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p. 76-92
POÉSIES sacrées & Philosophiques, tirées des Livres Saints, par M. LE FRANC DE POMPIGNAN, nouvelle Edition considérablement augmentée & enrichie de gravures, volume in-4°. A Paris, de l'Imprimerie de Prault, quai de Gêvres.
Début :
C'EST en 1751 que parut la première édition de cet ouvrage. Tous les Journalistes [...]
Mots clefs :
Discours, Vertu, Ouvrage, Peuple, Honneur, Livres, Poésies, Prophéties, Cantiques
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texteReconnaissance textuelle : POÉSIES sacrées & Philosophiques, tirées des Livres Saints, par M. LE FRANC DE POMPIGNAN, nouvelle Edition considérablement augmentée & enrichie de gravures, volume in-4°. A Paris, de l'Imprimerie de Prault, quai de Gêvres.
POÉSIES facrées & Philofophiques ,
tirées des Livres Saints , par M. LE
FRANC DE POMPIGN AN
velle Edition confidérablement augmentée
& enrichie de gravures, volume
in-4° . A Paris de l'Imprimerie de
Prault , quai de Gévres.
,
C'EST en 1751 que parut la première
édition de cet ouvrage. Tous les Journaliſtes
en rendirent alors le compte le
plus avantageux ; & le Public fouvent
injufte quand il blâme , mais prèfque
toujours équitable quand il applaudit ,
reçut ces Poëfies facrées avec reconnoiffance.
En 1754 , Chaubert en donna une
feconde édition & celle que nous annonçons
eft la troifiéme. Le papier &
le caractère en font beaux ; les gravures
deffiuées par le célébre Cochin & exé-
1
OCTOBRE. 1763. 77
cutées par Prévôt font auffi ingénieufes
qu'agréables.
L'Auteur a fait beaucoup d'additions
à fon ouvrage , & nous avons lieu d'augurer
qu'elles obtiendront les éloges
des vrais Littérateurs , ainfi que les applaudiffemens
des âmes honnêtes, fenfibles
& vertueufès.
Après avoir luce Recueil fans partialité
( & jufqu'ici , nous n'imaginons
pas que l'on nous en foupçonne ) quelques
exemples choifis prefqu'au ha
zard juftifieront le jugement que nous
en portons , en renvoyant à l'Extrait
que le Mercure en donna en 1752 , pour
la partie de ce même Recueil qui parut
alors.
Cet ouvrage eft divifé en cinq livres.
Le premier renferme 19 Pieaumès , le
fecond 20 Cantiques , le troifiéme 7
Prophéties formant 18 Chapitres , le
quatriéme 16 Hymnes , & le cinquiéme
12 Difcours Philofophiques . Tout
cela eft terminé par l'examen qui fut
fait des premières éditions des Poëfies
facrées , & dont il a été rendu compte
en 1756.
Le Difcours Préliminaire est écrit
avec beaucoup de chaleur & d'agrément.
On y trouve des recherches , des
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
vues profondes , des difcuffions fçavantes
, mais parées de toutes les grâces de
la Littérature. Et ce qui eft affez rare
aujourd'hui dans un Auteur , celui - ci
parle toujours modeftement de luimême
& avec beaucoup d'éloges de
tous ceux qui ont parcouru la même
carrière avec quelques fuccès.
Si dans un ouvrage confacré à la
piété & à la religion , il s'éléve quelquefois
contre les incrédules s'il les
combat avec force , c'eft toujours en
ménageant les perfonnes , qu'il ne nomme
pas , qu'il fe garde même de défigner.
On fent qu'il voudroit les convaincre
, mais jamais les outrager.
L'Auteur fe flatte dans ce Difours
qu'on l'approuvera du moins d'avoir
imaginé des Poëmes Philofophiques
d'un caractère nouveau : » c'eft , dit- il ,
» un éffai fufceptible de perfection ,
» une route des plus ouvertes à la Poëfie
; nous avons aujourd'hui des Poë-
» tes Philofophes leurs vers valent
» mieux que les miens , j'en fuis per-
» fuadé ; mais la Philofophie de Salo-
» mon vaut certainement mieux que la
» leur , & c'eft celle- là que j'ai miſe
» en Vers. »
Mais entrons en matière ; il y a neuf
OCTOBRE. 1763 . 79
Pleaumes nouvellement traduits dans
cette édition . Le dernier eft fingulier
par la beauté & la variété des images ,
par le mêlange de douceur & l'élévation
qui y regne.
Dieu n'eft point,dit l'impie, il n'eft point, & la terre
Adore un étre nul par la peur encenſe ;
La peur forgea fon maître au feul bruit d'un tonnerre
Qu'il n'a jamais lancé .
À ce cri de révolte , à ce cri de démence
Dieu jette fur la terre un regard de douleur :
Il la parcourt , il cherche un refte de Prudence ;
Il ne trouve qu'erreur.
Il ne trouvé qu'ingrats armés contre leur père ;
Mais dans ces noirs accès d'un fiécle malheureux ,
Ce n'eft point la Raiſon , c'eſt le coeur qui profére
Ces blafphèmes affreux.
Telle eſt du'vice impur la puiffance empéllée ,
Des moeurs , de la vertu Dieu venge ainfi l'affront .
La doctrine à ſon tour eſt bientôt infectée
Quand le coeur fe corrompt.
Mépriſons , dira - t -il , les pleurs des Miférables ,
Perfécutons la veuve , opprimons l'orphelin ,
Et dans les maux publics prodiguons fur nos tables
Les pafums & le vin .
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
Le vice & la vertu font des noms arbitraires.
Le plaifir , l'intérêt , la force fait nos droits.
Laiffons aux malheureux , laiffons aux coeurs vul
gaires
Les autels & les loix.
Quand la mort l'a frappé , que refte - t - il de
l'homme ?
Notre esprit eft un fouffle , & le temps une fleur.
Que ce temps précieux dans les jeux fe confomme
Et mourons fans douleur.
Tu mourras en effet, mais non comme ru penfess
Ce fouffle prétendu furvit à ton trépas.
C'eſt une âme immortelle & leDieu des
Ne l'anéantit pas.
vengeances
Que de poëfie , de force , & de fublime
dans les Cantiques ! qu'on en juge
par le début & la fin du feiziéme . L'Auteur
ou plutôt le Prophéte Ezechiel
peint la magnificence & prédit la ruine
de Tyr.
O Tyr! ferois - tu fatisfaite ,
Toi qui difois à l'Univers :
Je ſuis d'une beauté parfaite ;
Mon trône eft bâti dans les mers?
Tes citoyens pour te conſtruire
Dans ta demeure ont fçu conduire
Les plus hauts cédres du Liban ,
OCTOBRE. 1763 . 81
Les fapins qu'Hernon nous préfente ,
Toutl'ivoire que l'Inde enfante ,
Et les vieux chênes de Bafun.
Après plufieurs Strophes confacrées à
décrire la richeffe & la magnificence
de cette Ville , l'Auteur continue ainfi.
Tyr! o trop fuperbe Reine,
Tes richeffes t'enfloient d'orgueil .
Des mers unique Souveraine
Tu ne redoutcis point l'écueil.
En vain l'orage te menace ,
Tes rameurs pleins de ton audace
Te ménent fur les grandes eaux,
Mais , ô confiance funefte !
Miniftres du courroux célefte
Les vents te brifent fur les flots.
Tes riches magafins , tes temples , tes portiques ,
Tes vaftes arénaux , tes palais magnifiques ,
Tes Prêtres , tes Soldats , les Docteurs de ta Lois
Tes tréfors , tes projets & tes grandeurs fi vaines
Et tes femmes hautaines
Dans les profondes mers tomberont avec toi.
En lifant cette dernière Strophe , ne
croit-on pas voir Tyr elle - même , s'écrouler
, fe perdre & s'abîmer dans les
flots ? & avec quel art l'Auteur nous
retrace en fix vers la ruine d'une ville.
D v
82 MERCURE DE FRANCE .
qu'il n'a bâtie pour ainfi dire que lentement
& à l'aide de près de quatre-vingt
vers ? M. de Pompignan femble fe furpaffer
encore dans les Prophéties. On en
pourra juger par quelques morceaux
de celle d'Ezechiel qui nous offre un
Tableau fi fidéle & fi frappant de la
réfurrection des morts.
Dans une trifte & vaſte plaine
La main du Seigneur m'a conduit ,
De nombreux offemens la campagne étoit pleine s
L'effroi me précéde & me ſuit.
Je parcours lentement cette affreuſe carrière
Et contemple en filence épars fur la pouffière ,
Ces reftes défléchés d'un peuple entier détruit .
Crois-tu , dit le Seigneur , homme à quije confie
Des fecrets qu'à toi ſeul ma bouche a réſervés ,
Que de leurs cendres relevés
Ces Morts retournent à la vie ?
C'eſt vous feul , ô mon Dieu ! vous feul qui le
fçavez.
Il dit , & je répéte à peine
Les oracles de fon pouvoir ,
Que j'entends partout dans la plaine
Ces os avec bruit fe mouvoir.
Dans leurs liens ils fe replacent
OCTOBRE . 1763 . 83
Leurs nerfs croiffent & s'entrelacent ,
Le fang inonde ſes canaux ,
La chair renaît & fe colore :
L'âme feule' manquoit encore
A ces habitans des tombeaux .
Mais le Seigneur fe firentendre ,
Et je m'écriai plein d'ardeur :
Elprit , hâtez-vous de deſcendre ,
Venez , Esprit réparateur ;
Soufflez des quatre Vents du Monde ,
Soufflez votre chaleur féconde
Sur ces corps prêts d'ouvrir les yeux.
Soudain le prodige s'achève ,
Et ce Peuple de morts ſé léve
Étonné de revoir les Cieux .
Les hymnes de M. de Pompignan
font abfolument à lui ; il y a pris tous
les ftyles afin d'entrer dans l'efprit de
tous les mystères . L'hymne de S. Louis
eft furtout intéreffante pour nous : on
n'ous y retrace en très-beaux vers les
traits les plus glorieux de la vie de ce
faint Roi
François , voici le jour de gloire ,
Le jour où les chants les plus doux
De l'Ayeol des Bourbons célébrent la mémoires
Coeurs François , applaudiffez tous.
D vj
MERCURE DE FRANCE.
Couvrons de fleurs & de feuillages
La demeure paible où Louis tient ſa Cour.
Nos ayeux y portoient les tributs de l'Amour
Portons ý des voeux , des hommages
Qui montentjufqu'à lui dans le divin féjour.
O Vincennes ! Palais champêtre ,
Tes bois antiques , tes vergers ,
Raffembloient autour de leur Maître
Les Grands , le Peuple , & les Bergers .
Quel éclat fur fon front ! quelle majefté fainte !
Qu'il fçavoit inſpirer de reſpect & de crainte
Lorsqu'il étoit aflis dans le Temple des Loix!
Qu'il donnoit de leçons & d'exemples aux Rois
Quand le glaive de fa juftice
Frappoit le faux honneur , le blafphême, & le vice,
Et du Trône infulté vengeoit les juſtes droits.
O miracle , ô Vertu ! Louis eft dans les chaînes
Et fes Vainqueurs fon à fes pieds.
On ne peut s'empêcher de citer la
dernière Strophe . C'eft expreffion des
fentimens & des voeux de tous les bons
François.
Que Louis en ce jour dans la gloire immortelle
De fon Peuple chéri reconnoille la voix,
OCTOBRE. 1763. 84
Qu'il foit de les Enfans à jamais le modéle ;
Et que du haut des Cieux il régne avec nos Rois :
Nous voilà , enfin , parvenus aux difcours
Philofophiques ; ils compofent le
3. Livre où tout eft frappant , le ftyle ,
l'arrangement , les Sujets , la Morale.
Les anciens Philofophes , dit Minutius
Felix , ont puifé la vérité dans les
Prophéties qu'ils ont altérées .
Malheur à moi , ajoute M. de Pompi
guan. » Malheur à ces difcours , s'ils
» étoient dans le même cas ; mais j'ofe
» croire qu'ils font à l'abri de toute
imputation de cette nature . Je dois
feulement prévenir le Lecteur qu'ils
» n'ont pas été travaillés dans le même
» ordre , ni fur le même plan que les
» Pleaumes , les Cantiques & les Pro-
" phéties. Là , je traduis fidélement
» ou j'imite avec exactitude l'original ;
» ici j'accommode le Texte aux Sujets
» que j'ai choifis , fujets tirés néan-
» moins des mêmes livres qui m'ont
» fourni les matériaux de l'ouvrage.
Pour cela j'ai pris dans différens cha-
» pitres tous les verfets relatifs au même
» objet ; je les ai liés enfemble ; j'en
» ai développé le fens & les preuves ,
» je leur ai donné une jufte étendue ;
86 MERCURE DE FRANCE .
» & j'en ai compofé des difcours déta-
» chés & indépendans l'un de l'autre .
» C'est la forme que j'ai obfervée à l'é-
» gard des Proverbes , parce que les
» matières y femblent mêlées & con-
» fondues . Ce Livre eft un tréfor de
» penſées .
Les bornes que nous fommes obligés
de nous préfcrire dans cet Extrait nous
empêchent de rendre un compte détaillé
de chacun de ces difcours ; nous
n'en rapporterons que quelques Morceaux
qui mettront le Lecteur à portée
de juger des autres .
La Sageffe eft le bras , l'oeil & l'âme des Rois .
A fes enfeignemens s'ils conforment leurs loix ,
Si par eux la Juſtice eft toujours révérée ,
Ils font puiffans , chéris , leur mémoire eft facrée.
Un infenfé qui règne eſt un monſtre cruel ;
Un Sage fur le Trône eſt un préſent du Ciel.
Le fecond difcours eft terminé par ces
Vers.
L'homme a dans fes devoirs l'objet de tous fes
voeux ;
Plus il leur eſt fidéle & plus il eſt heureux :
La vertu fut toujours la volupté fuprême.
Interroge le vice , il re dira lui-même
OCTOBRE. 1763. 87
Qu'il connut le plaifir , mais jamais le bonheur :
Il n'en eft point , mon fils , pour qui vit fans
honneur.
La Peinture du riche , dans le troifiéme
difcours mérite auffi d'être rapportée .
Le riche eft le jouet de fa propre fortune ;
C'eſt un tyran cruel dont le joug l'importune.
Tourmenté de defirs , de befoin déchiré ,
De rivaux , de jaloux , d'ennemis entouré ,
Ses biens font au pillage , & fes jours à l'enchère :
Son bonheur eft plus trifte encor que la mifère.
Lui-même il fe déchire & devient tour-à -tour
De fon coeur inquiet , la proie & le vautour.
Plein de fes pathons il ne connoît , il n'aime ,
Que les goûts , fes plaiſirs , la fortune & luimême.
Pofféder , acquérir , c'eſt ſa vertu , ſon art ;
Il fait de les trésors fon Temple & fon rempart.
C'eſt un mur qui l'entoure , où malgré ſon au❤
dace
Le fouffle des revers l'aceable & le terraffe.
Dans le quatriéme difcours qui eft
l'éloge de la vie laborieufe & champêtre,
88 MERCURE DE FRANCE.
de l'Economie , & de la Femme-forl'Auteur
débute ainfi :
te •
Heureux qui de fes mains cultive les fillons ;
Où fon champêtre ayeul planta fes pavillons ,
Qui demande à la terre un tribut légitime ,
Pour nourrir les mortels l'épuife & la ranime ,
Et par l'utile effort d'un foin toujours nouveau
En devient l'Econome , & non pas le fardeau !
•
On ne fera peut -être pas faché de
voir auffi le Portrait de la femme-forte.
Que pour d'autres le marbre entaſſé juſqu'aux
Cieux ,
Apprenne à l'Univers leurs titres glorieux ;
L'Artifan fecouru , la pauvreté bannie ,
Ses ferviteurs heureux , & fa famille unie ,
Des fils dont elle-même a formé la Raiſon ,
C'eſt dans ces monumens qu'elle aime à voir fon
nom :
C'eſt là qu'il ſe conſerve & qu'honoré des Sages
Il triomphe à la fois de l'envie & des âges.
O! crainte du Seigneur , tu régles tous fes pas
Tu repands fes tréfors , tu défens ſes appas
Le monde rend hommage à fa conduite auftére ,
Tout corrompu qu'il eft , c'eft un Juge févére ,
Qui dételte & méprife en dépit des flatteurs,
Les biens fans la vertu , la beauté fans les moeurs
OCTOBRE. 1763 . 89
Le cinquiéme difcours
lomnie , commence ainfi .
Aimer tous les humains d'une charité
fur la Capure
C'eft la Loi du Seigneur , le voeu de la Nature ,
Quelle douceur dans les vers qui terminent
ce difcours !
N'eft- il pas même encor des deferts & des bois ;
Où de la Calomnie on n'entend pas la voix ?
Fuyons avec l'honneur , fuyons dans cet aſyle ;
Oublions loin du monde , en ce féjour tranquile
Tout perfide ennemi , tout indigne rival.
Sur-tout ne diſons point : je lui rendrai le mal.
S'il a faim , que nos mets largement le nour
riffent ;
S'il a foif, que nos eaux foudain le rafraîchiſſent.
Nos foins & nos bienfaits , nos dans fur lui
verfés ,
Sont des charbons de feu fur la tête amaflés.
O Mortel ! c'est ainsi que la vertu ſe venge.
Les coeurs font à Dieu feul , c'eſt lui ſeul qui les
change.
Des bons & des méchans lui feul peut ordonner.
C'eſt à Dieu de punir , à nous de pardonner.
A la page 418 , ligne 7 , il s'eft gliffé
une faute d'impreffion :
Et que feroit-ce encor fi des faits diffamansa
Lifez traits diffamans.
go MERCURE DE FRANCE.
Le difcours fur les devoirs des Rois
& des Sujets , eft plein de force , d'éloquence
& d'agrémens.
Le pouvoir paternel , l'autorité fuprême
Sont des droits émanés du Créateur lui - même.
Dieu für la même tête unit leur double loi ;
Qui fit le premier père , a fait le premier Roi.
Le premier qui du Sceptre exerca la puiſſance ,
N'avoit que fes enfans fous fon obéiffance .
Les enfans à leur tour , dans ce Chef révéré ,
Obéiffoient à Dieu qui l'avoit confacré .
Dans ces noeuds que forma la fageffe divine ,
Du vrai Gouvernement nous trouvons l'origine ;
Sur l'intérêt commun fes titres font fondés.
Vous que régit un Maître & vous qui comman
dez ,
Confervez à jamais de fi doux caractères ;
Rois , voilà vos enfans ; Sujets , voilà vos pères.
Que n'exigeons-nous pas , impérieux Sujets :
Des talens , des vertus , & même des ſuccès ?
Vous dont le coeur eft droit , l'âme tranquille &
faine ,
Parcourez les devoirs de cette vie humaine ,
Obfervez bien les Rois , & vous direz : hélas !
Trop heureux qui fçait l'être , heureux qui ne
l'eft pas .
OCTOBRE. 1763 .
Le feptiéme difcours renferme les deux
premiersChapitres de l'Eccléfiafte . L'Auteur
parcourt tous les âges, toutes les conditions
, & c. il en fait la peinture la plus
vraie , la plus agréable , & conclut avec
le Sage que tout n'eft que vanité.
Depuis que ces objets affiégent mes efprits
Que la vie à mes yeux a pèrdu de fon prix !
Elle m'eft importune , & fon fardeau m'accable.
Ne la furchargeons plus d'un travail milérable.
C'eſt le fort d'un Pécheur d'augmenter fes befoins
,
D'abandonner fon âme à d'inutiles foins ,
De pofféder fans goût , d'acquérir fans meſure.
Savourons fobrement les dons de la Nature ;
Ils viennent de Dieu même , ils font pour les humains
:
Enjouir fans abus c'eft remplir fes deffeins .
L'art de fe modérer naît de l'expérience.
Aux Mortels qu'il chérit Dieu donne la ſcience ,
La fageffe , la paix , & les loisirs heureux ;
Le reste eft fuperflus , s'il n'eſt pas dangereux .
Dans les cinq derniers difcours l'Auteur
fuit le plan de l'Eccléfiafte , &
garde l'ordre des Chapitres. Ils font
dignes des fept premiers. Les différens
morceaux que nous venons de rapporter
nous ont paru propres à faire con- .
92 MERCURE DE FRANCE.
noître le mérite des Poëfies facrées ; &,
l'on ne peut être foupçonné de vouloir
en impofer au Public , quand on met
fous fes yeux dequoi juftifier le jugement
qu'on porte de l'Ouvrage entier
d'un Citoyen qui a toujours fait autant
d'honneur aux Lettres par l'éclat & le
fuccès avec lequel il les a cultivées, que
par la manière diftinguée dont il a rempli
une des premières Places de la Magiftrature.
tirées des Livres Saints , par M. LE
FRANC DE POMPIGN AN
velle Edition confidérablement augmentée
& enrichie de gravures, volume
in-4° . A Paris de l'Imprimerie de
Prault , quai de Gévres.
,
C'EST en 1751 que parut la première
édition de cet ouvrage. Tous les Journaliſtes
en rendirent alors le compte le
plus avantageux ; & le Public fouvent
injufte quand il blâme , mais prèfque
toujours équitable quand il applaudit ,
reçut ces Poëfies facrées avec reconnoiffance.
En 1754 , Chaubert en donna une
feconde édition & celle que nous annonçons
eft la troifiéme. Le papier &
le caractère en font beaux ; les gravures
deffiuées par le célébre Cochin & exé-
1
OCTOBRE. 1763. 77
cutées par Prévôt font auffi ingénieufes
qu'agréables.
L'Auteur a fait beaucoup d'additions
à fon ouvrage , & nous avons lieu d'augurer
qu'elles obtiendront les éloges
des vrais Littérateurs , ainfi que les applaudiffemens
des âmes honnêtes, fenfibles
& vertueufès.
Après avoir luce Recueil fans partialité
( & jufqu'ici , nous n'imaginons
pas que l'on nous en foupçonne ) quelques
exemples choifis prefqu'au ha
zard juftifieront le jugement que nous
en portons , en renvoyant à l'Extrait
que le Mercure en donna en 1752 , pour
la partie de ce même Recueil qui parut
alors.
Cet ouvrage eft divifé en cinq livres.
Le premier renferme 19 Pieaumès , le
fecond 20 Cantiques , le troifiéme 7
Prophéties formant 18 Chapitres , le
quatriéme 16 Hymnes , & le cinquiéme
12 Difcours Philofophiques . Tout
cela eft terminé par l'examen qui fut
fait des premières éditions des Poëfies
facrées , & dont il a été rendu compte
en 1756.
Le Difcours Préliminaire est écrit
avec beaucoup de chaleur & d'agrément.
On y trouve des recherches , des
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
vues profondes , des difcuffions fçavantes
, mais parées de toutes les grâces de
la Littérature. Et ce qui eft affez rare
aujourd'hui dans un Auteur , celui - ci
parle toujours modeftement de luimême
& avec beaucoup d'éloges de
tous ceux qui ont parcouru la même
carrière avec quelques fuccès.
Si dans un ouvrage confacré à la
piété & à la religion , il s'éléve quelquefois
contre les incrédules s'il les
combat avec force , c'eft toujours en
ménageant les perfonnes , qu'il ne nomme
pas , qu'il fe garde même de défigner.
On fent qu'il voudroit les convaincre
, mais jamais les outrager.
L'Auteur fe flatte dans ce Difours
qu'on l'approuvera du moins d'avoir
imaginé des Poëmes Philofophiques
d'un caractère nouveau : » c'eft , dit- il ,
» un éffai fufceptible de perfection ,
» une route des plus ouvertes à la Poëfie
; nous avons aujourd'hui des Poë-
» tes Philofophes leurs vers valent
» mieux que les miens , j'en fuis per-
» fuadé ; mais la Philofophie de Salo-
» mon vaut certainement mieux que la
» leur , & c'eft celle- là que j'ai miſe
» en Vers. »
Mais entrons en matière ; il y a neuf
OCTOBRE. 1763 . 79
Pleaumes nouvellement traduits dans
cette édition . Le dernier eft fingulier
par la beauté & la variété des images ,
par le mêlange de douceur & l'élévation
qui y regne.
Dieu n'eft point,dit l'impie, il n'eft point, & la terre
Adore un étre nul par la peur encenſe ;
La peur forgea fon maître au feul bruit d'un tonnerre
Qu'il n'a jamais lancé .
À ce cri de révolte , à ce cri de démence
Dieu jette fur la terre un regard de douleur :
Il la parcourt , il cherche un refte de Prudence ;
Il ne trouve qu'erreur.
Il ne trouvé qu'ingrats armés contre leur père ;
Mais dans ces noirs accès d'un fiécle malheureux ,
Ce n'eft point la Raiſon , c'eſt le coeur qui profére
Ces blafphèmes affreux.
Telle eſt du'vice impur la puiffance empéllée ,
Des moeurs , de la vertu Dieu venge ainfi l'affront .
La doctrine à ſon tour eſt bientôt infectée
Quand le coeur fe corrompt.
Mépriſons , dira - t -il , les pleurs des Miférables ,
Perfécutons la veuve , opprimons l'orphelin ,
Et dans les maux publics prodiguons fur nos tables
Les pafums & le vin .
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
Le vice & la vertu font des noms arbitraires.
Le plaifir , l'intérêt , la force fait nos droits.
Laiffons aux malheureux , laiffons aux coeurs vul
gaires
Les autels & les loix.
Quand la mort l'a frappé , que refte - t - il de
l'homme ?
Notre esprit eft un fouffle , & le temps une fleur.
Que ce temps précieux dans les jeux fe confomme
Et mourons fans douleur.
Tu mourras en effet, mais non comme ru penfess
Ce fouffle prétendu furvit à ton trépas.
C'eſt une âme immortelle & leDieu des
Ne l'anéantit pas.
vengeances
Que de poëfie , de force , & de fublime
dans les Cantiques ! qu'on en juge
par le début & la fin du feiziéme . L'Auteur
ou plutôt le Prophéte Ezechiel
peint la magnificence & prédit la ruine
de Tyr.
O Tyr! ferois - tu fatisfaite ,
Toi qui difois à l'Univers :
Je ſuis d'une beauté parfaite ;
Mon trône eft bâti dans les mers?
Tes citoyens pour te conſtruire
Dans ta demeure ont fçu conduire
Les plus hauts cédres du Liban ,
OCTOBRE. 1763 . 81
Les fapins qu'Hernon nous préfente ,
Toutl'ivoire que l'Inde enfante ,
Et les vieux chênes de Bafun.
Après plufieurs Strophes confacrées à
décrire la richeffe & la magnificence
de cette Ville , l'Auteur continue ainfi.
Tyr! o trop fuperbe Reine,
Tes richeffes t'enfloient d'orgueil .
Des mers unique Souveraine
Tu ne redoutcis point l'écueil.
En vain l'orage te menace ,
Tes rameurs pleins de ton audace
Te ménent fur les grandes eaux,
Mais , ô confiance funefte !
Miniftres du courroux célefte
Les vents te brifent fur les flots.
Tes riches magafins , tes temples , tes portiques ,
Tes vaftes arénaux , tes palais magnifiques ,
Tes Prêtres , tes Soldats , les Docteurs de ta Lois
Tes tréfors , tes projets & tes grandeurs fi vaines
Et tes femmes hautaines
Dans les profondes mers tomberont avec toi.
En lifant cette dernière Strophe , ne
croit-on pas voir Tyr elle - même , s'écrouler
, fe perdre & s'abîmer dans les
flots ? & avec quel art l'Auteur nous
retrace en fix vers la ruine d'une ville.
D v
82 MERCURE DE FRANCE .
qu'il n'a bâtie pour ainfi dire que lentement
& à l'aide de près de quatre-vingt
vers ? M. de Pompignan femble fe furpaffer
encore dans les Prophéties. On en
pourra juger par quelques morceaux
de celle d'Ezechiel qui nous offre un
Tableau fi fidéle & fi frappant de la
réfurrection des morts.
Dans une trifte & vaſte plaine
La main du Seigneur m'a conduit ,
De nombreux offemens la campagne étoit pleine s
L'effroi me précéde & me ſuit.
Je parcours lentement cette affreuſe carrière
Et contemple en filence épars fur la pouffière ,
Ces reftes défléchés d'un peuple entier détruit .
Crois-tu , dit le Seigneur , homme à quije confie
Des fecrets qu'à toi ſeul ma bouche a réſervés ,
Que de leurs cendres relevés
Ces Morts retournent à la vie ?
C'eſt vous feul , ô mon Dieu ! vous feul qui le
fçavez.
Il dit , & je répéte à peine
Les oracles de fon pouvoir ,
Que j'entends partout dans la plaine
Ces os avec bruit fe mouvoir.
Dans leurs liens ils fe replacent
OCTOBRE . 1763 . 83
Leurs nerfs croiffent & s'entrelacent ,
Le fang inonde ſes canaux ,
La chair renaît & fe colore :
L'âme feule' manquoit encore
A ces habitans des tombeaux .
Mais le Seigneur fe firentendre ,
Et je m'écriai plein d'ardeur :
Elprit , hâtez-vous de deſcendre ,
Venez , Esprit réparateur ;
Soufflez des quatre Vents du Monde ,
Soufflez votre chaleur féconde
Sur ces corps prêts d'ouvrir les yeux.
Soudain le prodige s'achève ,
Et ce Peuple de morts ſé léve
Étonné de revoir les Cieux .
Les hymnes de M. de Pompignan
font abfolument à lui ; il y a pris tous
les ftyles afin d'entrer dans l'efprit de
tous les mystères . L'hymne de S. Louis
eft furtout intéreffante pour nous : on
n'ous y retrace en très-beaux vers les
traits les plus glorieux de la vie de ce
faint Roi
François , voici le jour de gloire ,
Le jour où les chants les plus doux
De l'Ayeol des Bourbons célébrent la mémoires
Coeurs François , applaudiffez tous.
D vj
MERCURE DE FRANCE.
Couvrons de fleurs & de feuillages
La demeure paible où Louis tient ſa Cour.
Nos ayeux y portoient les tributs de l'Amour
Portons ý des voeux , des hommages
Qui montentjufqu'à lui dans le divin féjour.
O Vincennes ! Palais champêtre ,
Tes bois antiques , tes vergers ,
Raffembloient autour de leur Maître
Les Grands , le Peuple , & les Bergers .
Quel éclat fur fon front ! quelle majefté fainte !
Qu'il fçavoit inſpirer de reſpect & de crainte
Lorsqu'il étoit aflis dans le Temple des Loix!
Qu'il donnoit de leçons & d'exemples aux Rois
Quand le glaive de fa juftice
Frappoit le faux honneur , le blafphême, & le vice,
Et du Trône infulté vengeoit les juſtes droits.
O miracle , ô Vertu ! Louis eft dans les chaînes
Et fes Vainqueurs fon à fes pieds.
On ne peut s'empêcher de citer la
dernière Strophe . C'eft expreffion des
fentimens & des voeux de tous les bons
François.
Que Louis en ce jour dans la gloire immortelle
De fon Peuple chéri reconnoille la voix,
OCTOBRE. 1763. 84
Qu'il foit de les Enfans à jamais le modéle ;
Et que du haut des Cieux il régne avec nos Rois :
Nous voilà , enfin , parvenus aux difcours
Philofophiques ; ils compofent le
3. Livre où tout eft frappant , le ftyle ,
l'arrangement , les Sujets , la Morale.
Les anciens Philofophes , dit Minutius
Felix , ont puifé la vérité dans les
Prophéties qu'ils ont altérées .
Malheur à moi , ajoute M. de Pompi
guan. » Malheur à ces difcours , s'ils
» étoient dans le même cas ; mais j'ofe
» croire qu'ils font à l'abri de toute
imputation de cette nature . Je dois
feulement prévenir le Lecteur qu'ils
» n'ont pas été travaillés dans le même
» ordre , ni fur le même plan que les
» Pleaumes , les Cantiques & les Pro-
" phéties. Là , je traduis fidélement
» ou j'imite avec exactitude l'original ;
» ici j'accommode le Texte aux Sujets
» que j'ai choifis , fujets tirés néan-
» moins des mêmes livres qui m'ont
» fourni les matériaux de l'ouvrage.
Pour cela j'ai pris dans différens cha-
» pitres tous les verfets relatifs au même
» objet ; je les ai liés enfemble ; j'en
» ai développé le fens & les preuves ,
» je leur ai donné une jufte étendue ;
86 MERCURE DE FRANCE .
» & j'en ai compofé des difcours déta-
» chés & indépendans l'un de l'autre .
» C'est la forme que j'ai obfervée à l'é-
» gard des Proverbes , parce que les
» matières y femblent mêlées & con-
» fondues . Ce Livre eft un tréfor de
» penſées .
Les bornes que nous fommes obligés
de nous préfcrire dans cet Extrait nous
empêchent de rendre un compte détaillé
de chacun de ces difcours ; nous
n'en rapporterons que quelques Morceaux
qui mettront le Lecteur à portée
de juger des autres .
La Sageffe eft le bras , l'oeil & l'âme des Rois .
A fes enfeignemens s'ils conforment leurs loix ,
Si par eux la Juſtice eft toujours révérée ,
Ils font puiffans , chéris , leur mémoire eft facrée.
Un infenfé qui règne eſt un monſtre cruel ;
Un Sage fur le Trône eſt un préſent du Ciel.
Le fecond difcours eft terminé par ces
Vers.
L'homme a dans fes devoirs l'objet de tous fes
voeux ;
Plus il leur eſt fidéle & plus il eſt heureux :
La vertu fut toujours la volupté fuprême.
Interroge le vice , il re dira lui-même
OCTOBRE. 1763. 87
Qu'il connut le plaifir , mais jamais le bonheur :
Il n'en eft point , mon fils , pour qui vit fans
honneur.
La Peinture du riche , dans le troifiéme
difcours mérite auffi d'être rapportée .
Le riche eft le jouet de fa propre fortune ;
C'eſt un tyran cruel dont le joug l'importune.
Tourmenté de defirs , de befoin déchiré ,
De rivaux , de jaloux , d'ennemis entouré ,
Ses biens font au pillage , & fes jours à l'enchère :
Son bonheur eft plus trifte encor que la mifère.
Lui-même il fe déchire & devient tour-à -tour
De fon coeur inquiet , la proie & le vautour.
Plein de fes pathons il ne connoît , il n'aime ,
Que les goûts , fes plaiſirs , la fortune & luimême.
Pofféder , acquérir , c'eſt ſa vertu , ſon art ;
Il fait de les trésors fon Temple & fon rempart.
C'eſt un mur qui l'entoure , où malgré ſon au❤
dace
Le fouffle des revers l'aceable & le terraffe.
Dans le quatriéme difcours qui eft
l'éloge de la vie laborieufe & champêtre,
88 MERCURE DE FRANCE.
de l'Economie , & de la Femme-forl'Auteur
débute ainfi :
te •
Heureux qui de fes mains cultive les fillons ;
Où fon champêtre ayeul planta fes pavillons ,
Qui demande à la terre un tribut légitime ,
Pour nourrir les mortels l'épuife & la ranime ,
Et par l'utile effort d'un foin toujours nouveau
En devient l'Econome , & non pas le fardeau !
•
On ne fera peut -être pas faché de
voir auffi le Portrait de la femme-forte.
Que pour d'autres le marbre entaſſé juſqu'aux
Cieux ,
Apprenne à l'Univers leurs titres glorieux ;
L'Artifan fecouru , la pauvreté bannie ,
Ses ferviteurs heureux , & fa famille unie ,
Des fils dont elle-même a formé la Raiſon ,
C'eſt dans ces monumens qu'elle aime à voir fon
nom :
C'eſt là qu'il ſe conſerve & qu'honoré des Sages
Il triomphe à la fois de l'envie & des âges.
O! crainte du Seigneur , tu régles tous fes pas
Tu repands fes tréfors , tu défens ſes appas
Le monde rend hommage à fa conduite auftére ,
Tout corrompu qu'il eft , c'eft un Juge févére ,
Qui dételte & méprife en dépit des flatteurs,
Les biens fans la vertu , la beauté fans les moeurs
OCTOBRE. 1763 . 89
Le cinquiéme difcours
lomnie , commence ainfi .
Aimer tous les humains d'une charité
fur la Capure
C'eft la Loi du Seigneur , le voeu de la Nature ,
Quelle douceur dans les vers qui terminent
ce difcours !
N'eft- il pas même encor des deferts & des bois ;
Où de la Calomnie on n'entend pas la voix ?
Fuyons avec l'honneur , fuyons dans cet aſyle ;
Oublions loin du monde , en ce féjour tranquile
Tout perfide ennemi , tout indigne rival.
Sur-tout ne diſons point : je lui rendrai le mal.
S'il a faim , que nos mets largement le nour
riffent ;
S'il a foif, que nos eaux foudain le rafraîchiſſent.
Nos foins & nos bienfaits , nos dans fur lui
verfés ,
Sont des charbons de feu fur la tête amaflés.
O Mortel ! c'est ainsi que la vertu ſe venge.
Les coeurs font à Dieu feul , c'eſt lui ſeul qui les
change.
Des bons & des méchans lui feul peut ordonner.
C'eſt à Dieu de punir , à nous de pardonner.
A la page 418 , ligne 7 , il s'eft gliffé
une faute d'impreffion :
Et que feroit-ce encor fi des faits diffamansa
Lifez traits diffamans.
go MERCURE DE FRANCE.
Le difcours fur les devoirs des Rois
& des Sujets , eft plein de force , d'éloquence
& d'agrémens.
Le pouvoir paternel , l'autorité fuprême
Sont des droits émanés du Créateur lui - même.
Dieu für la même tête unit leur double loi ;
Qui fit le premier père , a fait le premier Roi.
Le premier qui du Sceptre exerca la puiſſance ,
N'avoit que fes enfans fous fon obéiffance .
Les enfans à leur tour , dans ce Chef révéré ,
Obéiffoient à Dieu qui l'avoit confacré .
Dans ces noeuds que forma la fageffe divine ,
Du vrai Gouvernement nous trouvons l'origine ;
Sur l'intérêt commun fes titres font fondés.
Vous que régit un Maître & vous qui comman
dez ,
Confervez à jamais de fi doux caractères ;
Rois , voilà vos enfans ; Sujets , voilà vos pères.
Que n'exigeons-nous pas , impérieux Sujets :
Des talens , des vertus , & même des ſuccès ?
Vous dont le coeur eft droit , l'âme tranquille &
faine ,
Parcourez les devoirs de cette vie humaine ,
Obfervez bien les Rois , & vous direz : hélas !
Trop heureux qui fçait l'être , heureux qui ne
l'eft pas .
OCTOBRE. 1763 .
Le feptiéme difcours renferme les deux
premiersChapitres de l'Eccléfiafte . L'Auteur
parcourt tous les âges, toutes les conditions
, & c. il en fait la peinture la plus
vraie , la plus agréable , & conclut avec
le Sage que tout n'eft que vanité.
Depuis que ces objets affiégent mes efprits
Que la vie à mes yeux a pèrdu de fon prix !
Elle m'eft importune , & fon fardeau m'accable.
Ne la furchargeons plus d'un travail milérable.
C'eſt le fort d'un Pécheur d'augmenter fes befoins
,
D'abandonner fon âme à d'inutiles foins ,
De pofféder fans goût , d'acquérir fans meſure.
Savourons fobrement les dons de la Nature ;
Ils viennent de Dieu même , ils font pour les humains
:
Enjouir fans abus c'eft remplir fes deffeins .
L'art de fe modérer naît de l'expérience.
Aux Mortels qu'il chérit Dieu donne la ſcience ,
La fageffe , la paix , & les loisirs heureux ;
Le reste eft fuperflus , s'il n'eſt pas dangereux .
Dans les cinq derniers difcours l'Auteur
fuit le plan de l'Eccléfiafte , &
garde l'ordre des Chapitres. Ils font
dignes des fept premiers. Les différens
morceaux que nous venons de rapporter
nous ont paru propres à faire con- .
92 MERCURE DE FRANCE.
noître le mérite des Poëfies facrées ; &,
l'on ne peut être foupçonné de vouloir
en impofer au Public , quand on met
fous fes yeux dequoi juftifier le jugement
qu'on porte de l'Ouvrage entier
d'un Citoyen qui a toujours fait autant
d'honneur aux Lettres par l'éclat & le
fuccès avec lequel il les a cultivées, que
par la manière diftinguée dont il a rempli
une des premières Places de la Magiftrature.
Fermer
152
p. 203-205
De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
Début :
Le 24 du mois dernier, la Duchesse de Richmond fut présentée à Leurs Majestés, [...]
Mots clefs :
Duchesse, Famille royale, Marquise , Contrat de mariage, Comte, Discours sur la paix, Honneur, Audience, Ministres, Régiment, Fête de l'Assomption, Procession, Chapitre, Église, Colonel, Religieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
De COMPIEGNE , le 20 Août 1763 .
LE 24 du mois dernier , la Ducheſſe de Richmond
fut préfentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à
la Famille Royale , par la Ducheffe de Fitz- James ,
& prit le tabouret chez la Reine. La Marquise de
Montmirel fut auffi préfentée par la Ducheffe de
Villequier.
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
le même jour , le contrat de Mariage du Comte
de Montchenu , Exempt des Gardes-du - Corps du
Roi , avec Demoiſelle de Bully , fille du fieur de
Buffy , Premier Préfident du Bureau des Finances
de la Généralité de Bourges.
Le Comte de Maillebois , a obtenu du Roi la
permiffion d'aller en Espagne pour les affaires particulieres
, & Sa Majefté a trouvé bon qu'il vînt
prendre congé d'elle avant que de partir.
Le 24 le fieur Fourneau , Recteur de l'Univerfité
, accompagné du fieur Mathieu , Principal du
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
College de Compiegne & de plufieurs Profeffeurs ,
eut l'honneur de préfenter au Roi , à Monſeigneur
le Dauphin , à Monfeigneur le Duc de Berry , &
AMonfeigneur le Comte de Provence , un Difcours
latin fur la Paix , qui a été prononcé par le fieur le
Beau le cadet, de l'Academie des Infcriptions &
Belles Lettres.
Dom Etienne , Religieux de S. Hubert , eur
auffi l'honneur de préfenter au Roi les Oiseaux &
les Chiens qu'il eft d'ufage d'envoyer de S. Hubert
en préfent a Sa Majefté.
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Marquis d'Armentieres. Le 2 de ce
mois , le fieur Neville - Neville eut une Audience
particuliere du Roi , dans laquelle il remit , en fa
qualité de Miniftre Plénipotentiaire de la Cour
d'Angleterre , fes Lettres de créance à Sa Majefté.
Le Comte de Wedelfriz , Envoyé extraordinaire de
Danemark , eut auffi le 4 une Audience particuliere,
dans laquelle il préfenta au Roi fes lettres
de rappel. Ces deux Miniftres furent conduits à
ces Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine & de
Ja Famille Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
1 Le 7 de ce mois , Leurs
Majeftés
ainsi que la
Famille
Royale
, fignerent
le Contrat
de Mariage
du feur Bourgeois
de Boynes
, Confeiller
d'Etat ,
avec Demoiſelle
Desgolz
.
Le Régiment de Salis , Grifon , faifant routepar
cette Ville pour fe rendre à fa deſtination , a paffé
en revue , le 8 de ce mois , devant le Roi qui étoit
accompagné de Monfeigneur le Dauphin , de
Madame la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de
Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence , de
Madame Adélaïde , de Meldames Victoires , Sophie
& Louife, du Duc de Chartres, du Prince de
7
OCTOBRE . 1763. 205
Condé , du Duc de Penthiévre & du Prince de
Lamballe. Ce Régiment a fait plufieurs évolutions
dont Sa Majesté a paru fort fatisfaite .
Le is , fête de l'Alfomption de la Sainte Vierge,
le Roi & la Reine accompagnés de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Ma
dame Adélaïde & des Mefdames Victoire , Sophie
& Louiſe , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye
Royale de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifiérent
aux Vêpres , & enfuite à la Proffeffion folemnelle
qui fe fait chaque année le même jour dans
tout le Royaume pour l'accompliffement du voeu
de Louis XIII. Dom Goudar , Grand Prieur de
l'Abbaye y Officia ; le Chapitre de S. Clément , le
Clergé des deux Paroitles , & tout le Clergé Régualier
s'y trouverent , ainfi que le Bailliage & le
Corps de Ville , qui eurent leur place dans le
Choeur le Chapitre de S. Clément & le Clergé des
deux Paroilles furent placés dans le Sanctuaire;
les deux Huifliers de la Chambre portoient leurs
Maffes devant le Roi. Après la Proceffion , Leurs
Majeftés entendirent le Salut dans la même Eglife.
Elles furent reçues & reconduites , avec les
cérémonies ordinaires , par le Grand - Prieur de
T'Abbaye , accompagné de fes Religieux.
Le 4 de ce mois , 'Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale fignerent le Contrat de Mariage
du Marquis de Crenolle & de Demo felle Mégrer
d'Etigny & le 17 celui du Marquis de Caraman,
Meftre-de-Camp du Régiment du Colonel-
Général Dragons , avec Demoiſelle de Monteffus
de Rully.
LE 24 du mois dernier , la Ducheſſe de Richmond
fut préfentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à
la Famille Royale , par la Ducheffe de Fitz- James ,
& prit le tabouret chez la Reine. La Marquise de
Montmirel fut auffi préfentée par la Ducheffe de
Villequier.
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
le même jour , le contrat de Mariage du Comte
de Montchenu , Exempt des Gardes-du - Corps du
Roi , avec Demoiſelle de Bully , fille du fieur de
Buffy , Premier Préfident du Bureau des Finances
de la Généralité de Bourges.
Le Comte de Maillebois , a obtenu du Roi la
permiffion d'aller en Espagne pour les affaires particulieres
, & Sa Majefté a trouvé bon qu'il vînt
prendre congé d'elle avant que de partir.
Le 24 le fieur Fourneau , Recteur de l'Univerfité
, accompagné du fieur Mathieu , Principal du
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
College de Compiegne & de plufieurs Profeffeurs ,
eut l'honneur de préfenter au Roi , à Monſeigneur
le Dauphin , à Monfeigneur le Duc de Berry , &
AMonfeigneur le Comte de Provence , un Difcours
latin fur la Paix , qui a été prononcé par le fieur le
Beau le cadet, de l'Academie des Infcriptions &
Belles Lettres.
Dom Etienne , Religieux de S. Hubert , eur
auffi l'honneur de préfenter au Roi les Oiseaux &
les Chiens qu'il eft d'ufage d'envoyer de S. Hubert
en préfent a Sa Majefté.
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Marquis d'Armentieres. Le 2 de ce
mois , le fieur Neville - Neville eut une Audience
particuliere du Roi , dans laquelle il remit , en fa
qualité de Miniftre Plénipotentiaire de la Cour
d'Angleterre , fes Lettres de créance à Sa Majefté.
Le Comte de Wedelfriz , Envoyé extraordinaire de
Danemark , eut auffi le 4 une Audience particuliere,
dans laquelle il préfenta au Roi fes lettres
de rappel. Ces deux Miniftres furent conduits à
ces Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine & de
Ja Famille Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
1 Le 7 de ce mois , Leurs
Majeftés
ainsi que la
Famille
Royale
, fignerent
le Contrat
de Mariage
du feur Bourgeois
de Boynes
, Confeiller
d'Etat ,
avec Demoiſelle
Desgolz
.
Le Régiment de Salis , Grifon , faifant routepar
cette Ville pour fe rendre à fa deſtination , a paffé
en revue , le 8 de ce mois , devant le Roi qui étoit
accompagné de Monfeigneur le Dauphin , de
Madame la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de
Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence , de
Madame Adélaïde , de Meldames Victoires , Sophie
& Louife, du Duc de Chartres, du Prince de
7
OCTOBRE . 1763. 205
Condé , du Duc de Penthiévre & du Prince de
Lamballe. Ce Régiment a fait plufieurs évolutions
dont Sa Majesté a paru fort fatisfaite .
Le is , fête de l'Alfomption de la Sainte Vierge,
le Roi & la Reine accompagnés de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Ma
dame Adélaïde & des Mefdames Victoire , Sophie
& Louiſe , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye
Royale de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifiérent
aux Vêpres , & enfuite à la Proffeffion folemnelle
qui fe fait chaque année le même jour dans
tout le Royaume pour l'accompliffement du voeu
de Louis XIII. Dom Goudar , Grand Prieur de
l'Abbaye y Officia ; le Chapitre de S. Clément , le
Clergé des deux Paroitles , & tout le Clergé Régualier
s'y trouverent , ainfi que le Bailliage & le
Corps de Ville , qui eurent leur place dans le
Choeur le Chapitre de S. Clément & le Clergé des
deux Paroilles furent placés dans le Sanctuaire;
les deux Huifliers de la Chambre portoient leurs
Maffes devant le Roi. Après la Proceffion , Leurs
Majeftés entendirent le Salut dans la même Eglife.
Elles furent reçues & reconduites , avec les
cérémonies ordinaires , par le Grand - Prieur de
T'Abbaye , accompagné de fes Religieux.
Le 4 de ce mois , 'Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale fignerent le Contrat de Mariage
du Marquis de Crenolle & de Demo felle Mégrer
d'Etigny & le 17 celui du Marquis de Caraman,
Meftre-de-Camp du Régiment du Colonel-
Général Dragons , avec Demoiſelle de Monteffus
de Rully.
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Résumé : De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
En juillet et août 1763, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour royale. Le 24 juillet, la Duchesse de Richmond et la Marquise de Montmirel furent présentées à Leurs Majestés et à la Famille Royale par les Duchesses de Fitz-James et de Villequier, respectivement. Le même jour, le contrat de mariage du Comte de Montchenu avec Mademoiselle de Bully fut signé, et le Comte de Maillebois obtint la permission du Roi pour se rendre en Espagne. Le 24 août, le sieur Fourneau, Recteur de l'Université, accompagné de plusieurs professeurs, présenta un discours latin sur la paix au Roi, au Dauphin, au Duc de Berry et au Comte de Provence. Dom Étienne, Religieux de Saint-Hubert, offrit des oiseaux et des chiens au Roi. Le Marquis d'Armentières reçut les entrées de la Chambre du Roi, et le sieur Neville-Neville, Ministre Plénipotentiaire de la Cour d'Angleterre, remit ses lettres de créance au Roi. Le Comte de Wedelfriz, Envoyé extraordinaire du Danemark, présenta ses lettres de rappel. Le 7 août, le contrat de mariage du sieur Bourgeois de Boynes avec Mademoiselle Desgolz fut signé. Le 8 août, le Régiment de Salis-Salis passa en revue devant le Roi et la Famille Royale. Le 11 août, à l'occasion de la fête de l'Assomption de la Sainte Vierge, le Roi et la Reine assistèrent aux vêpres et à la procession solennelle à l'Abbaye Royale de Saint-Corneille. Le 4 août, le contrat de mariage du Marquis de Crenolle avec Demoiselle Méger d'Etigny fut signé. Le 17 août, ce fut au tour du Marquis de Caraman et de Demoiselle de Montessus de Rully.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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153
p. 166-175
LETTRE de M. DECAUSANS, Commissaire-Ordonnateur & Intendant de l'Isle de Minorque, à M. KEYSER.
Début :
JE vous ai prévenu, Monsieur, du traitement qu'avoit entrepris M. de la [...]
Mots clefs :
Chirurgie, Médecine, Sciences, Guérison, Ministre, Honneur, Ventilateur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DECAUSANS, Commissaire-Ordonnateur & Intendant de l'Isle de Minorque, à M. KEYSER.
LETTRE de M. DECAUSANS , Com
miffaire- Ordonnateur & Intendant de
l'Ile de Minorque. , à M. KEYSER ,
JEE vous ai prévenu , Monfieur , du
traitement qu'avoit entrepris M. de la
Chapelle Médecin du Roi , à Minorque ,
du Sr D... Garde-Magafin il a eu le
plus heureux fuccès. J'ai vu par moimême
l'état défefpéré de cet Employé ,
je l'ai vifité fouvent pendant l'adminif
tration pour m'affurer des progrès &
de la réalité de la guérifon . J'ai eu la
fatisfa&tion ainfi que toute la garnifon
qui s'intéreffoit à fon état , de le voir
guéri & dans fon premier état de fanté
, au nez piès qu'il avoit perdu avant
OCTOBRE . 1763 . 167
ce traitement. Avant de rendre compte
au Miniftre de cette guérifon étonnante
, j'ai voulu avoir des affurances
qu'elle fe foûtenoit ; & comme cet Employé
eft à Marfeille , j'ai reçu la nouvelle
fatisfaifante qu'il y jouiffoit de la
meilleure fanté ; qu'il a repris avec fon
premier embonpoint fa couleur naturelle.
J'en rends compte par cet ordinaire
au Miniftre , en lui adreffant une
relation de cette cure que j'ai com
muniquée pareillement à notre Société
Royale des Sciences , dont j'ai l'honneur
d'être Affocié libre , qui après avoir
donné les plus grands éloges & à votre
Reméde , & à l'application qu'en a faite
ce Médecin , l'a reçu par acclamation
Affocié Correfpondant . Il est néceffaire
que vous preniez au Bureau de la Guerre
copie de cette relation que vous lirez
avec plaifir , parce qu'elle confirme au
coin de la vérité , l'efficacité de votre
Reméde .
Je doute que vous ayez une cure
plus étonnante que celle du Sr D....
qui a été opérée aux yeux de toute la
Garnifon de Minorque , témoin de fon
état défefpéré.
J'ai l'honneur d'être , & c .
DE CAUS ANS ,
168 MERCURE DE FRANCE.
Il eft certain que fuivant la Relation
envoyée au Miniftre & à la Société
Royale des Sciences de Montpellier ,
il est peu d'exemples de l'état affreux où
étoit ce Commis , qui avoit été traité
cinq fois par les frictions aux dofes les
plus fortes & avec tout l'art poffible ,
lefquelles augmentoient même fon état
déplorable en irritant fes maux plutôt
que de les foulager. Exoftofes , anchilofes
, ulcères profonds , caries , ophtalmie
, furdité , infomnie , maraſme , &
généralement tous les accidens les plus
graves étoient réunis , & ne lui laiffoient
aucune forte d'efpérance.
LISTE de MM. les Médecins & Chie
rurgiens Correfpondans de M. Keyfer.
M. Imbert , Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier , Médecin
de l'Hôpital du Roi .
M. Batigne , Docteur
en Médecine .
M. Goulard, Chirurgien
Major de l'Hôpital du
Roi.
à Montpellier.
M
OCTOBRE . 1763. 169
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Sciences . à Rouen.
Les RR. PP . de la Charité.
M. Marmion , Médecin de à Grenoble.
l'Hôpital du Roi.
Les RR. PP. de la Charité.
M. Defmoulins , Maitre
en Chirurgie.
}
à la Rochelle.
M. Razoux , Docteur en Médecine .
à
Nifmes.
M. de Freffiniat, Docteur en Médecine.
à Limoges.
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
à Nantes.
M. Piers , Docteur en Médecine .
à
Troyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine .
à Cambrái.
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer.
M. Paris , Docteur en Médecine .
à Arles.
M. Daffieu , Docteur en Médecine .
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur en Médecine.
à Saumur.
M. Leriche , Chirurgien Major.
à Strasbourg.
II. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
M. Ravaton
Major.
Chirurgien
M. Leguai , Chirurgien de à Landau.
feu S. A. S. M. le Margrave
de Bareith .
MM. Demontreux & Duval , Chirurgiens
Majors des Hôpitaux Militaires
& de Marine,
M. Souville , Chirurgien Major
de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien(
Major de Bearn .
à Breft.
à Calais.
M. Maret, Maître en Chirurgie . à Dijon.
M. Rey , Maître en Chirurgie . à Lyon.
M. de la Fourcade , Chirurgien
Major.
M. de la Plaine , Chirur
gien .
à Bordeaux.
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
à Toulouse.
à Caën.
M. Lepage , Maître en Chi-C Chirurgie.
M. Guillon , Maître en Chirurgie.
à Orléans:
Ma-2
à Lille.
M. Plancque , Chirurgien Major.
M.Warocquier , Chirurgien.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
à Etampes.
OCTOBRE. 1763. 171
MM. Bongourd & Duval , Maîtres en
à S. Malo.
Chirurgie.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
à Rennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
à
Angers.
MM.. Toujan , Chirurgiens & Apoticaires.
à l'Orient.
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
.rurgie.
M. Bernier , Chirurgien Major.
M. Beauregard , Chirurgien
Major.
à l'Ile de Rhé.
à Besançon.
à
Perpignan.
M. Michel , Chirurgien (
Major d'Artois.
M. Moffier , Chirurgien Major.
à
Avefnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Mifaibel , Chirurgien Major.
,
à Nanci.
Maîtres en
au Mans.
MM. Paton & de Villiers
Chirurgie .
M. Carpentier , Maître en Chirurgie.
à Dunkerque.
M. Ponthier , Maître en Chirurgie ,
à Aix en Provence.
M. Doufin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE .
M. Beauregard , Maître en Chirurgie .
à Avignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
à Rochefort.
M. Durand , ancien Chirurgien Major.
à Arras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
à Poitiers.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie .
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
à Marseille.
M. Ferrand , Maître en Chirurgie.
à Narbonne.
M. Frannie , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
PAYS ÉTRANGERS.
M. le Docteur Cooper. à Londres.
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
des Armées , feul Correfpondant.
M. Akrell , Chirurgien Major.
à Madrid.
à Stokolm.
à Genève.
MM. Guyot , Finc , & Dehanfu , Maîtres
en Chirurgie.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
à Bruxelles.
M. Lecat, Médecin & Chirurgien Major.
à Gand.
OCTOBRE . 1763 . 173
M. Bihher , Médecin .
M. Naudinat , Médecin.
M. Breydel , Chymifte.
M. Laborye , Chirurgien .
à Rotterdam.
à Cadix.
à Bruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet, Chirurgien . à S. Domingue.
M. Pujoll. à Conftantinople
M. DE REYNAL , Chirurgien
Major des Troupes & des Hôpitaux du
Roi , a eu l'honneur de préfenter à
Mgr LE DAUPHIN , au ROI DE POLOGNE
, & à toute la Cour , le 19
Septembre dernier , trois Ouvrages ,
avec un nouveau Ventilateur ou Purificateur
de l'Air. L'un traite de différentes
fortes de préparations du Mercure
, & donne les raifons pourquoi
la guérifon des maladies vénériennes
exige différentes méthodes ; l'autre de
la purification de l'Air dans les lieux
habités par les hommes & par les animaux
; fon Ventilateur peut remplir
les deux objets , fçavoir celui de la pu
rification de l'air & de fa renovation ,
au moyen du jeu de l'Air même qui
fupprime l'ufage du Feu ; fuppreffion
effentielle furtout pour les Hôpitaux ,
& pour les Vaiffeaux où le feu
peut occafionner de grands inconvé-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
niens foit relativement à la fanté des
malades , dans les uns , foit à caufe des
matières combuftibles , dont les autres
fe trouvent chargés .
Le troifiéme Ouvrage traite des fiévres
humorales ou d'accès , avec un nouveau
fébrifuge , & une nouvelle méthode
de préparer le Quinquina. L'Auteur
rend compte au Public dans ces
trois Ouvrages du Certificat qu'il a obtenu
de l'Académie Royale des Sciences
fur ces nouvelles découvertes.
Il ne tardera pas à donner un Mémoire
inftructif, fur la maiſon fecrette
qu'il va établir à Corbeil à fept lieues de
Paris. Ce Mémoire contiendra les maladies
qui y feront traitées fuivant fa méthode
, 1 ° . les maladies vénériennes ; 2°.
celles de l'uréthre. 3 °. Celles de la peau
telles que gale, dartres, &c . avec les remé
des qui y feront employés ; c'eft- à - dire
uniquement ceux qu'il a foumis au
jugement de l'Académie Royale des .
Sciences & à celle de Chirurgie : ce
même Mémoire inftruira des commodités
& des agrémens que les malades
trouveront dans cette maison.
On trouve dès aujourd'hui chez lui
des Ventilateurs tout montés de différentes
grandeurs. Il montrera à ceux
OCTOBRE. 1763 . 175 .
qui voudront en acheter , la manière
de s'en fervir , & comme il eft facile
de les démonter pour les transporter
partout , fans crainte que la machine
fe détruife. On trouvera à la fin de
fon traité des Fiévres , quel eft l'uſage
que l'on pourra faire de fon ventilateur
ou -purificateur , & combien l'agréa
ble s'y trouve joint à l'utile.
La demeure de l'Auteur eft au bas
de la rue des Foffés de M. le Prince ,
& fes Ouvrages fe trouvent chez Pankoucke
, Libraire rue & à côté de la Comédie
Françoife , au Parnaffe , & chez
Lefebvre , Libraire à Versailles rue
Dauphine & fuivant la Cour.
miffaire- Ordonnateur & Intendant de
l'Ile de Minorque. , à M. KEYSER ,
JEE vous ai prévenu , Monfieur , du
traitement qu'avoit entrepris M. de la
Chapelle Médecin du Roi , à Minorque ,
du Sr D... Garde-Magafin il a eu le
plus heureux fuccès. J'ai vu par moimême
l'état défefpéré de cet Employé ,
je l'ai vifité fouvent pendant l'adminif
tration pour m'affurer des progrès &
de la réalité de la guérifon . J'ai eu la
fatisfa&tion ainfi que toute la garnifon
qui s'intéreffoit à fon état , de le voir
guéri & dans fon premier état de fanté
, au nez piès qu'il avoit perdu avant
OCTOBRE . 1763 . 167
ce traitement. Avant de rendre compte
au Miniftre de cette guérifon étonnante
, j'ai voulu avoir des affurances
qu'elle fe foûtenoit ; & comme cet Employé
eft à Marfeille , j'ai reçu la nouvelle
fatisfaifante qu'il y jouiffoit de la
meilleure fanté ; qu'il a repris avec fon
premier embonpoint fa couleur naturelle.
J'en rends compte par cet ordinaire
au Miniftre , en lui adreffant une
relation de cette cure que j'ai com
muniquée pareillement à notre Société
Royale des Sciences , dont j'ai l'honneur
d'être Affocié libre , qui après avoir
donné les plus grands éloges & à votre
Reméde , & à l'application qu'en a faite
ce Médecin , l'a reçu par acclamation
Affocié Correfpondant . Il est néceffaire
que vous preniez au Bureau de la Guerre
copie de cette relation que vous lirez
avec plaifir , parce qu'elle confirme au
coin de la vérité , l'efficacité de votre
Reméde .
Je doute que vous ayez une cure
plus étonnante que celle du Sr D....
qui a été opérée aux yeux de toute la
Garnifon de Minorque , témoin de fon
état défefpéré.
J'ai l'honneur d'être , & c .
DE CAUS ANS ,
168 MERCURE DE FRANCE.
Il eft certain que fuivant la Relation
envoyée au Miniftre & à la Société
Royale des Sciences de Montpellier ,
il est peu d'exemples de l'état affreux où
étoit ce Commis , qui avoit été traité
cinq fois par les frictions aux dofes les
plus fortes & avec tout l'art poffible ,
lefquelles augmentoient même fon état
déplorable en irritant fes maux plutôt
que de les foulager. Exoftofes , anchilofes
, ulcères profonds , caries , ophtalmie
, furdité , infomnie , maraſme , &
généralement tous les accidens les plus
graves étoient réunis , & ne lui laiffoient
aucune forte d'efpérance.
LISTE de MM. les Médecins & Chie
rurgiens Correfpondans de M. Keyfer.
M. Imbert , Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier , Médecin
de l'Hôpital du Roi .
M. Batigne , Docteur
en Médecine .
M. Goulard, Chirurgien
Major de l'Hôpital du
Roi.
à Montpellier.
M
OCTOBRE . 1763. 169
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Sciences . à Rouen.
Les RR. PP . de la Charité.
M. Marmion , Médecin de à Grenoble.
l'Hôpital du Roi.
Les RR. PP. de la Charité.
M. Defmoulins , Maitre
en Chirurgie.
}
à la Rochelle.
M. Razoux , Docteur en Médecine .
à
Nifmes.
M. de Freffiniat, Docteur en Médecine.
à Limoges.
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
à Nantes.
M. Piers , Docteur en Médecine .
à
Troyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine .
à Cambrái.
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer.
M. Paris , Docteur en Médecine .
à Arles.
M. Daffieu , Docteur en Médecine .
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur en Médecine.
à Saumur.
M. Leriche , Chirurgien Major.
à Strasbourg.
II. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
M. Ravaton
Major.
Chirurgien
M. Leguai , Chirurgien de à Landau.
feu S. A. S. M. le Margrave
de Bareith .
MM. Demontreux & Duval , Chirurgiens
Majors des Hôpitaux Militaires
& de Marine,
M. Souville , Chirurgien Major
de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien(
Major de Bearn .
à Breft.
à Calais.
M. Maret, Maître en Chirurgie . à Dijon.
M. Rey , Maître en Chirurgie . à Lyon.
M. de la Fourcade , Chirurgien
Major.
M. de la Plaine , Chirur
gien .
à Bordeaux.
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
à Toulouse.
à Caën.
M. Lepage , Maître en Chi-C Chirurgie.
M. Guillon , Maître en Chirurgie.
à Orléans:
Ma-2
à Lille.
M. Plancque , Chirurgien Major.
M.Warocquier , Chirurgien.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
à Etampes.
OCTOBRE. 1763. 171
MM. Bongourd & Duval , Maîtres en
à S. Malo.
Chirurgie.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
à Rennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
à
Angers.
MM.. Toujan , Chirurgiens & Apoticaires.
à l'Orient.
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
.rurgie.
M. Bernier , Chirurgien Major.
M. Beauregard , Chirurgien
Major.
à l'Ile de Rhé.
à Besançon.
à
Perpignan.
M. Michel , Chirurgien (
Major d'Artois.
M. Moffier , Chirurgien Major.
à
Avefnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Mifaibel , Chirurgien Major.
,
à Nanci.
Maîtres en
au Mans.
MM. Paton & de Villiers
Chirurgie .
M. Carpentier , Maître en Chirurgie.
à Dunkerque.
M. Ponthier , Maître en Chirurgie ,
à Aix en Provence.
M. Doufin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE .
M. Beauregard , Maître en Chirurgie .
à Avignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
à Rochefort.
M. Durand , ancien Chirurgien Major.
à Arras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
à Poitiers.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie .
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
à Marseille.
M. Ferrand , Maître en Chirurgie.
à Narbonne.
M. Frannie , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
PAYS ÉTRANGERS.
M. le Docteur Cooper. à Londres.
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
des Armées , feul Correfpondant.
M. Akrell , Chirurgien Major.
à Madrid.
à Stokolm.
à Genève.
MM. Guyot , Finc , & Dehanfu , Maîtres
en Chirurgie.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
à Bruxelles.
M. Lecat, Médecin & Chirurgien Major.
à Gand.
OCTOBRE . 1763 . 173
M. Bihher , Médecin .
M. Naudinat , Médecin.
M. Breydel , Chymifte.
M. Laborye , Chirurgien .
à Rotterdam.
à Cadix.
à Bruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet, Chirurgien . à S. Domingue.
M. Pujoll. à Conftantinople
M. DE REYNAL , Chirurgien
Major des Troupes & des Hôpitaux du
Roi , a eu l'honneur de préfenter à
Mgr LE DAUPHIN , au ROI DE POLOGNE
, & à toute la Cour , le 19
Septembre dernier , trois Ouvrages ,
avec un nouveau Ventilateur ou Purificateur
de l'Air. L'un traite de différentes
fortes de préparations du Mercure
, & donne les raifons pourquoi
la guérifon des maladies vénériennes
exige différentes méthodes ; l'autre de
la purification de l'Air dans les lieux
habités par les hommes & par les animaux
; fon Ventilateur peut remplir
les deux objets , fçavoir celui de la pu
rification de l'air & de fa renovation ,
au moyen du jeu de l'Air même qui
fupprime l'ufage du Feu ; fuppreffion
effentielle furtout pour les Hôpitaux ,
& pour les Vaiffeaux où le feu
peut occafionner de grands inconvé-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
niens foit relativement à la fanté des
malades , dans les uns , foit à caufe des
matières combuftibles , dont les autres
fe trouvent chargés .
Le troifiéme Ouvrage traite des fiévres
humorales ou d'accès , avec un nouveau
fébrifuge , & une nouvelle méthode
de préparer le Quinquina. L'Auteur
rend compte au Public dans ces
trois Ouvrages du Certificat qu'il a obtenu
de l'Académie Royale des Sciences
fur ces nouvelles découvertes.
Il ne tardera pas à donner un Mémoire
inftructif, fur la maiſon fecrette
qu'il va établir à Corbeil à fept lieues de
Paris. Ce Mémoire contiendra les maladies
qui y feront traitées fuivant fa méthode
, 1 ° . les maladies vénériennes ; 2°.
celles de l'uréthre. 3 °. Celles de la peau
telles que gale, dartres, &c . avec les remé
des qui y feront employés ; c'eft- à - dire
uniquement ceux qu'il a foumis au
jugement de l'Académie Royale des .
Sciences & à celle de Chirurgie : ce
même Mémoire inftruira des commodités
& des agrémens que les malades
trouveront dans cette maison.
On trouve dès aujourd'hui chez lui
des Ventilateurs tout montés de différentes
grandeurs. Il montrera à ceux
OCTOBRE. 1763 . 175 .
qui voudront en acheter , la manière
de s'en fervir , & comme il eft facile
de les démonter pour les transporter
partout , fans crainte que la machine
fe détruife. On trouvera à la fin de
fon traité des Fiévres , quel eft l'uſage
que l'on pourra faire de fon ventilateur
ou -purificateur , & combien l'agréa
ble s'y trouve joint à l'utile.
La demeure de l'Auteur eft au bas
de la rue des Foffés de M. le Prince ,
& fes Ouvrages fe trouvent chez Pankoucke
, Libraire rue & à côté de la Comédie
Françoife , au Parnaffe , & chez
Lefebvre , Libraire à Versailles rue
Dauphine & fuivant la Cour.
Fermer
154
p. 126-137
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
ABRÉGÉ de l'Histoire Grecque, à l'usage des Colléges & de tous les lieux [...]
Mots clefs :
Prononciation, Tableaux, Ouvrages, Libraires, Étrangers, Grammaire, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
ABRÉGÉ de. l'Hiſtoire Grecque , à
l'uſage des Colléges & de tous les lieux
où l'on inſtruit la Jeuneſſe tant de l'un
1
NOVEMBRE. 1763. 187
que de l'autre féxe. In-12. Paris, 1763 .
Chez Nyon , Libraire , quai des Auguftins
, à l'Occafion. Prix , 2 liv. 10f..
ÉLOGE hiſtorique de M. le Cardinal
Paffionei , Secrétaire des Brefs &Bibliothécaire
du Siége Apostolique. In- 12 .
La Haye , 1763. Se trouve à Paris
chez le même Libraire. Prix , 1 liv.
10 f. broché.
TRAITÉ des Affections vaporeuſes
des deux féxes ; où l'on a tâché de joindre
à une théorie folide une pratique
füre , fondée fur des obſervations. Par
M. Pomme , fils , Docteur en Médecine
de l'Univerſité de Montpellier , Réfident
àArles en Provence. In-8°. Lyon,
1763. Chez Duplain , Libraire ,grande
rue Merciere , à l'Aigle ; & ſe trouve à
Paris chez Gogue , Libraire , quai des
Auguftins.
MÉDÉE à Jafon , après le meurtre
de ſes enfans , Héroïde .
SitMedeaferox.
Hor.
Suivie d'un Morceau tiré du Dante, Brochure
in-8 °. 1763. Chez les Libraires
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
1
qui débitent les Nouveautés. Nous rendrons
compte de ces deux Piéces qui
font honneur à leur Auteur.
LES VRAIS PRINCIPES de la Lecture,
de l'Orthographe &de la Prononciation
Françoiſe , ſuivis de différentes
Piéces de Lecture propres à donner des
notions ſimples & faciles fur toutes les
parties de nos connoiſſances. Ouvrage
utile aux Enfans , qu'il conduit par degrés
de PAlphabet à la connoiſſance
des régles de la Prononciation , de l'Orthographe
, de la Ponctuation , de la
Grammaire & de la Profodie Françoiſe
: principalement destiné aux Etrangers
auxquels on s'eſt proposé d'abréger
l'Etude de notre Prononciation ,par
une fuite de Tableaux rangés par ordre
alphabétique , dans lesquels on a écrit à
côté de chaque mot la manière dont
il doit être prononcé. Par M. VIARD ,
de l'Académie des Énfans. in 12à Paris,
1763 ; chez Nyon , Libraire Quai des
Augustins. Aumont , Libraire , Place
Mazarine. Brocas & Humblot, Libraires,
rue S. Jacques . Guillyn Libraire ,
Quai des Auguftins . Deſſaint - Junior ,
Libraire - Quai des Auguſtins. Vallat
la Chapelle , Libraire , au Palais , fur le
,
NOVEMBRE. 1763. 129
Perron de la Sainte Chappelle, Panckoucke
, Libraire , rue de la Comédie
Françoiſe.
Nous nous faiſons un plaifir d'an -
noncer cette excellente production ,
dont le titre ſeul pourroit ſervir d'Extrait.
L'Auteur , dans un avertiſſement ,
rend compte de la marche qu'il a ſuivie
dans ſon Ouvrage , & du but qu'il s'eſt
propoſé en le compoſant , & nous ofons
affurer qu'il l'a très- bien rempli. L'enfant
même le moins intelligent , peut
en très-peu de temps apprendre à lire
&dans ſes leçons qui pour l'ordinair e
ont une ſéchereſſe rebutante , il trouve
un agrément qui ne fait que l'encou-
- rager.
>
Nous n'entrerons point ici dans le
détail des procédés que M. Viard a
adoptés pour abréger à la perſonne
qu'il inſtruit les difficultés de la lecture.
Maître d'une Penſion connue depuis
longtemps ſous le titre d'Académie des
Enfans , il a été à même de bien voir
en quoi elles nuiſoient aux progrès de
ſes Elèves , & comment il ſeroit poffible
de rémédier au découragement
qu'elles leur inſpirent. C'eſt d'après les
réfléxions que ſes propres travaux lui
ont fait faire , qu'il a compoſé l'Ou-
1
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
vrage dont nous parlons ,& dontnous
faifons d'autant plus de cas , que tout
ce qui y est indiqué comme un moyen
d'inſtruction , paroît être le réſultat de
l'expérience la plus réfléchie.
De l'Alphabet l'Auteur paffe à l'afſemblage
des lettres. M. Viard a imaginé
des tableaux formés des fonsfimples
d'une conſonne & d'une voyelle ;
ces tableaux ſont ſuivis d'un autre tableau
de mots de deux fyllabes formés
de ces mêmes fons. Cette méthode
lui fert encore pour faire diftinguer
à fon Elève les fons formés d'une
voyelle & d'une confonne. Les différentes
leçons dont ils font le ſujet ,
étant auſſi ſuivies de tableaux de mots
de trois & de quatre ſyllables formés
de ces derniers fons & des précédens.
Ainfi paſſant fucceffivement à la combinaiſon
des différentes lettres , l'Elève
de M. Viard parvient à lire des phrafes
entières dans lesquelles cet Auteur a
fait entrer la plus grande partie des
mots qu'il lui avoit fait prononcer.
En poursuivant fon cours de lecture
M. Viard entre dans les principes généraux
de la Grammaire. Rien n'eſt
mieux imaginé que d'apprendre à lire
aux Enfans dans les élémens de leur'
NOVEMBRE. 1763. 131
langue & de commencer leur étude
par leur donner des régles de la prononciation
la plus correcte. Pour y
réuffir . M. Viard a fait ſuivre fon
Traité de la Grammaire d'une Profodie
françoife . Nous ne ferons point
l'éloge de cet excellent extrait de l'Ouvrage
de M. l'Abbé Dolivet fur cette
matière. Nous ajouterons ſeulement ici
qu'après avoir conduit fon Elève d'une
manière claire & rapide par tous les
degrès où il doit paffer avant que de
life courament , l'Auteur donne une
définition nette & précife des différens
arts & de toute la partie de nos
connoiffances ; qu'à l'aide de ces notions
un enfant peut orner fa mémoire
d'une infinité de chofes qui lui feront
auffi utiles qu'agréables. Cet Ouvrage
eſt terminé par l'allégorie des oiſeaux
du P. Brumoy , & les maximes en
vers de l'illustre Fenelon. Nous invitons
les Maîtres & Maîtreſſes & généralement
tous ceux qui font chargés
de l'éducation de la jeuneſſe , à fe procurer
ce Livre qui eſt ſans contredit
un des meilleurs qu'on ait fait en ce
gente ,& nous les afſurons qu'ils ne
peuvent faire une plus utile acquifition .
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
4
re ſe trouve auffi à Paris ,
Nyon , Libraire.
A MANALDINE , Libraire à Rome
iteur de la magnifique Edition des
Evres de Virgile avec la verſion ita-
Henne du célèbre P. Ambrogy nous
ayertit que pour contenter MM. les
Soufcripteurs à qui les Volumes de
Virgile paroiſſent trop minces , il a pris
le parti de diviſer 1 Enéïde en deux
Volumes , de forte que l'Ouvrage ne
ſera que de trois volumes au lieu de
quatre comme on l'avoit annoncé,
par ce nouvel arrangement l'on payera
en ſouſcrivant & en recevant le premier
volume 50 livres ; & 28 livres en
recevant le deuxième , & l'on diſtribuera
gratis le troifiéme. Les ſouſcriptions
ne feront ouvertes que juſqu'à
la fin de Décembre prochain ; & il
faudra que pour ce temps-là MM. les
Souſcripteurs donnent leurs noms pour
les faire imprimer à la tête du troifiéme
Volume. Après le mois de Décembre
ſuſdit , l'Ouvrage coûtera à
Rome 120 livres de France. On peut
ſouſcrire chez Durand, neveu , Libraire
rue S. Jacques. :
NOVEMBRE. 1763. 133
LETTRES ſur l'Origine de la Nobleſſe
Françoiſe. In- 12. 1763. Se vend
2 liv. broché & 2 liv. 10 f. rélié.
On trouve chez le même Libraire les
Livres fuivans :
RECUEIL de Queſtions propoſées à
une Société de Savans qui par ordre de
S. M. Danoise font le voyage de l'Arabie
, par M. Michaëlis , Conſeiller de
Cour de S. M. Britannique , Profeſſeur
en Philofophie & Directeur de la Société
Royale des Sciences de Gottingue ,
traduit de l'Allemand. Vol. in-8°. de
482 pages. Se vend 3 liv. 10 f.
JAC. REINBOLDI SPIELMANN ,
Phil . & Med. D. Chemiæ Botanic . reliquæque
Mater. Med. P. P. O. Capit.
Thomani Canon. Acad. Cæfar. II . C.
Regiæ Berolin. Elect. Mogunt. Sodalis
Collegii Regii Med. Nancejan. honor ,
memori Inſtitutions Chemiæ pralectionibus
Academicis adcommodata. I vol.
in-8°. Argentorati. Prix , 6 liv . relié.
On lui annonce de Turin un Ouvrage
intitulé : Réflexions ſur la théorie
-& la pratique de l'Education , contre les
Principes de M. Rousseau , par le P.
134 MERCURE DE FRANCE.
G. B. Imprimé à Turin chez les frères
Reycens & Guibert , Libraires , au coin
de la rue neuve à Turin. Vol . in-8. de
douze feuilles .
On trouve auſſi chez Durand neveu
l'Hist. du Commerce & de la Navigation
, 1 vol. in-8. imprimé fur du grand
papier & exécuté avec beaucoup de
foin. Le Prix eſt de 6 liv. en blanc.
Le même Livre in-8. papier ordinaire
fe vend 5 liv. relié.
AVIS fur l'Inoculation de la Petite
Vérole, figné CANDIDE. Brochure de
31 pag. qui fe trouve chez P. F.
Didot le Jeune , Quai des Auguſtins ,
à S. Augustin , 1763 .
L'Auteur est un Médecin qui pour
nous, ſervir de ſes propres termes , ofe
hazarder cequ'il penfe , uniquement par
reconnoissance pour te Public qui s'intéreſſe
à la présente diſcuſſion.
- Il répond aux queſtions propofées
par le Parlement à la Faculté de Médecine
fur le fait de l'Inoculation de la
Petite Vérole . Et ſes réponſes ſoit négatives
, ſoit pofitives , font diametralement
oppoſées à tout ce qui a été écrit
& foutenu par les partiſans de l'Inoculation.
Il ne nous convientpas depren
NOVEMBRE. 1763. 135
dre un parti dans une querelle dont
l'objet eſt trop important pour ne la
regarder que comme une querelle littéraire
: ce que nous pouvons affurer
c'eſt que fi l'Auteur a la vérité de fon
côté , comme il s'en flatte ,jamais homme
ne l'a dite plus courageuſement.
On doit donner inceffament au Public
, la Bibliographie univerſelle , ou
le Catalogue général de tous les Livres ,
tant de France , que des pays Etrangers ,
qui ſe trouvent actuellement dans les
magaſins des Libraires de Paris , avec
leurs prix & la demeure des Libraires
qui les vendent. Le tout rangé par ordre
des matières dont ils traitent. Cet
Ouvrage aura 2. volumes in-8°. il eſt
fort utile aux gens de Lettres , aux Auteurs
, à tous les Etrangers & aux Libraires
mêmes. Comme l'on n'en tire
qu'un très-petit nombre d'Exemplaires ,
on prie les perſonnes qui voudront ſe le
procurer , de vouloir bien envoyer dès
à préſent leur adreſſe à Defpilly , Libraire
rue S. Jacques, à la Croix d'Or ,
chargé de la diftribution de cet Ouvrage.
Le prixde chaque volume pourra
être de 2. liv. 10 fols.
136 MERCURE DE FRANCE.
On trouve chez Tilliard , Libraire ,
quai des Auguſtins , à S. Benoît , quelques
Exemplaires d'une nouvelle Tragédie
en Anglois , intitulée Médea ,
donnée par M. Glover. Brochure in-4°.
de 98 pages , imprimée à Londres en
1762. fur du fort beau papier. Le Prix
eſt de 3 liv .
LETTRE de M. l'Abbé AUBERT , à
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure.
L'AUTEUR de CLOVIS , Pоёте Не-
roï- Comique en 3 volumes , que vous
avez annoncé , Monfieur , dans le Mercure
de Septembre , m'a fait l'honneur
de s'égayer à mes dépens , dans un épilogue
où il maltraite ſérieuſement MM.
de Voltaire , Piron , Greffet , Thomas ,
Mirabeau , Rousseau , & c. Je le remercie
de m'avoir mis en auffi bonne compagnie
; mais je crois devoir déſabuſer
les perſonnes qui liront ſon Poëme ,
d'une petite calomnie qui lui eſt échappée
à mon ſujet. » Aubert , dit-il ,
En fables inſtruiſoit ,
>> Se rendoit neuf , & voyant qu'il plaiſoit ,
>>>Tout uniment complimentoit ſa veine
Dans un Journal que lui-même faiſoit,
NOVEMBRE. 1763. 137
Cela eft faux : je ne fais point le Journal
dont cet Auteur veut parler. Il ſe
feroit épargné un menfonge , s'il avoit
confulté la France Littéraire ; il y auroit
vù que c'eſt M. de Querlon ſeul
qui compoſe les Affiches des Provinces,
Ouvrage périodique où mes Fables ont
été effectivement annoncées avec éloge
, mais auquel je n'ai aucune part , &
dont le travail eſt totalement étranger
à celui des Affiches de Paris , qui font
confiées à mes foins ,& dans leſquelles
je n'ai certainement jamais été
loué. Au refte , comme cet Auteur
écrit au fond de la Bretagne , ainfi
qu'il l'avoue lui-même , on peut lui
pardonner cette erreur ; mais ce qu'on
ne sçauroit guères excuſer , c'eſt le
ton d'aſſurance avec lequel il dit dans
ſa Préface que ſon Poëme n'eſt la fatyre
de personne.
J'ai l'honneur d'être &c.
ABRÉGÉ de. l'Hiſtoire Grecque , à
l'uſage des Colléges & de tous les lieux
où l'on inſtruit la Jeuneſſe tant de l'un
1
NOVEMBRE. 1763. 187
que de l'autre féxe. In-12. Paris, 1763 .
Chez Nyon , Libraire , quai des Auguftins
, à l'Occafion. Prix , 2 liv. 10f..
ÉLOGE hiſtorique de M. le Cardinal
Paffionei , Secrétaire des Brefs &Bibliothécaire
du Siége Apostolique. In- 12 .
La Haye , 1763. Se trouve à Paris
chez le même Libraire. Prix , 1 liv.
10 f. broché.
TRAITÉ des Affections vaporeuſes
des deux féxes ; où l'on a tâché de joindre
à une théorie folide une pratique
füre , fondée fur des obſervations. Par
M. Pomme , fils , Docteur en Médecine
de l'Univerſité de Montpellier , Réfident
àArles en Provence. In-8°. Lyon,
1763. Chez Duplain , Libraire ,grande
rue Merciere , à l'Aigle ; & ſe trouve à
Paris chez Gogue , Libraire , quai des
Auguftins.
MÉDÉE à Jafon , après le meurtre
de ſes enfans , Héroïde .
SitMedeaferox.
Hor.
Suivie d'un Morceau tiré du Dante, Brochure
in-8 °. 1763. Chez les Libraires
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
1
qui débitent les Nouveautés. Nous rendrons
compte de ces deux Piéces qui
font honneur à leur Auteur.
LES VRAIS PRINCIPES de la Lecture,
de l'Orthographe &de la Prononciation
Françoiſe , ſuivis de différentes
Piéces de Lecture propres à donner des
notions ſimples & faciles fur toutes les
parties de nos connoiſſances. Ouvrage
utile aux Enfans , qu'il conduit par degrés
de PAlphabet à la connoiſſance
des régles de la Prononciation , de l'Orthographe
, de la Ponctuation , de la
Grammaire & de la Profodie Françoiſe
: principalement destiné aux Etrangers
auxquels on s'eſt proposé d'abréger
l'Etude de notre Prononciation ,par
une fuite de Tableaux rangés par ordre
alphabétique , dans lesquels on a écrit à
côté de chaque mot la manière dont
il doit être prononcé. Par M. VIARD ,
de l'Académie des Énfans. in 12à Paris,
1763 ; chez Nyon , Libraire Quai des
Augustins. Aumont , Libraire , Place
Mazarine. Brocas & Humblot, Libraires,
rue S. Jacques . Guillyn Libraire ,
Quai des Auguftins . Deſſaint - Junior ,
Libraire - Quai des Auguſtins. Vallat
la Chapelle , Libraire , au Palais , fur le
,
NOVEMBRE. 1763. 129
Perron de la Sainte Chappelle, Panckoucke
, Libraire , rue de la Comédie
Françoiſe.
Nous nous faiſons un plaifir d'an -
noncer cette excellente production ,
dont le titre ſeul pourroit ſervir d'Extrait.
L'Auteur , dans un avertiſſement ,
rend compte de la marche qu'il a ſuivie
dans ſon Ouvrage , & du but qu'il s'eſt
propoſé en le compoſant , & nous ofons
affurer qu'il l'a très- bien rempli. L'enfant
même le moins intelligent , peut
en très-peu de temps apprendre à lire
&dans ſes leçons qui pour l'ordinair e
ont une ſéchereſſe rebutante , il trouve
un agrément qui ne fait que l'encou-
- rager.
>
Nous n'entrerons point ici dans le
détail des procédés que M. Viard a
adoptés pour abréger à la perſonne
qu'il inſtruit les difficultés de la lecture.
Maître d'une Penſion connue depuis
longtemps ſous le titre d'Académie des
Enfans , il a été à même de bien voir
en quoi elles nuiſoient aux progrès de
ſes Elèves , & comment il ſeroit poffible
de rémédier au découragement
qu'elles leur inſpirent. C'eſt d'après les
réfléxions que ſes propres travaux lui
ont fait faire , qu'il a compoſé l'Ou-
1
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
vrage dont nous parlons ,& dontnous
faifons d'autant plus de cas , que tout
ce qui y est indiqué comme un moyen
d'inſtruction , paroît être le réſultat de
l'expérience la plus réfléchie.
De l'Alphabet l'Auteur paffe à l'afſemblage
des lettres. M. Viard a imaginé
des tableaux formés des fonsfimples
d'une conſonne & d'une voyelle ;
ces tableaux ſont ſuivis d'un autre tableau
de mots de deux fyllabes formés
de ces mêmes fons. Cette méthode
lui fert encore pour faire diftinguer
à fon Elève les fons formés d'une
voyelle & d'une confonne. Les différentes
leçons dont ils font le ſujet ,
étant auſſi ſuivies de tableaux de mots
de trois & de quatre ſyllables formés
de ces derniers fons & des précédens.
Ainfi paſſant fucceffivement à la combinaiſon
des différentes lettres , l'Elève
de M. Viard parvient à lire des phrafes
entières dans lesquelles cet Auteur a
fait entrer la plus grande partie des
mots qu'il lui avoit fait prononcer.
En poursuivant fon cours de lecture
M. Viard entre dans les principes généraux
de la Grammaire. Rien n'eſt
mieux imaginé que d'apprendre à lire
aux Enfans dans les élémens de leur'
NOVEMBRE. 1763. 131
langue & de commencer leur étude
par leur donner des régles de la prononciation
la plus correcte. Pour y
réuffir . M. Viard a fait ſuivre fon
Traité de la Grammaire d'une Profodie
françoife . Nous ne ferons point
l'éloge de cet excellent extrait de l'Ouvrage
de M. l'Abbé Dolivet fur cette
matière. Nous ajouterons ſeulement ici
qu'après avoir conduit fon Elève d'une
manière claire & rapide par tous les
degrès où il doit paffer avant que de
life courament , l'Auteur donne une
définition nette & précife des différens
arts & de toute la partie de nos
connoiffances ; qu'à l'aide de ces notions
un enfant peut orner fa mémoire
d'une infinité de chofes qui lui feront
auffi utiles qu'agréables. Cet Ouvrage
eſt terminé par l'allégorie des oiſeaux
du P. Brumoy , & les maximes en
vers de l'illustre Fenelon. Nous invitons
les Maîtres & Maîtreſſes & généralement
tous ceux qui font chargés
de l'éducation de la jeuneſſe , à fe procurer
ce Livre qui eſt ſans contredit
un des meilleurs qu'on ait fait en ce
gente ,& nous les afſurons qu'ils ne
peuvent faire une plus utile acquifition .
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
4
re ſe trouve auffi à Paris ,
Nyon , Libraire.
A MANALDINE , Libraire à Rome
iteur de la magnifique Edition des
Evres de Virgile avec la verſion ita-
Henne du célèbre P. Ambrogy nous
ayertit que pour contenter MM. les
Soufcripteurs à qui les Volumes de
Virgile paroiſſent trop minces , il a pris
le parti de diviſer 1 Enéïde en deux
Volumes , de forte que l'Ouvrage ne
ſera que de trois volumes au lieu de
quatre comme on l'avoit annoncé,
par ce nouvel arrangement l'on payera
en ſouſcrivant & en recevant le premier
volume 50 livres ; & 28 livres en
recevant le deuxième , & l'on diſtribuera
gratis le troifiéme. Les ſouſcriptions
ne feront ouvertes que juſqu'à
la fin de Décembre prochain ; & il
faudra que pour ce temps-là MM. les
Souſcripteurs donnent leurs noms pour
les faire imprimer à la tête du troifiéme
Volume. Après le mois de Décembre
ſuſdit , l'Ouvrage coûtera à
Rome 120 livres de France. On peut
ſouſcrire chez Durand, neveu , Libraire
rue S. Jacques. :
NOVEMBRE. 1763. 133
LETTRES ſur l'Origine de la Nobleſſe
Françoiſe. In- 12. 1763. Se vend
2 liv. broché & 2 liv. 10 f. rélié.
On trouve chez le même Libraire les
Livres fuivans :
RECUEIL de Queſtions propoſées à
une Société de Savans qui par ordre de
S. M. Danoise font le voyage de l'Arabie
, par M. Michaëlis , Conſeiller de
Cour de S. M. Britannique , Profeſſeur
en Philofophie & Directeur de la Société
Royale des Sciences de Gottingue ,
traduit de l'Allemand. Vol. in-8°. de
482 pages. Se vend 3 liv. 10 f.
JAC. REINBOLDI SPIELMANN ,
Phil . & Med. D. Chemiæ Botanic . reliquæque
Mater. Med. P. P. O. Capit.
Thomani Canon. Acad. Cæfar. II . C.
Regiæ Berolin. Elect. Mogunt. Sodalis
Collegii Regii Med. Nancejan. honor ,
memori Inſtitutions Chemiæ pralectionibus
Academicis adcommodata. I vol.
in-8°. Argentorati. Prix , 6 liv . relié.
On lui annonce de Turin un Ouvrage
intitulé : Réflexions ſur la théorie
-& la pratique de l'Education , contre les
Principes de M. Rousseau , par le P.
134 MERCURE DE FRANCE.
G. B. Imprimé à Turin chez les frères
Reycens & Guibert , Libraires , au coin
de la rue neuve à Turin. Vol . in-8. de
douze feuilles .
On trouve auſſi chez Durand neveu
l'Hist. du Commerce & de la Navigation
, 1 vol. in-8. imprimé fur du grand
papier & exécuté avec beaucoup de
foin. Le Prix eſt de 6 liv. en blanc.
Le même Livre in-8. papier ordinaire
fe vend 5 liv. relié.
AVIS fur l'Inoculation de la Petite
Vérole, figné CANDIDE. Brochure de
31 pag. qui fe trouve chez P. F.
Didot le Jeune , Quai des Auguſtins ,
à S. Augustin , 1763 .
L'Auteur est un Médecin qui pour
nous, ſervir de ſes propres termes , ofe
hazarder cequ'il penfe , uniquement par
reconnoissance pour te Public qui s'intéreſſe
à la présente diſcuſſion.
- Il répond aux queſtions propofées
par le Parlement à la Faculté de Médecine
fur le fait de l'Inoculation de la
Petite Vérole . Et ſes réponſes ſoit négatives
, ſoit pofitives , font diametralement
oppoſées à tout ce qui a été écrit
& foutenu par les partiſans de l'Inoculation.
Il ne nous convientpas depren
NOVEMBRE. 1763. 135
dre un parti dans une querelle dont
l'objet eſt trop important pour ne la
regarder que comme une querelle littéraire
: ce que nous pouvons affurer
c'eſt que fi l'Auteur a la vérité de fon
côté , comme il s'en flatte ,jamais homme
ne l'a dite plus courageuſement.
On doit donner inceffament au Public
, la Bibliographie univerſelle , ou
le Catalogue général de tous les Livres ,
tant de France , que des pays Etrangers ,
qui ſe trouvent actuellement dans les
magaſins des Libraires de Paris , avec
leurs prix & la demeure des Libraires
qui les vendent. Le tout rangé par ordre
des matières dont ils traitent. Cet
Ouvrage aura 2. volumes in-8°. il eſt
fort utile aux gens de Lettres , aux Auteurs
, à tous les Etrangers & aux Libraires
mêmes. Comme l'on n'en tire
qu'un très-petit nombre d'Exemplaires ,
on prie les perſonnes qui voudront ſe le
procurer , de vouloir bien envoyer dès
à préſent leur adreſſe à Defpilly , Libraire
rue S. Jacques, à la Croix d'Or ,
chargé de la diftribution de cet Ouvrage.
Le prixde chaque volume pourra
être de 2. liv. 10 fols.
136 MERCURE DE FRANCE.
On trouve chez Tilliard , Libraire ,
quai des Auguſtins , à S. Benoît , quelques
Exemplaires d'une nouvelle Tragédie
en Anglois , intitulée Médea ,
donnée par M. Glover. Brochure in-4°.
de 98 pages , imprimée à Londres en
1762. fur du fort beau papier. Le Prix
eſt de 3 liv .
LETTRE de M. l'Abbé AUBERT , à
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure.
L'AUTEUR de CLOVIS , Pоёте Не-
roï- Comique en 3 volumes , que vous
avez annoncé , Monfieur , dans le Mercure
de Septembre , m'a fait l'honneur
de s'égayer à mes dépens , dans un épilogue
où il maltraite ſérieuſement MM.
de Voltaire , Piron , Greffet , Thomas ,
Mirabeau , Rousseau , & c. Je le remercie
de m'avoir mis en auffi bonne compagnie
; mais je crois devoir déſabuſer
les perſonnes qui liront ſon Poëme ,
d'une petite calomnie qui lui eſt échappée
à mon ſujet. » Aubert , dit-il ,
En fables inſtruiſoit ,
>> Se rendoit neuf , & voyant qu'il plaiſoit ,
>>>Tout uniment complimentoit ſa veine
Dans un Journal que lui-même faiſoit,
NOVEMBRE. 1763. 137
Cela eft faux : je ne fais point le Journal
dont cet Auteur veut parler. Il ſe
feroit épargné un menfonge , s'il avoit
confulté la France Littéraire ; il y auroit
vù que c'eſt M. de Querlon ſeul
qui compoſe les Affiches des Provinces,
Ouvrage périodique où mes Fables ont
été effectivement annoncées avec éloge
, mais auquel je n'ai aucune part , &
dont le travail eſt totalement étranger
à celui des Affiches de Paris , qui font
confiées à mes foins ,& dans leſquelles
je n'ai certainement jamais été
loué. Au refte , comme cet Auteur
écrit au fond de la Bretagne , ainfi
qu'il l'avoue lui-même , on peut lui
pardonner cette erreur ; mais ce qu'on
ne sçauroit guères excuſer , c'eſt le
ton d'aſſurance avec lequel il dit dans
ſa Préface que ſon Poëme n'eſt la fatyre
de personne.
J'ai l'honneur d'être &c.
Fermer
155
p. 136-137
LETTRE de M. l'Abbé AUBERT, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
Début :
L'AUTEUR de CLOVIS, Poëme Héroï-Comique en 3 volumes, que vous [...]
Mots clefs :
Auteur, Clovis, Jean-Louis Aubert, Honneur, Poème, Fables, Journal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. l'Abbé AUBERT, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
LETTRE de M. l'Abbé AUBERT , à
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure.
L'AUTEUR de CLOVIS , Pоёте Не-
roï- Comique en 3 volumes , que vous
avez annoncé , Monfieur , dans le Mercure
de Septembre , m'a fait l'honneur
de s'égayer à mes dépens , dans un épilogue
où il maltraite ſérieuſement MM.
de Voltaire , Piron , Greffet , Thomas ,
Mirabeau , Rousseau , & c. Je le remercie
de m'avoir mis en auffi bonne compagnie
; mais je crois devoir déſabuſer
les perſonnes qui liront ſon Poëme ,
d'une petite calomnie qui lui eſt échappée
à mon ſujet. » Aubert , dit-il ,
En fables inſtruiſoit ,
>> Se rendoit neuf , & voyant qu'il plaiſoit ,
>>>Tout uniment complimentoit ſa veine
Dans un Journal que lui-même faiſoit,
NOVEMBRE. 1763. 137
Cela eft faux : je ne fais point le Journal
dont cet Auteur veut parler. Il ſe
feroit épargné un menfonge , s'il avoit
confulté la France Littéraire ; il y auroit
vù que c'eſt M. de Querlon ſeul
qui compoſe les Affiches des Provinces,
Ouvrage périodique où mes Fables ont
été effectivement annoncées avec éloge
, mais auquel je n'ai aucune part , &
dont le travail eſt totalement étranger
à celui des Affiches de Paris , qui font
confiées à mes foins ,& dans leſquelles
je n'ai certainement jamais été
loué. Au refte , comme cet Auteur
écrit au fond de la Bretagne , ainfi
qu'il l'avoue lui-même , on peut lui
pardonner cette erreur ; mais ce qu'on
ne sçauroit guères excuſer , c'eſt le
ton d'aſſurance avec lequel il dit dans
ſa Préface que ſon Poëme n'eſt la fatyre
de personne.
J'ai l'honneur d'être &c.
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure.
L'AUTEUR de CLOVIS , Pоёте Не-
roï- Comique en 3 volumes , que vous
avez annoncé , Monfieur , dans le Mercure
de Septembre , m'a fait l'honneur
de s'égayer à mes dépens , dans un épilogue
où il maltraite ſérieuſement MM.
de Voltaire , Piron , Greffet , Thomas ,
Mirabeau , Rousseau , & c. Je le remercie
de m'avoir mis en auffi bonne compagnie
; mais je crois devoir déſabuſer
les perſonnes qui liront ſon Poëme ,
d'une petite calomnie qui lui eſt échappée
à mon ſujet. » Aubert , dit-il ,
En fables inſtruiſoit ,
>> Se rendoit neuf , & voyant qu'il plaiſoit ,
>>>Tout uniment complimentoit ſa veine
Dans un Journal que lui-même faiſoit,
NOVEMBRE. 1763. 137
Cela eft faux : je ne fais point le Journal
dont cet Auteur veut parler. Il ſe
feroit épargné un menfonge , s'il avoit
confulté la France Littéraire ; il y auroit
vù que c'eſt M. de Querlon ſeul
qui compoſe les Affiches des Provinces,
Ouvrage périodique où mes Fables ont
été effectivement annoncées avec éloge
, mais auquel je n'ai aucune part , &
dont le travail eſt totalement étranger
à celui des Affiches de Paris , qui font
confiées à mes foins ,& dans leſquelles
je n'ai certainement jamais été
loué. Au refte , comme cet Auteur
écrit au fond de la Bretagne , ainfi
qu'il l'avoue lui-même , on peut lui
pardonner cette erreur ; mais ce qu'on
ne sçauroit guères excuſer , c'eſt le
ton d'aſſurance avec lequel il dit dans
ſa Préface que ſon Poëme n'eſt la fatyre
de personne.
J'ai l'honneur d'être &c.
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Résumé : LETTRE de M. l'Abbé AUBERT, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
L'abbé Aubert répond à une accusation formulée par l'auteur du poème héroï-comique 'Clovis'. Cet auteur avait critiqué plusieurs écrivains, y compris Voltaire, Piron, Greffet, Thomas, Mirabeau, Rousseau et l'abbé Aubert lui-même. Aubert réfute une calomnie selon laquelle il serait l'éditeur d'un journal ayant publié ses fables. Il précise qu'il ne compose pas ce journal et que les éloges sur ses fables proviennent des 'Affiches des Provinces', rédigées par M. de Querlon. Il mentionne également que les 'Affiches de Paris' sont sous sa responsabilité, mais qu'il n'y a jamais été loué. Enfin, Aubert critique l'auteur de 'Clovis' pour son assurance à affirmer que son poème n'est pas une satire, malgré les attaques personnelles qu'il contient.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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156
p. 53
CONSEIL à un Gentilhomme d'un grand âge, qui vouloit épouser une très - jeune Demoiselle qui feignoit de l'aimer à cause de son bien. Air, à mettre en chant.
Début :
N'ABUSEZ point du sacrifice [...]
Mots clefs :
Sacrifice, Sacrifice, Faveur, Vertu, Honneur, Époux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONSEIL à un Gentilhomme d'un grand âge, qui vouloit épouser une très - jeune Demoiselle qui feignoit de l'aimer à cause de son bien. Air, à mettre en chant.
CONSEIL à un Gentilhomme d'un
grand áge , qui vouloit épouser une
très - jeune Demoiselle qui feignoit
de l'aimer à cause de fon bien.
Air , à mettre en chant.
N'ABUSEZ point du ſacrifice
Qu'on veut faire en votre faveur :
Vous ſeriez l'ayeul de Clarice ,
Et vous croyez avoir ſon coeur.
Ne voudrez -vous jamais connoître
Qu'un tel choix doit vous allarmer2
Vous n'ouvrirez les yeux peut- être
Que quand il faudra les fermer.
Pour faire un choix & le bien faire,
Que votre coeur parle: il le faut .
Mais le Sentiment doit ſe taire .
Lorſque la Raiſon ne dit mot.
La vertu d'une femme ſage
N'eſt que trop ſujette aux dégoûts ;
Et quand ſon honneur fait naufrage ,
On ſe mocque encor de l'époux.
1
Par M. Le Chev. de JUILLY- THOMASSIN
grand áge , qui vouloit épouser une
très - jeune Demoiselle qui feignoit
de l'aimer à cause de fon bien.
Air , à mettre en chant.
N'ABUSEZ point du ſacrifice
Qu'on veut faire en votre faveur :
Vous ſeriez l'ayeul de Clarice ,
Et vous croyez avoir ſon coeur.
Ne voudrez -vous jamais connoître
Qu'un tel choix doit vous allarmer2
Vous n'ouvrirez les yeux peut- être
Que quand il faudra les fermer.
Pour faire un choix & le bien faire,
Que votre coeur parle: il le faut .
Mais le Sentiment doit ſe taire .
Lorſque la Raiſon ne dit mot.
La vertu d'une femme ſage
N'eſt que trop ſujette aux dégoûts ;
Et quand ſon honneur fait naufrage ,
On ſe mocque encor de l'époux.
1
Par M. Le Chev. de JUILLY- THOMASSIN
Fermer
157
p. 198-206
De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Début :
Le Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché de Mâcon ; & à l'Evêché [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Évêché, Abbé, Honneur, Famille royale, Comte, Marquis, Monseigneur, Académie, Chevalier, Parlement, Ministres, Commandeur, Princesse, Ministre plénipotentiaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
De VERSAILLES , le 31 Décembre 1763.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
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Résumé : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Le document détaille les nominations et événements à la cour de France à la fin de l'année 1763 et au début de l'année 1764. Le roi a procédé à plusieurs nominations ecclésiastiques, notamment celle de l'évêque de Vence à l'évêché de Mâcon et de l'abbé de Lorry à l'évêché de Vence. D'autres nominations concernent diverses abbayes et diocèses à travers la France. Le marquis de Vibraye a été nommé gouverneur de Belle-Île. Plusieurs présentations et congés de diplomates et de nobles ont eu lieu, incluant le baron de Gleicken, envoyé extraordinaire de la cour de Danemark, et le chevalier du Buat, ministre du roi auprès de la Diète générale de l'Empire. Des événements marquants incluent un service pour le repos de l'âme de Louise-Élisabeth de France, duchesse de Parme, et la prise de deuil à la cour suite à la mort de l'archiduchesse infante. Le document mentionne également des présentations de livres et d'ouvrages par divers auteurs et membres de l'Académie Royale des Sciences. Le 1er janvier 1764, les princes, princesses, seigneurs et dames de la cour ont rendu leurs respects au roi à l'occasion de la nouvelle année. Par ailleurs, les premiers exemplaires des plans, profils et élévations de la nouvelle paroisse de la Madeleine, gravés d'après les dessins de l'architecte du roi, le sieur Content, ont été présentés. Cet édifice est prévu pour être construit à l'extrémité septentrionale de la nouvelle rue Royale et servira de point de vue à la Place de Louis XV. Enfin, la publication des nouvelles politiques est annoncée pour le prochain Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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158
p. 195-200
« Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...] »
Début :
Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture et de sculpture, Assemblée, Ouvrages, Régiments, Gardes françaises, Services, Honneur, Officiers, Soldats, Ordonnance, Compagnies, Bataillons, Capitaines, Soldes, Uniforme, Règlement, Commandant, Loterie de l'école royale militaire, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage, Numéros
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texteReconnaissance textuelle : « Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...] »
L, 24 Février, l'Académie Royale de Peinture ,
& de Sculpture tint une Aſſem blée & reçut au
nombre des Aggrégés le ſieur Prince, Peintre
de l'Impératrice de Ruſſie, connu par différens
Onvrages qui lui ont acquis de la r lutation
I ij -
196 MERCURE DE FRANCE.
|
dans cette Cour , ainſi que dans celle de
Vienne & de Warſovie. Il a préſenté a l'Aca
démie quatre Tableaux & plufieurs deſſeins qui
ont mérité les ſuffrages de tous les Membres.
Le ſieur Briſſon, dc l'Académie Royale des
Sciences , commencera , le 14 de ce mois, un
cours de phyſique expérimentale , dans la Salie
des Machines au Collége de Navarre, & le
continuera les Lundis, Mercredis & Vendredis
de chaque ſemaine.
Sa Majeſté voulant donner au Régiment des
Gardes Françoiſes des marques de la ſatisfac
tion qu'Elle a des ſervices diſtingués que ce
Corps a rendus dans tous les temps & dans tou
tes les circonſtances , & lui régler en même
temps un traitement qui réponde à l'honneur
qu'il a d'être affecté d'une manière particulière
à la garde de ſa Perſonne, a réſolu de lui fi
xer une conſtitution ſolide & invariable, & d'ac
corder, tant aux Officiers qu'aux Soldats une
· augmentation de traitement. En conſéquence,
Sà Majeſté a rendu une Ordonnance, en date
du 29 Janvier dernier, ſuivant laquelle ce Ré
· giment continuera d'être compoſé de trois com
pagnies de Grenadiers & de trente compagnies de
Fuſiliers, leſquelles formeront ſix bataillons,
compoſé chacun d'une demie-compagnie de Gre
nadiers & de cinq compagnies de Fuſiliers.Chaque
compagnie de Grenadiers ſera commandée en
tout temps par un Capitaine , deux Lieutenans,
deux Sous-Lieutenans, & deux Enſeignes à Pique ;
& compoſée de quatre Sergens, d'un Sergent
d'Armes, d'un Sergent-Fourrier, de huit Capo
raux, d'un Caporal Aide-Fourrier, d'un Caporal
Aide-Magaſinier , de huit Appointés, d'un Ap
pointé-Aide-Magaſinier , d'un Appointé-Chirur
gien, de quatre-vingt Grenadiers & de quatre
J U I N. 1764. 1q7
Tambours. Chaque compagnie de Fuſiliers ſera
commandée en tout temps par un Capitaine, un
Lieutenant, deux Sous-Lieutenans, un Enſeigne
à Picque & une Enſeigne à Drapeau, & compoſée
en temps de paix, de quatre Sergens, d'un Sér
gent-d'Armes, d'un Sergent-Fourier, de huit Ca
poraux, d'un Caporal-Porte-Drapeau , d'un Ca
poral-Magaſinier , d'un Caporal-aide-Fourrier ,
d'un Caporal-Canonnier, de huit Appointés, d'un
Appointé-Aide-Magaſinier, d'un Appointé-Chi
rurgien , de denx Appointés-Apprentifs Canon
niers, de ſoixante - ſeize Fuſiliers & de quatre
Tambours: l'Etat-Major ſera compoſé d'un Colo
nel, d'un Lieutenant-Colonel, d'un Major, de
ſept Aides-Major , de ſept Sous-Aides Major, de
deux Sergens d'Ordre, dun Tambour-Major, de
deux Sous-Tambours-Majors, de deux Commiſ
ſaires, d'un Maréchal-des-Logis, d'un Aumônier,
de deux Chirurgiens Majors, d'un Prevôt, d'un
Lieutenant de Prévôt, d'un Greffier, d'un Juge-Au
diteur des Bandes, d'un Médecin, d'un Aide-Mé
decin, d'un Apothicaire, de douze Archers, d'un
Exécuteur & de ſeize Muſiciens.La même Ordon
nance aſſigne les fonctions de chacun des Officiers
& Bas-Officiers, & porte divers Réglemens ſur le
choix des Sergens & autres. Le terme des engage
mens ſera fixé à huit ans. Les Soldats qui, après
avoir ſetvi ſeize ans, ſe retireront chez eux & non
ailleurs, y toucheront la moitié de leur ſolde,
indépendamment d'un habit de l'uniforme qui
leur ſera délivré tous les huit ans : ceux qui
auront ſervi vingt-quatre ans auront le choix, ou
d'être reçus à l'Hôtel des Invalides ou de ſe retirer
chez eux & non ailleurs, avec leur ſolde entiere &
il leur ſera délivré tous les ſix ans un habit de l'uniforme.
Les appointemens & ſolde ſeront payés à
I iij
r98 MERCURE DE FRANCE.
fp
l'avenir aux Officiers & Soldats de la maniere ſui
vante. CoMPAGNIE DE GRENADIERs. Capitaine,
12 , ooo , liv. par an en tout temps ; Lieutenant ,
4, ooo : Sous-Lieutenant, 2 , ooo ; Enſeigne, r ,
zoe ; Sergent d'Armes, 85o ; Sergent-Fourrier ,
75 o ; Sergent, 6oo ; Caporal , 2 16 , Appointé,
Aide-Magafinier & Chirurgien, 19 3 ; Tambour,
2 1 6 ; Grenadiers, 18o. CoMPAGNIEs DE FUs1
LIERs. Capitaine, 11 ooo liv. Lieutenant, 3 , ooo ;
premier Sous-Lieutenant, 1 , 5oo; ſecond Sous
Lieutenant, 1 , 2oe ; Enſeigne à Pique, 8oo ;
Fnſeigne à Drapeau, 66o ;Sergent d'Armes, 8oo,
Sergent Fourrier, 7oo; Sergent, 54o ; Caporal,
Porte-Drapeau, Magaſinier , Aide-Fourrier &
Canonnier, 198 ; Appointé, Aide-Magaſinier,
Chirurgien & Apprentif-Canonnier, 18o ; Tam
bour, 193; Fuſilier, 162. ETAT-MAJoR. Colonel,
7o, coe liv. Lieutenant-Colonel, indépendam
ment de ſes appointemens de Capitaine, 11,75o ;
Major, 18, ooo ; premier Aide-Major, 5 , eoo ;
Aide Major,4 , 5oo; Sous-Aide-Major, 2 , 5oo,
Capitaine-Appointé, 1, 5oo; Sergent d'Ordre, 1,
2 oc;Tambour-Major, 8oo Sous-Tambour Major,
36o. Aumônier, 1 , ooo; Chirurgien Major, 1, ooo
Commifſaire des Guerres ayant la Police, 1 o,
287 ; ſecond Commiſſaire, 6 , 35 o ; Maréchal
des-Logis, 3 , ooo , Prevôt, 3 , 639 , Lieutenant
de Prevôt, 8oo , Greffier, 45 ° ; Juge-Auditeur
des Bandes, 6oo ; Archer, zoo , Exécuteur, 1 5o ;
Médecin, 8oo, Aide-Médecin, 5co; Apothicaire,
6oo ; Muſicien , 1 , 5oo. Les Capitaines ſeront à
l'avenir déchargés du ſoin de faire des recrues :
l'Etat-Major en ſera chargé pour toutes les com
pagnies moyennant 12oliv. par homme,les hom
mes ne ſeront agréés qu'autant qu'ils auront
moins de vingt-cinq ans & cinq pieds quatre pou
ces de taille , & qu'ils produiront un certificat
J U I N. 1764. 199
de bonnes moeurs & de domicile : ils prêteront
ſerment entre les mains du Major à la tête du Ré
giment en bataille ſur les Drapeaux qui ſeront
réunis à cet effet: là ils jureront d'obéir aux or
dre de leurs Officiers & Bas-Officiers, de ne jamais
déſerter, de ne jamais quitter leurs Drapeaux ſous
quelque prétexte que ce ſoit, & étant particuliere
ment deſtinés à l'honneur de garder Sa Majeſté,
ils promettront de la fervir avec zéle & fidélité,
& de veiller à ſa conſervation au péril de leur vie
Le Colonel ſeul ſera chargé de donner les congés
abſolus. Au moyen du nouveau traitement, les
penſions d'ancienneté & les gratifications atta
chées aux charges ſeront ſupprimées. En temps
de guerre ſeulement, la ſomme de 4 , ooo liv.
continuera d'être payée au Commandant du
Régiment, lorſqu'il fera la campagne en qualité
de Commandant de la brigade , ainſi que la ſom
me de, 1 , 5oo liv. à chacun de quatre Capitaines
Appointés dans la colonne des Capitaines. Le Ré
giment ſera caſerné dans trois ou ſix corps de
caſernes. A commencer du 1 Avril prochain , jour
fixé pour la nouvelle compoſition, les Capitaines
ſeront déchargés du ſoin des logemens dans les
différens quartiers de Paris : le Colonel en de
meurera ſeul chargé, ainſi que de la Police & de
la diſcipline des caſernes & de l'habillement &
uniforme du Régiment. Le Roi donne au Colonel
ſeul le pouvoir d'accorder aux Soldats de leur
compagnie la permiſſion de travailler dans Paris,
de ſe marier & de s'abſenter par congé ou autre
ment : le Régiment continuera de jouir de tous
ſes anciens Priviléges & prérogatives.
Le trente - huitiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eſt fait le 24 Mars, en la
manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
I iv .
2oo MERCURE DE FRANCE.
livres eſt échu au numéro 13765, celui de vingr
mille livres au numéro 13 573 , & les deux de
dix mille livres aux numéres 1891 & 12 694.
Le 5 du même mois , on a tiré la Loterie
de l'Ecole Royale Militaire, les numéros ſortis
de la roue de fortune ſont 48 , 5 , 3o , 46, 36,
& de Sculpture tint une Aſſem blée & reçut au
nombre des Aggrégés le ſieur Prince, Peintre
de l'Impératrice de Ruſſie, connu par différens
Onvrages qui lui ont acquis de la r lutation
I ij -
196 MERCURE DE FRANCE.
|
dans cette Cour , ainſi que dans celle de
Vienne & de Warſovie. Il a préſenté a l'Aca
démie quatre Tableaux & plufieurs deſſeins qui
ont mérité les ſuffrages de tous les Membres.
Le ſieur Briſſon, dc l'Académie Royale des
Sciences , commencera , le 14 de ce mois, un
cours de phyſique expérimentale , dans la Salie
des Machines au Collége de Navarre, & le
continuera les Lundis, Mercredis & Vendredis
de chaque ſemaine.
Sa Majeſté voulant donner au Régiment des
Gardes Françoiſes des marques de la ſatisfac
tion qu'Elle a des ſervices diſtingués que ce
Corps a rendus dans tous les temps & dans tou
tes les circonſtances , & lui régler en même
temps un traitement qui réponde à l'honneur
qu'il a d'être affecté d'une manière particulière
à la garde de ſa Perſonne, a réſolu de lui fi
xer une conſtitution ſolide & invariable, & d'ac
corder, tant aux Officiers qu'aux Soldats une
· augmentation de traitement. En conſéquence,
Sà Majeſté a rendu une Ordonnance, en date
du 29 Janvier dernier, ſuivant laquelle ce Ré
· giment continuera d'être compoſé de trois com
pagnies de Grenadiers & de trente compagnies de
Fuſiliers, leſquelles formeront ſix bataillons,
compoſé chacun d'une demie-compagnie de Gre
nadiers & de cinq compagnies de Fuſiliers.Chaque
compagnie de Grenadiers ſera commandée en
tout temps par un Capitaine , deux Lieutenans,
deux Sous-Lieutenans, & deux Enſeignes à Pique ;
& compoſée de quatre Sergens, d'un Sergent
d'Armes, d'un Sergent-Fourrier, de huit Capo
raux, d'un Caporal Aide-Fourrier, d'un Caporal
Aide-Magaſinier , de huit Appointés, d'un Ap
pointé-Aide-Magaſinier , d'un Appointé-Chirur
gien, de quatre-vingt Grenadiers & de quatre
J U I N. 1764. 1q7
Tambours. Chaque compagnie de Fuſiliers ſera
commandée en tout temps par un Capitaine, un
Lieutenant, deux Sous-Lieutenans, un Enſeigne
à Picque & une Enſeigne à Drapeau, & compoſée
en temps de paix, de quatre Sergens, d'un Sér
gent-d'Armes, d'un Sergent-Fourier, de huit Ca
poraux, d'un Caporal-Porte-Drapeau , d'un Ca
poral-Magaſinier , d'un Caporal-aide-Fourrier ,
d'un Caporal-Canonnier, de huit Appointés, d'un
Appointé-Aide-Magaſinier, d'un Appointé-Chi
rurgien , de denx Appointés-Apprentifs Canon
niers, de ſoixante - ſeize Fuſiliers & de quatre
Tambours: l'Etat-Major ſera compoſé d'un Colo
nel, d'un Lieutenant-Colonel, d'un Major, de
ſept Aides-Major , de ſept Sous-Aides Major, de
deux Sergens d'Ordre, dun Tambour-Major, de
deux Sous-Tambours-Majors, de deux Commiſ
ſaires, d'un Maréchal-des-Logis, d'un Aumônier,
de deux Chirurgiens Majors, d'un Prevôt, d'un
Lieutenant de Prévôt, d'un Greffier, d'un Juge-Au
diteur des Bandes, d'un Médecin, d'un Aide-Mé
decin, d'un Apothicaire, de douze Archers, d'un
Exécuteur & de ſeize Muſiciens.La même Ordon
nance aſſigne les fonctions de chacun des Officiers
& Bas-Officiers, & porte divers Réglemens ſur le
choix des Sergens & autres. Le terme des engage
mens ſera fixé à huit ans. Les Soldats qui, après
avoir ſetvi ſeize ans, ſe retireront chez eux & non
ailleurs, y toucheront la moitié de leur ſolde,
indépendamment d'un habit de l'uniforme qui
leur ſera délivré tous les huit ans : ceux qui
auront ſervi vingt-quatre ans auront le choix, ou
d'être reçus à l'Hôtel des Invalides ou de ſe retirer
chez eux & non ailleurs, avec leur ſolde entiere &
il leur ſera délivré tous les ſix ans un habit de l'uniforme.
Les appointemens & ſolde ſeront payés à
I iij
r98 MERCURE DE FRANCE.
fp
l'avenir aux Officiers & Soldats de la maniere ſui
vante. CoMPAGNIE DE GRENADIERs. Capitaine,
12 , ooo , liv. par an en tout temps ; Lieutenant ,
4, ooo : Sous-Lieutenant, 2 , ooo ; Enſeigne, r ,
zoe ; Sergent d'Armes, 85o ; Sergent-Fourrier ,
75 o ; Sergent, 6oo ; Caporal , 2 16 , Appointé,
Aide-Magafinier & Chirurgien, 19 3 ; Tambour,
2 1 6 ; Grenadiers, 18o. CoMPAGNIEs DE FUs1
LIERs. Capitaine, 11 ooo liv. Lieutenant, 3 , ooo ;
premier Sous-Lieutenant, 1 , 5oo; ſecond Sous
Lieutenant, 1 , 2oe ; Enſeigne à Pique, 8oo ;
Fnſeigne à Drapeau, 66o ;Sergent d'Armes, 8oo,
Sergent Fourrier, 7oo; Sergent, 54o ; Caporal,
Porte-Drapeau, Magaſinier , Aide-Fourrier &
Canonnier, 198 ; Appointé, Aide-Magaſinier,
Chirurgien & Apprentif-Canonnier, 18o ; Tam
bour, 193; Fuſilier, 162. ETAT-MAJoR. Colonel,
7o, coe liv. Lieutenant-Colonel, indépendam
ment de ſes appointemens de Capitaine, 11,75o ;
Major, 18, ooo ; premier Aide-Major, 5 , eoo ;
Aide Major,4 , 5oo; Sous-Aide-Major, 2 , 5oo,
Capitaine-Appointé, 1, 5oo; Sergent d'Ordre, 1,
2 oc;Tambour-Major, 8oo Sous-Tambour Major,
36o. Aumônier, 1 , ooo; Chirurgien Major, 1, ooo
Commifſaire des Guerres ayant la Police, 1 o,
287 ; ſecond Commiſſaire, 6 , 35 o ; Maréchal
des-Logis, 3 , ooo , Prevôt, 3 , 639 , Lieutenant
de Prevôt, 8oo , Greffier, 45 ° ; Juge-Auditeur
des Bandes, 6oo ; Archer, zoo , Exécuteur, 1 5o ;
Médecin, 8oo, Aide-Médecin, 5co; Apothicaire,
6oo ; Muſicien , 1 , 5oo. Les Capitaines ſeront à
l'avenir déchargés du ſoin de faire des recrues :
l'Etat-Major en ſera chargé pour toutes les com
pagnies moyennant 12oliv. par homme,les hom
mes ne ſeront agréés qu'autant qu'ils auront
moins de vingt-cinq ans & cinq pieds quatre pou
ces de taille , & qu'ils produiront un certificat
J U I N. 1764. 199
de bonnes moeurs & de domicile : ils prêteront
ſerment entre les mains du Major à la tête du Ré
giment en bataille ſur les Drapeaux qui ſeront
réunis à cet effet: là ils jureront d'obéir aux or
dre de leurs Officiers & Bas-Officiers, de ne jamais
déſerter, de ne jamais quitter leurs Drapeaux ſous
quelque prétexte que ce ſoit, & étant particuliere
ment deſtinés à l'honneur de garder Sa Majeſté,
ils promettront de la fervir avec zéle & fidélité,
& de veiller à ſa conſervation au péril de leur vie
Le Colonel ſeul ſera chargé de donner les congés
abſolus. Au moyen du nouveau traitement, les
penſions d'ancienneté & les gratifications atta
chées aux charges ſeront ſupprimées. En temps
de guerre ſeulement, la ſomme de 4 , ooo liv.
continuera d'être payée au Commandant du
Régiment, lorſqu'il fera la campagne en qualité
de Commandant de la brigade , ainſi que la ſom
me de, 1 , 5oo liv. à chacun de quatre Capitaines
Appointés dans la colonne des Capitaines. Le Ré
giment ſera caſerné dans trois ou ſix corps de
caſernes. A commencer du 1 Avril prochain , jour
fixé pour la nouvelle compoſition, les Capitaines
ſeront déchargés du ſoin des logemens dans les
différens quartiers de Paris : le Colonel en de
meurera ſeul chargé, ainſi que de la Police & de
la diſcipline des caſernes & de l'habillement &
uniforme du Régiment. Le Roi donne au Colonel
ſeul le pouvoir d'accorder aux Soldats de leur
compagnie la permiſſion de travailler dans Paris,
de ſe marier & de s'abſenter par congé ou autre
ment : le Régiment continuera de jouir de tous
ſes anciens Priviléges & prérogatives.
Le trente - huitiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eſt fait le 24 Mars, en la
manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
I iv .
2oo MERCURE DE FRANCE.
livres eſt échu au numéro 13765, celui de vingr
mille livres au numéro 13 573 , & les deux de
dix mille livres aux numéres 1891 & 12 694.
Le 5 du même mois , on a tiré la Loterie
de l'Ecole Royale Militaire, les numéros ſortis
de la roue de fortune ſont 48 , 5 , 3o , 46, 36,
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Résumé : « Le 24 Février, l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture tint [...] »
Le 24 février, l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture a accueilli le sieur Prince, peintre de l'Impératrice de Russie, parmi les agrégés. Il a présenté quatre tableaux et plusieurs dessins, appréciés par les membres de l'Académie. Le sieur Brisson, de l'Académie Royale des Sciences, débutera un cours de physique expérimentale le 14 du mois suivant, les lundis, mercredis et vendredis au Collège de Navarre. Sa Majesté a exprimé sa satisfaction envers le Régiment des Gardes Françaises pour ses services distingués. Elle a décidé d'accorder une augmentation de traitement aux officiers et soldats, et a rendu une ordonnance le 29 janvier pour réorganiser le régiment. Ce dernier sera composé de trois compagnies de grenadiers et de trente compagnies de fusiliers, formant six bataillons. L'ordonnance précise la composition et les fonctions de chaque grade, ainsi que les conditions de service et les retraites. Les soldats ayant servi seize ans recevront la moitié de leur solde s'ils se retirent chez eux, tandis que ceux ayant servi vingt-quatre ans pourront choisir entre l'Hôtel des Invalides ou une retraite avec solde complète. Les traitements des officiers et soldats sont détaillés, et les capitaines seront déchargés du recrutement, remplacé par l'État-Major. Les nouvelles recrues devront avoir moins de vingt-cinq ans et une taille minimale de cinq pieds quatre pouces, avec un certificat de bonnes mœurs et de domicile. Le régiment continuera de jouir de ses anciens privilèges et prérogatives. Le 24 mars, le trente-huitième tirage de la Loterie de l'Hôtel de Ville a attribué un lot de cinquante mille livres au numéro 13765, un lot de vingt mille livres au numéro 13573, et deux lots de dix mille livres aux numéros 1891 et 12694. Le 5 mars, la Loterie de l'École Royale Militaire a également eu lieu.
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159
p. 160-167
DE VERSAILLES, le 28 Avril 1764.
Début :
Le 2 de ce mois, Leurs Majestés & la Famille Royale signèrent le [...]
Mots clefs :
Famille royale, Duc, Marquis, Comte, Monseigneur, Honneur, Mariage, Cérémonies, Ministre, Serment, Pauvres, Audience, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 28 Avril 1764.
DE VERSAILLES , le 28 Avril 1764.
L. 2 de ce mois , Leurs Majeſtés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de Vaubecourt avec Demoiſelle de Vateboy
du Metz. Le même jour , la Marquife de Donniffan
& la Marquile de Graffe furent préſentées
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , la première
par la Marquife de Durfort , la feconde
par la Comteffe de Carcado.
Le même jour , les Députés du Parlement de
Befançon , au nombre de huit , furent préſentés
à Sa Majesté par le Duc de Choifeul , Miniftre &
Secrétaire d'Etat ayant le département de la Province
, & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut
dans fon fauteuil en préſence de fes Miniftres &
de fes Grands Officiers , & leur permit de lui
faire les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie.
Les , Leurs Majeftés & la Famille Royale -
gnérent le contrat de Mariage du Marquis de
Tourzel avec Demoifelle d'Havré.
Le fieur Law de Laurifton , Colonel d'Infanterie
, étant fur le point de partir en qualité de
Commiffaire pour le Roi & Commandant GénéJUILLET.
1764.
161
ral des établiſſemens François aux Indes Orientales
, a été préfenté à Sa Majeſté le zo du mois
dernier.
Le 8 de ce mois , le Marquis de Choiſeul- la-
Baume , Maréchal de Camp , prêta ferment entre
les mains du Roi pour la Lieutenance générale
de Champagne. Le même jour la Ducheffe
d'Elbeuf fit fes révérences à Leurs Majeſtés & à la
Famille Royale. Le lendemain , l'Evêque de
Comminges prêta ferment pendant la Melle entre
les mains du Roi.
Le Comte de Dietrichſtein , Chambellan de
l'Empereur , notifia , le 15 , à Leurs Majeftés &
à la Famille Royale l'Election & le Couronnement
de l'Archiduc Joſeph Roi des Romains. Le
même jour , le Vicomte de Choifeul , Brigadier
des Armées du Roi , Colonel du Régiment de
Poitou , & l'un des Menins de Monfeigneur le
Dauphin , nommé pour aller complimenter , de
la part du Roi , l'Empereur & le Roi des Romains,
a pris congé de Sa Majeſté.
Le 16 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulde Colonel des Grenadiers de France ,
avec Demoiſelle Davy de la Pailleterie .
"
Le 19 , jour du Jeudi Saint , après l'Abfoure
faite par l'Évêque de Poitiers & le Sermon prononcé
par l'Abbé de Balore , Vicaire Général
du Diocèle de Belley , le Roi lava les pieds à
douze Pauvres & les fervit à table. Le Prince de
Condé , Grand-Maître de la Maifon de Sa Majefté
, étoit à la tête des Maîtres d'Hôtel & précéda
le fervice , dont les plats furent portés par
Monfeigneur le Dauphin , Monfeigneur le Duc
de Berry , Monfeigneur le Comte de Provence ,
par le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le
162 MERCURE DE FRANCE.
Duc de Bourbon , le Prince de Conty , le Comte
de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc de Penthievre
& le Prince de Lamballe , & par les principaux
Officiers de Sa Majesté.
Le même jour , la Reine entendit le Sermon
de la Cene prononcé par l'Abbé de Chaléon , Vicaire
Général du Diocèle de Meaux. L'Evêque de
Poitiers fit enfuite l'Abfoute , après laquelle Sa
Majefté lava les pieds à douze pauvres Filles
-qu'Elle fervit à table. Le Marquis de Talaru ,
premier Maître d'Hôtel , précédia le fervice , &
les plats furent portés par Madame Adélaïde &
par Meldames Sophie & Louife , ainfi que par
les Dames du Palais de la Reine , & les Dames de
Meldames.
La Comteffe de Holderness , fe difpofant à retourner
en Angleterre , fut préfentée , le même
jour, à Leurs Majeſtés & à la Famille Royale.
Le 22 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulevrier Langeron avec Demoiſelle de Saint
Pierre.
Le Comte du Châtelet- Lomont , Menin de
Monfeigneur le Dauphin & Ambaſſadeur du Roi
à la Cour de Vienne , arriva ici le 24, & fat
préfenté
le lendemain à Sa Majesté par le Duc de
Praflin. La Comteffe du Châtelet a été préfentée
aufli au Roi par le Duc de Fleury , Premier Gentilhomme
de la Chambre en exercice.
Le Roi vient de nommer Intendant de la Guadeloupe
le Sieur Senac de Meilhan , Maître des
-Requêtes, qui , en cette qualité , a été préſenté à
Sa Majefté , le 26 , par le Duc de Choifeul .
Le Roi a donné l'Evêché de Vabres à l'Abbé de
Caftries , Vicaire - Général du Diocèle d'Alby ;
L'Abbaye de Saint Pierre , Ordre de Saint Benoît ,
JUILLET. 1764. 163
Diocèle de Châlons ſur Saône , à l'Abbé de Stoupy
, Chanoine de Liége ; celle de Saint Joffe- fur-
Mer , Ordre de Saint Benoît , Diocèſe d'Amiens ,
à l'Abbé de Modene , Vicaire- Général du même
Diocèfe ; celle de Saint Jacques , Ordre de Saint
Auguſtin , Diocèfe.de Beziers , à l'Abbé Guillot ,
Vicaire-Général du Diocèſe de Mâcon ; celle de
Sainte Perrine , Ordre de Saint Auguftin , Diocèle
de Paris , à la Dame de Mazieres , Religieufe
de la Communauté des Filles- Dieu à Paris ; &
celle des Chazes , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Saint Flour , à la Dame de Guerin de Lugeac ,
Religieufe Bénédictine de l'Abbaye de Lavau-
Dieq , même Diocèle.
Le Sieur Buy de Mornas , Géographe de Monfeigneur
le Duc de Berry & de Monfeigneur le
Comte de Provence , eut l'honneur de préſenter ,
le 22
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
vingt nouvelles Cartes de fon Atlas Géographi
•que lefquelles ont rapport au cinquième âge du
monde , & doivent être à la tête du troifiéme
Volume de cet Ouvrage.
Du 16 Mai.
>
Les Députés du Parlement de Rouen , au nombre
de huit , furent préſentés au Roi , le 28 du
mois dernier , par le fieur Bertin Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de la
Normandie , & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Sa Majefté les
reçut dans fon fauteuil en préfence de fes Miniftres
& de fes Grands- Officiers , & leur permit de
lui faire les repréſentations dont ils avoient été
chargés par leur Compagnie.
Le lendemain , les Députés des Etats de Bour
gogne furent auffi préfentés au Roi par le Prince
164 MERCURE DE FRANCE.
de Condé , Gouverneur de la Province , & par le
Comte de Saint Florentin , Miniftre & Sécrétaire
d'Etat. Ils furent conduits à cette Audience par le
Marquis de Dreux , Grand - Maître des Cérémonies
& par le Sieur Defgranges , Maître des Cérémonies.
La Députation étoit compofée de
l'Abbé du Châtel , Aumônier Ordinaire de la
Reine , élu du Clergé , lequel porta la parole;
du Marquis de Châtelux , élu de la Nobleffe ; du
Sieur de Baudeffon , Maire d'Auxerre , élu du
Tiers Etat ; du Sieur Blanchon , Syndic , Député
de la Province de Breffe ; du Sieur Comber , Syndic
, Député des Provinces de Bujey & Gex ; du
Sieur de Blancey , Secrétaire des Etats de Bour
gogne, & du Sieur de Lapoix , Procureur Syndic
des mêmes Etats . Ces Députés eurent enfuite Audience
de la Reine & de Famille Royale.
Le même jour , Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de la Roche - du- Maine avec Demoiſelle de
Verneuil. 暑
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Prince de Marfan & au Maréchal de
Balincourt.
Le premier de ce mois , les Muficiens du Roi ,
réunis aux Hautbois de la Chambre , fe rendirent
au lever de Sa Majefté , conduits par le Sieur de
Bury , Surintendant de la Mufique en furvivance
du Sieur Rebel , & éxécutérent felon l'uſage
ordinaire , plufieurs morceaux de Symphonie.
"
Le 2 , l'Evêque de Châlons - fur Marne prêta
ferment , pendant la Melle, entre les mains de
Sa Majesté.
Le 6 , ia Vicomteffe de Narbonne - Pelet a été
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Comteffe de Forcalquier.
JUILLET, 1764. 165
Le 7 , l'Evêque de Vence & celui de Mâcon
prêterent ferment , pendant la Meffe , entre les
mains de Sa Majefté , dans la Chapelle du Château.
Le 8 , le Roi chaffa au vol , accompagné de Madame
Adélaïde , & de Meldames Sophie &
Louife.
Le 12 , le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs
, a prêté ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Lieutenant - Général de la
Province du Blaifois , vacante par la retraite du
Comte d'Harcourt.
Le 13 , les Secrétaires du Roi de la Grande
Chancellerie eurent l'honneur de préfenter à Sa
Majeſté , fuivant l'ufage , la bourſe de Saint Jean
de la Porte Latine. Le Steur Lebeuf , premier
Syndic de cette Compagnie porta la parole.
Le même jour , Leuis Majeftés & la Famille .
Royale fignerent le contrat de Mariage du Marquis
de Fontaines , Exempt des Gardes du Corps
dans la Compagnie Ecolloife , avec Demoiſelle
Goujon de Ris.
Le is , le Comte Bielinsk , Envoyé extraor
dinaire de la République de Pologne , eut fon
Audience de congé du Roi ; il y fut conduit , ainfi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs
Le Roi a difpofé en faveur de l'Abbé de Liſle & -
de l'Abbé Frottier , Clercs de fa Chapelle des deux
Charges de Chapelains vacantes par les cémiffions
des Abbés Peigné & de Haullay & les deux
charges de Clercs de Chapelle ont été accordées à
l'Abbé Blanchemain , Précepteur des Pages de
Sa Majefté , & à l'Abbé de Ciédat des Mazeaux .
L'Abbé de Sailly , Aumônier de Madame la
166 MERCURE DE FRANCE.
Dauphine , Grand - Chantre & Chanoine de la
Sainte Chapelle Koyale du Palais , & le Baron de
Lentzbourg , Membre du Sénat du Canton de
Fribourg, nommés par SaMajeſté pour être admis
dans les Ordres Royaux , Militaires & Hoſpitaliers
de Notre-Dame du Mont- Carmel & de
Saint Lazare de Jérufalem , ont fait leur profef
fion en préſence de Monfeigneur le Duc de
Berry , Grand-Maître de ces Ordres , entre les -
mains du Comte de Saint Florentin , Miniftre &
Secrétaire d'Etat , Adminiſtrateur Général defdits
Ordres ; après l'émiffion des Voeux , le nou
veau Commandeur Eccléfiaftique & le nouveau
Chevalier ont eu l'honneur de baifer la main du'
Prince Grand- Maître en figne d'obédience. Les
Chevaliers - Commandeurs , Grands - Officiers &
plufieurs Chevaliers Commandeurs Eccléfiaftiques
ont affifté à cette Cérémonie.
·
Le 30 Avril , le Sieur Targe , ancien Profeffeur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire , a
eu l'honneur de préfenter à Monseigneur le Duc
de Berry & à Monfeigneur le Comte de Proven-"
vence , les deux derniers Volumes de fa Traduction
de l'Hiftoire d'Angleterre de M. Smollet.
Le 6 Mai , le Sieur de la Lande , de l'Académie
Royale des Sciences , eut l'honneur de préſenter
au Roi une Carte du paffage de Vénus fur le Soleil
, qui s'obſervera le ; Juin 1769 , & d'expo-'
fer à Sa Majesté les avantages confidérables que
ce paffage aura fur celui qui eft arrivé en 1761.
Cette Carte étoit accompagnée d'un Mémoire
imprimé qui contient la manière dont le paffa-1
ge de 1769 paroîtra dans tous les Pays de la
Terre , les voyages qu'il fera utile d'entreprendre'
à cette occafion , & le réſultat de tout ce qui a
été obférvé ſur le paffage de 1761 dans toutes
les parties du Monde.
JUILLET. 1764. 167
Le Sieur Adanfon , de l'Académie des Sciences ,
a eu l'honneur de préfenter , le même jour , au
Roi un Ouvrage de fa compofition intitulé : Familles
des Plantes.
Le 12 , le Sieur Blondeau de Charnage , Penfionnaire
du Roi , préfenta à Sa Majesté le troifiéme
Volume du Dictionnaire des Titres Origi
naux pour les Fiefs , le Domaine du Roi , l'Hif
toire, la Généalogie , & généralement tous les
objets qui concernent le gouvernement de l'Etat.
Le lendemain , Jean-Thomas Hériffant , Imprimeur
du Roi , Maiſon & Cabinet de Sa Majeſté
, eut auffi l'honneur de préfenter au Roi le
quatriéme Volume des Euvres du Chancelier
d'Agueffeau.
L. 2 de ce mois , Leurs Majeſtés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de Vaubecourt avec Demoiſelle de Vateboy
du Metz. Le même jour , la Marquife de Donniffan
& la Marquile de Graffe furent préſentées
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , la première
par la Marquife de Durfort , la feconde
par la Comteffe de Carcado.
Le même jour , les Députés du Parlement de
Befançon , au nombre de huit , furent préſentés
à Sa Majesté par le Duc de Choifeul , Miniftre &
Secrétaire d'Etat ayant le département de la Province
, & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut
dans fon fauteuil en préſence de fes Miniftres &
de fes Grands Officiers , & leur permit de lui
faire les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie.
Les , Leurs Majeftés & la Famille Royale -
gnérent le contrat de Mariage du Marquis de
Tourzel avec Demoifelle d'Havré.
Le fieur Law de Laurifton , Colonel d'Infanterie
, étant fur le point de partir en qualité de
Commiffaire pour le Roi & Commandant GénéJUILLET.
1764.
161
ral des établiſſemens François aux Indes Orientales
, a été préfenté à Sa Majeſté le zo du mois
dernier.
Le 8 de ce mois , le Marquis de Choiſeul- la-
Baume , Maréchal de Camp , prêta ferment entre
les mains du Roi pour la Lieutenance générale
de Champagne. Le même jour la Ducheffe
d'Elbeuf fit fes révérences à Leurs Majeſtés & à la
Famille Royale. Le lendemain , l'Evêque de
Comminges prêta ferment pendant la Melle entre
les mains du Roi.
Le Comte de Dietrichſtein , Chambellan de
l'Empereur , notifia , le 15 , à Leurs Majeftés &
à la Famille Royale l'Election & le Couronnement
de l'Archiduc Joſeph Roi des Romains. Le
même jour , le Vicomte de Choifeul , Brigadier
des Armées du Roi , Colonel du Régiment de
Poitou , & l'un des Menins de Monfeigneur le
Dauphin , nommé pour aller complimenter , de
la part du Roi , l'Empereur & le Roi des Romains,
a pris congé de Sa Majeſté.
Le 16 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulde Colonel des Grenadiers de France ,
avec Demoiſelle Davy de la Pailleterie .
"
Le 19 , jour du Jeudi Saint , après l'Abfoure
faite par l'Évêque de Poitiers & le Sermon prononcé
par l'Abbé de Balore , Vicaire Général
du Diocèle de Belley , le Roi lava les pieds à
douze Pauvres & les fervit à table. Le Prince de
Condé , Grand-Maître de la Maifon de Sa Majefté
, étoit à la tête des Maîtres d'Hôtel & précéda
le fervice , dont les plats furent portés par
Monfeigneur le Dauphin , Monfeigneur le Duc
de Berry , Monfeigneur le Comte de Provence ,
par le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le
162 MERCURE DE FRANCE.
Duc de Bourbon , le Prince de Conty , le Comte
de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc de Penthievre
& le Prince de Lamballe , & par les principaux
Officiers de Sa Majesté.
Le même jour , la Reine entendit le Sermon
de la Cene prononcé par l'Abbé de Chaléon , Vicaire
Général du Diocèle de Meaux. L'Evêque de
Poitiers fit enfuite l'Abfoute , après laquelle Sa
Majefté lava les pieds à douze pauvres Filles
-qu'Elle fervit à table. Le Marquis de Talaru ,
premier Maître d'Hôtel , précédia le fervice , &
les plats furent portés par Madame Adélaïde &
par Meldames Sophie & Louife , ainfi que par
les Dames du Palais de la Reine , & les Dames de
Meldames.
La Comteffe de Holderness , fe difpofant à retourner
en Angleterre , fut préfentée , le même
jour, à Leurs Majeſtés & à la Famille Royale.
Le 22 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulevrier Langeron avec Demoiſelle de Saint
Pierre.
Le Comte du Châtelet- Lomont , Menin de
Monfeigneur le Dauphin & Ambaſſadeur du Roi
à la Cour de Vienne , arriva ici le 24, & fat
préfenté
le lendemain à Sa Majesté par le Duc de
Praflin. La Comteffe du Châtelet a été préfentée
aufli au Roi par le Duc de Fleury , Premier Gentilhomme
de la Chambre en exercice.
Le Roi vient de nommer Intendant de la Guadeloupe
le Sieur Senac de Meilhan , Maître des
-Requêtes, qui , en cette qualité , a été préſenté à
Sa Majefté , le 26 , par le Duc de Choifeul .
Le Roi a donné l'Evêché de Vabres à l'Abbé de
Caftries , Vicaire - Général du Diocèle d'Alby ;
L'Abbaye de Saint Pierre , Ordre de Saint Benoît ,
JUILLET. 1764. 163
Diocèle de Châlons ſur Saône , à l'Abbé de Stoupy
, Chanoine de Liége ; celle de Saint Joffe- fur-
Mer , Ordre de Saint Benoît , Diocèſe d'Amiens ,
à l'Abbé de Modene , Vicaire- Général du même
Diocèfe ; celle de Saint Jacques , Ordre de Saint
Auguſtin , Diocèfe.de Beziers , à l'Abbé Guillot ,
Vicaire-Général du Diocèſe de Mâcon ; celle de
Sainte Perrine , Ordre de Saint Auguftin , Diocèle
de Paris , à la Dame de Mazieres , Religieufe
de la Communauté des Filles- Dieu à Paris ; &
celle des Chazes , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Saint Flour , à la Dame de Guerin de Lugeac ,
Religieufe Bénédictine de l'Abbaye de Lavau-
Dieq , même Diocèle.
Le Sieur Buy de Mornas , Géographe de Monfeigneur
le Duc de Berry & de Monfeigneur le
Comte de Provence , eut l'honneur de préſenter ,
le 22
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
vingt nouvelles Cartes de fon Atlas Géographi
•que lefquelles ont rapport au cinquième âge du
monde , & doivent être à la tête du troifiéme
Volume de cet Ouvrage.
Du 16 Mai.
>
Les Députés du Parlement de Rouen , au nombre
de huit , furent préſentés au Roi , le 28 du
mois dernier , par le fieur Bertin Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de la
Normandie , & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Sa Majefté les
reçut dans fon fauteuil en préfence de fes Miniftres
& de fes Grands- Officiers , & leur permit de
lui faire les repréſentations dont ils avoient été
chargés par leur Compagnie.
Le lendemain , les Députés des Etats de Bour
gogne furent auffi préfentés au Roi par le Prince
164 MERCURE DE FRANCE.
de Condé , Gouverneur de la Province , & par le
Comte de Saint Florentin , Miniftre & Sécrétaire
d'Etat. Ils furent conduits à cette Audience par le
Marquis de Dreux , Grand - Maître des Cérémonies
& par le Sieur Defgranges , Maître des Cérémonies.
La Députation étoit compofée de
l'Abbé du Châtel , Aumônier Ordinaire de la
Reine , élu du Clergé , lequel porta la parole;
du Marquis de Châtelux , élu de la Nobleffe ; du
Sieur de Baudeffon , Maire d'Auxerre , élu du
Tiers Etat ; du Sieur Blanchon , Syndic , Député
de la Province de Breffe ; du Sieur Comber , Syndic
, Député des Provinces de Bujey & Gex ; du
Sieur de Blancey , Secrétaire des Etats de Bour
gogne, & du Sieur de Lapoix , Procureur Syndic
des mêmes Etats . Ces Députés eurent enfuite Audience
de la Reine & de Famille Royale.
Le même jour , Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de la Roche - du- Maine avec Demoiſelle de
Verneuil. 暑
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Prince de Marfan & au Maréchal de
Balincourt.
Le premier de ce mois , les Muficiens du Roi ,
réunis aux Hautbois de la Chambre , fe rendirent
au lever de Sa Majefté , conduits par le Sieur de
Bury , Surintendant de la Mufique en furvivance
du Sieur Rebel , & éxécutérent felon l'uſage
ordinaire , plufieurs morceaux de Symphonie.
"
Le 2 , l'Evêque de Châlons - fur Marne prêta
ferment , pendant la Melle, entre les mains de
Sa Majesté.
Le 6 , ia Vicomteffe de Narbonne - Pelet a été
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Comteffe de Forcalquier.
JUILLET, 1764. 165
Le 7 , l'Evêque de Vence & celui de Mâcon
prêterent ferment , pendant la Meffe , entre les
mains de Sa Majefté , dans la Chapelle du Château.
Le 8 , le Roi chaffa au vol , accompagné de Madame
Adélaïde , & de Meldames Sophie &
Louife.
Le 12 , le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs
, a prêté ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Lieutenant - Général de la
Province du Blaifois , vacante par la retraite du
Comte d'Harcourt.
Le 13 , les Secrétaires du Roi de la Grande
Chancellerie eurent l'honneur de préfenter à Sa
Majeſté , fuivant l'ufage , la bourſe de Saint Jean
de la Porte Latine. Le Steur Lebeuf , premier
Syndic de cette Compagnie porta la parole.
Le même jour , Leuis Majeftés & la Famille .
Royale fignerent le contrat de Mariage du Marquis
de Fontaines , Exempt des Gardes du Corps
dans la Compagnie Ecolloife , avec Demoiſelle
Goujon de Ris.
Le is , le Comte Bielinsk , Envoyé extraor
dinaire de la République de Pologne , eut fon
Audience de congé du Roi ; il y fut conduit , ainfi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs
Le Roi a difpofé en faveur de l'Abbé de Liſle & -
de l'Abbé Frottier , Clercs de fa Chapelle des deux
Charges de Chapelains vacantes par les cémiffions
des Abbés Peigné & de Haullay & les deux
charges de Clercs de Chapelle ont été accordées à
l'Abbé Blanchemain , Précepteur des Pages de
Sa Majefté , & à l'Abbé de Ciédat des Mazeaux .
L'Abbé de Sailly , Aumônier de Madame la
166 MERCURE DE FRANCE.
Dauphine , Grand - Chantre & Chanoine de la
Sainte Chapelle Koyale du Palais , & le Baron de
Lentzbourg , Membre du Sénat du Canton de
Fribourg, nommés par SaMajeſté pour être admis
dans les Ordres Royaux , Militaires & Hoſpitaliers
de Notre-Dame du Mont- Carmel & de
Saint Lazare de Jérufalem , ont fait leur profef
fion en préſence de Monfeigneur le Duc de
Berry , Grand-Maître de ces Ordres , entre les -
mains du Comte de Saint Florentin , Miniftre &
Secrétaire d'Etat , Adminiſtrateur Général defdits
Ordres ; après l'émiffion des Voeux , le nou
veau Commandeur Eccléfiaftique & le nouveau
Chevalier ont eu l'honneur de baifer la main du'
Prince Grand- Maître en figne d'obédience. Les
Chevaliers - Commandeurs , Grands - Officiers &
plufieurs Chevaliers Commandeurs Eccléfiaftiques
ont affifté à cette Cérémonie.
·
Le 30 Avril , le Sieur Targe , ancien Profeffeur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire , a
eu l'honneur de préfenter à Monseigneur le Duc
de Berry & à Monfeigneur le Comte de Proven-"
vence , les deux derniers Volumes de fa Traduction
de l'Hiftoire d'Angleterre de M. Smollet.
Le 6 Mai , le Sieur de la Lande , de l'Académie
Royale des Sciences , eut l'honneur de préſenter
au Roi une Carte du paffage de Vénus fur le Soleil
, qui s'obſervera le ; Juin 1769 , & d'expo-'
fer à Sa Majesté les avantages confidérables que
ce paffage aura fur celui qui eft arrivé en 1761.
Cette Carte étoit accompagnée d'un Mémoire
imprimé qui contient la manière dont le paffa-1
ge de 1769 paroîtra dans tous les Pays de la
Terre , les voyages qu'il fera utile d'entreprendre'
à cette occafion , & le réſultat de tout ce qui a
été obférvé ſur le paffage de 1761 dans toutes
les parties du Monde.
JUILLET. 1764. 167
Le Sieur Adanfon , de l'Académie des Sciences ,
a eu l'honneur de préfenter , le même jour , au
Roi un Ouvrage de fa compofition intitulé : Familles
des Plantes.
Le 12 , le Sieur Blondeau de Charnage , Penfionnaire
du Roi , préfenta à Sa Majesté le troifiéme
Volume du Dictionnaire des Titres Origi
naux pour les Fiefs , le Domaine du Roi , l'Hif
toire, la Généalogie , & généralement tous les
objets qui concernent le gouvernement de l'Etat.
Le lendemain , Jean-Thomas Hériffant , Imprimeur
du Roi , Maiſon & Cabinet de Sa Majeſté
, eut auffi l'honneur de préfenter au Roi le
quatriéme Volume des Euvres du Chancelier
d'Agueffeau.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 28 Avril 1764.
En avril et mai 1764, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de Versailles. Le 2 avril, les contrats de mariage du Marquis de Vaubecourt avec Demoiselle de Vateboy du Metz et du Marquis de Tourzel avec Demoiselle d'Havré ont été signés par Leurs Majestés et la Famille Royale. La Marquise de Donniffan et la Marquise de Graffe ont été présentées à la cour. Les députés du Parlement de Besançon ont été reçus par le Roi en présence de ses ministres et grands officiers. Le Sieur Law de Laurifton, Colonel d'Infanterie, a été présenté au Roi avant son départ pour les Indes Orientales. Le Marquis de Choiseul-la-Baume a prêté serment pour la Lieutenance générale de Champagne, et la Duchesse d'Elbeuf a fait ses révérences à la cour. Le Comte de Dietrichstein a notifié l'élection et le couronnement de l'Archiduc Joseph Roi des Romains. Le Vicomte de Choiseul a pris congé du Roi pour complimenter l'Empereur et le Roi des Romains. Le contrat de mariage du Comte de Maulde avec Demoiselle Davy de la Pailleterie a été signé. Le Roi a lavé les pieds de douze pauvres le Jeudi Saint, et la Reine a fait de même pour douze pauvres filles. La Comtesse de Holderness a été présentée à la cour avant son départ pour l'Angleterre. Le contrat de mariage du Comte de Maulevrier Langeron avec Demoiselle de Saint Pierre a été signé. Le Comte du Châtelet-Lomont, Ambassadeur à Vienne, est arrivé et a été présenté au Roi. Le Sieur Senac de Meilhan a été nommé Intendant de la Guadeloupe. Plusieurs nominations ecclésiastiques ont été annoncées, notamment celles des Abbés de Castries, Stoupy, Modene, Guillot, et des Dames de Mazieres et de Guerin de Lugeac. Le Sieur Buy de Mornas a présenté de nouvelles cartes géographiques à la cour. Les députés du Parlement de Rouen et des États de Bourgogne ont été reçus par le Roi. Le contrat de mariage du Marquis de la Roche-du-Maine avec Demoiselle de Verneuil a été signé. Le Prince de Marfan et le Maréchal de Balincourt ont obtenu les entrées de la Chambre du Roi. L'Évêque de Châlons-sur-Marne, ceux de Vence et de Mâcon ont prêté serment. Le Roi a chassé au vol avec Madame Adélaïde et Mesdames Sophie et Louise. Le Sieur Dufort a prêté serment pour la charge de Lieutenant-Général du Blaisois. Les Secrétaires du Roi ont présenté la bourse de Saint Jean de la Porte Latine. Le contrat de mariage du Marquis de Fontaines avec Demoiselle Goujon de Ris a été signé. Le Comte Bielinski, Envoyé de Pologne, a pris congé du Roi. Plusieurs nominations et promotions ont été annoncées, notamment celles des Abbés de Lisle, Frottier, Blanchemain, et de Ciédat des Mazeaux. L'Abbé de Sailly et le Baron de Lentzbourg ont été admis dans les Ordres Royaux Militaires et Hospitaliers. Le Sieur Targe a présenté les volumes de la traduction de l'Histoire d'Angleterre de M. Smollet au Duc de Berry et au Comte de Provence. Le Sieur de la Lande a présenté une carte du passage de Vénus sur le Soleil au Roi. Le Sieur Adanson a présenté son ouvrage 'Familles des Plantes'. Le Sieur Blondeau de Charnage a présenté le troisième volume du Dictionnaire des Titres Originaux. Jean-Thomas Hérissant a présenté le quatrième volume des Œuvres du Chancelier d'Aguesseau au Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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160
p. 181-186
De VERSAILLES, le 9 Juin 1764.
Début :
Le Roi vient de donner au Prince de Tingri la place de Capitaine [...]
Mots clefs :
Comte, Général, Majesté, Famille royale, Gouvernement, Marquis, Audience, Famille royale, Province, Serment, Honneur, Aumônier, Cérémonies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 9 Juin 1764.
De VERSAILLES , le 9 Juin 1764 .
Le Roi vient de donner au Prince de Tingri la
place de Capitaine de les Gardes , vacante par la
mort du Maréchal Duc de Luxembourg. Sa Majefté
a diſpoſé en même temps du Gouvernement
de Normandie en faveur du Duc d'Harcourt ,
qui en étoit Lieutenant-Général. Le Gouvernement
de Sedan , vacant par la nomination du
Duc d'Harcourt au Gouvernement de la Province
de Normandie , a été donné au Duc de Laval ,
Lieutenant-Général des Armées du Roi , qui a
remis à Sa Majefté le Gouvernement de Mont-
Dauphin, dont elle a diſpoſé en faveur du Comte
de la Suze , Grand Maréchal des Logis de fa
Cour.
Sa Majeſté a donné le Gouvernement de Port-
Louis , vacant par la mort du Comte de Rothelin' ,
au Chevalier du Châtelet , Lieutenant-Général de
fes Armées , & celui de Saint- Malo , vacant par
la mort du Maréchal de Maubourg , au Comte
de Montazet , Lieutenant-Général de les Armées,
qui a remis à Sa Majesté le Gouvernement du
Fort de Scarpe dont il étoit pourvu , & que
Majeſté donné au Chevalier de Saint- Point ,
Maréchal de fes Camps & Armées , & Lieutenant
de fes Gardes-du - Corps dans la Compagnie de
Beauvau .
Sa
L'Inſpection de Cavalerie dont étoit pourvu le
182 MERCURE DE FRANCE.
"
Comte de Montazet a été fupprimée par le Roi,
qui a donné l'Inspection qu'éxerçoit le Marquis
du Mefnil au Comte de Choifeul-la-Baume , &
celle d'Infanterie , qu'avoit le Marquis de Bréhant
, au Comte de Montbarey.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché d'Alby en
faveur du Cardinal de Bernis ; & de l'Evêché de
Siſteron en faveur de l'Abbé de Saint-Tropès.
Elle a donné l'Abbaye de Corneville , Ordre de
S. Auguftin , Diocèfe de Rouen , à l'Abbé d'Allemans-
Dulau , ancien Curé de la Paroifle de S.
Sulpice à Paris.
Le Roi vient de difpofer de la place de Dame
d'Atours de Madame , qu'avoit la Comteffe de
Civerac , en faveur de la Comteffe de Narbonne ,
Dame pour accompagner Madame.
Le fieur Tiepolo , Ambaffadeur de la République
de Venife , fut conduit ici le 22 du mois dernier
, dans les caroffes de Leurs Majeftés , & eur
une Audience publique de Congé du Roi , qui le
fit enfuite Chevalier. Il fut conduit à cette Audience
, ainfi qu'à celles de la Reine & de la Famille
Royale , par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le 27 , le Prince de Tingry prêta ferment entre
les mains du Roi , en qualité de Capitaine des
Gardes de Sa Majesté.
Le fieur Langlois , Confeiller au Parlement de
Paris , ayant été pourvu d'une Charge d'Intendant
des Finances , fut préfenté au Roi en cette
qualité le même jour par le fieur de l'Averdy.
La Dame de l'Averdy , époufe du Contrôleur
Général des Finances , & la Comteffe de Langeron
, furent préfentées le même jour à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale , la premiere par la
Comteffe de Noailles , & la feconde par la Marquile
de Langeron.
JUILLET. 1764. 183
Le même jour la Marquife de Tourzel & la
Marquife de Gantès furent préſentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale , la première ,
par la Marquife de Sourches , la feconde , par la
Vicomteffe de Caftellane .
Les Députés des Etats d'Artois eurent auffi ce
même jour une Audience du Roi : ils furent préfentés
à Sa Majesté par le Duc de Chaulnes ,
Gouverneur de la Province , & par le Duc de
Choifeul , Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le
département de la Guerre & de la Marine , 82
conduit à cette Audience par le Marquis de
Dreux , Grand-Maître des Cérémonies , & par le
Heur Desgranges , Maître des Cérémonies. La
députation étoit compofée , pour le Clergé , de
l'Evêque de Saint-Omer , qui porta la parole ;
du Comte de Marle , pour la Nobleffe , & du
fieur de Canchy , pour le Tiers- Etat..
la
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
3 de ce mois le Contrat de mariage du fieur
de Boullongne , Maître des Requêtes , & de Demoiſelle
Langlois , fille du fieur Langlois , Intendant
des Finances. Le même jour la Comteffe
de Mory & la Comteffe de Sabran furent
préſentées à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Comteffe de la Marche , l'une en qualité
de Dame d'Honneur de cette Princeffe , l'autre en
qualité de fa Dame de compagnie. La Marquife
de la Roche- du - Maine fut auffi préſentée à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale par la Ducheffe
de Sully.
Le Roi s'étant fait rendre compte de tout ce
qui s'eft paffé dans l'affaire du Canada , & en
particulier par rapport aux Officiers & Employés
qui ont été déchargés des accufations intentées
contre eux , & voulant leur donner des marques
184 MERCURE DE FRANCE.
2
de fa fatisfaction , a accordé au Marquis de Vau-.
dreuil , ancien Gouverneur- Lieutenant -Général
de la Nouvelle-France , 6 , 000 livrés de penfion
annuelle , indépendamment de celle dont il jouiffoit
précédemment. Sa Majesté a pareillement
accordé d'autres penfions , fuivant le grade & la
qualité des perfonnes , au Chevalier le Mercier ,
ci-devant Commandant de l'Artillerie ; au fieur
de Boishebert , Capitaine , ci -devant Commandant
à l'Acadie ; au fieur de Meloïfe , Capitaine ,
Aide-Major de Quebec ; aux fieurs de Villers ,
Contrôleur ; Barbel , Ecrivain ; & Fayolle , Ecrivain
& Garde-Magafin .
Le 19 du mois dernier , les PP. Récollets de
la Province de France ont tenu ici un Chapitre
auquel a préfidé , en qualité de Commiſſaire- Général
, le Pere Pie Allard , Ex- Provincial de la
Province de Lyon . Ce même Père a préſenté le
21 au Roi les nouveaux Supérieurs qui ont été
nommés dans ce Chapitre.
Le 20 ,
:
le fieur de l'Etang a eu l'honneur de
préfenter à Sa Majefté un Ouvrage de fa compofition
, intitulé Manuel d'Agriculture pour le
Laboureur, pour le Propriétaire & pour le Gou
vernement , contenant les vrais & feuls moyens de
faire profpérer l'Agriculture tant en France que
dans tous les autres Etats où l'on cultive.
Le fieur Duhamel , de l'Académie Royale des
Sciences , & Infpecteur de la Marine , a eu l'honneur
de préfenter , le ; de ce mois , au Roi deux
livres de fa compofition , intitulés : Exploitation
du bois , ou Moyen de tirer un parti avantageux
des taillis , demi-futayes & hautes-futayes , &
d'en faire une jufte eſtimation , avec une defcription
des Arts qui fe pratiquent dans les forêts ,
faifant les deux dernières parties du Traité com
pler des Bois & Forêts.
JUILLET. 1764. 184
Les PP. Capucins ont eu l'honneur de préfenter
le à Monfeigneur le Dauphin les XIII , XIV.
& XV Volumes des Principes difcutés , qui font
les derniers de cet Ouvrage , ainfi que la Juſtification
de leur Verfion Françoiſe des Pleaumes.
Du 13.
Les Chevaliers Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint Efprit s'étant affemblés le 10
de ce mois , vers les onze heures du matin ,
dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté fortit de fon
appartement pour aller à la Chapelle. Elle étoit
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte de la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers dé
l'Ordre. Sa Majefté , devant qui les deux Huiffiers
de la Chambre portoient leurs maffes , étoit en
manteau , ayant le Collier de l'Ordre pardeffus ,
ainfi que celui de la Toifon d'Or. L'Evêque de
Langres , Commandeur de l'Ordre , Officia , &
après la Meffe qui fut chantée par la Muſique
du Roi , Sa Majefté monta fur fon Trône pour
recevoir Chevalier de l'Ordre le Comte du Châtalet
- Lomont , ci- devant Ambafladeur du Roi
à la Cour de Vienne & l'un des Menins de Monfeigneur
le Dauphin ; après quoi Sa Majesté
fut reconduite à fon appartement en la manière
accoutumée .
Le Roi vient de difpofer en faveur du Maréchal
de Clermont-Tonnerre de la Lieutenance- Générale
& du Commandement du Dauphiné vacans
par la mort du Marquis du Mefnil .
Sa Majefté a nommé à l'Evêché d'Avranches
186 MERCURE DE FRANCE,
l'Abbé de Durfort ſon Aumônier. Elle a donné en
même temps l'Abbaye de Lieu Dieu , Ordre de
Citeaux , Diocèle d'Amiens , à l'Abbé de Béon ,
Aumônier de Madame cele de Selincourt , Ordre
de Piémontré , même Diocèle à l'Abbé Tafcher
, Vicaire Général du Diocèle de Mâcon , &
Chanoine de l'Eglife Noble & Cathédrale de
Coire , & l'Abbaye Réguliere de Prieres , Ordre
de Cireaux , Diocèle de Vannes , à Dom de Baule
, Religieux du même Ordre , & Prieur de l'Abbaye
de Royaumont. L'Abbe de Soulanges ayant
donné la démiffion de la place d'Aumônier de
Madame , Sa Majefté a nommé à cette place
l'Abbé de Saint- Marceau , Vicaire Général de
Meaux.
Le Vicomte de Choifeul , Menin de Monfeigneur
le Dauphin , eft revenu de la Cour de Vienne
& a fait le 10 la révérence au Roi à qui il a
été présenté par le Duc de Praflin fon père , qui
a aufli préfenté , ces jours derniers , à Sa Majefté
le fieur de la Houze , ci - devant chargé des
affaires du Roi à la Cour de Naples & auprès du
Saint Siége.
La Comteffe de Narbonne prêta ferment le
11 entre les mains du Roi en qualité de Dame
d'Atours de Madame. Le même jour , la Princeffe
de Mafferan prit congé de Leurs Majeftés ,
ainsi que la de Famille Royale , à qui elle fur préfentée
par la Princeffe de Rohan . Elle va joindre
à Londres le Prince de Mafferan fon époux , Ambaffadeur
de Sa Majefté Catholique à la Cour
d'Angleterre.
Le Roi vient de donner au Prince de Tingri la
place de Capitaine de les Gardes , vacante par la
mort du Maréchal Duc de Luxembourg. Sa Majefté
a diſpoſé en même temps du Gouvernement
de Normandie en faveur du Duc d'Harcourt ,
qui en étoit Lieutenant-Général. Le Gouvernement
de Sedan , vacant par la nomination du
Duc d'Harcourt au Gouvernement de la Province
de Normandie , a été donné au Duc de Laval ,
Lieutenant-Général des Armées du Roi , qui a
remis à Sa Majefté le Gouvernement de Mont-
Dauphin, dont elle a diſpoſé en faveur du Comte
de la Suze , Grand Maréchal des Logis de fa
Cour.
Sa Majeſté a donné le Gouvernement de Port-
Louis , vacant par la mort du Comte de Rothelin' ,
au Chevalier du Châtelet , Lieutenant-Général de
fes Armées , & celui de Saint- Malo , vacant par
la mort du Maréchal de Maubourg , au Comte
de Montazet , Lieutenant-Général de les Armées,
qui a remis à Sa Majesté le Gouvernement du
Fort de Scarpe dont il étoit pourvu , & que
Majeſté donné au Chevalier de Saint- Point ,
Maréchal de fes Camps & Armées , & Lieutenant
de fes Gardes-du - Corps dans la Compagnie de
Beauvau .
Sa
L'Inſpection de Cavalerie dont étoit pourvu le
182 MERCURE DE FRANCE.
"
Comte de Montazet a été fupprimée par le Roi,
qui a donné l'Inspection qu'éxerçoit le Marquis
du Mefnil au Comte de Choifeul-la-Baume , &
celle d'Infanterie , qu'avoit le Marquis de Bréhant
, au Comte de Montbarey.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché d'Alby en
faveur du Cardinal de Bernis ; & de l'Evêché de
Siſteron en faveur de l'Abbé de Saint-Tropès.
Elle a donné l'Abbaye de Corneville , Ordre de
S. Auguftin , Diocèfe de Rouen , à l'Abbé d'Allemans-
Dulau , ancien Curé de la Paroifle de S.
Sulpice à Paris.
Le Roi vient de difpofer de la place de Dame
d'Atours de Madame , qu'avoit la Comteffe de
Civerac , en faveur de la Comteffe de Narbonne ,
Dame pour accompagner Madame.
Le fieur Tiepolo , Ambaffadeur de la République
de Venife , fut conduit ici le 22 du mois dernier
, dans les caroffes de Leurs Majeftés , & eur
une Audience publique de Congé du Roi , qui le
fit enfuite Chevalier. Il fut conduit à cette Audience
, ainfi qu'à celles de la Reine & de la Famille
Royale , par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le 27 , le Prince de Tingry prêta ferment entre
les mains du Roi , en qualité de Capitaine des
Gardes de Sa Majesté.
Le fieur Langlois , Confeiller au Parlement de
Paris , ayant été pourvu d'une Charge d'Intendant
des Finances , fut préfenté au Roi en cette
qualité le même jour par le fieur de l'Averdy.
La Dame de l'Averdy , époufe du Contrôleur
Général des Finances , & la Comteffe de Langeron
, furent préfentées le même jour à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale , la premiere par la
Comteffe de Noailles , & la feconde par la Marquile
de Langeron.
JUILLET. 1764. 183
Le même jour la Marquife de Tourzel & la
Marquife de Gantès furent préſentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale , la première ,
par la Marquife de Sourches , la feconde , par la
Vicomteffe de Caftellane .
Les Députés des Etats d'Artois eurent auffi ce
même jour une Audience du Roi : ils furent préfentés
à Sa Majesté par le Duc de Chaulnes ,
Gouverneur de la Province , & par le Duc de
Choifeul , Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le
département de la Guerre & de la Marine , 82
conduit à cette Audience par le Marquis de
Dreux , Grand-Maître des Cérémonies , & par le
Heur Desgranges , Maître des Cérémonies. La
députation étoit compofée , pour le Clergé , de
l'Evêque de Saint-Omer , qui porta la parole ;
du Comte de Marle , pour la Nobleffe , & du
fieur de Canchy , pour le Tiers- Etat..
la
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
3 de ce mois le Contrat de mariage du fieur
de Boullongne , Maître des Requêtes , & de Demoiſelle
Langlois , fille du fieur Langlois , Intendant
des Finances. Le même jour la Comteffe
de Mory & la Comteffe de Sabran furent
préſentées à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Comteffe de la Marche , l'une en qualité
de Dame d'Honneur de cette Princeffe , l'autre en
qualité de fa Dame de compagnie. La Marquife
de la Roche- du - Maine fut auffi préſentée à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale par la Ducheffe
de Sully.
Le Roi s'étant fait rendre compte de tout ce
qui s'eft paffé dans l'affaire du Canada , & en
particulier par rapport aux Officiers & Employés
qui ont été déchargés des accufations intentées
contre eux , & voulant leur donner des marques
184 MERCURE DE FRANCE.
2
de fa fatisfaction , a accordé au Marquis de Vau-.
dreuil , ancien Gouverneur- Lieutenant -Général
de la Nouvelle-France , 6 , 000 livrés de penfion
annuelle , indépendamment de celle dont il jouiffoit
précédemment. Sa Majesté a pareillement
accordé d'autres penfions , fuivant le grade & la
qualité des perfonnes , au Chevalier le Mercier ,
ci-devant Commandant de l'Artillerie ; au fieur
de Boishebert , Capitaine , ci -devant Commandant
à l'Acadie ; au fieur de Meloïfe , Capitaine ,
Aide-Major de Quebec ; aux fieurs de Villers ,
Contrôleur ; Barbel , Ecrivain ; & Fayolle , Ecrivain
& Garde-Magafin .
Le 19 du mois dernier , les PP. Récollets de
la Province de France ont tenu ici un Chapitre
auquel a préfidé , en qualité de Commiſſaire- Général
, le Pere Pie Allard , Ex- Provincial de la
Province de Lyon . Ce même Père a préſenté le
21 au Roi les nouveaux Supérieurs qui ont été
nommés dans ce Chapitre.
Le 20 ,
:
le fieur de l'Etang a eu l'honneur de
préfenter à Sa Majefté un Ouvrage de fa compofition
, intitulé Manuel d'Agriculture pour le
Laboureur, pour le Propriétaire & pour le Gou
vernement , contenant les vrais & feuls moyens de
faire profpérer l'Agriculture tant en France que
dans tous les autres Etats où l'on cultive.
Le fieur Duhamel , de l'Académie Royale des
Sciences , & Infpecteur de la Marine , a eu l'honneur
de préfenter , le ; de ce mois , au Roi deux
livres de fa compofition , intitulés : Exploitation
du bois , ou Moyen de tirer un parti avantageux
des taillis , demi-futayes & hautes-futayes , &
d'en faire une jufte eſtimation , avec une defcription
des Arts qui fe pratiquent dans les forêts ,
faifant les deux dernières parties du Traité com
pler des Bois & Forêts.
JUILLET. 1764. 184
Les PP. Capucins ont eu l'honneur de préfenter
le à Monfeigneur le Dauphin les XIII , XIV.
& XV Volumes des Principes difcutés , qui font
les derniers de cet Ouvrage , ainfi que la Juſtification
de leur Verfion Françoiſe des Pleaumes.
Du 13.
Les Chevaliers Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint Efprit s'étant affemblés le 10
de ce mois , vers les onze heures du matin ,
dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté fortit de fon
appartement pour aller à la Chapelle. Elle étoit
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte de la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers dé
l'Ordre. Sa Majefté , devant qui les deux Huiffiers
de la Chambre portoient leurs maffes , étoit en
manteau , ayant le Collier de l'Ordre pardeffus ,
ainfi que celui de la Toifon d'Or. L'Evêque de
Langres , Commandeur de l'Ordre , Officia , &
après la Meffe qui fut chantée par la Muſique
du Roi , Sa Majefté monta fur fon Trône pour
recevoir Chevalier de l'Ordre le Comte du Châtalet
- Lomont , ci- devant Ambafladeur du Roi
à la Cour de Vienne & l'un des Menins de Monfeigneur
le Dauphin ; après quoi Sa Majesté
fut reconduite à fon appartement en la manière
accoutumée .
Le Roi vient de difpofer en faveur du Maréchal
de Clermont-Tonnerre de la Lieutenance- Générale
& du Commandement du Dauphiné vacans
par la mort du Marquis du Mefnil .
Sa Majefté a nommé à l'Evêché d'Avranches
186 MERCURE DE FRANCE,
l'Abbé de Durfort ſon Aumônier. Elle a donné en
même temps l'Abbaye de Lieu Dieu , Ordre de
Citeaux , Diocèle d'Amiens , à l'Abbé de Béon ,
Aumônier de Madame cele de Selincourt , Ordre
de Piémontré , même Diocèle à l'Abbé Tafcher
, Vicaire Général du Diocèle de Mâcon , &
Chanoine de l'Eglife Noble & Cathédrale de
Coire , & l'Abbaye Réguliere de Prieres , Ordre
de Cireaux , Diocèle de Vannes , à Dom de Baule
, Religieux du même Ordre , & Prieur de l'Abbaye
de Royaumont. L'Abbe de Soulanges ayant
donné la démiffion de la place d'Aumônier de
Madame , Sa Majefté a nommé à cette place
l'Abbé de Saint- Marceau , Vicaire Général de
Meaux.
Le Vicomte de Choifeul , Menin de Monfeigneur
le Dauphin , eft revenu de la Cour de Vienne
& a fait le 10 la révérence au Roi à qui il a
été présenté par le Duc de Praflin fon père , qui
a aufli préfenté , ces jours derniers , à Sa Majefté
le fieur de la Houze , ci - devant chargé des
affaires du Roi à la Cour de Naples & auprès du
Saint Siége.
La Comteffe de Narbonne prêta ferment le
11 entre les mains du Roi en qualité de Dame
d'Atours de Madame. Le même jour , la Princeffe
de Mafferan prit congé de Leurs Majeftés ,
ainsi que la de Famille Royale , à qui elle fur préfentée
par la Princeffe de Rohan . Elle va joindre
à Londres le Prince de Mafferan fon époux , Ambaffadeur
de Sa Majefté Catholique à la Cour
d'Angleterre.
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Résumé : De VERSAILLES, le 9 Juin 1764.
Le 9 juin 1764, plusieurs nominations et attributions de postes ont été effectuées par le Roi. Le Prince de Tingri a été nommé Capitaine des Gardes, succédant au Maréchal Duc de Luxembourg. Le Duc d'Harcourt a reçu le Gouvernement de Normandie, le Duc de Laval celui de Sedan, le Comte de la Suze celui de Mont-Dauphin, le Chevalier du Châtelet celui de Port-Louis, et le Comte de Montazet celui de Saint-Malo. L'Inspection de Cavalerie, précédemment tenue par le Marquis du Mésnil, a été supprimée et remplacée par le Comte de Choiseul-la-Baume, tandis que l'Inspection d'Infanterie, tenue par le Marquis de Bréhant, a été confiée au Comte de Montbarrey. Le Roi a également nommé le Cardinal de Bernis à l'Archevêché d'Alby et l'Abbé de Saint-Tropès à l'Évêché de Sisteron. L'Abbaye de Corneville a été attribuée à l'Abbé d'Allemans-Dulau. La Comtesse de Narbonne a été nommée Dame d'Atours de Madame, succédant à la Comtesse de Civerac. L'Ambassadeur de la République de Venise, le sieur Tiepolo, a reçu une audience publique de congé du Roi, qui l'a fait Chevalier. Le Prince de Tingri a prêté serment en tant que Capitaine des Gardes du Roi, et le sieur Langlois, Conseiller au Parlement de Paris, a été présenté au Roi en tant qu'Intendant des Finances. Plusieurs présentations à Leurs Majestés et à la Famille Royale ont eu lieu, notamment celles de la Dame de l'Averdy, de la Comtesse de Langeron, de la Marquise de Tourzel, de la Marquise de Gantès, de la Comtesse de Mory, de la Comtesse de Sabran et de la Marquise de la Roche-du-Maine. Le Roi a accordé des pensions à plusieurs officiers et employés ayant servi au Canada, dont le Marquis de Vaudreuil, le Chevalier Le Mercier, et le sieur de Boishebert. Les Pères Récollets ont tenu un Chapitre à Versailles, présidé par le Père Pie Allard. Le sieur de l'Etang a présenté au Roi un ouvrage sur l'agriculture, et le sieur Duhamel a présenté deux livres sur l'exploitation des bois. Les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit se sont assemblés en présence du Roi, qui a reçu le Comte du Châtelet-Lomont comme nouveau Chevalier. Le Maréchal de Clermont-Tonnerre a été nommé Lieutenant-Général et Commandant du Dauphiné. Plusieurs nominations ont été faites pour des postes ecclésiastiques, notamment l'Abbé de Durfort à l'Évêché d'Avranches et l'Abbé de Soulanges comme Aumônier de Madame. Le Vicomte de Choiseul est revenu de la Cour de Vienne et a été présenté au Roi. La Comtesse de Narbonne a prêté serment en tant que Dame d'Atours de Madame, et la Princesse de Masseran a pris congé pour rejoindre son époux à Londres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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161
p. 206-209
LETTRE d'un Anonyme à M. le Général BETSKI, à Petersbourg.
Début :
Monsieur, N'ayant nullement l'avantage de vous être connu, je n'aurois pas pris [...]
Mots clefs :
Russie, Impératrice, Maison d'enfants, Joie, Établissement, Souverain, Honneur, Humanité, Patrie, Louanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Anonyme à M. le Général BETSKI, à Petersbourg.
LETTRE d'un Anonyme à M. le Général
BETSKI¸ à Pétersbourg,
MONSIEUR,
N'ayant nullement l'avantage de vous
être connu , je n'aurois pas pris la liberté
de vous écrire , fi les devoirs de
l'humanité ne m'y euffent porté.Je viens
d'apprendre d'un Ami , qui connoît la
Ruffie pour y avoir été longtemps &
qui y a encore quelques correfpondances
, que fous les aufpices de l'Impératrice
, vous veniez de fonder à
Mofcou une Maifon d'Enfans trouvés
& d'Orphelins où l'on reçoit indiftin &tement
tous ceux qu'on y porte. Mon ami
écrivit d'abord pour qu'on lui envoyât les
Statuts & le Plan de cet établiſſement; on
Jui répondit , qu'ils n'étoient imprimés
qu'en Ruffe & en Allemand & on ne
nous en envoya qu'un Extrait en françois.
Si j'ai quelques qualités , ce font
celles d'un coeur tendre & humain ; auffi
les larmes d'attendriffement & de joie me
coulérent- elles des yeux , quand je lus
que , lorfque vous eûtes propofé votre
JUILLET. 1764. 207-
" projet à l'Impératrice cette Augufte
Princeffe donna d'abord cinq cens
mille livres pour ce bâtiment & def- ·
tina 25000 liv par an , de fa caiffe &
Monfeigneur le Grand Duc 100000 I.
pour l'entretien de cette maifon ; que
vos compatriotes y contribuerent tous
par des donnations annuelles , & qu'ainfi
c'eft un des établiffemens les mieux
fondés de l'Europe. Par l'Extrait qu'on
nous a donné , j'ai vu que vous aviez
choifi ce qu'il y avoit de mieux dans la
plupart des établiffemens publics &
que vous aviez adapté ce que vous en
avez pris , au Gouvernement, aux moeurs *
& au climat de votre Païs .
Quand un Souverain contribue par
l'éxemple & la générofité à la fondation
de pareils établiffemens , qui font
d'autant plus d'honneur à l'humanité
qu'ils font faits pour fecourir cette partie
du genre humain , la plus digne de
notre tendreffe & de notre compaffion ;
quand le projet en eft fait & mis en
exécution par un Citcien tel que vous ,
Monfieur , les Statues d'Airain font fuperflues.
Le nom de CATHERINE reftera
gravé , de génération en génération,
dans les coeurs de tant de milliers d'hom
208 MERCURE DE FRANCE.
"
mes qu'en arrachant à la mort.ou
du moins à la mifére la plus affreuſe
on y élévera en hommes libres & en
Citoiens & des fiécles ne pourront vous
effacer de leur mémoire.
Ma Patrie étant partout où il y a des
hommes , permettez - moi , Monfieur ,
de partager avec vos compatriotes l'honneur
de contribuer , felon mes facultés
, à un établiffement auffi louable.
M. Clifford vous enverra une lettre
de change de too ducats , ayez la bonté
de mettre cette petite fomme dans
la caiffe . Je cache mon nom , parce que
fi je vous étois connu peut-être ne
jouirois je plus de la fatisfaction- intérieure
que me procure l'action que je
fais .
Les commencemens de toutes les entreprifes
, quelqu'utiles & louables qu'elles
foient font pénibles. On trouve
toujours des obftacles à furmonter
bien des chofes que l'on avoit cru bonnes
à corriger , d'autres à rectifier. Ne
vous découragez pas , Monfieur ; il faut
mener à fa perfection le bel ouvrage
que vous avez commencé. Je vous crois
trop vertueux pour vous laiffer éffrayer
par des difficultés & refter en un fi beau
JUILLET. 1764. 209
chemin. Je fuis avec l'attachement &
le refpect que j'ai pour ceux qui ont
de la vertu & de l'humanité .
Monfieur ,
Votre & c . PHILANTROPE ,
ce 2 Avril 1764.
BETSKI¸ à Pétersbourg,
MONSIEUR,
N'ayant nullement l'avantage de vous
être connu , je n'aurois pas pris la liberté
de vous écrire , fi les devoirs de
l'humanité ne m'y euffent porté.Je viens
d'apprendre d'un Ami , qui connoît la
Ruffie pour y avoir été longtemps &
qui y a encore quelques correfpondances
, que fous les aufpices de l'Impératrice
, vous veniez de fonder à
Mofcou une Maifon d'Enfans trouvés
& d'Orphelins où l'on reçoit indiftin &tement
tous ceux qu'on y porte. Mon ami
écrivit d'abord pour qu'on lui envoyât les
Statuts & le Plan de cet établiſſement; on
Jui répondit , qu'ils n'étoient imprimés
qu'en Ruffe & en Allemand & on ne
nous en envoya qu'un Extrait en françois.
Si j'ai quelques qualités , ce font
celles d'un coeur tendre & humain ; auffi
les larmes d'attendriffement & de joie me
coulérent- elles des yeux , quand je lus
que , lorfque vous eûtes propofé votre
JUILLET. 1764. 207-
" projet à l'Impératrice cette Augufte
Princeffe donna d'abord cinq cens
mille livres pour ce bâtiment & def- ·
tina 25000 liv par an , de fa caiffe &
Monfeigneur le Grand Duc 100000 I.
pour l'entretien de cette maifon ; que
vos compatriotes y contribuerent tous
par des donnations annuelles , & qu'ainfi
c'eft un des établiffemens les mieux
fondés de l'Europe. Par l'Extrait qu'on
nous a donné , j'ai vu que vous aviez
choifi ce qu'il y avoit de mieux dans la
plupart des établiffemens publics &
que vous aviez adapté ce que vous en
avez pris , au Gouvernement, aux moeurs *
& au climat de votre Païs .
Quand un Souverain contribue par
l'éxemple & la générofité à la fondation
de pareils établiffemens , qui font
d'autant plus d'honneur à l'humanité
qu'ils font faits pour fecourir cette partie
du genre humain , la plus digne de
notre tendreffe & de notre compaffion ;
quand le projet en eft fait & mis en
exécution par un Citcien tel que vous ,
Monfieur , les Statues d'Airain font fuperflues.
Le nom de CATHERINE reftera
gravé , de génération en génération,
dans les coeurs de tant de milliers d'hom
208 MERCURE DE FRANCE.
"
mes qu'en arrachant à la mort.ou
du moins à la mifére la plus affreuſe
on y élévera en hommes libres & en
Citoiens & des fiécles ne pourront vous
effacer de leur mémoire.
Ma Patrie étant partout où il y a des
hommes , permettez - moi , Monfieur ,
de partager avec vos compatriotes l'honneur
de contribuer , felon mes facultés
, à un établiffement auffi louable.
M. Clifford vous enverra une lettre
de change de too ducats , ayez la bonté
de mettre cette petite fomme dans
la caiffe . Je cache mon nom , parce que
fi je vous étois connu peut-être ne
jouirois je plus de la fatisfaction- intérieure
que me procure l'action que je
fais .
Les commencemens de toutes les entreprifes
, quelqu'utiles & louables qu'elles
foient font pénibles. On trouve
toujours des obftacles à furmonter
bien des chofes que l'on avoit cru bonnes
à corriger , d'autres à rectifier. Ne
vous découragez pas , Monfieur ; il faut
mener à fa perfection le bel ouvrage
que vous avez commencé. Je vous crois
trop vertueux pour vous laiffer éffrayer
par des difficultés & refter en un fi beau
JUILLET. 1764. 209
chemin. Je fuis avec l'attachement &
le refpect que j'ai pour ceux qui ont
de la vertu & de l'humanité .
Monfieur ,
Votre & c . PHILANTROPE ,
ce 2 Avril 1764.
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Résumé : LETTRE d'un Anonyme à M. le Général BETSKI, à Petersbourg.
Un auteur anonyme écrit au Général Betski à Pétersbourg pour exprimer son admiration et son soutien à la création d'une Maison des Enfants trouvés et des Orphelins à Moscou, initiée par l'Impératrice Catherine II. L'auteur a appris cette initiative par un ami ayant des correspondances en Russie. L'Impératrice a financé le projet avec une somme initiale de cinq cent mille livres et une allocation annuelle de vingt-cinq mille livres, tandis que le Grand Duc a contribué cent mille livres. Les compatriotes de Betski ont également apporté des donations annuelles, rendant cet établissement l'un des mieux fondés en Europe. L'auteur souligne que Betski a adapté les meilleures pratiques des établissements publics au gouvernement, aux mœurs et au climat de la Russie. Il exprime sa joie et son admiration pour cette initiative humanitaire et offre une contribution financière via M. Clifford. L'auteur encourage Betski à persévérer malgré les obstacles et les difficultés inévitables dans les débuts de telles entreprises. La lettre se conclut par des vœux de succès et de reconnaissance pour l'œuvre entreprise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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162
p. 209-212
RÉPONSE à l'ANONYME.
Début :
Monsieur, Que la nouvelle d'un Etablissement fait à Moscou [...]
Mots clefs :
Établissement, Moscou, Orphelins, Générosité, Honneur, Auguste souveraine, Écoles, Admiration, Estime
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à l'ANONYME.
REPONSE à l'ANONYME.
MONSIEUR ,
Que la nouvelle d'un Etabliffement
fait à Mofcou en faveur des Enfans
trouvés & des Orphelins de cet Empire
vous ait caufé un attendriffement fi
doux & fi agréable , je n'en fuis nullement
furpris ; un coeur fenfible & vertueux
voit- il rien de plus intéreffant
que ce qui eft utile à l'humanité ? Vous
le prouvez , Monfieur , d'une manière
bien honorable pour elle par votre conduite
généreufe. Les tranfports qu'elle a
fait naître dans mon âme n'ont été
modérés que par le regret de ne pas
en connoître l'Auteur. Je fuis forcé de
refpecter le motif qui vous porte à le
cacher ; mais fi par vorre vertu vous
210 MERCURE DE FRANCE.
facrifiez le tribut d'eftime & de reconnoiffance
qui vous eft dû , je ne crois
pas devoir enfevelir dans le filencer
l'exemple unique que vous donnez au
Genre humain .
En lifant les papiers publics , vous
jouirez donc , Monfieur , du plaifir d'a-'
voir fait du bien à vos femblables &
de les inftruire , & ce plaifir fera d'autant
plus vif , que les précautions de la
modeftie l'auront confervé dans toute
fa pureté ; il augmentera fans doute
lorfque vous verrez que notre augufte
Souveraine s'occupe fans ceffe de nouveaux
projets analogues au premier . Elle
vient de fonder une Communauté où
deux cent jeunes Demoifelles Nobles
recevront une éducation convenable à
leur naiffance & au rang qu'elles dorvent
occuper dans le monde . L'ouver
türe folemnelle s'en fera le 28 de Juin
de cette année . Depuis quelques femainês
fes ordres ont mis la dernière main
à l'Etabliffement d'une Académie de
jeunes Artiſtes. Dans les réglemens qui
feront imprimés vous admirerez les
précautions que Sa Majefté fçait prendre
pour conferver les moeurs de ces
jeunes gens , & rendre par ce moyen ,
JUILLET. 1764. 21r
leurs talens auffi utiles à la patrie qu'à
eux- mêmes. Bientôt des Ecoles publiques
feront établies , & des afyles pour
les infirmités humaines feront ouverts
dans toutes les Provinces & Gouvernemens
de l'Empire . En lifant ces nouvelles
, ne vous écrierez-vous pas , Monfieur
, avec un des grands Sçavans de
l'Antiquité , que la réunion du pouvoir
& de la volonté de faire le bien
eft le plus beau fpectacle que les Dieux
puiffent donner aux hommes ? Nous
chériffons la mémoire d'un Empereur
Romain , qui fe plaignoit d'avoir paffé
un jour fans faire un heureux ; quelle
ne doit pas être notre tendre admiration
pour une Souveraine qui dans un
moment affure le bonheur de plufieurs
générations !
Je fçai , Monfieur , que tous les com
mencemens font pénibles ; mais l'exemple
eft , fi je puis m'exprimer ainſi , à
notre tête. Son application , fon travail
, fes lumières conduiront toutes ces
entrepriſes à leur perfection . Pour moi,
Monfieur , je ne fçaurois y contribuer
que par mon zéle ; c'eſt par là feulement
que je puis mériter ce que vous
me dites d'obligeant , & plus encore
212 MERCURE DE FRANCE.
par mon eftime profonde pour des Perfonnes
de votre caractère , & mon défir
fincère de voir tous les hommes vous
reflembler. Je fuis pour la vie ,
MONSIEUR ,
Le zélé admirateur de vos rares vertus.
B ***
MONSIEUR ,
Que la nouvelle d'un Etabliffement
fait à Mofcou en faveur des Enfans
trouvés & des Orphelins de cet Empire
vous ait caufé un attendriffement fi
doux & fi agréable , je n'en fuis nullement
furpris ; un coeur fenfible & vertueux
voit- il rien de plus intéreffant
que ce qui eft utile à l'humanité ? Vous
le prouvez , Monfieur , d'une manière
bien honorable pour elle par votre conduite
généreufe. Les tranfports qu'elle a
fait naître dans mon âme n'ont été
modérés que par le regret de ne pas
en connoître l'Auteur. Je fuis forcé de
refpecter le motif qui vous porte à le
cacher ; mais fi par vorre vertu vous
210 MERCURE DE FRANCE.
facrifiez le tribut d'eftime & de reconnoiffance
qui vous eft dû , je ne crois
pas devoir enfevelir dans le filencer
l'exemple unique que vous donnez au
Genre humain .
En lifant les papiers publics , vous
jouirez donc , Monfieur , du plaifir d'a-'
voir fait du bien à vos femblables &
de les inftruire , & ce plaifir fera d'autant
plus vif , que les précautions de la
modeftie l'auront confervé dans toute
fa pureté ; il augmentera fans doute
lorfque vous verrez que notre augufte
Souveraine s'occupe fans ceffe de nouveaux
projets analogues au premier . Elle
vient de fonder une Communauté où
deux cent jeunes Demoifelles Nobles
recevront une éducation convenable à
leur naiffance & au rang qu'elles dorvent
occuper dans le monde . L'ouver
türe folemnelle s'en fera le 28 de Juin
de cette année . Depuis quelques femainês
fes ordres ont mis la dernière main
à l'Etabliffement d'une Académie de
jeunes Artiſtes. Dans les réglemens qui
feront imprimés vous admirerez les
précautions que Sa Majefté fçait prendre
pour conferver les moeurs de ces
jeunes gens , & rendre par ce moyen ,
JUILLET. 1764. 21r
leurs talens auffi utiles à la patrie qu'à
eux- mêmes. Bientôt des Ecoles publiques
feront établies , & des afyles pour
les infirmités humaines feront ouverts
dans toutes les Provinces & Gouvernemens
de l'Empire . En lifant ces nouvelles
, ne vous écrierez-vous pas , Monfieur
, avec un des grands Sçavans de
l'Antiquité , que la réunion du pouvoir
& de la volonté de faire le bien
eft le plus beau fpectacle que les Dieux
puiffent donner aux hommes ? Nous
chériffons la mémoire d'un Empereur
Romain , qui fe plaignoit d'avoir paffé
un jour fans faire un heureux ; quelle
ne doit pas être notre tendre admiration
pour une Souveraine qui dans un
moment affure le bonheur de plufieurs
générations !
Je fçai , Monfieur , que tous les com
mencemens font pénibles ; mais l'exemple
eft , fi je puis m'exprimer ainſi , à
notre tête. Son application , fon travail
, fes lumières conduiront toutes ces
entrepriſes à leur perfection . Pour moi,
Monfieur , je ne fçaurois y contribuer
que par mon zéle ; c'eſt par là feulement
que je puis mériter ce que vous
me dites d'obligeant , & plus encore
212 MERCURE DE FRANCE.
par mon eftime profonde pour des Perfonnes
de votre caractère , & mon défir
fincère de voir tous les hommes vous
reflembler. Je fuis pour la vie ,
MONSIEUR ,
Le zélé admirateur de vos rares vertus.
B ***
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Résumé : RÉPONSE à l'ANONYME.
L'auteur répond à un anonyme ayant informé de la création à Moscou d'un établissement pour les enfants trouvés et les orphelins. Il exprime son admiration pour cette initiative et regrette de ne pas connaître l'auteur de cette nouvelle. Il respecte le désir de l'anonyme de rester caché mais souligne l'importance de reconnaître les actions vertueuses. L'auteur mentionne plusieurs projets humanitaires et éducatifs initiés par la souveraine, tels que la fondation d'une communauté pour jeunes filles nobles, la création d'une académie pour jeunes artistes, et l'établissement d'écoles publiques et d'asiles pour les infirmes dans toutes les provinces de l'empire. Il conclut en exprimant son zèle et son admiration pour les vertus de l'anonyme et son désir de voir plus d'hommes suivre son exemple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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163
p. 160-162
CÉREMONIES PUBLIQUES.
Début :
Le 9 Septembre, l'Archevêque de Colosse, Nonce Ordinaire du Pape, [...]
Mots clefs :
Archevêque, Nonce ordinaire du Pape, Prince, Ambassadeurs, Carosse, Comte, Comtesses, Soldats, Chevaux, Audience, Officiers, Monseigneur, Honneur
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texteReconnaissance textuelle : CÉREMONIES PUBLIQUES.
CEREMONIES PUBLIQUES.
LE , E9 Septembre , l'Archevêque de Coloffe ,
Nonce Ordinaire du Pape , fit fon entrée publique
en cette Ville. Le Prince de Marfans & le fieur lå
Live de la Briche , Introdu &teur des Ambaſſadeurs ,
allerent le prendre dans les carrolles de Leurs
Majeftés au Couvent de Picpus , d'où lamarche fe
fit dans l'ordre fuivant : un détachement du Guet
à cheval , le Commandant à la tête ; le caroffe
de l'Introducteur ; celui du Prince de Marfans ;
deux Suiffes de l'Ambaſſadeur à cheval ; la Livrée
à pied ; fix de fes Officiers à cheval ; un Ecuyer &
fix Pages à cheval ; le caroffe du Roi à côté duquel
marchoient la Livrée du Prince de Marfans
& celle de l'Introducteur ; le carroffe de
la Reine , dans lequel étoient l'Auditeur de la
Nonciature & le fieur de Sequeville , Sécrétaire
Ordinaire du Roi à la conduite des Ambaffadeurs ,
fes Gens aux portieres ; le carroffe de Madame la
Dauphine ; ceux du Duc d'Orléans , du Duc de
Chartres , du Prince de Condé , du Comte de Clermont
, de la Princeffe de Conty , du Prince de
Conty , du Comte de la Marche , de la Comteffe
de la Marche , du Comte d'Eu , de la Comteſſe de
Toulouſe , du Duc de Penthievre , du Prince de
Lamballe & celui du Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département des
Affaires Etrangères. Les quatre carroffes du Nonce
marchoient enfuite à une diftance de vingt à
trente pas. Un fecond détachement du Guet à
eheval fermoit la marche. Lorsque le Nonce
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté , de
la part du Roi par le Duc de Fleury , premier
NOVEMBRE . 1764. 16
.la
Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté ; de
part de la Reine , par le Chevalier de Talaru ,
fon premier Maître d'Hôtel en furvivance ; de la
part de Madame la Dauphine , par le Comte de
Mailly ,fon premier Ecuyer , & de la part de
Madame Adélaïde , par le Marquis de L'hôpital ,
premier Ecuyer de cette Princefe ...
Le II , le Prince de Marfans & le fieur la Live
de la Briche , Introducteur des Ambaſſadeurs , allerent
prendre le Nonce en fon Hôtel dans les
carroffes du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent
à Versailles où il eut fa premiere audience.
publique du Roi le Nonce trouva à fon paffage ,
dans l'avant- cour du Château ; les Compagnies
des Gardes - Françoifes & Suiffes fous les armes , les
tambours appellant ; dans la cour , les Gardes de
la Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes , à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier ,
les Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fur
reçu , en-dedans de la Salle des Gardes , par
le Marquis de Villeroi , Capitaine des Gardes
du Corps , lefquels étoient en haie & fous les
armes. Après l'audience du Roi , le Nonce fut
conduit à l'audience de la Reine , à celles de
Monfeigneur le Dauphin & de Madame la Dau
phine , par le Prince de Marfans & par l'Introducteur
des Ambaffadeurs ; après quoi il fur
conduit à celles de Monfeigneur le Duc de Berry ,
de Monfeigneur le Comte de Provence & de Mon
feigneur le Comte d'Artois ; enfuite à celle de
Madame Adélaïde , & à celle de Mefdames Vic
toire , Sophie & Louife ; & , après avoir été fervi
à fon traitement par les Officiers du Roi , il fut
reconduit à Paris dans les carroffes de Leurs Majenés.
Le Marquis de Montpefat , créé Duc par le feu
162 MERCURE DE FRANCE:
Pape Benoit XIV , a eu l'honneur d'être pré
fenté au Roi , à la Reine & à la Famille Royale ,
le 12 Octobre par le Duc d'Aumont , premier
Gentilhomme de la Chambre.
LE , E9 Septembre , l'Archevêque de Coloffe ,
Nonce Ordinaire du Pape , fit fon entrée publique
en cette Ville. Le Prince de Marfans & le fieur lå
Live de la Briche , Introdu &teur des Ambaſſadeurs ,
allerent le prendre dans les carrolles de Leurs
Majeftés au Couvent de Picpus , d'où lamarche fe
fit dans l'ordre fuivant : un détachement du Guet
à cheval , le Commandant à la tête ; le caroffe
de l'Introducteur ; celui du Prince de Marfans ;
deux Suiffes de l'Ambaſſadeur à cheval ; la Livrée
à pied ; fix de fes Officiers à cheval ; un Ecuyer &
fix Pages à cheval ; le caroffe du Roi à côté duquel
marchoient la Livrée du Prince de Marfans
& celle de l'Introducteur ; le carroffe de
la Reine , dans lequel étoient l'Auditeur de la
Nonciature & le fieur de Sequeville , Sécrétaire
Ordinaire du Roi à la conduite des Ambaffadeurs ,
fes Gens aux portieres ; le carroffe de Madame la
Dauphine ; ceux du Duc d'Orléans , du Duc de
Chartres , du Prince de Condé , du Comte de Clermont
, de la Princeffe de Conty , du Prince de
Conty , du Comte de la Marche , de la Comteffe
de la Marche , du Comte d'Eu , de la Comteſſe de
Toulouſe , du Duc de Penthievre , du Prince de
Lamballe & celui du Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département des
Affaires Etrangères. Les quatre carroffes du Nonce
marchoient enfuite à une diftance de vingt à
trente pas. Un fecond détachement du Guet à
eheval fermoit la marche. Lorsque le Nonce
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté , de
la part du Roi par le Duc de Fleury , premier
NOVEMBRE . 1764. 16
.la
Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté ; de
part de la Reine , par le Chevalier de Talaru ,
fon premier Maître d'Hôtel en furvivance ; de la
part de Madame la Dauphine , par le Comte de
Mailly ,fon premier Ecuyer , & de la part de
Madame Adélaïde , par le Marquis de L'hôpital ,
premier Ecuyer de cette Princefe ...
Le II , le Prince de Marfans & le fieur la Live
de la Briche , Introducteur des Ambaſſadeurs , allerent
prendre le Nonce en fon Hôtel dans les
carroffes du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent
à Versailles où il eut fa premiere audience.
publique du Roi le Nonce trouva à fon paffage ,
dans l'avant- cour du Château ; les Compagnies
des Gardes - Françoifes & Suiffes fous les armes , les
tambours appellant ; dans la cour , les Gardes de
la Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes , à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier ,
les Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fur
reçu , en-dedans de la Salle des Gardes , par
le Marquis de Villeroi , Capitaine des Gardes
du Corps , lefquels étoient en haie & fous les
armes. Après l'audience du Roi , le Nonce fut
conduit à l'audience de la Reine , à celles de
Monfeigneur le Dauphin & de Madame la Dau
phine , par le Prince de Marfans & par l'Introducteur
des Ambaffadeurs ; après quoi il fur
conduit à celles de Monfeigneur le Duc de Berry ,
de Monfeigneur le Comte de Provence & de Mon
feigneur le Comte d'Artois ; enfuite à celle de
Madame Adélaïde , & à celle de Mefdames Vic
toire , Sophie & Louife ; & , après avoir été fervi
à fon traitement par les Officiers du Roi , il fut
reconduit à Paris dans les carroffes de Leurs Majenés.
Le Marquis de Montpefat , créé Duc par le feu
162 MERCURE DE FRANCE:
Pape Benoit XIV , a eu l'honneur d'être pré
fenté au Roi , à la Reine & à la Famille Royale ,
le 12 Octobre par le Duc d'Aumont , premier
Gentilhomme de la Chambre.
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Résumé : CÉREMONIES PUBLIQUES.
Le 9 septembre, l'Archevêque de Coloffe, Nonce Ordinaire du Pape, fit son entrée publique à Paris. Il fut accompagné par le Prince de Marfans et le sieur de la Briche, qui le prirent au Couvent de Picpus et le conduisirent en procession à son hôtel. La procession incluait des détachements du Guet à cheval, des carrosses de la famille royale et ceux des princes et princesses de la cour. À son arrivée, il fut complimenté par des représentants du Roi, de la Reine, de la Dauphine et de Madame Adélaïde. Le 11 novembre, le Nonce fut conduit à Versailles pour sa première audience publique par le Prince de Marfans et le sieur de la Briche. Il fut accueilli par les Gardes Françaises et Suisses, ainsi que les Cent-Suisses sur l'escalier. Après l'audience du Roi, il rencontra la Reine, le Dauphin, la Dauphine, le Duc de Berry, le Comte de Provence, le Comte d'Artois, Madame Adélaïde, et Mesdames Victoire, Sophie et Louise. Il fut ensuite reconduit à Paris dans les carrosses du Roi et de la Reine. Le 12 octobre, le Marquis de Montpezat, créé Duc par le Pape Benoît XIV, fut présenté au Roi, à la Reine et à la Famille Royale par le Duc d'Aumont, premier Gentilhomme de la Chambre.
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164
p. 199-201
De FONTAINEBLEAU, le 20 Novembre 1764.
Début :
Le Roi a accordé au sieur Hocquart, Conseiller d'Etat & [...]
Mots clefs :
Conseiller d'État, Nominations, Duc, Prince, Révérence, Marquis, Famille royale, Honneur, Audience du roi, Contrat de mariage, Évêché, Diocèse, Revenus, Députés, Serment, Sa Majesté
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texteReconnaissance textuelle : De FONTAINEBLEAU, le 20 Novembre 1764.
De FONTAINEBLEAU , le 20 Novembre 1764.
Le Roi a accordé au fieur Hocquart , Confeiller
d'Etat & Intendant de la Marine à Breft , la
Place d'Intendant de la Marine ayant l'inſpection
générale des Claffes des Matelots du Royaume
, & a nommé à l'Intendance de la Marine
à Breft le fieur de Clugny , ci devant Intendant
à S. Domingue.
Le 12 du mois dernier , le Duc de Duras , le
Duc d'Aumont , le Marquis de Duras , le Prince.
de Bournonville , le Duc de Mazarin , le Duc de
Villequier & le Marquis de Villeroi eurent l'hon
neur de faire leurs révérences à Leurs Majeſtés &
à la Famille Royale , à l'occafion de la mort de
la Maréchale de Duras.
Le Marquis de Montpefat , créé Duc par le
feu Pape Benoît XIV , a été préfenté le même
jour , a Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par le Duc d'Aumont premier Gentilhomme
de la Chambre .
>
Le fieur d'Albertas , Premier Préſident de la
Cour des Comptes , Aides & Finances de Provence
, & trois Confeillers de cette Cout ont eu
F'honneur d'être admis à l'Audience du Roi &..
I iv
200, MERCURE DE FRANCE .
de lui remettre les remontrances qu'ils étoient
chargés par leur Compagnie de préſenter à Sa
Majefté.
Le Roi , a accordé les honneurs du Louvre au
Prince de Solre , fils du Prince de Croy ; leurs
Majeftés & la Famille Royale ont figné le 21 ſon
Contrat de mariage avec la Princefle Augufte de
Salm . Le même jour , le fieur de Clugny fut préfenté
au Roi en qualité d'Intendant de Breft , par
le Duc de Choileul.
Sa Majesté a nommé à l'Evêché de Coutances
l'Abbé de . Talaru de Chalmazel , Vicaire Géné •
ral du Diocèfe de Sens. Elle a donné l'Abbaye de
S. Victor , Diocèfe & Ville de Paris , à l'Arche
vêque de Lyon ; celle de Conches , Ordre de S.
Benoît , Diocèfe d'Evreux , à l'Evêque du Belley ;
celle de S. Alire de Clermont , Ordre de S. Benoît
, Diocèle de Clermont en Auvergne , à l'Abbé
de Monclar , Vicaire Général du Diocèſe d'Or.
léans , & celle de Molefme , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle de Langres , à l'Abbé Terray , Confeiller-
Clerc au Parlement de Paris .
Le Roi , en nommant l'Archevêque de Lyon à
l'Abbaye de S. Victor , a accordé aux Chanoines
de cette Maifon fur les revenus de l'Abbaye , une
penſion de dix mille livres pendant feize ans , def
tinée à l'augmentation du bâtiment de leur Bibliothéque
publique. Les Chanoines ont établi , en
reconnoillance , une Meffe folemnelle dans leur
Eglife pour la confervation des jours de Sa Majefté
& de la Famille Royale. Ils ont eu l'honneur
à cette occafion , d'être préfentés au Roi & à la Famille
Royale le 25 ; Sa Majefté a agréé l'établi
fement de cette Meffe , & en a fixé la célébration
au 15 Février , jour de fa naiffance.
Le fieur d'Artigues , Exempt des Gardes du
DECEMBRE . 1764. 201
Corps dans la Compagnie de Villeroy , étant
mort ces jours derniers , fon bâton a été donné au
Chevalier de Kerguezec , Brigadier dans la même
Compagnie.
Le z de ce mois , les Députés des Etats de
Bretagne , qui ont été mandés par le Roi , ont eu
l'honneur d'être préfentés à Sa Majeflé, au nombre
de trois , par le Comte de Saint- Florentin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat , ayant le Département,
de certe Province . Sa Majefté a reçu les reprélentations
qu'ils étoient chargés de lui faire au nom,
des Etats.
Le 4 , le Marquis de Vérac prêta ferment entre,
les mains du Roi , pour la Lieutenance Générale
du Poitou , dont il a été pourvu à la mort da Marquis
de Verac ſon Père .
Le même jour , le fieur Chardon , Lieutenant
Particulier du Châtelet , & ci - devant Intendant
de Ste Lucie , qui a repaffé en France après la réunion
du Gouvernement de cette Ifle à celle de la
Martinique , eut l'honneur d'être préfenté au Roi ,
par le Duc de Choifeul .
Le Duc de la Valliere , grand Fauconnier de
France , préfenta au Roi le 8 , cinquante deux
Faucons , que le Roi de Dannemark envoye à Sa
Majeſté.
Le Roi a accordé au fieur Hocquart , Confeiller
d'Etat & Intendant de la Marine à Breft , la
Place d'Intendant de la Marine ayant l'inſpection
générale des Claffes des Matelots du Royaume
, & a nommé à l'Intendance de la Marine
à Breft le fieur de Clugny , ci devant Intendant
à S. Domingue.
Le 12 du mois dernier , le Duc de Duras , le
Duc d'Aumont , le Marquis de Duras , le Prince.
de Bournonville , le Duc de Mazarin , le Duc de
Villequier & le Marquis de Villeroi eurent l'hon
neur de faire leurs révérences à Leurs Majeſtés &
à la Famille Royale , à l'occafion de la mort de
la Maréchale de Duras.
Le Marquis de Montpefat , créé Duc par le
feu Pape Benoît XIV , a été préfenté le même
jour , a Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par le Duc d'Aumont premier Gentilhomme
de la Chambre .
>
Le fieur d'Albertas , Premier Préſident de la
Cour des Comptes , Aides & Finances de Provence
, & trois Confeillers de cette Cout ont eu
F'honneur d'être admis à l'Audience du Roi &..
I iv
200, MERCURE DE FRANCE .
de lui remettre les remontrances qu'ils étoient
chargés par leur Compagnie de préſenter à Sa
Majefté.
Le Roi , a accordé les honneurs du Louvre au
Prince de Solre , fils du Prince de Croy ; leurs
Majeftés & la Famille Royale ont figné le 21 ſon
Contrat de mariage avec la Princefle Augufte de
Salm . Le même jour , le fieur de Clugny fut préfenté
au Roi en qualité d'Intendant de Breft , par
le Duc de Choileul.
Sa Majesté a nommé à l'Evêché de Coutances
l'Abbé de . Talaru de Chalmazel , Vicaire Géné •
ral du Diocèfe de Sens. Elle a donné l'Abbaye de
S. Victor , Diocèfe & Ville de Paris , à l'Arche
vêque de Lyon ; celle de Conches , Ordre de S.
Benoît , Diocèfe d'Evreux , à l'Evêque du Belley ;
celle de S. Alire de Clermont , Ordre de S. Benoît
, Diocèle de Clermont en Auvergne , à l'Abbé
de Monclar , Vicaire Général du Diocèſe d'Or.
léans , & celle de Molefme , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle de Langres , à l'Abbé Terray , Confeiller-
Clerc au Parlement de Paris .
Le Roi , en nommant l'Archevêque de Lyon à
l'Abbaye de S. Victor , a accordé aux Chanoines
de cette Maifon fur les revenus de l'Abbaye , une
penſion de dix mille livres pendant feize ans , def
tinée à l'augmentation du bâtiment de leur Bibliothéque
publique. Les Chanoines ont établi , en
reconnoillance , une Meffe folemnelle dans leur
Eglife pour la confervation des jours de Sa Majefté
& de la Famille Royale. Ils ont eu l'honneur
à cette occafion , d'être préfentés au Roi & à la Famille
Royale le 25 ; Sa Majefté a agréé l'établi
fement de cette Meffe , & en a fixé la célébration
au 15 Février , jour de fa naiffance.
Le fieur d'Artigues , Exempt des Gardes du
DECEMBRE . 1764. 201
Corps dans la Compagnie de Villeroy , étant
mort ces jours derniers , fon bâton a été donné au
Chevalier de Kerguezec , Brigadier dans la même
Compagnie.
Le z de ce mois , les Députés des Etats de
Bretagne , qui ont été mandés par le Roi , ont eu
l'honneur d'être préfentés à Sa Majeflé, au nombre
de trois , par le Comte de Saint- Florentin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat , ayant le Département,
de certe Province . Sa Majefté a reçu les reprélentations
qu'ils étoient chargés de lui faire au nom,
des Etats.
Le 4 , le Marquis de Vérac prêta ferment entre,
les mains du Roi , pour la Lieutenance Générale
du Poitou , dont il a été pourvu à la mort da Marquis
de Verac ſon Père .
Le même jour , le fieur Chardon , Lieutenant
Particulier du Châtelet , & ci - devant Intendant
de Ste Lucie , qui a repaffé en France après la réunion
du Gouvernement de cette Ifle à celle de la
Martinique , eut l'honneur d'être préfenté au Roi ,
par le Duc de Choifeul .
Le Duc de la Valliere , grand Fauconnier de
France , préfenta au Roi le 8 , cinquante deux
Faucons , que le Roi de Dannemark envoye à Sa
Majeſté.
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Résumé : De FONTAINEBLEAU, le 20 Novembre 1764.
Le 20 novembre 1764, le Roi a nommé Hocquart Intendant de la Marine avec l'inspection générale des classes des matelots du Royaume, et de Clugny Intendant de la Marine à Brest. Le 12 octobre précédent, plusieurs nobles, dont le Duc de Duras, le Duc d'Aumont et le Marquis de Villeroi, ont rendu hommage à la Famille Royale à l'occasion de la mort de la Maréchale de Duras. Le Marquis de Montpésat, créé Duc par le Pape Benoît XIV, a été présenté à Leurs Majestés par le Duc d'Aumont. Le sieur d'Albertas, Premier Président de la Cour des Comptes de Provence, et trois conseillers ont remis des remontrances au Roi. Le Roi a accordé les honneurs du Louvre au Prince de Solre et a signé le contrat de mariage de ce dernier avec la Princesse Auguste de Salm. De Clugny a été présenté au Roi en qualité d'Intendant de Brest par le Duc de Choiseul. Le Roi a nommé l'Abbé de Talaru de Chalmazel à l'Évêché de Coutances et attribué plusieurs abbayes à divers ecclésiastiques. Les Chanoines de l'Abbaye de Saint-Victor ont célébré une messe solennelle pour la conservation des jours du Roi et de la Famille Royale le 15 février. Le bâton de l'Exempt des Gardes du Corps a été donné au Chevalier de Kerguezec. Les Députés des États de Bretagne ont été présentés au Roi et ont remis leurs représentations. Le Marquis de Vérac a prêté serment pour la Lieutenance Générale du Poitou. Le sieur Chardon, ancien Intendant de Sainte-Lucie, a été présenté au Roi. Le Duc de la Vallière a offert au Roi cinquante-deux faucons du Roi de Danemark.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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165
p. 205
FONTAINEBLEAU.
Début :
Le 25 Octobre, le Comte de S. Exupery, Exempt des Gardes du Corps [...]
Mots clefs :
Comte, Honneur, Carosse du roi
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texteReconnaissance textuelle : FONTAINEBLEAU.
FONTAINEBLEAU.
4
3
Le 25 Octobre , le Comte de S. Exupery ,
Exempt des Gardes du Corps , a eu l'honneur de
monter dans les Carolles du Roi.
4
3
Le 25 Octobre , le Comte de S. Exupery ,
Exempt des Gardes du Corps , a eu l'honneur de
monter dans les Carolles du Roi.
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166
p. 14-15
SECONDE lettre de M. le Pasteur VERNES.
Début :
J'AVOUE, Monsieur, que je ne reviens point de ma surprise. Quoi ! vous êtes [...]
Mots clefs :
Lettre, Désaveu, Honneur, Estime
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texteReconnaissance textuelle : SECONDE lettre de M. le Pasteur VERNES.
SECONDE lettre de M. le Paſteur
VERNES.
J'AVOUE , Monfieur , que je ne reviens
point de ma furprife. Quoi vous êtes
réellement l'auteur de la lettre qui précéde
le libelle , & des notes qui l'accompagnent
? Quoi ! c'eft vous de qui j'ai été
particuliérement connu , & qui m'alfurâtes
fi fouvent de toute votre eftime , c'eſt vous
qui non - feulement m'avez foupçonné
capable de l'action la plus baffe , mais qui
avez fait imprimer cet odieux foupçon !
C'est vous qui n'avez point craint de me
diffamer dans les pays étrangers , & , s'il
eût été poffible , aux yeux de mes concitoyens
, dont vous favez combien l'eftime
doit m'être précieufe ! Et vous me dites ,
après cela , avec la froideur d'un homme
qui auroit fait l'action la plus indifférente ,
j'ai écrit à Paris pour que l'on yfupprimât
l'édition que j'y ai fait faire de cette pièce.
Si je puis contribuer en quelque autre manière
à conftater votre défaveu , vous n'avez
qu'à ordonner. Vous parlez fans doute ,
Monfieur , d'une feconde édition , car la
première eft épuifée . Et par rapport au
JUILLET 1765.
défaveu , ce n'eſt pas le mien qu'il s'agit
de conftater ; je l'ai rendu public , comme
vous m'y invitiez dans votre lettre au Libraire
de Paris : j'ai fait imprimer celle
que j'ai eu l'honneur de vous écrire. Mon
devoir eft rempli ; c'eſt à vous maintenant
à voir quel eft le vôtre : vous devriez regarder
comme une injure fi je vous indiquois
ce qu'en pareil cas feroit un honnête
homme. Je n'exige rien de vous , Monfieur
,fi vous n'en exigez rien vous-même.
J'ai l'honneur d'être , & c,
Genève , le 8 de Février 176 5.
VERNES.
J'AVOUE , Monfieur , que je ne reviens
point de ma furprife. Quoi vous êtes
réellement l'auteur de la lettre qui précéde
le libelle , & des notes qui l'accompagnent
? Quoi ! c'eft vous de qui j'ai été
particuliérement connu , & qui m'alfurâtes
fi fouvent de toute votre eftime , c'eſt vous
qui non - feulement m'avez foupçonné
capable de l'action la plus baffe , mais qui
avez fait imprimer cet odieux foupçon !
C'est vous qui n'avez point craint de me
diffamer dans les pays étrangers , & , s'il
eût été poffible , aux yeux de mes concitoyens
, dont vous favez combien l'eftime
doit m'être précieufe ! Et vous me dites ,
après cela , avec la froideur d'un homme
qui auroit fait l'action la plus indifférente ,
j'ai écrit à Paris pour que l'on yfupprimât
l'édition que j'y ai fait faire de cette pièce.
Si je puis contribuer en quelque autre manière
à conftater votre défaveu , vous n'avez
qu'à ordonner. Vous parlez fans doute ,
Monfieur , d'une feconde édition , car la
première eft épuifée . Et par rapport au
JUILLET 1765.
défaveu , ce n'eſt pas le mien qu'il s'agit
de conftater ; je l'ai rendu public , comme
vous m'y invitiez dans votre lettre au Libraire
de Paris : j'ai fait imprimer celle
que j'ai eu l'honneur de vous écrire. Mon
devoir eft rempli ; c'eſt à vous maintenant
à voir quel eft le vôtre : vous devriez regarder
comme une injure fi je vous indiquois
ce qu'en pareil cas feroit un honnête
homme. Je n'exige rien de vous , Monfieur
,fi vous n'en exigez rien vous-même.
J'ai l'honneur d'être , & c,
Genève , le 8 de Février 176 5.
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167
p. 16-17
TROISIEME lettre de M. le Pasteur VERNES.
Début :
Je terminerois volontiers une correspondance qui n'est pas plus de mon goût que [...]
Mots clefs :
Honneur, Correspondance, Tour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TROISIEME lettre de M. le Pasteur VERNES.
TROISIEME lettre de M. le Pafteur
VERNES.
JE terminerois volontiers une correfpondance
qui n'eft pas plus de mon goût que
du vôtre, fi vous ne m'aviez pas mis dans
l'impoffibilité de garder le filence. Le tour
que vous avez pris pour ne pas donner
une déclaration qui me paroiffoit un fimple
acte de juftice la plus étroite , & que
par- là même je ne croyois pas devoir exiger
de vous ; ce tour , dis -je , eft fans doute
fufceptible d'un grand nombre d'explications
: mais il en eft une qui touche trop
à mon honneur pour que je ne doive pas
vous demander de me déclarer pofitivement
fi vous foupçonneriez encore que je
fois l'auteur du libelle , malgré le défaveu
formel que je vous en ai fait publiquement
? Je n'ofe me livrer à cette interprétation
, qui vous feroit plus injurieu fe
qu'à moi ; mais il fuffit qu'elle foit poffible
pour que je ne doute pas de votre empreffement
à me dire fi je dois l'éloigner
abfolument de votre penfée . C'eft- là tout
ce que je vous demande , Monfieur ; ce
fera enfuite à vous à juger s'il vous conJUILLET
1765 . 17
vient de laiffer à la phrafe dont vous vous
êtes fervi , une apparence de faux-fuyant ,
ou de marquer nettement dans quel fens
elle doit être entendue. Ce qu'il y a de
certain , c'eft que je ne crains point de
vous voir fortir du nuage où vous ſemblez
vous cacher.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Genève , le zo de Février 1765.
VERNES.
JE terminerois volontiers une correfpondance
qui n'eft pas plus de mon goût que
du vôtre, fi vous ne m'aviez pas mis dans
l'impoffibilité de garder le filence. Le tour
que vous avez pris pour ne pas donner
une déclaration qui me paroiffoit un fimple
acte de juftice la plus étroite , & que
par- là même je ne croyois pas devoir exiger
de vous ; ce tour , dis -je , eft fans doute
fufceptible d'un grand nombre d'explications
: mais il en eft une qui touche trop
à mon honneur pour que je ne doive pas
vous demander de me déclarer pofitivement
fi vous foupçonneriez encore que je
fois l'auteur du libelle , malgré le défaveu
formel que je vous en ai fait publiquement
? Je n'ofe me livrer à cette interprétation
, qui vous feroit plus injurieu fe
qu'à moi ; mais il fuffit qu'elle foit poffible
pour que je ne doute pas de votre empreffement
à me dire fi je dois l'éloigner
abfolument de votre penfée . C'eft- là tout
ce que je vous demande , Monfieur ; ce
fera enfuite à vous à juger s'il vous conJUILLET
1765 . 17
vient de laiffer à la phrafe dont vous vous
êtes fervi , une apparence de faux-fuyant ,
ou de marquer nettement dans quel fens
elle doit être entendue. Ce qu'il y a de
certain , c'eft que je ne crains point de
vous voir fortir du nuage où vous ſemblez
vous cacher.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Genève , le zo de Février 1765.
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168
p. 43-51
EPÎTRE sur l'utilité de la satire. Par M. MATON.
Début :
Egô si risi quod ineptus Pastillos Rufillus olet, Gorgonius hircum, [...]
Mots clefs :
Satire, Honneur, Vice, Coeur, Yeux, Grands, Homme, Boileau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPÎTRE sur l'utilité de la satire. Par M. MATON.
EPITRE fur l'utilité de la fatire. Par
M. MATON.
Ego fi rifi quod ineptus
Paftillos Rufillus olet , Gorgonius hircum ,
Lividus & mordax videor tibi.
PAR
Horat.
AR quel abus les méchans & les fots.
Font - ils le mal , errent - ils en repos ?
N'ófe -t-on plus , ami de la droiture
Des moeurs du temps hafarder la peinture?
44
MERCURE DE FRANCE .
Et rougit- on d'entretenir l'honneur
Qui d'un état confirme la grandeur ?
C'eſt donc depuis qu'avec l'art de médire
Les médifans confondent la fatire ,
Et que le vice , au plus haut point porté ,
S'accroît encor de fon impunité ?
O fiècle ! ô jours ! fi féconds en maximes ,
En théorie , en documens fublimes
Pour qui le nom d'honneur ou de vertu
N'eft que trop vague , & fouvent rebattu ;
Permetttez - vous qu'une Mufe ftoïque
Monte fa lyre au ton de fa logique?
Qu'il foit banni de la fociété ,
Qu'il foit , dit- on , à jamais d'éteſté ,
Le bel-efprit qui , fâcheux par fyftême ,
Nous décrira pour fe louer lui-même.
Quoi qu'on en dife , intégre & citoyen ,
Un fatyrique eft un homme de bien :
S'il fe pouvoit qu'un peuple en fon enfance
Cherchât au loin fa frêle fubfiftance ,
Qu'avec tranfport il béniroit la main
Qui , féparant le baume du venin ,
Lui marqueroit tout ce que la nature
Sage & conftante offre à fa nouriture !
Tel eft l'objet du cenfeur éclairé ;
Un'eft fervent que pour l'homme égaré :
JUILLET 41
1
1766.
D'un mot plaisant , ou d'un trait fatirique ,
Il force au bien que la morale indique ;
Se faifant craindre , il éclaire nos pas :
La loi commande , & ne raifonne pas.
Chez des humains yvres de flaterie ,
De tous les temps la fatire avilie
Range le fage à côté du méchant ,
Lorfque fon oeil veut percer trop avant.
Qu'une leçon dans le fecret nous pique ,
Elle révolte alors qu'elle eft publique.
Comment peut - on , jaloux de fon erreur
Baiſer la main qui nous perce le coeur ?
Le bel emploi (de l'orgueil dont nous fommes)
Que de reprendre , & d'inftruire les hommes !
Témoins les fruits que moiffonne Rouffeau ,
De fon Vitam impendere vero.
Eft-on toujours pour y voir mieux qu'un autre,
De la raiſon le martyre & l'apôtre ?
L'humanité demande des heureux ,
Et l'art d'en faire eft un préfent des Cieux
Mais on a beau terraffer l'impofture ,
On jouit peu du bien que l'on procure :
Il eft d'ingrats un nombrè illimité ,
Et mille erreurs pour une vérité.
Quoique ces vers admettent la fatire ,
La bienséance en rétrécit l'empire.
Qu'est-il befoin , pour la gloire des fots ,
Qu'un Ecrivain fe ruine en bons mots ?
46 MERCURE
DE FRANCE
.
Ou qu'un forfait , abhorrant la lumière ,
Soit par humeur tiré de la pouflière ?
La voix publique aime la chaſteté ,
Et le vrai zèle atteint l'utilité :
De Juvenal les portraits font infâmes ;
Ne fouillons pas dans les replis des âmes :
Il eft des coeurs juſques là corrompus ,
Que n'émeut point l'exemple des vertus ;
Mais effayez de leur créer des vices ,
Les voilà prêts d'en faire leurs délices.
Un crime occulte eft prefque indifférent 3
Qui fe perd feul , eſt à peine un méchant.
Pour peu qu'un mal devienne épidémique ,
Pour l'arrêter , il n'eft qu'un fatirique ;
Un ennemi de l'ordre , un impofteur ,
S'il eft puiffant , doit exciter l'horreur ;
Il faut fur lui déployer le farcafme
Et le glacer dans fon enthouſiaſme :
De fes noirceurs vient- il à fe
parer ,
C'est un Typhon qu'il faut d'éfefpérer.
Tel d'un arrêt s'ofe targuer & rire ,
Brave le Ciel , qui craindra la fatire .
Elle a produit de furprenans effets ;
Elle a de Guife arrêté les excès ( 1 ) ;
( 1 ) On fait que la multiplicité des écrits répandus dans
la Sicile , par les partifans du Roi contre le Duc de Guife ,
mirent un frein puiffantaux entreptifes or gueilleufes de cet
homme,
I
JUILLET
47 1766.
Et Maffei , par ſa forte ironie ( 2 ) ,
D'affreux duels a purgé l'Italie.
Que mon coeur s'ouvre aux pleurs des malheureux
,
Sentant leur fort , je parlerai comme eux :
Leurs maux divers m'arracheront des larmes ;
Leur défeſpoir me fournira des armes :
Je ne verrai
qu'oppreffeurs & tyrans ;
Que des petits les victimes des grands ;
Que l'ingocence & l'orphelin timides
Triftes jouets de juges trop avides ;
Que la faveur couronnant de ſes mains ,
De vils flateurs , l'opprobre des humains :
Ce ne fera que haine & préfidie ;
Qu'ambition de flots de fang nourrie ;
Que novateurs , que de faux citoyens ,
Que des docteurs s'égorgeant pour des riens ;
Que des favans , dont la philoſophie
Verſe en leur fein le poiſon de l'envie.
Ils font , hélas ! ces oracles du temps ,
Peu lumineux , & jamais confolans.
Lorſqu'un héros qui reſpire la guerre ,
De fes fujets fe fait nommer le père ;
Qu'un autre érige en maxime d'état ,
Qu'un trône ouvert excufe l'attentat ;
( 2 ) Il eft certain que le ridicule amer jetté par le
Marquis Maffei , fur l'ufage barbare des duels , dans fon
traité Della Scienza Cavalleresca , produiſit en Italie des
effets furprenans.
MERCURE DE FRANCE.
Que s'uniflant à des femmes perdues ,
Des grands encor fe placent dans les nues ;
Que tel aux fiens refufe des fecours ,
Qui rifque au jeu fa fortune & fes jours ;
Qu'aux yeux de ceux qui ne favent l'attendre ,
L'or n'avilit que quand il le faut rendre :
Le Ciel m'eût- il départi fa douceur ,
Le fiel alors furnage dans mon coeur :
Il faut du moins qu'en bonne politique ,
Faute de loix , la fatire s'explique :
Dans un Etat il eft contagieux
Qu'à ces tableaux s'accoutument les yeux.
Quelque rumeur que la fatire excite ,
On ne la craint que lorsqu'on la mérite .
Malheur à ceux qui la comptent pour rien :
L'horreur du mal fait l'éloge du bien.
Alcide expire & les monftres renaiſſent :
Boileau n'eft plus , & les fots reparoiffent.
Mais de cenfeur , pour s'arroger le droit ,
Il faut , dit - on , foi- même marcher droit ,
Et qu'innocent des vices qu'on réprime ,
De victimaire on ne foit pas victime.
Eft- ce aux Lays à nous parler d'honneur ?
Aux Arétins , d'un Dieu jufte & vengeur ?
Soit & mon but , en me mêlant d'écrire ,
Eft qu'on m'eftime,& non pas qu'on m'admire.
Si je nommois , je veux l'être à mon tour.
J'ai deux acteurs ; c'eft le peuple & la cour.
Que
JUILLET 1766. 49
Que dis-je encor ? Il faut , pour être juſte ,
Blâmant Cinna , s'enrouer pour Auguſte
Et compofer , d'un ftyle fec & dur ,
En temps & lieu des odes fur Namur:
Que rifque- t- on ? Pour une apologie
Mille fujets dérident mon génie ;
Etre à l'affut de l'orgueil & du fat ,
C'est ce qu'obferve un Auteur par état .
Mais il faut rire ; ennemi de la joie ,
Aux vers rongeurs on est toujours en proie ;
Tout eft chaos quand le ciel eft obfcur ;
Tout le corrompt quand le vale eft impur,
Ami lecteur , j'ai banni mon fcrupule ;
Pour peu qu'un vice offre de ridicule ,
Il n'eſt pour lui , ni trêve ni traité :
Salvien , dit- on... . Dieu même a plaifanté (3 ) .
Boileau nommoit & bravoit la tempête s
Boileau pourtant avoit une âme honnête.
Dans leurs palais , s'il vifitoit les grands ,
Se piquoit - il d'y brûler de l'encens ? '
Moins protégé fans doute & moins fertile ,
En d'autres mains fon art peut être utile .
Mais quant aux morts , ils ne rougiffent plus .
Et les tombeaux regorgent de vertus .
Des torts vivans parcourons la carrière ,
Sans nous morfondre à rimer en arrière ;
Examinons , l'optique eft fous nos yeux .
( 3 ) Les Ecritures & les Saints Pères font pleins de traite
plaifans & d'ironies , qui l'emportent , pour la force , fur
la déclamation on me difpenfera de les citer , il y en a trop.,
Vol. II.
MERCURE DE FRANCE.
Tout eft pigmée & veut atteindre aux cieux ;
A fa befogne on met tant d'importance ,
Qu'on croit feul être un perfonnage en France :
Auffi ne vois -je en nos jours dépravés
Qu'artiſtes peints & que magots gravés.
Contre les grands jour & nyit on déclame ;
En vain ils font fans principes , fans âme :
Leurs détracteurs , ces frondeurs éternels ,
Mourant de faim pour fe rendre immortels )
Sont les premiers , féduits par des carreffes ,
'A s'adoucir , à chanter leurs foibleffes.
Il faut d'un grand , en diffamant les traits ,
Défefpérer de le louer jamais.
Mais c'en eft trop , Mufe , pour un chapitre ;
Et fouviens-toi que tu fais une épître :
Des maux réels de ce monde moral
Nous n'avons pas entrepris le journal ,
Dis feulement , avec quelque juftice ,
Que la fatyre eft le fléau du vice ;
Qu'en fait de moeurs & de bons réglemens ,
Dix vers heureux font plus que vingt pédans ;
Qu'un Juge inftruit ne fauroit la profcrire ;
Que fous Trajan on permit de tout dire s
Et que depuis loix , édits & fermons
Sont à-peu-près tirés du même fonds.
Dans un moment où l'eſprit de vertige
Renverfe tout & s'écrie au prodige ,
1
JUILLET 1766. SE
Que ferviroit un Moliere nouveau ,
Si , refferrant fon génie au berceau ,
On l'aftreignoit au mérite affez mince
De mettre en jeu des défauts de province ?
Du plus grand homme on feroit un flatteur ,
Et... Je me tais pour n'avoir pas d'humeur.
M. MATON.
Ego fi rifi quod ineptus
Paftillos Rufillus olet , Gorgonius hircum ,
Lividus & mordax videor tibi.
PAR
Horat.
AR quel abus les méchans & les fots.
Font - ils le mal , errent - ils en repos ?
N'ófe -t-on plus , ami de la droiture
Des moeurs du temps hafarder la peinture?
44
MERCURE DE FRANCE .
Et rougit- on d'entretenir l'honneur
Qui d'un état confirme la grandeur ?
C'eſt donc depuis qu'avec l'art de médire
Les médifans confondent la fatire ,
Et que le vice , au plus haut point porté ,
S'accroît encor de fon impunité ?
O fiècle ! ô jours ! fi féconds en maximes ,
En théorie , en documens fublimes
Pour qui le nom d'honneur ou de vertu
N'eft que trop vague , & fouvent rebattu ;
Permetttez - vous qu'une Mufe ftoïque
Monte fa lyre au ton de fa logique?
Qu'il foit banni de la fociété ,
Qu'il foit , dit- on , à jamais d'éteſté ,
Le bel-efprit qui , fâcheux par fyftême ,
Nous décrira pour fe louer lui-même.
Quoi qu'on en dife , intégre & citoyen ,
Un fatyrique eft un homme de bien :
S'il fe pouvoit qu'un peuple en fon enfance
Cherchât au loin fa frêle fubfiftance ,
Qu'avec tranfport il béniroit la main
Qui , féparant le baume du venin ,
Lui marqueroit tout ce que la nature
Sage & conftante offre à fa nouriture !
Tel eft l'objet du cenfeur éclairé ;
Un'eft fervent que pour l'homme égaré :
JUILLET 41
1
1766.
D'un mot plaisant , ou d'un trait fatirique ,
Il force au bien que la morale indique ;
Se faifant craindre , il éclaire nos pas :
La loi commande , & ne raifonne pas.
Chez des humains yvres de flaterie ,
De tous les temps la fatire avilie
Range le fage à côté du méchant ,
Lorfque fon oeil veut percer trop avant.
Qu'une leçon dans le fecret nous pique ,
Elle révolte alors qu'elle eft publique.
Comment peut - on , jaloux de fon erreur
Baiſer la main qui nous perce le coeur ?
Le bel emploi (de l'orgueil dont nous fommes)
Que de reprendre , & d'inftruire les hommes !
Témoins les fruits que moiffonne Rouffeau ,
De fon Vitam impendere vero.
Eft-on toujours pour y voir mieux qu'un autre,
De la raiſon le martyre & l'apôtre ?
L'humanité demande des heureux ,
Et l'art d'en faire eft un préfent des Cieux
Mais on a beau terraffer l'impofture ,
On jouit peu du bien que l'on procure :
Il eft d'ingrats un nombrè illimité ,
Et mille erreurs pour une vérité.
Quoique ces vers admettent la fatire ,
La bienséance en rétrécit l'empire.
Qu'est-il befoin , pour la gloire des fots ,
Qu'un Ecrivain fe ruine en bons mots ?
46 MERCURE
DE FRANCE
.
Ou qu'un forfait , abhorrant la lumière ,
Soit par humeur tiré de la pouflière ?
La voix publique aime la chaſteté ,
Et le vrai zèle atteint l'utilité :
De Juvenal les portraits font infâmes ;
Ne fouillons pas dans les replis des âmes :
Il eft des coeurs juſques là corrompus ,
Que n'émeut point l'exemple des vertus ;
Mais effayez de leur créer des vices ,
Les voilà prêts d'en faire leurs délices.
Un crime occulte eft prefque indifférent 3
Qui fe perd feul , eſt à peine un méchant.
Pour peu qu'un mal devienne épidémique ,
Pour l'arrêter , il n'eft qu'un fatirique ;
Un ennemi de l'ordre , un impofteur ,
S'il eft puiffant , doit exciter l'horreur ;
Il faut fur lui déployer le farcafme
Et le glacer dans fon enthouſiaſme :
De fes noirceurs vient- il à fe
parer ,
C'est un Typhon qu'il faut d'éfefpérer.
Tel d'un arrêt s'ofe targuer & rire ,
Brave le Ciel , qui craindra la fatire .
Elle a produit de furprenans effets ;
Elle a de Guife arrêté les excès ( 1 ) ;
( 1 ) On fait que la multiplicité des écrits répandus dans
la Sicile , par les partifans du Roi contre le Duc de Guife ,
mirent un frein puiffantaux entreptifes or gueilleufes de cet
homme,
I
JUILLET
47 1766.
Et Maffei , par ſa forte ironie ( 2 ) ,
D'affreux duels a purgé l'Italie.
Que mon coeur s'ouvre aux pleurs des malheureux
,
Sentant leur fort , je parlerai comme eux :
Leurs maux divers m'arracheront des larmes ;
Leur défeſpoir me fournira des armes :
Je ne verrai
qu'oppreffeurs & tyrans ;
Que des petits les victimes des grands ;
Que l'ingocence & l'orphelin timides
Triftes jouets de juges trop avides ;
Que la faveur couronnant de ſes mains ,
De vils flateurs , l'opprobre des humains :
Ce ne fera que haine & préfidie ;
Qu'ambition de flots de fang nourrie ;
Que novateurs , que de faux citoyens ,
Que des docteurs s'égorgeant pour des riens ;
Que des favans , dont la philoſophie
Verſe en leur fein le poiſon de l'envie.
Ils font , hélas ! ces oracles du temps ,
Peu lumineux , & jamais confolans.
Lorſqu'un héros qui reſpire la guerre ,
De fes fujets fe fait nommer le père ;
Qu'un autre érige en maxime d'état ,
Qu'un trône ouvert excufe l'attentat ;
( 2 ) Il eft certain que le ridicule amer jetté par le
Marquis Maffei , fur l'ufage barbare des duels , dans fon
traité Della Scienza Cavalleresca , produiſit en Italie des
effets furprenans.
MERCURE DE FRANCE.
Que s'uniflant à des femmes perdues ,
Des grands encor fe placent dans les nues ;
Que tel aux fiens refufe des fecours ,
Qui rifque au jeu fa fortune & fes jours ;
Qu'aux yeux de ceux qui ne favent l'attendre ,
L'or n'avilit que quand il le faut rendre :
Le Ciel m'eût- il départi fa douceur ,
Le fiel alors furnage dans mon coeur :
Il faut du moins qu'en bonne politique ,
Faute de loix , la fatire s'explique :
Dans un Etat il eft contagieux
Qu'à ces tableaux s'accoutument les yeux.
Quelque rumeur que la fatire excite ,
On ne la craint que lorsqu'on la mérite .
Malheur à ceux qui la comptent pour rien :
L'horreur du mal fait l'éloge du bien.
Alcide expire & les monftres renaiſſent :
Boileau n'eft plus , & les fots reparoiffent.
Mais de cenfeur , pour s'arroger le droit ,
Il faut , dit - on , foi- même marcher droit ,
Et qu'innocent des vices qu'on réprime ,
De victimaire on ne foit pas victime.
Eft- ce aux Lays à nous parler d'honneur ?
Aux Arétins , d'un Dieu jufte & vengeur ?
Soit & mon but , en me mêlant d'écrire ,
Eft qu'on m'eftime,& non pas qu'on m'admire.
Si je nommois , je veux l'être à mon tour.
J'ai deux acteurs ; c'eft le peuple & la cour.
Que
JUILLET 1766. 49
Que dis-je encor ? Il faut , pour être juſte ,
Blâmant Cinna , s'enrouer pour Auguſte
Et compofer , d'un ftyle fec & dur ,
En temps & lieu des odes fur Namur:
Que rifque- t- on ? Pour une apologie
Mille fujets dérident mon génie ;
Etre à l'affut de l'orgueil & du fat ,
C'est ce qu'obferve un Auteur par état .
Mais il faut rire ; ennemi de la joie ,
Aux vers rongeurs on est toujours en proie ;
Tout eft chaos quand le ciel eft obfcur ;
Tout le corrompt quand le vale eft impur,
Ami lecteur , j'ai banni mon fcrupule ;
Pour peu qu'un vice offre de ridicule ,
Il n'eſt pour lui , ni trêve ni traité :
Salvien , dit- on... . Dieu même a plaifanté (3 ) .
Boileau nommoit & bravoit la tempête s
Boileau pourtant avoit une âme honnête.
Dans leurs palais , s'il vifitoit les grands ,
Se piquoit - il d'y brûler de l'encens ? '
Moins protégé fans doute & moins fertile ,
En d'autres mains fon art peut être utile .
Mais quant aux morts , ils ne rougiffent plus .
Et les tombeaux regorgent de vertus .
Des torts vivans parcourons la carrière ,
Sans nous morfondre à rimer en arrière ;
Examinons , l'optique eft fous nos yeux .
( 3 ) Les Ecritures & les Saints Pères font pleins de traite
plaifans & d'ironies , qui l'emportent , pour la force , fur
la déclamation on me difpenfera de les citer , il y en a trop.,
Vol. II.
MERCURE DE FRANCE.
Tout eft pigmée & veut atteindre aux cieux ;
A fa befogne on met tant d'importance ,
Qu'on croit feul être un perfonnage en France :
Auffi ne vois -je en nos jours dépravés
Qu'artiſtes peints & que magots gravés.
Contre les grands jour & nyit on déclame ;
En vain ils font fans principes , fans âme :
Leurs détracteurs , ces frondeurs éternels ,
Mourant de faim pour fe rendre immortels )
Sont les premiers , féduits par des carreffes ,
'A s'adoucir , à chanter leurs foibleffes.
Il faut d'un grand , en diffamant les traits ,
Défefpérer de le louer jamais.
Mais c'en eft trop , Mufe , pour un chapitre ;
Et fouviens-toi que tu fais une épître :
Des maux réels de ce monde moral
Nous n'avons pas entrepris le journal ,
Dis feulement , avec quelque juftice ,
Que la fatyre eft le fléau du vice ;
Qu'en fait de moeurs & de bons réglemens ,
Dix vers heureux font plus que vingt pédans ;
Qu'un Juge inftruit ne fauroit la profcrire ;
Que fous Trajan on permit de tout dire s
Et que depuis loix , édits & fermons
Sont à-peu-près tirés du même fonds.
Dans un moment où l'eſprit de vertige
Renverfe tout & s'écrie au prodige ,
1
JUILLET 1766. SE
Que ferviroit un Moliere nouveau ,
Si , refferrant fon génie au berceau ,
On l'aftreignoit au mérite affez mince
De mettre en jeu des défauts de province ?
Du plus grand homme on feroit un flatteur ,
Et... Je me tais pour n'avoir pas d'humeur.
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Résumé : EPÎTRE sur l'utilité de la satire. Par M. MATON.
Dans l'épître 'Sur l'utilité de la satire', M. Maton explore le rôle essentiel de la satire dans la société. Il regrette l'absence de critique des mœurs contemporaines et met en avant l'importance de la satire pour éclairer et guider les individus vers le bien. La satire utilise des mots plaisants ou des traits satiriques pour révéler les erreurs humaines, mais doit être employée avec discernement pour éviter de blesser inutilement. Elle a prouvé son efficacité en modérant les excès de personnages influents, comme le Duc de Guise, et en réduisant les duels en Italie grâce à l'ironie de Maffei. L'auteur exprime sa compassion pour les malheureux et dénonce les oppresseurs et les injustices sociales. Il affirme que la satire est nécessaire pour préserver l'honneur et la vertu, même sans lois strictes. M. Maton réfléchit également sur l'écriture satirique, qui vise à critiquer les vices sans chercher l'admiration. Ses principaux sujets sont le peuple et la cour. Il reconnaît la difficulté de blâmer certains personnages historiques tout en restant juste. La satire est perçue comme un moyen efficace pour ridiculiser les vices, même parmi les figures religieuses et littéraires comme Boileau. Il critique une société marquée par l'orgueil et l'hypocrisie, où artistes et critiques se disputent pour se faire remarquer. La satire est vue comme un fléau contre le vice, les vers bien écrits ayant plus d'impact que les discours moralisateurs. L'auteur regrette les restrictions imposées à la liberté d'expression, comparant la tolérance sous Trajan à la censure de son époque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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169
p. 57-84
ELGARROTE masbiendado, y Alcalde de Zalamea. Le Tourniquet bien appliqué, & le Juge de Zalamea, comédie de CALDERON.
Début :
CETTE singulière comédie a un fondement historique, & le fait qui y a donné [...]
Mots clefs :
Comédie, Dieu, Capitaine, Honneur, Père, Fille, Sergent, Soldat, Procès, Prisonnier, Juge, Roi, Justice, Épée, Village
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texteReconnaissance textuelle : ELGARROTE masbiendado, y Alcalde de Zalamea. Le Tourniquet bien appliqué, & le Juge de Zalamea, comédie de CALDERON.
ELGARROTE * masbiendado , y Alcalde
de Zalamea. Le Tourniquet bien appli
qué , & le Juge de Zalamea , comédie
de CALDERON.
CETTE ETTE fingulière comédie a un fondement
hiftorique , & le fait qui y a donné
lieu eft très - réel . Elle peint , avec une
vérité frappante , les moeurs & les préjugés
des perfonnages qui y font introduits. On
y voit au naturel le caractère d'un brave
* Garrote fignifie carcan. C'eſt un genre de fupplice
particulier qui n'eft pas très- cruel , parce
qu'il est très- court. On fait affeoir le patient far
une chaife , on lui met au cou'un carcan , au devant
duquel il y a intérieurement un bouton qui avance
fur le noeud de la gorge. Avec un tourniquet on
ferre le carcan , & le patient eft étranglé fans
douleur & fur le champ.
€ v
18 MERCURE DE FRANCE.
1
& franc guerrier qui commande un corps
de troupe , la licence que fe promet fouvent
un Officier fubalterne avec les gens
du peuple , les mifères du Soldat , les abus
qui les augmentent , la gaieté qui le confole
, l'efprit de libertinage & les tours de
fubtilité qui lui font trouver des charmes
dans ce pénible efclavage. Mais , ce qui
intéreffe le plus dans ce tableau , ce font
les fentimens élevés & la conduite ferme
& hardie d'un fimple laboureur qui venge
avec une intrépidité héroïque fon honneur
offenfé , fans être retenu par aucun égard
ni aucune crainte .
La fcène s'ouvre par une marche de
foldats. Il y en a un qui fe diftingue particulièrement
par fes murmures , auxquels
toute la troupe applaudit. Patience , lui
dit un camarade , toutes nos fatigues vont
s'oublier dès que nous ferons au gîte. De
quoi cela me foulagera - t il , reprend le
raiſonneur , fi je créve avant d'y arriver ?
& quand j'y arriverois en vie , Dieu fair
encore fi on nous y logera. N'avons nous
pas nos conducteurs auxquels les Mayeurs
& Syndics vont propofer de nous faire
paffer outre en offrant quelque rafraîchif
fement ? On leur répondra d'abord que
cela eft impoffible , & que la troupe eft
rendue ; mais files manans ont de l'argent,
d'un feul mot, marche , on nous fera obéir
JUIN 1768. ༨༡
à l'inftant. Pour moi , fi cela arrive , je
jure qu'on partira fans moi . Je fais déja
comme on déferte. Mais je fais auffi
reprend le camarade , que cette petite fantaifie
coûte la vie à un malheureux foldat
, fur- tout fous les ordres du général
qui nous commande ; car fi Don Lope de
Figueroa paffe pour vaillant & grand capitaine
, il a auffi la réputation d'être le plus
emporté , le plus impitoyable , & le plus
étrange blafphémateur de toute l'armée ;
& , pour la difcipline , il fera périr fon
meilleur ami fans nulle forme de procès.
C'est moins moi que je plains , répart le
mutin , que cette pauvre femme qui me
fuit. La bonne créature prend la parole ,
& dit qu'elle fouffre volontiers ; elle conte
tous les facrifices qu'elle a faits pour vivre
avec fon cher foldat. Cela lui attire beaucoup
d'éloges ; on crie viva La Chifpa , &
infenfiblement on oublie le mal dont on
fe plaignoit , on chante , on fait chorus
& on arrive
ད
Le Capitaine de la compagnie vint annoncer
à fes foldats qu'il y a apparence
qu'on paffera plufieurs jours à Zalamea
& tout le monde s'en réjouir. Il demande
à fon Sergent , qui vient du logement ,
où eft fon billet. Vous êtes , dit le Sergent
, chez l'habitant le plus riche du lieu
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
& qui , outre cela , a la plus belle fille du
pays. Bon , dit le Capitaine , ne fera - ce
pas toujours une payfanne glorieufe avec
des mains & des pieds effroyables . Pour
moi , à moins que je ne voie de la parure
& de l'élégance , je ne crois pas être avec
une femme. On lui dit auffi que le père
eft le plus vain & le plus préfomptueux
des hommes. La vanité , dit le Capitaine ,
eft toujours l'apanage d'un manant riche .
Leur converfation eft interrompue par
l'arrivée d'une figure de Don - Quichote.
C'est un perfonnage très - peu intéreffant ;
un gentilhomme ridicule , amoureux de
la fille du laboureur , ouplutôt de les écus ,
car il meurt de faim à la lettre . Il ne
parle que de la belle généalogie en or &
azur que lui a laiffée fon père. Il auroit
dû , dit fon valet , vous laiffer plus d'or
& moins de parchemin,
Au refte , reprend le perfonnage , je
n'ai pas grande obligation à ce père de
m'avoir fait gentilhomme , car s'il n'eût
pas été noble il n'eût pas
été mon père,
& je me ferois bien gardé de me laiffer
engendrer par un roturier. La converfation
continue fur ce ton jufqu'à ce que
fon Ifabelle paroiffe à fa fenêtre. Elle le
traite fort mal & fe moque de lui. Il fe
retire en voyant arriver Pedro Crespo ,
père de fa Dame. Ce vieillard murmure ,
"
JUIN 1768 .
en entrant , de trouver toujours cette figure
de tapillerie à fa porte . Juan , fon fils ,
arrive d'un autre côté & fe fâche de même
contre ce revenant perpétuel . Ce jeune
homme eft un petit mutin qui promet fort
de reffembler un jour à fon père. L'un &
l'autre fe diffimulent ce qui vient de les
choquer , & ils ne fe parlent que de leurs
Occupations. Crespo conte qu'il vient des
champs , & qu'il eft très-content de fes
troupeaux & de fes moiffons. Et toi ,
Juan , dit-il à fon fils , d'où viens-tu ?
Juan. Je vous facherai peut être en vous
le difant. J'ai joué à la paume , & perdu
deux parties.
Crefpo. Il n'y a pas grand mal fi tu as payć.
Juan. Je n'ai pas payé , faute d'argent ,
& je venois même vous en demander.
Crefpo. Avant tout , écoute ce que j'ai
à te dire. Ne t'engage de ta vie qu'à ce
que tu es fûr de pouvoir faire , & ne joue
jamais plus d'argent que tu n'en as , de
peur de rifquer ta renommée fi tu ne pouvois
pas remplir tes obligations .
Juan. Le confeil eft comme venant de
vous ; & , pour vous marquer combien
j'en fais cas , je le paierai par un autre.
Ne donnez jamais d'avis à un homme qui
vous demande de l'argent .
Crefpo. Tu m'as rendu le change.
Ils font interrompus par le Sergent qui
61 MERCURE DE FRANCE.
leur annonce que Don Alvaro de Atayde,
fon Capitaine , doit loger chez eux. Crefpo
offre tout ce qui eft dans fa maiſon . Juan
lui fait reproche de ce qu'étant riche , ik
n'achete pas un privilége pour s'exempter
de ces charges.
Crefpo. Dis-moi de bonne foi , Juan ,
quelqu'un ignore- t- il que je ne fuis qu'un
payfan ? Quand j'acheterai de la nobleſſe
ferai-je noble pour cela ? Il m'en coûtera
cinq ou fix mille, réaux , c'eſt de bon argent,
& je n'aurai pas acquis de l'honneur ,
car il ne fe vend point. Qu'un homme
qu'on a vu chauve route fa vie , mette une
perruque , on dira qu'il eft bien coeffé.
Mais qu'y gagnera - t - il ? Quoiqu'on ne
voie pas fa tête pelée , chacun ne fait- il
pas qu'il n'a pas un cheveu à lui ?
Juan. Il y gagnera de mettre fa tête à
couvert du foleil , du vent & de la pluie.
Crefpo. Je ne veux point d'un honneur
précaire. Je veux demeurer ce que je fuis
& ce qu'ont été avant moi mes pères.
Il fait defcendre fa fille & lui annonce
que des troupes vont loger dans le village,
& qu'il aura chez lui un Capitaine. Il lui
ordonne de fe retirer dans un grenier pen
dant leur féjour . Je venois , dit - elle , mon
père , vous demander la permiffion de m'y
renfermer avec Inès , ma couline.
Apeine eft- elle rentrée que le Capitaine
JUIN 1768.
furvient ; le père & le fils lui font de grands
complimens qu'il reçoit avec civilité , mais
avec hauteur . Ils le laiffent avec fon Sergent.
Hé bien , dit l'Officier , as-tu vu la
payſanne ?
Le Sergent. J'ai parcouru toutes les
chambres & la cuifine , fans la trouver.
Une fervante m'a dit qu'elle eft cachée
dans les greniers , d'où elle ne deſcendra
pas , parce que le vieillard eft fort jaloux.
Don Alvar. Si je l'avois rencontrée tout
fimplement , je n'y aurois fait nulle attention
; mais précisément parce qu'on me la
cache , vive Dieu ! je veux pénétrer où elle
eft. Il faudroit , dit le Sergent , trouver un
prétexte pour y entrer fans donner de
foupçon.
Sur ces entrefaites le Soldat harangueur,
avec fa Chifpa , fe préfentent. Ils viennent
demander à Don Alvar le privilége
du jeu . Le Capitaine trouve cette occafion
merveilleufe. Il dit à Rebolledo ( c'eſt le
Soldat ) qu'il veut entrer , fur quelque mo
tif plausible , dans une chambre haute de
la maifon ; qu'il faut qu'il feigne de lui
manquer de reſpect , qu'il le menacera de
fon côté , qu'il fuira au grenier où il le
fuivra. La fcène fe joue fur le champ , le
Soldat fait l'infolent , le Capitaine tire
l'épée & le pourſuit.
64 MERCURE DE FRANCE .
On voit entrer le Soldat hors d'haleine
dans la retraite où font les femmes. Le
Capitaine & le Sergent furviennent , elles
prient pour le prétendu coupable , & obtiennent
fa grace. Pedro Crefpe & Juan
patoiffent l'épée à la main. Ils ont entendu
le bruit de la querelle & fu que le Capitaine
court après un Soldat.
Crefpo . Qu'eft ceci , Seigneur Cavalier ?
quand je vous crois occupé à tuer un
homme , je vous trouve à courtifer une
femme ! Alvar répond qu'il fait ce qu'il
doit au fexe , & qu'il a facrifié fon reffentiment
à cette Dame.
Crefpo. Ce n'est point une Dame : c'eſt
ma fille.
Juan. Tout ceci n'eft , vive Dieu ! qu'une
rufe pour vous introduire ici. Je fuis piqué
de ce que vous croyez me tromper . Il n'en
eft pardieu rien , & vous pourriez , Seigneur
Capitaine , payer autrement les
offres de fervice de mon père , & lui épargner
cette offenfe.
Crefpo. De quoi vous mêlez - vous , petit
garçon Si ce Soldat l'a mis en colère
pourquoi ne l'auroit- il pas pourfuivi ? Sei
gneur , ma fille vous eft obligée de votre
attention pour elle.
Don Alvar à Juan. Je n'ai fans de te
eu aucune autre raifon. Songez mieux à
ce que vous dites.
JULN 1768. 69
Juan. J'y fonge très - bien .
Alvar. Si votre père n'étoit
pas là , petit
garçon , je vous traiterois comme vous
méritez.
Crefpo . Doucement, Seigneur Capitaine.
Je puis parler à mon fils comme il me
plaît , mais non pas vous.
Juan. Je puis tout fouffrir de mon père ,
mais rien d'un autre.
Alvar. Et que feriez - vous ?
Juan. Je perdrois la vie plutôt que de
fouffrir un affront.
Alvar. Un payfan fe piquer d'honneur !
Juan. Autant que vous ; il n'y auroit
pas de Capitaines s'il n'y avoit
laboureurs.
da
pas de
Il met
Alvar. Ah , c'en eft trop.
l'épée à la main , Juan en fait de même ,
& Crespo tire la fienne pour les féparer ;
on crie à la garde , & le Général furvient.
Qu'est ceci ? dit - il. La première chofe
que je rencontre ici c'est une bataille ?
Parlez , qu'eft- il arrivé ? Répondez donc ,
vive Dieu hommes , femines , je vais
tour jenter par les fenêtres . N'ai - je pas
affez de la douleur que me fait fouffrir,
ma diable de jambe , fans que vous m'impatientiez
encore par votre filence.
On eft obligé de lui dire le fujet de la
querelle. Où eft le Soldat ? dit - il . Qu'on
66 MERCURE DE FRANCE.
lui donne fur le champ l'eftrapade. Alvar
prie tout bas le Soldat de fe taire , & lui
promet de le fauver. Je n'en ferai tien
s'écrie le malheureux . Je ne veux pas être
eftropié pour vous. Il conte alors la choſe
comme elle eft. Vous voyez , dit Crefpo
fi nous avions raifon. Il n'y en a point de
bonne , répond Don Lope , pour expofer
tout un village à fa ruine.
Il fait fur l'heure battre un ban , &
publier ordre à tous les Soldats de fe rendre
au corps de- garde , & défenfe d'en
fortir de tout le jour , fous peine de la vie ,
puis il ordonne au Capitaine d'aller à
l'inftant fe pourvoir d'un autre logement ,
& prend lui-même le fien chez Crefpo.
Chacun obéit , & Crespo , après avoir fait
rentrer les femmes , refte avec le Général.
Crefpo. Je vous rends graces , Seigneur ,
de m'avoir fauvé l'occafion de me perdre.
Lope. A quel propos dites - vous que
vous vous feriez perdu ?
Crefpo. En ôtant la vie à quiconque
m'eût outragé.
Don Lope. Comment , vive Dieu ! favez-
vous que vous aviez affaire à un Capitaine
?
Crefpo. Fût- ce un Général même , vive
Dieu je le tuerois s'il attaquoit mon
honneur.
JUIN 1768. 67
Lope. Je jure le ciel que je ferai pendre
le premier qui ofera toucher un Soldat.
Crefpo. Je jure le ciel d'étrangler moimême
qui ofera me faire le moindre outrage.
Lope. Mais favez- vous
que n'étant que
ce que vous êtes , vous êtes obligé de -fouffrir
des gens de guerre ?
Crefpo. Oui , dans mes facultés , mais
non dans mon honneur. On doit au Roi
fa vie & fes biens ; mais l'honneur eft le
patrimoine de l'âme , & l'âme n'eft fujette
qu'à Dieu.
Lope. Je crois , vive Dieu ! que vous
avez raiſon !
Crefpo. Oui , vive Dieu ! & je l'ai toujours
eu .
Lope. J'arrive ici bien fatigué , & le
diable m'a donné une maudite jambe qui
a befoin de repos.
Crefpo. Qui vous dit le contraire ? le
diable m'a donné un lit , vous n'avez qu'à
Vous y mettre .
Lope. Et vous l'a-t- il donné tout fait , ce lit?
Crefpo. Oui , par Dieu !
Lope. Hé bien je vais , par Dieu ! le dé
faire , car je fuis , vive Dieu , bien las.
Crefpo. Hé , vive Dieu ! délaffez - vous.
68 MERCURE DE FRANCE.
Lope s'en allant. Le manant eft têtu !
il jure par Dieu ! comme moi .
Crefpo. Le Don Lope eft revêche ! nous
aurons maille à partir enfemble.
Le fantôme extravagant & amoureux
ouvre le fecond acte avec fon valet ;
mais nous laifferons ce perfonnage affez
inutile. Le Capitaine & fon Sergent repa
roiffent, & s'entretiennent de la difficulté
de voir Ifabelle. Alvar veut lui donner.
une férénade , & ils vont tout difpofer.
Rebolledo & la Chifpa doivent en être les
principaux acteurs.
Crespo fait fervir à fouper dans un cabinet
qui donne fur un jardin , qui fait
dit- il , l'amuſement de fa fille. Lope l'invite
à s'affeoir près de lui , il obéit après
s'en être défendu.
Lope. Savez - vous que la colère vous
met quelquefois hors de vous - même ?
Crefpo. Elle ne me fait jamais perdre le
jugement.
Lope. Comment donc hier , vous êtesvous
affis fans que je vous le dife ? & encore
à la premiere place !
Crefpo. C'est parce que vous ne me le
difiez pas , & aujourd'hui que vous me le
dites , je m'en abftiendrois volontiers. Je
fais rendre l'honneur qu'on me fait.
JUIN 1768, 69
Lope. Mais hier , vous ne faifiez que
jurer & vous emporter , & aujourd'hui
je vous trouve doux & pailible.
Crefpo. Seigneur , je prends toujours le
ton des gens avec qui je traite. Hier vous
ne parliez que par imprécations , & je vous
répondois de même. J'ai pour principe de
jurer avec celui qui jure , & de prier avec
celui qui prie. Je pouffe cela fi loin , que
parce qu'hier vous vous plaigniez d'une
jambe , j'en ai fenti une douleur qui m'a
empêché de dormir toute la nuit ; & parce
que je n'ai pas fu laquelle vous faifoir
mal , j'en avois à toutes les deux . Ditesmoi
, par charité , quelle eft la mauvaiſe ,
afin que je ne fouffre que d'un côté.
Lope . Ai-je tort de me plaindre ? Il y
a plus de trente ans que ce mal me prit
en Flandre , caufé par l'outrage des faifons
, les veilles & les fatigues , fans que
j'aie eu depuis ce tems une heure de repos.
Crefpo. Dieu vous donne patience!
Lope. Eft-ce que je la demande ?
Crefpo, Hé bien , qu'il ne vous la donne
pas.
Lope. Que cent mille diables emportent
la patience , & moi avec !
Crefpo, Amen. S'ils ne le font pas , c'eſt
de peur de bien faire,
70
MERCURE DE FRANCE.
Lope. Hai , hai ! Jéfus , mille fois !
Crefpo. Qu'il foit avec vous & moi.
Lope. Vive Dieu ! la douleur m'extermine.
Crefpo. Vive Dieu ! J'en fuis faché.
Il fait defcendre fa fille pour fouper
avec le Général . Si tous les Officiers étoient
comme vous, lui dit- il , je voudrois qu'elle
fût la premiere à les fervir.
Le Général admire fa rufe & fa prudence.
Tandis qu'ils font à table , on entend
la férénade . Lope diffimule fon mécontentement
de ce manque de refpect. il
faut , dit- il tout haut , paffer ces gaîtés au
foldat , elles lui font fupporter les dégoûts
de fon état. Juan trouve que c'eft un métier
fort agréable. En êtes - vous tenté ?
dit Løpe. De grand coeur , répondit Juan ,
fi vous m'accordiez votre protection .
Cependant on jette une pierre contre
la fenêtre , & le nom d'Ifabelle eft prononcé
par la mufique . Lope eft indigné ,
& le cache à caufe de Crespo , qui , de
fon côté , cache fon dépit à caufe de Don
Lope. Juan fe lève & va fourdement fe
faifir d'une rondache qu'il a vu fufpendue
dans la chambre du Général.
Les chants recommencent , & répétent
le nom d'Isabelle . Elle déplore fon fort
d'être expoſée à ces entreprifes, Lope ne
JUIN 1768. 71
peut y tenir , il fe lève en fureur & renverfe
la table. Crespo fe lève de même &
renverſe fa chaife.
Lope. La douleur que me fait cette
jambe diabolique m'a caufé cette impatience.
Crefpo. La même raifon m'a fait lever
fi brufquement,
Lope. J'ai cru que vous en aviez quelqu'autre
, quand je vous ai vu jetter cette
chaife .
je Crefpo . Vous aviez jetté la table ,
n'ai pas trouvé autre chofe fous ma main,
Lope. Je ne puis fouper , je vais me
retirer, mon hôte.
Crefpo. A la bonne heure.
Lope , bas. N'ai - je pas une rondache
dans ma chambre ?
Crefpo , bas. N'ai - je pas une fortie par
la baffe- cour ?
Lope. Bon foir,
Crefpo . Bonne nuit. ( J'enfermerai mes
enfans par dehors. )
Il envoie coucher fon fils , & tandis
que les donneurs de férénade font dans
la rue à galantifer , Lope fort d'un côté ,
& Crefpo d'un autre. Ils mettent la mufique
en déroute & reftent feuls , & fe croyant
réciproquement les auteurs de la fête , ils
s'attaquent & fe battent avec une adreſſe
72 MERCURE DE FRANCE.
& une vigueur égale , & s'étonnent l'un
de l'autre, Juan fort auffi l'épée à la main ,
ils parlent & fe reconnoiffent. Le Capitaine
, piqué de l'affront , revient avec un
renfort de foldats , & eft fort étonné de
trouver là le Général. Il s'excufe , & feint
d'être venu au bruit pour appaifer le
tumulte . Lope lui cache fes foupçons , mais
lui ordonne de fe mettre en marche fur le
champ avec fa compagnie , & de fortir de
Zalamea. Il rentre avec fes hôtes .
Le Capitaine , piqué au jeu , veut abſolument
revoir Ifabelle. Rebolledo lui apprend
qu'il a un efpion de moins , & que
Juan a obtenu de fon père la permiflion
de fuivre Don Lope à l'armée.
Le Général fe difpofe à partir. Il prend
congé de fon hôte , & lui promet d'avoir
foin de fon fils. Il fait préfent d'un diamant
à Ifabelle. Juan vient l'avertir que
fa litière eft prête,
Lope. Adieu , mon cher hôte ,
Crefpo. Qu'il vous conduife.
Lope. Ha ! bon Pedro Crefpo !
Crefpo. Ha vaillant Don Lope !
Lope. Qui eût dit , à notre première
entrevue , que nous deviendrions amis
pour la vie !
Crefpo. Moi , Seigneur , je l'euffe prédit
fi je vous eulle connu pour un....
Lope ,
JUIN 1768. 73.
Lope , s'en allant. Achevez , allez , ne
Yous gênez pas.
Crefpo. Pour un fou d'une auffi bonne
pâte.
Il donne à fon fils des confeils fort
fages & fort prolixes , & enfuite fa bénédiction
, & le laiffe fuivre le Général.
Il reste avec fa fille à prendre le frais
hors de fa maifon fur une banquette. Don
Alvar , le Sergent , Rebolledo, La Chifpa,
& d'autres Soldats s'approchent à la faveur
de l'obfcurité , faififfent Ifabelle , & l'emmènent
malgré fes cris. Crefpo demande
une épée , & Inès lui en apporte une. Le
Sergent lui dit que la réfiftance eft vaine
contre tant de monde. Rien ne l'arrête ,
il veut les attaquer , & tombe. Tuez- le ,
s'écrie Rebolledo. Non , dir le Sergent , il
y
auroit de la barbarie à lui ôter l'honneur
& la vie. Emmenons-le & attachons-le
quelque part dans la montagne. On l'y
entraîne malgré les cris .
Ifabelle , en pleurs , commence le troifième
acte. On peut imaginer le fujet de
fes longues plaintes. Elle entend les gémiffemens
d'un homme ; c'eft fon père
lié qui demande du fecours. Elle n'oſe le
mettre en liberté avant d'avoir conté fes
malheurs elle veut bien mourir de fa
main, mais après qu'il aura entendu fa
Ꭰ
4744 MERCURE DE FRANCE.
juftification. Ils s'attendriffent , & pleurent
enfemble. Elle brife fes liens , & lui
conte que l'indigne Alvara triomphé d'elle
par la force , & qu'au point du jour ſes
eris ont attiré un paffant qu'elle a reconnu
pour fon frère ; qu'ayant appris fon malheur
, il a attaque & bleffé dans l'inftant
le Capitaine , & s'eft fauvé en voyant des
Soldats qui venoient à fon fecours ; qu'on
a relevé le raviffeur & qu'on l'a ramené
à Zalamea pour le faire panfer. Crefpo la
confole ; ils retournent enfemble à leur
maifon. Le plus court pour Alvar , dit
Crespo , eft de mourir de ſa bleſſure , car
s'il en réchappe , je n'aurai jamais de
repos que je ne lui aie donnné la mort.
L
En approchant du village il eft rencon
tré par le Greffier de la communauté , qui
le cherche pour lui annoncer qu'il vient
d'être élu Alcade , & dans une occafion
bien glorieufe & bien heureufet
pour deux
objets bien intéreffans. L'un eft l'arrivée du
Roi qui doit venir le jour même à Zalamea
, & l'autre eft , qu'on vient d'amener
dans le bourg un Capitaine bleffé fans
qu'on fache par qui , & que c'eſt la
matière d'une information , & d'une caufe
de grande importance. Crespo remercie le
Ciel de l'occafion qu'il lui offre de venger
fon honneur. Sa fille rentre dans fa
JUIN 1768. 75
maifon , & il va avec le Greffier à la falle
du confeil , où il doit recevoir la baguette
& l'autorité de Juge.
On voit le Capitaine bleffé ; il fe plaint
de ce qu'on l'a ramené à Zalamea. Son
Sergent s'excufe fur le befoin qu'il avoit
d'être fecouru. Cependant Alvar , qui fe
trouve mieux , fonge à partir , lorfque la
Juftice arrive. Il s'en met peu en peine
mais fa furpriſe eft grande de voir Crespo ,
avec les marques de fon autorité , qui fait
occuper toutes les avenues. Soit que vous
foyez Juge depuis hier , lui dit- il , ou plus
anciennement , fachez que je n'ai rien à
démêler avec vous. Ne vous échauffez
pas , Seigneur , lui dit Crefpo. Je viens ,
avec votre permiffion , faire quelques diligences
fur une matière importante ; & je
vous prie de m'écouter fans témoins. Le
Capitaine fait fortir fon monde , & Crefpo
en ufe de même .
Crefpo. Je me fuis fervi de mon autorité
pour vous obliger à m'entendre , à
préfent je la mets à part pour vous parler
en fimple particulier ( Ilquittefa baguette ) .
A préfent , dit-il , parlons à coeur ouvert.
14 lui étale au long fes fentimens , fes richeffes
, l'honnêteté de fa fille , & emploie
toute fon éloquence pour lui perfuader de
réparer fon honneur. Vos enfans , ajoute-
Dij
76 MERCURE DE FRANCE .
t-il , profiteront de mes biens , & ce qu'ils
perdront de nobleffe de mon côté fera
bien réparé par celle qu'ils tiendront de
vous. Une action fi équitable ne peut faire
tort à votre gloire. Enfin , dit- il en fe prof
ternant à fes genoux , ayez pitié de mes
cheveux blancs. Qu'est- ce que je vous
demande ? Mon honneur que vous m'avez
ravi. De la manière humble dont je vous
fupplie , n'imagineroit-on pas que je defire
de vous une chofe qui vous appartienne ?
Songez que je pourrois ici le réparer de
ma propre main & de ma feule volonté ,
& que je préfère de le tenir de vous.
Alvar lui répond durement , & avec
l'orgueil le plus méprifant. Il le traite de
vieux fou & de téméraire , & ajoute que
s'il ne le tue pas , c'eſt en confidération de
La fille.
Crefpo. Enfin , ma plainte ne peut vous
toucher ?
Alvar. On ne doit faire nul cas des
larmes des enfans , des femmes & des
vieillards imbécilles,
Crefpo. Vous ne donnerez nulle confolation
à mon âme affligée ?
Alvar, Contente- toi que je te laiffe la
vie.
Crefpo. Songez que c'eft mon honneur
que je vous demandé à genoux,
JUIN 1768. 77
Alvar. Ceffe de m'importuner.
Crefpo. Réfléchiffez que je fuis ici
Alcade .
Alvar. Que m'importe ? vous n'avez
fur moi nulle jurifdiction . Vous me remettrez
au confeil de guerre qui me fera
réclamer.
Crefpo. C'eft- là votre réfolution ?
Alvar. Oui , vieux infenfé.
Crefpo. C'en eft donc fait ?
Alvar. Oui , pour la dernière fois.
Crefpo. Hé bien , je jure Dieu que vous
me le paierez ( Il fe lève & reprend fa
baguette ) . Hola !
Un Garde. Que vous plaît -il , Seigneur ?
Alvar. Qu'oferont entreprendre ces ruftres
?
Greſpo. Saififfez le Seigneur Capitaine .
Alvar. Vous êtes bien ofé de mettre
la main fur un Cavalier qui fert le Roi.
Vous n'avez pas ce pouvoir.
Crefpo. Nous verrons fi vous fortirez
d'ici autrement que mort ou prifonnier.
Alvar. Je vous fignifie que je fuis
Capitaine .
Crefpo. Vous n'en irez pas moins en
prifon.
Alvar. Je fuis forcé de céder à la violence
, mais je me plaindrai au Roi de
cette injuftice.
D iij
78 MERCURE DE FRANCE .
Crefpo. Et moi d'une autre. Rendez
votre épée .
•
Alvar. Il n'eft pas d'ufage.
Crefpo. C'eſt la loi quand on eft prifonnier.
Alvar. Traitez - moi avec respect.
Crefpo. Oh , cela eft très- raifonnable.
Menez ce Cavalier à la tour avec reſpect ,
mettez-lui civilement les fers aux pieds ,
& attachez-le poliment d'une bonne chaîne .
Qu'on traite auffi bien honnêtement ces
Seigneurs Soldats , qu'on les mette au cachot
, & qu'on prenne leurs dépofitions.
Ha , certes , pour peu que j'aie de preuves
légales , Seigneur Cavalier , je jure Dieu
que je vous ferai étrangler avec tout le
refpect qui vous eft dû.
Alvar. Ah canaille ! que la force à la
main vous rend infolens!
Cependant Juan ayant bleffé le Capitaine
, eft revenu à Zalamea , & trouvant
fa foeur à la maifon , veut la tuer malgré
fes cris & fes juſtifications. Crespo furvient ,
& s'emporte contre lui . Ne fuffit- il pas
dit- il , que tu aies ofé bleffer un Officier ?
Comment es-tu affez téméraire pour te
montter ici ? Il l'envoie en prifon , malgré
fes proteftations de ne s'être armé
contre Alvar que pour fatisfaire fon hon
neur offenfé. Il ne fuffit pas que votre père
JUIN 1768. 79
le fache , répond Crefpo : il faut que j'en
fois convaincu comme Juge , & je vous
rendrai juftice.
Au bruit de ces événemens Don Lope
revient furieux. Il defcend chez fon ami
Crefpo , & s'emporte fort contre la témérité
d'un petit Juge de village qui a eu
l'audace d'emprisonner un Capitaine. Il
veut le faire mourir fous le bâton.
II
Crefpo, Si vous venez pour cela , vous
avez fait un voyage inutile , car je penfe
que l'Alcade ne confentira pas à ce traitement.
Lope. Je le lui ferai bien fans fon confentement.
Crefpo. J'en doute , & ne crois pas que
perfonne vous le confeille. Savez - vous
pourquoi il a fait arrêter cet Officier ?
Lope. Non. Mais pour quelque caufe
que ce foit , ce n'eft pas à lui , c'eft à moi
à en faire juftice , & je ferai couper le
tou au coupable s'il l'a mérité .
Crespo. Il faut que vous ne connoiffiez
pas , Seigneur , quelle eft l'autorité d'un
Alcade.
Lope . Un Alcade eft-il autre chofe qu'un
payfan ? 5
Crefpo: Hé bien , fi ce payfan s'eft mis
dans la tête de faire étrangler le prifonnier ,
il en paffera , par Dieu , la fantaisie.
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
?
Lope. Il n'en fera , par Dieu , rien ; &
vous allez le voir. Dites- moi fa demeure.
Crefpo. Elle n'eft pas loin d'ici.
Lope. Nommez - moi donc cer Alcade.
Crefpo. C'est moi.
Lope. Vive Dieu ! je l'ai ſoupçonné.
Crefpo. Vive Dieu ! rien n'eſt plus vrai.
Lope. Hé bien , Crespo , ce qui eft dit
eft dit.
Crefpo. Hé bien , Seigneur , ce qui eft
fait eft fait.
Lope. Je fuis venu réclamer ce prifonnier
pour en faire juſtice.
Crefpo. Moi , je te garde ici pour le
crime qu'il a commis .
Lope. Vous favez qu'il eft Officier , &
que je fuis fon Juge ?
Crefpo. Vous favez qu'il a fait violence
à ma fille ?
Lope. Vous favez de combien mon
autorité prévaut für la vôtre ?
Crefpo. Vous favez que je l'ai prié à
genoux de me rendre l'honneur ?
Lope. Vous n'avez qu'à le pourfuivre à
mon tribunal.
Crefpo. Mon avis eft qu'il ne forte pas
du mien.
Lope . Je m'oblige à vous rendre juſtice.
Crefpo. Je ne demande à perfonne ce
que je puis me procurer moi - même.
JUIN 1768 .
81.
Lope. Il y va de mon honneur de reprendre
ce prifonnier.
Crefpo. Son procès eft déja ici tout fait,
& terminé.
Lope. Qu'est- ce qu'un procès ?
Crefpo. Une fuite de papiers qui contiennent
la vérification du fait & du jugement.
Lope. Je vais de ce pas à la prifon.
Crefpo. Je ne vous en empêche pas ,
mais je vous avertis feulement que les
Gardes ont ordre de faire feu fur le premier
qui fe préfentera.
Lope . Vos balles ne me font pas peur ,
je fuis familier avec elles ; mais il ne me
convient pas de m'aventurer ici. Soldat ,
courez au camp : que toutes les compagnies
marchent ici à l'inftant avec leurs
armes prêtes.
Le Soldat. Il n'eſt pas besoin de les
aller chercher , Seigneur , elles font déja
accourues dans ce village fur le bruit de
cette entreprife.
Lope. Nous allons donc voir fi on me
rendra le prifonnier ou non.
Crefpo. Avant que cela arrive , vive
Dieu ! je vais y mettre bon ordre.
On entend les tambours ; les Soldats
attaquent les Villageois qui fe défendent ,
& lorfque la mêlée eft la plus chaude , le
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
Roi arrive. Sa préfence arrête les combattans
, & il demande la raifon de ce défordre.
Lope. Il provient , Sire , de la témérité
la plus inouïe dont, air jamais été capable
un vil payfan ; & , fans votre arrivée , ce
village feroit déja en flammes .
Le Roi. Qu'eft- il arrivé ?
Lope. L'Alcade de ce lieu a fait emprifonner
un Capitaine , & m'a refufé de le
remettre entre mes mains .
Le Roi. Qui eft cet Alcade ?
Crefpo. C'est moi , Sire.
!
Le Roi. Quelle excufe avez- vous à m'alléguer
?
Crefpo . Ce procès , Sire , qui contient
les preuves contre le coupable , & fa fentence
de mort , pour avoir enlevé & defhonoré
une fille , & avoir refufé à fon
père de réparer fon honneur en l'époufant.
Lope . Lui-même , Sire , eft le Juge &
le père.
Crefpo. Hé qu'importe ! fi un étranger
me portoit une plainte , ne lui devrois- je
pas juftice ? Ne la dois- je donc pas à ma
fille autant qu'à un étranger ? Je viens de
faire einprifonner mon propre fils , & je
dois être équitable pour tout le monde
fans aucun égard . Il n'eft question que de
voir fi le procès eft fait en régle , & s'il
JUIN 1768. 83
s'y trouve la moindre prévarication , je me
foumets à la mort.
Le Roi. Le procès me femble en régle ;
mais il ne vous appartient pas de faire exécuter
un coupable jufticiable d'un autres
tribunal . Rendez le prifonnier.
Crefpo. La chofe , Sire , n'eft pas facile.
Comme cette jurifdiction eft fans appel ,
quelle que foit une fentence , elle s'exécute
toujours fur le champ .
Le Roi. Que dites - vous ?
Crefpo. Si vous ne me croyez pas , Sire ,
tournez les yeux de ce côté * : voici le criminel
.
Le Roi. Mais , comment avez- vous eu
la hardieffe ? {
Crefpo. Vous voyez , Sire , qué le procès
eft fait dans toutes les formes...
Le Roi. Le confeil de guerre n'auroit- il
pas également fait juftice ?
Crefpo. Toute la juftice de vos Etats ,
Sire , n'eft qu'un feul corps dont vous êtes
le chef quoique vous ayez plufieurs mains ;
qu'importe que ce foit votre droite ou
votre gauche qui ait puni le crime ? L'effentiel
étoir de punir , & le refte eft de
peu de conféquence.
* On ouvre une porte au fond de la scène
& on voit Don Alvar affis fur une cha ife le carcan
encore au col , & étranglé.
D vi
84 MERCURE DE FRANCE .
Le Roi. Mais puifqu'il étoit Capitaine
& Cavalier , il falloit lui faire du moins
couper la tête , & non l'étrangler ignominieufement.
Crefpo. Sire , il y a ici très - peu de nobleffe
, ce qui fait qu'on n'y eft pas dans
l'exercice de couper des têtes ; mais c'eſt
au mort à fe plaindre de cette rigueur ,
& elle ne regarde que lui feul.
Le Roi. Don Lope , ce qui eft fait eſt
fans remède. La punition étoit méritée ,
c'eft le principal. Faites partir fur le champ
d'ici toutes les troupes , & qu'elles me
fuivent en Portugal . ( à Crefpo ) Vous , je
vous fais Juge perpétuel de Zalamea.
Crefpo remercie le Roi , Lope lui dit
de fe féliciter de l'arrivée de Sa Majefté ,
& demande qu'on lui remette les autres
Soldats prifonniers. Ils lui font rendus fur
le champ. Il fe réconcilie avec Crespo ,
& emmène avec lui fon fils qu'il fait fortir
de prifon. Ifabelle entre dans un couvent
, où elle fe renferme pour toute fa
vie , & ainfi finit cette comédie.
de Zalamea. Le Tourniquet bien appli
qué , & le Juge de Zalamea , comédie
de CALDERON.
CETTE ETTE fingulière comédie a un fondement
hiftorique , & le fait qui y a donné
lieu eft très - réel . Elle peint , avec une
vérité frappante , les moeurs & les préjugés
des perfonnages qui y font introduits. On
y voit au naturel le caractère d'un brave
* Garrote fignifie carcan. C'eſt un genre de fupplice
particulier qui n'eft pas très- cruel , parce
qu'il est très- court. On fait affeoir le patient far
une chaife , on lui met au cou'un carcan , au devant
duquel il y a intérieurement un bouton qui avance
fur le noeud de la gorge. Avec un tourniquet on
ferre le carcan , & le patient eft étranglé fans
douleur & fur le champ.
€ v
18 MERCURE DE FRANCE.
1
& franc guerrier qui commande un corps
de troupe , la licence que fe promet fouvent
un Officier fubalterne avec les gens
du peuple , les mifères du Soldat , les abus
qui les augmentent , la gaieté qui le confole
, l'efprit de libertinage & les tours de
fubtilité qui lui font trouver des charmes
dans ce pénible efclavage. Mais , ce qui
intéreffe le plus dans ce tableau , ce font
les fentimens élevés & la conduite ferme
& hardie d'un fimple laboureur qui venge
avec une intrépidité héroïque fon honneur
offenfé , fans être retenu par aucun égard
ni aucune crainte .
La fcène s'ouvre par une marche de
foldats. Il y en a un qui fe diftingue particulièrement
par fes murmures , auxquels
toute la troupe applaudit. Patience , lui
dit un camarade , toutes nos fatigues vont
s'oublier dès que nous ferons au gîte. De
quoi cela me foulagera - t il , reprend le
raiſonneur , fi je créve avant d'y arriver ?
& quand j'y arriverois en vie , Dieu fair
encore fi on nous y logera. N'avons nous
pas nos conducteurs auxquels les Mayeurs
& Syndics vont propofer de nous faire
paffer outre en offrant quelque rafraîchif
fement ? On leur répondra d'abord que
cela eft impoffible , & que la troupe eft
rendue ; mais files manans ont de l'argent,
d'un feul mot, marche , on nous fera obéir
JUIN 1768. ༨༡
à l'inftant. Pour moi , fi cela arrive , je
jure qu'on partira fans moi . Je fais déja
comme on déferte. Mais je fais auffi
reprend le camarade , que cette petite fantaifie
coûte la vie à un malheureux foldat
, fur- tout fous les ordres du général
qui nous commande ; car fi Don Lope de
Figueroa paffe pour vaillant & grand capitaine
, il a auffi la réputation d'être le plus
emporté , le plus impitoyable , & le plus
étrange blafphémateur de toute l'armée ;
& , pour la difcipline , il fera périr fon
meilleur ami fans nulle forme de procès.
C'est moins moi que je plains , répart le
mutin , que cette pauvre femme qui me
fuit. La bonne créature prend la parole ,
& dit qu'elle fouffre volontiers ; elle conte
tous les facrifices qu'elle a faits pour vivre
avec fon cher foldat. Cela lui attire beaucoup
d'éloges ; on crie viva La Chifpa , &
infenfiblement on oublie le mal dont on
fe plaignoit , on chante , on fait chorus
& on arrive
ད
Le Capitaine de la compagnie vint annoncer
à fes foldats qu'il y a apparence
qu'on paffera plufieurs jours à Zalamea
& tout le monde s'en réjouir. Il demande
à fon Sergent , qui vient du logement ,
où eft fon billet. Vous êtes , dit le Sergent
, chez l'habitant le plus riche du lieu
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
& qui , outre cela , a la plus belle fille du
pays. Bon , dit le Capitaine , ne fera - ce
pas toujours une payfanne glorieufe avec
des mains & des pieds effroyables . Pour
moi , à moins que je ne voie de la parure
& de l'élégance , je ne crois pas être avec
une femme. On lui dit auffi que le père
eft le plus vain & le plus préfomptueux
des hommes. La vanité , dit le Capitaine ,
eft toujours l'apanage d'un manant riche .
Leur converfation eft interrompue par
l'arrivée d'une figure de Don - Quichote.
C'est un perfonnage très - peu intéreffant ;
un gentilhomme ridicule , amoureux de
la fille du laboureur , ouplutôt de les écus ,
car il meurt de faim à la lettre . Il ne
parle que de la belle généalogie en or &
azur que lui a laiffée fon père. Il auroit
dû , dit fon valet , vous laiffer plus d'or
& moins de parchemin,
Au refte , reprend le perfonnage , je
n'ai pas grande obligation à ce père de
m'avoir fait gentilhomme , car s'il n'eût
pas été noble il n'eût pas
été mon père,
& je me ferois bien gardé de me laiffer
engendrer par un roturier. La converfation
continue fur ce ton jufqu'à ce que
fon Ifabelle paroiffe à fa fenêtre. Elle le
traite fort mal & fe moque de lui. Il fe
retire en voyant arriver Pedro Crespo ,
père de fa Dame. Ce vieillard murmure ,
"
JUIN 1768 .
en entrant , de trouver toujours cette figure
de tapillerie à fa porte . Juan , fon fils ,
arrive d'un autre côté & fe fâche de même
contre ce revenant perpétuel . Ce jeune
homme eft un petit mutin qui promet fort
de reffembler un jour à fon père. L'un &
l'autre fe diffimulent ce qui vient de les
choquer , & ils ne fe parlent que de leurs
Occupations. Crespo conte qu'il vient des
champs , & qu'il eft très-content de fes
troupeaux & de fes moiffons. Et toi ,
Juan , dit-il à fon fils , d'où viens-tu ?
Juan. Je vous facherai peut être en vous
le difant. J'ai joué à la paume , & perdu
deux parties.
Crefpo. Il n'y a pas grand mal fi tu as payć.
Juan. Je n'ai pas payé , faute d'argent ,
& je venois même vous en demander.
Crefpo. Avant tout , écoute ce que j'ai
à te dire. Ne t'engage de ta vie qu'à ce
que tu es fûr de pouvoir faire , & ne joue
jamais plus d'argent que tu n'en as , de
peur de rifquer ta renommée fi tu ne pouvois
pas remplir tes obligations .
Juan. Le confeil eft comme venant de
vous ; & , pour vous marquer combien
j'en fais cas , je le paierai par un autre.
Ne donnez jamais d'avis à un homme qui
vous demande de l'argent .
Crefpo. Tu m'as rendu le change.
Ils font interrompus par le Sergent qui
61 MERCURE DE FRANCE.
leur annonce que Don Alvaro de Atayde,
fon Capitaine , doit loger chez eux. Crefpo
offre tout ce qui eft dans fa maiſon . Juan
lui fait reproche de ce qu'étant riche , ik
n'achete pas un privilége pour s'exempter
de ces charges.
Crefpo. Dis-moi de bonne foi , Juan ,
quelqu'un ignore- t- il que je ne fuis qu'un
payfan ? Quand j'acheterai de la nobleſſe
ferai-je noble pour cela ? Il m'en coûtera
cinq ou fix mille, réaux , c'eſt de bon argent,
& je n'aurai pas acquis de l'honneur ,
car il ne fe vend point. Qu'un homme
qu'on a vu chauve route fa vie , mette une
perruque , on dira qu'il eft bien coeffé.
Mais qu'y gagnera - t - il ? Quoiqu'on ne
voie pas fa tête pelée , chacun ne fait- il
pas qu'il n'a pas un cheveu à lui ?
Juan. Il y gagnera de mettre fa tête à
couvert du foleil , du vent & de la pluie.
Crefpo. Je ne veux point d'un honneur
précaire. Je veux demeurer ce que je fuis
& ce qu'ont été avant moi mes pères.
Il fait defcendre fa fille & lui annonce
que des troupes vont loger dans le village,
& qu'il aura chez lui un Capitaine. Il lui
ordonne de fe retirer dans un grenier pen
dant leur féjour . Je venois , dit - elle , mon
père , vous demander la permiffion de m'y
renfermer avec Inès , ma couline.
Apeine eft- elle rentrée que le Capitaine
JUIN 1768.
furvient ; le père & le fils lui font de grands
complimens qu'il reçoit avec civilité , mais
avec hauteur . Ils le laiffent avec fon Sergent.
Hé bien , dit l'Officier , as-tu vu la
payſanne ?
Le Sergent. J'ai parcouru toutes les
chambres & la cuifine , fans la trouver.
Une fervante m'a dit qu'elle eft cachée
dans les greniers , d'où elle ne deſcendra
pas , parce que le vieillard eft fort jaloux.
Don Alvar. Si je l'avois rencontrée tout
fimplement , je n'y aurois fait nulle attention
; mais précisément parce qu'on me la
cache , vive Dieu ! je veux pénétrer où elle
eft. Il faudroit , dit le Sergent , trouver un
prétexte pour y entrer fans donner de
foupçon.
Sur ces entrefaites le Soldat harangueur,
avec fa Chifpa , fe préfentent. Ils viennent
demander à Don Alvar le privilége
du jeu . Le Capitaine trouve cette occafion
merveilleufe. Il dit à Rebolledo ( c'eſt le
Soldat ) qu'il veut entrer , fur quelque mo
tif plausible , dans une chambre haute de
la maifon ; qu'il faut qu'il feigne de lui
manquer de reſpect , qu'il le menacera de
fon côté , qu'il fuira au grenier où il le
fuivra. La fcène fe joue fur le champ , le
Soldat fait l'infolent , le Capitaine tire
l'épée & le pourſuit.
64 MERCURE DE FRANCE .
On voit entrer le Soldat hors d'haleine
dans la retraite où font les femmes. Le
Capitaine & le Sergent furviennent , elles
prient pour le prétendu coupable , & obtiennent
fa grace. Pedro Crefpe & Juan
patoiffent l'épée à la main. Ils ont entendu
le bruit de la querelle & fu que le Capitaine
court après un Soldat.
Crefpo . Qu'eft ceci , Seigneur Cavalier ?
quand je vous crois occupé à tuer un
homme , je vous trouve à courtifer une
femme ! Alvar répond qu'il fait ce qu'il
doit au fexe , & qu'il a facrifié fon reffentiment
à cette Dame.
Crefpo. Ce n'est point une Dame : c'eſt
ma fille.
Juan. Tout ceci n'eft , vive Dieu ! qu'une
rufe pour vous introduire ici. Je fuis piqué
de ce que vous croyez me tromper . Il n'en
eft pardieu rien , & vous pourriez , Seigneur
Capitaine , payer autrement les
offres de fervice de mon père , & lui épargner
cette offenfe.
Crefpo. De quoi vous mêlez - vous , petit
garçon Si ce Soldat l'a mis en colère
pourquoi ne l'auroit- il pas pourfuivi ? Sei
gneur , ma fille vous eft obligée de votre
attention pour elle.
Don Alvar à Juan. Je n'ai fans de te
eu aucune autre raifon. Songez mieux à
ce que vous dites.
JULN 1768. 69
Juan. J'y fonge très - bien .
Alvar. Si votre père n'étoit
pas là , petit
garçon , je vous traiterois comme vous
méritez.
Crefpo . Doucement, Seigneur Capitaine.
Je puis parler à mon fils comme il me
plaît , mais non pas vous.
Juan. Je puis tout fouffrir de mon père ,
mais rien d'un autre.
Alvar. Et que feriez - vous ?
Juan. Je perdrois la vie plutôt que de
fouffrir un affront.
Alvar. Un payfan fe piquer d'honneur !
Juan. Autant que vous ; il n'y auroit
pas de Capitaines s'il n'y avoit
laboureurs.
da
pas de
Il met
Alvar. Ah , c'en eft trop.
l'épée à la main , Juan en fait de même ,
& Crespo tire la fienne pour les féparer ;
on crie à la garde , & le Général furvient.
Qu'est ceci ? dit - il. La première chofe
que je rencontre ici c'est une bataille ?
Parlez , qu'eft- il arrivé ? Répondez donc ,
vive Dieu hommes , femines , je vais
tour jenter par les fenêtres . N'ai - je pas
affez de la douleur que me fait fouffrir,
ma diable de jambe , fans que vous m'impatientiez
encore par votre filence.
On eft obligé de lui dire le fujet de la
querelle. Où eft le Soldat ? dit - il . Qu'on
66 MERCURE DE FRANCE.
lui donne fur le champ l'eftrapade. Alvar
prie tout bas le Soldat de fe taire , & lui
promet de le fauver. Je n'en ferai tien
s'écrie le malheureux . Je ne veux pas être
eftropié pour vous. Il conte alors la choſe
comme elle eft. Vous voyez , dit Crefpo
fi nous avions raifon. Il n'y en a point de
bonne , répond Don Lope , pour expofer
tout un village à fa ruine.
Il fait fur l'heure battre un ban , &
publier ordre à tous les Soldats de fe rendre
au corps de- garde , & défenfe d'en
fortir de tout le jour , fous peine de la vie ,
puis il ordonne au Capitaine d'aller à
l'inftant fe pourvoir d'un autre logement ,
& prend lui-même le fien chez Crefpo.
Chacun obéit , & Crespo , après avoir fait
rentrer les femmes , refte avec le Général.
Crefpo. Je vous rends graces , Seigneur ,
de m'avoir fauvé l'occafion de me perdre.
Lope. A quel propos dites - vous que
vous vous feriez perdu ?
Crefpo. En ôtant la vie à quiconque
m'eût outragé.
Don Lope. Comment , vive Dieu ! favez-
vous que vous aviez affaire à un Capitaine
?
Crefpo. Fût- ce un Général même , vive
Dieu je le tuerois s'il attaquoit mon
honneur.
JUIN 1768. 67
Lope. Je jure le ciel que je ferai pendre
le premier qui ofera toucher un Soldat.
Crefpo. Je jure le ciel d'étrangler moimême
qui ofera me faire le moindre outrage.
Lope. Mais favez- vous
que n'étant que
ce que vous êtes , vous êtes obligé de -fouffrir
des gens de guerre ?
Crefpo. Oui , dans mes facultés , mais
non dans mon honneur. On doit au Roi
fa vie & fes biens ; mais l'honneur eft le
patrimoine de l'âme , & l'âme n'eft fujette
qu'à Dieu.
Lope. Je crois , vive Dieu ! que vous
avez raiſon !
Crefpo. Oui , vive Dieu ! & je l'ai toujours
eu .
Lope. J'arrive ici bien fatigué , & le
diable m'a donné une maudite jambe qui
a befoin de repos.
Crefpo. Qui vous dit le contraire ? le
diable m'a donné un lit , vous n'avez qu'à
Vous y mettre .
Lope. Et vous l'a-t- il donné tout fait , ce lit?
Crefpo. Oui , par Dieu !
Lope. Hé bien je vais , par Dieu ! le dé
faire , car je fuis , vive Dieu , bien las.
Crefpo. Hé , vive Dieu ! délaffez - vous.
68 MERCURE DE FRANCE.
Lope s'en allant. Le manant eft têtu !
il jure par Dieu ! comme moi .
Crefpo. Le Don Lope eft revêche ! nous
aurons maille à partir enfemble.
Le fantôme extravagant & amoureux
ouvre le fecond acte avec fon valet ;
mais nous laifferons ce perfonnage affez
inutile. Le Capitaine & fon Sergent repa
roiffent, & s'entretiennent de la difficulté
de voir Ifabelle. Alvar veut lui donner.
une férénade , & ils vont tout difpofer.
Rebolledo & la Chifpa doivent en être les
principaux acteurs.
Crespo fait fervir à fouper dans un cabinet
qui donne fur un jardin , qui fait
dit- il , l'amuſement de fa fille. Lope l'invite
à s'affeoir près de lui , il obéit après
s'en être défendu.
Lope. Savez - vous que la colère vous
met quelquefois hors de vous - même ?
Crefpo. Elle ne me fait jamais perdre le
jugement.
Lope. Comment donc hier , vous êtesvous
affis fans que je vous le dife ? & encore
à la premiere place !
Crefpo. C'est parce que vous ne me le
difiez pas , & aujourd'hui que vous me le
dites , je m'en abftiendrois volontiers. Je
fais rendre l'honneur qu'on me fait.
JUIN 1768, 69
Lope. Mais hier , vous ne faifiez que
jurer & vous emporter , & aujourd'hui
je vous trouve doux & pailible.
Crefpo. Seigneur , je prends toujours le
ton des gens avec qui je traite. Hier vous
ne parliez que par imprécations , & je vous
répondois de même. J'ai pour principe de
jurer avec celui qui jure , & de prier avec
celui qui prie. Je pouffe cela fi loin , que
parce qu'hier vous vous plaigniez d'une
jambe , j'en ai fenti une douleur qui m'a
empêché de dormir toute la nuit ; & parce
que je n'ai pas fu laquelle vous faifoir
mal , j'en avois à toutes les deux . Ditesmoi
, par charité , quelle eft la mauvaiſe ,
afin que je ne fouffre que d'un côté.
Lope . Ai-je tort de me plaindre ? Il y
a plus de trente ans que ce mal me prit
en Flandre , caufé par l'outrage des faifons
, les veilles & les fatigues , fans que
j'aie eu depuis ce tems une heure de repos.
Crefpo. Dieu vous donne patience!
Lope. Eft-ce que je la demande ?
Crefpo, Hé bien , qu'il ne vous la donne
pas.
Lope. Que cent mille diables emportent
la patience , & moi avec !
Crefpo, Amen. S'ils ne le font pas , c'eſt
de peur de bien faire,
70
MERCURE DE FRANCE.
Lope. Hai , hai ! Jéfus , mille fois !
Crefpo. Qu'il foit avec vous & moi.
Lope. Vive Dieu ! la douleur m'extermine.
Crefpo. Vive Dieu ! J'en fuis faché.
Il fait defcendre fa fille pour fouper
avec le Général . Si tous les Officiers étoient
comme vous, lui dit- il , je voudrois qu'elle
fût la premiere à les fervir.
Le Général admire fa rufe & fa prudence.
Tandis qu'ils font à table , on entend
la férénade . Lope diffimule fon mécontentement
de ce manque de refpect. il
faut , dit- il tout haut , paffer ces gaîtés au
foldat , elles lui font fupporter les dégoûts
de fon état. Juan trouve que c'eft un métier
fort agréable. En êtes - vous tenté ?
dit Løpe. De grand coeur , répondit Juan ,
fi vous m'accordiez votre protection .
Cependant on jette une pierre contre
la fenêtre , & le nom d'Ifabelle eft prononcé
par la mufique . Lope eft indigné ,
& le cache à caufe de Crespo , qui , de
fon côté , cache fon dépit à caufe de Don
Lope. Juan fe lève & va fourdement fe
faifir d'une rondache qu'il a vu fufpendue
dans la chambre du Général.
Les chants recommencent , & répétent
le nom d'Isabelle . Elle déplore fon fort
d'être expoſée à ces entreprifes, Lope ne
JUIN 1768. 71
peut y tenir , il fe lève en fureur & renverfe
la table. Crespo fe lève de même &
renverſe fa chaife.
Lope. La douleur que me fait cette
jambe diabolique m'a caufé cette impatience.
Crefpo. La même raifon m'a fait lever
fi brufquement,
Lope. J'ai cru que vous en aviez quelqu'autre
, quand je vous ai vu jetter cette
chaife .
je Crefpo . Vous aviez jetté la table ,
n'ai pas trouvé autre chofe fous ma main,
Lope. Je ne puis fouper , je vais me
retirer, mon hôte.
Crefpo. A la bonne heure.
Lope , bas. N'ai - je pas une rondache
dans ma chambre ?
Crefpo , bas. N'ai - je pas une fortie par
la baffe- cour ?
Lope. Bon foir,
Crefpo . Bonne nuit. ( J'enfermerai mes
enfans par dehors. )
Il envoie coucher fon fils , & tandis
que les donneurs de férénade font dans
la rue à galantifer , Lope fort d'un côté ,
& Crefpo d'un autre. Ils mettent la mufique
en déroute & reftent feuls , & fe croyant
réciproquement les auteurs de la fête , ils
s'attaquent & fe battent avec une adreſſe
72 MERCURE DE FRANCE.
& une vigueur égale , & s'étonnent l'un
de l'autre, Juan fort auffi l'épée à la main ,
ils parlent & fe reconnoiffent. Le Capitaine
, piqué de l'affront , revient avec un
renfort de foldats , & eft fort étonné de
trouver là le Général. Il s'excufe , & feint
d'être venu au bruit pour appaifer le
tumulte . Lope lui cache fes foupçons , mais
lui ordonne de fe mettre en marche fur le
champ avec fa compagnie , & de fortir de
Zalamea. Il rentre avec fes hôtes .
Le Capitaine , piqué au jeu , veut abſolument
revoir Ifabelle. Rebolledo lui apprend
qu'il a un efpion de moins , & que
Juan a obtenu de fon père la permiflion
de fuivre Don Lope à l'armée.
Le Général fe difpofe à partir. Il prend
congé de fon hôte , & lui promet d'avoir
foin de fon fils. Il fait préfent d'un diamant
à Ifabelle. Juan vient l'avertir que
fa litière eft prête,
Lope. Adieu , mon cher hôte ,
Crefpo. Qu'il vous conduife.
Lope. Ha ! bon Pedro Crefpo !
Crefpo. Ha vaillant Don Lope !
Lope. Qui eût dit , à notre première
entrevue , que nous deviendrions amis
pour la vie !
Crefpo. Moi , Seigneur , je l'euffe prédit
fi je vous eulle connu pour un....
Lope ,
JUIN 1768. 73.
Lope , s'en allant. Achevez , allez , ne
Yous gênez pas.
Crefpo. Pour un fou d'une auffi bonne
pâte.
Il donne à fon fils des confeils fort
fages & fort prolixes , & enfuite fa bénédiction
, & le laiffe fuivre le Général.
Il reste avec fa fille à prendre le frais
hors de fa maifon fur une banquette. Don
Alvar , le Sergent , Rebolledo, La Chifpa,
& d'autres Soldats s'approchent à la faveur
de l'obfcurité , faififfent Ifabelle , & l'emmènent
malgré fes cris. Crefpo demande
une épée , & Inès lui en apporte une. Le
Sergent lui dit que la réfiftance eft vaine
contre tant de monde. Rien ne l'arrête ,
il veut les attaquer , & tombe. Tuez- le ,
s'écrie Rebolledo. Non , dir le Sergent , il
y
auroit de la barbarie à lui ôter l'honneur
& la vie. Emmenons-le & attachons-le
quelque part dans la montagne. On l'y
entraîne malgré les cris .
Ifabelle , en pleurs , commence le troifième
acte. On peut imaginer le fujet de
fes longues plaintes. Elle entend les gémiffemens
d'un homme ; c'eft fon père
lié qui demande du fecours. Elle n'oſe le
mettre en liberté avant d'avoir conté fes
malheurs elle veut bien mourir de fa
main, mais après qu'il aura entendu fa
Ꭰ
4744 MERCURE DE FRANCE.
juftification. Ils s'attendriffent , & pleurent
enfemble. Elle brife fes liens , & lui
conte que l'indigne Alvara triomphé d'elle
par la force , & qu'au point du jour ſes
eris ont attiré un paffant qu'elle a reconnu
pour fon frère ; qu'ayant appris fon malheur
, il a attaque & bleffé dans l'inftant
le Capitaine , & s'eft fauvé en voyant des
Soldats qui venoient à fon fecours ; qu'on
a relevé le raviffeur & qu'on l'a ramené
à Zalamea pour le faire panfer. Crefpo la
confole ; ils retournent enfemble à leur
maifon. Le plus court pour Alvar , dit
Crespo , eft de mourir de ſa bleſſure , car
s'il en réchappe , je n'aurai jamais de
repos que je ne lui aie donnné la mort.
L
En approchant du village il eft rencon
tré par le Greffier de la communauté , qui
le cherche pour lui annoncer qu'il vient
d'être élu Alcade , & dans une occafion
bien glorieufe & bien heureufet
pour deux
objets bien intéreffans. L'un eft l'arrivée du
Roi qui doit venir le jour même à Zalamea
, & l'autre eft , qu'on vient d'amener
dans le bourg un Capitaine bleffé fans
qu'on fache par qui , & que c'eſt la
matière d'une information , & d'une caufe
de grande importance. Crespo remercie le
Ciel de l'occafion qu'il lui offre de venger
fon honneur. Sa fille rentre dans fa
JUIN 1768. 75
maifon , & il va avec le Greffier à la falle
du confeil , où il doit recevoir la baguette
& l'autorité de Juge.
On voit le Capitaine bleffé ; il fe plaint
de ce qu'on l'a ramené à Zalamea. Son
Sergent s'excufe fur le befoin qu'il avoit
d'être fecouru. Cependant Alvar , qui fe
trouve mieux , fonge à partir , lorfque la
Juftice arrive. Il s'en met peu en peine
mais fa furpriſe eft grande de voir Crespo ,
avec les marques de fon autorité , qui fait
occuper toutes les avenues. Soit que vous
foyez Juge depuis hier , lui dit- il , ou plus
anciennement , fachez que je n'ai rien à
démêler avec vous. Ne vous échauffez
pas , Seigneur , lui dit Crefpo. Je viens ,
avec votre permiffion , faire quelques diligences
fur une matière importante ; & je
vous prie de m'écouter fans témoins. Le
Capitaine fait fortir fon monde , & Crefpo
en ufe de même .
Crefpo. Je me fuis fervi de mon autorité
pour vous obliger à m'entendre , à
préfent je la mets à part pour vous parler
en fimple particulier ( Ilquittefa baguette ) .
A préfent , dit-il , parlons à coeur ouvert.
14 lui étale au long fes fentimens , fes richeffes
, l'honnêteté de fa fille , & emploie
toute fon éloquence pour lui perfuader de
réparer fon honneur. Vos enfans , ajoute-
Dij
76 MERCURE DE FRANCE .
t-il , profiteront de mes biens , & ce qu'ils
perdront de nobleffe de mon côté fera
bien réparé par celle qu'ils tiendront de
vous. Une action fi équitable ne peut faire
tort à votre gloire. Enfin , dit- il en fe prof
ternant à fes genoux , ayez pitié de mes
cheveux blancs. Qu'est- ce que je vous
demande ? Mon honneur que vous m'avez
ravi. De la manière humble dont je vous
fupplie , n'imagineroit-on pas que je defire
de vous une chofe qui vous appartienne ?
Songez que je pourrois ici le réparer de
ma propre main & de ma feule volonté ,
& que je préfère de le tenir de vous.
Alvar lui répond durement , & avec
l'orgueil le plus méprifant. Il le traite de
vieux fou & de téméraire , & ajoute que
s'il ne le tue pas , c'eſt en confidération de
La fille.
Crefpo. Enfin , ma plainte ne peut vous
toucher ?
Alvar. On ne doit faire nul cas des
larmes des enfans , des femmes & des
vieillards imbécilles,
Crefpo. Vous ne donnerez nulle confolation
à mon âme affligée ?
Alvar, Contente- toi que je te laiffe la
vie.
Crefpo. Songez que c'eft mon honneur
que je vous demandé à genoux,
JUIN 1768. 77
Alvar. Ceffe de m'importuner.
Crefpo. Réfléchiffez que je fuis ici
Alcade .
Alvar. Que m'importe ? vous n'avez
fur moi nulle jurifdiction . Vous me remettrez
au confeil de guerre qui me fera
réclamer.
Crefpo. C'eft- là votre réfolution ?
Alvar. Oui , vieux infenfé.
Crefpo. C'en eft donc fait ?
Alvar. Oui , pour la dernière fois.
Crefpo. Hé bien , je jure Dieu que vous
me le paierez ( Il fe lève & reprend fa
baguette ) . Hola !
Un Garde. Que vous plaît -il , Seigneur ?
Alvar. Qu'oferont entreprendre ces ruftres
?
Greſpo. Saififfez le Seigneur Capitaine .
Alvar. Vous êtes bien ofé de mettre
la main fur un Cavalier qui fert le Roi.
Vous n'avez pas ce pouvoir.
Crefpo. Nous verrons fi vous fortirez
d'ici autrement que mort ou prifonnier.
Alvar. Je vous fignifie que je fuis
Capitaine .
Crefpo. Vous n'en irez pas moins en
prifon.
Alvar. Je fuis forcé de céder à la violence
, mais je me plaindrai au Roi de
cette injuftice.
D iij
78 MERCURE DE FRANCE .
Crefpo. Et moi d'une autre. Rendez
votre épée .
•
Alvar. Il n'eft pas d'ufage.
Crefpo. C'eſt la loi quand on eft prifonnier.
Alvar. Traitez - moi avec respect.
Crefpo. Oh , cela eft très- raifonnable.
Menez ce Cavalier à la tour avec reſpect ,
mettez-lui civilement les fers aux pieds ,
& attachez-le poliment d'une bonne chaîne .
Qu'on traite auffi bien honnêtement ces
Seigneurs Soldats , qu'on les mette au cachot
, & qu'on prenne leurs dépofitions.
Ha , certes , pour peu que j'aie de preuves
légales , Seigneur Cavalier , je jure Dieu
que je vous ferai étrangler avec tout le
refpect qui vous eft dû.
Alvar. Ah canaille ! que la force à la
main vous rend infolens!
Cependant Juan ayant bleffé le Capitaine
, eft revenu à Zalamea , & trouvant
fa foeur à la maifon , veut la tuer malgré
fes cris & fes juſtifications. Crespo furvient ,
& s'emporte contre lui . Ne fuffit- il pas
dit- il , que tu aies ofé bleffer un Officier ?
Comment es-tu affez téméraire pour te
montter ici ? Il l'envoie en prifon , malgré
fes proteftations de ne s'être armé
contre Alvar que pour fatisfaire fon hon
neur offenfé. Il ne fuffit pas que votre père
JUIN 1768. 79
le fache , répond Crefpo : il faut que j'en
fois convaincu comme Juge , & je vous
rendrai juftice.
Au bruit de ces événemens Don Lope
revient furieux. Il defcend chez fon ami
Crefpo , & s'emporte fort contre la témérité
d'un petit Juge de village qui a eu
l'audace d'emprisonner un Capitaine. Il
veut le faire mourir fous le bâton.
II
Crefpo, Si vous venez pour cela , vous
avez fait un voyage inutile , car je penfe
que l'Alcade ne confentira pas à ce traitement.
Lope. Je le lui ferai bien fans fon confentement.
Crefpo. J'en doute , & ne crois pas que
perfonne vous le confeille. Savez - vous
pourquoi il a fait arrêter cet Officier ?
Lope. Non. Mais pour quelque caufe
que ce foit , ce n'eft pas à lui , c'eft à moi
à en faire juftice , & je ferai couper le
tou au coupable s'il l'a mérité .
Crespo. Il faut que vous ne connoiffiez
pas , Seigneur , quelle eft l'autorité d'un
Alcade.
Lope . Un Alcade eft-il autre chofe qu'un
payfan ? 5
Crefpo: Hé bien , fi ce payfan s'eft mis
dans la tête de faire étrangler le prifonnier ,
il en paffera , par Dieu , la fantaisie.
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
?
Lope. Il n'en fera , par Dieu , rien ; &
vous allez le voir. Dites- moi fa demeure.
Crefpo. Elle n'eft pas loin d'ici.
Lope. Nommez - moi donc cer Alcade.
Crefpo. C'est moi.
Lope. Vive Dieu ! je l'ai ſoupçonné.
Crefpo. Vive Dieu ! rien n'eſt plus vrai.
Lope. Hé bien , Crespo , ce qui eft dit
eft dit.
Crefpo. Hé bien , Seigneur , ce qui eft
fait eft fait.
Lope. Je fuis venu réclamer ce prifonnier
pour en faire juſtice.
Crefpo. Moi , je te garde ici pour le
crime qu'il a commis .
Lope. Vous favez qu'il eft Officier , &
que je fuis fon Juge ?
Crefpo. Vous favez qu'il a fait violence
à ma fille ?
Lope. Vous favez de combien mon
autorité prévaut für la vôtre ?
Crefpo. Vous favez que je l'ai prié à
genoux de me rendre l'honneur ?
Lope. Vous n'avez qu'à le pourfuivre à
mon tribunal.
Crefpo. Mon avis eft qu'il ne forte pas
du mien.
Lope . Je m'oblige à vous rendre juſtice.
Crefpo. Je ne demande à perfonne ce
que je puis me procurer moi - même.
JUIN 1768 .
81.
Lope. Il y va de mon honneur de reprendre
ce prifonnier.
Crefpo. Son procès eft déja ici tout fait,
& terminé.
Lope. Qu'est- ce qu'un procès ?
Crefpo. Une fuite de papiers qui contiennent
la vérification du fait & du jugement.
Lope. Je vais de ce pas à la prifon.
Crefpo. Je ne vous en empêche pas ,
mais je vous avertis feulement que les
Gardes ont ordre de faire feu fur le premier
qui fe préfentera.
Lope . Vos balles ne me font pas peur ,
je fuis familier avec elles ; mais il ne me
convient pas de m'aventurer ici. Soldat ,
courez au camp : que toutes les compagnies
marchent ici à l'inftant avec leurs
armes prêtes.
Le Soldat. Il n'eſt pas besoin de les
aller chercher , Seigneur , elles font déja
accourues dans ce village fur le bruit de
cette entreprife.
Lope. Nous allons donc voir fi on me
rendra le prifonnier ou non.
Crefpo. Avant que cela arrive , vive
Dieu ! je vais y mettre bon ordre.
On entend les tambours ; les Soldats
attaquent les Villageois qui fe défendent ,
& lorfque la mêlée eft la plus chaude , le
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
Roi arrive. Sa préfence arrête les combattans
, & il demande la raifon de ce défordre.
Lope. Il provient , Sire , de la témérité
la plus inouïe dont, air jamais été capable
un vil payfan ; & , fans votre arrivée , ce
village feroit déja en flammes .
Le Roi. Qu'eft- il arrivé ?
Lope. L'Alcade de ce lieu a fait emprifonner
un Capitaine , & m'a refufé de le
remettre entre mes mains .
Le Roi. Qui eft cet Alcade ?
Crefpo. C'est moi , Sire.
!
Le Roi. Quelle excufe avez- vous à m'alléguer
?
Crefpo . Ce procès , Sire , qui contient
les preuves contre le coupable , & fa fentence
de mort , pour avoir enlevé & defhonoré
une fille , & avoir refufé à fon
père de réparer fon honneur en l'époufant.
Lope . Lui-même , Sire , eft le Juge &
le père.
Crefpo. Hé qu'importe ! fi un étranger
me portoit une plainte , ne lui devrois- je
pas juftice ? Ne la dois- je donc pas à ma
fille autant qu'à un étranger ? Je viens de
faire einprifonner mon propre fils , & je
dois être équitable pour tout le monde
fans aucun égard . Il n'eft question que de
voir fi le procès eft fait en régle , & s'il
JUIN 1768. 83
s'y trouve la moindre prévarication , je me
foumets à la mort.
Le Roi. Le procès me femble en régle ;
mais il ne vous appartient pas de faire exécuter
un coupable jufticiable d'un autres
tribunal . Rendez le prifonnier.
Crefpo. La chofe , Sire , n'eft pas facile.
Comme cette jurifdiction eft fans appel ,
quelle que foit une fentence , elle s'exécute
toujours fur le champ .
Le Roi. Que dites - vous ?
Crefpo. Si vous ne me croyez pas , Sire ,
tournez les yeux de ce côté * : voici le criminel
.
Le Roi. Mais , comment avez- vous eu
la hardieffe ? {
Crefpo. Vous voyez , Sire , qué le procès
eft fait dans toutes les formes...
Le Roi. Le confeil de guerre n'auroit- il
pas également fait juftice ?
Crefpo. Toute la juftice de vos Etats ,
Sire , n'eft qu'un feul corps dont vous êtes
le chef quoique vous ayez plufieurs mains ;
qu'importe que ce foit votre droite ou
votre gauche qui ait puni le crime ? L'effentiel
étoir de punir , & le refte eft de
peu de conféquence.
* On ouvre une porte au fond de la scène
& on voit Don Alvar affis fur une cha ife le carcan
encore au col , & étranglé.
D vi
84 MERCURE DE FRANCE .
Le Roi. Mais puifqu'il étoit Capitaine
& Cavalier , il falloit lui faire du moins
couper la tête , & non l'étrangler ignominieufement.
Crefpo. Sire , il y a ici très - peu de nobleffe
, ce qui fait qu'on n'y eft pas dans
l'exercice de couper des têtes ; mais c'eſt
au mort à fe plaindre de cette rigueur ,
& elle ne regarde que lui feul.
Le Roi. Don Lope , ce qui eft fait eſt
fans remède. La punition étoit méritée ,
c'eft le principal. Faites partir fur le champ
d'ici toutes les troupes , & qu'elles me
fuivent en Portugal . ( à Crefpo ) Vous , je
vous fais Juge perpétuel de Zalamea.
Crefpo remercie le Roi , Lope lui dit
de fe féliciter de l'arrivée de Sa Majefté ,
& demande qu'on lui remette les autres
Soldats prifonniers. Ils lui font rendus fur
le champ. Il fe réconcilie avec Crespo ,
& emmène avec lui fon fils qu'il fait fortir
de prifon. Ifabelle entre dans un couvent
, où elle fe renferme pour toute fa
vie , & ainfi finit cette comédie.
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Résumé : ELGARROTE masbiendado, y Alcalde de Zalamea. Le Tourniquet bien appliqué, & le Juge de Zalamea, comédie de CALDERON.
La pièce 'El Alcalde de Zalamea' de Calderón de la Barca met en scène Pedro Crespo, un laboureur respecté, et les tensions entre les soldats dirigés par Don Lope de Figueroa. L'intrigue commence avec des conflits internes parmi les soldats et l'intérêt de Don Alonso pour Isabela, la fille de Crespo. Crespo conseille son fils Juan sur la gestion prudente des finances familiales. L'arrivée du Capitaine Don Alvaro de Atayde chez Crespo déclenche des incidents, notamment une dispute entre Alvar et Juan après une tentative d'Alvar de voir Inès, la fille de Crespo. Lope impose une interdiction aux soldats de sortir, aggravant les tensions avec Crespo. Lors d'un repas perturbé par une sérénade, une bagarre éclate entre Crespo et Lope. Juan intervient, et un capitaine trouve Lope sur les lieux. Alvar enlève Isabelle malgré les efforts de Crespo pour l'en empêcher. Élu Alcade, Crespo confronte Alvar pour restaurer l'honneur familial, mais Alvar refuse de coopérer. En juin 1768, une confrontation entre Crespo et Alvar conduit à l'arrestation de ce dernier. Juan blesse Alvar et tente de tuer sa sœur, mais Crespo intervient. Lope exige la libération de son fils, provoquant une altercation entre les soldats et les villageois. Le Roi arrive et écoute les preuves présentées par Crespo. Crespo explique au Roi qu'il a fait exécuter son fils pour avoir déshonoré une jeune fille. Le Roi reconnaît la légalité du procès mais ordonne le transfert du prisonnier. Crespo révèle alors que son fils a déjà été exécuté. Le Roi accepte la punition et nomme Crespo juge perpétuel de Zalamea. Les troupes doivent quitter la ville, et Isabelle choisit d'entrer dans un couvent.
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171
p. 106-107
De VERSAILLES, le 30 Juillet.
Début :
Le 19, la Marquise de Vergennes a eu l'honneur d'être présentée à LL. MM. & à la Famille Royale, [...]
Mots clefs :
Marquise de Vergennes, Comtesse de Vergennes, Famille royale, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 30 Juillet.
De VERSAILLES , le 30 Juillet.
LE 19, la Marquife de Vergennes a eu l'honneur
d'être préfentée à LL. MM. & à la Famille Royale ,
par la Comteffe de Vergennes. Le même jour , le
Comte de Mouftiers & le Baron de Grofchlag , Miniftres
plénipotentiaires du Roi , l'un auprès de
l'Electeur de Trêves , & l'autre près le Cercle du
Haut- Rhin , furent préfentés à S. M. par le Miniftre
& Secrétaire d'Etat au département des affaires
étrangères , & de prendre congé pour ſe rendre à
leurs deftinations .
3
Le 19 , LL. MM. & la Famille Royale , fignèrent
le contrat de mariage du Marquis d'Agueffeau ,
( 107 )
Meftre de Camp de Cavalerie , & Lieutenant des
Gardes du Corps du Roi, avec Demoiſelle Branet
d'Ivry.
Le 18 , M. de Treffeol eut l'honneur de préfenter
au Roi l'éloge du Maréchal du’Muy .
LE 19, la Marquife de Vergennes a eu l'honneur
d'être préfentée à LL. MM. & à la Famille Royale ,
par la Comteffe de Vergennes. Le même jour , le
Comte de Mouftiers & le Baron de Grofchlag , Miniftres
plénipotentiaires du Roi , l'un auprès de
l'Electeur de Trêves , & l'autre près le Cercle du
Haut- Rhin , furent préfentés à S. M. par le Miniftre
& Secrétaire d'Etat au département des affaires
étrangères , & de prendre congé pour ſe rendre à
leurs deftinations .
3
Le 19 , LL. MM. & la Famille Royale , fignèrent
le contrat de mariage du Marquis d'Agueffeau ,
( 107 )
Meftre de Camp de Cavalerie , & Lieutenant des
Gardes du Corps du Roi, avec Demoiſelle Branet
d'Ivry.
Le 18 , M. de Treffeol eut l'honneur de préfenter
au Roi l'éloge du Maréchal du’Muy .
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Résumé : De VERSAILLES, le 30 Juillet.
Le 19 juillet, la marquise de Vergennes fut présentée à la famille royale par la comtesse de Vergennes. Les ministres Moustier et Grotchlag furent présentés au roi avant leur départ pour Trèves et le Cercle du Haut-Rhin. Le même jour, le roi et sa famille signèrent le contrat de mariage entre le marquis d'Augéfeau et demoiselle Branet d'Ivry. Le 18 juillet, M. de Tresséol présenta l'éloge du maréchal du Muy au roi.
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172
p. 222-223
De VERSAILLES, le 10 Septembre.
Début :
La Reine qui avance très-heureusement dans sa grossesse, a été saignée le 5 de ce mois. [...]
Mots clefs :
Versailles, Reine, Grossesse, Ministre, Honneur, Roi, Prix de dessin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 10 Septembre.
De VERSAILLES , le 10 Septembre.
La Reine qui avance très- heureuſement dans fa
groffelle , a été faignée le 5 de ce mois.
Le 25 du mois dernier , fête de Saint -Louis , S. M.
reçut le ferment de M. Lefevre de Caumartin , Maître
des Requêtes ordinaires , ci- devant Intendant de
Flandres , en la nouvelle qualité de Prevôt des Marchands
de la Ville de Paris , & celui de MM . Cauchat
& Incelin , nouveaux Echevins . Le 28 , l'Evêque
de Viviers prêta , pendant la Meffe , ferment de
fidélité entre les mains du Roi.
La veille de Saint-Louis , M. Deslandes de Lancelot
, Penfionnaire au Collège Royal & Militaire
de Beaumont , préfenta à Monfieur , fon Parrain , un
deffin à l'Encre de la Chine , repréfentant la vue
du College & de fes dépendances , & lui fit
hommage du Prix de Deffin qu'il a remporté cette
année.
-
Le 27 , le Baron de Tott , Brigadier des Armées
du Roi , Infpecteur Général des Etabliffements
François dans les Echelles du Levant & de Barbarie ,
eut à fon arrivée ici , l'honneur d'être préfenté au
Roi par le Miniftre de la Marine. Le 30 M. Hocquart
de Cueilly , Préfident de la feconde Chambre
de la Cour des Aides de Paris , nommé Procureur.
Général de cette Cour , fur la demiffion de M. Terray
de Rofieres , eut l'honneur de faire fes remerciements
au Roi , préfenté par M. le Garde des
( 223 )
Sceaux. Le même jour le Vicomte de Vibraye , Miniftre
Plénipotentiaire du Roi , près le Duc de Wirtemberg
, & fon Miniftré près le Cercle de Souabe
qui étoit ici par congé , eut l'honneur d'être préfenté
à S. M. par le Miniftre des affaires Etrangères , & de
prendre congé pour fe rendre à fa deftination.
La Reine qui avance très- heureuſement dans fa
groffelle , a été faignée le 5 de ce mois.
Le 25 du mois dernier , fête de Saint -Louis , S. M.
reçut le ferment de M. Lefevre de Caumartin , Maître
des Requêtes ordinaires , ci- devant Intendant de
Flandres , en la nouvelle qualité de Prevôt des Marchands
de la Ville de Paris , & celui de MM . Cauchat
& Incelin , nouveaux Echevins . Le 28 , l'Evêque
de Viviers prêta , pendant la Meffe , ferment de
fidélité entre les mains du Roi.
La veille de Saint-Louis , M. Deslandes de Lancelot
, Penfionnaire au Collège Royal & Militaire
de Beaumont , préfenta à Monfieur , fon Parrain , un
deffin à l'Encre de la Chine , repréfentant la vue
du College & de fes dépendances , & lui fit
hommage du Prix de Deffin qu'il a remporté cette
année.
-
Le 27 , le Baron de Tott , Brigadier des Armées
du Roi , Infpecteur Général des Etabliffements
François dans les Echelles du Levant & de Barbarie ,
eut à fon arrivée ici , l'honneur d'être préfenté au
Roi par le Miniftre de la Marine. Le 30 M. Hocquart
de Cueilly , Préfident de la feconde Chambre
de la Cour des Aides de Paris , nommé Procureur.
Général de cette Cour , fur la demiffion de M. Terray
de Rofieres , eut l'honneur de faire fes remerciements
au Roi , préfenté par M. le Garde des
( 223 )
Sceaux. Le même jour le Vicomte de Vibraye , Miniftre
Plénipotentiaire du Roi , près le Duc de Wirtemberg
, & fon Miniftré près le Cercle de Souabe
qui étoit ici par congé , eut l'honneur d'être préfenté
à S. M. par le Miniftre des affaires Etrangères , & de
prendre congé pour fe rendre à fa deftination.
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Résumé : De VERSAILLES, le 10 Septembre.
Le 10 septembre, la reine a donné naissance à un enfant. Le 25 août, le roi a reçu les serments de M. Lefèvre de Caumartin, nouveau Prévôt des Marchands de Paris, ainsi que ceux des échevins MM. Cauchat et Incelin. Le 28 août, l'évêque de Viviers a prêté serment de fidélité au roi. La veille de la fête de Saint-Louis, M. Deslandes de Lancelot a offert à son parrain un dessin du Collège Royal et Militaire de Beaumont et lui a remis son prix de dessin. Le 27 août, le baron de Tott, brigadier des armées du roi et inspecteur général des établissements français dans les Échelles du Levant et de Barbarie, a été présenté au roi par le ministre de la Marine. Le 30 août, M. Hocquart de Cueilly a été nommé procureur général à la place de M. Terray de Rosières et a exprimé sa gratitude au roi, présenté par le Garde des Sceaux. Le même jour, le vicomte de Vibraye, ministre plénipotentiaire auprès du duc de Wurtemberg et du Cercle de Souabe, a été présenté au roi par le ministre des Affaires étrangères avant de partir pour sa destination.
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