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1
p. 18-48
LE CORRESPONDANT DE LA GUINGUETTE.
Début :
Les vendanges ont été si abondantes cette année qu'un [...]
Mots clefs :
Vendanges, Vin, Médecin, Vérole, Femme, Fille, Servante, Mère, Bourgeoise, Guinguette, Ami, Valet, Ivresse, Mari, Ivrogne, Habit
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texteReconnaissance textuelle : LE CORRESPONDANT DE LA GUINGUETTE.
LE CORRESPONDANT
DELA
GUINGUETTE. LES
vendanges ont écc
ii abondantes cette année
qu'un paysan d'Argenteuil
a recueilli dans un seul demy
arpent de vignes quatorze
muids de vin ,
la
Posterité biberonne aimera
mieux voir cette remarque
dans nos registres,que
l'époque du grand hyver,
& des débordemens d'eau.
Le vin ne vaut plus que
trois fols à la guinguette,
& cette abandance me
fournira des mémoires
pour les articles burlesques
du Mercure,il ne me
suffit pas d'avoir des Correspondans
dans les pays
étrangers, & dans les Pro.
vinees;j'en ai un tresassidu
les fêtes & Dimanches
aux assemblées de la
Courtille, Pentin,Vaugirard
& autres pays de la
Banlieuë:ony aprend nonseulement
l'interieur des,
familles bourgeoises, mais,
encore ce qui se passe dans,
les grandes maisons.
Baccus toujours sincere &'
quelquefois malin,
Seplaîtàpublier le long d'un
grand chemin
Lefoir au retour des Guinguettes
Les intrigues les plussecretes
De l'artisan
,
du bas bourgeoJs,
Il méditmême quelquefois
Delaplus haute bourgeoise ,
Sa temeraire frmtfîe
Des plus qllallfieZ rende,
les Secrets;
Nefait-il pas parlerserventes
& valets,
Des bijoutiers, des Revendeujes,
Des Tailleurs &des Accouchensest?
Une Revendeuse, &:
le valet d'un vieux Medecin
buvoient ensemble à
la grandepinte:la revendeuse
se réjouissoit de ce
que la petite verole est
presque finie dans Paris,
& le valet du Medecins'en
affligeoit pour son maicre;.
larevendeuse luiracontoit
à cette occasion les erreurs
de la plupart des femmes
sur , tout ce qui peut apporter
dans une maison l'air
de la petite verole, &cela
lui avoit fait grand tort,
disoit-elle
; car les Dames
croyoient trouver la petite
verole jusques dans les
dentelles que je leur
-
portois. Cela n'est pas si
mal fondé, lui disoit le
valet; car le mauvais air
(k met dans le linge, dans
les habits, dans les perruques,
& voici ce qui est.
arrivé àmon maître.
Une bourgeoise jeune
& jolie craignant la
petite verole, comme
de raison : mais un peu
plus Qu'une femme raisonnable
ne la doit
craindre,prenoit pour
petite verole la moindre
émotion, la moindre
vapeur, elle croyoit
à chaque instant sentir
la fièvre,&C l'avoit
peut-êtrede peur, eltercroyoitêtre
prise. Son
premier mouvement
fut d'envoyer vîte au
Medecin:mais faisant
reflexion que les Medecins
portent aveceux
l'airde la petite vero le,
elle resolutde se passer
de Medecin, on en fit,
pourtantvenirunon le,
conduisit d'abord dans
la chambre d'une servante
malade, en at-.
tendant qu'ondisposeroit
roit la maitresse à le
voir, & elle ne voulut
absolument point le
recevoir qu'iln'eût ôté
sa peruque &ses habits,
mais ,lui dit-on, un
vieux Medecin dépouillé
vous fera encore plus
de peur que la petite
verole. Il est vray, rcpandit-
elle,mais qu'il
prenne quelque habit
dans la maison. Il ne se
trouva point d'habit
vacant; le Medecin étoit
presse; on le travestit
de ce qui se presenta
dans la chambre de la
servante, de sa jupe, de
son manteau 8c de ses
cornettes, dont on le
coëssacomme on put.
Danscetequipage il
fut reçu de la bourgeoise,
&s'affit auprés
de sonlit pour lui tâter
le pouls.
Il faut sçavoir que la
servante étoit au lit de
son côté pour avoir été
excedée de coups par la
belle-mere de la bourgeoise.
Cette belle-mere
étoit une grand 'femme
seiches,billeuse, accariatre
& brutale,qui affommoit
ses valets pour
le moindre sujet,& elle
en avoit eu un essentiel
de battre la servante:
aussi luiavoit-elle juré
qu'elle la mettroit sur
le grabat pour un mois,
& lui avoit dessendu
d'entrer dans la chambre
de sabru. Quelle fut
sa colere en y entrant?
quandellecrut,trompée
par l'habit, voir
cette servante assise au
chevet du lit?Aveuglée
de rage elle courtsur le
Medecin, qui se sentit
prendre à la gorge, avant
que de sçavoir par
qui. Il se debarassa à
coups de poings de cet- teenragée,&l'avanture
finit comme la scene
d'ArlequinLingere,par
un detignonement reciproque
de la belle-mere
& du Medecin.
Comme leValet du Medecin
achevoit de conter
l'avanture de son Maître,
arrive un bon compagnon:
paye-nous bouteille,lui dit
celui-ci. Non, dit l'autre,
je fuis ruiné depuis que le
vin est à bon marché; j'avois
plus d'argent quand
il estoit cher, car je ne
buvois que de l'eau. Ce
propos de Guinguette fut
suivid'une érudition de la
Chine,carc'étoit un garçon
qui avoit fort voyage,
& qui leur dit, à propos
de petite vérole, qu'elle se
gagne par la respiration,
& cita là-dessus les Medecins
Chinois, --
-
Ily a à la Chine des
Medecins plus habiles à
donner la petite vérole
que les nostres à la guérir;
ce n'est point une
plaisanterie,Commeelleest
mortelleen ce païsla
après certains âges
,.
on va trouver le Medecin
pour la faire venir
quand elle ne vient pas
naturellement; & voici
comment les Médecins
la donnent: Ils recuëillent
soigneusement
& en certains momens
de cette maladie
la sueur des malades
avec du coton; ils enferment
ensuite ce coton
moüillé dans de petites
boëtes d'or, & le
conservent avec certaine
préparation, & l'on
met ensuitece coton
dans lesnarines de ceux
qui veulent avoir cette
maladie, & l'effetenest
sûr Nos Dames craindroient
beaucoup ces.
Medecins-là,car ils portent
à coup sûr la petite
vérole dans leurpoche,
Apres le voyageur un
autheur du Pont-neufvint
boire auec ces Messieurscy
,
& donna un plat de
son métier.
Air original de la Guinguette
, surl'air.,-Au
reguingué,
VNOfficieràson retour
S'envintpourmeparler d'a-
Ji mour: me mis d'abord en Jefinfi"
Avance, avance, avance,
avance
Avecton habitd'ordonnance.
Jesuis,dit il,jeune &
bien-fait,
J'ai de l'esprit& du caqU-st,
En amour la belle éloquence,
Avance, avance, avance,
avance
Avec ton habit d'ordonnance,
Je lui dis- Vostrebeauparler
Ici vous fera reculer;
Prés de moy laseulefinance
Avance , avance5 avancey
avance
Avecton habit d'ordonnance.
Il medit:Je t'épouserai,
Mille écus je te donnerai.
Je lui dit,Payezles d'avance.
Avance
, avance , avance,
avance
Avec ton habit d'ordonnance.
Iln'apoint d'argent le matois
:
Mais sa bouche vers mon
minois
Malgré ma bonne contenance
Avancey avance, avance ,
avance
Avec ton habit d'ordonnance
Mongrand frere arrive
soudain,
Qui tient une épee àsamain
Dont la pointe droit vers sa
panse
Avance
y avance, avance ,
avance
Avectonhabit d'ordonnance.
Ce brave ne recule pasy
Mais AU contraire. à trés.
grands pas
Du coté de la porte avance
Avance, avance , avance ,
avance
Avec ton habit d'ordonnance.
A propos d'air de
Pont-neuf, ditun garçon
Marchand qui se
trouva là, les Airs de
Lambert sont charmans,
j'ai un de mes
amis qui en est fou;II
chante des chan sons de
Lambert toute lajournée,
la nuit même en
rêvant,c'estsapassion.
Il est dameret, galant,
pinceraperruque blonde
,
lesgands blancs)
lacravatte à glans de
fayence;nous l'enyvrâmes
à ChaillotDimanche
dernier, il se perdit
en chemin, & après l'avoir
cherché longtemps,
nous l'entendimes
chanterjnouscoulrûûmmeessààlalavvooiixx..
IIllééttooiittw
tombé dans l'égoût:
maisils'y trouvoitàIon
aise comme dans son lit:
tout couvert d'ordure,
sa perruque roide de
crotte, il ressembloit à
un fleuve noir: il s'était
accoté sur un tas d'immondices
qui formoit
en cet endroit del'égout
unecascade de bouë liquide
, &C là presque
yvre-mort ils'egofilloit
de chanter.
Coulez
, murmurez,
clairs rwfieaux,
jillezj dire à Climene
L'état ou m'a mis l'in--
humaine.
Comme nous n'ofions
le toucher pour le
relever, tant il estoit
boueux, nous luy passâmes
deux perches
fous le ventre, &: nous
l'enlevâmes tout brandi
pourle porter à son inhumaine,
qui étoit avec
sa famille au cabaret
prochain: L'un des
deux qui le portaient
étoit son rival, & luy
joiioit cetour pour en
dégoûter sa maîtresse,
qui haïssoit les yvrognes.
C'etoit une simple
bourgeoise qui ne connoissoit
pas assez le
grand monde de Paris,
elle croyoit que l'yvrognerieétoit
haïssable
dans un jeune homme,
& comme elle étoitenferme
de se marier avec
celui-ci , elle fut fort
affliaffligée
de le voir en cet
état; la mere sécria en
le voyant paroître,ah
je ne veux pas donner
ma fille à un homme
quia sipeu de raison.
Il faut lui pardonner,
dit le pere, grand
diseur de bons mots
bourgeois, & qui aimoit
aussi à Doire,
quand le vinest commun
la raison estrare,
il n'est défendu qu'aux
femmes de boire, parce
que quand ellesont une
fois perd u la raison elles
ne la retrouventjamais,
il faut qu'un homme
fage s'enyvre un moins
une fois en sa vie pour
ravoir quel vin ila.
Apres une tiradede
raisons au ssi bonnes que
celles-là, il conclut que
le jeune homme yvre
seroit son gendre, la
mere s'emporta fort,
disantque sa filleétoit
plus à elle qu'à luy, &
qu'elle ne vouloit point
la donner à cet homme-
là; toute la famille
presente proposa un accommodement
entre le
mari & la femme, & on
convint que la fille qu'-
on sçavoit être très censée
decideroit sur ce
mariage,&qu'ellechoifiroit
des deux rivaux.
Le rival triomphoit
déjà auprès de cette fage
fille, & n'avoit rien
oublié pour augmenter
l'horreur qu'elle avoit
pour l'yvrognerie:mais
elle en avoitencorplus.
pour la mauvaise foy
elle sçavoit quecelui-c,i
étoit ami de son amant,
& voyant qu'ill'avoit
trahi enramenant yvre
devant elle, elle iup^
posa qu'ill'avoit enyvré
exprés, ôe setournant
vers lui, elleluy
dit tout haut en pleine
assemblée: Monsieur
5 j'aime encore mieux un
homme qui s'enyvre,
qu'un homme qui trahit
son ami.
Le pere quiétoit bon
& franc comme le vin
de sa cave, loua fortla
décisionde sa prudente
fille,il éxagera la noirceurd'âme
d'un homme
qui se fert du vin pour
faire, tortà quelqu'un,
cela,disoit-il,estcontre
le droit des buveurs,
plus sacré que le droit
des gens; c'est pis que
de voler sur le grand
chemin; car si j'avois
confié la clef de mon
cabinet à un ami Se
qu'il me volât, quel
crimeseroit-ce?& n'estce
pas donner la clef
de son coeur à quelqu'-
un , que de s'enyvrer
avec luy?Celuiavec qui
je m'enyvre m'est plus
cher que femme 6C ensans,
entendez.vous,
ma femme, & voyez la
punition que je mericerois
si je vous avois
trahi.Celaest vrai, mon
mari, répondit la femme.
Je conclus donc, repliqua
le mari, qu'on
me donne à boire, & je
boirai à la santé du pauvre
enyvré, a qui je
donne ma fille pour punir
l'autre.
M C'est à cond ition ,
reprit la fille, qu'il ne
s'enyvrera de sa vie.
Bien entendu, reprit le
mari, il fera comme
moyens je bois noins
je m'enyvre,buvons encore
ce coup-ci,&quonm'aille
querir le Notaire,
je veux quece repas-
cy soit le commencement
de la noce ,&C}
quelle dure huit jours.
DELA
GUINGUETTE. LES
vendanges ont écc
ii abondantes cette année
qu'un paysan d'Argenteuil
a recueilli dans un seul demy
arpent de vignes quatorze
muids de vin ,
la
Posterité biberonne aimera
mieux voir cette remarque
dans nos registres,que
l'époque du grand hyver,
& des débordemens d'eau.
Le vin ne vaut plus que
trois fols à la guinguette,
& cette abandance me
fournira des mémoires
pour les articles burlesques
du Mercure,il ne me
suffit pas d'avoir des Correspondans
dans les pays
étrangers, & dans les Pro.
vinees;j'en ai un tresassidu
les fêtes & Dimanches
aux assemblées de la
Courtille, Pentin,Vaugirard
& autres pays de la
Banlieuë:ony aprend nonseulement
l'interieur des,
familles bourgeoises, mais,
encore ce qui se passe dans,
les grandes maisons.
Baccus toujours sincere &'
quelquefois malin,
Seplaîtàpublier le long d'un
grand chemin
Lefoir au retour des Guinguettes
Les intrigues les plussecretes
De l'artisan
,
du bas bourgeoJs,
Il méditmême quelquefois
Delaplus haute bourgeoise ,
Sa temeraire frmtfîe
Des plus qllallfieZ rende,
les Secrets;
Nefait-il pas parlerserventes
& valets,
Des bijoutiers, des Revendeujes,
Des Tailleurs &des Accouchensest?
Une Revendeuse, &:
le valet d'un vieux Medecin
buvoient ensemble à
la grandepinte:la revendeuse
se réjouissoit de ce
que la petite verole est
presque finie dans Paris,
& le valet du Medecins'en
affligeoit pour son maicre;.
larevendeuse luiracontoit
à cette occasion les erreurs
de la plupart des femmes
sur , tout ce qui peut apporter
dans une maison l'air
de la petite verole, &cela
lui avoit fait grand tort,
disoit-elle
; car les Dames
croyoient trouver la petite
verole jusques dans les
dentelles que je leur
-
portois. Cela n'est pas si
mal fondé, lui disoit le
valet; car le mauvais air
(k met dans le linge, dans
les habits, dans les perruques,
& voici ce qui est.
arrivé àmon maître.
Une bourgeoise jeune
& jolie craignant la
petite verole, comme
de raison : mais un peu
plus Qu'une femme raisonnable
ne la doit
craindre,prenoit pour
petite verole la moindre
émotion, la moindre
vapeur, elle croyoit
à chaque instant sentir
la fièvre,&C l'avoit
peut-êtrede peur, eltercroyoitêtre
prise. Son
premier mouvement
fut d'envoyer vîte au
Medecin:mais faisant
reflexion que les Medecins
portent aveceux
l'airde la petite vero le,
elle resolutde se passer
de Medecin, on en fit,
pourtantvenirunon le,
conduisit d'abord dans
la chambre d'une servante
malade, en at-.
tendant qu'ondisposeroit
roit la maitresse à le
voir, & elle ne voulut
absolument point le
recevoir qu'iln'eût ôté
sa peruque &ses habits,
mais ,lui dit-on, un
vieux Medecin dépouillé
vous fera encore plus
de peur que la petite
verole. Il est vray, rcpandit-
elle,mais qu'il
prenne quelque habit
dans la maison. Il ne se
trouva point d'habit
vacant; le Medecin étoit
presse; on le travestit
de ce qui se presenta
dans la chambre de la
servante, de sa jupe, de
son manteau 8c de ses
cornettes, dont on le
coëssacomme on put.
Danscetequipage il
fut reçu de la bourgeoise,
&s'affit auprés
de sonlit pour lui tâter
le pouls.
Il faut sçavoir que la
servante étoit au lit de
son côté pour avoir été
excedée de coups par la
belle-mere de la bourgeoise.
Cette belle-mere
étoit une grand 'femme
seiches,billeuse, accariatre
& brutale,qui affommoit
ses valets pour
le moindre sujet,& elle
en avoit eu un essentiel
de battre la servante:
aussi luiavoit-elle juré
qu'elle la mettroit sur
le grabat pour un mois,
& lui avoit dessendu
d'entrer dans la chambre
de sabru. Quelle fut
sa colere en y entrant?
quandellecrut,trompée
par l'habit, voir
cette servante assise au
chevet du lit?Aveuglée
de rage elle courtsur le
Medecin, qui se sentit
prendre à la gorge, avant
que de sçavoir par
qui. Il se debarassa à
coups de poings de cet- teenragée,&l'avanture
finit comme la scene
d'ArlequinLingere,par
un detignonement reciproque
de la belle-mere
& du Medecin.
Comme leValet du Medecin
achevoit de conter
l'avanture de son Maître,
arrive un bon compagnon:
paye-nous bouteille,lui dit
celui-ci. Non, dit l'autre,
je fuis ruiné depuis que le
vin est à bon marché; j'avois
plus d'argent quand
il estoit cher, car je ne
buvois que de l'eau. Ce
propos de Guinguette fut
suivid'une érudition de la
Chine,carc'étoit un garçon
qui avoit fort voyage,
& qui leur dit, à propos
de petite vérole, qu'elle se
gagne par la respiration,
& cita là-dessus les Medecins
Chinois, --
-
Ily a à la Chine des
Medecins plus habiles à
donner la petite vérole
que les nostres à la guérir;
ce n'est point une
plaisanterie,Commeelleest
mortelleen ce païsla
après certains âges
,.
on va trouver le Medecin
pour la faire venir
quand elle ne vient pas
naturellement; & voici
comment les Médecins
la donnent: Ils recuëillent
soigneusement
& en certains momens
de cette maladie
la sueur des malades
avec du coton; ils enferment
ensuite ce coton
moüillé dans de petites
boëtes d'or, & le
conservent avec certaine
préparation, & l'on
met ensuitece coton
dans lesnarines de ceux
qui veulent avoir cette
maladie, & l'effetenest
sûr Nos Dames craindroient
beaucoup ces.
Medecins-là,car ils portent
à coup sûr la petite
vérole dans leurpoche,
Apres le voyageur un
autheur du Pont-neufvint
boire auec ces Messieurscy
,
& donna un plat de
son métier.
Air original de la Guinguette
, surl'air.,-Au
reguingué,
VNOfficieràson retour
S'envintpourmeparler d'a-
Ji mour: me mis d'abord en Jefinfi"
Avance, avance, avance,
avance
Avecton habitd'ordonnance.
Jesuis,dit il,jeune &
bien-fait,
J'ai de l'esprit& du caqU-st,
En amour la belle éloquence,
Avance, avance, avance,
avance
Avec ton habit d'ordonnance,
Je lui dis- Vostrebeauparler
Ici vous fera reculer;
Prés de moy laseulefinance
Avance , avance5 avancey
avance
Avecton habit d'ordonnance.
Il medit:Je t'épouserai,
Mille écus je te donnerai.
Je lui dit,Payezles d'avance.
Avance
, avance , avance,
avance
Avec ton habit d'ordonnance.
Iln'apoint d'argent le matois
:
Mais sa bouche vers mon
minois
Malgré ma bonne contenance
Avancey avance, avance ,
avance
Avec ton habit d'ordonnance
Mongrand frere arrive
soudain,
Qui tient une épee àsamain
Dont la pointe droit vers sa
panse
Avance
y avance, avance ,
avance
Avectonhabit d'ordonnance.
Ce brave ne recule pasy
Mais AU contraire. à trés.
grands pas
Du coté de la porte avance
Avance, avance , avance ,
avance
Avec ton habit d'ordonnance.
A propos d'air de
Pont-neuf, ditun garçon
Marchand qui se
trouva là, les Airs de
Lambert sont charmans,
j'ai un de mes
amis qui en est fou;II
chante des chan sons de
Lambert toute lajournée,
la nuit même en
rêvant,c'estsapassion.
Il est dameret, galant,
pinceraperruque blonde
,
lesgands blancs)
lacravatte à glans de
fayence;nous l'enyvrâmes
à ChaillotDimanche
dernier, il se perdit
en chemin, & après l'avoir
cherché longtemps,
nous l'entendimes
chanterjnouscoulrûûmmeessààlalavvooiixx..
IIllééttooiittw
tombé dans l'égoût:
maisils'y trouvoitàIon
aise comme dans son lit:
tout couvert d'ordure,
sa perruque roide de
crotte, il ressembloit à
un fleuve noir: il s'était
accoté sur un tas d'immondices
qui formoit
en cet endroit del'égout
unecascade de bouë liquide
, &C là presque
yvre-mort ils'egofilloit
de chanter.
Coulez
, murmurez,
clairs rwfieaux,
jillezj dire à Climene
L'état ou m'a mis l'in--
humaine.
Comme nous n'ofions
le toucher pour le
relever, tant il estoit
boueux, nous luy passâmes
deux perches
fous le ventre, &: nous
l'enlevâmes tout brandi
pourle porter à son inhumaine,
qui étoit avec
sa famille au cabaret
prochain: L'un des
deux qui le portaient
étoit son rival, & luy
joiioit cetour pour en
dégoûter sa maîtresse,
qui haïssoit les yvrognes.
C'etoit une simple
bourgeoise qui ne connoissoit
pas assez le
grand monde de Paris,
elle croyoit que l'yvrognerieétoit
haïssable
dans un jeune homme,
& comme elle étoitenferme
de se marier avec
celui-ci , elle fut fort
affliaffligée
de le voir en cet
état; la mere sécria en
le voyant paroître,ah
je ne veux pas donner
ma fille à un homme
quia sipeu de raison.
Il faut lui pardonner,
dit le pere, grand
diseur de bons mots
bourgeois, & qui aimoit
aussi à Doire,
quand le vinest commun
la raison estrare,
il n'est défendu qu'aux
femmes de boire, parce
que quand ellesont une
fois perd u la raison elles
ne la retrouventjamais,
il faut qu'un homme
fage s'enyvre un moins
une fois en sa vie pour
ravoir quel vin ila.
Apres une tiradede
raisons au ssi bonnes que
celles-là, il conclut que
le jeune homme yvre
seroit son gendre, la
mere s'emporta fort,
disantque sa filleétoit
plus à elle qu'à luy, &
qu'elle ne vouloit point
la donner à cet homme-
là; toute la famille
presente proposa un accommodement
entre le
mari & la femme, & on
convint que la fille qu'-
on sçavoit être très censée
decideroit sur ce
mariage,&qu'ellechoifiroit
des deux rivaux.
Le rival triomphoit
déjà auprès de cette fage
fille, & n'avoit rien
oublié pour augmenter
l'horreur qu'elle avoit
pour l'yvrognerie:mais
elle en avoitencorplus.
pour la mauvaise foy
elle sçavoit quecelui-c,i
étoit ami de son amant,
& voyant qu'ill'avoit
trahi enramenant yvre
devant elle, elle iup^
posa qu'ill'avoit enyvré
exprés, ôe setournant
vers lui, elleluy
dit tout haut en pleine
assemblée: Monsieur
5 j'aime encore mieux un
homme qui s'enyvre,
qu'un homme qui trahit
son ami.
Le pere quiétoit bon
& franc comme le vin
de sa cave, loua fortla
décisionde sa prudente
fille,il éxagera la noirceurd'âme
d'un homme
qui se fert du vin pour
faire, tortà quelqu'un,
cela,disoit-il,estcontre
le droit des buveurs,
plus sacré que le droit
des gens; c'est pis que
de voler sur le grand
chemin; car si j'avois
confié la clef de mon
cabinet à un ami Se
qu'il me volât, quel
crimeseroit-ce?& n'estce
pas donner la clef
de son coeur à quelqu'-
un , que de s'enyvrer
avec luy?Celuiavec qui
je m'enyvre m'est plus
cher que femme 6C ensans,
entendez.vous,
ma femme, & voyez la
punition que je mericerois
si je vous avois
trahi.Celaest vrai, mon
mari, répondit la femme.
Je conclus donc, repliqua
le mari, qu'on
me donne à boire, & je
boirai à la santé du pauvre
enyvré, a qui je
donne ma fille pour punir
l'autre.
M C'est à cond ition ,
reprit la fille, qu'il ne
s'enyvrera de sa vie.
Bien entendu, reprit le
mari, il fera comme
moyens je bois noins
je m'enyvre,buvons encore
ce coup-ci,&quonm'aille
querir le Notaire,
je veux quece repas-
cy soit le commencement
de la noce ,&C}
quelle dure huit jours.
Fermer
Résumé : LE CORRESPONDANT DE LA GUINGUETTE.
Le texte décrit les observations d'un correspondant sur les vendanges abondantes à Argenteuil, où un paysan a récolté quatorze muids de vin dans un demi-arpent de vignes. Cette abondance a conduit à une baisse du prix du vin, qui ne vaut désormais que trois fois son prix habituel à la guinguette. Le correspondant, présent dans diverses assemblées de la banlieue parisienne, rapporte des intrigues et des secrets des artisans, des bourgeois et des grandes maisons. Une anecdote notable concerne une revendeuse et le valet d'un médecin discutant de la petite vérole. La revendeuse se réjouit de la fin de l'épidémie, tandis que le valet s'en afflige pour son maître. La revendeuse explique que les femmes craignent la petite vérole et évitent les dentelles, ce à quoi le valet répond que le mauvais air peut se trouver dans les vêtements et les perruques. Une jeune bourgeoise, craignant la petite vérole, refuse de voir un médecin de peur qu'il ne lui transmette la maladie. Elle le fait déshabiller et le médecin, déguisé en servante, est attaqué par la belle-mère de la bourgeoise, qui le confond avec la servante malade. La scène se termine par une dispute et un déguisement réciproque. Le texte mentionne également un voyageur chinois qui parle des médecins de son pays, capables de transmettre la petite vérole. Un auteur du Pont-Neuf intervient ensuite avec une chanson burlesque sur un officier et une jeune femme. Une autre histoire concerne un jeune homme ivre retrouvé dans un égout, chantant des airs de Lambert. Sa famille et son rival discutent de son mariage avec une jeune femme. La fille choisit finalement l'ivrogne, préférant un homme honnête à un traître. Le père, un amateur de vin, conclut que l'ivrognerie est pardonnable, mais la trahison ne l'est pas.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 120-133
Lettre de Madame D. T. aprés sa petite verole, en luy envoyant le jour de sa feste un Collier de Perles en las d'amour.
Début :
Me promenant hier au soir plus tard qu'à mon ordinaire [...]
Mots clefs :
Amour, Vérole, Mère, Collier, Fils, Vénus, Coeurs, Amours
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texteReconnaissance textuelle : Lettre de Madame D. T. aprés sa petite verole, en luy envoyant le jour de sa feste un Collier de Perles en las d'amour.
Lettre de Madame D. T.après
sa petite verole
y
en luyenvoyant lejourdesafesteun
Collierde Perles en
lasd'amour.
ME
promenant hier au
foir plus tard qu'à mon ordinaire ilmarriva, Madame, une avanture assez furprenante pour meriter de
vous estre racontée.
J'admiroisenresyant,les
beautés de la nuit,
Quand
Quand tout à
coup un
agréable bruit,
En estvenu troublerlepaisiblesilence.
Oncntendoit partoutmiliè nouveaux concerts,
Plusieurs essains d'amours
se voyoient dansles airs.
Qui sembloient vers Paphos, voler en diligence
Je fis pour leur parler des
-
effortssuperflus,
Tous ces frippons ne me
-
connoissent plus.
Je leur demandois des nouve lles
Du dessein qui les con-
duisoit;
Mais c'estoit vainement,
pas un ne répondait, ;
Ilss'en suyoient à tire d'ailes,
Enfin un vieux amour,
qui marchoit lentement,
Daigna s'arrester pour
m'entendre
1
Je le conjuray de m'apprendre
Où ses freres alloient avec
., empressement
Je veux, dit-il, vous en instruire
1* Vousm'entendrez Vous m'enten avec d plaisir,
rez aveç
Alors pour contenter mon
curieux désir,
En deux mots il m'apprit
ce que vous allez lire.
Avant que d'aller plus
loin, vous ferez peut estre surprise de l'epithéte
que j'ay donnée à l'amour
qui me parla. Sa vieillesse
ne paroiss pascompatible
avec la Divinité qu'on accorde au fils de Venus:
Mais Madame.
Ces Dieux, tout Dieux
qu'ils sont reconnoissent le temps,
A ses Loix ils s'assujettissent.
Tous les Poëtes ont beau
nous les dépeindre enfans,
il n'estque trop certain
que les amours vieillissent,
Mais helas!c'estbien pis,
ils meurent les amours
Plus malheureuxque nous
ne femmes,
Nous ne voyons pas que
-
leurs jours
Durent autant que ceux
-
des hommes.
Revevons à la conversation
quej'eusavec nostre amour
Barbon. Il commença par
me faire des excutes de
l'impolitesse de ceux qui ne
m'avoient pas écoutée. Il
fautleur pardonner,me ditil,carquoyque jevousconnoisse depuis longtemps,
& qu'un temps plusgalant.
que le leur m'ait vu naistre
}
je vous avouë que je
ne m'arreste icy qu'avec
peine.
De nostre empressement
: nevousestonez pas,
Nousfommes attendus par
l'amour & sa mere
,
Pour celebrer le retour des.
appas
D'une beauté qui vous ca
chere
Sans elle en ces climats
nous ferions inconnus;
Qu'elle nous acauséd'allarmes !
Si le fort n'eust rendu ses at-
,
traitsànos larmes ,-'
N'en déplaise au fils de
Venus,
Il pouvoit renoncer au pouvoir de ses armes;
-
Ce Dieu perdoit,malgré
'ses charmes,
Le plus clair de sesrevenus.
A peine eut-il fini ces
mots, qu'il me laissa remplie d'estonnement & d'un
desir extresme de me trouver à une feste que je compris bien qui me regardoir.
La tendre amitié ma compagne ordinaire
,
s'offrit à
m
y
conduire
,
elle me mit
sur ses ailles ( car elle ena
aussi-bien que l'amour) ôc
me ne arriver heureusement à Paphos, où le plus
beauspectacledumonde
estoit encore embelly par
la joye qu'on voyoit briller
dans les yeux de ceux qui
le composoient. Ma fidelle conductrices'alla placer
auprès de son frere, & je
me rangeay auprés des ris
qui m'amuserent par cent
agréables badineries, lorsqu'ils furent interrompus
pour aller achever la ceremonie.
Une aimable troupe de
jeux
En partant se mit à
leur telle
Onvoyoit marcher;aprés
eux 1
Les graces en habit defeste;
Les amours, couronnes
de fleurs,
Portoient en triompheles
- .', Cœurs :
Dont par tes yeux ils firent
la conqueste,
Avec des airs mélodieux
Ton nom montoit jusques
,
aux Cieux
Le Dieu charmant qu'on
adoreàCythere
Au pied du Throne de sa
! mere
Chantoit avec un cœur
d'amours,
Bannissons les tristes allarmes,
Iris a
repris tous ses charmes
Nous régnerons toûjours.
Ensuiteau lieu de feu de
joye, les Amours donne- u
rent aux cœurs qu'ils portoient la liberté de faire
briller leurs flâmmes, &
cela fit pendant quelque
temps un très-agréableeffet, après que ces pauvres
cœurs furent consumez,
Cupidon assembla ses plus
tendres amis, & leur dit
qu'il manqueroit toû jours
quelque chose à sa gloire,
tant que vous ne seriezpas
sous son Empire; que pour
vous y
soumettre il avoit,
souvent eu recours à ses
plus puissantes armes; mais
que puisqu'il vous trouvoic
toujours en garde contre
ses traits, il vouloit se servir d'un autre moyen pour
vous attirer. Il commanda
sur l'heure que l'ontravail
last à un certainnombre de
lacs d'amour ,sur lesquels
il prétendoit répandre un
charme,auquel vous ne
pourriez resister;mais l'A..
mIne attentive à vos interefis & aux siens, s'en saisit
avant qu'il eust eule temps
d'executer son dessein
)
&
me les donna tels que je
vous les envoye.
Iris, reçois ces nœuds, que
rien ne t'épouvante.
Ils furent volez à l'amour,
Et c'est par mes mains en
ce jour
Que l'amitié te les pre
sente;
Elle prétend te fixer dans
sa Cour,
Daigne rcfpondre àson attente
Pour réüssir dans ses projets
C'est en toy feule qu'elle
espere,
Jillç veut avoir des su jets
Aussi vifs que ceux de foa
-
frere.
sa petite verole
y
en luyenvoyant lejourdesafesteun
Collierde Perles en
lasd'amour.
ME
promenant hier au
foir plus tard qu'à mon ordinaire ilmarriva, Madame, une avanture assez furprenante pour meriter de
vous estre racontée.
J'admiroisenresyant,les
beautés de la nuit,
Quand
Quand tout à
coup un
agréable bruit,
En estvenu troublerlepaisiblesilence.
Oncntendoit partoutmiliè nouveaux concerts,
Plusieurs essains d'amours
se voyoient dansles airs.
Qui sembloient vers Paphos, voler en diligence
Je fis pour leur parler des
-
effortssuperflus,
Tous ces frippons ne me
-
connoissent plus.
Je leur demandois des nouve lles
Du dessein qui les con-
duisoit;
Mais c'estoit vainement,
pas un ne répondait, ;
Ilss'en suyoient à tire d'ailes,
Enfin un vieux amour,
qui marchoit lentement,
Daigna s'arrester pour
m'entendre
1
Je le conjuray de m'apprendre
Où ses freres alloient avec
., empressement
Je veux, dit-il, vous en instruire
1* Vousm'entendrez Vous m'enten avec d plaisir,
rez aveç
Alors pour contenter mon
curieux désir,
En deux mots il m'apprit
ce que vous allez lire.
Avant que d'aller plus
loin, vous ferez peut estre surprise de l'epithéte
que j'ay donnée à l'amour
qui me parla. Sa vieillesse
ne paroiss pascompatible
avec la Divinité qu'on accorde au fils de Venus:
Mais Madame.
Ces Dieux, tout Dieux
qu'ils sont reconnoissent le temps,
A ses Loix ils s'assujettissent.
Tous les Poëtes ont beau
nous les dépeindre enfans,
il n'estque trop certain
que les amours vieillissent,
Mais helas!c'estbien pis,
ils meurent les amours
Plus malheureuxque nous
ne femmes,
Nous ne voyons pas que
-
leurs jours
Durent autant que ceux
-
des hommes.
Revevons à la conversation
quej'eusavec nostre amour
Barbon. Il commença par
me faire des excutes de
l'impolitesse de ceux qui ne
m'avoient pas écoutée. Il
fautleur pardonner,me ditil,carquoyque jevousconnoisse depuis longtemps,
& qu'un temps plusgalant.
que le leur m'ait vu naistre
}
je vous avouë que je
ne m'arreste icy qu'avec
peine.
De nostre empressement
: nevousestonez pas,
Nousfommes attendus par
l'amour & sa mere
,
Pour celebrer le retour des.
appas
D'une beauté qui vous ca
chere
Sans elle en ces climats
nous ferions inconnus;
Qu'elle nous acauséd'allarmes !
Si le fort n'eust rendu ses at-
,
traitsànos larmes ,-'
N'en déplaise au fils de
Venus,
Il pouvoit renoncer au pouvoir de ses armes;
-
Ce Dieu perdoit,malgré
'ses charmes,
Le plus clair de sesrevenus.
A peine eut-il fini ces
mots, qu'il me laissa remplie d'estonnement & d'un
desir extresme de me trouver à une feste que je compris bien qui me regardoir.
La tendre amitié ma compagne ordinaire
,
s'offrit à
m
y
conduire
,
elle me mit
sur ses ailles ( car elle ena
aussi-bien que l'amour) ôc
me ne arriver heureusement à Paphos, où le plus
beauspectacledumonde
estoit encore embelly par
la joye qu'on voyoit briller
dans les yeux de ceux qui
le composoient. Ma fidelle conductrices'alla placer
auprès de son frere, & je
me rangeay auprés des ris
qui m'amuserent par cent
agréables badineries, lorsqu'ils furent interrompus
pour aller achever la ceremonie.
Une aimable troupe de
jeux
En partant se mit à
leur telle
Onvoyoit marcher;aprés
eux 1
Les graces en habit defeste;
Les amours, couronnes
de fleurs,
Portoient en triompheles
- .', Cœurs :
Dont par tes yeux ils firent
la conqueste,
Avec des airs mélodieux
Ton nom montoit jusques
,
aux Cieux
Le Dieu charmant qu'on
adoreàCythere
Au pied du Throne de sa
! mere
Chantoit avec un cœur
d'amours,
Bannissons les tristes allarmes,
Iris a
repris tous ses charmes
Nous régnerons toûjours.
Ensuiteau lieu de feu de
joye, les Amours donne- u
rent aux cœurs qu'ils portoient la liberté de faire
briller leurs flâmmes, &
cela fit pendant quelque
temps un très-agréableeffet, après que ces pauvres
cœurs furent consumez,
Cupidon assembla ses plus
tendres amis, & leur dit
qu'il manqueroit toû jours
quelque chose à sa gloire,
tant que vous ne seriezpas
sous son Empire; que pour
vous y
soumettre il avoit,
souvent eu recours à ses
plus puissantes armes; mais
que puisqu'il vous trouvoic
toujours en garde contre
ses traits, il vouloit se servir d'un autre moyen pour
vous attirer. Il commanda
sur l'heure que l'ontravail
last à un certainnombre de
lacs d'amour ,sur lesquels
il prétendoit répandre un
charme,auquel vous ne
pourriez resister;mais l'A..
mIne attentive à vos interefis & aux siens, s'en saisit
avant qu'il eust eule temps
d'executer son dessein
)
&
me les donna tels que je
vous les envoye.
Iris, reçois ces nœuds, que
rien ne t'épouvante.
Ils furent volez à l'amour,
Et c'est par mes mains en
ce jour
Que l'amitié te les pre
sente;
Elle prétend te fixer dans
sa Cour,
Daigne rcfpondre àson attente
Pour réüssir dans ses projets
C'est en toy feule qu'elle
espere,
Jillç veut avoir des su jets
Aussi vifs que ceux de foa
-
frere.
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Résumé : Lettre de Madame D. T. aprés sa petite verole, en luy envoyant le jour de sa feste un Collier de Perles en las d'amour.
Madame D. T. relate une aventure nocturne au cours de laquelle elle observe des amours volants. Elle tente de leur parler, mais seul un vieillard s'arrête. Ce dernier lui explique que les amours se dirigent vers Paphos pour célébrer le retour des charmes d'une beauté chère à Madame D. T. Le vieillard, un amour vieillissant, révèle que les amours meurent plus tôt que les femmes et les hommes. Il s'excuse pour l'impolitesse des autres amours et explique leur présence par le retour des attraits de cette beauté. Madame D. T. est ensuite conduite à Paphos par l'amitié, où elle assiste à une fête en son honneur. Les amours et les grâces célèbrent son retour. Cupidon exprime son désir de soumettre Madame D. T. à son empire. L'amitié intervient pour la protéger en lui offrant des lacs d'amour volés à Cupidon, espérant qu'elle les accepte pour la fixer dans sa cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 1111-1119
LETTRE de M. le Tellier, Medecin de Peronne, sur l'abus des Remedes chauds.
Début :
Vous avez vû, Monsieur, mes nouveaux Essais sur l'Ame des Bêtes, [...]
Mots clefs :
Maladie, Remèdes, Sang, Vérole, Médecin, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. le Tellier, Medecin de Peronne, sur l'abus des Remedes chauds.
LETTRE de M. le Tellier , Medecin
de Peronne , fur l'abus des Remedes
Vo
chands.
Ous avez vû , Monfieur , mes nouveaux
Effais fur l'Ame des Bêtes ,
où je prétens établir que ce font de pures
Machines , je prends la liberté de vous
prefenter mes Reflexions touchant l'Extrait
d'un OuvrageAnglois fur la guériſon
des fievres par l'eau commune , qui ſe
trouve dans le Mercure de Fevrier 1724.
Il y a dans cet Extrait des particularitez
tout- à -fait dignes de remarque , & qui
méritent la plus foigneufe attention. Vous
trouverez bon que je prenne delà occafion
de relever un peu les abus qui fe
commettent dans l'ufage des Remedes
chauds.
1. Vol. Ciiij Rien
1112 MERCURE DE FRANCE
Rien de plus ordinaire , rien de plus
familier , chacun le fçait , que la pratique
des Cordiaux & des Drogues les plus brulantes
dans les maladies les plus ardentes,
telles que Petites Veroles , Rougeoles ,
Fievres malignes , pourprées , peftilentielles
, & la Pefte même , toutes maladies
revêtues du caractere de la plus cruelle
inflammation , & marquées , pour ainfi
dire , au coin de la Pierre infernale ; mais
en même-temps , quoi de plus finiftre &
de plus funefte que cette pratique ? Où
eft l'Axiome , que les contraires fe guériffent
par les contraires?& qu'eft devenue
la maxime qu'il faut rabattre les faillies
& réprimer l'impetuofité des Maladies ?
Le ravage affreux que fait ici la Petite
Verole , quand elle eft en regne , étonne
les Provinces où ce fleau ne fait pas
beaucoup près tant de dégats ; parce qu'on
l'y traite avec moins de fracas & moins
de pompe. On a vû les Campagnes à cet
égard plus heureufes que les Villes ; par
ce qu'elles étoient plus fimples & plus
paifibles , moins faftueufes & moins remuantes.
Les bonnes femmes qui n'avoient
pour regle en fanté que les befoins
modiques de la Nature , s'y regloient
, & s'y rapportoient auffi uniquement
en maladie. Economes dans les
remedes comme dans les alimens , elles
I. Vol
gućJUIN.
1730. 1113
guériffoient leurs enfans attaquez de petite
Verole , avec le petit lait pur & fimple
bû largement & prefque à toute heute.
Elles fembloient , conduites qu'elles
étoient au gré de la Nature , plutôt que
de leur caprice , avoir la Medecine par
inftinct , & dans le gout. machinal à l'inftar
des animaux guidez dans la recherche
de ce qui leur eft convenable par un penchant
ou une impulfion toute méchanique.
Mais quand on eut renoncé à l'ufage
du petit lait , pour y fubftituer le vin &
le Thériaque , alors , fuivant la Remarque
du celeble Lydenham , les petites Veroles
apprivoilées jufques - là , fe mutine
rent ; de dociles & de traitables qu'elles
étoient , elles devinrent malignes & meurtrieres.
Brufquées par les incendiaires &
les boute-feux , elles allumerent l'incendie
& ne refpirerent plus que le. carnage.
Les Turcs , à la faveur des Limonades &
du régime fimple , fobre & rafraîchiffant,
fe mettent en garde contre la Peſte , qui
ne difcontinue guere chez eux, mais qu'ils
entendent à faire venir à compoſition &
dont , grace à leur fobrieté , ils éludent .
les coups & fçavent triompher. M. Sidobre
, l'Eleve du fameux Barbeyrac un
des principaux ornemens de l'Ecole de
Montpellier , & l'Oracle des Medecins de
I.. Vol.
Cy for
4
1114 MERCURE DE FRANCE
fon temps , veut qu'on traite les petites
Veroles avec les Délayans , Calmans , Rafraîchiffans
pour baigner , arrofer &
réparer un fang que l'ardeur de la maladie
met à fec , qu'elle brule & qu'elle
confume , pour noyer des Sels âcres &
cauftiques , rabattre des Souffres exaltez &
développez , pour rappeller enfin le calme
& rétablir le bon ordre.
Mais un avantage à quoi les Dames:
pourront ouvrir les yeux & fe montrer
fenfibles , c'eft que le régime rafraîchif
fant épargne leurs agrémens , ménage
leurs graces , & donne moins d'atteinte:
à leurs attraits. Le fang rendu moins brulant
, moins cauftique , moins corrofif,,
produit un pus plus loüable , plus innocent
, qui fait fur la peau des impreffions
moins profondes, moins mordantes ,.
la ronge , la déchire moins , & n'eft pas
fi porté à laiffer les marques de fa fureur,
& les veftiges de fa malignité. On demande
des moyens , on cherche des fecrets
pour fauver les Lys & les Rofes du
venin de la maladie ; on s'amufe à des
Pomades , on s'arrête à des Huiles , tandis
que le grand fecret feroit d'adoucir
& de corriger l'acrimonie du fang , de le
temperer , de le rafraîchir , d'en calmer
l'ardeur , & d'en rabattre les faillies . Voilà
comme les fleurs du vifage pourroient
›
I. Vol.
échapJUIN.
1730. ITIS
échapper à la morfure de l'Afpic , qui
allarme tant les Belles , & fait la terreur de
la plus précieuſe partie du monde , & ce
ne feroit pas une petite confolation pour
un Sexe idolâtre de fes charmes , & qui
tremble autant pour la beauté que pour
la vie.
Si l'on faifoit le dénombrement des
Peftes qui ont ravagé l'Univers , on
trouveroit que celles qu'on a voulu dompter
par des échaufans , & que l'on a honoré
d'un fplendide & fingulier traitement
, ont été les plus rebelles & les plus
indomptables. La derniere Pefte de Marfeille
qui s'eft jouée ſi inſolemment des
Médecins , auroit peut- être perdu de fa
férocité fi on l'eût abaiffée & réduite à
une Cure aifée & naturelle , fans lui faire
l'honneur de l'attaquer par de pompeux
antidotes , & de fe guinder pour elle audeffus
des vûës ordinaires & des indications
accoûtumées. On tente de chaffer
un feu par un feu , on échaufe des corps
déja trop échaufez , on les met à la torture
, on acheve de les brûler. Y auroit-il
plus de rifque à jetter tous les Peftiferez
dans la Riviere , qu'à les faire paffer par
des feux fi dévorans ; & ne s'en fauveroitil
pas plus à la nage, qu'à travers les flammes
des Cordiaux ?
Le fang eft facré en temps de pefte , &
I. Vol. Cvj los
1116 MERCURE DE FRANCE:
les forces font ménagées au mépris de la
vie , au préjudice de la guérifon . On permet
au lang toutes fortes d'échapées , de
boutades, de dépôts , de congeftions. Tout
lui eft permis dans ces jours infortunez ;
il eft deffendu de le réprimer , de l'affoiblir
, de le diminuer dans l'excès de fon
volume , de l'arrêter dans la rapidité de
fon cours ; il faut le laiffer engager dans
les vifceres , l'y précipiter même à toutes
forces , & lui donner la liberté de porter
à l'économie animale le coup mortel qu'il
prépare. Cependant la Pefte fait fon chemin
hardiment , rien ne l'arrête ; une défolation
generale accompagne & fuit fes
pas. On pourroit pourtant s'y oppoſer,&
le moyen , ce femble , de mieux réüffir à
déconcerter ce fléau , ce feroit de s'y prendre
plus fimplement , de l'attaquer fans
tant de façons , à moins de frais & fans
beaucoup de bruit. A ce compte la faignée
feroit merveilles , & l'on verroit à
coup sûr couler moins de larmes , fi l'on
répandoit plus de fang. L'eau feroit auffi
d'un grand ſecours , tant pour la préſervation
que pour la guérifon , comme il
eft fort bien remarqué dans l'Extrait que
vous avez inféré , Meffieurs , dans le Mercure
déja cité , & qui donne lieu à cette
Differtation. Mais quoi ! réduire à l'eau
les Grands comme les petits , & contenir
IVol. dans.
JUIN. 1730. 117
dans un genre de vie fi chetif des gens qui
veulent faire auffi belle figure au lit qu'à
table , qui veulent briller en toute fituation
& le faire traiter auffi fplendidement
en maladie qu'en fanté. Qu'on les traite
donc comme ils veulent , & ils mourront
comme ils doivent. Il faut à la diftinction
de leur rang une pratique diftinguée.
Il eft bien plus noble & plus digne
d'eux de périr avec l'or potable , que de
réchaper avec l'eau .. Cependant quelle
douleur de voir ainfi moiffonner nos
têtes les plus auguftes & les plus précieuſes
, moins par le Glaive de la maladie
, que par les traits envenimez des
remedes ! Qu'il eft trifte que le Monarque
périffe où le fauve un Goujat ! Et qu'il
eft fâcheux pour ce grand équipage de
Médecine , ce grand attirail de remedes
de la haute volée pour la pratique fal
tueuse , enfin de n'avoir fur la pratique
fimple , rafraîchiffante , calmante & du
goût de la nature que le miférable avantage
, ce malheureux relief , de compter
d'illuftres victimes , & d'être fignalée par
de nobles facrifices , tandis que l'autre
que des monumens obfcurs de fa
réüffite , & des fuccès qui n'ont pas autant
d'éclat que de bonheur.
n'a
3
Dans le même Mercure , à la page 257.
on voit une réponse à une . Lettre , qui
I. Vol.
fait ,
Trrs MERCURE DE FRANCE
fait , pour ainfi dire , faire un miracle à
l'Emetique dans la petite Vérole. Je me
fouviens à cette occafion d'un Medecin .
nommé Gurdelheimer , qui fit grand
bruit à la Cour de Berlin , & dont il eft
parlé avantageufement dans les Actes des
Savans de la même Ville. Il entreprenoit
la guérifon de la petite Vérole par des
Emétiques redoublez. Cette méthode , à
ce qu'on dit , lui réüffit à tel point, qu'il
s'acquit le nom d'Efculape de la petite
Vérole. Mais après avoir par cette voye ,
conduit les autres au port , il fit naufrage
lui-même. Attaqué d'une fiévre maligne
, il prit deux fois l'Emétique , &
mourut en convulfions le onze de fa ma--
ladie. Son difciple fe montra jufqu'au
tombeau , fidele imitateur de fon maître..
Etant tombé dans la même maladie , il ſe
traita de même , & mourut de même.
Voilà de quoi groffir le Martyrologe de
l'Antimoine , dreffé par Guy Patin. Telles
font les réfléxions que j'aià vous communiquer
fur l'abus des remedes chauds,
& fur l'excellence des aqueux calmans
délayans , rafraîchiffans. La pratique des
premiers me paroît incertaine , bizarre ,
infidéle , pour ne rien dire de plus ; &
dans la difpofition où je fuis de pourfuivre
ce deffein , & de donner là- deffus
une differtation complete ; je crois voir ,
1. Vol. finon
JUÍN. 1730. TITO
finon de quoi décrier les échaufans & les
profcrire , du moins de quoi les rendre
fufpects , les faire appréhender & les af
fujettir aux loix de la précaution la plus
foigneufe , & de la plus exacte circonfpection.
Vous me permettrez,Monfieur
de vous faire part d'un nouveau fruit de
mes études : J'ai entrepris une Critique
fur l'Emménologie de M. Freind Medecin
Anglois , où j'attaque le Syftême de
la rupture des vaiffeaux pour l'écoule
ment des mois , y fubftituant l'Hypothéfe
de l'intrufion du fang dans les canaux
lymphatiques. Je fuis , & c.-
de Peronne , fur l'abus des Remedes
Vo
chands.
Ous avez vû , Monfieur , mes nouveaux
Effais fur l'Ame des Bêtes ,
où je prétens établir que ce font de pures
Machines , je prends la liberté de vous
prefenter mes Reflexions touchant l'Extrait
d'un OuvrageAnglois fur la guériſon
des fievres par l'eau commune , qui ſe
trouve dans le Mercure de Fevrier 1724.
Il y a dans cet Extrait des particularitez
tout- à -fait dignes de remarque , & qui
méritent la plus foigneufe attention. Vous
trouverez bon que je prenne delà occafion
de relever un peu les abus qui fe
commettent dans l'ufage des Remedes
chauds.
1. Vol. Ciiij Rien
1112 MERCURE DE FRANCE
Rien de plus ordinaire , rien de plus
familier , chacun le fçait , que la pratique
des Cordiaux & des Drogues les plus brulantes
dans les maladies les plus ardentes,
telles que Petites Veroles , Rougeoles ,
Fievres malignes , pourprées , peftilentielles
, & la Pefte même , toutes maladies
revêtues du caractere de la plus cruelle
inflammation , & marquées , pour ainfi
dire , au coin de la Pierre infernale ; mais
en même-temps , quoi de plus finiftre &
de plus funefte que cette pratique ? Où
eft l'Axiome , que les contraires fe guériffent
par les contraires?& qu'eft devenue
la maxime qu'il faut rabattre les faillies
& réprimer l'impetuofité des Maladies ?
Le ravage affreux que fait ici la Petite
Verole , quand elle eft en regne , étonne
les Provinces où ce fleau ne fait pas
beaucoup près tant de dégats ; parce qu'on
l'y traite avec moins de fracas & moins
de pompe. On a vû les Campagnes à cet
égard plus heureufes que les Villes ; par
ce qu'elles étoient plus fimples & plus
paifibles , moins faftueufes & moins remuantes.
Les bonnes femmes qui n'avoient
pour regle en fanté que les befoins
modiques de la Nature , s'y regloient
, & s'y rapportoient auffi uniquement
en maladie. Economes dans les
remedes comme dans les alimens , elles
I. Vol
gućJUIN.
1730. 1113
guériffoient leurs enfans attaquez de petite
Verole , avec le petit lait pur & fimple
bû largement & prefque à toute heute.
Elles fembloient , conduites qu'elles
étoient au gré de la Nature , plutôt que
de leur caprice , avoir la Medecine par
inftinct , & dans le gout. machinal à l'inftar
des animaux guidez dans la recherche
de ce qui leur eft convenable par un penchant
ou une impulfion toute méchanique.
Mais quand on eut renoncé à l'ufage
du petit lait , pour y fubftituer le vin &
le Thériaque , alors , fuivant la Remarque
du celeble Lydenham , les petites Veroles
apprivoilées jufques - là , fe mutine
rent ; de dociles & de traitables qu'elles
étoient , elles devinrent malignes & meurtrieres.
Brufquées par les incendiaires &
les boute-feux , elles allumerent l'incendie
& ne refpirerent plus que le. carnage.
Les Turcs , à la faveur des Limonades &
du régime fimple , fobre & rafraîchiffant,
fe mettent en garde contre la Peſte , qui
ne difcontinue guere chez eux, mais qu'ils
entendent à faire venir à compoſition &
dont , grace à leur fobrieté , ils éludent .
les coups & fçavent triompher. M. Sidobre
, l'Eleve du fameux Barbeyrac un
des principaux ornemens de l'Ecole de
Montpellier , & l'Oracle des Medecins de
I.. Vol.
Cy for
4
1114 MERCURE DE FRANCE
fon temps , veut qu'on traite les petites
Veroles avec les Délayans , Calmans , Rafraîchiffans
pour baigner , arrofer &
réparer un fang que l'ardeur de la maladie
met à fec , qu'elle brule & qu'elle
confume , pour noyer des Sels âcres &
cauftiques , rabattre des Souffres exaltez &
développez , pour rappeller enfin le calme
& rétablir le bon ordre.
Mais un avantage à quoi les Dames:
pourront ouvrir les yeux & fe montrer
fenfibles , c'eft que le régime rafraîchif
fant épargne leurs agrémens , ménage
leurs graces , & donne moins d'atteinte:
à leurs attraits. Le fang rendu moins brulant
, moins cauftique , moins corrofif,,
produit un pus plus loüable , plus innocent
, qui fait fur la peau des impreffions
moins profondes, moins mordantes ,.
la ronge , la déchire moins , & n'eft pas
fi porté à laiffer les marques de fa fureur,
& les veftiges de fa malignité. On demande
des moyens , on cherche des fecrets
pour fauver les Lys & les Rofes du
venin de la maladie ; on s'amufe à des
Pomades , on s'arrête à des Huiles , tandis
que le grand fecret feroit d'adoucir
& de corriger l'acrimonie du fang , de le
temperer , de le rafraîchir , d'en calmer
l'ardeur , & d'en rabattre les faillies . Voilà
comme les fleurs du vifage pourroient
›
I. Vol.
échapJUIN.
1730. ITIS
échapper à la morfure de l'Afpic , qui
allarme tant les Belles , & fait la terreur de
la plus précieuſe partie du monde , & ce
ne feroit pas une petite confolation pour
un Sexe idolâtre de fes charmes , & qui
tremble autant pour la beauté que pour
la vie.
Si l'on faifoit le dénombrement des
Peftes qui ont ravagé l'Univers , on
trouveroit que celles qu'on a voulu dompter
par des échaufans , & que l'on a honoré
d'un fplendide & fingulier traitement
, ont été les plus rebelles & les plus
indomptables. La derniere Pefte de Marfeille
qui s'eft jouée ſi inſolemment des
Médecins , auroit peut- être perdu de fa
férocité fi on l'eût abaiffée & réduite à
une Cure aifée & naturelle , fans lui faire
l'honneur de l'attaquer par de pompeux
antidotes , & de fe guinder pour elle audeffus
des vûës ordinaires & des indications
accoûtumées. On tente de chaffer
un feu par un feu , on échaufe des corps
déja trop échaufez , on les met à la torture
, on acheve de les brûler. Y auroit-il
plus de rifque à jetter tous les Peftiferez
dans la Riviere , qu'à les faire paffer par
des feux fi dévorans ; & ne s'en fauveroitil
pas plus à la nage, qu'à travers les flammes
des Cordiaux ?
Le fang eft facré en temps de pefte , &
I. Vol. Cvj los
1116 MERCURE DE FRANCE:
les forces font ménagées au mépris de la
vie , au préjudice de la guérifon . On permet
au lang toutes fortes d'échapées , de
boutades, de dépôts , de congeftions. Tout
lui eft permis dans ces jours infortunez ;
il eft deffendu de le réprimer , de l'affoiblir
, de le diminuer dans l'excès de fon
volume , de l'arrêter dans la rapidité de
fon cours ; il faut le laiffer engager dans
les vifceres , l'y précipiter même à toutes
forces , & lui donner la liberté de porter
à l'économie animale le coup mortel qu'il
prépare. Cependant la Pefte fait fon chemin
hardiment , rien ne l'arrête ; une défolation
generale accompagne & fuit fes
pas. On pourroit pourtant s'y oppoſer,&
le moyen , ce femble , de mieux réüffir à
déconcerter ce fléau , ce feroit de s'y prendre
plus fimplement , de l'attaquer fans
tant de façons , à moins de frais & fans
beaucoup de bruit. A ce compte la faignée
feroit merveilles , & l'on verroit à
coup sûr couler moins de larmes , fi l'on
répandoit plus de fang. L'eau feroit auffi
d'un grand ſecours , tant pour la préſervation
que pour la guérifon , comme il
eft fort bien remarqué dans l'Extrait que
vous avez inféré , Meffieurs , dans le Mercure
déja cité , & qui donne lieu à cette
Differtation. Mais quoi ! réduire à l'eau
les Grands comme les petits , & contenir
IVol. dans.
JUIN. 1730. 117
dans un genre de vie fi chetif des gens qui
veulent faire auffi belle figure au lit qu'à
table , qui veulent briller en toute fituation
& le faire traiter auffi fplendidement
en maladie qu'en fanté. Qu'on les traite
donc comme ils veulent , & ils mourront
comme ils doivent. Il faut à la diftinction
de leur rang une pratique diftinguée.
Il eft bien plus noble & plus digne
d'eux de périr avec l'or potable , que de
réchaper avec l'eau .. Cependant quelle
douleur de voir ainfi moiffonner nos
têtes les plus auguftes & les plus précieuſes
, moins par le Glaive de la maladie
, que par les traits envenimez des
remedes ! Qu'il eft trifte que le Monarque
périffe où le fauve un Goujat ! Et qu'il
eft fâcheux pour ce grand équipage de
Médecine , ce grand attirail de remedes
de la haute volée pour la pratique fal
tueuse , enfin de n'avoir fur la pratique
fimple , rafraîchiffante , calmante & du
goût de la nature que le miférable avantage
, ce malheureux relief , de compter
d'illuftres victimes , & d'être fignalée par
de nobles facrifices , tandis que l'autre
que des monumens obfcurs de fa
réüffite , & des fuccès qui n'ont pas autant
d'éclat que de bonheur.
n'a
3
Dans le même Mercure , à la page 257.
on voit une réponse à une . Lettre , qui
I. Vol.
fait ,
Trrs MERCURE DE FRANCE
fait , pour ainfi dire , faire un miracle à
l'Emetique dans la petite Vérole. Je me
fouviens à cette occafion d'un Medecin .
nommé Gurdelheimer , qui fit grand
bruit à la Cour de Berlin , & dont il eft
parlé avantageufement dans les Actes des
Savans de la même Ville. Il entreprenoit
la guérifon de la petite Vérole par des
Emétiques redoublez. Cette méthode , à
ce qu'on dit , lui réüffit à tel point, qu'il
s'acquit le nom d'Efculape de la petite
Vérole. Mais après avoir par cette voye ,
conduit les autres au port , il fit naufrage
lui-même. Attaqué d'une fiévre maligne
, il prit deux fois l'Emétique , &
mourut en convulfions le onze de fa ma--
ladie. Son difciple fe montra jufqu'au
tombeau , fidele imitateur de fon maître..
Etant tombé dans la même maladie , il ſe
traita de même , & mourut de même.
Voilà de quoi groffir le Martyrologe de
l'Antimoine , dreffé par Guy Patin. Telles
font les réfléxions que j'aià vous communiquer
fur l'abus des remedes chauds,
& fur l'excellence des aqueux calmans
délayans , rafraîchiffans. La pratique des
premiers me paroît incertaine , bizarre ,
infidéle , pour ne rien dire de plus ; &
dans la difpofition où je fuis de pourfuivre
ce deffein , & de donner là- deffus
une differtation complete ; je crois voir ,
1. Vol. finon
JUÍN. 1730. TITO
finon de quoi décrier les échaufans & les
profcrire , du moins de quoi les rendre
fufpects , les faire appréhender & les af
fujettir aux loix de la précaution la plus
foigneufe , & de la plus exacte circonfpection.
Vous me permettrez,Monfieur
de vous faire part d'un nouveau fruit de
mes études : J'ai entrepris une Critique
fur l'Emménologie de M. Freind Medecin
Anglois , où j'attaque le Syftême de
la rupture des vaiffeaux pour l'écoule
ment des mois , y fubftituant l'Hypothéfe
de l'intrufion du fang dans les canaux
lymphatiques. Je fuis , & c.-
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Résumé : LETTRE de M. le Tellier, Medecin de Peronne, sur l'abus des Remedes chauds.
M. le Tellier, médecin de Péronne, critique dans une lettre l'usage excessif des remèdes chauds, s'appuyant sur un extrait d'un ouvrage anglais publié dans le Mercure de février 1724. Il dénonce l'utilisation courante des cordiaux et des drogues brûlantes pour traiter des maladies inflammatoires telles que la petite vérole, la rougeole et la peste. Selon lui, cette pratique, bien que répandue, est souvent néfaste et contredit les principes médicaux de traiter les contraires par les contraires. Le Tellier observe que dans les campagnes, où les traitements sont plus simples et naturels, les maladies comme la petite vérole sont moins mortelles. Les guérisseuses y utilisent du petit lait pur pour soigner les enfants, une méthode plus en accord avec la nature. En revanche, l'introduction de remèdes plus agressifs comme le vin et la thériaque a aggravé les maladies. Il mentionne également que les Turcs, grâce à un régime simple et rafraîchissant, parviennent à se protéger contre la peste. M. Sidobre, un éminent médecin de Montpellier, recommande l'usage de délayants, calmants et rafraîchissants pour traiter la petite vérole. Le Tellier souligne que ces traitements rafraîchissants épargnent les agréments et les grâces des dames, produisant un pus moins corrosif et laissant moins de marques sur la peau. Il critique les méthodes pompeuses et coûteuses utilisées pour traiter la peste, qui souvent échouent. Le Tellier conclut en affirmant que les remèdes chauds sont incertains et dangereux, et qu'il est préférable d'utiliser des remèdes aqueux, calmants et rafraîchissants. Il mentionne également une critique qu'il a entreprise sur l'Emménologie de M. Freind, où il propose une nouvelle hypothèse sur l'écoulement des mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 2441-2453
Méthode nouvelle pour connoître toutes les Maladies, [titre d'après la table]
Début :
EXTRAIT d'un Livre intitulé, Méthode nouvelle pour connoître toutes les Maladies, [...]
Mots clefs :
Maladies, Médecine, Classes, Méthode, Tumeurs, Fièvre, Signes, Plantes, Maladies inflammatoires, Chirurgie, Divisions, Douleur, Douleurs, Vérole
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Méthode nouvelle pour connoître toutes les Maladies, [titre d'après la table]
EXTRAIT d'un Livre intitulé , Mé
thode nouvelle pour connoître toutes les Ma
Ladies , rangées par claffes , & réduites en
genres & en efpeces , par S. de L ... Docteur
de Montpellier , Réfident à Alais.
. On ne fçauroit difconvenir qu'il n'y
ait un grand nombre de maladies incon
nuës ou confufément décrites par les Ob
fer2442
MERCURE DE FRANCE
fervateurs , ce qui ne provient que
de ce
qu'on a manqué jufqu'ici d'une Méthode
, qui fans en omettre aucune , les fit
toutes connoître par des caracteres propres
-évidens & aiſez à retenir ; telle eft la Méthode
que M. de Tournefort a heureuſement
trouvée pour connoître les Plantes,
& les diftinguer les unes des autres , juf
qu'à leurs moindres efpeces ; Méthode
qui feule étoit capable d'élever la Boranique
au point de perfection où nous la
voyons , & de faire connoître clairement
environ quinze mille Plantes , tandis que
les Anciens , privez des caracteres propres
à chacune , les confondoient & n'en cons
noiffoient que 6. ou 700.
Le nombre des maladies n'eft pas moins
confus que celui des Plantes , ni peut-être
moins grand , nous fommes à cet égard ce
qu'étoient , à l'égard de la Botanique , Ma
thiole & Diofcoride , & ce ne fera qu'une
bonneMéthode, qui caracterifant toutes les
maladies, & les ordonnant en diverſes claf
fes , pourra en faire connoître toutes les
efpeces clairement & diftinctement.
L'Auteur commence par prouver que
Toutes celles qu'on a employées jufqu'ici ,
font défectueufes & nuifibles , il les réduit
à trois : à celles qui font fondées fur
l'ordre alphabetique , telle eft celle que
M. Manget a employée dans fa Bibliotheque
NOVEMBRE. 1730. 2443
que , celles qui fuivent le dénombrement
des caufes qu'il nomme l'ordrePathologique
& celles enfin qui font fuivant l'ordre
Anatomique ;l'ordre Pathologique a été mis
en ufage par Mrs Boerhave , Joncker , &c. &
l'Anatomique par Riviere , Sennert , Etmuller,
& prefque tous les autres , ce font
les feules qui comprennent toutes les maladies.
Quant aux Méthodes particulieres,
comme celle de Sydenham, qui ne contient
que les maladies aiguës & les chroniques ,
celles qui divifent les maladies felon les
âges des Malades , felon les Pays qu'elles
attaquent , &c n'entrent pas en compte ,
parce qu'elles ne ne font pas generales.
L'Auteur n'a pas de peine à prouver
qu'il ne faut attendre aucune utilité de
Fordre Alphabetique, ni du Pathologique
pour parvenir à la connoiffance des maladies
, les noms étant des fignes arbitrai
res qui n'ont aucun rapport évident ni
effentiel avec les maladies , & les caufes
nous étant entierement cachées , incertaines
& obfcures , ne fçauroient en être lesfignes
certains & évidents. Quant à l'Anatomique
, on fait voir , 1 °. que cet ordre
confond les maladies fimples & Chirurgicales
avec les compofées , dès qu'elles
fe trouvent dans la même partie , comme
l'Alopecie avec la Plie des Polonois , les
Lentilles avec la Chlorofe , les taches de
I
rouffeur
2444 MERCURE DE FRANCE
4
par
rouleur avec la Jauniffe , &c. 2°. Qu'il
oblige à de continuelles répetions de théorie
, de diagnoftic, prognoftic & curation ,
parce qu'elle traite de fuite des maladies
d'une nature differente , comme l'Aſthme
& la Pleurefie , l'Hépatitis & le Schire au
foye,& par là il fatigue la mémoire , loin de
la foulager , & embroüille les idées
ce paffage fubit d'une maladie à une autre
, d'un caractere different. 3 °. On fait
Voir que loin d'enfeigner le fiege des maladies
, unique utilité que cette Méthode
femble avoir , elle jette fouvent dans l'erreur
fur ce fujets ainfi bien des fois l'on
a trouvé par l'ouverture des cadavres , la
caufe d'une Migraine , d'une Pleurefie ,
d'une Paralifie , d'une Nephrétique du
côté droit , tandis que les fignes tirez'de'
l'ordre Anatomique , l'avoient fait croitre'
du côté gauche. 4° . Enfin , fuivant cet
ordre on ne fçait où ranger les maladies
vagues , comme la Vérole , le Scorbut ,
le Rhumatifme , qui tantôt font dans une
partie, tantôt dans l'autre, & qui paroiffent
fous le mafque de diverfes autres maladies.
Aprés cela P'Auteur réfout toutes les
difficultez qui fe prefentent contre l'établiffement
qu'il fait ; il prouve que quoique
les maladies ne foient que des manieres
d'être , elles ne constituent pas
moins des efpeces diftinctes & d'un caractefe
NOVEMBRE. 1730. 2445
3
ractere certain , que le font les Plantes
en quoiil s'appuye des raifons du fameux
Sydenham & de Baglivi , qui avoient prefenti
l'utilité d'une Méthode femblable
ces Auteurs affurent que les efpeces de
maladies font conftantes & invariables ,
que telles que les ont décrites les Anciens ,
telles nous les trouvons aujourd'hui , que .
la fievre quarte , par exemple , eft en tout
temps , en tout pays & à tout âge , la
même , qu'elle eft auffi reglée dans fes retours
périodiques que la Montre la plus
jufte l'eft dans les révolutions ... Ii en
tre enfuite dans le détail des regles de fa
Méthode ; Baglivi lui en fournit deux
qui font , qu'il ne faut pas établir les differentes
efpeces fur les Syftêmes de théorie
, & qu'il en faut faire autant de nouvelles
qu'il y en a qui font differentes par
leurs fymptomes conftans & par les caufes
évidentes qui les produifent ordinairement
; il eft appuyé encore par l'exem
ple de Mrs Morton & Hamilton , qui ont
divife dans ce Syftême la Phtifie , & un
grand nombre de nouvelles efpeces bien
caracterifées , ce que M. Mufgrave a exe
cuté encore fur la Goute , & M. Helves
tius , fur la petite Verole , il fait voir que
c'eft un grand deffaut dans tous les Aureurs
de ne divifer les genres de maladies
qu'en deux ou trois efpeces , tandis que
la
2446 MERCURE DE FRANCE
la plupart en un très - grand nombre , com
me les Auteurs déja citez l'ont fait voir
dans la Phryfie , la Goute , & qu'il le
montre dans la Pleurefie.
Enfin il en vient à l'établiſſement de
fes claffes , & à l'exemple des Botaniftes ,
il donne des définitions à chaque claffe
& à chaque fection , en laquelle il la foûdivife,
il fait la même chofe , aux genres ;
& quant aux efpeces , il les caracterife par
une phrafe latine , qui en contient tantôt
la nature , tantôt les fignes caracteriftiques,
On verra que fa méthode & fes divifions
contiennent non - feulement toutes
les maladies , mais même les rendent fi
aifées à connoître , qu'il ne faut fouvent
que le fecours des fens pour les diftinguer
, fans avoir eu aucun principe de
Médecine .
Il divife donc toutes les maladies en
dix claffes ; les deux premieres parlent des
Affections Chirurgicales , comme étant
les plus fimples , & fervant à faire connoître
les autres , qu'il nomme parfaites &
médicinales.
Des huit autres claffes des maladies
proprement dites les quatre premieres
contiennent prefque toutes des maladies
aiguës, & les deux premieres, qui font les
fievres , & les maladies inflammatoires ,
font generales , en attaquant tout le
corps.
Les
NOVEMBRE. 1730. 2447
2
Les quatre dernieres font prefque toujours
des maladies chroniques , fans fiévre
aiguë , mais cette divifion n'étant pas
exacte , ne contentent pas entierement.
L'Auteur demande qu'il lui foit permis
de forger certains noms , pour dénommer
brièvement quelques claffes &
quelques genres qu'on n'exprime que par
de longues périphrafes ; permiffion qu'on
a donnée aux Botaniftes , & dont les Algébriftes
ufent fi communément.
par
Ses claffes font donc un affemblage judicieux
& méthodique de toutes les maladies
qui ont un raport eflentiel enſemble
leurs phénomenes éviders , fouvent par
leur prognoftic , & plus fouvent par leurs
indications générales.
ere Claffe. Des affections fuperficiaires
& chirurgicales.
Ce font ces légeres taches , tumeurs ou
afperitez qui fe trouvent à la furface du
corps , & qui font communément fans
fiévre effentielle , ni danger.
La rere Section contient les tumeurs infiniment
petites , qui paroiffent fous la
forme de taches , & qui ne caufent ni
douleur ni demangeaifon ; telles font les
lentilles , les taches de rouffeur , feins
envies , &c.
La 2 , contient les papules un peu plus
élevées
2448 MERCURE DE FRANCE
élevées & prurigineufes , comme les dartres
, le lichen , &c.
La 3 en contient encore de plus grandes
, & qui font une à une , & non en
grand nombre, comme plufieurs des précédentes
, & commence par les indolentes
ou froides , comme les verruës , ganglions
, fungus , exoftoles , &c.
La 4 , contient des tumeurs douloureufes
un peu plus grandes & fingulieres auffi ,
telles font le phlégmon , l'éryfipele , le
-bubon , froncle , charbon , cancer , & c.
La se , parle des tumeurs les plus groffes
qui
font fouvent fans douleurs , & on les
divife en trois . 1 °. Les Tumeurs humora .
des froides ; fçavoir , le Schirre , l'Edeme ,
&c.2 ° .Les Excroiffances , comme la Boffe
la Natte , les Polypes , & c. 3 °. Les amas
de matières dans des réfervoirs dilatez ,
comme les Loupes, Abſcès , Anevriſmes,
Hydrocele , &c.
Claffe 2. Des affections Dyalitiques
Chirurgicales .
Le caractere de celles - ci eft une Dialife
ou divifion de continuité ou de conti- .
guité fenfible & confiderable.
La fect. 1ere eft des divifions de contiguité
dans les parties molles ou dans les
offeufes , quelquefois avec tumeur , telles
font les Hernies , chutes de l'Oeil , de
PAnus , les Luxations , &c. La
NOVEMBRE. 1730. 2449
La 2 , contient les folutions de continuité
dans les parties oTeufes & molles
fans perte de fubftance , comme les Fractures
, Bleffures , & c .
La 3 parle des mêmes divifions , avec
perte de fubftance , & l'on y range les
Ulceres , Sinus , Rhagades , & c.
Claffe 3 , qui eft la premiere des maladies
univerfelles & aiguës le plus communément.
e
Les Fièvres fimples.
Section 1ere, des Fiévres intermittentes
comme la quotidienne , la tierce , &c.
Sect. 2° des Fiévres exacerbantes ,com.
me le tritæus , la triteophia , l'hémitritée
, la tetartophie , & c.
›
Sect . 3 , des continuës , fans accès ni redoublement
, comme l'éphemere , le fynoque
, &c.
Le caractere de cette claffe eft une frequence
de poux non naturelle, avec chaleur
ou avec froid , fouvent avec un froid
& un chaud alternatif.
Claffe 4.Les Fiévres inflammatoires.
Leur caractere eft une ou plufieurs tu
meurs inflammatoires , avec rougeur ,
chaleur & douleur , jointes à une fiévre
aiguë , continuë , fouvent exacerbante &
irréguliere.
F Sect.
2450 MERCURE DE FRANCE
Sect . 1ere. Des maladies inflammatoires
cutanées , comme la petite verole,lá rougeole
, la fiévre miliaire , la pourprée , &c,
Sect. 2º , de celles qui attaquent les membranes
internes principalement , & dont
la douleur eft plus vive , telles font la
phrenefie , la pleurefie, l'inflammation de
l'eftomach , inteftins , uterus , vefcie, & c ,
Sect . 3 , de celles qui attaquent les vif
ceres charnus ou parenchimes , comme
l'inflammation du cerveau , cervelet , langine
, la péripneumonie , l'hépatitis , néphritis
, &c,
Claffes . Des Maladies Evacuatoires.
Le caractere s'en tire de l'évacuation dos
Liqueurs ou des matieres copieuſes & conf
tantes .
Sect . ere. Des évacuations rouges ou
fanglantes , comme l'Hémoragie , Hémophtifie
, Vomiffement fanglant , Piffement
de fang , Diffenterie , & c.
Sect . 2°. Des évacuations blanchatres ou
limpides ; comme la Vomique , la Gono
rhée , la Paffion cæliaque , &c .
Sect. 3. Des Déjections de diverſes couleurs
& confiftance , come le Vomiffement,
la Diarhée , le Choleramorbus
, &c ,
Claffe 6 , Des maladies Paralytiques,
Claffe
NOVEMRBE. 1730. 2452
Claffe 7. Des maladies convulſives.
Claffe 8 ° . Des maladies Pfichordées.
Le caractere de celles-cy eft une dépravation
dans les trois fonctions principales de
l'Aine , le Jugement , l'Imagination & la
Volonté .
ces
Claffe 9. Des Maladies Dolorifiques.
Claffe 1o . Des Maladies Cachectiques.
Un fimple Extrait de toutes
claffes ne feroit pas avantageux à l'ouvrage
, à moins qu'il ne pafsât les bornes
ordinaires qu'on s'eft prefcrites. Il ne
me refte qu'à donner une idee de la façon
dont les efpeces de maladies y font rangées
, je ne prendrai que les Phraſes de
celles qui font dans la Fiévre tierce. Par
exemple.
Tertiana exquifita. Sennert. Jonfthon ;
&c.
Le Paroxisme ne s'étend pas au-delà de
douze heures , & ne revient pas plus de
quatre fois.
Cette efpece eft autonnale , le Poux y
eft d'abord petit , enfuite grand , dur ,
frequent , & c.
Tert. Notha longior, & levior. Sennert.
Tert. Hypochondriaca Wedel. Medic.
Amænit, Fij Tert
2452 MERCURE DE FRANCE
Tert. Hysterica Wedel . ibid .
Tert, Scorbutica Wedel . ibid .
Tert. Arthritica Mulgrew. de arthritide
anomald.
Tert. Afthmatica . Boner.
Tert. Scorbutica frigida & dolorifica.
Etmuller , de febrib.
Tert. Epidemica petechifans maligna.
T. Bartholin . hift. 56. Cent. 2 .
T. Duplex vel duplicata vulgatior.Piens.
Primiros.
Tert. Duplex altera . Bonet.
Tert. Triplex primiros.
Tert. Quadruplex. Senn . Primir.
Tert. Quariana complicata. Primiros.
Tert. Duplex ardens . Fr.Joël.
Tert. Carotica maligna , ex authoris obfervatione.
Tert. Duplex verminofa act. Helmeftad.
Andr. Stiffer .
Tert. Maligna peftilens . Bonet.deFebrib.
Úc.
L'Auteur fait voir qu'il n'eft pas une de
ces efpeces qui n'exige une curation particuliere
, & c'eft le fentiment du fameux
Sydenham & de Baglivi , mais il ne touche
que fuperficiellement leurs indications
, & fe contente de décrire les fignes
caracteristiques de chacune de ces efpeces.
Bien que l'ouvrage foitentierement fini ,
&
NOVEMBRE . 1730. 2453-
& ait été approuvé par des Profeffeurs de
Montpellier , des Docteurs de Province
& de l'illuftre Monfieur Andri. L'Auteur
n'a pas voulu le hazarder fans
avoir auparavant préfenti le gout des favans
fur une matiere fi importante & ft
neuve. Il ne le propofe même que pour
exciter, dit- il , les mêmes -Savans à donner
une Méthode pareille plus parfaite , ce
qui feroit d'une auffi grande utilité dans
la pratique de la Médecine, que la découverte
des Claffes de Mr de Tournefort
l'a été dans la Botanique.
thode nouvelle pour connoître toutes les Ma
Ladies , rangées par claffes , & réduites en
genres & en efpeces , par S. de L ... Docteur
de Montpellier , Réfident à Alais.
. On ne fçauroit difconvenir qu'il n'y
ait un grand nombre de maladies incon
nuës ou confufément décrites par les Ob
fer2442
MERCURE DE FRANCE
fervateurs , ce qui ne provient que
de ce
qu'on a manqué jufqu'ici d'une Méthode
, qui fans en omettre aucune , les fit
toutes connoître par des caracteres propres
-évidens & aiſez à retenir ; telle eft la Méthode
que M. de Tournefort a heureuſement
trouvée pour connoître les Plantes,
& les diftinguer les unes des autres , juf
qu'à leurs moindres efpeces ; Méthode
qui feule étoit capable d'élever la Boranique
au point de perfection où nous la
voyons , & de faire connoître clairement
environ quinze mille Plantes , tandis que
les Anciens , privez des caracteres propres
à chacune , les confondoient & n'en cons
noiffoient que 6. ou 700.
Le nombre des maladies n'eft pas moins
confus que celui des Plantes , ni peut-être
moins grand , nous fommes à cet égard ce
qu'étoient , à l'égard de la Botanique , Ma
thiole & Diofcoride , & ce ne fera qu'une
bonneMéthode, qui caracterifant toutes les
maladies, & les ordonnant en diverſes claf
fes , pourra en faire connoître toutes les
efpeces clairement & diftinctement.
L'Auteur commence par prouver que
Toutes celles qu'on a employées jufqu'ici ,
font défectueufes & nuifibles , il les réduit
à trois : à celles qui font fondées fur
l'ordre alphabetique , telle eft celle que
M. Manget a employée dans fa Bibliotheque
NOVEMBRE. 1730. 2443
que , celles qui fuivent le dénombrement
des caufes qu'il nomme l'ordrePathologique
& celles enfin qui font fuivant l'ordre
Anatomique ;l'ordre Pathologique a été mis
en ufage par Mrs Boerhave , Joncker , &c. &
l'Anatomique par Riviere , Sennert , Etmuller,
& prefque tous les autres , ce font
les feules qui comprennent toutes les maladies.
Quant aux Méthodes particulieres,
comme celle de Sydenham, qui ne contient
que les maladies aiguës & les chroniques ,
celles qui divifent les maladies felon les
âges des Malades , felon les Pays qu'elles
attaquent , &c n'entrent pas en compte ,
parce qu'elles ne ne font pas generales.
L'Auteur n'a pas de peine à prouver
qu'il ne faut attendre aucune utilité de
Fordre Alphabetique, ni du Pathologique
pour parvenir à la connoiffance des maladies
, les noms étant des fignes arbitrai
res qui n'ont aucun rapport évident ni
effentiel avec les maladies , & les caufes
nous étant entierement cachées , incertaines
& obfcures , ne fçauroient en être lesfignes
certains & évidents. Quant à l'Anatomique
, on fait voir , 1 °. que cet ordre
confond les maladies fimples & Chirurgicales
avec les compofées , dès qu'elles
fe trouvent dans la même partie , comme
l'Alopecie avec la Plie des Polonois , les
Lentilles avec la Chlorofe , les taches de
I
rouffeur
2444 MERCURE DE FRANCE
4
par
rouleur avec la Jauniffe , &c. 2°. Qu'il
oblige à de continuelles répetions de théorie
, de diagnoftic, prognoftic & curation ,
parce qu'elle traite de fuite des maladies
d'une nature differente , comme l'Aſthme
& la Pleurefie , l'Hépatitis & le Schire au
foye,& par là il fatigue la mémoire , loin de
la foulager , & embroüille les idées
ce paffage fubit d'une maladie à une autre
, d'un caractere different. 3 °. On fait
Voir que loin d'enfeigner le fiege des maladies
, unique utilité que cette Méthode
femble avoir , elle jette fouvent dans l'erreur
fur ce fujets ainfi bien des fois l'on
a trouvé par l'ouverture des cadavres , la
caufe d'une Migraine , d'une Pleurefie ,
d'une Paralifie , d'une Nephrétique du
côté droit , tandis que les fignes tirez'de'
l'ordre Anatomique , l'avoient fait croitre'
du côté gauche. 4° . Enfin , fuivant cet
ordre on ne fçait où ranger les maladies
vagues , comme la Vérole , le Scorbut ,
le Rhumatifme , qui tantôt font dans une
partie, tantôt dans l'autre, & qui paroiffent
fous le mafque de diverfes autres maladies.
Aprés cela P'Auteur réfout toutes les
difficultez qui fe prefentent contre l'établiffement
qu'il fait ; il prouve que quoique
les maladies ne foient que des manieres
d'être , elles ne constituent pas
moins des efpeces diftinctes & d'un caractefe
NOVEMBRE. 1730. 2445
3
ractere certain , que le font les Plantes
en quoiil s'appuye des raifons du fameux
Sydenham & de Baglivi , qui avoient prefenti
l'utilité d'une Méthode femblable
ces Auteurs affurent que les efpeces de
maladies font conftantes & invariables ,
que telles que les ont décrites les Anciens ,
telles nous les trouvons aujourd'hui , que .
la fievre quarte , par exemple , eft en tout
temps , en tout pays & à tout âge , la
même , qu'elle eft auffi reglée dans fes retours
périodiques que la Montre la plus
jufte l'eft dans les révolutions ... Ii en
tre enfuite dans le détail des regles de fa
Méthode ; Baglivi lui en fournit deux
qui font , qu'il ne faut pas établir les differentes
efpeces fur les Syftêmes de théorie
, & qu'il en faut faire autant de nouvelles
qu'il y en a qui font differentes par
leurs fymptomes conftans & par les caufes
évidentes qui les produifent ordinairement
; il eft appuyé encore par l'exem
ple de Mrs Morton & Hamilton , qui ont
divife dans ce Syftême la Phtifie , & un
grand nombre de nouvelles efpeces bien
caracterifées , ce que M. Mufgrave a exe
cuté encore fur la Goute , & M. Helves
tius , fur la petite Verole , il fait voir que
c'eft un grand deffaut dans tous les Aureurs
de ne divifer les genres de maladies
qu'en deux ou trois efpeces , tandis que
la
2446 MERCURE DE FRANCE
la plupart en un très - grand nombre , com
me les Auteurs déja citez l'ont fait voir
dans la Phryfie , la Goute , & qu'il le
montre dans la Pleurefie.
Enfin il en vient à l'établiſſement de
fes claffes , & à l'exemple des Botaniftes ,
il donne des définitions à chaque claffe
& à chaque fection , en laquelle il la foûdivife,
il fait la même chofe , aux genres ;
& quant aux efpeces , il les caracterife par
une phrafe latine , qui en contient tantôt
la nature , tantôt les fignes caracteriftiques,
On verra que fa méthode & fes divifions
contiennent non - feulement toutes
les maladies , mais même les rendent fi
aifées à connoître , qu'il ne faut fouvent
que le fecours des fens pour les diftinguer
, fans avoir eu aucun principe de
Médecine .
Il divife donc toutes les maladies en
dix claffes ; les deux premieres parlent des
Affections Chirurgicales , comme étant
les plus fimples , & fervant à faire connoître
les autres , qu'il nomme parfaites &
médicinales.
Des huit autres claffes des maladies
proprement dites les quatre premieres
contiennent prefque toutes des maladies
aiguës, & les deux premieres, qui font les
fievres , & les maladies inflammatoires ,
font generales , en attaquant tout le
corps.
Les
NOVEMBRE. 1730. 2447
2
Les quatre dernieres font prefque toujours
des maladies chroniques , fans fiévre
aiguë , mais cette divifion n'étant pas
exacte , ne contentent pas entierement.
L'Auteur demande qu'il lui foit permis
de forger certains noms , pour dénommer
brièvement quelques claffes &
quelques genres qu'on n'exprime que par
de longues périphrafes ; permiffion qu'on
a donnée aux Botaniftes , & dont les Algébriftes
ufent fi communément.
par
Ses claffes font donc un affemblage judicieux
& méthodique de toutes les maladies
qui ont un raport eflentiel enſemble
leurs phénomenes éviders , fouvent par
leur prognoftic , & plus fouvent par leurs
indications générales.
ere Claffe. Des affections fuperficiaires
& chirurgicales.
Ce font ces légeres taches , tumeurs ou
afperitez qui fe trouvent à la furface du
corps , & qui font communément fans
fiévre effentielle , ni danger.
La rere Section contient les tumeurs infiniment
petites , qui paroiffent fous la
forme de taches , & qui ne caufent ni
douleur ni demangeaifon ; telles font les
lentilles , les taches de rouffeur , feins
envies , &c.
La 2 , contient les papules un peu plus
élevées
2448 MERCURE DE FRANCE
élevées & prurigineufes , comme les dartres
, le lichen , &c.
La 3 en contient encore de plus grandes
, & qui font une à une , & non en
grand nombre, comme plufieurs des précédentes
, & commence par les indolentes
ou froides , comme les verruës , ganglions
, fungus , exoftoles , &c.
La 4 , contient des tumeurs douloureufes
un peu plus grandes & fingulieres auffi ,
telles font le phlégmon , l'éryfipele , le
-bubon , froncle , charbon , cancer , & c.
La se , parle des tumeurs les plus groffes
qui
font fouvent fans douleurs , & on les
divife en trois . 1 °. Les Tumeurs humora .
des froides ; fçavoir , le Schirre , l'Edeme ,
&c.2 ° .Les Excroiffances , comme la Boffe
la Natte , les Polypes , & c. 3 °. Les amas
de matières dans des réfervoirs dilatez ,
comme les Loupes, Abſcès , Anevriſmes,
Hydrocele , &c.
Claffe 2. Des affections Dyalitiques
Chirurgicales .
Le caractere de celles - ci eft une Dialife
ou divifion de continuité ou de conti- .
guité fenfible & confiderable.
La fect. 1ere eft des divifions de contiguité
dans les parties molles ou dans les
offeufes , quelquefois avec tumeur , telles
font les Hernies , chutes de l'Oeil , de
PAnus , les Luxations , &c. La
NOVEMBRE. 1730. 2449
La 2 , contient les folutions de continuité
dans les parties oTeufes & molles
fans perte de fubftance , comme les Fractures
, Bleffures , & c .
La 3 parle des mêmes divifions , avec
perte de fubftance , & l'on y range les
Ulceres , Sinus , Rhagades , & c.
Claffe 3 , qui eft la premiere des maladies
univerfelles & aiguës le plus communément.
e
Les Fièvres fimples.
Section 1ere, des Fiévres intermittentes
comme la quotidienne , la tierce , &c.
Sect. 2° des Fiévres exacerbantes ,com.
me le tritæus , la triteophia , l'hémitritée
, la tetartophie , & c.
›
Sect . 3 , des continuës , fans accès ni redoublement
, comme l'éphemere , le fynoque
, &c.
Le caractere de cette claffe eft une frequence
de poux non naturelle, avec chaleur
ou avec froid , fouvent avec un froid
& un chaud alternatif.
Claffe 4.Les Fiévres inflammatoires.
Leur caractere eft une ou plufieurs tu
meurs inflammatoires , avec rougeur ,
chaleur & douleur , jointes à une fiévre
aiguë , continuë , fouvent exacerbante &
irréguliere.
F Sect.
2450 MERCURE DE FRANCE
Sect . 1ere. Des maladies inflammatoires
cutanées , comme la petite verole,lá rougeole
, la fiévre miliaire , la pourprée , &c,
Sect. 2º , de celles qui attaquent les membranes
internes principalement , & dont
la douleur eft plus vive , telles font la
phrenefie , la pleurefie, l'inflammation de
l'eftomach , inteftins , uterus , vefcie, & c ,
Sect . 3 , de celles qui attaquent les vif
ceres charnus ou parenchimes , comme
l'inflammation du cerveau , cervelet , langine
, la péripneumonie , l'hépatitis , néphritis
, &c,
Claffes . Des Maladies Evacuatoires.
Le caractere s'en tire de l'évacuation dos
Liqueurs ou des matieres copieuſes & conf
tantes .
Sect . ere. Des évacuations rouges ou
fanglantes , comme l'Hémoragie , Hémophtifie
, Vomiffement fanglant , Piffement
de fang , Diffenterie , & c.
Sect . 2°. Des évacuations blanchatres ou
limpides ; comme la Vomique , la Gono
rhée , la Paffion cæliaque , &c .
Sect. 3. Des Déjections de diverſes couleurs
& confiftance , come le Vomiffement,
la Diarhée , le Choleramorbus
, &c ,
Claffe 6 , Des maladies Paralytiques,
Claffe
NOVEMRBE. 1730. 2452
Claffe 7. Des maladies convulſives.
Claffe 8 ° . Des maladies Pfichordées.
Le caractere de celles-cy eft une dépravation
dans les trois fonctions principales de
l'Aine , le Jugement , l'Imagination & la
Volonté .
ces
Claffe 9. Des Maladies Dolorifiques.
Claffe 1o . Des Maladies Cachectiques.
Un fimple Extrait de toutes
claffes ne feroit pas avantageux à l'ouvrage
, à moins qu'il ne pafsât les bornes
ordinaires qu'on s'eft prefcrites. Il ne
me refte qu'à donner une idee de la façon
dont les efpeces de maladies y font rangées
, je ne prendrai que les Phraſes de
celles qui font dans la Fiévre tierce. Par
exemple.
Tertiana exquifita. Sennert. Jonfthon ;
&c.
Le Paroxisme ne s'étend pas au-delà de
douze heures , & ne revient pas plus de
quatre fois.
Cette efpece eft autonnale , le Poux y
eft d'abord petit , enfuite grand , dur ,
frequent , & c.
Tert. Notha longior, & levior. Sennert.
Tert. Hypochondriaca Wedel. Medic.
Amænit, Fij Tert
2452 MERCURE DE FRANCE
Tert. Hysterica Wedel . ibid .
Tert, Scorbutica Wedel . ibid .
Tert. Arthritica Mulgrew. de arthritide
anomald.
Tert. Afthmatica . Boner.
Tert. Scorbutica frigida & dolorifica.
Etmuller , de febrib.
Tert. Epidemica petechifans maligna.
T. Bartholin . hift. 56. Cent. 2 .
T. Duplex vel duplicata vulgatior.Piens.
Primiros.
Tert. Duplex altera . Bonet.
Tert. Triplex primiros.
Tert. Quadruplex. Senn . Primir.
Tert. Quariana complicata. Primiros.
Tert. Duplex ardens . Fr.Joël.
Tert. Carotica maligna , ex authoris obfervatione.
Tert. Duplex verminofa act. Helmeftad.
Andr. Stiffer .
Tert. Maligna peftilens . Bonet.deFebrib.
Úc.
L'Auteur fait voir qu'il n'eft pas une de
ces efpeces qui n'exige une curation particuliere
, & c'eft le fentiment du fameux
Sydenham & de Baglivi , mais il ne touche
que fuperficiellement leurs indications
, & fe contente de décrire les fignes
caracteristiques de chacune de ces efpeces.
Bien que l'ouvrage foitentierement fini ,
&
NOVEMBRE . 1730. 2453-
& ait été approuvé par des Profeffeurs de
Montpellier , des Docteurs de Province
& de l'illuftre Monfieur Andri. L'Auteur
n'a pas voulu le hazarder fans
avoir auparavant préfenti le gout des favans
fur une matiere fi importante & ft
neuve. Il ne le propofe même que pour
exciter, dit- il , les mêmes -Savans à donner
une Méthode pareille plus parfaite , ce
qui feroit d'une auffi grande utilité dans
la pratique de la Médecine, que la découverte
des Claffes de Mr de Tournefort
l'a été dans la Botanique.
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Résumé : Méthode nouvelle pour connoître toutes les Maladies, [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage intitulé 'Méthode nouvelle pour connoître toutes les Maladies' rédigé par S. de L..., Docteur de Montpellier. L'auteur observe que de nombreuses maladies sont inconnues ou mal décrites, attribuant cette situation à l'absence d'une méthode adéquate. Il compare cette confusion à celle qui régnait en botanique avant la méthode de Tournefort, qui a permis de classer environ quinze mille plantes contre six ou sept cents connues par les Anciens. L'auteur critique les méthodes existantes pour classer les maladies, qu'il réduit à trois types : alphabétique, pathologique et anatomique. La méthode alphabétique est jugée inefficace car les noms des maladies sont arbitraires. La méthode pathologique est obscure car les causes des maladies sont incertaines. La méthode anatomique, quant à elle, confond les maladies simples et chirurgicales avec les maladies composées, entraînant des répétitions théoriques et une surcharge de la mémoire. L'auteur propose une nouvelle méthode pour classer les maladies en diverses classes, similaire à celle utilisée en botanique. Il divise les maladies en dix classes, les deux premières concernant les affections chirurgicales et les huit autres les maladies proprement dites. Chaque classe est définie par des phénomènes évidents, un pronostic et des indications générales. Les classes sont subdivisées en sections et genres, caractérisés par des phrases latines décrivant leur nature ou leurs signes caractéristiques. L'ouvrage vise à rendre la connaissance des maladies plus accessible et précise, en utilisant des définitions claires et des divisions méthodiques. Bien que l'ouvrage soit terminé et approuvé par des professeurs de Montpellier, des docteurs de province et Monsieur Andri, l'auteur choisit de ne pas le publier immédiatement. Il souhaite d'abord soumettre son travail à l'avis des savants sur une matière aussi importante et nouvelle, espérant ainsi encourager le développement d'une méthode plus parfaite et apporter une utilité comparable à celle des classes de Monsieur de Tournefort en botanique pour la pratique de la médecine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 549
« On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...] »
Début :
On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...]
Mots clefs :
Vue recouvrée, Vérole, Tremblements de terre
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texteReconnaissance textuelle : « On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...] »
On a appris par des Lettres de Suede , un fait
extrémement singulier. Un enfant de onze ans ,
né aveugle à Torna , a recouvré la vûë le 13
jour d'une petite verole. Belle matiere à Dissertation sur les maladies et les accidens qui peuvent être utiles au Corps humain.
On apprend de Corfou , par la voye de Venise , qu'il y étoit tombé pendant trois jours une
pluye si abondante , que plusieurs Villages voisins avoient été submergez ; que cette pluye
avoit été précédée d'une secousse assez vive de
tremblement de terre , accompagnée d'un grand
bruit , qu'on avoit entendu du côté du Port , où
la Mer avoit paru se gonfler ; que dans un seul
jour le tonnerre étoit tombé cinq fois sur un même Vaisseau de Guerre , où il n'avoit tué que
deux Matelots , et que pendant la tempête , l'air
étoit tout rempli de Hiboux , de Chauve-souris
et d'autres Oiseaux Nocturnes , qui venoient se
percher sur les Mats et les Vergues des Bâtimens du Port.
extrémement singulier. Un enfant de onze ans ,
né aveugle à Torna , a recouvré la vûë le 13
jour d'une petite verole. Belle matiere à Dissertation sur les maladies et les accidens qui peuvent être utiles au Corps humain.
On apprend de Corfou , par la voye de Venise , qu'il y étoit tombé pendant trois jours une
pluye si abondante , que plusieurs Villages voisins avoient été submergez ; que cette pluye
avoit été précédée d'une secousse assez vive de
tremblement de terre , accompagnée d'un grand
bruit , qu'on avoit entendu du côté du Port , où
la Mer avoit paru se gonfler ; que dans un seul
jour le tonnerre étoit tombé cinq fois sur un même Vaisseau de Guerre , où il n'avoit tué que
deux Matelots , et que pendant la tempête , l'air
étoit tout rempli de Hiboux , de Chauve-souris
et d'autres Oiseaux Nocturnes , qui venoient se
percher sur les Mats et les Vergues des Bâtimens du Port.
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Résumé : « On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...] »
Un enfant de onze ans, né aveugle à Torna, a recouvré la vue après la petite vérole. À Corfou, une pluie abondante a duré trois jours, précédée d'un tremblement de terre et d'une mer gonflée. Le même jour, un vaisseau de guerre a été frappé cinq fois par la foudre, tuant deux matelots. Des oiseaux nocturnes ont envahi le port pendant la tempête.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 979-981
« On écrit de Rome qu'on y travaille actuellement, par [...] »
Début :
On écrit de Rome qu'on y travaille actuellement, par [...]
Mots clefs :
Rome, Londres, Vérole, Académie royale d'architecture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Rome qu'on y travaille actuellement, par [...] »
On écrit de Rome qu'on y travaille actuellement , par ordre du Pape , à une Edition comG plecte
980 MERCURE DE FRANCE
plette de toutes les Bulles de Papes , Decrets &
autres Constitutions , qu'ils ont accordés pen- dant leurs Pontificats , et cet Ouvrage sera intitulé: Le Bullaire Romain.
On apprend de Londres un fait qui doit inte
resser ceux qui s'appliquent à la Mécanique et
aux Arts utiles.On a établi depuis peu à Derby,
dans une des Manufactures d'Etoffes de Soye, de
cette Ville,une Machine fort utile , qui a 26586
Roues ou Bobines , muës par une seule Roye à
Godets , qu'un courant d'eau fait tourner d'un
mouvement toujours égal , on peut arrêter chacune de ces Roues séparément, sans interrompre
le mouvement des autres ; lesquelles toutes ensemble peuvent filer 73726 Verges de Soye, d'un
seul tour de la Roue à Godets , qui faisant trois tours en une minute , peur fournir par conse
quent en 24 heures , 318 millions , 104960 Verges de Soye filée, Un seul homme suffit pour gou- Verner toute la machine.
Ces Lettres ajoutent qu'on avoit donné la petite Vérole par insertion aux deux Neveux du
Chevalier Thomas Littleton , l'un des Commissaires de l'Amirauté ; l'aîné des deux , qui avoit
environ 20 ans , mourut le 4e jour de l'éruption;
Pautre est hors de danger. On a remarqué que.
cette opération n'a pas été favorable cette année,
et qu'il est mort au moins un cinquième de ceux
ausquels on l'a faite. M.West , jeune Gentilhomme, âgé d'environ 20 ans, est aussi mort à Cambridge , sur la fin du mois dernier , de la petite
verole quelques jours après l'inoculation.
Lesicur Beausire le fils , Architecte, du Roy et
.
de
MAY. 17326 981
de la Ville de Paris , fut reçu le 28 du mois dernier à l'Academie Royale d'Architecture , à la
place de feu M. Mathieu , qui étoit Ingénieur en
chefsur la Loire.
980 MERCURE DE FRANCE
plette de toutes les Bulles de Papes , Decrets &
autres Constitutions , qu'ils ont accordés pen- dant leurs Pontificats , et cet Ouvrage sera intitulé: Le Bullaire Romain.
On apprend de Londres un fait qui doit inte
resser ceux qui s'appliquent à la Mécanique et
aux Arts utiles.On a établi depuis peu à Derby,
dans une des Manufactures d'Etoffes de Soye, de
cette Ville,une Machine fort utile , qui a 26586
Roues ou Bobines , muës par une seule Roye à
Godets , qu'un courant d'eau fait tourner d'un
mouvement toujours égal , on peut arrêter chacune de ces Roues séparément, sans interrompre
le mouvement des autres ; lesquelles toutes ensemble peuvent filer 73726 Verges de Soye, d'un
seul tour de la Roue à Godets , qui faisant trois tours en une minute , peur fournir par conse
quent en 24 heures , 318 millions , 104960 Verges de Soye filée, Un seul homme suffit pour gou- Verner toute la machine.
Ces Lettres ajoutent qu'on avoit donné la petite Vérole par insertion aux deux Neveux du
Chevalier Thomas Littleton , l'un des Commissaires de l'Amirauté ; l'aîné des deux , qui avoit
environ 20 ans , mourut le 4e jour de l'éruption;
Pautre est hors de danger. On a remarqué que.
cette opération n'a pas été favorable cette année,
et qu'il est mort au moins un cinquième de ceux
ausquels on l'a faite. M.West , jeune Gentilhomme, âgé d'environ 20 ans, est aussi mort à Cambridge , sur la fin du mois dernier , de la petite
verole quelques jours après l'inoculation.
Lesicur Beausire le fils , Architecte, du Roy et
.
de
MAY. 17326 981
de la Ville de Paris , fut reçu le 28 du mois dernier à l'Academie Royale d'Architecture , à la
place de feu M. Mathieu , qui étoit Ingénieur en
chefsur la Loire.
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Résumé : « On écrit de Rome qu'on y travaille actuellement, par [...] »
Le texte mentionne plusieurs événements marquants. À Rome, une édition complète des bulles papales, décrets et constitutions, intitulée 'Le Bullaire Romain', est en préparation sur ordre du Pape. À Derby, une innovation mécanique est signalée avec une machine à 26 586 roues ou bobines, actionnée par une seule roue à godets, capable de filer 73 726 verges de soie par tour. Cette machine, alimentée par un courant d'eau, peut être arrêtée individuellement sans interrompre les autres roues et nécessite un seul opérateur. Par ailleurs, des cas de variole inoculée sont rapportés, notamment chez les neveux du Chevalier Thomas Littleton, dont l'aîné est décédé, et chez un jeune gentilhomme, M. West, à Cambridge. Enfin, l'architecte Le Sicur Beausire a été reçu à l'Académie Royale d'Architecture à Paris, succédant à M. Mathieu, ingénieur en chef sur la Loire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 197-200
« Par Privilége exclusif, Permission & Lettres-Patentes du Roi, enregistrées au Parlement [...] »
Début :
Par Privilége exclusif, Permission & Lettres-Patentes du Roi, enregistrées au Parlement [...]
Mots clefs :
Huile de Vénus, Élixir, Pituite, Accouchements, Vérole
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Par Privilége exclusif, Permission & Lettres-Patentes du Roi, enregistrées au Parlement [...] »
Par Privilége exclufif , Permiffion & Lettres-
Patentes du Roi , enregistrées au Parlement
de Paris.
Le fieur de SIGOGNE , neveu du feu feur
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
DE SIGOGNE , Médecin des Cent Suiffes de la
Garde du Roi , donne avis au Public qu'il eft
feul poffeffeur , & tient du feu fieur de Sigogne
fon oncle , avec lequel il a travaillé pendant plufieurs
années , le fecret de la compofition del'Elixir
connu fous le nom d'Huile de Vénus .
M. le premier Médecin de Sa Majeſté , après
avoir vérifié par lui-même fes opérations pour
cette compofition & avoir reconnu toutes les
propriétés de cet Elixir , a donné au fieur de Sigogne
un Brévet & Privilége exclufif le s Avril
1761 , lequel a été enregiftré en la Prévôté de
l'Hôtel du Roi le 9 des mêmes mois & an.
Sa Majefté elle même voulant récompenfer
en la perfonne du fieur de Sigogne neveu , nonfeulement
le mérite de l'invention de fon oncle ,
mais encore les travaux & connoiffances perſonnelles
, a eu la bonté de lui accorder le 20 Février
1762 des Lettres-Patentes portant privilége .
exclufif pour la compofition & débit de cet Elixir
dans toute l'étendue du Royaume : elles ont été
enregistrées en la Cour de Parlement de Paris le
31 Juillet 1762 , fur les certificats des Doyen &
ancien Doyen de la Faculté de Médecine de Paris ,
& avis de Meffieurs les Lieutenant- Général de
Police & Procureur du Roi au Châtelet de Paris ,
donnés les 2 & 14 du même mois de Juillet , en
exécution d'un Arrêt préparatoire du 30 Juin
précédent.
Depuis , & par autre Arrêt du 4 Septembre
1762 , ladite Cour de Parlement , pour prévenir
tous les inconvéniens qui pourroient tromper le
Public , empêcher la contrefaction de cet Elixir ,
& même l'annonce faite par plufieurs perfonnes
qu'elles tenoient du feu fieur de Sigogne fon
fecret avec fon cachet ; a fait défenſes à toutes,
JANVIER. 1763. 199
perfonnes , de quelque qualité & condition
qu'elles foient , de contrefaire , vendre & débiter
ledit Elixir connu fous le nom d'Huile de
Vénus , & de fe fervir du nom & cachet du feu
hieur de Sigogne , fous les peines portées par
l'Arrêt.
Propriétés de l'Huile de Vénus.
Cet Elixir , un des plus puiffans ftomachiques
qu'il y ait , rétablit par fon ufage continué les
eftomachs les plus foibles , en en prenant tous
les jours une cuillerée à bouche uhe heure où
deux après le repas.
Cette Huile fortifie les vieillards , en confumant
cette pituite froide & crue qui les accable ,
aide à faire la digeſtion , & fortifie le cerveau &
toute l'oeconomie animale.
1
Elle procure les régles aux filles & aux femmes
, en réparant le vice des fermens de l'eftomach
, & en donnant de la fluidité aux humeurs
excrémenteufes qui doivent s'évacuer tous les
mois ; & c'eft de-là principalement que dépend
la fanté ou la maladie du fexe.
Elle diffipe & calme toutes fortes de vapeurs ,
en en prenant une cuillerée ou deux , & buvant
un verre d'eau fraîche par -deſſus.
Elle facilite merveilleufement les accouchemens
laborieux on en prend dans le travail jufqu'à
quatre cuillerées , & même fix : la quantité
ne peut jamais faire de mal .
C'eft un des plus puiffans Spécifiques pour calmer
& guérir fur le champ toutes fortes de coliques
; on en prend une ou deux cuillerées .
C'eft un excellent cordial pour les petites véroles
; on en mêlange une , troifiéme ou quatrième
partie avec les eaux de chardon- bénit eu de fca-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE .
bieuſe : on en donne plus ou moins , fuivant que
la nature l'indique.
Cette Huile peut s'employer avec fuccès dans
les affections fcorbutiques : fon uſage continué
d'une cuillerée ou deux par jour après le repas ,
garantit de ces maux dangereux , ou en arrête
le progrès , en confumant cet acide fixe & froid
qui ronge la tiffure du fang , & fouvent même les
os ; ce Reméde pouffe au dehors par les excrétions
& les fecrétions naturelles.
Une ou deux cuillerées de cette liqueur arrête
fubitement le mal de mer ; c'eft à- dire ces dégoûts
, ces défaillances , ces naufées , ces vomiſ-
Lemens affreux , qui font occafionnés par le
mouvement du vaiffeau & par l'odeur de la
mer.
De toutes les liqueurs connues , il n'y en a
point de fi agréable que celle- ci pour le goût ;
d'ailleurs , bien différente des autres liqueurs ordinaires
, celle- ci ne peut jamais faire de mal ,
quelque ufage que l'on en falle.
Elle ne s'évente jamais , & plus elle eft gardée
, meilleure elle eft , & pour les qualités &
pour le goût.
י ז
Le prix de la Bouteille eft de 5 liv. Ily a des
demies bouteilles de 8 liv. & despetites de 4 liv.
La demeure dufieur DE SIGOGNE eft à Paris
rue de Perpignan en la Cité , la première porte à
droite en entrant par la rue des Marmouzets , au
premier. Les perfonnes qui écriront au Diftributeur,
font priées d'affranchir leurs Lettres.
Patentes du Roi , enregistrées au Parlement
de Paris.
Le fieur de SIGOGNE , neveu du feu feur
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
DE SIGOGNE , Médecin des Cent Suiffes de la
Garde du Roi , donne avis au Public qu'il eft
feul poffeffeur , & tient du feu fieur de Sigogne
fon oncle , avec lequel il a travaillé pendant plufieurs
années , le fecret de la compofition del'Elixir
connu fous le nom d'Huile de Vénus .
M. le premier Médecin de Sa Majeſté , après
avoir vérifié par lui-même fes opérations pour
cette compofition & avoir reconnu toutes les
propriétés de cet Elixir , a donné au fieur de Sigogne
un Brévet & Privilége exclufif le s Avril
1761 , lequel a été enregiftré en la Prévôté de
l'Hôtel du Roi le 9 des mêmes mois & an.
Sa Majefté elle même voulant récompenfer
en la perfonne du fieur de Sigogne neveu , nonfeulement
le mérite de l'invention de fon oncle ,
mais encore les travaux & connoiffances perſonnelles
, a eu la bonté de lui accorder le 20 Février
1762 des Lettres-Patentes portant privilége .
exclufif pour la compofition & débit de cet Elixir
dans toute l'étendue du Royaume : elles ont été
enregistrées en la Cour de Parlement de Paris le
31 Juillet 1762 , fur les certificats des Doyen &
ancien Doyen de la Faculté de Médecine de Paris ,
& avis de Meffieurs les Lieutenant- Général de
Police & Procureur du Roi au Châtelet de Paris ,
donnés les 2 & 14 du même mois de Juillet , en
exécution d'un Arrêt préparatoire du 30 Juin
précédent.
Depuis , & par autre Arrêt du 4 Septembre
1762 , ladite Cour de Parlement , pour prévenir
tous les inconvéniens qui pourroient tromper le
Public , empêcher la contrefaction de cet Elixir ,
& même l'annonce faite par plufieurs perfonnes
qu'elles tenoient du feu fieur de Sigogne fon
fecret avec fon cachet ; a fait défenſes à toutes,
JANVIER. 1763. 199
perfonnes , de quelque qualité & condition
qu'elles foient , de contrefaire , vendre & débiter
ledit Elixir connu fous le nom d'Huile de
Vénus , & de fe fervir du nom & cachet du feu
hieur de Sigogne , fous les peines portées par
l'Arrêt.
Propriétés de l'Huile de Vénus.
Cet Elixir , un des plus puiffans ftomachiques
qu'il y ait , rétablit par fon ufage continué les
eftomachs les plus foibles , en en prenant tous
les jours une cuillerée à bouche uhe heure où
deux après le repas.
Cette Huile fortifie les vieillards , en confumant
cette pituite froide & crue qui les accable ,
aide à faire la digeſtion , & fortifie le cerveau &
toute l'oeconomie animale.
1
Elle procure les régles aux filles & aux femmes
, en réparant le vice des fermens de l'eftomach
, & en donnant de la fluidité aux humeurs
excrémenteufes qui doivent s'évacuer tous les
mois ; & c'eft de-là principalement que dépend
la fanté ou la maladie du fexe.
Elle diffipe & calme toutes fortes de vapeurs ,
en en prenant une cuillerée ou deux , & buvant
un verre d'eau fraîche par -deſſus.
Elle facilite merveilleufement les accouchemens
laborieux on en prend dans le travail jufqu'à
quatre cuillerées , & même fix : la quantité
ne peut jamais faire de mal .
C'eft un des plus puiffans Spécifiques pour calmer
& guérir fur le champ toutes fortes de coliques
; on en prend une ou deux cuillerées .
C'eft un excellent cordial pour les petites véroles
; on en mêlange une , troifiéme ou quatrième
partie avec les eaux de chardon- bénit eu de fca-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE .
bieuſe : on en donne plus ou moins , fuivant que
la nature l'indique.
Cette Huile peut s'employer avec fuccès dans
les affections fcorbutiques : fon uſage continué
d'une cuillerée ou deux par jour après le repas ,
garantit de ces maux dangereux , ou en arrête
le progrès , en confumant cet acide fixe & froid
qui ronge la tiffure du fang , & fouvent même les
os ; ce Reméde pouffe au dehors par les excrétions
& les fecrétions naturelles.
Une ou deux cuillerées de cette liqueur arrête
fubitement le mal de mer ; c'eft à- dire ces dégoûts
, ces défaillances , ces naufées , ces vomiſ-
Lemens affreux , qui font occafionnés par le
mouvement du vaiffeau & par l'odeur de la
mer.
De toutes les liqueurs connues , il n'y en a
point de fi agréable que celle- ci pour le goût ;
d'ailleurs , bien différente des autres liqueurs ordinaires
, celle- ci ne peut jamais faire de mal ,
quelque ufage que l'on en falle.
Elle ne s'évente jamais , & plus elle eft gardée
, meilleure elle eft , & pour les qualités &
pour le goût.
י ז
Le prix de la Bouteille eft de 5 liv. Ily a des
demies bouteilles de 8 liv. & despetites de 4 liv.
La demeure dufieur DE SIGOGNE eft à Paris
rue de Perpignan en la Cité , la première porte à
droite en entrant par la rue des Marmouzets , au
premier. Les perfonnes qui écriront au Diftributeur,
font priées d'affranchir leurs Lettres.
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Résumé : « Par Privilége exclusif, Permission & Lettres-Patentes du Roi, enregistrées au Parlement [...] »
Le sieur de Sigogne, neveu du défunt sieur de Sigogne, médecin des Cent Suisses de la Garde du Roi, publie un avis public pour informer le public qu'il est le seul possesseur et fabricant de l'Elixir connu sous le nom d'Huile de Vénus. Ce secret lui a été transmis par son oncle avec qui il a collaboré plusieurs années. L'Elixir a été vérifié par le premier Médecin du Roi, qui a accordé un brevet exclusif au sieur de Sigogne le 20 avril 1761, enregistré à la Prévôté de l'Hôtel du Roi le 9 avril 1761. De plus, Sa Majesté a accordé des Lettres-Patentes le 20 février 1762, enregistrées au Parlement de Paris le 31 juillet 1762, après avis de la Faculté de Médecine et des autorités de police. Pour éviter les contrefaçons et protéger le public, le Parlement a interdit à quiconque de reproduire, vendre ou débiter cet Elixir sous peine de sanctions, par un arrêt du 4 septembre 1762. L'Huile de Vénus est décrite comme un puissant stomachique, fortifiant les vieillards, régulant les menstruations, calmant les vapeurs, facilitant les accouchements, guérissant les coliques, traitant les petites véroles et combattant les affections scorbutiques. Elle est également efficace contre le mal de mer et ne se détériore pas avec le temps. Les prix de l'Huile de Vénus sont fixés à 5 livres pour une bouteille, 8 livres pour une demi-bouteille et 4 livres pour une petite bouteille. Le sieur de Sigogne réside à Paris, rue de Perpignan en la Cité.
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