Auteur du texte (13)
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Destinataire du texte (13)
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Détail
Liste
Résultats : 13 texte(s)
1
p. 114-119
LETTRE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN, AU ROY
Début :
Je ne vous diray point que la Lettre de ce / Sire, ne pourrons-nous jamais nous abandonner à la joye [...]
Mots clefs :
Louanges, Majesté, Victorieux
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN, AU ROY
Je ne vous diray point que la let- tre de ce Duc à Sa Majesté fur ce ſujet , eſt ſi agreable- ment tournée,&fi pleine d'ef- prit,quellemerite l'aprobation quetoutle monde luyadõnée.
Salecture en fera mieux l'Eloge, que tout cequeie pourrois
GALANT. 85 vous en écrire à ſon avantage,
&ie ne veux pas retarder plus long-temps le plaifir que vous
en attendez.
LETTRE
DE MONSIEVR LE DVC
DE S. AIGNAN,
AV RO Υ.
S
IRE,
Ne pourrons - nous iamais
Bits mus abandonneràlajoye,ſans la trouver meſtée d'inquietude&de crainte? &nesçaurionsnous ap- prendrequeVOSTRE MAJESTE
emporte les meilleures Places l'épéeàlamainſansſçavoirau mê- me-temps combien elle s'y eft exposée?Bon Dieu, SIRE, nevous Lafferez-vous iamais defaire tre- blervos ferviteurs aussi bienque
86 LE MERCURE
vos ennemis ? Faut-il quemalgré
moy iose blamer VOSTRE MAJESTÉ dans un temps où elle reçoit de justes loüanges de toute la terre? Pardonnez, SIRE,
à l'ardeur de mon zele , ces pre
miers mouvemens qu'il ne m'est paspoſſiblede retenir, &permet- tez- moy de dire quefii'ay beau- coup de paſſion pour la gloire de
VOSTRE MAJESTE , ie n'aypas moins de respectueuseten- dreſſe pour sa Perſonne Sacrée.
Songez , au nomde Dieu, SIRE,
que plus vous eſtes grand &vi- Etorieux, plus cet Estat doitfou- haitervoſtre conſervation. Mes
vœux & mes souhaits seroient bien de voir VOSTRE MAjESTE ' Maiſtreſſe de tout l'Vnivers ; mais , en verité, j'aime- rois quasi mieux estre aſſurequ'el
GALANT. 87
le le pût estre de ſon grand courage. Si le Ciel accorde àmes prie- res, comme iete veux efperer, ce que ie luy demande tous les jours
avec ferveur, VOSTRE MAJESTE n'aura rien àdefirer en Sesprofperitez; &quandil nes'a- girapoury contribuer que de prodiguermonsang, &de hazarder
mavie , vousconnoistrez toûjours que iefuisfans reserve ,
SIRE,
DeVostre Majesté ,
:
Le tres-humble, tres- obeïffant &tres- fidelle Sujer.
LEDUCDES. AIGNAN.
Salecture en fera mieux l'Eloge, que tout cequeie pourrois
GALANT. 85 vous en écrire à ſon avantage,
&ie ne veux pas retarder plus long-temps le plaifir que vous
en attendez.
LETTRE
DE MONSIEVR LE DVC
DE S. AIGNAN,
AV RO Υ.
S
IRE,
Ne pourrons - nous iamais
Bits mus abandonneràlajoye,ſans la trouver meſtée d'inquietude&de crainte? &nesçaurionsnous ap- prendrequeVOSTRE MAJESTE
emporte les meilleures Places l'épéeàlamainſansſçavoirau mê- me-temps combien elle s'y eft exposée?Bon Dieu, SIRE, nevous Lafferez-vous iamais defaire tre- blervos ferviteurs aussi bienque
86 LE MERCURE
vos ennemis ? Faut-il quemalgré
moy iose blamer VOSTRE MAJESTÉ dans un temps où elle reçoit de justes loüanges de toute la terre? Pardonnez, SIRE,
à l'ardeur de mon zele , ces pre
miers mouvemens qu'il ne m'est paspoſſiblede retenir, &permet- tez- moy de dire quefii'ay beau- coup de paſſion pour la gloire de
VOSTRE MAJESTE , ie n'aypas moins de respectueuseten- dreſſe pour sa Perſonne Sacrée.
Songez , au nomde Dieu, SIRE,
que plus vous eſtes grand &vi- Etorieux, plus cet Estat doitfou- haitervoſtre conſervation. Mes
vœux & mes souhaits seroient bien de voir VOSTRE MAjESTE ' Maiſtreſſe de tout l'Vnivers ; mais , en verité, j'aime- rois quasi mieux estre aſſurequ'el
GALANT. 87
le le pût estre de ſon grand courage. Si le Ciel accorde àmes prie- res, comme iete veux efperer, ce que ie luy demande tous les jours
avec ferveur, VOSTRE MAJESTE n'aura rien àdefirer en Sesprofperitez; &quandil nes'a- girapoury contribuer que de prodiguermonsang, &de hazarder
mavie , vousconnoistrez toûjours que iefuisfans reserve ,
SIRE,
DeVostre Majesté ,
:
Le tres-humble, tres- obeïffant &tres- fidelle Sujer.
LEDUCDES. AIGNAN.
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Résumé : LETTRE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN, AU ROY
Le Duc de Saint-Aignan adresse une lettre à Sa Majesté, exprimant son admiration pour une lettre précédente du Duc, qualifiée d'agréable et pleine d'esprit. Il souhaite ne pas retarder davantage le plaisir attendu par Sa Majesté. Le Duc s'interroge sur la capacité à abandonner la joie sans inquiétude et crainte, et s'émerveille de la capacité de Sa Majesté à conquérir des places par l'épée sans connaître les dangers. Il souhaite que Sa Majesté traite ses serviteurs aussi bien que ses ennemis et reconnaît les louanges justes reçues par Sa Majesté à travers le monde. Le Duc demande pardon pour l'ardeur de son zèle et affirme sa passion pour la gloire de Sa Majesté, ainsi que son respect et sa soumission. Il prie pour la conservation de Sa Majesté, souhaitant la voir maîtresse de l'univers et assurée de son grand courage. Il espère que ses prières seront exaucées et que Sa Majesté n'aura rien à désirer en termes de prospérité. Le Duc conclut en affirmant sa fidélité et son humilité en tant que sujet de Sa Majesté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 187-189
LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, à Son Altesse Royale.
Début :
Toute la France a pris part à cette Victoire; & / Monseigneur, Je n'oserois quasi mesler ma voix au bruit des [...]
Mots clefs :
Louanges, Altesse royale, Valeur, Triomphe
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, à Son Altesse Royale.
Toute la France a pris part
àcette Victoire; &le jour même que Monfieur le Duc de S.Aignan l'aprit ,il en témoi- gnaſa joye à SonAlteſſeRoya- le par unelettre que voicy.
GALANT. 13.5
1
LETTRE DE MONSIEVR
le Duc de S.Aignan , à Son AlteſſeRoyale.
M°
ONSEIGNEVR,
Ien'oferois quasi mester mavoix au bruit des applaudiffemens & des loüanges qui vous font deues,&quevous recevezde
toutes parts. Mais , MONSEI- GNEVR,monprofond respectpour
VOSTRE ALTESSE ROYALE,
1
fijosey adjoûter ce mot, mon estime tres parfaite , me font prendre cette liberté. Voila
MONSEIGNEVR , deglorieuses fuites des premieres marques de cette valeur naiſſante dont j'avois esté témoin ily avingtansau
6
fiegedeMontmedy.le ne doutepas que dans une action fi glorieuse
136 LE MERCURE
-
vous nefoyez plus Satisfait d'a- voirvaincu pourle Roy, que d'avoir vaincu par vous même.
Triomphez , MONSEIGNEVR,
de reſte des ennemisdont vousvenez defurmonterunfi grand nom- bre; &foyez,s'il vous plaiſt,bien persuadé que personne ne s'inte- reffe plus que reſuis en voſtre con- Servation , nynepeut eftre avec
plus de respect que moy ,
MONSEIGNEUR,
DeVostreAlteffe Royale,
Letres humble, tres-obeïffant &tres- ſoûmisServiteur,
LEDUCDES.AIGNAN
DeParis le 13, d'Avril 1677
àcette Victoire; &le jour même que Monfieur le Duc de S.Aignan l'aprit ,il en témoi- gnaſa joye à SonAlteſſeRoya- le par unelettre que voicy.
GALANT. 13.5
1
LETTRE DE MONSIEVR
le Duc de S.Aignan , à Son AlteſſeRoyale.
M°
ONSEIGNEVR,
Ien'oferois quasi mester mavoix au bruit des applaudiffemens & des loüanges qui vous font deues,&quevous recevezde
toutes parts. Mais , MONSEI- GNEVR,monprofond respectpour
VOSTRE ALTESSE ROYALE,
1
fijosey adjoûter ce mot, mon estime tres parfaite , me font prendre cette liberté. Voila
MONSEIGNEVR , deglorieuses fuites des premieres marques de cette valeur naiſſante dont j'avois esté témoin ily avingtansau
6
fiegedeMontmedy.le ne doutepas que dans une action fi glorieuse
136 LE MERCURE
-
vous nefoyez plus Satisfait d'a- voirvaincu pourle Roy, que d'avoir vaincu par vous même.
Triomphez , MONSEIGNEVR,
de reſte des ennemisdont vousvenez defurmonterunfi grand nom- bre; &foyez,s'il vous plaiſt,bien persuadé que personne ne s'inte- reffe plus que reſuis en voſtre con- Servation , nynepeut eftre avec
plus de respect que moy ,
MONSEIGNEUR,
DeVostreAlteffe Royale,
Letres humble, tres-obeïffant &tres- ſoûmisServiteur,
LEDUCDES.AIGNAN
DeParis le 13, d'Avril 1677
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Résumé : LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, à Son Altesse Royale.
Le Duc de Saint-Aignan adresse une lettre à Son Altesse Royale le 13 avril 1677, exprimant sa joie et son admiration pour une récente victoire. Il souligne que toute la France a contribué à cette victoire et rappelle avoir observé la valeur naissante de Son Altesse Royale lors du siège de Montmédy, vingt ans plus tôt. Le Duc espère que Son Altesse Royale sera satisfait d'avoir combattu pour le roi et par lui-même. Il encourage Son Altesse Royale à triompher des ennemis restants et assure de son intérêt pour la conservation de Son Altesse Royale. La lettre se conclut par des marques de respect et de soumission.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 230-232
LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, au Roy.
Début :
SIRE, J'ose me flater que je n'importuneray point [...]
Mots clefs :
Victoires, Gloire, Renommée, Cambrai
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, au Roy.
LETTRE DE MONSIEVR
YON
le Duc de S.Aignan , auRoyson
IRE,
*
1993
ien'im- L'ofemeflaterque portuneraypointV. MAJESTE en me donnant l'honneurde luy écrire fur les grandes &signalées Vi- Etoires qu'elle remporté tous les iours. Sera- t'ellefatiguée par les marques du zele d'un fidelle Serviteur,au milieu des acclamations
publiques?Et pourquoy triomphe- roit-elle , si elle vouloit qu'on ne luy dist rienſurſes Conquestes ?
D'ailleurs, SIRE, en veritévoſtre Gloire m'ébloüit, voſtre épée laſſe
ma plume , &le bruit éclatant quefait laRepomméeenpubliant vos loüanges , empêchera peut- estreque je nefois écouté. Mais Tome 2. H
i
170 LE MERCURE
quelmoyen depouvoirſe taire, &
comment pouvoir éviter que ma Satisfaction neparoiſſe envoyant mon Auguste Maistre en estat de dele devenirde tant de Nations?
len'ofeplusparler , SIRE , fur cette valeur intrepide mais incorrigible , qui a fait encore pis à
Cambray qu'elle n'avoit fait à
Valenciennes, &ie voy bien que ie Suis destinéàpaſſer avecde cruel- les inquietudes dans la paix tous les jours que V.MAJESTE paffera dans la guerre. Pluſt à Dieu ,
SIRE , que vous fuffiez de retour à Versailles , vous n'y feriez pas moins le Vainqueurdela Flandre,
que vous leferéz à lateſte devos
Armées ; &sansportervous-même la terreur&la mort àvos ennemis, voſtre invincible Nom,fuf firoit pour lesſurmonter. Cepen
GALANT. 171
dant , SIRE , ienesçais quasipar onloüer V.MAJESTE' : Forcerde
toutes parts les meilleures Places,
gagner des batailles, vaincrepar
tout n'eſtrejamais vaincu , &se
voir enfin la crainte ou l'admiration de tout l'Univers,quepeut on
jamais defirer davantage?&quel
bonheurpourra s'égaler aumien fi vous me faites l'honneur de me croire aupoint où ieleſuis toûjours
SIRE,
DeVostreMajesté,
,
Letres humble, tres- obeïſlant,&
tres- fidelle Sujet & Serviteur,
LEDUCDES, AIGNAN.
DeParis le 13 d'Avril 1677.
YON
le Duc de S.Aignan , auRoyson
IRE,
*
1993
ien'im- L'ofemeflaterque portuneraypointV. MAJESTE en me donnant l'honneurde luy écrire fur les grandes &signalées Vi- Etoires qu'elle remporté tous les iours. Sera- t'ellefatiguée par les marques du zele d'un fidelle Serviteur,au milieu des acclamations
publiques?Et pourquoy triomphe- roit-elle , si elle vouloit qu'on ne luy dist rienſurſes Conquestes ?
D'ailleurs, SIRE, en veritévoſtre Gloire m'ébloüit, voſtre épée laſſe
ma plume , &le bruit éclatant quefait laRepomméeenpubliant vos loüanges , empêchera peut- estreque je nefois écouté. Mais Tome 2. H
i
170 LE MERCURE
quelmoyen depouvoirſe taire, &
comment pouvoir éviter que ma Satisfaction neparoiſſe envoyant mon Auguste Maistre en estat de dele devenirde tant de Nations?
len'ofeplusparler , SIRE , fur cette valeur intrepide mais incorrigible , qui a fait encore pis à
Cambray qu'elle n'avoit fait à
Valenciennes, &ie voy bien que ie Suis destinéàpaſſer avecde cruel- les inquietudes dans la paix tous les jours que V.MAJESTE paffera dans la guerre. Pluſt à Dieu ,
SIRE , que vous fuffiez de retour à Versailles , vous n'y feriez pas moins le Vainqueurdela Flandre,
que vous leferéz à lateſte devos
Armées ; &sansportervous-même la terreur&la mort àvos ennemis, voſtre invincible Nom,fuf firoit pour lesſurmonter. Cepen
GALANT. 171
dant , SIRE , ienesçais quasipar onloüer V.MAJESTE' : Forcerde
toutes parts les meilleures Places,
gagner des batailles, vaincrepar
tout n'eſtrejamais vaincu , &se
voir enfin la crainte ou l'admiration de tout l'Univers,quepeut on
jamais defirer davantage?&quel
bonheurpourra s'égaler aumien fi vous me faites l'honneur de me croire aupoint où ieleſuis toûjours
SIRE,
DeVostreMajesté,
,
Letres humble, tres- obeïſlant,&
tres- fidelle Sujet & Serviteur,
LEDUCDES, AIGNAN.
DeParis le 13 d'Avril 1677.
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Résumé : LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, au Roy.
Dans une lettre datée du 13 avril 1677, le Duc de S.Aignan exprime son admiration et sa loyauté envers le Roi de France. Il célèbre les victoires continues du souverain et reconnaît que sa gloire éblouit. Le Duc mentionne les récentes conquêtes de Cambrai et Valenciennes, tout en espérant le retour du Roi à Versailles. Il loue l'invincibilité du nom du Roi, qui inspire la terreur aux ennemis. Le Duc se demande comment louer davantage le Roi, qui force les meilleures places et gagne des batailles. Il conclut en affirmant sa loyauté et son dévouement au souverain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 229-237
ELEGIE.
Début :
Du grand monde & du bruit l'ame peu satisfaite, [...]
Mots clefs :
Monde, Désert, Amis, Science, Âme, Roi, Raison, Gloire
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texteReconnaissance textuelle : ELEGIE.
ELEGI Ε.
Vgrandmonde&dubruit l'ame
penSatisfaire,
Pourtrouverdurepos je cherche une re- traite ,
GALANT. 149 Etfortant dela Ville apres cent maux Soufferts,
Ie viens chercher du Bec les aimables
Deserts..
CeSéjour agréable encor qu'ilfoit champestre,
Ne fert que rarement à son illustre
Maistre,
Et l'obligeant Emire en tous lieux reveré
AmaBarque agitéeoffre un Portaſſuré.
Trompeuse ambition ! Grandeur imagi- naire!
Qu'en vous lebien est rare &le mal
ordinaire!
Queleplus inſenſible &le mieux pre- paré,
Boit chez vous de Poison dans un Vase doré !
Qu'unefoule importune auſeul gain at- tachée ,
Sous un fasteapparent tient de fraude cachée!
Que les fermes Amisfe trouvent peu Souvent !
Qu'on barit des projets sur un fable mouvant!
Gij
igo LE MERCVRE Etqu'heureux est celuy , dont l'adroite
Science
Sçaitjoindre leſecret avecladéfiance Apeu de vrais Amis qui ſçait se re- trancher ,
Qui garde bien te nombre &n'en va point chercher,
Et qui ſur l'apparence enfin iamais ne -fonde
La folle opinion de plaire àtout le monde!
Onferoit unprodige en vertus achevé.
Qu'onseroit vicieux, pour un goust dépravé,
L'onavencomparer l'honneur à l'arti fice,
Les liberalitezàl'infame avarice,
La douceur à l'aigreur , l'orgueil àla bonté,
Aux laſches actions la generosité,
Lemodeste à celuy, qui fait le necef
faire,
Et l'ame laplusfourbe, au cœur leplus:
fincere.
Cependantdumensonge, infamesArti- fans VnMonstre vous devore , &fait des Partisans,
GALANT. 15.4
k
Voit dans ſes interests ceux qu'il rend miserables ,
Etdesplus oppreſſez fait les plusfavo rables.
On vanteſa conduite , on vanteſon efprit,
On n'oſe contredire àtout ce qu'il écrit,
L'Amour ar tout des
efolavesde l'interest faitpar to
Et regnequelquefois dans les cœurs les
plusbraves.
Al'éclat de la gloire on prefere lebien,
Et pour en acquerir les Crimes nefont
rien.
Quels divers embarras ne m'a-t-on pointfait naiſtre !
Combien , où je commande ay-je ven plusd'unMaistre ?
D'un Roy victorieux la iuste autorités
Apeineapûfléchir un Suiet irrité;
Ceux que i'aimois le mieux , emportez par la brigue,
Ont- ils à ce Torrent opposé quelque Digue!
LaGloirequi m'afait un grand Corps
effembler .... Giij
152 LE MERCVRE Contre les Ennemis qui voudroient nous troubler,
Mapreste des Lauriers dans une vaste Plaine,
Etjevois dansla Ville une Palme incertaine.
Vn indigne Ennemy , qui fort de fon devoir,
Songeàme faire teste , &nesefait pas
voir,
Devient l'injuste Chefd'une infameCabale ,
Trouvedes Courtiſans ſans partirdeſa Salle ,
Etdansſes noirs deſſeins doit estre sa- tisfait D'avoir ofé combatre , encor qu'il soit
défait.
Ilme force àrougir lors que je le furmonte ,
Au plus fort de ma gloire il me couvre
dehonte,
Et donne par caprice en cette occafion,
Au Vainqueur & Vaincu mesme con- fusion.
Ab ! que de mon dépit la juste vian lence .D
GALAN T. 153 Maisle Roy nous l'ordonne,imposons- nousfilence ,
Mon cœur,ilfaut donner encesfacheux
momens,
Au plus grand des Mortels tous nos reffentimens.
Opaisible retraite ? aimable folitude ?
Qui des plus fortunez charmez l'in- quietude , :
M'arrachantauxplaiſirs que vouspou- vezdonner:
Ah! que j'ay de regret de vous aban- donner,
De preferer au mien l'avantage des
autres ,
Etnevoirde long-temps des lieux com- meles vostres! ..
Mais deux jours fans agir mefont à regretter,
4
Etce temps, àmon gré ,nese peut ra- chetera
Pourrons- nous bien changer dans ma plainte inutile,
L'innocence des Champs aux fracas de.
la Ville ?
De cent Beautez en vain on vante les
appas,
Gv
154 LE MERCVRE Moncœur nepeut aimer ce qu'il n'estin
me pas:
Commeil ne fut jamais capable de foi- bleffe ,
Un effort genereux rompt le trait qui le bleffe ,
Etpenchant vers la Gloire
plusqu'àiny.
n'estant
Ilpeuthairdemain, ce qu'il aime aujourd'huy ;
Mais pour vos beaux Deferts , iln'en
estpas demefme,
Pastre repos flateur donne un plaifir extrême
Sans Iris,fans mon Maistre, ô Sejour fortuné.
Vous auriez tout le cœurque je leur ay donné
Le quitte donc l'émail de vos vertes.
Prairies,
Et tout. ce qui flatoit mes douces ré
veries:
Allons tendre les bras à nos illustres
fers,
Allons-nous redonner au Grand Roy que je fers
GALANT Obſerverles proiets d'une fouleimportune,
Ettrouver des plaisirs dans ma noble infortune int Maisil faut bienpenser àce que nous ferons,
Regler nos sentimens par ce que nous Sçaurons , 5
Et fuivant les conseils que la raison
inspire,
Koir,écouterbeaucoup , agir&nevien dire
L
Vgrandmonde&dubruit l'ame
penSatisfaire,
Pourtrouverdurepos je cherche une re- traite ,
GALANT. 149 Etfortant dela Ville apres cent maux Soufferts,
Ie viens chercher du Bec les aimables
Deserts..
CeSéjour agréable encor qu'ilfoit champestre,
Ne fert que rarement à son illustre
Maistre,
Et l'obligeant Emire en tous lieux reveré
AmaBarque agitéeoffre un Portaſſuré.
Trompeuse ambition ! Grandeur imagi- naire!
Qu'en vous lebien est rare &le mal
ordinaire!
Queleplus inſenſible &le mieux pre- paré,
Boit chez vous de Poison dans un Vase doré !
Qu'unefoule importune auſeul gain at- tachée ,
Sous un fasteapparent tient de fraude cachée!
Que les fermes Amisfe trouvent peu Souvent !
Qu'on barit des projets sur un fable mouvant!
Gij
igo LE MERCVRE Etqu'heureux est celuy , dont l'adroite
Science
Sçaitjoindre leſecret avecladéfiance Apeu de vrais Amis qui ſçait se re- trancher ,
Qui garde bien te nombre &n'en va point chercher,
Et qui ſur l'apparence enfin iamais ne -fonde
La folle opinion de plaire àtout le monde!
Onferoit unprodige en vertus achevé.
Qu'onseroit vicieux, pour un goust dépravé,
L'onavencomparer l'honneur à l'arti fice,
Les liberalitezàl'infame avarice,
La douceur à l'aigreur , l'orgueil àla bonté,
Aux laſches actions la generosité,
Lemodeste à celuy, qui fait le necef
faire,
Et l'ame laplusfourbe, au cœur leplus:
fincere.
Cependantdumensonge, infamesArti- fans VnMonstre vous devore , &fait des Partisans,
GALANT. 15.4
k
Voit dans ſes interests ceux qu'il rend miserables ,
Etdesplus oppreſſez fait les plusfavo rables.
On vanteſa conduite , on vanteſon efprit,
On n'oſe contredire àtout ce qu'il écrit,
L'Amour ar tout des
efolavesde l'interest faitpar to
Et regnequelquefois dans les cœurs les
plusbraves.
Al'éclat de la gloire on prefere lebien,
Et pour en acquerir les Crimes nefont
rien.
Quels divers embarras ne m'a-t-on pointfait naiſtre !
Combien , où je commande ay-je ven plusd'unMaistre ?
D'un Roy victorieux la iuste autorités
Apeineapûfléchir un Suiet irrité;
Ceux que i'aimois le mieux , emportez par la brigue,
Ont- ils à ce Torrent opposé quelque Digue!
LaGloirequi m'afait un grand Corps
effembler .... Giij
152 LE MERCVRE Contre les Ennemis qui voudroient nous troubler,
Mapreste des Lauriers dans une vaste Plaine,
Etjevois dansla Ville une Palme incertaine.
Vn indigne Ennemy , qui fort de fon devoir,
Songeàme faire teste , &nesefait pas
voir,
Devient l'injuste Chefd'une infameCabale ,
Trouvedes Courtiſans ſans partirdeſa Salle ,
Etdansſes noirs deſſeins doit estre sa- tisfait D'avoir ofé combatre , encor qu'il soit
défait.
Ilme force àrougir lors que je le furmonte ,
Au plus fort de ma gloire il me couvre
dehonte,
Et donne par caprice en cette occafion,
Au Vainqueur & Vaincu mesme con- fusion.
Ab ! que de mon dépit la juste vian lence .D
GALAN T. 153 Maisle Roy nous l'ordonne,imposons- nousfilence ,
Mon cœur,ilfaut donner encesfacheux
momens,
Au plus grand des Mortels tous nos reffentimens.
Opaisible retraite ? aimable folitude ?
Qui des plus fortunez charmez l'in- quietude , :
M'arrachantauxplaiſirs que vouspou- vezdonner:
Ah! que j'ay de regret de vous aban- donner,
De preferer au mien l'avantage des
autres ,
Etnevoirde long-temps des lieux com- meles vostres! ..
Mais deux jours fans agir mefont à regretter,
4
Etce temps, àmon gré ,nese peut ra- chetera
Pourrons- nous bien changer dans ma plainte inutile,
L'innocence des Champs aux fracas de.
la Ville ?
De cent Beautez en vain on vante les
appas,
Gv
154 LE MERCVRE Moncœur nepeut aimer ce qu'il n'estin
me pas:
Commeil ne fut jamais capable de foi- bleffe ,
Un effort genereux rompt le trait qui le bleffe ,
Etpenchant vers la Gloire
plusqu'àiny.
n'estant
Ilpeuthairdemain, ce qu'il aime aujourd'huy ;
Mais pour vos beaux Deferts , iln'en
estpas demefme,
Pastre repos flateur donne un plaifir extrême
Sans Iris,fans mon Maistre, ô Sejour fortuné.
Vous auriez tout le cœurque je leur ay donné
Le quitte donc l'émail de vos vertes.
Prairies,
Et tout. ce qui flatoit mes douces ré
veries:
Allons tendre les bras à nos illustres
fers,
Allons-nous redonner au Grand Roy que je fers
GALANT Obſerverles proiets d'une fouleimportune,
Ettrouver des plaisirs dans ma noble infortune int Maisil faut bienpenser àce que nous ferons,
Regler nos sentimens par ce que nous Sçaurons , 5
Et fuivant les conseils que la raison
inspire,
Koir,écouterbeaucoup , agir&nevien dire
L
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Résumé : ELEGIE.
Le poème 'ELEGI Ε.' explore les réflexions d'un individu sur la vie à la cour et le désir de retraite. L'auteur aspire à un repos loin de la ville et de ses maux, mais reconnaît que même les lieux déserts ne conviennent pas toujours à son maître. Il critique l'ambition trompeuse et la grandeur imaginaire, soulignant que le bien est rare et le mal ordinaire dans ce contexte. L'auteur déplore la rareté des amis sincères et la fréquente présence de projets éphémères. Il admire celui qui sait allier la science et la défiance, et qui ne cherche pas à plaire à tout le monde. Le poème condamne les vices et les artifices, préférant l'honneur, la générosité et la sincérité. Il décrit également les intrigues et les manipulations à la cour, où les intérêts personnels dominent souvent. L'auteur exprime son regret de devoir abandonner une retraite paisible pour obéir aux ordres du roi, malgré son désir de rester dans un lieu tranquille. Il conclut en exprimant son intention de suivre les conseils de la raison et de rester prudent dans ses actions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 213-218
ELOGE DE VERSAILLES ET DE TRIANON.
Début :
Vous voulez bien, Madame, que je mesle à ces / Je sçavois bien, Tirsis, par cent illustres marques, [...]
Mots clefs :
Trianon, Versailles, Roi, Trésors, Batailles, Vainqueur
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texteReconnaissance textuelle : ELOGE DE VERSAILLES ET DE TRIANON.
Vous voulez bien, Madame,
que je mefle à ces Nouvelles les derniers Vers qu'on m'a
154 LE MERCVRE donnez de M² le Duc de S. Aignan; ils vous feront connoî- tre avec quelle promptitude il vient à boutde tout ce qu il entreprend. Le Roy luy avoit faitl'honneur à ſon retour du
Havre,de luy faire voir les Au- gmentations qui s'eſtoient fai- tes à Verſailles & à Trianon
depuis fon départ ; & dés le foir meſme il prit la liberré de donner à Sa Majefté ces Vers qu'il fit ſur les beautez de ces deuxMaiſons.
ELOGE
DE
VERSAILLES
ET DE TRIANON.
Efçavois bien , Tirfis , parcent
2
GALANT. 155 I
4-
th
Quenous avions pour Roy leplus grand des Monarques;
Qu'en guerre comme en paix il
estoit fans pareil ,
Qu'on le voyoit briller comme un
autre Soleil ,
Et qu'eſtant des Guerriers le plus parfait modele ,
Il fe couvroitpar tout d'une gloire immortelle ;
Mais je ne penſois pas qu'il fust en ſonpouvoir D'aſſembler les Trefors que nous
venons de voir ,
Que retournant vainqueur du
plus fortdes Batailles ,
Il fift de Trianon ce qu'il fait de Versailles ,
Que le plus délicat nepust rien
defirer
Aux rares ornemens qui s'y font admirer ,
156 LE MERCVRE Qu'on ypaſſaſt des Mers , qu'ony viſt ſur les ondes Desfuperbes Vaiſſeauxles courſes
vagabondes ,
Quele Iafpe,leMarbre & cent
autres Beautez Ytinſſent à l'envy tous lesſens enchantez,
Qu'onpust enun moment desplus baffes Campagnes Eleverdes Torrens &percer des
Montagnes ,
Et qu'enfin de ces lieux le pompeuxornement ,
Detous les Curieux devinſt l'étonnement.
Mais , Tirſis, euft-on crû qu'une
humaine puiſſance Eust rangé tes Saiſons ſous fon obeissance ,
Pour le plaisir des yeux change l'ordre du temps ,
Fait
GALANT. 157
Fait des plus grands Hyvers un
eternel Printemps ,
Et joint plus d'une fois dans une mefme Place ,
Audoux émaildes Fleurs la froi- deur de la glace. Tous les Siecles pallez n ayantTREQUE
rien veu de tel ,
Admirons ce Grand Roy qui rien de mortel ,
LYON
N1893*77
Mais adjoûtons , Tirfis , que ce MonarqueAuguſte ,
Pouvant tout ce qu'ilveut neveut
rien que de juste.
que je mefle à ces Nouvelles les derniers Vers qu'on m'a
154 LE MERCVRE donnez de M² le Duc de S. Aignan; ils vous feront connoî- tre avec quelle promptitude il vient à boutde tout ce qu il entreprend. Le Roy luy avoit faitl'honneur à ſon retour du
Havre,de luy faire voir les Au- gmentations qui s'eſtoient fai- tes à Verſailles & à Trianon
depuis fon départ ; & dés le foir meſme il prit la liberré de donner à Sa Majefté ces Vers qu'il fit ſur les beautez de ces deuxMaiſons.
ELOGE
DE
VERSAILLES
ET DE TRIANON.
Efçavois bien , Tirfis , parcent
2
GALANT. 155 I
4-
th
Quenous avions pour Roy leplus grand des Monarques;
Qu'en guerre comme en paix il
estoit fans pareil ,
Qu'on le voyoit briller comme un
autre Soleil ,
Et qu'eſtant des Guerriers le plus parfait modele ,
Il fe couvroitpar tout d'une gloire immortelle ;
Mais je ne penſois pas qu'il fust en ſonpouvoir D'aſſembler les Trefors que nous
venons de voir ,
Que retournant vainqueur du
plus fortdes Batailles ,
Il fift de Trianon ce qu'il fait de Versailles ,
Que le plus délicat nepust rien
defirer
Aux rares ornemens qui s'y font admirer ,
156 LE MERCVRE Qu'on ypaſſaſt des Mers , qu'ony viſt ſur les ondes Desfuperbes Vaiſſeauxles courſes
vagabondes ,
Quele Iafpe,leMarbre & cent
autres Beautez Ytinſſent à l'envy tous lesſens enchantez,
Qu'onpust enun moment desplus baffes Campagnes Eleverdes Torrens &percer des
Montagnes ,
Et qu'enfin de ces lieux le pompeuxornement ,
Detous les Curieux devinſt l'étonnement.
Mais , Tirſis, euft-on crû qu'une
humaine puiſſance Eust rangé tes Saiſons ſous fon obeissance ,
Pour le plaisir des yeux change l'ordre du temps ,
Fait
GALANT. 157
Fait des plus grands Hyvers un
eternel Printemps ,
Et joint plus d'une fois dans une mefme Place ,
Audoux émaildes Fleurs la froi- deur de la glace. Tous les Siecles pallez n ayantTREQUE
rien veu de tel ,
Admirons ce Grand Roy qui rien de mortel ,
LYON
N1893*77
Mais adjoûtons , Tirfis , que ce MonarqueAuguſte ,
Pouvant tout ce qu'ilveut neveut
rien que de juste.
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Résumé : ELOGE DE VERSAILLES ET DE TRIANON.
Le texte est une lettre accompagnée de vers dédiés au Duc de Saint-Aignan. Le roi a récemment montré au duc les améliorations effectuées à Versailles et à Trianon lors de son retour du Havre. En réponse, le duc a offert au roi des vers célébrant les beautés de ces deux lieux. Ces vers exaltent le roi comme le plus grand des monarques, brillant en guerre et en paix, et couvert de gloire immortelle. Ils mettent en avant sa capacité à créer des merveilles à Versailles et à Trianon, où les trésors et les ornements sont admirables. Les vers décrivent des paysages magnifiques, des vaisseaux superbes et des œuvres d'art en marbre. Ils évoquent également la capacité du roi à transformer les saisons, créant un éternel printemps et mélangeant fleurs et glace. Le texte se conclut par une admiration pour le roi, qui, malgré sa puissance, ne souhaite que ce qui est juste.
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6
p. 218-220
POUR MADAME LA PRESIDENTE D'OZEMBRAY.
Début :
Voicy d'autres Vers que Monsieur de S. Aignan fit pour / Pourquoy nous honorer d'une courte visite, [...]
Mots clefs :
Bal, Le Havre, Amour
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texteReconnaissance textuelle : POUR MADAME LA PRESIDENTE D'OZEMBRAY.
Voicy d'autres Vers que Monfieur de S.Aignan fit pour Madame la Preſidente d'Ozembray , qui estoit venuë au Havre pour peu de jours. Elle devoit partifle lendemain , &
voicy ce que cet Illuſtre Duc luydonna au fortir d'un Bal où
Tome V.
158 LE MERCVRE -toutle monde eſtoit en couleur
defeu.
POVR
MADAME LA PRESIDENTE
D'OZEMBRAY.
Pourquoy courte viſite nous ,honorer d'une
Pourquoy faire éclater icy tantde
merite ,
Avec tant de rigueurs ?
C'est avoir peu d'amour pour le
biende la France ,
Que de venir troubler les cœurs
Dans une Place d'importance.
On devroit vous traiter comme
une criminelle ,
Vous mettre dans les fers comme
ingrate , rebelle ,
GALANT. 159
?
C
ce.
Et vous pouſſer àbout.
Vous dites qu'avec vous nous n'a
vons rien àcraindre ,
Mais vous mettez le feu par
tout ,
Et puis, vous partezfans l'é
voicy ce que cet Illuſtre Duc luydonna au fortir d'un Bal où
Tome V.
158 LE MERCVRE -toutle monde eſtoit en couleur
defeu.
POVR
MADAME LA PRESIDENTE
D'OZEMBRAY.
Pourquoy courte viſite nous ,honorer d'une
Pourquoy faire éclater icy tantde
merite ,
Avec tant de rigueurs ?
C'est avoir peu d'amour pour le
biende la France ,
Que de venir troubler les cœurs
Dans une Place d'importance.
On devroit vous traiter comme
une criminelle ,
Vous mettre dans les fers comme
ingrate , rebelle ,
GALANT. 159
?
C
ce.
Et vous pouſſer àbout.
Vous dites qu'avec vous nous n'a
vons rien àcraindre ,
Mais vous mettez le feu par
tout ,
Et puis, vous partezfans l'é
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Résumé : POUR MADAME LA PRESIDENTE D'OZEMBRAY.
Monsieur de S.Aignan a composé des vers pour Madame la Présidente d'Ozembray, venue au Havre pour quelques jours. Le poème exprime l'admiration et l'étonnement face à sa visite, tout en critiquant la brièveté de son séjour. Sa présence, bien que bénéfique, perturbe les habitants et enflamme les cœurs avant de partir sans laisser de traces.
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7
p. 86-89
BALLADE AU ROY.
Début :
Je voudrois qu'il n'en coûtast pas davantage / Charmant et glorieux Vainqueur [...]
Mots clefs :
Copies, Vainqueur, Brûler, Maux
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texteReconnaissance textuelle : BALLADE AU ROY.
e voudrois qu'il n'en coûtaſt pas davantage pour avoir ce que fait Monfieurle Duc.
de S.Aignan ; mais comme il n'en garde point de Copies , on n'a de luy que ce que le hazard fait re- couvrer de ceux à qui il peut l'a- voir adreſſé. C'eſt par cemoyen
GALANT. 55 que laBallade qui fuit m'eſt tom- bée entre les mains.
1.13
2.
BALLADE
AUROY
Harmant & glorieux Vainqueur CQuimetteztous sous vostre Empire,
Cequiſepaſſedans mon cœur Vous voulez donc l'aprendre , SIRE ?
Helas!àtouteheure il ſoupire ,
Etdit accablé de travaux ,
Que brûler &ne l'ofer dire ,
Eftleplusgranddetous les manx.
泰
Monesprit n'aplus de vigueur,
Rienn'estpareil àmonmartyre ,
Etdans l'excésdema langueur
Lenesçay ce que je defire.
Achaque instantmonmal empire Iay des laloux,j'ay des Rivaux;
Mais brûler ne l'ofer dire ,
Est le plus granddetous mesmaux.
Civ
36 LE MERCVRE
Onvoit ma trifte conleur STUNG SA Vnchangement que l'on admire.
L'excés dema vive douleur
Tous lesplaiſirs vient m'interdire.
Lenesçaysi l'onpeutdécrire Des tourmensqui n'ont point d'égauxz Mais brûler &ne l'ofer dire
Eft leplus granddetous les maux.
ENVOY.
Ah!GrandRoy,voit-on rien depire,
Entre lesplus fiers Animaux,
Quel'Hominefujet àmédire;
Et brûler &l'ofer dire,
N'est-cepas leplus grand des maux ?
de S.Aignan ; mais comme il n'en garde point de Copies , on n'a de luy que ce que le hazard fait re- couvrer de ceux à qui il peut l'a- voir adreſſé. C'eſt par cemoyen
GALANT. 55 que laBallade qui fuit m'eſt tom- bée entre les mains.
1.13
2.
BALLADE
AUROY
Harmant & glorieux Vainqueur CQuimetteztous sous vostre Empire,
Cequiſepaſſedans mon cœur Vous voulez donc l'aprendre , SIRE ?
Helas!àtouteheure il ſoupire ,
Etdit accablé de travaux ,
Que brûler &ne l'ofer dire ,
Eftleplusgranddetous les manx.
泰
Monesprit n'aplus de vigueur,
Rienn'estpareil àmonmartyre ,
Etdans l'excésdema langueur
Lenesçay ce que je defire.
Achaque instantmonmal empire Iay des laloux,j'ay des Rivaux;
Mais brûler ne l'ofer dire ,
Est le plus granddetous mesmaux.
Civ
36 LE MERCVRE
Onvoit ma trifte conleur STUNG SA Vnchangement que l'on admire.
L'excés dema vive douleur
Tous lesplaiſirs vient m'interdire.
Lenesçaysi l'onpeutdécrire Des tourmensqui n'ont point d'égauxz Mais brûler &ne l'ofer dire
Eft leplus granddetous les maux.
ENVOY.
Ah!GrandRoy,voit-on rien depire,
Entre lesplus fiers Animaux,
Quel'Hominefujet àmédire;
Et brûler &l'ofer dire,
N'est-cepas leplus grand des maux ?
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Résumé : BALLADE AU ROY.
Le texte présente une ballade adressée à un souverain, probablement le roi de France. La ballade a été retrouvée par hasard, car son auteur, Monsieur le Duc, ne conserve pas de copies de ses œuvres. Le poète exprime sa douleur et sa langueur, se sentant accablé par des travaux et des désirs inavouables. Il mentionne ses rivaux et la tristesse de sa condition, soulignant que la pire de ses souffrances est de brûler de dire ce qu'il ne peut avouer. Le poète compare également la condition humaine à celle des animaux, se demandant si l'homme est le plus sujet à la médisance. La ballade se conclut par une interrogation sur la pire des souffrances humaines, qui serait de brûler de dire ce qu'on ne peut avouer.
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8
p. 229-230
SUR LE CHASTEAU DE S. GERMAIN, Gravé par Monseigneur le Dauphin.
Début :
Graveur Auguste & sans égal, [...]
Mots clefs :
Dauphin, Château de S. Germain, Peindre, Renommée
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texteReconnaissance textuelle : SUR LE CHASTEAU DE S. GERMAIN, Gravé par Monseigneur le Dauphin.
SUR LE CHASTEAU
DE S. GER MAIN ,
Gravé par Monſeigneur le Dauphin.
Raveur Auguste fans égal,
Gonapres Le Grand Louis
l'Univers admire ,
Quand on vous verroit peindre &gra- ver affez mal ,
Quel Cenfeur oferoit y trouver à re- dire?
Maisonvous voit brillant comme un autre Soleil
Effacer le renomde Liſippe &d'Apelle ;
Vous trouver toujours fans pareil.
N'estpas une chose nouvelle.
Pourmoyje ne sçaurois , à moins d'un Inpromptu,
Vanter
GALANT.
145 Vanter le beau Preſent qu'il vousplaist de mefaire ,
Le langage des Dieux , de la haute
Vertu
Est la récompense ordinaire.
Simondefſſein est un peu temeraire ,
I'en obtiendraypeut- estre lepardon Envousdiſant d'une voix animée Qu'un jour malgré les coups, lapoudre,
lafumée,
Lescris , l'acier luiſant, &lebruit du Canon ,
Vousgraverezencor mieuxvoſtre Nors
AuTemple de la Renommée.
DE S. GER MAIN ,
Gravé par Monſeigneur le Dauphin.
Raveur Auguste fans égal,
Gonapres Le Grand Louis
l'Univers admire ,
Quand on vous verroit peindre &gra- ver affez mal ,
Quel Cenfeur oferoit y trouver à re- dire?
Maisonvous voit brillant comme un autre Soleil
Effacer le renomde Liſippe &d'Apelle ;
Vous trouver toujours fans pareil.
N'estpas une chose nouvelle.
Pourmoyje ne sçaurois , à moins d'un Inpromptu,
Vanter
GALANT.
145 Vanter le beau Preſent qu'il vousplaist de mefaire ,
Le langage des Dieux , de la haute
Vertu
Est la récompense ordinaire.
Simondefſſein est un peu temeraire ,
I'en obtiendraypeut- estre lepardon Envousdiſant d'une voix animée Qu'un jour malgré les coups, lapoudre,
lafumée,
Lescris , l'acier luiſant, &lebruit du Canon ,
Vousgraverezencor mieuxvoſtre Nors
AuTemple de la Renommée.
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Résumé : SUR LE CHASTEAU DE S. GERMAIN, Gravé par Monseigneur le Dauphin.
Le texte est une dédicace poétique au Dauphin, louant Louis XIV. Il compare la grandeur du roi à celle d'un soleil éclatant et à celle des artistes antiques comme Lisippe et Apelle. Simon, un artiste, prédit que Louis XIV gravera son nom au Temple de la Renommée malgré les dangers symbolisés par les armes et les cris.
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9
p. 233-240
LETTRE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN A l'Autheur du Mercure.
Début :
Je tenois le veritable assez difficile à trouver, pour croire / Je ne sçay, Monsieur, si j'ay trouvé le veritable [...]
Mots clefs :
Énigme, Corps, Armée des Confédérés, Trouver
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN A l'Autheur du Mercure.
Je tenois le veritable afſſez
difficile à trouver , pour croire que vous ne l'apprendriez que de moy , ce- pendant vous l'apprendrez de Mon- Tieur le Duc de S.Aignan , qui connut ce que je cachois , incontinent apres que ma derniere Lettre eut paru. Ce qu'il m'a fait l'honneurde m'en écrire vous dévelopera les obſcuritez qui ont embaraffé vos Amies.
GALANT. 155
033333333
LETTRE DE MONSIEVR
LE DUC DE S.AIGNAN.
A l'Autheur du Mercure.
Enesçay ,Monsieur ,fi j'ay trouve
le veritable sens devostre Enigme,
maisje nepuis eſtre le maistre d'unpre- mier mouvement qui me porte d'abord à
vous annoncer une Victoire que je ne tiens pas encor trop aſſurée. S'il est vray quej'aye effectivement deviné cetteEni- gme,je dois en estre plus fierque vous ne pensez ,car je crois avoir découvert qu'elle est de vous , & par conséquent qu'elle ne pouvoit estre quefort fubtile.
Enfin , Monsieur, c'est àmonsens non Seulement l'Armée, mais celledes Con- federez ,puiſque je trouve tant decho- ſes qui conviennent à cela, qu'il nefe peut pas davantage.
Ce Corps est composé de plusieurs Princes inégaux en pouvoir. Avantque
Gvj
156 LE MERCVRE
1
lesTroupes dechacun d'euxfuſſentjoin tes , elles avoient estélevéesſeparément.
Iln'est animéquedeces meſimes Troupes qui ne laiſſoient pas d'estre avant que leur jonctionformaſt un Corps.
Il n'a point de Teste , c'est àdire point de Chef entierement abſolu. Les Bras font aifez à trouver dansle grand nombre de Soldats qui font dans ces Troupes , &qui eſtant d'une naiſſance fort éloignée de celle des Commandans,
font l'illustre &baffe Famille dont il eft parlé.
Quelque grandque foit ce Corps , au lien de se rendre formidable par le nombre , il afait voir quelquefois qu'il n'estoit pas fans appréhenſion de nos
armes.
LesnouveauxMembresqui luy vien- nent , font les nouvelles Troupes des Alliez , qu'onſepare bien souvent pour les faire agir en divers lieux ; & l'heu- re du repos estant venue , c'est àdire te temps des Quartiers d'Hyver ,
Troupesfont obligées quelquefois en les cherchant d'en venir aux mains avec
ces
GALANT. 157 ceux de leur Party qui ne les veulent pas recevoir,parcequ'ellesfont maldif- ciplinées.
Ce grand Corps doit afſfurément ex.
pirer un jour , l'Alliance des Princes qui le compoſent n'eſtant que pour un temps;mais s'ils la renouveltent avant qu'elle vienne à expirer tout- à-fait , ils lefont revivre.
Quelques soins que prennent tant d'Alliez pour maintenir cette Union,
ilsfebroüillent quelquefois, &blâment
la conduite les uns des autres ,comme
ont fait depuis pendeuxdesplus confi- derables d'entr'eux.
Enfin le grand éclat qui bleſſe ce Corps, vient du Roy ,& ce vaillant Monarque est le Soleil dont les brillans
rayons ſe dardant contre luy ,le font tantfouffrir. f
:
Confeffex, Monsieur ,que j'ay de- vine, ou tout au moinsque vostre Enigme a tant de raport avec ceſens , que difficilement en pourroit- on trouver un autrequi y convinst mieux. Maisfi ce n'est pas une chose facile , c'en est une
138 LE MERCURE impoſſible de trouver perſonne quiſoit plus que moyvoſtre ,&c..
difficile à trouver , pour croire que vous ne l'apprendriez que de moy , ce- pendant vous l'apprendrez de Mon- Tieur le Duc de S.Aignan , qui connut ce que je cachois , incontinent apres que ma derniere Lettre eut paru. Ce qu'il m'a fait l'honneurde m'en écrire vous dévelopera les obſcuritez qui ont embaraffé vos Amies.
GALANT. 155
033333333
LETTRE DE MONSIEVR
LE DUC DE S.AIGNAN.
A l'Autheur du Mercure.
Enesçay ,Monsieur ,fi j'ay trouve
le veritable sens devostre Enigme,
maisje nepuis eſtre le maistre d'unpre- mier mouvement qui me porte d'abord à
vous annoncer une Victoire que je ne tiens pas encor trop aſſurée. S'il est vray quej'aye effectivement deviné cetteEni- gme,je dois en estre plus fierque vous ne pensez ,car je crois avoir découvert qu'elle est de vous , & par conséquent qu'elle ne pouvoit estre quefort fubtile.
Enfin , Monsieur, c'est àmonsens non Seulement l'Armée, mais celledes Con- federez ,puiſque je trouve tant decho- ſes qui conviennent à cela, qu'il nefe peut pas davantage.
Ce Corps est composé de plusieurs Princes inégaux en pouvoir. Avantque
Gvj
156 LE MERCVRE
1
lesTroupes dechacun d'euxfuſſentjoin tes , elles avoient estélevéesſeparément.
Iln'est animéquedeces meſimes Troupes qui ne laiſſoient pas d'estre avant que leur jonctionformaſt un Corps.
Il n'a point de Teste , c'est àdire point de Chef entierement abſolu. Les Bras font aifez à trouver dansle grand nombre de Soldats qui font dans ces Troupes , &qui eſtant d'une naiſſance fort éloignée de celle des Commandans,
font l'illustre &baffe Famille dont il eft parlé.
Quelque grandque foit ce Corps , au lien de se rendre formidable par le nombre , il afait voir quelquefois qu'il n'estoit pas fans appréhenſion de nos
armes.
LesnouveauxMembresqui luy vien- nent , font les nouvelles Troupes des Alliez , qu'onſepare bien souvent pour les faire agir en divers lieux ; & l'heu- re du repos estant venue , c'est àdire te temps des Quartiers d'Hyver ,
Troupesfont obligées quelquefois en les cherchant d'en venir aux mains avec
ces
GALANT. 157 ceux de leur Party qui ne les veulent pas recevoir,parcequ'ellesfont maldif- ciplinées.
Ce grand Corps doit afſfurément ex.
pirer un jour , l'Alliance des Princes qui le compoſent n'eſtant que pour un temps;mais s'ils la renouveltent avant qu'elle vienne à expirer tout- à-fait , ils lefont revivre.
Quelques soins que prennent tant d'Alliez pour maintenir cette Union,
ilsfebroüillent quelquefois, &blâment
la conduite les uns des autres ,comme
ont fait depuis pendeuxdesplus confi- derables d'entr'eux.
Enfin le grand éclat qui bleſſe ce Corps, vient du Roy ,& ce vaillant Monarque est le Soleil dont les brillans
rayons ſe dardant contre luy ,le font tantfouffrir. f
:
Confeffex, Monsieur ,que j'ay de- vine, ou tout au moinsque vostre Enigme a tant de raport avec ceſens , que difficilement en pourroit- on trouver un autrequi y convinst mieux. Maisfi ce n'est pas une chose facile , c'en est une
138 LE MERCURE impoſſible de trouver perſonne quiſoit plus que moyvoſtre ,&c..
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Résumé : LETTRE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN A l'Autheur du Mercure.
Le Duc de S.Aignan a découvert le sens d'une énigme qu'il attribue à l'auteur. Selon lui, l'énigme représente une armée alliée composée de plusieurs princes inégaux en pouvoir, dont les troupes ont été levées séparément avant de se joindre. Cette armée n'a pas de chef absolu et est constituée de soldats de diverses origines. Malgré sa taille, elle peut éprouver des appréhensions face aux armes adverses. Les nouveaux membres de cette armée sont des troupes alliées souvent séparées pour agir en divers lieux. Pendant les quartiers d'hiver, ces troupes peuvent entrer en conflit avec celles de leur propre parti en raison de leur manque de discipline. L'alliance des princes est temporaire et peut être renouvelée avant son expiration. Les alliés prennent soin de maintenir cette union, mais des conflits internes peuvent survenir. Enfin, le roi, comparé au soleil, est la source principale des difficultés pour cette armée. Le Duc conclut que son interprétation de l'énigme est la plus probable.
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10
p. 176-181
REPONSE DE Mr LE DUC DE S. AIGNAN, A Madame des Houlieres.
Début :
Voicy la Réponse que Mr le Duc de S. Aignan a faite / A Caution tous ne sont pas sujets, [...]
Mots clefs :
Amants, Caution, Aimer, Jadis, Coeurs, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE DE Mr LE DUC DE S. AIGNAN, A Madame des Houlieres.
oicy la Réponse que M*
le Duc de S. Aignan a faite
à cette Ballade. Elle eft fur
les mefmes rimes.
GALANT. 177
REPONSE DE M'
LE DUC DE S. AIGNAN,
A Madame des Houlieres.
A
Caution tous nefont pasfujets,
Autremaxime en ma tefte eft écrites
Etpourparler de mes tourmensfecrets,
Famais de Cour ne connus l'Eaubenite.
Si dans les cœurs probité plus n'habite,
Dans le mien font mefmes faits,
mefmes dits,
Qu'avantqu' Aftuce au mondefust
venüe,
178 MERCURE
D'Aman's loyauxfi la mode eftperdie,
J'aime toûjours comme on aimoitjadis.
S2
Nulriche atour, nul nombre de Valets,
Ne contribüe à monpeu demérite,
Toujours metiens au rangdesplus
difcrets;
Tant-mieuxpour moy,filaTroupe
eftpetites
Si dans l'amour nouvelle on décrépite,
Lesplusgroffiersfont toujours applandis.
Duffay-je en tout me voirpaſſerpour
Grüe,
Faveurfe cache auffitoft qu'obtenue,
J'aime toujours comme on aimoit jadis.
GALANT. 179
Ieunes Beautez qui nous tendez
filets,
Chaffez bien loin cette engeance
maudite
de De Jouvenceaux ; quand pres
beaux objets
D'eftre indolent chacunfefélicite,
Lefers l'Amourfans faire l'hypocrite,
Et mieux lefers qu'un de ces Etourdisi
Maisfipourvous auxſoinsje m'habitüe,
Don demercyje veux avoir en veüe,
J'aime toujours comme on aimoit jadis.
S&
Quandjeunes cœurs fe trouvent
ainfi faits,
Meilleurs Préfens aux Damesje
debite.
180 MERCURE
Certains Barbons ont droit d'eftre
Coquets,
Le Diable cut tort quand ilfe fit
Hermite.
Si maperfonne à tendreffe n'invite,
Mesfens au moins point ne font
refroidis,
Paraucuns maux mon humeur n'eft
bourrie,
Etquandplusfort aurois tefte chenüe,
J'aime toujours comme on aimoit jadis.
ENVOY.
Fils de Vénus,fipour tes intérefts
Ieprens l'Encens, &rompsles Camouflets,
Accorde-nous que ce train continüe.
Nous reverrons le Siecle d'Amadis;
GALANT. 181
Etfiparfsis Dame d'attraits pourveže,
Am'enflamerfe trouveparvenue,
J'aime toujours comine on aimoit jadis.
le Duc de S. Aignan a faite
à cette Ballade. Elle eft fur
les mefmes rimes.
GALANT. 177
REPONSE DE M'
LE DUC DE S. AIGNAN,
A Madame des Houlieres.
A
Caution tous nefont pasfujets,
Autremaxime en ma tefte eft écrites
Etpourparler de mes tourmensfecrets,
Famais de Cour ne connus l'Eaubenite.
Si dans les cœurs probité plus n'habite,
Dans le mien font mefmes faits,
mefmes dits,
Qu'avantqu' Aftuce au mondefust
venüe,
178 MERCURE
D'Aman's loyauxfi la mode eftperdie,
J'aime toûjours comme on aimoitjadis.
S2
Nulriche atour, nul nombre de Valets,
Ne contribüe à monpeu demérite,
Toujours metiens au rangdesplus
difcrets;
Tant-mieuxpour moy,filaTroupe
eftpetites
Si dans l'amour nouvelle on décrépite,
Lesplusgroffiersfont toujours applandis.
Duffay-je en tout me voirpaſſerpour
Grüe,
Faveurfe cache auffitoft qu'obtenue,
J'aime toujours comme on aimoit jadis.
GALANT. 179
Ieunes Beautez qui nous tendez
filets,
Chaffez bien loin cette engeance
maudite
de De Jouvenceaux ; quand pres
beaux objets
D'eftre indolent chacunfefélicite,
Lefers l'Amourfans faire l'hypocrite,
Et mieux lefers qu'un de ces Etourdisi
Maisfipourvous auxſoinsje m'habitüe,
Don demercyje veux avoir en veüe,
J'aime toujours comme on aimoit jadis.
S&
Quandjeunes cœurs fe trouvent
ainfi faits,
Meilleurs Préfens aux Damesje
debite.
180 MERCURE
Certains Barbons ont droit d'eftre
Coquets,
Le Diable cut tort quand ilfe fit
Hermite.
Si maperfonne à tendreffe n'invite,
Mesfens au moins point ne font
refroidis,
Paraucuns maux mon humeur n'eft
bourrie,
Etquandplusfort aurois tefte chenüe,
J'aime toujours comme on aimoit jadis.
ENVOY.
Fils de Vénus,fipour tes intérefts
Ieprens l'Encens, &rompsles Camouflets,
Accorde-nous que ce train continüe.
Nous reverrons le Siecle d'Amadis;
GALANT. 181
Etfiparfsis Dame d'attraits pourveže,
Am'enflamerfe trouveparvenue,
J'aime toujours comine on aimoit jadis.
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Résumé : REPONSE DE Mr LE DUC DE S. AIGNAN, A Madame des Houlieres.
Le Duc de S. Aignan répond à une ballade de Madame des Houlières en affirmant que tous ne sont pas sujets à la galanterie. Il reste fidèle à l'amour traditionnel malgré les changements dans les mœurs. Il ignore les artifices de la cour et préfère la loyauté d'Aman. Se décrivant comme modeste, sans richesses ni nombreux valets, il se place parmi les discrets. Il critique les nouvelles modes amoureuses et les jeunes beautés qui tendent des pièges. Indulgent envers les jeunes cœurs et les barbons coquets, il n'est pas aigri par les maux. Il espère le retour du siècle d'Amadis, marqué par un amour sincère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 223-228
SECONDE BALLADE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN, Pour réponse à celle qui commence par ces mots, Duc plus vaillant, &c.
Début :
Il court icy de nouvelles Ballades, ajoûtées depuis peu / O L'heureux temps, où les fiers Paladins [...]
Mots clefs :
Copies, Guerriers, Chevalerie, Métier, Dame
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texteReconnaissance textuelle : SECONDE BALLADE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN, Pour réponse à celle qui commence par ces mots, Duc plus vaillant, &c.
l court icy de nouvelles
Ballades, ajoûtées depuis peu
aux premierespar M le Duc
de S. Aignan , & je vous
avoue , Madame, qu'elles
T mij
224 MERCURE
312
m ont embaraffé. Fay crâ
qu'il y auroit de l'injuftice à
refufer aux Curieux , ce qui
a efté fi agreable à toute la
Cour, & j'ay craint en meſme temps de faire foufrir la
modeftiede ce Duc , comme
cela m'eft arrivé plufieurs
fois , mais enfin je me fuis
déterminé à les rendre publiques dans cette Lettre,
voyant qu'elles le font déja,
par le grand nombre de Copies qui en ont efté faites , la
plupart pleines de faures,
auffi bien que de celles de
Madame des Houlieres..
GALANT 225
SECONDE RALLADE
DE MONSIEUR
LE DUC DE S. AIGNAN,
Pour réponse à celle qui commence par ces mots Duc plus
vaillant, &c.
O
L'heureux temps , oùksfiers . ,
Paladins
Alloient par tout cherchant les avanTures,
Oùfans dormirnon plus quefont Lu
tins,
Sans eftre las deporter leurs axmures;
Princes & Roys, de Vins & Cofitures
Lesrégaloientaufortirdes Feftins !
Dame , àbon droit desbeaux Eſprits OR chérie,
Qui faites cas deGuerriers valeuneux,
220 MERCURE
Eft-ilrien telqu' Art de Chevalerie?
Fut-il jamais un Métier plus heureux ?\\ raad 120*
25
CcsDamoiſels s'écatoientauxjardins
Bien atournez de pompenfes vestures.
La plus vermicils qu'on ne peint Chérubin's A tobox
Chapeauxde Fleurs misfur leurs che
velures,
Se déduifoient enfuperbesparures,
Gentilsfurcots , toiles d'or fatins.
Deles voirtels toute ame eftoit ravie,
Tantavoient l'airdeGens victorieux.
Dam:fanspair, dites - nous , je vous
pric,
Fut il jamais un Métierplus heureux?
tu
SS AC THAI
S'ilavenoitquefelons Affaffirs
Endurcombat leurfiffent disbleſſures,
GALANT. 227
i
Fa nulmétiern'avoientde Médecins,
FillesdeRoys, mouli belles Créatures,
Qu'on renommoitpourleursfçavantes cures,
SurLitsmollets &furrichesCouffins,
Chacuneàpartdeleurdouleurmarrie,
Lesconfolant &fe senantprés d'eux,
Rendoient bien - toft leur Perfonne
317 guérie.
Fut iljamais un Métier plus heureux ?
S&
Moy, qui toujours furpaffant maint Blondins
Entrais effets ainsi qu'en Ecritures,"
Ay depuispeu mis aujourdeux Bam- babins,
Dontonferoit d'agréablespeintures,
Dans la vigueur qu'on voit en mes
allures,
Fere veux encorpar mouli nobles deffeins
228 MERCURE
·Des Ennemis voir la face blêmie,
Etleas donnerun affaut vivigouri gourdux,
Puistall apres retourner versm'amik.
Fut, iljamais un Métier plus heu.
reux ?
ENVOY. yoyov
Quepuiffuz- vous, Dame au cœur &
génereux,
Voirenhonneurs toujours voftreMef
gnie,
Et qu'un Germain bien dignede vos
Puiffe bien- toftpoffeder Abaie,
D'unbon rapport, commode , &fort nombreux,
Sique miré, content &glorieux,
En tel dedu i quelquefoisil s'écrie,
Fut iljamais unMétier plus heu
reux
Ballades, ajoûtées depuis peu
aux premierespar M le Duc
de S. Aignan , & je vous
avoue , Madame, qu'elles
T mij
224 MERCURE
312
m ont embaraffé. Fay crâ
qu'il y auroit de l'injuftice à
refufer aux Curieux , ce qui
a efté fi agreable à toute la
Cour, & j'ay craint en meſme temps de faire foufrir la
modeftiede ce Duc , comme
cela m'eft arrivé plufieurs
fois , mais enfin je me fuis
déterminé à les rendre publiques dans cette Lettre,
voyant qu'elles le font déja,
par le grand nombre de Copies qui en ont efté faites , la
plupart pleines de faures,
auffi bien que de celles de
Madame des Houlieres..
GALANT 225
SECONDE RALLADE
DE MONSIEUR
LE DUC DE S. AIGNAN,
Pour réponse à celle qui commence par ces mots Duc plus
vaillant, &c.
O
L'heureux temps , oùksfiers . ,
Paladins
Alloient par tout cherchant les avanTures,
Oùfans dormirnon plus quefont Lu
tins,
Sans eftre las deporter leurs axmures;
Princes & Roys, de Vins & Cofitures
Lesrégaloientaufortirdes Feftins !
Dame , àbon droit desbeaux Eſprits OR chérie,
Qui faites cas deGuerriers valeuneux,
220 MERCURE
Eft-ilrien telqu' Art de Chevalerie?
Fut-il jamais un Métier plus heureux ?\\ raad 120*
25
CcsDamoiſels s'écatoientauxjardins
Bien atournez de pompenfes vestures.
La plus vermicils qu'on ne peint Chérubin's A tobox
Chapeauxde Fleurs misfur leurs che
velures,
Se déduifoient enfuperbesparures,
Gentilsfurcots , toiles d'or fatins.
Deles voirtels toute ame eftoit ravie,
Tantavoient l'airdeGens victorieux.
Dam:fanspair, dites - nous , je vous
pric,
Fut il jamais un Métierplus heureux?
tu
SS AC THAI
S'ilavenoitquefelons Affaffirs
Endurcombat leurfiffent disbleſſures,
GALANT. 227
i
Fa nulmétiern'avoientde Médecins,
FillesdeRoys, mouli belles Créatures,
Qu'on renommoitpourleursfçavantes cures,
SurLitsmollets &furrichesCouffins,
Chacuneàpartdeleurdouleurmarrie,
Lesconfolant &fe senantprés d'eux,
Rendoient bien - toft leur Perfonne
317 guérie.
Fut iljamais un Métier plus heureux ?
S&
Moy, qui toujours furpaffant maint Blondins
Entrais effets ainsi qu'en Ecritures,"
Ay depuispeu mis aujourdeux Bam- babins,
Dontonferoit d'agréablespeintures,
Dans la vigueur qu'on voit en mes
allures,
Fere veux encorpar mouli nobles deffeins
228 MERCURE
·Des Ennemis voir la face blêmie,
Etleas donnerun affaut vivigouri gourdux,
Puistall apres retourner versm'amik.
Fut, iljamais un Métier plus heu.
reux ?
ENVOY. yoyov
Quepuiffuz- vous, Dame au cœur &
génereux,
Voirenhonneurs toujours voftreMef
gnie,
Et qu'un Germain bien dignede vos
Puiffe bien- toftpoffeder Abaie,
D'unbon rapport, commode , &fort nombreux,
Sique miré, content &glorieux,
En tel dedu i quelquefoisil s'écrie,
Fut iljamais unMétier plus heu
reux
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Résumé : SECONDE BALLADE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN, Pour réponse à celle qui commence par ces mots, Duc plus vaillant, &c.
L'auteur d'une lettre discute de la publication de ballades récemment ajoutées par le Duc de Saint-Aignan. Il hésite entre refuser de les publier pour éviter l'injustice envers les curieux de la cour et respecter la modestie du Duc. Il choisit finalement de les publier en raison du grand nombre de copies erronées en circulation, y compris celles de Madame des Houlières. La lettre inclut une ballade du Duc répondant à une autre ballade. Cette ballade décrit un temps heureux où les paladins cherchaient des aventures, étaient récompensés par des princes et des rois, et étaient admirés pour leur bravoure. Elle met en avant la chevalerie et les métiers heureux des guerriers, malgré les dangers et les blessures. Le Duc exprime son désir de continuer à combattre et de revenir victorieux vers ses amis, soulignant la gloire et le bonheur de ce métier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 233-234
« Mr le Duc de S. Aignan a répondu à Madame des / Puis qu'aupres de vos Vers tous les autres sont fades, [...] »
Début :
Mr le Duc de S. Aignan a répondu à Madame des / Puis qu'aupres de vos Vers tous les autres sont fades, [...]
Mots clefs :
Beaux esprits, Applaudir
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texteReconnaissance textuelle : « Mr le Duc de S. Aignan a répondu à Madame des / Puis qu'aupres de vos Vers tous les autres sont fades, [...] »
le Duc de S. Aignan
a répondu à Madame des
Houlieres par cegalant Ma
drigal.
P
Vis qu'auprès de vos V'ers tous
les autresfont fades,
Aujourd'huy pour longtemps jercnonce aux Ballades,
Fevrier 1684
234 MERCURE
Etne fais qu'applandir à celle que
longe voju tenal namansar
Lesplus charmans Ecrits ne walent.
1 pasasles les voftres; 01302 199
Mais tous les beaux Efprits jugeront
commemoy,
be
Defant vaincu par vous , onpeut
vaincre les autres.
a répondu à Madame des
Houlieres par cegalant Ma
drigal.
P
Vis qu'auprès de vos V'ers tous
les autresfont fades,
Aujourd'huy pour longtemps jercnonce aux Ballades,
Fevrier 1684
234 MERCURE
Etne fais qu'applandir à celle que
longe voju tenal namansar
Lesplus charmans Ecrits ne walent.
1 pasasles les voftres; 01302 199
Mais tous les beaux Efprits jugeront
commemoy,
be
Defant vaincu par vous , onpeut
vaincre les autres.
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13
p. 39-40
A MADAME DES HOULIERES, INPROMPTU.
Début :
Les Ballades que je vous ay envoyées dans mes deux dernieres / Ouy, je l'ay dit sans hyperbole, [...]
Mots clefs :
Vainqueur, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME DES HOULIERES, INPROMPTU.
Les Ballades que je vous ay
envoyées dans mes deux dernieL , ' res ettres , m engagent a vot1s.
faire part de deux Madrigaux
qt1'on m'a donnez, & qt1i en fon~
·une fuite. Le pre1nicr cft de M..
le Duc de S.Aignan. .
•
•
•
\
•
• •
MERCURE
A MADAME
•
DES HOULIERES;. •
•
IN PR 0 M PTU ..
?Jy , jt t,11y dit fans hyptr~
boit t
YoJU écrive'{ d'un tiir qui pa.r loNt
· tjl v11inqueur.
1e veux bien confejfer 1u'it me reft~ tJ,, cœur,
Maù je àemet,re fans parole
envoyées dans mes deux dernieL , ' res ettres , m engagent a vot1s.
faire part de deux Madrigaux
qt1'on m'a donnez, & qt1i en fon~
·une fuite. Le pre1nicr cft de M..
le Duc de S.Aignan. .
•
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• •
MERCURE
A MADAME
•
DES HOULIERES;. •
•
IN PR 0 M PTU ..
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YoJU écrive'{ d'un tiir qui pa.r loNt
· tjl v11inqueur.
1e veux bien confejfer 1u'it me reft~ tJ,, cœur,
Maù je àemet,re fans parole
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1
p. 119-121
A MON COUSIN LE DUC de S. Aignan, Pair de France.
Début :
Le Roy luy fit l'honneur de luy envoyer cette Réponse / Mon Cousin, Vous avez un Art admirable pour me témoigner [...]
Mots clefs :
Valenciennes, Éloges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MON COUSIN LE DUC de S. Aignan, Pair de France.
LeRoy luy fit l'honneurdeluy envoyer cette reſponſe de ſa
main.
LE MERCURE
A MON COVSIN LE DVC
de S. Aignan , Pair de France.
On cousin , Vous avez un Art admirablepourmeté.
moigner vostre joyedans laprof- peritédemes armes. C'estoit au- trefoispardes Eloges, maintenant c'est par desfrayeurs du peril &
des fatigues où vous dites que ie me suis exposé pour me rendre maistre de Valenciennes. Maisie
n'ay pas depeine àdemefler ces differens mouvemens, ie les reünis
tous dans leſeulprincipedevôtre zelepourma Personne , &ie les
reçois avec unagrémentdontvous devez eltre fatisfait. Cependant
ieprie Diew qu'ilvous ait , mon cousin, enjasainte &digne gar- de. AnCamp devant Cambray le 27. de Mars 1677.
Signé , LOVIS.
main.
LE MERCURE
A MON COVSIN LE DVC
de S. Aignan , Pair de France.
On cousin , Vous avez un Art admirablepourmeté.
moigner vostre joyedans laprof- peritédemes armes. C'estoit au- trefoispardes Eloges, maintenant c'est par desfrayeurs du peril &
des fatigues où vous dites que ie me suis exposé pour me rendre maistre de Valenciennes. Maisie
n'ay pas depeine àdemefler ces differens mouvemens, ie les reünis
tous dans leſeulprincipedevôtre zelepourma Personne , &ie les
reçois avec unagrémentdontvous devez eltre fatisfait. Cependant
ieprie Diew qu'ilvous ait , mon cousin, enjasainte &digne gar- de. AnCamp devant Cambray le 27. de Mars 1677.
Signé , LOVIS.
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Résumé : A MON COUSIN LE DUC de S. Aignan, Pair de France.
Dans une lettre du 27 mars 1677, Louis XIV remercie le Duc de Saint-Aignan pour sa joie et son inquiétude après la prise de Valenciennes. Le roi interprète ces sentiments comme une preuve de sollicitude. Il prie pour la santé de son cousin et signe 'LOVIS'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 190-191
LETTRE DE S. A. R. à M. le Duc de S. Aignan.
Début :
Monsieur ayant reçeu cette Lettre, y fit de sa main [...]
Mots clefs :
Armée du roi, Tendresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE S. A. R. à M. le Duc de S. Aignan.
Monfieur ayant receu cette Lettre , y fit deſamain
ponſe ſuivante.
la re
NORD
LETTRE DE SON ALTESSE
Royale à Monfieur le Duc
de S. Aignan .
DEVIL LA
.
On Cousin,Vous croirezfa- cilementlajoyequeiereçois par l'aſſuranceque vous me
donnezdecelleque vous avez re- ceuë de l'heureux fuccés qu'ent Dimanche dernierl'Arméequele
Roy m'afait l'honneur deme confier,puisque cela acause unmo- ment deplaisir au Roy,&l'aobligéde medonner en cette occafion des marquesdeſatendreſſe , quoy
que ie fuſſe celuy qui avoic eu le
moins depart au bonheur deses
Armes. Iene laiſſepas de vous en
138 LE MERCURE
4
estrefort obligé ; &devous prier decroirequeiefuis,
MON COVSIN,
Voſtrebienbon Coufin,
PHILIPPE,
Le18.Avril, nuCamp deMont Caffel.
ponſe ſuivante.
la re
NORD
LETTRE DE SON ALTESSE
Royale à Monfieur le Duc
de S. Aignan .
DEVIL LA
.
On Cousin,Vous croirezfa- cilementlajoyequeiereçois par l'aſſuranceque vous me
donnezdecelleque vous avez re- ceuë de l'heureux fuccés qu'ent Dimanche dernierl'Arméequele
Roy m'afait l'honneur deme confier,puisque cela acause unmo- ment deplaisir au Roy,&l'aobligéde medonner en cette occafion des marquesdeſatendreſſe , quoy
que ie fuſſe celuy qui avoic eu le
moins depart au bonheur deses
Armes. Iene laiſſepas de vous en
138 LE MERCURE
4
estrefort obligé ; &devous prier decroirequeiefuis,
MON COVSIN,
Voſtrebienbon Coufin,
PHILIPPE,
Le18.Avril, nuCamp deMont Caffel.
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Résumé : LETTRE DE S. A. R. à M. le Duc de S. Aignan.
Le roi Philippe, dans une lettre datée du 18 avril depuis le camp de Mont Cassel, exprime sa joie au Duc de Saint-Aignan pour le succès militaire du dimanche précédent. Il remercie le duc et lui assure de son amitié, bien qu'il ait eu peu de part dans ce succès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 234-236
Réponse de la main du Roy, à Monsieur le Duc de S Aignan.
Début :
Voyons la réponse du Roy, & remarquons en passant que / Mon Cousin, je connois trop bien le fonds de vôtre [...]
Mots clefs :
Joie, Devoir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse de la main du Roy, à Monsieur le Duc de S Aignan.
Voyons la réponſeduRoy, &remarquons en paſſant que c'eſt la ſeconde
dont en moins d'un mois Sa
Majesté à honoré Monfieur le
Ducde S. Aignan.
Hij
174: LE MERCURE
Réponſe delamain du Roy', à Mon. ſieur le Duc de S' Aignan .
M
On Cousin,
bienlefonds
ieconnoistrop
devôtre cœur,
pour douter de voſtre joye dans lesfavorablesfuccés dont ilplaiſt àDieudebenirmes Armes. lene
Suispasmoins persuadé devos in- quietudespourles fatigues &les accidens où l'on est obligéde s'expoler en des expeditions comme celle cy. Mais vous iugez bien qu'on nepeut reüſfir autrement ;
&apres tout vous conviendrez
qu'ilfaut toûjoursfairefon devoir,
Odurestese recommander àDieu.
Le lepriede vous avoir, mon Cou- fin,enſaſainte&digne garde.. A Dunkerquele 27. d'Avril.
1677 .
Signe , LOVIS.
dont en moins d'un mois Sa
Majesté à honoré Monfieur le
Ducde S. Aignan.
Hij
174: LE MERCURE
Réponſe delamain du Roy', à Mon. ſieur le Duc de S' Aignan .
M
On Cousin,
bienlefonds
ieconnoistrop
devôtre cœur,
pour douter de voſtre joye dans lesfavorablesfuccés dont ilplaiſt àDieudebenirmes Armes. lene
Suispasmoins persuadé devos in- quietudespourles fatigues &les accidens où l'on est obligéde s'expoler en des expeditions comme celle cy. Mais vous iugez bien qu'on nepeut reüſfir autrement ;
&apres tout vous conviendrez
qu'ilfaut toûjoursfairefon devoir,
Odurestese recommander àDieu.
Le lepriede vous avoir, mon Cou- fin,enſaſainte&digne garde.. A Dunkerquele 27. d'Avril.
1677 .
Signe , LOVIS.
Fermer
Résumé : Réponse de la main du Roy, à Monsieur le Duc de S Aignan.
Le roi Louis écrit au Duc de Saint-Aignan le 27 avril 1677. Il reconnaît la joie du duc face aux succès militaires et ses inquiétudes sur les dangers des expéditions. Le roi insiste sur la nécessité de poursuivre le devoir malgré les risques. La lettre se conclut par une recommandation à la protection divine. C'est la seconde missive en moins d'un mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
s. p.
A MONSEIGNEUR LE DUC DE St AIGNAN, PAIR DE FRANCE.
Début :
Monseigneur, C'est estre bien hardy de vous adresser une Epistre [...]
Mots clefs :
Épître, Mercure, Matières, Réception, Récit, Spectacle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE DUC DE St AIGNAN, PAIR DE FRANCE.
A MONSEIGNEUR
LE DUC
DEST. AIGNAN
PAIR DE FRANCE.
M
ONSEIGNEUR,
C'est estre bien hardy de vous adrefferune Epiſtre àvous quifai
tes tous les jours des Lettres admirables , &qui écrivez avec une délicateſſe dontfipeude Perſonnes peuvent approcher. Cen'est point auſſi comme beleſprit que jeprens cette liberté. Les matieres dont
traitele Mercureluy ontdéjadonnéentrée preſque dans toutes les Cours de l'Europe. Ie cherche àl'y fairerecevoiragreablement , &je n'enpuis trouver un moyen plus
粉
EPITRE.
feur, quede luy faireportervostre Illustre Nom. Ce Nom est connu
par tout,MONSEIGNEUR , iln'y apoint de lieu , quelque reculéqu'il ſoit où l'on demande qui vous éſtes,
&je nepuis douter quele Mercure n'y trouve une tres-favorable rece- ption , ſi vous mepermettez depu- blier que le deſſein vous en aplû;
quefalecture vous a diverty, &
que c'est particulierementſurvo- tre approbation que je mesuis en- hardyàlepoursuivre.Dequelpoids nefera- t-ellepoint aupresdes Cri- tiques, cette glorieuse approbation dontvousfouffrez queje meflate?
Dira-t'on quevous manquezde lu- mieres pour juger ſainement des chofes , Vous , MONSEIGNEUR ,
qui estes reconnu de tout le monde pourun esprit tout éclairé,quipof- Sedez éminemment ce qu'il y ade plus belles Connoiſſances , & dont les jugemens reglent ſi ſouvent ceuxde l'AcademieFrançoise,éta-
EPITRE.
blie pour mettre la Languedansſa
plus exacte pureté? Ne croyezpas ,
MONSEIGNEUR , quecejuſte témoignage que je rends de vous à la verité ,ſoit un commencement des loüanges queje meprepare à vous
donner. La matiere eſt un peu trop
ample , &de quelque coſté que je me tournaſſe je m'en trouverois bien- tost accabié. En effet , que
n'aurois-jepoint àdire de cette inSigne Valeur dont vous avez tant
defois donné deſi éclatantes mar.
ques ? Elleparoiſtra afſſez ailleurs
dans le ſimple Récit queje me re- Serveàfaire de vos grandes Acti- ons , &j'adjoûterayſeulement icy qu'elle ne vous estpas moins unbien hereditaire, que cette merveilleuse
adreſſe de corps que vous avez
toûjours euë en partage. Nous le
voyonspar la Charge de Mestre
de Campde la Cavalerie Legere
qui ne s'est jamais donnée qu'aux
vrais Braves , &dans laquelle
EPITRE.
feuMonsieurle Cote de S.Aignan voſtre Pere s'acquit autrefois une
fi haute reputation ; & du co- ſté de l'adreſſe , nefut-ilpaslefe- condAffaillant sousle Princede Conty au grand Carouſel de Loüis XIII , comme vous l'avez esté Sous leRoy àceluy dont ilplût àSa Majesté deſe donner le magnifi- que Divertiſſement. Avec quel avantagen'yparustes-vouspas,&
quelsyeux manquâtes-vous d'at- tirer dans une occasion fi propre àfaire voir la grace touteparti- culiere que vous avez dans ces no- bles Exercices qui font ſi ne- ceffaires aux Perſonnes de vostre rang , &dont ily a eu mesme des Filsde Roisqui n'ont pas quelque
fois dédaigné devenirprendre des Leçosſoûs nos meilleurs Maistres .
Yen a t-il aucun où vousn'excelbiez ?ouplutôt,MONSEIGNEVR,
nepeut-on pas direque vous estes
universel , & que la Galanterie
EPITRE.
est tellement née avec vous, que
vous n'ignorez riede ce qui lapeut rendre confiderable? Ilne voussuf fit pas desçavoir executer. Combiende Spectacles inventez en un
momentpourle Roy, où vous avez fait admirerà toute la Cour la
promptevivacitéde ce merveilleux Génie qu'on nesçauroit aſſez estimer On s'yfouvient
plaisirde celuydel'ifle Enchantea encor avecTRBADE OF
voir fans Yo Spectacle Spectacle qu'on n'a pû furprise,&dont l'invention nedemandoitpas moins une Ame toute guerriere , qu'un efprit veritable- ment galant. Mais àquoy mar.
restay-je,MONSEIGNEVR ? L'estime & la confiance dont le Roy vous a toûjours honoré, nefont-el- lespaslamarque laplus indubi- tablede cemerite extraordinaire
quiparleſi avantageusementpour
vous. En vous confiant laPlace dont
il vous a fait Gouverneur , ilvous amisentre les mains unedes Clefs
EPITRE.
deſon Royaume ; &ce grand Dépostne justifie- t-ilpas avec toute la gloire qui vous est devë combien vos longs ſervices l'ont persuadé fortement de voštrefidelité ? Voila
beaucoup de chofes , MONSEIG- NEVR , qui feroient un long Pa- negyrique pour un autre ; onferoit aſſurément épuisé , &fi onadjoû- toit en finiſſant qu'on en auroit encor bien d'autres àdire,ceſeroit uneflaterie quiferviroit d'embel- liſſement àla Lettre , &ces au- tres choses ne seroient que ce qui auroit esté déja dit ; maisiln'en est pas ainſi de vous, &le Mercu- revafaire voirpar l'Article qui vous regarde , que si j'ay fait icy une legere ébauchede vostre Por- trait , ç'a esté Seulement pour prendre l'occaſion de faire connoi- Stre àtout le monde avec combien
de paſſion &de reſpest jeſuis ,
ONSEIGNEUR,
Voſtre tres-humble & tres- obeïffant Serviteur. D
LE DUC
DEST. AIGNAN
PAIR DE FRANCE.
M
ONSEIGNEUR,
C'est estre bien hardy de vous adrefferune Epiſtre àvous quifai
tes tous les jours des Lettres admirables , &qui écrivez avec une délicateſſe dontfipeude Perſonnes peuvent approcher. Cen'est point auſſi comme beleſprit que jeprens cette liberté. Les matieres dont
traitele Mercureluy ontdéjadonnéentrée preſque dans toutes les Cours de l'Europe. Ie cherche àl'y fairerecevoiragreablement , &je n'enpuis trouver un moyen plus
粉
EPITRE.
feur, quede luy faireportervostre Illustre Nom. Ce Nom est connu
par tout,MONSEIGNEUR , iln'y apoint de lieu , quelque reculéqu'il ſoit où l'on demande qui vous éſtes,
&je nepuis douter quele Mercure n'y trouve une tres-favorable rece- ption , ſi vous mepermettez depu- blier que le deſſein vous en aplû;
quefalecture vous a diverty, &
que c'est particulierementſurvo- tre approbation que je mesuis en- hardyàlepoursuivre.Dequelpoids nefera- t-ellepoint aupresdes Cri- tiques, cette glorieuse approbation dontvousfouffrez queje meflate?
Dira-t'on quevous manquezde lu- mieres pour juger ſainement des chofes , Vous , MONSEIGNEUR ,
qui estes reconnu de tout le monde pourun esprit tout éclairé,quipof- Sedez éminemment ce qu'il y ade plus belles Connoiſſances , & dont les jugemens reglent ſi ſouvent ceuxde l'AcademieFrançoise,éta-
EPITRE.
blie pour mettre la Languedansſa
plus exacte pureté? Ne croyezpas ,
MONSEIGNEUR , quecejuſte témoignage que je rends de vous à la verité ,ſoit un commencement des loüanges queje meprepare à vous
donner. La matiere eſt un peu trop
ample , &de quelque coſté que je me tournaſſe je m'en trouverois bien- tost accabié. En effet , que
n'aurois-jepoint àdire de cette inSigne Valeur dont vous avez tant
defois donné deſi éclatantes mar.
ques ? Elleparoiſtra afſſez ailleurs
dans le ſimple Récit queje me re- Serveàfaire de vos grandes Acti- ons , &j'adjoûterayſeulement icy qu'elle ne vous estpas moins unbien hereditaire, que cette merveilleuse
adreſſe de corps que vous avez
toûjours euë en partage. Nous le
voyonspar la Charge de Mestre
de Campde la Cavalerie Legere
qui ne s'est jamais donnée qu'aux
vrais Braves , &dans laquelle
EPITRE.
feuMonsieurle Cote de S.Aignan voſtre Pere s'acquit autrefois une
fi haute reputation ; & du co- ſté de l'adreſſe , nefut-ilpaslefe- condAffaillant sousle Princede Conty au grand Carouſel de Loüis XIII , comme vous l'avez esté Sous leRoy àceluy dont ilplût àSa Majesté deſe donner le magnifi- que Divertiſſement. Avec quel avantagen'yparustes-vouspas,&
quelsyeux manquâtes-vous d'at- tirer dans une occasion fi propre àfaire voir la grace touteparti- culiere que vous avez dans ces no- bles Exercices qui font ſi ne- ceffaires aux Perſonnes de vostre rang , &dont ily a eu mesme des Filsde Roisqui n'ont pas quelque
fois dédaigné devenirprendre des Leçosſoûs nos meilleurs Maistres .
Yen a t-il aucun où vousn'excelbiez ?ouplutôt,MONSEIGNEVR,
nepeut-on pas direque vous estes
universel , & que la Galanterie
EPITRE.
est tellement née avec vous, que
vous n'ignorez riede ce qui lapeut rendre confiderable? Ilne voussuf fit pas desçavoir executer. Combiende Spectacles inventez en un
momentpourle Roy, où vous avez fait admirerà toute la Cour la
promptevivacitéde ce merveilleux Génie qu'on nesçauroit aſſez estimer On s'yfouvient
plaisirde celuydel'ifle Enchantea encor avecTRBADE OF
voir fans Yo Spectacle Spectacle qu'on n'a pû furprise,&dont l'invention nedemandoitpas moins une Ame toute guerriere , qu'un efprit veritable- ment galant. Mais àquoy mar.
restay-je,MONSEIGNEVR ? L'estime & la confiance dont le Roy vous a toûjours honoré, nefont-el- lespaslamarque laplus indubi- tablede cemerite extraordinaire
quiparleſi avantageusementpour
vous. En vous confiant laPlace dont
il vous a fait Gouverneur , ilvous amisentre les mains unedes Clefs
EPITRE.
deſon Royaume ; &ce grand Dépostne justifie- t-ilpas avec toute la gloire qui vous est devë combien vos longs ſervices l'ont persuadé fortement de voštrefidelité ? Voila
beaucoup de chofes , MONSEIG- NEVR , qui feroient un long Pa- negyrique pour un autre ; onferoit aſſurément épuisé , &fi onadjoû- toit en finiſſant qu'on en auroit encor bien d'autres àdire,ceſeroit uneflaterie quiferviroit d'embel- liſſement àla Lettre , &ces au- tres choses ne seroient que ce qui auroit esté déja dit ; maisiln'en est pas ainſi de vous, &le Mercu- revafaire voirpar l'Article qui vous regarde , que si j'ay fait icy une legere ébauchede vostre Por- trait , ç'a esté Seulement pour prendre l'occaſion de faire connoi- Stre àtout le monde avec combien
de paſſion &de reſpest jeſuis ,
ONSEIGNEUR,
Voſtre tres-humble & tres- obeïffant Serviteur. D
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Résumé : A MONSEIGNEUR LE DUC DE St AIGNAN, PAIR DE FRANCE.
L'épître est adressée à Monseigneur le Duc d'Aignan, pair de France. L'auteur s'excuse de son audace à écrire à une personne reconnue pour rédiger des lettres admirables et avec une grande délicatesse. Il mentionne que les sujets traités dans le Mercure de France ont déjà gagné une entrée dans presque toutes les cours d'Europe et espère obtenir une réception favorable en associant le nom illustre du Duc d'Aignan. L'auteur souligne la reconnaissance mondiale du nom du Duc et son espoir que le Mercure trouvera une réception favorable grâce à l'approbation du Duc. L'auteur loue les lumières et les connaissances éminentes du Duc, ainsi que ses jugements qui régissent souvent ceux de l'Académie française. Il mentionne la valeur et les grandes actions du Duc, héritées de son père, et son adresse exceptionnelle, notamment dans des charges militaires prestigieuses. Le Duc est également reconnu pour son excellence dans les exercices nobles et sa capacité à inventer des spectacles pour le roi. L'épître se conclut par une expression de respect et de passion de l'auteur envers le Duc, soulignant que le Mercure présentera une ébauche de son portrait pour faire connaître au monde entier son admiration et son respect.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 44-50
A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
Début :
Comme les Charges & les grands Emplois font plutost honte / N'Est-il point fait cet Armement [...]
Mots clefs :
Amour, Guerre, Louis, Muses, Trésor, Vertu
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
Comme les Charges & les grands Emplois font plutoſt honte qu'honneur ſi on ne les foûtient par le merite , heureux qui eneft liberalement partagé.
Je ſçay bien que la Cour eſt un grandTheatre où il paroiſt avec beaucoup plus d'éclat qu'ail- leurs; mais il n'y eſt pas fi fort renfermé qu'il ne ſe répande dans les Provinces ,&vous con- viendrez de celuy de M² Petit,
quand vous aurez leu ce que je vous envoye de ſa façon, C'eſt uneEpiſtre enjoüée qu'il adreſſe àMonfieurleDucde S.Aignan,
qui a pour luy une eſtime tres-
GALANT. 31 particuliere. Le ſtile en eſt libre,
&vous y trouverez un tour aile qui vous perfuadera aiſémentde de ce que j'ay à vous dire à l'a- vantage de fonAutheur.
YON
A MONSIEUR693
*
LE DUC DE S. AIGNAN.
'Est- il point fait cet Armement Qui depuis lõg-temps vous оссире?
Apollon s'en plaint hautement ,
Ainsiqu'Amourle Dieu charmant ;
Et lebeau Sexeporte jupe.
Quoy, Seigneur , ne parlera- t-on Ence Siecle que de Canon ,
Que deprendred'affaut des Villes ,
Quedepunir les Ennemis
De leurs manieres inciviles
D'oferſefrotter à Loüis,
LepremierHérosde la Terre ,
Sçavant au noble Art de la Guerre ,
Tout comme celuy qui lefit ,
Biiij
32 LE MERCVRE Etdont lagloire retentit
Mieuxquele bruit deſon Tonnerre ?
Nostre Parnasse eſtſans Laurier ;
Mais qui pourroit à ce Guerrier En fourniraffez poursa teste ?
Les Muses mefmesſont àbout ;
Elles pensent avoir dit tout ,
EtleurChant ſur une Conqueste Vient àgrand'peine de ceſſer ,
Que lasurprenante nouvelle D'uneautre &plus grande &plus belle,
Lesoblige àrecommencer..
Enfin ce Conquerant terrible LaffeMuses, Chefs &Soldats,
Etparcequ'il est Invincible ,
Il nese trouve jamais las.
Mais tandis qu'il tient dans la Plaine Ses braves Héros en haleine ,
Apresbiende tristes belas ,
MilleBellesdifent enlarmes,
Ah, mauditegloire des Armes ,
MauditsAfsants , mauditsCombats,
Quevousnous caufezde triſteſſe !
Quenousperdonsde doux ébats ,
Etquetant debelle Noblesse f
GALAN T. 33 Seroit bien mieux entre nos bras !
Mais que voulez vous davantage ?
Grand Monarque, vosEnnemis,
Nefont-ilspas vaincus,soumis:
Detous coſtezpliantbagage?
Laiſſezdonc Mars avecsa rage ,
Etrendant à l'Amourhommage,
Daignez nous rendre nos Amis.
Vous n'y perdrez rien, digne Prince,
Non,Grand Roy,vous n'y perdrezrien,
Nos amoursdans chaque Province
Feront naiſtre des Gens de bien.
Ceseront des Sujetsfidelles Dontfepeuplera voſtre Cour,
Mafles bienfaits,belles Femelles,
Tous Enfansde Mars &d'Amour..
N'ont ellespas raison,ces Belles ?
Ieveux vous en prendre àtémoin,
Vous ,qui toûjours avec grandfoin Fiftes mille choſespour elles.
L'Amour n'est- ilpas plus plaifant Que la Guerre,dont lafurie Jamais n'agit qu'en détruiſant Letresor des tresors, lavie ?
Ony, tout compté, tout rabatu,
Seigneur, l'amoureuse vertu
2
:
Bv
34 LE MERCVRE Vaut mieuxque la vertu guerriere.
Celanesepeutcontester,
Carenfin donner la lumiere Estplus nobleque de l'ofter.
Quoyqu'il en foit, poursatisfaire Auxjustesplaintes deces Dieux,
Et pour appaiser la colere Demille Dames aux beauxyeux;
De ces Rimesqui sçavent plaire Reprenez l'agreable employ ,
Etfurvostre charmante Lyre Dontpar tout lestons on admire,
Chantez Loüis, nostre Grand Roy ,
Enfuite,chantez les tendreſſes Del'Amour le Dieu des douceurs,
Etces vingt ou trente Maiſtreſſes
Dontvous avezgagnéles cœurs.
Je ſçay bien que la Cour eſt un grandTheatre où il paroiſt avec beaucoup plus d'éclat qu'ail- leurs; mais il n'y eſt pas fi fort renfermé qu'il ne ſe répande dans les Provinces ,&vous con- viendrez de celuy de M² Petit,
quand vous aurez leu ce que je vous envoye de ſa façon, C'eſt uneEpiſtre enjoüée qu'il adreſſe àMonfieurleDucde S.Aignan,
qui a pour luy une eſtime tres-
GALANT. 31 particuliere. Le ſtile en eſt libre,
&vous y trouverez un tour aile qui vous perfuadera aiſémentde de ce que j'ay à vous dire à l'a- vantage de fonAutheur.
YON
A MONSIEUR693
*
LE DUC DE S. AIGNAN.
'Est- il point fait cet Armement Qui depuis lõg-temps vous оссире?
Apollon s'en plaint hautement ,
Ainsiqu'Amourle Dieu charmant ;
Et lebeau Sexeporte jupe.
Quoy, Seigneur , ne parlera- t-on Ence Siecle que de Canon ,
Que deprendred'affaut des Villes ,
Quedepunir les Ennemis
De leurs manieres inciviles
D'oferſefrotter à Loüis,
LepremierHérosde la Terre ,
Sçavant au noble Art de la Guerre ,
Tout comme celuy qui lefit ,
Biiij
32 LE MERCVRE Etdont lagloire retentit
Mieuxquele bruit deſon Tonnerre ?
Nostre Parnasse eſtſans Laurier ;
Mais qui pourroit à ce Guerrier En fourniraffez poursa teste ?
Les Muses mefmesſont àbout ;
Elles pensent avoir dit tout ,
EtleurChant ſur une Conqueste Vient àgrand'peine de ceſſer ,
Que lasurprenante nouvelle D'uneautre &plus grande &plus belle,
Lesoblige àrecommencer..
Enfin ce Conquerant terrible LaffeMuses, Chefs &Soldats,
Etparcequ'il est Invincible ,
Il nese trouve jamais las.
Mais tandis qu'il tient dans la Plaine Ses braves Héros en haleine ,
Apresbiende tristes belas ,
MilleBellesdifent enlarmes,
Ah, mauditegloire des Armes ,
MauditsAfsants , mauditsCombats,
Quevousnous caufezde triſteſſe !
Quenousperdonsde doux ébats ,
Etquetant debelle Noblesse f
GALAN T. 33 Seroit bien mieux entre nos bras !
Mais que voulez vous davantage ?
Grand Monarque, vosEnnemis,
Nefont-ilspas vaincus,soumis:
Detous coſtezpliantbagage?
Laiſſezdonc Mars avecsa rage ,
Etrendant à l'Amourhommage,
Daignez nous rendre nos Amis.
Vous n'y perdrez rien, digne Prince,
Non,Grand Roy,vous n'y perdrezrien,
Nos amoursdans chaque Province
Feront naiſtre des Gens de bien.
Ceseront des Sujetsfidelles Dontfepeuplera voſtre Cour,
Mafles bienfaits,belles Femelles,
Tous Enfansde Mars &d'Amour..
N'ont ellespas raison,ces Belles ?
Ieveux vous en prendre àtémoin,
Vous ,qui toûjours avec grandfoin Fiftes mille choſespour elles.
L'Amour n'est- ilpas plus plaifant Que la Guerre,dont lafurie Jamais n'agit qu'en détruiſant Letresor des tresors, lavie ?
Ony, tout compté, tout rabatu,
Seigneur, l'amoureuse vertu
2
:
Bv
34 LE MERCVRE Vaut mieuxque la vertu guerriere.
Celanesepeutcontester,
Carenfin donner la lumiere Estplus nobleque de l'ofter.
Quoyqu'il en foit, poursatisfaire Auxjustesplaintes deces Dieux,
Et pour appaiser la colere Demille Dames aux beauxyeux;
De ces Rimesqui sçavent plaire Reprenez l'agreable employ ,
Etfurvostre charmante Lyre Dontpar tout lestons on admire,
Chantez Loüis, nostre Grand Roy ,
Enfuite,chantez les tendreſſes Del'Amour le Dieu des douceurs,
Etces vingt ou trente Maiſtreſſes
Dontvous avezgagnéles cœurs.
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Résumé : A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
L'auteur d'une lettre adressée au Duc de Saint-Aignan discute de la valeur des charges et des emplois basée sur le mérite plutôt que sur l'apparence. Il mentionne une épître de Monsieur Petit qui loue le duc et son style libre. Cette épître critique l'obsession actuelle pour les armes et les conquêtes militaires, soulignant la tristesse que cela provoque chez les femmes. Elle appelle le roi Louis XIV à privilégier l'amour et la paix, affirmant que cela favoriserait la naissance de sujets fidèles et bienveillants. L'auteur soutient que l'amour est plus plaisant et bénéfique que la guerre, et encourage le duc à chanter les louanges du roi et les douceurs de l'amour.
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6
p. 198-208
Lettre de M. Petit à Monsieur le Duc de S. Aignan. [titre d'après la table]
Début :
Ces pensées sont beaucoup mieux tournées dans une Langue à [...]
Mots clefs :
Gloire, Humble, Badin, Lettre, Compliment, Muse, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Petit à Monsieur le Duc de S. Aignan. [titre d'après la table]
Ces penſées ſont beaucoup mieux tournées dans une langue à laquelle la force del'ex- preffioneſt particuliere. Vous y
fuppleerez, s'il vous plaiſt, Ma- dame , &pour marque de la re- connoiſſance quej'en auray , je vous envoye une ſeconde Let tre de M. Petit, écrite commela premiere àM. le Duc de S. Ai- gnan. Vous aimez tout ce qui regarde la gloire du Roy, & fon ſtile qu'il appelle badin, nedes- honnore peut-eftre pas la ma- tiere qui luy faitpeur. Lifez , je vous prie , & m'en dites voſtre penfte.
Risdo
第
F وه
132 LE MERCVRE
De Ronen le 9. Decembre, 1677.
MONSEIGNEVR,
Cen'apas esté fans ſurpriſe que j'ay veudansle dernier Tome du Mercure
les vers badins qu'ilya deux ou trois mois que je pris la liberté de vous en- voyer. Ce m'est , Monseigneur , une marque bien glorieuse &bien obligeante de l'honneurde voſtre ſouvenir; &com- me ce n'a pû estre que par vos ordres qu'ils avent en place dans ce recueilde -Pieces Galantes, je ne vous ſuispasme- diocrement obligéde la bonté quevous avezde vouloir deterrer mon nomenfeveli en Province depuis uneaffezlon- que fuitte d'années : Mais , Monfei- gneur,je suis si accoutumé àrecevo
de vous des graces que je ne me
point que
voir
merite
cet- je dois peum'étonner de -sederniera,qui m'engage plus que ja- mais àvous honnorer,&àpousserjuf- qu'où elle peut aller lapaffion touteplei pr
ne de respect avec laquelle je fuis MONSEIGNEVR,
Voffre tres humble, tres obeiffant, & tres- obligé Serviteur , PETIT.
GALANT. 133 ১
HerDuc, apres ce Compliment ,
GEEt cet humble Remerciment
Vnpenſerieux pour ma Plume Dont(vous lesçavez ) la coûtume- Eft d'écrire en style badin ,
Sansſe piquer de rien de fin ;
Trouvezbon qu'elle s'y remetta,
Etquema Muse, humble Soubrette Decelledontles chants fi douxw1
Vousfont faire mille Laloux ,
Vous entretienne à l'ordinaire , ة
Songeantquejefuis vostre Frere EnApollon, l'aymable Dieu, .. Quide centplaisirs me tient liens T
Et certesj'auroispeine àdire ,
Si le feu badin qui m'inspire ,
Metoucheonplus, ou moins au Cœur,
Que celuy du Dieu dont l'ardeur Faitdesesperer l'Idolatre 3615000 D'une Coquette acariatre ,
Qui ritdestraitsda Dieu Fripon;
Mais iln'en est plus,codition,
LesCoquettesfont fort Comme enbuitjours on prenddesVilles
(Secret denostre Mars François ,
PlusRoyluy feulque trente Rois)
dociles,
134 LE MERCVR E
Enhuit ioursfans autreremise ,
Laplus fine Coquette est priſe.
Quoyqu'ilenſoit, j'aime arimer ,
EtmaMuſe ſçait s'animer,
Quand àVous s'addreſſe ſa rime ;
Mais,n'est- cepoint commettreun crime Quede vous derober du temps
Aumilieudesplaisirs charmans Dant laplusbelle Cour du monde ,
Pour l'un &l'autre Sexe abonde ?
Danscette Cour où le Soleil
Brilleenſonſuperbe appareil,
Oùdes Beautez faites àplaire Oùdes Heros hors du vulgaire Forment un éclat quisurprend Leſçayqu'ilfaut que tout foit grand.
Etd'une splendeurſans pareille.
Ainsidonc, ce n'est pas merveille Sipar tout oùparoît Loün
On voit des brillans inovis
Voustenez-bien làvostreplace ,
Et,fansquerienvous embaraſſes Vostre plus ordinaire employ,
Eft d'admirer noſtre Grand Rey Dont le Bras,fecondantlaTefto ,
Adjoûte Conqueſte à Conqueſte. )
Tout lemonde enestétonné
SH
GALANT. 135 Désqueson Canon atonné,
LesVilles en craignent lafoudre ,
Etdepeurqu'on les mette en poudrez Surpriſes defes grands Exploits ,
Viennentserangerſousſes Lois.
Si l'on voyoit des Faitsſemblables ,
Dans l'Histoire; ceſont des Fables,
Etdes Fictions , diroit- on :
Mais, certes,lepauvreLyon ,
Etl'Aigle,battus de l'orage,
Connoiſſent trop àleurdommage,
Queces Exploitspar tout vantez,
Sont defeures realitez.
NosMuses fort embarrassées Vontau filence eſtre forcées ,
Ayant dit que ce nouveau Mars,
Paſſe de bien loin les Cefars,
LesAlexandres, les Achilles ,
Etles plus grandspreneurs de Villes,
Ellespenſent avoirtout dit ;
C'est jusqu'onva leur bel esprit.
Puisse trouvant loin de leur Compte,
Elles confeffent avec honte ,
Qu'elles n'en onpas dit affez,
Etque trop de Faits entaſſez De leur éclat les ébloüiffent ,
Etfontqueleurs rimestariffent.
136 LE MERCVRE
1
Mais,digne Duc,permettez-moy,
Dedire icy, que ce grandRoy N'a rien qui luyfoit comparable Dans l'Histoire,nydans la Fable.
Quelques-uns veulent qu'il foit né Sous un Aftre bien fortuné ,
Etfous une Etoile inuincible;
Mais c'est à ce Heros terrible
Ofter de fa Gloire un Fleuron.
SonAftre eſt, ſon cœur de Lion ;
Etfon Etoile,Sa Prüdence ,
Son grandsens &sa Vigilance.
C'eſt luy quimonte les refforts,
Quifont mouvoirtout ce grand Corps DeCombatans,fous qui tout tremble Etmesme dans le temps qu'ilſemble Que ce Herosse divertit,
SaTeste inceſſamment agit.
Ses Ordresſi justes ſedonnent,
Que lesEnnemis s'en eſtonnent ,
Et lamesmepeurqu'il leurfait.
Quandil Oula estdans le Cabinet,
Gloire avec luy raisonne,
L
Quequandilcommande en Perſonne.. Enfin, pourfinir ce Discours,
C'est leMiracle de nos jours.
Mais maMuse est bien temeraire ,
GALANT. 137
;
i
Neletrouvez-vous pas cher Frere ?
Toûjours en Apollon ,s'entend,
Caril est affez important ,
Pourle respect que je vousporte ,
D'adoucir l'endroit de laforte.
C'est trop que d'élevermes Vers
AnplusGRAND ROY de l'Univers ;
Maissije manque de prudence,
I'attens de vousquelque indulgence.
Sçachaut que de ce Demy-Dien Lahaute Gloire vous tient lieu ,
D'unplaisirsigrand, qu'ilfurpaffe Tous ceux de lapremiere Claffe .
Etque lorsque le juſte Encens Qu'on doit àfesrares talens,
Fume pour ce Prince adorable ,
Rien ne vous estplus agreable.
Ah!quen'en ay-je du meilleur !
Etque je meplairois, Seigneur ,
Afaire te Panegiryque DeceGrandRoy tout Heroïque !
Ie m'en trouve l'esprit fi plein .
Que j'ay laiſſé là le deſſein Defaire une lettre badine ;
Mais, apres tout je m'imagine Que vous me le pardonnerez ,
Etque mesme vousm'enlouerez
fuppleerez, s'il vous plaiſt, Ma- dame , &pour marque de la re- connoiſſance quej'en auray , je vous envoye une ſeconde Let tre de M. Petit, écrite commela premiere àM. le Duc de S. Ai- gnan. Vous aimez tout ce qui regarde la gloire du Roy, & fon ſtile qu'il appelle badin, nedes- honnore peut-eftre pas la ma- tiere qui luy faitpeur. Lifez , je vous prie , & m'en dites voſtre penfte.
Risdo
第
F وه
132 LE MERCVRE
De Ronen le 9. Decembre, 1677.
MONSEIGNEVR,
Cen'apas esté fans ſurpriſe que j'ay veudansle dernier Tome du Mercure
les vers badins qu'ilya deux ou trois mois que je pris la liberté de vous en- voyer. Ce m'est , Monseigneur , une marque bien glorieuse &bien obligeante de l'honneurde voſtre ſouvenir; &com- me ce n'a pû estre que par vos ordres qu'ils avent en place dans ce recueilde -Pieces Galantes, je ne vous ſuispasme- diocrement obligéde la bonté quevous avezde vouloir deterrer mon nomenfeveli en Province depuis uneaffezlon- que fuitte d'années : Mais , Monfei- gneur,je suis si accoutumé àrecevo
de vous des graces que je ne me
point que
voir
merite
cet- je dois peum'étonner de -sederniera,qui m'engage plus que ja- mais àvous honnorer,&àpousserjuf- qu'où elle peut aller lapaffion touteplei pr
ne de respect avec laquelle je fuis MONSEIGNEVR,
Voffre tres humble, tres obeiffant, & tres- obligé Serviteur , PETIT.
GALANT. 133 ১
HerDuc, apres ce Compliment ,
GEEt cet humble Remerciment
Vnpenſerieux pour ma Plume Dont(vous lesçavez ) la coûtume- Eft d'écrire en style badin ,
Sansſe piquer de rien de fin ;
Trouvezbon qu'elle s'y remetta,
Etquema Muse, humble Soubrette Decelledontles chants fi douxw1
Vousfont faire mille Laloux ,
Vous entretienne à l'ordinaire , ة
Songeantquejefuis vostre Frere EnApollon, l'aymable Dieu, .. Quide centplaisirs me tient liens T
Et certesj'auroispeine àdire ,
Si le feu badin qui m'inspire ,
Metoucheonplus, ou moins au Cœur,
Que celuy du Dieu dont l'ardeur Faitdesesperer l'Idolatre 3615000 D'une Coquette acariatre ,
Qui ritdestraitsda Dieu Fripon;
Mais iln'en est plus,codition,
LesCoquettesfont fort Comme enbuitjours on prenddesVilles
(Secret denostre Mars François ,
PlusRoyluy feulque trente Rois)
dociles,
134 LE MERCVR E
Enhuit ioursfans autreremise ,
Laplus fine Coquette est priſe.
Quoyqu'ilenſoit, j'aime arimer ,
EtmaMuſe ſçait s'animer,
Quand àVous s'addreſſe ſa rime ;
Mais,n'est- cepoint commettreun crime Quede vous derober du temps
Aumilieudesplaisirs charmans Dant laplusbelle Cour du monde ,
Pour l'un &l'autre Sexe abonde ?
Danscette Cour où le Soleil
Brilleenſonſuperbe appareil,
Oùdes Beautez faites àplaire Oùdes Heros hors du vulgaire Forment un éclat quisurprend Leſçayqu'ilfaut que tout foit grand.
Etd'une splendeurſans pareille.
Ainsidonc, ce n'est pas merveille Sipar tout oùparoît Loün
On voit des brillans inovis
Voustenez-bien làvostreplace ,
Et,fansquerienvous embaraſſes Vostre plus ordinaire employ,
Eft d'admirer noſtre Grand Rey Dont le Bras,fecondantlaTefto ,
Adjoûte Conqueſte à Conqueſte. )
Tout lemonde enestétonné
SH
GALANT. 135 Désqueson Canon atonné,
LesVilles en craignent lafoudre ,
Etdepeurqu'on les mette en poudrez Surpriſes defes grands Exploits ,
Viennentserangerſousſes Lois.
Si l'on voyoit des Faitsſemblables ,
Dans l'Histoire; ceſont des Fables,
Etdes Fictions , diroit- on :
Mais, certes,lepauvreLyon ,
Etl'Aigle,battus de l'orage,
Connoiſſent trop àleurdommage,
Queces Exploitspar tout vantez,
Sont defeures realitez.
NosMuses fort embarrassées Vontau filence eſtre forcées ,
Ayant dit que ce nouveau Mars,
Paſſe de bien loin les Cefars,
LesAlexandres, les Achilles ,
Etles plus grandspreneurs de Villes,
Ellespenſent avoirtout dit ;
C'est jusqu'onva leur bel esprit.
Puisse trouvant loin de leur Compte,
Elles confeffent avec honte ,
Qu'elles n'en onpas dit affez,
Etque trop de Faits entaſſez De leur éclat les ébloüiffent ,
Etfontqueleurs rimestariffent.
136 LE MERCVRE
1
Mais,digne Duc,permettez-moy,
Dedire icy, que ce grandRoy N'a rien qui luyfoit comparable Dans l'Histoire,nydans la Fable.
Quelques-uns veulent qu'il foit né Sous un Aftre bien fortuné ,
Etfous une Etoile inuincible;
Mais c'est à ce Heros terrible
Ofter de fa Gloire un Fleuron.
SonAftre eſt, ſon cœur de Lion ;
Etfon Etoile,Sa Prüdence ,
Son grandsens &sa Vigilance.
C'eſt luy quimonte les refforts,
Quifont mouvoirtout ce grand Corps DeCombatans,fous qui tout tremble Etmesme dans le temps qu'ilſemble Que ce Herosse divertit,
SaTeste inceſſamment agit.
Ses Ordresſi justes ſedonnent,
Que lesEnnemis s'en eſtonnent ,
Et lamesmepeurqu'il leurfait.
Quandil Oula estdans le Cabinet,
Gloire avec luy raisonne,
L
Quequandilcommande en Perſonne.. Enfin, pourfinir ce Discours,
C'est leMiracle de nos jours.
Mais maMuse est bien temeraire ,
GALANT. 137
;
i
Neletrouvez-vous pas cher Frere ?
Toûjours en Apollon ,s'entend,
Caril est affez important ,
Pourle respect que je vousporte ,
D'adoucir l'endroit de laforte.
C'est trop que d'élevermes Vers
AnplusGRAND ROY de l'Univers ;
Maissije manque de prudence,
I'attens de vousquelque indulgence.
Sçachaut que de ce Demy-Dien Lahaute Gloire vous tient lieu ,
D'unplaisirsigrand, qu'ilfurpaffe Tous ceux de lapremiere Claffe .
Etque lorsque le juſte Encens Qu'on doit àfesrares talens,
Fume pour ce Prince adorable ,
Rien ne vous estplus agreable.
Ah!quen'en ay-je du meilleur !
Etque je meplairois, Seigneur ,
Afaire te Panegiryque DeceGrandRoy tout Heroïque !
Ie m'en trouve l'esprit fi plein .
Que j'ay laiſſé là le deſſein Defaire une lettre badine ;
Mais, apres tout je m'imagine Que vous me le pardonnerez ,
Etque mesme vousm'enlouerez
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Résumé : Lettre de M. Petit à Monsieur le Duc de S. Aignan. [titre d'après la table]
Dans une lettre datée du 9 décembre 1677, M. Petit exprime sa surprise et sa gratitude après avoir découvert que ses vers badins ont été publiés dans le dernier tome du Mercure. Il attribue cette publication aux ordres du destinataire, qu'il honore et respecte profondément. Ce destinataire est identifié comme un duc, qui est complimenté pour son soutien et sa bienveillance. M. Petit précise que son style naturel est badin et qu'il ne compose pas de manière sérieuse. Il évoque ensuite la cour du roi, soulignant la splendeur et les exploits militaires du monarque, comparés à ceux des grands conquérants de l'histoire. Il conclut en exprimant son admiration pour le roi et son désir de lui rendre hommage, tout en espérant l'indulgence du duc pour son audace littéraire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 181-184
REPONSE DE Me DES HOULLIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
Début :
Cette Réponse en a attiré une autre que j'ajoûte icy. / Duc plus vaillant que ces fiers Paladins, [...]
Mots clefs :
Chevalerie, Preux, Écriture, Amour
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texteReconnaissance textuelle : REPONSE DE Me DES HOULLIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
Cette Réponſe en a attiré
une autre que j'ajoûte icy.
Elle eft encore de Madame
des Houlieres.
REPONSE DE M
DES HOULLIERES,
AMrle Duc de S. Aignan.
D'
VCplus vaillant que cesfiers
Paladins,
QuideGéans cinqueſtoient les Armures;
182 MERCURE
Ducplus galant que n'eftoient Gré.
nadins,
Point contre vous nefont mes Ecritures.
Grand tort aurois de blafonner vos
feux.
Et qui nefçait, beau Sire, je vous
prie,
Qu'enfait d'amour & de Chevalerie
Onques ne fut plus véritable
Preux?
S&
Vous pourfendez vousfeul quatre
Affaffins,
Vousreparez les torts &les injuress
Feriez encerplus d'amoureux larcins
QueJouvenceaux à blondes chevelures.
Cequejadisfit le beau Tenébreux,
Aupres de vous n'eft que badinerie;
GALANT. 183
D'encombriers vousfortezfansfurie,
Onques ne fut plus véritable Preux.
25
Iamais l'Aurore aux doigts incarnadins,
Auxjours brillans nechange nuits
obfcares,
Quecault amour, &Mars aux airs
mutins
Vous n'invoquiezpour avoirAvantures.
You bravez tout; malgré les ans
nombreux
Qui volontiers empefchent qu'on ne
rie,
Avez d'un Fils augmenté voftre
Hoirie.
Onques ne fut plus véritable
Preux.
184 MERCURE
ENVOY.
Quepuiffiez- vous, Chevalier valeureux,
En tout Combat, en Butin amoureux,
Ne vous douloir jamais de tromperie;
Et qu'à l'envy chez nos derniers
Neveux,
Lifant vos Faits, hautement on s'écrie,
Onques ne fut plus véritable
Preux.
une autre que j'ajoûte icy.
Elle eft encore de Madame
des Houlieres.
REPONSE DE M
DES HOULLIERES,
AMrle Duc de S. Aignan.
D'
VCplus vaillant que cesfiers
Paladins,
QuideGéans cinqueſtoient les Armures;
182 MERCURE
Ducplus galant que n'eftoient Gré.
nadins,
Point contre vous nefont mes Ecritures.
Grand tort aurois de blafonner vos
feux.
Et qui nefçait, beau Sire, je vous
prie,
Qu'enfait d'amour & de Chevalerie
Onques ne fut plus véritable
Preux?
S&
Vous pourfendez vousfeul quatre
Affaffins,
Vousreparez les torts &les injuress
Feriez encerplus d'amoureux larcins
QueJouvenceaux à blondes chevelures.
Cequejadisfit le beau Tenébreux,
Aupres de vous n'eft que badinerie;
GALANT. 183
D'encombriers vousfortezfansfurie,
Onques ne fut plus véritable Preux.
25
Iamais l'Aurore aux doigts incarnadins,
Auxjours brillans nechange nuits
obfcares,
Quecault amour, &Mars aux airs
mutins
Vous n'invoquiezpour avoirAvantures.
You bravez tout; malgré les ans
nombreux
Qui volontiers empefchent qu'on ne
rie,
Avez d'un Fils augmenté voftre
Hoirie.
Onques ne fut plus véritable
Preux.
184 MERCURE
ENVOY.
Quepuiffiez- vous, Chevalier valeureux,
En tout Combat, en Butin amoureux,
Ne vous douloir jamais de tromperie;
Et qu'à l'envy chez nos derniers
Neveux,
Lifant vos Faits, hautement on s'écrie,
Onques ne fut plus véritable
Preux.
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Résumé : REPONSE DE Me DES HOULLIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
Madame des Houllières adresse un poème au Duc de Saint-Aignan, le comparant à des paladins et des géants pour souligner sa vaillance et sa galanterie. Elle affirme que ses écrits ne contiennent aucune critique à son égard et reconnaît ses qualités en matière d'amour et de chevalerie. Elle le décrit comme un preux véritable, capable de défendre des assassins, de réparer les torts et les injures, et de commettre des larcins amoureux. Elle mentionne qu'il invoque l'amour et Mars pour des aventures, bravant tout malgré son âge avancé. Le poème se conclut par une louange à son courage et à ses exploits, affirmant qu'il ne connaît jamais la tromperie et que ses faits seront célébrés par les générations futures. Elle note également qu'il a augmenté sa descendance en ayant un fils.
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8
p. 114-132
SUR LA LETTRE S, A MONSEIGNEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
Début :
MONSEIGNEUR, Je ne sçaurois assez déclamer contre l'injustice de [...]
Mots clefs :
Lettre, Termes, Sapho, Lettre S, Orthographe, Dictionnaire, Académie, Alphabet, Français, Langue, Duc de S. Aignan
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA LETTRE S, A MONSEIGNEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
les termes de Serviteur de de Ser-
vante. 1
GUYONNETDEVERTRON,
Ffijloriographe du Roy,&
deCAcadémie Royale
vante. 1
GUYONNETDEVERTRON,
Ffijloriographe du Roy,&
deCAcadémie Royale
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9
p. 230-233
TROISIEME BALLADE DE MADAME DES HOULIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
Début :
Los immortel que parfait héroïque [...]
Mots clefs :
Chevalerie, Hommes, Opinion, Arlequin, Musulman
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texteReconnaissance textuelle : TROISIEME BALLADE DE MADAME DES HOULIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
ROISIEME BALLADE
DE MADAME
DES HOULIERES
AMile Duc de S. Aignar.
Osimmortelqueparfaithéroï.- Lo
que
Chevalerieentouslieux acqueroit,
Vousfait aimer ce tempshyperbolique,
Quantest de moy, cequiplus mien
plairait,
Cen'estcombat, vesture magnifique,
Tournoyfameux , mais bien Amour
antique,
Donitrifte mortfeule voyoit le bour.
Ben Chevalier , que tout craint& revére,
Ainfile monde enfentimens difere
Opinion chez les Hommes fait
tout.
GALANT 231
Sa
L'antitde tout ; l'autre mélancolique
D'Arlequin mefine en mille ans ne riaaroitsUNOH,284
L'unpourjouerfaitdevenir hétique
Son train & luy Pautre ne tracqueroit
Pourmines d'orfa verve Poëtique.
L'un detoute œuvre entreprend la Critique,
Etfaitfouventconte à dormir debout,
L'autre àfon gréréglanile Miniftere,
Deferéglerne s'embaraffe guére;
Opinion chez les Hommesfait
tout.
S&
Espoirdegainfaitfaire auxflots la
nique,
Défir de gloire enpérilleux endroit
ConduitGuerriers.. Naturepacifique
AuxMagiftrats met en tefte le Droit.
Ambitionfait que le coffre onpique.
232 MERCURE
Vanitefait que Philofopheexplique
Commenttoutvient , en quoy routfe
réfout.
Chaque Mortelcoiffédefa chimère,
Croit à part-foy que mieux onnepeut
faire;
Opinion chez les Hommes fait
tour. A hos SOLE SHOT
$2
kreolderh
Nonmoinsdiverfe enchaque République
Eftla Coûtume; icypunir on voit
Sœur avecquifon Frereprévarique,
Et la Perfane enfon Lit le reçoit.
Germainsfontcas delaliqueur Bặchique,
Le Musulman en défendlapratique.
Subtil larcin Lacedémone alyour.
Où le Soleilmontefur l'Hémisphere ,
Parpiété le Fils meurtritfon Peres
Opinion chez les Hommes fait
tout.
GALANT. 233
tot (on SEN VOYEU
DrC, dontle los vole dufein Perfique
Iufqu'où Phébusfinitſon touroblique,
De mon Germainpoint nefçavezle
goût.
Groffe Abbaie à la Mitre ilpréfere,
Trop lourd, dit- it, eftfacréCaractere.
Opinion chez les Hommes fait
tour
DE MADAME
DES HOULIERES
AMile Duc de S. Aignar.
Osimmortelqueparfaithéroï.- Lo
que
Chevalerieentouslieux acqueroit,
Vousfait aimer ce tempshyperbolique,
Quantest de moy, cequiplus mien
plairait,
Cen'estcombat, vesture magnifique,
Tournoyfameux , mais bien Amour
antique,
Donitrifte mortfeule voyoit le bour.
Ben Chevalier , que tout craint& revére,
Ainfile monde enfentimens difere
Opinion chez les Hommes fait
tout.
GALANT 231
Sa
L'antitde tout ; l'autre mélancolique
D'Arlequin mefine en mille ans ne riaaroitsUNOH,284
L'unpourjouerfaitdevenir hétique
Son train & luy Pautre ne tracqueroit
Pourmines d'orfa verve Poëtique.
L'un detoute œuvre entreprend la Critique,
Etfaitfouventconte à dormir debout,
L'autre àfon gréréglanile Miniftere,
Deferéglerne s'embaraffe guére;
Opinion chez les Hommesfait
tout.
S&
Espoirdegainfaitfaire auxflots la
nique,
Défir de gloire enpérilleux endroit
ConduitGuerriers.. Naturepacifique
AuxMagiftrats met en tefte le Droit.
Ambitionfait que le coffre onpique.
232 MERCURE
Vanitefait que Philofopheexplique
Commenttoutvient , en quoy routfe
réfout.
Chaque Mortelcoiffédefa chimère,
Croit à part-foy que mieux onnepeut
faire;
Opinion chez les Hommes fait
tour. A hos SOLE SHOT
$2
kreolderh
Nonmoinsdiverfe enchaque République
Eftla Coûtume; icypunir on voit
Sœur avecquifon Frereprévarique,
Et la Perfane enfon Lit le reçoit.
Germainsfontcas delaliqueur Bặchique,
Le Musulman en défendlapratique.
Subtil larcin Lacedémone alyour.
Où le Soleilmontefur l'Hémisphere ,
Parpiété le Fils meurtritfon Peres
Opinion chez les Hommes fait
tout.
GALANT. 233
tot (on SEN VOYEU
DrC, dontle los vole dufein Perfique
Iufqu'où Phébusfinitſon touroblique,
De mon Germainpoint nefçavezle
goût.
Groffe Abbaie à la Mitre ilpréfere,
Trop lourd, dit- it, eftfacréCaractere.
Opinion chez les Hommes fait
tour
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Résumé : TROISIEME BALLADE DE MADAME DES HOULIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
La 'Deuxième Ballade' de Madame des Houlières est dédiée au duc de Saint-Aignan et explore les diverses opinions humaines et leurs influences sur les comportements et les actions. Le poème commence par évoquer l'admiration pour la chevalerie et l'amour antique, contrastant avec les combats et les tournois. Il met en lumière la diversité des opinions, certains préférant la galanterie, d'autres la mélancolie. Les hommes ont des avis variés sur la critique, la poésie et la critique constructive. L'ambition, l'espoir de gain et le désir de gloire motivent les actions des guerriers et des magistrats. La vanité pousse les philosophes à expliquer l'origine de toutes choses. Chaque individu est influencé par ses propres chimères, croyant agir au mieux. Les coutumes varient selon les républiques, influençant les punitions et les comportements, comme le montrent les exemples des Germains et des Musulmans. Le poème se conclut par une réflexion sur les différences culturelles et les goûts personnels, illustrées par un dialogue sur les préférences architecturales.
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10
p. 40-41
REPONSE DE MADAME DES HOULIERES, A Mr LE DUC DE S. AIGNAN.
Début :
Quand vous me cedez la Victoire, [...]
Mots clefs :
Victoire, Combat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE DE MADAME DES HOULIERES, A Mr LE DUC DE S. AIGNAN.
REI>ONSE DE MADAME.
DES HOULIERES~
A MI LE Duc
D E S. A I G N A N~ •
Vantl VOIU me ceàez 111 n..;
Boire,
Yf/#4 vol# c<J11vrez,, d'Nne
g/ojre , .
-
•
·-"---
• -
GALANT.. 4r
Dt vojlre Madrigal tout le monde tj1
charmé. ..
Eji.ce airifi d'1tn comhat qu'on cede
l,avanta,ge ,
.f!J....N' on Je dit vAincu, defarmé?
On connoijl hien qu'à ce langage
You.s t1'cjles f M ACCOÛtumé.
DES HOULIERES~
A MI LE Duc
D E S. A I G N A N~ •
Vantl VOIU me ceàez 111 n..;
Boire,
Yf/#4 vol# c<J11vrez,, d'Nne
g/ojre , .
-
•
·-"---
• -
GALANT.. 4r
Dt vojlre Madrigal tout le monde tj1
charmé. ..
Eji.ce airifi d'1tn comhat qu'on cede
l,avanta,ge ,
.f!J....N' on Je dit vAincu, defarmé?
On connoijl hien qu'à ce langage
You.s t1'cjles f M ACCOÛtumé.
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11
p. 272-274
A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
Début :
Mr le Duc de Saint Aignan a un mérite si genéralement / Favory des Neuf Soeurs, tu sçais plaire omnibus, [...]
Mots clefs :
Favori, Trésor, Aimer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
M' le Duc de Saint Aignan
a un mérite fi genéralement
reconnu , qu'il donne lieu
tous les jours à toutes fortes
d'Ouvrages d'efprit. En voicy
un que vous aimerez. Il cft
de Madame des Houlieres,
fur des Bouts- rimez qui ont
cours depuis deux mois.
GALANT. 273
A MONSIEUR
LE DUC DE S. AIGNAN.
F
Avery
Avory des NeufSaurs, tufçais
plaire omnibus;
Doux à qui i'cftfoumis, fatal à qui
to fâche,
Tufers LOVIS LE GRAND fans
cfpoir,fans relâche,
Etde quatre tu fais donner la mart
tribus.
$2
Tupourrois infpirer la valeur auplus
lâche,
GrandDuc, on voit revivre en toy
Gafton Phebus,
Tufçais l'art d'employer noblement
ton quibus;
Atespropres dépens plus d'un bel
Efpritmâche.
274 MERCURE
S2
Le Sort pour toy conftant, t'aime,
te rit; Itcm ,
Te deftine un Trefor ( c'est là le
tu-autem )
Qu'un Etranger cacha durant une
grande ire.
$2
Tupeux encore aimer, &faire dire
amo.
Que ton Hiftoire unjourferaplaiſir
à lire,
Sijamais on l'écrit fideli calamo!
a un mérite fi genéralement
reconnu , qu'il donne lieu
tous les jours à toutes fortes
d'Ouvrages d'efprit. En voicy
un que vous aimerez. Il cft
de Madame des Houlieres,
fur des Bouts- rimez qui ont
cours depuis deux mois.
GALANT. 273
A MONSIEUR
LE DUC DE S. AIGNAN.
F
Avery
Avory des NeufSaurs, tufçais
plaire omnibus;
Doux à qui i'cftfoumis, fatal à qui
to fâche,
Tufers LOVIS LE GRAND fans
cfpoir,fans relâche,
Etde quatre tu fais donner la mart
tribus.
$2
Tupourrois infpirer la valeur auplus
lâche,
GrandDuc, on voit revivre en toy
Gafton Phebus,
Tufçais l'art d'employer noblement
ton quibus;
Atespropres dépens plus d'un bel
Efpritmâche.
274 MERCURE
S2
Le Sort pour toy conftant, t'aime,
te rit; Itcm ,
Te deftine un Trefor ( c'est là le
tu-autem )
Qu'un Etranger cacha durant une
grande ire.
$2
Tupeux encore aimer, &faire dire
amo.
Que ton Hiftoire unjourferaplaiſir
à lire,
Sijamais on l'écrit fideli calamo!
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Résumé : A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
Madame des Houlières a dédié un poème au Duc de Saint Aignan, intitulé 'GALANT'. Ce poème loue ses talents et ses mérites, sa capacité à inspirer et à plaire. Il le compare à Louis le Grand et souligne son soutien à des esprits brillants. Le sort lui est favorable, et son histoire pourrait être plaisante à lire si elle est fidèlement écrite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 8-10
Sonnets, [titre d'après la table]
Début :
Cet autre Sonnet a esté adressé à Monsieur le Duc de Saint-Aignan / Ces quatorze Louis mis dans un seur Sonnet. [...]
Mots clefs :
Louis, Éloge, Chant, Sublime
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sonnets, [titre d'après la table]
Cet autre Sonnet a efté adreſſe
à Monfieur le Duc de Saint Aignan
par le même мonfieur Magnin
, fur le fujet de l'Etrenne .
CEs
Es quatorze Louis mis dans un
feur Sonnet.
GALANT.
9
Seront un peu preffez , Saint Aignan,
je l'avoue ;
Et fi l'on s'étand trop quelquefois
quand on loue ,
On ne peut m'acufer icy de l'avoir
fait.
Ay je prétendu faire un Eloge parfait
?
Dans un champ un peu long le plus
habile échoue ;
Pour vouloir trop chanter ,fouvent la
voix s'enroue.
Et celle de ma Plume eft un petit
Faucet.
De peur de m'égarer à force de lu
miere ,
Fabrége ette vafte & brillante
matiere,
Où fur tant de Louis le Ciel en
finitum
AS
10 MERCURE
Et j'ay crû mieux répondre à fa
hauteur fublime,
Enprenant un deffein qui nefust pas
commun ,
Qu'en donnant plus d'espace à l'ardeur
qui m'anime.
à Monfieur le Duc de Saint Aignan
par le même мonfieur Magnin
, fur le fujet de l'Etrenne .
CEs
Es quatorze Louis mis dans un
feur Sonnet.
GALANT.
9
Seront un peu preffez , Saint Aignan,
je l'avoue ;
Et fi l'on s'étand trop quelquefois
quand on loue ,
On ne peut m'acufer icy de l'avoir
fait.
Ay je prétendu faire un Eloge parfait
?
Dans un champ un peu long le plus
habile échoue ;
Pour vouloir trop chanter ,fouvent la
voix s'enroue.
Et celle de ma Plume eft un petit
Faucet.
De peur de m'égarer à force de lu
miere ,
Fabrége ette vafte & brillante
matiere,
Où fur tant de Louis le Ciel en
finitum
AS
10 MERCURE
Et j'ay crû mieux répondre à fa
hauteur fublime,
Enprenant un deffein qui nefust pas
commun ,
Qu'en donnant plus d'espace à l'ardeur
qui m'anime.
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Résumé : Sonnets, [titre d'après la table]
Le texte est un sonnet de Monsieur Magnin adressé au Duc de Saint Aignan sur le thème des étrennes. L'auteur reconnaît la difficulté de louer sans exagérer et compare sa plume à un petit sifflet. Il choisit un défi moins commun pour éviter de s'égarer en traitant des sujets brillants et précieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 296-301
Lettre d'un Academ. de Ricovrati. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay mandé que M. le Duc de Saint Aignan / MONSEIGNEUR, L'honneur que vostre Grandeur veut bien faire [...]
Mots clefs :
Honneur, Académie, Amis, Qualités, Empire, Duc, Louis le Grand, Lauriers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre d'un Academ. de Ricovrati. [titre d'après la table]
Je vous ay mandé que M.
le Duc de Saint Aignan
avoit efté aggregé à l'Académie
de Padouë , avec de
fort grands honneurs Voi
GALANT. 297
cy ce que M. Patin luy a
écrit là deffus de la part de
ceux qui compofent cette il
luftre Académie .
MONSEIGNEUR,
L'honneur que voftre Grandeur
veut bien faire à l'Academie
des Ricovrati , a fait le
mefme effet dans toutes fes parties
, queje l'avois d'abord reffenty
, lors que mes Amis me l'ont
fait fçavoir. On y eftoit pleine
ment informé de vos héroïques
qualitez. On y fçavoit qu'elles
Dous font aller de pair avec ce
298 MERCURE
ne reconnoit
Jules Cefar , qu'on
pas moins dans la Republique des
Lettres , que dans l'Empire du
monde;mais on n'y avoit ofe efperer
qu'un Duc & Pair de France,
un Protecteur de l'Academie
d'Arles , & un Homme confideré
de LourS LE GRAND ,
euft voulu mefler fon Nom avec
le noftre , & fe venir délaffer
fous les Lauriers de noftre petit
Parnaffe , aprés en avoir tant recueillyfur
l'Olimpe. Augufte ne
dédaigna pas autrefois d'eftre
Conful d'une petite Ville en Sicile
, & je ne çay que cét exemple
de genereufe modeftie , qui ait
quel
GALANT. 299
quelque rapport à la voſtre. Notre
Academie l'a admirée ,
m'a donné charge en mefme temps
de remercier V. G. de l'honneur
qu'elle luy fait de vouloir bien
accepter le titre d'Academico
Ricovrato , dont elle luy envoye
le témoignage. Elle prend
cette occafion de la prier d'eftre
fortement perfuadée que l'Acade
mie Fronçoife ny celle d'Arles
n'auront jamais pour V. G. ny
plus d'eftime ny plus de respect
qu'elle en a pour vous ,
celles là ne l'emporteront fur la
noftre , que par de plus grandes
& de plus frequentes occafions de
Aoust1685.
世
Bb
que
300 MERCURE
reconnoiffance. Je fuis , Mon-
Seigneur,
D. V. G.
Le tres-humble & tresobeïffant
ferviteur
PATIN.
Les louanges que l'on
donne icy à M. de Saint Aignan
, ne doivent pas vous
furprendre. On a raiſon de
louer ce Duc , & on le peut
faire par tant d'endroits,
que fi l'on parloit de luy
auffi fouvent que ce qu'il
fait de louable donne fujet
d'en parler , on ne finiroit
jamais fur ce qu'il en fauGALANT.
301
droit dire. Il a fait depuis
un mois diverſes Chanſons,
& d'autres Ouvrages galants
In promptu , pour les
plus Auguftes Perfonnes de
la terre . On les a écoutez
avec beaucoup de plaifir,
mais comme ils ont efté faits
pour des divertiſſemens de
Cabinet, & que ce qu'on fait
pour ces lieux là en fort rarement
, ils ne font pas venus
jufqu'à moy.
le Duc de Saint Aignan
avoit efté aggregé à l'Académie
de Padouë , avec de
fort grands honneurs Voi
GALANT. 297
cy ce que M. Patin luy a
écrit là deffus de la part de
ceux qui compofent cette il
luftre Académie .
MONSEIGNEUR,
L'honneur que voftre Grandeur
veut bien faire à l'Academie
des Ricovrati , a fait le
mefme effet dans toutes fes parties
, queje l'avois d'abord reffenty
, lors que mes Amis me l'ont
fait fçavoir. On y eftoit pleine
ment informé de vos héroïques
qualitez. On y fçavoit qu'elles
Dous font aller de pair avec ce
298 MERCURE
ne reconnoit
Jules Cefar , qu'on
pas moins dans la Republique des
Lettres , que dans l'Empire du
monde;mais on n'y avoit ofe efperer
qu'un Duc & Pair de France,
un Protecteur de l'Academie
d'Arles , & un Homme confideré
de LourS LE GRAND ,
euft voulu mefler fon Nom avec
le noftre , & fe venir délaffer
fous les Lauriers de noftre petit
Parnaffe , aprés en avoir tant recueillyfur
l'Olimpe. Augufte ne
dédaigna pas autrefois d'eftre
Conful d'une petite Ville en Sicile
, & je ne çay que cét exemple
de genereufe modeftie , qui ait
quel
GALANT. 299
quelque rapport à la voſtre. Notre
Academie l'a admirée ,
m'a donné charge en mefme temps
de remercier V. G. de l'honneur
qu'elle luy fait de vouloir bien
accepter le titre d'Academico
Ricovrato , dont elle luy envoye
le témoignage. Elle prend
cette occafion de la prier d'eftre
fortement perfuadée que l'Acade
mie Fronçoife ny celle d'Arles
n'auront jamais pour V. G. ny
plus d'eftime ny plus de respect
qu'elle en a pour vous ,
celles là ne l'emporteront fur la
noftre , que par de plus grandes
& de plus frequentes occafions de
Aoust1685.
世
Bb
que
300 MERCURE
reconnoiffance. Je fuis , Mon-
Seigneur,
D. V. G.
Le tres-humble & tresobeïffant
ferviteur
PATIN.
Les louanges que l'on
donne icy à M. de Saint Aignan
, ne doivent pas vous
furprendre. On a raiſon de
louer ce Duc , & on le peut
faire par tant d'endroits,
que fi l'on parloit de luy
auffi fouvent que ce qu'il
fait de louable donne fujet
d'en parler , on ne finiroit
jamais fur ce qu'il en fauGALANT.
301
droit dire. Il a fait depuis
un mois diverſes Chanſons,
& d'autres Ouvrages galants
In promptu , pour les
plus Auguftes Perfonnes de
la terre . On les a écoutez
avec beaucoup de plaifir,
mais comme ils ont efté faits
pour des divertiſſemens de
Cabinet, & que ce qu'on fait
pour ces lieux là en fort rarement
, ils ne font pas venus
jufqu'à moy.
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Résumé : Lettre d'un Academ. de Ricovrati. [titre d'après la table]
Le texte décrit l'intégration du Duc de Saint Aignan à l'Académie des Ricovrati de Padoue, un événement honorifique. Monsieur Patin, dans une lettre au Duc, exprime la gratitude de l'Académie pour cet honneur et loue les qualités héroïques et les contributions littéraires du Duc. Patin souligne que l'Académie connaissait déjà les mérites du Duc et admire sa modestie, la comparant à celle d'Auguste. L'Académie décerne au Duc le titre d'Académicien Ricovrato et affirme lui porter un grand respect. Patin conclut en soulignant que les éloges adressés au Duc sont justifiés par ses nombreuses réalisations, notamment la création récente de chansons et d'autres œuvres littéraires appréciées par des personnes de haut rang. Ces œuvres, destinées à des divertissements privés, n'ont pas été largement diffusées.
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