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p. 80-102
DISCOURS Qui a été lû dans une Séance de l'Académie des Jeux-Floraux, tenuë le 21 Mars 1752. pour la réception de M. Basin, Conseiller au Parlement ; par M. de Ponsan, Trésorier de France, un des Académiciens.
Début :
MESSIEURS, Il n'est rien de si généralement reconnu que [...]
Mots clefs :
Académie des Jeux floraux, Lettres, Compagnie, Qualités, Académies, Esprit, Moeurs, Homme, Mérite, Académie, Confrères, Sujet, Compagnies littéraires, Homme sociable, Avantages, Honneur, Égards, Offenses, Paroles, Belles-lettres
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS Qui a été lû dans une Séance de l'Académie des Jeux-Floraux, tenuë le 21 Mars 1752. pour la réception de M. Basin, Conseiller au Parlement ; par M. de Ponsan, Trésorier de France, un des Académiciens.
DISCOURS
Qui a été lû dans une Séance de l'Académie
des Jeux Floraux, tenuë le 2 1 Mars 1752.
pour la réception de M. Rafin , Confeiller
au Parlement ; par M. de Ponfan , Tréſorier
de France , un des Académiciens.
MESSIEURS ,
Il n'eft rien de fi géneralement reconnu
que l'utilité des Académies ; on a fait voir
dans plufieurs Ouvrages que les Corps Litteraires
procurent de grands avantages à
l'Empire des Lettres , & ce qu'on a dit fur
ce fujet fe juftifie tous les jours par autant
d'experiences qu'il y a d'Académies . Mais
plus l'utilité des Académies eft démontrée,
plus il importe de foutenir les exercices
d'où naiffent tous ces avantages.
Pour y parvenir dans cette Compagnie,
il faut fur-tout s'attacher à réparer folidement
nos trop fréquentes pertes. Il n'eft
rien de plus effentiel pour maintenir l'ancien
éclat de cette Académie , que de nommer
des fujets dignes de fuccéder aux Confreres
qu'elle a le malheur de perdre ; fans
cette attention tout ce qu'on pourroit faire
JUILLET. 1752. 8 &
à fon avantage feroit entierement inutile ;
fe négliger fur cet article important , c'eft
anéantir ce Corps litteraire & le faper par
les fondemens.
Ces réflexions m'ont déterminé d'examiner
aujourd'hui quelles font les qualités
que doivent avoir les fujets propres à remplir
les places de Mainteneurs.
Je me flate , Meffieurs , de mériter votre
attention par l'importance & la nouveauté
de cette matiere ; perfonne que je fçache
ne l'a encore traitée.
Si l'Académie pouvoit efperer d'être auffi
heureufe à l'avenir fur le choix de fes
Confreres qu'elle l'a été jufqu'à préfent ,
rien ne feroit plus évidemment inutile que
de parler fur ce fujer. Les dernieres nominations
fourniffent de nouvelles preuves de
fon extrême bonheur dans les élections .
Le génie qui depuis plus de quatre fiécles
foutient avec honneur cette célébre
Compagnie , ne l'abandonne jamais dans
ces occafions importantes ; il a toujours
écarté malgré les follicitations & les brigues
tout ce qui auroit pû ternir fa gloire.
Nous éprouvons en ce jour les utiles , les
agréables effets de fa favorable protection ;
en fournirois avec plaifir des preuves
victorieufes s'il m'étoit permis d'empiétes
fur les droits de M. le Modérateur.
D.Y
82 MERCURE DE FRANCE.
Continuons , Meffieurs , de faire de bons
choix , il importe beaucoup de ne pas nous.
laiffer furprendre par des apparences quelquefois
trompeufes , les méprifes font fur
cette matiere d'une grande conféquence
elles deviennent irréparables.
Aucune confidération ne doit nous empêcher
d'examiner fi les Prétendans ont
toutes les qualités néceffaires pour être
admis dans cette Compagnie.
Mais , me dira-t'on , quelles font ces
qualités ne fuffit- il pas d'avoir cultivé
les Belles Lettres & de les aimer ?
Non , Meffieurs , cela ne fuffit pas ; vous
fçavez mieux que moi qu'il faut encore
avoir des moeurs douces & faciles , & polféder
ce qu'on appelle dans le monde le
fçavoir vivres fcience rare , plus difficile
à acquerir & tout au moins auffi néceffaire
dans les Compagnies académiques
que le bon goût & les connoiffances hu
maines.
On peut à tout âge fe perfectionner
dans l'étude des Belles- Lettres ; mais la
politeffe ne s'acquiert gueres que dans la
jeuneffe , c'est le fruit d'une heureuſe naiffance
, accompagnée d'une excellente édu
cation , bien difficile à prendre fi l'on ne
fréquente un peu jeune les, bonnes compagnies.
JUILLET.
1732 83:
Ce n'eſt
que par l'ufage du monde qu'on
peut acquerir des manieres de vivre , d'a
gir & de parler , civiles , polies & honnê
tes ; fans ce fecours on conferve prefque
Foujours des moeurs rudes & groffieres ,
on manque aux égards & aux bienséances ;,
on s'oublie jufqu'à tenir à fes confreres
des difcours defobligeans , qui les déterminent
quelquefois à s'éloigner de nos
affemblées .
Les perfonnes les mieux élevées font:
fouvent peu endurantes ; remplies d'atten
tions envers tout le monde , elles ont droit
d'être plus fenfibles quand on les offenſe .
Il faut remarquer , Meffieurs , qu'aucun
motif intéreffant n'engage à l'affiduité dans
les Académies ; de là vient qu'on prend
aifément le parti de fair les occafions d'ef
fuyer des propos impolis : un homme
fage & délicat ne veut s'expofer ni à les
fouffrir , ni à la néceffité de les repouffer .
Cet objet a paru fi important à notre
fage Légiflateur , dont la bonté , la douceur
&la politeffe faifoit le caractere dominant ,
qu'il a jugé néceffaire d'établir une Loi
bien rigoureufe. Voici comment il s'explique
à l'article 22 des Statuts qu'il a dreffés
pour cette Compagnie , & que Louis XIV.
a autorifés par fes Lettres Patentes.
Si quelqu'un de ce Corps offenfe le Chan-
Dvj.
84 MERCURE DE FRANCE.
celier ou un des Mainteneurs ou des Maîtres,
il pourra être exclu du Corps.
Vous voyez , Meffieurs , que pour des
paroles outrageufes on encourt une peine
des plus griéves , que feroit- ce fi cette of
fenfe étoit fous les yeux du Public ?
M. de Laloubere n'a pas prévu ce cas ,
il a cru fans doute qu'il n'étoit pas poffible
qu'un Membre de cette Compagnie pût jamais
être Auteur d'un Ecrit injurieux , it
n'a craint que ce qui peut quelquefois
échaper dans la vivacité & le feu de la
difpute.
Le prudent Réformateur de nos Jeux a
cru également inutile d'exclure du nombre
des Propofés pour remplir une place vacante
, tous ceux qui auroient eu la témérité
de parler ou d'écrire contre la Compagnie
ou contre quelqu'un de ceux qui
la compofent ; il a fans doute jugé que
la fage Loi qui exclut du Corps celui qui
offenfe le Chancelier ou un des Mainteneurs
, en interdit l'entrée à toutes les perfonnes
qui feroient tombées dans un des
cas que je viens d'expofer. Pourroit- on
penfer d'y admettre un fujet qui devroit en
être exclu s'il en étoit ?
Mais fi l'Anteur d'une offenfe publique
contre une Académie ou quelqu'un des
Académiciens.ofoit y folliciter une place,
JUILLET. 1752. 85
he feroit-on pas bien furpris de fon au
dace ? Tous les Membres de cette Compagnie
fe croiroient fans doute obligés d'en
défendre les intérêts , & d'époufer ceux
d'un Confrere offenfé ; ils feroient fes vengeurs
s'il avoit la générofité d'étouffer fon
jufte reffentiment.
L'honneur du Corps & les égards que ſe
doivent les Particuliers qui le compofent,.
fuffiroient non feulement pour refufer les
fuffrages à ce téméraire Prétendant , mais.
pour l'exclure à jamais du nombre des
Propofés.
Etre en pareil cas favorable à l'offenfeur,
ce feroit lui applaudir & fe déclarer complice
de fa faute , ce feroit lui accorder
une grace dans le tems qu'il mériteroit
répréhension , ce feroit faire une nouvelle
injure à un Confrere à laquelle il devroit
être plus fenfible qu'à la premiere , & qui
le banniroir fans doute pour toujours des
Séances Académiques.
Gardons- nous , Meffieurs , de donner entrée
dans cette Compagnie à des Sujets
qui puiffent être incompatibles avec quel
qu'un ou plufieurs de nous. En acquerant
de nouveaux Mainteneurs , ne manquons
jamais à ce qui eft dû aux anciens; évitons
avec foin de multiplier les moyens de perdre
nos. Confreres ; ne nous privons pas.
86 MERCURE DE FRANCE.
de leur préfence, tandis que nous pouvons
enjouir, l'inexorable mort doit feule nous .
en féparer.
Pour prévenir les divifions dans les
Corps Littéraires , on doit être extrêmement
attentif à n'y donner entrée qu'à des
Sujets dont l'efprit foit d'un bon caractere,
& qui aient des moeurs faciles & agréables ; -
ees précieufes qualités font dans toutes les
Académies auffi effentielles que les talens.
Aucun motif ne doit engager d'intro--
duire dans ces afyles de la douceur & de
la paix , ni les faifeurs de Libelles , ni ces›
perfonnes dont les propos indifcrets &
hardis peuvent faire craindre de voir naî→
tre des diffentions & des troubles ; la faute
la plus legere doit allarmer ; tour peut être
en ce genre fuffifant pour donner l'exclufron.
Y a- t'il rien à ménager pour ne pas
courir le rifque de fe trouver un jour
dans la cruelle néceffité de procéder extraor
dinairement contre un Confrere ?
$
Il eft de la prudence des Académies de
n'expofer pas à ce danger ces efprits critiques
& malins ; c'eft un bonheur pour
eux & pour toutes les Sociétés Littéraires
qu'ils ayent fait connoître leur caractere.
avant d'y être reçus. Il vaut bien mieux
n'être pas admis dans un Corps que d'en
être retranché , car fuivant la penſée d'Q--
vide ,
JUILLET. 87 1752 1952 .
Turpiùs ejicitur quàm non admittitur hofpes..
Pour fixer nos idées d'une maniere exacte
& préciſe fur tout ce que nous devons
confiderer dans le choix de nos Confreres,,
il faut faire attention à ce qui nous a été
preferit fur ce fujet important dans l'arti
cle 26 de nos Statuts , il s'explique en ces
termes ::
La place d'un Mainteneur doit être remplie
par un homme de mérite , fociable
aimant les Lettres.
Ce peu de paroles renferment un grand
fens ; elles comprennent tout ce qu'on..
peut defirer dans un excellent Académi
cien , il ne faut qu'en pénétrer toute l'étenduë
Un homme de mérite digne d'occuper:
une place dans cette Compagnie , eft un
homme qui poffède un heureux affemblage..
des principales qualités naturelles & ac-.
quifes de l'efprit & du coeur.
Cette définition renferme tout ce qu'on
doit entendre par un homme de mérite
relativement à tous les Corps Académiques.
Il y a des qualités qui font un riche pré
fent de la Nature , & que nous tenons de
fa liberalité ; il en eft d'autres dont nous
fommes redevables au travail & à l'étude ; ,
88 MERCURE DE FRANCE.
elles fe prêtent toutes de mutuels fecours
l'art perfectionne les qualités naturelles
mais fes préceptes feroient vains & inutiles
s'ils n'étoient pas fecondés par d'heureufes
difpofitions. L'efprit eft une pierre
précieufe qui a befoin de la main du Lapidaire
pour jetter tout fon feu.
Ce que je dis des qualités de l'efprit , on
peut le dire également de celles du coeur ,
les unes & les autres doivent être mifes
en oeuvre pour briller de tout fon éclat.
C'est le concours & l'affemblage de tout
tes ces qualités bien cultivées qui forment
cet homme de mérite , propre à remplir
la place d'un Mainteneur , & c'eft ce qui
doit déterminer les fuffrages dans tous
les Corps Littéraires pour en réparer dignement
les pertes.
Notre Législateur ajoûte que cet homme
de mérite doit être fociable , qualité qui
en fuppofe un grand nombre d'autres.
Pour être fociable dans une Académie ib
faut fur-tout avoir des moeurs , c'eft le premier
fondement de toute fociété parmi les
honnêtes gens. Il faut avoir les inclinations
bierifaifantes , une humeur affable , un ef◄
prit doux , un naturel facile & complai
fant, qui tend toujours d'un bon & agréas
ble commerce.
Un homme fociable eft celui qui pofléde
JUILLET. 1752. 89
le précieux fecret de fçavoir vivre avec
les perfonnes qui ne le font pas , & de ſe
ménager avec toutes fortes de caracteres ;
fes manieres font toujours accompagnées
d'égards , & les difcours remplis de politeffe
.
Il fçait combattre le fentiment de fes
Confreres fans altercation ; il eft auffi fatisfait
de fe rendre à leur avis que de les
ramener au fien , la vérité ne l'offenfe
jamais , il l'écoute toujours avec plaifir ,
elle lui eft également précieufe , foit qu'on
la lui faffe connoître , foit qu'il la découvre
; il l'embraffe avec le même empreffement
d'où qu'elle parte ; il ne difpute que
pour l'éclaircir & la faire briller de tout
fon éclat.
Un homme fociable eft fur- tout l'ennemi
juré de toutes fortes de malignité , il détefte
la médiſance & la calomnie , jamais
il ne lui échape ni dans fes paroles ni
dans les écrits des traits piquans & injurieux.
La qualité d'homme fociable ne fçauroit
compâtir avec les vices qui troublent
le repos public , & dont la peine eft d'être
banni de la fociété.
Enfin , Meffieurs , cet homme de mérite
fociable , pour être digne d'occuper une
place dans cette Compagnie , doit aimer
les Lettres.
90 MERCURE DE FRANCE.
Quoique ce goût bien cultivé foit ef
fentiellement ce qui conftitue un véritable
Académicien , il faut remarquer que c'eſt
néanmoins la derniere chofe dont il eft
ici parlé.
Notre Légiflateur plein de droiture &
de probité , a eu l'attention de placer les
qualités de l'ame à la tête du portrait qu'il
nous a tracé d'un Mainteneur digne de
ce titre ; il a voulu fans doute nous faire
entendre par là qu'elles doivent tenir par
tout le premier rang , & que dans nos
élections l'amour & la connoiffance des
Lettres ne peuvent fixer notre choix que
lorfque ces avantages fe trouvent heureutement
raffemblés dans le même fujet avec
les vertus de l'ame & les qualités du
coeur.
Je ne puis , Meffieurs , me difpenfer pour
l'honneur de toutes les Académies de rapporter
ici ce qu'a dit à leur avantage l'Au
teur du Difcours couronné à Dijon l'année
derniere.
Ce bel efprit qui a répandu & prodigué
tant d'éloquence pour décrier les Sciences,
a fait voir feulement d'une maniere brillante
qu'on peut abufer des meilleures cho-.
fes. Mais voulant rendre juftice aux Compagnies
Académiques , il s'eft expliqué en
Ces termes..
JUILLET. 1752. 9%
Les Sociétés Littéraires , dit- il , font
chargées à la fois du dangereux dépôt
» des connoiffances humaines & du dépôt
» facré des moeurs ; elles ont attention d'en
» maintenir chez elles toute la pureté , &
» de l'exiger dans les Membres qu'elles,
» reçoivent.
"
»
» Ces fages inftitutions , ajoûte-t'il , fervent
de frein aux gens de lettres ; afpirant
tous à l'honneur d'être admis dans.
les Académies , ils veilleront fur eux-
» mêmes , & tâcheront de s'en rendre di
» gnes par des ouvrages utiles , & furtout
par des moeurs irréprochables.
M. Rouffeau malgré fon déchaînement
contre les Arts & les Sciences , a épargné
les Corps Littéraires , en faveur de leur
utilité pour les bonnes moeurs ; ſes ménagemens
& les égards pour les Académies
ne pouvoient pas avoir une caufe ni plus:
honorable ni plus glorieufe.
N'oublions donc jamais , Meffieurs , en
nommant aux places. vacantes , que nous
#devons conferver avec foin ce dépôt facré
des moeurs dont nous fommes dépofitaires
, ne le confions qu'en de mains fûres ,
évitons de nous relâcher fur cet article
capital .
3
La crainte d'émouffer ce précieux frein
qui contient les Gens de fettres ,, & qui
92 MERCURE DE FRANCE...
les oblige de veiller fur eux- mêmes, doit
exciter toute notre attention pour refufer
conftamment l'entrée de cette Compagnie
à tous les Sujets que ce puiffant frein n'a
pas été capable de contenir .
Ne perdons jamais de vûë , que les con
noiffances humaines ne peuvent mériter
notre attention qu'autant qu'elles fe trouvent
réunies avec des moeurs irréprocha
bles , avec beaucoup de prudence , de difcrétion
& de fagetle dans les écrits , dans
les paroles & dans les actions.
Ces maximes ont toujours été inviolables
dans toutes les Académies , elles en
ont exclu de nos jours un Littérateur périodique,
de beaucoup de mérite , mais noté
par fon indifcrétion & fa malignité.
Ce petit épiſode ne me fait pas oublier,
Meffieurs , qu'il me reste à vous parler de
cette partie effentielle d'un Académicien,
qui confifte à fe connoître en Eloquence
& en Poëfie.
M. de Laloubere s'eft contenté de dire
que pour mériter une place de Mainteneur
il faut aimer les Lettres. Ce peu de
paroles lui ont paru fuffifantes , parce qu'il
n'ignotoit pas que quand on aime ces précieux
Arts , il n'eft rien de plus attrayant
que le plaifir de les cultiver , & que cette
culture dirigée par de bonnes études , eft
JUILLET. 1752. .9 $
E rarement infructueufe ; les vrais amateurs
des Lettres font toujours d'excellens Académiciens.
ད་
Cette inclination eft ordinairement accompagnée
des talens néceffaires pour faire
de grands progrès dans les Sciences ; ces
progrès donnent de nouvelles forces à ce
noble penchant , on s'attache malgré foi
à ce que l'on entend , on n'abandonne jamais
ce que l'on aime.
pour N'apréhendons pas que l'affection
les Belles -Lettres foit volage & paffagere
chez les perfonnes de goût & de génie ,
il feroit plutôt à craindre qu'elles s'y adonnaffent
avec trop d'ardeur , & jufqu'à négliger
les Sciences de leur état.
Tout ce que notre Législateur nous à
preferit fur le choix d'un Mainteneur at
toujours été très- fidelement obfervé dans
cette Compagnie , nous n'aurions rien à
défirer fi nous pouvions jouir de tous nos
Confreres , mais nous voyons avec regret
que quelques- uns ne font par leur abfence
utiles à l'Académie que pour décorer fa
lifte , & lui faire honneur dans les villes
où ils ont fixé leur féjour. Plufieurs autres
que nous voyons rarement o nt de très- légitimes
excufes , les raifons qui nous privent
de leur préfence font des éloges pour:
sux ; les fonctions de leurs charges rem96
MERCURE DEFRANCE.
guliere érudition que par leur profond fça
voir dans la ſcience du Droit & de la Ju
risprudence.
Les noms des Minuts , des Dufaurs , des
Bertiers , des Catels , des Fieubets , & d'un
grand nombre d'autres font gravés dans le
Temple de Mémoire , ils ont été célébrés
par tous les Auteurs qui ont élevé des
monumens à la gloire des amateurs des
Lettres.
Ces refpectables & fçavans Magiftrats qui
étoient des Aigles aauu PPaallaaiiss ,, auroient pû
être en même tems des ornemens de l'A-
- cadémie Françoife , ils auroient tenu leur
place avec diftinction & dans l'Areopage
& fur le Parnaffe. Themis & les Mufes les
occupoient tour à tour dès leurs plus tendres
années .
Car , Meffieurs, l'étude des Belles Lettres
dans laquelle on peut toujours le perfectionner,
ne sçauroit être commencée dans
cet âge fait pour jouir des avantages qu'elle
procure ; il faut en avoir pris dans la jeuneffe
le goût & les principes , il feroit fans,
cela bien difficile d'y faire des progrès dans
un âge un peu avancé , l'ignorance déter- .
mine alors à regarder comme peu néceffaire
un art dont on ignore les premiers
élemens. On fait ordinairement peu de cas
des Sciences pour lesquelles on ne fe fent
aucune
JUILLET.
17528 97
aucune difpofition ni aptitude , & dont
on n'a aucune teinture.
•
Mais le don de la parole , l'art d'écrire
avec quelque pureté de ftile & de diction
feroient des avantages vains , quelquefois
dangereux , s'ils n'étoient pas accompagnés
de beaucoup de capacité ; les armes trèsnéceffaires
pour combattre font d'un foible
fecours fans la force & le courage.
>
J'ajoute , Meffieurs , que le profond fçavoir
fourniroit des alimens à l'erreur , s'il
n'étoit pas dirigé par la jufteffe de l'efptit.
Cette précieufe qualité eft plus rare que
les talens , il eft plus difficile de l'acquerir
que les connoiffances , c'eft un riche préfent
de la Nature dont elle n'eft pas prodigue.
Tout le monde croit le poffeder
parce que perfonne n'en peut fentir la
privation. L'efprit faux ne fe connoit pas
lui - même s'il fe connoiffoit , il cefferoit
d'être faux , fes lumieres font trop
bornées ou trop vaftes , le jour ne l'éclaire
pas , ou il l'offufque & l'éblouit , la lenteur
& la fougue de l'efprit égarent également,
l'un n'arrive pas au terme , l'autre va audelà
, & lorſqu'on paffe le but , dit Montagne
, on y touche auffi peu , que quand
on n'y arrive pas .
Ce défaut eft la fource d'une infinité de
défordres dans la fociété , il fe fair princi-
E
98 MERCURE DE FRANCE.
palement fentir dans les corps , & plus ils
font nombreux ,plus il y devient dominant .
C'eft la fauffeté de l'efprit qui fait fourmiller
les procès , & qui fournit du travail
à toutes les Jurifdictions , ce défaut
eft caule qu'on foutient les droits les plus
injuftes , & que les Arrêts juftifient fouvent
la témérité des plaideurs.
Dans toutes les Compagnies quelquesuns
des Membres , faute de juſteſſe , n'en
connoiffent pas les véritables intérêts ,
quelques autres en les connoiffant les facrifient
à des intérêts particuliers . Ceux
qui ont de bonnes vues & une volonté
conftante de les fuivre fe trouvant en petit
nombre , on ne doit pas être furpris que
les corps prennent rarement le bon parti
dans leurs délibérations ; de- là vient que.
la République Romaine dans les tems les
plus difficiles remettoit toute l'autorité
entre les mains d'un Dictateur.
Quand on a reçu de la Nature ce précieux
fondement de toute forte de connoiffances
, qui confifte dans la jufſteſſe de
l'efprit , on ne doit rien négliger pour entretenir
& fortifier cette heureufe difpofition.
Il feroit aifé de faire voir combien les
Belles - Lettres peuvent être utiles à cet
ufage ; on s'accoutume en les cultivant à >
JUILLET. 1752. 99
former des raifonnemens qui faffenr fenur
la jufte liaifon que les conféquences ont
avec les principes : ce n'eft pas là ou les
termes de l'art peuvent tenir lieu de preuves
, il n'eft pas permis de s'envelopper
dans de mifterieufes obfcurités. La clarté
& l'évidence eft ce qu'on exige principalement
dans les ouvrages d'efprit & de
littérature , tout ce qui manque de cette
qualité effentielle eft toujours réprouvé.
J'abandonne brufquement cette matiére
qu'il feroit très important d'approfondir
pour l'avantage de ces perfonnes que leur
mérite rend très- dignes d'être défabufées
de leurs préventions ; mais ce fujet mêneroit
aujourd'hui trop loin , & je ne puis
me difpenfer de dire encore un mot de nos
élections qui font mon principal objet
dans cette féance .
J'ai parlé , Meffieurs , des qualités néceffaires
pour être admis dans les Académies,
& de celles qui en doivent exclure , j'ajoute
qu'aucun de nous ne devroit le déterminer
fur le choix d'un fujet & prendre
à coeur fon élection , fans être affuré
que ce fujet eft en général agréable & à la
Compagnie & à celui qui en remplit la
premiere place . Conviendroit-il à un particulier
d'entreprendre de nous donner un
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
Confrere fans avoir pris cette fage précaution.
Permettez moi , Meffieurs , d'obferver
encore que quand on nomme dans un jour
d'élection les afpirans à une place vacante,
on ne parle que de leurs bonnes qualités ,
mille confidérations engagent alors à garder
le filence fur tout ce qui ne feroit pas
à leur avantage
.
Les circonfpections & les égards ont
fait des progrès dans nos moeurs , à mefure
que les chofes dignes de blâme le font
multipliées ; à proportion qu'il y a eu à cacher,
on a étendu les bienféances de déguifer
& de fe taire , ce qu'on condamne en
fecret eft fouvent la matiére des éloges
publics.
•
De- là vient , Meffieurs , que nous ne devons
pas nous attendre un jour d'élection
d'être informés de ce qu'il conviendroit
de fçavoir fur les fujets propofés. C'eſt à
chacun de nous en particulier de découvrir
à l'avance par des informations fecrettes
leurs inclinations & leur caractere , tâchons
de les connoître avant de les nommer.
Gardons-nous fur tout , je le répete encore
une fois , gardons- nous , Meffieurs , de
nous laiffer impofer par les qualités de
JUILLET . 1752. ΤΟΥ
l'efprit , par les lumieres & les connoiffan
ces , n'héfitons pas de compter pour rien
tous ces avantages quand ils ne contribuent
pas à la beauté de l'ame..N'oublions jamais
que dans tous les Corps l'enquête de vie &
moeurs précede toujours l'examen du réci
piendaire.
Les Compagnies littéraires , fur tout
celles qui ont les mêmes occupations que
l'Académie Françoife , ont toujours été expofées
aux railleries indifcretes & aux
iniques improbations. Sur cet article la.
Province & la Capitale éprouvent le même
fort , nous ne pouvons éviter , autant
qu'il eft poffible , la cenfure du Public
qu'en nommant aux places vacantes des
perfonnes dignes de l'eftime publique &
par leurs vertus & par leurs talens .
Les Académies qui fe multiplient tous
les jours au grand avantage des lettres , ſont
les feuls Corps dans lefquels la vénalité ne
s'eft pas encore introduite ; ils ont par là
un grand avantage pour
être bien compofés
, & s'ils ne l'étoient pas , ils ne pourroient
l'imputer qu'à eux mêmes , & en
cela le blâme & la critique du Public ne
feroient pas injuftes à leur égard .
Pour rappeller en finiffant toutes nos
obligations fur le choix d'un Académicien
digne de ce titre , il fuffit de dire que nous
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
devons avoir une grande attention d'élire
des Sujets que la Nature ait favorisés des
biens de l'efprit , mais furtout des biens de
l'ame , & qui ayent donné avec fuccès tous
leurs foins à cultiver ces précieux biens.
C'eft la Loi qu'on doit fuivre dans toutes
les Académies ; elle a été obſervée juſqu'au
jour prefent avec beaucoup d'exactitude
dans cette Compagnie. Vous en
fourniffez , Meffieurs, les preuves victorieufes
, & je fournis l'exception qui confirme
cette belle régle.
Qui a été lû dans une Séance de l'Académie
des Jeux Floraux, tenuë le 2 1 Mars 1752.
pour la réception de M. Rafin , Confeiller
au Parlement ; par M. de Ponfan , Tréſorier
de France , un des Académiciens.
MESSIEURS ,
Il n'eft rien de fi géneralement reconnu
que l'utilité des Académies ; on a fait voir
dans plufieurs Ouvrages que les Corps Litteraires
procurent de grands avantages à
l'Empire des Lettres , & ce qu'on a dit fur
ce fujet fe juftifie tous les jours par autant
d'experiences qu'il y a d'Académies . Mais
plus l'utilité des Académies eft démontrée,
plus il importe de foutenir les exercices
d'où naiffent tous ces avantages.
Pour y parvenir dans cette Compagnie,
il faut fur-tout s'attacher à réparer folidement
nos trop fréquentes pertes. Il n'eft
rien de plus effentiel pour maintenir l'ancien
éclat de cette Académie , que de nommer
des fujets dignes de fuccéder aux Confreres
qu'elle a le malheur de perdre ; fans
cette attention tout ce qu'on pourroit faire
JUILLET. 1752. 8 &
à fon avantage feroit entierement inutile ;
fe négliger fur cet article important , c'eft
anéantir ce Corps litteraire & le faper par
les fondemens.
Ces réflexions m'ont déterminé d'examiner
aujourd'hui quelles font les qualités
que doivent avoir les fujets propres à remplir
les places de Mainteneurs.
Je me flate , Meffieurs , de mériter votre
attention par l'importance & la nouveauté
de cette matiere ; perfonne que je fçache
ne l'a encore traitée.
Si l'Académie pouvoit efperer d'être auffi
heureufe à l'avenir fur le choix de fes
Confreres qu'elle l'a été jufqu'à préfent ,
rien ne feroit plus évidemment inutile que
de parler fur ce fujer. Les dernieres nominations
fourniffent de nouvelles preuves de
fon extrême bonheur dans les élections .
Le génie qui depuis plus de quatre fiécles
foutient avec honneur cette célébre
Compagnie , ne l'abandonne jamais dans
ces occafions importantes ; il a toujours
écarté malgré les follicitations & les brigues
tout ce qui auroit pû ternir fa gloire.
Nous éprouvons en ce jour les utiles , les
agréables effets de fa favorable protection ;
en fournirois avec plaifir des preuves
victorieufes s'il m'étoit permis d'empiétes
fur les droits de M. le Modérateur.
D.Y
82 MERCURE DE FRANCE.
Continuons , Meffieurs , de faire de bons
choix , il importe beaucoup de ne pas nous.
laiffer furprendre par des apparences quelquefois
trompeufes , les méprifes font fur
cette matiere d'une grande conféquence
elles deviennent irréparables.
Aucune confidération ne doit nous empêcher
d'examiner fi les Prétendans ont
toutes les qualités néceffaires pour être
admis dans cette Compagnie.
Mais , me dira-t'on , quelles font ces
qualités ne fuffit- il pas d'avoir cultivé
les Belles Lettres & de les aimer ?
Non , Meffieurs , cela ne fuffit pas ; vous
fçavez mieux que moi qu'il faut encore
avoir des moeurs douces & faciles , & polféder
ce qu'on appelle dans le monde le
fçavoir vivres fcience rare , plus difficile
à acquerir & tout au moins auffi néceffaire
dans les Compagnies académiques
que le bon goût & les connoiffances hu
maines.
On peut à tout âge fe perfectionner
dans l'étude des Belles- Lettres ; mais la
politeffe ne s'acquiert gueres que dans la
jeuneffe , c'est le fruit d'une heureuſe naiffance
, accompagnée d'une excellente édu
cation , bien difficile à prendre fi l'on ne
fréquente un peu jeune les, bonnes compagnies.
JUILLET.
1732 83:
Ce n'eſt
que par l'ufage du monde qu'on
peut acquerir des manieres de vivre , d'a
gir & de parler , civiles , polies & honnê
tes ; fans ce fecours on conferve prefque
Foujours des moeurs rudes & groffieres ,
on manque aux égards & aux bienséances ;,
on s'oublie jufqu'à tenir à fes confreres
des difcours defobligeans , qui les déterminent
quelquefois à s'éloigner de nos
affemblées .
Les perfonnes les mieux élevées font:
fouvent peu endurantes ; remplies d'atten
tions envers tout le monde , elles ont droit
d'être plus fenfibles quand on les offenſe .
Il faut remarquer , Meffieurs , qu'aucun
motif intéreffant n'engage à l'affiduité dans
les Académies ; de là vient qu'on prend
aifément le parti de fair les occafions d'ef
fuyer des propos impolis : un homme
fage & délicat ne veut s'expofer ni à les
fouffrir , ni à la néceffité de les repouffer .
Cet objet a paru fi important à notre
fage Légiflateur , dont la bonté , la douceur
&la politeffe faifoit le caractere dominant ,
qu'il a jugé néceffaire d'établir une Loi
bien rigoureufe. Voici comment il s'explique
à l'article 22 des Statuts qu'il a dreffés
pour cette Compagnie , & que Louis XIV.
a autorifés par fes Lettres Patentes.
Si quelqu'un de ce Corps offenfe le Chan-
Dvj.
84 MERCURE DE FRANCE.
celier ou un des Mainteneurs ou des Maîtres,
il pourra être exclu du Corps.
Vous voyez , Meffieurs , que pour des
paroles outrageufes on encourt une peine
des plus griéves , que feroit- ce fi cette of
fenfe étoit fous les yeux du Public ?
M. de Laloubere n'a pas prévu ce cas ,
il a cru fans doute qu'il n'étoit pas poffible
qu'un Membre de cette Compagnie pût jamais
être Auteur d'un Ecrit injurieux , it
n'a craint que ce qui peut quelquefois
échaper dans la vivacité & le feu de la
difpute.
Le prudent Réformateur de nos Jeux a
cru également inutile d'exclure du nombre
des Propofés pour remplir une place vacante
, tous ceux qui auroient eu la témérité
de parler ou d'écrire contre la Compagnie
ou contre quelqu'un de ceux qui
la compofent ; il a fans doute jugé que
la fage Loi qui exclut du Corps celui qui
offenfe le Chancelier ou un des Mainteneurs
, en interdit l'entrée à toutes les perfonnes
qui feroient tombées dans un des
cas que je viens d'expofer. Pourroit- on
penfer d'y admettre un fujet qui devroit en
être exclu s'il en étoit ?
Mais fi l'Anteur d'une offenfe publique
contre une Académie ou quelqu'un des
Académiciens.ofoit y folliciter une place,
JUILLET. 1752. 85
he feroit-on pas bien furpris de fon au
dace ? Tous les Membres de cette Compagnie
fe croiroient fans doute obligés d'en
défendre les intérêts , & d'époufer ceux
d'un Confrere offenfé ; ils feroient fes vengeurs
s'il avoit la générofité d'étouffer fon
jufte reffentiment.
L'honneur du Corps & les égards que ſe
doivent les Particuliers qui le compofent,.
fuffiroient non feulement pour refufer les
fuffrages à ce téméraire Prétendant , mais.
pour l'exclure à jamais du nombre des
Propofés.
Etre en pareil cas favorable à l'offenfeur,
ce feroit lui applaudir & fe déclarer complice
de fa faute , ce feroit lui accorder
une grace dans le tems qu'il mériteroit
répréhension , ce feroit faire une nouvelle
injure à un Confrere à laquelle il devroit
être plus fenfible qu'à la premiere , & qui
le banniroir fans doute pour toujours des
Séances Académiques.
Gardons- nous , Meffieurs , de donner entrée
dans cette Compagnie à des Sujets
qui puiffent être incompatibles avec quel
qu'un ou plufieurs de nous. En acquerant
de nouveaux Mainteneurs , ne manquons
jamais à ce qui eft dû aux anciens; évitons
avec foin de multiplier les moyens de perdre
nos. Confreres ; ne nous privons pas.
86 MERCURE DE FRANCE.
de leur préfence, tandis que nous pouvons
enjouir, l'inexorable mort doit feule nous .
en féparer.
Pour prévenir les divifions dans les
Corps Littéraires , on doit être extrêmement
attentif à n'y donner entrée qu'à des
Sujets dont l'efprit foit d'un bon caractere,
& qui aient des moeurs faciles & agréables ; -
ees précieufes qualités font dans toutes les
Académies auffi effentielles que les talens.
Aucun motif ne doit engager d'intro--
duire dans ces afyles de la douceur & de
la paix , ni les faifeurs de Libelles , ni ces›
perfonnes dont les propos indifcrets &
hardis peuvent faire craindre de voir naî→
tre des diffentions & des troubles ; la faute
la plus legere doit allarmer ; tour peut être
en ce genre fuffifant pour donner l'exclufron.
Y a- t'il rien à ménager pour ne pas
courir le rifque de fe trouver un jour
dans la cruelle néceffité de procéder extraor
dinairement contre un Confrere ?
$
Il eft de la prudence des Académies de
n'expofer pas à ce danger ces efprits critiques
& malins ; c'eft un bonheur pour
eux & pour toutes les Sociétés Littéraires
qu'ils ayent fait connoître leur caractere.
avant d'y être reçus. Il vaut bien mieux
n'être pas admis dans un Corps que d'en
être retranché , car fuivant la penſée d'Q--
vide ,
JUILLET. 87 1752 1952 .
Turpiùs ejicitur quàm non admittitur hofpes..
Pour fixer nos idées d'une maniere exacte
& préciſe fur tout ce que nous devons
confiderer dans le choix de nos Confreres,,
il faut faire attention à ce qui nous a été
preferit fur ce fujet important dans l'arti
cle 26 de nos Statuts , il s'explique en ces
termes ::
La place d'un Mainteneur doit être remplie
par un homme de mérite , fociable
aimant les Lettres.
Ce peu de paroles renferment un grand
fens ; elles comprennent tout ce qu'on..
peut defirer dans un excellent Académi
cien , il ne faut qu'en pénétrer toute l'étenduë
Un homme de mérite digne d'occuper:
une place dans cette Compagnie , eft un
homme qui poffède un heureux affemblage..
des principales qualités naturelles & ac-.
quifes de l'efprit & du coeur.
Cette définition renferme tout ce qu'on
doit entendre par un homme de mérite
relativement à tous les Corps Académiques.
Il y a des qualités qui font un riche pré
fent de la Nature , & que nous tenons de
fa liberalité ; il en eft d'autres dont nous
fommes redevables au travail & à l'étude ; ,
88 MERCURE DE FRANCE.
elles fe prêtent toutes de mutuels fecours
l'art perfectionne les qualités naturelles
mais fes préceptes feroient vains & inutiles
s'ils n'étoient pas fecondés par d'heureufes
difpofitions. L'efprit eft une pierre
précieufe qui a befoin de la main du Lapidaire
pour jetter tout fon feu.
Ce que je dis des qualités de l'efprit , on
peut le dire également de celles du coeur ,
les unes & les autres doivent être mifes
en oeuvre pour briller de tout fon éclat.
C'est le concours & l'affemblage de tout
tes ces qualités bien cultivées qui forment
cet homme de mérite , propre à remplir
la place d'un Mainteneur , & c'eft ce qui
doit déterminer les fuffrages dans tous
les Corps Littéraires pour en réparer dignement
les pertes.
Notre Législateur ajoûte que cet homme
de mérite doit être fociable , qualité qui
en fuppofe un grand nombre d'autres.
Pour être fociable dans une Académie ib
faut fur-tout avoir des moeurs , c'eft le premier
fondement de toute fociété parmi les
honnêtes gens. Il faut avoir les inclinations
bierifaifantes , une humeur affable , un ef◄
prit doux , un naturel facile & complai
fant, qui tend toujours d'un bon & agréas
ble commerce.
Un homme fociable eft celui qui pofléde
JUILLET. 1752. 89
le précieux fecret de fçavoir vivre avec
les perfonnes qui ne le font pas , & de ſe
ménager avec toutes fortes de caracteres ;
fes manieres font toujours accompagnées
d'égards , & les difcours remplis de politeffe
.
Il fçait combattre le fentiment de fes
Confreres fans altercation ; il eft auffi fatisfait
de fe rendre à leur avis que de les
ramener au fien , la vérité ne l'offenfe
jamais , il l'écoute toujours avec plaifir ,
elle lui eft également précieufe , foit qu'on
la lui faffe connoître , foit qu'il la découvre
; il l'embraffe avec le même empreffement
d'où qu'elle parte ; il ne difpute que
pour l'éclaircir & la faire briller de tout
fon éclat.
Un homme fociable eft fur- tout l'ennemi
juré de toutes fortes de malignité , il détefte
la médiſance & la calomnie , jamais
il ne lui échape ni dans fes paroles ni
dans les écrits des traits piquans & injurieux.
La qualité d'homme fociable ne fçauroit
compâtir avec les vices qui troublent
le repos public , & dont la peine eft d'être
banni de la fociété.
Enfin , Meffieurs , cet homme de mérite
fociable , pour être digne d'occuper une
place dans cette Compagnie , doit aimer
les Lettres.
90 MERCURE DE FRANCE.
Quoique ce goût bien cultivé foit ef
fentiellement ce qui conftitue un véritable
Académicien , il faut remarquer que c'eſt
néanmoins la derniere chofe dont il eft
ici parlé.
Notre Légiflateur plein de droiture &
de probité , a eu l'attention de placer les
qualités de l'ame à la tête du portrait qu'il
nous a tracé d'un Mainteneur digne de
ce titre ; il a voulu fans doute nous faire
entendre par là qu'elles doivent tenir par
tout le premier rang , & que dans nos
élections l'amour & la connoiffance des
Lettres ne peuvent fixer notre choix que
lorfque ces avantages fe trouvent heureutement
raffemblés dans le même fujet avec
les vertus de l'ame & les qualités du
coeur.
Je ne puis , Meffieurs , me difpenfer pour
l'honneur de toutes les Académies de rapporter
ici ce qu'a dit à leur avantage l'Au
teur du Difcours couronné à Dijon l'année
derniere.
Ce bel efprit qui a répandu & prodigué
tant d'éloquence pour décrier les Sciences,
a fait voir feulement d'une maniere brillante
qu'on peut abufer des meilleures cho-.
fes. Mais voulant rendre juftice aux Compagnies
Académiques , il s'eft expliqué en
Ces termes..
JUILLET. 1752. 9%
Les Sociétés Littéraires , dit- il , font
chargées à la fois du dangereux dépôt
» des connoiffances humaines & du dépôt
» facré des moeurs ; elles ont attention d'en
» maintenir chez elles toute la pureté , &
» de l'exiger dans les Membres qu'elles,
» reçoivent.
"
»
» Ces fages inftitutions , ajoûte-t'il , fervent
de frein aux gens de lettres ; afpirant
tous à l'honneur d'être admis dans.
les Académies , ils veilleront fur eux-
» mêmes , & tâcheront de s'en rendre di
» gnes par des ouvrages utiles , & furtout
par des moeurs irréprochables.
M. Rouffeau malgré fon déchaînement
contre les Arts & les Sciences , a épargné
les Corps Littéraires , en faveur de leur
utilité pour les bonnes moeurs ; ſes ménagemens
& les égards pour les Académies
ne pouvoient pas avoir une caufe ni plus:
honorable ni plus glorieufe.
N'oublions donc jamais , Meffieurs , en
nommant aux places. vacantes , que nous
#devons conferver avec foin ce dépôt facré
des moeurs dont nous fommes dépofitaires
, ne le confions qu'en de mains fûres ,
évitons de nous relâcher fur cet article
capital .
3
La crainte d'émouffer ce précieux frein
qui contient les Gens de fettres ,, & qui
92 MERCURE DE FRANCE...
les oblige de veiller fur eux- mêmes, doit
exciter toute notre attention pour refufer
conftamment l'entrée de cette Compagnie
à tous les Sujets que ce puiffant frein n'a
pas été capable de contenir .
Ne perdons jamais de vûë , que les con
noiffances humaines ne peuvent mériter
notre attention qu'autant qu'elles fe trouvent
réunies avec des moeurs irréprocha
bles , avec beaucoup de prudence , de difcrétion
& de fagetle dans les écrits , dans
les paroles & dans les actions.
Ces maximes ont toujours été inviolables
dans toutes les Académies , elles en
ont exclu de nos jours un Littérateur périodique,
de beaucoup de mérite , mais noté
par fon indifcrétion & fa malignité.
Ce petit épiſode ne me fait pas oublier,
Meffieurs , qu'il me reste à vous parler de
cette partie effentielle d'un Académicien,
qui confifte à fe connoître en Eloquence
& en Poëfie.
M. de Laloubere s'eft contenté de dire
que pour mériter une place de Mainteneur
il faut aimer les Lettres. Ce peu de
paroles lui ont paru fuffifantes , parce qu'il
n'ignotoit pas que quand on aime ces précieux
Arts , il n'eft rien de plus attrayant
que le plaifir de les cultiver , & que cette
culture dirigée par de bonnes études , eft
JUILLET. 1752. .9 $
E rarement infructueufe ; les vrais amateurs
des Lettres font toujours d'excellens Académiciens.
ད་
Cette inclination eft ordinairement accompagnée
des talens néceffaires pour faire
de grands progrès dans les Sciences ; ces
progrès donnent de nouvelles forces à ce
noble penchant , on s'attache malgré foi
à ce que l'on entend , on n'abandonne jamais
ce que l'on aime.
pour N'apréhendons pas que l'affection
les Belles -Lettres foit volage & paffagere
chez les perfonnes de goût & de génie ,
il feroit plutôt à craindre qu'elles s'y adonnaffent
avec trop d'ardeur , & jufqu'à négliger
les Sciences de leur état.
Tout ce que notre Législateur nous à
preferit fur le choix d'un Mainteneur at
toujours été très- fidelement obfervé dans
cette Compagnie , nous n'aurions rien à
défirer fi nous pouvions jouir de tous nos
Confreres , mais nous voyons avec regret
que quelques- uns ne font par leur abfence
utiles à l'Académie que pour décorer fa
lifte , & lui faire honneur dans les villes
où ils ont fixé leur féjour. Plufieurs autres
que nous voyons rarement o nt de très- légitimes
excufes , les raifons qui nous privent
de leur préfence font des éloges pour:
sux ; les fonctions de leurs charges rem96
MERCURE DEFRANCE.
guliere érudition que par leur profond fça
voir dans la ſcience du Droit & de la Ju
risprudence.
Les noms des Minuts , des Dufaurs , des
Bertiers , des Catels , des Fieubets , & d'un
grand nombre d'autres font gravés dans le
Temple de Mémoire , ils ont été célébrés
par tous les Auteurs qui ont élevé des
monumens à la gloire des amateurs des
Lettres.
Ces refpectables & fçavans Magiftrats qui
étoient des Aigles aauu PPaallaaiiss ,, auroient pû
être en même tems des ornemens de l'A-
- cadémie Françoife , ils auroient tenu leur
place avec diftinction & dans l'Areopage
& fur le Parnaffe. Themis & les Mufes les
occupoient tour à tour dès leurs plus tendres
années .
Car , Meffieurs, l'étude des Belles Lettres
dans laquelle on peut toujours le perfectionner,
ne sçauroit être commencée dans
cet âge fait pour jouir des avantages qu'elle
procure ; il faut en avoir pris dans la jeuneffe
le goût & les principes , il feroit fans,
cela bien difficile d'y faire des progrès dans
un âge un peu avancé , l'ignorance déter- .
mine alors à regarder comme peu néceffaire
un art dont on ignore les premiers
élemens. On fait ordinairement peu de cas
des Sciences pour lesquelles on ne fe fent
aucune
JUILLET.
17528 97
aucune difpofition ni aptitude , & dont
on n'a aucune teinture.
•
Mais le don de la parole , l'art d'écrire
avec quelque pureté de ftile & de diction
feroient des avantages vains , quelquefois
dangereux , s'ils n'étoient pas accompagnés
de beaucoup de capacité ; les armes trèsnéceffaires
pour combattre font d'un foible
fecours fans la force & le courage.
>
J'ajoute , Meffieurs , que le profond fçavoir
fourniroit des alimens à l'erreur , s'il
n'étoit pas dirigé par la jufteffe de l'efptit.
Cette précieufe qualité eft plus rare que
les talens , il eft plus difficile de l'acquerir
que les connoiffances , c'eft un riche préfent
de la Nature dont elle n'eft pas prodigue.
Tout le monde croit le poffeder
parce que perfonne n'en peut fentir la
privation. L'efprit faux ne fe connoit pas
lui - même s'il fe connoiffoit , il cefferoit
d'être faux , fes lumieres font trop
bornées ou trop vaftes , le jour ne l'éclaire
pas , ou il l'offufque & l'éblouit , la lenteur
& la fougue de l'efprit égarent également,
l'un n'arrive pas au terme , l'autre va audelà
, & lorſqu'on paffe le but , dit Montagne
, on y touche auffi peu , que quand
on n'y arrive pas .
Ce défaut eft la fource d'une infinité de
défordres dans la fociété , il fe fair princi-
E
98 MERCURE DE FRANCE.
palement fentir dans les corps , & plus ils
font nombreux ,plus il y devient dominant .
C'eft la fauffeté de l'efprit qui fait fourmiller
les procès , & qui fournit du travail
à toutes les Jurifdictions , ce défaut
eft caule qu'on foutient les droits les plus
injuftes , & que les Arrêts juftifient fouvent
la témérité des plaideurs.
Dans toutes les Compagnies quelquesuns
des Membres , faute de juſteſſe , n'en
connoiffent pas les véritables intérêts ,
quelques autres en les connoiffant les facrifient
à des intérêts particuliers . Ceux
qui ont de bonnes vues & une volonté
conftante de les fuivre fe trouvant en petit
nombre , on ne doit pas être furpris que
les corps prennent rarement le bon parti
dans leurs délibérations ; de- là vient que.
la République Romaine dans les tems les
plus difficiles remettoit toute l'autorité
entre les mains d'un Dictateur.
Quand on a reçu de la Nature ce précieux
fondement de toute forte de connoiffances
, qui confifte dans la jufſteſſe de
l'efprit , on ne doit rien négliger pour entretenir
& fortifier cette heureufe difpofition.
Il feroit aifé de faire voir combien les
Belles - Lettres peuvent être utiles à cet
ufage ; on s'accoutume en les cultivant à >
JUILLET. 1752. 99
former des raifonnemens qui faffenr fenur
la jufte liaifon que les conféquences ont
avec les principes : ce n'eft pas là ou les
termes de l'art peuvent tenir lieu de preuves
, il n'eft pas permis de s'envelopper
dans de mifterieufes obfcurités. La clarté
& l'évidence eft ce qu'on exige principalement
dans les ouvrages d'efprit & de
littérature , tout ce qui manque de cette
qualité effentielle eft toujours réprouvé.
J'abandonne brufquement cette matiére
qu'il feroit très important d'approfondir
pour l'avantage de ces perfonnes que leur
mérite rend très- dignes d'être défabufées
de leurs préventions ; mais ce fujet mêneroit
aujourd'hui trop loin , & je ne puis
me difpenfer de dire encore un mot de nos
élections qui font mon principal objet
dans cette féance .
J'ai parlé , Meffieurs , des qualités néceffaires
pour être admis dans les Académies,
& de celles qui en doivent exclure , j'ajoute
qu'aucun de nous ne devroit le déterminer
fur le choix d'un fujet & prendre
à coeur fon élection , fans être affuré
que ce fujet eft en général agréable & à la
Compagnie & à celui qui en remplit la
premiere place . Conviendroit-il à un particulier
d'entreprendre de nous donner un
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
Confrere fans avoir pris cette fage précaution.
Permettez moi , Meffieurs , d'obferver
encore que quand on nomme dans un jour
d'élection les afpirans à une place vacante,
on ne parle que de leurs bonnes qualités ,
mille confidérations engagent alors à garder
le filence fur tout ce qui ne feroit pas
à leur avantage
.
Les circonfpections & les égards ont
fait des progrès dans nos moeurs , à mefure
que les chofes dignes de blâme le font
multipliées ; à proportion qu'il y a eu à cacher,
on a étendu les bienféances de déguifer
& de fe taire , ce qu'on condamne en
fecret eft fouvent la matiére des éloges
publics.
•
De- là vient , Meffieurs , que nous ne devons
pas nous attendre un jour d'élection
d'être informés de ce qu'il conviendroit
de fçavoir fur les fujets propofés. C'eſt à
chacun de nous en particulier de découvrir
à l'avance par des informations fecrettes
leurs inclinations & leur caractere , tâchons
de les connoître avant de les nommer.
Gardons-nous fur tout , je le répete encore
une fois , gardons- nous , Meffieurs , de
nous laiffer impofer par les qualités de
JUILLET . 1752. ΤΟΥ
l'efprit , par les lumieres & les connoiffan
ces , n'héfitons pas de compter pour rien
tous ces avantages quand ils ne contribuent
pas à la beauté de l'ame..N'oublions jamais
que dans tous les Corps l'enquête de vie &
moeurs précede toujours l'examen du réci
piendaire.
Les Compagnies littéraires , fur tout
celles qui ont les mêmes occupations que
l'Académie Françoife , ont toujours été expofées
aux railleries indifcretes & aux
iniques improbations. Sur cet article la.
Province & la Capitale éprouvent le même
fort , nous ne pouvons éviter , autant
qu'il eft poffible , la cenfure du Public
qu'en nommant aux places vacantes des
perfonnes dignes de l'eftime publique &
par leurs vertus & par leurs talens .
Les Académies qui fe multiplient tous
les jours au grand avantage des lettres , ſont
les feuls Corps dans lefquels la vénalité ne
s'eft pas encore introduite ; ils ont par là
un grand avantage pour
être bien compofés
, & s'ils ne l'étoient pas , ils ne pourroient
l'imputer qu'à eux mêmes , & en
cela le blâme & la critique du Public ne
feroient pas injuftes à leur égard .
Pour rappeller en finiffant toutes nos
obligations fur le choix d'un Académicien
digne de ce titre , il fuffit de dire que nous
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
devons avoir une grande attention d'élire
des Sujets que la Nature ait favorisés des
biens de l'efprit , mais furtout des biens de
l'ame , & qui ayent donné avec fuccès tous
leurs foins à cultiver ces précieux biens.
C'eft la Loi qu'on doit fuivre dans toutes
les Académies ; elle a été obſervée juſqu'au
jour prefent avec beaucoup d'exactitude
dans cette Compagnie. Vous en
fourniffez , Meffieurs, les preuves victorieufes
, & je fournis l'exception qui confirme
cette belle régle.
Fermer
Résumé : DISCOURS Qui a été lû dans une Séance de l'Académie des Jeux-Floraux, tenuë le 21 Mars 1752. pour la réception de M. Basin, Conseiller au Parlement ; par M. de Ponsan, Trésorier de France, un des Académiciens.
Le discours de M. de Ponfan, Trésorier de France, prononcé à l'Académie des Jeux Floraux le 21 mars 1752, met en lumière l'importance des académies et la nécessité de maintenir leur excellence. Les académies apportent de grands avantages à l'Empire des Lettres, et leur utilité est régulièrement confirmée par les expériences. Pour préserver cet éclat, il est crucial de remplacer dignement les membres décédés par des successeurs compétents, dotés de compétences littéraires, de mœurs douces et d'un savoir-vivre. M. de Ponfan insiste sur la sélection de candidats possédant des qualités morales essentielles, développées durant la jeunesse grâce à une bonne éducation et à la fréquentation de bonnes compagnies. Une loi rigoureuse, approuvée par Louis XIV, prévoit l'exclusion des membres offensants pour garantir le respect et la politesse au sein de l'académie. Les critères de sélection mettent en avant la protection de l'honneur et de la paix au sein de l'institution. Les talents seuls ne suffisent pas ; les qualités morales, telles que la sociabilité, la bienveillance et la douceur, sont essentielles. Les statuts de l'Académie stipulent que les membres doivent être des hommes de mérite, sociables et aimant les lettres. Le texte souligne également l'importance de la probité, de la sociabilité et de l'amour des lettres. Les sociétés littéraires doivent maintenir la pureté des connaissances humaines et des mœurs, incitant les littérateurs à produire des œuvres utiles et à avoir des mœurs irréprochables. Les élections académiques doivent privilégier la beauté de l'âme et la moralité des candidats. Le texte aborde les défis rencontrés par les compagnies littéraires et les académies face aux moqueries et aux critiques injustifiées. Pour éviter la censure publique, il est essentiel de désigner des personnes dignes et talentueuses pour occuper les postes disponibles. Les académies, bien que nombreuses et bénéfiques pour les lettres, doivent rester exemptes de corruption afin de préserver leur intégrité. Leur composition repose sur leur propre vigilance, et toute critique publique serait légitime en cas de mauvais choix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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52
p. 193-201
DE MONTPELLIER.
Début :
On a trouvé il y a deux mois dans le tems que la neige étoit sur terre, un oiseau plus gros qu'un [...]
Mots clefs :
Famille royale, Majesté, Roi, Reine, Musique, Évêque de Gap, Chapelle, Compagnie, Dauphin, Grand-messe, Père Griffet, Madame Adélaïde, Sophie Victoire, Louise Victoire, Monument
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texteReconnaissance textuelle : DE MONTPELLIER.
DE MONTPELLIER .
On atrouvé il y a deux mois dans le tems que
la neige étoit fur terre , un oifeau plus gros qu'un
Coq d'Inde , reffemblant affez à un Héron , ayant
une espece de couronne fur la tête avec deux grandes
plumes qui lui tomboient fur le dos. Il étoit
fi maigre que ne pouvant plus voler , des chiens
le prirent à Caftries, terre appartenant à M. le Marquis
de Caftres , à deux lieues de Montpellier. Il
avoit un anneau au pied, fur lequel étoient gravées
que voici : les lettres
C. W. F. M. Z. B. O.
NO. 74. A. 1752. U. G.
On nous a prié d'inférer dans l'article des nouvelles
cet événement , qui peut intéreffer la perfonne
à qui appartenoit cet oifeau. On pourroit
fçavoir par ce moyen d'où il eft venu , quelle étoit
fon efpece , & le tems où il s'eft fauvé de chez fon
maître.
Le 18 Mars, pendant la Meffe du Roi , l'Evêque de
Gap prêta ferment entre les mains de Sa Majeſté.
Le huitieme tirage de la premiere lotterie royale
fe fit le 19 & les jours fuivans , dans la grande
Salle de l'Hôtel de Ville , en préfence des Prévôt
des Marchands & Echevins. Le principal Lot
cft échu au numéro 6804 , & le fecond au numéro
16894. Le numéro 1628 a eu la premiere
Prime.
On fit le 22 de ce mois la proceffion folemnelle
, qu'on a coutume de faire tous les ans ,
en mémoire de la réduction de cette Capitale
fous l'obéiffance de Henri IV. Le Corps de Ville
y affifta fuivant l'ufage.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour l'Académie Françoife élut le
fieur de Châteaubrun , pour remplir la place vacante
dans cette Compagnie , par la mort du
Préſident de Montefquieu .
Le 23 , l'Evêque de Vence fut facré dans la
Chapelle du Séminaire de Saint Sulpice , par
l'Evêque de Beauvais , affifté des Evêques de
Soiffons & de Bazas , & le 24 , pendant la Meffe
du Roi , il prêta ferment de fidélité entre les
mains de Sa Majesté.
La Marquife de Sailly fut préfentée le 23 à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
Le 23 , Dimanche des Rameaux , le Roi , accompagné
de Madame Adelaïde , & de Mefdames
Victoire , Sophie & Louiſe , aſſiſta dans
la Chapelle à la Bénédiction des Palmes. Cette
cérémonie fut faite par l'Abbé Gergoy , Chapelain
Ordinaire de la Chapelle - Mufique , lequel
préfenta une Palme à Sa Majefté. Après
la Proceffion , & après avoir adoré la Croix ,
le Roi entendit la grande Meffe , célébrée par
le même Chapelain , & chantée par la Mufique.
L'après-midi , le Roi entendit le Sermon du
Pere Griffet , de la Compagnie de Jeſus . Sa Majeſté
aſſiſta enfuite aux Vêpres , chantées par la
Mufique , & au ' Salut célébré par les Millionnaires.
La Reine , Monfeigneur le Dauphin & Madame
la Dauphine , affifterent dans la Tribune à
l'Office du matin & à celui de l'après -midi.
Le 27 , Jeudi Saint , l'Evêque de Gap ayant
fait l'Abfoute , & le Roi ayant entendu le Sermon
de l'Abbé de Trémouilhe , Chanoine &
Théologal de l'Eglife Métropolitaine de Tours ;
Sa Majefté a lave les pieds à douze pauvres ,
a
MAI. 1755. 195
& les a ſervis à table . Le Prince de Condé ,
Grand Maître de la Maiſon du Roi , étoit à la
tête des Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le Service
, dont les plats ont été portés par Monfeigneur
le Dauphin , le Duc d'Orléans , le
Prince de Conti , le Comte de la Marche , le
Comte d'Eu , & par les principaux Officiers de
Sa Majesté. Après cette cérémonie , le Roi &
la Reine , accompagnés de la Famille Royale,
fe font rendus à la Chapelle , où Leurs Majeftés
ont entendu la grande Meffe , célébrée
par l'Abbé Gergoy , & ont affifté à la Proceffion
.
Leurs Majeftés ont affifté le 26 & le 27 à l'Office
des Ténebres , chanté par la Mufique.
L'Académie des Belles • Lettres de Marſeille
ayant réſervé le prix qu'elle devoit adjuger en
1754 , en aura cette année deux à diftribuer.
Elle donnera l'un de ces prix à un Poëme en
rimes plates , de cent cinquante vers au plus ,
& de cent au moins , dont le fujet fera : La
Réunion de la Provence à la Couronne. L'autre
prix eft deftiné à un Difcours d'un quart
d'heure , ou tout au plus d'une demi - heure
de lecture , lequel aura pour fujet : L'homme
eft plus grand par l'ufage defes talens , que par les
talens mêmes.
La Fregate la Gloire , qui a fait voile de Pondichery
le 10 Septembre 1754 , eft arrivée le
26 Mars au Port de l'Orient. On a appris par
ce bâtiment que le fieur Godeheu étoit dé
barqué le 2 Août à Pondichery , & que le fieur
Dupleix , qui lui a remis le Gouvernement des
étab iffemens de la Compagnie dans l'Inde , devoit
être parti au mois d'Octobre , pour revenir en
Europe.
Iij
196 MERCURE DE FRANCE.
Le 27 de Mars , la Reine entendit le
Sermon de la Cêne de l'Abbé de Tremouilhe ,
Chanoine & Théologal de l'Eglife Métropoli- ,
taine de Tours. L'Evêque de Gap fit enfuite.
Abfoute , après laquelle la Reine lava les pieds
à douze pauvres Filles , que Sa Majesté fervit
à table. Le Marquis de Chalmazel , premier
Maître d'Hôtel de la Reine , précéda le Service
, & les plats furent portés par Madame Adelaïde
, par Mefdames Victoire , Sophie & Louife,
par la Ducheffe d'Orleans , par les Dames du
Palais de la Reine , & les Dames de Compagnie
de Mefdames de France.
Leurs Majeftés & la Famille Royale fe rendirent
le même jour fur les dix heures du foir
à la Chapelle du Château , & firent leurs prieres
devant l'Autel , où le Saint Sacrement étoit '
en dépôt.
Le 28 , jour du Vendredi Saint , le Roi & la
Reine , accompagnés de Madame Adelaïde , &
de Mefdames Victoire & Sophie , entendirent
le Sermon de la Paffion du Pere Griffet , de la
Compagnie de Jefus. Après la Prédication , leurs
Majeftés affifterent à l'Office , & allerent à l'Adoration
de la Croix. L'après- midi , le Roi & la
Reine entendirent les Tenebres.
Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dau
phine , & Madame Louife , affifterent à l'Offi
ce du matin & du foir dans la Tribune .
Le 29 , Samedi Saint , leurs Majeftés entendirent
la grande Meffe , célébrée par les Miffionnaires.
-
Elles affifterent l'après midi aux Complies ,
après lefquelles la Mufique chanta le Regina Cali
& PO Filii , de la compofition du fieur Mondonville
, Maître de Mufique de la Chapelle , en
quartier.
MAI 1755 197- 甲
enten-
Le 30 , Fête de Pâques , le Roi & la Reine ,
accompagnés de Mefdames de France ,
dirept dans la Chapelle du Château la grande
Meffe , à laquelle l'Evêque de Gap officia pontificalement
, & qui fut chantée par la Mu-.
fique.
L'après-midi , leurs Majeftés affifterent à la
Prédication du Pere Griffet , enfuite aux Vêpres
, chantées par la Mufique , auxquelles l'Evêque
de Gap officia ; & au Salut célébré par
les Miffionnaires , pendant lequel la Mufique
chanta l'O Filii.
Le 30 Monfeigneur le Duc de Bourgogne &
Madame dînerent avec la Reine .
Le même jour , la Comteffe de Marfan , Gouvernante
des Enfans de France , conduifit Monfeigneur
le Duc de Berry chez la Reine , pour
la premiere fois depuis la naiffance de ce
Prince.
Le Maréchal Duc de Belle- Ifle , en long
manteau de deuil , a fait fes révérences à leurs
Majeftés & à la Famille Royale , à occafion
de la mort de la Maréchale de Belle - Ifle .
Le 6 , l'Evêque de Rennes , le Duc de Rohan
& le Sr Baillon , Préfidens des trois Ordres des
Etats de Bretagne , & nommés pour présenter au
Roi la médaille & l'eftampe du monument que
les Etats ont fait élever à Rennes , en mémoire de
la convalescence & des victoires de Sa Majesté ,
s'acquitterent de ce devoir. Sa Majefté voulant
leur témoigner fa fatisfaction par une marque dif
tinguée , les reçut dans fon cabinet . L'Evêque de
Rennes porta la parole. Le Duc d'Aiguillon, Commandant
en Bretagne , accompagnoit la députation
; & le Comte de Saint - Florentin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de cette
-
Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
province , préfenta les Députés au Roi , à la Reine
, & à la Famille royale.
L'Académie royale de Chirurgie tint le 10
Avril fon affemblée publique. A l'ouverture de la
féance, le Sr Morand , Secrétaire perpétuel , annonça
que l'Académie avoit ajugé le prix , Sur laquefsiondufeu
, ou cautere actuel , comme remede de chirurgie
, au Mémoire No. 20 , portant à la premiere
page l'emblême de la Salamandre , avec la devife ,
Nimium extinguit , defideratum renovat ; & à la
derniere page l'enblême du phénix avec la devife
Crematus ipfe refurgit . Le Sr Pipelet lut une obfervation
, Sur la cure d'une Hernie d'inteftins gangrenée
, accompagnée de quelques circonfiances fingulieres.
Cette lecture fut fuivie de celle d'un mémoire
du Sr Houftet , Sur une espece particuliere
d'exoftofe . Le troifieme mémoire qui fut lû , eft
du Sr Ruffel , & contient des obfervations , Sur
les bons effets des cauteres multipliés dans le cas de
l'épilepfie. Le Sr Louis lut un mémoire , Sur les
pierres urinaires , formées hors des voies urinaires.
La féance fut terminée par la lecture de l'histoire
d'une plaie au foie au diaphragme , guérie par
les foins du Sr du Bertrand.
Le Comte de Gifors , nouvellement arrivé des
voyages qu'il a faits dans différentes Cours de
l'Europe , rendit le 12 fes refpects à leurs Majeftés
, étant préfenté par le Maréchal Duc de Belle-
Ifle , fon pere.
Le 13 , la Comteffe d'Ayen fut préfentée à leurs
Majeftés & à la Famille royale par la Ducheffe
d'Ayen, fa belle - mere. En vertu du brevet d'honneurs
que le Roi a accordé au Comte d'Ayen , elle
prit le tabouret.
Mademoiſelle de Sens préſenta le même jour la
Marquise de Prulé.
MA I. 1755 . 199
Le même jour leurs Majeftés fignerent les
contrats de mariage du Comte de Coigny , Meſtre
de Camp général des Dragons , avec la Vicomteffe
douairiere de Chabot ; du Marquis de Bethu
ne , Meftre de Camp général de la Cavalerie ,
avec Demoiſelle Crozat de Thiers ; du Comte de
Ligny , avec Demoiſelle de Rambures ; du fieur
de Blair de Boifmont , Intendant de Valenciennes ,
avec Demoiſelle de Fleffelle ; & du fieur Dufort
Introdacteur des Ambaffadeurs , avec Demoiſelle
le Gendre.
Le Roi a donné fon agrément au mariage du
Vicomte de Merinville , Brigadier de Cavalerie ,
& Capitaine fous- Lieutenant des Gendarines de lá.
Garde ordinaire du Roi , avec la feconde fille da
Marquis de Lhôpital .
Le Marquis de Marigny , Directeur & Ordonnateur
général des Bâtimens & Jardins du Roi ,
ainfi que des Arts & Manufactures , préfenta le
13 à Sa Majefté les ouvrages de peinture & de
fculptute faits pendant l'année derniere par les
éleves protégés. Voici la lifte de ces ouvrages.
1º. Le Šauveur lavant les pieds à fes Apôtres , par
le fieur Fragonard , âgé de 22 ans , & depuis deux
ans dans l'école. 2°. Armide prête à poignarder
Renaud , & arrêtée par l'Amour. Ce tableau eft
du fieur Monet depuis dix-huit mois dans l'école ,
& âgé de 23 ans. 3. Mercure qui endort Argus ,
pour enlever lo métamorphofée en Géniffe , par le
fieur Brenet l'aîné , âgé de 16 ans dans l'école
depuis quinze mois. Saint Jerome en méditation
par le même. 4º, Un modele , dont le ſujet repréfente
le Tems , qui enchaîne l'Amour , par le fieur
Brenet le jeune , âgé de 20 ans , depuis fix mois
dans l'école. 5. Une figure allégorique , repréfentant
la Nobleffe , par le fieur d'Huez , âgé de
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE.
24 ans , & entré dans l'école en même tems que
le fieur Brenet le jeune. 6°. Alexandre s'endormant
avec une boule d'or dans fa main , afin de
s'éveiller au bruit qu'elle fera en tombant . Mathathias
tuant un juif qui avoit facrifié aux Idoles
, & le Miniftre d'Antiochus qui l'y avoit förcé.
L'Auteur de ces deux derniers morceaux eft le
fieur Chardin , âgé de 22 ans , & qui n'eft que
depuis cinq mois dans l'école. Tous ces différens
ouvrages ont été expofés dans les grands appartemens.
Le 13 , Monfeigneur le Dauphin fit rendre dans
P'Eglife de la Paroiffe du Château , les Pains bénits
qui furent préfentés par l'Abbé de Laſcaris , Aumônier
de Sa Majesté.
Le même jour , les Députés des Etats de Bourgogne
eurent audience du Roi , ils furent préfentés
par le Prince de Condé , Gouverneur de la
Province , & par le Comte de Saint - Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits en la
maniere accoutumée par le Grand- Maître & le
Maître des Cérémonies.
La députation étoit compofée pour le Clergé,
de l'Abbé de Cîteaux , qui porta la parole ; du
Marquis d'Efcorailles , pour la Nobleffe ; de M.
Jouard , Maire de Châtillon - fur- Seine , pour le
Tiers -Etat ; de M. Bernard de Blancey , Secrétaire
des Etats ; de M. Rigoley d'Ogny , Tréforier de la
Province ; de M. Perchet , Procureur - Syndic
des Etats ; de M. Berault , Syndic du pays de
Breffe , & de M. Grumet , Syndic du pays de
Bugey.
Le Roi foupa le foir au grand couvert chez la
Reine , avec la Famille royale.
Le 14 , le Roi partit pour Choify , d'où l'on
attend demain Sa Majefté. Monſeigneur le Dau
MA I. 201 1755.
.
phin y alla le 16 , & Mefdames de France y font
allées le 17.
Monfeigneur le Duc de Bourgogne & Madame
fe promenerent le 14 à Marly, & le 19.à Trianon .
Leurs Majeftés entendirent le 14 de ce mois une
Meffe de Requiem , pendant laquelle le De profundis
fut chanté par la mufique , pour l'anniverfaire
de feu Monfeigneur le Dauphin , ayeul
du Roi.
Le fieur Folard , ci- devant Miniftre du Roi à la
Diette de l'Empire , a été nommé par Sa Majesté
pour aller réfider à Munich en qualité de fon Envoyé
extraordinaire auprès de l'Electeur de Baviere.
Selon les lettres d'Avignon , le Margrave & la
Margrave de Bareith , après y avoir féjourné quatre
mois , en font partis pour Marſeille , d'où ils fe
rendront en Italie.
Le 17 , les actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix- fept cens dix livres : les billets de la
premiere Lotterie royale à huit cens vingt- cinq
livres ; & ceux de la feconde Lotterie , à fept cens
dix-fept.
On atrouvé il y a deux mois dans le tems que
la neige étoit fur terre , un oifeau plus gros qu'un
Coq d'Inde , reffemblant affez à un Héron , ayant
une espece de couronne fur la tête avec deux grandes
plumes qui lui tomboient fur le dos. Il étoit
fi maigre que ne pouvant plus voler , des chiens
le prirent à Caftries, terre appartenant à M. le Marquis
de Caftres , à deux lieues de Montpellier. Il
avoit un anneau au pied, fur lequel étoient gravées
que voici : les lettres
C. W. F. M. Z. B. O.
NO. 74. A. 1752. U. G.
On nous a prié d'inférer dans l'article des nouvelles
cet événement , qui peut intéreffer la perfonne
à qui appartenoit cet oifeau. On pourroit
fçavoir par ce moyen d'où il eft venu , quelle étoit
fon efpece , & le tems où il s'eft fauvé de chez fon
maître.
Le 18 Mars, pendant la Meffe du Roi , l'Evêque de
Gap prêta ferment entre les mains de Sa Majeſté.
Le huitieme tirage de la premiere lotterie royale
fe fit le 19 & les jours fuivans , dans la grande
Salle de l'Hôtel de Ville , en préfence des Prévôt
des Marchands & Echevins. Le principal Lot
cft échu au numéro 6804 , & le fecond au numéro
16894. Le numéro 1628 a eu la premiere
Prime.
On fit le 22 de ce mois la proceffion folemnelle
, qu'on a coutume de faire tous les ans ,
en mémoire de la réduction de cette Capitale
fous l'obéiffance de Henri IV. Le Corps de Ville
y affifta fuivant l'ufage.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour l'Académie Françoife élut le
fieur de Châteaubrun , pour remplir la place vacante
dans cette Compagnie , par la mort du
Préſident de Montefquieu .
Le 23 , l'Evêque de Vence fut facré dans la
Chapelle du Séminaire de Saint Sulpice , par
l'Evêque de Beauvais , affifté des Evêques de
Soiffons & de Bazas , & le 24 , pendant la Meffe
du Roi , il prêta ferment de fidélité entre les
mains de Sa Majesté.
La Marquife de Sailly fut préfentée le 23 à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
Le 23 , Dimanche des Rameaux , le Roi , accompagné
de Madame Adelaïde , & de Mefdames
Victoire , Sophie & Louiſe , aſſiſta dans
la Chapelle à la Bénédiction des Palmes. Cette
cérémonie fut faite par l'Abbé Gergoy , Chapelain
Ordinaire de la Chapelle - Mufique , lequel
préfenta une Palme à Sa Majefté. Après
la Proceffion , & après avoir adoré la Croix ,
le Roi entendit la grande Meffe , célébrée par
le même Chapelain , & chantée par la Mufique.
L'après-midi , le Roi entendit le Sermon du
Pere Griffet , de la Compagnie de Jeſus . Sa Majeſté
aſſiſta enfuite aux Vêpres , chantées par la
Mufique , & au ' Salut célébré par les Millionnaires.
La Reine , Monfeigneur le Dauphin & Madame
la Dauphine , affifterent dans la Tribune à
l'Office du matin & à celui de l'après -midi.
Le 27 , Jeudi Saint , l'Evêque de Gap ayant
fait l'Abfoute , & le Roi ayant entendu le Sermon
de l'Abbé de Trémouilhe , Chanoine &
Théologal de l'Eglife Métropolitaine de Tours ;
Sa Majefté a lave les pieds à douze pauvres ,
a
MAI. 1755. 195
& les a ſervis à table . Le Prince de Condé ,
Grand Maître de la Maiſon du Roi , étoit à la
tête des Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le Service
, dont les plats ont été portés par Monfeigneur
le Dauphin , le Duc d'Orléans , le
Prince de Conti , le Comte de la Marche , le
Comte d'Eu , & par les principaux Officiers de
Sa Majesté. Après cette cérémonie , le Roi &
la Reine , accompagnés de la Famille Royale,
fe font rendus à la Chapelle , où Leurs Majeftés
ont entendu la grande Meffe , célébrée
par l'Abbé Gergoy , & ont affifté à la Proceffion
.
Leurs Majeftés ont affifté le 26 & le 27 à l'Office
des Ténebres , chanté par la Mufique.
L'Académie des Belles • Lettres de Marſeille
ayant réſervé le prix qu'elle devoit adjuger en
1754 , en aura cette année deux à diftribuer.
Elle donnera l'un de ces prix à un Poëme en
rimes plates , de cent cinquante vers au plus ,
& de cent au moins , dont le fujet fera : La
Réunion de la Provence à la Couronne. L'autre
prix eft deftiné à un Difcours d'un quart
d'heure , ou tout au plus d'une demi - heure
de lecture , lequel aura pour fujet : L'homme
eft plus grand par l'ufage defes talens , que par les
talens mêmes.
La Fregate la Gloire , qui a fait voile de Pondichery
le 10 Septembre 1754 , eft arrivée le
26 Mars au Port de l'Orient. On a appris par
ce bâtiment que le fieur Godeheu étoit dé
barqué le 2 Août à Pondichery , & que le fieur
Dupleix , qui lui a remis le Gouvernement des
étab iffemens de la Compagnie dans l'Inde , devoit
être parti au mois d'Octobre , pour revenir en
Europe.
Iij
196 MERCURE DE FRANCE.
Le 27 de Mars , la Reine entendit le
Sermon de la Cêne de l'Abbé de Tremouilhe ,
Chanoine & Théologal de l'Eglife Métropoli- ,
taine de Tours. L'Evêque de Gap fit enfuite.
Abfoute , après laquelle la Reine lava les pieds
à douze pauvres Filles , que Sa Majesté fervit
à table. Le Marquis de Chalmazel , premier
Maître d'Hôtel de la Reine , précéda le Service
, & les plats furent portés par Madame Adelaïde
, par Mefdames Victoire , Sophie & Louife,
par la Ducheffe d'Orleans , par les Dames du
Palais de la Reine , & les Dames de Compagnie
de Mefdames de France.
Leurs Majeftés & la Famille Royale fe rendirent
le même jour fur les dix heures du foir
à la Chapelle du Château , & firent leurs prieres
devant l'Autel , où le Saint Sacrement étoit '
en dépôt.
Le 28 , jour du Vendredi Saint , le Roi & la
Reine , accompagnés de Madame Adelaïde , &
de Mefdames Victoire & Sophie , entendirent
le Sermon de la Paffion du Pere Griffet , de la
Compagnie de Jefus. Après la Prédication , leurs
Majeftés affifterent à l'Office , & allerent à l'Adoration
de la Croix. L'après- midi , le Roi & la
Reine entendirent les Tenebres.
Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dau
phine , & Madame Louife , affifterent à l'Offi
ce du matin & du foir dans la Tribune .
Le 29 , Samedi Saint , leurs Majeftés entendirent
la grande Meffe , célébrée par les Miffionnaires.
-
Elles affifterent l'après midi aux Complies ,
après lefquelles la Mufique chanta le Regina Cali
& PO Filii , de la compofition du fieur Mondonville
, Maître de Mufique de la Chapelle , en
quartier.
MAI 1755 197- 甲
enten-
Le 30 , Fête de Pâques , le Roi & la Reine ,
accompagnés de Mefdames de France ,
dirept dans la Chapelle du Château la grande
Meffe , à laquelle l'Evêque de Gap officia pontificalement
, & qui fut chantée par la Mu-.
fique.
L'après-midi , leurs Majeftés affifterent à la
Prédication du Pere Griffet , enfuite aux Vêpres
, chantées par la Mufique , auxquelles l'Evêque
de Gap officia ; & au Salut célébré par
les Miffionnaires , pendant lequel la Mufique
chanta l'O Filii.
Le 30 Monfeigneur le Duc de Bourgogne &
Madame dînerent avec la Reine .
Le même jour , la Comteffe de Marfan , Gouvernante
des Enfans de France , conduifit Monfeigneur
le Duc de Berry chez la Reine , pour
la premiere fois depuis la naiffance de ce
Prince.
Le Maréchal Duc de Belle- Ifle , en long
manteau de deuil , a fait fes révérences à leurs
Majeftés & à la Famille Royale , à occafion
de la mort de la Maréchale de Belle - Ifle .
Le 6 , l'Evêque de Rennes , le Duc de Rohan
& le Sr Baillon , Préfidens des trois Ordres des
Etats de Bretagne , & nommés pour présenter au
Roi la médaille & l'eftampe du monument que
les Etats ont fait élever à Rennes , en mémoire de
la convalescence & des victoires de Sa Majesté ,
s'acquitterent de ce devoir. Sa Majefté voulant
leur témoigner fa fatisfaction par une marque dif
tinguée , les reçut dans fon cabinet . L'Evêque de
Rennes porta la parole. Le Duc d'Aiguillon, Commandant
en Bretagne , accompagnoit la députation
; & le Comte de Saint - Florentin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de cette
-
Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
province , préfenta les Députés au Roi , à la Reine
, & à la Famille royale.
L'Académie royale de Chirurgie tint le 10
Avril fon affemblée publique. A l'ouverture de la
féance, le Sr Morand , Secrétaire perpétuel , annonça
que l'Académie avoit ajugé le prix , Sur laquefsiondufeu
, ou cautere actuel , comme remede de chirurgie
, au Mémoire No. 20 , portant à la premiere
page l'emblême de la Salamandre , avec la devife ,
Nimium extinguit , defideratum renovat ; & à la
derniere page l'enblême du phénix avec la devife
Crematus ipfe refurgit . Le Sr Pipelet lut une obfervation
, Sur la cure d'une Hernie d'inteftins gangrenée
, accompagnée de quelques circonfiances fingulieres.
Cette lecture fut fuivie de celle d'un mémoire
du Sr Houftet , Sur une espece particuliere
d'exoftofe . Le troifieme mémoire qui fut lû , eft
du Sr Ruffel , & contient des obfervations , Sur
les bons effets des cauteres multipliés dans le cas de
l'épilepfie. Le Sr Louis lut un mémoire , Sur les
pierres urinaires , formées hors des voies urinaires.
La féance fut terminée par la lecture de l'histoire
d'une plaie au foie au diaphragme , guérie par
les foins du Sr du Bertrand.
Le Comte de Gifors , nouvellement arrivé des
voyages qu'il a faits dans différentes Cours de
l'Europe , rendit le 12 fes refpects à leurs Majeftés
, étant préfenté par le Maréchal Duc de Belle-
Ifle , fon pere.
Le 13 , la Comteffe d'Ayen fut préfentée à leurs
Majeftés & à la Famille royale par la Ducheffe
d'Ayen, fa belle - mere. En vertu du brevet d'honneurs
que le Roi a accordé au Comte d'Ayen , elle
prit le tabouret.
Mademoiſelle de Sens préſenta le même jour la
Marquise de Prulé.
MA I. 1755 . 199
Le même jour leurs Majeftés fignerent les
contrats de mariage du Comte de Coigny , Meſtre
de Camp général des Dragons , avec la Vicomteffe
douairiere de Chabot ; du Marquis de Bethu
ne , Meftre de Camp général de la Cavalerie ,
avec Demoiſelle Crozat de Thiers ; du Comte de
Ligny , avec Demoiſelle de Rambures ; du fieur
de Blair de Boifmont , Intendant de Valenciennes ,
avec Demoiſelle de Fleffelle ; & du fieur Dufort
Introdacteur des Ambaffadeurs , avec Demoiſelle
le Gendre.
Le Roi a donné fon agrément au mariage du
Vicomte de Merinville , Brigadier de Cavalerie ,
& Capitaine fous- Lieutenant des Gendarines de lá.
Garde ordinaire du Roi , avec la feconde fille da
Marquis de Lhôpital .
Le Marquis de Marigny , Directeur & Ordonnateur
général des Bâtimens & Jardins du Roi ,
ainfi que des Arts & Manufactures , préfenta le
13 à Sa Majefté les ouvrages de peinture & de
fculptute faits pendant l'année derniere par les
éleves protégés. Voici la lifte de ces ouvrages.
1º. Le Šauveur lavant les pieds à fes Apôtres , par
le fieur Fragonard , âgé de 22 ans , & depuis deux
ans dans l'école. 2°. Armide prête à poignarder
Renaud , & arrêtée par l'Amour. Ce tableau eft
du fieur Monet depuis dix-huit mois dans l'école ,
& âgé de 23 ans. 3. Mercure qui endort Argus ,
pour enlever lo métamorphofée en Géniffe , par le
fieur Brenet l'aîné , âgé de 16 ans dans l'école
depuis quinze mois. Saint Jerome en méditation
par le même. 4º, Un modele , dont le ſujet repréfente
le Tems , qui enchaîne l'Amour , par le fieur
Brenet le jeune , âgé de 20 ans , depuis fix mois
dans l'école. 5. Une figure allégorique , repréfentant
la Nobleffe , par le fieur d'Huez , âgé de
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE.
24 ans , & entré dans l'école en même tems que
le fieur Brenet le jeune. 6°. Alexandre s'endormant
avec une boule d'or dans fa main , afin de
s'éveiller au bruit qu'elle fera en tombant . Mathathias
tuant un juif qui avoit facrifié aux Idoles
, & le Miniftre d'Antiochus qui l'y avoit förcé.
L'Auteur de ces deux derniers morceaux eft le
fieur Chardin , âgé de 22 ans , & qui n'eft que
depuis cinq mois dans l'école. Tous ces différens
ouvrages ont été expofés dans les grands appartemens.
Le 13 , Monfeigneur le Dauphin fit rendre dans
P'Eglife de la Paroiffe du Château , les Pains bénits
qui furent préfentés par l'Abbé de Laſcaris , Aumônier
de Sa Majesté.
Le même jour , les Députés des Etats de Bourgogne
eurent audience du Roi , ils furent préfentés
par le Prince de Condé , Gouverneur de la
Province , & par le Comte de Saint - Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits en la
maniere accoutumée par le Grand- Maître & le
Maître des Cérémonies.
La députation étoit compofée pour le Clergé,
de l'Abbé de Cîteaux , qui porta la parole ; du
Marquis d'Efcorailles , pour la Nobleffe ; de M.
Jouard , Maire de Châtillon - fur- Seine , pour le
Tiers -Etat ; de M. Bernard de Blancey , Secrétaire
des Etats ; de M. Rigoley d'Ogny , Tréforier de la
Province ; de M. Perchet , Procureur - Syndic
des Etats ; de M. Berault , Syndic du pays de
Breffe , & de M. Grumet , Syndic du pays de
Bugey.
Le Roi foupa le foir au grand couvert chez la
Reine , avec la Famille royale.
Le 14 , le Roi partit pour Choify , d'où l'on
attend demain Sa Majefté. Monſeigneur le Dau
MA I. 201 1755.
.
phin y alla le 16 , & Mefdames de France y font
allées le 17.
Monfeigneur le Duc de Bourgogne & Madame
fe promenerent le 14 à Marly, & le 19.à Trianon .
Leurs Majeftés entendirent le 14 de ce mois une
Meffe de Requiem , pendant laquelle le De profundis
fut chanté par la mufique , pour l'anniverfaire
de feu Monfeigneur le Dauphin , ayeul
du Roi.
Le fieur Folard , ci- devant Miniftre du Roi à la
Diette de l'Empire , a été nommé par Sa Majesté
pour aller réfider à Munich en qualité de fon Envoyé
extraordinaire auprès de l'Electeur de Baviere.
Selon les lettres d'Avignon , le Margrave & la
Margrave de Bareith , après y avoir féjourné quatre
mois , en font partis pour Marſeille , d'où ils fe
rendront en Italie.
Le 17 , les actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix- fept cens dix livres : les billets de la
premiere Lotterie royale à huit cens vingt- cinq
livres ; & ceux de la feconde Lotterie , à fept cens
dix-fept.
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Résumé : DE MONTPELLIER.
En mars 1755, près de Montpellier, un oiseau ressemblant à un héron, plus gros qu'un coq d'Inde, a été trouvé affaibli par le froid. Il portait un anneau avec les inscriptions 'C. W. F. M. Z. B. O. NO. 74. A. 1752. U. G.' Les autorités ont entrepris des recherches pour déterminer son origine et son espèce. Le 18 mars, l'évêque de Gap a prêté serment au roi. Le 19 mars, le huitième tirage de la première lotterie royale a eu lieu à Paris, avec les lots principaux attribués aux numéros 6804 et 16894, et la première prime au numéro 1628. Le 22 mars, une procession solennelle a commémoré la soumission de la capitale sous Henri IV. Le 23 mars, l'Académie française a élu le sieur de Châteaubrun pour remplacer Montesquieu. L'évêque de Vence a été sacré à Saint-Sulpice et a prêté serment au roi. La marquise de Sailly a été présentée à la famille royale. Le roi a assisté à la bénédiction des palmes et à diverses cérémonies religieuses. Le 27 mars, lors du Jeudi Saint, le roi a lavé les pieds de douze pauvres. Du 29 avril au 13 mai 1755, plusieurs événements ont marqué la cour. Le 29 avril, Leurs Majestés ont assisté à la grande messe et aux Complies. Le 30 avril, lors de la fête de Pâques, le roi et la reine ont participé à la grande messe. Le duc de Bourgogne et Madame ont dîné avec la reine, et le comte de Marfan a présenté le duc de Berry à la reine. Le maréchal duc de Belle-Isle a rendu hommage au roi. Le 6 mai, l'évêque de Rennes et le duc de Rohan ont présenté au roi une médaille et une estampe commémorant ses victoires. Le 12 mai, le comte de Gifors a rendu visite à Leurs Majestés. Le 13 mai, la comtesse d'Ayen a été présentée à la cour, et plusieurs contrats de mariage ont été signés. Le dauphin a supervisé la distribution des pains bénits. Les députés des États de Bourgogne ont été reçus par le roi. Le roi a dîné en public chez la reine avec la famille royale. Le 14 mai, une messe de requiem a été célébrée pour l'anniversaire du défunt Dauphin. Le sieur Folard a été nommé envoyé extraordinaire auprès de l'Électeur de Bavière.
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53
p. 229-234
ARRESTS NOTABLES.
Début :
Ordonnance du Roi, pour régler la distribution des Congés d'ancienneté, [...]
Mots clefs :
Congé, Service militaire, Ordonnance, Compagnie, Soldats, Cavalier dragon, Artillerie, Lieutenant
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
Rrêt de la Chambre des Comptes , da 22 Février
1755 , qui ordonne que toutes les rentes
créées par le Roi fur les Aydes & Gabelles ;
fur les Tailles , fur les Poftes , ou fous telle autre
dénomination que ce foit , conferveront leur nature
d'immeubles .
Ordonnance du Roi , pour régler la diftribution
des Congés d'ancienneté , du premier Mai 1755 .
De par le Roi. Sa Majeſté voulant régler le nombre
des Cavaliers , Dragons & Soldats de fes troupes
, aufquels il devra être délivré des congés
d'ancienneté pendant l'hiver prochain , Elle a ordonné
& ordonne ce qui fuit :
ART. I. Il ſera délivré deux congés abfolus dans
chaque compagnie de fufiliers , de grenadiers &
d'ouvriers , & dans celles de cavalerie & de dragons
à cheval , & trois congés dans chaque compagnie
du régiment royal- artillerie , de mineurs'
& de dragons à pied , le tout autant qu'il fe trou
vera dans lefdites compagnies un pareil nombre
de cavaliers , dragons & foldats , dont les engagemens
feront expirés.
II. Ces congés feront délivrés le premier du
mois de Septembre prochain , dans les régimens
qui ne font point du nombre de ceux qui ont
reçu des ordres pour camper , & dans ces derniers
, à la féparation des camps où ils auront
fervi.
7
III. On renvoyera par préférence les cavaliers ,"
dragons & foldats de chaque compagnie , dont
230 MERCURE DE FRANCE.
les engagemens feront expirés les premiers ; &
s'il s'en trouve plufieurs dans une même compagnie
qui ayent fini le tems de leur fervice de la
même date , ils tireront au fort.
IV. Lorsqu'un cavalier , dragon ou foldat qui
devra avoir fon congé d'ancienneté , préférera de
renouveller fon engagement dans la même compagnie
, celui qui le fuivra ne pourra demander
d'être congédié à ſa place.
V. Celui qui étant redevable à ſon capitaine
de quelques avances , ne fera pas en état de le
rembourfer à l'échéance de fon congé , fera
obligé de continuer à fervir dans la même compagnie
, jufqu'à ce que s'étant acquitté , il puiffe
reprendre fon rang dans la diftribution des congés
; & cependant le congé qu'il auroit dû avoir
s'il n'eût pas été redevable , fera donné au plus
ancien de ceux qui feront en droit de l'obtenir
après lui.
VI. Le Capitaine payera de fon côté à ceux
qui feront congédiés , ce qu'il pourra leur devoir ;
& il aura l'option de leur laiffer leur habit , ou de
leur donner à chacun quinze livres , en les renvoyant
avec la vefte & le chapeau.
VII. Sa Majefté ayant fixé le prix des engagemens
à la fomme de trente livres , fon intention
eft qu'aucun cavalier , dragon ou foldat ne puiſſe
obtenir fon congé abfolu qu'après avoir reſtitué
àfon Capitaine ce qu'il auroit reçû d'engagement
au-delà de cette fomme , & il en fera ufé à l'égard
de ceux qui ne pourront y fatisfaire , comme il
eft porté à l'article V. Entend néanmoins Sa Majefté
que le Capitaine ne pourra rien répéter de
ce qu'il aura donné au- delà de trente livres , a
ceux qui auront fervi pendant trois années de
guerre de plus que leur premier engagement , o
(
JUILLET. 1755. 230
qui auront rempli confécutivement deux engagemens
de fix ans dans la même compagnie.
VIII. Ceux qui ont été admis aux places de
fergent , caporal , anfpeffade & grenadier dans
l'infanterie & les dragons à pied , & à celles de
brigadier dans la cavalerie & les dragons à cheval ,
ou qui le feront par la fuite , ferviront pendant trois.
années dans lefdites places au-delà du tems porté
par leurs engagemens précédens , lefquelles trois
années feront comptées pour ceux qui auront
paffé fucceffivement à plufieurs haute-payes , du
jour qu'ils auront reçû la derniere defdites hautepayes.
Si cependant dans le nombre de ceux qui
feront propres à remplir lesdites places , il s'en
trouve qui confentent de renouveller leur engagement
pour fix années , elles leur feront données
par préférence ; & les mêmes conditions s'oblerveront
à l'égard des foldats -apprentifs du régiment
Royal- artillerie , & des compagnies de mineurs &
d'ouvriers qui feront paffés ou pafferont à l'avenir
aux places de fergent & aux haute-payes de fappeurs
, bombardiers , canoniers , mineurs , ouvriers
, fous-maître ou maître- ouvriers .
IX. Quoique fuivant le réglement du 3 Janvier
1710 aucun fergent , brigadier , cavalier , dragon
ou foldat , ne puiffe être reçû à l'Hôtel royal
des Invalides , qu'il n'ait au moins vingt ans de
fervice actuel & confécutif , ou qu'il n'ait été
eftropié au fervice de Sa Majefté fon intention
eft cependant que ceux aufquels , après avoir renouvelle
deux fois des engagemens de fix ans
dans la même compagnie , il furviendra pendant
le cours de leur troifieme engagement , des infirmités
qui les mettent hors d'état de continuer
leur fervice , foient reçus audit Hôtel .
X. L'intention de Sa Majesté étant que les Ca
232 MERCURE DE FRANCE.
valiers , Dragons & Soldats fervent pendant cont
le temps pour lequel ils s'engagent , elle veut
qu'aucun d'eux ne puiffe prétendre fon congé abfolu
, qu'après avoir porté les armes & fait réellement
le fervice dans la compagnie pendant fix années
entieres ; & que ceux qui fe feront abſentés
par des congés limités , pour leurs affaires particulieres
, foient obligés de fervir à leur troupe un
temps égal à celui de leur abfence , par- delà le
terme de leur engagement. Quant à ceux qui fe
feront abfentés pour aller travailler à des recrues
ils feront réputés avoir fervi pendant tout le temps
de leur congés , où il fera fait mention pour cet
effet , des motifs pour lefquels ils auront été accordés
; & il fera tenu par le Major de chaque
´régiment , `un état exact de ces congés , duquel il
délivrera une copie au Commiffaire des guerres
qui en aura la police , pour y avoir recours en
cas de befoin.
XI . Tiendront de même lefdits Majors , un
état des engagemens limités de chaque compagnie
, dans lequel ils feront mention des fommes
qu'ils vérifieront avoir été données ou promifes
pour lefdits engagemens , afin que le Commiffaire
des guerres , auquel ils feront tenus de le communiquer
, puiffe en envoyer un extrait au mois
d'Octobre prochain , au Secrétaire d'Etat ayant
le département de la guerre , lequel extrait contiendra
le fignalement des cavaliers , dragons &
foldats qui auront été congédiés , & de ceux qui
en renouvellant leur engagement , ou en paffant
aux haute-payes , auront préféré la continuation
de leur fervice à leur congé abfolu , pour du tout
être rendu compte à Sa Majefté , laquelle veut
que la préfente Ordonnance foit exécutée , nonobftant
ce qui pourroit être contraire aux prét
JUILLET. 1755. 233
cédentes , aufquelles elle a dérogé & déroge pour
ce regard feulement.
Ordonnance du Roi fur l'exercice de l'Infanterie
, du 6 Mai 1755. A Paris , de
l'Imprimerie royale.
Voici les titres contenus dans cette Ordonnance
.
Des obligations des Officiers , & de la maniere
dont ils doivent porter les armes & en faluer.
De l'école du foldat ,
De la formation & affemblée des Bataillons ,
Du maniment des armes ,
De la marche ,
Des manoeuvres des armes
De la marche ,
>
Des manoeuvres par rang & par files ,
Des évolutions pour rompre & réformer les
Bataillons ,
De la colonne ,
De l'exercice du feu ,
Des batteries de tambours , & des fignaux relatifs
aux évolutions ,
Des revúes.
Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , du 4 Mai
1755 , qui proroge pour cinq années l'attribution
donnée aux Intendans pour connoître des contef
tations nées & à naître fur l'exécution des réglemens
des 27 Janvier 1739 & 18 Septembre 1741,
fur la fabrication du papier.
Arrêt du Confeil d'Etat du Roi, du 6 Mai 1755 ,
concernant les indemnités accordées aux Procugeurs
du Roi de différens fiéges , pour papier &
234 MERCURE DE FRANCE.
parchemin tymbrès , dont le fonds n'a pas été ordonné
par l'Arrêt du 7 Juin 1740 , & autres reddus
poftérieurement.
Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , du 20 Mai 1755 ,
portant réglement pour les droits & épices dûs
aux bureaux des finances par ceux qui ont à s'y
faire inftaller & recevoir , ou à y prêter ferment,
ainsi que pour les vérification & attache des provifions
d'offices , l'enregistrement des contrats
d'aliénation du Domaine de Sa Majefté , & autres
droits énoncés audit arrêt.
Ordonnance du Bureau des Finances de la Généralité
de Paris , du 6 Juin 1755 , qui ordonne
que les échoppes pofées au-devant & le long de
la grille qui ferme l'enceinte où eft fituée la figure
équeftre de Henri IV fur le Pont - neuf , feront
fupprimées , ainfi que celles fur & au bas des marches
des trottoirs : Fait défenfes d'en pofer à l'avenir
, & à toutes perfonnes de percevoir aucuns
droits pour la poſition deſdits échoppes.
Rrêt de la Chambre des Comptes , da 22 Février
1755 , qui ordonne que toutes les rentes
créées par le Roi fur les Aydes & Gabelles ;
fur les Tailles , fur les Poftes , ou fous telle autre
dénomination que ce foit , conferveront leur nature
d'immeubles .
Ordonnance du Roi , pour régler la diftribution
des Congés d'ancienneté , du premier Mai 1755 .
De par le Roi. Sa Majeſté voulant régler le nombre
des Cavaliers , Dragons & Soldats de fes troupes
, aufquels il devra être délivré des congés
d'ancienneté pendant l'hiver prochain , Elle a ordonné
& ordonne ce qui fuit :
ART. I. Il ſera délivré deux congés abfolus dans
chaque compagnie de fufiliers , de grenadiers &
d'ouvriers , & dans celles de cavalerie & de dragons
à cheval , & trois congés dans chaque compagnie
du régiment royal- artillerie , de mineurs'
& de dragons à pied , le tout autant qu'il fe trou
vera dans lefdites compagnies un pareil nombre
de cavaliers , dragons & foldats , dont les engagemens
feront expirés.
II. Ces congés feront délivrés le premier du
mois de Septembre prochain , dans les régimens
qui ne font point du nombre de ceux qui ont
reçu des ordres pour camper , & dans ces derniers
, à la féparation des camps où ils auront
fervi.
7
III. On renvoyera par préférence les cavaliers ,"
dragons & foldats de chaque compagnie , dont
230 MERCURE DE FRANCE.
les engagemens feront expirés les premiers ; &
s'il s'en trouve plufieurs dans une même compagnie
qui ayent fini le tems de leur fervice de la
même date , ils tireront au fort.
IV. Lorsqu'un cavalier , dragon ou foldat qui
devra avoir fon congé d'ancienneté , préférera de
renouveller fon engagement dans la même compagnie
, celui qui le fuivra ne pourra demander
d'être congédié à ſa place.
V. Celui qui étant redevable à ſon capitaine
de quelques avances , ne fera pas en état de le
rembourfer à l'échéance de fon congé , fera
obligé de continuer à fervir dans la même compagnie
, jufqu'à ce que s'étant acquitté , il puiffe
reprendre fon rang dans la diftribution des congés
; & cependant le congé qu'il auroit dû avoir
s'il n'eût pas été redevable , fera donné au plus
ancien de ceux qui feront en droit de l'obtenir
après lui.
VI. Le Capitaine payera de fon côté à ceux
qui feront congédiés , ce qu'il pourra leur devoir ;
& il aura l'option de leur laiffer leur habit , ou de
leur donner à chacun quinze livres , en les renvoyant
avec la vefte & le chapeau.
VII. Sa Majefté ayant fixé le prix des engagemens
à la fomme de trente livres , fon intention
eft qu'aucun cavalier , dragon ou foldat ne puiſſe
obtenir fon congé abfolu qu'après avoir reſtitué
àfon Capitaine ce qu'il auroit reçû d'engagement
au-delà de cette fomme , & il en fera ufé à l'égard
de ceux qui ne pourront y fatisfaire , comme il
eft porté à l'article V. Entend néanmoins Sa Majefté
que le Capitaine ne pourra rien répéter de
ce qu'il aura donné au- delà de trente livres , a
ceux qui auront fervi pendant trois années de
guerre de plus que leur premier engagement , o
(
JUILLET. 1755. 230
qui auront rempli confécutivement deux engagemens
de fix ans dans la même compagnie.
VIII. Ceux qui ont été admis aux places de
fergent , caporal , anfpeffade & grenadier dans
l'infanterie & les dragons à pied , & à celles de
brigadier dans la cavalerie & les dragons à cheval ,
ou qui le feront par la fuite , ferviront pendant trois.
années dans lefdites places au-delà du tems porté
par leurs engagemens précédens , lefquelles trois
années feront comptées pour ceux qui auront
paffé fucceffivement à plufieurs haute-payes , du
jour qu'ils auront reçû la derniere defdites hautepayes.
Si cependant dans le nombre de ceux qui
feront propres à remplir lesdites places , il s'en
trouve qui confentent de renouveller leur engagement
pour fix années , elles leur feront données
par préférence ; & les mêmes conditions s'oblerveront
à l'égard des foldats -apprentifs du régiment
Royal- artillerie , & des compagnies de mineurs &
d'ouvriers qui feront paffés ou pafferont à l'avenir
aux places de fergent & aux haute-payes de fappeurs
, bombardiers , canoniers , mineurs , ouvriers
, fous-maître ou maître- ouvriers .
IX. Quoique fuivant le réglement du 3 Janvier
1710 aucun fergent , brigadier , cavalier , dragon
ou foldat , ne puiffe être reçû à l'Hôtel royal
des Invalides , qu'il n'ait au moins vingt ans de
fervice actuel & confécutif , ou qu'il n'ait été
eftropié au fervice de Sa Majefté fon intention
eft cependant que ceux aufquels , après avoir renouvelle
deux fois des engagemens de fix ans
dans la même compagnie , il furviendra pendant
le cours de leur troifieme engagement , des infirmités
qui les mettent hors d'état de continuer
leur fervice , foient reçus audit Hôtel .
X. L'intention de Sa Majesté étant que les Ca
232 MERCURE DE FRANCE.
valiers , Dragons & Soldats fervent pendant cont
le temps pour lequel ils s'engagent , elle veut
qu'aucun d'eux ne puiffe prétendre fon congé abfolu
, qu'après avoir porté les armes & fait réellement
le fervice dans la compagnie pendant fix années
entieres ; & que ceux qui fe feront abſentés
par des congés limités , pour leurs affaires particulieres
, foient obligés de fervir à leur troupe un
temps égal à celui de leur abfence , par- delà le
terme de leur engagement. Quant à ceux qui fe
feront abfentés pour aller travailler à des recrues
ils feront réputés avoir fervi pendant tout le temps
de leur congés , où il fera fait mention pour cet
effet , des motifs pour lefquels ils auront été accordés
; & il fera tenu par le Major de chaque
´régiment , `un état exact de ces congés , duquel il
délivrera une copie au Commiffaire des guerres
qui en aura la police , pour y avoir recours en
cas de befoin.
XI . Tiendront de même lefdits Majors , un
état des engagemens limités de chaque compagnie
, dans lequel ils feront mention des fommes
qu'ils vérifieront avoir été données ou promifes
pour lefdits engagemens , afin que le Commiffaire
des guerres , auquel ils feront tenus de le communiquer
, puiffe en envoyer un extrait au mois
d'Octobre prochain , au Secrétaire d'Etat ayant
le département de la guerre , lequel extrait contiendra
le fignalement des cavaliers , dragons &
foldats qui auront été congédiés , & de ceux qui
en renouvellant leur engagement , ou en paffant
aux haute-payes , auront préféré la continuation
de leur fervice à leur congé abfolu , pour du tout
être rendu compte à Sa Majefté , laquelle veut
que la préfente Ordonnance foit exécutée , nonobftant
ce qui pourroit être contraire aux prét
JUILLET. 1755. 233
cédentes , aufquelles elle a dérogé & déroge pour
ce regard feulement.
Ordonnance du Roi fur l'exercice de l'Infanterie
, du 6 Mai 1755. A Paris , de
l'Imprimerie royale.
Voici les titres contenus dans cette Ordonnance
.
Des obligations des Officiers , & de la maniere
dont ils doivent porter les armes & en faluer.
De l'école du foldat ,
De la formation & affemblée des Bataillons ,
Du maniment des armes ,
De la marche ,
Des manoeuvres des armes
De la marche ,
>
Des manoeuvres par rang & par files ,
Des évolutions pour rompre & réformer les
Bataillons ,
De la colonne ,
De l'exercice du feu ,
Des batteries de tambours , & des fignaux relatifs
aux évolutions ,
Des revúes.
Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , du 4 Mai
1755 , qui proroge pour cinq années l'attribution
donnée aux Intendans pour connoître des contef
tations nées & à naître fur l'exécution des réglemens
des 27 Janvier 1739 & 18 Septembre 1741,
fur la fabrication du papier.
Arrêt du Confeil d'Etat du Roi, du 6 Mai 1755 ,
concernant les indemnités accordées aux Procugeurs
du Roi de différens fiéges , pour papier &
234 MERCURE DE FRANCE.
parchemin tymbrès , dont le fonds n'a pas été ordonné
par l'Arrêt du 7 Juin 1740 , & autres reddus
poftérieurement.
Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , du 20 Mai 1755 ,
portant réglement pour les droits & épices dûs
aux bureaux des finances par ceux qui ont à s'y
faire inftaller & recevoir , ou à y prêter ferment,
ainsi que pour les vérification & attache des provifions
d'offices , l'enregistrement des contrats
d'aliénation du Domaine de Sa Majefté , & autres
droits énoncés audit arrêt.
Ordonnance du Bureau des Finances de la Généralité
de Paris , du 6 Juin 1755 , qui ordonne
que les échoppes pofées au-devant & le long de
la grille qui ferme l'enceinte où eft fituée la figure
équeftre de Henri IV fur le Pont - neuf , feront
fupprimées , ainfi que celles fur & au bas des marches
des trottoirs : Fait défenfes d'en pofer à l'avenir
, & à toutes perfonnes de percevoir aucuns
droits pour la poſition deſdits échoppes.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En 1755, plusieurs arrêtés royaux ont été publiés concernant les militaires français. Un arrêt de la Chambre des Comptes du 22 février a confirmé que les rentes créées par le Roi conservent leur nature d'immeubles. Une ordonnance royale du 1er mai a régulé la distribution des congés d'ancienneté pour l'hiver suivant, attribuant deux congés par compagnie de fusiliers, grenadiers, ouvriers, cavalerie et dragons à cheval, et trois pour les régiments d'artillerie, de mineurs et de dragons à pied. Les congés étaient délivrés le 1er septembre, prioritairement aux soldats dont les engagements expiraient en premier. Les soldats endettés devaient rembourser leurs dettes avant d'obtenir leur congé. Le prix des engagements était fixé à trente livres, avec des exceptions pour ceux ayant servi plus longtemps. Les sous-officiers et soldats promus devaient servir trois années supplémentaires. Les soldats invalides après trois engagements pouvaient être admis à l'Hôtel des Invalides. Les majors devaient tenir des états des congés et des engagements. Une ordonnance de juillet 1755 a exigé des compagnies militaires un état des engagements limités, à communiquer au commissaire des guerres et au secrétaire d'État de la guerre, annulant ainsi les dispositions précédentes contraires. L'ordonnance du Roi sur l'exercice de l'infanterie, datée du 6 mai 1755, a détaillé les obligations des officiers, la formation des bataillons, le maniement des armes et les évolutions. D'autres arrêtés ont concerné la prolongation de l'attribution aux intendants pour les contestations sur la fabrication du papier, les indemnités pour le papier et parchemin timbrés, et les droits administratifs des bureaux des finances. Une ordonnance du Bureau des Finances de Paris du 6 juin 1755 a supprimé les échoppes autour de la statue équestre de Henri IV sur le Pont-Neuf et interdit toute perception de droits pour ces échoppes.
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54
p. 100-102
LOGOGRYPHE.
Début :
Pour habiter la terre, Eve me donna l'être ; [...]
Mots clefs :
Compagnie
55
p. 193-195
ESPAGNE.
Début :
Il y eut le 23 du mois dernier à Oporto une violente émeute. [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Porto, Sédition, Émeute, Commerce des vins, Compagnie, Mécontentement du peuple, Saccages, Gouverneur, Tremblement de terre, Corsaire anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 29 Mars.
Il y eut le 23 du mois dernier à Oporto une
violente émeute. Entre les neuf & dix heures du
matin , on vit defcendre de la Cordoaria une trou
pe d'hommes , ayant une femme à leur tête , &
criant Vive le Peuple. S'étant rendus chez l'Elu ,
qui étoit malade au lit , ils le contraignirent de
s'habiller , le mirent dans une chaiſe à porteurs ,
& l'emmenerent avec eux. En même temps quelques
féditieux monterent fur les tours de l'Eglife
de la Miféricorde , & fonnerent le tocfin , au bruit
duquel plufieurs milliers d'habitans s'affemblerent.
Cette nouvelle troupe joignit la premiere ,
& elles allerent enfemble demander à l'Intendant
de la Ville la fuppreffion de la Compagnie , qui
vient d'y être établie pour le commerce des vins.
Une autre bande de mutins inveſtit cependant la
maiſon du Provéditeur de la Compagnie. Ilfe mit
en défenſe , & fit tirer plufieurs coups de fufil ,
dont quelques perfonnes furent bleffées. Auffitôt la
populace en fureur força les portes , pénétra dans
les appartemens , brifa les meubles , & déchira
les livres & les papiers. Le Gouverneur d'Oporto
ayant fait prendre les armes à la garniſon , mar
cha vers le lieu où le défordre étoit le plus grand.
L'Intendant de fon côté envoya ordre aux Cordeliers
de commencer la Proceffion qu'ils ont
coutume de faire le Mercredi des Cendres , afin
d'opérer par ce pieux fpectacle une diverfion dans
l'efprit du peuple. Effectivement , dès que la
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Proceffion parut , l'orage fe calma. Il est à re
marquer que pendant toute la fédition il n'échappa
à la plus vile canaille aucun mot contre le
refpect du au Roi & à fes Miniftres. Pendant le
pillage de la maifon du Provéditeur de la Compagnie,
quelques jeunes gens vouloient enlever un
fac , dans lequel il y avoit plus de vingt mille
crufades . Un Grenadier leur dit que cet argent
appartenoit au Roi , & ils fe retirerent , fans y
toucher. Comme il étoit à craindre que le trouble
ne recommençât après la Proceffion , le Gouverneur
, pour fatisfaire les habitans , promit de
leur faire rendre juftice fur les griefs dont ils fe
plaignoient, Ils infifterent pour que la nouvelle
Compagnie fût fupprimée , ou qu'elle achetâr
leurs vins dans les temps fixés , & les payât argent
Comptant , ainfi que faifoient les Anglois. La
Garnifon 'd'Oporto a été renforcée de trois Régimens
, & la Cour y a envoyé un Commiffaire
avec ordre d'informer contre les auteurs de la ré,
volte.
Don Antoine-de Villena s'étant rendu à Oporto
avec le Régiment de Cavalerie de Chaves ,
pour faire arrêter & punir les auteurs de la révolte;
la populace de la Ville s'eft attroupée de nouveau
tumultueufement. Il a fallu charger les mu
tins , pour les difperfer. On en a tué plufieurs ,
& le Régiment de Chaves a perdu auffi quelques
Cavaliers.
Trois fecouffes de tremblement de terre ont
jetté ici de nouveau l'allarme . On fentit la premiere
le 16 à onze heures & demie du foir ; la
feconde à quatre heures après- midi , & la troifeme
le 18 à cinq heures & demie du matin,
Elles ont été accompagnées de plafieurs bruits
fouterreins. La premiere & la troifieme ant agi
JUI N. 1757.
195
par ondulations. Quelques maifons ont été ébranlées
à Caſcaës. On n'a point de nouvelles , qu'il
foit arrivé ailleurs aucun dommage.
Un Corfaire Anglois ayant pillé un Navire qui
portoit Pavillon de Portugal , & qui avoit à bord
une riche cargaifon , le Roi a demandé à Sa Majefté
Britannique une fatisfaction convenable.
DE LISBONNE , le 29 Mars.
Il y eut le 23 du mois dernier à Oporto une
violente émeute. Entre les neuf & dix heures du
matin , on vit defcendre de la Cordoaria une trou
pe d'hommes , ayant une femme à leur tête , &
criant Vive le Peuple. S'étant rendus chez l'Elu ,
qui étoit malade au lit , ils le contraignirent de
s'habiller , le mirent dans une chaiſe à porteurs ,
& l'emmenerent avec eux. En même temps quelques
féditieux monterent fur les tours de l'Eglife
de la Miféricorde , & fonnerent le tocfin , au bruit
duquel plufieurs milliers d'habitans s'affemblerent.
Cette nouvelle troupe joignit la premiere ,
& elles allerent enfemble demander à l'Intendant
de la Ville la fuppreffion de la Compagnie , qui
vient d'y être établie pour le commerce des vins.
Une autre bande de mutins inveſtit cependant la
maiſon du Provéditeur de la Compagnie. Ilfe mit
en défenſe , & fit tirer plufieurs coups de fufil ,
dont quelques perfonnes furent bleffées. Auffitôt la
populace en fureur força les portes , pénétra dans
les appartemens , brifa les meubles , & déchira
les livres & les papiers. Le Gouverneur d'Oporto
ayant fait prendre les armes à la garniſon , mar
cha vers le lieu où le défordre étoit le plus grand.
L'Intendant de fon côté envoya ordre aux Cordeliers
de commencer la Proceffion qu'ils ont
coutume de faire le Mercredi des Cendres , afin
d'opérer par ce pieux fpectacle une diverfion dans
l'efprit du peuple. Effectivement , dès que la
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Proceffion parut , l'orage fe calma. Il est à re
marquer que pendant toute la fédition il n'échappa
à la plus vile canaille aucun mot contre le
refpect du au Roi & à fes Miniftres. Pendant le
pillage de la maifon du Provéditeur de la Compagnie,
quelques jeunes gens vouloient enlever un
fac , dans lequel il y avoit plus de vingt mille
crufades . Un Grenadier leur dit que cet argent
appartenoit au Roi , & ils fe retirerent , fans y
toucher. Comme il étoit à craindre que le trouble
ne recommençât après la Proceffion , le Gouverneur
, pour fatisfaire les habitans , promit de
leur faire rendre juftice fur les griefs dont ils fe
plaignoient, Ils infifterent pour que la nouvelle
Compagnie fût fupprimée , ou qu'elle achetâr
leurs vins dans les temps fixés , & les payât argent
Comptant , ainfi que faifoient les Anglois. La
Garnifon 'd'Oporto a été renforcée de trois Régimens
, & la Cour y a envoyé un Commiffaire
avec ordre d'informer contre les auteurs de la ré,
volte.
Don Antoine-de Villena s'étant rendu à Oporto
avec le Régiment de Cavalerie de Chaves ,
pour faire arrêter & punir les auteurs de la révolte;
la populace de la Ville s'eft attroupée de nouveau
tumultueufement. Il a fallu charger les mu
tins , pour les difperfer. On en a tué plufieurs ,
& le Régiment de Chaves a perdu auffi quelques
Cavaliers.
Trois fecouffes de tremblement de terre ont
jetté ici de nouveau l'allarme . On fentit la premiere
le 16 à onze heures & demie du foir ; la
feconde à quatre heures après- midi , & la troifeme
le 18 à cinq heures & demie du matin,
Elles ont été accompagnées de plafieurs bruits
fouterreins. La premiere & la troifieme ant agi
JUI N. 1757.
195
par ondulations. Quelques maifons ont été ébranlées
à Caſcaës. On n'a point de nouvelles , qu'il
foit arrivé ailleurs aucun dommage.
Un Corfaire Anglois ayant pillé un Navire qui
portoit Pavillon de Portugal , & qui avoit à bord
une riche cargaifon , le Roi a demandé à Sa Majefté
Britannique une fatisfaction convenable.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 23 février, une émeute a éclaté à Oporto. Vers neuf heures du matin, un groupe dirigé par une femme a forcé l'Elu, malade, à les suivre. Des individus ont sonné le tocsin, rassemblant des milliers de personnes qui ont exigé la suppression de la Compagnie du commerce des vins. Une autre bande a attaqué la maison du Provéditeur de la Compagnie, provoquant des affrontements et des pillages. Le Gouverneur a mobilisé la garnison et l'Intendant a organisé une procession des Cordeliers pour calmer la foule. Aucun mot contre le roi n'a été prononcé, et des jeunes gens ont renoncé à voler un sac d'argent appartenant au roi. Craignant une reprise des troubles, le Gouverneur a promis de traiter les griefs des habitants. La garnison a été renforcée et un commissaire a été envoyé pour enquêter. Plus tard, Don Antoine-de Villena a tenté d'arrêter les responsables, déclenchant une nouvelle émeute avec des morts des deux côtés. À Lisbonne, trois secousses sismiques ont été ressenties sans causer de dommages majeurs.
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56
p. 207-208
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Douzieme traitement depuis son établissement.
Début :
I. Lahave, Compagnie de Rasilly, est entré le 2 Février, & est sorti le 15 [...]
Mots clefs :
Compagnie, Soldats, Malades, Douleurs, Ulcères, Symptômes, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Douzieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron.
Douzieme traitement depuis fon établiſſement.
LAHAYE , Compagnie de Rafilly , eft entre
I.
le 2 Février , & eft forti le 15 M parfaitement
guéri ; il étoit dans un état bien fâcheux , & avoir
des douleurs aigues dans tous les doigts du pid.
2. Defrance , Compagnie de Bragelongne , eft
entré le z Février , & eft forti le 15 Mais parfai
tement guéri .
3. Ladouceur , Compagnie de Rochegude , eft
entré le 2 Février , & eft forti le- Mars parfai
tement guéri . Outre les fimptômes vénér ens ,
avoit de grandes douleurs dans les jambes .
4. Saint Médard Compagnie de Guer , eft entré
le 9 Février , & eft forti le 9 Avril parfaitement
guér .
5. Davefne , Compagnie de Bouville , eft entré
le 10 Février , & eft forti le 28 Mars parfa tement
gué: Outre des puftules confidérables , il avoit
des douleurs dans tous les membres , de violens
maux de tête , & un ulcere très profond dans la
gorge.
T
6. Briant , compagnie de Pronleroi , eft entré
le 16 Février , & eft forti le 29 Mars parfaitement
guéri .
7. Drapier , Compagnie de la Colonelle , eft
entré le 17 Février , & eft forti le 28 Mars parfai
tement guéri. l'étoit dans un état cruel , & avoiť
inutilement paffé les grands remedes à Montpellier
& ailleurs.
208 MERCURE DE FRANCE.
8. Digon , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 16 Mars , & eft forti le 3 Mai parfaitement
guéri. Outre les fimptômes ordinaires , il avoit
des douleurs partout le corps.
eft
9. Saint André , Compagnie de la Ferriere ,
entré le 30 Mars , & eft forti le 9 Mai parfaitement
guéri. Il avoit les plus violens maux de tête ,
une furdité confidérable , une ophtalmie à l'oeil
gauche , & un ulcere , avec inflammation à la
gorge.
10. La Pierre , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 30 Mars , & eft forti le 2 Mai parfaitement
guéri .
11. Verly , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 13 Avril, & eft forti le 23 Mai parfaitement
guéri . Il étoit dans l'état le plus fâcheux , & outre
les fimptômes les plus graves , il avoit une furdité
à l'oreille gauche avec un engorgement aux glandes
inguinaires.
12. Coeur-de- Roi , Compagnie de Mathan , eft
entré le 4 Mai , & eft forti le 13 Juin parfaitement
guéri.
Douzieme traitement depuis fon établiſſement.
LAHAYE , Compagnie de Rafilly , eft entre
I.
le 2 Février , & eft forti le 15 M parfaitement
guéri ; il étoit dans un état bien fâcheux , & avoir
des douleurs aigues dans tous les doigts du pid.
2. Defrance , Compagnie de Bragelongne , eft
entré le z Février , & eft forti le 15 Mais parfai
tement guéri .
3. Ladouceur , Compagnie de Rochegude , eft
entré le 2 Février , & eft forti le- Mars parfai
tement guéri . Outre les fimptômes vénér ens ,
avoit de grandes douleurs dans les jambes .
4. Saint Médard Compagnie de Guer , eft entré
le 9 Février , & eft forti le 9 Avril parfaitement
guér .
5. Davefne , Compagnie de Bouville , eft entré
le 10 Février , & eft forti le 28 Mars parfa tement
gué: Outre des puftules confidérables , il avoit
des douleurs dans tous les membres , de violens
maux de tête , & un ulcere très profond dans la
gorge.
T
6. Briant , compagnie de Pronleroi , eft entré
le 16 Février , & eft forti le 29 Mars parfaitement
guéri .
7. Drapier , Compagnie de la Colonelle , eft
entré le 17 Février , & eft forti le 28 Mars parfai
tement guéri. l'étoit dans un état cruel , & avoiť
inutilement paffé les grands remedes à Montpellier
& ailleurs.
208 MERCURE DE FRANCE.
8. Digon , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 16 Mars , & eft forti le 3 Mai parfaitement
guéri. Outre les fimptômes ordinaires , il avoit
des douleurs partout le corps.
eft
9. Saint André , Compagnie de la Ferriere ,
entré le 30 Mars , & eft forti le 9 Mai parfaitement
guéri. Il avoit les plus violens maux de tête ,
une furdité confidérable , une ophtalmie à l'oeil
gauche , & un ulcere , avec inflammation à la
gorge.
10. La Pierre , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 30 Mars , & eft forti le 2 Mai parfaitement
guéri .
11. Verly , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 13 Avril, & eft forti le 23 Mai parfaitement
guéri . Il étoit dans l'état le plus fâcheux , & outre
les fimptômes les plus graves , il avoit une furdité
à l'oreille gauche avec un engorgement aux glandes
inguinaires.
12. Coeur-de- Roi , Compagnie de Mathan , eft
entré le 4 Mai , & eft forti le 13 Juin parfaitement
guéri.
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Douzieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le douzième traitement réalisé à l'Hôpital du Maréchal Duc de Biron, concernant douze patients. Chaque dossier indique le nom du patient, sa compagnie, les dates d'admission et de sortie, ainsi que les symptômes et l'état de santé à l'admission. Les admissions ont eu lieu entre le 2 février et le 4 mai, et les sorties entre le 15 mars et le 13 juin. Les symptômes observés incluaient des douleurs aiguës dans les doigts, les jambes ou les membres, des maux de tête violents, des pustules, des ulcères, une surdité, une ophtalmie et des inflammations. Certains patients avaient déjà reçu des traitements infructueux auparavant. Tous les patients sont sortis guéris.
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57
p. 212-214
ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
Début :
Le nommé Antoine Buiron, dit Saint-Flours, Grenadier au Régiment de la [...]
Mots clefs :
Traitement, Soldats, Compagnie, Guérison, Certificats, Chirurgien, Symptômes
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texteReconnaissance textuelle : ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
ETAT de cinq malade's attaqués de la maladie
vénérienne , qui ont été traités à l'Hôpital Militaire
de Strasbourg avec les dragées de M. Keyfer
& fuivant fa méthode , par les foins de M. te
Riche , Chirurgien - Major dudit Hôpital , &
avec la permiffion de M. le Baron de Luce , Intendant
de la Province d'Alface.. 2
LsE nommé Antoine Buiron , dit Saint- Flours ,
Grenadier au Régiment de la Roche - Aymond ,
Compagnie de Saint - Fal . Il entra à l'hôpital le 7
Avril , & fon traitement n'a commencé que le 23
dudit mois . Il en eft forti le 18 de Mai parfaite
ment guéri , & fes forces rétablies.
Le nommé Jean- Baptifte-Joſeph Robelor , dit
Jofeph, Cavalier au Régiment de Gramond, Compagnie
de Toulle , eft entré à l'hôpital le 23 du
mois de Mars. Son traitement a commencé le to
d'Avril , & a fini le 12 Mai.
Le nommé Nicolas la Forge , dit la Forge ,
Cavalier au Régiment de Bezons , Compagnie de
OCTOBRE. 1758. 213
Ponty , eft entré à l'hôpital le 23 Mars. Son traitement
a commencé le 10 d'Avril , & a fini le 14
Main &
Le nommé Gabriel - Pierre , dit Darras , Sapeur
au Régiment du Corps royal d'Artillerie , Compagnie
de Clincl amps , eft entré à l'hôpital le 21
Mars . Son traitement a commencé le 10 du mois
d'Avril , & a fini le 14 Mai.
Le nommé Vidal Eſtreman , dit la Jeuneffe ,
Soldat au Régiment Infanterie de Beauvoifis , de
la Compagnie de Laftour. Son traitement a commencé
le 10 du mois d'Avril , & a fini le 20 de
Mail eft parfaitement guéri. E
Certificat de Meffieurs les Médecins , Chirurgiens-
Majors, Chirurgiens Aide-Majors de l'lzòpital "
Militaire de Strasbourg.
Nous , Médecins , Chirurgiens- Majors, & Aides
de l'Hôpital Militaire de Strasbourg , fouffignés
certifions & atteftons que nous avons vifité trèsfcrupuleufement
les malades dénommes au préfent
état , & que nous avons trouvés qu'ils avoient
chacun les fymptômes propres & particuliers de
la maladie vénérienne ; que nous nous fommes
transportés plufieurs fois dans la falle où ils ont
été traités par l'invitation de M. Leriche , Chirur
gien Major chargé de ce traitement , pour voir
de quelle maniere les dragées antivénériennes ont
agi fur eux , que nous avons appris & obfervés en
interrogeant lefdits malades que ce remede produifoit
des évacuations fûres , douces & ailées ,
tant par les felles , que par les fueurs , les urines
& la falivation , & que la guérifon de ces malades
ayant été une fuire de l'adminiftration des dragées
, nous eftimons qu'elles peuvent être employées
avec les meilleurs fuccès pour la guérifon
de cette maladie. Fait à Strasbourg , le 25 du mois
214 MERCURE DE FRANCE.
de Mai 1758.Guérin & Paris , Médecins-Docteurs.
Leriche , Chirurgien-Major ; Bomergue , Chirur
gien- Major en fecond ; Leriche & Barbezant
Chirurgiens: Aide- Majors.
vénérienne , qui ont été traités à l'Hôpital Militaire
de Strasbourg avec les dragées de M. Keyfer
& fuivant fa méthode , par les foins de M. te
Riche , Chirurgien - Major dudit Hôpital , &
avec la permiffion de M. le Baron de Luce , Intendant
de la Province d'Alface.. 2
LsE nommé Antoine Buiron , dit Saint- Flours ,
Grenadier au Régiment de la Roche - Aymond ,
Compagnie de Saint - Fal . Il entra à l'hôpital le 7
Avril , & fon traitement n'a commencé que le 23
dudit mois . Il en eft forti le 18 de Mai parfaite
ment guéri , & fes forces rétablies.
Le nommé Jean- Baptifte-Joſeph Robelor , dit
Jofeph, Cavalier au Régiment de Gramond, Compagnie
de Toulle , eft entré à l'hôpital le 23 du
mois de Mars. Son traitement a commencé le to
d'Avril , & a fini le 12 Mai.
Le nommé Nicolas la Forge , dit la Forge ,
Cavalier au Régiment de Bezons , Compagnie de
OCTOBRE. 1758. 213
Ponty , eft entré à l'hôpital le 23 Mars. Son traitement
a commencé le 10 d'Avril , & a fini le 14
Main &
Le nommé Gabriel - Pierre , dit Darras , Sapeur
au Régiment du Corps royal d'Artillerie , Compagnie
de Clincl amps , eft entré à l'hôpital le 21
Mars . Son traitement a commencé le 10 du mois
d'Avril , & a fini le 14 Mai.
Le nommé Vidal Eſtreman , dit la Jeuneffe ,
Soldat au Régiment Infanterie de Beauvoifis , de
la Compagnie de Laftour. Son traitement a commencé
le 10 du mois d'Avril , & a fini le 20 de
Mail eft parfaitement guéri. E
Certificat de Meffieurs les Médecins , Chirurgiens-
Majors, Chirurgiens Aide-Majors de l'lzòpital "
Militaire de Strasbourg.
Nous , Médecins , Chirurgiens- Majors, & Aides
de l'Hôpital Militaire de Strasbourg , fouffignés
certifions & atteftons que nous avons vifité trèsfcrupuleufement
les malades dénommes au préfent
état , & que nous avons trouvés qu'ils avoient
chacun les fymptômes propres & particuliers de
la maladie vénérienne ; que nous nous fommes
transportés plufieurs fois dans la falle où ils ont
été traités par l'invitation de M. Leriche , Chirur
gien Major chargé de ce traitement , pour voir
de quelle maniere les dragées antivénériennes ont
agi fur eux , que nous avons appris & obfervés en
interrogeant lefdits malades que ce remede produifoit
des évacuations fûres , douces & ailées ,
tant par les felles , que par les fueurs , les urines
& la falivation , & que la guérifon de ces malades
ayant été une fuire de l'adminiftration des dragées
, nous eftimons qu'elles peuvent être employées
avec les meilleurs fuccès pour la guérifon
de cette maladie. Fait à Strasbourg , le 25 du mois
214 MERCURE DE FRANCE.
de Mai 1758.Guérin & Paris , Médecins-Docteurs.
Leriche , Chirurgien-Major ; Bomergue , Chirur
gien- Major en fecond ; Leriche & Barbezant
Chirurgiens: Aide- Majors.
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Résumé : ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
Le document décrit le traitement de cinq malades atteints de la maladie vénérienne à l'Hôpital Militaire de Strasbourg. Les patients sont Antoine Buiron, Jean-Baptiste-Joseph Robelor, Nicolas la Forge, Gabriel-Pierre et Vidal Estreman, appartenant à divers régiments et compagnies. Le traitement, supervisé par M. Keyfer et M. Leriche, Chirurgien-Major, a débuté en avril 1758 et s'est achevé entre le 12 et le 20 mai 1758. Tous les patients ont été déclarés guéris. Les médecins et chirurgiens ont certifié l'efficacité des dragées antivénériennes utilisées, soulignant qu'elles ont provoqué des évacuations sûres et douces. Le certificat a été signé à Strasbourg le 25 mai 1758 par les professionnels de santé impliqués.
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57
ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
58
p. 206-207
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Quatorzieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Dare, de la Compagnie de la Sône, est entré le [...]
Mots clefs :
Soldats, Compagnie, Malades, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Quatorzieme traitement depuis son établissement.
Quatorzieme traitement depuis fon établiſſement.
Ls nommé Dare , de la Compagnie de la Sôné ,
eft entré le 13 Juillet , & en eft forti le 12 Septembre
parfaitement guéri.
Le nommé Branche-Dor , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le
12 Septembre parfaitement guéri .
Le nommé Rabut , de la Compagnie d'Hallot ,
DECEMBRE. 1758. 207
eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le 29 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Meunier , de la Compagnie de Mathan
, eſt entré le 27 Juillet , & eft forti le 29
Août parfaitement guéri.
Le nommé Francoeur , Compagnie d'Hallot ,
eft entré le premier Août , & eft forti le 17 Septembre
parfaitement guéri .
Ls nommé Dare , de la Compagnie de la Sôné ,
eft entré le 13 Juillet , & en eft forti le 12 Septembre
parfaitement guéri.
Le nommé Branche-Dor , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le
12 Septembre parfaitement guéri .
Le nommé Rabut , de la Compagnie d'Hallot ,
DECEMBRE. 1758. 207
eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le 29 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Meunier , de la Compagnie de Mathan
, eſt entré le 27 Juillet , & eft forti le 29
Août parfaitement guéri.
Le nommé Francoeur , Compagnie d'Hallot ,
eft entré le premier Août , & eft forti le 17 Septembre
parfaitement guéri .
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Quatorzieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le quatorzième traitement médical impliquant cinq individus. Dare, Branche-Dor, Rabut, Meunier et Francoeur ont tous été guéris. Les dates d'admission et de sortie varient du 13 juillet au 17 septembre. Ils appartiennent aux compagnies de la Sôné, Bouville, Hallot et Mathan.
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59
p. 210-211
Arréts du Conseil, Ordonnance & Edits.
Début :
Il paroît une Ordonnance du Roi, du 28 Décembre dernier, concernant ses [...]
Mots clefs :
Ordonnance du roi, Gardes du corps, Articles, Compagnie, Arrêt du conseil, Sol, Service de l'artillerie, Nettoyage de la ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arréts du Conseil, Ordonnance & Edits.
Arréts du Confeil , Ordonnances & Edits.
Il paroît une Ordonnance du Roi , du 28 Décembre
dernier , concernant fes Gardes du
Corps , leur réfidence , & police dans les quartiers
.
Cette Ordonnance contient quatre-vingt Articles
, qui font autant de réglemens pour la police
, pour la difcipline & pour le fervice de ce
Corps. Les quatre Villes choifies pour les quartiers
des quatre Compagnies des Gardes du Corps,
font Beauvais pour la Compagnie des Ecoffois ,
Orléans pour celle de Villeroi , Amiens pour la
Compagnie du Luxembourg , & Troyes pour
celle de Beauvais. Par ce nouvel arrangement
Sa Majesté pourra raflembler fa Maifon en trois
fois vingt-quatre heures.
Arrêt du Confeil du 19 Novembre , portant
que la perception de l'octroi d'un fol par pain
de fel Rozière , ou d'extraordinaire en Franche-
Comté , demeurera prorogée pendant deux années
au delà des douze qui ont été fixées par le
réſultat du Confeil du 24 Novembre 175 3 .
Ordonnance du Roi du 15 Décembre, concernant
les Compagnies d'Invalides deſtinées au
fervice de l'Artillerie dans les Places & fur les
Côtes.
› par
Arrêt du Confeil du 26 Décembre , qui ordre
qu'au lieu de la fomme de deux cent fix
mille livres accordée au fieur Outrequin
l'Arrêt du ro Octobre 1752, pour le nettoyement
& enlevement des boues & immondices de la
Ville & Fauxbourgs de Paris , il lui fera payé
annuellement , à compter du premier Janvier
1759. pendant les cinq années qui restent à exFEVRIER.
1759. 211-
pirer de fon Bail , la fomme de deux cent cinquante-
fix mille livres.
Autre du 30 , qui commet le fieur Jacques-
Philippe Bégaud , Écrivain principal de la Marine
, en qualité de Prépofé à l'examen & vérifica
tion des dettes d'icelle .
Il paroît une Ordonnance du Roi , du 28 Décembre
dernier , concernant fes Gardes du
Corps , leur réfidence , & police dans les quartiers
.
Cette Ordonnance contient quatre-vingt Articles
, qui font autant de réglemens pour la police
, pour la difcipline & pour le fervice de ce
Corps. Les quatre Villes choifies pour les quartiers
des quatre Compagnies des Gardes du Corps,
font Beauvais pour la Compagnie des Ecoffois ,
Orléans pour celle de Villeroi , Amiens pour la
Compagnie du Luxembourg , & Troyes pour
celle de Beauvais. Par ce nouvel arrangement
Sa Majesté pourra raflembler fa Maifon en trois
fois vingt-quatre heures.
Arrêt du Confeil du 19 Novembre , portant
que la perception de l'octroi d'un fol par pain
de fel Rozière , ou d'extraordinaire en Franche-
Comté , demeurera prorogée pendant deux années
au delà des douze qui ont été fixées par le
réſultat du Confeil du 24 Novembre 175 3 .
Ordonnance du Roi du 15 Décembre, concernant
les Compagnies d'Invalides deſtinées au
fervice de l'Artillerie dans les Places & fur les
Côtes.
› par
Arrêt du Confeil du 26 Décembre , qui ordre
qu'au lieu de la fomme de deux cent fix
mille livres accordée au fieur Outrequin
l'Arrêt du ro Octobre 1752, pour le nettoyement
& enlevement des boues & immondices de la
Ville & Fauxbourgs de Paris , il lui fera payé
annuellement , à compter du premier Janvier
1759. pendant les cinq années qui restent à exFEVRIER.
1759. 211-
pirer de fon Bail , la fomme de deux cent cinquante-
fix mille livres.
Autre du 30 , qui commet le fieur Jacques-
Philippe Bégaud , Écrivain principal de la Marine
, en qualité de Prépofé à l'examen & vérifica
tion des dettes d'icelle .
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Résumé : Arréts du Conseil, Ordonnance & Edits.
Le document expose plusieurs ordonnances et arrêts royaux. Une ordonnance du 28 décembre régit les Gardes du Corps, détaillant leur résidence et police dans les quartiers. Elle comprend 80 articles et désigne quatre villes pour les quartiers des compagnies : Beauvais, Orléans, Amiens et Troyes. Cet arrangement permet au roi de rassembler sa maison en trois fois vingt-quatre heures. Un arrêt du Conseil du 19 novembre prolonge de deux années la perception de l'octroi d'un sol par pain de sel Rozière en Franche-Comté, au-delà des douze années précédemment fixées. Une ordonnance du 15 décembre concerne les Compagnies d'Invalides destinées au service de l'Artillerie dans les places et sur les côtes. Un arrêt du Conseil du 26 décembre augmente la somme allouée au sieur Outrequin pour le nettoyement des boues et immondices de Paris, portant la somme annuelle à deux cent cinquante-six mille livres pour les cinq années restantes de son bail. Enfin, un arrêt du 30 décembre nomme le sieur Jacques-Philippe Bégaud comme préposé à l'examen et à la vérification des dettes de la Marine.
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60
p. 217-218
Quinziéme Traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Baucher, de la Compagnie d'Obsouville, entré le 10 Août, [...]
Mots clefs :
Malades, Compagnie, Traitement, Soldats, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : Quinziéme Traitement depuis son établissement.
Quinziéme Traitement depuis ſon établiſſement .
LE nommé Baucher , de la Compagnie d'Obfouville
, entré le 10 Août, eft forti le dix Octobre
parfaitement guéri .
Le nommé Bernard , de la même Compagnie ,
eft entré le 31 Août & en eſt ſorti le 10 Octobre
parfaitement guéri .
Le nommé Conftant , de la Compagnie de la
Sône , eſt entré le 21 Septembre , & en eft forti
le 31 Octobre parfaitement guéri.
K
218 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Chauvet , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 21 Septembre , & en eſt
forti le 21 Novembre , parfaitement guéri.
Le nommé Touflaint , de la Compagnie de
Chevalier, eft entré le s Octobre , & en eft forti
le 28 Novembre , parfaitement guéri.
Le nommé le Sage , de la Compagnie de Bouville
, eft entré le 19 Octobre , & en eft forti le
26 Décembre parfaitement guéri.
Le nommé Lacombe , Compagnie le Camus ,
eft entré le 16 Novembre , & en eft forti le 26
Décembre parfaitement guéri .
Le nommé Bouginier , de la même Compagnie
, eft entré le 14 Novembre , & en eft forti
le 26 Décembre.
L'on ne détaille plus ces maladies ; mais elles
étoient on ne peut pas plus graves , & plufieurs
avoient réfifté aux traitemens connus adminiſtrés
plufieurs fois.
LE nommé Baucher , de la Compagnie d'Obfouville
, entré le 10 Août, eft forti le dix Octobre
parfaitement guéri .
Le nommé Bernard , de la même Compagnie ,
eft entré le 31 Août & en eſt ſorti le 10 Octobre
parfaitement guéri .
Le nommé Conftant , de la Compagnie de la
Sône , eſt entré le 21 Septembre , & en eft forti
le 31 Octobre parfaitement guéri.
K
218 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Chauvet , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 21 Septembre , & en eſt
forti le 21 Novembre , parfaitement guéri.
Le nommé Touflaint , de la Compagnie de
Chevalier, eft entré le s Octobre , & en eft forti
le 28 Novembre , parfaitement guéri.
Le nommé le Sage , de la Compagnie de Bouville
, eft entré le 19 Octobre , & en eft forti le
26 Décembre parfaitement guéri.
Le nommé Lacombe , Compagnie le Camus ,
eft entré le 16 Novembre , & en eft forti le 26
Décembre parfaitement guéri .
Le nommé Bouginier , de la même Compagnie
, eft entré le 14 Novembre , & en eft forti
le 26 Décembre.
L'on ne détaille plus ces maladies ; mais elles
étoient on ne peut pas plus graves , & plufieurs
avoient réfifté aux traitemens connus adminiſtrés
plufieurs fois.
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Résumé : Quinziéme Traitement depuis son établissement.
Le document relate le quinzième traitement effectué dans un hôpital ou une institution médicale. Huit individus, tous membres de différentes compagnies militaires, ont été traités et guéris. Baucher, de la Compagnie d'Obfouville, a été hospitalisé du 10 août au 10 octobre. Bernard, de la même compagnie, a été soigné du 31 août au 10 octobre. Constant, de la Compagnie de la Sône, a été admis le 21 septembre et sorti le 31 octobre. Chauvet, de la Compagnie de Bouville, a été hospitalisé du 21 septembre au 21 novembre. Touflaint, de la Compagnie de Chevalier, a été traité du 8 octobre au 28 novembre. Le Sage, également de la Compagnie de Bouville, a été soigné du 19 octobre au 26 décembre. Lacombe, de la Compagnie le Camus, a été hospitalisé du 16 novembre au 26 décembre. Bouginier, de la même compagnie, a été traité du 14 novembre au 26 décembre. Les maladies traitées étaient graves et avaient résisté à plusieurs traitements connus.
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61
p. 207-209
DE VERSAILLES, le 15 Mars.
Début :
Le 13 de ce mois le Roi a tenu le Sceau pour la 46e fois. [...]
Mots clefs :
Sceau, Sa Majesté, Marquis, Capitaine, Comte, Nominations, Régiment, Infanterie, Gouverneur, Abbaye, Ordre, Diocèse, Lieutenant, Compagnie, Chevalier, Colonel, Évêque, Abbé, Archevêque
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 15 Mars.
De VERSAILLES , le 15 Mars .
L E 13 de ce mois le Roi a tenu le Sceau pour
la 46 ° fois.
Sa Majesté a donné au Marquis de Villeroi ,
Capitaine des Gardes- du - Corps en furvivance les
honneurs du Louvre , au Marquis de Lugeac le
commandement de la Compagnie des Grenadiers
à Cheval ; au Comte de Beaujeu l'infpection
générale & la Direction des Côtes maritimes
des Provinces de Poitou , Aulnis , Saintonge ,
Guyenne , Rouffillon , Languedoc & Provence 5.
& il a eu l'honneur de remercier le Roi en cette
qualité.
Du 29.
Sa Majesté tint le fceau pour la 47.fois.
Le Roia donné au Sieur du Tiller , le Régiment
Royal , Infanterie vacant par là promotion du
Marquis de Puifignieux au grade de Maréchal de
Camp.
Sa Majefté a nommé le Comte de Barbazan
208 MERCURE DE FRANCE
Sénéchal , Gouverneur de Bigorre , pour com
mander les Troupes qui feront dans cette Province.
Le Roi a donné l'Abbaye de S. Etienne de
Caen , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de Bayeux
au Cardinal de Gefvres ; l'Abbaye de S. Paul de
Verdun à l'ancien Evêque de Limoges , Précepteur
de Monteigneur le Duc de Bourgogne ; &
l'Abbaye de S. Michel , Diocèfe de Laon à l'Abbé
Colbert , Doyen de l'Eglife & Vicaire Général du
Diocèfe d'Orléans .
Sa Majesté a nominé le Comte de Fumel ,
Meftre de Camp , Lieutenant du Régiment de
Clermont-Prince ; & elle a donné le Régiment
de Fumel au Chevalier de ce nom. Le Chevalier
de Mirabeau a été nommé Inſpecteur Général
des Gardes- Côtes , avec la Direction des batteries
& des fignaux dans toute la partie de la Côte qui
s'étend depuis la Loire jufqu'à l'extrémité de la
frontière , ainfi que le Comte de Beaujeu l'a été
pour l'autre partie . Toutes les Côtes font partagées
entre ces deux Officiers , dans toute l'étendue
du Royaume . Ils ont fous eux dix Infpecteurs
, & commandent à tous les Capitaines
Généraux , Majors & Lieutenans - Colonels des
Milices Gardes - Côtes.
Du s Avril.
Le Roi ayant jugé convenable au bien de fon
Service , de créer un Exempt Sous - Aide- Major
d'augmentation dans chaque Compagnie de fes
Gardes-du-Corps , Sa Majefté a nommé à cette
Place dans la Compagnie Ecoffoiſe , le Chevalier
d'Etouville ; dans celle de illeroi , le fieur dela
Pujade ; dans celle de Beauveau , le fieur de Bachaffon
; & dans celle de Luxembourg , le Chevalier
de Reymondis. Sa Majefté a auffi difpofé des
deux Bâtons d'Exempt vacans dans la Compagnie
AVRIL. 1759. 209
Ecoffoife , en faveur du Chevalier de Fontaine &
du fieur de Saint - Meffani , & de la Sous-Aide-
Majorité de la Compagnie de Villeroi , vacante
par la retraite du Chevalier de Laftic , en faveur
du Chevalier de Mélée. Le Roi a accordé le Régiment
d'Infanterie de Bretagne , vacant par la
démiffion du Chevalier de Clermont d'Amboiſe ,
au Vicomte de Beaune. Sa Majefté a lifpolé du
Régiment d'Auvergne , Infanterie , en faveur du
Comte de Rochambeau. Le Marquis de Chaftellux
, qui en étoit Colonel , a donné la démiffion
à caufe que fa vue s'eft affoiblie au point de ne
pouvoir continuer fes fervices à la tête de ce Régiment
; & dans l'efpérance qu'elle pourra fe rétablir
, il a obtenu du Roi d'être Colonel réformé à
la fuite de ce Régiment ; celui de la Marche- Province
a été donné au Chevalier de Chaſtellux .
Sa Majesté a accordé des Places de Colonel
dans le Régiment des Grenadiers de France , au
fieur de Machault d'Arnouville, au Marquis de Tavanne
au Comte de Choifeul , & au Comte de
Peyre.
>
Le Roi a nommé à l'Archevêché de Rouen , l'Archevêque
d'Alby , à l'Archevêché d'Alby , l'Evêque
d'Evreux , & à l'Evêché d'Evreux , l'Abbé de
Marnezia , Doyen de l'Eglife , & Comte de Lyon,
& Vicaire Général du même Diocèfe . Sa Majeſté
a donné l'Abbaye de S. Rigaud , Ordre de faint
Benoît , Diocèle de Mâcon , à l'Abbé d'Eſpiard ,
Chanoine de la Métropole & Confeiller - Clerc au
Parlement de Besançon.
L E 13 de ce mois le Roi a tenu le Sceau pour
la 46 ° fois.
Sa Majesté a donné au Marquis de Villeroi ,
Capitaine des Gardes- du - Corps en furvivance les
honneurs du Louvre , au Marquis de Lugeac le
commandement de la Compagnie des Grenadiers
à Cheval ; au Comte de Beaujeu l'infpection
générale & la Direction des Côtes maritimes
des Provinces de Poitou , Aulnis , Saintonge ,
Guyenne , Rouffillon , Languedoc & Provence 5.
& il a eu l'honneur de remercier le Roi en cette
qualité.
Du 29.
Sa Majesté tint le fceau pour la 47.fois.
Le Roia donné au Sieur du Tiller , le Régiment
Royal , Infanterie vacant par là promotion du
Marquis de Puifignieux au grade de Maréchal de
Camp.
Sa Majefté a nommé le Comte de Barbazan
208 MERCURE DE FRANCE
Sénéchal , Gouverneur de Bigorre , pour com
mander les Troupes qui feront dans cette Province.
Le Roi a donné l'Abbaye de S. Etienne de
Caen , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de Bayeux
au Cardinal de Gefvres ; l'Abbaye de S. Paul de
Verdun à l'ancien Evêque de Limoges , Précepteur
de Monteigneur le Duc de Bourgogne ; &
l'Abbaye de S. Michel , Diocèfe de Laon à l'Abbé
Colbert , Doyen de l'Eglife & Vicaire Général du
Diocèfe d'Orléans .
Sa Majesté a nominé le Comte de Fumel ,
Meftre de Camp , Lieutenant du Régiment de
Clermont-Prince ; & elle a donné le Régiment
de Fumel au Chevalier de ce nom. Le Chevalier
de Mirabeau a été nommé Inſpecteur Général
des Gardes- Côtes , avec la Direction des batteries
& des fignaux dans toute la partie de la Côte qui
s'étend depuis la Loire jufqu'à l'extrémité de la
frontière , ainfi que le Comte de Beaujeu l'a été
pour l'autre partie . Toutes les Côtes font partagées
entre ces deux Officiers , dans toute l'étendue
du Royaume . Ils ont fous eux dix Infpecteurs
, & commandent à tous les Capitaines
Généraux , Majors & Lieutenans - Colonels des
Milices Gardes - Côtes.
Du s Avril.
Le Roi ayant jugé convenable au bien de fon
Service , de créer un Exempt Sous - Aide- Major
d'augmentation dans chaque Compagnie de fes
Gardes-du-Corps , Sa Majefté a nommé à cette
Place dans la Compagnie Ecoffoiſe , le Chevalier
d'Etouville ; dans celle de illeroi , le fieur dela
Pujade ; dans celle de Beauveau , le fieur de Bachaffon
; & dans celle de Luxembourg , le Chevalier
de Reymondis. Sa Majefté a auffi difpofé des
deux Bâtons d'Exempt vacans dans la Compagnie
AVRIL. 1759. 209
Ecoffoife , en faveur du Chevalier de Fontaine &
du fieur de Saint - Meffani , & de la Sous-Aide-
Majorité de la Compagnie de Villeroi , vacante
par la retraite du Chevalier de Laftic , en faveur
du Chevalier de Mélée. Le Roi a accordé le Régiment
d'Infanterie de Bretagne , vacant par la
démiffion du Chevalier de Clermont d'Amboiſe ,
au Vicomte de Beaune. Sa Majefté a lifpolé du
Régiment d'Auvergne , Infanterie , en faveur du
Comte de Rochambeau. Le Marquis de Chaftellux
, qui en étoit Colonel , a donné la démiffion
à caufe que fa vue s'eft affoiblie au point de ne
pouvoir continuer fes fervices à la tête de ce Régiment
; & dans l'efpérance qu'elle pourra fe rétablir
, il a obtenu du Roi d'être Colonel réformé à
la fuite de ce Régiment ; celui de la Marche- Province
a été donné au Chevalier de Chaſtellux .
Sa Majesté a accordé des Places de Colonel
dans le Régiment des Grenadiers de France , au
fieur de Machault d'Arnouville, au Marquis de Tavanne
au Comte de Choifeul , & au Comte de
Peyre.
>
Le Roi a nommé à l'Archevêché de Rouen , l'Archevêque
d'Alby , à l'Archevêché d'Alby , l'Evêque
d'Evreux , & à l'Evêché d'Evreux , l'Abbé de
Marnezia , Doyen de l'Eglife , & Comte de Lyon,
& Vicaire Général du même Diocèfe . Sa Majeſté
a donné l'Abbaye de S. Rigaud , Ordre de faint
Benoît , Diocèle de Mâcon , à l'Abbé d'Eſpiard ,
Chanoine de la Métropole & Confeiller - Clerc au
Parlement de Besançon.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 15 Mars.
Entre mars et avril 1759, le Roi a effectué plusieurs nominations et promotions. Le 13 mars, il a nommé le Marquis de Villeroi aux honneurs du Louvre, le Marquis de Lugeac au commandement des Grenadiers à Cheval, et le Comte de Beaujeu à l'inspection générale des côtes maritimes de plusieurs provinces. Le 29 mars, il a nommé le Sieur du Tiller au Régiment Royal d'Infanterie et le Comte de Barbazan Sénéchal et Gouverneur de Bigorre. Le Roi a également attribué des abbayes à des dignitaires religieux, comme l'Abbaye de Saint-Étienne de Caen au Cardinal de Gesvres et l'Abbaye de Saint-Paul de Verdun à l'ancien Évêque de Limoges. Le Comte de Fumel a été nommé Maître de Camp et Lieutenant du Régiment de Clermont-Prince, et le Chevalier de Mirabeau Inspecteur Général des Gardes-Côtes. Le 5 avril, le Roi a créé des postes d'Exempt Sous-Aide-Major dans les Compagnies des Gardes-du-Corps et nommé plusieurs officiers à ces postes. Il a également accordé des régiments d'infanterie au Vicomte de Beaune et au Comte de Rochambeau, et nommé des colonels dans le Régiment des Grenadiers de France. Enfin, il a nommé l'Archevêque d'Alby à l'Archevêché de Rouen, l'Évêque d'Évreux à l'Archevêché d'Alby, et l'Abbé de Marnezia à l'Évêché d'Évreux.
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62
p. 198-200
DE VERSAILLES, le 12 Avril.
Début :
Le Roi a chargé de l'Inspection générale des Bataillons de Milice, [...]
Mots clefs :
Bataillons, Armée, Inspection, Grade, Nominations, Compagnie, Prince, Camp, Lieutenant, Comtesse, Abbaye, Ordre, Diocèse, Abbé, Religieuse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 12 Avril.
De VERSAILLEs, le 12 Avril.
Les tira sº •
-
M A I. 1759. 1 99
•
Bataillons de Milice, actuellement employés dans
l'Armée du Bas - Rhin, le ſieur Merlet, ancien
Lieutenant-Colonel d'Infanterie, & commandant
les Milices de la Ville de Paris Le ſieur de la
Caze , Premier-Préſident du Parlement de Pau,
a prété ſerment entre les mains de Sa Majeſté.
Le premier de ce mois, le Roi a élevé au Grade
de Sousbrigadier dans les Gardes de ſon Corps,
dans la Compagnie que commande M. le Prince
de Beauvau, M. Deſoûſlamontier , au lieu & pla
ce de M. de Bachaſſon.
-
Nota. On a omis dans la Liſte des Maréchaux
de Camp de la derniere promotion , le Marquis
de Gantès, qui eſt employé en cette qualité dans
le Dauphiné.
-Du 19.
: Le Roi a nommé Inſpecteur général des Ré
gimens d'Infanterie Irlandoiſe & Ecoſſoiſe, le
Comte de Rothe, Lieutenant Général de ſes Ar
mées, & Colonei du Régiment d'Infanterie Irlan
doiſe de ſon nom.
La Comteſſe de Chabannes Curton , Fille de
M. Daniel de Talleyrand-Perigord, Marquis de
Talleyrand, a été nommée par Sa Majeſté, Dame
de Compagnie de Madame.
Le Roi a donné l'Abbaye de Noirlac, Ordre
de Cîteaux, Diocèſe de Bourges, à l'Abbé de Lu
·berſac, vicaire Général du Diocèſe de Toulouſe.
L'Abbaye de S. Pierre de Beaulieu, Ordre de
S. Benoît, Diocèſe de Limoges , à l'Abbé de Ga
briac , Vicaire Général du Diocèſe de Sens ; celle
de Previlly , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de
Tours, à l'Abbé Thomas, Grand Aumônier &
Chanoine de la Cathédrale de Metz.
Le Prieuré de la Trinité de Fougeres, Ordre
de S. Benoît, Diocèſe de Rennes #º de
ly
2 eo ME RCU R E DE P RA N CE.
\
Goyon , Aumônier de Madame, Vicaire Général
du Diocèſe de Leon.
L'Abbaye de Faremoutiers, Ordre de S. Be
n°ît, Diocèſe de Meaux , à la Dame le Nor
mand , Abbeſſe de Gercy.
Et l'Abbaye de Gercy , Ordre de S. Benoît,
Dioceſe de l'aris , à la Dame de Braque , Reli
gieuſe du Monaſtère de S. Nicolas de Compiégne.
Les tira sº •
-
M A I. 1759. 1 99
•
Bataillons de Milice, actuellement employés dans
l'Armée du Bas - Rhin, le ſieur Merlet, ancien
Lieutenant-Colonel d'Infanterie, & commandant
les Milices de la Ville de Paris Le ſieur de la
Caze , Premier-Préſident du Parlement de Pau,
a prété ſerment entre les mains de Sa Majeſté.
Le premier de ce mois, le Roi a élevé au Grade
de Sousbrigadier dans les Gardes de ſon Corps,
dans la Compagnie que commande M. le Prince
de Beauvau, M. Deſoûſlamontier , au lieu & pla
ce de M. de Bachaſſon.
-
Nota. On a omis dans la Liſte des Maréchaux
de Camp de la derniere promotion , le Marquis
de Gantès, qui eſt employé en cette qualité dans
le Dauphiné.
-Du 19.
: Le Roi a nommé Inſpecteur général des Ré
gimens d'Infanterie Irlandoiſe & Ecoſſoiſe, le
Comte de Rothe, Lieutenant Général de ſes Ar
mées, & Colonei du Régiment d'Infanterie Irlan
doiſe de ſon nom.
La Comteſſe de Chabannes Curton , Fille de
M. Daniel de Talleyrand-Perigord, Marquis de
Talleyrand, a été nommée par Sa Majeſté, Dame
de Compagnie de Madame.
Le Roi a donné l'Abbaye de Noirlac, Ordre
de Cîteaux, Diocèſe de Bourges, à l'Abbé de Lu
·berſac, vicaire Général du Diocèſe de Toulouſe.
L'Abbaye de S. Pierre de Beaulieu, Ordre de
S. Benoît, Diocèſe de Limoges , à l'Abbé de Ga
briac , Vicaire Général du Diocèſe de Sens ; celle
de Previlly , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de
Tours, à l'Abbé Thomas, Grand Aumônier &
Chanoine de la Cathédrale de Metz.
Le Prieuré de la Trinité de Fougeres, Ordre
de S. Benoît, Diocèſe de Rennes #º de
ly
2 eo ME RCU R E DE P RA N CE.
\
Goyon , Aumônier de Madame, Vicaire Général
du Diocèſe de Leon.
L'Abbaye de Faremoutiers, Ordre de S. Be
n°ît, Diocèſe de Meaux , à la Dame le Nor
mand , Abbeſſe de Gercy.
Et l'Abbaye de Gercy , Ordre de S. Benoît,
Dioceſe de l'aris , à la Dame de Braque , Reli
gieuſe du Monaſtère de S. Nicolas de Compiégne.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 12 Avril.
Le document du 12 avril 1759 mentionne plusieurs nominations et promotions au sein de l'armée et de la cour royale. Le sieur Merlet, ancien Lieutenant-Colonel d'Infanterie, et le sieur de la Caze, Premier-Président du Parlement de Pau, ont prêté serment au roi. M. Desoûslamontier a été promu Sousbrigadier dans les Gardes du Corps, succédant à M. de Bachasson. Une omission a été relevée dans la liste des Maréchaux de Camp, incluant le Marquis de Gantès, employé dans le Dauphiné. Le 19 avril, le Comte de Rothe a été nommé Inspecteur général des Régiments d'Infanterie Irlandoise et Écossaise. La Comtesse de Chabannes Curton, fille de M. Daniel de Talleyrand-Perigord, a été nommée Dame de Compagnie de Madame. Diverses abbayes et prieurés ont été attribués, notamment l'Abbaye de Noirlac à l'Abbé de Lubersac, l'Abbaye de Saint-Pierre de Beaulieu à l'Abbé de Gabriac, et l'Abbaye de Faremoutiers à la Dame le Normand.
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63
p. 207-208
Compagnie pour la recette des Rentes. Bureau, Rue Quinquempoix, entre le Cul-de-Sac de Venise & l'Hotel Beaufort.
Début :
Cette Compagnie, composée de dix Associés solidaires, fera publiquement & a découvert [...]
Mots clefs :
Rentes, Compagnie, Associés, Notaire, Profit, Remboursement, Rentiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Compagnie pour la recette des Rentes. Bureau, Rue Quinquempoix, entre le Cul-de-Sac de Venise & l'Hotel Beaufort.
CoMPAGNIE pour la recette des Rentes. Bureau,
Rue Quinquempoix , entre le Cul-de-Sac de
Veniſe & l'Hotel Beaufort.-
Cette Compagnie, compoſée de dix Aſſociés ſo-'
lidaires, fera publiquement & a découvert la Re
cette les Rentes de ceux qui voudront l'en charger.
Elle offre aux Renti rs ce qu'ils ne peuvent trou
ver chez un Particulier ; un dépôt fixe , un tra- "
vail continu & une ſolilité d'obligation.
Par ſon Acte de Société, paſſé devant Maître
JDevoulges, Notaire à Paris - elle a pris des me
·ſures pour que les fon is ſoient remis avec la
Plus grande célérité. Comme elle renonce a tout
2o8 M E R CU R E D E F RA N C E.
profit à faire ſur l'argent ou ſur les Lettres, ſon
ſervice ſera très prompt ; elle remettra dans la
Province en reſcriptions par les voyes indiquées
par les Rentiers ; ainſi ſon état ne pouvant jamais
être expoſé, le Public ne le ſera jamais avecelle.
La Compagnie aſſurée d'une correſpondance
très étendue , a fixé ſon honoraire ; ſavoir,
Au deſſous de 5o liv., à 6 d. pour liv.
· De 5o liv. a 1 oo 4 d. pour liv.
, De 1ooo liv. à 2 ooo liv. un pour cent.
: Et demi pour cent , ou meilleure compoſition
ſur les parties au-deſſus de deux mille liv. ſuivant
qu'elles ſont fortes ; le tout outre le rembourſe
ment des frais de quittances, ports de Lettres
& autres débourſés. -
: On ſe chargera de la recette des Rentes de tou
te eſpéce ſur les Revenus du Roi, le Clergé , les
Etats, les Communautés, mème ſur les Particu
liers , pourvu qu'il n'y ait aucunes pourſuites à
faire ; de celle des Coupons, Dividendes , &c.
· La Compagnie a autoriſé le Notaire Dépoſitai
re de la Minute de l'Acte de Société à délivrer par
Extraits les noms , qualités & demeures des Aſſo
ciés a tous ceux qui voudront les connoître.
Les Rentiers ſont priés d'adreſſer leurs Lettres à
M. Boudier & Compagnie, au Bureau, de la Re
cette des Rentes, Rue Quinquempoix, a Paris , &
d'indiquer exactement leur adreſſe, la voye par
laquelle ils deſirent qu'on leur faſle tenir leur ar- .
gent, même à Paris, & s'ils ſouhaitent recevoir
par année ou par ſix mois, ſoit toutes les Parties,
ſoit quelques-unes d'entrelles.
* On leur enverra un modéle de procuration.
Rue Quinquempoix , entre le Cul-de-Sac de
Veniſe & l'Hotel Beaufort.-
Cette Compagnie, compoſée de dix Aſſociés ſo-'
lidaires, fera publiquement & a découvert la Re
cette les Rentes de ceux qui voudront l'en charger.
Elle offre aux Renti rs ce qu'ils ne peuvent trou
ver chez un Particulier ; un dépôt fixe , un tra- "
vail continu & une ſolilité d'obligation.
Par ſon Acte de Société, paſſé devant Maître
JDevoulges, Notaire à Paris - elle a pris des me
·ſures pour que les fon is ſoient remis avec la
Plus grande célérité. Comme elle renonce a tout
2o8 M E R CU R E D E F RA N C E.
profit à faire ſur l'argent ou ſur les Lettres, ſon
ſervice ſera très prompt ; elle remettra dans la
Province en reſcriptions par les voyes indiquées
par les Rentiers ; ainſi ſon état ne pouvant jamais
être expoſé, le Public ne le ſera jamais avecelle.
La Compagnie aſſurée d'une correſpondance
très étendue , a fixé ſon honoraire ; ſavoir,
Au deſſous de 5o liv., à 6 d. pour liv.
· De 5o liv. a 1 oo 4 d. pour liv.
, De 1ooo liv. à 2 ooo liv. un pour cent.
: Et demi pour cent , ou meilleure compoſition
ſur les parties au-deſſus de deux mille liv. ſuivant
qu'elles ſont fortes ; le tout outre le rembourſe
ment des frais de quittances, ports de Lettres
& autres débourſés. -
: On ſe chargera de la recette des Rentes de tou
te eſpéce ſur les Revenus du Roi, le Clergé , les
Etats, les Communautés, mème ſur les Particu
liers , pourvu qu'il n'y ait aucunes pourſuites à
faire ; de celle des Coupons, Dividendes , &c.
· La Compagnie a autoriſé le Notaire Dépoſitai
re de la Minute de l'Acte de Société à délivrer par
Extraits les noms , qualités & demeures des Aſſo
ciés a tous ceux qui voudront les connoître.
Les Rentiers ſont priés d'adreſſer leurs Lettres à
M. Boudier & Compagnie, au Bureau, de la Re
cette des Rentes, Rue Quinquempoix, a Paris , &
d'indiquer exactement leur adreſſe, la voye par
laquelle ils deſirent qu'on leur faſle tenir leur ar- .
gent, même à Paris, & s'ils ſouhaitent recevoir
par année ou par ſix mois, ſoit toutes les Parties,
ſoit quelques-unes d'entrelles.
* On leur enverra un modéle de procuration.
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Résumé : Compagnie pour la recette des Rentes. Bureau, Rue Quinquempoix, entre le Cul-de-Sac de Venise & l'Hotel Beaufort.
La Compagnie pour la recette des Rentes, basée Rue Quinquempoix à Paris, est constituée de dix associés solidaires. Elle propose de recevoir les rentes pour le compte des intéressés, garantissant un dépôt fixe, un travail continu et une solidarité d'obligation. L'acte de société, établi par Maître JDevoulges, Notaire à Paris, assure la rapidité de remise des fonds, la compagnie renonçant à tout profit sur l'argent ou les lettres. Les fonds sont remis en province selon les indications des rentiers, garantissant ainsi la sécurité du public. La compagnie fixe des honoraires variables en fonction du montant des rentes : 6 deniers par livre pour les montants inférieurs à 50 livres, 4 deniers pour ceux entre 50 et 100 livres, et 1% pour ceux entre 1000 et 2000 livres. Pour les montants supérieurs à 2000 livres, une composition spécifique est négociée. La compagnie gère les rentes de toute espèce, y compris celles sur les revenus du Roi, du Clergé, des États, des Communautés et des particuliers, à condition qu'il n'y ait pas de poursuites à faire. Les rentiers sont invités à adresser leurs lettres à M. Boudier & Compagnie, en précisant leur adresse, la voie de remise des fonds et la fréquence de réception des paiements. Un modèle de procuration sera envoyé aux rentiers.
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64
p. 211-212
Dix-huitiéme Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Le nommé Laréjouissance, Compagnie de [?]ronteroy, entré le 8 Février, & sorti le 6 Mars [...]
Mots clefs :
Compagnie, Soldats, Malades, Guérison, Chirurgien-major, Certificats
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texteReconnaissance textuelle : Dix-huitiéme Traitement depuis son Etablissement.
ix-huitième Traitement depuisfon Etabliſſement
LE
nommé
Laréjouiffance
,
Compagnie
deronteroy
,
entré
le 8
Février
,
&
forti
le
6
Mars
.
arfaitement
guéri
.
Le nommé Lecocq , Compagnie de Guer, entré
18 Février , & forti le 27 Mars , parfaitement
uéri.
> 23
)
Le nommé Beaufire , Compagnie d'Obfouvil
entré le de Novembre , & forti les Juin
arfaitement guéri. Il a été guéri de .... au bout
le deux mois , & le refte du temps il eft demeuré
ans l'Hôpital pour le faire traiter d'une autre
naladie.
Na
Le
nommé
Beaufoleil
,
Compagnie
de
Lannoy
,
ntré le
15 Février
&
forti le
24
Avril
,
parfaire-
nent guéri
.
Le nommé Demolle , Compagnie de Guer , en-
ré le 8 Mars & forti le 10 Avril , parfaitement
uéri.
Le nommé Enot , Compagnie de Bouville , en-
ré le 8 Mars , & forti le 24 Avril , parfaitement
guéri.
Lenommé Malherbe , Compagnie de Latour,
Entré le 8 Mars & forti le 24 , parfaitement guéri.
Le nommé Azefnard, Compagnie de Cheva
212
MERCURE
DE FRANCE
.
lier , entré le 15 Mars & forti le 1 Mai , parfaite
ment guéri.
Le nommé Vincent , Compagnie de Viennay,
entré le 15 Mars & forti le 24 Avril , parfais
ment guéri.
Le nommé Flamand , Compagnie de Nolivos ,
entré le 22 Mars , & forti bien guéri le 8 Mai
Le nommé Maubange , Compagnie de Duran-
zas , entré le 29 Mars & forti le s Mai , parfaite-
ment guéri.
Lenommé
S.
Hilaire
,
Compagnie
d'Apremont
,
entré
le
29
Mars
&
forti
le
8
Mai
,
parfaitemen
guéri
.
&
Je
fouffigné
,
Chirurgien
-
Major
de
la
feconde
Compagnie
des Moufquetaires
&
Inspecteur
de
PHôpital
du
Régiment
des
Gardes
Françoifes
certifie
avoir
examiné
par ordre
de
Monfieur
le
Maréchal
dé Biron
les
douze
Soldats
ci
-
deflus
nominés
,
en
avoir.vâ
&
fuivi les
traitemens
,
qu'ils
font
fortis
tous bien guéris
.
Je
certifie
de
plus
qu'il
ne
leur
eft
arrivé
aucune
espéce
d'aco
dens
quelconques
,
&
que
depuis
la
fin
de
1756
,
que
cer
Hôpital
eſt
établi
,
je
n'en
ai
vu
arriver
aucun
.
A
Paris
le
14
Juillet
1759
.
LE
nommé
Laréjouiffance
,
Compagnie
deronteroy
,
entré
le 8
Février
,
&
forti
le
6
Mars
.
arfaitement
guéri
.
Le nommé Lecocq , Compagnie de Guer, entré
18 Février , & forti le 27 Mars , parfaitement
uéri.
> 23
)
Le nommé Beaufire , Compagnie d'Obfouvil
entré le de Novembre , & forti les Juin
arfaitement guéri. Il a été guéri de .... au bout
le deux mois , & le refte du temps il eft demeuré
ans l'Hôpital pour le faire traiter d'une autre
naladie.
Na
Le
nommé
Beaufoleil
,
Compagnie
de
Lannoy
,
ntré le
15 Février
&
forti le
24
Avril
,
parfaire-
nent guéri
.
Le nommé Demolle , Compagnie de Guer , en-
ré le 8 Mars & forti le 10 Avril , parfaitement
uéri.
Le nommé Enot , Compagnie de Bouville , en-
ré le 8 Mars , & forti le 24 Avril , parfaitement
guéri.
Lenommé Malherbe , Compagnie de Latour,
Entré le 8 Mars & forti le 24 , parfaitement guéri.
Le nommé Azefnard, Compagnie de Cheva
212
MERCURE
DE FRANCE
.
lier , entré le 15 Mars & forti le 1 Mai , parfaite
ment guéri.
Le nommé Vincent , Compagnie de Viennay,
entré le 15 Mars & forti le 24 Avril , parfais
ment guéri.
Le nommé Flamand , Compagnie de Nolivos ,
entré le 22 Mars , & forti bien guéri le 8 Mai
Le nommé Maubange , Compagnie de Duran-
zas , entré le 29 Mars & forti le s Mai , parfaite-
ment guéri.
Lenommé
S.
Hilaire
,
Compagnie
d'Apremont
,
entré
le
29
Mars
&
forti
le
8
Mai
,
parfaitemen
guéri
.
&
Je
fouffigné
,
Chirurgien
-
Major
de
la
feconde
Compagnie
des Moufquetaires
&
Inspecteur
de
PHôpital
du
Régiment
des
Gardes
Françoifes
certifie
avoir
examiné
par ordre
de
Monfieur
le
Maréchal
dé Biron
les
douze
Soldats
ci
-
deflus
nominés
,
en
avoir.vâ
&
fuivi les
traitemens
,
qu'ils
font
fortis
tous bien guéris
.
Je
certifie
de
plus
qu'il
ne
leur
eft
arrivé
aucune
espéce
d'aco
dens
quelconques
,
&
que
depuis
la
fin
de
1756
,
que
cer
Hôpital
eſt
établi
,
je
n'en
ai
vu
arriver
aucun
.
A
Paris
le
14
Juillet
1759
.
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Résumé : Dix-huitiéme Traitement depuis son Etablissement.
Le document est un rapport médical concernant douze soldats hospitalisés et guéris. Les soldats mentionnés sont Laréjouiffance, Lecocq, Beaufire, Beaufoleil, Demolle, Enot, Malherbe, Azefnard, Vincent, Flamand, Maubange et S. Hilaire, appartenant à diverses compagnies. Les dates d'entrée et de sortie varient, par exemple, Laréjouiffance est entré le 8 février et sorti le 6 mars, tandis que Beaufire est entré en novembre et sorti en juin. Le chirurgien-major de la seconde compagnie des Mousquetaires et inspecteur de l'hôpital du régiment des Gardes Françaises certifie que ces soldats ont été examinés, traités et sont sortis guéris. Il atteste également qu'aucun accident n'est survenu et que depuis l'établissement de l'hôpital en 1756, aucun cas similaire n'a été observé. Le document est daté du 14 juillet 1759.
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65
p. 218-219
Dix-neuvième traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Lafare, Compagnie de Guer, entré le 25 Mai, & sorti le 3 [...]
Mots clefs :
Soldats, Malades, Compagnie, Symptômes, Guérison, Succès, Composants, Remède, Académie royale des sciences
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texteReconnaissance textuelle : Dix-neuvième traitement depuis son établissement.
Dix - neuvième traitement depuis fon
établiffement.
LEE nommé Lafare , Compagnie de Guer
entré le 25 Mai , & forti le 3 Juillet , parfaitement
guéri .
Le nommé la Gayté , Comp . d'Hallot , entré
le 23 Mai , & forti le 10 Juillet . Item.
Le nommé Delaurier , Comp. de Champignelles
, entré le 23 Mai , & forti le 19 Juin, Item.
Le nommé Célar , même Comp . entré le 31
Mai , & forti le ro Juillet , Item.
Le nommé Dubois , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 10 Juillet , Item .
Le nommé le Sueur, même Comp. entré le 7,
Juin , & forti le 17 Juillet , Item.
Le nommé Pernay , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 17 Juillet . Ce Soldat avoit outre
les fymptomes les plus graves , deux tumeurs
d'une groffeur extraordinaire , le fcorbut , & une
hydropifie. Le remède l'a guéri de toutes ces com.
plications.
Le nommé Latour , même Comp. entré le 28
Juin , & forti le 7 Août , parfaitement guéri.
Le nommé Saint- Louis , même Comp. entré
le 19 Juin , & forti le 28 Août , Item.
Le nommé Baron , Comp. d'Hallot , entré le
26 Juiller , & forti le 4 Septembre , Item.
Le nommé Bourdelet , Comp . de Latour , entré
le 2 Aoû , & forti le 18 Septembre , Item.
DECEMBRE. 1759. 219
Le nomme Picard , Comp . de Tourville , entré
le 9 Août , & forti le 18 Septembre , Item .
L'on imagine de repprocher au fieur Keyſer
de ne citer jamais que des Soldats aux Gardes ;
comme s'il avoit jamais été permis de citer des
malades guéris en ville , & comme fi ces citations
de Soldats , par noms & Compagnies , n'étoient
pas revêtues de toute l'autenticité poffible.
M. Keyfer fupplie le Public d'obferver que de- .
puis l'établiſſement de fon Hôpital il y a guéri
plus de 450 Soldats fans qu'il en foit mort un
feul , & fans qu'il foit arrivé à aucun le moindre
accident , quelques efforts que fes ennemis failent
pour infinuer le contraire. L'analyfe que l'Académie
Royale des Sciences a fait faire de fon remède
vient de détruire pleinement & fans retour
les idées vagues & l'imputation hazardée de l'Au
teur du Traité des Tumeurs & Ulcères , qui fans
connoître en aucune façon la compofition de ce
remède , avoit imaginé , ( fans doute pour effrayer
le Public ) d'y faire entrer le Sublimé corrofif.
M. Keyfer compte rendre avant qu'il foit peu
cette analyfe publique , & y ajouter les témoi
gnages de la même Académie qu'il fe flatte d'obs
tenir d'après les nouvelles épreuves qu'elle voudra
bien faire faire encore fous les yeux.
établiffement.
LEE nommé Lafare , Compagnie de Guer
entré le 25 Mai , & forti le 3 Juillet , parfaitement
guéri .
Le nommé la Gayté , Comp . d'Hallot , entré
le 23 Mai , & forti le 10 Juillet . Item.
Le nommé Delaurier , Comp. de Champignelles
, entré le 23 Mai , & forti le 19 Juin, Item.
Le nommé Célar , même Comp . entré le 31
Mai , & forti le ro Juillet , Item.
Le nommé Dubois , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 10 Juillet , Item .
Le nommé le Sueur, même Comp. entré le 7,
Juin , & forti le 17 Juillet , Item.
Le nommé Pernay , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 17 Juillet . Ce Soldat avoit outre
les fymptomes les plus graves , deux tumeurs
d'une groffeur extraordinaire , le fcorbut , & une
hydropifie. Le remède l'a guéri de toutes ces com.
plications.
Le nommé Latour , même Comp. entré le 28
Juin , & forti le 7 Août , parfaitement guéri.
Le nommé Saint- Louis , même Comp. entré
le 19 Juin , & forti le 28 Août , Item.
Le nommé Baron , Comp. d'Hallot , entré le
26 Juiller , & forti le 4 Septembre , Item.
Le nommé Bourdelet , Comp . de Latour , entré
le 2 Aoû , & forti le 18 Septembre , Item.
DECEMBRE. 1759. 219
Le nomme Picard , Comp . de Tourville , entré
le 9 Août , & forti le 18 Septembre , Item .
L'on imagine de repprocher au fieur Keyſer
de ne citer jamais que des Soldats aux Gardes ;
comme s'il avoit jamais été permis de citer des
malades guéris en ville , & comme fi ces citations
de Soldats , par noms & Compagnies , n'étoient
pas revêtues de toute l'autenticité poffible.
M. Keyfer fupplie le Public d'obferver que de- .
puis l'établiſſement de fon Hôpital il y a guéri
plus de 450 Soldats fans qu'il en foit mort un
feul , & fans qu'il foit arrivé à aucun le moindre
accident , quelques efforts que fes ennemis failent
pour infinuer le contraire. L'analyfe que l'Académie
Royale des Sciences a fait faire de fon remède
vient de détruire pleinement & fans retour
les idées vagues & l'imputation hazardée de l'Au
teur du Traité des Tumeurs & Ulcères , qui fans
connoître en aucune façon la compofition de ce
remède , avoit imaginé , ( fans doute pour effrayer
le Public ) d'y faire entrer le Sublimé corrofif.
M. Keyfer compte rendre avant qu'il foit peu
cette analyfe publique , & y ajouter les témoi
gnages de la même Académie qu'il fe flatte d'obs
tenir d'après les nouvelles épreuves qu'elle voudra
bien faire faire encore fous les yeux.
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Résumé : Dix-neuvième traitement depuis son établissement.
Le document expose un rapport sur les traitements réalisés dans un hôpital, détaillant les cas de soldats guéris entre mai et septembre 1759. Parmi les patients, le soldat Pernay de la Compagnie de Champignelles a été soigné de symptômes graves tels que deux tumeurs, le scorbut et une hydropisie. Le rapport mentionne que plus de 450 soldats ont été guéris sans aucun décès ni accident, malgré les tentatives de discréditation. M. Keyfer, responsable de l'hôpital, réfute les accusations selon lesquelles son remède contiendrait du sublimé corrosif, un produit dangereux. Il annonce la publication prochaine de l'analyse de son remède par l'Académie Royale des Sciences, accompagnée de témoignages pour confirmer son efficacité et son innocuité.
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66
p. 207-213
DE PARIS, le 8 Mars.
Début :
Charlotte-Godefride-Elisbeth de Rohan-Soubise, Princesse de Condé, mourut, [...]
Mots clefs :
Princesse de Condé, Décès, Prince de Soubise, Vertus, Corps embaumé, Cortège funéraire, Carosses, Couvent, Religieux, Prières, Deuil, Assemblée générale du Clergé de France, Archevêque, Audience du roi, Conseiller d'État, Ministre, Cérémonies, Assemblée du Clergé, Don, Société royale de Londres, Élection, Tremblements de terre, Ouragan, Capitaine, Irlande, Garnison, Officiers, Chevaliers, Gardes suisses, Ile de Mann, Combat, Anglais, Pondichéry, Blessés et morts, Compagnie
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texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 8 Mars.
DE PARIS , le 8 Mars.
Charlotte - Godefride - Elifabeth de Rohan - Soubife,
Princeffe de Condé , mourut, a l'Hôtel de
Condé , la nuit du Mardi au Mercredi
dernier ,
dans le vingt- uniéme jour de fa maladie , &
la vingt
- troiliéme année de fon âge. Cette Princeffe
étoit fille de Charles de Rohan , Prince de
Soubife
,
Maréchal deFrance, Pair du Royaume,
Capitaine-
Lieutenant
des Gendarmes de la garde
duRoi ,
Gouverneur
de Flandre & du Hainault;
& d'Anne-Marie Louife de la Tour d'Auvergne,
Princellede Bouillon. Elle avoit été mariée le
Mai
137532
à Louis -Jofeph de Bourbon-Condé
3
208 MERCURE DE FRANCE.
Prince du Sang , Grand- Maître de la Maiſon
du Roi , & Gouverneur de la Proviuce de Bourgogne,
Elle a eu de ce mariage , N. de Bourbon-
Condé , Duc de Bourbon , né le 13 Avril 1756 ;
Marie de Bourbon- Condé, née le 16 Février 1755,
morte le 22 Juin 1759 ; & Mademoiſelle de
Bourbon- Condé , née le ƒ Octobre 1757.
Cette Princeffe réunifloit toutes les vertus Chrétiennes
& Morales : fon caractère doux & affable ,
lui avoient gagné l'affection de toutes les perfonnes
qui avoient l'honneur de l'approcher :
elle eſt univerſellement regrettée . Les pauvres
pleurent amérement , en elle , une mere & une
amie , que leurs voeux n'ont pu leur conferver.
Le corps de cette Princefle , après avoir été
embaumé , a été expofé pendant un jour furune
eſtrade , éclairée par un grand nombre de lumieres
, & tendue de noir. Il fut porté , le
8 de ce mois , au Couvent des Carmelites du
Fauxbourg Saint Jacques , pour y être inhumé. Le
cortége du Convoi étoit compofé de cent pauvres,
couverts de drap blanc , & tenant chacun un
flambeau ; des Officiers , des Suiffes , & des Valets
de chambre de la Princeffe , à cheval ; de cent
cinquante Valets de pied ; de trois caroffes drapés
, à fix chevaux , harnachés & caparallonnés
de noir , qui étoient remplis par les Ecuyers , les
Gentilshommes , & les Femmes de chambre ; &
de trois caroffes à huit chevaux . Dans le premier,
étoit l'Archevêque de Bordeaux , portant le coeur,
le Curé de Saint-Sulpice , le Confeffeur , & les
Aumôniers de la Prince ffe. Dans le fecond , étoit
le
corps de la Princelle . Dans le troifiéme , étoit
Mademoiſelle de Sens , avec la Princeffe de Marfan,
Chanoineffe de Rémiremont ; la Dame d'honneur
de Ma lemoiſelle de Sens , & les Dam's attachées
à la Princeffe défunte. Lorsqu'on fut aur
AVRIL. 1760. 209
Carmelites , le corps fut defcendu du caroffe par
huit Valets de Chambre , & porté fous le portique
intérieur de l'Eglife , où les Religieufes , tenant
chacune un cierge à la main , étoient rangées
à droite & à gauche , avec trente Eccléfiaftiques
, le Supérieur de la Maiſon à leur tête.
L'Archevêque de Bordeaux , en camail & en
rochet , accompagné du Curé de S. Sulpice , en
étole , en préfentant le corps & le coeur de la
Princeffe aux Carmelites , leur fit un Difcours ,
auquel le Supérieur répondit : enfuite les Religieufes
commencèrent l'Office des Morts. Les
Prières finies , les huit Valets de Chambre portèrent
le corps près de la foife ; & l'y ayant
defcendu , le coeur fut pofé fur la croix du cercueil.
Mademoiſelle de Sens , qui menoit le deuil,
étoit en longue mante , dont la queue étoit portée
par fon Ecuyer. La Princeffe de Marfan ; la
Dame d'honneur de Mademoiſelle de Sens , &
les Dames de la Princefle défunte , étoient auffi
en mante.
Le 6 de ce mois , l'ouverture folemnelle de
l'Affemblée générale du Clergé de France , fe fit
dans l'Eglife des Grands-Auguftins , par la Mefle
du Saint- Elprit. L'Archevêque de Narbonne y
officia pontificalement . Le 9 , les Archevêques
de Narbonne , d'Auch & de Bordeaux , & les .
Evêques de Grenoble , d'Auxerre & du Puy , Préfidens
de l'Affemblée , avec les autres Prélats &
les Députés du fecond ordre , qui compofent cette
Affemblée allerent à Verfailles rendre leurs
respects au Roi. Ils s'affemblerent dans l'appartement
qui leur avoit été deſtiné ; & le Comte de
S. Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat , étant
venu les prendre pour les préfenter à Sa Majefté
, ils furent conduits à l'Audience du Roi
avec les honneurs que reçoit le Clergé lorsqu'il
>
115 MERCURE DE FRANCE.
eft en Corps. Les Gardes du Corps étoient en
haye dans leur falle , & les deux battans des
portes étoient ouverts. L'Archevêque de Narbonne
harangua le Roi , après quoi il préfenta
les Députés à Sa Majefté. Ils eurent le même
jour audience de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin, & de Madame la Dauphine , étant préfentés
& conduits avec les mêmes honneurs .
Le 11 , le fieur Feydeau de Brou , Confeiller
d'Etat ordinaire , & au Confeil royal ; le Comte
de Saint Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat s
le fieur Trudaine , Confeiller d'Etat ordinaire , &
au Confeil royal , & Intendant des Finances ; le
fieur d'Ormeffon d'Amboile , Confeiller d'Etat &
Intendant des Finances ; & le fieur Bertin , Confeiller
ordinaire au Confeil royal , & Contrôleur
général des Finances , vinrent , en qualité de
Commiffaires du Roi , à l'Affemblée du Clergé ,
où ils furent reçus avec les cérémonies ufitées en
pareille occafion . Le fieur Feydeau de Brou, porta
la parole.
L'Alfemblée du Clergé ayant accordé unanimement
le don gratuit de feize millions , qui lui
avoit été demandé de la part du Roi ; fur le
compte que l'Archevêque de Narbonne en a rendu
à Sa Majefté , le Roi lui en a témoigné fa fatisfaction
par une Lettre remplie de marques de
bonté & d'affection pour le Clergé.
Le 24 du mois de Janvier , la Société royale
de Londres , élut , d'une commune voix , pour
Aflociés , le fieur de la Caille , de l'Académie des
Sciences , & Profefleur de Mathématiques au
Collège Mazarin ; & le fieur Pereire , Penfionnaire
du Roi , célèbre par fon art d'enfeigner à parler
aux muets de naiffance.
Les Lettres arrivées depuis peu de divers lieux
de la Syrie , confirment la nouvelle des trem
AVRIL. 1760. 211
blemens de terre réitérés qui ont détruit la plûpart
des Villes de cette contrée. Les deux principales
fecouffes fe font fait fentir le 30 Octobre
dernier , à trois heures trois quarts du matin ,
& le 25 Novembre , à fept heures & un quart du
foir. Les autres ont été en fi grand nombre, qu'on
ne put les compter. Tripoli de Syrie , n'eft plus
qu'un monceau de ruines , de même que Saphet ,
Napoulouſe , Damas , plufieurs autres Villes , &
ane multitude de bourgs & de villages.Il s'est fait,
à ce qu'on ajoute , près de Bulbec , dans la terre ,
une fente de plufieurs toifes de largeur , & de
vingt lieues de longueur.
On apprend d'Alquin , fous Vezelay, en Bourgogne
, qu'on y a effuyé , vers le milieu du mois
dernier , un furieux ouragan. Il a déraciné ou
brifé prèfque tous les arbres d'un bois de trentefix
arpens , auffi bien que ceux des campagnes
voifines. Le tremblement de terre du 20 Janvier,
s'y eft auffi fait fentir avec une violence particu
lière ; & il y caufa une très- grande frayeur.
Les nouvelles que l'on a reçues d'Angleterre
& d'Irlande , nous apprennent que le Capitaine
Thurot débarqua le 18 du mois dernier à Karickfergus
en Irlande. Le 21 , on attaqua Karickfergus
, qui fe défendit quelque temps ; mais le
Lieutenant- Colonel Jennings , le voyant prêt à
être forcé , rendit le Château ; & la garnifon fut
prifonnière de guerre. On a eu , à cette attaque ,
17 hommes tues , dont trois Officiers du Régiment
des Gardes Françoifes , les fieurs de l'Epinay
, de Novillard , & le Chevalier de Boillac ;
& environ trente hommes bleffés , du nombre
defquels font , le fieur Villepreaux , Capitaine
des Grenadiers au Régiment de Cambis , qui a
reçu un coup de fufil dans le bras , & le fieur
Flobert , Brigadier , commandant les troupes da
212 MERCURE DE FRANCE.
débarquement , qui a auffi été bleffé d'un coup
de feu à la jambe.
On a été retenu à Karickfergus jufqu'au 27 ,
par les vents contraires ; & la nuit du 27 au 28 ,
on a remis à la voile , avec des ôtages , pour 100
mille livres fterlin de contribution . Le 28 au matin
, on a été rencontré près de l'Ifle de Mann ,
par trois frégates Angloifes , de 36 canons chacune.
Le combat a été très-vif pendant plus d'une
heure ; mais les frégates , délemparées & percées
de coups de canon , fous l'eau , ont été obli
gées d'amener. Le fieur Thurot a été tué , dans le
combat . Les talens peu communs , l'expérience ,
& le courage de cet Officier , méritent les plus
grands regrets de notre part , & lui avoient acquis
l'eftime de nos ennemis même . Le fieur
Dars , Officier au Régiment des Gardes Françoi
fes , a aufli été tué. Le fieur Cavenac , Aidemajor
du même Régiment , a été bleflé à la
rête d'un coup de feu , que l'on croit n'être pas
dangereux. Le fieur Joft , Officier au Régiment
des Gardes Suiffes , a eu un bras emporté. Les
autres Officiers bleſſés font , le fieur de Brie , Capitaine
, le fieur Mafcle , Aide -major , & le fieur
Callale , Lieutenant au Régiment d'Artois. Les
fieurs de Garcin & de Brazide , Capitaines au Régiment
de Bourgogne , & le fieur Ollery , Lieutenant
dans les Volontaires étrangers.
On a appris depuis , par une Lettre , venant de
Ife de Mann , en datte du 2 Mars , que le
combat a commencé à fept heures du matin , &
n'a fini qu'à 9 heures & demie ; que M. Thurot ,
après avoir eu affaire à la premiere frégate Angloife
l'avoit forcée de fe retirer pour fe réparer ;
les deux autres font venues la remplacer , &
l'ont mis entre deux feux ; & que M. Thurot n'a
été tué , qu'après avoir tenté un nouvel abordage
que
AVRIL. 1760. 213
contre la premiere frégate , qui revenoit à lui,
après s'être réparée . On ajoute , que M. Thurot a
été enterré dans l'Iſle de Mann , par les Anglois ,
avec tous les honneurs militaires qu'ils ont cru
devoir à un homme dont la valeur , l'expérience ,
& l'humanité , n'ont point connu de bornes.
Suivant les nouvelles apportées à l'Orient , de la
côte de Coromandel , il s'eft engagé le 10 Septembre
de l'année derniere , un combat très - vif
entre l'efcadre Françoife commandée par le fieur
Daché , & l'efcadre Angloife commandée par l'Amiral
Pocock. On n'a point encore de détail circonftancié
de cette action .
Les mêmes lettres ajoutent , qu'il y a eu le 30
Septembre , un combat entre les troupes Françoiles
& Angloifes , à Vandavachi , près d'Afcate ,
arente lieues de Pondichéri. Les Anglois étoient
20 nombre de dix - fept cens blancs , & de quatre
mille noirs . l'armée Françoiſe étoit de onze cens
blancs , commandée en l'abſence du fieur de Lalli
qui étoit à Pondichéri , par le fieur de Géoghégan
Capitaine de Grenadiers du Régiment de Lalli.
L'affaire fur très-vive , & dura cinq heures . Les
François refterent enfin maîtres du champ de ba
taille.
Les Anglois ont eu 350 hommes de tués , & un
grand nombre de bleffés. On leur a fait cinq Officiers&
56 foldats prifonniers. On leur a pris quatre
piéces de canon , & deux chariots d'artillerie.
Notre perte n'a été que de 36 hommes tués , & de78 bleffés. Du nombre des premiers
, font , les fieurs Gineftoux
& de Gouyon
, Capitaines
dans le Régiment
de Lorraine
; & les Geurs de Main- ville & Papillaut
, le premier , Commandant
du
Bataillon de l'Inde , & le fecond
, Lieutenant
dans les troupes au fervice de la Compagnie
des
Indes.
Charlotte - Godefride - Elifabeth de Rohan - Soubife,
Princeffe de Condé , mourut, a l'Hôtel de
Condé , la nuit du Mardi au Mercredi
dernier ,
dans le vingt- uniéme jour de fa maladie , &
la vingt
- troiliéme année de fon âge. Cette Princeffe
étoit fille de Charles de Rohan , Prince de
Soubife
,
Maréchal deFrance, Pair du Royaume,
Capitaine-
Lieutenant
des Gendarmes de la garde
duRoi ,
Gouverneur
de Flandre & du Hainault;
& d'Anne-Marie Louife de la Tour d'Auvergne,
Princellede Bouillon. Elle avoit été mariée le
Mai
137532
à Louis -Jofeph de Bourbon-Condé
3
208 MERCURE DE FRANCE.
Prince du Sang , Grand- Maître de la Maiſon
du Roi , & Gouverneur de la Proviuce de Bourgogne,
Elle a eu de ce mariage , N. de Bourbon-
Condé , Duc de Bourbon , né le 13 Avril 1756 ;
Marie de Bourbon- Condé, née le 16 Février 1755,
morte le 22 Juin 1759 ; & Mademoiſelle de
Bourbon- Condé , née le ƒ Octobre 1757.
Cette Princeffe réunifloit toutes les vertus Chrétiennes
& Morales : fon caractère doux & affable ,
lui avoient gagné l'affection de toutes les perfonnes
qui avoient l'honneur de l'approcher :
elle eſt univerſellement regrettée . Les pauvres
pleurent amérement , en elle , une mere & une
amie , que leurs voeux n'ont pu leur conferver.
Le corps de cette Princefle , après avoir été
embaumé , a été expofé pendant un jour furune
eſtrade , éclairée par un grand nombre de lumieres
, & tendue de noir. Il fut porté , le
8 de ce mois , au Couvent des Carmelites du
Fauxbourg Saint Jacques , pour y être inhumé. Le
cortége du Convoi étoit compofé de cent pauvres,
couverts de drap blanc , & tenant chacun un
flambeau ; des Officiers , des Suiffes , & des Valets
de chambre de la Princeffe , à cheval ; de cent
cinquante Valets de pied ; de trois caroffes drapés
, à fix chevaux , harnachés & caparallonnés
de noir , qui étoient remplis par les Ecuyers , les
Gentilshommes , & les Femmes de chambre ; &
de trois caroffes à huit chevaux . Dans le premier,
étoit l'Archevêque de Bordeaux , portant le coeur,
le Curé de Saint-Sulpice , le Confeffeur , & les
Aumôniers de la Prince ffe. Dans le fecond , étoit
le
corps de la Princelle . Dans le troifiéme , étoit
Mademoiſelle de Sens , avec la Princeffe de Marfan,
Chanoineffe de Rémiremont ; la Dame d'honneur
de Ma lemoiſelle de Sens , & les Dam's attachées
à la Princeffe défunte. Lorsqu'on fut aur
AVRIL. 1760. 209
Carmelites , le corps fut defcendu du caroffe par
huit Valets de Chambre , & porté fous le portique
intérieur de l'Eglife , où les Religieufes , tenant
chacune un cierge à la main , étoient rangées
à droite & à gauche , avec trente Eccléfiaftiques
, le Supérieur de la Maiſon à leur tête.
L'Archevêque de Bordeaux , en camail & en
rochet , accompagné du Curé de S. Sulpice , en
étole , en préfentant le corps & le coeur de la
Princeffe aux Carmelites , leur fit un Difcours ,
auquel le Supérieur répondit : enfuite les Religieufes
commencèrent l'Office des Morts. Les
Prières finies , les huit Valets de Chambre portèrent
le corps près de la foife ; & l'y ayant
defcendu , le coeur fut pofé fur la croix du cercueil.
Mademoiſelle de Sens , qui menoit le deuil,
étoit en longue mante , dont la queue étoit portée
par fon Ecuyer. La Princeffe de Marfan ; la
Dame d'honneur de Mademoiſelle de Sens , &
les Dames de la Princefle défunte , étoient auffi
en mante.
Le 6 de ce mois , l'ouverture folemnelle de
l'Affemblée générale du Clergé de France , fe fit
dans l'Eglife des Grands-Auguftins , par la Mefle
du Saint- Elprit. L'Archevêque de Narbonne y
officia pontificalement . Le 9 , les Archevêques
de Narbonne , d'Auch & de Bordeaux , & les .
Evêques de Grenoble , d'Auxerre & du Puy , Préfidens
de l'Affemblée , avec les autres Prélats &
les Députés du fecond ordre , qui compofent cette
Affemblée allerent à Verfailles rendre leurs
respects au Roi. Ils s'affemblerent dans l'appartement
qui leur avoit été deſtiné ; & le Comte de
S. Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat , étant
venu les prendre pour les préfenter à Sa Majefté
, ils furent conduits à l'Audience du Roi
avec les honneurs que reçoit le Clergé lorsqu'il
>
115 MERCURE DE FRANCE.
eft en Corps. Les Gardes du Corps étoient en
haye dans leur falle , & les deux battans des
portes étoient ouverts. L'Archevêque de Narbonne
harangua le Roi , après quoi il préfenta
les Députés à Sa Majefté. Ils eurent le même
jour audience de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin, & de Madame la Dauphine , étant préfentés
& conduits avec les mêmes honneurs .
Le 11 , le fieur Feydeau de Brou , Confeiller
d'Etat ordinaire , & au Confeil royal ; le Comte
de Saint Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat s
le fieur Trudaine , Confeiller d'Etat ordinaire , &
au Confeil royal , & Intendant des Finances ; le
fieur d'Ormeffon d'Amboile , Confeiller d'Etat &
Intendant des Finances ; & le fieur Bertin , Confeiller
ordinaire au Confeil royal , & Contrôleur
général des Finances , vinrent , en qualité de
Commiffaires du Roi , à l'Affemblée du Clergé ,
où ils furent reçus avec les cérémonies ufitées en
pareille occafion . Le fieur Feydeau de Brou, porta
la parole.
L'Alfemblée du Clergé ayant accordé unanimement
le don gratuit de feize millions , qui lui
avoit été demandé de la part du Roi ; fur le
compte que l'Archevêque de Narbonne en a rendu
à Sa Majefté , le Roi lui en a témoigné fa fatisfaction
par une Lettre remplie de marques de
bonté & d'affection pour le Clergé.
Le 24 du mois de Janvier , la Société royale
de Londres , élut , d'une commune voix , pour
Aflociés , le fieur de la Caille , de l'Académie des
Sciences , & Profefleur de Mathématiques au
Collège Mazarin ; & le fieur Pereire , Penfionnaire
du Roi , célèbre par fon art d'enfeigner à parler
aux muets de naiffance.
Les Lettres arrivées depuis peu de divers lieux
de la Syrie , confirment la nouvelle des trem
AVRIL. 1760. 211
blemens de terre réitérés qui ont détruit la plûpart
des Villes de cette contrée. Les deux principales
fecouffes fe font fait fentir le 30 Octobre
dernier , à trois heures trois quarts du matin ,
& le 25 Novembre , à fept heures & un quart du
foir. Les autres ont été en fi grand nombre, qu'on
ne put les compter. Tripoli de Syrie , n'eft plus
qu'un monceau de ruines , de même que Saphet ,
Napoulouſe , Damas , plufieurs autres Villes , &
ane multitude de bourgs & de villages.Il s'est fait,
à ce qu'on ajoute , près de Bulbec , dans la terre ,
une fente de plufieurs toifes de largeur , & de
vingt lieues de longueur.
On apprend d'Alquin , fous Vezelay, en Bourgogne
, qu'on y a effuyé , vers le milieu du mois
dernier , un furieux ouragan. Il a déraciné ou
brifé prèfque tous les arbres d'un bois de trentefix
arpens , auffi bien que ceux des campagnes
voifines. Le tremblement de terre du 20 Janvier,
s'y eft auffi fait fentir avec une violence particu
lière ; & il y caufa une très- grande frayeur.
Les nouvelles que l'on a reçues d'Angleterre
& d'Irlande , nous apprennent que le Capitaine
Thurot débarqua le 18 du mois dernier à Karickfergus
en Irlande. Le 21 , on attaqua Karickfergus
, qui fe défendit quelque temps ; mais le
Lieutenant- Colonel Jennings , le voyant prêt à
être forcé , rendit le Château ; & la garnifon fut
prifonnière de guerre. On a eu , à cette attaque ,
17 hommes tues , dont trois Officiers du Régiment
des Gardes Françoifes , les fieurs de l'Epinay
, de Novillard , & le Chevalier de Boillac ;
& environ trente hommes bleffés , du nombre
defquels font , le fieur Villepreaux , Capitaine
des Grenadiers au Régiment de Cambis , qui a
reçu un coup de fufil dans le bras , & le fieur
Flobert , Brigadier , commandant les troupes da
212 MERCURE DE FRANCE.
débarquement , qui a auffi été bleffé d'un coup
de feu à la jambe.
On a été retenu à Karickfergus jufqu'au 27 ,
par les vents contraires ; & la nuit du 27 au 28 ,
on a remis à la voile , avec des ôtages , pour 100
mille livres fterlin de contribution . Le 28 au matin
, on a été rencontré près de l'Ifle de Mann ,
par trois frégates Angloifes , de 36 canons chacune.
Le combat a été très-vif pendant plus d'une
heure ; mais les frégates , délemparées & percées
de coups de canon , fous l'eau , ont été obli
gées d'amener. Le fieur Thurot a été tué , dans le
combat . Les talens peu communs , l'expérience ,
& le courage de cet Officier , méritent les plus
grands regrets de notre part , & lui avoient acquis
l'eftime de nos ennemis même . Le fieur
Dars , Officier au Régiment des Gardes Françoi
fes , a aufli été tué. Le fieur Cavenac , Aidemajor
du même Régiment , a été bleflé à la
rête d'un coup de feu , que l'on croit n'être pas
dangereux. Le fieur Joft , Officier au Régiment
des Gardes Suiffes , a eu un bras emporté. Les
autres Officiers bleſſés font , le fieur de Brie , Capitaine
, le fieur Mafcle , Aide -major , & le fieur
Callale , Lieutenant au Régiment d'Artois. Les
fieurs de Garcin & de Brazide , Capitaines au Régiment
de Bourgogne , & le fieur Ollery , Lieutenant
dans les Volontaires étrangers.
On a appris depuis , par une Lettre , venant de
Ife de Mann , en datte du 2 Mars , que le
combat a commencé à fept heures du matin , &
n'a fini qu'à 9 heures & demie ; que M. Thurot ,
après avoir eu affaire à la premiere frégate Angloife
l'avoit forcée de fe retirer pour fe réparer ;
les deux autres font venues la remplacer , &
l'ont mis entre deux feux ; & que M. Thurot n'a
été tué , qu'après avoir tenté un nouvel abordage
que
AVRIL. 1760. 213
contre la premiere frégate , qui revenoit à lui,
après s'être réparée . On ajoute , que M. Thurot a
été enterré dans l'Iſle de Mann , par les Anglois ,
avec tous les honneurs militaires qu'ils ont cru
devoir à un homme dont la valeur , l'expérience ,
& l'humanité , n'ont point connu de bornes.
Suivant les nouvelles apportées à l'Orient , de la
côte de Coromandel , il s'eft engagé le 10 Septembre
de l'année derniere , un combat très - vif
entre l'efcadre Françoife commandée par le fieur
Daché , & l'efcadre Angloife commandée par l'Amiral
Pocock. On n'a point encore de détail circonftancié
de cette action .
Les mêmes lettres ajoutent , qu'il y a eu le 30
Septembre , un combat entre les troupes Françoiles
& Angloifes , à Vandavachi , près d'Afcate ,
arente lieues de Pondichéri. Les Anglois étoient
20 nombre de dix - fept cens blancs , & de quatre
mille noirs . l'armée Françoiſe étoit de onze cens
blancs , commandée en l'abſence du fieur de Lalli
qui étoit à Pondichéri , par le fieur de Géoghégan
Capitaine de Grenadiers du Régiment de Lalli.
L'affaire fur très-vive , & dura cinq heures . Les
François refterent enfin maîtres du champ de ba
taille.
Les Anglois ont eu 350 hommes de tués , & un
grand nombre de bleffés. On leur a fait cinq Officiers&
56 foldats prifonniers. On leur a pris quatre
piéces de canon , & deux chariots d'artillerie.
Notre perte n'a été que de 36 hommes tués , & de78 bleffés. Du nombre des premiers
, font , les fieurs Gineftoux
& de Gouyon
, Capitaines
dans le Régiment
de Lorraine
; & les Geurs de Main- ville & Papillaut
, le premier , Commandant
du
Bataillon de l'Inde , & le fecond
, Lieutenant
dans les troupes au fervice de la Compagnie
des
Indes.
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Résumé : DE PARIS, le 8 Mars.
Le 8 mars, Charlotte-Godefride-Élisabeth de Rohan-Soubise, princesse de Condé, est décédée à l'Hôtel de Condé à Paris à l'âge de vingt-trois ans après vingt-et-un jours de maladie. Elle était la fille de Charles de Rohan, prince de Soubise et maréchal de France, et d'Anne-Marie Louise de la Tour d'Auvergne, princesse de Bouillon. Mariée en mai 1753 à Louis-Joseph de Bourbon-Condé, prince du sang et gouverneur de Bourgogne, elle a eu trois enfants : Louis de Bourbon-Condé, duc de Bourbon, né en 1756 ; Marie de Bourbon-Condé, née en 1755 et décédée en 1759 ; et Mademoiselle de Bourbon-Condé, née en 1757. La princesse était reconnue pour ses vertus chrétiennes et morales, ainsi que pour sa douceur et son affabilité, ce qui lui avait valu l'affection de tous. Les pauvres la pleuraient comme une mère et une amie. Son corps, après avoir été embaumé, a été exposé sur une estrade éclairée et tendue de noir avant d'être inhumé au couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Le cortège funéraire comprenait cent pauvres, des officiers, des valets de chambre, et trois carrosses drapés de noir. L'archevêque de Bordeaux a prononcé un discours lors de la cérémonie, après quoi les religieuses ont commencé l'office des morts. La princesse de Marfan, Mademoiselle de Sens, et d'autres dames en deuil étaient présentes. Le 6 avril, l'assemblée générale du clergé de France s'est ouverte à l'église des Grands-Augustins. Le 9 avril, les prélats ont rendu visite au roi à Versailles. Le 11 avril, des commissaires du roi ont été reçus à l'assemblée du clergé, qui a accordé un don gratuit de seize millions au roi.
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67
p. 255
Vingtiéme Traitement consécutif, depuis son établissement.
Début :
Le nommé Lefebvre, Compagnie de la Tour, est entré le 4 septembre 1759. [...]
Mots clefs :
Compagnie, Guérison, Soldats, Malades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vingtiéme Traitement consécutif, depuis son établissement.
Vingtiéme Traitement confécutif , depuis fon
établiffement.
LE
E nommé Lefebvre , Compagnie de la Tour ,
eft entré le 4 Septembre 1759.
Le nommé Sans regret , Compagnie d'Afprele
+ Septembre. mont , 4
Le nommé Deflauriers , Compagnie d'Aſpremont
, le 11 Septembre .
Le nommé Déshau , Compagnie de le Camus,
le 4 Octobre.
Le nommé Le Tellier , Compagnie de Graffe ;
idem.
Le nommé Lariviere , Compagnie d'Hallot ,
le 18 Octobre.
Le nommé Pailleur , Compagnie de Viennay ,
idem.
Le nommé Dupré , Compagnie de Viennay ,
le 8 Novembre.
Le nommé Francifque , Compagnie de la
Vieuville , idem.
Le nommé Lavictoire , Compagnie de Coetidem.
trieu ,
Le nommé Berillon , de la Compagnie de le
Camus ,idem.
Le nommé Maffelet , de la Compagnie de le
Camus , le 22 Novembre.
Et tous font fortis parfaitement guéris.
établiffement.
LE
E nommé Lefebvre , Compagnie de la Tour ,
eft entré le 4 Septembre 1759.
Le nommé Sans regret , Compagnie d'Afprele
+ Septembre. mont , 4
Le nommé Deflauriers , Compagnie d'Aſpremont
, le 11 Septembre .
Le nommé Déshau , Compagnie de le Camus,
le 4 Octobre.
Le nommé Le Tellier , Compagnie de Graffe ;
idem.
Le nommé Lariviere , Compagnie d'Hallot ,
le 18 Octobre.
Le nommé Pailleur , Compagnie de Viennay ,
idem.
Le nommé Dupré , Compagnie de Viennay ,
le 8 Novembre.
Le nommé Francifque , Compagnie de la
Vieuville , idem.
Le nommé Lavictoire , Compagnie de Coetidem.
trieu ,
Le nommé Berillon , de la Compagnie de le
Camus ,idem.
Le nommé Maffelet , de la Compagnie de le
Camus , le 22 Novembre.
Et tous font fortis parfaitement guéris.
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Résumé : Vingtiéme Traitement consécutif, depuis son établissement.
Le document décrit le vingtième traitement consécutif. Dix individus ont été traités et guéris entre le 4 septembre et le 22 novembre 1759. Ils appartenaient à diverses compagnies, dont la Tour, d'Asprele, d'Aspremont, de le Camus, de Graffe, d'Hallot, de Viennay, de la Vieuville et de Coetricieu.
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68
p. 206
De [R]ATISBONNE, le premier Août.
Début :
Les Troupes du Duc de Wirtemberg sont en marche pour se rendre [...]
Mots clefs :
Duc, Troupes, Bataillons, Compagnie, Escadrons, Général, Marche, Corps, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De [R]ATISBONNE, le premier Août.
De KATISBONNE , le premier Août.
Les Troupes du Duc de Wirtemberg font en
marche pour fe rendre en Saxe . Elles confiftent
én douze Bataillons , vingt Compagnies de Grenadiers
, quinze Elcadrons , & un corps de trois
cens Chafleurs , faifant en tout douze mille hom
mes . Elles feront rendues , le 13 de ce mois, à
Smalkalde. Le Général de Luzinsky , qui s'étoit
mis en marche de Romschild pour le réu
nir à l'armée de l'Empire , a eu ordre de rétrograder.
Le Corps qu'il commande formera l'avant-
garde de cette nouvelle armée, qui eſt commandé
par le Duc de Wirtemberg lui -même.
Les Troupes du Duc de Wirtemberg font en
marche pour fe rendre en Saxe . Elles confiftent
én douze Bataillons , vingt Compagnies de Grenadiers
, quinze Elcadrons , & un corps de trois
cens Chafleurs , faifant en tout douze mille hom
mes . Elles feront rendues , le 13 de ce mois, à
Smalkalde. Le Général de Luzinsky , qui s'étoit
mis en marche de Romschild pour le réu
nir à l'armée de l'Empire , a eu ordre de rétrograder.
Le Corps qu'il commande formera l'avant-
garde de cette nouvelle armée, qui eſt commandé
par le Duc de Wirtemberg lui -même.
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Résumé : De [R]ATISBONNE, le premier Août.
Le 1er août, les troupes du Duc de Wurtemberg, composées de douze bataillons, vingt compagnies de grenadiers, quinze escadrons et trois cents chasseurs, soit douze mille hommes, se dirigent vers la Saxe pour arriver à Smalkalde le 13 août. Le général de Luzinsky, revenu de Romschild, commande l'avant-garde de cette armée dirigée par le Duc de Wurtemberg.
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69
p. 190-191
De LA HAYE, le 9 Novembre.
Début :
On a appris par les Lettres de l'Inde, la véritable cause du [...]
Mots clefs :
Inde, Compagnie, Trône, Prince, Gouverneur, Bengale, Expédition, Vaisseaux, Attaques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LA HAYE, le 9 Novembre.
De LA HAYE, le 9 Novembre.
On a apprispar les Lettres de l'Inde, la véritable
DECEMBRE. 1760. 19t
cauſe du démêlé furvenu à Bengale , entre notre
Compagnie & celle des Anglois. Ceux - ci ayant
placé fur le Trône le Nabab régnant , ce Prince
les a affranchis de toute redevance , & en a impofé
de nouvelles fur notre Commerce. Il venoit d'ex
torquer récemment à notre Compagnie une fomme
fort confidérable . Le Gouverneur de Battavia
envoya pour le faire rendre juftice , quelques Vaif
feaux de ligne dans le Golfe de Bengale ; mais les
Anglois , Alliés de Nabab , les ont attaqués avec
des forces fupérieures , & les ont empêchés d'exécuter
leur projet. Ils ont enfuite repréſenté en
Europe cette expédition avec les traits les plus
noirs,& commeune entrepriſe fur leur Commerce,
pendant qu'elle avoit un objet très- différent.
Le Prince de Stadhouder & fa maiſon , ont pris
le deuil pour fix mois , à l'occaſion de la mort du
Roi d'Angleterre.
On a apprispar les Lettres de l'Inde, la véritable
DECEMBRE. 1760. 19t
cauſe du démêlé furvenu à Bengale , entre notre
Compagnie & celle des Anglois. Ceux - ci ayant
placé fur le Trône le Nabab régnant , ce Prince
les a affranchis de toute redevance , & en a impofé
de nouvelles fur notre Commerce. Il venoit d'ex
torquer récemment à notre Compagnie une fomme
fort confidérable . Le Gouverneur de Battavia
envoya pour le faire rendre juftice , quelques Vaif
feaux de ligne dans le Golfe de Bengale ; mais les
Anglois , Alliés de Nabab , les ont attaqués avec
des forces fupérieures , & les ont empêchés d'exécuter
leur projet. Ils ont enfuite repréſenté en
Europe cette expédition avec les traits les plus
noirs,& commeune entrepriſe fur leur Commerce,
pendant qu'elle avoit un objet très- différent.
Le Prince de Stadhouder & fa maiſon , ont pris
le deuil pour fix mois , à l'occaſion de la mort du
Roi d'Angleterre.
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Résumé : De LA HAYE, le 9 Novembre.
Le 9 novembre 1760, des lettres de l'Inde rapportent un conflit entre les compagnies française et anglaise à Bengale. Les Anglais, soutenus par un Nabab, ont imposé de nouvelles taxes au commerce français et extorqué une somme importante. La Compagnie française a envoyé des vaisseaux pour obtenir justice, mais les Anglais les ont attaqués. Les Anglais ont ensuite déformé cette expédition en Europe. Par ailleurs, le Prince de Stadhouder a observé un deuil de six mois après la mort du roi d'Angleterre.
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70
p. 86-88
AUTRE. A Mlle de V***. à Limoges.
Début :
Sous bien des sens je pourrois me produire, [...]
Mots clefs :
Compagnie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE. A Mlle de V***. à Limoges.
AUTR E.
A Mlle.de. V ***. à Limoges...
Sous bien des fens je pourrois me produire .
Mais fous un feul je vais tâcher , Thémise ,..
De vous indiquer qui je fuis.
M A I. 1763. 87
Sachez donc que l'efprit , l'enjoûment , la décence
Au goût , au Sentiment , aux grâ
râces réunis ,
Sont mes ornemens favoris ,
Et jugez fur ce pied combien votre préſence
Peut me donner d'éclat , de mérite & de prix !
Si tous ces traits ne me font pas connoître
Sondez mes plis & mes replis ,
Ils me dévoileront peut- être ,
Et mes neufpieds combinés , défunis ,
Vous offriront un fruit dont la peau raviſſante ,
Ainfi que votre teint tout à la fois préfente
L'incarnat de la rofe & la blancheur du lis ;
Un être à la beauté duquel on vous compare ;
Un tréfor qu'on dit être rare ,
Mais qui depuis longtemps en moi vous eſt acquisi
Une fête bien defirable
Pour celui dont les jours par un lien durable
. Aux vôtres doivent être unis ;
Certaine fubftance immortelle ,
De la Divinité précieuſe parcelle
Dont en vous mille traits annoncent la beauté ;
Certain ordre fecret émané de vos charmes ,
Et qui , quoique fuivi de foupirs & d'allarmes ,
N'en eft pas moins éxécuté ;
Une ouvrière incomparable/
Qu'on peut nommer chez vous l'agente fecours ..
ble
De la douceur & de l'humanités
88 MERCURE DE FRANCE.
1
Mais je pourrois bleſſer votre délicateſſe :
Il faut qu'à vos yeux je paroiffe
Sous des rapports qui vous foient étrangers.
Commençons , & voyez celui qui par
A fon frère arracha cruellement la vie ;
envie
Le Dieu des Champs & des Bergers ;
Le fymbole de l'ignorance ;
Trois Saints , quatre Evêchés de France;
Le plus agréable.des mois ;
L'endroit où pour tenter de glorieux exploits
Un Général affemble & place fon armée;
Sept oifeaux différens , dont deux font babillards.;
Trois dans la baffe- cour ont fçu trouver entrée ,
Et deux par leur plumage attirent les regards
Un grand Empire de l'Afie ;
Un, adorateur des faux Dieux ;
Un terme de mufique ; un fleuve d'Italie ;
Par fes bons vins un Bourg fameux ;
Enfin un inſtrument propre à fouiller la terre ;
J'aurois bien d'autres mots , Thémire , à vous citers
Mais je veux m'en tenir , pour vous moins tourmenter
"
Au mot qui chaque jour finit votre prière..
A Mlle.de. V ***. à Limoges...
Sous bien des fens je pourrois me produire .
Mais fous un feul je vais tâcher , Thémise ,..
De vous indiquer qui je fuis.
M A I. 1763. 87
Sachez donc que l'efprit , l'enjoûment , la décence
Au goût , au Sentiment , aux grâ
râces réunis ,
Sont mes ornemens favoris ,
Et jugez fur ce pied combien votre préſence
Peut me donner d'éclat , de mérite & de prix !
Si tous ces traits ne me font pas connoître
Sondez mes plis & mes replis ,
Ils me dévoileront peut- être ,
Et mes neufpieds combinés , défunis ,
Vous offriront un fruit dont la peau raviſſante ,
Ainfi que votre teint tout à la fois préfente
L'incarnat de la rofe & la blancheur du lis ;
Un être à la beauté duquel on vous compare ;
Un tréfor qu'on dit être rare ,
Mais qui depuis longtemps en moi vous eſt acquisi
Une fête bien defirable
Pour celui dont les jours par un lien durable
. Aux vôtres doivent être unis ;
Certaine fubftance immortelle ,
De la Divinité précieuſe parcelle
Dont en vous mille traits annoncent la beauté ;
Certain ordre fecret émané de vos charmes ,
Et qui , quoique fuivi de foupirs & d'allarmes ,
N'en eft pas moins éxécuté ;
Une ouvrière incomparable/
Qu'on peut nommer chez vous l'agente fecours ..
ble
De la douceur & de l'humanités
88 MERCURE DE FRANCE.
1
Mais je pourrois bleſſer votre délicateſſe :
Il faut qu'à vos yeux je paroiffe
Sous des rapports qui vous foient étrangers.
Commençons , & voyez celui qui par
A fon frère arracha cruellement la vie ;
envie
Le Dieu des Champs & des Bergers ;
Le fymbole de l'ignorance ;
Trois Saints , quatre Evêchés de France;
Le plus agréable.des mois ;
L'endroit où pour tenter de glorieux exploits
Un Général affemble & place fon armée;
Sept oifeaux différens , dont deux font babillards.;
Trois dans la baffe- cour ont fçu trouver entrée ,
Et deux par leur plumage attirent les regards
Un grand Empire de l'Afie ;
Un, adorateur des faux Dieux ;
Un terme de mufique ; un fleuve d'Italie ;
Par fes bons vins un Bourg fameux ;
Enfin un inſtrument propre à fouiller la terre ;
J'aurois bien d'autres mots , Thémire , à vous citers
Mais je veux m'en tenir , pour vous moins tourmenter
"
Au mot qui chaque jour finit votre prière..
Fermer
71
p. 50-51
« LE mot de la premiere Enigme du mois de Mai est la Charrue. Celui de la [...] »
Début :
LE mot de la premiere Enigme du mois de Mai est la Charrue. Celui de la [...]
Mots clefs :
Charrue, Vinaigre, Printemps, Compagnie
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texteReconnaissance textuelle : « LE mot de la premiere Enigme du mois de Mai est la Charrue. Celui de la [...] »
LE
,
,
E mot de la premiere Enigme du
mois de Mai eſt la Charrue. Celui de la
ſeconde eſt Vinaigre. Celui du premier
Logogryphe eſt Printemps , où l'on
trouve Sem , re , mi , ſi , mître , rit
nitre , mine , ripe , mie , Pin , Pie , Serin
, Pré , Epi , Prét , Prime , Sire
Esprit , ire , ris , mer , Pite , Temps ,
Emir , Reims , Nimes , Pife , Ipres
& Spire , Pifte , tiers ou troifiéme partie
d'un tout , rime , tri , mien , tien &
fien ; pinte ; ſept ; tenir , mentir , fentir
&miner. Celui du ſecond Logogryphe
eſt Compagnie. On y trouve Api ( pomme
) Ange , Ami , Noce , Ame , Aime ,
Main , Cain , Pan , Ane , Pacome ,
JUIN. 1763 . 51
Ignace , Jean , Mácon , Caën , Gap ,
Agen , Mai , Camp , Pie , Geai , Oie ,
Cane , Pigeon , Paon , Cigne , Japon ,
Païen , Game , Po , Aï , Pic , Amen.
,
,
E mot de la premiere Enigme du
mois de Mai eſt la Charrue. Celui de la
ſeconde eſt Vinaigre. Celui du premier
Logogryphe eſt Printemps , où l'on
trouve Sem , re , mi , ſi , mître , rit
nitre , mine , ripe , mie , Pin , Pie , Serin
, Pré , Epi , Prét , Prime , Sire
Esprit , ire , ris , mer , Pite , Temps ,
Emir , Reims , Nimes , Pife , Ipres
& Spire , Pifte , tiers ou troifiéme partie
d'un tout , rime , tri , mien , tien &
fien ; pinte ; ſept ; tenir , mentir , fentir
&miner. Celui du ſecond Logogryphe
eſt Compagnie. On y trouve Api ( pomme
) Ange , Ami , Noce , Ame , Aime ,
Main , Cain , Pan , Ane , Pacome ,
JUIN. 1763 . 51
Ignace , Jean , Mácon , Caën , Gap ,
Agen , Mai , Camp , Pie , Geai , Oie ,
Cane , Pigeon , Paon , Cigne , Japon ,
Païen , Game , Po , Aï , Pic , Amen.
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Résumé : « LE mot de la premiere Enigme du mois de Mai est la Charrue. Celui de la [...] »
En mai 1763, les énigmes proposent les mots 'Charrue' et 'Vinaigre'. Le logogryphe est 'Printemps', incluant des termes comme 'Sem', 're', 'mi', 'si', 'mître', 'rit', 'nitre', 'mine', 'ripe', 'mie', 'Pin', 'Pie', 'Serin', 'Pré', 'Epi', 'Prét', 'Prime', 'Sire', 'Esprit', 'ire', 'ris', 'mer', 'Pite', 'Temps', 'Emir', 'Reims', 'Nîmes', 'Pife', 'Ipres', 'Spire', 'Pifte', 'tiers', 'rime', 'tri', 'mien', 'tien', 'fien', 'pinte', 'sept', 'tenir', 'mentir', 'sentir' et 'miner'. En juin 1763, le logogryphe est 'Compagnie', avec des mots tels que 'Api', 'Ange', 'Ami', 'Noce', 'Âme', 'Aime', 'Main', 'Caïn', 'Pan', 'Âne', 'Pacôme', 'Ignace', 'Jean', 'Mâcon', 'Caën', 'Gap', 'Agen', 'Mai', 'Camp', 'Pie', 'Geai', 'Oie', 'Cane', 'Pigeon', 'Paon', 'Cygne', 'Japon', 'Païen', 'Game', 'Po', 'Aï', 'Pic' et 'Amen'.
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72
p. 225-229
De PARIS, le 18 Avril 1763.
Début :
Le 14 du mois dernier, l'Académie Françoise a élu l'Abbé de [...]
Mots clefs :
Académie française, Élection, Comte, Assemblée, Cardinal, Cérémonie, Ordonnance du roi, Régiments, Compagnie, Légion royale, Dragons, Grenadiers, Capitaine, Pensions militaires, Soldats, Guerre, Paix, Colonels, Infanterie, Procureur du roi, Académie royale, Bibliothèque
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 18 Avril 1763.
De PARIS, le 18 Avril 1763.
Le 14 du mois dernier , l'Académie Françoiſe
a élu l'Abbé de Radonvilliers , Sous- Précepteur
de Mgr le Duc de Berri & de Mgr le Comte de
Provence, pour remplir la place vacante par la
mort du ſieur Carlet de Marivaux. Le 26 , certe
Académie tint une aſſemblée publique dans la-
Kv
226 MERCURE DE FRANCE .
1
quelle il prononcé ſon diſcours de réception,
Le Cardinalde Luynės a répondu au remerciment
de ce nouvel Académicien .
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſolemnelle
qu'on a coutume de faire tous les ans
enmémoire de la réduction de cette Capitale
ſous l'obéillance de Henri IV. Le Corps de Ville
aſſiſta , ſelon l'uſage , à cette cérémonie.
,
:
Il paroît une Ordonnance du Roi , datée du
1 Mars 1763 concernant les troupes légéres ,
par laquelle Sa Majesté conſerve ſur pied quatre
légions de ces troupes , indépendamment
des Régimens des Volontaires de Clermont & de
Soubiſe , & fupprime le Régiment des Volontaires
Etrangers de Wurmſer & la Compagnie de
ChaffeursdePoncet. La Légion Royale ſera la premièredes
quatre que S. M. entretiendra,&elle conſervera
fon nom. La ſeconde ſera compoſée du Régimentdes
Volontaires de Flandres & de celui des
Volontaires du Dauphiné qui ſeront incorporés
enſemble: cette Légion ſera ſous la dénomination
de Légion de Flandre , & commandée par
le Chevalier de Jaucourt. La troiſſéme , ſous la
dénomination de Légion du Haynaut , & commandée
par le ſieur de Grandmaiſon , ſera
compoſéedu Régiment des Volontaires du Haynaut
& de celui des Volontaires d'Auſtraſie qui
feront incorporés enſemble. Le Régiment de Dragons
chaſſeurs de Conflans ſera à l'avenir ſous
la dénomintion de Légion de Conflans , & formera
la quatriéme Légion. Ces Légions ou Régimens
continueront de marcher entr'eux ſuivant
le rang dont ils jouiſſent actuellement.
Chaque Légion ſera compoſée en tout temps de
dix-ſept compagnies , dont une de Grenadiers ,
huisde Fufiliers & huit de Dragons ; & chacun
JUIN. 1763 . 227
des Régimens des Volontaires de Clermont St.
de Soubiſe de neuf Compagnies , dont une de
Grenadiers , quatre de Fuſiliers & quatre de Dragons.
Indépendamment de pluſieurs autres difpoſitions
contenues dans cetteOrdonnance , relativement
à la ſuppreſſion de certaines places &
àla créationde quelques autres , à l'ordre quidoit
être obſervé dans chaque Compagnie , au choix
des Officiers , à la manutention de la caiffe
terme des engagemens , &c. Sa Majesté a réglé
une paye de paix & une paye de guerre de
la manière ſuivante .
,
au
COMPAGNIES DE GRENADIERS. A chaque
Capitaine , 2000 1. par an enpaix , & 3000l. en
guerre, à chaque Lieutenant , 900l . en paix, &
1200 1. en guerre , à chaque Sous- Lieutenant ,
600 l. en paix , & 900 1. en guerre , à chaque
Sergent , 222 1. en paix , & 228 1. en guerre ; à
chaque Fourrier, 180 1. en paix, & 186 1. en guerre
; à chaque Caporal , 156 1. en paix , & 162 1.
en guerre ; à chaque appointé , 1381, en paix , &
144 1. en guerre ; à chaque Grenadier & au Tambour
, 120 1. en paix , & 126 1. en guerre. Сом-
PAGNIES DE FUSILIERS . A chaque Capitaine ,
1500 1. en paix , & 2400 l. en guerre , à chaque
Lieutenant , 600.1. en paix , & 1000 l. en guerre;
à chaque Sous - Lieutenant , 5401. en paix , & 800
1. en guerre ; à chaque Sergent , 204 1. en paix ,
& 210 1. en guerre ; à chaque Fourrier , 162 l. en
paix , & 168 1. en guerre ; à chaque Caporal, 138
1. en paix,& 144 1. en guerres à chaqueAppointé,
120 1. en paix & 126 1. en guerre , à chaque Fufilier
& Tambour, 102 1. en paix , & 108 1. en
guerre. COMPAGNIES DE DRAGONS. A chaque
Capitaine , 1800 1. en paix , & 3600 l . en guerre;.
à chaque Lieutenant , 800 1. en paix , & 10001.
en guerre , à chaque Sous - Lieutenant , soul. en
228 MERCURE DE FRANCE,
paix , & 800 1. en guerre ; à chaque Maréchaldes
Logis, 216 1. en paix , & 252 1. en guerre ; à
-chaque Fourrier , 189 1. en paix,& 225 l. enguerre;
à chaque Brigadier , 135 1. en paix, & 171 1.
en guerre, àchaque Dragon ou Tambour , 117
1. en paix , & 1.53 1. en guerre. ETAT- MAJOR. AU
Colonel de Chaque Légion & au Colonel-Lieutenant
du Réglement des Volontaires de Clermont
, 4500 l . en paix , & 6000 l. en guerre; au
Colonel du Régiment des Volontaires de Soubiſe ,
2400 1. en tout temps , au Colonel en ſeconddudit
Régiment , 2100 1. en paix, & 3600 l. en guerre
; au Colonel-Commandant de chaque Légion
3600 1. en paix, 5400.1. en guerre; à chaque Lieutenant-
Colonel , 35001. en paix, & 5400 l. en
guerre,à chaque Major , 2880 1. en paix , & 4000
I. en guerre, à chaque Aide- Major d'Infanterie ,
avec commiffion de Capitaine , 1500 1. en prix , &
2400 l. en guerresà chaque Aide- Major d'Infanterie,
ſans commiſſion de Capitaine , 900 l . en paix ,
&1800 1. enguerre , à chaque Aide - Major de
-Dragons , avec commiſſion de Capitaine , 18001.
en paix, & 3000l . en guerre , à chaque Aide- Ma
jor de Dragons , ſans commiſſion de Capitaine',
1500 1. en paix , & 2000l. en guerre ; au Sous-Aide-
Major d'Infanterie , qui ſera créé en tempsde
guerre, 1200l.au Sous-Aide Major deDragonsqui
fera créé en tempsde guerre 12001. au Tréſorier ,
en temps deguerre ſeulement , 3000 l . au Quartier
Maître , en tems de guerre ſeulement 800 L.
àl'Aumônier&au Chirurgien en temps de guerre
feulement, sool.
Suivant la même Ordonnance , les Officiers réformés
jouïront annuellement en appointemens,
ſçavoir , les Colonels , de 3600 1. les Colonels-
Commandans , de 2000 l. les Lieutenans-Colo
JUI N. 1763 . 229
nels , de 1200 l . les Majors & les Commandansde
l'Infanterie , de 800 1. les Capitaines des Grenadiers
, de 600 l. ceux de Fuſiliers , de soo 1. les
Capitaines en ſecond , & les Aides - Majors d'Infanterie
, de 4001, les Capitaines des Dragons ,
de soo l . les Capitaines en ſecond , & les Aides-
Majors de Dragons , de 4501. , les Lieutenans--
Colonels réformés ala ſuitedeſdits Corps, de 1200
1. les Capitaines réformés des Dragons , de so०
1. & ceux d'infanterie , de 400 l. Les Lieutenans
qui ont paflé par les grades de Sergent ou de
Maréchal des Logis , de 300 1. Les Sous- Lieutenans
, qui auront paſſé par les mêmes gardes , de
270 1. A l'égard des Lieutenans & Sous-Lieutenans
, qui n'auront point pallé par ces grades ,
mais qui ſe trouveront avoir ſervi au moins dıx
ans , ils jouiront auſſi en appointemens , ſçavoir ,
les Lieutenans , de 200 l.& les Sous- Lieutenans ,
de 150 l . Cette Ordonnance eſt terminée par l'état
de l'uniforme réglé par Sa Majeſté pour l'habillement&
l'équipementde ces troupes.
LE FEU SR MORIAU , Procureur du Roi &de
laVille , ayant légué par teſtament ſa Bibliothéque
à la Ville de Paris , à condition qu'elle ſeroit
publique , le ſieur de Viarmes , Prévôt des
Marchands & les Echevins ont accepté le legs ,
&en conféquence ont nommé pour Bibliothécaire
, le ſieur de Bonamy, de l'Académie Royale
des Inſcriptions & Belles- Lettres , & pour Sous-
Bibliothécaire l'Abbé Ameithon . Ainfi cette Bibliotheque
, qui eſt placée à l'Hôtel de Lamoignon,
rue Pavée au Marais , a été ouverte au
Public pour la première fois le 13 de ce mois
après midi , & elle continuera de l'être tous les
Mercredis & Samedis de l'année juſqu'aux Vacances.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
Le 14 du mois dernier , l'Académie Françoiſe
a élu l'Abbé de Radonvilliers , Sous- Précepteur
de Mgr le Duc de Berri & de Mgr le Comte de
Provence, pour remplir la place vacante par la
mort du ſieur Carlet de Marivaux. Le 26 , certe
Académie tint une aſſemblée publique dans la-
Kv
226 MERCURE DE FRANCE .
1
quelle il prononcé ſon diſcours de réception,
Le Cardinalde Luynės a répondu au remerciment
de ce nouvel Académicien .
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſolemnelle
qu'on a coutume de faire tous les ans
enmémoire de la réduction de cette Capitale
ſous l'obéillance de Henri IV. Le Corps de Ville
aſſiſta , ſelon l'uſage , à cette cérémonie.
,
:
Il paroît une Ordonnance du Roi , datée du
1 Mars 1763 concernant les troupes légéres ,
par laquelle Sa Majesté conſerve ſur pied quatre
légions de ces troupes , indépendamment
des Régimens des Volontaires de Clermont & de
Soubiſe , & fupprime le Régiment des Volontaires
Etrangers de Wurmſer & la Compagnie de
ChaffeursdePoncet. La Légion Royale ſera la premièredes
quatre que S. M. entretiendra,&elle conſervera
fon nom. La ſeconde ſera compoſée du Régimentdes
Volontaires de Flandres & de celui des
Volontaires du Dauphiné qui ſeront incorporés
enſemble: cette Légion ſera ſous la dénomination
de Légion de Flandre , & commandée par
le Chevalier de Jaucourt. La troiſſéme , ſous la
dénomination de Légion du Haynaut , & commandée
par le ſieur de Grandmaiſon , ſera
compoſéedu Régiment des Volontaires du Haynaut
& de celui des Volontaires d'Auſtraſie qui
feront incorporés enſemble. Le Régiment de Dragons
chaſſeurs de Conflans ſera à l'avenir ſous
la dénomintion de Légion de Conflans , & formera
la quatriéme Légion. Ces Légions ou Régimens
continueront de marcher entr'eux ſuivant
le rang dont ils jouiſſent actuellement.
Chaque Légion ſera compoſée en tout temps de
dix-ſept compagnies , dont une de Grenadiers ,
huisde Fufiliers & huit de Dragons ; & chacun
JUIN. 1763 . 227
des Régimens des Volontaires de Clermont St.
de Soubiſe de neuf Compagnies , dont une de
Grenadiers , quatre de Fuſiliers & quatre de Dragons.
Indépendamment de pluſieurs autres difpoſitions
contenues dans cetteOrdonnance , relativement
à la ſuppreſſion de certaines places &
àla créationde quelques autres , à l'ordre quidoit
être obſervé dans chaque Compagnie , au choix
des Officiers , à la manutention de la caiffe
terme des engagemens , &c. Sa Majesté a réglé
une paye de paix & une paye de guerre de
la manière ſuivante .
,
au
COMPAGNIES DE GRENADIERS. A chaque
Capitaine , 2000 1. par an enpaix , & 3000l. en
guerre, à chaque Lieutenant , 900l . en paix, &
1200 1. en guerre , à chaque Sous- Lieutenant ,
600 l. en paix , & 900 1. en guerre , à chaque
Sergent , 222 1. en paix , & 228 1. en guerre ; à
chaque Fourrier, 180 1. en paix, & 186 1. en guerre
; à chaque Caporal , 156 1. en paix , & 162 1.
en guerre ; à chaque appointé , 1381, en paix , &
144 1. en guerre ; à chaque Grenadier & au Tambour
, 120 1. en paix , & 126 1. en guerre. Сом-
PAGNIES DE FUSILIERS . A chaque Capitaine ,
1500 1. en paix , & 2400 l. en guerre , à chaque
Lieutenant , 600.1. en paix , & 1000 l. en guerre;
à chaque Sous - Lieutenant , 5401. en paix , & 800
1. en guerre ; à chaque Sergent , 204 1. en paix ,
& 210 1. en guerre ; à chaque Fourrier , 162 l. en
paix , & 168 1. en guerre ; à chaque Caporal, 138
1. en paix,& 144 1. en guerres à chaqueAppointé,
120 1. en paix & 126 1. en guerre , à chaque Fufilier
& Tambour, 102 1. en paix , & 108 1. en
guerre. COMPAGNIES DE DRAGONS. A chaque
Capitaine , 1800 1. en paix , & 3600 l . en guerre;.
à chaque Lieutenant , 800 1. en paix , & 10001.
en guerre , à chaque Sous - Lieutenant , soul. en
228 MERCURE DE FRANCE,
paix , & 800 1. en guerre ; à chaque Maréchaldes
Logis, 216 1. en paix , & 252 1. en guerre ; à
-chaque Fourrier , 189 1. en paix,& 225 l. enguerre;
à chaque Brigadier , 135 1. en paix, & 171 1.
en guerre, àchaque Dragon ou Tambour , 117
1. en paix , & 1.53 1. en guerre. ETAT- MAJOR. AU
Colonel de Chaque Légion & au Colonel-Lieutenant
du Réglement des Volontaires de Clermont
, 4500 l . en paix , & 6000 l. en guerre; au
Colonel du Régiment des Volontaires de Soubiſe ,
2400 1. en tout temps , au Colonel en ſeconddudit
Régiment , 2100 1. en paix, & 3600 l. en guerre
; au Colonel-Commandant de chaque Légion
3600 1. en paix, 5400.1. en guerre; à chaque Lieutenant-
Colonel , 35001. en paix, & 5400 l. en
guerre,à chaque Major , 2880 1. en paix , & 4000
I. en guerre, à chaque Aide- Major d'Infanterie ,
avec commiffion de Capitaine , 1500 1. en prix , &
2400 l. en guerresà chaque Aide- Major d'Infanterie,
ſans commiſſion de Capitaine , 900 l . en paix ,
&1800 1. enguerre , à chaque Aide - Major de
-Dragons , avec commiſſion de Capitaine , 18001.
en paix, & 3000l . en guerre , à chaque Aide- Ma
jor de Dragons , ſans commiſſion de Capitaine',
1500 1. en paix , & 2000l. en guerre ; au Sous-Aide-
Major d'Infanterie , qui ſera créé en tempsde
guerre, 1200l.au Sous-Aide Major deDragonsqui
fera créé en tempsde guerre 12001. au Tréſorier ,
en temps deguerre ſeulement , 3000 l . au Quartier
Maître , en tems de guerre ſeulement 800 L.
àl'Aumônier&au Chirurgien en temps de guerre
feulement, sool.
Suivant la même Ordonnance , les Officiers réformés
jouïront annuellement en appointemens,
ſçavoir , les Colonels , de 3600 1. les Colonels-
Commandans , de 2000 l. les Lieutenans-Colo
JUI N. 1763 . 229
nels , de 1200 l . les Majors & les Commandansde
l'Infanterie , de 800 1. les Capitaines des Grenadiers
, de 600 l. ceux de Fuſiliers , de soo 1. les
Capitaines en ſecond , & les Aides - Majors d'Infanterie
, de 4001, les Capitaines des Dragons ,
de soo l . les Capitaines en ſecond , & les Aides-
Majors de Dragons , de 4501. , les Lieutenans--
Colonels réformés ala ſuitedeſdits Corps, de 1200
1. les Capitaines réformés des Dragons , de so०
1. & ceux d'infanterie , de 400 l. Les Lieutenans
qui ont paflé par les grades de Sergent ou de
Maréchal des Logis , de 300 1. Les Sous- Lieutenans
, qui auront paſſé par les mêmes gardes , de
270 1. A l'égard des Lieutenans & Sous-Lieutenans
, qui n'auront point pallé par ces grades ,
mais qui ſe trouveront avoir ſervi au moins dıx
ans , ils jouiront auſſi en appointemens , ſçavoir ,
les Lieutenans , de 200 l.& les Sous- Lieutenans ,
de 150 l . Cette Ordonnance eſt terminée par l'état
de l'uniforme réglé par Sa Majeſté pour l'habillement&
l'équipementde ces troupes.
LE FEU SR MORIAU , Procureur du Roi &de
laVille , ayant légué par teſtament ſa Bibliothéque
à la Ville de Paris , à condition qu'elle ſeroit
publique , le ſieur de Viarmes , Prévôt des
Marchands & les Echevins ont accepté le legs ,
&en conféquence ont nommé pour Bibliothécaire
, le ſieur de Bonamy, de l'Académie Royale
des Inſcriptions & Belles- Lettres , & pour Sous-
Bibliothécaire l'Abbé Ameithon . Ainfi cette Bibliotheque
, qui eſt placée à l'Hôtel de Lamoignon,
rue Pavée au Marais , a été ouverte au
Public pour la première fois le 13 de ce mois
après midi , & elle continuera de l'être tous les
Mercredis & Samedis de l'année juſqu'aux Vacances.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : De PARIS, le 18 Avril 1763.
En avril 1763, l'Académie Françoise a élu l'Abbé de Radonvilliers pour succéder à Marivaux. Le 26 avril, l'Abbé a prononcé son discours de réception lors d'une assemblée publique, auquel le Cardinal de Luynes a répondu. Le 22 avril, une procession solennelle a commémoré la réduction de Paris sous l'obéissance de Henri IV, en présence du Corps de Ville. Le 1er mars 1763, une ordonnance royale a réorganisé les troupes légères. Le roi a décidé de maintenir quatre légions de troupes légères, en plus des régiments des Volontaires de Clermont et de Soubise, et de supprimer le régiment des Volontaires Étrangers de Wurmser et la compagnie des Chauffeurs de Poncet. Les légions sont nommées Légion Royale, Légion de Flandre, Légion du Hainaut et Légion de Conflans. Chaque légion est composée de dix-sept compagnies, incluant des grenadiers, fusiliers et dragons. Les régiments des Volontaires de Clermont et de Soubise comptent neuf compagnies chacun. L'ordonnance régit également les soldes de paix et de guerre pour les différents grades des compagnies de grenadiers, fusiliers et dragons, ainsi que pour l'état-major. Les officiers réformés recevront des appointements annuels en fonction de leur grade. L'ordonnance précise aussi l'uniforme des troupes. Par ailleurs, le sieur Moriau, ancien Procureur du Roi et de la Ville, a légué sa bibliothèque à la Ville de Paris à condition qu'elle soit publique. La bibliothèque, placée à l'Hôtel de Lamoignon, a été ouverte au public le 13 avril et le sera tous les mercredis et samedis jusqu'aux vacances. Le sieur de Bonamy et l'Abbé Ameithon ont été nommés bibliothécaire et sous-bibliothécaire respectivement.
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73
p. 209-210
AVIS DIVERS.
Début :
Le Public est prévenu que les personnes qui composoient ci-devant [...]
Mots clefs :
Public, Société d'agence, Directeur, Délibération, Circonstances, Compagnie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS DIVERS.
AVIS DIVERS.
Le Public eſt prévenu que les perſonnes qui
compoſoient ci-devant avec les S. More & Bonaventure
, la Société d'Agence , ſe ſont ſéparées
de ces derniers le 30 Mars 1764 & jours ſuivans.
Le fieur Dellepierre de Neuve-Egliſe qui est
du nombre de ces perſonnes retirées de la
Société d'Agence , a l'honneur d'obſerver au
Public à cette occafion , qu'il n'a point été
Directeur de ladite Société , c'eſt à-dire , COMMIS
& PRÉTE-NOM ; mais bien Aſſocié chargé de la
Direction de cette entrepriſe ; ainſi qu'il appert
par l'art. 7 de la Délibération du 24 Octobre
1763 ; qu'il n'a jamais été cautionné par aucun
des ſesCo-aſlociés ,& par conféquent desS.More
&Bonaventure ; & que des circonstances particulières
Pont obligé , ainſi que d'autres , d'aban210
MERCURE DE FRANCE.
م س
donner ſon intérêt dans ladite aſſociation . Au
moyen de ces faits , ce qui a étédit à la page
211 duMercure de Mai 1764 , & dans une Lettre
qui accompagnoit la Gazette de France du 4
Juin dernier, ſe trouve dénué de fondement.
Lefieur de Neuve-Eglife prévient encore le Public
, que la Compagnie qui s'est chargee de Négociations
d'Affaires de Commerce , de Banque , &c.
tantdans leRoyaume , que dans les PaysÉtrangers ,
n'a aucun rapport direct ni indirect avec la Société
Agence générale pour Paris qu'annonce aujourd'hui
le S. More au Public ,sous le nom de
Premilon & Compagnie.
,
La Compagnie dont le fisur de Neuve Eglife ,
est membre, &dont il a l'administration , a toujours
été connuesous la raison de Neuve Eglife , Dubacq
& Compagnie , pour la diftinguer d'avec celle d'Agence
, ci-devant connue sous la raison de Neuve-
Eglife& Compagnie.
Le Public eſt prévenu que les perſonnes qui
compoſoient ci-devant avec les S. More & Bonaventure
, la Société d'Agence , ſe ſont ſéparées
de ces derniers le 30 Mars 1764 & jours ſuivans.
Le fieur Dellepierre de Neuve-Egliſe qui est
du nombre de ces perſonnes retirées de la
Société d'Agence , a l'honneur d'obſerver au
Public à cette occafion , qu'il n'a point été
Directeur de ladite Société , c'eſt à-dire , COMMIS
& PRÉTE-NOM ; mais bien Aſſocié chargé de la
Direction de cette entrepriſe ; ainſi qu'il appert
par l'art. 7 de la Délibération du 24 Octobre
1763 ; qu'il n'a jamais été cautionné par aucun
des ſesCo-aſlociés ,& par conféquent desS.More
&Bonaventure ; & que des circonstances particulières
Pont obligé , ainſi que d'autres , d'aban210
MERCURE DE FRANCE.
م س
donner ſon intérêt dans ladite aſſociation . Au
moyen de ces faits , ce qui a étédit à la page
211 duMercure de Mai 1764 , & dans une Lettre
qui accompagnoit la Gazette de France du 4
Juin dernier, ſe trouve dénué de fondement.
Lefieur de Neuve-Eglife prévient encore le Public
, que la Compagnie qui s'est chargee de Négociations
d'Affaires de Commerce , de Banque , &c.
tantdans leRoyaume , que dans les PaysÉtrangers ,
n'a aucun rapport direct ni indirect avec la Société
Agence générale pour Paris qu'annonce aujourd'hui
le S. More au Public ,sous le nom de
Premilon & Compagnie.
,
La Compagnie dont le fisur de Neuve Eglife ,
est membre, &dont il a l'administration , a toujours
été connuesous la raison de Neuve Eglife , Dubacq
& Compagnie , pour la diftinguer d'avec celle d'Agence
, ci-devant connue sous la raison de Neuve-
Eglife& Compagnie.
Fermer
Résumé : AVIS DIVERS.
Le texte annonce la séparation de certains membres de la Société d'Agence, dirigée par les sieurs More et Bonaventure, effective à partir du 30 mars 1764. Le sieur Dellepierre de Neuve-Église, l'un des membres ayant quitté la société, précise qu'il n'a jamais été directeur mais associé chargé de la direction. Il nie également avoir été cautionné par ses co-associés ou par les sieurs More et Bonaventure. Dellepierre conteste les informations publiées dans le Mercure de France de mai 1764 et dans une lettre accompagnant la Gazette de France du 4 juin 1764, les jugeant sans fondement. Il informe le public que sa compagnie, connue sous le nom de Neuve-Église, Dubacq & Compagnie, est distincte de la Société Agence générale pour Paris, annoncée par le sieur More sous le nom de Premilon & Compagnie. Sa compagnie est spécialisée dans les négociations d'affaires commerciales et bancaires, tant en France qu'à l'étranger, et n'a aucun lien avec la Société Agence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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74
p. 119-124
Essai sur l'éducation Françoise, [titre d'après la table]
Début :
Essai historique & moral sur l'Education Françoise ; par M. de Bury. [...]
Mots clefs :
Éducation, Turenne, Histoire, Richard de Bury, Morale, Officier, Compagnie, Conduite, Jeunes gens, Anecdotes
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texteReconnaissance textuelle : Essai sur l'éducation Françoise, [titre d'après la table]
Effai hiftorique & moral fur l'Education
Françoife ; par M. de Bury.
Dic fapientia foror mea es,
voca amicam tuam.
prudentiam
PROV, cap. VII . verf. 4.
20 MERCURE DE FRANCE.
Dites à la fageffe , vous êtes ma four , & à
la prudence , vous êtes ma bien-aimée ».
Volume in- 12 . de 507 pages ; prix 3
liv. relié . A Paris , chez G. Defprez ,
Impr. rue S. Jacques.
L'Auteur trace un plan d'éducation
qu'il divife en trois parties. La première
regarde l'éducation de la jeuneſſe dans
les Penfions ; la feconde a pour objet
fon éducation dans les Colléges . Les
jeunes gens quittent ordinairement , à
l'âge de feize ou dix- fept ans , cette
feconde éducation , pour entrer dans le
monde ; & c'est alors qu'ils ont le plus
befoin de confeils , d'inftructions , &
d'un guide fûr & fidèle . C'eft auffi à
cette troisième époque de l'éducation
que M. de Bury donne toute fon attention.
Il indique les connoiffances néceffaires
à cet âge . Il ne fait cependant point
mention de l'hiftoire naturelle ; & lorfqu'il
parle de la phyfique , c'est pour
détourner les jeunes gens de s'y appliquer.
Quelle fcience cependant plus capable
de les intéreffer & de les inftruire ,
que celle qui , par des expériences curieufes
AVRIL 1777. 121
1
fes & variées , parle continuellement aux
fens ? L'Auteur infifte principalement fur
l'étude de la Religion , de l'Hiftoire &
de la Morale , dont il enfeigne les préceptes
, qu'il a foin , le plus fouvent ,
d'appuyer fur des traits d'hiſtoire ou fur
des faits connus. On pourroit donc regarder
fon Ouvrage comme un Cours
de morale pratique. L'Auteur , à l'article
Duel , blâme , avec raifon , cette politeffe
mal entendue qui nous empêche de dire
un homme qu'il a tort , lorfqu'il l'a
effectivement. Ün Officier , dont M. de
Bury rapporte le trait fuivant , ne penfoit
point ainfi . «Un jour douze perfonnes
avoient dîné enfemble dans une
honnête maiſon ; après le repas on propofa
de jouer , & l'on fit deux parties
différentes , dans l'une defquelles il s'éleva
entre deux Officiers une difpute , fuivie
de quelques propos affez durs . Les autres
perfonnes préfentes s'emprefsèrent de
Pappaifer , en difant aux conteftans
felon la méthode ordinaire , qu'ils avoient
tort tous les deux . Ceux - ci cependant
commençoient à s'échauffer , lorfqu'un
autre Officier de la compagnie , homme
de tête , très-fage & très - fenfé , fut à la
porte de la falle , ferma la ferrure à
11. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE.
double tour , & mit la clef dans fa poches
Enfuite fe tournant vers la compagnie ,
il dit ; Perfonne ne fortira d'ici , qu'après
que ces Mellieurs fe feront accommodés.
Il faut que celui qui eft auteur de la ques
-relle , commence ( car c'est lui qui à le
premier tort ) à faire excufe à l'autre de
ce qu'il lui a dits que celui qui fe croit
attaqué , reçoive l'excufe , & témoigne
qu'il eft fâché d'avoir relevé avec trop
de hauteur , l'infulte qu'il croit qu'on
lui a faite , & qu'enfuite ces deux Mef
fieurs s'embraffent , & promettent de ne
fe rien demander davantage. S'ils.refufent
de le faire , j'en porterai mes plain
tes à Meffieurs les Maréchaux de France ,
& je les prierai de donner leurs ordres
pour empêcher un duel entre ces Meffeurs.
La conduite de cet Officier fuc
fort approuvée. La compagnie engagea
les deux conteftans à fe faire des excufes
refpectives, & ils s'embrassèrent
On aime à voir un Héros donner , au
milieu de la fociété & dans fon domeftique
, des exemples de douceur & de
modération , « M. de Turenne regardoit
» un matin par fa fenêtre en déshabillé
vêtu d'une fimple camifole; un de fes
» Domeſtiques vint par derrière, & lai
AVRIL 1777. D23
-1
donna un grand coup fur le dos. M.
» de Turenne s'étant tetourné , le Do-
❤meftique lui demanda pardon , & lai
dit : Monfeigneur, j'ai cru que vous
➡ étiez un tel, mon camarade. Et quand
wc'eût été lui , répliqua M. de Turenne ,
"falloit il frapper fi fort ? » On eſt
un peu fâché que l'Auteur n'ait pas
tranſcrit cette anecdote comme elle fe
trouve dans un Ouvrage très -connu. Un
jour d'été , qu'il faifoit chaud , y eft il
dit , le Vicomte de Turenne , en petite
vefte blanche & en bonnet , étoit à fa
fenêtre dans fon anti-chambre . Un de
fes gens furvient, &, trompé par l'habillement
, le prend pour l'Aide de cuifine ,
avec lequel ce Domestique étoit familier,
Il s'approche doucement par derrière
& d'une main qui n'étoit pas légère , lui
applique un grand coup fur les feffes.
L'homme frappé , ſe retourne à l'inſtant .
Le Valet voit en tremblant le vifage de
fon Maître. Il fe jette à fes genoux tout
éperdu : Monfeigneur , j'ai cru que c'étoit
George. Et quand c'eût été George
s'écrit Turenne en fe frottant le derrière ,
il ne falloit pas frapper fi fort.
Nous ne citerons point d'autres anecdotes
, parce qu'elles ont fouvent été
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
rapportées , & parce que l'Auteur , `en
voulant les raconter à fa manière , en a
fouvent altéré ces traits naïfs & originaux
qui les rendoient plus piquantes .
Mais nous applaudirons à fa méthode
d'appuyer les préceptes d'une morale
ardinairement sèche & rebutante , fur
des faits hiftoriques , agréables & intẻ-
reffans. L'Auteur , dans plufieurs endroits
de fon Ouvrage , donne aux Inftituteurs
des confeils généraux fur la conduite
qu'ils doivent tenir pour enfeigner l'hiftoire
à la jeuneffe. Il leur trace même un
plan de cette conduite dans la partie de
fon Effai qui a pour titre : Inftruction fur
L'étude de l'Hiftoire. Cette inftruction eft
fuivie d'une differtation fur l'ordre de
l'ancienne Chevalerie , & fur l'éducation
que les pères & mères faifoient alors
donner à leurs enfans.
Françoife ; par M. de Bury.
Dic fapientia foror mea es,
voca amicam tuam.
prudentiam
PROV, cap. VII . verf. 4.
20 MERCURE DE FRANCE.
Dites à la fageffe , vous êtes ma four , & à
la prudence , vous êtes ma bien-aimée ».
Volume in- 12 . de 507 pages ; prix 3
liv. relié . A Paris , chez G. Defprez ,
Impr. rue S. Jacques.
L'Auteur trace un plan d'éducation
qu'il divife en trois parties. La première
regarde l'éducation de la jeuneſſe dans
les Penfions ; la feconde a pour objet
fon éducation dans les Colléges . Les
jeunes gens quittent ordinairement , à
l'âge de feize ou dix- fept ans , cette
feconde éducation , pour entrer dans le
monde ; & c'est alors qu'ils ont le plus
befoin de confeils , d'inftructions , &
d'un guide fûr & fidèle . C'eft auffi à
cette troisième époque de l'éducation
que M. de Bury donne toute fon attention.
Il indique les connoiffances néceffaires
à cet âge . Il ne fait cependant point
mention de l'hiftoire naturelle ; & lorfqu'il
parle de la phyfique , c'est pour
détourner les jeunes gens de s'y appliquer.
Quelle fcience cependant plus capable
de les intéreffer & de les inftruire ,
que celle qui , par des expériences curieufes
AVRIL 1777. 121
1
fes & variées , parle continuellement aux
fens ? L'Auteur infifte principalement fur
l'étude de la Religion , de l'Hiftoire &
de la Morale , dont il enfeigne les préceptes
, qu'il a foin , le plus fouvent ,
d'appuyer fur des traits d'hiſtoire ou fur
des faits connus. On pourroit donc regarder
fon Ouvrage comme un Cours
de morale pratique. L'Auteur , à l'article
Duel , blâme , avec raifon , cette politeffe
mal entendue qui nous empêche de dire
un homme qu'il a tort , lorfqu'il l'a
effectivement. Ün Officier , dont M. de
Bury rapporte le trait fuivant , ne penfoit
point ainfi . «Un jour douze perfonnes
avoient dîné enfemble dans une
honnête maiſon ; après le repas on propofa
de jouer , & l'on fit deux parties
différentes , dans l'une defquelles il s'éleva
entre deux Officiers une difpute , fuivie
de quelques propos affez durs . Les autres
perfonnes préfentes s'emprefsèrent de
Pappaifer , en difant aux conteftans
felon la méthode ordinaire , qu'ils avoient
tort tous les deux . Ceux - ci cependant
commençoient à s'échauffer , lorfqu'un
autre Officier de la compagnie , homme
de tête , très-fage & très - fenfé , fut à la
porte de la falle , ferma la ferrure à
11. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE.
double tour , & mit la clef dans fa poches
Enfuite fe tournant vers la compagnie ,
il dit ; Perfonne ne fortira d'ici , qu'après
que ces Mellieurs fe feront accommodés.
Il faut que celui qui eft auteur de la ques
-relle , commence ( car c'est lui qui à le
premier tort ) à faire excufe à l'autre de
ce qu'il lui a dits que celui qui fe croit
attaqué , reçoive l'excufe , & témoigne
qu'il eft fâché d'avoir relevé avec trop
de hauteur , l'infulte qu'il croit qu'on
lui a faite , & qu'enfuite ces deux Mef
fieurs s'embraffent , & promettent de ne
fe rien demander davantage. S'ils.refufent
de le faire , j'en porterai mes plain
tes à Meffieurs les Maréchaux de France ,
& je les prierai de donner leurs ordres
pour empêcher un duel entre ces Meffeurs.
La conduite de cet Officier fuc
fort approuvée. La compagnie engagea
les deux conteftans à fe faire des excufes
refpectives, & ils s'embrassèrent
On aime à voir un Héros donner , au
milieu de la fociété & dans fon domeftique
, des exemples de douceur & de
modération , « M. de Turenne regardoit
» un matin par fa fenêtre en déshabillé
vêtu d'une fimple camifole; un de fes
» Domeſtiques vint par derrière, & lai
AVRIL 1777. D23
-1
donna un grand coup fur le dos. M.
» de Turenne s'étant tetourné , le Do-
❤meftique lui demanda pardon , & lai
dit : Monfeigneur, j'ai cru que vous
➡ étiez un tel, mon camarade. Et quand
wc'eût été lui , répliqua M. de Turenne ,
"falloit il frapper fi fort ? » On eſt
un peu fâché que l'Auteur n'ait pas
tranſcrit cette anecdote comme elle fe
trouve dans un Ouvrage très -connu. Un
jour d'été , qu'il faifoit chaud , y eft il
dit , le Vicomte de Turenne , en petite
vefte blanche & en bonnet , étoit à fa
fenêtre dans fon anti-chambre . Un de
fes gens furvient, &, trompé par l'habillement
, le prend pour l'Aide de cuifine ,
avec lequel ce Domestique étoit familier,
Il s'approche doucement par derrière
& d'une main qui n'étoit pas légère , lui
applique un grand coup fur les feffes.
L'homme frappé , ſe retourne à l'inſtant .
Le Valet voit en tremblant le vifage de
fon Maître. Il fe jette à fes genoux tout
éperdu : Monfeigneur , j'ai cru que c'étoit
George. Et quand c'eût été George
s'écrit Turenne en fe frottant le derrière ,
il ne falloit pas frapper fi fort.
Nous ne citerons point d'autres anecdotes
, parce qu'elles ont fouvent été
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
rapportées , & parce que l'Auteur , `en
voulant les raconter à fa manière , en a
fouvent altéré ces traits naïfs & originaux
qui les rendoient plus piquantes .
Mais nous applaudirons à fa méthode
d'appuyer les préceptes d'une morale
ardinairement sèche & rebutante , fur
des faits hiftoriques , agréables & intẻ-
reffans. L'Auteur , dans plufieurs endroits
de fon Ouvrage , donne aux Inftituteurs
des confeils généraux fur la conduite
qu'ils doivent tenir pour enfeigner l'hiftoire
à la jeuneffe. Il leur trace même un
plan de cette conduite dans la partie de
fon Effai qui a pour titre : Inftruction fur
L'étude de l'Hiftoire. Cette inftruction eft
fuivie d'une differtation fur l'ordre de
l'ancienne Chevalerie , & fur l'éducation
que les pères & mères faifoient alors
donner à leurs enfans.
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Résumé : Essai sur l'éducation Françoise, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Essai historique & moral sur l'Éducation' de M. de Bury présente un plan d'éducation structuré en trois parties : l'éducation dans les pensions, celle dans les collèges, et l'éducation des jeunes gens lorsqu'ils entrent dans le monde à l'âge de seize ou dix-sept ans. Cette dernière phase est particulièrement soulignée par l'auteur, qui insiste sur l'importance des conseils et des instructions à cet âge. M. de Bury met en avant l'étude de la religion, de l'histoire et de la morale, qu'il illustre souvent par des exemples historiques ou des faits connus. Il critique la pratique des duels et prône la modération et la douceur. Pour appuyer ses propos, il utilise des anecdotes, telles que celle de l'officier qui résout un conflit par des excuses mutuelles et celle du vicomte de Turenne réagissant avec calme à une erreur de son domestique. L'auteur recommande aux instituteurs de rendre l'enseignement de l'histoire plus attrayant et intéressant en s'appuyant sur des faits historiques agréables et instructifs. Il fournit des conseils généraux sur la manière d'enseigner l'histoire et discute de l'ordre de l'ancienne chevalerie ainsi que de l'éducation des enfants à cette époque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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75
p. 185-189
BUSTE DE MOLIÈRE, placé dans la Salle de l'Académie Françoise.
Début :
On a reproché plus d'une fois à l'Académie Françoise, & toujours très-amèrement, suivant [...]
Mots clefs :
Molière, Académie française, Compagnie, Voltaire, Inscriptions, Adoption, Buste, Académicien, Image, Jean-Antoine Houdon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BUSTE DE MOLIÈRE, placé dans la Salle de l'Académie Françoise.
BUSTE DE MOLIÈRE , placé dans la Salle
de l'Académie Françoife (a).
ON a reproché plus d'une fois à l'Académie
Françoife , & toujours très - amèrement , fuivant
la coutume , de n'avoir pas admis Molière
au nombre de fes Membres . La plupart
de ceux qui aiment à répéter ce reproche
favent bien qu'il eft très-injufte , & que l'adoption
de ce Grand Homme n'a pas été au
pouvoir de cette Compagnie ; mais n'importe
; on la charge à tout hafard de cette
imputation , parce qu'on fe flatre qu'elle fera
adoptée par les fots , qui en matière d'opinion
font toujours la plus forte part , s'ils
ne font pas la plus refpectable . Quoi qu'il en
foit , tout ce que la prétendue injuftice de
l'Académie à l'égard de Molière a produit
d'Épigrammes ingénieufes , tomberoit tout
au plus fur nos prédéceffeurs. Car l'Académie
moderne , qu'on voudroit bien rendre folidairement
refponfable de cette injuftice , a
(a) Cet Article , qui appartient à l'Hiftoire de
l'Académie , eft de M. d'Alembert , fou Secrétaire.
186 MERCURE
payé aux mânes de Molière le jufte tribut
d'honneurs qui pouvoit dépendre d'elle. Il y
a quelques années qu'elle propofa , pour fujet
du Prix d'Eloquence , l'Éloge de ce rare Génie
, à la fuite des Maurice , des d'Agueffeau
, des Sully & des Defcartes ; elle vient
de lui rendre un nouvel hommage , plus
éclatant encore , en plaçant fon Bufte dans
la Salle où font les portraits des Académiciens.
C'eſt une espèce d'Élection qu'elle a
faite de Molière après fa mort , n'ayant pu
le poffeder durant la vie. Ce fera , fi l'on
veut , un digne fucceffeur qu'elle a cherché
à M. de Voltaire parmi les morts , fans préjudice
néanmoins de celui qu'elle defire de
lui trouver parmi les vivans.
L'Académie a voulu , par une Infcription
mife au bas de ce Bufte , exprimer à la fois ,
& cette adoption pofthume , fi honorable
pour elle , & fon regret de ce que l'adoption
été fi tardive. Voici les différentes Infcriptions
, tant Latines que Françoifes , qui ont
été imaginées pour cet objet , & que les
Gens de Lettres ne feront peut-être pas fâchés
de connoître (a) , parce qu'elles expriment
de diverfes manières le fentiment qui a
(a) Les Infcriptions marquées d'une étoile , font
de l'Auteur de cet Article. Les autres , parmi lefquelles
il y en a de très-heureuſes , ont été proposées
par différens Académiciens ; & les Latines en particulier
, à l'exception de la première , font d'un Açadémicien
très-refpectable.
DE FRANCE. 187
dans cette circonftance animé la Compagnie.
I. (* ) Joanni-Baptifta Pocquelin de Molière
Academia Gallica , 1778.
II.
III.
IV.
.V.
VI.
Te vivo carui, tua mefoletur imago (a).
Vivus defuit , mortuus aderit (b).
Deerat adhuc (c) .
Serum referet, poftfata , triumphum (d).
Honore faltemficfruaturpofthumo (e).
Quid tam ferus advenis ? (f).
VII. * Du moins après fa mort ilfera parmi
VIII.
IX.
X.
XI.
XII.
*
nous.
J. B. Pocquelin de Molière , Académicien
après fa mort.
Molière , fois ici , du moins après ta
mort.
Il nous manqua vivant, poffédonsfon
image.
Ou , en deux Infcriptions différentes :
Il nous manqua vivant.
Poffédons au moinsfon image.
(a) L'Académie Françoife à Molière , 1778.
Vivant , tu m'as manqué ; que ton image me confole.
(b) Ilnous a manqué vivant ; mort , ilfera parmi
nous.
(c) Il nous manquoit encore.
(d) Il reçoit après fa mort les honneurs tardifs
du triomphe.
(e) Qu'iljouiffe au moins de cet honneurpofthume.
(f) Molière, pourquoi viens - tu fi tard?
+88 MERCURE
XIII. Rien ne manque à fa gloire , il man--
quoit à la nôtre.
L'Académie , qui à caufe du nom qu'elle
porte , & dont elle s'honore , croit avec rai--
fon devoir préférer les Infcriptions Françoifes
aux Latines , a d'une voix unanime
adopté la dernière , qui a été propofée par
M. Saurin , & qui a paru remplir heureufement
les intentions de fes Confrères.
*
L'Auteur de cet article , en rendant compteà
la Nation de cet événement intéreffant pour
l'Academie & pour les Lettres , croit s'acquitter
du devoir que lui impofe fa place de Secrétaire
& d'Hiftorien de la Compagnie.
Déjà elle avoit bien voulu recevoir de lui le
Buíte de M. de Voltaire ; elle vient encore ,
par une nouvelle marque de bonté à laquelle
il efttrès- fenfible, de permettre qu'il lui
offrit de même ce Bufte de Molière , qu'elle a
confacré par une efpèce d'Apotheofe (a ) . Les
Académiciens , en jetant les yeux - fur ces
deux monumens , fe rappelleront peut-être
quelquefois celui dont ils les tiennent , le
zèle qui l'anime pour la gloire de cette Compagnie
, & le refpect dont il eft pénétré pour
les Grands Hommes qui lui ont appartenu (b)
(a) Ces Buftes de Molière & de M. de Voltaire
font deux chef-d'oeuvres de M. Houdon , ainfi que
ceux de MM . Franklin & Rouffeau , faits aufli de
puis peu par cet illuftre Artiſte.
(b) On peut voir dans le Journal Encyclopédique
du premier Juin 1778 , p. 337 , les foins que
DE FRANCE. 189
ou qui auroient dû lui appartenir. Son nom ,
qu'il ne fe flatte pas de perpétuer autrement
, fera lié , dans la mémoire de fes Confrères
, à deux noms illuftres & refpectables ;
& il pourra dire , comme cet Hiftorien Romain
, qui avoit célébré Brutus & Caffius :
Nec deerunt , qui non folùm Bruti & Caffii
fed etiam mei meminerint. En regardant Voltaire
& Molière, onfe fouviendra quelquefois
de moi.
cet Académicien , par refpect pour le nom de Corneille
, s'eſt donnés en faveur de fa nièce ( qui ne
demandoit & ne defiroit de lui que ces foins ) , & le
fecours qu'il lui a procuré de la part de l'Académie ,
fans qu'elle le demandât , & fans que fa délicateſſe
pût en être offenfée. Auffi a -t'elle bien voulu le remercier
de ces marques d'intérêt , dont il ne parleroit
point, fi l'on n'avoit imprimé le contraire.
de l'Académie Françoife (a).
ON a reproché plus d'une fois à l'Académie
Françoife , & toujours très - amèrement , fuivant
la coutume , de n'avoir pas admis Molière
au nombre de fes Membres . La plupart
de ceux qui aiment à répéter ce reproche
favent bien qu'il eft très-injufte , & que l'adoption
de ce Grand Homme n'a pas été au
pouvoir de cette Compagnie ; mais n'importe
; on la charge à tout hafard de cette
imputation , parce qu'on fe flatre qu'elle fera
adoptée par les fots , qui en matière d'opinion
font toujours la plus forte part , s'ils
ne font pas la plus refpectable . Quoi qu'il en
foit , tout ce que la prétendue injuftice de
l'Académie à l'égard de Molière a produit
d'Épigrammes ingénieufes , tomberoit tout
au plus fur nos prédéceffeurs. Car l'Académie
moderne , qu'on voudroit bien rendre folidairement
refponfable de cette injuftice , a
(a) Cet Article , qui appartient à l'Hiftoire de
l'Académie , eft de M. d'Alembert , fou Secrétaire.
186 MERCURE
payé aux mânes de Molière le jufte tribut
d'honneurs qui pouvoit dépendre d'elle. Il y
a quelques années qu'elle propofa , pour fujet
du Prix d'Eloquence , l'Éloge de ce rare Génie
, à la fuite des Maurice , des d'Agueffeau
, des Sully & des Defcartes ; elle vient
de lui rendre un nouvel hommage , plus
éclatant encore , en plaçant fon Bufte dans
la Salle où font les portraits des Académiciens.
C'eſt une espèce d'Élection qu'elle a
faite de Molière après fa mort , n'ayant pu
le poffeder durant la vie. Ce fera , fi l'on
veut , un digne fucceffeur qu'elle a cherché
à M. de Voltaire parmi les morts , fans préjudice
néanmoins de celui qu'elle defire de
lui trouver parmi les vivans.
L'Académie a voulu , par une Infcription
mife au bas de ce Bufte , exprimer à la fois ,
& cette adoption pofthume , fi honorable
pour elle , & fon regret de ce que l'adoption
été fi tardive. Voici les différentes Infcriptions
, tant Latines que Françoifes , qui ont
été imaginées pour cet objet , & que les
Gens de Lettres ne feront peut-être pas fâchés
de connoître (a) , parce qu'elles expriment
de diverfes manières le fentiment qui a
(a) Les Infcriptions marquées d'une étoile , font
de l'Auteur de cet Article. Les autres , parmi lefquelles
il y en a de très-heureuſes , ont été proposées
par différens Académiciens ; & les Latines en particulier
, à l'exception de la première , font d'un Açadémicien
très-refpectable.
DE FRANCE. 187
dans cette circonftance animé la Compagnie.
I. (* ) Joanni-Baptifta Pocquelin de Molière
Academia Gallica , 1778.
II.
III.
IV.
.V.
VI.
Te vivo carui, tua mefoletur imago (a).
Vivus defuit , mortuus aderit (b).
Deerat adhuc (c) .
Serum referet, poftfata , triumphum (d).
Honore faltemficfruaturpofthumo (e).
Quid tam ferus advenis ? (f).
VII. * Du moins après fa mort ilfera parmi
VIII.
IX.
X.
XI.
XII.
*
nous.
J. B. Pocquelin de Molière , Académicien
après fa mort.
Molière , fois ici , du moins après ta
mort.
Il nous manqua vivant, poffédonsfon
image.
Ou , en deux Infcriptions différentes :
Il nous manqua vivant.
Poffédons au moinsfon image.
(a) L'Académie Françoife à Molière , 1778.
Vivant , tu m'as manqué ; que ton image me confole.
(b) Ilnous a manqué vivant ; mort , ilfera parmi
nous.
(c) Il nous manquoit encore.
(d) Il reçoit après fa mort les honneurs tardifs
du triomphe.
(e) Qu'iljouiffe au moins de cet honneurpofthume.
(f) Molière, pourquoi viens - tu fi tard?
+88 MERCURE
XIII. Rien ne manque à fa gloire , il man--
quoit à la nôtre.
L'Académie , qui à caufe du nom qu'elle
porte , & dont elle s'honore , croit avec rai--
fon devoir préférer les Infcriptions Françoifes
aux Latines , a d'une voix unanime
adopté la dernière , qui a été propofée par
M. Saurin , & qui a paru remplir heureufement
les intentions de fes Confrères.
*
L'Auteur de cet article , en rendant compteà
la Nation de cet événement intéreffant pour
l'Academie & pour les Lettres , croit s'acquitter
du devoir que lui impofe fa place de Secrétaire
& d'Hiftorien de la Compagnie.
Déjà elle avoit bien voulu recevoir de lui le
Buíte de M. de Voltaire ; elle vient encore ,
par une nouvelle marque de bonté à laquelle
il efttrès- fenfible, de permettre qu'il lui
offrit de même ce Bufte de Molière , qu'elle a
confacré par une efpèce d'Apotheofe (a ) . Les
Académiciens , en jetant les yeux - fur ces
deux monumens , fe rappelleront peut-être
quelquefois celui dont ils les tiennent , le
zèle qui l'anime pour la gloire de cette Compagnie
, & le refpect dont il eft pénétré pour
les Grands Hommes qui lui ont appartenu (b)
(a) Ces Buftes de Molière & de M. de Voltaire
font deux chef-d'oeuvres de M. Houdon , ainfi que
ceux de MM . Franklin & Rouffeau , faits aufli de
puis peu par cet illuftre Artiſte.
(b) On peut voir dans le Journal Encyclopédique
du premier Juin 1778 , p. 337 , les foins que
DE FRANCE. 189
ou qui auroient dû lui appartenir. Son nom ,
qu'il ne fe flatte pas de perpétuer autrement
, fera lié , dans la mémoire de fes Confrères
, à deux noms illuftres & refpectables ;
& il pourra dire , comme cet Hiftorien Romain
, qui avoit célébré Brutus & Caffius :
Nec deerunt , qui non folùm Bruti & Caffii
fed etiam mei meminerint. En regardant Voltaire
& Molière, onfe fouviendra quelquefois
de moi.
cet Académicien , par refpect pour le nom de Corneille
, s'eſt donnés en faveur de fa nièce ( qui ne
demandoit & ne defiroit de lui que ces foins ) , & le
fecours qu'il lui a procuré de la part de l'Académie ,
fans qu'elle le demandât , & fans que fa délicateſſe
pût en être offenfée. Auffi a -t'elle bien voulu le remercier
de ces marques d'intérêt , dont il ne parleroit
point, fi l'on n'avoit imprimé le contraire.
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Résumé : BUSTE DE MOLIÈRE, placé dans la Salle de l'Académie Françoise.
L'Académie Française a décidé de rendre hommage à Molière, bien qu'il n'ait jamais été membre de l'institution de son vivant. Cette omission avait suscité des critiques, mais l'Académie moderne a entrepris de corriger cette injustice. Elle a instauré un prix d'éloquence portant le nom de Molière et a installé un buste de l'auteur dans la salle des portraits des académiciens, symbolisant ainsi une 'élection posthume'. Une inscription française accompagne ce buste, exprimant le regret de l'Académie de ne pas avoir reconnu Molière durant sa vie. L'article est rédigé par M. d'Alembert, secrétaire de l'Académie, qui mentionne également le buste de Voltaire, œuvre du sculpteur Houdon. D'Alembert espère que son engagement pour la gloire de l'Académie et son respect envers les grands hommes seront rappelés lorsque l'on verra les bustes de Voltaire et Molière.
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