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1051
p. 162
« Enfin nous voicy heureusement arrivez à l'article de Paris. [...] »
Début :
Enfin nous voicy heureusement arrivez à l'article de Paris. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Enfin nous voicy heureusement arrivez à l'article de Paris. [...] »
Enfin nous voicy heureusement arrivez à l'article de Paris.
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1052
p. 163-176
De Paris. COPIE DE LA FEUILLE des Benefices & Pensions, signée par Monseigneur le Duc d'Orleans, le 20. Janvier 1716.
Début :
Cambray à M. l'Abbé d'Estrées, à 20000. livres [...]
Mots clefs :
Abbé, Chevalier, Roi, Pension, Abbaye, Aumônier, Duc d'Orléans, Bénéfices, Pensions
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texteReconnaissance textuelle : De Paris. COPIE DE LA FEUILLE des Benefices & Pensions, signée par Monseigneur le Duc d'Orleans, le 20. Janvier 1716.
De Paris.
COPIE DE LA FEUILLE
desBénéfices & Pcnfions,
signée par Monseigneur le
Duc d'Orleans
,
le zo.
Janvier 1716.
Cambray à M. rAbbé
d'Eftrécs, à 2.0000. livres
de Pension.Sçavoir, à
M. leComte de LainaIk
,
GOGO*liv.
M. l'Abbé TartJifict,
4000 liv.
M. l'Abbé de Magnas,
Premier Aumônier de -Madame,
3000. liv.
M. l'Abbé de Fenelon,
1000. liv,
M. l'Abbé Doifi.,Comte
de Tournay, 2.000, liv.
M. l'Abbé de Rouvroy,
1000. liv.
M l'Abbé de Boifgibaulr,
Aumônier de Madame la Da.
chessede Lorraine,1000.liv.
Sens à M. l'Evcfque de
Troycs, àchargede8000.liv.
- dePension Sçavoir, à
M.l'Abbé Genest, Aumônier
de Madame la Duchcflc
d'Orléans, 3000.liv.
M.l'AbbéDavaife, 1000.1.
M. le Chevalier de Gercy,
1000. liv.
M.labbéDubos, 2.000.1.
Bayeux à M le Cardinalde
la Trimoille.) à charge de
loooo 1. de Pension. Sçavoir,à
Mde Montmorency,Che",
valier de S Lazare, 2.000. liv.
M. le Chevalier de Lhôpital,
1500.liv.
M. le Chevalier de S. Valier,
1500.liv.
M. de Manieu,Capitaine
au Régiment de la Couronne,
1000. liv.
M. le Chevalier de Rcths,
1500. liv.
M. le Comte- de Polignac
1joo.liv.
M. l'Abbé de Fenelon le
cadet, 1000. liv.
LTvcfche de Xaintcs a M.
l'Abbé de Beaumonc.
L'Evesché de Clermont, à
M.l'Abbé d'Entragues, Aumônier
duRoy.
-L'Abbaye-deS.ViétacJ:au
Cardinal Gualtieri,àcharge de
2000.l. dePenflon. Sçavoir,à
- -
M. l'Abbé Tamifi^
,
2000. liv.
L'Abbaye de S. Paul de
Verdun, au Cardiruî Ottoboni,
àcharge de 3000. liv.
de Pension. Savoir, à
M Biece, Diacre, 800.liv.
M Beaume, Prestre,700. L
M Mihony, Prêtre,700.1.
M. Deftival
,
ClercTonforé,
500. liv.
M. Gaflin, Clerc Tonsuré,
400. liv.
L'Abbaye de S. Ouin, a M.
l'Abbé de S.AlbinJà charge de
6000. L de Pension.Sçavoir, à
Mde Marcillac, 1000.îiv.
M. Timolcon de Choisy,
zooo. liv.
**M.l'AbbeduBella,1500.1.
M. Scuguenois,300. 1.
*
L'Abbaye de Moiflfac, à M.
de Biron, à charge de 4000. 1.
de Peufion. Savoir, à
Madame de Rochec houarr,
Abbesse de Fontcvraud,
4000. liv.
L'Abbaye de Jumicgcs, à
M. l'Abbé de S. Simon, à
charge de 3000. liv. dePenfion.
Sçavoir,à
M. l'Abbé Vertoi, rJoo. L
M. l'AbbéBitaud,icoo.l.
L'Abbaye
L'Abbaye du Mont S,
Eloy, au Pere la Couifferc,
Prieur de ladite Mailon
,
à
charge de 11000.1.de Pcnfion.
Sçavoir, à
M. le Chevalier de Clermonr,
1000. liv.
* M. le Chevalicr de Trefle- manes,2000.1.
«
M. le Chevalier de Pezeux,
1000. liv.
M. le Chevalier de Mondain
, 1000. liv.
LUnivçrficé de Douay ,
3000. liv.
L'Abbaye de Vigogne, au
Pere Bertin, a charge de 7000.
livres de Pension.Sçavoir, à
M. le Chevalier de Velleron,
2000. liv.
M. le Chevalier de S. André,
1000. Ilv.
M. le Chevalier de Confions,
2000. liv.
Le Séminaire d' Arras ,
1000. liv.
L'AbbayedeS,Basle,àM.
l'Abbé deS.Poin.
L'Abbaye de S Mclainc, à
M. l'Abbé de la Roche, Chanoine
de Nostre Dame.
LAbbaye de S. Marrin de
Pontoi[c>àM.l'Abbé dcTczu.
L'Abbaye de Cellcroin à M. rAbbé de Cbavigni de Blo.
-
L'Abbaye de S. Vincent du
Bourg,àM.l'AbbédeLiflagafay.
L'Abbaye de la Chastre, à
M. l'Abbé Bcrthcr, Aumônier
de Madame. ? ;
L'Abbaye de Lure, à M.
FAbbe Monteils.
v r
Le Prieuré le Mont aux Maladcs,
à M. l'Abbé Perot, Insticutcur
du Roy.**
M. deChivac, Ancicn Professeur
en Médecine de l'Univerficé
de Montpellier, & Premier
Medecm de S. A. R.
Monseigneur le Duc d'Orleans,
Regenc du Royaume,
sur reçu à l' Academie Royale
des Sciences le ig. Janvier.
Le 10. de ce mois ,
le Roy
allaauPalaisRoyal,& vifha
Madame, M. le Duc dOrleans
,
& Madame laDuchefTe*
d'Orléans.
Le iS. du mois pasle on
celebra dans l'Eglise Merropoliraine
d'Alby
, un Service
pour le feu Roy, M. l'Abbé
Angeard Chanoine^Théologal
de la même Êglise prononça
l'Oraison Funèbre.
ACifteron lEYêqueofïcia
pomificarlementpour le même
fujtt.
Le18. du mois dernier
l'Academie Royale de Bor.
deaux fit celebrer un Service
solemnel pour le fcu Royt,
dansla Chapelle du College
de Guienne de cette Ville ; la
Messe y fut chantée par la mu-
6que de l'Academie, & Ioraison
Funèbre prononcé par
leoPercnMaria Jcruite. fit la même ceremoiiie
dans TEglife dcTouJ
,
ou M. de l'Anuz Théologal
prononça lOraifon Funcbre.
DeraêroeàVienneen Dauphiné
ou l'Archevêque officia
,& ou 1Oraison funèbre
sur prononcée par le Perc Félon
Jvfuitc.
A Melun le Chapitre Royal
deNoHre Dame,le Pere Monier
Carme fie l'Eloge du Roy.
A IlToudun en Bcrry, dans
l'Eglise Collégiale deS.Cyr,
le PercPintarc prononça 1Oraison
Funèbre
, comme il
avoic fjit à Bourges.
Dins l'Eglise de Noftrc-
Dane Montpellier,1'Archevelque
de N'f bonne, Prefidcnt
des Ecjrs
,
officia pour le
mesme sujet, & les Evcfqucs
d'Agde
J
de Bczicrs, de Montauban
,
& d'Alais, firent les
abCoutcs) le Pcre Scnault Jefuice
prononça rOraifon funcbre.
A Toulouse l'Académie
des Jeux Floraux fit faire un
Service folcmnel pour le feu
Roy,dans lEglise desCarmes,
le foir IJCompJgnies'acrembla
extraordinaircmenc à l'Hôtel
de Ville dans la Salle de l'Académic
,
où le sieur Mariottc
l'un des Académiciens, prononça)
Etogc du Roy.
Le ij. de ce mois, le Roy
tint sur les Fonds dans la Chapelle
des Thuillcries
, avec
Madamela Duchcfle de Vantadour
,
sa Gouvernante,le
fils de M. le Duc de Talard ,
& petit fils du Maréchal,qui
fut baptisé par leCardinal de
RohanJGrand Aumofnicr de
France & nommé Louis Charles.
COPIE DE LA FEUILLE
desBénéfices & Pcnfions,
signée par Monseigneur le
Duc d'Orleans
,
le zo.
Janvier 1716.
Cambray à M. rAbbé
d'Eftrécs, à 2.0000. livres
de Pension.Sçavoir, à
M. leComte de LainaIk
,
GOGO*liv.
M. l'Abbé TartJifict,
4000 liv.
M. l'Abbé de Magnas,
Premier Aumônier de -Madame,
3000. liv.
M. l'Abbé de Fenelon,
1000. liv,
M. l'Abbé Doifi.,Comte
de Tournay, 2.000, liv.
M. l'Abbé de Rouvroy,
1000. liv.
M l'Abbé de Boifgibaulr,
Aumônier de Madame la Da.
chessede Lorraine,1000.liv.
Sens à M. l'Evcfque de
Troycs, àchargede8000.liv.
- dePension Sçavoir, à
M.l'Abbé Genest, Aumônier
de Madame la Duchcflc
d'Orléans, 3000.liv.
M.l'AbbéDavaife, 1000.1.
M. le Chevalier de Gercy,
1000. liv.
M.labbéDubos, 2.000.1.
Bayeux à M le Cardinalde
la Trimoille.) à charge de
loooo 1. de Pension. Sçavoir,à
Mde Montmorency,Che",
valier de S Lazare, 2.000. liv.
M. le Chevalier de Lhôpital,
1500.liv.
M. le Chevalier de S. Valier,
1500.liv.
M. de Manieu,Capitaine
au Régiment de la Couronne,
1000. liv.
M. le Chevalier de Rcths,
1500. liv.
M. le Comte- de Polignac
1joo.liv.
M. l'Abbé de Fenelon le
cadet, 1000. liv.
LTvcfche de Xaintcs a M.
l'Abbé de Beaumonc.
L'Evesché de Clermont, à
M.l'Abbé d'Entragues, Aumônier
duRoy.
-L'Abbaye-deS.ViétacJ:au
Cardinal Gualtieri,àcharge de
2000.l. dePenflon. Sçavoir,à
- -
M. l'Abbé Tamifi^
,
2000. liv.
L'Abbaye de S. Paul de
Verdun, au Cardiruî Ottoboni,
àcharge de 3000. liv.
de Pension. Savoir, à
M Biece, Diacre, 800.liv.
M Beaume, Prestre,700. L
M Mihony, Prêtre,700.1.
M. Deftival
,
ClercTonforé,
500. liv.
M. Gaflin, Clerc Tonsuré,
400. liv.
L'Abbaye de S. Ouin, a M.
l'Abbé de S.AlbinJà charge de
6000. L de Pension.Sçavoir, à
Mde Marcillac, 1000.îiv.
M. Timolcon de Choisy,
zooo. liv.
**M.l'AbbeduBella,1500.1.
M. Scuguenois,300. 1.
*
L'Abbaye de Moiflfac, à M.
de Biron, à charge de 4000. 1.
de Peufion. Savoir, à
Madame de Rochec houarr,
Abbesse de Fontcvraud,
4000. liv.
L'Abbaye de Jumicgcs, à
M. l'Abbé de S. Simon, à
charge de 3000. liv. dePenfion.
Sçavoir,à
M. l'Abbé Vertoi, rJoo. L
M. l'AbbéBitaud,icoo.l.
L'Abbaye
L'Abbaye du Mont S,
Eloy, au Pere la Couifferc,
Prieur de ladite Mailon
,
à
charge de 11000.1.de Pcnfion.
Sçavoir, à
M. le Chevalier de Clermonr,
1000. liv.
* M. le Chevalicr de Trefle- manes,2000.1.
«
M. le Chevalier de Pezeux,
1000. liv.
M. le Chevalier de Mondain
, 1000. liv.
LUnivçrficé de Douay ,
3000. liv.
L'Abbaye de Vigogne, au
Pere Bertin, a charge de 7000.
livres de Pension.Sçavoir, à
M. le Chevalier de Velleron,
2000. liv.
M. le Chevalier de S. André,
1000. Ilv.
M. le Chevalier de Confions,
2000. liv.
Le Séminaire d' Arras ,
1000. liv.
L'AbbayedeS,Basle,àM.
l'Abbé deS.Poin.
L'Abbaye de S Mclainc, à
M. l'Abbé de la Roche, Chanoine
de Nostre Dame.
LAbbaye de S. Marrin de
Pontoi[c>àM.l'Abbé dcTczu.
L'Abbaye de Cellcroin à M. rAbbé de Cbavigni de Blo.
-
L'Abbaye de S. Vincent du
Bourg,àM.l'AbbédeLiflagafay.
L'Abbaye de la Chastre, à
M. l'Abbé Bcrthcr, Aumônier
de Madame. ? ;
L'Abbaye de Lure, à M.
FAbbe Monteils.
v r
Le Prieuré le Mont aux Maladcs,
à M. l'Abbé Perot, Insticutcur
du Roy.**
M. deChivac, Ancicn Professeur
en Médecine de l'Univerficé
de Montpellier, & Premier
Medecm de S. A. R.
Monseigneur le Duc d'Orleans,
Regenc du Royaume,
sur reçu à l' Academie Royale
des Sciences le ig. Janvier.
Le 10. de ce mois ,
le Roy
allaauPalaisRoyal,& vifha
Madame, M. le Duc dOrleans
,
& Madame laDuchefTe*
d'Orléans.
Le iS. du mois pasle on
celebra dans l'Eglise Merropoliraine
d'Alby
, un Service
pour le feu Roy, M. l'Abbé
Angeard Chanoine^Théologal
de la même Êglise prononça
l'Oraison Funèbre.
ACifteron lEYêqueofïcia
pomificarlementpour le même
fujtt.
Le18. du mois dernier
l'Academie Royale de Bor.
deaux fit celebrer un Service
solemnel pour le fcu Royt,
dansla Chapelle du College
de Guienne de cette Ville ; la
Messe y fut chantée par la mu-
6que de l'Academie, & Ioraison
Funèbre prononcé par
leoPercnMaria Jcruite. fit la même ceremoiiie
dans TEglife dcTouJ
,
ou M. de l'Anuz Théologal
prononça lOraifon Funcbre.
DeraêroeàVienneen Dauphiné
ou l'Archevêque officia
,& ou 1Oraison funèbre
sur prononcée par le Perc Félon
Jvfuitc.
A Melun le Chapitre Royal
deNoHre Dame,le Pere Monier
Carme fie l'Eloge du Roy.
A IlToudun en Bcrry, dans
l'Eglise Collégiale deS.Cyr,
le PercPintarc prononça 1Oraison
Funèbre
, comme il
avoic fjit à Bourges.
Dins l'Eglise de Noftrc-
Dane Montpellier,1'Archevelque
de N'f bonne, Prefidcnt
des Ecjrs
,
officia pour le
mesme sujet, & les Evcfqucs
d'Agde
J
de Bczicrs, de Montauban
,
& d'Alais, firent les
abCoutcs) le Pcre Scnault Jefuice
prononça rOraifon funcbre.
A Toulouse l'Académie
des Jeux Floraux fit faire un
Service folcmnel pour le feu
Roy,dans lEglise desCarmes,
le foir IJCompJgnies'acrembla
extraordinaircmenc à l'Hôtel
de Ville dans la Salle de l'Académic
,
où le sieur Mariottc
l'un des Académiciens, prononça)
Etogc du Roy.
Le ij. de ce mois, le Roy
tint sur les Fonds dans la Chapelle
des Thuillcries
, avec
Madamela Duchcfle de Vantadour
,
sa Gouvernante,le
fils de M. le Duc de Talard ,
& petit fils du Maréchal,qui
fut baptisé par leCardinal de
RohanJGrand Aumofnicr de
France & nommé Louis Charles.
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1053
p. 176-177
« Permettez moy s'il vous plait d'interrompre icy la suite [...] »
Début :
Permettez moy s'il vous plait d'interrompre icy la suite [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Permettez moy s'il vous plait d'interrompre icy la suite [...] »
Permettez moy s'il vous
pl.îc.d'interrompreicyla fuite
des Nouvelles, pour répandre
un air de gayeté sur ce Livre,
à peu prés a la place où il me
patoift qu'il doit y en avoir.
Aufli bien fuis- je dans mon
te<]î/•rn1mCfCUL det irjiOotir*t
bon quart dheure, je fouhaice
que vous soyez dans le vôtre.
pl.îc.d'interrompreicyla fuite
des Nouvelles, pour répandre
un air de gayeté sur ce Livre,
à peu prés a la place où il me
patoift qu'il doit y en avoir.
Aufli bien fuis- je dans mon
te<]î/•rn1mCfCUL det irjiOotir*t
bon quart dheure, je fouhaice
que vous soyez dans le vôtre.
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1054
p. 177-178
CHANSON.
Début :
Tremblez Maris jaloux voici le Carnaval, [...]
Mots clefs :
Carnaval
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Tremble% Maris jaloux voici
le Carnaval
,
La Prude dans ce tems, comme
la plus Coquette
,
Sous le Masque partout va chercher
lalfeurette;
Et l'Amant malheureux fejafa
vesur le Bal.
Tremble% Maris jaloux voicy
le Carnaval.
Parun habitpareil Uplusfage
est fedwte ;
La Coquette à changer d'ellemêmes'invite:
Tout ce dégmfemcnten un mot'
ejifatal.
Tremble% Maris jaloux voicy
le Carnaval
Tremble% Maris jaloux voici
le Carnaval
,
La Prude dans ce tems, comme
la plus Coquette
,
Sous le Masque partout va chercher
lalfeurette;
Et l'Amant malheureux fejafa
vesur le Bal.
Tremble% Maris jaloux voicy
le Carnaval.
Parun habitpareil Uplusfage
est fedwte ;
La Coquette à changer d'ellemêmes'invite:
Tout ce dégmfemcnten un mot'
ejifatal.
Tremble% Maris jaloux voicy
le Carnaval
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1055
p. 178-179
« Cette Chanson n'est faite que pour ces foibles époux [...] »
Début :
Cette Chanson n'est faite que pour ces foibles époux [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Cette Chanson n'est faite que pour ces foibles époux [...] »
Cette Chanson n'est faire
que pour ces foiblesépoa*
à qui la moindre bagatellemec
la puce à l'oreille, & non pour
ces braves maris qui dans les
avanrures les plus charoütlleuses,
sçavent prendre leur parti
en grandsCapitaines.Celuj par
exemple donc je vais vousconter
une nouvelle galante, est
sans contredit, un des plus
courageux époux du monde.
que pour ces foiblesépoa*
à qui la moindre bagatellemec
la puce à l'oreille, & non pour
ces braves maris qui dans les
avanrures les plus charoütlleuses,
sçavent prendre leur parti
en grandsCapitaines.Celuj par
exemple donc je vais vousconter
une nouvelle galante, est
sans contredit, un des plus
courageux époux du monde.
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1056
p. 179-195
NOUVELLE.
Début :
Le valeureux Damis pria il y a quelques jours, sa chere [...]
Mots clefs :
Bal, Femme, Mari, Gens, Masque, Amant, Galanterie, Dame, Aventure
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE.
NOVVELLE.
Le valeureux Dîmis pria
il y a quelques jours )[a cherc
moitié delelalfferalierau bal
del'Opcra.Ellele fit arracher
cette pcrm'fHon, & consentis
erfin après bien des inftanccs
à lui accorder cette grâce. Il
s'équipe en sa presence de tout
l'attirail du bal,pendant que
de son côté elle fc met dans
son lit, la mafearade achevée,
il embrassè Con époufc, monte
en cJrroÍft; & va droit àlOpera.
Il renvoyé ses gens,il entre
par une porte, il fort par
l'autre
,
ilfc jette dans une
chaireà porteurs & sefait mener
chez sa MJÎcreÍfc
,
qui le
vange à outrance de l'importune
tendresse de (a femme;
les bonnes gens se gauJfnt à
bon efeient de la crédulité de
la belle endormie, & son irrry
sur tout n'a garde de se méfier
qu'elle prend une revanche
complète du tour qu'on
luy joué. Il a dcimndé la permiflîond'aller
au Bal) il la obtenue
; mais on ne luy a pas
demandé la même permission
pour ce qu'on va lire -;
il n'a
quà peine eu eccms d'arriver
au bas du degré, quefacherc
Epouse députe une ad.oire
Confidente chez un preux &
gentil Cavalier de ses voisins
& son amy. A la premierc feraonce
le Galand répond, dcfcend
,
fuit la donzelle & gagne
avec elle le logis de la
Dame. Les beaux propos ne
font pas en pareille occasion
le fengage des Amants, aussi
furentils alors fupprimcz de
part & d'autre ,pour passer,
comme de railon,àl'article le
plus cflcnticldecetteHistoire;
mais tant fut proccdé à la fatisfJétton
des parties, & cette
nuit parut si longue à l'oifivc
Confidente de cette intrigue
, qu'elle s'endormit à contretems,
& les bonnes gens aufli.
Sur ces entrefaites le mary revint
du Bal, il monta à 1Appartement
de sa femme
,
qui
malheureusement n'avoit pas
encore eu la précaution de fc
séparer au moins de lit, comme
l'est la plûpart des Dames
deParis. La crainte d'interrompre
le sommeil de sa chcrc
Epouse avoieréglé sa marche
& Cesaâions sur unton sibas,
qu'il pénétra sans lumière, jufqu'à
la ruelle du ht, (ansavoir
erté ni veu, ni entendu de personne.
I. se déshabilla avec la
mêmeconfineration,& semit
enfin entre deux draps Il fc
plaça meme hureufement du
bon cané, & il y a lieu de croire
qu'il alloit s'endormir comme
il s'étoit couché, si l'imprudence
de sa femme n'avoic
gâté tout le mérite de cette
avanture. Le mouvement qu'il
fit en se couchant la reveilla^
la fote cria. 'Q:;.'cll:-cc donc,
dit-ilMadame, & qu'avezvous
à crier il forr ?ah!repritcllc,
en (e jettant à bas du lie,
fauvcz-vous, fauvcz moy 1 Monsieur, nous sommes perdus!
le Mary reconnut alors le
motifde cette incartade) il se
leva & la femme de chambre
vint au secours de ces gens effrayez
Parbleu, dit-il, en les
regardant affcétucuferncnt
tous troisa voila bien du bruic
pour une bagatelle! Il vient
de m'arriver tout à l'heure une
avanture pareille à la vôtre, &
le mary d'une jolie femme
avec qui j'ay paffé la nuit, pendant
dant qu'il estoit au Bal, m'a
surprisavecelle. Iln'aesténi
fou,niétourdi, il m'a laifle
tranquillement mhabiller, il
m'a feulement recommandé le
secret, & m'acongédié de la
meilleure grâce du monde. A
son exemple habillez-vous,
Monficur
, ne publiez point
cette avanrure; recouchezvous
,Madame,& le Ciel nous
garde d'un plus grand malheur>
Le Galant forcit ainsi charmé
de la modération de l'Epoux
de sa Malftreffètout le
monde sur content, & rien
ncft àccqu'on prétend
,
plus
uny que ce ménagé à Paris.
Je ferois de bellesréflexions
sur cette Histoire, si je n'ai.
mois mieux charger ce Volume
d'évenemenrs
, que vous
ennuyer d'une morale qui n'a
pas le don de me plaire.
La galanterie fournit le plus
beau chimp du monde pour
amuser les LeCteurs, & le Bal
fcmble s'interesser particulièrement
luy même à leur amusement,
par la multitude d'avanturesqu'il
leur prépare.
J'en ay une entre autres qui
m'a paru afllz singuliere, pour
mériter l'attention de ceux
qui voudront la lire.
Qu'on fc tourne d'un ou
d'autre coftcau Bal, ilyatoujours
& partout des gens qui
cherchent noire, & des Mafqucs
qui ne demandent pas
mieux que d'agacer les autres,
ou d'estre agacez euxmêmes.
Les timides ou les imbecilles
s'y ennuyent à la mort.Les uns
n'ont pas le courage de tenter
une avanrure ,
les autres n'onc
pas l'esprit de la foûcenir.
Avant que d'entrer plus
avanten matierc ,il ca à propos
que il donne à ceux qui
n'ont pAS rôti le balei dans ces
assemblées,quelques petites
le çons pour les aider à s'y tirer
d'JlfJirc.
Primo. I! faut qu'un Mafquc
quelqu'il foit, ait de l'audace,
& même de h ffonterie.
Secundo. QVilsçache au
moins une demie douzaine de
phrafcs impertinentes pour les.
débiter à tort& à travers:ces
phrafcs doivent efire, par
exemple
,
de l'efpecc de cellescy
Supposeau préalable, qu'il
ait le son de la voix ajuste à
l'usage du Bal, sans quoy il
n'cft, &ne fera jamais qu'un
db
for. Cet avantage consiste à
prendre un ton de fauflairc, &
à glapir dans les oreilles du
Mafquc qu'on attaque: sur ce
principe, il luy dira, bonjour
Beau, ou Belle Mafqur;la difsérence
du fcxc fjir peurcftre
celle du débur. L'un est cependant
plus en ufagc que
l'autre. Il luy dira, b jour
Beau Masque, je te félicité du
succés de cette partie,jay vû
tbrure que le jaloux ne consenti
roit jamais a te latjprvenir icy ;
mais grace a tan esprit & a la
complaisance qu'ilapour la personne
quetufiai) bien, tu es venue
à bout de sa mauvaise humeur.
Tu te trompes Masque,
reprend l'autre, tu ne me connois
pas, je ne te connois pas
non plus, £7*si personneria plus
d'envie de te connoistre que moy ,
tu peux 'vivrejufqua lafin de
tes jours3 parfaitementignoré de
tout le genre humain. Vous esses
bienfine3luy dit l'autreà l'inftant,
e vouscrgeZ me donner
le change par cette ajfélation a
'Vouloir vous masquer encore plus
que vous ne l'êtes; à la bonne
heuresi vous ne me rcconnoiîfk
pas, pour moy je sçay bien a qui
je parle, je connoisvojlre déguisement,
vous éus une telle
, <*r
nousavons *aujourd'buyfait le
•
bien & le mal ensemble. Vostre
Amant riestpas loin; c'est un animal
qui vous obsedefans cefe ;
mais le Chevalier de ** *. VA
bientôt vous delivrer de ses importunitez.
Courage, vous ne
débute% pas mal dans le monde,
ÇjT* pour une jeune personne qui
ria pas encore vingt ans, vous
ave% le goût aufitformé, tjr aufli
gourmand, quesi vous en avie7,
trente.Avoiie^ maintenant que
je fiay quelque chose de vos .f-
*Ils ont le mêmejour entendu
le même Sermon.
jaires; adieu beau Mafqtie. Hé
non Masque ne me quithZ pas,
dit la per sonne à qui on en a
tant appris
, vous me jcttez
dans une inquiétude mortelle, je
veux absolument sçavoirqui
vous esses, Adieu
, vous dis-je
J beau Masque
,
reprend brucquemenc
l'autre
, quand le
Marquis de N**nefera plus
sur les rangs pour prétendre à la
conqutfie de vostre coeur, c-lorfquevous
neprendrezplus les confeils
de cette vieille coquette qui
trompe,vous,voflre mary, çy
vas Amants
,
je pourray alors
avoir ïindulgcftce de vous deaU*
rer
rerqui je fuis. Le Mafqucs'éclypfcàl'inftanr&
va dans un
coin obscur changer de décoration.
Tertio.On le prend sur un
autre ton pour faire une déclaration
d'amour à une personne
qu'on ne connoît pas.
Sa taille efi admirable, ses yeux
brillants & bien fendus lancent
des traits de fiâmes, son teinc
efface le Lys & la Rose, le tour
de son visage est adorable,
elle a de l'cfprit comme un
diable, ôc sa gorge est divine.
Au surplus permis aux Acteurs
d'ajouter à ces belles penfées,
plusieurs douzaines de sotises
à bout portant, dont je croy
que tout le monde sçaitlaioutine
aussi-bien que moy.
Si cette petite leçon ne fuffit
pas pour voftrcinftruâion,
beaux Masques, ce ne fera
pas ma faute, si vous vous ennuyezauBal.
Cependant pour
contribuer encore de tout
mon pouvoir à déboucher l'cpaifTcur
de vostre imaginative,
lircz avec attention, si vous
pouvez TAvanture de Bal que
je vars vous conter. Les trois
quarts & demi & demi quart
de mes Lecteurs quiont del'tfs
V*
prit,& j'enréponds,riront
de ce Prélude aux dépens de
ceux à qui il appartient.
Le valeureux Dîmis pria
il y a quelques jours )[a cherc
moitié delelalfferalierau bal
del'Opcra.Ellele fit arracher
cette pcrm'fHon, & consentis
erfin après bien des inftanccs
à lui accorder cette grâce. Il
s'équipe en sa presence de tout
l'attirail du bal,pendant que
de son côté elle fc met dans
son lit, la mafearade achevée,
il embrassè Con époufc, monte
en cJrroÍft; & va droit àlOpera.
Il renvoyé ses gens,il entre
par une porte, il fort par
l'autre
,
ilfc jette dans une
chaireà porteurs & sefait mener
chez sa MJÎcreÍfc
,
qui le
vange à outrance de l'importune
tendresse de (a femme;
les bonnes gens se gauJfnt à
bon efeient de la crédulité de
la belle endormie, & son irrry
sur tout n'a garde de se méfier
qu'elle prend une revanche
complète du tour qu'on
luy joué. Il a dcimndé la permiflîond'aller
au Bal) il la obtenue
; mais on ne luy a pas
demandé la même permission
pour ce qu'on va lire -;
il n'a
quà peine eu eccms d'arriver
au bas du degré, quefacherc
Epouse députe une ad.oire
Confidente chez un preux &
gentil Cavalier de ses voisins
& son amy. A la premierc feraonce
le Galand répond, dcfcend
,
fuit la donzelle & gagne
avec elle le logis de la
Dame. Les beaux propos ne
font pas en pareille occasion
le fengage des Amants, aussi
furentils alors fupprimcz de
part & d'autre ,pour passer,
comme de railon,àl'article le
plus cflcnticldecetteHistoire;
mais tant fut proccdé à la fatisfJétton
des parties, & cette
nuit parut si longue à l'oifivc
Confidente de cette intrigue
, qu'elle s'endormit à contretems,
& les bonnes gens aufli.
Sur ces entrefaites le mary revint
du Bal, il monta à 1Appartement
de sa femme
,
qui
malheureusement n'avoit pas
encore eu la précaution de fc
séparer au moins de lit, comme
l'est la plûpart des Dames
deParis. La crainte d'interrompre
le sommeil de sa chcrc
Epouse avoieréglé sa marche
& Cesaâions sur unton sibas,
qu'il pénétra sans lumière, jufqu'à
la ruelle du ht, (ansavoir
erté ni veu, ni entendu de personne.
I. se déshabilla avec la
mêmeconfineration,& semit
enfin entre deux draps Il fc
plaça meme hureufement du
bon cané, & il y a lieu de croire
qu'il alloit s'endormir comme
il s'étoit couché, si l'imprudence
de sa femme n'avoic
gâté tout le mérite de cette
avanture. Le mouvement qu'il
fit en se couchant la reveilla^
la fote cria. 'Q:;.'cll:-cc donc,
dit-ilMadame, & qu'avezvous
à crier il forr ?ah!repritcllc,
en (e jettant à bas du lie,
fauvcz-vous, fauvcz moy 1 Monsieur, nous sommes perdus!
le Mary reconnut alors le
motifde cette incartade) il se
leva & la femme de chambre
vint au secours de ces gens effrayez
Parbleu, dit-il, en les
regardant affcétucuferncnt
tous troisa voila bien du bruic
pour une bagatelle! Il vient
de m'arriver tout à l'heure une
avanture pareille à la vôtre, &
le mary d'une jolie femme
avec qui j'ay paffé la nuit, pendant
dant qu'il estoit au Bal, m'a
surprisavecelle. Iln'aesténi
fou,niétourdi, il m'a laifle
tranquillement mhabiller, il
m'a feulement recommandé le
secret, & m'acongédié de la
meilleure grâce du monde. A
son exemple habillez-vous,
Monficur
, ne publiez point
cette avanrure; recouchezvous
,Madame,& le Ciel nous
garde d'un plus grand malheur>
Le Galant forcit ainsi charmé
de la modération de l'Epoux
de sa Malftreffètout le
monde sur content, & rien
ncft àccqu'on prétend
,
plus
uny que ce ménagé à Paris.
Je ferois de bellesréflexions
sur cette Histoire, si je n'ai.
mois mieux charger ce Volume
d'évenemenrs
, que vous
ennuyer d'une morale qui n'a
pas le don de me plaire.
La galanterie fournit le plus
beau chimp du monde pour
amuser les LeCteurs, & le Bal
fcmble s'interesser particulièrement
luy même à leur amusement,
par la multitude d'avanturesqu'il
leur prépare.
J'en ay une entre autres qui
m'a paru afllz singuliere, pour
mériter l'attention de ceux
qui voudront la lire.
Qu'on fc tourne d'un ou
d'autre coftcau Bal, ilyatoujours
& partout des gens qui
cherchent noire, & des Mafqucs
qui ne demandent pas
mieux que d'agacer les autres,
ou d'estre agacez euxmêmes.
Les timides ou les imbecilles
s'y ennuyent à la mort.Les uns
n'ont pas le courage de tenter
une avanrure ,
les autres n'onc
pas l'esprit de la foûcenir.
Avant que d'entrer plus
avanten matierc ,il ca à propos
que il donne à ceux qui
n'ont pAS rôti le balei dans ces
assemblées,quelques petites
le çons pour les aider à s'y tirer
d'JlfJirc.
Primo. I! faut qu'un Mafquc
quelqu'il foit, ait de l'audace,
& même de h ffonterie.
Secundo. QVilsçache au
moins une demie douzaine de
phrafcs impertinentes pour les.
débiter à tort& à travers:ces
phrafcs doivent efire, par
exemple
,
de l'efpecc de cellescy
Supposeau préalable, qu'il
ait le son de la voix ajuste à
l'usage du Bal, sans quoy il
n'cft, &ne fera jamais qu'un
db
for. Cet avantage consiste à
prendre un ton de fauflairc, &
à glapir dans les oreilles du
Mafquc qu'on attaque: sur ce
principe, il luy dira, bonjour
Beau, ou Belle Mafqur;la difsérence
du fcxc fjir peurcftre
celle du débur. L'un est cependant
plus en ufagc que
l'autre. Il luy dira, b jour
Beau Masque, je te félicité du
succés de cette partie,jay vû
tbrure que le jaloux ne consenti
roit jamais a te latjprvenir icy ;
mais grace a tan esprit & a la
complaisance qu'ilapour la personne
quetufiai) bien, tu es venue
à bout de sa mauvaise humeur.
Tu te trompes Masque,
reprend l'autre, tu ne me connois
pas, je ne te connois pas
non plus, £7*si personneria plus
d'envie de te connoistre que moy ,
tu peux 'vivrejufqua lafin de
tes jours3 parfaitementignoré de
tout le genre humain. Vous esses
bienfine3luy dit l'autreà l'inftant,
e vouscrgeZ me donner
le change par cette ajfélation a
'Vouloir vous masquer encore plus
que vous ne l'êtes; à la bonne
heuresi vous ne me rcconnoiîfk
pas, pour moy je sçay bien a qui
je parle, je connoisvojlre déguisement,
vous éus une telle
, <*r
nousavons *aujourd'buyfait le
•
bien & le mal ensemble. Vostre
Amant riestpas loin; c'est un animal
qui vous obsedefans cefe ;
mais le Chevalier de ** *. VA
bientôt vous delivrer de ses importunitez.
Courage, vous ne
débute% pas mal dans le monde,
ÇjT* pour une jeune personne qui
ria pas encore vingt ans, vous
ave% le goût aufitformé, tjr aufli
gourmand, quesi vous en avie7,
trente.Avoiie^ maintenant que
je fiay quelque chose de vos .f-
*Ils ont le mêmejour entendu
le même Sermon.
jaires; adieu beau Mafqtie. Hé
non Masque ne me quithZ pas,
dit la per sonne à qui on en a
tant appris
, vous me jcttez
dans une inquiétude mortelle, je
veux absolument sçavoirqui
vous esses, Adieu
, vous dis-je
J beau Masque
,
reprend brucquemenc
l'autre
, quand le
Marquis de N**nefera plus
sur les rangs pour prétendre à la
conqutfie de vostre coeur, c-lorfquevous
neprendrezplus les confeils
de cette vieille coquette qui
trompe,vous,voflre mary, çy
vas Amants
,
je pourray alors
avoir ïindulgcftce de vous deaU*
rer
rerqui je fuis. Le Mafqucs'éclypfcàl'inftanr&
va dans un
coin obscur changer de décoration.
Tertio.On le prend sur un
autre ton pour faire une déclaration
d'amour à une personne
qu'on ne connoît pas.
Sa taille efi admirable, ses yeux
brillants & bien fendus lancent
des traits de fiâmes, son teinc
efface le Lys & la Rose, le tour
de son visage est adorable,
elle a de l'cfprit comme un
diable, ôc sa gorge est divine.
Au surplus permis aux Acteurs
d'ajouter à ces belles penfées,
plusieurs douzaines de sotises
à bout portant, dont je croy
que tout le monde sçaitlaioutine
aussi-bien que moy.
Si cette petite leçon ne fuffit
pas pour voftrcinftruâion,
beaux Masques, ce ne fera
pas ma faute, si vous vous ennuyezauBal.
Cependant pour
contribuer encore de tout
mon pouvoir à déboucher l'cpaifTcur
de vostre imaginative,
lircz avec attention, si vous
pouvez TAvanture de Bal que
je vars vous conter. Les trois
quarts & demi & demi quart
de mes Lecteurs quiont del'tfs
V*
prit,& j'enréponds,riront
de ce Prélude aux dépens de
ceux à qui il appartient.
Fermer
1057
p. 195-270
AVANTURE.
Début :
Le Heros de cette Histoire fut trouver il y a quelques jours [...]
Mots clefs :
Dame, Bal, Bras, Femme, Ami, Masque, Bal de l'Opéra, Opéra, Yeux, Souper, Douceur, Argent, Vie, Homme, Temps, Main, Chaise, Heure, Logis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANTURE.
AVANTVKE.
! ;
* Le Héros de cette Hiftoirc
fut trouver il y a quelques jours
un de Ces Amis, à quiil fie
part de cette nouvelle, cet
Amy la conta à un autre, cet
autre à d'autres encore, & enfin
par bricole elle est venuë
jufqua moy, & je vous la
rends telle à peu prés qu'on
me l'a contée*, s'il n'y a ni vcrité
ni vray- semblance
J
je
m'en lave les mains, ce fera la
faute de ceux qui l'ont inventée.
Cependant je vous diray
par parenthese
,
qu'elle est
embellie de noms & de circonstances
qui luy donnent
des qualitcz que la Fable n'a
pas. Si j'avois pris la liberté
d'y mettre des faits de ma fa-,
çan, je luy aurois donné une
autre face. Que cela foit dit
en passant pour l'apologie de
la venté de cette Hifloire, &
retournons à son Heros que
nousvenonsde laiflerçhezfon
: Amy, prest à luy faire la conifdence
des choses merveillcu.
les que vous allez lire.
• Jeforcis,die-il,il yahuic
jours à minuit de chez moy,
pour me rendre au Bal de t'Opéra.
J'écois(eul,aflezmélancolique,
& non sans raison.
Enfin masqué fous un ample
domino, j'encray dans la fallc
du Bal, où je trouvay une
nombreuse & brillante Aflembléc.
J'y fis plusieurs cours sans
parler à personne
y
ennuyé à
la fin, & ires las de toutes ces
allées & venuës
,
je fus me
camper dans une loge, ou je
trouvay une place commode
pour dormir à mon aise, si le
coeur m'en diroit; je méditois
déjàferieufcmcnc cette partie
lorsque je me reconnus à côté
d'une femme, quimalgré son
extrême attention à se cacher,
me parut jeune & de bon aloy.
Le relie des Masques qui
éroient dans la loge, gardoic
aufli bien que moy un profondsîlence,
& personne ne
s'avifoit de se détacher du par.
terre pour venir nous conter
fleurette.
Piqué de me voir dans une
compagnie si dcfoejvrée, )'effayay
de lier conversation
avec le Mafquc qui étoic à
côté de moy. Il (croit inutile
& messeant même, luy dis-je,
de vous offrir des rafraîchiffemens
:vous ne m'avez pas l'air
assezéchauffé, beau Mafcjue,
pour en avoir besoins & vous
obfcrvcz icy un silence aussi
religieux que si vous étiez dans
un dortoir de Nones. Je ne
sçay pas trop bien où je fuis.
me répondit.elle, tout ce que
je voy dans cette faite me réjouie,
m'ébloiiit,métonne,
cette confusion me plaît; mais
l'ced n'y peut suivre personne,
& j'ay de puissantes raisons
pour enrager de cette inconvenienc
Ah! je vous entends,
lu.y dis je, vous faites apparemment
icy le Critique, ou l'ACtrologue.
Ouï, reprit- elle
avec vivacité, & je fuis bien
trompée si les mouvemens que
fc donne vostre femme dans
ce parrerrc, ne m'apprennent
pas le point le plus certain de
vostre horoscope. Il y a prés
de trois ans que vous l'avez
épousée, elle a de la naiflancc,
elle en jeune & johe, vous
faires le périr M.uftre, vous en
contez aux belles, elle de son
côcé, est aujourd'huy femme
à bonnes fortunes; mais elle en
a plus que vous, mon bon
amy, mais clic en a plus que
vous. Ma femme, luydis je,
Metfque, vous vous trompez,
je ne fuis pas marié.Vous mentcz,
reprit-elle biufquement,
vous elles le Marquis de **
& vous estes homme d'épée,
de robe & de Finance; mais
je ne (<jay pourquoy vous vous
ciles avilé de m'attaquer de
conversation. Je ne pensois
pas feulement que vous fuflîcz
au monde, lor sque vous avez
pris la peine de venir m'arracher
les veritez que je viens de
vous dire. Il vous a plû de
faire le fpcétateur habIle, &à
moy de vous conrcmpJer, je
vous ay reconnu, maintenant
reconnoiflcz moy ,
si vous
pouvez. Mais j'ayautrechose
à faire icy que de continuer
cette conversion, & le temps
que je perds à vous entretenir,
me dcrobe peut estre une découverte
dont le succés m'intereffe
bien plus que votreembarras
ne me divertic. Apres
ce que je viens d'entendre, luy
répondis je, il fjudroit que je
n'eusse pss le feos commun,
pour me resoudre à vous quitter
sans vous connoiltre. J ay
mauvaifc opinion, me dit-elle,
des foins que vous prendrez
pour y réiïffir. Ne vous donnez
, croyez moy , aucun
mouvement là dessus,& fongez
feulement pour vôtre propre
interert à empêcher que
vôtre femme ne forte d'icy
avec ce domino bleu qui 1uy
donne la main. Les bonnes
gens gagnent le chemin de la
porte,il n'est pas encore trois
heuresils pourroicnt bien
rentrer avant six. A la venté
vous n'en feriez ni plus mal
,
ni mieux à vollrc aise y mais
profitez de l'avis si vous voulez.
A ce rccir qui n'éroic que trop
vray ,
lesKornes me montoi.ntvifibhment
à la tête. Je ne fçavois
que dire, ny quel parti prendre&
j'ignore encore ce que
je fcrois devenu,fimonMafque
ne m'eûtaidé à cacher aux
yeux de cet Argus le desordre
de ma contenance. J Allez néanmoins
, me ditelle,
où plus d'une raison
vous appelle. J"lY pirié du
trouble où je vous voy. Faites
ce que vous avez à faire, &
foytz sur de me retrouver ici.
:J: Ces paro!es meraflurerent,
je forcis de cette loge,je fus
brufquernent me placer entre
ma femme & son amant,je
la pris par la main dont clic
s'appuyoït sur luyJe rentrainay
dans un coin de la salle,
& press à lui dire toutes les duretez
que le dépit & la honte
me metroient à la bouche,je
jettay les yeux sur la loge ou
j'avois l'aissé l'inconnue qui
I
m'avoit si cruellement infiruir,
mais ne la revoyant plus, je
quittay ma femme avec autant
de précipitation que j'avois
marqué d'empressement pour
l'arracher des mains de son
guide. Je fendislapreslea & je
me hâcay autant qu'il fut en
mon pouvoir de reconnoiftrc
toutes les avenuës d'un heuoù
je venois dapprendre deschoses
si extraordinaires; mais le
rcfultat de tous les foins que je
me donnay le reste de cette
nuit, fut que je perdis de vûë
mon masque, mon épouse &
son amant.Enragé du mauvais
succés detoutecetteavanture,
je me jettay dans unechaise&
me fis porter chez moy. Mon
laquais en entrant me donna
un billet qu'on venoit de le
charger de me rendre. Je le lûs
sur lefcalicr. En voicy lestermes.
Vous Avez eslé cette nuit au
Bltl Avec de grandsdtjpins qui
n'ont abouti a rten, en deux heures
tvousnousj/ cjltsméprisplusieursfois
,une inquiétude tffcryAbleafuiVt
ces méprifts. Eftesnous
un homme à donner dans
tous les panneaux qu'on voudra
vous tendre? eft-ce beflife f efl-ce
ignorance ? eflâyek du moins
Àêtreplus heureux LuncJy.
Il ne me manquoit que ce
billet pour achever de me tourner
la cervc lle. Cependant
j'allay à l'appartement démon
epouse
, je la trouvay dans
son lit enfevelic dans un profond
lommcil. Sa femme de
chambre
,
Ces gens couchez à
leur ordinaire: j'evclllay tout
le monde, je fis un vacarme
épouvantable. Je demanday à
ma femme à quelle heure elle
écoic rentrée, elle me répondit
froidement qu'elle ne fçavoic
ceque je lui voulois dire,&
qu'elle n'étoitpassortie. Tous
mes domestiques jurèrent
qu'ellc s'estoit couchée un moment
aprèf sm'a, voir vu partir
pour le bal,ils ajoutèrent même
qu'elle leur avoir donné
dans son lit des ordres pour le
lendemain matin.. Enfin rien
de
dece qu'on me dit chcz moy
ne s'accordoic avec ce que je
croyois qu'onm'avoic démontré
à l'Opera. La feule chofc
sur tout que je ne pouvois pas
comprendre 5c'étoitladocilrré
de ce masque qui avoir foufferc
tranquillement que je lu y arrachasse
la main de ma femme.
La raison venant à la fin au
secours demesemportemens,
j'eflTiyay de me persuader que
tout ce quej'a, vois vu1\ & entendu
n'estois qu'un tour de bal
que quelque personne quime
connoifloic particulièrement
avoir essayé de me jouer ; mais
les discours quemavoit tenus
ce maudit lutin que j'avois été
imprudemment agaccrJIX qui
m'avoit reconnu sans ctire
aidé d'aucun signal,démontoienemonraisonnement.
Je
me couchay en un mot au
milieu de tous ces embarras r'
mai,s je commençois a, peine a,
m'endormir que le démon qui
me talonnoit me fie rendre un
fécond billet par un inconnu
qui dit à un de mes gens qu'il
citoit pour moy d'une confcquence
extrême de le lire à
l'heuremême
,
& qui s'enfuie
avec tant dadrtfle & de diligcnce
pendant le temps qu'on
lTIit à me l'apporter
,
qu'il me
fut impoflible de le faire fuivre.-
Voicy le conçcnudeccc
importact biller., ;.
Voùs êtes sans douteaprefent
defimauvaife humeur,&votre
e[prit.eif-siremeli d'incertitudeque
(oyt_ ce que vqHj voyeZ&enten-
4e% ne fertquaaugmenter l'embarras
où vous ejkss maiscroje%-
tnoy -, dépiquek vous Lundj en
youj ;retrouvantau^Bal , Vous
y verre7, le Mafquc qui vous a
défilécettenuitpresl à vous ren- -
drelecalme que vousaeekperdg.-
-14
Ce billu fieun effetbizarre
sur nioiicfprIr & comme si
j'enavois deuattendre d'autres
, malgrél'extrême besoin
que j'avois derepos, cordonnay
à mesgens de me faire parler
à tous ceux qui viendroienc
me -
demander. Cet ordre
ridicule fut suivià la lettre
,
& je fus si bien interrompu de
de quart d'heure en quart
d heure par la foulédesimportuns
à qui ma por te fut ouverte
, que je ne pus fermerl'oeil ;
mais l'efperancc de retrouver
mon masque le lendemain,qui
fraie le Lundy en queflion:,
me conlola de tous ces inconvenicncs.
Enfin 1 heure du Bal
arriva. Je fus des premiers à
m'y rendre fous un dégutfement
qui ne pur pas me cacher
long temps aux yeux de la
pcitonne à qui j'avois affaire;
mais je fus encore la dupe de
certe précaution
, & la facilite
qu'on eue à me reconnoistre,
mVxpoCa à me faire chagriner,
harceler pendant deux heures
pao tous les ma fques qui me
reconnurent. En un mot ne
sçat tnnt plus comment m'y
prendre pour me sauver de ce
débordementd'importuniteZi
j'eus«coursàJa loge où j'avoiscûdeux
jours auparavanr,
un entretien si bizarre, je m'y
campay à côcé d'un petit
vieillardsi bien déguisé, qu'il
n'yavoit rien dans le bal de si
indéchirable que ce masque.
LeCiel, me dit-il
, en tremblottant
, vous gard de touc
malenconrre
,
beau Marquisj
&qu'il vous prefervc d'avoir
aujourd'huy comme avanc
hier un ennetni redoutable à
vos trousses. Ah. pour le coup,
je vous tiens"lui répondis-je,
cher masque
,
& vous ne mcchaperez
pascette fois comme
vous ave^fait l'autre. J'ay,rcprit-
il, dans les rides qui paroiffent
sur mon front, & dans
le nombre des ans qui commencent
à glacer mes veines,
un faufeonduir qui me met à
couvert de toutes vos pourfuites
: & toutccqui pourroic
vous en revenir de vos démarchcs
s ne feroit que la honte
d'avoir si malemployé vostre
temps. Croyez-moy retournez
là bas. Il s'y paffedes choses
dignes de vostre curiosité
9
& ce petit pelotonoù vous ne
voyez que trois masques s'entretient
maintenant d'affaires
très ferieufcs. En voilà deux
autres qui fc disent des douceurs
en termes de politique,
parce qu'ils ne parlent pas
d'autre langige peut estre
,
&
qui s'érrangleroient s'ils se rcconnoitloient.
Pour celuy quevous
voyez avec ce domino
feuille-morte
, gagner la
porte avec tant d'efforts,c'est
qu'il corige d'avoir donné
trop à mordre au Mifquequi
le fuit Je ne vous fais faire cespetitesobservations
que parce
que j'ay la demangcaifon des
vieilles gens, qui feroient au
desespoir de ne pas diretourcc
quelles sçavent
, pour faire
preuve
preuve de pénétration avec
tout ce qui s'osse e à leurs yeux;
maisvostre diferetion m'efl:
connue, & vous ferez un bon
usage de cette: confidence.
Non, luy dis-je, je ne defeendray
pas là bas, je n'y ai, nulle
affaire
,
& rien ne m'interesse
au monde comme le plailîr de
m'entretenir avec vous. Vous
m'avez la dcrniere fois précipité
dans un abifmc d'inquietudes
r' , 3 vous m'avez exposé a
de très fâcheuses avantures,
& si ce n'eûc été la crainte de
vous perdre
, je ne (çay comment
je ferois forci de tous les
embarras oa vous m'aviez engge1
. EEn e1\ccs vous quitte a
prefenc, me dit mon Vieillard.
Oui,luy répondis je, du moins
j'efjtercde1être bientôr)maIDtenant
que je fuis avec vous.
Que vous tftjs simple, repritil,
de chercher à vous tour*
inenter sur nouveaux frais,
vous n'êtes pas plutôt forti
d'un piège, quevous redonnez
dans un autre; &.Ji vous
-fcaviez quelle cfpccc de Mafque
je fuis, vousce(Tenezbientôt
d'estreaussi curieux que
vous l'estes.Vous avez, luy
dis-je
,
beau faire
,
soyez un
homme, une femme, un Démon
,un Ange, il faut abfolument
que je vous connoisse ;
à celane tienne) reprit ce méchant
vieillard, puirqu'il ne
faut quecela pour vous fatisfaire,
rendons nousconfidence
pour confidence, dites-moi
pourquoy vous vous donnez
tous lesjours tant de foins inutiles
pour la Maîtrcfle de ce
Duc qui ne vous aime aflurément
pas , & pourquoyvous
,voyez d'un oeil si complaifanc
les affiduitez du Chevalier de
* * auprès de vostre femme ;
après cela si vous me payez de
quelque bonne ration
,
je,nè
differeray pas davantageàvous
declarcr qui je fuis. Vous md
parlez ici, lui dis- je, des deux
choies du monde qui m'incereflenc
le plus; mais j'apprehende
que ma réponsesur les
questions que vous venez de
Ille proposer, ne me jettt: dans
un détail trop serieux, & que
cette convention,ne vous dérobe
tout le platlir que vous
vous promettiez ici.Rsfleurez
vous sur ce qui me regarde,
me dit le Masque, & toute la
<rrace que je vous demande,
c'est de n'estre avec moy ni rimide,
ni menteur. Vous mettez
à" cc que je voy J
luy répondis
je,condition sur COIldjcion
; mais puifqu'il en faut
paffer rpar cc qui vous plaist
:J ccoûctz MOY.
-r Il y a trois ans que je fuis
marié) comme vqus me l'avez
fort bien reproché avanthie*
jlay épousé par interest,
mà'fcmme,sanslaconnoiftrc;
j'ayvécu avec elle sans amour,
ôcloriquéj'ay fait le dclicat ou
le jaloux (ur ses petites affaires,
ce n'aefté que dansta crainte
du scanda-Ie,&que parce que
jiay cru fotement que le monde
ne rcfpcdtcroïc pas mon si..
lencc;niats j'ayététa dupe de
monintention, Il je n'ay paru
jaloux de ma femme qu'à
ceux qui n'ont jamais eu l'occasson
j ni la volonté de parler
d'elle J'étois avant de l'époufer
amoureux de la belle Mademoiselle
de S*** je l'ay
vû avec douleur tomber entre.
les mains du Comte de M**
qui n'a certainement jamais
paffé pour un trop honneste
homme. Le Duc de. s'cil
mis enfoire sur les rangs ,
&;!
atifluoft qu'il s'est monrré,tnu-.
te la tenduflede la bellea p-uu
eftrc la recompense de sa première
démarche. Le Cheva-
Ker que vous venez de me
nommer,& que vous me dites
eftrc si bien avec ma femme
,
voulut, à son tour, tenrcr
de luy plaire; mais foie
qu'il trouva trop d'obstacles à
furmontcr
,
foie qu'iln'eue
pbaosuatd z d'amour, il en agit au
d'un mois avec elle, en
homm: rebuté de ses foins. J'ai
moi meme favorisé sa retraite,
& j'ay mieux aimé, je vous l'avouë
,
le voir maistre du coeur
de mon Epouse
, que l'Amant
de ma Maiftrefle. Enfin de
tous les hommes que j'avois
vu soupirer pour elle) nul ne
m'avoie paru plus redoutable
que Iuy.Nc vous étonnez donc
pas t
si n'ayant pû me défaire
ducruel attachementquej'ay
pour Midemoifelle de S* * 4*
j'ay tout sacrifié pouréloigner
d'elle le rival que je craignois
& que j'efbmols davantage.Ec
voila justement ce qui fait tout
voilre crime à mon égard, reprit
mon Misque, vous venez
de me faire le plus étrange
aveu du monde, & je ferois
peut estrecapable d'un retour
de bonté pour vous, si je ne
vous regardois pas après cettc
déclaration, comme l'Auteu;
de tous mes malheurs. Jejouiroisà
present de toute la tcndresse
d'un homme qui m'est
plus cher que ma vie, je pofiedcrois'
fcule en un mot le coeur
du Chevalier, si vous n'aviez
pas vous- même
,
crud que
vous estes
,
conduit mon Amant
jufqucs dans les bras de
vostre femme. Je fus aulH
é1pouvantéd, de r cette réponse
que si la foudre fut tombée à
mes pieds. Cependant un moment
après avoir reconnu cet
impitoyable Masque,jejuy
dis tout cc que l'amour & le
dcfefpoir me mirent de plus
touchant à la bouche; mais inflexible
a mes prières, elle finie
nofirc entretien par ces dernières
paroles. Je vous ay fufiffamment
inquieté dans ces
deux bals, où je vous ay saic
un détail raisonnable de vos
affaires & des miennes. Je fuis
contente de tous les ressorts
que j'ay fait jouer pour vous
chagriner; mais je perdrois
tout le mérité de mon ftratagênie,
si je ne vous dl.ffendois
pas abfolumenr de me revoir
jamais, sans le Chevalier, & si
vous ne prenez pas doreinavant
toutes les mesures qui
vous conviennent pour luy interdire
honnêtement l'cntrée
de voflrc maison. Voila à quel
prix vous pouvez encore pretendreàmonamiiié.
Adieu Je
fis de vains efforts pour la retenir)
tUeme quitta brufquement
& me la-fla le Ioifir de
faire a mon alse les plus Cotes
reflexions du monde sur elle,
sur ses Amants, sur ma femme
& sur moy.
Voilà enfin où j'en fuis,moncher
ami,aidez moy de vos
conseils,de déterminez moy
sur le partiqueje dois prendre
dans une pareille conjoncture.
C'cftle plus grand fetvicc
Ul
Êl a Ica
que vouspuifluez rendre à
l'homme du moade qui vous
aime le mieux, , j Alorssonamiluyconfeillajf
,
d'éloigner le Chevalier, d'oublier
sa Muitreffe, & dVffayerj
de bien vivre avec sa femme5,
maisil ne fuie nil'unml'autre
de ces con feilsq^'I pouvoir
s'épargner la peinedcj.uydemander
avec tanr d'inllance:•
& je pouvoir peut estre aufli
raifonnablcment mépargner
celle de vous faire un si siJete
rccic dune pareille hliloire;
mais que voukz-vous Mèrcurc
ciYun babillard, & tant qu'il
aura desavanturcs de cette cfpece
à vous conter , on lui
couperoitpuroit la langue,
qui de l'obliger à setaire.
Pendant quenous sommes
sur lechapitre dubal,en voicy
encore des nouvtllcs-, auffibicnneftra
t-il plusttnls d'en
parler après l'ami carême.
-
Le bruit court qu'une nuit,
dont je ne fcjay pas la date, un
masque trèsaccort
,
des plus
fpiriruds,& des mieux inftruics
des affaires du monde, tomba
par hazard entre les mains d'un
Masque de certaine confîdcr
ration, qui l'interrogea avec
tant de prefcncedcfprit & de
vivacité
,
qu'il lui fie dire prefque
tout ce qu'il avoit dans
l'ame. On ajoute qu'après plulieursdécouvertcs
importantes
leMafque charmé de l'cfprit&
du bon raitonnement de celui
qui venoit de l'cnrretenir ,fie
pluficurs efforts obligeants.
pour l'ergager à fc faire coninoiflrc,
que ce Marque résista
avec une opiniâtreté invincible
aux choies graticufes que lui
disoit le Masque curieux,&
-qu'enfinaprès plu ficurs plaintes
gepereufes d'une pareille
obtlination à fccacher ;; il
avoir consenti malgré luy à le
taiff-f aller*maisqu'au même
temps il avoir dépêché deux
autres Mafqucs
, avec pricrc
de l'éclairer desiprés,qu'il lui
futjf autant que cela dépendroit
de leurs foins & de leur
vigilance ) impossibled'échaper
à leurs yeux. Le Mafquc
examiné Tentant bien par la
qualité des choses qu'ilavoic
dites, & qu'entrant dans le
bal, il avoit(ans doute à dire,
qu'onnemaneperoit pas de le
fuivrc,& dele reconnoiftrcs'il
n'y mettroit bon ordre, avoïc
pris de justes mesures contre
, larigueur de cette obligeante
recherche.Ainsichfortanrde
l'Opéra a la pointe dujour
* il enfilaà piedla rue S. Honoré
il alla julqu'auprés de S. Roch,
oùil trouva deux bons chevauxavec
un Valet qui l'artendott.
Il se saisit à Tinflant
de celuy qui luy étojc dcfliné;
il souhaita le bon jour à fcs
Argus.
Et d'unfautsurla'felle, il marqua
[ondépart.
Je ne sçay si la lecture de
ces
ces petites avantures vous en
^uy,e» pour moy je f'çay bien
que je. ne. mcnnuye pas cn-j
cojedeVQus les écrire, & je
t - .4 conctusdpia/qu'ayjnt de gré,:
beaucoup- pi:lus de peinej0que
vous n'avez de patience, je fuis
endroitdevousenconter cn- i w..i.i,i
core.* J .-11 "','1") 'Lw.J1*uh*xy P.ari -«> sest »dc >*-J-iijajilVijled^rnoni\.,lm.j.. jl.apl1v1iscommodepourroute'
forted'cfpécecfcet
eikL''honi- aj?As<Ma-.
'Y^Pîl!?(yt«,'laCo
quette, les (ôr-s raisonneurs,
les fades Comédiens & les
mauvais Auteurs, y font tous
les jours relevez par gens qui
leur ressemblent, ou qui les
imitent de si près, queles nouveaux
venus sur la Scene, y"
font lelendemain oublier ceux
qui la veille étoient sur les
rangs. En un mot dans cette
graniDdeVll'c> toujoursun
clouchdjp l'autre Il n'y tll, par
exemple , presqùe plus parlé
desAvanturcs que vous venez
de lire, quoy quViles 1 foienc
toutes fraîches; celléque je
vais vous conter y fait encore
du bruic. La voicy.
UiiEtrangerriiafqué, pouf
le moins comme le beau Berger
Céladon, s'avise une certaine
nuit, assez & trop malencontreuje
pour luy,daller au
bal de l'Opera. Il a à peine fait
le tour de la salle que ses yeux
fone ébloüis des charmes de la
divine Assée. Transporté de
l'éclat de tant d'appas, il se
jette à Ces piedsr il luy tient
dans son jargon des difeours
tendres, qu'oncqtics mortel
n'accompagnâtde pareils foupirs
dans tout l'EmpiredeCythere.
Enfin prcfqueauflienyvré
d'amour que de vin, il jure
à ce charmant objet dont les
beaux yeux l'c£JHa.:ncntJ, un
amour éternelil fc donne à
tous les diables, pour luy perfuader
l'ardeur dont il brûle
poooiunrdeelle; mais la cruelle, bien
vouloir l'en croire sur
la foy de ses sermens, s'arrache
de ses mains, après l'avoir
inhumainement maltraité, rebpté
&culbuté. Alors confus
& dcfefperé de ce barbare
ptocedé, il se releve, & court
en chancelant après cette fierc
& outrecuidée beauté. En chcÍ:
nin,un Masqueirréprochable
&i vigoureux l'anête. Qu'eftcc,
dit- ilJ écumant de courtoux,
& d'où te vierir cette
audace, Malque,de marrêter.
Je ne le fais, luy répond l'autre,
que pour vôtre inecrefl:,
vous persecutez icy un Mass
que digne d'un traitement plus
honnête. Eh que t'importe,
répond letranger? je n'ay
point là-dessus de contc a' te
rendre, luy dit l'autre, & tu
dois te contenter de la prière
que je te fais de laitier ce Mafque
en repos. Moy dit-il,
avec plus d'emportement encore,
nojjïnfirpointles Dames
moy eflretouchcufspress à bAifir
les piedsdes Madamesjnuis moy
! J : ';-
- --
ejlre bon pour les hommes, A
cette plaisante repartie,s'élève
un éclat de rire auxenvirons;
qui achevc de le mettre hors
de. rnefure :il dit aufli tost au
Marque qui lavoit arrêté, qu'il
Veut avoir raison de cet affront)
qu'en un mot il veut fc
battre avec luy. Vous navez
vraymenr pas tort, luy die
l'autre, & je fuis tout prest a
vous donner cette petite fatisfaérion;
mais outre que trop
de gens ont vu icy cette avanture,
& qu'on ne nous JailIèroit
pas le champ libre, il cft
bon de vous dire que je fuis,
avec des Dames que la bienséance
ne me permet pas de
quitter, & que j'ay à prefcnc
de fortes ratfonspour ne pas
rh'aller battre; mais fldemain
au matin vous en voulez découdre,
vous n'avezqu'à dire,
je vais écrire mon nom, ma
demeure,& l'heure du rendez-;.
vous sur vos tablettes. Alors
l'Etranger en tira desa poche
une belle paire, qu'il remit entre
les mains du Marque-qui
lu'-. partait,8z qui ne prévoyant
pas qu'une pareille
avanture pût avoir aucune fuite
, y mit à tout hazard la
demeure"d'un bravehomme
dont le nomluy étoit connu,
& rcndant les tablettes à l'E.
trangcr,tuyafEgna le rendezvousà
huit' heures du matin.
Icy finit la première feene, Se
teparties s'en allerenr.
Le lendemain à l'heure marquée,
l'Etranger viÇr'éTes tablettes,&
le faitgUid^rjuf-[
qu'à la .porte de thomme a.
qui il: croit avoir affaire. Il
monte à sa chambré
,
il le.
trouve dans fôn lit encore,
bien endormi.Comràcnt
Adoyifieur,luydit-il,vousdor- me^,encore!nevousfoHvene^- *- , vous
vouspas 4e la paroleque vous
triave-^donnée hier au Bal. Ma
foy, Monsieur,luydit l'aucrc,
je ne vous connois pas fcu lcmentje
ne vous ay envéritéjamais
vu Mauvaise défaite,
reprend l'Etranger,vous
m'ave'{ promis de vous battre
contre moy , &vous netes qu'un
poltron. Si vous ne forte^ du lit
touta l'heure,je vais vous passer
mmoonnéeppéeer.aauu,trtAra1vJeCrsrSduucocorprpss..
Attendez, Monsieur
,
luy répondit
l'homme si bien atta,
que, vous av(z raison, je ne
m'en fouvenois pas; & quoyque
je n'ayc pas mis les pieds
dans le Bal
,
cela n'empêche
pasqueje n'aye tres- 1ericiiCernent
affaire avec vous. Aittn.
dtzdonc
,
s'il vous plailt, un
momentque je (ois h.ibille, &
nous irons ensemble ouil vous
plaira. Alotsil le jetca du haut
en bas de son ht, & au bout
d'un momentildekcndit dans
la rue, en chauflc & en pourpoint
;& l'épée au côté,il
luivit son aggrctfeur.
Non loin de cette misson
ils trouvèrent une place où ils
dégénèrent en gens que de
grands inrerefts animoient à
soûtenir leur bon droit. Le
combat fut vif&langlant,&
après pluficurs belles cftocades,
où les combattants-donnerent
des preuvesd'uneadreffc
& d'une valeur .siafipie ).le
malheureux Etranger,reccuc
trois coups d'épee dans le
corps de la main d'un homme
quine l'avoit jamais veu ,
qui
* ne lui avoit jamais parlé .&
quiluidit enfinr-ns'cfforçint
de luy rendre tous lestons
officesqui dépendoicnt de ses
foins ; le diable m'emporte,
Monsieur,sije vous cannOIs.
Le masque qu'on dit avoir
donné, sans nuldeifein 3-occa.
fion à cette avanture, & qui-a
du cofté du mérité
,
de rcfprit&
de la valeur perTonnelle,
la réputation d'un homme
sans reproche, envoya avertir
celui dont il avoirdonné l'a.
dreflç,dene porter l'affaire i
aucune extrémité
,
supposé
qu'il prie envie à 1 JEtranger de
lui rendrevisite
, ce qui ne lui
paroiflbit pas vrày fcmblable,
ÔCencasdefaillie4defufpendietout
jusqu'àcequ'ileût
autrement de ses nouvelles.
Mais le viéèorieuxlui fit direl
Tinftanc pour toute réponse
s qu'ilrecevoit ravis trop tard
,
& que l'affaire étoit faite.
Pour moy je ne donne cette
nouvelle que pour un bruit de
Ville qui peut n'avoir aucun
fondement devérité, & que je
conte feulement sur le rapporc
-du public. Je vous réponds
plus hardiment de la vérité de
celle-ci, j'en ferois même caution
,
s'ilenétoit besoin.
Lanuit de l'avanture preccdente
,
arriva celle qui fuir.
Le portrait de mon Héros,
est d'abord h piece la plusnccelTjire
à l'intelligence de cctrc
hltoire. M. Verno
,
jeune
homme de cette VIlle,à crins
noirs, fils d'un perequi a fait
& qui fart encore bien du bruit
dans la robe,peut avoir i J.
à z6. ans, sa taillecfi un peu
au dessous de la mediocrc,mais
bien priffc, sa phïfionomieest
desplusrevenantes,ses yeux
font noirs &bien ouverts, sa
bouche est belle, vermeille &
bien meublée,lçs coukurs de
sonvifarge font vives' & frai..
ches
,
& toute sa figure est
a(Hzreguliere
,
joint à cela
qu'il a la jambe belle, le bon
air du monde, &lefprit fort
drné. M'. de Verno
,
dis je,se
, trouvant [clon sa coûtumc,
au feal4c l'Qpe.U'j fous un
domino de
:
tafetaj rayé,
qu',une Dcmoifellccharmantc
bienfaite& très aimable lui
^yovi prêté iSi.quidepuis par
1-JiabiLpde qu'onamendetercvoir
açftesurnommél'^fne
?ay<â,apfésa.voirgalopé»!a»fallc
cSllUenfin,àTcxcmplcide
Je»^laïquesquivontàïçeBtoauls,
&.placer. dans uneilag£, où
après quelques çiviliicz fort
cav.iliçrcs&. ircsèufuécs dans
ce pays ,il attaquaisDame
qui Ce trouva fous sa.main. La
grande experience qu'il a dans
cesaflembléeSjluy mit d'abord
un joli compliment à la bouche;
la Dame y répondit ca
femme defpric, & la converfanon
fut Joûcenue avec tant
de vivacité de part & d'autre
qu'ils t en vinrent jusqù-à fedésir
de (e demafqucr;, ce que
la Dame ne voulut pas faire la
première. Cependant elle le
pna d'ôter son M .fqu,= & luy
dit pour le déterminer àavoir
cette complaisance
,
si je vous
reconnois
,
je vous Tavoikray
debonne foy,& je vousdonne
ma parole de me démasquer à
mon tour. Vcrno bien assuré
que la vue de sa figure ne l'expoferoit
point au,malheur de
n'cltre pas regardé de bonoeil,
ne fcle.tic pas dire davantage,,
il osta ton ma sque, & montra,
une mine si gracieuse
v que la
Dame ne pûc s'empêcher de
luy marquer toucie gi équ'elle,
se (çivoit dc(acurioficéi néanmoins
elle luy dit d'un ton de
voix-mal afiûé
,
qu'elle ne le.
connoilïoitpas. Qiumporte*,
luyirépondicVerno
J.
le malheur
que j'ay de neftie pas
connu de vous, n'ôtc rten de
nos conditions,& vous n'en
estes pas moins obligcede vous
démasquer, puifquc vous m'avtz
donnévostre parole dclc
£n>e
,
des que je vous en amrois
donné l'exemple. Je ne
vous réfuteray pas, luy répondit-
elle, avec toute la douceur
imaginable, de Citisfaireà cet
ar&icfe denostre traité ; mais
que vous en reviendra c ilautre
chose que le malin plaifode
me priver de t'avantage que
me donne le masque. Vous
mêliez fpÏf dés que vous maurez
vûc,croyezmoy ,nefou,
haitez pas de mevoir. Non,
Madame, luy dit Verno, tous
ces détours font inutiles. Vous
avez sur voftrc parole conrracte
avec moy un engagement
auquel il faut absolument que
vous vous soumettiez
,
& je
ne vous laifleray pas un moment
de repos, que vous n'y
ayiez latisfait Hé bien, Moniteur,
vous-le voulez, il faut
vous contenter ; & en ôtant
son malquc-, mer reconnoiffcs.
vous,ajouta-1 elle: Oüy,
Madame, loy dit-il, d'un air
d'impatience, je vous recon.
nois pour la plus charmante &
la plus aimable personne du
monde, je vous ay vûë cent
fois,&j'ay toute ma vie foucalté
de vous revoir -, je me
souviens même qu il y a quelques,
années, un Dimanche de
la Puffion,je danfayavec vous
dans un Bal aux chandelles;
chez un Maistre à danser qui
demeuroit alors au troifiemc
Appartement d'une petite maison
dans la rue Djuphine. Madame
de * * dont le nom &
les appas ont fait depuis beaucou
pde fracasà Paris, eftoic
avec vous; vous estiez bien
belle alors, mais vous l'cftes
encore mille foisdavantage.La
Dame convint de cette circonfiance,&
de quelques autres
dont Verno luy rafraichic
lamémoire ,& ci surces
petits détails, h.confunce s'é.
tablit si bien entre eux,qu'ils
se promirent de bonne foy de
se revoir, & se tinrent parole.
Entffjt,désle lendemainmatin
l'heureuxVernoreccut un
billet dontvoicy le conttnu.
Jt' confinsque vous me voyie%
-aujourd'huycomme je vous l'ay
promis hier; mais il faudra que
lafille que je vous envoyév^us
amene ce joir a six heures chez,
rnoy , em, je vousdtjf.nds devous
faire future par vofire Laquai?.
Si vous pouviez vous imaginer
combien fayde mesures à garder,
Dous me Ifaurit^ ungré infinide
cette démarche. Réponde^moy
sur le dos de ce biUer.
Verno mit auflicoft la plume
à la main,& sur le dos dudit
billet il écrivit ces tendres
mots.
Je baise, ma belle Reine, avec
mille transports d'amour les obli.
géantes ryprétieujeslignes que
i/oflre main a daignemécrire.
feray tout ce que vous m"ordonnez
de faire; mais vous esses
bun cruelle, en me redemandant
ce billet; de me ravir cr cher (y
unique gage de toute ma tendre/Te.
Le double billetfut rendu
frWemcntvla Soubrerte rcvint
à i'hurc marquée,cilo
monta en siicrc avec Verno,
& enfin ilsarrivèrent au logis
deU Dume quiles rcq-jt de la
ttùillfure^race du monde.
: La prcraiere chose que fit
Verno en entrant dans l'appartenunrde
laDame
,
fut
d'en confiJerer les meubles.
Ils luy parurent d'un go.,il exquis
, & ne contribuèrent pas
peu à augmenter la bonne opinion
qu'il avoir conçuë au bal
de la bellepersonne dont la
douceur luy failoit esperer en
si peu de temps, de si grands
avantages, qu'ils'étourdifToic
d'avancedel'image de sa félicice
Laconversation de cette
beauté charmoicXesoreilles,
ses. grâces ébloiïifloient ses
yeux; tout celadloit beau&
bon, mais il y avoit dans cette
chambre bien autrechofequi
fervoir à émouvoirsa concupi
scence. Deux gros bras d'argent
fortement attachez aux
deux costez d'un trumeau
,
sur
la cheminée où ils se éhdUffÓJcnr"
attiroienc de temps en
temps toute son attention, un
beau diamant au doigt de sa
cherc
cherc & charmante maiflrcffc.
une montre d'or,destabaticres
du même métal, tout cela
luy Câusoit des diftra&ions fréquentes,
qu'on prenoit heureu
sement en bonne parr. En*
fin après bicades protestations
d'un amour éternel
,
l'heure
de (e separer estant venuë
)
il
exigea son entrée franche &
libre dans cette maison quand
bon luy sembleroit,il l'obtint
à condition qu'il feroic roûjours
bien-fagCj ille promit à
la mode des Amans, & s'en
alla. Le lendemain au matin
on luy envoya dire de ne pas
manquer d'y retourner à la
même heure qu'il y avoir este
la veille, ce qu'il fie avec plaisir.
Souperons-nous aujourd'huiy
ensemble, Madame
, die-il, en entrant, & aurezvous
lat cruauté de me renvoyer
sans souper comme
touS riez fait hier.Si je foupc
fcy;jdvais congédier mon la-
°..qtrais & luy dire de venir me
reprendre à l'heure qu'il vous
Oaita, sinon, ce n'est pas la
peint qu'il s'en aille. Mais,
Monsieur, luy ditelle, je ne
ftis nullement preparée à cela:
Madimoifcllc Dupons, appellanç
sa Fille de chambre, Monsieur
me demande à souper,
voyez si la Cuifinierc a quelquechofe
à nousdoqncr
)
&
dites-luy quelle, vienne me
parler.La Cuisiniere arriva &
répondit qu'il y avoir raifonnoblement
deqqpy manger.
-,Vernore.fta,& (onValet gnaçqijU.piudence tdc
la Fillç dpjçhwbre.
Jene.sçay
ce qu'ils dirent&
firent en attendant le souper
P4^n$n*ç après *r.)aisjefç*j§
bien que vers les- deux heures
après minuit, la Dame trouvantfnpins
de vivacité dans la
converfanon de sonAmant,
jetca les yeux sur une Montre
qui cftoitattachécîà un clou
de sa cheminéef & fie. remarquer
à Vernoqti'H efidit dêja
bien tard ,"& par cohfccjucnç
temps de s'en aller. Vous faites
là une belle oblervation :
luy dit il, Madamejvoila à
present la plus belle- hefuredu
bal, donnons nous*en le plai- J
Íir sans, sortir d'icy, & commençons
par mettre cette
Montre en Masque. Aussi roll:
illa prit & tourna du cossé de
•
Ja muraille Jecoftê quimarquoit
les heures. Alors il s'émancipa
julqu'à prendre Lie
petites ou de grandes hbertez
dont on nes'offensa point. Il
fut chemin failanr, grondé,
caresse, menacé, repoûsse doucement
)
& le jà'ur vint. Dés
que la Dame s'en apperçur,elle
le fâcha vrayment bien fort*
Comment, Monsieur,luy.dic-.
elle, courant.à sa M-oncrc,,ori
vous verra sortir de chez moy
à.sept heures du matin L que
dira-mut le voifinaçe.? Vous
voil a bien allarraée,Madame,
reprit-il. je n'ay qu'àenfortic
à fepr heures du foir ; mais
/ous avez- là une maudite
Montreque je veux punir des
mauvais avis qu'elle vous donne
, & de dépit se jettant sur
çllc,comme s'il eue voulu la
bxifer
: Non,u1,
l'i.,
mage des heures que l'imprudence
vous annonce, ncmpoifonnera
plus ma felicité.
Ah,Monneur, luy dit cette
Bellecfltayéede (on emportés
ment, je consens à ne lare*
voir de ma vie, maisépargnezla
ne:1a brifez pas, & dérobez-
la iplutoft pour jamais à
mes yeux. Non, Madame,
non, reprit il, vous ne la rcverrezplus
: mais après tout,
est ce à (es caprices a decider
de mon fort, & parce qu'elle
vous a annoncé quil cfioit
sept heures,quoy qu'iln'y ait
au gré de mon coeur qu'uiv
inllant que je fuis avec vous
me condamnerez
- vous sur sa
depositionîNon, mon cher,
luy dit la Dame,aussi bien puis- ne je me resoudre à vous
lmeettre à l'heure qu'ilcft hors mamaison.
-
La montre étoicdéja à bon
compte dans la poche de Verio;
mais les bras d'argent luy
enoient furieufetnent
au
oeuf, & il avoit dans sa
cbambreuncheuftrumeau auquel
par le secours de ces bras,
il foubaitoic de piêccr main
forte; il dit là dellus Icsc hofcs
du monde les plus éloquentes
Il dormir enfuie, il s'éveilla,
reparla damour, dina
& rejoupira. pour lesdits bras
avec tant de (uccrs, que son
valec fut chargé du foin d'efi
aller renforcer fon- trumeau.
Dix mille proreftations- d'une
fiJclité étemelle firent les honneurs
de son remerciement
mais il n'avoir ny diamant ny
tabatierc, & la conque fie de
ces chofcs écoic rclcrvéc pour
le
le jour au quel sa Dame dévoi-e
aller voir l'effet que (es bras
faisoient sur sa cheminée. Ce
qui fut executé dans l'ordre
suivant.
Il y a cinq jours qu'en un parfait négligé elle lerendit
surles onze heures du matin
au logis de son amant, qui la
reçûtavec justice comme la
Reine des Amours; elledîna
chezluy,oùileutavecelle des
procédez si obligeants, qu'elle
luy auroit donnéjusqu'à sa
chemise. oh!pourcelailfaut
avouer que cette Dame n'a pas le vice des autres, qui font
devrayes lang suëssrien n'est
si genercux qu'clleellaa depuis
son avanture du bal, nippé
& nippe encore de toutes
picces son heureux amant, il
eil: jeune,almable & tendre;
elle est riche, belle & amoureuse
à la rage. Que de charmes
! que de plaisirs! & quel
bonheur pour ce coupleamoureux
,
pourvû que cela dure
J'ay appris tant d'autres
avantures singulieres qui onc
pris naissance aux bals de l'Opera
qu'il faudroit faire un
recueil particulier pour les
conter. Ce qui mcrcfteàvous
c a ce sujet;c'clt qu'il n'y a
rfonnc qui ait esté à ces bals,
i ne louë Mcflicurs de Chauit
& Duchesne Syndics de
)pera, sur les commodieez; :agréments & le bon ordre
cet établiflement. Les foins
les attentions qu'ils prenne
pour leurs fpeétaclcs
,
jr attirent generalerncnt les
êmes louanges. Ils ont rcmis
:puis cinq semaines sur leur
heatre la Tragedie d'Alceste.
teR un Opera de M.de Lulîy,
Jnt tout le monde admire &
Imirera toûjours la beauré.
y arriva un Jeudy 10. de ce
mois, un événement des plus
-
extraordinaires.
Al'endroit de cet Opéra,
oùun Aâteur chante, rost ou
tard ilfautpajSer dans maBaf(ji4ei
un Machmifteselaifli tomber
du haut d'un pont au-dessus
des décorations
,
sur l'une des
planches qui fervent à former
les flots sur lesquels est la Barque
à Caron. Ses reins & sa
tête essuyerent le choc, avec
tant de violence qu'une planv
che en fut brifée
,
& soncrâne
entammé,onl'emporta à Pinftant
& on le saigna : on lemit>
çnfuite dans une chaise à por.
tcurs; mais tous les malheurs
de cette journée n'étoient pas
finis pour luy : à peine ses porteurs
furent au tournant' du
cul de sac de FOpcra
, que la
chaise dans laquelle il écoir,
se défonça enticremcnr ; & le
pauvre homme se trouva fubitement
,& par une féconlde
chûce
,
aflîssurle pave: on le
remit dans une autre chaise
qui à la fin le porta chez luy.
Voilà ce qu'il y a de plus
commun dans cetteavanturc,
quoy que cela foit assez rare:
en voicy l'extraor dinaire. Ccc
homme a 77. ans, & mainteuanc
il se porte àmerveille.
! ;
* Le Héros de cette Hiftoirc
fut trouver il y a quelques jours
un de Ces Amis, à quiil fie
part de cette nouvelle, cet
Amy la conta à un autre, cet
autre à d'autres encore, & enfin
par bricole elle est venuë
jufqua moy, & je vous la
rends telle à peu prés qu'on
me l'a contée*, s'il n'y a ni vcrité
ni vray- semblance
J
je
m'en lave les mains, ce fera la
faute de ceux qui l'ont inventée.
Cependant je vous diray
par parenthese
,
qu'elle est
embellie de noms & de circonstances
qui luy donnent
des qualitcz que la Fable n'a
pas. Si j'avois pris la liberté
d'y mettre des faits de ma fa-,
çan, je luy aurois donné une
autre face. Que cela foit dit
en passant pour l'apologie de
la venté de cette Hifloire, &
retournons à son Heros que
nousvenonsde laiflerçhezfon
: Amy, prest à luy faire la conifdence
des choses merveillcu.
les que vous allez lire.
• Jeforcis,die-il,il yahuic
jours à minuit de chez moy,
pour me rendre au Bal de t'Opéra.
J'écois(eul,aflezmélancolique,
& non sans raison.
Enfin masqué fous un ample
domino, j'encray dans la fallc
du Bal, où je trouvay une
nombreuse & brillante Aflembléc.
J'y fis plusieurs cours sans
parler à personne
y
ennuyé à
la fin, & ires las de toutes ces
allées & venuës
,
je fus me
camper dans une loge, ou je
trouvay une place commode
pour dormir à mon aise, si le
coeur m'en diroit; je méditois
déjàferieufcmcnc cette partie
lorsque je me reconnus à côté
d'une femme, quimalgré son
extrême attention à se cacher,
me parut jeune & de bon aloy.
Le relie des Masques qui
éroient dans la loge, gardoic
aufli bien que moy un profondsîlence,
& personne ne
s'avifoit de se détacher du par.
terre pour venir nous conter
fleurette.
Piqué de me voir dans une
compagnie si dcfoejvrée, )'effayay
de lier conversation
avec le Mafquc qui étoic à
côté de moy. Il (croit inutile
& messeant même, luy dis-je,
de vous offrir des rafraîchiffemens
:vous ne m'avez pas l'air
assezéchauffé, beau Mafcjue,
pour en avoir besoins & vous
obfcrvcz icy un silence aussi
religieux que si vous étiez dans
un dortoir de Nones. Je ne
sçay pas trop bien où je fuis.
me répondit.elle, tout ce que
je voy dans cette faite me réjouie,
m'ébloiiit,métonne,
cette confusion me plaît; mais
l'ced n'y peut suivre personne,
& j'ay de puissantes raisons
pour enrager de cette inconvenienc
Ah! je vous entends,
lu.y dis je, vous faites apparemment
icy le Critique, ou l'ACtrologue.
Ouï, reprit- elle
avec vivacité, & je fuis bien
trompée si les mouvemens que
fc donne vostre femme dans
ce parrerrc, ne m'apprennent
pas le point le plus certain de
vostre horoscope. Il y a prés
de trois ans que vous l'avez
épousée, elle a de la naiflancc,
elle en jeune & johe, vous
faires le périr M.uftre, vous en
contez aux belles, elle de son
côcé, est aujourd'huy femme
à bonnes fortunes; mais elle en
a plus que vous, mon bon
amy, mais clic en a plus que
vous. Ma femme, luydis je,
Metfque, vous vous trompez,
je ne fuis pas marié.Vous mentcz,
reprit-elle biufquement,
vous elles le Marquis de **
& vous estes homme d'épée,
de robe & de Finance; mais
je ne (<jay pourquoy vous vous
ciles avilé de m'attaquer de
conversation. Je ne pensois
pas feulement que vous fuflîcz
au monde, lor sque vous avez
pris la peine de venir m'arracher
les veritez que je viens de
vous dire. Il vous a plû de
faire le fpcétateur habIle, &à
moy de vous conrcmpJer, je
vous ay reconnu, maintenant
reconnoiflcz moy ,
si vous
pouvez. Mais j'ayautrechose
à faire icy que de continuer
cette conversion, & le temps
que je perds à vous entretenir,
me dcrobe peut estre une découverte
dont le succés m'intereffe
bien plus que votreembarras
ne me divertic. Apres
ce que je viens d'entendre, luy
répondis je, il fjudroit que je
n'eusse pss le feos commun,
pour me resoudre à vous quitter
sans vous connoiltre. J ay
mauvaifc opinion, me dit-elle,
des foins que vous prendrez
pour y réiïffir. Ne vous donnez
, croyez moy , aucun
mouvement là dessus,& fongez
feulement pour vôtre propre
interert à empêcher que
vôtre femme ne forte d'icy
avec ce domino bleu qui 1uy
donne la main. Les bonnes
gens gagnent le chemin de la
porte,il n'est pas encore trois
heuresils pourroicnt bien
rentrer avant six. A la venté
vous n'en feriez ni plus mal
,
ni mieux à vollrc aise y mais
profitez de l'avis si vous voulez.
A ce rccir qui n'éroic que trop
vray ,
lesKornes me montoi.ntvifibhment
à la tête. Je ne fçavois
que dire, ny quel parti prendre&
j'ignore encore ce que
je fcrois devenu,fimonMafque
ne m'eûtaidé à cacher aux
yeux de cet Argus le desordre
de ma contenance. J Allez néanmoins
, me ditelle,
où plus d'une raison
vous appelle. J"lY pirié du
trouble où je vous voy. Faites
ce que vous avez à faire, &
foytz sur de me retrouver ici.
:J: Ces paro!es meraflurerent,
je forcis de cette loge,je fus
brufquernent me placer entre
ma femme & son amant,je
la pris par la main dont clic
s'appuyoït sur luyJe rentrainay
dans un coin de la salle,
& press à lui dire toutes les duretez
que le dépit & la honte
me metroient à la bouche,je
jettay les yeux sur la loge ou
j'avois l'aissé l'inconnue qui
I
m'avoit si cruellement infiruir,
mais ne la revoyant plus, je
quittay ma femme avec autant
de précipitation que j'avois
marqué d'empressement pour
l'arracher des mains de son
guide. Je fendislapreslea & je
me hâcay autant qu'il fut en
mon pouvoir de reconnoiftrc
toutes les avenuës d'un heuoù
je venois dapprendre deschoses
si extraordinaires; mais le
rcfultat de tous les foins que je
me donnay le reste de cette
nuit, fut que je perdis de vûë
mon masque, mon épouse &
son amant.Enragé du mauvais
succés detoutecetteavanture,
je me jettay dans unechaise&
me fis porter chez moy. Mon
laquais en entrant me donna
un billet qu'on venoit de le
charger de me rendre. Je le lûs
sur lefcalicr. En voicy lestermes.
Vous Avez eslé cette nuit au
Bltl Avec de grandsdtjpins qui
n'ont abouti a rten, en deux heures
tvousnousj/ cjltsméprisplusieursfois
,une inquiétude tffcryAbleafuiVt
ces méprifts. Eftesnous
un homme à donner dans
tous les panneaux qu'on voudra
vous tendre? eft-ce beflife f efl-ce
ignorance ? eflâyek du moins
Àêtreplus heureux LuncJy.
Il ne me manquoit que ce
billet pour achever de me tourner
la cervc lle. Cependant
j'allay à l'appartement démon
epouse
, je la trouvay dans
son lit enfevelic dans un profond
lommcil. Sa femme de
chambre
,
Ces gens couchez à
leur ordinaire: j'evclllay tout
le monde, je fis un vacarme
épouvantable. Je demanday à
ma femme à quelle heure elle
écoic rentrée, elle me répondit
froidement qu'elle ne fçavoic
ceque je lui voulois dire,&
qu'elle n'étoitpassortie. Tous
mes domestiques jurèrent
qu'ellc s'estoit couchée un moment
aprèf sm'a, voir vu partir
pour le bal,ils ajoutèrent même
qu'elle leur avoir donné
dans son lit des ordres pour le
lendemain matin.. Enfin rien
de
dece qu'on me dit chcz moy
ne s'accordoic avec ce que je
croyois qu'onm'avoic démontré
à l'Opera. La feule chofc
sur tout que je ne pouvois pas
comprendre 5c'étoitladocilrré
de ce masque qui avoir foufferc
tranquillement que je lu y arrachasse
la main de ma femme.
La raison venant à la fin au
secours demesemportemens,
j'eflTiyay de me persuader que
tout ce quej'a, vois vu1\ & entendu
n'estois qu'un tour de bal
que quelque personne quime
connoifloic particulièrement
avoir essayé de me jouer ; mais
les discours quemavoit tenus
ce maudit lutin que j'avois été
imprudemment agaccrJIX qui
m'avoit reconnu sans ctire
aidé d'aucun signal,démontoienemonraisonnement.
Je
me couchay en un mot au
milieu de tous ces embarras r'
mai,s je commençois a, peine a,
m'endormir que le démon qui
me talonnoit me fie rendre un
fécond billet par un inconnu
qui dit à un de mes gens qu'il
citoit pour moy d'une confcquence
extrême de le lire à
l'heuremême
,
& qui s'enfuie
avec tant dadrtfle & de diligcnce
pendant le temps qu'on
lTIit à me l'apporter
,
qu'il me
fut impoflible de le faire fuivre.-
Voicy le conçcnudeccc
importact biller., ;.
Voùs êtes sans douteaprefent
defimauvaife humeur,&votre
e[prit.eif-siremeli d'incertitudeque
(oyt_ ce que vqHj voyeZ&enten-
4e% ne fertquaaugmenter l'embarras
où vous ejkss maiscroje%-
tnoy -, dépiquek vous Lundj en
youj ;retrouvantau^Bal , Vous
y verre7, le Mafquc qui vous a
défilécettenuitpresl à vous ren- -
drelecalme que vousaeekperdg.-
-14
Ce billu fieun effetbizarre
sur nioiicfprIr & comme si
j'enavois deuattendre d'autres
, malgrél'extrême besoin
que j'avois derepos, cordonnay
à mesgens de me faire parler
à tous ceux qui viendroienc
me -
demander. Cet ordre
ridicule fut suivià la lettre
,
& je fus si bien interrompu de
de quart d'heure en quart
d heure par la foulédesimportuns
à qui ma por te fut ouverte
, que je ne pus fermerl'oeil ;
mais l'efperancc de retrouver
mon masque le lendemain,qui
fraie le Lundy en queflion:,
me conlola de tous ces inconvenicncs.
Enfin 1 heure du Bal
arriva. Je fus des premiers à
m'y rendre fous un dégutfement
qui ne pur pas me cacher
long temps aux yeux de la
pcitonne à qui j'avois affaire;
mais je fus encore la dupe de
certe précaution
, & la facilite
qu'on eue à me reconnoistre,
mVxpoCa à me faire chagriner,
harceler pendant deux heures
pao tous les ma fques qui me
reconnurent. En un mot ne
sçat tnnt plus comment m'y
prendre pour me sauver de ce
débordementd'importuniteZi
j'eus«coursàJa loge où j'avoiscûdeux
jours auparavanr,
un entretien si bizarre, je m'y
campay à côcé d'un petit
vieillardsi bien déguisé, qu'il
n'yavoit rien dans le bal de si
indéchirable que ce masque.
LeCiel, me dit-il
, en tremblottant
, vous gard de touc
malenconrre
,
beau Marquisj
&qu'il vous prefervc d'avoir
aujourd'huy comme avanc
hier un ennetni redoutable à
vos trousses. Ah. pour le coup,
je vous tiens"lui répondis-je,
cher masque
,
& vous ne mcchaperez
pascette fois comme
vous ave^fait l'autre. J'ay,rcprit-
il, dans les rides qui paroiffent
sur mon front, & dans
le nombre des ans qui commencent
à glacer mes veines,
un faufeonduir qui me met à
couvert de toutes vos pourfuites
: & toutccqui pourroic
vous en revenir de vos démarchcs
s ne feroit que la honte
d'avoir si malemployé vostre
temps. Croyez-moy retournez
là bas. Il s'y paffedes choses
dignes de vostre curiosité
9
& ce petit pelotonoù vous ne
voyez que trois masques s'entretient
maintenant d'affaires
très ferieufcs. En voilà deux
autres qui fc disent des douceurs
en termes de politique,
parce qu'ils ne parlent pas
d'autre langige peut estre
,
&
qui s'érrangleroient s'ils se rcconnoitloient.
Pour celuy quevous
voyez avec ce domino
feuille-morte
, gagner la
porte avec tant d'efforts,c'est
qu'il corige d'avoir donné
trop à mordre au Mifquequi
le fuit Je ne vous fais faire cespetitesobservations
que parce
que j'ay la demangcaifon des
vieilles gens, qui feroient au
desespoir de ne pas diretourcc
quelles sçavent
, pour faire
preuve
preuve de pénétration avec
tout ce qui s'osse e à leurs yeux;
maisvostre diferetion m'efl:
connue, & vous ferez un bon
usage de cette: confidence.
Non, luy dis-je, je ne defeendray
pas là bas, je n'y ai, nulle
affaire
,
& rien ne m'interesse
au monde comme le plailîr de
m'entretenir avec vous. Vous
m'avez la dcrniere fois précipité
dans un abifmc d'inquietudes
r' , 3 vous m'avez exposé a
de très fâcheuses avantures,
& si ce n'eûc été la crainte de
vous perdre
, je ne (çay comment
je ferois forci de tous les
embarras oa vous m'aviez engge1
. EEn e1\ccs vous quitte a
prefenc, me dit mon Vieillard.
Oui,luy répondis je, du moins
j'efjtercde1être bientôr)maIDtenant
que je fuis avec vous.
Que vous tftjs simple, repritil,
de chercher à vous tour*
inenter sur nouveaux frais,
vous n'êtes pas plutôt forti
d'un piège, quevous redonnez
dans un autre; &.Ji vous
-fcaviez quelle cfpccc de Mafque
je fuis, vousce(Tenezbientôt
d'estreaussi curieux que
vous l'estes.Vous avez, luy
dis-je
,
beau faire
,
soyez un
homme, une femme, un Démon
,un Ange, il faut abfolument
que je vous connoisse ;
à celane tienne) reprit ce méchant
vieillard, puirqu'il ne
faut quecela pour vous fatisfaire,
rendons nousconfidence
pour confidence, dites-moi
pourquoy vous vous donnez
tous lesjours tant de foins inutiles
pour la Maîtrcfle de ce
Duc qui ne vous aime aflurément
pas , & pourquoyvous
,voyez d'un oeil si complaifanc
les affiduitez du Chevalier de
* * auprès de vostre femme ;
après cela si vous me payez de
quelque bonne ration
,
je,nè
differeray pas davantageàvous
declarcr qui je fuis. Vous md
parlez ici, lui dis- je, des deux
choies du monde qui m'incereflenc
le plus; mais j'apprehende
que ma réponsesur les
questions que vous venez de
Ille proposer, ne me jettt: dans
un détail trop serieux, & que
cette convention,ne vous dérobe
tout le platlir que vous
vous promettiez ici.Rsfleurez
vous sur ce qui me regarde,
me dit le Masque, & toute la
<rrace que je vous demande,
c'est de n'estre avec moy ni rimide,
ni menteur. Vous mettez
à" cc que je voy J
luy répondis
je,condition sur COIldjcion
; mais puifqu'il en faut
paffer rpar cc qui vous plaist
:J ccoûctz MOY.
-r Il y a trois ans que je fuis
marié) comme vqus me l'avez
fort bien reproché avanthie*
jlay épousé par interest,
mà'fcmme,sanslaconnoiftrc;
j'ayvécu avec elle sans amour,
ôcloriquéj'ay fait le dclicat ou
le jaloux (ur ses petites affaires,
ce n'aefté que dansta crainte
du scanda-Ie,&que parce que
jiay cru fotement que le monde
ne rcfpcdtcroïc pas mon si..
lencc;niats j'ayététa dupe de
monintention, Il je n'ay paru
jaloux de ma femme qu'à
ceux qui n'ont jamais eu l'occasson
j ni la volonté de parler
d'elle J'étois avant de l'époufer
amoureux de la belle Mademoiselle
de S*** je l'ay
vû avec douleur tomber entre.
les mains du Comte de M**
qui n'a certainement jamais
paffé pour un trop honneste
homme. Le Duc de. s'cil
mis enfoire sur les rangs ,
&;!
atifluoft qu'il s'est monrré,tnu-.
te la tenduflede la bellea p-uu
eftrc la recompense de sa première
démarche. Le Cheva-
Ker que vous venez de me
nommer,& que vous me dites
eftrc si bien avec ma femme
,
voulut, à son tour, tenrcr
de luy plaire; mais foie
qu'il trouva trop d'obstacles à
furmontcr
,
foie qu'iln'eue
pbaosuatd z d'amour, il en agit au
d'un mois avec elle, en
homm: rebuté de ses foins. J'ai
moi meme favorisé sa retraite,
& j'ay mieux aimé, je vous l'avouë
,
le voir maistre du coeur
de mon Epouse
, que l'Amant
de ma Maiftrefle. Enfin de
tous les hommes que j'avois
vu soupirer pour elle) nul ne
m'avoie paru plus redoutable
que Iuy.Nc vous étonnez donc
pas t
si n'ayant pû me défaire
ducruel attachementquej'ay
pour Midemoifelle de S* * 4*
j'ay tout sacrifié pouréloigner
d'elle le rival que je craignois
& que j'efbmols davantage.Ec
voila justement ce qui fait tout
voilre crime à mon égard, reprit
mon Misque, vous venez
de me faire le plus étrange
aveu du monde, & je ferois
peut estrecapable d'un retour
de bonté pour vous, si je ne
vous regardois pas après cettc
déclaration, comme l'Auteu;
de tous mes malheurs. Jejouiroisà
present de toute la tcndresse
d'un homme qui m'est
plus cher que ma vie, je pofiedcrois'
fcule en un mot le coeur
du Chevalier, si vous n'aviez
pas vous- même
,
crud que
vous estes
,
conduit mon Amant
jufqucs dans les bras de
vostre femme. Je fus aulH
é1pouvantéd, de r cette réponse
que si la foudre fut tombée à
mes pieds. Cependant un moment
après avoir reconnu cet
impitoyable Masque,jejuy
dis tout cc que l'amour & le
dcfefpoir me mirent de plus
touchant à la bouche; mais inflexible
a mes prières, elle finie
nofirc entretien par ces dernières
paroles. Je vous ay fufiffamment
inquieté dans ces
deux bals, où je vous ay saic
un détail raisonnable de vos
affaires & des miennes. Je fuis
contente de tous les ressorts
que j'ay fait jouer pour vous
chagriner; mais je perdrois
tout le mérité de mon ftratagênie,
si je ne vous dl.ffendois
pas abfolumenr de me revoir
jamais, sans le Chevalier, & si
vous ne prenez pas doreinavant
toutes les mesures qui
vous conviennent pour luy interdire
honnêtement l'cntrée
de voflrc maison. Voila à quel
prix vous pouvez encore pretendreàmonamiiié.
Adieu Je
fis de vains efforts pour la retenir)
tUeme quitta brufquement
& me la-fla le Ioifir de
faire a mon alse les plus Cotes
reflexions du monde sur elle,
sur ses Amants, sur ma femme
& sur moy.
Voilà enfin où j'en fuis,moncher
ami,aidez moy de vos
conseils,de déterminez moy
sur le partiqueje dois prendre
dans une pareille conjoncture.
C'cftle plus grand fetvicc
Ul
Êl a Ica
que vouspuifluez rendre à
l'homme du moade qui vous
aime le mieux, , j Alorssonamiluyconfeillajf
,
d'éloigner le Chevalier, d'oublier
sa Muitreffe, & dVffayerj
de bien vivre avec sa femme5,
maisil ne fuie nil'unml'autre
de ces con feilsq^'I pouvoir
s'épargner la peinedcj.uydemander
avec tanr d'inllance:•
& je pouvoir peut estre aufli
raifonnablcment mépargner
celle de vous faire un si siJete
rccic dune pareille hliloire;
mais que voukz-vous Mèrcurc
ciYun babillard, & tant qu'il
aura desavanturcs de cette cfpece
à vous conter , on lui
couperoitpuroit la langue,
qui de l'obliger à setaire.
Pendant quenous sommes
sur lechapitre dubal,en voicy
encore des nouvtllcs-, auffibicnneftra
t-il plusttnls d'en
parler après l'ami carême.
-
Le bruit court qu'une nuit,
dont je ne fcjay pas la date, un
masque trèsaccort
,
des plus
fpiriruds,& des mieux inftruics
des affaires du monde, tomba
par hazard entre les mains d'un
Masque de certaine confîdcr
ration, qui l'interrogea avec
tant de prefcncedcfprit & de
vivacité
,
qu'il lui fie dire prefque
tout ce qu'il avoit dans
l'ame. On ajoute qu'après plulieursdécouvertcs
importantes
leMafque charmé de l'cfprit&
du bon raitonnement de celui
qui venoit de l'cnrretenir ,fie
pluficurs efforts obligeants.
pour l'ergager à fc faire coninoiflrc,
que ce Marque résista
avec une opiniâtreté invincible
aux choies graticufes que lui
disoit le Masque curieux,&
-qu'enfinaprès plu ficurs plaintes
gepereufes d'une pareille
obtlination à fccacher ;; il
avoir consenti malgré luy à le
taiff-f aller*maisqu'au même
temps il avoir dépêché deux
autres Mafqucs
, avec pricrc
de l'éclairer desiprés,qu'il lui
futjf autant que cela dépendroit
de leurs foins & de leur
vigilance ) impossibled'échaper
à leurs yeux. Le Mafquc
examiné Tentant bien par la
qualité des choses qu'ilavoic
dites, & qu'entrant dans le
bal, il avoit(ans doute à dire,
qu'onnemaneperoit pas de le
fuivrc,& dele reconnoiftrcs'il
n'y mettroit bon ordre, avoïc
pris de justes mesures contre
, larigueur de cette obligeante
recherche.Ainsichfortanrde
l'Opéra a la pointe dujour
* il enfilaà piedla rue S. Honoré
il alla julqu'auprés de S. Roch,
oùil trouva deux bons chevauxavec
un Valet qui l'artendott.
Il se saisit à Tinflant
de celuy qui luy étojc dcfliné;
il souhaita le bon jour à fcs
Argus.
Et d'unfautsurla'felle, il marqua
[ondépart.
Je ne sçay si la lecture de
ces
ces petites avantures vous en
^uy,e» pour moy je f'çay bien
que je. ne. mcnnuye pas cn-j
cojedeVQus les écrire, & je
t - .4 conctusdpia/qu'ayjnt de gré,:
beaucoup- pi:lus de peinej0que
vous n'avez de patience, je fuis
endroitdevousenconter cn- i w..i.i,i
core.* J .-11 "','1") 'Lw.J1*uh*xy P.ari -«> sest »dc >*-J-iijajilVijled^rnoni\.,lm.j.. jl.apl1v1iscommodepourroute'
forted'cfpécecfcet
eikL''honi- aj?As<Ma-.
'Y^Pîl!?(yt«,'laCo
quette, les (ôr-s raisonneurs,
les fades Comédiens & les
mauvais Auteurs, y font tous
les jours relevez par gens qui
leur ressemblent, ou qui les
imitent de si près, queles nouveaux
venus sur la Scene, y"
font lelendemain oublier ceux
qui la veille étoient sur les
rangs. En un mot dans cette
graniDdeVll'c> toujoursun
clouchdjp l'autre Il n'y tll, par
exemple , presqùe plus parlé
desAvanturcs que vous venez
de lire, quoy quViles 1 foienc
toutes fraîches; celléque je
vais vous conter y fait encore
du bruic. La voicy.
UiiEtrangerriiafqué, pouf
le moins comme le beau Berger
Céladon, s'avise une certaine
nuit, assez & trop malencontreuje
pour luy,daller au
bal de l'Opera. Il a à peine fait
le tour de la salle que ses yeux
fone ébloüis des charmes de la
divine Assée. Transporté de
l'éclat de tant d'appas, il se
jette à Ces piedsr il luy tient
dans son jargon des difeours
tendres, qu'oncqtics mortel
n'accompagnâtde pareils foupirs
dans tout l'EmpiredeCythere.
Enfin prcfqueauflienyvré
d'amour que de vin, il jure
à ce charmant objet dont les
beaux yeux l'c£JHa.:ncntJ, un
amour éternelil fc donne à
tous les diables, pour luy perfuader
l'ardeur dont il brûle
poooiunrdeelle; mais la cruelle, bien
vouloir l'en croire sur
la foy de ses sermens, s'arrache
de ses mains, après l'avoir
inhumainement maltraité, rebpté
&culbuté. Alors confus
& dcfefperé de ce barbare
ptocedé, il se releve, & court
en chancelant après cette fierc
& outrecuidée beauté. En chcÍ:
nin,un Masqueirréprochable
&i vigoureux l'anête. Qu'eftcc,
dit- ilJ écumant de courtoux,
& d'où te vierir cette
audace, Malque,de marrêter.
Je ne le fais, luy répond l'autre,
que pour vôtre inecrefl:,
vous persecutez icy un Mass
que digne d'un traitement plus
honnête. Eh que t'importe,
répond letranger? je n'ay
point là-dessus de contc a' te
rendre, luy dit l'autre, & tu
dois te contenter de la prière
que je te fais de laitier ce Mafque
en repos. Moy dit-il,
avec plus d'emportement encore,
nojjïnfirpointles Dames
moy eflretouchcufspress à bAifir
les piedsdes Madamesjnuis moy
! J : ';-
- --
ejlre bon pour les hommes, A
cette plaisante repartie,s'élève
un éclat de rire auxenvirons;
qui achevc de le mettre hors
de. rnefure :il dit aufli tost au
Marque qui lavoit arrêté, qu'il
Veut avoir raison de cet affront)
qu'en un mot il veut fc
battre avec luy. Vous navez
vraymenr pas tort, luy die
l'autre, & je fuis tout prest a
vous donner cette petite fatisfaérion;
mais outre que trop
de gens ont vu icy cette avanture,
& qu'on ne nous JailIèroit
pas le champ libre, il cft
bon de vous dire que je fuis,
avec des Dames que la bienséance
ne me permet pas de
quitter, & que j'ay à prefcnc
de fortes ratfonspour ne pas
rh'aller battre; mais fldemain
au matin vous en voulez découdre,
vous n'avezqu'à dire,
je vais écrire mon nom, ma
demeure,& l'heure du rendez-;.
vous sur vos tablettes. Alors
l'Etranger en tira desa poche
une belle paire, qu'il remit entre
les mains du Marque-qui
lu'-. partait,8z qui ne prévoyant
pas qu'une pareille
avanture pût avoir aucune fuite
, y mit à tout hazard la
demeure"d'un bravehomme
dont le nomluy étoit connu,
& rcndant les tablettes à l'E.
trangcr,tuyafEgna le rendezvousà
huit' heures du matin.
Icy finit la première feene, Se
teparties s'en allerenr.
Le lendemain à l'heure marquée,
l'Etranger viÇr'éTes tablettes,&
le faitgUid^rjuf-[
qu'à la .porte de thomme a.
qui il: croit avoir affaire. Il
monte à sa chambré
,
il le.
trouve dans fôn lit encore,
bien endormi.Comràcnt
Adoyifieur,luydit-il,vousdor- me^,encore!nevousfoHvene^- *- , vous
vouspas 4e la paroleque vous
triave-^donnée hier au Bal. Ma
foy, Monsieur,luydit l'aucrc,
je ne vous connois pas fcu lcmentje
ne vous ay envéritéjamais
vu Mauvaise défaite,
reprend l'Etranger,vous
m'ave'{ promis de vous battre
contre moy , &vous netes qu'un
poltron. Si vous ne forte^ du lit
touta l'heure,je vais vous passer
mmoonnéeppéeer.aauu,trtAra1vJeCrsrSduucocorprpss..
Attendez, Monsieur
,
luy répondit
l'homme si bien atta,
que, vous av(z raison, je ne
m'en fouvenois pas; & quoyque
je n'ayc pas mis les pieds
dans le Bal
,
cela n'empêche
pasqueje n'aye tres- 1ericiiCernent
affaire avec vous. Aittn.
dtzdonc
,
s'il vous plailt, un
momentque je (ois h.ibille, &
nous irons ensemble ouil vous
plaira. Alotsil le jetca du haut
en bas de son ht, & au bout
d'un momentildekcndit dans
la rue, en chauflc & en pourpoint
;& l'épée au côté,il
luivit son aggrctfeur.
Non loin de cette misson
ils trouvèrent une place où ils
dégénèrent en gens que de
grands inrerefts animoient à
soûtenir leur bon droit. Le
combat fut vif&langlant,&
après pluficurs belles cftocades,
où les combattants-donnerent
des preuvesd'uneadreffc
& d'une valeur .siafipie ).le
malheureux Etranger,reccuc
trois coups d'épee dans le
corps de la main d'un homme
quine l'avoit jamais veu ,
qui
* ne lui avoit jamais parlé .&
quiluidit enfinr-ns'cfforçint
de luy rendre tous lestons
officesqui dépendoicnt de ses
foins ; le diable m'emporte,
Monsieur,sije vous cannOIs.
Le masque qu'on dit avoir
donné, sans nuldeifein 3-occa.
fion à cette avanture, & qui-a
du cofté du mérité
,
de rcfprit&
de la valeur perTonnelle,
la réputation d'un homme
sans reproche, envoya avertir
celui dont il avoirdonné l'a.
dreflç,dene porter l'affaire i
aucune extrémité
,
supposé
qu'il prie envie à 1 JEtranger de
lui rendrevisite
, ce qui ne lui
paroiflbit pas vrày fcmblable,
ÔCencasdefaillie4defufpendietout
jusqu'àcequ'ileût
autrement de ses nouvelles.
Mais le viéèorieuxlui fit direl
Tinftanc pour toute réponse
s qu'ilrecevoit ravis trop tard
,
& que l'affaire étoit faite.
Pour moy je ne donne cette
nouvelle que pour un bruit de
Ville qui peut n'avoir aucun
fondement devérité, & que je
conte feulement sur le rapporc
-du public. Je vous réponds
plus hardiment de la vérité de
celle-ci, j'en ferois même caution
,
s'ilenétoit besoin.
Lanuit de l'avanture preccdente
,
arriva celle qui fuir.
Le portrait de mon Héros,
est d'abord h piece la plusnccelTjire
à l'intelligence de cctrc
hltoire. M. Verno
,
jeune
homme de cette VIlle,à crins
noirs, fils d'un perequi a fait
& qui fart encore bien du bruit
dans la robe,peut avoir i J.
à z6. ans, sa taillecfi un peu
au dessous de la mediocrc,mais
bien priffc, sa phïfionomieest
desplusrevenantes,ses yeux
font noirs &bien ouverts, sa
bouche est belle, vermeille &
bien meublée,lçs coukurs de
sonvifarge font vives' & frai..
ches
,
& toute sa figure est
a(Hzreguliere
,
joint à cela
qu'il a la jambe belle, le bon
air du monde, &lefprit fort
drné. M'. de Verno
,
dis je,se
, trouvant [clon sa coûtumc,
au feal4c l'Qpe.U'j fous un
domino de
:
tafetaj rayé,
qu',une Dcmoifellccharmantc
bienfaite& très aimable lui
^yovi prêté iSi.quidepuis par
1-JiabiLpde qu'onamendetercvoir
açftesurnommél'^fne
?ay<â,apfésa.voirgalopé»!a»fallc
cSllUenfin,àTcxcmplcide
Je»^laïquesquivontàïçeBtoauls,
&.placer. dans uneilag£, où
après quelques çiviliicz fort
cav.iliçrcs&. ircsèufuécs dans
ce pays ,il attaquaisDame
qui Ce trouva fous sa.main. La
grande experience qu'il a dans
cesaflembléeSjluy mit d'abord
un joli compliment à la bouche;
la Dame y répondit ca
femme defpric, & la converfanon
fut Joûcenue avec tant
de vivacité de part & d'autre
qu'ils t en vinrent jusqù-à fedésir
de (e demafqucr;, ce que
la Dame ne voulut pas faire la
première. Cependant elle le
pna d'ôter son M .fqu,= & luy
dit pour le déterminer àavoir
cette complaisance
,
si je vous
reconnois
,
je vous Tavoikray
debonne foy,& je vousdonne
ma parole de me démasquer à
mon tour. Vcrno bien assuré
que la vue de sa figure ne l'expoferoit
point au,malheur de
n'cltre pas regardé de bonoeil,
ne fcle.tic pas dire davantage,,
il osta ton ma sque, & montra,
une mine si gracieuse
v que la
Dame ne pûc s'empêcher de
luy marquer toucie gi équ'elle,
se (çivoit dc(acurioficéi néanmoins
elle luy dit d'un ton de
voix-mal afiûé
,
qu'elle ne le.
connoilïoitpas. Qiumporte*,
luyirépondicVerno
J.
le malheur
que j'ay de neftie pas
connu de vous, n'ôtc rten de
nos conditions,& vous n'en
estes pas moins obligcede vous
démasquer, puifquc vous m'avtz
donnévostre parole dclc
£n>e
,
des que je vous en amrois
donné l'exemple. Je ne
vous réfuteray pas, luy répondit-
elle, avec toute la douceur
imaginable, de Citisfaireà cet
ar&icfe denostre traité ; mais
que vous en reviendra c ilautre
chose que le malin plaifode
me priver de t'avantage que
me donne le masque. Vous
mêliez fpÏf dés que vous maurez
vûc,croyezmoy ,nefou,
haitez pas de mevoir. Non,
Madame, luy dit Verno, tous
ces détours font inutiles. Vous
avez sur voftrc parole conrracte
avec moy un engagement
auquel il faut absolument que
vous vous soumettiez
,
& je
ne vous laifleray pas un moment
de repos, que vous n'y
ayiez latisfait Hé bien, Moniteur,
vous-le voulez, il faut
vous contenter ; & en ôtant
son malquc-, mer reconnoiffcs.
vous,ajouta-1 elle: Oüy,
Madame, loy dit-il, d'un air
d'impatience, je vous recon.
nois pour la plus charmante &
la plus aimable personne du
monde, je vous ay vûë cent
fois,&j'ay toute ma vie foucalté
de vous revoir -, je me
souviens même qu il y a quelques,
années, un Dimanche de
la Puffion,je danfayavec vous
dans un Bal aux chandelles;
chez un Maistre à danser qui
demeuroit alors au troifiemc
Appartement d'une petite maison
dans la rue Djuphine. Madame
de * * dont le nom &
les appas ont fait depuis beaucou
pde fracasà Paris, eftoic
avec vous; vous estiez bien
belle alors, mais vous l'cftes
encore mille foisdavantage.La
Dame convint de cette circonfiance,&
de quelques autres
dont Verno luy rafraichic
lamémoire ,& ci surces
petits détails, h.confunce s'é.
tablit si bien entre eux,qu'ils
se promirent de bonne foy de
se revoir, & se tinrent parole.
Entffjt,désle lendemainmatin
l'heureuxVernoreccut un
billet dontvoicy le conttnu.
Jt' confinsque vous me voyie%
-aujourd'huycomme je vous l'ay
promis hier; mais il faudra que
lafille que je vous envoyév^us
amene ce joir a six heures chez,
rnoy , em, je vousdtjf.nds devous
faire future par vofire Laquai?.
Si vous pouviez vous imaginer
combien fayde mesures à garder,
Dous me Ifaurit^ ungré infinide
cette démarche. Réponde^moy
sur le dos de ce biUer.
Verno mit auflicoft la plume
à la main,& sur le dos dudit
billet il écrivit ces tendres
mots.
Je baise, ma belle Reine, avec
mille transports d'amour les obli.
géantes ryprétieujeslignes que
i/oflre main a daignemécrire.
feray tout ce que vous m"ordonnez
de faire; mais vous esses
bun cruelle, en me redemandant
ce billet; de me ravir cr cher (y
unique gage de toute ma tendre/Te.
Le double billetfut rendu
frWemcntvla Soubrerte rcvint
à i'hurc marquée,cilo
monta en siicrc avec Verno,
& enfin ilsarrivèrent au logis
deU Dume quiles rcq-jt de la
ttùillfure^race du monde.
: La prcraiere chose que fit
Verno en entrant dans l'appartenunrde
laDame
,
fut
d'en confiJerer les meubles.
Ils luy parurent d'un go.,il exquis
, & ne contribuèrent pas
peu à augmenter la bonne opinion
qu'il avoir conçuë au bal
de la bellepersonne dont la
douceur luy failoit esperer en
si peu de temps, de si grands
avantages, qu'ils'étourdifToic
d'avancedel'image de sa félicice
Laconversation de cette
beauté charmoicXesoreilles,
ses. grâces ébloiïifloient ses
yeux; tout celadloit beau&
bon, mais il y avoit dans cette
chambre bien autrechofequi
fervoir à émouvoirsa concupi
scence. Deux gros bras d'argent
fortement attachez aux
deux costez d'un trumeau
,
sur
la cheminée où ils se éhdUffÓJcnr"
attiroienc de temps en
temps toute son attention, un
beau diamant au doigt de sa
cherc
cherc & charmante maiflrcffc.
une montre d'or,destabaticres
du même métal, tout cela
luy Câusoit des diftra&ions fréquentes,
qu'on prenoit heureu
sement en bonne parr. En*
fin après bicades protestations
d'un amour éternel
,
l'heure
de (e separer estant venuë
)
il
exigea son entrée franche &
libre dans cette maison quand
bon luy sembleroit,il l'obtint
à condition qu'il feroic roûjours
bien-fagCj ille promit à
la mode des Amans, & s'en
alla. Le lendemain au matin
on luy envoya dire de ne pas
manquer d'y retourner à la
même heure qu'il y avoir este
la veille, ce qu'il fie avec plaisir.
Souperons-nous aujourd'huiy
ensemble, Madame
, die-il, en entrant, & aurezvous
lat cruauté de me renvoyer
sans souper comme
touS riez fait hier.Si je foupc
fcy;jdvais congédier mon la-
°..qtrais & luy dire de venir me
reprendre à l'heure qu'il vous
Oaita, sinon, ce n'est pas la
peint qu'il s'en aille. Mais,
Monsieur, luy ditelle, je ne
ftis nullement preparée à cela:
Madimoifcllc Dupons, appellanç
sa Fille de chambre, Monsieur
me demande à souper,
voyez si la Cuifinierc a quelquechofe
à nousdoqncr
)
&
dites-luy quelle, vienne me
parler.La Cuisiniere arriva &
répondit qu'il y avoir raifonnoblement
deqqpy manger.
-,Vernore.fta,& (onValet gnaçqijU.piudence tdc
la Fillç dpjçhwbre.
Jene.sçay
ce qu'ils dirent&
firent en attendant le souper
P4^n$n*ç après *r.)aisjefç*j§
bien que vers les- deux heures
après minuit, la Dame trouvantfnpins
de vivacité dans la
converfanon de sonAmant,
jetca les yeux sur une Montre
qui cftoitattachécîà un clou
de sa cheminéef & fie. remarquer
à Vernoqti'H efidit dêja
bien tard ,"& par cohfccjucnç
temps de s'en aller. Vous faites
là une belle oblervation :
luy dit il, Madamejvoila à
present la plus belle- hefuredu
bal, donnons nous*en le plai- J
Íir sans, sortir d'icy, & commençons
par mettre cette
Montre en Masque. Aussi roll:
illa prit & tourna du cossé de
•
Ja muraille Jecoftê quimarquoit
les heures. Alors il s'émancipa
julqu'à prendre Lie
petites ou de grandes hbertez
dont on nes'offensa point. Il
fut chemin failanr, grondé,
caresse, menacé, repoûsse doucement
)
& le jà'ur vint. Dés
que la Dame s'en apperçur,elle
le fâcha vrayment bien fort*
Comment, Monsieur,luy.dic-.
elle, courant.à sa M-oncrc,,ori
vous verra sortir de chez moy
à.sept heures du matin L que
dira-mut le voifinaçe.? Vous
voil a bien allarraée,Madame,
reprit-il. je n'ay qu'àenfortic
à fepr heures du foir ; mais
/ous avez- là une maudite
Montreque je veux punir des
mauvais avis qu'elle vous donne
, & de dépit se jettant sur
çllc,comme s'il eue voulu la
bxifer
: Non,u1,
l'i.,
mage des heures que l'imprudence
vous annonce, ncmpoifonnera
plus ma felicité.
Ah,Monneur, luy dit cette
Bellecfltayéede (on emportés
ment, je consens à ne lare*
voir de ma vie, maisépargnezla
ne:1a brifez pas, & dérobez-
la iplutoft pour jamais à
mes yeux. Non, Madame,
non, reprit il, vous ne la rcverrezplus
: mais après tout,
est ce à (es caprices a decider
de mon fort, & parce qu'elle
vous a annoncé quil cfioit
sept heures,quoy qu'iln'y ait
au gré de mon coeur qu'uiv
inllant que je fuis avec vous
me condamnerez
- vous sur sa
depositionîNon, mon cher,
luy dit la Dame,aussi bien puis- ne je me resoudre à vous
lmeettre à l'heure qu'ilcft hors mamaison.
-
La montre étoicdéja à bon
compte dans la poche de Verio;
mais les bras d'argent luy
enoient furieufetnent
au
oeuf, & il avoit dans sa
cbambreuncheuftrumeau auquel
par le secours de ces bras,
il foubaitoic de piêccr main
forte; il dit là dellus Icsc hofcs
du monde les plus éloquentes
Il dormir enfuie, il s'éveilla,
reparla damour, dina
& rejoupira. pour lesdits bras
avec tant de (uccrs, que son
valec fut chargé du foin d'efi
aller renforcer fon- trumeau.
Dix mille proreftations- d'une
fiJclité étemelle firent les honneurs
de son remerciement
mais il n'avoir ny diamant ny
tabatierc, & la conque fie de
ces chofcs écoic rclcrvéc pour
le
le jour au quel sa Dame dévoi-e
aller voir l'effet que (es bras
faisoient sur sa cheminée. Ce
qui fut executé dans l'ordre
suivant.
Il y a cinq jours qu'en un parfait négligé elle lerendit
surles onze heures du matin
au logis de son amant, qui la
reçûtavec justice comme la
Reine des Amours; elledîna
chezluy,oùileutavecelle des
procédez si obligeants, qu'elle
luy auroit donnéjusqu'à sa
chemise. oh!pourcelailfaut
avouer que cette Dame n'a pas le vice des autres, qui font
devrayes lang suëssrien n'est
si genercux qu'clleellaa depuis
son avanture du bal, nippé
& nippe encore de toutes
picces son heureux amant, il
eil: jeune,almable & tendre;
elle est riche, belle & amoureuse
à la rage. Que de charmes
! que de plaisirs! & quel
bonheur pour ce coupleamoureux
,
pourvû que cela dure
J'ay appris tant d'autres
avantures singulieres qui onc
pris naissance aux bals de l'Opera
qu'il faudroit faire un
recueil particulier pour les
conter. Ce qui mcrcfteàvous
c a ce sujet;c'clt qu'il n'y a
rfonnc qui ait esté à ces bals,
i ne louë Mcflicurs de Chauit
& Duchesne Syndics de
)pera, sur les commodieez; :agréments & le bon ordre
cet établiflement. Les foins
les attentions qu'ils prenne
pour leurs fpeétaclcs
,
jr attirent generalerncnt les
êmes louanges. Ils ont rcmis
:puis cinq semaines sur leur
heatre la Tragedie d'Alceste.
teR un Opera de M.de Lulîy,
Jnt tout le monde admire &
Imirera toûjours la beauré.
y arriva un Jeudy 10. de ce
mois, un événement des plus
-
extraordinaires.
Al'endroit de cet Opéra,
oùun Aâteur chante, rost ou
tard ilfautpajSer dans maBaf(ji4ei
un Machmifteselaifli tomber
du haut d'un pont au-dessus
des décorations
,
sur l'une des
planches qui fervent à former
les flots sur lesquels est la Barque
à Caron. Ses reins & sa
tête essuyerent le choc, avec
tant de violence qu'une planv
che en fut brifée
,
& soncrâne
entammé,onl'emporta à Pinftant
& on le saigna : on lemit>
çnfuite dans une chaise à por.
tcurs; mais tous les malheurs
de cette journée n'étoient pas
finis pour luy : à peine ses porteurs
furent au tournant' du
cul de sac de FOpcra
, que la
chaise dans laquelle il écoir,
se défonça enticremcnr ; & le
pauvre homme se trouva fubitement
,& par une féconlde
chûce
,
aflîssurle pave: on le
remit dans une autre chaise
qui à la fin le porta chez luy.
Voilà ce qu'il y a de plus
commun dans cetteavanturc,
quoy que cela foit assez rare:
en voicy l'extraor dinaire. Ccc
homme a 77. ans, & mainteuanc
il se porte àmerveille.
Fermer
1058
p. 270
« Je ne peux mieux finir ce chapitre, qu'en vous donnant [...] »
Début :
Je ne peux mieux finir ce chapitre, qu'en vous donnant [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je ne peux mieux finir ce chapitre, qu'en vous donnant [...] »
hapitre
,
qu'en vous donnanc
une Cantate que j'ay receue
sur le bal de l'Opéra,.Elle est
de la ficon de M. de * * qui
a beaucoup de légèreté
,
de
goût
J
détude & d'efpric.
,
qu'en vous donnanc
une Cantate que j'ay receue
sur le bal de l'Opéra,.Elle est
de la ficon de M. de * * qui
a beaucoup de légèreté
,
de
goût
J
détude & d'efpric.
Fermer
1059
p. 270-276
LE BAL DE L'OPERA, CANTATE. OU ODE ALLEGORIQUE
Début :
Recitatif. Dans un séjour brillant, consacré par les Belles, [...]
Mots clefs :
Amour, Coeur, Amants, Dieu, Sujets, Époux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE BAL DE L'OPERA, CANTATE. OU ODE ALLEGORIQUE
LE BAL DE L'OPERA,
CANTATE.
ou
ODE ALLEGORIQUE
Recirauf
DAns unséjour brillant, con-
Jacrépar les Belles,
L'ingeniehx Cm faverMt d.
mour3
Pour combler ses sujets de ses
grâces nouvelles,
Vient d'établir une nouvelle
Cour.
Là le déguisement des aimablesmortelle
Eflfatal aux Epoux:mais propice
aux Amant;
Et la divinitéqui prejide sur elles
Invite les coeurs asesamufemens*
Air.
Amans
t accoure% à nosfêtcs,
Leurs plaîfrs ne font que pour
vous,
Mine tendresbeaute^fontprêtes
A 'Vous lesfairegoûter tous.
Les Ris, les Amours, e les
Graves>
Yvolent au gré des drfirs,
Suives de si0charmantes traces
ElUs contyifent aux pUtfirs.
Amans, &c.
Récitatif.
L'amour qui dans ces lieuxA
forméson EmpIre,
jdrme des plus doux traits vole
dans tous les coeurs :
Quipourroitreiffleraux tranfyorts
quilinfyireï ",
Quand devant luy les jeux an*
noncent sesfaveurs.
-
Sous mille diverjes images,
Si l'amour vous paroît hideux , Rajfàre^-vous
; ce, Dieu ne voile
les vijages
Que pour recompenser plus [ûre.
mentvos feux.
Air.
Mille heatite% habites
Sous un mafcjue trompeur, N)font les difficiles
Que pourmieux prendre uncoeuA
Sous, un masquef/opicc. --.à,p
Qui cache la laideur,
Plus-d'une Cleonicc
Satisfait son ardeur.
-
Chaque Amant syJeguije
Pour Je comcbre mieuxt
Il nejt point de méprise
Qui n'aitunfort heureux.
La, de leur dessinee,
Les Epoux font inflruits :
Sujets de fHymenie
Ils en trouvent les fruits.
Mille beautez, &c.
Récitatif.
Ce Templese conjacre a la félicité.
LAmoury fait goûter sa plus
vive tendrejji
, -
Hebcrépand par tout un NtElar
enchanté,
Therpjtcorejregne sans cesse,
Momusyfait briUer l'art en luy
si vanté.
Dans ces lieux enchanteurs*
tout charme, tout tngage )
Tous les Dieux de la volupté
Yrevivent fms cesse un éclatant
hommage;
Le Dieu de l'Hymenée efl leful
maltraité.
Air.
Dansce séjourfertile
L'amour Offreunakile
Pour s'aimer.
Tout (flutile
Pours"exprimer,
Le secrettfîfacile
De s'enflamer;
Et l'on en trouve mille
Pour charmer.
CANTATE.
ou
ODE ALLEGORIQUE
Recirauf
DAns unséjour brillant, con-
Jacrépar les Belles,
L'ingeniehx Cm faverMt d.
mour3
Pour combler ses sujets de ses
grâces nouvelles,
Vient d'établir une nouvelle
Cour.
Là le déguisement des aimablesmortelle
Eflfatal aux Epoux:mais propice
aux Amant;
Et la divinitéqui prejide sur elles
Invite les coeurs asesamufemens*
Air.
Amans
t accoure% à nosfêtcs,
Leurs plaîfrs ne font que pour
vous,
Mine tendresbeaute^fontprêtes
A 'Vous lesfairegoûter tous.
Les Ris, les Amours, e les
Graves>
Yvolent au gré des drfirs,
Suives de si0charmantes traces
ElUs contyifent aux pUtfirs.
Amans, &c.
Récitatif.
L'amour qui dans ces lieuxA
forméson EmpIre,
jdrme des plus doux traits vole
dans tous les coeurs :
Quipourroitreiffleraux tranfyorts
quilinfyireï ",
Quand devant luy les jeux an*
noncent sesfaveurs.
-
Sous mille diverjes images,
Si l'amour vous paroît hideux , Rajfàre^-vous
; ce, Dieu ne voile
les vijages
Que pour recompenser plus [ûre.
mentvos feux.
Air.
Mille heatite% habites
Sous un mafcjue trompeur, N)font les difficiles
Que pourmieux prendre uncoeuA
Sous, un masquef/opicc. --.à,p
Qui cache la laideur,
Plus-d'une Cleonicc
Satisfait son ardeur.
-
Chaque Amant syJeguije
Pour Je comcbre mieuxt
Il nejt point de méprise
Qui n'aitunfort heureux.
La, de leur dessinee,
Les Epoux font inflruits :
Sujets de fHymenie
Ils en trouvent les fruits.
Mille beautez, &c.
Récitatif.
Ce Templese conjacre a la félicité.
LAmoury fait goûter sa plus
vive tendrejji
, -
Hebcrépand par tout un NtElar
enchanté,
Therpjtcorejregne sans cesse,
Momusyfait briUer l'art en luy
si vanté.
Dans ces lieux enchanteurs*
tout charme, tout tngage )
Tous les Dieux de la volupté
Yrevivent fms cesse un éclatant
hommage;
Le Dieu de l'Hymenée efl leful
maltraité.
Air.
Dansce séjourfertile
L'amour Offreunakile
Pour s'aimer.
Tout (flutile
Pours"exprimer,
Le secrettfîfacile
De s'enflamer;
Et l'on en trouve mille
Pour charmer.
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1060
p. 276-277
« Voicy une autre petite Chanson sur l'air du Gagne-Petit [...] »
Début :
Voicy une autre petite Chanson sur l'air du Gagne-Petit [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voicy une autre petite Chanson sur l'air du Gagne-Petit [...] »
Voicy une autre petite
Chanson sur l'air du Gagne-
Petit; c'cft comme tout le
monde fçaie, une contre-danfenoavelle,&
fort jolie, qu'on
2 prouigieuietiienc danle pendant
tout ce Carnaval. Les
paroles decette Chinion font
d* M. Fcrand. C'cft en dire
tout le bien imaginable, que
d'en nommer l'Auteur.
Chanson sur l'air du Gagne-
Petit; c'cft comme tout le
monde fçaie, une contre-danfenoavelle,&
fort jolie, qu'on
2 prouigieuietiienc danle pendant
tout ce Carnaval. Les
paroles decette Chinion font
d* M. Fcrand. C'cft en dire
tout le bien imaginable, que
d'en nommer l'Auteur.
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1061
p. 277-280
CHANSON. Sur l'Air du Gagne-Petit, ou de la Rémouleuse.
Début :
Je vais par tout le Monde, [...]
Mots clefs :
Amant, Art
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON. Sur l'Air du Gagne-Petit, ou de la Rémouleuse.
CHANSON.
Sur ItAir du Gagne-Petit
,
ou de la Rémouleuse, "4
Je vais par tout le Monde,
Sur la Terre, &l'Onde,
Lanuit, lejour, ¡.,
Tout me fait la Cour: *8!
Jefuis Rémouleur d%amourfK?
Vene^tenàra coeurs.,
Amants en langueurs,
]OÜZT de mes faveurs ; jf rémoudray
féguifmty, ,
Pour VW ma Aïeule tONrnt,
Tourne&retournes
Mon Art efi an Art ajptré*
Je donne à la Vieillejje
L'air de la JeuneJJe.,
Par moy les ris
DeRosesjdeLys, -
Couronnent les cheveux gris:
Viens doncfroid VieillardM
Amant roupillard,
Et ma main par mon Art
T( rémuuafa)
T'é^mfera#
Pourtoy ma Adeuletourne
Ctjlfaity & retourne,
Ta belle te méconnoîtra.
Mxtraits,i/*figure,
En vain la nature
Jointchaquejour
L'esprit&letour,
Ce n'eflpas tout en amour: Viens donc foible Amant,
En moins dun moment
Dessus mon instrument,
Je t'émoudray,
Téguijeray; Pour toymaMeule tourne,
C'ejlfaityretourne,
Ta Maiflrtfl: menfçaura gré.
Je rends force, £?*courage,
A l'amant peufage
Dont les soupirs
SuivisdepUifîrs
Ont épuisé les Qefirs;
Viens jeune insensé
Toncoeurémpuffc
Songe A peine au pAfft:
Je lémoudrttyJ
~TT-'ér~guiferay,
pour toy ma MMeeuullee tourne,
Oeflfaity retourne,
Tout le dommage est reparé.
Sur ItAir du Gagne-Petit
,
ou de la Rémouleuse, "4
Je vais par tout le Monde,
Sur la Terre, &l'Onde,
Lanuit, lejour, ¡.,
Tout me fait la Cour: *8!
Jefuis Rémouleur d%amourfK?
Vene^tenàra coeurs.,
Amants en langueurs,
]OÜZT de mes faveurs ; jf rémoudray
féguifmty, ,
Pour VW ma Aïeule tONrnt,
Tourne&retournes
Mon Art efi an Art ajptré*
Je donne à la Vieillejje
L'air de la JeuneJJe.,
Par moy les ris
DeRosesjdeLys, -
Couronnent les cheveux gris:
Viens doncfroid VieillardM
Amant roupillard,
Et ma main par mon Art
T( rémuuafa)
T'é^mfera#
Pourtoy ma Adeuletourne
Ctjlfaity & retourne,
Ta belle te méconnoîtra.
Mxtraits,i/*figure,
En vain la nature
Jointchaquejour
L'esprit&letour,
Ce n'eflpas tout en amour: Viens donc foible Amant,
En moins dun moment
Dessus mon instrument,
Je t'émoudray,
Téguijeray; Pour toymaMeule tourne,
C'ejlfaityretourne,
Ta Maiflrtfl: menfçaura gré.
Je rends force, £?*courage,
A l'amant peufage
Dont les soupirs
SuivisdepUifîrs
Ont épuisé les Qefirs;
Viens jeune insensé
Toncoeurémpuffc
Songe A peine au pAfft:
Je lémoudrttyJ
~TT-'ér~guiferay,
pour toy ma MMeeuullee tourne,
Oeflfaity retourne,
Tout le dommage est reparé.
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1062
p. 281-283
Discours sur la Comedie, [titre d'après la table]
Début :
Disons maintenant, s'il vous plaist, quelque chose des autres [...]
Mots clefs :
Racine, Gloire, M. Dancourt
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur la Comedie, [titre d'après la table]
Ditons maintenant, sil
vousplain, quelque chose des
autres fpcâacles. Les Comediens
Italiens ( je ne ÍClJY par
quelle fatalité pour leurs ému.
ks ) attirent tout le monde
chez eux, les François ont perdu
leur étalage cet hyver.
Pendant le cours de ce mois,
ilsont remis sur leur Theatre
avec peu de (uccés,TInconnu
& le Malade imaginaire,*,maisils
vont inccflammcnt prendre
leur revanche, & Mardytroisiéme
jour du mois de Marsprochain
,ils doivent donner
la premicre reprefentatioiv
-
&Ath(dies Tragédie de i'ilIuC
trc M. Racine. Je me trouve
enccc endroie de mon recic
obligé en conscience de faire
une humble amande honorable
a M D-ancourt, & de me
rcrr¡¡¿ter de toures lesveritezdefobligeàntcs
que j'ay dites
des Festes du Coursy du Vert
Galant,&de tant d'autres mau.
vasses pieces dont il a la gloire
d'estre Auteur. Quel triomphe
, M-eflieurs, pour M Dancourt
! YAthalie de Racine va
briller sur la Scenc
,
rcvcuë
îU^meméc,embellie &
corrigée par M. Dancourc/
l'erprit deM.Dancourt va ranimer
les Vers de ce grand homme.
Racine enfin va forcir du
tombeau rouecouvert dc gloire,
ou piûtoft faMufe va ne rcparoistre
à nos yeux,que pour
partager ses nouveaux Lau- -
riersavec M. Dancouft !!!
vousplain, quelque chose des
autres fpcâacles. Les Comediens
Italiens ( je ne ÍClJY par
quelle fatalité pour leurs ému.
ks ) attirent tout le monde
chez eux, les François ont perdu
leur étalage cet hyver.
Pendant le cours de ce mois,
ilsont remis sur leur Theatre
avec peu de (uccés,TInconnu
& le Malade imaginaire,*,maisils
vont inccflammcnt prendre
leur revanche, & Mardytroisiéme
jour du mois de Marsprochain
,ils doivent donner
la premicre reprefentatioiv
-
&Ath(dies Tragédie de i'ilIuC
trc M. Racine. Je me trouve
enccc endroie de mon recic
obligé en conscience de faire
une humble amande honorable
a M D-ancourt, & de me
rcrr¡¡¿ter de toures lesveritezdefobligeàntcs
que j'ay dites
des Festes du Coursy du Vert
Galant,&de tant d'autres mau.
vasses pieces dont il a la gloire
d'estre Auteur. Quel triomphe
, M-eflieurs, pour M Dancourt
! YAthalie de Racine va
briller sur la Scenc
,
rcvcuë
îU^meméc,embellie &
corrigée par M. Dancourc/
l'erprit deM.Dancourt va ranimer
les Vers de ce grand homme.
Racine enfin va forcir du
tombeau rouecouvert dc gloire,
ou piûtoft faMufe va ne rcparoistre
à nos yeux,que pour
partager ses nouveaux Lau- -
riersavec M. Dancouft !!!
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1063
p. 283-284
« Je suis tellement pressé par le temps, &. les Avantures de [...] »
Début :
Je suis tellement pressé par le temps, &. les Avantures de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je suis tellement pressé par le temps, &. les Avantures de [...] »
Je fuis tellement greffé par
le temps, & les Avanturcs de
Bal que je vous ay contées ,
m'ont jette si loin, qu'clles
m ôrent la liberté de vous donner
un détail cxaa des Mariages
& des Morts de ce mois
Contentez vous d'en spprchdre
aujourdhuy les noms, le
mois prochain je vous en apprendray
les qualirez.
le temps, & les Avanturcs de
Bal que je vous ay contées ,
m'ont jette si loin, qu'clles
m ôrent la liberté de vous donner
un détail cxaa des Mariages
& des Morts de ce mois
Contentez vous d'en spprchdre
aujourdhuy les noms, le
mois prochain je vous en apprendray
les qualirez.
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1064
p. 284
MARIAGES.
Début :
Messire Loüis de Meleun, Prince d'Epinoy, Duc de Joyeuse [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
M.AR.1AGES.
Messire Loiiis de MeIeun,
Prince d'Epinoy, Duc de
Joyeuse, Pair de France, a
épouse le 13 de ce mois Madcmoifclle
d'Albret Armande
de la Tour de Bciiîilon, &c.
Mcflire François le Camus,
Seigneur de Bligny,Maréchal
des Camps & Ar mées du Roy,
a épouse le Mademaiielle
Eanllon,&c.
Messire Loiiis de MeIeun,
Prince d'Epinoy, Duc de
Joyeuse, Pair de France, a
épouse le 13 de ce mois Madcmoifclle
d'Albret Armande
de la Tour de Bciiîilon, &c.
Mcflire François le Camus,
Seigneur de Bligny,Maréchal
des Camps & Ar mées du Roy,
a épouse le Mademaiielle
Eanllon,&c.
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1065
p. 285-288
MORTS.
Début :
Dame Paule-Marguerite-Françoise de Gondy, veuve de Messire François [...]
Mots clefs :
Dame, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Dame Paulc-Marguerite-
FrançoisedeGondy
, veuve de
Messire Frnnçois-Timanuel de
Crcquy Duc deLefdiguieres,
&c. mourut le ri. dumois
pasle, &c.
Dame Victoire Rouxel de
Mcdavy de Grancey,&c. mourut
le 13.Jaavier dernier,&c.
Dame Marguerite Auzaner)
veuve de Mtiïire Antoine le
Fevre,Seigneurdela Malmaison
& de Bifly, &c. mourut 1c
13. du mois pallè.
,
M. Charles Gaspard Dôdun,
ConfeiHei honoraireau
Par lement
) mourut le 14.
Janvier, &c.
M Jeun de Marillon, Conseiller
nu Parlement, mourut
le 29 Janvier, &C.
M. Nicolas Henry de la
Michod!ere,Gon{eillerauParlementmourut
le25* Janvier,
&C.
M. Philippcs* Emanuël de
Colanges) Maistre des Rcquêtes
honoraire, si célébré par
ses chanfonnctes, mourut le
31. du mois pasle.
Dame Loiiife Goret,epouse
le M. Melchior François
:ourren, Colonel Suiflfe &
higadierdesArmées du Roy,
fiotirur leiS Janvier dernIer" kc. M Charles Purifot., Prorureur
General de la Cour
les Comptes, Aides & Finan-
:es de Normandie, mourutle
du mois pasle, &c.
Damoiselle Lucie de Cofcentin
de Tourville, mourut
le 14.Janvier dernier., &c.
Dame Bonne Mirie Bachelier
de Beaubourg, femme da
Mtflire Denis Noël Brularr ,
Marquis de Rouvray, mourut
k de ce mois) &c.
Mtflîre Cesar Alexandre
de Beaudeau, Comte de Para
bere & de Pardailian, &c.
mourut le
1 3. de ce mois,
&c.
Dame Paulc-Marguerite-
FrançoisedeGondy
, veuve de
Messire Frnnçois-Timanuel de
Crcquy Duc deLefdiguieres,
&c. mourut le ri. dumois
pasle, &c.
Dame Victoire Rouxel de
Mcdavy de Grancey,&c. mourut
le 13.Jaavier dernier,&c.
Dame Marguerite Auzaner)
veuve de Mtiïire Antoine le
Fevre,Seigneurdela Malmaison
& de Bifly, &c. mourut 1c
13. du mois pallè.
,
M. Charles Gaspard Dôdun,
ConfeiHei honoraireau
Par lement
) mourut le 14.
Janvier, &c.
M Jeun de Marillon, Conseiller
nu Parlement, mourut
le 29 Janvier, &C.
M. Nicolas Henry de la
Michod!ere,Gon{eillerauParlementmourut
le25* Janvier,
&C.
M. Philippcs* Emanuël de
Colanges) Maistre des Rcquêtes
honoraire, si célébré par
ses chanfonnctes, mourut le
31. du mois pasle.
Dame Loiiife Goret,epouse
le M. Melchior François
:ourren, Colonel Suiflfe &
higadierdesArmées du Roy,
fiotirur leiS Janvier dernIer" kc. M Charles Purifot., Prorureur
General de la Cour
les Comptes, Aides & Finan-
:es de Normandie, mourutle
du mois pasle, &c.
Damoiselle Lucie de Cofcentin
de Tourville, mourut
le 14.Janvier dernier., &c.
Dame Bonne Mirie Bachelier
de Beaubourg, femme da
Mtflire Denis Noël Brularr ,
Marquis de Rouvray, mourut
k de ce mois) &c.
Mtflîre Cesar Alexandre
de Beaudeau, Comte de Para
bere & de Pardailian, &c.
mourut le
1 3. de ce mois,
&c.
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1066
p. 288-291
Dons du Roy, [titre d'après la table]
Début :
Le 5. de ce mois M. d'Armenonville, Conseiller d'Etat, [...]
Mots clefs :
Roi, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy, [titre d'après la table]
Le 5. de ce mois M. d'Armenonville
,
Conleillerd'EtatK
cy devant Directeur général
des Financcsi-Prta fermententre
les mains du Roy
,
de la
Charge de Secretaire d'Etac
des Commandements & Finances
de Sa Majette dont il
a cfié porvû sur la dem(Tion
de M. le Marquis de Torcy.
Le choix que Monsieur le
Duc
)uc d'Orléans a fait de M.
1"Armenonville pour remplir
:cttc Charge fait son éloge,
54 son expérience & sa capacité
dans cous les différentsemplois
qui luy ont este confiez
fous le feu Roy, répondent
au public de la fatisfaaion
qu'il en attend.
Le 8. de ce mois, M. de
Verthamon prêta ferment entre
les mains du Roy, de la
Charge de Commandeur Secrétaire
des Ordres de Sa Majeftéjdc
laquelle Charge il n'a
confervé que les honneurs.
Le 11. Février MeflireClaude
le Bas de Monrargis, Confetllerdu
Royen fesConfeils
r- Garde du Tresor Royal, prêta
ferment entre lesmains du
Roy, de la Charge de Commandeur
Secrétaire des Ordres
du Roy
, en prefencc de S.A.
R Monseigneur le Duc dOrléans
,
Rrgenc du Royaume4
de Nofifcigneurs les Princes du
Sang, & des Seigneurs de la
Cour.
M. rAmbaÍfadeur d'Efpagne
a donné le 18. de ce
mois, en 1 honneur de la Naifrance
du Prince Don Carlos,
un des plus fupcrbes & des plus
magnifiques Bals qu'on puisse
donner.
M. de Robincau, cy-devanc
Intendant de M. le Maréchal
de Tallard, & avant la réforme
Commiffairc des Guerres, réfidant
à Dole,a donné un Bal
magnifique, en l'honneur de
la Naiflfance du Fils de M. le
Duc de Tallard.
,
Conleillerd'EtatK
cy devant Directeur général
des Financcsi-Prta fermententre
les mains du Roy
,
de la
Charge de Secretaire d'Etac
des Commandements & Finances
de Sa Majette dont il
a cfié porvû sur la dem(Tion
de M. le Marquis de Torcy.
Le choix que Monsieur le
Duc
)uc d'Orléans a fait de M.
1"Armenonville pour remplir
:cttc Charge fait son éloge,
54 son expérience & sa capacité
dans cous les différentsemplois
qui luy ont este confiez
fous le feu Roy, répondent
au public de la fatisfaaion
qu'il en attend.
Le 8. de ce mois, M. de
Verthamon prêta ferment entre
les mains du Roy, de la
Charge de Commandeur Secrétaire
des Ordres de Sa Majeftéjdc
laquelle Charge il n'a
confervé que les honneurs.
Le 11. Février MeflireClaude
le Bas de Monrargis, Confetllerdu
Royen fesConfeils
r- Garde du Tresor Royal, prêta
ferment entre lesmains du
Roy, de la Charge de Commandeur
Secrétaire des Ordres
du Roy
, en prefencc de S.A.
R Monseigneur le Duc dOrléans
,
Rrgenc du Royaume4
de Nofifcigneurs les Princes du
Sang, & des Seigneurs de la
Cour.
M. rAmbaÍfadeur d'Efpagne
a donné le 18. de ce
mois, en 1 honneur de la Naifrance
du Prince Don Carlos,
un des plus fupcrbes & des plus
magnifiques Bals qu'on puisse
donner.
M. de Robincau, cy-devanc
Intendant de M. le Maréchal
de Tallard, & avant la réforme
Commiffairc des Guerres, réfidant
à Dole,a donné un Bal
magnifique, en l'honneur de
la Naiflfance du Fils de M. le
Duc de Tallard.
Fermer
1067
p. 291-292
« Il ne nous reste plus enfin que le chapitre des Enigmes. [...] »
Début :
Il ne nous reste plus enfin que le chapitre des Enigmes. [...]
Mots clefs :
Or, Blé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il ne nous reste plus enfin que le chapitre des Enigmes. [...] »
Il ne nous reste plus enfin
que le chapitre des Enigmes.
Le mot des Enigmes du mois
paffé étoit l'Or, & le Bled. Les
noms de ceux qui les onc deviné,
font: le parclTcux Etranger
de la rue S. Nicaise, le petit
Chariot dela pointe,la grande
Chauve- souris, l'Ane-rayé,
la queue de cheval,l'étendart
de l'Hcrmite, la Coquete folitairc
& le Favory desLozanges.
que le chapitre des Enigmes.
Le mot des Enigmes du mois
paffé étoit l'Or, & le Bled. Les
noms de ceux qui les onc deviné,
font: le parclTcux Etranger
de la rue S. Nicaise, le petit
Chariot dela pointe,la grande
Chauve- souris, l'Ane-rayé,
la queue de cheval,l'étendart
de l'Hcrmite, la Coquete folitairc
& le Favory desLozanges.
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1068
p. 292-293
ENIGME.
Début :
Estre d'une forme invisible, [...]
Mots clefs :
Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Estre d'une forme invisible,
Je comble defaveurscelai quimA
clansfoy ;
Mais quand on nesçaitpasfcfervir
demoy
,
Souventon me trouve nuisible.
Je fuis eslimé des Sçavans,
Tçut le monde efl contraint de
reverermes charmes,
Et les plus grandsHéros me fonmettent
leursarmes,
Vaincusfarmes traits décevant.
Je m'étends partoute la terre,
Du moins je vay souvent de l'un
à l'autre bout:
Enfin je n'ay point d'yeux
,&
pourtant je vois tout
Jufcjues au d¡./fIlJ du Tonnerre.
Plufittits perdront ici lfUn, Pas [
j4chercherqui fuis par mille foin^tsetremî,*
Carilefi assaré,s'ils ne doW
dans e^xmêmes
Qiiilsne , le devinerontpas.
1
Cette Enigme est fuite par
l'aimable Guibour, de la rue
S. Honoré.
Estre d'une forme invisible,
Je comble defaveurscelai quimA
clansfoy ;
Mais quand on nesçaitpasfcfervir
demoy
,
Souventon me trouve nuisible.
Je fuis eslimé des Sçavans,
Tçut le monde efl contraint de
reverermes charmes,
Et les plus grandsHéros me fonmettent
leursarmes,
Vaincusfarmes traits décevant.
Je m'étends partoute la terre,
Du moins je vay souvent de l'un
à l'autre bout:
Enfin je n'ay point d'yeux
,&
pourtant je vois tout
Jufcjues au d¡./fIlJ du Tonnerre.
Plufittits perdront ici lfUn, Pas [
j4chercherqui fuis par mille foin^tsetremî,*
Carilefi assaré,s'ils ne doW
dans e^xmêmes
Qiiilsne , le devinerontpas.
1
Cette Enigme est fuite par
l'aimable Guibour, de la rue
S. Honoré.
Fermer
1069
p. 294-295
AUTRE.
Début :
Mon nom, ma forme & ma demeure [...]
Mots clefs :
Cloche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AU T R E.
Mon nom, ma forme & ma
demeure
Produisent différents effets.
Soit qu'un mortel nAijJe ou qu'il
meurey
On l'apprendau bruitque jefais.
Ici l'on mevend,l'on macbete;
Jefais également &le mal &le
bien.
Les peuples d'Orient me jugent
bonne à rien
3 Et nefont de moynulle emplette.
Enfinpourmlformtron m'ôte
dé laterre.
Jefers quand on m'afairt, aux
Sujets comme aux Rois,
Je rend divers accens , je fuis
comme le verrey
Etje meplainstoujours descoups
que je reçois.
Mon nom, ma forme & ma
demeure
Produisent différents effets.
Soit qu'un mortel nAijJe ou qu'il
meurey
On l'apprendau bruitque jefais.
Ici l'on mevend,l'on macbete;
Jefais également &le mal &le
bien.
Les peuples d'Orient me jugent
bonne à rien
3 Et nefont de moynulle emplette.
Enfinpourmlformtron m'ôte
dé laterre.
Jefers quand on m'afairt, aux
Sujets comme aux Rois,
Je rend divers accens , je fuis
comme le verrey
Etje meplainstoujours descoups
que je reçois.
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1070
p. 295-296
AVIS.
Début :
Messieurs, Mesdames & Mesdemoiselles, vous vous tiendrez, s'il vous [...]
Mots clefs :
Liqueurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Messieurs
,
Mcfdames &
Mesdemoiselles, vous vous
ticndrcz,s'il vous plaist, pour
avertis, que le Sieur René
Boutrct, Marchand Limonadier
Diftillatcur à Paris; vend
les plus belles & les meilleures
Liqueurs de France, & par
excellence toutes fortes de
fruitsconfits à 1Eau de Vie.
Il demeure ruë de l'Arbre. sec,
auCaffé d'Orleans, vis-à-vis
la porte de Saint Germain
l'Auxerrois.
Messieurs
,
Mcfdames &
Mesdemoiselles, vous vous
ticndrcz,s'il vous plaist, pour
avertis, que le Sieur René
Boutrct, Marchand Limonadier
Diftillatcur à Paris; vend
les plus belles & les meilleures
Liqueurs de France, & par
excellence toutes fortes de
fruitsconfits à 1Eau de Vie.
Il demeure ruë de l'Arbre. sec,
auCaffé d'Orleans, vis-à-vis
la porte de Saint Germain
l'Auxerrois.
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1071
p. 296-297
AUTRE.
Début :
Le Sieur Garnesson, demeurant à present ruë du Batoir, en [...]
Mots clefs :
Pieds
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
JVTKE.
Le Sieur Garneflon, demeurant
à present ruedu Batoir,
en sa maison; est prefquc le
seulquisçache mieux déraciner
les Corps des pieds, &
guérir entièrement ceux qui en
ont depuis un long temps, sans
faire faigncr ny fouffnr la
moindre douleur. L'experience
quil a dans cet Art, jointes
aux différences operations qu'il
a faites, & qu'il fait encore
aujourd'huy avec succés,nont
pas peu contribué à luy procurer
la connoilîancc de plu-
Ceurs per sonnes de qualité
qu'il a gucrics; mais encore à
a. -
Le Sieur Garneflon, demeurant
à present ruedu Batoir,
en sa maison; est prefquc le
seulquisçache mieux déraciner
les Corps des pieds, &
guérir entièrement ceux qui en
ont depuis un long temps, sans
faire faigncr ny fouffnr la
moindre douleur. L'experience
quil a dans cet Art, jointes
aux différences operations qu'il
a faites, & qu'il fait encore
aujourd'huy avec succés,nont
pas peu contribué à luy procurer
la connoilîancc de plu-
Ceurs per sonnes de qualité
qu'il a gucrics; mais encore à
a. -
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1072
s. p.
TABLE.
Début :
Memoire de Perpignan, accompagné de remarques historiques, 3 Nouvelles de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
accompagné de remarques hif toriques,3 Nouvelles de Rome919'
Secona article de Rome, 14
DxFtnife. 41
De Livourne, S7
Extrait curieuxbiflorique,
des Nouvelles de Lisbonne,
4l
Premier article des Morts, 750
Relation dr la Ceremonie faite
dans ÏEghfe de la Sainte
Trinité d'Angers
, pour la
Consécrationdeneuf Rrligteufcs
de l*Ahbaye du Ronceray>
le SDécembre tyly.
96
Sonnet sur la Vrfiurt de Afademoiselle-
leNain, I42
dpolloninterrompupari'Amour,
-
Fable, ijt
Jfponfe àune vieilleQueflion,
-: 157
bonnet en Bouts- rime%sur l'établiffiment
de l'Academiedes
Heliconides161
lopie de lafeiiille des Bénéficese
desPensions signée par Monseigneur
le Duc
Secona article de Rome, 14
DxFtnife. 41
De Livourne, S7
Extrait curieuxbiflorique,
des Nouvelles de Lisbonne,
4l
Premier article des Morts, 750
Relation dr la Ceremonie faite
dans ÏEghfe de la Sainte
Trinité d'Angers
, pour la
Consécrationdeneuf Rrligteufcs
de l*Ahbaye du Ronceray>
le SDécembre tyly.
96
Sonnet sur la Vrfiurt de Afademoiselle-
leNain, I42
dpolloninterrompupari'Amour,
-
Fable, ijt
Jfponfe àune vieilleQueflion,
-: 157
bonnet en Bouts- rime%sur l'établiffiment
de l'Academiedes
Heliconides161
lopie de lafeiiille des Bénéficese
desPensions signée par Monseigneur
le Duc
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1073
s. p.
« L'Air doit regarder la p. 177. [...] »
Début :
L'Air doit regarder la p. 177. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Air doit regarder la p. 177. [...] »
L'Air doit regarder la p. 177.
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1074
p. 3-5
Prélude qui n'a rien d'ennuyeux, [titre d'après la table]
Début :
Sermo datur cunctis, animi sapientia paucis. Il est bon de [...]
Mots clefs :
Lecteurs, Silence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude qui n'a rien d'ennuyeux, [titre d'après la table]
Ermo datarcunciistunimisapientia
paucis..
Ilest bonde parler,
& sage de se taire.
Ces paroles font tirées du
troisiéme Livre du troisiéme
Tome de Rabelais,auChapitre
ïintitulé: CommentBridoyenarre Hafire de l'jjppotnieurde'Pro-
cé1s.
Suivant l'excellence de ce
texte, je vous conteray,tressages
Lecteurs, peu dechoses
de ma façon dans ce Volume,
parce que j'aime mieux me reposer
sur la bonne foy des autres,
& sur le merite de leurs
Ouvrages, que m'exposer à
passer pour un éternel Conteur.
Je ne vous promets cependant
pas de vous tenir fidelement
ma parole sur lechapitre
de monsilence : je le ferois
volontiers
,
si je pouvois
vous répondre desévenemens;
mais à telle fin que de raison,
lisez.
paucis..
Ilest bonde parler,
& sage de se taire.
Ces paroles font tirées du
troisiéme Livre du troisiéme
Tome de Rabelais,auChapitre
ïintitulé: CommentBridoyenarre Hafire de l'jjppotnieurde'Pro-
cé1s.
Suivant l'excellence de ce
texte, je vous conteray,tressages
Lecteurs, peu dechoses
de ma façon dans ce Volume,
parce que j'aime mieux me reposer
sur la bonne foy des autres,
& sur le merite de leurs
Ouvrages, que m'exposer à
passer pour un éternel Conteur.
Je ne vous promets cependant
pas de vous tenir fidelement
ma parole sur lechapitre
de monsilence : je le ferois
volontiers
,
si je pouvois
vous répondre desévenemens;
mais à telle fin que de raison,
lisez.
Fermer
1075
p. 5-11
AVANTURE. Au Mans le 23. Janvier 1716.
Début :
Il ne vous déplaira peut-être pas d'apprendre une petite [...]
Mots clefs :
Cheval, Equipage, Enfant, Valet, Selle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANTURE. Au Mans le 23. Janvier 1716.
AVAIVTURE.
J4h Mans le 13. Janvier 1716.
Il ne vous déplaira peutêtre
pas d'apprendre une petite
avanture de Carnaval aussi veritable
que recente ,
arrivée à
un Officierdecette Ville donc
le caractere n'est pas moins bizarre&
extravagant, que son
humeur eli flegmatique &
sombre.
C'est un Eleu nouvellement
supprimé
,
qui est veuf avec
deux filles, donc l'aînée peut
avoir environ huit à neufans,
qu'il aime si passionnément,
qu'il ne sçait quel plaisir luy
procurer.
Cet enfant est son unique
oücc
, a toute sa tendresse, &
fait tout son amusement.
Un jour voulant la divertir,
il la prit par la main, la mena
dans sa sale, & fit venir son
Valet à qui il ordonna d'apporter
la selle de son cheval
avec la bride, à quoy le Valet
obéït ; il en fit ôter la vieille
housse
>
& y fit mettre son
plusbel équipage, avec le caparaçon
;ensuite se mettant à
quatre pieds par terre, son Valet
luy jetta la selle sur le dos,
&le sangla,mais voyant que
la bride ne convenoit point à
sa tête,il luy mit le licol du
Cheval, & mit en felle la jeune
enfant,qui charmée de ce divertissement,
prit la bride d'une
main & un foüet de l'autre,
pour animer de tems en tems
sa monture. Pendant qu'il caracoloit
& faisoit ce manegc
autour de la chambre, le Va';
1er qui rioit du tout forç coeur*
de voir son Maître si bienenharnaché,
&mécontentd'en,
avoir étémaltraitélematin,
d'ailleurs à la veille de sortir
de chez luy, souhaitoit ardemment
qu'il vint quelqu'un de
dehors
,
se promettant bien
demontrer fondit Maître au
premier venu dans ce plaisant
équipage. Sur cette eintrefaite onàlaporte, il y court.
Sajoye nefut pas petite quand
il vit queses souh ms.c&Q!cn&
exaucez,& que c'estoit un des
principaux Magistrats de la
Villequi venoit rendre une.
visire de commencementd'année
à son Maistre. Illeconduisità
laSalle,oùestant arrivé,
il fut surpris de voir Mr l'Elu
dans un tel équipage. Dansle
temps qu'il le consideroit &
qu'il ne pouvoit en estre apperceu
estant derriere luy, le
cheval crioit à sa fille : Manon ,
ma.ci)cYe Fille,tire-moy la bride,
tire fort,tire, fin cjue je megourme.
Aces mots leMagistrat &
le Valet ne pouvant se tenir i
jetterent un éclat de rire qui
donna occasion au cheval de se
retourner, & de fc lever avec
tant de précipitation qu'iljetta
sa fîtfe à l'autre bout de la Salle;
la pauvre enfant eut la tefie
cassée de cettechûte, & malgré
l'amitié qu'avoit pour cil.
Monsieur son pere, il fut si
interdit qu'il demeura debout,
ta selle sur le dos, & bridé,sans
pouvoir ni secourir son enfant,
ny répondre à sa visite , cequi
obligea-nostreMagistrat ébaï,
charmé de ce r(Xaacle,de laïC
fer MonsïeurleCheval dans
son exrase.
Quelques jours aprés il fut
dessiné sur un carton, sellé &
bridé, & au-dessus écrit en
gros caracteres:Icy on monte à
Cheval',ôc au-dessous : drade»
mie de l'Election; cc qui fut mis
à sa porte ;d'autres envoyerent
dire au Marêchal qu'il eut à luy
porter desclous à glace à cause
du mauvais temps: on y envoya
aussi le Sellier &l'Eperonnier,
qu'il receut fort mal.
Presentement quand on a befoin
de chevaux de loüage on
s'entr'envoye chez ledit Sieur.
Voila l'histoire.
J4h Mans le 13. Janvier 1716.
Il ne vous déplaira peutêtre
pas d'apprendre une petite
avanture de Carnaval aussi veritable
que recente ,
arrivée à
un Officierdecette Ville donc
le caractere n'est pas moins bizarre&
extravagant, que son
humeur eli flegmatique &
sombre.
C'est un Eleu nouvellement
supprimé
,
qui est veuf avec
deux filles, donc l'aînée peut
avoir environ huit à neufans,
qu'il aime si passionnément,
qu'il ne sçait quel plaisir luy
procurer.
Cet enfant est son unique
oücc
, a toute sa tendresse, &
fait tout son amusement.
Un jour voulant la divertir,
il la prit par la main, la mena
dans sa sale, & fit venir son
Valet à qui il ordonna d'apporter
la selle de son cheval
avec la bride, à quoy le Valet
obéït ; il en fit ôter la vieille
housse
>
& y fit mettre son
plusbel équipage, avec le caparaçon
;ensuite se mettant à
quatre pieds par terre, son Valet
luy jetta la selle sur le dos,
&le sangla,mais voyant que
la bride ne convenoit point à
sa tête,il luy mit le licol du
Cheval, & mit en felle la jeune
enfant,qui charmée de ce divertissement,
prit la bride d'une
main & un foüet de l'autre,
pour animer de tems en tems
sa monture. Pendant qu'il caracoloit
& faisoit ce manegc
autour de la chambre, le Va';
1er qui rioit du tout forç coeur*
de voir son Maître si bienenharnaché,
&mécontentd'en,
avoir étémaltraitélematin,
d'ailleurs à la veille de sortir
de chez luy, souhaitoit ardemment
qu'il vint quelqu'un de
dehors
,
se promettant bien
demontrer fondit Maître au
premier venu dans ce plaisant
équipage. Sur cette eintrefaite onàlaporte, il y court.
Sajoye nefut pas petite quand
il vit queses souh ms.c&Q!cn&
exaucez,& que c'estoit un des
principaux Magistrats de la
Villequi venoit rendre une.
visire de commencementd'année
à son Maistre. Illeconduisità
laSalle,oùestant arrivé,
il fut surpris de voir Mr l'Elu
dans un tel équipage. Dansle
temps qu'il le consideroit &
qu'il ne pouvoit en estre apperceu
estant derriere luy, le
cheval crioit à sa fille : Manon ,
ma.ci)cYe Fille,tire-moy la bride,
tire fort,tire, fin cjue je megourme.
Aces mots leMagistrat &
le Valet ne pouvant se tenir i
jetterent un éclat de rire qui
donna occasion au cheval de se
retourner, & de fc lever avec
tant de précipitation qu'iljetta
sa fîtfe à l'autre bout de la Salle;
la pauvre enfant eut la tefie
cassée de cettechûte, & malgré
l'amitié qu'avoit pour cil.
Monsieur son pere, il fut si
interdit qu'il demeura debout,
ta selle sur le dos, & bridé,sans
pouvoir ni secourir son enfant,
ny répondre à sa visite , cequi
obligea-nostreMagistrat ébaï,
charmé de ce r(Xaacle,de laïC
fer MonsïeurleCheval dans
son exrase.
Quelques jours aprés il fut
dessiné sur un carton, sellé &
bridé, & au-dessus écrit en
gros caracteres:Icy on monte à
Cheval',ôc au-dessous : drade»
mie de l'Election; cc qui fut mis
à sa porte ;d'autres envoyerent
dire au Marêchal qu'il eut à luy
porter desclous à glace à cause
du mauvais temps: on y envoya
aussi le Sellier &l'Eperonnier,
qu'il receut fort mal.
Presentement quand on a befoin
de chevaux de loüage on
s'entr'envoye chez ledit Sieur.
Voila l'histoire.
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1076
p. 11-12
« En attendant qu'il soit à propos de vous en conter d'autres [...] »
Début :
En attendant qu'il soit à propos de vous en conter d'autres [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « En attendant qu'il soit à propos de vous en conter d'autres [...] »
En attendant qu'il foit à
propos de vous en conter d'autres,
reprenons,s'il vous plak,
par ordre de date, les Articles
que l'abondance delamatiere
m'a obligé d'abreger dans le
Mercure du mois passé. Je me
contenceray,
faute de pouvoir
mieux faire, de vous annoncer
les noms des Morts & des Mariez.
Voicimaintenant les qiu-,
litez des uns & des autres.
propos de vous en conter d'autres,
reprenons,s'il vous plak,
par ordre de date, les Articles
que l'abondance delamatiere
m'a obligé d'abreger dans le
Mercure du mois passé. Je me
contenceray,
faute de pouvoir
mieux faire, de vous annoncer
les noms des Morts & des Mariez.
Voicimaintenant les qiu-,
litez des uns & des autres.
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1077
p. 12-32
MORTS.
Début :
Dame Paule-Marguerite-Françoise de Gondi, Veuve de Messire François-Emmanuël [...]
Mots clefs :
Roi, Seigneur, Fils, Dame, Chevalier, Fille, Parlement, Marquis, Épouse, Gouverneur, Armées du roi, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Dame Paule- Marguerite-
FrançoisedeGondi,Veuve
de M-fifoe François-Emmanuel
de Bonne de Crequi d'Agout,
de Vese, de Montlaur
& de Monrauban, Duc de
Lesdiguieres, Pair de France
& Gouverneur de Diuphiné,
mortle3.May 16%1.&qu'-
elle avoit épouséle 11. May
,ifc75. mourut le ii. Janvier
r.gt-c de61. ans sans lai sser de
,poftsrite;J-an* François Paul
de Bonne de Crequi son fils
unique, Duc de Lesdiguieres,
Pair de France, estant mort à
ModeneenItalieoùil servoit,
le 6.Octobre 1703. âgé de
,
25.ansmoins16.jours,sans
laisserd'enfans de Dame
Loiiife- Bernardine de Durfort
Duras sa femme, qu'il
avoit épousé le 17. Janvier
1C96 filledeM.leMaréchal
Duc de Duras. Madame de
Lesdiguieres quivient de moarir
cfioit fille de Pierrede
Gondi., Duc de Rets, Pair U
-General des Galères deFrance,
Chevalier des Ordres du Roy,
& de Catherine de Gondi,
Duchesse de Retz, petite fille
de Phillippes-Emmanuel de
.Gondi, Comte de Joigny &
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General des Mers
du Levant, Capitaine de cent
hommes darmes, & de Françoic-
Marguerite de Silly, &
arricre petite-filled'Albert de
Gondi, Duc de Retz, Pair,
Maréchal& Genci^l des Ga*
lercs de France,Colonel de la
Cavalerie Frarusolfe, Premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Chcvaherdeses Ordres,
General des Armées de
SaMajesté
,
Gouverneur de
Provence, de Mets, du Pays
Messin, & de Nantes, & CapitainedeCent
Hommesd'armes.
La Maison de Gondy efl:
originaire deFlorence, ou elle
subsiste encore en quelques
branches ; celle qui sétabliren
France dans le temps du mariage
de Catherine de Medicis
avec le Roy HenryII. ÔC qui
vicnc des'éteindreen la personne
de Madame de Lefdi
guiercs, a, tant qu'elle a duré,
par son crédit, par ses grandes
aUiàntes, & par les premières
Dignircz de iEcac dont elle a
esté decorée,égale les prernie.
res&les plus illustres Maisons
du Royâume) comme on le
peur voir dans la généalogie
qui s'en trouve dans J'H,cloire
des grands Officiers de la Couronne
: !s Curieux pourront
encore confulrcrl'Histoire gcnéalogique
qui en a esté donnée
auPublic, & en attendant
les
les preuves, aux frais de feue
Madame de Lefdiguiercs.
DameAnne- MargueriteAuzanct,
veuve de MIC Antoine le
Févre de laMalraaifon & deBiffy,
Doyen desConfeillers dela
Cour des Aides de ParismourutIr.
2.3. Janvier, laissant pour
çnfans François le Févre Seigneur
de la Mahnaifon) Conseiller
au Parlement & Commissàire
aux Requestes du Palais;
Antoine le Févre Chevalier
de Mahhe,& Catherine-
Charlotte le Févre, femme de
Michel Chabenat Seigneur de
Çonneiiil ,ci devantInt[.Óduc
teur des Ambalffadeurs. Elle
estoie fille de Jean Auzanct.
Auditeur des Comptes, & petite
fillede Barthélémy Auzaner
célèbre Avocat au Parlement.
Feu M. de la Malmatson
son mary estait fils de
François le Févre, reccu lvla).
tre des Comptes en 1638. &
petit?filsd'AntoineleFévrc
Secretaire du Roy & Greffier
du Bureau des Finances à Paris,.
& d'Anne Vivien.
1 Dame Victoire Rouxel de
Médavy de Grancey
,
femme
de MreFrançois Rouxcl Marquis
de Grancey son oncle
>
Maréchal des Camps & Armées
du Roy, quelle avait
epousé en 1713. mourut le 13.
Janvier âgée de vingt six ans
sans laisser d'enfans.Ellcétoit
fille de Mrc Jacques
- Leonor
Rouxel Comte de Médavy &
Grancey
,
Chevalierdes Orches.
du Roy
,
Lieutenant général
dlcses Armées, &tGouverneur
des Province & Du.
ché deNivemois ;.& de Dama
MiriicTfyaxfe Colbexndc
fcéaraîcvTicr -petite;.. fillede
Mie Picetre Rouxel Comte de
<5ra,ncey.& de Médavy)Maré
ébat 'Camps & Armées du
Roy
, & de O,.ole Henriette
de la Palu de Bouligneux sa
premiere femme
,
& arrierc.
petite fille.de Jacques Rouxcl
Comte de Grancey Ôcdc Médavy
, Maréchi! de France;
Chevalier des Ordrci-dii Roy,
& Gouverneur de Thionville,
mortle20Novembre xascu
DaipeCatherinedeMon-j
chid'Hacquincourt sa premicu
re femme.Ucil peudeMaifons
en France dansle/quelles lava4
leur feroblceftrç héréditaire
comme dans celledcRoûxel dé
Médavy, & depuis Jean Rottxcl
(qui en cftleChef)5ck
gnefr du rPlcffis- Mory?nt->
Ecuyer du Duc de Brctagn.
dont il quitta leservicepour
passer à celuyduRoyQharles
VII qui luy fitdon de plusieurs
Terres dant les Bailliages
d'Alençon& de Caen en
reçompenfc de ses services
par ses Lettres dopnées à Berbayle
1 4. Juin1430.Tous
ceux dece nom. n'ont Iaifle
passèr aucune occasion de fc
iîgoalcï M* d# rep^ndrsleur
fang ,pourlagloire denos
Rôis & le bien dcl'Etat, comme
les Curiçux.lejourrons
Noirjca
est rapportéedansl'Htftoirc
desgrands Officiers de laCow
lOt11JC)u Chapitre des Mare*
chaux de France. ,-.
MreCharles-Ga(pard Dodun,
Seigneur du Boulay, Conseiller
honoraire au Parlement,.
où il avoir cHé reçu le 7. Février
1676. mourut le 14*
Janvier. Il estoit fiisdeGaspard
Dodun
)
Secretaire du Roy ,
mort le 14. May 1701. & de
Marguerite le Riche. Il avoit
epousé Anne- Marie Gayardon,
filleefejcan Baptiste Gayardon
Receveur gêneral des
Financés!SoiflpnsSe il etfà
laissé entre autresenfans Mre
Charles Gaspard Dodun,reçu
Conseiller au Parlement le 4.
Janvier 1702.puis President,
nommé au Conseil des Finances
en 1717.
Mre Jean de Morillon,Confciller
au Parlement & Commissaire
aux Requestes du Palais,
receu le 2.. May 1667.
mourut le 19. Janvier. Il estoit
fils de Jean de Morillon Conseillerau
Parlement de Mets,
&d'Antoinette Rochereau, &
il sortoit d'une ancienne samille
de la Ville de Rheims,
dont la gencalogie est imprimée
dans le Nobiliaire dcî
Champagne.
Mre Henry- Nicolas de la.
Michodiere,Seigneur de Ro:
mene ,
Confciller au Parlement,
mourut le 29. Janvier.
Ilestoit fils de Jean
,-
Bertrand
de la Michodiere,Maistre des
Comptes à Paris,&deMagdelaine
Grassereau
,
& sortoit
d'une famille distinguée de la
Ville de Dijon.
Mre Philippes Eman,uel de
Colanges,Maistre des Requêtes
honoraire
,
si celebre par seChansonnettes, mourut le i.japyicr sans laisser d'en-
-
- sans
sans de feuë Dame Marie Angelique
du GMC sa femme. Il
àvoit deux soeurs, l'une mariée
à Mr le Comte de Sanzay de
l'ancienne Maison de Turpin
Cressé en Poitou; & l'autre à
feu Mrde Harrouys,Tresorier
des Etats de Bretagne, &
mere de Mr de Harrouys de
la Scilleraye,Maistre des Rcquelles,
& il estoit fils de Philippes
de Colanges Maistre des
ComptesàParis, &de Marie
le Févre d'Ormesson.
DameBonne- Marie Bachelier
de Beaubourg, femme de
Mrc Denis NoëlBrulart,Marquis
de Rouvres ,mourut le
15.Février. Ellpestoiefille de
Simon Bachelier, Seigneur de
Beaubourg & de Clotomont,
Receveur general des Finances
à Orleans; & de Dame Marier
Magdetaine Broç de laGuerre
& petite-fille de Simon Bachelier
aussiReceveurgeneral des
Financesà,Qrlcans9sortid'une
ancienne famille de la Ville de
Rheimsde laquelleest encore
à pçfnr Mi; Bachelier du
Moncel, UepwnantCriminel
de Robe-courte au Chastelet
de Paris.LenomdeBrulartest
si illustre & tL vousdoit estre
si connu que je me contenteray
pour le present de vous
renvoyer à l'histoire des grands
Officiers de la Couronne, dans
laquelle,au chapitre des Chanceliers,
vousen trouverez la
genealogie amplementdéduite.
MreCesar- Alexandre de
Baudeau, Comte de Paraberc
& dePardhaillan, Brigadier
des Armées du Roy, mourut le13Février1716.âgéde45.
anslaissant2.enfans de Dame
MarieMagdelaine de la Vieuville,
qu'il avoit épousé le 8.
Juin 17 11.fille deMreRenéFrançois,
Marquis de la Vieuville;
&de DameMarieLouisedela
ChausséeDarrestsa premiere
femme. Il estoit fils de Mre
Alexandre de Baudeau Comte
de Pardhaillan, Lieutenant general
des Armées du Roy , &
Gouverneur du Haut Poitou;
& de Jeanne Therese Mayaud,
petit fils de Henry de Baudeau
Comtede Parabere, Marquis
de la Motte Saint
- Heraye
Conseiller du , Royen ses Conseils,
Capitaine de centHommes-
d'Aimes des Ordonnances
de Sa Majefle ; Gouverneur
du haut&basPoitou, 5ç
Chevalier des Ordres; & de
Dame Catherine de Pardhaillan
VicomtessedePardhaillan;
&arriere petit-fils de Jean de
Baudeau Seigneur de Paraberc,
Lieutenant general du haut &
bas Poitou, Lieutenant gc-ncral
des Armées du Roy Henry
IV. Gouverneur de la Ville
de Niort, mort honoré du Brevet
de Maréchal de France &
de celuy de Chevalier des Ordres
du Roy. La Maison de
Baudcau prend sonnom de la
Vallée de Baudeau en Bigorre,
& elle est également distinguée
par son ancienneté & par ses
alliances. C iij ,
Dame Louise Goret épouse
de Mrz Melchior
- François
Courten
,
Chevalier de l'Or
dre de Saint Louis, Colonel
Suisse &BrigadierdesArmées
du Roy, mourut le IJ. Janvierdernier.
Mrs Courtensont
de Suisse,&d'une familleatta-
(bée depuis longtemps avec
dcistienct.ion au service de Fran
Mre Charles Paryot, Chevalier
Seigneur de Mussegros,
&c. Procureur general de la *
Cour des Comptes, Aides &
Finances de Normandie, mourut
à Paris le.Janvier dernier.
Ilestoit d'une famille distinguée
dela Ville de Rouen,
& avoit toujours rempli sa
Charge avec la reputation
d'un parfaitement honneste
homme.
Damoiselle Lucie de Cottentin
de Tourville
, mourut
le 14. Janvier dernier. Elle
estoit fille de feu Mre Nicolas-
Charles-Cesar de Cotrentin,
Seigneur de Tourville, Marquis
de Cortentin, Mestrede
Camp du Regiment Dauphin
Cavalerie;& de Dame Charlotte
Huguet de Semonville.
Lamaison de Cottcntin est originaire
de Normandie,ou elle
subsiste encore en plusieurs
branches. Celle de Tourville
s'etf plus distinguée par ses
services & par ses alliances. Feu
Mre Anne Hilarion de Cortentin
Comte de Tourville,
Maréchal & Vice- Amiral de
France, en estoit sorti; & c'està
son chapitre que les Curieux
pourront voir ce qui est rapporté
de cette Maison dans
histoire des grands Officiers
de la Couronne.
Dame Paule- Marguerite-
FrançoisedeGondi,Veuve
de M-fifoe François-Emmanuel
de Bonne de Crequi d'Agout,
de Vese, de Montlaur
& de Monrauban, Duc de
Lesdiguieres, Pair de France
& Gouverneur de Diuphiné,
mortle3.May 16%1.&qu'-
elle avoit épouséle 11. May
,ifc75. mourut le ii. Janvier
r.gt-c de61. ans sans lai sser de
,poftsrite;J-an* François Paul
de Bonne de Crequi son fils
unique, Duc de Lesdiguieres,
Pair de France, estant mort à
ModeneenItalieoùil servoit,
le 6.Octobre 1703. âgé de
,
25.ansmoins16.jours,sans
laisserd'enfans de Dame
Loiiife- Bernardine de Durfort
Duras sa femme, qu'il
avoit épousé le 17. Janvier
1C96 filledeM.leMaréchal
Duc de Duras. Madame de
Lesdiguieres quivient de moarir
cfioit fille de Pierrede
Gondi., Duc de Rets, Pair U
-General des Galères deFrance,
Chevalier des Ordres du Roy,
& de Catherine de Gondi,
Duchesse de Retz, petite fille
de Phillippes-Emmanuel de
.Gondi, Comte de Joigny &
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General des Mers
du Levant, Capitaine de cent
hommes darmes, & de Françoic-
Marguerite de Silly, &
arricre petite-filled'Albert de
Gondi, Duc de Retz, Pair,
Maréchal& Genci^l des Ga*
lercs de France,Colonel de la
Cavalerie Frarusolfe, Premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Chcvaherdeses Ordres,
General des Armées de
SaMajesté
,
Gouverneur de
Provence, de Mets, du Pays
Messin, & de Nantes, & CapitainedeCent
Hommesd'armes.
La Maison de Gondy efl:
originaire deFlorence, ou elle
subsiste encore en quelques
branches ; celle qui sétabliren
France dans le temps du mariage
de Catherine de Medicis
avec le Roy HenryII. ÔC qui
vicnc des'éteindreen la personne
de Madame de Lefdi
guiercs, a, tant qu'elle a duré,
par son crédit, par ses grandes
aUiàntes, & par les premières
Dignircz de iEcac dont elle a
esté decorée,égale les prernie.
res&les plus illustres Maisons
du Royâume) comme on le
peur voir dans la généalogie
qui s'en trouve dans J'H,cloire
des grands Officiers de la Couronne
: !s Curieux pourront
encore confulrcrl'Histoire gcnéalogique
qui en a esté donnée
auPublic, & en attendant
les
les preuves, aux frais de feue
Madame de Lefdiguiercs.
DameAnne- MargueriteAuzanct,
veuve de MIC Antoine le
Févre de laMalraaifon & deBiffy,
Doyen desConfeillers dela
Cour des Aides de ParismourutIr.
2.3. Janvier, laissant pour
çnfans François le Févre Seigneur
de la Mahnaifon) Conseiller
au Parlement & Commissàire
aux Requestes du Palais;
Antoine le Févre Chevalier
de Mahhe,& Catherine-
Charlotte le Févre, femme de
Michel Chabenat Seigneur de
Çonneiiil ,ci devantInt[.Óduc
teur des Ambalffadeurs. Elle
estoie fille de Jean Auzanct.
Auditeur des Comptes, & petite
fillede Barthélémy Auzaner
célèbre Avocat au Parlement.
Feu M. de la Malmatson
son mary estait fils de
François le Févre, reccu lvla).
tre des Comptes en 1638. &
petit?filsd'AntoineleFévrc
Secretaire du Roy & Greffier
du Bureau des Finances à Paris,.
& d'Anne Vivien.
1 Dame Victoire Rouxel de
Médavy de Grancey
,
femme
de MreFrançois Rouxcl Marquis
de Grancey son oncle
>
Maréchal des Camps & Armées
du Roy, quelle avait
epousé en 1713. mourut le 13.
Janvier âgée de vingt six ans
sans laisser d'enfans.Ellcétoit
fille de Mrc Jacques
- Leonor
Rouxel Comte de Médavy &
Grancey
,
Chevalierdes Orches.
du Roy
,
Lieutenant général
dlcses Armées, &tGouverneur
des Province & Du.
ché deNivemois ;.& de Dama
MiriicTfyaxfe Colbexndc
fcéaraîcvTicr -petite;.. fillede
Mie Picetre Rouxel Comte de
<5ra,ncey.& de Médavy)Maré
ébat 'Camps & Armées du
Roy
, & de O,.ole Henriette
de la Palu de Bouligneux sa
premiere femme
,
& arrierc.
petite fille.de Jacques Rouxcl
Comte de Grancey Ôcdc Médavy
, Maréchi! de France;
Chevalier des Ordrci-dii Roy,
& Gouverneur de Thionville,
mortle20Novembre xascu
DaipeCatherinedeMon-j
chid'Hacquincourt sa premicu
re femme.Ucil peudeMaifons
en France dansle/quelles lava4
leur feroblceftrç héréditaire
comme dans celledcRoûxel dé
Médavy, & depuis Jean Rottxcl
(qui en cftleChef)5ck
gnefr du rPlcffis- Mory?nt->
Ecuyer du Duc de Brctagn.
dont il quitta leservicepour
passer à celuyduRoyQharles
VII qui luy fitdon de plusieurs
Terres dant les Bailliages
d'Alençon& de Caen en
reçompenfc de ses services
par ses Lettres dopnées à Berbayle
1 4. Juin1430.Tous
ceux dece nom. n'ont Iaifle
passèr aucune occasion de fc
iîgoalcï M* d# rep^ndrsleur
fang ,pourlagloire denos
Rôis & le bien dcl'Etat, comme
les Curiçux.lejourrons
Noirjca
est rapportéedansl'Htftoirc
desgrands Officiers de laCow
lOt11JC)u Chapitre des Mare*
chaux de France. ,-.
MreCharles-Ga(pard Dodun,
Seigneur du Boulay, Conseiller
honoraire au Parlement,.
où il avoir cHé reçu le 7. Février
1676. mourut le 14*
Janvier. Il estoit fiisdeGaspard
Dodun
)
Secretaire du Roy ,
mort le 14. May 1701. & de
Marguerite le Riche. Il avoit
epousé Anne- Marie Gayardon,
filleefejcan Baptiste Gayardon
Receveur gêneral des
Financés!SoiflpnsSe il etfà
laissé entre autresenfans Mre
Charles Gaspard Dodun,reçu
Conseiller au Parlement le 4.
Janvier 1702.puis President,
nommé au Conseil des Finances
en 1717.
Mre Jean de Morillon,Confciller
au Parlement & Commissaire
aux Requestes du Palais,
receu le 2.. May 1667.
mourut le 19. Janvier. Il estoit
fils de Jean de Morillon Conseillerau
Parlement de Mets,
&d'Antoinette Rochereau, &
il sortoit d'une ancienne samille
de la Ville de Rheims,
dont la gencalogie est imprimée
dans le Nobiliaire dcî
Champagne.
Mre Henry- Nicolas de la.
Michodiere,Seigneur de Ro:
mene ,
Confciller au Parlement,
mourut le 29. Janvier.
Ilestoit fils de Jean
,-
Bertrand
de la Michodiere,Maistre des
Comptes à Paris,&deMagdelaine
Grassereau
,
& sortoit
d'une famille distinguée de la
Ville de Dijon.
Mre Philippes Eman,uel de
Colanges,Maistre des Requêtes
honoraire
,
si celebre par seChansonnettes, mourut le i.japyicr sans laisser d'en-
-
- sans
sans de feuë Dame Marie Angelique
du GMC sa femme. Il
àvoit deux soeurs, l'une mariée
à Mr le Comte de Sanzay de
l'ancienne Maison de Turpin
Cressé en Poitou; & l'autre à
feu Mrde Harrouys,Tresorier
des Etats de Bretagne, &
mere de Mr de Harrouys de
la Scilleraye,Maistre des Rcquelles,
& il estoit fils de Philippes
de Colanges Maistre des
ComptesàParis, &de Marie
le Févre d'Ormesson.
DameBonne- Marie Bachelier
de Beaubourg, femme de
Mrc Denis NoëlBrulart,Marquis
de Rouvres ,mourut le
15.Février. Ellpestoiefille de
Simon Bachelier, Seigneur de
Beaubourg & de Clotomont,
Receveur general des Finances
à Orleans; & de Dame Marier
Magdetaine Broç de laGuerre
& petite-fille de Simon Bachelier
aussiReceveurgeneral des
Financesà,Qrlcans9sortid'une
ancienne famille de la Ville de
Rheimsde laquelleest encore
à pçfnr Mi; Bachelier du
Moncel, UepwnantCriminel
de Robe-courte au Chastelet
de Paris.LenomdeBrulartest
si illustre & tL vousdoit estre
si connu que je me contenteray
pour le present de vous
renvoyer à l'histoire des grands
Officiers de la Couronne, dans
laquelle,au chapitre des Chanceliers,
vousen trouverez la
genealogie amplementdéduite.
MreCesar- Alexandre de
Baudeau, Comte de Paraberc
& dePardhaillan, Brigadier
des Armées du Roy, mourut le13Février1716.âgéde45.
anslaissant2.enfans de Dame
MarieMagdelaine de la Vieuville,
qu'il avoit épousé le 8.
Juin 17 11.fille deMreRenéFrançois,
Marquis de la Vieuville;
&de DameMarieLouisedela
ChausséeDarrestsa premiere
femme. Il estoit fils de Mre
Alexandre de Baudeau Comte
de Pardhaillan, Lieutenant general
des Armées du Roy , &
Gouverneur du Haut Poitou;
& de Jeanne Therese Mayaud,
petit fils de Henry de Baudeau
Comtede Parabere, Marquis
de la Motte Saint
- Heraye
Conseiller du , Royen ses Conseils,
Capitaine de centHommes-
d'Aimes des Ordonnances
de Sa Majefle ; Gouverneur
du haut&basPoitou, 5ç
Chevalier des Ordres; & de
Dame Catherine de Pardhaillan
VicomtessedePardhaillan;
&arriere petit-fils de Jean de
Baudeau Seigneur de Paraberc,
Lieutenant general du haut &
bas Poitou, Lieutenant gc-ncral
des Armées du Roy Henry
IV. Gouverneur de la Ville
de Niort, mort honoré du Brevet
de Maréchal de France &
de celuy de Chevalier des Ordres
du Roy. La Maison de
Baudcau prend sonnom de la
Vallée de Baudeau en Bigorre,
& elle est également distinguée
par son ancienneté & par ses
alliances. C iij ,
Dame Louise Goret épouse
de Mrz Melchior
- François
Courten
,
Chevalier de l'Or
dre de Saint Louis, Colonel
Suisse &BrigadierdesArmées
du Roy, mourut le IJ. Janvierdernier.
Mrs Courtensont
de Suisse,&d'une familleatta-
(bée depuis longtemps avec
dcistienct.ion au service de Fran
Mre Charles Paryot, Chevalier
Seigneur de Mussegros,
&c. Procureur general de la *
Cour des Comptes, Aides &
Finances de Normandie, mourut
à Paris le.Janvier dernier.
Ilestoit d'une famille distinguée
dela Ville de Rouen,
& avoit toujours rempli sa
Charge avec la reputation
d'un parfaitement honneste
homme.
Damoiselle Lucie de Cottentin
de Tourville
, mourut
le 14. Janvier dernier. Elle
estoit fille de feu Mre Nicolas-
Charles-Cesar de Cotrentin,
Seigneur de Tourville, Marquis
de Cortentin, Mestrede
Camp du Regiment Dauphin
Cavalerie;& de Dame Charlotte
Huguet de Semonville.
Lamaison de Cottcntin est originaire
de Normandie,ou elle
subsiste encore en plusieurs
branches. Celle de Tourville
s'etf plus distinguée par ses
services & par ses alliances. Feu
Mre Anne Hilarion de Cortentin
Comte de Tourville,
Maréchal & Vice- Amiral de
France, en estoit sorti; & c'està
son chapitre que les Curieux
pourront voir ce qui est rapporté
de cette Maison dans
histoire des grands Officiers
de la Couronne.
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1078
p. 33-39
MARIAGES.
Début :
Messire Louis de Melun, Prince d'Epinoy, Duc de Joyeuse [...]
Mots clefs :
Prince, Duc, Fille, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MAKIAGES.
Mcfïïre Louis de Melun ;
Prince d'Epinoy, Duc de
Joyeuse, Pair de France,épou-'
sa le 13.. du mois de Février;
Mademoiselle d'Albret,-Armande
de la Tour d'Auvergne
; fille d'Emanuel- Théodore
de la Tour d'Auvergne,
Duc d'Albret, Pair& Grand
Chambellan de France; & petite
fille de Godefroy-Fredcric-
Maurice de la Tour d'Auvergne,
Souverain Duc deBouillon,
Ducd'Albret & deChâteauthicrry
,
Pair, & ci-devant
Grand Chambellan de France,
Gouverneur, Lieutenant general
pour le Roy dela haute &
bass Auvergne; & de Dame
Marie-Anne Mancini.LaMaison
dela Tour d'Auvergne est
si generalement connuë pour
Une des plus anciennes,des plus
illustres & des plus puissantes
du Royaume
, tant par son
origine, que par ses alliances
directes avec presque toutes
les Maisons Souveraines de
l'Europe ,que je me contenteray
de vous renvoyer aux histoires
imprimées de cette Maison.
Pour celle de Melcun, je
vous diray de même qu'elleest
une des plus anciennes, des
plus puissantes, & des plus illustres
;je vous renverray,pour
sa genealogie, à l'histoire des
Grands Officiers de la Couronne,
de la derniere édition,
dans laquelle elle est rapportée
dans toutes ses branches; je
me contenteray de vous dire
icy que Mr lePrincedEpinoy
quivientde se marier est fila
unique de feu Mre Louis de
Mclun,Princed'Epinoy
Connestable Hereditaire de
Flandres, Sénéchal du Hainault,
Maréchal des Camps.
& Armées du Roy
, mort à
Strasbourg de la petite verole le
Z4> Septembre 1704, &d'Elisabeth
de LorrainePrincesse
de Commercy,qu'il avoit épousée
en1691. & qu'il n'a
qu'une soeur dont je vous appris
le mariage dans l'un de
mes premiers Journaux, avec
Mr le Prince de Soubise
,
&%
unique de Mrle Prince de Ro*
han. M. le Duc *dOrléans as-
Wa à ce mariage fait à l'Hôtel
de Bouillon
,
où il dit qu'il
venoit en qualité de parent,
& fit l'honneur àMr le Prince
d'Epinoy de luydonner la chemise.
Me François tell Camus,
Seigneur de BignyMaréchal
des Camps & Armées du Roy,
Chevalier de l Ordre Militaire
de S Louis,aépouséle21 du
moispassé Mlle Barillon
,
si'le
de Mre Antoine Barillon,Marquis
de Branges
,
Maistre des
Requestes;& de Dame.
Doublet, petite
-
fille de Paul
Barriliond'Amoncourt, Marquis
de Branges, Conseiller
d'Etatordinaire, & Ambassadeur
Extraordinaireen Angleterre,&
de DameMarie- Magdelaine
Mangot,&arriere petite
fille de MreJeanJacques
Barillon,President aux Enquestes,
sortis d'une des premieres
familles de la
Robe,
originaired'Auvergne,& alliée
à celles de du Prat, Olivier,
larcher,de Mcfmes,Boucherat,
Amelot,de Gourgues,de
la Brisse, &c. & aux Maisons
de Lhospital, de Chastellux,
&deChoiseul Pour la famille
de le Camus, je vousen ay entretenu
si au long dans mon
Journal du mois deMars dernier
àl'occasion de la mort de
MreNicolas l" Camus, Seigneur
dela Grange & de Bligny,
[îr Presidentde la
Cour des Aides de Paris, pcrc
de Mr de Blignyquivient de
se marier, & ayeul de Mr le"
Camus qui remplit aujourd'huysi
dignement la mcrac
place Jqueje m'en tiens à vous
repeter icyqu'elle est une des
plusdécorées & des mieux alliées
de la Robe.
Mcfïïre Louis de Melun ;
Prince d'Epinoy, Duc de
Joyeuse, Pair de France,épou-'
sa le 13.. du mois de Février;
Mademoiselle d'Albret,-Armande
de la Tour d'Auvergne
; fille d'Emanuel- Théodore
de la Tour d'Auvergne,
Duc d'Albret, Pair& Grand
Chambellan de France; & petite
fille de Godefroy-Fredcric-
Maurice de la Tour d'Auvergne,
Souverain Duc deBouillon,
Ducd'Albret & deChâteauthicrry
,
Pair, & ci-devant
Grand Chambellan de France,
Gouverneur, Lieutenant general
pour le Roy dela haute &
bass Auvergne; & de Dame
Marie-Anne Mancini.LaMaison
dela Tour d'Auvergne est
si generalement connuë pour
Une des plus anciennes,des plus
illustres & des plus puissantes
du Royaume
, tant par son
origine, que par ses alliances
directes avec presque toutes
les Maisons Souveraines de
l'Europe ,que je me contenteray
de vous renvoyer aux histoires
imprimées de cette Maison.
Pour celle de Melcun, je
vous diray de même qu'elleest
une des plus anciennes, des
plus puissantes, & des plus illustres
;je vous renverray,pour
sa genealogie, à l'histoire des
Grands Officiers de la Couronne,
de la derniere édition,
dans laquelle elle est rapportée
dans toutes ses branches; je
me contenteray de vous dire
icy que Mr lePrincedEpinoy
quivientde se marier est fila
unique de feu Mre Louis de
Mclun,Princed'Epinoy
Connestable Hereditaire de
Flandres, Sénéchal du Hainault,
Maréchal des Camps.
& Armées du Roy
, mort à
Strasbourg de la petite verole le
Z4> Septembre 1704, &d'Elisabeth
de LorrainePrincesse
de Commercy,qu'il avoit épousée
en1691. & qu'il n'a
qu'une soeur dont je vous appris
le mariage dans l'un de
mes premiers Journaux, avec
Mr le Prince de Soubise
,
&%
unique de Mrle Prince de Ro*
han. M. le Duc *dOrléans as-
Wa à ce mariage fait à l'Hôtel
de Bouillon
,
où il dit qu'il
venoit en qualité de parent,
& fit l'honneur àMr le Prince
d'Epinoy de luydonner la chemise.
Me François tell Camus,
Seigneur de BignyMaréchal
des Camps & Armées du Roy,
Chevalier de l Ordre Militaire
de S Louis,aépouséle21 du
moispassé Mlle Barillon
,
si'le
de Mre Antoine Barillon,Marquis
de Branges
,
Maistre des
Requestes;& de Dame.
Doublet, petite
-
fille de Paul
Barriliond'Amoncourt, Marquis
de Branges, Conseiller
d'Etatordinaire, & Ambassadeur
Extraordinaireen Angleterre,&
de DameMarie- Magdelaine
Mangot,&arriere petite
fille de MreJeanJacques
Barillon,President aux Enquestes,
sortis d'une des premieres
familles de la
Robe,
originaired'Auvergne,& alliée
à celles de du Prat, Olivier,
larcher,de Mcfmes,Boucherat,
Amelot,de Gourgues,de
la Brisse, &c. & aux Maisons
de Lhospital, de Chastellux,
&deChoiseul Pour la famille
de le Camus, je vousen ay entretenu
si au long dans mon
Journal du mois deMars dernier
àl'occasion de la mort de
MreNicolas l" Camus, Seigneur
dela Grange & de Bligny,
[îr Presidentde la
Cour des Aides de Paris, pcrc
de Mr de Blignyquivient de
se marier, & ayeul de Mr le"
Camus qui remplit aujourd'huysi
dignement la mcrac
place Jqueje m'en tiens à vous
repeter icyqu'elle est une des
plusdécorées & des mieux alliées
de la Robe.
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1079
p. 39
« Permettez moy d'interrompre icy la suite de ces articles, [...] »
Début :
Permettez moy d'interrompre icy la suite de ces articles, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Permettez moy d'interrompre icy la suite de ces articles, [...] »
Permettez moy d'interrompre
icy la suite de ces articles,
pourégayervos yeux & mon
récit par la lecture de laNouvelle
en Vers queje vous presente.
L'esprit, le merite & la
reputation de son Autheur,
me répondent du succés de cet- teNouvelle.
icy la suite de ces articles,
pourégayervos yeux & mon
récit par la lecture de laNouvelle
en Vers queje vous presente.
L'esprit, le merite & la
reputation de son Autheur,
me répondent du succés de cet- teNouvelle.
Fermer
1080
p. 40-54
L'EXCOCU, Nouvelle Historique.
Début :
Estre Cocu, n'est pas un mêtier hors d'usage [...]
Mots clefs :
Cocu, Jeune, Mari, Époux, Amour, Cocuage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'EXCOCU, Nouvelle Historique.
L'EXCOCU,
Nouvellae Historique.
Eflre Cocu
,
ness pas un mctier
horsd'usage
Ny de nouvelle invention;
Et depuisque le monde enfuit
profejjton
Il devroiteflre Expert;mais de ce
personnage
Apeimvoit-onquelqueJage
S'acquitter avec dignitéA
L'unymet lafureur, la rage;
Vautre en toute bénignité
Le
Le met à profitâtménage.
Que l'Imbee,ccil, le Brutal
Fassent leur profit de ce Contel
Ony voit un Cocu qui fçûtfut
son Rival
Rejetter sagementsa douleur &*
sa honte;
Sfâchons estre Cocus ifins bajfeffe
&sans bruit,
Je voudrois qu'on en tint une école
publiquey
lllen tireroit plus de fruit'
Que£école£Alfebreyou deLangueHébraïque.
Sut le-haut de la porte ilpourroit
eflre écrit
C'ejl icy qu'aux Maris on apprtnd
la feiencc
D'eflre Cocus avec décence.
Endépit des temps malheureux
Le Doéleurferoit bientoflriche,
Si quelque Maijlre es Arts affi-
1
che
Je retiensplace à mes Neveux•
Sur les bords de la Loire unejeune
Beauté
jiuxSeigneurs d'alentourparoiffoit
bonne emplette,
Grope dût,noble parentE,
On croit pour un Epoux lafortu-
, ne complette.
En habits propres)&galants>
JPrés d'elle la verte JeuntjJe
Débitéfélonses talens
*Lafleurettey&lagentilltjfe :
EUe emprrfféestout charmer
Passi deconquefte en conquefle Jeune fille , cft toujours en queste
De celuy quelle doit aimer.
M-ais pendantquelle a toeil au
g»ety
Etquensecretelle examine
De celuy-cy la bonne mine ;
De celuj-la l'air tendreyou le joly
caquet>
Son-Peec dans d'autres balances
PiJe tout ce qui forme une bonne
* maison
> Le rang) les biens, les alliances3
Le méritésolide ,&Iii droiterai"
jôn.
JI
Le Contratfuitdeprés
lechoix-dê
sa prudence;
Mais après tout cet examen,
Quisans l'aveu d'Amoursenhbarque
avec l'Hymen
NtfipAJ encore enajjeurance.
Que de l'enfant aveugle unvieil- lardéclairé
Ne dédaigne pas lefuJfrAt
SSit"9a il'Amournafoinduménagey
Le repsoseà laulongrueéen e.st malas-
Aceluycy lepetit tratjlre
Scmbloit d'abord avoirfous-ry,
Et toutalloitdtsmieux.*unefemmepeut-
efire
jiimeroit toujoursson mary ,/
S'ilavoit rOûjoursfoin de l'estre;
Mais quand la tf'nJrrflè a tary,
Et que dans son Epouxy eUe ne
DoitquunMAtre
Cesîhfaison du Favory.
Anotre Epoux,àsa Compagne
S'adonne un jeune complaisant,
Voijîn agréable,amusant,
Ctest un tresor à la campagne; IlefldelaCbajfe,duJeu,
Veutonchanter, il accompagne,
Auprès duvjn du cru, le voijîn
prise peu
Et le Bourgogne*le Champagne
:
Sur tout pourftnjoifneilse met.
trQitaufeH, .,
Pris etellemMïfoins le renioieht
*
necejjaire,
D'abordparJon attention.
Adppeeini7safyire-t-ilal'honnew de f-t-il à" thonneur de
luyplaire-y
Cestristecifeulement>cessadmiration
,
*
Sans aucun (fj>oir desalaire;
Enfin par decertainssoupirs,
Dont laplus innocenfe entend bien
le langage,
Il ose expliquerses desirs,
Prend une main, ult bras,prend
encor davantage
y Si bien que létage en étdgtt
Ilarrive bien. toji au comble des
pLifîrsi
Ptudevnceedorit lqukand ,l'Amour
Ils nepeuventcacher leursfeux;
A leurs entretiens amoureux
CertainValetprête l'ortille,
Il observe,&témoin de leursplus
tendresjeux,
VAtoutdireason Maîtreg?croit
itÊgffaaiitrqeumeterroviesille,
malheureux.
Sans donner al'ami creance trop
facilej
Le Seigneurveut luy
-
même obser.-
ver nos Amans,
Ilfeint Un voyage a UVille,
Et tevient lessurprendre, en cecy
trop habile
>
Souslesplussimples ornement,
Etdans le plus commode aile,
Qui d'un cvupleheureux, gr
tranquile
Puisse favorifer les doux empoftemens,
Oh, quelle vifton! De celte de
Meduse
,
On auroit e/lerhoinsfrappe$
Sous le rel defin Eclopéfl-
Venusnefutpasplusconjufe.
Quelsplaijtrs à ceprix neferoient
tjih jetrfonpjpfodnyen7e,?quandly perife, je JUois sur ce lit les Amours
1faye
-
JL/
z.
Tenir mauvaise contenance.
- 'J'. C'ejl
C'cjltcyqu'ilfaut refyeaer
Nôtre Hrros en cocuage,
AH desordre,à l'effroy dufourbe
qui l'outrage,
Apeine en peu dt mots Jaint",t-il
l'insulter;
Et l'autre ayant plie bagage
- Pourson retour chez luy trouve
libre paffig;
Quevafaire notre homme f étranglerdesamain,
DéuifagerJon infidelle,
Non,sans menace ny querelle
Jlluyfujfitqu'au lendemain
De la d, meure paternelle
EUe reprenne le ebemin;
Lay-même de sonforty forte U
nouvelle;
Quel recit pour le mieux Seigneur,
Toutplein deses Ayeux,dclicat
sur l'honneur,
Iljure gravement qu'en toutesa
famille
Jamais d'un tel ,opprobre unfront
ne futatteint>
Afais dans le même injlantsur celuy
desafille
Jlpeutlire les tousdont leGendre
1
se plaint,
Ilse rend à ce tfmoignt;
Le crime efi avoue
, le mal riefl
plus douteux.
Quefaire en-cet tflat si trisse si
honteux*
Voici le parri le plus fage,
Dit lepoux, jusqu"igo de notre
mariage
Aucunfruitneferre les noeuds>
Jurt'{ que d'un Mayrje nay que
l'apparenceM Sur paretldeshonneur je nJinfifl.
ray pointy
Et nous verrons bientostune heureuse
Sentence
Delierlenoeudquipousjoint,
Il nest pas de plus doux remeae,
Acetavis chacun se rend,
Elle poursuit, leMay cede.;
L'Hjthheflrendu nul
, &là dot
sereprend.
Nôtre Bille efi rendue àflpremiertftaf
Aquelquechose près de legereirit.
portance VEpoux , de Joncoftési voue au
Celibat\
Etfaitau Dieu d'hymenprofond
de reverence5
Mais pour acheverson repos
Il veut du fauxAmypunir la êphftdie
Al'écart sans témoins ille trouve
à propos,
L';;ttaqueJ le dfarme, &maître desavie
Exigefeulementdeluy
Qu'ilépousera l'inftâdl
Quisse plut aséduirey & qui
luy parutbelle9
Quand elle estoit femme d'autrUJ'
Le 'vaincufuit la loy que le vainqueurimpose,
Mais fous un triste hymen ms
coupables unis
Des platfirs dont ilsfont l'un &
lutre punis
Ne trouvent plus la même
dose5
Le plus confiant des deux efi
bitn-tost dégouté
On a recours au voisînage
y»
Leprécurfeur luy-meme est enfin regrette, regrettt £rfousunnouveaupersonnage
Reçu par la jeune beauté
Ilva f rendreson Cocuage
A celuy qui ¡.Avoit prêtt.
Tous lesjours on ditpar laVille9
Etchacun en est convaincu,
Comme de Texe d'Evangile
Que caraéltre de Cocu
Estcaraétreindélébiler
Vous avez v* qu'il n'en est rien,
Et ctfl toujours choseagréable
De pouvoirfaire entendre à tant
de gens de bien
Queleur mal nesipas incurable.
Nouvellae Historique.
Eflre Cocu
,
ness pas un mctier
horsd'usage
Ny de nouvelle invention;
Et depuisque le monde enfuit
profejjton
Il devroiteflre Expert;mais de ce
personnage
Apeimvoit-onquelqueJage
S'acquitter avec dignitéA
L'unymet lafureur, la rage;
Vautre en toute bénignité
Le
Le met à profitâtménage.
Que l'Imbee,ccil, le Brutal
Fassent leur profit de ce Contel
Ony voit un Cocu qui fçûtfut
son Rival
Rejetter sagementsa douleur &*
sa honte;
Sfâchons estre Cocus ifins bajfeffe
&sans bruit,
Je voudrois qu'on en tint une école
publiquey
lllen tireroit plus de fruit'
Que£école£Alfebreyou deLangueHébraïque.
Sut le-haut de la porte ilpourroit
eflre écrit
C'ejl icy qu'aux Maris on apprtnd
la feiencc
D'eflre Cocus avec décence.
Endépit des temps malheureux
Le Doéleurferoit bientoflriche,
Si quelque Maijlre es Arts affi-
1
che
Je retiensplace à mes Neveux•
Sur les bords de la Loire unejeune
Beauté
jiuxSeigneurs d'alentourparoiffoit
bonne emplette,
Grope dût,noble parentE,
On croit pour un Epoux lafortu-
, ne complette.
En habits propres)&galants>
JPrés d'elle la verte JeuntjJe
Débitéfélonses talens
*Lafleurettey&lagentilltjfe :
EUe emprrfféestout charmer
Passi deconquefte en conquefle Jeune fille , cft toujours en queste
De celuy quelle doit aimer.
M-ais pendantquelle a toeil au
g»ety
Etquensecretelle examine
De celuy-cy la bonne mine ;
De celuj-la l'air tendreyou le joly
caquet>
Son-Peec dans d'autres balances
PiJe tout ce qui forme une bonne
* maison
> Le rang) les biens, les alliances3
Le méritésolide ,&Iii droiterai"
jôn.
JI
Le Contratfuitdeprés
lechoix-dê
sa prudence;
Mais après tout cet examen,
Quisans l'aveu d'Amoursenhbarque
avec l'Hymen
NtfipAJ encore enajjeurance.
Que de l'enfant aveugle unvieil- lardéclairé
Ne dédaigne pas lefuJfrAt
SSit"9a il'Amournafoinduménagey
Le repsoseà laulongrueéen e.st malas-
Aceluycy lepetit tratjlre
Scmbloit d'abord avoirfous-ry,
Et toutalloitdtsmieux.*unefemmepeut-
efire
jiimeroit toujoursson mary ,/
S'ilavoit rOûjoursfoin de l'estre;
Mais quand la tf'nJrrflè a tary,
Et que dans son Epouxy eUe ne
DoitquunMAtre
Cesîhfaison du Favory.
Anotre Epoux,àsa Compagne
S'adonne un jeune complaisant,
Voijîn agréable,amusant,
Ctest un tresor à la campagne; IlefldelaCbajfe,duJeu,
Veutonchanter, il accompagne,
Auprès duvjn du cru, le voijîn
prise peu
Et le Bourgogne*le Champagne
:
Sur tout pourftnjoifneilse met.
trQitaufeH, .,
Pris etellemMïfoins le renioieht
*
necejjaire,
D'abordparJon attention.
Adppeeini7safyire-t-ilal'honnew de f-t-il à" thonneur de
luyplaire-y
Cestristecifeulement>cessadmiration
,
*
Sans aucun (fj>oir desalaire;
Enfin par decertainssoupirs,
Dont laplus innocenfe entend bien
le langage,
Il ose expliquerses desirs,
Prend une main, ult bras,prend
encor davantage
y Si bien que létage en étdgtt
Ilarrive bien. toji au comble des
pLifîrsi
Ptudevnceedorit lqukand ,l'Amour
Ils nepeuventcacher leursfeux;
A leurs entretiens amoureux
CertainValetprête l'ortille,
Il observe,&témoin de leursplus
tendresjeux,
VAtoutdireason Maîtreg?croit
itÊgffaaiitrqeumeterroviesille,
malheureux.
Sans donner al'ami creance trop
facilej
Le Seigneurveut luy
-
même obser.-
ver nos Amans,
Ilfeint Un voyage a UVille,
Et tevient lessurprendre, en cecy
trop habile
>
Souslesplussimples ornement,
Etdans le plus commode aile,
Qui d'un cvupleheureux, gr
tranquile
Puisse favorifer les doux empoftemens,
Oh, quelle vifton! De celte de
Meduse
,
On auroit e/lerhoinsfrappe$
Sous le rel defin Eclopéfl-
Venusnefutpasplusconjufe.
Quelsplaijtrs à ceprix neferoient
tjih jetrfonpjpfodnyen7e,?quandly perife, je JUois sur ce lit les Amours
1faye
-
JL/
z.
Tenir mauvaise contenance.
- 'J'. C'ejl
C'cjltcyqu'ilfaut refyeaer
Nôtre Hrros en cocuage,
AH desordre,à l'effroy dufourbe
qui l'outrage,
Apeine en peu dt mots Jaint",t-il
l'insulter;
Et l'autre ayant plie bagage
- Pourson retour chez luy trouve
libre paffig;
Quevafaire notre homme f étranglerdesamain,
DéuifagerJon infidelle,
Non,sans menace ny querelle
Jlluyfujfitqu'au lendemain
De la d, meure paternelle
EUe reprenne le ebemin;
Lay-même de sonforty forte U
nouvelle;
Quel recit pour le mieux Seigneur,
Toutplein deses Ayeux,dclicat
sur l'honneur,
Iljure gravement qu'en toutesa
famille
Jamais d'un tel ,opprobre unfront
ne futatteint>
Afais dans le même injlantsur celuy
desafille
Jlpeutlire les tousdont leGendre
1
se plaint,
Ilse rend à ce tfmoignt;
Le crime efi avoue
, le mal riefl
plus douteux.
Quefaire en-cet tflat si trisse si
honteux*
Voici le parri le plus fage,
Dit lepoux, jusqu"igo de notre
mariage
Aucunfruitneferre les noeuds>
Jurt'{ que d'un Mayrje nay que
l'apparenceM Sur paretldeshonneur je nJinfifl.
ray pointy
Et nous verrons bientostune heureuse
Sentence
Delierlenoeudquipousjoint,
Il nest pas de plus doux remeae,
Acetavis chacun se rend,
Elle poursuit, leMay cede.;
L'Hjthheflrendu nul
, &là dot
sereprend.
Nôtre Bille efi rendue àflpremiertftaf
Aquelquechose près de legereirit.
portance VEpoux , de Joncoftési voue au
Celibat\
Etfaitau Dieu d'hymenprofond
de reverence5
Mais pour acheverson repos
Il veut du fauxAmypunir la êphftdie
Al'écart sans témoins ille trouve
à propos,
L';;ttaqueJ le dfarme, &maître desavie
Exigefeulementdeluy
Qu'ilépousera l'inftâdl
Quisse plut aséduirey & qui
luy parutbelle9
Quand elle estoit femme d'autrUJ'
Le 'vaincufuit la loy que le vainqueurimpose,
Mais fous un triste hymen ms
coupables unis
Des platfirs dont ilsfont l'un &
lutre punis
Ne trouvent plus la même
dose5
Le plus confiant des deux efi
bitn-tost dégouté
On a recours au voisînage
y»
Leprécurfeur luy-meme est enfin regrette, regrettt £rfousunnouveaupersonnage
Reçu par la jeune beauté
Ilva f rendreson Cocuage
A celuy qui ¡.Avoit prêtt.
Tous lesjours on ditpar laVille9
Etchacun en est convaincu,
Comme de Texe d'Evangile
Que caraéltre de Cocu
Estcaraétreindélébiler
Vous avez v* qu'il n'en est rien,
Et ctfl toujours choseagréable
De pouvoirfaire entendre à tant
de gens de bien
Queleur mal nesipas incurable.
Fermer
1081
p. 55
« Afin de n'en pas faire à deux fois, & de contenter tout [...] »
Début :
Afin de n'en pas faire à deux fois, & de contenter tout [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Afin de n'en pas faire à deux fois, & de contenter tout [...] »
deux fois,&de contenter tout
d'un coup ceux qui aiment à
lire des Vers, en voicy encore
une piece que j'ay reçûe de
Londres. Le Lecteur habile
luy donnera les suffrages qu'-
ellemerite.
d'un coup ceux qui aiment à
lire des Vers, en voicy encore
une piece que j'ay reçûe de
Londres. Le Lecteur habile
luy donnera les suffrages qu'-
ellemerite.
Fermer
1082
p. 55-65
IMITATION des Vers de M. Addisson, fameux Poëte Anglois, au Chevalier Kneller, sur son Portrait du Roy.
Début :
Que tu sçais bien, Kneller, à l'aide des Couleurs [...]
Mots clefs :
Roi, Choix, Art, Godfrey Kneller, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION des Vers de M. Addisson, fameux Poëte Anglois, au Chevalier Kneller, sur son Portrait du Roy.
IMITATION
des Vers de M. Addisson,
fameux Poëte Anglois, au
Chevalier Kneller
,
sur (on
Portrait du Roy.
Que tu/çais bien/Kncller, l a aide des Gouleurs
Exprimer ce grand Roy que T/-
nivers admire:
NousftntonsfonPortraitexciter
damnoscoeurs
-
Les mêmes mouvement quesa
prejence inspire.
- Ton Art bien loin d'êtreabatu
S:ous le poids d'un si noble Ou- vrage I *
Peint l'Ame du Heros alitantque foriVifdge,
Chaque coup de pinceau nous trace
une vertus
Onyvoitson coeur débonnaires
Son air frein, franc &(incére,
Er pour de foiblesEnnemis -
Son jujte&tranquile mtprzs.
Que ne puis- je bientôt voir ce ,beau jour paroître
y Et moimême future tes pas Lorsque vijitanttesEtats, ,
Grand Prince
,
à tes Sujets ta
montreras leur Maître.
ToutJe calme, toutctd-e à ce cbar.
o mant ajp éî,
LAhaine se change en refPeEl;
Il n'cjl plus d'Ennemis °) il neji
plus de Rebelle:
L'Angleterre est tranquille, &
ïEtoffefidelle.
Exerce sur le coeur cetaimable
pouvoiry
Pour te le deüerilftfftl de te
noir.
Depuis long-tems ton Art Rival
de la Mature,
Knellcr,nousen apeint labeauté
-
la plus pûre:
Par l'effort de cet Art souvent
nos yeuxcharme%,
Sur la toile ont crû voir des Portralts
anim
Six de nos Rois ontvu ta main
toujoursfiJelle
Répondre dignement au choix
quils ontfait d'Elie..
Là, Charles d'un air maie &
mêlé de douceur,
Semble encor du beau Sexe exiger
les hommages ;
Pendant que d'un air trisse&
couvert de nuages -
Son Frere sur son front fait lire
son malheur. Ile grand Nassau yfeul dï.
gte de M'tic,
Se pnfenteavec Elle; & ton
divin pinceau
Sçait unir ce Héros quisauva la
Patrie
Avec te que la Térre eut alors de
plus beau.
Anne avec tout leclat que
donne la Victoire
Paroîtau comble de la gloire,
Telle qu'enl'admira quandpartin
dirne choix AOuVainquueeuurdr edeBBleleininbbeeiimm con.
isantJon Armée,
Elle occupala Renommée
JIpublier partout le bruit defis
Exploits.
Puisse-tu, cher Kneller, 011-
bliépar la Parque
Faire admirer long. tems ton Art
altfUnivers.
Mais que le grand Brunfvkk
jfoit le dernier Monarque
Peintpar ta mainff-tevante &
chanté dans nies Vtrs.
Ainsicegrand Sculpteur,que
tu fuis a latrace,
Phidias, méditant un Chef d'autre
nouveatf
j&vant qu'aJupiter il portât son
audace,
-Sur etautres Déïte% exerça son
Cijeau.
If) l'onvoyoit Pan,quifuimitlesdehees
Quun sexe toutcharmant donne:
aux coeurs amoureux,
Et trouva cent bcautez propices
Aux tendres ardeurs de ses ftllX.
LIz; Saturne indigne, d'un air
sombre &severe
Portait les traits les fins mar*
9Me
Contemplant d'un ailde colère
Les Cieux qu'ilauois abdique^
Icyparoissoit Mars brillant de
, son Armure Mais plus brillan,t encor de ses
,
Exploits Guerriers,
Faisantsa plus noble parure
D'un Front toutcouvertdeLau*
tiers.
£Eloquente Minerve étaloit
les Ouvrages
Sortis deses Servantesmains,
Etfembloit bornerses deffiins
Arendre les mortels plus heureux
&plus figes,
La Déeffi des MersJ'inquietc
ThecisJ
Epouse d'un Mortel, & Mere
difolées
Prés d'unfupetbe Mausolée
Pleuroit fin Epoux O* son
Fils.
Enfin le Roy des Dieux couronnoit
le fpeélacle;
Rien ne paroifoit plus après, un
tel miracle:
La fondre armait son bras ntangeur
Qui
3
lors.que les Titans inondant
lesCampagnes
Oflrent. quitterleurs Mon-
Mgnes9
DiJJtpa leurscomplots
, &punit
leurfureur^
Jupiter du Sculpteur fut le
dernierouvrage.
Phidias s) bornant agit en homme
fage;
Car de quel plus beau 'nom pourroit-
on faire choix,;
Pour
Pwrarmobhrjon Art AUXdeux
&sur la Terre3
Que de sevoir Scufpteur du
Mats'lredu Tonnerre,
Ou Peintre du plus grand'des
Rjoisi
des Vers de M. Addisson,
fameux Poëte Anglois, au
Chevalier Kneller
,
sur (on
Portrait du Roy.
Que tu/çais bien/Kncller, l a aide des Gouleurs
Exprimer ce grand Roy que T/-
nivers admire:
NousftntonsfonPortraitexciter
damnoscoeurs
-
Les mêmes mouvement quesa
prejence inspire.
- Ton Art bien loin d'êtreabatu
S:ous le poids d'un si noble Ou- vrage I *
Peint l'Ame du Heros alitantque foriVifdge,
Chaque coup de pinceau nous trace
une vertus
Onyvoitson coeur débonnaires
Son air frein, franc &(incére,
Er pour de foiblesEnnemis -
Son jujte&tranquile mtprzs.
Que ne puis- je bientôt voir ce ,beau jour paroître
y Et moimême future tes pas Lorsque vijitanttesEtats, ,
Grand Prince
,
à tes Sujets ta
montreras leur Maître.
ToutJe calme, toutctd-e à ce cbar.
o mant ajp éî,
LAhaine se change en refPeEl;
Il n'cjl plus d'Ennemis °) il neji
plus de Rebelle:
L'Angleterre est tranquille, &
ïEtoffefidelle.
Exerce sur le coeur cetaimable
pouvoiry
Pour te le deüerilftfftl de te
noir.
Depuis long-tems ton Art Rival
de la Mature,
Knellcr,nousen apeint labeauté
-
la plus pûre:
Par l'effort de cet Art souvent
nos yeuxcharme%,
Sur la toile ont crû voir des Portralts
anim
Six de nos Rois ontvu ta main
toujoursfiJelle
Répondre dignement au choix
quils ontfait d'Elie..
Là, Charles d'un air maie &
mêlé de douceur,
Semble encor du beau Sexe exiger
les hommages ;
Pendant que d'un air trisse&
couvert de nuages -
Son Frere sur son front fait lire
son malheur. Ile grand Nassau yfeul dï.
gte de M'tic,
Se pnfenteavec Elle; & ton
divin pinceau
Sçait unir ce Héros quisauva la
Patrie
Avec te que la Térre eut alors de
plus beau.
Anne avec tout leclat que
donne la Victoire
Paroîtau comble de la gloire,
Telle qu'enl'admira quandpartin
dirne choix AOuVainquueeuurdr edeBBleleininbbeeiimm con.
isantJon Armée,
Elle occupala Renommée
JIpublier partout le bruit defis
Exploits.
Puisse-tu, cher Kneller, 011-
bliépar la Parque
Faire admirer long. tems ton Art
altfUnivers.
Mais que le grand Brunfvkk
jfoit le dernier Monarque
Peintpar ta mainff-tevante &
chanté dans nies Vtrs.
Ainsicegrand Sculpteur,que
tu fuis a latrace,
Phidias, méditant un Chef d'autre
nouveatf
j&vant qu'aJupiter il portât son
audace,
-Sur etautres Déïte% exerça son
Cijeau.
If) l'onvoyoit Pan,quifuimitlesdehees
Quun sexe toutcharmant donne:
aux coeurs amoureux,
Et trouva cent bcautez propices
Aux tendres ardeurs de ses ftllX.
LIz; Saturne indigne, d'un air
sombre &severe
Portait les traits les fins mar*
9Me
Contemplant d'un ailde colère
Les Cieux qu'ilauois abdique^
Icyparoissoit Mars brillant de
, son Armure Mais plus brillan,t encor de ses
,
Exploits Guerriers,
Faisantsa plus noble parure
D'un Front toutcouvertdeLau*
tiers.
£Eloquente Minerve étaloit
les Ouvrages
Sortis deses Servantesmains,
Etfembloit bornerses deffiins
Arendre les mortels plus heureux
&plus figes,
La Déeffi des MersJ'inquietc
ThecisJ
Epouse d'un Mortel, & Mere
difolées
Prés d'unfupetbe Mausolée
Pleuroit fin Epoux O* son
Fils.
Enfin le Roy des Dieux couronnoit
le fpeélacle;
Rien ne paroifoit plus après, un
tel miracle:
La fondre armait son bras ntangeur
Qui
3
lors.que les Titans inondant
lesCampagnes
Oflrent. quitterleurs Mon-
Mgnes9
DiJJtpa leurscomplots
, &punit
leurfureur^
Jupiter du Sculpteur fut le
dernierouvrage.
Phidias s) bornant agit en homme
fage;
Car de quel plus beau 'nom pourroit-
on faire choix,;
Pour
Pwrarmobhrjon Art AUXdeux
&sur la Terre3
Que de sevoir Scufpteur du
Mats'lredu Tonnerre,
Ou Peintre du plus grand'des
Rjoisi
Fermer
1083
p. 65-69
LE REMOULEUR, Chanson.
Début :
Je ne vous donneray peut-estre pas pour ce mois-cy d'autre / Par mon Art secourable [...]
Mots clefs :
Meule, Art, Rémouleur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE REMOULEUR, Chanson.
Je ne vous donneray peb"t-;-
c:fi¡e pas pour ce mois-cy d'autre
Chanson que celle qui suit,
c'estuneImitation decelle
qu'on a vûë dans le Mercure
dumoispassé,surl'AirduGagne
petit. Cttic Copie ne doit
rienà sonorignal.
LE REMOULEUR,
•
Chanson.
Par mon Artfecourailt
Jefuisfavorable
Dans les plaisirs
Sans moy les Jifirs
Seroientsuivis defoupirs*
Vene£ tour a tour
Faire voflre cour
jtu Rémouleurd'amour
Je remoudray,
féguiftraj;
Pour vous maMeule tourne,
Tourne &retourne,
Déjà monferet eflprouvé.
- a
Je preride-aux ruelles
Ilnestpointde belles
Dans leurs amours,
Quisans monsecours
Putfientpajjer d'heureuxjours;
Sans moy les Amans
Des tendres inflans
Trouvent en nam le. temps.
Les eguifant,
Les affilant;
Pour eux ma Meule tournef
Tourne & retourne,
Par moWn Art ilsfont tÉous contens Quand l'époux d'une belle
La croit infidelle>
- Pour le guerir
Mon Art sçaitoffrit
Le secret de réiijjtr.
Viens maryglace
Si toncoeurblejje
Songe encoreaupajfé*
Je t'émoudray,
> Téguiferay ;
Pour toy ma Meule tourney
Tourne & retourner,
C'eflfait,Ë70 tout estvublié.
Pour vaijicre une criullf
Un amsntfidelU ¡. Vaut-il sçavoir
Quel rfemonpouvoir,
BLM- tost je luy feray voir.
Viens timideamant,
Etdansuninisant
DeJJuÍ mon infinimenty
Je témoudrayy
T'éguiferay;
Pour toy ma Meul tourney
Tourne&retourne, - Va ton triomphe rjlajlûre.
c:fi¡e pas pour ce mois-cy d'autre
Chanson que celle qui suit,
c'estuneImitation decelle
qu'on a vûë dans le Mercure
dumoispassé,surl'AirduGagne
petit. Cttic Copie ne doit
rienà sonorignal.
LE REMOULEUR,
•
Chanson.
Par mon Artfecourailt
Jefuisfavorable
Dans les plaisirs
Sans moy les Jifirs
Seroientsuivis defoupirs*
Vene£ tour a tour
Faire voflre cour
jtu Rémouleurd'amour
Je remoudray,
féguiftraj;
Pour vous maMeule tourne,
Tourne &retourne,
Déjà monferet eflprouvé.
- a
Je preride-aux ruelles
Ilnestpointde belles
Dans leurs amours,
Quisans monsecours
Putfientpajjer d'heureuxjours;
Sans moy les Amans
Des tendres inflans
Trouvent en nam le. temps.
Les eguifant,
Les affilant;
Pour eux ma Meule tournef
Tourne & retourne,
Par moWn Art ilsfont tÉous contens Quand l'époux d'une belle
La croit infidelle>
- Pour le guerir
Mon Art sçaitoffrit
Le secret de réiijjtr.
Viens maryglace
Si toncoeurblejje
Songe encoreaupajfé*
Je t'émoudray,
> Téguiferay ;
Pour toy ma Meule tourney
Tourne & retourner,
C'eflfait,Ë70 tout estvublié.
Pour vaijicre une criullf
Un amsntfidelU ¡. Vaut-il sçavoir
Quel rfemonpouvoir,
BLM- tost je luy feray voir.
Viens timideamant,
Etdansuninisant
DeJJuÍ mon infinimenty
Je témoudrayy
T'éguiferay;
Pour toy ma Meul tourney
Tourne&retourne, - Va ton triomphe rjlajlûre.
Fermer
1084
p. 69-70
Chapitre des Enigmes, où l'Auteur a innocemment oublié de dire que M. Charpentier, Mademoiselle Raparie, & l'aimable & belle Ombre de la ruë Goefroy-l'Angevin ont deviné le mot, [titre d'après la table]
Début :
Passons, s'il vous plaist, tout de suite aux Enigmes. Celles [...]
Mots clefs :
Esprit, Cloche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chapitre des Enigmes, où l'Auteur a innocemment oublié de dire que M. Charpentier, Mademoiselle Raparie, & l'aimable & belle Ombre de la ruë Goefroy-l'Angevin ont deviné le mot, [titre d'après la table]
Passons,s'il vous plaist, tout
de fuite aux Enigmes. Celles
du mois passé estoient si faciles
à deviner que tout le mondea
compris du premier coup d'oeil
que le motde la premiereestoit
l'Esprit, & celuy de la seconde
la Cloche. Les principaux de
ceux qui m'ont envoyé leurs
noms.sont:l'AdorableDesfault
& l'incomparable Godeau
,
sur le bout de l'eau,
Baptiste de la ruë S. Nicaise:
les deux jeunes Solitaires, le.
Marmiton des Muses de Valogne,
la belleCaliste, l'Amant
oisif des bords de la Marne , & l'Amoureux triomphant de
la principauté d'Arches. Essayez-
vous maintenant sur celles-
cy
,
elles font de lacomposition
de deux jeunes gens qui
ont beaucoup d'esprit.
de fuite aux Enigmes. Celles
du mois passé estoient si faciles
à deviner que tout le mondea
compris du premier coup d'oeil
que le motde la premiereestoit
l'Esprit, & celuy de la seconde
la Cloche. Les principaux de
ceux qui m'ont envoyé leurs
noms.sont:l'AdorableDesfault
& l'incomparable Godeau
,
sur le bout de l'eau,
Baptiste de la ruë S. Nicaise:
les deux jeunes Solitaires, le.
Marmiton des Muses de Valogne,
la belleCaliste, l'Amant
oisif des bords de la Marne , & l'Amoureux triomphant de
la principauté d'Arches. Essayez-
vous maintenant sur celles-
cy
,
elles font de lacomposition
de deux jeunes gens qui
ont beaucoup d'esprit.
Fermer
1085
p. 71-72
ENIGME de l'Abbé Insulaire.
Début :
Foible joüet de la nature [...]
Mots clefs :
Girouette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME de l'Abbé Insulaire.
EN I G ME
de l'Abbé Infulairc.
Foible joüet de la nature
On méfaitesclave du temps y •
Pour ne me point laijjer dans la
mêmepoflure-
JEolc autour de moy dechaifne
sesEnfans. Pa
Ces volages mefont la guerre
Et métourdiffent de leur bruit
Avec, tant de fureur gr de co-
[ert
Quej'en perds fortsouvent le rr.
pos jour & nuit.
Je fuWtnconflante} Ci fidelle
Dans l'exercice que jefais,
Soit dans la guerreou dans It
Paix
On me-trouve debout toujours en fentinefle.
Mais cest peu de ces fonctions
-'.
Du Maître que je fors je predis
sans miracle
Les divers chançcmens,0* je
fuis un oracle
Si-tofl quon voit ceffir mts. aérations.
.«4 -
de l'Abbé Infulairc.
Foible joüet de la nature
On méfaitesclave du temps y •
Pour ne me point laijjer dans la
mêmepoflure-
JEolc autour de moy dechaifne
sesEnfans. Pa
Ces volages mefont la guerre
Et métourdiffent de leur bruit
Avec, tant de fureur gr de co-
[ert
Quej'en perds fortsouvent le rr.
pos jour & nuit.
Je fuWtnconflante} Ci fidelle
Dans l'exercice que jefais,
Soit dans la guerreou dans It
Paix
On me-trouve debout toujours en fentinefle.
Mais cest peu de ces fonctions
-'.
Du Maître que je fors je predis
sans miracle
Les divers chançcmens,0* je
fuis un oracle
Si-tofl quon voit ceffir mts. aérations.
.«4 -
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1086
p. 73-74
AUTRE du Solitaire malgré luy.
Début :
Qui croiroit que je suis pucelle [...]
Mots clefs :
Vigne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE du Solitaire malgré luy.
AUTRE
du Solitaire malgré luy.
Qui croiroitquejefuispucelie
A voir le grand nombre d'enfans
Quisortent de moi tous les ans?
Cependant9 Lefleur, jefuis telle. oS Je dois cette fecondité.
-
Auxfoins que prend de moi mon
Afaijire,
Mais peu de temps après le
traistre
M'en dépouillé avec cruauté.
Il les tire de mes enuailles,
Les écrase, &*> boit, tout leur
fan& :-
C'est éiinfîcjuinhumainement.
Il célébré leurs funerailles.
du Solitaire malgré luy.
Qui croiroitquejefuispucelie
A voir le grand nombre d'enfans
Quisortent de moi tous les ans?
Cependant9 Lefleur, jefuis telle. oS Je dois cette fecondité.
-
Auxfoins que prend de moi mon
Afaijire,
Mais peu de temps après le
traistre
M'en dépouillé avec cruauté.
Il les tire de mes enuailles,
Les écrase, &*> boit, tout leur
fan& :-
C'est éiinfîcjuinhumainement.
Il célébré leurs funerailles.
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1087
p. 74-75
Requeste de l'Auteur aux Curieux, pour les engager (avec justice) à lire les Nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Je ne manquerois pas d'employer à leur tour toutes les [...]
Mots clefs :
Énigmes, Gazette
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texteReconnaissance textuelle : Requeste de l'Auteur aux Curieux, pour les engager (avec justice) à lire les Nouvelles, [titre d'après la table]
Je ne manqucrois pasd'employer
à leur tour toutes les
Enigmesque je reçois,si ceujfi
:
qui en font les Aucheurs jugeoient
à propos de mépargner
la peine d'en deviner le
mot. Ce ne fera qu'à ce prix
que je les rendray publiques.
Je fuis obligé, de recom..
mander encore une fois aux.
Lcdtcurs de ne pas négliger de
lire les Nouvelles générales3 je
croy que mon attention à ne
rien dire sur ce sujet de ce qui
est écrit dans les Gazettes, fuffit
pour leur donner un air de
nouveauté qui interesse à les
lire. Sauf aux Curieux maintenant
à en faire l'urage qu'il
leur plaira.
à leur tour toutes les
Enigmesque je reçois,si ceujfi
:
qui en font les Aucheurs jugeoient
à propos de mépargner
la peine d'en deviner le
mot. Ce ne fera qu'à ce prix
que je les rendray publiques.
Je fuis obligé, de recom..
mander encore une fois aux.
Lcdtcurs de ne pas négliger de
lire les Nouvelles générales3 je
croy que mon attention à ne
rien dire sur ce sujet de ce qui
est écrit dans les Gazettes, fuffit
pour leur donner un air de
nouveauté qui interesse à les
lire. Sauf aux Curieux maintenant
à en faire l'urage qu'il
leur plaira.
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1088
p. 75-80
Nouvelle Relation de Barcelone, du 15. Janvier 1716.
Début :
La nuit du seiziéme du mois de Decembre, un vent [...]
Mots clefs :
Vent, Equipage, Barcelone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Relation de Barcelone, du 15. Janvier 1716.
Nouvelle Relation de Barcelone,,
du15.Janvier 171c.
La nuit du seiziéme du
mois de Décembre ,un vent
de Nord-d'Est forcé, arracha
de ce Port douze Bâcimtflcs
ancrez & amarrez à terre. Le
Navire appelle Je Violent,
Hollandais, de la charge d'en*
viron douze mille quintaux,
rompit le premier & tomba
sur celuy du sieur Abeille
François, qui coula à fonds
s l'équipage au nombre de
vingt-deux hommes s'étant
mis en devoir d'abandonner,
futmalheureufemebtfubmçfgé,
excepte six Matelots. Les
Navires des ficursRichard, &
Feraud aussi Françoisfirent
naufrage dans le même Pors; j
les équipages sesauverent au
moyen de leurs Chaloupes.
Les Angloisont perdu quatre
de LursVaisseaux
,
deux defquelsétoient
chargez de grains
& de balots de marchandises;
le même coup de vent les jctra
sur les rochers, avec deux
-
Vaisseaux Hollandois qui avoient
partie de leur -carguai
son, les équipages ont cfté prefquçtous
sauvez. Onfort mention
3e plusieurs autres petits
Bâcimens qui ont peri pendant
la même nuit
, ceux qui onc
tenu fort pour raison de leurs
cablesont esté considérablement
endommagez. Les Marins
du Pays avouent que
d'aucun temps il ne s'est paffe
une femblablc tempête-, &
qu'il n'y a point d'exemple
qu'il se Toit perdu dans le Port
de Barcelone, des Navires.
3 Le vent de Nord-d'Est qui
a souflé avec la même.impc
tuoficé verslaCofted'EPpagne,
a fait périr trois bârimcnt5
François, celuy du sieusDuval
parti de MarseilleRichement
chargé pour Alicant a
peri sur Calpé à cinq htûcs de
Dénia, le Capitaine ,CesOfficiers
,
dix huit Matelots &
une quantitéde passagers se
font submergez,il n'y a. eû
que six pet sonnes de fàuvé
, on
n'aretiré de ce naufrage que
quelques balots que les gens du
pays ont mis au pillage.
Le Pjnque du PatronCornil
qui avoit chargé à Carragenc
des grains, ayant cité attaque
du mciïîe coup de venr, jetta
fesançresàunmille deCuillera
dans le Golfe de Valence;
mais la grosse Mer fit échouer
& brifer ce bâtiment,l'équipage
a malheureusement péri
avec quelques Religieux François
,
& deux familles Eagnoles
qui paoicm à Barcelone.
-
G iiij
La Tartane du Patron Jacques
a eû le mêmefortdans le
Golfede Valence,exceptéque
l'équipage s'est presquetout
fauvé.
Il ya cû égalementplusieurs
Bâtiments du pays qui ont peri
aux Costesd'Espagne
du15.Janvier 171c.
La nuit du seiziéme du
mois de Décembre ,un vent
de Nord-d'Est forcé, arracha
de ce Port douze Bâcimtflcs
ancrez & amarrez à terre. Le
Navire appelle Je Violent,
Hollandais, de la charge d'en*
viron douze mille quintaux,
rompit le premier & tomba
sur celuy du sieur Abeille
François, qui coula à fonds
s l'équipage au nombre de
vingt-deux hommes s'étant
mis en devoir d'abandonner,
futmalheureufemebtfubmçfgé,
excepte six Matelots. Les
Navires des ficursRichard, &
Feraud aussi Françoisfirent
naufrage dans le même Pors; j
les équipages sesauverent au
moyen de leurs Chaloupes.
Les Angloisont perdu quatre
de LursVaisseaux
,
deux defquelsétoient
chargez de grains
& de balots de marchandises;
le même coup de vent les jctra
sur les rochers, avec deux
-
Vaisseaux Hollandois qui avoient
partie de leur -carguai
son, les équipages ont cfté prefquçtous
sauvez. Onfort mention
3e plusieurs autres petits
Bâcimens qui ont peri pendant
la même nuit
, ceux qui onc
tenu fort pour raison de leurs
cablesont esté considérablement
endommagez. Les Marins
du Pays avouent que
d'aucun temps il ne s'est paffe
une femblablc tempête-, &
qu'il n'y a point d'exemple
qu'il se Toit perdu dans le Port
de Barcelone, des Navires.
3 Le vent de Nord-d'Est qui
a souflé avec la même.impc
tuoficé verslaCofted'EPpagne,
a fait périr trois bârimcnt5
François, celuy du sieusDuval
parti de MarseilleRichement
chargé pour Alicant a
peri sur Calpé à cinq htûcs de
Dénia, le Capitaine ,CesOfficiers
,
dix huit Matelots &
une quantitéde passagers se
font submergez,il n'y a. eû
que six pet sonnes de fàuvé
, on
n'aretiré de ce naufrage que
quelques balots que les gens du
pays ont mis au pillage.
Le Pjnque du PatronCornil
qui avoit chargé à Carragenc
des grains, ayant cité attaque
du mciïîe coup de venr, jetta
fesançresàunmille deCuillera
dans le Golfe de Valence;
mais la grosse Mer fit échouer
& brifer ce bâtiment,l'équipage
a malheureusement péri
avec quelques Religieux François
,
& deux familles Eagnoles
qui paoicm à Barcelone.
-
G iiij
La Tartane du Patron Jacques
a eû le mêmefortdans le
Golfede Valence,exceptéque
l'équipage s'est presquetout
fauvé.
Il ya cû égalementplusieurs
Bâtiments du pays qui ont peri
aux Costesd'Espagne
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1089
p. 80-85
A Venise le 1. Février 1716.
Début :
L'on résolut icy dans le Pregadi, de Samedi dernier, [...]
Mots clefs :
Pregadi, Prince, République de Venise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 1. Février 1716.
j4Veni[e\e I. Février 17.16.
L'on résolut icy dans le
Pregadi, de Samedi dernier,
d'ouvrir la porte à la vente de
quelques dignitez de Procurateurs
de S Marc
, cette réfolution
ne sur prise que pour
trois pcrionncs seulement,
on croit que ces trois dignitez
feront achetées par Meilleurs
Fofcarini&Quirini, elles produiront73.
mille ducats.Peuà
peu on en vendra d'autres à
mesure qu'il fc prvlentefa des
personnes pour en faire l'acquisition,
- On ne prit point des résolutionspourl'aggregacionde
tjuIqucs familles au Corps de
la Nobkfle, parce que jufqucs
a present il nes'est presente
aucunes personnes qui aycnc
témoigné en vouloir faire lacquifition.
On lût dans le même Pregadi
les Lettres qu'on avaic
rcceuës par«une fouflttc de
M. Grimani Arrbàffadeur de
la République à Vienne, clics
contenoienr lesdifficultez que
faifofent les Mmiftrss de lErn.
pcrcur sur les conditions dela
Ligue contre les Turcs ; & les
prétentions qu'ils formotenc
pour avoir. en main des seurefez,
au su jcc de rengagement
que le Sénat y prendroit, de ne
poinr abandonner ce Prince,
&de ne point faire une Paix
particulièreavecla Porre.
Cette affaire a esté remise
en délibération dans le Pregadi
&n'apû y-estre decidée par
les oppofinons qu'elle y a trOLH
vécs, il ya même lieude doutée
que l'Empereur veuille sincerement
conclure cette Ligue,
cependant la fàison s'avance,
& les Turcs fçauronc bien
profiter de ce retardement.
M lcComre deSchulembourg
ayant trouvé l'occasion d'un
bâtimentAnglois qui doit
partirinccffàmrncnt pour ZJnte
a pris la résolution de s'y
embarquer,& d'aller par Mer
à Corfou.
M.leComte deNortitscft
déja. embarqué pour la Dal
matie;mais les mauvais temps
ne luy ont pas permis de mettre
à la voile.
,
Le Prince Electoral de Baviere
arriva Lundy en cette
Ville., on ne luy a point tenu
parole sur la promesse qui luy
avoit eesté faite de luy diminuer
la contumace de 12. jours, ôi
avant d'arriver icy
, ce jeune
Prince étoit déjà fort mécontent
des manicres de ces MeC.
sieurs-cyàson égard.
Les nouveaux Passeports
de la Cour, ont estéremisà
M.Foscarini& Pasquovilego.
Ils les ont remis au Senat pour
en recevoir desordres sur leur
départ.
L'on résolut icy dans le
Pregadi, de Samedi dernier,
d'ouvrir la porte à la vente de
quelques dignitez de Procurateurs
de S Marc
, cette réfolution
ne sur prise que pour
trois pcrionncs seulement,
on croit que ces trois dignitez
feront achetées par Meilleurs
Fofcarini&Quirini, elles produiront73.
mille ducats.Peuà
peu on en vendra d'autres à
mesure qu'il fc prvlentefa des
personnes pour en faire l'acquisition,
- On ne prit point des résolutionspourl'aggregacionde
tjuIqucs familles au Corps de
la Nobkfle, parce que jufqucs
a present il nes'est presente
aucunes personnes qui aycnc
témoigné en vouloir faire lacquifition.
On lût dans le même Pregadi
les Lettres qu'on avaic
rcceuës par«une fouflttc de
M. Grimani Arrbàffadeur de
la République à Vienne, clics
contenoienr lesdifficultez que
faifofent les Mmiftrss de lErn.
pcrcur sur les conditions dela
Ligue contre les Turcs ; & les
prétentions qu'ils formotenc
pour avoir. en main des seurefez,
au su jcc de rengagement
que le Sénat y prendroit, de ne
poinr abandonner ce Prince,
&de ne point faire une Paix
particulièreavecla Porre.
Cette affaire a esté remise
en délibération dans le Pregadi
&n'apû y-estre decidée par
les oppofinons qu'elle y a trOLH
vécs, il ya même lieude doutée
que l'Empereur veuille sincerement
conclure cette Ligue,
cependant la fàison s'avance,
& les Turcs fçauronc bien
profiter de ce retardement.
M lcComre deSchulembourg
ayant trouvé l'occasion d'un
bâtimentAnglois qui doit
partirinccffàmrncnt pour ZJnte
a pris la résolution de s'y
embarquer,& d'aller par Mer
à Corfou.
M.leComte deNortitscft
déja. embarqué pour la Dal
matie;mais les mauvais temps
ne luy ont pas permis de mettre
à la voile.
,
Le Prince Electoral de Baviere
arriva Lundy en cette
Ville., on ne luy a point tenu
parole sur la promesse qui luy
avoit eesté faite de luy diminuer
la contumace de 12. jours, ôi
avant d'arriver icy
, ce jeune
Prince étoit déjà fort mécontent
des manicres de ces MeC.
sieurs-cyàson égard.
Les nouveaux Passeports
de la Cour, ont estéremisà
M.Foscarini& Pasquovilego.
Ils les ont remis au Senat pour
en recevoir desordres sur leur
départ.
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1090
p. 85-91
De Rome le 25. Janvier 1716.
Début :
Le Pape est toûjours d'une santé parfaite, il assista hier [...]
Mots clefs :
Pape, Ambassadeur, Cardinal, Ambassadeur de Portugal, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome le 25. Janvier 1716.
De Rome le 15. Janvier 1716.
Le Pape est toûjours d'une
fanté parfaite,il assista hier
aux obsequés du Roy LapIs
XIV. & M. Alamani son
Camcrier d'honneur prononça
l'Oraison funebre.
Ces jours passez ont tint
Conseil de Guerre chez le
Cardinal Paulucci, Secretaire
d'Etat. Un certain General
Allemand nommé Collembert
a elle appelle auConfcil
, il s'est offert de faire la levée
de toutes les Troupes necessaires
dans les conjonctures presentes;
mais jusques icy on ne
dit point que ses offres ayent
esté acceptées.
On a résolu d'envoyer à
Genes le Chevalier Berreti,
Commandant des Galeres du
Pape
, pour noliser quelques
bâtiments, &.. l'on a écrit à
toutes les Couronnes pour
avoir quelques Vaisseaux
,
les
ordres ont esté donnezaussi
pour équiper la cinquiéme
Galere qui doit aller en course
avec lesautre
Le Chevalier Morrofini
envoyé , par la Républiquede
Venise ,est arrivé en cette
Ville,il demande des secours
pour pouvoir s'opposer aux
entreprites des Turcs. Iladéja
cû Audiance,il a representé la
liccelïhé de deffendre Corfou
à quelque prix que cc soit ,
cette Place estant le boulevart
de toute la Chrétienté.
Outre les Cardinaux dont
on a fait mention dans les avis
precedcnts lesquels ont envoyé
de l'argent au Pape,plusieurs
autres en ont aussi
donne. On pense toujours
auxmoyens d'en trouver,cependant
comme la misereest
grande dans l'EtatEcclesiastique
, Sa Sainteté ne voudra
point charger les Peuples de :
quelque nouvelle imposition.
Dernierement lePape envoya
M. le Cardinal Albani
chez l'Ambassadeur de Portu
gal pour l'exhorter, diton,à
congedier ses braves
,
conformement
aux esperancesqu'il
enavoit donnéesà M. Respo.
ni ;mais on pretend que cet
Ambassadeur a répondu qu'-
aussi-tost que les autres Ministrès
tressemettroienten devoir de
renvoyer les leurs, il obéiroit
promptement là-dessusaux
ordresdeSaSainteté.
Lundy matin le Cardinal
Spinola descendant de carrosse
pour monter chez leCardinal
Nuzzi
,
fit un faux pas & se
rompit la jambe droire ,ilest
neanmoins sans fiévre & l'on
espsre qu'il fera bien-tost gue-
-ry.,
Dimanche au soit le jeune
Marquis de Bufaro se trouvant
au cours qu'il vouloirtraverfcr,
barra lepassage au fils de
l'AmbassadeurdePortugal,les
deux carrosses s'estant rencontrez
,cet accident attira au
cocher de grands coups de
plat d'épée dont les domestiquesdel'Ambassadeur
le chargerent
furieusement., il a fallu
que leMarquis, aprésavoiresté
offensé en la personne de son
cocher, ait estéluy même faire
desexeuses àl'Ambassadeur.,
Les plainres du peuple sur les
prérendus enrôlemens
c
sont
parvenues aux oreilles du
Pape, Sa Sainteré avoit ordonne
que danschaque quartier
de Rome un vingtième
de Soldats feroit la ronde pendant
la nuit; mais le Cardinal
Scocti, qui fait encore les
fonctions de Gouverneur,
ayant representé à Sa Sainteté
l'inutilité de cette précaution,
& que ce qu'on avoit publié
estoit une pure calomnie pour
rendre son Gouvernement
odieux, cet ordre n'a (fié
exécuté qu'uneseule fois., tg,
plusieurs vagabonds qui malheuresement
avoient répan-
,du ce bruit, ont estéfustigez
Le Pape est toûjours d'une
fanté parfaite,il assista hier
aux obsequés du Roy LapIs
XIV. & M. Alamani son
Camcrier d'honneur prononça
l'Oraison funebre.
Ces jours passez ont tint
Conseil de Guerre chez le
Cardinal Paulucci, Secretaire
d'Etat. Un certain General
Allemand nommé Collembert
a elle appelle auConfcil
, il s'est offert de faire la levée
de toutes les Troupes necessaires
dans les conjonctures presentes;
mais jusques icy on ne
dit point que ses offres ayent
esté acceptées.
On a résolu d'envoyer à
Genes le Chevalier Berreti,
Commandant des Galeres du
Pape
, pour noliser quelques
bâtiments, &.. l'on a écrit à
toutes les Couronnes pour
avoir quelques Vaisseaux
,
les
ordres ont esté donnezaussi
pour équiper la cinquiéme
Galere qui doit aller en course
avec lesautre
Le Chevalier Morrofini
envoyé , par la Républiquede
Venise ,est arrivé en cette
Ville,il demande des secours
pour pouvoir s'opposer aux
entreprites des Turcs. Iladéja
cû Audiance,il a representé la
liccelïhé de deffendre Corfou
à quelque prix que cc soit ,
cette Place estant le boulevart
de toute la Chrétienté.
Outre les Cardinaux dont
on a fait mention dans les avis
precedcnts lesquels ont envoyé
de l'argent au Pape,plusieurs
autres en ont aussi
donne. On pense toujours
auxmoyens d'en trouver,cependant
comme la misereest
grande dans l'EtatEcclesiastique
, Sa Sainteté ne voudra
point charger les Peuples de :
quelque nouvelle imposition.
Dernierement lePape envoya
M. le Cardinal Albani
chez l'Ambassadeur de Portu
gal pour l'exhorter, diton,à
congedier ses braves
,
conformement
aux esperancesqu'il
enavoit donnéesà M. Respo.
ni ;mais on pretend que cet
Ambassadeur a répondu qu'-
aussi-tost que les autres Ministrès
tressemettroienten devoir de
renvoyer les leurs, il obéiroit
promptement là-dessusaux
ordresdeSaSainteté.
Lundy matin le Cardinal
Spinola descendant de carrosse
pour monter chez leCardinal
Nuzzi
,
fit un faux pas & se
rompit la jambe droire ,ilest
neanmoins sans fiévre & l'on
espsre qu'il fera bien-tost gue-
-ry.,
Dimanche au soit le jeune
Marquis de Bufaro se trouvant
au cours qu'il vouloirtraverfcr,
barra lepassage au fils de
l'AmbassadeurdePortugal,les
deux carrosses s'estant rencontrez
,cet accident attira au
cocher de grands coups de
plat d'épée dont les domestiquesdel'Ambassadeur
le chargerent
furieusement., il a fallu
que leMarquis, aprésavoiresté
offensé en la personne de son
cocher, ait estéluy même faire
desexeuses àl'Ambassadeur.,
Les plainres du peuple sur les
prérendus enrôlemens
c
sont
parvenues aux oreilles du
Pape, Sa Sainteré avoit ordonne
que danschaque quartier
de Rome un vingtième
de Soldats feroit la ronde pendant
la nuit; mais le Cardinal
Scocti, qui fait encore les
fonctions de Gouverneur,
ayant representé à Sa Sainteté
l'inutilité de cette précaution,
& que ce qu'on avoit publié
estoit une pure calomnie pour
rendre son Gouvernement
odieux, cet ordre n'a (fié
exécuté qu'uneseule fois., tg,
plusieurs vagabonds qui malheuresement
avoient répan-
,du ce bruit, ont estéfustigez
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1091
p. 92-93
Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoüille, en date du 30. Janvier.
Début :
Nous ne sçavons encore rien de positif des desseins de l'Empereur [...]
Mots clefs :
Empereur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoüille, en date du 30. Janvier.
Extraitd'une Lettre du Cardinalde
la Trempüillc, en
date du 30. Janvier.
Nousni fçdTjom tgeorerien
de positifdescfjjeiriide l'Empereusparrapport
aux Turcs. Le
Comte de Gdllds son Imbaffadeur
en cette Courfit demander
Mercredy dernierune Àudknce
extraordinaire 4 Sa SaintetéIl
l'eût lelendemain„ &sortitfort
tard. Le bruit s'est répandu -depuis
ce jour-là que ce Àdinijlre a
donné des nouvelles 'assurances à
$4•Sainteté de l'intention ou
lEmpereurIon Malin:si trotive
de decUrer bien-tofl UguerreA
ces infidelles Je nay point eu
lehonneur depuis quelques jours
de parler au Pape, j'ignore,en.
core U vérité de ce quis'est pajje
dans cette Audience sur ce;fu0,
&jedoutefort encore que tout
ce qu'on a dit, foit bien certain.
M. le Car.di.
la Trempüillc, en
date du 30. Janvier.
Nousni fçdTjom tgeorerien
de positifdescfjjeiriide l'Empereusparrapport
aux Turcs. Le
Comte de Gdllds son Imbaffadeur
en cette Courfit demander
Mercredy dernierune Àudknce
extraordinaire 4 Sa SaintetéIl
l'eût lelendemain„ &sortitfort
tard. Le bruit s'est répandu -depuis
ce jour-là que ce Àdinijlre a
donné des nouvelles 'assurances à
$4•Sainteté de l'intention ou
lEmpereurIon Malin:si trotive
de decUrer bien-tofl UguerreA
ces infidelles Je nay point eu
lehonneur depuis quelques jours
de parler au Pape, j'ignore,en.
core U vérité de ce quis'est pajje
dans cette Audience sur ce;fu0,
&jedoutefort encore que tout
ce qu'on a dit, foit bien certain.
M. le Car.di.
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1092
p. 93-98
De Rome le premier Février 1716.
Début :
Dernierement le Pape fit faire en sa presence l'examen [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Guerre, Sainteté, Écus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome le premier Février 1716.
D/Rome lepremierFévrier 17I6
Dernierement le Pape fit
faire en sa presence l'examen
des Evesques & nomma l'Abbé
Grity à l'Evêché dc\Fal.-
laro. t,
Sa Sainteté attend quele
Cardinal Orfiny foie arrive
,
pour tenir Consistoire, & y
declarer Son Eminence, Legat à vers l'Empereur. Cette
expédition tend à porter S. M.
Imperiale à declarer la guerre
auxTurcs. <
Dans la conjoncture presente
le Pape s'est flattéd'un
lecôars de huit Vaisseaux de
guerre de la part du Roy de
Portugal, & dans cette vue Sa
Sainteté a crée EvêquePrimat,
le Grand
-
Maistre dela Chapelle
de Sa MaJcltéJavec droit
de preséance sur tous les autres
Evêqucs de son Royaume.
Les Cardinaux continuent
d'envoyer de l'argent à la
Cbambre Apostolique, pour
l'aider à subvenir aux dépenses
dela guerre contre les Turcs
la moindre Comme est de
500. écus,outrecelle de1000.
écus que le Cardinal Camerlingue
a déjadonnée. Il a affigné
un revenu annuel de pareille
somme pendant tout le
temps de la guerre.
Mr le Chevalier Morosini
reçoit bien des hontiefferezdc
cette Cour;il a esté admis à
l'Audiance du S. Pere avec le
enapeau & l'épée, beaucoup
de per sonnes qualifiées l'ont
esté voir, &luy ont fait des
presents.
,
Le grand Prieur Ferretyest
party pour LIvourne, d'ou il
.pass'i}ra ensuite à Genes; il a
ordre du Pape de noliser dans
ces Phares , quelques Bâtimens
pour renforcerl'Escadre des
Galères du Pape.
Le Cardinal Patrissy a fait
un nouveau present à Sa Sainteté.
Il,consiste en quatre
grands
grands Tableaux du Guido.
qui represeten les quatre
Evangelistes.
D. Alexandre Albanya envoyé
au Cardinal Faraccioly
Prouvaire, un très- beau Rock
estmé deux cens écus, mais ce
Cardinal pour répondre à la
generosité deDon Alexandre,
luy a fait present d'un poëlcd'argent
& d'un réchaud de
même métal de la valeur de
huit censécus.
Le Pape a sign un ordre de
deux cens enquante mille écus
pour l'érection d'un Mont appellé
le Mont Fabrique,& un
autre ordre qui s'adresse au
Cardinal Alani, comme Preset
de la Congregati de la
Fabrique de S. Pierre
, pour
faireconsignerauTresorie ter de
la Chambce cent mille écusdes
deniers appartenans à ladite
Fabrique ,pour s'en prévaloir
dans les necessitezpressa
f; Le Chipicre de la Cathedralci
de Capouë a envoyé c
deux-Chanoines pourcomplimenter
le Cardinal Caraccioly
leur Archevêque,sur sa promotion
au Cardinatar; Son
Eminence leur a fai bien de
l'accueil&lesreçusenhabit
rougé.
Dernierement le Pape fit
faire en sa presence l'examen
des Evesques & nomma l'Abbé
Grity à l'Evêché dc\Fal.-
laro. t,
Sa Sainteté attend quele
Cardinal Orfiny foie arrive
,
pour tenir Consistoire, & y
declarer Son Eminence, Legat à vers l'Empereur. Cette
expédition tend à porter S. M.
Imperiale à declarer la guerre
auxTurcs. <
Dans la conjoncture presente
le Pape s'est flattéd'un
lecôars de huit Vaisseaux de
guerre de la part du Roy de
Portugal, & dans cette vue Sa
Sainteté a crée EvêquePrimat,
le Grand
-
Maistre dela Chapelle
de Sa MaJcltéJavec droit
de preséance sur tous les autres
Evêqucs de son Royaume.
Les Cardinaux continuent
d'envoyer de l'argent à la
Cbambre Apostolique, pour
l'aider à subvenir aux dépenses
dela guerre contre les Turcs
la moindre Comme est de
500. écus,outrecelle de1000.
écus que le Cardinal Camerlingue
a déjadonnée. Il a affigné
un revenu annuel de pareille
somme pendant tout le
temps de la guerre.
Mr le Chevalier Morosini
reçoit bien des hontiefferezdc
cette Cour;il a esté admis à
l'Audiance du S. Pere avec le
enapeau & l'épée, beaucoup
de per sonnes qualifiées l'ont
esté voir, &luy ont fait des
presents.
,
Le grand Prieur Ferretyest
party pour LIvourne, d'ou il
.pass'i}ra ensuite à Genes; il a
ordre du Pape de noliser dans
ces Phares , quelques Bâtimens
pour renforcerl'Escadre des
Galères du Pape.
Le Cardinal Patrissy a fait
un nouveau present à Sa Sainteté.
Il,consiste en quatre
grands
grands Tableaux du Guido.
qui represeten les quatre
Evangelistes.
D. Alexandre Albanya envoyé
au Cardinal Faraccioly
Prouvaire, un très- beau Rock
estmé deux cens écus, mais ce
Cardinal pour répondre à la
generosité deDon Alexandre,
luy a fait present d'un poëlcd'argent
& d'un réchaud de
même métal de la valeur de
huit censécus.
Le Pape a sign un ordre de
deux cens enquante mille écus
pour l'érection d'un Mont appellé
le Mont Fabrique,& un
autre ordre qui s'adresse au
Cardinal Alani, comme Preset
de la Congregati de la
Fabrique de S. Pierre
, pour
faireconsignerauTresorie ter de
la Chambce cent mille écusdes
deniers appartenans à ladite
Fabrique ,pour s'en prévaloir
dans les necessitezpressa
f; Le Chipicre de la Cathedralci
de Capouë a envoyé c
deux-Chanoines pourcomplimenter
le Cardinal Caraccioly
leur Archevêque,sur sa promotion
au Cardinatar; Son
Eminence leur a fai bien de
l'accueil&lesreçusenhabit
rougé.
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1093
p. 99-101
Extrait d'une Lettre de Mr le Cardinal de la Tremoille, du 8. Février 1716.
Début :
Il paroist qu'on ne peut plus douter icy de la guerre entre l'Empereur [...]
Mots clefs :
Pape, Roi de Sicile, Vaisseaux, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Mr le Cardinal de la Tremoille, du 8. Février 1716.
Extrait d'une Lettre de Mr le
CardinaldelaTremoille,
du8.Février 1716.
Il paroijlqu'on ne peut plut
douter ig de la guerreentre lEmpereur
& la Porte; Çj-r sott que
ïAmbapadeurde ce Princesifoit
oppofi a la MiffiondeM leCar-
JdjinnaallddeessVrVrfrifntsnJs(oil que Sa Sain-
3
fott Sainteténe
doutant plus de cetteguer-
*te,croitfon*vûyâgr à Vienne inutile3
je crois que fin voyage si
bornera deson Atcbtvêchc 4 ROane.
On ne peut point avoir encore
de réponses des infiances que le
Pape afattes auprès des Princes ,
pour avoir des secours des Vaisséaux.
Je ne' vois cependantpas
faire d'autres démarchestpasmême
pour la garde des Cusses
,
ousi
onenfait, cela ne regardeque les
Milices des Pais^,car il ne meparoîtpasqu'on.
fangeà avoir quel-,
CjuesCompagnies debonne Cavalerircjui
feraient neçrjfairtsIpour
empêcher les defientes quise pourvoient
faireimpunémentdans plusieursendroits
del'Etat du Pape
sur tout du cofte du Gose Adriatique.
On fait icy les Comediesà
l'ordinaire. Sa Saintetéaeu ~t~
depeineàjeresoudre a les permettre
i mais elle a creu a lafin ne
devoir pas priver le Public de cette
Jatisfaflion
, ce qui auroit beaucoupoblige
tous les Romains
y
je
n'entendspas dire que cellequ'on
rapporte ait beaucoup d'applauiffiments.
C'cft tout comme
icy.
Les affaires qui font entre cette
Courçy leRoy de Sicile navancent
point. Ce Prince aifait lever
1 les ifcquejlres qui avoient ejlemis
* fiur les biens des Jefuites dans ce
Royaume,
CardinaldelaTremoille,
du8.Février 1716.
Il paroijlqu'on ne peut plut
douter ig de la guerreentre lEmpereur
& la Porte; Çj-r sott que
ïAmbapadeurde ce Princesifoit
oppofi a la MiffiondeM leCar-
JdjinnaallddeessVrVrfrifntsnJs(oil que Sa Sain-
3
fott Sainteténe
doutant plus de cetteguer-
*te,croitfon*vûyâgr à Vienne inutile3
je crois que fin voyage si
bornera deson Atcbtvêchc 4 ROane.
On ne peut point avoir encore
de réponses des infiances que le
Pape afattes auprès des Princes ,
pour avoir des secours des Vaisséaux.
Je ne' vois cependantpas
faire d'autres démarchestpasmême
pour la garde des Cusses
,
ousi
onenfait, cela ne regardeque les
Milices des Pais^,car il ne meparoîtpasqu'on.
fangeà avoir quel-,
CjuesCompagnies debonne Cavalerircjui
feraient neçrjfairtsIpour
empêcher les defientes quise pourvoient
faireimpunémentdans plusieursendroits
del'Etat du Pape
sur tout du cofte du Gose Adriatique.
On fait icy les Comediesà
l'ordinaire. Sa Saintetéaeu ~t~
depeineàjeresoudre a les permettre
i mais elle a creu a lafin ne
devoir pas priver le Public de cette
Jatisfaflion
, ce qui auroit beaucoupoblige
tous les Romains
y
je
n'entendspas dire que cellequ'on
rapporte ait beaucoup d'applauiffiments.
C'cft tout comme
icy.
Les affaires qui font entre cette
Courçy leRoy de Sicile navancent
point. Ce Prince aifait lever
1 les ifcquejlres qui avoient ejlemis
* fiur les biens des Jefuites dans ce
Royaume,
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1094
p. 102-108
De Venise le 8. Février 1716.
Début :
Le Prince Electoral de Baviere arriva icy Lundy au soir, [...]
Mots clefs :
Prince, Vienne, Porte, Ordres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise le 8. Février 1716.
DeVmfe le8.Février1716.
Le Prince Electoral de Bavière
arriva icy Lundy au foir,
il restera icy le Carnaval ,pasfera
de là à Bologne, Lorette,
Rome& Naples) d'où il retournera
à Rome après Pasques
,& de là se rendra à Florence,
où Ion ne croit point
qu'il y ait de difficultéde ceremonial
, parce qu'iln'en observe
aucun, voyageant fous
le nom du Comte de Trannits.
Oi a nommé icy deux
Sages de Terre ferme & deux
Sages des Ordres pour avoir
l'honneur de le complimenter
de la part de la République,&
de le servir pour parler à la
maniere du Répondant le réjour
qu'il fera en cette Ville,
Ce font Messieurs Girmani,
Canal, Justiniani & Pisani.
On attend aussi incessamment,
M. le Prince Electoral
deSa*e:qiii cO: déjàarrivéfut
la Frontiere
, & queuesbus
de ses Gens se trouvent même
déjàici, Samedy le Senat expediaun
Courrier à Vienne,
avec des ordres, àce que l'on
prétend, pour applanir toutes
les d;mcutccz faites par le Conseil
de Vienne au sujet de la
conclusion d'une Ligue contre
les Turcs. Il y a lieu cependant
de douter que l'on donne à ce
Prince une Place de seureté.
Ce même Courrier porte aussi
des ordres à cet Ambassadeur
sur quelques propositions d'accommodement
qui ont esté
faites à la Porte par le Minjistre
de la Cour de Vienne à Constantinople
; mais on dit- que
les demandes des Turcs font si
dures ,que l'on aura peine à
parvenir àcetaccommodement
& ce ne seroit qu'en
cas qu il n'eût point de succes,
que la Ligue se concluraroit.
Cependant quelques dures
que soient ces conditions
de la Porte, il semble que dans
la situation où setrouventces
Mssieurs ci,clles font encore
à préférer pour eux àla continuation
de laGuerre qu'ils sont
ttouteà faitnhors di'étatrde f.oû; M. le Comte de Schutembourg
partit Dimanche dans
la nuit sur un Vaisseau Anglois
pour se rendre à Corfou.
Il passera enfuire en Dalmatie.
Il a esté suivi cette semaine par
un grosConvoy demunitions
& de Troupes qui étoit arrêté
icy depuis cinquante jours par
lesvents contraires Il a même
péri pendant ce tems là un
très grand nombre de ces
Troupes par le grand froid &
par lamisere ; & quelques-uns
Ce trouvantrebutez Õéja& las
du service de Venise avoient
fait une espece de conjuration
contre leurs Officiers ;mais les
principaux Auteurs de ctte
sédition ontesté pris & châriez.
r)
Cependant on a bien de la
peine àlever des Soldats,& de
4. à500. hommes Allemands
qu'un Colonel envoyoit ici, il
n'en estoit arrivé que 18.le reste
ayant deserté en chemin
,
& même fort maltraité les
Officiers qui vouloient les
en empêcher.
M. Foscariny de Cariminy
a acheté une des Dignitez de
Procurateurs de S. Mare mises
envente; £4demain cette affaire
doit paflec dans le
Grand Conseil.
L'on a tié cette semaine la
Loterie établie l'année. derniere
de500. mille ducats.
Il y a si peu de concours q..e
l'on n'a pû faire que quatre
Lors de 300. ducatschacun.
C'est en tout 3600. ducats.
Le Prince Electoral de Bavière
arriva icy Lundy au foir,
il restera icy le Carnaval ,pasfera
de là à Bologne, Lorette,
Rome& Naples) d'où il retournera
à Rome après Pasques
,& de là se rendra à Florence,
où Ion ne croit point
qu'il y ait de difficultéde ceremonial
, parce qu'iln'en observe
aucun, voyageant fous
le nom du Comte de Trannits.
Oi a nommé icy deux
Sages de Terre ferme & deux
Sages des Ordres pour avoir
l'honneur de le complimenter
de la part de la République,&
de le servir pour parler à la
maniere du Répondant le réjour
qu'il fera en cette Ville,
Ce font Messieurs Girmani,
Canal, Justiniani & Pisani.
On attend aussi incessamment,
M. le Prince Electoral
deSa*e:qiii cO: déjàarrivéfut
la Frontiere
, & queuesbus
de ses Gens se trouvent même
déjàici, Samedy le Senat expediaun
Courrier à Vienne,
avec des ordres, àce que l'on
prétend, pour applanir toutes
les d;mcutccz faites par le Conseil
de Vienne au sujet de la
conclusion d'une Ligue contre
les Turcs. Il y a lieu cependant
de douter que l'on donne à ce
Prince une Place de seureté.
Ce même Courrier porte aussi
des ordres à cet Ambassadeur
sur quelques propositions d'accommodement
qui ont esté
faites à la Porte par le Minjistre
de la Cour de Vienne à Constantinople
; mais on dit- que
les demandes des Turcs font si
dures ,que l'on aura peine à
parvenir àcetaccommodement
& ce ne seroit qu'en
cas qu il n'eût point de succes,
que la Ligue se concluraroit.
Cependant quelques dures
que soient ces conditions
de la Porte, il semble que dans
la situation où setrouventces
Mssieurs ci,clles font encore
à préférer pour eux àla continuation
de laGuerre qu'ils sont
ttouteà faitnhors di'étatrde f.oû; M. le Comte de Schutembourg
partit Dimanche dans
la nuit sur un Vaisseau Anglois
pour se rendre à Corfou.
Il passera enfuire en Dalmatie.
Il a esté suivi cette semaine par
un grosConvoy demunitions
& de Troupes qui étoit arrêté
icy depuis cinquante jours par
lesvents contraires Il a même
péri pendant ce tems là un
très grand nombre de ces
Troupes par le grand froid &
par lamisere ; & quelques-uns
Ce trouvantrebutez Õéja& las
du service de Venise avoient
fait une espece de conjuration
contre leurs Officiers ;mais les
principaux Auteurs de ctte
sédition ontesté pris & châriez.
r)
Cependant on a bien de la
peine àlever des Soldats,& de
4. à500. hommes Allemands
qu'un Colonel envoyoit ici, il
n'en estoit arrivé que 18.le reste
ayant deserté en chemin
,
& même fort maltraité les
Officiers qui vouloient les
en empêcher.
M. Foscariny de Cariminy
a acheté une des Dignitez de
Procurateurs de S. Mare mises
envente; £4demain cette affaire
doit paflec dans le
Grand Conseil.
L'on a tié cette semaine la
Loterie établie l'année. derniere
de500. mille ducats.
Il y a si peu de concours q..e
l'on n'a pû faire que quatre
Lors de 300. ducatschacun.
C'est en tout 3600. ducats.
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1095
p. 108-114
De Rome le 15. Février 1716.
Début :
Les Cardinaux de la derniere promotion s'empressent à l'envi [...]
Mots clefs :
Cardinal, Cardinaux, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome le 15. Février 1716.
De Rome le iy Février 1716.
Les Cardinaux de la demiere
promotion s'empressent à
l'envi de faire de riches presents
au Pape; le Cardinal -
Scotti,Gouverneur de Rome
luya envoyéun grand Lnftrç
de cristal de roche &une Relique
de S. Charlesenchassee richement
& garnie de pierres
précieu Ces)il y a entre autres
ungros diamant au milieu de
la Chasse.
Jeudy on fit ies obfcques
du Roy Louis XIV. à S. Jean
de Latran, les Cardinaux de
la Tremoüille Gualteno
,
&
&Oaobont y assistèrent. L'O.
raison funt bré sur prononcée
par unJesuite; le General des
Dominicains fit faire aussi les
obseques de Sa Mijcfté
,
dans
l'Eglise de la Minerve
,
& ce
sur luyqui chanta la McflTe.
Vendredi de la semaine palfée
le Cardinal.Orfini arriva,
en cette Villeaccompagné du
Cardinal Albani,qui,par ordre
de Sa Sainteté
,
étoit allé audevant
4c luy
,
il le quitta à
Sainte Marie Majeure ,
après
quoy il prit la poste pour aïkr à
Soriano
,
où il passeralecarnaval.
Quant auCardioalOrsini,il
demeura une grosse heure ca
priere dans la Chapelle de la
Vierge de Sainte Marie Majeure,
de là ilfut àl'Egliseneuve;
où il resta encore longtemps
en Oraisondans laChapellede
S. Philippes de Neri; ensuire
il fut chez le Cardinal Marescottjde-)
à:uPabiArtrj.,voir
lavieillePrincessedecenorn^
après ces visites il se retira au
Convent de la Minerve, il y
trouva les Cardinaux Ferrari,
Altien&Vallemuni
)
dont Il
ne voulue point recevoir les
compliments qu'il n'eût vu
auparavant le Pere General.
Mardy dctnicr le Marquis
Camille mouruten cetre Ville
d'apoplexie, L'Abbé Montes,
Espagnolquia fait des écrits
pour soûtenir les dioitsduS.
Siege contre les prétentions de
k Courd'Espagne
,
&qnien
recompenseacûunCanonicat
de S. Jean de LatranViirnc
d'estre déclaré par Sa Sainteté
Archevêque de Seleucièinpartibus,
titrequ'avottleCardinal
Patriffi avant sa promotion
Outre cela le Papea fait prc*
sent audit Abbé Montes d'un
de ses rochers
,
d'une chap,
& d'une bague.
Le Pape a fait entendre au
Marquis Bichi, neveu du Cardinal
de ce nom, que s'il ne retourne
avec la Marquise Lanci
sa femme
,
ille fera mettrean
Château S Ange ; cet ordre
esté signifié réciproquement à
l'Epouse fous peine d'excommunication
en cas de d'tfobéïG riance.,
Tous les effers du Comte
Ordaschi,Ecuyerdel'Ambak
fadeurde Venise,ont estéinventoriez
ventoriez&saisis par laJustice,
pour raison du mauvaistraitement
dont on a parlé dans les
avis precedencs. L'Eglise qui
avoit i:fté foüillée du sang des
SEbirrves,aceqstéurebecnie.p.ar un
Le Saint Pere a fait augmenter
jusques à 100.xhevaux
laCompagnie des Cuiraiffers
de sa garde; elle doit
,
partir -
pour Apcone vers le commen-
*
cernent du mois prochain.
Dans la derniereCongrégation
Militaire il a esté résolu
de faire monter à cheval
-
les
Milices des Provinces de la -
Marche & de la Romagne
pour estre distribuées sur les
Plages desdites Provinces.
Le CardinalOrsinieue audiance
du Pape Dimanche dernier.
Sa Sainteté luya envoyé
un present de comestible.
Le Carnaval qui dévoie commenceraujourd'huy
en cette
Ville,ne sefait point cectc année
à l'ordinaire
,
lambassadeur
de l'Empercur n'ayant pas
voulu permettre quela Cavalcade
des Tribunaux,qui sefait
encette occasion,passât devant
son Palais, à cause de laSbirrerie
qui la fuit, asosi le Pape
a deffendu les Masques..
Les Cardinaux de la demiere
promotion s'empressent à
l'envi de faire de riches presents
au Pape; le Cardinal -
Scotti,Gouverneur de Rome
luya envoyéun grand Lnftrç
de cristal de roche &une Relique
de S. Charlesenchassee richement
& garnie de pierres
précieu Ces)il y a entre autres
ungros diamant au milieu de
la Chasse.
Jeudy on fit ies obfcques
du Roy Louis XIV. à S. Jean
de Latran, les Cardinaux de
la Tremoüille Gualteno
,
&
&Oaobont y assistèrent. L'O.
raison funt bré sur prononcée
par unJesuite; le General des
Dominicains fit faire aussi les
obseques de Sa Mijcfté
,
dans
l'Eglise de la Minerve
,
& ce
sur luyqui chanta la McflTe.
Vendredi de la semaine palfée
le Cardinal.Orfini arriva,
en cette Villeaccompagné du
Cardinal Albani,qui,par ordre
de Sa Sainteté
,
étoit allé audevant
4c luy
,
il le quitta à
Sainte Marie Majeure ,
après
quoy il prit la poste pour aïkr à
Soriano
,
où il passeralecarnaval.
Quant auCardioalOrsini,il
demeura une grosse heure ca
priere dans la Chapelle de la
Vierge de Sainte Marie Majeure,
de là ilfut àl'Egliseneuve;
où il resta encore longtemps
en Oraisondans laChapellede
S. Philippes de Neri; ensuire
il fut chez le Cardinal Marescottjde-)
à:uPabiArtrj.,voir
lavieillePrincessedecenorn^
après ces visites il se retira au
Convent de la Minerve, il y
trouva les Cardinaux Ferrari,
Altien&Vallemuni
)
dont Il
ne voulue point recevoir les
compliments qu'il n'eût vu
auparavant le Pere General.
Mardy dctnicr le Marquis
Camille mouruten cetre Ville
d'apoplexie, L'Abbé Montes,
Espagnolquia fait des écrits
pour soûtenir les dioitsduS.
Siege contre les prétentions de
k Courd'Espagne
,
&qnien
recompenseacûunCanonicat
de S. Jean de LatranViirnc
d'estre déclaré par Sa Sainteté
Archevêque de Seleucièinpartibus,
titrequ'avottleCardinal
Patriffi avant sa promotion
Outre cela le Papea fait prc*
sent audit Abbé Montes d'un
de ses rochers
,
d'une chap,
& d'une bague.
Le Pape a fait entendre au
Marquis Bichi, neveu du Cardinal
de ce nom, que s'il ne retourne
avec la Marquise Lanci
sa femme
,
ille fera mettrean
Château S Ange ; cet ordre
esté signifié réciproquement à
l'Epouse fous peine d'excommunication
en cas de d'tfobéïG riance.,
Tous les effers du Comte
Ordaschi,Ecuyerdel'Ambak
fadeurde Venise,ont estéinventoriez
ventoriez&saisis par laJustice,
pour raison du mauvaistraitement
dont on a parlé dans les
avis precedencs. L'Eglise qui
avoit i:fté foüillée du sang des
SEbirrves,aceqstéurebecnie.p.ar un
Le Saint Pere a fait augmenter
jusques à 100.xhevaux
laCompagnie des Cuiraiffers
de sa garde; elle doit
,
partir -
pour Apcone vers le commen-
*
cernent du mois prochain.
Dans la derniereCongrégation
Militaire il a esté résolu
de faire monter à cheval
-
les
Milices des Provinces de la -
Marche & de la Romagne
pour estre distribuées sur les
Plages desdites Provinces.
Le CardinalOrsinieue audiance
du Pape Dimanche dernier.
Sa Sainteté luya envoyé
un present de comestible.
Le Carnaval qui dévoie commenceraujourd'huy
en cette
Ville,ne sefait point cectc année
à l'ordinaire
,
lambassadeur
de l'Empercur n'ayant pas
voulu permettre quela Cavalcade
des Tribunaux,qui sefait
encette occasion,passât devant
son Palais, à cause de laSbirrerie
qui la fuit, asosi le Pape
a deffendu les Masques..
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1096
p. 115-116
Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoille, du 15. Février 1716.
Début :
On continuë à compter ici sur la Guerre entre l'Empereur & la [...]
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoille, du 15. Février 1716.
Extrait d'une Lettre du Cardinal
de la Tremoillc,
1.
du15.Février17I6.
On continue à compter ici sur
la Guerre-entrelempereur &la
Porte par les préparatifs qui se
font àpaïenne.Cependantle Refirent
de ce Prince ejiencore à Con..
fiantinople.
Sa Soinuté ajugé a propos de
rrtraneher iey la plusgrande par.
tie du Carnaval yen retranchant
les Masqua;on ItttribuëaussicelA
aquelques incidentsquipourroient
arriverauonefikicnaifed'éviter..
M. Morosini si donne ici beaucoup
de mmvtmmt & avec rAi.
fin
j car le temps de l'ouverture
de la Campagne s'approche infcn.
jib/tmflnt e les Turcs enjIeK de
leur viBoire ne s'endorment pas.
de la Tremoillc,
1.
du15.Février17I6.
On continue à compter ici sur
la Guerre-entrelempereur &la
Porte par les préparatifs qui se
font àpaïenne.Cependantle Refirent
de ce Prince ejiencore à Con..
fiantinople.
Sa Soinuté ajugé a propos de
rrtraneher iey la plusgrande par.
tie du Carnaval yen retranchant
les Masqua;on ItttribuëaussicelA
aquelques incidentsquipourroient
arriverauonefikicnaifed'éviter..
M. Morosini si donne ici beaucoup
de mmvtmmt & avec rAi.
fin
j car le temps de l'ouverture
de la Campagne s'approche infcn.
jib/tmflnt e les Turcs enjIeK de
leur viBoire ne s'endorment pas.
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1097
p. 116-121
De Venise le 14. Février 1716.
Début :
M. le General Delphin a écrit une longue Lettre au [...]
Mots clefs :
Général, Troupes, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise le 14. Février 1716.
De Venistle 14. Février 17IC.
M. le General Delphip a
écrit une longue Lettre au
Sénat pour l'informer de la
sïtuacion ou se trouvoicnc
les affaires de la Guerre dans le
Levant, & pour demander que
l'on y envoyé promptemenc
des secours & des munitions
de Guerre) & principalement
des vivres dont onmanquoic
à Corfou. Il ne sçavoit pas
encore qui devoir efhe. son
SuccefleuriM le General Emo
a aufliécrit de Dalmarie& demande
pareillement toutes
sortes de secours. Il a joûte que
les Turcsavoient profité de la
gelée, pour passer lesMontagnes
du Prolaco, qu'ilsavoient
fait une course dans la Dalmatie1,
où ils avoient cau seune
grande terreur ,
& qu'ils
avoient emmenez un grand
nombre de personnes cnefclavage.
Ce General s'etf rendu
à Spalacro pour recevoir le
Convoy, parti dernicrcment;
chargé de quelques Troupes
& de munitions.
Le Senat a ordonné que ceux
des Officiers généraux qui ont
servy la derniere Campagne ,:
&qui ont esté rappeliez,eussent
à se consticuer dans les
prisons pour rendre compte
de leur conduire;M. le General
Delphin n'est point excepté
de¡ cette règle ; les Inquisiteurs
pour s'informer de ce qur
s'est parte pendant cette Campagne,
examinent& interrovi
genttresexactement tous les
Particuliers qui arrivent du
Levant, tant sur ce qu'ils ont
vu,queluice qu'ils ont entendu
dire, mais tous ces interrogatoires
n'aboutiront à rien.
Le Patron d'une Marfilianc
chargée de Troupes
,
lequel
estoit parti avec le Convoy
qui fit voile de Venise la femaine
passée,aefté obligé par
ces mêmes Troupes de les porter
à Trieste où elles sont arrivées.
Les Soldats se font revoltez
contre leurs Officiers
les ont tuez, &refusent de servir.
Il arrive très souvent de
Semblablesémeutes, qui proviennent
autant dela faute des'
Officiers qui veulent profiter
sur les Soldats, que dela ré--
pugnance que ceux. cy ont à
servir. -,
Il est aussï arrivé un autre
malheur dont on aesté confirmé
cerre semaine
: un Vaisseau
qui venoit de Hollande chargé
de poudre, de salpêtre
, &
d'aurres choses fénlblblcs;
pour le compte de la Republique,
cil péry sans que l'on
aye pu rien sauver.
La Republique a fait demander
la permissîon de lever des
Chevaliers de S. Lazare pour
estre
estre à son service. Ils auront
la gauche des Chevaliers de
Malthe; on ne sçait pas encore
quelle réponfc on leur fera.
M. le General Delphip a
écrit une longue Lettre au
Sénat pour l'informer de la
sïtuacion ou se trouvoicnc
les affaires de la Guerre dans le
Levant, & pour demander que
l'on y envoyé promptemenc
des secours & des munitions
de Guerre) & principalement
des vivres dont onmanquoic
à Corfou. Il ne sçavoit pas
encore qui devoir efhe. son
SuccefleuriM le General Emo
a aufliécrit de Dalmarie& demande
pareillement toutes
sortes de secours. Il a joûte que
les Turcsavoient profité de la
gelée, pour passer lesMontagnes
du Prolaco, qu'ilsavoient
fait une course dans la Dalmatie1,
où ils avoient cau seune
grande terreur ,
& qu'ils
avoient emmenez un grand
nombre de personnes cnefclavage.
Ce General s'etf rendu
à Spalacro pour recevoir le
Convoy, parti dernicrcment;
chargé de quelques Troupes
& de munitions.
Le Senat a ordonné que ceux
des Officiers généraux qui ont
servy la derniere Campagne ,:
&qui ont esté rappeliez,eussent
à se consticuer dans les
prisons pour rendre compte
de leur conduire;M. le General
Delphin n'est point excepté
de¡ cette règle ; les Inquisiteurs
pour s'informer de ce qur
s'est parte pendant cette Campagne,
examinent& interrovi
genttresexactement tous les
Particuliers qui arrivent du
Levant, tant sur ce qu'ils ont
vu,queluice qu'ils ont entendu
dire, mais tous ces interrogatoires
n'aboutiront à rien.
Le Patron d'une Marfilianc
chargée de Troupes
,
lequel
estoit parti avec le Convoy
qui fit voile de Venise la femaine
passée,aefté obligé par
ces mêmes Troupes de les porter
à Trieste où elles sont arrivées.
Les Soldats se font revoltez
contre leurs Officiers
les ont tuez, &refusent de servir.
Il arrive très souvent de
Semblablesémeutes, qui proviennent
autant dela faute des'
Officiers qui veulent profiter
sur les Soldats, que dela ré--
pugnance que ceux. cy ont à
servir. -,
Il est aussï arrivé un autre
malheur dont on aesté confirmé
cerre semaine
: un Vaisseau
qui venoit de Hollande chargé
de poudre, de salpêtre
, &
d'aurres choses fénlblblcs;
pour le compte de la Republique,
cil péry sans que l'on
aye pu rien sauver.
La Republique a fait demander
la permissîon de lever des
Chevaliers de S. Lazare pour
estre
estre à son service. Ils auront
la gauche des Chevaliers de
Malthe; on ne sçait pas encore
quelle réponfc on leur fera.
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1098
p. 121-122
De Turin.
Début :
On mande de Turin du 15. du passé, que les preparatifs [...]
Mots clefs :
Troupes, Sicile
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Turin.
De Turin.
On mandede Turindu ij.
du pasle, que les preparatifs
que l'on fait en ce Pays-là,&
dans tout le Piémont
e
donnoient
lieu de croire qu'on
estoit à la veillé d'une grande
Guerre, car outre les recrues
qu'on faisoit
, on didtribuoit
des commissions pour de nouvelleslevées,&
des Ingenieurs
font partis pour aller munir&
fortifierles Places dti..M,Qne';'
Ferrat, donc l'Empereur prétend
se mettre en possession,
&en cas qu'il attaque ce Pays,
le Roy de Sicile prendra à sa
solde 10000. hommes des
Troupes de France,& on ne
parle plus d'envoyer des Troupes
Plémontoises en Sicile.
On mandede Turindu ij.
du pasle, que les preparatifs
que l'on fait en ce Pays-là,&
dans tout le Piémont
e
donnoient
lieu de croire qu'on
estoit à la veillé d'une grande
Guerre, car outre les recrues
qu'on faisoit
, on didtribuoit
des commissions pour de nouvelleslevées,&
des Ingenieurs
font partis pour aller munir&
fortifierles Places dti..M,Qne';'
Ferrat, donc l'Empereur prétend
se mettre en possession,
&en cas qu'il attaque ce Pays,
le Roy de Sicile prendra à sa
solde 10000. hommes des
Troupes de France,& on ne
parle plus d'envoyer des Troupes
Plémontoises en Sicile.
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1099
p. 122-140
De Cadix, le premier Mars. DESCRIPTION de la Pompe Funebre de Loüis XIV.
Début :
Le sieur Robin, chargé des affaires du Consulat de la Nation [...]
Mots clefs :
Louis XIV, Pompe funèbre, Couronne de laurier, Roi, Pieds, Charge, Fleurs, Hercule, Monarque, Pompe funèbre de Louis XIV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Cadix, le premier Mars. DESCRIPTION de la Pompe Funebre de Loüis XIV.
DDeCe aCJ~ixdi,le*'pleremier.Matsi
DESCRIPTION4 i
de la PomPt Funebre
deLamXIV. r
Le sieur Robin, chargé des
affaires du Coniulac de la Nation
Françoise
,
& les autres
Negocians François establis à
Cadix ,ont fait leurs efforts
pour rendre,à la mémoire de
Loüis le Grandles honneurs
qui luy font deus. '': r.
Ils ont fait ériger un va(le
Maufoléc dans le grand vaisseau
de l'Eglise de S. François
decetteVille. Il paroissoitêtre
d'un beau marbreazur&blanc
doré dans tous ses ornemenrs.
Il estoit de cinquante-un pied
de haut, survingt-quatre de
base.
Quatre pieds d'estaux terminoient
les quatre angles d'un
grand socle & portoient chacun
une pyramide chargée de
flambeaux, seméed'unegrosse
fleur-de lys dorée;douze grandes
colomnes,le tiers avec un
demy relief doré & disposées
de trois en trois sur les angles
du socle, supportoient un entablement
quarré enrichi d'une
belle corniche char gée dans
ses quatre faces des Armes de
France en gros relief avec une
riche Couronne. De Itenrablcment
s'élevoit un grand dôme
octogone accompagnéde quatre
grandes Statuës qui tc-j
:
noient une Couronne, un Sceptre
,une Epée, uneBalance
, dorées;quatreAnges l'encensoir
à la main,& quatre grandes
urnes doréts occupoient
huit vuides du dôme;il étoit
terminé par une Mort qui paroissoit
avoir arraché plusieurs
tiges de fleurs de-lys d'une
plante ,excepté une, avec ces
mots:PluTlbus avulsis non d(ftcil
alter; & aux pieds de laMort
estoit un trophée d'armes. &
d'étendarts qu'elle souloit. Enfin
entre les douze colomnes
ont découvroit sous un pavillond'un
riche damas noir ouvert
par quatre endroits, un
magnifique cercuëil couvert
d'un tapis de velours noir en
broderie d'or. Deuxcarreaux
de même estoient posez sur le
devant chargez d'une Main de
Justice & d'un Sceptre doré
passez en fauroir & d'une riche
Couronne. Les quatre faces
estoient semées de fleurs-de-lys
& la premiereestoit occupée
par un grand Ecu de Franceen
gros relief doré avec la Couronne
demême; quatre pyramides
garnies de flambeaux
éclairoient le cercuëil & le desfous
de l'entablement.Tous
lesbords dusocle & des coraidhes,
les pyramides, tout le
dessus du dôme estoient couverts
de cire blanche, tous les
Autels&tout le contour du
dedans de l'Eglise en ettotenc
également chargez.
- On a osé entreprendre de
ttoceraux yeux duPublic quelques
traits de la vie dece Monarque
aussi respectable par sa
pieté éclatante envers Dieu,
qu'il sur grand devant les hommes
par ses actions inoüies.
Les soubassements du Mausoiée
representoient douze
grandes faces.
La première representoit le
Roy mettant la Couronnesur
la teste de deux Princes de son
Sang, l'un grand,& l'autreencore
Enfant, avec ces paroles t
Secundam Cm tertiam coronavit
generationem; & une Renommée
qui mettoit au Royune
Couronnede lauriers, avec ces
paroles:Fatis vita cejjit9sed[d;"
tnâ gesta manebunt. :
La seconde representoit la
Mort qui renverfoic aux pieds
du Roy plusieurs jeunes Princes,
avec ces paroles qui marquoienr
la confiance du Prophere
Job: Fihos dederat mihi
Domious, DominusMnlit*
;
La troisiéme representoit
un Soleil éteint surla fin de sa
cour se,&une grande Etoile
naissante vers ~l'Ouent, avec ces
paroles: Minor )fd non eriL
tmpar.
La quatriéme representoit
une Couronne,contre laquelle
plusieursmainstiroient de toutes
parts des flêches, avec ces
paroles: Mille, ad illamautem
nulla appropinquavit.
La cinquiéme representoit
un Phoenix qui se brûloit sur
un bucher, & un autre jeune
Phoenixau- dessusnaissantd'une
nuë,avec ces paroles:IA
dlterorevivifeam:
•*; JJ,:
La sixiéme representoitun
Hercule qui scioituneMontagne,
avecces paroles:Milta.
planos fecit.- - 1
La septiéme representoit
encore un Hercule, & d'un
côté deux Combattants,qui
aprés avoir jeetez leurs cpecs
en l'airs'embrassoient; de l'autre
deux Lyons affrontez chacun
avec un mord à la bouche
avec cesparoles:Cuello,solus
quifroenum posuit. - La neuviéme representoit
lesneuf Muses qui pleuroient
autour du Roy étendu &cou..
ronné de lauriers,avec ces pa.,
roles: MUftt! nosterobiit j4polio.
La dixiémerepresentoit un
Berger melancolique gardant
un grand Troupeau, avec ces
paroles:Fletemcoe Lodoicum extinctumflet?
cAffclloe.
-': La onziéme representoit
un. grand Aigle qui prenoit
l'effort vers l'Orient ,portant
un Livre des Evangiles à son
bec, accompagné d'une foule
d'Aiglons;&un autre de mèr
me qui voloit vers le Couchant,
avec ces paroles:Ab
gOrieentleiaud omccasum. misit Evan- tn t Evan.
La douzièmerepresentoit la
Mortqui retwerfon d'un seul
pied une grande Tour & une
Chaumicre :Æquopedepulsat
paupemm tabernas
,
RrgumfJ!lt
turres.,Í -
Toute l'Egliseestoittapisfée
de noir, &de part & dautre
les Tapisseries furent ornées
de douze grands Tableaux.
Le premier representoit le
Roy donnant la main au Roy
& à la Reine de la Grande Bretagne,
accompagnez duPrince
& de la Princesse de Galles, &
achevants de descendre d'un
Navire, avec ces paroles: Reges
Regno Patriaque passospif*
cepit befpitio.
Le second representoit le
Buste du Roy avec un Trident
au dessous , présidant à la
jonction de l'Océan & de la
Mer Méditerranée, qui après
avoir nv.fle leurs caux, alloient
arroser un grand Globe, avec
ces paroles: Nomenejus currit
sicunt unda per orbem.
Le troisiéme representoit
le Roy cuirasse, qui d'une main
ébranloit un arbre chargé de
Pommes d'or
, autour de
l'ar brc estoient representez
ks beaux Arts sous la figure
deFemmes qui travailloient à
divers ouvrages; une Renom.
mée mettant une Couronne de
lauriers sur la celle du Roy,
avec ces paroles: Non minus
ac armis,artibus astra petit.
, Le quatriéme representoit
un Hercule,assommant avec
sa massuël'Hydreà sept tcfics,
avec ces paroles: Hoerejim ex-
ItrpaVtt è regno.
Le cinquiéme representoit
lesAmb)(fadeursdeSiam&de
Pet se,offrant leurs Prcfcns au
Roy sur son Trosne,avec ces
paroles: Ab Oriente venerunt
ut 'tJidtret gloâam ejns*
"i Le sixtémerepresentoit le
Roy à l'entrée du College des
quatre Nations, & un grand
Trophée d'armes à sespieds,
avec ces paroles Puguuuit ut
David, adtficaitit utSalomon. ,,..
Le septiéme representoit le
Roy à costé de tHoRet des
Invalidesn & une Compagnie
d'Officiers qui y entroit, avec
ces paroles: Invalidisquoesivit solatium.
Le huitiéme representoit
une Foy voilée, couronnant
le Roy étendu à sespieds,avec
ces paroles: Vere meus hic sir
lius IrAt.
Le neuviéme representoit
le Roy tenant entre ses mains
nostre,jeune.Monarque qu'il
estroit à Dieu à l'entrée d'un
Tabernacle, avec ces paroles:
Unum.petit 4 Domino., ut si
fortis in fide pArentum» !
- Le dixiéme representoie
l'Espagne sous la figure d'une
Femme, donnant la main à la
France fous lafigure d'une
jeune Fille affligée, avec ces paroles:
Soron non deficiam.
Le onziéme representoit un
grandVafc chargé deFleursde
Lysflêtries & abattues
toutes autour du Vase, exceptc
cepté deux qui s'élevoient au
milieu, une passant au travers
d'une Couronne de France,
& l'autre au travers d'une
Couronne d'Espagne ;.'-un
Ange les arrofoit avec l'huile
de la Sainte Ampoule , avec
ces paroles: Darabunt in fudlvitatem
odoris.
Le douziéme representoit
un Phaëton couronné -de
France ,porté dans le Char
du Soleil semé de Fleurs-dc-
Lys; une nouvelle Etoile d'un
grand éclat luy marquait la
route qu'il devoit tenir, avec
ces paroles; Auredia. Régente
luce a via non aberrabo.
1 Le Chapitre de laCathédrale
vint chanter une grande
Mené en Musique; toutes les
Communautez Religieuses y
vinrent à leur tout, ensuite
les Prestres de l'Ordre de S.
François occuperent tous les
Autels de l'Egliseen unmême
temps, & le Service se commença
au bruit des cloches de
toutes les Eglises de la Ville
qui avoient déjàsonné dés la
veille pendant l'Office des
Morts qui fut chanté. L'Oraison
funèbre fut prononcée
enEspagnol:MleGouverneur,
le Chapitre, les Prélats des Ordres
Religieux & toute la Noblesse:
honorercnt cette Pompe
funebre de leur presences
Ce
-
furent là les marques
extérieuresd'une douleur trésintimede
la Nation Françoise,
qui pour estreéloignée de sa
Patile,n'enaestéqueplusvivemencamigeelEMe
puise toute
sa consolation dans le bonheur
de voir la précieufc vie du
Monarque que le Ciel luy a
reservé, entre les mains de
Spn Altesse Royale Monfeigneur
le Duc d'Orléans,dont
l'habileté
,
la prévoyance ÔC
le génie superieurreconnus de
tout l'Univers, sont desassurances
certaines que son regne
ne fera pas moins formidable,
heureux & glorieux que l'a
cfié. celuy du Grand Roy que
nous venons de perdre.
DESCRIPTION4 i
de la PomPt Funebre
deLamXIV. r
Le sieur Robin, chargé des
affaires du Coniulac de la Nation
Françoise
,
& les autres
Negocians François establis à
Cadix ,ont fait leurs efforts
pour rendre,à la mémoire de
Loüis le Grandles honneurs
qui luy font deus. '': r.
Ils ont fait ériger un va(le
Maufoléc dans le grand vaisseau
de l'Eglise de S. François
decetteVille. Il paroissoitêtre
d'un beau marbreazur&blanc
doré dans tous ses ornemenrs.
Il estoit de cinquante-un pied
de haut, survingt-quatre de
base.
Quatre pieds d'estaux terminoient
les quatre angles d'un
grand socle & portoient chacun
une pyramide chargée de
flambeaux, seméed'unegrosse
fleur-de lys dorée;douze grandes
colomnes,le tiers avec un
demy relief doré & disposées
de trois en trois sur les angles
du socle, supportoient un entablement
quarré enrichi d'une
belle corniche char gée dans
ses quatre faces des Armes de
France en gros relief avec une
riche Couronne. De Itenrablcment
s'élevoit un grand dôme
octogone accompagnéde quatre
grandes Statuës qui tc-j
:
noient une Couronne, un Sceptre
,une Epée, uneBalance
, dorées;quatreAnges l'encensoir
à la main,& quatre grandes
urnes doréts occupoient
huit vuides du dôme;il étoit
terminé par une Mort qui paroissoit
avoir arraché plusieurs
tiges de fleurs de-lys d'une
plante ,excepté une, avec ces
mots:PluTlbus avulsis non d(ftcil
alter; & aux pieds de laMort
estoit un trophée d'armes. &
d'étendarts qu'elle souloit. Enfin
entre les douze colomnes
ont découvroit sous un pavillond'un
riche damas noir ouvert
par quatre endroits, un
magnifique cercuëil couvert
d'un tapis de velours noir en
broderie d'or. Deuxcarreaux
de même estoient posez sur le
devant chargez d'une Main de
Justice & d'un Sceptre doré
passez en fauroir & d'une riche
Couronne. Les quatre faces
estoient semées de fleurs-de-lys
& la premiereestoit occupée
par un grand Ecu de Franceen
gros relief doré avec la Couronne
demême; quatre pyramides
garnies de flambeaux
éclairoient le cercuëil & le desfous
de l'entablement.Tous
lesbords dusocle & des coraidhes,
les pyramides, tout le
dessus du dôme estoient couverts
de cire blanche, tous les
Autels&tout le contour du
dedans de l'Eglise en ettotenc
également chargez.
- On a osé entreprendre de
ttoceraux yeux duPublic quelques
traits de la vie dece Monarque
aussi respectable par sa
pieté éclatante envers Dieu,
qu'il sur grand devant les hommes
par ses actions inoüies.
Les soubassements du Mausoiée
representoient douze
grandes faces.
La première representoit le
Roy mettant la Couronnesur
la teste de deux Princes de son
Sang, l'un grand,& l'autreencore
Enfant, avec ces paroles t
Secundam Cm tertiam coronavit
generationem; & une Renommée
qui mettoit au Royune
Couronnede lauriers, avec ces
paroles:Fatis vita cejjit9sed[d;"
tnâ gesta manebunt. :
La seconde representoit la
Mort qui renverfoic aux pieds
du Roy plusieurs jeunes Princes,
avec ces paroles qui marquoienr
la confiance du Prophere
Job: Fihos dederat mihi
Domious, DominusMnlit*
;
La troisiéme representoit
un Soleil éteint surla fin de sa
cour se,&une grande Etoile
naissante vers ~l'Ouent, avec ces
paroles: Minor )fd non eriL
tmpar.
La quatriéme representoit
une Couronne,contre laquelle
plusieursmainstiroient de toutes
parts des flêches, avec ces
paroles: Mille, ad illamautem
nulla appropinquavit.
La cinquiéme representoit
un Phoenix qui se brûloit sur
un bucher, & un autre jeune
Phoenixau- dessusnaissantd'une
nuë,avec ces paroles:IA
dlterorevivifeam:
•*; JJ,:
La sixiéme representoitun
Hercule qui scioituneMontagne,
avecces paroles:Milta.
planos fecit.- - 1
La septiéme representoit
encore un Hercule, & d'un
côté deux Combattants,qui
aprés avoir jeetez leurs cpecs
en l'airs'embrassoient; de l'autre
deux Lyons affrontez chacun
avec un mord à la bouche
avec cesparoles:Cuello,solus
quifroenum posuit. - La neuviéme representoit
lesneuf Muses qui pleuroient
autour du Roy étendu &cou..
ronné de lauriers,avec ces pa.,
roles: MUftt! nosterobiit j4polio.
La dixiémerepresentoit un
Berger melancolique gardant
un grand Troupeau, avec ces
paroles:Fletemcoe Lodoicum extinctumflet?
cAffclloe.
-': La onziéme representoit
un. grand Aigle qui prenoit
l'effort vers l'Orient ,portant
un Livre des Evangiles à son
bec, accompagné d'une foule
d'Aiglons;&un autre de mèr
me qui voloit vers le Couchant,
avec ces paroles:Ab
gOrieentleiaud omccasum. misit Evan- tn t Evan.
La douzièmerepresentoit la
Mortqui retwerfon d'un seul
pied une grande Tour & une
Chaumicre :Æquopedepulsat
paupemm tabernas
,
RrgumfJ!lt
turres.,Í -
Toute l'Egliseestoittapisfée
de noir, &de part & dautre
les Tapisseries furent ornées
de douze grands Tableaux.
Le premier representoit le
Roy donnant la main au Roy
& à la Reine de la Grande Bretagne,
accompagnez duPrince
& de la Princesse de Galles, &
achevants de descendre d'un
Navire, avec ces paroles: Reges
Regno Patriaque passospif*
cepit befpitio.
Le second representoit le
Buste du Roy avec un Trident
au dessous , présidant à la
jonction de l'Océan & de la
Mer Méditerranée, qui après
avoir nv.fle leurs caux, alloient
arroser un grand Globe, avec
ces paroles: Nomenejus currit
sicunt unda per orbem.
Le troisiéme representoit
le Roy cuirasse, qui d'une main
ébranloit un arbre chargé de
Pommes d'or
, autour de
l'ar brc estoient representez
ks beaux Arts sous la figure
deFemmes qui travailloient à
divers ouvrages; une Renom.
mée mettant une Couronne de
lauriers sur la celle du Roy,
avec ces paroles: Non minus
ac armis,artibus astra petit.
, Le quatriéme representoit
un Hercule,assommant avec
sa massuël'Hydreà sept tcfics,
avec ces paroles: Hoerejim ex-
ItrpaVtt è regno.
Le cinquiéme representoit
lesAmb)(fadeursdeSiam&de
Pet se,offrant leurs Prcfcns au
Roy sur son Trosne,avec ces
paroles: Ab Oriente venerunt
ut 'tJidtret gloâam ejns*
"i Le sixtémerepresentoit le
Roy à l'entrée du College des
quatre Nations, & un grand
Trophée d'armes à sespieds,
avec ces paroles Puguuuit ut
David, adtficaitit utSalomon. ,,..
Le septiéme representoit le
Roy à costé de tHoRet des
Invalidesn & une Compagnie
d'Officiers qui y entroit, avec
ces paroles: Invalidisquoesivit solatium.
Le huitiéme representoit
une Foy voilée, couronnant
le Roy étendu à sespieds,avec
ces paroles: Vere meus hic sir
lius IrAt.
Le neuviéme representoit
le Roy tenant entre ses mains
nostre,jeune.Monarque qu'il
estroit à Dieu à l'entrée d'un
Tabernacle, avec ces paroles:
Unum.petit 4 Domino., ut si
fortis in fide pArentum» !
- Le dixiéme representoie
l'Espagne sous la figure d'une
Femme, donnant la main à la
France fous lafigure d'une
jeune Fille affligée, avec ces paroles:
Soron non deficiam.
Le onziéme representoit un
grandVafc chargé deFleursde
Lysflêtries & abattues
toutes autour du Vase, exceptc
cepté deux qui s'élevoient au
milieu, une passant au travers
d'une Couronne de France,
& l'autre au travers d'une
Couronne d'Espagne ;.'-un
Ange les arrofoit avec l'huile
de la Sainte Ampoule , avec
ces paroles: Darabunt in fudlvitatem
odoris.
Le douziéme representoit
un Phaëton couronné -de
France ,porté dans le Char
du Soleil semé de Fleurs-dc-
Lys; une nouvelle Etoile d'un
grand éclat luy marquait la
route qu'il devoit tenir, avec
ces paroles; Auredia. Régente
luce a via non aberrabo.
1 Le Chapitre de laCathédrale
vint chanter une grande
Mené en Musique; toutes les
Communautez Religieuses y
vinrent à leur tout, ensuite
les Prestres de l'Ordre de S.
François occuperent tous les
Autels de l'Egliseen unmême
temps, & le Service se commença
au bruit des cloches de
toutes les Eglises de la Ville
qui avoient déjàsonné dés la
veille pendant l'Office des
Morts qui fut chanté. L'Oraison
funèbre fut prononcée
enEspagnol:MleGouverneur,
le Chapitre, les Prélats des Ordres
Religieux & toute la Noblesse:
honorercnt cette Pompe
funebre de leur presences
Ce
-
furent là les marques
extérieuresd'une douleur trésintimede
la Nation Françoise,
qui pour estreéloignée de sa
Patile,n'enaestéqueplusvivemencamigeelEMe
puise toute
sa consolation dans le bonheur
de voir la précieufc vie du
Monarque que le Ciel luy a
reservé, entre les mains de
Spn Altesse Royale Monfeigneur
le Duc d'Orléans,dont
l'habileté
,
la prévoyance ÔC
le génie superieurreconnus de
tout l'Univers, sont desassurances
certaines que son regne
ne fera pas moins formidable,
heureux & glorieux que l'a
cfié. celuy du Grand Roy que
nous venons de perdre.
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1100
p. 140-141
De Marseille, [titre d'après la table]
Début :
On mande de Marseille du 28. du passé qu'il y estoit arrivé [...]
Mots clefs :
Turcs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Marseille, [titre d'après la table]
On mande de Marseille du
2,8. du passé qu'il y estoit arrlvé
un Bastiment venant du Levant
,
lequel a assuréqu'àSmirne,
d'oùil venoit, il yavoir en,
core vingt Bastimens Turcs de
toute grandeur, prests à mettre
à ta voil e; & qu'à Alexandrie
oùil avoitmouille en revenant
pour y charger des marchandises,
il yavoit aussi quatorze
Bastimens dans le Pote
qui n'attendoient. que les or- -
dres delaPorte que les Turcs
assiegeroient Corfou
, pour
ensuitealler plus loin, du côté
de rltalie., & qu'ils assuroient
que leur Armée navale seroit
deplus de quatre cens voiles, •
y compris les Corsaires de
Bar barie, & qu'ils comptoienc
avoir plus de quatre cent cinquante
millehommes de troupes
de terre.
2,8. du passé qu'il y estoit arrlvé
un Bastiment venant du Levant
,
lequel a assuréqu'àSmirne,
d'oùil venoit, il yavoir en,
core vingt Bastimens Turcs de
toute grandeur, prests à mettre
à ta voil e; & qu'à Alexandrie
oùil avoitmouille en revenant
pour y charger des marchandises,
il yavoit aussi quatorze
Bastimens dans le Pote
qui n'attendoient. que les or- -
dres delaPorte que les Turcs
assiegeroient Corfou
, pour
ensuitealler plus loin, du côté
de rltalie., & qu'ils assuroient
que leur Armée navale seroit
deplus de quatre cens voiles, •
y compris les Corsaires de
Bar barie, & qu'ils comptoienc
avoir plus de quatre cent cinquante
millehommes de troupes
de terre.
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