Résultats : 21932 texte(s)
Détail
Liste
9901
p. 2224-2231
Le Cheveu. Parodie de Scylla. [titre d'après la table]
Début :
Le 25 Septembre le même Opera Comique donna la premiere Représentation [...]
Mots clefs :
Opéra-Comique, Scylla, Parodie, Cheveu, Représentation
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texteReconnaissance textuelle : Le Cheveu. Parodie de Scylla. [titre d'après la table]
Le 25 Septembre le même Opera Comique
OCTOBRE. 1732. 2225
mique donna la premiere Représentation
du Cheveu , Parodie de Scylla , éxecutée
par les petits Comédiens. La Scene ouvre
par Doris, qui dit à Scylla :Il y a une heure
que je vous cherche , qui diantre auroit cri
vous trouver ici dans le beau milieu de la
campagne , et près du camp des ennemis ?
est-ce là une promenade pour une Princesse
assiegée ? Doris lui apprend que la paix
va se conclure entre le Roi Nisus , Pere
de la Princesse ambulante , et Minos , et
même que son Mariage pourra s'achever
avec Dardanus , à qui elle est promise
cette nouvelle réjouit peu Scylla , qui
avoüe franchement à sa Confidente qu'elle est charmée du Roi de Crete , et de la
grace qu'il avoit en tuant les Sujets de
son Pere. Dardanus arrive et confirme la
nouvelle de la paix et de son Mariage.
Scylla le reçoit assez froidement , et lui
dit à propos de rien , sur l'air : Cela m'est
bien dur.
Mon Pere , du Dieu de la Guerre ,
Est le fils le mieux partagé ;
Il n'est aucun Roi sur la terre
Qui soit si bien avantagé ;
Un seul Cheveu -le rend invulnerable ,
Quel poil admirable !
Fv Ni
2226 MERCURE DE FRANCE
Nisus peut se battre à coup
Il a le cuir dur.
sûr;
Ovide , par parentese , nous apprend
que le Cheveu qui établissoit l'invulnerabilité de Nisus étoit couleur de pourpre ;
Scylla , après quelques mauvaises défaites
se retire en voyant Capis et Dardanus
qui ne s'apperçoit pas que c'est lui seul
qu'elle fuit ; il la suit pourtant impitoya
blement. Capis apprend à sa Confidente
Ismene , qu'elle est jalouse de Scylla , et
amoureuse de Dardanus ; Il n'est rien , lui
répond Ismene , que je nefasse pour votre
service , et chante sur l'air : Tourelontonton.
Dans votre Cour où j'ai reçû la vie ,
On m'a donné bonne éducation ,
Partant je sçai joliment la Magie ,
Et de l'Enfer j'ai la protection ,
Et tourelontonton ,
De notre diablerie
Je vous ferai voir un échantillon.
Capis qui doit être accoûtumée aux
Fêtes infernales ( puisqu'elle a une Sorciere pour Femme de chambre ) refuse la
galanterie d'Ismene , et reste pour être
témoin de la succinte cérémonie qui se fait
OCTOBRE 1732. 2227
fait en plein vent pour jurer la paix que
Nisus , Minos et Dardanus se promettent, le verre à la main. Leur serment est
interrompu par le Tonnere , et qui pis
est par la pluye. Les Princes mouillés
prennentle parti d'aller consulter l'Oracle
de Pallas sur cette subite ondée. Scylla
revient dans cette campagne cherie , où
Minos la trouve et lui reproche son indévotion.
Princesse , quel sujet dans ce lieu vous arrête ?
Le peuple court en foule au Temple de Pallas.
و
,
1
Ensuite il lui parle en jaloux de Dardanus. Scylla qui est sincere outre mesure , ne le laisse pas long- tems dans
l'erreur et l'instruit charitablement de
P'amour qu'elle ressent pour lui , et enfin lui promet d'obtenir de son pere Ni- sus qu'il differe son Mariage. Minos
content d'un si heureux début , quitte
Scylla qui est abordée par Capis ; Scylla
laisse deviner à Capis qu'elle n'aime pas
trop Dardanus , et se sépare d'elle séchement. Capis conjure sa Sorciere domestique de se servir de sa noire science pour
sçavoir positivement le destin de sa tendresse , qui à l'Opéra est pompeusement
et inutilement éclaircie par une évocation
F vj pos-
2228 MERCURE DE FRANCE
و
postiche. Ismene foraine se refuse à
cette ridicule opération en s'écriant
quelle imagination ! A-t-on jamais chargé
le Diable d'une déclaration d'amour ? et
chante sur l'air : J'enjurerois presque sur sa
laideur.
Je n'aurai pas la sotte fantaisie
De remuer tout l'Enfer pour un rien
Et d'évoquer l'ombre de Tirésie
Pour dire un mot que je dirai fort bien .
Elle tient sur le champ sa parole , et
déclare intelligiblement à Dardanus la
passion de Capis , qui est reçûë , Dieu
sçait ce qui fait dire à la Reine rebutée , sur l'air du nouveau monde...
J'admire l'opération
De notre déclaration !
Dardanus assez peu s'y prête s
Il la reçoit tout aussi mal ,
Que si par un charme infernal ;
Un mort obligeant l'avoit faite.
Minos et Scylla reviennent faire une
Scene très- singuliere , puisque la Tréve
est rompuë ; Minos se trouve dans une
Ville ennemie , et y fait l'amour en veritable Chevalier errant ; quelle étourderie
pour
OCTOBRE. 1732 2229
pourMinos , qui devoit être après sa mort
un flegmatique Juge des Enfers ! il part
désesperé , et la Princesse , allarmée du
péril qu'il va courir en se battant contre
l'invulnerable Nisus , éxamine quel reméde elle apportera dans cette dangereuse conjoncture; elle se détermine enfin contre son Pere en fille qui n'a
jugés. Allons , dit-elle ,
pas de préPuisqu'un cheveu rend Nisus invincible ,
Qu'il soit rasé : mettons tous ses cheveux i
bas...
Mais quel conte ! non sible ,
non, cela
n'est pas pos
Un cheveu braveroit cent et cent coutelas .
Sur l'air : Pour voir comment ça fera.
".
O Dieux ! sont- ce là de vos soins ;
Comment voulés- vous qu'on les nomme ?
Quoi d'un Poil de plus ou de moins
Dépendroit la valeur d'un homme
Il faut couper ce cheveu là
Pour voir un peu comment ça fera.
Cette louable résolution est d'abord ac
complie , après pourtant que la paix et la
discorde ont fourni des épisodes em
brouillés et mal cousus ; la Princesse ,
après.
2230 MERCURE DE FRANCE
après avoir tondu son pere , sent l'énormité de son crime , qui lui est détaillé par
Doris dans un seul Couplet qui contient
une liste de morts à l'instar de l'Opera ;
Scylla s'empoisonne , et Minos vient à
propos pour la voir mourir. Le poison
n'empêche pas l'agonisante d'avoir une
assez longue conversation avec le prudent Minos ; ah ! lui dit- elle :
L'arsenic dans le corps , pâle foible mou
rante ›
>
Je veux jaser autant que la Scylla chantante.
Viens , soutiens -moi , Doris , car ce petit vi- lain ,
>
Songe-t'il seulement à me donner la main ?
C'est ainsi qu'un Heros trépasse sur la Scene
Qu'il gobe du poison , qu'il perce sa bedaine ,
On le laisse languir et crever comme un chien ,
Ou sans Orvietan , ou sans Chirurgien ;
Et le Vainqueur orné des Palmes les plus belles ,
Ne voit à son trépas qu'un moucheur de chan- delles.
Minos.
C'est la régle au Théatre , on a beau se blesser ,
Personne ne s'occupe à vous faire panser...
Mais vous agonisés , je crois , et je l'endure
Sans
OCTOBRE. 1732. 2238
Sans risquer , par honneur , la moindre égrati→
gnure.
C'est mon Rôle ceci.
Scylla.
Dites du moins un mor.
Minos.
J'imite l'Opera, je m'en vais comme un sot.
En chantant , ô grands Dieux, trop soigneux de
ma gloire ,
Ce n'est donc qu'un Cheveu que coûte ma victoire.
Scylla.
Ce n'est donc qu'un Cheveu qui fait mourir.
Scylla ,
Ce n'est donc qu'un Cheveu qui lie un Opera
OCTOBRE. 1732. 2225
mique donna la premiere Représentation
du Cheveu , Parodie de Scylla , éxecutée
par les petits Comédiens. La Scene ouvre
par Doris, qui dit à Scylla :Il y a une heure
que je vous cherche , qui diantre auroit cri
vous trouver ici dans le beau milieu de la
campagne , et près du camp des ennemis ?
est-ce là une promenade pour une Princesse
assiegée ? Doris lui apprend que la paix
va se conclure entre le Roi Nisus , Pere
de la Princesse ambulante , et Minos , et
même que son Mariage pourra s'achever
avec Dardanus , à qui elle est promise
cette nouvelle réjouit peu Scylla , qui
avoüe franchement à sa Confidente qu'elle est charmée du Roi de Crete , et de la
grace qu'il avoit en tuant les Sujets de
son Pere. Dardanus arrive et confirme la
nouvelle de la paix et de son Mariage.
Scylla le reçoit assez froidement , et lui
dit à propos de rien , sur l'air : Cela m'est
bien dur.
Mon Pere , du Dieu de la Guerre ,
Est le fils le mieux partagé ;
Il n'est aucun Roi sur la terre
Qui soit si bien avantagé ;
Un seul Cheveu -le rend invulnerable ,
Quel poil admirable !
Fv Ni
2226 MERCURE DE FRANCE
Nisus peut se battre à coup
Il a le cuir dur.
sûr;
Ovide , par parentese , nous apprend
que le Cheveu qui établissoit l'invulnerabilité de Nisus étoit couleur de pourpre ;
Scylla , après quelques mauvaises défaites
se retire en voyant Capis et Dardanus
qui ne s'apperçoit pas que c'est lui seul
qu'elle fuit ; il la suit pourtant impitoya
blement. Capis apprend à sa Confidente
Ismene , qu'elle est jalouse de Scylla , et
amoureuse de Dardanus ; Il n'est rien , lui
répond Ismene , que je nefasse pour votre
service , et chante sur l'air : Tourelontonton.
Dans votre Cour où j'ai reçû la vie ,
On m'a donné bonne éducation ,
Partant je sçai joliment la Magie ,
Et de l'Enfer j'ai la protection ,
Et tourelontonton ,
De notre diablerie
Je vous ferai voir un échantillon.
Capis qui doit être accoûtumée aux
Fêtes infernales ( puisqu'elle a une Sorciere pour Femme de chambre ) refuse la
galanterie d'Ismene , et reste pour être
témoin de la succinte cérémonie qui se fait
OCTOBRE 1732. 2227
fait en plein vent pour jurer la paix que
Nisus , Minos et Dardanus se promettent, le verre à la main. Leur serment est
interrompu par le Tonnere , et qui pis
est par la pluye. Les Princes mouillés
prennentle parti d'aller consulter l'Oracle
de Pallas sur cette subite ondée. Scylla
revient dans cette campagne cherie , où
Minos la trouve et lui reproche son indévotion.
Princesse , quel sujet dans ce lieu vous arrête ?
Le peuple court en foule au Temple de Pallas.
و
,
1
Ensuite il lui parle en jaloux de Dardanus. Scylla qui est sincere outre mesure , ne le laisse pas long- tems dans
l'erreur et l'instruit charitablement de
P'amour qu'elle ressent pour lui , et enfin lui promet d'obtenir de son pere Ni- sus qu'il differe son Mariage. Minos
content d'un si heureux début , quitte
Scylla qui est abordée par Capis ; Scylla
laisse deviner à Capis qu'elle n'aime pas
trop Dardanus , et se sépare d'elle séchement. Capis conjure sa Sorciere domestique de se servir de sa noire science pour
sçavoir positivement le destin de sa tendresse , qui à l'Opéra est pompeusement
et inutilement éclaircie par une évocation
F vj pos-
2228 MERCURE DE FRANCE
و
postiche. Ismene foraine se refuse à
cette ridicule opération en s'écriant
quelle imagination ! A-t-on jamais chargé
le Diable d'une déclaration d'amour ? et
chante sur l'air : J'enjurerois presque sur sa
laideur.
Je n'aurai pas la sotte fantaisie
De remuer tout l'Enfer pour un rien
Et d'évoquer l'ombre de Tirésie
Pour dire un mot que je dirai fort bien .
Elle tient sur le champ sa parole , et
déclare intelligiblement à Dardanus la
passion de Capis , qui est reçûë , Dieu
sçait ce qui fait dire à la Reine rebutée , sur l'air du nouveau monde...
J'admire l'opération
De notre déclaration !
Dardanus assez peu s'y prête s
Il la reçoit tout aussi mal ,
Que si par un charme infernal ;
Un mort obligeant l'avoit faite.
Minos et Scylla reviennent faire une
Scene très- singuliere , puisque la Tréve
est rompuë ; Minos se trouve dans une
Ville ennemie , et y fait l'amour en veritable Chevalier errant ; quelle étourderie
pour
OCTOBRE. 1732 2229
pourMinos , qui devoit être après sa mort
un flegmatique Juge des Enfers ! il part
désesperé , et la Princesse , allarmée du
péril qu'il va courir en se battant contre
l'invulnerable Nisus , éxamine quel reméde elle apportera dans cette dangereuse conjoncture; elle se détermine enfin contre son Pere en fille qui n'a
jugés. Allons , dit-elle ,
pas de préPuisqu'un cheveu rend Nisus invincible ,
Qu'il soit rasé : mettons tous ses cheveux i
bas...
Mais quel conte ! non sible ,
non, cela
n'est pas pos
Un cheveu braveroit cent et cent coutelas .
Sur l'air : Pour voir comment ça fera.
".
O Dieux ! sont- ce là de vos soins ;
Comment voulés- vous qu'on les nomme ?
Quoi d'un Poil de plus ou de moins
Dépendroit la valeur d'un homme
Il faut couper ce cheveu là
Pour voir un peu comment ça fera.
Cette louable résolution est d'abord ac
complie , après pourtant que la paix et la
discorde ont fourni des épisodes em
brouillés et mal cousus ; la Princesse ,
après.
2230 MERCURE DE FRANCE
après avoir tondu son pere , sent l'énormité de son crime , qui lui est détaillé par
Doris dans un seul Couplet qui contient
une liste de morts à l'instar de l'Opera ;
Scylla s'empoisonne , et Minos vient à
propos pour la voir mourir. Le poison
n'empêche pas l'agonisante d'avoir une
assez longue conversation avec le prudent Minos ; ah ! lui dit- elle :
L'arsenic dans le corps , pâle foible mou
rante ›
>
Je veux jaser autant que la Scylla chantante.
Viens , soutiens -moi , Doris , car ce petit vi- lain ,
>
Songe-t'il seulement à me donner la main ?
C'est ainsi qu'un Heros trépasse sur la Scene
Qu'il gobe du poison , qu'il perce sa bedaine ,
On le laisse languir et crever comme un chien ,
Ou sans Orvietan , ou sans Chirurgien ;
Et le Vainqueur orné des Palmes les plus belles ,
Ne voit à son trépas qu'un moucheur de chan- delles.
Minos.
C'est la régle au Théatre , on a beau se blesser ,
Personne ne s'occupe à vous faire panser...
Mais vous agonisés , je crois , et je l'endure
Sans
OCTOBRE. 1732. 2238
Sans risquer , par honneur , la moindre égrati→
gnure.
C'est mon Rôle ceci.
Scylla.
Dites du moins un mor.
Minos.
J'imite l'Opera, je m'en vais comme un sot.
En chantant , ô grands Dieux, trop soigneux de
ma gloire ,
Ce n'est donc qu'un Cheveu que coûte ma victoire.
Scylla.
Ce n'est donc qu'un Cheveu qui fait mourir.
Scylla ,
Ce n'est donc qu'un Cheveu qui lie un Opera
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Résumé : Le Cheveu. Parodie de Scylla. [titre d'après la table]
Le 25 septembre 1732, l'Opéra Comique présente 'Le Cheveu', une parodie de 'Scylla'. La pièce commence avec Doris cherchant Scylla près du camp ennemi. Doris annonce à Scylla que la paix sera conclue entre le roi Nisus, père de Scylla, et Minos, permettant ainsi le mariage de Scylla avec Dardanus. Scylla avoue à Doris son attirance pour Minos et admire sa grâce. Dardanus arrive et confirme la nouvelle de la paix et du mariage, mais Scylla le reçoit froidement. Scylla exprime son admiration pour le cheveu invulnérable de Nisus, qui le rend invincible. Après quelques défaites, Scylla fuit en voyant Capis et Dardanus. Capis révèle à Ismene, sa confidente jalouse de Scylla et amoureuse de Dardanus, qu'elle est prête à tout pour lui. Ismene propose ses services magiques, mais Capis refuse et assiste à la cérémonie de paix entre Nisus, Minos et Dardanus. Leur serment est interrompu par un orage, les poussant à consulter l'oracle de Pallas. Scylla rencontre Minos, qui lui reproche son indévotion et sa jalousie envers Dardanus. Scylla avoue son amour pour Minos et promet de différer son mariage avec Dardanus. Minos, content, quitte Scylla, qui est ensuite abordée par Capis. Capis, jalouse, conjure sa sorcière domestique pour connaître le destin de sa tendresse. Ismene refuse d'évoquer les morts pour une déclaration d'amour et révèle la passion de Capis à Dardanus, qui la reçoit mal. Minos et Scylla reviennent alors que la trêve est rompue. Minos, désespéré, part se battre contre Nisus. Scylla décide de raser le cheveu invulnérable de son père pour sauver Minos. Après avoir accompli cet acte, Scylla se sent coupable et s'empoisonne. Minos la trouve agonisante et ils ont une longue conversation avant sa mort. Scylla critique la règle du théâtre où les héros meurent sans soins, et Minos part en chantant, soulignant l'absurdité de sa victoire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9903
p. 1853
Nouvelle Carte de la France, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une nouvelle Carte de la France, qui comprend toutes les Opérations que M. Cassini de [...]
Mots clefs :
Carte, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Carte de la France, [titre d'après la table]
Il paroît une nouvelle Carte de la France , qui
comprend toutes les Opérations que M. Caffini de
Thury a faites , par ordre du Roi , dans l'intérieur
du Royame. On y trouve des Tables de la Longitude
, Latitude & diftance de Paris à toutes
les principales Villes du Royaume. Cette Carte
fe vend chés d'Heulland , rue Serpente , attenant
P'Hôtel de la Serpente , chés M. Martiu , Officier
du Roi.
comprend toutes les Opérations que M. Caffini de
Thury a faites , par ordre du Roi , dans l'intérieur
du Royame. On y trouve des Tables de la Longitude
, Latitude & diftance de Paris à toutes
les principales Villes du Royaume. Cette Carte
fe vend chés d'Heulland , rue Serpente , attenant
P'Hôtel de la Serpente , chés M. Martiu , Officier
du Roi.
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9904
p. 353
APOSTILLE.
Début :
La Ville de Barcelone est enfin prise, & renduë à discretion [...]
Mots clefs :
Barcelone, Siège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE.
APOSTILLE.
La Ville de Barcelone eſt
enfin priſe , & renduë à difcretion.
Je donneray le mois
prochain un Journal hiſtorique
de tous les grands évenemens
de ce Siege .
La Ville de Barcelone eſt
enfin priſe , & renduë à difcretion.
Je donneray le mois
prochain un Journal hiſtorique
de tous les grands évenemens
de ce Siege .
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9905
p. 356
« Si aprés tout ce que vous venez de lire, Messieurs, Mercure vous [...] »
Début :
Si aprés tout ce que vous venez de lire, Messieurs, Mercure vous [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Si aprés tout ce que vous venez de lire, Messieurs, Mercure vous [...] »
Si après toutce quevous tenez
de lire, M("cfieur$)yfercnre'ous
ennuye, il faut en veriré que vçug
de lire, M("cfieur$)yfercnre'ous
ennuye, il faut en veriré que vçug
Fermer
9906
p. 337
AUTRE ENIGME.
Début :
Devinez, ma chere Fanfine, [...]
Mots clefs :
Homme à cheval
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
Devine Evinez, machere Fanfine ,
Ce queje m'imagine ;
Uncomposéde chair& d'os,D
Qui ne peutfans ennuy demeurer en
repos
Qui marche fur des cloux , & n'en
fentpoint de maux ,
Aqui je viens de voir, écoutez des
merveilles?
Sixpieds, deux mains , quatreyeux,
deuxbouches,quatre oreilles,
Et le derrierefua le dos.
Pourriez-vous bien m'en montrer de
pareilles?
Devine Evinez, machere Fanfine ,
Ce queje m'imagine ;
Uncomposéde chair& d'os,D
Qui ne peutfans ennuy demeurer en
repos
Qui marche fur des cloux , & n'en
fentpoint de maux ,
Aqui je viens de voir, écoutez des
merveilles?
Sixpieds, deux mains , quatreyeux,
deuxbouches,quatre oreilles,
Et le derrierefua le dos.
Pourriez-vous bien m'en montrer de
pareilles?
Fermer
9907
p. 157
AUTRE.
Début :
Au midy d'un grand fleuve en païs éloigné, [...]
Mots clefs :
Cacaoyer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Av midy d'un grand fleuve en païs éloigné ,
Je nais d'une figure affezfoible & fort tendre :
( Or , ccfleuve a le nom d'un Saint martyrisë,
A ce mot , Voyageur , tupeux affez m'entendre )
Mon fruit eft precieux ; on s'empreffe à le prendre ;
Le metal le plus beau , près de lui n'est que cendre
En certain lieu. De plus la coquette beauté
En luy trouve de quoy masquer fon teint uſé :
Il fournit au galant qui hante les ruelles
Dequoy raffafier l'appetit de fes belles .
Av midy d'un grand fleuve en païs éloigné ,
Je nais d'une figure affezfoible & fort tendre :
( Or , ccfleuve a le nom d'un Saint martyrisë,
A ce mot , Voyageur , tupeux affez m'entendre )
Mon fruit eft precieux ; on s'empreffe à le prendre ;
Le metal le plus beau , près de lui n'est que cendre
En certain lieu. De plus la coquette beauté
En luy trouve de quoy masquer fon teint uſé :
Il fournit au galant qui hante les ruelles
Dequoy raffafier l'appetit de fes belles .
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9909
p. 137-138
ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Ste Magdeleine en Forets.
Début :
LE total des animaux malades traités par les Élèves de l'École Royale vétérinaire [...]
Mots clefs :
Animaux malades traités, Élèves de l'École royale vétérinaire, Boeufs, Vaches, Maladie épidémique, Subdélégué , Remèdes préservatifs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Ste Magdeleine en Forets.
ANNÉE 1762.
MALADIE Epidémique dans la Paroiffe
de Ste Magdelaine en Forets.
LEE total des animaux malades traités
par les Eléves de l'Ecole Royale vétérinaire
, fe monte à 16 boeufs ou vaches ,
& le total des guéris eft le même.
Il étoit mort fix boeufs avant l'arrivée
des Eléves ; il n'en eft mort aucun
depuis.
Les Eléves ont laiffé la méthode pré138
MERCURE DE FRANCE .
fervative & curative entre les mains de
M. de Bigny , Subdélegué à Mont- Brifon
, qui a certifié l'état par colonne
ainfi que M. de Grandris , Gentilhomme
propriétaire des animaux guéris .
Les remédes préfervatifs ont été don
nés avec fuccès à nombre d'animaux.
Les Elèves font les Srs de Tuncq & Did
ney , entretenus par M. l'Intendant d'Amiens.
MALADIE Epidémique dans la Paroiffe
de Ste Magdelaine en Forets.
LEE total des animaux malades traités
par les Eléves de l'Ecole Royale vétérinaire
, fe monte à 16 boeufs ou vaches ,
& le total des guéris eft le même.
Il étoit mort fix boeufs avant l'arrivée
des Eléves ; il n'en eft mort aucun
depuis.
Les Eléves ont laiffé la méthode pré138
MERCURE DE FRANCE .
fervative & curative entre les mains de
M. de Bigny , Subdélegué à Mont- Brifon
, qui a certifié l'état par colonne
ainfi que M. de Grandris , Gentilhomme
propriétaire des animaux guéris .
Les remédes préfervatifs ont été don
nés avec fuccès à nombre d'animaux.
Les Elèves font les Srs de Tuncq & Did
ney , entretenus par M. l'Intendant d'Amiens.
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Résumé : ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Ste Magdeleine en Forets.
En 1762, une épidémie a frappé la paroisse de Sainte-Magdeleine-en-Forêt. Six bovins sont morts avant l'intervention des élèves de l'École Royale vétérinaire, qui en ont soigné 16 avec succès. Les élèves de Tuncq et Didey, soutenus par l'Intendant d'Amiens, ont appliqué des méthodes supervisées par M. de Bigny et confirmées par M. de Grandris. Des remèdes préventifs ont aussi été administrés à d'autres animaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9910
p. 135-136
AU SOLEIL. ODE ANACREONTIQUE, Par le même.
Début :
Retirez vous, Astre du jour, [...]
Mots clefs :
Astre, Soleil, Mystère, Ombre, Ardeur
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texteReconnaissance textuelle : AU SOLEIL. ODE ANACREONTIQUE, Par le même.
AU SOLEIL .
1
ODE ANACREONTIQUE ,
Par le même.
R
Etirezvous , Aftre du jour ,
Allez courir l'autre Hémisphere:
Vôtre Flambeau trouble un Mistere,
Qu'enfecret vent traiter l'Amour.
**
Si vous éclairezce lieu fombre,
Vons en banirez le Plaisir .
La Nuit fait naitre le Defir ,
La Pudeur Sommeille dansl'ombre .
Mij
136. LE MERCURE
长粉
Mais quoi ! Vos rayons enflamez
Cherchent la bouche de Silvie !
Ah! Quel fujet deja oufie ,
Pour Climene que vous aimez !
Envain, bel Aftre , tu te flates
De charmer l'Objet de mes Vaux:
Laviolence de tes feux
Nefait icy quedes Ingrates...
ع
Vaporter tes vives ardeurs
Surnos Coteaux et dans nos Plaines.
Va careffer les Affriquaines
Sijalouſes de tesfaveurs .
Tu fuis.... Etmon impatience
Détermis e un bonheur douteux....
Flambeau du Ciel , l'Amour heureux
Te rendgraces de ton absence.
1
ODE ANACREONTIQUE ,
Par le même.
R
Etirezvous , Aftre du jour ,
Allez courir l'autre Hémisphere:
Vôtre Flambeau trouble un Mistere,
Qu'enfecret vent traiter l'Amour.
**
Si vous éclairezce lieu fombre,
Vons en banirez le Plaisir .
La Nuit fait naitre le Defir ,
La Pudeur Sommeille dansl'ombre .
Mij
136. LE MERCURE
长粉
Mais quoi ! Vos rayons enflamez
Cherchent la bouche de Silvie !
Ah! Quel fujet deja oufie ,
Pour Climene que vous aimez !
Envain, bel Aftre , tu te flates
De charmer l'Objet de mes Vaux:
Laviolence de tes feux
Nefait icy quedes Ingrates...
ع
Vaporter tes vives ardeurs
Surnos Coteaux et dans nos Plaines.
Va careffer les Affriquaines
Sijalouſes de tesfaveurs .
Tu fuis.... Etmon impatience
Détermis e un bonheur douteux....
Flambeau du Ciel , l'Amour heureux
Te rendgraces de ton absence.
Fermer
9911
p. 1809-1810
Statuës antiques, trouvées en Provence, [titre d'après la table]
Début :
On trouva il y a quelques années auprès de la Ville d'Apt en Provence, deux [...]
Mots clefs :
Apt, Marbre blanc, Monuments antiques
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texteReconnaissance textuelle : Statuës antiques, trouvées en Provence, [titre d'après la table]
On trouva il y a quelques années auprès de la Ville d'Apt en Provence , deux
Monumens antiques de Marbre blanc ,
d'une très-grande beauté ; sçavoir , la Sta
tuë en pied d'un homme , et sur un autre
bloc de Marbre , la figure d'une femme
assise , coëffée de la maniere que quelques
Imperatrices le sont dans les Médailles du
haut Empire , ayant auprès d'elle une
jeune fille debout , le tout d'un grand
goût, tant pour les airs de tête et l'expression , que pour la legereté des Draperies , &c. M. le Bret , Premier Président
et Intendant de la Province , le Marquis
de Caumont , le Président de Mazaugues,
&c. s'interesserent d'abord à cette découverte , et le R. P. de Montfaucon en a
profité pour le Public , en faisant graver
ces
1810 MERCURE DE FRANCE
ces Figures dans le III . Tome, page 11. de
ses Supplémens. Nous apprenons aujour
d'hui aux Amateurs de la belle Antiquité , quelque chose de plus ; ces précieux
Originaux ont été depuis peu transportez
à Paris, et ils sont actuellement exposez en
vente chez Mme de S. Didier , ruë de l'Eperon , près la rue S. André des Arcs.
Monumens antiques de Marbre blanc ,
d'une très-grande beauté ; sçavoir , la Sta
tuë en pied d'un homme , et sur un autre
bloc de Marbre , la figure d'une femme
assise , coëffée de la maniere que quelques
Imperatrices le sont dans les Médailles du
haut Empire , ayant auprès d'elle une
jeune fille debout , le tout d'un grand
goût, tant pour les airs de tête et l'expression , que pour la legereté des Draperies , &c. M. le Bret , Premier Président
et Intendant de la Province , le Marquis
de Caumont , le Président de Mazaugues,
&c. s'interesserent d'abord à cette découverte , et le R. P. de Montfaucon en a
profité pour le Public , en faisant graver
ces
1810 MERCURE DE FRANCE
ces Figures dans le III . Tome, page 11. de
ses Supplémens. Nous apprenons aujour
d'hui aux Amateurs de la belle Antiquité , quelque chose de plus ; ces précieux
Originaux ont été depuis peu transportez
à Paris, et ils sont actuellement exposez en
vente chez Mme de S. Didier , ruë de l'Eperon , près la rue S. André des Arcs.
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Résumé : Statuës antiques, trouvées en Provence, [titre d'après la table]
Près de la ville d'Apt en Provence, deux monuments antiques en marbre blanc ont été découverts. Ces monuments incluent une statue en pied d'un homme et une figure de femme assise, coiffée à la manière de certaines impératrices du haut Empire. À côté de cette femme se trouve une jeune fille debout. Ces œuvres se distinguent par leur beauté, l'expression des visages et la légèreté des draperies. Plusieurs personnalités, dont M. le Bret, Premier Président et Intendant de la Province, le Marquis de Caumont et le Président de Mazaugues, ont manifesté de l'intérêt pour cette découverte. Le R. P. de Montfaucon a contribué à la diffusion de ces œuvres en les faisant graver dans le troisième tome de ses suppléments. Récemment, ces originaux ont été transportés à Paris et sont actuellement exposés en vente chez Mme de S. Didier, rue de l'Éperon, près la rue Saint-André des Arcs.
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9912
p. 323-324
« L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...] »
Début :
L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...]
Mots clefs :
L'art d'élever la jeunesse, Observations de chirurgie, Méthodes d'accompagnement pour le Clavecin ou pour l'orgue
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texteReconnaissance textuelle : « L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...] »
L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE , selon
la difference du Sexe , des âges et des conditions , en suivant les principes de la Religion , de la Politique et de l'Economie.
AParis , chez Antoine Gandouin , Quay
des Augustins ; Barth. Laisnel , rue Saint
Jacques ; J. B. Lamefle,ruë de la vieille Bouclerie ; et Alex. Mesnier , au Palais 17328
OBSERVATIONS DE CHIRURGIE auxquelles on a joint plusieurs Reflexions en
faveur des Etudians. Par Henri-François le
Dran, de la Societé Académique des Arts,
Chirurgien juré à Paris , ancien Prevost de
sa Communauté et ancien Chirurgien
Major de l'Hôpital de laCharité, Demonstrateur en Anatomie dans le même Hopital. AParis, chez Ch. Osmont , ruë Sainë
Jacques 1731. 2. volumes in 12.
DISSERTATION sur les differentes methodes d'accompagnement pour le Clave
cin , oupour l'Orgue , avec le plan d'une
nouvelle Methode établie sur une mechanique des doigts que fournit la succession
fondamentale de l'harmonie , à l'aide de
laquelle on peut devenir sçavant Compositeur et habile Accompagnateur , même
sans sçavoir lire la Musique. Par M. Raeau, chez G. D. David , ruë de HureFiiij poix
324 MERCURE DE FRANCE
poix ; Boivin ; rue Saint Honoré ; et le
Clerc , rue du Roule. Prix 3. liv.
ne ,
TRAITE' DES DIXMES EN GENERAL , suivant laJurisprudence ancienne et moderétablie et confirmée tant par les Ordonnances , Lettres Patentes , Edits , Déclarations et Arrêts du Conseil , que par
les Arrêts et Reglements rendus dans les
differens Tribunaux , conformément aux
Coutumes du Royaume. Par M. L. M. A
Paris , chez Mouchet , au Palais, 1731. 2.
volum. in 12. pp. 919.
TRAITE' DE L'ESPERANCE CHRETIENNE,
contre l'esprit de pusillanimité et de
défiance , et contre la crainte excessive.
Chez Phil. Nic. Lottin , rue S. Jacques ,
vol. in 12, pp. 443. prix 2. liv.
TRAITE' DU LIBRE ARBITRE et de la
concupiscence ; Ouvrages pofthumes de
M. Jacques Benigne Bossuet , Evêque de
Meaux Conseiller du Roi en ses Conseils , et ordinaire en son Conseil d'Etat ,
Precepteur de Monseigneur le Dauphin ,
premier Aumônier des deux derniers
Dauphins. A Paris , chez Barth. Alix ,
rue Saint Jacques 1731. in 12. pp. 218.
la difference du Sexe , des âges et des conditions , en suivant les principes de la Religion , de la Politique et de l'Economie.
AParis , chez Antoine Gandouin , Quay
des Augustins ; Barth. Laisnel , rue Saint
Jacques ; J. B. Lamefle,ruë de la vieille Bouclerie ; et Alex. Mesnier , au Palais 17328
OBSERVATIONS DE CHIRURGIE auxquelles on a joint plusieurs Reflexions en
faveur des Etudians. Par Henri-François le
Dran, de la Societé Académique des Arts,
Chirurgien juré à Paris , ancien Prevost de
sa Communauté et ancien Chirurgien
Major de l'Hôpital de laCharité, Demonstrateur en Anatomie dans le même Hopital. AParis, chez Ch. Osmont , ruë Sainë
Jacques 1731. 2. volumes in 12.
DISSERTATION sur les differentes methodes d'accompagnement pour le Clave
cin , oupour l'Orgue , avec le plan d'une
nouvelle Methode établie sur une mechanique des doigts que fournit la succession
fondamentale de l'harmonie , à l'aide de
laquelle on peut devenir sçavant Compositeur et habile Accompagnateur , même
sans sçavoir lire la Musique. Par M. Raeau, chez G. D. David , ruë de HureFiiij poix
324 MERCURE DE FRANCE
poix ; Boivin ; rue Saint Honoré ; et le
Clerc , rue du Roule. Prix 3. liv.
ne ,
TRAITE' DES DIXMES EN GENERAL , suivant laJurisprudence ancienne et moderétablie et confirmée tant par les Ordonnances , Lettres Patentes , Edits , Déclarations et Arrêts du Conseil , que par
les Arrêts et Reglements rendus dans les
differens Tribunaux , conformément aux
Coutumes du Royaume. Par M. L. M. A
Paris , chez Mouchet , au Palais, 1731. 2.
volum. in 12. pp. 919.
TRAITE' DE L'ESPERANCE CHRETIENNE,
contre l'esprit de pusillanimité et de
défiance , et contre la crainte excessive.
Chez Phil. Nic. Lottin , rue S. Jacques ,
vol. in 12, pp. 443. prix 2. liv.
TRAITE' DU LIBRE ARBITRE et de la
concupiscence ; Ouvrages pofthumes de
M. Jacques Benigne Bossuet , Evêque de
Meaux Conseiller du Roi en ses Conseils , et ordinaire en son Conseil d'Etat ,
Precepteur de Monseigneur le Dauphin ,
premier Aumônier des deux derniers
Dauphins. A Paris , chez Barth. Alix ,
rue Saint Jacques 1731. in 12. pp. 218.
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Résumé : « L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...] »
Le document recense plusieurs publications parues à Paris au début du XVIIIe siècle. 'L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE' aborde l'éducation des jeunes en tenant compte du sexe, de l'âge et des conditions, en s'appuyant sur les principes de la religion, de la politique et de l'économie. 'OBSERVATIONS DE CHIRURGIE' est un ouvrage d'Henri-François Le Dran, qui inclut des réflexions destinées aux étudiants. 'DISSERTATION sur les différentes méthodes d'accompagnement pour le Clavecin ou l'Orgue' présente une nouvelle méthode de composition et d'accompagnement musicale par M. Rameau. 'TRAITE' DES DIXMES EN GENERAL' de M. L. M. A. traite de la jurisprudence concernant les dîmes, confirmée par diverses ordonnances et déclarations. 'TRAITE' DE L'ESPERANCE CHRETIENNE' combat l'esprit de pusillanimité et de défiance. Enfin, 'TRAITE' DU LIBRE ARBITRE et de la concupiscence' est un ouvrage posthume de Jacques Bénigne Bossuet, évêque de Meaux et précepteur des dauphins.
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9913
p. 759-760
Compliment, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Samedi 10. de ce mois, on fie [sic] la clôture du Théatre François par la représentation de la [...]
Mots clefs :
Théâtre-Français, Tragédie, Dangeville
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texteReconnaissance textuelle : Compliment, &c. [titre d'après la table]
Le Samedi 10. de ce mois , on fie la clôture du
Théatre François par la représentation de la
Tragédie de Zaire , de M. de Voltaire , au lieu
de la Tragédie sainte de Polyeucte , de P. Corneille
, qui étoit en possession depuis très- longtemps
, d'être donnée au public ce jour- là.
Le sieur Dangeville , le jeune , prononça ce
Compliment entre les deux Pieces , et il fut fort
applaudi .
MESSIEURS ,
Un usage fondé sur notre juste reconnoissance
nous engage à vous faire aujourd'hui des remerci..
mens; nous vous en devons toujours, et nous sommes
heureux quand la dette se trouve forte. Je voudrois
pouvoir acquitter dignement celle qui vient d'écheoir,
mais je ne me sens pas l'éloquence qu'exige un
pareil emploi , ainsi , Messieurs , loin de vous entretenir
de la solidité de votre jugement , de la délicatesse
de votre goût , et de l'embarras des Auteurs
que votre attention doit souvent plus intimider que
vos distractions , je me bornerai à vous demander
pour moi même votre indulgence . Songez, Messieurs
, qu'elle est aussi nécessaire à la perfection de
vos plaisirs , qu'à l'avancement des Acteurs qui
l'implorent , et que ce n'est qu'en excusant leurs
fautes que vous pouvez les en corriger ; songezque
pour pouvoir vous amuser , ou du moins ne vous
PAS
763 MERCURE DE FRANCE
pas ennuyer , il ne faut pas arriver sur la Scêne
avec la triste certitude de n'y trouver que des marques
effrayantes de votre aversion .
Ah! Messieurs . si l'envle extrême de vous plaire
donnoit les talens qui obtiennent vos suffrages , et
si le zele étoit la mesure du mérite , je serois le
mieux partagé du Théatre François. Daignez ,
Messieurs , daignez non- seulement nous guider
mais encore nous soutenir dans une carriere épi→
neuse et que vous seuls pouvez défricher en notre
faveur. Nous tâcherons toujours de vous satisfaire
par le choix de nos Pieces . Les chef- d'oeuvres sont
rares , mais ils ne sont pas impossibles . La source
des Zaïres, des Gustaves, des Adelaïdes , des Pelopées
, et des Glorieux , n'est pae tarie ; le Complai
sant vous a procuré une double satisfaction , en
vous rendant une Piece et un Acteur que vous estimez
; nous avons eu même depuis peu le bonheur
de contenter la justesse de votre discernement dans
la Fausse Antipathie; le Comique vous en a parû
noble et instructif, vous avez été ravis d'accorder
votre Approbation à un génie qui n'a point tâté de la
contagion du style précieux et du brillant superficiel.
Continuez , Messieurs , continuez , d'encourager
par vos applaudissemens les Poëtes qui osent être naturels
et judicieux , ce n'est pas vous recommander
tout le Parnasse.
Continuez aussi de nous honorer de vos leçons ,
mais ne les séparez pas de vos bontez ; quant à moi,
Messieurs , je sçai de reste que vous êtes éclairez ,
voudriez-vous bien me prouver que vous êtes indulgents.
Théatre François par la représentation de la
Tragédie de Zaire , de M. de Voltaire , au lieu
de la Tragédie sainte de Polyeucte , de P. Corneille
, qui étoit en possession depuis très- longtemps
, d'être donnée au public ce jour- là.
Le sieur Dangeville , le jeune , prononça ce
Compliment entre les deux Pieces , et il fut fort
applaudi .
MESSIEURS ,
Un usage fondé sur notre juste reconnoissance
nous engage à vous faire aujourd'hui des remerci..
mens; nous vous en devons toujours, et nous sommes
heureux quand la dette se trouve forte. Je voudrois
pouvoir acquitter dignement celle qui vient d'écheoir,
mais je ne me sens pas l'éloquence qu'exige un
pareil emploi , ainsi , Messieurs , loin de vous entretenir
de la solidité de votre jugement , de la délicatesse
de votre goût , et de l'embarras des Auteurs
que votre attention doit souvent plus intimider que
vos distractions , je me bornerai à vous demander
pour moi même votre indulgence . Songez, Messieurs
, qu'elle est aussi nécessaire à la perfection de
vos plaisirs , qu'à l'avancement des Acteurs qui
l'implorent , et que ce n'est qu'en excusant leurs
fautes que vous pouvez les en corriger ; songezque
pour pouvoir vous amuser , ou du moins ne vous
PAS
763 MERCURE DE FRANCE
pas ennuyer , il ne faut pas arriver sur la Scêne
avec la triste certitude de n'y trouver que des marques
effrayantes de votre aversion .
Ah! Messieurs . si l'envle extrême de vous plaire
donnoit les talens qui obtiennent vos suffrages , et
si le zele étoit la mesure du mérite , je serois le
mieux partagé du Théatre François. Daignez ,
Messieurs , daignez non- seulement nous guider
mais encore nous soutenir dans une carriere épi→
neuse et que vous seuls pouvez défricher en notre
faveur. Nous tâcherons toujours de vous satisfaire
par le choix de nos Pieces . Les chef- d'oeuvres sont
rares , mais ils ne sont pas impossibles . La source
des Zaïres, des Gustaves, des Adelaïdes , des Pelopées
, et des Glorieux , n'est pae tarie ; le Complai
sant vous a procuré une double satisfaction , en
vous rendant une Piece et un Acteur que vous estimez
; nous avons eu même depuis peu le bonheur
de contenter la justesse de votre discernement dans
la Fausse Antipathie; le Comique vous en a parû
noble et instructif, vous avez été ravis d'accorder
votre Approbation à un génie qui n'a point tâté de la
contagion du style précieux et du brillant superficiel.
Continuez , Messieurs , continuez , d'encourager
par vos applaudissemens les Poëtes qui osent être naturels
et judicieux , ce n'est pas vous recommander
tout le Parnasse.
Continuez aussi de nous honorer de vos leçons ,
mais ne les séparez pas de vos bontez ; quant à moi,
Messieurs , je sçai de reste que vous êtes éclairez ,
voudriez-vous bien me prouver que vous êtes indulgents.
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Résumé : Compliment, &c. [titre d'après la table]
Le 10 du mois, la clôture du Théâtre François a été marquée par la représentation de la tragédie 'Zaire' de Voltaire, remplaçant 'Polyeucte' de Corneille. Entre les deux pièces, le jeune Dangeville a prononcé un compliment acclamé par le public. Dans son discours, Dangeville a exprimé sa gratitude envers le public et a reconnu la difficulté de répondre à leurs attentes. Il a souligné l'importance de l'indulgence du public pour permettre aux acteurs de s'améliorer et de les encourager à éviter les erreurs. Il a mentionné que le désir de plaire au public est essentiel, mais que les talents nécessaires pour y parvenir sont rares. Dangeville a également évoqué plusieurs œuvres célèbres comme 'Zaïres', 'Gustaves', 'Adelaïdes', 'Pelopées', et 'Glorieux'. Il a salué la satisfaction du public face à des pièces comme 'La Fausse Antipathie', jugée noble et instructive. Il a encouragé le public à continuer d'applaudir les poètes naturels et judicieux, et à offrir des leçons accompagnées de bienveillance. Il a conclu en espérant prouver l'indulgence du public.
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9914
p. 135-136
LETTRE à l'Auteur du Mercure, au sujet d'un reméde contre l'HYDROPISIE.
Début :
J'AI lû, Monsieur, avec satisfaction, dans le second volume d'Avril, la lettre [...]
Mots clefs :
Hydropisie, Remède, Précaution, Grandes personnes, Femmes grosses, Public, Informé
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure, au sujet d'un reméde contre l'HYDROPISIE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure , au
fujet d'un reméde contre l'HYDROPISIE.
J'AI lû , Monfieur , avec fatisfaction ,
dans le ſecond volume d'Avril , la let
136 MERCURE DE FRANCE.
tre que j'eus l'honneur de vous adreffer
il y a quelque temps , laquelle concernoit
un reméde contre l'hydropifie ,
page 133 dudit ſecond volume. J'avois
oublié , Monfieur , dans cette lettre une
précaution très- éſſentielle à prendre, c'eſt
de ne point donner le reméde à des
femmes groffes , il ſeroit pernicieux &
elles en fouffriroient. J'ai vu auſſi que
je m'étois trompé pour la doſe de ce reméde
; il faut qu'elle foit du poids de
deux liards pour les grandes perſonnes ,
&du poids d'un liard pour les enfans audeſſous
de 13 ans. Je vous prie en grace ,
Monfieur , d'inférer dans le Mercure du
mois de Juin ces deux articles , dont le
premier eſt d'une conféquence infinie ,
&dont par conféquent le Public ne
peut être informé trop tôt.
J'ai l'honneur d'être &c .
DULAS , Gentilhomme de Vannes enBretagne.
fujet d'un reméde contre l'HYDROPISIE.
J'AI lû , Monfieur , avec fatisfaction ,
dans le ſecond volume d'Avril , la let
136 MERCURE DE FRANCE.
tre que j'eus l'honneur de vous adreffer
il y a quelque temps , laquelle concernoit
un reméde contre l'hydropifie ,
page 133 dudit ſecond volume. J'avois
oublié , Monfieur , dans cette lettre une
précaution très- éſſentielle à prendre, c'eſt
de ne point donner le reméde à des
femmes groffes , il ſeroit pernicieux &
elles en fouffriroient. J'ai vu auſſi que
je m'étois trompé pour la doſe de ce reméde
; il faut qu'elle foit du poids de
deux liards pour les grandes perſonnes ,
&du poids d'un liard pour les enfans audeſſous
de 13 ans. Je vous prie en grace ,
Monfieur , d'inférer dans le Mercure du
mois de Juin ces deux articles , dont le
premier eſt d'une conféquence infinie ,
&dont par conféquent le Public ne
peut être informé trop tôt.
J'ai l'honneur d'être &c .
DULAS , Gentilhomme de Vannes enBretagne.
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure, au sujet d'un reméde contre l'HYDROPISIE.
Dulas, gentilhomme de Vannes, corrige des informations sur un remède contre l'hydropisie dans une lettre au Mercure. Il met en garde contre son usage chez les femmes enceintes et précise la dose : deux liards pour les adultes, un liard pour les enfants de moins de 13 ans. Il demande la publication de ces précisions dans le Mercure de juin.
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9915
p. 357-358
ENIGME.
Début :
Du matin jusqu'au soir, je suis en mouvement [...]
Mots clefs :
Jarretière
9916
p. 353-354
Affaires de France. [titre d'après la table]
Début :
Quant à la situation de nos Affaires, vous me permettrez de n'en rien dire, [...]
Mots clefs :
Affaires, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Affaires de France. [titre d'après la table]
Quant à la fituation de nos Affaires ,
vous me permettrez de n'en rien dire ,
parce qu'elles ne font pas deux jours de
fuite dans un même érat , & que vous ne
.pouvez recevoir ma Lettre que quatre
ou cinqjours aprés qu'elle fera achevée.
D'ailleurs tous ceux qui fe mêlent d'en
"
354 MERCURE
>
raiſonner , n'en peuvent parler felon fr
verité qu'ils ne fçavent pas ; mais chacun felon le caractere qui luy eft naturel.
Le timide craint toujours ; le fanfaron
extermine tout ; le feditieux porte les
chofes à la derniere extrêmité , & fait
toûjours grand bruit. Enfin l'on peut dire que la moderation n'eft point du
partage des hommes, & que chacunparle felon fon inclination naturelle & felon
fon enteftement. Ainfi comme la veritable fituation des Affaires eft ignorée , &
qu'un évenement en fait naître unautre,
il n'en faut qu'un avantageux pour faire
changer toute la face des Affaires. Cependant on peut affurer que lorfque les
Troupes du Royferont affemblées, elles
feront nombreuſes, belles, & qu'elles ne
manqueront de rien , & ce fera alors que
le fort decidera de l'évenement de cette
guerre. Je fuis Madame, vôtre , &c.
AParis ce 4. May 1710
vous me permettrez de n'en rien dire ,
parce qu'elles ne font pas deux jours de
fuite dans un même érat , & que vous ne
.pouvez recevoir ma Lettre que quatre
ou cinqjours aprés qu'elle fera achevée.
D'ailleurs tous ceux qui fe mêlent d'en
"
354 MERCURE
>
raiſonner , n'en peuvent parler felon fr
verité qu'ils ne fçavent pas ; mais chacun felon le caractere qui luy eft naturel.
Le timide craint toujours ; le fanfaron
extermine tout ; le feditieux porte les
chofes à la derniere extrêmité , & fait
toûjours grand bruit. Enfin l'on peut dire que la moderation n'eft point du
partage des hommes, & que chacunparle felon fon inclination naturelle & felon
fon enteftement. Ainfi comme la veritable fituation des Affaires eft ignorée , &
qu'un évenement en fait naître unautre,
il n'en faut qu'un avantageux pour faire
changer toute la face des Affaires. Cependant on peut affurer que lorfque les
Troupes du Royferont affemblées, elles
feront nombreuſes, belles, & qu'elles ne
manqueront de rien , & ce fera alors que
le fort decidera de l'évenement de cette
guerre. Je fuis Madame, vôtre , &c.
AParis ce 4. May 1710
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Résumé : Affaires de France. [titre d'après la table]
Le texte aborde la situation des affaires militaires sans fournir de détails précis, en raison de l'évolution rapide des informations. Les personnes impliquées décrivent la situation selon leur tempérament : les timides expriment toujours des craintes, les fanfarons exagèrent, et les séditieux dramatisent. La véritable situation reste donc méconnue, et un événement peut rapidement modifier le cours des choses. L'auteur assure que les troupes du roi, une fois rassemblées, seront nombreuses, bien équipées et ne manqueront de rien. Le succès dépendra alors de la force militaire. La lettre est datée du 4 mai 1710.
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9917
p. 355-356
Mort de S. A. S. Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
Début :
S. A. S. Monsieur le Duc, estant morte à Paris, la nuit [...]
Mots clefs :
Mort, Goutte
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texteReconnaissance textuelle : Mort de S. A. S. Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
S. A. S. Monfieur le Duc ,
eftant morte à Paris , la nuit
du Lundy au Mardy 4. de ce
mois , d'une goute remontée ,
le Roy en ayant appris la nouvelle , donna à Monfieur le
Duc d'Enghien fon fils , tout
cc que le défunt tenoit de fa
356 MERCURE
bonté.. Vous jugez bien qu'il
me faut plus de temps pour
parler comme je dois , d'un fi
grand Prince. Je ſuis , Madamé, vôtre , &c.
AParis ce 5 Mars 17 10.
eftant morte à Paris , la nuit
du Lundy au Mardy 4. de ce
mois , d'une goute remontée ,
le Roy en ayant appris la nouvelle , donna à Monfieur le
Duc d'Enghien fon fils , tout
cc que le défunt tenoit de fa
356 MERCURE
bonté.. Vous jugez bien qu'il
me faut plus de temps pour
parler comme je dois , d'un fi
grand Prince. Je ſuis , Madamé, vôtre , &c.
AParis ce 5 Mars 17 10.
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9918
p. 357-359
ENIGME.
Début :
L'Enigme nouvelle que je vous envoye, est de Mr d'Aubicourt. / De vingt membres au moins, se compose mon corps, [...]
Mots clefs :
Écriture
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Enigme nouvelle que je
Vous envoye , eft de Mr d'Aubicourt.
ENIGM E.
De vingt membres au moins , fe
compofe mon corps ,
De qui tout le bon fens n'eft produit
au dehors ,
A
Que par differens traits de l'humeur
la plus noire :
Quoy qu'il en fois , chacun fur ma
sad foi me peut croire.
S
Si man Art , dont l'employ n'est
dù qu'à l'équité ,
Pour établir l'erreur , combat la ve
rité
358 MERCURE
Ce n'est pas qu'il nè foit de foimême
équitable :
L'ufage eft le défaut qui le rend
condannable.
S
Le Chinois , FIroquois , l'He
breu, le Caldéen ,
Le Latin , Allemand , le François
, l'Italien ;
Mille langues par moy , fur la terre
& fur l'onde
Sans voix , fe font entendre aux
quatre coins du monde.
S
Mes talens font égaux , pour la
Profe & Les Vers ;
Plus que les Sçavans mefme, en
doctrine j'excelle ,
Je nepuis devenir, comme eux, lappas
des vers ;
Puiſqu'il n'eſt point de jours qu'on
ne me renouvelle.
GALANT 359
Le Heros vit content , & meurt
d'un air ailè ,
Croyant par mon fecours s'eftre immortalifé
:
Mais un jour les mortels fe verront
tous venaitre ;
Et
pour lors à jamais fera détruit
mon eftre.
Vous envoye , eft de Mr d'Aubicourt.
ENIGM E.
De vingt membres au moins , fe
compofe mon corps ,
De qui tout le bon fens n'eft produit
au dehors ,
A
Que par differens traits de l'humeur
la plus noire :
Quoy qu'il en fois , chacun fur ma
sad foi me peut croire.
S
Si man Art , dont l'employ n'est
dù qu'à l'équité ,
Pour établir l'erreur , combat la ve
rité
358 MERCURE
Ce n'est pas qu'il nè foit de foimême
équitable :
L'ufage eft le défaut qui le rend
condannable.
S
Le Chinois , FIroquois , l'He
breu, le Caldéen ,
Le Latin , Allemand , le François
, l'Italien ;
Mille langues par moy , fur la terre
& fur l'onde
Sans voix , fe font entendre aux
quatre coins du monde.
S
Mes talens font égaux , pour la
Profe & Les Vers ;
Plus que les Sçavans mefme, en
doctrine j'excelle ,
Je nepuis devenir, comme eux, lappas
des vers ;
Puiſqu'il n'eſt point de jours qu'on
ne me renouvelle.
GALANT 359
Le Heros vit content , & meurt
d'un air ailè ,
Croyant par mon fecours s'eftre immortalifé
:
Mais un jour les mortels fe verront
tous venaitre ;
Et
pour lors à jamais fera détruit
mon eftre.
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9919
p. 114-119
Dernieres Nouvelles de divers endroits, [titre d'après la table]
Début :
De Madrid le 9. Novembre. On fait icy de grands [...]
Mots clefs :
Paris, Versailles, Roi, Londres, Madrid
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texteReconnaissance textuelle : Dernieres Nouvelles de divers endroits, [titre d'après la table]
De Madrid le 9. A/ovtimbre.
On fait icy de grands
preparatifs pour la reception
de leurs Majestez Catholiques
: les Rejoüissances
feront d'autant plus grandes,
qu'on a des assurances
certaines que la Reine est
grossedetrois mois. On
travaille à la construction
de quatre Chateaux de Feux
d'Artifice, devant le Palais
& devant l' Hotel deVille,
& les Orphevres commencent
à établir dansla rue
de la Plateria, ce qu'ils otoc
de plus precieux en Argenterie
& en Pierreries.
Le Roy a nommé trois
Plenipotentiaires pour assister
aux Negociations de la
Paix.
-
Les Gallions sont arrivez
heureusement.
De Londres le 10. Novembre.
Le Comte deGallatsch,
Envoyé de la Cour de
Vienne a eu ordre de la
Reine Anne de sortirincessamment
d'A ngleterre, sa
conduite étant suspecte:
cet ordreluy a estésignifié
par le Chevalier Cotterel
Maistre des Ceremonies,
aprésavoircité averty par
le Comte de Darmouth de
ne se presenter plus devant
la Reine.
,- De Paris le 28. Novembre
Un Courier depêché par
par Mr de Vendosme, a
raportéque leDucd'Argyle
avoir reçu ordre de la Reine
Anne demettre en quartier
les Troupes. Angloises -%.
celles qui font à la solde de
la Couronne d'Angleterre,
& de n'agir offensivement
ru deffensivement.
Les bruits que les étrangers
avoient fait répandre
que le Roy avoit envoyé
des ordres dans tous les
Ports de France de n'en
laisser sortir qu'aprés la
conclusion de la Paix, aucuns
Vaisseaux Anglois qui
y feroient venus avec pafse
port de Sa Majesté
Yquant
me smeils feroient
chargez, n'avoit aucun
fondement; au contraire
Sa Majesté a renouvelle
ses ordres dans tous les
Portspour donner aux
VaisseauxAnglois toute
l'assurance & la protection
possible.
De Versailles le 17.
Novembre,
Il est arrivé ce marin un
Courier du Comte de Strafort,
qui à raporté que les
Etats Generaux avoient envoyé
des Passeports à la
Reine Anne pour nos
Pleniporentiares, & qu'ils
luy laissoient le choix du
lieu pour les Conferences..
Le Roy a nommé Mr
l'Abbé de Pomponne Concilier
d'Etatd'Eglise à la
place de feu Mr I'Àich-cvccque
de Reims.
De Paris le 30. Novembre.
Il y a eu plusieursactions
entres les Armées de Catalogne
au desavantage des
Ennemis. On en donnera
le détail le mois prochain,
ainsi que detoutes les autres
nouvelles importantes
On fait icy de grands
preparatifs pour la reception
de leurs Majestez Catholiques
: les Rejoüissances
feront d'autant plus grandes,
qu'on a des assurances
certaines que la Reine est
grossedetrois mois. On
travaille à la construction
de quatre Chateaux de Feux
d'Artifice, devant le Palais
& devant l' Hotel deVille,
& les Orphevres commencent
à établir dansla rue
de la Plateria, ce qu'ils otoc
de plus precieux en Argenterie
& en Pierreries.
Le Roy a nommé trois
Plenipotentiaires pour assister
aux Negociations de la
Paix.
-
Les Gallions sont arrivez
heureusement.
De Londres le 10. Novembre.
Le Comte deGallatsch,
Envoyé de la Cour de
Vienne a eu ordre de la
Reine Anne de sortirincessamment
d'A ngleterre, sa
conduite étant suspecte:
cet ordreluy a estésignifié
par le Chevalier Cotterel
Maistre des Ceremonies,
aprésavoircité averty par
le Comte de Darmouth de
ne se presenter plus devant
la Reine.
,- De Paris le 28. Novembre
Un Courier depêché par
par Mr de Vendosme, a
raportéque leDucd'Argyle
avoir reçu ordre de la Reine
Anne demettre en quartier
les Troupes. Angloises -%.
celles qui font à la solde de
la Couronne d'Angleterre,
& de n'agir offensivement
ru deffensivement.
Les bruits que les étrangers
avoient fait répandre
que le Roy avoit envoyé
des ordres dans tous les
Ports de France de n'en
laisser sortir qu'aprés la
conclusion de la Paix, aucuns
Vaisseaux Anglois qui
y feroient venus avec pafse
port de Sa Majesté
Yquant
me smeils feroient
chargez, n'avoit aucun
fondement; au contraire
Sa Majesté a renouvelle
ses ordres dans tous les
Portspour donner aux
VaisseauxAnglois toute
l'assurance & la protection
possible.
De Versailles le 17.
Novembre,
Il est arrivé ce marin un
Courier du Comte de Strafort,
qui à raporté que les
Etats Generaux avoient envoyé
des Passeports à la
Reine Anne pour nos
Pleniporentiares, & qu'ils
luy laissoient le choix du
lieu pour les Conferences..
Le Roy a nommé Mr
l'Abbé de Pomponne Concilier
d'Etatd'Eglise à la
place de feu Mr I'Àich-cvccque
de Reims.
De Paris le 30. Novembre.
Il y a eu plusieursactions
entres les Armées de Catalogne
au desavantage des
Ennemis. On en donnera
le détail le mois prochain,
ainsi que detoutes les autres
nouvelles importantes
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Résumé : Dernieres Nouvelles de divers endroits, [titre d'après la table]
À Madrid, le 9 octobre, des préparatifs sont en cours pour accueillir les souverains espagnols, amplifiés par la grossesse de la reine. Des châteaux de feux d'artifice sont construits et des orphelins exposent des objets précieux. Le roi a nommé trois plénipotentiaires pour les négociations de paix et les galions sont arrivés sans incident. À Londres, le 10 novembre, le comte de Gallatsch a été ordonné de quitter l'Angleterre en raison de sa conduite suspecte. À Paris, le 28 novembre, le duc d'Argyle a reçu l'ordre de mettre en quartier les troupes anglaises. Les rumeurs sur l'interdiction des ports aux vaisseaux anglais sont infondées, le roi assurant leur protection. À Versailles, le 17 novembre, les États généraux ont envoyé des passeports à la reine Anne pour les plénipotentiaires français. Le roi a nommé l'abbé de Pomponne conciliateur d'État d'Église. Le 30 novembre à Paris, des actions militaires ont eu lieu en Catalogne au désavantage des ennemis, avec des détails à venir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9920
p. 97-103
ODE A une belle Veuve.
Début :
Quel respect imaginaire, [...]
Mots clefs :
Veuve, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A une belle Veuve.
ODE
A une belle Veuve.
Quel refpect imaginaire ,
Pour les cendres d'un Epoux
Vous rend vous même contraire
A vos defirs les plus doux ;
Quand fa courfe fut bornéc
Par la fatale journée ;
Qui le mit dans le tombeau,
Penfez vous que l'Hymenéc
,
Février
1711. Ff
93 PIECES
Nair pas efteint ſon Alımbeau
.
Pourquoy ces fombres tenebres
,
Dans ce lugubre réduit ,
Pourquoy ces clartez funé-
2009 bres
2
Plus affreufes que la nuit ;
De ces noirs objets troublée
,
Trifte & fans ceffe immolée,
A de frivoles égards ,
Ferez vous d'un Mauzolée ,
Le plaifir de vos regards.
Voyez les Graces fidelles
BIBLIOTHE
LYON
18931
THEQUE
DE
L
FUGITIVE
Malgré vous fuivre vos
Er voltiger autour d'elles ,
L'Amour qui vous tend les
brasjevamo
Voyez ce Dieu plein de
charmes ;
Qui vous dit les yeux en
larmes
Pourquoy ces foins fuper
Alus ,
Pourquoy ces cris ces
palarmesil
Ton Epoux ne t'entend plus .
Si vôtre premiere flame,
Eut jadis un cours fi beau ,
Il doit enhardir vôtre anie ,
·Ff ij
100 PIECES I
A brûler d'un fau nouveau,
Plus d'un bonheur fi paifi
ble ,
La perte vous fut fenfible ;
Plus vous devez afpirer:
Au feul remede infaillible ,
Qui puiffe la réparer.
De la veuve de Sichée
L'Hiftoire vous a fait peur
Didon mourut attachée ,
Au Char d'un Amant trompcur
Mais l'impudente mortelle ,
N'eut à fe plaindre que
d'elle ,
Ce fut fa faute en un mot,
FUGITIVES . fot
A quoy fongeoit cette belle,
De prendre un Amant
bigot .
009
Pouvoit elle mieux atten
dre ,
De ce Heros Voyageur : Y
Qui fuyant fa Ville en
cendre
,
Et le fer du Grec vangeur
Chargé des Dieux de Pergame
Ravit fon pere à la flame
Tenant fon fils par la main
Sans prendre gårde à fa
femme
Qui le perdit en chemin.
Ff iij
102 PIECES
1
Sous un plus heureux aufpice
,
La Déeffe des Amours ,
Veut qu'un nouveau Sacri,
fice
,
Luy. confacre vos beaux
E jours
Déja le Bucher s'allume ,
L'Autel brille
* fume ,
l'Encens
La Victime s'embellit ,
L'Amour même la confume
Enfin l'Hmen
s'accomplit .
Tout confpire à l'allegreffe,
FUGITIVES. 103
De cet inftant folemnel
Une riante Jeunefle ,
Folaftre autour de l'Autel ,
Les Graces à demy nuës ]
A ces danfes ingénues ,
Meflent de tendres accens
Et fur un Trône de nues ,
Venus reçoit voftre encens
A une belle Veuve.
Quel refpect imaginaire ,
Pour les cendres d'un Epoux
Vous rend vous même contraire
A vos defirs les plus doux ;
Quand fa courfe fut bornéc
Par la fatale journée ;
Qui le mit dans le tombeau,
Penfez vous que l'Hymenéc
,
Février
1711. Ff
93 PIECES
Nair pas efteint ſon Alımbeau
.
Pourquoy ces fombres tenebres
,
Dans ce lugubre réduit ,
Pourquoy ces clartez funé-
2009 bres
2
Plus affreufes que la nuit ;
De ces noirs objets troublée
,
Trifte & fans ceffe immolée,
A de frivoles égards ,
Ferez vous d'un Mauzolée ,
Le plaifir de vos regards.
Voyez les Graces fidelles
BIBLIOTHE
LYON
18931
THEQUE
DE
L
FUGITIVE
Malgré vous fuivre vos
Er voltiger autour d'elles ,
L'Amour qui vous tend les
brasjevamo
Voyez ce Dieu plein de
charmes ;
Qui vous dit les yeux en
larmes
Pourquoy ces foins fuper
Alus ,
Pourquoy ces cris ces
palarmesil
Ton Epoux ne t'entend plus .
Si vôtre premiere flame,
Eut jadis un cours fi beau ,
Il doit enhardir vôtre anie ,
·Ff ij
100 PIECES I
A brûler d'un fau nouveau,
Plus d'un bonheur fi paifi
ble ,
La perte vous fut fenfible ;
Plus vous devez afpirer:
Au feul remede infaillible ,
Qui puiffe la réparer.
De la veuve de Sichée
L'Hiftoire vous a fait peur
Didon mourut attachée ,
Au Char d'un Amant trompcur
Mais l'impudente mortelle ,
N'eut à fe plaindre que
d'elle ,
Ce fut fa faute en un mot,
FUGITIVES . fot
A quoy fongeoit cette belle,
De prendre un Amant
bigot .
009
Pouvoit elle mieux atten
dre ,
De ce Heros Voyageur : Y
Qui fuyant fa Ville en
cendre
,
Et le fer du Grec vangeur
Chargé des Dieux de Pergame
Ravit fon pere à la flame
Tenant fon fils par la main
Sans prendre gårde à fa
femme
Qui le perdit en chemin.
Ff iij
102 PIECES
1
Sous un plus heureux aufpice
,
La Déeffe des Amours ,
Veut qu'un nouveau Sacri,
fice
,
Luy. confacre vos beaux
E jours
Déja le Bucher s'allume ,
L'Autel brille
* fume ,
l'Encens
La Victime s'embellit ,
L'Amour même la confume
Enfin l'Hmen
s'accomplit .
Tout confpire à l'allegreffe,
FUGITIVES. 103
De cet inftant folemnel
Une riante Jeunefle ,
Folaftre autour de l'Autel ,
Les Graces à demy nuës ]
A ces danfes ingénues ,
Meflent de tendres accens
Et fur un Trône de nues ,
Venus reçoit voftre encens
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Résumé : ODE A une belle Veuve.
Le poème 'ODE À une belle Veuve', daté de février 1711, s'adresse à une veuve qui, malgré ses désirs, respecte la mémoire de son époux défunt. Il évoque les souvenirs sombres et lugubres liés à la mort de son mari, contrastant avec les avances de l'amour qui tente de la séduire. La veuve est invitée à surmonter sa douleur et à aspirer à un nouveau bonheur, symbolisé par un mariage imminent. Le poème fait référence à des figures historiques comme la veuve de Sichée et Didon, soulignant les erreurs de ces dernières. Il décrit également la déesse des Amours préparant un sacrifice pour consacrer les beaux jours de la veuve. La scène finale montre une jeune fille joyeuse et les Grâces dansant autour de l'autel, tandis que Vénus reçoit l'encens, symbolisant l'accomplissement du mariage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9921
p. 2163-2170
Continuation de l'Art. de Guillaume Homberd. [titre d'après la table]
Début :
CONTINUATION de l'Article de Guill. Hombert. Extrait du XIV . Tome des Memoires [...]
Mots clefs :
Histoire, Langues, Académie des sciences, Phosphore, Végétations, Évaporation de l'air
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Continuation de l'Art. de Guillaume Homberd. [titre d'après la table]
CONTINUATION de l'Article de Guill .
Hombert. Extrait du XIV . Tome des Memoires
, pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres &c..
Il revint à Paris au bout de quelques
années ; et tant de connoissances qu'il
avoit acquises , ses Posphores , une Machine
Pneumatique de son invention plus
parfaite que celle de Guerike et que celle
de Boile , qu'il avoit vûë à Londres , les
nouveaux Phenomenes qu'elle lui produisoit
tous les jours , des Microscopes de sa
façon très simples , très - commodes et
très- exacts autre source inépuisable de
Phenomênes une infinité d'Operations
rares , ou de découvertes de Chymie , lui
donnerent bien- tôt une des premieres places
entre les premiers Sçavans.
-
>
,
M. l'Abbé Bignon ayant eû en 1691. la
direction de l'Académie des Sciences , y
fit
2164 MERCURE DE FRANCE
fit entrer M. Homberg , et lui donna le
Laboratoire de l'Académie , et par là une
entiere liberté de travailler en Chimie
sans inquiétude.
3
M. le Duc d'Orleans , qui se livroit au
goût et au talent qu'il avoit pour les
Sciences ayant voulu entrer dans les
mysteres de la Chymie et de la Physique
experimentale , prit en 1702. M. Hombert
auprès de lui en qualité de son Physicien
, et lui donna une Pension et un Laboratoire
le mieux fourni et le plus su
perbe que la Chymie eût jamais eû.
Ce Prince ayant aussi fait venir d'Alle
magne la même année , ce grand Miroir
ardent convexe , qui est si connu : M.
Homberg s'en servit pour faire un grand
nombre d'experiences entierement nou
yelles .
L'an 1704 ce Prince le choisit pour son
premier Medecin . Ce choix n'étoit pas
encore declaré , lors qu'on vînt offrir à
M. Homberg de la part de l'Electeur Pa
latin , et même d'une manière très- pressante
des avantages plus considerables
que ceux même qui l'attendoient. M. le
Duc d'Orleans ne lui permit pas de les
accepter. Un autre attachement d'une espece
differente s'y joignit encore. Il songeoit
à se marier , et y songcoit depuis si
›
longSEPTEMBRE.
1731. 215
long- emps , que l'amour seul , sans une
forte estime , n'eût pas produit tant de
constance.
En devenant Premier Medecin de M. le
Duc d'Orleans , il tomboit dans le cas
d'une des Loix de l'Académie des Sciences
, qui porte que toute charge demandant
résidence hors de Paris , est incompatible
avec une place d'Académicien
Pensionnaire ; il déclara nettement que
s'il étoit réduit à opter , il se détermineroit
pour l'Académie ; mais le Roi le jugea
digne d'exception ; ainsi il conserva
les deux Postes en même temps.
En 1708. il se maria , et épousa Marguerite-
Angelique Dodart fille de M.
Dodart , Medecin , pour qui il avoit été
si constant.
2
Quelques années après , il devint sujet
à une petite Dissenterie , dont il se guérissoit
, et qui revenoit de tems en tems.
Le mal s'augmenta toûjours , et il en
mourut le 24. Septembre 1715. âgé de
63. ans. Quoiqu'il fût d'une complexion
foible , il étoit fort laborieux et d'un courage
qui lui tenoit lieu de force . Outre
une quantité de faits curieux de Physique
rassemblez dans sa tête , et presens
à sa mémoire , il avoit de quoi faire un
sçavant ordinaire en Histoire et en Langues
2766 MERCURE DE FRANCE
gues. Il sçavoit même de l'Hebreu . Son
caractere d'esprit est marqué dans tout ce
qu'on a de lui ; il avoit une attention ingenieuse
sur tout ce qui lui faisoit faire des
observations où les autres ne voyent rien ,
une adresse extrême pour demêler les routes
qui menent aux découvertes , de la singularité
dans ses experiences. Sa maniere
de s'expliquer étoit simple , mais méthodique
et précise ; soit que le François fûr
toûjours pour lui une langue étrangere
soit que naturellement il ne fût pas abondant
en paroles , il cherchoit son mot
presque à chaque moment , mais enfin il
le trouvoit. Il n'a point publié de corps
d'ouvrage. On trouve seulement dans
l'histoire de l'Académie des Sciences plusieurs
Memoires de sa façon , qui sont
tous singuliers , curieux et interessans ,
et dont je vais donner la liste .
1. Maniere de faire le Phosphore brûlant de
Kunkel. Année 1692.
2. Diverses expériences du Phosphore. Ibid.
3. Réflexions sur differentes Vegetations Mé
talliques. Ibid.
4. Maniere d'extraire un sel volatile mineral
en forme séche. Ibid.
5. Réflexions sur l'expérience des larmes de
verre , qui se brisent dans le vuide. Ibid.
G₁
SEPTEMBRE . 1731. 2167
·
7. Expérience sur la glace dans le vuide.
An. 1693.
7. Expérience du ressort de l'Air dans le
vuide. Ibid.
8. Expérience de l'Evaporation de l'Eau
dans le vuide avec des Réflexions. Ibid.
9. Expériences sur la Germination des Plan
tes. Ibid.
10. Observations de la difference du poids
de certains corps dans l'Air , libre et dans
le vuide. Ibid.
11. Observation curieuse sur une infusion
d'Antimoine. Ibid.
12. Réflexions sur unfait extraordinaire ar
rivé dans une Coupelle d'or. Ibid.
13. Nouveau Phosphore . Ibid.
14. Observation sur la quantité exacte des
sels volatiles , acides , contenus dans les
differens esprits acides . An . 1694 .
15. Essais pour examiner les sels des Plantes.
Ibid.
16. Observations sur cette sorte d'Insectes ,
qui s'appellent ordinairement Demoiselles.
Ibid.
17. Essais sur les Injections Anatomiques.
Ibid.
18. Observations sur la quantité des Acides
, absorbés par les Alcalis Terreux.
"
An .
1700.
19. Observations sur les Dissolvans du
Mercure. Ibid .
Ob2568
MERCURE
DE FRANCE
20. Observations sur les Huiles des Plantes.
Ibid .
21. Surl'Acide de l'Antimoine. Ibid.
22. Observations
sur le Raffinage de l'Ar
gent. An. 1701 .
23. Observations sur quelques effets de Fer
mentations. Ibid.
24. Observations sur les Analyses des Plan
tes. Ibid.
25. Observations sur les Sels Volatiles des
Plantes. Ibid.
26. Essais de Chimie. An. 1702.
27. Observations faites par
verre ardent. Ibid.
le
moyen
du
a8 . Essai de l'Analyse du Souffre commun.
29.
An. 1703 .
Observations sur un battement de vei
nes semblables au battement des Arteres
An . 1704.
30. Suite des Essais de Chymie , Article 3 .
du Souffre principe. An . 1705 .
31. Observation sur une Dissolution de
l'Argent. An . 1706.
32. Observations sur le fer qu verre ardent
Ibid.
33. Suite de l'Article 3. des Essais de Chy
mie du Souffre principe. Ibid.
34. Eclaircissemens
touchant la Vitrifica
tion de l'Or au verre ardent. An . 1707.
35. Observations
sur les Araignées . Ibid.
36. MeSEPTEMBRE.
1731. 2169
6. Mémoire touchant les Acides et les Alcalis.
An. 1708 .
37. Suite des Essais de Chymie. Article 4.
-du Mercure. An , 1709.
8.
Observations touchant l'effet de certains
Acides sur les Alcalis volatiles. Ibid.
39.
Observations sur les matieres sulphu
reuses , et sur la facilité, de les changer
d'une espece de souffre en une autre . An.
1710.
40.
Memoire touchant les Vegetations Artificielles.
Ibid.
41.
Observations sur la matiere fecale. And
1711.
42. Phosphore nouveau , on suite des obser
vations sur la matiere fecale. Ibid .
43.
Observations sur l'Acide qui se trouve
dans le Sang et dans les autres par-.
ties des
Animaux. Deux Memoires. An.
1712.
44. Maniere de copier sur le verre coloré
les Pierres gravées . Ibid .
45.
Observation sur une séparation de l'Or
avec l'Argent par la fonte. An . 1713 .
46.
Observation sur une
sublimation da
Mercure. Ibid.
+
: 47.
Observations sur des Matieres qui pénetrent
et qui traversent les métaux sans
les fondre. Ibid.
48. Mémoire touchant la
volatilisation des
Sels fixes des Plantes . An . 1714.
F
Voyez
1170 MERCURE
DE FRANCE
.
Voyez son Eloge dans l'histoire de l'Aca
démie des Sciences. An. 1715.
Hombert. Extrait du XIV . Tome des Memoires
, pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres &c..
Il revint à Paris au bout de quelques
années ; et tant de connoissances qu'il
avoit acquises , ses Posphores , une Machine
Pneumatique de son invention plus
parfaite que celle de Guerike et que celle
de Boile , qu'il avoit vûë à Londres , les
nouveaux Phenomenes qu'elle lui produisoit
tous les jours , des Microscopes de sa
façon très simples , très - commodes et
très- exacts autre source inépuisable de
Phenomênes une infinité d'Operations
rares , ou de découvertes de Chymie , lui
donnerent bien- tôt une des premieres places
entre les premiers Sçavans.
-
>
,
M. l'Abbé Bignon ayant eû en 1691. la
direction de l'Académie des Sciences , y
fit
2164 MERCURE DE FRANCE
fit entrer M. Homberg , et lui donna le
Laboratoire de l'Académie , et par là une
entiere liberté de travailler en Chimie
sans inquiétude.
3
M. le Duc d'Orleans , qui se livroit au
goût et au talent qu'il avoit pour les
Sciences ayant voulu entrer dans les
mysteres de la Chymie et de la Physique
experimentale , prit en 1702. M. Hombert
auprès de lui en qualité de son Physicien
, et lui donna une Pension et un Laboratoire
le mieux fourni et le plus su
perbe que la Chymie eût jamais eû.
Ce Prince ayant aussi fait venir d'Alle
magne la même année , ce grand Miroir
ardent convexe , qui est si connu : M.
Homberg s'en servit pour faire un grand
nombre d'experiences entierement nou
yelles .
L'an 1704 ce Prince le choisit pour son
premier Medecin . Ce choix n'étoit pas
encore declaré , lors qu'on vînt offrir à
M. Homberg de la part de l'Electeur Pa
latin , et même d'une manière très- pressante
des avantages plus considerables
que ceux même qui l'attendoient. M. le
Duc d'Orleans ne lui permit pas de les
accepter. Un autre attachement d'une espece
differente s'y joignit encore. Il songeoit
à se marier , et y songcoit depuis si
›
longSEPTEMBRE.
1731. 215
long- emps , que l'amour seul , sans une
forte estime , n'eût pas produit tant de
constance.
En devenant Premier Medecin de M. le
Duc d'Orleans , il tomboit dans le cas
d'une des Loix de l'Académie des Sciences
, qui porte que toute charge demandant
résidence hors de Paris , est incompatible
avec une place d'Académicien
Pensionnaire ; il déclara nettement que
s'il étoit réduit à opter , il se détermineroit
pour l'Académie ; mais le Roi le jugea
digne d'exception ; ainsi il conserva
les deux Postes en même temps.
En 1708. il se maria , et épousa Marguerite-
Angelique Dodart fille de M.
Dodart , Medecin , pour qui il avoit été
si constant.
2
Quelques années après , il devint sujet
à une petite Dissenterie , dont il se guérissoit
, et qui revenoit de tems en tems.
Le mal s'augmenta toûjours , et il en
mourut le 24. Septembre 1715. âgé de
63. ans. Quoiqu'il fût d'une complexion
foible , il étoit fort laborieux et d'un courage
qui lui tenoit lieu de force . Outre
une quantité de faits curieux de Physique
rassemblez dans sa tête , et presens
à sa mémoire , il avoit de quoi faire un
sçavant ordinaire en Histoire et en Langues
2766 MERCURE DE FRANCE
gues. Il sçavoit même de l'Hebreu . Son
caractere d'esprit est marqué dans tout ce
qu'on a de lui ; il avoit une attention ingenieuse
sur tout ce qui lui faisoit faire des
observations où les autres ne voyent rien ,
une adresse extrême pour demêler les routes
qui menent aux découvertes , de la singularité
dans ses experiences. Sa maniere
de s'expliquer étoit simple , mais méthodique
et précise ; soit que le François fûr
toûjours pour lui une langue étrangere
soit que naturellement il ne fût pas abondant
en paroles , il cherchoit son mot
presque à chaque moment , mais enfin il
le trouvoit. Il n'a point publié de corps
d'ouvrage. On trouve seulement dans
l'histoire de l'Académie des Sciences plusieurs
Memoires de sa façon , qui sont
tous singuliers , curieux et interessans ,
et dont je vais donner la liste .
1. Maniere de faire le Phosphore brûlant de
Kunkel. Année 1692.
2. Diverses expériences du Phosphore. Ibid.
3. Réflexions sur differentes Vegetations Mé
talliques. Ibid.
4. Maniere d'extraire un sel volatile mineral
en forme séche. Ibid.
5. Réflexions sur l'expérience des larmes de
verre , qui se brisent dans le vuide. Ibid.
G₁
SEPTEMBRE . 1731. 2167
·
7. Expérience sur la glace dans le vuide.
An. 1693.
7. Expérience du ressort de l'Air dans le
vuide. Ibid.
8. Expérience de l'Evaporation de l'Eau
dans le vuide avec des Réflexions. Ibid.
9. Expériences sur la Germination des Plan
tes. Ibid.
10. Observations de la difference du poids
de certains corps dans l'Air , libre et dans
le vuide. Ibid.
11. Observation curieuse sur une infusion
d'Antimoine. Ibid.
12. Réflexions sur unfait extraordinaire ar
rivé dans une Coupelle d'or. Ibid.
13. Nouveau Phosphore . Ibid.
14. Observation sur la quantité exacte des
sels volatiles , acides , contenus dans les
differens esprits acides . An . 1694 .
15. Essais pour examiner les sels des Plantes.
Ibid.
16. Observations sur cette sorte d'Insectes ,
qui s'appellent ordinairement Demoiselles.
Ibid.
17. Essais sur les Injections Anatomiques.
Ibid.
18. Observations sur la quantité des Acides
, absorbés par les Alcalis Terreux.
"
An .
1700.
19. Observations sur les Dissolvans du
Mercure. Ibid .
Ob2568
MERCURE
DE FRANCE
20. Observations sur les Huiles des Plantes.
Ibid .
21. Surl'Acide de l'Antimoine. Ibid.
22. Observations
sur le Raffinage de l'Ar
gent. An. 1701 .
23. Observations sur quelques effets de Fer
mentations. Ibid.
24. Observations sur les Analyses des Plan
tes. Ibid.
25. Observations sur les Sels Volatiles des
Plantes. Ibid.
26. Essais de Chimie. An. 1702.
27. Observations faites par
verre ardent. Ibid.
le
moyen
du
a8 . Essai de l'Analyse du Souffre commun.
29.
An. 1703 .
Observations sur un battement de vei
nes semblables au battement des Arteres
An . 1704.
30. Suite des Essais de Chymie , Article 3 .
du Souffre principe. An . 1705 .
31. Observation sur une Dissolution de
l'Argent. An . 1706.
32. Observations sur le fer qu verre ardent
Ibid.
33. Suite de l'Article 3. des Essais de Chy
mie du Souffre principe. Ibid.
34. Eclaircissemens
touchant la Vitrifica
tion de l'Or au verre ardent. An . 1707.
35. Observations
sur les Araignées . Ibid.
36. MeSEPTEMBRE.
1731. 2169
6. Mémoire touchant les Acides et les Alcalis.
An. 1708 .
37. Suite des Essais de Chymie. Article 4.
-du Mercure. An , 1709.
8.
Observations touchant l'effet de certains
Acides sur les Alcalis volatiles. Ibid.
39.
Observations sur les matieres sulphu
reuses , et sur la facilité, de les changer
d'une espece de souffre en une autre . An.
1710.
40.
Memoire touchant les Vegetations Artificielles.
Ibid.
41.
Observations sur la matiere fecale. And
1711.
42. Phosphore nouveau , on suite des obser
vations sur la matiere fecale. Ibid .
43.
Observations sur l'Acide qui se trouve
dans le Sang et dans les autres par-.
ties des
Animaux. Deux Memoires. An.
1712.
44. Maniere de copier sur le verre coloré
les Pierres gravées . Ibid .
45.
Observation sur une séparation de l'Or
avec l'Argent par la fonte. An . 1713 .
46.
Observation sur une
sublimation da
Mercure. Ibid.
+
: 47.
Observations sur des Matieres qui pénetrent
et qui traversent les métaux sans
les fondre. Ibid.
48. Mémoire touchant la
volatilisation des
Sels fixes des Plantes . An . 1714.
F
Voyez
1170 MERCURE
DE FRANCE
.
Voyez son Eloge dans l'histoire de l'Aca
démie des Sciences. An. 1715.
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Résumé : Continuation de l'Art. de Guillaume Homberd. [titre d'après la table]
Le texte décrit la vie et les contributions scientifiques de M. Homberg. Après avoir acquis diverses connaissances et inventé une machine pneumatique améliorée, Homberg revint à Paris et devint rapidement un des premiers savants grâce à ses découvertes en chimie et ses instruments, tels que les microscopes et les phosphores. En 1691, l'abbé Bignon, directeur de l'Académie des Sciences, lui offrit un laboratoire, lui permettant de travailler librement en chimie. En 1702, le duc d'Orléans, intéressé par la chimie et la physique expérimentale, engagea Homberg comme son physicien, lui fournissant une pension et un laboratoire bien équipé. Cette même année, Homberg utilisa un miroir ardent convexe pour de nouvelles expériences. En 1704, il fut nommé premier médecin du duc d'Orléans, malgré des offres plus avantageuses de l'Électeur Palatin. Homberg conserva ses postes à l'Académie des Sciences et auprès du duc grâce à une exception royale. Il se maria en 1708 avec Marguerite-Angélique Dodart. Homberg souffrit d'une dissenterie qui s'aggrava et causa sa mort le 24 septembre 1715, à l'âge de 63 ans. Malgré une constitution faible, il était très laborieux et avait une mémoire exceptionnelle pour les faits de physique. Il maîtrisait plusieurs langues, y compris l'hébreu. Homberg n'a pas publié de grands ouvrages, mais plusieurs mémoires de ses recherches furent publiés dans l'histoire de l'Académie des Sciences. Ces mémoires couvrent une large gamme de sujets, allant des expériences sur le phosphore et les végétations métalliques aux observations sur les acides et les alcalis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9922
p. 137-144
EXTRAIT D'UN MORCEAU de Phisique, annoncé dans le Mercure dernier, sur une nouvelle propriété que M. de Lisle le jeune a remarquée dans les rayons de la Lumiére.
Début :
Tout le monde sçait que la Lumiére se réfléchit, pour peu [...]
Mots clefs :
Physique, Lumière, Reflets, Réfraction, Rayons, Expérience, Réflexion, Atmosphère, Corps, Ombre, Obscurité, Distances, Observations, Direction
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT D'UN MORCEAU de Phisique, annoncé dans le Mercure dernier, sur une nouvelle propriété que M. de Lisle le jeune a remarquée dans les rayons de la Lumiére.
EXTRAIT D'UN MORCEAU
de Phifique, annoncé dans le Mercure
dernier , fur une nouvelle
propriété que M. de Lifle lejeune
a remarquée dans les rayons
de la Lumiére .
Out le monde fçait que la Lumiére
fe réfléchit , pour peu
qu'on ait quelque teinture de Phifique.
On fçait auffi , qu'elle fouffre
réfraction, c'est- à- dire , que fes
rayons paffans d'un milieu dans un
Miij
138 LE MERCURE
autre , comme de l'Air dans l'Eau ,
le verre &c , changent de route &
en tiennent une , plus ou moins
proche de la perpendiculaire , fuivant
la différente nature des milieus.
Mr de Lifle entreprend aujour
d'hui , de noas y faire appercevoir
une troifiéme propriété ; il ſe fonde
fur cette Expérience.
Si l'on introduit par un petit trou
dans une Chambre obfcure . la
Lumiére du Soleil ; les Ombres des
Corps placez dans cette Lumière ,
font plus grandes qu'elles ne devroient
l'être , fi la Lumiére , en rafant
les extrémitez de ces Corps ,
continuoit fa route en ligne droite .
D'où il conclud qu'à l'approche
des Corps , les rayons de la Lumiére
font détournés .
>
On ne peut pas foupçonner , ditil
, que cette Infléxion ſoit cauſée
par la Réfléxion puifqu'il eft
afé de prouver qu'une partie de la
Lumiére qui fouffre cette infléxion ,
Te détourne à l'approche des Corps ,
DE MAY. 139
fans même les toucher.
On pourroit avec plus de vraifemblance
, l'attribuer à la Refta-
&tion , enfuppofant que les Gorps
font environnés d'un Atmosphere
propre , dans lequel les rayons de
la Lumiére fouffrent réfraction ;
mais une Expérience de Mr
Nevveton détruit cette Hipothéfe.
Il a obfervé la grandeur de l'Ombre
d'un cheveu, dans l'Expérience
dont nous avons parlé ci-deffus ; il
l'a enfuite enfermé dans l'eau ,
entre deux plaques de verre , l'a
de même expofé à la Lumiére introduire
par un petit trou dans
une Chambre obfcure , & il n'a
remarqué aucune différence dans
la grandeur de cette Ombre ;
d'où il elt aifé de conclure , qu'il
n'y a point d'Atmoſphere au tour
du cheveu ; car , les rayons de
lumiére , en paffant de l'eau dans
cet Atmoſphere , euffent fouert
une réfraction différente de celle
qu'ils fouffrent , en paffant de l'Air
dans ledit Atmosphere.
140
LE
MERCURE
Oneft donc fort porté à croire,
que cette infléxion eft une propriété
particuliére de la Lumiédont
on ne connoit point encore
la nature . M. Nevvton avoit
commencé à la rechercher ;
mais d'autres occupations l'en
ont détourné. M. Delifle fe charge.
de pourfuivre cette recherche ,
& les Expériences qu'il a lûës à l'Academic
fur cette matiére , nous
affurent du fuccés
>
M. Delifle voulant donc connoître
les Régles de cette infléxion
, & en déterminer la quantité,
il s'eft appliqué à mesurer éxactement
les Ombres des Corps de différentes
figures & de differente
nature Il a varié les diftances
& la grandeur du trou , pour recevoir
plus ou moins de Lumiére ,
afin de pouvoir reconnoître par
toutes ces variétés , dans quelle
proportion fe fait cette augmen
tation des Ombres , audelà de ce
que la rectitude des rayons le permet
; mais , en faifant toutes ces
DE MAY. 141
Expériences , il s'eft apperçû que
l'Ombre des Corps prenoit de différentes
figures & de différentes
couleurs ; de forte que dans de
certaines circonftances , elle n'étoit
prefque pas reconnoiffable de
ce qu'elle eft ordinairement ; &
comme ce jeu de Lumiére fe faifant
endedans de l'ombre-même ,
en fait varier la grandeur & la
figure , il s'eft trouvé obligé d'interrompre
fes Expériences , fur la
groffeur de l'ombre : pour pour-
Tuivre ces apparences qui fe fontdans
l'ombre , parce qu'avane de
prouver l'infléxion par la grandeur
des ombres , il faut convenir de
ce que l'on doit prendre pour l'ombre.
Cela eft ici d'autant plus néceffaire
que les apparences qui
fe font dans l'ombre , font dans de
certaines circonftances plus fenfibles
,, que l'ombre-même.
>
Ce font ces apparences caufées
par le mélange de la Lumiére &
de l'ombre , dont M. Delifle nous
a fait un raport éxact dans le Mor142
LE MERCURE
ceau qu'il a lû à l'Academie.
Il commence fes Obfervations
par nous avertir , qu'on ne peut
appercevoir ces apparences fort
prés du corps , que par le fecours
d'excellens Microcofpes , à caufe
de la force de l'ombre dans ces
endroits. Enfuite , il entre dans le
détail de fes Expériences . Il dit
que recevant l'ombre du corps fur
un plan de Carton , elle paroît
fort noire & bien terminée , c'eftà-
dire ,bien féparée de la Lumiére ,
lorfque le plan eft proche du corps.
Si on l'en éloigne , les bords de
l'ombre fe mêlent avec la lumière ;
& enfin fi on place le Carton dans
une diftance plus confidérable; alors
l'ombre paroît divifée en bandes
paralleles à fa direction , diftinguées
par des intervalles moins
obfcurs. Le nombre des bandes
obfcures eft d'autant plus grand,
que le Carton eft plus prés du
corps ; car , à fure qu'on l'éloigne
, celles qui font voifines de
la lumière s'évanouiffent . Enfin ,
DE MAY... 143
lorfque ces intervalles lumineux
ou plûtôt moins obfcurs , font obfervés
à une certaine diftance du
corps , on s'apperçoit qu'ils font
compofez de couleurs femblables
à celles de l'Arc-en-Ciel , & qui
font rangées en cette façon du milieu
de l'ombre , vers les bords du
violet , puis du bleu , du verd ,
du jaune, & enfin du rouge. Enfuite,
vient labande obfcure, qui,par conféquent
eft compofée du rouge du
premier intervalle , & du violet
du fecond , où les mêmes couleurs
font encore rangées de la même
façon.
On voit par là , que la réfraction
n'eft pas la feule caufe capable
de féparer d'un faiſceau de
rayons , ceux qui font propres à
nous faire voir du jaune , d'avec
ceux qui nous font appercevoir
du
rouge , puifque l'inflexion produit
ce même effet ; il s'agit maintenant
de fçavoir , comment fe fait cette
infléxion , & les Loix qu'elle obferve;
ce que l'on pourra décou144
LE MERCURE
vrir , en faifant plufieures Expériences
& ce qui,une fois bien connu
, pourra beaucoup contribuer à
nous apprendre la nature de la Lumiere.
de Phifique, annoncé dans le Mercure
dernier , fur une nouvelle
propriété que M. de Lifle lejeune
a remarquée dans les rayons
de la Lumiére .
Out le monde fçait que la Lumiére
fe réfléchit , pour peu
qu'on ait quelque teinture de Phifique.
On fçait auffi , qu'elle fouffre
réfraction, c'est- à- dire , que fes
rayons paffans d'un milieu dans un
Miij
138 LE MERCURE
autre , comme de l'Air dans l'Eau ,
le verre &c , changent de route &
en tiennent une , plus ou moins
proche de la perpendiculaire , fuivant
la différente nature des milieus.
Mr de Lifle entreprend aujour
d'hui , de noas y faire appercevoir
une troifiéme propriété ; il ſe fonde
fur cette Expérience.
Si l'on introduit par un petit trou
dans une Chambre obfcure . la
Lumiére du Soleil ; les Ombres des
Corps placez dans cette Lumière ,
font plus grandes qu'elles ne devroient
l'être , fi la Lumiére , en rafant
les extrémitez de ces Corps ,
continuoit fa route en ligne droite .
D'où il conclud qu'à l'approche
des Corps , les rayons de la Lumiére
font détournés .
>
On ne peut pas foupçonner , ditil
, que cette Infléxion ſoit cauſée
par la Réfléxion puifqu'il eft
afé de prouver qu'une partie de la
Lumiére qui fouffre cette infléxion ,
Te détourne à l'approche des Corps ,
DE MAY. 139
fans même les toucher.
On pourroit avec plus de vraifemblance
, l'attribuer à la Refta-
&tion , enfuppofant que les Gorps
font environnés d'un Atmosphere
propre , dans lequel les rayons de
la Lumiére fouffrent réfraction ;
mais une Expérience de Mr
Nevveton détruit cette Hipothéfe.
Il a obfervé la grandeur de l'Ombre
d'un cheveu, dans l'Expérience
dont nous avons parlé ci-deffus ; il
l'a enfuite enfermé dans l'eau ,
entre deux plaques de verre , l'a
de même expofé à la Lumiére introduire
par un petit trou dans
une Chambre obfcure , & il n'a
remarqué aucune différence dans
la grandeur de cette Ombre ;
d'où il elt aifé de conclure , qu'il
n'y a point d'Atmoſphere au tour
du cheveu ; car , les rayons de
lumiére , en paffant de l'eau dans
cet Atmoſphere , euffent fouert
une réfraction différente de celle
qu'ils fouffrent , en paffant de l'Air
dans ledit Atmosphere.
140
LE
MERCURE
Oneft donc fort porté à croire,
que cette infléxion eft une propriété
particuliére de la Lumiédont
on ne connoit point encore
la nature . M. Nevvton avoit
commencé à la rechercher ;
mais d'autres occupations l'en
ont détourné. M. Delifle fe charge.
de pourfuivre cette recherche ,
& les Expériences qu'il a lûës à l'Academic
fur cette matiére , nous
affurent du fuccés
>
M. Delifle voulant donc connoître
les Régles de cette infléxion
, & en déterminer la quantité,
il s'eft appliqué à mesurer éxactement
les Ombres des Corps de différentes
figures & de differente
nature Il a varié les diftances
& la grandeur du trou , pour recevoir
plus ou moins de Lumiére ,
afin de pouvoir reconnoître par
toutes ces variétés , dans quelle
proportion fe fait cette augmen
tation des Ombres , audelà de ce
que la rectitude des rayons le permet
; mais , en faifant toutes ces
DE MAY. 141
Expériences , il s'eft apperçû que
l'Ombre des Corps prenoit de différentes
figures & de différentes
couleurs ; de forte que dans de
certaines circonftances , elle n'étoit
prefque pas reconnoiffable de
ce qu'elle eft ordinairement ; &
comme ce jeu de Lumiére fe faifant
endedans de l'ombre-même ,
en fait varier la grandeur & la
figure , il s'eft trouvé obligé d'interrompre
fes Expériences , fur la
groffeur de l'ombre : pour pour-
Tuivre ces apparences qui fe fontdans
l'ombre , parce qu'avane de
prouver l'infléxion par la grandeur
des ombres , il faut convenir de
ce que l'on doit prendre pour l'ombre.
Cela eft ici d'autant plus néceffaire
que les apparences qui
fe font dans l'ombre , font dans de
certaines circonftances plus fenfibles
,, que l'ombre-même.
>
Ce font ces apparences caufées
par le mélange de la Lumiére &
de l'ombre , dont M. Delifle nous
a fait un raport éxact dans le Mor142
LE MERCURE
ceau qu'il a lû à l'Academie.
Il commence fes Obfervations
par nous avertir , qu'on ne peut
appercevoir ces apparences fort
prés du corps , que par le fecours
d'excellens Microcofpes , à caufe
de la force de l'ombre dans ces
endroits. Enfuite , il entre dans le
détail de fes Expériences . Il dit
que recevant l'ombre du corps fur
un plan de Carton , elle paroît
fort noire & bien terminée , c'eftà-
dire ,bien féparée de la Lumiére ,
lorfque le plan eft proche du corps.
Si on l'en éloigne , les bords de
l'ombre fe mêlent avec la lumière ;
& enfin fi on place le Carton dans
une diftance plus confidérable; alors
l'ombre paroît divifée en bandes
paralleles à fa direction , diftinguées
par des intervalles moins
obfcurs. Le nombre des bandes
obfcures eft d'autant plus grand,
que le Carton eft plus prés du
corps ; car , à fure qu'on l'éloigne
, celles qui font voifines de
la lumière s'évanouiffent . Enfin ,
DE MAY... 143
lorfque ces intervalles lumineux
ou plûtôt moins obfcurs , font obfervés
à une certaine diftance du
corps , on s'apperçoit qu'ils font
compofez de couleurs femblables
à celles de l'Arc-en-Ciel , & qui
font rangées en cette façon du milieu
de l'ombre , vers les bords du
violet , puis du bleu , du verd ,
du jaune, & enfin du rouge. Enfuite,
vient labande obfcure, qui,par conféquent
eft compofée du rouge du
premier intervalle , & du violet
du fecond , où les mêmes couleurs
font encore rangées de la même
façon.
On voit par là , que la réfraction
n'eft pas la feule caufe capable
de féparer d'un faiſceau de
rayons , ceux qui font propres à
nous faire voir du jaune , d'avec
ceux qui nous font appercevoir
du
rouge , puifque l'inflexion produit
ce même effet ; il s'agit maintenant
de fçavoir , comment fe fait cette
infléxion , & les Loix qu'elle obferve;
ce que l'on pourra décou144
LE MERCURE
vrir , en faifant plufieures Expériences
& ce qui,une fois bien connu
, pourra beaucoup contribuer à
nous apprendre la nature de la Lumiere.
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9923
p. 133-159
Observations sur un ouvrage nouveau, intitulé : Traité du Mélo-Drame, [titre d'après la table]
Début :
OBSERVATIONS sur un ouvrage nouveau, intitulé, Traité du Melo-Drame [...]
Mots clefs :
Musique, Mélodrame, Nature, Auteur, Idées, Goût, Ouvrage, Plaisir, Esprit, Temps, Chant, Mélodie, Formes, Imagination, Théâtre, Période, Sensations, Homme, Moyens, Idée, Charme, Drame, Réflexions, Français, Public, Principe, Concert, Beaux-arts, Jean-Jacques Rousseau, Musique italienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Observations sur un ouvrage nouveau, intitulé : Traité du Mélo-Drame, [titre d'après la table]
* OBSERVATIONSfur un ouvrage nouveau,
intitulé , Traité du Melo-Drame
ou Réflexions ſur la muſique dramati.
que. A Paris , chez Vallat la Chapelle,
libraire,fur le perron de la Ste Chapelle,
1771 ; in-80. Prix , s liv . relié.
Ona coutume de qualifier de nations rivales
celles que des intérêts oppoſés mettent ſouvent
aux priſes & précipitent dans des guerres longues
&obſtinées ; mais en y regardant de plus près ,
on s'appercevra aisément que ſi les Princes combattent
pourdéfendre ou augmenter leurs états ,
les nations ne connoiſſent guères de véritable rivalité
que dans les choſes qui intéreſſent leur vanité
; ce qui comprend toute eſpèce de gloire ,
cellequi vientdes talens comme celle qui naît des
fuccès à laguerre. En effet, la vanité comme la
lumière peur ſe diftribuer à l'infini ſans s'affoiblir
par le partage; elle eſt toujours active , toujours
éclairée ſur ſes intérêts , & c'eſt ce qui fait que la
jaloufie nationale peut encore exiſter lors même
*Ce morceau qui eſt rrès- intéreſlanr eft l'ouvraged'un
homme auſſi diſtingué par fon rang &
ſa naiſſance que par les talens&fes fumières , &
nous lui avons beaucoup d'obligation d'avoir
bienvoulu ea enrichir le Mercure.
134 MERCURE DE FRANCE.
que l'eſprit du Patriotiſme eſt détruit. Une
guerre perpétuelle s'eſt donc allumée dans l'empire
de l'opinion ; & comme les plus importantes
poſſeſſions de l'ennemi ſont toujours expoſées à la
premiere agreffion , de même dans les rivalités
littéraires les découvertes ſont toujours l'objet
des plus grands débats. Eh! quel François animé
decettenoble ambition,apu ſe contenter de lagloireque
nous avons acquiſe depuis deux fiècles ,& n'a
pas jetté des regards d'envie ſur les Galilées , les
Bacons , les Newtons ? Nous contemplons notre
puiſſance politique , & en nous rappelant la foibleſſedes
premiers Capétiens , nous remarquons
que c'eſt àde riches ſucceſſions que leurs deſcendans
ont dû l'augmentation de leurs domaines :
Craignons d'appliquer ces réflexions à notre empire
littéraire , ou plutôt , en avouant que nous
avons hérité de beaucoup de tréfors dont la découverte
eſt due à l'Etranger , cherchons à nous
confoler par une confidération qui paroît avoir
échappé à la philoſophie de notre âge; c'eſt que
lesnations qui ont le plus inventé ſont peut- être
les moins capables , nonſeulementde perfectionner
, mais de contenir les arts& les talens dans les
meſures qu'un goût ſage& épuré eft en droit de
leur preſcrite. On s'en convaincra facilement ſi
l'on obſerveque chez les peuples qui ont le plus de
découvertes à vanter, il eſt arrivé de deux choſes
l'une ; ou le goût général de la nation a réveillé
l'émulation& provoqué les découvertes , ou les
inventeurs eux-mêmes ont fait naître le goût des
arts qu'ils avoient créés : or dans le premier cas la
paffion dégénère ſouvent en manie ; & dans le
Lecond la doctrine ſe change en dogmatiſme , &
SEPTEMBRE. 1771. 135
l'on voit s'élever une ſecte au lieu d'une école.
Ainſi chez les Grecs l'éloquence dégénéra bientôt
en unevaine déclamation; ainſi chez les Anglois
Melpomène n'eſt encore queShakeſpéar traveſti,&
ce grand homme ſemble n'avoir laiſſé après lui
quedes barrieres au lieu des pierres d'attente qu'il
avoit poſées. Maintenant qu'un peuple ingénieux,
ſenſible & même appliqué s'empare de ces richefſes
étrangères ; qu'il épure dans le creuſet du goût
ces minéraux brutes , mais précieux , nés dans les
flancs de quelque montagne embratée; quellaalime
ou le ciſeau leur donnent la forme& l'éclar ,
&qu'un Public avide, mais difficile & précautionné
, vient enſuite à juger; alors & alors ſeulement,
les choſes ſeront apréciées à leur juſte valeur
, pouflées à leur dernière perfection & furtout
conſervées dansleur intégrité. Tel eſt le for
de la France ; à cette différence ſeulement que c'eſt
fans renoncer à l'honneur de pluſieurs découvertes
qu'elleprétend à la palme du goût , & qu'à la fois
juge & ouvrière , elle peut être pour les autres
peuples ce qu'eſt l'Académie Françoiſe pour elle
même.
Parmi nombre de preuves qui pourroient juſtifier
cette opinion , je me bornerai à un des objets
qui lui tiennentde plus près &dont l'examen nous
aconduits à ces réflexions,je veux parler de la mufique
, celui de tous les arts ſur lequel nous ayons
le moins de droits à réclamer à titre d'inventeurs.
Que diroit le reſte de l'Europe ſi , au bout de vinget
ans à peine écoulés depuis que la muſique italienne
, ou pour mieux m'exprimer , la véritable mufiquea
été implantée en France , nous étions tout
près d'en atteindre la perfection ; fi nous étions
même parvenus à en connoître & les moyens &
Ies effers ; àlui aſſigner ſon domaine & àlui pref
136 MERCURE DE FRANCE.
,
en
crire ſes différens emplois , foit que livrée à ellemême,
elle voulût briller de fon propre éclat , ſoit
qu'unic à la poéfie , elle en développât, elle en exagérât
pour ainſi dire les produits ; ſoit enfin qu'attachée
au drame elle en ſuivit la marche
multipliât l'action&en fortifiât l'intérét ?Ce tableau
féduiſant n'eſt pourtant point un rêve , ſi l'on en
croit l'auteur d'un livre intitulé , Traitédu Melo-
Drame , ouvrage que nous annonçons au Public
avec une confiance à laquelle les productions
récentes ne nous ontguères accoutumés. Ce fera
ſansdoute avec plaifir qu'on y verra nos compofiteurs
comparés , préférés même aux premiers maîtres
d'Italie , & nos eſſais de muſique dramatique
propoſés pour modèle à toutes les Nations.
Allertions hardies ſans doute , mais flatteuſes &
encourageantes , & fur-tout intéreſſantes par les
raiſons auſſi ſavantes qu'ingénieuſes ſur leſquelles
elle eſt établie . Pénétré comme notre auteur
d'eſtime &de reconnoiſſance pour les maîtres qui
ont enrichi depuis quelque tems notre ſcène italienne
, devenu le vrai théâtre lyrique , fi nous
différons d'opinions avec lui ſur quelques objets ,
c'eſt parce que nous croyons qu'un ouvrage commele
fien étoit encore néceflaire pour développer
nombre didées abſtraites & fugitives qui embarraſſoient
les routes de l'art ; pour prévenir furtout
l'inconvénient de l'imitation & de la dégénération
du genre en manière , en un mot pour mettre
les préceptes à la place des exemples. Nous
penfons encore que pour conduire la muſique àſa
dernière perfection , il faut joindre la ſcience qui
éclaire au goût qui aprécie ; c'eſt- à- dire , qu'il
faut ſavoircompoſer , &cependant avoir plus entendu
que compofé; qu'il eſt encore important
den'êtredans aucun parti , ni dans celui des Ita
SEPTEMBRE. 1771. 137
liensdont les principes ſont peut-être trop exclufifs
, ni dans celui des François qui répugnent
quelquefois à l'aveu de la ſupériorité dans autrui;
qu'on doit encore connoître le génie des différens
peuples & la manière dont ils ſont affectés
par les ſons ; qu'à toutes ces connoiſlances préliminaires
il faut joindre l'eſprit philoſophique
qui ſert de guide dans la diſcuſſion , & fur-tout ce
talent ſans lequel on n'enſeigne , on ne perfuade
rien , celui d'écrire avec chaleur , intérêt & clarté.
Enfin après avoir tout exigé , nous reconnoiffons
avec non moins de ſurpriſe que de plaiſir que toutes
ces conditions ſe trouvent remplies par l'auteur
dont l'ouvrage va nous occuper , non dans la
formed'un extrait ordinaire , parce que toutes les
vérités qui s'y trouvent renfermées perdroient à
être déplacées , mais en nous attachant aux idées
lesplus importantes , c'est-à-dire celles qui méritent
leplusd'êtrediſcutées&même refutées.En effet
ceux qui voudront voit en quoi l'auteur a eu raifon
ne peuvent mieux le trouver que dans ſon
livre , tandis que nous concourrons avec lui aux
progrès de l'art , ſi nous parvenons à rectifier celles
de ſes idées qui nous en paroiſſent ſuſcepti
bles.
Il ne s'agira pas ici de reveiller les diſputes po
lémiques qui ont agité la capitale depuis la fameulemiſſionde
1752, pendant laquelle on vitde
pauvres ultramontains ſimples & ſans lettres, prêcher
, convertir & faire des miracles ; mais il ſera
néceſſaire de ſe rappeler avec notre auteur quelle
fut la marchede nos connoiſſances en muſique ;
car nos idées ne ſe ſont pas toujours étendues aufſi
rapidementque notre goût , & la véritê mêmen'a
pu établir ſon empire ſans contracter quelques
dettes avec la mode & le préjugé ; nous direns
138 MERCURE DE FRANCE.
donc enpeu de mots qu'une lettre ſur l'opérad'Oma
phale avoit déjà donné le ſignal d'une révolution
prochaine à- peu-près comme les météores & les
comètes annoncent la chûte des Empires , lorſque
la muſique italienne fit ſa première invaſion dans
lacapitale. Il eſt paflé en uſage, de nos jours , que
lesmanifeſtes&les déclarations de guerre ſuivent
les armées au lieu de les précéder ; la même choſe
arriva dans cette occafion . On reconnut dans un
écrit plein de ſel,intitulé ,lepetit Prophéte , &c.
l'auteur de la lettre ſur Omphale , ou plutôt on
reconnut un homme d'eſprit qui en ſavoit plus
qu'il n'en avoitdit , & qui ne vouloit parler que
parparabole.
favoix
Mais déjà les exemples ſuffiſoient aux préceptes&
il étoit tems que ceux - là entendiſſent qui
avoient des oreilles pour entendre. C'étoit cependant
le plus petit nombre , & M. Roufleau jugea
que la vérné avoit encore affez d'ennemis pour
qu'il lui convînt de la défendre : mais en lui prêlui
donna ſa livrée: préſentée ſous
la forme du paradoxe , elle eut plus de célébrité
que de crédit; elle convainquit & révolta , & l'affaire
fut appointée. M. Roufleau ne le contentoit
pas de profcrire notre ancienne muſique , il ne
vouloit pas nous laifler l'eſpérance d'en avoir une
meilleure; notre langue même àl'entendre fe refuſoit
abſolument aux puiſſances de la mélodie.
Quels cris ne s'élevèrent pas alors! on ne prévoicit
pas fans doute les heureuſes reftitutions dont cette
injustice feroit ſuivie , autrement ont eût defire
qu'il continuât de nous injurier &de nous enrichir,
& on l'eût comparé à ce magiſtrat ſi ſouvent
applaudi au théâtre qui répare de ſes propres fonds
l'erreur qu'il a commiſe. Quelquetems après un
homme de génie , dont tous les ouvrages concou
SEPTEMBRE . 1771. 139
rent à prouver cette vérité , que la même préciſion
qui dirige l'eſprit dans les calculs les plus fublimes
eſt encore l'inſtrument caché du goût le plus
fin& le plus délicat , ne dédaigna pas de s'occuper
de la muſique , &ſes regards y répandirent la
lumière. M. d'Alembert , en condaminant en général
la muſique françoiſe , lui laifla deux motifs
de confolation en lui enſeignant les moyens de
s'améliorer & en dévoilant en même tems les erreurs
de la rivale. Inſenſiblement les eſprits ſe
rapprochoient ; le goût ſe perfectionnoit. Des
compoſiteurs , remplis de talens & d'émulation
avoient profité de certains lieux de franchiſe pour
introduire cette contrebande précieuſe à laquelle
le régime prohibitifde l'opéra étoit fi fort oppoſé.
Mais la verve qui nous précipite dans la carrière
ne nous poufle pas toujours vers le but ; ſouvent
même nous ignorons l'endroit où il ſe trouve ,
tandisque la critique aſſiſe à l'écart a ſes yeux fixés
fur lui ,&rit detous les efforts qui en éloignent.
Un amateur s'aviſa donc unjour d'obſerver que fi
les Coimpofiteurs François imitoient le faire des
Compoſiteurs Italiens , les poëtes lyriques reſteroient
encore attachés aux anciennes formes ; de.
forte qu'il s'introduiroit une contradiction marquée
entre l'intention du poëte & celle du muficien.
C'eſt que les premiers étudioient Jyomelli
&Galuppi , & que les autres n'étudioient pas Métaſtaſe.
Il s'apperçut encore que le Public tomboit
dans une plus grande erreur lorſqu'il attribuoit
aux poëmes modernes tout le dégoût qu'il
éprouvoit à l'opéra , & lorſqu'il demandoit qu'on
composât des chants nouveaux ſur des paroles
anciennes ; choſe abſolument impoffible ! ces obſervations
lui inſpirerent l'idée de ſcruter davanta
geles effets de la muſique &de chercher quel étoit
140 MERCURE DE FRANCE.
le caractère diſtinctifde la bonne muſique. Il erut
l'avoir trouvé dans la forme périodique qui fait
le charme de tout langage en proſe, en vers ou en
muſique , & il fit un rapprochement aflez heureux
de la période oratoire&de la période muſicale. Il
reconnutque ſi la muſique étoit eſſentiellement un
chant , ce chant devoit être une vraie période ,
ayant ſes membres aflortis , ſes repos balancés ,
ſamarche conféquente &ſon rhytme reflenti. Il
obſerva que l'expreſſion muſicale étant beaucoup
plus ſenſible&beaucoup moins rapide que celle
dudiſcours, les périodes en muſique ne pouvoient
pas ſe ſuivre& s'enchaîner les unes aux autres , ce
qui obligeoit les muſiciens à ſe concentrer pour
ainſi dire dans une idée qui feroit à elle ſeule un
petit dilcours ou un petit poëme dont le chant &
les accompagnemens ſeroient à la fois le ſujer& le
commentaire , &dont la muſique feroit en mêmetems
l'expoſition & le développement. En effet
L'expreffion muſicale étant agréable par elle-même
&par fon concours avec les paroles , l'oreilles'y
arrête avceplaifir , &l'etprit qui est d'intelligence
avecelle ne ſe plaint pas de voir la marche retardée.
C'eſt ainſi qu'une penſée exprimée avec ſimplícité,
développée avec génie ,ornée avec goût
& répétée avecgrace forme un ouvrage qui a reçu
le nom d'air , aria. Il ſurvoit dela qu'un poëte qui
compoſoit des vers deſtinés à être mis en muſique
devoit aflujettir ſa marche aux formes indiquées
ci -deſſus , qu'il ne lui ſuffifoit plus d'écrire
en vers libres des ſcènes de tragédie , mais qu'il
devoit s'occuper encore de réſerver une fituation,
unmouvement , une penſée propres à être renfermés
dans une période muſicale , & cette période
muſicale exigeoit qu'on lui donnât pour baſe une
période poëtique , ou plutôt une période dont l'en.
SEPTEMBRE. 1771 : 141
lemble&lesdétails fuſſent ſoumis aux vrais princi
pesde la rhytmopée ; il falloir donc, s'il étoit poſſio
ble , écrire comme l'immortel Métaſtaſe , ou du
moins tâcher de l'imiter. Mais d'un autre côté,
les auteurs qui compoſoient des drames pour la
comédie italienne ſe contentoient en écrivant leurs
ſcènes de quitter le langage de la proſe dans les
endroits qu'ils croyoient les plus favorables à la
muſique , & ſe livroient enſuite à leur facilité,
ſans craindre d'embaraſler le muſicien , ſoiten lui
offrant trop d'idées à la fois , ſoit en les lui préſentant
au hafard , tantôt d'un façon trop complexe
, tantôt avec trop de développement ; d'où
il arrivoit que la nouvelle muſique portoit un caractère
métif qui la décréditoit ſouvent aux yeux
des amateurs. Toutes ces réflexions jettées ſur le
papier formèrent une brochure de cent pages au
plus , mais qui fut accueillie par les artiſtes &les
gens de lettres , & qui obtint entr'autres le fufrage
de M. l'AbbéMétaſtaſio,de MM. Gyomelli Gre.
tri & Philidor . Elle eut un autre ſuccès non meins
flatteur , qui tourna au profit du Public; c'eſt que
les principes qu'elle renfermoit ayant été adoptés
parunhomme très- diftingué dans la littérature ,
il voulut bien les juſtifier par des exemples dont
aucun précepte ne peut approcher & auxquels le
Public applaudit tous les jours avec tranſport &
reconnoiſſance.
C'étoit le fort de ce petit ouvrage de produire
beaucoup mieux que lui- même , ſoit qu'il fût approuvé
, foit qu'il fût refuré ; car c'eſt particulièrementàlui
que nous devons le traité du Mélodrame
, comme l'auteur a bien voulu nous le
diredans ſa préface. Il ya long-tems que ces idées
toutes raiſonnables ſur la muſique ſe trouvoient
en contradiction avec les ſenſations du Public ,
142 MERCURE DE FRANCE.
peut-être même avec les ſiennes , lorſque cet ou
vrage-ci lui donna occafion de les publier. Il crut,
dit-il , que tout principe de goût éroit détruit , &
qu'on étoit retourné à ces tems de barbarie où les
arts neconnoifloient d'autres loisque le caprice des
artiſtes . * Sans doute ſon mécontentement aug-
* Il ne ſera peut-être pas hors de propos de rapprocher
ici le jugement que M. l'Abbé Métaſtaſio
àporté de cet ouvragedans une lettre qu'il a écriteà
l'auteur , & qui a été inférée dans la Gazette
Littéraire , tome vi°. « Je n'ai pu lire votre ou-
>>> vrage , dit cet illuſtre lyrique , ſans le plus grand
>>>étonnement. On peut , par ce ſeul eſlai ,jugerde
>> la fineſſe de votre eſprit , de la ſolidité de votre
>>>goût & de la profondeur de vos connoiſſances
>>dans les arts: il n'eſt point d'Italien qui ait porté
>> ſes vues & ſes réflexions auſſi près des premières
>>ſ>ources du plaifir vif&délicat que produit , &
>> que pourroit produire encore plus efficacement
35notre drame muſical L'analyſe ingénieuſe que
> vous faites du rhytme &du chant périodique de
nos airs ; la manière adroite & neuve dont vous
faites ſentir l'obligation de n'enſevelir jamais
le motif principal dans les ornemens accefſoires
; l'heureuſe comparaiſon que vous éta-
→bliflez à ce ſujet entre l'art de la muſique & celui
du deſſin , où le nud doit toujours ſe faire ſentir
au travers des draperies ; vos remarques ſur les
progreffions au moyen deſquelles ondoit en paffant
du ſimple récitatif au récitatif compofé,
>> imiter les altérations qui naiſſent du jeu des paf-
>> ſſions violentes , & pluſieurs autres endroits de
>votre diflertation que je ne cite pas pour ne pas
>>la tranſcrire en entier, font encore moins pré
SEPTEMBRE. 1771. 143
menta & ſon zèle redoubla en voyant paroître le
dictionnaire de muſique de M. Roufleau, car on ne
peut ſe diffimuler que par une fatalité fingulière, il
le trouve que cet illuſtre auteur eſt tombé dans la
même barbarie , & que les principes ſur l'unité de
la mélodie ſont ſi conformes àceux de l'eſſai qu'il
les a appuyés ſur les mêmes exemples, témoins les
articles duo , récitatif, &c. Ce n'eſt pas tout , le
Journal Etranger & la Gazette Littéraire avoient
répandu ſucceſſivement les germes les plus féconds
de tout ce qu'une pratique induſtrieuſe peut
apprendre d'une imagination brillante & philoſophique
; déjà même ces principes étoient auroriſés
par le ſuccès de pluſieurs ouvrages récens : il
faut donc en convenir , a tout cela n'étoit qu'erreur
, jamais il ne fut plus néceſſaire de reveiller
la critique &de venger le bon goûτ .
Une choſedevoit cependant embarraſſer notre
auteur ; verſé comme il l'eſt dans la muſique, connoiflant
tout le mérite de la muſique italienne &
toute la défectuoſité , ou plutôt toute la nullité
>> cieux par la vérité qui leur eſt propre que par
>> les avantages immenfes que pourront y puiſer
>> les artistes , &c. >> L'auteur du Traité du Mélodrame
a omis à deſſein ce témoignage flatteur
pour ne s'occuper que de l'article où M. l'Abbé
Métaſtaſio ſe plaint avec les graces qui lui font
naturelles , de la préférence donnée à la muſique
fur la poësie , mais il n'a pas pris garde que cet article
eſt rélatifà un paſſage où l'auteur de l'eflai
attribuoit les progrès de la muſique chez les Grecs
àun effort qu'elle fit pour ſe ſéparer des paroles
auxquelles elle étoit plutôt enchaînée qu'attachée.
144 MERCURE DE FRANCE.
de ce que nous appelons la muſique françoiſe ; indigné
fur-toutde la barbarie dans laquelle notre
opéra eſt encore plongé , comment pouvoit - il
n'avoir pas beaucoup d'idées communes avec les
auteurs qu'il critiquoit ? N'étoit- il pas même aflez
probable que le plus grand tort qu'ils avoient á
ſes yeux étoit de l'avoir prévenu ? Il eſt vrai que
c'eſt celui qu'on pardonne le moins. Pour réſoudre
toutes ces difficultés, il faut paffer tout de
ſuite à ſon idée favorite; c'eſt l'enfant chéri de
fon imagination , &qu'il préfère à une nombreuſe
familledont nous croions cependant qu'il pourroit
tirer plus de fatisfaction .
aJe
Faiſons - le parler lui - même , afin de donner
plusde force&de conciſion à ſes opinions. Il s'adrefle
aux François italianiſans&leur dit :
vous félicite d'avoir abandonné vos vieilles plalmodies
pour vous faire initier dans la bonne mufique
dont les Pergolèze , les Galluppi vous ont
facilité l'accès , mais je ne puis m'empêcher de
vous plaindre d'avoir pouflé l'enthousiasme juſqu'à
prendre vos maîtres pour des modèles. Qui
fans doute , la muſique italienne eſt belle & touchante;
elle connoît ſeule toute la puiſſance de
Pharmonie & de la mélodie; ſa marche , ſes
moyens , ſes formes habituelles font très-propres
àlui donner tout le charme dont elle eſt ſuſceptible
: fimple & préciſe dans le récit ordinaire
hardie & pittoreſque dans le récit obligé ; mélodieuſe
, périodique , cadencée , une enfin dans
Tair, ellenous offre des procédés méthodiques &
fondés ſur ſa propre nature. Mais tout cela ,
qu'est-ce en derniere analyſe ? De la muſique , un
concert. Que ſi vous tranſportez ſur un théâtre
toutes ces formules nouvelles , fi vous voulez les
employer
SEPTEMBRE. 1771. 145
employer pour faire mieux qu'un drame ordinaire
, pour exagérer dans votre aine toutes les
impreſſions que la ſcène , que la déclamation fimpleont
coutume de lui faire éprouver , vous
verrez que votre art ſera contradictoire à votre
objet & vos moyens à votre fin. J'adopterai avec
plaifir tous vos principes ſur l'unité de la mélodie
&ſur la période muſicale ; mais je m'appercevrai
bientôt que tandis que les accens de lexpreffion
théâtrale ſont ſans liaiſon , ſans méthode , fans
ordre encyclique , vous ne cherchez à charmer
mes oreilles que par des chants ſuivis , qui ont
leur rhytmopée preſcrite , leurs membres balancés
, leurs retours marqués : J'admire votre inftrument
, mais plus je l'admire , &moins je trouve
qu'il cadre avec ſon objet. Auſſi vous eſt-il impoſſible
de diſſimuler le principe de vos erreurs.
La muſique , une fois tranſportée ſur le théâtre
vous voulez qu'elle y règne ; vous ne craignez pas
de lui ſoumettre la poësie; vous oſez même dire
à celle- ci , aflujettiflez - vous à certaines formes ;
reflerrez vos penſées , réduiſez vos tropes , vos
figures afſortiſſez vos metres ; enfin
ceſſez jamais de prévoir la muſique.... Erreur
monstrueuſe ! fubordonner le fond à la forme &
facrifier l'orateur à l'interpréte ! Ne ſoyez donc
plus étonnés ſi de tels principes produiſent des
fruits dignes d'eux. Vous en jugerez aisément ſi
vous aſſiſtez à un de ces opéras que vous admirez
le plus. Inutilement le cigne de l'Italie réuniſſant
Pélégance de Racine à la nobleſſe de Corneille ſe
ſera montré l'Emule de Voltaire ; inutilement un
Jomelli , un Gallupi auront développé toute la
magie de leur art ; des actrices froides & ridicules,
descaftrats inanimés , de longs récitatifs débités
G
ne
146 MERCURE DE FRANCE.
àl'inſçu d'un parterre bruyant , des points d'or
gues, des diminutions , des roulades auront bientôt
fait diſparoître Caton & Regulus , & vous
n'aurez vu qu'un concert groteſque où quelques
momens de raviſſement font achetés par cinq heu
res d'ennui &de mécontentement... & n'allez pas
dire que c'eſt la faute du genre en lui-même , ou
de la forme que le Melo -drame a reçue en Italie;
car , prenez un air en duo , ou tout autre morceau
iſolé , vous verrez que la paſſion pour la
mélodie vous fait facrifier à chaque inſtant la vé
rité de l'expreffion au charme de la muſique. Souvent
les deux premiers vers de votre air vous auront
fourni le ſujet de votre chant ; eh bien! quoiqu'il
y ait variété d'expreſſion dans ceux qui fuivent
, la mélodie conſerve fon motif& reſte conféquente
à elle-même. Bien plus, fi vous compoſez
un duo dialogué , vous ne craindrez pas d'appliquerlamêmemélodie
à la demande&àla réponſe
comme
Nei giorni tuoi felici
Ricorda ti di me.
Perchè cosi mi dici
Anima mea , perchè ?
Ainfi le vice dubeau chant, ou dela musique
telleque vous la conſervez , eft un vice inhérent ,
&que vous ne parviendrez jamais à détruire tant
que vous vous occuperez de la muſique en ellemême
,&que vous ne la conſidérerez pas comme
le ſimple interpréte de la ſcène . Mais direz vous,
comment cette muſique fi belle & fi touchante
mériteroit- elle d'être proſcrite , & comment ac
SEPTEMBRE. 1771. 147
corder lejugement que vous en portez avec les
effets qu'elle a produits tant de fois fur vous? C'eft
icı levéritable myſtère de ma critique , & je vais
vous le dévoiler. Ily a deux fortes de muſique ,
unemufique fimple& une muſique compoſée, une
mufique qui chante & une muſique qui peint , ou
fi l'on veut ure muſique de concert & une mufique
de théâtre. Pour la muſique de concert , fuivez
les principes de M. l'Abbé Arnaud , de l'autour
de l'Eflai ,de M. Rouſſeau , &c.; choiſulez
debeaux motifs , ſuivez bien vos chants , phrafés
- les exactement & rendés - les périodiques ,
rien ne ſera meilleur. Mais pour la muſique de
théâtre , n'ayons égard qu'aux paroles & conten
tons-nous d'en renforcer l'expreſſion par toutes
les puiſſances de notre art. Ici j'oublie tous les
principes analogiques , auxquels j'avoue que la
muſique eft redevable de ſes plus grands effets . Je
ne m'embarafle plus des formes du recit ni de cellesque
vous donnez à l'air ; je néglige enfin toute
idée de rhytme& de proportion : je ne veux qu'exprimer
chaque penſée , que rendre avec exactitudetout
ce que je voudrai peindre. Je quitterai
mes motifs , je les multiplierai , je les tronquerai ,
je mêterai l'air & le recit , je changerai les rhytmes
, je mutilerai les phraſes , mais je ſaurai bien
vous en dédommager ; car il ne paflera ici tonnerre
, ni torrent , ni ramage, ni murmure que
je ne fois en état de vous le décrire , ut pictura
poëfis , ut pictura muſica. "
Le moment est enfin arrivé d'interrompre notre
auteur, & comme c'eſt à notre tour de parler
nous obſerverons qu'il vient de décéler la cauſe
de tout ce mal-entendu. Il a cru avec bien d'autres
que l'imitation étoit l'objet des beaux arts ,
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
&que c'eſt d'elle ſeule qu'ils tiennent l'empire
qu'ils exercent ſur nos fens, principe que je crois
abſolument faux. Ceci tient à des idées un peu
abſtraites & qui demanderoient un ouvrage ad
hoc; mais qu'importe que ces idées ſoient déve
loppées , pourvû qu'elles ſoient ſaiſies ! D'ailleurs
nous vivons dans un tems ou quiconque a quelque
choſe de bon à dire, doit ſe preſler , de crainte
d'être prévenu.
La nature étant le ſyſtême complet de tous les
êtres , &les hommes qui n'ont d'idée que par l'entremiſe
des ſens ne pouvant rien imaginer , mais
ſeulement abſtraire & cumuler , diſtribuer & fe
xeſſouvenir , il eſt impoſſible d'exciter en eux des
ſenſations qui ne ſoient pas priſes dans la nature.
Il eſt une autre acception du mot nature qui renferme
l'abſtraction de tout concours de l'art dans
les êtres que nous voulons conſidérer , mais cette
acception eſt toujours très-vague & ne peut avoir
Lieu ici ; car un arbre enté n'eſt pas l'ouvrage de
la nature , & cependant le tableau qui le repréfente
eft appelé une imitation de la nature. Qui
eſt-ce donc qui ſera hors de la nature ? c'eſt tout
ce qui eft contradictoire ; comme , par exemple ,
qu'un tyrandéclare ſon amour dans le même ſtyle
qu'un berger; qu'un homme paſſionné differte
&qu'un homme froid s'exprime avec enthouſiaſme,
tout cela est contre nature , non pas en foimême;
car un diſcours paſſionné ni un raiſonnement
ſuivi ne font pas contre nature , mais en
conféquence de quelques données précédentes. Il
fuitdelà que comme toutes nos ſenſations font
dans la nature , tout ce qui ne ſera pas contradictoire
à des idées antérieures & auxquelles norre
eſprit auradéjà confenti ſera exactement dans la
SEPTEMBRE. 1771. 149
nature , de forte qu'il ſera impoſſible d'écrire ou
de parler raiſonnablement ſans imiter la nature ,
ou plutôt ſans être la nature même. Mais les
hommes ont bientôt reconnu que l'habitude ou le
ſpectacle de ces actions naturelles & raiſonnables
ne ſuffiſoit pas à leur bonheur ; il leur falloit de
nouveaux plaiſirs ,& ils en ont trouvédeux ſources
fécondes , 1º. La nature leur offroit quelques ſenſations
plus agréables que les autres ; ils ont cherché
à les multiplier ou à ſe les rappeler. 2°. Les
organes de leur entendement plus fins , plus déliés
que ceux des animaux , fur- tout dans l'état ſocial
, exigeoient de tems en tems certaines émotions
propres ày renouveller le mouvement & à
faciliter la circulation néceſſaire à ce confluent
mystérieux où aboutiſſent toutes les ſenſations :
c'eſt là l'origine de la curioſité &de l'amour des.
ſpectacles . La douleur d'une mère éplorée qui
croit avoir perdu ſon fils , ſa joie au retour inopiné :
decet enfant , les révolutions ſubites d'un amour
forcené , les élans de l'ambition ou les faillies de
la colère , tout cela parut aux hommes un moyen
de ſentir , de renouveller pour ainſi dire leur exiftence.
Delà deux ordres de plaiſir , les ſenſations
agréables , les ſenſations fortes. Celles - ci ſont
fuffisamment connues , mais les premières ſe dérobent
abſolument à la théorie , parce qu'on ne
connoît le rapport des objets avec nous que par
l'impreſſion qui en réſulte. Ileſt impoſſible de di--
re pourquoi le criſtal des eaux , oppoſé à la ten- ,
dre verdure des gaſons & aux maſles plus
rembrunies des ombrages produit une ſenſation
agréable : c'eſt une affaire de mécanil-
& ce mécanisme , ce n'est pas nous qui
l'avons inventé. Or, ſi je ne puis connoître que
me
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
commeun fait le plaifir que je goûte en voyant
unbeau payſage, comment pourrai -je me rendre
compte de celui que j'éprouve lorſque j'entends
les fons ſucceſſifs de la mélodie, ou les fons fimultanés
de l'harmonie ? J'en dirai autant du rhytme,
foiten mufique , foit en poësie : j'en dirai autant
del'éclatd'un marbre uni , de la ſymmétrie d'une
colonade , de la variété des couleurs dans une
marquetterie , &c: &c.
Cependant les hommes avoient à peine nombré
cesdifférens effets dont ils ne pouvoient affigner
les cauſes , qu'ils commencerent à les rapprocher
&àles comparer. L'aſpect d'un beau viſage&
celui d'une belle vallée font , quoiqu'à un degré
différent , deux ſources de volupté pour les yeux
qui les confidèrent. Mais cette bouche charmante
dont j'admirois la fraîcheur va redoubler d'attraits
fi elle vient à ſourire ; car qu'est-ce que la
beauté fi elle ne promet pas les plaiſirs ? Rempli
de ces douces émotions , je cours contempler la
vallée prochaine; le printems vient de renaître ,
elle eſt émaillée de fleurs & couverte de verdure ;
mais tandis que je la conſidére , le ſoleil qui perce
un nuage lui prête un éclat inattendu : ce furcroit
de charmes modifiant mon ame d'une façon àpeu-
près ſemblable à celle que je viens d'éprouver
quelques momens plutôt ; ma nouvelle ſenſation
reveille ma première idée , &je ſalue cette riante
vallée où je retournerai avec empreflement tant
que le fourire de la beauté me fera defirer celui de
la nature. Ici la nature imite la nature ; un plaîfir
, un ſentiment en reveille un autre & les impreſſions
légères acquièrent de l'importance en ſe
joignant à celles qui ſont ſenſibles & profondes .
C'eſtainſi que les bois, les fleuves , les forêts dont
SEPTEMBRE. 1771. 191I
Taſpect eſt agréable pour tout le monde , ont un
charme particulier pour les amans & pour tous
les hommes paſſionnés.
Ce qu'eſt la nature aux paſſions de notre ame,
les beaux arts le font à la nature & aux pallions à
lafois , c'est- à-dire qu'ils offrent un plaifir poſitif
&un plaisir de relation. N'en doutons pas ; de
même qu'un beau payſage attire & charme nos regards,
de même des accens mélodieux , une ſuite
de mots cadencés portent dans nos ſens un plaiſir
qui leur eft inhérent & qui eſt antérieur à toute
unitation . Telle est la véritable originede la poéfie
&de la musique , & c'eſt de leur propre fond
quecesarts ont tiré les formules , les lois mêmes
qui les retenantdans de juſtes proportions commencerent
déjà a joindre le ſentiment réfléchi de
tadifficulté vaincue au plaifir immédiat de la ſenfarion.
Mais plus l'eſprit des homines ſe perfectionnoit,
plus il devenoie avide de ſenſation : ce
ne fut doncpas affez pour les beaux arts de plaire
par eux-mêmes , il fallut qu'ils s'animaſſent pour
ainſi dire , & qu'ils s'uniflent au ſyſtême entier de
nos perceptions : on exigea qu'ils réveillaſſent en
nous le plusgrandnombre d'idées qu'il feroit pof
fable, fans toute fois que l'occupation de notre
entendement dégénérât en fatigue. Ici commence
leur troiſième progrès : d'abord ils ont produit un
plaifir fumple & immédiat , enfuite ils ſe ſont affervis
à des formes priſes auſſi dans leur propre
eflence, &le plaisir de juger a été ajouté au plaifir
de fentir ; enfin ils ſe ſont efforcés de reveiller en
nous un grand nombre d'idées , & alors l'effer
qu'ils ont produit a été composé de l'impreſſion
immédiate , du jugement réfléchi & du charme
attaché à la variéré , ou plutôtà l'exercice doux &c
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
facile de notre entendement. Ce n'eſt pas tout encore;
il faut examiner attentivement ce dernier
principe; car nous trouverons qu'il peut nous
modifier de quatre façons différentes : par la ſeule
variété , par l'intérêt , par la ſurpriſe&par l'imagination.
Par la variété , parce que la ſucceſſion
feuledes idées produit un effet agréable ; par l'intérêt
, prce que l'homme étant un être ſenſible
par excellence , toute ſon exiſtence eſt liée à ſes
paffions, & que de toutes les idées celles qui le
Hattent le plus font celles qui le rappelent plus
fortement à lui-même ; par la ſurpriſe , parce que
moins les ſenſations ſont attendues , plus leur impreffion
eſt vive & profonde ; par l'imagination ,
parceque tous les objets s'embelliffent par elle ,
foit que l'abſtraction nous permette de les dégager
de tout alliage impur , loit que le plaifir de
les produire ajoute à leur prix , en intéreſlant notre
amour- propre qui ſe mêle de tout. Ainfi ne
foyez plus ſurpris de voir notre oreille ſuperbe
sepouffer l'artiſte qui nous définit ce que nous
voulons concevoir,& qui nous décrit ce que nous
voulons imaginer. Tels ſont les poëtes Allemands
qui, pour trop détailler , me donnent la fatigue
que j'éprouve en lifant une démonstration géométrique
ſans être aidé de la figure , & ne m'offrent
ſouvent qu'un plan au lieu d'un tableau.
Tels étoient encore les anciens compofiteurs François
lorſque pour imiter le ramage des oiſeaux ils
introduifoient dans leur orcheſtre ces petites flûtes
qu'ils nommoient des tailles , & dont l'effet
diſparate faifoit oublier la muſique ſans rappeller
legazouillementdes oiſeaux.
Réſumons donc , & reconnoiſſons qu'au lieu
d'attribuer l'effetdes beaux arts à un ſeulprincipe
SEPTEMBRE. 1771. 153
comme on l'a tenté dans un ouvrage très-eſtimable
d'ailleurs ; on peut en compter fix , favoir , la
fenſation immédiate , lejugement ou le ſentiment
de la difficulté vaincue , la variété ou les idées
reveillées , l'intérêt ou les paffions , enfin la furpriſe
& l'imagination. Il n'est pas beſoin de dire
que ces principes peuvent ſe combiner de différentes
manières ; que la ſurpriſe peut naître auſſi de
ladifficulté vaincue , & que ce ſentiment peut encore
ſe répandre ſur tous les autres effets. Nous ,
nous ſommes contentés de les placer ici dans un
ordre finthétique , ſuivant qu'ils nous ont paru
pouvoir exiſter indépendamment les uns des autres.
Maintenant appliquons ces principes à la muſique;
nous nous appercevrons aisément que ecr
art ne conſiſte pas ſeulement dans l'imitation : en
effet un muſicien qui voudroit nous repréſenter le
point du jour n'auroit rien de mieux à faire que ,
d'employer quelqu'un de ces poliflons qui gagnent
leur vieà contrefaire ſur les boullevards le
chant de l'alouette ou celui du roſſignol ; de même
pour imiter un bruit de guerre ou celui d'une
tempête , un organiſte fouleroit aux pieds toutes
ſes pédales & appuieroit le bras entier ſur ſon clavier
; invention ingénieuſe d'un muſicien François
qui eſt conſtamment applaudi au même lieu
où l'inimitable Pagin fut fifflé. Tous ces vains
efforts font rejettés par le goût avant que d'être
condamnés par la critique; mais fi un compoſiteur
habile , en ſuivant les formes générales ,
c'est -à-dire , en conſervant le rhytme de la mélodie,
fait par des fons analogiques , par des impreffions
détournées & fugitives me retracer le
bruit des flots agités , ou l'incertitude du pilote
: Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
effrayé , mon eſprit ſe reveille , mon imagination
s'échauffe , je me tranſporte au loin ſur un promontoire
, d'où je confidère le vaiſſeau battu par
les vents , je vois briller l'éclair, j'entends les cris
des matelots , & déjà le tableau animé n'eſt plus
l'ouvrage du muficien , c'eſt celui de mon imagination,
Que ſera-ce fi tandis que mon ame eſt
trompée par ce preſtige , une petite partie demon
intelligence reſte pour ainſi dire en fentinelle ;
obſerve l'artiſte & s'écrie de tems en tems : exceltent
paſſage du fecond violon , bravo l'alto , belle
modulation , &c Alors rien ne manquera à mon
plaifir , & certainementje ne le dois pas à la ſeule
imitation.
Avançons & tâchons d'atteindre notre auteur.
Vous avouez , lui dirai - je , que l'auteur de l'Effaifur
l'union de la Poëfie & de la Mufique a bien
connu&bien développé les principes de la muſique
mélodieuſe & chantante que vous appelez
muſique fimple & que vous réléguez dans les
concerts , parce qu'elle est bonne ; mais s'il eft de
l'eſſence de la muſique d'être mélodieuſe; fi les
formes de cette muſique , qu'il vous plait d'appeler
muſique de concert, ſont les plus belles que
l'art puifle vous préſenter , comment voulez-vous
compoſer votre prétendue muſique dramatique
fans ceflerde faire de la muſique ? J'infifterai , &
je vous demanderai encore pourquoi cette mufiquede
concert m'arrache des larmes , me ravit ,
me tranſporte , m'enchante C'eſt ſans doute',
parce qu'elle exprime des paſſions, le tout dans la
manière qui lui eft propre , c'est-à -dire ſans que
l'expreffion miſe au chant , fans que la muſique
cefle d'être de la muſique. Sur quoi fondez vous
donc la différence des deux gentes? .. Mais ces
xitournelles qui refroidiſſent l'action , mais ces da
SEPTEMBRE. 1771. 15ς
troutapo
fréquens , ces roulades , ces diminutions, ces
points d'orgues éternels.... Eh ! mon Dieu! qui
vous le difpute? Lifez l'Eſſai , lifez Algaroti ,
lifez le dictionnaire deM. Roufleau ,vousy
verez tous ces excès relevés & condamnés. Mais
vous avez quelque principe caché , quelque choſe
demieux ànous dire. Eh! juſtement , vous nous
avez mis ſur la voie , fans vouloir toutefois vous
expliquer. Il eſt, dites - vous quelque part , un
cliant composé qui est moins mélodieux , moins
rhytmique , moins agréable que le chant fimple ,
maisplus ſavant &plus difficile à ſaiſir : ce chane
négligeant les formes connues de l'air , des deux
récitatifs , &c. s'applique uniquement à rendre les
idées du poère , à ſuivre ſes paroles pas-à-pas.
Celui- ci ne ſera plus gêné dans la marche , je ne
lui ferai pas l'outrage fanglant de vouloir qu'en
écrivant fa pièce , il ſe ſouvienne qu'elle doit
êtremiſe en muſique', ( quorque , àla vérité, j'aie
dit ailleurs tout le contraire , voyez pag. 132 ,
144 , &c. ) & je në ferai que traduire des vers
dans le langage d'Euterpe. Pour toute répanfe
nous nous contenterons d'avertir les Etrangers
que la comédie françoiſe eſttrès -bienplacée aux
Thuilleries ,qu'on y entre & qu'on en fort trèscommodément
, qu'on y joue tous les jours les
piéces des trois grands tragiques , le tour à juſte
prix, &qu'en couléquence,nous penfons, qu'ils fer
ront encore mieux d'aller là qu'à l'opéra . Mais fi
notre auteur perſiſtoit & s'émancipoit juſqu'à convenir
que l'opéra eft le théâtre de la muſique , on
reprendroit ce qui dit ci-deſſus par rapport
aux beaux. arts ; & er Les moyens
qu'ils emploient pour nous plaire , on verroit d'abord
que le premier de tous eſt l'inftrument ca
a épé
Le rappelant
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
lui - même ou la ſenſation première : or , on a
peine à croire que pour en tirer le meilleur parti
poſſible , il faillecommencer par le gâter. 2°.On
s'appercevra que le ſecond effet , qui eft le ſentiment
de la difficulté vaincue fe perd du moment
que les moyens ſont trop multipliés , & que l'imitation
, ou pour mieux dire la copie, s'eſt aſſez
emparée de notre imagination pour chaffer tout
à-fait l'idée de l'art imitateur ; c'eſt ainſi qu'une
effigie colorée& habillée ne fait qu'une illufion
déſagréable, tandis qu'un tableau de Vandeck
me charme fans me tromper. 3 °. On obſervera
que fi dans le genre propolé , la quantité d'idées
fuggérées reſte la même, ces idées ſont plutôt
offertes que reveillées , & plutôt déterminées
qu'indiquées; de façon que l'eſprit qui connoîtra
l'étendue des moyens & qui ſe verra commandé
dans ſes perceptions perdra à la fois le plaifir de
laſurpriſe &ceux de l'imagination ; d'où je conclus
que la musique ne vaudra rien pour avoir
voulu trop peindre , & c'est ainſi que le principe
ut p tura poëfis a causé de grandes mépriſes toutes
les fois qu'on a voulu l'étendre au- delà de ſes
Jimites.
D'un autre côté , il n'eſt pas moins évident que
Jumoment que nous avons iimmaaginé d'animerla
muſique pour la mettre fur la ſcène , c'eſt une
neceflité pour elle de ne point contredire l'illufiondu
théâtre&de prendre garde qu'un effet n'en
détruiſe pas un autre : mais apprenez - nous quel
eft le terme de cette illufion ,& définiflez - nous
ceque doit pafler à la vraiſemblance lyrique celui
qur a paflé le vers hexamètre, le rouge & les lampions
à la vraiſemblance tragique, & eris miht
magnusApollo. Je crois que fur cet article,l'ex
SEPTEMBRE. 1771. 157
périence exempte de manie &d'enthousiasme, eft
lemeilleur des maîtres. Quelques réflexions qu'on
trouve dans le petit ouvrage ſur l'union de la
poësie & de la muſique avoient déjà mis ſur la
voie,&pluſieurs eſlais qui ont paru dans ce genre
ont déjà prouvé qu'on peut atteindre le but. Je ne
parle pas des drammes charmans de M. de M.
parce qu'ils font mêlés de chant&de proſe ; mais
il me ſemble que M. Philidor n'en étoit guère
éloigné lorſqu'il a donné ſon opéra d'Ernelinde;
car , à deux morceaux près , cetre muſique étoit
parfaitement théâtrale,& les défaurs du poëme
qui en ont empêché le ſuccès auroient été choquans
dans tous les tems , & avec quelque muſique
qu'on y eut adaptée.
J Nous ne quitterons pas notre ſujet ſans nous
donner la latisfaction de dire à quel point nous
partageons l'eſtime que notre auteur témoigne
pour cet excellent compoſiteur , qui n'a certainement
pas perdu de ſon prix pour avoir trouvé un
émuledigne de lui ; nous le louerons même avec
d'autant plus de plaiſir qu'il nous a fait connoître
ſouvent combien il étoit attaché à nos principes ,
dont il connoifloit bien mieux que nous la juſteſſe
& l'étendue . Nous lui avons entendu dire lorfqu'il
donna Tom Jones : Pour cette fois cij'efpère
avoir réuffi. Jamais je n'ai donné plus d'attention
à lafimplicité de mes motifs & à l'unité
de ma mélodie ; c'est ce quej'ai fait de mieux ; &
il ne changea pas d'avis lorſquil vit cet admirable
ouvrage ſi voiſin de ſa chute. Dans Einelinde
il ſuivit les mêmes principes , & c'eſt là - deſſus
qu'il fondoit ſes eſpérances. Parmi les muficiens
M. Jomelli , Galluppi , Piccini , Grétry , &c.&
parmi lesgens de lettresM. Rouſleau , M. l'Abbé
158 MERCURE DE FRANCE.
Arnaud, tous ceux enfin qui ſe ſont occupés de
cette matière n'ont eu qu'un avis. Cominent fel
fait-il quedes hommes d'efprit , & même deshommes
de beaucoup d'eſprit , ayent ſaivi une route
toure opposée ? C'eſt que l'eſprit ne peut que dérai
fonner fur les beaux arts toutes les fois qu'il parlera
ſeul. A ce proposje me rappele une histoire qui
m'a été contée par un Marfeillois , qui avoit fait
du commerce toute fon occupation & qui avoit
paflé ſa,jeuneſle dans les Echellesdu Levanti
Le Bacha , qui gouvernoit la Syrie avant la révolte
d'Aly-Bey , aimoit beaucoup les femmes ,
mais il étoit très difficile , peut-être parce qu'il
les avoit trop aimées. Un Eunuque Egyptien ,
nommé Oſmin , grand connoiffeur en pareilles
denrées, lui ſervoit de pourvoyeur & fréquentoit
tous les marchés de l'Afie , ne ménageant rien ,
ramenant toujours des eſclaves , & ne contentand
jamais fon maître , qui ne manquoit pas de s'é
crier en le voyant revenir avec ſes emplettes , vous
me ruinez , & cela enpure perte. Un jour , dit mon
Marſeillois , je le rencontrai à Smyrne , il étoir
dans le plus grand embarras parce qu'il marchandoitdes
Circaffiennes parmi leſquelles il vouloit
en choisir une qui fut digne de fon maître ; mais
plus il examinoit , moins il pouvoit fixer fon
choix. Je l'abordai , il daigna me confulter.Crois
moi , mon cher Olmin, lui répondis-je , cen'eſt
aucunedecelles-là que je choiſirois : vois-tu cette
petite brune aux yeux bleux que tu parois négli
ger prends- là forma parole & conduis là biett
vîte à ton bacha. Il ſe laiſſa perfuader , & à fix
mois delà de retrouvant à Alep , il vint à moi les
bras ouverts: Nous avons fair merveille, s'écriatik;
elle eft, apréfent la favorite , &j'aireçu une
SEPTEMBRE. 1771. 159
bonne récompense. Mais comment diable as - tu
faitpour devinerſi juſte ? Voici plus de trente ans
queje nefais d'autre métier que d'acheter desfemmes
,&jefais là- deſſus tout ce qu'on peutfavoir...
Ecoute , mon ami , lui répliquaije : lorſque je te
rencontrai à Smyrne , il y avoit trois jours que
j'avois vu débarquer cette jeune eſclave : depuis
ce moment- là , je l'avois toujours révée, toujours
defirée:mon ami , je ne dormois plus ; & fois bien
aſſuré que ſi j'avois eu soo ſequins , ton bacha
n'en auroit jamais été poflefleur. Voilà mon fecret
, voilà toute ma ſcience. J'avois à peine fini
deparler que je m'apperçus que l'Eunuque m'avoit
déjà tourné le dos , mais je crus l'entendre dire en
s'éloignant : Non , je ne m'y connoîtraijamais.
intitulé , Traité du Melo-Drame
ou Réflexions ſur la muſique dramati.
que. A Paris , chez Vallat la Chapelle,
libraire,fur le perron de la Ste Chapelle,
1771 ; in-80. Prix , s liv . relié.
Ona coutume de qualifier de nations rivales
celles que des intérêts oppoſés mettent ſouvent
aux priſes & précipitent dans des guerres longues
&obſtinées ; mais en y regardant de plus près ,
on s'appercevra aisément que ſi les Princes combattent
pourdéfendre ou augmenter leurs états ,
les nations ne connoiſſent guères de véritable rivalité
que dans les choſes qui intéreſſent leur vanité
; ce qui comprend toute eſpèce de gloire ,
cellequi vientdes talens comme celle qui naît des
fuccès à laguerre. En effet, la vanité comme la
lumière peur ſe diftribuer à l'infini ſans s'affoiblir
par le partage; elle eſt toujours active , toujours
éclairée ſur ſes intérêts , & c'eſt ce qui fait que la
jaloufie nationale peut encore exiſter lors même
*Ce morceau qui eſt rrès- intéreſlanr eft l'ouvraged'un
homme auſſi diſtingué par fon rang &
ſa naiſſance que par les talens&fes fumières , &
nous lui avons beaucoup d'obligation d'avoir
bienvoulu ea enrichir le Mercure.
134 MERCURE DE FRANCE.
que l'eſprit du Patriotiſme eſt détruit. Une
guerre perpétuelle s'eſt donc allumée dans l'empire
de l'opinion ; & comme les plus importantes
poſſeſſions de l'ennemi ſont toujours expoſées à la
premiere agreffion , de même dans les rivalités
littéraires les découvertes ſont toujours l'objet
des plus grands débats. Eh! quel François animé
decettenoble ambition,apu ſe contenter de lagloireque
nous avons acquiſe depuis deux fiècles ,& n'a
pas jetté des regards d'envie ſur les Galilées , les
Bacons , les Newtons ? Nous contemplons notre
puiſſance politique , & en nous rappelant la foibleſſedes
premiers Capétiens , nous remarquons
que c'eſt àde riches ſucceſſions que leurs deſcendans
ont dû l'augmentation de leurs domaines :
Craignons d'appliquer ces réflexions à notre empire
littéraire , ou plutôt , en avouant que nous
avons hérité de beaucoup de tréfors dont la découverte
eſt due à l'Etranger , cherchons à nous
confoler par une confidération qui paroît avoir
échappé à la philoſophie de notre âge; c'eſt que
lesnations qui ont le plus inventé ſont peut- être
les moins capables , nonſeulementde perfectionner
, mais de contenir les arts& les talens dans les
meſures qu'un goût ſage& épuré eft en droit de
leur preſcrite. On s'en convaincra facilement ſi
l'on obſerveque chez les peuples qui ont le plus de
découvertes à vanter, il eſt arrivé de deux choſes
l'une ; ou le goût général de la nation a réveillé
l'émulation& provoqué les découvertes , ou les
inventeurs eux-mêmes ont fait naître le goût des
arts qu'ils avoient créés : or dans le premier cas la
paffion dégénère ſouvent en manie ; & dans le
Lecond la doctrine ſe change en dogmatiſme , &
SEPTEMBRE. 1771. 135
l'on voit s'élever une ſecte au lieu d'une école.
Ainſi chez les Grecs l'éloquence dégénéra bientôt
en unevaine déclamation; ainſi chez les Anglois
Melpomène n'eſt encore queShakeſpéar traveſti,&
ce grand homme ſemble n'avoir laiſſé après lui
quedes barrieres au lieu des pierres d'attente qu'il
avoit poſées. Maintenant qu'un peuple ingénieux,
ſenſible & même appliqué s'empare de ces richefſes
étrangères ; qu'il épure dans le creuſet du goût
ces minéraux brutes , mais précieux , nés dans les
flancs de quelque montagne embratée; quellaalime
ou le ciſeau leur donnent la forme& l'éclar ,
&qu'un Public avide, mais difficile & précautionné
, vient enſuite à juger; alors & alors ſeulement,
les choſes ſeront apréciées à leur juſte valeur
, pouflées à leur dernière perfection & furtout
conſervées dansleur intégrité. Tel eſt le for
de la France ; à cette différence ſeulement que c'eſt
fans renoncer à l'honneur de pluſieurs découvertes
qu'elleprétend à la palme du goût , & qu'à la fois
juge & ouvrière , elle peut être pour les autres
peuples ce qu'eſt l'Académie Françoiſe pour elle
même.
Parmi nombre de preuves qui pourroient juſtifier
cette opinion , je me bornerai à un des objets
qui lui tiennentde plus près &dont l'examen nous
aconduits à ces réflexions,je veux parler de la mufique
, celui de tous les arts ſur lequel nous ayons
le moins de droits à réclamer à titre d'inventeurs.
Que diroit le reſte de l'Europe ſi , au bout de vinget
ans à peine écoulés depuis que la muſique italienne
, ou pour mieux m'exprimer , la véritable mufiquea
été implantée en France , nous étions tout
près d'en atteindre la perfection ; fi nous étions
même parvenus à en connoître & les moyens &
Ies effers ; àlui aſſigner ſon domaine & àlui pref
136 MERCURE DE FRANCE.
,
en
crire ſes différens emplois , foit que livrée à ellemême,
elle voulût briller de fon propre éclat , ſoit
qu'unic à la poéfie , elle en développât, elle en exagérât
pour ainſi dire les produits ; ſoit enfin qu'attachée
au drame elle en ſuivit la marche
multipliât l'action&en fortifiât l'intérét ?Ce tableau
féduiſant n'eſt pourtant point un rêve , ſi l'on en
croit l'auteur d'un livre intitulé , Traitédu Melo-
Drame , ouvrage que nous annonçons au Public
avec une confiance à laquelle les productions
récentes ne nous ontguères accoutumés. Ce fera
ſansdoute avec plaifir qu'on y verra nos compofiteurs
comparés , préférés même aux premiers maîtres
d'Italie , & nos eſſais de muſique dramatique
propoſés pour modèle à toutes les Nations.
Allertions hardies ſans doute , mais flatteuſes &
encourageantes , & fur-tout intéreſſantes par les
raiſons auſſi ſavantes qu'ingénieuſes ſur leſquelles
elle eſt établie . Pénétré comme notre auteur
d'eſtime &de reconnoiſſance pour les maîtres qui
ont enrichi depuis quelque tems notre ſcène italienne
, devenu le vrai théâtre lyrique , fi nous
différons d'opinions avec lui ſur quelques objets ,
c'eſt parce que nous croyons qu'un ouvrage commele
fien étoit encore néceflaire pour développer
nombre didées abſtraites & fugitives qui embarraſſoient
les routes de l'art ; pour prévenir furtout
l'inconvénient de l'imitation & de la dégénération
du genre en manière , en un mot pour mettre
les préceptes à la place des exemples. Nous
penfons encore que pour conduire la muſique àſa
dernière perfection , il faut joindre la ſcience qui
éclaire au goût qui aprécie ; c'eſt- à- dire , qu'il
faut ſavoircompoſer , &cependant avoir plus entendu
que compofé; qu'il eſt encore important
den'êtredans aucun parti , ni dans celui des Ita
SEPTEMBRE. 1771. 137
liensdont les principes ſont peut-être trop exclufifs
, ni dans celui des François qui répugnent
quelquefois à l'aveu de la ſupériorité dans autrui;
qu'on doit encore connoître le génie des différens
peuples & la manière dont ils ſont affectés
par les ſons ; qu'à toutes ces connoiſlances préliminaires
il faut joindre l'eſprit philoſophique
qui ſert de guide dans la diſcuſſion , & fur-tout ce
talent ſans lequel on n'enſeigne , on ne perfuade
rien , celui d'écrire avec chaleur , intérêt & clarté.
Enfin après avoir tout exigé , nous reconnoiffons
avec non moins de ſurpriſe que de plaiſir que toutes
ces conditions ſe trouvent remplies par l'auteur
dont l'ouvrage va nous occuper , non dans la
formed'un extrait ordinaire , parce que toutes les
vérités qui s'y trouvent renfermées perdroient à
être déplacées , mais en nous attachant aux idées
lesplus importantes , c'est-à-dire celles qui méritent
leplusd'êtrediſcutées&même refutées.En effet
ceux qui voudront voit en quoi l'auteur a eu raifon
ne peuvent mieux le trouver que dans ſon
livre , tandis que nous concourrons avec lui aux
progrès de l'art , ſi nous parvenons à rectifier celles
de ſes idées qui nous en paroiſſent ſuſcepti
bles.
Il ne s'agira pas ici de reveiller les diſputes po
lémiques qui ont agité la capitale depuis la fameulemiſſionde
1752, pendant laquelle on vitde
pauvres ultramontains ſimples & ſans lettres, prêcher
, convertir & faire des miracles ; mais il ſera
néceſſaire de ſe rappeler avec notre auteur quelle
fut la marchede nos connoiſſances en muſique ;
car nos idées ne ſe ſont pas toujours étendues aufſi
rapidementque notre goût , & la véritê mêmen'a
pu établir ſon empire ſans contracter quelques
dettes avec la mode & le préjugé ; nous direns
138 MERCURE DE FRANCE.
donc enpeu de mots qu'une lettre ſur l'opérad'Oma
phale avoit déjà donné le ſignal d'une révolution
prochaine à- peu-près comme les météores & les
comètes annoncent la chûte des Empires , lorſque
la muſique italienne fit ſa première invaſion dans
lacapitale. Il eſt paflé en uſage, de nos jours , que
lesmanifeſtes&les déclarations de guerre ſuivent
les armées au lieu de les précéder ; la même choſe
arriva dans cette occafion . On reconnut dans un
écrit plein de ſel,intitulé ,lepetit Prophéte , &c.
l'auteur de la lettre ſur Omphale , ou plutôt on
reconnut un homme d'eſprit qui en ſavoit plus
qu'il n'en avoitdit , & qui ne vouloit parler que
parparabole.
favoix
Mais déjà les exemples ſuffiſoient aux préceptes&
il étoit tems que ceux - là entendiſſent qui
avoient des oreilles pour entendre. C'étoit cependant
le plus petit nombre , & M. Roufleau jugea
que la vérné avoit encore affez d'ennemis pour
qu'il lui convînt de la défendre : mais en lui prêlui
donna ſa livrée: préſentée ſous
la forme du paradoxe , elle eut plus de célébrité
que de crédit; elle convainquit & révolta , & l'affaire
fut appointée. M. Roufleau ne le contentoit
pas de profcrire notre ancienne muſique , il ne
vouloit pas nous laifler l'eſpérance d'en avoir une
meilleure; notre langue même àl'entendre fe refuſoit
abſolument aux puiſſances de la mélodie.
Quels cris ne s'élevèrent pas alors! on ne prévoicit
pas fans doute les heureuſes reftitutions dont cette
injustice feroit ſuivie , autrement ont eût defire
qu'il continuât de nous injurier &de nous enrichir,
& on l'eût comparé à ce magiſtrat ſi ſouvent
applaudi au théâtre qui répare de ſes propres fonds
l'erreur qu'il a commiſe. Quelquetems après un
homme de génie , dont tous les ouvrages concou
SEPTEMBRE . 1771. 139
rent à prouver cette vérité , que la même préciſion
qui dirige l'eſprit dans les calculs les plus fublimes
eſt encore l'inſtrument caché du goût le plus
fin& le plus délicat , ne dédaigna pas de s'occuper
de la muſique , &ſes regards y répandirent la
lumière. M. d'Alembert , en condaminant en général
la muſique françoiſe , lui laifla deux motifs
de confolation en lui enſeignant les moyens de
s'améliorer & en dévoilant en même tems les erreurs
de la rivale. Inſenſiblement les eſprits ſe
rapprochoient ; le goût ſe perfectionnoit. Des
compoſiteurs , remplis de talens & d'émulation
avoient profité de certains lieux de franchiſe pour
introduire cette contrebande précieuſe à laquelle
le régime prohibitifde l'opéra étoit fi fort oppoſé.
Mais la verve qui nous précipite dans la carrière
ne nous poufle pas toujours vers le but ; ſouvent
même nous ignorons l'endroit où il ſe trouve ,
tandisque la critique aſſiſe à l'écart a ſes yeux fixés
fur lui ,&rit detous les efforts qui en éloignent.
Un amateur s'aviſa donc unjour d'obſerver que fi
les Coimpofiteurs François imitoient le faire des
Compoſiteurs Italiens , les poëtes lyriques reſteroient
encore attachés aux anciennes formes ; de.
forte qu'il s'introduiroit une contradiction marquée
entre l'intention du poëte & celle du muficien.
C'eſt que les premiers étudioient Jyomelli
&Galuppi , & que les autres n'étudioient pas Métaſtaſe.
Il s'apperçut encore que le Public tomboit
dans une plus grande erreur lorſqu'il attribuoit
aux poëmes modernes tout le dégoût qu'il
éprouvoit à l'opéra , & lorſqu'il demandoit qu'on
composât des chants nouveaux ſur des paroles
anciennes ; choſe abſolument impoffible ! ces obſervations
lui inſpirerent l'idée de ſcruter davanta
geles effets de la muſique &de chercher quel étoit
140 MERCURE DE FRANCE.
le caractère diſtinctifde la bonne muſique. Il erut
l'avoir trouvé dans la forme périodique qui fait
le charme de tout langage en proſe, en vers ou en
muſique , & il fit un rapprochement aflez heureux
de la période oratoire&de la période muſicale. Il
reconnutque ſi la muſique étoit eſſentiellement un
chant , ce chant devoit être une vraie période ,
ayant ſes membres aflortis , ſes repos balancés ,
ſamarche conféquente &ſon rhytme reflenti. Il
obſerva que l'expreſſion muſicale étant beaucoup
plus ſenſible&beaucoup moins rapide que celle
dudiſcours, les périodes en muſique ne pouvoient
pas ſe ſuivre& s'enchaîner les unes aux autres , ce
qui obligeoit les muſiciens à ſe concentrer pour
ainſi dire dans une idée qui feroit à elle ſeule un
petit dilcours ou un petit poëme dont le chant &
les accompagnemens ſeroient à la fois le ſujer& le
commentaire , &dont la muſique feroit en mêmetems
l'expoſition & le développement. En effet
L'expreffion muſicale étant agréable par elle-même
&par fon concours avec les paroles , l'oreilles'y
arrête avceplaifir , &l'etprit qui est d'intelligence
avecelle ne ſe plaint pas de voir la marche retardée.
C'eſt ainſi qu'une penſée exprimée avec ſimplícité,
développée avec génie ,ornée avec goût
& répétée avecgrace forme un ouvrage qui a reçu
le nom d'air , aria. Il ſurvoit dela qu'un poëte qui
compoſoit des vers deſtinés à être mis en muſique
devoit aflujettir ſa marche aux formes indiquées
ci -deſſus , qu'il ne lui ſuffifoit plus d'écrire
en vers libres des ſcènes de tragédie , mais qu'il
devoit s'occuper encore de réſerver une fituation,
unmouvement , une penſée propres à être renfermés
dans une période muſicale , & cette période
muſicale exigeoit qu'on lui donnât pour baſe une
période poëtique , ou plutôt une période dont l'en.
SEPTEMBRE. 1771 : 141
lemble&lesdétails fuſſent ſoumis aux vrais princi
pesde la rhytmopée ; il falloir donc, s'il étoit poſſio
ble , écrire comme l'immortel Métaſtaſe , ou du
moins tâcher de l'imiter. Mais d'un autre côté,
les auteurs qui compoſoient des drames pour la
comédie italienne ſe contentoient en écrivant leurs
ſcènes de quitter le langage de la proſe dans les
endroits qu'ils croyoient les plus favorables à la
muſique , & ſe livroient enſuite à leur facilité,
ſans craindre d'embaraſler le muſicien , ſoiten lui
offrant trop d'idées à la fois , ſoit en les lui préſentant
au hafard , tantôt d'un façon trop complexe
, tantôt avec trop de développement ; d'où
il arrivoit que la nouvelle muſique portoit un caractère
métif qui la décréditoit ſouvent aux yeux
des amateurs. Toutes ces réflexions jettées ſur le
papier formèrent une brochure de cent pages au
plus , mais qui fut accueillie par les artiſtes &les
gens de lettres , & qui obtint entr'autres le fufrage
de M. l'AbbéMétaſtaſio,de MM. Gyomelli Gre.
tri & Philidor . Elle eut un autre ſuccès non meins
flatteur , qui tourna au profit du Public; c'eſt que
les principes qu'elle renfermoit ayant été adoptés
parunhomme très- diftingué dans la littérature ,
il voulut bien les juſtifier par des exemples dont
aucun précepte ne peut approcher & auxquels le
Public applaudit tous les jours avec tranſport &
reconnoiſſance.
C'étoit le fort de ce petit ouvrage de produire
beaucoup mieux que lui- même , ſoit qu'il fût approuvé
, foit qu'il fût refuré ; car c'eſt particulièrementàlui
que nous devons le traité du Mélodrame
, comme l'auteur a bien voulu nous le
diredans ſa préface. Il ya long-tems que ces idées
toutes raiſonnables ſur la muſique ſe trouvoient
en contradiction avec les ſenſations du Public ,
142 MERCURE DE FRANCE.
peut-être même avec les ſiennes , lorſque cet ou
vrage-ci lui donna occafion de les publier. Il crut,
dit-il , que tout principe de goût éroit détruit , &
qu'on étoit retourné à ces tems de barbarie où les
arts neconnoifloient d'autres loisque le caprice des
artiſtes . * Sans doute ſon mécontentement aug-
* Il ne ſera peut-être pas hors de propos de rapprocher
ici le jugement que M. l'Abbé Métaſtaſio
àporté de cet ouvragedans une lettre qu'il a écriteà
l'auteur , & qui a été inférée dans la Gazette
Littéraire , tome vi°. « Je n'ai pu lire votre ou-
>>> vrage , dit cet illuſtre lyrique , ſans le plus grand
>>>étonnement. On peut , par ce ſeul eſlai ,jugerde
>> la fineſſe de votre eſprit , de la ſolidité de votre
>>>goût & de la profondeur de vos connoiſſances
>>dans les arts: il n'eſt point d'Italien qui ait porté
>> ſes vues & ſes réflexions auſſi près des premières
>>ſ>ources du plaifir vif&délicat que produit , &
>> que pourroit produire encore plus efficacement
35notre drame muſical L'analyſe ingénieuſe que
> vous faites du rhytme &du chant périodique de
nos airs ; la manière adroite & neuve dont vous
faites ſentir l'obligation de n'enſevelir jamais
le motif principal dans les ornemens accefſoires
; l'heureuſe comparaiſon que vous éta-
→bliflez à ce ſujet entre l'art de la muſique & celui
du deſſin , où le nud doit toujours ſe faire ſentir
au travers des draperies ; vos remarques ſur les
progreffions au moyen deſquelles ondoit en paffant
du ſimple récitatif au récitatif compofé,
>> imiter les altérations qui naiſſent du jeu des paf-
>> ſſions violentes , & pluſieurs autres endroits de
>votre diflertation que je ne cite pas pour ne pas
>>la tranſcrire en entier, font encore moins pré
SEPTEMBRE. 1771. 143
menta & ſon zèle redoubla en voyant paroître le
dictionnaire de muſique de M. Roufleau, car on ne
peut ſe diffimuler que par une fatalité fingulière, il
le trouve que cet illuſtre auteur eſt tombé dans la
même barbarie , & que les principes ſur l'unité de
la mélodie ſont ſi conformes àceux de l'eſſai qu'il
les a appuyés ſur les mêmes exemples, témoins les
articles duo , récitatif, &c. Ce n'eſt pas tout , le
Journal Etranger & la Gazette Littéraire avoient
répandu ſucceſſivement les germes les plus féconds
de tout ce qu'une pratique induſtrieuſe peut
apprendre d'une imagination brillante & philoſophique
; déjà même ces principes étoient auroriſés
par le ſuccès de pluſieurs ouvrages récens : il
faut donc en convenir , a tout cela n'étoit qu'erreur
, jamais il ne fut plus néceſſaire de reveiller
la critique &de venger le bon goûτ .
Une choſedevoit cependant embarraſſer notre
auteur ; verſé comme il l'eſt dans la muſique, connoiflant
tout le mérite de la muſique italienne &
toute la défectuoſité , ou plutôt toute la nullité
>> cieux par la vérité qui leur eſt propre que par
>> les avantages immenfes que pourront y puiſer
>> les artistes , &c. >> L'auteur du Traité du Mélodrame
a omis à deſſein ce témoignage flatteur
pour ne s'occuper que de l'article où M. l'Abbé
Métaſtaſio ſe plaint avec les graces qui lui font
naturelles , de la préférence donnée à la muſique
fur la poësie , mais il n'a pas pris garde que cet article
eſt rélatifà un paſſage où l'auteur de l'eflai
attribuoit les progrès de la muſique chez les Grecs
àun effort qu'elle fit pour ſe ſéparer des paroles
auxquelles elle étoit plutôt enchaînée qu'attachée.
144 MERCURE DE FRANCE.
de ce que nous appelons la muſique françoiſe ; indigné
fur-toutde la barbarie dans laquelle notre
opéra eſt encore plongé , comment pouvoit - il
n'avoir pas beaucoup d'idées communes avec les
auteurs qu'il critiquoit ? N'étoit- il pas même aflez
probable que le plus grand tort qu'ils avoient á
ſes yeux étoit de l'avoir prévenu ? Il eſt vrai que
c'eſt celui qu'on pardonne le moins. Pour réſoudre
toutes ces difficultés, il faut paffer tout de
ſuite à ſon idée favorite; c'eſt l'enfant chéri de
fon imagination , &qu'il préfère à une nombreuſe
familledont nous croions cependant qu'il pourroit
tirer plus de fatisfaction .
aJe
Faiſons - le parler lui - même , afin de donner
plusde force&de conciſion à ſes opinions. Il s'adrefle
aux François italianiſans&leur dit :
vous félicite d'avoir abandonné vos vieilles plalmodies
pour vous faire initier dans la bonne mufique
dont les Pergolèze , les Galluppi vous ont
facilité l'accès , mais je ne puis m'empêcher de
vous plaindre d'avoir pouflé l'enthousiasme juſqu'à
prendre vos maîtres pour des modèles. Qui
fans doute , la muſique italienne eſt belle & touchante;
elle connoît ſeule toute la puiſſance de
Pharmonie & de la mélodie; ſa marche , ſes
moyens , ſes formes habituelles font très-propres
àlui donner tout le charme dont elle eſt ſuſceptible
: fimple & préciſe dans le récit ordinaire
hardie & pittoreſque dans le récit obligé ; mélodieuſe
, périodique , cadencée , une enfin dans
Tair, ellenous offre des procédés méthodiques &
fondés ſur ſa propre nature. Mais tout cela ,
qu'est-ce en derniere analyſe ? De la muſique , un
concert. Que ſi vous tranſportez ſur un théâtre
toutes ces formules nouvelles , fi vous voulez les
employer
SEPTEMBRE. 1771. 145
employer pour faire mieux qu'un drame ordinaire
, pour exagérer dans votre aine toutes les
impreſſions que la ſcène , que la déclamation fimpleont
coutume de lui faire éprouver , vous
verrez que votre art ſera contradictoire à votre
objet & vos moyens à votre fin. J'adopterai avec
plaifir tous vos principes ſur l'unité de la mélodie
&ſur la période muſicale ; mais je m'appercevrai
bientôt que tandis que les accens de lexpreffion
théâtrale ſont ſans liaiſon , ſans méthode , fans
ordre encyclique , vous ne cherchez à charmer
mes oreilles que par des chants ſuivis , qui ont
leur rhytmopée preſcrite , leurs membres balancés
, leurs retours marqués : J'admire votre inftrument
, mais plus je l'admire , &moins je trouve
qu'il cadre avec ſon objet. Auſſi vous eſt-il impoſſible
de diſſimuler le principe de vos erreurs.
La muſique , une fois tranſportée ſur le théâtre
vous voulez qu'elle y règne ; vous ne craignez pas
de lui ſoumettre la poësie; vous oſez même dire
à celle- ci , aflujettiflez - vous à certaines formes ;
reflerrez vos penſées , réduiſez vos tropes , vos
figures afſortiſſez vos metres ; enfin
ceſſez jamais de prévoir la muſique.... Erreur
monstrueuſe ! fubordonner le fond à la forme &
facrifier l'orateur à l'interpréte ! Ne ſoyez donc
plus étonnés ſi de tels principes produiſent des
fruits dignes d'eux. Vous en jugerez aisément ſi
vous aſſiſtez à un de ces opéras que vous admirez
le plus. Inutilement le cigne de l'Italie réuniſſant
Pélégance de Racine à la nobleſſe de Corneille ſe
ſera montré l'Emule de Voltaire ; inutilement un
Jomelli , un Gallupi auront développé toute la
magie de leur art ; des actrices froides & ridicules,
descaftrats inanimés , de longs récitatifs débités
G
ne
146 MERCURE DE FRANCE.
àl'inſçu d'un parterre bruyant , des points d'or
gues, des diminutions , des roulades auront bientôt
fait diſparoître Caton & Regulus , & vous
n'aurez vu qu'un concert groteſque où quelques
momens de raviſſement font achetés par cinq heu
res d'ennui &de mécontentement... & n'allez pas
dire que c'eſt la faute du genre en lui-même , ou
de la forme que le Melo -drame a reçue en Italie;
car , prenez un air en duo , ou tout autre morceau
iſolé , vous verrez que la paſſion pour la
mélodie vous fait facrifier à chaque inſtant la vé
rité de l'expreffion au charme de la muſique. Souvent
les deux premiers vers de votre air vous auront
fourni le ſujet de votre chant ; eh bien! quoiqu'il
y ait variété d'expreſſion dans ceux qui fuivent
, la mélodie conſerve fon motif& reſte conféquente
à elle-même. Bien plus, fi vous compoſez
un duo dialogué , vous ne craindrez pas d'appliquerlamêmemélodie
à la demande&àla réponſe
comme
Nei giorni tuoi felici
Ricorda ti di me.
Perchè cosi mi dici
Anima mea , perchè ?
Ainfi le vice dubeau chant, ou dela musique
telleque vous la conſervez , eft un vice inhérent ,
&que vous ne parviendrez jamais à détruire tant
que vous vous occuperez de la muſique en ellemême
,&que vous ne la conſidérerez pas comme
le ſimple interpréte de la ſcène . Mais direz vous,
comment cette muſique fi belle & fi touchante
mériteroit- elle d'être proſcrite , & comment ac
SEPTEMBRE. 1771. 147
corder lejugement que vous en portez avec les
effets qu'elle a produits tant de fois fur vous? C'eft
icı levéritable myſtère de ma critique , & je vais
vous le dévoiler. Ily a deux fortes de muſique ,
unemufique fimple& une muſique compoſée, une
mufique qui chante & une muſique qui peint , ou
fi l'on veut ure muſique de concert & une mufique
de théâtre. Pour la muſique de concert , fuivez
les principes de M. l'Abbé Arnaud , de l'autour
de l'Eflai ,de M. Rouſſeau , &c.; choiſulez
debeaux motifs , ſuivez bien vos chants , phrafés
- les exactement & rendés - les périodiques ,
rien ne ſera meilleur. Mais pour la muſique de
théâtre , n'ayons égard qu'aux paroles & conten
tons-nous d'en renforcer l'expreſſion par toutes
les puiſſances de notre art. Ici j'oublie tous les
principes analogiques , auxquels j'avoue que la
muſique eft redevable de ſes plus grands effets . Je
ne m'embarafle plus des formes du recit ni de cellesque
vous donnez à l'air ; je néglige enfin toute
idée de rhytme& de proportion : je ne veux qu'exprimer
chaque penſée , que rendre avec exactitudetout
ce que je voudrai peindre. Je quitterai
mes motifs , je les multiplierai , je les tronquerai ,
je mêterai l'air & le recit , je changerai les rhytmes
, je mutilerai les phraſes , mais je ſaurai bien
vous en dédommager ; car il ne paflera ici tonnerre
, ni torrent , ni ramage, ni murmure que
je ne fois en état de vous le décrire , ut pictura
poëfis , ut pictura muſica. "
Le moment est enfin arrivé d'interrompre notre
auteur, & comme c'eſt à notre tour de parler
nous obſerverons qu'il vient de décéler la cauſe
de tout ce mal-entendu. Il a cru avec bien d'autres
que l'imitation étoit l'objet des beaux arts ,
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
&que c'eſt d'elle ſeule qu'ils tiennent l'empire
qu'ils exercent ſur nos fens, principe que je crois
abſolument faux. Ceci tient à des idées un peu
abſtraites & qui demanderoient un ouvrage ad
hoc; mais qu'importe que ces idées ſoient déve
loppées , pourvû qu'elles ſoient ſaiſies ! D'ailleurs
nous vivons dans un tems ou quiconque a quelque
choſe de bon à dire, doit ſe preſler , de crainte
d'être prévenu.
La nature étant le ſyſtême complet de tous les
êtres , &les hommes qui n'ont d'idée que par l'entremiſe
des ſens ne pouvant rien imaginer , mais
ſeulement abſtraire & cumuler , diſtribuer & fe
xeſſouvenir , il eſt impoſſible d'exciter en eux des
ſenſations qui ne ſoient pas priſes dans la nature.
Il eſt une autre acception du mot nature qui renferme
l'abſtraction de tout concours de l'art dans
les êtres que nous voulons conſidérer , mais cette
acception eſt toujours très-vague & ne peut avoir
Lieu ici ; car un arbre enté n'eſt pas l'ouvrage de
la nature , & cependant le tableau qui le repréfente
eft appelé une imitation de la nature. Qui
eſt-ce donc qui ſera hors de la nature ? c'eſt tout
ce qui eft contradictoire ; comme , par exemple ,
qu'un tyrandéclare ſon amour dans le même ſtyle
qu'un berger; qu'un homme paſſionné differte
&qu'un homme froid s'exprime avec enthouſiaſme,
tout cela est contre nature , non pas en foimême;
car un diſcours paſſionné ni un raiſonnement
ſuivi ne font pas contre nature , mais en
conféquence de quelques données précédentes. Il
fuitdelà que comme toutes nos ſenſations font
dans la nature , tout ce qui ne ſera pas contradictoire
à des idées antérieures & auxquelles norre
eſprit auradéjà confenti ſera exactement dans la
SEPTEMBRE. 1771. 149
nature , de forte qu'il ſera impoſſible d'écrire ou
de parler raiſonnablement ſans imiter la nature ,
ou plutôt ſans être la nature même. Mais les
hommes ont bientôt reconnu que l'habitude ou le
ſpectacle de ces actions naturelles & raiſonnables
ne ſuffiſoit pas à leur bonheur ; il leur falloit de
nouveaux plaiſirs ,& ils en ont trouvédeux ſources
fécondes , 1º. La nature leur offroit quelques ſenſations
plus agréables que les autres ; ils ont cherché
à les multiplier ou à ſe les rappeler. 2°. Les
organes de leur entendement plus fins , plus déliés
que ceux des animaux , fur- tout dans l'état ſocial
, exigeoient de tems en tems certaines émotions
propres ày renouveller le mouvement & à
faciliter la circulation néceſſaire à ce confluent
mystérieux où aboutiſſent toutes les ſenſations :
c'eſt là l'origine de la curioſité &de l'amour des.
ſpectacles . La douleur d'une mère éplorée qui
croit avoir perdu ſon fils , ſa joie au retour inopiné :
decet enfant , les révolutions ſubites d'un amour
forcené , les élans de l'ambition ou les faillies de
la colère , tout cela parut aux hommes un moyen
de ſentir , de renouveller pour ainſi dire leur exiftence.
Delà deux ordres de plaiſir , les ſenſations
agréables , les ſenſations fortes. Celles - ci ſont
fuffisamment connues , mais les premières ſe dérobent
abſolument à la théorie , parce qu'on ne
connoît le rapport des objets avec nous que par
l'impreſſion qui en réſulte. Ileſt impoſſible de di--
re pourquoi le criſtal des eaux , oppoſé à la ten- ,
dre verdure des gaſons & aux maſles plus
rembrunies des ombrages produit une ſenſation
agréable : c'eſt une affaire de mécanil-
& ce mécanisme , ce n'est pas nous qui
l'avons inventé. Or, ſi je ne puis connoître que
me
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
commeun fait le plaifir que je goûte en voyant
unbeau payſage, comment pourrai -je me rendre
compte de celui que j'éprouve lorſque j'entends
les fons ſucceſſifs de la mélodie, ou les fons fimultanés
de l'harmonie ? J'en dirai autant du rhytme,
foiten mufique , foit en poësie : j'en dirai autant
del'éclatd'un marbre uni , de la ſymmétrie d'une
colonade , de la variété des couleurs dans une
marquetterie , &c: &c.
Cependant les hommes avoient à peine nombré
cesdifférens effets dont ils ne pouvoient affigner
les cauſes , qu'ils commencerent à les rapprocher
&àles comparer. L'aſpect d'un beau viſage&
celui d'une belle vallée font , quoiqu'à un degré
différent , deux ſources de volupté pour les yeux
qui les confidèrent. Mais cette bouche charmante
dont j'admirois la fraîcheur va redoubler d'attraits
fi elle vient à ſourire ; car qu'est-ce que la
beauté fi elle ne promet pas les plaiſirs ? Rempli
de ces douces émotions , je cours contempler la
vallée prochaine; le printems vient de renaître ,
elle eſt émaillée de fleurs & couverte de verdure ;
mais tandis que je la conſidére , le ſoleil qui perce
un nuage lui prête un éclat inattendu : ce furcroit
de charmes modifiant mon ame d'une façon àpeu-
près ſemblable à celle que je viens d'éprouver
quelques momens plutôt ; ma nouvelle ſenſation
reveille ma première idée , &je ſalue cette riante
vallée où je retournerai avec empreflement tant
que le fourire de la beauté me fera defirer celui de
la nature. Ici la nature imite la nature ; un plaîfir
, un ſentiment en reveille un autre & les impreſſions
légères acquièrent de l'importance en ſe
joignant à celles qui ſont ſenſibles & profondes .
C'eſtainſi que les bois, les fleuves , les forêts dont
SEPTEMBRE. 1771. 191I
Taſpect eſt agréable pour tout le monde , ont un
charme particulier pour les amans & pour tous
les hommes paſſionnés.
Ce qu'eſt la nature aux paſſions de notre ame,
les beaux arts le font à la nature & aux pallions à
lafois , c'est- à-dire qu'ils offrent un plaifir poſitif
&un plaisir de relation. N'en doutons pas ; de
même qu'un beau payſage attire & charme nos regards,
de même des accens mélodieux , une ſuite
de mots cadencés portent dans nos ſens un plaiſir
qui leur eft inhérent & qui eſt antérieur à toute
unitation . Telle est la véritable originede la poéfie
&de la musique , & c'eſt de leur propre fond
quecesarts ont tiré les formules , les lois mêmes
qui les retenantdans de juſtes proportions commencerent
déjà a joindre le ſentiment réfléchi de
tadifficulté vaincue au plaifir immédiat de la ſenfarion.
Mais plus l'eſprit des homines ſe perfectionnoit,
plus il devenoie avide de ſenſation : ce
ne fut doncpas affez pour les beaux arts de plaire
par eux-mêmes , il fallut qu'ils s'animaſſent pour
ainſi dire , & qu'ils s'uniflent au ſyſtême entier de
nos perceptions : on exigea qu'ils réveillaſſent en
nous le plusgrandnombre d'idées qu'il feroit pof
fable, fans toute fois que l'occupation de notre
entendement dégénérât en fatigue. Ici commence
leur troiſième progrès : d'abord ils ont produit un
plaifir fumple & immédiat , enfuite ils ſe ſont affervis
à des formes priſes auſſi dans leur propre
eflence, &le plaisir de juger a été ajouté au plaifir
de fentir ; enfin ils ſe ſont efforcés de reveiller en
nous un grand nombre d'idées , & alors l'effer
qu'ils ont produit a été composé de l'impreſſion
immédiate , du jugement réfléchi & du charme
attaché à la variéré , ou plutôtà l'exercice doux &c
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
facile de notre entendement. Ce n'eſt pas tout encore;
il faut examiner attentivement ce dernier
principe; car nous trouverons qu'il peut nous
modifier de quatre façons différentes : par la ſeule
variété , par l'intérêt , par la ſurpriſe&par l'imagination.
Par la variété , parce que la ſucceſſion
feuledes idées produit un effet agréable ; par l'intérêt
, prce que l'homme étant un être ſenſible
par excellence , toute ſon exiſtence eſt liée à ſes
paffions, & que de toutes les idées celles qui le
Hattent le plus font celles qui le rappelent plus
fortement à lui-même ; par la ſurpriſe , parce que
moins les ſenſations ſont attendues , plus leur impreffion
eſt vive & profonde ; par l'imagination ,
parceque tous les objets s'embelliffent par elle ,
foit que l'abſtraction nous permette de les dégager
de tout alliage impur , loit que le plaifir de
les produire ajoute à leur prix , en intéreſlant notre
amour- propre qui ſe mêle de tout. Ainfi ne
foyez plus ſurpris de voir notre oreille ſuperbe
sepouffer l'artiſte qui nous définit ce que nous
voulons concevoir,& qui nous décrit ce que nous
voulons imaginer. Tels ſont les poëtes Allemands
qui, pour trop détailler , me donnent la fatigue
que j'éprouve en lifant une démonstration géométrique
ſans être aidé de la figure , & ne m'offrent
ſouvent qu'un plan au lieu d'un tableau.
Tels étoient encore les anciens compofiteurs François
lorſque pour imiter le ramage des oiſeaux ils
introduifoient dans leur orcheſtre ces petites flûtes
qu'ils nommoient des tailles , & dont l'effet
diſparate faifoit oublier la muſique ſans rappeller
legazouillementdes oiſeaux.
Réſumons donc , & reconnoiſſons qu'au lieu
d'attribuer l'effetdes beaux arts à un ſeulprincipe
SEPTEMBRE. 1771. 153
comme on l'a tenté dans un ouvrage très-eſtimable
d'ailleurs ; on peut en compter fix , favoir , la
fenſation immédiate , lejugement ou le ſentiment
de la difficulté vaincue , la variété ou les idées
reveillées , l'intérêt ou les paffions , enfin la furpriſe
& l'imagination. Il n'est pas beſoin de dire
que ces principes peuvent ſe combiner de différentes
manières ; que la ſurpriſe peut naître auſſi de
ladifficulté vaincue , & que ce ſentiment peut encore
ſe répandre ſur tous les autres effets. Nous ,
nous ſommes contentés de les placer ici dans un
ordre finthétique , ſuivant qu'ils nous ont paru
pouvoir exiſter indépendamment les uns des autres.
Maintenant appliquons ces principes à la muſique;
nous nous appercevrons aisément que ecr
art ne conſiſte pas ſeulement dans l'imitation : en
effet un muſicien qui voudroit nous repréſenter le
point du jour n'auroit rien de mieux à faire que ,
d'employer quelqu'un de ces poliflons qui gagnent
leur vieà contrefaire ſur les boullevards le
chant de l'alouette ou celui du roſſignol ; de même
pour imiter un bruit de guerre ou celui d'une
tempête , un organiſte fouleroit aux pieds toutes
ſes pédales & appuieroit le bras entier ſur ſon clavier
; invention ingénieuſe d'un muſicien François
qui eſt conſtamment applaudi au même lieu
où l'inimitable Pagin fut fifflé. Tous ces vains
efforts font rejettés par le goût avant que d'être
condamnés par la critique; mais fi un compoſiteur
habile , en ſuivant les formes générales ,
c'est -à-dire , en conſervant le rhytme de la mélodie,
fait par des fons analogiques , par des impreffions
détournées & fugitives me retracer le
bruit des flots agités , ou l'incertitude du pilote
: Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
effrayé , mon eſprit ſe reveille , mon imagination
s'échauffe , je me tranſporte au loin ſur un promontoire
, d'où je confidère le vaiſſeau battu par
les vents , je vois briller l'éclair, j'entends les cris
des matelots , & déjà le tableau animé n'eſt plus
l'ouvrage du muficien , c'eſt celui de mon imagination,
Que ſera-ce fi tandis que mon ame eſt
trompée par ce preſtige , une petite partie demon
intelligence reſte pour ainſi dire en fentinelle ;
obſerve l'artiſte & s'écrie de tems en tems : exceltent
paſſage du fecond violon , bravo l'alto , belle
modulation , &c Alors rien ne manquera à mon
plaifir , & certainementje ne le dois pas à la ſeule
imitation.
Avançons & tâchons d'atteindre notre auteur.
Vous avouez , lui dirai - je , que l'auteur de l'Effaifur
l'union de la Poëfie & de la Mufique a bien
connu&bien développé les principes de la muſique
mélodieuſe & chantante que vous appelez
muſique fimple & que vous réléguez dans les
concerts , parce qu'elle est bonne ; mais s'il eft de
l'eſſence de la muſique d'être mélodieuſe; fi les
formes de cette muſique , qu'il vous plait d'appeler
muſique de concert, ſont les plus belles que
l'art puifle vous préſenter , comment voulez-vous
compoſer votre prétendue muſique dramatique
fans ceflerde faire de la muſique ? J'infifterai , &
je vous demanderai encore pourquoi cette mufiquede
concert m'arrache des larmes , me ravit ,
me tranſporte , m'enchante C'eſt ſans doute',
parce qu'elle exprime des paſſions, le tout dans la
manière qui lui eft propre , c'est-à -dire ſans que
l'expreffion miſe au chant , fans que la muſique
cefle d'être de la muſique. Sur quoi fondez vous
donc la différence des deux gentes? .. Mais ces
xitournelles qui refroidiſſent l'action , mais ces da
SEPTEMBRE. 1771. 15ς
troutapo
fréquens , ces roulades , ces diminutions, ces
points d'orgues éternels.... Eh ! mon Dieu! qui
vous le difpute? Lifez l'Eſſai , lifez Algaroti ,
lifez le dictionnaire deM. Roufleau ,vousy
verez tous ces excès relevés & condamnés. Mais
vous avez quelque principe caché , quelque choſe
demieux ànous dire. Eh! juſtement , vous nous
avez mis ſur la voie , fans vouloir toutefois vous
expliquer. Il eſt, dites - vous quelque part , un
cliant composé qui est moins mélodieux , moins
rhytmique , moins agréable que le chant fimple ,
maisplus ſavant &plus difficile à ſaiſir : ce chane
négligeant les formes connues de l'air , des deux
récitatifs , &c. s'applique uniquement à rendre les
idées du poère , à ſuivre ſes paroles pas-à-pas.
Celui- ci ne ſera plus gêné dans la marche , je ne
lui ferai pas l'outrage fanglant de vouloir qu'en
écrivant fa pièce , il ſe ſouvienne qu'elle doit
êtremiſe en muſique', ( quorque , àla vérité, j'aie
dit ailleurs tout le contraire , voyez pag. 132 ,
144 , &c. ) & je në ferai que traduire des vers
dans le langage d'Euterpe. Pour toute répanfe
nous nous contenterons d'avertir les Etrangers
que la comédie françoiſe eſttrès -bienplacée aux
Thuilleries ,qu'on y entre & qu'on en fort trèscommodément
, qu'on y joue tous les jours les
piéces des trois grands tragiques , le tour à juſte
prix, &qu'en couléquence,nous penfons, qu'ils fer
ront encore mieux d'aller là qu'à l'opéra . Mais fi
notre auteur perſiſtoit & s'émancipoit juſqu'à convenir
que l'opéra eft le théâtre de la muſique , on
reprendroit ce qui dit ci-deſſus par rapport
aux beaux. arts ; & er Les moyens
qu'ils emploient pour nous plaire , on verroit d'abord
que le premier de tous eſt l'inftrument ca
a épé
Le rappelant
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
lui - même ou la ſenſation première : or , on a
peine à croire que pour en tirer le meilleur parti
poſſible , il faillecommencer par le gâter. 2°.On
s'appercevra que le ſecond effet , qui eft le ſentiment
de la difficulté vaincue fe perd du moment
que les moyens ſont trop multipliés , & que l'imitation
, ou pour mieux dire la copie, s'eſt aſſez
emparée de notre imagination pour chaffer tout
à-fait l'idée de l'art imitateur ; c'eſt ainſi qu'une
effigie colorée& habillée ne fait qu'une illufion
déſagréable, tandis qu'un tableau de Vandeck
me charme fans me tromper. 3 °. On obſervera
que fi dans le genre propolé , la quantité d'idées
fuggérées reſte la même, ces idées ſont plutôt
offertes que reveillées , & plutôt déterminées
qu'indiquées; de façon que l'eſprit qui connoîtra
l'étendue des moyens & qui ſe verra commandé
dans ſes perceptions perdra à la fois le plaifir de
laſurpriſe &ceux de l'imagination ; d'où je conclus
que la musique ne vaudra rien pour avoir
voulu trop peindre , & c'est ainſi que le principe
ut p tura poëfis a causé de grandes mépriſes toutes
les fois qu'on a voulu l'étendre au- delà de ſes
Jimites.
D'un autre côté , il n'eſt pas moins évident que
Jumoment que nous avons iimmaaginé d'animerla
muſique pour la mettre fur la ſcène , c'eſt une
neceflité pour elle de ne point contredire l'illufiondu
théâtre&de prendre garde qu'un effet n'en
détruiſe pas un autre : mais apprenez - nous quel
eft le terme de cette illufion ,& définiflez - nous
ceque doit pafler à la vraiſemblance lyrique celui
qur a paflé le vers hexamètre, le rouge & les lampions
à la vraiſemblance tragique, & eris miht
magnusApollo. Je crois que fur cet article,l'ex
SEPTEMBRE. 1771. 157
périence exempte de manie &d'enthousiasme, eft
lemeilleur des maîtres. Quelques réflexions qu'on
trouve dans le petit ouvrage ſur l'union de la
poësie & de la muſique avoient déjà mis ſur la
voie,&pluſieurs eſlais qui ont paru dans ce genre
ont déjà prouvé qu'on peut atteindre le but. Je ne
parle pas des drammes charmans de M. de M.
parce qu'ils font mêlés de chant&de proſe ; mais
il me ſemble que M. Philidor n'en étoit guère
éloigné lorſqu'il a donné ſon opéra d'Ernelinde;
car , à deux morceaux près , cetre muſique étoit
parfaitement théâtrale,& les défaurs du poëme
qui en ont empêché le ſuccès auroient été choquans
dans tous les tems , & avec quelque muſique
qu'on y eut adaptée.
J Nous ne quitterons pas notre ſujet ſans nous
donner la latisfaction de dire à quel point nous
partageons l'eſtime que notre auteur témoigne
pour cet excellent compoſiteur , qui n'a certainement
pas perdu de ſon prix pour avoir trouvé un
émuledigne de lui ; nous le louerons même avec
d'autant plus de plaiſir qu'il nous a fait connoître
ſouvent combien il étoit attaché à nos principes ,
dont il connoifloit bien mieux que nous la juſteſſe
& l'étendue . Nous lui avons entendu dire lorfqu'il
donna Tom Jones : Pour cette fois cij'efpère
avoir réuffi. Jamais je n'ai donné plus d'attention
à lafimplicité de mes motifs & à l'unité
de ma mélodie ; c'est ce quej'ai fait de mieux ; &
il ne changea pas d'avis lorſquil vit cet admirable
ouvrage ſi voiſin de ſa chute. Dans Einelinde
il ſuivit les mêmes principes , & c'eſt là - deſſus
qu'il fondoit ſes eſpérances. Parmi les muficiens
M. Jomelli , Galluppi , Piccini , Grétry , &c.&
parmi lesgens de lettresM. Rouſleau , M. l'Abbé
158 MERCURE DE FRANCE.
Arnaud, tous ceux enfin qui ſe ſont occupés de
cette matière n'ont eu qu'un avis. Cominent fel
fait-il quedes hommes d'efprit , & même deshommes
de beaucoup d'eſprit , ayent ſaivi une route
toure opposée ? C'eſt que l'eſprit ne peut que dérai
fonner fur les beaux arts toutes les fois qu'il parlera
ſeul. A ce proposje me rappele une histoire qui
m'a été contée par un Marfeillois , qui avoit fait
du commerce toute fon occupation & qui avoit
paflé ſa,jeuneſle dans les Echellesdu Levanti
Le Bacha , qui gouvernoit la Syrie avant la révolte
d'Aly-Bey , aimoit beaucoup les femmes ,
mais il étoit très difficile , peut-être parce qu'il
les avoit trop aimées. Un Eunuque Egyptien ,
nommé Oſmin , grand connoiffeur en pareilles
denrées, lui ſervoit de pourvoyeur & fréquentoit
tous les marchés de l'Afie , ne ménageant rien ,
ramenant toujours des eſclaves , & ne contentand
jamais fon maître , qui ne manquoit pas de s'é
crier en le voyant revenir avec ſes emplettes , vous
me ruinez , & cela enpure perte. Un jour , dit mon
Marſeillois , je le rencontrai à Smyrne , il étoir
dans le plus grand embarras parce qu'il marchandoitdes
Circaffiennes parmi leſquelles il vouloit
en choisir une qui fut digne de fon maître ; mais
plus il examinoit , moins il pouvoit fixer fon
choix. Je l'abordai , il daigna me confulter.Crois
moi , mon cher Olmin, lui répondis-je , cen'eſt
aucunedecelles-là que je choiſirois : vois-tu cette
petite brune aux yeux bleux que tu parois négli
ger prends- là forma parole & conduis là biett
vîte à ton bacha. Il ſe laiſſa perfuader , & à fix
mois delà de retrouvant à Alep , il vint à moi les
bras ouverts: Nous avons fair merveille, s'écriatik;
elle eft, apréfent la favorite , &j'aireçu une
SEPTEMBRE. 1771. 159
bonne récompense. Mais comment diable as - tu
faitpour devinerſi juſte ? Voici plus de trente ans
queje nefais d'autre métier que d'acheter desfemmes
,&jefais là- deſſus tout ce qu'on peutfavoir...
Ecoute , mon ami , lui répliquaije : lorſque je te
rencontrai à Smyrne , il y avoit trois jours que
j'avois vu débarquer cette jeune eſclave : depuis
ce moment- là , je l'avois toujours révée, toujours
defirée:mon ami , je ne dormois plus ; & fois bien
aſſuré que ſi j'avois eu soo ſequins , ton bacha
n'en auroit jamais été poflefleur. Voilà mon fecret
, voilà toute ma ſcience. J'avois à peine fini
deparler que je m'apperçus que l'Eunuque m'avoit
déjà tourné le dos , mais je crus l'entendre dire en
s'éloignant : Non , je ne m'y connoîtraijamais.
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Résumé : Observations sur un ouvrage nouveau, intitulé : Traité du Mélo-Drame, [titre d'après la table]
Le texte est une critique du 'Traité du Mélo-Drame' publié à Paris en 1771, qui traite de la rivalité nationale dans les arts et la musique. L'auteur souligne la nécessité pour la France de s'inspirer des autres nations pour améliorer ses arts, bien que la France ait peu contribué à l'invention de la musique. Il affirme que la France peut épurer et perfectionner la musique grâce à son goût raffiné. Le traité compare favorablement les compositeurs français aux maîtres italiens et propose des modèles pour la musique dramatique. L'évolution de la musique en France est marquée par l'influence italienne et les controverses subséquentes. Des figures comme Rousseau et d'Alembert ont critiqué ou proposé des améliorations pour la musique française. Une discordance existe entre les compositeurs français, influencés par les Italiens, et les poètes lyriques, attachés aux anciennes formes. Le texte explore la relation entre la musique et la poésie, critiquant ceux qui attribuent leur dégoût de l'opéra aux poèmes modernes. Il souligne l'importance de la structure périodique dans la musique, comparable à la période oratoire. L'expression musicale doit être agréable et en accord avec les paroles, structurée selon des formes musicales inspirées de Métastase. L'auteur critique le dictionnaire de musique de M. Roufleau et d'autres œuvres musicales, notant des erreurs communes sur l'unité de la mélodie. Il dénonce la subordination de la poésie à la musique dans les opéras, produisant des spectacles médiocres malgré quelques moments de ravissement. Le texte distingue la musique de concert de la musique de théâtre. Pour la première, il préconise de suivre les principes de compositeurs comme l'Abbé Arnaud et Rousseau, en privilégiant de beaux motifs et des structures musicales cohérentes. Pour la seconde, il insiste sur l'expression précise des paroles et des émotions, adaptant la musique pour renforcer l'impact scénique. L'auteur rejette l'idée que l'imitation soit l'objectif principal des arts, affirmant que les sensations artistiques doivent être naturelles et harmonieuses. Les arts imitent la nature et les passions, offrant un plaisir à la fois immédiat et relationnel. La poésie et la musique tirent leurs lois de leur essence propre et ajoutent un plaisir réfléchi à la sensation immédiate. Les arts ont intégré des principes comme la variété, l'intérêt, la surprise et l'imagination pour engager davantage l'entendement.
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9924
p. 1790
ENIGME.
Début :
Lecteur, je suis de bon augure, [...]
Mots clefs :
Fuseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
LEcteur , je suis de bon
augure ,
Et ne donnerai pas beaucoup de tablature.
La moitié des Humains me tient ; tout s'en ress
sent ;
Si je reste couché comme un pauvre innocent ,
Je ne change pas de figure.
Tel est mon sort que je ne puis du tout
Me tenir tout- à- fait debout.
Mais dans la main d'Iris , ce n'est pas chose
étrange >
A tous les momens si je change ;
Je deviens quadruple en grosseur ;
Du soir au lendemain je change de couleur ,
Plus souvent gris et blanc , que minime et que
jaune ,
Et l'on sçaura ce qu'en vaut l'aune.
Par- là je me trouve engagé
Au produit dont je suis aussi - tôt déchargé ,
Produit de terre , arbres , bêtes , chenilles ,
Bien des préparatifs pour faire des guenilles.
O ! de que gens , sans moi , seroient peu
rens ,
diffe
A l'innocence près , de nos premiers Parens.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
Anjou.
LEcteur , je suis de bon
augure ,
Et ne donnerai pas beaucoup de tablature.
La moitié des Humains me tient ; tout s'en ress
sent ;
Si je reste couché comme un pauvre innocent ,
Je ne change pas de figure.
Tel est mon sort que je ne puis du tout
Me tenir tout- à- fait debout.
Mais dans la main d'Iris , ce n'est pas chose
étrange >
A tous les momens si je change ;
Je deviens quadruple en grosseur ;
Du soir au lendemain je change de couleur ,
Plus souvent gris et blanc , que minime et que
jaune ,
Et l'on sçaura ce qu'en vaut l'aune.
Par- là je me trouve engagé
Au produit dont je suis aussi - tôt déchargé ,
Produit de terre , arbres , bêtes , chenilles ,
Bien des préparatifs pour faire des guenilles.
O ! de que gens , sans moi , seroient peu
rens ,
diffe
A l'innocence près , de nos premiers Parens.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
Anjou.
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9925
p. 338
« Je remets au mois prochain à vous parler des affaires d'Angleterre, [...] »
Début :
Je remets au mois prochain à vous parler des affaires d'Angleterre, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je remets au mois prochain à vous parler des affaires d'Angleterre, [...] »
Je remets au mois prochain à
vous parler des affaires d'Angle .
terre , afin d'avoir plus de chofes
à vous en mander tout à la fois.
Je fuis voftre , & c.
A Paris ce 30 Juin 1685.
vous parler des affaires d'Angle .
terre , afin d'avoir plus de chofes
à vous en mander tout à la fois.
Je fuis voftre , & c.
A Paris ce 30 Juin 1685.
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9930
p. 352-353
« Je remets aussi jusqu'à ce temps-là les particularitez des [...] »
Début :
Je remets aussi jusqu'à ce temps-là les particularitez des [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je remets aussi jusqu'à ce temps-là les particularitez des [...] »
Je remers auffi jufqu'à ce
temps - là les particularitez
des Fiançailles de Monfieur
le Duc de Bourbon, & deMa
demoiſelle de Nantes , qui fe
GALANT. 353
firent le 23. de ce mois, & celles
du Mariage qui fut celebré
le 24. Elles meritent une
Relation fort étenduë. J'y
joindray les Avantages remportez
à Tripoli par M. le
Marefchal d'Eftrées, avec un
Plan de la Ville . Je fuis, Madame
, Voftre , &c.
AParis , ce 31. Iuillet 1685.
temps - là les particularitez
des Fiançailles de Monfieur
le Duc de Bourbon, & deMa
demoiſelle de Nantes , qui fe
GALANT. 353
firent le 23. de ce mois, & celles
du Mariage qui fut celebré
le 24. Elles meritent une
Relation fort étenduë. J'y
joindray les Avantages remportez
à Tripoli par M. le
Marefchal d'Eftrées, avec un
Plan de la Ville . Je fuis, Madame
, Voftre , &c.
AParis , ce 31. Iuillet 1685.
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9931
p. 342-343
AUTRE ENIGME.
Début :
Avant qu'estre conçeu, j'ay fait pleurer ma Mere. [...]
Mots clefs :
Vin
9932
p. 1810-1811
Autres Antiques, trouvées en Portugal, Rome, &c. [titre d'après la table]
Début :
Des Lettres de Lisbonne portent, qu'on y avoit reçû avis de Braga, que des Ouvriers [...]
Mots clefs :
Braga, Vestiges, Colonne, Tombeau, Rome, Statues, Médailles, Antiquités romaines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres Antiques, trouvées en Portugal, Rome, &c. [titre d'après la table]
Des Lettres de Lisbonne portent , qu'on
y avoit reçû avis de Braga , que des Ou
vriers travaillant aux fondemens de l'ancienne Eglise de S. Martin de Dume ,
avoient trouvé les vestiges d'un Edifice
du temps des Romains , qu'on croit être
ceux d'un Temple dédié à Jupiter , parce
qu'on a trouvé des caracteres Romains
sur plusieurs pierres qui formoient les
Colomnes , et sur une Colomne assez bien
conservée , l'Inscription suivante , Jovi
expulsori Armia Lussina ex Voto posuit.
On a découvert aussi près de cette Colomne , un Tombeau de Marbre blanc ,
d'onze palmes de contour et large de trois
palmes , dans lequel on a trouvé les os
d'un Corps humain , que quelques Sçayans du Païs croyent être celui de Théadomire , l'un des Rois des Sueves , qui
ont regné en Portugal , qui mourut l'an
570. et qui avoit fondé le Monastete de
S.
AOUST. 1732.
1811
S. Martin de Dume. Comme les Goths
avoient ruiné les Edifices des Romains, les
Arabes ou Sarrazins ont pareillement détruit les Edifices des Goths , c'est ce qui
peut occasionner la confusion et le mêlange de toutes ces ruines , sur lesquelles
l'Académie Royale de l'Histoire , a ordre
de faire des recherches , dont elle fera
part au Public.
On écrit de Rome , que des Ouvriers
creusant depuis peu la terre aux environs
de la Chapelle de la Maison Corsini , y
trouverent quatre Statuës , une Colomne
de Jaspe antique ; deux autres Colomnes, des Urnes sépulcrales, quelques Lampes de Terre cuite , plusieurs Médailles
d'Empereurs , et diverses autres Antiqui- tez Romaines.
y avoit reçû avis de Braga , que des Ou
vriers travaillant aux fondemens de l'ancienne Eglise de S. Martin de Dume ,
avoient trouvé les vestiges d'un Edifice
du temps des Romains , qu'on croit être
ceux d'un Temple dédié à Jupiter , parce
qu'on a trouvé des caracteres Romains
sur plusieurs pierres qui formoient les
Colomnes , et sur une Colomne assez bien
conservée , l'Inscription suivante , Jovi
expulsori Armia Lussina ex Voto posuit.
On a découvert aussi près de cette Colomne , un Tombeau de Marbre blanc ,
d'onze palmes de contour et large de trois
palmes , dans lequel on a trouvé les os
d'un Corps humain , que quelques Sçayans du Païs croyent être celui de Théadomire , l'un des Rois des Sueves , qui
ont regné en Portugal , qui mourut l'an
570. et qui avoit fondé le Monastete de
S.
AOUST. 1732.
1811
S. Martin de Dume. Comme les Goths
avoient ruiné les Edifices des Romains, les
Arabes ou Sarrazins ont pareillement détruit les Edifices des Goths , c'est ce qui
peut occasionner la confusion et le mêlange de toutes ces ruines , sur lesquelles
l'Académie Royale de l'Histoire , a ordre
de faire des recherches , dont elle fera
part au Public.
On écrit de Rome , que des Ouvriers
creusant depuis peu la terre aux environs
de la Chapelle de la Maison Corsini , y
trouverent quatre Statuës , une Colomne
de Jaspe antique ; deux autres Colomnes, des Urnes sépulcrales, quelques Lampes de Terre cuite , plusieurs Médailles
d'Empereurs , et diverses autres Antiqui- tez Romaines.
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Résumé : Autres Antiques, trouvées en Portugal, Rome, &c. [titre d'après la table]
En août 1732, des ouvriers à Lisbonne ont découvert les vestiges d'un temple romain dédié à Jupiter sous les fondations de l'ancienne église de Saint-Martin de Dume. Cette hypothèse est confirmée par des inscriptions en caractères romains, dont une sur une colonne : 'Jovi expulsori Armia Lussina ex Voto posuit'. Près de cette colonne, un tombeau de marbre blanc contenant des ossements humains a été trouvé. Certains savants locaux suggèrent que ces ossements pourraient appartenir à Théodomir, roi des Suèves mort en 570. Les ruines romaines, gothiques et arabes se mélangent en raison des destructions successives. L'Académie Royale de l'Histoire a été chargée d'étudier ces vestiges et de publier les résultats. Parallèlement, à Rome, des antiquités romaines, incluant des statues, des colonnes et des médailles d'empereurs, ont été découvertes près de la chapelle de la Maison Corsini.
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9933
p. 760-761
« Le 10. Avril, les Comédiens Italiens donnerent pour la clôture de leur Théatre, la Comédie [...] »
Début :
Le 10. Avril, les Comédiens Italiens donnerent pour la clôture de leur Théatre, la Comédie [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Clôture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 10. Avril, les Comédiens Italiens donnerent pour la clôture de leur Théatre, la Comédie [...] »
Le ro. Avril , les Comédiens Italiens donnerent
pour la clôture de leur Théatre , la Coméd
die des Amans Réunis , qui fut suivie de la petite
Piece
AVRIL . 1734. 761
Piece de l'Apologie du Siecle , dont nous parlelerons
le mois prochain. Le sieur Riccoboni
prononça le Compliment qu'on fait ordinairement
toutes les années , qui fut fort applaudi
du Public, Ce Discours en Vers parut imprimé
le même jour,
pour la clôture de leur Théatre , la Coméd
die des Amans Réunis , qui fut suivie de la petite
Piece
AVRIL . 1734. 761
Piece de l'Apologie du Siecle , dont nous parlelerons
le mois prochain. Le sieur Riccoboni
prononça le Compliment qu'on fait ordinairement
toutes les années , qui fut fort applaudi
du Public, Ce Discours en Vers parut imprimé
le même jour,
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9934
p. 336-337
Réponse aux quatre Mémoires du Comte d'Orval, [titre d'après la table]
Début :
RÉPONSE GENERALE aux quatre Mémoires que le Comte d'Orval vient d'ajoûter [...]
Mots clefs :
Édit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse aux quatre Mémoires du Comte d'Orval, [titre d'après la table]
Re'ponse Gêner ai n aux quatre Mé
moires que le Comte d'Otval vient d'a
jouter a cinq1 qui av oient précédé. Bro--
ehure Fol. de 20. pages. De l'Imprimerie
de Ph. NiLottin , Rue S. Jacques , à la=
Vérité ,1719.
Cette nouvelle Réponse est divisée estdeux
parties , dont la première exposeles
anciennes Règles des Pairies avant
l'Edit de 17 ï 1. & la seconde marque'
les dispositions de ce même tdir. On ex»
cederoir les bornes fi on entroit ici dans*
lé détail de ce que renferment ces deux
Parties. Le Deffenseur de M. le Duc de-
Sully n'y oublie rien d'essentiel , & ré
pond avec autant de clarté que de pré
cision à toutes les objections. Quoique'
la question dont il s'agit dans cette affai
re soit importante , & qu'elle paroisse
susceptible de plusieurs points de vue,
l'Auteur a sçû , pour ainsi dire , là sim
plifier } on en jugera par les tergies quiFEVRIER.
1750; jjjr
ft trouvent à la première page dans le
Préliminaire de la Réponse gene'rale.
Une vue plus simple encore, suffit ,
clic- il , pour la décision. Si le Comte d'Or-
Val.puisnéjpeuc prendre la qualité d'Aîné
des mâles descendus de Maximìlien de
EethutH, son droit est bon, mais si le Duc
de Sully , reconnu l'Ainé d'une Maison , ,
dont la première Branche descend de
Maximilien de Bcthune , ne peut avoir
cette qualité sans être nécessairement'
YAtnè des mâles descendus du même Ma
ximilien-, la cause est'décidée en sa fa
veur par un texte formel dans PArticle*
7. de l'Edit.-
moires que le Comte d'Otval vient d'a
jouter a cinq1 qui av oient précédé. Bro--
ehure Fol. de 20. pages. De l'Imprimerie
de Ph. NiLottin , Rue S. Jacques , à la=
Vérité ,1719.
Cette nouvelle Réponse est divisée estdeux
parties , dont la première exposeles
anciennes Règles des Pairies avant
l'Edit de 17 ï 1. & la seconde marque'
les dispositions de ce même tdir. On ex»
cederoir les bornes fi on entroit ici dans*
lé détail de ce que renferment ces deux
Parties. Le Deffenseur de M. le Duc de-
Sully n'y oublie rien d'essentiel , & ré
pond avec autant de clarté que de pré
cision à toutes les objections. Quoique'
la question dont il s'agit dans cette affai
re soit importante , & qu'elle paroisse
susceptible de plusieurs points de vue,
l'Auteur a sçû , pour ainsi dire , là sim
plifier } on en jugera par les tergies quiFEVRIER.
1750; jjjr
ft trouvent à la première page dans le
Préliminaire de la Réponse gene'rale.
Une vue plus simple encore, suffit ,
clic- il , pour la décision. Si le Comte d'Or-
Val.puisnéjpeuc prendre la qualité d'Aîné
des mâles descendus de Maximìlien de
EethutH, son droit est bon, mais si le Duc
de Sully , reconnu l'Ainé d'une Maison , ,
dont la première Branche descend de
Maximilien de Bcthune , ne peut avoir
cette qualité sans être nécessairement'
YAtnè des mâles descendus du même Ma
ximilien-, la cause est'décidée en sa fa
veur par un texte formel dans PArticle*
7. de l'Edit.-
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Résumé : Réponse aux quatre Mémoires du Comte d'Orval, [titre d'après la table]
Le document, publié en 1719 par Ph. Nilottin, répond aux mémoires du Comte d'Orval concernant les pairies. Il est structuré en deux parties : la première expose les anciennes règles des pairies avant l'Édit de 1711, et la seconde présente les dispositions de cet édit. L'auteur, soutenant le Duc de Sully, clarifie les objections soulevées. La question, complexe, est simplifiée pour une meilleure compréhension. L'auteur affirme que si le Comte d'Orval, puîné, peut revendiquer la qualité d'aîné des mâles descendants de Maximilien de Béthune, son droit est valide. Cependant, si le Duc de Sully, reconnu comme l'aîné d'une maison dont la première branche descend de Maximilien de Béthune, ne peut avoir cette qualité sans être nécessairement l'aîné des mâles descendants du même Maximilien, l'Article 7 de l'Édit tranche en faveur du Duc de Sully.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9935
p. 350-351
AUTRE ENIGME.
Début :
Je florissois sous Aléxandre, [...]
Mots clefs :
Énigme inexplicable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
Ja
E floriffois fous Alexandre,
·Céfar m'éleva jufqu'aux Cieux,
Un Magicien mefit defcendre ,
Et par l'effet d'unamour tendre,
Apres m'avoircrévélesyeux,
Me donna pour Maîtreffe à quatre
Demy-Dieux.
M.
Sang de Macreufe, & coeur de Salamandre,
Depuis lögtemps bouilloient en eux,
Mais je ne laiffay pas de les reduire
en cendre
A force d'élans amoureux.
Te ne fuis cependant ny prude , ny
coquette,
Belle, ny laideron, ny vieille, ny
jeunette,
Le ne garde pas mefme en cela de
milicu.
GALANT. 351
Ie n'eusjamais vertu , ny vice,
Bien, ny mal, Mere, ny Nourrices
Et fi je triomphe en ce lieu
De quelques vains Efprits par un peu
de malice,
·N'eft- ce pas un coup dejuſtice?
Lafuperhe déplaift à Dieu,
Ils méritent qu'on les puniffe .
Ja
E floriffois fous Alexandre,
·Céfar m'éleva jufqu'aux Cieux,
Un Magicien mefit defcendre ,
Et par l'effet d'unamour tendre,
Apres m'avoircrévélesyeux,
Me donna pour Maîtreffe à quatre
Demy-Dieux.
M.
Sang de Macreufe, & coeur de Salamandre,
Depuis lögtemps bouilloient en eux,
Mais je ne laiffay pas de les reduire
en cendre
A force d'élans amoureux.
Te ne fuis cependant ny prude , ny
coquette,
Belle, ny laideron, ny vieille, ny
jeunette,
Le ne garde pas mefme en cela de
milicu.
GALANT. 351
Ie n'eusjamais vertu , ny vice,
Bien, ny mal, Mere, ny Nourrices
Et fi je triomphe en ce lieu
De quelques vains Efprits par un peu
de malice,
·N'eft- ce pas un coup dejuſtice?
Lafuperhe déplaift à Dieu,
Ils méritent qu'on les puniffe .
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9936
p. 136-137
« Le Ver luisant étoit le mot de la premiere Enigme du mois de [...] »
Début :
Le Ver luisant étoit le mot de la premiere Enigme du mois de [...]
Mots clefs :
Ver luisant, Lettre O
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Ver luisant étoit le mot de la premiere Enigme du mois de [...] »
Le Ver luisant étoit le mot de la
premiere Enigme du mois de Juillet ,
D'AOUST.
137 .
& la Lettre O celui de la ſeconde .
premiere Enigme du mois de Juillet ,
D'AOUST.
137 .
& la Lettre O celui de la ſeconde .
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9938
p. 2250-2252
Ecole de Cavalerie, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. De la Gueriniere, Ecuyer du Roi, vient de faire imprimer la quatriéme & derniere leçon [...]
Mots clefs :
Chevaux, Écuyer, Écuyer du roi, Cheval, Cavalerie
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texteReconnaissance textuelle : Ecole de Cavalerie, &c. [titre d'après la table]
M. de la Gueriniere , Ecuyer du Roy , vient de
faire imprimer la quatriéme & derniere leçon
d'un Livre intitulé : ECOLE DE CAVALLERIE ,
contenant un Recueil des principes , qui regardent
la connoiffance dés Chevaux , la maniere de
les dreffer , & generalement tout ce qui peut former
un connoiffeur & un homme de cheval.
Cet ouvrage qui a été composé pour fervir
aux Démonftrations publiques , que l'Auteur a
commencé de faire depuis près d'un an , tous les
Samedis
1
OCTOBRE. 1730. 2251
Samedis dans fon Académie , ruë de Vaugirard ,
en faveur de Mrs les Académiftes & de tous ceux
qui veulent y affifter , ce qui eft tres -utile , nonfeulement
pour tous les jeunes Gentilshommes
qui feront dorénavant leurs exercices , mais encore
pour tous les Officiers & autres perfonnes
qui font dans l'obligation d'avoir des Chevaux.
Tous les Auteurs qui ont écrit jufqu'à prefent
fur cette matiere, n'ont parlé que de chaque partie
en particulier ; les uns fimplement du Manége
, les autres des maladies des Chevaux ; dans
celui- ci on a réuni dans un feul volume toutes les
differentes parties qui ont du rapport aux Chevaux.
On s'eft attaché à y mettre tout l'ordre
poffible ; le ftyle en eft fimple & concis , les définitions
en font claires & dévelopent méthodiquement
les principes que l'on y établit : de forte
qu'on peut aisément parvenir à les mettre en
ufage.
L'Ouvrage eft diftribué en 4 leçons , & chacune
de ces leçons en plufieurs chapitres.
La 1. leçon explique le nom des parties exte
rieures du Cheval , leur fituation , leur beauté &
leurs deffauts.
La 2. regarde l'âge , la difference des poils
l'embouchure , la ferrure , la felle , & c.
La 3. enfeigne à dreffer les jeunes Chevaux
pour le Manége , pour la Guerre , pour la Chaffe
& pour le Caroffe.
Et la 4. renferme un Traité d'Oftéologie du
Cheval , la définition de ſes maladies , les remedes
pour les guérir & un Traité d'Opérations.
Ces 4 parties ont été faites dans la vûë de former
tous les ans un Cours de Cavalerie , qui durera
neuf mois . Le 1. vient d'être interrompu ,
à la 4 partie,par la faifon peu favorable pour les
démonſtrations & les opérations Anatomiques
qui
2252 MERCURE DE FRANCÉ
qui font le fujet de cette 4 partie , & que l'on fe
propofe de faire fur des fujets réels ; mais on
continuera ce cours le Samedy d'après la faint
Martin ; & l'on en recommencera en mêmetemps
un 2 ; ainfi cet arangement , que l'on fuivra
toujours par la fuite , fatisfera & la curiofité
des commençans, & ceux qui ont déja de la connoiffance.
Un Medecin de la Faculté de Paris fe fera un
plaifir d'en faire lui - même les Démonftrations
Anatomiques, à l'exemple d'Herouard , Medecin
d'Henry IV. qui avoit commencé , par les Ordres
de ce grand Roy, de travailler fur cette matiere
; mais la mort de ce Prince interrompit ce
projet , & il ne nous refte qu'un fimple abregé
d'Oftéologie.
Il y a lieu de s'étonner que de pareils exercices
n'ayent point encore été inftituez dans les Académies
, on auroit certainement fait des découvertes
curieufes & neceffaires à la confervation
d'un animal fi utile , car il ne fuffit pas de fçavoir
monter à Cheval avec grace & fermeté , il
faut joindre à ces qualitez celles de fçavoir acheter
& dreffer un Cheval pour fon ufage , le conferver
en fanté , le guérir de fes maladies & accidens
, lui ordonner l'embouchure , la ferrure
& la felle convenable , qui font des connoiffances
abfolument neceffaires , tant pour ceux qui fe'
deftinent au fervice , que pour tous ceux qui ſe
fervent de Chevaux.
faire imprimer la quatriéme & derniere leçon
d'un Livre intitulé : ECOLE DE CAVALLERIE ,
contenant un Recueil des principes , qui regardent
la connoiffance dés Chevaux , la maniere de
les dreffer , & generalement tout ce qui peut former
un connoiffeur & un homme de cheval.
Cet ouvrage qui a été composé pour fervir
aux Démonftrations publiques , que l'Auteur a
commencé de faire depuis près d'un an , tous les
Samedis
1
OCTOBRE. 1730. 2251
Samedis dans fon Académie , ruë de Vaugirard ,
en faveur de Mrs les Académiftes & de tous ceux
qui veulent y affifter , ce qui eft tres -utile , nonfeulement
pour tous les jeunes Gentilshommes
qui feront dorénavant leurs exercices , mais encore
pour tous les Officiers & autres perfonnes
qui font dans l'obligation d'avoir des Chevaux.
Tous les Auteurs qui ont écrit jufqu'à prefent
fur cette matiere, n'ont parlé que de chaque partie
en particulier ; les uns fimplement du Manége
, les autres des maladies des Chevaux ; dans
celui- ci on a réuni dans un feul volume toutes les
differentes parties qui ont du rapport aux Chevaux.
On s'eft attaché à y mettre tout l'ordre
poffible ; le ftyle en eft fimple & concis , les définitions
en font claires & dévelopent méthodiquement
les principes que l'on y établit : de forte
qu'on peut aisément parvenir à les mettre en
ufage.
L'Ouvrage eft diftribué en 4 leçons , & chacune
de ces leçons en plufieurs chapitres.
La 1. leçon explique le nom des parties exte
rieures du Cheval , leur fituation , leur beauté &
leurs deffauts.
La 2. regarde l'âge , la difference des poils
l'embouchure , la ferrure , la felle , & c.
La 3. enfeigne à dreffer les jeunes Chevaux
pour le Manége , pour la Guerre , pour la Chaffe
& pour le Caroffe.
Et la 4. renferme un Traité d'Oftéologie du
Cheval , la définition de ſes maladies , les remedes
pour les guérir & un Traité d'Opérations.
Ces 4 parties ont été faites dans la vûë de former
tous les ans un Cours de Cavalerie , qui durera
neuf mois . Le 1. vient d'être interrompu ,
à la 4 partie,par la faifon peu favorable pour les
démonſtrations & les opérations Anatomiques
qui
2252 MERCURE DE FRANCÉ
qui font le fujet de cette 4 partie , & que l'on fe
propofe de faire fur des fujets réels ; mais on
continuera ce cours le Samedy d'après la faint
Martin ; & l'on en recommencera en mêmetemps
un 2 ; ainfi cet arangement , que l'on fuivra
toujours par la fuite , fatisfera & la curiofité
des commençans, & ceux qui ont déja de la connoiffance.
Un Medecin de la Faculté de Paris fe fera un
plaifir d'en faire lui - même les Démonftrations
Anatomiques, à l'exemple d'Herouard , Medecin
d'Henry IV. qui avoit commencé , par les Ordres
de ce grand Roy, de travailler fur cette matiere
; mais la mort de ce Prince interrompit ce
projet , & il ne nous refte qu'un fimple abregé
d'Oftéologie.
Il y a lieu de s'étonner que de pareils exercices
n'ayent point encore été inftituez dans les Académies
, on auroit certainement fait des découvertes
curieufes & neceffaires à la confervation
d'un animal fi utile , car il ne fuffit pas de fçavoir
monter à Cheval avec grace & fermeté , il
faut joindre à ces qualitez celles de fçavoir acheter
& dreffer un Cheval pour fon ufage , le conferver
en fanté , le guérir de fes maladies & accidens
, lui ordonner l'embouchure , la ferrure
& la felle convenable , qui font des connoiffances
abfolument neceffaires , tant pour ceux qui fe'
deftinent au fervice , que pour tous ceux qui ſe
fervent de Chevaux.
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Résumé : Ecole de Cavalerie, &c. [titre d'après la table]
M. de la Guerinière, Écuyer du Roy, a publié la quatrième et dernière leçon de son ouvrage 'École de Cavalerie'. Ce livre rassemble les principes essentiels sur la connaissance des chevaux, leur dressage et les compétences d'un connaisseur en chevaux. Il accompagne les démonstrations publiques organisées chaque samedi dans son Académie, rue de Vaugirard. Contrairement aux ouvrages précédents, 'École de Cavalerie' regroupe toutes les parties relatives aux chevaux en un seul volume. Le style est simple et concis, avec des définitions claires et méthodiques. L'ouvrage est structuré en quatre leçons : la première décrit les parties extérieures du cheval, la deuxième traite de l'âge, des poils, de l'embouchure, de la ferrure et de la selle. La troisième enseigne le dressage des jeunes chevaux pour divers usages, et la quatrième contient un traité d'ostéologie, les maladies des chevaux, les remèdes et les opérations. Le cours de cavalerie, prévu pour neuf mois, a été interrompu après la quatrième partie en raison de conditions défavorables. Il reprendra après la Saint-Martin, avec un second cours commençant simultanément. Un médecin de la Faculté de Paris effectuera les démonstrations anatomiques. L'institution de tels exercices dans les académies est surprenante, car elle permettrait des découvertes utiles à la conservation des chevaux. Il est essentiel de connaître non seulement la monte, mais aussi l'achat, le dressage, la conservation en santé, le traitement des maladies, ainsi que l'embouchure, la ferrure et la selle appropriées. Ces connaissances sont cruciales pour ceux qui se destinent au service ou utilisent des chevaux.
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9939
p. 345-347
ENIGME.
Début :
Sans Pere je suis né, mais d'une illustre Mere, [...]
Mots clefs :
Bois de Sainte-Lucie
9940
p. 138-140
ANNÉE 1763. MALADIE Épidémique traitée par deux des Élèves de l'École Royale vétérinaire, dans l'Élection de Gannat, Généralité de Moulins, depuis le 25 Février jusqu'au 4 Avril 1763.
Début :
EN résumant le nombre de tous les animaux malades, guéris, ou préservés, [...]
Mots clefs :
Animaux malades , Maladie épidémique, Animaux guéris, Animaux préservés, Symptômes
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texteReconnaissance textuelle : ANNÉE 1763. MALADIE Épidémique traitée par deux des Élèves de l'École Royale vétérinaire, dans l'Élection de Gannat, Généralité de Moulins, depuis le 25 Février jusqu'au 4 Avril 1763.
ANNÉE 1763 .
MALADIE Epidémique traitée par deux
des Eleves de l'Ecole Royale vétéri-
*
naire , dans l'Election de Gannat ,
Généralité de Moulins , depuis le 25
Févrierjufqu'au 4 Avril 1763.
ExN réfumant le nombre de tous les
animaux malades, guéris , ou préfervés ,
dans les Paroiffes de S. Etienne de Gannat
de St Geneft , de Mazerieu , de
la Rejonnien , du grand Vaure de
Beujés , de S. Jean de Venffat , de Cognat
, du Château de Villemont , Paroiffe
de Venffat , de S. Prieft , de Begues
, de Charmes , d'Ecurolles , de
Biozat , de S. Pont.
9
MA T. 1763. 139
Total des animaux malades-
Total des animaux guéris -
Total des animaux préfervés ---
-
- 230..
230 ..
-249
Il eſt à obſerver que de tous les ma
lades compris dans cet Etat , & traités
par les deux Eléves de l'Ecole Royale
Vétérinaire , aucun après la guériſon n'a
eu de rechute , & que de tous les animaux
auxquels on a adminiftré les remédes
préférvatifs aucun n'a été attaqué
de la maladie .
On obfervera encore que parmi ceux
qui ont été traités , il y en a eu 15 en
qui la maladie a été différente & s'eft
montrée par des fymptômes qui fem :
bloient la rendre plus redoutable. Enfin
de ces animaux il y a eu deux chevaux
très-dangereufement malades. Signé
Bredin , Bloufard , le Marquis de Vigny,
Seigneur de Gannat , Veytard , Subdélégué
à Gannat , Rabaponde , Maire
& Lieutenant Général de Police.
Les fieurs Bredin & Bloufard , font
donc les deux Elèves qui ont été envoyés
par M. Bourgelat , & qui ont
opéré ces guérifons .
La méthode préfervative & curative
a été laiffée à M. Veytard , Subdélégué
; & fi l'on calculoit tant les frais.
faits par les Elèves , qu'occafionnés par
140 MERCURE DE FRANCE.
les remédes qui ont été fournis , on
verroit que le traitement de chaque
boeuf ne monte pas à la fomme de 3 1.
d'où l'on doit conclure que M. Bourgelat
s'eft non-feulement appliqué à la recherche
des moyens qui tendent à la
confervation des animaux , mais qu'il a
joint à ces mêmes recherches tout ce
qui pouvoit rendre la cure peu coû
teufe
MALADIE Epidémique traitée par deux
des Eleves de l'Ecole Royale vétéri-
*
naire , dans l'Election de Gannat ,
Généralité de Moulins , depuis le 25
Févrierjufqu'au 4 Avril 1763.
ExN réfumant le nombre de tous les
animaux malades, guéris , ou préfervés ,
dans les Paroiffes de S. Etienne de Gannat
de St Geneft , de Mazerieu , de
la Rejonnien , du grand Vaure de
Beujés , de S. Jean de Venffat , de Cognat
, du Château de Villemont , Paroiffe
de Venffat , de S. Prieft , de Begues
, de Charmes , d'Ecurolles , de
Biozat , de S. Pont.
9
MA T. 1763. 139
Total des animaux malades-
Total des animaux guéris -
Total des animaux préfervés ---
-
- 230..
230 ..
-249
Il eſt à obſerver que de tous les ma
lades compris dans cet Etat , & traités
par les deux Eléves de l'Ecole Royale
Vétérinaire , aucun après la guériſon n'a
eu de rechute , & que de tous les animaux
auxquels on a adminiftré les remédes
préférvatifs aucun n'a été attaqué
de la maladie .
On obfervera encore que parmi ceux
qui ont été traités , il y en a eu 15 en
qui la maladie a été différente & s'eft
montrée par des fymptômes qui fem :
bloient la rendre plus redoutable. Enfin
de ces animaux il y a eu deux chevaux
très-dangereufement malades. Signé
Bredin , Bloufard , le Marquis de Vigny,
Seigneur de Gannat , Veytard , Subdélégué
à Gannat , Rabaponde , Maire
& Lieutenant Général de Police.
Les fieurs Bredin & Bloufard , font
donc les deux Elèves qui ont été envoyés
par M. Bourgelat , & qui ont
opéré ces guérifons .
La méthode préfervative & curative
a été laiffée à M. Veytard , Subdélégué
; & fi l'on calculoit tant les frais.
faits par les Elèves , qu'occafionnés par
140 MERCURE DE FRANCE.
les remédes qui ont été fournis , on
verroit que le traitement de chaque
boeuf ne monte pas à la fomme de 3 1.
d'où l'on doit conclure que M. Bourgelat
s'eft non-feulement appliqué à la recherche
des moyens qui tendent à la
confervation des animaux , mais qu'il a
joint à ces mêmes recherches tout ce
qui pouvoit rendre la cure peu coû
teufe
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Résumé : ANNÉE 1763. MALADIE Épidémique traitée par deux des Élèves de l'École Royale vétérinaire, dans l'Élection de Gannat, Généralité de Moulins, depuis le 25 Février jusqu'au 4 Avril 1763.
En 1763, deux élèves de l'École Royale vétérinaire ont traité une épidémie dans l'Élection de Gannat, Généralité de Moulins, du 25 février au 4 avril. Ils ont soigné des animaux dans plusieurs paroisses, dont Saint-Étienne de Gannat, Saint-Geneix, Mazerieu, La Rejonnien, Le Grand Vaure de Beujés, Saint-Jean de Venffat, Cognat, Château de Villemont, Saint-Priest, Begues, Charmes, Ecurolles, Biozat, et Saint-Pont. Au total, 230 animaux ont été malades, 230 guéris, et 249 préservés. Aucun animal traité n'a rechuté, et aucun de ceux ayant reçu des remèdes préventifs n'a contracté la maladie. Parmi les animaux traités, 15 présentaient des symptômes différents, et deux chevaux étaient très gravement malades. Les signataires incluent Bredin, Bloufard, le Marquis de Vigny, Veytard, Rabaponde, et d'autres autorités locales. Bredin et Bloufard, envoyés par M. Bourgelat, ont réalisé ces guérisons. La méthode préventive et curative a été laissée à M. Veytard. Les frais de traitement par animal n'ont pas dépassé 3 livres, démontrant l'engagement de M. Bourgelat pour la conservation des animaux à moindre coût.
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9941
p. 117
TABLE.
Début :
Etrennes de Mercure au Public 3 I. PARTIE. Erudition sur [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE
ETrennes de Mercure au Pffblic
3
I. PARTIE.
éruditionsur le mot Etrennes, 9
trennes de Me laC. de à
Mr le Marquis de. 21
autre Etrenne par Mrde L. T.
Mxtfait du Discours de Mr de
Reaumur, Hù à l'ouverture de
l'Académie Royale des Sciences
, 13
AcademieFrançoise de Rome, 39
These soustenuë à Reims, 43
Discours nouveau sur L'Origine,
la Généalogie
,
& la Maison
de Mo tmorency ) 49
Discours sur h dignité des Empereurs
) &surion origine, 97
Ceremonie du Couronnement des
Empereurs, 107
Recherches surl'Empire des Assyriens
, 118 II.PARTIE,
Amusements.
Lebon Medecin, Historiette;
Bouts rimezj Queftionsi Ref*.
^ponfes: Enigmes, e!i-c. I &
suivantes.
III. PARTIE,
f
Pieces fugitives.
tiece nouvelle parMrR. Etrennes
en envoyant un Pigeon, I
utre piece nouvelle, 8 arMrV.àMrde*** 2o
de nouvelle à Mrde M. 34
ouvelles de divers endrozlS, S1
F orts, 9l
ariages, 93
TnieTes nouvelles;
ETrennes de Mercure au Pffblic
3
I. PARTIE.
éruditionsur le mot Etrennes, 9
trennes de Me laC. de à
Mr le Marquis de. 21
autre Etrenne par Mrde L. T.
Mxtfait du Discours de Mr de
Reaumur, Hù à l'ouverture de
l'Académie Royale des Sciences
, 13
AcademieFrançoise de Rome, 39
These soustenuë à Reims, 43
Discours nouveau sur L'Origine,
la Généalogie
,
& la Maison
de Mo tmorency ) 49
Discours sur h dignité des Empereurs
) &surion origine, 97
Ceremonie du Couronnement des
Empereurs, 107
Recherches surl'Empire des Assyriens
, 118 II.PARTIE,
Amusements.
Lebon Medecin, Historiette;
Bouts rimezj Queftionsi Ref*.
^ponfes: Enigmes, e!i-c. I &
suivantes.
III. PARTIE,
f
Pieces fugitives.
tiece nouvelle parMrR. Etrennes
en envoyant un Pigeon, I
utre piece nouvelle, 8 arMrV.àMrde*** 2o
de nouvelle à Mrde M. 34
ouvelles de divers endrozlS, S1
F orts, 9l
ariages, 93
TnieTes nouvelles;
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Résumé : TABLE.
Le document 'Etrennes de Mercure au Public' se divise en trois parties. La première explore l'étymologie du mot 'étrennes' et divers sujets historiques, comme les étrennes du Marquis de, un discours de Reaumur, et des recherches sur l'Empire des Assyriens. La deuxième propose des divertissements littéraires. La troisième présente des pièces nouvelles et des nouvelles diverses, incluant des mariages et des nouvelles théâtrales.
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9942
s. p.
TABLE.
Début :
Prélude où l'Auteur laisse adroitement entrevoir la crainte qu'il [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
tement entrevoir la craintequi£
adenepas recevoir tes Etrennesqueses
devanciers qui ri
toientpas meilleursfaiseurs de
Mercure que luy, recevoient an
commencement de (haque annee.
Ses inquiétudes
,
ses exclamations
&ses propos interrompus
sont des situations interressantes
dans le préambule, dont 1,
resultatestunContedesFées* 3
Conte des Fées. )
Ebauche de quelques unes desprincipales
Nuits de Sceaux. 49
Discourssur l'origine duMois, yo
4vantmfwgulierc, 7r
Histoirebousonne gy
Réponse à l.i Critique d'un Distique
de Santeüil qui aparu dans le
Mercure de Septembre. 92,
Jàécijion dela dispute entre les chanoines
de la Cathedrale d'.Amiens
& les Religieux de J'A,bbaye
de S.Achetil.95
Nouvelles d'Espagne. 99
Noms des Seigneurs qui composent
l'Academiedesbeaux Esprits de
Castille. 100
Noms des Presidens & officiers des
Finances d'Espagne.104
Copie d'un Decret rendu le 8. Décembre
dernier,pour l'établissement
d'un Conseils pour l'Administration
des Finances d1Ef~ pagm,107 Smte du Voyage de la Reined'Espagne
jusqu'à son arrivé à Ma
drid. l:l[ :
Ode sur la Paix, i357
Idilesurla Paix.151
Reflexionpolitiquedel'Auteur. 164
Morts. 169
Dons du Roy, 194
Dissertation Fhtfique & tres cuneuse
,sur les Taches & Facules
duSoleil.210
Extrait des Harangues que Mrs
Massieuv Malerprononcerent le
29. du moispassé,à CAcademie
Françoise
,
où ils furent reçûs
dans les Places vacantes par la
mort de Mr l'Abbé de Cleramhllult)&
deMrdeTourreil. 162,
Dfè'Hrs peut-estreinutile. 309
SuitedesNovelles, 314.
EpigrammeduChevalierd'Accilly,
dont l'Auteurfait l'application
Illt Mercure. 331
Chanson, 332.
,
Replique de M.Anceau, aux Vers
EdneMirgdemsMoeulsin.,34.3136
Modestie de l'Auteur. 345-
Plaintesur la disette du bois de M.
D. L. M. 346
Remerciementdu même à Mr 'Ab..
béde Trianon, qui luy avoitenvoyé
une belle & bonne voye de
bois. 34S
Compliment de l'Auteur. 349
Apostille. 3-1
Nouvelles de l'AmhllJlddellr et
Ptrfe, ¡¡vec la copie du compliment
que Mr le Baron de Breteüil,
Introdufteftr des Ambajfa- •deurs,luy a fait d. la part dM
Roy. 352,
adenepas recevoir tes Etrennesqueses
devanciers qui ri
toientpas meilleursfaiseurs de
Mercure que luy, recevoient an
commencement de (haque annee.
Ses inquiétudes
,
ses exclamations
&ses propos interrompus
sont des situations interressantes
dans le préambule, dont 1,
resultatestunContedesFées* 3
Conte des Fées. )
Ebauche de quelques unes desprincipales
Nuits de Sceaux. 49
Discourssur l'origine duMois, yo
4vantmfwgulierc, 7r
Histoirebousonne gy
Réponse à l.i Critique d'un Distique
de Santeüil qui aparu dans le
Mercure de Septembre. 92,
Jàécijion dela dispute entre les chanoines
de la Cathedrale d'.Amiens
& les Religieux de J'A,bbaye
de S.Achetil.95
Nouvelles d'Espagne. 99
Noms des Seigneurs qui composent
l'Academiedesbeaux Esprits de
Castille. 100
Noms des Presidens & officiers des
Finances d'Espagne.104
Copie d'un Decret rendu le 8. Décembre
dernier,pour l'établissement
d'un Conseils pour l'Administration
des Finances d1Ef~ pagm,107 Smte du Voyage de la Reined'Espagne
jusqu'à son arrivé à Ma
drid. l:l[ :
Ode sur la Paix, i357
Idilesurla Paix.151
Reflexionpolitiquedel'Auteur. 164
Morts. 169
Dons du Roy, 194
Dissertation Fhtfique & tres cuneuse
,sur les Taches & Facules
duSoleil.210
Extrait des Harangues que Mrs
Massieuv Malerprononcerent le
29. du moispassé,à CAcademie
Françoise
,
où ils furent reçûs
dans les Places vacantes par la
mort de Mr l'Abbé de Cleramhllult)&
deMrdeTourreil. 162,
Dfè'Hrs peut-estreinutile. 309
SuitedesNovelles, 314.
EpigrammeduChevalierd'Accilly,
dont l'Auteurfait l'application
Illt Mercure. 331
Chanson, 332.
,
Replique de M.Anceau, aux Vers
EdneMirgdemsMoeulsin.,34.3136
Modestie de l'Auteur. 345-
Plaintesur la disette du bois de M.
D. L. M. 346
Remerciementdu même à Mr 'Ab..
béde Trianon, qui luy avoitenvoyé
une belle & bonne voye de
bois. 34S
Compliment de l'Auteur. 349
Apostille. 3-1
Nouvelles de l'AmhllJlddellr et
Ptrfe, ¡¡vec la copie du compliment
que Mr le Baron de Breteüil,
Introdufteftr des Ambajfa- •deurs,luy a fait d. la part dM
Roy. 352,
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Résumé : TABLE.
Le texte présente une compilation de divers écrits et sujets abordés dans une publication. Il commence par des réflexions personnelles sur la réception des étrennes comparée à celle des prédécesseurs. Plusieurs œuvres littéraires et historiques sont mentionnées, telles que 'Le Conte des Fées' et les 'Nuits de Sceaux'. Le texte inclut aussi des discours, des critiques littéraires, et des nouvelles d'Espagne. Il liste des personnalités notables, comme les membres de l'Académie des beaux-esprits de Castille et les officiers des finances d'Espagne. Des décrets et des voyages royaux sont évoqués, notamment le déplacement de la reine d'Espagne jusqu'à Madrid. Le texte aborde également des poèmes, des réflexions politiques, des avis de décès, des dons royaux, et des dissertations scientifiques sur les taches solaires. Il se conclut par des épigrammes, des chansons, des remerciements, et des compliments, ainsi que des nouvelles de l'ambassade d'Angleterre et de Prusse, incluant un compliment du baron de Breteuil au nom du roi.
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9943
p. 1854-1855
EXTRAIT d'une Lettre écrite de l'Abbaye Royale d'Ambournay, Ordre de S. Benoît, Diocèse de Lyon, le 4 Août 1744, au sujet d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée, &c.
Début :
Apoticaire de ma Profession, & gouteux par tempérament, j'ai cherché par les secours de [...]
Mots clefs :
Remède, Abbaye, Goutte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de l'Abbaye Royale d'Ambournay, Ordre de S. Benoît, Diocèse de Lyon, le 4 Août 1744, au sujet d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée, &c.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de l'Abbaye
Royale d'Ambournay , Ordre de S. Benoît,
Diocèfe de Lyon , le 4 Août 1744 , au ſujet
d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée
, &c.
A
Potiquaire de ma Profeffion , & gouteux par
tempérament , j'ai cherché par les fecours de
PArt , à guérir de cette cruelle maladie ; la prétendue
impoffibilité ne m'a point rebuté. J'ai pensé ,
j'ai cherché , j'ai diffous , j'ai compofé , & c'eſt enfin
fur moi-même que j'ai fait mes Epreuves . Il eft
peu de perfonnes dont la Goute fût plus violente &
plus fréquente que la mienne. Ce n'étoit pas feulement
aux pieds , mais encore aux genoux & aux
mains qu'elle me tenoit tout à la fois , & pendant
des tems confidérables. Quelques prochaines qu'en
fuffent les attaques l'une de l'autre , je n'en ai eu
aucune , depuis que j'ai fait ufage du Remede que
j'ai inventé, & voici la fixième année qui court, fans
que j'aye eu le moindre reffentiment de ce mal.
Une Religieufe Bénédictine , gouteuſe , autant
qu'on puiffe l'être , dans l'efpérance d'une pareille
guérifon , ayant fait ufage de mon Opiate , s'eft
trouvée parfaitement délivrée du même mal , & deux
ans font déja expirés , fans qu'elle en ait fenti le
moindre retour.
Enfin , un Religieux de notre Abbaye , gouteux
depuis l'âge de quinze ans , & qui depuis
plufieurs années , en avoit deux attaques reglées , fe
trouve aujourd'hui radicalement guéri , & en état
d'attefter la bonté de mon Remede.
Perfuadé qu'il peut opérer auffi heureuſement fur
d'autres Sujets, en obfervant les regles faciles que
je fuis en état de prefcrire , j'ai cru qu'il étoit de
mon
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
A O UST. 1744. 1855
mon devoir de l'annoncer au Public , s'agiffant d'un
bien général , avec d'autant plus de raifon , que la
Goute étant fouvent compliquée d'autres maux ,
comme Rhumatifme , Gravelle , & c . le même Remede
agit encore efficacement à cet égard , par la
nature de fa compofition.
看
Ceux qui voudront ufer de ce Remede , fe ferviront
de cette Adreffe , en affranchiffant les Lettres,
Au Frere Etienne Joubert , Apotiquaire de 1 Abbaye
Royale d'Ambournay , en Bugey , par S. Jean le Vieux ,
Route de Geneve.
Ou bien au même , chés M. Franquon , Marchand
Droguifte , ruë de l'Enfant qui piſſe , à Lyon.
Il donnera avec le Remede , l'Inftruction néceffaire
pour l'employer utilement.
Royale d'Ambournay , Ordre de S. Benoît,
Diocèfe de Lyon , le 4 Août 1744 , au ſujet
d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée
, &c.
A
Potiquaire de ma Profeffion , & gouteux par
tempérament , j'ai cherché par les fecours de
PArt , à guérir de cette cruelle maladie ; la prétendue
impoffibilité ne m'a point rebuté. J'ai pensé ,
j'ai cherché , j'ai diffous , j'ai compofé , & c'eſt enfin
fur moi-même que j'ai fait mes Epreuves . Il eft
peu de perfonnes dont la Goute fût plus violente &
plus fréquente que la mienne. Ce n'étoit pas feulement
aux pieds , mais encore aux genoux & aux
mains qu'elle me tenoit tout à la fois , & pendant
des tems confidérables. Quelques prochaines qu'en
fuffent les attaques l'une de l'autre , je n'en ai eu
aucune , depuis que j'ai fait ufage du Remede que
j'ai inventé, & voici la fixième année qui court, fans
que j'aye eu le moindre reffentiment de ce mal.
Une Religieufe Bénédictine , gouteuſe , autant
qu'on puiffe l'être , dans l'efpérance d'une pareille
guérifon , ayant fait ufage de mon Opiate , s'eft
trouvée parfaitement délivrée du même mal , & deux
ans font déja expirés , fans qu'elle en ait fenti le
moindre retour.
Enfin , un Religieux de notre Abbaye , gouteux
depuis l'âge de quinze ans , & qui depuis
plufieurs années , en avoit deux attaques reglées , fe
trouve aujourd'hui radicalement guéri , & en état
d'attefter la bonté de mon Remede.
Perfuadé qu'il peut opérer auffi heureuſement fur
d'autres Sujets, en obfervant les regles faciles que
je fuis en état de prefcrire , j'ai cru qu'il étoit de
mon
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
A O UST. 1744. 1855
mon devoir de l'annoncer au Public , s'agiffant d'un
bien général , avec d'autant plus de raifon , que la
Goute étant fouvent compliquée d'autres maux ,
comme Rhumatifme , Gravelle , & c . le même Remede
agit encore efficacement à cet égard , par la
nature de fa compofition.
看
Ceux qui voudront ufer de ce Remede , fe ferviront
de cette Adreffe , en affranchiffant les Lettres,
Au Frere Etienne Joubert , Apotiquaire de 1 Abbaye
Royale d'Ambournay , en Bugey , par S. Jean le Vieux ,
Route de Geneve.
Ou bien au même , chés M. Franquon , Marchand
Droguifte , ruë de l'Enfant qui piſſe , à Lyon.
Il donnera avec le Remede , l'Inftruction néceffaire
pour l'employer utilement.
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9944
p. 1822-1826
« MEDITATIONS pour tous les jours de l'année, tirées des Evangiles qui se lisent [...] »
Début :
MEDITATIONS pour tous les jours de l'année, tirées des Evangiles qui se lisent [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MEDITATIONS pour tous les jours de l'année, tirées des Evangiles qui se lisent [...] »
MEDITATIONS pour tous les jours
de l'année , tirées des Evangiles qui fe lifent
à la Meffe , & pour les Fêtes principales
des S S. avec leurs Octaves , par
Dom Jean - Firmin Rainffant , Benedictin ,
&c. quatriéme Edition . A Paris , ruë
S. Jacques , chez G. Martin , in 4.
MEDITATION s fur la Regle de faint
Benoît . Par M. A. J. le B. de Rancé
Abbé de la Trape . Troifiéme Edition
augmentée de la veritable préparation à
la mort. In 12. 5o . fols. Chez le même.
MB
>>
"A O UST . 1730. 1823
MEMOIRES du Comte de Buffi
Rabutin . Deuxième Edition . A Paris ,
idem. 3. vol . in 12. 7. liv . 10. fols.
DISCOURS du Comte de Buffi à fes:
Enfans , fur le bon ufage des adverfitez
& des divers évenemens de fa Vie. Troifiéme
Edition , in 12. 50. fols . Chez le
même.
HISTOIRE des Plantes qui naiffent
aux environs de Paris , avec leur ufage
dans la Médecine . Par M. de Tournefort ,
de l'Académie Royale des Sciences . Troifiéme
Edition , augmentée par M. Bernard'
de Juffieu , de la même Académie. Chez.
le même. 2. vol . in 12. 5. livres
ABREGE' DES MEDITATION.S
fur la Vie de J. C. pour tous les jours
de l'année , & pour les Fêtes des Saints ,.
divifées felon les quatre faifons de l'année
; avec celles pour les Retraites . Part
le P. Haynenfve , de la Compagnie de Je
fus. Chez le même. huitiéme Edition . 4.
vol. in 12. 8. livres..
COURS DES SCIENCES fur des principes
nouveaux & fimples pour former le
Langage , l'efprit & le coeur , dans l'ufage
ordinaire de la vie. Par le R..P. Buffiers
Do
1824 MERCURE DE FRANCE
D. L. C. D. J. A Paris , rue S. Jacques
chez Cavelier & chez Giffaut , in folio de
8. à 900. pages, à deux colonnes . Caractere
de S. Auguftin .
ELEMENS HISTORIQUES , ou Méthode
courte & facile pour apprendre
l'Hiftoire aux enfans. Dédiez à S. A. S.
M. le Duc de Chartres. A Paris , ruë de la
vieille Bouclerie & rue du Foin , che J. B.
Lamefle, & la veuve de P. de Lormel ,
1730. 2. vol. in 12 .
LE TRIOMPHE DE L'ELOQUENCE,
dédié à M" de l'Académie Françoiſe . Par
Madame de Gomez. Quai des Auguftins,
& Quai de Gefures , chez le Clerc , Saugrain
& Prault , 1730. brochure in 12 .
de 86. pages.
LES REGLES DU DROIT FRAN
çois , par M. Claude Pocquet de la Livoniere
, A Paris , chez J. B. Coignard ,
ruë S. Jacques , 1730. in 12 .
COMMENTAIRE fur la Géométrie de
Defcantes , par le R. P. Robuel , de la Compagnie
de Jefus. A Lion , ruë Merciere ,
chez Marcellin Duplain , 1733. in 4. de
590. pages,
MIAOUST.
1730. 1825
MEDICINA MUSICA , &c. par M. Richard
Browne. A Londres , chez les Knaptons.
C'eft un Effai dans lequel on examine
l'effet que le Chant ou la Danfe , ou
la Mufique doit faire fur le corps humain ,
fuivant les loix de la Méchanique. On y
a joint un Traité fur la nature des Maladies
de la Rate & des Vapeurs , & fur
les manieres de les guérir.
SENATUS - CONSULTI DE BA CCHANALIBUS
, &c. Explication du
Senatus- Confulte , ou de l'Arrêt du Sénat
concernant les Bacchanales, gravé fur une
ancienne Table d'airain , confervé à Vienne
dans le Cabinet de l'Empereur , par
Mathieu Egittio . A Naples , chez Felix
Mufca , 1729. in folio de 221. pages . 2 .
Planches.
L'ETAT ET LES DELICES DE LA
SUISSE , en forme de Relation critique
, par plufieurs Auteurs celebres , enrichi
de Figures en Taille- douce , defſi- .
nées fur les lieux , & des Cartes Géographiques.
très- exactes. Amfterdam , chez les
Wefteins & Smith , 1730. 4. vol . in 12.
On apprend de Londres , que le Docteur Arthur
Bedford , a prefenté depuis peu au Roi , àla
Reine & au Prince de Galles , fon Livre intitulé,
Chronologie de la Sainte Ecriture , démontrée
par des Calculs Aftronomiques,
1826 MERCURE DE FRANCE
On apprend auffi de Londres , que M. Pope
a mis à la tête des OEuvres de Shakespear , dans
l'Edition nouvelle qu'il en a faite , une Préface
contre laquelle un Auteur , qui fe dit Comédien
de Campagne , a pris la deffenfe des Acteurs qui
ont autrefois repréſenté les Pieces de ce Poëte.
Il éclaircit en même-temps quelques points
de la Vie de Shakeſpear , & de l'Hiftoire du
Théatre de ce temps- là.
de l'année , tirées des Evangiles qui fe lifent
à la Meffe , & pour les Fêtes principales
des S S. avec leurs Octaves , par
Dom Jean - Firmin Rainffant , Benedictin ,
&c. quatriéme Edition . A Paris , ruë
S. Jacques , chez G. Martin , in 4.
MEDITATION s fur la Regle de faint
Benoît . Par M. A. J. le B. de Rancé
Abbé de la Trape . Troifiéme Edition
augmentée de la veritable préparation à
la mort. In 12. 5o . fols. Chez le même.
MB
>>
"A O UST . 1730. 1823
MEMOIRES du Comte de Buffi
Rabutin . Deuxième Edition . A Paris ,
idem. 3. vol . in 12. 7. liv . 10. fols.
DISCOURS du Comte de Buffi à fes:
Enfans , fur le bon ufage des adverfitez
& des divers évenemens de fa Vie. Troifiéme
Edition , in 12. 50. fols . Chez le
même.
HISTOIRE des Plantes qui naiffent
aux environs de Paris , avec leur ufage
dans la Médecine . Par M. de Tournefort ,
de l'Académie Royale des Sciences . Troifiéme
Edition , augmentée par M. Bernard'
de Juffieu , de la même Académie. Chez.
le même. 2. vol . in 12. 5. livres
ABREGE' DES MEDITATION.S
fur la Vie de J. C. pour tous les jours
de l'année , & pour les Fêtes des Saints ,.
divifées felon les quatre faifons de l'année
; avec celles pour les Retraites . Part
le P. Haynenfve , de la Compagnie de Je
fus. Chez le même. huitiéme Edition . 4.
vol. in 12. 8. livres..
COURS DES SCIENCES fur des principes
nouveaux & fimples pour former le
Langage , l'efprit & le coeur , dans l'ufage
ordinaire de la vie. Par le R..P. Buffiers
Do
1824 MERCURE DE FRANCE
D. L. C. D. J. A Paris , rue S. Jacques
chez Cavelier & chez Giffaut , in folio de
8. à 900. pages, à deux colonnes . Caractere
de S. Auguftin .
ELEMENS HISTORIQUES , ou Méthode
courte & facile pour apprendre
l'Hiftoire aux enfans. Dédiez à S. A. S.
M. le Duc de Chartres. A Paris , ruë de la
vieille Bouclerie & rue du Foin , che J. B.
Lamefle, & la veuve de P. de Lormel ,
1730. 2. vol. in 12 .
LE TRIOMPHE DE L'ELOQUENCE,
dédié à M" de l'Académie Françoiſe . Par
Madame de Gomez. Quai des Auguftins,
& Quai de Gefures , chez le Clerc , Saugrain
& Prault , 1730. brochure in 12 .
de 86. pages.
LES REGLES DU DROIT FRAN
çois , par M. Claude Pocquet de la Livoniere
, A Paris , chez J. B. Coignard ,
ruë S. Jacques , 1730. in 12 .
COMMENTAIRE fur la Géométrie de
Defcantes , par le R. P. Robuel , de la Compagnie
de Jefus. A Lion , ruë Merciere ,
chez Marcellin Duplain , 1733. in 4. de
590. pages,
MIAOUST.
1730. 1825
MEDICINA MUSICA , &c. par M. Richard
Browne. A Londres , chez les Knaptons.
C'eft un Effai dans lequel on examine
l'effet que le Chant ou la Danfe , ou
la Mufique doit faire fur le corps humain ,
fuivant les loix de la Méchanique. On y
a joint un Traité fur la nature des Maladies
de la Rate & des Vapeurs , & fur
les manieres de les guérir.
SENATUS - CONSULTI DE BA CCHANALIBUS
, &c. Explication du
Senatus- Confulte , ou de l'Arrêt du Sénat
concernant les Bacchanales, gravé fur une
ancienne Table d'airain , confervé à Vienne
dans le Cabinet de l'Empereur , par
Mathieu Egittio . A Naples , chez Felix
Mufca , 1729. in folio de 221. pages . 2 .
Planches.
L'ETAT ET LES DELICES DE LA
SUISSE , en forme de Relation critique
, par plufieurs Auteurs celebres , enrichi
de Figures en Taille- douce , defſi- .
nées fur les lieux , & des Cartes Géographiques.
très- exactes. Amfterdam , chez les
Wefteins & Smith , 1730. 4. vol . in 12.
On apprend de Londres , que le Docteur Arthur
Bedford , a prefenté depuis peu au Roi , àla
Reine & au Prince de Galles , fon Livre intitulé,
Chronologie de la Sainte Ecriture , démontrée
par des Calculs Aftronomiques,
1826 MERCURE DE FRANCE
On apprend auffi de Londres , que M. Pope
a mis à la tête des OEuvres de Shakespear , dans
l'Edition nouvelle qu'il en a faite , une Préface
contre laquelle un Auteur , qui fe dit Comédien
de Campagne , a pris la deffenfe des Acteurs qui
ont autrefois repréſenté les Pieces de ce Poëte.
Il éclaircit en même-temps quelques points
de la Vie de Shakeſpear , & de l'Hiftoire du
Théatre de ce temps- là.
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Résumé : « MEDITATIONS pour tous les jours de l'année, tirées des Evangiles qui se lisent [...] »
Le document présente une liste de publications diverses parues entre 1729 et 1826. Parmi les ouvrages mentionnés, on trouve des méditations religieuses, telles que les 'Méditations pour tous les jours de l'année' de Dom Jean-Firmin Rainffant et les 'Méditations sur la Règle de saint Benoît' de l'Abbé de Rancé. Les 'Mémoires du Comte de Buffi Rabutin' et ses 'Discours' sont également cités, ainsi qu'une 'Histoire des Plantes' de M. de Tournefort, augmentée par M. Bernard de Jussieu. D'autres publications incluent un 'Abrégé des Méditations' du Père Haynenfve, un 'Cours des Sciences' du Père Buffiers, et des 'Éléments Historiques' dédiés au Duc de Chartres. Le document mentionne aussi des œuvres littéraires et scientifiques, comme 'Le Triomphe de l'Éloquence' de Madame de Gomez, les 'Règles du Droit Français' de M. Claude Pocquet de la Livoniere, et un 'Commentaire sur la Géométrie' du Père Robuel. Des traités médicaux et musicaux, tels que 'Medicina Musica' de Richard Browne, et des ouvrages historiques comme 'L'État et les Délices de la Suisse' sont également listés. Enfin, le document rapporte des nouvelles littéraires concernant des publications récentes à Londres, notamment une 'Chronologie de la Sainte Écriture' du Docteur Arthur Bedford et une nouvelle édition des œuvres de Shakespeare avec une préface controversée de M. Pope.
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9945
s. p.
TABLE.
Début :
Prelude. 3 Description de la Ceremonie du Baptême de l'Infant [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
PRélude... 3
Description de la Ceremonie du
Bapte Baptême de l'Infant de Portugal
Fofeph.
6
Reflexions , plaintes &verbiage
de l'Auteur. 12
Relationfinguliere d'une Festede
Тличeaux.. 22
Discours que M. de Réal fit à
C
à l'Assemblée du Clergé, de
la Nobleſſe , er de laFustice,
le jour qu'il fut installé dans
-Sa Charge de Sénéchal deForcalquier.
Morale d'Epicure.
69
77
TABLE
Obstacles levez pourfon impreffion,
82
Reflexionfur legenie d'Epicure ,
&fur ce qu'ildeffend lesPa
negyriques au Sage. 94
Fantaisie 97
Odeſur le ſujet du Poëme qui a
remporté le Prix de l'Académie.
103
Réprefailles. IIS
Discours sur l'origine du moisa
118
Nouvelles. 123
Hiftoire. 138
Lettre Galante...
د ر و
Vers prefentez auRoy. 165
Extrait d'un Discours prononcé
parle R.P. Feüilleteau Supe-
)
TABLE.
rieur des Barnabites àlaPro.
feffion de DonMarc-Renédu
Buiffon de la Bruneliere , parent
de M. d' Argenſon. 167
Copie d'une Lettre deM. leProcureurGeneral
du Parlement
de Paris à l'occaſion du Teftament
duRoy. 169
OdeAnacreontique de M. de la
Monnoye. 177
Relation d'une Fofte que laReine
Douairiere d'Espagne a donnée
àBayonne. 182
Relation de laCeremoniedu mariage
de la Reine d'Espagre
qui fut celebréà Parme le 16.
Septembre. 199
Autre Relation de Genesfur le
TABLE.
mesmesujet. 21F
Relation de l'attaque generale de
Barcelone.
227
Relation de l'entrée deM. leMaréchal
de Berwick dans Barcelone.
241
Quart de critique. 251
Mariage. 259
Abon entendeur demi mot. 263
Courte reflexion fur les remarques
de Mathanafius fur le
chef- d'oeuvre d'un inconnu.
268
Chanson. 272
Chapitre des Enigmes. 274
Morts. 280
Suite du Journal de Fontainebleau.
301
TABLE .
Mariages. 342
Avis très-utile. 345
Autre avis eßintiel. 346
Remede Specifique. 348
Avis tres rare. 350
Avis en gros & en détail que
tout Lecteur doit lire pour
raifon. 351
Avertissement qui nefert arien.
353
PRélude... 3
Description de la Ceremonie du
Bapte Baptême de l'Infant de Portugal
Fofeph.
6
Reflexions , plaintes &verbiage
de l'Auteur. 12
Relationfinguliere d'une Festede
Тличeaux.. 22
Discours que M. de Réal fit à
C
à l'Assemblée du Clergé, de
la Nobleſſe , er de laFustice,
le jour qu'il fut installé dans
-Sa Charge de Sénéchal deForcalquier.
Morale d'Epicure.
69
77
TABLE
Obstacles levez pourfon impreffion,
82
Reflexionfur legenie d'Epicure ,
&fur ce qu'ildeffend lesPa
negyriques au Sage. 94
Fantaisie 97
Odeſur le ſujet du Poëme qui a
remporté le Prix de l'Académie.
103
Réprefailles. IIS
Discours sur l'origine du moisa
118
Nouvelles. 123
Hiftoire. 138
Lettre Galante...
د ر و
Vers prefentez auRoy. 165
Extrait d'un Discours prononcé
parle R.P. Feüilleteau Supe-
)
TABLE.
rieur des Barnabites àlaPro.
feffion de DonMarc-Renédu
Buiffon de la Bruneliere , parent
de M. d' Argenſon. 167
Copie d'une Lettre deM. leProcureurGeneral
du Parlement
de Paris à l'occaſion du Teftament
duRoy. 169
OdeAnacreontique de M. de la
Monnoye. 177
Relation d'une Fofte que laReine
Douairiere d'Espagne a donnée
àBayonne. 182
Relation de laCeremoniedu mariage
de la Reine d'Espagre
qui fut celebréà Parme le 16.
Septembre. 199
Autre Relation de Genesfur le
TABLE.
mesmesujet. 21F
Relation de l'attaque generale de
Barcelone.
227
Relation de l'entrée deM. leMaréchal
de Berwick dans Barcelone.
241
Quart de critique. 251
Mariage. 259
Abon entendeur demi mot. 263
Courte reflexion fur les remarques
de Mathanafius fur le
chef- d'oeuvre d'un inconnu.
268
Chanson. 272
Chapitre des Enigmes. 274
Morts. 280
Suite du Journal de Fontainebleau.
301
TABLE .
Mariages. 342
Avis très-utile. 345
Autre avis eßintiel. 346
Remede Specifique. 348
Avis tres rare. 350
Avis en gros & en détail que
tout Lecteur doit lire pour
raifon. 351
Avertissement qui nefert arien.
353
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Résumé : TABLE.
Le document est une table des matières d'un ouvrage comprenant divers textes et discours. Il débute par la description de la cérémonie du baptême de l'infant de Portugal, suivie des réflexions et plaintes de l'auteur. Le texte inclut plusieurs récits d'événements festifs et cérémoniels, tels qu'une fête aux Tuileries et le discours de M. de Réal lors de son installation comme sénéchal de Forcalquier. Il mentionne également diverses célébrations de mariages royaux, notamment ceux de la reine d'Espagne à Bayonne et à Parme. L'ouvrage contient des poèmes, des lettres et des extraits de discours, comme celui du Père Feuilletau lors de la profession de Don Marc-René du Buisson de la Brunelière. Des sections abordent des sujets variés, incluant la morale d'Épicure, des critiques littéraires, des nouvelles, des histoires et des avis utiles. La table des matières se conclut par des notices nécrologiques et des suites de journaux, notamment celui de Fontainebleau.
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9946
p. 334-338
PROJET d'un Supplement pour la derniere Edition de S. Jérôme, en un Volume in folio, de la même forme que les précedens.
Début :
Un Religieux de la Congrégation de S. Maur, qui fait imprimer actuellement [...]
Mots clefs :
Saint Jérôme, Du Cange, Jean Martianay, Manuscrits, Congrégation de Saint-Maur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROJET d'un Supplement pour la derniere Edition de S. Jérôme, en un Volume in folio, de la même forme que les précedens.
PROJET d'un Supplement pour la
derniere Edition de S. Jérôme , en un
Volume in folio , de la même forme que
les précedens.
U
'N Religieux de la Congrégation de
S. Maur , quifait imprimer actuelle.
ment chez Osmont les Ouvrages de Saint
Justin , de Tatien , &c. donnera au Public
,
FEVRIER.
1733-339
blic , après avoir fini ce travail , un Sup
plément pour la derniere Edition de
S. Jerôme , qui contiendra :
1º . Ce qui reste à donner des Ouvrages
de S. Jerôme , comme sa Chronique
, que D. Jean Martianay n'a point
mise dans les Volumes précédens , le réservant
pour un Supplément dont on
lui a souvent entendu parler.
2º. Des Eclaircissemens sur le Texte
de S. Jerôme , par le moyen d'un trèsgrand
nombre de Manuscrits , la plupart
fort anciens , que l'on collationne actuel
lement avec toute l'exactitude possible ;
et afin que les secours qu'on en tirera
puissent servir à un plus grand nombre
de personnes , on aura soin dans tous
les Endroits que l'on corrigera , de marquer
non- seulement les pages de l'Edition
du P. Martianay , mais encore celles
des précédentes.
3. Des Observations sur plusieurs
points importans de la Doctrine de saint
Jerôme .
.
4°. La Vie du S. Docteur , avec la Critique
de ses Ouvrages.
5. Des Tables generales , que
l'on tâchera
de rendre commodes et utiles , autant
par l'ordre et l'arrangement , que
par la multitude des choses qui y entreront.
La
336 MERCURE DE FRANCE
La seule idée de ce Supplement suffic
pour en faire voir la necessité et pour
convaincre en même temps qu'on a en
vûë de procurer au Public les avantages
d'une nouvelle Edition , en lui en épargnant
la dépense. Car il n'y auroit gueres
plus de travail à recommencer tout de
nouveau. Mais une telle Entreprise feroit
tort à ceux qui ont le S. Jerôme du
P. Dom Jean Martianay , ce seroit dommage
que tant d'Exemplaires répandus
dans les Bibliotheques de l'Europe , devinssent
en quelque façon inutiles , et
qu'une Edition en cinq Volumes in folio
où l'on a corrigé un grand nombre d'endroits
par les Manuscrits , et qui d'ailleurs
est très bien conditionnée , perdît
si-tôt son prix . On a donc cru qu'il valoiť
mieux la perfectionner par un Suplément,
qui pourra même servir pour les autres
Editions. Après avoir pris les mesures convenables
pour contenter ceux qui ont les
Ouvrages de S. Jerôme , si la rareté des
Exemplaires rendoit une nouvelle Edition
necessaire ( ce qui paroît presque
hors de doute ) on executera ce dessein
d'autant plus volontiers , qu'il ne pourra
faire tort à personne , et qu'il ne coutera
à l'Editeur , que le soin de veiller sur le
travail des Imprimeurs.
Les
FEVRIER. 1733. 337
Les quatre premiers volumes de la
nouvelle Edition du Glossaire de M. du
Cange , se distribuent , comme nous l'avions
annoncé dans le précedent Mercure.
Ils comprennent depuis la Lettre A,
jusqu'à la Lettre O. inclusivement ; ce
qui prouve que cette Edition sera augmentée
de la moitié . Elle dédommagera
par là le Public du long- temps qu'elle
s'est fait attendre. Les Additions ne sont
cependant pas faites au hazard ; les R R.
PP. Benedictins de la Congrégation
de
S. Maur , nouveaux Editeurs , avertissent
dans leur Préface qu'ils ont eu soin de
n'y rien inscrer qui ne leur ait parû utile,
et qu'ils se sont fait un devoir de ne pas
s'écarter de l'excellent modele que leur
avoit tracé le grand Homme d'après lequel
ils ont travaillé. Il n'est guères)
possible de donner des exemples de ces
Additions ; comment se déterminer à un
choix dans un si grand nombre ? Il nous
suffira d'avertir qu'on trouve dans cette
Edition de nouveaux points d'Histoire ,
soit Ecclesiastique , soit Civile , discutez
et éclaircis , des Usages inconnus jusqu'à
présent , découverts et expliquez , un
nombre prodigieux de Mots recueillis
de Chartes , Manuscrits et d'Auteurs imprimez
, dont on développe l'intelligence
a
338 MERCURE DE FRANCE
ce ; en un mot,le Dessein de M. du Cange
exactement suivi et considerablement enrichi.
Les Editeurs n'ont rien oublié de
ce qui peut servir à illustrer la mémoire
de leur celebre Auteur ; ils ont mis son
Portrait très- bien gravé à la tête du Livre
, et ils ont fait suivre leur Préface de
la Lettre de M. Baluze à M. l'Abbé Renaudot
, sur la Vie et la Mort de M. du
Cange ; et pour ne rien omettre , ils y
ont ajoûté son Epitaphe et le Catalogue
de ses Ouvrages . L'Imprimeur de son
côté , n'a rien négligé pour la beauté de
l'Edition ; le Caractere en est net , le Papier
beau , les Planches qui nous représentent
les Monnoyes de nos Rois de
puis Philippe le Bel jusqu'à celle de nos
jours , et celle des Barons , sont proprement
gravées ; tout persuade , enfin jusqu'au
Frontispice , qu'on n'y a pas épargné
la dépense. Mais rien ne doit tant
Hatter les Gens de Lettre , que l'assurance
que donnent les Editeurs dans leur
Préface , qu'on ne discontinuera pas l'impression
des Volumes suivans.
derniere Edition de S. Jérôme , en un
Volume in folio , de la même forme que
les précedens.
U
'N Religieux de la Congrégation de
S. Maur , quifait imprimer actuelle.
ment chez Osmont les Ouvrages de Saint
Justin , de Tatien , &c. donnera au Public
,
FEVRIER.
1733-339
blic , après avoir fini ce travail , un Sup
plément pour la derniere Edition de
S. Jerôme , qui contiendra :
1º . Ce qui reste à donner des Ouvrages
de S. Jerôme , comme sa Chronique
, que D. Jean Martianay n'a point
mise dans les Volumes précédens , le réservant
pour un Supplément dont on
lui a souvent entendu parler.
2º. Des Eclaircissemens sur le Texte
de S. Jerôme , par le moyen d'un trèsgrand
nombre de Manuscrits , la plupart
fort anciens , que l'on collationne actuel
lement avec toute l'exactitude possible ;
et afin que les secours qu'on en tirera
puissent servir à un plus grand nombre
de personnes , on aura soin dans tous
les Endroits que l'on corrigera , de marquer
non- seulement les pages de l'Edition
du P. Martianay , mais encore celles
des précédentes.
3. Des Observations sur plusieurs
points importans de la Doctrine de saint
Jerôme .
.
4°. La Vie du S. Docteur , avec la Critique
de ses Ouvrages.
5. Des Tables generales , que
l'on tâchera
de rendre commodes et utiles , autant
par l'ordre et l'arrangement , que
par la multitude des choses qui y entreront.
La
336 MERCURE DE FRANCE
La seule idée de ce Supplement suffic
pour en faire voir la necessité et pour
convaincre en même temps qu'on a en
vûë de procurer au Public les avantages
d'une nouvelle Edition , en lui en épargnant
la dépense. Car il n'y auroit gueres
plus de travail à recommencer tout de
nouveau. Mais une telle Entreprise feroit
tort à ceux qui ont le S. Jerôme du
P. Dom Jean Martianay , ce seroit dommage
que tant d'Exemplaires répandus
dans les Bibliotheques de l'Europe , devinssent
en quelque façon inutiles , et
qu'une Edition en cinq Volumes in folio
où l'on a corrigé un grand nombre d'endroits
par les Manuscrits , et qui d'ailleurs
est très bien conditionnée , perdît
si-tôt son prix . On a donc cru qu'il valoiť
mieux la perfectionner par un Suplément,
qui pourra même servir pour les autres
Editions. Après avoir pris les mesures convenables
pour contenter ceux qui ont les
Ouvrages de S. Jerôme , si la rareté des
Exemplaires rendoit une nouvelle Edition
necessaire ( ce qui paroît presque
hors de doute ) on executera ce dessein
d'autant plus volontiers , qu'il ne pourra
faire tort à personne , et qu'il ne coutera
à l'Editeur , que le soin de veiller sur le
travail des Imprimeurs.
Les
FEVRIER. 1733. 337
Les quatre premiers volumes de la
nouvelle Edition du Glossaire de M. du
Cange , se distribuent , comme nous l'avions
annoncé dans le précedent Mercure.
Ils comprennent depuis la Lettre A,
jusqu'à la Lettre O. inclusivement ; ce
qui prouve que cette Edition sera augmentée
de la moitié . Elle dédommagera
par là le Public du long- temps qu'elle
s'est fait attendre. Les Additions ne sont
cependant pas faites au hazard ; les R R.
PP. Benedictins de la Congrégation
de
S. Maur , nouveaux Editeurs , avertissent
dans leur Préface qu'ils ont eu soin de
n'y rien inscrer qui ne leur ait parû utile,
et qu'ils se sont fait un devoir de ne pas
s'écarter de l'excellent modele que leur
avoit tracé le grand Homme d'après lequel
ils ont travaillé. Il n'est guères)
possible de donner des exemples de ces
Additions ; comment se déterminer à un
choix dans un si grand nombre ? Il nous
suffira d'avertir qu'on trouve dans cette
Edition de nouveaux points d'Histoire ,
soit Ecclesiastique , soit Civile , discutez
et éclaircis , des Usages inconnus jusqu'à
présent , découverts et expliquez , un
nombre prodigieux de Mots recueillis
de Chartes , Manuscrits et d'Auteurs imprimez
, dont on développe l'intelligence
a
338 MERCURE DE FRANCE
ce ; en un mot,le Dessein de M. du Cange
exactement suivi et considerablement enrichi.
Les Editeurs n'ont rien oublié de
ce qui peut servir à illustrer la mémoire
de leur celebre Auteur ; ils ont mis son
Portrait très- bien gravé à la tête du Livre
, et ils ont fait suivre leur Préface de
la Lettre de M. Baluze à M. l'Abbé Renaudot
, sur la Vie et la Mort de M. du
Cange ; et pour ne rien omettre , ils y
ont ajoûté son Epitaphe et le Catalogue
de ses Ouvrages . L'Imprimeur de son
côté , n'a rien négligé pour la beauté de
l'Edition ; le Caractere en est net , le Papier
beau , les Planches qui nous représentent
les Monnoyes de nos Rois de
puis Philippe le Bel jusqu'à celle de nos
jours , et celle des Barons , sont proprement
gravées ; tout persuade , enfin jusqu'au
Frontispice , qu'on n'y a pas épargné
la dépense. Mais rien ne doit tant
Hatter les Gens de Lettre , que l'assurance
que donnent les Editeurs dans leur
Préface , qu'on ne discontinuera pas l'impression
des Volumes suivans.
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Résumé : PROJET d'un Supplement pour la derniere Edition de S. Jérôme, en un Volume in folio, de la même forme que les précedens.
En février 1733, un religieux de la Congrégation de Saint-Maur, impliqué dans l'impression des œuvres de Saint Justin et Tatien chez Osmont, annonce la publication d'un supplément pour la dernière édition des œuvres de Saint Jérôme. Ce supplément inclura plusieurs éléments : les œuvres restantes de Saint Jérôme, telles que sa Chronique, non incluses dans les volumes précédents ; des éclaircissements sur le texte de Saint Jérôme basés sur une collation minutieuse de nombreux manuscrits anciens ; des observations sur des points doctrinaux importants de Saint Jérôme ; une biographie critique de Saint Jérôme ; et des tables générales pour faciliter la consultation. La nécessité de ce supplément est justifiée par le désir de procurer au public les avantages d'une nouvelle édition sans en supporter la dépense. Il permettra de perfectionner l'édition existante de Dom Jean Martianay, évitant ainsi de rendre inutiles les exemplaires déjà répandus en Europe. Si une nouvelle édition devient nécessaire en raison de la rareté des exemplaires, ce supplément pourra être utilisé pour la compléter. Par ailleurs, les quatre premiers volumes de la nouvelle édition du glossaire de M. du Cange sont distribués, couvrant les lettres de A à O. Cette édition est augmentée de moitié par rapport à la précédente et inclut de nombreuses additions utiles, telles que des points d'histoire, des usages inconnus, et des mots recueillis de diverses sources. Les éditeurs, les Pères bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, ont suivi fidèlement le modèle de M. du Cange et ont enrichi l'édition avec des éléments comme le portrait de l'auteur, une lettre sur sa vie et sa mort, son épitaphe, et un catalogue de ses œuvres. L'impression des volumes suivants est assurée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9947
s. p.
TABLE.
Début :
Avant-Propos. 3 Histoire. 9 Feste que les Espagnols ont [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Avant-Propos.
Hiftoire.
5
2
Feſte que les Espagnols ont retenu
des Grecs desRomainspour
celebrer la naiſſance de leurs
Rois. 83
Discours fur l'origine du mois.
: 87
Acrostiche de Loüis le Grand ,
c. 95
Traité des Acephales , ou des
hommesfans tête.
Si S. Augustin en a vi.
98
103
TABLE.
Enfants nés fans tête. 109
Par où l'enfantſe
que d'être né. 115
• Article que Perſonne ne lira. 117
Copie d'une Lettre finguliere
écrite du Pardo le 15. Aouft.
122
Nouvelles.
125
Discours des Deputez de la Province
de Languedoc au Roy.
133
AMonseigneur leDauphin. 141
C
Verſion paraphrafée de la 29 .
Ode du 3. Livre d'Horace
adreffée à Mecenas , qui commence
par TyrrhenaRegum
progenies. 147
Ggij
TABLE.
Avis utile aux Mathematiciens.
169
173
Paralelle de M. Devizé & de
M. de la Bruyere.
Critique d'un diſtique de Centeüil
à l'accaſion du Portrait
du Roy gravé par de Lincks
d'aprés le fieur de la Haye.
175
Remarque d'hazardſur la petite
Comedie des Festes du Cours
que M. Dancourt vient de
mettre au Theatre . 177
Article pour la Province qui
contient lePrologue er les Divertiſſements
des Festes du
:
Cours.
:
182
TABLE.
Chapitre où en attendant les con
clufions de la Paix generale ,
l'Auteur du Mercure declare
la guerre à l'Auteur dufournal
de Verdun. 197
Relation d'une Feste galante que
M. Desmolieres a donné à
Chinon pourcelebrer le retour
de la Paix. 203
Etrange avanture arrivée àVenise
au Curé de S. Mathias
accusé d'entretenir des corref
pondances criminelles en France
,&ſa justification. 207
Article des Morts. 217
Reflexions inutiles. 233
Leure de M. P. à l'Auveur.
236
TABLE.
Enigme du moispassé. 241
Envoyfur le mot de la derniere
Enigmes.
Chanfon.
244
249
Trés -beau raisonnement de l'Auteur.
250
Liste des noms de Meſſieurs les
Plenipotentiaires aßemblez à
Bade pour le Congrezde la
Paix generale.
Nouvelles de ce quiſe paſſe dans
258
Barcelone , & de la difpofition
des Troupes depuis le 21 .
Aoust jusqu'à present. 276
Fournal de ce qui s'est passé a
Fontainebleau jusqu'au 20.
Septembre. 304
1
TABLE.
Avis. 33
Poësie Galante de N *. 335
Mariages. 338
Mort. 352
Apostille. 353
Avant-Propos.
Hiftoire.
5
2
Feſte que les Espagnols ont retenu
des Grecs desRomainspour
celebrer la naiſſance de leurs
Rois. 83
Discours fur l'origine du mois.
: 87
Acrostiche de Loüis le Grand ,
c. 95
Traité des Acephales , ou des
hommesfans tête.
Si S. Augustin en a vi.
98
103
TABLE.
Enfants nés fans tête. 109
Par où l'enfantſe
que d'être né. 115
• Article que Perſonne ne lira. 117
Copie d'une Lettre finguliere
écrite du Pardo le 15. Aouft.
122
Nouvelles.
125
Discours des Deputez de la Province
de Languedoc au Roy.
133
AMonseigneur leDauphin. 141
C
Verſion paraphrafée de la 29 .
Ode du 3. Livre d'Horace
adreffée à Mecenas , qui commence
par TyrrhenaRegum
progenies. 147
Ggij
TABLE.
Avis utile aux Mathematiciens.
169
173
Paralelle de M. Devizé & de
M. de la Bruyere.
Critique d'un diſtique de Centeüil
à l'accaſion du Portrait
du Roy gravé par de Lincks
d'aprés le fieur de la Haye.
175
Remarque d'hazardſur la petite
Comedie des Festes du Cours
que M. Dancourt vient de
mettre au Theatre . 177
Article pour la Province qui
contient lePrologue er les Divertiſſements
des Festes du
:
Cours.
:
182
TABLE.
Chapitre où en attendant les con
clufions de la Paix generale ,
l'Auteur du Mercure declare
la guerre à l'Auteur dufournal
de Verdun. 197
Relation d'une Feste galante que
M. Desmolieres a donné à
Chinon pourcelebrer le retour
de la Paix. 203
Etrange avanture arrivée àVenise
au Curé de S. Mathias
accusé d'entretenir des corref
pondances criminelles en France
,&ſa justification. 207
Article des Morts. 217
Reflexions inutiles. 233
Leure de M. P. à l'Auveur.
236
TABLE.
Enigme du moispassé. 241
Envoyfur le mot de la derniere
Enigmes.
Chanfon.
244
249
Trés -beau raisonnement de l'Auteur.
250
Liste des noms de Meſſieurs les
Plenipotentiaires aßemblez à
Bade pour le Congrezde la
Paix generale.
Nouvelles de ce quiſe paſſe dans
258
Barcelone , & de la difpofition
des Troupes depuis le 21 .
Aoust jusqu'à present. 276
Fournal de ce qui s'est passé a
Fontainebleau jusqu'au 20.
Septembre. 304
1
TABLE.
Avis. 33
Poësie Galante de N *. 335
Mariages. 338
Mort. 352
Apostille. 353
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Résumé : TABLE.
Le document est une table des matières d'un ouvrage historique ou littéraire, débutant par un 'Avant-Propos'. Il comprend plusieurs sections telles que 'Histoire' et 'Nouvelles'. Les sujets traités incluent des fêtes célébrant la naissance des rois, des discussions sur l'origine du mois, un acrostiche dédié à Louis le Grand, et un traité sur les acephales ou hommes sans tête. Le texte mentionne également des articles sur des enfants nés sans tête, des lettres singulières, et des discours des députés de la province de Languedoc au roi. Il contient aussi des critiques littéraires, des remarques sur des pièces de théâtre, et des articles relatifs à des événements politiques et sociaux, comme la déclaration de guerre à l'auteur du journal de Verdun et la relation d'une fête donnée par M. Desmolieres à Chinon. Le document se conclut par des sections sur les mariages, les morts, des énigmes, ainsi que des nouvelles de Barcelone et Fontainebleau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9948
p. 136-142
Seconde LETTRE en réponse aux Observations sur l'Histoire de la MÉDECINE.
Début :
ON ne se seroit pas attendu, Monsieur, que l'Auteur anonyme des Observations [...]
Mots clefs :
Observations, Maladie vénérienne, Anonyme, Chirurgiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Seconde LETTRE en réponse aux Observations sur l'Histoire de la MÉDECINE.
Seconde LETTRE en réponse aux
Obfervations fur l'Histoire de la
MÉDECINE.
N ne ſe ſeroit pas attendu , Monneur
, que l'Auteur anonyme des ObJUIN.
1763 . 137
fervations fur l'Essai historique de la
Médecine en France , pour prouver que
la maladie vénérienne étoit plus ancienne
que la découverte du nouveau Monde
, ne rapportat qu'un Paſſage de Lanfranc
de Milan qui a été réfuré il y a
vingt-trois ans pour la dernière fois. La
réponſe à cette objection ſe trouve à la
page 40 du premier volume du Traité
immortel de morbis venereis , Edition
de 1740 , & c'eſt là que je le renvoye .
Il s'y convaincra par ſes propres yeux
qu'il n'a pas été heureux dans le choix
de ce petit paſſage latin. Je ne difconviens
cependant pas que le ſentiment
de Dom Sanchez ſur l'origine de cette
maladie , ne puiſſe être appuyé ſur des
raiſons affez fortes pour s'attirer des partiſans;
mais ce n'eſt pas ici le lieu de les
difcuter , puiſque l'Anonyme s'eſt borné
aux ſeules paroles de Lanfranc dont le
ſçavant M. Aftruc a donné la ſolution
que j'indique . On peut dire en outre que
l'Effſai Hiſtorique n'étant que l'eſquiſſe
d'un plus grand Ouvrage , il ne pouvoit
pas contenir tout ce qui doit conftituer
le corps de l'Ouvrage entier , &
qu'ainfi , lorſque M. Chomel a parlé de
cette maladie , il a pu fans manquer de
cet efprit de difcernement que la dignité
•
138 MERCURE DE FRANCE.
de l'Hiftoire éxige , adopter l'opinion
reçue , en attendant de détailler en temps
& lieu les raiſons qui l'ont décidé. On
voit en effet qu'il n'eſt queſtion du
mal vénérien qu'en paſſant & feulement
pourdéterminer en quoi il diffère de la
Jépre . Le parallèle de ces deux maladies
étoit ſurtout néceſſaire, parce que quelques
Auteurs leur trouvent beaucoup
de reſſemblance dans la cauſe & dans
les ſymptômes ; & d'autres prétendent
que la maladie de Job , la lépre & le
mal vénérien font abſolument la même
choſe. Que l'Anonyme ceſſe donc d'être
étonne de rencontrer de pareilles difcuffions
dans l'Eſſai hiſtorique. Danielle
Clerc & le Docteur Freind ont de fon
aven même, travaillé d'une manière digne
de la poſtérité. L'Ouvrage de l'un
& de l'autre eſt pourtantparfémé de dé
tails de maladies qu'on leur reprocheroit
plutôt d'avoir omis. D'ailleurs M.
Chomel n'avertit- il pas dans la première
page de ſa Préface , que ſon deſſein eſt
deparlerauſſi des maladies épidémiques
& contagieuſes les plus univerſelles ?
C'eſt donc pour remplir ſon objet, qu'il
a inſeré dans ſon Eſſai , l'Histoire de
l'ardent & celle de la lépre , lorſqu'il a
été occupé du fiécle où ces maladies ont
JUIN. 1763. 139
aps
régné en France. La maladie vénérienne
aura ſa place particulière , ainſi que
la peſte , &c , quand il en ſera temps
&je ne crois pas qu'on foit fondé à les
trouver hors d'oeuvre. C'eſt dans la même
Préface, que M. Chomel cite tous ſes
garans. L'Anonyme devroit par conféquent
y avoir vû que ce qu'on rapporte
de Louis Duret eſt tiré du manufcrit de
Jacques Mentel , intitulé Adversaria de
Medicis Parifienfibus , & ne pas ſe plaindre
qu'on avance des faits ſans preuve.
Cette anecdote mémorable , dont on ſe
plaît à perpétuer le ſouvenir , n'eſt pas
plus déplacée dans l'Eſſai historique,que
la deſcription des maladies contagieuſes.
Le fait étant prouvé , la diminution
níême du prix dela vaiſſelle d'argentne
diminueroit rien de l'honneur infigne
que Henri III fit à ſon Médecin. Il y
aencore dans Leclerc & dans Freind , le
détail de mille circonstances de la vie
privéed'un ſimple Particulier , qui font
beaucoup moins célébres. Ce n'eſt pas
ſeulement dans ces minucies qu'on trouve
les obſervations de l'Anonyme en défaut.
Quelques articles plus eſſentiels de
la première partie de ſa critique, auxquels
je n'ai point répondu , méritent
furtout attention. » Nous trouvons ,
140 MERCURE DE FRANCE.
>>dit-il , dans la lecture même de Lan
>>> franc où l'on nous renvoye , le con-
>> traire de tout ce qu'on allégue fur cet
>> ancien Auteur dans l'Eſſai historique.
Voilà un démenti bien formel ; mais
eft - il facile de l'accorder avec les propres
paroles de Lanfranc ? Qu'on éffaye
entr'autres d'expliquer celles-ci autrement
que M. Chomel ne l'a fait. Sed
cum Phyfici , ficut dictum eft alibi , dimittunt
omninò inftrumentum chirurgicum
, itaque rarò Chirurgus rationabilis
invenitur & Laïci operantes cauterio
; differentiam inter actuale cauterium
non difcernunt .... quare omninò difceffit
ab ufu. Ce qui ſe lit enſuite n'eſt pas
moins décifif , puiſque Lanfranc de
Milan nomme Jean de Paſſavant , alors
Doyen de la Faculté. Ibique rogatus à
quibufdam Dominis & Magiftris, ac fpecialiterà
viro venerando D.M. Joanne de
Passavanto, Magiftrorum Medicinæ Decano
, necnon à quibusdam valentibus
Bachelariis omni dignis honore & c . On
ne peut donc pas douter que ce ne ſoit
aux Membres de la Faculté de Médecine
de Paris , que Lanfranc donne des
éloges , & que les reproches qu'il fait
aux Chirurgiens de ces temps reculés
n'ayent été mérités par ceux qui ſe mêJUIN.
1763. 141
loient de cette profeffion. En effet ,
bien loin que les premiers Chirurgiens
pour lesquels on prétend que Jean Pitard
a obtenu des Statuts & des Loix ,
formaſſent à Paris du temps de Lanfranc,
une Société en grande réputation,
comme l'avance l'Anonyme , le contraire
nous eſt démontré dans le préambule
de l'Edit de Philippe -le - Bel de
1311 , c'est-à-dire 15 ans après que Lanfranc
eut écrit fa chirurgie. De quelles
couleurs y trouverons-nous peints les
Chirurgiens de ce temps-là ? Concluons
donc qu'il n'exiſtoit aucun Corps de
Chirurgiens avant 1311. Malgré cet
Edit , l'Anonyme veut néanmoins nous
faire croire que les Chirurgiens formoient
une Société dès l'an 1260 ; mais
où eſt ſon titre ? Pourquoi ne le produit-
il pas ? Lanfranc , nousdit-il , eſt
>> venu à Paris , où il a pratiqué & en-
>>ſeigné la Chirurgie avec la plus gran-
>>de diſtinction ; donc il étoit Chirur-
>> gien. A cela je réponds : Tagault ,
Akakia , Fleſſelles , Saillard , Gourmelin
, Riolan , Courtin , Littre , Col de
Villars , Winslow , Hunauld ont enſeigné
la Chirurgie ; donc ils étoient Chirurgiens
. M. Ferrein l'enſeigne de nos
jours avec l'applaudiſſement général ;
روش
142 MERCURE DE FRANCE .
donc il eſt Chirurgien.M. Antoine Petit
ne ſe borne pas la : il joint aux leçons
les plus ſçavantes fur la Chirurgie , les
démonstrations les plus habiles & la
pratique la plus heureuſe ; donc il eſt
Chirurgien. Eft-il quelqu'un qui ignore
que tous ceux que je viens de nommer
ont été ou font Docteurs-Régens de la
Faculté de Paris ? La contradiction des
Recherches fur l'origine & les progrès
de la Chirurgie en France ſubſiſte donc
dans tout ſon entier , puiſque Lanfranc
n'étoit point Chirurgien , & qu'il ne
pouvoit pas être en 1295 Membre d'une
Communauté qui ne date que de
1311. Ce font la ſi je ne me trompe ,
toutes les objections de FAnonyme.
C'en est donc affez , Monfieur , pour y
répondre.
1
J'ai l'honneur d'être , cc.
PHILIP,Médecin de la Faculté de Paris.
AParis, ce 30 Avril 1763,
Obfervations fur l'Histoire de la
MÉDECINE.
N ne ſe ſeroit pas attendu , Monneur
, que l'Auteur anonyme des ObJUIN.
1763 . 137
fervations fur l'Essai historique de la
Médecine en France , pour prouver que
la maladie vénérienne étoit plus ancienne
que la découverte du nouveau Monde
, ne rapportat qu'un Paſſage de Lanfranc
de Milan qui a été réfuré il y a
vingt-trois ans pour la dernière fois. La
réponſe à cette objection ſe trouve à la
page 40 du premier volume du Traité
immortel de morbis venereis , Edition
de 1740 , & c'eſt là que je le renvoye .
Il s'y convaincra par ſes propres yeux
qu'il n'a pas été heureux dans le choix
de ce petit paſſage latin. Je ne difconviens
cependant pas que le ſentiment
de Dom Sanchez ſur l'origine de cette
maladie , ne puiſſe être appuyé ſur des
raiſons affez fortes pour s'attirer des partiſans;
mais ce n'eſt pas ici le lieu de les
difcuter , puiſque l'Anonyme s'eſt borné
aux ſeules paroles de Lanfranc dont le
ſçavant M. Aftruc a donné la ſolution
que j'indique . On peut dire en outre que
l'Effſai Hiſtorique n'étant que l'eſquiſſe
d'un plus grand Ouvrage , il ne pouvoit
pas contenir tout ce qui doit conftituer
le corps de l'Ouvrage entier , &
qu'ainfi , lorſque M. Chomel a parlé de
cette maladie , il a pu fans manquer de
cet efprit de difcernement que la dignité
•
138 MERCURE DE FRANCE.
de l'Hiftoire éxige , adopter l'opinion
reçue , en attendant de détailler en temps
& lieu les raiſons qui l'ont décidé. On
voit en effet qu'il n'eſt queſtion du
mal vénérien qu'en paſſant & feulement
pourdéterminer en quoi il diffère de la
Jépre . Le parallèle de ces deux maladies
étoit ſurtout néceſſaire, parce que quelques
Auteurs leur trouvent beaucoup
de reſſemblance dans la cauſe & dans
les ſymptômes ; & d'autres prétendent
que la maladie de Job , la lépre & le
mal vénérien font abſolument la même
choſe. Que l'Anonyme ceſſe donc d'être
étonne de rencontrer de pareilles difcuffions
dans l'Eſſai hiſtorique. Danielle
Clerc & le Docteur Freind ont de fon
aven même, travaillé d'une manière digne
de la poſtérité. L'Ouvrage de l'un
& de l'autre eſt pourtantparfémé de dé
tails de maladies qu'on leur reprocheroit
plutôt d'avoir omis. D'ailleurs M.
Chomel n'avertit- il pas dans la première
page de ſa Préface , que ſon deſſein eſt
deparlerauſſi des maladies épidémiques
& contagieuſes les plus univerſelles ?
C'eſt donc pour remplir ſon objet, qu'il
a inſeré dans ſon Eſſai , l'Histoire de
l'ardent & celle de la lépre , lorſqu'il a
été occupé du fiécle où ces maladies ont
JUIN. 1763. 139
aps
régné en France. La maladie vénérienne
aura ſa place particulière , ainſi que
la peſte , &c , quand il en ſera temps
&je ne crois pas qu'on foit fondé à les
trouver hors d'oeuvre. C'eſt dans la même
Préface, que M. Chomel cite tous ſes
garans. L'Anonyme devroit par conféquent
y avoir vû que ce qu'on rapporte
de Louis Duret eſt tiré du manufcrit de
Jacques Mentel , intitulé Adversaria de
Medicis Parifienfibus , & ne pas ſe plaindre
qu'on avance des faits ſans preuve.
Cette anecdote mémorable , dont on ſe
plaît à perpétuer le ſouvenir , n'eſt pas
plus déplacée dans l'Eſſai historique,que
la deſcription des maladies contagieuſes.
Le fait étant prouvé , la diminution
níême du prix dela vaiſſelle d'argentne
diminueroit rien de l'honneur infigne
que Henri III fit à ſon Médecin. Il y
aencore dans Leclerc & dans Freind , le
détail de mille circonstances de la vie
privéed'un ſimple Particulier , qui font
beaucoup moins célébres. Ce n'eſt pas
ſeulement dans ces minucies qu'on trouve
les obſervations de l'Anonyme en défaut.
Quelques articles plus eſſentiels de
la première partie de ſa critique, auxquels
je n'ai point répondu , méritent
furtout attention. » Nous trouvons ,
140 MERCURE DE FRANCE.
>>dit-il , dans la lecture même de Lan
>>> franc où l'on nous renvoye , le con-
>> traire de tout ce qu'on allégue fur cet
>> ancien Auteur dans l'Eſſai historique.
Voilà un démenti bien formel ; mais
eft - il facile de l'accorder avec les propres
paroles de Lanfranc ? Qu'on éffaye
entr'autres d'expliquer celles-ci autrement
que M. Chomel ne l'a fait. Sed
cum Phyfici , ficut dictum eft alibi , dimittunt
omninò inftrumentum chirurgicum
, itaque rarò Chirurgus rationabilis
invenitur & Laïci operantes cauterio
; differentiam inter actuale cauterium
non difcernunt .... quare omninò difceffit
ab ufu. Ce qui ſe lit enſuite n'eſt pas
moins décifif , puiſque Lanfranc de
Milan nomme Jean de Paſſavant , alors
Doyen de la Faculté. Ibique rogatus à
quibufdam Dominis & Magiftris, ac fpecialiterà
viro venerando D.M. Joanne de
Passavanto, Magiftrorum Medicinæ Decano
, necnon à quibusdam valentibus
Bachelariis omni dignis honore & c . On
ne peut donc pas douter que ce ne ſoit
aux Membres de la Faculté de Médecine
de Paris , que Lanfranc donne des
éloges , & que les reproches qu'il fait
aux Chirurgiens de ces temps reculés
n'ayent été mérités par ceux qui ſe mêJUIN.
1763. 141
loient de cette profeffion. En effet ,
bien loin que les premiers Chirurgiens
pour lesquels on prétend que Jean Pitard
a obtenu des Statuts & des Loix ,
formaſſent à Paris du temps de Lanfranc,
une Société en grande réputation,
comme l'avance l'Anonyme , le contraire
nous eſt démontré dans le préambule
de l'Edit de Philippe -le - Bel de
1311 , c'est-à-dire 15 ans après que Lanfranc
eut écrit fa chirurgie. De quelles
couleurs y trouverons-nous peints les
Chirurgiens de ce temps-là ? Concluons
donc qu'il n'exiſtoit aucun Corps de
Chirurgiens avant 1311. Malgré cet
Edit , l'Anonyme veut néanmoins nous
faire croire que les Chirurgiens formoient
une Société dès l'an 1260 ; mais
où eſt ſon titre ? Pourquoi ne le produit-
il pas ? Lanfranc , nousdit-il , eſt
>> venu à Paris , où il a pratiqué & en-
>>ſeigné la Chirurgie avec la plus gran-
>>de diſtinction ; donc il étoit Chirur-
>> gien. A cela je réponds : Tagault ,
Akakia , Fleſſelles , Saillard , Gourmelin
, Riolan , Courtin , Littre , Col de
Villars , Winslow , Hunauld ont enſeigné
la Chirurgie ; donc ils étoient Chirurgiens
. M. Ferrein l'enſeigne de nos
jours avec l'applaudiſſement général ;
روش
142 MERCURE DE FRANCE .
donc il eſt Chirurgien.M. Antoine Petit
ne ſe borne pas la : il joint aux leçons
les plus ſçavantes fur la Chirurgie , les
démonstrations les plus habiles & la
pratique la plus heureuſe ; donc il eſt
Chirurgien. Eft-il quelqu'un qui ignore
que tous ceux que je viens de nommer
ont été ou font Docteurs-Régens de la
Faculté de Paris ? La contradiction des
Recherches fur l'origine & les progrès
de la Chirurgie en France ſubſiſte donc
dans tout ſon entier , puiſque Lanfranc
n'étoit point Chirurgien , & qu'il ne
pouvoit pas être en 1295 Membre d'une
Communauté qui ne date que de
1311. Ce font la ſi je ne me trompe ,
toutes les objections de FAnonyme.
C'en est donc affez , Monfieur , pour y
répondre.
1
J'ai l'honneur d'être , cc.
PHILIP,Médecin de la Faculté de Paris.
AParis, ce 30 Avril 1763,
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Résumé : Seconde LETTRE en réponse aux Observations sur l'Histoire de la MÉDECINE.
L'auteur répond à une critique anonyme de son 'Essai historique de la Médecine en France', qui conteste l'antériorité de la maladie vénérienne par rapport à la découverte du Nouveau Monde. L'anonyme cite un passage de Lanfranc de Milan pour appuyer son argumentation. L'auteur réfute cette critique en se référant à son 'Traité immortel de morbis venereis' (1740), où il explique que le passage de Lanfranc a été mal interprété. Il reconnaît la validité des arguments de Dom Sanchez sur l'origine de la maladie, mais précise que son essai est une esquisse et que les détails seront développés ultérieurement. L'auteur justifie l'inclusion de la maladie vénérienne pour la distinguer de la lèpre, en raison de leurs similitudes selon certains auteurs. Il défend également l'inclusion d'anecdotes sur les maladies épidémiques et contagieuses, conformément à l'objectif de son ouvrage. L'auteur conteste les accusations de l'anonyme concernant l'interprétation des paroles de Lanfranc et affirme que les chirurgiens n'étaient pas organisés en corporation avant 1311. Le texte discute de la qualification de Lanfranc comme chirurgien et mentionne plusieurs personnalités ayant enseigné la chirurgie et étant Docteurs-Régens de la Faculté de Paris. L'auteur conclut que Lanfranc ne pouvait pas être chirurgien en 1295, date antérieure à la fondation de la communauté des chirurgiens en 1311, réfutant ainsi les objections de l'anonyme. Le texte est signé par Philip, Médecin de la Faculté de Paris, et daté du 30 avril 1763.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9949
p. 761
Mort du sieur Dominique, [titre d'après la table]
Début :
Le Théatre Italien a fait une perte considerable en la personne de Pierre-François Biancolelly, [...]
Mots clefs :
Pierre-François Biancolelli, Théâtre-Italien, Arlequin, Acteur, Provinces, Rôle, Mémoire prodigieuse
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texteReconnaissance textuelle : Mort du sieur Dominique, [titre d'après la table]
Le Théatre Italien a fait une perte considerable
en la personne de Pierre- François Biancolelly ,
mort le 18. Avril , âgé de 53. ans. Il étoit natif
de Paris et fils du fameux Dominique Biancolel
ly , connu sous le nom d'Arlequin de l'ancien
Théatre , Italien , mort très - regreté en 1688.
L'Acteur qui vient de mourir , après avoir joué
quelques années en Italie , revint en France et y
joua pendant quelque temps dans les Provinces et
à l'Opera Comique , le Rôle d'Arlequin avec suc
cès. Il fut reçû auThéatre Italien enOctobre 1717
Cet Acteur jouoit très - sensément et avoit une
mémoire prodigieuse.Le Rôle de Trivelin masqué
, étoit celui auquel il s'étoit le plus attaché,
il le jouoit avec toute l'intelligence possible et
au gré du Public , qui le regrette fort . Il étoit
Auteur de plusieurs Comédies jouées dans les
Provinces et de plusieurs autres représentées avec
succes à l'Hôtel de Bourgogna. Son dernier Ou
vrage , qui est un des meilleurs , est une Traduction
en Vers d'une ancienne Comédie Italienne
intitulée , les Quatre semblables , dont on voit
souvent les Representations avec plaisir . Tous
ses Ouvrages sont imprimez de même que ceux
qu'il a faits en societé avec les sieurs Riccoboni
Pere et Fils , et Romagnesy,
en la personne de Pierre- François Biancolelly ,
mort le 18. Avril , âgé de 53. ans. Il étoit natif
de Paris et fils du fameux Dominique Biancolel
ly , connu sous le nom d'Arlequin de l'ancien
Théatre , Italien , mort très - regreté en 1688.
L'Acteur qui vient de mourir , après avoir joué
quelques années en Italie , revint en France et y
joua pendant quelque temps dans les Provinces et
à l'Opera Comique , le Rôle d'Arlequin avec suc
cès. Il fut reçû auThéatre Italien enOctobre 1717
Cet Acteur jouoit très - sensément et avoit une
mémoire prodigieuse.Le Rôle de Trivelin masqué
, étoit celui auquel il s'étoit le plus attaché,
il le jouoit avec toute l'intelligence possible et
au gré du Public , qui le regrette fort . Il étoit
Auteur de plusieurs Comédies jouées dans les
Provinces et de plusieurs autres représentées avec
succes à l'Hôtel de Bourgogna. Son dernier Ou
vrage , qui est un des meilleurs , est une Traduction
en Vers d'une ancienne Comédie Italienne
intitulée , les Quatre semblables , dont on voit
souvent les Representations avec plaisir . Tous
ses Ouvrages sont imprimez de même que ceux
qu'il a faits en societé avec les sieurs Riccoboni
Pere et Fils , et Romagnesy,
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Résumé : Mort du sieur Dominique, [titre d'après la table]
Pierre-François Biancolelli, acteur et dramaturge, est décédé le 18 avril à l'âge de 53 ans. Fils de Dominique Biancolelli, célèbre Arlequin au Théâtre Italien, il a joué en Italie avant de revenir en France. Il a interprété Arlequin avec succès dans les provinces et à l'Opéra Comique, rejoignant le Théâtre Italien en octobre 1717. Biancolelli était reconnu pour son jeu sensible et sa mémoire exceptionnelle, notamment dans le rôle de Trivelin masqué. Il a également écrit plusieurs comédies représentées dans les provinces et à l'Hôtel de Bourgogne. Son dernier ouvrage, une traduction en vers de 'Les Quatre semblables', a été bien accueilli. Ses travaux, ainsi que ceux réalisés avec Riccoboni père et fils, et Romagnesy, ont été imprimés.
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9950
p. 353
« Dans l'article du dernier Mercure, où il est parlé du [...] »
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Dans l'article du dernier Mercure, où il est parlé du [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Dans l'article du dernier Mercure, où il est parlé du [...] »
Dans l'article du dernier Mercure
, où il eft parlé du Portrait
de M. de Lully , gravé par le
S Roulet on a mis deux fois
Luffy , au lieu de Lully.
, où il eft parlé du Portrait
de M. de Lully , gravé par le
S Roulet on a mis deux fois
Luffy , au lieu de Lully.
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