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401
p. 320-322
Lettre sur la mort de M. de la Motte, [titre d'après la table]
Début :
LETTRE à Madame T.D.L.F. sur M. Houdart de la Motte [...]
Mots clefs :
Antoine Houdard de la Motte, Louanges
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texteReconnaissance textuelle : Lettre sur la mort de M. de la Motte, [titre d'après la table]
LETTRE à Madame T. D. L. F. sur M. Houdart de la Motte de l'Acadé
mie Françoise. A Paris , chez Chaubert ,
à l'entrée du Quaydes Augustins, du côté du
Pont Saint Michel , à la Renommée et à la
Prudence 1732. Brochure in 12 , de 28 ,
pages.
Ce petit ouvrage est un hommage rendu à M. de la Motte par un ami plein
de zele pour sa memoire , mais en même
tems exempt de partialité et de prévention
FEVRIER. 1732 321
.
·
tion. Nous croyons qu'on y trouvera
des loüanges fines et délicates , une critique judicieuse et approfondie , un stile
élegant et précis , et beaucoup de talent
pour un genre d'écrire très difficile ,
qui a pour objet les choses de sentiment et
de goût et dont le but est d'éclaircir et de
fixer , s'il est possible , les idées sur cette
matiere en remontant jusqu'aux principes des agrémens. L'Auteur après une idée
generale du caractere de M. D. L. M. examine les differens jugemens qu'on a portés de ses ouvrages,et il en cherche les raisons. On l'a beaucoup loüé ; on l'a beauboup critiqué ; on a beaucoup parlé de
lui , en un mot M. D. L. M. a été un
objet important pour son siecle , preuve
decisive d'un merite superieur. Mais il n'y
a point de mérite parfait , et l'Auteur est
bien éloigné de ne reconnoître aucun défaut dans son illustre Ami. Il ne s'est pas
même contenté là- dessus d'un aveu general , il entre dans un détail raisonné , et il
y a lieu de croire que son jugement fera
celui de la posterité. Il finit par nous peindre M. D. L. M. tel qu'il étoit dans le
commerce de la vie et dans la société. Le
portrait est bien propre à faire regretter,
aux uns de ne l'avoir pas connu , aux autres de l'avoir perdu , ou plutôt à renou- Fiij veller
322 MERCURE DE FRANCE
1
veller leurs regrets, mais à les renouveller
avec une sorte de douceur et de plaisir; et
il justifie en même- tems la part qu'avoit
l'Auteur à son estime et à son amitié.
Pour peindre si parfaitement M. D. L. M.
il faut lui ressembler beaucoup. Cet ouvrage est de M. l'Abbé Trublet.
mie Françoise. A Paris , chez Chaubert ,
à l'entrée du Quaydes Augustins, du côté du
Pont Saint Michel , à la Renommée et à la
Prudence 1732. Brochure in 12 , de 28 ,
pages.
Ce petit ouvrage est un hommage rendu à M. de la Motte par un ami plein
de zele pour sa memoire , mais en même
tems exempt de partialité et de prévention
FEVRIER. 1732 321
.
·
tion. Nous croyons qu'on y trouvera
des loüanges fines et délicates , une critique judicieuse et approfondie , un stile
élegant et précis , et beaucoup de talent
pour un genre d'écrire très difficile ,
qui a pour objet les choses de sentiment et
de goût et dont le but est d'éclaircir et de
fixer , s'il est possible , les idées sur cette
matiere en remontant jusqu'aux principes des agrémens. L'Auteur après une idée
generale du caractere de M. D. L. M. examine les differens jugemens qu'on a portés de ses ouvrages,et il en cherche les raisons. On l'a beaucoup loüé ; on l'a beauboup critiqué ; on a beaucoup parlé de
lui , en un mot M. D. L. M. a été un
objet important pour son siecle , preuve
decisive d'un merite superieur. Mais il n'y
a point de mérite parfait , et l'Auteur est
bien éloigné de ne reconnoître aucun défaut dans son illustre Ami. Il ne s'est pas
même contenté là- dessus d'un aveu general , il entre dans un détail raisonné , et il
y a lieu de croire que son jugement fera
celui de la posterité. Il finit par nous peindre M. D. L. M. tel qu'il étoit dans le
commerce de la vie et dans la société. Le
portrait est bien propre à faire regretter,
aux uns de ne l'avoir pas connu , aux autres de l'avoir perdu , ou plutôt à renou- Fiij veller
322 MERCURE DE FRANCE
1
veller leurs regrets, mais à les renouveller
avec une sorte de douceur et de plaisir; et
il justifie en même- tems la part qu'avoit
l'Auteur à son estime et à son amitié.
Pour peindre si parfaitement M. D. L. M.
il faut lui ressembler beaucoup. Cet ouvrage est de M. l'Abbé Trublet.
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Résumé : Lettre sur la mort de M. de la Motte, [titre d'après la table]
La lettre adressée à Madame T. D. L. F. rend hommage à M. Houdart de la Motte, membre de l'Académie, et est écrite par un ami zélé mais impartial. Publiée en 1732 à Paris, cette brochure de 28 pages vise à offrir des éloges fins et délicats, une critique judicieuse et un style élégant. L'auteur examine les jugements portés sur les ouvrages de M. de la Motte, soulignant qu'il a été à la fois beaucoup loué et critiqué, preuve de son mérite supérieur. L'auteur reconnaît toutefois que nul mérite n'est parfait et détaille les défauts de son ami, offrant un jugement qu'il espère être celui de la postérité. Le texte se conclut par un portrait de M. de la Motte dans sa vie quotidienne, suscitant regret et admiration. L'ouvrage est attribué à l'Abbé Trublet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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402
p. 322
L'Argenis de Berclai &c. [titre d'après la table]
Début :
L'ARGENIS de Barclai, Traduction nouvelle. Par M. l'Abbé Josse, [...]
Mots clefs :
Argenis, Traduction, Roman
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texteReconnaissance textuelle : L'Argenis de Berclai &c. [titre d'après la table]
L'ARGENIS de Barclai , Traduction
nouvelle. Par M. l'Abbé Josse , Chanoine de Chartres , 3. vol. in 12. AChartres,
chez N. Besnard 1732. et se vend à Paris,
chezGuerin le Jeune,Quay des Augustins.
Cette Traduction n'a rien de commun
avec l'Argenis , Roman heroïque qui parut en 1725. Il étoit imaginé sur un plan
nouveau, on n'y trouvoit plus l'économie
du Roman de Barclai. Les discours politiques en étoient retranchez et la Poësie
dont ce Roman est semé en étoit absolument suprimée. Ces considerations, loin
d'arrêter M. l'Abbé Josse , n'ont fait que
l'exciter davantage à nous donner une
vraye et entiere Traduction de l'Argenis:
le Public y lira avec plaisir la Poësie que
le nouveau Traducteur a renduë en notre
Langue avec toutes les graces et l'énergie
du Latin ; l'Imprimeur de son côté n'a
rien épargné pour faire une belle Edition
nouvelle. Par M. l'Abbé Josse , Chanoine de Chartres , 3. vol. in 12. AChartres,
chez N. Besnard 1732. et se vend à Paris,
chezGuerin le Jeune,Quay des Augustins.
Cette Traduction n'a rien de commun
avec l'Argenis , Roman heroïque qui parut en 1725. Il étoit imaginé sur un plan
nouveau, on n'y trouvoit plus l'économie
du Roman de Barclai. Les discours politiques en étoient retranchez et la Poësie
dont ce Roman est semé en étoit absolument suprimée. Ces considerations, loin
d'arrêter M. l'Abbé Josse , n'ont fait que
l'exciter davantage à nous donner une
vraye et entiere Traduction de l'Argenis:
le Public y lira avec plaisir la Poësie que
le nouveau Traducteur a renduë en notre
Langue avec toutes les graces et l'énergie
du Latin ; l'Imprimeur de son côté n'a
rien épargné pour faire une belle Edition
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Résumé : L'Argenis de Berclai &c. [titre d'après la table]
Le texte présente la traduction de 'L'Argénis' de Barclay par l'Abbé Josse, publiée en trois volumes à Chartres en 1732. Contrairement à une version de 1725, cette traduction conserve les discours politiques et la poésie du roman original. L'Abbé Josse a traduit la poésie latine avec grâce et énergie, et l'éditeur a produit une belle édition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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403
p. 323-324
« L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...] »
Début :
L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...]
Mots clefs :
L'art d'élever la jeunesse, Observations de chirurgie, Méthodes d'accompagnement pour le Clavecin ou pour l'orgue
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texteReconnaissance textuelle : « L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...] »
L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE , selon
la difference du Sexe , des âges et des conditions , en suivant les principes de la Religion , de la Politique et de l'Economie.
AParis , chez Antoine Gandouin , Quay
des Augustins ; Barth. Laisnel , rue Saint
Jacques ; J. B. Lamefle,ruë de la vieille Bouclerie ; et Alex. Mesnier , au Palais 17328
OBSERVATIONS DE CHIRURGIE auxquelles on a joint plusieurs Reflexions en
faveur des Etudians. Par Henri-François le
Dran, de la Societé Académique des Arts,
Chirurgien juré à Paris , ancien Prevost de
sa Communauté et ancien Chirurgien
Major de l'Hôpital de laCharité, Demonstrateur en Anatomie dans le même Hopital. AParis, chez Ch. Osmont , ruë Sainë
Jacques 1731. 2. volumes in 12.
DISSERTATION sur les differentes methodes d'accompagnement pour le Clave
cin , oupour l'Orgue , avec le plan d'une
nouvelle Methode établie sur une mechanique des doigts que fournit la succession
fondamentale de l'harmonie , à l'aide de
laquelle on peut devenir sçavant Compositeur et habile Accompagnateur , même
sans sçavoir lire la Musique. Par M. Raeau, chez G. D. David , ruë de HureFiiij poix
324 MERCURE DE FRANCE
poix ; Boivin ; rue Saint Honoré ; et le
Clerc , rue du Roule. Prix 3. liv.
ne ,
TRAITE' DES DIXMES EN GENERAL , suivant laJurisprudence ancienne et moderétablie et confirmée tant par les Ordonnances , Lettres Patentes , Edits , Déclarations et Arrêts du Conseil , que par
les Arrêts et Reglements rendus dans les
differens Tribunaux , conformément aux
Coutumes du Royaume. Par M. L. M. A
Paris , chez Mouchet , au Palais, 1731. 2.
volum. in 12. pp. 919.
TRAITE' DE L'ESPERANCE CHRETIENNE,
contre l'esprit de pusillanimité et de
défiance , et contre la crainte excessive.
Chez Phil. Nic. Lottin , rue S. Jacques ,
vol. in 12, pp. 443. prix 2. liv.
TRAITE' DU LIBRE ARBITRE et de la
concupiscence ; Ouvrages pofthumes de
M. Jacques Benigne Bossuet , Evêque de
Meaux Conseiller du Roi en ses Conseils , et ordinaire en son Conseil d'Etat ,
Precepteur de Monseigneur le Dauphin ,
premier Aumônier des deux derniers
Dauphins. A Paris , chez Barth. Alix ,
rue Saint Jacques 1731. in 12. pp. 218.
la difference du Sexe , des âges et des conditions , en suivant les principes de la Religion , de la Politique et de l'Economie.
AParis , chez Antoine Gandouin , Quay
des Augustins ; Barth. Laisnel , rue Saint
Jacques ; J. B. Lamefle,ruë de la vieille Bouclerie ; et Alex. Mesnier , au Palais 17328
OBSERVATIONS DE CHIRURGIE auxquelles on a joint plusieurs Reflexions en
faveur des Etudians. Par Henri-François le
Dran, de la Societé Académique des Arts,
Chirurgien juré à Paris , ancien Prevost de
sa Communauté et ancien Chirurgien
Major de l'Hôpital de laCharité, Demonstrateur en Anatomie dans le même Hopital. AParis, chez Ch. Osmont , ruë Sainë
Jacques 1731. 2. volumes in 12.
DISSERTATION sur les differentes methodes d'accompagnement pour le Clave
cin , oupour l'Orgue , avec le plan d'une
nouvelle Methode établie sur une mechanique des doigts que fournit la succession
fondamentale de l'harmonie , à l'aide de
laquelle on peut devenir sçavant Compositeur et habile Accompagnateur , même
sans sçavoir lire la Musique. Par M. Raeau, chez G. D. David , ruë de HureFiiij poix
324 MERCURE DE FRANCE
poix ; Boivin ; rue Saint Honoré ; et le
Clerc , rue du Roule. Prix 3. liv.
ne ,
TRAITE' DES DIXMES EN GENERAL , suivant laJurisprudence ancienne et moderétablie et confirmée tant par les Ordonnances , Lettres Patentes , Edits , Déclarations et Arrêts du Conseil , que par
les Arrêts et Reglements rendus dans les
differens Tribunaux , conformément aux
Coutumes du Royaume. Par M. L. M. A
Paris , chez Mouchet , au Palais, 1731. 2.
volum. in 12. pp. 919.
TRAITE' DE L'ESPERANCE CHRETIENNE,
contre l'esprit de pusillanimité et de
défiance , et contre la crainte excessive.
Chez Phil. Nic. Lottin , rue S. Jacques ,
vol. in 12, pp. 443. prix 2. liv.
TRAITE' DU LIBRE ARBITRE et de la
concupiscence ; Ouvrages pofthumes de
M. Jacques Benigne Bossuet , Evêque de
Meaux Conseiller du Roi en ses Conseils , et ordinaire en son Conseil d'Etat ,
Precepteur de Monseigneur le Dauphin ,
premier Aumônier des deux derniers
Dauphins. A Paris , chez Barth. Alix ,
rue Saint Jacques 1731. in 12. pp. 218.
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Résumé : « L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...] »
Le document recense plusieurs publications parues à Paris au début du XVIIIe siècle. 'L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE' aborde l'éducation des jeunes en tenant compte du sexe, de l'âge et des conditions, en s'appuyant sur les principes de la religion, de la politique et de l'économie. 'OBSERVATIONS DE CHIRURGIE' est un ouvrage d'Henri-François Le Dran, qui inclut des réflexions destinées aux étudiants. 'DISSERTATION sur les différentes méthodes d'accompagnement pour le Clavecin ou l'Orgue' présente une nouvelle méthode de composition et d'accompagnement musicale par M. Rameau. 'TRAITE' DES DIXMES EN GENERAL' de M. L. M. A. traite de la jurisprudence concernant les dîmes, confirmée par diverses ordonnances et déclarations. 'TRAITE' DE L'ESPERANCE CHRETIENNE' combat l'esprit de pusillanimité et de défiance. Enfin, 'TRAITE' DU LIBRE ARBITRE et de la concupiscence' est un ouvrage posthume de Jacques Bénigne Bossuet, évêque de Meaux et précepteur des dauphins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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404
p. 325-328
Reflexions diverses, &c. [titre d'après la table]
Début :
Depuis les trois feüilles des Reflexions diverses, il en a [...]
Mots clefs :
Théorie, Juger, Théâtre, Comédie italienne, Tragédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reflexions diverses, &c. [titre d'après la table]
Depuis les trois feuilles des Reflexions
diverses , il en a paru plusieurs autres :
dans une quatriéme feüille , sur la maniere de reprendre les hommes pour les corriger ,
&c.
C'est unart tres- difficile dans la Théorie , dit l'Auteur , et tres- pénible dans la
pratique, que celui de reprendre les hommes à propos ; le soin de les étudier sans
cesse , l'attention continuelle à saisir les
circonstances favorables , pour placer des
avis qui puissent avoir l'utilité qu'on se propose ; les dégouts du peu de progrez
que l'on fait , les chagrins que donnent
les travers de celui qu'on veut corriger
il n'y a qu'une générosité extraordinaire,
ou une forte inclination , qui puisse faire
entreprendre de vaincre tant de difficultez.
Le penchant que nous avons à juger de
nous favorablement , nous fait méconnoître nos ressemblances , si elles ne sont
tout-à-fait marquées. Lorsqu'on nous represente des défauts qui surpassent de
beaucoup les nôtres ; au lieu de chercher
à nous corriger , nous nous applaudissons
de ce prétendu avantage. Cet inconvenient me fait juger qu'il y a peu de Piéces de Théatre qui soient propres à réformer les mœurs ; la plupart des carac- F v teres
326 MERCURE DE FRANCE
teres en sont si chargez , qu'ils n'offrent
que des vertus au dessus de la force humaine , ou des vices rares à trouver. Ce
n'est point icy le lieu de décider si celles
de ces Pieces , qui approchent le plus du
vrai-semblable, ne sont point aussi les
meilleurs ; mais il est constant qu'elles
nous sont plus profitables , étant plus à
notre portée. Je ne voudrois pourtant
pas assuter que les évenemens de la Tragédie ne détournent l'attention de la Mo
rale, et que la plaisanterie continuelle
qui regne dans la Comédie , ne lui ôte
de son poids ; on ne met guere de concurrence entre le plaisir de s'attendrir ou
de rire , et l'embarras de refléchir sur
soi- même.
L'un des plus grands fleaux du vice et
du ridicule , c'est sans doute la Satyre ,
lorsqu'elle est bien maniée. Dans ce genre d'ouvrage tout est direct et tout tend
à un but principal , qui est d'instruire et
de corriger il rassemble toute l'attention sur un même objet ; au contraire
de la Comédie , qui l'affoiblit en le partageant. Son Stile plus, vif et plus serré
fait une impression plus forte et plus durable. La plupart des hommes ont besoin
d'être frappez avec vigueur , pour sortir
de l'assoupissement ou de l'indolence.
Quoi-
FEVRIER. 1732. 327
Quoique la Comédie demande plus de talens que la Satyre , peut- être que les
ouvrages d'Horace et de Juvenal, ont
plus contribué aux bonnes mœurs et au
goût de ceux de Plaute et de Terence , et
que la même chose est arrivée parmi nous
à Despreaux et à Moliere , &c.
Quelle leçon ne doivent pas tirer de
là quelques-uns des Auteurs qui écrivent
aujourd'hui ? particulierement ceux dont
l'état semble demander plus de douceur
et de modération ; les invectives dans un
homme qui reprend l'erreur , sont des
marques d'un esprit injuste ou d'une mauvaise éducation ; ne sçauroit - on relever
des fautes sans abattre ceux qui les commettent et pour prendre le parti de la
verité ou du bon sens , faut-il s'éloigner
de l'un et de l'autre ?
Il n'y a rien de si ennuyeux et de moins
instructif que ces Ouvrages pleins de fiel,
ou un Auteur emporté , veut vous faire
entrer dans ses vûës et dans ses ressentimens; ces sortes de productions , bien
loin de corriger les hommes , ne servent
qu'à leur gâter l'imagination ; quand même, par une supposition hazardée , il s'agiroit de soutenir le parti de la verité. Elle
n'a que faire de ces dffenseurs furieux; ils
la de honorent par leurs emportemens, et
lus donnent l'air du mensonge.
F vj Cex-
328 MERCURE DE FRANCE
Certains esprits nez malins et envieux ,
sous le spécieux prétexte de déclamer
contre les vices , cherchent continuellement à déchirer et à nuire. De- là viennent ces Satyres sanglantes , qui souvent
attaquent le merite même ; supposé qu'il
se trouve de l'esprit dans ces sortes de
Pieces , ( ce qui arrive tres- rarement) c'est un talent bien malheureux que celui qui
ne sçait se produire que par de si méchans
côtez , et qui ne peut ni instruire ni amu- ser les honnêtes gens.
diverses , il en a paru plusieurs autres :
dans une quatriéme feüille , sur la maniere de reprendre les hommes pour les corriger ,
&c.
C'est unart tres- difficile dans la Théorie , dit l'Auteur , et tres- pénible dans la
pratique, que celui de reprendre les hommes à propos ; le soin de les étudier sans
cesse , l'attention continuelle à saisir les
circonstances favorables , pour placer des
avis qui puissent avoir l'utilité qu'on se propose ; les dégouts du peu de progrez
que l'on fait , les chagrins que donnent
les travers de celui qu'on veut corriger
il n'y a qu'une générosité extraordinaire,
ou une forte inclination , qui puisse faire
entreprendre de vaincre tant de difficultez.
Le penchant que nous avons à juger de
nous favorablement , nous fait méconnoître nos ressemblances , si elles ne sont
tout-à-fait marquées. Lorsqu'on nous represente des défauts qui surpassent de
beaucoup les nôtres ; au lieu de chercher
à nous corriger , nous nous applaudissons
de ce prétendu avantage. Cet inconvenient me fait juger qu'il y a peu de Piéces de Théatre qui soient propres à réformer les mœurs ; la plupart des carac- F v teres
326 MERCURE DE FRANCE
teres en sont si chargez , qu'ils n'offrent
que des vertus au dessus de la force humaine , ou des vices rares à trouver. Ce
n'est point icy le lieu de décider si celles
de ces Pieces , qui approchent le plus du
vrai-semblable, ne sont point aussi les
meilleurs ; mais il est constant qu'elles
nous sont plus profitables , étant plus à
notre portée. Je ne voudrois pourtant
pas assuter que les évenemens de la Tragédie ne détournent l'attention de la Mo
rale, et que la plaisanterie continuelle
qui regne dans la Comédie , ne lui ôte
de son poids ; on ne met guere de concurrence entre le plaisir de s'attendrir ou
de rire , et l'embarras de refléchir sur
soi- même.
L'un des plus grands fleaux du vice et
du ridicule , c'est sans doute la Satyre ,
lorsqu'elle est bien maniée. Dans ce genre d'ouvrage tout est direct et tout tend
à un but principal , qui est d'instruire et
de corriger il rassemble toute l'attention sur un même objet ; au contraire
de la Comédie , qui l'affoiblit en le partageant. Son Stile plus, vif et plus serré
fait une impression plus forte et plus durable. La plupart des hommes ont besoin
d'être frappez avec vigueur , pour sortir
de l'assoupissement ou de l'indolence.
Quoi-
FEVRIER. 1732. 327
Quoique la Comédie demande plus de talens que la Satyre , peut- être que les
ouvrages d'Horace et de Juvenal, ont
plus contribué aux bonnes mœurs et au
goût de ceux de Plaute et de Terence , et
que la même chose est arrivée parmi nous
à Despreaux et à Moliere , &c.
Quelle leçon ne doivent pas tirer de
là quelques-uns des Auteurs qui écrivent
aujourd'hui ? particulierement ceux dont
l'état semble demander plus de douceur
et de modération ; les invectives dans un
homme qui reprend l'erreur , sont des
marques d'un esprit injuste ou d'une mauvaise éducation ; ne sçauroit - on relever
des fautes sans abattre ceux qui les commettent et pour prendre le parti de la
verité ou du bon sens , faut-il s'éloigner
de l'un et de l'autre ?
Il n'y a rien de si ennuyeux et de moins
instructif que ces Ouvrages pleins de fiel,
ou un Auteur emporté , veut vous faire
entrer dans ses vûës et dans ses ressentimens; ces sortes de productions , bien
loin de corriger les hommes , ne servent
qu'à leur gâter l'imagination ; quand même, par une supposition hazardée , il s'agiroit de soutenir le parti de la verité. Elle
n'a que faire de ces dffenseurs furieux; ils
la de honorent par leurs emportemens, et
lus donnent l'air du mensonge.
F vj Cex-
328 MERCURE DE FRANCE
Certains esprits nez malins et envieux ,
sous le spécieux prétexte de déclamer
contre les vices , cherchent continuellement à déchirer et à nuire. De- là viennent ces Satyres sanglantes , qui souvent
attaquent le merite même ; supposé qu'il
se trouve de l'esprit dans ces sortes de
Pieces , ( ce qui arrive tres- rarement) c'est un talent bien malheureux que celui qui
ne sçait se produire que par de si méchans
côtez , et qui ne peut ni instruire ni amu- ser les honnêtes gens.
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Résumé : Reflexions diverses, &c. [titre d'après la table]
Le texte explore la complexité de la correction des hommes, une tâche à la fois théorique et pratique. L'auteur souligne la nécessité d'une générosité ou d'une inclination forte pour surmonter les obstacles tels que l'étude continue des individus et les déceptions face aux progrès limités. Il note également la tendance humaine à se juger favorablement, ce qui rend difficile la reconnaissance des défauts. Le texte critique les pièces de théâtre qui présentent des vertus ou des vices extrêmes, préférant celles qui sont plus réalistes et accessibles. La satire est présentée comme un moyen efficace de réformer les mœurs, car elle est directe et vise à instruire et corriger. En revanche, la comédie disperse l'attention et peut détourner de la réflexion morale. Le texte compare les œuvres d'Horace et de Juvenal à celles de Plaute et de Terence, suggérant que les premières ont eu un impact plus significatif sur les bonnes mœurs. Il met en garde contre les invectives et les ouvrages pleins de fiel, qui ne servent qu'à gâter l'imagination. Enfin, il critique les esprits malins qui utilisent la satire pour nuire, soulignant que ces œuvres, même spirituelles, sont malheureuses car elles ne peuvent ni instruire ni amuser les honnêtes gens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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405
p. 328-329
« Les DÉSESPEREZ, Histoire héroïque, nouvellement traduite de l'Italien, [...] »
Début :
Les DÉSESPEREZ, Histoire héroïque, nouvellement traduite de l'Italien, [...]
Mots clefs :
Les Désepérés, Lois et coutumes, Le Zodiaque de la vie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les DÉSESPEREZ, Histoire héroïque, nouvellement traduite de l'Italien, [...] »
LES DE'SESPEREZ , Histoire héroïque ,
nouvellement traduite de l'Italien , du celebre Jean- Ambroise Marini , sur la 10
Edition deVenise, ornée de figures en taille
douce. A Paris , Quai de Gesures , chez
P. Prault , 1732. 2 vol. in 12 .
DISSERTATIONS Sur les Questions qui
naissent de la contrariété des Loix et des
Goûtumes. Par M. Louis Boullenois , an-.
cien Avocat au Parlement. A Paris, chez
Alexis Mesnier, rue Saint Severin. 1731.
in 4.
Jean Vanden Kicboom , à la Haye , dé
bite la Traduction Françoise que M. de la
Monnerie a faite du Poëme Latin du celeb
FEVRIER. 17320 329
lebre Marcel Palingenius , intitulé le Zo
diaque de la vie , ou Preceptes pour diriger
la conduite etles moeurs des hommes. 1731, in 12.
nouvellement traduite de l'Italien , du celebre Jean- Ambroise Marini , sur la 10
Edition deVenise, ornée de figures en taille
douce. A Paris , Quai de Gesures , chez
P. Prault , 1732. 2 vol. in 12 .
DISSERTATIONS Sur les Questions qui
naissent de la contrariété des Loix et des
Goûtumes. Par M. Louis Boullenois , an-.
cien Avocat au Parlement. A Paris, chez
Alexis Mesnier, rue Saint Severin. 1731.
in 4.
Jean Vanden Kicboom , à la Haye , dé
bite la Traduction Françoise que M. de la
Monnerie a faite du Poëme Latin du celeb
FEVRIER. 17320 329
lebre Marcel Palingenius , intitulé le Zo
diaque de la vie , ou Preceptes pour diriger
la conduite etles moeurs des hommes. 1731, in 12.
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Résumé : « Les DÉSESPEREZ, Histoire héroïque, nouvellement traduite de l'Italien, [...] »
Le texte mentionne trois ouvrages du début du XVIIIe siècle. 'Les Désespérés, Histoire héroïque', traduit par Jean-Ambroise Marini, a été publié à Paris en 1732. 'Dissertations Sur les Questions qui naissent de la contrariété des Loix et des Goûtumes' de Louis Boullenois est sorti à Paris en 1731. Enfin, 'Le Zodiaque de la vie' de Marcel Palingenius, traduit par M. de la Monnerie, a été publié à La Haye en 1731.
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406
p. 329-330
Livres nouveaux des Païs étrangers, &c. [titre d'après la table]
Début :
Livres nouvellement reçus des Païs Etrangers qui se ttouvent chez [...]
Mots clefs :
Livres, Pays étrangers, Libraire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Livres nouveaux des Païs étrangers, &c. [titre d'après la table]
ivres nouvellement reçus des Païs
Etrangers qui se trouvent chez Cavelier,
Libraire , ruë S. Jacques , au Lys d'or.
.
Tentamina experimentorum naturalium
captorum in Academia del Cimente ,
sub auspiciis Leopoli Etruriæ Ducis
ex Italico in Latinum conversa , quibus
nova Experimenta addidit Musschembrock. 4. cum Figuris, Lug. Bat. 1731 .
Abregé Chronologique de l'Histoire d'Angleterre , avec des Notes , 7 vol. in 12.
Amst. 1730.
Pontas (Jo. ) Dictionarium Casuum Conscientiæ , seu præcipuarum Difficultatum circa Moralem et Dissiplinam Decisiones. Tom. I.fol. Luxemburgi. 1731.
Bibliotheque Germanique. Tomes 20 , 21 ,
et 22. in 8. A Amst. 1731 .
Bibliotheque Italique , ou Histoire Litteraire de l'Italie. Tomes X. et XI. in 8.
Genéve. 1731 .
Briasson , Libraire , à la Science , ruë
S.Jacques, a aussi receu d'Hollande divers Livres
330 MERCURE DE FRANCE
Livres , dont il distribuë un Catalogue ;
il y a entre autres :
Les Memoires , Actes et Negociations pour
servir à l'Histoire du dix-huitiéme siecle,
tomes 9 et 10, in 4. La Haye. 1732.
Introduction à l'Etude des Sciences et belles
Lettres , pour ceux qui ne sçavent que
le François, par M.de la Martiniere , in
12, La Haye. 1731.
Thucydidis , Opera omnia græcè et latinè , cum Notis et Variantibus , Editio
novissima , fol. Amstelodami. 1732.
La Theologie Physiqué, par M. Derhame,
nouvelle Editionaugmentée. Roterdam.
1731.
Etrangers qui se trouvent chez Cavelier,
Libraire , ruë S. Jacques , au Lys d'or.
.
Tentamina experimentorum naturalium
captorum in Academia del Cimente ,
sub auspiciis Leopoli Etruriæ Ducis
ex Italico in Latinum conversa , quibus
nova Experimenta addidit Musschembrock. 4. cum Figuris, Lug. Bat. 1731 .
Abregé Chronologique de l'Histoire d'Angleterre , avec des Notes , 7 vol. in 12.
Amst. 1730.
Pontas (Jo. ) Dictionarium Casuum Conscientiæ , seu præcipuarum Difficultatum circa Moralem et Dissiplinam Decisiones. Tom. I.fol. Luxemburgi. 1731.
Bibliotheque Germanique. Tomes 20 , 21 ,
et 22. in 8. A Amst. 1731 .
Bibliotheque Italique , ou Histoire Litteraire de l'Italie. Tomes X. et XI. in 8.
Genéve. 1731 .
Briasson , Libraire , à la Science , ruë
S.Jacques, a aussi receu d'Hollande divers Livres
330 MERCURE DE FRANCE
Livres , dont il distribuë un Catalogue ;
il y a entre autres :
Les Memoires , Actes et Negociations pour
servir à l'Histoire du dix-huitiéme siecle,
tomes 9 et 10, in 4. La Haye. 1732.
Introduction à l'Etude des Sciences et belles
Lettres , pour ceux qui ne sçavent que
le François, par M.de la Martiniere , in
12, La Haye. 1731.
Thucydidis , Opera omnia græcè et latinè , cum Notis et Variantibus , Editio
novissima , fol. Amstelodami. 1732.
La Theologie Physiqué, par M. Derhame,
nouvelle Editionaugmentée. Roterdam.
1731.
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Résumé : Livres nouveaux des Païs étrangers, &c. [titre d'après la table]
Le document énumère les livres nouvellement reçus par deux libraires, Cavelier et Briasson, situés rue Saint-Jacques à Paris. Chez Cavelier, les ouvrages incluent 'Tentamina experimentorum naturalium,' une traduction latine des expériences de l'Académie del Cimento, enrichie de nouvelles expériences par Musschenbrock, publiée à Leyde en 1731. Un 'Abregé Chronologique de l'Histoire d'Angleterre' en sept volumes, publié à Amsterdam en 1730. Le 'Dictionarium Casuum Conscientiæ' de Jo. Pontas, publié à Luxembourg en 1731. Les tomes 20, 21 et 22 de la 'Bibliotheque Germanique,' publiés à Amsterdam en 1731. Les tomes X et XI de la 'Bibliotheque Italique,' publiés à Genève en 1731. Briasson a également reçu divers livres d'Hollande, parmi lesquels 'Les Memoires, Actes et Negociations pour servir à l'Histoire du dix-huitiéme siecle' en tomes 9 et 10, publiés à La Haye en 1732. Une 'Introduction à l'Etude des Sciences et belles Lettres' par M. de la Martinière, publiée à La Haye en 1731. Les œuvres complètes de Thucydide en grec et en latin, éditées à Amsterdam en 1732. Enfin, 'La Theologie Physiqué' de M. Derhame, en nouvelle édition augmentée, publiée à Rotterdam en 1731.
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407
p. 330-332
« BIBLIOTHEQUE raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, 1 [...] »
Début :
BIBLIOTHEQUE raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, 1 [...]
Mots clefs :
Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants, Théocrite, L'État et les Délices de la Suisse, Ecriture Sainte, Dissertation sur le mensonge, Sels et cristaux
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texteReconnaissance textuelle : « BIBLIOTHEQUE raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, 1 [...] »
BIBLIOTHEQUE raisonnée des Ouvrages
des Sçavans de l'Europe, 1er et 2 parties.
contenant les 6 premiers mois de l'année
1730. vol. in 12. de 480 pag. A Amsterd.
chez les Wetsteins et Smith. 1730.
THEOCRITE traduit en Vers Italiens ,
par M. Dom Regolotti , Romain et Professeur en Poétique et en Langue Grecque
dans l'Université Royale de Turin. ATurin , chez J. B. Chais , Imprimeur et Libraire de S. M. 1729. in 8. pag. 295. Y
comprise l'Epître dédicatoire à S. A. R. Charles
FEVRIER. 1732. 33
Charles Emanuel , Prince de Piémont
&c. Tout l'Ouvrage est en Italien.
تو
L'ETAT ET LES DELICES DE LA SUISSE.
en forme de Relation Critique , par plusieurs Auteurs celebres , enrichi de Figutes en taille douce , dessinées sur les lieux,
et de Cartes Géographiques tres- exactes
en 4 vol. in 12. A Amsterdam , chez les
Wetsteins et Smith. 1730.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET HISTORI
QUES , pour faciliter l'intelligence de l'Ecriture Sainte , par divers Auteurs celebres. A la Haye , chez Gerard Vander
Poel. 1730. 2. vol. in 12. 1.tom, pag.314
et 325 , pour le 2d.
DISSERTATION SUR LE MENSONGE , par
M. Saurin , Ministre de l'Eglise Françoise
de la Haye. 2de édition. A la Haye , chez
Pierre de Hondt. 1730. in 8. pag. 56.
2de Partic. LETTRES PHILOSOPHIQUES Sur
la formation des Sels et des Cristaux , et
sur la Generation et le Mecanisme organi
que des Plantes et, des Animaux; à l'occasion de la Pierre Belemnite et de la
Pierre Lenticulaire ; avec un Mémoiresur
la Théorie de la Terre. Par M. Bourguet.
A
332 MERCURE DE FRANCE
A Amsterdam, chez François Lhonoré.
1729. in 12. de 220 pag. pour l'Ouvrage ,
et de 44 pour l'Epître dédicatoire et la
Préface.
des Sçavans de l'Europe, 1er et 2 parties.
contenant les 6 premiers mois de l'année
1730. vol. in 12. de 480 pag. A Amsterd.
chez les Wetsteins et Smith. 1730.
THEOCRITE traduit en Vers Italiens ,
par M. Dom Regolotti , Romain et Professeur en Poétique et en Langue Grecque
dans l'Université Royale de Turin. ATurin , chez J. B. Chais , Imprimeur et Libraire de S. M. 1729. in 8. pag. 295. Y
comprise l'Epître dédicatoire à S. A. R. Charles
FEVRIER. 1732. 33
Charles Emanuel , Prince de Piémont
&c. Tout l'Ouvrage est en Italien.
تو
L'ETAT ET LES DELICES DE LA SUISSE.
en forme de Relation Critique , par plusieurs Auteurs celebres , enrichi de Figutes en taille douce , dessinées sur les lieux,
et de Cartes Géographiques tres- exactes
en 4 vol. in 12. A Amsterdam , chez les
Wetsteins et Smith. 1730.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET HISTORI
QUES , pour faciliter l'intelligence de l'Ecriture Sainte , par divers Auteurs celebres. A la Haye , chez Gerard Vander
Poel. 1730. 2. vol. in 12. 1.tom, pag.314
et 325 , pour le 2d.
DISSERTATION SUR LE MENSONGE , par
M. Saurin , Ministre de l'Eglise Françoise
de la Haye. 2de édition. A la Haye , chez
Pierre de Hondt. 1730. in 8. pag. 56.
2de Partic. LETTRES PHILOSOPHIQUES Sur
la formation des Sels et des Cristaux , et
sur la Generation et le Mecanisme organi
que des Plantes et, des Animaux; à l'occasion de la Pierre Belemnite et de la
Pierre Lenticulaire ; avec un Mémoiresur
la Théorie de la Terre. Par M. Bourguet.
A
332 MERCURE DE FRANCE
A Amsterdam, chez François Lhonoré.
1729. in 12. de 220 pag. pour l'Ouvrage ,
et de 44 pour l'Epître dédicatoire et la
Préface.
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Résumé : « BIBLIOTHEQUE raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, 1 [...] »
Le document liste des ouvrages publiés entre 1729 et 1730. La 'Bibliothèque raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe' couvre les six premiers mois de 1730 et est publiée en deux parties totalisant 480 pages à Amsterdam chez les Wetsteins et Smith. Parmi les ouvrages mentionnés, 'Théocrite traduit en Vers Italiens' par M. Dom Regolotti, professeur à l'Université Royale de Turin, est publié en 1729 et dédié au Prince Charles Emmanuel de Piémont. 'L'État et les Délices de la Suisse' est une relation critique enrichie de figures et de cartes géographiques, publiée en quatre volumes à Amsterdam chez les Wetsteins et Smith en 1730. Les 'Traitez Géographiques et Historiques' visent à faciliter la compréhension de l'Écriture Sainte et sont publiés en deux volumes à La Haye chez Gerard Vander Poel en 1730. La 'Dissertation sur le Mensonge' par M. Saurin, ministre de l'Église Française de La Haye, est publiée en deuxième édition en 1730. Les 'Lettres Philosophiques' de M. Bourguet traitent de la formation des sels et des cristaux, ainsi que de la génération et du mécanisme organique des plantes et des animaux, et incluent un mémoire sur la théorie de la Terre, publié en 1729 à Amsterdam chez François Lhonoré.
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408
p. 332-337
Histoire moderne, ou état present de tous les Peuples du monde, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE MODERNE, ou Etat present de tous les Peuples du [...]
Mots clefs :
Histoire moderne, Peuples du monde, Traduction de l'anglais, Tableau du genre humain, Chapitres
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texteReconnaissance textuelle : Histoire moderne, ou état present de tous les Peuples du monde, &c. [titre d'après la table]
HISTOIRE MODERNE , ou Etat present
'de tous les Peuples du Monde , &c. Traduit de l'Anglois de M. Salmon , enrichi de Remarques , de Cartes Géographiques et figures en Taille douce. Tome I.
premiere Pattie , contenant une Description de l'Etat présent de l'Empire de la
Chine. A Amsterdam , chez Isaac Tirion ,
1730. grand in 8. de 276. pages , sans les
Préfaces et la Table.
Dans la composition de ce Tableau du
Genre humain , l'Auteur traite de chaque
Peuple ou Etat dans dix Chap. sçavoir :
1. La situation et étendue de chaque
Royaume ou Etat particulier ; les diverses
Provinces dans lesquelles on divise chaque
Etat en particulier; avec une Description
exacte des principales Rivieres , Canaux,
Lacs et Fontaines qui les arrosent.
2. Les Villes , Forteresses , Palais , Bâtimens publics , Maisons et Meubles.
3. Le genie , le temperamment , la taille ,
les inclinations , l'air et l'habillement de
chaque Peuple enparticulier, avec leurs Festins leurs Divertissemens , leurs Fêtes, leurs
Visites
FEVRIER. 1732. 333
Visites , leurs Ceremonies > leurs Chemins
publics , leurs Postes , leur maniere de voya
ger et de transporter les Marchandises.
4. Leurs Manufactures , leur Commerce
et leur Navigation.
5. L'Agriculture, le Labourage , la Nature des Terres , les Plantes , les Animaux
et Mineraux.
6. Leurs Sciences , leurs Charges , leurs
'Arts Liberaux et Méchaniques , leur Langue , leurs Lettres , leur Histoire , leur Chronologie.
7. La Cour du Prince , les Revenus , les
Forces , les Prérogatives , la Succession à
la Couronne , les Cours de Justice , les Magistrats , les Loix , Coûtumes et Punitions
les Monnoyes , les Poids et Mesures.
3
8. La Religion , les Temples et les Superstitions.
9. Les Mariages , les femmes mariées et
les filles , les enfans et les Esclaves.
10. Les Funerailles , le deuil , les Sépulchres , &c.
Cet immense Projet , qui n'avoit encore été entrepris par personne , sera ,
dit-on ici , encore mieux executé dans la
Traduction Françoise , parce qu'on y a
fait plusieurs Remarques et même des
Additions , tirées d'Auteurs estimez , et
qui avoient échappé à l'Auteur , M. Salmont
334 MERCURE DE FRANCE
mon lui-même et à M. Goch , qui avoit
déja enrichi de Remarques la Traduction
Hollandoise.
On apprend dans les Nouvelles Litte
raires de la premiere Partie de ce Volume, que les Jardiniers du voisinage de
Londres , ont formé une Societé pour se
perfectionner dans leur Art , ce qui est une chose extrémement loüable , et qui
devroit être imitée. Ils s'assemblent tous
·les mois à Chelsey et se communiquent les
Plantes et les Fleurs de la saison , et recherchent leurs proprietez et la maniere de les cultiver. Ils s'attachent sur tout
à celles qu'on kur envoye des Pays Etan--
gers, particulierement des Indes, et qu'ils
ont trouvé le moyen d'élever dans ce climat. Ils tiennent Registre de leurs Observations ; et comme plusieurs personnes de consideration se plaisent à cette
espece d'étude , on les a engagez à rendre ces Observations publiques. Eiles feront quatre petits volumes in folio. Le
premier paroît actuellement sous ce titre :
Catalogue des Arbres , des Arbrisseaux
des Plantes et des Fleurs , tant étrangeras
que domestiques , qu'on éleve pour vendre ,
dats les Jardins proche de Londres ; divisé
en plusieurs Livres ou Parties , où les
Plantés sont rangées par ordre alphabe-
>
tique
FEVRIER. 1732. 339
tique. On y a ajoûté le caractere des genres , et toutes les especes particulieres
qu'on trouve dans les Pépinieres près de
Londres , et la maniere de les cultiver.
Ce volume contient 21. Planches enluminées.
*
L'Ouvrage sera plus curieux et beaucoup plus utileque ce que prépare M.Sale,
Avocat , suivant les mêmes Nouvelles
Litteraires , page 229. sçavoir , une Traduction Angloise de l'Alcoran , faite sur
l'Original, avec des Remarques , &c.
malgré la vaine et témeraire confiance.
qu'il fait paroître , en disant qu'il n'y a
que les Protestans qui puissent combattre
le Mahometisme avec succès. Il met le
comble à l'égarement , quand il ajoute
que c'est à eux que la Providence a réservé la gloire de le détruire.
Les Nouvelles Litteraires de la seconde Partie du même Tome , contiennent
un article qui mérite d'être rapporté. De
Londres. L'ancien Langage Arménien est
presque inconnu en Europe ; à peine est- il entendu des Arméniens modernes. La
Version Arménienne de la Bible , faite
environ l'an 420, avec beaucoup de fi
delité et d'exactitude , ne se trouve dans
*Nom imposant qui ne signifie rien. Ce Traducteur a-t'il va l'Original de l'Alcoran ? &c.
aucune
>
336 MERCURE DE FRANCE
aucune Polyglotte. Il y a plusieurs autres
Livres dans cette Langue qui méritent
d'être connus. Deux fils de M. Whiston ,
se proposent d'en publier quelques- uns.
Ils ont fait fondre exprès des Caracteres
Arméniens , et ils vont commencer par
le Livre suivant : Mosis Choronensis Historia Armenica Libri III. Accedit ejusdem
Scriptoris Epitome Geographia. Armeniacè
ediderunt , Latinè verterunt , notis illustrarunt Guillelmus et Georgius , Gul.
Whistoni Filii.
,
Cet Ouvrage est divisé en III . Livres
dont le premier contient l'Histoire de
l'Arménie , depuis la dispersion de Babel
jusqu'à Alexandre le Grand.Le II. s'étend
jusqu'à la Mort de Tiridate , environ
l'an 300. Et le III. jusqu'au milieu du
V. siecle ,> où cet Auteur vivoit. L'Original a été imprimé à Amsterdam en
1695. par les soins d'un Archevêque Arménien. Mrs. Whiston l'accompagneront
d'une Version Latine , et de courtes Remarques , où ils citeront les Auteurs qui
éclaircissent , confirment ou contredisent
les faits rapportez par celui-cy. Son Livre est d'autant plus curieux et instructif, que c'est le seul qui nous donne une
juste idée de l'ancien état de la Nation
Arménienne, et qu'il est fondé sur de bonnes autoritez.
FEVRIER 1732 337
Le petit Traité de Géographie est recommandable , non- seulement en ce qu'il
nous a conservé plusieurs noms Orien- taux , mais parce que c'est l'Extrait d'un
Ouvrage de Pappus d'Alexandrie , cité
par Suidas , qui s'est perdu. Ce Livre s'imprime par Souscriptions. Il contiendra 40
ou so. feuilles in 4. Le prix est de douze
Shillins , dont moitié d'avance et le reste
en recevant un Exemplaire,
'de tous les Peuples du Monde , &c. Traduit de l'Anglois de M. Salmon , enrichi de Remarques , de Cartes Géographiques et figures en Taille douce. Tome I.
premiere Pattie , contenant une Description de l'Etat présent de l'Empire de la
Chine. A Amsterdam , chez Isaac Tirion ,
1730. grand in 8. de 276. pages , sans les
Préfaces et la Table.
Dans la composition de ce Tableau du
Genre humain , l'Auteur traite de chaque
Peuple ou Etat dans dix Chap. sçavoir :
1. La situation et étendue de chaque
Royaume ou Etat particulier ; les diverses
Provinces dans lesquelles on divise chaque
Etat en particulier; avec une Description
exacte des principales Rivieres , Canaux,
Lacs et Fontaines qui les arrosent.
2. Les Villes , Forteresses , Palais , Bâtimens publics , Maisons et Meubles.
3. Le genie , le temperamment , la taille ,
les inclinations , l'air et l'habillement de
chaque Peuple enparticulier, avec leurs Festins leurs Divertissemens , leurs Fêtes, leurs
Visites
FEVRIER. 1732. 333
Visites , leurs Ceremonies > leurs Chemins
publics , leurs Postes , leur maniere de voya
ger et de transporter les Marchandises.
4. Leurs Manufactures , leur Commerce
et leur Navigation.
5. L'Agriculture, le Labourage , la Nature des Terres , les Plantes , les Animaux
et Mineraux.
6. Leurs Sciences , leurs Charges , leurs
'Arts Liberaux et Méchaniques , leur Langue , leurs Lettres , leur Histoire , leur Chronologie.
7. La Cour du Prince , les Revenus , les
Forces , les Prérogatives , la Succession à
la Couronne , les Cours de Justice , les Magistrats , les Loix , Coûtumes et Punitions
les Monnoyes , les Poids et Mesures.
3
8. La Religion , les Temples et les Superstitions.
9. Les Mariages , les femmes mariées et
les filles , les enfans et les Esclaves.
10. Les Funerailles , le deuil , les Sépulchres , &c.
Cet immense Projet , qui n'avoit encore été entrepris par personne , sera ,
dit-on ici , encore mieux executé dans la
Traduction Françoise , parce qu'on y a
fait plusieurs Remarques et même des
Additions , tirées d'Auteurs estimez , et
qui avoient échappé à l'Auteur , M. Salmont
334 MERCURE DE FRANCE
mon lui-même et à M. Goch , qui avoit
déja enrichi de Remarques la Traduction
Hollandoise.
On apprend dans les Nouvelles Litte
raires de la premiere Partie de ce Volume, que les Jardiniers du voisinage de
Londres , ont formé une Societé pour se
perfectionner dans leur Art , ce qui est une chose extrémement loüable , et qui
devroit être imitée. Ils s'assemblent tous
·les mois à Chelsey et se communiquent les
Plantes et les Fleurs de la saison , et recherchent leurs proprietez et la maniere de les cultiver. Ils s'attachent sur tout
à celles qu'on kur envoye des Pays Etan--
gers, particulierement des Indes, et qu'ils
ont trouvé le moyen d'élever dans ce climat. Ils tiennent Registre de leurs Observations ; et comme plusieurs personnes de consideration se plaisent à cette
espece d'étude , on les a engagez à rendre ces Observations publiques. Eiles feront quatre petits volumes in folio. Le
premier paroît actuellement sous ce titre :
Catalogue des Arbres , des Arbrisseaux
des Plantes et des Fleurs , tant étrangeras
que domestiques , qu'on éleve pour vendre ,
dats les Jardins proche de Londres ; divisé
en plusieurs Livres ou Parties , où les
Plantés sont rangées par ordre alphabe-
>
tique
FEVRIER. 1732. 339
tique. On y a ajoûté le caractere des genres , et toutes les especes particulieres
qu'on trouve dans les Pépinieres près de
Londres , et la maniere de les cultiver.
Ce volume contient 21. Planches enluminées.
*
L'Ouvrage sera plus curieux et beaucoup plus utileque ce que prépare M.Sale,
Avocat , suivant les mêmes Nouvelles
Litteraires , page 229. sçavoir , une Traduction Angloise de l'Alcoran , faite sur
l'Original, avec des Remarques , &c.
malgré la vaine et témeraire confiance.
qu'il fait paroître , en disant qu'il n'y a
que les Protestans qui puissent combattre
le Mahometisme avec succès. Il met le
comble à l'égarement , quand il ajoute
que c'est à eux que la Providence a réservé la gloire de le détruire.
Les Nouvelles Litteraires de la seconde Partie du même Tome , contiennent
un article qui mérite d'être rapporté. De
Londres. L'ancien Langage Arménien est
presque inconnu en Europe ; à peine est- il entendu des Arméniens modernes. La
Version Arménienne de la Bible , faite
environ l'an 420, avec beaucoup de fi
delité et d'exactitude , ne se trouve dans
*Nom imposant qui ne signifie rien. Ce Traducteur a-t'il va l'Original de l'Alcoran ? &c.
aucune
>
336 MERCURE DE FRANCE
aucune Polyglotte. Il y a plusieurs autres
Livres dans cette Langue qui méritent
d'être connus. Deux fils de M. Whiston ,
se proposent d'en publier quelques- uns.
Ils ont fait fondre exprès des Caracteres
Arméniens , et ils vont commencer par
le Livre suivant : Mosis Choronensis Historia Armenica Libri III. Accedit ejusdem
Scriptoris Epitome Geographia. Armeniacè
ediderunt , Latinè verterunt , notis illustrarunt Guillelmus et Georgius , Gul.
Whistoni Filii.
,
Cet Ouvrage est divisé en III . Livres
dont le premier contient l'Histoire de
l'Arménie , depuis la dispersion de Babel
jusqu'à Alexandre le Grand.Le II. s'étend
jusqu'à la Mort de Tiridate , environ
l'an 300. Et le III. jusqu'au milieu du
V. siecle ,> où cet Auteur vivoit. L'Original a été imprimé à Amsterdam en
1695. par les soins d'un Archevêque Arménien. Mrs. Whiston l'accompagneront
d'une Version Latine , et de courtes Remarques , où ils citeront les Auteurs qui
éclaircissent , confirment ou contredisent
les faits rapportez par celui-cy. Son Livre est d'autant plus curieux et instructif, que c'est le seul qui nous donne une
juste idée de l'ancien état de la Nation
Arménienne, et qu'il est fondé sur de bonnes autoritez.
FEVRIER 1732 337
Le petit Traité de Géographie est recommandable , non- seulement en ce qu'il
nous a conservé plusieurs noms Orien- taux , mais parce que c'est l'Extrait d'un
Ouvrage de Pappus d'Alexandrie , cité
par Suidas , qui s'est perdu. Ce Livre s'imprime par Souscriptions. Il contiendra 40
ou so. feuilles in 4. Le prix est de douze
Shillins , dont moitié d'avance et le reste
en recevant un Exemplaire,
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Résumé : Histoire moderne, ou état present de tous les Peuples du monde, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une œuvre intitulée 'HISTOIRE MODERNE, ou Etat présent de tous les Peuples du Monde', traduite de l'anglais par M. Salmon. Publiée à Amsterdam en 1730, cette première partie se concentre sur l'Empire de la Chine et est structurée en dix chapitres. Ces chapitres abordent divers aspects de la Chine, incluant la géographie, les villes et bâtiments, les caractéristiques des peuples, les manufactures et le commerce, l'agriculture, les sciences et arts, la cour du prince, la religion, les mariages et les funérailles. L'ouvrage est enrichi de remarques, cartes géographiques et figures, ainsi que d'additions tirées d'auteurs estimés, absentes des versions originales de M. Salmon et de M. Goch. Par ailleurs, les Nouvelles Littéraires rapportent la création d'une société de jardiniers près de Londres, qui se perfectionnent dans leur art et publient un catalogue des plantes. Un avocat nommé M. Sale prépare également une traduction de l'Alcoran, bien que son approche soit critiquée. Le texte mentionne également la publication d'ouvrages en langue arménienne, notamment une histoire de l'Arménie par Mosis Choronensis, traduite et annotée par les fils de M. Whiston. Un petit traité de géographie, extrait d'un ouvrage perdu de Pappus d'Alexandrie, est également mentionné.
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409
p. 337-340
Histoire de Charles XII. 2e édition, [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE DE CHARLES XII. seconde Edition, in 8. avec des [...]
Mots clefs :
Charles XII, Errata, Fautes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de Charles XII. 2e édition, [titre d'après la table]
HISTOIRE DE CHARLES XII. seconde
Edition , in 8. avec des changemens dans
les faits et dans le stile. La Compagnie
des Libraires, d'Amsterdam en fait une
troisiéme qui doit être à present en vente.
L'Auteur a sur tout corrigé dans ces
Editions les fautes où il étoit tombé touchant M. le Fort , Genévois , qu'il avoit
pris pour un François réfugié ; la fille du
Czar Anne Petrowna , appellée dans la
premiere Edition , niece du Czar et quelques autres erreurs de ce genre. On a
debité avec la premiere et la seconde Edition un Errata singulier qui ne contenoit
que les fautes avouées par l'Auteur. Voici
un autre Errata qui pourra être plus
utile.
Tome I. Page 2. ligne 11. et il y gele dès le
mois d'Octobre , lisez , et la gelée recommence
dès le mois d'Octobre. Page 4. ligne derniere
laissoit
338 MERCURE DE FRANCE
laissoit aux Habitans la liberté de donner plus
de Citoyens à l'Etat par la pluralité des femmes.
Lisez , permettant la pluralité des femmes , laissoit
aux Habitans la liberté de donner plusieurs Sujets
à l'Etat. Page 17. ligne 5. les exercices violents
où il se plaisoit , lisez , les exercices violens ausquels il se plaisoit . Page 20. ligne pénultiéme,
des cris que le Roy n'entendoit point , lisez , des
cris inutiles. Page 44. le hazard voulut que le
fils d'un François refugié à Genéve nommé le
Fort , vint chercher , &c. lisez , son naturel heureux lui fit d'abord aimer les Etrangers avant de
sçavoir qu'ils pourroient lui être utiles. Un Genevois nommé le Fort , d'une ancienne famille
de Genève et fils d'un Marchand Droguiste , étoit
venu à Moscou pour les interêts de son commerce , il fut connu du Czar encore jeune ; il
s'insinua dans sa familiarité ; il l'entretenoit souvent en Langue Allemande, il lui parloit des
avantages , &c. Page 45. ligne 2. de Moscovie ,
lisez , de la Moscovie. Page 148. ligne 7. ils l'as- surerent , lisez ils lui promirent. Page 175. ligne
1. dans ces conjonctures Stanislas Lecsinski , fils
du Grand-Trésorier de la Couronne , mort depuis peu , fut député , lisez , le jeune Stanislas
Lecsinski, étoit alors député. Page 195. et autres
par tout où vous trouverez la premiere et la seconde
ligne , lisez, le premier le second rang. Page 233.
ligne premiere , Meyerfeld , lisez , Maderfeld. Page
269. ligne 16. mais la concession de ces Privileges que leur assuroit la forune du Roy de Suede,
Teur fut ravie , lisez , mais beaucoup de ces concessions que leur assuroit la fortune du Roy de
Suede , leur furent ravies. Page 305.ligne 1. et
cependant s'avança , lisez , et cependant il s'avança . Page 337. ligne 6. homme d'un mérite singu
lier, lisex , homme d'un mérire rare.
FEVRIER. 1732. 339
Tome II. Page 8, mettez en note au bas de la
page , on m'a assuré depuis que le pere de la Czarine étoit un fossoyeur. Page 30. ligne derniere ,
Mahomet , lisez , Achmet II . Page 81. ligne 2.
l'Intendant de ce Pays , lisez , un Ministre Luterien.Page114. ligne 18. dans aucune Cour Chrétienne , lisez , dans les Cours Chrétiennes. Page
177. ligne 4. couvrit sa tête , lisez , lui couvrit la
tête. Page 189. ligne pénultiéme et derniere , un
Officier des Troupes de Suede nommé le Baron
d'Arvidson , lisez , le Baron d'Arvidson , Officier
des Troupes de Suede. Page 196. et 197. ligne
derniere et premiere , un petit Château nommé
Demirtash, lisez , le petit Château de Demirtash.
Page 211. ligne 13. ni Tureane qui l'avoit executé, ajoûtez , ni ceux qui l'imiterent depuis avec
plus d'excès. Page 235.ligne 16. parler au General Duker , Gouverneur de la Place dans le moment , lisez , parler dans le moment au General
Duker , Gouverneur de la Place. Page 250. ligne
19.de tous les côtez, lisez, sur la Mer et sur Terre.
Page 258. ligne 14. est une petite Isle nommée
Usedom, lisez , la petite Isle d'Usedom. Page
182. ligne 4. dès le lendemain il aborda à Isted
en Scanie , lisez , dès le lendemain Stralsund se
rendit; la Garnison fut faite prisonniere de guerre
et Charles aborda à Isted en Scanie. Page 313.
ligne 6 avoit été , lisez , étoit allé. Page 316. ligne
12. il demanda la niece du Czar , lisez il demanda
la Princesse Anne Petrona , fille du Czar. Page
344 ligne 9. après sa mort , ajoutez , immédiatement après sa mort on leva le Siege de Frideriks Hall. Les Suedois plus accablez que flattez
de la gloire de leur Prince, ne songerent qu'à faire
la Paix avec leurs ennemis et à réprimer chez eux
la puissance , &c. Page 361. ligne 13. aux Anglois
340 MERCURE DE FRANCE
glois de Cromvel , lisez , aux Fanatiques de Cromvel.
En note au bas de la page 144. vous mettrez,
Tout ce récit est rapporté par M. Fabrice , dans ses
Lettres.
Edition , in 8. avec des changemens dans
les faits et dans le stile. La Compagnie
des Libraires, d'Amsterdam en fait une
troisiéme qui doit être à present en vente.
L'Auteur a sur tout corrigé dans ces
Editions les fautes où il étoit tombé touchant M. le Fort , Genévois , qu'il avoit
pris pour un François réfugié ; la fille du
Czar Anne Petrowna , appellée dans la
premiere Edition , niece du Czar et quelques autres erreurs de ce genre. On a
debité avec la premiere et la seconde Edition un Errata singulier qui ne contenoit
que les fautes avouées par l'Auteur. Voici
un autre Errata qui pourra être plus
utile.
Tome I. Page 2. ligne 11. et il y gele dès le
mois d'Octobre , lisez , et la gelée recommence
dès le mois d'Octobre. Page 4. ligne derniere
laissoit
338 MERCURE DE FRANCE
laissoit aux Habitans la liberté de donner plus
de Citoyens à l'Etat par la pluralité des femmes.
Lisez , permettant la pluralité des femmes , laissoit
aux Habitans la liberté de donner plusieurs Sujets
à l'Etat. Page 17. ligne 5. les exercices violents
où il se plaisoit , lisez , les exercices violens ausquels il se plaisoit . Page 20. ligne pénultiéme,
des cris que le Roy n'entendoit point , lisez , des
cris inutiles. Page 44. le hazard voulut que le
fils d'un François refugié à Genéve nommé le
Fort , vint chercher , &c. lisez , son naturel heureux lui fit d'abord aimer les Etrangers avant de
sçavoir qu'ils pourroient lui être utiles. Un Genevois nommé le Fort , d'une ancienne famille
de Genève et fils d'un Marchand Droguiste , étoit
venu à Moscou pour les interêts de son commerce , il fut connu du Czar encore jeune ; il
s'insinua dans sa familiarité ; il l'entretenoit souvent en Langue Allemande, il lui parloit des
avantages , &c. Page 45. ligne 2. de Moscovie ,
lisez , de la Moscovie. Page 148. ligne 7. ils l'as- surerent , lisez ils lui promirent. Page 175. ligne
1. dans ces conjonctures Stanislas Lecsinski , fils
du Grand-Trésorier de la Couronne , mort depuis peu , fut député , lisez , le jeune Stanislas
Lecsinski, étoit alors député. Page 195. et autres
par tout où vous trouverez la premiere et la seconde
ligne , lisez, le premier le second rang. Page 233.
ligne premiere , Meyerfeld , lisez , Maderfeld. Page
269. ligne 16. mais la concession de ces Privileges que leur assuroit la forune du Roy de Suede,
Teur fut ravie , lisez , mais beaucoup de ces concessions que leur assuroit la fortune du Roy de
Suede , leur furent ravies. Page 305.ligne 1. et
cependant s'avança , lisez , et cependant il s'avança . Page 337. ligne 6. homme d'un mérite singu
lier, lisex , homme d'un mérire rare.
FEVRIER. 1732. 339
Tome II. Page 8, mettez en note au bas de la
page , on m'a assuré depuis que le pere de la Czarine étoit un fossoyeur. Page 30. ligne derniere ,
Mahomet , lisez , Achmet II . Page 81. ligne 2.
l'Intendant de ce Pays , lisez , un Ministre Luterien.Page114. ligne 18. dans aucune Cour Chrétienne , lisez , dans les Cours Chrétiennes. Page
177. ligne 4. couvrit sa tête , lisez , lui couvrit la
tête. Page 189. ligne pénultiéme et derniere , un
Officier des Troupes de Suede nommé le Baron
d'Arvidson , lisez , le Baron d'Arvidson , Officier
des Troupes de Suede. Page 196. et 197. ligne
derniere et premiere , un petit Château nommé
Demirtash, lisez , le petit Château de Demirtash.
Page 211. ligne 13. ni Tureane qui l'avoit executé, ajoûtez , ni ceux qui l'imiterent depuis avec
plus d'excès. Page 235.ligne 16. parler au General Duker , Gouverneur de la Place dans le moment , lisez , parler dans le moment au General
Duker , Gouverneur de la Place. Page 250. ligne
19.de tous les côtez, lisez, sur la Mer et sur Terre.
Page 258. ligne 14. est une petite Isle nommée
Usedom, lisez , la petite Isle d'Usedom. Page
182. ligne 4. dès le lendemain il aborda à Isted
en Scanie , lisez , dès le lendemain Stralsund se
rendit; la Garnison fut faite prisonniere de guerre
et Charles aborda à Isted en Scanie. Page 313.
ligne 6 avoit été , lisez , étoit allé. Page 316. ligne
12. il demanda la niece du Czar , lisez il demanda
la Princesse Anne Petrona , fille du Czar. Page
344 ligne 9. après sa mort , ajoutez , immédiatement après sa mort on leva le Siege de Frideriks Hall. Les Suedois plus accablez que flattez
de la gloire de leur Prince, ne songerent qu'à faire
la Paix avec leurs ennemis et à réprimer chez eux
la puissance , &c. Page 361. ligne 13. aux Anglois
340 MERCURE DE FRANCE
glois de Cromvel , lisez , aux Fanatiques de Cromvel.
En note au bas de la page 144. vous mettrez,
Tout ce récit est rapporté par M. Fabrice , dans ses
Lettres.
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Résumé : Histoire de Charles XII. 2e édition, [titre d'après la table]
Le texte présente la troisième édition de l'ouvrage 'Histoire de Charles XII', publiée par la Compagnie des Libraires d'Amsterdam. Cette édition inclut plusieurs corrections et ajouts par rapport aux versions précédentes. Parmi les erreurs corrigées, on note des informations incorrectes concernant M. le Fort, un Genevois, et la fille du Czar Anne Petrowna. Un nouvel errata est fourni pour rectifier diverses fautes de style et de contenu. Le Tome I comporte des modifications sur des pages spécifiques. Par exemple, la page 2 corrige des informations sur la gelée en octobre, la page 4 traite de la pluralité des femmes, et la page 44 précise l'identité de M. le Fort. Le Tome II inclut également des corrections, notamment sur la page 8 concernant le père de la Czarine et sur la page 30 concernant Achmet II. Des ajouts et des précisions sont apportés dans divers passages. Par exemple, la page 211 du Tome II apporte des clarifications sur Tureane, et la page 344 traite du siège de Friederiks Hall. Le texte mentionne également des notes et des ajouts pour clarifier certains points, comme sur la page 144 où un récit est attribué à M. Fabrice. Ces corrections et ajouts visent à améliorer la précision et la clarté de l'ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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410
p. 340
Dissertations sur des sujets singuliers, &c. [titre d'après la table]
Début :
On a imprimé à Leipsick, depuis peu, un Livre in 4 [...]
Mots clefs :
Selectorum Litterariorum Pentas
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texteReconnaissance textuelle : Dissertations sur des sujets singuliers, &c. [titre d'après la table]
On a imprimé à Leipsick,depuis peu, un Livre
in 4. intitulé , Selectorum Litterariorum Pentas. It
contient cinq Dissertations qui paroîtront , sans
doute , extrémement singulieres.
Les sçavans Misantropes font le sujet de la
premiere. On parle dans la seconde de ceux qui
ont été Ennemis du beau Sexe. La troisiéme et
la quatriéme roulent sur les Sçavans mal propres et ceux qui ont eû de méchantes femmes ;
enfin les Sçavans Incivils et grossiers , ne sont
pas épargnez dans la cinquième.
in 4. intitulé , Selectorum Litterariorum Pentas. It
contient cinq Dissertations qui paroîtront , sans
doute , extrémement singulieres.
Les sçavans Misantropes font le sujet de la
premiere. On parle dans la seconde de ceux qui
ont été Ennemis du beau Sexe. La troisiéme et
la quatriéme roulent sur les Sçavans mal propres et ceux qui ont eû de méchantes femmes ;
enfin les Sçavans Incivils et grossiers , ne sont
pas épargnez dans la cinquième.
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411
p. 340
Nouvelle vie des Peintres, Suclpteurs, &c. [titre d'après la table]
Début :
On apprend de Rome, que l'Abbé Pascoli de Perouze [...]
Mots clefs :
Peinture, Sculpture, Architecture
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelle vie des Peintres, Suclpteurs, &c. [titre d'après la table]
On apprend de Rome , que l'Abbé Pascoli de
Perouze , a mis au jour son premier Tome des
Vies des Peintres , Sculpteurs et Architectes modernes. Ce volume qui est in 4. contient la Vie
de quarante habiles Maîtres. Le second Volume
ne sera pas long- temps à paroître, M. Baldinucci
de Florence , avoit déja donné quelques- unes de
ces Vies , imprimées depuis peu chez Tartini et
Franchi ; mais comme cet Auteur a parlé des
Maîtres encore vivans , sans doute il n'aura pas
été aussi exactement informé de diverses particularitez touchant leurs personnes et leurs Ouvrages , que M. Pascoli l'a pû être après leur
.mort.
Perouze , a mis au jour son premier Tome des
Vies des Peintres , Sculpteurs et Architectes modernes. Ce volume qui est in 4. contient la Vie
de quarante habiles Maîtres. Le second Volume
ne sera pas long- temps à paroître, M. Baldinucci
de Florence , avoit déja donné quelques- unes de
ces Vies , imprimées depuis peu chez Tartini et
Franchi ; mais comme cet Auteur a parlé des
Maîtres encore vivans , sans doute il n'aura pas
été aussi exactement informé de diverses particularitez touchant leurs personnes et leurs Ouvrages , que M. Pascoli l'a pû être après leur
.mort.
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Résumé : Nouvelle vie des Peintres, Suclpteurs, &c. [titre d'après la table]
L'abbé Pascoli de Perouze a publié le premier tome de 'Vies des Peintres, Sculpteurs et Architectes modernes', présentant les biographies de quarante artistes contemporains. Un second volume est en préparation. Baldinucci avait déjà publié certaines de ces biographies, mais ses informations pourraient être moins précises car il traitait de maîtres encore vivants.
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412
p. 340-341
« On apprend de la même Ville, qu'on a tenu [...] »
Début :
On apprend de la même Ville, qu'on a tenu [...]
Mots clefs :
Cardinal Imperiali, M. de Thou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend de la même Ville, qu'on a tenu [...] »
On apprend de la même Ville , qu'on a tenu
trois Congregations chez le Cardinal Imperiali,
aufujet des nouveaux Reglemens qu'on aprojettés du
FEVRIER 17320 341
rez pour corriger ce qu'il y a de défectueux dans
la forme des Etudes.
On écrit de Londres , que M. Durand , Minis
tre de S. Martin , et de la Societé Royale , a publié la septiéme Partie de son Hisoire Françoise
du xvi . siecle , contenant la vie de M. de Thou,
extraite de ses propres Memoires , jusqu'en 1601.
et continuée jusqu'à sa mort en 1617. et les commencemens du regne de François II . Chez Jean
Nourse 1732. in 8.
trois Congregations chez le Cardinal Imperiali,
aufujet des nouveaux Reglemens qu'on aprojettés du
FEVRIER 17320 341
rez pour corriger ce qu'il y a de défectueux dans
la forme des Etudes.
On écrit de Londres , que M. Durand , Minis
tre de S. Martin , et de la Societé Royale , a publié la septiéme Partie de son Hisoire Françoise
du xvi . siecle , contenant la vie de M. de Thou,
extraite de ses propres Memoires , jusqu'en 1601.
et continuée jusqu'à sa mort en 1617. et les commencemens du regne de François II . Chez Jean
Nourse 1732. in 8.
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Résumé : « On apprend de la même Ville, qu'on a tenu [...] »
En février 1732, trois réunions ont eu lieu chez le Cardinal Imperiali pour discuter de nouveaux règlements sur les études. À Londres, M. Durand a publié la septième partie de son 'Histoire Françoise du XVIe siècle', couvrant la vie de Jacques-Auguste de Thou jusqu'en 1617 et les débuts du règne de François II. L'ouvrage a été imprimé chez Jean Nourse en 1732.
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413
p. 341
Manuscrits, acquis par le Roy, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a acquis pour sa Bibliothque au commencement de cette [...]
Mots clefs :
Bibliothèque, Manuscrit, Acquisition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Manuscrits, acquis par le Roy, [titre d'après la table]
Le Roy a acquis pour sa Bibliotheque au com- mencement de cette année , tous les Manuscrits
de la fameuse Bibliotheque de M. Colbert. Ces
Manuscrits qui appartenoient à M. le Marquis
de Seignelay , petit- Fils de ce Ministre , peuvent être divisés en deux Classes. La premiere consis
te en 6000. Manuscrits anciens , tant Orientaux,'
Grecs et Latins , qu'en Langues vulgaires sur les
Sciences , l'Histoire et la Litterature; on en compre 3370. volumes in fol. Les Manuscrits qu'on
appelle modernes et qui regardent principalement l'Histoire et les affaires de France , sont rangez
dans la seconde Classe : ils forment un receuil de
plus de 1600. volumes,sans compter divers Ported
Feuilles qui renferment quantité de Pieces Origi
nales , et 622. Diplomes de nos Rois avec leurs
Sceaux , depuis Philippe Auguste jusqu'à François I,
de la fameuse Bibliotheque de M. Colbert. Ces
Manuscrits qui appartenoient à M. le Marquis
de Seignelay , petit- Fils de ce Ministre , peuvent être divisés en deux Classes. La premiere consis
te en 6000. Manuscrits anciens , tant Orientaux,'
Grecs et Latins , qu'en Langues vulgaires sur les
Sciences , l'Histoire et la Litterature; on en compre 3370. volumes in fol. Les Manuscrits qu'on
appelle modernes et qui regardent principalement l'Histoire et les affaires de France , sont rangez
dans la seconde Classe : ils forment un receuil de
plus de 1600. volumes,sans compter divers Ported
Feuilles qui renferment quantité de Pieces Origi
nales , et 622. Diplomes de nos Rois avec leurs
Sceaux , depuis Philippe Auguste jusqu'à François I,
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Résumé : Manuscrits, acquis par le Roy, [titre d'après la table]
Le roi a acquis les manuscrits de la bibliothèque du Marquis de Seignelay, petit-fils de Colbert. Ils sont divisés en deux classes : 6 000 manuscrits anciens, incluant des textes orientaux, grecs, latins et en langues vulgaires, couvrant les sciences, l'histoire et la littérature, et plus de 1 600 volumes modernes axés sur l'histoire et les affaires de France, avec 622 diplômes royaux.
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414
p. 341-342
« La Bibliotheque de feu. M Bouthillier de Chavigny, ancien Evêque [...] »
Début :
La Bibliotheque de feu. M Bouthillier de Chavigny, ancien Evêque [...]
Mots clefs :
Bibliothèque de M. Bouthillier, Soutenance de thèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Bibliotheque de feu. M Bouthillier de Chavigny, ancien Evêque [...] »
La Bibliotheque de feu M. Bouthillier de Chavigny , ancien Evêque de Troyes , composée de
près de dix-huit mille Volumes , est à vendre en
gros. Ceux qui voudront l'acquerir pourront s'a- dresser à Madame la Comtesse de Chavigny
G qui
142 MERCURE DE FRANCE
qui leur fera voir la Bibliotheque et le Cata
logue que M. l'Evêque en avoit fait faire. Cette
Dame demeure à Paris , rue Saint Claude , au Marais.
,
Le 18. Fevrier l'Abbé de Fitz-James fils du.
Maréchal de Berwick, Abbé de l'Abbaye S.Victor de Paris soutint dans cette Abbaye sa These
Mineure en présence d'une Assemblée illustre et
des plus nombreuses. Le Cardinal de Bissy , l'Archevêque de Paris , le Nonce du Pape et plusieurs autres Prelats y assisterent ainsi que plusieurs
Personnes distinguées de la Cour et de la Ville.
M. Frederic Jerôme de Roye de la Rochefou
cault Archevêque de Bourges , Docteur de Sorbonne , &c. présida à cet Acte , et le Maréchal
de Berwick, accompagné des Milords ses Freres en fit les honneurs. Le Soutena nt montra autant
d'érudition que de facilité dans la dispute , et reçut un applaudissement general.
près de dix-huit mille Volumes , est à vendre en
gros. Ceux qui voudront l'acquerir pourront s'a- dresser à Madame la Comtesse de Chavigny
G qui
142 MERCURE DE FRANCE
qui leur fera voir la Bibliotheque et le Cata
logue que M. l'Evêque en avoit fait faire. Cette
Dame demeure à Paris , rue Saint Claude , au Marais.
,
Le 18. Fevrier l'Abbé de Fitz-James fils du.
Maréchal de Berwick, Abbé de l'Abbaye S.Victor de Paris soutint dans cette Abbaye sa These
Mineure en présence d'une Assemblée illustre et
des plus nombreuses. Le Cardinal de Bissy , l'Archevêque de Paris , le Nonce du Pape et plusieurs autres Prelats y assisterent ainsi que plusieurs
Personnes distinguées de la Cour et de la Ville.
M. Frederic Jerôme de Roye de la Rochefou
cault Archevêque de Bourges , Docteur de Sorbonne , &c. présida à cet Acte , et le Maréchal
de Berwick, accompagné des Milords ses Freres en fit les honneurs. Le Soutena nt montra autant
d'érudition que de facilité dans la dispute , et reçut un applaudissement general.
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Résumé : « La Bibliotheque de feu. M Bouthillier de Chavigny, ancien Evêque [...] »
La bibliothèque de feu M. Bouthillier de Chavigny, ancien évêque de Troyes, composée d'environ dix-huit mille volumes, est à vendre. Les intéressés peuvent contacter Madame la Comtesse de Chavigny à Paris, rue Saint Claude, au Marais, pour consulter la bibliothèque et le catalogue établi par l'évêque. Le 18 février, l'Abbé de Fitz-James, fils du Maréchal de Berwick et abbé de l'Abbaye Saint-Victor de Paris, a soutenu sa thèse mineure devant une assemblée nombreuse et illustre. Parmi les présents figuraient le Cardinal de Bissy, l'Archevêque de Paris, le Nonce du Pape et plusieurs autres prélats, ainsi que des personnalités distinguées de la cour et de la ville. L'Archevêque de Bourges, M. Frédéric Jérôme de Roye de la Rochefoucauld, a présidé à cet acte, tandis que le Maréchal de Berwick, accompagné de ses frères, a fait les honneurs. L'Abbé de Fitz-James a démontré à la fois érudition et facilité dans la dispute, recevant des applaudissements généraux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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415
p. 342-343
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
L'empressement du Public pour les Estampes de l'histoire [...]
Mots clefs :
Estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
L'empressement du Public pour les Estampes de l'histoire de Don Quichotte , inventées et peintes
par M. Charles Coypel, fait l'éloge de cet ouvrage bien mieux que toutes les louanges qu'on pour
roit lui donner , et nous croyons faire un vrai
plaisir aux curieux de leur donner avis qu'il en
paroît une nouvelle Piece qui est le Memorable Jugement de Sancho , où il fait rompre la Canne ; la
Composition est des mieux entendues et des plus
agréables ; elle a été gravée avec beaucoup de
soin et d'intelligence par François Jollain. Cette
Estampe se debite,comme les autres, chez le sieur
Surugue , Graveur du Roy.
Il donne aussi les 8 et 9. Estampes du Roman
Comique de Scaron?
, dont l'une représente la Ba- taille
FEVRIER. 1732. 343
taille arrivée dans le Tripot qui troubla la Comédie,
gravée par EdmeJeaurat et l'autre est, Ragotin retiréduCoffre,terminé par L.Surugue sur les tableaux
originaux de J. B. Pater On ne doute pas que
ces deux Sujets ne plaisent beaucoup le desordre
d'un combat tel que celui - cy ne pouvoit être
exprimé avec plus de verité et tous les deux avec
plus de ce vrai Comique qui coule si naturellement de la plume de Scaron.
On trouve aussi chez le sieur Surugue , les
œuvres de MM. Antoine et Charles Coypel ,
Ecuyers premiers Peintres du Roy et de Monsei gneur le Duc d'Orleans.
L'oeuvre de M. Girardon, Sculpteur du Roy , celui d'Antoine Watau très - complet , et ce qui se
fart journellement à Paris en fait d'Estampes &c.
Il fait venir aussi des Estampes des Pays Etrangers , comme les œuvres de B. Picart , des Vvicher , Rubens , et tous les Flamands.
Il attend incessamment une histoire des Plantes en Latin avec les Figures imprimées avec les couleurs naturelles , et un nouveau paquet de ces
Estampes colorées pour les découpures , où Pon
a ramassé tout ce qu'il y a de plus beau en ce
genre dans tout le Pays.
Ledit sieur Surugue, demeure à l'entrée de la ruë
des Noyers, entre les deux premieres portes cocheres, vis-à-vis le mur de S. Yves, à Paris.
par M. Charles Coypel, fait l'éloge de cet ouvrage bien mieux que toutes les louanges qu'on pour
roit lui donner , et nous croyons faire un vrai
plaisir aux curieux de leur donner avis qu'il en
paroît une nouvelle Piece qui est le Memorable Jugement de Sancho , où il fait rompre la Canne ; la
Composition est des mieux entendues et des plus
agréables ; elle a été gravée avec beaucoup de
soin et d'intelligence par François Jollain. Cette
Estampe se debite,comme les autres, chez le sieur
Surugue , Graveur du Roy.
Il donne aussi les 8 et 9. Estampes du Roman
Comique de Scaron?
, dont l'une représente la Ba- taille
FEVRIER. 1732. 343
taille arrivée dans le Tripot qui troubla la Comédie,
gravée par EdmeJeaurat et l'autre est, Ragotin retiréduCoffre,terminé par L.Surugue sur les tableaux
originaux de J. B. Pater On ne doute pas que
ces deux Sujets ne plaisent beaucoup le desordre
d'un combat tel que celui - cy ne pouvoit être
exprimé avec plus de verité et tous les deux avec
plus de ce vrai Comique qui coule si naturellement de la plume de Scaron.
On trouve aussi chez le sieur Surugue , les
œuvres de MM. Antoine et Charles Coypel ,
Ecuyers premiers Peintres du Roy et de Monsei gneur le Duc d'Orleans.
L'oeuvre de M. Girardon, Sculpteur du Roy , celui d'Antoine Watau très - complet , et ce qui se
fart journellement à Paris en fait d'Estampes &c.
Il fait venir aussi des Estampes des Pays Etrangers , comme les œuvres de B. Picart , des Vvicher , Rubens , et tous les Flamands.
Il attend incessamment une histoire des Plantes en Latin avec les Figures imprimées avec les couleurs naturelles , et un nouveau paquet de ces
Estampes colorées pour les découpures , où Pon
a ramassé tout ce qu'il y a de plus beau en ce
genre dans tout le Pays.
Ledit sieur Surugue, demeure à l'entrée de la ruë
des Noyers, entre les deux premieres portes cocheres, vis-à-vis le mur de S. Yves, à Paris.
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication d'une estampe intitulée 'Le Memorable Jugement de Sancho, où il fait rompre la Canne', inspirée de l'histoire de Don Quichotte, créée et peinte par Charles Coypel et gravée par François Jollain. Cette estampe est disponible chez le sieur Surugue, graveur du roi. Le texte mentionne également la disponibilité des 8e et 9e estampes du 'Roman Comique' de Scarron, gravées par Edme Jeaurat et Louis Surugue d'après les tableaux de Jean-Baptiste Pater. Ces estampes représentent des scènes comiques et désordonnées, fidèles à l'esprit de Scarron. Le sieur Surugue propose aussi les œuvres des peintres Antoine et Charles Coypel, écuyers premiers peintres du roi et du duc d'Orléans, ainsi que celles de Girardon et Antoine Watteau. Il vend également des estampes étrangères, notamment celles de Bernard Picart, Adriaen van der Werff, Rubens et d'autres Flamands. Surugue attend la réception d'une histoire des plantes en latin avec des figures imprimées en couleurs naturelles et un nouveau paquet d'estampes colorées pour découpures. Le sieur Surugue réside à l'entrée de la rue des Noyers, entre les deux premières portes cochères, vis-à-vis le mur de Saint-Yves, à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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416
p. 343-344
« Un jeune homme de Roüen a presenté au Roy un [...] »
Début :
Un jeune homme de Roüen a presenté au Roy un [...]
Mots clefs :
Bouquet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Un jeune homme de Roüen a presenté au Roy un [...] »
Un jeune homme de Rouen a presenté au Roy
un Bouquet très - singulier , composé de Fleurs'
artificielles faites avec de la Nacre de Perle et de
divers Coquillages , d'un travail très - délicat et
avec un assortiment de couleurs admirables. Les
Feuilles et les Fleurs sont aussi minces que les
naturelles. Les Fleurs qui composent ce Bouquet
Gijavec
344 MERCURE DE FRANCE
ayec leurs tiges ont 18. pouces de hauteur ; il est
placé sur un pied de 15. pouces.
un Bouquet très - singulier , composé de Fleurs'
artificielles faites avec de la Nacre de Perle et de
divers Coquillages , d'un travail très - délicat et
avec un assortiment de couleurs admirables. Les
Feuilles et les Fleurs sont aussi minces que les
naturelles. Les Fleurs qui composent ce Bouquet
Gijavec
344 MERCURE DE FRANCE
ayec leurs tiges ont 18. pouces de hauteur ; il est
placé sur un pied de 15. pouces.
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417
p. 344-345
Diamans arrivez en Portugal, [titre d'après la table]
Début :
La Flotte du Rio de Janeiro, arrivée à Lisbonne le [...]
Mots clefs :
Diamants, Rio de Janeiro, Carats
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texteReconnaissance textuelle : Diamans arrivez en Portugal, [titre d'après la table]
La Flotte du Rio de Janeiro, arrivée à Lisbonne
le 7. et le 8. Decembte 1731. composée de 14.
Vaisseaux Marchands , escortée par deux Vais,
seaux de Guerre, y a apporté outre l'Or et les
Marchandises ordinaires , des Diamans,
Il y en a eu de déclarez sur le premier Vais- seau de Guerre
sur le second ,
et on croit qu'il en aura passé sans être déclaré
TOTAL
Il en est aussi arrivé de Goa le
19. Novembre dernier, et 2. autres
Vaisseaux venus de la Baye de tous
23400. Carats.
I2600.
46000.
82000. Carats,
les Saints, en ont apporté environ 18000. Carats
On compte que la Flotte de la
Baye de tous les Saints, qui arrivera
en Janvier 1732. en apportera 33000. Carats.
TOTAL GENERAL. 133000. Carats,
Ces Diamans sont estimez les uns dans les au
tres à quinze Cruzades le Carat , ce qui feroit 1995000. Cruzades.
On est persuadépar les lettres qui ont été écrites
du Bresil et par le rapport qui a été fait par plus
sieurs personnes de l'endroit où se trouvent ces Diamans , qu'il n'en viendra presque plus , parce
qu'lls n'ont pas été tirés d'une Mine , et qu'on fes apêchez au fond de plusieurs petites Rivieres,
où l'on prétend qu'ils se sont formés; ce qui est difficile à croire, O
FEVRIER. 1732 345
On assure ce préjugé sur ce qu'on a recommencé la pêche dans ces mêmes Rivieres après de
grandesavalaisons d'eaux, et on n'y a rien trouvé.
Quoiqu'il en soit, on dit qu'il n'y a plus qu'une
de ces Rivieres où il s'en trouve encore quelques- uns.
Le plus gros Diamant qui soit venu est de 39.
Carats , les autres sont depuis quatorze et au dessous et presque tous petits.
Ces Diamans sont generalement plus nets que
ceux d'Orient , aussi durs et par consequent bril
lans et pleins de feu.
celles
Il s'est trouvé dans d'autres endroits du Bresil
des Topazes aussi belles et aussi dures que d'Orient, et resistant à la lime.
On ne connoît point encore parfaintement des
Pierres rouges qui s'y trouvent qui resistent à la
lime comme les Diamans : on croit cependant
que ce seront des Rubis Balais.
le 7. et le 8. Decembte 1731. composée de 14.
Vaisseaux Marchands , escortée par deux Vais,
seaux de Guerre, y a apporté outre l'Or et les
Marchandises ordinaires , des Diamans,
Il y en a eu de déclarez sur le premier Vais- seau de Guerre
sur le second ,
et on croit qu'il en aura passé sans être déclaré
TOTAL
Il en est aussi arrivé de Goa le
19. Novembre dernier, et 2. autres
Vaisseaux venus de la Baye de tous
23400. Carats.
I2600.
46000.
82000. Carats,
les Saints, en ont apporté environ 18000. Carats
On compte que la Flotte de la
Baye de tous les Saints, qui arrivera
en Janvier 1732. en apportera 33000. Carats.
TOTAL GENERAL. 133000. Carats,
Ces Diamans sont estimez les uns dans les au
tres à quinze Cruzades le Carat , ce qui feroit 1995000. Cruzades.
On est persuadépar les lettres qui ont été écrites
du Bresil et par le rapport qui a été fait par plus
sieurs personnes de l'endroit où se trouvent ces Diamans , qu'il n'en viendra presque plus , parce
qu'lls n'ont pas été tirés d'une Mine , et qu'on fes apêchez au fond de plusieurs petites Rivieres,
où l'on prétend qu'ils se sont formés; ce qui est difficile à croire, O
FEVRIER. 1732 345
On assure ce préjugé sur ce qu'on a recommencé la pêche dans ces mêmes Rivieres après de
grandesavalaisons d'eaux, et on n'y a rien trouvé.
Quoiqu'il en soit, on dit qu'il n'y a plus qu'une
de ces Rivieres où il s'en trouve encore quelques- uns.
Le plus gros Diamant qui soit venu est de 39.
Carats , les autres sont depuis quatorze et au dessous et presque tous petits.
Ces Diamans sont generalement plus nets que
ceux d'Orient , aussi durs et par consequent bril
lans et pleins de feu.
celles
Il s'est trouvé dans d'autres endroits du Bresil
des Topazes aussi belles et aussi dures que d'Orient, et resistant à la lime.
On ne connoît point encore parfaintement des
Pierres rouges qui s'y trouvent qui resistent à la
lime comme les Diamans : on croit cependant
que ce seront des Rubis Balais.
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Résumé : Diamans arrivez en Portugal, [titre d'après la table]
En décembre 1731, la flotte du Rio de Janeiro, composée de 14 vaisseaux marchands et escortée par deux vaisseaux de guerre, est arrivée à Lisbonne avec de l'or, des marchandises et des diamants. Les déclarations officielles mentionnent 23 400 carats sur le premier vaisseau de guerre et 12 600 carats sur le second, avec des suspicions de diamants non déclarés. Des diamants sont également arrivés de Goa le 19 novembre, totalisant 46 000 carats, et de la Baie de tous les Saints, environ 18 000 carats. La flotte de la Baie de tous les Saints, attendue en janvier 1732, devrait apporter 33 000 carats, portant le total général à 133 000 carats. Ces diamants sont estimés à quinze cruzades le carat, soit 1 995 000 cruzades. Les sources brésiliennes indiquent une possible diminution de la production de diamants, car ils sont trouvés au fond des rivières plutôt que dans des mines. Le plus gros diamant pesait 39 carats. Les diamants brésiliens sont réputés pour leur netteté et leur dureté. Des topazes et des pierres rouges, potentiellement des rubis balais, ont également été découvertes au Brésil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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418
p. 345-346
« Le 10. du mois dernier, à neuf heures 3. minutes [...] »
Début :
Le 10. du mois dernier, à neuf heures 3. minutes [...]
Mots clefs :
Tremblements de terre, Chirurgien, Hypocondrie
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texteReconnaissance textuelle : « Le 10. du mois dernier, à neuf heures 3. minutes [...] »
Le 10. du mois dernier , à neuf heures 3. minutes du matin , il y a cu à Malaga un Tremblement de Terre qui ne dura que deux minutes ,
mais il fut très-violent. Il n'a cependant fait d'autre dommage que de renverser une muraille contingue à la maison de M. le Chevalier Olivier ,
Consul de France à Malaga , sans qu'elle en ait
été endommagée. Le lendemain à 5. heures du
matin on ressentit encore un autre Tremblement
qui ne fut pas si violent que le premier et qui n'a
causé aucun dommage .
Ce Tremblement de Terre s'est fait sentir sur
+ toute la côte , à Seville , &c. où il a causé beaucoup d'éfroy mais peu de dommage.
Le sieur Alexandre Vincens , Chirurgien du
Giij lien
446 MERCURE DE FRANCE
lieu du Luc , Diocése de Die en Dauphiné ,
resident dans le Comtat d'Avignon , a le rare secret , à ce qu'il assure , de guerir toutes sortes de
démances d'esprit,à tout Sexe et à tout âge, c'està- dire, la maladie Hipocondriaque, Manie, Folie,
quelque furieux qu'ils puissent être. Il en a,dit-il,
gueri plusieurs qui étoient enchaînés depuis plu
sieurs années, d'autres qui étoient devenus comme
Innocens , sans aucune raison , lesquels sont devenus raisonnables par le moyen de ses Remedes,
comme il apparoît par les certificats qu'il a de
ses guerisons, recemment legalisez des principaux
Officiers et Magistrats des Villles où il a fait lesdites guerisons ; principalement Toulon d'un jeune homme enchaîné et très-furieux. Il en a
gueri dans plusieurs Villes du Comtat
;
entre
autres d'une femme âgée de soixante et dix ans ,
enchaînée depuis trois ans , et qu'on croyoit obsedée. Il a gueri la femme du Patron Georges,
de Villeneuve lès Avignon , qui n'étoit pas moins furieuse un homme dans les Petites Maisons
d'Avignon pieds et mains enchaînés, dans moirs
d'un mois. Ledit sieur Vincens a depuis deux
inois gueri un homme enchaîné depuis dix à
douze ans dans une des Loges des Petites Maisons
de l'Hôpital General de Rouen , et en moins d'un
mois gratis. M. de Pont- Carré , Premier President du Parlement lui en a fait expedier un Certificat en forme et signé par les Administrateurs
de l'Hopital.
Le Sieur Vincens traite encore avec succès les
Hidropisies, Vertiges et l'Epilepsie. Il a des Attestations en forme desdites guerisons; il travaille,ditil,plus par honneur que par interêts , et guerit les pauvres gratis. Son adresse est chez M. Liotaud
Marchand de vin , à l'enseigne de l'Hermitage ,
ruë de l'Arbre-Sec , à Paris.
mais il fut très-violent. Il n'a cependant fait d'autre dommage que de renverser une muraille contingue à la maison de M. le Chevalier Olivier ,
Consul de France à Malaga , sans qu'elle en ait
été endommagée. Le lendemain à 5. heures du
matin on ressentit encore un autre Tremblement
qui ne fut pas si violent que le premier et qui n'a
causé aucun dommage .
Ce Tremblement de Terre s'est fait sentir sur
+ toute la côte , à Seville , &c. où il a causé beaucoup d'éfroy mais peu de dommage.
Le sieur Alexandre Vincens , Chirurgien du
Giij lien
446 MERCURE DE FRANCE
lieu du Luc , Diocése de Die en Dauphiné ,
resident dans le Comtat d'Avignon , a le rare secret , à ce qu'il assure , de guerir toutes sortes de
démances d'esprit,à tout Sexe et à tout âge, c'està- dire, la maladie Hipocondriaque, Manie, Folie,
quelque furieux qu'ils puissent être. Il en a,dit-il,
gueri plusieurs qui étoient enchaînés depuis plu
sieurs années, d'autres qui étoient devenus comme
Innocens , sans aucune raison , lesquels sont devenus raisonnables par le moyen de ses Remedes,
comme il apparoît par les certificats qu'il a de
ses guerisons, recemment legalisez des principaux
Officiers et Magistrats des Villles où il a fait lesdites guerisons ; principalement Toulon d'un jeune homme enchaîné et très-furieux. Il en a
gueri dans plusieurs Villes du Comtat
;
entre
autres d'une femme âgée de soixante et dix ans ,
enchaînée depuis trois ans , et qu'on croyoit obsedée. Il a gueri la femme du Patron Georges,
de Villeneuve lès Avignon , qui n'étoit pas moins furieuse un homme dans les Petites Maisons
d'Avignon pieds et mains enchaînés, dans moirs
d'un mois. Ledit sieur Vincens a depuis deux
inois gueri un homme enchaîné depuis dix à
douze ans dans une des Loges des Petites Maisons
de l'Hôpital General de Rouen , et en moins d'un
mois gratis. M. de Pont- Carré , Premier President du Parlement lui en a fait expedier un Certificat en forme et signé par les Administrateurs
de l'Hopital.
Le Sieur Vincens traite encore avec succès les
Hidropisies, Vertiges et l'Epilepsie. Il a des Attestations en forme desdites guerisons; il travaille,ditil,plus par honneur que par interêts , et guerit les pauvres gratis. Son adresse est chez M. Liotaud
Marchand de vin , à l'enseigne de l'Hermitage ,
ruë de l'Arbre-Sec , à Paris.
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Résumé : « Le 10. du mois dernier, à neuf heures 3. minutes [...] »
Le 10 du mois dernier, un tremblement de terre a frappé Malaga à 9h03 du matin, durant deux minutes, causant peu de dommages, notamment la chute d'une muraille près de la maison du Chevalier Olivier, Consul de France. Le lendemain, à 5h du matin, un second séisme, moins intense, a été ressenti sans provoquer de dégâts. Ces secousses ont également été ressenties à Séville, provoquant de la peur mais peu de dommages. Par ailleurs, Alexandre Vincens, chirurgien résidant dans le Comtat d'Avignon, affirme guérir diverses maladies mentales telles que l'hypocondrie, la manie et la folie. Il a soi-disant guéri plusieurs personnes, y compris un jeune homme furieux à Toulon et une femme de 70 ans enchaînée depuis trois ans. Vincens a également traité avec succès des hydropsies, des vertiges et l'épilepsie. Il mentionne travailler par honneur et guérir les pauvres gratuitement. Ses attestations de guérison ont été légalisées par des magistrats et officiers des villes où il a opéré. Son adresse à Paris est chez M. Liotaud, Marchand de vin, rue de l'Arbre-Sec.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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419
p. 508
« LETTRES DE S. JEAN CHRISOSTOME, traduites en François, et rangées [...] »
Début :
LETTRES DE S. JEAN CHRISOSTOME, traduites en François, et rangées [...]
Mots clefs :
Saint Jean Chrisostome
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRES DE S. JEAN CHRISOSTOME, traduites en François, et rangées [...] »
LETTRES DE S. JEAN CHRISOSTOME
traduites en François , et rangées selon l'ordre des temps , avec des Notes
et des Sommaires ; et deux Traitez écrits
du lieu de son exil à la Veuve Ste Olimpiade. A Paris , chez P. Gandouin , Quay
des Augustins , 2. vol. in 8.
traduites en François , et rangées selon l'ordre des temps , avec des Notes
et des Sommaires ; et deux Traitez écrits
du lieu de son exil à la Veuve Ste Olimpiade. A Paris , chez P. Gandouin , Quay
des Augustins , 2. vol. in 8.
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420
p. 508-525
Recueil de Pieces d'Histoire et de Litterature, &c. [titre d'après la table]
Début :
RECUEIL de Pieces. d'Histoire et de Litterature, Tome 1. [...]
Mots clefs :
Recueil, Histoire, Littérature, Mahomet, Temps, France, Mecque, Trésor
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Recueil de Pieces d'Histoire et de Litterature, &c. [titre d'après la table]
RECUEIL de Pieces. d'Histoire et de
Litterature , Tome 1. vol. in 12. de 224.
pages , sans les Préfaces. A Paris , chez
Chaubert , à l'entrée du Quay des Augustins , du côté du Pont S. Michel , 1731. ~
L'Auteur de ce Recueil s'est proposé
comme il le dit dans sa Préface , de plaire
à l'esprit et de l'orner des connoissances
solides ; on peut dire qu'il a réussi dans
ce premier volume , et qu'il tient plus
qu'il ne nous a promis. Il paroît trèsmodeste surson article et même sur celui
de
MARS. 1732. 509.
de la Nation Françoise , à laquelle il préfere les Anglois pour le goût et les in-1
clinations , selon la coûtume d'un certain cercle de personnes qui prennent aujourd'hui à tâche de proner les grandes ,
perfections de la Nation Angloise , aux:
dépens même de la leur , et qui rabaise
sent souvent leur Patrie pour donner à
la Nation Britannique plus de lustre et
de réputation qu'il ne lui enest legitime,
ment dû.
Ce Volume contient les Pieces suivan- ,
tes , toutes ayant leur mérite. Lettre de
M. D...à un de ses amis , sur la nouvelle Edition des Oeuvres de M. l'Abbé.
de S. Real , servant de Préface à la premiere Piece de ce Recueil.
Panegyrique de la Régence de Madame
Royale Marie J. B. de Savoye.
Refléxions nouvelles de M. de la R.
Histoire du Mahometisme.
Remarques sur l'administration des Fi
nances des Romains , traduites de l'Anglois.
Dissertation touchant la part qu'eut
le Pape. Zacharie à la déposition de Chil- deric.
Dissertation , si la grandeur temporelle de l'Eglise n'est point contraire à la
Loy de Dieu , et aux maximes des temps
Apostoliques. Eij Da
o MERCURE DE FRANCE
De la maniere de compter par siecles.
Du commencement et de la fin de chaque
siecle.
Nous ne donnerons aucun Extrait des.
deux premieres Pieces de ce Recueil
nous dirons seulement que le Panegyrique est une fort belle Piece , dont le sujet est traité avec beaucoup d'éloquence.
Les Refléxions diverses qui suivent
cette Piece , sont neuves et délicates.
Elles regardent la confiance , la difference
des esprits , les goûts , la societé , la conversation , le faux , l'air et les manieres.
Nous renvoyons encore au Recueil même
ceux qui en voudront connoître la solidiré et la justesse.
Nous passerons à l'Histoire du Mahometisme , qui est une des Pieces de ce
Recueil ; il paroît d'abord que cette Histoire doive être considerable. Elle l'est en
effet , mais moins par son étenduë que
par la maniere dont elle est traitée. Elle
est divisée en trois Parties. La premiere
est employée à l'Histoire de Mahomet er
de sa Secte. La seconde rapporte les Fables principales que des Auteurs mal informez ont debitées sur Mahomet. L'Auteur réfute en peu de mots dans la troisiéme les principes de cette fausse Religion,Donnons quelque idée de cette Histoire.
MAR-S; 1732 Sar
L'Auteur a puisé les circonstances qu'il
rapporte dans son Discours , dans les
meilleurs Auteurs Mahométan's dans
Abulfeda , Elmacin , Abuljacer , et autres.
Il s'est servi aussi des sçavans Chrétiens
qui ont écrit sur l'Histoire Orientale ,
tels qu'Abulfarage , qu'on peut mettre
de ce nombre, puisqu'il embrassa le Christianisme avant que de mourir , les sçavans Maronites , Gabriël Sionita , Jean
Hesronita , et Abraham Ecchellensis , le
F. Maracci , Hottinger , d'Herbelot , que
Imprimeur nomme Berthelot , et autres.
Mahomet pâquit à la Mecque, Ville
d'Arabie , dans le temps que l'Eglise
Orientale,aussi-bien que l'Empire,étoient
agitez par un très grand nombre de Sectes
et de divisions. Ses parens étoient d'une
naissance illustre parmi les Arabes , mais
pauvres. Il fut orphelin de pere et de
mere à 7. ans. Son oncle l'éleva au commerce des Syriens ; et à l'âge de 28. aps
il épousa une veuve jaune et riche , dont'
il avoit conduit en Syrie pendant trois
ans les Marchandises qu'elle y envoyoit.
Il se vit par un Mariage si avantageux
en état de faire valoir les grandes qualitez de son esprit, sa bravoure dans les
dangers , sa fermeté , sa pénetration et
ses manieres affables et complaisantes. Il
étoit
i
E iij
312 MERCURE DE FRANCE
pour
étoit naturellement éloquent , et il se serIvit bien dans la suite de ce talent. Il
contrefit dès l'année 606. de J. C. l'homme rêveur et contemplatif , et fit passer
des révelations et des communications avec l'Ange Gabriël , les attaques
du mal caduc , dont il étoit agité assez
souvent. Il s'appliqua de bonne heure à
réunir les trois Religions qui regnoient
en Arabie , la Chrétienne , la Juive et
l'ancienne des Arabes.
La Religion Chrétienne étoit plutôt alors une confusion de Sectes et de superstitions , qu'une Religion. Les Juifs et
les Ismaëlites paroissoient pouvoir être
aisément réunis , puisque les uns et les
autres reconnoissoient Abraham pour leur
"Pere commun. Enfin les Arabes étoient
presque tous Idolâtres et adoroient les
Astres dans leur fameux Temple de la
Mecque , qu'ils croyoient ( comme ils le
croyent encore fort abusivement ) plus.
ancien que celui de Salomon.
Mahomet pour profiter de ces divisions.
et pour réunir toutes ces Sectes en une
seule , pose pour principal fondement
qu'il n'y a qu'un Dieu digne de nos adorations ; ce principe établi avec les Chrétiens et avec les Juifs , il tâche d'y amener aussi les Ismaëlites ou les Arabes , en
les:
MARS. 17320 Sis
.
les faisant souvenir qu'ils sont Enfans d'Abraham , et qu'Abraham n'a jamais adoré
qu'un seul Dieu. Il soutient en faveur
des Juifs , qu'il n'y a point de Trinité
queDieu n'a point de fils et qu'il ne s'est
point incarné , ce qui réunissoit encore
plusieurs Sectes, Nestoriens, Ariens et autres. Il dit avec les Chrétiens , que la
Loi de Dieu , qui avoit été confiée aux
Juifs , ayant été corrompue par eux , if
falloit que Dieu suscitât un autre Prophete plus excellent que les autres. Il
avoue que c'est J. C. qu'il est né d'une
Vierge , qu'il est le Verbe de Dieu , que les
Juifs l'ont voulu crucifier , mais qu'il fut
: enlevé dans le Ciel, et que les Juifs ne
-crucifierent que sa Figure , ce qui étoit
Pheresie des Ebionites. Enfin après avoir
déclaré ces trois Religions insuffisantes ,
il ajoûte en sa faveur que le temps dư
Consolateur promis par J. C. est arrivé ,
: et que la promesse s'accomplit en sa pro
-pre personne. Il accompagna tout cela
de fables qui avoient quelques fondemens dans l'Histoire Sainte , ou qu'il tiroit des Histoires apocriphes , et des
Traditions populaires , mais dont les Arabes ne pouvoient reconnoître la fausseté,
tant leur ignorance étoit grossiere. De
temps-en-temps Mahomet faisoit descenÈ iiij dre
514 MERCURE DE FRANCE
dre du Ciel quelques Cahiers qu'il composoit selon les conjectures où il se trouvoit. On les recueillit après sa mort , et
c'est ce qu'on appelle Alcoran. * Et comme il faut quelqu'exterieur dans une Religion , il ordonna le Jeûne de Ramadan,
il laissa la Circoncision qui étoit en usage en Arabie , et établit des Fêtes , des
Pelerinages , des purifications et d'autres
ceremonies tirées du Christianisme , du
Judaisme et de la pratique ordinaire de
la Nation Arabe.
Il fut cependant 12. ou 13. ans suivi
d'un très-petit nombre de Disciples. La
14. année près de 80. Disciples se joignirent aux premiers , ce qui fit du bruit
dans la Mecque. Les Magistrats en craignirent quelqu'émotion et le chasserent
de la Ville. C'est à cette année de la fuite
de Mahomet , qu'il se réfugia à Medine ,
que commence la celebre Epoque des Mahométans , qu'ils nomment Hegire , c'està-dire Fuite, ce fut Omar oncle de Mahomet, qui 17 ans après cette fuite l'érigea
solemnellement en Epoque et la fitinserer
dans tous les Actes publics. Elle tombe
aur 22. Juillet de l'année 622. de J. C.
Peu de temps après cette fuite , Ma-
* Aloran , composé de deux mots Arabes , signifie l'Ecriture par excellence.
homet
MARS. 1732. SI5
homet eut recours à l'épée , qui lui réüssit encore mieux que la parole. Un Ca
hier descendit du Ciel , qui lui ordonna
d'exterminer tous ceux qui ne suivroient
pas sa doctrine. Les Historiens comptent
12. Batailles qu'il a gagnées pendant sa
vie. Enfin il assiegea la Mecque , à la
tête de 10000. hommes , s'en rendit le
maître et fit passer par le fil de l'épée
tous ceux qui ne se soumirent pas à la
doctrine de l'Alcoran. Voilà en peu de
mots l'Histoire de ce celebre Imposteur.
Il eut , selon quelques- uns , 17. femmes ,
selon d'autres , 21. mais il n'en eut point
d'enfans mâles. Il mourut âgé de 63. ans
dans la 11 année de l'Hegire , et fut enterré à Médine , lieu de sa retraite.
Les fables que l'auteur du Discours historique réfute sont les Miracles que l'on
supose avoir été faits par Mahomet, soit en
naissant , soit dans le cours de sa prétendue Mission . C'est une suite de ces fables
de dire que le Temple de la Mecque ait été bâti en l'honneur de Mahomet. De
son temps même on croyoit que ce Temple subsistoit depuis Abraham, outre que les Mahométans n'y vont que pour adorer Dieu. La suspension en l'air du Tom-- beau de Mahomet est encore une fable ,
mais il ne faut pas la mettre sur le compte
Ev dess
2
16 MERCURE DE FRANCE
des Mahometans , qui la rejettent absoJument. Autre fable, que ce que quelquesuns ont écrit que Mahomet fut choisi
pour le Chef de ceux qui se révolterent
contre Heraclius , et qu'il alla au-devant
de cet Empereur lorsqu'il revenoit de:
Perse. Jamais Mahomet n'a yû Heraclius.
ni n'a combattu contre lui.
Les Villes d'Arabie , ajoûte l'Auteur,
étoient alors régies comme des Républiques ;.
le Cherif, c'est- à- dire , Senior , commandoit:
et l'on n'y avoit nul rapport avec l'Empe-·
reur. Ici notre Auteur nous permettra de
ne pas adopter son Explication du nom de:
Cherif. Ce terme Arabe ne signifie nulle-
-mentSenior Pancien,mais il signifieNoble,
nom qui ne se donne qu'aux Descendans
de Mahomet par Ali , son gendre et par
sa fille Fathime , parce que ceux- là sont
censez de la plus haute naissance qui appartiennent à cette Branche de la Race de
leur Prophete. C'est le seul titre dont le Prince de la Mecque se pare , ainsi que
celui de Medine ; les Rois de Maroc se
font aussi une gloire de porter ce nom ,
regardant comme un des plus beaux ti- tres de noblesse de descendre de MahoLes Arabes expriment ce terme par Scheik ,
qui signifie aussi un Gouverneur , un Chef, uns
Docteur, &c..
met
MARS. 17321 517
4
met par Fathime. Il y a en cet endroit
une autre méprise ; car quoiqu'il soit vrai
que Cherif signifie Noble , et qu'il semble que les Nobles du Pays ayent dû le
gouverner , nous ne voyons cependant
pas que les Villes d'Arabie , à l'exception des deux qu'on vient de nommer
ayent été gouvernées par des Cherifs.
C'est encore une fable de dire que Mahomet ait pris Damas. Fable que son corps
ait été mangé par les chiens. Une autre
fable adoptée par Constantin Porphyrogenete , par Euthymius , Cedrene et autres , c'est d'attribuer aux Mahometans
le culte de Lucifer , de Venus ou de la
-Lune , en leur faisant dire , Alla , oita
Kubar , Deus et Luna seu magna ; au lieu
de Alla ou Akubar, ô Deus maximus
qui sont les premieres paroles qu'on crie
du haut des Mosquées , &c.
oйa
Nous ne suivrons point l'Auteur dans
l'examen , concis à la verité , mais bien
touché, qu'il fait de la Doctrine de Mahomet; il ruine en peu de mots beaucoup
de ses principes. Ce court examen pour--
roit servir de plan à une réfutation com
plette du Mahométisme. Passons à la V.
Piece de ce Recueil , qui contient des Remarques traduites de l'Anglois sur l'administration des Finances des Romains.
En Voici le précis Evi fuc
18 MERCURE DE FRANCE
L'Histoire fournit aux Rois des lumie
res pour soutenir leurs Etats dans la splendeur , en profitant des maximes qui ont
contribué à la grandeur des Empires , et
en évitant ce qui a causé leur décadence.
Rome fut redevable de sa puissance à
une sage dispensation de ses revenus ;
leur dissipation entraîna sa ruine.
y
Valerius-Publicola fut le premier qui
ordonna que le revenu appartenant à la
République seroit déposé dans le Temple
de Saturne , afin que la sainteté du licu
rendît ce dépôt encore plus sacré ; il
avoit deux Trésors ; l'un destiné aux besoins journaliers de la République , l'autre aux pressantes nécessitez. On portoit
dans le premier les Tributs et les Impôts
ordinaires , et dans l'autre l'or de l'Impôt
du vingtiéme sur les Esclaves ; on l'appelloit pour ce sujet Aurum vicesimarium.
Pendant quelques siecles la République
n'eut pas besoin d'argent ; ce ne fut qu'au
Siege de Veïes 350. ans après la fondation de Rome , que les Troupes commeacerent à recevoir une solde. Les Romains
persuadez que rien n'étoit plus important que de ne point surcharger le Peuple d'Impôts et d'avoir un fonds capable de maintenir l'Etat en temps, de guerte
et de paix , firent porter dans le Trésor
public
MARS. 1732 $39
public toutes les richesses qu'ils emportoient par leurs victoires. Ainsi les richesses de Carthage , de Sicile , des Villes de
Macédoine , d'Asie et des autres Provinces conquises , furent déposées par les
Generaux dans le Temple de Saturne
avec un désinteressement admirable , qui
duroit encore quelque temps après la
derniere guerte punique.
›
Dans le siecle suivant cette integrité
fut alterée , mais ce ne fut jamais que
par des ambitieux qui tramoient la servitude et la ruine de la République. Ce
pendant le Trésor public ne laissoit pas
d'être enrichi continuellement par les richesses immenses que la République tiroit de ceux de qui elle triomphoit. Scipion l'Africain fit payer aux Carthaginois
30. millions de livres dans l'espace de 50.
ans , et il obligea le Roi Antiochus en lui
accordant la paix , de payer à la Répablique 24.. millions. Titus Q. Flaminius
Coptraignit Philippe , Roi de Macedoine,
de donner à la Rep. 3. millions ; il n'accorda la Paix à Nabis , Tyran de Sparte .
qu'en exigeant de lui près d'un million.
Il ajoûta encore aux sommes immenses
dont il avoit déja enrichi le Trésor , six
cent quarante millions de livres en lingots d'argent ; 79. millions quatre cens
-
cin-
* 20 MERCURE DE FRANCE
· "
cinquante- deux mille livrés en monnoye
d'argent , et deux millions quatre cent
vingt mille livres en Pieces d'or. On peut
encore voir d'autres exemples de ce désinteressement des Generaux Romains
dans ces Remarques.
C'est donc par cette conduite des Ro-
'mains à l'égard de ceux dont ils triomphoient et par l'integrité et le desinteressement de ces grands Hommes que Rome s'est élevée si haut et qu'elle s'est soutenuë si long- temps. Car il n'est pas pos.
sible qu'un Etat puisse soutenir de lonque ques guerres sans autre fonds celui
de son propre revenu. En effet tant que
les Romains ne perdirent point de vûë
ce systême, ils furent heureux dans leurs
Expeditions. Auguste laissa des sommes
si considerables dans le Trésor public ,
qu'on les fait monter jusqu'à 202 , millions de notre monnoye. Aussi , remarque l'Auteur Anglois , avoit- il une qualité qui ne manque jamais d'enrichir un
Prince , c'étoit d'examiner avec soin les
comptes publics. Mais Caligula dépensa
ses immenses richesses en moins d'un an
au rapport de Suetone. L'Auteur prouve
ensuite que le salut de l'Etat dépend de
- Padministration des Finances , et que la
prodigalité des Princes, et leur inatter- tion
MARS. 1732. JA
tion à veiller sur l'usage et l'emploi de
feurs richesses , en entraînent la dissipa-`
tion et peu à peu la ruine de leurs Etats.
Il fait ensuite remarquer que la cruauté
de plusieurs Empereurs de Rome n'est
venuë que des necessitez ausquelles leur
prodigalité les avoit réduits , qu'ils n'étoient pas cruels d'abord, et que ce n'a été
qu'une suite de leur inattention à veiller
sur leurs Finances ; négligence qui les
contraignoit d'exiger des Peuples avec
dureté des Impôts multipliez et à les
vexer en mille manieres ; funestes fruits
des conseils pernicieux de leurs Courti
sans qui ne manquoient pas de leur inspirer du dégoût et de l'éloignement pour
les affaires et sur tout pour celles qui regardent les Finances.
L'Empereur Caracalla fut le premier
qui altera les Monnoyes et qui donna des pieces d'étain et de cuivre pour des
pieces d'or et d'argent , sur quoi on peut
remarquer en general que durant la décadence de l'Empire les Monnoyes furent
fortalterées , la necessité poussant le Prin
ce à donner aux Especes une plus grande valeur à proportion de leur rareté 35
d'où l'on peut conclure avec l'Auteur
des Remarques , que les Especes sont comme le pouls d'un Etat ; , s'il bat irréguliere-- ment
522 MERCURE DE FRANCE
rement , onjuge par ce symptome que le corps
politique est attaqué de quelque maladie
dangereuse ; que si le Prince se trouve obligé
d'affaiblir les Especes , c'est un indice qu'on
commence à les faire sortir du Royaume ; s'il
est dans la nécessité de substituer quelqu'autre
matiereà l'or et àl'argent, comme fit Caracalla , on peut inferer de- là qu'unegrande par
tie de l'argent en est déja sortie que s'il ar
rive que les Especes soient entierement enlevées on universellement alterées comme
cela se fit dans la décadence de l'Empire Remain , on en peut augurer la raine prochaine
de l'Etat. On trouve dans cette Piece un
grand nombre de traits curieux que les bornes d'un Extrait ne nous permettent
pas de rapporter. Nou ne dirons rien des
deux Dissertations qui suivent sur la déposition de Childeric e sur la compatibilité de la grandeur temporelle avec la
puissance spirituelle ; ces deux Pieces sont
P'une et l'autre remplies de choses Cu
rieuses et qui se font lire avec plaisir.
La derniere Piece de ce Recueil regarde une dispute qui s'éleva vers la fin du
dernier siecle ; les uns prétendoient que
Pannée 1700. devoit commencer le sie--
cle suivant , desorte que du même moment que l'on pouvoit compter 1700. la :
centiéme année devoit être accomplie ,.
et
MARS. 1732. 5232
麵
et la premiere année du siecle suivant devoit commencer. Les autres sontenoient au contraire que l'année 1700.
devoit terminer le 17. siecle , mais de façon que ce ne pouvoit être qu'après da
révolution entiere de cette année que le
siecle suivant devoit commencer. L'Auteur de cette Dissertation embrassa alors.
cé dernier parti. Il fait voir dans cette
Piece que puisqu'on entend par un siecle
l'espace de cent ans , on ne compte le
siecle achevé ou révolu que lorsque la
centiéme année est révolue , comme un
homme à qui on devroit cent pistoles , ne
seroit pas content de 99. et de la ceatiéme commencée. Que l'on compte , ditil , les années , les mois , les semaines et
les jours de la même maniere qu'on dit
qu'il est Lundi , qu'il est le mois de Janvier , la premiere semaine de l'Avent du
Carême quoique Lundy ou le mois deJanvier ou la premiere semaine de l'Avent ne fassent que commencer.
,
Les anciens Actes disent communément le mois courant ou l'année courante.
Ainsi on comptoit déja une telle année
avant qu'elle fût achevée. Les Marchands
mettent en titre dans leurs Registres
Janvier ou Mars ou Avril , avant que
le premier jour de ces mois soit achevé.
Un
$24 MERCURE DE FRANCE
•
Un Sçavant met le 2. ou 3. ou 6. Livre
en composant son Ouvrage , dès qu'il
commence le 2. 3. ou6. Livre.Le Voyageur
dans ses Fournauxde Voyages,écrit la premiere , seconde , troisiéme journée , dès le
matin de chaque journée et si son voyage
a duré 15. jours et qu'il arrive le 16 à midi
dans une Ville , il dira qu'il est arrivé lat
16 journée , quoiqu'elle ne soit pas finie.
Les Historiens Ecclesiastiques mettent
dans la premiere année de l'Ere Chré
rienne plusieurs faits arrivez long-temps
avant la fin de cette premiere année , tels
que la Circoncision , l'Adoration des Ma-
-ges , la Fuite en Egypte , le Meurtre des
Innocens , &c. Les Rois dattent de la
premiere année de leur regne les Edits
qu'ils ont donnez pendant les 12. premiers mois. Dès que Jerusalem fut délivrée de la persecution d'Antiochuset
qu'il fut permis de battre de la monnoye,
on marqua cette Epoque ainsi : L'anpremier sous Simon , anno primo sub Simone.
F. Machab. 13. comme on le voit encore
dans plusieurs Médailles.
Dans le temps de la correction du
: Calendrier par Jules-Cesar l'an 709. de
Rome , dès le commencement de cette
Epoque en Janvier , on a compté l'an
premier. Cette année commença avec.
cle
4.
MARS. 1732. 525
Consulat de Jules-Cesar et de Lepide,
le Consulat duroit depuis Janvier jusqu'en Décembre. Ainsi puisqu'on comptoit les années courantes comme on comp
toit les Consulats , l'année se comptoit
aussi dès qu'elle commençoit , coinme
l'on comptoit le Consulat dès qu'il commençoit. Enfin dès le commencement de
l'Ere de Diocletien ou des Martyrs , que
les Chrétiens ont suivie , même pour dresser les Cicles Paschaux , jusqu'à- ce que
Denis le Petit ait fait succeder l'Ere de
l'Incarnation , on compta l'an 1. car elle
commença exactement avec le premier
jour du Regne de Diocletien. Aussi quand
S. Ambroise datte quelques faits par les
années de cette Ere , il dit toûjours l'am
depuis le premier jour du Regne de Diocletien. De tout celà il est aisé de conclure
que l'on a dû compter l'année 1700. dès
qu'elle a commencé, et par consequent que
le premier Janvier 1700. fut le premier
jour de la derniere année du XVII. secle
Litterature , Tome 1. vol. in 12. de 224.
pages , sans les Préfaces. A Paris , chez
Chaubert , à l'entrée du Quay des Augustins , du côté du Pont S. Michel , 1731. ~
L'Auteur de ce Recueil s'est proposé
comme il le dit dans sa Préface , de plaire
à l'esprit et de l'orner des connoissances
solides ; on peut dire qu'il a réussi dans
ce premier volume , et qu'il tient plus
qu'il ne nous a promis. Il paroît trèsmodeste surson article et même sur celui
de
MARS. 1732. 509.
de la Nation Françoise , à laquelle il préfere les Anglois pour le goût et les in-1
clinations , selon la coûtume d'un certain cercle de personnes qui prennent aujourd'hui à tâche de proner les grandes ,
perfections de la Nation Angloise , aux:
dépens même de la leur , et qui rabaise
sent souvent leur Patrie pour donner à
la Nation Britannique plus de lustre et
de réputation qu'il ne lui enest legitime,
ment dû.
Ce Volume contient les Pieces suivan- ,
tes , toutes ayant leur mérite. Lettre de
M. D...à un de ses amis , sur la nouvelle Edition des Oeuvres de M. l'Abbé.
de S. Real , servant de Préface à la premiere Piece de ce Recueil.
Panegyrique de la Régence de Madame
Royale Marie J. B. de Savoye.
Refléxions nouvelles de M. de la R.
Histoire du Mahometisme.
Remarques sur l'administration des Fi
nances des Romains , traduites de l'Anglois.
Dissertation touchant la part qu'eut
le Pape. Zacharie à la déposition de Chil- deric.
Dissertation , si la grandeur temporelle de l'Eglise n'est point contraire à la
Loy de Dieu , et aux maximes des temps
Apostoliques. Eij Da
o MERCURE DE FRANCE
De la maniere de compter par siecles.
Du commencement et de la fin de chaque
siecle.
Nous ne donnerons aucun Extrait des.
deux premieres Pieces de ce Recueil
nous dirons seulement que le Panegyrique est une fort belle Piece , dont le sujet est traité avec beaucoup d'éloquence.
Les Refléxions diverses qui suivent
cette Piece , sont neuves et délicates.
Elles regardent la confiance , la difference
des esprits , les goûts , la societé , la conversation , le faux , l'air et les manieres.
Nous renvoyons encore au Recueil même
ceux qui en voudront connoître la solidiré et la justesse.
Nous passerons à l'Histoire du Mahometisme , qui est une des Pieces de ce
Recueil ; il paroît d'abord que cette Histoire doive être considerable. Elle l'est en
effet , mais moins par son étenduë que
par la maniere dont elle est traitée. Elle
est divisée en trois Parties. La premiere
est employée à l'Histoire de Mahomet er
de sa Secte. La seconde rapporte les Fables principales que des Auteurs mal informez ont debitées sur Mahomet. L'Auteur réfute en peu de mots dans la troisiéme les principes de cette fausse Religion,Donnons quelque idée de cette Histoire.
MAR-S; 1732 Sar
L'Auteur a puisé les circonstances qu'il
rapporte dans son Discours , dans les
meilleurs Auteurs Mahométan's dans
Abulfeda , Elmacin , Abuljacer , et autres.
Il s'est servi aussi des sçavans Chrétiens
qui ont écrit sur l'Histoire Orientale ,
tels qu'Abulfarage , qu'on peut mettre
de ce nombre, puisqu'il embrassa le Christianisme avant que de mourir , les sçavans Maronites , Gabriël Sionita , Jean
Hesronita , et Abraham Ecchellensis , le
F. Maracci , Hottinger , d'Herbelot , que
Imprimeur nomme Berthelot , et autres.
Mahomet pâquit à la Mecque, Ville
d'Arabie , dans le temps que l'Eglise
Orientale,aussi-bien que l'Empire,étoient
agitez par un très grand nombre de Sectes
et de divisions. Ses parens étoient d'une
naissance illustre parmi les Arabes , mais
pauvres. Il fut orphelin de pere et de
mere à 7. ans. Son oncle l'éleva au commerce des Syriens ; et à l'âge de 28. aps
il épousa une veuve jaune et riche , dont'
il avoit conduit en Syrie pendant trois
ans les Marchandises qu'elle y envoyoit.
Il se vit par un Mariage si avantageux
en état de faire valoir les grandes qualitez de son esprit, sa bravoure dans les
dangers , sa fermeté , sa pénetration et
ses manieres affables et complaisantes. Il
étoit
i
E iij
312 MERCURE DE FRANCE
pour
étoit naturellement éloquent , et il se serIvit bien dans la suite de ce talent. Il
contrefit dès l'année 606. de J. C. l'homme rêveur et contemplatif , et fit passer
des révelations et des communications avec l'Ange Gabriël , les attaques
du mal caduc , dont il étoit agité assez
souvent. Il s'appliqua de bonne heure à
réunir les trois Religions qui regnoient
en Arabie , la Chrétienne , la Juive et
l'ancienne des Arabes.
La Religion Chrétienne étoit plutôt alors une confusion de Sectes et de superstitions , qu'une Religion. Les Juifs et
les Ismaëlites paroissoient pouvoir être
aisément réunis , puisque les uns et les
autres reconnoissoient Abraham pour leur
"Pere commun. Enfin les Arabes étoient
presque tous Idolâtres et adoroient les
Astres dans leur fameux Temple de la
Mecque , qu'ils croyoient ( comme ils le
croyent encore fort abusivement ) plus.
ancien que celui de Salomon.
Mahomet pour profiter de ces divisions.
et pour réunir toutes ces Sectes en une
seule , pose pour principal fondement
qu'il n'y a qu'un Dieu digne de nos adorations ; ce principe établi avec les Chrétiens et avec les Juifs , il tâche d'y amener aussi les Ismaëlites ou les Arabes , en
les:
MARS. 17320 Sis
.
les faisant souvenir qu'ils sont Enfans d'Abraham , et qu'Abraham n'a jamais adoré
qu'un seul Dieu. Il soutient en faveur
des Juifs , qu'il n'y a point de Trinité
queDieu n'a point de fils et qu'il ne s'est
point incarné , ce qui réunissoit encore
plusieurs Sectes, Nestoriens, Ariens et autres. Il dit avec les Chrétiens , que la
Loi de Dieu , qui avoit été confiée aux
Juifs , ayant été corrompue par eux , if
falloit que Dieu suscitât un autre Prophete plus excellent que les autres. Il
avoue que c'est J. C. qu'il est né d'une
Vierge , qu'il est le Verbe de Dieu , que les
Juifs l'ont voulu crucifier , mais qu'il fut
: enlevé dans le Ciel, et que les Juifs ne
-crucifierent que sa Figure , ce qui étoit
Pheresie des Ebionites. Enfin après avoir
déclaré ces trois Religions insuffisantes ,
il ajoûte en sa faveur que le temps dư
Consolateur promis par J. C. est arrivé ,
: et que la promesse s'accomplit en sa pro
-pre personne. Il accompagna tout cela
de fables qui avoient quelques fondemens dans l'Histoire Sainte , ou qu'il tiroit des Histoires apocriphes , et des
Traditions populaires , mais dont les Arabes ne pouvoient reconnoître la fausseté,
tant leur ignorance étoit grossiere. De
temps-en-temps Mahomet faisoit descenÈ iiij dre
514 MERCURE DE FRANCE
dre du Ciel quelques Cahiers qu'il composoit selon les conjectures où il se trouvoit. On les recueillit après sa mort , et
c'est ce qu'on appelle Alcoran. * Et comme il faut quelqu'exterieur dans une Religion , il ordonna le Jeûne de Ramadan,
il laissa la Circoncision qui étoit en usage en Arabie , et établit des Fêtes , des
Pelerinages , des purifications et d'autres
ceremonies tirées du Christianisme , du
Judaisme et de la pratique ordinaire de
la Nation Arabe.
Il fut cependant 12. ou 13. ans suivi
d'un très-petit nombre de Disciples. La
14. année près de 80. Disciples se joignirent aux premiers , ce qui fit du bruit
dans la Mecque. Les Magistrats en craignirent quelqu'émotion et le chasserent
de la Ville. C'est à cette année de la fuite
de Mahomet , qu'il se réfugia à Medine ,
que commence la celebre Epoque des Mahométans , qu'ils nomment Hegire , c'està-dire Fuite, ce fut Omar oncle de Mahomet, qui 17 ans après cette fuite l'érigea
solemnellement en Epoque et la fitinserer
dans tous les Actes publics. Elle tombe
aur 22. Juillet de l'année 622. de J. C.
Peu de temps après cette fuite , Ma-
* Aloran , composé de deux mots Arabes , signifie l'Ecriture par excellence.
homet
MARS. 1732. SI5
homet eut recours à l'épée , qui lui réüssit encore mieux que la parole. Un Ca
hier descendit du Ciel , qui lui ordonna
d'exterminer tous ceux qui ne suivroient
pas sa doctrine. Les Historiens comptent
12. Batailles qu'il a gagnées pendant sa
vie. Enfin il assiegea la Mecque , à la
tête de 10000. hommes , s'en rendit le
maître et fit passer par le fil de l'épée
tous ceux qui ne se soumirent pas à la
doctrine de l'Alcoran. Voilà en peu de
mots l'Histoire de ce celebre Imposteur.
Il eut , selon quelques- uns , 17. femmes ,
selon d'autres , 21. mais il n'en eut point
d'enfans mâles. Il mourut âgé de 63. ans
dans la 11 année de l'Hegire , et fut enterré à Médine , lieu de sa retraite.
Les fables que l'auteur du Discours historique réfute sont les Miracles que l'on
supose avoir été faits par Mahomet, soit en
naissant , soit dans le cours de sa prétendue Mission . C'est une suite de ces fables
de dire que le Temple de la Mecque ait été bâti en l'honneur de Mahomet. De
son temps même on croyoit que ce Temple subsistoit depuis Abraham, outre que les Mahométans n'y vont que pour adorer Dieu. La suspension en l'air du Tom-- beau de Mahomet est encore une fable ,
mais il ne faut pas la mettre sur le compte
Ev dess
2
16 MERCURE DE FRANCE
des Mahometans , qui la rejettent absoJument. Autre fable, que ce que quelquesuns ont écrit que Mahomet fut choisi
pour le Chef de ceux qui se révolterent
contre Heraclius , et qu'il alla au-devant
de cet Empereur lorsqu'il revenoit de:
Perse. Jamais Mahomet n'a yû Heraclius.
ni n'a combattu contre lui.
Les Villes d'Arabie , ajoûte l'Auteur,
étoient alors régies comme des Républiques ;.
le Cherif, c'est- à- dire , Senior , commandoit:
et l'on n'y avoit nul rapport avec l'Empe-·
reur. Ici notre Auteur nous permettra de
ne pas adopter son Explication du nom de:
Cherif. Ce terme Arabe ne signifie nulle-
-mentSenior Pancien,mais il signifieNoble,
nom qui ne se donne qu'aux Descendans
de Mahomet par Ali , son gendre et par
sa fille Fathime , parce que ceux- là sont
censez de la plus haute naissance qui appartiennent à cette Branche de la Race de
leur Prophete. C'est le seul titre dont le Prince de la Mecque se pare , ainsi que
celui de Medine ; les Rois de Maroc se
font aussi une gloire de porter ce nom ,
regardant comme un des plus beaux ti- tres de noblesse de descendre de MahoLes Arabes expriment ce terme par Scheik ,
qui signifie aussi un Gouverneur , un Chef, uns
Docteur, &c..
met
MARS. 17321 517
4
met par Fathime. Il y a en cet endroit
une autre méprise ; car quoiqu'il soit vrai
que Cherif signifie Noble , et qu'il semble que les Nobles du Pays ayent dû le
gouverner , nous ne voyons cependant
pas que les Villes d'Arabie , à l'exception des deux qu'on vient de nommer
ayent été gouvernées par des Cherifs.
C'est encore une fable de dire que Mahomet ait pris Damas. Fable que son corps
ait été mangé par les chiens. Une autre
fable adoptée par Constantin Porphyrogenete , par Euthymius , Cedrene et autres , c'est d'attribuer aux Mahometans
le culte de Lucifer , de Venus ou de la
-Lune , en leur faisant dire , Alla , oita
Kubar , Deus et Luna seu magna ; au lieu
de Alla ou Akubar, ô Deus maximus
qui sont les premieres paroles qu'on crie
du haut des Mosquées , &c.
oйa
Nous ne suivrons point l'Auteur dans
l'examen , concis à la verité , mais bien
touché, qu'il fait de la Doctrine de Mahomet; il ruine en peu de mots beaucoup
de ses principes. Ce court examen pour--
roit servir de plan à une réfutation com
plette du Mahométisme. Passons à la V.
Piece de ce Recueil , qui contient des Remarques traduites de l'Anglois sur l'administration des Finances des Romains.
En Voici le précis Evi fuc
18 MERCURE DE FRANCE
L'Histoire fournit aux Rois des lumie
res pour soutenir leurs Etats dans la splendeur , en profitant des maximes qui ont
contribué à la grandeur des Empires , et
en évitant ce qui a causé leur décadence.
Rome fut redevable de sa puissance à
une sage dispensation de ses revenus ;
leur dissipation entraîna sa ruine.
y
Valerius-Publicola fut le premier qui
ordonna que le revenu appartenant à la
République seroit déposé dans le Temple
de Saturne , afin que la sainteté du licu
rendît ce dépôt encore plus sacré ; il
avoit deux Trésors ; l'un destiné aux besoins journaliers de la République , l'autre aux pressantes nécessitez. On portoit
dans le premier les Tributs et les Impôts
ordinaires , et dans l'autre l'or de l'Impôt
du vingtiéme sur les Esclaves ; on l'appelloit pour ce sujet Aurum vicesimarium.
Pendant quelques siecles la République
n'eut pas besoin d'argent ; ce ne fut qu'au
Siege de Veïes 350. ans après la fondation de Rome , que les Troupes commeacerent à recevoir une solde. Les Romains
persuadez que rien n'étoit plus important que de ne point surcharger le Peuple d'Impôts et d'avoir un fonds capable de maintenir l'Etat en temps, de guerte
et de paix , firent porter dans le Trésor
public
MARS. 1732 $39
public toutes les richesses qu'ils emportoient par leurs victoires. Ainsi les richesses de Carthage , de Sicile , des Villes de
Macédoine , d'Asie et des autres Provinces conquises , furent déposées par les
Generaux dans le Temple de Saturne
avec un désinteressement admirable , qui
duroit encore quelque temps après la
derniere guerte punique.
›
Dans le siecle suivant cette integrité
fut alterée , mais ce ne fut jamais que
par des ambitieux qui tramoient la servitude et la ruine de la République. Ce
pendant le Trésor public ne laissoit pas
d'être enrichi continuellement par les richesses immenses que la République tiroit de ceux de qui elle triomphoit. Scipion l'Africain fit payer aux Carthaginois
30. millions de livres dans l'espace de 50.
ans , et il obligea le Roi Antiochus en lui
accordant la paix , de payer à la Répablique 24.. millions. Titus Q. Flaminius
Coptraignit Philippe , Roi de Macedoine,
de donner à la Rep. 3. millions ; il n'accorda la Paix à Nabis , Tyran de Sparte .
qu'en exigeant de lui près d'un million.
Il ajoûta encore aux sommes immenses
dont il avoit déja enrichi le Trésor , six
cent quarante millions de livres en lingots d'argent ; 79. millions quatre cens
-
cin-
* 20 MERCURE DE FRANCE
· "
cinquante- deux mille livrés en monnoye
d'argent , et deux millions quatre cent
vingt mille livres en Pieces d'or. On peut
encore voir d'autres exemples de ce désinteressement des Generaux Romains
dans ces Remarques.
C'est donc par cette conduite des Ro-
'mains à l'égard de ceux dont ils triomphoient et par l'integrité et le desinteressement de ces grands Hommes que Rome s'est élevée si haut et qu'elle s'est soutenuë si long- temps. Car il n'est pas pos.
sible qu'un Etat puisse soutenir de lonque ques guerres sans autre fonds celui
de son propre revenu. En effet tant que
les Romains ne perdirent point de vûë
ce systême, ils furent heureux dans leurs
Expeditions. Auguste laissa des sommes
si considerables dans le Trésor public ,
qu'on les fait monter jusqu'à 202 , millions de notre monnoye. Aussi , remarque l'Auteur Anglois , avoit- il une qualité qui ne manque jamais d'enrichir un
Prince , c'étoit d'examiner avec soin les
comptes publics. Mais Caligula dépensa
ses immenses richesses en moins d'un an
au rapport de Suetone. L'Auteur prouve
ensuite que le salut de l'Etat dépend de
- Padministration des Finances , et que la
prodigalité des Princes, et leur inatter- tion
MARS. 1732. JA
tion à veiller sur l'usage et l'emploi de
feurs richesses , en entraînent la dissipa-`
tion et peu à peu la ruine de leurs Etats.
Il fait ensuite remarquer que la cruauté
de plusieurs Empereurs de Rome n'est
venuë que des necessitez ausquelles leur
prodigalité les avoit réduits , qu'ils n'étoient pas cruels d'abord, et que ce n'a été
qu'une suite de leur inattention à veiller
sur leurs Finances ; négligence qui les
contraignoit d'exiger des Peuples avec
dureté des Impôts multipliez et à les
vexer en mille manieres ; funestes fruits
des conseils pernicieux de leurs Courti
sans qui ne manquoient pas de leur inspirer du dégoût et de l'éloignement pour
les affaires et sur tout pour celles qui regardent les Finances.
L'Empereur Caracalla fut le premier
qui altera les Monnoyes et qui donna des pieces d'étain et de cuivre pour des
pieces d'or et d'argent , sur quoi on peut
remarquer en general que durant la décadence de l'Empire les Monnoyes furent
fortalterées , la necessité poussant le Prin
ce à donner aux Especes une plus grande valeur à proportion de leur rareté 35
d'où l'on peut conclure avec l'Auteur
des Remarques , que les Especes sont comme le pouls d'un Etat ; , s'il bat irréguliere-- ment
522 MERCURE DE FRANCE
rement , onjuge par ce symptome que le corps
politique est attaqué de quelque maladie
dangereuse ; que si le Prince se trouve obligé
d'affaiblir les Especes , c'est un indice qu'on
commence à les faire sortir du Royaume ; s'il
est dans la nécessité de substituer quelqu'autre
matiereà l'or et àl'argent, comme fit Caracalla , on peut inferer de- là qu'unegrande par
tie de l'argent en est déja sortie que s'il ar
rive que les Especes soient entierement enlevées on universellement alterées comme
cela se fit dans la décadence de l'Empire Remain , on en peut augurer la raine prochaine
de l'Etat. On trouve dans cette Piece un
grand nombre de traits curieux que les bornes d'un Extrait ne nous permettent
pas de rapporter. Nou ne dirons rien des
deux Dissertations qui suivent sur la déposition de Childeric e sur la compatibilité de la grandeur temporelle avec la
puissance spirituelle ; ces deux Pieces sont
P'une et l'autre remplies de choses Cu
rieuses et qui se font lire avec plaisir.
La derniere Piece de ce Recueil regarde une dispute qui s'éleva vers la fin du
dernier siecle ; les uns prétendoient que
Pannée 1700. devoit commencer le sie--
cle suivant , desorte que du même moment que l'on pouvoit compter 1700. la :
centiéme année devoit être accomplie ,.
et
MARS. 1732. 5232
麵
et la premiere année du siecle suivant devoit commencer. Les autres sontenoient au contraire que l'année 1700.
devoit terminer le 17. siecle , mais de façon que ce ne pouvoit être qu'après da
révolution entiere de cette année que le
siecle suivant devoit commencer. L'Auteur de cette Dissertation embrassa alors.
cé dernier parti. Il fait voir dans cette
Piece que puisqu'on entend par un siecle
l'espace de cent ans , on ne compte le
siecle achevé ou révolu que lorsque la
centiéme année est révolue , comme un
homme à qui on devroit cent pistoles , ne
seroit pas content de 99. et de la ceatiéme commencée. Que l'on compte , ditil , les années , les mois , les semaines et
les jours de la même maniere qu'on dit
qu'il est Lundi , qu'il est le mois de Janvier , la premiere semaine de l'Avent du
Carême quoique Lundy ou le mois deJanvier ou la premiere semaine de l'Avent ne fassent que commencer.
,
Les anciens Actes disent communément le mois courant ou l'année courante.
Ainsi on comptoit déja une telle année
avant qu'elle fût achevée. Les Marchands
mettent en titre dans leurs Registres
Janvier ou Mars ou Avril , avant que
le premier jour de ces mois soit achevé.
Un
$24 MERCURE DE FRANCE
•
Un Sçavant met le 2. ou 3. ou 6. Livre
en composant son Ouvrage , dès qu'il
commence le 2. 3. ou6. Livre.Le Voyageur
dans ses Fournauxde Voyages,écrit la premiere , seconde , troisiéme journée , dès le
matin de chaque journée et si son voyage
a duré 15. jours et qu'il arrive le 16 à midi
dans une Ville , il dira qu'il est arrivé lat
16 journée , quoiqu'elle ne soit pas finie.
Les Historiens Ecclesiastiques mettent
dans la premiere année de l'Ere Chré
rienne plusieurs faits arrivez long-temps
avant la fin de cette premiere année , tels
que la Circoncision , l'Adoration des Ma-
-ges , la Fuite en Egypte , le Meurtre des
Innocens , &c. Les Rois dattent de la
premiere année de leur regne les Edits
qu'ils ont donnez pendant les 12. premiers mois. Dès que Jerusalem fut délivrée de la persecution d'Antiochuset
qu'il fut permis de battre de la monnoye,
on marqua cette Epoque ainsi : L'anpremier sous Simon , anno primo sub Simone.
F. Machab. 13. comme on le voit encore
dans plusieurs Médailles.
Dans le temps de la correction du
: Calendrier par Jules-Cesar l'an 709. de
Rome , dès le commencement de cette
Epoque en Janvier , on a compté l'an
premier. Cette année commença avec.
cle
4.
MARS. 1732. 525
Consulat de Jules-Cesar et de Lepide,
le Consulat duroit depuis Janvier jusqu'en Décembre. Ainsi puisqu'on comptoit les années courantes comme on comp
toit les Consulats , l'année se comptoit
aussi dès qu'elle commençoit , coinme
l'on comptoit le Consulat dès qu'il commençoit. Enfin dès le commencement de
l'Ere de Diocletien ou des Martyrs , que
les Chrétiens ont suivie , même pour dresser les Cicles Paschaux , jusqu'à- ce que
Denis le Petit ait fait succeder l'Ere de
l'Incarnation , on compta l'an 1. car elle
commença exactement avec le premier
jour du Regne de Diocletien. Aussi quand
S. Ambroise datte quelques faits par les
années de cette Ere , il dit toûjours l'am
depuis le premier jour du Regne de Diocletien. De tout celà il est aisé de conclure
que l'on a dû compter l'année 1700. dès
qu'elle a commencé, et par consequent que
le premier Janvier 1700. fut le premier
jour de la derniere année du XVII. secle
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Résumé : Recueil de Pieces d'Histoire et de Litterature, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un recueil d'histoires et de littérature intitulé 'Recueil de Pièces d'Histoire et de Littérature', publié en 1731 à Paris. L'auteur vise à plaire et à enrichir l'esprit avec des connaissances solides. Le premier volume contient plusieurs pièces, dont une lettre sur la nouvelle édition des œuvres de l'abbé de Saint-Réal, un panégyrique de la régence de Marie Jeanne Baptiste de Savoie, des réflexions diverses, une histoire du mahométisme, des remarques sur l'administration des finances des Romains, et des dissertations sur des sujets religieux et historiques. L'histoire du mahométisme est divisée en trois parties : la vie de Mahomet, les fables le concernant, et les principes de l'islam. Mahomet, né à La Mecque, a uni les religions chrétienne, juive et arabe en prônant un dieu unique. Il a compilé ses révélations dans l'Alcoran et a instauré des pratiques religieuses comme le jeûne du Ramadan et la circoncision. Après des années de prédication, il a conquis La Mecque par la force, établissant ainsi l'hégire en 622. Le texte réfute plusieurs fables sur Mahomet, telles que celles concernant des miracles à sa naissance ou des batailles contre des empereurs. Il mentionne également des erreurs sur la gouvernance des villes arabes et le culte des mahométans. Le texte aborde ensuite l'intégrité et la gestion financière de la République romaine après la dernière guerre punique. Pendant un siècle, cette intégrité fut maintenue, bien que des ambitieux cherchassent à servir leurs intérêts. Le Trésor public s'enrichit grâce aux tributs imposés aux vaincus. Par exemple, Scipion l'Africain fit payer 30 millions de livres aux Carthaginois sur 50 ans, et Antiochus fut contraint de payer 24 millions. Titus Q. Flaminius obtint également des sommes importantes de Philippe de Macédoine et de Nabis de Sparte. Ces généraux romains enrichirent le Trésor sans s'enrichir personnellement, contribuant ainsi à la puissance et à la durabilité de Rome. Le texte souligne que Rome put soutenir de longues guerres grâce à ce système financier. Auguste laissa un Trésor public considérable, estimé à 202 millions. Cependant, des empereurs comme Caligula dilapidèrent ces richesses. La prodigalité et la négligence des finances publiques menèrent à la cruauté de certains empereurs, contraints d'imposer des taxes lourdes et vexatoires pour combler leurs besoins. L'Empereur Caracalla fut le premier à altérer la monnaie, remplaçant l'or et l'argent par de l'étain et du cuivre. Cette pratique se poursuivit durant la décadence de l'Empire, indiquant une crise financière. Le texte compare les espèces monétaires au pouls d'un État, soulignant que leur altération ou leur disparition annonce la ruine de l'État. Enfin, le texte aborde une dispute sur le début du XVIIIe siècle. Certains estimaient que l'année 1700 marquait le début du nouveau siècle, tandis que d'autres soutenaient qu'il fallait attendre la fin complète de l'année pour commencer le nouveau siècle. L'auteur adopte la seconde position, illustrant son argument par divers exemples historiques et pratiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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421
p. 525-534
La Critique, Comédie, &c. [titre d'après la table]
Début :
LA CRITIQUE, Comédie de M. de Boissi, représentée pour la [...]
Mots clefs :
Critique, Comédie, Comédiens-Italiens, Prologue, Faiblesses superstitieuses, Apollon, Chrisante
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Critique, Comédie, &c. [titre d'après la table]
LA CRITIQUE, Comédie de M. de
Boissi , représentée pour la premiere fois
par les Comédiens Italiens le 9. Fevrier
1732. A Paris, chez P. Prault , Quay de
Gesures, 1732. prix 24. sols.
Nous croyons que cette Piece sera luë
avec
26 MERCURE DE FRANCE
avec autant de plaisir qu'on en a vû les
Représentations. Elle est pleine d'esprit
et bien versifiée ; mais comme ce n'est
pas une Comédie réguliere , et que beau
coup de Scenes pourroient s'en détacher
aisément , sans nuire au progrès de l'action , nous n'en donnerons pas un Extrait
bien regulier , quoiqu'il y ait de quoi en
faire un fort long , si nous voulions y
faire entrer tout ce qui a été applaudi.
Cette Piece est precédée d'un Prologue
intitulé , L'Auteur Superstitieux. Dans la
Représentation , le sieur Romagnesi ,
sous le nom de Clitandre , entre très- bien
dans ce caractere. Il dit à son ami Damon
qui combat ses foiblesses superstitieuses.
L'Interêt , la gloire avec l'Amour ;
Ils m'occupent tous trois , et dans ce même jour,
Onjuge mon affaire , on doit jouer ma Piece ,
Et je suis sur le point d'épouser ma Maîtresse....
Tous mes sens sont émus d'une façon terrible.
Pour l'interêt , amis , je suis très -peu sensible.
Si je perds mon procès , comme je le crois fort ,
Je m'en consolerai sans faire un grand effort.
Pour l'Amour et la gloire il n'en est pas de même,
Tous deux mé font sentir leur ascendant suprême ,
Tous deux d'un feu pareil enflâment mon desir ,
Et sont enmême temps ma peine et mon plaisir.
Dans
7
MARS. 1732. 527
Dans mes sens agitez leur cruelle puissance ,
Fait succeder la peur sans cesse à l'esperance.
Plaire à l'objet que j'aime, et mevoir son époux
Offreà moncœur sensible un triomphe bien doux;
Mais la crainte de perdre un bien si plein de
charmes,
Y porte au même instant les plus vives allarmes.
Par un brillant Ouvrage assembler tout Paris ,
Réunir tous les goûts, charmer tous les esprits ,
Malgré tous les efforts que tente la Critique ,
Captiver par son Art l'attention publique ,
Forcer deux mille mains d'applaudir à la fois ,
Et s'entendre loüer d'une commune voix ,
Presente à mon esprit la plus haute victoire
D'un Guerrier qui triomphe on égale la gloire :
Mais si l'honneur est grand le revers est affreux;
DuParterre indigné , les cris tumultueux,
Sa fureur qui maudit et l'Auteur et l'Ouvrage ,
La tristesse et l'ennui peints sur chaque visage,
Tous les brocards malins qu'on vous donne en
1
:
sortant ,
Et votre nom en butte au mépris éclatant.
Le desert qui succede à la foule écartée ,
Accablent à leur tour mon ame épouventée ;
Je crains de deux côtez d'avoir un sort fâcheux ,
D'être Amant traversé comme Auteur malheu reux.
Il ajoûte en répondant à Damon.
Tout
28, MERCURE DE FRANCE
Tout ce que vous direz ne servira de rien ;
Et pour finir le cours d'un pareil entretien ,
Né superstitieux , je ne suis pas mon Maître ,
Je pense commevous qu'il est honteux de l'être.
Ma raison me le dit , mais elle perd ses soins ;
J'en sens le ridicule et ne le suis pas moins.
Contre les préjugez en vain on se rebelle ,
Lasuperstition à l'homme est naturelle ,
Et le hazard malin pour la fortifier >
Se plaît incessamment à la justifier.
Je l'ai trop éprouvé dans plus d'une occurrence
La raison ne tient pas contre l'experience;
Et votre cœur peut- être auroit le même effroi ,
Si vous étiez, Monsieur, sur le point comme moi,
D'attirer du Public la loüange ou le blâme ,
De perdre ou d'obtenir l'objet de votre flame.
La Scene du Prologue se passe chezClitandre.
Les Acteurs de la Piece , dont la Scene
est au Parnasse , sont Apollon , Thalie ,
la Critique.Un Auteur satyrique , le sieur
Dominique, Chrisante, homme singulier,
le sieur Romagnesi. La Médisance , la
Dlle Sylvia. Le Vaudeville , le sieur Thévenot. Coxesus, Arlequin.La Contredanse,
le Tambourin , le Menuet , &c.
Apollon et Thalie ouvrent la Scene ;
la Muse commence ainsi.
Seigneur,
MARS. 1732 5299
Seigneur , malgré la brigue et la clameur pu
blique , 1
Parmi les doctes Sœurs vous venez de placer
La juste et la saine Critique.
Elle vient s'établir dans l'Etat Poëtique,
Pour y maintenir l'ordre et pour le policer.
Je ne sçaurois, pour moi qui préside au Comique,
Et qui tiens de ses traits mon plus grand agré ment ,
Donner à votre choix trop d'applaudissement.
Quel bonheur de la voir gouverner le Parnasse
Elle qui par le vrai se regle uniquement ,
Et ne fait à personne injustice ni grace,
Apollon.
Dans le monde on a d'elle une autre opinion
Par un injuste effet de la prévention
De tout le Genre humain on la croit l'ennemie
On croit que sans égard et sans distinction ,
Elle condamne tout par une basse envie.
Pour détruire les faux Portraits ,
Qu'a fait d'elle en tous lieux la noire calomnie ,
Il faut aux yeux de tous qu'elle se justifie ,
Et dévoile an grand jour ses veritables traits.
Chacun viendra lui rendre hommage
Et la feliciter sur ses honneurs nouveaux ;
Elle doit faire voir que son goût toûjours sage,
Scait approuver le vrai , comme blâmer le faux;
Qu'elle
530 MERCURE DE FRANCE
Qu'elle reprend sans fiel , et que son badinage ,
Sans blesser la personne , attaque les deffauts ;
Elle ne prétend plus sur tout qu'on la confonde ,
Avec la Satyre , sa sœur ,
Qui sous son nom , s'affichant dans le
monde ,
Lui fair partager sa nóirceur ;
Elle sent trop qu'il est de son honneur,
De démasquer cette même Satyre ,
Qui dans sa maligne fureur
Ne reprend point par le désir d'instruire ,
Mais par le noir plaisir qu'elle prend à médire
Et de désavoüer tous ces Auteurs obscurs
Dont la plume anonyme,
Jusques sur la vertu , répand ses traits impurs
Et qu'inspire en secret , sa scœur illégitime.
t Je dois moi-même les punir ,
.Et pour jamais bannir
Cette engeance coupable ,
Pour la gloire de l'Art qu'elle rend méprisable,
Dans la troisiéme Scene , Chrisante
s'applaudit d'un ouvrage qu'il a entrepris ; c'est la Critique du Public. Ce Tableau présenté au Public lui - même ,
sous les traits les plus ressemblans , est un
morceau
MARS. 17320 535
morceau que nous n'avons pas cru devoir
ometre.
Apollon.
mais voudriez- vous bien Le projet est nouveau ,
Me détailler et m'apprendre
Ce que dans le Public vous trouvez à reprendre
Soit dans ses actions , ou dans son entretien ?
Chrisante.
Mille travers , mille bévuës ,
Son gout pour le Clinquant , dont il est le sou tien ,
Et pour la nouveauté qu'il porte jusqu'aux nuës,
Ou qu'il met au dessous du rien ;
Carjamais il ne garde un milieu raisonnable
Chez lui tout est divin , ou tout est misérable.
Sa fureur pour la mode et pour tout Charlatan 7
Tous les usages foux dont il est partisan ,
Toutes ses politesses fades ,
Ses visites , ses embrassades ,
Et ses saluts du premier jour de l'an,
Du Carnaval ses Mascarades ,
Du Mardy Gras son transport Calotin ,
Et son air sot le lendemain ;
Son exercice aux Thuileries',
Ses caracols , ses lorgneries ;
'Aux Spectacles , ses flots , ses vertiges frequens ,
Ses battemens de mains donnez à contre- temps :
£ Tous
32 MERCURE DE FRANCE
Toutes ses moucheries ,
Ses baillemens , ses crachemens
Aux endroits les plus beaux , les plus interes sans ;
Son ridicule étrange
De recevoir avidement
La plus insipide louange ,
d'applaudir toujours le banal compliment ;
Qu'on lui retourne incessament ;
Sa rage opiniatre ,
De crier presqu'à tout moment ,
Place aux Dames , place au Théatre;
Parlez plus haut ; l'habit noir , chapeau bas ♬
Paix , Monsieur l'Abbé , haut les bras ;
Annoncez ; bis , la Capriole,
Et pour tout dire , enfin , l'insupportable Rôle
Qu'il fair , dès qu'au Parterre il se trouve pressé ,
Ce qui révolte l'ame , et fait hausser l'épaule
A tout homme de gout , છેà. tout homme sensé,
Apollon.
Vous peignez là la multitude ,
Mere du tumulte et du bruit ,
Que n'arrête aucun frein , que l'exemple séduit
Qu'entraîne la coutume , ou l'aveugle habitude
Et non le vrai Public que la raison conduit ,
?
D'où part ce grand corps de lumiere ,
Qui me guide moi - même , et sans cesse m³é—
Claire Ce
MARS. 17320 333
Ce Public, en un mot , avec choix assemblé
Tel qu'on le voit paroître
Aux yeux d'un Théatre réglé.
Quand il écoute en Sage , et qu'il prononce es
Maître
Ses Arrêts qui le font si dignement connoître,
Et dont nul , avant vous , n'a jamais appellé.
Pour mettre le Lecteur en état de juger
du Dialoguede cette Piece , voici le commencement de la 6* Scene , entre la Critique et la Médisance.
Madame , je prens part , comme votre parenté
A votre fortune éclatante.
La Critique.
Pardon, j'ai de la peine à remettre vos traits
J'ai beau vous regarder de près.
La Médisance.
J'ai poutant avec vous assez de ressemblance
La Critique ne devroit pas
Méconnoître la Médisance.
Et de moi dans le monde on fait assez de cas ;
Pour m'avouer d'abord sans nulle repugnance.
La Critique.
Si je vous méconnois , il n'est pas surprenant;
Le chemin que je tiens , est different du vôtre ;
Fij La
$ 34 MERCURE DE FRANCE
La Raison et le Vrai , me guident constam
ment,
Et vous plaisés le plus souvent ,
Aux dépens de l'un et de l'autre , &c.
Les dernieres Scenes se passent entre la
Critique , le Vaudeville , la Contredanse ,
le Menuet , &c. et la Piéce finit par un
diverti
Boissi , représentée pour la premiere fois
par les Comédiens Italiens le 9. Fevrier
1732. A Paris, chez P. Prault , Quay de
Gesures, 1732. prix 24. sols.
Nous croyons que cette Piece sera luë
avec
26 MERCURE DE FRANCE
avec autant de plaisir qu'on en a vû les
Représentations. Elle est pleine d'esprit
et bien versifiée ; mais comme ce n'est
pas une Comédie réguliere , et que beau
coup de Scenes pourroient s'en détacher
aisément , sans nuire au progrès de l'action , nous n'en donnerons pas un Extrait
bien regulier , quoiqu'il y ait de quoi en
faire un fort long , si nous voulions y
faire entrer tout ce qui a été applaudi.
Cette Piece est precédée d'un Prologue
intitulé , L'Auteur Superstitieux. Dans la
Représentation , le sieur Romagnesi ,
sous le nom de Clitandre , entre très- bien
dans ce caractere. Il dit à son ami Damon
qui combat ses foiblesses superstitieuses.
L'Interêt , la gloire avec l'Amour ;
Ils m'occupent tous trois , et dans ce même jour,
Onjuge mon affaire , on doit jouer ma Piece ,
Et je suis sur le point d'épouser ma Maîtresse....
Tous mes sens sont émus d'une façon terrible.
Pour l'interêt , amis , je suis très -peu sensible.
Si je perds mon procès , comme je le crois fort ,
Je m'en consolerai sans faire un grand effort.
Pour l'Amour et la gloire il n'en est pas de même,
Tous deux mé font sentir leur ascendant suprême ,
Tous deux d'un feu pareil enflâment mon desir ,
Et sont enmême temps ma peine et mon plaisir.
Dans
7
MARS. 1732. 527
Dans mes sens agitez leur cruelle puissance ,
Fait succeder la peur sans cesse à l'esperance.
Plaire à l'objet que j'aime, et mevoir son époux
Offreà moncœur sensible un triomphe bien doux;
Mais la crainte de perdre un bien si plein de
charmes,
Y porte au même instant les plus vives allarmes.
Par un brillant Ouvrage assembler tout Paris ,
Réunir tous les goûts, charmer tous les esprits ,
Malgré tous les efforts que tente la Critique ,
Captiver par son Art l'attention publique ,
Forcer deux mille mains d'applaudir à la fois ,
Et s'entendre loüer d'une commune voix ,
Presente à mon esprit la plus haute victoire
D'un Guerrier qui triomphe on égale la gloire :
Mais si l'honneur est grand le revers est affreux;
DuParterre indigné , les cris tumultueux,
Sa fureur qui maudit et l'Auteur et l'Ouvrage ,
La tristesse et l'ennui peints sur chaque visage,
Tous les brocards malins qu'on vous donne en
1
:
sortant ,
Et votre nom en butte au mépris éclatant.
Le desert qui succede à la foule écartée ,
Accablent à leur tour mon ame épouventée ;
Je crains de deux côtez d'avoir un sort fâcheux ,
D'être Amant traversé comme Auteur malheu reux.
Il ajoûte en répondant à Damon.
Tout
28, MERCURE DE FRANCE
Tout ce que vous direz ne servira de rien ;
Et pour finir le cours d'un pareil entretien ,
Né superstitieux , je ne suis pas mon Maître ,
Je pense commevous qu'il est honteux de l'être.
Ma raison me le dit , mais elle perd ses soins ;
J'en sens le ridicule et ne le suis pas moins.
Contre les préjugez en vain on se rebelle ,
Lasuperstition à l'homme est naturelle ,
Et le hazard malin pour la fortifier >
Se plaît incessamment à la justifier.
Je l'ai trop éprouvé dans plus d'une occurrence
La raison ne tient pas contre l'experience;
Et votre cœur peut- être auroit le même effroi ,
Si vous étiez, Monsieur, sur le point comme moi,
D'attirer du Public la loüange ou le blâme ,
De perdre ou d'obtenir l'objet de votre flame.
La Scene du Prologue se passe chezClitandre.
Les Acteurs de la Piece , dont la Scene
est au Parnasse , sont Apollon , Thalie ,
la Critique.Un Auteur satyrique , le sieur
Dominique, Chrisante, homme singulier,
le sieur Romagnesi. La Médisance , la
Dlle Sylvia. Le Vaudeville , le sieur Thévenot. Coxesus, Arlequin.La Contredanse,
le Tambourin , le Menuet , &c.
Apollon et Thalie ouvrent la Scene ;
la Muse commence ainsi.
Seigneur,
MARS. 1732 5299
Seigneur , malgré la brigue et la clameur pu
blique , 1
Parmi les doctes Sœurs vous venez de placer
La juste et la saine Critique.
Elle vient s'établir dans l'Etat Poëtique,
Pour y maintenir l'ordre et pour le policer.
Je ne sçaurois, pour moi qui préside au Comique,
Et qui tiens de ses traits mon plus grand agré ment ,
Donner à votre choix trop d'applaudissement.
Quel bonheur de la voir gouverner le Parnasse
Elle qui par le vrai se regle uniquement ,
Et ne fait à personne injustice ni grace,
Apollon.
Dans le monde on a d'elle une autre opinion
Par un injuste effet de la prévention
De tout le Genre humain on la croit l'ennemie
On croit que sans égard et sans distinction ,
Elle condamne tout par une basse envie.
Pour détruire les faux Portraits ,
Qu'a fait d'elle en tous lieux la noire calomnie ,
Il faut aux yeux de tous qu'elle se justifie ,
Et dévoile an grand jour ses veritables traits.
Chacun viendra lui rendre hommage
Et la feliciter sur ses honneurs nouveaux ;
Elle doit faire voir que son goût toûjours sage,
Scait approuver le vrai , comme blâmer le faux;
Qu'elle
530 MERCURE DE FRANCE
Qu'elle reprend sans fiel , et que son badinage ,
Sans blesser la personne , attaque les deffauts ;
Elle ne prétend plus sur tout qu'on la confonde ,
Avec la Satyre , sa sœur ,
Qui sous son nom , s'affichant dans le
monde ,
Lui fair partager sa nóirceur ;
Elle sent trop qu'il est de son honneur,
De démasquer cette même Satyre ,
Qui dans sa maligne fureur
Ne reprend point par le désir d'instruire ,
Mais par le noir plaisir qu'elle prend à médire
Et de désavoüer tous ces Auteurs obscurs
Dont la plume anonyme,
Jusques sur la vertu , répand ses traits impurs
Et qu'inspire en secret , sa scœur illégitime.
t Je dois moi-même les punir ,
.Et pour jamais bannir
Cette engeance coupable ,
Pour la gloire de l'Art qu'elle rend méprisable,
Dans la troisiéme Scene , Chrisante
s'applaudit d'un ouvrage qu'il a entrepris ; c'est la Critique du Public. Ce Tableau présenté au Public lui - même ,
sous les traits les plus ressemblans , est un
morceau
MARS. 17320 535
morceau que nous n'avons pas cru devoir
ometre.
Apollon.
mais voudriez- vous bien Le projet est nouveau ,
Me détailler et m'apprendre
Ce que dans le Public vous trouvez à reprendre
Soit dans ses actions , ou dans son entretien ?
Chrisante.
Mille travers , mille bévuës ,
Son gout pour le Clinquant , dont il est le sou tien ,
Et pour la nouveauté qu'il porte jusqu'aux nuës,
Ou qu'il met au dessous du rien ;
Carjamais il ne garde un milieu raisonnable
Chez lui tout est divin , ou tout est misérable.
Sa fureur pour la mode et pour tout Charlatan 7
Tous les usages foux dont il est partisan ,
Toutes ses politesses fades ,
Ses visites , ses embrassades ,
Et ses saluts du premier jour de l'an,
Du Carnaval ses Mascarades ,
Du Mardy Gras son transport Calotin ,
Et son air sot le lendemain ;
Son exercice aux Thuileries',
Ses caracols , ses lorgneries ;
'Aux Spectacles , ses flots , ses vertiges frequens ,
Ses battemens de mains donnez à contre- temps :
£ Tous
32 MERCURE DE FRANCE
Toutes ses moucheries ,
Ses baillemens , ses crachemens
Aux endroits les plus beaux , les plus interes sans ;
Son ridicule étrange
De recevoir avidement
La plus insipide louange ,
d'applaudir toujours le banal compliment ;
Qu'on lui retourne incessament ;
Sa rage opiniatre ,
De crier presqu'à tout moment ,
Place aux Dames , place au Théatre;
Parlez plus haut ; l'habit noir , chapeau bas ♬
Paix , Monsieur l'Abbé , haut les bras ;
Annoncez ; bis , la Capriole,
Et pour tout dire , enfin , l'insupportable Rôle
Qu'il fair , dès qu'au Parterre il se trouve pressé ,
Ce qui révolte l'ame , et fait hausser l'épaule
A tout homme de gout , છેà. tout homme sensé,
Apollon.
Vous peignez là la multitude ,
Mere du tumulte et du bruit ,
Que n'arrête aucun frein , que l'exemple séduit
Qu'entraîne la coutume , ou l'aveugle habitude
Et non le vrai Public que la raison conduit ,
?
D'où part ce grand corps de lumiere ,
Qui me guide moi - même , et sans cesse m³é—
Claire Ce
MARS. 17320 333
Ce Public, en un mot , avec choix assemblé
Tel qu'on le voit paroître
Aux yeux d'un Théatre réglé.
Quand il écoute en Sage , et qu'il prononce es
Maître
Ses Arrêts qui le font si dignement connoître,
Et dont nul , avant vous , n'a jamais appellé.
Pour mettre le Lecteur en état de juger
du Dialoguede cette Piece , voici le commencement de la 6* Scene , entre la Critique et la Médisance.
Madame , je prens part , comme votre parenté
A votre fortune éclatante.
La Critique.
Pardon, j'ai de la peine à remettre vos traits
J'ai beau vous regarder de près.
La Médisance.
J'ai poutant avec vous assez de ressemblance
La Critique ne devroit pas
Méconnoître la Médisance.
Et de moi dans le monde on fait assez de cas ;
Pour m'avouer d'abord sans nulle repugnance.
La Critique.
Si je vous méconnois , il n'est pas surprenant;
Le chemin que je tiens , est different du vôtre ;
Fij La
$ 34 MERCURE DE FRANCE
La Raison et le Vrai , me guident constam
ment,
Et vous plaisés le plus souvent ,
Aux dépens de l'un et de l'autre , &c.
Les dernieres Scenes se passent entre la
Critique , le Vaudeville , la Contredanse ,
le Menuet , &c. et la Piéce finit par un
diverti
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Résumé : La Critique, Comédie, &c. [titre d'après la table]
La pièce 'La Critique' de M. de Boissi a été représentée pour la première fois par les Comédiens Italiens le 9 février 1732 à Paris. Cette comédie est décrite comme pleine d'esprit et bien versifiée, mais elle ne suit pas une structure régulière. Le texte mentionne un prologue intitulé 'L'Auteur Superstitieux', dans lequel le personnage Clitandre, interprété par le sieur Romagnesi, exprime ses angoisses avant la représentation de sa pièce et son mariage imminent. Il parle de ses craintes concernant le jugement du public, l'amour et la gloire. La scène principale se déroule au Parnasse et met en scène plusieurs personnages, dont Apollon, Thalie, la Critique, et divers autres acteurs. Apollon et Thalie discutent de l'importance de la Critique, qui doit maintenir l'ordre et la justice dans le domaine poétique. La Critique se défend contre les préjugés qui la présentent comme une ennemie, affirmant qu'elle juge avec sagesse et sans partialité. Chrisante critique le public pour ses travers et ses comportements ridicules, comme son goût pour la mode, ses politesses excessives, et ses réactions exagérées lors des spectacles. Apollon distingue ce public superficiel du véritable public guidé par la raison. La pièce se termine par une interaction entre la Critique et la Médisance, où la Critique affirme qu'elle est guidée par la raison et la vérité, contrairement à la Médisance. Les dernières scènes impliquent la Critique, le Vaudeville, la Contredanse, et le Menuet.
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« LE GLORIEUX, Comédie en Vers, en 3 Actes. Par M. [...] »
Début :
LE GLORIEUX, Comédie en Vers, en 3 Actes. Par M. [...]
Mots clefs :
Le Glorieux, Traité de l'air, Varsovie
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texteReconnaissance textuelle : « LE GLORIEUX, Comédie en Vers, en 3 Actes. Par M. [...] »
LE GLORIEUX , Comédie en Vers , en
Actes. Par M. Nericault Destouches >
de l'Académie Françoise , paroît imprimée, chez François le Breton , au bout du
Pont-Neuf, Quay de Conti. 1732. in 12
prix 25 sols,
TRAITE' de l'Air,des Eaux, et des Habitans de Warsovie , de leurs Mœurs et
deleurs Maladies , avec le Catalogue des
Plantes qui naissent aux environs. Par
Christian- Henry Erndtel,, Docteur en
Philosophie et en Médecine , Premier
Medecin du Roy de Pologne , Electeur
de Saxe , de l'Académie Germanique des
Curieux de la Nature ; vol. in 4º. imprimé à Dresde. L'Ouvrage est en Latin, squs
le titre : Warsovia physicè illustrata , &2 c.
Actes. Par M. Nericault Destouches >
de l'Académie Françoise , paroît imprimée, chez François le Breton , au bout du
Pont-Neuf, Quay de Conti. 1732. in 12
prix 25 sols,
TRAITE' de l'Air,des Eaux, et des Habitans de Warsovie , de leurs Mœurs et
deleurs Maladies , avec le Catalogue des
Plantes qui naissent aux environs. Par
Christian- Henry Erndtel,, Docteur en
Philosophie et en Médecine , Premier
Medecin du Roy de Pologne , Electeur
de Saxe , de l'Académie Germanique des
Curieux de la Nature ; vol. in 4º. imprimé à Dresde. L'Ouvrage est en Latin, squs
le titre : Warsovia physicè illustrata , &2 c.
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Résumé : « LE GLORIEUX, Comédie en Vers, en 3 Actes. Par M. [...] »
Le texte mentionne deux ouvrages : 'Le Glorieux', une comédie en vers de M. Nericault Destouches, publiée en 1732 et disponible chez François le Breton pour 25 sols. Le second est 'Warsovia physice illustrata', un traité en latin de Christian-Henry Erndtel, Docteur en Philosophie et Médecine, Premier Médecin du Roi de Pologne et Électeur de Saxe, imprimé à Dresde.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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423
p. 535-540
Refléxions diverses, [titre d'après la table]
Début :
CINQUIÈME feüille des Réfléxions diverses: Nous sommes la cause de [...]
Mots clefs :
Réflexions diverses, Défauts, Loi de l'honneur, Calomnie, Femmes, Générosité
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texteReconnaissance textuelle : Refléxions diverses, [titre d'après la table]
CINQUIEME feüille des Réfléxions
diverses : Nous sommes la cause de la plupart des deffauts du sexe.
Cet Ouvrage est gouté de plus en plus,
et se fait lire avec plaisir.
Pour ce qui regarde la probité, dit l'Au
teur , pag.70. notre foiblesse est puissamment soutenue par les Loix de l'honneur,
qui sont très-séveres pour nous. Unhom
me qui médit , qui calomnie , ou qui
trompe , se perd absolument dans le mon
de ; il ne peut le faire si adroitement
qu'il ne soit décrié sans retour. Obligé
même quelquefois à payer de sa person
ne , il en devient plus circonspect à s'é
carter. Il n'en est pas ainsi des femmes
nous avons attaché leur honneur à des
circonstances fort singulieres , qui sont
toutes differentes ; elles pensent avoir
tout fait quand elles se gardent de ce côté
là , ou qu'elles sauvent les apparences , ce
qui leur est assez facile dans des conjonc
ture , où elles n'ont que faire d'un tiers ;
du reste elles peuvent tromper, calom
nier , mentir impunément. On rejette
tout sur leur foiblesse; c'est un sexe délicat
qui est aussi excusable de ne pas suivre les
devoirs d'une exacte probité , que de ne pou
voir agir avec force , on porter
fardeaux.
de pesan's
Fiij L'ex
$36 MERCURE DE FRANCE
L'experience nous apprend queles femmes peuvent non-seulement supporter la
fatigue et le travail , mais qu'elles sont
capables , aussi-bien que nous , de courage , de fermeté , de force d'esprit et de
valeur. Combien d'Héroïnes n'a - t-on
pas vû dans tous les siecles ? combien de
Princesses qui ont gouverné avec sagesse
et avec prudence ? nous voyons tous les
jours des femmes parmi nous qui se tirent d'elles-mêmes de l'état de non- chalance et de molesse , où notre prévention
les place , et qui y réussissent aussi - bien
et quelquefois mieux que les hommes
dans les choses qu'elles entreprennent ,
&c.
>
Ala page 74 , J'ai connu dans les Païs
- Etrangers une Dame de distinction
d'un esprit et d'un caractere fort doux
qui vivoit tranquillement en Province
avec un mari qu'elle aimoit beaucoup ;
elle eut le malheur de plaire à un homme de cette espece , qui n'oublia rien
pour la séduire et la brouiller avec son mari , sans en pouvoir venir à bout. A la fin
il s'avisa d'inspirer de la jalousie au mari
et de lui faire donner des avis secrets , qui
mirent la division dans le ménage.Il conduisit les choses de maniere que la femme
fut maltraitée. Il lui offrit ses services. Elle
s'en-
MARS. 1732. SST
s'enfuit avec lui , et se porta ensuite contre son mari à des extrémités que je ne
rapporte pas ,
&c.
La sixième REFLEXIONest la Générosité.
La véritable Générosité , dit l'Auteur ,
Ignore les vains détours; elle ne prévient
que par le zele et ne s'annonce que par
les bienfaits ; on nepeut imaginer de plaisit plus délicat que celui d'un homme généreux , qui découvre une occasion de
faire du bien; il la saisit avec le même
empressement qu'un avare rechercheroit
un trésor ; rien ne lui coute , lorsqu'il s'agit d'obliger ; soins , peines , richesses , il
employe tout pour tirer un ami d'embar
ras , &c.
Il n'appartient pas à un esprit médiocre d'être véritablement généreux ; il në
connoît pas assez le prix des belles ac
tions , pour en faire son unique objet i
quelques bonnes que puissent être ses intentions , il entre toujours quelque chose
de vulgaire dans le systême de sa condui
te ; son jugement n'est jamais assez déterminé sur le choix des différentes démarches qu'il doit faire , et souvent il se laisse entraîner au faux éclat , qui ébloüit le
commun des hommes. Delà vient que certaines gens font toujours entrer quelques
circonstances désagréables dans les serviF iiij ces
538 MERCURE DE FRANCE
ces qu'ils rendent; ils ne vont jamais jusqu'aubout de bonne grace, ils y mêlent ordinairement quelques reproches ou quelques réfléxions , qui marquent de l'inquiétude ou de la répugnance , ils ne sça- vent ce que c'est que de prévenir , ils se
font presser et prier , ou bien ils veulent
assujettir ceux qu'ils obligent , et prennent de ces airs d'empire qui caractérisent les petites gens dans la prosperité .
C'est ainsi que les gens médiocres ne
fontjamais rien qui se soutienne ; si ces
obstacles ne les arrêtent, ils donnent dans
d'autres travers , qui ne sont pas moins
blâmables , ce seront quelquefois des fantaisies de vouloir servir tout le monde,
Ils s'interessent pour le premier venu sans
choix et sans réfléxion, ou répandent leur
hien mal à propos , leurs libéralitez n'ont
pour objet que des bouffons , des courtisanes ou des flateurs ; ce n'est pas là être
généreux , c'est être foible ; dupe ou dérangé.
Si l'on aime mieux les services que la
maniere dont ils sont accordez , on n'a
qu'à mettre ces sortes de gens dans le cas
d'en rendre qui puissent briller et faire de l'éclat dans le monde ; on ne sera pas refusé ; mais s'il s'agit d'obliger dans le silence, leur dureté se fait sentir et dévoile.
leur
MARS. 1732.
leur caractere. Comme ils croyent leur
réputation suffisamment établie par le
bruit qu'ils ont eu soin de faire , ils ne
s'embarassent pas du jugement d'un par
ticulier , qui ne peut balancer la voixpu
blique qu'ils pensent avoir pour eux,
Il y a des gens rusez qui sçavent mettre
à profit tous les services qu'ils rendent ;
on peut compter sur leurs offices , pourvû qu'on ait du crédit et de la protec
tion , des esperances de fortune , un nom
ou une réputation qui puisse relever la
leur ; mais ils ne sçavent ce que c'est que
de s'empresser pour des personnes inutiles à leurs interêts.
D'autres encore plus déraisonnables
sont à craindre par les services qu'ils
n'ont pas rendus ; si on ne veut les avoir
pour ennemis , il faut ignorer leur conduite , quelque peu obligeante qu'elle ait
été ; dès que vous les démêlez , ik met
tent tout en usage pour la justifier, mensonges , médisances , calomnies ; ils n'ou
blient rien pour couvrir leurs procedez ,
qu'ils voudroient se cacher à eux-mêmes.
Ce n'est pas toûjours l'avarice ou l'intérêt qui empêchent les hommes d'être
généreux. Il y a des naturels insensiblesqui verroient périr tous leurs concitoyens
sans se donner le moindre mouvement
Ev pour
540 MERCURE DE FRANCE
pour les secourir; d'autres ne connoissent
personne lorsqu'il s'agit de troubler leur
repos , ou d'interrompre leurs plaisirs ; ils
rapportent tout à eux- mêmes; les interêts les plus pressans d'un ami , ne les détourneront pas d'un Spectacle, d'une promenade ou d'un, amusement frivole ; les
besoins les plus touchans des personnes
qu'ils connoissent ne balanceront pas
f'envie qu'ils ont d'augmenter un Equipagé, d'acquerir un Meuble, ou un Bijou.
Pour voir ces sortes de caracteres sortir
de leur indolence , il faut qu'ils soient à
leur tour dans quelques besoins pressans,
alors ils sont actifs et animez , on ne les
reconnoît plus.
diverses : Nous sommes la cause de la plupart des deffauts du sexe.
Cet Ouvrage est gouté de plus en plus,
et se fait lire avec plaisir.
Pour ce qui regarde la probité, dit l'Au
teur , pag.70. notre foiblesse est puissamment soutenue par les Loix de l'honneur,
qui sont très-séveres pour nous. Unhom
me qui médit , qui calomnie , ou qui
trompe , se perd absolument dans le mon
de ; il ne peut le faire si adroitement
qu'il ne soit décrié sans retour. Obligé
même quelquefois à payer de sa person
ne , il en devient plus circonspect à s'é
carter. Il n'en est pas ainsi des femmes
nous avons attaché leur honneur à des
circonstances fort singulieres , qui sont
toutes differentes ; elles pensent avoir
tout fait quand elles se gardent de ce côté
là , ou qu'elles sauvent les apparences , ce
qui leur est assez facile dans des conjonc
ture , où elles n'ont que faire d'un tiers ;
du reste elles peuvent tromper, calom
nier , mentir impunément. On rejette
tout sur leur foiblesse; c'est un sexe délicat
qui est aussi excusable de ne pas suivre les
devoirs d'une exacte probité , que de ne pou
voir agir avec force , on porter
fardeaux.
de pesan's
Fiij L'ex
$36 MERCURE DE FRANCE
L'experience nous apprend queles femmes peuvent non-seulement supporter la
fatigue et le travail , mais qu'elles sont
capables , aussi-bien que nous , de courage , de fermeté , de force d'esprit et de
valeur. Combien d'Héroïnes n'a - t-on
pas vû dans tous les siecles ? combien de
Princesses qui ont gouverné avec sagesse
et avec prudence ? nous voyons tous les
jours des femmes parmi nous qui se tirent d'elles-mêmes de l'état de non- chalance et de molesse , où notre prévention
les place , et qui y réussissent aussi - bien
et quelquefois mieux que les hommes
dans les choses qu'elles entreprennent ,
&c.
>
Ala page 74 , J'ai connu dans les Païs
- Etrangers une Dame de distinction
d'un esprit et d'un caractere fort doux
qui vivoit tranquillement en Province
avec un mari qu'elle aimoit beaucoup ;
elle eut le malheur de plaire à un homme de cette espece , qui n'oublia rien
pour la séduire et la brouiller avec son mari , sans en pouvoir venir à bout. A la fin
il s'avisa d'inspirer de la jalousie au mari
et de lui faire donner des avis secrets , qui
mirent la division dans le ménage.Il conduisit les choses de maniere que la femme
fut maltraitée. Il lui offrit ses services. Elle
s'en-
MARS. 1732. SST
s'enfuit avec lui , et se porta ensuite contre son mari à des extrémités que je ne
rapporte pas ,
&c.
La sixième REFLEXIONest la Générosité.
La véritable Générosité , dit l'Auteur ,
Ignore les vains détours; elle ne prévient
que par le zele et ne s'annonce que par
les bienfaits ; on nepeut imaginer de plaisit plus délicat que celui d'un homme généreux , qui découvre une occasion de
faire du bien; il la saisit avec le même
empressement qu'un avare rechercheroit
un trésor ; rien ne lui coute , lorsqu'il s'agit d'obliger ; soins , peines , richesses , il
employe tout pour tirer un ami d'embar
ras , &c.
Il n'appartient pas à un esprit médiocre d'être véritablement généreux ; il në
connoît pas assez le prix des belles ac
tions , pour en faire son unique objet i
quelques bonnes que puissent être ses intentions , il entre toujours quelque chose
de vulgaire dans le systême de sa condui
te ; son jugement n'est jamais assez déterminé sur le choix des différentes démarches qu'il doit faire , et souvent il se laisse entraîner au faux éclat , qui ébloüit le
commun des hommes. Delà vient que certaines gens font toujours entrer quelques
circonstances désagréables dans les serviF iiij ces
538 MERCURE DE FRANCE
ces qu'ils rendent; ils ne vont jamais jusqu'aubout de bonne grace, ils y mêlent ordinairement quelques reproches ou quelques réfléxions , qui marquent de l'inquiétude ou de la répugnance , ils ne sça- vent ce que c'est que de prévenir , ils se
font presser et prier , ou bien ils veulent
assujettir ceux qu'ils obligent , et prennent de ces airs d'empire qui caractérisent les petites gens dans la prosperité .
C'est ainsi que les gens médiocres ne
fontjamais rien qui se soutienne ; si ces
obstacles ne les arrêtent, ils donnent dans
d'autres travers , qui ne sont pas moins
blâmables , ce seront quelquefois des fantaisies de vouloir servir tout le monde,
Ils s'interessent pour le premier venu sans
choix et sans réfléxion, ou répandent leur
hien mal à propos , leurs libéralitez n'ont
pour objet que des bouffons , des courtisanes ou des flateurs ; ce n'est pas là être
généreux , c'est être foible ; dupe ou dérangé.
Si l'on aime mieux les services que la
maniere dont ils sont accordez , on n'a
qu'à mettre ces sortes de gens dans le cas
d'en rendre qui puissent briller et faire de l'éclat dans le monde ; on ne sera pas refusé ; mais s'il s'agit d'obliger dans le silence, leur dureté se fait sentir et dévoile.
leur
MARS. 1732.
leur caractere. Comme ils croyent leur
réputation suffisamment établie par le
bruit qu'ils ont eu soin de faire , ils ne
s'embarassent pas du jugement d'un par
ticulier , qui ne peut balancer la voixpu
blique qu'ils pensent avoir pour eux,
Il y a des gens rusez qui sçavent mettre
à profit tous les services qu'ils rendent ;
on peut compter sur leurs offices , pourvû qu'on ait du crédit et de la protec
tion , des esperances de fortune , un nom
ou une réputation qui puisse relever la
leur ; mais ils ne sçavent ce que c'est que
de s'empresser pour des personnes inutiles à leurs interêts.
D'autres encore plus déraisonnables
sont à craindre par les services qu'ils
n'ont pas rendus ; si on ne veut les avoir
pour ennemis , il faut ignorer leur conduite , quelque peu obligeante qu'elle ait
été ; dès que vous les démêlez , ik met
tent tout en usage pour la justifier, mensonges , médisances , calomnies ; ils n'ou
blient rien pour couvrir leurs procedez ,
qu'ils voudroient se cacher à eux-mêmes.
Ce n'est pas toûjours l'avarice ou l'intérêt qui empêchent les hommes d'être
généreux. Il y a des naturels insensiblesqui verroient périr tous leurs concitoyens
sans se donner le moindre mouvement
Ev pour
540 MERCURE DE FRANCE
pour les secourir; d'autres ne connoissent
personne lorsqu'il s'agit de troubler leur
repos , ou d'interrompre leurs plaisirs ; ils
rapportent tout à eux- mêmes; les interêts les plus pressans d'un ami , ne les détourneront pas d'un Spectacle, d'une promenade ou d'un, amusement frivole ; les
besoins les plus touchans des personnes
qu'ils connoissent ne balanceront pas
f'envie qu'ils ont d'augmenter un Equipagé, d'acquerir un Meuble, ou un Bijou.
Pour voir ces sortes de caracteres sortir
de leur indolence , il faut qu'ils soient à
leur tour dans quelques besoins pressans,
alors ils sont actifs et animez , on ne les
reconnoît plus.
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Résumé : Refléxions diverses, [titre d'après la table]
Le texte extrait des 'Réflexions diverses' aborde principalement les défauts attribués au sexe féminin et la véritable générosité. L'auteur observe que les lois de l'honneur imposent aux hommes une rigueur qui les dissuade de médire, calomnier ou tromper, sous peine de perdre leur réputation. En revanche, les femmes sont jugées selon des critères plus indulgents, leur permettant de tromper, calomnier ou mentir sans conséquence majeure, leur faiblesse étant souvent excusée. L'auteur conteste les préjugés en soulignant que les femmes sont capables de courage, de fermeté et de valeur. De nombreuses héroïnes et princesses ont gouverné avec sagesse, et des femmes modernes réussissent aussi bien que les hommes dans leurs entreprises. Le texte raconte également l'histoire d'une dame distinguée séduite par un homme malintentionné, menant à une rupture conjugale et à des extrémités regrettables. La sixième réflexion traite de la générosité. La véritable générosité se manifeste par des bienfaits sans détours. Les esprits médiocres ne parviennent pas à être véritablement généreux, mêlant souvent des reproches ou des réflexions négatives à leurs services. Ils peuvent être intéressés, faibles ou déraisonnables, craignant ceux à qui ils n'ont pas rendu service. Certaines personnes utilisent les services rendus pour leur propre profit, tandis que d'autres, insensibles ou égoïstes, ne secourent les autres que lorsqu'elles sont elles-mêmes dans le besoin.
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424
p. 540-542
« JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...] »
Début :
JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...]
Mots clefs :
Journal littéraire, Promenade, Eaux minérales, Livre de Job, Recueil, L'état des morts et des ressuscitants, Nouvelles littéraires
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texteReconnaissance textuelle : « JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...] »
JOURNAL LITTERAIRE , année 1730 ,
Tome 16. premiere et seconde Partie. A
la Haye, che Gosse et Neaulme , in 12 .
嘿
Ce Journal , dont il nous est tombé
quelques Volumes entre les mains , se.
soûtient toujours avec la même réputa
tion. Nous donnerons une légere idée de
leur contenu , à mesure qu'il en paroîtra,.
sur tout , pour les titres des ouvrages qui
ne sont guére connus en France.
PROMENADES d'Ariste et de Sophie , ou
Instructions galantes et sérieuses pour
une
MARS. 1732. 341
unejeune Demoiselle qui veut entrer dans
le monde. Par M. L. A Amsterd. chezH.
du Sauzet. 1730. 318 pages in 12.
LA CONNOISSANCE des Eaux Minérales
d'Aix-la- Chapelle , de Chaud-Fontaine et
de Spa , par leurs véritables principes
envoyée à un ami. Par W. Chronet , Docteur en Médecine , seconde édition. A
Liége , chez François- Alexandre Barchon,
an Pui en Gerardrie. 1729. in 8. 96 pag.
LE LIVRE DE JOB , traduit en François,
sur l'Original Hebreu , avec des Notes
Litterales pour éclaircir le Texte. Par
Théodore Crinsoz. A Roterdam , chez
Abraham Acher. 1729. in 4. de 148 pag.
sans l'Avertissement et la Préface.
RECUEIL DE LITTERATURE de Philosophie et d'Histoire. A Amsterd. chez F.
Honnoré. 1730, in 12. de 167 pages , sans
la Table.
TRAITE DE L'ETAT DES MORTS et des
Ressuscitans. Par Th. Burnet , Docteur et
Professeur en Théologie , et Maître de la
Chartreuse de Londres; traduit du Latin.
Par M. Jean Bion , Ministre de l'Eglise
F vj An
542 MERCURE DE FRANCE
Anglicane. A Roterdam , chez Jean Hof
bout, 1731. in 12. de 285 pages.
Les Nouvelles Litteraires de ce xvi* vol.
nous apprennent ( Art. de Vienne ) , que
les Antiquaires de l'Empereur promettent de donner incessamment une Edition
exacte du fameux Cabinet des Médailles
des Chartreux de Rome, acquis par S.M.I.
Les Planches excelleront pour la gravûre
et seront bien au dessus de celles que les
Chartreux avoient déja données dans lesquelles il y avoit des fautes si visibles, que
les moindres connoisseurs , sans voir les
Médailles , pouvoient s'en appercevoir.
L'explication des Figures , dont on a
orné une Edition des œuvres de M. de
Fontenel , faite à la Haye , occupe une
place considérable dans ces Nouvelles , er
mérite l'attention des Lecteurs intelligens.
On imprime à la Rochefoucault, en in 80 , chez
la veuve Débrouée ; Un Traité de l'humilité, aveg
an autre , de la Soumission respectueuse que les
Domestiques doivent avoir pour leurs Maitres , et
du Retour de tendresse des Maîtres à l'égard de
leurs Domestiques. Par M. Roubauld , Abbé de
S. Léonard , près la Ro
Tome 16. premiere et seconde Partie. A
la Haye, che Gosse et Neaulme , in 12 .
嘿
Ce Journal , dont il nous est tombé
quelques Volumes entre les mains , se.
soûtient toujours avec la même réputa
tion. Nous donnerons une légere idée de
leur contenu , à mesure qu'il en paroîtra,.
sur tout , pour les titres des ouvrages qui
ne sont guére connus en France.
PROMENADES d'Ariste et de Sophie , ou
Instructions galantes et sérieuses pour
une
MARS. 1732. 341
unejeune Demoiselle qui veut entrer dans
le monde. Par M. L. A Amsterd. chezH.
du Sauzet. 1730. 318 pages in 12.
LA CONNOISSANCE des Eaux Minérales
d'Aix-la- Chapelle , de Chaud-Fontaine et
de Spa , par leurs véritables principes
envoyée à un ami. Par W. Chronet , Docteur en Médecine , seconde édition. A
Liége , chez François- Alexandre Barchon,
an Pui en Gerardrie. 1729. in 8. 96 pag.
LE LIVRE DE JOB , traduit en François,
sur l'Original Hebreu , avec des Notes
Litterales pour éclaircir le Texte. Par
Théodore Crinsoz. A Roterdam , chez
Abraham Acher. 1729. in 4. de 148 pag.
sans l'Avertissement et la Préface.
RECUEIL DE LITTERATURE de Philosophie et d'Histoire. A Amsterd. chez F.
Honnoré. 1730, in 12. de 167 pages , sans
la Table.
TRAITE DE L'ETAT DES MORTS et des
Ressuscitans. Par Th. Burnet , Docteur et
Professeur en Théologie , et Maître de la
Chartreuse de Londres; traduit du Latin.
Par M. Jean Bion , Ministre de l'Eglise
F vj An
542 MERCURE DE FRANCE
Anglicane. A Roterdam , chez Jean Hof
bout, 1731. in 12. de 285 pages.
Les Nouvelles Litteraires de ce xvi* vol.
nous apprennent ( Art. de Vienne ) , que
les Antiquaires de l'Empereur promettent de donner incessamment une Edition
exacte du fameux Cabinet des Médailles
des Chartreux de Rome, acquis par S.M.I.
Les Planches excelleront pour la gravûre
et seront bien au dessus de celles que les
Chartreux avoient déja données dans lesquelles il y avoit des fautes si visibles, que
les moindres connoisseurs , sans voir les
Médailles , pouvoient s'en appercevoir.
L'explication des Figures , dont on a
orné une Edition des œuvres de M. de
Fontenel , faite à la Haye , occupe une
place considérable dans ces Nouvelles , er
mérite l'attention des Lecteurs intelligens.
On imprime à la Rochefoucault, en in 80 , chez
la veuve Débrouée ; Un Traité de l'humilité, aveg
an autre , de la Soumission respectueuse que les
Domestiques doivent avoir pour leurs Maitres , et
du Retour de tendresse des Maîtres à l'égard de
leurs Domestiques. Par M. Roubauld , Abbé de
S. Léonard , près la Ro
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Résumé : « JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...] »
Le 'Journal Littéraire' de 1730, Tome 16, publié à La Haye par Gosse et Neaulme, présente divers ouvrages récents. Parmi eux, 'Promenades d'Ariste et de Sophie', un guide pour jeunes demoiselles, publié à Amsterdam en 1730. 'La Connaissance des Eaux Minérales' de W. Chronet, une seconde édition sur les eaux thermales, est publiée à Liège en 1729. 'Le Livre de Job' traduit en français par Théodore Crinsoz est publié à Rotterdam en 1729. Un 'Recueil de Littérature de Philosophie et d'Histoire' est publié à Amsterdam en 1730. 'Traité de l'État des Morts et des Ressuscitans' de Th. Burnet, traduit par Jean Bion, est publié à Rotterdam en 1731. Les nouvelles littéraires annoncent une future édition du 'Cabinet des Médailles des Chartreux de Rome' et une explication des figures dans une édition des œuvres de Fontenelle. Enfin, un traité sur l'humilité et la soumission respectueuse des domestiques par l'Abbé Roubauld est en cours d'impression à La Rochefoucault.
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425
p. 542-643
Société de Medecine, [titre d'après la table]
Début :
Les Amateurs de la Médecine, de la Phisique, de l'Histoire [...]
Mots clefs :
Société de médecine, Nouvelles littéraires, Correspondance
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texteReconnaissance textuelle : Société de Medecine, [titre d'après la table]
Les Amateurs de la Médecine, de la Phisique,
de
MARS, 1732. 543 de l'Histoire Naturelle , et de tout ce qui peut y
avoir quelque rapport , seront bien- aises d'ap
prendre qu'il s'est formé à Nuremberg une Société des plus habiles Médecins , qui par leurs
correspondances , qu'ils tâchent d'augmenter de
jour en jour , par toute l'Europe , s'occupent à
publier toutes les semaines une Feuille en latin ,
remplie des meilleures et des plus nouvelles Observations , Problêmes , Extraits , &c. à ce qui est relatif à ces Sciences. Ils y ajoutent de temps
en temps des Nouvelles Litteraires les plus inté
ressantes , pour ne rien négliger de ce qui pour-,
roit contribuer à établir une correspondance:
universelle , et par là à perfectionner de plus en
plus la connoissance de la Nature et de l'Art salutaire. On en voit un Volume entier , pour l'année 1731. qui contient so Feuilles, avec l'Extrait.
des articles , et un Indice des matieres. On a inseré au commencement de ce Tome , les deux
Consultations , publiées il y a plus d'un an , qui
donnent une idée parfaite du louable dessein des Membres de cette Société , tant pour
d'y pouvoir Souscrire , que pour ce qui regarde
l'Ouvrage méme. On trouve quelque Exemplaires de ce Volume , chez M. E. Neaulme ,
Utrecht , chez qui l'on peut faire tenir les Lettres
et autres Piéces sçavantes pour la Société de Nu-
, remberg.
de
MARS, 1732. 543 de l'Histoire Naturelle , et de tout ce qui peut y
avoir quelque rapport , seront bien- aises d'ap
prendre qu'il s'est formé à Nuremberg une Société des plus habiles Médecins , qui par leurs
correspondances , qu'ils tâchent d'augmenter de
jour en jour , par toute l'Europe , s'occupent à
publier toutes les semaines une Feuille en latin ,
remplie des meilleures et des plus nouvelles Observations , Problêmes , Extraits , &c. à ce qui est relatif à ces Sciences. Ils y ajoutent de temps
en temps des Nouvelles Litteraires les plus inté
ressantes , pour ne rien négliger de ce qui pour-,
roit contribuer à établir une correspondance:
universelle , et par là à perfectionner de plus en
plus la connoissance de la Nature et de l'Art salutaire. On en voit un Volume entier , pour l'année 1731. qui contient so Feuilles, avec l'Extrait.
des articles , et un Indice des matieres. On a inseré au commencement de ce Tome , les deux
Consultations , publiées il y a plus d'un an , qui
donnent une idée parfaite du louable dessein des Membres de cette Société , tant pour
d'y pouvoir Souscrire , que pour ce qui regarde
l'Ouvrage méme. On trouve quelque Exemplaires de ce Volume , chez M. E. Neaulme ,
Utrecht , chez qui l'on peut faire tenir les Lettres
et autres Piéces sçavantes pour la Société de Nu-
, remberg.
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Résumé : Société de Medecine, [titre d'après la table]
En mars 1732, une Société des Médecins a été fondée à Nuremberg. Composée d'experts en médecine et en sciences naturelles, cette société entretient une correspondance à travers l'Europe pour échanger des observations, des problèmes et des extraits relatifs à ces domaines. Elle publie chaque semaine une feuille en latin contenant des informations scientifiques et littéraires. Pour l'année 1731, un volume entier de ces publications est disponible, incluant un extrait des articles et un index des matières. Le volume commence par deux consultations publiées plus d'un an auparavant, qui expliquent les objectifs et les modalités de souscription à la société. Des exemplaires de ce volume sont disponibles chez M. E. Neaulme à Utrecht, qui sert également de point de contact pour les correspondances scientifiques destinées à la Société de Nuremberg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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426
p. 543-544
QUESTIONS qu'on nous prie de proposer.
Début :
I. Sçavoir si les anciens Grecs et Romains, &c. connoissoient [...]
Mots clefs :
Questions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTIONS qu'on nous prie de proposer.
QUESTIONS qu'on nous prie
de proposer.
1. Sçavoir si les anciens Grecs et Romains, &c.
connoissoient ce qu'on appelle aujourd'hui la
Maîtrise dans le Commerce , dans les Arts et les
Métiers, ou s'il étoit permis à toute personne,
Libre d'exercer la profession qui-lui convenoit le
mieux
$44 MERCURE DE FRANCE
mieux ; sçavoir, de plus , si cet usage des Maî
trises dans les differentes professions , étoit connu
sous nos Rois de la premiere et de la seconde
Race; et quelles sont à present les Nations policées , qui ont ou qui n'ont pas ce même usage.
II. Sçavoir si l'usage des commoditez publiques dans les grandes Villes a été connu anciennement et s'il l'est aujourd'hui dans quelque
Ville bien policée , &c.
2
›
III. Sçavoir si le nombre des peuples augmen
te ou diminue dans les differens siécles ; si par
exemple en France il se trouve à present plus
ou s'il se trouve moins de monde qu'il n'y en
avoit il y a 200 ans, il y a 500 ans , il y
a mille :
ans , &c.
IV. En quelques Eglises Paroissiales de France , on a fait mettre des Bancs , pour que tout le -
monde y soit assis commodément. Ces Bancs
qui sont pour l'ordinaire fort simples , solides et
immobiles , ont un Dossier , avec un Marche- pied, pour se mettre à genoux ; ils occupent pres-'
que toute la Nef, à la réserve d'un espace qu'on à laissé au milieu et dans les côtez , pour le passage. On demande si l'on peut imiter cette prati
que , si elle est ancienne , et en general , ce qu'il
en faut penser?
DEUX
de proposer.
1. Sçavoir si les anciens Grecs et Romains, &c.
connoissoient ce qu'on appelle aujourd'hui la
Maîtrise dans le Commerce , dans les Arts et les
Métiers, ou s'il étoit permis à toute personne,
Libre d'exercer la profession qui-lui convenoit le
mieux
$44 MERCURE DE FRANCE
mieux ; sçavoir, de plus , si cet usage des Maî
trises dans les differentes professions , étoit connu
sous nos Rois de la premiere et de la seconde
Race; et quelles sont à present les Nations policées , qui ont ou qui n'ont pas ce même usage.
II. Sçavoir si l'usage des commoditez publiques dans les grandes Villes a été connu anciennement et s'il l'est aujourd'hui dans quelque
Ville bien policée , &c.
2
›
III. Sçavoir si le nombre des peuples augmen
te ou diminue dans les differens siécles ; si par
exemple en France il se trouve à present plus
ou s'il se trouve moins de monde qu'il n'y en
avoit il y a 200 ans, il y a 500 ans , il y
a mille :
ans , &c.
IV. En quelques Eglises Paroissiales de France , on a fait mettre des Bancs , pour que tout le -
monde y soit assis commodément. Ces Bancs
qui sont pour l'ordinaire fort simples , solides et
immobiles , ont un Dossier , avec un Marche- pied, pour se mettre à genoux ; ils occupent pres-'
que toute la Nef, à la réserve d'un espace qu'on à laissé au milieu et dans les côtez , pour le passage. On demande si l'on peut imiter cette prati
que , si elle est ancienne , et en general , ce qu'il
en faut penser?
DEUX
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Résumé : QUESTIONS qu'on nous prie de proposer.
Le texte aborde plusieurs questions historiques et pratiques. La première interroge sur la connaissance et l'usage des maîtrises dans les professions chez les anciens Grecs et Romains, ainsi que leur existence sous les rois de la première et de la seconde race en France. Elle s'intéresse également à l'adoption de ce système par les nations modernes. La deuxième question examine l'usage des commodités publiques dans les grandes villes, tant dans l'Antiquité que de nos jours. La troisième question explore l'évolution de la population en France au fil des siècles. Enfin, la quatrième question concerne l'installation de bancs dans les églises paroissiales françaises, leur ancienneté et la possibilité de les imiter.
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427
p. 544-548
DEUX QUESTIONS sur la dénomination des Lettres.
Début :
I. QUESTION. On suppose pour un moment l'ignorance des [...]
Mots clefs :
Questions, Lettres, Caractères, Système du bureau typographique, Méthode
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEUX QUESTIONS sur la dénomination des Lettres.
DEUX QUESTIONS sur la
dénomination des Lettres.
I. QUESTION.
On suppose pour un moment l'ignorance des Lettres , et que leur Inventeur paroissant pour la
premiere fois , donne les mots cy-dessous , pour.
exprimer les sons d'usage, qui signifient des chosesconnues. Il s'agit ensuite de donner des noms
MARS. 17328 $45 à ces nouveaux caracteres. Les noms vulgairess
d'aujourd'hui étant proposez , seroient- ils préfé--
rables aux noms que donne le Systême du Bu
Leau Tipographique ?
II. QUESTION..
On demande lequel se feroit le mieux entendre à
une personne qui ne sçait pas lire , de celui qui, -
pour demander les choses signifiées par les mots
cy-dessous , n'en prononceroit que les Lettres,
selon la Méthode vulgaire ; ou de celui qui n'en
prononceroit que les sons , selon la Méthode da
Bureau Typographique.
EXEMPLES de la Méthode.
Vulgaire. Typographique.
Mots.. Lettres nommées. Noms des Lettres, -
Réputa erre e pe u te ate is tion. o enne
Ailleurs. ai elle elle e u erre
esse.
Héris- ache e erre i esse esse
son. O enne
Café .. ce a effe e
Becasse. be e ce a esse esse e
Quicon- qu u i ce o enne qu
que це
Saucisse esse a u ce i esse
esse e
'Action acte io enne
ka fé
Re pe u te a ci
A lhe eu re ce
he re i ce
be ka ce
ki ke ō ke
se o ce i cen
a csi õ
Bœuf be o e u effe be eu fe
Phiole pe ache i o elle e fe io le
-Vi£... # consone i effe ye i fe
Joseph
545 MERCURE
DE FRANCE
Vulgaire. Typographiqus.
Mots. Lettres nommées. Noms des Lettres
Dâuphin .
Joseph i consone o esse e pe ache
de a u pe ache i
enne
Favori effe au consone o
je o ze è fe
de o fe i
soient erre i esse o ie
Vive
enne te
ú consone i u consone e
fe a ve o re i ze è
ve i ve
Phase pe ache a esse e fe a ze
Ligaé elle ige u e
Gant ge a enne te
Gigue ge i ge u e
Gigot ge i ge ot Agde a gende e
Juge i consone u ge
Gagége a ge e
Jaugé 1 consone a u
ge e
leighé
ghe at
ge i ghe
ge i ghe ot
a ghe de
je u je
ghe a gé
je o gé Lezé elle e zede e le zé
Volé u consone o elle e ve o lé
Louve
ne e le ou ve
elle a ne i me a leme è ze o
elle ou u consoAnimal a enne i emme a
Maison emme a i esse a
enne
Hyper ache i grec pe e
mnestre erre emme enne
e esse terre e
Mnemo emme enne e emsine me o esse i enne e
He i pe re mene fte re
me ne me o zeine
Stockolm
MARS. 17328 547
Vulgaire. Typographie.
Mots. Lettres nommées.
Stockolm.
esse te o ce ka o elle emme
Noms des Lettras.
fteo ke keole me • Mou- emme o u te o
ton enne
None enne o enné e
Ninive enne i enne i u
consone e
Agneau a ge enne e a u
Cha- ce ache a pe e
peau a u
me ou te õ
ne o ne e
ne i ne i've
a gne o
che a pe
Veau u consone e a u ve o
Pain pe a i enne pe î
Vin u consone i enne ve i
Viande u consone i a enne de e
ve iã de
Chou ce ache o u che ou
Volail- u consone a elle a i
le. elle elle e ye ole a lhe
Taxe te a isque e
te a kse
Exil e icse i elle e gze i le
Suson esse u esse o enne se u ze õ
Deux de e u isque de eu ce
Styx
Taxé te a icse e
Perplex pe e erre pe elle e
isque
esse ti grec isque Vœux u cans.o e u icse
Vivre ucons.i u cons.erre e ve i ve re
Zizanie zede i zede a enne ie
Chuche- ce ache u ce ache e
ICE re e erre
ze i ze a ne ie
che u che te re
te a csé
pere pe le ksce
fte i кse ve eu ce
Milhau
548 MERCURE DE FRANCE
Vulgaire.
Mots. Lettres nommées.
Typographique.
Noms des Lettres
Milhau emme i elle ache a ume il he o
Vigneu cons. i ge enne e ve igne.
Proven- pe erre o u consone
çal e enne ce a elle
Langue- elle a enne ge u e de
pe erre o ve a ce
a le
dochien e ce ache ie enne le a ghe de o che Bour- be o u erre ge u ités
gui- i ge enne o enne
gnon Castil- ce a esse te i elle elle
lan. a enne
be ou re ghigne
õ
ka fte i lhe a
Si quelqu'un dit qu'on a choisi exprès les mots
les plus propres, pour faire voir la supériorité de
la Méthode Typographique , sur la Méthode
vulgaire ; on lui répondra, en convenant du fait,
et en défiant tous les Maîtres , sans exception , de
pouvoit trouver un seul mot, en aucune languei vivante ou morte , dans lequel la dénomination.
et la Méthode vulgaire , ayent aucun avantage
sur la Méthode du Bureau. Si le fait est tel
comment se peut - il trouver un seul critique
contre la Pratique de la dénomination des sons
et des Lettres ?
C'est l'effet de la prevention qui met souvent
audessus de la raison de très-grans génies , et
à plus forte raison , de petits esprits incapables de
saisir , de suivre et de retenir les princip
dénomination des Lettres.
I. QUESTION.
On suppose pour un moment l'ignorance des Lettres , et que leur Inventeur paroissant pour la
premiere fois , donne les mots cy-dessous , pour.
exprimer les sons d'usage, qui signifient des chosesconnues. Il s'agit ensuite de donner des noms
MARS. 17328 $45 à ces nouveaux caracteres. Les noms vulgairess
d'aujourd'hui étant proposez , seroient- ils préfé--
rables aux noms que donne le Systême du Bu
Leau Tipographique ?
II. QUESTION..
On demande lequel se feroit le mieux entendre à
une personne qui ne sçait pas lire , de celui qui, -
pour demander les choses signifiées par les mots
cy-dessous , n'en prononceroit que les Lettres,
selon la Méthode vulgaire ; ou de celui qui n'en
prononceroit que les sons , selon la Méthode da
Bureau Typographique.
EXEMPLES de la Méthode.
Vulgaire. Typographique.
Mots.. Lettres nommées. Noms des Lettres, -
Réputa erre e pe u te ate is tion. o enne
Ailleurs. ai elle elle e u erre
esse.
Héris- ache e erre i esse esse
son. O enne
Café .. ce a effe e
Becasse. be e ce a esse esse e
Quicon- qu u i ce o enne qu
que це
Saucisse esse a u ce i esse
esse e
'Action acte io enne
ka fé
Re pe u te a ci
A lhe eu re ce
he re i ce
be ka ce
ki ke ō ke
se o ce i cen
a csi õ
Bœuf be o e u effe be eu fe
Phiole pe ache i o elle e fe io le
-Vi£... # consone i effe ye i fe
Joseph
545 MERCURE
DE FRANCE
Vulgaire. Typographiqus.
Mots. Lettres nommées. Noms des Lettres
Dâuphin .
Joseph i consone o esse e pe ache
de a u pe ache i
enne
Favori effe au consone o
je o ze è fe
de o fe i
soient erre i esse o ie
Vive
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ve i ve
Phase pe ache a esse e fe a ze
Ligaé elle ige u e
Gant ge a enne te
Gigue ge i ge u e
Gigot ge i ge ot Agde a gende e
Juge i consone u ge
Gagége a ge e
Jaugé 1 consone a u
ge e
leighé
ghe at
ge i ghe
ge i ghe ot
a ghe de
je u je
ghe a gé
je o gé Lezé elle e zede e le zé
Volé u consone o elle e ve o lé
Louve
ne e le ou ve
elle a ne i me a leme è ze o
elle ou u consoAnimal a enne i emme a
Maison emme a i esse a
enne
Hyper ache i grec pe e
mnestre erre emme enne
e esse terre e
Mnemo emme enne e emsine me o esse i enne e
He i pe re mene fte re
me ne me o zeine
Stockolm
MARS. 17328 547
Vulgaire. Typographie.
Mots. Lettres nommées.
Stockolm.
esse te o ce ka o elle emme
Noms des Lettras.
fteo ke keole me • Mou- emme o u te o
ton enne
None enne o enné e
Ninive enne i enne i u
consone e
Agneau a ge enne e a u
Cha- ce ache a pe e
peau a u
me ou te õ
ne o ne e
ne i ne i've
a gne o
che a pe
Veau u consone e a u ve o
Pain pe a i enne pe î
Vin u consone i enne ve i
Viande u consone i a enne de e
ve iã de
Chou ce ache o u che ou
Volail- u consone a elle a i
le. elle elle e ye ole a lhe
Taxe te a isque e
te a kse
Exil e icse i elle e gze i le
Suson esse u esse o enne se u ze õ
Deux de e u isque de eu ce
Styx
Taxé te a icse e
Perplex pe e erre pe elle e
isque
esse ti grec isque Vœux u cans.o e u icse
Vivre ucons.i u cons.erre e ve i ve re
Zizanie zede i zede a enne ie
Chuche- ce ache u ce ache e
ICE re e erre
ze i ze a ne ie
che u che te re
te a csé
pere pe le ksce
fte i кse ve eu ce
Milhau
548 MERCURE DE FRANCE
Vulgaire.
Mots. Lettres nommées.
Typographique.
Noms des Lettres
Milhau emme i elle ache a ume il he o
Vigneu cons. i ge enne e ve igne.
Proven- pe erre o u consone
çal e enne ce a elle
Langue- elle a enne ge u e de
pe erre o ve a ce
a le
dochien e ce ache ie enne le a ghe de o che Bour- be o u erre ge u ités
gui- i ge enne o enne
gnon Castil- ce a esse te i elle elle
lan. a enne
be ou re ghigne
õ
ka fte i lhe a
Si quelqu'un dit qu'on a choisi exprès les mots
les plus propres, pour faire voir la supériorité de
la Méthode Typographique , sur la Méthode
vulgaire ; on lui répondra, en convenant du fait,
et en défiant tous les Maîtres , sans exception , de
pouvoit trouver un seul mot, en aucune languei vivante ou morte , dans lequel la dénomination.
et la Méthode vulgaire , ayent aucun avantage
sur la Méthode du Bureau. Si le fait est tel
comment se peut - il trouver un seul critique
contre la Pratique de la dénomination des sons
et des Lettres ?
C'est l'effet de la prevention qui met souvent
audessus de la raison de très-grans génies , et
à plus forte raison , de petits esprits incapables de
saisir , de suivre et de retenir les princip
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Résumé : DEUX QUESTIONS sur la dénomination des Lettres.
Le texte 'DEUX QUESTIONS sur la dénomination des Lettres' aborde deux interrogations principales concernant la dénomination et la prononciation des lettres. La première question examine la préférence entre les noms vulgaires actuels des lettres et ceux proposés par le Système du Bureau Typographique, en supposant une ignorance initiale des lettres. Le texte compare les noms des lettres selon la méthode vulgaire et la méthode typographique à travers divers exemples de mots. La deuxième question explore quelle méthode serait la plus compréhensible pour une personne ne sachant pas lire : prononcer les lettres selon la méthode vulgaire ou les sons selon la méthode typographique. Le texte fournit des exemples comparatifs de mots prononcés selon les deux méthodes. Le texte conclut en défiant les critiques de trouver un mot où la méthode vulgaire serait supérieure à la méthode typographique, affirmant que la prévention et les préjugés peuvent souvent obscurcir la raison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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428
p. 548-549
Académie de Chirurgie, &c. [titre d'après la table]
Début :
L'Académie de Chirurgie, établie à Paris, sous la protection [...]
Mots clefs :
Académie de chirurgie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Académie de Chirurgie, &c. [titre d'après la table]
L'Académie de Chirurgie , établie à Paris ,
sous la protection du Roy , désirant contribuer aux
MARS. 1732. 549
aux progrès de cet Art , et à l'utilité publique ,
propose pour sujet du Prix de l'année 1732. la
question suivante : Pourquoi certaines Tumeurs
doivent être extirpées , et d'autres simplement ou
vertes. Dans l'une et l'autre de ces Opérations, quels
sont les cas où le Cautere est préferable à l'In
sous la protection du Roy , désirant contribuer aux
MARS. 1732. 549
aux progrès de cet Art , et à l'utilité publique ,
propose pour sujet du Prix de l'année 1732. la
question suivante : Pourquoi certaines Tumeurs
doivent être extirpées , et d'autres simplement ou
vertes. Dans l'une et l'autre de ces Opérations, quels
sont les cas où le Cautere est préferable à l'In
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429
p. 549
« On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...] »
Début :
On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...]
Mots clefs :
Vue recouvrée, Vérole, Tremblements de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...] »
On a appris par des Lettres de Suede , un fait
extrémement singulier. Un enfant de onze ans ,
né aveugle à Torna , a recouvré la vûë le 13
jour d'une petite verole. Belle matiere à Dissertation sur les maladies et les accidens qui peuvent être utiles au Corps humain.
On apprend de Corfou , par la voye de Venise , qu'il y étoit tombé pendant trois jours une
pluye si abondante , que plusieurs Villages voisins avoient été submergez ; que cette pluye
avoit été précédée d'une secousse assez vive de
tremblement de terre , accompagnée d'un grand
bruit , qu'on avoit entendu du côté du Port , où
la Mer avoit paru se gonfler ; que dans un seul
jour le tonnerre étoit tombé cinq fois sur un même Vaisseau de Guerre , où il n'avoit tué que
deux Matelots , et que pendant la tempête , l'air
étoit tout rempli de Hiboux , de Chauve-souris
et d'autres Oiseaux Nocturnes , qui venoient se
percher sur les Mats et les Vergues des Bâtimens du Port.
extrémement singulier. Un enfant de onze ans ,
né aveugle à Torna , a recouvré la vûë le 13
jour d'une petite verole. Belle matiere à Dissertation sur les maladies et les accidens qui peuvent être utiles au Corps humain.
On apprend de Corfou , par la voye de Venise , qu'il y étoit tombé pendant trois jours une
pluye si abondante , que plusieurs Villages voisins avoient été submergez ; que cette pluye
avoit été précédée d'une secousse assez vive de
tremblement de terre , accompagnée d'un grand
bruit , qu'on avoit entendu du côté du Port , où
la Mer avoit paru se gonfler ; que dans un seul
jour le tonnerre étoit tombé cinq fois sur un même Vaisseau de Guerre , où il n'avoit tué que
deux Matelots , et que pendant la tempête , l'air
étoit tout rempli de Hiboux , de Chauve-souris
et d'autres Oiseaux Nocturnes , qui venoient se
percher sur les Mats et les Vergues des Bâtimens du Port.
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Résumé : « On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...] »
Un enfant de onze ans, né aveugle à Torna, a recouvré la vue après la petite vérole. À Corfou, une pluie abondante a duré trois jours, précédée d'un tremblement de terre et d'une mer gonflée. Le même jour, un vaisseau de guerre a été frappé cinq fois par la foudre, tuant deux matelots. Des oiseaux nocturnes ont envahi le port pendant la tempête.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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430
p. 549-550
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît chez la veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux [...]
Mots clefs :
Estampe, Tableau de Watteau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
u Port.
Il paroît chez la veuve Chereau , ruë S. Jac.
ques , aux deux Pilliers , et chez Surugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , une Estampe ,
nouvellement gravée , d'après un Tableau de
Watteau , representant une sainte Famille , dontle
55 MERCURE DE FRANCE
le public connoisseur , aura tout lieu d'être satisfait.
Il va encore paroître dans peu 4 Estampes
d'après les 4 Saisons , peintes par ledit Watteau,
et dont les compositions gálantes pourront
plaire généralement
On continue à graver sans relâche , d'après
plusieurs Tableaux de grande composition , du
même Auteur ; entr'autres , le fameux Enseigue
qu'il fit pour M. Gersain , son ami , et qui fut
exposé pour les curieux , pendant quelque
temps , au Pont Notre- Dame.
Il paroît chez la veuve Chereau , ruë S. Jac.
ques , aux deux Pilliers , et chez Surugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , une Estampe ,
nouvellement gravée , d'après un Tableau de
Watteau , representant une sainte Famille , dontle
55 MERCURE DE FRANCE
le public connoisseur , aura tout lieu d'être satisfait.
Il va encore paroître dans peu 4 Estampes
d'après les 4 Saisons , peintes par ledit Watteau,
et dont les compositions gálantes pourront
plaire généralement
On continue à graver sans relâche , d'après
plusieurs Tableaux de grande composition , du
même Auteur ; entr'autres , le fameux Enseigue
qu'il fit pour M. Gersain , son ami , et qui fut
exposé pour les curieux , pendant quelque
temps , au Pont Notre- Dame.
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Une estampe de la sainte Famille, d'après Watteau, est disponible chez la veuve Chereau et Surugues. Quatre autres estampes des Quatre Saisons seront bientôt disponibles. La gravure de tableaux de Watteau, dont l'Enseigne pour M. Gersain, se poursuit. L'Enseigne a été exposé au Pont Notre-Dame.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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431
p. 550-553
« La profession que nous faisons d'honorer les Beaux Arts, [...] »
Début :
La profession que nous faisons d'honorer les Beaux Arts, [...]
Mots clefs :
Beaux Arts, Jacques-Philippe Férrand, Mosaïque, Magasin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La profession que nous faisons d'honorer les Beaux Arts, [...] »
La profession que nous faisons d'honorer les
Beaux Arts , et de faire connoître les sujets qui ›
s'y sont distinguez , nous oblige de publier un
Mémoire , qui nous a été communiqué , au sujet de Jacques-Philippe Férrand , Peintre , mort à
Paris depuis peu.
Il naquit à Joigny , en Bourgogne , le 26 Juillet 1653. et eut pour pere Louis Ferrand, Médecin du Roy Louis XIII.lequel en mourant laissa
son fils dans un âge fort tendre. Le jeune Ferrand fut mené à Paris , où il marqua de gran
des dispositions pour la Peinture. Il apprit d'a- bord a dessiner chez M. Mignard , ensuite à
peindre en Miniature , de Samuel Bernard ou
Besnard ; enfin il se forma de lui-même à peindre en Email , à quoi son génie le portoit , et il y excella.
En l'année 1684. il fut reçu en la Charge de
Valet de Chambre du Roy Louis XIV.En 1688.
il fut agréé à l'Académie Royale de Peinture et
de Sculpture , et il fut reçu le 27 May 1690.
Il fit ensuite plusieurs Voyages en Italie , en
Allemagne , en Angleterre. Il étoit à Turin sur
la
3
MARS. 1732. 551 Aa fin de l'année 1695. et fit un tres-beau Por
trait en Email du Duc de Savoye. Ce Prince
en fut si content , qu'il fit l'honneur au Peintre
François , d'aller jusques dans son logement , lui
témoigner sa satisfaction , et lui offrir un appar
tement dans son Palais ; ce qu'il accepta. Son séjour à Turin-fut d'environ deux années , pendant
1equel temps S. A. R. lui donna des marques continuelles de bonté et d'une particuliere satis
faction.
Arrivé à Génes peu de temps après, il reçut du
Doge , qui aimoit la Peinture , et qui favorisoit le mérite , les mêmes honneurs et les mêmes distinctions dont il avoit été comblé à Turin.
De Génes il passa à Florence , où il fut presenté au Grand Prince ( leGrand Duc étant absent ) par l'Ambassadeur de France. S. A. lui fit
voir elle- même toutes les magnifiques curiositez de son Palais , et fit tous ses efforts pour le rete
nir à sa Cour.
Son séjour à Rome fut de 13 mois. Il fit le
Portrait du Pape Innocent XII. celui de la Princesse Pamphile , et quelques autres qui augmenterent sa réputation.
En revenant en France , il s'arrêta encore à
Turin pendant quelques mois. Il arriva enfin à
Paris sur la fin de l'année 1698. Le Roy lui ardonna quelques Ouvrages , dont S. M.parût fort
satisfaite. Des chagrins domestiques qui survinrent et dont le Mémoire fait le détail , ne permirent plus guére à M.Ferrand de travailler. Il
donna cependant au public en 1723. un Traité
curieux , intitulé : L'Art du Feu, ou la maniere de
peindre en Email ; 'qui contient un petit Traité de Miniature , &c. Ce Livre se vend àParis, chez
Collombat , ruë saint Jacques.
552 MERCURE DE FRANCE
Il est mort à Paris le 5. Janvier de cette année
1732. âgé d'environ 78. ans , et inhumé dans
l'Eglise de S. Jean en Gréve , ne laissant de plusieurs enfans de son Marige avec Jeanne Colin
de Tours, qu'Antoine Ferrand , aussi Peintre.
André- Charles Boulle , natif de Paris , Archi
tecte , Peintre et Sculpteur en Mosaïque , Ebeniste- Ciseleur et Marqueteur ordinaire du Roy , né
en l'année 1642. le 10. Novembre , est mort le 29. Février 1734. à Paris dans les Galleries du
Louvre , où il avoit l'honneur d'être logé depuis
Pannée 1672. Get illustre Artiste , dont le mérite
étoit connu en France et dans les Pays Etrangers,
-est infiniment regretté par les Amateurs des Beaux- - Arts. Il laisse des fils de sa Profession heritiers
de ses talens et de son logement aux Galleries du Louvre.
La Dame Pariso , pourvûe du Privilege du
sieur Renty, pour le Métal qui imite l'Or , donne avis qu'elle demeure ruë de Grenelle- SaintHonoré, en entrant par la rue S. Honoré à
gauche , vis - à vis l'Hôtel de Vivaretz , où est
son Tableau , et où elle tient son Magazin , composé de toutes sortes d'Ouvrages ; sçavoir , Lustres, Surtous de Tables , Girandolles , Bras à
deux et à une branche , Chandeliers de toute
-grandeur, Sucrier , Moutardier, Cuillere , Fourchette , Manche de Couteau , Garniture de Fen à
figure et autres , uni et cizelé , Seaux à rafraî
chir le vin , Ecritoire , Garde d'Epée , Pomme
de Canne , Tabatiere , Etuy , Boucle de Soulier ,
Sonnettes , Cachet , Garniture de Commode , de
Pendule , le tout ciselé en bas et haut relief,
uni , &c₁ Elle
MARS. 1732. 553
C
3
Elle donne aussi avis aux Ecclesiastiques et
Communautez, qu'on fait des Ornemens d'Eglise des plus propres , tels que Chandeliers de toute
grandeur , Croix , Tabernacles , Crosses, &c. On
fait géneralement toutes sortes d'Ouvrages , com- me en or et en argent et autres Métaux. On les
nettoye ; sçavoir , s'il y a de la cire ou du suifsur
la Piece , il faut la mettre devant le feu/ pour la
faire fondre et la bien essuyer et frotter.
Quand la Piece a servi très-long- temps , ou
qu'elle est trop montée en couleur, pour la mettre dans son premier état , comme sortant du
Magazin , il faut prendre du Vinaigre de vin ,
y mettre du Tripoly ou Blanc d'Espagne dedans,
prendre une éponge ou du linge doux , bien frots
ter la Piece avec ledit Vinaigre et Tripoly, com
me si on écuroit un Chandelier de Cuivre , sans
craindre d'ôter la dorure qui revient d'elle - même;
après l'avoir ainsi nettoyée , il la faut jetter dans
l'eau claire , la retirer et la bien essuyer avec un
linge sec ; plus on la frottera , plus elle deviendra belle ; si on ne la trouvoit pas assez dorée , il faudra la mettre bouillir trois ou quatre minutes
dans l'eau de Riviere , et en la retirant de l'eau
la bien frotter avec un linge sec.
Ceux qui ne voudront pas se donner la peine
de nettoyer ces Ouvrages , n'auront qu'à les envoyer audit Magazin , on les leur rendra propres
et nettoyez gratis , le Métail n'est point cassant,
Beaux Arts , et de faire connoître les sujets qui ›
s'y sont distinguez , nous oblige de publier un
Mémoire , qui nous a été communiqué , au sujet de Jacques-Philippe Férrand , Peintre , mort à
Paris depuis peu.
Il naquit à Joigny , en Bourgogne , le 26 Juillet 1653. et eut pour pere Louis Ferrand, Médecin du Roy Louis XIII.lequel en mourant laissa
son fils dans un âge fort tendre. Le jeune Ferrand fut mené à Paris , où il marqua de gran
des dispositions pour la Peinture. Il apprit d'a- bord a dessiner chez M. Mignard , ensuite à
peindre en Miniature , de Samuel Bernard ou
Besnard ; enfin il se forma de lui-même à peindre en Email , à quoi son génie le portoit , et il y excella.
En l'année 1684. il fut reçu en la Charge de
Valet de Chambre du Roy Louis XIV.En 1688.
il fut agréé à l'Académie Royale de Peinture et
de Sculpture , et il fut reçu le 27 May 1690.
Il fit ensuite plusieurs Voyages en Italie , en
Allemagne , en Angleterre. Il étoit à Turin sur
la
3
MARS. 1732. 551 Aa fin de l'année 1695. et fit un tres-beau Por
trait en Email du Duc de Savoye. Ce Prince
en fut si content , qu'il fit l'honneur au Peintre
François , d'aller jusques dans son logement , lui
témoigner sa satisfaction , et lui offrir un appar
tement dans son Palais ; ce qu'il accepta. Son séjour à Turin-fut d'environ deux années , pendant
1equel temps S. A. R. lui donna des marques continuelles de bonté et d'une particuliere satis
faction.
Arrivé à Génes peu de temps après, il reçut du
Doge , qui aimoit la Peinture , et qui favorisoit le mérite , les mêmes honneurs et les mêmes distinctions dont il avoit été comblé à Turin.
De Génes il passa à Florence , où il fut presenté au Grand Prince ( leGrand Duc étant absent ) par l'Ambassadeur de France. S. A. lui fit
voir elle- même toutes les magnifiques curiositez de son Palais , et fit tous ses efforts pour le rete
nir à sa Cour.
Son séjour à Rome fut de 13 mois. Il fit le
Portrait du Pape Innocent XII. celui de la Princesse Pamphile , et quelques autres qui augmenterent sa réputation.
En revenant en France , il s'arrêta encore à
Turin pendant quelques mois. Il arriva enfin à
Paris sur la fin de l'année 1698. Le Roy lui ardonna quelques Ouvrages , dont S. M.parût fort
satisfaite. Des chagrins domestiques qui survinrent et dont le Mémoire fait le détail , ne permirent plus guére à M.Ferrand de travailler. Il
donna cependant au public en 1723. un Traité
curieux , intitulé : L'Art du Feu, ou la maniere de
peindre en Email ; 'qui contient un petit Traité de Miniature , &c. Ce Livre se vend àParis, chez
Collombat , ruë saint Jacques.
552 MERCURE DE FRANCE
Il est mort à Paris le 5. Janvier de cette année
1732. âgé d'environ 78. ans , et inhumé dans
l'Eglise de S. Jean en Gréve , ne laissant de plusieurs enfans de son Marige avec Jeanne Colin
de Tours, qu'Antoine Ferrand , aussi Peintre.
André- Charles Boulle , natif de Paris , Archi
tecte , Peintre et Sculpteur en Mosaïque , Ebeniste- Ciseleur et Marqueteur ordinaire du Roy , né
en l'année 1642. le 10. Novembre , est mort le 29. Février 1734. à Paris dans les Galleries du
Louvre , où il avoit l'honneur d'être logé depuis
Pannée 1672. Get illustre Artiste , dont le mérite
étoit connu en France et dans les Pays Etrangers,
-est infiniment regretté par les Amateurs des Beaux- - Arts. Il laisse des fils de sa Profession heritiers
de ses talens et de son logement aux Galleries du Louvre.
La Dame Pariso , pourvûe du Privilege du
sieur Renty, pour le Métal qui imite l'Or , donne avis qu'elle demeure ruë de Grenelle- SaintHonoré, en entrant par la rue S. Honoré à
gauche , vis - à vis l'Hôtel de Vivaretz , où est
son Tableau , et où elle tient son Magazin , composé de toutes sortes d'Ouvrages ; sçavoir , Lustres, Surtous de Tables , Girandolles , Bras à
deux et à une branche , Chandeliers de toute
-grandeur, Sucrier , Moutardier, Cuillere , Fourchette , Manche de Couteau , Garniture de Fen à
figure et autres , uni et cizelé , Seaux à rafraî
chir le vin , Ecritoire , Garde d'Epée , Pomme
de Canne , Tabatiere , Etuy , Boucle de Soulier ,
Sonnettes , Cachet , Garniture de Commode , de
Pendule , le tout ciselé en bas et haut relief,
uni , &c₁ Elle
MARS. 1732. 553
C
3
Elle donne aussi avis aux Ecclesiastiques et
Communautez, qu'on fait des Ornemens d'Eglise des plus propres , tels que Chandeliers de toute
grandeur , Croix , Tabernacles , Crosses, &c. On
fait géneralement toutes sortes d'Ouvrages , com- me en or et en argent et autres Métaux. On les
nettoye ; sçavoir , s'il y a de la cire ou du suifsur
la Piece , il faut la mettre devant le feu/ pour la
faire fondre et la bien essuyer et frotter.
Quand la Piece a servi très-long- temps , ou
qu'elle est trop montée en couleur, pour la mettre dans son premier état , comme sortant du
Magazin , il faut prendre du Vinaigre de vin ,
y mettre du Tripoly ou Blanc d'Espagne dedans,
prendre une éponge ou du linge doux , bien frots
ter la Piece avec ledit Vinaigre et Tripoly, com
me si on écuroit un Chandelier de Cuivre , sans
craindre d'ôter la dorure qui revient d'elle - même;
après l'avoir ainsi nettoyée , il la faut jetter dans
l'eau claire , la retirer et la bien essuyer avec un
linge sec ; plus on la frottera , plus elle deviendra belle ; si on ne la trouvoit pas assez dorée , il faudra la mettre bouillir trois ou quatre minutes
dans l'eau de Riviere , et en la retirant de l'eau
la bien frotter avec un linge sec.
Ceux qui ne voudront pas se donner la peine
de nettoyer ces Ouvrages , n'auront qu'à les envoyer audit Magazin , on les leur rendra propres
et nettoyez gratis , le Métail n'est point cassant,
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Résumé : « La profession que nous faisons d'honorer les Beaux Arts, [...] »
Jacques-Philippe Férrand, peintre, est né à Joigny en Bourgogne le 26 juillet 1653. Fils de Louis Ferrand, médecin de Louis XIII, il déménage à Paris où il révèle un grand talent pour la peinture. Il commence par apprendre à dessiner auprès de Pierre Mignard, puis se forme à la miniature avec Samuel Bernard ou Besnard. Il se perfectionne ensuite seul dans la peinture sur émail. En 1684, il devient valet de chambre de Louis XIV et est agréé à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture en 1688, y étant reçu en 1690. Férrand entreprend plusieurs voyages en Italie, Allemagne et Angleterre. En 1695, il réalise un portrait en émail du duc de Savoie à Turin, ce qui lui vaut des distinctions et un appartement au palais du duc. Il séjourne ensuite à Gênes et Florence, où il est également honoré. À Rome, il peint des portraits notables, dont celui du pape Innocent XII. De retour en France en 1698, il travaille pour Louis XIV mais des soucis personnels l'empêchent de continuer. En 1723, il publie 'L'Art du Feu, ou la manière de peindre en émail'. Jacques-Philippe Férrand meurt à Paris le 5 janvier 1732, à l'âge de 78 ans, laissant un fils, Antoine Ferrand, également peintre.
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432
p. 741-743
« HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir de continuation à celle de M. [...] »
Début :
HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir de continuation à celle de M. [...]
Mots clefs :
Histoire ecclésiastique, Contrariété des lois et des coutûmes, Flagellans, Étude des sciences et des belles-lettres, Cassandre, Compagnie de Jésus, Voyage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir de continuation à celle de M. [...] »
NOUVELLES LITTERAIRES
H
DES BEAUX ARTS , &c.
ISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir
de continuation à celle de M. l'Ab.
bé Fleury , Tome 29. depuis l'an 1545.
jusqu'en 1550. et Tome 30. depuis 1550.
jusqu'en 1555. A Paris , che Hyppolite
Louis Guerin , rue S. Jacques.
DISSERTATIONS Sur des Questions qui
naissent de la contrarieté des Loix et
des Coûtumes. Par M. Louis Boullenois
ancien Avocat au Parlement. A Paris ,
che Mesnier, rue S. Severin , 1732. in 4.
de 146. pages.
EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure
42 MERCURE DE FRANCE
ture du Corps humain , par M. Winslow,
in 4. un vol. et 5. vol. in 12. Chez Guill
Desprez et Jean Desessarts , ruë S. Jacques , 1732.
HISTOIRE DES FLAGELLANS J où
l'on fait voir le bon et le mauvais usage
des Flagellations parmi les Chrétiens ;
traduite du Latin de M. l'Abbé Boileau ,
Docteur de Sorbonne , seconde Edition ,
revûë et corrigée. AParis , chez Musier,
Quay des Augustins , 1732. in 12.
INTRODUCTION GENERALE à l'Etude
des Sciences et des Belles- Lettres , en faveur des personnes qui ne sçavent que le
François. Ala Haye , chez Isaac Beanregard, et se vend à Paris , rue S. Jacques,
chez Briasson , 1731. in 12. de près de
700. pages , sans l'Epitre Dédicatoire à
M. Herault , Conseiller d'Etat , la Préface
et la Table.
TRAITE' de la Révocation des Donations , par la naissance ou survenance des
Enfans. Par M. A..D..L .. R.. Avocat
au Parlement de Provence. A Paris , au
Palais , chez Nic. Gosselin , 1732. in folie
de $7. pages.
CAS-
AVRIL. 17328 743
CASSANDRE , de M. de la Calprenede.
AParis , Quay des Augustins, chez Monalant , 10..vol. in 12.
Le même Libraire vient de réimprimer
de même les fameux Romans de Clelie ,
Cyrus , Pharamond, Cléopatre , Astrée, &c.
LE POLITIQUE DON FERDINAND le Catholique , traduit de l'Espagnol de Baltazar Gracien , avec des Notes. Chez Rolin , fils , Quay des Augustins , 1732. in 12.
RETRAITE du P. Salazar , de la Compagnie de Jesus , 14. Edition. Traduit de
I'Espagnol par le P. Marga , de la même
Compagnie , Missionnaire des Ifles de
P'Amerique. Chez Rollin , 1732. in 12.
>
VOYAGES en Anglois et en François ,
d'A. de la Motraye , en diverses Provinces et Places de la Prusse Ducale et
Royale ; de la Russie , de la Pologne ,
&c. Imprimé pour l'Auteur , et se vend
à la Haye, chez Moetjens ; à Londres ,
chez Round et Meighan , &c. 1732. in
folio de 480. pages , sans les Planches.
H
DES BEAUX ARTS , &c.
ISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir
de continuation à celle de M. l'Ab.
bé Fleury , Tome 29. depuis l'an 1545.
jusqu'en 1550. et Tome 30. depuis 1550.
jusqu'en 1555. A Paris , che Hyppolite
Louis Guerin , rue S. Jacques.
DISSERTATIONS Sur des Questions qui
naissent de la contrarieté des Loix et
des Coûtumes. Par M. Louis Boullenois
ancien Avocat au Parlement. A Paris ,
che Mesnier, rue S. Severin , 1732. in 4.
de 146. pages.
EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure
42 MERCURE DE FRANCE
ture du Corps humain , par M. Winslow,
in 4. un vol. et 5. vol. in 12. Chez Guill
Desprez et Jean Desessarts , ruë S. Jacques , 1732.
HISTOIRE DES FLAGELLANS J où
l'on fait voir le bon et le mauvais usage
des Flagellations parmi les Chrétiens ;
traduite du Latin de M. l'Abbé Boileau ,
Docteur de Sorbonne , seconde Edition ,
revûë et corrigée. AParis , chez Musier,
Quay des Augustins , 1732. in 12.
INTRODUCTION GENERALE à l'Etude
des Sciences et des Belles- Lettres , en faveur des personnes qui ne sçavent que le
François. Ala Haye , chez Isaac Beanregard, et se vend à Paris , rue S. Jacques,
chez Briasson , 1731. in 12. de près de
700. pages , sans l'Epitre Dédicatoire à
M. Herault , Conseiller d'Etat , la Préface
et la Table.
TRAITE' de la Révocation des Donations , par la naissance ou survenance des
Enfans. Par M. A..D..L .. R.. Avocat
au Parlement de Provence. A Paris , au
Palais , chez Nic. Gosselin , 1732. in folie
de $7. pages.
CAS-
AVRIL. 17328 743
CASSANDRE , de M. de la Calprenede.
AParis , Quay des Augustins, chez Monalant , 10..vol. in 12.
Le même Libraire vient de réimprimer
de même les fameux Romans de Clelie ,
Cyrus , Pharamond, Cléopatre , Astrée, &c.
LE POLITIQUE DON FERDINAND le Catholique , traduit de l'Espagnol de Baltazar Gracien , avec des Notes. Chez Rolin , fils , Quay des Augustins , 1732. in 12.
RETRAITE du P. Salazar , de la Compagnie de Jesus , 14. Edition. Traduit de
I'Espagnol par le P. Marga , de la même
Compagnie , Missionnaire des Ifles de
P'Amerique. Chez Rollin , 1732. in 12.
>
VOYAGES en Anglois et en François ,
d'A. de la Motraye , en diverses Provinces et Places de la Prusse Ducale et
Royale ; de la Russie , de la Pologne ,
&c. Imprimé pour l'Auteur , et se vend
à la Haye, chez Moetjens ; à Londres ,
chez Round et Meighan , &c. 1732. in
folio de 480. pages , sans les Planches.
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Résumé : « HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir de continuation à celle de M. [...] »
Le document recense des publications littéraires et scientifiques parues entre 1731 et 1732. Parmi les ouvrages mentionnés figurent 'Histoire Ecclésiastique' de l'abbé Fleury, prolongée jusqu'en 1555, et 'Dissertations Sur des Questions qui naissent de la contrarieté des Loix et des Coûtumes' par Louis Boullenois. D'autres publications incluent 'Exposition Anatomique de la structure du Corps humain' par Winslow, 'Histoire des Flagellans' traduite par l'abbé Boileau, et une 'Introduction Générale à l'Etude des Sciences et des Belles-Lettres'. Le document cite également des traités juridiques comme 'Traité de la Révocation des Donations' par un avocat du Parlement de Provence. Plusieurs œuvres littéraires sont également listées, telles que 'Cassandre' de La Calprenède, des réimpressions de romans célèbres, 'Le Politique Don Ferdinand le Catholique' traduit de l'espagnol, et 'Retraite' du Père Salazar. Enfin, il note les 'Voyages' d'A. de la Motraye en Prusse, Russie et Pologne.
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433
p. 743-752
Théâtre Critique, Universel, &c. [titre d'après la table]
Début :
THEATRO CRITICO UNIVERSAL, ò Discurso varios en tot genero de [...]
Mots clefs :
Théâtre, Critique, Ouvrage, Avis, Musique, Anti-théâtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Théâtre Critique, Universel, &c. [titre d'après la table]
THEATRO CRITICO UNIVERSAL , ò Discurso varios entoto genero de Materias para
Desengano de Errores communes , &c. Tome
F Tercero
744 MERCURE DE FRANCE
Tercero , &c. c'est- à - dire : THEATRE CRITIQUE UNIVERSEL , ou Discours divers sur
toute sorte de sujets , pour désabuser des
Erreurs vulgaires. Dédié au Monastére
Royal de S. Julien de Samos , composé
par le R. P. Benoît- Jérôme Feijoo , Maître General des Etudes dans l'Ordre de
S. Benoît , et Professeur en Théologie, de
l'Université d'Oviedo.Tome 3.feconde Edition 1. vol. in 4. A Madrid , chez François
del Hierro , 1730. pag. 366. sans la Préface et la Table.
Cet Ouvrage est déja connu de nos
Lecteurs , par ce qui en a été dit dans le
premier vol, du Mercure de Juin dernier,
à l'égard des deux premiers Tomes. 11
nous reste à rendre compte des deux derniers , lesquels, comme les précédens, nous
ont été obligeamment communiqués par
M. Boyer , Médecin de la Faculté de
Montpellier et Docteur Regent en celle
de Paris , qui les a apportez de Madrid.
On trouve à la tête de ce 3 Tome une
Epître dédicatoire , adressée au R.P. Abbé et au Monastere de S. Julien , laquelle
contient l'éloge de ce Royal Monastere
l'un des plus celebres de toute l'Espagne
et des plus privilégiez par le S. Siége , auquel il est immédiatement soumis et sans
subordination à aucun Métropolitain.
Il
AVRIL 1732. 745
Il paroît par une Charte de Privilege du
Roy D. Ordon II . de l'année 922. que ce
fut dans cette Maison quele Roy D.Fruela
trouva dequoi former l'éducation du
Prince D. Alonse son Fils , surnommé le
Chaste. L'Auteur de l'Epître n'oublie pas
d'y faire remarquer comme un bonheur
singulier pour ce Monastere, de n'avoir
jamais eu d'Abbé Commandataire : La
singularfelicidal de no haver tenido jamas
Abad Comendatario esse Monasterso , &c.
Trois magnifiques Approbations des
Théologiens d'Oviedo et d'Alcala suivent
cette Dédicace , sans parler de la permission de l'Ordinaire et de celle du Général
des Bénédictins de la Congrégation de
S.Benoît , établie en Espagne et en Angle
terre.
:: Suit une Préface de plus de 30 pages ,
que notre Auteur a eu raison d'intitulers
Prologo Apologetico ; car il s'y défend avec
force , et dans le détail convenable, contre
quelques Ecrivains de son Païs , qui l'ont
attaqué assez rudement, faute , dit-il, d'a
voir bien entendu ses Ouvrages. Nous ne
le suivrons pas dans cette deffense , qui
roule principalement sur ce que le R. P.
Feijoo a dit au sujet de Savanorole , dans
le 1. vol. du Théatre Critique. On remar
quera seulement qu'il accable ses adverFij saires
MERCURE DE FRANCE
saires de raisons , de preuves et d'autoritez.
;
Treize Discours ou Dissertations , divisées en plusieurs Paragraphes , font la
matiere de ce troisiéme Tome. Nous en
Indiquerons seulement les Titres. 1. Les
Conjureurs ou Enchanteurs. 2. Les › Secrets de la Nature. 3. La Sympathie es
l'Antipathie. 4. Les Lutins ou Esprits familliers. 5. La Baguete devinatoire , et les
Yeux de Lynx. 6. Les Miracles supposez..
7. Paradoxes Mathématiques. 8. LaPierre
Philosophale. 9. Le Raisonnement des
Bêtes. 15. L'Amour de la Patrie. 11. La.
Balance d'Astrée , ou la droite Administration de la Justice. 12. L'Ambition des
Souverains. 13. Le Sceptisme Philosophi
que.
Tous ces Sujets sont parfaitement bien
traitez ; l'ordre et la clarté y accompa
gnent toujours une agréable érudition
et il y a beaucoup à profiter dans cette
lecture, Nous avons traduit le titre Saludadores , du 1. Discours, par les termes de
Conjureurs ou d'Enchanteurs ; parce qu'engeneral , c'est ce que signifie le nom Espagnol, quoiqu'il ne s'agisse icy que de
Hydrophobie , ou de la rage , qui inspire de l'horreur pour l'eau , &c. malgré la
prétention de quelques- uns qui croyent
ан
AVRIL 17320
au contraire, que l'eau est un remede assuré contre ce mal ; ce que notre Auteur
met au nombre des erreurs vulgaires.
C'est encore s'égarer , selon lui , de croire
qu'il y a des personnes qui ont la vertu
inhérante et particuliere de guérir l'affreuse maladie dont il s'agit dans cette
Dissertation ; et c'est ces mêmes personnes qu'il appelle Saludadores.
Le Titre du se Discours est : Vara divinatoriay Zabories , que nous avons rendu par la Baguete devinatoire , et les Yeux
de Lynx.
Pour justifier cette derniere expression,
le Lecteur sçaura que le P. Feijoo , après
avoir expédié tout ce qui regarde la Baguete devinatoire , qu'il croit chose - tresabusive , &c. traite aussi d'une espece
d'hommes, parmi les Espagnols , dont on
dit( a) que la vûë est si perçante, qu'elle
penetre les corps opaques , et distingue
même ce qui se trouve de caché dans la
terre à une certaine profondeur. Ces Homimes sont appellez Zabories , nom que
l'Auteur croit avec beaucoup de vraisemblance , être Arabe d'origine. Il croit
(a) De quienes se dice que con laperspicacia de
su vistapenetran los cuerpos opacos haciendose de
este modo patente quanto à algunas brazas debajo de laTierra esta ocultos s
Fiij aussi
748 MERCURE DE FRANCE
aussi que les Espagnols ont reçû cette
opinion, qu'il traite de chimere, des Maures qui avoient envahi l'Espagne : opinion qu'il observe ne se trouver répanduë que chez la Nation Espagnole.
و
Cette croyance est apparemment passée
dans le Portugal par proximité et par
conformité de génie , surquoi nous renvoyons les Lecteurs à ce que nous avons
publié dans quelques-uns de nos Journaux, au sujet d'une Femme Portugaise ,
à vûë de Lynx ou Zahorie:
Nous avons remarqué en rendant
compte des deux premiers Tomes de cet
ouvrage , que quelque temps après la publication du 1. vol. il parut une Critique
de ce que notre Auteur avoit écrit au sujet de la Medecine et des Medecins. Cette
Critique , écrite en latin , étoit intitulée
Medicina Vindicata. Le P. Feijoo у répondit dans la même langue , et fit imprimer sa Réponse dans le 2 Tome , promettant d'en donner une Traduction Espagnole dans le Volume suivant. Il a tenu
parole. Le 3 Tome finit par cette Traduction , intitulée : La Verdad Vindicada
contra la Medecina Vindicada, Respuesta
Apologetica , traducida de Latin en Castellano , y añadida por el Amor. Nous
n'avons rien à ajouter à l'égard de cette Piéce
AVRIL. 17320 749
Piece , à ce que nous en avons dit dans le
Mercure du mois de Juin dernier.
Les trois Tomes du Théatre Critique ,
dont nous avons rendu compte , sont suivis d'un 4 vol. qui porte pour Titre :
ILUSTRACION Apologetica al Primero y segundoTomo del Theatrocritico, & c.vol.4.de
207 pages. A Madrid , chez le même Libraire , 1729.
-
Une Préface de 9 à 10 pag. instruit le
Lecteur de ce qui a donné lieu à la composition de ce volume particulier , et au
Titre qu'il porte. Voici le précis de cette
instruction. A peine le 3 Tome duThéatre Critique eût-il été publié , qu'il parût
contre le 1 et 2 vol. un Livre intitulé :
Anti-Theatro Critico , imprimé à Madrid,
sous le nom de Don Salvador Joseph
Mañer. La premiere pensée qui vint à
notre Auteur , ce fut de répondre à cette
Critique , dès qu'elle lui seroit tombée
entre les mains ; mais il en fut détourné
par quelques amis , qui lui écrivirent de
Madrid , que l'Antithéatre n'étoit qu'un
amas d'inepties , de puerilitez , d'équivoques , d'ignorances , en un mot , d'im.
pertinences ( a) ; conseillant aur P.F. de ne
point perdre un temps , trop précieux
(2) Materialidades impertinentės.
Fiiij d'ail-
750 MERCURE DE FRANCE
d'ailleurs , pour la continuation de son
grand ouvrage , à réfuter un pareil Libelle ; l'Adversaire ne s'étant apparemment mis en campagne que , pour se procurer l'honneur d'une réponse , &c.
D'ailleurs , le sçavant Benedictin crût
voir un nom supposé dans celui de Don
Joseph Mañer , ses amis ne connoissant
personne à la Cour , ni ailleurs , qui porte ce nom- là. D'autres lui manderent que
l'Anti-Théatre étoit l'ouvrage de huit
Ecrivains , du nombre desquels est ce Don
Mañer , veritable ou supposé , lui marquant même la Maison où ces Mrs s'assemblent et tiennent leurs Conferences
litteraires au surplus , que cette ' Critique ne méritoit aucune réponse.
Cependant des avis posterieurs apprirent à notre Auteur que l'Ouvrage de Don
Mañer étoit applaudi à la Cour et ailleurs,
et que ceux à qui il étoit tombé en charge
de l'examiner , l'avoient loüé dans leurs
Approbations ; malgré le peu de cas qu'en
faisoient les Personnes intelligentes.Alors
le P. F. prit le sage parti d'attendre la reception de cet Ouvrage , et de l'examiner
par lui- même, pour se déterminer en connoissance de cause. Son étonnement ne
fût pas petit après avoir fait cet examen,
qui lui confirma ce qu'on lui avoit déja
mar-
AVRIL 1732 751
marqué du
en question.
peu de mérite de l'Ouvrage
Il fut , surtout , frapé de s'y voir accusé
d'avoir emprunté de D. Antoine de Literes tout ce qui est dit de la Musique et
du Docteur Martinez , tout ce qui concerne la Médecine dans le 1 vol. du Théatre Critique ; ce que notre Auteur soutient non seulement être tres- faux , mais
il démontre , en passant , dans cette Préface, la fausseté de l'accusation. Au reste ,
après avoir fait réfléxion que le Théatre
Critique n'a été entrepris que pour com
battre les erreurs vulgaires , et pour en
désabuser les hommes , il a crû enfin que
ce seroit mal-exécuter un tel projet s'il ne
faisoit pas une Réponse exacte et dans
l'étendue convenable à l'Auteur de l'Anti-Théatre, qui semble n'avoir mis la main
à la plume que pour se déclarer le Pros
tecteur des mêmes erreurs , et pour maintenir le vulgaire dans son ancienne possession ; outre que cette Apologie , dit le P. F. sera non seulement une deffense pu
blique contre les prétentions fausses et
abusives du Seigneur Mañer; mais elle
pourra devenir aussi un préservatifqui
empêchera peut- être la continuation d'un
pareil travail.
Le fruit de ce travail est icy appellé par
Fv Botrs
752 MERCURE DE FRANCE
notre Auteur un jeu de Théatre, uneChimere Critique , une Comédie de 8 Acteurs , une illusion des simples , un marché de petits enfans , une fabrique en
l'air , sans fondement , sans vérité , sans
raison. Il proteste enfin qu'au cas que le
même Ecrivain ou d'autres , continuent
d'attaquer le Théatre Critique , il continuera tranquillement son ouvrage , sans daigner répondre à des objections aussi frivoles que celles qui ont paru jusqu'icy.
1.
Cette Apologie est dédiée par une belle Epître , au R. P. François de Berganza,
General de la Congrégation de saint
Benoît , établie en Espagne et en Angle
terre. La Dédicace est suivie de plusieurs
Approbations raisonnées et remplies d'érudition , qui font également honneur
aux Docteurs qui les ont données , et à
l'Ouvrage qui en fait le sujet , et qui sans
doute les mérite bien.
Desengano de Errores communes , &c. Tome
F Tercero
744 MERCURE DE FRANCE
Tercero , &c. c'est- à - dire : THEATRE CRITIQUE UNIVERSEL , ou Discours divers sur
toute sorte de sujets , pour désabuser des
Erreurs vulgaires. Dédié au Monastére
Royal de S. Julien de Samos , composé
par le R. P. Benoît- Jérôme Feijoo , Maître General des Etudes dans l'Ordre de
S. Benoît , et Professeur en Théologie, de
l'Université d'Oviedo.Tome 3.feconde Edition 1. vol. in 4. A Madrid , chez François
del Hierro , 1730. pag. 366. sans la Préface et la Table.
Cet Ouvrage est déja connu de nos
Lecteurs , par ce qui en a été dit dans le
premier vol, du Mercure de Juin dernier,
à l'égard des deux premiers Tomes. 11
nous reste à rendre compte des deux derniers , lesquels, comme les précédens, nous
ont été obligeamment communiqués par
M. Boyer , Médecin de la Faculté de
Montpellier et Docteur Regent en celle
de Paris , qui les a apportez de Madrid.
On trouve à la tête de ce 3 Tome une
Epître dédicatoire , adressée au R.P. Abbé et au Monastere de S. Julien , laquelle
contient l'éloge de ce Royal Monastere
l'un des plus celebres de toute l'Espagne
et des plus privilégiez par le S. Siége , auquel il est immédiatement soumis et sans
subordination à aucun Métropolitain.
Il
AVRIL 1732. 745
Il paroît par une Charte de Privilege du
Roy D. Ordon II . de l'année 922. que ce
fut dans cette Maison quele Roy D.Fruela
trouva dequoi former l'éducation du
Prince D. Alonse son Fils , surnommé le
Chaste. L'Auteur de l'Epître n'oublie pas
d'y faire remarquer comme un bonheur
singulier pour ce Monastere, de n'avoir
jamais eu d'Abbé Commandataire : La
singularfelicidal de no haver tenido jamas
Abad Comendatario esse Monasterso , &c.
Trois magnifiques Approbations des
Théologiens d'Oviedo et d'Alcala suivent
cette Dédicace , sans parler de la permission de l'Ordinaire et de celle du Général
des Bénédictins de la Congrégation de
S.Benoît , établie en Espagne et en Angle
terre.
:: Suit une Préface de plus de 30 pages ,
que notre Auteur a eu raison d'intitulers
Prologo Apologetico ; car il s'y défend avec
force , et dans le détail convenable, contre
quelques Ecrivains de son Païs , qui l'ont
attaqué assez rudement, faute , dit-il, d'a
voir bien entendu ses Ouvrages. Nous ne
le suivrons pas dans cette deffense , qui
roule principalement sur ce que le R. P.
Feijoo a dit au sujet de Savanorole , dans
le 1. vol. du Théatre Critique. On remar
quera seulement qu'il accable ses adverFij saires
MERCURE DE FRANCE
saires de raisons , de preuves et d'autoritez.
;
Treize Discours ou Dissertations , divisées en plusieurs Paragraphes , font la
matiere de ce troisiéme Tome. Nous en
Indiquerons seulement les Titres. 1. Les
Conjureurs ou Enchanteurs. 2. Les › Secrets de la Nature. 3. La Sympathie es
l'Antipathie. 4. Les Lutins ou Esprits familliers. 5. La Baguete devinatoire , et les
Yeux de Lynx. 6. Les Miracles supposez..
7. Paradoxes Mathématiques. 8. LaPierre
Philosophale. 9. Le Raisonnement des
Bêtes. 15. L'Amour de la Patrie. 11. La.
Balance d'Astrée , ou la droite Administration de la Justice. 12. L'Ambition des
Souverains. 13. Le Sceptisme Philosophi
que.
Tous ces Sujets sont parfaitement bien
traitez ; l'ordre et la clarté y accompa
gnent toujours une agréable érudition
et il y a beaucoup à profiter dans cette
lecture, Nous avons traduit le titre Saludadores , du 1. Discours, par les termes de
Conjureurs ou d'Enchanteurs ; parce qu'engeneral , c'est ce que signifie le nom Espagnol, quoiqu'il ne s'agisse icy que de
Hydrophobie , ou de la rage , qui inspire de l'horreur pour l'eau , &c. malgré la
prétention de quelques- uns qui croyent
ан
AVRIL 17320
au contraire, que l'eau est un remede assuré contre ce mal ; ce que notre Auteur
met au nombre des erreurs vulgaires.
C'est encore s'égarer , selon lui , de croire
qu'il y a des personnes qui ont la vertu
inhérante et particuliere de guérir l'affreuse maladie dont il s'agit dans cette
Dissertation ; et c'est ces mêmes personnes qu'il appelle Saludadores.
Le Titre du se Discours est : Vara divinatoriay Zabories , que nous avons rendu par la Baguete devinatoire , et les Yeux
de Lynx.
Pour justifier cette derniere expression,
le Lecteur sçaura que le P. Feijoo , après
avoir expédié tout ce qui regarde la Baguete devinatoire , qu'il croit chose - tresabusive , &c. traite aussi d'une espece
d'hommes, parmi les Espagnols , dont on
dit( a) que la vûë est si perçante, qu'elle
penetre les corps opaques , et distingue
même ce qui se trouve de caché dans la
terre à une certaine profondeur. Ces Homimes sont appellez Zabories , nom que
l'Auteur croit avec beaucoup de vraisemblance , être Arabe d'origine. Il croit
(a) De quienes se dice que con laperspicacia de
su vistapenetran los cuerpos opacos haciendose de
este modo patente quanto à algunas brazas debajo de laTierra esta ocultos s
Fiij aussi
748 MERCURE DE FRANCE
aussi que les Espagnols ont reçû cette
opinion, qu'il traite de chimere, des Maures qui avoient envahi l'Espagne : opinion qu'il observe ne se trouver répanduë que chez la Nation Espagnole.
و
Cette croyance est apparemment passée
dans le Portugal par proximité et par
conformité de génie , surquoi nous renvoyons les Lecteurs à ce que nous avons
publié dans quelques-uns de nos Journaux, au sujet d'une Femme Portugaise ,
à vûë de Lynx ou Zahorie:
Nous avons remarqué en rendant
compte des deux premiers Tomes de cet
ouvrage , que quelque temps après la publication du 1. vol. il parut une Critique
de ce que notre Auteur avoit écrit au sujet de la Medecine et des Medecins. Cette
Critique , écrite en latin , étoit intitulée
Medicina Vindicata. Le P. Feijoo у répondit dans la même langue , et fit imprimer sa Réponse dans le 2 Tome , promettant d'en donner une Traduction Espagnole dans le Volume suivant. Il a tenu
parole. Le 3 Tome finit par cette Traduction , intitulée : La Verdad Vindicada
contra la Medecina Vindicada, Respuesta
Apologetica , traducida de Latin en Castellano , y añadida por el Amor. Nous
n'avons rien à ajouter à l'égard de cette Piéce
AVRIL. 17320 749
Piece , à ce que nous en avons dit dans le
Mercure du mois de Juin dernier.
Les trois Tomes du Théatre Critique ,
dont nous avons rendu compte , sont suivis d'un 4 vol. qui porte pour Titre :
ILUSTRACION Apologetica al Primero y segundoTomo del Theatrocritico, & c.vol.4.de
207 pages. A Madrid , chez le même Libraire , 1729.
-
Une Préface de 9 à 10 pag. instruit le
Lecteur de ce qui a donné lieu à la composition de ce volume particulier , et au
Titre qu'il porte. Voici le précis de cette
instruction. A peine le 3 Tome duThéatre Critique eût-il été publié , qu'il parût
contre le 1 et 2 vol. un Livre intitulé :
Anti-Theatro Critico , imprimé à Madrid,
sous le nom de Don Salvador Joseph
Mañer. La premiere pensée qui vint à
notre Auteur , ce fut de répondre à cette
Critique , dès qu'elle lui seroit tombée
entre les mains ; mais il en fut détourné
par quelques amis , qui lui écrivirent de
Madrid , que l'Antithéatre n'étoit qu'un
amas d'inepties , de puerilitez , d'équivoques , d'ignorances , en un mot , d'im.
pertinences ( a) ; conseillant aur P.F. de ne
point perdre un temps , trop précieux
(2) Materialidades impertinentės.
Fiiij d'ail-
750 MERCURE DE FRANCE
d'ailleurs , pour la continuation de son
grand ouvrage , à réfuter un pareil Libelle ; l'Adversaire ne s'étant apparemment mis en campagne que , pour se procurer l'honneur d'une réponse , &c.
D'ailleurs , le sçavant Benedictin crût
voir un nom supposé dans celui de Don
Joseph Mañer , ses amis ne connoissant
personne à la Cour , ni ailleurs , qui porte ce nom- là. D'autres lui manderent que
l'Anti-Théatre étoit l'ouvrage de huit
Ecrivains , du nombre desquels est ce Don
Mañer , veritable ou supposé , lui marquant même la Maison où ces Mrs s'assemblent et tiennent leurs Conferences
litteraires au surplus , que cette ' Critique ne méritoit aucune réponse.
Cependant des avis posterieurs apprirent à notre Auteur que l'Ouvrage de Don
Mañer étoit applaudi à la Cour et ailleurs,
et que ceux à qui il étoit tombé en charge
de l'examiner , l'avoient loüé dans leurs
Approbations ; malgré le peu de cas qu'en
faisoient les Personnes intelligentes.Alors
le P. F. prit le sage parti d'attendre la reception de cet Ouvrage , et de l'examiner
par lui- même, pour se déterminer en connoissance de cause. Son étonnement ne
fût pas petit après avoir fait cet examen,
qui lui confirma ce qu'on lui avoit déja
mar-
AVRIL 1732 751
marqué du
en question.
peu de mérite de l'Ouvrage
Il fut , surtout , frapé de s'y voir accusé
d'avoir emprunté de D. Antoine de Literes tout ce qui est dit de la Musique et
du Docteur Martinez , tout ce qui concerne la Médecine dans le 1 vol. du Théatre Critique ; ce que notre Auteur soutient non seulement être tres- faux , mais
il démontre , en passant , dans cette Préface, la fausseté de l'accusation. Au reste ,
après avoir fait réfléxion que le Théatre
Critique n'a été entrepris que pour com
battre les erreurs vulgaires , et pour en
désabuser les hommes , il a crû enfin que
ce seroit mal-exécuter un tel projet s'il ne
faisoit pas une Réponse exacte et dans
l'étendue convenable à l'Auteur de l'Anti-Théatre, qui semble n'avoir mis la main
à la plume que pour se déclarer le Pros
tecteur des mêmes erreurs , et pour maintenir le vulgaire dans son ancienne possession ; outre que cette Apologie , dit le P. F. sera non seulement une deffense pu
blique contre les prétentions fausses et
abusives du Seigneur Mañer; mais elle
pourra devenir aussi un préservatifqui
empêchera peut- être la continuation d'un
pareil travail.
Le fruit de ce travail est icy appellé par
Fv Botrs
752 MERCURE DE FRANCE
notre Auteur un jeu de Théatre, uneChimere Critique , une Comédie de 8 Acteurs , une illusion des simples , un marché de petits enfans , une fabrique en
l'air , sans fondement , sans vérité , sans
raison. Il proteste enfin qu'au cas que le
même Ecrivain ou d'autres , continuent
d'attaquer le Théatre Critique , il continuera tranquillement son ouvrage , sans daigner répondre à des objections aussi frivoles que celles qui ont paru jusqu'icy.
1.
Cette Apologie est dédiée par une belle Epître , au R. P. François de Berganza,
General de la Congrégation de saint
Benoît , établie en Espagne et en Angle
terre. La Dédicace est suivie de plusieurs
Approbations raisonnées et remplies d'érudition , qui font également honneur
aux Docteurs qui les ont données , et à
l'Ouvrage qui en fait le sujet , et qui sans
doute les mérite bien.
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Résumé : Théâtre Critique, Universel, &c. [titre d'après la table]
Le troisième tome du 'Théâtre Critique Universel' ou 'Discours divers sur toute sorte de sujets, pour désabuser des erreurs vulgaires' a été composé par le R. P. Benoît-Jérôme Feijoo, Maître Général des Études dans l'Ordre de Saint Benoît et Professeur en Théologie à l'Université d'Oviedo. Publié à Madrid en 1730, ce tome inclut une épître dédicatoire au Monastère Royal de Saint Julien de Samos, l'un des plus célèbres et privilégiés d'Espagne. Le texte comporte également trois approbations des théologiens d'Oviedo et d'Alcala, ainsi qu'une préface défensive contre des écrivains espagnols ayant critiqué les œuvres de Feijoo. Le tome comprend treize discours ou dissertations. Les titres incluent 'Les Conjureurs ou Enchanteurs', 'Les Secrets de la Nature', 'La Sympathie et l'Antipathie', 'Les Lutins ou Esprits familiers', 'La Baguette devinatoire, et les Yeux de Lynx', 'Les Miracles supposés', 'Paradoxes Mathématiques', 'La Pierre Philosophale', 'Le Raisonnement des Bêtes', 'L'Amour de la Patrie', 'La Balance d'Astrée, ou la droite Administration de la Justice', 'L'Ambition des Souverains', et 'Le Scepticisme Philosophique'. Ces sujets sont traités avec ordre, clarté et érudition. Le texte souligne également la réponse de Feijoo à une critique intitulée 'Medicina Vindicata', publiée dans le deuxième tome, et la traduction de cette réponse en espagnol dans le troisième tome. De plus, il mentionne un quatrième volume intitulé 'Ilustración Apologética al Primero y segundo Tomo del Teatro Crítico', publié en 1729, en réponse à une critique intitulée 'Anti-Théâtre Critique' par Don Salvador Joseph Mañer. Feijoo y réfute les accusations de plagiat et défend son œuvre contre les erreurs vulgaires.
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434
p. 752-753
« BIBLIOTHEQUE, contenant presque tous les Livres et les Ecrivains, dressée [...] »
Début :
BIBLIOTHEQUE, contenant presque tous les Livres et les Ecrivains, dressée [...]
Mots clefs :
Bibliothèque de Ciaconius
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « BIBLIOTHEQUE, contenant presque tous les Livres et les Ecrivains, dressée [...] »
BIBLIOTHEQUE , contenant presque tous
les Livres et les Ecrivains , dressée par ordre alphabétique , depuis le commencement du monde , jusqu'en l'année 1533.
Recueillie par F. Alphonse Ciaconius
Docteur en Théologie , de l'Ordre des
FF. Précheurs , imprimé pour la premiere
fois par les soins et avec les Observations
de
AVRIL. 1732. 753
de François- Denis Camusat de Besançon.
AParis , chez la veuve George Jouvenel
1731. in fol. de 976 pag. Tout l'Ouvrage
est en latin
les Livres et les Ecrivains , dressée par ordre alphabétique , depuis le commencement du monde , jusqu'en l'année 1533.
Recueillie par F. Alphonse Ciaconius
Docteur en Théologie , de l'Ordre des
FF. Précheurs , imprimé pour la premiere
fois par les soins et avec les Observations
de
AVRIL. 1732. 753
de François- Denis Camusat de Besançon.
AParis , chez la veuve George Jouvenel
1731. in fol. de 976 pag. Tout l'Ouvrage
est en latin
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435
p. 753-755
Mythologie ou Histoire des Dieux, &c. [titre d'après la table]
Début :
MYTHOLOGIE, ou l'Histoire des Dieux, des Demi-Dieux et [...]
Mots clefs :
Mythologie ou histoire des dieux, Mythologue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mythologie ou Histoire des Dieux, &c. [titre d'après la table]
MYTHOLOGIE , Ou l'Histoire des Dieux,
des Demi- Dieux et des plus illustres Héros de l'Antiquité Payenne , contenant
l'explication de la Fable et de la Métamorphose , avec la Relation de la destruction
de Troye. Par Darés Phrigien , nouvellement traduite en François , sur la traduction latine de Cornelius Nepos. Par M.
Dupuy, 2 vol. in 12. A Paris , rue S.Facques, chez Huart l'aîné.
Ce nouveau Mythologue avertit dans
une assez longue Préface , qu'il rapporte
tous les sentimens des Poëtes Grecs et Latins sur la naissance des Dieux et 7 des Hêros , et sur leursavantures, sans s'ériger eh
Juge de ces Auteurs.
Les Moralitez qu'il débite , en expliquant la Fable, paroissent sensées.Phaeton,
fils du Soleil , est , dit-il , l'image d'un
jeune Seigneur , témeraire et ambitieux ,
à qui le désir de regner , fait concevoir
une vaine idée de suffisance pour gouverner un Etat , et qui fait pour cela tout
ses efforts , nonobstant les sages remontrances de son Pere , qui lui représente le
F vj péril
754 MERCURE DE FRANCE
péril , et sa foiblesse , d'ailleurs trop iné
gal au pésant fardeau dont il veut se charger;il dit,l'ambition ne suffit pas pourentreprendre de regner,qu'il faut une longue
expérience pour sçavoir gouverner un
Etat,que faute de bien mesurer ses forces,
on perd la réputation ,et on s'ensevelit enfin dans les ruines d'une trop haute entreprise.
Les véritez historiques qu'il tire de son
sujet , ne sont pas à ometre : Il remarque
Phaeton fut un Prince de Ligurie, qui que
s'appliqua à étudier particulierement le
cours du Soleil ; que de son temps l'Italie
fut embrasée du côté du Pô , de chaleurs
si extraordinaires,que la terre en devint
séche et stérile pendant plusieurs années.
Pour prouver que les Fables , le Culte ,
et les Mysteres du Paganisme , sont des
copies des Histoires , des Usages et des Traditions des Hébreux , il compare le
Sacrifice d'Iphigénie avec celui de la Fille
de Jephté; l'Inondation arrivée sous Deu
calion avec le Déluge universel de Noé ;
Hercule avec Samson , & c..
Il décrit ensuite l'origine des Jeux , des
Fêtes et des Sacrifices, instituez en l'honneur des Faux-Dieux.
Il rapporte tous les differens noms.que
les Payens leur donnoient. Il joint au
même
AVRIL 1732. 755
même article les Etimologies de ces noms,
ce qui peut être fort utile à ceux qui lisent les Poëtes Grecs , Latins et François ,
&c.
Il nomme les Paï's où les différentes Divinitez ont été le plus honorées. Il paroit
que l'Auteur a employé tous ses soins
pour plaire au Public; on assure même
qu'il les continue, et qu'il veut augmen
ter son ouvrage de plusieurs Divinitez
qui y manquent ; en ajoutant quelques
Traitez également curieux et instructifs.
des Demi- Dieux et des plus illustres Héros de l'Antiquité Payenne , contenant
l'explication de la Fable et de la Métamorphose , avec la Relation de la destruction
de Troye. Par Darés Phrigien , nouvellement traduite en François , sur la traduction latine de Cornelius Nepos. Par M.
Dupuy, 2 vol. in 12. A Paris , rue S.Facques, chez Huart l'aîné.
Ce nouveau Mythologue avertit dans
une assez longue Préface , qu'il rapporte
tous les sentimens des Poëtes Grecs et Latins sur la naissance des Dieux et 7 des Hêros , et sur leursavantures, sans s'ériger eh
Juge de ces Auteurs.
Les Moralitez qu'il débite , en expliquant la Fable, paroissent sensées.Phaeton,
fils du Soleil , est , dit-il , l'image d'un
jeune Seigneur , témeraire et ambitieux ,
à qui le désir de regner , fait concevoir
une vaine idée de suffisance pour gouverner un Etat , et qui fait pour cela tout
ses efforts , nonobstant les sages remontrances de son Pere , qui lui représente le
F vj péril
754 MERCURE DE FRANCE
péril , et sa foiblesse , d'ailleurs trop iné
gal au pésant fardeau dont il veut se charger;il dit,l'ambition ne suffit pas pourentreprendre de regner,qu'il faut une longue
expérience pour sçavoir gouverner un
Etat,que faute de bien mesurer ses forces,
on perd la réputation ,et on s'ensevelit enfin dans les ruines d'une trop haute entreprise.
Les véritez historiques qu'il tire de son
sujet , ne sont pas à ometre : Il remarque
Phaeton fut un Prince de Ligurie, qui que
s'appliqua à étudier particulierement le
cours du Soleil ; que de son temps l'Italie
fut embrasée du côté du Pô , de chaleurs
si extraordinaires,que la terre en devint
séche et stérile pendant plusieurs années.
Pour prouver que les Fables , le Culte ,
et les Mysteres du Paganisme , sont des
copies des Histoires , des Usages et des Traditions des Hébreux , il compare le
Sacrifice d'Iphigénie avec celui de la Fille
de Jephté; l'Inondation arrivée sous Deu
calion avec le Déluge universel de Noé ;
Hercule avec Samson , & c..
Il décrit ensuite l'origine des Jeux , des
Fêtes et des Sacrifices, instituez en l'honneur des Faux-Dieux.
Il rapporte tous les differens noms.que
les Payens leur donnoient. Il joint au
même
AVRIL 1732. 755
même article les Etimologies de ces noms,
ce qui peut être fort utile à ceux qui lisent les Poëtes Grecs , Latins et François ,
&c.
Il nomme les Paï's où les différentes Divinitez ont été le plus honorées. Il paroit
que l'Auteur a employé tous ses soins
pour plaire au Public; on assure même
qu'il les continue, et qu'il veut augmen
ter son ouvrage de plusieurs Divinitez
qui y manquent ; en ajoutant quelques
Traitez également curieux et instructifs.
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Résumé : Mythologie ou Histoire des Dieux, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'MYTHOLOGIE, Ou l'Histoire des Dieux, des Demi-Dieux et des plus illustres Héros de l'Antiquité Payenne' est une traduction française par M. Dupuy de la version latine de Cornelius Nepos. Il explore les fables et métamorphoses de la mythologie antique et relate la destruction de Troie. L'auteur rapporte les sentiments des poètes grecs et latins sur la naissance des dieux et des héros sans les juger. Le texte inclut des moralités, comme l'exemple de Phaëton, fils du Soleil, symbolisant un jeune seigneur téméraire et ambitieux. Phaëton est décrit comme un prince de Ligurie ayant étudié le cours du Soleil à une époque de chaleurs extrêmes en Italie. L'auteur compare des éléments du paganisme avec des histoires hébraïques, comme le sacrifice d'Iphigénie avec celui de la fille de Jephté, et l'inondation sous Deucalion avec le Déluge de Noé. Il décrit l'origine des jeux, des fêtes et des sacrifices en l'honneur des faux-dieux et liste les noms et étymologies des divinités païennes, utiles pour la lecture des poètes grecs, latins et français. L'auteur mentionne également les pays où les différentes divinités ont été particulièrement honorées et indique qu'il continue de travailler pour améliorer son ouvrage.
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436
p. 755-756
« LETTRES EDIFIANTES ET CURIEUSES, écrites des Missions Etrangeres, par quelques [...] »
Début :
LETTRES EDIFIANTES ET CURIEUSES, écrites des Missions Etrangeres, par quelques [...]
Mots clefs :
Bibliothèque des gens de cour, Oraisons de Cicéron, Lettres édifiantes et curieuses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRES EDIFIANTES ET CURIEUSES, écrites des Missions Etrangeres, par quelques [...] »
LETTRES EDIFIANTES ET CURIEUSES
écrites des Missions Etrangeres, par quelques Missionnaires de la Compagnie de
Jesus. 4.A Paris , rue de la Vieille Bouclerie,
et rue S. Jacques , chez M. le Clerc et P. G
Mercier, fils , 1731. in. 12. de 449 pages
sans l'Epître de 48. Tome XX,
BIBLIOTHEQUE des Gens de Cour , ou
Mélange curieux des bons mots d'Henry
IV. de Louis XIV. de plusieurs Princes et
Seigneurs de la Cour , et autres person
nes Illustres. Avec un choix des bons mots
des Anciens , et un assemblage amusant
de traits naifs , Gascons et Comiques , de
plusieurs petites Pieces de Poésie et de
pensées ingénieuses , propres à orner l'esprit
756 MERCURE DE FRANCE
prit et à le remplir d'idées vives et riantes. Dédié à S. A. S. Madame la Duchesse;
nouvelle Edition , considerablement augmentée. A Paris , chez Theod. le Gras
au Palais , 1732. 6 vol.in 12 .
LES ORAISONS DE CICERON , traduites en
François , sur la nouvelle édition d'Hollande , de 1724. avec des Remarques. Par
M. de Villefort. A Paris , Quai des Augustins , chez P. Gandoüin. 1732. 8 vol. in
12.
écrites des Missions Etrangeres, par quelques Missionnaires de la Compagnie de
Jesus. 4.A Paris , rue de la Vieille Bouclerie,
et rue S. Jacques , chez M. le Clerc et P. G
Mercier, fils , 1731. in. 12. de 449 pages
sans l'Epître de 48. Tome XX,
BIBLIOTHEQUE des Gens de Cour , ou
Mélange curieux des bons mots d'Henry
IV. de Louis XIV. de plusieurs Princes et
Seigneurs de la Cour , et autres person
nes Illustres. Avec un choix des bons mots
des Anciens , et un assemblage amusant
de traits naifs , Gascons et Comiques , de
plusieurs petites Pieces de Poésie et de
pensées ingénieuses , propres à orner l'esprit
756 MERCURE DE FRANCE
prit et à le remplir d'idées vives et riantes. Dédié à S. A. S. Madame la Duchesse;
nouvelle Edition , considerablement augmentée. A Paris , chez Theod. le Gras
au Palais , 1732. 6 vol.in 12 .
LES ORAISONS DE CICERON , traduites en
François , sur la nouvelle édition d'Hollande , de 1724. avec des Remarques. Par
M. de Villefort. A Paris , Quai des Augustins , chez P. Gandoüin. 1732. 8 vol. in
12.
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Résumé : « LETTRES EDIFIANTES ET CURIEUSES, écrites des Missions Etrangeres, par quelques [...] »
Le document décrit trois ouvrages distincts. Le premier, 'Lettres édifiantes et curieuses', est une compilation de lettres de missionnaires jésuites, publiée en 1731 à Paris par M. le Clerc et P. G. Mercier. Cet ouvrage de 449 pages, sans l'épître de 48 pages, constitue le tome XX. Le second ouvrage, 'Bibliothèque des Gens de Cour', est un recueil de bons mots de personnages illustres tels qu'Henri IV et Louis XIV, ainsi que des princes et seigneurs de la cour. Il inclut également des traits naifs, gascons et comiques, des poèmes et des pensées ingénieuses. Dédié à Madame la Duchesse, cette édition de 1732 est augmentée et publiée en six volumes in-12 par Theod. le Gras au Palais. Le troisième ouvrage est une traduction des 'Oraisons de Cicéron' en français, réalisée par M. de Villefort d'après l'édition hollandaise de 1724. Ce livre, publié en 1732 par P. Gandoüin au Quai des Augustins, est composé de huit volumes in-12.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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437
p. 756-769
Discours de M. l'Evêque de Luçon à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. l'Evêque de Luçon, (Michel Celse Roger de Rabutin [...]
Mots clefs :
Académie française, Discours, Éloquence grave, Évêque de Luçon, Fontenelle, Assemblée, Antoine Houdard de la Motte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours de M. l'Evêque de Luçon à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
M. l'Evêque de Luçon , ( Michel Celse
Roger de Rabutin de Bussy ) , ayant été
élu par Messieurs de l'Académie Françoise , à la place de feu M. Houdar de la
Motte; y prit séance le Jeudi , 6 Mars
1732, et prononça un Discours de remerciment , également convenable à sa dignité et à sa naissance ; un Discours dont le
caractére est une Eloquencé grave , noble
et simple. Ce Discours , quoique prononcé avec beaucoup de grace ,
fit moins de
plaisir aux Auditeurs , qu'il n'en a fait depuis aux Lecteurs. C'est le sort des Ouvrages excellens qui gagnent toujours à
être approfondis. La mesure d'attention
que peut donner l'Auditeur , ne suffit
pas pour sentir dans toute leur étendueJ
les.
AVRIL ' . 1732. 797
que
les beautez d'un certain ordre. M. l'Evêde Luçon commence en ces termes :
MESSIEURS ,
Ce n'est point avec des sentimens ordinaires que je reçois l'honneur que vous
me faites aujourd'hui. Attentif, dès mon
enfance , au récit de vos exercices , accoutumé à entendre exalter vos talens , né
dans une Maison où je croyois partager
vos avantages et votre gloire : Disciple de
ces Hommes celebres, qui formoient alors
l'Académie ; je n'ai jamais pensé que je
fusse étranger pour vous ; et quoique persuadé de mon insuffisance , je me suis fa
miliarisé avec l'idée , que je pourrois vous
appartenir quelque jour. Souffrez donc
Messieurs , que sans rien perdre de l'admiration que vous méritez , j'ose me présenter à Vous , avec la confiance d'un
homme.élevé sous vos auspices.
·
1
Ensuite M. l'Evêque de Luçon, par un
tour très heureux , fait l'éloge du Cardinal de Richelieu , comme d'après les
Grands Hommes qui l'ont souvent entretenu des qualitez éminentes de ce fameux Ministre et des merveilles de son
Ministere. Il saisit la circonstance de le
compter au nombre de ses Prédécesseurs
dans l'Evêché de Luçon , et le loue, comme
758 MERCURE DE FRANCE
me Evêque , après l'avoir loué comme
Ministre d'Etat.
Deux Monumens immortaliseront à jamais le C. de R. La Sorbonne et l'Académie. La Sorbonne , qui sera toujours la
Mere et la Maîtresse des Forts d'Israel ; la
Dépositaire fidelle de la saine Doctrine.
L'Académie Françoise , destinée , non à
L'unique emploi depolir le Langage, mais encore àformer le goût en tout genre de Litterature.
Tels furent , Messieurs , continue l'élo
quent Prélat, les nobles Emplois que vous ·
destina votre illustre Fondateur. Il voyoit
approcher les temps où vous deveniez
plus necessaires à la France ; il présageoit
les merveilles du Regne suivant , parce
qu'il les avoit préparées. il falloit donc
une Société d'Hommes choisis pour les
recueillir ; il falloit une juste proportion
entre ces merveilles et ceux qui devoient
les célébrer ; il falloit pour unnouvel Au
guste , des Ecrivains dignes du siécle
d'Auguste même.
Vous l'avez fait revivre, Messieurs , ce
siécle admirable. Eh ! qui pourroit exprimer aujourd'hui ce que la France vousdoit
d'éclat et de splendeur. Je ne parle pas
seulement de ces Ouvrages comparables à
ceux de la Grece et de l'ancienne Rome,
mais
AVRIL. 1732: 759
mais encore de ce nombre infini de grandes actions , que nous devons au désir de l'Immortalité , dont vous êtes les dispensateurs. Semblables à ce fameux Tribunal
des Egyptiens , où la vie des Princes mêmes étoit jugée après leur mort ; c'est
vous qui pesez les actions des plus grands personages ; c'est icy que le vrai merite
peut esperer le juste tribut qui lui est dû.
Noms celebres , réputations éclatantes
vous n'auriez jamais été sans l'amour de
la gloire. C'est cet amour qui a produit
les Héros ; et à la honte de la Nature hu
maine , c'est à ce même amourque la vertu
est souvent redevable de ses plus grands efforts.
A la fin de l'éloge du feu Roy, M. de
Luçon parle de sa mort en ces termes :
Courageux sans ostentation , tendre sans
foiblesse ; il fut occupé , comme Roy et
comme Pere , à préparer à ses sujets un
Regne qui , avec les avantages du sien
eut encore ceux ausquels il n'avoit pû
parvenir. Bien éloigné de cet Empereur
qui se ménagea le plaisir barbare de se
faire regretter par les défauts de son successeur, il ne fut point jaloux qu'un autre
rendit ses peuples plus heureux. Assuré
d'être à jamais célébré dans une Nation
qu'il avoit élevée au dessus des autres ; il
n'en-
760 MERCURE DE FRANCE
n'envia point à son successeur le bonheur
de la faire jouir de toutes les douceurs de
la paix. Dans ces derniers momens , où
l'on voit si nettement le faux des opinions des hommes , il connut que la
Guerre ne peut passer aux yeux du Sage
que pour un mal quelquefois nécessaire ,
et que la paix qui en doit étre l'unique
objet, est presque toujours trop achetée ,
même par la Guerre la plus heureuse.
Cependant vous n'étiez encore qu'un
bien stérile pour nous , poursuit l'Orateur plus bas , en parlant du Roy , et de
Louis XIV. Si ce grand Roy , qui connoissoit si parfaitement les talens necessaires à chaque place , n'avoit choisi le Ministre le plus digne pour être le dépositaire de l'éducation de cet Auguste Enfant , de ce gage précieux de la sureté de
toutes les Nations. Que ne devient point
le plus heureux naturel , cultivé par des
mains si habiles ? De là , toutes ces vertus , qui font aujourd'hui le bonheur de
la France ; cette piété tendre et égale, dont
l'exemple a plus de force que les Loix :
une justice qui garentit les Sujets de toutes oppression. De- là , cette Sagesse qui
contient les hommes , et cette douceur
qui les concilie ; enfin cette modération
qui fait l'assurance de nos voisins , et la
tranquillité de l'Europe,
Quelle
AVRIL 1732. 761
Quelle entreprise pour moi , ( dit M.de
Luçon sur la fin de son Discours , en parlant de M. de la Motte ) que l'éloge d'un
homme de tous les talens , et à qui ses
ennemis , ou plutôt ses envieux , ne refuseront pas l'excellence en plusieurs genres , et des places honorables en tous les
autres. Content de jetter quelques fleurs
sur son Tombeau , je ne m'attacherai
donc qu'à vous rappeller ici les qualitez
estimables qu'il possedoit..
Avant lui peu d'Auteurs avoient connu la moderation et la douceur dans la
dispute. On voyoit souvent l'homme de
Lettre écrire avec grossiereté , le Philosophe avec emportement , le Chrétien
même, en combattant pour la Religion ,
oublier la charité. M. de la Motte , Maître en cet Art presque inconnu , nous
apprit que dans les disputes les plus vives,
on peut conserver toute la grace et toute la moderation d'un homme du monde. Dans cette fameuse querelle , où il
entreprit d'élever les Modernes au- dessus
des Anciens , s'il ne remporta pas la victoire , du moins un jour ses Ouvrages devenus anciens , serviront à leur tour de
preuves à ceux qui soutiendront l'opinion
contraire à la sienne. Jamais la force de
ses raisons ne prit rien sur la politesse
qui
762 MERCURE DE FRANCE
qui les accompagnoit , son Adversaire négligea cet avantage et si leur cause avoit
été jugée sur leur maniere d'écrire , elle
ne seroit pas restée indécise , &c.
Après le Discours de M. l'Evêque de
Luçon , M. de Fontenelle , Directeur , répondit au nom de l'Académie.
MONSIEUR,
Il arrive quelquefois que sans examiner
les motifs de notre conduite , on nous
accuse d'avoir dans nos Elections beaucoup d'égard aux noms et aux dignitez ,
et de songer du moins autant à décorer
notre Liste , qu'à fortifier solidement la
Compagnie. Aujourd'hui nous n'avons
point cette injuste accusation à craindre ;
il est vrai que vous portez un beau nom,
il est vrai que vous êtes revêtu d'une
dignité respectable ; on ne nous reprochera cependant ni l'un ni l'autre. Le
nom vous donneroit presque un droit
hereditaire , la dignité vous a donné lieu
de fournir vos veritables titres , ces Ouvrages où vous avez traité des matieres
qui , très-épineuses par elles- mêmes , le
sont devenues encore davantage par les
circonstances présentes , &c.
t
3
Ici , Monsieur , je ne puis resister à la
vanité de dire que vous n'avez pas dédaigné
AVRIL. 1732. 75.3
gné de m'admettre au plaisir que votre›
commerce faisoit à un nombre de personnes mieux choisies, et je rendrois graces avec beaucoup de joye au sort qui m'a
place de vous en marquer publiquement ma reconnoissance , si ce même
sort ne me chargeoit aussi d'une autre
fonction très- douloureuse et très pénible.
Il fautque je parle de votre illustre Prédecesseur , d'un ami qui m'étoit extrémement cher, et que j'ai perdu ; il faut que
j'en parle , que j'appuye sur tout ce qui
cause mes regrets , et que je mette du
soin à rendre la playe de mon cœur encore plus profonde. Je conviens qu'il y
a toujours un certain plaisir à dire ce
que que l'on sent , mais il faudroit le dire
dans cette Assemblée d'une maniere digne
d'elle et digne du sujet , et c'est à quoi
je ne crols pas pouvoir suffire, quelque
aidé que je sois par un tendre souvenir,
par ma douleur même , et par mon zele
pour la memoire de mon ami.
Le plus souvent on est étrangement
borné par la Nature. On ne sera qu'un.
bon Poëte , c'est être déja assez réduit ,
mais de plus on ne le sera que dans un
certain genre; la Chanson même en est
un où on peut se trouver renfermé. M. de
la . Motre a traité presque tous les genres
de
764 MERCURE DE FRANCE
de Poësie. L'Ode étoit assez oubliée de
puis Malherbe , l'élevation qu'elle demande, les contraintes particulieres qu'elle impose , avoient causé sa disgrace
quand un jeune Inconnu parut subitement avec des Odes à la main , dont plusieurs étoient des Chef- d'œuvres , et les
plus foibles avoient de grandes beautez.
Pindare , dans les siennes , est toujours
Pindare , Anacreon toujours Anacreon
et ils sont tous deux très- opposez. M. de
la Motte, après avoir commencé par être
Pindare , sçut devenir Anacreon.
Il passa au Théatre Tragique , et il y
fut universellement applaudi dans trois
Pieces de caracteres differens. Les Machas
bées ont le sublime et le majestueux qu'exige une Religion divine ; Romulus réprésente la grandeur Romaine , naissante
et mêlée de quelque ferocité ; Inés de
Castro , exprime les sentimens les plus
tendres , les plus touchans , les plus adroitement puisez dans le sein de la Nature.
Aussi l'Histoire du Théatre n'a- t'elle
point d'exemple d'un succès pareil à celui
d'Inés. C'en est un grand pour une Piece
que d'avoir attiré une fois chacun de ceux
qui vont aux Spectacles ; Inés n'a peutêtre pas eu un seul Spectateur qui ne l'ait
été qu'une fois. Le desir de la voir renaissoit après la curiosité satisfaite.
AVRIL 1732 765
Un autre Théatre a encore plus souvent occupé le même Auteur , c'est celui
où la Musique , s'unissant à la Poësie , la
pare quelquefois et la tient toujours dans
un rigoureux esclavage. De grands Poëtes ont fierement méprisé ce genre , dont
leur génie trop roide et trop flexible , les
excluoit ; et quand ils ont voulu prouver
que leur mépris ne venoit pas d'incapacité , ils n'ont fait que prouver par des
efforts malheureux , que c'est un genre
très-difficile. M. de la Motte eût été aussi
en droit de le mépriser ; mais il a fait
mieux , il y a beaucoup reüssi , &c.
Lorsque ses premiers Ouvrages parurent , il n'avoit point passé par de foibles
Essais , propres seulement à donner des
esperances , on n'étoit point averti , et
on n'eut point le loisir de se précautionner contre l'admiration , mais dans la
suite on se tint sur ses gardes , on l'attendoit avec une indisposition secrette
contre lui. Il en eût coûté trop d'estime
pour lui rendre une justice entiere. Il fit
une Iliade , en suivant seulement le plan
general d'Homere , et on trouva mauvais
qu'il touchât au divin Homere sans l'adorer. Il donna un Recueil de Fables ,
dont il avoit inventé la plupart des sujets , et on demanda pourquoi il faisoit
des
66 MERCURE DE FRANCE
des Fables après la Fontaine. Sur ces raisons on prit la résolution de ne lire ni
I'lliade , ni les Fables , et de les condamner , &c.
Il n'a manqué, poursuit plus bas le célébre Académicien , à un Poëte si universel, qu'un seul genre , la Satyre , et il
est plus glorieux pour lui qu'elle lui manque , qu'il ne l'est d'avoir eu tout les
autres genres à sa disposition.
Malgré tout cela , M. de la M. n'étoit
pas Poëte ( ont dit quelques- uns, et mille
echos l'ont repeté, ) Ce n'étoit point un
enthousiasme involontaire qui le saisît,
une fureur divine qui l'agitât , c'étoit seulement une volonté de faire des Vers qu'il
executoit , parce qu'il avoit beaucoup
d'esprit. Quoi ce qu'il y aura de plus
estimable en nous , sera-ce donc ce qui
dépendra le moins de nous , ce qui agira
le plus en nous , sans nous- mêmes ? ce
qui aura le plus de conformité avec l'instinct des animaux? car cet enthousiasme ,
cette fureur bien expliquez , se réduiront
à de veritables instincts, &c.
Après avoir parlé éloquemment sur
cette foule de Censeurs que son mérite
lui avoit faits , et dont les coups partoient de trop bas pour aller jusqu'à lui,
dit M. de Fontenelle , il continuë en cette
maniere. Quand
AVRIL. 1732. 767
Quand on a été le plus avare de louanges sur son sujet , on lui a accordé un ,
premier rang dans la Prose , pour se dispenser de lui en donner un pareil dans
la Poësie ; et le moyen qu'il n'eût pas excellé en Prose ! lui , qui avec un esprit
• nourri de refléxions , plein d'idées bien
saines et bien ordonnées , avoit une force,
une noblesse et une élegance singuliere
d'expression , même dans son discours
ordinaire.
1
Cependant cette beauté d'expression ,
ces refléxions , ces idées , il ne les devoit
presque qu'à lui- même. Privé dès sa jeunesse de l'usage de ses yeux et de ses jambes , il n'avoit pû guere profiter ni du
grand commerce du monde , ni du secours des Livres. Il ne se servoit que des
yeux d'un Neveu , dont les soins constans et perpetuels pendant 24. années qu'il
a entierement sacrifiées à son Oncle , méritent l'estime , et en quelque sorte la reconnoissance de tous ceux qui aiment les
Lettres , ou qui sont sensibles à l'agréa
bleSpectacle que donnent des devoirs d'amitié bien remplis. Ce qu'on peut se faire,
lire , ne va pas foin ; et M. de la Motte
étoit donc bien éloigné d'être sçavants
Mais sa gloire en redouble. Il seroit luimême dans la dispute des Anciens et des
G Mo-
768 MERCURE DE FRANCE
Modernes , un assez fort argument contre
l'indispensable necessité dont on prétend
que soit la grande connoissance des Anciens, si ce n'est qu'on pourroit fort légi
timement répondre qu'un homme si rare
ne tire pas à conséquence.
Nousesperons que nos Lecteurs nedesapprouverontpas la longueur de ces Extraits
ou plutôt nous nous flattens qu'ils nous en
sçauront gré.Nous finirons par cet Article.
Un des plus celebres incidens de la
querelle sur Homere , fut celui où l'on
vit paroître dans la lice , d'un côté le
Sçavoir, sous la figure d'une Dame illustre; de l'autre l'Esprit , je ne veux pas
dire la Raison , car je ne pétens point
toucher au fond de la dispute , mais seulement à la maniere dont elle fut traitée.
En vain le Sçavoir voulut se contraindre
à quelques dehors de moderation dont
notre siecle impose la nécessité , il retomba malgré lui dans son ancien stile , et
laissa échapper de l'aigreur , de la hauteur et de l'emportement. L'Esprit au
-contraire fut doux , modeste , tranquille
même enjoi é , toûjours respectueux pour
le venerable Sçavoir , et encore plus pour
celle qui le représentoit.Si M.de la Morte
eût par art le ton qu'il prit , il eût fait
un Chef d'œuvre d'habileté ; mais les effets
AVRIL. 17320 789
forts7 de l'Art ne vont pas si loin , et
son caractere naturel eut beaucoup de
part à la victoire complette qu'il rem
porta.
Roger de Rabutin de Bussy ) , ayant été
élu par Messieurs de l'Académie Françoise , à la place de feu M. Houdar de la
Motte; y prit séance le Jeudi , 6 Mars
1732, et prononça un Discours de remerciment , également convenable à sa dignité et à sa naissance ; un Discours dont le
caractére est une Eloquencé grave , noble
et simple. Ce Discours , quoique prononcé avec beaucoup de grace ,
fit moins de
plaisir aux Auditeurs , qu'il n'en a fait depuis aux Lecteurs. C'est le sort des Ouvrages excellens qui gagnent toujours à
être approfondis. La mesure d'attention
que peut donner l'Auditeur , ne suffit
pas pour sentir dans toute leur étendueJ
les.
AVRIL ' . 1732. 797
que
les beautez d'un certain ordre. M. l'Evêde Luçon commence en ces termes :
MESSIEURS ,
Ce n'est point avec des sentimens ordinaires que je reçois l'honneur que vous
me faites aujourd'hui. Attentif, dès mon
enfance , au récit de vos exercices , accoutumé à entendre exalter vos talens , né
dans une Maison où je croyois partager
vos avantages et votre gloire : Disciple de
ces Hommes celebres, qui formoient alors
l'Académie ; je n'ai jamais pensé que je
fusse étranger pour vous ; et quoique persuadé de mon insuffisance , je me suis fa
miliarisé avec l'idée , que je pourrois vous
appartenir quelque jour. Souffrez donc
Messieurs , que sans rien perdre de l'admiration que vous méritez , j'ose me présenter à Vous , avec la confiance d'un
homme.élevé sous vos auspices.
·
1
Ensuite M. l'Evêque de Luçon, par un
tour très heureux , fait l'éloge du Cardinal de Richelieu , comme d'après les
Grands Hommes qui l'ont souvent entretenu des qualitez éminentes de ce fameux Ministre et des merveilles de son
Ministere. Il saisit la circonstance de le
compter au nombre de ses Prédécesseurs
dans l'Evêché de Luçon , et le loue, comme
758 MERCURE DE FRANCE
me Evêque , après l'avoir loué comme
Ministre d'Etat.
Deux Monumens immortaliseront à jamais le C. de R. La Sorbonne et l'Académie. La Sorbonne , qui sera toujours la
Mere et la Maîtresse des Forts d'Israel ; la
Dépositaire fidelle de la saine Doctrine.
L'Académie Françoise , destinée , non à
L'unique emploi depolir le Langage, mais encore àformer le goût en tout genre de Litterature.
Tels furent , Messieurs , continue l'élo
quent Prélat, les nobles Emplois que vous ·
destina votre illustre Fondateur. Il voyoit
approcher les temps où vous deveniez
plus necessaires à la France ; il présageoit
les merveilles du Regne suivant , parce
qu'il les avoit préparées. il falloit donc
une Société d'Hommes choisis pour les
recueillir ; il falloit une juste proportion
entre ces merveilles et ceux qui devoient
les célébrer ; il falloit pour unnouvel Au
guste , des Ecrivains dignes du siécle
d'Auguste même.
Vous l'avez fait revivre, Messieurs , ce
siécle admirable. Eh ! qui pourroit exprimer aujourd'hui ce que la France vousdoit
d'éclat et de splendeur. Je ne parle pas
seulement de ces Ouvrages comparables à
ceux de la Grece et de l'ancienne Rome,
mais
AVRIL. 1732: 759
mais encore de ce nombre infini de grandes actions , que nous devons au désir de l'Immortalité , dont vous êtes les dispensateurs. Semblables à ce fameux Tribunal
des Egyptiens , où la vie des Princes mêmes étoit jugée après leur mort ; c'est
vous qui pesez les actions des plus grands personages ; c'est icy que le vrai merite
peut esperer le juste tribut qui lui est dû.
Noms celebres , réputations éclatantes
vous n'auriez jamais été sans l'amour de
la gloire. C'est cet amour qui a produit
les Héros ; et à la honte de la Nature hu
maine , c'est à ce même amourque la vertu
est souvent redevable de ses plus grands efforts.
A la fin de l'éloge du feu Roy, M. de
Luçon parle de sa mort en ces termes :
Courageux sans ostentation , tendre sans
foiblesse ; il fut occupé , comme Roy et
comme Pere , à préparer à ses sujets un
Regne qui , avec les avantages du sien
eut encore ceux ausquels il n'avoit pû
parvenir. Bien éloigné de cet Empereur
qui se ménagea le plaisir barbare de se
faire regretter par les défauts de son successeur, il ne fut point jaloux qu'un autre
rendit ses peuples plus heureux. Assuré
d'être à jamais célébré dans une Nation
qu'il avoit élevée au dessus des autres ; il
n'en-
760 MERCURE DE FRANCE
n'envia point à son successeur le bonheur
de la faire jouir de toutes les douceurs de
la paix. Dans ces derniers momens , où
l'on voit si nettement le faux des opinions des hommes , il connut que la
Guerre ne peut passer aux yeux du Sage
que pour un mal quelquefois nécessaire ,
et que la paix qui en doit étre l'unique
objet, est presque toujours trop achetée ,
même par la Guerre la plus heureuse.
Cependant vous n'étiez encore qu'un
bien stérile pour nous , poursuit l'Orateur plus bas , en parlant du Roy , et de
Louis XIV. Si ce grand Roy , qui connoissoit si parfaitement les talens necessaires à chaque place , n'avoit choisi le Ministre le plus digne pour être le dépositaire de l'éducation de cet Auguste Enfant , de ce gage précieux de la sureté de
toutes les Nations. Que ne devient point
le plus heureux naturel , cultivé par des
mains si habiles ? De là , toutes ces vertus , qui font aujourd'hui le bonheur de
la France ; cette piété tendre et égale, dont
l'exemple a plus de force que les Loix :
une justice qui garentit les Sujets de toutes oppression. De- là , cette Sagesse qui
contient les hommes , et cette douceur
qui les concilie ; enfin cette modération
qui fait l'assurance de nos voisins , et la
tranquillité de l'Europe,
Quelle
AVRIL 1732. 761
Quelle entreprise pour moi , ( dit M.de
Luçon sur la fin de son Discours , en parlant de M. de la Motte ) que l'éloge d'un
homme de tous les talens , et à qui ses
ennemis , ou plutôt ses envieux , ne refuseront pas l'excellence en plusieurs genres , et des places honorables en tous les
autres. Content de jetter quelques fleurs
sur son Tombeau , je ne m'attacherai
donc qu'à vous rappeller ici les qualitez
estimables qu'il possedoit..
Avant lui peu d'Auteurs avoient connu la moderation et la douceur dans la
dispute. On voyoit souvent l'homme de
Lettre écrire avec grossiereté , le Philosophe avec emportement , le Chrétien
même, en combattant pour la Religion ,
oublier la charité. M. de la Motte , Maître en cet Art presque inconnu , nous
apprit que dans les disputes les plus vives,
on peut conserver toute la grace et toute la moderation d'un homme du monde. Dans cette fameuse querelle , où il
entreprit d'élever les Modernes au- dessus
des Anciens , s'il ne remporta pas la victoire , du moins un jour ses Ouvrages devenus anciens , serviront à leur tour de
preuves à ceux qui soutiendront l'opinion
contraire à la sienne. Jamais la force de
ses raisons ne prit rien sur la politesse
qui
762 MERCURE DE FRANCE
qui les accompagnoit , son Adversaire négligea cet avantage et si leur cause avoit
été jugée sur leur maniere d'écrire , elle
ne seroit pas restée indécise , &c.
Après le Discours de M. l'Evêque de
Luçon , M. de Fontenelle , Directeur , répondit au nom de l'Académie.
MONSIEUR,
Il arrive quelquefois que sans examiner
les motifs de notre conduite , on nous
accuse d'avoir dans nos Elections beaucoup d'égard aux noms et aux dignitez ,
et de songer du moins autant à décorer
notre Liste , qu'à fortifier solidement la
Compagnie. Aujourd'hui nous n'avons
point cette injuste accusation à craindre ;
il est vrai que vous portez un beau nom,
il est vrai que vous êtes revêtu d'une
dignité respectable ; on ne nous reprochera cependant ni l'un ni l'autre. Le
nom vous donneroit presque un droit
hereditaire , la dignité vous a donné lieu
de fournir vos veritables titres , ces Ouvrages où vous avez traité des matieres
qui , très-épineuses par elles- mêmes , le
sont devenues encore davantage par les
circonstances présentes , &c.
t
3
Ici , Monsieur , je ne puis resister à la
vanité de dire que vous n'avez pas dédaigné
AVRIL. 1732. 75.3
gné de m'admettre au plaisir que votre›
commerce faisoit à un nombre de personnes mieux choisies, et je rendrois graces avec beaucoup de joye au sort qui m'a
place de vous en marquer publiquement ma reconnoissance , si ce même
sort ne me chargeoit aussi d'une autre
fonction très- douloureuse et très pénible.
Il fautque je parle de votre illustre Prédecesseur , d'un ami qui m'étoit extrémement cher, et que j'ai perdu ; il faut que
j'en parle , que j'appuye sur tout ce qui
cause mes regrets , et que je mette du
soin à rendre la playe de mon cœur encore plus profonde. Je conviens qu'il y
a toujours un certain plaisir à dire ce
que que l'on sent , mais il faudroit le dire
dans cette Assemblée d'une maniere digne
d'elle et digne du sujet , et c'est à quoi
je ne crols pas pouvoir suffire, quelque
aidé que je sois par un tendre souvenir,
par ma douleur même , et par mon zele
pour la memoire de mon ami.
Le plus souvent on est étrangement
borné par la Nature. On ne sera qu'un.
bon Poëte , c'est être déja assez réduit ,
mais de plus on ne le sera que dans un
certain genre; la Chanson même en est
un où on peut se trouver renfermé. M. de
la . Motre a traité presque tous les genres
de
764 MERCURE DE FRANCE
de Poësie. L'Ode étoit assez oubliée de
puis Malherbe , l'élevation qu'elle demande, les contraintes particulieres qu'elle impose , avoient causé sa disgrace
quand un jeune Inconnu parut subitement avec des Odes à la main , dont plusieurs étoient des Chef- d'œuvres , et les
plus foibles avoient de grandes beautez.
Pindare , dans les siennes , est toujours
Pindare , Anacreon toujours Anacreon
et ils sont tous deux très- opposez. M. de
la Motte, après avoir commencé par être
Pindare , sçut devenir Anacreon.
Il passa au Théatre Tragique , et il y
fut universellement applaudi dans trois
Pieces de caracteres differens. Les Machas
bées ont le sublime et le majestueux qu'exige une Religion divine ; Romulus réprésente la grandeur Romaine , naissante
et mêlée de quelque ferocité ; Inés de
Castro , exprime les sentimens les plus
tendres , les plus touchans , les plus adroitement puisez dans le sein de la Nature.
Aussi l'Histoire du Théatre n'a- t'elle
point d'exemple d'un succès pareil à celui
d'Inés. C'en est un grand pour une Piece
que d'avoir attiré une fois chacun de ceux
qui vont aux Spectacles ; Inés n'a peutêtre pas eu un seul Spectateur qui ne l'ait
été qu'une fois. Le desir de la voir renaissoit après la curiosité satisfaite.
AVRIL 1732 765
Un autre Théatre a encore plus souvent occupé le même Auteur , c'est celui
où la Musique , s'unissant à la Poësie , la
pare quelquefois et la tient toujours dans
un rigoureux esclavage. De grands Poëtes ont fierement méprisé ce genre , dont
leur génie trop roide et trop flexible , les
excluoit ; et quand ils ont voulu prouver
que leur mépris ne venoit pas d'incapacité , ils n'ont fait que prouver par des
efforts malheureux , que c'est un genre
très-difficile. M. de la Motte eût été aussi
en droit de le mépriser ; mais il a fait
mieux , il y a beaucoup reüssi , &c.
Lorsque ses premiers Ouvrages parurent , il n'avoit point passé par de foibles
Essais , propres seulement à donner des
esperances , on n'étoit point averti , et
on n'eut point le loisir de se précautionner contre l'admiration , mais dans la
suite on se tint sur ses gardes , on l'attendoit avec une indisposition secrette
contre lui. Il en eût coûté trop d'estime
pour lui rendre une justice entiere. Il fit
une Iliade , en suivant seulement le plan
general d'Homere , et on trouva mauvais
qu'il touchât au divin Homere sans l'adorer. Il donna un Recueil de Fables ,
dont il avoit inventé la plupart des sujets , et on demanda pourquoi il faisoit
des
66 MERCURE DE FRANCE
des Fables après la Fontaine. Sur ces raisons on prit la résolution de ne lire ni
I'lliade , ni les Fables , et de les condamner , &c.
Il n'a manqué, poursuit plus bas le célébre Académicien , à un Poëte si universel, qu'un seul genre , la Satyre , et il
est plus glorieux pour lui qu'elle lui manque , qu'il ne l'est d'avoir eu tout les
autres genres à sa disposition.
Malgré tout cela , M. de la M. n'étoit
pas Poëte ( ont dit quelques- uns, et mille
echos l'ont repeté, ) Ce n'étoit point un
enthousiasme involontaire qui le saisît,
une fureur divine qui l'agitât , c'étoit seulement une volonté de faire des Vers qu'il
executoit , parce qu'il avoit beaucoup
d'esprit. Quoi ce qu'il y aura de plus
estimable en nous , sera-ce donc ce qui
dépendra le moins de nous , ce qui agira
le plus en nous , sans nous- mêmes ? ce
qui aura le plus de conformité avec l'instinct des animaux? car cet enthousiasme ,
cette fureur bien expliquez , se réduiront
à de veritables instincts, &c.
Après avoir parlé éloquemment sur
cette foule de Censeurs que son mérite
lui avoit faits , et dont les coups partoient de trop bas pour aller jusqu'à lui,
dit M. de Fontenelle , il continuë en cette
maniere. Quand
AVRIL. 1732. 767
Quand on a été le plus avare de louanges sur son sujet , on lui a accordé un ,
premier rang dans la Prose , pour se dispenser de lui en donner un pareil dans
la Poësie ; et le moyen qu'il n'eût pas excellé en Prose ! lui , qui avec un esprit
• nourri de refléxions , plein d'idées bien
saines et bien ordonnées , avoit une force,
une noblesse et une élegance singuliere
d'expression , même dans son discours
ordinaire.
1
Cependant cette beauté d'expression ,
ces refléxions , ces idées , il ne les devoit
presque qu'à lui- même. Privé dès sa jeunesse de l'usage de ses yeux et de ses jambes , il n'avoit pû guere profiter ni du
grand commerce du monde , ni du secours des Livres. Il ne se servoit que des
yeux d'un Neveu , dont les soins constans et perpetuels pendant 24. années qu'il
a entierement sacrifiées à son Oncle , méritent l'estime , et en quelque sorte la reconnoissance de tous ceux qui aiment les
Lettres , ou qui sont sensibles à l'agréa
bleSpectacle que donnent des devoirs d'amitié bien remplis. Ce qu'on peut se faire,
lire , ne va pas foin ; et M. de la Motte
étoit donc bien éloigné d'être sçavants
Mais sa gloire en redouble. Il seroit luimême dans la dispute des Anciens et des
G Mo-
768 MERCURE DE FRANCE
Modernes , un assez fort argument contre
l'indispensable necessité dont on prétend
que soit la grande connoissance des Anciens, si ce n'est qu'on pourroit fort légi
timement répondre qu'un homme si rare
ne tire pas à conséquence.
Nousesperons que nos Lecteurs nedesapprouverontpas la longueur de ces Extraits
ou plutôt nous nous flattens qu'ils nous en
sçauront gré.Nous finirons par cet Article.
Un des plus celebres incidens de la
querelle sur Homere , fut celui où l'on
vit paroître dans la lice , d'un côté le
Sçavoir, sous la figure d'une Dame illustre; de l'autre l'Esprit , je ne veux pas
dire la Raison , car je ne pétens point
toucher au fond de la dispute , mais seulement à la maniere dont elle fut traitée.
En vain le Sçavoir voulut se contraindre
à quelques dehors de moderation dont
notre siecle impose la nécessité , il retomba malgré lui dans son ancien stile , et
laissa échapper de l'aigreur , de la hauteur et de l'emportement. L'Esprit au
-contraire fut doux , modeste , tranquille
même enjoi é , toûjours respectueux pour
le venerable Sçavoir , et encore plus pour
celle qui le représentoit.Si M.de la Morte
eût par art le ton qu'il prit , il eût fait
un Chef d'œuvre d'habileté ; mais les effets
AVRIL. 17320 789
forts7 de l'Art ne vont pas si loin , et
son caractere naturel eut beaucoup de
part à la victoire complette qu'il rem
porta.
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Résumé : Discours de M. l'Evêque de Luçon à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
Le 6 mars 1732, Michel Celse Roger de Rabutin de Bussy, évêque de Luçon, fut élu à l'Académie Française pour succéder à Houdar de la Motte. Lors de son discours de remerciement, il exprima son admiration pour l'Académie et son honneur de rejoindre ses rangs. Il loua le cardinal de Richelieu pour ses qualités de ministre d'État et son rôle d'évêque de Luçon. L'évêque de Luçon souligna l'importance de l'Académie Française, non seulement pour polir le langage, mais aussi pour former le goût littéraire. Il rendit hommage au siècle admirable que l'Académie avait contribué à revivre, en célébrant les grands écrivains et les actions héroïques. Il évoqua également la mort du roi, le décrivant comme courageux et sage, préoccupé par le bien-être de ses sujets et la paix en Europe. Enfin, il rendit hommage à Houdar de la Motte, louant sa modération et sa douceur dans les disputes littéraires. Après le discours de l'évêque de Luçon, M. de Fontenelle, directeur de l'Académie, répondit en soulignant les mérites de l'évêque et en évoquant la mémoire de Houdar de la Motte. Le texte traite de la figure de M. de la Motte, reconnu pour son excellence en prose et son potentiel en poésie. Doté d'un esprit riche en réflexions et idées bien ordonnées, il possédait une force, une noblesse et une élégance singulières dans son expression, même dans son discours ordinaire. Malgré une jeunesse marquée par la privation de l'usage de ses yeux et de ses jambes, il a développé ses compétences principalement par lui-même, sans bénéficier du grand commerce du monde ou du secours des livres. Il se servait des yeux de son neveu, qui a consacré 24 années à l'assister, méritant ainsi l'estime et la reconnaissance des amateurs de lettres et des sensibles aux devoirs d'amitié. Bien que M. de la Motte ne fût pas savant, sa gloire en est redoublée. Il aurait pu être un argument contre la nécessité absolue de la grande connaissance des Anciens. Le texte mentionne également un incident célèbre de la querelle sur Homère, opposant le Savoir et l'Esprit. Le Savoir, représenté par une dame illustre, a montré de l'aigreur et de l'emportement malgré des efforts de modération, tandis que l'Esprit a adopté une attitude douce, modeste et respectueuse. M. de la Motte, par son caractère naturel, a remporté une victoire complète dans cette dispute.
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438
p. 769
« LA SOIRÉE DU LABYRINTE, Débauche d'Esprit, suivie du Portefeüille [...] »
Début :
LA SOIRÉE DU LABYRINTE, Débauche d'Esprit, suivie du Portefeüille [...]
Mots clefs :
Soirée du Labyrinthe, Hyacinte, Le Glorieux
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texteReconnaissance textuelle : « LA SOIRÉE DU LABYRINTE, Débauche d'Esprit, suivie du Portefeüille [...] »
LA SOIRE'E DU LABYRINTE , Débauche d'Esprit , suivie du Portefeuille Galant , avec figures. Cet Ouvrage est composé d'Histoires et Lettres critiques , mêlées de Vers. A Paris , chez Charles Guillaume Quay des Augustins , proche le Pont
S Michel, à S. Charles , et chez la veuve
Guillaume , à l'entrée de la rue Dauphine,
au Nom de Jesus.
HYACINTE , ou le Marquis de Celtas
Dirorgo , Histoire Espagnole. 2. vol . in
12. o née de figures. Chez les mêmes.·· .
DISSERTATION CRITIQUE Sur la Comédie du Glorieux. Chez les mêmes.
M. Aubert a fait paroître depuis peu sa quatriéme Suite de Concerts de Symphonie en Trio,
qui a un très gran i succès, Ón la vend 3 livres
2. sols , chez l'Auteur , rue S. Honoré , vis - avis la rue de Grenelle ; à la Regle d'Or , et à la
Croix d'or , rue S Honoré et ruë du Roule, ou
l'on trouve tous les Ouvrages de l'Auteur.
S Michel, à S. Charles , et chez la veuve
Guillaume , à l'entrée de la rue Dauphine,
au Nom de Jesus.
HYACINTE , ou le Marquis de Celtas
Dirorgo , Histoire Espagnole. 2. vol . in
12. o née de figures. Chez les mêmes.·· .
DISSERTATION CRITIQUE Sur la Comédie du Glorieux. Chez les mêmes.
M. Aubert a fait paroître depuis peu sa quatriéme Suite de Concerts de Symphonie en Trio,
qui a un très gran i succès, Ón la vend 3 livres
2. sols , chez l'Auteur , rue S. Honoré , vis - avis la rue de Grenelle ; à la Regle d'Or , et à la
Croix d'or , rue S Honoré et ruë du Roule, ou
l'on trouve tous les Ouvrages de l'Auteur.
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Résumé : « LA SOIRÉE DU LABYRINTE, Débauche d'Esprit, suivie du Portefeüille [...] »
Le document liste des ouvrages disponibles à Paris. 'La Soirée du Labyrinthe' est un recueil d'histoires et de lettres critiques, publié par Charles Guillaume Quay des Augustins et la veuve Guillaume. 'Hyacinthe, ou le Marquis de Celtas Dirorgo' est une histoire espagnole en deux volumes. M. Aubert a publié sa quatrième suite de 'Concerts de Symphonie en Trio', vendue 3 livres 2 sols. Ces œuvres sont disponibles chez divers éditeurs et vendeurs parisiens.
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439
p. 769-771
Cerémonie en Estampes du Sacre du Roy, &c. [titre d'après la table]
Début :
On a obmis dans les précedens Mercures de faire mention [...]
Mots clefs :
Tableaux, Estampes, Académie royale de peinture
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texteReconnaissance textuelle : Cerémonie en Estampes du Sacre du Roy, &c. [titre d'après la table]
On a obmis dans les précedens Mercures de
faire mention du Volume contenant la Ceremonie,en Estampes , du Sacre du Roy , qui ut pré- Gijsenté
770 MERCURE DE FRANCE
1
senté à Sa Majesté le Lundi 24. Decembre der
nier , par le Duc de Trême , premier Gentilhom.
me de la Chambre , suivi de M. Dulin , Peintre
ordinaire du Roy et de l'Académie Royale de
Peinture , fequel en a fait les Desseins , d'après
lesquels 18. des meilleurs Graveurs de la même
Académie, ont travaillé. Ce Volume in folio , sur
du papier grand Aigle , représente les principaux
momens de l'Auguste Ceremonie du Sacre , tant
par les grandes Planches , que par les Lettres
Grises ; il a été enrichi de Sujets allegoriques et
de Devises qui répondent aux Momens histori
ques. Et comme dans ces Momens historiques les figures sont petites par rapport à leur multitude
de sieur Dulin a aussi dessiné 30. figures particu
lieres , de grandeur à pouvoir caracteriser tous
les differents habillemems que les Seigneurs,
Grands-Officiers et autres , portent dans leurs
fonctions , à cette Royale Céremonie.
Le Frontispice annonce le sujet du Volume ;
et tous les Discours qui expliquent chaque Estampe , ainsi que la Dédicace et l'Avertissement
sont renfermez dans des Bordures symboliques
très-riches et toutes differentes. L'Avertissement
qui est à la tête du Recueil , rend compte de la maniere dont l'Ouvrage a été conduit."
Il paroît une seconde Estampe du Portrait de
Ja Dlle Dangeville , dont le Public aura lieu d'ê
are plus satisfait que de la premiere.
Ce n'est pas sans fondement que le Public
avoit bien auguré de la capacité du sieur Grégoire, sur les Tableaux de la Croisée de NotreDame , qui viennent d'être posez , après avoir vû
de quelle maniere il s'étoit tiré de? ceux de da Nef
AVRÍL. 1732.® 771
Nef, applaudis universellement par tous les Con
noisseurs. On peut même dire qu'il a été au- delà de
ce qu'on pouvoit attendre de lui , principalement sur les Tableaux de Mr le Brun , et sur ceux de
Mrs Corneille , Höüasse et Jouvenet , parce qu'ils
avoient été si fort gâtez par de mauvaises drogues , qu'on avoit perdu toute esperance d'en
pouvoir jamais appercevoir aucun vestige ; d'autant que jamais personne n'avoit osé se hazarder
d'y retoucher , et qu'on les regardoit comme Ta bleaux abandonnez et perdus.
Cependant le sieur Grégoire , Eleve de M.Restout , dont ona parle à ce sujet dans le Mercure
de Janvier dernier , page 177. par un secret particulier qu'il a trouvé , vient de les rétablir entierement , et leur a rendu leur ancien lustre , en³
les rendant tels qu'ils sortirent jadis des main's de leurs celebres Auteurs.
Si le Public ne se lasse point d'admirer et d'ap
plaudir un Ouvrage regardé de tout le monde
comme une espece de Chef-d'œuvre , il a cela de
commun avec presque toute l'Académie Royale
de Peinture , puisque M. de Boullogne , premier
Peintre du Roy et Directeur de l'Académie , en a
été le premier surpris , et n'a pû lui refuser ses
suffrages , ainsi que Mrs Vancleve, de Largilliere,
Halle , Rigaud , Christophle , Restout , &c. qui
tous ont applaudi et loué le talent du sieur Grégoire sur le rétablissement de ces magnifiques Tableaux.
Au reste , le sieur Grégoire réussit également
sur tous les Tableaux de Cabinet , tant grands
que petits , quelques gâtez , défiguréz et troüez
qu'ils puiseent être. Sa demeure est Parvis de
Notre- Dame, à Paris , du côté de la grande Porte
duCloître, entre un Notaire et un Perruquier.
G iij LETT
faire mention du Volume contenant la Ceremonie,en Estampes , du Sacre du Roy , qui ut pré- Gijsenté
770 MERCURE DE FRANCE
1
senté à Sa Majesté le Lundi 24. Decembre der
nier , par le Duc de Trême , premier Gentilhom.
me de la Chambre , suivi de M. Dulin , Peintre
ordinaire du Roy et de l'Académie Royale de
Peinture , fequel en a fait les Desseins , d'après
lesquels 18. des meilleurs Graveurs de la même
Académie, ont travaillé. Ce Volume in folio , sur
du papier grand Aigle , représente les principaux
momens de l'Auguste Ceremonie du Sacre , tant
par les grandes Planches , que par les Lettres
Grises ; il a été enrichi de Sujets allegoriques et
de Devises qui répondent aux Momens histori
ques. Et comme dans ces Momens historiques les figures sont petites par rapport à leur multitude
de sieur Dulin a aussi dessiné 30. figures particu
lieres , de grandeur à pouvoir caracteriser tous
les differents habillemems que les Seigneurs,
Grands-Officiers et autres , portent dans leurs
fonctions , à cette Royale Céremonie.
Le Frontispice annonce le sujet du Volume ;
et tous les Discours qui expliquent chaque Estampe , ainsi que la Dédicace et l'Avertissement
sont renfermez dans des Bordures symboliques
très-riches et toutes differentes. L'Avertissement
qui est à la tête du Recueil , rend compte de la maniere dont l'Ouvrage a été conduit."
Il paroît une seconde Estampe du Portrait de
Ja Dlle Dangeville , dont le Public aura lieu d'ê
are plus satisfait que de la premiere.
Ce n'est pas sans fondement que le Public
avoit bien auguré de la capacité du sieur Grégoire, sur les Tableaux de la Croisée de NotreDame , qui viennent d'être posez , après avoir vû
de quelle maniere il s'étoit tiré de? ceux de da Nef
AVRÍL. 1732.® 771
Nef, applaudis universellement par tous les Con
noisseurs. On peut même dire qu'il a été au- delà de
ce qu'on pouvoit attendre de lui , principalement sur les Tableaux de Mr le Brun , et sur ceux de
Mrs Corneille , Höüasse et Jouvenet , parce qu'ils
avoient été si fort gâtez par de mauvaises drogues , qu'on avoit perdu toute esperance d'en
pouvoir jamais appercevoir aucun vestige ; d'autant que jamais personne n'avoit osé se hazarder
d'y retoucher , et qu'on les regardoit comme Ta bleaux abandonnez et perdus.
Cependant le sieur Grégoire , Eleve de M.Restout , dont ona parle à ce sujet dans le Mercure
de Janvier dernier , page 177. par un secret particulier qu'il a trouvé , vient de les rétablir entierement , et leur a rendu leur ancien lustre , en³
les rendant tels qu'ils sortirent jadis des main's de leurs celebres Auteurs.
Si le Public ne se lasse point d'admirer et d'ap
plaudir un Ouvrage regardé de tout le monde
comme une espece de Chef-d'œuvre , il a cela de
commun avec presque toute l'Académie Royale
de Peinture , puisque M. de Boullogne , premier
Peintre du Roy et Directeur de l'Académie , en a
été le premier surpris , et n'a pû lui refuser ses
suffrages , ainsi que Mrs Vancleve, de Largilliere,
Halle , Rigaud , Christophle , Restout , &c. qui
tous ont applaudi et loué le talent du sieur Grégoire sur le rétablissement de ces magnifiques Tableaux.
Au reste , le sieur Grégoire réussit également
sur tous les Tableaux de Cabinet , tant grands
que petits , quelques gâtez , défiguréz et troüez
qu'ils puiseent être. Sa demeure est Parvis de
Notre- Dame, à Paris , du côté de la grande Porte
duCloître, entre un Notaire et un Perruquier.
G iij LETT
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Résumé : Cerémonie en Estampes du Sacre du Roy, &c. [titre d'après la table]
Le texte décrit un volume illustrant la cérémonie du sacre du roi, offert à Sa Majesté le 24 décembre précédent par le Duc de Trême. Ce volume, en format in-folio sur papier grand Aigle, présente les moments clés de la cérémonie à travers des planches et des lettres grises, enrichies de sujets allégoriques et de devises. Il inclut 30 figures particulières dessinées par M. Dulin, représentant les habits portés lors de la cérémonie. Le frontispice annonce le sujet du volume, et les discours expliquant chaque estampe, ainsi que la dédicace et l'avertissement, sont encadrés dans des bordures symboliques. L'avertissement explique la réalisation de l'ouvrage. Par ailleurs, une seconde estampe du portrait de Mlle Dangeville a été publiée, suscitant une meilleure satisfaction que la première. Le texte mentionne également les travaux de restauration du sieur Grégoire sur les tableaux de la croisée de Notre-Dame. Après avoir restauré ceux de la nef, il a restauré les œuvres de M. Le Brun, M. Corneille, M. Houasse et M. Jouvenet, endommagées par de mauvaises drogues. Grâce à un secret particulier, il leur a rendu leur lustre originel, ce qui a été acclamé par l'Académie Royale de Peinture. Le sieur Grégoire réside à Paris, au Parvis de Notre-Dame, entre un notaire et un perruquier.
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440
p. 772-774
LETTRE écrite à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, par M. Van Schuppen, Peintre du Roy, et Conseiller de la même Académie au sujet de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpture, de laquelle il est Directeur.
Début :
MESSIEURS, L'honneur que j'ai d'être Membre de [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture et de sculpture, Médailles, Directeur, Académie impériale de peinture et de sculpture
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, par M. Van Schuppen, Peintre du Roy, et Conseiller de la même Académie au sujet de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpture, de laquelle il est Directeur.
LETTRE écrite à l'Académie Royale
de Peinture et de Sculpture , par M.VanSchuppen , Peintre du Roy , et Conseiller
de la même Académie au sujet de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpti-·
re , de laquelle il est Directeur.
MESSIEURS,
L'honneur que j'ai d'être Membre de votre it
lustre Académie , me fait un devoir de vous informer de l'avancement de celle de Vienne. J'ai
été exact à vous apprendre que S. M. I. dans la
vue de contribuer au progrès des Arts Liberaux ,
ayant résolu de rétablir l'Académie publique de
Peinture et de Sculpture , telle qu'elle étoit du
temps de l'Empereur Joseph , m'avoit honoré de
la place de Directeur , avec les attributions des
Privileges, Prérogativés et Immunitez y annexés.
J'ai depuis conduit cette Académie avec succès;
mais elle n'avoit point encore de forme et manquoit de bien des choses. Cependant l'Empereur
qui aime les Beaux- Arts et qui en connoît l'agrément et l'utilité , s'en étant déclaré le Protecteur , j'ai fait de très humbles remontrances pour
obtenir un Logement et des augmentations qui
m'ont été accordés. L'Académie occupe présentement une maison convenable , qu'il m'a été
permis de choisir dans le plus beau quartier de la
Ville , et pour laquelle on paye cinq mille livres;
elle en a autant pour son entretien , avec quaran- te voyes de bois pour le chauffage ; ensorte que
la dépense de notre Académie passe quatorze mille
NERVA
AVC
mille
AVRIL. 1732. 773
mille francs , sans comprendre les appointemens
duDirecteur , qui ont été augmentés jusqu'a cinq
mille livres , non- plus que ceux du Secretaire ,
qui sont aujourd'hui de dix- huit cens livres. Ita
aussi été frappé des Médailles pour les Prix ,
elles ont d'un côté la tête de l'Empereur , avec
cette Legende , IMP. CAES. CAROLUS VI. P. FEL.
AUG. PATER. ARTIUM. et au Revers , Minerve
assise , tenant une Corne d'abondance , d'où il
sort des Médailles pour récompenser la Peinture
et la Sculpture , désignées par deux Enfans , dont
Pun tient des Pinceaux avec une Palette , et lautre un Compas , mesurant une Statue , on lit
autour AUGUSTA DONA MINERVA. En voici
l'empreinte en taille- douce.
La premiere distribution de ces Médailles , an
nombre de quatre ; sçavoir , deux d'or et deux
d'argent , se fit publiquement le jour de l'Octave
de S. Charles , Patron de l'Empereur , au bruit des Trompettes et des Timbales. L'Assemblée
fut très- nombreuse , notre Vice- Protecteur M. le
Comte d'Althan , Sur- Intendant des Bâtimens ,
et M. le Comte de Sinzendorff , Grand Chancelier , s'y trouverent avec les Ministres et les personnes les plus considerables de la Cour. L'Empereur a voulu voir les Ouvrages de Peinture et
de Sculpture qui ont remporté ces Prix , et j'ai
eu l'honneur de présenter à S. M. 1. les Eleves
qui les ont faits.
Je vous dois , Messieurs , ce détail , puisque
c'est dans votre sçavante Ecole que j'ai puisé les Principes de la Peinture , et que c'est l'honneur
d'être d'une Académie aussi celebre , qui m'a fait
connoître à la Cour de Vienne, et qui m'a pro- curé la Direction de la nouvelle Académie Imperiale de Peinture et de Sculpture. Je vous deGiiij mande
774 MERCURE DE FRANCE
mande la continuation de votre affection , et j'espere que vous voudrez bien me l'accorder , personne n'étant avec plus de respect et de veneration, Messieurs, Votre très-humble et très- obéissant serviteur, J. VAN-SCHUPPEN.
A Vienne le 9. de Janvier 1732.
de Peinture et de Sculpture , par M.VanSchuppen , Peintre du Roy , et Conseiller
de la même Académie au sujet de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpti-·
re , de laquelle il est Directeur.
MESSIEURS,
L'honneur que j'ai d'être Membre de votre it
lustre Académie , me fait un devoir de vous informer de l'avancement de celle de Vienne. J'ai
été exact à vous apprendre que S. M. I. dans la
vue de contribuer au progrès des Arts Liberaux ,
ayant résolu de rétablir l'Académie publique de
Peinture et de Sculpture , telle qu'elle étoit du
temps de l'Empereur Joseph , m'avoit honoré de
la place de Directeur , avec les attributions des
Privileges, Prérogativés et Immunitez y annexés.
J'ai depuis conduit cette Académie avec succès;
mais elle n'avoit point encore de forme et manquoit de bien des choses. Cependant l'Empereur
qui aime les Beaux- Arts et qui en connoît l'agrément et l'utilité , s'en étant déclaré le Protecteur , j'ai fait de très humbles remontrances pour
obtenir un Logement et des augmentations qui
m'ont été accordés. L'Académie occupe présentement une maison convenable , qu'il m'a été
permis de choisir dans le plus beau quartier de la
Ville , et pour laquelle on paye cinq mille livres;
elle en a autant pour son entretien , avec quaran- te voyes de bois pour le chauffage ; ensorte que
la dépense de notre Académie passe quatorze mille
NERVA
AVC
mille
AVRIL. 1732. 773
mille francs , sans comprendre les appointemens
duDirecteur , qui ont été augmentés jusqu'a cinq
mille livres , non- plus que ceux du Secretaire ,
qui sont aujourd'hui de dix- huit cens livres. Ita
aussi été frappé des Médailles pour les Prix ,
elles ont d'un côté la tête de l'Empereur , avec
cette Legende , IMP. CAES. CAROLUS VI. P. FEL.
AUG. PATER. ARTIUM. et au Revers , Minerve
assise , tenant une Corne d'abondance , d'où il
sort des Médailles pour récompenser la Peinture
et la Sculpture , désignées par deux Enfans , dont
Pun tient des Pinceaux avec une Palette , et lautre un Compas , mesurant une Statue , on lit
autour AUGUSTA DONA MINERVA. En voici
l'empreinte en taille- douce.
La premiere distribution de ces Médailles , an
nombre de quatre ; sçavoir , deux d'or et deux
d'argent , se fit publiquement le jour de l'Octave
de S. Charles , Patron de l'Empereur , au bruit des Trompettes et des Timbales. L'Assemblée
fut très- nombreuse , notre Vice- Protecteur M. le
Comte d'Althan , Sur- Intendant des Bâtimens ,
et M. le Comte de Sinzendorff , Grand Chancelier , s'y trouverent avec les Ministres et les personnes les plus considerables de la Cour. L'Empereur a voulu voir les Ouvrages de Peinture et
de Sculpture qui ont remporté ces Prix , et j'ai
eu l'honneur de présenter à S. M. 1. les Eleves
qui les ont faits.
Je vous dois , Messieurs , ce détail , puisque
c'est dans votre sçavante Ecole que j'ai puisé les Principes de la Peinture , et que c'est l'honneur
d'être d'une Académie aussi celebre , qui m'a fait
connoître à la Cour de Vienne, et qui m'a pro- curé la Direction de la nouvelle Académie Imperiale de Peinture et de Sculpture. Je vous deGiiij mande
774 MERCURE DE FRANCE
mande la continuation de votre affection , et j'espere que vous voudrez bien me l'accorder , personne n'étant avec plus de respect et de veneration, Messieurs, Votre très-humble et très- obéissant serviteur, J. VAN-SCHUPPEN.
A Vienne le 9. de Janvier 1732.
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Résumé : LETTRE écrite à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, par M. Van Schuppen, Peintre du Roy, et Conseiller de la même Académie au sujet de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpture, de laquelle il est Directeur.
Dans une lettre à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, M. Van-Schuppen, Peintre du Roi et Conseiller, informe de l'avancement de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpture de Vienne, dont il est Directeur. L'Empereur Charles VI a restauré cette Académie pour promouvoir les Arts Libéraux et a nommé Van-Schuppen à sa tête avec divers privilèges. L'Académie a obtenu un logement approprié à Vienne et des fonds pour son entretien et le chauffage. Les salaires du Directeur et du Secrétaire ont été augmentés. Des médailles ont été créées pour récompenser les lauréats en peinture et sculpture, avec des légendes honorant l'Empereur et les arts. La première distribution de ces médailles a eu lieu publiquement en présence de dignitaires et de l'Empereur, qui a montré son intérêt pour les œuvres primées. Van-Schuppen exprime sa gratitude envers l'Académie Royale pour les principes acquis et l'honneur de diriger l'Académie de Vienne.
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441
p. 774
« Le 15. du mois dernier, M. l'Abbé Terrasson, de [...] »
Début :
Le 15. du mois dernier, M. l'Abbé Terrasson, de [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Académie française, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Mines d'Antimoine, Académie des sciences de Moscou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 15. du mois dernier, M. l'Abbé Terrasson, de [...] »
Le 15. du mois dernier, M. l'Abbé Terrasson;
de l'Académie Royale des Sciences , fut élu par
l'Académie Françoise , pour remplir la place vacante par la mort du Comte de Morville.
M. de la Nauze , de l'Académie Royale des
Inscriptions et Belles-Lettres , a été élû depuis
peu Membre de la Societé Royale de Londres.
On écrit de Luxembourg , qu'on a découvert
depuis peu aux environs de cette Ville , une Mine
d'Antimoine , aussi bon que celui qu'on tire de
Hongrie , qui a toûjours passé pour le meilleurs
il est , comme on sçait , d'un rouge obscur , et a
ses veines fort longues et fort huisantes.
On mande de Petersbourg , que la Czarine alla
au commencement du mois dernier , voir dans le
Jardin de l'Académie des Sciences de cette Ville ,
les nouvelles Plantes des Pays Etrangers qu'on y
cultive, et cette Princesse eut le plaisir d'y cueillir
elle-même deuxÀnanas dans leur parfaite maturité
de l'Académie Royale des Sciences , fut élu par
l'Académie Françoise , pour remplir la place vacante par la mort du Comte de Morville.
M. de la Nauze , de l'Académie Royale des
Inscriptions et Belles-Lettres , a été élû depuis
peu Membre de la Societé Royale de Londres.
On écrit de Luxembourg , qu'on a découvert
depuis peu aux environs de cette Ville , une Mine
d'Antimoine , aussi bon que celui qu'on tire de
Hongrie , qui a toûjours passé pour le meilleurs
il est , comme on sçait , d'un rouge obscur , et a
ses veines fort longues et fort huisantes.
On mande de Petersbourg , que la Czarine alla
au commencement du mois dernier , voir dans le
Jardin de l'Académie des Sciences de cette Ville ,
les nouvelles Plantes des Pays Etrangers qu'on y
cultive, et cette Princesse eut le plaisir d'y cueillir
elle-même deuxÀnanas dans leur parfaite maturité
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Résumé : « Le 15. du mois dernier, M. l'Abbé Terrasson, de [...] »
Le 15 du mois dernier, l'Abbé Terrasson a été élu à l'Académie Française pour succéder au Comte de Morville. M. de la Nauze a été élu à la Société Royale de Londres. À Luxembourg, une mine d'antimoine de qualité comparable à celle de Hongrie a été découverte. La Czarine a visité le jardin de l'Académie des Sciences à Petersbourg et y a cueilli deux ananas.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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442
p. 935-943
Discours du P. de le Sante. Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Nous avions promis un Extrait du Discours Latin que le [...]
Mots clefs :
Discours latin, Orateur, Français, Histoire, Caractère des français, Rois de France
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texteReconnaissance textuelle : Discours du P. de le Sante. Extrait, [titre d'après la table]
NOUVELLES LITTERAIRES
N
DES BEAUX ARTS, &c.
Ous avions promis un Extrait du
Discours Latin que le R. P. de la
Sante , Professeur de Rhétorique au Collége de Louis le Grand, prononça au mois
de Janvier , devant une illustre et nom
breuse Assemblée , sur l'Histoire de Fran
ce: Voici cet Extrait.
Dans son Exorde , l'Orateur témoigne
sa surprise , sur ce que les François ont
un si petit nombre d'Ecrivains qui ayent réüssi nous donner une Histoire complette et achevée de la Nation , eux qui
écrivent si volontiers , et avec assez de
succès sur d'autres sujets , et même sur
PHistoire. Après quelques discussions , le
P. la Sante en rejette la cause , sur ceque
Histoite de France est par elle - même
aussi difficile à écrire , qu'elle est agréable
à lire. Et voilà les deux Propositions qui
partagent son Discours.
E iij
Dan's
936 MERCURE DE " FRANCE
Dans la premiere Partie , l'Orateur ne
voit rien de plus brillant pour un homme de Lettres que de réussir dans l'Histoi
re. Mais cela même, selon lui , en fait la
grande difficulté. L'historien soutient en
quelque sorte le Personnage de Juge et
de Maître.Son Tribunal est comme placé
entre les siécles passez et les siècles à ve÷
nir , pourjuger ceux-là , et instruire ceuxcy.
Les principales qualitez d'un homme
qui veut écrire notre Histoire , sont un
bon esprit , unjugement sain , utie profonde connoissance de cette Histoire ; un
amour impartial de la vérité, un stile décemment poli ; de sorte que pour former
un Ecrivain de ce caractere, il faut réunir
les talens naturels , l'usage de la vie ; un
travail pénible , une raison supérieure, et
toute la culture que l'art peut donner.
Lucien et Ciceron ont dequoi épouvan
ter quiconque entreprend d'écrire l'Histoire , par la singularité des talens qu'ils
exigent pour écrire ; l'un , l'Histoire Gre
que; l'autre , l'Histoire Romaine. Or ce
n'est rien , selon notre Orateur ; si l'on
compare les difficultés , dont parlent ces
grands hommes , à celles que notre Histoire oppose à ceux qui entreprennent de
la manier.
Y
MAY. 1732 937
Y a-t-il d'Histoire qui comprenne un
plus ample détail de faits et d'évenemens
obscurs dans leur origine, envelopez dans
leurs causes , reculez dans la suite des sié
cles , éloignez dans la vaste étendue du
Théatre où ils se sont passez , et tout-àfait merveilleux dans leur issue , quoique
dépouillez du faux merveilleux des faBles des Grecs et des Romains ?
et
Une des grandes difficultez de notre
Histoire vient de ce que le caractere des
François , formé dans un climat doux
temperé, demande une modération d'esprit extraordinaire , dans tout homme
qui entreprend de plaire à la Nation, par
un Ouvrage comme celui- là , qui est plus
particulierement fait qu'aucune autre espece d'Ouvrage pour la Nation.Cette raison est fort ingénieusement trouvée , et a
même un fonds de vérité. Il 'est pourtant
vrai que Paterculus, Tacite et Mainbourg
à qui l'Orateur reproche justement leurs
excès d'esprit , de politique ou de feu d'imagination , ont toujours trouvé et trouveront sans doute toujours des Lecteurs
et des admirateurs , même en grand nombre parmi nous.
Le P. de la Sante veut qu'une Histoire
de France ressemble à un grand Fleuve ,
dont les eaux claires , quoique profondes,
E iiij rou- 419.03
938 MERCURE DE FRANCE
roulent avec majesté leurs flors, et il com
pare les petites Histoires , dont notre Nation ne laisse pas de se faire un assez agréable amusement;à ces Eaux,détournées dans
des Canaux, qui s'élancent en Jets- d'eaux,
en Cascades , et prenent toutes sortes de
formes , plus propres à repaître là vaine
curiosité des Spectateurs , qu'à fertiliser
les Jardins qu'elles font semblant d'arroser.
·
L'Orateur écarte toutes ces gentillesses
de notre Histoire , et ne la consacre qu'à
nourrir solidement l'esprit. Pour cela il
exige unjugement sain et une grande sagacité de critique dans quiconque veut y
réussir. Il touche à cette occasion la diversité des opinions , sur l'origine des
François , sur les commencemens de la
Monarchie , que quelques uns fixent à
Clovis , que d'autres font remonter
Pharamond ; les differends du Roy Philippe le Bel avec le Pape Boniface VIII.
sur lesquels sans rien ôter à nos Rois, sans
trop donner aux Papes ; il faut se souvenir qu'on est François , qu'on est Catholique , qu'on est Historien ; trois qualitez.
qu'on n'allie pasfacilement sans une gran
de solidité d'esprit , sans un grand art de narration.
Pour ce qui est de l'érudition d'un His.
torien
MAY, 1732. 939
torien de France, il est visible qu'elle doit
être des plus étendues ; nulle Monarchie,
nul Empire n'ayant égalé celui- cy pour
la durée. Car les Dominations des Assyrtens a été de mille ans , celle des Medes
⚫de 300 , celle des Perses 230 , celle des
Macédoniens 640, celle des Romains 1200.
L'Empire François compte plus de 1300
ans.
L'Orateur après avoir parlé de l'amour
de la vérité qui doit animer un Historien de France , et du stile pur et noble
qu'on en exige , fait le caractere de nos
principaux Historiens. Il rend justice à
Mezerai , et ne dit rien de trop en faveur
du P. Daniel , applaudissant à ce que celui-là a de bon , et ne dissimulant pas ce
que ce dernier a de mauvais.
Dans la seconde Partie de ce Discours
il entreprend de prouver , ce qui est sans
doute plus facile, que l'histoire de France,
est des plus agréables à lire, sur tout pour
les François.
Deux sortes de gens lisent l'Histoire
les uns pour lire et s'amuser , les autres
pour s'instruire et profiter ; ceux- là ne
veulent que des fleurs , ceux-cy veulent
des fruits ; pour contenter tous les goûts,
il faut plaire et instruire ; et c'est dequoi
le P. de la Sante croit notre Histoire tout
E v à
940 MERCURE DE FRANCE
à- fait capable ; de plaire par la singularité
des évenemens , d'instruire par la gramdeur des exemples.
Cet Orateur ne laisse pas de citer des
traits merveilleux de l'Histoire de France,
qui peuvent aller de pair avec plusieurs
traits de l'Histoire Romaine.Clovis est un
vrai conquerant; la défaite du Général des
Romains, et celle d'Alaric, Roy des Visi
gots les grands exploits de Charlemagne , et bien d'autres , étonneroient bien
autant , si les esprits n'étoient déja étonnez et comme gagnez par l'Histoire Romaine , dont on se trouve tout préoccupé lorsqu'on commence, en France même,
à lire l'Histoire de France. On n'est plus
alors si jeune ni si capable d'éblouissement;ón ne trouve donc rien de nouveau,
on ne revoit que des coppies , et les Romains restent toujours en possession d'un
esprit nourri de la Langue même de Ro
me, avant que d'avoir connu celle de son
Païs ailleurs que dans des conversations
familieres et domestiques.
L'Orateur François se sert de tout, même
de nos défaites et de nos malheurs qu'il
met en parallele avec ceux des Romains.
Nos Rois pris à Pavie et à Poitiers , nos
Vêpres Siciliennes , avec les Fourches caudines , avec la Bataille de Cannes , &c.-
Tout
M.AY. 1732 942
Tout cela ya au but , et fait le merveilleux et l'amusement d'une histoire.
2
Le Pont de Naples, deffendu par Bayard,
vaut bien celui de Rome deff ndu par
Cocles;à Clelie on compare fort à propos la Pucelle d'Orleans , aux Camilles et
aux Marcels Bertrand du Guesclin ; aux
Luculles et aux Pompées , le Maréchal de
Boucicaut, aux Scipions le Comte de Dunois ; aux Vespasiens , Godefroi de Bouillon ; à Germanicus , le Comte de Montfort ; à Drusus , le Maréchal de Brisac ; à
Fabricius , Catinat ; à Emilius , Luxembourg; à Fabius , Turenne ; à César
Condé,
Après ce parallele avec les Romains
l'Orateur défie et peutbien défier toutes
les autres Nations ensemble de l'empor
ter sur les François. Il passe ensuite à l'instruction , dont il prétend que notre Histoire est plus pleine qu'aucune autre.
Et il est vrai que rien n'égale, par exemple , la constance des François à maintenir
leurs Loix, sur tout les Loix fondamenta
les du Royaume , telles que la Loy Sali
que. Il est étonnant , et peut être unique
de voir une Loy portée par les hommes ,
mais , sans doute , tout à fait inspirée de
Dieu , se maintenir, pendant un si long,
E vj tems
942 MERCURE DE FRANCE
temps sans altération ; et cela malgré
des efforts extraordinaires faits en divers
temps par l'Angleterre , par l'Espagne ,
et par la France même , qui n'a pourtant
jamais osé franchir cette Barriere , lors
qu'il a fallu en venir à une décision précise et positive.
L'amour des François pour leurs Rois légitimes , leur fidelité inviolable ont constamment maintenu une Loy si belle' , si
sage , si divine qui rend cet Empire com- me éternel ; et cet amour et cette fidelité
deviennent , par là-même , un des grands
exemples , une des plus solides instruc
tions , qu'aucune histoire puisse soutenir.
L'ardeur des François pour les Croisades , n'est pas sans instruction non plus,
et on y trouve pour le moins autant de
bien à imiter dans l'ente rise , que de
mauvais à éviter dans l'execution . Mais
leur constance à proscrire toute Hérésie ,
tout Fanatisme , toute Religion nouvelle
est aus i d'un grand exemple. L'Arianisme
et les autres erreurs des Grecs ne purent
jamais s'y glisser , les Albigeois ne firent pas de grands progrès. Le Calvinisme
se glissa pas tout, s'empara de tout et à la
fin ne tint rien. Il est surprenant qu'on
ite par tout le François comme un molele de légereté et d'inconstance. On en
juge
MAY. 1732. 943
juge par de petits airs , de petites manieres qui épuisent la vivacité de la Nation , et par là -même , lui laissent toute
sa solidité , toute sa maturité pour les
choses essentielles qui en valent la peine,
C'est par le fond même et par de grands
résultats qu'on doit juger en general d'une Nation comme la nôtre.
N
DES BEAUX ARTS, &c.
Ous avions promis un Extrait du
Discours Latin que le R. P. de la
Sante , Professeur de Rhétorique au Collége de Louis le Grand, prononça au mois
de Janvier , devant une illustre et nom
breuse Assemblée , sur l'Histoire de Fran
ce: Voici cet Extrait.
Dans son Exorde , l'Orateur témoigne
sa surprise , sur ce que les François ont
un si petit nombre d'Ecrivains qui ayent réüssi nous donner une Histoire complette et achevée de la Nation , eux qui
écrivent si volontiers , et avec assez de
succès sur d'autres sujets , et même sur
PHistoire. Après quelques discussions , le
P. la Sante en rejette la cause , sur ceque
Histoite de France est par elle - même
aussi difficile à écrire , qu'elle est agréable
à lire. Et voilà les deux Propositions qui
partagent son Discours.
E iij
Dan's
936 MERCURE DE " FRANCE
Dans la premiere Partie , l'Orateur ne
voit rien de plus brillant pour un homme de Lettres que de réussir dans l'Histoi
re. Mais cela même, selon lui , en fait la
grande difficulté. L'historien soutient en
quelque sorte le Personnage de Juge et
de Maître.Son Tribunal est comme placé
entre les siécles passez et les siècles à ve÷
nir , pourjuger ceux-là , et instruire ceuxcy.
Les principales qualitez d'un homme
qui veut écrire notre Histoire , sont un
bon esprit , unjugement sain , utie profonde connoissance de cette Histoire ; un
amour impartial de la vérité, un stile décemment poli ; de sorte que pour former
un Ecrivain de ce caractere, il faut réunir
les talens naturels , l'usage de la vie ; un
travail pénible , une raison supérieure, et
toute la culture que l'art peut donner.
Lucien et Ciceron ont dequoi épouvan
ter quiconque entreprend d'écrire l'Histoire , par la singularité des talens qu'ils
exigent pour écrire ; l'un , l'Histoire Gre
que; l'autre , l'Histoire Romaine. Or ce
n'est rien , selon notre Orateur ; si l'on
compare les difficultés , dont parlent ces
grands hommes , à celles que notre Histoire oppose à ceux qui entreprennent de
la manier.
Y
MAY. 1732 937
Y a-t-il d'Histoire qui comprenne un
plus ample détail de faits et d'évenemens
obscurs dans leur origine, envelopez dans
leurs causes , reculez dans la suite des sié
cles , éloignez dans la vaste étendue du
Théatre où ils se sont passez , et tout-àfait merveilleux dans leur issue , quoique
dépouillez du faux merveilleux des faBles des Grecs et des Romains ?
et
Une des grandes difficultez de notre
Histoire vient de ce que le caractere des
François , formé dans un climat doux
temperé, demande une modération d'esprit extraordinaire , dans tout homme
qui entreprend de plaire à la Nation, par
un Ouvrage comme celui- là , qui est plus
particulierement fait qu'aucune autre espece d'Ouvrage pour la Nation.Cette raison est fort ingénieusement trouvée , et a
même un fonds de vérité. Il 'est pourtant
vrai que Paterculus, Tacite et Mainbourg
à qui l'Orateur reproche justement leurs
excès d'esprit , de politique ou de feu d'imagination , ont toujours trouvé et trouveront sans doute toujours des Lecteurs
et des admirateurs , même en grand nombre parmi nous.
Le P. de la Sante veut qu'une Histoire
de France ressemble à un grand Fleuve ,
dont les eaux claires , quoique profondes,
E iiij rou- 419.03
938 MERCURE DE FRANCE
roulent avec majesté leurs flors, et il com
pare les petites Histoires , dont notre Nation ne laisse pas de se faire un assez agréable amusement;à ces Eaux,détournées dans
des Canaux, qui s'élancent en Jets- d'eaux,
en Cascades , et prenent toutes sortes de
formes , plus propres à repaître là vaine
curiosité des Spectateurs , qu'à fertiliser
les Jardins qu'elles font semblant d'arroser.
·
L'Orateur écarte toutes ces gentillesses
de notre Histoire , et ne la consacre qu'à
nourrir solidement l'esprit. Pour cela il
exige unjugement sain et une grande sagacité de critique dans quiconque veut y
réussir. Il touche à cette occasion la diversité des opinions , sur l'origine des
François , sur les commencemens de la
Monarchie , que quelques uns fixent à
Clovis , que d'autres font remonter
Pharamond ; les differends du Roy Philippe le Bel avec le Pape Boniface VIII.
sur lesquels sans rien ôter à nos Rois, sans
trop donner aux Papes ; il faut se souvenir qu'on est François , qu'on est Catholique , qu'on est Historien ; trois qualitez.
qu'on n'allie pasfacilement sans une gran
de solidité d'esprit , sans un grand art de narration.
Pour ce qui est de l'érudition d'un His.
torien
MAY, 1732. 939
torien de France, il est visible qu'elle doit
être des plus étendues ; nulle Monarchie,
nul Empire n'ayant égalé celui- cy pour
la durée. Car les Dominations des Assyrtens a été de mille ans , celle des Medes
⚫de 300 , celle des Perses 230 , celle des
Macédoniens 640, celle des Romains 1200.
L'Empire François compte plus de 1300
ans.
L'Orateur après avoir parlé de l'amour
de la vérité qui doit animer un Historien de France , et du stile pur et noble
qu'on en exige , fait le caractere de nos
principaux Historiens. Il rend justice à
Mezerai , et ne dit rien de trop en faveur
du P. Daniel , applaudissant à ce que celui-là a de bon , et ne dissimulant pas ce
que ce dernier a de mauvais.
Dans la seconde Partie de ce Discours
il entreprend de prouver , ce qui est sans
doute plus facile, que l'histoire de France,
est des plus agréables à lire, sur tout pour
les François.
Deux sortes de gens lisent l'Histoire
les uns pour lire et s'amuser , les autres
pour s'instruire et profiter ; ceux- là ne
veulent que des fleurs , ceux-cy veulent
des fruits ; pour contenter tous les goûts,
il faut plaire et instruire ; et c'est dequoi
le P. de la Sante croit notre Histoire tout
E v à
940 MERCURE DE FRANCE
à- fait capable ; de plaire par la singularité
des évenemens , d'instruire par la gramdeur des exemples.
Cet Orateur ne laisse pas de citer des
traits merveilleux de l'Histoire de France,
qui peuvent aller de pair avec plusieurs
traits de l'Histoire Romaine.Clovis est un
vrai conquerant; la défaite du Général des
Romains, et celle d'Alaric, Roy des Visi
gots les grands exploits de Charlemagne , et bien d'autres , étonneroient bien
autant , si les esprits n'étoient déja étonnez et comme gagnez par l'Histoire Romaine , dont on se trouve tout préoccupé lorsqu'on commence, en France même,
à lire l'Histoire de France. On n'est plus
alors si jeune ni si capable d'éblouissement;ón ne trouve donc rien de nouveau,
on ne revoit que des coppies , et les Romains restent toujours en possession d'un
esprit nourri de la Langue même de Ro
me, avant que d'avoir connu celle de son
Païs ailleurs que dans des conversations
familieres et domestiques.
L'Orateur François se sert de tout, même
de nos défaites et de nos malheurs qu'il
met en parallele avec ceux des Romains.
Nos Rois pris à Pavie et à Poitiers , nos
Vêpres Siciliennes , avec les Fourches caudines , avec la Bataille de Cannes , &c.-
Tout
M.AY. 1732 942
Tout cela ya au but , et fait le merveilleux et l'amusement d'une histoire.
2
Le Pont de Naples, deffendu par Bayard,
vaut bien celui de Rome deff ndu par
Cocles;à Clelie on compare fort à propos la Pucelle d'Orleans , aux Camilles et
aux Marcels Bertrand du Guesclin ; aux
Luculles et aux Pompées , le Maréchal de
Boucicaut, aux Scipions le Comte de Dunois ; aux Vespasiens , Godefroi de Bouillon ; à Germanicus , le Comte de Montfort ; à Drusus , le Maréchal de Brisac ; à
Fabricius , Catinat ; à Emilius , Luxembourg; à Fabius , Turenne ; à César
Condé,
Après ce parallele avec les Romains
l'Orateur défie et peutbien défier toutes
les autres Nations ensemble de l'empor
ter sur les François. Il passe ensuite à l'instruction , dont il prétend que notre Histoire est plus pleine qu'aucune autre.
Et il est vrai que rien n'égale, par exemple , la constance des François à maintenir
leurs Loix, sur tout les Loix fondamenta
les du Royaume , telles que la Loy Sali
que. Il est étonnant , et peut être unique
de voir une Loy portée par les hommes ,
mais , sans doute , tout à fait inspirée de
Dieu , se maintenir, pendant un si long,
E vj tems
942 MERCURE DE FRANCE
temps sans altération ; et cela malgré
des efforts extraordinaires faits en divers
temps par l'Angleterre , par l'Espagne ,
et par la France même , qui n'a pourtant
jamais osé franchir cette Barriere , lors
qu'il a fallu en venir à une décision précise et positive.
L'amour des François pour leurs Rois légitimes , leur fidelité inviolable ont constamment maintenu une Loy si belle' , si
sage , si divine qui rend cet Empire com- me éternel ; et cet amour et cette fidelité
deviennent , par là-même , un des grands
exemples , une des plus solides instruc
tions , qu'aucune histoire puisse soutenir.
L'ardeur des François pour les Croisades , n'est pas sans instruction non plus,
et on y trouve pour le moins autant de
bien à imiter dans l'ente rise , que de
mauvais à éviter dans l'execution . Mais
leur constance à proscrire toute Hérésie ,
tout Fanatisme , toute Religion nouvelle
est aus i d'un grand exemple. L'Arianisme
et les autres erreurs des Grecs ne purent
jamais s'y glisser , les Albigeois ne firent pas de grands progrès. Le Calvinisme
se glissa pas tout, s'empara de tout et à la
fin ne tint rien. Il est surprenant qu'on
ite par tout le François comme un molele de légereté et d'inconstance. On en
juge
MAY. 1732. 943
juge par de petits airs , de petites manieres qui épuisent la vivacité de la Nation , et par là -même , lui laissent toute
sa solidité , toute sa maturité pour les
choses essentielles qui en valent la peine,
C'est par le fond même et par de grands
résultats qu'on doit juger en general d'une Nation comme la nôtre.
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Résumé : Discours du P. de le Sante. Extrait, [titre d'après la table]
Le Père de la Sante, professeur de rhétorique au Collège de Louis le Grand, a prononcé un discours en janvier devant une assemblée nombreuse et illustre. Il exprime sa surprise que les Français, malgré leur talent pour l'écriture, aient peu d'historiens ayant réussi à produire une histoire complète et achevée de la France. Il attribue cette difficulté à la complexité de l'histoire française, qui est à la fois difficile à écrire et agréable à lire. Dans la première partie de son discours, l'orateur souligne que l'histoire est un domaine où les écrivains peuvent briller, mais où les défis sont nombreux. L'historien doit être un juge impartial, placé entre les siècles passés et futurs, avec des qualités telles qu'un bon esprit, un jugement sain, une connaissance profonde de l'histoire, un amour impartial de la vérité et un style décemment poli. Les difficultés de l'histoire française sont comparées à celles des histoires grecque et romaine, décrites par Lucien et Cicéron. L'orateur mentionne également les particularités du caractère français, formé dans un climat tempéré, qui nécessite une modération d'esprit extraordinaire. Il compare l'histoire de France à un grand fleuve aux eaux claires et profondes, contrastant avec les petites histoires qui amusent mais ne nourrissent pas solidement l'esprit. La seconde partie du discours met en avant l'agrément de l'histoire de France, riche en événements singuliers et en exemples grandioses. L'orateur cite des traits merveilleux de l'histoire française, comparables à ceux de l'histoire romaine, et souligne la constance des Français à maintenir leurs lois fondamentales, comme la loi salique. Il mentionne également l'amour des Français pour leurs rois légitimes et leur fidélité inviolable, ainsi que leur ardeur pour les croisades et leur constance à proscrire les hérésies. Malgré les jugements extérieurs sur la légèreté et l'inconstance des Français, l'orateur affirme que la nation montre une grande solidité et maturité dans les choses essentielles.
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443
p. 943-944
« ETUDES MILITAIRES. Premiere Partie, qui comprend le Plan general [...] »
Début :
ETUDES MILITAIRES. Premiere Partie, qui comprend le Plan general [...]
Mots clefs :
Livre de Job, Prix de l'Académie royale des sciences, Études militaires, Livre de la Genèse, Perkin
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texteReconnaissance textuelle : « ETUDES MILITAIRES. Premiere Partie, qui comprend le Plan general [...] »
ETUDES MILITAIRES. Premiere Partie ,
qui comprend le Plan general de tout
l'Ouvrage , et l'Exercice de l'Infanterie ,
avec des figures ; dédié au Roy , par
M. Bottée , Capitaine au Régiment de la
Fere. A Paris , ruë S. Jacques et Quay de
Conty , chezJombert et chezTabarie , 1731.
in 12. de 514. pages , sans l'Epitre , la Préface , l'Avertissement , les figures et 23.
Planches gravées in 12.
MEMOIRE sur le sujet du Prix proposé
par l'Académie Royale des Sciences en
l'année 1729. touchant la meilleure Méthode d'observer sur Mer la déclinaison
de l'Eguille aimantée , ou la variation de
la Boussole. Par M. Meynier , Ingenieur
du Roy pour la Marine , cy- devant Professeur Royal d'Hydrographie, au Havre.
Nouvelle Edition. A Paris , chez Jacq.
Guerin , Quay des Augustins , 1732.
Ex.
944 MERCURE DE FRANCE
EXPLICATION du Livre de la Genese ,
où selon la Méthode des Peres , on s'attache à découvrir les Mysteres de J. C,
et les Regles des mœurs renfermées dans
la Lettre même de l'Ecriture. A Paris
ruë S. Jacques , chez Babuti , 1732.6. vol.
in 12.
EXPLICATION du Livre de Job , selon la
même Méthode. Chez le même 51732.
4. vol. in 12.
PERKIN , faux Duc d'York sous
Henry VII. Roy d'Angleterre. Nouvelle
Historique. Par le sieur la Paix de Lizan
cour. A Paris , Quay de Conty et Pon
S.Michel, chez Nyon ,fils, et Hardil 1732.
qui comprend le Plan general de tout
l'Ouvrage , et l'Exercice de l'Infanterie ,
avec des figures ; dédié au Roy , par
M. Bottée , Capitaine au Régiment de la
Fere. A Paris , ruë S. Jacques et Quay de
Conty , chezJombert et chezTabarie , 1731.
in 12. de 514. pages , sans l'Epitre , la Préface , l'Avertissement , les figures et 23.
Planches gravées in 12.
MEMOIRE sur le sujet du Prix proposé
par l'Académie Royale des Sciences en
l'année 1729. touchant la meilleure Méthode d'observer sur Mer la déclinaison
de l'Eguille aimantée , ou la variation de
la Boussole. Par M. Meynier , Ingenieur
du Roy pour la Marine , cy- devant Professeur Royal d'Hydrographie, au Havre.
Nouvelle Edition. A Paris , chez Jacq.
Guerin , Quay des Augustins , 1732.
Ex.
944 MERCURE DE FRANCE
EXPLICATION du Livre de la Genese ,
où selon la Méthode des Peres , on s'attache à découvrir les Mysteres de J. C,
et les Regles des mœurs renfermées dans
la Lettre même de l'Ecriture. A Paris
ruë S. Jacques , chez Babuti , 1732.6. vol.
in 12.
EXPLICATION du Livre de Job , selon la
même Méthode. Chez le même 51732.
4. vol. in 12.
PERKIN , faux Duc d'York sous
Henry VII. Roy d'Angleterre. Nouvelle
Historique. Par le sieur la Paix de Lizan
cour. A Paris , Quay de Conty et Pon
S.Michel, chez Nyon ,fils, et Hardil 1732.
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Résumé : « ETUDES MILITAIRES. Premiere Partie, qui comprend le Plan general [...] »
Le document présente plusieurs ouvrages publiés au début du XVIIIe siècle. 'Études Militaires', œuvre en deux parties de M. Bottée, capitaine au Régiment de la Fère, a été dédiée au roi et publiée à Paris en 1731 par Jombert et Tabarie. Elle compte 514 pages, des figures et 23 planches gravées. Le 'Mémoire sur le sujet du Prix proposé par l'Académie Royale des Sciences en 1729' de M. Meynier, ingénieur du roi pour la Marine et ancien professeur royal d'hydrographie au Havre, traite de la meilleure méthode pour observer en mer la déclinaison de l'aiguille aimantée. Cet ouvrage a été publié à Paris en 1732 par Jacq. Guerin. Le document mentionne également des explications des Livres de la Genèse et de Job, selon la méthode des Pères, visant à découvrir les mystères de Jésus-Christ et les règles des mœurs dans l'Écriture, publiés en 1732 par Babuti. Enfin, une 'Nouvelle Historique' sur Perkin, faux Duc d'York sous Henry VII, roi d'Angleterre, a été écrite par le sieur la Paix de Lizan et publiée en 1732 par Nyon, fils, et Hardil.
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444
p. 944-945
Observations de Mathématiques, [titre d'après la table]
Début :
OBSERVATIONS MATHEMATIQUES, Astronomiques, Géographiques, Chronologiques et Physiques, tirées des anciens [...]
Mots clefs :
Mathématiques, Livres chinois
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texteReconnaissance textuelle : Observations de Mathématiques, [titre d'après la table]
OBSERVATIONS MATHEMATIQUES
Astronomiques , Géographiques , Chronologiques et Physiques , tirées des anciens Livres Chinois ou faites nouvellement aux Indes , à la Chine et
ailleurs , par les PP. de la Compagnie de
Jesus , rédigées et publiées par le RP.
Etienne Souciet, A Paris , Quay, des Augustins , chez Rollin , pere , 17:32 . in 4.
Tome 2. et 3.
•
Le premier volume de ce Recueil fur
publié en 1729. par les soins du même
Pere
MA Y. 1732. 945
Pere Souciet , Bibliothecaire du College
de Louis le Grand ; il étoit rempli d'Observations également curieuses et importantes. Les deux Tomes qu'on annonce
ici, contiennent , l'un toute l'Histoire abregée de l'Astronomie Chinoise , et l'autre un Traité de la même Astronomie , par le
P. Gaubil , Jesuite.
Astronomiques , Géographiques , Chronologiques et Physiques , tirées des anciens Livres Chinois ou faites nouvellement aux Indes , à la Chine et
ailleurs , par les PP. de la Compagnie de
Jesus , rédigées et publiées par le RP.
Etienne Souciet, A Paris , Quay, des Augustins , chez Rollin , pere , 17:32 . in 4.
Tome 2. et 3.
•
Le premier volume de ce Recueil fur
publié en 1729. par les soins du même
Pere
MA Y. 1732. 945
Pere Souciet , Bibliothecaire du College
de Louis le Grand ; il étoit rempli d'Observations également curieuses et importantes. Les deux Tomes qu'on annonce
ici, contiennent , l'un toute l'Histoire abregée de l'Astronomie Chinoise , et l'autre un Traité de la même Astronomie , par le
P. Gaubil , Jesuite.
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Résumé : Observations de Mathématiques, [titre d'après la table]
En 1732, le Père Étienne Souciet publie 'Observations Mathématiques' en deux tomes. Le premier, sorti en 1729, rassemble des observations astronomiques, géographiques, chronologiques et physiques des anciens livres chinois et des Pères jésuites aux Indes et en Chine. Le Père Souciet, bibliothécaire du Collège de Louis le Grand, compile ces données. Le second tome inclut une histoire abrégée de l'astronomie chinoise et un traité rédigé par le Père Gaubil.
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445
p. 945-947
« LES AVANTURES DU PRINCE JAKAYA, ou le Triomphe de l'Amour [...] »
Début :
LES AVANTURES DU PRINCE JAKAYA, ou le Triomphe de l'Amour [...]
Mots clefs :
Prince Jakaya, Apocalypse, Lettres héroïques, Femmes galantes de l'Antiquité, Le Zodiaque de la vie, Histoire de l'Empire, Pratiques superstitieuses
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texteReconnaissance textuelle : « LES AVANTURES DU PRINCE JAKAYA, ou le Triomphe de l'Amour [...] »
LES AVANTURES DU PRINCE JAKAYA,
ou le Triomphe de l'Amour sur l'Ambition ; Anecdotes secrettes de la Cour
Ottomane. A Paris , chez Jacques Clowzier , rue S. Jacques , 2. vol. in 12. Prix
3. liv. broché.
REFLEXIONS INSTRUCTIVES ET MORALES
sur l'Apocalypse. Par M. l'Abbé Genreau,
Guré de Notre Dame de Dijon. Ru
S. Severin , chez d'Houry , 1732. in 12.
de 636. pages.
LETTRES HEROÏQUES , Historiques et
interessantes , sur differens sujets . Rue
S. Severin , chez Mesnier, 1732. in 12.
de 220. pages.
HISTOIRE SECRETTE des Femmes Galantes de l'Antiquité. A Rožen , chez Jore,
et se trouve à Paris , ruë S. Jacques , chez
Et.
34 MERCURE DE FRANCE
Et. Ganeau , 1732. 3. vol. in 12. Prix
6. livres, reliez.
LE ZODIAQUE DE LA VIE , ou Précepte
pour diriger la conduite et les mœurs des
hommes. Traduit- du Poëme Latin de
Marcel Palingene , celebre Poëte de la
Stellada , par M. de la Monnerie , 2. vol.
in 12. de 250. pages. A Paris , ruë S. Jacques, chez Briasson.
HISTOIRE DE L'EMPIRE , contenant son
origine , son progrès , ses Révolutions ,
la forme de son Gouvernement , sa politique , ses négociations, et les nouveaux
Reglemens qui ont été faits par les Traitez deWestphalie et autres. Par M. Heisse.
Nouvelle Edition , augmentée de Notes
Historiques et Politiques , continuée jusqu'à present par M. V. G. J. D. G. S.
A Paris , 1731. in 12. dix volumes , et
in 4. 3. vol:
HISTOIRE CRITIQUE des Pratiques superstitieuses qui ont séduit les Peuples et
embarassé les Sçavans ; avec la Méthode
et les Principes pour discerner les effets
naturels d'avec ceux qui ne le sont pas.
Par le P. le Brun , Prêtre de l'Oratoire..
Seconde Edition , considerablement aug
mentée ,
MAY. 7732 947
mentée , 3. vol. in 12. avec figures. Chez
la veuve Delaulne , et chez Chaubert.
ou le Triomphe de l'Amour sur l'Ambition ; Anecdotes secrettes de la Cour
Ottomane. A Paris , chez Jacques Clowzier , rue S. Jacques , 2. vol. in 12. Prix
3. liv. broché.
REFLEXIONS INSTRUCTIVES ET MORALES
sur l'Apocalypse. Par M. l'Abbé Genreau,
Guré de Notre Dame de Dijon. Ru
S. Severin , chez d'Houry , 1732. in 12.
de 636. pages.
LETTRES HEROÏQUES , Historiques et
interessantes , sur differens sujets . Rue
S. Severin , chez Mesnier, 1732. in 12.
de 220. pages.
HISTOIRE SECRETTE des Femmes Galantes de l'Antiquité. A Rožen , chez Jore,
et se trouve à Paris , ruë S. Jacques , chez
Et.
34 MERCURE DE FRANCE
Et. Ganeau , 1732. 3. vol. in 12. Prix
6. livres, reliez.
LE ZODIAQUE DE LA VIE , ou Précepte
pour diriger la conduite et les mœurs des
hommes. Traduit- du Poëme Latin de
Marcel Palingene , celebre Poëte de la
Stellada , par M. de la Monnerie , 2. vol.
in 12. de 250. pages. A Paris , ruë S. Jacques, chez Briasson.
HISTOIRE DE L'EMPIRE , contenant son
origine , son progrès , ses Révolutions ,
la forme de son Gouvernement , sa politique , ses négociations, et les nouveaux
Reglemens qui ont été faits par les Traitez deWestphalie et autres. Par M. Heisse.
Nouvelle Edition , augmentée de Notes
Historiques et Politiques , continuée jusqu'à present par M. V. G. J. D. G. S.
A Paris , 1731. in 12. dix volumes , et
in 4. 3. vol:
HISTOIRE CRITIQUE des Pratiques superstitieuses qui ont séduit les Peuples et
embarassé les Sçavans ; avec la Méthode
et les Principes pour discerner les effets
naturels d'avec ceux qui ne le sont pas.
Par le P. le Brun , Prêtre de l'Oratoire..
Seconde Edition , considerablement aug
mentée ,
MAY. 7732 947
mentée , 3. vol. in 12. avec figures. Chez
la veuve Delaulne , et chez Chaubert.
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Résumé : « LES AVANTURES DU PRINCE JAKAYA, ou le Triomphe de l'Amour [...] »
Le document énumère diverses publications du début du XVIIIe siècle. Parmi elles, 'Les Aventures du Prince Jakaya' est publié à Paris chez Jacques Clowzier en deux volumes in-12 au prix de 3 livres broché. 'Réflexions instructives et morales sur l'Apocalypse' par l'Abbé Genreau, curé de Notre Dame de Dijon, est publié en 1732 chez d'Houry à Paris et contient 636 pages. 'Lettres héroïques, historiques et intéressantes' est également publié en 1732 chez Mesnier à Paris, en un volume in-12 de 220 pages. 'Histoire secrète des Femmes galantes de l'Antiquité' est disponible chez Etienne Ganeau à Paris en trois volumes in-12 au prix de 6 livres reliés. 'Le Zodiaque de la vie' est traduit du poème latin de Marcel Palingène par M. de la Monnerie et publié en deux volumes in-12 de 250 pages chez Briasson à Paris. 'Histoire de l'Empire' par M. Heisse, augmentée de notes historiques et politiques, est publiée en 1731 en dix volumes in-12 et trois volumes in-4. Enfin, 'Histoire critique des Pratiques superstitieuses' par le Père le Brun est publié en seconde édition augmentée en trois volumes in-12 avec figures chez la veuve Delaulne et Chaubert.
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446
p. 947-950
L'Invention de la Poudre à Canon, Poëme, [titre d'après la table]
Début :
L'INVENTION DE LA POUDRE, Poëme divisé en trois Chants [...]
Mots clefs :
Poudre à canon, Invention , Poème
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texteReconnaissance textuelle : L'Invention de la Poudre à Canon, Poëme, [titre d'après la table]
L'INVENTION DE LA POUDRE, Poëme divisé en trois Chants , dédié à S. A. S.M. le
Duc du Maine. Rue S. Jacques , chez.
J. F. Josse , 1732. in 8. de 54. pages,
Ce Poëme commence ainsi.
J'entreprends de chanter une Poudre fatale ;
Cruelle invention de la rage infernale ,
Dont les terribles feur à nos ardens souhaits ,
Rendent plus cher encor le regne de la Paix.
Ovous qui tant de fois en faveur de la France , :
Fêtes de cette Pondre éclater la puissance ,
Lorsque du Grand Louis secondant les efforts ,
De l'Escaut er du Rhin vous foudroyież les bords,.
Et bravant des dangers l'impuissante menace ,
D'un Peuple d'Alliez vous confondiez l'audace :
Grand Prince, si marchant sur les pas des Ce
sars ,
La Paix vous rend, comme eux , tout entier aux
Beaux Arts , &c. n 10 dag se da
Ala page 9. le Poëte fait en ces termes ,
la description du lieu où l'Auteur de la
Poudre travailloit dans le fond d'une Fo
rêt du Tirol.
Sous le toit redouté de cos antiques Tours ,
Un
948 MERCURE DE FRANCE
Un farouche Vieillard usoit ses derniers jours
On le nommoit Teter. La pénible Chimie ,
Faisoit l'unique emploi des restes de sa vie.
Là tantôt avec soin allumant ses Fourneaux
Il fouilloit à loisir dans le sein des Métaux ;
Tantôt dans un Mortier rappellant son courage
Et réchauffant un bras déja glacé par l'âge
Des Mineraux divers au hazard assemblez ,>
Il formoit un seul tout sous ses coups redoublez
Dans ce rude travail il devançoit l'Aurore
Et l'Astre de Venus l'y retrouvoit encore ,
Lorque sur l'horison en dépit du sommeil ,
Il venoit annoncer le retour du Soleil ,
Heureux, si dans cet Art sa longue experience,
Eût au bien des Mortels , consacré sa science !
Mais un jaloux Demon de haine et de fureur ,
Contre eux dès sa jeunesse empoisonna son cœur
Triste de leurs plaisirs, et joyeux de leurs larmes,
Le seul amour de nuire eut pour lui quelques charmes ,
2
8112
I
De son ame cruelle il eut seul, tous les vœux ;
Et jamais il ne vit assez de malheureux, *
Comme en un Pré que baigne une Onde fayo rable ,
Des Troupeaux du pays , pasturage agréable ' ,
Si par hazard sous l'herbe un dangereux Serpent,
Cache soncorps livide et se traîne en rampant,
Le sinistre animal dans ses routes obscures &
Ne
MAY. 1732 949
Ne s'attachera point aux Plantes les plus pures,
Mais toujours à l'écart d'un simple redouté ,
Nourrira sa colere et sa malignité.
Ainsi , loin de chercher quels secours efficaces ,
La Nature en secret prépare à nos disgraces ,
Le Chymiste infernal , par d'odieux efforts ,
Ramassoit les poisons dispersez dans les corps ,
Et sous l'éclat menteur des liqueurs les plus belles,
En semoit en tous lieux les essences cruelles.
Ala fin du premier Livre , la Discorde
se présente à Teter , et lui parle ainsi :
Puisque fidelle encor au culte de tes Dieux ,
Le bonheur des Humains blesse toujours tes yeux
Pour leur porter enfin un coup inévitable ,
Et détruire à jamais leur race détestable ,
Ecoute et voy , Teter. Alors ouvrant les mains
Elle montre au Chimiste un tas de petits grains ,
Un noir amas de corps de figure conique ,
De la Poudre à canon , modele qu'elle explique.
Elle dit , quel mêlange a composé ces corps ,
Quel art ingénieux pourra , sans trop d'efforts ,
Pour leur donner à tous une grosseur égale ,
Diviser sagement leur masse generale .
Leur effet , poursuit-elle , est de lancer aux Cieux,
Des plus vastes Rochers , les poids prodigieux
Et dumilieu des Airs, ainsi que le Tonnerre,
Faire
10 MERCURE DE FRANCE
Faire passer le jour au centre de la Terre :
Aidé du feu secret dans leur sein préparé ,
Tu peux de l'Univers te jouer à ton gré ,
Troubler les Élemens , et dépeuplant le Monde,-
A leur premier-cahos rendre la Terre et l'Onde.
Rallume donc pour moi ton ancienne ferveur ,
Et sois digne , Teter , de toute ma faveur , &c.
Ce Poëme est plein d'imagination et
de traits poëtiques.
Duc du Maine. Rue S. Jacques , chez.
J. F. Josse , 1732. in 8. de 54. pages,
Ce Poëme commence ainsi.
J'entreprends de chanter une Poudre fatale ;
Cruelle invention de la rage infernale ,
Dont les terribles feur à nos ardens souhaits ,
Rendent plus cher encor le regne de la Paix.
Ovous qui tant de fois en faveur de la France , :
Fêtes de cette Pondre éclater la puissance ,
Lorsque du Grand Louis secondant les efforts ,
De l'Escaut er du Rhin vous foudroyież les bords,.
Et bravant des dangers l'impuissante menace ,
D'un Peuple d'Alliez vous confondiez l'audace :
Grand Prince, si marchant sur les pas des Ce
sars ,
La Paix vous rend, comme eux , tout entier aux
Beaux Arts , &c. n 10 dag se da
Ala page 9. le Poëte fait en ces termes ,
la description du lieu où l'Auteur de la
Poudre travailloit dans le fond d'une Fo
rêt du Tirol.
Sous le toit redouté de cos antiques Tours ,
Un
948 MERCURE DE FRANCE
Un farouche Vieillard usoit ses derniers jours
On le nommoit Teter. La pénible Chimie ,
Faisoit l'unique emploi des restes de sa vie.
Là tantôt avec soin allumant ses Fourneaux
Il fouilloit à loisir dans le sein des Métaux ;
Tantôt dans un Mortier rappellant son courage
Et réchauffant un bras déja glacé par l'âge
Des Mineraux divers au hazard assemblez ,>
Il formoit un seul tout sous ses coups redoublez
Dans ce rude travail il devançoit l'Aurore
Et l'Astre de Venus l'y retrouvoit encore ,
Lorque sur l'horison en dépit du sommeil ,
Il venoit annoncer le retour du Soleil ,
Heureux, si dans cet Art sa longue experience,
Eût au bien des Mortels , consacré sa science !
Mais un jaloux Demon de haine et de fureur ,
Contre eux dès sa jeunesse empoisonna son cœur
Triste de leurs plaisirs, et joyeux de leurs larmes,
Le seul amour de nuire eut pour lui quelques charmes ,
2
8112
I
De son ame cruelle il eut seul, tous les vœux ;
Et jamais il ne vit assez de malheureux, *
Comme en un Pré que baigne une Onde fayo rable ,
Des Troupeaux du pays , pasturage agréable ' ,
Si par hazard sous l'herbe un dangereux Serpent,
Cache soncorps livide et se traîne en rampant,
Le sinistre animal dans ses routes obscures &
Ne
MAY. 1732 949
Ne s'attachera point aux Plantes les plus pures,
Mais toujours à l'écart d'un simple redouté ,
Nourrira sa colere et sa malignité.
Ainsi , loin de chercher quels secours efficaces ,
La Nature en secret prépare à nos disgraces ,
Le Chymiste infernal , par d'odieux efforts ,
Ramassoit les poisons dispersez dans les corps ,
Et sous l'éclat menteur des liqueurs les plus belles,
En semoit en tous lieux les essences cruelles.
Ala fin du premier Livre , la Discorde
se présente à Teter , et lui parle ainsi :
Puisque fidelle encor au culte de tes Dieux ,
Le bonheur des Humains blesse toujours tes yeux
Pour leur porter enfin un coup inévitable ,
Et détruire à jamais leur race détestable ,
Ecoute et voy , Teter. Alors ouvrant les mains
Elle montre au Chimiste un tas de petits grains ,
Un noir amas de corps de figure conique ,
De la Poudre à canon , modele qu'elle explique.
Elle dit , quel mêlange a composé ces corps ,
Quel art ingénieux pourra , sans trop d'efforts ,
Pour leur donner à tous une grosseur égale ,
Diviser sagement leur masse generale .
Leur effet , poursuit-elle , est de lancer aux Cieux,
Des plus vastes Rochers , les poids prodigieux
Et dumilieu des Airs, ainsi que le Tonnerre,
Faire
10 MERCURE DE FRANCE
Faire passer le jour au centre de la Terre :
Aidé du feu secret dans leur sein préparé ,
Tu peux de l'Univers te jouer à ton gré ,
Troubler les Élemens , et dépeuplant le Monde,-
A leur premier-cahos rendre la Terre et l'Onde.
Rallume donc pour moi ton ancienne ferveur ,
Et sois digne , Teter , de toute ma faveur , &c.
Ce Poëme est plein d'imagination et
de traits poëtiques.
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Résumé : L'Invention de la Poudre à Canon, Poëme, [titre d'après la table]
Le poème 'L'INVENTION DE LA POUDRE', dédié au Duc du Maine, est publié en 1732 par J. F. Josse. Il reflète sur la poudre à canon, la qualifiant d'invention fatale et cruelle, tout en exaltant la paix et reconnaissant la puissance de cette invention au service de la France sous Louis XIV. Le poème décrit ensuite le lieu de travail de son inventeur, Teter, un vieillard vivant dans une forêt du Tyrol. Passionné par la chimie, Teter passe ses jours et nuits à expérimenter avec des métaux et des minéraux. Son cœur, empoisonné par un démon de haine, le pousse à nuire aux hommes. La Discorde apparaît à Teter et lui montre la poudre à canon, expliquant son pouvoir destructeur. Elle l'encourage à créer cette poudre, capable de lancer des rochers dans les cieux et de troubler les éléments. Le poème est apprécié pour son imagination et ses traits poétiques.
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447
p. 950-959
Bibliotheque choisie de Colomiés, [titre d'après la table]
Début :
LA BIBLIOTHEQUE CHOISIE de M. Colomiés. Nouvelle Edition, augmentée des [...]
Mots clefs :
Bibliothèque choisie, Colomiés, Éditions, Livres, Belles-lettres, Vie de l'auteur
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texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque choisie de Colomiés, [titre d'après la table]
LA BIBLIOTHEQUE CHOISIE de M. Co
lomiés. Nouvelle Edition , augmentée des
Notes de M M. Bourdelot et de la Monnoye et autres , avec quelques Opuscules
du même Colomiés , qui n'avoient point
été recueillis. Vol. in 12. de 376. pages
sans la Préface et les Tables. A Paris
chez Gabriel Martin , ruë S. Jacques
P'Etoile , 1731.
On peut juger du mérite de cet Ouvrage par les Editions qui en ont été faites. La premiere fut publiée à la Rochelle
en 1682. in 8. La deuxieme à Amsterdam en 1750. in 8. Dans cette Edition
M. Colomiés retrancha quelques traits
qui se trouvoient dans la premiere , et
y insera quelques Additions , comme il
nous l'apprend lui-même dans l'Avertissement
MAY. 17328 958
sement qu'il met à la tête. La troisiéme
fut publiée à Hambourg, réunie avec les
autres Ouvrages du même Auteur , dont
M. Fabricius donna la collection en 1709.
Dans celle- cy on a suivi la seconde Edition donnée par l'Auteur , comme avoit
fait M. Fabricius ; on y a même ajoûté
aubas des pages plusieurs traits queM.Colomiés avoir retranchez de la premiere
Edition : Elle est encore enrichie des Notes que Pierre Bonet Bourdelot , avoit faites sur cette Biblio.heque et de celles que
M. de la Monnoye y ajoûta depuis.
Cette Bibliotheque ne renferme pas le
détail de toute sorte de Livres; M. Colomiés n'a eu en vûë dans cet Ouvrage
que quelques- uns de ceux qui regardent
les Belles Lettres ou qui ont fait et font
encore les délices des Sçavans ; c'est ce
qu'il dit lui-même dans l'Avertissement
dont nous avons parlé plus haut. Il ne
rend compte qued'une centaine de Livres.
Son but principal , est de nous en faire connoître les vrais Auteurs , lorsqu'ils se
sont déguisez sous des noms étrangers ,
ou que faute d'avoir mis leur nom à la
tête de leurs Ouvrages , on est en peine
de sçavoir à qui les attribuer, Il à soin de marquer les meilleures Editions qui
ca ont été faites de son temps ; il y mêle
des
952 MERCURE DE FRANCE
des Anecdotes qui servent à faire connoî
tre le caractere de chaque Auteur , et
l'occasion qui a fait naître son Ouvrage.
Il s'attache à recueillir tous les Eloges que
lesSçavans ont donnés à celui dont il parle.
Quelquefois il assaisonne ses Remarques
Historiques de quelques traits de Criti
que , par lesquels il releve des fautes
mais il le fait toujours avec une moderation qui lui fait honneur et dont personne
ne peut lui sçavoir mauvais gré. Et ce qui
n'est pas peu rare , et qui devroit servir
de modele aux Ecrivains de Religion differente , M. Colomiés , quoique né et
mort Protestant , en donnant aux Sçavans
de son parti les louanges qu'ils méritent
n'a pas frustré les Catholiques de celles qui
leur étoient dûës. Les Auteurs de la Bibliotheque Raisonnée , imprimée à Amsterdam , et ceux de la Bibliotheque Germanique , pourront-ils rendre compte de
celle- cy au Public sans y reconnoître la
condamnation de leur partialité ? M. Colomiés a fait plus , car il a composé la vie
de l'illustre P. Sirmond , Jesuite ; il a
même poussé son impartialité jusqu'à
donner des éloges à ceux d'entre les Protestans qui s'étoient de son temps soumis
à l'Eglise Romaine, il en donne une es
pece de Catalogue dans un des articles de
sa
M A Y. 17320 953
sa Bibliotheque choisie , pag. 191. et 192.
Entre tant d'articles , tous plus interessans les uns que les autres , dont cette
Bibliotheque est composée ; nous n'en
cho sirons que deux. Le premier peut faire connoître que M. Colomiés étoit en
état de hazarder des conjectures aussi justes que celles des Turnebes , des Lipses ,
des Scaliger , &c. C'est à la page 124.
l'Auteur y parte d'un Ouvrage intitulé :
Ezech. Spanhemii Dissertationes de prastantia et usu numismatum. Amstel. 1671.
in 4. deux volumes.
Il n'est jamais sorti de la Presse des Imprimeurs , dit M. Colamiés , un si docte Livre que celui - cy touchant les Médailles. Feu M. Seguin en avoit loüé l'ébauche dès l'an 1665. dans ses Médailles
choisies ; aujourd'hui tous les Antiquaires font , comme à l'envi , l'éloge de cette
seconde Edition , qui est beaucoup plus
ample que celle de Rome. Il y a un seul
endroit qui me fait de la peine ; c'est à la
page 385. où ce sçavant homme prétend
que Scaliger s'est trompé , assurant sur
la foi d'une Médaille de Cléopatre , que
cette Reine fut surnommée en Egyptien
Daravow Tespa. Que dira M. Spanheim de
la Médaille de Cléopatre , dont parle Antoine le Pois , qui avoit pour Inscription
BA-
954 MERCURE DE FRANCE
ΒΑΣΙΛΙΣΣΗΣ ΚΛΗΟΠΑΤΡΑΣ ΩΣΣΑΝ
ENTHPAZ , que ce même Le Pois interprete , Regina Cleopatra omnium (sive uni
versi ) Servatricis Soutiendra - t'il aussi
que Le Pois s'est trompé ? Pour moi , j'in.
clinerois volontiers à croire qu'OZEAN
seroit un mot Egyptien , signifiant Tout
ou l'Univers , me souvenant d'avoir lû
dans le Traité de Plutarque d'Isis et d'Osiris, qu'o en Egyptien , vouloit dire
plusieurs d'où j'infere qu'OZZAN pourroit
biendans la même LanguesignifierTout.Je
m'en rapporte pourtant à M" Spanheim,
Carcavi , Patin , Spon , dont les décisions
me seront toûjours des Loix. Depuis la
premiere Edition de cet Ouvrage sur une
Médaille de Marc- Antoine et de Cléopatre, rapportée par M. Spanheim , dans
son Commentaire sur les Cesars de l'Empereur Julien, je conjecture qu'il faut lire,
dans celle de Le Poix , ΒΑΣΙΛΙΣΣΗΣ
ΚΑΜΟΠΑΤΡΑΣ ΘΗΑΣ ΝΕΩΤΕΡΑΣ.
Le reste de cet Article est une énumération des Ouvrages de M. Spanheim ; le
même Auteur le croit Auteur d'une Lettre anonime écrite à un ami , sur l'Histoire Critique du vieux Testament du
P. Simon.
Lesecond article est à la page 196. il
sontient des Anecdotes curieuses. Le voicy.
MAY.
•
&
1732.
cy.
Desiderii Erasmi Colloquia , cum notis 955
Arnoldi Montani,
Amstelodami , 1658. in
12.
Bien que l'on ait fait à diverses fois des Notes sur les Entretiens d'Erasme
c'est encore M. Colomiés qui parle , il
reste pourtant des endroits que l'on n'a
pas encore éclaircis. Par exemple , quand
Erasme parle sur la fin de l'Entretien qui
a pour titre Abbatis et Erudita , de quelques femmes sçavantes de l'Angleterre
et de l'Allemagne , qu'il nomme Moricas ,
Bilibaldicas et Blaurericas , personne ne nous a dit bien distinctement qui
elles étoient. Il faut donc sçavoir que
Morica sont les filles de Thomas Morus,
Chancelier d'Angleterre ,
Marguerite ,
Elizabeth et Cecile.
Marguerite entre les
autres étoit fort heureuse à corriger les
Auteurs. Jean Costerius dans ses Notes
sur Vincent de Lerins , rapporte d'elle
une correction d'un passage de S.Cyprien
qui ne cede point , à mon avis , à celles
des Scaligers , des Tunerbes et des Saumaises. B.libal lica sont les sœurs de Bilibaldus Pirck. ymerus , Conseiller de l'Empereur, dont l'une se nommoit Charité
et l'autre Claire , toutes deux Religieuses.
Ce Pirckeymerus , de qui le sçavant et
pieux Rittershusius a écrit la Vie , dédie
956 MERCURE DE FRANCE
sa sœur Charité la Traduction d'un
Traité de Plutarque , et ses œuvres de
S. Fulgence ; et à Claire son autre sœur
la Traduction des Sentences de Nilus Evêque et Martyr. Voici comme il parle de
ses deux sœurs dans une Lettre à Erasme
écrite de Nuremberg le 20. Mars 1516.
Salutant te gemina mea sorores , Abbatissa
S. Clare una ( c'est Charité qui étoit l'aînée ) altera ejusd. Regula Sectatrix , qua
assiduè tua scripta manibus retinent; maximè veròjam novo ablectanturTestamento :
quo mirè afficiuntur mulieres , multis viris
qui sibi scioli videntur , doctiores. Scribe-.
rent ad te latinè nisi indignas suas existimarent Litteras. Il y a plusieurs Lettres
de Charité dans les Oeuvres de Pirckeymerus, recueillies et publiées par Goldart.
Pour Blaurerice, je crois qu'Erasme entend
par là Marguerite Blaurer , dont Bullinger
fait l'éloge à la page 339. de son Commentaire sur les Epitres. Rodolphe Gualter
Théologien de Zurich, a fait des Vers Lagins sur sa mort , qu'il adresse à Ambroise
et à Thomas Blaurer ses freres. On ne nous
a point dit non-plus qui étoit ce Cephalus,
wir trium linguarum gnarus , dont Erasme
parle dans l'Entretien de Piscium esu. Ce
Cephalus est Wolphgang Fabrice Lapito,
Théologien de Strasbourg , qui mourut
Pan
MAY. 1732. 957
l'an 1541. et qui a fait plusieurs Livres.
Les Entretiens d'Erasme ont été fort bien
traduits en Italien par Pietro Lauro de
Modéne , qui a aussi traduit Joseph; mais
ils ont été mal tournez en notre Langue
par un nommé Chapuzeau. Touchant ces
Entretiens voici ce qu'écrit Clenard à un
Evêque nommé Jean Petit de Fez le 4.
Decembre 1540. Scripsit modo ad me Bominus Marchio Granatensis Colloquia Erasmi ignibus destinata esse ; periclitari etiam
vivum. Quid mefuturum censes ubi nomen
Aiccrani audiverint. Finissons par ce joli
distique de Louis Mosius sur la mort d'Erasme.
Fatalis series nobis invidit Erasmum ;
Sed Desiderium tollere non potuit.
Nous finirons le compte que nous rendons au Public de cet Ouvrage , par donner une idée de la vie de notre Auteur.
Paul Colomiés naquit à la Rochelle en
1638. de parens élevez dans la Religion
Protestante. Il étoit fils d'un Docteur en
Medecine , et petit-fils d'un Ministre.
Jean Colomies son pere , qui étoit sçavant , lui fit faire ses prémieres études
sous ses yeux , et l'envoya ensuite à Saumur, âgé de 16. ans , où le jeune homme
Fij fit
MERCURE
DE FRANCE
fit son cours de Philosophie et de Théologie et apprit l'Hebreu sous Louis Cappel. En 1664. il vint à Paris , âgé alors
de 26. ans. Il y lia avec Isaac Vossius une
amitié très-étroite qui dura toute sa vie.
Vossius l'emmena avec lui en Hollande,
d'où Colomiés revint en France un an
après. Il y demeura jusqu'en 1681. qu'il
passa en Angleterre où Vossius le reçut encore chez lui. Là il fut fait Lecteur
d'une Eglise Françoise qu'on y érigea ,
selon le Rit des Episcopaux , pour le
parti desquels il inclinoit depuis quelque temps, comme il le fit assez entendre
dans un Ouvrage intitulé , Theologorum Presbyterianorum Icon , qui lui attira bien
des ennemis.
-Deux ans après Colomiés quitta Londres pour aller à Lambeth , en qualité
de Bibliothecaire de l'Archevêque de
Cantorbery Guillaume Sancrost. Ĉe Prélat ayant été disgracié de la Cour d'Angleterre et dépouillé de son Temporel,
Colomiés perdit son emploi et en conçut
un tel chagrin qu'il en tomba dabord
malade, et ensuite dans une langueur
qui le conduisit enfin à la mort , ce fur
à Londres , âgé seulement de 54. ans en
1692 , dans le temps même qu'on parloit
delui faire avoir la Direction de la belle
Bibliotheque
MAY. 1732 95%
Bibliotheque de Gottorp , qui est dans le
Palais d'Holstein ; ses Livres et ses Manuscrits passerent entre les mains de son
cousin germain et son heritier M. Ha
melot.
Les deux Pieces de Colòmiés , qui sont
ajoûtées dans cette derniere Edition de sa
Bibliotheque choisie, sont la Vie du P. Sitmond, Jesuite , imprimée à la Rochelle
en 1671. petit in 8. et l'Exhortation aux
Martyrs , traduite de Tertullien , imprimée à la Rochelle en 1673. petit in 8.
Ilya à la fin de cette Edition , des Notes de M. de là Monnoye , sur plusieurs
autres Ouvrages de Colomiés ; et enfin
une Table des Auteurs dont il est parlé
dans cette Bibliothèque choisie.
lomiés. Nouvelle Edition , augmentée des
Notes de M M. Bourdelot et de la Monnoye et autres , avec quelques Opuscules
du même Colomiés , qui n'avoient point
été recueillis. Vol. in 12. de 376. pages
sans la Préface et les Tables. A Paris
chez Gabriel Martin , ruë S. Jacques
P'Etoile , 1731.
On peut juger du mérite de cet Ouvrage par les Editions qui en ont été faites. La premiere fut publiée à la Rochelle
en 1682. in 8. La deuxieme à Amsterdam en 1750. in 8. Dans cette Edition
M. Colomiés retrancha quelques traits
qui se trouvoient dans la premiere , et
y insera quelques Additions , comme il
nous l'apprend lui-même dans l'Avertissement
MAY. 17328 958
sement qu'il met à la tête. La troisiéme
fut publiée à Hambourg, réunie avec les
autres Ouvrages du même Auteur , dont
M. Fabricius donna la collection en 1709.
Dans celle- cy on a suivi la seconde Edition donnée par l'Auteur , comme avoit
fait M. Fabricius ; on y a même ajoûté
aubas des pages plusieurs traits queM.Colomiés avoir retranchez de la premiere
Edition : Elle est encore enrichie des Notes que Pierre Bonet Bourdelot , avoit faites sur cette Biblio.heque et de celles que
M. de la Monnoye y ajoûta depuis.
Cette Bibliotheque ne renferme pas le
détail de toute sorte de Livres; M. Colomiés n'a eu en vûë dans cet Ouvrage
que quelques- uns de ceux qui regardent
les Belles Lettres ou qui ont fait et font
encore les délices des Sçavans ; c'est ce
qu'il dit lui-même dans l'Avertissement
dont nous avons parlé plus haut. Il ne
rend compte qued'une centaine de Livres.
Son but principal , est de nous en faire connoître les vrais Auteurs , lorsqu'ils se
sont déguisez sous des noms étrangers ,
ou que faute d'avoir mis leur nom à la
tête de leurs Ouvrages , on est en peine
de sçavoir à qui les attribuer, Il à soin de marquer les meilleures Editions qui
ca ont été faites de son temps ; il y mêle
des
952 MERCURE DE FRANCE
des Anecdotes qui servent à faire connoî
tre le caractere de chaque Auteur , et
l'occasion qui a fait naître son Ouvrage.
Il s'attache à recueillir tous les Eloges que
lesSçavans ont donnés à celui dont il parle.
Quelquefois il assaisonne ses Remarques
Historiques de quelques traits de Criti
que , par lesquels il releve des fautes
mais il le fait toujours avec une moderation qui lui fait honneur et dont personne
ne peut lui sçavoir mauvais gré. Et ce qui
n'est pas peu rare , et qui devroit servir
de modele aux Ecrivains de Religion differente , M. Colomiés , quoique né et
mort Protestant , en donnant aux Sçavans
de son parti les louanges qu'ils méritent
n'a pas frustré les Catholiques de celles qui
leur étoient dûës. Les Auteurs de la Bibliotheque Raisonnée , imprimée à Amsterdam , et ceux de la Bibliotheque Germanique , pourront-ils rendre compte de
celle- cy au Public sans y reconnoître la
condamnation de leur partialité ? M. Colomiés a fait plus , car il a composé la vie
de l'illustre P. Sirmond , Jesuite ; il a
même poussé son impartialité jusqu'à
donner des éloges à ceux d'entre les Protestans qui s'étoient de son temps soumis
à l'Eglise Romaine, il en donne une es
pece de Catalogue dans un des articles de
sa
M A Y. 17320 953
sa Bibliotheque choisie , pag. 191. et 192.
Entre tant d'articles , tous plus interessans les uns que les autres , dont cette
Bibliotheque est composée ; nous n'en
cho sirons que deux. Le premier peut faire connoître que M. Colomiés étoit en
état de hazarder des conjectures aussi justes que celles des Turnebes , des Lipses ,
des Scaliger , &c. C'est à la page 124.
l'Auteur y parte d'un Ouvrage intitulé :
Ezech. Spanhemii Dissertationes de prastantia et usu numismatum. Amstel. 1671.
in 4. deux volumes.
Il n'est jamais sorti de la Presse des Imprimeurs , dit M. Colamiés , un si docte Livre que celui - cy touchant les Médailles. Feu M. Seguin en avoit loüé l'ébauche dès l'an 1665. dans ses Médailles
choisies ; aujourd'hui tous les Antiquaires font , comme à l'envi , l'éloge de cette
seconde Edition , qui est beaucoup plus
ample que celle de Rome. Il y a un seul
endroit qui me fait de la peine ; c'est à la
page 385. où ce sçavant homme prétend
que Scaliger s'est trompé , assurant sur
la foi d'une Médaille de Cléopatre , que
cette Reine fut surnommée en Egyptien
Daravow Tespa. Que dira M. Spanheim de
la Médaille de Cléopatre , dont parle Antoine le Pois , qui avoit pour Inscription
BA-
954 MERCURE DE FRANCE
ΒΑΣΙΛΙΣΣΗΣ ΚΛΗΟΠΑΤΡΑΣ ΩΣΣΑΝ
ENTHPAZ , que ce même Le Pois interprete , Regina Cleopatra omnium (sive uni
versi ) Servatricis Soutiendra - t'il aussi
que Le Pois s'est trompé ? Pour moi , j'in.
clinerois volontiers à croire qu'OZEAN
seroit un mot Egyptien , signifiant Tout
ou l'Univers , me souvenant d'avoir lû
dans le Traité de Plutarque d'Isis et d'Osiris, qu'o en Egyptien , vouloit dire
plusieurs d'où j'infere qu'OZZAN pourroit
biendans la même LanguesignifierTout.Je
m'en rapporte pourtant à M" Spanheim,
Carcavi , Patin , Spon , dont les décisions
me seront toûjours des Loix. Depuis la
premiere Edition de cet Ouvrage sur une
Médaille de Marc- Antoine et de Cléopatre, rapportée par M. Spanheim , dans
son Commentaire sur les Cesars de l'Empereur Julien, je conjecture qu'il faut lire,
dans celle de Le Poix , ΒΑΣΙΛΙΣΣΗΣ
ΚΑΜΟΠΑΤΡΑΣ ΘΗΑΣ ΝΕΩΤΕΡΑΣ.
Le reste de cet Article est une énumération des Ouvrages de M. Spanheim ; le
même Auteur le croit Auteur d'une Lettre anonime écrite à un ami , sur l'Histoire Critique du vieux Testament du
P. Simon.
Lesecond article est à la page 196. il
sontient des Anecdotes curieuses. Le voicy.
MAY.
•
&
1732.
cy.
Desiderii Erasmi Colloquia , cum notis 955
Arnoldi Montani,
Amstelodami , 1658. in
12.
Bien que l'on ait fait à diverses fois des Notes sur les Entretiens d'Erasme
c'est encore M. Colomiés qui parle , il
reste pourtant des endroits que l'on n'a
pas encore éclaircis. Par exemple , quand
Erasme parle sur la fin de l'Entretien qui
a pour titre Abbatis et Erudita , de quelques femmes sçavantes de l'Angleterre
et de l'Allemagne , qu'il nomme Moricas ,
Bilibaldicas et Blaurericas , personne ne nous a dit bien distinctement qui
elles étoient. Il faut donc sçavoir que
Morica sont les filles de Thomas Morus,
Chancelier d'Angleterre ,
Marguerite ,
Elizabeth et Cecile.
Marguerite entre les
autres étoit fort heureuse à corriger les
Auteurs. Jean Costerius dans ses Notes
sur Vincent de Lerins , rapporte d'elle
une correction d'un passage de S.Cyprien
qui ne cede point , à mon avis , à celles
des Scaligers , des Tunerbes et des Saumaises. B.libal lica sont les sœurs de Bilibaldus Pirck. ymerus , Conseiller de l'Empereur, dont l'une se nommoit Charité
et l'autre Claire , toutes deux Religieuses.
Ce Pirckeymerus , de qui le sçavant et
pieux Rittershusius a écrit la Vie , dédie
956 MERCURE DE FRANCE
sa sœur Charité la Traduction d'un
Traité de Plutarque , et ses œuvres de
S. Fulgence ; et à Claire son autre sœur
la Traduction des Sentences de Nilus Evêque et Martyr. Voici comme il parle de
ses deux sœurs dans une Lettre à Erasme
écrite de Nuremberg le 20. Mars 1516.
Salutant te gemina mea sorores , Abbatissa
S. Clare una ( c'est Charité qui étoit l'aînée ) altera ejusd. Regula Sectatrix , qua
assiduè tua scripta manibus retinent; maximè veròjam novo ablectanturTestamento :
quo mirè afficiuntur mulieres , multis viris
qui sibi scioli videntur , doctiores. Scribe-.
rent ad te latinè nisi indignas suas existimarent Litteras. Il y a plusieurs Lettres
de Charité dans les Oeuvres de Pirckeymerus, recueillies et publiées par Goldart.
Pour Blaurerice, je crois qu'Erasme entend
par là Marguerite Blaurer , dont Bullinger
fait l'éloge à la page 339. de son Commentaire sur les Epitres. Rodolphe Gualter
Théologien de Zurich, a fait des Vers Lagins sur sa mort , qu'il adresse à Ambroise
et à Thomas Blaurer ses freres. On ne nous
a point dit non-plus qui étoit ce Cephalus,
wir trium linguarum gnarus , dont Erasme
parle dans l'Entretien de Piscium esu. Ce
Cephalus est Wolphgang Fabrice Lapito,
Théologien de Strasbourg , qui mourut
Pan
MAY. 1732. 957
l'an 1541. et qui a fait plusieurs Livres.
Les Entretiens d'Erasme ont été fort bien
traduits en Italien par Pietro Lauro de
Modéne , qui a aussi traduit Joseph; mais
ils ont été mal tournez en notre Langue
par un nommé Chapuzeau. Touchant ces
Entretiens voici ce qu'écrit Clenard à un
Evêque nommé Jean Petit de Fez le 4.
Decembre 1540. Scripsit modo ad me Bominus Marchio Granatensis Colloquia Erasmi ignibus destinata esse ; periclitari etiam
vivum. Quid mefuturum censes ubi nomen
Aiccrani audiverint. Finissons par ce joli
distique de Louis Mosius sur la mort d'Erasme.
Fatalis series nobis invidit Erasmum ;
Sed Desiderium tollere non potuit.
Nous finirons le compte que nous rendons au Public de cet Ouvrage , par donner une idée de la vie de notre Auteur.
Paul Colomiés naquit à la Rochelle en
1638. de parens élevez dans la Religion
Protestante. Il étoit fils d'un Docteur en
Medecine , et petit-fils d'un Ministre.
Jean Colomies son pere , qui étoit sçavant , lui fit faire ses prémieres études
sous ses yeux , et l'envoya ensuite à Saumur, âgé de 16. ans , où le jeune homme
Fij fit
MERCURE
DE FRANCE
fit son cours de Philosophie et de Théologie et apprit l'Hebreu sous Louis Cappel. En 1664. il vint à Paris , âgé alors
de 26. ans. Il y lia avec Isaac Vossius une
amitié très-étroite qui dura toute sa vie.
Vossius l'emmena avec lui en Hollande,
d'où Colomiés revint en France un an
après. Il y demeura jusqu'en 1681. qu'il
passa en Angleterre où Vossius le reçut encore chez lui. Là il fut fait Lecteur
d'une Eglise Françoise qu'on y érigea ,
selon le Rit des Episcopaux , pour le
parti desquels il inclinoit depuis quelque temps, comme il le fit assez entendre
dans un Ouvrage intitulé , Theologorum Presbyterianorum Icon , qui lui attira bien
des ennemis.
-Deux ans après Colomiés quitta Londres pour aller à Lambeth , en qualité
de Bibliothecaire de l'Archevêque de
Cantorbery Guillaume Sancrost. Ĉe Prélat ayant été disgracié de la Cour d'Angleterre et dépouillé de son Temporel,
Colomiés perdit son emploi et en conçut
un tel chagrin qu'il en tomba dabord
malade, et ensuite dans une langueur
qui le conduisit enfin à la mort , ce fur
à Londres , âgé seulement de 54. ans en
1692 , dans le temps même qu'on parloit
delui faire avoir la Direction de la belle
Bibliotheque
MAY. 1732 95%
Bibliotheque de Gottorp , qui est dans le
Palais d'Holstein ; ses Livres et ses Manuscrits passerent entre les mains de son
cousin germain et son heritier M. Ha
melot.
Les deux Pieces de Colòmiés , qui sont
ajoûtées dans cette derniere Edition de sa
Bibliotheque choisie, sont la Vie du P. Sitmond, Jesuite , imprimée à la Rochelle
en 1671. petit in 8. et l'Exhortation aux
Martyrs , traduite de Tertullien , imprimée à la Rochelle en 1673. petit in 8.
Ilya à la fin de cette Edition , des Notes de M. de là Monnoye , sur plusieurs
autres Ouvrages de Colomiés ; et enfin
une Table des Auteurs dont il est parlé
dans cette Bibliothèque choisie.
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Résumé : Bibliotheque choisie de Colomiés, [titre d'après la table]
Le texte présente la 'Bibliothèque choisie' de Paul Colomiés, une œuvre enrichie des notes de Bourdelot et de la Monnoye, ainsi que de quelques opuscules de Colomiés. Cette édition, publiée en 1731 à Paris chez Gabriel Martin, compte 376 pages sans la préface et les tables. L'ouvrage a connu plusieurs éditions : la première à La Rochelle en 1682, la deuxième à Amsterdam en 1750, et la troisième à Hambourg en 1709, réunie avec d'autres œuvres de Colomiés par Fabricius. La 'Bibliothèque choisie' ne couvre pas tous les livres, mais se concentre sur ceux relatifs aux Belles Lettres et aux délices des savants. Colomiés y identifie les vrais auteurs de certains ouvrages, marque les meilleures éditions de son temps, et inclut des anecdotes sur les auteurs et les circonstances de publication de leurs œuvres. Il rend également hommage aux savants, qu'ils soient protestants ou catholiques, et critique avec modération les erreurs qu'il relève. L'ouvrage contient des articles notables, comme celui sur les 'Dissertationes de præstantia et usu numismatum' d'Ezechiel Spanheim, et un autre sur les 'Colloquia' d'Érasme. Colomiés y partage des conjectures sur des médailles antiques et des anecdotes sur des femmes savantes. Paul Colomiés, né en 1638 à La Rochelle dans une famille protestante, a étudié à Saumur et à Paris. Il a entretenu une amitié avec Isaac Vossius et a travaillé comme lecteur et bibliothécaire en Angleterre. Il est décédé à Londres en 1692 à l'âge de 54 ans. Cette édition inclut également la vie du Père Sirmond et une traduction de Tertullien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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448
p. 959-960
La Physique Sacrée, &c. [titre d'après la table]
Début :
LA PHYSIQUE SACRÉE, ou l'Histoire naturelle de la Bible [...]
Mots clefs :
Physique sacrée, Bible
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Physique Sacrée, &c. [titre d'après la table]
LA PHYSIQUE SACRE'E , ou l'Histoire
naturelle de la Bible , traduite en François du Latin de M. Jean Jacq Scheuchzer,
Docteur en Medecine , Professeur de Methémathique à Zurich , &c. C'est un Livre qui s'imprime par Souscription à
Amsterdam , chez P. Scheuk et P. Mortier , en 8. vol. in folio , enrichi de plus
de 700. figures en Taille douce , &c.
Cet Ouvrage a déja paru en Latin , en
Allemand et en Hollandois ; l'Auteur y
examine en Physicien et en Critique , tous
Fij les
80 MERCURE DE FRANCE
les Passages de la Bible qui ont rapport
aux choses naturelles ; les figures , quoi.
que faites pour instruire , ne laissent pas
de plaire aux yeux par l'ingenieuse varieté des ornemens qui accompagnent chaque Planche , et par la délicatesse des
vures. Il y a déja plus de 400. Planches
gravées, et l'on croit que les Libraires rempliront leur engagement. Les Souscriptions seront ouvertes jusqu'au dernier
Juin prochain.
naturelle de la Bible , traduite en François du Latin de M. Jean Jacq Scheuchzer,
Docteur en Medecine , Professeur de Methémathique à Zurich , &c. C'est un Livre qui s'imprime par Souscription à
Amsterdam , chez P. Scheuk et P. Mortier , en 8. vol. in folio , enrichi de plus
de 700. figures en Taille douce , &c.
Cet Ouvrage a déja paru en Latin , en
Allemand et en Hollandois ; l'Auteur y
examine en Physicien et en Critique , tous
Fij les
80 MERCURE DE FRANCE
les Passages de la Bible qui ont rapport
aux choses naturelles ; les figures , quoi.
que faites pour instruire , ne laissent pas
de plaire aux yeux par l'ingenieuse varieté des ornemens qui accompagnent chaque Planche , et par la délicatesse des
vures. Il y a déja plus de 400. Planches
gravées, et l'on croit que les Libraires rempliront leur engagement. Les Souscriptions seront ouvertes jusqu'au dernier
Juin prochain.
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Résumé : La Physique Sacrée, &c. [titre d'après la table]
'La Physique Sacrée' est une œuvre traduite en français par Jean Jacques Scheuchzer, médecin et professeur de mathématiques. Imprimée à Amsterdam, elle comprend huit volumes in-folio avec plus de 700 illustrations. Scheuchzer y analyse les phénomènes naturels décrits dans la Bible. Les souscriptions pour l'achat sont ouvertes jusqu'au 30 juin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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449
p. 960-961
« LES INTERESTS PRESENS DES PUISSANCES DE L'EUROPE, fondez sur [...] »
Début :
LES INTERESTS PRESENS DES PUISSANCES DE L'EUROPE, fondez sur [...]
Mots clefs :
Intérêts des puissances d'Europe, Abbé Pascoli, Grammaire Turque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LES INTERESTS PRESENS DES PUISSANCES DE L'EUROPE, fondez sur [...] »
LES INTERESTS PRESENS DES PUISSANCES
DE L'EUROPE , fondez sur les Traitez
conclus depuis la Paix d'Utrecht inclu
sivement, et sur les preuves de leurs prétentions particulieres , par M. Rousset ,
Membre de la Societé Royale des Sciences de Berlin , 2. vol. in 4. Cet Ouvrage
s'imprime par Souscription , à la Haye
chez Adrien Moetjens. On trouve le Programe chez les principaux Libraires ; ont
recevra les Souscriptions jusqu'au dernier
d'Avril de cette année. L'Ouvrage entier
sera livré dans neuf mois. On payera pour
le papier ordinaire un Ducat en souscrivant , et autant en recevant les deux volumes ; pour le grand papier 8. Florins
et autant en recevant l'Exemplaire.
Lrs-
MAY. 1732. 961
LES VIES DES PEINTRES , Sculpteurs es
Architectes modernes. Par M.l'Abbé Pas-"
coli. Tome I. in 4. On y trouve les Vies"
de 40. Maîtres habiles. A Rome , &c. Lesecond volume paroîtra bien-tôt.
GRAMMAIRE TURQTE , ou Méthode
courte et facile pour apprendre la LangueTurques avec un Recueil des Noms , des
Verbes et des manieres de parler les plus
necessaires à sçavoir avec plusieurs
Dialogues familiers. A Constantinople a
1730. in 4. pp. 194
DE L'EUROPE , fondez sur les Traitez
conclus depuis la Paix d'Utrecht inclu
sivement, et sur les preuves de leurs prétentions particulieres , par M. Rousset ,
Membre de la Societé Royale des Sciences de Berlin , 2. vol. in 4. Cet Ouvrage
s'imprime par Souscription , à la Haye
chez Adrien Moetjens. On trouve le Programe chez les principaux Libraires ; ont
recevra les Souscriptions jusqu'au dernier
d'Avril de cette année. L'Ouvrage entier
sera livré dans neuf mois. On payera pour
le papier ordinaire un Ducat en souscrivant , et autant en recevant les deux volumes ; pour le grand papier 8. Florins
et autant en recevant l'Exemplaire.
Lrs-
MAY. 1732. 961
LES VIES DES PEINTRES , Sculpteurs es
Architectes modernes. Par M.l'Abbé Pas-"
coli. Tome I. in 4. On y trouve les Vies"
de 40. Maîtres habiles. A Rome , &c. Lesecond volume paroîtra bien-tôt.
GRAMMAIRE TURQTE , ou Méthode
courte et facile pour apprendre la LangueTurques avec un Recueil des Noms , des
Verbes et des manieres de parler les plus
necessaires à sçavoir avec plusieurs
Dialogues familiers. A Constantinople a
1730. in 4. pp. 194
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Résumé : « LES INTERESTS PRESENS DES PUISSANCES DE L'EUROPE, fondez sur [...] »
Le texte présente trois ouvrages distincts. Le premier, 'Les intérêts présents des puissances de l'Europe, fondez sur les Traitez conclus depuis la Paix d'Utrecht inclusivement, et sur les preuves de leurs prétentions particulières', est écrit par M. Rousset, membre de la Société Royale des Sciences de Berlin. Cet ouvrage en deux volumes est imprimé par souscription à La Haye chez Adrien Moetjens. Les souscriptions sont acceptées jusqu'au 30 avril 1732, et la livraison complète est prévue dans neuf mois. Le coût pour le papier ordinaire est d'un Ducat à la souscription et autant à la réception des deux volumes, tandis que pour le grand papier, le prix est de 8 Florins à la souscription et autant à la réception. Le second ouvrage mentionné est 'Les Vies des Peintres, Sculpteurs et Architectes modernes' par l'Abbé Pascoli. Le premier tome, en format in-4, contient les biographies de 40 maîtres renommés. Il est disponible à Rome et le second volume est annoncé pour une prochaine publication. Enfin, le texte décrit une 'Grammatique Turque', ou méthode pour apprendre la langue turque, publiée à Constantinople en 1730. Cet ouvrage inclut un recueil de noms, de verbes et d'expressions nécessaires, ainsi que plusieurs dialogues familiers. Il est imprimé en format in-4 et compte 194 pages.
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450
p. 961-965
Journal Litteraire, [titre d'après la table]
Début :
JOURNAL LITTERAIRE année 1731. Tome XVII. Premiere et seconde Partie. [...]
Mots clefs :
Journal littéraire, Pensées secrètes, Observations de chirurgie, Essais sur la Providence, Ministre public, Journal exact, Vie de Mahomet, Traité de l'art métallique, Hyacinte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Journal Litteraire, [titre d'après la table]
JOURNAL LITTERAIRE , année 1731.
Tome XVII. Premiere et seconde Partie.
Ala Haye , chez Gosse et Neaulme 1731.-
in 12:
Ce Volume est très- bien rempli , et tout
l'Ouvrage est toûjours également bien
écrit. Parmi les Livres qu'on y annonce.
et dont on fait l'Extrait , on trouve :
PENSEE'S SECRETTES , divisées en deux
Parties. Premiere Partie , Refléxions sur la
Religion , avec des Résolutions pratiques
qui en sont tirées. Seconde Partie , Refléxions surla vie Chrétienne , &c. Par Guill.
Beveridge , Docteur en Théologie , Evêque de S. Asaph. Traduit de l'Anglois sur
4
Fiiij l'an-
962 MERCURE DE FRANCE
l'ancienne Edition. A Amsterdam , chez
lesWetsteins et Smith , 1731. 2. vol. in 12.
de 245. pages pour le premier , et de 286.
pour le second , sans les Préfaces et les
Tables.
>
OBSERVATIONS DE CHIRURGIE , sur les
Pierres qu'on trouve dans les Reins , dans
la Vessie , et dans l'Uretere , sur la Lithotomie et sur la maniere de faire la
Ponction de la Vessie. On y démontre
aussi que la maniere de faire l'Opération
de la Taille suivant la Méthode de
M. J. Jacq. Ran , est la mieux fondée
la plus sure , et la plus heureuse de toutes
celles qu'on a employées jusqu'à présent.
Par M. Jacq. Denis , Lithotomiste et Accoucheur à Leyde. A Leyde , chez Ch.
J. Kerchchem , 1730. in 8. de 200. pages.
Tout l'Ouvrage est en Hollandois.
ESSAIS SUR LA PROVIDENCE .et sur la
possibilité physique de la Résurrection ;
traduits de l'Anglois du Doct. B ... A
Amterdam, chez Elie Ledet , &c. 1731,
in 12. de 247. pages.
LE MINISTRE PUBLIC dans les Cours
étrangeres , ses fonctions et ses prérogatives. Par M. de la Sarraz du Franquesnay.
AAmsterdam , 1731. in 12. de 164. pages.
HIS-
MAY. 1732.
963 HISTOIRE de la Mere et du Fils
c'est-à- dire , de Marie de Medicis et de
Louis XIII. Roy de France , &c. depuis
l'an 1616. jusqu'en 1619. par Franç. Eudes de Mezeray. A Amsterdam , chez
Mich. Ch. le Cene , 1730. in 4. de 353.
pages , in 12. deux vol. l'un de 350. pages , et l'autre de 406.
JOURNAL EXACT , ou Description circonstanciée de tout ce qui s'est passé dans
le grand Campement du Roy de Pologne , Elect. de Saxe , entre Radivitz et
Mulberg en Saxe, près de l'Elbe , depuis
le 31. de May 1730. jusqu'au 25 de Juin.
A Amsterdam, chez Jacques Desbordes ,
1730. in 8.
RECUEIL DE DISCOURS sur diverses ma
tieres importantes , traduits ou composez par Jean Barbeyrac , Professeur en
Droit dans l'Université de Groningue ,
qui y a joint un Eloge historique de feu
M. Noodt. A Amsterdam , chez P. Hum
bert , 173 1. in 8. deux volumes , dont le
premier de 327. p. et le second de 344.
TRAITE DE L'ART METALLIQUE , EXtrait des Oeuvres d'Alvare Alphonse Barba , celebre Artiste dans les Mines du
F v
Potosi ,
964 MERCURE DE FRANCE
Potosi , auquel on a joint un Memoire
concernant les Mines de France ; avec un
Tarif qui démontre les Opérations qu'il
faudroit faire pour tirer de ces Mines
l'or et l'argent , qu'en tiroient les Romains lorsqu'ils étoient maîtres des Gaules. Ouvrage enrichi de figures en Taille douce. A Paris , chez Saugrain pere ,.
1730. in 12. de 269. pages.
LA VIE DE MAHOMET. Par M. le Comte
de Boulainvilliers , Auteur de l'Etat de la
France , et des Memoires Historiques qui
l'accompagnent. A‹ Londres , 1730. in 8%.
de 406. pages.
OEUVRES PHILOSOPHIQUES , ou Dě--
monstration de l'Existence de Dieu , tirée de l'Art , de la Nature , dans la premiere Partie , et dans la seconde , dess
preuves purement intellectuelles , et de
l'idée de l'Infini même , par M. François =
de Salignac de la Motte Fenelon. On ya
joint ses Lettres sur divers sujets concernant la Religion et la Métaphisique , et
ses Sermons. A Amsterdam , chez Zach.
Chatelain , 1731. deux vol. in 8.
HYACINTHE , ou le Marquis de Celtas
Dirorgo , Nouvelle Espagnole , A Amsterdam
MAY.
17328 935
terdam , chez Jacq. Desbordes , 1731. deux
vol. in 12.
RECHERCHES Sur l'évidence de la Religion Chrétienne. A Londres , chez W.
Innys , 1732. in 8. Le Traité est écrit
en Anglois par une Dame.
Tome XVII. Premiere et seconde Partie.
Ala Haye , chez Gosse et Neaulme 1731.-
in 12:
Ce Volume est très- bien rempli , et tout
l'Ouvrage est toûjours également bien
écrit. Parmi les Livres qu'on y annonce.
et dont on fait l'Extrait , on trouve :
PENSEE'S SECRETTES , divisées en deux
Parties. Premiere Partie , Refléxions sur la
Religion , avec des Résolutions pratiques
qui en sont tirées. Seconde Partie , Refléxions surla vie Chrétienne , &c. Par Guill.
Beveridge , Docteur en Théologie , Evêque de S. Asaph. Traduit de l'Anglois sur
4
Fiiij l'an-
962 MERCURE DE FRANCE
l'ancienne Edition. A Amsterdam , chez
lesWetsteins et Smith , 1731. 2. vol. in 12.
de 245. pages pour le premier , et de 286.
pour le second , sans les Préfaces et les
Tables.
>
OBSERVATIONS DE CHIRURGIE , sur les
Pierres qu'on trouve dans les Reins , dans
la Vessie , et dans l'Uretere , sur la Lithotomie et sur la maniere de faire la
Ponction de la Vessie. On y démontre
aussi que la maniere de faire l'Opération
de la Taille suivant la Méthode de
M. J. Jacq. Ran , est la mieux fondée
la plus sure , et la plus heureuse de toutes
celles qu'on a employées jusqu'à présent.
Par M. Jacq. Denis , Lithotomiste et Accoucheur à Leyde. A Leyde , chez Ch.
J. Kerchchem , 1730. in 8. de 200. pages.
Tout l'Ouvrage est en Hollandois.
ESSAIS SUR LA PROVIDENCE .et sur la
possibilité physique de la Résurrection ;
traduits de l'Anglois du Doct. B ... A
Amterdam, chez Elie Ledet , &c. 1731,
in 12. de 247. pages.
LE MINISTRE PUBLIC dans les Cours
étrangeres , ses fonctions et ses prérogatives. Par M. de la Sarraz du Franquesnay.
AAmsterdam , 1731. in 12. de 164. pages.
HIS-
MAY. 1732.
963 HISTOIRE de la Mere et du Fils
c'est-à- dire , de Marie de Medicis et de
Louis XIII. Roy de France , &c. depuis
l'an 1616. jusqu'en 1619. par Franç. Eudes de Mezeray. A Amsterdam , chez
Mich. Ch. le Cene , 1730. in 4. de 353.
pages , in 12. deux vol. l'un de 350. pages , et l'autre de 406.
JOURNAL EXACT , ou Description circonstanciée de tout ce qui s'est passé dans
le grand Campement du Roy de Pologne , Elect. de Saxe , entre Radivitz et
Mulberg en Saxe, près de l'Elbe , depuis
le 31. de May 1730. jusqu'au 25 de Juin.
A Amsterdam, chez Jacques Desbordes ,
1730. in 8.
RECUEIL DE DISCOURS sur diverses ma
tieres importantes , traduits ou composez par Jean Barbeyrac , Professeur en
Droit dans l'Université de Groningue ,
qui y a joint un Eloge historique de feu
M. Noodt. A Amsterdam , chez P. Hum
bert , 173 1. in 8. deux volumes , dont le
premier de 327. p. et le second de 344.
TRAITE DE L'ART METALLIQUE , EXtrait des Oeuvres d'Alvare Alphonse Barba , celebre Artiste dans les Mines du
F v
Potosi ,
964 MERCURE DE FRANCE
Potosi , auquel on a joint un Memoire
concernant les Mines de France ; avec un
Tarif qui démontre les Opérations qu'il
faudroit faire pour tirer de ces Mines
l'or et l'argent , qu'en tiroient les Romains lorsqu'ils étoient maîtres des Gaules. Ouvrage enrichi de figures en Taille douce. A Paris , chez Saugrain pere ,.
1730. in 12. de 269. pages.
LA VIE DE MAHOMET. Par M. le Comte
de Boulainvilliers , Auteur de l'Etat de la
France , et des Memoires Historiques qui
l'accompagnent. A‹ Londres , 1730. in 8%.
de 406. pages.
OEUVRES PHILOSOPHIQUES , ou Dě--
monstration de l'Existence de Dieu , tirée de l'Art , de la Nature , dans la premiere Partie , et dans la seconde , dess
preuves purement intellectuelles , et de
l'idée de l'Infini même , par M. François =
de Salignac de la Motte Fenelon. On ya
joint ses Lettres sur divers sujets concernant la Religion et la Métaphisique , et
ses Sermons. A Amsterdam , chez Zach.
Chatelain , 1731. deux vol. in 8.
HYACINTHE , ou le Marquis de Celtas
Dirorgo , Nouvelle Espagnole , A Amsterdam
MAY.
17328 935
terdam , chez Jacq. Desbordes , 1731. deux
vol. in 12.
RECHERCHES Sur l'évidence de la Religion Chrétienne. A Londres , chez W.
Innys , 1732. in 8. Le Traité est écrit
en Anglois par une Dame.
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Résumé : Journal Litteraire, [titre d'après la table]
Le document est un extrait du Journal Littéraire de l'année 1731, Tome XVII, publié à La Haye par Gosse et Neaulme. Il présente divers ouvrages et leurs caractéristiques. Parmi les livres mentionnés, 'Pensées Secrètes' de Guill. Beveridge, traduit de l'anglais, traite de la religion et de la vie chrétienne. 'Observations de Chirurgie' de M. Jacq. Denis aborde les calculs rénaux et la lithotomie, en recommandant la méthode de M. J. Jacq. Ran. 'Essais sur la Providence' et 'Le Ministre Public dans les Cours étrangères' sont également cités. Une 'Histoire de la Mère et du Fils' sur Marie de Médicis et Louis XIII par François Eudes de Mézeray est également mentionnée. Le document évoque aussi des ouvrages sur des sujets variés, tels qu'un texte sur le campement du roi de Pologne. Il cite des discours juridiques de Jean Barbeyrac et un traité sur l'art métallique par Alvare Alphonse Barba. Une biographie de Mahomet par le Comte de Boulainvilliers est également listée. Enfin, des œuvres philosophiques de François de Salignac de la Motte Fénelon et une nouvelle espagnole intitulée 'Hyacinthe' sont mentionnées.
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