
qu'ils feront dans la néceffité d'affembler une
armée d'obfervation dans les Provinces de leur
domination , voifines des Etats de la République ,
afin de mettre leurs Etats Electoraux à l'abri des
entrepriſes dont ils font ménacés.
DE LA HAYE , le 4 Mars.
Les Etats Généraux ont envoyé au Prince Stadhouder
le préfent qu'ils ont reçu du Bey de Tripoli
. Le 28 du mois dernier , le Comte d'Affry ,
Miniftre Plénipotentiaire de Sa Majesté Très-
Chrétienne , remit aux Etats Généraux le Mémoire
fuivant : « Hauts & Puiffans Seigneurs ,.
» le Roi mon Maître , indépendamment des en-
» gagemens défenfifs qu'il a contractés avec l'Im-
» pératrice Reine de Hongrie & de Boheme , par
» le traité de Verſailles du premier Mai de l'année
>> derniere , doit en qualité de Garant de la paix
» de Weftphalie , des Conftitutions & des Liber-
» tés Germaniques , fecourir les Princes , qui
» étant injuſtement opprimés , ou ménacés d'une
» oppreffion prochaine , réclament la preftation
» de cette garantie. En conféquence de la réqui-
» fition de plufieurs Etats de l'Empire , Sa Ma-
» jeftéfe propofe d'affembler fur le Bas - Rhin une
» armée qui fera plus ou moins confidérable , & .
>> divifée en un où plufieurs Corps , felon que la
>> fituation & les intérêts de fes Alliés pourront
D
l'exiger. Le Roi ayant pour objet la fûreté &
» la tranquillité de fes Amis & de ſes Voifins , ne
» defire rien plus fincérement que de contribuer
» à rétablir le plutôt qu'il fera poffible le repos
» public fur des fondemens équitables & folides.
» Les troupes de Sa Majefté ſe mettront en mar-
>> che du 14 au 30 du mois prochain , pour cam-
» per entre le Rhin & la Meufe , à la hauteur de
» Duffeldorp . Elles auront attention à ne donner
>> aucun fujet de plainte à quelque Puiffance que
186 MERCURE DE FRANCE.
•
» ce foit , & furtout aux Etats Géneraux . Le Roi
>> comptant fur la fidélité inviolable de Leurs
» Hautes Puiffances à la neutralité qu'Elles ont
>> promis d'obferver , continuera de fon côté à
>> leur donner , dans toutes les occafions , les
» preuves les moins équivoques du véritable inté-
» rêt qu'il prend à leur profpé rité . Les troupes du
>> Roi , bien loin d'entreprendre rien qui puiffe
» être un fujet d'inquiétude pour Leurs Hautes
» Puiffances , feront employées à leur défenſe , ſi
>> en haine de leur neutralité , on attentoit à leur
>> repos , à leur liberté ou à leur commerce. Le
>> Roi mon Maître confiera volontiers aux Etats
» Généraux les réfolutions ultérieures , que les
» conjonctures pourront exiger de fa prévoyance
» & de fes engagemens. Sa Majefté attend de l'é-
>> quité & de l'amitié de Leurs Hautes Puiffances,
» qu'Elles feront en garde contre les fauffes nou-
» velles , par lefquelles on tâchera de leur faire
» illufion , & qu'elles s'en rapporteront avec une
>> confiance entiere aux affurances qu'Elle leur
» donne des fentimens auffi finceres que conftańs
» & évidens de fon eftime & de fon affection pour
leur République. »
Le Roi de la Grande -Bretagne & le Roi de
Pruffe ont auffi informé Leurs Hautes Puiffances ,
qu'ils feront dans la néceffité d'affembler une
armée d'obfervation dans les Provinces de leur
domination , voifines des Etats de la République ,
afin de mettre leurs Etats Electoraux à l'abri des
entrepriſes dont ils font ménacés.
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Résumé : PAYS-BAS.
Le 4 mars, les États Généraux des Pays-Bas ont transmis au Prince Stadhouder un message du Bey de Tripoli. Le 28 février, le Comte d'Affry, ministre plénipotentiaire du roi de France, a remis aux États Généraux un mémoire. Ce document stipule que le roi de France, en tant que garant de la paix de Westphalie et des libertés germaniques, doit secourir les princes injustement opprimés ou menacés. En réponse à des requêtes de plusieurs États de l'Empire, le roi propose de rassembler une armée sur le Bas-Rhin, dont la taille et la division dépendront des besoins des alliés. Cette armée, visant à rétablir la paix, se mettra en marche entre le 14 et le 30 du mois suivant pour camper entre le Rhin et la Meuse, près de Duffeldorp. Le roi assure qu'il respectera la neutralité des États Généraux et que ses troupes seront employées à leur défense si nécessaire. Les rois de Grande-Bretagne et de Prusse ont également informé les États Généraux de leur intention de rassembler des armées d'observation dans leurs provinces voisines des États de la République pour protéger leurs États électoraux contre les menaces.
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16279
p. 185-187
DE GENES, le 29 Octobre 1763.
Début :
Il est arrivé ici de Bonifacio, le 25 de ce mois un Bâtiment qui a apporté [...]
Mots clefs :
Bonifacio, Complots, Rebelles, Attaque, Commandant, Troupes, Menaces, Paoli, Armes, Patron
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE GENES, le 29 Octobre 1763.
DE GENES, le 29 Octobre 1763.
Il eſt arrivé ici de Bonifacio , le 25 de ce mois
un Bâtiment qui a apporté les nouvelles fuivantes .
Paoli entretenoit une intelligence fecrette avec le
nommé Maffaria , habitant d'Ajaccio , qui , de
concert avec fon fils , deux Eccléfiaftiques & deux
Sardes , avoit formé le complot d'introduire dans
186 MERCURE DE FRANCE.
la Ville le Chef des Rebelles. Maſſaria & ſes conpagnons
trouverent en effet moyen d'entrer le
dans le Château : ils tuérent d'abord deux fentinelles
; mais une troifiéme fentinelle ayant entendu
quelque bruit , tira un coup de fufil qui donna
l'allarme à la Garniſon. Le Commandant fit met
tre auffi-tôt les troupes fous les armes ; le fils de
Maffaria fut tué , & il fut lui - même dangereufement
bleffé , & arrêté avec fes camarades. On le
menaça de le faire mourir , s'il ne déclare it le motif
d'une entrepriſe fi hardie : ces menaces lui arrachèrent
l'aveu de tous les détails du complot.
Sur cette dépofition , le Commandant fit mettre en
ordre fon artillerie , & fur le champ envoya chercher
à Bonifacio des munitions de guerre & les
troupes dont il avoit befoin. Paoli , de fon côté ,
avoit fait marcher au- delà des Monts un corps
confidérable de Rebelles , foutenu de quelques
troupes réglées , & s'étoit approché d'Ajaccio , où
il fe flattoit d'être introduit par Maffaria . Mais le
renfort que le Commandant y avoit fait venir , &
auquel le joignirent un grand nombre d'habitans ,
& plufieurs Grecs qui font leur réfidence en cette
Ville , força les Rebelles de fe retirer , & d'abandonner
les deux Couvens de Franciſcains où ils s'étoient
fortifiés. Les Rebelles euffent peut-être réuffi
dans leur entrepriſe , fi le feu eût pris au canon
que Maffaria devoit tirer pour les avertir : c'étoit
le fignal dont il étoit convenu avec eux . Le Patron
d'un Pinque Génois , arrivé avant- hier de Calvi , a
aufli rapporté que le 16 le Commandant de cette
Place lui avoit ordonné de prendre ſur ſon bord fix
à fept Rebelles qui s'étoient rendus chez ce Commandant
, pour lui déclarer qu'ils avoient quitté le
fervice de Paoli , & vouloient entrer dans celui de
la République. Le Patron y confentit , mais lés
JANVIER. 1764. 187
voyant bien armés , il leur déclara qu'il ne les recevroit
point avec leurs armes. Les Corfes propoferent
de laiffer les armes à feu ; mais , le Patron
infiftant à ne les point recevoir qu'ils ne fuffent
entièrement défarmés , ils ne voulurent point y
confentir , & fe retirèrent. On conjecture que
leur deffein étoit de faire main-baffe fur tout l'équipage
de fe rendre maître du Bâtiment , & de
s'en fervir pour l'entrepriſe d'Ajaccio.
Il eſt arrivé ici de Bonifacio , le 25 de ce mois
un Bâtiment qui a apporté les nouvelles fuivantes .
Paoli entretenoit une intelligence fecrette avec le
nommé Maffaria , habitant d'Ajaccio , qui , de
concert avec fon fils , deux Eccléfiaftiques & deux
Sardes , avoit formé le complot d'introduire dans
186 MERCURE DE FRANCE.
la Ville le Chef des Rebelles. Maſſaria & ſes conpagnons
trouverent en effet moyen d'entrer le
dans le Château : ils tuérent d'abord deux fentinelles
; mais une troifiéme fentinelle ayant entendu
quelque bruit , tira un coup de fufil qui donna
l'allarme à la Garniſon. Le Commandant fit met
tre auffi-tôt les troupes fous les armes ; le fils de
Maffaria fut tué , & il fut lui - même dangereufement
bleffé , & arrêté avec fes camarades. On le
menaça de le faire mourir , s'il ne déclare it le motif
d'une entrepriſe fi hardie : ces menaces lui arrachèrent
l'aveu de tous les détails du complot.
Sur cette dépofition , le Commandant fit mettre en
ordre fon artillerie , & fur le champ envoya chercher
à Bonifacio des munitions de guerre & les
troupes dont il avoit befoin. Paoli , de fon côté ,
avoit fait marcher au- delà des Monts un corps
confidérable de Rebelles , foutenu de quelques
troupes réglées , & s'étoit approché d'Ajaccio , où
il fe flattoit d'être introduit par Maffaria . Mais le
renfort que le Commandant y avoit fait venir , &
auquel le joignirent un grand nombre d'habitans ,
& plufieurs Grecs qui font leur réfidence en cette
Ville , força les Rebelles de fe retirer , & d'abandonner
les deux Couvens de Franciſcains où ils s'étoient
fortifiés. Les Rebelles euffent peut-être réuffi
dans leur entrepriſe , fi le feu eût pris au canon
que Maffaria devoit tirer pour les avertir : c'étoit
le fignal dont il étoit convenu avec eux . Le Patron
d'un Pinque Génois , arrivé avant- hier de Calvi , a
aufli rapporté que le 16 le Commandant de cette
Place lui avoit ordonné de prendre ſur ſon bord fix
à fept Rebelles qui s'étoient rendus chez ce Commandant
, pour lui déclarer qu'ils avoient quitté le
fervice de Paoli , & vouloient entrer dans celui de
la République. Le Patron y confentit , mais lés
JANVIER. 1764. 187
voyant bien armés , il leur déclara qu'il ne les recevroit
point avec leurs armes. Les Corfes propoferent
de laiffer les armes à feu ; mais , le Patron
infiftant à ne les point recevoir qu'ils ne fuffent
entièrement défarmés , ils ne voulurent point y
confentir , & fe retirèrent. On conjecture que
leur deffein étoit de faire main-baffe fur tout l'équipage
de fe rendre maître du Bâtiment , & de
s'en fervir pour l'entrepriſe d'Ajaccio.
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Résumé : DE GENES, le 29 Octobre 1763.
Le 29 octobre 1763, des informations provenant de Bonifacio révèlent un complot impliquant Pasquale Paoli. Ce dernier avait des contacts secrets avec Massaria, un habitant d'Ajaccio, et ses complices, incluant deux ecclésiastiques et deux Sardes. Leur plan consistait à introduire Paoli dans la ville en tuant des sentinelles au château. Cependant, une sentinelle donna l'alerte, permettant au commandant de mobiliser ses troupes. Massaria et ses complices furent arrêtés après que Massaria eut révélé les détails du complot sous la menace. Simultanément, Paoli avait envoyé des rebelles vers Ajaccio, soutenus par des troupes régulières. Le commandant, renforcé par des habitants et des Grecs résidents, repoussa les rebelles, qui durent abandonner leurs positions. Le complot échoua également en raison de la non-exécution d'un signal convenu, un coup de canon. Par ailleurs, un patron de pinque génois rapporta que six à sept rebelles, ayant quitté le service de Paoli, tentèrent de monter à bord de son navire pour se rendre à Ajaccio. Le patron refusa de les embarquer armés, et les rebelles se retirèrent. On suspecte qu'ils voulaient s'emparer du navire pour participer à l'attaque d'Ajaccio.
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16280
p. 1383-1386
Nouvelles de la Cour, de Paris. &c.
Début :
Le 20. May, le Marquis de Nesle, Chevalier des Ordres du Roy, présenta [...]
Mots clefs :
Procès, Dommages et intérêts, Juges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris. &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris. &c.
LE
E 20. May , le Marquis de Nesle 2+
Chevalier des Ordres du Roy , pré
senta à S. M. une Requête imprimée ,
pour demander des Juges au sujet de ses
prétentions sur la Principauté d'Orange ,
contre le Prince de Conti , en s'oppo
sant à l'Arrêt du Conseil qui en a fait
PEchange avec le Roy au nom de ce.
Prince .
Le 26. May , le Comte Maffei , Am
bassadeur Extraordinaire du Roy de
Sardaigne , eût une Audiance particulie
re du Roy , dans laquelle il présenta à
S. M. une Lettre du Roy son Maître sur
I.Val. la
1384 MERCURE DE FRANCE
la naissance du Duc d'Aoste. Il fut con
duit à cette Audience par M. Hebert ,
Introducteur des Ambassadeurs , qui le
conduisit ensuite à celle de la Reine.
Le 30. aprés midy , le Roy fit au
Champ de Mars , prés du Château de
Marly , la Revue des Gens-d'Armes
Chevaux-Legers et Mousquetaires de la
garde de S. M. le Roy passa dans les
Rangs et les vit défiler. Ils vinrent en
suite passer dans la Cour du Château de
Versailles , où ils défilerent devant la
Reine qui étoit sur le Balcon de l'Appar
tement des Princesses d'Orleans , avec
Monseigneur le Dauphin et Mesdames
de France..
M. Parquet , Grand - Vicaire de l'Ar
chevêque de Paris , a été nommé à la
Cure de S. Nicolas des Champs , par
l'Archevêque de Cambray, commePrieur
de S. Martin .
Le 28. May , le Duc d'Aiguillon prê
ta Serment et prit séance au Parlement
en qualité de Pair de France.
Le 4. Juin , le Roy parrit de Versailles
vers les cinq heures du matin pour aller
au Chateau de Fontainebleau , où S. M.
se rendit le même jour aprés avoir dîné
à Petit -Bourg.
I. Vol.
Le
JUIN. 1731. 1385
Le Roy a donné le Gouvernement de
Bethune au Comte de Rottembourg ,
Chevalier de ses Ordres et Ambassadeur
Extraordinaire de S. M. auprés du Roy
d'Espagne.
M. Gaudin Trésorier géneral de la
Marine , a achepté , avec Fagrément du
Roy , la Charge de Garde du Trésor
Royal , vacante par la démission de M..
de Montigny.
M. l'Abbé Allary , de l'Académie
Françoise , a été nommé Instituteur des
Enfans de France.
La Reine partit de Versailles le 16. de
ce mois , et arriva à Fontainebleau le mê
mejour , après avoir soupé au Château de
Petit-Bourg.
Le Procès du Comte Barberin , de l'Il
lustre Maison des Barberins d'Italie , con
tre le Sieur Milieu , fut jugé samedi 2
Juin au Parlement , les Chambres assem
blées , ledit sieur Comte a été renvoyé de
l'accusation de faux principal , les Billets,
ont été déclarés bons , et le sieur Milieu
condamné en tous les dépens dommages
et interests , et que les termes injurieux
qu'il a employés dans ses écrits , seroient
rayés et bâtonnés.
1. Vol La
1386 MERCURE DE FRANCE
Le Dimanche de la Trinité 20. May
le Curé de Soissi sous Etiole , faisant ses
fonctions Curiales , dans son Eglise ,
revêtu de ses Habits Sacerdotaux , Claude
Aubert , Garçon Jardinier , lui tira un
coup de Fusil dont il fut blessé à l'épaule ..
L'Assassin fut arrêté sur le champ et con
duit en Prison. Il a été jugé par Sentence
du Lieutenant Criminel , confirmée par
Arrêt du Parlement , et condamné à faire
Amande honorable dévant la principale
Porte de l'Eglise de Paris , et y avoir le
Point coupé, ayant Ecriteau devant et der
riere , portant ces mots : Assassin de dessein
prémedité dans l'Eglise de Soissi sur Seine
en la Personne de son Curé. Et ensuite brulé
vif en Place de Gréve ; ce qui a été exe
cuté le 7. de ce mois .
LE
E 20. May , le Marquis de Nesle 2+
Chevalier des Ordres du Roy , pré
senta à S. M. une Requête imprimée ,
pour demander des Juges au sujet de ses
prétentions sur la Principauté d'Orange ,
contre le Prince de Conti , en s'oppo
sant à l'Arrêt du Conseil qui en a fait
PEchange avec le Roy au nom de ce.
Prince .
Le 26. May , le Comte Maffei , Am
bassadeur Extraordinaire du Roy de
Sardaigne , eût une Audiance particulie
re du Roy , dans laquelle il présenta à
S. M. une Lettre du Roy son Maître sur
I.Val. la
1384 MERCURE DE FRANCE
la naissance du Duc d'Aoste. Il fut con
duit à cette Audience par M. Hebert ,
Introducteur des Ambassadeurs , qui le
conduisit ensuite à celle de la Reine.
Le 30. aprés midy , le Roy fit au
Champ de Mars , prés du Château de
Marly , la Revue des Gens-d'Armes
Chevaux-Legers et Mousquetaires de la
garde de S. M. le Roy passa dans les
Rangs et les vit défiler. Ils vinrent en
suite passer dans la Cour du Château de
Versailles , où ils défilerent devant la
Reine qui étoit sur le Balcon de l'Appar
tement des Princesses d'Orleans , avec
Monseigneur le Dauphin et Mesdames
de France..
M. Parquet , Grand - Vicaire de l'Ar
chevêque de Paris , a été nommé à la
Cure de S. Nicolas des Champs , par
l'Archevêque de Cambray, commePrieur
de S. Martin .
Le 28. May , le Duc d'Aiguillon prê
ta Serment et prit séance au Parlement
en qualité de Pair de France.
Le 4. Juin , le Roy parrit de Versailles
vers les cinq heures du matin pour aller
au Chateau de Fontainebleau , où S. M.
se rendit le même jour aprés avoir dîné
à Petit -Bourg.
I. Vol.
Le
JUIN. 1731. 1385
Le Roy a donné le Gouvernement de
Bethune au Comte de Rottembourg ,
Chevalier de ses Ordres et Ambassadeur
Extraordinaire de S. M. auprés du Roy
d'Espagne.
M. Gaudin Trésorier géneral de la
Marine , a achepté , avec Fagrément du
Roy , la Charge de Garde du Trésor
Royal , vacante par la démission de M..
de Montigny.
M. l'Abbé Allary , de l'Académie
Françoise , a été nommé Instituteur des
Enfans de France.
La Reine partit de Versailles le 16. de
ce mois , et arriva à Fontainebleau le mê
mejour , après avoir soupé au Château de
Petit-Bourg.
Le Procès du Comte Barberin , de l'Il
lustre Maison des Barberins d'Italie , con
tre le Sieur Milieu , fut jugé samedi 2
Juin au Parlement , les Chambres assem
blées , ledit sieur Comte a été renvoyé de
l'accusation de faux principal , les Billets,
ont été déclarés bons , et le sieur Milieu
condamné en tous les dépens dommages
et interests , et que les termes injurieux
qu'il a employés dans ses écrits , seroient
rayés et bâtonnés.
1. Vol La
1386 MERCURE DE FRANCE
Le Dimanche de la Trinité 20. May
le Curé de Soissi sous Etiole , faisant ses
fonctions Curiales , dans son Eglise ,
revêtu de ses Habits Sacerdotaux , Claude
Aubert , Garçon Jardinier , lui tira un
coup de Fusil dont il fut blessé à l'épaule ..
L'Assassin fut arrêté sur le champ et con
duit en Prison. Il a été jugé par Sentence
du Lieutenant Criminel , confirmée par
Arrêt du Parlement , et condamné à faire
Amande honorable dévant la principale
Porte de l'Eglise de Paris , et y avoir le
Point coupé, ayant Ecriteau devant et der
riere , portant ces mots : Assassin de dessein
prémedité dans l'Eglise de Soissi sur Seine
en la Personne de son Curé. Et ensuite brulé
vif en Place de Gréve ; ce qui a été exe
cuté le 7. de ce mois .
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris. &c.
Du 20 au 30 mai, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour française. Le Marquis de Nesle contesta un arrêt du Conseil concernant la Principauté d'Orange. Le Comte Maffei, Ambassadeur du Roi de Sardaigne, rencontra le Roi pour discuter de la naissance du Duc d'Aoste. Le Roi passa en revue les troupes au Champ de Mars et au Château de Versailles. Le Duc d'Aiguillon fut intronisé Pair de France. Le 4 juin, le Roi se rendit à Fontainebleau, nommant le Comte de Rottembourg Gouverneur de Béthune et l'Abbé Allary Instituteur des Enfants de France. La Reine rejoignit le Roi à Fontainebleau le 16 juin. Parallèlement, le procès du Comte Barberin contre le Sieur Milieu se conclut par l'acquittement du Comte et la condamnation du Sieur Milieu. Claude Aubert, ayant blessé un curé, fut condamné à faire amende honorable, à avoir le pouce coupé et à être brûlé vif, sentence exécutée le 7 juin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16281
p. 181-189
Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre l'armée combinée de l'Empire & de France, & l'armée Prussienne, avec la liste des Officiers non compris dans celle du 19 de ce mois.
Début :
L'armée du Roi, combinée avec celle de l'Empire, ayant reçu [...]
Mots clefs :
Bataille, France, Empire, Prusse, Bataillons, Ennemis, Généraux, Marquis, Camps, Mouvements des troupes, Cavalerie, Régiments, Artillerie, Colonels, Chevaliers, Capitaines, Lieutenants, Officiers, Liste des prisonniers, Liste des blessés
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texteReconnaissance textuelle : Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre l'armée combinée de l'Empire & de France, & l'armée Prussienne, avec la liste des Officiers non compris dans celle du 19 de ce mois.
Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre
l'armée combinée de l'Empire & de France , &
l'armée Pruffienne , avec la lifte des Officiers
non compris dans celle du 19 de ce mois.
L'armée du Roi , combinée avec celle de l'Empire
, ayant reçu un renfort de vingt bataillons &
de dix-huit efcadrons conduits par le Duc de Broglie
, après être reftée quelques jours en cantonnement
entre l'Unftrutt & la Sala , depuis Mul→
haufen & Langen- Saltza jufqu'à Dornbourg , fe
mit en mouvement le 23 Octobre pour marcher à
l'ennemi.
Celle de l'Empire fe porta en avant de la Sala
fur l'Eftertt , précédée d'un détachement des deux
armées aux ordres du Comte de Saint - Germain
& celle de France qui la fuivoit fe trouva raffemblée
le 28 à Numbourg & aux environs.
Pendant cette marche , le Roi de Pruffe s'étoit
retiré fur l'Elbe , laiffant à Léipfik un Corps commandé
par le Maréchal Keith, mais il revint tout-à
coup dans cette Ville le 26.
Les deux Généraux ne jugeant pas qu'il fût praticable
del'y attaquer de vive force, ni de le mettre
entre Léiplik & Torgauw en marchant par leur
182 MERCURE DE FRANCE.
droite , réfolurent de repaffer la Sala , pour fe
porter vers Hall & Bernbourg. Ce paffage s'exécura
le 30 à Weiffenfel , après avoir replié tous
les poftes qui avoient été avancés jufqu'à Lutzen .
Le Roi de Pruffe , averti de cette marche , fortit
de Léipfick , & fit attaquer le 31 au matin la
Ville de Weiffenfels. Il y étoit refté quatre bataillons
Impériaux & dix- fept compagnies de Grenadiers
François , commandés par M. le Marquis de
Crillon ; ces troupes fe retirerent en mettant le
feu au pont.
Les Pruffiens firent enfuite marcher des corps
fur Merfbourg & fur Hall , dont les ponts furent
pareillement brûlés par les détachemens de l'armée
combinée , qui occupoient ces deux Villes.
Le premier Novembre , le Prince de Soubife
marcha à Merfbourg dans le deffein de foutenir
cette Ville : mais ne pouvant garder tous les paffages
de la Sala , il préféra de venir camper à
Mulchen , où les Impériaux le joignirent le 2 .
Le lendemain 3 , l'armée Pruffienne paffa la
Sala à Weiflenfels où elle avoit déja jetté des
ponts ; fes Huffards poufferent ceux de l'Empire
jufques fur le terrein où les Généraux faifoient
marquer un champ de bataille , & l'armée combinée
fortit de fon camp à l'entrée de la nuit pour venir
l'occuper. Les Pruffiens camperent vis - à- vis fur
une hauteur , & tirerent pendant la nuit plufieurs
coups de canon.
Le 4 à la pointe du jour , on vit déboucher
plufieurs efcadrons de Cavalerie Pruffienne , qui fe
retirerent auffi- tôt que l'armée eut fait un mouvement
en avant. Le reste de la journée ſe paſſa à
tirer quelques volées de canon , & l'armée cainpa
fur le terrein où elle avoit paffé la nuit précé .
dente fous les armes.
JANVIER. 1758. 183
Les , elle marcha parfa droite pour le porter
furle flanc gauche de celle du Roi de Pruffe, laif
fant M. le Comte de Saint- Germain avec deux brigades
d'infanterie & autant de cavalerie , pour ob
ferver les mouvemens des Pruffiens. Cette marche
fe fit fur trois colones , dans le même ordre où les
troupes étoient campées ; la colonne de la gauche
étoit formée de la premiere ligne , celle du
centre de la réſerve , & celle de la droite de la feconde
ligne.
Lorfque l'armée eut dépaffé le flanc gauche de
Pennemi , on fit halte vers les deux heures aprèsmidi
, & les deux Généraux ayant pris la réfolution
d'attaquer , on continua la marche en abaiffant
la droite , pour le mettre en bataille en
équerre fur le flanc gauche de l'armée Pruffienne .
Jufques-là l'ennemi étoit reſté dans fon camp ,
mais dans le moment on le vit détendre fes tentes,
monter à cheval , fe mettre en bataille & marcher
par fa gauche fur le même front par lequel on fe
préfentoit à lui ; le tout avec une fi grande promp
ritude , que toute fa cavalerie , compofée de
quarante efcadrons , ayant été quelque temps à
couvert d'un rideau , fe trouva tout d'un coup
avoir dépaffé celle de l'Empire , qui fermoit l'aîle
droite de l'armée combinée , & la chargea en
en flanc avant qu'elle eût pu fe déployer devant
elle.
Le Prince de Soubife n'eut le temps que de raffembler
la cavalerie de la réferve , compotée de
dix efcadrons des régimens de Penthievre , Saluces
, Lameth , Lufignan & De cars , qui fe formerent
en potence dans l'intervalle entre les deux
lignes . I foutint à la tête de cette cavalerie
l'effort de la premiere ligne de celle des Pruffiens
, qui fut auffi repouffée par les cuiraffiers
184 MERCURE DE FRANCE.
Autrichiens ; mais il ne put réfifter à la feconde
ligné. Huit efcadrons des régimens de Bourbon
de Bauvilliers , de Fitz -James & de Raugrave , tirés
de l'aile gauche , rétablirent le combat pendant
quelques momens , & enfuite furent obligés
de céder de même à la fupériorité du nombre.
Pendant cette charge de cavalerie , la gauche
de l'infanterie Pruffienne avoit gagné le flanc
droit de celle de l'armée combinée . Nos bataillons
, qui s'étoient formés en colonne , ne pouvant
foutenir le feu de l'artillerie & de la moufqueterie
des Pruffiens , furent alors obligés de
plier,&entraînerent le refte des deux lignes . M.lé
Comte de Saint-Germain , qui arriva dans cette
conjoncture , favorifa la retraite qui fe fit fur
Freybourg, où l'armée repafla, pendant la nuit, à
la gauche de l'Unftrutt , fans être pourſuivie .
Le 6 l'armée de l'Empire marcha à Kofen ,
pour fe retirer fur Arnftatt , & celle de France
s'en fépara pour fe rapprocher des quartiers de
l'armée du Maréchal Duc de Richelieu par Laucha
, Saxembourg , Northaufen & Duderſtatt ,
où elle eft arriée le 14.
On ne peut dire au jufte la perte que l'armée
Françoile a faite en cette occafion , parce qu'il y
revient journellement des Officiers & des Soldats
par bandes ; mais il paroît qu'elle ne fera pas
à beaucoup près auffi confidérable qu'on l'avoit
cru d'abord
JANVIER. 1758. 185
a
Lifte des Officiers tués , bleffés , prisonniers , ou
dont on ignore le fort , des Régimens qui fe font
trouvés à la bataille dus Novembre , & qui ne
font pas compris dans la lifte du 19 de ce mois ,
parce qu'on n'avoit point alors reçu les états détaillés
des Régimens.
Régiment de Piedmont. Colonel . M. Le Comte
Defparbès , bleffé . Lieutenant-Colonel. M. de
Creft , bleffé & prifonnier . Commandans de Bataillon
. MM. de la Corderie & Sermont , bleffés
& prifonniers, M. Defplaffes , manque. Major:
M. Broca , bleflé . Aides- Majors. MM . Malaru &
Bagnon , bleffés . M. de la Chevalerie , bleffé & prifonnier.
Capitaines de Grenadiers . M. Malaufat ,
bleffé & prifonnier. M. Darmiffan manque.
Capitaines. MM. Marans , Noblet , la Lauremie
, Beauregard , Fondras. , tués. MM. Flavi
gny , Mondenard , Grely , Dragoue , Braffant ,
Chevalier de Montaut , Mondenart , de Bieve ,
la Touche , Chevalier de Tilly , Dupleffis ,
Freftomdam , bleffés . MM. Bretigny , la Combe,
Marigny , du Vergier , Tilly , Brugaflargues ,
de Mons , Bezançon , Verneuil , Rachaife ,
Baubert , Pafcal , Duvallon , Boifſfondain , la
Perrere , Dauffonnes , bleffés & prifonniers.
MM. Darmiffan , la Papotiere , David , Duclufelle
, Montaut , Dumans , & Valoir , manquent.
Lieutenans . M. le Chevalier de Montaud, M. Lefpare
& M. le Chevalier de Batquier tués.
MM. Meſnard , la Foreftille , Dadriffard , Fontaine
, Chevalier de Ponfargues , Colonſbié , Ravifict
, & Lecuyer , bleifés . MM. Leharivel ,
Faure , Rabignan , Daliat , Kardavant , Biufort,
Langlade , Barer , & Saint-Serdos , bleffts &
"
186 MERCURE DE FRANCE.
>
prifonniers. MM. Martillon , Pernon , Pelifferey
, Sairigné , Montaclard , & Peliot Maître
de mathématiques , manquent . Régiment de Royal
Rouffillon . Capitaines de Grenadiers . M Delons ,
bleffe . Lieutenans . M. Soreau , tleflé . Régiment de
Caftellas , Suiffe . Lieutenant - Colonel . M. Diefenthaler
, bleflé & prifonnier Capitaines de Crenadiers
.M. Reich , tué. M. Waldener bleflé . Lieutenans.
M. Muller , tué . , M. Krieg , bleflé . Régiment de
Planta , Suiffe. Lieutenant- Colonel . M. Darbon
nier , bleffé & prifonnier . Commandant de Bataillon.
M Joflaud , bleffé & prifonnier. M. Arder ,
manque. Aide-Major M. Viclandt manque. Capitaines
de Grenadiers . MM . Grenut , & Affleger
bleffés & prifonniers. Capitaines. MM. Turtin ,
Gallatin, Bertenfchalg , Boufcard & Faller , bleffés
& prifonniers. Lieutenans. MM . Defgranges
Hoeclin , Reynald , Fatis, Ceberg & Chriftin ,
bleffés & prifonniers . Régiment de Reding , Suif
fe. Capitaines. MM. Reynold & Montaudon
bleffés. MM . Schatzel & Witz , bleffés & prifonniers.
Lieutenans. MM. d'Entrague , & Baumain
, bleffés . MM . Geutil , Techiemain , Gau-.
guin , & Odelieu , bleffés & prifonniers . M. Muller,
manque. Régiment de Salis , Grifon. Capitaine.
M. Caftelberg , tué . Enfeigne. M. Scouhe manque.
Régiment de Touraine . Lieutenans. M. de
Moyencourt , bleffé & prifonnier . Régiment de
Saint Germain. Lieutenans. M. Bitremant , bleflé
& prifonnier.
•
Officiers qui étoient marqués dans la derniere feuille
comme manquans , & qu'on a appris depuis êtra
prifonniers , & dont la plupart font bleſsés.
Régiment de Mailly. Lieutenant- Colonel . M. de
Boifrenard. Capitaines . MM. Montbel , l'aîné ,
JANVIER. 1758. 187
>
Garcigny , Vilhaut , Chevalier de Montbel ,
Boilrenault , Coquebert , M. Treville , Capitai
ne Aide-Major , & la Motte. M. Catenay , Capitaine
, dont on n'avoit point encore fait mention
, prifonnier. M. Rouani , Lieutenant. Régiment
de Poitou. M. de Saint - Mefinin , Commandant
de Bataillon . M. du Roffart , Capitaine Aide-
Major. MM. de Muffan , de Pally , Fontenaille
Dangé , des Anfiers , Sorelle , Galleou , Capitaines
, prifonniers ; ainfi que MM . Sablo & Pichon
, dont on ignoroit le fort. Lieutenans. MM.
d'Aldeguier , du Perrete , Ding , Leroy, & Saint-
Oin , prifonniers , ainfi que MM. la Montafe ,
du Rougeat , & de Laure , dont on n'avoit pas encore
fait mention . Régiment de Saint Chamont.
Capitaines. MM . de la Mothe , & Chatelier , qui
n'étoient pas dans la premiere lifte , & MM.
Droify , de Malhautier, Montignac , Chevalier de
Vignier , & de Saint- Florent . Lieutenans . MM . de
la Grolée , de Bo flambert , de Buffan , & Bouret
. Régiment de Rohan. Capitaines. MM . de Wolbock
, & Coquerel. Lieutenans. MM. la Live &
Liffac , qui n'étoient point dans la derniere feuille .
Regiment de Beauvoifis. Capitaines, MM . la Molere
, Champau , du Bourdet , du Lignon , & de
Fougeres. Aide- Major. M. Raoult. Lieutenans.
MM . Rozan , la Roque , & Peignefort . Régi .
ment de Briffac. Colonel. M. le Duc de Coffé. Lientenant-
Colonel. M. de Mauclerc. Capitaine . M.
Bonneval. Lieutenant. M. Morel . Régiment de
Provence. Lieutenant -Colonel. M. Durivier. Ca
pitaines. MM. Thioumon , de Teffot , Dutertre ,
de Varignan , Thuifi , & Eclapier , qui n'étoient
dans la derniere feuille . Lieutenans . MM. Iffambon
, & de Romas , qui n'étoient pas dans
la derniere lifte. Régiment de Vittmer , Suiffe.
pas
188 MERCURE DE FRANCE.
>
Commandant de Bataillon. M. Gallati . Capitaines.
MM. Suriet , Perier , Zeng , & Reynoldt. Lieu
tenans. MM. de Gallati , Dilleny , Bayard &
Jacobel Régiment de Diefback , Suiffe . Capitaines.
MM. Balthazard , & de Borard , dont le dernier
n'étoit pas dans la précédente lifte . Lieutenant.
M. de Nervoft , & l'Aumonier du Régiment
Régiment de la Marck. Capitaines. MM. Deyrolles
, Trichard , des Baraux , de Munlt l'aîné
Delefnau , qui n'étoit pas dans la derniere feuille ,
Dufort , Liotey , Grandchamp , & Dehauffen.
Lieutenans. MM. Bramion & Scitz .
CAVALERIE.
Régiment de la Reine. Major . M. le Chevalier
de Galifet. Régiment de Bourbon. Capitaines. MM.
de Chanay & Chambon. M. la Bare , Cornette.
Régiment de Penthievre. Colonel. M. le Comte
de Saluce , bleffé & prifonnier . Capitaines. M. le
Marquis de Langle , MM . Lardevoin , & Traverlay.
Lieutenans. MM. du Breuil , & de Gay ,
bleffé & prifonnier , qui n'étoit pas dans la derniere
feuille. MM . de Geraldin , Major , & du
Saillon , Cornette , bleflés & reftés à Yena , d'où
l'on compte qu'ils rejoindront inceffamment . Ré
giment de Lufignan. Capitaines. M. de Real & Circey
, bleffés & prifonniers . M. de Janfon , Liextenant.
Régiment de Beauvilliers . Colonel . M. le
Duc de Beauvilliers . Lieutenant. M. de la Buifiere.
Cornettes. MM. Echoupe & de Luigny . Régiment
deLameth.Lieutenant -Colonel.M . Monjouvan.Capitaines.
MM . de Contriffon, Dancreville , & Frednand.
Régiment de Saluces. Colonel. M. le Marquis
de Saluces. Capitaine . MM . Cauzet , Flogny , Caftelnau,
& Fautrieres , bleffés & prifonniers. Lieute
nans . MM. la Fond , Mordal , & Lepant. M. de la
>
JANVIER. 1758. 189
.
Faye , Cornette. Régiment de Filtz -James. M. Nugent
, Capitaine. M. Coulahan , Lieutenant . M.
de Mores , Cornette. Frifonniers non Militaires.
M. Martinfort , Directeur des vivres , & fon domeftique.
N. Monget , Commis des vivres . Un
Boulanger des vivres.
On a oublié dans la premiere lifte d'employer
comme prifonnier M. le Chevalier d'Ailly , Maréchal
de camp.
M. le Chevalier des Bares , Capitaine au Régiment
Defcars Cavalerie , mis au nombre des
Officiers tués , a donné de fes nouvelles . Il eft
prifonnier & bleffé de douze coups de fabre.
Le Roi a difpofé en faveur de M. le Vicomte de
Choifeul , du Régiment de Poitou , vacant par la
mort de M. le Comte de Revel.
Du Régiment Royal-Barrois , vacant par la
mort de M. le Comte de Baffompierre , en faveur
de M. le Marquis de Baffompierre , fon pere ,
Brigadier des armées du Roi , & Sous- Lieutenant
des Chevaux- Légers d'Orléans,
De trois places de Colonels dans le Régiment
des Grenadiers de France , en faveur de M. le
Comte de la Fayette , Capitaine réformé à la fuite
du régiment de Cavalerie de la Rochefoucault ,
de M. le Comte de Danois , Capitaine réformé á
la fuire du régiment Royal de Cravates ; & de
M. le Comte de Broglie , Enfeigne dans le régiment
de Poitou :
Et de deux Guidons vacans dans la Gendarmerie;
l'un en faveur de M. le Comte de Noé , Capitaine
réformé à la fuite du régiment de Cavalerie de la
Viefville ; l'autre pour N, le Marquis de Crenolles,
Lieutenant dans le régiment du Roi Infanterie.
l'armée combinée de l'Empire & de France , &
l'armée Pruffienne , avec la lifte des Officiers
non compris dans celle du 19 de ce mois.
L'armée du Roi , combinée avec celle de l'Empire
, ayant reçu un renfort de vingt bataillons &
de dix-huit efcadrons conduits par le Duc de Broglie
, après être reftée quelques jours en cantonnement
entre l'Unftrutt & la Sala , depuis Mul→
haufen & Langen- Saltza jufqu'à Dornbourg , fe
mit en mouvement le 23 Octobre pour marcher à
l'ennemi.
Celle de l'Empire fe porta en avant de la Sala
fur l'Eftertt , précédée d'un détachement des deux
armées aux ordres du Comte de Saint - Germain
& celle de France qui la fuivoit fe trouva raffemblée
le 28 à Numbourg & aux environs.
Pendant cette marche , le Roi de Pruffe s'étoit
retiré fur l'Elbe , laiffant à Léipfik un Corps commandé
par le Maréchal Keith, mais il revint tout-à
coup dans cette Ville le 26.
Les deux Généraux ne jugeant pas qu'il fût praticable
del'y attaquer de vive force, ni de le mettre
entre Léiplik & Torgauw en marchant par leur
182 MERCURE DE FRANCE.
droite , réfolurent de repaffer la Sala , pour fe
porter vers Hall & Bernbourg. Ce paffage s'exécura
le 30 à Weiffenfel , après avoir replié tous
les poftes qui avoient été avancés jufqu'à Lutzen .
Le Roi de Pruffe , averti de cette marche , fortit
de Léipfick , & fit attaquer le 31 au matin la
Ville de Weiffenfels. Il y étoit refté quatre bataillons
Impériaux & dix- fept compagnies de Grenadiers
François , commandés par M. le Marquis de
Crillon ; ces troupes fe retirerent en mettant le
feu au pont.
Les Pruffiens firent enfuite marcher des corps
fur Merfbourg & fur Hall , dont les ponts furent
pareillement brûlés par les détachemens de l'armée
combinée , qui occupoient ces deux Villes.
Le premier Novembre , le Prince de Soubife
marcha à Merfbourg dans le deffein de foutenir
cette Ville : mais ne pouvant garder tous les paffages
de la Sala , il préféra de venir camper à
Mulchen , où les Impériaux le joignirent le 2 .
Le lendemain 3 , l'armée Pruffienne paffa la
Sala à Weiflenfels où elle avoit déja jetté des
ponts ; fes Huffards poufferent ceux de l'Empire
jufques fur le terrein où les Généraux faifoient
marquer un champ de bataille , & l'armée combinée
fortit de fon camp à l'entrée de la nuit pour venir
l'occuper. Les Pruffiens camperent vis - à- vis fur
une hauteur , & tirerent pendant la nuit plufieurs
coups de canon.
Le 4 à la pointe du jour , on vit déboucher
plufieurs efcadrons de Cavalerie Pruffienne , qui fe
retirerent auffi- tôt que l'armée eut fait un mouvement
en avant. Le reste de la journée ſe paſſa à
tirer quelques volées de canon , & l'armée cainpa
fur le terrein où elle avoit paffé la nuit précé .
dente fous les armes.
JANVIER. 1758. 183
Les , elle marcha parfa droite pour le porter
furle flanc gauche de celle du Roi de Pruffe, laif
fant M. le Comte de Saint- Germain avec deux brigades
d'infanterie & autant de cavalerie , pour ob
ferver les mouvemens des Pruffiens. Cette marche
fe fit fur trois colones , dans le même ordre où les
troupes étoient campées ; la colonne de la gauche
étoit formée de la premiere ligne , celle du
centre de la réſerve , & celle de la droite de la feconde
ligne.
Lorfque l'armée eut dépaffé le flanc gauche de
Pennemi , on fit halte vers les deux heures aprèsmidi
, & les deux Généraux ayant pris la réfolution
d'attaquer , on continua la marche en abaiffant
la droite , pour le mettre en bataille en
équerre fur le flanc gauche de l'armée Pruffienne .
Jufques-là l'ennemi étoit reſté dans fon camp ,
mais dans le moment on le vit détendre fes tentes,
monter à cheval , fe mettre en bataille & marcher
par fa gauche fur le même front par lequel on fe
préfentoit à lui ; le tout avec une fi grande promp
ritude , que toute fa cavalerie , compofée de
quarante efcadrons , ayant été quelque temps à
couvert d'un rideau , fe trouva tout d'un coup
avoir dépaffé celle de l'Empire , qui fermoit l'aîle
droite de l'armée combinée , & la chargea en
en flanc avant qu'elle eût pu fe déployer devant
elle.
Le Prince de Soubife n'eut le temps que de raffembler
la cavalerie de la réferve , compotée de
dix efcadrons des régimens de Penthievre , Saluces
, Lameth , Lufignan & De cars , qui fe formerent
en potence dans l'intervalle entre les deux
lignes . I foutint à la tête de cette cavalerie
l'effort de la premiere ligne de celle des Pruffiens
, qui fut auffi repouffée par les cuiraffiers
184 MERCURE DE FRANCE.
Autrichiens ; mais il ne put réfifter à la feconde
ligné. Huit efcadrons des régimens de Bourbon
de Bauvilliers , de Fitz -James & de Raugrave , tirés
de l'aile gauche , rétablirent le combat pendant
quelques momens , & enfuite furent obligés
de céder de même à la fupériorité du nombre.
Pendant cette charge de cavalerie , la gauche
de l'infanterie Pruffienne avoit gagné le flanc
droit de celle de l'armée combinée . Nos bataillons
, qui s'étoient formés en colonne , ne pouvant
foutenir le feu de l'artillerie & de la moufqueterie
des Pruffiens , furent alors obligés de
plier,&entraînerent le refte des deux lignes . M.lé
Comte de Saint-Germain , qui arriva dans cette
conjoncture , favorifa la retraite qui fe fit fur
Freybourg, où l'armée repafla, pendant la nuit, à
la gauche de l'Unftrutt , fans être pourſuivie .
Le 6 l'armée de l'Empire marcha à Kofen ,
pour fe retirer fur Arnftatt , & celle de France
s'en fépara pour fe rapprocher des quartiers de
l'armée du Maréchal Duc de Richelieu par Laucha
, Saxembourg , Northaufen & Duderſtatt ,
où elle eft arriée le 14.
On ne peut dire au jufte la perte que l'armée
Françoile a faite en cette occafion , parce qu'il y
revient journellement des Officiers & des Soldats
par bandes ; mais il paroît qu'elle ne fera pas
à beaucoup près auffi confidérable qu'on l'avoit
cru d'abord
JANVIER. 1758. 185
a
Lifte des Officiers tués , bleffés , prisonniers , ou
dont on ignore le fort , des Régimens qui fe font
trouvés à la bataille dus Novembre , & qui ne
font pas compris dans la lifte du 19 de ce mois ,
parce qu'on n'avoit point alors reçu les états détaillés
des Régimens.
Régiment de Piedmont. Colonel . M. Le Comte
Defparbès , bleffé . Lieutenant-Colonel. M. de
Creft , bleffé & prifonnier . Commandans de Bataillon
. MM. de la Corderie & Sermont , bleffés
& prifonniers, M. Defplaffes , manque. Major:
M. Broca , bleflé . Aides- Majors. MM . Malaru &
Bagnon , bleffés . M. de la Chevalerie , bleffé & prifonnier.
Capitaines de Grenadiers . M. Malaufat ,
bleffé & prifonnier. M. Darmiffan manque.
Capitaines. MM. Marans , Noblet , la Lauremie
, Beauregard , Fondras. , tués. MM. Flavi
gny , Mondenard , Grely , Dragoue , Braffant ,
Chevalier de Montaut , Mondenart , de Bieve ,
la Touche , Chevalier de Tilly , Dupleffis ,
Freftomdam , bleffés . MM. Bretigny , la Combe,
Marigny , du Vergier , Tilly , Brugaflargues ,
de Mons , Bezançon , Verneuil , Rachaife ,
Baubert , Pafcal , Duvallon , Boifſfondain , la
Perrere , Dauffonnes , bleffés & prifonniers.
MM. Darmiffan , la Papotiere , David , Duclufelle
, Montaut , Dumans , & Valoir , manquent.
Lieutenans . M. le Chevalier de Montaud, M. Lefpare
& M. le Chevalier de Batquier tués.
MM. Meſnard , la Foreftille , Dadriffard , Fontaine
, Chevalier de Ponfargues , Colonſbié , Ravifict
, & Lecuyer , bleifés . MM. Leharivel ,
Faure , Rabignan , Daliat , Kardavant , Biufort,
Langlade , Barer , & Saint-Serdos , bleffts &
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prifonniers. MM. Martillon , Pernon , Pelifferey
, Sairigné , Montaclard , & Peliot Maître
de mathématiques , manquent . Régiment de Royal
Rouffillon . Capitaines de Grenadiers . M Delons ,
bleffe . Lieutenans . M. Soreau , tleflé . Régiment de
Caftellas , Suiffe . Lieutenant - Colonel . M. Diefenthaler
, bleflé & prifonnier Capitaines de Crenadiers
.M. Reich , tué. M. Waldener bleflé . Lieutenans.
M. Muller , tué . , M. Krieg , bleflé . Régiment de
Planta , Suiffe. Lieutenant- Colonel . M. Darbon
nier , bleffé & prifonnier . Commandant de Bataillon.
M Joflaud , bleffé & prifonnier. M. Arder ,
manque. Aide-Major M. Viclandt manque. Capitaines
de Grenadiers . MM . Grenut , & Affleger
bleffés & prifonniers. Capitaines. MM. Turtin ,
Gallatin, Bertenfchalg , Boufcard & Faller , bleffés
& prifonniers. Lieutenans. MM . Defgranges
Hoeclin , Reynald , Fatis, Ceberg & Chriftin ,
bleffés & prifonniers . Régiment de Reding , Suif
fe. Capitaines. MM. Reynold & Montaudon
bleffés. MM . Schatzel & Witz , bleffés & prifonniers.
Lieutenans. MM. d'Entrague , & Baumain
, bleffés . MM . Geutil , Techiemain , Gau-.
guin , & Odelieu , bleffés & prifonniers . M. Muller,
manque. Régiment de Salis , Grifon. Capitaine.
M. Caftelberg , tué . Enfeigne. M. Scouhe manque.
Régiment de Touraine . Lieutenans. M. de
Moyencourt , bleffé & prifonnier . Régiment de
Saint Germain. Lieutenans. M. Bitremant , bleflé
& prifonnier.
•
Officiers qui étoient marqués dans la derniere feuille
comme manquans , & qu'on a appris depuis êtra
prifonniers , & dont la plupart font bleſsés.
Régiment de Mailly. Lieutenant- Colonel . M. de
Boifrenard. Capitaines . MM. Montbel , l'aîné ,
JANVIER. 1758. 187
>
Garcigny , Vilhaut , Chevalier de Montbel ,
Boilrenault , Coquebert , M. Treville , Capitai
ne Aide-Major , & la Motte. M. Catenay , Capitaine
, dont on n'avoit point encore fait mention
, prifonnier. M. Rouani , Lieutenant. Régiment
de Poitou. M. de Saint - Mefinin , Commandant
de Bataillon . M. du Roffart , Capitaine Aide-
Major. MM. de Muffan , de Pally , Fontenaille
Dangé , des Anfiers , Sorelle , Galleou , Capitaines
, prifonniers ; ainfi que MM . Sablo & Pichon
, dont on ignoroit le fort. Lieutenans. MM.
d'Aldeguier , du Perrete , Ding , Leroy, & Saint-
Oin , prifonniers , ainfi que MM. la Montafe ,
du Rougeat , & de Laure , dont on n'avoit pas encore
fait mention . Régiment de Saint Chamont.
Capitaines. MM . de la Mothe , & Chatelier , qui
n'étoient pas dans la premiere lifte , & MM.
Droify , de Malhautier, Montignac , Chevalier de
Vignier , & de Saint- Florent . Lieutenans . MM . de
la Grolée , de Bo flambert , de Buffan , & Bouret
. Régiment de Rohan. Capitaines. MM . de Wolbock
, & Coquerel. Lieutenans. MM. la Live &
Liffac , qui n'étoient point dans la derniere feuille .
Regiment de Beauvoifis. Capitaines, MM . la Molere
, Champau , du Bourdet , du Lignon , & de
Fougeres. Aide- Major. M. Raoult. Lieutenans.
MM . Rozan , la Roque , & Peignefort . Régi .
ment de Briffac. Colonel. M. le Duc de Coffé. Lientenant-
Colonel. M. de Mauclerc. Capitaine . M.
Bonneval. Lieutenant. M. Morel . Régiment de
Provence. Lieutenant -Colonel. M. Durivier. Ca
pitaines. MM. Thioumon , de Teffot , Dutertre ,
de Varignan , Thuifi , & Eclapier , qui n'étoient
dans la derniere feuille . Lieutenans . MM. Iffambon
, & de Romas , qui n'étoient pas dans
la derniere lifte. Régiment de Vittmer , Suiffe.
pas
188 MERCURE DE FRANCE.
>
Commandant de Bataillon. M. Gallati . Capitaines.
MM. Suriet , Perier , Zeng , & Reynoldt. Lieu
tenans. MM. de Gallati , Dilleny , Bayard &
Jacobel Régiment de Diefback , Suiffe . Capitaines.
MM. Balthazard , & de Borard , dont le dernier
n'étoit pas dans la précédente lifte . Lieutenant.
M. de Nervoft , & l'Aumonier du Régiment
Régiment de la Marck. Capitaines. MM. Deyrolles
, Trichard , des Baraux , de Munlt l'aîné
Delefnau , qui n'étoit pas dans la derniere feuille ,
Dufort , Liotey , Grandchamp , & Dehauffen.
Lieutenans. MM. Bramion & Scitz .
CAVALERIE.
Régiment de la Reine. Major . M. le Chevalier
de Galifet. Régiment de Bourbon. Capitaines. MM.
de Chanay & Chambon. M. la Bare , Cornette.
Régiment de Penthievre. Colonel. M. le Comte
de Saluce , bleffé & prifonnier . Capitaines. M. le
Marquis de Langle , MM . Lardevoin , & Traverlay.
Lieutenans. MM. du Breuil , & de Gay ,
bleffé & prifonnier , qui n'étoit pas dans la derniere
feuille. MM . de Geraldin , Major , & du
Saillon , Cornette , bleflés & reftés à Yena , d'où
l'on compte qu'ils rejoindront inceffamment . Ré
giment de Lufignan. Capitaines. M. de Real & Circey
, bleffés & prifonniers . M. de Janfon , Liextenant.
Régiment de Beauvilliers . Colonel . M. le
Duc de Beauvilliers . Lieutenant. M. de la Buifiere.
Cornettes. MM. Echoupe & de Luigny . Régiment
deLameth.Lieutenant -Colonel.M . Monjouvan.Capitaines.
MM . de Contriffon, Dancreville , & Frednand.
Régiment de Saluces. Colonel. M. le Marquis
de Saluces. Capitaine . MM . Cauzet , Flogny , Caftelnau,
& Fautrieres , bleffés & prifonniers. Lieute
nans . MM. la Fond , Mordal , & Lepant. M. de la
>
JANVIER. 1758. 189
.
Faye , Cornette. Régiment de Filtz -James. M. Nugent
, Capitaine. M. Coulahan , Lieutenant . M.
de Mores , Cornette. Frifonniers non Militaires.
M. Martinfort , Directeur des vivres , & fon domeftique.
N. Monget , Commis des vivres . Un
Boulanger des vivres.
On a oublié dans la premiere lifte d'employer
comme prifonnier M. le Chevalier d'Ailly , Maréchal
de camp.
M. le Chevalier des Bares , Capitaine au Régiment
Defcars Cavalerie , mis au nombre des
Officiers tués , a donné de fes nouvelles . Il eft
prifonnier & bleffé de douze coups de fabre.
Le Roi a difpofé en faveur de M. le Vicomte de
Choifeul , du Régiment de Poitou , vacant par la
mort de M. le Comte de Revel.
Du Régiment Royal-Barrois , vacant par la
mort de M. le Comte de Baffompierre , en faveur
de M. le Marquis de Baffompierre , fon pere ,
Brigadier des armées du Roi , & Sous- Lieutenant
des Chevaux- Légers d'Orléans,
De trois places de Colonels dans le Régiment
des Grenadiers de France , en faveur de M. le
Comte de la Fayette , Capitaine réformé à la fuite
du régiment de Cavalerie de la Rochefoucault ,
de M. le Comte de Danois , Capitaine réformé á
la fuire du régiment Royal de Cravates ; & de
M. le Comte de Broglie , Enfeigne dans le régiment
de Poitou :
Et de deux Guidons vacans dans la Gendarmerie;
l'un en faveur de M. le Comte de Noé , Capitaine
réformé à la fuite du régiment de Cavalerie de la
Viefville ; l'autre pour N, le Marquis de Crenolles,
Lieutenant dans le régiment du Roi Infanterie.
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Résumé : Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre l'armée combinée de l'Empire & de France, & l'armée Prussienne, avec la liste des Officiers non compris dans celle du 19 de ce mois.
Du 23 octobre au 5 novembre, l'armée combinée de l'Empire et de la France, renforcée par des troupes du Duc de Broglie, affronta l'armée prussienne. Après plusieurs manœuvres, les deux armées se retrouvèrent près de Weissenfels. Le 3 novembre, les Prussiens traversèrent la Saale, et les préparatifs pour la bataille commencèrent. Le 5 novembre, la bataille éclata. Les Prussiens repoussèrent la cavalerie combinée et gagnèrent le flanc droit, forçant les bataillons à se replier. L'armée combinée se retira à Freybourg, puis traversa l'Unstrutt sans être poursuivie. Le 6 novembre, l'armée de l'Empire se retira vers Arnstadt, tandis que l'armée française se rapprocha des quartiers du Maréchal Duc de Richelieu. La bataille entraîna des pertes significatives, avec une liste publiée des officiers tués, blessés, prisonniers ou manquants. Les régiments affectés incluaient ceux de Piedmont, Royal-Roussillon, Castellas, Planta, Reding, Salis, Touraine, Saint-Germain, Mailly, Poitou, Saint-Chamont, Rohan, Beauvoisis, Brissac, Provence, Diesbach, La Marck, et plusieurs régiments de cavalerie. Certains officiers initialement portés disparus furent ensuite confirmés comme prisonniers. Par ailleurs, plusieurs nominations et promotions furent annoncées au sein de l'armée française. Le Régiment Royal-Barrois, vacant après le décès du Comte de Baffompierre, fut attribué au Marquis de Baffompierre. Trois places de Colonels dans le Régiment des Grenadiers de France furent attribuées au Comte de la Fayette, au Comte de Danois et au Comte de Broglie. Deux guidons vacants dans la Gendarmerie furent attribués au Comte de Noé et au Marquis de Crenolles.
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16282
p. 2738
POLOGNE.
Début :
Le second Nonce d'Upita fit enregistrer au commencement du mois de Novembre dans [...]
Mots clefs :
Pologne, Protestation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
E fecond Nonce d'Upita fit enregistrer au
LEcommencement du mois de Novembre dans
le Greffe de Grodno une proteftation contre celle
de M. Marcinkiewits , fon Collegue , qui a été
caufe de la rupture de la Diette , prétendant qu'il
n'avoit pas d'ordre particulier de faire cette proteftation.
La Czarine craignant qu'à l'occafion des changemens
arrivés à Conftantinople , les Turcs ou
les Perfans , & peut- être ces deux Puiffances
enfemble , ne vinflent attaquer les Provinces que
le feu Czar Pierre I.a conquifes en Perfe, a ordonné
à fon Miniftre à la Cour de Pologne , de
propofer un renouvellement d'alliance avec la
République , & de ne plus folliciter de paffage
pour les 3000.0. hommes qu'elle dévoit fournir
à l'Empereur , & dont elle prévoit qu'elle peut
avoir béfoin pour La propre fûreté.
E fecond Nonce d'Upita fit enregistrer au
LEcommencement du mois de Novembre dans
le Greffe de Grodno une proteftation contre celle
de M. Marcinkiewits , fon Collegue , qui a été
caufe de la rupture de la Diette , prétendant qu'il
n'avoit pas d'ordre particulier de faire cette proteftation.
La Czarine craignant qu'à l'occafion des changemens
arrivés à Conftantinople , les Turcs ou
les Perfans , & peut- être ces deux Puiffances
enfemble , ne vinflent attaquer les Provinces que
le feu Czar Pierre I.a conquifes en Perfe, a ordonné
à fon Miniftre à la Cour de Pologne , de
propofer un renouvellement d'alliance avec la
République , & de ne plus folliciter de paffage
pour les 3000.0. hommes qu'elle dévoit fournir
à l'Empereur , & dont elle prévoit qu'elle peut
avoir béfoin pour La propre fûreté.
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Résumé : POLOGNE.
En Pologne, le nonce d'Upita a protesté contre M. Marcinkiewits pour la rupture de la Diète. La czarine, inquiète des changements à Constantinople, craignait une attaque turque ou persane. Elle a ordonné à son ministre en Pologne de renouveler l'alliance avec la République et de ne plus demander le passage des troupes polonaises destinées à l'empereur.
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16283
p. 182-183
« L'Académie Royale de Musique continue les Dimanches, & les Vendredis les réprésentations [...] »
Début :
L'Académie Royale de Musique continue les Dimanches, & les Vendredis les réprésentations [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, Comédiens-Italiens, Gouverneur, Notaire
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texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Royale de Musique continue les Dimanches, & les Vendredis les réprésentations [...] »
L'Académie Royale de Musique continue les
Dimanches, & les Vendredis les réprésentations
d'Acante & Cephise, & les Mardis & les Jeu-
dis, de l'Acte de la Vûe, d'Eglé & de Pigmalion.
Les Comédiens François ont donné Lundi 20
Décembre la premiere réprésentation d'une Tra-
gédie nouvelle intitulée Vorron. Cette piéce réussit
be aucoup par un grand intérêt de curiosité, & des-
situations très-théatrales.
Les Comédiens Italiens ont donné Jeudi neuf
Décembre une piéce nourelse en trois actes &
en prose, intitulée le Gouverneur. Cette nou-
veauté, qui est de M. le Chevalier de la Morliere
a été jouee six fois.
Les mêmes Comédiens avoient donné le pre-
mier du mois un ballet nouveau de M. Dehesse,
intitulé, les nôces Bergamasques, dont voici l'idée.
Deux familles dans chacune desquelles il y a six
garçons & six filles, & dont l'une a pour chef un
vieux Atlequin; & l'autre une vieille Scapine,
cherchent a s'unir ensemble Le projet est d'abord
de ne marier que les deux aînés; mais les autres
monrrent tant de goût pour le mariage qu'on les
méne tous chez le Notaire, où on les unit; & de
là tout le monde se rend à la guinguerte: Après
que le Notaire a danse seul avec la joie que lui
inspirent naturellement tous ces mariages, le théâ-
tre qui representoit un village, change & offre une
tertasse ornée de tables couvortes de differens
JANVIER.
1752.
183
mets Après qu'un nombre prodigieux de gens st
sont placés dans des ballustrades, les uns comme
Spectateurs & les autres comme Musiciens, les
nouveaux mariés paroissent autour de la table
principale dans differentes attitudes. Les Arlequins,
& les Arlequines descendent de la terrasse, &
viennent former entr'eux un ballet od l'on dé-
couvre plusieurs grouppos daus des attitudes ca-
racteristiques. Les Scapins & les Scapines se joi-
gnent au ballet. Après une entrée generale M. La-
riviere en Arlequin, & Mlle Camille en Arlequine
executent un pas de deun. La contredanse part en-
suite, & tout le monde remonte sur la terrasse
pour y piller ce qui reste sur la table. Le divertisse-
ment finit par l'air du Vaudeville dont les paroles-
sont: Allez vous en gens de la nonce, Allez. vous en
chatun chez veus.
Dimanches, & les Vendredis les réprésentations
d'Acante & Cephise, & les Mardis & les Jeu-
dis, de l'Acte de la Vûe, d'Eglé & de Pigmalion.
Les Comédiens François ont donné Lundi 20
Décembre la premiere réprésentation d'une Tra-
gédie nouvelle intitulée Vorron. Cette piéce réussit
be aucoup par un grand intérêt de curiosité, & des-
situations très-théatrales.
Les Comédiens Italiens ont donné Jeudi neuf
Décembre une piéce nourelse en trois actes &
en prose, intitulée le Gouverneur. Cette nou-
veauté, qui est de M. le Chevalier de la Morliere
a été jouee six fois.
Les mêmes Comédiens avoient donné le pre-
mier du mois un ballet nouveau de M. Dehesse,
intitulé, les nôces Bergamasques, dont voici l'idée.
Deux familles dans chacune desquelles il y a six
garçons & six filles, & dont l'une a pour chef un
vieux Atlequin; & l'autre une vieille Scapine,
cherchent a s'unir ensemble Le projet est d'abord
de ne marier que les deux aînés; mais les autres
monrrent tant de goût pour le mariage qu'on les
méne tous chez le Notaire, où on les unit; & de
là tout le monde se rend à la guinguerte: Après
que le Notaire a danse seul avec la joie que lui
inspirent naturellement tous ces mariages, le théâ-
tre qui representoit un village, change & offre une
tertasse ornée de tables couvortes de differens
JANVIER.
1752.
183
mets Après qu'un nombre prodigieux de gens st
sont placés dans des ballustrades, les uns comme
Spectateurs & les autres comme Musiciens, les
nouveaux mariés paroissent autour de la table
principale dans differentes attitudes. Les Arlequins,
& les Arlequines descendent de la terrasse, &
viennent former entr'eux un ballet od l'on dé-
couvre plusieurs grouppos daus des attitudes ca-
racteristiques. Les Scapins & les Scapines se joi-
gnent au ballet. Après une entrée generale M. La-
riviere en Arlequin, & Mlle Camille en Arlequine
executent un pas de deun. La contredanse part en-
suite, & tout le monde remonte sur la terrasse
pour y piller ce qui reste sur la table. Le divertisse-
ment finit par l'air du Vaudeville dont les paroles-
sont: Allez vous en gens de la nonce, Allez. vous en
chatun chez veus.
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16284
p. 1242-1243
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Début :
MONSEIGNEUR, Votre naissance est le fruit des instantes Prieres & des Sacrifices que nous n'avons [...]
Mots clefs :
Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
A MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN.
MONSEIGNEUR ,
Votre naiffance eft le fruit des inftantes
Prieres & des Sacrifices que nous n'avons
cefsé d'offrir au Dieu de Miféricordes nous
continuerons nos Voeux avec la même ferveur
pour la confervation d'un Prince , qui fait
dès - à- prefent l'efperance du Royaume ; &
ous demanderons encore avec inftance à ce
I. Vol Dien
JUI N. 17:30: 1243
ن م
Dieu de bonté , qu'il grave dans votre coeur
fon amour & fa crainte , & que par les foins
de votre illuftre Gouvernante , nous puiffions
voir croître en vous , avec l'âge , ceite fageffe
qui vous rendra lajoye & la confolation du
Roy , le bonheur & la gloire de la Nation.
LE DAUPHIN.
MONSEIGNEUR ,
Votre naiffance eft le fruit des inftantes
Prieres & des Sacrifices que nous n'avons
cefsé d'offrir au Dieu de Miféricordes nous
continuerons nos Voeux avec la même ferveur
pour la confervation d'un Prince , qui fait
dès - à- prefent l'efperance du Royaume ; &
ous demanderons encore avec inftance à ce
I. Vol Dien
JUI N. 17:30: 1243
ن م
Dieu de bonté , qu'il grave dans votre coeur
fon amour & fa crainte , & que par les foins
de votre illuftre Gouvernante , nous puiffions
voir croître en vous , avec l'âge , ceite fageffe
qui vous rendra lajoye & la confolation du
Roy , le bonheur & la gloire de la Nation.
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Résumé : A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Les auteurs écrivent au Dauphin, fils du roi de France, pour exprimer leur joie et gratitude. Ils prient pour sa conservation et son éducation. Ils souhaitent qu'il devienne un prince espoir du royaume, guidé par la sagesse et l'amour de Dieu, apportant bonheur et gloire à la nation.
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16285
p. 186-188
DE VIENNE, le 3 Novembre.
Début :
L'Impératrice de Russie ayant fait proposer à l'Impératrice Reine, & au Roi de Prusse, de faire [...]
Mots clefs :
Impératrice, Europe, Intérêt, Saxe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 3 Novembre.
DE VIENNE , le 3 Novembre.
L'Impératrice de Ruflie ayant fair propofer à
l'Impératrice Reine , & au Roi de Prutie , de faire
évacuer la Saxe par leurs troupes refpectives
notre augufte Souveraine a fait répondre à certe
propofition par la déclaration fuivante.
Le tendre & vif intérêt que Sa Majesté l'Im-
» pératrice de toutes les Raffies témoigne prendre
au trifte fort de la Saxe opprimée , la compaf-
>>-fion qu'excitent dans fon coeur bienfaisant les
revers qu'éprouve depuis tant d'années le Roi
de Pologne , les fentimens d'humanité qui lui
» ont dicté la propofition d'évacuer les Etats
>> Electoraux de Saxe , énoncée dans la noté re-
» miſe à M. l'Ambaffadeur Comte de Mercy
» tout cela n'a pu qu'affecter fenfiblement S. M.
» l'Impératrice Reine. Elle trouve dans les vues
D
& les intentions de S. M. l'Impératrice de
>> toutes les Rullies tant de conformité aux faits
par lefquels S. M. a conftamment prouvé fon
» amitié pour le Roi de Pologne , qu'Elle defire
» avec ardeur pouvoir concourir à ce que la juf
>> tice & l'humanité ne permettent pas de lui re-
>> fufer .
و ر
و د
>> Toute l'Europe voit les efforts que S. M.
l'Impératrice fait & foutient pour la défenſe &
JANVIER. 1763. 187
» la délivrance de la Saxe. Il n'a pas dépendu
» d'Elle que fon ami le Roi de Pologne ne jouît
» de la plus grande tranquillité au milieu de la
» guerre qui défole les propres Etats de S. M.
» l'Impératrice Reine . Elle ne lui a jamais de-
» mandé ni fecours , ni démarche , ni démonf-
» tration , qui puffent lui attirer l'inimitié de S.
» M. Pruffienne , & , le voyant malgré cela enve-
» loppé dans la guerre , S. M. n'a pas balancé un
» moment à lui offrir & à lui donner réellement
» tous les fecours qui pouvoient dépendre d'Elle.
>> Ces circonftances juftifient fans doute aux
yeux de l'univers la fatisfaction que doit lui
» donner la différence qu'il y a entre défendre .
"
פכ
و ر
25
& opprimer un pays ; mais S. M. n'en eft que
» plus animée à rechercher & à embraffer tous
» les moyens propres à conduire à une paix jufte
» & raifonnable ; & comme S M. l'Impéra-
» trice de toutes les Ruffies regarde comme telle
» l'évacuation de la Saxe , il ne s'agira que de
» conftater , par les fentimens de S., M. Pruf
» fienne fur cet objet , la certnude des expérances
» qu'on pourroit en avoir conçues. Ainfi , dès que
le Roi de Pruffe fe fera expliqué fur le temps &
» la maniere d'évacuer le dits Etats Electoraux de
» Saxe pour ce qui regarde fon armée , S. M..
Impératrice Reine , de concert avec fes Alliés ,:
» ne tardera , certainement pas à y apporter tou ›
» tes les facilitées que S. M. le Roi de Pologne
peut le promettre d'ailleurs de fon amitié , &
qui feroit propres à faire connoître de plus eni
>> plus à S. M. l'Impératrice de toutes les Rules
» combien l'on fouhaite de voir les defirs , fur un
» objet fi intéreffant , fuivis de tout le fuccès que
» mérite la grandeur d'âme qui les lui a inſpiɔɔ
rés. ».
»
כ כ
כ כ
188 MERCURE DE FRANCE.
On voit par cette réponſe , que l'Impératrice
Reine donneroit volontiers les mains à l'arrangement
qu'on propofe , mais auquel il paroît que
le Roi de Pruffe eft fort éloigné de confentir .
L'Impératrice de Ruflie ayant fair propofer à
l'Impératrice Reine , & au Roi de Prutie , de faire
évacuer la Saxe par leurs troupes refpectives
notre augufte Souveraine a fait répondre à certe
propofition par la déclaration fuivante.
Le tendre & vif intérêt que Sa Majesté l'Im-
» pératrice de toutes les Raffies témoigne prendre
au trifte fort de la Saxe opprimée , la compaf-
>>-fion qu'excitent dans fon coeur bienfaisant les
revers qu'éprouve depuis tant d'années le Roi
de Pologne , les fentimens d'humanité qui lui
» ont dicté la propofition d'évacuer les Etats
>> Electoraux de Saxe , énoncée dans la noté re-
» miſe à M. l'Ambaffadeur Comte de Mercy
» tout cela n'a pu qu'affecter fenfiblement S. M.
» l'Impératrice Reine. Elle trouve dans les vues
D
& les intentions de S. M. l'Impératrice de
>> toutes les Rullies tant de conformité aux faits
par lefquels S. M. a conftamment prouvé fon
» amitié pour le Roi de Pologne , qu'Elle defire
» avec ardeur pouvoir concourir à ce que la juf
>> tice & l'humanité ne permettent pas de lui re-
>> fufer .
و ر
و د
>> Toute l'Europe voit les efforts que S. M.
l'Impératrice fait & foutient pour la défenſe &
JANVIER. 1763. 187
» la délivrance de la Saxe. Il n'a pas dépendu
» d'Elle que fon ami le Roi de Pologne ne jouît
» de la plus grande tranquillité au milieu de la
» guerre qui défole les propres Etats de S. M.
» l'Impératrice Reine . Elle ne lui a jamais de-
» mandé ni fecours , ni démarche , ni démonf-
» tration , qui puffent lui attirer l'inimitié de S.
» M. Pruffienne , & , le voyant malgré cela enve-
» loppé dans la guerre , S. M. n'a pas balancé un
» moment à lui offrir & à lui donner réellement
» tous les fecours qui pouvoient dépendre d'Elle.
>> Ces circonftances juftifient fans doute aux
yeux de l'univers la fatisfaction que doit lui
» donner la différence qu'il y a entre défendre .
"
פכ
و ر
25
& opprimer un pays ; mais S. M. n'en eft que
» plus animée à rechercher & à embraffer tous
» les moyens propres à conduire à une paix jufte
» & raifonnable ; & comme S M. l'Impéra-
» trice de toutes les Ruffies regarde comme telle
» l'évacuation de la Saxe , il ne s'agira que de
» conftater , par les fentimens de S., M. Pruf
» fienne fur cet objet , la certnude des expérances
» qu'on pourroit en avoir conçues. Ainfi , dès que
le Roi de Pruffe fe fera expliqué fur le temps &
» la maniere d'évacuer le dits Etats Electoraux de
» Saxe pour ce qui regarde fon armée , S. M..
Impératrice Reine , de concert avec fes Alliés ,:
» ne tardera , certainement pas à y apporter tou ›
» tes les facilitées que S. M. le Roi de Pologne
peut le promettre d'ailleurs de fon amitié , &
qui feroit propres à faire connoître de plus eni
>> plus à S. M. l'Impératrice de toutes les Rules
» combien l'on fouhaite de voir les defirs , fur un
» objet fi intéreffant , fuivis de tout le fuccès que
» mérite la grandeur d'âme qui les lui a inſpiɔɔ
rés. ».
»
כ כ
כ כ
188 MERCURE DE FRANCE.
On voit par cette réponſe , que l'Impératrice
Reine donneroit volontiers les mains à l'arrangement
qu'on propofe , mais auquel il paroît que
le Roi de Pruffe eft fort éloigné de confentir .
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Résumé : DE VIENNE, le 3 Novembre.
Le 3 novembre, l'Impératrice de Russie a proposé à l'Impératrice Reine et au Roi de Prusse d'évacuer la Saxe par leurs troupes respectives. En réponse, l'Impératrice Reine a exprimé sa gratitude pour l'intérêt et la compassion de l'Impératrice de Russie envers la Saxe et le Roi de Pologne. Elle a souligné la conformité des vues de l'Impératrice de Russie avec ses propres efforts pour aider le Roi de Pologne. L'Impératrice Reine a également mentionné les efforts constants de l'Impératrice de Russie pour la défense et la délivrance de la Saxe, et son soutien inconditionnel malgré les risques d'inimitié avec la Prusse. Elle a exprimé son désir de contribuer à une paix juste et raisonnable, notamment l'évacuation de la Saxe. L'Impératrice Reine a conclu en affirmant qu'elle apporterait toutes les facilités nécessaires dès que le Roi de Prusse se serait expliqué sur les modalités d'évacuation, en concertation avec ses alliés.
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16286
p. 1226-1229
« Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...] »
Début :
Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...]
Mots clefs :
Roi, Assemblée, Doctrine chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...] »
E 26. May , les Prêtres de la Doctrihe
Chrétienne , tinrent leur Assemblée
Générale en cette Ville dans leur
1. Vol. Maison
MA Y. 1733 1227
Maison de S. Charles. Après la Messe
du S. Esprit , M. Hérault , Conseiller d'Etat
, nommé Commissaire par le Roy
pour y présider , en fit l'ouverture par
un Discours très- poli et très- éloquent ,
rempli sur tout de témoignages d'estime
et de consideration pour la Congrégation
de la Doctrine Chrétienne.
L'Assemblée cut d'autant plus lieu
d'être contente de ce Magistrat , qu'il
déclara expressément ne venir que dans
un esprit de paix , et qu'en effet il ne
proposa rien qui fût capable ni de bløsser
les sentimens , ni de gêner la liberté
des suffrages de ceux ausquels il parloit ;
aussi tout s'est- il passé dans une tranquillité
parfaite et dans une intelligence
si grande que dès ce jour là même et
à la premiere nomination , le Pere Bacarere
a été élû Superieur Général . Ce
Pere étoit actuellement Assistant pour
la troisième foit.
M. Herault, en sortant de l'Assemblée ,
ne put s'empêcher de marquer combien
il étoit édifié et satisfait de la maniere
dont toutes les choses s'étoient passées
dans cette Election . La Congrégation
espere beaucoup de la sagesse de ce nouveau
Général .
1. Vol.
Le
# 228 MERCURE DE FRANCE
Le Marquis de Chalmazel , que le Roy
a nommé son Envoyé Extraordinaire pour
aller complimenter l'Electeur de Saxe
sur la mort du Roy de Pologne , som
Pere , partit le 2. de ce mois pour se rendre
à Dresde.
Le 4. Fête du S. Sacrement , le Roy
accompagné du Duc d'Orleans , du Prince
de Conty , du Prince de Dombes , du
Comte d'Eu , et de ses principaux Officiers
, se rendit à l'Eglise de la Paroisse
de Versailles , où S.M. entendit la grand'-
Messe après avoir assisté à la Proces
sion qui alla , suivant l'usage , à la Chapelle
du Château.
Le même jour , il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries ; on
y chanta deux Motets de M. de la Lande,
dont l'exécution fit beaucoup de plaisir
; la Dile le Maure chanta seule un
Motet , qui fut tres- applaudi . Le sicur
le Clair l'aîné , dont on a déja eu occasion
de parler plusieurs fois au sujet de
differens Ouvrages qu'il a donnez au pu-'
blic , joiia un nouveau Concerto de sa
composition , qui fut généralement goûté
et applaudi par une tres nombreuse
assemblée.
尊
1. Vol Le
JUIN. 1733 . 1229
Le 7 Juin , le R. P. Bacarere , nouveau
General de la Doctrine Chrétienne
eut l'honneur de saluer le Roy , accompagné
de ses Assistans. Il fut présenté à
Sa Majesté par S. E. M. le Cardinal de
Fleury ; et fit un petit Discours que S.M.
écouta avec bonté.
Il alla ensuite chez les Ministres et les
principaux Seigneurs de la Cour , qui lui
firent compliment sur sa nouvelle Digni
té de General.
Le 12. le Roy partit de Versailles pour
aller à Compiegne.
Chrétienne , tinrent leur Assemblée
Générale en cette Ville dans leur
1. Vol. Maison
MA Y. 1733 1227
Maison de S. Charles. Après la Messe
du S. Esprit , M. Hérault , Conseiller d'Etat
, nommé Commissaire par le Roy
pour y présider , en fit l'ouverture par
un Discours très- poli et très- éloquent ,
rempli sur tout de témoignages d'estime
et de consideration pour la Congrégation
de la Doctrine Chrétienne.
L'Assemblée cut d'autant plus lieu
d'être contente de ce Magistrat , qu'il
déclara expressément ne venir que dans
un esprit de paix , et qu'en effet il ne
proposa rien qui fût capable ni de bløsser
les sentimens , ni de gêner la liberté
des suffrages de ceux ausquels il parloit ;
aussi tout s'est- il passé dans une tranquillité
parfaite et dans une intelligence
si grande que dès ce jour là même et
à la premiere nomination , le Pere Bacarere
a été élû Superieur Général . Ce
Pere étoit actuellement Assistant pour
la troisième foit.
M. Herault, en sortant de l'Assemblée ,
ne put s'empêcher de marquer combien
il étoit édifié et satisfait de la maniere
dont toutes les choses s'étoient passées
dans cette Election . La Congrégation
espere beaucoup de la sagesse de ce nouveau
Général .
1. Vol.
Le
# 228 MERCURE DE FRANCE
Le Marquis de Chalmazel , que le Roy
a nommé son Envoyé Extraordinaire pour
aller complimenter l'Electeur de Saxe
sur la mort du Roy de Pologne , som
Pere , partit le 2. de ce mois pour se rendre
à Dresde.
Le 4. Fête du S. Sacrement , le Roy
accompagné du Duc d'Orleans , du Prince
de Conty , du Prince de Dombes , du
Comte d'Eu , et de ses principaux Officiers
, se rendit à l'Eglise de la Paroisse
de Versailles , où S.M. entendit la grand'-
Messe après avoir assisté à la Proces
sion qui alla , suivant l'usage , à la Chapelle
du Château.
Le même jour , il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries ; on
y chanta deux Motets de M. de la Lande,
dont l'exécution fit beaucoup de plaisir
; la Dile le Maure chanta seule un
Motet , qui fut tres- applaudi . Le sicur
le Clair l'aîné , dont on a déja eu occasion
de parler plusieurs fois au sujet de
differens Ouvrages qu'il a donnez au pu-'
blic , joiia un nouveau Concerto de sa
composition , qui fut généralement goûté
et applaudi par une tres nombreuse
assemblée.
尊
1. Vol Le
JUIN. 1733 . 1229
Le 7 Juin , le R. P. Bacarere , nouveau
General de la Doctrine Chrétienne
eut l'honneur de saluer le Roy , accompagné
de ses Assistans. Il fut présenté à
Sa Majesté par S. E. M. le Cardinal de
Fleury ; et fit un petit Discours que S.M.
écouta avec bonté.
Il alla ensuite chez les Ministres et les
principaux Seigneurs de la Cour , qui lui
firent compliment sur sa nouvelle Digni
té de General.
Le 12. le Roy partit de Versailles pour
aller à Compiegne.
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Résumé : « Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...] »
Le 26 mai 1733, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne tinrent leur Assemblée Générale à Paris. M. Hérault, Conseiller d'État et Commissaire du Roi, ouvrit l'assemblée en témoignant d'estime et de considération pour la congrégation. L'élection du Supérieur Général se déroula dans la tranquillité, et le Père Bacarere fut élu dès le premier tour. M. Hérault exprima sa satisfaction quant au déroulement de l'élection. Le même mois, le Marquis de Chalmazel partit pour Dresde afin de complimenter l'Électeur de Saxe sur la mort du Roi de Pologne. Le 4 mai, le Roi assista à la fête du Saint-Sacrement à Versailles et à une procession au château, suivie d'un concert spirituel aux Tuileries. Le 7 juin, le Père Bacarere salua le Roi et fut présenté par le Cardinal de Fleury. Il rendit ensuite visite aux ministres et principaux seigneurs de la cour. Le 12 juin, le Roi partit de Versailles pour se rendre à Compiègne.
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16287
p. 182-183
Représentations faites à la Cour, par les Comediens François.
Début :
Le Mardi 23 Novembre, La surprise de l'Amour, & l'Avocat patelin. [...]
Mots clefs :
Crispin, Valet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Représentations faites à la Cour, par les Comediens François.
Représentations faites à la Cour, par les
Comediens Erançois.
Le Mardi 23 Novembre, La surprise de l'Amour,
& l'Avocat patelin.
Le Jeudi 23. Phedre & Hippolyte, & Crispin-
rival de son maître.
Le seudi 2 Décembre, Andromaque, & le
dédit.
Le mardi 7. Le Valet, maltre & valet, & les
Padeurs.
Le Jeudi 9 Britannicus, & le triple mariage.
Le Mardi 14. Le préjugé à la mode, & Crispin
bel Esprit
Le Jeudi 16. Polieucte, & la nouveauté.
Le Jendi 23. Pytthus, & Julie.
Comediens Erançois.
Le Mardi 23 Novembre, La surprise de l'Amour,
& l'Avocat patelin.
Le Jeudi 23. Phedre & Hippolyte, & Crispin-
rival de son maître.
Le seudi 2 Décembre, Andromaque, & le
dédit.
Le mardi 7. Le Valet, maltre & valet, & les
Padeurs.
Le Jeudi 9 Britannicus, & le triple mariage.
Le Mardi 14. Le préjugé à la mode, & Crispin
bel Esprit
Le Jeudi 16. Polieucte, & la nouveauté.
Le Jendi 23. Pytthus, & Julie.
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16288
p. 2739
ALLEMAGNE.
Début :
On a appris par les Lettres de Berlin que le Prince Royal de Prusse étoit rentré dans [...]
Mots clefs :
Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE,
O
Na appris par les Lettres de Berlin que
le Prince Royal de Fruffe étoit rentré dans
les bonnes graces du Roi fon pere.
>
Les Lettres de Belgrade portent que les Pachas
de Widin , de Nizza & de Bofnie avoient été
arrêtés & conduits à Conftantinople , & que le
Pacha de la Morée ayant été foupçonné d'être
en intelligence avec la République de Venife
avoit été étranglé.
O
Na appris par les Lettres de Berlin que
le Prince Royal de Fruffe étoit rentré dans
les bonnes graces du Roi fon pere.
>
Les Lettres de Belgrade portent que les Pachas
de Widin , de Nizza & de Bofnie avoient été
arrêtés & conduits à Conftantinople , & que le
Pacha de la Morée ayant été foupçonné d'être
en intelligence avec la République de Venife
avoit été étranglé.
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16289
p. 189
DU LEVANT.
Début :
La peste continue de faire beaucoup de ravages dans cette Capitale. [...]
Mots clefs :
Constantinople, Peste, Incendie, Victimes innombrables, Dégâts, Scélérats, Exécutions, Grand vizir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
DE CONSTANTINOPLE , le 12 Juillet.
LA pefte continue de faire beaucoup de rava
ges dans cette Capitale. Un accident des plus funeftes
a augmenté la déſolation que cauſe ce féau .
Le feu ayant pris les de ce moïs chez un Teinturier
, le progrès des flammes fut fi rapide ,
qu'en trente-fix heures douze mille maifons ont
été réduites en cendres. Plus de mille perfonnes
ont péri dans cet incendie. Le défaftre auroit été
encore plus confidérable , fi l'on ne s'étoit apperçu
qu'un grand nombre de fcélérats , fous prétexte
de travailler à arrêter Fembraſement , ne
cherchoient qu'à le faire durer. Malgré la confufion
générale , le Grand Vifir eft parvenu à découvrir
environ trois cens de ces malheureux. Ils
ont été étranglés & jettés dans la mer. On në
peut encore évaluer la perte que cette Ville
foufferte.
DE CONSTANTINOPLE , le 12 Juillet.
LA pefte continue de faire beaucoup de rava
ges dans cette Capitale. Un accident des plus funeftes
a augmenté la déſolation que cauſe ce féau .
Le feu ayant pris les de ce moïs chez un Teinturier
, le progrès des flammes fut fi rapide ,
qu'en trente-fix heures douze mille maifons ont
été réduites en cendres. Plus de mille perfonnes
ont péri dans cet incendie. Le défaftre auroit été
encore plus confidérable , fi l'on ne s'étoit apperçu
qu'un grand nombre de fcélérats , fous prétexte
de travailler à arrêter Fembraſement , ne
cherchoient qu'à le faire durer. Malgré la confufion
générale , le Grand Vifir eft parvenu à découvrir
environ trois cens de ces malheureux. Ils
ont été étranglés & jettés dans la mer. On në
peut encore évaluer la perte que cette Ville
foufferte.
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Résumé : DU LEVANT.
Le 12 juillet, un incendie à Constantinople a détruit douze mille maisons et tué plus de mille personnes en trente-six heures. Le feu, parti chez un teinturier, a été alimenté par des malfaiteurs. Le Grand Vizir a fait exécuter environ trois cents d'entre eux. La perte totale reste à évaluer.
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16290
p. 187
DE LONDRES, le 28 Octobre 1763.
Début :
Le 21 de ce mois, le Comte de Guerchy, Ambassadeur de la Cour [...]
Mots clefs :
Comte, Ambassadeur de la cour de France, Audience du roi, Lettres de créance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 28 Octobre 1763.
DE LONDRES , le 28 Octobre 1763.
Le 21 de ce mois , le Comte de Guerchy , Am
baſſadeur de la Cour de France , eut fes premières
audiences de Sa Majefté , à qui il préfenta fes Lettres
de créance. Le 26 , la Comteffe de Guerchy
s'eft rendue au Palais Saint James , & a été préfentée
à Leurs Majeftés , qui lui ont fait l'accueil
le plus diftingué .
Le 21 de ce mois , le Comte de Guerchy , Am
baſſadeur de la Cour de France , eut fes premières
audiences de Sa Majefté , à qui il préfenta fes Lettres
de créance. Le 26 , la Comteffe de Guerchy
s'eft rendue au Palais Saint James , & a été préfentée
à Leurs Majeftés , qui lui ont fait l'accueil
le plus diftingué .
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16291
p. 187
DE LA HAYE, le 26 Octobre 1[7]63.
Début :
Le Marquis d'Havrincourt, Ambassadeur de France auprès de cette République, [...]
Mots clefs :
Marquis, Ambassadeur de France, République, Consul de France, Nomination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LA HAYE, le 26 Octobre 1[7]63.
DE LA HAYE , le 26 Octobre 1563 .
Le Marquis d'Havrincourt , Ambaffadeur de
France auprès de cette République , arriva ici le
23 de ce mois. Le fieur Prévost , qui étoit chargé
des affaires de France auprès de la République , fe
difpofe à retourner à la Cour , pour y recevoir les
inftructions relatives à l'Emploi de Conful de Frand
ce en Morée , auquel il vient d'être nommé .
Le Marquis d'Havrincourt , Ambaffadeur de
France auprès de cette République , arriva ici le
23 de ce mois. Le fieur Prévost , qui étoit chargé
des affaires de France auprès de la République , fe
difpofe à retourner à la Cour , pour y recevoir les
inftructions relatives à l'Emploi de Conful de Frand
ce en Morée , auquel il vient d'être nommé .
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16292
p. 187-188
DE BRUXELLES, le 3 Novembre 1763.
Début :
L'Empereur a adressé au Chapitre de Liége un Rescrit [...]
Mots clefs :
Chapitre de Liège, Rescrit, Empereur, Offense, Constitution, Chambre, Évêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE BRUXELLES, le 3 Novembre 1763.
DE BRUXELLES , le 3 Novembre 1763 .
L'Empereur a adreffé au Chapitre de Liége un
Refcrit , en date du o de ce mois , par lequel Sa
Majeſté Impériale , juſtement offenféc de ce que ,
contre les Conftitutions du Pays & l'ordre qui leur
étoit prefcrit , les feize Chambres avoient violé
leur ferment & les règles établies , en prenant la
réfolution de remercier formellement le Chapitre
188 MERCURE DE FRANCE.
du choix qu'il avoit fait d'un Evêque dans la per
fonne du Comte d'Outremont , annulle tout ce
qui a été fait & conclu alors par le Chapitre ; lui
défend de s'écarter en rien à l'avenir des formes
prefcrites par les Conftitutions ; & lui enjoint de
gérer , fans innovation pendant la vacance du Siége
Epifcopal , l'Adminiſtration du Temporel de la
Principauté de Liége.
L'Empereur a adreffé au Chapitre de Liége un
Refcrit , en date du o de ce mois , par lequel Sa
Majeſté Impériale , juſtement offenféc de ce que ,
contre les Conftitutions du Pays & l'ordre qui leur
étoit prefcrit , les feize Chambres avoient violé
leur ferment & les règles établies , en prenant la
réfolution de remercier formellement le Chapitre
188 MERCURE DE FRANCE.
du choix qu'il avoit fait d'un Evêque dans la per
fonne du Comte d'Outremont , annulle tout ce
qui a été fait & conclu alors par le Chapitre ; lui
défend de s'écarter en rien à l'avenir des formes
prefcrites par les Conftitutions ; & lui enjoint de
gérer , fans innovation pendant la vacance du Siége
Epifcopal , l'Adminiſtration du Temporel de la
Principauté de Liége.
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Résumé : DE BRUXELLES, le 3 Novembre 1763.
Le 3 novembre 1763, l'Empereur a adressé un récrit au Chapitre de Liège, exprimant son offense face à la violation des Constitutions du Pays et des règles des seize Chambres. Il annule les décisions du Chapitre concernant le choix de l'Évêque, le Comte d'Outremont, et interdit toute nouvelle pratique administrative pendant la vacance du Siège Épiscopal.
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16293
p. 1243-1244
« Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...] »
Début :
Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...]
Mots clefs :
Roi, Cardinal de Fleury
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...] »
Le 12. de ce mois , M. Fagon , Confeiller
d'Etat. Ordinaire & du Confeil
Royal des Finances , le Comte de Maurepas,
Secretaire d'Etat ; M. de Courfon ,
Confeiller d'Etat ordinaire & ' du Confeil
Royal des Finances ; M. d'Ormeffon,
Confeiller d'Etat & Intendant des Finan
ces; & M. Orry , Confeiller du Conſeil
Royal des Finances & Controleur Genetal
des Finances , Commiffaires du Roy,
allerent à l'Affemblée generale du Clergé
, où ils furent reçus avec les ceremo→
nies ordinaires , & M. Fagon fit un Dif
cours auquel l'Archevêque de Paris repondit
au nom, de l'Affemblée.
Les Commiffaires du Roy qui étoient
allez , comme on vient de le dire , à l'Af
femblée generale du Clergé , y retournerent
le 16 , & ils demanderent aux Députez
, au nom de S. M. un , fecours de
quatre millions de livres , ce qui fut unanimement
accordé .
Le 22 , le Cardinal de Fleury, Miniftre
d'Etat , alla préfider à l'Affemblée du
Clergé , qui ayant étéinformée de fon ar
1244 MERCURE DE FRANCE .
rivée dans l'Eglife des Grands Auguftins ,
députa pour aller le recevoir, l'Archevêque
de Bordeaux , les Evêques de Nifmes ,
de Glandéves , d'Autun , de Boulogne &
de Grenoble ; & les Abbez de Chamron ,
de Coetlofque , de Caftelane , de Montferrand
, de Peruffy & de Vaulfere. Ces
Députez allerent audevant du Cardinal
de Fleury jufqu'à l'Eglife , d'où ils le conduifirent
dans la Sale de l'Affemblée.
Il prit fa place de Premier Préfident ;
& il fit un Difcours tres-éloquent , auquel
l'Archevêque de Paris répondit au
nom de l'Affemblée . Le Cardinal de Fleury
tint la Séance , & lorfqu'elle fut finie,
il fut reconduit par plufieurs des Prélats
de l'Affemblée.
d'Etat. Ordinaire & du Confeil
Royal des Finances , le Comte de Maurepas,
Secretaire d'Etat ; M. de Courfon ,
Confeiller d'Etat ordinaire & ' du Confeil
Royal des Finances ; M. d'Ormeffon,
Confeiller d'Etat & Intendant des Finan
ces; & M. Orry , Confeiller du Conſeil
Royal des Finances & Controleur Genetal
des Finances , Commiffaires du Roy,
allerent à l'Affemblée generale du Clergé
, où ils furent reçus avec les ceremo→
nies ordinaires , & M. Fagon fit un Dif
cours auquel l'Archevêque de Paris repondit
au nom, de l'Affemblée.
Les Commiffaires du Roy qui étoient
allez , comme on vient de le dire , à l'Af
femblée generale du Clergé , y retournerent
le 16 , & ils demanderent aux Députez
, au nom de S. M. un , fecours de
quatre millions de livres , ce qui fut unanimement
accordé .
Le 22 , le Cardinal de Fleury, Miniftre
d'Etat , alla préfider à l'Affemblée du
Clergé , qui ayant étéinformée de fon ar
1244 MERCURE DE FRANCE .
rivée dans l'Eglife des Grands Auguftins ,
députa pour aller le recevoir, l'Archevêque
de Bordeaux , les Evêques de Nifmes ,
de Glandéves , d'Autun , de Boulogne &
de Grenoble ; & les Abbez de Chamron ,
de Coetlofque , de Caftelane , de Montferrand
, de Peruffy & de Vaulfere. Ces
Députez allerent audevant du Cardinal
de Fleury jufqu'à l'Eglife , d'où ils le conduifirent
dans la Sale de l'Affemblée.
Il prit fa place de Premier Préfident ;
& il fit un Difcours tres-éloquent , auquel
l'Archevêque de Paris répondit au
nom de l'Affemblée . Le Cardinal de Fleury
tint la Séance , & lorfqu'elle fut finie,
il fut reconduit par plufieurs des Prélats
de l'Affemblée.
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Résumé : « Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...] »
Le 12 du mois, plusieurs hauts fonctionnaires, dont M. Fagon, le Comte de Maurepas, M. de Courfon, M. d'Ormeffon et M. Orry, se rendirent à l'Assemblée générale du Clergé. Ils furent reçus avec les cérémonies ordinaires et M. Fagon prononça un discours auquel l'Archevêque de Paris répondit. Le 16, ces commissaires demandèrent aux députés un secours de quatre millions de livres au nom du roi, lequel fut unanimement accordé. Le 22, le Cardinal de Fleury, ministre d'État, présida à l'Assemblée du Clergé. Informée de son arrivée à l'église des Grands Augustins, l'Assemblée dépêcha plusieurs prélats, dont l'Archevêque de Bordeaux et les évêques de Nîmes, de Glanéves, d'Autun, de Boulogne et de Grenoble, pour l'accueillir. Le Cardinal de Fleury fit un discours éloquent auquel l'Archevêque de Paris répondit. Après la séance, il fut reconduit par plusieurs prélats.
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16294
p. 189-190
DU NORD.
Début :
Par une Déclaration publiée depuis quelques jours, le Roi défend à tous [...]
Mots clefs :
Stockholm, Copenhague, Déclaration du roi, Embargo, Complots, Tentative de révolte, Procès, Islande, Mont Kotlugia, Incendies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NORD.
DE STOCKHOLM , le 4 Août.
Par une Déclaration publiée depuis quelques
jours , le Roi défend à tous Propriétaires ou
190 MERCURE DE FRANCE.
Capitaines de Vaiffeaux Suédois , de charger , pour
la France ou pour la Grande- Bretagne , aucunes
armes , munitions de guerre , & autres marchandifes
prohibées.
Des Brigands avoient formé le deffein de profiter
de la conjuration pour piller plufieurs des
principales maifons de cette Ville . On a arrêté
les chefs de ce complot. Les Colonels Stiernel &
Kalling ont été cités devant la Commiffion , à
l'occafion de quelques écrits dont on les accuſe
d'être les auteurs.
Elle continue d'inftruire le procès des nommés
Helberg , Flodelius , Fifcher & Sahlfeld , qui ont
tenté d'exciter les Dalécarliens à la révolte . Le
Trabant Silverhielm , que la Commiſſion avoit
fait arrêter dès le commencement de la Diete , a
été condamné à quinze jours au pain & à l'eau
enfuite à fix ans de prifon au Château de Maelftrand.
Il eft privé à perpétuité de la faculté de
rentrer au fervice , d'avoir voix dans les Dietes ,
& de le trouver jamais dans le lieu où la Diete
fera affemblée .
DE COPENHAGUE , le 20 Août.
Des lettres de l'Ile d'Iſlande annoncent que le
mont Kotlugia dans le district de Skoptefield s'eft
abîmé , ainfi que deux Villages qui en étoient
voifins. La perte caufée par l'incendie arrivé le
22 du mois dernier à Bergen , monte à plus de fix
millions . Trois mille mailons faifant environ le
tiers de la Ville , ont été réduites en cendres.
Entre les édifices que les flammes ont détruits
on regrette furtout l'Eglife neuve & la Douane.
DE STOCKHOLM , le 4 Août.
Par une Déclaration publiée depuis quelques
jours , le Roi défend à tous Propriétaires ou
190 MERCURE DE FRANCE.
Capitaines de Vaiffeaux Suédois , de charger , pour
la France ou pour la Grande- Bretagne , aucunes
armes , munitions de guerre , & autres marchandifes
prohibées.
Des Brigands avoient formé le deffein de profiter
de la conjuration pour piller plufieurs des
principales maifons de cette Ville . On a arrêté
les chefs de ce complot. Les Colonels Stiernel &
Kalling ont été cités devant la Commiffion , à
l'occafion de quelques écrits dont on les accuſe
d'être les auteurs.
Elle continue d'inftruire le procès des nommés
Helberg , Flodelius , Fifcher & Sahlfeld , qui ont
tenté d'exciter les Dalécarliens à la révolte . Le
Trabant Silverhielm , que la Commiſſion avoit
fait arrêter dès le commencement de la Diete , a
été condamné à quinze jours au pain & à l'eau
enfuite à fix ans de prifon au Château de Maelftrand.
Il eft privé à perpétuité de la faculté de
rentrer au fervice , d'avoir voix dans les Dietes ,
& de le trouver jamais dans le lieu où la Diete
fera affemblée .
DE COPENHAGUE , le 20 Août.
Des lettres de l'Ile d'Iſlande annoncent que le
mont Kotlugia dans le district de Skoptefield s'eft
abîmé , ainfi que deux Villages qui en étoient
voifins. La perte caufée par l'incendie arrivé le
22 du mois dernier à Bergen , monte à plus de fix
millions . Trois mille mailons faifant environ le
tiers de la Ville , ont été réduites en cendres.
Entre les édifices que les flammes ont détruits
on regrette furtout l'Eglife neuve & la Douane.
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Résumé : DU NORD.
Le 4 août, le roi de Suède a interdit aux propriétaires et capitaines de vaisseaux suédois de transporter des armes, munitions et autres marchandises prohibées vers la France ou la Grande-Bretagne. À Stockholm, des brigands ont été arrêtés pour un projet de pillage de maisons importantes. Les colonels Stiernel et Kalling sont cités devant une commission pour des écrits qu'ils sont accusés d'avoir rédigés. La commission enquête également sur Helberg, Flodelius, Fischer et Sahlfeld, accusés d'avoir tenté de soulever les Dalécarliens. Le trabant Silverhielm a été condamné à quinze jours de pain et d'eau, suivi de six ans de prison, et privé à jamais de servir, voter aux Diètes et se trouver où la Diète est assemblée. Le 20 août, des lettres d'Islande rapportent la destruction du mont Kotlugia et de deux villages voisins. L'incendie du 22 juillet à Bergen a causé des pertes de plus de six millions, détruisant environ un tiers de la ville, dont la nouvelle église et la douane.
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16295
p. 2739-2740
ITALIE.
Début :
On publia au commencement du mois dernier à Rome un Edit du Cardinal Camerlingue, [...]
Mots clefs :
Ordre, Cardinal, Diocèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
2
N publia au commencement du mois derau
commencement din alclanderlingue
, portant deffenfe à toute perfonne , fans
exception , de porter fur les habits aucun galon
ou autres ornemens d'or & d'argent , excepté dans
les Villes de Rome , de Bologne & de Ferrare .
Le Cardinal Pignatelli ayant prié le Pape d'annuller
les conceflions accordées par le feu Pape
à plufieurs Seigneurs du Royaume de Naples de
garder le S. Sacrement dans leurs Chapelles domeftiques
, S. S. a donné ordre à la Congrégation
des Indulgences de fupprimer tous ces privileges
& plufieurs autres concernant tant les
Autels privilegiés que les Indulgences qu'on publie
dans diverfes Eglifes depuis le dernier Pontificat.
Le 9. Novembre vers les 3. heures après- midi,
il y eut à Rome un orage furieux , qui dura depuis
3. heures après-midi jufqu'à 10. heures du
foir. Le Tonnerre tomba dans le jardin du Duc
de Cefi & dans celui du Marquis Cavalieri , ou
1. Vol il
2740 MERCURE DE FRANCE
il renverfa plus de 30. toifes de muraille. Il tomba
auffi chez le Marquis Sacchetti , où il traverſa
une Salle dans laquelle il y avoit une affemblée
de Dames & de Cavaliers , aufquels il ne fit aucnn
mal . Vers le foir , il tomba ſur le Palais du
Prince de S. Martin dont il brûla ou gâta les plus
beaux tableaux.
Dans le Confiftoire du 22. du mois dernier ,
le Cardinal Ottoboni , Protecteur des affaires de
France , propofa l'Abbaye de Sainte Marie au
Vou de Cherbourg , Ordre de S. Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , pour l'Abbé le Normand ; il
préconifa enfuite l'Abbé de la Vigerie pour celle
de S. Etienne de Baffac , Ordre de S. Benoît
Diocèfe de Saintes.
2
N publia au commencement du mois derau
commencement din alclanderlingue
, portant deffenfe à toute perfonne , fans
exception , de porter fur les habits aucun galon
ou autres ornemens d'or & d'argent , excepté dans
les Villes de Rome , de Bologne & de Ferrare .
Le Cardinal Pignatelli ayant prié le Pape d'annuller
les conceflions accordées par le feu Pape
à plufieurs Seigneurs du Royaume de Naples de
garder le S. Sacrement dans leurs Chapelles domeftiques
, S. S. a donné ordre à la Congrégation
des Indulgences de fupprimer tous ces privileges
& plufieurs autres concernant tant les
Autels privilegiés que les Indulgences qu'on publie
dans diverfes Eglifes depuis le dernier Pontificat.
Le 9. Novembre vers les 3. heures après- midi,
il y eut à Rome un orage furieux , qui dura depuis
3. heures après-midi jufqu'à 10. heures du
foir. Le Tonnerre tomba dans le jardin du Duc
de Cefi & dans celui du Marquis Cavalieri , ou
1. Vol il
2740 MERCURE DE FRANCE
il renverfa plus de 30. toifes de muraille. Il tomba
auffi chez le Marquis Sacchetti , où il traverſa
une Salle dans laquelle il y avoit une affemblée
de Dames & de Cavaliers , aufquels il ne fit aucnn
mal . Vers le foir , il tomba ſur le Palais du
Prince de S. Martin dont il brûla ou gâta les plus
beaux tableaux.
Dans le Confiftoire du 22. du mois dernier ,
le Cardinal Ottoboni , Protecteur des affaires de
France , propofa l'Abbaye de Sainte Marie au
Vou de Cherbourg , Ordre de S. Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , pour l'Abbé le Normand ; il
préconifa enfuite l'Abbé de la Vigerie pour celle
de S. Etienne de Baffac , Ordre de S. Benoît
Diocèfe de Saintes.
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Résumé : ITALIE.
En novembre, un édit italien interdit le port d'ornements d'or et d'argent sur les habits, sauf à Rome, Bologne et Ferrare. Le cardinal Pignatelli demanda au pape d'annuler les concessions permettant à des seigneurs du Royaume de Naples de conserver le Saint-Sacrement dans leurs chapelles. Le pape ordonna la suppression de ces privilèges ainsi que ceux concernant les autels privilégiés et les indulgences publiées dans diverses églises. Le 9 novembre, un violent orage à Rome causa des dégâts dans les jardins du duc de Cefi, du marquis Cavalieri et du marquis Sacchetti, ainsi qu'au palais du prince de Saint-Martin. Lors du consistoire du 22 octobre, le cardinal Ottoboni proposa l'abbaye de Sainte-Marie au Val de Cherbourg pour l'abbé Le Normand et l'abbé de La Vigerie pour l'abbaye de Saint-Étienne de Bassa.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16296
p. 179-181
DU NORD.
Début :
On est présentement instruit des circonstances qui ont obligé nos [...]
Mots clefs :
Stockholm, Armée, Maréchal, Lieutenant, Capitaine, Colonel, Canons, Prussiens, Attaques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NOR D.
DE STOCKOLM , le 9 Février.
>
N eft préfentement inftruit des circonftances
qui ont obligé nos troupes d'abandonner Anclam
& Demmin. L'armée qui avoit pris les quartiers
d'hyver en deça de la Peene , comptoit y tenir
jufqu'à ce que le temps lui permit de poursuivre
Les avantages , parce qu'on ne prévoyoit pas que
cette riviere , & les marais qui l'environnent
duffent fe glacer , comme il eft très-rare en effer
que ces eaux ſe gelent . Mais le froid vif qui commença
quelques jours avant Noël , devint tout- àcoup
fiviolent , que dès le 28 Décembre la cavalerie
pouvoit paffer la Peene fur la glace. Comme
alers la poſition de nos troupes n'étoit rien moins
qu'avantageufe , & que tous les poftes fur la Peene
étaient expofés , le Maréchal de Sternberg prit la
réfolution de retirer les quartiers , & de raffembler
les troupes entre Ruhtenberg & Stralfund .
Ainfi le Comte d'Hamilton , Lieutenant général ,
évacua le 29 Anclam , & le Lieutenant colonel
Sparre , quittant Wollgaft , fe replia fur Greiffswald.
Le Major général de Lugen , qui commandoit
à Tribfées , en ayant auffi retiré fes troupes ,
undéta chement de cent hommes , commandé par
H vj
180 MERCURE DE FRANCE:
le Capitaine Sternroos , fut attaqué près de Nof
fendorf par les Huffards Pruffiens de Mala
chowski , & il en fut enveloppé. Ce Capitaine fe
jetta dans une maifon , où il fit une vigoureuſe
défenfe. Les ennemis y mirent le feu pour l'obliger
d'en fortir ; il ſe fit jour l'épée à la main , &
rejoignit le corps du Général de Lugen.
Le même jour 29 Décembre , le Colonel Carpelan
, qui commandoit à Demmin , reçut ordre
d'abandonner cette Place , & de fe rendre au corps
de l'armée. Mais comme il difpofoit ſa retraite
il fut bloqué de toutes parts par dix bataillons &
trente-quatre efcadrons Pruffiens , aux ordres du
Maréchal de Lehwald. D'abord les ennemis le
fommerent de fe rendre , avec la garnifon , prifonnier
de guerre. Il répondit que ces conditions
n'étoient pas faites pour des Suédois. Sur cette
réponſe , l'ennemi commença l'attaque par un
feu très- vif de canons , de mortiers & d'obuz. On
lui ripofta de maniere , qu'on lui démonta pluheurs
pieces d'artillerie . Le lendemain , le Maré--
chal de Lehwal fit faire d'autres propofitions.
Elles furent également rejettées , & le Colonel
Carpelan envoya les Majors During & Wrangeb
offrir l'évacuation de la Place , mais à la ſeule
condition de fe retirer librement avec tout ce
qui appartenoit aux Suédois. Les Pruffiens voulurent
exiger que la garnifon s'engageât à ne point
fervir d'un an contre le Roi du Pruffe ou fes Alliés
; le Colonel ayant tenu ferme , obtint enfin la
capitulation qu'il fouhaitoit , & elle fut fignée le
30 au foir. Il fortit le premier Janvier de Demmin
avec toute la garnifon , & le 4 il rejoignit à
Ludersh gen le Général Lybecker.
Les douze ou treize mille hommes deftinés à
paffer en Pomeranie , pour renforcer l'armée du
AVRIL. 1758. 181
Roi , fe rendent de tous côtés dans les ports ou
ils doivent être embarqués , & l'on travaille en
conféquence avec toute l'activité poffible à réparer
les Galeres qui doivent tranfporter ces Troupes.
Il part auffi continuellement des provifions
pour Stralfund & l'Ile de Rugen.
DE STOCKOLM , le 9 Février.
>
N eft préfentement inftruit des circonftances
qui ont obligé nos troupes d'abandonner Anclam
& Demmin. L'armée qui avoit pris les quartiers
d'hyver en deça de la Peene , comptoit y tenir
jufqu'à ce que le temps lui permit de poursuivre
Les avantages , parce qu'on ne prévoyoit pas que
cette riviere , & les marais qui l'environnent
duffent fe glacer , comme il eft très-rare en effer
que ces eaux ſe gelent . Mais le froid vif qui commença
quelques jours avant Noël , devint tout- àcoup
fiviolent , que dès le 28 Décembre la cavalerie
pouvoit paffer la Peene fur la glace. Comme
alers la poſition de nos troupes n'étoit rien moins
qu'avantageufe , & que tous les poftes fur la Peene
étaient expofés , le Maréchal de Sternberg prit la
réfolution de retirer les quartiers , & de raffembler
les troupes entre Ruhtenberg & Stralfund .
Ainfi le Comte d'Hamilton , Lieutenant général ,
évacua le 29 Anclam , & le Lieutenant colonel
Sparre , quittant Wollgaft , fe replia fur Greiffswald.
Le Major général de Lugen , qui commandoit
à Tribfées , en ayant auffi retiré fes troupes ,
undéta chement de cent hommes , commandé par
H vj
180 MERCURE DE FRANCE:
le Capitaine Sternroos , fut attaqué près de Nof
fendorf par les Huffards Pruffiens de Mala
chowski , & il en fut enveloppé. Ce Capitaine fe
jetta dans une maifon , où il fit une vigoureuſe
défenfe. Les ennemis y mirent le feu pour l'obliger
d'en fortir ; il ſe fit jour l'épée à la main , &
rejoignit le corps du Général de Lugen.
Le même jour 29 Décembre , le Colonel Carpelan
, qui commandoit à Demmin , reçut ordre
d'abandonner cette Place , & de fe rendre au corps
de l'armée. Mais comme il difpofoit ſa retraite
il fut bloqué de toutes parts par dix bataillons &
trente-quatre efcadrons Pruffiens , aux ordres du
Maréchal de Lehwald. D'abord les ennemis le
fommerent de fe rendre , avec la garnifon , prifonnier
de guerre. Il répondit que ces conditions
n'étoient pas faites pour des Suédois. Sur cette
réponſe , l'ennemi commença l'attaque par un
feu très- vif de canons , de mortiers & d'obuz. On
lui ripofta de maniere , qu'on lui démonta pluheurs
pieces d'artillerie . Le lendemain , le Maré--
chal de Lehwal fit faire d'autres propofitions.
Elles furent également rejettées , & le Colonel
Carpelan envoya les Majors During & Wrangeb
offrir l'évacuation de la Place , mais à la ſeule
condition de fe retirer librement avec tout ce
qui appartenoit aux Suédois. Les Pruffiens voulurent
exiger que la garnifon s'engageât à ne point
fervir d'un an contre le Roi du Pruffe ou fes Alliés
; le Colonel ayant tenu ferme , obtint enfin la
capitulation qu'il fouhaitoit , & elle fut fignée le
30 au foir. Il fortit le premier Janvier de Demmin
avec toute la garnifon , & le 4 il rejoignit à
Ludersh gen le Général Lybecker.
Les douze ou treize mille hommes deftinés à
paffer en Pomeranie , pour renforcer l'armée du
AVRIL. 1758. 181
Roi , fe rendent de tous côtés dans les ports ou
ils doivent être embarqués , & l'on travaille en
conféquence avec toute l'activité poffible à réparer
les Galeres qui doivent tranfporter ces Troupes.
Il part auffi continuellement des provifions
pour Stralfund & l'Ile de Rugen.
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Résumé : DU NORD.
Le texte décrit l'abandon des villes d'Anclam et de Demmin par les troupes suédoises en raison du froid intense qui a gelé la rivière Peene et les marais environnants, facilitant la traversée des troupes prussiennes. Le maréchal de Sternberg a ordonné le retrait des troupes vers Ruhtenberg et Stralsund. Le 29 décembre, le comte d'Hamilton a évacué Anclam, tandis que le lieutenant-colonel Sparre s'est replié sur Greifswald. Le major général de Lugen, attaqué près de Nossendorf par les Hussards prussiens de Malachowski, a réussi à rejoindre ses troupes après une défense vigoureuse. Le même jour, le colonel Carpelan, commandant à Demmin, a reçu l'ordre d'abandonner la ville. Bloqué par les forces prussiennes du maréchal de Lehwald, il a refusé de se rendre et a obtenu une capitulation permettant à la garnison suédoise de se retirer librement. Carpelan a quitté Demmin le 1er janvier et a rejoint le général Lybecker à Ludershagen le 4 janvier. Par ailleurs, environ 12 000 à 13 000 hommes sont en route pour renforcer l'armée du roi en Poméranie, avec des préparatifs en cours pour leur transport et l'approvisionnement des ports de Stralsund et de l'île de Rügen.
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16297
p. 182-185
Brefs du Pape envoyez à M. l'Abbe de Lionne. [titre d'après la table]
Début :
On peut dire que le merite de M. l'Abbé de Lionne est [...]
Mots clefs :
Abbé de Lionne, Artus de Lionne, Évêque, Brefs, Pape, Siam, Vicariat apostolique de Siam, Idolâtrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Brefs du Pape envoyez à M. l'Abbe de Lionne. [titre d'après la table]
On peur dire que le merite
de Mr l'Abbé de Lionne est
connu dans l'un & dans l'autre
Monde. Jamais homme n'a
fait voir une modestie plus
grande & plus égale, que celle
dont il a donné des marques
depuis qu'il a renoncé à *
l'éclatavec lequel vous sçavez
qu'il pouvoit vivre. Son
zele pour le salut des Amesa : toûjours esté extraordinaire, 53
& quand il a fallu passer & repasser
les plus vastes Mers#
-
leurétenduë, les incommoditez
qu'on y sOüffre, &le
peril qu'on y court, n'ont
point esté capables de ralentir
l'ardeurqui le porte à vouloir
faire connoistre le vray
Dieu à des Peu ples nourris
dans l'Idolatrie. Ce zele sidigne
de nos loüanges est connu
à Rome, & c'est pour ce la
qu'il en arrivaicy un Courrier
le 7. du mois passé avec
trois Brefs. L'un marque la
nominationde cet Abbé à
l'Evesché de Rofala fous l'Archevesché
de Raguse, dans la
partie de la Dalmatie qu'occupent
les Turcs. L'autre l'établie
Coad juteur de Mr l'Evesque
deMetellopolis dans
le VicariatApostoliquede
Siam, comme futurâ succesjione;
ôc le troisiemelu y donne
pouvoirde se faire sacrer
en France, en consequence
de quoy il a pieu à Sa Majesté
d'envoyer une Lettre de
Cachet à Ivr: l'Evesque. de
Léon, porrant permission avec
agrément de sacrer Mr *
l'Abbé de Lionne sur de fimples
Brefs, sans Bulles, contre
l'usage de France.Tout
ce a a elle porte à Brest; mais
"-"
comme il estoit surle point
de s'embarquer pour retour
nerà Siam, & que le vent
estoit favorable, il n'y a pas ;
eu assezde temps pourle ia«i
crer avant son embarquement
, parce qu'on ne peut
sacrer un Evesque que leDi
manche, oule jour de la Feste
d'un Apostre) & qu'il ny
en a pointeu depuis l'arrivée
duCourrierjusqu'à son deparr..
de Mr l'Abbé de Lionne est
connu dans l'un & dans l'autre
Monde. Jamais homme n'a
fait voir une modestie plus
grande & plus égale, que celle
dont il a donné des marques
depuis qu'il a renoncé à *
l'éclatavec lequel vous sçavez
qu'il pouvoit vivre. Son
zele pour le salut des Amesa : toûjours esté extraordinaire, 53
& quand il a fallu passer & repasser
les plus vastes Mers#
-
leurétenduë, les incommoditez
qu'on y sOüffre, &le
peril qu'on y court, n'ont
point esté capables de ralentir
l'ardeurqui le porte à vouloir
faire connoistre le vray
Dieu à des Peu ples nourris
dans l'Idolatrie. Ce zele sidigne
de nos loüanges est connu
à Rome, & c'est pour ce la
qu'il en arrivaicy un Courrier
le 7. du mois passé avec
trois Brefs. L'un marque la
nominationde cet Abbé à
l'Evesché de Rofala fous l'Archevesché
de Raguse, dans la
partie de la Dalmatie qu'occupent
les Turcs. L'autre l'établie
Coad juteur de Mr l'Evesque
deMetellopolis dans
le VicariatApostoliquede
Siam, comme futurâ succesjione;
ôc le troisiemelu y donne
pouvoirde se faire sacrer
en France, en consequence
de quoy il a pieu à Sa Majesté
d'envoyer une Lettre de
Cachet à Ivr: l'Evesque. de
Léon, porrant permission avec
agrément de sacrer Mr *
l'Abbé de Lionne sur de fimples
Brefs, sans Bulles, contre
l'usage de France.Tout
ce a a elle porte à Brest; mais
"-"
comme il estoit surle point
de s'embarquer pour retour
nerà Siam, & que le vent
estoit favorable, il n'y a pas ;
eu assezde temps pourle ia«i
crer avant son embarquement
, parce qu'on ne peut
sacrer un Evesque que leDi
manche, oule jour de la Feste
d'un Apostre) & qu'il ny
en a pointeu depuis l'arrivée
duCourrierjusqu'à son deparr..
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Résumé : Brefs du Pape envoyez à M. l'Abbe de Lionne. [titre d'après la table]
L'Abbé de Lionne est reconnu mondialement pour son mérite et sa modestie. Après avoir renoncé à une vie éclatante, il a démontré une grande modestie et un zèle exceptionnel pour le salut des âmes. Son ardeur pour convertir les peuples idolâtres l'a conduit à traverser des mers vastes et dangereuses. À Rome, trois brefs ont été envoyés pour reconnaître son zèle. Le premier le nomme à l'évêché de Rofala sous l'archevêché de Raguse, en Dalmatie occupée par les Turcs. Le second le désigne comme coadjuteur de l'évêque de Metellopolis dans le vicariat apostolique de Siam, en tant que futur successeur. Le troisième lui accorde le pouvoir de se faire sacrer en France. Une lettre de cachet a été envoyée à l'évêque de Léon pour permettre cette consécration, malgré les usages habituels. Cependant, en raison de son départ imminent pour le Siam et des contraintes liturgiques, l'Abbé de Lionne n'a pas pu être sacré avant son embarquement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16298
p. 187-200
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 15 Février, jour anniversaire de la naissance du Roi, on chanta le [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Anniversaire du roi, Honneurs, Régiments, Bataillons, Gendarmerie, Évêque, Mandement, Te Deum, Duc, Bal, Règlement, Maréchal, Sceaux, Corsaires, Navires anglais, Marchandises, Compagnies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 15 Février , jour anniverfaire de la naiffance
du Roi , on chanta le Te Deum dans l'Eglife Notre-
Dame , Paroiffe du Château . M. le Comte de
Noailles , Gouverneur de Verfailles , y affitta ,
étant accompagné des Officiers du Bailliage,
Après la cérémonie , il alluma le feu , qui avoit
été préparé vis- à- vis de l'Eglife. Les Invalides ,
chargés de la garde de cette Ville , firent une triple
falve de moufqueterie. Il y eut expofition du
Saint-Sacrement Salut & Te Deum , dans les
autres Eglifes , ainfi que dans celle de Notre-
Dame. Le foir on fit des feux dans les rues , &
toutes les maifons furent illuminées.
>
Le Roi a accordé les honneurs de Grand-
Croix de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis ,
à M. de Crémille , Commandeur de cet Ordre ,
Lieutenant- Général des Armées de Sa Majesté ,
Gouverneur d'Aire , & Infpecteur Général de
l'Infanterie , de la Cavalerie & des Dragons.
Le Roi a ordonné que chacun des Bataillons de
fon Infanterie , tant Françoife qu'Etrangere , fûr
pourvu d'une piece de canon à la Suédoife. Il fera
employé dans chaque Bataillon , pour la manoeu
vre de ces pieces de campagne , un Sergent &
feize Soldats , qui auront une haute paie,
Sa Majesté a réfolu de porter à douze cens quarante
hommes le Corps de fa Gendarmerie , aulieu
de huit cens huit , à quoi il eft actuellement.
188 MERCURE DE FRANCE.
Pour cet effet , les feize Compagnies qui compofent
ce Corps , feront mifes , de quarante- huit
Gendarmes ou Chevaux - Legers , dont elles font
formées , à foixante- quinze non compris les
deux Trompettes de chacune defdites Compagnies
, & indépendamment des huit Timbaliers
attachés aux huit Eſcadrons du Corps. Des vingtfept
hommes ordonnées d'augmentation par compagnie
, il y en aura quatorze à la premiere Brigade
, & treize à la feconde.
M. le Comte de Saint - Florentin , Miniftre &
Secretaire d'Etat , a été élu par l'Académie Royale
des Belles-Lettres , pour remplir la place d'Académicien
Honoraire , qui vaquoit par la mort de
M. le Marquis d'Argenfon.
Sa Majeſté a nommé Confeiller d'Etat M. Bertier
de Sauvigny , Intendant de la Généralité de
Paris.
Les Evêques de Bretagne , affemblés à Rennes
pour les Etats de la Province , ont donné le 11 de
ce , mois un Mandement , par lequel ils inftituent
à perpétuité une Fête à l'honneur des Saints Anges
Gardiens , pour remercier Dieu d'avoir ſauvé
le Roi de l'horrible attentat commis contre fa
Perfonne. Cette Fête fera célébrée tous les ans le
5 Janvier , mais cependant fans être chomée.
M. l'Evêque de Caftres a fait éclater fon zele, en
faifant chanter un Te Deum en mufique dans fa
Cathédrale & en donnant à toutes les perfonnes
de marque , qui fe trouvoient dans la Ville , un
fplendide repas , pendant lequel vingt- quatre
Muficiens exécuterent un très- beau Concert. Au
fortir de table , ce Prélat diftribua deux cens médailles
, & fit tirer une Loterie , dont chaque
billet portoit un lot . En même temps , par ordre
des Officiers Municipaux de la Ville , plufieurs
AVRIL. 1757 . 189
fontaines de vin coulerent , & l'on diſtribua au
peuple un boeuf & plufieurs moutons.
Le 20 Février , M. le Duc de Mirepoix , Commandant
en chef dans le Languedoc , célébra à
Montpellier , par une fête des plus éclatantes , la
convalefcence du Roi . On chanta dans l'Eglife Cathédrale
un Te Deum en mufique, auquel l'Evêque
de cette Ville officia. M. le Duc de Mirepoix y
affifta , accompagné de toute la Nobleffe , & des
Officiers de la Garnifon. La Cour des Comptes ,
Aides & Finances , s'y rendit en robes de cérémonie
, & elle donna l'exemple à tous les autres
Corps , de concourir à la folemnité d'un acte de
piété , dans lequel tout étoit fi intéreflant. Après
le Te Deum , il y eut une triple falve de l'artille
rie de la Ville & de la Citadelle , ainfi que de la
moufqueterie de la Garniſon , qui étoit en bataille
fur le rempart, Dès que la nuit fut venue , on tira
un très-beau feu d'artifice dans la Place de l'Hôtel
de Ville , dont les avenues depuis l'Hôtel du
Gouvernement étoient ornées d'Arcs de Triomphe
éclairés par une prodigieufe quantité de pots
afeu. Toutes les façades de l'Hôtel du Gouverment
étoient illuminées, depuis le rez -de- chauffée
jufqu'au toit , par des lampions qui en deffinoient
l'architecture , & qui dans les divers maffifs formoient
alternativement le Chiffre & les Armes de
Sa Majefté. M. le Duc de Mirepoix fit fervir un
fouper fplendide. La principale table qui étoit de
cinquante couverts , & en fer à cheval , ne fut
remplie que par les Dames les plus qualifiées. Il y
eut plufieurs autres tables , & outre cela on avoit
dreffé dans diverfes Salles des Buffets , où l'on
trouvoit abondamment en mets chauds & froids
tout ce qu'on pouvoit defirer. Un Bal qui dura
jufqu'au jour , termina cette brillante fête , à lag
190 MERCURE DE FRANCE.
quelle tous les habitans de cette Ville s'emprefferent
d'ajouter un nouvel éclat , en illuminant entiérement
les façades de leurs maifons , la plupart
en flambeaux de cire blanche. Des fontaines de
vin coulerent dans différens quartiers pour le
peuple qui , par fes danfes & par les acclamations
réitérées , témoigna la vivacité de fon amour pour
fon Souverain M. le Duc de Mirepoix devoit
partir hier pour retourner à la Cour ; mais il a
différé fon voyage , afin d'affifter au Te Deum
que la Cour des Comptes , Aides & Finances , doit
faire chanter demain avec beaucoup de pompe
dans la Chapelle du Palais .
Le Roi ayant jugé à propos de retenir les Sceaux,
& de faire fceller en fa préſence , Sa Majeſté donna
le 26 Février un Réglement , par lequel Elle a
déclaré fes intentions fur ce qu'Elle vouloit être
obfervé en cette occafion. Par ce Réglement ,
Elle a fait choix de MM. Feydeau -de Brou
Dagueffeau , de Bernage , Dagueffeau - de Frefne,
Trudaine & Poulletier , Confeillers d'Etat ordinaires
, pour avoir féance & voix délibérativedans
ce Confeil , avec fix Maîtres des Requêtes ,
que Sa Majefté choifira au commencement de
chaque quartier , & avec le Confeiller du Grand
Confeil, grand Rapporteur, qui fe trouvera de fervice.
Le 4 Mars , le Roi tint le Sceau dans la piece qui
précede la Chambre de Sa Majesté , & qui avoit
été préparée à cet effet. En conféquence de ce que
Sa Majesté a réglé , les fix Confeillers d'Eta: ordinaires
, ci - deffus nommés y affifterent , étant
affis des deux côtés du Bureau fur des tabourets ;
fçavoir , à droite , MM. Feydeau- de Brou , de
Bernage & Trudaine ; à gauche , MM . Dagueffeau
, Dagueffeau- de Frefne & Poulletier. MM.
Gagnat de Longay , Bignon , Mérault-de VilleAVRIL
1757. 191
fit
ron , Pouyvet de la Bliniere , de Gourgues &
Turgot , Maîtres des Requêtes choifis par le Roi
pour rapporter au Sceau pendant ce trimestre , &
M. de Baraffy , Grand Rapporteur de Service
étoient debout autour du fauteuil de Sa Majeſté .
Les Huiffiers de la Chancellerie ont tenu les portes.
M. le Maréchal - Duc de Richelieu , premier
Gentilhomme de la Chambre du Roi , & M. le
Duc d'Ayen , Capitaine des Gardes du Corps ,
étoient derriere le fauteuil de Sa Majesté. M. Sauvage
, Grand Audiencier de France en quartier
qui étoit debout à droite après M. Trudaine ,
la préfentation des lettres dont il étoit chargé.
Les Maîtres des Requêtes & le Grand Rapporteur,
firent le rapport de celles qui les concernent.
M. Chupin , Garde des Rôles , & M. Brillon-
Duperon , Confervateur des Hypotheques , préfenterent
; le premier , les provifions pour charges
& offices , le fecond les lettres de ratification de
rentes fur les revenus du Roi. Puis les Secretaires du
Roi firent lecture des lettres de grace , lefquelles furent
délibérées par les Confeillers d'Etat & Maîtres
des Requêtes préfens au Sceau , & réfolues par le
Roi. Après les rapports faits , le Roi indiqua le
premier Sceau à la quinzaine. Les Sceaux ayant
été remis dans leur boete , M. de Champcenetz ,
premier Valet de Chambre du Roi , qui les avoit
apportés , les reprit fur le Bureau pour les remporter.
Sa Majefté fe leva , & fut reconduit à la
porte de fa chambre par les Confeillers d'Etat
Maîtres des Requêtes & Grands Officiers de la
Chancellerie . Ce Sceau eft le premier que le Roi
ait tenu depuis fon avénement à la Couronne.
Louis XIV en tint onze en 1672 , après la mort
du Chancelier Seguier.
Le 28 Février , M. Seguier , Avocat, Général
192 MERCURE DE FRANCE.
au Parlement de Paris , fut élu , pour remplir la
place vacante dans l'Académie Françoiſe par la
mort de M. de Fontenelle .
+ Le Roi a nommé Maréchaux de France MM . le
Marquis de Senecterre , le Marquis de la Tour- '
Maubourg , le Comte de Lautrec , le Duc de
Biron , le Duc de Luxembourg, le Comte d'Eſtrées,
le Lord Clare Comte de Thomond , & le Duc de
Mirepoix.
Le 10 Mars , pendant la Meffe du Roi , M. le
Prince Conftantin de Rohan , Premier Aumônier
de Sa Majefté , a prêté ferment , comme Evêque
de Strasbourg , entre les mains du Roi.
"
Le 6 Mars , l'Académie royale des Belles - Lettres
, conduite par M. le Comte de Saint - Florentin
, préſenta au Roi trois volumes de fes Mémoires.
M. de Guignes & M. d'Anville de cette Académie
, préfenterent en même temps à Sa Majeſté
, l'un, trois volumes de l'Hiftoire des Huns &
autres Nations Tartares ; l'autre , une nouvelle
Carte des côtes de la Grece & de l'Archipel , avec
un Mémoire relatif à cette Carte mis fouspreffe
à l'Imprimerie royale , & dans lequel l'Auteur
rend compte des moyens qui ont principalement
contribué à la compofition de l'Ouvrage .
>
Sa Majesté a accordé le Régiment d'Infanterie
royal Comtois , vacant par la promotion de M.
le Marquis de Roquépine au grade de Maréchal
de Camp , à M. le Comte de Puységur , Colonel
du Régiment de Forez ; le Régiment de Forez , à
M. le Marquis de Chaumont- Bernage , Colonel
dans les Grenadiers de France ; le Régiment de
Trainel , vacant par la promotion de M. le Marquis
de Trainel au grade de Maréchal de Camp ,
à M. le Comte de Brancas , Colonel dans les Grenadiers
de France ; le Régiment de Cavalerie
vacant
AVRIL. 1757. 193
vacant par la promotion de M. le Comte d'Egmont
au grade de Maréchal de Camp , à M. le Duc
de Charoft ; & les deux places de Colonels que
M. le Marquis de Chaumont-Bernage & M. le
Comte de Brancas rempliffoient dans les Grenadiers
de France , à M. Rouillé-de Roiffy & à M.'
le Comte de la Luzerne.
La Compagnie , qui vaquoit dans le Régiment
des Gardes Suiffes par la mort de M. de Caftella ,
a été donnée à M. de Caftella fon frere , Capitaine
au Régiment de Planta . MM. de Caſtella ont été
fept freres au ſervice de Sa Majefté , & trois y font
morts.
Le 6 du même mois , en action de graces de la
conſervation du Roi, on a chanté dans l'Eglife Mé,
tropolitaine , conformément au Mandement donné
par l'Archevêque de Paris , une Meffe folemnelle
, & enfuite le Te Deum, en mufique. M. l'Ab
bé de Saint-Exupery , Doyen , a officié. Le lendemain
, le Chapitre a fait remettre des aumônes
pour les pauvres aux Curés des huit Paroiffes de la
Cité , & de celles de ces Eglifes fujetes.
M. le Prince Conftantin-de Rohan , Evêque de
Strasbourg , fut facré le même jour dans la Chapelle
du Séminaire de Saint Sulpice , par M. le
Cardinal de la Rochefoucaud , affifté des Evêques
de Digne & de Saint - Omer.
Le 14, M. l'Evêque d'Autun fut reçu dans l'A
cadémie Françoiſe à la place de M. le Cardinal de
Soubife , & il prononça fon Difcours de remer
ciement , auquel M. Dupré-de S. Maur répondit
au nom de l'Académie. Après cette réponſe ,
M. d'Alembert lut des Réflexions fur l'ufage & fur
l'abus de la Philofophie dans les matieres de goût.
Nous donnerons un extrait des deux Diſcours
'dans le fecond Volume,
I.Vol, I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Don de Dieu , de Calais , y a
fait conduire le Brigantin Anglais les Trois Freres
, de Sunderland , chargé de charbon de terre ,
dont il s'eft emparé.
Un Navire Anglois , de 220 tonneaux , armé
de fix petits canons , ayant pour cargaison 1400
barrils de goudron , 4 barrils de thérébentine , des
merrains & quelques cuirs , a été pris par le Corfaire
le Saint - Louis , de Dunkerque , qui l'a conduit
à Boulogne.
Il eft arrivé dans le même Port un Bateau de
so tonneaux , chargé de fel , dont le Corfaire
le Marquis -de Vilequier s'eft rendu maître .
Le Capitaine Lamy , qui commande le Procu
veur , autre Corfaire de Boulogne , s'eft emparé
des Navires l'Espérance , de Yarmouth ; le Change
& la Chriftine , de Dyfant en Ecoffe ; & il les
a rançonnés pour $ 60 livres fterlings.
Les Navires Anglois le Comte d'Holderneſs ,
de
120 tonneaux , chargé de vin & de quelques autres
marchandifes ; la Bonne Intention , dont le
chargement confifte en orange & citrons ; & un
Bateau de 30 tonneaux , chargé de cidre & de
quelques paquets de poiffon fec , ont été conduits
au Havre par les Corſaires la Favorite &
l'Entreprenante , de ce Port.
Le Navire la France , d'Irlande , de 70 tonneaux
, chargé d'huile d'olive , d'oranges & de
citrons , a été pris par le Corfaire le Machault
de Granville , qui l'a conduit à Morlaix . Le même
Corfaire s'eft rendu maître d'un autre Navire,
Anglois de 100 tonneaux , chargé d'indigo , de
café , de bois pour teinture , & de drogues pour
la Médecine , qui eft arrivé à Roscoff,
Il a été conduit à Saint-Malo deux Bâtimens
Anglois , l'un chargé de citrons & d'oranges ,
AVRIL. 1757. 195
J
pris par le Corfaire la Sauterelle , de Breft ; &
Pautre chargé de fel , pris par les Corfaires la
Vengeance & la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire le Bart , de Calais , Capitaine
François Potier, s'eft emparé de deux petits Brigantins
Anglois , qu'il a rançonnés pour la fomme
de quatorze mille livres.
>
Le Corfaire le Machault , de Granville , ya'
envoyé le Navire la Providence , de Darmouth
de 100 tonneaux , venant de la Jamaïque avec
une cargaison qui confifte en 160 barrils de brai
250 barriques de ris , 14 boucauts de cafcarille
so planches & 8000 livres de bois des Indes.
>
Le Navire Anglois la Marie , de la Nouvelle
Yorck , de 150 tonneaux , chargé de café , d'indigo
, de dents d'élephant , de bois de Campeche,
&c. pris par le Corfaire le Scot , de Saint-Ma
lo , s'eft échoué le 23 du mois dernier à la côte de
Barfleur. On a fauvé fa cargaiſon.
Le même Corſaire a enlevé aux Anglois le Bateau
la Marguerite , de Cherbourg , chargé de
glaces brutes : ce Bateau s'étoit auffi échoué ,
mais il a été relevé & conduit à Barfleur.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire
la Vengeance, de Saint-Malo , s'eſt rendu maître
d'un Navire Anglois dont la cargaison , qui eft
eftimée deux cens mille livres , confifte en ballots
de foyeries, caiffes de drogues , & autres marchandifes
propres pour la traite des Negres.
On mande de Breft , que le Corfaire la Comteffe
de Bentheim, de Saint-Malo , a relâché dans ce pre
mier Port , où il a conduit le Navire Anglois
Affomption , allant de la Jamaïque à Londres
chargé de fucre & de café.
Le Navire l'Afrique , de Plymouth , chargé
dessobarriques de fardines , & de 130 barrils d'é
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
tain , a été pris par le Corfaire l'Intrépide , de
Bayonne , où il a été conduit.
Les lettres écrites de Bayonne , marquent que
le Corfaire l'Aurore , de ce port , Capitaine le
fieur Lavernis , a pris & y a conduit les Navires
Anglois la Rebecca , de Hul , de 200 tonneaux
armé de fix canons, chargé de 1400 barrils de goudron
; l'Entreprise , deLondres , de 160 tonneaux,
chargé de tabac en feuilles , & le Planter , de
Montfarrat , de 200 tonneaux , ayant pour
chargement
340 boucauts de fucre.
Le même Corfaire a fait conduire à Saint-Jeande-
Luz un autre Bâtiment Anglois , dont la cargaifon
eft compofée de 600 quintaux de morue
verte & féche.
Le Capitaine Jean Vergez , commandant le
Diligent , autre Corfaire de Bayonne , y a fait
conduire le Navire Anglois l'Edouard & Susanne,
de 160 tonneaux , chargé de fucre.
Le Capitaine Potier , commandant le Corfaire
l'Amiral Bart , de Calais , étant fur fa croifiere
près des côtes d'Angleterre découvrit un Brigantin
Anglois de cent cinquante tonneaux . A la vue du
Corfaire , ce Brigantin fe réfugia ſous le canon
des trois Forts de Haftings. Quoique le Capitaine
Potier n'eût que quatre canons , il attaqua le Bâtiment
ennemi , & il alloit l'aborder , lorſque l'équipage
Anglois prit le parti d'échouer . Sur ces
entrefaites parut un autre Navire que le Corfaire
enleva , & qu'il amena à Calais . Ce dernier Bâtiment
, qui fe nomme le Waterborn , eft de Boſton
dans la Nouvelle Angleterre. Il venoit de la Jamaïque
, & alloit à Londres. Sa charge eft eftimée
deux cens mille livres. C'eft la quatorzieme
prife qui ait été conduite à Calais depuis trois
mois , &la feptieme depuis le 18 jufqu'au 30 du
mois dernier.
AVRIL. 1757.
197
Ön mande de Marfeille , que le Corfaire le Colibry
, de 12 canons , & de 120 hommes d'équipage
, commandé par le Capitaine Georges-René
de Pleville-le Pelley , s'eft emparé des Navires Anglois
la Reine de Naples , allant de Gallipoly å
Londres , avec un chargement d'huile & de foie ;
le Guillaume , allant de Falmouth à Civita-Vecchia
, chargé d'étaim & de harengs , & la Marie
allant d'Yarmouth à Naples , & dont la charge
confiftoit en harengs & en plomb.
Selon des lettres de Toulon , un Grec établi depuis
quelques années en Provence s'embarqua der.
niérement fur une Tartane , dont l'équipage con
fiftoit feulement en trois François & trois Gênois.
Ce Bâtiment ayant été enlevé par un Corſaire Anglois
, monté de douze hommes ; le Capitaine du
Vaiffeau ennemi fit paffer le Grec & les trois Gênois
fur fon bord ; & y ayant laiffé trois Anglois ,
il monta fur la Tartane avec le refte de fon équipage.
Le Grec faifit une occafion favorable , qui
fe préfenta. Il tua lui feul les trois Anglois , à qui
leur Commandant avoit confié la garde du Corfaire.
Ayant abordé enſuite la Tartanne , il la reprit
avec le fecours des trois François & des trois Gênois.
Il a conduit à Toulon le Bâtiment , dont il
s'eft emparé.
On mande de Calais , que le Corfaire le Bart ;
de ce Port ' , commandé par le Capitaine Potier ,
y a conduit le Navire Anglois le Winterborn , de
130 tonneaux , chargé de fucre & d'autres marchandifes.
200
Le Corfaire le Duc d'Aumont , de Boulogne ,
s'eft rendu maître d'un Navire Anglois , de
tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec une
cargaifon compofée de fucre , de tafia & de bois
d'Acajou.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Gros Thomas , du même Port , a
conduit à Calais le Navire l'Elifabeth & Catherine,
de 70 tonneaux , chargé de beurre & de
cuirs.
Le Tapageur & le Procureur , autres Corfaires
de Boulogne , fe font emparés , le premier de
deux Bâteaux Anglois , chargés l'un de bled ,
Pautre de charbon de terre , & le fecond du Navire
la Comteffe de Murray , de 90 tonneaux , chargé
de faumon falé .
Les Corfaires le Comte de Saint- Germain , de
Dunkerque , & le Don de Dieu , de Calais , ont
fait conduire à Boulogne un Bâteau de 70 tonneaux
, chargé d'oranges & de citrons , & le Brigantin
le Thomas David , de 120 tonneaux ,
chargé de grains.
Il eft arrivé à Fécamp un Navire Anglois de 220
tonneaux , armé de 8 canons , & de 37 hommes
d'équipage. Sa cargaiſon confifte en 1123 barrils
de poudre de guerre , en armes à feu de toutes
efpeces , en foyeries , clincailleries , & c. Ce Navire
a été pris par le Capitaine Canon , commandant
le Corfaire le Prince de Soubise , de Dunkerque.
Une prife Angloiſe faite par le Corſaire le Machault
, de Grandville , a échoué à la côte de
Langrune en Baffe Normandie ; mais on a fauvé
la cargaifon , compofée de 300 cuirs , de 2000
barrils de beurre , & de 1960 morues féches.
Le Corfaire le Comte de Clermont , de Saint-
Malo , commandé par le Capitaine Colin-de la
Brifelaine , s'eft emparé le troifieme jour de fa
croifiere , d'un Navire Anglois , de 240 tonneaux
, venant de la Jamaïque , & dont la charge
eft eftimée deux cens mille livres . Cette prife
que le Capitaine Brifelaine a conduite lui- même à
AVRIL. 1757. 199
k
Saint-Malo , avoit été faite d'abord par un Cor
faire de Bayonne , & lui avoit été enlevée par un
Armateur Anglois , fur qui le Corfaire le Comte
de Clermont l'a repriſe.
> Le Scott , autre Corfaire de Saint - Malo Capitaine
Pattard, s'eft auffi rendu maître du Navire
Anglois le Hardi , de 180 tonneaux , chargé de
fucre , de café , de coton & d'autres marchandifes
qu'il avoit prifes à la Nouvelle York .
On apprend par des lettres écrites de Bayonne,
que les Corfaires la Levrette & le Dauphin , de
ce Port , fe font emparés des Navires Anglois la
Suverne & le Louis , de Londres , de 250 tonneaux
chacun , & l'Owaftel , de Holt . Ces Bâtimens
font chargés , le premier de tabac & de fer ,
le fecond de fucre , de café & de tafia , & le troifieme
de tabac & de merrains.
de 70
Les Navires Anglois le Robert , de la Virginie ,
de 130 tonneaux , chargé de tabac , de fucre & de
pelleteries , & l'Endeavour , de Briſtol ,
tonneaux , dont la cargaifon eft composée d'hui
le , de poiffon & de morue verte , ont été pris
par les Corfaires l'Aimable Dauphin , de Ciboure
& l'Espérance , de Louisbourg , qui les ont
fait conduire à Bayonne.
>
Les Corfaires le Toulousain , le Faucon , le Té
lémaque & le Saint-Antoine , dit le Colibri , de
Marſeille , y ont conduit les Navires Anglois
l'Aigle , de Yarmouth , de 160 tonneaux , armé
de 2 canons , chargé de plomb & de harengs ; la
Vierge , de Bristol , de 130 tonneaux , chargé
de faumon & de morue ; le Harril , de Liverpool
, de 120 tonneaux , armé de 6 petits canons ,
chargé d'eau-de- vie & d'huile ; la Diane , de
Lynn , de 150 tonneaux , chargé de fromage , de
plomb & de harangs , & la Marie , qui a auffi
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
un chargement de harengs & de plomb.
On mande de Marfeille , que M. Pigache ;
Lieutenant de Vaiffeau , commandant le Vaiffeau
du Roi l'Hippopotame , armé en courfe , s'eft rendu
maître , à la hauteur de l'Ile Fromentiere
du Corfaire Anglois le Conftantin , de 18 canons ,
& de 130 hommes d'équipage.
>
Le Capitaine Macquet , qui commande le Corle
Don de Dieu , de Calais , a fait conduire à faire
Dunkerque le Navire Anglois les Trois Freres , de
110 tonneaux , chargé de charbon de terre , dont
il s'eft emparé.
Un Brigantin de 100 tonneaux , chargé d'eaude-
vie , de vin du Rhin , & de plufieurs autres
marchandiſes , a été pris par le Corfaire l'Epervier
, de Calais , & y a été conduit .
Le 17 Mars , les Actions de la Compagnie des
Indes étoient à quinze cens dix livres : les Billets
de la premiere Loterie Royal , à neuf cens quarante,
Ceux de la feconde & de la troisieme Loterie
n'avoient point de prix fixe.
LE 15 Février , jour anniverfaire de la naiffance
du Roi , on chanta le Te Deum dans l'Eglife Notre-
Dame , Paroiffe du Château . M. le Comte de
Noailles , Gouverneur de Verfailles , y affitta ,
étant accompagné des Officiers du Bailliage,
Après la cérémonie , il alluma le feu , qui avoit
été préparé vis- à- vis de l'Eglife. Les Invalides ,
chargés de la garde de cette Ville , firent une triple
falve de moufqueterie. Il y eut expofition du
Saint-Sacrement Salut & Te Deum , dans les
autres Eglifes , ainfi que dans celle de Notre-
Dame. Le foir on fit des feux dans les rues , &
toutes les maifons furent illuminées.
>
Le Roi a accordé les honneurs de Grand-
Croix de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis ,
à M. de Crémille , Commandeur de cet Ordre ,
Lieutenant- Général des Armées de Sa Majesté ,
Gouverneur d'Aire , & Infpecteur Général de
l'Infanterie , de la Cavalerie & des Dragons.
Le Roi a ordonné que chacun des Bataillons de
fon Infanterie , tant Françoife qu'Etrangere , fûr
pourvu d'une piece de canon à la Suédoife. Il fera
employé dans chaque Bataillon , pour la manoeu
vre de ces pieces de campagne , un Sergent &
feize Soldats , qui auront une haute paie,
Sa Majesté a réfolu de porter à douze cens quarante
hommes le Corps de fa Gendarmerie , aulieu
de huit cens huit , à quoi il eft actuellement.
188 MERCURE DE FRANCE.
Pour cet effet , les feize Compagnies qui compofent
ce Corps , feront mifes , de quarante- huit
Gendarmes ou Chevaux - Legers , dont elles font
formées , à foixante- quinze non compris les
deux Trompettes de chacune defdites Compagnies
, & indépendamment des huit Timbaliers
attachés aux huit Eſcadrons du Corps. Des vingtfept
hommes ordonnées d'augmentation par compagnie
, il y en aura quatorze à la premiere Brigade
, & treize à la feconde.
M. le Comte de Saint - Florentin , Miniftre &
Secretaire d'Etat , a été élu par l'Académie Royale
des Belles-Lettres , pour remplir la place d'Académicien
Honoraire , qui vaquoit par la mort de
M. le Marquis d'Argenfon.
Sa Majeſté a nommé Confeiller d'Etat M. Bertier
de Sauvigny , Intendant de la Généralité de
Paris.
Les Evêques de Bretagne , affemblés à Rennes
pour les Etats de la Province , ont donné le 11 de
ce , mois un Mandement , par lequel ils inftituent
à perpétuité une Fête à l'honneur des Saints Anges
Gardiens , pour remercier Dieu d'avoir ſauvé
le Roi de l'horrible attentat commis contre fa
Perfonne. Cette Fête fera célébrée tous les ans le
5 Janvier , mais cependant fans être chomée.
M. l'Evêque de Caftres a fait éclater fon zele, en
faifant chanter un Te Deum en mufique dans fa
Cathédrale & en donnant à toutes les perfonnes
de marque , qui fe trouvoient dans la Ville , un
fplendide repas , pendant lequel vingt- quatre
Muficiens exécuterent un très- beau Concert. Au
fortir de table , ce Prélat diftribua deux cens médailles
, & fit tirer une Loterie , dont chaque
billet portoit un lot . En même temps , par ordre
des Officiers Municipaux de la Ville , plufieurs
AVRIL. 1757 . 189
fontaines de vin coulerent , & l'on diſtribua au
peuple un boeuf & plufieurs moutons.
Le 20 Février , M. le Duc de Mirepoix , Commandant
en chef dans le Languedoc , célébra à
Montpellier , par une fête des plus éclatantes , la
convalefcence du Roi . On chanta dans l'Eglife Cathédrale
un Te Deum en mufique, auquel l'Evêque
de cette Ville officia. M. le Duc de Mirepoix y
affifta , accompagné de toute la Nobleffe , & des
Officiers de la Garnifon. La Cour des Comptes ,
Aides & Finances , s'y rendit en robes de cérémonie
, & elle donna l'exemple à tous les autres
Corps , de concourir à la folemnité d'un acte de
piété , dans lequel tout étoit fi intéreflant. Après
le Te Deum , il y eut une triple falve de l'artille
rie de la Ville & de la Citadelle , ainfi que de la
moufqueterie de la Garniſon , qui étoit en bataille
fur le rempart, Dès que la nuit fut venue , on tira
un très-beau feu d'artifice dans la Place de l'Hôtel
de Ville , dont les avenues depuis l'Hôtel du
Gouvernement étoient ornées d'Arcs de Triomphe
éclairés par une prodigieufe quantité de pots
afeu. Toutes les façades de l'Hôtel du Gouverment
étoient illuminées, depuis le rez -de- chauffée
jufqu'au toit , par des lampions qui en deffinoient
l'architecture , & qui dans les divers maffifs formoient
alternativement le Chiffre & les Armes de
Sa Majefté. M. le Duc de Mirepoix fit fervir un
fouper fplendide. La principale table qui étoit de
cinquante couverts , & en fer à cheval , ne fut
remplie que par les Dames les plus qualifiées. Il y
eut plufieurs autres tables , & outre cela on avoit
dreffé dans diverfes Salles des Buffets , où l'on
trouvoit abondamment en mets chauds & froids
tout ce qu'on pouvoit defirer. Un Bal qui dura
jufqu'au jour , termina cette brillante fête , à lag
190 MERCURE DE FRANCE.
quelle tous les habitans de cette Ville s'emprefferent
d'ajouter un nouvel éclat , en illuminant entiérement
les façades de leurs maifons , la plupart
en flambeaux de cire blanche. Des fontaines de
vin coulerent dans différens quartiers pour le
peuple qui , par fes danfes & par les acclamations
réitérées , témoigna la vivacité de fon amour pour
fon Souverain M. le Duc de Mirepoix devoit
partir hier pour retourner à la Cour ; mais il a
différé fon voyage , afin d'affifter au Te Deum
que la Cour des Comptes , Aides & Finances , doit
faire chanter demain avec beaucoup de pompe
dans la Chapelle du Palais .
Le Roi ayant jugé à propos de retenir les Sceaux,
& de faire fceller en fa préſence , Sa Majeſté donna
le 26 Février un Réglement , par lequel Elle a
déclaré fes intentions fur ce qu'Elle vouloit être
obfervé en cette occafion. Par ce Réglement ,
Elle a fait choix de MM. Feydeau -de Brou
Dagueffeau , de Bernage , Dagueffeau - de Frefne,
Trudaine & Poulletier , Confeillers d'Etat ordinaires
, pour avoir féance & voix délibérativedans
ce Confeil , avec fix Maîtres des Requêtes ,
que Sa Majefté choifira au commencement de
chaque quartier , & avec le Confeiller du Grand
Confeil, grand Rapporteur, qui fe trouvera de fervice.
Le 4 Mars , le Roi tint le Sceau dans la piece qui
précede la Chambre de Sa Majesté , & qui avoit
été préparée à cet effet. En conféquence de ce que
Sa Majesté a réglé , les fix Confeillers d'Eta: ordinaires
, ci - deffus nommés y affifterent , étant
affis des deux côtés du Bureau fur des tabourets ;
fçavoir , à droite , MM. Feydeau- de Brou , de
Bernage & Trudaine ; à gauche , MM . Dagueffeau
, Dagueffeau- de Frefne & Poulletier. MM.
Gagnat de Longay , Bignon , Mérault-de VilleAVRIL
1757. 191
fit
ron , Pouyvet de la Bliniere , de Gourgues &
Turgot , Maîtres des Requêtes choifis par le Roi
pour rapporter au Sceau pendant ce trimestre , &
M. de Baraffy , Grand Rapporteur de Service
étoient debout autour du fauteuil de Sa Majeſté .
Les Huiffiers de la Chancellerie ont tenu les portes.
M. le Maréchal - Duc de Richelieu , premier
Gentilhomme de la Chambre du Roi , & M. le
Duc d'Ayen , Capitaine des Gardes du Corps ,
étoient derriere le fauteuil de Sa Majesté. M. Sauvage
, Grand Audiencier de France en quartier
qui étoit debout à droite après M. Trudaine ,
la préfentation des lettres dont il étoit chargé.
Les Maîtres des Requêtes & le Grand Rapporteur,
firent le rapport de celles qui les concernent.
M. Chupin , Garde des Rôles , & M. Brillon-
Duperon , Confervateur des Hypotheques , préfenterent
; le premier , les provifions pour charges
& offices , le fecond les lettres de ratification de
rentes fur les revenus du Roi. Puis les Secretaires du
Roi firent lecture des lettres de grace , lefquelles furent
délibérées par les Confeillers d'Etat & Maîtres
des Requêtes préfens au Sceau , & réfolues par le
Roi. Après les rapports faits , le Roi indiqua le
premier Sceau à la quinzaine. Les Sceaux ayant
été remis dans leur boete , M. de Champcenetz ,
premier Valet de Chambre du Roi , qui les avoit
apportés , les reprit fur le Bureau pour les remporter.
Sa Majefté fe leva , & fut reconduit à la
porte de fa chambre par les Confeillers d'Etat
Maîtres des Requêtes & Grands Officiers de la
Chancellerie . Ce Sceau eft le premier que le Roi
ait tenu depuis fon avénement à la Couronne.
Louis XIV en tint onze en 1672 , après la mort
du Chancelier Seguier.
Le 28 Février , M. Seguier , Avocat, Général
192 MERCURE DE FRANCE.
au Parlement de Paris , fut élu , pour remplir la
place vacante dans l'Académie Françoiſe par la
mort de M. de Fontenelle .
+ Le Roi a nommé Maréchaux de France MM . le
Marquis de Senecterre , le Marquis de la Tour- '
Maubourg , le Comte de Lautrec , le Duc de
Biron , le Duc de Luxembourg, le Comte d'Eſtrées,
le Lord Clare Comte de Thomond , & le Duc de
Mirepoix.
Le 10 Mars , pendant la Meffe du Roi , M. le
Prince Conftantin de Rohan , Premier Aumônier
de Sa Majefté , a prêté ferment , comme Evêque
de Strasbourg , entre les mains du Roi.
"
Le 6 Mars , l'Académie royale des Belles - Lettres
, conduite par M. le Comte de Saint - Florentin
, préſenta au Roi trois volumes de fes Mémoires.
M. de Guignes & M. d'Anville de cette Académie
, préfenterent en même temps à Sa Majeſté
, l'un, trois volumes de l'Hiftoire des Huns &
autres Nations Tartares ; l'autre , une nouvelle
Carte des côtes de la Grece & de l'Archipel , avec
un Mémoire relatif à cette Carte mis fouspreffe
à l'Imprimerie royale , & dans lequel l'Auteur
rend compte des moyens qui ont principalement
contribué à la compofition de l'Ouvrage .
>
Sa Majesté a accordé le Régiment d'Infanterie
royal Comtois , vacant par la promotion de M.
le Marquis de Roquépine au grade de Maréchal
de Camp , à M. le Comte de Puységur , Colonel
du Régiment de Forez ; le Régiment de Forez , à
M. le Marquis de Chaumont- Bernage , Colonel
dans les Grenadiers de France ; le Régiment de
Trainel , vacant par la promotion de M. le Marquis
de Trainel au grade de Maréchal de Camp ,
à M. le Comte de Brancas , Colonel dans les Grenadiers
de France ; le Régiment de Cavalerie
vacant
AVRIL. 1757. 193
vacant par la promotion de M. le Comte d'Egmont
au grade de Maréchal de Camp , à M. le Duc
de Charoft ; & les deux places de Colonels que
M. le Marquis de Chaumont-Bernage & M. le
Comte de Brancas rempliffoient dans les Grenadiers
de France , à M. Rouillé-de Roiffy & à M.'
le Comte de la Luzerne.
La Compagnie , qui vaquoit dans le Régiment
des Gardes Suiffes par la mort de M. de Caftella ,
a été donnée à M. de Caftella fon frere , Capitaine
au Régiment de Planta . MM. de Caſtella ont été
fept freres au ſervice de Sa Majefté , & trois y font
morts.
Le 6 du même mois , en action de graces de la
conſervation du Roi, on a chanté dans l'Eglife Mé,
tropolitaine , conformément au Mandement donné
par l'Archevêque de Paris , une Meffe folemnelle
, & enfuite le Te Deum, en mufique. M. l'Ab
bé de Saint-Exupery , Doyen , a officié. Le lendemain
, le Chapitre a fait remettre des aumônes
pour les pauvres aux Curés des huit Paroiffes de la
Cité , & de celles de ces Eglifes fujetes.
M. le Prince Conftantin-de Rohan , Evêque de
Strasbourg , fut facré le même jour dans la Chapelle
du Séminaire de Saint Sulpice , par M. le
Cardinal de la Rochefoucaud , affifté des Evêques
de Digne & de Saint - Omer.
Le 14, M. l'Evêque d'Autun fut reçu dans l'A
cadémie Françoiſe à la place de M. le Cardinal de
Soubife , & il prononça fon Difcours de remer
ciement , auquel M. Dupré-de S. Maur répondit
au nom de l'Académie. Après cette réponſe ,
M. d'Alembert lut des Réflexions fur l'ufage & fur
l'abus de la Philofophie dans les matieres de goût.
Nous donnerons un extrait des deux Diſcours
'dans le fecond Volume,
I.Vol, I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Don de Dieu , de Calais , y a
fait conduire le Brigantin Anglais les Trois Freres
, de Sunderland , chargé de charbon de terre ,
dont il s'eft emparé.
Un Navire Anglois , de 220 tonneaux , armé
de fix petits canons , ayant pour cargaison 1400
barrils de goudron , 4 barrils de thérébentine , des
merrains & quelques cuirs , a été pris par le Corfaire
le Saint - Louis , de Dunkerque , qui l'a conduit
à Boulogne.
Il eft arrivé dans le même Port un Bateau de
so tonneaux , chargé de fel , dont le Corfaire
le Marquis -de Vilequier s'eft rendu maître .
Le Capitaine Lamy , qui commande le Procu
veur , autre Corfaire de Boulogne , s'eft emparé
des Navires l'Espérance , de Yarmouth ; le Change
& la Chriftine , de Dyfant en Ecoffe ; & il les
a rançonnés pour $ 60 livres fterlings.
Les Navires Anglois le Comte d'Holderneſs ,
de
120 tonneaux , chargé de vin & de quelques autres
marchandifes ; la Bonne Intention , dont le
chargement confifte en orange & citrons ; & un
Bateau de 30 tonneaux , chargé de cidre & de
quelques paquets de poiffon fec , ont été conduits
au Havre par les Corſaires la Favorite &
l'Entreprenante , de ce Port.
Le Navire la France , d'Irlande , de 70 tonneaux
, chargé d'huile d'olive , d'oranges & de
citrons , a été pris par le Corfaire le Machault
de Granville , qui l'a conduit à Morlaix . Le même
Corfaire s'eft rendu maître d'un autre Navire,
Anglois de 100 tonneaux , chargé d'indigo , de
café , de bois pour teinture , & de drogues pour
la Médecine , qui eft arrivé à Roscoff,
Il a été conduit à Saint-Malo deux Bâtimens
Anglois , l'un chargé de citrons & d'oranges ,
AVRIL. 1757. 195
J
pris par le Corfaire la Sauterelle , de Breft ; &
Pautre chargé de fel , pris par les Corfaires la
Vengeance & la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire le Bart , de Calais , Capitaine
François Potier, s'eft emparé de deux petits Brigantins
Anglois , qu'il a rançonnés pour la fomme
de quatorze mille livres.
>
Le Corfaire le Machault , de Granville , ya'
envoyé le Navire la Providence , de Darmouth
de 100 tonneaux , venant de la Jamaïque avec
une cargaison qui confifte en 160 barrils de brai
250 barriques de ris , 14 boucauts de cafcarille
so planches & 8000 livres de bois des Indes.
>
Le Navire Anglois la Marie , de la Nouvelle
Yorck , de 150 tonneaux , chargé de café , d'indigo
, de dents d'élephant , de bois de Campeche,
&c. pris par le Corfaire le Scot , de Saint-Ma
lo , s'eft échoué le 23 du mois dernier à la côte de
Barfleur. On a fauvé fa cargaiſon.
Le même Corſaire a enlevé aux Anglois le Bateau
la Marguerite , de Cherbourg , chargé de
glaces brutes : ce Bateau s'étoit auffi échoué ,
mais il a été relevé & conduit à Barfleur.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire
la Vengeance, de Saint-Malo , s'eſt rendu maître
d'un Navire Anglois dont la cargaison , qui eft
eftimée deux cens mille livres , confifte en ballots
de foyeries, caiffes de drogues , & autres marchandifes
propres pour la traite des Negres.
On mande de Breft , que le Corfaire la Comteffe
de Bentheim, de Saint-Malo , a relâché dans ce pre
mier Port , où il a conduit le Navire Anglois
Affomption , allant de la Jamaïque à Londres
chargé de fucre & de café.
Le Navire l'Afrique , de Plymouth , chargé
dessobarriques de fardines , & de 130 barrils d'é
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
tain , a été pris par le Corfaire l'Intrépide , de
Bayonne , où il a été conduit.
Les lettres écrites de Bayonne , marquent que
le Corfaire l'Aurore , de ce port , Capitaine le
fieur Lavernis , a pris & y a conduit les Navires
Anglois la Rebecca , de Hul , de 200 tonneaux
armé de fix canons, chargé de 1400 barrils de goudron
; l'Entreprise , deLondres , de 160 tonneaux,
chargé de tabac en feuilles , & le Planter , de
Montfarrat , de 200 tonneaux , ayant pour
chargement
340 boucauts de fucre.
Le même Corfaire a fait conduire à Saint-Jeande-
Luz un autre Bâtiment Anglois , dont la cargaifon
eft compofée de 600 quintaux de morue
verte & féche.
Le Capitaine Jean Vergez , commandant le
Diligent , autre Corfaire de Bayonne , y a fait
conduire le Navire Anglois l'Edouard & Susanne,
de 160 tonneaux , chargé de fucre.
Le Capitaine Potier , commandant le Corfaire
l'Amiral Bart , de Calais , étant fur fa croifiere
près des côtes d'Angleterre découvrit un Brigantin
Anglois de cent cinquante tonneaux . A la vue du
Corfaire , ce Brigantin fe réfugia ſous le canon
des trois Forts de Haftings. Quoique le Capitaine
Potier n'eût que quatre canons , il attaqua le Bâtiment
ennemi , & il alloit l'aborder , lorſque l'équipage
Anglois prit le parti d'échouer . Sur ces
entrefaites parut un autre Navire que le Corfaire
enleva , & qu'il amena à Calais . Ce dernier Bâtiment
, qui fe nomme le Waterborn , eft de Boſton
dans la Nouvelle Angleterre. Il venoit de la Jamaïque
, & alloit à Londres. Sa charge eft eftimée
deux cens mille livres. C'eft la quatorzieme
prife qui ait été conduite à Calais depuis trois
mois , &la feptieme depuis le 18 jufqu'au 30 du
mois dernier.
AVRIL. 1757.
197
Ön mande de Marfeille , que le Corfaire le Colibry
, de 12 canons , & de 120 hommes d'équipage
, commandé par le Capitaine Georges-René
de Pleville-le Pelley , s'eft emparé des Navires Anglois
la Reine de Naples , allant de Gallipoly å
Londres , avec un chargement d'huile & de foie ;
le Guillaume , allant de Falmouth à Civita-Vecchia
, chargé d'étaim & de harengs , & la Marie
allant d'Yarmouth à Naples , & dont la charge
confiftoit en harengs & en plomb.
Selon des lettres de Toulon , un Grec établi depuis
quelques années en Provence s'embarqua der.
niérement fur une Tartane , dont l'équipage con
fiftoit feulement en trois François & trois Gênois.
Ce Bâtiment ayant été enlevé par un Corſaire Anglois
, monté de douze hommes ; le Capitaine du
Vaiffeau ennemi fit paffer le Grec & les trois Gênois
fur fon bord ; & y ayant laiffé trois Anglois ,
il monta fur la Tartane avec le refte de fon équipage.
Le Grec faifit une occafion favorable , qui
fe préfenta. Il tua lui feul les trois Anglois , à qui
leur Commandant avoit confié la garde du Corfaire.
Ayant abordé enſuite la Tartanne , il la reprit
avec le fecours des trois François & des trois Gênois.
Il a conduit à Toulon le Bâtiment , dont il
s'eft emparé.
On mande de Calais , que le Corfaire le Bart ;
de ce Port ' , commandé par le Capitaine Potier ,
y a conduit le Navire Anglois le Winterborn , de
130 tonneaux , chargé de fucre & d'autres marchandifes.
200
Le Corfaire le Duc d'Aumont , de Boulogne ,
s'eft rendu maître d'un Navire Anglois , de
tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec une
cargaifon compofée de fucre , de tafia & de bois
d'Acajou.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Gros Thomas , du même Port , a
conduit à Calais le Navire l'Elifabeth & Catherine,
de 70 tonneaux , chargé de beurre & de
cuirs.
Le Tapageur & le Procureur , autres Corfaires
de Boulogne , fe font emparés , le premier de
deux Bâteaux Anglois , chargés l'un de bled ,
Pautre de charbon de terre , & le fecond du Navire
la Comteffe de Murray , de 90 tonneaux , chargé
de faumon falé .
Les Corfaires le Comte de Saint- Germain , de
Dunkerque , & le Don de Dieu , de Calais , ont
fait conduire à Boulogne un Bâteau de 70 tonneaux
, chargé d'oranges & de citrons , & le Brigantin
le Thomas David , de 120 tonneaux ,
chargé de grains.
Il eft arrivé à Fécamp un Navire Anglois de 220
tonneaux , armé de 8 canons , & de 37 hommes
d'équipage. Sa cargaiſon confifte en 1123 barrils
de poudre de guerre , en armes à feu de toutes
efpeces , en foyeries , clincailleries , & c. Ce Navire
a été pris par le Capitaine Canon , commandant
le Corfaire le Prince de Soubise , de Dunkerque.
Une prife Angloiſe faite par le Corſaire le Machault
, de Grandville , a échoué à la côte de
Langrune en Baffe Normandie ; mais on a fauvé
la cargaifon , compofée de 300 cuirs , de 2000
barrils de beurre , & de 1960 morues féches.
Le Corfaire le Comte de Clermont , de Saint-
Malo , commandé par le Capitaine Colin-de la
Brifelaine , s'eft emparé le troifieme jour de fa
croifiere , d'un Navire Anglois , de 240 tonneaux
, venant de la Jamaïque , & dont la charge
eft eftimée deux cens mille livres . Cette prife
que le Capitaine Brifelaine a conduite lui- même à
AVRIL. 1757. 199
k
Saint-Malo , avoit été faite d'abord par un Cor
faire de Bayonne , & lui avoit été enlevée par un
Armateur Anglois , fur qui le Corfaire le Comte
de Clermont l'a repriſe.
> Le Scott , autre Corfaire de Saint - Malo Capitaine
Pattard, s'eft auffi rendu maître du Navire
Anglois le Hardi , de 180 tonneaux , chargé de
fucre , de café , de coton & d'autres marchandifes
qu'il avoit prifes à la Nouvelle York .
On apprend par des lettres écrites de Bayonne,
que les Corfaires la Levrette & le Dauphin , de
ce Port , fe font emparés des Navires Anglois la
Suverne & le Louis , de Londres , de 250 tonneaux
chacun , & l'Owaftel , de Holt . Ces Bâtimens
font chargés , le premier de tabac & de fer ,
le fecond de fucre , de café & de tafia , & le troifieme
de tabac & de merrains.
de 70
Les Navires Anglois le Robert , de la Virginie ,
de 130 tonneaux , chargé de tabac , de fucre & de
pelleteries , & l'Endeavour , de Briſtol ,
tonneaux , dont la cargaifon eft composée d'hui
le , de poiffon & de morue verte , ont été pris
par les Corfaires l'Aimable Dauphin , de Ciboure
& l'Espérance , de Louisbourg , qui les ont
fait conduire à Bayonne.
>
Les Corfaires le Toulousain , le Faucon , le Té
lémaque & le Saint-Antoine , dit le Colibri , de
Marſeille , y ont conduit les Navires Anglois
l'Aigle , de Yarmouth , de 160 tonneaux , armé
de 2 canons , chargé de plomb & de harengs ; la
Vierge , de Bristol , de 130 tonneaux , chargé
de faumon & de morue ; le Harril , de Liverpool
, de 120 tonneaux , armé de 6 petits canons ,
chargé d'eau-de- vie & d'huile ; la Diane , de
Lynn , de 150 tonneaux , chargé de fromage , de
plomb & de harangs , & la Marie , qui a auffi
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
un chargement de harengs & de plomb.
On mande de Marfeille , que M. Pigache ;
Lieutenant de Vaiffeau , commandant le Vaiffeau
du Roi l'Hippopotame , armé en courfe , s'eft rendu
maître , à la hauteur de l'Ile Fromentiere
du Corfaire Anglois le Conftantin , de 18 canons ,
& de 130 hommes d'équipage.
>
Le Capitaine Macquet , qui commande le Corle
Don de Dieu , de Calais , a fait conduire à faire
Dunkerque le Navire Anglois les Trois Freres , de
110 tonneaux , chargé de charbon de terre , dont
il s'eft emparé.
Un Brigantin de 100 tonneaux , chargé d'eaude-
vie , de vin du Rhin , & de plufieurs autres
marchandiſes , a été pris par le Corfaire l'Epervier
, de Calais , & y a été conduit .
Le 17 Mars , les Actions de la Compagnie des
Indes étoient à quinze cens dix livres : les Billets
de la premiere Loterie Royal , à neuf cens quarante,
Ceux de la feconde & de la troisieme Loterie
n'avoient point de prix fixe.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 15 février, à l'occasion de l'anniversaire du Roi, un Te Deum fut chanté à Notre-Dame et dans d'autres églises de Paris. Le Comte de Noailles, Gouverneur de Versailles, y assista avec les officiers du bailliage. Des feux et des salves de mousqueterie furent tirés par les Invalides, et les maisons furent illuminées. Le Roi accorda les honneurs de Grand-Croix de l'Ordre de Saint-Louis à M. de Crémille et ordonna l'équipement de chaque bataillon d'infanterie avec une pièce de canon suédoise. Le corps de la gendarmerie fut augmenté à 1240 hommes. M. le Comte de Saint-Florentin fut élu académicien honoraire à l'Académie Royale des Belles-Lettres, et M. Bertier de Sauvigny fut nommé Conseiller d'État et Intendant de la Généralité de Paris. Les évêques de Bretagne instituèrent une fête perpétuelle en l'honneur des Saints Anges Gardiens pour remercier Dieu d'avoir sauvé le Roi d'un attentat. Le Duc de Mirepoix célébra la convalescence du Roi à Montpellier par une fête incluant un Te Deum, des salves d'artillerie, un feu d'artifice et un bal. Le Roi régla les modalités de la tenue des Sceaux, nommant six Conseillers d'État et six Maîtres des Requêtes. Plusieurs Maréchaux de France furent nommés, dont le Duc de Mirepoix. L'Académie Royale des Belles-Lettres présenta au Roi des volumes de ses Mémoires et des ouvrages sur l'histoire des Huns et une carte des côtes de la Grèce. Divers régiments d'infanterie et de cavalerie furent accordés à plusieurs officiers promus. Des actions de grâce pour la conservation du Roi furent organisées, incluant une messe solennelle et le Te Deum à l'église métropolitaine. Le Prince Constantin de Rohan fut sacré évêque de Strasbourg. Plusieurs navires anglais furent capturés par des corsaires français. En avril 1757, plusieurs actions de corsaires français furent rapportées. À Roscoff, un navire de médecine arriva. Deux bâtiments anglais furent conduits à Saint-Malo, l'un chargé de citrons et d'oranges, l'autre de sel. Divers corsaires capturèrent des navires anglais chargés de marchandises variées, telles que du café, du sucre, du riz, du bois, et des produits pour la traite des nègres. À Marseille, plusieurs corsaires conduisirent des navires anglais chargés de plomb, de harengs, de saumon, de morue, d'eau-de-vie, d'huile et de fromage. Le 14 mars, M. l'Évêque d'Autun fut reçu à l'Académie Française, prononçant un discours de remerciement. Des réflexions sur l'usage et l'abus de la philosophie furent lues par M. d'Alembert.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16299
p. 184
Représentations faites à la Cour par les Comediens Italiens.
Début :
Le 24 Novembre, Arlequin cru Prince, Comédie Italienne en cinq actes. [...]
Mots clefs :
Comédie italienne, Comédiens-Italiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Représentations faites à la Cour par les Comediens Italiens.
Représentations faites à la Cour par les
Comediens Italiens.
Le 24 Novembre, Arlequin cru Prince, Comédie
Italienne en cinq actes.
Le premier Décembre, La précaution inutile,
Comédie Italienne en cinq actes,
Le 15. Arlequin persecute pat la Dame invisi-
ble.
Le 22. Arlequin Enfant, Statue & Perroquet.
Comediens Italiens.
Le 24 Novembre, Arlequin cru Prince, Comédie
Italienne en cinq actes.
Le premier Décembre, La précaution inutile,
Comédie Italienne en cinq actes,
Le 15. Arlequin persecute pat la Dame invisi-
ble.
Le 22. Arlequin Enfant, Statue & Perroquet.
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16300
p. 184
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
Le 8 Novembre, jour de la Conception, le Concert fut très-brillant, il commença par une [...]
Mots clefs :
Concert, Conception, Motet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
Le 8 Novembre, jour de la Conception, le
Concert fut très-brillant, il commença par une
belle simphonie dont nous ignorons l'Auteur. Le
Motet de M. Davesue Deus misereatur nostri, dont
nous avons parlé fort au long dans un des derniers
Mercures vint ensuite & sit plaisit. MM. Pla
fteres, Musiciens Espagnols, jouerent un Concerto
de Hautbois de leur composition: La premiete
sois qu'on les entendit on fut très content de leur
jeu : Le jour de la Conception on a été également
enchanté de la musique & de l'exécution: Le Di-
ligam te Domine, de M. Gilles est trop connu pout
que nous en parlions. M. Gavinies joua seul & très-
bien: Mlle Bourgeois, qui paroissoit pour la pre-
miere fois, chanta Usquequo Domine, petit Motet
de M. Mouret: on lui trouva du timbre, du volume
& du pathétique dans la voix, elle fut reçue avee
enthousiasme. Le Concert finit par Bonum est, Mo-
tet à grand Chœur de M. Mondonville. Tout Paris
a vû souvent, & reverra souvent encore ce grand
& sublime ouvrage.
Le 8 Novembre, jour de la Conception, le
Concert fut très-brillant, il commença par une
belle simphonie dont nous ignorons l'Auteur. Le
Motet de M. Davesue Deus misereatur nostri, dont
nous avons parlé fort au long dans un des derniers
Mercures vint ensuite & sit plaisit. MM. Pla
fteres, Musiciens Espagnols, jouerent un Concerto
de Hautbois de leur composition: La premiete
sois qu'on les entendit on fut très content de leur
jeu : Le jour de la Conception on a été également
enchanté de la musique & de l'exécution: Le Di-
ligam te Domine, de M. Gilles est trop connu pout
que nous en parlions. M. Gavinies joua seul & très-
bien: Mlle Bourgeois, qui paroissoit pour la pre-
miere fois, chanta Usquequo Domine, petit Motet
de M. Mouret: on lui trouva du timbre, du volume
& du pathétique dans la voix, elle fut reçue avee
enthousiasme. Le Concert finit par Bonum est, Mo-
tet à grand Chœur de M. Mondonville. Tout Paris
a vû souvent, & reverra souvent encore ce grand
& sublime ouvrage.
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