Résultats : 5 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 181-184
REPONSE DE Me DES HOULLIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
Début :
Cette Réponse en a attiré une autre que j'ajoûte icy. / Duc plus vaillant que ces fiers Paladins, [...]
Mots clefs :
Chevalerie, Preux, Écriture, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE DE Me DES HOULLIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
Cette Réponſe en a attiré
une autre que j'ajoûte icy.
Elle eft encore de Madame
des Houlieres.
REPONSE DE M
DES HOULLIERES,
AMrle Duc de S. Aignan.
D'
VCplus vaillant que cesfiers
Paladins,
QuideGéans cinqueſtoient les Armures;
182 MERCURE
Ducplus galant que n'eftoient Gré.
nadins,
Point contre vous nefont mes Ecritures.
Grand tort aurois de blafonner vos
feux.
Et qui nefçait, beau Sire, je vous
prie,
Qu'enfait d'amour & de Chevalerie
Onques ne fut plus véritable
Preux?
S&
Vous pourfendez vousfeul quatre
Affaffins,
Vousreparez les torts &les injuress
Feriez encerplus d'amoureux larcins
QueJouvenceaux à blondes chevelures.
Cequejadisfit le beau Tenébreux,
Aupres de vous n'eft que badinerie;
GALANT. 183
D'encombriers vousfortezfansfurie,
Onques ne fut plus véritable Preux.
25
Iamais l'Aurore aux doigts incarnadins,
Auxjours brillans nechange nuits
obfcares,
Quecault amour, &Mars aux airs
mutins
Vous n'invoquiezpour avoirAvantures.
You bravez tout; malgré les ans
nombreux
Qui volontiers empefchent qu'on ne
rie,
Avez d'un Fils augmenté voftre
Hoirie.
Onques ne fut plus véritable
Preux.
184 MERCURE
ENVOY.
Quepuiffiez- vous, Chevalier valeureux,
En tout Combat, en Butin amoureux,
Ne vous douloir jamais de tromperie;
Et qu'à l'envy chez nos derniers
Neveux,
Lifant vos Faits, hautement on s'écrie,
Onques ne fut plus véritable
Preux.
une autre que j'ajoûte icy.
Elle eft encore de Madame
des Houlieres.
REPONSE DE M
DES HOULLIERES,
AMrle Duc de S. Aignan.
D'
VCplus vaillant que cesfiers
Paladins,
QuideGéans cinqueſtoient les Armures;
182 MERCURE
Ducplus galant que n'eftoient Gré.
nadins,
Point contre vous nefont mes Ecritures.
Grand tort aurois de blafonner vos
feux.
Et qui nefçait, beau Sire, je vous
prie,
Qu'enfait d'amour & de Chevalerie
Onques ne fut plus véritable
Preux?
S&
Vous pourfendez vousfeul quatre
Affaffins,
Vousreparez les torts &les injuress
Feriez encerplus d'amoureux larcins
QueJouvenceaux à blondes chevelures.
Cequejadisfit le beau Tenébreux,
Aupres de vous n'eft que badinerie;
GALANT. 183
D'encombriers vousfortezfansfurie,
Onques ne fut plus véritable Preux.
25
Iamais l'Aurore aux doigts incarnadins,
Auxjours brillans nechange nuits
obfcares,
Quecault amour, &Mars aux airs
mutins
Vous n'invoquiezpour avoirAvantures.
You bravez tout; malgré les ans
nombreux
Qui volontiers empefchent qu'on ne
rie,
Avez d'un Fils augmenté voftre
Hoirie.
Onques ne fut plus véritable
Preux.
184 MERCURE
ENVOY.
Quepuiffiez- vous, Chevalier valeureux,
En tout Combat, en Butin amoureux,
Ne vous douloir jamais de tromperie;
Et qu'à l'envy chez nos derniers
Neveux,
Lifant vos Faits, hautement on s'écrie,
Onques ne fut plus véritable
Preux.
Fermer
Résumé : REPONSE DE Me DES HOULLIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
Madame des Houllières adresse un poème au Duc de Saint-Aignan, le comparant à des paladins et des géants pour souligner sa vaillance et sa galanterie. Elle affirme que ses écrits ne contiennent aucune critique à son égard et reconnaît ses qualités en matière d'amour et de chevalerie. Elle le décrit comme un preux véritable, capable de défendre des assassins, de réparer les torts et les injures, et de commettre des larcins amoureux. Elle mentionne qu'il invoque l'amour et Mars pour des aventures, bravant tout malgré son âge avancé. Le poème se conclut par une louange à son courage et à ses exploits, affirmant qu'il ne connaît jamais la tromperie et que ses faits seront célébrés par les générations futures. Elle note également qu'il a augmenté sa descendance en ayant un fils.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 223-228
SECONDE BALLADE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN, Pour réponse à celle qui commence par ces mots, Duc plus vaillant, &c.
Début :
Il court icy de nouvelles Ballades, ajoûtées depuis peu / O L'heureux temps, où les fiers Paladins [...]
Mots clefs :
Copies, Guerriers, Chevalerie, Métier, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE BALLADE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN, Pour réponse à celle qui commence par ces mots, Duc plus vaillant, &c.
l court icy de nouvelles
Ballades, ajoûtées depuis peu
aux premierespar M le Duc
de S. Aignan , & je vous
avoue , Madame, qu'elles
T mij
224 MERCURE
312
m ont embaraffé. Fay crâ
qu'il y auroit de l'injuftice à
refufer aux Curieux , ce qui
a efté fi agreable à toute la
Cour, & j'ay craint en meſme temps de faire foufrir la
modeftiede ce Duc , comme
cela m'eft arrivé plufieurs
fois , mais enfin je me fuis
déterminé à les rendre publiques dans cette Lettre,
voyant qu'elles le font déja,
par le grand nombre de Copies qui en ont efté faites , la
plupart pleines de faures,
auffi bien que de celles de
Madame des Houlieres..
GALANT 225
SECONDE RALLADE
DE MONSIEUR
LE DUC DE S. AIGNAN,
Pour réponse à celle qui commence par ces mots Duc plus
vaillant, &c.
O
L'heureux temps , oùksfiers . ,
Paladins
Alloient par tout cherchant les avanTures,
Oùfans dormirnon plus quefont Lu
tins,
Sans eftre las deporter leurs axmures;
Princes & Roys, de Vins & Cofitures
Lesrégaloientaufortirdes Feftins !
Dame , àbon droit desbeaux Eſprits OR chérie,
Qui faites cas deGuerriers valeuneux,
220 MERCURE
Eft-ilrien telqu' Art de Chevalerie?
Fut-il jamais un Métier plus heureux ?\\ raad 120*
25
CcsDamoiſels s'écatoientauxjardins
Bien atournez de pompenfes vestures.
La plus vermicils qu'on ne peint Chérubin's A tobox
Chapeauxde Fleurs misfur leurs che
velures,
Se déduifoient enfuperbesparures,
Gentilsfurcots , toiles d'or fatins.
Deles voirtels toute ame eftoit ravie,
Tantavoient l'airdeGens victorieux.
Dam:fanspair, dites - nous , je vous
pric,
Fut il jamais un Métierplus heureux?
tu
SS AC THAI
S'ilavenoitquefelons Affaffirs
Endurcombat leurfiffent disbleſſures,
GALANT. 227
i
Fa nulmétiern'avoientde Médecins,
FillesdeRoys, mouli belles Créatures,
Qu'on renommoitpourleursfçavantes cures,
SurLitsmollets &furrichesCouffins,
Chacuneàpartdeleurdouleurmarrie,
Lesconfolant &fe senantprés d'eux,
Rendoient bien - toft leur Perfonne
317 guérie.
Fut iljamais un Métier plus heureux ?
S&
Moy, qui toujours furpaffant maint Blondins
Entrais effets ainsi qu'en Ecritures,"
Ay depuispeu mis aujourdeux Bam- babins,
Dontonferoit d'agréablespeintures,
Dans la vigueur qu'on voit en mes
allures,
Fere veux encorpar mouli nobles deffeins
228 MERCURE
·Des Ennemis voir la face blêmie,
Etleas donnerun affaut vivigouri gourdux,
Puistall apres retourner versm'amik.
Fut, iljamais un Métier plus heu.
reux ?
ENVOY. yoyov
Quepuiffuz- vous, Dame au cœur &
génereux,
Voirenhonneurs toujours voftreMef
gnie,
Et qu'un Germain bien dignede vos
Puiffe bien- toftpoffeder Abaie,
D'unbon rapport, commode , &fort nombreux,
Sique miré, content &glorieux,
En tel dedu i quelquefoisil s'écrie,
Fut iljamais unMétier plus heu
reux
Ballades, ajoûtées depuis peu
aux premierespar M le Duc
de S. Aignan , & je vous
avoue , Madame, qu'elles
T mij
224 MERCURE
312
m ont embaraffé. Fay crâ
qu'il y auroit de l'injuftice à
refufer aux Curieux , ce qui
a efté fi agreable à toute la
Cour, & j'ay craint en meſme temps de faire foufrir la
modeftiede ce Duc , comme
cela m'eft arrivé plufieurs
fois , mais enfin je me fuis
déterminé à les rendre publiques dans cette Lettre,
voyant qu'elles le font déja,
par le grand nombre de Copies qui en ont efté faites , la
plupart pleines de faures,
auffi bien que de celles de
Madame des Houlieres..
GALANT 225
SECONDE RALLADE
DE MONSIEUR
LE DUC DE S. AIGNAN,
Pour réponse à celle qui commence par ces mots Duc plus
vaillant, &c.
O
L'heureux temps , oùksfiers . ,
Paladins
Alloient par tout cherchant les avanTures,
Oùfans dormirnon plus quefont Lu
tins,
Sans eftre las deporter leurs axmures;
Princes & Roys, de Vins & Cofitures
Lesrégaloientaufortirdes Feftins !
Dame , àbon droit desbeaux Eſprits OR chérie,
Qui faites cas deGuerriers valeuneux,
220 MERCURE
Eft-ilrien telqu' Art de Chevalerie?
Fut-il jamais un Métier plus heureux ?\\ raad 120*
25
CcsDamoiſels s'écatoientauxjardins
Bien atournez de pompenfes vestures.
La plus vermicils qu'on ne peint Chérubin's A tobox
Chapeauxde Fleurs misfur leurs che
velures,
Se déduifoient enfuperbesparures,
Gentilsfurcots , toiles d'or fatins.
Deles voirtels toute ame eftoit ravie,
Tantavoient l'airdeGens victorieux.
Dam:fanspair, dites - nous , je vous
pric,
Fut il jamais un Métierplus heureux?
tu
SS AC THAI
S'ilavenoitquefelons Affaffirs
Endurcombat leurfiffent disbleſſures,
GALANT. 227
i
Fa nulmétiern'avoientde Médecins,
FillesdeRoys, mouli belles Créatures,
Qu'on renommoitpourleursfçavantes cures,
SurLitsmollets &furrichesCouffins,
Chacuneàpartdeleurdouleurmarrie,
Lesconfolant &fe senantprés d'eux,
Rendoient bien - toft leur Perfonne
317 guérie.
Fut iljamais un Métier plus heureux ?
S&
Moy, qui toujours furpaffant maint Blondins
Entrais effets ainsi qu'en Ecritures,"
Ay depuispeu mis aujourdeux Bam- babins,
Dontonferoit d'agréablespeintures,
Dans la vigueur qu'on voit en mes
allures,
Fere veux encorpar mouli nobles deffeins
228 MERCURE
·Des Ennemis voir la face blêmie,
Etleas donnerun affaut vivigouri gourdux,
Puistall apres retourner versm'amik.
Fut, iljamais un Métier plus heu.
reux ?
ENVOY. yoyov
Quepuiffuz- vous, Dame au cœur &
génereux,
Voirenhonneurs toujours voftreMef
gnie,
Et qu'un Germain bien dignede vos
Puiffe bien- toftpoffeder Abaie,
D'unbon rapport, commode , &fort nombreux,
Sique miré, content &glorieux,
En tel dedu i quelquefoisil s'écrie,
Fut iljamais unMétier plus heu
reux
Fermer
Résumé : SECONDE BALLADE DE MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN, Pour réponse à celle qui commence par ces mots, Duc plus vaillant, &c.
L'auteur d'une lettre discute de la publication de ballades récemment ajoutées par le Duc de Saint-Aignan. Il hésite entre refuser de les publier pour éviter l'injustice envers les curieux de la cour et respecter la modestie du Duc. Il choisit finalement de les publier en raison du grand nombre de copies erronées en circulation, y compris celles de Madame des Houlières. La lettre inclut une ballade du Duc répondant à une autre ballade. Cette ballade décrit un temps heureux où les paladins cherchaient des aventures, étaient récompensés par des princes et des rois, et étaient admirés pour leur bravoure. Elle met en avant la chevalerie et les métiers heureux des guerriers, malgré les dangers et les blessures. Le Duc exprime son désir de continuer à combattre et de revenir victorieux vers ses amis, soulignant la gloire et le bonheur de ce métier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 230-233
TROISIEME BALLADE DE MADAME DES HOULIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
Début :
Los immortel que parfait héroïque [...]
Mots clefs :
Chevalerie, Hommes, Opinion, Arlequin, Musulman
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TROISIEME BALLADE DE MADAME DES HOULIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
ROISIEME BALLADE
DE MADAMEpolk'Q
DES HOULIERES
AMile Duc de S. Aignar.
Osimmortelqueparfaithéroï.- Lo
que
Chevalerieentouslieux acqueroit,
Vousfait aimer ce tempshyperbolique,
Quantest de moy, cequiplus mien
plairait,
Cen'estcombat, vesture magnifique,
Tournoyfameux , mais bien Amour
antique,
Donitrifte mortfeule voyoit le bour.
Ben Chevalier , que tout craint& revére,
Ainfile monde enfentimens difere
Opinion chez les Hommes fait
tout.
GALANT 231
Sa
L'antitde tout ; l'autre mélancolique
D'Arlequin mefine en mille ans ne riaaroitsUNOH,284
L'unpourjouerfaitdevenir hétique
Son train & luy Pautre ne tracqueroit
Pourmines d'orfa verve Poëtique.
L'un detoute œuvre entreprend la Critique,
Etfaitfouventconte à dormir debout,
L'autre àfon gréréglanile Miniftere,
Deferéglerne s'embaraffe guére;
Opinion chez les Hommesfait
tout.
S&
Espoirdegainfaitfaire auxflots la
nique,
Défir de gloire enpérilleux endroit
ConduitGuerriers.. Naturepacifique
AuxMagiftrats met en tefte le Droit.
Ambitionfait que le coffre onpique.
232 MERCURE
Vanitefait que Philofopheexplique
Commenttoutvient , en quoy routfe
réfout.
Chaque Mortelcoiffédefa chimère,
Croit à part-foy que mieux onnepeut
faire;
Opinion chez les Hommes fait
tour. A hos SOLE SHOT
$2
kreolderh
Nonmoinsdiverfe enchaque République
Eftla Coûtume; icypunir on voit
Sœur avecquifon Frereprévarique,
Et la Perfane enfon Lit le reçoit.
Germainsfontcas delaliqueur Bặchique,
Le Musulman en défendlapratique.
Subtil larcin Lacedémone alyour.
Où le Soleilmontefur l'Hémisphere ,
Parpiété le Fils meurtritfon Peres
Opinion chez les Hommes fait
tout.
GALANT. 233
tot (on SEN VOYEU
DrC, dontle los vole dufein Perfique
Iufqu'où Phébusfinitſon touroblique,
De mon Germainpoint nefçavezle
goût.
Groffe Abbaie à la Mitre ilpréfere,
Trop lourd, dit- it, eftfacréCaractere.
Opinion chez les Hommes fait
tour
DE MADAMEpolk'Q
DES HOULIERES
AMile Duc de S. Aignar.
Osimmortelqueparfaithéroï.- Lo
que
Chevalerieentouslieux acqueroit,
Vousfait aimer ce tempshyperbolique,
Quantest de moy, cequiplus mien
plairait,
Cen'estcombat, vesture magnifique,
Tournoyfameux , mais bien Amour
antique,
Donitrifte mortfeule voyoit le bour.
Ben Chevalier , que tout craint& revére,
Ainfile monde enfentimens difere
Opinion chez les Hommes fait
tout.
GALANT 231
Sa
L'antitde tout ; l'autre mélancolique
D'Arlequin mefine en mille ans ne riaaroitsUNOH,284
L'unpourjouerfaitdevenir hétique
Son train & luy Pautre ne tracqueroit
Pourmines d'orfa verve Poëtique.
L'un detoute œuvre entreprend la Critique,
Etfaitfouventconte à dormir debout,
L'autre àfon gréréglanile Miniftere,
Deferéglerne s'embaraffe guére;
Opinion chez les Hommesfait
tout.
S&
Espoirdegainfaitfaire auxflots la
nique,
Défir de gloire enpérilleux endroit
ConduitGuerriers.. Naturepacifique
AuxMagiftrats met en tefte le Droit.
Ambitionfait que le coffre onpique.
232 MERCURE
Vanitefait que Philofopheexplique
Commenttoutvient , en quoy routfe
réfout.
Chaque Mortelcoiffédefa chimère,
Croit à part-foy que mieux onnepeut
faire;
Opinion chez les Hommes fait
tour. A hos SOLE SHOT
$2
kreolderh
Nonmoinsdiverfe enchaque République
Eftla Coûtume; icypunir on voit
Sœur avecquifon Frereprévarique,
Et la Perfane enfon Lit le reçoit.
Germainsfontcas delaliqueur Bặchique,
Le Musulman en défendlapratique.
Subtil larcin Lacedémone alyour.
Où le Soleilmontefur l'Hémisphere ,
Parpiété le Fils meurtritfon Peres
Opinion chez les Hommes fait
tout.
GALANT. 233
tot (on SEN VOYEU
DrC, dontle los vole dufein Perfique
Iufqu'où Phébusfinitſon touroblique,
De mon Germainpoint nefçavezle
goût.
Groffe Abbaie à la Mitre ilpréfere,
Trop lourd, dit- it, eftfacréCaractere.
Opinion chez les Hommes fait
tour
Fermer
Résumé : TROISIEME BALLADE DE MADAME DES HOULIERES, A Mr le Duc de S. Aignan.
La 'Troisième Ballade' de Madame Polk'Q des Houlières examine les diverses opinions et comportements humains à travers différentes époques et contextes. Le texte commence par évoquer la chevalerie et l'amour antique, mettant en lumière les différences d'opinions entre les hommes, illustrées par des exemples contrastés de chevaliers. Il explore les motivations humaines telles que l'espoir de gain, le désir de gloire et l'ambition, qui poussent les guerriers à prendre des risques. Le poème mentionne également la nature pacifique des magistrats et l'influence de l'ambition et de la vanité sur les philosophes, soulignant que chaque individu est guidé par ses propres chimères et convictions. Le texte souligne la diversité des coutumes et des lois dans différentes républiques, où les punitions et les comportements varient considérablement. Par exemple, une sœur peut être punie pour avoir trahi son frère, tandis qu'un fils peut blesser son père. Les Germains pratiquent la liqueur bachique, les Musulmans interdisent certaines pratiques, et les Lacédémoniens sont subtils dans leurs larcins. En Orient, la piété peut conduire un fils à blesser son père. Enfin, le poème se termine par une réflexion sur les goûts personnels et les préférences, illustrée par un personnage qui préfère une grosse abbaye à la mitre, trouvant ce dernier caractère trop lourd. Le texte répète à plusieurs reprises que 'l'opinion chez les Hommes fait tout', soulignant l'importance des perceptions et des croyances individuelles dans la formation des comportements et des sociétés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 53-55
SUR LES RIMES DE LA BALADE DU MESME MERCURE DE JANVIER. Oncques ne fut plus veritable Preux.
Début :
Point ne fais cas de ces fiers Paladins, [...]
Mots clefs :
Dieu, Chevalerie, Chrétiens, Preux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES RIMES DE LA BALADE DU MESME MERCURE DE JANVIER. Oncques ne fut plus veritable Preux.
SUR LES RIMES
· D .E L A B A L A D E.
·ou MESME MERCURE
Da I AN v 1 1 a.
Oncqu.es ne fut plus vericab?e .
Preux.
• •
oi11t ne faü ttU de ces fiers Paladins,
~j des Geants conqYejloie111 /es
Armures;
Point ne f AÙ '"' àe g11!11ns Gre ...
nadins
Dont mention fo1Jt ma.intts Ecritt1res;
. M11i; des Martirs qui p11r fer & flfT
· feux l
•
Sont morts pot'r ieu, ;e les /011~ &
les prie, '
En ft1i1 d'tim()U'r,& de Ghevaleric.,
. c 3
•
•
•
- ----- - 54 . ·ME RCUR:E
Oncq1,es '"e fut 7/114 verit1ih!es
Preux.
~
Cruels Bourreaux, & traîtres A!fa4
lins
Des Saint·s M11rtirs, p11r coups & p11r
• • 1·n Jll res ,
.A Dieu vou/11nt en faire bet111x lar-
•
CJOS ,
Ils Arrachaient fo11vent les cheve ..
lures
En les traînant en CAchots tenc• - bret1x;
.Mail tet faplice eftoit badinerie
À des chrefti1ns plein5 de f11i1ite .
faërie,
Oncques ne fut plm veritnhles.
Preux. •
•
. ~~
1amaü. l' Aurore aux doits in car·
nadins
.&ux fo11rs bri/lans ne ch1erJgeoienl:
nJJ.its obf cures ,
...
•
••
•
•
•
GALANT. 55
S1ins voir chrejliens par m11int"s
• Hommes mutins .
Sot1ijfrir pour Dieu fu11eftes avan·
•
tl1res.
ch1ique M artir hr 1ivoi1 tourmens
nombreux, ·
Bien que tourmens empefchent qu·on
• ne rie ,
Riant des jiens, il quit oit fan hoirie.
011cq1ees ne fut plt14 verttables
Preux. •
EN V 0 Y.
Priez· pour nous, chrejliens fi va·
leo reux , ·
~i du vray Dieu ftdelles Amou'.-
... reux
Avez d11 Diable évité tromperie , .
Priez pour nous, &. pour totM nosNeveux.
Yotu meritez qu'à jrima ~ on s' é-
• crie,
OfJcq11es ne fut plus v erit.fl.b/es
PreL1x.
· D .E L A B A L A D E.
·ou MESME MERCURE
Da I AN v 1 1 a.
Oncqu.es ne fut plus vericab?e .
Preux.
• •
oi11t ne faü ttU de ces fiers Paladins,
~j des Geants conqYejloie111 /es
Armures;
Point ne f AÙ '"' àe g11!11ns Gre ...
nadins
Dont mention fo1Jt ma.intts Ecritt1res;
. M11i; des Martirs qui p11r fer & flfT
· feux l
•
Sont morts pot'r ieu, ;e les /011~ &
les prie, '
En ft1i1 d'tim()U'r,& de Ghevaleric.,
. c 3
•
•
•
- ----- - 54 . ·ME RCUR:E
Oncq1,es '"e fut 7/114 verit1ih!es
Preux.
~
Cruels Bourreaux, & traîtres A!fa4
lins
Des Saint·s M11rtirs, p11r coups & p11r
• • 1·n Jll res ,
.A Dieu vou/11nt en faire bet111x lar-
•
CJOS ,
Ils Arrachaient fo11vent les cheve ..
lures
En les traînant en CAchots tenc• - bret1x;
.Mail tet faplice eftoit badinerie
À des chrefti1ns plein5 de f11i1ite .
faërie,
Oncques ne fut plm veritnhles.
Preux. •
•
. ~~
1amaü. l' Aurore aux doits in car·
nadins
.&ux fo11rs bri/lans ne ch1erJgeoienl:
nJJ.its obf cures ,
...
•
••
•
•
•
GALANT. 55
S1ins voir chrejliens par m11int"s
• Hommes mutins .
Sot1ijfrir pour Dieu fu11eftes avan·
•
tl1res.
ch1ique M artir hr 1ivoi1 tourmens
nombreux, ·
Bien que tourmens empefchent qu·on
• ne rie ,
Riant des jiens, il quit oit fan hoirie.
011cq1ees ne fut plt14 verttables
Preux. •
EN V 0 Y.
Priez· pour nous, chrejliens fi va·
leo reux , ·
~i du vray Dieu ftdelles Amou'.-
... reux
Avez d11 Diable évité tromperie , .
Priez pour nous, &. pour totM nosNeveux.
Yotu meritez qu'à jrima ~ on s' é-
• crie,
OfJcq11es ne fut plus v erit.fl.b/es
PreL1x.
Fermer
Résumé : SUR LES RIMES DE LA BALADE DU MESME MERCURE DE JANVIER. Oncques ne fut plus veritable Preux.
Le poème médiéval 'Sur les rimes' explore les thèmes de bravoure et de martyrs. Il commence par évoquer des preux, des chevaliers et des géants, mais souligne que ces figures héroïques ne sont plus vérifiables. Le texte mentionne ensuite des martyrs chrétiens ayant souffert pour leur foi, subissant des tortures et des persécutions. Les bourreaux sont décrits comme cruels et traîtres, arrachant les cheveux des martyrs et les traînant dans des cachots sombres. Malgré ces souffrances, les martyrs restent fidèles et pleins de foi. Le poème évoque également des chrétiens endurant des tourments nombreux mais riant des diables. Il se termine par une prière aux chrétiens valeureux, les remerciant d'avoir évité la tromperie du diable et demandant leurs prières pour les générations futures. Le poème répète que ces preux et martyrs ne furent jamais plus vérifiables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 3-32
Avanture tragi-comique, extraite d'une lettre Espagnole, écrite de Tolede au temps que Philippe V. s'empara de Madrid.
Début :
Je vous fais part, mon cher ami, d'une avanture [...]
Mots clefs :
Aventure tragi-comique, Tolède, Philippe V, Retraite incendiaire, Castillan, Don Quichotte, Château, Siège, Combat, Chevalerie, Claire, Mariage, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avanture tragi-comique, extraite d'une lettre Espagnole, écrite de Tolede au temps que Philippe V. s'empara de Madrid.
jlvanture tragi-comique,extraite
d'une lettre Espagnole, écrite
de Tolede an temps que Philippe
V. s'empara de Madrid.
E vousfais part,
moncher ami,d'une
avanture veritable
,à laquelle a donné
lieu la retraite incendiaire
des ennemis : c'étoit
dans un village à
sept ou huit lieuës d'ici.
A leur approche tout
trem bla dans ce village,
excepté le Heros du lieu,
vieux Castillan, intrepide
, grand homme,
droit, sec & basané, assez
verd encore pour l'âge
de quatre-vingt-deux
étns qu'il avoit. Il se dit
de la race de Don Quixotte:
mais rien ne prouve
cette genealogie, que
sa figure & ses visions.
Il dit ordinairement qu'-
il a de Don Quixotte la
valeur, sans en avoir la
folie: mais lui seul fait
cette exception. Il lui
ressemble en tout, &
cette avanture, quoy
qu'exactement vraye, tiendroit placedans celle
de Don Quixotte, sielle
étoit un peu plus plaisante.
Mais je vous l'envoye
telle qu'elle est.
Nôtre Heros de villageétoit
retiré dans une
mazure ancienne, qu'il
appelloit château, en faveur
d'une vieille tour
bâtie du temps des Maures.
Ce fut dans cette
tour qu'il fit porter tout
son petit meuble antique,
ses vieux titres &
son argent: maiscequ'il
vouloit sur-tout mettre
à couvert du
-
pillage,
c'étoit une jeune Espagnole,
âgée feulement de
quinze ans, belle comme
le jour, & dont il
étoit héroïquement amoureux
, c'est à dire
d'un amour pur soûtenu
de quatre-vingt- deux
ans, qu'il avoit contrainte
par tyrannie à rester
dans son château, enattendant
un mariage legitimement
resolu par
les parens de Claire; c'est
le nom de celle que nous
appellerons dés à present
son épouse, comme Agnés
l'étoit d'Arnolfe:
mais cette Agnés-ci étoit
encore plus deniaisée.
Ses parens, qui ctoient
fort pauvres,s'étoient
determinez àce
mariage, pour faire heriter
bientôt leur fille
,c
du tresor de ce vieux
Espagnol. 1"
Nôtre Don Quixotte
s'étoitdonc armé de pied
en ca p, & n'avoi t pas
oublié une ceinture qui
soûtenoit six pistolets ôc
deux dagues Castillannes
, il s'étoit mis un
pot en tête, percé de tous
côtez, & mangé de
roüille,& n'avoit qu'une
moitié de cuirasse par
devant, & n'étoitarmé
par les épaules que de la
ferme resolution qu'il
avoit prise de ne point
tourner le dos à l'ennemi.
Il faisoit beaucoup
va loir à sa jeune épouse
la violence qu'il se faisoit
de n'aller pas au-devant
des ennemis, se faisant
une loy de chevalerie
de ne pas abondonner
sa Dame;& la petite
rusée feignoit de prendre
la chose du côté que
le vieux jaloux la lui
montroit:mais cette jalousie
affreuse étoit la
feule cause qui le faisoit
retrancher dans sa tour.
.>
Cependant la petite
Claire son épouse oublioitpresque
la peur
qu'elle avoit de l'approche
des ennemis, pour
rire du dessein & de l'accoutrement
ridicule de
son vieux tyran;& ce
qui diminuoit sa peur
encore,c'étoit une lettre
qu'elle avoit reçûë
secretement, & dont
nous verrons les effets
dans la fuite. Elle prenoit
un plaisir malin à
se moquer de ses rodomontades
lui disoit:
Mon cher époux, pourquoy
vous armer sipesamment
?vôtre seul aspect
fera trembler ceux
qui vous vont assieger.
Je cache ma valeur fous
mes armes,lui répondit
le Castillan ; si je la
laissois à découvert, on
ne m'attaqueroitqu'en
tremblant, &. j'aurois
moins de gloire à vaincre.
Mettez donc encore
un autre casque sur vôtre
tête, répondit la jeune
épouse; car celui-là
est tout percé, & l'on
voit vôtre valeur à tra- vers. :•••'
?
Pendant ce discours
onentendit dans la cour,
du château des cris, Lr
plusieurs soldats bien armez&
cuirassez quitâchoit
d'escalader la tour
par un côté. D'abord la
jeune femme fit remarquer
au vieux Chevalier
qu'on l'attaquoit foiblement,&
qu'il faloit qu'il
ménageât les coups qu'il
avoit à tirer, pour se défendre
quand les ennemis
feroient montez. Il
trouva l'avis bon, & ne
tira point,observant seulement
les escaladeurs.
Ils étoient déja à portée
des coups: mais ils n'osoient
avancer à caufede
la fiere contenance du
ChevalierEspagnol, qui
pendant ce temps- là se
sentit saisir par deux
bras plus forts que ceux
de sa jeune épouse, qu'il
croyoit feule avec lui
dans latour, & il fut
sort surpris quand il vie
sur sa poitrine deux -
gros bras nerveux & armez
de cuirasse. C'étoit
en effet un autre Chevalier
à peu prés armé
comme il l'étoit lui-même.
Cet homme armé
étoitentré par une fenêtre
du grenier de cette
tour, par où la jeune accordéeavoit
pris foinde
descendre avec la poulie
de la fenestre, une corbeiHe,&:
les deux bouts
de la corde à puits, avec
laquelle le Chevalier &£
trois de ses camarades
s'étoient montez reciproquement
; &ils se
saisirenttous ensuite du
Don Quixotte, parce
qu'il avoit plusieurs piftolets
&, mousquetons
chargez. Quandils eurent
jetté toutes ces armes
à feu par la fenestre,
6C qu'on ne lui eut
laissé que sa feule épée,
alors
alors les quatre ennemis
le lâcherent > & le premier
Chevalier,qui parut
leur commandant,
prit la parole sur le ton
de la Chevalerie, dont
l'autre avoit le cerveau
un peu attaqué,comme
nous l'avons déja dit.
Seigneur Manquinados,
lui dit d'abord le Chevalier,
haussant la vipère,
quoique vous soyiez nôtre
prisonnier, & que
tout vôtre butin nous
appartienne en bonne
guerre, cependant la
beauté de cette jeune infante
m'impose du respect;
elle me causeen
mesme tem ps un subit,
mais violent amour.
D'un autre côté votre
valeur me donne de la
veneration 8£ de l'estime
: ainsi voyons si vous
soûtiendrez la haute idée
que j'ai connue de votre
generosité. Je ne veux
vous ôter ni votre Dame
, ni votre tresor:
mais je veux que l'un &
l'autre foit le prix d'un
combat singulier que je
vous propose.
Le Chevalier de la
tour fut d'abord étourdi
de cette proposition;car
sa jeune Claire & son
tresor étoient à lui, à ce
qu'il croyoit, en legitime
possession, & il ne
pouvoit se resoudre à
exposer l'un & l'autreau
hazard d'un combat.
C'est ce qu'il representa
trés-fortement à sonadversaire
: mais on lui
prouva d'abord que le
coeur deClaire étoit un
bien usurpé par lui;c'est
ce qu'elle declara ellemême
trés - patetiquement
en presence des
champions : & on lui
declara de plus que la
plûpart de l'argent qui
composoit le tresor du
vieux Espagnol avoit
été usurpé presque aussi
injustement que le coeur
de Claire, par les vexations
de ce tyran de village
sur les parens de
Claire. Toutes ces raisons
ne determinoient
point le Chevalier avare
& jaloux: mais la necessité
d'acccepter le dési,
ou de se voir enlever
tour sans combattre,
lui inspira un genereux
mépris de ses tresors, de
sa maîtresse, & d'un reste
de vie qui ne valoit gueres
la peine de le défendre,
mais qu'il resolut
pourtant de vendre bien
cher à son ennemi. Ils se
reculerent, chacun l'épée
au poing, jusqu'au
mur intérieur de la tour,
pour prendre leur course
& faire irruption l'un sur
l'autre; & cependant les
autres eurent ordre detre
spectateurs tranquiles
de ce fameux combat,
dont Claire ne laissoit
pas de trembler bien
fort, quoy qu'elle s'attendît
bien que le vieux
époux y succomberoit..
Ils combattirent sur un
tas de meubles & d'utenfils
qui leurservoientde
barriere, & ilssassaillirent
l'un l'autre comme
on force un retranchement
de fascines. Je ne
sçai par quelle mauvaise
destinée le vieux Espagnol
,
qui devoit pourrant
mieux connoître
son terrainque l'autre,
voulut prendre son avantage,
en mettant le pied
sur un vieux bahuplat
qui se trouvoit de niveau
avec quelques autresmeubles
dont le
plancher étoit couvert.
Ce vieux bahu pourri
fut percé de fond en comble
par le pied du combattant,
en forte que
pieds, jambes SC cuisses
se trouverent enfoncez
& pris dans le bahu,
comme le fut jadis le
pied
pied de Ragotin dans le
pot de chambre.
Alors il cria : Quar- tier',quartier,pointde
supercherie ; & en effet
on nevoulut point prosiser
du faux pas qu'il
avoit fait. Les juges du
combat le defemboëterent,
& il fut remisen
pied. Il fut si touché d'estime
pour des ennemis
si généreux ,
qu'il promit
de ceder sans regret
le prix de la victoire à
son ad versaire:mais que
cette victoire lui coûte- j
roit cher. Je ne vous serai
point ici la description
ducombat renou- (
vellé. La foibleffc du
vieillard, la superioritéquel'autreavoitsurlui,
l'équipage du combattant,&
ladispositiondu
champ de bataille, le
rendirent si comique,
que Claire ne put s'empêcher
d'en rire, malgré
le peril que couroit encore
son amant; car le
combattant étoit en esset
un jeune François,
qui étoit devenu amoureux
& aiméd'elle depuis
peu de temps, &
qui avoit ramassé quelques
amis dans un petit
parti François, qui avoit
mis en déroute quelques
Allemans qui avoient
commence a pillertrésserieusement
la bassecour
du romanesqueEspagnol
; ensorte que les
vrais ennemis ayant pris
la suite,ceux-ci ne firent
l'attaque de la tour que
de concert avec Claire
& ses parens pour met--
tre le vieux Seigneur à
laraison.
Revenons à la fin d'un
combat oùl'amant ne
laissa pas d'estre blessé au
bras,parce qu'ilnevouloit
point tuer son rival.
Enfinaprès un combat
,
fort obstiné de la
part du vieillard, ilfut
renversésousson ennemi,
8£ contraint de lui
demander la vie & sa
chereépouse. A cette demande
Claire s'écria,
que pour la vie elle consentoit
qu'on la lui donnât,
& non feulement la
vie, continua-t-elle:
mais je veux bien qu'on
vous donne outre cela
de quoy vivre. En effet
le pere de Claire, qui
étoit l'un des cavaliers
armez & déguisez, promit
de nourrir le vieillard
tant qu'il vivroit;
& les choses tournerent
de façon qu'un bon contrat
de mariage fut la
rançon de la vie qu'on
donna au vieux Espagnol,
quisigna rncfmc
le premier au t",r",.r
Voila, Mon/leur,
tcut ce que j.'Jai f¡f;û" dde
/e/le avanfure:je souhtlite
que si elle riesipas
bien ré)outrante, elle
vous Joit du moins caution
queJApporterat tous
-
mesJoins à vous envoyer
des Jujets d'hifloriettes>
que je vouslaisserai do..
renavant lefoin d'écrire
wons - même 5 car vos
Alercures du mois passé
mont appris que vous
êtes resolu de ceder le détail
Çy lesJoins du Mercure
a un homme tout
appliqué à cet ouvrage3
fS de ne vous rejerver
c*He la peine d'écrire
quelques morceaux détachez,;
sist en vers, sist en prose, sist dissertations
:JJOit tranfitions3
sist hijtoriettes ; f.5 nous
attendons avec impatience
la nouvelleforme
de ce Mercure; car les
derniers ( il faut vous
l'avouer)feroient tort a
voire reputation 3fi ton
r7/7/etotiotpittÙpabsibeinenccoonnrvvaaiinncen
devotreparesse.
d'une lettre Espagnole, écrite
de Tolede an temps que Philippe
V. s'empara de Madrid.
E vousfais part,
moncher ami,d'une
avanture veritable
,à laquelle a donné
lieu la retraite incendiaire
des ennemis : c'étoit
dans un village à
sept ou huit lieuës d'ici.
A leur approche tout
trem bla dans ce village,
excepté le Heros du lieu,
vieux Castillan, intrepide
, grand homme,
droit, sec & basané, assez
verd encore pour l'âge
de quatre-vingt-deux
étns qu'il avoit. Il se dit
de la race de Don Quixotte:
mais rien ne prouve
cette genealogie, que
sa figure & ses visions.
Il dit ordinairement qu'-
il a de Don Quixotte la
valeur, sans en avoir la
folie: mais lui seul fait
cette exception. Il lui
ressemble en tout, &
cette avanture, quoy
qu'exactement vraye, tiendroit placedans celle
de Don Quixotte, sielle
étoit un peu plus plaisante.
Mais je vous l'envoye
telle qu'elle est.
Nôtre Heros de villageétoit
retiré dans une
mazure ancienne, qu'il
appelloit château, en faveur
d'une vieille tour
bâtie du temps des Maures.
Ce fut dans cette
tour qu'il fit porter tout
son petit meuble antique,
ses vieux titres &
son argent: maiscequ'il
vouloit sur-tout mettre
à couvert du
-
pillage,
c'étoit une jeune Espagnole,
âgée feulement de
quinze ans, belle comme
le jour, & dont il
étoit héroïquement amoureux
, c'est à dire
d'un amour pur soûtenu
de quatre-vingt- deux
ans, qu'il avoit contrainte
par tyrannie à rester
dans son château, enattendant
un mariage legitimement
resolu par
les parens de Claire; c'est
le nom de celle que nous
appellerons dés à present
son épouse, comme Agnés
l'étoit d'Arnolfe:
mais cette Agnés-ci étoit
encore plus deniaisée.
Ses parens, qui ctoient
fort pauvres,s'étoient
determinez àce
mariage, pour faire heriter
bientôt leur fille
,c
du tresor de ce vieux
Espagnol. 1"
Nôtre Don Quixotte
s'étoitdonc armé de pied
en ca p, & n'avoi t pas
oublié une ceinture qui
soûtenoit six pistolets ôc
deux dagues Castillannes
, il s'étoit mis un
pot en tête, percé de tous
côtez, & mangé de
roüille,& n'avoit qu'une
moitié de cuirasse par
devant, & n'étoitarmé
par les épaules que de la
ferme resolution qu'il
avoit prise de ne point
tourner le dos à l'ennemi.
Il faisoit beaucoup
va loir à sa jeune épouse
la violence qu'il se faisoit
de n'aller pas au-devant
des ennemis, se faisant
une loy de chevalerie
de ne pas abondonner
sa Dame;& la petite
rusée feignoit de prendre
la chose du côté que
le vieux jaloux la lui
montroit:mais cette jalousie
affreuse étoit la
feule cause qui le faisoit
retrancher dans sa tour.
.>
Cependant la petite
Claire son épouse oublioitpresque
la peur
qu'elle avoit de l'approche
des ennemis, pour
rire du dessein & de l'accoutrement
ridicule de
son vieux tyran;& ce
qui diminuoit sa peur
encore,c'étoit une lettre
qu'elle avoit reçûë
secretement, & dont
nous verrons les effets
dans la fuite. Elle prenoit
un plaisir malin à
se moquer de ses rodomontades
lui disoit:
Mon cher époux, pourquoy
vous armer sipesamment
?vôtre seul aspect
fera trembler ceux
qui vous vont assieger.
Je cache ma valeur fous
mes armes,lui répondit
le Castillan ; si je la
laissois à découvert, on
ne m'attaqueroitqu'en
tremblant, &. j'aurois
moins de gloire à vaincre.
Mettez donc encore
un autre casque sur vôtre
tête, répondit la jeune
épouse; car celui-là
est tout percé, & l'on
voit vôtre valeur à tra- vers. :•••'
?
Pendant ce discours
onentendit dans la cour,
du château des cris, Lr
plusieurs soldats bien armez&
cuirassez quitâchoit
d'escalader la tour
par un côté. D'abord la
jeune femme fit remarquer
au vieux Chevalier
qu'on l'attaquoit foiblement,&
qu'il faloit qu'il
ménageât les coups qu'il
avoit à tirer, pour se défendre
quand les ennemis
feroient montez. Il
trouva l'avis bon, & ne
tira point,observant seulement
les escaladeurs.
Ils étoient déja à portée
des coups: mais ils n'osoient
avancer à caufede
la fiere contenance du
ChevalierEspagnol, qui
pendant ce temps- là se
sentit saisir par deux
bras plus forts que ceux
de sa jeune épouse, qu'il
croyoit feule avec lui
dans latour, & il fut
sort surpris quand il vie
sur sa poitrine deux -
gros bras nerveux & armez
de cuirasse. C'étoit
en effet un autre Chevalier
à peu prés armé
comme il l'étoit lui-même.
Cet homme armé
étoitentré par une fenêtre
du grenier de cette
tour, par où la jeune accordéeavoit
pris foinde
descendre avec la poulie
de la fenestre, une corbeiHe,&:
les deux bouts
de la corde à puits, avec
laquelle le Chevalier &£
trois de ses camarades
s'étoient montez reciproquement
; &ils se
saisirenttous ensuite du
Don Quixotte, parce
qu'il avoit plusieurs piftolets
&, mousquetons
chargez. Quandils eurent
jetté toutes ces armes
à feu par la fenestre,
6C qu'on ne lui eut
laissé que sa feule épée,
alors
alors les quatre ennemis
le lâcherent > & le premier
Chevalier,qui parut
leur commandant,
prit la parole sur le ton
de la Chevalerie, dont
l'autre avoit le cerveau
un peu attaqué,comme
nous l'avons déja dit.
Seigneur Manquinados,
lui dit d'abord le Chevalier,
haussant la vipère,
quoique vous soyiez nôtre
prisonnier, & que
tout vôtre butin nous
appartienne en bonne
guerre, cependant la
beauté de cette jeune infante
m'impose du respect;
elle me causeen
mesme tem ps un subit,
mais violent amour.
D'un autre côté votre
valeur me donne de la
veneration 8£ de l'estime
: ainsi voyons si vous
soûtiendrez la haute idée
que j'ai connue de votre
generosité. Je ne veux
vous ôter ni votre Dame
, ni votre tresor:
mais je veux que l'un &
l'autre foit le prix d'un
combat singulier que je
vous propose.
Le Chevalier de la
tour fut d'abord étourdi
de cette proposition;car
sa jeune Claire & son
tresor étoient à lui, à ce
qu'il croyoit, en legitime
possession, & il ne
pouvoit se resoudre à
exposer l'un & l'autreau
hazard d'un combat.
C'est ce qu'il representa
trés-fortement à sonadversaire
: mais on lui
prouva d'abord que le
coeur deClaire étoit un
bien usurpé par lui;c'est
ce qu'elle declara ellemême
trés - patetiquement
en presence des
champions : & on lui
declara de plus que la
plûpart de l'argent qui
composoit le tresor du
vieux Espagnol avoit
été usurpé presque aussi
injustement que le coeur
de Claire, par les vexations
de ce tyran de village
sur les parens de
Claire. Toutes ces raisons
ne determinoient
point le Chevalier avare
& jaloux: mais la necessité
d'acccepter le dési,
ou de se voir enlever
tour sans combattre,
lui inspira un genereux
mépris de ses tresors, de
sa maîtresse, & d'un reste
de vie qui ne valoit gueres
la peine de le défendre,
mais qu'il resolut
pourtant de vendre bien
cher à son ennemi. Ils se
reculerent, chacun l'épée
au poing, jusqu'au
mur intérieur de la tour,
pour prendre leur course
& faire irruption l'un sur
l'autre; & cependant les
autres eurent ordre detre
spectateurs tranquiles
de ce fameux combat,
dont Claire ne laissoit
pas de trembler bien
fort, quoy qu'elle s'attendît
bien que le vieux
époux y succomberoit..
Ils combattirent sur un
tas de meubles & d'utenfils
qui leurservoientde
barriere, & ilssassaillirent
l'un l'autre comme
on force un retranchement
de fascines. Je ne
sçai par quelle mauvaise
destinée le vieux Espagnol
,
qui devoit pourrant
mieux connoître
son terrainque l'autre,
voulut prendre son avantage,
en mettant le pied
sur un vieux bahuplat
qui se trouvoit de niveau
avec quelques autresmeubles
dont le
plancher étoit couvert.
Ce vieux bahu pourri
fut percé de fond en comble
par le pied du combattant,
en forte que
pieds, jambes SC cuisses
se trouverent enfoncez
& pris dans le bahu,
comme le fut jadis le
pied
pied de Ragotin dans le
pot de chambre.
Alors il cria : Quar- tier',quartier,pointde
supercherie ; & en effet
on nevoulut point prosiser
du faux pas qu'il
avoit fait. Les juges du
combat le defemboëterent,
& il fut remisen
pied. Il fut si touché d'estime
pour des ennemis
si généreux ,
qu'il promit
de ceder sans regret
le prix de la victoire à
son ad versaire:mais que
cette victoire lui coûte- j
roit cher. Je ne vous serai
point ici la description
ducombat renou- (
vellé. La foibleffc du
vieillard, la superioritéquel'autreavoitsurlui,
l'équipage du combattant,&
ladispositiondu
champ de bataille, le
rendirent si comique,
que Claire ne put s'empêcher
d'en rire, malgré
le peril que couroit encore
son amant; car le
combattant étoit en esset
un jeune François,
qui étoit devenu amoureux
& aiméd'elle depuis
peu de temps, &
qui avoit ramassé quelques
amis dans un petit
parti François, qui avoit
mis en déroute quelques
Allemans qui avoient
commence a pillertrésserieusement
la bassecour
du romanesqueEspagnol
; ensorte que les
vrais ennemis ayant pris
la suite,ceux-ci ne firent
l'attaque de la tour que
de concert avec Claire
& ses parens pour met--
tre le vieux Seigneur à
laraison.
Revenons à la fin d'un
combat oùl'amant ne
laissa pas d'estre blessé au
bras,parce qu'ilnevouloit
point tuer son rival.
Enfinaprès un combat
,
fort obstiné de la
part du vieillard, ilfut
renversésousson ennemi,
8£ contraint de lui
demander la vie & sa
chereépouse. A cette demande
Claire s'écria,
que pour la vie elle consentoit
qu'on la lui donnât,
& non feulement la
vie, continua-t-elle:
mais je veux bien qu'on
vous donne outre cela
de quoy vivre. En effet
le pere de Claire, qui
étoit l'un des cavaliers
armez & déguisez, promit
de nourrir le vieillard
tant qu'il vivroit;
& les choses tournerent
de façon qu'un bon contrat
de mariage fut la
rançon de la vie qu'on
donna au vieux Espagnol,
quisigna rncfmc
le premier au t",r",.r
Voila, Mon/leur,
tcut ce que j.'Jai f¡f;û" dde
/e/le avanfure:je souhtlite
que si elle riesipas
bien ré)outrante, elle
vous Joit du moins caution
queJApporterat tous
-
mesJoins à vous envoyer
des Jujets d'hifloriettes>
que je vouslaisserai do..
renavant lefoin d'écrire
wons - même 5 car vos
Alercures du mois passé
mont appris que vous
êtes resolu de ceder le détail
Çy lesJoins du Mercure
a un homme tout
appliqué à cet ouvrage3
fS de ne vous rejerver
c*He la peine d'écrire
quelques morceaux détachez,;
sist en vers, sist en prose, sist dissertations
:JJOit tranfitions3
sist hijtoriettes ; f.5 nous
attendons avec impatience
la nouvelleforme
de ce Mercure; car les
derniers ( il faut vous
l'avouer)feroient tort a
voire reputation 3fi ton
r7/7/etotiotpittÙpabsibeinenccoonnrvvaaiinncen
devotreparesse.
Fermer
Résumé : Avanture tragi-comique, extraite d'une lettre Espagnole, écrite de Tolede au temps que Philippe V. s'empara de Madrid.
Le texte raconte une aventure tragi-comique inspirée d'une lettre espagnole écrite à l'époque où Philippe V s'empara de Madrid. L'histoire se déroule dans un village situé à sept ou huit lieues de Tolède. Lors de la retraite incendiaire des ennemis, un vieux Castillan de quatre-vingt-deux ans, comparé à Don Quixotte, refuse de fuir. Il se prépare à défendre son château, une ancienne masure avec une tour bâtie du temps des Maures, où il a rassemblé ses biens et une jeune Espagnole de quinze ans, Claire, dont il est amoureux et qu'il retient contre sa volonté en attendant un mariage arrangé par ses parents. Le vieil homme s'arme et se prépare à affronter les ennemis, malgré les moqueries de Claire. Alors qu'il se tient prêt, des soldats escaladent la tour. Claire, qui a reçu une lettre secrète, se moque de lui. Soudain, un autre chevalier entre par une fenêtre et maîtrise le vieux Castillan. Ce chevalier propose un combat singulier pour obtenir Claire et le trésor du vieil homme. Claire et ses parents révèlent que le trésor a été acquis par des vexations et que son cœur n'appartient pas au vieil homme. Le combat commence, mais le vieil homme trébuche et est sauvé par la générosité de son adversaire. Blessé, il est finalement vaincu. Claire accepte de pardonner la vie du vieil homme à condition qu'il soit nourri jusqu'à sa mort. Un contrat de mariage est signé, mettant fin à l'aventure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer