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1
p. 323-325
Noms de ceux qui ont expliqué les Enigmes du dernier mois. [titre d'après la table]
Début :
M. Bouchet ancien Curé de Nogent le Roy, la petite Assemblée G. [...]
Mots clefs :
Curé, Truite, Signification, Énigmes, Explications, Liste de noms, Mademoiselle , Mathématicien, Procureur
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texteReconnaissance textuelle : Noms de ceux qui ont expliqué les Enigmes du dernier mois. [titre d'après la table]
M. Bouchet ancien Curé
de Nogent le Roy , la petite
Affemblée G. & la belle
Nouriture du Havre, font les
feuls qui ayent expliqué la
324 MERCURE
premiere des Enigmes du
dernier mois , fur la Truite
qui en eftoit le vray fens.
L'Homme à cheval eftoit le
vray mot de la feconde , &
ila efté trouvé par M Rault
de Rouen , l'Epinay - Buret
& fa chere Soeur de Vitré en
Bretagne , Hordé de Senlis
Mefdemoiſelles Marie de
Vaux , Madelon Provais , &
l'Epoux fidelle & defolé de
Picardie. Ceux qui ont expliqué
l'une & l'autre Enigme
dans leur vray fens, font
M" de Lhofpital Lieutenant
au Grenier à Sel ; le Vaffeur
GALANT. 325
le Cadet , Mathematicien ;
Mantois de Clereville ; Sorbiere
Banquier de la ruë des
cinq Diamans ; P. Carrier de
Rouen ; de Rouville de Vernon
; Leger de la Verbiſſon-
Mademoiſelle Goffemant
de Troye en Champagne
; le Procureur Palafan
de Mirette , le Breffan Fleurifte
d'auprés de Cognac , &
la grande Fille Margot d'auprés
de Roüen.
de Nogent le Roy , la petite
Affemblée G. & la belle
Nouriture du Havre, font les
feuls qui ayent expliqué la
324 MERCURE
premiere des Enigmes du
dernier mois , fur la Truite
qui en eftoit le vray fens.
L'Homme à cheval eftoit le
vray mot de la feconde , &
ila efté trouvé par M Rault
de Rouen , l'Epinay - Buret
& fa chere Soeur de Vitré en
Bretagne , Hordé de Senlis
Mefdemoiſelles Marie de
Vaux , Madelon Provais , &
l'Epoux fidelle & defolé de
Picardie. Ceux qui ont expliqué
l'une & l'autre Enigme
dans leur vray fens, font
M" de Lhofpital Lieutenant
au Grenier à Sel ; le Vaffeur
GALANT. 325
le Cadet , Mathematicien ;
Mantois de Clereville ; Sorbiere
Banquier de la ruë des
cinq Diamans ; P. Carrier de
Rouen ; de Rouville de Vernon
; Leger de la Verbiſſon-
Mademoiſelle Goffemant
de Troye en Champagne
; le Procureur Palafan
de Mirette , le Breffan Fleurifte
d'auprés de Cognac , &
la grande Fille Margot d'auprés
de Roüen.
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2
p. 112-182
ENTIERE EXPOSITION d'une premiere Langue Universelle.
Début :
Vous sçavez, Monsieur, qu'aprés que les Apostres eurent [...]
Mots clefs :
Langue universelle, Lettres, Chiffres, Signification, Auxiliaire, Expression, Diphtongue, Écriture, Parler, Prononciation, Accents, Usages, Consonnes, Voyelles, Nations, Pensées, Comparaison , Caractères, Équivoque , Verbes, Exemples
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texteReconnaissance textuelle : ENTIERE EXPOSITION d'une premiere Langue Universelle.
ENTIERE EXPOSITION
- d'une premiere Langue
Universelle. ..,
vA Fau-Cleranton, le 8. d'Aoust1685. Oussçavez,Monsieur,qui-••
prés que les Apostres eurent
receu du saine Es prit,le don
des Langues, ils estoient entendus
des gens de divers Pays, bien
que ces gens ne s'entendissent pas
encre eux, mais qu'il n'est pas décidé
si les Apostres parloient en
même temps toutes fortes de
Langues; ou bien s'ils n'en parloientqu'unefeulequi
fust entenduë
de tous. Il me semble plus
plausible de croire qu'ils.partaient
une Langue Universelle,quietoit
comme la Langue de la Nature
humaine dans tous ses mots,com_
me elle l'est de la douleur dans le,
mot bon bon prononcé lentement,
& de la joye dans le mot hi hi hi,
prononcé viste & qu'il leur étoit
ainsi facile de se rendre inrelhgL.
bles à tous les hommes.
Une telle Langue, qui fut, sans
doute, celle de nostre premier
Pere
,
estoit bien plus propre
toucher l'esprit & le coeur, que
taures les autres Langues; & n'aida
peut-estre pas peu le Serpent
à persuader ce qu'il voulutànôtre
premiere Mère; &: puisque
Dieu a favorisë tous les Animaux,
d'une langue de cette forte, propre
à se faire entendre de leurs
petits & de leurs semblables,
pourquoy ne croirions nous pas
qu'il en donna une de mesmeà
l'Homme,qui est la principale
de ses creatures?
Cela mesemble horsdedoute;
mais la corruption du peché yapporta
bien-tost du changement,
de mesme qu'à tous les autres a.
vantages qui avoient esté faits à
Adam avant sa chute; & comme
les Rivieres sont moins pures &
moins claires, à mesure qu'elles
s'éloignent de leurs sources;cette
langue dégénéra de sa pureté ôc
de sa force à mesure que les hommes
se répandirent sur la Terre,
&s'éloignerent du temps de leur
création,de de l'innocence qui
l'avoit accompagnée ; &. elle devint,
pour ainsi dire, un patois, * dont on tient que nous avons les
restes dans la langue Hebraïque.
Ce n'en:pas qu'on ne puisse
croire que la petite Famille que
Dieu sauvadu Deluge, la parloit
encore assez bien, & que cet avantage
dura mesme jusqu'à la
construction de laTour de Babelj,-
mais depuis ce temps-Ià,cctte langue
qui prit, à ce qu'on dit, le
nom d'Hebraique de la Famille
; d'Heber où elle demeura, receut
de la colere de Dieu, je ne sçay
combien de compagnes ou defiI
les, qui la gâtèrent par le commerce
qu'elles eurent ensemble,.
& elle a commenté si tard à paroistre
dans les premiers Livres
que nous en avons,qu'on peut
dire qu'elle avoirdèja éprouvéce
queletemps & le peché peuvent
sur toutes choies.
Les.nomsqu'Adami-niofa aux
Animaux, cflotent leurs noms pro-
!ru) ditleTextesacré; & comme
nous ne voyons point que les-
Animaux viennent aux noms que
Moyseleur donne, quand nous
les employons, il y a lieu de croire
qu'il ne se servit pas de ces noms
naturels quenostre premierPere
leurimposa
; parce que les causes
que je viens de rapporter, lesavoient
corrompus, ou tout à fait
changez, dans le temps que ce
Prophete écrivit.
Une langue si parfaite eftoir un
grand bien dans le monde, &son
patois mesme n'en estoit pas un
petit, car quel embarras n'est-ce
point, que cette diversitéinutile
de mots & de prononciations, qui
rendles Nations, comme sourdes
les unes pour les autres; &qui
fait tant perdre de temps aux curitufes
pour entendre leurs voifines
> Et quel moyen de reparer
jamais ce mal 6c cet embarras?
Il est vray qu'ilpourroitcesser
par uneconqueste qui foûmift
toutes les Nations à un mesme
Prince,& par une Defense abfo,¿
luë & redoutable de ce grand
Conquérant, d'apprendreaux
Enfans une autre langue que la
sienne; mais comme les Alexandres
font rares, & que si ce
bonheur n'éclate dans nostre siecle,
il arrivera difficilement dans
un autre, personne n'ayantjamais
esté si propre aux grandes choses
que LE GRAND Louis nostre
Auguste Monarque, je vais en
attendant vous en proposer,
Monsieur , une ou deux de ma
façon,quejenetrouve pas moins
propres à estre renduës universellesque
les Ecritures dont je
vous ay entretenu par mes Lettres
precedentes.
Avant néanmoins que d'en ve.
nir là, ilne fera pas hors de pro.
pos, ce me semble, que je vous
parle d'une Langue parciculiere,
qui a fait l'eronnement de ce
Pays, & qui en fait encore l'admiration
lorsqu'on y reflechit,en T^icyl'Histoire.
Maitre Guillaume Bellenden,
fameux Avocat au ParlemênFÏÏé
Paris, qui a comporé de sçavans
Livres unentr'autres de lure Re-
¡if) ,-& fêtcfiAtumy & qui estoit
:Agn. du Roy d'Angleterre en
France, 8< qui en a laisse un à
imprimer- De HierarchiaEcclesia-
',stica, ayant amassé du bien, &se
voyant sur l'âge & sans Enfans,
rfit venir d'Ecosse qui estoit son
pays un Neveu qu'il avoit de
mesmenom, &demesmesurnom
que luy , pour l'instituer son Hé- -
ritier
,,
& pourle marier ; mais ce
Naveu estant arrivè en France,
[TIC feconda pasles intentions de;
ÉaeïDncle,à l'égarddumariage*
Il se sentoit de la vocationpour
IJEgIife, il alla bien-tost aprés à
Rome, y étudia en Theologie, 6c
s'y fit Prestre. A son retour à
Paris, il trouva son Oncle mort,
& sa successiondispersée, la plus
grande partie au profit des Hôpitaux.
Il estoit homme de pieté,
il s'en consola, & dans la suite
du temps, son merite le fit
choisir par M. Zamet Evesque
de Langres, pour estre son Confesseur
& son Aumônier. Il fut
quinzeannéesdans ces fonctions
auprésde ce Sage Prélat ; a prés
quoy la mort en estant arrivée,
ilseretira dans une Cure qu'ilen
avoitreceuë,avec quelques Chapelles.
Cette Cure qu'il desservit
pendant 25ans est ma Paroisse,
ainsi cér bonnetteEcclesiastique
m'estoitfortconnu.
C'étoit
C'estoit un homme d'une raille
médiocre & droite, d'une
complexion forte, & d'un ceint
plein de feu, qui marquoit l'ardeur
de son esprit, & la promptitude
de son humeur. Il avoit du
bon sens, outre l'étude; la conversation
agréable, & les inclinations
portées au bien. Il estoit
tel en 1670. & il tomba malade
cette année là
, au mois de Septembre
,estant alors âgé de 77.
ans. Cette maladie fut une Fiévre
qui luy dura prés de trois
mois, & qui fut accompagnée
dés son commencement, d'une
Paralisie sur la langue, qui le fit
begayer encore quelques jours
après la guérison de la Fiévre;
en forte qu'on ne le pouvoit entendre.
La Paralisie estant pasfée,
il parla fort distictement;
mais voicy la merveille. C'est
qu'au lieu de parler sa Langue
ordinaire, qui estoit la nostre;ou
bien l'Ecossoide,qui estoit celle de
son Pays; ou la Latine qu'il sçavoit,
ou la Grecque, ou l'Hebraïque,
dont il avoit quelques
teintures, il parla une Langue
inconnuë àtout le monde. On
entendoit bien les mors qu'il prononçoit
,
& je me souviens que
dans une conversation que j'eus
avec luy, aux Festes de Pasques
de l'an 1671. où je feignois de
l'entendre, & où je répondois
par conjectures à sa pensée
, autant
à propos qu'il m'estoit possible,
ilrepetoit quelquesfois ces
mots paginé, maginé, prius;mais
je n'y concevois rien, non plus
qu'aux autres qu'il proferoit
,
il
entendoit bien ce qu'on luy difoit,
& il ne disoit rien qu'on pust
entendre. Ce quiestdeparticulier,
c'est que Monsieur Ramezet
son Neveu, aussi Ecossois,
Theologien, & Prestre fait à
Rome commeluy, à qui ilavoit
resigné sa Cure,quelques années
avant sa maladie, l'ayant prié de
mettre par écrit quelque chose
qu'il vouloit sçavoirde luy
,
dans
l'esperance qu'il écriroit autrement
qu'il ne parloit, M. Bellenden
prit la Plume, & écrivit quatre
ou cinq lignes d'une maniere
fort lisible
; puis presentant son
Ecriture à son Neveu, avec un
geste qui témoignoit beaucoup
plus que les paroles dont il l'accompagna
,
qu'il avoit fait ce
qu'il desiroitde luy
; M. Ramezet
prit ce Papier avec joye, 8c
fut bien étonné de n'y trouver
que ce mesme langagequ'il ne
pouvoit entendre, & de se voir
aussi peu avancé qu'auparavant.
Ce qui me semble encore plus
surprenant que cela, c'est que
M. Bellenden qui ne disoit plus
laMesse, ne manquoit point d'y
assister; & se mettantau Lutrin,
chantoit avec les Chantres les
Airs de l'Eglise, & ne prononçoit
pourtant aucune des paroles ordinaires
; mais toujours ses paro.
les inconnuës. Son Neveu averty
de cette singularité dont quelques-
uns avoient ry & raillé,
obligea le bon homme à prendre
depuis ce temps là une autre
place dans l'Eglise
,
& l'invita à
prier Dieu tout bas. Ilfitl'un&
l'autre sansresistance.Ilenestoit
de mesme
,
lors que l'envie le prenoit
de dire son Breviaire; on le
voyoit bien lire, & onl'entendoit
bien prononcer; mais rien
de ce qui estoit écrit dans son Livre.
L'adresse que son Neveu
employa pour le faire confesser,
quand après huit ou neuf mois de
santé, il le vit attaqué d'une nouvelleFiévre
,
fut demander son
Confesseur ordinaire, & de luy
faire dire par ce Confesseur qu'il
n'entendoit point son langage,
qu'ill'interrogeroit, & qu'il luy
pressastlamain lors qu'il se fenriroit
coupable du peché dont il
luy parleroit,& la luy pressast pluheurs
fois quand il y auroit plusieurs
rechutes; moyennant quoy
il luy donneroit l'Absolution.
Celafut executé, & dés le lendemain
le bon homme prit son
Neveu par la main, le mena à l'EgIifc,,& luy montra leTabernacle
, pour luy témoigner qu'il
desiroit de recevoir le Viatique;
puis estant de retour à sa Maison,
il s'étendit sur son lit en joignant
,
les mains, pour marquer la mesme
intention. Son Confesseur
fut mandé, il revint, & M. Bellenden
ayant pris de son propre
mouvement du linge blanc, &
ses Habits longs, vint oüir la
Messe, communia avec grande
devotion, & versamesme des larmes.
Il mourut quinzejours après
ces Actions de pleine connoissance,
parlant peu;mais parlant tou-
- jours son mesme langage inconnu,
quand la necessité l'obligeoit
de parler. Un incendie qui arriva
au Village six ans après sa
mort ,
&qui consuma une partie
de la Maison & des Livres de son
Neveu, brûla aussi le Billet qu'il
avoit écrit; ce quime sembleune
grande perte pour lesCurieux,qui
auroientpu travaillersur sa ledu.
re, à reconnoistre quel langage
parla M. Bellenden, depuislafin
desapremieremaladie,jusqu'à sa
mort, c'est à dire pendant huit ou
neuf mois. Il disoitassez souvent
Subgenenemé Goguené prius quiapri
la magnus, à ce que j'ay sceu d'un
homme qui le servoit; & quand
il rencontroit un de ses Paroissiens,
nommé Prieur, qui l'avoit
flatté de quelque esperance qui
ne luy déplaisoit pas, illuy disoit
Ancnu prius. Voila ce que mon
peu de sejour au Pays, m'a pu apprendre
des circonstancesdecette
Histoire qui me sembleassez curieuse.
Ce que j'y puis ajouter
,
c'est
qu'il estseur queM.Bellenden ne
parloit pas la Langue Hebraïque
ordinaire,je m'en serois apperceu
à la conversationque j'eus
avec luy, lx. M. son Neveu auili
qui avoit quelque teinture de cette
Langue. Ce n'estoit pas non
plus la Languenaturelle dJ-Adanl,
dont je viens de parler, elle auroitestéintelligible.
Quece furt:
la Langue Phrigienne, la plus
ancienne du monde selon l'épreuve
de Psammetiques Roy
d'Egypte,rapportée dans Herodote,
on ne peut pas le dire, parce
qu'il n'employa jamais le mot
de Becos ,
à demander du pain,
oud'autreschosesàmanger. Ce
que je m'en persuade
,
c'est que
cette Langue luy estoit particuliere;
& je jugede là, malgré l'épreuve
de Psammetiques, que
si mille Enfans estoient nourris
par autant de Personnes muettes,
ils parleroient tous des Langues
aussi differentes
, que seroient
leurs voix, leurs visages, leurs
complexions, & leurs esprits. La
Mothe leVayersoûtient qu'ils
seroienttous muets, parce qu'il
ne fort aucune parole de la bouche
, qui ne foit entrée par l'oreille
,
surquoy il cite l'exemple
des Sourds de naissance dont aucun
ne parle, & il allégue que
les Enfans de l'épreuve de Psammetiques,
avoient sans doute oüy
la voix de quelque Chevre qui
crioit Bayhe, d'où ils avoient appris
à dire Becos,qui se trouva par
hazardeftre une parole Phrigienne;
mais pour moy ,
jecroyque
la Langueestfaite pour parler,
aussi bien que les yeux pour voir
& que les oreilles pour entendre,
& que si les Sourds de naissance
font muets, c'est que l'empefchement
qu'ils ont à l'oreille, s'étend
jusqu'à la Langue, & qu'on ne
peur oster l'un sans l'autre. Vous
pouvez, Monsieur, proposer
cette Question aux Curieux pour
l'examiner plus à fonds, & pour
en avoir leurs sentimens ; comme
aussi les prier, de dire ce qu'ils
pensent de cette maladie, qui
ayant fait oublier à son Malade
sa Langue ordinaire, où l'empeichaut
de la parier, luy donne
-en échange l'usage d'une langue
nouvelle & inconnue.
J'aylu dans des Mémoires d'un
demes Ancestres, qui a vescu la
grande Climacerique, queNicolasde
Vienne son Trisayeul, mort
& enterré àLigny, dont il estoit
Gouverneur en 1474. âgé de jo.
ans ,
sélon Con Epitaphe , après
avoir receu du Ciel une mémoire
si heureuse, uneimaginarion si vive
,
&,tant d'adresse naturelle,,
qu'ayant eu des Maistres en toutes
fortes d'exercices d'efprir &
de corps, il sçavoit à l'âge de 21
anvtout ce-q¡n'on peut sçavoir, &
faisoit tout ce qu'on peut faire:
tomba malade à 21 ans d'une fiè-
-vre chaude, & puis d'une parali- surla langue, donrles effets
furentsiétranges, qu'il en perdit
le souvenir de tout ce qu'il avoic
jamais appris, enforte qu'illuyi
fallut même ra pprendre à parler,
à lire &à écrire, comme on l'apprend
aux Enfans, à quoy il eut
bien de la peine à parvenir. Et j'ay
veu un nomméJean Guenot,Fermier
d'une Terre de mon Voisinage,
où il y avoit ces années
passées une Cristallerie
,
à qui la
nesmechose estoit arrivée à l'âge
d-j 30 ans; mais ny l'un,ny l'autre
ne partaient point du tout après
leurs maladies, bien loinde parler
avec facilité & distinction une
langue inconnuecomme mon defunt
Curé. Les Curieuxde la Médecine
ou de l'Histoire, pourront
encore m'éclaircir par vostre entremise,
s'il y ades exemples d'une
pareille avanture,où vous, Monteur,
qui n'ignorez rien, pourrez
m'en instruire sans leur secours, si
peu que vous ayez de complaisance
pour mes desirs.
Il faut presentement queje vous
avoue
,
qu'encore bien que j'aye
conceu l'Ecritureuniverselle avant
la langue
,
celle-cy a fait la
loy
,
& donne la regle à l'autre;
& que si je n'avois imaginé la langue,
j'aurois apparemment disposé
l'Ecriture d'une autre maniere,
car enfin il m'estoit d'abord venu
dans la pensée d'employer dans
l'Ecriture, le moins d'enseignes Se
de signes qu'il me feroit possible;
3e à cet effet de distinguer le nombre
pluriel des Noms & des Verbes
, par des chiffresdifferens
de ceux du nombre singulier; Se
de marquer meime, par des chiffres
aussi, le genre des Noms dont
j'ay lailré l'expression à la Nature.
Chaque Nom substantif simple
auroit eu trois chiffres pour la fignificarion
de ses variarions; chaque
Nomadjeâlf,&chaquenoni
de diminution, d'augmentation &
de comparaison,en auroit eu quatre;
& chaque Verbe, cinq. III
par exemple, auroit exprimé le
nom au masculin
, par ion premier
chiffrej au nombre singulier,
par son deuxiéme
; &au nominatif
par son troisiéme. 223 l'auroic
lignifié au feminin
, par son premier
chissre; au pluriel,ou au
duel par son fécondj & au datif,
par son dernier.316 l'auroit donné
à connoistre au neutre, ou
au commun , par son premier
chiffre; au singulier, par ion lecond;
& à l'ablatif par Ton troisiéme.
Et aioli j'aurois pû donner
aux noms simples, si je l'a.
vois voulu, plus de trois genres,
plus de deux nombres, & plus de
six cas, le tout sans aucune confusion.
Quant aux autres noms, j'aurois ajoûté ud chiffre,. aux
trois que je viens de marquer;Se
ce chiffre qui auroit précédéles
autres, auroit exprimé l'adjeâif
par un zero; le premier diminutif
par i ;
le fecond par 2j le premier
augmentatif par.?; le fecond
par4-,lenomd'égalité,aussi, autant
, ny plus ny moins, par f; le
comparatifplus, par 6; le comparatif
moins par 7 ; le superlatif le
plus par 1; & le superlatiflemoins
par pi & j'aurois ainsi marqué
tous les degrez dont le nom est
susceptible. A l'égard des verbes,
mi ,auroit signifîé le verbe à l'actif
par ion premier chiffre
; à
l'indicatif par son fecond ;au present
par son troisiéme; au singulier
par son quarriéme, & à la pre.
miere personne par son cinquié.
me. 24323 l'auroit exprimé au paffifpar
son premier chirrre,au fubjondif
par son deuxième ; au futur
par son troifiénle; au pluriel
par son quatrièmej & à la troisiéme
personne par son dernier; Se
j'aurois augmenté aussi toutes les
fortesde variations du verbe, autant
qu'il m'auroit plu, & sans aucun
embarras
, pourveu que je
n'eusse pas poussé l'expression de
chacune, plus loin que le zero,&
les neuf càiJfreSjOu nombres;simpies.
Cette methode auroit elle
claire, exacte) & d'un facile dénieflement
i mais dés que j'eus
conceu le grand fecretde la Lan.
gueuniverselle, ilme fallut pren1
dre d'autres mesures, &. renon..
cer à cettebelle methode pour en'
chercher une plus commode à
l'expression de cette langue. II ne
fera pas inutile que je vous apprenne
la maniéré dont elle me
vint dans l'esprit.Lavoicy.
Lors que j'eus ébauché le premier
Plan de l'Ecriture, il me
sembla d'abord qu'il y manquoit
quelquechofe àsa perfeébon;c'é
toit d'estre lisible, car le moyen,
àssois.je en moy mesme') de lire
ce qui n'est pas composéde leu
rres,puis quecefont elles qui forment:
les sillabes & les mots, Ct}:
manquement me cboquoit, mais
je m'en confolay bien tost, en jugeant
mesme pour me flater, que
cette indépendance des lettres,
estoit un grand avantage à cette
Ecriture, veu qu'elle ne laiflcic
pas d'exprimer toutes choses; &
que c'estoit la veritable Ecriture
de l'esprit, puis qu'elle signifioit
immédiatement, tout ce qu'il estoit
capable de concevoir. Néanmoins
je remarquay ensuite qu'-
on la pouvoit lire, en disant par
exemple cent quatre pour signifier
Dieu, quej'exprimepar194,dans
mon premier Dictionnaire,en disant
mille trente-quatre pour signifier
cennoitre. Et disantmille trente-
quatre cent quatre, pour exprimer
cotoneifireDieu. Maisconfideranr
aussi tost l'embarras de ces
expressions, dans la pluraliré des
mots que j'employoisàn'ensignifier
qu'un; ôc dans leurs équivoques
à ne sçavoir par exemple si
mille trente quatre qu'on entendroit
prononcer, feroient trois
mots, ou deux, ou un seul,je connus
que cette façon de lire estoit
mal propre à estre mise en usage ;
& presque impossible, lors qu'on
passeroit del'expressïon des nombres
primitifs, à celle des auxiliaires;
& qued'ailleurs, quand bien
elleseroit facile& commode, elle
ne seroit pas universelle comme
l'Ecriture, parce quechaque Nation
donne des noms differens à
ses chiffres, ôc aux nombres qui
s'en forment.
L'éloignement de cette pensée
fit place à une autre; & l'usage
des Hebreux & des Grecs, qui
employent leurs lettres à figurer
leursnombres,mefit songer qu'au
lieu de substituer des mots aux
chiffres, il n'y falloir substituer
que des lettres; & qu'ainsi il ne
resulteroit qu'un mot pour chaque
nombre composé de plusieurs
chiffres; que ces mots feroienc
differenssuivant la diverse combinaison
de ces chiffres; & qu'alors
mon écriture feroit lisiblepar
elle-mesme, sans superfluité Se
sans équivoque; & se liroitencore
d'une mesme façon,par toutes
les Nations.
Sur cette idée,je passay de la
speculation à la pratique;& après
avoir donné à chaque chiffre,telle
signification de lettres que je jugeay
à proposée trouvay en effet
qu'il s'en formoit non seulement
une écritureaisée à lire&àconcevoir,
mais encore une langue claire
&. distincte, tout aussi propre à
estre renduë universelle,que l'Ecriture
mesme.
Uefl difficile d'atteindre d'abord
à la perfection des choses, il me
salut faire plusieurs Alphabets,
avant que de me déterminer dans
leur choix; & lors que je me
vis en possession de deux Ecritures
au lieu d'une, il fallut encore
changer quelque chose à ces Alphabets
pour les accommoder à
ces, Ecritures; mais enfin voicy
quels ils font pour l'une & pour
l'autre
,
d'où vous pouvez juger
que comme ces Ecrirures font diverses
dans leurs dispositions
,
il
ne se peut que les Langues qui en
resultent ne soient différentes
dans leurs mots ,&qu'ainsi au
lieu d'une que j'ay proposée jusqu'à
ce jour,je ne vous en donne
aussideux.
J'ay divisé les Chiffres en primitifs,
&enauxiliaires, à quoy
j'ay ajouté des enseignes, des accents
,& quelques points; & de
tout cela j'ay formé mes Caracteres.
Voulant les changer en
paroles
,
je fais répondre, aux
Chiffres primitifs
1, 2,3,4,5,6,7,3,9,0.
Les Lettres b,f, d, g,tll,p, c,j, v,ti,
que j'appelle aussi Lettres primitives.
Aux Chiffres auxiliaires
Il Il3, 4)y, 63 7,8,9,0,
les Lettres
a,i,ay,o,u,ou,é, eu,oy,r,
que je nomme aussi Lettres auxiliaires.
Et aux enseignes
, aux points
& auxaccents les Lettres simples
ic,1,f,C.
Et leurs Combinaisons ou Lettres
doubles-
KK,KL,KS,KT.LK,LL,LS,LT.
SK,SL,SS,ST. TK,TL,TS,TT.
Et encore kz, LZ, TZ. que je
nomme Lettres subalternes, pour
lesdistinguer des précedentes qui
sont les Lettres principales. Il
feroit à souhaiter que les subalternes
doubles s'exprimassent par
des figures simples; comme ks
s'ex prime par x.
Quanta z, il ne répond ny à
Chiffreny Signe, lors qu'il n'èst
pasuny à une autre Consone, ce
qui meluy fait donner en cet état
le nom denulle.Quelques autres
Lettres prennent aulIi ce nom,
suivant les endroits où elles se
trouvent; & d'autres portent
quelquesfoisceluy de /ùp,!eantu..,
parce qu'elles sont substituéesen
la place de leurs Compagnes. Cela
s'expliquera dansla fuite. *
Pour les Diphtongues ei ,eiU
au, &, pour la Lettre double qu
ouq, je ne juge pas à propos de
m'en servir, àcause qu'elleséquivoquent
avec é,o,&k.
A la vérité i, employe l'y Grec;
mais c'estseulement dans l'expression
des Diphtongues ay &
cy; &je marque les deux autres
ou&eti parunrenvoy ,ainsioû;eû,
afin de lesdistinguer des Voyelles
qui les forment, lors que ces
Voyelles ne sont quecontiguës.
Cét
CérJ Grec, 6c ce figne de liaison
montrent que chacune de
ces quatre Diphtongues, n'a de
rapport qu'à un seulChiffre. Il
seroitmieux de ne les exprimer
que parune feule Figure, comme
nous exprimonsay par e) mais ce
feroit trop d'innovation à l'égard
des autres.
Il en fera de mesme de la demie
lettre ou aspirationh , comme
de l'r Grec.Elle ne répondra
qu'au
Chiffre
de la Consone,àlaquelle
on la joindra, si on la veut
exprimer;mais il fera mieux de la
sousentendre, pour ne pas augmenter
inutilement l'Ecriture. Il
feroit inutile aussi de l'employer
après p ,
puis que ph ne fait rien
entendre de plus quef Quant à
la prononciation des mots de ces
nouvelles Langues, elle doit estre
exacte,& ne rien perdre des
Lettres qui les composent,&il
faut sur tout distinguer clairement
ces lettres les unesdes autres
, afin de connoistre avec facilité
le rapport qu'elles ont avec
les Chiffres & avec les signes.
Il fera libre à la verité de prononcer
gn , comme dans le mot
François regne , ou comme dans
le mot Latin regnum; 6c ll comme
dans le mot mille, ou dans le
rnotflmillr,\11ais on prononcerag
suivy de Voyelle,ou de Diphtongue
,
d'un ton ferme
, comme
dans ga, go, gu ; & par consequent
ge, gi, comme s'ils estoient
écrits ghe
,
ghi, afin de les empefcherd'équivoqueravecje,
ji,
Il en fera de mesme de t, il se prononcera
comme dans ta, to, tu, &
par consequent ti, comme s'il
estoit écrittbi, pour le distinguer
de Ji.
Pourc, on le prononcera par
th., afin qu'on ne le confonde pas
avec K ,
dans Ka ,
Ko
,
Ku ,
&
avec s,dans ce, ci; & l'on prendra
garde à ne le point mettre à
la fin d'uneSyllabe, parce qu'il y
équivoqueroitencoreavec K. On
fera la mesme observation pour
ma nulle
, que l'oreille ne déîmfkroit
point d'avec s ,
si une
Syllabe en estoit terminée.
A l'égard de b, il fera prononcé
differemment d'v eOlJflne, 6c
on distinguera de mesme u voyelle,
de la Diphtongue ou. Jesçay
bien que cette premiere diversité
de prononciation fera de la peine
aux Gascons,& quela seconde
encauseraau Italiens k aux Espagnols
; mais pourquoy confondent,
ils ce qui doit estre distingué?
Enfinpn donnera à chaque
Lettre, un son qui n'aie rien de
commun ave lesautres, afind'éviter
les équivoques qui se pourroient
glisser dans l'Ecriture numeralie
lors qu'on viendroit à
écrire en Chiffres les mots de l'une
ou de l'autre Langue.
Vous jugez bien de là, Monsieur
, que chaque Langue aura
deux forres d'écritures, la numerale
qui est composée de Chiffres
ou de nombres;& la litteralequi
seformeavec les Lettres de l'Alphabet,&:
dont chaque Nation
pourra se servir en son particulier,
pour s'exercer,& pours'instruire
plus commodement dans
la Langue universelle.Cette Lan..
gue fera contraire en cela à l'Hebraïque
Se à la Grecque,parce
que n'employant que les mesmes
Caractères à exprimer leurs Lettres
Scieurs Chiffres, elles n'ont
qu'une Ecriture pour ces deux
choses, mais il ne tiendra qu'aux
Nations de reduire les deux à
une, en quittant leurs Ecritures
parciculieres pour la générale.
Je ne doute point que vous ne
soyez dans .l'impatience de sçavoir
de quelle maniéré je me
prends pour prononcer mes Lettres
primitives, puisque je ne les
exprime que par des Consones,
Je me fers pour cela de lademie
Voyelle quela naturemettou.
jours dans nostre prononciation,
lors qu'il y a deux Consones con-'
secutives, de difficile union dans
unemeime Syllabe, que j'ay dit
dans la Grammaire Universelle,
devoir estre marquée feule après,
chaque Conson, pour en apprendre
plus aisément la prononciation
; & qui est le fçcva Ólf.
fihcvll des Hebreux; si perceptible
aux oreilles fines par tout ou
il est inséré par.la nature, & si
remarquable aux moins déHcars:
dans les mots de blâmer, drapper.
fpcttacleySL autres semblables,puis
quelles entendent bien qu'ils se
prononcent comme s'ils estotent
écrits de cette forte belamer
,
tU":
rapper ,
J'infère donc
cet e féminin entre routes mes
Consones primitives, lcfts qu'elles
font disposées de la maniéré
que je viens de dire, le considerant
comme leur lien naturel; &
je l'exprime mesme afin de re.,
gler les Syllabes, & ne pas faire
de peine au Lecteur qui ne seroit
pas accoustumé, comme les Allemans,
à voir de fuite dans irn
mot plusieurs Consones peuaecordantes.
Je laisse mesme encore-
la liberté de le prononcer
en e masculin,aux endroits ou
l'on jugera que cette prononciation
aura plus de grace que la
feminine; & bien que j'emploie
céré masculin pour exprimer le
Chiffre7.lorsqu'il est auxiliaire,
il n'en faut pas craindre d'équivoques,
comme vous le connoistrez
parlesRégies qui fuivent.
Régies a observer dans le changent
de la premiere Ecriture
numerale en Litterale. LA premiere Régie est quV
masculin ou féminin, place
seul entre deux primitives, doic
toujours estre consideré comme
une nulle
,
c'est à dire, comme ne
répondant à Chiffre ny à signe
ainsi que je l'ay déja explique.
Voulant donc changer en Lettres
104. & III. Chiffres primitifs
de mon premier Dictionnaire,
qui ftgninenc Dieu& Faux-Dieu,
au lieu d'écrirebng,&bbb,j'écris
h(n(%& bebeb;mais sije veuxehanger
en deux mots ma premiere
Langue, 1.'14'(. & 111'1) Caractercs
aussi ae ma premiere Ecriturequilignifientau
nominatif ces
mesmes paroles Dieu & Faux.
Dieti, au lieu d'écrire benega &
bebeba,j'abrege &j'écris benga &
bebba.
La sécondé Régie en: que
quand un Caractere a deux, trois,
quatre ou cinq Chiffres primitifs
de mesme façon, on en peut
exprimer un par la Diphtongue
eâ,, & deux par la Diphtongue
oy.
o
Ainsi n 31. qui: signifie
Divinité, Dieu ou DlcJfl, dans m&
premiere Ecriture, & quise change
en bebeda ou bebda
,
selon la
Régle precedenre, se peur exprimer
par beuda. III'I. quin~nin~
Vaux-Dieu
,
& qui se tourne de
mesmeenbebedaou hebba, la comme esté dit, se peur exprimer par
beuba. un'i qui lignine le CielPcredes
Dieux,&qui se transforme
en bebbeba. ou bebebba, se peut ou
plûtost se doit exprimer par beubbitouboybt;
Et qui lignifie
Imposteur, & qui se marque par
bebbebeba ou bebbebba
,
se doit exprimer
par beubebba, ou plutost
par boybba. J'appelle ces Diphtongues
qui font substiruées çJe
laforte,àla place des Consones.
primitives Lettres supplcantes ou
cjjlcieufes
, non feulement parce
qu'elles fervent pour d'autres
Lettres ;
mais encore parce qu'-
elles abrègent les mots ,
Se en
adoucirent la prononciation.
De là il résulte
, que toutes les
fois que ces Diphtongues se trouvent
inferées seules entre des primitives
,on ne les doit pas 'onf.
derer comme des auxiliaires, mais
comme des suppleantes.
LatroisiémeRégie, est de ne
pas commencer un mot par. la
nulle e ,
puis qu'il ne fait cette
fonction qu'étant inséré & de
ne pasnon plus substituer les suppleanres
à la place de la premiere
primitive, puis que c'est elle qui
fait connoistre leur employ:
comme aussi de ne jamais mettre
~comme nulle, après la derniere
primitive, ny les suppleantes en
sa place, lors qu'elle est suivie
d'une voyelle qui fait l'office
d'auxiliaire, d'autant que cette
voyelle suffit pour l'adoucissement
du mot ,
& que cér ufiçe
causeroit de l'équivoque. Aind
voulant exprimer iiiiqtilficnisieDivin,
il ne faut pas écrire bebbea
,
bebeûa
, ny boyd, parce que
bebbea répond à ii1-7-1 r bebeûa-, à
11.81; ôcboya à 1.91 mais ondoit
écrire bebbaou beuba., qui ne peu
vent répondre qu'au premier Caraétere
m'i,suivant les deux Régiesqui
précèdent. Quesila
derniere primicive-efr fuivie de
l'auxiliaire r, on peut umployer
é, comme nulle après cette primitive;
supposé que la necessités
de leur liaison le demande
, ou
mesme changer cette primitive
en suppleante ; mais en prenant
l'un ou l'autre party, il faut ajouter
la Cubalternek,après r, pour
marquer la nullité de IV
, ou la.
substitution des suppleantes, parce
qu'autrement ces Lettres pafseroient
là pour des auxiliaires..
Ainsivoulantexprimer 97orqui
signific ce mot nullité dans ma
premiere Ecriture, au lieu d'écrire
simplement vecbera ou vecera
y
j'écris vecerka, dautant que
vecera exprimeroit 97-701, Caractère
differentde l'autre mais
si j'avois à exprimer 104-01 qui
signifie Divinité, qualiré qui appartientàDieu,
&, 10411-01 qui
signifie Création,qualitédu Créateur
, au lieu d'écrire bengerka &
bengckberka
,
j'écrirois bengra &
& bengebbra, à cause de la nature
de la primitiveg, qui s'unit à l'au.
xiliaire r y
sans demander entre
ellesl'expressiondeIV. Ainsiencore
voulant exprimer 88-01 &
888-01
,
je dois écrire jeûrkaôC
joyrka.
, parce que jeûra &joyr*t
répondroient à 8-801 êcà 8-901,
autres Caractères que les pre.
miers. Que il au lieu d'une pn.
mitive,ille trouve une fubaltcrne
devant r, on doitaussi mettre
entre deux e , comme nulle, s'il
est necessaire pour la liaison du
mot 5
mais conjointement avec
le k, pour marque de cette nullité.
Ainsivoulant exprimer 104-01
qui signifie le premier diminutif
de Divinitéy qualité, oupetite Divinité
,
il faut que je Mzbcngctferka
,
à moins que je ne veuille
prononcer bengetsra
,
qui seroit
bien rude.
La quatrième Régle, est flu'/,
doit estre encore confideré comme
nulle; & eû & oy, comme fuppleanres,
lors qu'ils sont inserez
seuls dans un mot après des primitives
,
& devant toutes fortes
de subalternes
,
excepté devanc
t, *& devantlz unis, ou bien separez
feulement par une auxiliaire.
La fuite en fournira assez d'exemples
,
sans que j'en rapporte
icy.
La cinquième Règle, est que
,
que cel mesmes Lettres se trouvant
dans un mesme mot feules
& finales, après des primitives
ou des subalternes, y font par
rieceffité la fonaion d'auxiliaires,
, parce qu'il n'y a point de mot
dans la Langue, qui ne réponde
à un Caractère ;ny un Caractere
dans l'Ecriture, qui ne soit composéde
Chiffres auxiliaires & de
primitifs; maisil faut mettre un
t après elles, pour donner à connoistre
cette fonction quelles
font d'auxiliaires
, comme pour
marquer celles de nulle & de fuppleantes
,
j'ay dit qu'il falloir y
employer un k. Ainsi voulanc
exprimer 1'7)1'8, &1'9 qui si-
•
gnifient dans ma premiere Ecri.
'ture l'Adverbe ouy ,
la conjonction
&) &la proportion en ou
dans, au lieu d'écrire fiment
be, beu,boy, on doit écrire & prononcer
bet, beût, boyt. Il en est
de mesme de 2/7 & de 2/7 qui fignifient
les Advarbes numéraux,
deux fois & la deuxième fois, au
lieu de les exprimer par sikié &
fkjJ, il faut écrire6c direket&
sikz,et.
Enfin la fixicme Règle
,
ett
que toutes les fois que ces mefj
mes Lettres font immédiatement
suivies ou -
précedées. d'autres
Voyelles,d'autres Diphtongues,
ou d'elles mesmes, elles font en- -
core la fondion d'auxiliaires
, en
quelque endroit qu'elles se trouvent
avoir besoin d'aucune mar>
que. Ainsi dans bebbee ou bcûbée
qui signifie l'Adverbe superlatifleplus
divinement, les deux é
qui se Suivent immediaremenc
font auxiliaires & répondent à
77 , comme tout le Caraél:re àiri-
77. Cet exemple suffit pouren
former d'autres.
L'observation de ces Régies-.
empefeheraqu'il n'y arrive aucune
équivoque dans cette premiere
Langue, non plus que dans ma
premiere Ecriture; & voila tou'_-
tes les marques qui concernent
le changement de sesChiffrespriu
mitifs en Lettres,
Quant à celuy de ses Enseignes
& desautres Signes. Lepremier
avernucmentest, que l'Enseigne
simpleinferée nes'ex prime
point,dautant que la réparation
quelle apporre entre les
Chiffresprimirifs & les auxiliaires,
éclattea(Tez par la difteren-
- ce des Lettresausquellesje donne
ces mesmes dénominations,
sans qu'ilfoitnecessaired'y ajouter
un autre Signe de diftinclion.
Ainli1°4'1; 104.-ii,104-10^, Be
1041.1003 caraares de ma premiere
Ecriture qui fignifienf
Dieu, Divin, ilcrée Se on crée, s'expriment
fimplemenr par bengd,
bengaa, bengebaray
,
& bengebar*
ray.
Le fecond avertitfemenr
,
est
qu'il en est de mesme de l'Enfeignequeje
place sur les Chiffres,
paroùjemarque les parties invariables
du discours
,
les Proverbg3,
& les Lettres de l'Alphabet
avec leurs Diphtongues & leurs
Syllabes les plus communes, elle
ne s'exprime pas non plus, dautant
qu'elle se refout en inferée,
avant le dernier Chiffre de ses
ex prc ssions.Ainsi 17 qui signifie : l'Adverbeouy
, 1017 qui signifie
l'interjection helas lOS. qui figni.
fie la conjondion car, 119 qui
gnifielaprépositiondedans, 4tto
qui signifie un proverbe5 & 015; qui signifie la Lettre d ou de
,
seresolvent
en l'y, en 101'7'-, en<
10'8, en 11*9, 411'0en 01h'
& s'expriment par bet, senbet, binent,
hehoJt,gebber & nebay.
! Le troisiéme avertillemenr,,
estqu'il n'en est pas de mesme derEnfUgne
que je mets sur les
Chiffres
, par ou je marque .les' »
noms des lieux & des Person. *"
nés celébres ) ny de celle que je
place dessous
, par où, je, les nombrans
, ou qui demeurent
en nature: Ces Enfei*
grnes fervent à mettre de la diveriité
entre des expressions
,
qui4
n'en auroient point sans cela; Su
par conlequent se doivent exprh
mer. Je marque donc celle que
jeplace furies Chiffres
, qui si.
gnificnt les noms des lieux& des
Personnes par la subalterne KT.
Et de cette forte t'i qnisignifie
rAJle; 11'1 qui finisse la chine-i:
& 111'1 qui signifie Canton prerniere
Province de la Chine, &c.
s'expriment par btkla
»
par bebe..
fra, ou beúKta
,
& par bibbew, b..
bcâuayQVL boj,e-ta. Et z/U}i qui
vous signifie s'exprime par febbebcdi
kla
, ou fcbojdexKtt. Et je
marque celle que je mets fous les
Chiffres,,qui signifient les nom
! bres nombrans par les fubalternes
Ki ou x ,
quîcfFla mesme
chose,&par kzj..fiçavoirla barre
droite des nombres Cardinaux
par x) & la courbe des Ordinaux
parkAinfi1quisignifiedeux
indéclinablej & lï qui le figni..
fie déclinable au nominatif pluriel,
s'ex primenr par [ex) & par
fixas. Et l'ï qui signifie deuxième
ou second substantif; & 211 qui
le signifient adicdif ,s'expriment
par /ÎK^4&par ftnzaa. Ileneft
de mesme de leurs Adverbes adjrdifs,
2,17 qui signifie doubleruent,
& 2 17quisignifie dltlxiémement
i ih s'expriment par PXAt
&/:K~. J'ay parlé de l'expression
de leurs autres Adverbes
dans la cinquième Règle.Quant
aux Verbes & aux Noms verb,
lux,qtlidériver desNoms numéraux,
on peut les exprimer comme
les autres dérivez; mais a l'égard
de leurs négatifs, & de ceux
qui signifient le retour de l'action,
il est plus à propos de suivre dans
la Langue
,
l'avis que j'ay donné
pour leur expression page 197,
& 298 du XX. Extraordinaire
, que la manierede les exprimer
par les auxiliaires, telle quelle
est marquée dans les pages
précédentes du mesmeLivre.
Le quatrième avertissement,
est que j'exprime pour la raison
précédente
,
les signes qui font
joints aux Enseignes, & qui donnent
à connoistre les degrez
d'augmentation, de diminution
& de comparaison. je marque •
ceux d'augmentation par ST 6C
SL , ceux de diminution par TS
&rz, ceux de comparaison en
, élevant parSK,& ceux decomparaison
enabaissantpar.TK.
Ainsi 104'1 & 104 11 qui signifient
Dieu & Divin, & que j'exprime
simplement par benga & benga,
commeiladéjaestédit, ont pour
augmentatifs 104;1 ,
& 104,1 qui
signifient grand Dieu
,
&. trèsgrand
Dieu, &104-11,& 104.11 quisignifient
fort Divin & tres Divin,
& que j'exprime par bengesta,
bengejht
,
bengestaa
,
& bengeslaa.
Ils ont pour diminutifs104?I &
104?I qui signifient petit Dieu ôC
trèspetit Vilu; & 104.11, & 104-11
qui signifient peu Divin& tres pet «
Divin; &que j'exprime par ben
gnfl) bengetza,bengetsaa& ben-
-
gflztZtl. Ils ont pour degrez de
comparaison en élevant 104 11^,
104-41 & 104-71 qui signifient
autant ou aufjl Divin, plus Divin,
&leplus Divin, & que j'exprime
par bengeskaa
,
bengeskaa
,
& bengeskea.
Etils ont enfin pour degrez
decomparaison en abaissant
104 11,104 41 &104-71 qui fignifient
dujji peu Divin,moins Divin&
lemoinsDivin,&quej'exprime
par bengetkaa,bengetKoa&
hengcKCtl. Neanmoins comme
j'employe simplement dans ma
premiere Ecriture 104-41 &
104-71 à exprimer les comparaifons
d'élevation plus Divin & le
plm Divin, il fera plusà propos
pour
pour l'abréviation de la Langue,
de ne point ajourer de subalternes
dans l'expression de ces deux
degrez
,
& de dire simplement
bengôa & bengea.
£ Le cinquièmeavertissement
estquej'exprime aussi les deux
points & la barre, que je mets
sur les Chiffres auxiliaires, pour
marquer le nombre pluriel de
tout ce quise décline, & de tout ce' qui se conjugue, avec cette
différence que j'employes. pour
le pluriel de la déclinaison
,
& l.
pour celuy de la conjuguaifon.
Ainsi 104'i
, ou 1041 qui signifientDieuxau
nominatif pluriel;
104*2 qui en signifient le génitif
des Dieuxj & 104*3 qui en signifient
le datifaux Dieux s'exprimentparbenvas,
benris&benrais.
«
Et 1041 ioï ou 1041.101 qui fignifienc
nomcréons;1041-101 qui fignifienc
vous créez,3 & 1041-10;
qui fignifienc ils créent s'expriment
par bengebaral,kengebaril,&-
bengebartyl.
Le fixiémc avertissement, regarde
les accents d'augmentation
, que je mets sur les Chiffres
primitifs pour accroistre le nombre
des expressions, & en fournir
les feaioos des estres les plus
abondantesj celuy que je place
sur les mesmestChiftres
, pour
marquer les feconds Verbes negatifs
; celay que j'employe sur
les Chiffres auxiliaires pour fignifier
le futur prochain,& le
futur éloigné de toutes fortes de
Verbes. Ces accents font detrois
façons pour l'augmentation des
expressions qui regardentle
estres
;
l'aigu, le grave & le cir-
-confléxei& je mefers des mefmes
fubalternesl &fpour expri.
mer les deux premiers, 6c encore
dé K pour sïgnifïer le troifiérné;
Ain(î,4é^7'i qui signifie dans
ma première Ecriture Ecuyers'ex.
prime par gepeteta, & 4647*1 qui
lignifie son augmentation, PaÜ-.
frinier se marque par gepegerela.
Il en, est de mesme de m'i qui
lignifie Canton' premiere Province
de la Chine, & qui s'exprime
yaiMbekta>6çdeIII'Iquifignifie-/
onaugmentation htnam dixième.
Province du mesme Etar,
&quisemarque par bebbektU.
Ces mots se peuvent abreger
,
Se
on peut dire gepgetela 6c boyktela.
yoHa.cwmc,s'exprimc.l'accenc
aigu d'augmentation, quand il se
trouve sur la derniere primitive;
&. on peut juger par luy
,
de la
maniéré d'exprimer le grave èc
le circonfléxe
,
quand ils se rencontrent
sur la mesme primitive;
& de tous trois lors qu'ils sont
placez sur la penultiéme ou sur
l'antépenultiéme,oùils setransportent
selon le besoin, sans qu'il
soit necessaire que j'en rapporte
des exemples. Quantat'accencaigu
qui marque les seconds Verbes
négatifs
,
je l'exprime par la,
subalternekl. Ainsi 1066-10 qui
signifie dans ma
premièrer,EcriJ
ture lesecondVerbepositif
faire,s'exprime par benpepar,
oui
Bcntppar, Et1066-10 qui y signifie
le second Verbe negatif red!.
faire s'exprime avec son accent
par beneppeklar. Ma premiere
pensée n'avoit pas esté d'exprimerdela
sorte ce second Verbe
négatif, ny mesme son positif
refaire; ny ceux encore dont l'un
& l'autredérivent, jeveux dire,
faire&défaire
, comme vous l'avez
pu remarquer dans ma Lettre
de vostreXVII. Extraordinaire
page 310 & suivantes. Je
projettois alors de distinguer ces
quatre sortes de Verbes, par la
diversité de leur premier Chiffre
primitif, tellement quesi 11110
avoitsignifié le premier positif
ou l'affirmatiffaire;211-10 auroit
exprimé le premiernégatif
dlfirt; 31110 le second positif
refaire, & 411-10 le second nega.
tif redéfaire. J'appelle aussi ces
deux derniers Verbes du nom de
rcfijts de retour d'action -, maisayant
reconnu dans la fuite que
cetusage pourroit apporter de la
confusion à d'autres expressions,
je le changay ,
& je transporta y
ladistinction de ces Verbes,de
leur premier Chiffre sur leur dernier
, en exprimant faire par
106410 défaire par 1065.Ío; &
refairepar 1066 10. Cechangement
le voir dans ma Lettre du
XX. Extraordinaire page 247.
avec la raison qui m'a fait recourir
à un accent pour l'expression
du second Verbe negatif; & si je
vous en entretiens icy;c'est pour
reparer l'omission quej'enay faite
là. A l'égard de l'accent encore
aigu, que jemetssur les Chiffres
auxiliaires pour marquer les divers
futurs des Verbes, lesquels
t;
font particuliers à ma premiere
Ecriture, je l'exprime encore différemment
de celuy que. j'employe
sur ses Chiffresprimitifs,
Sec'cft par la subalterne Ainsi
1-10 qui signifiele Verbetftrt,&.
qui s'exprime par bar, a pour son
futur ordinaire, futur indéfiny
1-104 qui signifiejeseray, &. qui
se marque par baro; & pour futurs
définis 1-104 qui signifieje
seray loll, & 1-104 qui signifieje
feraytardy & qui s'expriment avec
leur accent par batro & barto.
Cetteexpression de futurs sepeut
aussi étendre sur les préccrits,
puisqu'on peutdirejefustost, je
fta tard,j'ay esté tost, j'ayestétard&
autres semblables.
Le septiéme & dernier aver.
tissement, est d'observer que
quand un Caractère a deux accents
, comme l'auroit le futur
du Verbe redéfaire,on doitsedispenser
de l'expression du second,
si le mot qui en réfulre a une
longueur desagreable, & employer
la phrase
, au lieu du mot
simple.
Apres ces avertissecmens qui
font mes secondes Régles, il
reste quelquesréflexionsà faire.
La premiere, que l'expression
des Enseignes ou seules, ou accompagnées
de Signes, s'infere
toujours entre les expressions des
Chiffres primitifs
,
& des auxiliaires.
La seconde, que l'expression
des accents & des points
ne se place qu'après celle du
Chiffre primitif ou de l'auxiliaire
,
sur Lequel ils font marquer
Latroisiéme
, que mes subalternes
doubles ne répondent qu'à
un Signe, de mesme que mes
Diphtongues auxiliaires faisant
cette fonction, ne répondent
qu'à un Chiffre. La quatrième,
quenon feulement éfait l'office
,' de nullej mais K &.Taussi, aux
endroits que j'ayrapportez, &
qu'ainsiestant auxiliaire, & ces
subalternes me servant à exprimer
des accents d'augmentation,
ces trois Lettres ont double employ.
La cinquième ; que leurs
compagnes eû & oy, 7 &ffont de
mesme employées doublemenr.
Les premieres
, comme auxiliaires
& comme suppleantes
;
&les.
autres àl'expression des pluriels,
&àcelle desaccents. Etlafixié.
me, que les subalternes doubles,
KK,/I,.If, tt,Ik, Is, lt, &tla
contraires des subalternes fimn
ples n'ont aucun employ dans
cette premiere Langue.L,en
arusesi uzn tbroisiieemenq-uervooussvte.r
Je ne vous ay presque encoroi
rien ditde la nulles.Ilest rempjq
de vous expliquer son usage ;jot
l'insere parmy mes Lerrres auxi..;:
Jiairesàmefmefin que ma nulltl
e parmy mes primitives
,
je veuaxi
dire pour leur liaÏÍon, & pour
leur adoucissement, & de plusi
comme j'employe e élu unis en--j
semble dans la Diphtongue eû
pour suppleante simple
, &,,
pour suppleante double
, encres
ces primitives, fin de diminuer
dans les mots le nombre des Sy1-
labes,Remployé encore à mesmes
intention l & z. unis ou separez,
entre ces auxiliaires; mais seule,
ment pour suppleantesimple, la
double nem'estant pas necessaire.
Ainsi au lieu d'écrire & de
prononcer simplement benga.
quisignifie Divin
,
6cfaa qui signifie
savois
,
faaiqui signifieTu
aveis ; faaay qui signifieilavoit;
&fitaaay qui signifie onavoit, j'écris
& je dis bengA&a fitza,flizi,
falzay 6c ftlzallY ou falazay. Le
toutde la maniere qu'on trouvera
la plus propre à lier le mot, &
à luy oster sa rudesse. Surquoy
il fautobserver que l'employ de
Suppléante entre les auxiliaires
appartient à la subalterne 1 6c
non pasaz, mais que pour avoir
cet employ
,
elle doit estre suiviedu
z immediatement, ou bien feparée
de luy seulement par une,
auxiliaire: Et on ne doit pas
craindre que l'usage de ces nulles
& de ces subalternes simples ou
doubles, cause aucune équivoque
dans cette Langue, il n'y en
arriveroit pas mesmes quand
bien on en écriroit tous les mots
sans distance, on les diftingueroit
encore plus aisément queles Caraéteres
dont ils résultent
,
i smesmesçavoir
leur signification,
pourveu qu'on priftbien garde à
mes Régies.
Voila,Monsieur, l'expression
litterale de la premiere de mes
Ecritures universelles,& dequoy
former, une Langue de mesme
étenduë, demesmeclarté, 6cde
mesme abondance qu'elle. Il ne
mereste qu'àen donnerun petit
échantillon, comme j'ay fait à la
fin de chacune de ces Ecritures;
& je me ferviray du mesme exemple
que j'ay employé.Vous sçavezqu'il
consiste en ce début du
Texte Sacré. Dans le commencement
Bien créa le Ciel & la Terre.
Je n'ay que faire d'en rapporter
les Caractères numéraux, vous
les pouvez voir dans le XX. Extraordinaire
page 284.Voicy
les motsqui en résultent boyt du
benembebru bengabengebalzuô de
fenbi,beûtdosembo.
Je pourrois joindre au dérail de
cette premiere Langue universelle,
celuy de la seconde, & ce que
j'ay encore à vous dire de l'une M
de l'autrecommeje l'avois projetté
à la fin de ma derniere Lettre
, mais je croy qu'il est plus à
propos de finir celle-cy
,
elle me
paroist assez longue, & mesme
trop pour un petit Livre où taoDI
de beaux Ouvrages demandent
place. Agréez doncquejeremette
l'accomplissementdumienà vôtre
Extraordinaire du 15.de Janvier
, & faites moy toujours Jass
grâcede me croire, MOPÍieur'
vostre,&c.
DE VlINNJS P&AÏÏCV.,
- d'une premiere Langue
Universelle. ..,
vA Fau-Cleranton, le 8. d'Aoust1685. Oussçavez,Monsieur,qui-••
prés que les Apostres eurent
receu du saine Es prit,le don
des Langues, ils estoient entendus
des gens de divers Pays, bien
que ces gens ne s'entendissent pas
encre eux, mais qu'il n'est pas décidé
si les Apostres parloient en
même temps toutes fortes de
Langues; ou bien s'ils n'en parloientqu'unefeulequi
fust entenduë
de tous. Il me semble plus
plausible de croire qu'ils.partaient
une Langue Universelle,quietoit
comme la Langue de la Nature
humaine dans tous ses mots,com_
me elle l'est de la douleur dans le,
mot bon bon prononcé lentement,
& de la joye dans le mot hi hi hi,
prononcé viste & qu'il leur étoit
ainsi facile de se rendre inrelhgL.
bles à tous les hommes.
Une telle Langue, qui fut, sans
doute, celle de nostre premier
Pere
,
estoit bien plus propre
toucher l'esprit & le coeur, que
taures les autres Langues; & n'aida
peut-estre pas peu le Serpent
à persuader ce qu'il voulutànôtre
premiere Mère; &: puisque
Dieu a favorisë tous les Animaux,
d'une langue de cette forte, propre
à se faire entendre de leurs
petits & de leurs semblables,
pourquoy ne croirions nous pas
qu'il en donna une de mesmeà
l'Homme,qui est la principale
de ses creatures?
Cela mesemble horsdedoute;
mais la corruption du peché yapporta
bien-tost du changement,
de mesme qu'à tous les autres a.
vantages qui avoient esté faits à
Adam avant sa chute; & comme
les Rivieres sont moins pures &
moins claires, à mesure qu'elles
s'éloignent de leurs sources;cette
langue dégénéra de sa pureté ôc
de sa force à mesure que les hommes
se répandirent sur la Terre,
&s'éloignerent du temps de leur
création,de de l'innocence qui
l'avoit accompagnée ; &. elle devint,
pour ainsi dire, un patois, * dont on tient que nous avons les
restes dans la langue Hebraïque.
Ce n'en:pas qu'on ne puisse
croire que la petite Famille que
Dieu sauvadu Deluge, la parloit
encore assez bien, & que cet avantage
dura mesme jusqu'à la
construction de laTour de Babelj,-
mais depuis ce temps-Ià,cctte langue
qui prit, à ce qu'on dit, le
nom d'Hebraique de la Famille
; d'Heber où elle demeura, receut
de la colere de Dieu, je ne sçay
combien de compagnes ou defiI
les, qui la gâtèrent par le commerce
qu'elles eurent ensemble,.
& elle a commenté si tard à paroistre
dans les premiers Livres
que nous en avons,qu'on peut
dire qu'elle avoirdèja éprouvéce
queletemps & le peché peuvent
sur toutes choies.
Les.nomsqu'Adami-niofa aux
Animaux, cflotent leurs noms pro-
!ru) ditleTextesacré; & comme
nous ne voyons point que les-
Animaux viennent aux noms que
Moyseleur donne, quand nous
les employons, il y a lieu de croire
qu'il ne se servit pas de ces noms
naturels quenostre premierPere
leurimposa
; parce que les causes
que je viens de rapporter, lesavoient
corrompus, ou tout à fait
changez, dans le temps que ce
Prophete écrivit.
Une langue si parfaite eftoir un
grand bien dans le monde, &son
patois mesme n'en estoit pas un
petit, car quel embarras n'est-ce
point, que cette diversitéinutile
de mots & de prononciations, qui
rendles Nations, comme sourdes
les unes pour les autres; &qui
fait tant perdre de temps aux curitufes
pour entendre leurs voifines
> Et quel moyen de reparer
jamais ce mal 6c cet embarras?
Il est vray qu'ilpourroitcesser
par uneconqueste qui foûmift
toutes les Nations à un mesme
Prince,& par une Defense abfo,¿
luë & redoutable de ce grand
Conquérant, d'apprendreaux
Enfans une autre langue que la
sienne; mais comme les Alexandres
font rares, & que si ce
bonheur n'éclate dans nostre siecle,
il arrivera difficilement dans
un autre, personne n'ayantjamais
esté si propre aux grandes choses
que LE GRAND Louis nostre
Auguste Monarque, je vais en
attendant vous en proposer,
Monsieur , une ou deux de ma
façon,quejenetrouve pas moins
propres à estre renduës universellesque
les Ecritures dont je
vous ay entretenu par mes Lettres
precedentes.
Avant néanmoins que d'en ve.
nir là, ilne fera pas hors de pro.
pos, ce me semble, que je vous
parle d'une Langue parciculiere,
qui a fait l'eronnement de ce
Pays, & qui en fait encore l'admiration
lorsqu'on y reflechit,en T^icyl'Histoire.
Maitre Guillaume Bellenden,
fameux Avocat au ParlemênFÏÏé
Paris, qui a comporé de sçavans
Livres unentr'autres de lure Re-
¡if) ,-& fêtcfiAtumy & qui estoit
:Agn. du Roy d'Angleterre en
France, 8< qui en a laisse un à
imprimer- De HierarchiaEcclesia-
',stica, ayant amassé du bien, &se
voyant sur l'âge & sans Enfans,
rfit venir d'Ecosse qui estoit son
pays un Neveu qu'il avoit de
mesmenom, &demesmesurnom
que luy , pour l'instituer son Hé- -
ritier
,,
& pourle marier ; mais ce
Naveu estant arrivè en France,
[TIC feconda pasles intentions de;
ÉaeïDncle,à l'égarddumariage*
Il se sentoit de la vocationpour
IJEgIife, il alla bien-tost aprés à
Rome, y étudia en Theologie, 6c
s'y fit Prestre. A son retour à
Paris, il trouva son Oncle mort,
& sa successiondispersée, la plus
grande partie au profit des Hôpitaux.
Il estoit homme de pieté,
il s'en consola, & dans la suite
du temps, son merite le fit
choisir par M. Zamet Evesque
de Langres, pour estre son Confesseur
& son Aumônier. Il fut
quinzeannéesdans ces fonctions
auprésde ce Sage Prélat ; a prés
quoy la mort en estant arrivée,
ilseretira dans une Cure qu'ilen
avoitreceuë,avec quelques Chapelles.
Cette Cure qu'il desservit
pendant 25ans est ma Paroisse,
ainsi cér bonnetteEcclesiastique
m'estoitfortconnu.
C'étoit
C'estoit un homme d'une raille
médiocre & droite, d'une
complexion forte, & d'un ceint
plein de feu, qui marquoit l'ardeur
de son esprit, & la promptitude
de son humeur. Il avoit du
bon sens, outre l'étude; la conversation
agréable, & les inclinations
portées au bien. Il estoit
tel en 1670. & il tomba malade
cette année là
, au mois de Septembre
,estant alors âgé de 77.
ans. Cette maladie fut une Fiévre
qui luy dura prés de trois
mois, & qui fut accompagnée
dés son commencement, d'une
Paralisie sur la langue, qui le fit
begayer encore quelques jours
après la guérison de la Fiévre;
en forte qu'on ne le pouvoit entendre.
La Paralisie estant pasfée,
il parla fort distictement;
mais voicy la merveille. C'est
qu'au lieu de parler sa Langue
ordinaire, qui estoit la nostre;ou
bien l'Ecossoide,qui estoit celle de
son Pays; ou la Latine qu'il sçavoit,
ou la Grecque, ou l'Hebraïque,
dont il avoit quelques
teintures, il parla une Langue
inconnuë àtout le monde. On
entendoit bien les mors qu'il prononçoit
,
& je me souviens que
dans une conversation que j'eus
avec luy, aux Festes de Pasques
de l'an 1671. où je feignois de
l'entendre, & où je répondois
par conjectures à sa pensée
, autant
à propos qu'il m'estoit possible,
ilrepetoit quelquesfois ces
mots paginé, maginé, prius;mais
je n'y concevois rien, non plus
qu'aux autres qu'il proferoit
,
il
entendoit bien ce qu'on luy difoit,
& il ne disoit rien qu'on pust
entendre. Ce quiestdeparticulier,
c'est que Monsieur Ramezet
son Neveu, aussi Ecossois,
Theologien, & Prestre fait à
Rome commeluy, à qui ilavoit
resigné sa Cure,quelques années
avant sa maladie, l'ayant prié de
mettre par écrit quelque chose
qu'il vouloit sçavoirde luy
,
dans
l'esperance qu'il écriroit autrement
qu'il ne parloit, M. Bellenden
prit la Plume, & écrivit quatre
ou cinq lignes d'une maniere
fort lisible
; puis presentant son
Ecriture à son Neveu, avec un
geste qui témoignoit beaucoup
plus que les paroles dont il l'accompagna
,
qu'il avoit fait ce
qu'il desiroitde luy
; M. Ramezet
prit ce Papier avec joye, 8c
fut bien étonné de n'y trouver
que ce mesme langagequ'il ne
pouvoit entendre, & de se voir
aussi peu avancé qu'auparavant.
Ce qui me semble encore plus
surprenant que cela, c'est que
M. Bellenden qui ne disoit plus
laMesse, ne manquoit point d'y
assister; & se mettantau Lutrin,
chantoit avec les Chantres les
Airs de l'Eglise, & ne prononçoit
pourtant aucune des paroles ordinaires
; mais toujours ses paro.
les inconnuës. Son Neveu averty
de cette singularité dont quelques-
uns avoient ry & raillé,
obligea le bon homme à prendre
depuis ce temps là une autre
place dans l'Eglise
,
& l'invita à
prier Dieu tout bas. Ilfitl'un&
l'autre sansresistance.Ilenestoit
de mesme
,
lors que l'envie le prenoit
de dire son Breviaire; on le
voyoit bien lire, & onl'entendoit
bien prononcer; mais rien
de ce qui estoit écrit dans son Livre.
L'adresse que son Neveu
employa pour le faire confesser,
quand après huit ou neuf mois de
santé, il le vit attaqué d'une nouvelleFiévre
,
fut demander son
Confesseur ordinaire, & de luy
faire dire par ce Confesseur qu'il
n'entendoit point son langage,
qu'ill'interrogeroit, & qu'il luy
pressastlamain lors qu'il se fenriroit
coupable du peché dont il
luy parleroit,& la luy pressast pluheurs
fois quand il y auroit plusieurs
rechutes; moyennant quoy
il luy donneroit l'Absolution.
Celafut executé, & dés le lendemain
le bon homme prit son
Neveu par la main, le mena à l'EgIifc,,& luy montra leTabernacle
, pour luy témoigner qu'il
desiroit de recevoir le Viatique;
puis estant de retour à sa Maison,
il s'étendit sur son lit en joignant
,
les mains, pour marquer la mesme
intention. Son Confesseur
fut mandé, il revint, & M. Bellenden
ayant pris de son propre
mouvement du linge blanc, &
ses Habits longs, vint oüir la
Messe, communia avec grande
devotion, & versamesme des larmes.
Il mourut quinzejours après
ces Actions de pleine connoissance,
parlant peu;mais parlant tou-
- jours son mesme langage inconnu,
quand la necessité l'obligeoit
de parler. Un incendie qui arriva
au Village six ans après sa
mort ,
&qui consuma une partie
de la Maison & des Livres de son
Neveu, brûla aussi le Billet qu'il
avoit écrit; ce quime sembleune
grande perte pour lesCurieux,qui
auroientpu travaillersur sa ledu.
re, à reconnoistre quel langage
parla M. Bellenden, depuislafin
desapremieremaladie,jusqu'à sa
mort, c'est à dire pendant huit ou
neuf mois. Il disoitassez souvent
Subgenenemé Goguené prius quiapri
la magnus, à ce que j'ay sceu d'un
homme qui le servoit; & quand
il rencontroit un de ses Paroissiens,
nommé Prieur, qui l'avoit
flatté de quelque esperance qui
ne luy déplaisoit pas, illuy disoit
Ancnu prius. Voila ce que mon
peu de sejour au Pays, m'a pu apprendre
des circonstancesdecette
Histoire qui me sembleassez curieuse.
Ce que j'y puis ajouter
,
c'est
qu'il estseur queM.Bellenden ne
parloit pas la Langue Hebraïque
ordinaire,je m'en serois apperceu
à la conversationque j'eus
avec luy, lx. M. son Neveu auili
qui avoit quelque teinture de cette
Langue. Ce n'estoit pas non
plus la Languenaturelle dJ-Adanl,
dont je viens de parler, elle auroitestéintelligible.
Quece furt:
la Langue Phrigienne, la plus
ancienne du monde selon l'épreuve
de Psammetiques Roy
d'Egypte,rapportée dans Herodote,
on ne peut pas le dire, parce
qu'il n'employa jamais le mot
de Becos ,
à demander du pain,
oud'autreschosesàmanger. Ce
que je m'en persuade
,
c'est que
cette Langue luy estoit particuliere;
& je jugede là, malgré l'épreuve
de Psammetiques, que
si mille Enfans estoient nourris
par autant de Personnes muettes,
ils parleroient tous des Langues
aussi differentes
, que seroient
leurs voix, leurs visages, leurs
complexions, & leurs esprits. La
Mothe leVayersoûtient qu'ils
seroienttous muets, parce qu'il
ne fort aucune parole de la bouche
, qui ne foit entrée par l'oreille
,
surquoy il cite l'exemple
des Sourds de naissance dont aucun
ne parle, & il allégue que
les Enfans de l'épreuve de Psammetiques,
avoient sans doute oüy
la voix de quelque Chevre qui
crioit Bayhe, d'où ils avoient appris
à dire Becos,qui se trouva par
hazardeftre une parole Phrigienne;
mais pour moy ,
jecroyque
la Langueestfaite pour parler,
aussi bien que les yeux pour voir
& que les oreilles pour entendre,
& que si les Sourds de naissance
font muets, c'est que l'empefchement
qu'ils ont à l'oreille, s'étend
jusqu'à la Langue, & qu'on ne
peur oster l'un sans l'autre. Vous
pouvez, Monsieur, proposer
cette Question aux Curieux pour
l'examiner plus à fonds, & pour
en avoir leurs sentimens ; comme
aussi les prier, de dire ce qu'ils
pensent de cette maladie, qui
ayant fait oublier à son Malade
sa Langue ordinaire, où l'empeichaut
de la parier, luy donne
-en échange l'usage d'une langue
nouvelle & inconnue.
J'aylu dans des Mémoires d'un
demes Ancestres, qui a vescu la
grande Climacerique, queNicolasde
Vienne son Trisayeul, mort
& enterré àLigny, dont il estoit
Gouverneur en 1474. âgé de jo.
ans ,
sélon Con Epitaphe , après
avoir receu du Ciel une mémoire
si heureuse, uneimaginarion si vive
,
&,tant d'adresse naturelle,,
qu'ayant eu des Maistres en toutes
fortes d'exercices d'efprir &
de corps, il sçavoit à l'âge de 21
anvtout ce-q¡n'on peut sçavoir, &
faisoit tout ce qu'on peut faire:
tomba malade à 21 ans d'une fiè-
-vre chaude, & puis d'une parali- surla langue, donrles effets
furentsiétranges, qu'il en perdit
le souvenir de tout ce qu'il avoic
jamais appris, enforte qu'illuyi
fallut même ra pprendre à parler,
à lire &à écrire, comme on l'apprend
aux Enfans, à quoy il eut
bien de la peine à parvenir. Et j'ay
veu un nomméJean Guenot,Fermier
d'une Terre de mon Voisinage,
où il y avoit ces années
passées une Cristallerie
,
à qui la
nesmechose estoit arrivée à l'âge
d-j 30 ans; mais ny l'un,ny l'autre
ne partaient point du tout après
leurs maladies, bien loinde parler
avec facilité & distinction une
langue inconnuecomme mon defunt
Curé. Les Curieuxde la Médecine
ou de l'Histoire, pourront
encore m'éclaircir par vostre entremise,
s'il y ades exemples d'une
pareille avanture,où vous, Monteur,
qui n'ignorez rien, pourrez
m'en instruire sans leur secours, si
peu que vous ayez de complaisance
pour mes desirs.
Il faut presentement queje vous
avoue
,
qu'encore bien que j'aye
conceu l'Ecritureuniverselle avant
la langue
,
celle-cy a fait la
loy
,
& donne la regle à l'autre;
& que si je n'avois imaginé la langue,
j'aurois apparemment disposé
l'Ecriture d'une autre maniere,
car enfin il m'estoit d'abord venu
dans la pensée d'employer dans
l'Ecriture, le moins d'enseignes Se
de signes qu'il me feroit possible;
3e à cet effet de distinguer le nombre
pluriel des Noms & des Verbes
, par des chiffresdifferens
de ceux du nombre singulier; Se
de marquer meime, par des chiffres
aussi, le genre des Noms dont
j'ay lailré l'expression à la Nature.
Chaque Nom substantif simple
auroit eu trois chiffres pour la fignificarion
de ses variarions; chaque
Nomadjeâlf,&chaquenoni
de diminution, d'augmentation &
de comparaison,en auroit eu quatre;
& chaque Verbe, cinq. III
par exemple, auroit exprimé le
nom au masculin
, par ion premier
chiffrej au nombre singulier,
par son deuxiéme
; &au nominatif
par son troisiéme. 223 l'auroic
lignifié au feminin
, par son premier
chissre; au pluriel,ou au
duel par son fécondj & au datif,
par son dernier.316 l'auroit donné
à connoistre au neutre, ou
au commun , par son premier
chiffre; au singulier, par ion lecond;
& à l'ablatif par Ton troisiéme.
Et aioli j'aurois pû donner
aux noms simples, si je l'a.
vois voulu, plus de trois genres,
plus de deux nombres, & plus de
six cas, le tout sans aucune confusion.
Quant aux autres noms, j'aurois ajoûté ud chiffre,. aux
trois que je viens de marquer;Se
ce chiffre qui auroit précédéles
autres, auroit exprimé l'adjeâif
par un zero; le premier diminutif
par i ;
le fecond par 2j le premier
augmentatif par.?; le fecond
par4-,lenomd'égalité,aussi, autant
, ny plus ny moins, par f; le
comparatifplus, par 6; le comparatif
moins par 7 ; le superlatif le
plus par 1; & le superlatiflemoins
par pi & j'aurois ainsi marqué
tous les degrez dont le nom est
susceptible. A l'égard des verbes,
mi ,auroit signifîé le verbe à l'actif
par ion premier chiffre
; à
l'indicatif par son fecond ;au present
par son troisiéme; au singulier
par son quarriéme, & à la pre.
miere personne par son cinquié.
me. 24323 l'auroit exprimé au paffifpar
son premier chirrre,au fubjondif
par son deuxième ; au futur
par son troifiénle; au pluriel
par son quatrièmej & à la troisiéme
personne par son dernier; Se
j'aurois augmenté aussi toutes les
fortesde variations du verbe, autant
qu'il m'auroit plu, & sans aucun
embarras
, pourveu que je
n'eusse pas poussé l'expression de
chacune, plus loin que le zero,&
les neuf càiJfreSjOu nombres;simpies.
Cette methode auroit elle
claire, exacte) & d'un facile dénieflement
i mais dés que j'eus
conceu le grand fecretde la Lan.
gueuniverselle, ilme fallut pren1
dre d'autres mesures, &. renon..
cer à cettebelle methode pour en'
chercher une plus commode à
l'expression de cette langue. II ne
fera pas inutile que je vous apprenne
la maniéré dont elle me
vint dans l'esprit.Lavoicy.
Lors que j'eus ébauché le premier
Plan de l'Ecriture, il me
sembla d'abord qu'il y manquoit
quelquechofe àsa perfeébon;c'é
toit d'estre lisible, car le moyen,
àssois.je en moy mesme') de lire
ce qui n'est pas composéde leu
rres,puis quecefont elles qui forment:
les sillabes & les mots, Ct}:
manquement me cboquoit, mais
je m'en confolay bien tost, en jugeant
mesme pour me flater, que
cette indépendance des lettres,
estoit un grand avantage à cette
Ecriture, veu qu'elle ne laiflcic
pas d'exprimer toutes choses; &
que c'estoit la veritable Ecriture
de l'esprit, puis qu'elle signifioit
immédiatement, tout ce qu'il estoit
capable de concevoir. Néanmoins
je remarquay ensuite qu'-
on la pouvoit lire, en disant par
exemple cent quatre pour signifier
Dieu, quej'exprimepar194,dans
mon premier Dictionnaire,en disant
mille trente-quatre pour signifier
cennoitre. Et disantmille trente-
quatre cent quatre, pour exprimer
cotoneifireDieu. Maisconfideranr
aussi tost l'embarras de ces
expressions, dans la pluraliré des
mots que j'employoisàn'ensignifier
qu'un; ôc dans leurs équivoques
à ne sçavoir par exemple si
mille trente quatre qu'on entendroit
prononcer, feroient trois
mots, ou deux, ou un seul,je connus
que cette façon de lire estoit
mal propre à estre mise en usage ;
& presque impossible, lors qu'on
passeroit del'expressïon des nombres
primitifs, à celle des auxiliaires;
& qued'ailleurs, quand bien
elleseroit facile& commode, elle
ne seroit pas universelle comme
l'Ecriture, parce quechaque Nation
donne des noms differens à
ses chiffres, ôc aux nombres qui
s'en forment.
L'éloignement de cette pensée
fit place à une autre; & l'usage
des Hebreux & des Grecs, qui
employent leurs lettres à figurer
leursnombres,mefit songer qu'au
lieu de substituer des mots aux
chiffres, il n'y falloir substituer
que des lettres; & qu'ainsi il ne
resulteroit qu'un mot pour chaque
nombre composé de plusieurs
chiffres; que ces mots feroienc
differenssuivant la diverse combinaison
de ces chiffres; & qu'alors
mon écriture feroit lisiblepar
elle-mesme, sans superfluité Se
sans équivoque; & se liroitencore
d'une mesme façon,par toutes
les Nations.
Sur cette idée,je passay de la
speculation à la pratique;& après
avoir donné à chaque chiffre,telle
signification de lettres que je jugeay
à proposée trouvay en effet
qu'il s'en formoit non seulement
une écritureaisée à lire&àconcevoir,
mais encore une langue claire
&. distincte, tout aussi propre à
estre renduë universelle,que l'Ecriture
mesme.
Uefl difficile d'atteindre d'abord
à la perfection des choses, il me
salut faire plusieurs Alphabets,
avant que de me déterminer dans
leur choix; & lors que je me
vis en possession de deux Ecritures
au lieu d'une, il fallut encore
changer quelque chose à ces Alphabets
pour les accommoder à
ces, Ecritures; mais enfin voicy
quels ils font pour l'une & pour
l'autre
,
d'où vous pouvez juger
que comme ces Ecrirures font diverses
dans leurs dispositions
,
il
ne se peut que les Langues qui en
resultent ne soient différentes
dans leurs mots ,&qu'ainsi au
lieu d'une que j'ay proposée jusqu'à
ce jour,je ne vous en donne
aussideux.
J'ay divisé les Chiffres en primitifs,
&enauxiliaires, à quoy
j'ay ajouté des enseignes, des accents
,& quelques points; & de
tout cela j'ay formé mes Caracteres.
Voulant les changer en
paroles
,
je fais répondre, aux
Chiffres primitifs
1, 2,3,4,5,6,7,3,9,0.
Les Lettres b,f, d, g,tll,p, c,j, v,ti,
que j'appelle aussi Lettres primitives.
Aux Chiffres auxiliaires
Il Il3, 4)y, 63 7,8,9,0,
les Lettres
a,i,ay,o,u,ou,é, eu,oy,r,
que je nomme aussi Lettres auxiliaires.
Et aux enseignes
, aux points
& auxaccents les Lettres simples
ic,1,f,C.
Et leurs Combinaisons ou Lettres
doubles-
KK,KL,KS,KT.LK,LL,LS,LT.
SK,SL,SS,ST. TK,TL,TS,TT.
Et encore kz, LZ, TZ. que je
nomme Lettres subalternes, pour
lesdistinguer des précedentes qui
sont les Lettres principales. Il
feroit à souhaiter que les subalternes
doubles s'exprimassent par
des figures simples; comme ks
s'ex prime par x.
Quanta z, il ne répond ny à
Chiffreny Signe, lors qu'il n'èst
pasuny à une autre Consone, ce
qui meluy fait donner en cet état
le nom denulle.Quelques autres
Lettres prennent aulIi ce nom,
suivant les endroits où elles se
trouvent; & d'autres portent
quelquesfoisceluy de /ùp,!eantu..,
parce qu'elles sont substituéesen
la place de leurs Compagnes. Cela
s'expliquera dansla fuite. *
Pour les Diphtongues ei ,eiU
au, &, pour la Lettre double qu
ouq, je ne juge pas à propos de
m'en servir, àcause qu'elleséquivoquent
avec é,o,&k.
A la vérité i, employe l'y Grec;
mais c'estseulement dans l'expression
des Diphtongues ay &
cy; &je marque les deux autres
ou&eti parunrenvoy ,ainsioû;eû,
afin de lesdistinguer des Voyelles
qui les forment, lors que ces
Voyelles ne sont quecontiguës.
Cét
CérJ Grec, 6c ce figne de liaison
montrent que chacune de
ces quatre Diphtongues, n'a de
rapport qu'à un seulChiffre. Il
seroitmieux de ne les exprimer
que parune feule Figure, comme
nous exprimonsay par e) mais ce
feroit trop d'innovation à l'égard
des autres.
Il en fera de mesme de la demie
lettre ou aspirationh , comme
de l'r Grec.Elle ne répondra
qu'au
Chiffre
de la Consone,àlaquelle
on la joindra, si on la veut
exprimer;mais il fera mieux de la
sousentendre, pour ne pas augmenter
inutilement l'Ecriture. Il
feroit inutile aussi de l'employer
après p ,
puis que ph ne fait rien
entendre de plus quef Quant à
la prononciation des mots de ces
nouvelles Langues, elle doit estre
exacte,& ne rien perdre des
Lettres qui les composent,&il
faut sur tout distinguer clairement
ces lettres les unesdes autres
, afin de connoistre avec facilité
le rapport qu'elles ont avec
les Chiffres & avec les signes.
Il fera libre à la verité de prononcer
gn , comme dans le mot
François regne , ou comme dans
le mot Latin regnum; 6c ll comme
dans le mot mille, ou dans le
rnotflmillr,\11ais on prononcerag
suivy de Voyelle,ou de Diphtongue
,
d'un ton ferme
, comme
dans ga, go, gu ; & par consequent
ge, gi, comme s'ils estoient
écrits ghe
,
ghi, afin de les empefcherd'équivoqueravecje,
ji,
Il en fera de mesme de t, il se prononcera
comme dans ta, to, tu, &
par consequent ti, comme s'il
estoit écrittbi, pour le distinguer
de Ji.
Pourc, on le prononcera par
th., afin qu'on ne le confonde pas
avec K ,
dans Ka ,
Ko
,
Ku ,
&
avec s,dans ce, ci; & l'on prendra
garde à ne le point mettre à
la fin d'uneSyllabe, parce qu'il y
équivoqueroitencoreavec K. On
fera la mesme observation pour
ma nulle
, que l'oreille ne déîmfkroit
point d'avec s ,
si une
Syllabe en estoit terminée.
A l'égard de b, il fera prononcé
differemment d'v eOlJflne, 6c
on distinguera de mesme u voyelle,
de la Diphtongue ou. Jesçay
bien que cette premiere diversité
de prononciation fera de la peine
aux Gascons,& quela seconde
encauseraau Italiens k aux Espagnols
; mais pourquoy confondent,
ils ce qui doit estre distingué?
Enfinpn donnera à chaque
Lettre, un son qui n'aie rien de
commun ave lesautres, afind'éviter
les équivoques qui se pourroient
glisser dans l'Ecriture numeralie
lors qu'on viendroit à
écrire en Chiffres les mots de l'une
ou de l'autre Langue.
Vous jugez bien de là, Monsieur
, que chaque Langue aura
deux forres d'écritures, la numerale
qui est composée de Chiffres
ou de nombres;& la litteralequi
seformeavec les Lettres de l'Alphabet,&:
dont chaque Nation
pourra se servir en son particulier,
pour s'exercer,& pours'instruire
plus commodement dans
la Langue universelle.Cette Lan..
gue fera contraire en cela à l'Hebraïque
Se à la Grecque,parce
que n'employant que les mesmes
Caractères à exprimer leurs Lettres
Scieurs Chiffres, elles n'ont
qu'une Ecriture pour ces deux
choses, mais il ne tiendra qu'aux
Nations de reduire les deux à
une, en quittant leurs Ecritures
parciculieres pour la générale.
Je ne doute point que vous ne
soyez dans .l'impatience de sçavoir
de quelle maniéré je me
prends pour prononcer mes Lettres
primitives, puisque je ne les
exprime que par des Consones,
Je me fers pour cela de lademie
Voyelle quela naturemettou.
jours dans nostre prononciation,
lors qu'il y a deux Consones con-'
secutives, de difficile union dans
unemeime Syllabe, que j'ay dit
dans la Grammaire Universelle,
devoir estre marquée feule après,
chaque Conson, pour en apprendre
plus aisément la prononciation
; & qui est le fçcva Ólf.
fihcvll des Hebreux; si perceptible
aux oreilles fines par tout ou
il est inséré par.la nature, & si
remarquable aux moins déHcars:
dans les mots de blâmer, drapper.
fpcttacleySL autres semblables,puis
quelles entendent bien qu'ils se
prononcent comme s'ils estotent
écrits de cette forte belamer
,
tU":
rapper ,
J'infère donc
cet e féminin entre routes mes
Consones primitives, lcfts qu'elles
font disposées de la maniéré
que je viens de dire, le considerant
comme leur lien naturel; &
je l'exprime mesme afin de re.,
gler les Syllabes, & ne pas faire
de peine au Lecteur qui ne seroit
pas accoustumé, comme les Allemans,
à voir de fuite dans irn
mot plusieurs Consones peuaecordantes.
Je laisse mesme encore-
la liberté de le prononcer
en e masculin,aux endroits ou
l'on jugera que cette prononciation
aura plus de grace que la
feminine; & bien que j'emploie
céré masculin pour exprimer le
Chiffre7.lorsqu'il est auxiliaire,
il n'en faut pas craindre d'équivoques,
comme vous le connoistrez
parlesRégies qui fuivent.
Régies a observer dans le changent
de la premiere Ecriture
numerale en Litterale. LA premiere Régie est quV
masculin ou féminin, place
seul entre deux primitives, doic
toujours estre consideré comme
une nulle
,
c'est à dire, comme ne
répondant à Chiffre ny à signe
ainsi que je l'ay déja explique.
Voulant donc changer en Lettres
104. & III. Chiffres primitifs
de mon premier Dictionnaire,
qui ftgninenc Dieu& Faux-Dieu,
au lieu d'écrirebng,&bbb,j'écris
h(n(%& bebeb;mais sije veuxehanger
en deux mots ma premiere
Langue, 1.'14'(. & 111'1) Caractercs
aussi ae ma premiere Ecriturequilignifientau
nominatif ces
mesmes paroles Dieu & Faux.
Dieti, au lieu d'écrire benega &
bebeba,j'abrege &j'écris benga &
bebba.
La sécondé Régie en: que
quand un Caractere a deux, trois,
quatre ou cinq Chiffres primitifs
de mesme façon, on en peut
exprimer un par la Diphtongue
eâ,, & deux par la Diphtongue
oy.
o
Ainsi n 31. qui: signifie
Divinité, Dieu ou DlcJfl, dans m&
premiere Ecriture, & quise change
en bebeda ou bebda
,
selon la
Régle precedenre, se peur exprimer
par beuda. III'I. quin~nin~
Vaux-Dieu
,
& qui se tourne de
mesmeenbebedaou hebba, la comme esté dit, se peur exprimer par
beuba. un'i qui lignine le CielPcredes
Dieux,&qui se transforme
en bebbeba. ou bebebba, se peut ou
plûtost se doit exprimer par beubbitouboybt;
Et qui lignifie
Imposteur, & qui se marque par
bebbebeba ou bebbebba
,
se doit exprimer
par beubebba, ou plutost
par boybba. J'appelle ces Diphtongues
qui font substiruées çJe
laforte,àla place des Consones.
primitives Lettres supplcantes ou
cjjlcieufes
, non feulement parce
qu'elles fervent pour d'autres
Lettres ;
mais encore parce qu'-
elles abrègent les mots ,
Se en
adoucirent la prononciation.
De là il résulte
, que toutes les
fois que ces Diphtongues se trouvent
inferées seules entre des primitives
,on ne les doit pas 'onf.
derer comme des auxiliaires, mais
comme des suppleantes.
LatroisiémeRégie, est de ne
pas commencer un mot par. la
nulle e ,
puis qu'il ne fait cette
fonction qu'étant inséré & de
ne pasnon plus substituer les suppleanres
à la place de la premiere
primitive, puis que c'est elle qui
fait connoistre leur employ:
comme aussi de ne jamais mettre
~comme nulle, après la derniere
primitive, ny les suppleantes en
sa place, lors qu'elle est suivie
d'une voyelle qui fait l'office
d'auxiliaire, d'autant que cette
voyelle suffit pour l'adoucissement
du mot ,
& que cér ufiçe
causeroit de l'équivoque. Aind
voulant exprimer iiiiqtilficnisieDivin,
il ne faut pas écrire bebbea
,
bebeûa
, ny boyd, parce que
bebbea répond à ii1-7-1 r bebeûa-, à
11.81; ôcboya à 1.91 mais ondoit
écrire bebbaou beuba., qui ne peu
vent répondre qu'au premier Caraétere
m'i,suivant les deux Régiesqui
précèdent. Quesila
derniere primicive-efr fuivie de
l'auxiliaire r, on peut umployer
é, comme nulle après cette primitive;
supposé que la necessités
de leur liaison le demande
, ou
mesme changer cette primitive
en suppleante ; mais en prenant
l'un ou l'autre party, il faut ajouter
la Cubalternek,après r, pour
marquer la nullité de IV
, ou la.
substitution des suppleantes, parce
qu'autrement ces Lettres pafseroient
là pour des auxiliaires..
Ainsivoulantexprimer 97orqui
signific ce mot nullité dans ma
premiere Ecriture, au lieu d'écrire
simplement vecbera ou vecera
y
j'écris vecerka, dautant que
vecera exprimeroit 97-701, Caractère
differentde l'autre mais
si j'avois à exprimer 104-01 qui
signifie Divinité, qualiré qui appartientàDieu,
&, 10411-01 qui
signifie Création,qualitédu Créateur
, au lieu d'écrire bengerka &
bengckberka
,
j'écrirois bengra &
& bengebbra, à cause de la nature
de la primitiveg, qui s'unit à l'au.
xiliaire r y
sans demander entre
ellesl'expressiondeIV. Ainsiencore
voulant exprimer 88-01 &
888-01
,
je dois écrire jeûrkaôC
joyrka.
, parce que jeûra &joyr*t
répondroient à 8-801 êcà 8-901,
autres Caractères que les pre.
miers. Que il au lieu d'une pn.
mitive,ille trouve une fubaltcrne
devant r, on doitaussi mettre
entre deux e , comme nulle, s'il
est necessaire pour la liaison du
mot 5
mais conjointement avec
le k, pour marque de cette nullité.
Ainsivoulant exprimer 104-01
qui signifie le premier diminutif
de Divinitéy qualité, oupetite Divinité
,
il faut que je Mzbcngctferka
,
à moins que je ne veuille
prononcer bengetsra
,
qui seroit
bien rude.
La quatrième Régle, est flu'/,
doit estre encore confideré comme
nulle; & eû & oy, comme fuppleanres,
lors qu'ils sont inserez
seuls dans un mot après des primitives
,
& devant toutes fortes
de subalternes
,
excepté devanc
t, *& devantlz unis, ou bien separez
feulement par une auxiliaire.
La fuite en fournira assez d'exemples
,
sans que j'en rapporte
icy.
La cinquième Règle, est que
,
que cel mesmes Lettres se trouvant
dans un mesme mot feules
& finales, après des primitives
ou des subalternes, y font par
rieceffité la fonaion d'auxiliaires,
, parce qu'il n'y a point de mot
dans la Langue, qui ne réponde
à un Caractère ;ny un Caractere
dans l'Ecriture, qui ne soit composéde
Chiffres auxiliaires & de
primitifs; maisil faut mettre un
t après elles, pour donner à connoistre
cette fonction quelles
font d'auxiliaires
, comme pour
marquer celles de nulle & de fuppleantes
,
j'ay dit qu'il falloir y
employer un k. Ainsi voulanc
exprimer 1'7)1'8, &1'9 qui si-
•
gnifient dans ma premiere Ecri.
'ture l'Adverbe ouy ,
la conjonction
&) &la proportion en ou
dans, au lieu d'écrire fiment
be, beu,boy, on doit écrire & prononcer
bet, beût, boyt. Il en est
de mesme de 2/7 & de 2/7 qui fignifient
les Advarbes numéraux,
deux fois & la deuxième fois, au
lieu de les exprimer par sikié &
fkjJ, il faut écrire6c direket&
sikz,et.
Enfin la fixicme Règle
,
ett
que toutes les fois que ces mefj
mes Lettres font immédiatement
suivies ou -
précedées. d'autres
Voyelles,d'autres Diphtongues,
ou d'elles mesmes, elles font en- -
core la fondion d'auxiliaires
, en
quelque endroit qu'elles se trouvent
avoir besoin d'aucune mar>
que. Ainsi dans bebbee ou bcûbée
qui signifie l'Adverbe superlatifleplus
divinement, les deux é
qui se Suivent immediaremenc
font auxiliaires & répondent à
77 , comme tout le Caraél:re àiri-
77. Cet exemple suffit pouren
former d'autres.
L'observation de ces Régies-.
empefeheraqu'il n'y arrive aucune
équivoque dans cette premiere
Langue, non plus que dans ma
premiere Ecriture; & voila tou'_-
tes les marques qui concernent
le changement de sesChiffrespriu
mitifs en Lettres,
Quant à celuy de ses Enseignes
& desautres Signes. Lepremier
avernucmentest, que l'Enseigne
simpleinferée nes'ex prime
point,dautant que la réparation
quelle apporre entre les
Chiffresprimirifs & les auxiliaires,
éclattea(Tez par la difteren-
- ce des Lettresausquellesje donne
ces mesmes dénominations,
sans qu'ilfoitnecessaired'y ajouter
un autre Signe de diftinclion.
Ainli1°4'1; 104.-ii,104-10^, Be
1041.1003 caraares de ma premiere
Ecriture qui fignifienf
Dieu, Divin, ilcrée Se on crée, s'expriment
fimplemenr par bengd,
bengaa, bengebaray
,
& bengebar*
ray.
Le fecond avertitfemenr
,
est
qu'il en est de mesme de l'Enfeignequeje
place sur les Chiffres,
paroùjemarque les parties invariables
du discours
,
les Proverbg3,
& les Lettres de l'Alphabet
avec leurs Diphtongues & leurs
Syllabes les plus communes, elle
ne s'exprime pas non plus, dautant
qu'elle se refout en inferée,
avant le dernier Chiffre de ses
ex prc ssions.Ainsi 17 qui signifie : l'Adverbeouy
, 1017 qui signifie
l'interjection helas lOS. qui figni.
fie la conjondion car, 119 qui
gnifielaprépositiondedans, 4tto
qui signifie un proverbe5 & 015; qui signifie la Lettre d ou de
,
seresolvent
en l'y, en 101'7'-, en<
10'8, en 11*9, 411'0en 01h'
& s'expriment par bet, senbet, binent,
hehoJt,gebber & nebay.
! Le troisiéme avertillemenr,,
estqu'il n'en est pas de mesme derEnfUgne
que je mets sur les
Chiffres
, par ou je marque .les' »
noms des lieux & des Person. *"
nés celébres ) ny de celle que je
place dessous
, par où, je, les nombrans
, ou qui demeurent
en nature: Ces Enfei*
grnes fervent à mettre de la diveriité
entre des expressions
,
qui4
n'en auroient point sans cela; Su
par conlequent se doivent exprh
mer. Je marque donc celle que
jeplace furies Chiffres
, qui si.
gnificnt les noms des lieux& des
Personnes par la subalterne KT.
Et de cette forte t'i qnisignifie
rAJle; 11'1 qui finisse la chine-i:
& 111'1 qui signifie Canton prerniere
Province de la Chine, &c.
s'expriment par btkla
»
par bebe..
fra, ou beúKta
,
& par bibbew, b..
bcâuayQVL boj,e-ta. Et z/U}i qui
vous signifie s'exprime par febbebcdi
kla
, ou fcbojdexKtt. Et je
marque celle que je mets fous les
Chiffres,,qui signifient les nom
! bres nombrans par les fubalternes
Ki ou x ,
quîcfFla mesme
chose,&par kzj..fiçavoirla barre
droite des nombres Cardinaux
par x) & la courbe des Ordinaux
parkAinfi1quisignifiedeux
indéclinablej & lï qui le figni..
fie déclinable au nominatif pluriel,
s'ex primenr par [ex) & par
fixas. Et l'ï qui signifie deuxième
ou second substantif; & 211 qui
le signifient adicdif ,s'expriment
par /ÎK^4&par ftnzaa. Ileneft
de mesme de leurs Adverbes adjrdifs,
2,17 qui signifie doubleruent,
& 2 17quisignifie dltlxiémement
i ih s'expriment par PXAt
&/:K~. J'ay parlé de l'expression
de leurs autres Adverbes
dans la cinquième Règle.Quant
aux Verbes & aux Noms verb,
lux,qtlidériver desNoms numéraux,
on peut les exprimer comme
les autres dérivez; mais a l'égard
de leurs négatifs, & de ceux
qui signifient le retour de l'action,
il est plus à propos de suivre dans
la Langue
,
l'avis que j'ay donné
pour leur expression page 197,
& 298 du XX. Extraordinaire
, que la manierede les exprimer
par les auxiliaires, telle quelle
est marquée dans les pages
précédentes du mesmeLivre.
Le quatrième avertissement,
est que j'exprime pour la raison
précédente
,
les signes qui font
joints aux Enseignes, & qui donnent
à connoistre les degrez
d'augmentation, de diminution
& de comparaison. je marque •
ceux d'augmentation par ST 6C
SL , ceux de diminution par TS
&rz, ceux de comparaison en
, élevant parSK,& ceux decomparaison
enabaissantpar.TK.
Ainsi 104'1 & 104 11 qui signifient
Dieu & Divin, & que j'exprime
simplement par benga & benga,
commeiladéjaestédit, ont pour
augmentatifs 104;1 ,
& 104,1 qui
signifient grand Dieu
,
&. trèsgrand
Dieu, &104-11,& 104.11 quisignifient
fort Divin & tres Divin,
& que j'exprime par bengesta,
bengejht
,
bengestaa
,
& bengeslaa.
Ils ont pour diminutifs104?I &
104?I qui signifient petit Dieu ôC
trèspetit Vilu; & 104.11, & 104-11
qui signifient peu Divin& tres pet «
Divin; &que j'exprime par ben
gnfl) bengetza,bengetsaa& ben-
-
gflztZtl. Ils ont pour degrez de
comparaison en élevant 104 11^,
104-41 & 104-71 qui signifient
autant ou aufjl Divin, plus Divin,
&leplus Divin, & que j'exprime
par bengeskaa
,
bengeskaa
,
& bengeskea.
Etils ont enfin pour degrez
decomparaison en abaissant
104 11,104 41 &104-71 qui fignifient
dujji peu Divin,moins Divin&
lemoinsDivin,&quej'exprime
par bengetkaa,bengetKoa&
hengcKCtl. Neanmoins comme
j'employe simplement dans ma
premiere Ecriture 104-41 &
104-71 à exprimer les comparaifons
d'élevation plus Divin & le
plm Divin, il fera plusà propos
pour
pour l'abréviation de la Langue,
de ne point ajourer de subalternes
dans l'expression de ces deux
degrez
,
& de dire simplement
bengôa & bengea.
£ Le cinquièmeavertissement
estquej'exprime aussi les deux
points & la barre, que je mets
sur les Chiffres auxiliaires, pour
marquer le nombre pluriel de
tout ce quise décline, & de tout ce' qui se conjugue, avec cette
différence que j'employes. pour
le pluriel de la déclinaison
,
& l.
pour celuy de la conjuguaifon.
Ainsi 104'i
, ou 1041 qui signifientDieuxau
nominatif pluriel;
104*2 qui en signifient le génitif
des Dieuxj & 104*3 qui en signifient
le datifaux Dieux s'exprimentparbenvas,
benris&benrais.
«
Et 1041 ioï ou 1041.101 qui fignifienc
nomcréons;1041-101 qui fignifienc
vous créez,3 & 1041-10;
qui fignifienc ils créent s'expriment
par bengebaral,kengebaril,&-
bengebartyl.
Le fixiémc avertissement, regarde
les accents d'augmentation
, que je mets sur les Chiffres
primitifs pour accroistre le nombre
des expressions, & en fournir
les feaioos des estres les plus
abondantesj celuy que je place
sur les mesmestChiftres
, pour
marquer les feconds Verbes negatifs
; celay que j'employe sur
les Chiffres auxiliaires pour fignifier
le futur prochain,& le
futur éloigné de toutes fortes de
Verbes. Ces accents font detrois
façons pour l'augmentation des
expressions qui regardentle
estres
;
l'aigu, le grave & le cir-
-confléxei& je mefers des mefmes
fubalternesl &fpour expri.
mer les deux premiers, 6c encore
dé K pour sïgnifïer le troifiérné;
Ain(î,4é^7'i qui signifie dans
ma première Ecriture Ecuyers'ex.
prime par gepeteta, & 4647*1 qui
lignifie son augmentation, PaÜ-.
frinier se marque par gepegerela.
Il en, est de mesme de m'i qui
lignifie Canton' premiere Province
de la Chine, & qui s'exprime
yaiMbekta>6çdeIII'Iquifignifie-/
onaugmentation htnam dixième.
Province du mesme Etar,
&quisemarque par bebbektU.
Ces mots se peuvent abreger
,
Se
on peut dire gepgetela 6c boyktela.
yoHa.cwmc,s'exprimc.l'accenc
aigu d'augmentation, quand il se
trouve sur la derniere primitive;
&. on peut juger par luy
,
de la
maniéré d'exprimer le grave èc
le circonfléxe
,
quand ils se rencontrent
sur la mesme primitive;
& de tous trois lors qu'ils sont
placez sur la penultiéme ou sur
l'antépenultiéme,oùils setransportent
selon le besoin, sans qu'il
soit necessaire que j'en rapporte
des exemples. Quantat'accencaigu
qui marque les seconds Verbes
négatifs
,
je l'exprime par la,
subalternekl. Ainsi 1066-10 qui
signifie dans ma
premièrer,EcriJ
ture lesecondVerbepositif
faire,s'exprime par benpepar,
oui
Bcntppar, Et1066-10 qui y signifie
le second Verbe negatif red!.
faire s'exprime avec son accent
par beneppeklar. Ma premiere
pensée n'avoit pas esté d'exprimerdela
sorte ce second Verbe
négatif, ny mesme son positif
refaire; ny ceux encore dont l'un
& l'autredérivent, jeveux dire,
faire&défaire
, comme vous l'avez
pu remarquer dans ma Lettre
de vostreXVII. Extraordinaire
page 310 & suivantes. Je
projettois alors de distinguer ces
quatre sortes de Verbes, par la
diversité de leur premier Chiffre
primitif, tellement quesi 11110
avoitsignifié le premier positif
ou l'affirmatiffaire;211-10 auroit
exprimé le premiernégatif
dlfirt; 31110 le second positif
refaire, & 411-10 le second nega.
tif redéfaire. J'appelle aussi ces
deux derniers Verbes du nom de
rcfijts de retour d'action -, maisayant
reconnu dans la fuite que
cetusage pourroit apporter de la
confusion à d'autres expressions,
je le changay ,
& je transporta y
ladistinction de ces Verbes,de
leur premier Chiffre sur leur dernier
, en exprimant faire par
106410 défaire par 1065.Ío; &
refairepar 1066 10. Cechangement
le voir dans ma Lettre du
XX. Extraordinaire page 247.
avec la raison qui m'a fait recourir
à un accent pour l'expression
du second Verbe negatif; & si je
vous en entretiens icy;c'est pour
reparer l'omission quej'enay faite
là. A l'égard de l'accent encore
aigu, que jemetssur les Chiffres
auxiliaires pour marquer les divers
futurs des Verbes, lesquels
t;
font particuliers à ma premiere
Ecriture, je l'exprime encore différemment
de celuy que. j'employe
sur ses Chiffresprimitifs,
Sec'cft par la subalterne Ainsi
1-10 qui signifiele Verbetftrt,&.
qui s'exprime par bar, a pour son
futur ordinaire, futur indéfiny
1-104 qui signifiejeseray, &. qui
se marque par baro; & pour futurs
définis 1-104 qui signifieje
seray loll, & 1-104 qui signifieje
feraytardy & qui s'expriment avec
leur accent par batro & barto.
Cetteexpression de futurs sepeut
aussi étendre sur les préccrits,
puisqu'on peutdirejefustost, je
fta tard,j'ay esté tost, j'ayestétard&
autres semblables.
Le septiéme & dernier aver.
tissement, est d'observer que
quand un Caractère a deux accents
, comme l'auroit le futur
du Verbe redéfaire,on doitsedispenser
de l'expression du second,
si le mot qui en réfulre a une
longueur desagreable, & employer
la phrase
, au lieu du mot
simple.
Apres ces avertissecmens qui
font mes secondes Régles, il
reste quelquesréflexionsà faire.
La premiere, que l'expression
des Enseignes ou seules, ou accompagnées
de Signes, s'infere
toujours entre les expressions des
Chiffres primitifs
,
& des auxiliaires.
La seconde, que l'expression
des accents & des points
ne se place qu'après celle du
Chiffre primitif ou de l'auxiliaire
,
sur Lequel ils font marquer
Latroisiéme
, que mes subalternes
doubles ne répondent qu'à
un Signe, de mesme que mes
Diphtongues auxiliaires faisant
cette fonction, ne répondent
qu'à un Chiffre. La quatrième,
quenon feulement éfait l'office
,' de nullej mais K &.Taussi, aux
endroits que j'ayrapportez, &
qu'ainsiestant auxiliaire, & ces
subalternes me servant à exprimer
des accents d'augmentation,
ces trois Lettres ont double employ.
La cinquième ; que leurs
compagnes eû & oy, 7 &ffont de
mesme employées doublemenr.
Les premieres
, comme auxiliaires
& comme suppleantes
;
&les.
autres àl'expression des pluriels,
&àcelle desaccents. Etlafixié.
me, que les subalternes doubles,
KK,/I,.If, tt,Ik, Is, lt, &tla
contraires des subalternes fimn
ples n'ont aucun employ dans
cette premiere Langue.L,en
arusesi uzn tbroisiieemenq-uervooussvte.r
Je ne vous ay presque encoroi
rien ditde la nulles.Ilest rempjq
de vous expliquer son usage ;jot
l'insere parmy mes Lerrres auxi..;:
Jiairesàmefmefin que ma nulltl
e parmy mes primitives
,
je veuaxi
dire pour leur liaÏÍon, & pour
leur adoucissement, & de plusi
comme j'employe e élu unis en--j
semble dans la Diphtongue eû
pour suppleante simple
, &,,
pour suppleante double
, encres
ces primitives, fin de diminuer
dans les mots le nombre des Sy1-
labes,Remployé encore à mesmes
intention l & z. unis ou separez,
entre ces auxiliaires; mais seule,
ment pour suppleantesimple, la
double nem'estant pas necessaire.
Ainsi au lieu d'écrire & de
prononcer simplement benga.
quisignifie Divin
,
6cfaa qui signifie
savois
,
faaiqui signifieTu
aveis ; faaay qui signifieilavoit;
&fitaaay qui signifie onavoit, j'écris
& je dis bengA&a fitza,flizi,
falzay 6c ftlzallY ou falazay. Le
toutde la maniere qu'on trouvera
la plus propre à lier le mot, &
à luy oster sa rudesse. Surquoy
il fautobserver que l'employ de
Suppléante entre les auxiliaires
appartient à la subalterne 1 6c
non pasaz, mais que pour avoir
cet employ
,
elle doit estre suiviedu
z immediatement, ou bien feparée
de luy seulement par une,
auxiliaire: Et on ne doit pas
craindre que l'usage de ces nulles
& de ces subalternes simples ou
doubles, cause aucune équivoque
dans cette Langue, il n'y en
arriveroit pas mesmes quand
bien on en écriroit tous les mots
sans distance, on les diftingueroit
encore plus aisément queles Caraéteres
dont ils résultent
,
i smesmesçavoir
leur signification,
pourveu qu'on priftbien garde à
mes Régies.
Voila,Monsieur, l'expression
litterale de la premiere de mes
Ecritures universelles,& dequoy
former, une Langue de mesme
étenduë, demesmeclarté, 6cde
mesme abondance qu'elle. Il ne
mereste qu'àen donnerun petit
échantillon, comme j'ay fait à la
fin de chacune de ces Ecritures;
& je me ferviray du mesme exemple
que j'ay employé.Vous sçavezqu'il
consiste en ce début du
Texte Sacré. Dans le commencement
Bien créa le Ciel & la Terre.
Je n'ay que faire d'en rapporter
les Caractères numéraux, vous
les pouvez voir dans le XX. Extraordinaire
page 284.Voicy
les motsqui en résultent boyt du
benembebru bengabengebalzuô de
fenbi,beûtdosembo.
Je pourrois joindre au dérail de
cette premiere Langue universelle,
celuy de la seconde, & ce que
j'ay encore à vous dire de l'une M
de l'autrecommeje l'avois projetté
à la fin de ma derniere Lettre
, mais je croy qu'il est plus à
propos de finir celle-cy
,
elle me
paroist assez longue, & mesme
trop pour un petit Livre où taoDI
de beaux Ouvrages demandent
place. Agréez doncquejeremette
l'accomplissementdumienà vôtre
Extraordinaire du 15.de Janvier
, & faites moy toujours Jass
grâcede me croire, MOPÍieur'
vostre,&c.
DE VlINNJS P&AÏÏCV.,
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3
p. 96-99
« PUBLII Virgilii Maronis opera ordine perpetuo, interpretationibus Gallicis & dictionariis [...] »
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PUBLII Virgilii Maronis opera ordine perpetuo, interpretationibus Gallicis & dictionariis [...]
Mots clefs :
Virgile, Signification
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PUBLII Virgilii Maronis opera ordine
perpetuo , interpretationibus Gallicis & dictionariis
illuftrabat Antonius Bourgeois
Parochus Sancti Germani , & in Collegio
Crefpiaco
DECEMBRE . 1754. 27
Crefpiaco Vallenfi primarius ; ad ufum Scholarum.
Sylvanecti , apud Nicolaum Defroques
; Parifiis , apud Carolum Hochereau
natu-majorem , ripâ de Conti , 1754 ,
I vol. in- 8°.
Quelque Auteur latin , quelque recueil
même , dit M. Bourgeois , que l'on
mette entre les mains des commençans ,
ils y trouveront toujours des difficultés
de cinq fortes , & qui confiftent , 1 °. à
faire ou à retenir la conftruction de chaque
phrafe. 2°. A trouver de foi - même les
mots fous- entendus. 3 °. A trouver la fignification
propre des expreffions figurées.
4. A choifir dans un dictionnaire la fignification
propre de chaque mot. 5 ° . Enfin
à trouver un tour françois convenable
pour traduire les phrafes latines , qu'on
peut rendre mot à mot . M. Bourgeois s'eft
appliqué à faire difparoître ces difficultés ;
voici comment il s'y eft pris.
y
1º . A côté & vis- à-vis du texte eft la
conſtruction de chaque phrafe. Les mots
font à peu près rangés comme ils doivent
l'être pour former une phrafe françoife
, quand on les aura traduits les uns
après les autres . L'auteur ne s'écarte de ce
fentier que par rapport aux mots qu'on ne
peut déranger fans pécher contre les régles
de la Grammaire , qui apprend elle-
1.Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
même où il faut les placer quand il eſt
question de traduire. La même conſtruction
offre encore tous les mots fous- entendus
dans le texte.
2º. Avec le fecours des interprétations
placées au bas des pages , il fera aifé d'apprendre
la fignification jufte des expreffions
figurées. Elles y font toutes expliquées
& traduites d'abord à la lettre , & ramenées
enfuite au fens naturel & fimple.
3° . Des remarques fur le fujet , fur les
perfonnages & fur le texte de chaque églogue
compofent la troifieme partie de l'ouvrage
de M. Bourgeois . Comme elle eſt
inutile aux commençans , l'Auteur l'a écrite
en latin . On y trouve de la fagacité , des
idées neuves & des fyltêmes vraisemblables
.
4°. La quatrieme difficulté qui confifte
à trouver dans un dictionnaire la fignification
propre de chaque mot , eft tout- àfait
infurmontable pour les commençans
,
à caufe du grand nombre des fignifications
diverfes dont le même mot eft communément
fuivi. Pour remédier à cet inconvénient
, M. Bourgeois a compofé le petit
dictionnaire qui termine le volume , &
ne laiffe rien à défirer à la jeuneffe . Ce
dictionnaire , outre qu'il eft fort exact , eſt
encore fait de façon qu'on ne peut fe tromDECEMBRE.
1754. 99.
per dans le choix de la fignification dont
on a befoin.
Nous croyons en avoir affez dit pour
faire fentir le mérite du travail de M.
Bourgeois. Il y a apparence que l'Auteur
qui ne publie aujourd'hui que les Eglogues
, fera encouragé par des fuffrages
importans & décififs à nous donner tout
le Virgile.
LES livres de Ciceron , de la Vieilleffe
de l'Amitié , traduction nouvelle ; fur l'édition
latine de Grævius , avec le latin à'
côté. A Paris , chez Jofeph Barbou , rue S.
Jacques , près la Fontaine S. Benoît , aux
Cicognes , 1754 , in - 12 .
fi
On ne fçauroit trop multiplier les traductions
des bons livres , des livres de morale
fur- tout. Il eft rare que le bien reſte
long- tems dans l'efprit , fans tomber ,
l'on peut parler ainfi , dans le coeur. Combien
de fois n'eft- il pas arrivé qu'une lecture
qui n'avoit été entreprise que par curiofité
, foit devenue une leçon de vertù ?
Nous fouhaitons cette deftinée à la traduction
que nous annonçons .
perpetuo , interpretationibus Gallicis & dictionariis
illuftrabat Antonius Bourgeois
Parochus Sancti Germani , & in Collegio
Crefpiaco
DECEMBRE . 1754. 27
Crefpiaco Vallenfi primarius ; ad ufum Scholarum.
Sylvanecti , apud Nicolaum Defroques
; Parifiis , apud Carolum Hochereau
natu-majorem , ripâ de Conti , 1754 ,
I vol. in- 8°.
Quelque Auteur latin , quelque recueil
même , dit M. Bourgeois , que l'on
mette entre les mains des commençans ,
ils y trouveront toujours des difficultés
de cinq fortes , & qui confiftent , 1 °. à
faire ou à retenir la conftruction de chaque
phrafe. 2°. A trouver de foi - même les
mots fous- entendus. 3 °. A trouver la fignification
propre des expreffions figurées.
4. A choifir dans un dictionnaire la fignification
propre de chaque mot. 5 ° . Enfin
à trouver un tour françois convenable
pour traduire les phrafes latines , qu'on
peut rendre mot à mot . M. Bourgeois s'eft
appliqué à faire difparoître ces difficultés ;
voici comment il s'y eft pris.
y
1º . A côté & vis- à-vis du texte eft la
conſtruction de chaque phrafe. Les mots
font à peu près rangés comme ils doivent
l'être pour former une phrafe françoife
, quand on les aura traduits les uns
après les autres . L'auteur ne s'écarte de ce
fentier que par rapport aux mots qu'on ne
peut déranger fans pécher contre les régles
de la Grammaire , qui apprend elle-
1.Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
même où il faut les placer quand il eſt
question de traduire. La même conſtruction
offre encore tous les mots fous- entendus
dans le texte.
2º. Avec le fecours des interprétations
placées au bas des pages , il fera aifé d'apprendre
la fignification jufte des expreffions
figurées. Elles y font toutes expliquées
& traduites d'abord à la lettre , & ramenées
enfuite au fens naturel & fimple.
3° . Des remarques fur le fujet , fur les
perfonnages & fur le texte de chaque églogue
compofent la troifieme partie de l'ouvrage
de M. Bourgeois . Comme elle eſt
inutile aux commençans , l'Auteur l'a écrite
en latin . On y trouve de la fagacité , des
idées neuves & des fyltêmes vraisemblables
.
4°. La quatrieme difficulté qui confifte
à trouver dans un dictionnaire la fignification
propre de chaque mot , eft tout- àfait
infurmontable pour les commençans
,
à caufe du grand nombre des fignifications
diverfes dont le même mot eft communément
fuivi. Pour remédier à cet inconvénient
, M. Bourgeois a compofé le petit
dictionnaire qui termine le volume , &
ne laiffe rien à défirer à la jeuneffe . Ce
dictionnaire , outre qu'il eft fort exact , eſt
encore fait de façon qu'on ne peut fe tromDECEMBRE.
1754. 99.
per dans le choix de la fignification dont
on a befoin.
Nous croyons en avoir affez dit pour
faire fentir le mérite du travail de M.
Bourgeois. Il y a apparence que l'Auteur
qui ne publie aujourd'hui que les Eglogues
, fera encouragé par des fuffrages
importans & décififs à nous donner tout
le Virgile.
LES livres de Ciceron , de la Vieilleffe
de l'Amitié , traduction nouvelle ; fur l'édition
latine de Grævius , avec le latin à'
côté. A Paris , chez Jofeph Barbou , rue S.
Jacques , près la Fontaine S. Benoît , aux
Cicognes , 1754 , in - 12 .
fi
On ne fçauroit trop multiplier les traductions
des bons livres , des livres de morale
fur- tout. Il eft rare que le bien reſte
long- tems dans l'efprit , fans tomber ,
l'on peut parler ainfi , dans le coeur. Combien
de fois n'eft- il pas arrivé qu'une lecture
qui n'avoit été entreprise que par curiofité
, foit devenue une leçon de vertù ?
Nous fouhaitons cette deftinée à la traduction
que nous annonçons .
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Résumé : « PUBLII Virgilii Maronis opera ordine perpetuo, interpretationibus Gallicis & dictionariis [...] »
Le texte présente une édition de l'œuvre de Publius Virgilius Maro, réalisée par Antonius Bourgeois, curé de Saint-Germain et membre du Collège de Crèfpiaco, en décembre 1754. Cette édition est destinée aux étudiants et est disponible à Sylvanecti chez Nicolaum Defroques et à Paris chez Carolus Hochereau. Bourgeois met en lumière les difficultés rencontrées par les débutants en latin, telles que la construction des phrases, la compréhension des mots usuels, l'interprétation des expressions figurées, le choix des significations dans un dictionnaire et la traduction en français. Pour surmonter ces obstacles, Bourgeois a structuré son ouvrage de manière pédagogique. Chaque phrase est présentée avec les mots rangés pour faciliter la traduction en français. Des interprétations au bas des pages expliquent et traduisent les expressions figurées. Des remarques sur les sujets, personnages et textes des églogues sont incluses en latin pour les lecteurs avancés. Un dictionnaire précis et clair termine le volume, aidant les débutants à choisir la bonne signification des mots. Le texte mentionne également une nouvelle traduction des livres de Cicéron sur la Vieillesse et l'Amitié, publiée à Paris chez Joseph Barbou, soulignant l'importance des traductions des ouvrages moraux pour leur impact durable sur l'esprit et le cœur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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