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Liste
1
p. 98-107
Autres faites à Soissons. [titre d'après la table]
Début :
Dans le mesme temps, c'est à dire le 13. du mesme mois [...]
Mots clefs :
Soissons, Procession, Translation de reliques, Saints, Église, Cathédrale, Chapitres, Chanoines, Ennemis de la foi, Habits pontificaux, Abbaye, Panégyrique, Martyre, Erreur calviniste, Amour, Obstination, Bénédiction, Cérémonie
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texteReconnaissance textuelle : Autres faites à Soissons. [titre d'après la table]
Dans le mefme temps,
GALANT. 99
c'eſt à dire le 13. du meſme
mois on fit à Soiffons une autre
Proceffion fort folemnelle
pour la Tranſlation des Reliques
de Saint Gervais & de
Saint Prothais, Patrons de l'Eglife
Cathedrale , apportées
de la Ville de Briffac , oùleurs
Corps font confervez depuis
plufieurs Siecles. Elles font
des plus anciennes que l'Eglife
honore , l'Invention en
ayant efté revelée à Saint Ambroife
, comme le
comme le rapporte
Saint Auguftin . Tous les
Chapitres , Communautez,
Ordres , & Paroiffes de la Vil-
:-
I ij
100 MERCURE
le affifterent à cette Procef
fion
, ainfi que les Corps du
Préfidial , de l'Election , de la
Maréchauffée , & autres. A
la tefte marchoit la Compagnie
des Arquebufiers , l'une
des plus leftes & des plus
nombreuſes du Royaume.
La Chaffe dans laquelle font
ces préticufes Reliques , fur
portée depuis l'Eglife de Saint
Crefpin le Grand , juſqu'à la
Cathedrale , qui en eſt éloi- -
gné d'un grand quartde lieuë,
par deux Chanoines, accompagnez
de douze Diacres
ayant des Palmes en leurs
GALANT. 101
I
il
y
mains , pour marque de la vi-
&toire que ces SS . ont rempor
tée fur les Ennemis de la Foy
M' l'Evefque de Soiffons
marchoit enfuite revétu de
fes Habits Pontificaux . Depuis
l'Eglife de Saint Crefpin ,
jufques à la Cathedrale , il
avoit cinq Repofoirs , ornez
de differentes manicres . Celuy
de l'Eglife de l'Abbaye
Noftre- Dame , fait par l'ordre
de Madame de la Rochefou
cault qui en eft Abbeffe ,eftoir
le plus riche. Cette Dame accompagnée
de Madame l'Abbeffe
de Saint Sauveur fa
I iij
102 MERCURE
Soeur , & de Madame de Mars
fillac Coadjutrice de cette
derniere , parut à la tefte de fa
Communauté , qui chanta
Is Répons & les Hymnes ordinaires
en de pareilles occafions
, avec une mélodie merveilleufe
, fi toit qu'on y eut
pofé la Chaffe . Elle fut portée
enfuite dans la Nef de la Cathédrale
, & miſe fur un Repofoir
paré d'un nombre infi
finy de Bijoux & de Fleurs.
M' l'Evefque de Soiffons
monta en Chaire dans le mef
me temps , & dans le Panégyrique
qu'il fit de ces Saints ,
GALANT. 103
avec l'éloquence qui luy eft fi
naturelle , il n'oublia , rien de
ce qui pouvoit relever le més
rite du Martyre qu'ils ont
fouffert par la fureur des Idolatres
du Siècle où ils ont vés
cu. Il prit de là occafion de
rendre graces au Ciel , d'avoir
fair naiſtre un Monarque
dont le courage invincible,
& la pureté de la Religion
avoient fi glorieuſement dif
fipé l'erreur des Calviniftes,
Il ajoûta que ce Prince qui
eft l'admiration de toute la
Terre , & l'amour de fes
Sujets avoit efté heureu
7
I iiij
104 MERCURE
fement fervy dans cer
te entreprise par les grands
talens & les forts railonnemens
de M' l'Evefque de
Meaux , dont le bel ouvrage
a prefque achevé la convid
ction de ces Obftinezi M
Boffuet , Frere de M " de
Meaux , qui eft depuis quel
ques jours Intendant de la
Province avec une approba
tion genérale , eftoit prefent
à cette Céremonie . Elle finic
par le Te Deum que M' l'Evef
que de Soiffons entonna , &
qui fut chanté par la Mufi
que ordinaire , au bruit des
GALANT. 105
4
Cloches , des Fifres & des
Tambours Les Reliques
e furent expofées dans le
Choeur jufqu'au Dimanche
fuivant 20. du mefme mois,
jour de l'Octave de cette
folemnité s qui fur fuivie
de la Benédiction de Madame
de Bourlon Abbeffe
P
J
1 de la Barre , faite par le
mefme Prélat fon Frere. C'eft
une Dame qui gouverne fa
Communauté avec toute la
douceur , & toute la fageffe
imaginable. Mefdamies de la
Rochefoucault ,, l'une Abi
beſſerodes noftre Dame de
106 MERCURE
Soiffons , & l'autre de Saint
Sauveur d'Evreux , eftdient .
les Abbeffes affiftantes . Cest
deux Soeurs font d'un mérite
extraordinaire , & l'on peut
dire que quoy qu'elles foient
d'une tres-grande naiffance,
cét avantage eft le moindre
de tous ceux qu'elles poffe.
dent. Aprés la Ceremonie,
M de Soiffons régala magnifiquement
dans fon Palais
Epifcopal , toutes les Dames
Abbeffes & leurs Religieuſes
, M. Boffuet Intendant de
la Province , MT du Chapitrei
de Saint Gervais , & tous les
GALANT. 107
Chefs des Corps & Compagnies
de la Ville.
GALANT. 99
c'eſt à dire le 13. du meſme
mois on fit à Soiffons une autre
Proceffion fort folemnelle
pour la Tranſlation des Reliques
de Saint Gervais & de
Saint Prothais, Patrons de l'Eglife
Cathedrale , apportées
de la Ville de Briffac , oùleurs
Corps font confervez depuis
plufieurs Siecles. Elles font
des plus anciennes que l'Eglife
honore , l'Invention en
ayant efté revelée à Saint Ambroife
, comme le
comme le rapporte
Saint Auguftin . Tous les
Chapitres , Communautez,
Ordres , & Paroiffes de la Vil-
:-
I ij
100 MERCURE
le affifterent à cette Procef
fion
, ainfi que les Corps du
Préfidial , de l'Election , de la
Maréchauffée , & autres. A
la tefte marchoit la Compagnie
des Arquebufiers , l'une
des plus leftes & des plus
nombreuſes du Royaume.
La Chaffe dans laquelle font
ces préticufes Reliques , fur
portée depuis l'Eglife de Saint
Crefpin le Grand , juſqu'à la
Cathedrale , qui en eſt éloi- -
gné d'un grand quartde lieuë,
par deux Chanoines, accompagnez
de douze Diacres
ayant des Palmes en leurs
GALANT. 101
I
il
y
mains , pour marque de la vi-
&toire que ces SS . ont rempor
tée fur les Ennemis de la Foy
M' l'Evefque de Soiffons
marchoit enfuite revétu de
fes Habits Pontificaux . Depuis
l'Eglife de Saint Crefpin ,
jufques à la Cathedrale , il
avoit cinq Repofoirs , ornez
de differentes manicres . Celuy
de l'Eglife de l'Abbaye
Noftre- Dame , fait par l'ordre
de Madame de la Rochefou
cault qui en eft Abbeffe ,eftoir
le plus riche. Cette Dame accompagnée
de Madame l'Abbeffe
de Saint Sauveur fa
I iij
102 MERCURE
Soeur , & de Madame de Mars
fillac Coadjutrice de cette
derniere , parut à la tefte de fa
Communauté , qui chanta
Is Répons & les Hymnes ordinaires
en de pareilles occafions
, avec une mélodie merveilleufe
, fi toit qu'on y eut
pofé la Chaffe . Elle fut portée
enfuite dans la Nef de la Cathédrale
, & miſe fur un Repofoir
paré d'un nombre infi
finy de Bijoux & de Fleurs.
M' l'Evefque de Soiffons
monta en Chaire dans le mef
me temps , & dans le Panégyrique
qu'il fit de ces Saints ,
GALANT. 103
avec l'éloquence qui luy eft fi
naturelle , il n'oublia , rien de
ce qui pouvoit relever le més
rite du Martyre qu'ils ont
fouffert par la fureur des Idolatres
du Siècle où ils ont vés
cu. Il prit de là occafion de
rendre graces au Ciel , d'avoir
fair naiſtre un Monarque
dont le courage invincible,
& la pureté de la Religion
avoient fi glorieuſement dif
fipé l'erreur des Calviniftes,
Il ajoûta que ce Prince qui
eft l'admiration de toute la
Terre , & l'amour de fes
Sujets avoit efté heureu
7
I iiij
104 MERCURE
fement fervy dans cer
te entreprise par les grands
talens & les forts railonnemens
de M' l'Evefque de
Meaux , dont le bel ouvrage
a prefque achevé la convid
ction de ces Obftinezi M
Boffuet , Frere de M " de
Meaux , qui eft depuis quel
ques jours Intendant de la
Province avec une approba
tion genérale , eftoit prefent
à cette Céremonie . Elle finic
par le Te Deum que M' l'Evef
que de Soiffons entonna , &
qui fut chanté par la Mufi
que ordinaire , au bruit des
GALANT. 105
4
Cloches , des Fifres & des
Tambours Les Reliques
e furent expofées dans le
Choeur jufqu'au Dimanche
fuivant 20. du mefme mois,
jour de l'Octave de cette
folemnité s qui fur fuivie
de la Benédiction de Madame
de Bourlon Abbeffe
P
J
1 de la Barre , faite par le
mefme Prélat fon Frere. C'eft
une Dame qui gouverne fa
Communauté avec toute la
douceur , & toute la fageffe
imaginable. Mefdamies de la
Rochefoucault ,, l'une Abi
beſſerodes noftre Dame de
106 MERCURE
Soiffons , & l'autre de Saint
Sauveur d'Evreux , eftdient .
les Abbeffes affiftantes . Cest
deux Soeurs font d'un mérite
extraordinaire , & l'on peut
dire que quoy qu'elles foient
d'une tres-grande naiffance,
cét avantage eft le moindre
de tous ceux qu'elles poffe.
dent. Aprés la Ceremonie,
M de Soiffons régala magnifiquement
dans fon Palais
Epifcopal , toutes les Dames
Abbeffes & leurs Religieuſes
, M. Boffuet Intendant de
la Province , MT du Chapitrei
de Saint Gervais , & tous les
GALANT. 107
Chefs des Corps & Compagnies
de la Ville.
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Résumé : Autres faites à Soissons. [titre d'après la table]
Le 13 du même mois, une procession solennelle a eu lieu à Soissons pour la translation des reliques de Saint Gervais et Saint Prothais, patrons de la cathédrale. Ces reliques, parmi les plus anciennes honorées par l'Église, avaient été conservées à Brissac depuis plusieurs siècles. La procession a rassemblé divers chapitres, communautés, ordres et paroisses, ainsi que des représentants du présidial, de l'élection et de la maréchaussée. La châsse contenant les reliques a été portée depuis l'église Saint-Crepin-le-Grand jusqu'à la cathédrale, distante d'environ un quart de lieue, par deux chanoines accompagnés de douze diacres portant des palmes. L'évêque de Soissons, revêtu de ses habits pontificaux, a suivi la châsse. Cinq reposoirs ornés différemment étaient disposés le long du parcours, celui de l'église de l'abbaye Notre-Dame étant le plus riche, préparé par Madame de La Rochefoucauld, abbesse de cette abbaye. Madame de La Rochefoucauld, accompagnée de Madame l'abbesse de Saint-Sauveur et de Madame de Marsillac, coadjutrice, a dirigé sa communauté qui a chanté des répons et des hymnes. L'évêque a prononcé un panégyrique des saints, soulignant leur martyre et rendant grâce au ciel pour la naissance d'un monarque ayant vaincu l'erreur calviniste. Il a également mentionné les talents de l'évêque de Meaux et la présence de Bossuet, frère de l'évêque de Meaux et nouvel intendant de la province. La cérémonie s'est conclue par un Te Deum chanté par la musique ordinaire, accompagné de cloches, de fifres et de tambours. Les reliques ont été exposées dans le chœur jusqu'au dimanche suivant.
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2
p. 290-298
Prise de Possession de l'Abbaye de S. Pierre de Lyon, par Me de Brissac, [titre d'après la table]
Début :
Le Jeuy 27 Février Me l'Abbesse de S. Pierre de Lyon, [...]
Mots clefs :
Abbaye de Saint Pierre de Lyon, Bulles, Cérémonie, Chapitres, Me de Brissac
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texteReconnaissance textuelle : Prise de Possession de l'Abbaye de S. Pierre de Lyon, par Me de Brissac, [titre d'après la table]
Le Jeudy 27 Février M
l'Abbeffe de S. Pierre de Lyon ,
foeur de feu Mr le Duc de Brif
fac & tante de celuy qui porte
aujourd'huy cette qualité , prit
poffeffion defon Abbaye ; elle
avoit reçu quelque jours au
paravant les Bulles qui avoient
efté adreffées à Mrl Abbé Terraffon Official de Lyon , & fecond Cuftode de l'Eglife Paroiffiale de Sainte Croix de la
même Ville. LaCeremoniefe
&&
GALANT 291
fit l'apréfdinée. M' le Comte
de Saint Georges Precenteur
de l'Eglife de Lyon , & neveu
de M' l'Archevêque , alla prendre M. l'Abbeffe dans fon appartement & la conduifit au
Chapitre où toutes les Religieufes eftoient affemblées. Mr
Official yy prononça un Dif
€
響
Cours tres éloquent fur le fujec
de cette Ceremonie & fur
Thonneurqu'il avoit en ce jour
de mettre en poffeffion une
Abbeffe d'un nom fi illuftre,
& dont le merite eftoit fi univerfellement connu. Toute la
Communauté fortit en ProBb ij
292 MERCURE
ceffion du Chapitre, la Croix
eftant à la tefte , & M° FAbbeffe terminoit ce Cortege ,
precedée de tous fes Officiers
& de tout fon Clergé , conduite par Mr de S. Georges
& ayant à la droite Mr l'Offi
cial , &accompagnée de toute
fa livrée ; en cet eftat elle fit le
tour du Cloiftre , la Commu
nauté chantant des Répons.
La Proceffion fit le tour fur les
Terreaux , & entra par la grande porte de l'Eglife Paroiffiale
de Saint Pierre , dont M l'Ab..
beffe prit poffeffion. Deretour
enfon appartement elle fit fer
GALANY: 293
DI vir une magnifique collation
baux Meffieurs & aux Dames
qui avoient affifté à cette Ceremonie & à ceux qui eftoient
entrez en cette Maifon , dont
les portes furent ouvertes pendant tout le jour à ceux qui
eurent la curiofité de voir une
des plus belles Maifons Religieufes du Royaume. On tira
quantité de fufées & plufieurs
boettes dehors, & dedans le
Convent devant & aprés la
Ceremonie; il y eut le foir de
grandes illuminations, des fanfares , & un concert de Trompettes , Hautbois & autres Inf
Bb iij
294 MERCURE
trumens qui fervent à rendr
une Ceremonie plus pompeu
fe. Le Lundy 17. Mars fuivant
Mr l'Archevêque de Lyon be
nit la même Abbeffe dans l'Eglife de Saint Pierre qui eftoit
magnifiquement ornée de tentures de velours cramoifi vio
let , avec quantité de feftons
chargez d'écuffons aux Armés
de la Maiſon de Coffe, de mê
me que l'Autel , où l'on voyoic
auffi les Armes de Mr l'Archevêque. Ce Prelat celebra une
grande Meffe qui fut chantée
par les Religieufes . Il avoit
pour Diacre & Sous- Diacre ,
*
GALANT 295
Ս.
E
5
5
Mr le Comte d'Albon Archi
diacre de Lyon , & Mr le Com,
te de Chantelau-la- Chaife , &
chacun de ces deux Meffieurs
eftoit accompagné de huit Miniftres inferieurs , c'est - à- dire
de quatre autres Diacres & de
quatreSoûdiacres. Mr le Com,
tede Genitines frere aînéde Mr
l'Evêque de Limoges & grand
Cuftode de l'Eglife de S. Jean,
& Mr le Comte de Chemé laValette neveu de Mr l'Arche
vêque & fon grand Preftre ,
accompagnez de Mrs Terraft
fon , & Chazeneuve Chevaliers de Saint Jean , eftorent les
Bb iiij
296 MERCURE
>
quatre Chapitres. Il y avoit
plufieurs autres Miniftres inferieurs. L'Abbeffe qu'on alloit
benir eftoit accompagnée de
M de Roftaing Abbeffe de
Chazaur , & de M de Châtil
lon Abbeffe de la Deferte ( ces
deux Abbayes font fituées
dans la Ville de Lyon ) & de
quantité de Religieuſes qui
avoient accompagné ces deux
Abbeffes. Mrs les Comtes de
Saint Jeanyvinrent en Corps ,
de même que Mrs du Confu
lat. Mr Trudaine alors Inten
dant de Lyon , & Mr le Prin.
ce d'Harcourt Y affifterent,
*
GALANT 297
it
it
锡
Mr de Pompone , ci-devand
Ambaffadeur de Venife , qui
eftoit à Lyon depuis quelques
jours , y affifta , mais incognito
de même que Mela Comteffe
de Soiffons , quifait fon féjour
dans cette Abbaye. Cette Cel
remonic une des plus brillan
tes qu'onait vûës depuis longtemps , fut fuivie d'un magni
fique repas que l'Abbcffc nous
vellement benite donna à cet
illuftre Clergé. Rien de ce que
la Saifon peut fournir de plus
délicat & de plus délicieux n'y
fur oublié. Ony admira une
profufion de toutes chofes
298 MERCURE
mais bien entendue. Le Deffert
fur tout fut magnifique. Aprés
le dîner on ouvrit les portes du
Convent à tous ceux qui voulurent y entrer
l'Abbeffe de S. Pierre de Lyon ,
foeur de feu Mr le Duc de Brif
fac & tante de celuy qui porte
aujourd'huy cette qualité , prit
poffeffion defon Abbaye ; elle
avoit reçu quelque jours au
paravant les Bulles qui avoient
efté adreffées à Mrl Abbé Terraffon Official de Lyon , & fecond Cuftode de l'Eglife Paroiffiale de Sainte Croix de la
même Ville. LaCeremoniefe
&&
GALANT 291
fit l'apréfdinée. M' le Comte
de Saint Georges Precenteur
de l'Eglife de Lyon , & neveu
de M' l'Archevêque , alla prendre M. l'Abbeffe dans fon appartement & la conduifit au
Chapitre où toutes les Religieufes eftoient affemblées. Mr
Official yy prononça un Dif
€
響
Cours tres éloquent fur le fujec
de cette Ceremonie & fur
Thonneurqu'il avoit en ce jour
de mettre en poffeffion une
Abbeffe d'un nom fi illuftre,
& dont le merite eftoit fi univerfellement connu. Toute la
Communauté fortit en ProBb ij
292 MERCURE
ceffion du Chapitre, la Croix
eftant à la tefte , & M° FAbbeffe terminoit ce Cortege ,
precedée de tous fes Officiers
& de tout fon Clergé , conduite par Mr de S. Georges
& ayant à la droite Mr l'Offi
cial , &accompagnée de toute
fa livrée ; en cet eftat elle fit le
tour du Cloiftre , la Commu
nauté chantant des Répons.
La Proceffion fit le tour fur les
Terreaux , & entra par la grande porte de l'Eglife Paroiffiale
de Saint Pierre , dont M l'Ab..
beffe prit poffeffion. Deretour
enfon appartement elle fit fer
GALANY: 293
DI vir une magnifique collation
baux Meffieurs & aux Dames
qui avoient affifté à cette Ceremonie & à ceux qui eftoient
entrez en cette Maifon , dont
les portes furent ouvertes pendant tout le jour à ceux qui
eurent la curiofité de voir une
des plus belles Maifons Religieufes du Royaume. On tira
quantité de fufées & plufieurs
boettes dehors, & dedans le
Convent devant & aprés la
Ceremonie; il y eut le foir de
grandes illuminations, des fanfares , & un concert de Trompettes , Hautbois & autres Inf
Bb iij
294 MERCURE
trumens qui fervent à rendr
une Ceremonie plus pompeu
fe. Le Lundy 17. Mars fuivant
Mr l'Archevêque de Lyon be
nit la même Abbeffe dans l'Eglife de Saint Pierre qui eftoit
magnifiquement ornée de tentures de velours cramoifi vio
let , avec quantité de feftons
chargez d'écuffons aux Armés
de la Maiſon de Coffe, de mê
me que l'Autel , où l'on voyoic
auffi les Armes de Mr l'Archevêque. Ce Prelat celebra une
grande Meffe qui fut chantée
par les Religieufes . Il avoit
pour Diacre & Sous- Diacre ,
*
GALANT 295
Ս.
E
5
5
Mr le Comte d'Albon Archi
diacre de Lyon , & Mr le Com,
te de Chantelau-la- Chaife , &
chacun de ces deux Meffieurs
eftoit accompagné de huit Miniftres inferieurs , c'est - à- dire
de quatre autres Diacres & de
quatreSoûdiacres. Mr le Com,
tede Genitines frere aînéde Mr
l'Evêque de Limoges & grand
Cuftode de l'Eglife de S. Jean,
& Mr le Comte de Chemé laValette neveu de Mr l'Arche
vêque & fon grand Preftre ,
accompagnez de Mrs Terraft
fon , & Chazeneuve Chevaliers de Saint Jean , eftorent les
Bb iiij
296 MERCURE
>
quatre Chapitres. Il y avoit
plufieurs autres Miniftres inferieurs. L'Abbeffe qu'on alloit
benir eftoit accompagnée de
M de Roftaing Abbeffe de
Chazaur , & de M de Châtil
lon Abbeffe de la Deferte ( ces
deux Abbayes font fituées
dans la Ville de Lyon ) & de
quantité de Religieuſes qui
avoient accompagné ces deux
Abbeffes. Mrs les Comtes de
Saint Jeanyvinrent en Corps ,
de même que Mrs du Confu
lat. Mr Trudaine alors Inten
dant de Lyon , & Mr le Prin.
ce d'Harcourt Y affifterent,
*
GALANT 297
it
it
锡
Mr de Pompone , ci-devand
Ambaffadeur de Venife , qui
eftoit à Lyon depuis quelques
jours , y affifta , mais incognito
de même que Mela Comteffe
de Soiffons , quifait fon féjour
dans cette Abbaye. Cette Cel
remonic une des plus brillan
tes qu'onait vûës depuis longtemps , fut fuivie d'un magni
fique repas que l'Abbcffc nous
vellement benite donna à cet
illuftre Clergé. Rien de ce que
la Saifon peut fournir de plus
délicat & de plus délicieux n'y
fur oublié. Ony admira une
profufion de toutes chofes
298 MERCURE
mais bien entendue. Le Deffert
fur tout fut magnifique. Aprés
le dîner on ouvrit les portes du
Convent à tous ceux qui voulurent y entrer
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Résumé : Prise de Possession de l'Abbaye de S. Pierre de Lyon, par Me de Brissac, [titre d'après la table]
Le 27 février, l'abbesse de Saint-Pierre de Lyon, tante du duc de Brissac, prit possession de l'abbaye. Quelques jours auparavant, elle avait reçu les bulles destinées à l'abbé Terrafson, official de Lyon et second custode de l'église paroissiale de Sainte-Croix. La cérémonie se déroula l'après-midi. Monsieur le comte de Saint-Georges, précenteur de l'église de Lyon et neveu de l'archevêque, conduisit l'abbesse au chapitre où toutes les religieuses étaient réunies. Monsieur l'official prononça un discours sur l'honneur de mettre en possession une abbesse d'un nom illustre et dont le mérite était universellement reconnu. La communauté fit procession du chapitre, suivie par l'abbesse accompagnée de ses officiers et de son clergé, conduite par Monsieur de Saint-Georges et ayant à sa droite Monsieur l'official. Elles firent le tour du cloître et des terreaux avant d'entrer par la grande porte de l'église paroissiale de Saint-Pierre. De retour dans ses appartements, l'abbesse offrit une collation aux invités. Les portes du couvent restèrent ouvertes toute la journée pour permettre aux visiteurs de voir la maison religieuse. Des feux d'artifice et des illuminations furent tirés avant et après la cérémonie, accompagnés de fanfares et d'un concert de trompettes et de hautbois. Le 17 mars suivant, l'archevêque de Lyon bénit l'abbesse dans l'église de Saint-Pierre, magnifiquement ornée de tentures de velours cramoisi violet et d'écussons aux armes de la maison de Cosse. Une grande messe fut chantée par les religieuses, avec Monsieur le comte d'Albon comme diacre et Monsieur le comte de Chantelau-la-Chaise comme sous-diacre. Plusieurs autres ministres inférieurs étaient présents. L'abbesse bénite fut accompagnée de Madame de Roffaing, abbesse de Chazaur, et de Madame de Châtillon, abbesse de la Déserte, ainsi que de nombreuses religieuses. Monsieur Trudaine, intendant de Lyon, et Monsieur le prince d'Harcourt assistèrent également à la cérémonie, ainsi que Monsieur de Pompone, ancien ambassadeur de Venise, et Madame la comtesse de Soissons. Cette cérémonie, l'une des plus brillantes vues depuis longtemps, fut suivie d'un magnifique repas offert par l'abbesse nouvellement bénite.
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3
p. 168-171
Régle artificielle du tems par M. Henri Sully. [titre d'après la table]
Début :
Nous annoncâmes dernierement un Livre, qui a pour Titre, / L'Auteur entre en matiere, par une petite dissertation sur la [...]
Mots clefs :
Dissertation, Horloges, Montres, Chapitres, Temps, Mécanique, Astronomie, Règles, Nature, Soleil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Régle artificielle du tems par M. Henri Sully. [titre d'après la table]
Nous annoncames dernierement
un
Livre , qui a pour Titre , Regle
artificielle du tems : Nous promimes d'en
donner l'Extrait ; c'est avec plaifir que
nous fatisfaifons
aujourd'hui
à nôtre
engagement Persuadéque c'eftfervir
le Public que de iny faire connoiftre un
Traité,qui a mérité l'approbation de l'Académie
des Sciente . Ce Livrefe trouve
chez Gregoire Dupuis rue S. Jacques a
La Fontaine d'Or. L'Auteur
novembre 1I
9:2
Chers Infans deBaccim
- ment
sablée
, α
fir
J
ci o vous qui de
ombreyrepo- se; Elle &
J
J
Cest de larmes de Vin :
1
DE
NOVEMBRE.
169
L
'Auteur entre en matiere , par une
petite differtation fur la conftruction
des Horloges & des Montres en
général : Il en donne une idée fort nette.
Le reste de fon ouvrage eft divifé
en dix Chapitres. Dans le premier , il
diftingue les differentes
efpeces
d'Horloges
& de
Montres , & enfeigne les
degrés
d'exactitude, qu'on doit attendre
de
chacune de ces
efpeces en particulier
, fuivant la Nature ou les Principes
de fa conftruction.
Le fecond Chapitre contient des
raifons tant. Phifiques que Méchaniques
; pourquoi les Montres de Poches
ne peuvent pas aller auffi
regulierement
que les Pendules, quelques perfections
que les plus habiles Ouvriers leurs
puiffent donner.
с
Leze , 4° &
Chapitres roulent
fur la divifion
naturelle &
artificielle
du Tems , fur la Nature du Tems vrai
& du
Tems moyen , ainfi
diftingué
par les
Aftronômes , & que
l'Autheur
aime mieux
appeller Tems
apparent
& Tems égal ; & fur le
moyen de
trouver ces Tems par le Soleil & par
les Etoilles fixes , avec toutes les pré-
Novembre 1717 .
P
170 LE MERCURE
cautions réquifes . Les matieres contenues
dans ces 5. 1ers Chapitres , font
traîtées avec beaucoup d'ordre & de
clarté ; & quoiqu'on y trouve un affez
grand nombre de traits de Phifique
,de Méchanique & d'Aftronômie,
qui ne foient pas à la portée de tout le
monde , l'Autheur a pourtant rendû
ces chofes trés faciles à entendre , à
ceux mêmes qui font les moins au fait
des ces fortes d'études .
Lefixiéme Chapitre traite de la maniere
de fe fervir du Tems apparent
& du Tems égal , pour bien regler les
Horloges & les Montres : On y trouve
plufieurs inftructions fort détaillées qui
conduifent à ces Opérations.
tre par
Les Chapitres 7. 8. contiennent des
difcours un peu moins arangés que ces
premiers , qui roulent fur le choix des
Montres , & ce qu'on en peut connoîl'effai
; on y apprend pourtant
plufieurs chofes qu'on ett bien aife de
ne pas ignorer. Le Chapitre 9e traite
de la Nature & de l'office du Reffort
fpiral dans les Montres de poches ,
avec les regles ou inftructions néceffaires
, pour fçavoir faire avancer ou
retarder le mouvement d'une Montre ,
DE NOVEMBRE. 171
felon qu'il en fera befoin . Les regles
contenues dans ce Chapitre , intereffent
toutes les Perfonnes qui ont des Mon
tres ; & on y trouve des remarques affez
curieufes fur la délicateffe de cette
operation. Le Chapitre 10 contient
quelques regles générales pour le ménagement
des Montres de poches; avec
quelques réflexions fur l'importance de
l'art de les raccommoder ; & fur les
abûs qui s'y commettent.
,
On trouve enfuite des remarques
de feu M. le Baron de Libnitz fut cer
ouvrage , & aprés , celles d'un Sçavant
Jefuite, regardans l'Equation du mouvement
du Soleil . Ces dernieres ont
excité l'Auteur à y répondre , pour
mettre cette matiere jufqu'ici affez embrouillée
, dans un plus beau jour .
Il conclut par la Defcription d'une
Montre de fon invention , qui eft
conftruite différemment des autres..
Comme ce Mémoire a efté prononcé
devant l'Ac . R. des Sçi . & qu'elle en
a porté fon jugement , qui eft plus circonftancié
que ceux qu'elle a coûtume
de donner en pareil rencontre ; je
ne puis donner une meilleure idée de
cette partie de l'ouvrage , qu'en rap-
Pij
172 LE MERCURE
portant le jugement même de l'Académie
, qui eft enſemble & un extrait
& une approbation.
un
Livre , qui a pour Titre , Regle
artificielle du tems : Nous promimes d'en
donner l'Extrait ; c'est avec plaifir que
nous fatisfaifons
aujourd'hui
à nôtre
engagement Persuadéque c'eftfervir
le Public que de iny faire connoiftre un
Traité,qui a mérité l'approbation de l'Académie
des Sciente . Ce Livrefe trouve
chez Gregoire Dupuis rue S. Jacques a
La Fontaine d'Or. L'Auteur
novembre 1I
9:2
Chers Infans deBaccim
- ment
sablée
, α
fir
J
ci o vous qui de
ombreyrepo- se; Elle &
J
J
Cest de larmes de Vin :
1
DE
NOVEMBRE.
169
L
'Auteur entre en matiere , par une
petite differtation fur la conftruction
des Horloges & des Montres en
général : Il en donne une idée fort nette.
Le reste de fon ouvrage eft divifé
en dix Chapitres. Dans le premier , il
diftingue les differentes
efpeces
d'Horloges
& de
Montres , & enfeigne les
degrés
d'exactitude, qu'on doit attendre
de
chacune de ces
efpeces en particulier
, fuivant la Nature ou les Principes
de fa conftruction.
Le fecond Chapitre contient des
raifons tant. Phifiques que Méchaniques
; pourquoi les Montres de Poches
ne peuvent pas aller auffi
regulierement
que les Pendules, quelques perfections
que les plus habiles Ouvriers leurs
puiffent donner.
с
Leze , 4° &
Chapitres roulent
fur la divifion
naturelle &
artificielle
du Tems , fur la Nature du Tems vrai
& du
Tems moyen , ainfi
diftingué
par les
Aftronômes , & que
l'Autheur
aime mieux
appeller Tems
apparent
& Tems égal ; & fur le
moyen de
trouver ces Tems par le Soleil & par
les Etoilles fixes , avec toutes les pré-
Novembre 1717 .
P
170 LE MERCURE
cautions réquifes . Les matieres contenues
dans ces 5. 1ers Chapitres , font
traîtées avec beaucoup d'ordre & de
clarté ; & quoiqu'on y trouve un affez
grand nombre de traits de Phifique
,de Méchanique & d'Aftronômie,
qui ne foient pas à la portée de tout le
monde , l'Autheur a pourtant rendû
ces chofes trés faciles à entendre , à
ceux mêmes qui font les moins au fait
des ces fortes d'études .
Lefixiéme Chapitre traite de la maniere
de fe fervir du Tems apparent
& du Tems égal , pour bien regler les
Horloges & les Montres : On y trouve
plufieurs inftructions fort détaillées qui
conduifent à ces Opérations.
tre par
Les Chapitres 7. 8. contiennent des
difcours un peu moins arangés que ces
premiers , qui roulent fur le choix des
Montres , & ce qu'on en peut connoîl'effai
; on y apprend pourtant
plufieurs chofes qu'on ett bien aife de
ne pas ignorer. Le Chapitre 9e traite
de la Nature & de l'office du Reffort
fpiral dans les Montres de poches ,
avec les regles ou inftructions néceffaires
, pour fçavoir faire avancer ou
retarder le mouvement d'une Montre ,
DE NOVEMBRE. 171
felon qu'il en fera befoin . Les regles
contenues dans ce Chapitre , intereffent
toutes les Perfonnes qui ont des Mon
tres ; & on y trouve des remarques affez
curieufes fur la délicateffe de cette
operation. Le Chapitre 10 contient
quelques regles générales pour le ménagement
des Montres de poches; avec
quelques réflexions fur l'importance de
l'art de les raccommoder ; & fur les
abûs qui s'y commettent.
,
On trouve enfuite des remarques
de feu M. le Baron de Libnitz fut cer
ouvrage , & aprés , celles d'un Sçavant
Jefuite, regardans l'Equation du mouvement
du Soleil . Ces dernieres ont
excité l'Auteur à y répondre , pour
mettre cette matiere jufqu'ici affez embrouillée
, dans un plus beau jour .
Il conclut par la Defcription d'une
Montre de fon invention , qui eft
conftruite différemment des autres..
Comme ce Mémoire a efté prononcé
devant l'Ac . R. des Sçi . & qu'elle en
a porté fon jugement , qui eft plus circonftancié
que ceux qu'elle a coûtume
de donner en pareil rencontre ; je
ne puis donner une meilleure idée de
cette partie de l'ouvrage , qu'en rap-
Pij
172 LE MERCURE
portant le jugement même de l'Académie
, qui eft enſemble & un extrait
& une approbation.
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4
p. 332-337
Histoire moderne, ou état present de tous les Peuples du monde, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE MODERNE, ou Etat present de tous les Peuples du [...]
Mots clefs :
Histoire moderne, Peuples du monde, Traduction de l'anglais, Tableau du genre humain, Chapitres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire moderne, ou état present de tous les Peuples du monde, &c. [titre d'après la table]
HISTOIRE MODERNE , ou Etat present
'de tous les Peuples du Monde , &c. Traduit de l'Anglois de M. Salmon , enrichi de Remarques , de Cartes Géographiques et figures en Taille douce. Tome I.
premiere Pattie , contenant une Description de l'Etat présent de l'Empire de la
Chine. A Amsterdam , chez Isaac Tirion ,
1730. grand in 8. de 276. pages , sans les
Préfaces et la Table.
Dans la composition de ce Tableau du
Genre humain , l'Auteur traite de chaque
Peuple ou Etat dans dix Chap. sçavoir :
1. La situation et étendue de chaque
Royaume ou Etat particulier ; les diverses
Provinces dans lesquelles on divise chaque
Etat en particulier; avec une Description
exacte des principales Rivieres , Canaux,
Lacs et Fontaines qui les arrosent.
2. Les Villes , Forteresses , Palais , Bâtimens publics , Maisons et Meubles.
3. Le genie , le temperamment , la taille ,
les inclinations , l'air et l'habillement de
chaque Peuple enparticulier, avec leurs Festins leurs Divertissemens , leurs Fêtes, leurs
Visites
FEVRIER. 1732. 333
Visites , leurs Ceremonies > leurs Chemins
publics , leurs Postes , leur maniere de voya
ger et de transporter les Marchandises.
4. Leurs Manufactures , leur Commerce
et leur Navigation.
5. L'Agriculture, le Labourage , la Nature des Terres , les Plantes , les Animaux
et Mineraux.
6. Leurs Sciences , leurs Charges , leurs
'Arts Liberaux et Méchaniques , leur Langue , leurs Lettres , leur Histoire , leur Chronologie.
7. La Cour du Prince , les Revenus , les
Forces , les Prérogatives , la Succession à
la Couronne , les Cours de Justice , les Magistrats , les Loix , Coûtumes et Punitions
les Monnoyes , les Poids et Mesures.
3
8. La Religion , les Temples et les Superstitions.
9. Les Mariages , les femmes mariées et
les filles , les enfans et les Esclaves.
10. Les Funerailles , le deuil , les Sépulchres , &c.
Cet immense Projet , qui n'avoit encore été entrepris par personne , sera ,
dit-on ici , encore mieux executé dans la
Traduction Françoise , parce qu'on y a
fait plusieurs Remarques et même des
Additions , tirées d'Auteurs estimez , et
qui avoient échappé à l'Auteur , M. Salmont
334 MERCURE DE FRANCE
mon lui-même et à M. Goch , qui avoit
déja enrichi de Remarques la Traduction
Hollandoise.
On apprend dans les Nouvelles Litte
raires de la premiere Partie de ce Volume, que les Jardiniers du voisinage de
Londres , ont formé une Societé pour se
perfectionner dans leur Art , ce qui est une chose extrémement loüable , et qui
devroit être imitée. Ils s'assemblent tous
·les mois à Chelsey et se communiquent les
Plantes et les Fleurs de la saison , et recherchent leurs proprietez et la maniere de les cultiver. Ils s'attachent sur tout
à celles qu'on kur envoye des Pays Etan--
gers, particulierement des Indes, et qu'ils
ont trouvé le moyen d'élever dans ce climat. Ils tiennent Registre de leurs Observations ; et comme plusieurs personnes de consideration se plaisent à cette
espece d'étude , on les a engagez à rendre ces Observations publiques. Eiles feront quatre petits volumes in folio. Le
premier paroît actuellement sous ce titre :
Catalogue des Arbres , des Arbrisseaux
des Plantes et des Fleurs , tant étrangeras
que domestiques , qu'on éleve pour vendre ,
dats les Jardins proche de Londres ; divisé
en plusieurs Livres ou Parties , où les
Plantés sont rangées par ordre alphabe-
>
tique
FEVRIER. 1732. 339
tique. On y a ajoûté le caractere des genres , et toutes les especes particulieres
qu'on trouve dans les Pépinieres près de
Londres , et la maniere de les cultiver.
Ce volume contient 21. Planches enluminées.
*
L'Ouvrage sera plus curieux et beaucoup plus utileque ce que prépare M.Sale,
Avocat , suivant les mêmes Nouvelles
Litteraires , page 229. sçavoir , une Traduction Angloise de l'Alcoran , faite sur
l'Original, avec des Remarques , &c.
malgré la vaine et témeraire confiance.
qu'il fait paroître , en disant qu'il n'y a
que les Protestans qui puissent combattre
le Mahometisme avec succès. Il met le
comble à l'égarement , quand il ajoute
que c'est à eux que la Providence a réservé la gloire de le détruire.
Les Nouvelles Litteraires de la seconde Partie du même Tome , contiennent
un article qui mérite d'être rapporté. De
Londres. L'ancien Langage Arménien est
presque inconnu en Europe ; à peine est- il entendu des Arméniens modernes. La
Version Arménienne de la Bible , faite
environ l'an 420, avec beaucoup de fi
delité et d'exactitude , ne se trouve dans
*Nom imposant qui ne signifie rien. Ce Traducteur a-t'il va l'Original de l'Alcoran ? &c.
aucune
>
336 MERCURE DE FRANCE
aucune Polyglotte. Il y a plusieurs autres
Livres dans cette Langue qui méritent
d'être connus. Deux fils de M. Whiston ,
se proposent d'en publier quelques- uns.
Ils ont fait fondre exprès des Caracteres
Arméniens , et ils vont commencer par
le Livre suivant : Mosis Choronensis Historia Armenica Libri III. Accedit ejusdem
Scriptoris Epitome Geographia. Armeniacè
ediderunt , Latinè verterunt , notis illustrarunt Guillelmus et Georgius , Gul.
Whistoni Filii.
,
Cet Ouvrage est divisé en III . Livres
dont le premier contient l'Histoire de
l'Arménie , depuis la dispersion de Babel
jusqu'à Alexandre le Grand.Le II. s'étend
jusqu'à la Mort de Tiridate , environ
l'an 300. Et le III. jusqu'au milieu du
V. siecle ,> où cet Auteur vivoit. L'Original a été imprimé à Amsterdam en
1695. par les soins d'un Archevêque Arménien. Mrs. Whiston l'accompagneront
d'une Version Latine , et de courtes Remarques , où ils citeront les Auteurs qui
éclaircissent , confirment ou contredisent
les faits rapportez par celui-cy. Son Livre est d'autant plus curieux et instructif, que c'est le seul qui nous donne une
juste idée de l'ancien état de la Nation
Arménienne, et qu'il est fondé sur de bonnes autoritez.
FEVRIER 1732 337
Le petit Traité de Géographie est recommandable , non- seulement en ce qu'il
nous a conservé plusieurs noms Orien- taux , mais parce que c'est l'Extrait d'un
Ouvrage de Pappus d'Alexandrie , cité
par Suidas , qui s'est perdu. Ce Livre s'imprime par Souscriptions. Il contiendra 40
ou so. feuilles in 4. Le prix est de douze
Shillins , dont moitié d'avance et le reste
en recevant un Exemplaire,
'de tous les Peuples du Monde , &c. Traduit de l'Anglois de M. Salmon , enrichi de Remarques , de Cartes Géographiques et figures en Taille douce. Tome I.
premiere Pattie , contenant une Description de l'Etat présent de l'Empire de la
Chine. A Amsterdam , chez Isaac Tirion ,
1730. grand in 8. de 276. pages , sans les
Préfaces et la Table.
Dans la composition de ce Tableau du
Genre humain , l'Auteur traite de chaque
Peuple ou Etat dans dix Chap. sçavoir :
1. La situation et étendue de chaque
Royaume ou Etat particulier ; les diverses
Provinces dans lesquelles on divise chaque
Etat en particulier; avec une Description
exacte des principales Rivieres , Canaux,
Lacs et Fontaines qui les arrosent.
2. Les Villes , Forteresses , Palais , Bâtimens publics , Maisons et Meubles.
3. Le genie , le temperamment , la taille ,
les inclinations , l'air et l'habillement de
chaque Peuple enparticulier, avec leurs Festins leurs Divertissemens , leurs Fêtes, leurs
Visites
FEVRIER. 1732. 333
Visites , leurs Ceremonies > leurs Chemins
publics , leurs Postes , leur maniere de voya
ger et de transporter les Marchandises.
4. Leurs Manufactures , leur Commerce
et leur Navigation.
5. L'Agriculture, le Labourage , la Nature des Terres , les Plantes , les Animaux
et Mineraux.
6. Leurs Sciences , leurs Charges , leurs
'Arts Liberaux et Méchaniques , leur Langue , leurs Lettres , leur Histoire , leur Chronologie.
7. La Cour du Prince , les Revenus , les
Forces , les Prérogatives , la Succession à
la Couronne , les Cours de Justice , les Magistrats , les Loix , Coûtumes et Punitions
les Monnoyes , les Poids et Mesures.
3
8. La Religion , les Temples et les Superstitions.
9. Les Mariages , les femmes mariées et
les filles , les enfans et les Esclaves.
10. Les Funerailles , le deuil , les Sépulchres , &c.
Cet immense Projet , qui n'avoit encore été entrepris par personne , sera ,
dit-on ici , encore mieux executé dans la
Traduction Françoise , parce qu'on y a
fait plusieurs Remarques et même des
Additions , tirées d'Auteurs estimez , et
qui avoient échappé à l'Auteur , M. Salmont
334 MERCURE DE FRANCE
mon lui-même et à M. Goch , qui avoit
déja enrichi de Remarques la Traduction
Hollandoise.
On apprend dans les Nouvelles Litte
raires de la premiere Partie de ce Volume, que les Jardiniers du voisinage de
Londres , ont formé une Societé pour se
perfectionner dans leur Art , ce qui est une chose extrémement loüable , et qui
devroit être imitée. Ils s'assemblent tous
·les mois à Chelsey et se communiquent les
Plantes et les Fleurs de la saison , et recherchent leurs proprietez et la maniere de les cultiver. Ils s'attachent sur tout
à celles qu'on kur envoye des Pays Etan--
gers, particulierement des Indes, et qu'ils
ont trouvé le moyen d'élever dans ce climat. Ils tiennent Registre de leurs Observations ; et comme plusieurs personnes de consideration se plaisent à cette
espece d'étude , on les a engagez à rendre ces Observations publiques. Eiles feront quatre petits volumes in folio. Le
premier paroît actuellement sous ce titre :
Catalogue des Arbres , des Arbrisseaux
des Plantes et des Fleurs , tant étrangeras
que domestiques , qu'on éleve pour vendre ,
dats les Jardins proche de Londres ; divisé
en plusieurs Livres ou Parties , où les
Plantés sont rangées par ordre alphabe-
>
tique
FEVRIER. 1732. 339
tique. On y a ajoûté le caractere des genres , et toutes les especes particulieres
qu'on trouve dans les Pépinieres près de
Londres , et la maniere de les cultiver.
Ce volume contient 21. Planches enluminées.
*
L'Ouvrage sera plus curieux et beaucoup plus utileque ce que prépare M.Sale,
Avocat , suivant les mêmes Nouvelles
Litteraires , page 229. sçavoir , une Traduction Angloise de l'Alcoran , faite sur
l'Original, avec des Remarques , &c.
malgré la vaine et témeraire confiance.
qu'il fait paroître , en disant qu'il n'y a
que les Protestans qui puissent combattre
le Mahometisme avec succès. Il met le
comble à l'égarement , quand il ajoute
que c'est à eux que la Providence a réservé la gloire de le détruire.
Les Nouvelles Litteraires de la seconde Partie du même Tome , contiennent
un article qui mérite d'être rapporté. De
Londres. L'ancien Langage Arménien est
presque inconnu en Europe ; à peine est- il entendu des Arméniens modernes. La
Version Arménienne de la Bible , faite
environ l'an 420, avec beaucoup de fi
delité et d'exactitude , ne se trouve dans
*Nom imposant qui ne signifie rien. Ce Traducteur a-t'il va l'Original de l'Alcoran ? &c.
aucune
>
336 MERCURE DE FRANCE
aucune Polyglotte. Il y a plusieurs autres
Livres dans cette Langue qui méritent
d'être connus. Deux fils de M. Whiston ,
se proposent d'en publier quelques- uns.
Ils ont fait fondre exprès des Caracteres
Arméniens , et ils vont commencer par
le Livre suivant : Mosis Choronensis Historia Armenica Libri III. Accedit ejusdem
Scriptoris Epitome Geographia. Armeniacè
ediderunt , Latinè verterunt , notis illustrarunt Guillelmus et Georgius , Gul.
Whistoni Filii.
,
Cet Ouvrage est divisé en III . Livres
dont le premier contient l'Histoire de
l'Arménie , depuis la dispersion de Babel
jusqu'à Alexandre le Grand.Le II. s'étend
jusqu'à la Mort de Tiridate , environ
l'an 300. Et le III. jusqu'au milieu du
V. siecle ,> où cet Auteur vivoit. L'Original a été imprimé à Amsterdam en
1695. par les soins d'un Archevêque Arménien. Mrs. Whiston l'accompagneront
d'une Version Latine , et de courtes Remarques , où ils citeront les Auteurs qui
éclaircissent , confirment ou contredisent
les faits rapportez par celui-cy. Son Livre est d'autant plus curieux et instructif, que c'est le seul qui nous donne une
juste idée de l'ancien état de la Nation
Arménienne, et qu'il est fondé sur de bonnes autoritez.
FEVRIER 1732 337
Le petit Traité de Géographie est recommandable , non- seulement en ce qu'il
nous a conservé plusieurs noms Orien- taux , mais parce que c'est l'Extrait d'un
Ouvrage de Pappus d'Alexandrie , cité
par Suidas , qui s'est perdu. Ce Livre s'imprime par Souscriptions. Il contiendra 40
ou so. feuilles in 4. Le prix est de douze
Shillins , dont moitié d'avance et le reste
en recevant un Exemplaire,
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Résumé : Histoire moderne, ou état present de tous les Peuples du monde, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une œuvre intitulée 'HISTOIRE MODERNE, ou Etat présent de tous les Peuples du Monde', traduite de l'anglais par M. Salmon. Publiée à Amsterdam en 1730, cette première partie se concentre sur l'Empire de la Chine et est structurée en dix chapitres. Ces chapitres abordent divers aspects de la Chine, incluant la géographie, les villes et bâtiments, les caractéristiques des peuples, les manufactures et le commerce, l'agriculture, les sciences et arts, la cour du prince, la religion, les mariages et les funérailles. L'ouvrage est enrichi de remarques, cartes géographiques et figures, ainsi que d'additions tirées d'auteurs estimés, absentes des versions originales de M. Salmon et de M. Goch. Par ailleurs, les Nouvelles Littéraires rapportent la création d'une société de jardiniers près de Londres, qui se perfectionnent dans leur art et publient un catalogue des plantes. Un avocat nommé M. Sale prépare également une traduction de l'Alcoran, bien que son approche soit critiquée. Le texte mentionne également la publication d'ouvrages en langue arménienne, notamment une histoire de l'Arménie par Mosis Choronensis, traduite et annotée par les fils de M. Whiston. Un petit traité de géographie, extrait d'un ouvrage perdu de Pappus d'Alexandrie, est également mentionné.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 82-87
LE CONSOLATEUR, pour servir de réponse à la Théorie de l'Impôt, & autres Ecrits sur l'Economie politique ; par M. de S. Suplix. A Bruxelles, & se trouve à Paris, chez Valleyre pere, rue S. Severin, vis-à-vis le Portail de l'Eglise, à l'Annonciation, 1763. un volume in-12 .
Début :
QUATORZE Chapitres composent ce Volume, qui est, comme on le voit [...]
Mots clefs :
Auteur, Théorie, Chapitres, Tabac, Agriculture, Économie politique, Théorie de l'impôt
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE CONSOLATEUR, pour servir de réponse à la Théorie de l'Impôt, & autres Ecrits sur l'Economie politique ; par M. de S. Suplix. A Bruxelles, & se trouve à Paris, chez Valleyre pere, rue S. Severin, vis-à-vis le Portail de l'Eglise, à l'Annonciation, 1763. un volume in-12 .
LE CONSOLATEUR , pour fervir de
réponse à la Théorie de l'Impôt , &
autres Ecrits fur l'Economie politique;
par M. de S. Suplix. A Bruxelles
, & fe trouve à Paris , chez Valleyre
pere , rue S. Severin , vis - à-vis le
Portail de l'Eglife , à l'Annonciation.
1763. un volume in -12 .
Q
JATORZE Chapitres compofent ce
Volume , qui eft , comme on le voit
SEPTEMBRE. 1763. 83
par le titre , une réfutation de plufieurs
Ouvrages qui ont paru dans les derniers
temps fur l'Economie politique ,
& en particulier du Livre fameux de la
Théorie de l'Impôt.
Les deux premiers Chapitres traitent
de l'Agriculture à laquelle, depuis quelques
années , le Public paroît donner
toute fon attention . L'Auteur ne veut
pas qu'on néglige cet Art ; mais il s'éléve
avec force contre les Ecrivains qui
prétendent qu'il n'eft point affez cultivé
en France ; & il fait voir que s'il eft trèsutile
, il n'eft certainement pas le feul
néceffaire.
La population fait la matière des deux
Chapitres fuivans. Un Auteur moderne
a prétendu que l'Agriculture eft la fource
de la population ; & comme il veut que
' Agriculture foit diminuée en France ,
en conféquence il diminue les habitans
du Royaume. Non-feulement on a prouvé
dans les deux premiers Chapitres que
Agriculture étoit toujours la même ,
mais on montre encore que cet Art ,
quoique le plus utile aux hommes , n'eft
cependant pas le plus favorable à la population
, à ne l'envifager que dans la
culture des grains.
Le cinquiéme chapitre préfente des
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
calculs fur les revenus de la Nation , dans
lefquels on combat encore fortement les
opinions de l'Auteur de la Théorie de
P'Impôt ; car c'eft à lui qu'on en veut
principalement dans cette nouvelle réfutation
; comme on peur le voir encore
par le Titre du Chapitre fuivant : Tableau
des revenus du territoire du Royaume ,
dans un état de profpérité: Parl'Auteur
de la Théorie de l'Impôt. Et remarques
fur ce Tableau. Ces remarques ont pour
objet de prouver que le Tableau en quef.
tion eft extraordinairement exagéré.
Les prohibitions & privilèges exclufifs
font traités dans deux Chapitres. On
juge bien que M. de Mirabeau s'étant éle--
ve fortement contre ces fortes de privi--
lèges , fon adverfaire en prendra la dé--
fenfe; mais ily met des reftrictions.
La forme des impôts , telle qu'elle eft
établie aujourd'hui en France , eft trèsancienne
. Les abus s'y font gliffés par
gradation, il eft néceffaire de les corriger;
mais pour le faire fans danger , dit notre
Auteur , il faut que ce foit peu -à - peu ;
rien de fi périlleux que les changemens.
fubits ; c'étoit le fentiment de M. Colbert.
l'Auteur de la Théorie de l'impôt veut aller
plus vite , & c'eft encore pour le réfuter
dans cette partie de fon Ouvrage,queSEPTEMBRE
. 1763 . 84
T'on employe ici un Chapitre entier , qui
fait le neuvième du Livre que nous annonçons
..
Le dixiéme eft intitulé : L'Auteur de
la Théorie de l'Impôt veut rendre le fel
& le tabac marchands : projet que l'on
a déja tenté inutilement. Ce Chapitre préfente
des faits curieux ; & l'on fera
peut être bien-aife de trouver ici les
progrès du tabac. Cette plante s'appelloit
originairement Petun , & fut apportée
en France fous le régne de
François Second , par Jean Nicot
Ambaffadeur en Portugal. Infenfiblement
fa vertu féduifit au point que
vers l'an 1629 il en entroit fi confidérablement
dans le Royaume , que cela
at ira l'attention du Gouvernement. On
mit une taxe de trente fals par livre dé
droit à fon entrée dans le Royaume ;
mais en même temps pour favorifer
l'établiffement des Colonies Françoifes ,
tous les tabacs qui en provenoient
étoient exempts de droits. Ce droit fut
enfuite diminué & fixé à vingt fols.
Enfin la vente exclufive en fut accordée
à un Fermier , en 1674 , avec les
droits. fur l'étain , pour la fomme de cinq
cens mille livres pendant les deux premières
années , & pour fix cens mille
86 MERCURE DE FRANCE.
livres pendant les quatre autres. Le prix
du tabac du Royaume fut fixé à vingt
fols en gros , & à vingt- cinq en détail.
Le prix du tabac étranger à quarante fols
en gros , & à cinquante en détail . En
1718 , la Compagnie d'Occident s'en
chargea fur le pied de quatre millions
deux cens mille livres par an ; à condition
de tirer de nos Colonies des tabacs
à fumer & à raper , & d'én favorifer la
culture. Le prix du tabac fut fixé à quarante
fols en gros , & à cinquante fols
en détail , & les qualités à proportion.
En 1719 le droit fur le tabac fut converti
en droits d'entrée , avec défenſe
d'en planter dans le Royaume. Enfin la
trifte révolution du fyftême mina cette
Compagnie , & replongea dans l'anéantiffement
le commerce du Tabac , & la
culture de la Colonie de la Louifiane .La
yente exclufive fut rétablie en faveur
de Duverdier , qui fut obligé de réfilier
fon bail en 1723 à la Compagnie des
Indes , moyennant quatre-vingt millions
qu'elle avança au Roi. Enfin le
privilége fut réuni en 1730 aux Fermes
qui en font restées en poffeffion depuis
ce temps.
Sans entrer dans aucun détail fur les autres
Chapitres qui traitent du droit d'auSEPTEMBRE.
1763. 87
baine, de la Finance, du reverſement & de
la circulation , il eft aifé de voir que
l'Auteur de ce nouvel Ouvrage fe propofe
partout de combattre les opinions
de M. de Mirabeau. Ce n'eft point à
nous à juger des raifons alléguées de
part & d'autre pour défendre leur fyftême.
Nous nous bornerons à dire que
le nouvel Auteur écrit avec méthode ,
clarté , intérêt & précision.
réponse à la Théorie de l'Impôt , &
autres Ecrits fur l'Economie politique;
par M. de S. Suplix. A Bruxelles
, & fe trouve à Paris , chez Valleyre
pere , rue S. Severin , vis - à-vis le
Portail de l'Eglife , à l'Annonciation.
1763. un volume in -12 .
Q
JATORZE Chapitres compofent ce
Volume , qui eft , comme on le voit
SEPTEMBRE. 1763. 83
par le titre , une réfutation de plufieurs
Ouvrages qui ont paru dans les derniers
temps fur l'Economie politique ,
& en particulier du Livre fameux de la
Théorie de l'Impôt.
Les deux premiers Chapitres traitent
de l'Agriculture à laquelle, depuis quelques
années , le Public paroît donner
toute fon attention . L'Auteur ne veut
pas qu'on néglige cet Art ; mais il s'éléve
avec force contre les Ecrivains qui
prétendent qu'il n'eft point affez cultivé
en France ; & il fait voir que s'il eft trèsutile
, il n'eft certainement pas le feul
néceffaire.
La population fait la matière des deux
Chapitres fuivans. Un Auteur moderne
a prétendu que l'Agriculture eft la fource
de la population ; & comme il veut que
' Agriculture foit diminuée en France ,
en conféquence il diminue les habitans
du Royaume. Non-feulement on a prouvé
dans les deux premiers Chapitres que
Agriculture étoit toujours la même ,
mais on montre encore que cet Art ,
quoique le plus utile aux hommes , n'eft
cependant pas le plus favorable à la population
, à ne l'envifager que dans la
culture des grains.
Le cinquiéme chapitre préfente des
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
calculs fur les revenus de la Nation , dans
lefquels on combat encore fortement les
opinions de l'Auteur de la Théorie de
P'Impôt ; car c'eft à lui qu'on en veut
principalement dans cette nouvelle réfutation
; comme on peur le voir encore
par le Titre du Chapitre fuivant : Tableau
des revenus du territoire du Royaume ,
dans un état de profpérité: Parl'Auteur
de la Théorie de l'Impôt. Et remarques
fur ce Tableau. Ces remarques ont pour
objet de prouver que le Tableau en quef.
tion eft extraordinairement exagéré.
Les prohibitions & privilèges exclufifs
font traités dans deux Chapitres. On
juge bien que M. de Mirabeau s'étant éle--
ve fortement contre ces fortes de privi--
lèges , fon adverfaire en prendra la dé--
fenfe; mais ily met des reftrictions.
La forme des impôts , telle qu'elle eft
établie aujourd'hui en France , eft trèsancienne
. Les abus s'y font gliffés par
gradation, il eft néceffaire de les corriger;
mais pour le faire fans danger , dit notre
Auteur , il faut que ce foit peu -à - peu ;
rien de fi périlleux que les changemens.
fubits ; c'étoit le fentiment de M. Colbert.
l'Auteur de la Théorie de l'impôt veut aller
plus vite , & c'eft encore pour le réfuter
dans cette partie de fon Ouvrage,queSEPTEMBRE
. 1763 . 84
T'on employe ici un Chapitre entier , qui
fait le neuvième du Livre que nous annonçons
..
Le dixiéme eft intitulé : L'Auteur de
la Théorie de l'Impôt veut rendre le fel
& le tabac marchands : projet que l'on
a déja tenté inutilement. Ce Chapitre préfente
des faits curieux ; & l'on fera
peut être bien-aife de trouver ici les
progrès du tabac. Cette plante s'appelloit
originairement Petun , & fut apportée
en France fous le régne de
François Second , par Jean Nicot
Ambaffadeur en Portugal. Infenfiblement
fa vertu féduifit au point que
vers l'an 1629 il en entroit fi confidérablement
dans le Royaume , que cela
at ira l'attention du Gouvernement. On
mit une taxe de trente fals par livre dé
droit à fon entrée dans le Royaume ;
mais en même temps pour favorifer
l'établiffement des Colonies Françoifes ,
tous les tabacs qui en provenoient
étoient exempts de droits. Ce droit fut
enfuite diminué & fixé à vingt fols.
Enfin la vente exclufive en fut accordée
à un Fermier , en 1674 , avec les
droits. fur l'étain , pour la fomme de cinq
cens mille livres pendant les deux premières
années , & pour fix cens mille
86 MERCURE DE FRANCE.
livres pendant les quatre autres. Le prix
du tabac du Royaume fut fixé à vingt
fols en gros , & à vingt- cinq en détail.
Le prix du tabac étranger à quarante fols
en gros , & à cinquante en détail . En
1718 , la Compagnie d'Occident s'en
chargea fur le pied de quatre millions
deux cens mille livres par an ; à condition
de tirer de nos Colonies des tabacs
à fumer & à raper , & d'én favorifer la
culture. Le prix du tabac fut fixé à quarante
fols en gros , & à cinquante fols
en détail , & les qualités à proportion.
En 1719 le droit fur le tabac fut converti
en droits d'entrée , avec défenſe
d'en planter dans le Royaume. Enfin la
trifte révolution du fyftême mina cette
Compagnie , & replongea dans l'anéantiffement
le commerce du Tabac , & la
culture de la Colonie de la Louifiane .La
yente exclufive fut rétablie en faveur
de Duverdier , qui fut obligé de réfilier
fon bail en 1723 à la Compagnie des
Indes , moyennant quatre-vingt millions
qu'elle avança au Roi. Enfin le
privilége fut réuni en 1730 aux Fermes
qui en font restées en poffeffion depuis
ce temps.
Sans entrer dans aucun détail fur les autres
Chapitres qui traitent du droit d'auSEPTEMBRE.
1763. 87
baine, de la Finance, du reverſement & de
la circulation , il eft aifé de voir que
l'Auteur de ce nouvel Ouvrage fe propofe
partout de combattre les opinions
de M. de Mirabeau. Ce n'eft point à
nous à juger des raifons alléguées de
part & d'autre pour défendre leur fyftême.
Nous nous bornerons à dire que
le nouvel Auteur écrit avec méthode ,
clarté , intérêt & précision.
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